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Title : Traitement rationnel de la neurasthénie / par le Dr Maurice de Fleury,...

Author : Fleury, Maurice de (1860-1931). Auteur du texte

Publisher : (Paris)

Publication date : 1893

Subject : Système nerveux -- Maladies -- Thérapeutique

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Language : French

Format : 12 p. ; in-8

Format : Nombre total de vues : 19

Description : Avec mode texte

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k57807751

Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-TE64-371

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30442885s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 03/12/2009

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TRAITEMENT RATIONNEL

Dfc LA

NEURASTHÉNIE

PA» LE

D' Maurice de FLEURY

Ancien interne des hôpitaux.

Communication faite au Congrès pour l'Avancement des Sciences

BESANÇON 1891

PARIS

SOCIÉTÉ D'ÉDITIONS SCIENTIFIQUES 4, RUE ANTOINE-DUBOIS, 4

1803



TRAITEMENT RATIONNEL.

DE LA

NEURASTHÉNIE

1»A» LE

Dr Maurice de FLEURY

ancien interne des hôpitaux.

Depuis les travaux ds Beard, de Charcot, de Bouveret, de Levillain,deBlocq,de Mathieu, l'étude des symptômes de la neurasthénie est, peu s'en faut, définitive : on ne peut certes pas en dire autant de son traitement.

La plupart des traités techniques se bornent à donner une énumération, forcément stérile, de moyen? : « Evitez les excès « de toutes sortes », disent-ils au malade ; « préservez-vous des « émotions vives, reposez votre esprit, exercez votre corps, pre« nez des douches, faites quelques séances chez un électricien. » Et s'ils s'adressent au médecin : « Ordonnez des calmants, près • « crivez des toniques, pratiquez la suggestion, isolez le malade, < selon le procédé de Charcot ou celui de Weir-Mitcheli, si le « cas est particulièrement rebelle et alarmant. »

Tous les auteurs, du reste, s'accordent à admettre, que, sans que Ton sache pourquoi, telle méthode échoue ou réussit dans des cas similaires et qui semblaient devoir être justiciables de moyens identiques.C'est un peu l'anarchie dans la thérapeutique.

En fait, un grand nombre de neurasthéniques passent leur temps à changer de médecins plutôt qu'à se soigner. Il en faut accuser leur tempérament essentiellement mobile ; il en faut accuser aussi notre inhabileté, le peu de bien que nous savons leur faire.

Souvent, le médecin de névropathes manque de foi en l'efQcacite de sa propre thérapeutique : il ne peut guère en inspirer.


— * —

Quelquefois même, son malade l'ennuie, lasse sa patience : beaucoup de médecins ne font que de médiocres efforts pour garder ces clients dont il faut toujours relever l'énergie toujours défaillante. Et le malade va alors chez de3 hommes plus afflrmatifs, qui prônent une panacée, un seul moyen, toujours le même. Encore une déception.

Comme il y a, parmi les neurasthéniques de Paris beaucoup d'écrivains, beaucoup de ceux qui font l'opinion, cela vaut, à la corporation médicale, une réputation fâcheuse.

Le neurasthénique, du reste, est un malade dont les souffrances, pour être surtout du domaine moral, n'en sont pas moins cruelles : il faut apprendre à les soulager. Je me suis efforcé d'instituer tin traitement sur des bases plus fermes, en essayant de la faire découler logiquement de l'étude des causes et de l'analyse des symptômes.

Le3 résultats auxquels je suis parvenu sont assez heureux, assez nombreux (21 observations), assez solidement acquis, pour m'engager a vulgariser la méthode que j'ai été conduit à employer.

..'■*•*

Une première conclusion s'impose âquicoiique étudie d'un peu près le3 épuisés du système nerveux: aucun moyen isolé ne suffit. Le traitement de la neurasthénie est comme le siège d'une citadelle ; si l'on ne dispose pas de toutes ses armes pour cerner la place et l'étreindre de toutes parts, le mal fait une sortie et se dérobe. Il faut que l'investissement soit complet, que le siège dure assez longtemps pour que l'ennemi soit réduit â se rendre, à capituler définitivement.

Précisons un peu plus.

M. Charcot et ses élèves, dont je m'honore d'être, ont coutume de professer que la neurasthénie est, avant tout, une maladie de l'esprit. On peut, je crois, compléter cette idée de la sorte : C'est primitivement une maladie de l'esprit, oui bientôt se complique d'une maladie de la nutrition. D'où cette conclusion que, dans ses Hgne9générale?, la thérapeutique de l'épuisement nerveux doitêtre, beaucoup plutôt qu'un traitement médicamenteux,une hygiène bien comprise des facultés intellectuelles et des forces physiques.


— 5 —

Qu'elle soit de nature intellectuelle, morale ou physique, la cause déterminante de la neurasthénie est toujours un surmenage, survenant chez un individu plus ou moins prédisposé & se fatiguer aisément.

En dépit des poussées d'agitation et d'énervement, les malades sont au-dessous du niveau des forces normales ; c'est une maladie a nutrition retardante, scion l'expression consacrée par M. Bouchard, une maladie à hypotensionartérielle, comme Ta démontré M. J. Chéron dans son ouvrage sur les lois générales de Vhypodermie. D'où cette autre conclusion, que les calmants ne sont appelés à jouer qu'un rôle secondaire, épisodique, presque exceptionnel, Ie3 toniques, les accélérateurs delà nutrition devant tenir le premier plan.

Une fois ces idées premières admises, examinons, l'un après l'autre, les signes les plus habituels de l'épuisement nerveux. A propos de chacun, nous dirons quel est le moyen thérapeutique qui nous a donné les meilleurs résultats.

La fatigue est le phénomène prédominant de ia neurasthénie. Elle porte principalement sur la tonicité des muscles à fibres striées, des muscles à fibres lisses, sur Factivité cérébraleet sur l'activité génitale. Elle se traduit en même temps par de l'amyosthésie. de l'a tonicité gastrique et plus tard par de la dilatation, par de la fatigue intefleetuelle, par de l'asthénie génitale. Fait observé tout récemment,- le coetir participe à cet abaissement total de la vitalité: il se contracte mollement et la. tension artér' -1.1c est extrêmement basse surtout dans les moments où l'estomac .st vide.

En présence d'un pareil symptôme, de cette faiblesse instable qu'un rien change en état d'énervement larmoyant ou irrité, il faut renoncer, je crois bien, à tous les excitants chimiques, notamment aux toniques prépaies avec de i'alcool ou du vin. C'est aux tonique? mécaniques qu'iî faut donner la préférence. Il faut traiter le névropathe comme un ralenti la nutrition—je serais presque tenté de dire comrwe un tuberculeux.

La friction sèche, la cure d'air, le*.étincelles delà machine statique, les transfusions hypodermiques, lutteront efficacement


contre le phénomène fatigi te : en même temps qu'ils dynamogé • iriseront le malade, ils atténueront son irritabilité.

La cure d'air n'étant que malaisément praticable pour beaucoup de malades, je lui préfère la transfusion hypodermique de n'importe quel liquide aseptique, un peu dense. Après essais comparatifs de liquide orchitique, de suc nerveux, de sérums naturels, je m'en tiens au sérum artificiel dont M. J. Chéron a donné la formule :

Phosphate de soude 4 gr.

Sulfate de soude 8 gr.

Chlorure de sodium 2 gr.

Acide phénique neigeux 1 gr.

Eau stérilisée 100 gr.

Quand le sujet est facilement excitable, je fais préparer un sérum atténué avec les mêmes sels dosés al % .

Si le malade répugne à la pratique des transrusions hypodermiques — bien qu'il faille éviter en principe l'introduction répétée de médicaments dans l'estomac des dilatés et des dyspeptiques — je n'hésite pas à conseiller la caféine, le valérianate de caféine notamment, qui relève la pression artérielle et rehausse la tonicité générale de l'organisme. Mais les transfusions de sérum (que tous les malades supportent aisément quand on les fait avec précautions] ont une action analogue â celle de la caféine, aussi intense, à plus longue portée: un gramme de caféine n'agit que pendant deux ou trois heures sur la tonicité cardiaque, tandis qu'une piqûre de 5gr. de sérum artificiel concentré maintient fréquemment son effet pendant une vingtaine d'heures. Notez en outre que l'on peut continuer presque indéfiniment l'usage des piqûres.

Les injections méthodiques de sérum artificiel produisent chez les neurasthéniques les effets que voici :

Disparition progressive de la sensation de fatigue physique et cérébrale ;

Retournes fonctions génitales ;

Relèvement de la pression artérielle ;

Diminution de l'atonicité gastrique ;

Réapparition de l'appétit qui souvent s'accroît jusqu'à la boulimie ;

Augmentation du taux de l'urée ; ,


Diminution proportionnelle des matériaux Insuffisamment comburés.

Les neurasthéniques maigrissent presque tous au début de la cure, puis engraissent pendant la dernière partie du traitement.

La transfusion et la cure d'air sont les deux moyens d'élection : la plupart des neurasthéniques supportent assez mal les variations de température auxquelles les soumettent les bahi3 et les douches.

La dyspepsie neurasthénique, dont l'importance e3t, aussi, capitale, cède assez promptement à un régime alimentaire dont je donnerai le détail tout à l'heure, et a l'emploi d'un bien simple et bien admirable médicament, le bicarbonate de soude.

Presque tous les malades que j'ai eu occasion d'examiner de près avaient des symptômes d'hypochlorhydrie, en même temp3 que la sensation du • fer chaud », due sans nul doute aux acides de fermentation lactique et butyrique. Donné avec méthode, le bicarbonate de soude neutralise les acides gras, tandis qu'il accroît la sécrétion de l'acide chlorhydrique, et qu'il contribue pour sa part à accélérer l'ensemble de la nutrition.

Complétez le t.alternent de la dyspepsie par un régime alimentaire tendant à supprimer les substances fermentée3 ou fermentescibles, et vous améliorerez, du coup, une foule de symptômes que je crois être plus particulièrement liés à la mauvaise digestion, savoir :

La congestion de la face après les repas ;

La sensation de gravier irritant le bord des paupières :

Les palpitations ;

L'insomnie et les cauchemars ;

Le réveil brusque vers 1 h. du matin quand la digestion finit ;

La fausse angine de poitrine, l'ingino-phobie, si fréquemment liée a des troubles gastro-intestinaux.

Les phénomènes do uloureux de ia !' 3urasthénie, plaque cervicale, plaque sacrée, rachialgie, cèdent 9 fois sur 10, au moins pour un moment, aux excitations méthodiques delà peau,à la friction sèche, à l'étincelle statique, au souffle de la machine à grande roue: j'ai vu,presque toujours, la céphalée en casque disparaître


en quelques minutés sous la couronne a pointes de boisd> Gaiffe. Pour le symptôme énercement je n'ai presque jamais eu à me louer de l'emploi des bromures: ils fatiguent et abêtissent là malade pour peu que l'on en prolonge l'emploi. Le valérianate d'ammoniaque, qui agit comme stimulant diffusible, a bien plus d'avantages et bien moins d'inconvénients. Mais le plus simple, en pareil cas, est encore de ne donner aucun médicament. Un neurasthénique se i -nt-il excité, irrité, prêt à la colère ou aux larmes?... Conseillez-lui tout bonnement de se coucher un instant sur un lit dans une chambre close, loin du bruit, et de fermer les yeux quelques minutes sans dormir. La suppression momentanée de toute excitation venant du monde extérieur, lui rend le calme et la possession de lui-même.

De même, quand le malade est fatigué, il lui suffit souvent, pour retrouver le bien-être, de se coucher, c'est-à-dire de soulager son myocarde en supprimant la lutte contre la pesanteur.

Sans entrer dans le détail de la psychologie, de Y état mentalàu neurasthénique — cela nous entraînerait beaucoup trop loin poulie moment — nous pouvons dire cependant que leur intelligence, souvent peu ordinaire, est amoindrie par l'imprécision de leur mémoire, la faiblessede leur faculté d'attention, la mollesse de leur volonté.Ils perdent espoir et confianceavec une facilité incroyable, d'où la nécessité pour un médecin soucieux de leur faire du bien, de les voir fréquemment, avec beaucoup de patience : il faut leur redire toujours de fortifiantes paroles, recommencer sans cesse à leur persuader qu'ils ne deviendront pas fous, par exemple, qu'ils guériront et qu'ils seront bientôt maîtres d'eux-mêmes.

Ils sont faibles et il faut leur donner de l'impulsion, les mettre dans le bon chemin, ies relever à leurs propres yeux par un encouragement qui vient à point.

Il faut savoir tirer un parti thérapeutique de leurs pires prédispositions.

Par exemple : ils sont exposés — moins que les hystériques, mais fort exposés cependant — à prendre des habitudes, qui se trouvent être presque toujours de très mauvaises habitudes (morphinomanie, alcoolisme, tabagisme, etc..) Leur volonté insuffisante cède le pas à l'acte automatique, qui se renouvelle indéfiniment sans fatigue, sans intervention de la personnalité.

Eh bien! avec un peu d'énergie et de bon vouloir, il est facile


au médecin d'asservir ses neurasthéniques & de bonnes habitudes, à des habitudes utiles et non pas nuisibles, qui deviendront, au même titre que Ie3 pires, de véritables nécessités dont le névropathe ne pourra plus que très difficilement se désaccoutumer.

C'est ainsi que — loin de leur conseiller en règle générale le repos absolu — j' grand soin d'astreindre me3 malades tous les jours, à la même neurc exactement, au travail, au travail intellectuel si je n'ai pas a (Ta ire à des personnes illettrées. L'heure que je choisis est la pire de la journée, celle où le malade se sent plus excitable et plus faible, le moment qui suit le réveil. Conseillez au neurasthénique de se lever toujours à la même heure, de quitter son lit aussitôt qu'il est réveillé, de ne procéder à ce moment-là qu'à une toilette très sommaire, et de se mettre au travail tout de suite, sans s'attarder à quoi que ce soit qui puisse I distraire. Au bout de peu de jours il se résignera, puis s'accoutumera à ce labeur régulier, et son cerveau s'apprêtera de luimôme au travail tous les matins à la même heure, de même que notre estomac se congestionne et appelle tous les midi, automatiquement, à l'heure où nous avons pris coutume de lui donner des aliments.

Le travail devient ainsi une sorte de pain quotidien nécessaire, et le neurasthénique, avec un tempérament de paresseux, finit par être, en fait, un laborieux, un utilisé.

Tous les malades astreints à ce régime, déclarent, au bout de peu de temps, que le travail matinal fait descendre sur eux, pour toute la première partie de la journée, une paix, un contentement qu'ils ignoraient au temps où toujours leur besogne était remise au lendemain, puis bâclée avec grande fatigue à la dernière minute.

*%

C'est encore par l'habitude qu'il faut combattre t insomnie nécropathique, et non. comme on a cru devoir le faire jusqu'ici, par le chloral, les bromures, le chanvre indien, l'alcool, ou des médicaments plus inoffensifs, comme le sulfunal et le trional : Ces deux dernières préparations peuvent cependant être utilisées tout au début, pendant la mise en train du traitement. Mais au bout de cinq ou six jours, le neurasthénique ne doit plus demander le sommeil — ce sommeil de huit heures, auquel il a droit lui


aussi — qu'à un règlement de vie sévèrement suivi une fois qu'il est adopté, il faut mener un peu l'existence d'un moine pour bien guérir de la neurasthénie: c'est la méthode et la régularité.beaucoup plutôt que l'isolement, qui me paraissent convenir habituellement à lacatégorie denévropathesqui nous occupeen ce moment. Ce règlement devra astreindre le malade à se lever de bon matin, à se reposer sans dormir dans la journée, à se coucher, ou bien immédiatement après la dernière bouchée du dîner, ou bien après une heure démarche. Lé coucher immédiatement consécutif au dîner est le moyen qu'il «ut employer au début pour les malades gravement atteints. Ils arrivent en peu de temps à dormir 8 ou 9 heures d'un sommeil ininterrompu, calme et sans cauchemar.

En manière de résumé, voici, à mon avis, quelle consultation écrite il convient de donner à la grande majorité des malades qui présentent les stigmates delà maladie de Beard.

A. — RÈGLEMENT DE VIE.

Lever à 6 heures, toilette sommaire.

De 61/4 à 8 h., travail intellectuel.

A 8 h.: friction au gant dé crin ; premier déjeuner : deux oeufs à la coque peu cuits, battus dans un verre et sales ; un peu de pain grillé.

A 8 h. 1/2, toilette définitive, lecture des journaux et des lettres.

Jusqu'au h. 1/2, travail.

A111/2, repos dan3 la position horizontale, en chambre close loin du bruit.

A 12h. déjeuner.

Sitôt après le déjeuner, repos d'une demi-heure dans une position telle que l'estomac ne soit aucunement gêné dans sa digestion.

Promenade de trois quarts d'heure ou une heure.

L'après-midi, que le malade consacrera à ses occupations habituelles, devra être encore coupée par une petite collation, et quelques minutes de repos dans la position horizontale avant le dîner. (C'est habituellement avant les repas, quand l'estomac est vide, que les neurasthéniques sont surtout irritables et fatigués.)

Le malade se couchera immédiatement après la dernière bouchée du dtner, ou bien après avoir marché une heure.


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B. — RéOIME ALIMENTAIRE.

Boire aux repas, alternativement, pendant 2 jours de l'eau d'Alet, pendant 2 jours de l'eau bicarbonatée sodique A 6 gr. par litre d'eau bouillie ou filtrée. (La do=e de bicarbonate varie, bien entendu, selon le buta atteindre, saturation de3 acides de fermentation ou excitation de la sécrétion chlorhydrique.) Boire seulement un verre par repas.

Supprimer du régime toutes les préparations alcoolisées, les sucreries et les pâtisseries, les acides (vinaigre, oseille, tomates, fruits acides, etc.), les aliments gras, les fritures, la charcuterie (sauf le maigre de jambon), les mets épicéa, les viandes noires, le gibier, les poissons lourds et gras, les sauceset les potages, la mie de pain.

Le malade pourra manger impunément : les viandes grillées et rôties, suffisamment cuites (viandes blanches surtout) ; presque tous les légumes verts (asperges exceptés) ; les légumes secs e J purée ; les oeufs, le maigre de jambon, les poissons légers bouillis ou grillés ; quelques gâteaux secs peu sucrés. Les aliments devront être préparés avec du beurre de bonne qualité en quantité minime : ils devront être plutôt salés.

Le lait n'est pas un bon aliment pour les neurasthéniques au début de leur traitement : il ne fait qu'entretenir là fermentation lactique. Il ne devient inofïensif qu'après une véritable cure de bicarbonate de soude.

Beaucoup de médecins interdisent le café : je crois que la plupart des neurasthéniques sont plutôt tonifiés par une petite tasse de café noir après le repas de midi. La suppression de l'alcool est, à mon sens, d'une importance capitale : il ne tonifie que pour un moment, et la légère amélioration immédiate qu'il procure est bientôt suivie d'une réaction déplorable. La transfusion est un tonique absolument inoffensif et beaucoup plus efficace.

Ce régime a le triple avantage de supprimer les fermentations et les auto-intoxications digestives, de donner au malade un appétit tel qu'il se suralimente de lui-même, de régulariser son existence de telle sorte qu'il a chez lui, sans interrompre ses occupations, les avantages de la maison de santé sans aucun de ses inconvénients.


— 12Toutes

12Toutes précautions pourrrt paraître un peu puériles et minutieuses : elles auront, je Cttia, l'approbation de ceux qui ont soigné beaucoup de neurasthénies graves, qui savent combien ce mal est tenace, difficile à déraciner entièrement.

Encore faut-il y ajouter de la patience et l'énergie constante du médecin traitant, à qui incombe la lourde tâche de relever les forces morales du malade tout en lui faisant une piqûre de sérum ou une séance d'électricité statique. Il faut qu'il se résigne A revoir souvent ses malades, à les consoler et à les encourager chaque jour, pendant deux mois, durée moyenne du traitement. Il sera récompensé de ses peines par l'étude, toujours intéressante et presque inépuisable, de l'état mental de ses neurasthéniques intelligents.il en sera récompensé aussi par le succès final.

Sur 21 neurasthéniques « difficiles », que j'ai traités à mon gré, par la méthode dont je viens d'exposer les grandes lignes, 14 avaient été soignés en vain par plus d'un de nos distingués confrères.

Sur ces 21 cas, je compte 4 cas survenus sans cause occasionnelle appréciable, au moment de la puberté, 4 cas à début insidieux. Ce sont les pires, à coup sûr, les plus rebelles, les plus Indéracinables : ces quatre malades ont été notablement améliorés. C'étaient cependant plutôt encore de véritables mélancoliques que de simples névropathes. Ils ont reconquis l'appétit, le sommeil, la possibilité de s'intéressera autre chose qu'à leur moi tyrannique.3 sur 4 ont cessé d'avoir des phobies 'lehrtics. Hs sont demeurés seulement impressionnables, facilement accessibles à l'émotion, surtout à l'heure qui précède les repp Ce sont des demi-guérisons.

Tous les autres malades (17), si graves que fussent en apparence leurs troubles nutritifs et psychiques, ont guéri de tous leurs symptômes et n'ont pas eu encore de rechutes depuis 8,10,15 mois que leur traitement est fini. Fortement ou faiblement héréditaires, ces 17 personnes avaient vu leur mal débuter consécutivement à un surmenage physique, intellectuel ou sentimental dont la date était facile à préciser.

Ce sont là, je crois bien, des résultats thérapeutiques notablement supérieurs & ceux obtenus jusqu'ici par des méthodes partielles.

Cleriaont (Oise).— Imprimerie DAIX frère», ;», placrc ïaiiu-Aïulre. 3.

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