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Un traité de paix juste, mais sévère sera bientôt présenté à l'Allemagne

La presse anglaise c'est la presse anglaise, aujourd'hui, qui renseigne les Français, que le ciseau d'Anastasie protège contre l'excès de curiosité la Dresse anglaise, donc, croit savoir quo dans les milieux officiels de Paris, on se félicite de voir l'Allemacne dessiner plus nettement sa politique étrangere et tendre à une alliance avec la Russie. Ce fait nouveau permettra à l'Entente de brusquer les événements. L'Allemagne, mauvaise psychologue, croit bon de faire sonner le mot « bolchevismr aux oreilles des Alliés elle .père que ce mot paralysera leurs volontés et égarera leur jugement. Si les Alliés insistent sur les indemnités et les droits de la Pologne ou sur un autre point quelconque, Ebert et Scheidemann se démettront de leurs fonctions et laisseront le bolchevisme s'implanter en Allemagne. Du moins ils le disent et même ils le crient, avec la conviction réelle ou feinte, que l'imagination des Alliés s'emplira de cette perspective soixante millions d'Allemands. sous quelque déguisement guerrier ou anarchiste, prêts à fondre sur l'Europe entière, en brandissant le feu et le glaive. Et ils montrent du doigt la Hongrie enflammée. le Bolchevisme marchant sur Varsovie et déjà ébranlant Munich.

Peine perdue Le Conseil des Quatre s'est rendu compte de la grave signification de l'établissement en Hongrie d'une République des Soviets et de la nécessité de prendre des mesures de sauveearde. Soyons assurés nue l'Entente va entrer dans le vif des affaires -le Hongrie comme de celles -le Vologne. Une combinaison du pain et de l'épée. disait-on hier, est nécessaire. En ce qui concerne la Hongrie comme en ce qui concerne l'Allemagne, les Alliés ont en premier lieu, à faire remarquer que la fourniture des vivres est, strictement subordonnée à l'accentation pt à l'exécution du traité de oaix, à la tranauillité intérieure de l'Allemagne et des pavs oui ont combattu à ses côtés et qui partagent aniourd'hui sa mauvaise fortune. Nous tenons l'Allemagne et. derrière elle, la Russie, par le blomis économique, ne l'oublions pas. Le traité de paix titi(, l'Allemagne sera invitée, bientôt. dans quelques jours peut-être, à signer sera, ;issure-t-on, fondé sur de réels principes de justice. Il n'en sera pas moins sévère dans se., conclusions. Dans le cas où les maîtres de l'Allemagne, frappés d'un coup de folie, refuscraient leurs signatures et suivraient le comte Karolyi dans sa retraite simulée Donr laisser au « Prolétariat le pouvoir de décision entraînant la responsabilité de l'aventure.

eh bien, l'épée de Foch est toujours au clair On en finira avec le péril germano-bolche- vik, comme le demande le général Malleterre. par un coup de tonnerre on donnera de signal de la marche en avant à l'est du Rhin et au Danube. Les conditions de ooix seront signifiées à Berlin, à Vienne, à Budapest, et les Alliés iront librement à travers l'Allemagne en Pologne et aux Carpathes 1

LES QUATRE. > DELIBERENT

PARIS, 27 mai. Les quatre présidents, MM., Wilsorr, Clemenceau, Lloyd George et Orlando, ont tenu conseil ce matin dans le cabinet de M. le président Wilson.

LES QUATRE. SE SONT ADJOINT LE MARECHAL FOCH

Paris, 27 mai. Les présidents Wilson, Clemenceau, Lloyd George et Orlando se sont réunis cet après-midi, à 3 h. 30 au ministère de la Guerre.

Le maréchal Foch assistait également à la conférence.

OU EN SONT-ILS ?

PARIS, mai. D'après le New-York Herald, si les « quatre » ont consacré la journée d'hier à l'examen de la question des réparations, une des trois principales questions qui seront résolues par le traité de paix, aujourd'hui, ils doivent traiter la question des frontières franco-allemandes et demain viendrait la question de l'Adriatique. D'après le Daily Mail, les commissions terminent rapidement leurs travaux. La commission roumaine a fini son rapport qui, dit-on, donne satisfaction aux revendications roumaines. Le rapport est maintenant rédigé sous forme de clauses et sera inclus dans le traité de paix.

La Commission des responsahilités espère finir ses travaux cette semaine. La Commission interalliée des ponts et voies d'eau a pris uns décision concernant le Rhin. UN RESULTAT POSITIF EST ATTENDU L'impression générale est que tout va bien. On peut donr espérer que dans quelque jours, très peu de jours. la France entière respirera plus librement. On continue à croire qu'il s'agit de la paix avec l'Allemagne d'abord et que les autres traitOs suivront peu après.

Mangin est appelé Paris

Paris, 27 mars. M. Clemenceau a fait mander à Paris le général Mangin, pour conférer avec lui. Les événements actuels de Hongrie rie seraient pas étrangers à l'entrevue du chef du gouvernement et du commandant de la \n armée.

LA DELEGATION ALLEMANDE

POUR LA PAIX

(Section militaire)

Bale. 27 mars. On mande de Berlin Appartiennent à la section militaire de la délération allemande pour la paix, les officiers d'état-major .suivants déléguées par les étatsmajors

Général von Hammerstein, président militaire de la commission allemande d'armistice <i Spa; major von Bock, en dernier lieu premier officier d'état-major général auprès du groupe d'armées du kronprinz allemand; le colonel von Xylander, de l'état-major général bavarois; major von Bœtticher. de l'état-major saxon; capitaine Geyer (Wurtemberg).

Le général von Wrisberg. du ministère de la guerre de Prusse, est rlacé la tête Je 1a section militaire.

PADEREWSKI A RESIGNE SES FONCTIONS Paris. 27 mars. Selon des nouvelles de Pologne parvenues à Paris, Ni. Paderewski a résigné ses fonctions de ministre des affaires étrangères, mais reste prernier ministre. Ni. Ladislas Skrinski le remplace aux affaires ctranrères.

LA MISSION ANGLAISE DU CAUCASE PRISONNIERE DES BOLCHEVIKS

Londhf.s. 27 mai. A la Chambre des Communes, M. Harmsuorth, suus-secrétaire d'Etat aux affaires ntrangères, répondant à une questions, dit qu'il est exact que les membres de la missiun britannique au Caucase, diril-'ûe par le commandant Goldsmith, ont été arrêtés par le gouvernement bolcheviste en Hussie, en octobre dernier, à Vladikavkase, où ils furent détenus jusqu'en novembre dernier, époque à laquelle ils furent transportés Astrakhan, soit à une distance de 150 milles, dans des rharettes dépourvues de ressurts et dans des camions automolùles. Ils y sont restés détenus jusqu'en janvier dernier et transportés ensuite n. Moscou où ils sont gardes dans une prison malsaine, sans nourriture suffisante.

Ni. Harnîswnrth dit que les prisonniers ne sniit pays punis la détention c llulaire. Il jour est permis de prendre un certain exerrice et l'on rapporte qu'ils ont reçu actuellemrnt un supulément de vivres, que le gouvernement britannique leur fait parvenir par riiiteniiérMairr des représentants de la Croix Ri'iiue britannique internationale et dann's-1. NI. IluniisworOi a ajouté que les né"oci<itiniis sont îictui lleinent en cours pour l'écIkitv'p de tous tes prisonniers |intaniii<Tiirs dr t'armée, de la marine et civils aetue'leiP"ii* aux mains du gouvernement bnlch^vlste.

Les chrfs du mouvement bolcheviste en ont été informés par radio qn'ils seront tenus personnellement responsables des mouvais traitements s'ibis par n'importe quel prisonnier britannique entre leurs mains. LU3^VD0nFF SERA JUGE

Tî\le. mars. De Weimnr La salle de r.\s.=ei!'l>e r>at:on;e est comble. M. Scheidem o ii u € «i it 1*i /l in-]-» rni i rtn en i vfîTltia

« De jour en jour, augmentent les nouvelles de l'étranger nous annonçant de nouvelles aggravations des conditions de paix que nous avons il attendre. Devant ces exigences, l'Allemagne pousse un cri, non pas de chauvinisme, mais de désespoir profond qui est un appel à la plus haute instance qui existe, à la conscience de Ihumanité. Même si l'Allemagne avait commis tous les crimes dont on l'accuse, perdrait-elle pour cela le droit sacré de protester contre la violence et les chaines dont on veut lui serrer la gorge M. Scheidemann poursuit

t Ce n'est pas seulement l'extrême-gauche qui affaihlit notre position.

a Dimanr.hr dernier, & la réunion de protestation contre la séparation de la Prusse ocriilentule de Dantzi'i et du bassin de lu Sarre, ces messieurs rfe la l.inue des offiriers ont été jusqu'à chanter « Heil dir im siegeskranz.. » Ils ont abusé d'une cnuse cnmmune il tout le peuple potrr pousser des hochs » il l'empereur.

Nous ne soudons pns permettre que de nos protestations contre la viofence, on abuse pour des menées chauvines Ce quc res messieurs ont fait la ETAIT UN ACTE DE HAUTE TRAHISON.

« L'ATTITUDE DI' GENERAL LUDFNDOTIFF. lors de ces événements, NE DOIT PAS ETRE JUGEE A T. A LEGERE. Lndendorff lors de son retour de Suéde, a demnndê, pour étre juaé, une Haute-Cour. IL L'AURA. (Tonnerre d'anplaudissements sur les bancs de la majorité.)

« Au nom du gouvernement, je déclare que nnus déposerons prochameme.pt un projet de loi sur la constitution d'une Haute-Cour. Les relato'S de l'Entente ave l'Orient Paris, 27 mars. (Officiel). M. Clavc-ille a communiqué le protocole signé le matin mème par les représentants des nations intéresses et destiné à assurer des relations dirveles entre l'Angleterre, la France. l'Italie et l'Orient par dvs voies ferrées n'empruntant pas les territoires des Empires Centraux A cet effet, un train de luxe Simplon-OrientExpress circulera entiv Paris et l'Orient, via Lausanne, Simplon, Milan, Venise, Tr;este, I aybach, Agram, Vinkovce, où il bifurquera, partin sur Bucarest. Constanza, Odessa, partie sur Belgrade, Constantinopl1?, Athènes. Ce train correspondra à Paris avec le train Londres. Calais, Paris et Milan, avec un train ranide Bordeaux, Lynn, Tur'n, Milan. Une partie de ce programme sra mise à exécution à partir du 15 avril, et l'autre partie à partir du V mai.

Le pourvoi de Cottin PARIS, 27 mars. Le Conseil de revision, présidé par le colonel Augier, examinera le l'r avril prochain, le pourvoi formé par Cottin, auteur de l'attentat contre M. Clemenceau.

%le Balliman, avocat à la Cour de Cassalion. et Osrar Bloch, qui a détendu Cottin ̃levant le Conseil de guerre, présenteront le mémoire.

L'ASSASSINAT DE JAURÈS

-o«o«

Enfin on s'occupe du meurtrier

PARIS, 27 mars, (De notre rédaction parisienne.) Enfin, on va s'occuper de Viltain. car jusqu'ici, on n'a guère entendu parler que de M. Jaurès.

l'AhL BUNCUVH,

Avocat de la partie civile

Hicr, en fin d'audience, deux témoins étaient venus nous rappeler fort à propos qu'il y avait sur le banc des accusée. un homme qui attendait, avec une résignation qu'on pourrait prendre pour de l'indifférence, le verdict de ses juges. D'autres vont les suivre aujourd'hui et donner à ces juges qu'on a essayé. pendant deux Jours, de grimer d'élogis hyperholiques jetés à profusion sur le cadavre de la victime, leur opinion sur l'autcur de l'attentat criminel du 31 juillet 1914.

VILLAIN AU COLLEGE STANISLAS Villain a, comme on le sait, appartenu pendant près d'un an, au collège Stanislas ,en qualité de surveillant. Ceux qui l'ont conn,u ont pu .f'apprééier et porter sur son esprit. un jugement'autorisé.

M. l'abhé Charles, professeur de réthorique, fut frappé de son air de tristesse. «Il semblait, dit-il, malheureux de vivre. Dans ses compositions, il manquait de profondeur, de logique et d'esprit de suite. J'exprimais un jour mes craintes devant les menaces de guerre. Villain m'écoutait. Il répondit « Les ennemis du dehors ne sont pas les plus redoutables. »

Ayant lu des journaux qui représentaient Jaurès comme un péril pour la France, il a tire de ses lectures, des conclusions hâtives et brutales et voilà pourquoi il a tué. »

Le directeur du collège.. M. l'abbé Pantonnier, a vu dans Villain un être chimérique dont il dut e séparer parce qu'il n'avait aucune autorité sur ses élèves.

Le même jugement est porté sur Villain par un surveillant, NI. Doissinac, qui fut le collègue de l'accusé.

Il faut, tlit.il, le juger plus avec la pitié qu'avec la raison. »

Et c'est aussi l'avis de NI. Hollande, secrétaire de la Chambre de Commerce de Reims, pour qui Villain est un « être doux, délicat, épris d'Art et de beauté, mais uri homme incurablement triste et qui semblait, incapable de se débrouiller dans l'existence Le lieutenant Chaumont, ancien président de la Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine, rappelle la collaboration de Villain il la Ligue. La fin de sa déposition lui vaut cette apostrophe de la part de M' Ducos de la Haille « Je ne puis pas 111 empêcher de regretter que le témoin voie un malheur dans le fait que Villain n'a pu aller au front et que la mort de Jaurès ne lui paraisse pas un plus grand malheur. Mais la leçon que l'avocat a la prétention de donner au témoin, se retourne contre lui-même, car M. Chaumont lui répond immédiatement sur un ton sete « Je dépose ici sur le cas de Villain et je garde pour moi mes opinions personnelles qui n'ont rien à faire dans le débat. LES BIZARRERIES DE VILLAIN

Mme Ronart, qui fut la logeuse de Villain, avait dit à l'instruction qu'il était « un peu jeune fille Aujourd'hui, à la barre, elle confirme ce propos. Il était, précise-t-elle, timide et réserve et ne parlait jamais politique. »

Et comme l'avocat général lui demande si elle n'a pas dit au magistrat, instructeur que Villain lui avait paru atteint d'aliénatibn mentale, elle répond Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit. Il avait des bizarreries, des étrangetés, mais il n'était pas fou il avait quelque chose.

D'autres témoins viennent encore déposer sur la bizarrerie de Villain et toujours la même appréciation formulée a peu près dans les mêmes termes.

L'un d'eux, le lieutenant Leydet, de l'étatmnjor du maréchal Foch, était, il y a une quinzaine d'années, le condisciple de Raoul Villain au lycée de Reims J'ai gardé de lui, dit-il, le souvenir d'un esprit très religieux, très sincère, ardent à recruter des prosélytes. Je dois ajouter que si beaucoup de citoyens français ont regretté l'assassinat de Jaurès, beaucoup n'ont pas regretté sa personne. En Villain était tout dévoué aux idées du Sillon. Peu après, cet esprit désordonné se fixa sur la question d'Alsace-Lorraine. Il me dit un jour Jaurès est le disque rouge qui empêche la France d'aller vers l'Alsace-Lorraine.

LE président. N'avez-vous pas dit l'ins-

truction que Villain avait manifesté devant vous, sa volonté de tuer ?

M. LEYDET. Oui. au printemps de 1914, il me dit successivement iu'il avait l'intention de tuer ls kaiser, puis M. Caillaux, puis Jaurès.

Deux autres dépositions suivent et l'une d'elles émane d'un M. Hubert, qui connut Villain à Rennes en 1904. Elles n'ajoutent aucun renseignement à ceux que l'on possède déjà.

LA DEPOSITION DE MARC SANCNI£R Celle de M. Marc Sangnier, fondateur du Sillon i, emprunte à la qualité du témoin, une importance particulière. ',NI. Marc Sangnier porte l'uniforme de capitaine d'artillerie. Tourné vers le jury, il dit avec une aisance parfaite, ce qu'il censé de Villain qui fut jadis membre du « Sillon ».

« Timide, cela ne l'empêchait pas d'avoir, parfois, une volonté inflexible. Sa qualité principale était le désintéressement. Il vivait de pain et de lait. 11 était passionné pour ses idées. Un jour, nous reçûmes au « Sillon z, une souscription de f-ancs. Elle était de Villain.

Ce qui est pour moi certain, c'est que Villain, et: accomplissant son crime, a dû obéir aux suggestions de sa conscience. Il a privé la France d'une voix sublime, mais je suis persuadé qu'il n'a.pas agi sous l'influence d'un mobile bas. »

-NI. Paul-Boncour. Estimez-vous que s'il n'avait pa? lu certains journaux. Villain n'aurait pas eu cette opinion fausse de Jaurès.

M. Sangnier. C'est probable puisqu'il n'avait jamais vu ni entendu Jaurès. LE FRERE DE L'ACCUSÉ

FAIT UNE DEPOSITION EMOUVANTE A M. 'Sangnier succède le frère de Villain. La déposition est l'incident capital et singulièrement émouvant de la tournée. -Ni. Marcel Villain, officier aviateur. Dlusieurs fois jité à l'ordre du jour, s'avance à la barre, en chanceaant.

Aux premières questions du président, il a peine ii répondre, car les sanglots l'étouffent. Le président Boucard qui comprend sa misère, lui dit, avec la plus grande bienveilllance Je comprends, Monsieur, ce oue votre situation a de pénible. Remettez-vous, je vous en prie.

Alors d'une voix entrecoupée de larmes. le malheureux officier retrace l'enfance, maladive de !-un frère, son ado!escenco Drivée de l'affection d'une mère. Il dit son air triste. concentré « C'est toujours ainsi, au'il est resté pour moi ajoute-t-il. Et même le 29 juillet 19B, comme il était venu nous voir, mon nère et moi, et nue ;e le pressais do me dire les motifs do sr- tristesse, it me répondit « Je souffre trop Tu ne cbmprenrlnis pas ». Nous avons eu peu après, une assez vive discussion, car il n.e reprochait mon manque d'ardeur patriotique. J'ai souvenir aussi qu'il paraissait indigné parce qu'il avait vu une affiche de l'Humanité représentant, ie crois, un officier tirant sur une Alsacienne. J'essayai de le calmPr sans y parvenir, en lui disaut «Mais ce n'est ou'une affiche Nous avons appris le crime, mon père et moi. dans li nuit du 31 à i heure du matin, par des journalistes

Sur ces mots, prononcés à voix basse, le frère de Villniu s'arrête.

Le président lui pose quelques questions sur la lettre ou* meurtrier lni adressa le 10 août 191 et dans lnauelle il était nnrlé, en termes injurieux, de Jaurès.

Il apparait très netteii.er.t que Marcel Villain. ignorai* tout des intentions de son frère.

La liste des témoins de la défense est close. Le lieutenant Villain s'est retiré. M. Zévaès donne lecture de la liste de ceux au'il aurait fait citer si l'affaire avait été appelée en 1915. La plupart sont tombés au champ d'honneur, ^t (.'est sur ce martyrcloge nue l'audience est levée. Henrv Coitant.

flli CHAMBRE, DÉBAT POLITICO FINANCIER »O«>0-»

L'intensilication de la production

dans les usines de guerre à Rennes, etc.

^O»<.«C>-

SEANCE DE L'APRES-MIDI

PARI:, 27 mars. La séance de l'après-midi débute par un violent incident caillautistc. Mo Moute.t, avocat de M. Caillaux, est la vedette de ce lever de rideau tapageur. Ce fut d'aillvurs bref.

M. Moutet. Hier, pendant que j'étais à la tribune, interrompu par m membre de la droite qui m'avait crié Partez-nous de Caillaux je lui ai fait la réponse que cette interpellation me paraissait mériter. L'incident tout entier a disparu du Journal Officiel. S'il y a une censure sur le Journal Officiel. (Vives exclamations à droite et au centre. Applaudissements à Vextréme-gauche.) je demande qui l'exerce î

LE président. Ceci n'est plus une rectificatiuu au procès-verbal.

M. Moutet. Je revendique pour moi tout l'honneur.de la responsabilité que j'ai pris.' en prenant la défense de Caillaux et je ne tolèrerai pas que sur cet homme au secret, dans sa prison, peso encore le secret de la censure. (Applaudissmcnts à Ï extrême-gauche.) LE pRESiDENT. Ne voykz-vous pas que le précédent que vous créez pourra se retourner contre vous. (Très bien Très bien !) M. Moutet. Je revendique, je fc répète, tout l'honneur.

Le PRÉSIDENT. Vous outrepassez votre droit en apportant ici plus qu'une rectification, un véritable discours. (Applaudissements.) La rectification est ordonnée. M. Moutet. Je proteste contre un procès-

verbal faux, truqué. (Applaudissements à Vcxtrème-gauçhe exclamations sur divers bancs.)

LE président. Quoi Vous commencez déjà, voulez-vous que je suspende la séance T (lnterruptions à l'extrême-gauche.)

M. G. Brack. La Chambre sera complice si elle s'associe i la falsification du procèsverbal. (Applaudissements l'exlrtme-gav.chc.)

LE président Vous êtes temoin qu'hier. dans le bruit incessant qui, pendant quatre heures d'horloge, a été pareil à celui-ci (Applaudissements), toutes les paroles prononcées par les orateurs ne pouvaient être entendues par les services. (Applaudissements.)

M Moutet. C'est votre attitude vous, Ni. le Président, que. (Vives exclamations brnits.)

'Le président se couvre. La séance est suspendue i\ 15 h. 20.

La séance est reprise il 15 h. 30 et la salle fait une vibrante ovation à M. IVsehanel quand il s'assied au fauteuil.

LE DEBAT DIPLOMAUCO-FINANCIEfl Alors, le débat diplomatico-flnancier recommence.

M Jobert ne veut accorder au gouvernement qu'un mois de crédits provisoires au lieu de trois.

Ni. Jobert demande que la Chambre ne vote qu'un seul douzième, elle comprendra que

EN RUSSIE

NOTRE POLITIQUE M. Pichon à Paris, M. Winston Churchill à Londres, viennent de définir 1me fois de plus la politique russe de notre alliance. Les deux hommes d'Etat n'ont rien dit, ou si peu, que nous ayons ignoré.

Notre intervention a toujours été dirigée non contre la Russie, mais contre l'Allemagne. Elle se justifiait par la nécessité de vienir en aide, en Sibérie, à nos alliés tchécoslovaques, de répondre à l'appel des copulations et des gouvernements locaux, et ne saa.vegarder des intérêts considérables. >»os troupes avaient comme instruction de s'abstenir de toute intervention dans la politique intérieure du pays et d'organiser l'ordre avec l'aide d'éléments russes. Cette politique n'a pas cessé d'être celle du gouvernement françait. C'est elle que M. Pichon est venu défendre mercredi à la tribune. S'il n'avait dépendu que de la volonté de MM. Clemenceau et Pichon, il y a longtemps nous le savons. que la question russe et par extension la question bolchevique serait réglée. Malheureusement la France ne pouvait se charger, seule, de débarrasser l'Europe du fléau qui la ravage. Notre gouvernement s'est heurté, dès le début, à des oppositions provenant de ce que des préoccupations de politique intêrieure dominent chez certains alliés toutes autres considérations.

La situation actuelle ne saurait se trclenger. Il faut à tout prix, ênepécher que 1 Europe centrale tombe dans l'épouvantable confusion où se trouve la Russie. Une anarchie, compliquée d'une ,effroyable mêlée ethnique, menace de se développer sur les ruines de cette Autriche dont, en devant les révolutions de Vienne et de Budapest, Palmeiston disait « qu'elle est quelque chose qui vaut la peine d'être conservé

La Tchéco-Slovaquie appelle au secours et prend déjà des précautions d'ordre intérieur. M. Vesnitch, ministre de Serbie, demande la délimitation rapide du royaume des Serbes. Croates et Slovènes, comme rréventif à l'extension du bolchevisme dans les Balkans. On s'inquiète à Bucarest et l'on ricane iL Sofia. Si l'on vent n'être ras conduit il entreprendre un jour à Agram nu à Prague quelque expédition d'Arkhangel, il faut, tout dé suite, aborder de front le problème russe. Donnons i notre politique russe l'unité de direction. Il ne peut être question d'envoyer île nouvelles troupes dans l'Océan arctique, la Mer Baltique ou la Mer Noire. Mais les éléments plus ou moins disséminés qui luttent contre les Bolcheviks et les Etats qui, de Dantzig aux Balkans, défendent les frontières de natre civilisation, doivent être encouragés, ravitaillés et soutenus.

On parle du général Nfangin pour une mission dans les pavs d'Orient. Le créateur M l'armée noire va-1=il remplir dans l'est européen, àv la fête des armées françaises, anglaises, roumaines, italiennes serbes et 'grecques, la tâche qui fut dévolue au générat, depuis maréchal Foeli, ¡\ la mairie de Doullens. le mars 1918 ? Où va-t-il plus modeatement mais non moins utilement, faire régner eh Hongrie l'ordre français 7

Dans le flot des dépêches de l'extérieur, il faut noter que d'après M. Winston Churchill, la Ligue des Nations s'occuperait des affaires de Russie. Ceci serait sensationnel et laisserait croire qu'une décision aux conséquences incalculables aurait été prise. Noua ne croyons pas que les choses soient aussi avancées qu'on pourrait le snpposer. QUE M, CLEMENCEAU PARLE

Parip, mars. !.>• Temps tire en ces termes. la moralité <lu débat d'hipr

«Il y a quelque part, dans le gouvernement, ). sa tête, un homme tout auréolé de la victoire que ses prédécesseurs avaient préparée avec toute la France héroïque qn'il a su merveilleusement précipiter, à lui de comprendre que son heure est venue (le parler haut et ferme, comme il sait. n une Chambre ^:jj resterait désemparée devant les violences socialistes, un pays qu'un silence trop profond sur des qiifstions trop essentielles, risquerait de surprendre.