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JE VOYAGE EN FRANCE (.) Toulouse est imprégnée d'un généreux esprit de conciliation qui cependant dans l'ordre intérieur et municipal lui a déjà 'vaia des mécomptes

Ce matin, à Toulouse, il y avait fuite sorte de meeting permanent sous l'arc de triomphe élevé aux morts.

Des orateurs bénévoles se succédaient pour expliquer, commenter, justifier ou condamner le (geste singulier accompli dans la s .Car il est arrivé à Toulouse un événement méritant discussion ;et dont les journaux n'ont pas :parlé. Voilà, voyez-vous, une raison pour laquelle 11 vaut toujours mieux se rendre compte et :;voyager.

Dans la nuit, donc, un inconnu, -en passant sous l'arc de triom- phe, a jeté un pot d'encre sur la physionomie de la Victoire, exprimée par un haut-relief d'une valeur artistique extrêmement discutée et, je crois même, unanimement critiquée à Toulouse. Ne souriez pas. C'est une véritable aubaine pour un voyageur d'arriver dans un pays qui pense, qui compte dans la forma- tion de l'idée nationale, au moment précis où se produit un pareil fait divers.

J'ai eu ainsi la chance très rare de saisir au vol la vox popuîi de Toulouse, la voix de la rue, en- tièrement libre de la discipline de Y parti;

Les commentaires qui ont jailli d'un groupe improvisé donneront une idée plus juste, j'en suis sûr, de la pensée toulousaine que bien des articles de journaux.

Un homme en veston de velours côtelé, en casquette et dont le visage.expressif s'achevait dans le triangle d'une barbiche discourait, depuis un-moment, lorsque je mis pied à terre devant le monument.

Voyez cette Victoire, disaitil devant un auditoire attentif, elle est représentée par une grosse dame ayant à peu près l'âge de la troisième République. Elle est nue, empâtée, lourde, aux trois quarts couchée et, pour comble de ridicule, coiffée d'un calque., .de tranchée. Franchement, messieurs, estce que. cette Victoire obèse et presque sénile vous donne les moindres idées de revenez-y » ? C'est tout le contraire. L'artiste, en sculptant cette matrone- effondrée, a bien exprimé la pensée de la ville. Etait-il nécessaire de lui barbouiller de noir la joue gauche. Elle n'avait pas besoin de, cette tare pour dégoûter les jeunes- générations. Pour moi, ce n'est pas un pacifiste qui l'a souillée de la sorte. Cette protestalion part d'un autre esprit. Qu'en pensez-vous, mesdames et messieurs ?. A vous la parole. Il y eut un instant de -flottement, puis une jeune femme assez élégante et qui s'était arrêtée en rentrant du marché, son cabas lourd de provisions, risqua son avis.

Pour moi, dit-elle, c'est la protestation d'un artiste, car vraiment cette statue était trop laide.

Il ÿ eut un chœur d'approbations.

C'est vrai.

C'est aussi une protestation contre le conseil municipal qui a approuvé une pareille horreur et qui l'a payée de notre argent. Ii convient de remarquer, à ce sujet, que le conseil municipal de Toulouse est socialiste depuis bientôt six ans et que les reproches et accusations que l'on formule à son endroit pourraient remplir une comédie ou un film parlant d'un effet comique irrésistible.

Cependant, le meeting continuant, un gringalet, en combinaison brune de mécanicien, se hissa sur sa voiture à bras Ce. n'est pas mon avis, criat-il. Etes-vous ou non pour la paix ?.

Un écho unanime lui répondit Evidemment. On le sait. C'est pas la peine d'en parler. Si c'est pour cela que tu grimpes sur ta quarante chevaux, tu ferais mieux de continuer tes courses.

Bon, poursuivit le Jeune homme, faisant bonne contenance. Si vous êtes tous de cet avis, alors vous approuverez le geste d'un camarade inconnu qui a voulu détruire un emblème de la victoire. Mais oui! si vous voulez vivre en paix avec les Allemands il faut supprimer jusqu'au souvenir de leur défaite. Vous pouvez être sûrs que. les Allemands seront satisfaits et reconnaissants. car les Allemands et nous c'est la même chose. Ce sont des braves gens qui comprendront à condition que l'on fasse le geste de l'oubli.

Henry de Korab-

(VoirZa ëuite en & page, 3* colonne), (.)Voir le Matin des 5, 6, 7, 8, 10, 13, 15, 21. 22, 24 et 25 janvier.

En quatrième page

LES MILLE ET UN MATINS Sports D'HIVER, par Antoine de Cour-

LES NEGOCIATIONS FRANCO-BRITANNIQUES SUR LES DETTES ET LES REPARATIONS M. Pierre L'aval assisté

de M. Flandin a en hier un. long entretien avec lord Tyrrell, ambassadeur de Grande-Bretagne

LORD Tl'RREIX

Un important entretien, qui s'est prolongé pendant près de deux heures, a eu lieu, hier matin, au Quaid'Orsay, entre M. Pierre Laval et Lord Tyrrell, ambassadeur d'Angleterre.

Le président du conseil était assisté de MM. Flandin, ministre des finances, Philippe Berthelot, de Laboulaye, Coulondre et Rueff, attaché financier de l'ambassade de France à Londres.

Au cours de cette véritable conférence, qui faisait suite aux échanges de vues franco-britanniques de la semaine passée, la discussion a essentiellement porté sur la mise au point de la formule par laquelle les puissances créancières du Reich doivent officiellement enregistrer l'ajournement provisoire des réunions de Lausanne et définir exactement le régime appelé à remplacer le moratoire •̃ Hodver à partir du rr juillet prochain et pour une péA'ce sujet, Lord Tyrrell a soumis à M. Pierre Lavai un projet de texte élaboré par Sir Frederick Leith-Ross et les experts de la Trésorerie britannique.

D'après nos renseignements, ce projet ou, plutôt, cet avant-projet peut se résumer ainsi Les. représentants de la Grande-Bretagne, après avoir brièvement rappelé les circonstances particulières qui ont provoqué l'ajournement de la, conférence de Lausanne, proposent aux gouvernements intéressés d'engager les pourparlers avec l'Allemagne le 30 juin prochain. Ils espèrent que, d'ici là, la situation monétaire et économique aura suffisamment évolué pour que l'on 'puisse négocier utilement.

(Voir la suite en S1 pare)

LE CONFLIT_SINO-JAPONAIS Les Chinois concentrent leurs troupes autour de Changhaï

(Voir en Dernière Heure nos dépêches)

Le prêt à l'Allemagne de 25 millions

de dollars

sera-t-il renouvelé? Le conseil de régence

,de la Banque de France doit en délibérer

après-demain

C'est vraisemblablement après-demain jeudi que le conseil de régence de la Banque de France aura à se prononcer sur le renouvellement de la tranche française (25 millions de dollars) du crédit de 100 millions de dollars accordé à l'Allemagne, en juin dernier, par Londres, New-Ydrk, Paris et la B. R. I.

On sait que c'est du renouvellement de,ce crédit que les banquiers amériéains et anglais et les délégués du Reich ont fait dépendre la validité de l'accord sur les crédits « gelés », signé à Berlin.

On se rappelle, d'autre part, les circonstances dans lesquelles le renouvellement sans condition de ce mêwie crédit a été récemment refusé par la.B.RX à la suite d'une vigoureuse et opportune intervention de M. Moret, gouverneur de la Banque de France. Le doyen des présidents de conseil général

Avec M. Louis Bignon, sénateur de la Seine-Inférieure, vient de mourir le doyen des présidents de conseil général de France.

Cette succession est aujourd'hui recueillie par M. Louis Barthou. L'ancien président du conseil est, en effet, président du conseil général des Basses-Pyrénées depuis 1904, soit 28 ans sans interruption, signe de fidélité dont on ne sait à qui il fait le plus d'honneur, des électeurs ou de l'élu. UN OFFICIER FRANÇAIS TUE AU MAROC

Lieutenant de CHAPPEDELAINE

neveu du ministre de la marine marchande, -qui, jeudi, au eouts d'un engagement dans la région de Touroug, a été tué ainsi que trois moghzanis. Le lieutenant Bernard de Chappedelaine, qui était officier aux affaires indigènes au Maroc, décoré de la' Croix de guerre des T. 0. E. et de la Médaille coloniale, était âgé de 25 ans.

LES TROUBLES SOCIAUX EN ESPAGNE La, grève cesse à- Barcelone mais éclate à Séville (Voir aos dépêches en Dernière Heure

ARRESTATIONS D'EMKIJTIERS K\T CATALOGNE

LE DRAME DE BONNEVAL Devant le jury du Tarn Clémentine Sandral

maintient avec obstination que des brigands ont assassiné sa belle-mère

[DE NOTRE envoyé SPÉCIAL]

ALBI, 25 janvier. Par télégramme. Clémentine Sandr,al, empaquetée et casquée de noir, un noir uni, modique et cérémonieux des paysannes qu'une

Mme VEUVE SANDRAL

l» victime f

circonstance tant soit peu solennelle requiert au chef-lieu, est petite et laide elle a l'œil assuré, les joues mafflues et tombantes la lèvre supérieure hermétiquement rabattue sur le menton permet de douter qu'on réussisse jamais à lui arracher par là un secret qu'elle est résolue à garder pour elle.

Deux lourdes mains violettes croisées sur son ventre, elle a entendu sans sourciller la lecture de l'acte d'accusation.

De notoriété publique, observe le président Laporte, vous vous adonniez la boisson et, d'ailleurs, toute votre familles était alcoolique.

(Voir la suite en Dernière Heure)

UNE PERMDE DE BEAU TEMPS La brunie à Paris

Le temps est au beau dans toute la France et il s'agit, non pas d'une belle journée, mais de ,plusieurs jours. Il a gelé au matin du 25 janvier et il gèlera également le 26. On a noté le 25 d Paris, 3°, comme à Orléans, Valeneiennes, Bourges, Lyon, 4° Strasbourg, Dijon, 5° à Beauvais et Clermont-Ferrand, 6° à Metz et le Puy, 7°.d Nancy.

Phénomène plus étrange, Paris et sa région., sont dans la brume, niais dans une brume toute particulière en ce sens ftil'elle est sèche, qu'elle ne mouille pas et qu'elle laisse apparaître le soleil, avec ses rayons éblouissants,' La brume, la vraie, au contraire, est humide, comme le brouillard et' obscurcit le soleil, qui devient à peine visible comme un fromagne, à la crème. La brume, à Paris, ce 25 janvier, est une brume qui ne forme attettn nuage et ses caractères particuliers permettent d'affirmer qu'elle est due tt une modification singulière de la vapeur d'eau atmosphérique. Elle n'est, cettevapeur, niinvisible, niliquide, ni solide plus forte rafson elle est dans un état distinct, c'est-à-dire constitue le quatrième état de la vapeur d'eau dtttts l'atmosphère.

Et' le beau temps va continuer, avec gelées, brumes et brouillards. Gabriel Guilbert,

directeur des services météorologiques du « Matin'»,

Les chats et la noce de Choisy-le-Roi

devant la cour d'appel C'est une très vieille histoire, qui date de 1923. Elle a déjà fait la joie d'une génération de plaideurs. Mais comme il n'y a pas de raison de priver nos contemporains d'un récit qui a charmé leurs aînés par sa simpli-!cité, et' que, par ailleurs, Mme ..Margottin va l'aire plaider, une second fois son procès devant la huitième chambre de la cour, nous reprendrons le. fil de cette histoire légendaire. Mme Margottin a aujourd'hui passé 70 ans. Elle n'en avait que.63.quand elle vitriola son amant, qu'elle appelait le Pacha et qui n'a aucun rôle à jouer dans l'affaire.. Les magistrats correctionnels. sont moins sensibles que les jurés,aux peines du cœur. Ils condamnèrent Mme Margottin à. mois de prison en première instance et à i an'en appel: La sexagénaire sentimentale accueillit ces sentences d'un coeur serein. Une seule chose' l'inquiétait le sort de ses chats qu'elle avait laissés sans subsistance dans sa villa de Choisy-le-.Roi. De Saint-Lazare, elle écrivit à une de ses voisines, .Mme Beys, de vouloir bien s'occuper de son ménage et de la nourriture des félins. Quand elle rentra de Paris Choisy, Mme Margottin trouva chez elle'bien du changement. Son chat préféré était mort. Les autres avaient eu des petits. Enfin, le mobilier paraissait avoir particulièrement souffert. Pour comble, l'armoire à linge ne renfermait plus que des draps sales.

Mme Beys fournit d'elle-même l'explication de ces faits étranges. Elle avait marié récemment à Choisy un de ses petits cousins et avait hébergé la noce dans le pavillon inhabité de Mme Margpttin.: Sur-le-champ, celleci changea d'attitude vis-à-vis de' son amie. Elle lui avait promis de récompenser les soins dont elle entourerait ses chats. Elle l'assigna impromptu devant le tribunal civil en' 5.000 francs de dommage,s-intérêts. Mme Beys répondit en demandant i.5oo francs pour prix de ses travaux dans le pavillon et de la nourriture des chats de la prisonnière. En faveur de l'une et de l'autre des parties, M6*: Robert Lœwel et Rolland Faïn mesurèrent leur éloquence. Les juges, amusés et pareillement convaincus de la bonne foi des deux plaideuses, les renvoyèrent dos à dos.. Mme Margottin. ne s'estima pas satisfaite. Elle avait eu beau faire laver son linge et voir autour d'elle se multiplier .ses chats, le temps ne put lui faire oublier son ressentiment. Me Robert Lœwel va reprendre pour elle son exposé des motifs avec tous les intérêts de droit » et M6 Rolland Faïn rééditera ses conclusions de dé·boutement au gpm ,de. MmS B.ey.s*

Demain la Chambre doit discuter

la réforme électorale Elle devra au préalable se prononcer sur cinq motions diverses de renvoi ou d'ajournement dont elle est saisie, Et les socialistes demandent que ïe texte relatif au- mode d'élection soit disjoint

Après une semaine consacrée à l'élection de son bureau et une semaine entièrement remplie par la discussion des interpellations sur la politique générale, la Chambre va enfin pouvoir se remettre aujourd'hui à son travail purement législatif, interrompu depuis la dernière session.

Mais on peut dire que ce ne sera que momentanément puisque après la séance de cet après-midi consacrée à la suite du débat sur les propositions de loi relatives à'la révision des baux à ferme, :l'assemblée abordera dès mercredi matin le débat sur la réforme électorale, c'est-à-dire s'occupera surtout, par ri- cochet, de politique intérieure. Or, 11 semble bien. que si elle veut. en finir avec cette question, la Chambre ne pourra seulement consacrer,les deux séances prévues -pour mercredi et jeudi matin cette' discussion' Il est donc fort possible qu'elle bouleverse tout son ordre du jour et décide d'examiner saris désemparer, c'est-à^ilre en disposant à cet effet. de toutes les séances à venir disponibles, les divers textes dont >ïèlle est saisie.

Après les préambules mouvementés auxquels a déjà donné lieu en effet, en décembre dernier, la fixation à l'ordre du jour des propositions;de la commission du suffrage universel relatives à l'élection des députés' dès le premier tour de scrutin lorsque le candidat arrivé en tête aura obtenu 40 des.suffrages exprimés, M. Mandel a été, on s'en souvient, confirmé par cette commission dans son mandat de défendre devant, la Chambre ces dispositions, et hier soir encore,- dans» les. couloirs, le député de la Gironde annonçait, qu'il ne se déroberait pas cette'mission. Aussi les députés n'ayant plus à se prononcer cette fois seulement sur des questions de, procédure, mais sur le fond même de. la réforme. proposée, peut-on envisager des débats animés, et de nouveaux défilés à la'tribune pour des scrutins publics où les deux blocs de l'assemblée s'efforceront d'avoir la majorité numérique, en. sonnant le ralliement de. leurs effectifs.

Mais la Chambre n'aura d'ailleurs pas à statuer tout de suite sur l'exproposition Lambert, rapportée par M. Baréty dans un texte devenu celui de la commission du suffrage, universel. Il lui faudra tout d'abord se prononcer sur cinq motions diverses de renvoi ou d'ajournement dont elle est safsie. "(Voir la fuite en 3« page)»^i, •̃̃ 4.200 kilomètres à la vitesse horaire de 290 kilomètres

Capitaine Frank HAWAS

AGUA CAHENTE (Mexique), 25 janvier. (Dép. N. Y. Herald).- « L'homme boulet », le capitaine Frank Hawks, vient d'accomplir un nouvel exploit sensationnel en accomplissant un circuit de 4,200 kilomètres sans escale au-dessus de l'Amérique du Nord et de l'Amérique Centrale, à la vitesse horaire de 290 kilomètres.

Frank Hawks qui a traversé trois pays différents (Mexique, Etats-Unis et Canadas a survolé eu une seule journée, en 14 heures de vol, des régions tropicales, des plaines tempérées, un vaste désert et des espaces couverts de neige.

DES TROGLODYTES NOIRS Par et J.

K Devant nous, quatre hartâni, si ridés, si parcheminés, si moml- Ces qu'on les croirait âgés de deux cents ans. » En bc.3 des barri de col. En médaillon un captif •

moriLunu.

Propos d'un Parisien DEUX MORALES

« Il n'y a pas deux probités crie M. RaymondvPoincaré dans un articale qu'il vient de publier dans le journal argentin La Naçion.

« II n'y a pas deux probités », s'est écrié en d'autres termes, mais dans un sens analogue, M. Edouard Herriot à la Chambre.

M. Raymond Poincaré ajoute que, lorsque M. Stresemann est venu le voir après la. signature du plan Young, il avait, l'air satisfait. Parbleu L'Allemagne y. trouvait des avantages considérables. C'était une ëtape-franchie. ̃ Dan* le traité qui scella le même plan Young, les Allemands avaient pris l'engagement solennel le mot y. est d'y rester fidèles. viennent, d'un coup de ,pied,: J$j3p*voyer promener, ce traité. Il aussi deux « solennités » ,?;a

Us ajoutèrent le'mot y est qu'il s'agissait d'un règlement « définitif ». Il y a donc aussi deux & déflnitivités.» ?

Comme, parmi les signataires du plan Young, se trouvaient des sceptiques, ils ajoutèrent que, au cas où l'Allemagne ne serait pas fidèle au plan Young, le traité de Versailles entier rentrerait en jeu. A ce moment. il n'y a que trois ans, M. Curtius, ministre des affaires étrangères allemand, se, fâcha La seule hypothèse, s'écria-t-i1 (tout cela est officiel), que l'Allemagne pourrait renier sa parole est une injure.

M. Brüning lui-même, devant le Reichstag, déclara otfensante l'idée que le plan Young pourrait être déchiré par :• l'Allemagne. Tous les textes sont là. Il est surprenant et désolant qu'à'la Chambre on en ait accueilli le rappel; comme une révé- lation. Invraisemblable manque de mémoire

Eh bien oui, il y a deux sortes de probité.' Il- y, a; probité des,gens qui croient -.aux traités et celle de ceux qui n'y croient pas. Mais ces derniers ont'une morale aussi. Ils ont la leur. Elle s'exprime ainsi Heilig der^Zweck, gleichgùltig die Mtttel. ». Traduction « Si le but est' sacré, qu'importent les moyens ? A nous, .cette morale paraît immorale d'autres, elle paraît idéale. Tout-le drame est là. Elle explique notre éternelle naïveté. et les événements., ̃• «' Louis Forest.

LE « GOLIATH ET DAVID DE LA BOXE Primo Cornera écrase Moïse Bouquillon

Le match de boxe entre le géant Primo Carnera (122 kilos) et le courageux Moïse Bouquillon: (88 kilos) disputé hier soir, au Pa2ais des Sports, s'est terminé par la -victoire de Carnera, au 2'' round, à la suite de l'arrêt du combat, décidé par l'arbitre, et après que Bouquillon fut envoyé quatre fois sur le plancher.

On voit, par la photo que nous donnons, le dreadnought Carnera (à gauche, est-il besoin de le dire) portant à la culotte un écusson représentant un sanglier, bloquer avec une aisance enfantine, un direct en hauteur lancé par son adversaire qui, au lieu de se hausser sur la pointe des- pieds, se ramasse sur, luirmime. (Lire le compte rendu en Dernière Heure.), ̃

Phot. Matin.

Les. trous de la mine, et puis, S côté, les trous, où gîtent les hom· més. Pour pénétrer dans ces tanières j qui s'enfoncent sous le sable soute» nues uniquement par une croûte d«S sel, il faut se baisser résolument parfois, même ramper. C'est là que vivent les hartâni«

Phot. Matin.

Un captif travaille sous les yeux du caïd de Taoudeni. En médaiUon': un autre captif travaillant dans une fosse.

Notre peau offerte, par avance, en holocauste, à toutes les démangeai» sons, nous avons pénétré dans cel affreux réduits.

Les couches alternées de la terre et du sel en sont l'unique maçonne- rie, comme cet énorme bloc qu'on di. j rait de verre dépoli, arraché aux salines,' en est le seul ameublement.. C'est sur' ce bloc que l'harjfàoi } travaille, répare ses outils, accom- ,mode le-mil. C'est sur le, sable qu'il mange c'est dans le sable qu'il dort. Les femmes

A notre approche, une: femme â saisi ses deux petits et s'est enfuie. •• Car, il y a des femmes en cet en- fer. Peu, du reste. Dix, croit le caid, dont le recensement, dans ce -1 dégoût, est incertàin. ̃ Dix femmes qu'ont faites encore plus esclaves qu'eux-mêmes les soixante-dix hàrtâni* qui travaillent aux mines.

.• Elles, sont jeunes/ et autour d'elles seul note de gaieté vivante, au sein de cette horreur la nuée braillante et joyeuse des gosses 1 A qui sont-elles au juste ? s Allah seul le sait. A ceux dont la mine n'a point en- core fait des moribonds à ceux qu'un tremblement sénile à l'âge où les autres hommes sont jeunes n'a point tout à fait transformés en vieillards.

A qui, sont-ils au juste, eux*, les petits ? A personne et tous. A la famé- lique communauté. de cette détresse. Ils sont beaux, d'ailleurs, ils sont forts, ils sont gentils.

C'est que le rauque appel de l'homme aux soirs de désir, l'appel de celui qui, parmi ces déchets, est resté le plus fort, l'appel du plus beau, 'du plus vaillant, assure, dans l'enfer du sel, la sélection de la race. C'est la nature qui là première poussé le cri affreux de Vœ yictis t Malheur aux vaincus Malheur aux faibles. Il y a, dit-on, des nuits tragiques à Agorgott, dans les cases salines des noirs troglodytes.

Ces soirs-là, quand, à l'abri des murs de Taoudenî, le caid et les no- tables entendent monter dans la Eé- (•) Voir le Matin du 10 au 21 et <ftj 23 au 25 janvier.