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Title : Vie des saintes Marie Jacobé et Marie Salomé ; suivie d'une neuvaine et de quelques cantiques populaires (3e édition) / [par l'abbé X***]

Publisher : Impr. centrale du Midi (Montpellier)

Publication date : 1879

Subject : Provence

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Format : 1 vol. (80 p.) : couv. ill. ; 18 cm

Format : Nombre total de vues : 86

Description : Collection numérique : Fonds régional : Provence-Alpes-Côte d'Azur

Description : Collection numérique : Fonds régional : Languedoc-Roussillon

Description : Avec mode texte

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5772333n

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, LK2-3316 (A)

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34103610s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 29/12/2009

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VI K . -

U K S SAINTES

Marie Jacobé et Marie Salomé

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ET DE QUELQUES CANTIQUES POPULAIRES PAR L ABBÉ !■•*

TROISIÈME ÉDITION

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VIE

DES SAINTES

Marie Jacobé et Marie Salomé

.^""^UIVIE D'UNE NEUVAINE v ET DE QUELQUES CANTIQUES POPULAIRES

TROISIÈME ÉDITION

MONTPELLIER

IMPRIMERIE CENTRALE DU MIDI (HAMILIX Fnèftu, rue de l'Observance)

M DOCC LXXIX


APPROBATION

DK LA PRKMIKKK KIUTION

IMPRIMATUR

Aquis-8extiis, die 5 maii 1875.

f AUGUSTINUS, Arch. Aquensis Arelaten. et Ebredunen.

Nous béuissou* l'auteur du ce pieux opuscule et nous «manitous que non travail contribue à couserveret à étendre la dévotion ai populaire dan* nos coutrées envers les Saintes Maries. Montpellier, ce 8 mars 1K76.

f Fr. M. ANATOLK, Evoque de Moulpt'IlitT.

Nous ne mettons, en ce qui nous concerne, aucun obstacle &

impression do cette Ncuvaine, dont il est à souhaiter que l'u- t

sage se répande parmi les fidèles pèlerins de Notre-dame-de-la i\

Mer, J

Nîmes, te 3 mai 1873. I

Le Vicaire-Général délégué, j

Rov. DE CABRIÈRES. ;


AVANT-PROPOS

Les historiens, les monuments anciens et la tradition elle-même, nous fournissent peu de détails sur la vie des Saintes Maries. Il n'y a rien là qui étonne. Les premiers chrétiens se transmettaient de vive voix les faits remarquables ou miraculeux de ceux qui les avaient engendrés à la foi; ils s'appliquaient avant tout à graver dans leur coeur les exemples de vertus dont ils étaient les témoins, et ils les célébraient dans leurs chants aux jours de fête.

Nommer les saintes Maries Jacobé et Salomé, c'est nommer, parmi les saintes femmes qui étaient àla suitedu Sauveur,celles qui, avec sainte Magdeleine et sainte Marthe, lui ont témoigné le dévouement le plus grand et le plus fidèle. C'est nommer les bienheureuses Mères de quatre Apôtres, dont trois ont relevé cette dignité par la palme du martyre. C'est nommer pour nous, habitants de la Provence et du Languedoc, nos Apôtres et nos Mores dans la foi. Car, tandis qae leurs enfants scellaient de leur sang les vérités divines qu'Us enseignaient dans l'Orient, les Saintes Maries, bravant, par un miracle insigne, les périls de la mer, apportaient le flambeau de la foi dans l'Occident, et,entre les Mères et les enfants, l'univers était évangélisé et converti au christianisme.


I

Je vais donc raconter l'histoire des Saintes Maries, assuré de plaire en même temps aux illustres Apôtres dont elles furent les bienheureuses Mères, à l'Immaculée Vierge Marie dont elles furen* les proches parentes, et à N.-S. lui-même qui, pendant sa vie mortelle, les honora de son estime et de sa confiance, et qui aujourd'hui, du haut du Ciel, les glorifie en accordant à leur intercession «es grâces les plus abondantes et même des miracles.

Les nombreux pèlerins des Saintes Maries, et en particulier les habitants de Cette et de Montpellier, si connus par leur dévotion envers ces grandes Saintes, trouveront dans la lecture de ce petit livre des motifs de conserver, d'augmenter même leur confiance et leur amour envers elles, et se sentiront portés à recourir plus souvent à leur intercession, pour en obtenir des grâces plus abondantes.

Quoiqu'il existe déjà plusieurs vies des Saintes Maries, j'ai cru pouvoir écrire celle-ci, persuadé que la source des louanges qu'elles méritent n'avait pas été épuisée, et qu'il y avait encore des épis à glaner et des fleurs à cueillir dans le champ des traditions religieuses du Languedoc et de la Provence.


VIE

DES

SAINTES MARIE JACOBÉ

ET MARIE SALOMÉ

CHAPITRE PREMIER

Généalogie des Saintes Maries. Leur histoire avant la vie publique de Jéaus-Chrlst.

Selon l'opinion la plus probable, Sainte-Marie Jacobé était fille de Nathan, de la tribu de Lévi. Sa mère s'appelait Marie. Elle était soeur de sainte Anne et de Sobé, mère de sainte Elisabeth, qui donna naissance à saint Jean-Baptiste. Elle épousa Cléophas, frère de saint Joseph : d'où vient que saint Jean l'appelle Marie de Cléophas. Elle en eut quatre fils : saint Jacques le Mineur, saint Jude,


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saint Siméon, évéque de Jérusalem, successeur de saint Jacques le Mineur, et saint Joseph, surnommé le Juste, dont il est parlé dans les Acte* des Autres. Elle est désignée plus souvent dans l'Évangile par le nom de Marie, mère de Jacques, et plus connue dans le pays où reposent ses reliques par le surnom de Jacobé.

Sainte Marie Salomé était ainsi appelée à cause de Salomé, son père. Elle était parente de la sainte Vierge. Elle épousa Zébédée, dont elle eut deux fils : saint Jacques le Majeur et saint Jeau l'Evangéliste, qui, tous deux, furent élevés à l'apostolat. Saint Jacques le Majeur fut le premier des Apôtres qui reçut la couronne du martyre : il eut la tête tranchée par ordre d'Rérode III, neveu de celui qui fit mourir saint Jean-Baptiste et petit-flls de celui qui fit massacrer les saints Innocents.

D'après cette généalogie, on peut appeler, comme c'était l'usage parmi les Juifs, saint Jacques le Mineur frère de Notre-Seigneur, et sainte Marie Jacobé soeur de la Très-Sainte Vierge, c'està-dire sa belle-soeur, puisque Cléophas était frère de saint Joseph.

De ce que l'histoire et la tradition nous donnent peu de détails sur les Saintes Maries, ce n'est pas à dire que leur vie se soit écoulée dans l'obscurité ou que leurs noms ne puissent revendiquer la gloire qui excite ordinairement notre admiration et notre estime. Au contraire, leurs actions sont connues de la terre entière, et bien des grandeurs


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humaines envieraient la noblesse de leur origine. En effet, elles descendaient de la famille royale de David, qui avait donné tant de rois au trône de Juda, de laquelle devait naitre le Rédempteur promis au genre humain. Elles n'étaient pas sans gloire du côté de l'alliance, puisqu'elles étaient unies par les liens du sang avec la famille la plus auguste qui fut alors, je veux dire avec la mère du Dieu fait homme, dont elles étaient appelées les soeurs, et avec Notre-Seigneur Jésus-Christ luimême, dont elles étaient les tantes. Voudrionsnous les louer du côté de leurs enfants? Tous ceux qu'elles ont eus de leur mariage ont été mis au nombre des Saints : quatre ont été honorés de la gloire de l'apostolat, et parmi ceux-ci, trois ont relevé cette dignité par la couronne du martyre. Je ne m'attacherai pas cependant à louer ces avantages qui font l'admiration des hommes; j exalterai de préférence et j'offrirai à l'imitation des pèlerins des Saintes Maries leur docilité à écouter la parole de Jésus-Christ et leur fidélité à la mettre en pratique; leur grand amour surtout pour sa personne sacrée, qui a été l'origine de leurs glorieux privilèges, de ia prédilection du Sauveur à leur égard, et la cause du bonheur sans fin dont elles jouissont dans le Ciel.

Quand l'ange du Seigneur eut apparu en songe à Joseph en Egypte et lui eut ordonné de prendre l'enfant et sa mère et de retourner dans la terre d'Israël, parce que ceux qui en voulaient à la vie


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de l'enfant n'étaient plus, les Saintes Maries durent être les premières à venir féliciter la Sainte Vierge du bonheur de son retour et à voir son enfant, sur lequel la renommée avait répandu des bruits si étonnants : sur sa naissance dans une étable, sur l'apparition d'une étoile miraculeuse, sur l'adoration des Mages, sur le massacre des Innocents. Mais* quand elles furent témoins de sa boiuté et de sa modestie, quand elles virent sa tête couronnée d'une chevelure ondoyante, son front où la majesté royale était empreinte, set .yeux perçants qui lisaient au fond des coeurs, sa bouche gracieuse qui ne s'ouvrait que pour sourire et pour bénir, elle3 ne purent contenir leurs sentiments d'amour; elles pressèrent dans leurs mains sa robe sacrée et imprimèrent sur ses pieds de pieux baisers; et -Jésus, qui, pour la première fois, voyait les plus proches parentes de sa sainte mère, les combla de grâces intérieures et imprima profondément dans leur coeur son image.

On peut croire pieusement que, dès-lors, les Saintes Maries recherchèrent les occasions de visiter la solitude de Nazareth, d'entrer dans l'humble atelier où Jésus travaillait sous les yeux de saint Joseph, d'écouter les paroles divines qui sortaient de sa bouche. Il n'est pas aussi hors de toute croyance que la mère de Jésus acceptait volontiers le concours de leurs doigts pour travailler aux vêtements de son enfant, peut-être de cette robe sans coutures qui, sur le Calvaire, devait


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exciter la cupidité de ses bourreaux. Et Jésus, qui se trouvait là en famille, leur découvrait une partie des trésors de sagesse qu'il cachait au reste des hommes,.et les disposait au ministère de zèle auquel il les destinait dans sa vie publique.

CHAPITRE II

Les Saintes Maries pendant la vie publique de Jésus-Christ

Quand l'heure de sa manifestation au monde eut sonné, Jésus se dirigea vers Capharnafim, où il avait choisi le chef de son Église et ces douze pécheurs destinés à la conquête de l'univers. Préparées d'avance et mares pour l'Apostolat, les Sainies Maries se consacrèrent au service de Jésus-Christ en le cuivant dans ses prédications. Elles quittèrent tout pour s'attacher à lui, alors même qu'elles ne pensaient peut-être admirer et aimer dans le fils de leur [soeur qu'un homme de Dieu, un grand prophète, mais non le Verbe éternel, le Fils de Dieu fait homme.

C'était l'usage parmi les Juifs que ceux qui se destinaient à l'instruction des peuples fussent suivis de quelques femmes vertueuses qui les al-


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daient de leurs soins et de leurs biens, afin de n'être à charge à personne. Ces pieuses femmes fournissaient, selon leur pouvoir, aux ministres delà parole,ce qui leur était nécessaire. Elles ménageaient en faveur d'une oeuvre aussi sainte le crédit et l'assistance des personnes de leur sexe. Elles annonçaient la venue de ces hommes extraordinaires, occupés de la gloire de Dieu et du salut de leurs frères, et elles n'oubliaient rien pour leur préparer les esprits et les coeurs. Les Saintes Maries s'occupèrent avec tout le zèle possible de ces fonctions glorieuses, sacrifiantvolontiers au service de Jésus-Christ et au salut du prochain les biens qu'elles possédaient.

Les évangélistes nous ont conservé le récit in-* téressant de la demande de Marie Salomé pour l'élévation de ses deux fils, Jacques et Jean, audessus de tous les autres Apôtres.

Jésus-Christ avait quelquefois entretenu ses Apôtres de l'éclat et du séjour de sa gloire après sa Résurrection, et leur avait promis qu'ils seraient assis avec lui sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. Encore peu éclairés, les Apôtres se figuraient que ce règne serait visible et terrestre ; les honneurs, les dignités firent impression sur Jacques et Jean, les deux fils de Salomé. Ils aspiraient aux deux premières places, et voulaient être assis, l'un à la droite et l'autre à la gauche de Jésus-Christ. Ils en parlèrent à Salomé, leur mère, et lui firent partager leurs idées.


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Salomé, se laissant entraîner au penchant naturel d'une mère quand il s'agit de l'élévation de ses enfants, supplia en effet Jésus-Christ d'accorder à l'un et à l'autre la faveur qu'ils désiraient.

« Ordonnez, lui dit-elle, que mesdeux fils soient assis, dans votre royaume, l'un à votre droite et l'autre à votre gauche. » Elle dit, et attend avec confiance le succès de sa demande. Le Sauveur comprit qu'elle avait été poussée par ses deux fils à lui faire cette demande ; il n'osa l'attrister par un refus; mais, s'adressant à Jacques et à Jean: «Vous ne savez, leur dit-il, ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que je boirai moimême ? Vous le boirez, en effet, ajouta JésusChrist; mais, pour ce qui est d'être assis à ma droite et à ma gauche, cette grâce est réservée à ceux à qui mon père l'a préparée. » Paroles dures pour le coeur de Salomé, mais qui n'étaient pas une condamnation de sa demande.

On ignore le temps auquel les Saintes Maries se mirent à la suite de Jésus-Christ et la manière dont se fit leur vocation, si Notre-Seigneur les appela à sa suite, comme les Apôtres, par une parole extérieure qui était comme le signe sacramentel de leur vocation et qui opérait ce qu'elle signifiait. Il est plus probable qu'elles suivirent JésusChrist attirées par une grâce intérieure que NotreSeigneur répandit dans leurs âmes; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'elles furent si fidèles à sa première grâce que, les Apôtres même et leurs


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propres enfants ayant abandonné le Sauveur au moment de sa passion, les Saintes Maries lui furent constamment dévouées, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant.

CHAPITRE III

Les Saintes Maries pendant la Passion de Jésus-Christ

Jusque-là l'amour des Saintes Maries pour Jésus-Christ n'avait fait que croître au milieu des travaux inséparables du pieux ministère qu'elles exerçaient envers lui. Ce qui allait suivre devenait, pour ces généreuses femmes, une épreuve d'autant plus rude, qu'il ne parait pas qu'elles y fussent préparées et qu'elles fussent instruites du mystère de la Croix. Il n'en était pas ainsi des Apôtres : le divin Maître les avait bien des fois prévenus sur le genre de ses souffrances et de sa mort. Quelques jours avant son entrée triomphante dans la ville, il leur avait dit ouvertement: « Voilà que nous allons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux Princes des Prêtres et aux Scribes, qui te condamneront à mort, et il ressuscitera le troisième jour. » Cependant, aux pre-


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mières approches de l'orage, tous l'abandonnèrent. Pour les Saintes Maries, leur attachement pour Jésus- Christ triompha de la crainte des hommes. Elles ne furent pas moins victorieuses de la terreur que les Juifs perfides et inhumains devaient naturellement leur inspirer. On peut dire même que, dans cette occasion, elles signalèrent tout à la fois et leur courage et leur amour pour le Sauveur, montrant qu'elles étaient des femmes vraiment fortes et fortement attachées au divin Maître, puisqu'elles lui demeurèrent fidèles dans ce jour de ses ignominies et de ses souffrances. Elles l'accompagnèrent partout, sans être arrêtées, ni par la cruauté des Juifs, ni par les mauvais traitements des soldats, ni par les insultes d'un peuple irrité et déchaîné contre Jésus-Christ. Les livres saints nous les montrent sur le Calvaire, aux pieds de la Croix, avec sainte Magdeleine et la mère de Jésus-Christ. Au pied de la Croix, dit saint Jean, se tenaient la mère de Jésus et la soeur de sa mère, Marie de Cléophas, Marie Magdeleine et Salomé. Soutenant la douleur immense de la Sainte-Vierge, elles assistent au premier sacrifice de la loi nouvelle, et s'unissent à la victime innocente qui s'immole volontairement pour elles et pour le salut de tout le genre humain, dans des sentiments d'amour, de compassion, d'horreur pour le péché, plus faciles à comprendre qu'à exprimer. Oh t si en assistant au saint sacrifice delà Messe, qui est la représentation de


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celui de la croix et qui en contient tout le prix infini, nous avions les mêmes dispositions que la Mère de Jésus et les Saintes Maries, il ne faudrait pas d'autre pratique de piété pour nous combler de grâces et de mérites et pour assurer l'affaire si importante de notre salut. Aussi l'Église, comme une mère tendre et sage, qui connaît les grands avantages renfermés dans l'assistance à la sainte Messe, fait-elle un devoir à tous ses enfants, sous peine de péché mortel, d'assister les jours de dimanches et de fêtes d'obligation à ce saint et auguste sacrifice.

Quand les Princes des Prêtres et les chefs de la nation juive se furent retirés, laissant aux bourreaux le soin de veiller sur leurs victimes, la Mère de Jésus, les Saintes Maries et les autres saintes femmes s'avancèrent jusqu'au pied de la Croix. La nuit étendait déjà ses voiles sur la nature qu'elles étaient encore là. On ne voyait plus sur la sainte montagne que ces pieuses femmes et les trois croix qui s'élevaient sanglantes dans les airs. Quand Joseph d'Arimathie et Nicodème descendirent le corps glacé de Jésus, elles remarquèrent le lieu de sa sépulture. Ensuite Salomé retourna à Jérusalem, accompagnant la Sainte Vierge, qu'elle conduisit dam $a maison, parce qu'elle avait été donnée pour Mère à son fil*. Marie Jacobé et Marie Magdeleine s'assirent sur la pierre qui fermait l'entrée du sépulcre et répandirent un torrent de larmes. En ce jour s'accomplit la parole du pro-


— 15phète

15phète : « Ils pleureront avec des larmes et des soupirs comme on pleure un fils unique ; ils seront pénétrés de douleur comme à la mort d'un fils aîné ; en ce temps il y aura un grand deuil dans Jérusalem. La terre sera dans l'affliction ; les familles séparément verseront des larmes, la famille de David à part et leurs femmes à part.»

CHAPITRE IV

Les Saintes Maries au sépulcre

C'était une heure bien avancée dans la nuit, lorsque Marie Jacobé, Marie Magdeleine et leurs compagnes rentrèrent à Jérusalem, et se rendirent dans la maison de saint Jean pour compatir à la douleur et à la désolation de la Mère de Jésus. Leur amour pour Jésus-Christ ne leur donna point de repos pendant cette nuit de tristesse et le jour qui suivit. Le soin d'embaumer les corps, chez les Juifs, était réservé aux femmes. Les circonstances, cette fois, avaient obligé de le confier aux hommes. Mais les Saintes Maries et Marie Magdeleine se promettaient bien d'y revenir et de donner la perfection à un travail qui, d'après


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elles, avait été fait un peu à la hâte. Résolution sublime, empreinte du plus beau dévouement, que l'Église comble de louanges dans l'oraison de là fête de ces saintes femmes, dont la peinture a pris soin de garder le souvenir, en ne les représentant jamais qu'avec leurs vases de parfum ; résolution que Jésus-Christ lui-même a récompensée de la manière la plus magnifique, et à laquelle on peut appliquer l'éloge qu'il fit de l'action de Magdeleine : Partout où cet Évangile sera annoncé, on publiera à la louange de ces saintes femmes ce qu'elles ont fait pour Jésus-Christ; j'ajoute encore : et ce que Jésus-Christ a fait pour elles.

Les Saintes Maries et Marie Magdeleine gardèrent le repos du Sabbat, selon l'ordonnance de la loi. Mais, sur le soir, elles sortirent dans la ville, achetèrent des parfums et les préparèrent pendant toute la nuit. Le lendemain, avant l'aurore, elles sortirent de Jérusalem avec leurs urnes pleines d'aromates et arrivèrent au sépulcre avant le lever du soleil. La pierre qui était à l'entrée leur paraissait un grand obstacle ; mais elles la trouvèrent renversée et le sépulcre ouvert.Surprises, elles entrent pour embaumer le corps de Jésus, qu'elles y cherchent en vain. Elles en sortirent immédiatement dans une grande consternation, croyant qu'on avait enlevé le corps du Sauveur, lorsque deux hommes parurent auprès d'elles avec des robes brillantes.Saisies de frayeur,


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elles baissaient les yeux vers la terre, lorsqu'un Ange, prenant la parole, leur dit : « Pour vous, n'ayez point de peur, car je sais que vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié. Comment cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant f II n'est point ici, car il est ressuscité comme il l'a dit; venez et voyez l'endroit où l'on avait mis le Seigneur. Allez promptement dire à ses disciples et à Pierre qu'il est ressuscité. » Saisies de crainte et transportées de joie, cum timoré et gaudlo magno, les Saintes Maries sortirent du sépulcre et coururent annoncer cette nouvelle aux disciples, gardant le silence tant elles étaient effrayées, mais cette frayeur fut bientôt calmée et leur joie fut portée à son comble, lorsque tout à coup Jésus se présenta à elles, resplendissant de gloire, et leur dit : Je vous salue : ave te. Elles s'approchèrent, et, lui embrassant ses pieds, elles l'adorèrent. Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point: allez, dites à mes frères qu'ils se rendent en Galilée, où ils me verront. »

0 Jésus! que vous êtes bon à ceux qui vous servent; que vous connaissez bien nos maux et que vous savez efficacement porter le remède. Ditesmoi souvent cette grande parole : « Je vous salue, ne craignez pas.» Dites-la moi quand, me disposant à vous recevoir dans votre sacrement d'amour, le démon me remplit de crainte; dites-la moi quand la pensée de vos jug^mten|s,l$ppuvante mon âme ; dites-la moi aux approches de la mort, à mon entrée

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dans l'Éternité, et je me jetterai à vos pieds, je les embrasserai et je ne les quitterai plus.

Les Saintes Maries vont accomplir cette noble mission auprès des disciples, et commencent en ce jour d'être la consolation de l'Eglise affligée, exerçant le ministère apostolique qu'elles rempliront un jour dans notre Provence; car elles sont aujourd'hui établies par Jésus-Christ, les Apôtres des Apôtres, comme elles seront les premières envoyées par lui auprès de nos pères.

C- VPITRE V

Les Saintes Mariés après la Résurrection.

Les Saintes Maries se rendirent en Galilée, sur la montagne que l'Ange leur avait désignée, et elles eurent la consolation de voir pour la seconde fois le Seigneur. Cette apparition fut une des plus considérables entre celles dont Jésus-Christ favorisa successivement ses Apôtres après sa Résurrection. De retour à Jérusalem, il les visita pour la dernière fois; et, après leur avoir ordonné de ne point sortir de la ville jusqu'à ce qu'ils fussent revêtus de la force d'en haut, il les conduisit du côté de Réthanie, à un certain endroit du mont


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des Oliviers, et ayant levé les mains, il les bénit, se sépara d'eux, et monta au Ciel à leurs yeux pour s'y asseoir à la droite de son Père. Les Saintes Maries reçurent cette bénédiction de JésusChrist, qui fut pour elles, comme pour les Apôtres, son dernier adieu et le gage de la récompense qu'il leur destinait dans son royaume.

Après l'Ascension de Jésus-Christ, les Apôtres et les disciples, avec la Très-Sainte Vierge, les Saintes Maries et les autres saintes femmes, retournèrent à Jérusalem et se renfermèrent dans le cénacle pour y attendre, dans le silence et la prière, l'accomplissement des promesses du Fils de Dieu : Hi omnes erant persévérantes unanimiter in oratione, cum mulieribus, et Maria matre Jésus, et fratrîbus ejus. C'est la dernière fois qu'il est fait mention d'elles et de la mère de Jésus dans les saints Livres. Le jour de la Pentecôte, et le moment que le Ciel avait marqué étant arrivé, un bruit semblable à celui d'un vent impétueux fit retentir toute la maison où ils faisaient leur demeure; ils virent paraître en même temps comme des langues de feu qui se partagèrent et s'arrêtèrent sur chacun de ceux qui composaient cette sainte assemblée, et aussitôt ils furent remplis du Saint-Esprit.

Alors les Apôtres, comme des hommes nouveaux, sortirent du cénacle pleins de lumière, de courage et de force, et commencèrent à prêcher dans les rues et sur les places publiques de Jéru-


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salem. Saint Jean, qui avait eu la gloire d'être chargé du soin de la Très-Sainte Vierge, la prit chez lui et pourvut avec tout le zèle possible aux besoins de cette tendre mère ; Mûrie Jacobé demeura avec son fils, saint Jacques le Mineur, évoque de Jérusalem, et Salomé ne quitta point ses deux fils, saint Jacques le Majeur et saint Jean rÉvangéliste. Les Saintes Maries, avec Sainte Magdeleine et la mère de Jésus, rendaient tous les jours des actions de grâce pour les bénédictions que Dieu accordait aux prédications des Apôtres ; mais ces heureux succès Mirent bientôt suivis de violentes persécutions, comme nous allons le voir dans le chapitre suivant.-

CHAPITRE VI

Les Saintes Maries exilées par la Fol

La douceur que les Saintes Maries goûtaient en la compagnie de leur divine parente rat bientôt changée en amertume par les persécutions violentes que les Juifs incrédules suscitèrent contre les nouveaux chrétiens. Saul, dont il est dit aux actes des Apôtres qu'il ravageait l'Église, et qu'entrant dans les maisons, il en tirait par force les


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tommes et les femmes, et les faisait emprisonner, excita la première tempête. Dans cette persécution, saint Etienne fut lapidé, et tous les fidèles, excepté les Apôtres, furent dispersés dans la Judée et la Samarû. Une seconde persécution coûta la vie à saint Jacques le Majeur. Les Saintes Maries ne tardèrent pas à ressentir les rigueurs de la fureur des Juifs : elles furent arrêtées avec Marie Magdeleine; Marthe, sa soeur; Lazare, leur frère; Maximin, ami de Lazare ; deux servantes, Marcelle et Sara; Sidoine, l'aveuglé de Jéricho, et quelques autres. Les Juifs n'osèrent faire mourir ces illustres captifs, soit parce que plusieurs parmi eux avaient de puissants protecteurs, soit parce qu'ils appréhendaient que beaucoup de citoyens ne se convertissent à la foi, en voyant leur constance à souffrir les tourments et la mort pour Jésus-Christ, et iis prirent le parti de s'en défaire secrètement en les faisant monter sur une vieille barque, sans rames, sans gouvernail et sans provisions, les abandonnant en pleine mer à la merci des vents et des flots, persuadés qu'ils périraient bientôt par le naufrage ou par la faim. C'est ainsi qu'ils secondaient, sans le savoir, les desseins de Dieu, qui avait en rue la conversion des Gentils dans la Provence et dans les autres parties des Gaules.

En effet, le Seigneur, qui est proche de ceux qui l'invoquent, et à qui les vents et la mer obéissent, sut bien garantir du naufrage et de tout autre péril une troupe qui lui était si chère, et se fit le


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conducteur et le pilote de la barque en la faisant aborder heureusement à l'Ile de la Camargue, sur une plage déserte, éloignée du commerce des hommes. C'était le lieu qu'il destinait aux Saintes Maries, pour se les unir plus intimement par la prière et la contemplation. Il les favorisait ainsi de cette meilleure part que Magdeleine avait choisie, à laquelle il réservait plus tard le rocher de la Sainte-Raume, pour l'y faire vivre trente ans dans une profonde solitude, et l'associer sept fois le jour aux concerts des Anges.

Les saintes femmes et les disciples remercièrent Dieu d'une protection aussi miraculeuse, et, pour lui témoigner davantage leur reconnaissance, Magdeleine, Marthe et les Saintes Maries élevèrent un autel avec de la terre préparée à cet effet, sur lequel les disciples célébrèrent les saints Mystères. Us se dispersèrent ensuite dans les j»ays voisins pour y exercer leur apostolat. Saint Lazare vint à Marseille et saint-Maximin à Aix. Sainte Magdeleine suivit son frère à Marseille, passa ensuite quelque temps à Aix auprès de saint Maximin, et se fixa enfin à la Sainte-Baume, où elle vécut trente ans dans la pénitence et dans les larmes. Sainte Marthe s'arrêta sur les bords du Rhône et devint l'apôtre de Tarascon. Pour les Saintes Maries, elles demeurèrent sur la plage, non loin du lieu où la barque avait abordé; et Dieu, pour témoigner qu'il approuvait leur résolution, fit jaillir pour leur usage une source d'eau


douce dans un lieu où l'on ne trouvait auparavant que de l'eau salée.

CHAPITRE VII dolotnSi Leur séjour dans le désert de la OaLa

OaLa qui nous apprend l'arrivée des Saintes Maries en Provence garde le plus profond silence sur le temps qu'elles ont passé dans ce désert, sur leur genre de vie, sur l'année même et le jour de leur mort. Elles ont cela de commua avec la Mère de Jésus-Christ, leur parente, dont après l'Ascension il n'est plus parlé dans les divines Écritures, et les plus savants historiens ne s'accordent pas sur le nombre d'années qu'elle a survécu à son divin Fils.

Ici je crois devoir faire, avec les Saintes Maries et Marie-Magdeleine, un rapprochement qui,sans diminuer la gloire de l'amante du Sauveur, fera ressortir celle des Saintes Maries, nos illustres patronnes.

Les Évangélistes parlent des Saintes Maries de* les premi^ années de la prédication de Jésus; ils


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ne font mention de sainte Magdeleine que lorsqu'elle vint trouver Jésus dans la maison de Simon, qu'elle arrosa ses pieds de ses larmes et les essuya de ses cheveux, et entendit de sa bouche ces consolantes paroles : Beaucoup de péchés lui sont remis parce qu'elle a beaucoup aimé. Depuis oe pardon absolu, sainte Magdeleine est toujours nommée la première, mais après elle les Saintes Maries ont le premier rang. Auprès de la croix, nous dit saint Jean, était sa mère, Marie-Magdeleine, Marie Jacobé, la soeur de sa mère et Salomé. Le troisième jour après la mort de Jésus, sainte Magdeleine vint au tombeau, de bon matin, après le lever du soleil, mais elle était accompagnée des Saintes Maries. Jésus ressuscité apparaît le premier à sainte Marie-Magdeleine; mais, peu de temps après, il se présente aux Saintes Maries et leur permet d'embrasser ses pieds. Pendant sa vie mortelle, Jésus avait déclaré solennellement que Marie-Magdeleine avait choisi la meilleure part. Pourrions-nous croire qu'il en privera les Saintes Maries t II préparera à MarieMagdeleine et aux Saintes Maries un lieu choisi dans la Provence pour les faire jouir de cette part meilleure qui est la contemplation. Pour Marie Magdeleine, il la conduit dans une demeure bâtie de sa main et non de la main des hommes, et pour témoigner qu'il avait choisi lui-même cette demeure, c'est par le ministère de ses anges qu'il l'introduit. Notre-Seigneur avait choisi de même


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pour les Saintes. Maries une solitude non moins profonde que la forêt de la Sainte-Baume : c'est le désert de la Camargue, près de Saint-Trophime, premier apôtre d'Arles, qu'il leur avait donné pour protecteur. Pendant le cours de ses prédications, le coeur de Notre Seigneur avait été touché de compassion sur la foule qui l'avait suivi dans le désert, il ne pouvait se résoudre à les renvoyer sans nourriture ; de même, en quittant le désert de ce monde, dans lequel il laissait pour un temps sa mère et les saintes femmes, il donne à chacune un protecteur : à sa mère, son .apôtre bien-aimé ; à sainte Magdeleine, saint Maximin ; aux Saintes Maries, saint Trophime.

Point de lieu plus propre à la contemplation, au recueillement, que ce désert, dont le silence éternel n'est interrompu que par le mugissement des tempêtes et le bruit des vagues de la mer. L'aspect de ce lieu rappelle l'état de la terre dans la description que nous en fait la Genèse. Au second jour de la création, avant que Dieu, y lisonsnous, eût créé les arbres chargés de fruits, la verdure des champs, le gazon des fleurs, les eaux étaient confondues avec le continent. De même, à l'extrémité de cette île, point de plantes végétales, point d'arbres qui mettent à l'abri des ardeurs du soleil ; l'oeil n'aperçoit que du sable et l'étendue de la Méditerranée, également sans horizon. Solitude affreuse, mais infiniment préférable aux campagnes les plus fertiles et au séjour


— iodés plus riches cités. Le jour de la fête des Saintes Maries, elle est couverte de nombreux pèlerins, qui donnent à ce lieu l'aspect d'une ville populeuse. Alors, selon l'expression du prophète, cette solitude fleurit comme un lys et se couvre de végétation comme les champs les plus cultivés, et l'on y goûte un bonheur inconnu dans nos grandes villes; c'est que l'on se dit : sur ce sable brûlant, les Saintes Maries ont imprimé la trace de leurs pas; elles y ont laissé l'empreinte plus précieuse encore de leurs mérites et de leurs grâces ; sur cette terre, le Ciel (ait éclater ses merveilles, et depuis dix-huit siècles les générations viennent implorer leur bonté et leur protection. Un prodige vient souvent se manifester sur cette plage miraculeuse. La Méditerranée qui s'avance sur le continent y a creusé des étangs, qui, par leur étendue, ressemblent à de nouvelles mers ; quelquefois elle déborde si avant sur les terres qu'elle semble vouloir envahir même la petite ville des Saintes-Mariés, gardienne des reliques. Dans ce péril extrême, la foi des habitants en leurs grandes patronnes se réveille tout entière ; ils invoquent avec ardeur hur secours ; alors ie ministre du Seigneur, revêtu des ornements sacrés, précédé du signe de notre salut et portant entre ses mains les saintes Reliques, s'avance audevant de la tempête. A leur aspect, les flots menaçants reculent insensiblement ; ils rentrent dans la mer avec la même soumission qu'il y a dix-huit


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siècles, lorsque, portant la barque ues Saintes Martes, respectueux et domptés, ils la déposaient paisiblement sur le même rivage.

Dans la grotte de Marie-Magdeleine, Dieu fit couler de la voûte une eau miraculeuse ; par un prodige non moins surprenant, sur la plage des Saintes-Mariés, il fit sortir pour leur usage une source d'eau dans un lieu situé au bord de la mer, où il n'y avait autrefois que de l'eau salée.

Quelle était donc l'occupation des Saintes Maries dans le désert de la Camargue t Elles s'appliquaient à la contemplation et à la prière ; elles attiraient les bénédictions du Ciel sur les travaux apostoliques de leurs enfants qu'elles avaient laissés dans l'Orient, et elles adoptaient à leur place les rares habitants de leur île qui s'occupaient à la pêche. Car la vue de la source d'eau douce et leur traversée -miraculeuse firent comprendre à ces hommes qu'il ne fallait pas confondre ces deux étrangères avec ces malheureux naufragés que la fureur des tempêtes jetaient quelquefois impitoyablement sur ces côtes; ces deux miracles étaient comme une lettre de créance de la vérité de leur doct^e; ils se soumirent à l'enseignement de la foi et ùs reçurent le baptême. Saint Trophime visitait, dans leur désert, les Saintes Maries jusqu'à leur sainte mort, qui arriva comme nous allons le rapporter.


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CHAPITRE VIII

Mort des Saintes Maries. Origine du Pèlerinage et de l'église élevés sur leurs reliques

Dieu voulut enfin terminer l'exil de ses fidèles servantes et se les unir à lui pour toujours dans le séjour de la gloire.

Il avertit d'abord Marie Jacobé de sa fin prochaine. Saint Trophime, informé de la volonté de Dieu à son égard, la visita pour la dernière fois. Il offrit le saint sacrifice pour lui procurer avant sa mort la consolation de participer à la divine Eucharistie. Elle la reçut avec la foi la plus vive et la piété la plus tendre. Entourée des chrétiens qu'elle avait convertis, et qui fondaient en larmes dans la pensée de perdre leur mère dans la foi, elle les consola de sa mort prochaine, les exhorta à conserver fidèlement la grâce qu'ils avaient reçue et leur promit sa constante protection auprès de Dieu. Elle fit ensuite ses adieux à Salomé, l'assurant que leur séparation ne serait pas de longue durée, et s'endormit dans la paix du Seigneur. Son corps rat enseveli, avec tout le respect qui lui était dû, auprès de la fontaine miraculeuse et de l'oratoire, où les nouveaux fidèles avaient coutume de prier.


a> -

Salomé, restée seule, n'avait plus de pensées et d'affections que pour le Ciel. Elle ne survécut pas longtemps à sa soeur Jacobé. Au bout de quelques mois, Dieu vint l'avertir qu'elle allait lui être réunie dans le séjour de la gloire. Sa mort fut accompagnée des mêmes honneurs et des mêmes regrets que celle de Marie Jacobé. Elle fut ensevelie auprès d'elle. Ainsi cette terre qu'elles avaient choisie pour leur demeure, elles l'ont désirée pour leur sépulture ; rien, soit pendant leur vie, soit après leur mort, n'a pu les détacher de ce rivage qu'elles aimaient; elles y ont vécu, leurs cendres y reposent, et du haut du Ciel elles y répandent leurs grâces et leurs bienfaits. Sara suivit bientôt au tombeau ses saintes maîtresses : son corps rat inhumé auprès d'elles et de la fontaine miraculeuse. Comme son culte est inséparable de celui des grandes Saintes, elle a, dans leur église, la crypte avec un autel qui lui est dédié; et les jours de fête, la voûte retentit des chants pieux en son honneur et en celui des Saintes Maries.

Le tombeau du Sauveur excepté, ceiui de sainte Magdeleineet de quelques Apôtres, il n'y a pas de tombeau digne d'une plus grande vénération que celui des saintes Maries; on éprouve, en le visitant, les mêmes impressions que lorsque,, après avoir franchi le bois escarpé de sainte Magdeleine, on entre heureux et haletant dans sa grotte, et que l'on se dit: Ici, pendant trente ans, cette grande Sainte a lavé par les larmes des mutes


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dont elle avait reçu le pardon de la bouche de la vérité même, et l'âme se sent embaumée du parfum des vertusqu'elle y a pratiquées; de même aux Saintes-Mariés, on oublie en un instant les fatigues d'un long voyage, quand on entre dans ce sanctuaire et que l'on se dit : Ici deux grandes Saintes ont vécu dans l'exercice de la pénitence; mais, par un privilège qui n'existe pas à la SainteBaume, elles ont terminé ici par une sainte mort une vie pleine de vertus et de mérites, et leurs ossements y reposent, et il en sort une vertu cachée et même des miracles, pour le soulagement des corps et pour la vie des âmes.

Après la mort de Marie Jacobé et de Marie Salomé, les fidèles n'oublièrent pas celles qui les avaient convertis à la foi. lis persévérèrent dans la pieuse habitude de prier dans l'oratoire élevé près de leurs reliques, et, dans leurs nécessités privées ou publiques, ils leur adressèrent leurs demandes avec une vivacité et une simplicité de foi que Dieu récompensa souvent par des miracles. Ce rat l'origine du pèlerinage des populations voisines qui s'est perpétué jusqu'à nos jours. Pour favoriser cette dévotion, un prince, dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom, fit construire au-dessus de leur tombeau une église, en forme de citadelle, qui servait d'asile aux habitants de cette lie et les mettait en état de repousser les attaques des barbares, qui quelquefois faisaient des descentes sur ces côtes. Il fit même bâ-


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tir, autour, des habiterons pour leur usage, et l'église se trouva ainsi assise au milieu d'une petite ville qui prit le nom de Saintes-Mariés ou Notre-Dame-de-la-Mer, et qui aujourd'hui, par ellipse, s'appelle les Saintes.

L'église d'Arles célèbre la fête de sainte Marie Jacobé le 25 mai et celle de Marie Salomé le 22 octobre.

CHAPITRE IX

Invention des reliques. Confrérie des Saintes Maries

La terre n'était pas digne de posséder les reliques de la Très-Sainte Vierge. Son corps virginal ne devait pas éprouver la corruption du tombeau. Elle a été élevée en corps et en âme dans le Ciel, séjour de la pureté et de l'innocence, à la droite de son Fils, pour arrêter son bras levé souvent contre nous et prêta frapper nos têtes coupables. Cependant, pour consoler la terre d'une privation si sensible, Jésus-Christ lui a laissé des reliques de sa famille, celles de ses tantes bien-aimées, et c'est la Provence qu'il a enrichie de ce précieux trésor. U forme une garde vigilante auprès de ces



— asossements sacrés, selon la parole du prophète royal : aucun d'eux ne sera brisé ou dispersé. Custodit LonUnus omnia ossa eorum : unum ex his non conteretur.

Ces reliques demeurèrent cachées jusqu'à ce qu'il plût à Dieu de susciter un prince qui en fit la découverte en 1448. Ce rat René d'Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence, à qui cet honneur était réservé. Dana un discours prononcé à Aix en sa présence, l'orateur représenta la Provence comme enrichie des dépouilles de la Terre Sainte, et en particulier de celles des Saintes Maries. Ce rat pour le pieux monarque comme l'inspiration du Ciel. Il se sentit touché d'une grande dévotion pour leurs reliques et voulut savoir où elles reposaient. Il fit le pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Mer, et écrivit au pape Nicolas V pour lui demander l'autorisation de faire les recherches nécessaires. Par son ordre, les fouilles commencèrent immédiatement dans la chapelle des Saintes, l'oratoire primitif, où l'on ne trouva d'abord qu'un canal d'eau douce, tirant sa source de la fontaine miraculeuse.On découvrit ensuite, du côté de l'Evangile, un corps humain, les pieds étendus sous l'autel, les mains croisées sur la poitrine, d'où il se répandit une odeur merveilleuse qui remplit de joie tous les assistante et inspira une nouvelle ardeur aux ouvriers. On découvrit bientôt un autre corps, vis-à-vis du premier, dans une même position, et dont il s'exhala


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également une odeur agréable. Ainsi les restes des deux soeurs étaient retrouvés. Le roi rendit oompte de tout au pape Nicolas V, qui désigna, pour la translation des reliques, le cardinal de Poix, légat d'Avignon, lequel fut assisté dans cette solennelle cérémonie par Robert Damien, archevêque d'Alx, et par douze évoques, quatre abbés et un grand nombre d'autres dignitaires ecclésiastiques. Il se rendit aux Saintes-Mariés avec la Reine et une brillante cour;; leslossements des deux Suintes forent placés dans deux ehlsses de boit de cyprès, et élevés solennellement dans la chapelle haute où elles reposent encore aujourd'hui.

L'invention de ces reliques rat pour toute la Provence l'occasion d'un accroissement de foi et de ferveur. Les grâces de tout genre se multiplièrent dans leur sanctuaire, et depuis oe temps la dévotion des peuples ne s'est pas ralentie pour venir les prier dans ce lieu privilégié entre beaucoup d'autres. H semble que oe désert, placé à l'extrémité des terres, est plut rapproché du Ciel: on y respire le parfum des vertus qu'y ont pratiquées les Saintes Maries. (Test à regret qu'on s'éloigne de ces lieux bénis, tant Dieu y fait éclater sa puissance et les effets de sa miséricorde.

Cet abrégé me paraîtrait raoompl < disais un mot de là confrérie d érigée dans la paroisse en ans avant la découv


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alors des règlements, dont la plupart sont tombés en désuétude. Je ne cite que ceux que l'usage a fait adopter par.une pratique constante qui se soutient avec beaucoup de dévotion et de ferveur. On se prépare à la fête des Saintes Maries par une neuvaine, qui se trouve à la fin de ce petit livre. Quand on descend ou qu'on élève les saintes caisses, on doit dire dix Pater, dix Ave, ou les Antiennes, versets et répons qui se chantent dans cette cérémonie, et qu'on trouvera dans la même neuvaine. On purifie sa conscience par une bonne confession, afin de se mettre en état de communier le jour de leur fête et de gagner l'indulgence plénière qui y est attachée ; on dit tous les jours l'Antienne appelée vulgairement le Salve des Saintes Maries, ou deux fois l'oraison dominicale et deux fois la salutation angélique. Enfin on est fidèle à payer la modeste cotisation dont on a pris l'engagement et qui sert au culte des Saintes Maries, que Jésus-Christ lui-même honore et glorifie, comme on le verra dans le chapitre suivant.


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CHAPITRE X

De l'honneur que Jésus-Christ rend aux Saintes Maries

Après sa résurrection, Jésus-Christ ne s'est pas contenté de récompenser par une première apparition la piété des saintes femmes qui visitèrent son sépulcre ; l'honneur qu'elles ont accordé à sa sépulture, il le leur rend par la gloire dont il entoure leurs reliques.

C'est en vain que ces saintes femmes, fuyant les regards des hommes, se sont retirées dans des solitudes profondes; c'est en vain que les Saintes Maries ont fixé leur demeure sur une plage déserte, où règne un silence éternel; en vain que sainte Magdeleine se sera retirée dans le creux d'un rocher défendu par une épaisse forêt : ni l'horreur des solitudes, ni la profondeur des bois, ne seront un obstacle à l'honneur que JésusChrist veut rendre à ces femmes privilégiées. Il appellera les populations dans ces lieux sanctifiés par les prières et les larmes de ses fidèles servantes. La piété des fidèles traversera la vaste étendue des déserts pour aller vénérer les Saintes Maries dans leurs sanctuaires; elle pénétrera dans cette grotte solitaire, témoin secret des larmes'de


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sainte Magdeleine, et où cette illustre pénitente n'est parvenue que sur les ailes des Anges.

A cette manifestation solennelle de la foi des peuples, Jésus-Christ a ajouté la majesté des monuments qui renferment leurs reliques. Trois des plus beaux édifices du midi de la France ont été élevés en l'honneur des trois femmes qui ont abordé dans la Provence. L'église de Saint-Maximin est sans contredit la plus belle de nos contrées. Elle renferme le tombeau de sainte Magdeleine, et garde comme son plus riche trésor sa tête, belle encore, malgré les ravages de la mort etdu temps, etsur le front de laquelle on voyait encore, ily a quelques années, l'empreinte des doigte du Sauveur, comme un cachet anticipé d'incorruptibilité. Cette superbe basilique a coûté deux siècles et demi de travaux. Son architecture, profondément empreinte de l'inspiration chrétienne, peut être appelée une sublime épopée de pierres en l'honneur de Marie-Magdeleine, et redit, dans un langage mystérieux, les ravissements et les merveilles de sa vie. C'est aussi un hymne d'amour qui atteste, à travers les siècles, la puissance de la foi de nos pères, et proclame hautement combien fut grande la piété de nos rois envers cette illustre pénitente.

L'église de Sainte-Marthe, sa soeur, à Tarascon, est digne d'éloges. Elle date du XII* siècle. Sous le portail roman, le ciseau d'un artiste inconnu avait représenté l'apostolat de la Sainte. Ses trois


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nefs sont ogivales, et celle du milieu est remarquable par l'élégance de sa coupe et la hardiesse de ses piliers. L'ensemble de ce monument est un chef-d'oeuvre d'architecture digne de recouvrir le tombeau de la sainte hôtesse de Jésus-Christ et un témoignage non équivoque de la piété des habitants de Tarascon pour leur premier apôtre et leur glorieuse patronne.

La basilique des Saintes-Mariés n'a pas les vastes proportions et l'élégance de ses deux soeurs, parce que la fin et l'époque de sa construction exigeaient des formes et une architecture différentes. Mais une observation digne de remarque est que les dépenses considérables qu'elle a occasionnées dans un désert, privé de tous les éléments de construction, sont un témoignage éclatant de la piété de nos rois, de la vivacité et de la générosité de leur foi envers les Saintes Maries. Présentant l'aspect d'une forteresse, cette église est défendue par des meurtrières qui régnent tout autour. Elle était destinée à servir de refuge contre les ravages des pirates. Aujourd'hui, elle est devenue le paisible refuge des âmes.

Ce qui, dans ce monument, attire l'attention des pèlerins et devient l'objet de leur première visite, est la chapelle haute où reposent les corps des Saintes Maries. Les ex-voto qui en couvrent les murs, et dont le nombre augmente de jour en jour, sont une preuve sensible que Dieu continue d'exaucer les prières de ceux qui les invoquent avec con-


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fiance. On ne peut se défendre d'un sentiment de foi et de dévotion pour ces grandes Saintes, en voyant l'empressement des fidèles à vénérer les caisses qui renferment leurs saintes reliques et à y faire toucher toute sorte d'objets de dévotion, comme si la bénédiction conférée par les prières de l'Eglise aux chapelets et aux médailles était insuffisante, s'ils n'avaient celle qu'ils semblent recevoir par l'attouchement et le contact des saintes châsses.

Heureuse contrée de la Provence {Volontiers, en finissant ce petit écrit, je publierai à ta louange ce qu'a dit de toi, à la tête de son livre, le savant auteur de l'histoire récente des Saintes Maries : € Il est des rivages favorisés du Ciel, et il y a une prédestination pour les terres comme pour les âmes. » Riche des biens terrestres, tu renfermes encore dans ton sein des trésors de grâces et de bénédictions célestes. Sur ton sol, Dieu fait éclater ses merveilles. Sois donc noblement fière de ses dons et de ses bienfaits, mais montre-toi digne du choix divin par la vivacité de ta foi et par ta dévotion pour les Saintes Maries !


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LITANLE

Sanctarum Marias Jacobi et Mariai Salomé

Kyrie, eleison... Christe, eleison... Kyrie, eleison...

Christe, »odi nos. Christe, exandi nos.

Pater de coatis, miserere nobis.

FUI, Redemptor mnndi, Dens. '..

SpirituB Sancte, Dens...

Sancta Trinitas nnas Dens....

Sancta Maria, mater Jesu immacula ta, ora pro nobis.

Sanctoe Marite, matres aliquorum apostolorom Jesu.

Sanctie Mari», quoe Salvatori Jesu in terra ministrastis.

Sanctoe Maria?, qnie Crucem bajulanti Jesu adhoesistis.

Sanctoe Mari», quoe stantis juxtà Crucem Matris Jesu raisertoe

fuistis. Sanctse Maria?, quoe ad ungendum corpus Jesu aromata tulistis. Sanctoe Maria?, quoe Resurrectionem Jesu ab angelo didicistis. Sanctoe Maria?, quoe redivivum Jesmn primoe annuntiastis. Sanctoe Marioe, quoe pro fide persecutionem tolerastis. Sanctoe Marioe, quoe maris pericula divinitùs superastis. Sanctoe Marioe, quoe proedicatione et exempta fidem Jesu diffudistis.

diffudistis. Marioe, quoe horâ mortis, lampadibus accensis, venienti

Jesu obviam exiistis. Sanctoe Marioe, portas salutis navigantium. Sanctoe Marioe, afflictorum solatium. Sanctoe Marioe, periclitantium salus. Sanctoe Marioe, auxilium morientium. PropitiuH esto, parce nobis, Domine.


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Propitius esto, exaudi nos, Domine.

Per intercessionem sanctanun Marioe Jacobi et Marioe Salomé,

exaudi nos, Domine. Ab onud peccato, libéra nos, -Domine. A maria tempestate et fllurie, libéra, «te. A rabiei morbo, libéra, etc. A peste, famé et bello, libéra, etc. A quâviscontagiilue, libéra, etc. A morte perpétua, libéra, etc. fïli Dei, libéra, etc.

Agnus Dei, qui toUis peccata mundi, parce nobis, Domine. Agiras Dei, qui tollis peccata mundi, exaudi nos Domine. Agnus Dei, qni tollis peccata mnndi, miserere nobis. Christe, andi nos. Christe, exaudi nos.

Oresmna

Da nobis, Domine Jesu-Christe, Sanctanun Marioe Jacobi et Mariai Salomé patrociniis adjuvari, quoe tibi Uni viventi quam aortno studuerunt devotis obsequiis famulari. Qui vivis et...

LI SANTO

PAR UN PÈLERIN

Santi Mario ! ah ! lou beu noum ! Siaa de David enco jitèlol Qn'és bon e grand voste renoum l Sias de divino parentèlo,


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Es l'Evangile que l'escrieu : L*immacuiado Vierge-Maire Ea vosto sorre, • l'Ome-Diéu, Voete nebout, noste Sauvaire.

Quand Noste-Seigne, Rei di rei, Vous a chausido per si tanto, Es que d'avanço fi prevei Vosti mérite, belli Santo. Lou sabièben per li malaut Que sarias pleno de tendreaso, Que garirias touti li mau, Qu'adoucirias touto amaresso.

Serves Jésus jusqu'à la fin, L'accomnpagnas jusqu'au Calvari; Vous empressas de grand matin Per l'embauma dins soun susari. Vous li proumiéro l'avès vist Ressuscita tout plen de glori ; Avec prêcha per tout pais Sa lei divino et sa vitori.

Santi Mario, noun jamai Vous rendren glori noste abounde : Vosti benfa, grand mai que mai, S'espandissoun dins tout lou mounde. Avttgto, infirmo, sourd, febrous, Mourdu per de bestio en furio, Touto meno de oudandrous, Li garissé, Santi Mario.

Ah 1 que soun grand, vosti poudé! Ah ! que soun riche, vosti douno ! Se n'en farié de bèu coublet A voste ounour, santi Patrouno ; Di pauri maire en mau d'enfant Alaujas forço li soufranco, Vous preguon pas jatnai en van : l'outenés bono déhvranço.

0 Santo ! flour de Paradis»! Bellis cstello clarinello, Moudèle bèu, uiirau requist Dis espouso e di vierginello,


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Fasès nous segui li clarour De vosti piado benesido, E qu'eme vous aguen un jour Li celestis entrelusido.

UN CANTICO DI SANTO

ADOCBA BT PVBUCA

PER UN MANDIEULEN

I Grandi Santo. Er : O Grandet Sainte» Marie»!

Ver la mar que nous encanto,

Grandi Santo, Adusès nosti secour ; Patrouno di travaiaire,

De tout caire, Vous carrejan nost'amour (bis).

Noun jamai lou paure oublido

De sa vido Qu'escoutas ço que vous dis ; Cou,ne un rasin sus sa souco,

Dins sa bouco, Voste bèu noun s'espandis.

La marque vous poutounejo

Douno envejo De vous reveire soaven, Car dessns son aigo araaro

Semblo encaro Que vosto barco reven.

Vosti mantèu fan la vélo ;

Que nias bello Drecho sur voste radèu ! Lou vent d'en-bas vous descargo

En Camargo. Ben liuen de vosti bourrèu.


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Pourtas à noeto Prouvenç»

Licrèsenço Dôu Dieu que prècbo la pas ; Lou Rose, que vous espèm

Sus ai terro, Vous reçaup entre si bras.

De l'en-aut de vosti tourre

Vesès courre Tout lou Miejour catouli : Es la vièio fé de Franco

Que s'avanço Vers lou brès ounte a spelf.

Eisouças la pauro maim

Que, pecairet Fai gemf tout soun amour. Soun enfant es À la guerm

E l'espero: Ajudas à soun retour.

Aquèu bèu jouvènt que plouro

E s'aubouro, Un chin foui l'a vie mourdu; Vôu embrassa vosti caisso,

Tout en raisso : Sens vautri sariè perdu.



NEUVAINE

BU L'HOHHIUR DBS

SAurme

MARIE JACOBÉ ET IAR1E SALOMÉ

TROISIÈME ÉDITION



NEUVAINE

BN L'HONHEUR

DES SAINTES MARIE JACOBE ET MARIE SALOMÉ

QUI COMMENCE LE 24 MAI

PREMIER JOUR

Veni, Creator Spiritus, Mentes tuoruni visita ; Impie supernft gratiâ, Quoe tu creasti pectora.

Qui Paracletus diceris, Donum Dei altissimi, Fons vivns, ignis, chantas, Et spiritalis unctio;

Tu septiformis munere, Dextroe Dei tu digitus, Tu rite promissum Pat ris. Sermone ditana guttura.

Accende lumen sensibus, Infunde amorem cordibus,

Infirma nostri corporis Virtute firmans perpetim.

Hostem repellas longias, Pacemque dones protinas. Ductore sic te proevio, Vitemus omne noxium.

Per te sciamus da Patrem, Noscamus atque Filium ; Te utriusque Spiritum, CredauiUH omm tempore.

Gloria Patri Domino, Natoque, qui à mortuis Surrexit, ac Paracleto, In soeculorum soecula. Amen*

v. Emitte Spiritum tuum et creabuntur. R. Et renovabis faciem terroe.

ORBMUS. De US qui corda fldelium Sancti Spiritûs illustratione docuisti, da nobis in eodem Spiritu recta sapere et de ejus sein per consolatione gaudere. PerChristum Dominum nostrum. Amen.

Neuf Pater, Ave, Gloria.


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FOI DBS SAINTES MARIES

La foi est une persuasion ferme et constante des choses que nous espérons et une conviction certaine de celles que nous ne voyons pas. Celle des Saintes Maries fut vive et efficace. Bile les porta au renoncement héroïque de leurs biens, an détachement absolu de ce qu'elles avaient de plus cher. Elles abandonnèrent leurs époux, leurs enfants et leur patrie, pour se mettre à la suite de J.-C Leur foi demeura inébranlable an milieu des épreuves et des humiliations qu'il souffrit pendant [sa Passion. Notre Seigneur avait prié pour que la foi da premier de ses apôtres ne défaillit point; celle des Saintes Maries participa à cette illustre prérogative. Elles crurent, lorsque les antres apôtres l'abandonnèrent, selon la parole du prophète : Je frapperai le pasteur, et les brebis dn troupeau seront dispersées. Aussi méritent-elles de recevoir de J.-C la mission de leur apprendre sa;résurrection, et d'être envoyées les premières, dans nos contrées, pour porter la foi à nos pères, et d'être honorées par la Provence comme ses mères dans la foi.

Donnes-nous, ô Saintes Maries ! la pins grande estime pour le trésor précieux de la foi ! Que nous


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la préférions i l'or et aux avantages de ce monde, puisque sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Conserves-nous ce bien que vous nous aves apporté an prix des plus grands sacrifices. Ne permettes pas que, par notre faute, nous perdions le don de la foi. Serions-nous venus à ces temps, malheuieux prédits par J.-C. et précurseurs du jugement dernier, lorsqu'il disait: « Pensez-vous qu'en venant le Fils de l'homme trouve de la foi sur la terre f » Mais vous aves en vos mains, ô grandes Saintes t des grâces plus grandes que nos crimes : vous aves un désir pins grand encore de nous les accorder. Diriges donc l'Eglise au milieu delà tempête; conserves-lui la foi, conserves-la à ses enfants; conserver la à votre terre chérie, à la Provence. Ainsi soit-il !

HTMKE

Exurtet Coati Caria! Ljstetnr base eedeeie! Plasdat tel!» Proviadas, DenmcoUandaitsaediè!

Maria aita connaio, Vfln te enmaie anndioi Qme 8a,tftaran B^llipnV Doteris et saftYagUs.

Orto jem sotie apicalo, Acceno» amore exanio, Ad ■epolchrBBB dominican, Ungueatam feront myeticum.

Qae la Cour céleste célèbre le triomphe des Saintes Maries! Qae cette egnee retentisse des chanta d'allegmee. Provence, feticitotoi,faiaécktBrmioconnaisBanco.

Ville keareuee, «a* sur les boids de la mer, aVies-vous 4

Ittvs) JÛSJS) BNÉHSJB^PVNW DQssswQtYê

les prtoenx reste» de vos iOmaw tree retiennes.

A peine le aolefl a-t-il éclairé la terre de ses premiers rayon*, •Des valent an tombeau de leur drrin Mettre pour embaumer son corps*

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Que cv* mères heureuse* et leur» glorieux fils intercèdent pour nous au jour des vengeances et obtiennent que BOUS ayons part à leur bonheur.

Gloire à la Trinité adorable : au Père, principe de tout bien ; an Fil*, qui nous a rachetés; au Saint-Esprit, qui nous embrase du saint autour. Ainsi soit-il !

Saneus utatres et nlii, Faxint ne siinus reprobi, Die* magna cum venerit, Judexque summus aderit.

Sit Uns Patri propitio, Ejuaque soli Filio. Une cum 8ancto Flamine, Uno Dei sab nomine.

Amen !

Cantique de la. Vierge

Magnificat anima mea Dominum ;

Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo ;

Quia respexit humilitatem ancillae suoe : ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies, timentibus eum.

Fecit potentiam in brachio suo ; dispersit superbos mente cordis sui.

Deposuit potentes de sede, etexaltavit humiles.

Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

Suscepit Israël puerum suum, recordatus misericordioe suoe.

Sicutlocutus est ad patres nostros, Abraham et semini ejus in soecula. Gloria.


:>i -

Antienne. Je me lèverai, je chercherai le bienaimé de mon âme. Je l'ai cherché d'abord sans le trouver ; mais enfin j'ai pu trouver mon bienaimé. Je ie possède ; je ne m'en séparerai jamais. Cant. 3.

Prions. Seigneur, Dieu tout-puissant, qui par une bonté ineffable aves enrichi l'église de NotreDame-de-la-Mer des précieux corps des Saintes Maries Jacobé et Salomé, nous vous supplions de nous accorder, par leurs mérites et leurs prières, vos grâces en ce monde et votre saint Paradis en l'autre. Ainsi soit-il.

LITANIES

DBS SAINTES MARIE JACOBÉ ET MARIE SALOMÉ

8BIOXBOB, ayea pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayea pitié de nous.

Christ, écoutez-nous. Christ, exaucez-nous.

Dieu le Père des cienx, ayez pitié de noue.

Dieu le Ffls Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.

Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Vierge Marie, mère immaculée de Jésus, priez pour nous.

Saintes Maries Jacobé et Salomé, proches parentes de la mère de

Jésus, priez pour nous. 8iintes Maries, mères de plusieurs apôtres de Jésus, priez. Saintes Maries, fidèles servantes du Sauveur Jésus, priez.


— 52 —

Saintes Maries, qui avez assisté et consolé la mère de Jésus,

priez pour nous. Saintes Mariée, qui avez profité des exemples et des leçons de

Jésus, pries pour nous. Saintes Maries, qui avez suivi jusque sur le Calvaire le Sauveur

Jésus, priez pour nons. Saintes Maries, qui aves porté dea parfums pour embaumer le

corps de Jeans, pries pour nous. Saintes Maries, qui aves appris par un ange la résurrection de

Jésus, priez pour nons. Saintes Maries, qui les premières, après sa résurrection, aves vu

et adoré Jésus, pries pour nous. Saintes Maries, qui avez été les Apôtres des Apôtres en leur

annonçant la résurrection de Jeans, pries. Saintes Maries, qui aves été témoins de l'ascension de Jeans,

pries pour noua. Saintes Maries, qui aves persévéré dans la prière avec la mère de

Jésus, priez pour nous. Saintes Maries, qui aves reçu le Saint-Esprit avec les apôtres de

Jésus, priez pour noua. Saintes Maries, qui avez souffert la persécution pour ramour de

Jésus, pries pour noua. Saintes Maries, qui aves été exposées an naufrage pour la foi de

Jésus, pries pour nous. Saintes Maries, qui aves embaumé la Judée et U Provence de la

bonne odeur de Jésus, pries pour nous. Saintes Maries, qui par vos ferventes prières aven converti les

peuples à Jésus, pries pour noua. Saintes Maries, qui avant de mourir aves reçu las derniers 8acrements

8acrements Jésus, pries pour nous. Saintes Maries, qui durant votre agonie aves invoqué le nom da

Jésus, pries pour noua. Saintes Maries, qui aves quitté cette terre dans ramour de Jésus,

pries pour nous. Saintes Maries, qui intercèdes sans cesse pour nous dans le CM .

afin de nous conserver la foi de Jésus, pries pour nous.


— 58 -

Soyez-nous propice, pardonnes-nous, Seigneur.

8oyez-noua propice, exaucez-nous, Seigneur.

Par l'intercession des Saintes Maries, délivrez-nous. Seigneur.

De tout péché, délivrez-nous, Seigneur.

Du naufrage et des inondations, délivrez-nous Seigneur.

De la morsure des animaux enragés, délivrez-nous Seigneur.

De la peste, de la famine et de la guerre, délivrez-nous.

De tout mal épidémique, délivrez-nous, Seigneur.

De la mort étemelle, délivrez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonneznous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effaces les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effaces les péchés du monde, ayez pitié de noua.

Christ, écoutez-nous. Christ, exaucez-nous.

ORAISON

Faites, ô Seigneur Jésus-Christ, .que nous ressentions les effets de la protection dès Saintes Maries Jacobé et Marie Salomé, qui ont brûlé du zèle le plus ardent à voua servir pendant votre vie et à vous rendre leurs pieux devoirs après votre mort; vous qui vivez et régnes....

SECOND JOUR

Tout caauae su presrier jour jusqu'à la Méditation

MÉDITATION

CONFIANCE DBS SAINTES MARIES

Leur confiance fut entière, sans réserve. Elle se reposa sur Dieu du soin même de leur existence, ne 8'occupant que de la venue du règne de Dieu


— 54 -

dans leur coeur et dans celui de tous les hommes. Mais la circonstance qui fit paraître avec plus d'éclat cette confiance fut lorsque la malice des Juifs les exposa sur la mer â une mort inévitable. En voyant les abîmes ouverts sous leurs pieds et prêts à les engloutir, elles espérèrent contre toute espérance.

Qu'il est beau de les considérer sur leur pauvre barque, droites, calmes, paisibles, les yeux fixés vers le Ciel, sans crainte des abîmes qui les menaçaient sous leurs pieds. La confiance produit des miracles, et le Saint-Esprit assure que ceux qui se confient au Seigneur ne seront jamais confondus. Aussi les flots se courbèrent respectueusement sous la barque des Saintes Maries : l'ange du Seigneur s'en fit le conducteur, et ce frêle navire aborda paisiblement sur nos côtes. O rivage privilégié ! redis-nous les chants d'amour et de reconnaissance de ces nobles proscrites â qui tu as donné l'hospitalité ! Et vous, anges de ténèbres, fuyez au loin devant le flambeau de la foi qu'elles nous apportent 1

O Saintes Maries, bénie soit la barque qui vous a déposées sur notre plage : béni soit l'ange qui s'en est fait le pilote ; béni soit Dieu qui vous a envoyées pour être nos mères et nos apôtres. Noua voguons sur la mer de ce monde, plus fertile en naufrages que celle dont vous avez bravé les dan» gère ; dirigez-nous â travers ses écueils, afin que nous arrivions heureusement au port du salut éternel. Ainsi soit-U.


~ 55 — HTMXE

Marias Sanctas pangimus, Christo propinquas sanguine, Tfbique laudes débitas, Mater Jacobi, solvimus.

daroe per orbem feminoe, Dei nunistroe pauperis, Manu cibstis dtvite, Qui vos potenter sustinet.

Vestras opes qui mutuat, Quantas rependit prodigue, Mentes sacratia irrigat, Veri fluentis ebrias.

Magnificat,etc.

Aniipk. Erantautem ibimutieresà longé, que» secutoe erant Jesnm à Galuoeâ, aùniatrantes ei, inter quaa erat Maria Magdalena, et Maria Jacobi, et Joseph mater, et mater ftliorum Zebedoei.

Nous chantons vos louanges, illustres Sainte* Maries, heureuses mères qui avez eu le bon» heur d'être unies par le* liens du sang à Jésus notre Sauveur.

Femmes fortes, ornement» et modèles de votre sexe, l'univers entier vous honore, exalte votre charité. Vous servîtes le Maître de l'univers ; vous nourrite* celui qui pourvoit à nos besoin*.

Mais celui qui accepte vos pieux offices, avec quelle générosité ne les récompense-t-iTpas? De quels dons précieux n'enrichit-il pas vos âmes?

Gloire immortelle à Dieu le Père ; gloire au fils unique du Père ; gloire su Saint» Esprit. Ainsi soît-il !

Aniitxm». Plusieurs femmes suivaient Jésus et le servaient, entre lesquelles étaient Marie Magdeleine, Marie mère do Jacques, et Marie mère des ils deZébédée. lTatta.,27.

TROlSinUCB JOUR

Coanae au premier jour, jnsqu'a la Méditation

MÉDITATION

AMOUR DES SAINTES MARIES POUR LA PERSONNE SACREE DE N.-S.

Leur amour pour Dieu fut au-dessus de tout, courageux et constant. Jésus-Christ avait dit:« Si


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quelqu'un vient â moi et ne hait pas son père et sa mère, ses enfants et même sa propre vie, il n'est pas digne de moi. Les Saintes Maries furent donc très-agréables â Dieu, puisqu'elles abandonnèrent leur famille pour suivre J. C. L'amour de Dieu les attacha à son service, lorsqu'elles ne voyaient encore en lui qu'un grand prophète, un homme extraordinaire envoyé du Ciel pour le salut d'Israël. Elles favorisaient de tout leur pouvoir le saint ministère de sa parole, préparant les esprits et les coeurs à l'écouter avec docilité ; cet amour fut courageux au-dessus des épreuves les plus fortes. Les Apôtres l'ont suivi sur le Thabor, et quand il opérait des miracles, les Saintes Maries ne l'ont pas abandonné sur le chemin du Calvaire; elles étaient au pied de la croix ; elles furent les premières à son sépulcre. Notre Sauveur a dit de sainte Magdeleine qu'elle avait beaucoup aimé, et que beaucoup de péchés lui avaient été remis; les Saintes Maries aussi ont beaucoup aimé, et Notre Seigneur les a comblées de grâces et de privilèges ; et toute la terre redit l'honneur qu'il leur rend, comme elle publie l'action de sainte Magdeleine.

Quel beau portrait de l'amour nous fait dans son livre immortel l'auteur de VImitation: l'amour est une grande chose; il rend léger tout ce qui est pesant. IL. n'y a rien de plus doux que l'amour,- rien de plus fort, rien de plus élevé, rien de plus étendu, rien de plus agréable, rien de plus parfait


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et do meilleur dans le Ciel et sur la terre. O Saintes Maries! vous avez éprouvé tous ces effets admirables du saint amour; faites que nous les ressentions quand nous approcherons de notre Seigneur dans le sacrement de son amour, afin que nous commencions sur la terre ce que nous continuerons éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il!

HYMNE

Adeste, sacra pignora, His quoe sedebs nnibus, Vestrumque nomen, ut loci Honor sit et custodia.

O vos ! Marioe, quas dédit Nobis pstronas Proepotens, Hoc remigantibns mari Portos beatoepandite.

Patri perennis gioris, Nato Patris ait unico, 8anctoque compar Flamini, Uno Dei sub nomine. Amen !

Magnificat, etc.

Antipk. Stabant jnxtè crucem Jesu Mater ejus, et soror Matris ejus. Maria Cleophoe et Maria Magdalene.

Bienheureuses Maries, écoutez un peuple qui réclame votre protection. Vos reliques font la gloire de cette contrée, qui les possède. Faites aussi qu'elles soient le gage de son bonheur.

Saintes Maries, puisque le Ciel nous a donné votre appui, obtenez-nous la grâce d éviter les dangers de la mer orageuse de ce monde, et d'arriver heureusement au port du salut.

Qu'une gloire immortelle soit rendue an Père, à son Fus notre Rédempteur, au Saint-Esprit qui procède du Père et du Fus dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

Antimmt. La Mère de Jésus et la soeur de sa Mère, Marie de Cléophas et Marie-Magdeleine, se tenaient auprèsde la Croix. Joam.

frwtu. Seigneur, etc., comme au premier jour, etc.


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QUATRlAMX JOUR

f.onuae au premier jour, jusqu'à la Méditation

MÉDITATION

LES SAINTES MARIES NOS MODELES DANS ^AMOUR QUE NOU8 DEVONS AVOIR POUR J.-C. DANS LE SACREMENT DE l.*BUCHARIST1E.

T a foi, l'espérance et la charité des Saintes Maries, sont dignes de nos louanges; mais rien n'est au-dessus de leur amour et de leur dévouement pour la personne sacrée de J.-C. Cet attachement a commencé dès son enfance ; il a eu son accroissement pendant la vie publique de J.-C., et enfin il a atteint sa perfection sur le Calvaire et auprès du Sépulcre. Jusqu'à ce moment les Saintes Maries aimaient dans le fils de leur soeur un homme de Dieu, un grand prophète; elles étaient unies avec lui par les liens de la parenté et du sang. Après la résurrection, quand J.-C. leur apparut tout brillant de gloire et que sa divinité leur fût révélée, alors l'amour naturel s'unissant au surnaturel forma dans leur coeur un attachement audessus de toute expression. Mélange admirable des sentiments inspirés par la nature et des transports formés par la foi. Ainsi Marie, leur divine parente, adorait-elle son Dieu dans son fils, et aimait-elle un fils dans son Dieu.

Quel attachement n'ont-elles pas témoigné à


J.-C. daus le temps de sa Passion, lorsque ses apôtres prirent la fuite, que le peuple Juif avait obtenu son arrêt de mort et qu'on l'avait chargé de sa croix. Les Saintes Maries le suivirent courageusement jusqu'au Calvaire, malgré les mépris et les insultes de la populace. Elles ne l'abandonnèrent pas pendant ses trois heures d'agonie, jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir. Leur amour leur inspira de plus la démarche sublime d'acheter des parfums, et de venir trois jours après à son sépulcre pour embaumer son corps et lui donner des preuves de leur dévoument, même après sa mort. Aussi J.-C. les combla de ses grâces les plus privilégiées ; et après son ascension, le temps qu'elles passèrent à Jérusalem et dans leur solituf e de la Camargue tenait plus de !a vie des heureux habitants du ciel que des malheureux enfants de la terre.

Voulons-nous donc persévérer, croître dans cet amour qui est le fondement de toute solide piété, soyons dévots aux Saintes Maries; elles nous enseigneront la manière de nous approcher avec respect de la sainte Eucharistie, afin d'en retirer des fruits abondants pour notre salut; elles nous découvriront les illusions du démon, qui fait tout ses efforts pour nous détourner de la sainte communion et nous rendre pénible la pratique de ce moyen puissant de sanctification.

Saintes Maries, nous recevons souvent le corps de J.-C. dans la sainte Eucharistie. Le démon, qui


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connaît les grâces infinies qu'elle renferme, fait tous ses efforts, emploie tous les moyens pour nous détourner de la sainte communion. Ne permettes pas que nous soyons le jouet de ses illusions. Cet ange de ténèbres cherche à tromper les enfants de la lumière. Découvrez-nous, ô nos bonnes mères I ses embûches, et attirez-nous à approcher de la sainte table courageusement, humblement, saintement. Ainsi soit-il !

HYMNE

Témoins, sur le Calvaire, de la mort d'un Dieu qui, en mourant, nous donne la vie, les saintes femmes mêlent leurs larmes avec le sang de ce Dieu Sauveur.

Eues partagent avec JésusChrist l'excès de ses peines ; leur coeur s'attache à sa croix ; leur âme ressent les atteintes de tous coups qui lui sont portés.

Victimes, elles s'offrent en holocauste au Dieu qui meurt par amour. Cest l'amour encore qui commande et consomme le sacrifice de ces amantes de leur Dieu.

Gloire soit rendue au Père, gloire soit rendue au Fils, gloire soit rendue an Saint-Esprit, trois en un seul Dieu. Ainsi soit-il !

Antienne. Les Saintes Maries observèrent où l'on mettait le corps du Sauveur. Le premier jour de la semaine, de grand matin, elles arrivèrent au sépulcre au lever du soleO. Jfarc, 15.

In monte testes funeris Qoo vita mundi gignitur, Fusi cruoris oemuloe Fletns refundunt feminoe.

Christi dolorum conscioe, Hoerent Cruci qui tollitur, Et plantibus tôt ingemunt Quot vulneratur ictibus.

Deo lhato victime, Se corde mactant victimes ; Alterné Crux est charités, Quoe diligentes immolât.

Magnificat, etc.

Antipk. Maria autem Magdalene et Maria Joseph aspiciebant ubl poneretur, et valdè manè unà sabbatorum, vénérant ad monumentum, orto jàm sole.

Pnom». Seigneur, etc., comme au premier jour, jusqu à la Bn.


tU

CZNQTJTÉMS JOUR

Comme au premier jour, jusqu'à la Méoilatioa

MÉDITATION

LES SAINTES MARIES NOS MODELES DANS LA DÉVOTION ENVERS LA TRB8-8AINTR VIERGE

Unies par les liens du sang avec cette divine mère, les Saintes Maries apprécièrent tout le trésor renfermé dans cette sainte parenté. Elles la visitèrent souvent dans sa solitude de Nazareth. Elles raccompagnèrent quand elle était à la suite de son fils pendant ses prédications. Elles étaient avec elle sur le chemin du calvaire au pied de la croix, où elles soutinrent son immense douleur, et partagèrent ses ignominies et celles de son divin Fils. Parmi les nombreux sacrifices que Dieu demanda à ces femmes courageuses, un des plus grands fût quand, jetées sur la mer, elles furent obligées de se séparer de cette parente bien-aimée. Aussi un des premiers signes d'amour et de reconnaissance qu'elles lui témoignèrent fut, sur la terre où elles abordèrent, de lui élever un oratoire et de lui consacrer ces peuples que Dieu leur avait donnés en héritage.

0 Saintes Maries! c'est donc vous qui nous aves consacrés au culte de la Sainte Vierge, et en nous la France entière, qui se glorifie du titre de royaume de Marie. Nous ratifions de tout notre


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coeur, ô grandes Saintes ! cette solennelle consécration. Nous ne séparerons jamais l'amour du Fils de celui de la Mère. Nous nous regarderons toujours comme consacrés à Jésus et à Marie; nous agirons toujours comme de vrais enfants de Jésus et de Marie; nous nous conduirons aussi comme vos enfants, ô grandes Saintes! Soyez pour nous des mères bonnes et tendres, et écartes de dessus nos têtes les maux qui nous menacent sur cette terre d'exil. Ainsi soit-il !

HYMNE

Martyres du saint amour, où -berchez-vous Jésus? Séchez vos t innés. H n'est plus dans le tombeau; il a triomphé de la mort; il fait succéder la joie à vos douleurs.

Tandis que vous portez avec empressement des parfums pour l'embaumer, Jésus se présente à vous plein de vie et remplit votre coeur d'ineffables consolations.

Il vous montre ses plaies saignantes encore; rassurez-vous, elles sont toutes des sources de salut. C'est d'elles, comme par elles, que dér ■ -arout sur vous des grâces précieuses et sans fin.

Ames heureuses, du haut du Ciel où vous régnez, jetez sur nous des regards favorables; exaucez nos voeux; demandez au Père des miséricordes qu'après vous avoir imitées sur la terre m »us ayons part avec vous an bonheur éternel.

Jesum, sepulcro conditum Ecquid gementes quoeritis? En ille victor funeris Vertit dolorem gaudio.

Dùm condiendo corpori, Unguenta fertis sedufoe, Vivum trinmphans se refert, Vestro frnendum pectori.

Cruenta monstrat vulnera, Fontes ap rtos gratioe. Hinc quantus in vos munerum Amnis sacrornm définit.

O quatt Vi ■■:'. reduxt Gentifav. .upp' Ut caritatLa .nia Sit et coronoe particeps.


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Patri perennis gioria, N'ato Patrie sit unico, Sanctoque compar Flamini, l'no Dei sub nomine. Amen !

Antiph. Et introêuntes in monumentum, invenerunt juvenem sedentem in dextris coopertum stoU candidâ; qni dicit Sus : Nolite expavescere : Jesum qnoeritis Nazarenum crucifixum; surrexit, non est hic.

Gloire à ht Trinité sainte, au Père qui nous a créée, au Fus qui nous rachetés, au Saint Esprit qui nous éclaire, trois en un seul Dieu. Ainsi soit-il ! Magnificat, etc.

Antienne. Les saintes femmes étant entrl?;- dans le sépulcre, elles y viren. un jeune homme assis, vêtu d'une robe blanche. D leur dit: Ne craignez point : vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressusr'té, il n'est point ici. Mare, 16.

Prions. Seigneur, etc., comme au premier jour, jusqu'à la fin.

SXXXBMB JOUR

Comme au premier jour, jusqu'à la Méditation

MÉDITATION

TENDRESSE DBS SAINTES MARIES POUR LES MALADES ET LES INFIRMES

L'Église établie par J.-C. pour le salut des âmes n'est pas si exclusivement occupée à cette mission sublime, qu'elle en oublie le soin de nos corps. Elle a dans sa liturgie des prières pour les préserver des intempéries funestes des saisons. Elle appelle les bénédictions et la rosée du ciel sur les fruits de la terre, pour obtenir à celle-ci la pluie salutaire qui la féconde, ou pour la préserver de la stérilité qui resserre son sein et nous prive de ses trésors. Instruites à l'école de J.-C., les Saintes


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Maries ne pouvaient pas être insensibles à la santé de nos corps et à la guérison de nos infirmités. Qui sont ceux en effet qui, le jour de leurs fêtes, se pressent autour de leurs saintes reliques! On y voit des aveugles, des muets, des infirmes de toutes sortes. Spectacle touchant, au moment où descendent les saintes châsses, de voir ces malades se disputer le privilège de toucher les premiers ce bois vénéré avec une foi et une confiance que les Stes Maries récompensent souvent par des miracles. Foi admirable qui les porte â passer de longues heures du jour et de la nuit prosternés auprès des saintes caisses, comme pour attirer sur eux la vertu surnaturelle qu'elles renferment et qui semble s'échapper par le contact sensible de ce bois sacré.

Grandes Saintes, vous voyez â vos pieds des infirmes de toutes sortes et le nombre plus considérable encore de ceux qui, courbés et gémissant sous le poids de leurs peines, et des infirmités de leurs âmes, viennent chercher auprès de vous quelque consolation. Us ont demandé du soulagement â leurs parents et â leurs amis. Les infirmes n'ont pas négligé le secours de la science des hommes. Mais il est de ces maladies, il existe de ces peines que Dieu seul envoie, que le Ciel seul connaît, et dont le Ciel seul se réserve le remède. Cette connaissance et ce pouvoir admirables, Dieu vous les a communiqués avec abondance, ô Saintes Maries ! Vous les ferez donc ressentir â cette multitude qui entoure vos reliques. Elle a


— ascette confiance en votre puissance et en votre tendresse; car il y a dans vos coeurs les sentiments de compassion que Jésus av«it pour les malades, en faveur desquels il faisait sortir de son corps sacré une vertu divine qui les guérissait tous. Mais surtout, nous vous en supplions, ô Saintes Maries l préservez-nous du péché, le mal souverain qui perd le corps et l'âme pour une éternité. Ainsi soit-il.

HTMNS

Stupente ponto, quoevehitur ratis? Onisecundisfiuctibusinnocens AQudit oequor, ridet oether, Attonhi sfluêre venti.

Frustra procellis, perfid*

gens, vagam Bas ferre navem : dux aderit

vioe, Die, fl]e,fluctuscui minacea, Cm tnmwi famnlantnr anstrt

lHo fugati àdere{ protinÙB Cessêre mmbi : vidit et impotens

impotens resedit : tassa soevos Vertit hyems alio furores.

Antipk. Et exierunt cito de monumento cum timoré et gatxno magno, currentes nuntiare discipulis ejus.

Quel est donc ce frêle navire qui flotte et s'avance sur la mer étonnée? Ce terrible élément s'adoucit en sa faveur, l'air est serein, les vents suspendent leur impétuosité.

C'est en vain, nation perfide, que tu livres cette nacelle aux flots irrités. Elle aura pour çuide Celui même à qui la mer obéit et devant qui les vents se taisent.

Par la force de son bras, les tourbillons se dissipent; la mer le voit, elle oublie sa fureur, et la tempête enchaînée respecte les glorieuses proscrites.

Gloire infinie au Père, gloire infinie an Fils, gloire infinie au Saint-Esprit, trois en un seul Dieu. Ainsi soit-il! | Magnificat, etc.

Antienne. Les Saintes Maries sortirent aussitôt du sépulcre, saisies de crainte et pénétrées de joie, et elles coururent annoncer aux disciples la résurrection du Sauveur. Mtattk, 28.

S


m

Priant. Seigneur, etc., comme au premier jour, jusqu'à la fin.

SXPTIÈMM JOUR

Comme au premier jour, jusqu'à la Méditation

MÉDITATION

APOSTOLAT DBS SAINTES MARIES ET LEUR ZSLK POUR LE SALUT DES AMBS

L'apostolat des Saintes Maries est une prérogative et une vocation spéciale qu'elles ont de commun avec les apôtres, les disciples et les autres saintes femmes qui étaient à <a suite de JésusChrist. Sainte Magdeleine a prêché l'Évangile et a fait des conversions â Marseille et â Aix. Sainte Marthe a été l'apôtre de Tarascon; pourquoi refuserions-nous aux Saintes Maries l'honneur de l'apostolat? Comment n'auraient-elles pas été animées du zèle du salut des âmes, elles qui comptaient quatre de leur fils dans le collège apostolique! Lorsqu'elles arrivèrent dans nos contrées, elles travaillèrent avec ardeur âla conversion des habitants de leur solitude. Par leur zèle, leurs instructions et leurs miracles, ces esprits plongés dans les ténèbres du paganisme reçurent les lumières de la foi; ces coeurs endurcis se soumirent au joug de l'Évangile.

Grandes Saintes, quand vous jetez les yeux sur


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cette terre arrosée par vos prières, par vos larmes et par vos miracles, envoyez de nouveau votre esprit sur nos contrées et renouvelez la face de cette terre que vous vous étiez choisie. Des* doctrines perverses gâtent les esprits; nous courons vers un abîme qui menace de nous engloutir pour toujours: nous crions vers vous, ô grandes Saintes! Ayez pitié de nous, n'oubliez pas que nous sommes votre peuple le privilégié ; écouteznous, sauvez-nous. Ainsi soit-il! HYMNE

En cymba tutos, dnm loquor, attigit

Portos, verendum detinet hospita

Jàm terra munus : jàm profanas

Respiciens fugit error arces.

I nunc, sororum nobile par

seges Mox quanta fratrum vos manet!

manet! diù Caliginosâ nocte menas Sole novo e create gentes.

Et nos abattis respice sedibus, O Christe! nostram per scopulos

ratem Tutare jactatamquc ventis. Fac plaeido residere portu.

Sit summa Patri, summa Filio;

Qui per procellas exignum fréta.

Per coecoe lembum dirigebas,

Gloria si tibi summa Flamen. Amen.

Destyrans insensés jettent les pieuses Maries dans un frêle vaisseau. Le ciel le protège, il franchit les mers.Une terre étrangère reçoit les deux Saintes. A leur aspect, l'erreur, en gémissant, fuit loin de ces contrées.

Oui, par vous, incomparables soeurs, un soleil nouveau va luire sur un peuple trop longtemps plongé dans les ténèbres de ht mort, et lui mériter de connaître et goûter la vérité.

Seigneur, jetez sur nous auss i du haut du Ciel, un regard favorable. Protégez le vaisseau qui nous porte, et, après avoir été battus par la tempête de ce monde, accordez-nous la grâce d'arriver au port du salut.

Gloire à la Trinité adorable: nu Père, principe de tout bien; au Fils,qui nousa rachetés;au SaintEsprit, qui nons échauffe nA noua éclaire. Ainsi Koit-il.

Magnificat, etc.


— 68 —

Antienne Jésus se présentaaux Antipk. Etecce Jésus occursaintes femmes Et leur dit : Je rit illis, dicens: A vête. Illoe auvous saine, et elles s'approche- tem accesserunt, et tennerunt rent de lui, embrassèrent ses petles ejus,et adoraverunteum. pieds etradorèrent.(Jfo<fA^28.)

Prions. Seigneur, etc., comme au premier jour, jusqu'à la fin.

MUlTlRntR JOUR

Comme au premier jour, jusqu'A la Méditation

MÉDITATION

ESPRIT DB PRIBRR DBS SAINTES MARIES

L'esprit de priére'est une estime pour ce saint exercice, une confiance en ce moyen de conversion et de sanctification, une disposition â prier fréquemment, produites par les vertus et les dons du St-Esprit. Pour l'âme qui possède cet esprit, toutes ses actions, ses pensées, sesdésirs, sont formés par ce principe intérieur; tout dans son être et dans sa vie devient une prière continuelle, un encens d'une agréable odeur, qui monte sans cesse devant le trône de Dieu.

A l'école de J.-C. et par l'exemple de sa divine Mère, les Stes Maries avaient connu ce besoin, ce goût, ce bonheur de la prière.Nous les voyons dans le cénacle, persévérant dans ce saint exercice avec les apôtres, la mère et les frères de Jésus. Après l'ascension de J.-C., leur vie n'était plus qu'une prière continuelle; et, pour contenter ce


— 60 —

besoin de prier, Dieu les conduisit dans la solitude de la Camargue, où le recueillement profond'du désert les attirait continuellement à l'union avec Dieu.

Cet esprit mettra de l'ordre dans nos affaires, de l'égalité dans notre caractère, tempérera la vivacité de nos passions et de nos impatiences. D'où viennent ce calme et cette paix que l'on admire dans certaines personnes pieuses, leur prudence, leur douceur dans les rapports avec le prochain : la cause vient de ce qu'elles prient ; outre le temps qu'elles consacrent chaque jour à ce saint exercice, elles y emploient aussi tout celui qu'elles peuvent dérober aux occupations de leur état, sans nuire â leurs obligations essentielles.

Nous savons que la prière est la clef du Ciel et la source de tous les biens : le sentiment seul de nos besoins devrait nous faire une obligation de prier. Que n'avons-nous pas, en effet, à demander à Dieu, et cependant nous négligeons l'exercice de la prière. Ne souffrez pas, ô grandes Saintes ( que nous négligions plus longtemps ce saint exercice; obtenez-nous de Dieu l'esprit de prière. Vous étiez dans le Cénacle avec la mère de Jésus et les apôtres ; ô quel modèle pour nous delà ferveur, de la confiance, de la persévérance dans nos prières! Nous voulons prier comme vous, ô nos Saintes Patronnes ! Demandez pour nous cette grâce. Ainsi soit-il.


— 70 — HYMNE

Terre, ouvre ton sein ! un riche trésor est renfermé dans tes entrailles. Rends-nous enfin, rends-nous ces ossements sacrés qui ne te furent pas confiés pour toujours.

René d'Anjou, inspiré de Dieu même, indique ce précieux dépôt. Aucun obstacle ne l'arrête. Un saint zèle ranime pour recouvrer ces richesses préférables, à ses yeux, à l'or et aux diamants.

Bientôt le successeurde Pierre s'unit au pieux d'Anjou. Et vous, illustre comte de Foix, non moins pieux que l'un et l'antre, vous participerez avec une ardeur égale à la généreuse entreprise du prince et du pontife.

Gloire immortelle à Dieu le Père, gloire au Fils unique du Père, gloire au Saint-Esprit, trois en un senl Dieu. Ainsi soit-il!

Magnificat, etc.

Antienne. Nons vivons déjà dans le Ciel, et c'est de là que nous attendons la félicité qui nous a été promise par N. 8. J. C. PkilipnV

Tellus avaros pende sinus : tuis

Thésaurus ingens visceribus latet;

Commisse non sic redde tandem;

Omnipotens jubet, ossa redde.

Audtvit actus pectora numine

Benatus : ardet qnoerere purpura

Auroque, contemptisque gemmis,

Exnvias pretiosiores.

Quin summos olli, necmorâ, Pontifex Se jungit ultro ; non pieté»

minor, Te magne deFuxo, volentem Egregio sociat labori.

Antipk. Nostra autam conversatiô in coelis est : undè etiam Salvatorem expectamus Dominum nostrum JesnniChristum.

Prions Seigneur, etc., comme au premier jour, jusqu'à la fin


— 71 —

MKUVllUfS JOUR

Conuae an premier jour, jusqu'à la Méditation.

MÉDITATION POUR LA FÊTE DBS SAINTES MARIES

CE QUB LB8 8AINTB8 MARIBS ONT PAIT .POUR J.-C. ET CI QUI J.-C A PAIT POUR LBS SAINTES MARIBS

Les méditations précédentes nous ont appris ce # que les Saintes Maries ont fait pour J.-C. Celle-ci nous fera connaître ce que J.-C. a fait pour les Saintes Maries. Oui, J.-C. a rendu à ses fidèles servantes honneur pour honneur, amour pour amour, dévouement pour dévouement.

Les Saintes Maries et sainte Magdeleine ont témoigné â J.-C. leur amour en honorant sa sépulture; J.-C. à son tour rendra leur sépulture glorieuse au milieu des nations. Cest en vain que ces saintes femmes, fuyant les regards des hommes, se sont retirées dans des solitudes inaccessibles. C'est en vain que les Saintes Maries en particulier ont fixé leur demeure sur une plage déserte dont le silence éternel n'est interrompu que par le mugissement des tempêtes et le fracas des vagues de la mer; c'est en vain que sainte Magdeleine s'est enfoncée dans le creux d'un rocher, défendu par une épaisse forêt ; ni la profondeur des bois, ni l'immensité des solitudes, ne sera un obstacle â l'honneur que J.-C. veut rendre à ces saintes femmes : il appellera les populations dans


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ces lieux sanctifiés par les larmes et les prières de ses servantes. La piété des fidèles traversera la vaste étendue du désert des Saintes-Mariés pour aller vénérer leurs reliques, et elle pénétrera dans la grotte profonde qui fut le témoin secret des larmes de sainte Magdeleine et où cette illustre pénitente n'était arrivée que sur les ailes des anges.

A cette manifestation extérieure de la foi des peuples et à la vertu des miracles, J.-C. fera bâtir sur leur tombeau des basiliques qui seront, à travers les siècles, un éclatant témoignage de la foi et de la dévotion des générations et des princes qui les ont élevées.

En ce jour de grâces, ô Saintes Maries! nous nous adressons à vous avec confiance. Conserveznous la foi que vous nous avez apportée avec tant de sacrifices ; bénissez nos familles ; bénisses notre pays, dont vous êtes les apôtreset les mères ; protégez la France, protégez la sainte Église et son Chef suprême, afin que nous arrivions, sous sa conduite, au port du salut éternel. Ainsi soit-il!

HTMNB

Déjà s ouvre le sein de la terre, un trésor inconnu depuis tant de siècles paraît enfin à la lumière, et l'ouvrier surpris se prosterne devant sa conquête.

Quel doux parfum se répand dans les airs et dans le tombeau! Vierges saintes, sans doute le Sauveur généreux vous rend les offrandes que vous alliez porter à son sépulcre.

Effossa terne viscerajam patent: Jam gaza mnltisabdita soeculis Luci revelatur : reporta Fossor hians veneratur ossa.

Atqualis auras raulcet odor, fugans. Sitnm Sepulchri ! mimera scflicet

scflicet sepulto quoe tulistis, OfRcio memori rependit.


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Ocara nobis pignon Feminoe, Votis clientum vos faciles

date; VoMsoue devotos, benignis Atuuxcos populos fovete.

Tu,quem Sororum nobuibus

jnvat Clarare nomen pignoribus

tuum, Fac, Christe, tanto nostra

Terra patrocinio fruatur. Amen !

Antipk. Inapice et fac secundmu exemplar quod tibi in monte monstratnm est.

Saintes Maries, si chères à nos coeurs, soyez-nous propices; ne refusez pas votre protection aux âmes qui la réclament et se dévouent à votre culte et à limitation de vos vertus.

Grand Dieu, qui prenez plaisir à manifeeter votre nom à Punivers par la sainteté de ces illustres Soeurs, faites que notre patrie éprouve toujours leur puissant secours. Ainsi sort-fl.

Magnificat, etc.

Antienne. Considérez et faites toutes choses, selon le modèle,

3ni vous s été présenté. Em., 15.

PRIÈRES Qui H chantent à la Détente et à VÉlévation du Retiqum.

f. Bénédicte villa maris Quant theeauris tsm proeclaris fiez dotavit glorioe.

Bj. In te portuB salutaris.

f. Bal virtutis atque maris Aquoeductus gratioe.

a}. In te portus salutaris.

f. Sola digna gloriaris, Quod sorores amplexaris Virginia eximioe.

Nous vous bénissons à l'envi, heureuse ville qui portes le nom de Notre-Dame-de-la-Mer, une J.-C, roi de gloire, a enrichie des sacrés ossements des Saintes Maries.

Ils nous font trouver en vous un port de saint.

Le précieux dépôt de leurs corps est comme un sel qui conserve la vertu de vos enfants et comme un canal qui porte la grâce dans leur coeur.

Il nous fait trouver en vous un port de salut.

Seule, vous avez eu l'avantage d'être choisie pour renfermer dans votre enceinte les vertueo-


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ses parentes de la plus pure des Vierges; seule, vous jouisses de leurs dépouilles après leur mort.

Elles nous font trouver en sj. In te portns salutaris. vous un port de salut.

Gloire soit au Père, au Fils et y. Gloria Patri,et FOio, etSpiau Saint-Esprit. ritui-Sancto.

Ils nons font trouver en vont s). In te portas salutaris. un port de salut.

ANTIENNE Appelée vulgairement te SALVB de» Saintes Marie».

Nons vous saluons, glorieuse mère de saint Jacques le Mineur. Nous vous saluons aussi, trèsexcellente mère de saint Jacques le Majeur.

Votre affinité avec le Sauveur des hommes vous donne un grand crédit auprès de lui ; daignez remployer pour nous obtenir la possession de son royaume éternel.

f. Marie Jacobé et Marie Salomé achetèrent des parfums.

aj. Pour aller embaumer le corps de Jésus.

ORAISON

Faites, ô Seigneur JésusChrist! que nous ressentions les effets de la protection de sainte Marie Jacobé et sainte Marie Salomé, qui ont brûlé du zèle le plus ardent avons servirpendant votre vie, et à vous rendre leurs pieux devoirs après votre mort. Nous vous demandons cette grâce à vous, qui, étant Dieu, vives et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

Salve, mater inclyta

Jacobi Minoris; Ave, perens opthna

Jacobi Majoris;

Utraque matertera Nostn Redemptoris, Nos ad régna aimera TrahRe splendona.

f. Maria Jacobi et Maria Salomé emernnt aromate.

B). Ut venientes nngerent Jesum.

OBBMUS

Da nobis, Domine JesuChriste, sanctarum Mari» Jacobi et Marioe Salomé piis patrociniis adjuvari, quoe tibi tem vivent! quant mortuo stndnerunt devons obsequiis famalari. Qui vivis et régnas m snv cula soeculorum. Amen!


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Le» pertonmu qui ne eavent pat lire doivent dire, à la Deteent» et à l'Élévation de» Sainte» Belique», dix Pater et dix Ave Maria.

OmlaiiB de sainte Marie Jueobe

OBBMUS

Domine Dens oninmotens, qui inefabflijDietate tut preposo corpore Beatoe Marioe Jacobi ecclesiam de msri miraMHter decorastij concède nobis, quoesumcs. meiitis ejus et precibns gratiam in proesentl et gkriam in futuro consequi sempiternam. Per Dominum nostrum Jesum-Christum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus-Sancti Dens, per omniasoecnla soeculonun.

Amen!

OBAISOM

Seigneur, Dieu tout-puissant, qui aves fait inerveflleusement éclater votre bonté ineffable pour l'église de Notre-Damede-la-Mer. en l'enrichissant du précieux corps de sainte Marie Jacobé, nous vous supplions de nons accorder, par ses mérites et ses prières, de vivre pour le temps dans la grâce et de régner un pour pour l'éternité dans la gloire. Ainsi soit-il !

Orulnon de sainte Mûrie Snlosné

OBBMUS

Omnipotenssempiterne Dens, qui etiam in sexu fragili potentiam tuam mirabilem proedicasti, concède propitius, ut intenreniente Beatâ Maria Salomé (cujus corpus in hâc ecdesii leqmeschldivini smoris tui ardonbus inflammati, àgehennoe incendiis liberemur et giorioe tu» participes esse mereamnr. Per Dominum, etc.

ORAISON

Dieu immortel, dont la puissance souveraine s'est manifestée perdes prodiges de vertu, jusque dans le sexe fragile, accoraes-nous, par l'intercession delà bienbenrense Marie Salomé {dont le corps repose dans cette égUse^.la grâce de brûler, à son imitation, du feu de votre samt smour, d'être déUvrésde celBide l'enfer, et de mériter autant quH est en nous la possession de votre gloire. Ainsi sort-il I


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Poar In fête de la Révélation

OBAISOX

Seigneur Jésus, la gloire et la couronne des saints, vous qui aves consacré ce jour à honorer U inémoire et à célébrer la Révélation des saintes reliques de Marie Jacobé et de Marie Salomé, écoutas les vaux qu'elles vous offrent en notre faveur pour nous rendre témoins et participants de votre gloire, qui fera toujours la félicité des saints. Vous qui vivez et régnez étant un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

OBBMUS

Domine Jesu, Sanotorum splendor mirabihs, qui hune cûem Revdatkmis sanctarmn reliquiarum Mariai Jacobi et Marioe Salomé solemnitatiscottsecrasti : da nobia, ipaarum suffrages, in revelaaone semphernoetuoe loetari. Qui vivis et régnas cumDeo Pâtre, in unitate Spiritus-SanetL Dens, per omuis soecula soecnlornm.

Amen!


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CANTIQUE

BU i/HOiraBCH

DES SAINTES MARIBS

Air: Joeeph vendu par se» frère»

O grandes Saintes Maries !

DI chênes De notre divin Sauveur, Apprcnes nons votre histoire,

Et la gloire Qui captiva votre coeur.

Pour cette gloire immeHslle

Avec sole Vous suivîtes Jésus-Christ ; Déjàmmaia vous couronne

Et voua donne Tons les biens quH vous promit

Quand cette auguste victime,

Dans Soryme, Expia tous nos forfaits, Près de sa divine Mère,

An Calvaire, Voua exprimiez vos regrets.


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Vous courûtes éplorées,

Désolées, A son sépulcre sacré ; Mais les anges qui survinrent

Vous prévinrent Qu'il était ressuscité.

Votre voix se fit entendre Pour apprendre

Ce miracle glorieux.

Vous fûtes persécutées, Outragées,

Par un peuple furieux.

Dans un bateau sans cordage,

Au naufrage On vous exposa soudain ; Mais de Dieu la Providence,

En Provence Voue fit trouver un chemin.

O Saintes ! dont la mémoire

Et la gloire Triomphent en ce saint jour, Obtenez-nous, par la grâce,

Une place Dans le bienheureux séjour.


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CANTIQUKS PROVENÇAUX

(Extrait du Samelet.)

L — L'EMBABCAMEN DI SANTO Er: Permette» qu'avec franchie»

Es alor que falié vèire

Li grand prèire E la chourmo di rabin; Cbumo se rejouïguèron

Quand veguèron Que di Santo aurien la fin.

Uno vièio ratamalo

Querebalo Bus la ribo pauramen, He si dèugo desgiesido

Es chausido Per aquel embarcamen.

Li sent fraire e santi femo

Eniagremo Soun mena pèr li bourrèu, E chabi l'un après l'autre,

Pàuri vautre! Sus aquéu marrit batéu.

Sont soun pas la nan trantraio

E gansaio, Pauro nau, que devendras ? Ah! quevèngue lèu, pecairt,

D'agoutaire ! L'oundo afioco ras-à-ras.

La nau gambio s'alngnavo - ^ De la gravo

Bai pas coumo etout plan-plan: Voici qu'uno femo arribo

Susld ribo Tout en plour e s'escridant:

Menas-me dins la barcado

Bennrado, O mestresso, menas-me! Ièu dessus lou temple eiguèstre

Vole i'èetre Dins Ion paure veisselet.

La doulénto à brnno caro

EroSaro, Que tambèi» voulié mouri lié H Santo an f ouns dis oundo

Tant prefoundo, Pèr la fe de Jésus-Christ.

Saloumè, que Dieu ispiro,

Se reviro, Trais à Saro soun mantèu; Sus lis oundo, ô meraviho I

Lamantiho Au ribage arribo lèu.

Saro alor se signo e nvranto,

Gaio a proumto. Sus loua vèsti desplega; Un revou que sautourlejo

La carrejo E la meno s'embarca ;

E ht barco msigrinello

Sènso vélo, Sènso remo, sens pilot, Gagno vite la mar auto,

E defauto Li Jusiôu e si coumplot.


II. — LOU DE8BABC AMMN DI SANTO efir : Cburens aux Scnntee-Mariee

Dieu menavo nôsti Santo Sus Us erso etli revôn; Li menavo trionnnanto De llnfér edi Jusiôu. En-Ho-mai, sens prendre terro, Defilado Ion batèo Tout pauret, desglesi qu'èro, En Prouvènço venguè lèu.

En Prouvènço prenguè toco San et sauve emè soun pes Su'no ribo eènso roco, En terraire marrihés; Dins hi grande estendedouire De Camargo, alin au bout Di mountiho e di sanaooiro, Dieu ie porge un trepadou.

L'Ange qu'èro sus la barco E qu'avion pa'ncaro viat, Sefai veire, e'n chascun marco De se rendre en tau pals, c Vous, Lazàri, dins Maraiho; Meiseemin, voua, dedins Ai, Us Sdoni au Dieu Meesio Bendres glori mai-que-mai

Mario, vous, emé Marcello, Anas mettre à Uresoun LaTarasco orro e crudèlo Dms lou bos de Tsrascoun;

Sus la roco avignoune nco Anares planta la crona, Vosto dicho pronmierenco Pourtant de ira courons.

DinsPoumbrino d'nnobanmo, Madaleno, bello en phmr, Dèu esooundre à ht calaumo Don bos nègre sa donlo-^r; E bènlèu la roco mémo ff esmôura de si souspir, Gardera de si bgremo Li degont et li treepir.

Dins la vflo de Toulonso Savournin adurra lèu La Ici santo e lumenonso De Jésus, divin soulèu. Entai tu, Ion divin lnme, , VUod'Arie.vasl'avé: Beçaupras de sont Trexume La semenço de ht fé.

Vous autri, Mario et Saro, Rentarès'me liSantsn Susli bord de l'oundo amaro En terraire camarguen.» A ht santo troupo entiero Ansin l'Ange i'espliquè En chascun soun endrechiei Em' acè dispareigué.

U Sainte Baume, grotte célèbre près de la vttls de St-Maxiari dans laquelle se retira sainte Madeleine. ,Une pieuse et poétique Mfnv attribue aux lanaes de te les gouttes d'esa qui te

beat sans cesse de la v du' .',. \