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Title : Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville de Draguignan

Author : Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var. Auteur du texte

Publisher : (Draguignan)

Publication date : 1910

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 21206

Description : 1910

Description : 1910 (T28)-1911.

Description : Collection numérique : Fonds régional : Provence-Alpes-Côte d'Azur

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k57382384

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-28680

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344116748

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 17/01/2011

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BULLETIN

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SCIENTIFIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES

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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ D'ÉTUDES

SCIENTIFIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES

DE

DRAGUIG NA 2V

VOUEE XXVIII

1910-1911

DRAGUIGNAN

IMPRIMERIE LATIL FRÈRES, BOULEVARD DES MARRONNIERS, 28



PREMIÈRE PARTIE

PROCES VERBAUX DES SÉANCES



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

SEANCE DU 12 JANVIER 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, BARLA, BELLETRUD, Ernest BLANCARD, Dr DOZE, Dr Joseph GIRARD, JEAN, POUPÈ, RAMPAL,

DE SÉBEVILLE.

Excusés : MM. MIREUR et GINOUX.

En absence de M. de Lacouture, secrétaire, M. le Président donne lecture du procès-verbal de la séance du 10 décembre 1909. Adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des sociétés correspondantes, reçues depuis la dernière- réunion.

M. le Président souhaite la bienvenue à M. Jean, avoué, notre nouveau confrère, et adresse les vives félicitations de la Compagnie à M. Mouttet, notaire, maire de Signes, membre correspondant, récemment nommé officier de l'Instruction publique, et à MM. Ditgès, adjoint au maire de Draguignan, membre titulaire, et Bétis, pharmacien au Muy, membre correspondant, nommés officiers d'académie.

Il exprime également les regrets de la Société à l'occasion du départ de M. Ginoux, inspecteur d'académie à Draguignan,- nommé en la même qualité â St-Etienne et le félicite de son avancement. 11 annonce que M. Ginoux a demandé à rester attaché à la Société comme membre associé.

Sont admis : comme membre titulaire :

M. Ernest Latil, imprimeur, fils d'un membre fondateur, présenté par MM. le D' Doze et Poupé.


— VIII —

Comme membre associé :

M. l'abbé G. Arnaud, d'Agnel, aumônier du lycée de Marseille, correspondant du Ministère, 10, rue Montaux à Marseille, présenté par MM. Mireur et Poupé.

Communication est donnée de la correspondance.

— Lettre de M. de Félice, remerciant de son admission comme membre associé.

— Dépêche de M. le Ministre de l'Instruction publique du 17 décembre 1909, informant qu'il vient d'attribuer une subvention de 200 francs à ïa Société à titre d'encouragement. - Remerciements.

— Demande d'échange des publications par la Société linnèenne de Provence à Marseille et VAcadémie royale des Sciences et BellesLettres de Bavière, à Munich. - Adopté.

— Demande de souscription à l'ouvrage de M. H. Dobler, intitulé " Les Ecoles d'architecture et d'Art décoratif des XVII' et XVIII' siècles à Aix.— Rejeté avec regrets, faute de ressources.

— Programme du 3" Congrès international de Botanique qui se tiendraà;Bruxelles du 14 au 32 mai 1910.

— M. le Président rend compte de la conférence publique sur la Natalité française par M. de Félice, organisée par les soins du bureau conformément à une précédente délibération. Cette conférence a eu lieu le samedi 8 janvier, à 8 h. 1/2 du soir, dans une salle du rez-dechaussée de l'école communale de garçons mise gracieusement à la disposition de la Société par la municipalité et l'autorité académique. Elle a attiré un public choisi et le conférencier a obtenu un légitime succès.

En l'absence de M. Ch. Azam, M. Joseph Azam rend compte de la gestion financière de l'exercice 1909, dont le détail suit.

RECETTES

En caisse au 31 décembre 1908 . 775 fr. 98

Cotisations 1908 814 »

Rente Claude Gay. 300 .: »

Venté de bulletins : .21 »


IX

Loyers : l,r étage... 187 50

» .2"étage.,.;.. . ....i,:..,...............>.................--, 100 »

Vente de la serre ............ ,...,,.....,,.....' 150 ».

Don anonyme............ ...................... 800 »

TOTAL... 3.148 fr. 48

DÉPENSES

Etrennes au facteur ..... 5 fr. »

Chauffage ..:.,........,...,..........,..,,.........., 5 25

Ferblanterie..,.. 65

Affranchissements et encaissements......... ; 52 fl.O

Frais d'envoi du Bulletin, etc. .. .. L22 15

Impression du tome XXVI du Bulletin (solde).. -.-,.„ 1000 »

Frais de reliure — ......... ■:.... 12 50

Vacations de i'appariteur ...... 26 »

TOTAL... 1.248fr. 45

Déménagement et appropriation du nouveau local .-'/'■

Impositions. 118 55

Déménagement 166 30 A

Maçonnerie (acompte) 400 » ; 1.064 fr. 85

Menuiserie (acompte) ... 300 » /

■Peinture-et tapisserie (solde)..............:, 80 »

Impression du tome XXVII du Bulletin (acompte) - 600 »

Location de l'ancienne salle des séances ........ 12 60

Frais de correspondance et divers...... 47 30

TOTAL.... 2.973 fr. 20

En caisse 175 fr. 25

TOTAL ÉGAL. .. 3.148 fr. 45 ';Apprpuvé..

Le bureau présente pour 1910 le projet de budget suivant :

RECETTES

En caisse au 31 décem ^re 1909;. .............. ;... 175 fr. 25

Cotisations.. :'■..'-.-,.... ,-Ï 850 : »

Rente Claude Gay.....,.,.,..... 300 »


X

Loyers : l*r étage .... - 225 fr. [

» 2ml!étage 400 » ) _,' ,

„ ■ „. S 715 fr.

» 3*° étage 50 » /

» Jardin..... 40» \

Subvention du Ministère 200 »

TOTAL... 2.240 fr. 25

DÉPENSES

Don anonyme réservé.. 800 fr. 00

Maçonnerie (solde) 650 fr. 00 /

Menuiserie (solde) 225 » ) „„, f ,-„

Ferblanterie (solde) 24 75 i

Plaque de marbre (solde) 35 » 1

Affranchissements et encaissements 150 »

Vacations de l'appariteur .-,.... .. 30 »

Impositions 150 »

Impression du tome XXVII du Bulletin (solde) 1.003 »

Frais de correspondance et divers 50 50

TOTAL..... 3.425 fr. 25

Déficit co.uvert par-un prêt amiable .... 1.175 fr.

TOTAL... 2.240 fr. 25

Après échange .d'observations, il est décidé

i° De grouper séparément à l'avenir, dans les documents de comptabilité, les recettes et les dépenses afférant à l'immeuble de la Société ;

2° De recouvrer au mois d'oclobre les cotisations de 1910.

Sous ces réserves, le' budget est voté.

11 est rendu compte, au nom de M. Mireur de l'Evolution d'un village frontière de Provence; Saint-Jeannet (Alpes-M""*), par J;-E. Malaussène, juge au tribunal civil de Carpentras.

Ce grand in-8° de 441 pages, élégamment illustré, contient, à côté de fréquents et inévitables emprunts à l'histoire générale, nombre de renseignements originaux de statistique et d'histoire sur le passé d'une petite agglomération qui n'est pas antérieure au XII" siècle. L'auteur les a groupés par matière ou par époque, sous des titres et


— XI

dans un ordre un peu particuliers;,; avec des développements très inégaux selon les ressources de la documentation, incomparablêmen 1, plus facile et plus riche pour les temps modernes. Moeurs, coutumes, population, institutions, etc., sont passés .en revue. Les Saint-Jeannens vivaient assez bien avec leur seigneur, les Villeneuve-Vence, dont M. M. nous donne une généalogie manifestement rédigée avant celle, définitive, de M. Edme de Juigné de Lassigny. Ils procréaient beaucoup, administraient parcimonieusement,e.t, à la fin,, prêtaient à: leurs maîtres. Les descendants trouveront notamment le tableau de leur ancienne organisation, la liste de leurs magistrats (?) municipaux depuis 1631, la biographie de leurs quelques notabilités (pourquoi pas parmi ellesi les Eùzière?), un 1 historique détaillé de la Révolution, en un mot, une résurrection assez complète du vieux Saint-Jeannet, dans cette consciencieuse monographie due à l'érudition d'un de leurs distingués compatriotes. M. M. s'est souvenu, ;en nous adressant l'intéressant volume, des liens, également inoubliés chez nous, qui nous unirent longtemps au riche et toujours regretté arrondissement de Grasse.

M. Poupé donne lecture d'un travail relatif à la croisière des fré- . gâtes l'Arèthitëe et la Topaze, en juin-juillet 1793, sur .les côtes du département des Pyrénées-Orientales dans le but de protéger les vaisseaux de commerce français contre les attaques des Espagnols. Il a trouvé les éléments de son récit dans une correspondance entre les capitaines des deux frégates et le contre-amiral Trogoff, commandant l'armée navale de la Méditerranée, que lui a obligeamment communiquée notre confrère, M. le marquis de Clapiers, en l'autorisant à.en tirer parti. Cet. épisode de l'histoire maritime de là France pendant la Révolution présente un intérêt psychologique autant qu'historique. Il fournit des précisions sur le rôle joué par les vaisseaux de la 1" République et jette de nouvelles clartés sur la mentalité des marins de l'époque.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée".'


— XII —

SÉANCE DU 11 FEVRIER 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM- ASTIER, Joseph AZAM, BELLETRUD, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, BERRUTTY, DENISE, Dr DOZE> DUVAL, ETIENNE, JEAN, LABAT, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, POUHAER, POUPÉ,

RAMPAL, DE SÉBEVILLE.

Le procès verbal de la séance du 12 janvier est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler en outre les ouvrages pu opuscules suivants offerts par les auteurs : \

— Reclierches archéologiques et historiques sur Gàrdane, par l'abbé Chaillan.

— Inscriptions, bas-reliefs et documents divers du canton de Gardane, par le même.

— Notice sur Abel Albert par Emile Jahandiez et Alfred Reynier. (Extrait du Bulletin de la Société botanique de France, tome LVI 1, 1909).

— Presses et moulins à huile primitifs, par S. Clastrier, A' Guebhard, Pi Goby.

— Le génie du casiellum d'Olbia, à Hyères, par H. de Gérin-Ricard. (Extrait de la Revue des Etudes anciennes. Tome XII, janvier-mars 1910).

Remerciements.

M. le Président souhaite la bienvenue à MM. Denise et Latil, nos nouveaux confrères, et adresse les vives félicitations de la Compagnie à M. Fériaud, de la Verdière,. membre correspondant, réeemmen| nommé chevalier du Mérite agricole. II exprime également les regrets de la Société au sujet du décès de M. Moulin, membre associé, chirurgien-dentiste à Bandol, Collaborateur du Bulletin.


— XIII —

Est admis, comme membre titulaire, M. Mazure, inspecteur d'académie à Draguignan présenté par. MM. Astier et Mirêur.

M. Joseph Azam fait une communication sur le groupé des Eremobidoe, dont il a découvert une espèce, le cuculligera histrùc, dans lés régions arides et pierreuses du département du Var.

M. H. Belletrud, avocat, analyse et commente un Mémoire instructif pour le vicaire de Broves, rédigé en 1720, dont le résumé est ci-après annexé.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Note sur la Paroisse de Broves

Le document manuscrit qu'on se propose d'analyser (1), intitulé Mémoire instructif pour le sieur vicaire de Broves, date de 1720 (2). Il complète la notice: historique que Girardin a consacrée à celte paroisse dans sa Description du diocèse de Frèjus (3), et fournit d'utiles détails sur les obligations du prieur et du vicaire, la perception de là dîme, le prieuré de St-Romain, le cérémonial de l'église et les fondations dont elle bénéficiait sous l'ancien régime.

I

L'église paroissiale de Brovesy placée sous le titulaire de St-Pierre et le patronage de St-Christophe, était administrée par un vicaire périr

périr .nppfonnelle. C'est m rahiiT in-lG, de 2t pages.

(2; L'auteur rlu uemoirr. indiqua int-irii-mment cette date à propos d'un titre qu'il fit enregistrer le 10 octobre 1720, riere Jn.<eph "i-viile, notaire a Faye ce, de crainte que la pièce originale ne s'égarât « parce tetnp^ affligeant de contagion >.

'3) Publiée dans le Bujiétin de la Société, tome "VIII, par le chanoine Disaier.


" ■ . - — XIV — ;■'.

pétuel à la nomination d'un prieur, chanoine du chapitre de Fréj us. Le prieur était obligé d'entretenir le sanctuaire et la sacristie, de fournir les vases sacrés, les ornements cultuels sauf les linges, de payer annuellement 15 livres pour la rétribution de la dominicale prèchée pendant le carême, de supporter la moitié des frais occasionnés par les visites épiscôpales.

Le vicaire était tenu d'allouer 150 livres à son secondaire pour ses honoraires annuels, de « tenir un clerc », de fournir les linges de l'autel, le pain, le vin, l'huile de la lampe brûlant nuit et jour devant le Saint Sacrement, doux cierges pour le luminaire (les autres étant donnés parles confréries), de solder l'autre moitié des dépenses causées par la visite de l'évêque, enfin de payer annuellement, 10 : francs pour la rétribution de la dominicale du carême.

11

Le prieur et le vicaire étaient codécimateurs. Les 1 habitants acquittaient la dîme des « nadons » agneaux et chevreaux, le 3 mai, à raison de « quinze, un », même n'en auraient-ils eu que 8. Au-dessous, il n'était rien dû. Les seigneurs de la localité ne payaient la dîme des « nadons » qu'à raison de « vingt, un ». !

En ce qui concerne les chanvres, les habitants devaient à la dîme la 15ne partie de leur récolte et les seigneurs la 20°e dans les terrés nobles, et la la 1" dans les terres roturières.

Les particuliers devaient 2 gerbèsde blé sur 25 etles.seigjieurs, une sur 20 pour les terres nobles; 2 sur 23 pour les .terres-roturières.

On ne pouvait retirer les gerbes des champs qu'après la perception,/ sauf autorisation contraire des codécimateurs. Ces derniers avaient l'obligation d'aller chercher sur place les gerbes qui leur revenaient. • Les « autres grains et légumes étaient dîxmés aux aires en grain net et purgé » à raison de « 25 mesures, 2 » pour les terres roturières, et de « 20 mesures, une » pour les terres nobles. Toutes ces dîmes étaient prélevées « avant tous autres droits quels qu'ils puissent être. »

Leur perception était faite à frais communs par le prieur et le vicaire qui se partageaient ensuite également le produit.

Le vicaire avait la jouissance continue des greniers de la maison claustrale; le prieur né pouvait en disposer que du tiers et seulement


— XV —

pendant la: récolté. Quant au grenier à foin attenant à la maison claustrale, il était entièrement à la disposition du vicaire, qui n'en cédait une partie au prieur qu'après accord entre eux.

III

Le vicaire, outre la dîme, bénéficiait des revenus du prieuré rural de Saint-Romain, dont il était titulaire.

Ce prieuré, enclavé dans le territoire de Broves, comprenait l'église du saint, entretenue par le vicaire, trois prés et plusieurs terres labour l'ables énumérées dans là « pancarte » du diocèse dé Fréj us. Cette pancarte ne mentionnait pas le pré de Notre-Dame ou de SaintRoniain, attenant à l'église, d'une contenance de 12 panaux de semence, parce que ce pré était un champ labourable au moment de sa rédaction et portait le : nom de terre ,'..de. Saint-Romain. Les terres du prieuré faisaient partie de.l'ancien domaine de l'église. Elles avaient été données, dans la premtère moitié du XIe siècle, à l'abbaye de Lérins (1), puis étaient devenues possession du chapitre de Fréjus. C'est ainsi qu'elles avaient été unies à la vicairie de Broves. Par suite, le vicaire n'avait à payer aux. seigneurs de; Broves, malgré leurs prétentions, ni droit d'habitation ou fournage, ni le demi-lods tous les dix ans, et n'était pas sujet « à la bannalité de leur moulin ».

IV

Les détails donnés par le cérémonial de l'église sont moins intéressants que les précédents. Il comprend 13 articles et énumère minutieusement toutes les cérémonies du culte : messes, vêpres, offices de toute espèce variant suivant' les jours et les fêtes. On y voit notamment que, le : lundi de la Pentecôte, le clergé et les fidèles se [rendaient en procession a l'église de S'-Romàin pour là célébration d'une grand'messe ; que le jour de S-Biaise, on bénissait, avant ou après la messe, du pain, du sel, de la « paumoule », des légumes et autres denrées ; que le 24 juillet, les vêpres étaient chantés à la chapelle de S'-Ghristophe ;

(1) Aldebertus surnommé Férus, avait donné a son fils Aldebertus, abbé de Lérins, entre 1026 et 1065, cette église de Saint-Bomain, ainsi que celles de St-Pierre et de . St-Laure.nt situées dans le territoire de Bargemon. Voir la charte dans le Càrtulairc de. Lérins, par Henri Moris et Edmond Blanc, lre partie, p. 65, ch. LXV1I.


. — xvl .- —

enfin que de la Croix de mai à la Croix de septembre, il y avait, tous les dimanches, avant la grand'messe, procession et bénédiction du territoire.

V

Les fondations furent peu nombreuses et peu importantes. Le document en énumère sept, parmi lesquelles celles de Pierre Fabre, de Broves, curé de la paroisse de Jonquières aux Martigues, pour la prédication d'une mission tous les dix ans et l'entretien d'un troisième prêtre remplissant aussi les fonctions de maître d'école, et celles d'Antoronne Funel qui laissa des fonds pour célébrer 29 messes dont 28 basses, dans l'église de S'-Romain, pour le repos de son âme.

H. BELLETRUD.

SÉANCE DU 11 MARS 1910

Présidence de M, ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, DENISE, Dr DOZE, MAZURE, PERRIMOND, POUHAÊR, RAMPAL, SERVIN.

Excusés : MM. MIREUR, POUPÉ.

En l'absence de M. de Lacouturê, secrétaire; M. le Président donne lecture du procès-verbal de la séance du 11 février. Adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler dans le Bulletin historique et philologique du Comité des travaux historiques et scientifiques (1909, nos 1 et 2), Une communication de notre con-


— XVII —

frère; M. le baron Guillibért, d'Aix, sur une Lettre inédite d'un gentilhomme provençal à une dame dé -Rennes, en 1737, au sujet de Madame de Sévigné et du chevalier dé Pérrin, -'

M, lé.Président souhaite là bienvenue à MM. Mazure et Servin, nos nouveaux confrères.

Communication est donnée de la correspondance.

— Lettre de M. Mazure, inspecteur d'académie à Draguignan, remerciant de son admission comme membre titulaire.

--.Lettre de ]a Société centrale des Architectes français informant qu'elle ..a entrepris. ;de dresser ,1a- nomenclature des édifices .remarquables de France, anciens, et modernes, et priant notre Compagnie de . lui prêter son concours.

Le bureau, auquel se joindront MM. Doze, Mireur et Poupé, est chargé de fournir les renseignements,demandés.

M, Pierre Béraud, avocat, présente un compte-rendu élogieux-d'une récente publication de.-M. l'àbbé Chaillan,.eorrespondant-du ministère de l'Instruction publique et de notre Société : Inscriptions, bas-reliefs et documents divers du canton de Gardane. .

Ce recueil de noire érudit confrère est le fruit de minutieuses explorations archéologiques dans une-région qu'il connaît à fond, éclairées et complétées par la consultation des cartulaires, la connaissance du milieUy les légendes, moeurs et coutumes, les lumières de l'esprit, critique et les précieux renseignements fournis par les maîtres de la science.- Ce petit corpus, orné d'une carte et de nombreux dessins et photogravures, passe en revue les monuments de toutes les civilisations depuis lés âges gallo-ligures jusqu'à nous et est riche surtout d'inscriptions, d'objets d'art, vestiges divers de la période gallo- . romaine. ■

M. le capitaine Pouhaër donne lecture de la suite de son travail sur la levée des Volontaires du Var pendant la Révolution.

En novembre 1792, les députés Isnard, d'Espinassy et Aubry, membres de la Convention, adressèrent verbalement à l'administration du département, la réquisition de fournir deux bataillons de volontaires à l'armée des Pyrénées. Le département forma un bataillon en utilisant les hommes restés disponibles après la création des 5 bataillons, levés en septembre précédent. Ce bataillon prit le numéro 9. Le général


— XVIII —

d'Anselme le réclama pour l'armée des Alpes ;; il fut dirigé vers Nice.; Les hommes destinés à former le 10°' bataillon, désignés par le sort dans chaque commune, ne furent pas requis par le général commandant l'armée des Pyrénées et restèrent dans leurs foyers.

En janvier 1793, l'administration du département décida d'envoyer à Paris un bataillon de fédérés qui se mettrait à. là disposition dé'-là Convention. Ce bataillon comprit 500 hommes et partit pour Paris. Il prit dans la suite le nom de 10°" bataillon du Var (1).

Le même membre dépose sur le bureau la lettre suivante du Com missaire du Directoire exécutif près l'administration centrale du département, à Joseph-Pons Bernard, ex-ingénieur, à Trans. Elle prouve que les projets de dérivation du Verdon dans le département préoc cupent depuis longtemps nos compatriotes.

Le 13 vèntose, an 7 [3 mars 1799].

Le Ministre de l'Intérieur, citoyen, vient de m'adresser plusieurs exemplaires d'un plan tendant à perfectionner la navigation intérieure; de la République ; il m'invite en même temps à lui faire parvenir tous les documents et toutes lés instructions qui pourraient tendre à l'amélioration des vues qu'il se propose de remplir.

Les connaissances en physique que ; vous avez développées dans divers ouvrages, un desquels a trait au cours des rivières, portent à croire que vous ne vous refuserez pas de me faire part de tous les renseignements, de toutes les notions que vous avez pu acquérir sur l'objet que le Ministre de l'Intérieur se propose de remplir. Je sais : qne la situation topogrâphique du département ne se prête guère à la construction des canaux, mais la rivière d'Argens porte des radeaux à 5 ou 6 lieues dans l'intérieur des terres, des bateaux même à Une certaine distance. II serait peut-être possible de tirer un parti plus avantageux de cette rivière.

Il existe, encore depuis longtemps un plan tendant à faire une saignée au Verdon et à en détacher une branche qui serait dirigée dans le département. J'ignore quels sont les obstacles qui s'opposèrent à l'exécution de ce plan. Je vous invite à examiner l'imprimé que vous

(1) M.' Poupé a retracé son histoire. Voir le Bulletin de la Société. Tome XXIV (19021903).


— XIX —

trouverez sous ce pli et de me faire part des idées et réflexions qu'il vous aura fait naître (1).

M. Rampai lit, au nom de M. Mireur, un rapport sur un acte de quittance passé au Muy le 10 mai 1393, communiqué par M. Louis Caillet, archiviste paléographe à Lyon,.documents ci-après insérés.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Eapport de M. Mireur

M. Louis Caillet/archiviste paléographe, lauréat de l'Institut, a obligeamment envoyé de Lyon le document suivant. C'est un simple acte de quittance, assez insignifiant en soi, mais qui a frappé avec raison l'érudit M. Caillet par l'illustration des parties et des témoins. Les unes et les autres appartiennent à la première noblesse du pays, les Pontevès, les Castellane et les Grasse.

La question qui se pose irrésistiblement pour tout lecteur provençal est celle-ci : qu'étaient venus faire dans le très modeste village du Muy tous ces gentilshommes de marque, dont aucun n'y avait résidence ? Faudrait-il supposer qu'ils s'étaient dérangés tout exprès, quelques-uns d'assez loin, simplement pour passer ou authentiquer de leur présence un contrat d'affaires quelconque, qui aurait pu tout aussi bien être dressé partout ailleurs ?

De graves événements contemporains, encore peu connus ' dans leur répercussion sur notre contrée, vont nous fournir une réponse plausible peut-être, en même temps qu'un motif d'excursion à travers une époque des plus troublées et, faute de documents, des plus obscures.

En 1393, la région était ravagée par le trop célèbre Raymond de Turenne, surnommé le fléau de la Provence. L'impitoyable routier avait habilement exploité, au profit de son ambition et de ses intérêts personnels, la division profonde du pays après la mort de la reine

(1) Arch. dép1", Var. L. 172, p. 20.


— XX —

Jeanne et notre antipathie prononcée pour la branche des princes angevins, appelée à lui succéder. Il était parvenu à s'emparer, non sans complicité sans doute, de diverses places, notamment Hyères, le fort de Brégançon, plus près de nous, Flayosc, reconquis après un siège en 1387(1).

On avait réussi à conserver Villecroze à l'obéissance du Roi (2), mais Marsens, l'ancien Muy, était tombé aux mains de l'envahisseur (3).

Le texte qui nous l'apprend, découvert il y a peu d'années dans un compte trèsoraire de la ville de Brignoles — la lumière ne vient-elle pas souvent du nord? — ajoute que le sénéchal, commandant en Provence au nom et dans l'intérêt de Louis; II, comte d'Anjou, était accouru avec ses troupes, avait fait le siège de la place occupée par les rebelles et s'en était rendu maître. La reprise de Marsens, considérée comme un fait d'armes de quelque importance, avait eu un certain retentissement dans toute la contrée; on s'y était intéressé vivement jusqu'à Brignoles, et c'est au paiement d'un setier d'avoine fait au porteur de l'heureuse nouvelle, arrivé sans doute à franc étrier dans cette ville, que nous devons de la connaître (4).

Si nous ajoutons maintenant que, sous là bannière du sénéchal, combattait la principale noblesse du pays, ralliée à la cause des Angevins, entre autres les Castellane (5) et les Pôntevès, n'aurons-nous pas

(1) Arch. corn 1" de Draguignan, CC, 5H, f" 20 v° ; llid. id., Brignoles, AA. 1, f» 172 ; CC, compte trèsoraire, 1385-1401, f° 58 ; Edme de Juigné de Lassigny. Histoire de la Maison de Villeneuve, I, p. 53.

(2) Arch. corn'" de Brignoles, CC. compte trèsoraire, 1385-1401, f» 83 v\

(3) N'était-ce pas le minuscule caslrum médiéval de San-Lnen, si pittoresquement perché sur la rive gauche de l'Argens, primitivement oppidum ligure, selon toute apparence ? (Cf. Girardin, Description... du diocèse de Fréjus, p. 85; Louis de Geofroy, Bulletin de la Société, tome XIX, p. 3)— Marsens, mot provençal signifiant : mois de mars; marsens, grains semés en mars (Mistral, hou trésor dbu felilirige) — Le rentier entrera a la Toussaint < pour pouvoir sepmer les grains appelés marsens >. (Bail à ferme de bastide à Espérel (commune de Montferrat) du 12 janvier 1658), notaire Piërrugues, étude de l'Estang a Draguignan, 1653-1657, f» 1230). |

(4) Item solvit magistro vro precio unius rasis civate quia duxi\ notas de reciiperalione caslri de Modio, solides ires (f« 156 V).

Item ponit se solvisse magistro servitori domini senescalli qui duxit cerlas liiteras domini senescalli quod dominus senescallus cum suis gentibus armorum acceperat castrum de Malcens, in quo erant inimici,... solidos quatuor (f° 167} ; (arch comm. de Brignoles; CC compte trésor, de 1393 (?), 1885-1401).

(5; La régente Marie de Blois avait donné, entre autres, à Florent de Castellane d'Andon, en récompense de ses services, les portions des lieux du Luc et de Boquebrune confisquées sur un rebelle, Dominique « Laicacii >, (juillet 1385). Moranvillé, Journal de Itan Lefévre, p. 145.


— XXI —

l'explication du rendez-vous au Muy de tous ces gentilshommes de haut lignage ? Explication encore hypothétique, il est vrai, et destinée à le l'ester aussi longtemps qu'un nouveau témoignage n'aura pas précisé davantage la date de la reddition de Marsens, mais qu'il n'était pas inutile de poser dès à présent comme jalon.

On remarquera que le Muy actuel n'était en 1393 'qu'un burg.us, simple faubourg ou lieu ouvert. Il ne fut ceint de murailles que 4 ans après, pour le préserver sans doute du sort de Marsens, en vertu d'un acte de prix fait mentionné aux minutes de Jean Dauphin, notaire à Draguignan (1).

QUITTANCE DÉLIVRÉE A FOULQUES V DE PONTEVÉS, SEIGNEUR DE COTIGNAC,

PAR FLORENT DE CASTELLANE, SEIGNEUR D'ANDON.

(Plan du Bourg du Muy -10 mai 1393),

La collection léguée à la ville de Lyon par M. Henry Morin-Pons contient un assez grand nombre de documents concernant la famille de Pontevès. Nous en publions quelques-uns dans diverses revues. Celui dont nous donnons le texte aujourd'hui est une quittance qui concerne à la fois la famille de Pontevés et celle de Castellane.

Cette pièce fut rédigée le 10 mai 1393, au Plan du Bourg du Muy (2), dans le jardin d'Emmanuel Balb, coseigneur de cette localité. Elle constate le remboursement à Florent de Castellane, seigneur d'Andon (3), par Foulques V de Pontevés, seigneur de Cotignac (4), d'un prêt de 650 florins.

Cet acte en lui-même n'a pas une très grande importance ; il tire seulement sa valeur du nom des deux illustres familles qu'il concerne.

a) Cf. acte de compromis du 5 juin 1397, passé par les syndics de la communauté avec Michel Prévôt, maçon, de Callas, etc.; nolaire, Jean Dauphin, de Draguignan, f» 30. (Étude de Ruelle, a Aix). Ces «barris» furent démolis en 1592. (Arch. corn1", de La Garde-Freinet, CC. compte trèsoraire 1567-1599 ; quittance du 27 octobre 1593).

(2) Le Muy (Var. -arr. de Draguignan, canton de Fréjus).

(3) Andon (Alpes-Maritimes. - arr. de Grasse, cant. de Saint-Auban).

(4) Cotignac (Var. - ch.-l. de cant. de l'arr. de Brignoles).

On sait que Pontevés, le berceau de la famille de ce nom, est dans le voisinage. (Var - arr. de Brignoles, cant. de Barjols).


— XXII —

Enfin sa publication aura pour avantage d'attirer l'attention des érudits sur une des parties les plus intéressantes de la collection" Morin-Pons, qui abonde en documents anciens.

Louis CAILLET.

In nomine Domini millesimo CCC° nonagesimo tercio, die décima mensis maii. Notum // sit cunctis presentibus et futuris quod, cum magnificus et poten.s vir dominus Fulco // de Pontevés, miles, dominus de Cotiniaco, sit et fuerit eficaciter obligatus // magnifico viro Florencio de Castellana, domino de Andaono, in florenis au[ri] // VI centum quinquaginta, quos ab eodem dictus magnificus dominus Fulco de // Pontevés a dicto domino de Andaono habuit causa puri, veri mutui.et amoris, ut // ipsi ambo magnifici, in mei notarii et testium infrascriptorum preseneia (1), asserunt constare // quodam publico instrumente sumpto manu magistri Gaufridi Amalrici, notarii publici//; hinc estquod, hac die presenti, idem magnificus Florencius de Castellana //, in mei dicti notarii et testium eeiam infrascriptorum preseneia (2) ad hoc specialiter vocatorum et // rogatorum, confessus-est et, in veritate, publiée recognovit eidem // domino de Cotiniaco, presenti, stipulanti et reeipienti, se ab eodem habuisse et realiter // récépissé dietos [VI] centum quinquaginta florenos auri, renuncians excepeioni dicte // confessionis non facte, quitians ex inde dictus dominus de Andaono dictum // dominum de Cotiniaco et ejus bona per aquilianam stipulacionem et acceptila//cionem légitime subsecutam, pactum sibi faciens de ulterius non // petendo vel exigendo dictum debitum, per se vel alium, in solidum, vel in parte //, quam quidem quitiationem promisit et convenit dictus dominus de Andaono dicto // domino de Cotiniaco habere ratam, gratam et francam et non contrafacere, // dicere vel venire, aliqua subtilitate vel ingenio, per se vel alium, in judi//cio sive extra,, jubens ex nunc idem dominus de Andaono dictum instrumentum dicti //debiti ulterius non valere, sive ejus notam, ac si nunquam factum fuisset, // et quod vigore hujus presentis instrumenti dicta nota sumpta per dictum Gaufridum // Amalrici, présente vel absente dicto domino de Andaono, possit et debeat//cancellari ad requisicionem dicti domini de Cotiniaco vel sui procuratoris //, de quibus idem dominus de Cotiniaco petiit sibi fieri publicum instru(1)

instru(1) a été ajouté a la fin de la ligne.

(2) Preseneia a été ajouté a la fin de la pièce.


— XXIII —

mentum // per me notarium infrascriptum, quod, extractum in publicum vel non extractum, //productum in judicio, vel non productum, possit dictari, corrigi, refici et // emendari semel et pluries, ad sensum et dictamen cujuslibet sapientis //, cum addicione clausularum, dictionum, obligationum et renunciacionum acsolleni//tatum quarum lib'et neeessariarum, facti substancia non mutata. Actum //in Piano Burgi de Modio, in orto sive viridario (il) nobilis Manuelis //Balbi, condomîni dicti loci, in loia ipsius domini de Cotiniaco. Testes fuérunt ■// vocati et rogati magnificus vir Johanries de Pontevés, dominus de// Bargema (2), egregii viri, Berengarius de Pontevés, dominus de Castellario (3),// Bertrandus de Grassa, dominus de Albarno (4), et magister Fulco Bêrmundi, de// Modio, notarius, et ego, Raynaudus Chabaud, notarius publicus //, auctoritate reginali in comitatibus Provincie et Forcalquerii, qui liane cartam pu//blicam scripsi et signo meo solito signavi (5).

Sur parchemin. Le haut très effacé, moisissures, écriture assez cursive.

(Bibl. niun. de Lyon. Coll. de chartes léguée par Henri Morin-Pons, en cours de classement et d'inventaire).

(1) Verger. : .

(2) Bargème (Var. - arr. de Draguignan, cant. de Comps). Sur Jean II de Pontevés, voir p. 40-41 de l'Armoriai général ou Registres de la noblesse de France. -Registre septième (Supplémentaire). - Deuxième partie. - 27™' livraison. Paris (Firmin Didot), 1908, grand in 4»

. (3) Le Castellard (Basses-Alpes, arr. et cant. de Digne).

(4) Le Bar jAlpès-Marit., arr. de Grasse, ch.-l. de canton).

(5) Sur Foulques V, voir l'Armoriai général, p. 29-30. - Sur la branche du Muy, voir' iiid_.,"p. éb ' ■ .

Sur celle du Castelar, ibid.


— XXIV

SEANCE DU 15 AVRIL 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM, ASTIER, BARLA, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, DITGÉS, Dr DOZE, LABAT, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, MISSIMILLY,

MISSIMILLY, POUHAÈR, POUPÉ, DE SÉBEVILLE, SERVIN.

Excusé : M. MAZURE.

Le procès-verbal de la séance du 11 mars est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion,

M. le Président exprime les regrets de la Société au sujet du départ de M. Louvet, directeur des Contributions indirectes, admis à là retraite. Avant de quitter Draguignan, M. Louvet a tenu à compléter la collection des comptes-rendus des Congrès pour l'avancement des Sciences, dont il avait déjà donné plusieurs volumes à notre Compagnie et a manifesté le désir de lui rester attaché en qualité de membre correspondant. — Remercîmehts.

M. le Président informe aussi la Société que M*" Henri Segond a bien voulu se dessaisir en sa faveur d'une collection de notre Bulletin, d'un certain nombre de Bulletins de là Société géologique de France et de divers ouvrages ou opuscules de sciences et d'histoire locale.

Remercîments.

Là Société adopte avec empressement la proposition de M. Servin, de demander à M. Matruchot, professeur à la Sorbonne, de vouloir bien venir faire à Draguignan une conférence sur les Fouilles d'Alèsia, dont il a fait une étude particulière.


— XXV —

M. Mireur donne lecture d'une notice historique sur la maison Missimilly â Draguignan (place aux Herbes, 7). Cette maison, une des plus avantageusement situées de l'ancienne ville, vit s'édifier, dans le commerce de la draperie, une fortune qui servit à redorer un blason. Elle fut reconstruite et décorée de son élégante porte en bois sous Louis XVI, par un ancien officier, Gravier de Fox et de Beauveser, maire en 1788, qui mourut en charge, étouffé, dit la tradition, entre deux matelas, comme atteint d'hydrophobie. La ville lui fit, selon l'usage, de solennelles obsèques, dont la curieuse description nous a été conservée.

M. Poupé. communique une note, ci-après insérée, relative à la destitution à Toulon,, en avril 1793, du lieutenant de vaisseau Henry de Moncabrié, commandant la frégate la Vestale.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

La destitution d'Henry de Moncabrié

Au mois d'avril 1793 le commandant de la frégate la Vestale, en rade de Toulon, était le lieutenant de vaisseau François-Henry de Moncabrié (1). II.avait reçu l'ordre d'accompagner à Alger, de concert avec deux autres frégates, la Minerve et la Melpomène, deux chébecks, canonnés l'année précédente dans la baie de Cavalaire par un navire napolitain et réparés aux frais de la République avant d'être restitués au souverain de la Régence (2). Sa qualité de « ci-devant noble » excita les défiances des patriotes.

Dans la séance du 24 avril, les Trois corps administratifs de Toulon (3) reçurent communication, par l'intermédiaire du Comité de surveillance de la Société populaire, de plusieurs dénonciations contre le commandant de la Vestale. La Société populaire, estimant qu'il serait « impolitique de laisser confier une mission intéressant le

(1) En 1792, il commandait la corvette la Sardine. Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public, etc., I. 26.

(2) Cf. E. Poupé. L'affaire de la Minerve et de la Melpomène.

(3) Département, district, commune. - Arch. dép. Var, L. 1723.


-— xxvi —-

salut de la République entre les mains de ceux qui démasquaient journellement le plus grand intérêt à en empêcher les succès », demandait la révocation d'Henry de Moncabrié et son remplacement par le « citoyen Honoré Pôurquier ». Les Trois corps délibérèrent que le Comité de surveillance, auquel s'adjoindrait « une commission », choisie parmi leurs membres, « examinerait attentivement la conduite » du lieutenant de vaisseau « relativement à la Révolution, prendrait connaissance de ses moyens de justification » et s'arrêterait ensuite à la « résolution qu'il croirait convenable au bien de la chose publique » (1). '

L'enquête ne fut pas favorable à de Moncabrié. Le 25 avril, le le contre-amiral Trogoff, commandant, l'armée navale de la Méditerranée, en. absence du contre-amiral Truguet, lui donna l'ordre « de quitter le commandement » de la Vestale, « les circonstances ne permettant pas » qu'il pût « continuer ses services sur cette frégate » (2).

Il fut remplacé le 27 avril (3), non point par Honoré Pourquiér, mais par Infernet qui «depuis la Révolution avait donné des marqués réitérées de son patriotisme et de son attachement à la chose publique et dont les connaissances dans l'art maritime étaient généralement reconnues » (4). Ainsi le certifièrent les/Trois corps administratifs de Toulon (.5).

La destitution d'Henry de Moncabrié fut-elle justifiée ou non? Rien dans les documents officiels ne permet de le déterminer.

La lettre suivante, écrite par le lieutenant de vaisseau, de Toulouse où il s'était retiré (6), au contre-amiral Trogoff, corrige leur insuffisance. Il semble en résulter que la mesuré de rigueur des Trois corps administratifs fut arbitraire et qu'ils cédèrent, plus qu'il n'aurait convenu, à des pressions extérieures.

(1) Furent nommés Senès et Denans, administrateurs du département, Mëgé et Tournièr, administrateurs du district, Letraîo, officier municipal et Michel père, notable, pour se Joindre au Comité de surveillance. '- ' '

(2; Registre de copies d'ordres dé Trogoff. Je dois communication de ce document, ainsi que de quelques autres mentionnés plus bas, à M. le marquis de Clapiers, que je né saurais trop remercier de m'avoir ouvert ses collections personnelles. -

(S) Nomination signée du contre-amiral Chaussegros, commandant des armes. Collection de M. de Clapiers. i

(4) Cet Infernet est le célèbre commandant de l'Intrépide qui s'illustra a la bataillé de Trafalgar.

(5) Séance du Si avril. Arch. déplM, Var, L. 1723.

(6) Il demeurait rue des Pénitents bleus.


XXVII —;

La 5 août (1).

Je viens de recevoir, mon cher général, la lettre que vous avez eu la. bonté de m'écrire en date du 22 par laquelle vous m'annoncez qu'enfin lé règne des lois a succédé à celui de /l'anarchie (2). Je vous félicite de bien bon coeur sur cette conquête. Puissiez-yous jouir du calme le plus doux. Enfin le moment est venu, à ce qu'annoncent les journaux, où le visage du faux-patriote a été découvert et où le peuplé desabusé a su punir ceux qui F égaraient depuis si longtemps. Puissent-dans cette circonstance les vrais' bons patriotes "jouir du bonheur qui doit couronner leur conduite. Vous m'engagez de retourner à Toulon. Mais puis-je retourner dans une cité où les autorités constituées ont requis mon commandant immédiat de me destituer, sans aucun motif valable, seulement d'après une vague dénonciation que je déclare même être imaginaire, puisque malgré tous nies efforts réitérés, je n'ai pu obtenir ni de le voir, ni d'être confronté avec mon calomniateur ? La vérité ne se cache pas ainsi, surtout quand il s'agit de la réputation d'un honnête homme. Enfin, j'ai été dénoncé, jugé, puni, destitué: sans, avoir pu,faire entendre mon innocence et même sans que mes soi-djsants juges aient seulement pris unéconnaissance exacte des faits que l'on m'imputait. Je demanderai aux citoyens François Sénés, L. Denans, président et administrateur du département (3), Mège et Michel, notables, députés par les corps administratifs pour se rendre avec moi au Comité de Surveillance du Club, s'ils ont rempli avec vérité la mission qui leur avait été confiée et si, lorsque j'ai voulu entrer dans le Comité, ils ont fait exécuter les désirs de leurs commettants en facilitant mon entrée, qui était essentielle, puisqu'ils étaient envoyés pour me confronter avec mes dénonciateurs. Au lieu de cela, ils se sont tus lorsque le citoyen Silvestre me mit la porte au nez après m'avoir tenu quelques mauvais propos. Ces citoyens commissaires restèrent cinq minutes enfermés dans le

, \1) De Moncabrié avait déjà écritià Trogoff le 13 mai pour lui demander copie des réquisitions que les Trois corps avaient adressées a son sujet aU commandant de l'escadre et le 30 du même mois pour l'informer que ni le ministre de la Marine, ni Truguet n'avaient répondu aux lettres qu'il leur avait écrites. Trogoff avait répondu à ces lettres le 23 mai et le 14 juin.

.Les lettres de Moncabrié font partie de la collection de M. de Clapiers. Le texte des lettres de Trogoff n'a pas été conservé. '

(2j Les Sections étaient ouvertes a Toulon depuis le 13 juillet.

(3) C'»st Denans qui était président.


— XXVIII —

Comité et après quelques cris affreux qui auraient pu m'effrayer, si je n'eusse été sûr de la justice de ma cause, ils se rendirent à la maison commune, d'où ils vous écrivirent pour vous dire qu'ayant pris tous les renseignements nécessaires sur une dénonciation faite contre moi, ils avaient trouvé que les résultats ne m'étaient rien moins que favo< râbles et que les esprits étaient tellement indisposés contre moi que mon intérêt personnel exigeait que j'abandonnasse un commandement que je ne saurais garder sans danger, etc. Vous me donnâtes alors l'ordre de quitter la Vestale. J'obéis à cet ordre, bien convaincu cependant que j'étais destitué sans le moindre sujet et que la réquisition qui vous était faite vous obligeait à exécuter les vues de certains individus qui voulaient profiter de mes dépouilles. Ils ont été sans doute bien satisfaits puisque leurs désirs se sont effectués. Le : commandement en chef de la division d'Alger était tentant, ainsi que la mission que j'avais et le successeur de Basterotsur la Melpomène (1) a été bien servi au gré de son ambition. Je ne sais qui je dois accuser/ de ma déchéance, mais il est malheureux pour lui que ma dénonciation ait été lue au Club le soir même qu'il prit possession de la Melpomène et qu'il aurait dû se ranger sous mes ordres pour l'expédition d'Alger. Enfin n'importe ! certain dé l'estime de tous les honnêtes gens qui me connaissent, principalement de tous mes camarades, je suis aussi tranquille qu'il est possible de l'être et jamais mon coeur ne m'a fait un reproche. Je pense cependant que je ne puis reparaître à mon poste que lorsque les corps administratifs auront déclaré authentiquement que trompés, le 24 avril dernier, par les malveillants, ils ont été entraînés à une démarche à mon égard qu'ils improuvent en totalité et qu'aujourd'hui qu'ils pensent et délibèrent avec liberté, ils méjugent digne de la confiance publique. Voilà mon cher général, ce qui me paraît absolument nécessaire, afin que je puisse reprendre de l'autorité sur ceux qui croient que je l'ai perdue par la perte de la confiance des Corps administratifs qui me l'ont retirée lors de ma destitution. Après l'assurance que je l'aurai recouvrée, je ne balancerai pas et de nouveau je me sacrifierai au service de la patrie; j'irai reprendre mes fonctions et je trouverai l'avantage de servir sous les ordres d'un chef que j'aime autant que j'estime.

Henry MONCABRIÉ.

(1) Il se nommait Gay.


— XXIX —

Je prends la liberté de mettre sous votre enveloppe une lettre poulies administrateurs réunis du département. Veuillez bien en prendre lecture et la présenter, si vous le jugez convenable. Ayez la complaisance de pousser à la roue pour me faire obtenir ce que je demande et qui me parait très juste. J'attends avec impatience votre réponse et je vous réitère mes excuses sur les embarras que je vous occasionne. Soyez convaincu du plus sincère attachement que je vous porte.

Trogoff répondit à cette lettre le 17 août. On ne sait quel fut le contenu de sa réponse. En tout cas, de Moncabrié ne revint pas à Toulon. C'était le moment où le Comité général des sections de cette ville se préparait à la livrer aux Anglais et aux Espagnols. Sans .doute l'ancien commandant de la Vestale jugea préférable de rester à Toulouse.

E. POUPÉ.

SEANCE DU 13 MAI 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, Dr BALP, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, E. BLANCARD, DITGÈS, D° DOZE, Abel ETIENNE, Dr J. GIRARD, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, POUHAER, POUPÉ, RAMPAL, DE SÉBEVILLE.

Le procès-verbal de la séance du 15 avril est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler de plus les opuscules suivants offerts par les auteurs :

— Abbé Ghaillan : Les barques de Marseille à la foire de Beaucaire au XVII'siècle.


— XXX —

— Isidore Valérian : L'antique cité de Pisavis de la table de Peutinger.

Remercîments.

M. le Président donne lecture d'une lettre de la Société centrale des Architectes français, informant qu'elle a résolu de limiter ses recher- . ches aux édifices publics et privés élevés du commencement du XIXe siècle à nos jours. La commission nommée dans la séance du 11 mars 1910 est priée de se conformer, dans sa réponse, à ces nouvelles indications.

M. Abel Etienne présente le compte rendu de Recherches archéologiques et historiques sur Gardane par M. l'abbé Chaillan, correspondant du Ministère de l'Instruction publique et de notre Société.

Sous un petit volume, ce livre, fruit de sérieuses recherches et complément d'un précédent, résume le passé de Gardane au point de vue archéologique ou de la chronique religieuse, civile et économique. Il renferme la généalogie de ses seigneurs, expose son régime municipal et raconte les luttes séculaires, finalement couronnées de succès, pour le rachat de la seigneurie.

M. le docteur Doze, à l'occasion de l'installation prochaine d'un réseau d'égouts à Draguignan, passe en revue les divers procédés employés depuis l'antiquité jusqu'à nos jours pour l'évacuation des eaux résiduelles. Après a\-oïr mis en relief les inconvénients et les dangers de ces liquides, qui véhiculent tant de germes pathogènes et qui peuvent polluer .les cours d'eau et les nappes souterraines, origine des sources utilisées pour l'alimentation, il appelle surtout l'attention sur le système de Vèpandage qui, à côté d'avantages considérables, présente aussi de nombreux inconvénients et ne peut d'ailleurs être appliqué que- dans un nombre relativement restreint de localités. Il décrit ensuite le système d'épuration par fosses sepiiques et lits bactériens. Ce procédé, mis au point par le Dr Calmette, est actuellement très perfectionné, C'est celui qui sera appliqué à Draguignan. Le projet très bien fait, très bien étudié par M. Chauve, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, utilisant les améliorations les plus récentes, ainsi que le montré M. le Dr Dozë, dotera la ville d'un système d'épuration -biologique des eaux-vannes qui ne laissera rien à désirer.


— XXXI —

Cette communication donne lieu à un échange d'observations entre son auteur et MM. les docteurs Balp et Girard.

M. Mireur communique une note, ci-après insérée, relative à Jean Bélard, évêque de Fréj us, et à la collégiale de Lorgues.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Lettres de collation du doyenné de la collégiale de Lorgues

(1428).

Nous devons à l'obligeance de M. le baron du Roure, membre associé, l'envoi du document suivant, trouvé dans les minutes notariales d'Arles, et se rattachant à l'histoire de notre diocèse par certains renseignements biographiques sur le personnel ecclésiastique.

Il s'agit de lettres de provision de l'évêque de Fréjus, Jean [Bélard], nommant, un simple sous-diacre du diocèse de Séez, Jean « de Bosco » [Dubois], doyen du chapitre de Lorgues, sur la présentation de celui-ci, en remplacement de Ferréol Colombon, décédé. . Les quelques lignes de ce texte inédit ont leur intérêt. Elles nous font connaître, à la fois, la composition de la collégiale de Lorgues en décembre 1428, c'est-à-dire sept ans après sa fondation (1421), et les nom, qualité et lieu d'origine de son nouveau chef. Jean Dubois, muni à peine des ordres majeurs, appartenait à un diocèse de Normandie, voisin du Mans, d'où était venu l'évoque Bélard. On est autorisé dès lors à se demander si le chapitre était allé chercher de lui-même son candidat si loin, ou bien s'il ne l'aurait pas accepté complaisamment des mains du prélat et ratifié le choix épiscopal par la formalité de la présentation.

Nous savions que Jean Bélard, retenu auprès de la personne des comtes de Provence par ses fonctions de conseiller du Roi, que nul, paraît-il, ne remplissait plus assidûment que luî, avait peu


— XXXII —

■ - ■ ' . . ' i- ■ ' ■: '.

résidé à Fréjus. Le document nous apprend qu'il avait élu domicile à

'Tarascon, et le détail esta ajouter à la biographie de l'évêque écrite

par les historiens du diocèse, Albanès et Espitalier. -

Profitons de la circonstance pour réparer une distraction commise

par le dernier érudit, exact d'ordinaire, dans la rédaction de l'article

consacré à Jean Bélard. Tous les actes du souverain qu'il mentionne

antérieurs à 1434, année de l'avènement du roi René, comme l'on sait,

doivent être rapportés à son prédécesseur Louis III. (Les évoques de

Fréjus,... Bulletin de la Société, XX, p, 410). /

Littere collacionis deganatus

Johannes... episcopus Forojuliensis, venerabili et discrète viro Johanni de Bosco, sUbdiacono Sagiensis diocnsis, decano ecclesie collegiate B. Martini de Lonacis, nostre dioeesis Forojuliensis, salutem... Presentata nobis electione de persona yestra ad decanatum ecclesie collegiate predicte B" Martini,... per obitum dni Ferreoli Colpmboni, ultimi decanatus predieti possessoris, pro parte ven.'-vir-orum dominorum Anthonii Comendatoris, sacristè, Anthonii Bellaci'ucci et Anthonii Raynaudi, canorticôrum ecclesie predicte...- vos auetorisamus et nostre confirmacionis patrocinio roboramus... Datum Tharasconi, in domo nostre residencie, anno 1428, die 14 decembris,

(R. de Petra. Etendu dé 1428, f° 241).


— XXXIII —

SEANCE DU 10 JUIN 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, BELLETRUD, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, D1 BURTEZ, DE LACOUTURE, LATIL, MAZURE, MIREUR, POUPÉ, DE SÉBEVILLE.

Le procès-verbal de la séance du 13 mai est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler en outre les deux brochures suivantes offertes par les auteurs :

— Henry de Gérin-Rieard : Stèle grecque d'Egypte découverte à Marseille.

— Auguste Rampai : Lorraine française et Lorraine allemande.

Remerciements.

Est admis, comme membre titulaire, M. Paul Guérin, avocat, présenté par MM. Guiran et de Lacouture.

M. le docteur Burtez lit la première partie d'une étude biographique sur Joseph-Pons Bernard, de Trans, directeur-adjoint de l'Observatoire de Marseille avant la Révolution, puis administrateur du département, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, agronome, etc., un des savants qui ont honoré le département du Var et dont le nom y est à peine connu, M. le docteur Burtez abordera ultérieurement l'analyse de ses nombreux et importants travaux.

Il est donné lecture d'une communication de M. Z. d'Agnel d'Acigné, membre correspondant, sur le mille romain. Cette étude rappelle les mensurations directes faites par l'historien Honoré Bouche. Les rapports précis entre notre canne et notre pan et le passus romain,


— XXXIV —

composante du mille, tendent à établir à la fois et l'exactitude! des opérations de Bouche et l'origine antique de nos mesures provençales.

M. Poupé dépose sur le bureau une note, ci-après insérée, sur une lettre de Barras qu'il a trouvée dans les archives révolutionnaires du greffe du tribunal de Draguignan, bienveillamment ouvertes à ses recherches par M. Portai, greffier en chef.

L'ordre du jour étant épuisé, la Compagnie s'ajourne, suivant l'usage, au mois de novembre et la séance est levée.

Barras et les émigrés du Var

Après la promulgation des décrets du 22 nivôse et du 22 germinal an III [11 janvier et 11 avril 179c] de nombreux émigrés profitèrent de leur rédaction vague et équivoque pour rentrer dans leurs foyers. Des autorités constituées ne manquèrent pas de signaler à la Convention les abus d'interprétation qui se produisaient et le 26 floréal [15 mai 1795], Génissieu (1), au nom du Comité de Législation, monta à la tribune pour présenter le texte de deux décrets complémentaires (2).

Une discussion s'engagea à laquelle prirent part Legendre (3), Dubois-Crancé (4), Charlier (5), Boudin (6), Corenfustier (7), Serres (.8), Bourdon de 1' ise (9} et dîux représentants du Var, Ricord et Èseudier. Ce dernier donna lecture d'une lettre dénonçant la rentrée d'émigrés dans le Var et les excès auxquels ils se livraient.

(1) Député de l'Isère.

(2) Moniteur, Réimpression, XXIV, p. 469-471. (3i Député de Paris.

(4) Député des Ardennes.

(5) Député de 1J Marne.

(6) Député de l'Indre.

(7) Député de l'Ardèche.

(8) Député de l'Ile de France. (W Député de l'Oise.


— XXXV —

La Convention décréta que les documents communiqués par Escudier (1) seraient renvoyés au Comité de Sûreté générale et que le Comité de Législation ferait toutes les décades un rapport sur l'exécution des lois relatives aux émigrés. Elle ne prit aucune délibération au sujet des projets déposés par Génissieu.

Comme les « pièces » reçues par Escudier ne portaient aucune signature, Barras, qui venait de rentrer à Paris après avoir rempli une mission importante concernant les subsistances (2), voulut s'entourer de renseignements précis avant d'intervenir dans un nouveau débat. Dans ce but il écrivit la lettre suivante à l'accusateur public près le tribunal criminel du département du Var (3).

P. Barras, représentant du peuple, à l'accusateur public près le tribunal criminel du département du Var.

Citoyen, la rentrée des émigrés dans le département du Var fut dénoncée hier à la Convention nationale ; les fonctions qui vous sont confiées vous mettent dans le cas d'en être promplemen't informé. Veuillez donc, je vous prie, me donner sur le champ quelques détails à cet égard, car il importe à tous les amis de la liberté et du crédit public de connaître la vérité pour la soumettre à la Convention nationale. Elle ne transigera jamais avec les ennemis reconnus de la République que la loi vous charge plus particulièrement de poursuivre.

Salut et fraternité

P. BARRAS.

Paris, le 26 floréal l'an 3™c de la République une et indivisible (4). [15 mai 1795]

Palais Egalité, au-dessus du Café de Chartres (5).

fl) Il y avait 3 « pièces ».

(2) Sur cette mission voir Moniteur, Réimpression, XXIV, p. 360, 405, 416,461 et les Mémoires de Barras, 1. p. 228.

(3) Arch du greffe du tribunal de Draguignan. Période révolutionnaire, n°292.

(4) Barras a commis une erreur de date. Sa lettre devrait porter celle du 27 et non du 26. puisqu'Escudier prit la parole dans la séance du 26 floréal et que Barras déclare écrire le lendemain de cette séance.

(5) Adresse : Au citoyen accusateur public près le tribunal criminel du déparlement du Var, a Grasse. '/,, .


— XXXVI —

L'accusateur public répondit à Barras le 8 prairial [27 mai-1795] (1). On n'a pu. retrouver le texte de sa lettre.

Il dut en tous cas assurer son correspondant que les émigrés ren^ traient en foule dans le Var en se faisant passer comme ouvriers et laboureurs ou en prétendant être les victimes des événements consécutifs aux journées du 31 mai et du 2 juin 1793, ce qui d'ailleurs était exact pour la majorité d'entre eux. S'il écrivit dans ce sens, Barras regretta sans doute sa « déclaration » à la Convention, le 8 prairial [27 mai 1795], à propos de la révolte terroriste de Toulon, dans laquelle il semblait douter de la véracité des faits avancés par Escudier (2). Qui sait même si la lettre de l'accusateur public du Var n'a pas contribué au vote du décret du 22 prairial [10 juin 1795] (3) qui compléta celui du 22 germinal et rendit plus difficile la rentrée des émigrés ?

E. POUPÉ.

SEANCE DU 4 NOVEMBRE 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, BATTESTI, BELLETRUD, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, Ernest BLANCARD, Dr DOZE, Abel ETIENNE, Dr Joseph GIRARD, JEAN, LATIL, MAZURE, PERRIMOND, POUHAER, POUPÉ, SALVARELLI, DE SÉBEVILLE, SERVIN.

Excusés : MM. Paul GUÉRIN, MIREUR.

En absence de M. de Lacouture, secrétaire, M. le président lit le procès-verbal de la séance du 10 juin. Adopté.

(1) C'est lui-même qui donne cette indication sur la lettre originale de Barras.

(2) Moniteur, Réimpression, XXIV, p. 563.

(3) lbid., XXIV, p. 666,


— XXXVII

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler en outre les opuscules ou volumes suivants, offerts par les auteurs :

— Henry de Gérin-Ricard, Les stèles ènigmatiques d'Orgon et de Trets.

— Dauphin, L'Instruction publique à Carcèsde 1537 à 1909.

— Bottin et Bonnaud, Les villages gallo-romains situés sur le terroir d'Ottioulès, Evenos, Sanary et Six-Fàurs.

— Cprtez, Nos traditions à propos de la PHOVENCE DU Ier AU XIIe SIÈCLE, de M. de Manteyer.

— Dr Adrien Guébhard, Quelques pièces à remarquer de la céramique néolithique dé Provence.

Supplément à la notice Presses et moulins à huile primitifs.

Rapport sur les fouilles de 1909 à la Butte de la Nocherie en SaintBômer-lcs-Forges (Orne), par E. Foucault.

Sur une spécialité céramique méconnue de l'arrondissement d'Uzès avant l'histoire.

Allocution prononcée à la séance du 37 janvier 1910 de la Société préhistorique de France.

— Ch. Flahaut et C. Schrôter, Nomenclature phyiogèographique; rapports et propositions présentés au IIP Congrès international de Botanique tenu à Bruxelles du 14 au 22 mai 1910.

— Jules Icard, Notices historiques sur les rues d'Hyères, 3"* édition.

Remerciements. — M. Mireur est chargé de rendre compte de l'étude de M. Icard.

M. le Président rappelle en quelques paroles émues la bien cruelle perte que la Société a faite dans la personne de M. Paul Si van, juge à notre tribunal civil, le confrère universellement aimé et hautement estimé, et donne lecture de la note suivante de M. Mireur.

M. Sivan a succombé le 3 juillet, dans sa soixante-quatrième année, à un mal implacable, laissant au Palais et dans toute notre ville les


— XXXVIII —

plus sympathiques et unanimes regrets. Ses belles obsèques en ont été là touchante manifestation.

Il nous appartenait depuis 35 ans (1875). Auditeur assidu dé nos séances, mais le plus souvent silencieux par une naturelle et excessive réserve, il fut en réalité un de ceux qui s'intéressèrent le plus vivement, lé plus passionnément à nos travaux comme à tout ce qui touchait moralement ou matériellement à l'existence et à la prospérité de la Société. Elle satisfaisait en lui l'intellectuel, l'esprit curieux, avide de s'instruire, et flattait l'amour du dracénois d'adoption pour la petite patrie. Aussi n'avait-il pas tardé à prendre, malgré son volontaire effacement; une des premières places au milieu de nous par son active participation au fonctionnement même de l'association. 11 en était devenu, à la vive satisfaction de tous et pour le plus grand avantage de celle-ci, un des principaux rouages et, depuis nombre d'années, le principal. Nul plus que lui n'était jaloux et soucieux d'entretenir le feu sacré, de conserver intactes les anciennes et sages traditions, de sauvegarder nos finances* d'accroître et d'améliorer sans cesse nos publications au point de Vue de la variété des matières et de la valeur des articles/Donner exclusivement de l'inédit, du sérieux, de l'utile ; sur ces points fondamentaux du programmé des judicieux fondateurs, notre regretté confrère, qui était au fond la mansuétude même, se montrait absolument et à bon droit intraitable. Il ne l'était pas moins sur les imperfections de la facture, les imprécisions du fond ou les négligences de la forme, lorsque l'inexpérience dans l'agencement de l'oeuvre ou dans le choix des expressions choquait son goût très éclairé, très sûr, son sentiment délicat et affiné de puriste.

Ce zèle sans borne pour les intérêts de notre chère Compagnie, il le poussa jusqu'à l'abnégation le jour où, devant l'injonction d'un suffrage unanime, il dut, lui le modeste par essence, ennemi né de tous les honneurs, se résigner à celui de la présidence (1899-1901). Après comme avant et jusqu'à ce que les forces eussent trahi sa volonté, il dirigea effectivement la marche des travaux et le cours des réunions. L'organisation de celles-ci, la recherche des sujets de lecture, le choix dés jours les plus propices et surtout la Composition et l'exécution du Bulletin étaient son occupation et sa préoccupation permanentes, au sortir de l'audience, sa plus grande affaire.

Le Comité de rédaction, une fois prises les décisions de principe, s'en remettait aveuglément à sa compétence et à ses soins de tous


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les détails dé l'application. Que de mal alors pour varier le plus possible les matières, faire la part égale aux scientifiques et aux archéologues, contenter les auteurs et les lecteurs, ne laisser échapper dans la révision des manuscrits ou des épreuves, ni inadvertance compromettante, ni malencontreuse coquille! Parfois que de laborieux et nécessaires remaniements, de délicates et torturantes retouches pour ménager à la fois les exigences de la langue et les susceptibilités de l'amour-propre ! A force de passer la pierre ponce, l'ingénieux correcteur était parvenu à donner quelque lustre aux plus ternes, un vernis d'élégance à de trop frustes recherches (1).

Là célébration du cinquantenaire, soumise à tant de contrariétés et d'aléas, menacée jusqu'au dernier moment, n'avait pas été sa tâche la moins lourde et son moindre souci. Ce fut son oeuvre maîtresse et un véritable succès. Toujours sous le voile de l'anonyme, il a raconté les péripéties de la mémorable journée en des pages pimpantes et colorées qui font déplorer encore plus amèrement l'invincible et systématique inertie d'une plume alerte, imagée, au trait fermé et précis, à l'allure toute moderne (2).

L'ineffaçable souvenir do tant de signalés services rendus dans l'ombre en quelque sorte, avec cette sollicitude toujours vigilante, l'oubli le plus absolu de soi-même, l'exclusive préoccupation des intérêts de la collectivité, mérite l'hommage de toute notre gratitude et de nos profonds regrets. Des voix autorisées et éloquentes ont loué.les hautes qualités du magistrat de la vieille et bonne école, les exemplaires vertus de l'homme privé, la sûreté et les délicatesses exquises de l'ami. Nous nous inclinons, pénétrés de tristesse et de reconnaissance, devant le plus méritant des confrères, au concours inappréciable, à l'inlassable dévouement, prématurément ravi à nôtre affection. Favorisé des biens de la fortune, sa nature généreuse n'eût reculé, pour notre Société, devant aucun sacrifice. 11 lui a donné le meilleur de lui-même, les trésors de son intelligence et de son coeur.

il) Il n'y a plus d'indiscrétion aujourd'hui à révéler notamment sa part dé collaboration aux Euéques de Fréjus, de feu le chanoine Espitalier. Le mérite littéraire, parfois remarqué, de celte oeuvre de' sérieuse érudition, lui revient bien plus qu'a son 1res estimable auteur.

(B) Cf. le l. XXV du Bulletin. Le curieux et parfois bien remarquable volume, Les portraits de l'Indépendant du Var renferme quatre portraits dus a son très fidèle et vijjoureux pinceau : ceux du commandanl Lombard, du Dc Tltéus, de Paulin Raybaud, maire d'Ampus, et du sénateur Verrouillât. -


— XL—

M. le Président adresse ensuite les vives félicitations de la Compagnie à nos confrères, MM. Pouhaër, membre titulaire, capitaine au 112e de ligne, et Raoul de Félice, membre associé, nommés, le premier chevalier de la Légion d'honneur; le second, chevalier du Mérite agricole.

Est admis, comme membre associé, M. le docteur Vadon, à StRaphaël, sur la présentation de MM. le Dr Doze et Mireur.

Communication est donnée de la correspondance :

— Circulaire de M. le Ministre de l'Instruction publique du 30 juillet 1910, informant que le 49' Congrès des Sociétés savantes s'ouvrira à Caen, le mardi 18 avril 1911 ; envoi du programme.

— Circulaire de la Société d'agriculture, sciences, arts et belleslettres du département d'Indre-et-Loire, adressant le programme de son concours annuel de poésie.

— Demande de souscription par le Comité d'érection d'un monument A nos gloires coloniales. Rejeté avec regrets, faute de ressources.

— Demande de souscription par M. Portallier à un certain nombre d'exemplaires de son ouvrage sur les Victimes et Martyrs de la Révolution en Lyonnais, Fores et Beaujolais pendant la Terreur. Rejeté pour la même raison.

— Extrait du procès-verbal de la séance du 30 août 1910 de là Société polymathique du Morbihan, contenant notamment le voeu que les fouilles en France et dans ses colonies soient soumises pour les étrangers à la cause de la réciprocité, et que les objets trouvés soient déposés dans des musées locaux.

— Demande d'échange de publications par The United States geological Suroey, de Washington et The public Muséum qf ihe city of Mihaukèe (Etats-Unis). Rejeté.

— Demande d'«nvoi par The Wisconsin Academy of sciences, arts and letters, Madison et par la Société des sciences naturelles de Saôneet-Loire, des tomes du Bulletin de notre Société antérieurs au 20™e, qui manquent à leur collection. Les tomes XVI à XIX seulement seront envoyés gratuitement, attendu le petit nombre d'exemplaires disponibles des volumes précédents.


— XLI —

M. Pouhaër, capitaine au 112* de ligne, après avoir indiqué quelle était, fin septembre 1793. la situation politique du département du Var et là position de l'armée d'Italie, affaiblie par la désertion et l'envoi de troupes sous Toulon livré aux Anglais, expose qu'à la même époque, la gauche de cette armée .était menacée par les AustroSardes, sous de Wins, dont l'objectif était Gilette. Pour défendre ce point important, le général Du Merbion et l'administration du département ordonnèrent une levée générale des hommes de 25 à 35 ans. Les-gardes nationales et les hommes de 1™ réquisition avaient été antérieurent appelés.

De Wins attaqua Gilette les 18 et 19 octobre. Repoussé, il aban-^- donna la région de l'Esteron. Le danger passé, grâce à ce brillant fait d'armes des troupes de la République, les hommes de 25 à 35 ans, ainsi que les gardes nationales, furent congédiés.

M. Belletrud rappelle la découverte récemment faite, à S'-Raphael, dans les fondations du nouveau Casino municipal, de fragments de mosaïque en marbre de l'époque gallo-romaine, mesurant deux mètres de longueur sur 0° 80 de largeur. De nombreux débris de tuiles ont été aussi trouvés, ainsi qu'une monnaie de Lucius Aurelius Verus, associé à l'empire par Marc Au rèle. '

C'est un moyen bronze, bien frappé et assez bien conservé, dont l'avers porte une tète radiée à droite avec cette légende :

L. VERUS AUG. ARM. PARTH. MAX.

AU revers on distingué un Arménien ou un Parthe assis à droite au pied d'un trophée, les mains liées derrière le dos; devant, un bouclier; derrière, un arc et une flèche avec cette légende

TR. POT. V. IMP. III, Cos II - S.C.

Les premiers mots sont peu lisibles.

Girardin (Description du diocèse de Fréjus) et Aubenas (Histoire de Fréjus) avaient déjà signalé sur ce point les traces d'un établissement important.

M. Edmond Poupe informe la Compagnie que M. Paul Lombard, fils de notre confrère M. Ferdinand Lombard, inspecteur des forêts,


— XLI1 —

a fait don récemment au Musée de la ville d'un sigillum de potier gallo-romain, en bronze, trouvé il y a quelques années à Fréjus et remarquablement conservé. La face de ce sigillum mesure 0 " 057 de largeur ; 0" 026 de hauteur ; son épaisseur est de 0™ 004. A la partie supérieure de l'anneau, qui a 0m 025 dans sa plus grande largeur, se voit un léger dessin ressemblant à une nervure de feuille flanquée de traits obliques. L'inscription de la face du sceau, gravée en relief et à rebours, comme on peut le voir par le fac-similé suivant, se lit : L[ucii\ Stati[i\ Epitynchani [officina] ; fabrique de Lucius Statius Epitynchanus.

Ce potier de Fréjus avait donc un prénom et un nom latins et un surnom d'origine grecque, de bon augure, puisqu'il signifie Yheureux. Son nom n'est pas dans le C. I. L, où l'on relève pourtant ceux d'Epitynchanus et de Statius, figurant dans des inscriptions du Midi de la Gaule et de la vallée du Pô.


XLIII

■Etant données ses dimensions, ce sigillum devait servir à estampiller des vases de moyen volume plutôt que des tuiles ou de simples assiettes.

_, L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

SEANCE DU 2 DECEMBRE 1910

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, BELLETRUD, Emile BÉRAUD, Ernest BLANCARD, Dr DOZE, Abel ETIENNE, JEAN, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, PERRIMOND, POUHAÊR, POUPÉ.

Excusé : M. MAZURE.

Le procès-verbal de la séance du 4 novembre est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis là dernière réunion.

M. le Président adresse les vives félicitations de la Compagnie à M. le docteur Balp, récemment élu conseiller général du canton de Fayence. .

Communication est donnée de la correspondance :

— Demandes de souscriptions en faveur de la Collection des dessins archéologiques de Roger de Gaignières, et du journal The Chemica news. Rejeté pour insuffisance de fonds.

— Lettre du Président de la Société des sciences naturelles de Saôneet-Loire annonçant l'envoi de quelques publications de cette Compagnie manquant à nos collections, en échange des tomes XVI, XVII, XVIII, XIX de notre Bulletin, précédemment offerts.

— Envoi par la Société préhistorique de France du texte d'un projet de loi, déposé par Gouvernement, relatif aux fouilles intéressant


XLIV —

l'archéologie et la paléontologie. Sur la proposition de M. le docteur Doze, la Société émet le voeu que ce projet de loi ne soit adopté par le Parlement qu'avec modifications.

M. le Président émet l'avis qu'il conviendrait désormais de ne pas se borner à'énoncer dans nos procès-verbaux le titre des publications reçues, intéressant plus particulièrement la Société, et d'en indiquer au moins l'objet, parfois insuffisamment défini par le titre.

En conformité de cette proposition il signale sommairement le contenu des brochures suivantes de nos confrères, déposées sur le bureau dans la dernière séance.

M. Fernand Cortez combat dans Nos traditions l'opinion de l'auteur de La Provence du I" au XIIm siècle, M. Manteyer, sur l'origine auvergnate des saints adorés de toute ancienneté en Provence, sainte Marie-Madeleine, saint Lazare et sainte Marthe. Cette réponse à l'ancien élève de l'école française de Rome, inspirée par le sentiment religieux, est une discussion critique très documentée et très intéressante. Elle a valu à l'érudit auteur les chaleureuses félicitations du poète Mistral.

M. de Gérin-Ricard (Les stèles ènigmatlques d'Orgon et de Trets), rapproche les dessins, figures ou symboles sculptés sur des stèles funéraires trouvées, les plus récentes, à Orgon et les premières à Trets où il avait cru voir la figuration des organes sexuels et non, selon M. de Morlillet, la représentation de la figure. Le compétent archéologue concluerait aujourd'hui, d'accord avec [le commandant Espérandieu, à des statuettes caractérisées par des bras chargés d'ornements, appartenant à un thème égéen. Souhaitons, comme lui, la découverte de nouveaux exemplaires.

L'Instruction publique à Carcès de 1527 à 1909, par M. E. C, Dauphin, est le résumé de textes fournis par les archives communales sur la nomination des maîtres, le montant de leurs gages, l'obligation - imposée aux familles et qui n'est pas toujours remplie, de les nourrir. L'auteur a dressé notamment la liste presque complète des maîtres avec le chiffre du traitement depuis 1.558 jusqu'à nos jours; pour les écoles de garçons et, depuis 1728, pour les écoles de filles. Il mentionne l'existence d'un pensionnat en 1732. C'est une nouvelle contribution à l'histoire de l'enseignement en notre région.


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L'infatigable chercheur qu'est M. Bottin a relevé, avec la collaboration de M. Bonnaud, les vestiges de trente-trois agglomérations gallo-romaines dans le rayon peu étendu de quatre de nos communes (Les villages gallo-romains situés sur le terroir... d'OUioules, Evenos, Sanary et Six-Fours). Les principaux vestiges, consistant en débris de poteries, sont reproduits sur une des deux planches de l'intéressant opuscule. L'autre est une carte de l'emplacement des stations.

Parmi les divers envois du non moins infatigable et éminent docteur Guébhard nous signalerons la communication au Congrès des Sociétés savantes, à Arles, sur Quelques pièces à remarquer de la céramique néolithique clé Provence. Au cours d'une étude générale sur toutes les espèces d'anses spécialement destinées à la suspension des poteries, le savant archéologue a remarqué deux vases à rangs multiples d'anses tubulées, dignes de concurrencer largement le célèbre vase belge de Furfooz, conservé au musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles. L'une de ces poteries a été découverte dans la grotte Latrone (Gard) et a été reconnue par M. Guébhard au musée de la Société archéologique de Montpellier; l'autre, la plus remarquable, provenant de la grotte des Isnards (Gard), a été retrouvée au Musée du Comité de l'Art chrétien de Nîmes.

M. Guébhart éclaire, comme toujours, son texte de nombreuses gravures et reproductions de découvertes similaires, qui font ressortir l'intérêt du sujet traité.

M. Mireur rend compte des Notes historiques sur les rues d'Hyères, par Jules Icard, 3me édition.

Dans le cadre topographique qu'il a adopté, l'érudit chroniqueur hyérois poursuit, en épuisant toutes les ressources à sa disposition, la reconstitution aussi complète que possible du passé de sa ville natale, avec sa pittoresque physionomie, ses vieilles familles de bonne bourgeoisie, ses illustrations, ses divers établissements civils ou religieux, administratifs ou judiciaires, ses édifices, ses principaux événements historiques, parmi lesquels de nombreuses visites de célébrités ou de souverains. Cette 3°" édition, déjà enlevée, s'est accrue de rues nouvelles et de quantités de détails intéressants fournis par des recherches incessantes. Les listes chronologiques, si appréciées des historiens et des généalogistes, s'y sont précisées et sensiblement augmentées. Celle des abbesses de la Manarre, et non de l'Aima-


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narre, pléonasme répudié avec raison par M. Icard, sera précieuse pour les éditeurs de la Gallia christiana novissima.

La publication soignée, à laquelle il ne manque qu'un plan topographique et peut-être en marge quelques vues des coins charmants de la vieille ville, est, sous une forme élégante et sobre, le résumé condensé de longues et patientes investigations. Elle se recommande par l'abondance de l'inédit et surtout par la sûreté de la documentation, celle-ci d'autant plus méritoire qu'en l'absence d'archives communales presque entièrement disparues, elle a dû être recueillie un peu partout, souvent non sans difficulté. Les Notes historiques sur les rues d'Hyères comptent parmi les monographies locales assez rares qui accroissent vraiment notre patrimoine historique.

Il est donné lecture, au nom de M. Auguste Rampai, avocat à Marseille, d'extraits d'une Généalogie de la famille d'Autane, originaire du Dauphiné, à laquelle appartenait la mère du général Abel Douay, de Draguignan. L'un des membres de cette famille, M.arie-René-CharlesMarc-Antoine d'Autane, colonel au 3me régiment de ligne, a Toulon, y fut tué dans des circonstances tragiques, le 27 janvier 1830, par un sous-officier de son régiment.

M. Edmond Poupé communique un travail sur le lieu de la jonction des troupes d'Antoine et de Lépide, fin mai 43 avant J.-C, qu'il fixe dans la plaine de Planguillet, sur les bords de la Florièye et de l'Argens, en vue de Taradeau, et non pas au quartier de la Cognasse, aux Arcs. Renvoyé au Comité de rédaction.

Est déposée sur le bureau une étude, ci-après insérée, de M. Z. d'Agnel d'Acigné sur le Mille romain, qui a fait l'objet d'une précédente Communication.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.


— XLVII — Le mille romain

Il n'est.personne parmi les archéologues s'étant occupés d'antiquités romaines, qui ne se soit demandé quelle était, exactement la valeur du mille employé comme mesure de longueur pour marquer les distances entre les divers centres échelonnés sur les grandes routes de l'empire. Les auteurs anciens donnent bien à cet égard - des indications, mais leurs évaluations, exprimées par rapport à d'autres unités tout aussi peu connues de nous que le mille lui-même, ne font que déplacer la question et compliquer le problème sans permettre de le résoudre.

Cependant, beaucoup plus près de nous, l'historien provençal Honoré Bouche (1598-1671), tenta de fixer les idées sur ce point en effectuant lui-même des mensurations directes sur place. Il se rendit à cet effet sur l'embranchement de la voie romaine reliant .Fréjus à Riez, dans la région de Vérignon où se trouvaient cinq bornes milliaires pouvant servir de points de repère. Une première, la plus éloignée de Fréjus, était devant la chapelle de Saint-André ; une autre, soit la dernière, se trouvait tout près de Vérignon. La distance qui les séparait fut mesurée d'abord à pas et, ensuite, au moyen d'une corde. Mais cette opération, en dehors des conditions rudimentaires dans lesquelles elle fut effectuée, ne pouvait être considérée comme susceptible de donner, à elle seule, des résultats concluants, •puisque Bouche avait trouvé la première de ces bornes, non pas exactement en place, mais bien " couchée à l'église de Saint-André" et que la dernière avait été, plusieurs années auparavant, " arrachée de sa place, avec quelques autres, pour servir à quelque structure dans le château de Vérignon ". Néanmoins sa position pût être retrouvée et il fut constaté que la distance de quatre milles, qui séparait les deux bornes extrêmes, équivalait à 3.O0O cannes provençales et à 8.000 pas communs, ce qui donnait au mille romain une valeur de 750 cannes ou de 2.000 pas communs. Un peu plus tard, un document, découvert dans les archives de la Cour des Comptes de Provence, vint confirmer ces résultats.

En appliquant au chiffre de 750 la valeur de la canne provençale, c'est-à-dire 1™ 984, on trouve, pour celle du mille 1488 mètres exactement. Nous verrons que ce résultat est très probablement celui qui se rapproche le plus de la vérité, si tant est qu'il ne soit pas tout à fait exact.


— XLVI1I —

Cependant le chiffre d'HonoréBouche ne parait pas avoir été généralement adopté dans la suite. En effet, au XVIIIe siècle, l'abbé Barthélémy, l'auteur du Voyage du jeune Anacharsis, connu par ses travaux d'érudition, donnait au mille l'équivalence de 1000 pas com posés chacun de 5 pieds romains. Or cette dernière mesure valait, selon lui, 0™2946116. Il en résulte pour le mille une longueur de 1473a05.

Au milieu du XIX"" siècle, les savants considéraient couramment le mille comme correspondant à 1500 mètres. Mais tous ne se ralliaient pas à cette façon de voir, et, en somme, il régnait encore une grande incertitude à ce sujet. Ainsi, dans un mémoire inséré au Bulletin de la Société des sciences, belles-lettres et arts de Toulon, et destiné à appuyer la thèse de O. Truc, qui plaçait aux Arcs la station de Forum Voconii des Itinéraires, V. Thouron écrivait: "lés Romains avaient deux sortes de pas : 1° le pas ordinaire, c'est-à-dire l'espace qui se trouve entre les deux pieds d'une personne qui marche ; ce pas était d'un peu moins de 3 pieds, c'était le passas minor, le gradus, le pas militaire ; 2" lé pas géométrique, qu'ils appelaientpassus major, qui était à peu près de 5 pieds ".

D'après cette théorie, il y aurait eu deux sortes de milles, l'un composé avec des pas d'un peu moins de 3 pieds, et l'autre, avec des pas de 5 pieds. Mais l'auteur ne nous dit pas comment le chef d'armée, réglant la marche de ses troupes, pouvait reconnaître que les milles inscrits sur les itinéraires en sa possession, étaient composés de grands pas ou de petits pas, car rien ne l'indique dans les documents parvenus jusqu'à nous. En réalité, cette étrange distinction, qui aurait amené dans là pratique les plus inextricables confusions, ne repose sur aucune base sérieuse. Elle n'a été imaginée évidemment que pour les besoins de la cause et elle n'a été rappelée ici que pour montrer combien les idées étaient encore peu nettes en cette matière en 1865, époque à laquelle remonte ce mémoire.

En réalité, la seule unité de longueur employée dans les itinéraires, ou autres documents de l'époque romaine, avait une valeur fixe et invariable. La base en était le passus sans épithèle, qui équivalait à là double enjambée d'un homme marchant au pas ordinaire, probablement celui des soldats romains. L'enjambée unique était le gradus, mais il ne parait pas avoir jamais donné naissance à une mesure de longueur.

De nos jours, des recherches et dés calculs opérés par des. savants


— XLIX —

d'une autorité incontestée les ont conduits à proposer des solutions différant sensiblement des précédentes. C'est ainsi notamment qu'Ernest Desjardins, dans la Géographie de la Gaule (1870), compose le passus au moyen de cinq pieds de 0° 2963, ce qui lui assure une longueur de lm4815. Le mille aurait eu par suite, 1481° 50.

Mais quelle que soit l'autorité qui s'attache au nom de cet éminent archéologue, le chiffre qu'il propose ne semble pas définitif. En effet cette nouvelle valeur donne lieu à Une constatation curieuse et absolument inattendue, à savoir la relation existant entre elle et les dimensions de la terre. Car si l'on multiplie 1481m 50 par 3, le produit 4444m 50, est, à quelques centimètres près, la longueur de la lieue commune de France. Or il y a 25 de ces lieues dans un degré du méridien terrestre, et ce degré est lui-même la 90me partie du quart de ce méridien. Si donc on divise la longueur, connue de tous, de ce quart par le produit des trois facteurs énoncés ci-dessus, ce que synthétise l'expression :

10.000.000 3X25X90 '

le quotient, 1481.48, donne, à 2 centimètres près, le chiffre représentant la longueur du mille. La coïncidence ne laisse pas d'être surprenante et elle est bien faite pour inspirer quelques doutes au sujet de cette détermination plutôt obtenue, semble-t-il, par induction qu'au moyen de mensurations directes, ainsi que le fit Bouche.

En effet, les Romains, qui n'avaient aucune idée de la forme de la terre, en connaissaient encore moins les dimensions, et il est invraisemblable que le hasard seul ait amené la coïncidence que nous venons de signaler. Cette nouvelle valeur ne nous paraît donc pas, jusqu'à preuve contraire tout au moins, pouvoir être adoptée.

Nous sommes amené en conséquence à-revenir aux estimations de Bouche et à les examiner avec la plus grande attention.

Parmi les milliaires situés sur le tronçon de la voie aurélienne qui a servi de base d'opération à notre historien, il en est un portant le chiffre XXXVI, encore distinct, malgré l'effritement de la pierre et'qui se trouve à 4.600 mètres environ au-delà de Vérignon. 11 ne mesure pas moins de 2m06 de hauteur au-dessus du sol, et 1" 83 de circonférence ; c'est probablement à ces dimensions respectables qu'il doit de ne jamais avoir été déplacé, contrairement à ce qui s'est produit à peu près pour tous les milliaires. La distance séparant cette


borne de Fréjus, mesurée sur la voie romaine, dont le trafé a pu être reconstitué, est de 5:1.600 mètres. En divisant ce nombre par 36 on obtient au quotient 1588,88. Ce chiffre est un peu -supérieur à celui trouvé par Bouche. Mais, si l'on tient compte de la multiplicité des opérations qu'a entraînées l'évaluation de cette distance,des erreurs inévitables qui peuvent se glisser dans un pareil travail, des difficultés qu'il y a à mesurer exactement une ligne droite d'une certaine longneur même en terrain plat, on conviendra que cet écart est relativement peu important et qu'il n'infirme en rien la valeur d'un résultat qui corrobore celui obtenu par Bouche.

Mais il y a plus : On a vu qu'un rapport étroit existe entre le mille romain, ou mieux sa composante, le passus, et la. canne provençale. Ce rapport est exactement de 0.75 ; mais il n'établit pas d'une façon suffisamment claire la parenté incontestable des deux mesures. Pour atteindre ce but, il nous suffira de faire intervenir un sous-multiple de la canne, le pan. Beaucoup se souviennent sans doute, s'ils en ont abandonné l'usage, de cette ancienne mesure de longueur, employée en Provence de temps immémorial et usitée encore dans les petits chantiers de construction maritimes. On admet couramment qu'elle vaut 0" 25 centimètres. En réalité elle est un peu moindre, car elle n'atteint que 0m 248 millimètres. Or, si l'on multiplie cette valeur par 6, on obtient exactement 1.488, c'est à-dire la longueur du passus. Notre populaire mesure provençale vient donc prêter aux évaluations de Bouche un concours décisif et en consacrer l'exactitude. 11 n'est pas admissible en effet qu'une telle concordance soit purement fortuite; elle prouve péremptoirement, au contraire, que le pan dérive directement du passus dont il est un sous-multiple dans le système duodécimal. Cette nouvelle constatation lui assure une respectable antiquité. Elle montre aussi que la Provence avait conservé intacts, à travers les siècles, de nombreux usages de la vie courante remontant à l'époque gallo-romaine, et que tous n'ont pas été entièrement abandonnés.

Une dernière remarque non sans intérêt : de la valeur trouvée par Bouche il résulte que lepassus aurait eu une longueur de 1"488 et le gradus ou pas simple, 0° 744 Actuellement le pas réglementaire de l'infanterie française est de 0° 75 ; mais les officiers reconnaissent que cette amplitude est. rarement obtenue. Le pas de nos soldats serait donc le même que celui des soldats romains, et ainsi tomberaient d'elles-mêmes toutes les lamentations sur la prétendue dégénérescence de notre race.


— LI

SEANCE DU 13 JANVIER 1911

Présidence de M. ASTIER, président

Présents : MM. ASTIER, BELLETRUD, Ernest BLANCARD, Abel ETIENNE, DE LACOUTURE, MAZURE, POUHAER, POUPÉ.

Divers membres se sont fait excuser à cause du mauvais temps.

Le procès-verbal de la séance du 2 décembre 1910 est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications dés Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler en outre les brochures suivantes offertes par leurs auteurs, M,le A. Camus, lauréat de l'Institut, et E. G. Camus, pharmacien à Paris.

— Etude sur le MESPILODAPHNE PRETIOSA.

— Etude botanique des BASILICS CULTIVÉS.

— Notes sur le genre TYPHA, les espèces asiatiques du genre JUNCUS, etc.

Remerciments.

M. le Président exprime les vives félicitations de la Compagnie à M. Mazure, inspecteur d'académie, récemment promu à une classe supérieure, et ses regrets à l'occasion du départ de Draguignan, de M. Sextius Guérin, ancien receveur municipal, qui nous restera attaché comme membre correspondant.

Communication est donnée dé la Correspondance :

■— Souhaits de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne à l'occasion de l'année nouvelle.

— Lettre de M. de Félice informant qu'il a le regret d'être obligé de donner sa démission de membre associé.

La Société délègue M. le docteur Adrien Guébhard pour le représenter au banqnet des « Provençaux de Paris » qui doit avoir lieu incessamment sous la présidence de M. le Ministre de l'Instruction publique.


— LU —

M. le Président expose qu'il a reçu de la Société préhistorique de France et de la Société polymathique du Morbilian de nouvelles protestations au sujet du projet de loi, communiqué dans la dernière séance, relatif aux fouilles archéologiques etpalèonlologiques.

Après discussion, la Société, à titre d'amendement au projet, émet le voeu

1° que les fouilles puissent être exécutées librement par toute Société savante reconnue d'utilité publique ;

2° que les objets découverts soient attribués à cette Société ou, à défaut, au musée départemental ou à un musée municipal de la région, à condition que ces établissements offrent toute garantie de conservation.

En l'absence de M. Charles Azam, trésorier, M. le Président rend compte de la gestion financière de l'exercice 1910 dont le détail suit :

RECETTES

En caisse au 31 décembre 1909 11 fr. 28

Emprunt pour les travaux d'installation 500 00

Intérêts caisse d'épargne 1908 14 06

Cotisations de 1909.............. ... 810' 00

Loyers. -... 625 00

Subvention du Ministère de l'Instruction publique...... 200 00

Rente Claude Gay 300 00

Venté de bulletins 13 50

Cotisations de 1910 ........ 850 00

TOTAL... 3.323 fr. 84

DÉPENSES

Etrennes au facteur 5 fr. 00

Ferblanterie 26 .15.

Plaque de marbre -... 35 00

Cotisations de 1909 ; frais et retours. ....;.'■ 116 20

Installation de l'eau ,. ^ 15 75

Maçonnerie (solde) — . 650 00

Vacations de l'appariteur 25 25

Impositions......; . 176 50

Menuiserie (solde) , . 242 80


— LUI —

Impression du tome XXVII (acompte).' 700 00

Cotisations del910; frais et retours .................. 118 30

Affranchissements des procès-verbaux..'.. .... ... .. 18 50

Frais de correspondance et divers...... ..!.....:.. 85 85

TOTAL... 2.215 30

Encaisse...,;., 1*108. 54

Approuvé.

Le bureau présente pour 1911 le projet de budget suivant :

RECETTES

Loyers.............. :, 675 fr. 00

Cotisations de 1911... 850 00

Rente Clande Gay 300 , 00

TOTAL... 1.825 00

DÉPENSES

Chauffage et éclairage ... : ". 25 fr. 00

Vacations de l'appariteur :.,... 35 00

lEntretien de la maison. .' .,.;.... ; 100 00

Impositions... 176 50

Impression du tome XXVII (solde)..................... .500 00

Frais divers, affranchissements, etc 250 00

TOTAL... 1.086 50 Reste libre.. ......... 738 50

La Société décide que l'emprunt de 500 fr. contracté en 1910 sera remboursé sur les fonds libres. Le budget est voté.

M. le Président rappelle que fin novembre 1909, la Société a reçu un don anonyme de 800 fr., sans indication d'affectation.

Dans la séance du 10 décembre suivant, il fut délibéré que le généreux donateur serait prié de vouloir bien préciser ses intentions. Des .notes .furent insérées dans ce but au procès-verbal et. dans les journaux régionaux. Depuis la Société n'a reçu aucune communication. En conséquence, lé bureau propose de porter en recette, sauf récla mation ultérieure, cette somme de 800 fr.. Adopté,


— LIV —

M. Pouhaêr, capitaine au 112°,e de ligne, après avoir rappelé la situation politique du département du Var en juillet 1793 et la répression du mouvement fédéraliste, relate les péripéties du siège de Toulon, bloqué par les armées révolutionnaires commandées successivement par Carteaux, Doppet et Dugommièr. Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1793, conformément au plan proposé par ce dernier général et attribué à Bonaparte, lés troupes républicaines s'emparèrent du Faron et du petit Gibraltar et forcèrent ainsi les escadres coalisées de l'Angleterre et de l'Espagne à évacuer la rade.

Il est donné lecture, au nom de M. Combet, professeur d'histoire au lycée de Nice, d'une note, ^après insérée, relative à la nomination et au fonctionnement du Comité de Surveillance de La Cadière (Var).

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Le Comité de Surveillance de La Cadière (Var).

Le Comité de Surveillance de la Cadière (Var) (1), dont le rôle a été des plus modestes, fut constitué le 20 octobre 1793, conformément à la loi du 21 mars 1793, et sur l'ordre du procureur syndic du district du Beausset (2).

Le 20 octobre 1793, " après convocation par affichés aux portes des églises paroissiales et des succursales et publication aux lieux accoutumés de la ville et du territoire, en exécution de la loi du 21 mars 1793 et de la lettre du procureur syndic du district ", se réunirent les 274 citoyens, " composant le canton de la commune de la Cadière ". Après une heure-d'expectative, le maire, Gairoard, discourut. Il'déclara que ■' devant la multitude des ennemis, pour éclairer le mal et arrêter son progrés " il était nécessaire d'établir un comité de surveillance de 12 citoyens, chargé de " veiller sur les étrangers ".

(1) Archives municipales de la Cadière : PP : divers, 27. Comité de Surveillance (20 juin 1793 - 4 frimaire an VU ?) 35 pièées.

(ai La Cadière (canton du Beausset) faisait partie du district de Toulon. Elle était chef-lieu 'le canton et avait en 1790 une population de 4.324 habitants. Cf. Poupé : Les districts du Tar (Draguignan, 1898).


LV

Jean-Baptiste Gairoârd, propriétaire « plus ancien d'âge, sachant écrire " fut nommé président provisoire. Jean-Honoré Gairoârd remplit les fonctions de secrétaire. On procéda en premier lieu à la nomination du bureau et il y eut 200 votants. Jacques Gairoârd, ayant obtenu la majorité absolue, ainsi que Pierre Ganteaume, furent l'un président, l'autre secrétaire. On nomma 3 scrutateurs : Jean-Pierre Gairoârd, à la majorité absolue ; Estienne Estienne par 160 voix et Jean-Antoine Cairel, par 140.

. Les membres du Comité de Surveillance furent ensuite élus. Il y eût, de nouveau, 200 votants. Le résultat du scrutin fut le suivant :

Joseph Brun 166 voix.

Charles Jauffroit..... 180. »

Laurent Blanc........ 190 »

Pierre Pascal 165 »

J.-B. Rougier. 140 »

Joseph Maunier aîné. 180 »

Balthasau Pascal 135 »

Jacques Blanc 148 voix.

Jacques Gras 126 »

Lazare Fabre 132 »

Jacques Mioulon 176 »

J.-B. Audiffret dit le Noir 138 »

Le Comité eut un secrétaire-greffier : Gras, qui fut nommé par délibération de l'assemblée primaire.

Le 25 brumaire an II (15 novembre 1793) le Comité qui à pour président Laurent Blanc réclame une indemnité pécuniaire " car ils ont abandonné leur travail journalier qui était leur subsistance ".

Ce fut vraisemblablement pour traquer les partisans des Toulonnais révoltés et empêcher l'envoi de secours à la ville rebelle que le Comité fut établi. Le Comité se déclara " toujours assemblé pour cause de permanence ". Son oeuvre consista surtout à délivrer des certificats de civisme aux habitants du bourg qui avaient des parents ou des enfants enfermés dans Toulon. Ces certificats sont nombreux en pluviôse, ventôse et germinal an II.

Voici ceux qui sont mentionnés par le dossier.

En pluviôse an II (janvier-février 1794) à : 1° Gairard, médecin et maire. Il a son fils et sa femme à Toulon. Son fils a la réputation d'un anarchiste et d'un factieux. Sa femme écrit que les Anglais sont les maîtres à Toulon. Il ne peutles faire revenir. Il mérite confiance par son patriotisme. (l'r pluviôse an II). — -2" Jean-Antoine Delmas, Jean


- — LV1 — '

Terras, J.-J. Moulinard, Jean Moulinard, François Mourre. Ils on* des enfants à Toulon et manifestent le " désir non équivoque de les -retirer ". Ils méritent confiance. (20-30 pluviôse an II).

En ventôse an II (février-mars 1794) à : 1° Antoine Vian- A un fils à Toulon et en a donné par patriotisme connaissance aux administrateurs et à l'agent national du district du Beausset. — 2" Jacques Gairoârd. A essayé d'empêcher l'émigration de ses deux enfants.-— 3* Catherine Audiffren, Jean Moulinard, J.-J. Moulinard, François Preboist, André Audiffren, Jacques Garnier, Marquand, Revest, Jullien. Ont des enfants émigrés dans la ville rebelle ci-devant Toulon. (3-27 ventôse an H).

En germinal an II (mars 1794) à : Philippe Delmas. A essayé d'em pêcher l'émigration de ses enfants (3 germinal an II).

Le 10 pluviôse an II (29 janvier 1794), le Comité de Surveillance fut convoqué par Jean-Baptiste Pierre Sènès, agent national du district du Beausset en tournée, en ; même temps que le conseil municipal. Le procès-verbal dressé par Senès est intéressant.

En voici un extrait :

Ayant été demandé si le Comité de Surveillance était légalement établi dans la commune d'après la loi du 21 mars,

il a été répondu affirmativement. Les citoyens Joseph Nioulon> membre de ce comité et le citoyen Jacques Gras, secrétaire, se sont à l'instant présentés. Il leur a été recommmandê de faire parvenir tous les septidi de chaque décade à l'admistration extrait du procès verbal de leurs opérations, et, de commencer par l'envoi des opérations faites jusques aujourd'hui par le septidi de la décade courante.

Les membres du Comité de surveillance nous ayant exposé qu'il y a à la plage du port d'Alon, un bateau plat, et à la plage des Lèques un canot avec agrès ; qu'il existe même des effets arrêtés aux émigrés qui s'y.étaient trouvés.

Il leur a été donné l'assurance par nous que nous en écririons même en cours de tournée à l'ordonnateur de la marine pour faire rentrer dans le port la Montagne les deux embarcations à l'effet d'en éviter le dépérissement ; et à l'égard des effets, les membres du Comité de


LVII

surveillance ont été par nous requis de veiller à leur conservation et d'en faire parvenir l'inventaire à l'apministration du district.

Le Comité de surveillance et le Conseil général delà commune ont été invités à surveiller les ouvriers envoyés aux ateliers des réparations des chemins pour exciter leur zèle à travailler à ces réparations indispensables pour les mouvements militaires et pour accorder au commerce et à l'agriculture les secours qui leur sont dûs.

Les membres du Comité de surveillance et la municipalité ont promis de ne pas négliger cet objet essentiel et de se Concerter pour les mesures à prendre à ce sujet.

Le Comité de surveillance et le Conseil général de la commune interrogés sur l'esprit public, ont donné l'agréable assurance que tous les citoyens sont unis pour la chose publique; que la plus parfaite harmonie règne ; qu'il n'y a qu'un voeu : celui de périr pour la patrie, de dénoncer les scélérats qui voudraient la déchirer.

Nous leur avons recommandé formellement de maintenir cet état de choses. .

Leur ayant demandé s'il existait encore quelques tracés de féodalité, ils nous ont exposé que tous les vestiges hideux avaient été détruits et qu'il n'existe plus que les emblèmes de la république (1).

Le Comité fut, comme tous les comités des communes ayant moins de 8.000 âmes, supprimé, après la chute de Robespierre, par la loi du 17 fructidor an II (3 septembre 1794).

SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1911

Présidence de M. le docteur J. GIRARD, viceT-président.

Présents : MM. Joseph AZAM, Emile BÉRAUD, Ernest BLANCARD, DITGÈS, DT DOZE, Dr Joseph GIRARD, LABAT, DE LACOUTURE, PouHAER, POUPÉ.

Arch dép>", Var, L. 1767, f» 9 v°.


LVIII

Excusés : MM. ASTIER, BELLETRUD, MAZURE, MIREUR.

Le procès-verbal de la séance du 13 janvier est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion et les brochures suivantes offertes par l'auteur, M. Joseph Çômbet, membre associé, professeur d'histoire au lycée de Nice.

•— La Société populaire de Nice.

— Les fêtes révolutionnaires à Nice.

— Les Comités de surveillance du district de Grasse.

— La Société « républicaine de San-Ceris-la-Cadière » (Var).

— Lé Club des « sans-culotte » de Signes (Var).

— Gogolin (Var) pendant la Révolution.

— La question économique à Nice pendant la Révolution.

— Les districts des Alpes-Maritimes.

Remercîments. '

M. de Lacouture est chargé dé rendre compte de ces diverses études.

Communication est donnée de la correspondance.

— Lettre du bibliothécaire de la Société linnèenne de Lyon, indiquant l'adresse à laquelle le Bulletin de la Société doit lui être envoyé.

— Circulaire de la Société préhistorique française à l'occasion du projet de loi concernant les fouilles archéologiques et palèonlologiques.

M. le Président ajoute qu'il a reçu divers journaux, dont il indique les titres, où Se trouvent dès i rticles sur le môme sujet et aussi à propos de la protection des sites et monuments naturels.

Il est donné lecture au nom de notre confrère, M. de Bresc, résidant à Aix, d'une note concernant un ex-voto offert en 1783 à N.-D. de Bon-Secours de Fox-Amphoux, par Paul de Barras, le futur conventionnel et membre du Directoire, alors officier d'infanterie de marine, pour la remercier de l'avoir sauvé d'un naufrage du vaisseau, l'Actif, sur lequel il s'était embarqué pour se rendre aux Indes. Cet ex-voto se trouve actuellement dans l'église paroissiale de Fox-Amphôux. La Compagnie examine avec intérêt une photographie qui le représente.


. '■ — :-!LIX i— '.

M. E. Poupé informe la Société que M. Robert de la Valère, fils de M. Ferréol de la Valère, avocat, a fait don au Musée municipal de deux fragments de briques, trouvées dans la propriété de son père, au quartier de Repenti dans le territoire de Vidauban. Ces briques portent l'estampille GASTORIS que l'on retrouve notamment sur d'autres briques encastrées dans les murailles des arènes de Fréjus

Le même membre donne lecture, en les commentant, des déclarations de fortune faites par plusieurs Conventionnels des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, des Basses-Alpes et du Var, à la fin de la législature, en vertu de la loi du 4 vendémiaire an IV (26 septembre 1795).

Ces déclarations, dont le texte est ci-après inséré, présentent un réel intérêt historique.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Déclarations de fortuné des Conventionnels des Alpes-Maritimes, des Basses-Alpes, des Bouches-du-Rhône et du Var.

Dans la séance de la Convention du 4 vendémiaire an IV (1) [26 septembre 1795], Garrau, député de la Gironde, pour répondre aux « royalistes » qui répandaient le bruit que les députés avaient « dilapidé la fortune publique », proposa que chacun d'eux écrivit et signât, avant la fin de la session, une déclaration de la fortune qu'il avait avant la Révolution et de celle qu'il possédait actuellement. Elle serait imprimée et adressée à toutes les communes de la République.

Cette.-: proposition fut accueillie par de vifs applaudissements et Le Breton, député d'IUe-et-Vilaine, demanda à son tour que la « partie des biens dont il n'aurait pas été fait de déclaration fût confisquée au profit de la République ».

Les deux motions furent adoptées. Après le vote, Villetard, député de l'Yonne, etLanjuinais, député de l'Ille-et-Vilaine, présentèrent quelques observations sur les difficultés d'exécution de ce décret, que le

(1) Moniteur, réimpression, XXVI, p. .'7.


: ■ - — LX. —

second qualifia d'illusoire, mais déclarèrent pourtant qu'ils s'y soumettraient.

Deux jours après, un secrétaire ayant « présenté la rédaction du décret » ainsi voté, la discussion recommença (1). Villers, député de la Loire-Inférieure, proposa de l'apporter le décret, car ce n'était pas un compte particulier que l'on devait à la Nation, mais un compte général des travaux de la Convention. Bentabole, député du Bas-Rhin, lui répondit que les deux obligations pouvaient parfaitement se concilier, qu'il était instant dé faire rendre gorge aux dilapidateurs de la fortune publique et demanda le maintien du décret. Après de nouvelles observations de Lanjuinais, et de Charlier, député de la Marne, le premier, adversaire, le second, partisan du décret, et l'intervention de Gambacérès, député de l'Hérault, et de Legendre; député de Paris, le décret fut maintenu.

11 ne semble pas que les Conventionnels aient apporté un grand enthousiasme à son exécution. Les déclarations ne furent pas unanimes.

En ce qui concerne les départements formés de l'ancienne Provence et du Comté de Nice, voici les constatations qui ont été faites (2).

Le département, des Alpes-Maritimes, comptait trois députés ; tous trois firent leur déclaration (3).

Sur les six députés des Basses-Alpes, un seul se soumit à la loi (4).

En septembre 1792, l'assemblée électorale des Bouches-du-Rhône, avait nommé douze députés, mais par suite de démission ou de mort, ils étaient réduits à six en vendémiaire an IV. Cinq d'entre eux firent leur déclaration (5). -

Pour le Var, sur huit députés, un seul satisfit au décret (6).

Ces déclarations sont intéressantes, non seulement parce qu'elles fournissent des renseignements biographiques, mais aussi parce qu'elles montrent la répercussion des événements sur lès fortunes privées. Elles permettent même, par leur rédaction, de se rendre assez exactement compte du caractère du déclarant. A ce triple point de

vue, leur publication n'est pas inutile.

E. POUPÉ.

(1) Moniteur, réimpression, XXV], -p.'.-p.

(2) Les déclarations des Conventionnels se trouvent aux Arch. Nat. C. 353— 11 n'y à aucune déclaration pour ie département du Vaucluse.

(8) Bianqui, Dabray, Massa.

(4) Bouret.

(5) Bayle, Durand-Maillane, Granet, Laurens, Pellissicr. 6) Ricord.


! ■— LXI.

ALPËS-MARITIMËS

1

DÉCLARATION DE BLANQUI (JEAN-DOMINIQUE).

Compte-rendu par Dominique Blanqui, député à la Convention nationale par le département des Alpes-Maritimes, conformément au décret du 4 vendémiaire de Tan 4e de la République française (26 septembre 1795).

Etat de sa fortune avant la Révolution.

Art. l'V — Un fonds de terre, héritage paternel, situé dans lé lieu de la Trinité, commune d'Eze, district de Menton, département des Alpes-Maritimes.

Art. 2. — Reconnaissances de créances de quelques particuliers pour argent à eux prêté à des époques y mentionnées.

Art. 3.—Un assortiment ; de meubles pour garnir un appartement situé dans la commune de Nice, chef lieu du même département, produisant à cette-époque la somme de 20 à 25 louis d'or effectifs de loyer, conformément aux quittances.

Art. 4. — Autre assortiment de meubles et effets précieux, tels que bijoux, argenterie, linge, etc., pour .l'habitation et l'usage du soussigné, située ladite habitation dans la commune de Nice.

Art. 5. — Quantité d'autres meubles laissés en dépôt chez un particulier lors du départ du soussigné pour se rendre à son poste.

Art. 6. — Autres effets précieux emportés avec lui à Paris, tels que montres en or, bijoux, linge, hardès et numéraire.

Etat de sa fortune à la présente époque.

Art. 1er. — La valeur et revenus du fonds de terre mentionné en l'article premier, dont il n'a rien touché depuis plus de cinq ans.

Art. 2.— Lors de sa captivité par suite des événements du 31 mai et 2 juin, il a été dépossédé dé l'appartement mentionné en l'article 3 par ordre du directoire du district d'alors. Ses meubles ont été dispersés par la ville à la disposition de personnes à lui inconnues, et au moment même il n'a encore pu parvenir à en faire ramasser les débris. v .".■•/. •:."•


— LXII —-

Art. 3. — Les effets mentionnés en l'article 2 et 4 ont été également dispersés à la même époque; Les plus précieux et de plus de valeur ont été emportés à Gênes dans une malle. Après bien des recherches il a réussi à en faire ramasser quelques-uns, dont partie en dépôt chez notre envoyé à Gènes, partie chez son fondé de pouvoirs à Nice; une autre grande partie est perdue sans espoir.

Art. 4. — Des meubles mentionnés en l'article 5, il n'a pu en ramasser que le dixième et encore dès plus mauvais. Des autres on eh a nié le dépôt.

Art. 5. — Quant aux effets mentionnés en l'article 6, les plus précieux, tels que numéraire et bijoux, ont été volés avec bris dés scellés à l'occasion de sa captivité. Le procès-verbal dressé à ce sujet par le Comité révolutionnaire de la section des Tuileries et le jugement du tribunal révolutionnaire rendu sur le compte du gardien des scellés en déclarent le fait constant.

Paris, le 15 vendémiaire, 4me année de la République. . .. française [7 octobre 1795],

Dominique BLANQUI.

DÉCLARATION DE DABRAY [DOUBLET] (JOSEPH-SÉRAPHIN).

Avant la Révolution, j'avais un mobilier d'environ 20 mille livres y compris l'argent monnayé. Il est diminué d'un quart à peu près. J'avais aussi, et j'ai encore, 30 livres de rentes foncières et les immeubles suivants sis dans le territoire de Nice, savoir : deux biens fonds dans le quartier de Cimiez dont l'un de 15 à 18 milles livres et l'autre de 6 à 8 ; un bien fonds dans le quartier de Saint-Michel, de 18 à 20 mille livres ; un bien-fonds dans le quartier de la Bufe ? de 20 à 22 mille livres; deux biens-fonds dans le quartier du Var, dont un d'environ 3 mille livres et l'autre d'environ 500 livres, le tout valeur métallique. Je dois sûr cela 17 mille livres à mes soeurs, neveu et autres et 350 livres de pensions annuelles,

Pour encourager mes concitoyens à acheter des biens nationaux, j'ai chargé, pendant ma détention, une de mes soeurs de se rendre adjudicataire. en mon nom d'un bien-fonds de l'émigré et ci devant comte Audiberti, ce qu'elle a effectué, pour le prix de 19 mille et


LXIII

quelques,livres en assignats, ayant déjà fait deux paiements dont le; citoyen Jacques Defly lui a fourni la somme qu'elle a remboursée des avances de nos rentes. Je donne tout le reste à celui qui le voudra.

Paris, le 5 vendémiaire an 4 républicain [27 septembre 1795].

DABRAY, député des Alpes-Maritimes.

IÏI

DÉCLARATION DE MASSA (Ruffin).

Bilan du représentant du peuple Massa, député du département des Alpes-Maritimes.

J'avais avant la Révolution des biens en propre et des biens indivis avec mes frères.

Biens en propre.

Deux jardins, des citronniers avec quelques oliviers dans la commune

de Vintimille, territoire de Gênes. Un très petit morceau de terre presque en friche dans la commune

de Menton, dit la Grange. Une très petite maison dans la commune de Menton, quartier dit la

Grava. Environ pour quinze mille francs de capitaux à 5 0/0. Un petit mobilier.

Dettes

Pour environ huit cents francs de capital.

Biens indivis.

Plusieurs jardins, des citronniers, dont les principaux sont connus sous les dénominations suivantes, savoir : Spînette, f ' -

Condamine, ] dans la commune de Menton. Valdel'arei? (

Plusieurs biens d'oliviers dont lés principaux sont, savoir :

Condamine, !

Capelette,; < dans la commune de Menton.

Cap-Martin.,; (.


— LXIV —

Dans ce dernier il y a aussi un jardin de citronniers et une vigne. Deux vignes dans lesquelles il y a quelques oliviers. Trois maisons, le tout dans ladite commune de Menton. Des capitaux pour environ vingt mille francs.

Il y a quelques autres pièces de biens qu'il m'est impossible de désigner.

Il m'est également impossible de préciser l'étendue et le revenu des dits biens parce que le revenu est incertain et l'étendue n'est point délimitée, l'arpentage n'étant pas en usage chez nous.

Dettes

Les dettes se réduisent à cinq ou six cents francs par an de pension viagère et à six ou sept mille francs de capital après le décès du pensionnaire.

Depuis la Révolution, mes biens en propre ont diminué d'une partie de mon mobilier qui m'a été emportée depuis que je suis à Paris et d'une partie des capitaux qui m'a été rendue en assignats.

Et les biens indivis ont diminué d'une partie des capitaux qui a été rendue en assignats.

Et ils ont augmenté d'une terre à ensemencer, bien d'émigré, situé dans la commune du Castellar, district de Menton, que mes frères ont acheté de la Nation au prix d'environ dix-sept mille francs.

MASSA. BASSES-ALPES

DÉCLARATION DE BoURET (HENRY-GASPARD-CHARLES).

Pour satisfaire à la loi du quatre présent mois, je déclare que ma fortune est infiniment moindre aujourd'hui qu'avant la Révolution, puisque j'ai été obligé d'aliéner deux propriétés de terre pour le soutien de ma famille et de délaisser mon état dont le produit faisait ma principale ressource. Je déclare de plus n'avoir, depuis mon entrée à la Convention nationale, perçu- d'autre indemnité que celle accordée aux députés de dix-huit livres par jour dans un temps et de trente-six livres dans un autre en assignats.

Paris, le 29 vendémiaire an 4e de la République une et indivisible [21 octobre 1795].

BOURET, représentant dû peuple.


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BOUCHES-DU-RHONE

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DÉCLARATION DE BAYLE (MOYSE).

Le 7 vendémiaire l'an 4* .de la Rôpulique une et indivisible

.,; ,-.' ■; ! [29 septembre 1795]. ,.;.'-!

Aux représentants du peuple composant le Comité des décrets.

. Citoyens collègues,

J'ai appris par les papiers publies que la Convention avait décrété lé 4 de ce mois que les Représentants du peuple déposeraient à votre Comité le tableau de leur fortune. Je vous adresse en conséquence celui qui me; concerne. Veuillez le mettre sous les yeux de la Convention. ■ " ' ' ■ ''.-.'

M. BAYLE.

Le 7 vendémiaire, l'an 4e de -la! République une et indivisible

[29 septembre 1795].

La Convention nationale par.son décret du 4 de ce mois oblige les Représentants du peuple à déposer à son Comitèdes décrets le tableau de leur fortune. Je m'empresse de satisfaire à cette loi.

Je déclaré qu'au moment de mon départ de Marseille pour me rendre au Sein delà Convention, tout mon bien consistait

l" En;mille livres de numéraire métallique faisant le solde de la do^ de mon épouse, laquelle est de quatre mille livres.

2° En un petit mobilier qui est tout dispersé et que je ne saurais

retrouver depuis les troubles qui ont désolé le Midi.

' ■'-#■' 3° En mon état de teneur d'écritures que j'ai entièrement perdu et sur.

lequel je ne saurais désormais compter.

Ce que je dois consiste

1° En une somme de douze mille [livres] en assignats, de laquelle j'étais déjà débiteur du tiers avant d'arriver.à là Convention,


—r LXVI —

V'

2* En dix mille livres en assignats dont je me suis endetté depuis que j'ai été décrété d'arrestation.

Ma position est affreuse, mon existence un vrai miracle ; celle de ma famille, si elle était bien connue, exciterait les sensibilités des coeurs les plus endurcis.

Peuple français ! pauvre, je suis venu à la Convention ; plus pauvre, j'en sors. Sois heureux; que ta liberté, que la République s'affermissent et je suis content. C'est la seule jouissance qui peut adoucir tout ce que je souffre pour toi.

Moyse BAYLE. II

DÉCLARATION DE DURAND-MAILLANE (PIERRE-TOUSSAINT).

Liberté Egalité

Justice Humanité

Toulon, Ze'20 vendémiaire de l'an 4 de la République française une

et indivisible [12 octobre 1795].

Au nom du peuple français

Le Représentant du peuple Durand-Maillane en mission dans le département du Var (1) donnant sa déclaration de biens conformément à la loi du... (2).

Le lieu de mon habitation ordinaire est celui de ma naissance, la commune de Saint-Rémy dans le district de Tarascon, département des Bouches-du-Rhône. C'est là où siège le tribunal de ce district.

Ma fortune est aujourd'hui un peu moindre que ce qu'elle était à l'époque des Etats généraux où je fus député par mon balliage d'Arles.

J'avais alors pour succession héréditaire, commcj'ai encore aujourd'hui, deux petites fermes, l'une dans le terroir de Saint-Rémy et l'autre dafcs le terroir de Maillane ; il y a une habitation de maître dans la première.

J'avais de olus alors, comme j'ai encore aujourd'hui, à Saint-Rémy une maison d'habitation et deux autres maisons à loyer, ce qui ne

(1) Les mots en italique sont imprimés.

(2) En blanc dans Je texte.


LXVII — .'...

peut être bien considérable dans; mie pareille commune de cinq mille, etquelques cents âmes.

J'avais alors des rentes provenant du prix de biens-fonds, vendus ;. on m'en a remboursé une partie en papier dont j'ai fait usage pour m'aider à. subsister,en ménage à Paris. .L'autre partie de ces. rentes, non remboursées ne se; payeannuellemerit, .comme. l'on fit (?), qu'avec la même valeur nominale, qui dans: ce moment se réduit presque à; rien. Je n'ai pas d'autre mobilier qUe celui qui est nécessaire à ma, famille, en y ajoutant ma bibliothèque qui est de quelque, valeur, la: même à peu près qu'elle avait avant la Révolution mais sans profit depuis que la Révolution m'a fait perdre 1 l'exercice,de mon état.,,, , ,

Je ne parlerai pas d'une autre perte accidentelle, de la perte'de mes, oliviers par les froids excessifs des années 1789 et 1794 ; elle meprivé aussi d'un Certain revenu.

J'ai acquis pour environ deux mille livres de biens patrimoniaux en; ',1790 et11791- suivies sollicitations: qu'on m'en a. faites et il, m'est échu depuis quelques six milles livres de successions collatérales. '■ . Je n'ai point de dettes passives, mais mes biens sont grevés d'une pension viagère de doux à trois cents livres en faveur d'Une soeur religieuse et d'une restitution de dot d'environ quinze mille livres.

Et,voilà tout lé compte que j'ai à rendre de ma fortune. On fie peut guère l'évaluer à présent.dans l'incertitude ou. la variation du prix des; monnaies courantes. Mon héritage qui pouvait être estimé de 90 à 100 mille livres avant la Révolution, monnaie d'alors, est à peu près celui qu'ont -possédé mes pères. Ils ont tous vécu dans le même état „de bourgeoisie depuis Pierre Durand, pourvu de la charge de viguier dé Taràscon par le roi François Ier, l'an 1541, lequel est de tous mes auteurs le plus ancien que j'ai pu reconnaître.

DURAND-MAILLÂNE.

--!:; ' ' -'-III-- 1" ''"!:

DÉCLARATION DE GRÀNET (FRANÇOIS-OMER).

Aux Représentants du peuple composant le Comité des décrets

■ ; !,et procès-verbaux, salut.

La correspondance d'un frère, mon fondé de pouvoirs,.étant.interrompue (je ne sais pour quel motif), depuis plus de six mois que je


— LXVÎII —

suis en état d'arrestation, il m'est impossiblë>de satisfaire pleinement à la loi du 4 vendémiaire, Ceque je puis déclarer, et ce ; que je déclare, sans crainte d'être démenti par les cent mille habitants de ma commune, c'est que ma fortune consistait avant la Révolution (comme elle consiste encore), en immeubles sis en rivé neuve à Marseille, prévenus, depuis plus de douze ans, de biens patrimoniaux ; que ces immeubles ne Sont point en location actuellement et que, lorqu'ils y étaient, leur produit de huit mille francs servait à payer des dettes de l'hoirie et les impositions.

Je ne puis connaître le montant des dettes, tant parce que, dès l'aurore de la Révolution, j'ai laissé les affaires entre les mains de mon frère, que parce que nos livres et écritures; de famille et de commerce ont été déposés au tribunal de Marseille; J'estime que mon mobilier montait à environ six mille francs en numéraire avant la Révolution. Je l'ai augmenté depuis le commencement de la législature jusqu'en germinal an 3e républicain, d'environ troip mille francs en numéraire, partie en estampes et partie en livres.

Avant la Révoluton le bénéfice d'un commerce de tonneaux balançait mes dépenses annuelles et depuis la Révolution, appelé par le peuple au directoire du déparlement des Boiiches-du-Rhône, à la Législative et à la Convention, j'ai vécu pendant ce temps par le moyen des honoraires de ces.diverses places. . ; ■ i " ■ : '

Fait au Mont Michel, le 12 vendémiaire l'an quatrième de la République française [4 octobre 1795].

F* GRANET (1).

IV

DÉCLARATION DE LAURENS (BERNARD).

Je certifie et déclare qu'au moment de mon départ pour la Convention nationale ma fortune consistait en ce qui suit : Une maison à Marseille, onze mille livres ............... 11.000 1.

Mon mobilier, mes livres, mon peu d'argenterie, ensemble

dix mille trois cents livres.. ., 10.300 «

Des fonds sur des effets de commerce sur la place de Marseille et sur des contrats aux écritures des citoyens

(l) Granet avait pris le prénom de Factieux.


— LXIX —

Pons, notaire à là même ville, pour soixante-quàtré

mille neuf cents livres 64.900 «

TOTAL..... 86.200 1.

Il me resto ma maison de Marseille qui, [vaut] la sommé de onze 5 mille livres.............:........................... ■11.0001.

De mon mobilier, livres, deux mille cent livres,.......... 2.100 «

J'ai acheté une maison nationale à Marseille, cinquante-un ; mille livrés; j'ai payé à compte seize mille cinq cents livres . ,.....■ ...... l&^OO «

Il m'a été payé tant des effets de commercé sur la place de Marseille que sur les contrats aux écritures du citoyen Pons, notaire de la même commune, quarante mille livres 40.0001.

De cette somme reçue j'ai placé par contrat aux écritures du citoyen Billard, notaire à Monceau, commune du '■-'.canton de; Glichy, district de Franciade, vingt-huit mille sept-cent-cinquante livres. 28.750 «

Il m'est encore dû sur contrat du notaire Pons à Marseille et des effets dé commercé sur la place de la même Commune, dix-huit mille neuf cents livres.... 18.900 «

Il me reste en tout soixantè-dix-sept mille deux-cent-cinquante

deux-cent-cinquante 77.250 «

que je certifie avoir à présent pour toute fortune,

A Paris, le vingt vendémiaire, la quatrième année républicaine une et indivisible [12 octobre 1795]. , ,

B" 1 LAURENS,

Représentant du peuple élu par le département des Bouches-du-Rhône.

■!-;: ...-,■ y.

DÉCLARATION DE PELLISSIER (DENIS-MARIE).

Déclaration dé l'état de ma fortune depuis 1789 jusqu'au 9 vendémiaire an 4me de la République (1795 v. s.) [1" octobre].

J'avais en 89 deux maisons de campagnesur le territoire de SaintRèmy. J'avais une maison dans la même ville, quelques terres écartées et quelques capitaux. J'avais enfin sur le territoire de Maillane


—- L.XX

quinze saunées de biens-fonds. Tous ces objets me rendaient en 89 environ mille écUs de rente. Ma fortune est aujourd'hui dans le même état: Je n'ai fait ni vente, ni acquisition. Je me suis soutenu ici par le traitement de la Nation, par la consommation annuelle de mes rentes, parcelle de quarante-cinq louis en or et cinq mille livres en assignats que j'avais apportés en venant à la Convention en 92. '. Sur cela j'ai payé trois mille sépt-eents livres dont, j'étais débiteur. Si quelqu'un me connaît quelque contrat caché, quelque acquisition secrète dans quelque point de la République que ce soit, je lé somme de le déclarer.

A Paris, le 9 vendémiaire an 4me de la République française, une et indivisible [1er octobre 1795]. ! ;:!

PELLISSIER,

député du département

des Bouches-du-Rhône.

VAR

DÉCLARATION DÉ RICORD (JEAN-FRANÇOIS). .

Ricord, représentant du peuplé, détenu dans la prison des QuatreNations à Paris, aux représentants du peuple composant le Comité des décrets,

Je vous fais passer, citoyens, la; déclaration de ma fortune en conformité du décret du quatre de ce mois dont je n'ai eu connaissance que par la voie des journaux.

Vous voudrez bien m'en accuser réception.

Salut.

RlÇORD.

Le 9 vendémiaire an 4 de la République [1er octobre 1795],

Je viens d'apprendre par la voie des journaux que la Convention Nationale a décrété le 4 de ce mois que les représentants du peuple doivent déposer dans le délai d'une décade au Comité des décrets la déclaration de leur fortune. \


— LXXI —

En exécution de ce décret, je déclare que ma fortune se trouve réduite dans ce moment en une campagne dans le terroir de Grasse, département du Var, que je tiens de la succession de mes pères, ignorant quel est celui de mes aïeuls qui en fit l'acquisition ; en un mobilier dont partie à Grasse et partie à Paris, celle ci achetée des fonds provenant du prix d'une maison et de meubles vendus en 1793, le restant des mêmes fonds suppléant à l'insuffisance de mon traitement pour ma nourriture, entretien, etc.

J'affirme que je n'ai fait l'acquisition d'aucun immeuble.

Fait à Paris, dans la prison des Quatre Nations, le neuf vende

miaire an quatrième de la République française une et indivisible

11er octobre 1795].

RICORD,

représentant du peuple.

SÉANCE DU 10 MARS 1911

Présidence de M. ASTIER, président.

Présents : MM. ASTIER, Dr BALP, BELLETRUD, Emile BÉRAUD, Ernest BLANCARD, DITGÈS, Dr DOZE, Abel ETIENNE, Dr Joseph GIRARD, LABAT, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, POUHAER, POUPÉ, SERVIN.

Le procès-verbal de la séance du 17 février est lu et adopté. -

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion et une brochure intitulée Généalogie de tous les offices de notaires de l'arrondissement de Draguignan, depuis le XV' siècle, offerte par l'auteur, M" Abel Etienne, membre titulaire. Remercîments.

M. le Président exprime les regrets que nous cause la perte de M. Raybaud, ancien pharmacien à Draguignan, membre résidant de 1897 à 1907, depuis son départ, membre associé, ■ récemment décédé à Nice.


— LXXII ■—

M. le Président rend compte de la nouvelle publication de M. l'abbé M. Chaillan, membre associé : Le bienheureux Urbain V (1310-1370), dont la biographie touche par bien des points au passé de la Provence. Plusieurs fois' légat du pape, avant d'être élu lui-même, abbé de la célèbre abbaye de S'-Viotor, Urbain V embellit Avignon, fonda plu sieurs collèges entre autres celui de Manosque, réforma l'église et conquit une belle place dans l'histoire de son époque. Sa grande physionomie revit, complète, dans l'étude aussi documentée qu'intéressante de notre très actif et érudit confrère.

M. de Lacouture analyse la brochure Les fêtes révolutionnaires à Nice, par J. Combet, professeur au Lycée de cette ville, membre associé, et décrit les principales : la réunion à la France ; l'anniversaire de la prise de la Bastille; la Fédération nationale ; laprise de Lyon; laprise de Toulon, etc., célébrées avec beaucoup d'enthousiasme et, dans ce cadre si naturellement pittoresque, avec un éclat particulier ; la dépense fut presque insignifiante à côté des profusions actuelles. La brochure de M. Combet abonde en détails intéressants, quelques-uns piquants, tous révélateurs de l'état d'esprit général de l'époque et des moeurs très particulières d'une population annexée de fraîche date.

M. Servin, professeur d'agriculture entretient la Compagnie des Débuts de l'outillage agricole.

Les nécessités de la culture, dont il esf'permis de supposer affranchi le premier homme, né au centre d'une contrée privilégiée, suggérèrent l'invention des plus anciens outils, fabriqués en pierre d'abord, en bois de renne, en écailles de tortues, ou à l'aide des fragments de mâchoires de l'ours des cavernes.

Le pic et là houe sont les ancêtres de la charrue et leur usage se retrouve dans l'Illinois. La houe est déjà représentée sur les tombeaux d'Egypte, et les musées de Berlin et du Louvre en possèdent des échantillons en bois d'ébène et dé bronze.

La plus ancienne figuration de la charrue, attelée d'esclaves d'abord, de boeufs ensuite, nous vient également d'Egypte. L'araire passe ensuite en Grèce, étant encore d'un seul tenant, et ne se perfectionna que très lentement à l'époque du bronze et du fer. L'embryon du soc apparaît du temps de Columelle, d'abord sous forme de pointe, puis terminé en fer de lance.

L'araire, ou fourche en bois armée d'un soc, pénétra avec la con-


— LXXIII —

quêté -dans les /Gaules, qui* connaissaient déjà !des charrues un peu différentes. Pline attribue même à nos. ancêtres l'innovation dès charrues à roues, comme ils avaient aussi la machine à moissonner. Du temps de Caton, les charrues romaines étaient munies du versoir et -sous-versoir, du coutre et sous-coutre à roues ou sans roues. L'araire romain s'est conservé jusqu'à nos jours, presque sans modification, dans toute la Provence.

Ainsi il y a plus de 2000 ans, la charrue présentait déjà l'ensemble des pièces nécessaires : le soc, le coutre, le versoir, les timons, le régulateur. Pas un perfectionnement jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Quelques petites modifications suivant la région, suivant même le pays; le forgeron du village, par suite de la grande expérience des agriculteurs, avec le conseil des uns et des autres, l'avait adaptée à la consistance du sol, auxcultures, mais c'étaient des détails. Beaucoup de ces modèles subsistent encore. ; avec l'illustre Dombasle toutes les parties de la charrue furent étudiées : cela "restera! son titre de gloire.

L'assemblée examine ensuite avec intérêt divers croquis de charrues celtiques, égyptiennes, gallo-romaines et de soc primitif communiqués par M. Servin.

Il est donné lecture de la noté suivante, au nom de M. lé comte de Gérin-Ricard, membre associé :

La lecture de l'intéressante note de notre confrère M. d'Agnel d'Acigné sur le mille romain me suggère l'idée de communiquer quelques éléments recueillis sur les ■principales- mesures de longueur usitées en Provence et particulièrement sur le mille romain.

Le pied romain, dont Toulouzan (1) a mesuré des exemplaires en fer et en bronze trouvés en Narbonnaise et qu'il a rapproché des proportions de certains monuments et notamment de l'amphithéâtre d'Arles, aurait été de 0" 294.

La palme ou quart de pied équivaut à O 1" 0735.

Le mille romain, égal à 8 stades de Strabon, comprenait 5,000 pieds et équivalait à 1.000 pas géographiques, d'où il s'ensuit que le pas équivalait à 5 pieds, c'est-à-dire à lm 47-et le mille des Itinéraires à ;1470° ou 1473'° suivant que l'on attribue au pied 0.294 ou 0.2946. Or,

(1) De la valeur du mile romain Marseille 1821.


—• LXX-I-V. —-

M. Desjardins a adopté la valeur de 1481" et Hultsh (1) dit que l'on peut choisir entre 1481° et 1478™ 50,

D'autre part; Honoré Bouche (2'j, qui écrivait vers 1660, nous parle d'expériences faites par lui entre dès bornes miliaires qui, de son temps, étaient encore en place sur la Via Aurélia, entre Eguilles et Lançon; elles amenèrent les constatations suivantes :

La distance reconnue entre les bornes fut de 2;000 pas communs dé Provence, qui comprenaient 3 pans. Le pan évalué à 0.245 donne pour les 6.000 pans que comprenait cette distancé 1470°.

Voiciles conséquences tirées de cette expérience :

1° le mille romain == 5.000 pieds romains ~ 6.000 pans provençaux = 750 cannés provençales (3) — 754 toises 1/5 (4) — 1,000 pas géographiques = 2.000 pas communs,

2° la lieue provençale — 8,000 pas communs de 3 pans =3.000 cannes provençales de 8 pans = 4.000 pas géographiques — 4.000 pas anciens = 4 milles romains.

Les équivalences ci-dessus, qui se rapportent aux mesures proven cales, sont à retenir, bien que le débat semble clos sur l'évaluation du mille romain. C'est donc un peu pour mémoire que nous avons tenu à rappeler l'opinion de notre vieil et consciencieux historien local.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

(11 Métrologie antique.

(2) Chorographie de la Propence, I. I. p. 131.

(3) La canne provençale de 8 pans (8 X 0,215) équivaut a 96.

(4) La toise, composée de G pieds de roi, équivaut à ln 949,


LXXV —

SEANCE DU 7 AVRIL 1911

Présidence, de M, ASTIER, président;

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, Emile BÉRAUD, Pierre BÉRAUD, ! DITGÉS, Dr DOZEJ Dr Joseph GIRARD, LABÀT, MAZURE, POUHAER, POUPÉ, SERVIN.

. Excusés : MM. DE LACOUTURE, MIREUR.

... ' En absence dé M. dé Làcoùtùre, secrétaire, empêché, M. le Président donne lecture du procès-verbal de la séance du 10 mars. Adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis-la dernière réunion.

M. le Président annonce la mise en distribution du tome XXVII du Bulletin qui vient de paraître et signale dans la Chronique médicale, (h° du Ier février 1911), revue bimensuelle, dirigée par le Dr Cabanes, un article de notre confrère, M. le professeur H. Truc, de la Faculté de médecine de Montpellier, sur Marat oculiste. Il exprime ensuite les regrets, de!la Compagnie à propos du décès de M, Pau} Arbaud, d'Aix, membre, correspondant depuis. 1879 et adresse toutes ses félicitatisns à notre confrère, M. Rampai, avocat à Marseille, récemment élu membre de l'Académie de cette ville, et à M. Girard, ancien président du tribunal de Castellane, redevenu membre résidant, promu officier de l'Instruction publique.

M. le Dr Doze demande la parole et se fait, en qualité de doyen,

-.-l'interprète- des sentiments de tous, en offrant les vives félicitations de

la Compagnie à M. le Président pour sa promotion si méritée comme

officier de l'Instruction publique. M. le Président répond qu'il est

très sensible aux sentiments qui viennent d'être exprimés.

Communication est donnée de la correspondance.

— Demande d'échange : des publications par la Société d'histoire naturelle de Toulon sur mer. Adopté. !


LXXVI —

— Lettre des directeurs du Bureau préliminaire de la fondation pour l'internationalisme, demandant la liste des questions mises chaque année au concours par notre Société et des prix qu'elle décerne. Réponse négative, la Société n'ayant jamais institué de concours.

— Texte d'une pétition à adresser :àu Président de la Chambre dès, députés, communiqué par la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pantoise et du Vexin, relativement à la protection d'églises, de calvaires, etc., même sans caractère artistique. — La Société estime que la question est étrangère à ses travaux et relèverait plutôt de la Commission départementale pour la protection des sites. '■-.'. | .-

Sont admis, comme membres associés, sur la présentation de MM. Mireur et Poupé, MM. Coutton, conducteur des Ponts et Chaussées à Bargemon, et Bouve, membre de la Société des auteurs et compositeurs de musique, 18, rue Philibert Lucot, Paris XIIIe.

M. Pouhaër, capitaine au-112e de ligne, fait l'historique dès 8e et 9e bataillons du Var et du bataillon du Beausset.

Le 8e bataillon fut levé en septembre 1792 pour se rendre à l'armée d'Italie; le 9', en novembre, sur la réquisition Verbale des commissaires de là Convention Aubry, DespinaSsy et Isnard, dans le but de renforcer l'armée des Pyrénées; mais, sur la demande du général d'Anselme, il reçut la même destination que le précédent. Ces deux bataillons se trouvaient en garnison à Toulon, fin août 1793, quand ce port fut livré anx Anglais. Les! volontaires qui les ,composaient désertèrent en partie et formèrent un nouveau 9e bataillon ; il grossit l'effectif des troupes révolutionnaires assiégeant la ville révoltée.

Quant au bataillon du Beausset, il fut formé, fin juillet 1793, par la garde nationale de ce canton, qui avait refusé d'adhérer au mouvement sectionnaire et se porta vers Nice pour se mettre aux ordres des représentants en mission Barras et Fréron. 11 fut. dirigé sous Toulon et fit aussi partie de l'armée assiégeante.

Il est donné lecture, au nom de M. Mireur, d'une communication ci-après insérée, intitulée : Les petites curiosités de l'histoire. La ferme des jeux à Barjpts au XV' siècle..

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.


LXXVIl —

Les petites curiosités de l'histoire.

La fermé dés jeux à Bar fols au XV°" siècle.

Le texte inédit que nous publions nous introduit dans un des petits coins rde notre société moyenâgeuse les moins explorés et non les moins curieux — lé coin de la police, car le moyen âge eût aussi un service de police. On pourrait s'en étonner à voir la désinvolture, le sans-gêne absolu avec lesquels il se comportait, les licences étranges, déconcertantes, qu'il- prenait impunément avec l'hygiène, la sécurité publique, avec les plus élémentaires, bienséances. Nous invoquons parfois — peut-être sans trop les connaître — les libertés de cette enfance de la civilisation. Est-il certain que les plus tolérants d'entre nous fussent d'humeur à les supporter toutes, à moins de fermer volontairement les yeux, de se boucher les oreilles.., et aussi le nez ?

Ce très rùdimentaire service était confié en nos Villes libres — et très libres, — à un officier dit de robe courte par opposition au juge, Officier de robe longue; Des officiers portant la robe ne sont pas pour surprendre à une époque où chacun était ainsi qualifié dans le monde judiciaire, financier et administratif, depuis le grand sénéchal, bras droit du prince, jusqu'au vulgaire sergent de la plus infime juridiction. Notre armée d'hommes de loi et d'affaires, auxiliaire de la justice, n'a-t-ellé pas conservé ces cadres de pacifiques officiers sans troupes et sans épèe, parfois avec leur archaïque uniforme, dans ses officiers ministériels, aussi peu militaires que ministres? Et, par hasard, le petit manteau à collet, insuffisamment décoratif pour lés honorables huissiers de nos tribunaux, ne seraiWl pas un souvenir très lointain et persistant, un diminutif commémoratif de la robe courte-d'antàn ?

Le chef de la police locale pourtant aurait eu plus de droit que d'autres au panache, étant erimêtpe temps capitaine pour le Roi de la ville et de son ressort. On le disait yiguier ou bailli, selon qu'il était préposé à la tête d'une viguerié ou d'un bailliage, deux désignations différentes — pourquoi ? — de circonscriptions administratives identiques (bailliage à Fréjus, viguerié à Draguignan lorsque le bailliage y eut été transféré en 1203). Le bailli de Barjols était annuel comme les


— LXXVIII —

autres et armé également du sacramentel bâton du Roi, mornô ou émoussé d'ivoire à l'une seulement, nous le supposons, de ses extrémités.

L'inoffensif insigne réveillait-il, d'aventure, le souvenir encore cuisant d'anciennes bastonnades ? Toujours est-il que sa prestigieuse vertu ne saurait être comparée qu'à celle de la magique baguette de coudrier, de féerique mémoire. Sans lui lé bailli né pouvait rien ; avec lui, un autre, à sa place, pouvait tout. Lorsqu'en absence ou empêchement il remettait l'ivoire sacré à un suppléant, il investissait celui-ci, ipso facto, de la plénitude de son autorité. Bien plus, en certaines réunions qui, auraient pu devenir tumultueuses, on Se bornait à déposer lé bâton du Roi sur le bureau, et II faisait à lui tout seul la police de l'assemblée. C'était ie para-grêle des orages parlementaires, plus efficace encore que les autres parce que menaçant au besoin et sans qu'on prit la peiné de S'agiter, encela très supérieur au timbre présidentiel si souvent martelé en vain à tour de bras. II. eût suffi en effet au plus qualifié de s'en saisir pour avoir le droit de mulcter, d'amende les perturbateurs, de les faire empoigner au besoin et conduire au croûton municipal.

Ne sourions pas, de grâce, de ce culte naïf, de ce superstitieux fétichisme pour un vulgaire simulacre, pour un symbole de bois. A l'imperfection de leur organisme administratif, à l'impuissance des moyens matériels pour contenir des passions ardentes, des instincts grossiers et violents, les dangereux excès de la force brutale, nos simplistes aïeux avaient suppléé par la terreur des châtiments corporels— quelques-uns barbares — et par l'influence non moins agissante de certaines idées morales.

Entre autres attributions de police, le bailli était chargé d'exécuter les mandements de justice, de commander le guet, de faire la chassé aux malfaiteurs, aux mal vivants, aux mauvais garçons — au masculin et au féminin. Il lui fallait avoir l'oeil sur ces dames, les tenir en respect même à l'église — surtout à l'église, où elles usurpaient scandaleusement les premières places, au point qu'on avait dû les réléguer sous le clocher (1) ; — avoir aussi la main dans les poches

(1) Ordonué de faire informer contre toutes, les femmes publiques et, une fois les informations prises sur leur réputation, de leur enjoindre tout particulièrement, sub pend formidabili, de se tenir dans l'église leur place accoutumée,..c'est-à-dire,- sous le clocher (ordonnancé du conseil de ville du 12 août-15V1 ; arcli.c'v de Barjols, BB, 16, f» 17 v°).


-r- LXXIX —

suspectes de receler le couteau catalan meurtrier, à longue pointé effilée — le browning dés XIVe et XV' siècles. Enfin il avait à exercer Une Surveillance sévère sur les joueurs effrénés, joueurs aux. tarots et aux dés, qu'éïaîent nos .passionnés ancêtres.

Or, très ingénieux, les baillis de Barjols avaient trouvé un moyen fort simple, bien pratique, plus encore avantageux de faire la police du jeu, c'était de le donner eux-mêmes. Ils s'étaient donc pourvus du .matériel nécessaire, tarots ou cartes,,.dés ou carreaux,- d'un local éclairé à l'aide de chandelles de suif ou de torches .de résine, et ils tenaient jeu ouvert à l'exclusion de quiconque.

Ce révoltant abus de pouvoir sous prétexte de vigilance et d'accomplissement plus rigoureux du devoir; professionnel, ne révoltait personne, étant exactement dans la note générale des idées et des moeurs contemporaines. Cela ne faisait qu'un monopole de plus, ajouté à tous les autres.

Le monopole est, en effet, à la base de tout l'ancien et très ancien régime. C'était à qui le revendiquait et l'exploitait, le souverain en son nef plus grand que les autres, le baron en sa seigneurie, le prieur en son bénéfice, le fournier et le meunier en leurs usines banales, le smagistér en son:école, les gabeliers municipaux^ boucher et.boulanger, en leurs boutiques, le paysan sur son champ, chacun vivait d'ù.n monopole d'état, état royal, féodal, ecclésiastique ou communal. Tout.le monde viendra moudre à mon moulin et cuire à mon four, édîctait le seigneur/qui.les avait construits tout: exprés. On ne,consommera que lé vin du cru, légiférait Jacques Bonhomme, jouant volontiers au seigneur dans le conseil de ville. En vertu du môme protectionnisme à outrance, pas d'école libre concurrente, puisqu'il y en a,une subventionnée par ta ville. Si celle-ci, en mat dïargent, est réduite, pour en réaliser, à emprunter des denrées, des laines, du drap, etc., sauf à les revendre à perte, défense à qui que ce soit de débiter les mêmes marchandises aussi longtemps qu'elle n'aura pas écoulé son stock, La banalité est odieuse, exercée par le seigneur.' Elle devient bien intéressante lorsque la commune a racheté les fours et les moulins pour les exploiter à son profit. Les privilèges'qui nous choquent le plus ne déplaisent pas à nos démocraties communales, au tempérament autoritaire, à la mentalité toute; féodale, pour qui l'intérêt public —- res publica — justifie et légalise le plus tyrannique arbitraire. Salus populi, suprema lex. Nul n'ignore qu'aux années difficiles du grand règne lé trésor aux abois battit monnaie avec les


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appétits et la vanité par la création de monopoles sous forme d'offices bizarres Passe pour les jaugeurs, ne disait-on pas aussi essayeurs (?) d'eau-de-vie ! mais que penser des orieurs d'enterrements (1690)? De nos jours, certains, jaloux d'imiter et de dépasser notre prédécesseur Louis XIV, rêvent d'un état distillateur. Ont-ils songé ■ aussi, comme matière imposable, encore plus inépuisable, à un état croque-morts?

S'étânt érigé lui-même en croupier patenté, encore qu'exonéré de toute patente, le bailli affermait partie de son privilège. 11 traitait avec des sous-verges, nous voulions dire sous-viguiers et partageait avec eux les charges et les profits de l'emploi, jusqu'à la clientèle. Je vous abandonne, leur disait-il, les criées et proclamations,, l'exécution des ordres ou mandements (preaepta) émanés dé vous, les saisies-gageries, les prises de corps, la traduction des prisonniers, entre nous, toute la basse besogne et plus ou moins rémunérée.

Aux foires de S'-Michel (29. septembre) et de S'-André (30 novembre), nous aurons la moitié chacun des bénéfices du; jeu et des frais d'éclairage et autres, naturellement ; mais vous aurez les bouts de chandelle, etc., — il n'y a pas de profit négligeable (1); — la moitié aussi des chaperons saisis aux dames; galantes (à Toulon, on allait jusqu'à les dépouiller de leur robe, prohpudor !). Aux autres foires de l'année, tout sera pour vous. Quant aux couteaux, ils appartiendront à qui lés aura confisqués, et nous partagerons le produit des amendes municipales infligées sur votre dénonciation. Comme prix de ferme, nous mettrons cela à 14 florins.

Seulement je me réserve de donner le jeu chez moi, à mon bénéfice exclusif, à d'honnêtes gens. La restriction n'était pas flatteuse pour les habitués des tripots des sous-viguiers, ni pour ces derniers, sans; grande illusion, il est vrai, ni fausse susceptibilité à cet égard.

Cela se passait sous l'excellent roi René, en sa bonne ville de Barjols, chef-lieu de l'un de ses bailliages, au vu et au Su de chacun et se renouvelait régulièrement toutes les années, par devant notaire. On a choisi, entre un assez grand nombre, le contrat de 1479 Comme

(1) « Quod, inmindinis, ludus dividatur per médium elquihbf.t solvat' viedielaietn sumptuum tam candelarum, ligni, dacilorum et cartarum et sobre sint pénilus dicti 4ubvicarii...t; contrat du 2 juin 1487; a™ Boniface Malet (arch. dép>»>, S.E.82T. f»418).


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l'un dès plus explicités en y ajoutant, dans lès explications qui précèdent, certains traits empruntés à d'autres (1).

Au point dé vue de l'histoire de l'institution, le document détaille quelques-unes des -diverses branches du service du délégué royal en qualité d'officier de police. Il est surtout curieux pour l'étude des anciennes moeurs administratives comme indication des conditions plutôt originales dans lesquelles ce service fonctionnait, du large pouvoir discrétionnaire laissé aux titulaires et de la façon non moins largedont ils en usaient.

Qn peut supposer, sans trop craindre de lès calomnier, que, terrés en leurs petits gouvernements, loin dé tout contrôle, ils se permettaient beaucoup, encore que soumis, à leur sortie de charge, à l'obligation de .répondre pendant une dizaine de jours à toutes les réclamations sur leur gestion. Ils faisaient ainsi Ce qu'on appelait leur syndicat — car le moyen âge connut déjà le syndicat des fonctionnaires; toutefois on. ne pouvait pas reprocher aux fonctionnaires de l'avoir organisé. Après cela, pourvu qu'ils assurassent-la défense du pays éh cas d'invasion, le maintien de l'ordre et de la tranquillité publique en temps de paix, qu'ils ne se montrassent point trop revêches dans leurs rapports avec la population, ni à Aix ni à Barjols on ne regardait au choix -de leurs moyens, ni à la source plus bu moins légale de .certains de, leurs profits. Bien plûs^ lé conseil de ville y allait même d'ordinaire d'une petite gratification. Dame ! ils étaient si mal payés ' Ces commandants de place, façons de sous-préfets, commissaires de police par surcroît, touchaient des « gages » de famine : 50 livrés au maximum, c'ést-à-dire 2 gros, sauf erreur, - 1 6 pitès 2/5 par jour .(2).-.'Or,- au château de Gardaiie, lès laboureurs gagnaient 2 gros 1/2 et les moissonneurs 4 gros, dont i gros 1/2 pour la nourriture, car « ils beuvent à la grand mesuré, a bien soin de faire remarquer le comptable, et puys y tournent [y retournent] » (3).

On trouvait donc tout naturels les revenants-bons que les baillis se créaient par leur industrie, tout en remplissant et soi-disant même pour mieux remplir les obligations de leur charge. L'autorité royale

(1) Cf. notamment, arch. dépl", E, 835, 90 ; 988, ('• 26 v» et 1.16; 826, f» 7 ; 838, f • 15 ; 857, f" 297 et 418, et 830, f" 21. "

(2) Ce chiffre est alloué au bailli lorsqu'il remplit en même temps l'office dé juge (arch. déplM des Bouches-du-Rhône, B, 1761;.

(3) Le roi René à son château de Gardane, par M. Chaillan, p. 93,


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fermait les yeux. Ne se sentait-elle pas désarmée par son excès de parcimonie devant ces tours du bâton, ingénieusement exécutés par ceux à qui elle ne fournissait pas le moyen de le porter plus dignement ?

EMPTIO SUBVICARIE DE BARJOLIS (1) ET DE ALPIBUS (2).

Anno incarnationis Domini millesimo 1111° LXXIX et die septimâ mensis junii, notum sit, etc., quod nobilis'Bertrandus de Comis, bajulus et capitâneus curie régie de Barjolis et de Alpibus, gratis, etc., vendidit et vendicionem firmam et irrevoeabilem fecit de officio subvicarie curiarum regiarùm dicte ville de Barjolis et de Alpibus, Augustino Elziarii, alias B'orma,- de Draguiniano, et Blasio de Kristoforos, de Biella (3), diocesis Verselhi (4), presentibus, ë'tç, videlicet hinc ad festa proxima maii, precio videlicet et nomine precii fiorenorum

fiorenorum solvendorum per cosdem ., ...

--- Et primo fuit de pacto, etc., quod omnes proventus ludorum fiendorum et capayronorum meretrieum fiendorum in nundinis Beati Micaelis et Beati Andrée dicte ville cum omnibus sumptibus et expensis propter ea necnon fiendis, inter ipsas partes equis partibus dividantur.

Item fuit de pacto, etc., quod bmnes alii proventus ludorum et capayronorum dicte ville de Barjolis et l.oci de Alpibus, ultra dictas nund'inas Beàti Micaelis et Beati Andrée usque dictant (sic) [dicta] festa proxima maii s[int] et esse debeant dictorum A[lziarii] et Blasii.

Item fuit de pacto, etc., quod dictus nobilis Bertrandus Se Comis, bajulus, possit, tenere ludum cum bonis gentibus in dotno sue habita-, cionis et quod proventus ipsius ludi, sit quis sit, sit ipsius domini bajuli, dicto tempore perdurante.

Item fuit de pacto, etc., quod omnes precepta fienda per dictum dominum bajulum sint sua propria et precepta eciam fienda .per ipsos Augustinum et Blasium sint eorumdem Augustini et Blasii, dicto tempore perdurante.

Item fuit de pacto, etc.. [quod] omnes proventus çuteilorum levandorum per ipsum dominum bajulum sint sui proprii, dicto tempore perdurante.

Item fuit de pacto, etc., quod omnes pêne municipales quas denunciari contingeret per eosdém Augustinum et Blasium quod ipsi Augustinus et Blasius ' habeant medietatem ipsarum penarum et dictus dominus bajulus aliam medietatem, dicto tempore perdurante.

(1) Barjols, chef-lieu de canton, arrond. de Brignoles.

(2) Aups, . > > > de Draguignan.

Les deux bailliages étaient réunis sous un même bailli résidant a Barjols.

(3) Biella, province de Novare, Italie. - (4) Verceil, id. id. id.


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Actum Barjolis, in focanea domus habitacionis mei notarii subscripti; testes, magister Jacobus Plasentii, notarius dicte ville; magister Bartholomeus Ergulhosii, giperius, habitator dicte ville.

Et ego Petrus Fave, notarius, etc. (1).

SÉANCE DU 12 MAI 1911

Présidence de M. ASTIER, président.

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, Emile BÉRAUD, BERRUTTY, DITGÉS, Dr DOZE, DUVAL, Abel ETIENNE, Dr Joseph GIRARD, GUBERT, Antoine GUERIN, JEAN, LABAT, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, PERRIMOND, POUHAER, POUPÉ, RAFFIN, RAMPAL, SALVARELLI, VERRION.

Le procès-verbal de la séance du 7 avril est lu et adopté.

Sont déposés sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion ainsi qu'un exemplaire de la Carte numismatique oro-hydrographique de la Gaule à l'arrivée de Jules César, de MM. G. Martin, conservateur du Musée des médailles de Marseille, et L. Dadre, membre de la Commission d'inspection du Musée, offert par notre confrère M. Rampal.

Remercîments.

(1) Arch. dépi" du Var, S. E., 836, f- 12.

Ce Bertrand de Comps appartiendrait-il a la famille noble des Roux de Comps ou de Cormis dont la généalogie donnée par l'abbé Robert aurait besoin d'être complétée (Etat de la Provence., 1, 544)? Il nous a été impossible de le rattacher.

On trouvé'un Bertrand de Comps a Brignoles, aiitéricii'-euii'nl, fi i XIV» el cnmmi'nrrmcnt dn XV" (arch. c1», CC Comptes 1381 ou 1385-1111, f" 371 v° el 373 ; cadastre de 1400, f»- 1 el 43) (cf. également Essai histor. sur Brignoles, 296, 302).


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Communication est donnée de la correspondance.

— Accusé de réception des 5 exemplaires du tome XXVII du Bulletin de la Société adressés à M. le Ministre de l'Instruction publique et destinés aux Commissions de publication du Comité des travaux historiques et scientifiques et à la Bibliothèque des Sociétés savantes.

— Programme des concours ouverts pour 1912, par l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne.

M. le Président annonce que la Société vient de perdre deux de ses membres et collaborateurs les plus dévoués, MM. Louis de Bresc, notre corespondant à Aix depuis 1857, et Paul Bérenguier, entomologiste, à Nîmes, membre associé depuis 1881. Il se fait l'interprète des sentiments de tous en exprimant les profonds regrets de notre Compagnie pour leur brusque disparition et donne lecture des deux notices suivantes, rédigées la première, par M. Mireur, la seconde par M. Joseph Azam.

Louis de Sigaud de Bresc, né à Aups en 1834, avocat, successivement maire de Moissac, sous l'Empire, d'Aups, en 1874-1876 ; représentant du canton de Tavernes au Conseil général de 1883 à 1892, subitement enlevé à Aix le 17 avril 1911, était et de beaucoup le plus ancien de nos correspondants (1857) et l'un de nos collaborateurs. Fixé à Aix depuis son mariage avec M"e de Berluc-Pérussis, la soeur de l'éminent et si regretté provençal, par ses intérêts comme par beaucoup de liens de l'esprit et du coeur il n'avait pas cessé d'appartenir à notre région où il passait d'ailleurs, dans ses propriétés d'Aups ou de S'-Jean de Bresc, une partie de la belle saison. Notre Société avait bénéficié de son affection pour la petite patrie et il partageait à cet égard l'ardeur des sentiments de l'inoublié Ferdinand Panescorse, qui avait épousé en premières noces sa soeur. Chez lui ils se rehaussaient d'une culture générale, de goûts artistiques, de l'amour et de la connaissance du passé provençal et régional étudié soit dans ses historiens, soit à la source des souvenirs et traditions populaires, durant les longues villégiatures, soit enfin auprès des maîtres de l'érudition parmi la savante société îixoise. Sur l'histoire civile et religieuse des communes du canton d'Aups et de Tavernes, leurs objets d'antiquité ou d'art, leurs institutions, moeurs et usages, leurs célébrités, les principaux épisodes de leurs annales, la chronique


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anecdotique de l'ancienne société, sa conversation, toujours aimable, enjouée, pleine d'entrain, était des plus instructives. Que de détails curieux, piquants, la plupart inédits ! Le grand charme qu'on éprouvait à l'écouter, n'était mélancolisé que d'un regret, hélas ! éternel maintenant, à savoir que l'érudit qui avait recueilli patiemment ces trésors n'eût jamais trouvé le temps, à travers une existence trop mouvementée, de les mettre en oeuvre. Les nombreuses notes, accompagnées parfois de croquis, seront sans doute pieusement conservées. Mais où est désormais l'explication, le commentaire trop souvent indispensables ?

Dessinateur, connaisseur en sculpture et en peinture, collection. neur, bibliophile, virtuose du tambourin, passionné pour le vieil instrument national comme pour toutes les gloires provençales, Peiresc au premier rang, notre regretté confrère réunissait les. aptitudes les plus heureuses et les plus, variées. Et cette distinction de . l'esprit, jointe à celle des manières, fleurissait sur un fonds de bonté, d'obligeance, d'altruisme, de générosité inépuisable.

L'Académie d'Aix en couronnant sa verte vieillesse, respectée par les infirmités, du grand honneur et très mérité de la présidence, lui réservait une douce satisfaction : celle de dire le dernier adieu à son ami de 50 ans et confident de tous les jours, Paul Arband, le bibliophile émérite, bienfaiteur princier de la Compagnie. Or, particularité singulièrement impressionnante, le disconrs ému qu'un confrère dut lire à sa place, fut son nunc dimiitis...

La ville d'Aix a perdu en lui un des derniers survivants de la brillante.pléiade des Durant-la-Calade, de Ribbe, Mis de Boisgelin' Berlue, Paul Arband ; notre région, une de ses notabilités les plus connues, les plus aimées, et non des moins distinguées ; la Société d'études, son cher doyen parmi ses correspondants, resté inébranlablement fidèle, un auxiliaire précieux, souvent mis à contribution et qui ne sera pas remplacé. Les quelques pages sensationnelles sur YEx-voto de Barras — écrites à notre sollicitation, au cours d'une maladie et qui feront rechercher demain le tome XXVIII de notre Bulletin, — auront été le legs du meilleur et plus cordialement dévoué de nos confrères.

- La mort si inopinée de ce provençal de goût, de savoir et de talent, au riche coeur, fut un deuil pour toute la Provence érudite et lettrée. Ce deuil, notre Compagnie, plus particulièrement frappée, le porteralongtemps.

Louis de Bresc a touché d'une plume élégante et facile à bien des


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sujets de l'histoire locale, objets d'art, fêtes, coutumes, illustrations, épisodes mémorables, etc., dans la Revue sextienne, notre Bulletin, celui de l'Académie d'Aix, etc. Son oeuvre maîtresse, à laquelle son nom restera attaché, est l'Armoriai des communes de Provence, dont il avait lui-môme, avec autant de patience qne d'habileté, dessiné les planches et qui est toujours consulté et recherché.

Paul Berenguier naquit à Nîmes, le 9 juillet (856,

11 fit de brillantes études chez les Jésuites d'Avignon et commença aussitôt après de suivre les cours de médecine.

Il dût toutefois les interrompre pour accomplir son service militaire.

Il revint ensuite dans sa famille dont la situation de fortune pouvait lui permettre de mener une vie libre et indépendante ; mais le goût de l'histoire naturelle, qui était inné en lui, devait remplir tous ses loisirs.

Aussi sans conseils, sans guides autres que lès ouvrages spéciaux il entreprit l'étude des coquilles terrestres et fiuviatiles de nôtrerégion.

En 1881 Paul Berenguier fut reçu membre associé de notre Société d'études : c'est à ce moment que je le connus.

Depuis lors, chaque année, à la belle saison, sac au dos, nous avons parcouru le Département en tous sens, récoltant les nombreux matériaux mis en oeuvre dans son remarquable travail sur la Malacographie du Var, où il décrivit vingt-trois espèces nouvelles.

Les AMALIA upermelaina, leucophoea, ochrocoea. Les LIMAX squanosus, granosus, Oswaldi, Lachensis. *.-,■"■.

Les HÉLIX collestha, Panescorsei, subnemoralis, acrophila, suberina, orespola, Oswaldi, falsa. La BYTHINELLA, Anleisensis.

Les PALUDESTRINA Renei, Locardi, Panescorsei, Aeami. Le PISIDIUM olivetorum et les UNIO orthellus et Forojuliensis.

Sur ces entrefaites, distingué par M. Bourguignat grâce à ses travaux, il fut admis dans la Société Malacologique de France, dont le nombre de membres était très restreint et où, chaque vacance 1 groupait un grand nombre de demandes.

Il travailla ensuite à une étude d'ensemble les mollusques nus de la faune de France sans négliger les recherches et l'étude des mollusques marins des côtes de Provence.


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Il laisse à leur sujet un travail très important, digne pendant de sa malacologie du Var, dans lequel il donne les cartes des sondages effectués sur nos Côtes, la description des fonds et de toutes les espèces de coquilles marines qui les habitent.- (Ce travail terminé existe en manuscrit, dans ses archives).

En 1893 il fut reçu membre de la Société d'histoire naturelle de Nîmes et quelque temps après il entreprit le dragage de la fontaine de Nîmes, à la recherche et pour décrire les coquilles qui; l'habitent.

Nos excursions de recherches continuaient chaque année et comme ses études conchyliologiques étaient à peu près terminées, je le décidai à s'occuper des Orthoptères, famille d'insectes que j'étudiais depuis plusieurs années. -

Il fut vite au.courant de leur nomenclature et, deux ans après, il arrivait à déterminer sûrement toutes les sauterelles qui lui étaient présentées.

Il se donna avec passion à cette nouvelle étude et nous explorâmes ensemble le Var, les Hautes et Basses-Alpes, la Drôme et une partie des Pyrénées, le Gard, la Camargue et l'Aigoual, faisant partout de bonnes découvertes. " '" ,."'''"■'..

En outre il poursuivait chez lui l'élevage de divers orthoptères dans le but de pénétrer les..seCrets de leur évolution.

En..4 907, il publia la biologie de l'Isophya Pyrennoea, étude très complète et pour ainsi dire, unique en son genre, dans laquelle, il décrit la Vie de cet insecte de lasortie de l'cfeuf à sa mort, le tout illustré parles photographies qu'il prenait lui-même sur ses sujets en captivité.

Il décrivit successivement les moeurs de la Saga serrata, des Ephippiger terrestris et Biitereusis, du Barbiiistes Bérenguieri, de Lepiophyespunctatissima, de la Locusta viridissima. ,

En 1909 il signale à la Société Entomologique de France, dont il était membre depuis 1906, la capture du véritable mâle de Bacillus Gallicus Charpentier : on connaissait déjà deux mâles décrits sous ce nom, l'un par Brunner de Wattemvil, l'autre par Finot, tous deux capturés à Hyères, tous deux bien différents entre eux et différents aussi: avec celui de Paul Bérenguiei-i.

L'année suivante il fut assez heureux pour prendre un deuxième mâle , identique au premier et dès lors il se mit à étudier la biologie dé ce remarquable orthoptère sur lequel il publia une série de notes en décembre 1909.


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C'est cette année qu'il fut appelé à occuper un fauteuil vacant à l'Académie de Nîmes : son discours de réception avait pour titre : La lutte pour l'existence chez les insectes orthoptères.

La même année, le Ministre de l'Instruction publique lui décernait les palmes académiques au Congrès des Sociétés savantes.

La digne veuve de notre regretté confrère a bien voulu me confier l'éducation du Bacillus gallicus ainsi que les notes qu'il avait,déjà prises, je lui en exprime ici:toute ma reconnaissance.

Trente années de relations toujours si cordiales, presque fraternelles, avalent créé entre Paul Berenguier et moi une amitié que la mort seule devait rompre :,aussi c'est le coeur plein de regrets et de souvenirs précieux que je viens lui rendre, à la demande de la Société, ce dernier témoignage de ma profonde affection.

BIBLIOGRAPHIE

MALACOLOGIE

Essai sur la faune malacologique du département duVar, 1882, (Bull.

' Soc. d'études scient, et archèol. de la ville de Draguignan). Addenda et corrigenda, 1883. (Bull. Soc. d'études scient, et archèol.

de la ville de Draguignan. Malaco-Straiigraphie du département du Var, 1883. (Bull. Soc.

d'études scient, et archèol. de la ville de Draguignan). Hélix Collestha (Bull. Soc. Mdlac. de France). Malacographie du département du Var, 1884-1885, avec 2 cartes et

22 planches. (Bull. Soc. d'études scient, et archèol. de la ville de

Draguignan).

ENTOMOLOGIE

Notes orthopterologiques— I. - La Magicienne dentelée (Saga sérratd), Charp. avec planches, 1905. (Bull. Soc. d'études des Sciences naturelles de Nîmes).

Prodrome des Orthoptères du départ, du Gard et de la Camargue, 1906. (Bull. Soc. d'études d'hist. natur. de Nîmes).

Notes orthopterologiques. — II. - Observations sur lés mues de quelques locustaireS. III. -Biologie dé l'Isophia Pyrennoea Sera., var.Nemausensis, 1907. (Bull. Soc. d'études des Sciences natur. de Nîmes).

Notes orthopterologiques. — IV. - Locusta viridissima, Lin.


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V. - Accouplement de VEphippigeraierrestris Vers. VL - Orphania denticàuda. Charp' VIL - Saga Syriaça Luc, 1908. (Bull. Soc. d'études des Sciences natur. de Nîmes).

— Capture du véritable mâle de Bacillus Gallicus Charp. Nouvelle capture d'un mâle, typique de B. Gallicus Charp., 1909. (Bull. Soc. Entomol. de France).

La lutte pour l'existence chee les insectes orthoptères, 1909, Mémoires de l'Académie de Nîmes.

Notes orthopterologiques. — VIII. -Bacillus Gallicus Charp.Elevage, accouplement. Parasitisme. Distribution géographique. IX. ~ Myrmecophila acervorum Panser. X.-Au sujet du genre Tetrix Latreille. (Bull. Soc. d'études des Sciences naturelles de Nîmes).

Notes orthopterologiques. XI. - Suites de l'élevage du Bacillus Gallicus. (Sous presse). (Bull. Soc. d'études des Sciences natur. de Nîmes).

M. le Présideut signale à la Société le rapport présenté par M. Aulard au Comité des travaux historiques sur une communication.de notre confrère M. Poupé intitulée Documents relatifs à l'expédition de Sardaigne en 1793 (Bulletin historique, et philologique du Comité, n°s 1 et 2, 1910).

M. de Lacouture rend.compte de la brochure de M. Combet, professeur au lycée de Nice, sur la Société populaire de cette ville. Il l'envisage- au point de vuedéson organisation,-de ses rapports avec les Sociétés similaires des départements, de son action sur la politique locale et examine tour à tour les questions religieuse, militaire, économique, etc. L'étude de M. Combet est une précieuse contribution à l'histoire des: Sociétés populaires.

M. Mireur communique et commente deux lettres patentes originales du roi René, trouvées aux archives communales d'Aups, délivrées en faveur de cette communauté, et datées du 1er août 1453 à Fréjus. Il paraît en résulter que le souverain, venant de Gap, suivant un itinéraire inconnu jusqu'ici, pour se. rendre par mer, à Vintimiile, aurait traversé Sisteron, Riez, Aups, Praguignan: et Fréjus, pour s'embarquer à Saint-Raphaël.

Il est procédé, conformément aux statuts, au renouvellement du bureau, pour la période 1911-1913.


•- :— XC -.;,

Sont élus : Président, M. CHARLES AZAM.

Vice-président, M. ABEL ETIENNE. Secrétaire, M. JULIEN LABAT. . Conservateur, M., ALEXANDRE GIRARD.

L'élection du trésorier est renvoyée à une séance ultérieure. '

M. le Président remercie, au nom du bureau sortant, les membres de la Société du cordial concours qu'ils ont bien voulu lui prêter pendant les deux années qui viennent de s'écouler.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

SEANCE DU 19 MAI 1911

Présidence de M. Abel ETIENNE, vice-président

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, BELLETRUD, Ernest BLANCARD, Abel ETIENNE, Alexandre GIRARD, Dr Joseph GIRARD, GUBERT, Antoine GUÉRIN, JEAN, LABAT, DE LACOUTURE, LATIL, MIREUR, PERRIMOND, POUHAER, RAFFIN, RAMPAL, SALVARELLI, VERRION.

Lé procès-verbal de la séance du 12 mai est lu et adopté.

M. le Président, en son nom et au nom des membres du bureau, élus dans la dernière séance, remercie la Compagnie et l'assure de tout son dévouement et de celui de ses collègues.

. Est admis comme membre titulaire, sur la présentation de MM, Mireur et Poupé, M. Eynard, inspecteur primaire à Draguignan.

Communication est donnée de la correspondance.

—Lettre de M. Bonnaud, archiviste de l'Académie du Var, au sujet


'— XCI —-

de l'abatage d'un arbre qui menacerait la solidité du dolmen dit la Pierre de la fée, abatage. réclamé par la Société préhistorique française. — Une commission, composée dé MM. Joseph Azam, Mireur et Servin, est nommée avec mission d'aller examiner cette question sur les lieux et de présenter un rapport à la prochaine séance.

— Lettre de M. le marquis de Tryon-Montalembert au sujet des ferriers qui existeraient dans le déparlement. — Réponse sera faite par le bureau qui de plus engagera M de Tryon-Montalembert à s'adresser, de la part.de M. le d'octeur Joseph Girard, de Draguignan, à M. Janet, 29, rue des Volontaires, Paris, très documenté sur le sujet.

— Lettre de M"e Camille Roch, faisant hommage à la Société d'une notice sur Bormes dont elle est l'auteur. — Remercîments.

— Lettre de M. Charles Azam, élu président dans la dernière séance, donnant sa démission pour des raisons de santé.

La Société décide de procéder à son remplacement en même temps qu'à l'élection d'un trésorier.

Sont élus : Président, M. EDMOMD POUPÉ. Trésorier, M. CHARLES AZAM.

M. Rampai demande que les mémoires publiés par la Société paraissent désormais en fascicules, au lieu d'être réunis en volume. - Après un échange d'observations, il est décidé que cette question sera mise à l'étude par le bureau.

M. le Président prie les membres de la Compagnie de ne faire des communications sur les séances aux correspondants des journaux locaux et régionaux qu'après s'être concertés avec le bureau.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.


XCII

SEANCE DU 13 JUIN 1911

Présidence de M. Edmond POUPÉ, président

Présents : MM. ASTIER, Joseph. AZAM, Alexandre GIRARD, Dr Joseph GIRARD, LABAT, DE LACOUTURF., LATIL, MIREUR, PERRIMOND, , POUPÉ, SERVIN, membres titulaires, et D'AGNEL D'ACIGNÉ, membre correspondant.

Excusés : MM. chanoine AUTRAN, Abel ETIENNE, EYNARD, RAMPAL.

Le procès-verbal de la séance du 19 mai est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion.

M. le Président souhaite la bienvenue à notre confrère M. d'Agnel d'Acigné, membre correspondant, venu de Toulon à Draguignan pour compléter ses recherches sur le tracé de la voie aurèlienne, et prononce l'allocution suivante :

MESSIEURS,

Avant de vous donner communication de la correspondance, j'ai le devoir de vous présenter mes rèmereîments personnels pour le grand honneur que vous me faites en m'appelânt à veiller pendant deux ans, de concert avec mes confrères du bureau, sur les destinées de notre Compagnie. Comme nos! devanciers, nous nous efforcerons de maintenir les traditions auxquelles celle-ci doit sa prospérité. Cette tâche, d'ailleurs, nous sera facile, car nous sommes tous, ici, des gens de bonne foi et de bonne volonté, unis par le seul désir d'accroître notre culture personnelle, scientifique ou historique, et de contribuer, par des travaux impartiaux, au développement des connaissances générales. Votre nouveau bureau est persuadé que nous continûrons à poursuivre ce double but, avec des sentiments de confiance réciproque, pour le plus grand profit de notre très chère Société.


~— XCIiï

Communication est donnée de la correspondance.

— Accusé de réception par M. le Ministre de l'Instruction publique des exemplaires du tome XXVII du Bulletin de la Société destinés aux Compagnies françaises et étrangères correspondantes.

— Texte des-protestations adressées à la Société préhistorique française par différentes Sociétés savantes contre le projet de loi sur les fouilles archéologiques.

— Demande d'échange de publications par l'Université de Californie. Rejeté avec regrets.

Est admis, comme membre titulaire, M. Leclerc, percepteur à Draguignan, sur la présentation de MM. Servin et Astier.

M. le docteur Joseph Girard donne lecture de la lettre suivante, trouvée dans les papiers de Louis Gérard, de Cotignac, le naturaliste bien connu, déposés à la bibliothèque municipale de Draguignan.

Draguignan, le 4 juin 1786.

MONSIEUR,

Par une lettre circulaire à une partie des médecins des plus voisins et des plus accrédités, je les prie de vouloir bien se trouver à Draguignan lundi prochain, 12 du courant au matin, pour être témoins et attester un phénomène extraordinaire au sujet de la nommée MarieAnne Barbaroux qui rend par les deux seins des graines et des fleurs de la, famille des composées. La Société royale de médecine, les diffé rentes académies du royaume avec lesquelles je suis en correspondance depuis longtemps à ce sujet font plus que de douter de ce phénomène. Ils le croient impossible. Je leur ai demandé des commissaires ainsi qu'à Mgr le baron de Breteuil, ministre. Leur éloignement rend la chose un peu difficile ; mais comme le fait est vrai, quelque extraordinaire qu'il soit, et que je veux les convaincre crainte que ce phénomène ne cessât avant leur arrivée et par conséquent tombât dans l'oubli, je vous prie, monsieur, de vouloir bien vous rendre à Draguignan le jour susdit. Vous ne serez point fâché de la peine que vous prendrez ; vous serez témoin d'un écart de la nature dont aucune annale ne fait mention. Votre attestation, jointe à celle de vos confrères réunis et des plus notables de la ville, suffiront pour convaincre ou pour engager les savants regnicoles ou étrangers à


— XCIV .reprendre tels arrangements qu'ils jugeront à propos pour s'en convaincre par eux-mêmes.

En attendant, je suis avec une parfaite Considération, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

BOUSQUET, D. M.

M. le docteur J. Girard étudie le curieux cas rapporté par le docteur Bousquet, qui exerçait à Draguignan et n'était pas sans valeur. Il conclut que ce dernier a été la victime d'une supercherie de femme hystérique. Marie-Anne Barbaro.ûx avait Sans doute de l'anesthésie des seins et trouvait amusant de bourrer, après dilatation compressive et préalable, ses canaux galactophores avec dés graines et dés fleurs que la pression faisait ensuite sortir, Le docteur Bousquet est excusable de s'être laissé tromper ; au XVIIP siècle on connaissait peu et mal les cas de simulation hystérique.

M. d'Agnel d'Acigné Ht une partie et résume l'ensemble d'une étude, avec cartes à l'appui, sur l'embranchement dé la voie romaine dit de Riez. Depuis la rampe de Femme-morte au-dessous du Muy, où il se serait détaché de la voie solennelle, on en suit les tracés successifs, mille par mille, à travers la vallée de la Nârtuby, sur les plateaux d'Ampus, Vérignon, ou dans la vallée du Verdon, enfin jusqu'à Riez, même à Digne. C'est là qu'il aurait abouti en réalité, d'après diverses données corroborées par une inscription romaine inédite.

M. Servin, au nom de la commission nommée dans là dernière séance pour examiner si le chêne qui se trouve près du dolmen dit la pierre de lajèe, en menace la solidité et doit être abattu, donne lecture du rapport suivant :

MESSIEURS,

La Commission, composée de MM. Joseph Azam, Mireur et Servin, que vous avez nommée dans votre dernière séance pour aller examiner le dolmen dit Pierre de la fée, s'est réunie hier lundi. MM. Astier, chef de division à la Préfecture, qui a dans ses attributions la surveillance des monuments historiques, et Poupé, président de notre. Société, avaient tenu à l'accompagner.


xcv —^,

Il s'agissait de se rendre compte de la solidité du • dolmen. Il parait qu'on en doutait et qu'une mise en demeure avait été adressée à l'administration, des Beaux-Arts d'avoir à abattre d'urgence un arbre séculaire qui, disait-on, menaçait de renverser nos si intéressantes et si précieuses vieilles pierres. '

J'avoue que cette requête m'avait fort étonné. Je le fus davantage quand nous arrivâmes au pied du chêne contigu au mégalithe, car rien ne la justifiait. , . '. " Le site de la Pierre de la fée est, par un beau crépuscule d'été, Vraiment impressionnant, avec la vallée à la végétation plantureuse d'un côté, la colline boisée fermant l'horizon de l'autre. Nos grands aïeux avaient bien choisi leur lieu de repos éternel, car c'était là, sans contredit, un tombeau servant aussi de lieu,, de culte; —on n'a jamais, dans aucune religion, séparé l'un de l'autre.

Notre très beau dolmen est entouré de trois arbres superbes, qui en sont le cadre et aussi là poésie. C'est d'abord un très-vieux genévrier presque millénaire. Que d'assauts ce vieil arbre a subis ! la foudre l'a brisé cent fois, mais Cet ancêtre tient bon et j'admirais hier soir le vert si tendre de ses nouvelles feuilles. Quel beau symbole dans cet arbre au tronc sec : le bois s'effrite mais la cime est toujours saine et verte ! De même les générations qui dorment sous cette pierre sont aujourd'hui poussière, mais leur descendance renaît dans nos populations si vigoureuses du-terroir de Draguignan. Cet arbre est le complément de notre dolmen. Le second, un vieux micocoulier, qui a bien cinq cents ans, est un des plus beaux que j'ai vus dans le pays et certainement un des plus beaux de Provence. Il est dans la force de l'âge avec des frondaisons superbes, pleines de vigueur ; il donne un ombrage épais ; il ne peut, celui-là, en rien gêner la, pierre, il n'y touche pas.

A l'opposé s'érige le chêne, sujet du litige.- C'est aussi un bel arbre qui donne bien l'impression de la force. En comparaison de ses congénères qu'on abat, il doit bien avoir 250 à 300 ans. Son tronc ou plutôt son collet s'encastre dans la pierre droite qui soutient le dolmen, et c'est ce qui à fait craindre qu'un jour il ne la renverse. Nous avons beaucoup discuté à ce sujet; mais à mon avis qui est, je crois, partagé par mes collègues de la commission, puisqu'ils m?ont fait l'honneur de me charger de ce petit rapport, le danger est loin d'être imminent ; pour nous il n'existe même pas.

Ce chêne, plein de sève, avec ses superbes frondaisons est le plus


XCVI

bel ornement dû dolmen. Il y a certainement bien des lustres qUe ses racines atteignirent la pierre et en épousèrent la forme.

Dans Tâecroissèmeht en grosseur, le trône des arbres^ au moment où là sève élaborée rédescend pour former F aubier, n'offre qu'Une résistance relativement faible'; il cède facilement si l'obstâclè est résistant. ■ Dé nombreux exemples se présentent à nous tous lès jours d'arbres déformés, courbés en pleine croissance. Notre chêne était relativement jeune quand son tronc a atteint la pierre — c'est elle qui s'incrustera dans le tronc du vieil arbre et c'est lui qui la consolidera. La seule crainte sérieuse qu'aurait pu faire naître le chêne aurait été la poussée en dessous; les racines en se développant auraient pu peu à peu faire sortir la pierre de terre, comme on voit sur nos boulevards les racines de platanes soulever le trottoir. Mais il faut dire que ce sont des platanes, arbres dont les racines cherchent à se rapprocher du sol et qu'elles ont affaire peut-être à des pavages et cimentages peu solides — je connais des villes où les trottoirs bordés de platanes; n'ont pas souffert — mais le chône n'a pas là même façon de faire ; ses racines s'enfoncent profondément ; elles ne resSortent pas, contournent même les pierres qui leur font sérieuse résistance pour aller chercher plus loin leur nourriture. D'ailleurs les mégalifhes: sont très profondément, enfoncés en terre; etles racines d'aucun arbre ne sauraient lés renverser. Nulle crainte à avoir. Si je ne redoutais d'être accusé dé paradoxe, je dirais que le chêne consolide aucontraire le dolmen.

Soyez certains que nos cendres et celles de descendants en nombre , seront depuis longtemps retournées à la terre, sans que ce dernier ait cessé de s'ériger, immuable, sous l'ombrage du vieux chêne dont bien dès générations goûteront encore le charme et la fraîcheur.

M. le Président met aux voix les conclusions du rapport qui sont adoptées.

L'ordre du jour étant épuisé,'la Compagnie s'ajourne, suivant l'usage, au mois de novembre et la séance est levée.


XCVII

SÉANCE DU 3 NOVEMBRE ,1911

;Pr,ésidence de M. EDMOND ;Ppypi, président.

Présents : MM. BËLLETRUD, E. BÉRAUD, A. BONNET, DITGÉS, Abel ETIENNE, A- GIRARD, Dr J. GIRARD, LABAT, LATIL, MIREUR, PERRIMOND, POÙHAER, POUPÉ, SALVARELLI, SERVIN.

Excusés : MM. ASTIER, chanoine AUTRAN.

Le proeès1verbal de la séance du 13 juin est lu et adopté.

Sont déposées sur le bureau les publications des Sociétés çqrresr pondantes reçues depuis la dernière réunion. A signaler de plus, les ouvrages suivants offerts par les auteurs :

Salvarelli et Astier : Annuaire du Var pour 1911.

Poupé et Mireur : Petite Histoire de Draguignan.

Rêmercîments.

M.le Président, adresse les félicitations de la Compagnie à nos confrères M. Servin, récemment promu officier du Nichamlftikar, .et. F., Lombard, nommé, avec avancement, inspecteur des forêts à Nice. 11 espère que ce dernier, dont le départ est vivement regretté, nous restera attaché comme membre associé.

Communication est donnée de là. correspondance.

."".-.— Lettre, de M. Leçlerc, remerciant de son admission comme membre titulaire.

— Circulaire de M. le Ministre de l'Instruction publique, en date du 1" juillet 1911, informant que le 50^ congrès dès Sociétés Savantes de Paris et des départements s'ouvrira à la Sorbonne le mardi 9 avril 1912. — Envoi du programme.


— XCVIII —

— Dépêche de M. le Ministre de l'Instruction publique, en date du 7 août 1911, avisant la Société qu'il lui a alloué une subvention de 200 francs, à titre d'encouragement pour ses travaux bn 1911. — Rêmercîments.

— Lettre de M. Bonnaud, archiviste de l'Académie du Var, datée du 23 juin 1911, accusant réception des conclusions de la commission nommée pour étudier la question de la solidité du dolmen de Draguignan.

— Lettre de de M. le Directeur du Répertoire d'art et d'archéologie, datée du 22 juin 1911, demandant l'échange du Bulletin de la Société contre ladite publication. — Décision ajournée.

— Lettre du secrétaire de la Smithsonian institution de Washington, en date du 14 octobre 1911, demandant l'envoi des tomes 3, 4, 5, 10 et 12 du Bulletin. — Rejeté, ces exemplaires étant très rares ou épuisés.

— Lettre du secrétaire de la rédaction du Polybiblion, demandant le tome xxvn du Bulletin pour en rendre compte dans cette revue. — Rejeté avec regrets.

— Circulaire du président du comité pour l'acquisition, par la ville de Dôle, de la maison natale de Pasteur, demandant que notre Compagnie contribue à cette acquisition. — Il est décidé qu'une collecte sera faite parmi les membres de la Société, celle-ci n'ayant pas de fonds suffisants pour souscrire elle-même, et que le montant sera adressé au président du comité sus indiqué.

— Circulaire demandant l'i dhésion de la Compagnie à la Société pour l'étude de la gravure française. — Rejeté, faute de ressources.

M. le Président informe la Société, que fin juin, M. J. Azam a demandé au bureau de mettre notre salle des séances à la disposition des membres de la Société régionale des architectes du Var, qui devaient se réunir à Draguignan le 6 juillet. — Le bureau, considérant que les membres de cette société faisaient en majorité partie de la nôtre, a acquiescé à la demande de M. Azam, mais en spécifiant que c'était à titre exceptionnel. M. Aublé, président de la Société des architectes, a remercié par lettre les membres du bureau, dont M. le président demande de ratifier la décision. — Adopté.


— XCIX —

-Mile Président expose qu'il a reçu du Secrétaire général de la Ligue Nationale contre l'alcoolisme, une lettre datée du 9 octobre 1911, demandant que notre Compagnie émette un voeu, dont il communique le texte, en faveur de la limitation des débits de boissons parles pouvoirs publics. — M. le docteur Girard fait remarquer que ce voeu n'est pas en dehors de nos attributions, puisqu'il se rattache à une question d'ordre scientifique. Après un court échange de vues, il est adopté. ■ >

Sont admis comme membres résidants :

M. Masse, professeur honoraire, sur la présentation de MM. Astier

et Poupé; M, Hastings, imprimeur, sur là présentation de MM. Latil et J. Azam.

Gomme membres associés :

M. J. Garnier, propriétaire à Brignoles, sur la présentation de MM. Duval et Mireur ; -

M. le vicomte de Savigny de Moncorps, à Seillans, sur la présentation de MM. J. Gubert et Mireur;

M. le colonel R. de Villeneuve-Bargemon, sur la présentation de MM. Poupé et Mireur ;

M. Augustin Alleman, boulevard des Italiens, 29, Paris, sur la présentation de MM. Duval et Belletrud ;

M. .Antoine Barbier, de Lorgues, sur la présentation de MM. Poupé et de Lacouture.

M; Abel Etienne lit et commente divers documents, ci-après insérés, relatifs au siège de Toulon, en septembre-décembre 1793, et conservés aux 1 archives communales du Beausset : réquisitions de Carteaux, de Bonaparte et de son frère Joseph.

M. Labat, secrétaire, donne lecture d'une notice de M. le docteur Guébhard sur certains objets préhistorisques remarquables, trouvés en, 1889 au Mont Gros, près de Nice et donnés à la Société par un de ses membres, M. A. Bonnet, Ces bronzes, qui présentent une analogie frappante, avec d'autres découverts récemment à Clans (Alpes-Maritimes), proviendraient d'un atelier de fabrication de la région remontant à la fin de l'âge de bronze. M. le docteur Guébhard, après les avoir signalés, les uns et les autres, au Congrès préhistorique de France, a.bien voulu en envoyer des moulages, exécutés par


les ateliers du musée de St-Germain en Làye, à J notre Société qui lui exprime, ainsi qu'au Directeur de ce musée, tous ses rêmercîments.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Documents relatifs au siège de Toulon

Les archives communales du Beausset ont conservé un certain nombre de réquisitions militaires signées du général Carteaux et du capitaine d'artillerie Buonaparte, quelques-unes entièrement autographes. Ces réquisitions, encore peu connues, sinon toutes inédites, se rattachent aux opérations du siège de Toulon (1793). Elles fournissent à la documentation de ce mémorable événement une petite contribution, intéressante surtout par la notoriété ou l'importance des personnages historiques dont elles émanent.

Abel ETIENNE.

1

Jean-François Carteaux, général en chef des armées de la République française, commandant l'armée du Midi et d'Italie ;

Requiert la municipalité du Beausset de faire partir aujourd'hui les citoyens qui se sont présentés à la commune pour servir-dans l'armée ; ils se rendront au camp d'Ollioules, ils s'adresseront au général Mouret qui les emploiera de la manière la plus utile au bien de la République.

L'adjudant général : MARIETTE. Au quartier général du Beausset, le 16 septembre an IL de la

République.

II

Jean-François Carteaux. général en chef des armées de la'République française, commandant l'armée du Midi et dTtalie:;

Requiert la municipalité du Beausset de fournir le logement; à quarante-quatre volontaires arrivant de Sàint-Nazaire.

L'adjudant général : MARIETTE. Au quartier général du Beausset, le 16 septembre an II de la

République.


— CI —

III

Jean-François Carteaux, général des armées de la République française, employé à celle des Alpes et commandant l'armée destinée à repousser les rebelles de Marseille et toute force départementale ;

Je requiers la municipalité du Beausset de donner des ordres au maître de la maison où je loge, pour que le lit où je couche actuellement me suive à Ollioules.

Le général en. chef de l'armée d'Italie : CARTEAUX. Au quartier général du Beausset, le 20 septembre 1793.

IV

Joian-François Carteaux, général en chef des armées de la République française, commandant l'armée du Midi et d'Italie ;

Requiert la municipalité du Beausset de me fournir à l'instant tous les ouvriers ou travailleurs de terre qui peuvent exister dans sa communauté, pour partir du Beausset avec leurs pelles, pioches, etc., à midi précis et être rendus à Ollioules à 2 heures.

CARTEAUX. Au quartier général d^Ollioules, le,26 septembre 1793 an II delà

République française.

V

Jean-François Carteaux, général en chef des armées de la République français®, commandant l'armée du Midi et d'Italie ; .

J'ai ordonné à la municipalité du Beausset de surveiller à ce que

les voituriers qui apportent des vivres et autres objets destinés pour

l'armée, ne séjournent pas au Beausset et qu'ils partent sur le champ

pour leur destination.

CARTEAUX.

Au qurtier général d'Ollioules, le 26 septembre 1793 an II de la

République.

VI

Jean-François Carteaux, général en chef des armées de la Repu blique française, commandant l'armée du M>di et d'Italie ;

Ordonne à la municipalité du Beausset de payer l'étape d'un jour au 5? bataillon des grenadiers montagnards des Bouches-du-Rhône,


Cil —,

indépendamment du pain et du vin qu'elle a fourni lors du passage du

bataillon.

CARTEAUX.

Au quartier général d'Ollioules, le 5 octobre 1793.

VII

Jean-François Carteaux, général en chef des armées de la République française, commandant l'armée du Midi et d'Italie ;

Requiert la municipalité du Beausset de faire arrêter sur le champ, le nommé Audran, volontaire du 71 bataillon de la Montagne, employé à la boulangerie du Beausset, et de le faire traduire au quartier général sous sûre garde.

L'adjoint à l'Etat-Major : SALLE.

Au quartier général d'Ollioules, le 12° jour du second mois de

l'an II de la République.

VIII

Au quartier général d'Ollioules, 12 octobre 1793. Le Commandant de l'artillerie de l'armée du Midi aux citoyens officiers municipaux du Beausset :

Je vous prie, citoyens, de me donner des renseignements s'il serait possible de faire des fascines auprès de votre ville. Je vous prie de m'envoyer quelque homme intelligent qui connût parfaitement votre territoire, avec qui je puisse causer sur cet objet-là. Il faut que les fascines aient 8 à 9 pieds de long, 5 ou 6 lignes de diamètre et qu'elles soient composées de brins de bois qui ne soient pas torteux (sic). 11 faudrait aussi des branches de saules de 3 à 4 pieds de long, afin de s'en servir pour lier les fascines.

Le Commandant de l'artillerie de l'armée du Midi, BUONAPARTE.

" IX

Ollioules, le 14 octobre 1793, Le citoyen Buonaparte, commandant de l'artillerie, aux citoyens officiers municipaux du Beausset :

Le citoyen Taisand, capitaine de la Compagnie de la Côte d'Or, est


— oui •—

chargé de la réparation du chemin des gorges d'Ollioules, il aura besoin de quelques outils et surtout de masses de fer.

Je ne doute pas que vous ne fassiez tout ce qui est en vous pour lui procurer ce qui lui sera nécessaire. . -

Requiert l'entrepreneur de se porter chez le citoyen Taisand et de prendre ses ordres.

Le Commandant de l'artillerie de l'armée du Midi : BUONAPARTE.

Il faut 60 couffins, 60 tant pics que pioches et des masses que l'on

pourra trouver. ..'. .

TAISAND.

.X .

Ollioules, 14 octobre 1793. Le citoyen Buonaparte, commandant de l'artillerie, .aux-citoyens offi1 ■ ciers municipaux du Beausset : ,-

Vous m'avez écrit hier que vous m'envoyez quatre charrettes de fascines afin de servir de montre ; je ne les ai point reçues,-. Vous pouvez montrer celles que vous avez et prendre dés renseignements auprès du citoyen Taisand. Je vous prie de prendre considération de cet objet qui, s'il était négligé, arrêterait nos travaux.

Le Commandant de l'artillerie de l'armée du Midi. BUONAPARTE. .

XI

Buonaparte; commissaire des ' guerres/ employé à l'armée du -Midi, aux officiers municipaux du Beausset et de la Cadière :

Je requiers les municipalités du Beausset et de la Cadière de fournir au faisant fonction de Directeur de l'ambulance et après une estimation préalable dont il devra dresser;procès-verbal, le linge dont il a besoin poùrle service des blessés.

! 'Ollioules; le 16 octobre 1793 an II de la République. Le commissaire des Guerres : BUONAPARTE.

XII

Buonaparte, commissaire des guerres, employé à l'armée du Midi, aux officiers municipaux, du Beausset'. Il vous arrive ce soir dans votre commune, citoyans,. un copyoï de


CfV

blessés assez considérable pour que fous ne puissent pas trouver à être logés au dépôt militaire. Je vous prie de vous donner tout le mouvement possible afin- de pouvoir loger une quarantaine de malades.

Salut et fraternité.

Le commissaire des guerres : BUONAPARTE. 25 brûniâiré (16 novembre 1793).

XIII

Buonaparte, commissaire des guerres, employé à l'armée du Midi, aux officiers municipaux du Beausset :

Ollioules, 26 du deuxième mois de l'an II de la République,

une et indivisible.

Requiert les officiers municipaux de fournir à l'hôpital ambulant d'Ollioules 10 hommes propres à exercer la fonction d'infirmier ; ils seront payés conformément aux lois ; ils ne pourront être choisis que dans la classe de ceux qui sont en état de réquisition. Salut, fraternité et célérité.

Le commissaire des guerres : BUONAPARTE.

' XIV

Buonaparte, commissaire des guerres, employé à l'armée sous Toulon;

Je requiers les préposés à l'administration des vivres de fournir au directeur du dépôt du Beausset quatre caissons de ceux qui retournent à Marseille pour le transport de plusieurs blessés.

Je mets sous leur responsabilité l'inexécution de la présente réquisition.

Beausset, le 10 frimaire an II de la République, une et indivisible,

(1" décembre 1793). '

Signé: BUONAPARTE.

XV

Ollioules, 16 brumaire an II, (6 novembre 1793).

Le citoyen Buonaparte, commandant de l'artillerie à l'armée du Midi, aux administrateurs du district du Beausset :


— cv —

-, Le parc de l'artillerie qui assiège Toulon a, citoyens, un grand besoin de gabions et de paniers. Je vous prie, en conséquence de mettre en réquisition, le plus promptement possible, tous les ouvriers qui sont occupés dans votre district à faire des paniers ou des damesjeannes et dé les envoyer sans délai au parc d'Ollioules.

Le commandant d'artillerie de l'armée sous Toulon : BUONAPARTE.

XVI

Ollioules, 29 brumaire an II, (20 novembre 1793).

Le commandant d'artillerie de l'armée sous Toulon aux officiers municipaux du Beausset :

Je vous requiers, citoyens, de faire faire par les charpentiers de vôtre commune trois mille six cents piquets de bois dur et droit, ayant 2 pieds 6 pouces de long sur 2 pouces de diamètre à la tète et 600 ayant 3 pieds de long sur 4 pouces de diamètre.

Il faudra se servir pour ces piquets du bois de chêne, de frêne, de châtaignier, ou tout autre bois dur.

Il faudrait que ces piquets fussent faits dans la journée de demain.

Vous voudrez bien y tenir la main et fournir aux ouvriers tout ce qu'ils pourront avoir besoin en hommes, en outils ou en bois.

'BUONAPARTE.


CVI

SÉANCE DU 1er DECEMBRE 1911

Présidence de M. EDMOND POUPÉ, président.

Présents : MM. ASTIER, Joseph AZAM, BELLETRUD, Ernest BLANCARD, A. BONNET, DITGÈS, Abel ETIENNE, A, GIRARD, GUBERT, HASTINGS, JEAN, LABAT, MASSE, MIREUR, MISSIMILLY, POUHAER, POUPÉ, RAFFIN, SALVARELLI, SERVIN.

Excusés : MM. EYNARD, LATIL, LECLERC.

Le procès-verbal de la séance du 3 novembre est lu et adopté,

Sont déposées sur le bureau les publications des sociétés correspondantes reçues depuis la dernière réunion. — A signaler de plus l'opuscule suivant offert par l'auteur :

Henri Martin : Sur un squelette humain de l'époque mousiérienne, trouvé en Charente. *

Rêmercîments.

M. le Président souhaite la bienvenue à. nos nouveaux confrères, MM. Hastings et Masse, et communique deux lettres, l'une de M. de Savigny de Moncorps, l'autre de M. A. Barbier, remerciant de leur admission comme membres associés.

Est admis comme membre titulaire, M. Mathieu, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées à Draguignan, sur la présentation de MM. Raffin et Salvarelli.

M. le Président expose que M. Busin, négociant à Draguignan, a en sa possession des monnaies romaines, des assiettes en terre cuite, des épingles et des aiguilles en bronze et en os, des statuettes en bronze, trouvées autrefois dans le domaine de Saint-Hermentàire. Il a obtenu l'autorisation de faire photographier les objets


Objets trouvés à Saiiit-HerincnUiire



CVII

les plus intéressants ; il met sous les yeux de ses confrères un exemplaire de cette photographie reproduite hors-texte. Voici les dimensions des objets représentés :

Épingles, aiguilles, etc., (de gauche à droite)

■ 1° 0 m. 16 de longueur ; 2° 0 m. 09 —

3° 0 m. 122 —

4° 0 m. 144 de longueur totale ; longueur de la cuillère, 0 m. 042. 5" 0 m. 146 de longueur.

Chien

Longueur du socle à la basé 0 m. 04

Hauteur du socle 0 m. 02

Largeur du socle 0 m. 03

Longueur totale du disque à la queue 0 m. 055

Hauteur du chien, du socle à la tête 0 m. 04

Hauteur du chien, du socle à l'extrémité de la queue 0 m. 02

Diamètre du disque 0 m. 014

Le socle est entièrement creux et ouvert aussi sur le côté opposé à la face représentée.

Statuette de Mercure

Hauteur totale 0 m. 08

Hauteur du corps -. 0 m. 06

Largeur, de l'extrémité du bras droit à l'autre bras 0 m. 04

Manteau rejeté sur l'épaule gauche ; près du pied droit, un chien.

Phallus

Hauteur totale 0 m. 035

Largeur à la partie supérieure 0 m. 02

Largeur à la partie inférieure .... 0 m. 0,18

Diamètre total de l'anneau 0 m. 014

Le musée des antiquités nationales à Saint-Germain en Laye possède un grand nombre de statuettes de Mercure ou d'animaux ; aucune n'est identique à celles qui proviennent de Saint-Hermentaire.

M.lePrésident rappelle que, dans la dernière séance, la Compagnie n'a pas statué sur la demande du Directeur du Répertoire d'art et d'archéologie d'échanger cette publication contre notre Bulletin. Après une courte discussion l'échange est décidé.


CVIII

M: le Président propose ensuite de déposer au Musée municipal, dans un but de vulgarisation et sous réserve de toute propriété, les moulages des bronzes de Mont-Gros et de Clans, dont il a été, question dans la dernière séance.

Adopté.

M. Mireur communique le texte, ci-après inséré, d'une ordonnance du conseil communal de Barjols, du 1" octobre 1532, instituant la gratuité de l'instruction pour les enfants de la ville.

Le même membre lit un chapitre de la suite des Rues de Draguignan, consacré à l'historique de la Place aux Herbes, ancienne placé de la Porte romaine, dénomination dont la véritable origine partage les érudits. La place, créée après la démolition de la barbacane ou demi lune qui défendait l'entrée de la porte de l'enceinte médiévale, fut une des sialons principales du jeu populaire de la fête-Dieu, très couru au XVIe siècle, et. devint une des plus animées de la ville, surtout après l'édification du palais de justice à l'Observance (fin XVIe siècle). Théâtre des bals de la joyeuse jeunesse des Romains (sic), présidés par l'abbé annuellement élu ; sous la Fronde, des luttes parfois sanglantes des factions dont elle formait la ligne de partage, puis de leur réconciliation aussi solennelle que peu durable, elle ne cessa pas d'être très fréquentée au XVIII* siècle où s'y ouvrirent les premiers cafés. Ne serait-il pas temps de lui restituer son vénérable vocable de Place de la Porte Romaine, qu'elle échangea à cette époque, contre celui, aujourd'hui sans signification, de Place aux Herbes, remplacé sous la Révolution par un autre bien éphémère, Place de l'Egalité ?

11 est ensuite donné lecture d'une note de M. A. Barbier, de Lorgues, notre nouveau confrère, concernant des fouilles qu'il a exécutées sur le plateau de la colline de St-Ferréol, dénommé la Chèvre d'Or. A une profondeur de 0,30 à 0,35 centimètres, près des remparts de l'oppidum, il a trouvé des outils en pierre polie, des débris de poteries noires, rouges ou grises, un fragment de meule en porphyre et même un amas de grains de blé mêlés à d'autres graines indétermi nées.— Au quartier de l'Argoulet, sur une colline, près de la Florièye, M. Barbier a également découvert une sépulture gallo-romaine, mais les teguloe ne portent aucune inscription. Enfin, au quartier du Palet, près du hameau de St-Jaume, notre confrère a trouvé des débris d'outils en serpentine polie.


— GIX —

M. Belletrud présente un bracelet en cuivre qui lui appartient, provenant du Dahomey, lequel offre une grande analogie de forme et de dessin avec ceux découverts dans les Alpes-Maritimes et ci-dessus mentionnés.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

Gratuité de l'instruction à Barjols (Var), sous François Ier

On sait qu'en Provence, de toute ancienneté, les bourgs et la plupart des villages eurent des écoles. A Barjols, chef-lieu d'un bailliage, c'étaient de grandes écoles ou petit collège, où l'on enseignait -un peu de latin. Dans les premiers registres de comptabilité qui nous sont parvenus, nous voyons que la commune louait pour le logement du maître une maison, sise sur la Place, au prix annuel de 2 florins (1395), et, plus tard (1418), une autre, moins avantageusement située, si l'on en juge par la modicité du loyer, 6 sous [par mois (?)] « en que estavon los escolans » (I). C'était évidemment un très petit co^ège.

A partir au moins du XVIe siècle la direction en était baillée « à la dispute », c'est à dire au concours, tous les ans, pour les fêtes de Pentecôte. Il était alloué au maître 6 florins de gages (2) (le notaire du conseil n'en touchait que 3 1/2), plus le. produit d'une rétribution scolaire, ici un peu exceptionnellement perçue par la ville, et dont nous n'ayons pu savoir le taux. Ce taux variait selon que les élèves, « grammaires » ou grammairiens, « sachant ben legir », suivaient le cours de latinité ou, encore « petits », apprenaient simplement a « legir » (contrat de louage du 24 juin 1525) (3).

Telle était en quelques mots la situation du service de l'enseignement au moment où fut prise par le conseil de ville la délibération suivante :

(1) Arch. C«i»,S. CC, comptes de 1394-1479, f« 19 et 139 v«. (S; Ibid. id., CC, comptes de 1512-1523, i: 285 y. (3) Ibid. id., BB, 24, i' 33.


ex

1er octobre 1532.

« Item plus, per favor de la causo publico et afin que chacung sio en libertat de aquerir seientio et paure gens et lot puèscofnj] mandar ses enfants à l'escolo, an ordenat sion baylas des escus sive florins trento al magisler per sos gages de aquest an, proviso que non demande degun prex à degun enfant de villo et sio lengut les ensegnar et far diligensio, leseals gages seron pàgas per terses, so es de quatre en quatre meses des florins e aquo per le trésorier, raporlata quittance ». (Arch. caIes de Barjols, BB. 26, f° 85 v°).

Trois ans après, on promettait au magisler jusqu'à 50 flor. (18 mai 1535;BB.28,f 19 v°). C'était, sous René, le traitement dû bailli, le premier fonctionnaire de la ville.

Ainsi l'assemblée communale de Barjols, délibérant librement et spontanément dans la quasi-souveraineté de son indépendance en la matière, sans mot d'ordre ni pression aucune d'en haut ou d'en bas, de sa seule et propre initiative, voulait bien nettement deux choses : que chacun eût le moyen d'acquérir l'instruction et que toutes les familles de la ville, indistinctement, même « les paure gens », pussent envoyer, sans bourse délier, leurs enfants non seulement à l'école, mais encore au collège.

Tout commentaire affaiblirait plutôt la portée historique et sociale de ce bout de texte si formel, si suggestif en son laconisme. Il exprime sans phrases, en toute sincérité, le fond des sentiments des classes dirigeantes de nos anciennes villes libres sur cette importante question, que généralement l'on croît moderne, de la diffusion de l'instruction populaire. N'est-il pas assez piquant de voir que ces sentiments avaient devancé de plus de trois siècles et même dépassé lés aspirations de notre époque démocratique qui s'est bornée, jusqu'ici à ouvrir aux enfants du peuple seulement l'école primaire?

A tous les points de vue, il nous a paru intéressant de cueillir dans les annales d'un simple bourg, au sortir presque du moyen âge, cette nouvelle contribution à l'histoire de la gratuité de l'enseignement primaire et secondaire en Provence.

F. MIREUR.




DEUXIEME PARTIE

MÉMOIRES ORIGINAUX



QUELQUES MARQUES DE MAITRES ES PIERRES

RELEVÉES

DANS LE DÉPARTEMENT DU VAR

PAU

Z. D'AGNEL D'ACIGNÉ ,

Souvienne vous de celuy à qui, comme on demanda à quoy faire il se peinoit si fort en un art qui ne pouvoit venir à la cognoissance de gucres de gens : l'en ay assez de peu, respondit-il ; i'en ay assez d'un ; i'en ay assez de pas un.

MONTAIGNE, Essais, Liv. 1, Cil. 38.

I

Il est rare qu'en parcourant les rues accidentées, tortueuses et sombres de nos vieux bourgs de Provence, même les plus modestes, l'archéologue, l'artiste, voire le simple touriste ne remarque pas, au milieu des vestiges du passé, perdue sur quelque façade éraillée et moussue, une pierre fleurie ou tout autre motif ornemental, émergeant des coulumières banalités et révélant une préoccupation d'art. C'est tantôt une baie romane aux massives voussures extradossée d'un léger bandeau qui en accuse le contour; plus rarement c'est l'ogive qui apparaît, forme nouvelle et étrangère à nos constructeurs provençaux qui semblent avoir conservé de tout temps une prédilection


4 QUELQUES MARQUES

marquée pour le plein cintre. D'autres fois, dans les 1 habitations du 'XVe siècle, on rencontre la robuste plalebande d'un seul tenant allégée par une accolade surmontée d'un délicat fleuron, ou ornée d'un insigne professionnel, le marteau du forgeron ou la navette du tisserand. Au XVIe siècle, c'est souvent l'arc surbaissé rehaussé de saillies ou de refouillements compliqués portant sur des corbeaux décorés de feuillages finement détachés ou de quelques grotesques figures d'animaux ; ou bien, c'est une tête de fol, au bonnet grilleté, ricanant sous une retombée d'archivolte. Parfois encore, ce ne sont plus de simples motifs de décoration, mais de véritables ordonnances architecturales : telles les arcades intérieures du château de Vins, et surtout l'admirable porte de l'hôtel de Ponlevès, à Barjols, où un véritable artiste a rassemblé toutes les élégances el lés préciosités, parfois un peu mièvres, dé l'art de la Renaissance.

Au XVIIe siècle, le plein cintre réapparaît surmonté du classique fronton triangulaire ou en arc de cercle, quelquefois brisé, souvent agrémenté d'une simple clef de voûte très-saillante, portant un cartouche, un mascaron ou des rinceaux entourant un chiffre ou une date, parfois surmontée d'une lucarne.

Au XVIIIe siècle, on s'inspire volontiers des traditions des maîtres italiens de la Renaissance, ainsi que. des planches qui illustrent les ouvrages de Serlio, de Vignole et de Palladio. Au XIXe, l'art a complètement déserté les petits centres, où lés ouvriers qui travaillent la pierre ont perdu toutes les traditions artistiques de jadis soigneusement conservées par les corporations. On ne voit plus sur les façades que la baie carrée, sans accident ni relief, aux jambages lourds, à la platebande appareillée en claveaux, et cette indigente conception architecturale


PORTE DE L'ANCIEN HOTEL DE PONTEVÉS A BARJOLS (1532) La petite niche à gauche abritait une lampe pour éclairer rentrée



DE MAITRES ES PIERRES 5

s'est partout répandue, sans que rien ne vienne en atténuer la fâcheuse impression. Bien plus, nous avons vu souvent, et non sans tristesse, d'élégantes baies stupidement démolies et remplacées, sous prétexte de modernisme, par les affreux trous carrés de nos maçons. Ailleurs, des municipalités n'ont-elles pas inconsidérément sacrifié à des questions de voirie d'un intérêt discutable d'anciennes demeures dont les arlistes déplorent encore la disparition ?

La fenêtre semble avoir été, bien moins que la porte, l'objet de la fantaisie décorative des maîtres es pierres provençaux. On voyait bien encore, il y a environ un demi-siècle, quelques fenêtres à croisillons perdues dans les rues écartées; mais elles n'ont pas tardé à disparaître, victimes du vandalisme inconscient qui sévit partout, de la coupable indifférence des propriétaires, de l'ignorance et du manque de goût des ouvriers. Cependant on peut retrouver assez fréquemment un auLre type, répandu d'ailleurs dans tout le midi de la France, et qui attire l'attention de l'archéologue. C'est une baie géminée formée de deux pleins cintres accolés, portant entièrement sur de simples piédroits et, intermédiairement, sur une fine colonnelte monolithe et reposant sur un appui à profil variable. On rencontre ce joli motif à Hyères, dans la rue Paradis; à Cuers, sur les restes du vieux château; au Cannet-du-Luc, près de l'église; aux Arcs, dans la rue Milante, à la maison dite de Sainte-Roseline ; à Brignoles, où elle est plusieurs fois répétée sur la belle façade, presque intacte de la rue des Lanciers. A Draguignan, on voit la même fenêtre à l'ancienne synagogue de la rue de la Juiverie; à Comps, près de l'église; à Sisleron, au faubourg de la Baume. Presque partout, elle est dégradée, mutilée, ou barbaremenl aveuglée


6 QUELQUES MARQUES

par de la grossière maçonnerie; et personne n'a jamais rien fait pour épargner ces outrages à l'un dès plus charmants modèles que nous ait laissés le moyen âgé.

Si l'on étudie et si l'on compare entre eux chacun de ces spécimens, on peut constater que partout les procédés de construction sont les mêmes ; l'appareil et le faire sont identiques, et les chapitaux des colonnetles sont tellement semblables comme exécution, qu'on pourrait presque avancer qu'ils sortent de la main du même ouvrier. Ce fait n'aurait, en somme, rien d'invraisemblable, les diverses localités citées plus haut n'étant pas très éloignées les unes des autres, et les maîtres es pierres devant être obligés de se déplacer pour trouver un élément suffisant à leur industrie.

L'aspect archaïque de ces fenêtres, la forme du cintre et, dans certains cas, le profil des appuis peuvent, au premier abord, leur faire assigner une daté de construction assez reculée. Mais ces divers, caractères, à notre avis, prouvent au contraire la persistance des traditions romanes dans nos contrées ; car les colonnettes formant meneau, par l'élégance de leur proportions, le galbe du chapiteau dont la corbeille est ornée de deux rangs de crochets, et parfois aussi, comme à Brignoles, le profil de l'appui dénotent une date bien plus récente et permettent, sans grandes chances d'erreur, de dater ces fenêtres du milieu, ou même de la fin du XIIIe siècle.

L'influence bien nette de l'art.ogival ne se manifeste guère que plus tard, vers le XIVe siècle, et encore, ne rencontre-t-on que de rares exemples de constructions civiles où cette influence apparaisse indiscutable. On peut cependant citer deux façades intéressantes de cette époque: celle de la maison dite «le


LA MAISON DITE DE SAINTE ROSELINE AUX ABCS. (XIII" Siècle)

5



DE MAITRES ES PIERRES 7

Dauphin » à Fôrcalquier, atrocement défigurée pal* d'ineptes transformations, et celle d'une maison de laGrand"Rue auMuy, dont lés détails sont encore assez distincte en dépit de l'effritement de la pierre, mais qui donnent, malgré tout, une sensation d'art à laquelle on ne peut échapper dans ces.vieiljes rues presque abandonnées. Nous ne parlerons que pour mémoire de la fenêtre de la rue

Mareabeau, à Ollioules, et de celle bien mieux conservée de Rougiers, la décoration de ces baies ayant été exécutée au

plâtre et par des ouvriers très probablement étrangers à la

Provence.

II

On voit par cet exposé rapide que les tailleurs de pierres, ou plutôt les maîtres es pierres, du moyen âge et de la Renaissance n'étaient pas, comme la plupart de ceux de l'époque actuelle, de-vulgaires ouvriers. C'étaient souvent des artistes en possession complète des connaissances nécessaires à leur profession qui exigeait non seulement un sentiment exact et vrai dès lors de l'esthétique, mais encore des notions scientifiques assez étendues. Ils se trouvaient en effet journellement en présence des problèmes variés que présente la coupe des pierres, qui exigeaient une solution d'autant plus précise que les profils, exécutés sur des matériaux durs, n'auraient pu que très difficilement être refouillés après la pose et ne laissaient ainsi que la ressource d'un ravalement des plus sommaires pour raccorder les surfaces, difficulté qui ne se produit plus avec la pierre ten-


8 QUELQUES; MARQUES

dre, si prodiguée de nos jours.; Onj peut par suite avancer que beaucoup d'entre eux pratiquèrent lajgéométrie descriptive bien avant que Desargues (1593--1662) et iMonge (1746-1818) en eussent formulé les règles. Il est donc tout naturel que ces maîtres es pierres, qui étaient souvent les maîtres de l'oeuvre, aient tenu à perpétuer la trace de leur collaboration aux diverses constructions qu'ils avaient contribué à élever.

. !■■■

Telle est l'origine des sigles ou jmarques de tâcherons que l'on retrouve gravés en creux, eV, parfois en relief, sur un grand nombre de monuments de la région rhodanienne. Le savant architecte Henry Révoil,i dans son bel ouvrage, Architecture romane du midi de la.France, en cite de nombreux exemples qui peuvent se rattacher ià quatre types différents : les sigles proprement dits ou monogrammes composés d'une ou de deux lettres ; les noms complets ;: les tailles de parements de pierres de grande dimension exécutées suivant certaines dispositions spéciales, en fougères, en barbes de plumé, ou en pointillés formant dessins; enfin des dessins géométriques, où des figurés fréquemment employées plujs tard dans l'art héraldique, comme le chevron, le sautoir ou croix de S'-André, les croix de diverses formes, les étoiles, etc. Ces marques assez fréquentes sur les édifices de la Provence occidentale, antérieurs pour la plupart à l'époque carlovingienne, n'ont guère été relevées jusqu'ici sur ceux du département du Var, à l'exception pourtant de la vieille église de Saint-Raphaël, où Henry Révoii signale, sur le mur de soubassement, des tailles en fougères et d'autres marques de tâcherons. Des signes analogues se trouvent aussi dans l'abside actuelle de l'église de Lérins, autrefois façade de^ cet édifice.


FENÊTRE A ROUGIERS Datée du 18 septembre 155fi



DE MAÎTRES ES PIERRES 9

Il convient également d'enregistrer là découverte dans les fouilles faites à l'ancienne église de Saint-Pierre en Démuèyes (commune de Châteauvieux), d'un certain nombre de pierres portant gravés les lettres A, P ou le pentalpha, signe magique, comme on sait. Une autre a son parement couvert d'entailles en forme de V, disposition relevée sur un pilier de la crypte delà cathédrale Sainte Anne d'Api, datant de la fin du VIIIe siècle. Enfin une dernière porte le dessin d'un oiseau, ce qui pourrait bien symboliser le nom d'un des tâcherons, tels que Aussel, Agasse, Merle, Tourdre, etc., tous noms portés encore de nos jours par des familles provençales.

Il est possible également que le mot

St PETRVS

entaillé sur une pierre de l'angle sud de l'abside de l'église de Six-Fours, et que la croix pa liée, entre deux têtes .grossièrement sculptées, que l'on voit au-dessus delà grand'porle de l'église du Cannet-du-Luc, constituent de véritables signes lapidaires. Comme marques indiscutables de tailleurs de pierre, nous devons citer l'équerre et le compas sculptés sur les chapiteaux cubiques des colonnes de l'arc triomphal de l'église abbatiale dû Thoronet, remontant à la fin du XIIe siècle. Cependant on ne saurait les classer parmi les marques absolument personnelles, car on les retrouve sur beaucoup de maisons des quartiers neufs de nos bourgs.


10 QUELQUES MARQUES

III

Nous avons relevé dans le département du Va'f et sur divers édifices bien postérieurs des marques conçues suivant des données absolument différentes des précédentes, et qui né laissaient pas de présenter quelque intérêt au point de vue de l'évolution qu'ont subie, à travers les temps, ces signes lapidaires. Ces nouvelles marques en effet sont empruntées, à peu près exclusivement, à l'art héraldique. On peut même les confondre, à première vue, avec de véritables armoiries.

Il existe à Grimaud, dans l'artère principale du bourg, la rue dite des Juifs, une série d'arcades, les unes en plein cintre, les autres ogivales. Ces dernières reposent sur des colonnes en basalte courtes et trapues, sans grand caractère. Elles s'ouvrent dans la façade de l'ancien hôpital du Saint-Esprit. A l'intérieur se trouve un escalier à vis construit en serpentine. Sur le noyau circulaire est sculpté en relief le monogramme du Christ, en caractères gothiques, inscrit dans un écussôn ogival (Fig. 1). Un peu au-dessous est un autre écusson semblable portant une croix à double traverse, dite croix patriarcale ou de Lorraine, soutenue d'un sautoir abaissé. (Fig. 2). Ce sont là de véritables armoiries, et nous avons cherché d'abord à les attribuer. Mais aucune des familles ayant possédé la baronnie de Grimaud, au moins jusqu'à l'époque où cet édifice a été cons-


DE MAITRES ES PIERRES 11

truit, n'en porte de semblables (1), pas plus qu'aucune autre famille connue de Provence et que la commune de Grimaud qui a adopté tout simplement celles des Castellane, longtemps possesseurs du fief.

Nous avons songé alors à une marque de tailleur de pierre, mais nous aurions peut-être abandonné cette idée, si d'autres découvertes de ce genre ne nous y avaient invinciblement ramené. Quelque temps après, en effet, nous avons retrouvé les mêmes signes sur la clef de l'ogive occidentale des arcades, un peu effacés, sans doute, mais encore très déterminablee. Toutefois l'écusson se trouve là accosté, à gauche, des lettres St [Stephanus ?], et, à droite, de la lettre D, en caractères gothiques (Fig. 3).

Sur l'ogive orientale, se trouve la date :

CIO CC CCI XII [1462] et au-dessous la marque :

IOPS N'est-il pas permis de supposer que les emblèmes, croix et sautoir appartiennent vraisemblablement au constructeur des

(1) Voici quels sont, jusqu'à la lin du XVe siècle, les possesseurs de la baronnic de Grimaud avec l'indication de leurs armes :

— Gibalin de Grimaldi et ses descendants jusqu'en 1368, époque à laquelle la baronnie fut confisquée sur Reinier de Grimaldi par Louis 11 d'Anjou :

Fuselé d'argent et de gueules.

— Guillaume de Pontevès jusqu'en 1389 :

Ecartelé, aux 1" et 4e de gueules au pont d'or de deux arches maçonné de sable ; aux•■■■&'et 3e, d'or au loup ravissant ,a"azur viléné de gueules.

— Christophe Adomo, chambellan de Louis II, jusqu'en 1406 : D'azur à la bande d'or accompagnée d'une étoile de mime.

— Pierre d'Acigné, grand sénéchal de Provence jusqu'en 1423: D'hermines à la fasce de gueules chargée de trois fleurs de lys d'or.

— Jean Cossa, seigneur napolitain venu en Provence avec le roi René :

D'argent à .trois bandes de smople, au chef de gueules chargé d'une cuisse et jambe d'argent.


12 QUELQUES MARQUES

arcades et de l'escalier à vis [Stephanus D...] et que les autres lettres sont les signes lapidaires de quelque tâcheron 1 (

Les constatations faites ailleurs semblent corroborer celte opinion.

L'église de Cogolin, dont le vaisseau est fort ancien, — peutêtre antérieur au XIIe siècle — a fait l'objet au XVIe de travaux de restauration très importants : tout le portail occidental a été refait. La porte d'entrée, notamment, a été traitée avec un certain soin et contraste agréablement avec l'aspect austère de l'intérieur. Or l'ordonnateur de la façade a fait reposer l'archivoltesur deux petits encorbellements décorés chacun d'un écusson. ' Celui de droite porte un sautoir du croix de S1-André accosté de deux majuscules romaines P et E (fig. 4). Sur celui de gauche est inscrite simplement la date de 1526, qui est celle de la réfection du portail, dont le style est bien celui de la Renaissance.

Pour des raisons analogues à celles que nous venons d'exposer, il n'est guère admissible que l'on se trouve ici en présence d'armoiries familiales ou municipales, d'autant plus que, comme à Grimaud, celles-ci ne portent aucun timbre/ heaume, couronne ou mitre (1), enfin qu'elles ne rappellent en rien celles de Cogôlin. Nous sommes donc amené à voir ici encore la marque du maître es pierres qui a effectué la restauration de 1526 et dont les initiales sont inscrites sur l'écusson.

Sur la place de la Mairie, à Besse, se trouve une fontaine du XVIe siècle d'un assez joli stylé — Notons en passant qu'elle

(1) .11 ne saurait être question non plus d'armoiries épiscopales. En effet celles, très connues, de la famille des Drsins, dont deux membres occupèrent le siège de Fréjus entre 1524 et 1564, n'ont aucun rapport avec celles du portail de l'église de Cogolin.


DE MAITRES ES PIERRES 13

reproduit, avec des dimensions moindres et une ornementation beaucoup plus sobre, un édieule semblable élevé sur la place S'-Michel, à Forcalquier. La vasque octogonale surmontée d'une pyramide terminée par une boule portant une croix de fer, est ornée de quatre têtes de lion d'où l'eau s'échappe. Sur trois des faces intermédiaires,i'artisle a sculpté une salamandre, emblème, comme chacun sait, du roi François Ier. ; une tête d'ange entre deux ailes éployées ; les armes de la ville, savoir un B accompagné de deux pommes de pin et d'un croissant et enfin, sur la quatrième, un écusson (Fig. 5), dont le champ est coupé par un trait horizontal. En chef est inscrite la date de 1532, évidemment celle de l'érection de la fontaine ; en pointe est gravée une croix pattée, accostée, à gauche, de la lettre M.etj à droite, de la letr trè G- C'est là, à n'en pas douter, la marque du constructeur de la fontaine. ,

Un édieule semblable se voit sur la place du Marché à Signes. Comme celle de Besse, la vasque porte divers ornements parmi lesquels un écusson ayant, en chef, la date de 1536 — celle dé la construction — et au dessous, une croix pommelée dont la base s'évase en forme de piédouche (Fig. 6). Cette fontaine est postérieure de quatre années à celle de Besse. Son constructeur s'en est manifestement inspiré et, comme son prédécesseur, il a voulu apposer sa marque sur son oeuvre; car cet écusson ne représente pas les armes de Signes. En effet, en 1536, cette communauté n'en possédait pas encore, et ce ne fut qu'en exécution de l'édi.t de 1696 prescrivant, à titre de mesure fiscale, l'enregistrement de toutes les armoiries au Grand Armoriai de France, que, par un ridicule jeu de mots, on lui imposa ses


14 QUELQUES MARQUES

armes actuelles, un cygne d'argent sur champ de gueules (1).

Ces deux exemples étaient bons à retenir et à rapprocher de la marque de l'église de Cogolin, parce qu'ils établissent bien que les maîtres es pierres ne dédaignaient pas de donner à leurs marques la forme héraldique.

L'écusson sculpté sur la clef de l'archivolte de la porte d'entrée du presbytère de Besse donne lieu à plus d'incertitude et l'on pourrait, de prime abord, n'y voir que des armoiries familiales ou de corporation. Celui-ci en effet (Fig. 7) porte une croix aux branches supérieures recroisetées et accompagnée de quatre soleils, toutes figures empruntées au blason. Mais à qui appartiennent ces. armoiries? On ne peut les attribuer à aucune famille locale, ni môme provençale. Restent les seigneurs du lieu qui, comme on sait, n'étaient autres que les prévôts de la collégiale de Pignans, dispensateurs du bénéfice ecclésiastique. Le prévôt aurait donc pu faire sculpter ses armesJ sur la porte du prieuré. Or cette porte est incontestablement du XVIIe siècle (2). Les prévôts qui ont été à la tête de la collégiale de Pignans durant ce laps de temps sont :

Jean-Baptiste de Vins, de 1586 à 1605 ;

Auguste de Forbin-Soliers, de 1605 à 1631 ;

Henri de Forbin-Soliers, de 1631 à 1646 ;

Mathieu de Mourgues de Saint-Germain, de 1646 à 1683 ;

Jérôme Le Pelletier, de 1683 à 1696.

Après la mort de ce dernier, survenue en 1696, la prévôté de

(1) Louis de Rresc. — Armoriai des Communes de Provence., Paris, Baclielin Dellôrenne, 1866.

(2) Cette porte a dû être édifiée entre 1643 et 1646, époque a laquelle l'église, attenante au presbytère, fut agrandie et restaurée et où fut construite la porte Sud.




ARCADES DK LA RUE DES JUIFS A GRIMAUD (1462)



DE MAITRES ES PIERRES 15

Pignans, sécularisée, fut attribuée aux Jésuites du séminaire de Toulon représentés par le R. P. Langeron.

Les armes de tous ces prévôts, y compris le R. P. Langeron, sont connues (1) et elles différent absolument de celles qui figurent sur la porte du presbytère. Nous pouvons donc affirmer que celles-ci n'appartiennent à aucun des seigneurs ecclésiastiques qui se sont succédé à Besse au cours du XVIIe siècle. Nous devons ajouter qu'il n'était pas d'usage que de simples religieux fissent apposer leurs armoiries particulières sur des bâtimenls dépendant de la communauté ; fout au plus pourraiton admettre que celle-ci y eut fait apposer les siennes propres. Or l'ordre de S'-Augustin, auquel était rattaché le chapitre de Pignans, " n'a pas d'armoiries déterminées ", nous apprend le P. Jacques Revest (2).

Cependant il convient de dire que, dans son ensemble, cet écusson rappelle les armes des Hurault, originaires de Bretagne, dont deux membres, Paul et Gui Hurault de l'Hôpital, occupèrent successivement le siège archiépiscopal d'Àix de

(1) Garde-Vins porte éeartelé, aux 1" et 4" d'azur à la tour d'argent terrassée de même accostée de deux étoiles d'or (de Garde-Vins) ; aux 2e et 3» d'or au loup ravissant d'azur [d'Agoull).

— Forbiu Snliers, d'or au chevron d'azur accompagné de trois têtes de léopard 4e salle.

— Mourgues, baron de Si-Germain en Velay, de gueules en sautoir d'or, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'or.

— Jérôme Le pelletier était le frère de Claude Le Pelletier, contrôleur des finances et surintendant des Postes. Il appartenait à la famille des seigneurs de Souzy, des Ports, de Villeneuve et deSaint-Fargeau qui portaient d'azur à la croix pattée d'argent chargée en coeur d'un chevron de, gueules, aux flancs de deux molettes de saule et, en pointe, d'une quintefeuiîle (alias d'une rose) de gueules.

— Langeron, Sr de Maulevrier éeartelé, aux 1" et 4' de gueules à deux fasces vivrées d'argent; au bâton semé de France brochant en lande sur le tout; aux S' et 3>, d'azur à trois étoiles d'or.

(2) Le P. Jacques Revest, minime du couvent de Toulon. Armoriai alphabétique de toutes les nations de l'Europe (1730-1740). (Manuscrit à la Bibliothèque de Toulon).


16 QUELQUES MARQUES

1595 à 1625. Or Besse faisait précisément partie de ce diocèse. On aurait donc pu décorer de leurs armes l'entrée du presbytère. A cela on peut objecter que, au point de vue strictement héraldique, la croix de l'entrée du presbytère ayant ses trois branches supérieures recroisetées, se différencie de celle des Hurault qui est pleine et simple. (Fig. 8). En outre, les armes des deux prélats étaient écarlelées de celles de l'Hôpital. D'ailleurs le chapitre de Pignans, collateur de la cure de Besse, ne relevait pas de l'ordinaire, et enfin, à l'époque où le presbytère fut réparé et la porte reconstruite, le dernier des deux prélats était mort depuis environ vingt ans. Nous sommes donc encore amenée ne voir là qu'un simple signs lapidaire. La similitude constatée ne serait que le résultat d'une pure coïncidence, ou bien on peut croire que le tailleur de pierre s'est inspiré des armes des Hurault vues probablement à Aix.

Au commencement du XVIe siècle, la rue Sainte-Claire était une des voies aristocratiques de la ville d'Hyères. Le côté nord était 'bordé de maisons aux façades la plupart en pierres de taille. C'est là que résidaient les Gardanne et les Clapiers-S'-Tropez, une des familles les plus distinguées de la Provence. Vers l'extrémité ouest, avoisinant l'emplacement où devait s'élever, un siècle plus tard, le monastère de Sainte Claire, se trouve une ancienne maison dont la façade, restaurée depuis peu, contraste fâcheusement avec celles des demeures voisines que les siècles ont recouvertes d'une patine dorée. Sa porte d'entrée est à cintre surbaissé et son archivolte offre bien les caractères des cons - tructions du XVIe siècle. Lès retombées de cet arc reposent sur un petit encorbellement formé, de chaque côté, par un écusson sur lequel est gravée une croix de S^-André dont les branches


MARQ0E5 Dt MITRES ES PIEKRH



DE MAITRES ES PIERRES 17

supérieures portent chacune trois croisillons d'inégales longueursj et ses branches inférieures deux seulement.(Fig, 9).

Aucune des familles ayant résidé à Hyeres ne possède des armoiries se rapprochant de celles-ci. On y relève en outre des dispositions de pièces absolument insolites et qui, par cela même, auraient attiré l'attention des héraldistes si elles avaient figuré à l'armoriai. Lés seules qui s'en rapprochent sont celles des Le Gouge, seigneurs de Saint-Etienne-les-Orgues, dans les Basses-Alpes, qui ont un sautoir bretessë, accompagné en pointe d'un oiseau couronné (Fig. 10). Sans entrer dans de fastidieux détails techniques, il nous suffira de dire qu'il est impossible,.même aux yeux les moins exercés, de confondre les deux armoiries. D'autre part, la famille Le Gouge, originaire d'Amsl.erdam, n'a jamais eu, à notre connaissance, aucune attache avec la ville d'Hyèfes, et d'ailleurs, elle n'est venue s'établir en Provence qu'en 1639 (1). Enfin la position de l'écu comme ornement secondaire et effacé nous détermine à ne voir là de nouveau qu'une simple marque de tailleur de pierre.

C'est encore un sautoir que nous avons vu sculpté sur la clef d'une porte en serpentine, datée de 1738 et Située dans la cour d'honneur de la chartreuse de la Verne (Fig. 11). Mais ici, il est accompagné de quatre étoiles et inscrit dans un écusson ovale, ainsi que le voulait la mode du temps, et sans aucun ornement extérieur. Nous nous croyons donc derechef autorisé, et pour les motifs longuement développés au sujet du presbytère de Besse, à considérer ces emblèmes à faciès héraldique comme une autre marque de maître es pierres. Celle opinion se jusii(1J

jusii(1J Histoire héroïque de la Noblesse de Provence.


18 QUELQUES MARQUES

ifierail d'autant mieux dans l'espèce que, depuis le commencement du XVIIIe siècle, les Chartreux avaient entrepris, à la Verne, des travaux de construction très importants, et qu'ils lavaient dû confier à un professionnel émérite l'exécution des jnombreux motifs d'architecture où ils avaient prodigué la serjpentine, notamment la grande porte d'entrée du monastère, celle ■de la salle capitulaire, les galeries du petit cloîtré, qui y est ;conligu, le grand escalier d'honneur, etc.

On voyait une autre marque de maître es pierres sculptée sur une clef de cintre provenant de la chapelle Sainte Croix, Six-Fours, dans les ruines dé laquelle notre regretté confrère |Remy Vidal l'a découverte et relevée (1). Cette marque consiste en un écusson aux flancs échancrés (Fig. 12) portant à l'intérieur une croix dont le pied est ouvert en forme de chevron (2). Au dessous sont trois coquilles de pèlerin empruntées aux armes de Six-Fours et posées 1 et 2. De part et d'autre de la croix sont les lettres A et L ; enfin l'écu est accosté extérieurement des lettres D et P ; le tout est surmonté de la date 1557. Il semble qu'ici la présence d'initiales à l'intérieur et à l'extérieur de l'écu et la date inscrite au-dessus ne laissent aucun doute sur la signification de ces emblèmes qui appartiennent bien aux constructeurs de la chapelle Sainte-Croix.

Parfois l'éeusson disparaît et les marques sont sculptées directement sur la clef de l'archivolte, ainsi qu'on le constate sur quelques constructions du XVIIe siècle. Mais ces marques

(1) Ilemy Vidal, Archéologie du Var, Six-Fours ; Toulon. 1896,

(2) Une croix dont le pied est ouvert en chevron se trouve gravée sur un des murs de la chapelle Saint-Honorat des Aliscamps, à Arles. (H. Révoil, op. cit., t. III, append p. XVII}-


DE MAITRES ES PIERRES 19

rappellent toujours plus ou moins les figures en usage dans le blason. Telle une porte cintrée du quartier du Temple, à Toulon, dont la clef est ornée d'une croix ayant les branches supérieures cramponnées à dextre, soutenue d'un croissant et surmontée d'une étoile (Fig. 13).

Ceci n'a évidemment aucune prétention à l'armoirie, et c'est bien certainement une marque de tailleur de pierre. Cependant, telles qu'elles sont disposées, ces pièces, à quelques détails près, rappellent celles composant les armes d'une famille originaire de Champagne (1), celle de Lavisès, qui porte une croix haussée soutenue d'un croissant et adextrée d'une étoile au 1er canton. (Fig. 14). Mais ce n'est là sans doute qu'une coïncidence comme il s'en produit souvent dans l'art héraldique, car cette famille n'a jamais eu aucune attache avec Toulon.*

IV

Maintenant si l'on examine dans leur ensemble les diverses figures employées dans les marques relevées, on constate qu'elles procèdent toutes du sautoir ou de la croix plus ou moins modifiés au moyen de dispositions accessoires. Or le sautoir ou croix de S'-André n'est ici qu'un symbole professionnel; il représente évidemment une des pièces de charpente les plus employées dans les échafaudages et les constructions en bois, en raison de la grande stabilité qu'elle leur assure. Les

(1) Le P. Jacques Revest, Armoriai alphabétique.


20 QUELQUES MARQUES

! croix recroisetées ne sont qu'une variante de ce système, et il est dès lors tout naturel que les constructeurs aient adopté le sautoir et la croix à l'exclusion des nombreuses figures héraldiques auxquelles ils auraient pu avoir recours, étant donnée la voie nouvelle où ils s'étaient engagés pour le choix de leurs \ marques.

Il convient de noter en passant que le sautoir a été employé ; par tous les tailleurs de pierre de la région des Maures. Il y ; a là, senoble-t-il, l'indice dé relations ininterrompues et d'un : ordre spécial qui se sont conservées jusqu'au XVIIIe siècle. ! A l'appui de cette hypothèse, une constatation non dépourvue ' d'intérêt : la porte principale de l'église de Grimaud est la repro! duction exacte decelle de la primitive nef de l'église Saint-Paul | et de l'entrée de la maison dite de " l'Evêché " à Hyères, datant | probablement du XIIe siècle. En outre, la porte de Grimaud est | entièrement construite en calcaire, substance tout à fait étrani gère à la région des Maures et provenant vraisemblablement ! d'Hyères, si l'on en juge par certaines analogies pétrographiques. Les relations dont nous avons parlé remonteraient donc jus| qu'au XIIe siècle, au moins.

Les objections à opposer aux interprétations longuement : exposées plus haut ne manquent pas. La plus sérieuse réside j dans ce fait qu'aucune marque signalée n'a été jusqu'ici ! retrouvée ailleurs et que, dès lors, on ne saurait conclure à ! son emploi constant comme signe distinctif par le même ou| vrier. Mais tous les édifices de la région présentant quelque i intérêt, au point de vue archéologique, n'ont pas, à beaucoup près, été explorés à ce point de vue, et rien ne permet par conséquent d'avancer que l'une quelconque de ces marques soit


DE MAITRES ES PIERRES 21

unique. On peut même espérer qu'un heureux hasard en fera découvrir dans des localités autres que celles où elles ont déjà été signalées.

Mais si cette preuve irrécusable ne pouvait être fournie à l'appui de nos hypothèses, il resterait, pour les réfuter victorieusement, à prouver que ces emblèmes sont des armoiries familiales ou de corporation et à en indiquer les .possesseurs ; ce que nous n'avons pu réaliser, malgré toutes les recherches faites. Et si d'autres, plus heureux, ou plus avisés, parvenaient à atteindre ce résultat, nous renoncerions volontiers, à nos interprétations, satisfait eneored'àvoir contribué à enrichir de quelques pièces inédites et curieuses le vieil armoriai provençal.



Le liea de la rencontre

de lipide et d'Antoine

sur les bords de l'Argens et de la f lorièye

(FIN MAI 43 AV. J.-C.)

PA H

EDMOND POUPE

Le 29 mai 43 avant J.-C, aux environs de Forum Voconii (1), présides bords de rÀrgehs, se réunirent les légions de Lépide, gouverneur delà Narbonaise, et d'Antoine, qui, battu à Modène, avait franchi les Alpes et pénétré dans cette province. Le premier avait été chargé par le Sénat dé combattre le second. Il le reçut au contraire dans son camp et favorisa ses desseins. Après leur réunion, les deux armées se rendirent en Italie où leurs chefs conclurent avec un troisième général, Octave, le neveu, de César, une alliance qui aboutit au deuxième triumvirat.

La jonction dés troupes de Lépide et d'Antoine est un événement d'une importance capitale dans l'histoire de Rome. Il est par suite intéressant de déterminer exactement l'emplacement de celles-ci au moment où elle s'effectua.

(1) J'adopte la forme Forum Voconii de préférence à celle de Forum. Voçôntium, employé par quelques auteurs, qui me paraît fautive.


24 LE LIEU DE LA RENCONTRE

i .

i Parmi les auteurs qui, jusqu'à présent, ont étudié ce point

particulier, les uns se sont efforcés d'établir que la réunion des d'eux armées avait eu lieu au sud du village des Arcs, au quartier de la Cognasse, près d'un pont sur l'Argens, dont les ruines indiquent une oeuvre romaine ; d'autres ont prétendu qu'elle s'était faite près d'un autre pont sur le même fleuve, entre les quartiers d'Astros et de Repenti dans le territoire de Vidauban, dont les vestiges, encore visibles, dénotent également un ouvrage romain.

Pour soutenir leurs thèses, les uns et les autres ont invoqué les documents et les textes anciens. Certains ont abouti à des conclusions forcément erronées ; d'autres ont donné une solution plus ou moins exacte du problème, mais toujours fausse (1).

(1) Sur remplacement de Forum Voconii ou la réunion des armées de Lépide et d'Antoine, voir notamment les ouvrages suivants :

Sanson, Gallioe antiquoe descriplio, 1627.

Bouche, Chorographie de Provence, tome I, livre III, chap. 4, p. 146,

153. Aix 1664. D'An ville, Notice de la Gaule, p. 327, 1760. Papon, Histoire de Provence, 1, p. 35. Paris, 1777. Mannert, Géographie der Gricchenund Romer, II, lreparlie,p. 88.1781, Ukert, Géographie der Griechen und Romer, II, .2"'partie, p. 460.1832. Walkenaer, Géographie ancienne, historique et comparée des Gaules,

I, p. 266 ; II, p. 9 ; III, p. 102. Paris 1839. Forbiger, Handbuch der alten géographie, III, p. 194, note 179, 1848. Desjardins (Ernest), Géographie historique et administrative de la

Gaule romaine, II, p. 174; III, p. 31, 33, 87; IV, 43, 158, 210.

Paris, Hachette. 1876. Vivien de Saint-Martin, Année géographique, III, p. 379. Lenthéric (Charles), la Provence maritime ancienne et moderne,

Paris, 1879. Gai'cin, Dictionnaire historique et géographique de la Provence, Draguignan,

Draguignan, verbis Taradeau, Trans. Aubenas, Histoire de Fréjus, Fréjus, 1881, p. 68, 373, 778. Noyon, Statistique du Var, p. 219, 223. Draguignan, 1846. Fauchet, Statistique du Var, p. 192, 196. Paris 1805. Ronchon, Des Saliens, Mémoires de l'Académie d'Aix, tome VIII,

p. 306. Abbé Doze, Notice sur la voie aurèlienne dans le Var. Bulletin de la

Société d'études de Draguignan, I, (1856-1857), p. 171.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 25

N'y aurait-il donc point possibilité "d'arriver à la vérité en utilisant simplement les renseignements que fournissent textes et documents, sans chercher à les interpréter, à les adapter à une opinion préconçue ?

# # * -

On sait par des lettres que Lépide et Planeus, autre adversaire d'Antoine, écrivirent à Cicéron, que le premier de ces

Abbé Doze, Supplément à un premier travail sur la voie- aurélienne. Bulletin de la Société d'études de Draguignan, III, (1860-1861),

Rabou, Mémoire sur l'ancienne voie aurélienne entre Antibes et Aix. Revue archéologique. 1861, p. 112-128.

Hayaux du Tilly, Nouvelle lecture de la table de Peut'nger en ce qui concerne la route de Reis Apollinaris à Forum Voconii ou plus exactement à Forum Julii. Congrès archéologique de France, XLIII 6 session tenue a Arles 1876, p. 833, -

Truc, Forum' Voconii aux Arcs sur Argens (Var). Paris, 1861.

Truc, Réponse à MM. Liotard, Rossi et Aube au sujet de Forum Voconii. Draguignan, 1865.

Rossignol,. Détermination de l'emplacement de Forum Voconii par M. Osrhin True, Rapport lu au Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne. Paris, 1864.

Abbé Liotard, Notice sur Forum Voconii au Cannet du Luc (Var). Draguignan, 1865.

Aube, Le Forum Voconii au Luc en Provence. Aix, 1864.

Forum Voconii, réponse à la notice do M. Tbouron. Aix, 1865. Etude sur Les voies romaines dans la partie de la Provence quia formé le département du Var et l'arrondissement de Grasse. Aix, : 1867.

Rossi, Forum Voconii devant le Congrès scientifique de France, Toulon, 1866.

Forum Vocontium ; lettre à M. Tbouron. Toulon, s. 1. n. d. Une rectification à propos de Forum Voconii, "lettre à M. Ernest Roux. Draguignan, s. d.

Tbouron, Forum Vocontium indiqué par les documents historiques. Rapport à la Société des sciences, belles-lettres et arts du Var à Toulon, le 8 janvier 1865. (Mémoires, 32" 'et 33° années).

Abbé Pierrugues, Forum Voconii et la voie aurélienne d'après le cartulaire de Lèrins. Bulletin de la Société Niçoise des sciences naturelles et historiques, Tome III. Nice, 1883.

Abbé Si van, Le Cannet, un village de Provence, Brignoles, 188".

Abbé Bérârd, Forum Voconii, Bulletin de la Société d'études de Draguignan, XV (1884-1885), p. 291-315.

Michel, Forum Vocontium, la voie aurélienne et le pont a"Argens. Bulletin de la Société d'études de Draguignan, XV (1884-1885), p. 317-412. '


26 LE LIEU DE LA RENCONTRE

généraux était campé près du Rhône, au confluent d'une rivière dont le nom n'est pas mentionné, quand il apprit que le vaincu de Modène avait franchi les Alpes et s'avançait vers Fréjus. Il s'était alors porté à sa rencontre, à marches forcées, avait traversé Forum Voconii et établi son camp près d'un pont sur l'Argens (1).

On sait aussi,par ces mêmes lettres et parles récits de Plutarque et d'Appien, que les camps d'Antoine et de Lépide, situés l'un près de)l'autre, étaient séparés par un cours d'eau, peu large, puisqu'Antoine, en se plaçantjsur l'une des rives, pouvait haranguer les soldats de Lépide qui se trouvaient sur l'autre ; facile à traverser, puisqu'il y avait un gué et que les légionnaires des deux armées communiquaient fréquemment entre eux ; roulant cependant assez d'eau pour nécessiter la construction d'un pont de bateaux destiné à rendre la traversée plus commode (2).

Il l'essort, avant tout, de ce qui précède, que Lépide et Antoine avaient suivi, en sens contraire, la voie aurélienne qui dès Alpes conduisait à Arles en passant notamment par Antibes, Fréjus, Forum Voconii, Maiavone et Aix.

Dès lors, pour arriver à résoudre exactement la question posée, il suffira :

1° de reconstituer le tracé de la voie aurélienne entre Fréjus et Forum Voconii ;

2° de déterminer l'emplacement de cette localité ;

(1) Lettres de Plancus à Cicéron, sans lieu, ni date. Edition Pankoucke, n°818; lettre de Lépide a Cicéron, camp du Pont d'Argens, 22 mai 43 av. J.-C, ibid. n° 823 ; lettre de Lépide au Sénat, au pont d'Argens, 30 mai 43 ; ibid. n" 838 ; lettre de Plancus à Cicéron, Cùlaron, 6 juin 43; ibid. n" 845.

(2) Plutarque, Vie d'Antoine, Appien, Guerres civiles des Romains, livre III. Voir en appendice la traduction de ces différents textes.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 27

3° de rechercher, si, dans ses environs, près d'un pont sur l'Argens, ne coule pas une rivière répondant à la description de Plutarqne et d'Appien.

Tous les auteurs qui ont étudié le tracé de la voie aurélienne, à l'ouest de Fréjus, ont admis qu'au sortir de cette ville, elle suivait, à peu de chose près, la roule nationale actuelle. Ils lui font traverer le Puget, le Muy, l'Argens sur le pont de la Cognasse, au sud des Arcs, Vidauban et gagner Le Luc et Cabasse.

Il y a plus de 2000 ans, les Romains ne pouvaient songer à adopter ce tracé. La plaine qui s'étend à l'ouest de Fréjus et au nord de l'Argens était très marécageuse. Les noms de lieux qu'on y relève le prouvent surabondamment (1). Aujourd'hui encore, les environs de Fréjus et de Roquebrune sont facitement inondés Pour construire une route dans cette région paludéenne,-il aurait fallu que les Romains effectuassent de gigantesques travaux d'un entretien difficile. Il leur aurait fallu aussi édifier des ponts sur tous les affluents de gauche de l'Argens, comme le Reyran, le Blavet, l'Endre, la Nartuby, ainsi qu'il a été nécessaire de le faire quand on a construit la route actuelle.

Pour éviter de tels obstacles, les Romains avaient un moyen fort simple : suivre la base ou le flanc des collines qui se déroulent en demi-cercle au nord de la vallée de l'Argens. Là, pas de marécages et moins de ponts à construire puisque, plus près de leur source, les affluents précités du fleuve sont parfois guéables.

(1) Par exemple la Palud, à l'ouest de Fréjus; Palayson, au nord de Roquebrune; le Muy, dont la signification est endroit humide.


28 LE LIEU DE LA RENCONTRE

C'était pour eux la seule route rationnelle, conforme d'ailleurs à leurs procédés de construction.

Déplus, si la voie aurélienne avait suivi la même direction que la route d'aujourd'hui, les villages du Muy et de Vidauban auraient existé, pendant l'occupation romaine, là où ils se trouvent.

Or le Muy et Vidauban sont des villages récents. L'ancien Muy, qui s'appelait Marsens, était construit sur une colline, près de l'Argens, au quartier de San Luen, à plus d'un kilomètre de la route nationale. De même l'ancien Vidauban, construit lui aussi sur une élévation, était plus au sud que le Vidauban d'aujourd'hui. Les habitants des deux anciens villages, descendants des Ligures, ont formé de nouvelles agglomérations quand la route actuelle a été construite, peut-être après l'expulsion des Sarrazins, quand une ère de tranquillité commença pour la Provence.

Si la voie aurélienne avait suivi la même direction que la route nationale, les habitants de Marsens et du vieux Vidauban seraient descendus en plaine pendant la « paix romaine » et ne seraient pas restés dans des villages isolés qu'ils n'ont abandonnés définitivement qu'à la fin du moyen âge.

Sans doute on a trouvé — et on trouve encore — des traces du séjour des Romains aux environs du N!uy et de Vidauban, mais on en relève partout sur le sol de l'ancienne Provence. Des tuiles et des tombeaux ne prouvent point l'existence de villages, mais de fermes ou de maisons disséminées. Si le Muy et Vidauban avaient existé avant les invasions barbares, on y trouverait des restes de constructions comme à Fréjus ou aux Arcs. Rien de ce genre n'a été découvert.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 29

Enfin, si la voie aurélienne avait traversé le Blavet, l'Endre et la Nartuby, à peu de distance de la route actuelle, il devrait rester sur les rives de ces cours d'eau des vestiges certains de ponts construits par les Romains, comme il en reste de ceux qui ont été édifiés par eux sur le Reyran, sur l'Argens el sur la Nartuby, au nord de Draguignan (1). Il n'en reste pas. Comment admettre cette différence dans la durée des ruines? Comment admettre qu'il ne soit rien resté des ponts construits sur le Blavet, l'Endre et la Narluby, alors, qu'en plein champ, au quartier des Esclapes, entre Fréjus et le Puget, existe encore, à moitié enterré, un pont romain sur lequel passait une route disparue? N'est-on pas en droit de supposer et même d'assurer que, si l'on ne trouve aucune trace de ponts sur les rivières précitées, c'est parce qu'ils n'ont jamais existé (2).

Mais si la voie aurélienne ne passait ni par le Muy, ni par Vidauban, par où passait-elle ?

Elle sortait de Fréjus par une porte située au nord-ouest de l'enceinte et descendait vers le Reyran. C'est aujourd'hui le chemin, encore dallé, de FÀgachon ou de Leaugachon. Elle traversait la rivière sur un pont à deux arches dont l'une existe encore ; l'autre a été remplacé par une passerelle. C'est lé pont Saint-Joseph. De là, la route passait au nord des quartiers de la Palud et des Vernèdes, puis, tournant brusquement à l'ouest, se dirigeait en ligne droite vers le Puget.

(1) Il s'agit du pont qui donnait passage à l'embranchement de-Riez et dont une culée subsiste. - ,"

(2) Les partisans du tracé de la voie aurélienne par le Muy et Vidauban prétendent, il est vrai, que certaines parties des ponts construits sur le Blavet, l'Endre et la Nartuby sont d'origine romaine ; mais ce sont des affirmations sans preuves.


30 LE LIEU DE LA RENCONTRE

Le passage de la voie romaine dans cette localité n'est pas douteux. On y a trouvé une pierre milliaire indiquant qu'elle était située à quatre milles de Fréjus (1). C'est exactement la distance qui les sépare, si l'on suit le tracé précédemment indiqué (2). Elle est au contraire moindre, si elle est mensurée le long de la route d'aujourd'hui.

Au sortir du Puget, la voie aurélienne s'infléchissait vers le nord-ouest, passait au sud du quartier de Marchandise, au nord de celui des Combes, traversait le Blavet et l'Endre à des gués encore praticables, prenait une direction sud-ouest, passait près de la ferme de Clastron, située au sud et non loin de la Motte, et franchissait la Nartuby sur un pont dont l'existence est prouvée par un texte du Cartulaire de Saint-Victor (3). Un massif de maçonnerie, peut-être reste d'une culée, subsiste sur la rive gauche de la rivière (4;.

A l'ouest de la Nartuby, la voie romaine traversait la plaine de Valbourgès, où la présence d'une pierre milliaire a été signalée (5), et, par Sainte-Rosseline, gagnait, en longeant les collines, les Arcs et l'ancien Taradeau. De ce point, par un che(1)

che(1) l'inscription de cette pierre milliaire d'après Aubenas, Histoire de Fréjus, p. 779 :

IMP. CAESAR DIVI F.

AUGUSTUS IMP. XI

P. M. TRIBUNICIA

POTESTATE XI

I1II

(2) On rappelle que le mille romain équivaut à 1481" 50,

(3) Cartulaire, I, p. 561 ; charte 570, du 5 février 1039.

Ce texte mentionne également une via publica qui du pont de la Motte aboutissait au monastère de Sala Rodbaldi. aujourd'hui SainteRosseline. Cette via ne peut-être que la voie aurélienne.

(4) Ce massif de maçonnerie, il est vrai, n'est pas de construction romaine. 11 faudrait examiner les substructions.

(5) Garcin, Dictionnaire historique de la Provence, verbo, Trans.


DE LÉPIDE ET D ANTOINE 31

min dallé qui subsiste, elle descendait en plaine, traversait à gué la Florièye, près de l'endroit dit le Moulin, passait non loin de l'ancien château seigneurial et du hameau de la Pouponne, à l'ouest du mamelon d'Astros, franchissait l'Argens, entre le quartier de ce nom et celui de Repenti, sur un pont dont les débris sont visibles, côtoyait les collines des quartiers du Rondin et dé Châteaunëuf et tournait à l'ouest du côté du Cannet, du Luc et de Cabasse.

Dans presque toute la totalité de ce parcours, la voie aurélienne existe encore, souvent réduite, il est vrai, à l'état de simple sentier (1).

Pour mieux justifier ce tracé on remarquera que les auteurs qui ont étudié le réseau des voies romaines entre les Alpes et Aix, ont reconnu l'existence d'une route romaine entre Châteaunèuf et les Arcs par Astros et Taradeau. Sans doute, ils la considèrent comme un embranchement vers Riez se détachant de la voie principale. Mais comme il est de toute impossibilité qu'il en soit ainsi (2), il résulte que cette section de voie romaine ne peut être que la voie aurélienne. Qu'on se rappelle de plus qu'entre Fréjus et le Pugel^ celte route passait au nord de la route actuelle. On ne peut admettre que pour relier ces deux tronçons, établis dans des régions surélevées, les Romains soient descendus au sud, en plaine, alors qu'ils n'avaient qu'à les prolonger suivant une ligne presque droite en passant par Ste-Rosseline, Valbourgès et Clastron.

(1) J'ai suivi, à pied, en grande partie le tracé que je viens d'indiquer. On le retrouve d'ailleurs, presque en totalité sur la carte de FEtat-Major.

! (2) Voir mon étude sur l'emplacement CZ'ANTEÏS. Annales de Provence, Aix, 1909.


32 LE LIEU DE LA RENCONTRE

On remarquera encore que lesquartiers de Ste-Rosseline,aulrefois Salembaut (1), et de Valbourgès figurent sur les anciennes cartes de Provence, ce qui indique qu'ils avaient jadis plus d'importance qu'aujourd'hui. D'où provenait-elle, sinon de ce qu'ils étaient situés sur une route fréquentée? Le nom de Clastron lui-même évoque l'idée de cloître et par suite d'élablissement de refuge, souvent ecclésiastique, comme on en bâtissait sur le bord des chemins, à l'usage des marchands et des pèlerins.

Enfin, les territoires de la Motte et du Muy, entre le gué de l'Endre dont il a été parlé et le point où l'ancien chemin de la Ferrière se joinlà la route départementale près de Valbourgès(2), sont exactement délimités par le tracé de la voie romaine précédemment indiqué. Or l'on sait que, pour délimiter lès territoires des communes, on a choisi les voies de communication quand les limites naturelles faisaient défaut. Ces délimitations remontent à une époque très reculée, à une époque où la voie aurélienne existait certainement encore. Rien d'étonnant qu'elle ait été utilisée pour séparer les territoires du Muy et de la Motte qui ne pouvaient l'être que par une ligne conventionnelle.

Toutes ces raisons ne sont-elles pas suffisantes pour assurer que la voie aurélienne suivait le tracé que l'on a reconstitué?

Ainsi construite, non seulement elle évitait les marécages de

(1) Salembaut est la corruption de Sala Rodbaldl, nom d'un monastère important au moyen âge, situé au quartier actuel de Sainte Rosseline.

(2) C'est exactement à ce point de jonction que commence l'embranchement vers Anleis et Riez dont il sera parlé plus bas. — L'ancien chemin de la Ferrière conduisait du quartier de Valbourgès au Muy même; la route départementale actuelle, partant du même quartier, aboutit à la route nationale, à quelque distance, à l'ouest du Muy.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 33

la plaine, mais elle desservait de très anciens villages comme les Arcs et Taradeau, situés actuellement à quelque distance au nord de la route nationale, et qui, autrefois, devaient nécessairement se trouver sur une même voie de communication.

De plus, grâce à ce tracé, la voie aurélienne commandait directement au nord les débouchés des vallées du Blavet, de l'Endre, de la Nartuby et de la Florièye. Des embranchements se dirigeaient vers Saint-Paul et Fayence, Esclans et Callas, la plaine de Draguignan, Lorgues.

De ces embranchements le plus important était celui qui, par l'ancien Trans (1) et Anteis (2), aboutissait à Riez. A l'origine, il se détachait de la voie aurélienne près de Clastron. Plus tard, sous Tibère probablement, il s'en détacha entre les quartiers de Sainte Rosseline et de Valbourgès, la rive droite de la Nartuby étant moins montueuse que la rive gauche (3).

Au Sud, la route romaine était reliée au littoral par plusieurs voies. L'une sortait de Fréjus, très probablement, par la porte dite des Gaulés et longeait la côte; d'autres gagnaient le golfe de Ste-Maxime. L'une de ces dernières parlait des Arcs et traversait l'Argens sur le pont de la Cognasse (4). De plus une

(1) L'ancien Trans était situé au nord du village actuel au quartier de S'-Victor.

(2) Quartier de Saint-Hermentaire, près Draguignan.

(3) Voir mon étude sur l'emplacement d'Anteis et plus haut page 13.

(4) Ce pont est communément appelé Pont Aurèlwn. Ce serait le pons aurela cité dans un texte du Cartulaire de S'-Victor (Charte 583, I, p. 574). Cette dénomination a amené certains auteurs à le considérer comme donnant passage à la voie aurélienne. La raison est insuffisante. L'embranchement de Riez est appelé voie aurélienne ; celui de Toulon de même. On a pu désigner de pareille façon l'embranchement dès Arcs au littoral.


34 LE LIEU DE LA RENCONTRE

route reliait cette localité à l'ancien Trans (1), de façon à permettre aux voyageurs venant du côté de Toulon ou de SteMaxime de rejoindre l'embranchement de Riez sans pousser jusqu'à Clastrond'abord; Sainte-Rosseline, ensuite.

On voit que les Romains avaient un réseau de routes fort bien compris. Le mérite n'en revient pas d'ailleurs à eux seuls. Il est probable, en effet, qu'ils n'ont fait qu'utiliser et améliorer des chemins préexistants.

Si le tracé de la voie aurélienne à l'ouest de Fréjus est tel qu'on vient de l'indiquer, il sera facile de déterminer exactement et définitivement l'emplacement de*Forum Voconii.

Cette question a soulevé de nombreuses controverses, non seulement parce que le tracé de la voie aurélienne n'était pas connu, mais aussi parce que les documents anciens diffèrent sur la distance qui séparait cette localité de Fréjus.

Aussi que de suppositions et de démonstrations contradictoires ont été faites! Les uns ont placé Forum Voconii aux Arcs, à Vidauban, au Cannet, au Luc, à Cagnose, à Gonfaron ; d'autres à Lorgues, à Draguignan, à Brignoles et même à Vaison et à Chambéry ; certains enfin au quartier de Châteauneuf près Vidauban.

D'après la table de Peutinger, la distance entre Fréjus et Forum Voconii était de dix-sept milles (2) ; de douze, suivant

(1) Cette route franchissait la Nartuby sur un pont qui existe encore situé en contre-bas de la place de l'hôtel de ville au village actuel de Trans. Quand l'embranchement se détacha près S^-Rosseline, un nouveau pont fut construit sur la Nartuby. Il est encore utilisé.

(2) Table de Peutinger, Edition Ernest Desjardihs. Paris, Hachette, p. 62.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 35

deux manuscrits de l'Itinéraire d'Antonin, de vingt-quatre d'après les autres (1). C'est aussi ce dernier chiffre que donne Plancus dans une lettre à Cicéron, quand, des bords de l'Isère, il se préparait à rejoindre les légions de Lépide sur les rives de l'Argens (2). Il présente toutes les garanties possibles d'exactitude. Plancus avait évidemment consulté les itinéraires militaires avant de se mettre en route. Il semble donc difficile de douter du renseignement donné, d'autant plus qu'il est confirmé par plusieurs manuscrits de l'Itinéraire d'Antonin.

Mais comment expliquer que ce document indique tantôt vingt-quatre milles, tantôt douze entre Fréjus et Forum Voconii? Très probablement, parce que, dans deux manuscrits, ce n'est pas la distance entre ces deux localités qui est mentionnée, mais celle entre Fréjus et le point de départ de l'embranchement de Riez sur la rive gauche de la Nartuby. Si, en effet, l'on mesure douze milles à l'ouest de Fréjus, sur la voie aurélienne, en suivant le tracé reconstitué, on tombe exactemenl à la ferme de Clastron d'où se détachait l'embranchement de Riez.

Les variantes de l'Itinéraire d'Antonin peuvent ainsi s'expliquer avec quelque ressemblance. Mais d'où vient que la Table de Peutinger indique dix-sept milles entre Fréjus et Forum Voconii ?

Il est à remarquer que ce document, en évaluant ainsi les distances entre ces deux points, indique vingt-deux milles entre Forum Voconii et Matavone, la stalion suivante du côté d'Aix, alors que tous les manuscrits de l'Itinéraire d'Antonin donnent

(1) Edition de Fortia d'Urban et Lapie. Imp. royale, 1845.

(2) Lettre précitée, n' 818.


36 . LE LIEU DE LA RENCONTRE

le chiffre douze, exactement dix milles en moins. Il y aurait donc eu trente-six milles entre Fréjus et Mataoone, d'après l'Itinéraire d'Antonin, et trente-neuf milles d'après la Table de Peutinger.

D'où vient cette différence de trois milles ?

Très certainement de ce que le chiffre XVII de la table de Peutinger est une mauvaise lecture des copistes. On sait avec quelle facilité ces derniers prenaient le chiffre II pour le chiffre V et réciproquement. Ce n'esl pas XVII qu'il faut lire, c'est XIIII.

Dans ce cas, les documents concordent. XXIIII et XII font XXXVI et XIIII et XXII font également XXXVI,

Mais alors pourquoi XIIII milles et non XXIIII entre Fréjus et Forum Voconii d'après la Table de Peutinger ?

Pour la même raison que certains manuscrits de l'Itinéraire d'Antonin donnent douze milles; parce qu'un quatorzième mille à l'ouest de Fréjus était le point de départ de l'embranchement rectifié de Riez, qui suivait la rive droite de la Nartuby jusqu'au village actuel de Trans, au lieu de suivre la rive gauche comme antérieurement.

Le point de départ de cet embranchement étant à quatorze milles de Fréjus était exactement à vingt-deux milles de Mataoone. !

On peut se demander pour quelle raison les itinéraires auraient ainsi pris soin d'indiquer le point de départ de l'embranchement de Riez. Peut-être parce que ce point de départ devint, à une certaine époque, un lieu d'étape, bien qu'aucune localité ne s'y trouvât. L'étape de vingt-quatre milles entre Fréjus et Forum Voconii était fort longue. Elle fut sans doute coupée en deux postérieurement à la fondation de celte dernière


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 37

station. Peut-être même celle-ci cessa-t-elle d'être un lieu d'étape, ce qui expliquerait la variante de la Tablé de Peutinger. A l'origine, il y aurait eu une étape de vingt-quatre milles entre Fréjus elForum Voconii et une de douze milles entre Forum Voconii et Matavone; plus tard on aurait divisé en trois parties ce trajet de trente-six milles; plus lard encore, après la rectification de l'embranchement de Riez, on aurait divisé à nouveau, en deux étapes, la distance entre Fréjus el Matavone, l'une de quatorze milles, l'autre de vingt-deux. Il est évident que les Romains ont modifié leurs itinéraires militaires comme nous avons modifié les nôtres. De là les différences dans les évaluations des distances, qu'on relève dans les documents anciens.

Si l'on admet qu'il y avait vingt-quatre milles entre Fréjus et Forum Voconii et qu'on mesure cette distance sur le tracé de la voie aurélienne tel qu'il a été établi, l'on trouve que le vingtquatrième mille tombe exactement au quartier de Châteauneuf près de Vidauban.

Ce point était parfaitement choisi pour y établir une station. Elle s'âppuyâit à l'ouest sur des collines boisées, A l'opposé s'étendait une plaine, limitée à l'est et au sud par d'autres collines et au nord par l'Argens. Il ne reste, il est vrai, au quartier de Châteauneuf aucune Irace de substructions ; oh-y a seulement trouvé quelques débris de poteries ou de lampes. Le fait n'a rien de surprenant. Forum Voconii n'était pas une localité dé premier ordre comme Fréjus ; c'était un relais, un lieu d'étape d'autant moins important que d'anciennes agglomérations comme Taradeau et le Cannet étaient dans son voisinage.

Il est du resle encore une raison de croire que Forum Voconii se trouvait à Châteauneuf.


38 LE LIEU DE LA RENCONTRE

Quand Plancus écrivit à Cicéron qu'il avait tenté de rejoindre Lépide, il ajouta qu'il s'était arrêté à quarante milles de lui près d'un fleuve, dont la traversée était lente (1). Or, si l?on compte quarante milles à partir de Châteauneuf, en passant par Astros, Taradeau, les Arcs, Trans et en suivant ensuite l'embranchement de Riez, l'on arrive au Verdon qu'on ne pouvait franchir qu'à l'aide d'un pont étroit. Les indications de Plancus se trouvent ainsi confirmées ; en même temps l'emplacement de Forum Voconii est vérifié (2).

Si cette station était vraiment au quartier de Châteauneuf, le pont sur l'Argens dont parle Lépide dans ses lettres ne peut être que le pont d'Astros et la rivière qui séparait son camp de celui d'Antoine est nécessairement la Florièye.

Elle répond exactement à la description de Plutarque et d'Appien. Sa largeur est d'une dizaine de mètres. Antoine pouvait facilement, de la rive gauche, haranguer les soldats qui se trouvaient sur la rive droite (3). Elle était guéable et pourtant,

(1) Lettre précitée, n" 845.

(2) On ne s'explique guère, de prime abord, pourquoi les Romains ont fondé Forum Vocoidi. Ce n'est certainement pas parce qu'ils avaient besoin d'un lieu d'étape, puisqu'ils auraient pu diviser la distance entre Fréjus et Malavone en deux étapes, l'une de dix-sept milles jusqu'aux Arcs, l'autre de dix-neuf. C'eût été plus rationnel que de faire une étape de vingt-quatre milles, suivie d'une de douze. Peut-être ont-ils fondé Forum Voconii pour que ses habitants pussent veiller sur le pont d'Astros, éloigné d'un mille environ, qui, sans cette fondation, eût été trop éloigné d'une agglomération.

(3) Il eût été au contraire impossible à Antoiue de se faire entendre des soldats de Lépide, s'il avait été sur la rive gauche de l'Argens soit au pont d'Astros, soit au pont de la Cognasse. En ces endroits le fleuve a plus de 30 mètres de largeur.


DE .LÉPIDE ET D'ANTOINE 39

dans une partie de son cours, suffisamment encaissée et roulant assez d'eau pour empêcher le passage et nécessiter la construction d'un pont de baleauxi Pour rétablir, les soldats avaient pu utiliser les barques qui servaient à traverser l'Argens, en les amenant dans le lit de la Florièye (1), Ou plus simplement ils avaient construit les radeaux avec des arbres abattus.

De plus, Lépide ne pouvait logiquement établir son camp que dans la plaine de Planguillet, comprise entre les collines de. l'ouest, la rive droite de la Florièye et la rive gauche de l'Argens. Son armée, crditron,; comprenait environ 30,000 hommes;'!! .rie' 1 pouvait les faire camper entre Forum Voconii et la rive droite de l'Argens. En face de lui, sur la rive gauche, se dressait le mamelon d'Astros qui lui aurait caché les mouvements dé l'ennemi. Il ne pouvait non plus camper, faute d'espace, sur la rive gauche, entre le fleuve el le mamelon.,Il fut donc forcé de franchir ce dernier et de camper dans la plaine de Planguillet. Sa .position était excellente. Il était protégé à droite par l'Argens, devant lui par la Florièye. Il avait derrière lui là voie aurélienne qui lui permettait, le cas échéant, de battre en retraite vers Forum Voconii. Si sa première ligne était forcée, il pouvait se retrancher sur la rive droite de l'Argens et arrêter l'ennemi au pont d'Astros.

La.position stratégique d'Antoine n'était pas moins favorable. :I1 établit son camp vis-à-vis celui de Lépide, sans Je fortifier,

(1) Il est probable qu'une route venant de Lorgues aboutissait à l'Argens, près du. confluent de la Florièye,.et se continuait sur l'autre rive vers le golfe de Sainte-Maxime par Gastel-Dio. Il fallait traverser l'Argens sur des barques, et les soldats de Lépide et d'Antoine purent facilement s'en emparer. Cette route, qui a disparu, a dû servir à délimiter les territoires de Vidauban, d'une part ; de Taradeau et des Arcs, de l'autre.


40 LE LIEU DE LA RENCONTRE

« comme un ami qui s'installe près d'un ami » (2). C'était compréhensible. La gauche de son armée était protégée par l'Argens; devant elle coulait la Florièye qui remplaçait avantageusement le fossé qu'il aurait pu faire creuser. Derrière elle était une plaine où la cavalerie pouvait se déployer à son aise. A sa droite se déroulait la voie aurélienne, sur le flanc des collines. Sa retraite sur les Arcs était aussi assurée que celle de Lépide sur Forum Voconii.

On se demandera peut-être pourquoi Lépide a daté ses lettres du pont sur l'Argens du moment où il en était distant de deux kilomètres cinq cents mètres environ. 11 aurait dû les dater simplement de son camp sans autre indication.

S'il ne l'a pas fait, c'est très probablement parce qu'il a voulu renseigner Cicéron et le Sénat, avec le plus de précision possible, sur l'endroit où il se trouvait. Il .ne pouvait dater sa lettre de Forum Voconii trop éloigné. Il a choisi le point le plus connu, situé le pins près possible de son camp. Ce point était le pont grâce auquel la voie aurélienne franchissait l'Argens, pont qui figurait sans doute sur des cartes qui ne sont point parvenues jusqu'à nous.

En datant ses lettres du pont d'Astros, Lépide renseignait avec une suffisante précision ses correspondants sur la situalion de son armée.

C'est pour la même raison que, dans une lettre, il indique qu'il a établi son camp auprès de l'Argens et non pas auprès de la Florièye. Cette petite rivière était inconnue de Cicéron. Il n'en était pas de même de l'Argens. D'ailleurs l'indication donnée par

(1) Appien.


DE LÉPIDE ET D'ANTOINE 41

Lépide était exacte, puisque la plaine de Planguillet touche à la rive gauche de ce fleuve.

De toutes les déductions et raisons précédentes, il semble résulter avec certitude que les soldats d'Antoine se joignirent à ceux de Lépide, sur les bords de la Florièye et de l'Argens, dans la plaine de Planguillet, en vue de l'ancien village de Taradeau.


APPENDICE

i

LETTRES DE LÉPIDE ET DE PLANCUS (1)

1° N° 818, page 5. Lettre de Plancus à Cicéron, sans lieu, ni date.

....Antoine est arrivé le 15 mai à Forum Julii avec son avant-garde. Ventidius n'en est éloigné que de deux journées. Lépide est campé à Forum Vocontium, à'où, l'on compte vingtquatre milles jusqu'à ForUm Julii, et, suivant ce qu'il m'écrit, il est résolu à m'y attendre.., .

2° N° 823, page 19. Lettre de Lépide à Cicéron, datée du camp du pont d'Argens, le 22 mai.

Sur la nouvelle qu'Antoine avait pris le chemin de ma

province avec ses troupes et qu'il se faisait précéder par une partie de sa cavalerie sous la conduite de Lucius, son frère, j'ai quitté le camp que j'occupais à un confluent du Rhône dans la

(1) Cicéron, lettres familières. Edition Panckoucke. Paris, 1825.




APPENDICE 43.

résolution d'aller au-devant d'eux. Je me suis rendu, par des marches continuelles, à Forum Vocontium et même plus loin pour asseoir mon camp sur les bords de l'Argens vis-à-vis des Antoniens. P. Ventidius s'est joint à Marc Antoine avec ses trois légions. Leur camp est au-delà du mien....

838, page 67. — Lettre de Lépide au Sénat et au peuple romain, datée du pont d'ArgenS; le 30 mai.

[Il annonce la réunion des troupes d'Antoine aux siennes].

4° N° 845, p. 99. Lettre de Plancus à Cicéron, datée de Cularon, le 6 juin.

C'est dans cette idée que j'ai fait avancer mes troupes

presque à la vue de Lepidus et d'Antoine et que je me suis arrêté à quarante mille pas d'eux, pour m'assurer le pouvoir ou de m'approcher promptement ou de me retirer sans difficulté. A cette précaution j'ai joint celle de me poster au dessous d'un fleuve qu'on ne pouvait traverser qu'avec lenteur et d'être à portée du territoire des Vocontiens à travers lequel ma retraite fut assurée. Lepidus désespérant de me voir arriver, comme il s'en était extrêmement flatté, s'est joint à Marc Antoine le 29 mai et dès le môme jour ils ont fait marcher vers moi leurs troupes , réunies. Ils n'en étaienl plus qu'à vingt milles lorsque j'en ai reçu la nouvelle. Avec la faveur du ciel je me suis hâté de me retirer et celle retraite n'a pas eu la moindre apparence d'une fuite ...


44 APPENDICE

II

RÉCIT DE PLUTARQTJE (1)

Quand il [Antoine] eut assis son camp non loin de celui de Lepidus, voyant qu'il ne recevait de sa part aucune marque d'attention, il résolut de tout risquer et d'aller lui-même le trouver. Il avait les cheveux négligés ; et sa barbe qu'il laissait croître depuis sa défaite, était fort longue. Il prend donc une robe de deuil ; il s'approche des retranchements de Lepidus et il commence à parler. La plupart des soldats dé Lepidus étaient touchés de sa misère et vivement émus par ses discours, mais Lepidus qui s'aperçut de la disposition de ses troupes et qui en craignit les suites, fit sonner les trompettes afin de couvrir la voix d'Antoine. Cette dnreté ne fil qu'accroître la compassion des soldats et ils envoyèrent secrètement vers Antoine Lelius et Clodius, déguisés eu courtisanes, pour lui dire d'attaquer sans' crainte le camp de Lepidus parce que la plupart d'entre eux étaient disposés à le recevoir et même, s'il le désirait, à tuer Lepidus. Antoine ne voulut pas permettre qu'on louchât à Lepidus. Mais le lendemain matin, dès la pointe du jour, il se met à la tête de ses troupes, puis sondant le gué de la rivière qui séparait les deux camps (2), il se jette le premier à l'eau et il

(1) Vie d'Antoine. Traduction Pierron. IV, p. 202. Charpentier. Paris, 186L

(2) Cesmots. ne sont pas dans le texte. Amyot traduit potamos par petite rivière.


APPENDICE 45

igagne.l'autre rive, encouragé par les soldats de Lepidus qui lui tendaient les mains et qui arrachaient les palissades. A peine entré dans le camp, Antoine fut maître de toute l'armée. Mais il traita Lepidus avec beaucoup de douceur; en le saluant il lui donna le nom de père, et, bien qu'il eût lui-même en effet toute l'autorité, il continua de laisser à Lepidus le titre et les honneurs du commandement. Cette conduite généreuse détermina Munati-us Plancus, qui campait assez près de là avec un corps de troupes, à venir se joindre à lui. Ces renforts puissants rendirent à Antoine toute sa confiance. Il repassa les Alpes et il rentra en Italie.

III

RÉCIT D'APPIEN (1;

Cependant Antoine traversa les Alpes du consentement de Culéon qui gardait le passage sur l'ordre de Lépide, campé proche d'une rivière où Antoine alla asseoir son camp, sans se fortifier, comme un ami qui va camper auprès de l'autre. Là, ils envoyèrent plusieurs fois de leurs gens l'un à l'autre. Antoine faisait ressouvenir Lépide de leur amitié et de ce qu'il avait fait pour lui et l'avertissait de' prendre garde que tous ceux (qui tenaient le parti de César ne fussent maltraités les uns après

(1) Guerres civiles des Romains. Traduction d'Odet Philippe, sieur des Mares. Paris. Sommaville, 1659. Livre III, p. 417.


46 APPENDICE

les autres, et Lépide s'excusait sur les ordres du Sénat qui lui. commandait de lui faire la guerre quoiqu'il eût été bien fâché d'en venir aux mains avec lui. Mais les soldats de Lépide, soit qu'ils eussent du respect pour Antoine, soit qu'ils s'aperçussent des négociations, soit qu'ils prissent plaisir à voir ce camp sans fortifications, se mêlaient avec ceux d'Antoine, au commencement en cachette et ensuite ouvertement comme allant vers leurs compatriotes et autrefois leurs camarades. En vain leurs officiers le leur défendaient. Afin de converser plus facilement ensemble, ils firent un pont de bateaux sur là rivière et la dixième légion qu'autrefois Antoine avait commandée lui portait du camp de Lépide toutes les choses nécessaires (1).

Laterensis, un des plus considérables sénateurs, s'en étant aperçu, en donna avis à Lépide et comme il n'en voulut rien croire, lui dit qu'il divisât son armée et en envoyât une partie en un lieu où il feignit se vouloir servirjd'eux et les autres ailleurs, afin de connaître la fidélité ou la perfidie de ses soldats. Il sépara donc ses troupes en trois et leur commanda de partir la nuit pour aller servir d'escorte aux questeurs qui n'en étaient pas éloignés. Mais eux, sur la 4nie veille, s'arment comme pour marcher, se saisissent des retranchements et ouvrent la; porte à Antoine. Il court droit à la tente du général, conduit par les soldats de Lépide qui criaient qu'il fît la paix et pardonnât à de misérables citoyens. Sur ce bruit, il saule du lit tout déshabillé, vient au-devant d'eux, leur promet de faire ce qu'ils demandaient et va embrasser Antoine en lui faisant des excuses de ce qu'il

(1) Les soldats de la dixième légion qu'Antoine avait autrefois choisis et enrôlés, disposaient tout pour le recevoir dans le camp de Lépide. Traduction Thouron, op. cit., p. 36.


APPENDICE 47

avait été contraint de faire. Quelques-uns même disent qu'il se mit :;à genoux devant Antoine ; mais, quoiqu'il fût lâche et sans coeur, tous les auteurs n'en parlent point et cela ne me semble pas croyable, car il n'avait encore fait aucun acte d'hostilité contre Antoine, pour quoi il lé dût craindre. Ainsi Antoine se rendit et plus puissant et plus formidable à ses ennemis que jamais il n'avait été.



LE TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE DU VAR

PAR EDMOND POUPÉ

AVANT-PROPOS

Les archives du tribunal révolutionnaire du département du Var ont été conservées presque en totalité. Grâce à la bienveillante autorisation de M. Portai, greffier du tribunal de 1" instance de Draguignan — que je ne saurais trop remercier, —j'ai pu non seulement les consulter mais aussi les classer et les inventorier (1). Leur importance est de premier ordre pour l'histoire de la Révolution dans le Var. Elles concernent en effet de nombreuses localités de ce département. De plus, aux procédures sont parfois annexés des documents extra judiciaires, introuvables dans d'autres dépôts publics. A cause de la diversité

(1) J'ai classé non seulement le fonds de ce tribunal, mais toutes les archives de la période révolutionnaire, actuellement déposées aux archives dépàriementales. Voici la désignation des divisions avec le nombre des articles : Tribunal criminel, 1 à 1029; tribunaux correctionnels, 1030 à 1132 ; tribunaux de district, 1133 à 1374 ; tribunal civil du département, 1375 à 1426 ; justices de paix, 1427 à 1459.

La Révolution française, ■ n° dé mars 1906, a- publié un résumé sommaire de l'inventaire du fonds du tribunal criminel.

4


50 AYANT-PROPOS

des renseignements quelles renferment, sur les événements comme sur les hommes, la publication en serait du plus haut intérêt. Malheureusement on ne peut songer à la faire intégralement.

J'ai essayé d'en extraire l'essentiel, de façon à donner une idée aussi exacte que possible de l'organisation et du fonctionnement du tribunal et de porter à la connaissance de ceux qu'intéresse la période révolutionnaire les documents qui pourraient leur être utiles.

Ce livre est divisé en trois parties.

La première comprend l'historique de l'organisation et du fonctionnement du tribunal ainsi que le résumé des affaires portées devant lui (1).

La seconde est consacrée aux renseignements qui n'auraient pu, sans la surcharger, trouver place dans la première : listes de contre-révolutionnaires, statistiques diverses, relevé chronologique des opérations du tribunal.

Enfin, est publiée IN EXTENSO, dans la troisième, une série de documents qui éclairent la première partie : arrêtés des représentants du peuple en missioii, lettres de l'accusateur public, dépositions de témoins, actes d'accusation, interrogatoires, jugements, etc.

Outre les archives du greffe du tribunal de Draguignan, j'ai consulté les documents de la série Z- aux archives départementales des Bouches du-Rhône (dépôts de Marseille et à"Aix) et du Var, ainsi que. plusieurs articles de la série E (papiers de famille)

(1) A l'occasion de ces affaires j'indique en note les documents contenus dans les dossiers et n'ayant parfois avec elles qu'un rapport lointain.


AVANT-PROPOS 51

aux archives de ce dernier déparlement. Jy ai trouvé quelques renseignements (i).

Quant aux sources imprimées, comme le sujet traité est entièrement nouveau (2), je n'ai eu besoin de recourir qu'au livre de M. Paul Sénèquier, intitulei LA TERREUR A GRASSE (3), où sont reproduits des documents d'archives.

Je dois aussi à l'obligeance de M. Paul Arbaud, bibliophile à Aix, communication d'une relation imprimée du voyage de 31 contre-révolutionnaires varois transférés de Grasse à Paris en messidor an II (fin juin 1794) (4).

Je ne puis terminer sans présenter tous mes remerciments à M. Mireur, archiviste du Var, qui a mis à ma disposition de , précieuses notes, particulièrement sur le personnel du tribunal ; à M. Gavoly, avocat, à Paris, qui m'a communiqué une correspondance privée où j'ai trouvé des détails intéressants, et à M. Jacqmin, ancien archiviste-adjoint des Bouches-du-Rhône, chargé spécialement de la conservation du dépôt d'Aix, qui a bien voulu faire pour moi de longues recherches dans les dossiers du tribunal révolutionnaire des Bouches-du-Rhône.

(1) J'ai trouvé aussi quelques détails d'ordre secondaire aux archives nationales, AFu, 144, et W, 53, 54, 56, 64, 67, 464, 470, 489.

(2) M. Berriat-Saint-Prix a, il est vrai, consacré autrefois quelques lignes au tribunal révolutionnaire de Grasse, mais il n'a fait, qu'effleurer le sujet. — Cf. Berriat-Saint-Prix. La Justice révolutionnaire à Paris et dans les départements. Tribunaux extraordinaires et révolutionnaires du Var, des Alpes-Maritimes et des Basses-Alpes. Toulon, Grasse, Nice et Digne. Extrait du Cabinet historique. Paris, Pellet, s. d. [1866-1867], 1 vol. in-8°.

(3) 2me édition. Grasse, imp. Imbert, 1894, petit in-8°.

(4) Imp. Guerebart, rue du Colombier, maison du Parc, n" 3, Paris [an III].



PREMIERE PARTIE

I

ORGANISATION & FONCTIONNEMENT DU TRIBUNAL

I

Au commencement de juillet 1793, le département du Var était en pleine effervescence. L'antagonisme entre les deux grands partis politiques — Girondins et Montagnards — qui se partageaient les habitants, était entré dans une; phase d'extrême acuité. La fortune semblait favorable aux premiers. Sous leur inspiration, dans presque toutes les localités, soit urbaines, soit rurales, des Sections s'étaient ouvertes, et les Sociétés populaires,, où.dominaient leurs adversaires, avaient discontinué leurs séances. Mais le mouvement fédéraliste, simplement antimonlagnard au début, changea bientôt de caractère. A la fin du mois, la lutte n'était plus entre deux partis se disputant la


54 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

prépondérance, mais entre ceux qui continuaient à reconnaître la Convention et ceux qui la méconnaissaient. Cette évolution permit aux représentants Barras et Fréron, en mission auprès de l'armée d'Italie, de réprimer rapidement et partout l'insurrection fédéraliste, sauf à Toulon. Ils eurent avec eux non seulement les anciens Montagnards, mais les républicains qui craignaient que cette réaction contre les excès de quelques uns n'aboutît à une restauration monarchique. Ce fut effectivement ce qui arriva à Toulon. Les anti-conventionnels de la localité aimèrent mieux proclamer Louis XVII et accepter le secours des flottes étrangères, coalisées contre la France, que de se soumettre aux troupes de là,Convention, Cette trahison acheva la ruine du parti sectionnaire et donna une force plue grande aux Montagnards. Ils passèrent pour les seuls défenseurs de l'idée républicaine et purent d'autant plus facilement écraser leurs ennemis.

II

- Le mouvement fédéraliste varois eut entre autres conséquences celle de désorganiser le tribunal criminel du département qui siégeait à Toulon (1). Les sectionnaires de cette ville jetèrent en

(1) Le président, l'accusateur public et le greffier de ce tribunal avaient été élus en novembre 1792 par l'assemblée électorale du département qui siégea à Hyères. Le procès-verbal de ses opérations n'a pu être retrouvé. Le tribunal fut installé le 6 décembre 1792. Cf. arch. dép. Var, L. 928, 934, 949.— Le président avait démissionné avant l'ouverture des sections, car il avait été nommé en avril 1793 commissaire-auditeur près la cour martiale maritime de Toulon et le Ministre de la Justice avait écrit qu'il ne pouvait cumuler. — Cf. arch. dép. Var, L. 934, 943, 948.


DU- VAR 55.

prison son président Barthélémy (1) et son greffier Monier (2), qui, dès l'origine de la Révolution, avaient, surtout le premier, manifesté des opinions démocratiques. Quant à l'accusateur ■ public, Bayne (3), il avait embrassé la cause fédéraliste et était , à la tête d'une compagnie franche qui coopérait dans l'ouest du département avec l'armée marseillaise. Le cours de la justice criminelle se trouva ainsi interrompu. Ce fut seulement le 8 septembre 1793 que les représentants du peuple Barras, Fréron, Ricord et Robespierre jeune, réunis à Solliès, « considérant que les prisons étaient remplies de prévenus de délits graves », et « attendu la difficulté de convoquer dans le moment le corps électoral», nommèrent un président.,; un

(!) Jean-Sébastien Barthélémy, né à-Toulon le 12 janvior 1752, guillotiné dans cette ville le 7 août 1793.

Homme de loi avant la Révolution ; secrétaire-rédacteur du bureau de correspondance du Conseil communal de Toulon en 1789; officier municipal, 1790-1791 ; élu juge de paix, de Toulon-ville en avril 1791 (élection,cassée); va à Marseille en novembre I7itl ; chef du bataillon du district d'Ab. en octobre 1792 ; élu président du tribunal criminel du Var eii novembre 1792; commandant de la -gendarmerie nationale nu ritime; nommé commissaire auditeur près la cour martiale maritime de Toulon le 1" avril 1793 ; installé le 21 ; condamne à mort le 7 août suivant par le. tribunal populaire sectionnaire de Toulon.

(2) Nicolas-André Monier, né à Toulon le 8 décembre 1762, décédé à'(?).'

Orfèvre avant la Révolution ; greffier de la justice de paix à Toulon, 1791-1792; électeur du canton de Toulon en 1792; administrateur du département et greffier du tribunal criminel, décembre 1792-juilîët 1793; incarcéré, par. les seetionnaires pendant le siège de Toulon; administrateur du district du Beausset, pluviôse-messidor an II (fin jànvier-commeneementjuillet 1794); juge de paiv à Toulon, an IV-anVI (1795-1798) ; électeur du canton de Toulon en l'an V (1797); juge au tribunal civil du département, an Vl-an VIII (1798-1800); avoué à Toulon.

(3) Jean-Jacques-Cb.ristian-Josepb Bayne, né a (?), tué à Toulon au moment de la reprise de cette ville par l'armée républicaine, fin frimaire an II (milieu décembre 1793).

Procureur-syndic du district d'Hyères, octobre-décembre 1792; accusateur public: près le tribunal criminel du Var, décembre 1792juillet 1793 ; commandant d'une compagnie franche de l'armée marseillaise fédéraliste, juillet 1793;


56 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

accusateur public et un greffier de leur choix (1). Ce furent Joseph-Vincent Lombard (2), commissaire national près le tribunal du district de Draguignan, Jean-Baptiste Vachier (3), commissaire national près le tribunal du district de Barjolà, et Gérard, homme de loi, de Cotignac (4). Us décidèrent en même temps que le tribunal criminel siégerait désormais à Grasse, dans un local que déterminerait l'administration du département, transférée de Toulon dans cette ville. Quant aux trois juges qui devaient assister le président, ils seraient, conformément à la loi et comme par le passé, choisis parmi ceux des tribunaux de district. Le tribunal reçut la latitude de nommer les « secrétaires et huissiers » nécessaires à son fonction(1)

fonction(1) le texte de cet arrêté, 3™ partie, I.

(2) Joseph-Vincent Lombard, né aux Arcs le 23 janvier 1757, décédé à Paris, le 13 janvier 1840.

Oratorien à Aix avant la Révolution ; juge de paix à Flayosc, janvier 1791-novembre 1792 ; électeur du canton de Salernes en 1792; commissaire national près le tribunal du district de Draguignan^ novembre 1792-octobre 1793; président du tribunal criminel du Var, octobre 1793-messidor an III (commencement juillet 1795) ; secrétaire général au ministère de la Justice sous le Directoire ; rentré dans la vie privée après le 18 brumaire.

(3) Le 9 octobre 1793. la Société populaire de Barjols félicita Vachier de sa nomination. Greffe, 14.

Jean-Baptiste Vachier, né à Barjols le 22 juin 1763, y décédé lé 25 novembre 1842.

Avocat avant la Révolution; commissaire national près le tribunal du district de Barjols, novembre 1792-octobre 1793; accusateur public près le tribunal criminel du Var, octobre 1793-brumaire an III (commencement novembre 1794) ; mis en arrestation à Barjols comme terroriste, en messidor an III (fin juin 1795), et incarcéré à Grasse ; amnistié en brumaire an IV (fin octobre 1795); inspecteur des Contributions directes du Var, an Vl-an VIII (1797-1800); conseiller général du Var, an VlII-an X (1802) ; membre du collège électoral du département de l'an XII- (1803) à 1814; maire de Barjols, an VIII (1800)-1808; avocat, après avoir quitté la vie publique ; envoyé sous la surveillance de la police à Montêlimar pendant quelque temps par la Restauration en 1815.

(4) Il n'a pas été possible d'identifier ce nom. Peut-être s'agit-il d'Honoré Gérard, homme de loi.


DU VAR 57

nement.'Président, accusateur public, greffier, juges devaient se trouver à Grasse dans les trois jours qui suivraient la convocation que le procureur général syndic du département était requis de leur adresser.

Celui-ci convoqua le président, l'accusateur publie et le greffier par lettre du 18 septembre (1). Pour les juges, le directoire du département les choisit dans les tribunaux qui étaient de tour en juillet-août-septembre 1793 et qui n'avaient pu satisfaire à leur service par suite du mouvement sectionnaire, c'est-à-dire ceux de Barjols, Fréjus et S'-Paul-du-Var (2). Malgré la disposition de l'arrêté des représentants du peuple, le 6 octobre, ils n'étaient pas encore tous à leur posté. De plus, le greffier, nommé par Barras et ses collègues, avait décliné les fonctions auxquelles il était appelé. Les membres du tribunal, par un nouvel arrêté de Barras et de Fréron, furent autorisés à lui donner un successeur (3). Ils firent choix de Pierre-Dominique Turrel l'aîné, homme de loi, de Draguignan (4).

(1).Texte, Arch. dép. Var, L. 158.

(2) Cf. lettre du procureur général syndic à Ogier, juge au tribunal du district de Fréjus du 6 octobre 1793. Arch dép. Var, L. 15S. — Les juges qui siégèrent furent Benoit Abbat, du tribunal de Barjols ; JeanHonoré-Paul Bernard, du tribunal de S'-Paul ; Jacques-ToussaintMarius Ogier, du tribunal de Fréjus. — En frimaire (décembre 1793), Ogiér fut remplacé par Jacques Roubaud, du tribunal de Grasse.

(3) Voir le texte de la lettre, 3m" partie, II.

(4) Pierre Dominique Turrel aîné, né à Draguignan le 17 septembre 1755, y décédé le 20 janvier 1835.

Greffier à la sénéchaussée *do Draguignan avant la Révolution ; procureur de la commune, 1790-1791 ; greffier du tribunal criminel du Var, octobre 1793-fructidor an III (septembre 1795) ; président de l'administration municipale du canton de Draguignan, brumaire-floréal an IV (novembre 1795-avril 1796); juge au tribunal civil du département, floréal an IV-prairial an Vlli (mai 1796-mai 1800) ; électeur du canton de Draguignan en l'an VI (1798) ; juge au tribunal de 1" instance de Draguignan, an VUI-an IX (1800-1801) ; bibliothécaire de la ville,


58 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Gène fut que le 22 octobre ou plus exactement le 1er jour du second mois de l'an II (1), que le tribunal criminel tint sa séance d'installation dans l'église des Dominicains (2), attendu l'exiguité de sa salle d'audience ordinaire qui se trouvait dans l'hôtel du département (3). L'administration départementale, les corps constitués et les fonctionnaires publics de la ville assistèrent à cette solennité (4).

D'après l'arrêté d'organisation des représentants du peuple, le nouveau tribunal criminel n'avait à connaître que des affaires de droit commun. Il n'avait en aucune façon reçu la mission de juger les contre-révolutionnaires.

Cependant, l'accusateur publie, qui n'avait pas attendu la cérémonie officielle pour s'occuper de son miriistère> avait écrit, dès le 14 octobre, aux représentants Barras, Fréron, Ricord, Robespierre jeune, Escudier; aux généraux La Poype, Gardanne, Carteaux, La Barre, pour leur demander de « lui faire passer les actes d'arrestation » des citoyens qu'ils avaient fait incarcérer, détenus dans les prisons de Grasse, avec les motifs de l'arrestation et les noms des dénonciateurs. Aux représentants du.

an IX-an XI (1801-1803); juge au tribunal de 1" instance de Draguignan, 1811-1814; révoqué par la 1™ Restauration; conseiller de préfecture du Var, 1830-1835 ; nommé chevalier de la Légion d'honneur le 25 août 1834.

(1) Lettre de l'accusateur public au Ministre de la Justice du 4" jour du second mois de l'an II (25 octobre 1793). Greffe, 53.

(2) Cf. La Terreur à Grasse, par Sénéquier, p. 72.;

(3)_ S'il faut en croire une note communiquée par M. MireUr, archiviste du Var.—Je n'ai pu vérifier son exactitude.— M. Sénéquier assure au contraire que le tribunal révolutionnaire siégea constamment dans le couvent des Dominicains. Cf. Grasse, 3M édition, p. 118j 353. Imbert, Grasse, 1902. L'administration départementale siégeait dans la maison de l'émigré Pontevès.

(4) Cf. Arrêté de l'administration du département du 21 octobre 1793. Arch. dép. Var, L. 113.


DU VAR 59

peuple, il ajoutait qu'il avait inutilement cherché, dans les dépôts publics de la ville, la loi attribuant aux tribunaux criminels la connaissance et le jugement des délits contre révolutionnaires. Il leur demandait de prendre un arrêté qui suppléât à la loi et de déterminer la procédure à suivre, « l'ordinaire ou l'extraordinaire introduite pour le tribunal révolutionnaire de Paris » (1).

Vachier semblait donc convaincu que le tribunal n'était pas seulement criminel mais aussi révolutionnaire. Il avait sans doute de bonnes raisons de le croire, car Barras et Fréron lui répondirent qu'ils voyaient « avec satisfaction que la justice criminelle allait reprendre son cours » et qu'ils autorisaient le tribunal à juger les contre-révolutionnaires « de la même manière que celui des Boucbes-du-Rhône » (2). Mais, cumme celte simple phrase d'une lettre ordinaire ne pouvait avoir force de loi, Barras, le 24 brumaire (14 novembre 1793), prit un arrêté confirmatif (3). Quelques jours plus tard, le 2 frimaire (22 novembre) (4), il prescrivit que les Varois, compromis dans le mouvement seclionnaire, arrêtés en août et en septembre et conduits dans les prisons de Marseille, seraient transférés à Grasse pour être jugés, car « un décret de la Convention renvoyait les justiciables par devant leurs juges naturels ».

C'est ainsi que le tribunal criminel du département devint en même temps tribunal révolutionnaire.

Commencement nivôse (décembre 1793), en exécution de

(1) Voir le texte de cette lettre, 3"' partie, III.

(2) Voir }P. texte de cette lettre, 3me partie, IV.

(3) Voir le texte de cet arrêté, 3me partie, V.

(4) Voir le texte de-cet arrêté, 3°' partie, VI.


60 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

l'arrêté de Barras, 87 Varôis furent traduits de Marseille à Grasse (1).

C'est dans la session qui s'ouvrit le 15 frimaire (5 décembre) que le tribunal commença à juger les contre-révolutionnaires. Auparavant il n'avait fait comparaître devant lui que des prévenus de délits ordinaires. La guillotine n'avait fonctionné que pour un condamné de droit commun (2). Elle allait entreprendre son oeuvre de représailles montagnardes par un émigré rentré (3). « Au moment où je t'écris, la guillotine est en permanence, écrit Vachier à Barras. Elle a déjà fait tomber des têtes coupables. Les conspirateurs tremblent Nous allons travailler sans relâche pour purger de leur présence la terre de la liberté » (4).-

L'accusateur public ne prévoyait pas que le tribunal était sur le point de cesser de fonctionnel*, faute de juges. Il en fut pourtant ainsi.

Fin frimaire (milieu décembre 1793), les juges des tribunaux de district, qui avaient assisté le président, se retirèrent en donnant comme raison que Jeur service avait pris fin avec lé trimestre. Pour les remplacer, le directoire du département convoqua trois autres juges choisis dans les tribunaux dés districts de Brignoles, Draguignan et S^Maximin (5). Ils

(1) Voir la liste de ces détenus, 2"e partie, I. Certains d'entre eux arrivèrent à Grasse le 14 nivôse (3 janvier 1794). Cf. lettre de l'accusateur public de ce jour. Greffe, 53. Malgré l'arrêté des représentants, un assez grand nombre de Varois comparurent devant le tribunal révolutionnaire des Bouches-du-Rhône. Voir leurs noms, 2M partie, II.

(2) Antoine Ricard, maréchal-ferrant, de Callian. Greffe, 490.

(3) Honoré Trabaud, cordonnier, de Grasse. Greffe, 317.

(4) Lettre du 20 frimaire (10 décembre 1793). Greffe, 53.

(5) Lettre de l'accusateur public au procureur général syndic du 8 nivôse an II (28 décembre 1793). Greffe, 53 ; du procureur général syndic à l'accusateur public du même jour. Greffe, 64. '--■-"■-


DU VAR 61

montrèrent peu d'empressement à se rendre à Grasse. Ce renouvellement trimestriel des juges était donc un obstacle au fonctionnement régulier du tribunal.

Il est probable que le président Lombard, qui était allé à Toulon, en compagnie d'un juge, Benoît Ahbat, féliciter, au nom de ses collègues, les représentants du peuple de la reprise de cette ville (1), leur fit part de cette situation et leur demanda d'y remédier (2). Par arrêté du 6 nivôse an II (26 décembre 1793) (3), Barras, Fréron et Saliceti, « considérant que le mode établi pour la formation des tribunaux criminels ordinaires ne pouvait s'appliquer sans inconvénient aux tribunaux révolutionnaires », parce que les jugés dés tribunaux civils ne présentaient pas toujours « la réunion des vertus et des principes nécessaires à ces fonctions » particulières, nommèrent trois juges à poste fixe pour compléter le tribunal révolutionnaire du Var. Ce furent François-Antoine-Hermentaire Giboin, juge suppléant au tribunal du district de Draguignan (4), Benoît Abbat, juge au

(1) Arrêté du tribunal du 30 frimaire an H (20 décembre 1793). Greffe, 39.

(2) Le 10 nivôse (30 décembre), Lombard était encore à Toulon. Cf. lettre de l'accusateur public de ce jour audit Lombard. Greffe, 53.

(3) Voir le texte de cet arrêté, 3"' partie, VII.

(4) François-Antoine-Hermentaire Giboin, né à Draguignan le 12 janvier 1761, y décédé le 21 brumaire an XIV (12 novembre 1805).

Avocat avant la Révolution ; officier municipal de Draguignan, 17901791 ; électeur du canton de Draguignan en 1791 ; administrateur du district de Draguignan, octobre 1791-novembre 1792; juge suppléant au tribunal du même district, novembre 1792-nivôse an II (janvier 1794), juge au tribunal criminel du Var, nivôse an Il-brumaire an III (janvier 1794-novembre 1794); administrateur du département, brumaire-floréal an III (novembre 1794-mai 1795) ; notaire â Draguignan, an Ill-an VI (1795-1798) ; électeur du canton de Draguignan en l'an V (1797); juge au tribunal civil du département, an VI-an VIII (17981800); élu président du tribunal criminel du département en l'an VII (1799) ; démissionnaire ; en exerça pourtant lés fonctions; suppléant de juge au tribunal criminel du Var, an VIII-an XI (1800-1803) ;


62 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

tribunal du district de Barjols, en fonctions depuis brumaire (1), César Barrière, administrateur du département (2). Ces juges devaient continuer à connaître des crimes de droit commun.

Ce nouvel arrêté apporta une importante modification dans l'organisation du tribunal. Depuis son installation, il avait été tribunal criminel ordinaire jugeant révolutionnajrement, il devint tribunal révolutionnaire jugeant criminellement. Pour les prévenus d'ailleurs, qu'ils fussent politiques ou de droit commun, celte transformation n'eut aucune conséquence. Leur situation resta la même que par le passé.

Les nouveaux juges furent installés le 27 nivôse (16 janvier 1794), et entrèrent de suite en fonctions (3).

Dès lors et jusqu'au 7 floréal inclusivement (26 avril 1794), le tribunal siégea régulièrement et presque tous les jours. Mais, même pendant cette période, il fut parfois dans l'obligation de demander l'assistance d'un ou de deux juges du tribunal du

substitut du commissaire criminel pour l'arrondissement de Draguignan, an Xl-an XIV (1803-1805J.

(1) Benoît Abbat, né au Val lé 21 mars 1745, décédé à (?).

Juge royal à Lorgues avant la Révolution ; juge suppléant.au tribunal du district de Fréjus, 1791-1792 ; juge au tribunal du district de "Barjols, novembre 1792-nivôse an II (janvier 1794); juge au tribunal criminel du département, nivôse an 11-brumaire an III (janvier 1794novembre 1794) ; juge de paix du 2"' arrondissement du canton de Lorgues, an IV-an VI (1795-1798).

(2) César Barrière, né à S'-Jeaiiriet (Alpes-Maritimes), le 18 décembre 1761,-décédé à Besse (Var) le 28 juillet 1843.

Prêtre avant la Révolution; électeur du canton de Grasse en 1791 ; électeur du canton de S'-Tropez en 1792; administrateur du département, novembre 1792-nivôse an 11 (janvier 1794) ; jiige au tribunal criminel révolutionnaire, nivôse an ll-brumairé an III (janvier 1794novembre 1794); était à Paris au 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) ; commissaire dû Directoire exécutif près l'administration du canton de Forcalqueiret, prairial an Vt-prairial an VIII (mai 1798mai 1800); maire de Forcalqueiret, 1803-1805.

(3) Lettre de l'accusateur public au Comité de Salut public : du 30 nivôse (19 janvier 1794). Greffe, 53.


DU VAR .63

district de Grasse. En effet, fin pluviôse an II (milieu février 1794), le président Lombard fut chargé par le représentant Ricord, de prendre des renseignements sur les contre-révolutionnaires qui se trouvaient dans les diverses maisons de détention du département (1) et son absence dura plus d'un mois (2). De plus, l'un ou l'autre des juges nommés par les représentants firent quelquefois défaut (3).

Le tribunal cessa de siéger à partir du 8 floréal (27 avril 1794), parcequ'il eut alors connaissance de la loi des 27-28 germinal (16-17 avril) précédent, qui supprimait les tribunaux révolutionnaires des départements et portait queles contre-révolutionnaires seraient tous traduits à Paris pour y être jugés. Comme le tribunal criminel révolutionnaire du Var se trouvait, de par son organisation, dans une situation particulière, le président Lombard demanda au Comité de Salut public des instructions complémentaires (4). Celui-ci transmit sa lettre à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux. Elle répondit à Lombard que le tribunal ne devait plus juger les prévenus de contre-révolution (5). Avant cette réponse, qui tarda à venir, le tribunal avait déjà annoncé aux administrations de district qu'il

(1) Voir un exemplaire d'une circulaire que Lombard lança à cet effet. Arch. dép. Var, L. 2014. — Cf. une lettre qu'il adressa à ses collègues. Draguignan, 1er ventôse an II (19 février 1794). Greffe, 52.

(2) Il fut absent du 27 pluviôse (15 février) au 4 germinal (24 mars) an II. Pendant son absence ce fut le plus souvent Giboin qui présida le tribunal, parfois Barrière.

(3) Les juges du tribunal du district de Grasse qui siégèrent comme suppléants au tribunal révolutionnaire furent Louis-Pierre Fabre, Jean-Louis Rainaud, Jacques Roubaud.

(4) Voirie texte de cette lettre, 3"" partie, VIII.

(5) Voir le texte de cette lettre, 3" partie. IX.


64 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

cessait ses fonctions (1). Il avait reçu communication de la loi du 19 floréal (8 mai 1794) qui ne laissait aucun doute sur la suppression dés tribunaux révolutionnaires des départements (2).

Lombard et ses collègues restèrent cependant en fonctions jusqu'au mois de brumaire an III (novembre 1794) pour juger les affaires de droit commun. A cette date, les représentants du peuple Auguis et Serres, chargés par le parti thermidorien d'épurer les autorités terroristes du Var, réorganisèrent le tribunal. Us se contentèrent d'ailleurs de remplacer l'accusateur public Vachier. Ils laissèrent en fonctions le président Lombard et le greffier Turrel (3). Pour les juges, l'alternat fut rétabli conformément à la loi (4).

Par leur arrêté Auguis et Serres avaient mis fin à l'organisation révolutionnaire du tribunal. Jusqu'à la mise en vigueur de la Constitution de l'an III, il ne devait plus jouer que le rôle de tribunal criminel.

Pendant l'année-qui venait de s'écouler, Lombard, Vachier et Turrel avaient reçu le même traitement que leurs prédécesseurs à Toulon, c'est-à-dire respectivement 4.800, 3.600 et 3.200

(1) Voir le texte de cette circulaire, 3"" partie, X.

(2) La même loi supprimait la Commission révolutionnaire établie à Toulon en nivôse an II (fin décembre 1793), pour juger les contrerévolutionnaires de cette ville. Le 18 prairial an II (6 juin 1794), le représentant Ricord, par un arrêté daté de Port la Montagne (Toulon), en nomma une nouvelle pour juger spécialement Pardigon Claude, praticien, maire de S-Nazaire (Sanary), et Beaussier Joseph, propriétaire, maire de Six-Fours. Cf. aroh.'nat., AFii, 144 (1153). ,

(3) Arrêté du 20 brumaire an III (10 novembre 1794), daté de Grasse. Greffe, 48. Le tribunal fut installé le 21 brumaire (11 novembre). Greffe, 4. Ce fut Christophe Raybaud dit Clauzone, d'Antibes, qui remplaça Vachier comme accusateur public.

(4) Cf. Greffe, 10.


DU VAR 65

livres (1). Ainsi l'avait décidé un arrêté de Ricord qui attribua aussi un traitement annuel de 4.500 livres à chacun des trois juges à poste fixe (2).

III

On a vu que l'accusateur public, même avant son installation officielle, avait cherché à se procurer des renseignements sur les contre-révolutionnaires détenus dans les prisons de Grasse. Il avait en effet à constituer leurs dossiers avant de dresser les actes d'accusation et de requérir leur traduction devant le tribunal. Dans l'étude des diverses affaires, Vachier procéda avec méthode.

Il commença par dresser la liste de tous les détenus en les classant par communes. Puis, il demanda des renseignements sur chacun d'eux aux Comités de Surveillance du lieu de résidence. Pour leur faciliter le travail, il leur posait un certain nombre de questions en les priant d'y répondre d'une manière précise ou même « par à peu près » (3). Dans certains cas,

(1) Cf. Greffe, 46, et arch. dép. Var, L. 643, 1060 etL. 116, après la séance de l'administration du département du 13 vendémiaire an III (4 octobre 1794).

(2) Voir le texte de l'arrêté, 3"" partie. XI. Les deux commis greffiers reçurent chacun un traitement de 2.000 livres. Il est à remarquer que le traitement des juges du tribunal n'est pas exagéré. Avant 1793, chaque juge d'un tribunal de district avait un traitement de 2.400 livres par an. Quand il siégeait au tribunal criminel il recevait une indemnité de 600 livres pour 3 mois de service. En somme chaque juge du tribunal révolutionnaire aurait dû recevoir 4.800 livres par an et non 4.500.

(3) Voir deux lettres de l'accusateur public demandant des renseignements aux Comités do Surveillance de Barjols et de Fôx-Ampboux, 3" partie, XII, XIII.


66 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

l'accusateur public ne se contentait pas de ces renseignements, Il s'adressait aux administrations des districts, aux municipalités, aux Sociétés populaires pour obtenir des éclaircissements complémentaires. Lorsque ces autorités ne pouvaient fournir des preuves écrites de la culpabilité des prévenus, le Comité de Surveillance de leur résidence avait la mission de dresser contre eux une liste de témoins à charge. Certains Comités de Surveillance, celui de Solliès par exemple, se montrèrent impitoyables vis à vis des sectionnaires de leur localité; d'autres au contraire, comme celui de Gonfaron, cherchèrent à les excuser. ■ ;

Quand l'instruction d'une affaire était sur le point d'être terminée, l'accusateur public communiquait au président la liste des témoins dont il réclamait la comparution. Celui-ci les convoquait à Grasse, généralement un jour ou deux avant la mise en jugement des prévenus. Un des juges, délégué à cet effet, recevait leurs dépositions. Pour la plupart elles étaient fort brèves. Certains témoins s'altachaient à faire ressortir la culpabilité du prévenu, d'autres, en petit nombre, déclaraient ne rien savoir sur les faits de la cause (1).

Les témoins entendus, l'accusateur public rédigeait l'acte d'accusation. Dans la plupart des cas, il était très court, et commençait presque toujours d'une manière identique : « citoyens, je vous présente pour être jugés X. et X. ; voici les faits que j'ai pu recueillir contre chacun d'eux ». Suivait l'ènumération des griefs (2). Parfois cependant l'acte d'accusation

(1) Voir, à titre d'exemple, les dépositions des témoins concernant Jean-Bonaventure Poney, de la Roquebrussanne, 3ms partie, XIV.

(2) Voir, à titre d'exemple, les actes d'accusation contre François Allègre, de Barjols, Antoine Barbery, de Cagnes, 3"" partie, XV, XVI.


DU VAR 67

était précédé de considérations générales sur le « fédéralisme » (1), le « despotisme », le « fanatisme » (2). Un seul acte d'accusation fut d'une longueur exceptionnelle. Il concerna les administrateurs du-district de Brignoles.

Quand le jour du jugement était arrivé, les prévenus comparaissaient devant le tribunal, en audience publique, « libres et sans fers ». Us entendaient la lecture de l'acte d'accusation. Le président procédait ensuite à leur interrogatoire. Sa longueur variait (3). C'était en somme une formalité. Parfois le président posait aux prévenus des questions d'une déconcertanle puérilité. A l'un il demandait s'il n'avait pas « pleuré» en apprenant la mort de Louis XVI (4) ; à l'autre, une petite fille, si elle n'avait pas « dansé au mois d'août précédent » (5).

Après l'interrogatoire, les témoins étaient appelés, lorsqu'il y en avait, car dans certaines affaires, l'accusateur public n'en produisit pas, estimant les preuves écrites suffisamment probantes. Les prévenus pouvaientcontester les dépositions des témoins qui, pour la plupart, se. bornaient à refaire leurs antérieures dépositions. Quelques uns pourtant ajoutaient de nouveaux faits.

Enfin, après le réquisitoire de l'accusateur public, la défense

(1) Voir l'acte d'accusation contre Alexandre-Boniface Jordany, de Draguignan, 3me partie, XVII.

(2) Voir des extraits des actes d'accusations contre André Bârbegier, Claude-François Cbiboust, Louis-François Jaubert et Jean-Baptiste Garnier, de Fox-Amphoux (3mt partie, XVIII), contre Victor Buisson, de Néoules (3ml! partie, XIX), contre Louis Jonquier et Jean Barthélémy, de Bandol (3me partie, XX).

(3) Voir, à titre d'exemple, les interrogatoires deThéodore PontevôsS'-Blaise et de Victor Buisson, de Néoules, 3™ partie, XXI, XX1J.

(4) Interrogatoire de Joseph Collomp, résidant à la Garde. Greffe, 169.

(5) Cf. interrogatoire de Fortunée Hermitte, d'Ollioules. Greffe, 134.


68 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

personnelle de chaque prévenu, le président consultait les juges, en commençant par le plus jeune, sur la peine à appliquer. Ils opinaient à voix haute ; puis le président prononçait le jugement (1).

Les acquittés étaient de suite mis en liberté. Ceux qui avaient été acquittés mais retenus comme suspects jusqu'à la paix étaient envoyés dans une des maisons de détention de leurs districts respectifs. Les condamnés à la déportation furent dirigés vers Lorient en attendant leur transfert à la Guyane (2). Quant aux condamnés à mort, ils étaient exécutés une heure ou deux après le prononcé du jugement, si celui-ci avait été rendu dans la matinée ou au commencement de l'après-midi. Sinon l'exécution était remise au lendemain.

Sur 29 condamnés à mort, 18 furent exécutés le jour de la sentence.

La guillotine qui servit à ces exécutions avait été commandée à Marseille par l'administration du département des Bouchesdu-Rhône, à la demande des représentants Barras etFréron (3).

(1) Les audiences étaient de courte durée. Elles prenaient fin dans la mâtinée le plus souvent, parfois au commencement de l'après-midi. Une seule affaire se termina à onze heures du soir.

Voir, à titre d'exemple, le jugement des administrateurs de Brignoles, le plus long de tous ceux qui furent prononcés, 3°* partie, XXIII.

(2) Ce ne fut que le 2 floréal an II (21 avril 1794), que les condamnés à la déportation furent transférés à Lorient. Ils semblent d'ailleurs n'avoir pas été conduits à la Guyane. Le Comité de Législation prononça leur mise en liberté.— Voir les lettres de l'accusateur public des 9 nivôse (29 décembre 1793), 9, 16, 19 ventôse (27 février, 6, 9 mars 1794), 13 germinal, 2, il floréal (l'r, 21, 30 avril). Greffe, 53 et 59.

(3) Cf. lettres de Barras et Fréron datées de Barjols, 10 octobre 1793, et de Marseille, 8°" jour du second mois de l'an II (29 octobre 1793). Aulard, Recueil des actes du Comité de Salut public, VII, p. 355, et VIII, p. 114. La guillotine fut construite par les citoyens Pilon et Astier qui réclamèrent la somme de 5.129 livres, ce qui fut trouvé exagéré par l'administration départementale du Var. — Cf. lettre du 4


DU VAR 69

Malgré les réclamations pressantes de l'accusateur public (1), elle n'arriva très probablement à Grasse que le 14 frimaire (4 décembre 1793) (2). Elle fut érigée de suite sur la place du Claveau ou du Cours (3). La municipalité fut chargée de faire aiguiser le couteau par un taillandier et de chercher un exécuteur des jugements capitaux (4). Elle le trouva presque de suite (5).

Le 16 frimaire (6 décembre 1793), on guillotina un mouton pour se rendre compte du bon fonctionnement de l'instrument de mort (6). Sans doute il fut satisfaisant, car le même jour tomba une;première tête, celle d'un condamné de droit commun (7). Le lendemain ce fut celle d'un émigré (8).

Cette guillotine n'avait pas été construite dans de bonnes conditions. Quelques décades après son inauguration, l'accusateur public signala la nécessité de la réparer. Il demanda notamment qu'on la peignît en rouge « pour ôter au public le spectacle horrible du sang qui jaillit » (9). Plus tard encore il eut à demander de nouvelles réparations (10).

prairial an II (23 mai 1794), à l'administration départementale des Bouches-du-Rhône. Arch. dép. Var, L. 158.

(1) Voir une lettre de l'accusateur public à l'administration du département du 20°" jour du second mois de l'an II (10 novembre 1793), 3" partie, XXIV.

(2) Cf. Sénéquier, La Terreur à Grasse, p. 83.

(3) Aujourd'hui place Bellaud de la Bellaudière.

(4) Sénéquier, La Terreur à Grasse, p. 83.

(5) Ce fut le nommé Paban,

(6) Sénéquier,, ouv. cité, p. 84.

(7) Celle d'Antoine Ricard, de Callian. •

(8) Honoré Trabaud.de Grasse.—Le fossoyeur reçut une indemnité de 4 livres pour chacun des condamnés à mort qu'il inhuma.— Arrêté du 4 ventôso an II (22 février 1794). Arch. dép. Var, L. 490.

(9) Voir cette.lettre, 3°« partie, XXV.

(10) En voir le libellé, 3»' partie, XXVI.


70 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

. . . . -''.'-

D'après la tradition, le public qui assistait aux exécutions était

peu nombreux. Le spectacle des condamnés marchant à la guillotine, aux roulements du tambour ; du bourreau, revêtu de sa robe rouge, faisant jouer le déclic du couperet, n'allirait pas la foule. La majorité de la population était, paraît-il, indignée des jugements du tribunal. Les sympathies allaient aux prévenus, calmes et fermes, en général, devant leurs juges comme devant la mort (1).

IV

De frimaire à floréal an II (décembre 1793-avril 1794),, le. tribunal révolutionnaire vit comparaître devant lui trois çatégo-, ries de prévenus : les contre-révolutionnaires; les citoyens accusés d'avoir voulu discréditer les assignats, les émigrés rentrés.

Les contre-révolutionnaires étaient ceux qui avaient pris part au mouvement fédéraliste ou simplement tenu des propos antirévolutionnaires. A leur égard aucune difficulté. Ils étaient jugés suivant là procédure révolutionnaire, c'est-à-dire sans jury, 1 ni d'accusation, ni de jugement, et sans l'assistance d'un avocat;

Pour les affaires concernant les assignats, la question était plus complexe. II y avait en effet plusieurs manières de les discréditer. On pouvait établir une différence entre eux et }è numéraire, ou bien les refuser en paiement, ou bien faire, devant notaire, des protestations contre leur emploi au moment d'un

(1) Renseignements communiqués par M. Mireur, qui les a recueillis de contemporains.


DU VAR 71

remboursement, afin de réserver l'avenir. D'après les lois, les tribunaux criminels ordinaires avaient la connaissance des deux premiers délits. Les représentants Barras et Fréron prirent un arrêté prescrivant que les individus, qui se seraient rendus coupables du troisième, seraient jugés révolutionnairement (1). Il en résulta que de brumaire à floréal (novembre 1793-avril 1794), Je tribunal suivit une procédure différente suivant la nature des affaires qui lui furent déférées. Il prononça tantôt comme tribunal criminel ordinaire, tantôt comme tribunal révolutionnaire. Dans le dernier cas d'ailleurs, tous les prévenus furent acquittés.

Quant aux émigrés rentrés, ils étaient, d'après la loi, justiciables des tribunaux criminels ordinaires. C'est en cette qualité que le tribunal du Var décida du sort des premiers qui parurent devant lui. Mais .à-partir de nivôse (janvier 1794), il les jugea en s'inlitulant tribunal révolutionnaire. Après floréal (avril), il reprit la qualification de tribunal criminel. Quelle que fut sa déhominatioh, il se borna, conformément aux lois, à constater, l'identité:: des prévenus puis à prononcer , la peine qu'elles édictaient, c'est-à-dire la mort.

Pendant lescinq mois de son existence, le tribunal révolutionnaire jugea 189 inculpés, sans compter les émigrés mais y compris les prévenus de protesta tionsconlredes paiements en assignats,qui doivent être assimiîésauxcontre-révolulionnairesporprement dits.

Sur ces 189 prévenus, 18 furent condamnés à mort, 7 à la déportation à vie ou à temps, 33 acquittés mais détenus comme suspects jusqu'à la paix ; 131 acquittés purement et simplement.

(1) Voir le texte de cet arrêté et d'arrêtés complémentaires, 3" partie, XXVII, XXVIII, XXIX.


,72 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

' il."

Au nombre de ces 189 personnes, il y avait 10 femmes. L'une d'elles fut condamnée à mort ; les autres furent acquittées.

Il ressort de ces chiffres que le nombre des acquittements fut de beaucoup supérieur à celui des condamnations. Le fait n'a rien de surprenant. Barras et Fréron avaient réprimé le mouvement insurrect:onnel avec une telle rapidité, que les fédéralistes n'avaient pas-eu le temps de s'organiser, de s'opposer par la force à la marche des armées de Garteaux et de La Poype, venant l'une des Bouches-du-Rhône, l'autre des Alpes-Maritimes pour assiéger Toulon. Us s'étaient plus compromis par leurs paroles que par leurs actes. De plus, lés anti-conventionnels déclarés n'avaient pas attendu l'arrivée des troupes républicaines. Us avaient gagné Toulon pour se mettre à l'abri derrière ses remparts. Après la reprise de cette ville, ils avaient fui, en partie, sur les vaisseaux anglais, espagnols ou napolitains. Ceux qui n'avaient pu s'échapper avaient été déférés à une Commission révolutionnaire spéciale, siégeant à Toulon, qui prononça: de très nombreuses condamnations.

Le tribunal révolutionnaire siégeant à Grasse n'eut à juger que le menu fretin fédéraliste. Aucun meneur de haute envolée ne comparut devant lui. Presque tous ceux qui provoquèrent le mouvement sectionnaire lui échappèrent; il prononça surtout sur le sort de ceux qui les avaient écoutés.

Il est facile de s'en rendre compte en lisant les procédures fies différents prévenus, notamment celles des condamnés à mort (1).

De quoi s'étaienl-ils rendus coupables î

(1) Pour plus de détails, voir chap. II de la 1™ partie le résumé de toutes les affaires portées devant le tribunal.


DU VAR 73

Biaise Berlier, Alexandre-Boniface Jordany, Jean-François Digne avaient pris, à des titres divers, une part assez active au mouvement sectionnaire à Draguignan. Le premier, membre du Comité central, avait proposé de repousser par la force des dragons envoyés par les représentants du peuple, pour occuper la ville; le second avait conseillé de s'unir aux sections de Toulon ; le troisième avait suivi les mômes errements. PierreAuguste Gontard, membre du Comité central sectionnaire de Barjols, s'était rendu à Fox-Amphoux, à la tête de quelques hommes, pour perquisitionner dans la maison familiale de Barras avec l'espoir d'y découvrir des objets précieux dérobés, disait-on, à la nation par ce fougueux montagnard. André Barbegier et Claude-François Chiboust, dans celte dernière localité ; Jean-Baptiste Aiguier et Joseph Hauvel, à Solliès ; Jean-Bonaventure Poney, à la Roquebrussanne ; Jean-Baptiste Mottet, à la Valette ; Jean Barthélémy et Louis Jonquier, à Bandol, avaient provoqué ou favorisé l'ouverture des sections. De plus, Barbegier et Chiboust avaient chansonné Barras et fait courir sur lui les bruits les plus désavantageux ; Aiguier et Hauvel avaient été à Toulon au moment de la livraison de cette ville aux Anglais ; Poney avait conseillé à ses compatriotes de se joindre à la force armée toulonnaise qui s'était avancée au nord du département pour s'opposer à la jonction des troupes de La Poype et de Carteaux. A S'-Tropez, Jacques de Cuers-Cogolin, capitaine de vaisseau, avait proposé à une assemblée primaire d'ajourner le vote sur l'acceptation de la Constitution de 1793 ; Charles-Ignace Buisson, curé constitutionnel de Néoules, avait organisé des processions à l'occasion de la fêle du 15 août et fait réciter des prières interdites par l'évêque du département.


74 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Les griefs précédents, soigneusement relevés par l'accusateur public, n'étaient cependant pas d'une extrême gravite. Seul Gontard avait agi ; les autres s'étaient surtout contentés dé parler. ■ . .-

Une unique affaire sortit un peu de l'ordinaire, celle des administrateurs du district de Brignoles. Seuls de tous les administrateurs élus en novembre 1792, ils avaient reconnu l'administration départementale nommée par les sections dé Toulon, obéi à ses arrêtés, fait placarder ses proclamations e|t les jugements du tribunal sectionnaire toulonnais, tout au moins tant qu'ils purent espérer le triomphé des principes fédéralistes!. Mais lorsqu'ils pressentirent la défaite, ils se hâtèrent d'assùr rer Barras et Fréron qu'ils n'avaient jamais méconnu leur autorité, ni celle de la Convention. Us n'en furent pas moins mis en état d'arrestation quand on connut leur duplicité. Sept d'entre eux furent traduits devant le tribunal révolutionnaire. Us excipèrent de leur bonne foi, prétendirent n'avoir agi que par peur de représailles toulonnaises. Rien n'y fit. Leur palinodie était trop manifesle. Trois d'entre eux furent condamnés à mort : lé procureur syndic, Honoré Clavier, de Brignoles, qui semble bien être le plus coupable, et deux membres du directoire!, Joseph-Jacques Maurel, de Méounes, et Martin Siméon, de Correns. Les quatre autres, dont J'enquête révéla l'innocence où du moins l'inconscience, furent acquittés.

Ensomme tous ces prévenus n'étaient pas de grands coupables. C'étaient évidemment des anti-montagnards, mais nullement dés anti-républicains. Entraînés par les événements, ils avaient, pendant quelques jours, cessé de reconnaître là Convention nationale, mais ils n'avaient pas poussé leur'oppo;-


DU -VAR 75

sition jusqu'à la lutte ouverte contre les troupes républicaines, ni jusqu'à la trahison. Ils n'en furent pas moins condamnés à mort, parce que de tous les détenus ils élaienllès plus compromis.

Ces 17 condamnations peuvent sembler trop rigoureuses ; encore s'expliquent-elles. La ÎS"1", celle de Théodore de Pontevès-S*-Blaise reste incompréhensible.

Agée de 71 ans, arrêtée à Barjols sur l'ordre de Barras, elle était accusée de l'avoir calomnié et d'avoir entretenu une correspondance avec les ennemis de la République. Son principal correspondant était son cousin, Honoré-François Perrache, ci-devant seigneur d'Ampus. Dans une lettre, d'ordre absolument privé, elle se bornait à lui écrire que Barras avait mis « la Révolution » dans la région et, quelques lignes plus bas, ajoutait: « On a raison de dire que toute la nation se lèvei Quand se couchera-t-elle ? » Ces quelques mots suffirent pour la faire condamner à mort ;.condamnation inexplicable, à moins qu'on n'admette que Théodore de Pontevès fut victime d'une vengeance de Barras. Peut-être l'avait-elle autrefois cruellement froissé? On ne sait. Le mystère de cette condamnation n'a pas été éclair ci.

Si l'on excepte cet inique jugement, il faut réconnaître que les 17 condamnés à mort s'étaient assez compromis dans le mouvement sectionnaire, beaucoup plus que les 7 prévenus que le tribunal condamna a la déportation...

QuepùUvait-on leur reprocher ?

Pierre Rainaud, de Draguignan; Jean-Honoré Mouton, de Cogolin, avaient tenu des propos plus ou moins inciviques depuis le début de la Révolution, fréquenté des « aristocrates », manifesté des sentiments anti-montagnards. Tropez David s'était


76 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

montré assidu aux séances des sections de S*-Tropez ; Antoine Lanteaume, de Rians, avait accompagné, à Manosque, un^ compagnie franche commandée par Bayne, l'ancien accusateujr public près le tribunal criminel dû département, dont le but était de faire prisonnier Ricord et Robespierre jeune, qui se rendaient en mission auprès de l'armée d'Italie et cherchaient à gagner Nice; Joseph Aillaud, de Solliès, avait insulté des « patriotes », pris part aux farandoles fédéralistes, s'était rendu à Toulon au moment de l'entrée des Anglais. Tous ces chefs d'accusation étaient de peu d'importance. Us prouvaient seulement que les cinq inculpés n'avaient jamais été des sans-culottes d'opinions avancées. On ne peut même pas en conclure qu'ils regrettaient tous l'ancien régime. Us furent cependant condamnés à être déportés, le premier pour quatre ans, les autres à vie.

Les deux condamnés restants le furent pour des motifs différents et sortant davantage de l'ordinaire.

Jacques Vanoly, de Vence, maçon de profession, d'opinions montagnardes, avait réussi à se faire nommer gendarme. Il profitait de ses fonctions pour commettre des exactions, procéder à des arrestations arbitraires, faire célébrer des mariages contre la volonté des conjoints et rédiger des dénonciations contre ses concitoyens. Pour se débarrasser de lui, certains se souvinrent à propos qu'il avait, en juillet 1793, adressé une lettre à la municipalité de Vence pour l'aviser des événements qui se déroulaient à Toulon et déclarer qu'il donnait sa démission d'officier municipal, parce que les temps devenaient dangereux

pour les « hommes en place». Il avait signé celte lettre :

« Vanoly renonce aux sans culottes ». On la retrouva dans les archives. Elle fut envoyée au représentant Ricord, qui sans doute


DU VAR 77

donna l'ordre de traduire Vanoly devant le tribunal révolutionnaire. Pour lui démontrer l'inconvénient de la versatilité politique, celui-ci le condamna à la déportation. Vanoly d'ailleurs ne fut pas déporté ; au bout de quelques décades, il parvint à s'évader des prisons de Grasse.

Jean-Baptiste Plaisant fut moins heureux. Il était poursuivi pour crime de trahison. En octobre 1793, se trouvant à Bézaudun, Plaisant s'était offert à guider un détachement de troupes françaises vers Consegudes où, disait-on, s'était avancé l'ennemi. Son offre fut agréée. Le détachement se mit en roule par des chemins de traverse. Soudain, des Piémontais parurent et firent feu sur les républicains. Plaisant prit la fuite. Bientôt arrêté, il fut traduit devant le tribunal sous l'inculpalion d'avoir attiré des Français dans un guet-apens. Il nia énergiquement d'avoir eu une telle intention. Ses dénégations ne convainquirent pas ses juges. Il fut condamné.

Si l'on met à part Vanoly et Plaisant dont les cas sont d'une nature particulière, l'on voit que les condamnés à la déportation furent surtout coupables en paroles. Us eurent le tort de manifester trop ouvertement leurs opinions.

Par l'insignifiance des faits invoqués, contre eux, on peut juger de ceux qui furent relevés à l'égard des 164 prévenus dont le tribunal prononça l'acquittement. Les mentionner en détail serait s'exposer à de fastidieuses répétitions. Il est seulement utile de remarquer que sur ces 164 acquittés, 33 furent retenus comme suspects jusqu'à la paix dans diverses maisons de détention. C'étaient les plus compromis. Us avaient adhéré au mouvement fédéraliste, rempli même parfois des fonctions


78 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE ; !

- f municipales ou judiciaires auxquelles ils' avaient été nommés

par les sections. Mais leur rôle avait été plutôt passif.

Les 131 restants n'étaient même pas tous des comparses ou des «égarés». Certains n'avaient adhéré en aucune façon au mouvement sectionnaire. Ils avaient été arrêtés dans les localités avoisinanl Toulon par des soldats de l'armée républicaine qui se préparait à bloquer la ville. Il n'y avait contre eux aucune dénonciation, aucune raison de les mettre en arrestation. Us étaient les victimes de ces abus de pouvoirs qui se commettent au moment des réactions ou des répressions. Traduits dans lbs prisons de Marseille, transférés dans celles de Grasse, ils comparurent devant le tribunal, parce que ce fut le seul moyen que trouva l'accusateur public pour les faire mettre en liberté.; Il reconnut d'ailleurs qu'il n'avait pu Se procurer de renseignements sur quelques uns d'entre eux.

Au cours de ces arrestations arbitraires, les soldats de la République avaient même commis d'étonnantes erreurs. Ils avaient fait incarcérer, non pas des contre-rèvblutionnàires^ mais des montagnards. Comme leurs compagnons d'infortune, ces derniers furent conduits à Marseille, puis à Grasse. Ilsparvinrent assez rapidement à se faire délivrer des certificats de civisme par les municipalités, les Comités de Surveillance, les Sociétés populaires de leur résidence. Le tribunal les acquittai Us étaient restés détenus pendant trois ou quatre mois.! j !

Quant aux acquittés qui ne rentrent pas dans ces deux dernières catégories, ils étaient coupables de propos plus -pli moins contre-révolutionnaires, d'avoir arboré la cocarde blant che, assisté au brûlement des papiers des Sociétés populaires, entretenu des intelligences-avec les Toulonnais, provoqué des


DU VAR 79

émeutes pourcause de religion. Parmi eux figurent aussi tous les protestataires devant notaire contre des paîments en assignats. Le tribunal estima qu'ils ne tombaient pas sous le coup de la loi.

En ce qui concerne les émigrés, celui-ci n'en jugea que cinq révolutionnairement, de nivôse à floréal. Il en jugea criminellement six autres, deux en frimaire, quatre de messidor an II à frimaire an III. Ce furent les derniers qu'il condamna à mort. La Convention s'efforçait alors d'effacer les traces du gouvernement terroriste et les émigrés rentrés qui remplissaient certaines conditions étaient mis en liberté.

Parmi ces onze émigrés, il y en eut trois qui n'étaient pas à proprement parler des émigrés puisqu'ils n'avaient pas quitté la France. Mais au moment de l'insurrection fédéraliste, ils s'étaient réfugiés dans Toulon. Or, les représentants du peuple en mission auprès de l'armée qui faisait le siège de cette ville, avaient assimilé aux émigrés les sectionnaires qui se trouvaient dans ce cas (1). En réalité, ils auraient dû être poursuivis comme contre-révolutionnaires. Pour eux d'ailleurs le résultat eût été le même. C'étaient Jean-Louis Béraud, de Cuers ; Laurent Davillon, de la Valette ; Joseph-Toussaint Roux, de Solliès. Le premier appartenait à la bourgeoisie; le second était aubergiste; le troisième gendarme, après avoir été laboureur. Us étaient loin d'être des « aristocrates ».

Quant aux huit autres, c'étaient Honoré Trabaud, cordonnier, de Grasse; Jacques Mars, ex-cbanoine théologal de la cathédrale de Vence ; Jacques Gautier, droguiste de Toulon ; François(1)

François(1) le texte de cet arrêté, 3°" partie, XXX,


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Joseph Ville, prêtre, de Mbntélimar ; Jean-Baptiste Perraul|t,' prêtre de Tournus ; Jean Àurouze, de Sigoyer ; Théodore: Bivière, prêtre, de Mende; Julie Hannequin, de Grenoble.

Les sept premiers étaient vraiment des émigrés. Us avaient quitté volontairement la France avec la pleine connaissance de leur conduite. Us en savaient les conséquences. Leur condamnation n'a rien qui doive surprendre.

Il n'en est pas de même de celle de Julie Hannequin. ! ' ;

C'était une fille publique. Son père avait été greffier du bailliage de Graisivaudan. Elle avait quitté Toulon, fin ventôse an II (milieu mars 1794), pour suivre en Italie un amant de rencontre. Celui-ci la quitta presque de suite. Julie Hannequin se mit en route pour regagner la France. Le 12 floréal (1er mai 1794), elle arrivait à Loano où on l'arrêta comme émigrée rentrée. Elle comparut le 15 floréal (4 mai) devant le 'tribunal criminel qui n'hésita pas à la regarder comme telle, mais! s'arrêta devant un point de droit. Fallait-il considérer Loano, occupé par l'armée française, comme territoire français ou territoire étranger? Dans le premier cas, c'était la mort pour Julie Hannequin. Il n'en était pas de même dans le second. Le tribunal sursit au jugement. L'accusateur public écrivit à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux, pour lui soumettre cette question litigieuse. Le 25 prairial (13 juin), la Commission répondit qu'il fallait considérer Julie Hannequin comme émigrée rentrée. Elle comparut devant le tribunal le 18 messidor (6 juillet) pour s'entendre condamner à mort. Elle fut exécutée le même jour. Elle avait 30 ans.

Cette condamnation est peut-être encore plus déconcertante que celle de Théodore de Ponlevès.


DU VAR 81

Par ce qui précède on se'rend facilement compte que les onze émigrés rentrés ou réputés tels, condamnés à mort par le tribunal,, n'appartenaient pas aux hautes classes de l'ancienne société : quatre prêtres, trois commerçants, un bourgeois, un artisan, un gendarme, une fille publique. Six d'entre eux avaient de 26 à 40 ans ; trois, de 41 à 60 ans ; deux, de 61 à 70 ans.

Il est en effet intéressant de rechercher la profession, l'âge, le lieu de résidence des prévenus qui comparurent devant le tribunal. Ces indications contribuent à faire ressortir son rôle (1).

En exceptant les émigrés rentrés, prévenus accidentels, le tribunal eut à juger 189 inculpés de contre-révolution.

Sur ce nombre, 65 étaient cultivateurs, ménagers ou bergers ; 29, artisans ; 17, hommes de loi ou notaires ; 16, commerçants ; 11, marins ; 10, chirurgiens ; 9, militaires, anciens militaires ou gendarmes ; 7, bourgeois où propriétaires; 6, prêtres ; 3, apothicaires; 1, instituteur ; 1, architecte; 1, domestique; 1, ex-religieux; 10 étaient sans profession : 4 ex-nobles et 6 femmes.

Il ressort de ces différents chiffres "que le parti fédéraliste avait recruté des adhérents dans tous les milieux, même dans les classes laborieuses. Elles sont même plus représentées que la classe bourgeoise ou aristocratique. Cependant le tribunal se montra plus sévère pour la seconde que pour les premières.

Sur les 65 cultivateurs, ménagers ou bergers qu'il jugea, il en acquitta 54 purement et simplement, en retint 9 comme suspects, n'en condamna qu'un à la déportation et un autre à mort. Sur les

(1) Voir une statistique détaillée, 2°" partie, III.


82 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

17 hommes de loi ou notaires, au contraire, 4 furent condamnés à mort ; 1, à la déportation ; 4 furent acquittés mais détenus comme suspects ; 8, acquittés ; sur les 4 ex-nobles, deux furent condamnés à mort ; un, acquitté mais détenu jusqu'à la paix ; Un seulement acquitté. On pourrait multiplier les exemples.

Ces prévenus étaient pour la plupart dans la force de l'âge. 17 avajenl moins de 25 ans ; 25 plus de 60 ans ; 147 entre 26 et 60 ans. Il ne semble pas d'ailleurs que l'âge ait influé sur les jugements. Le tribunal s'en préoccupa certainement moins que des professions.

En ce qui concerne le lieu de résidence, 46 communes du Var: eurent.un ou plusieurs de leurs habitants jugés révolutionnairement. Comme le département en comptait alors 206, on voit que la répression du fédéralisme varois ne se fit pas sentir dans les trois quarts au moins des localités.

Le rôle du tribunal révolutionnaire du Var, dans le grand drame de la Terreur, a donc été des plus modestes. On ne peut en rien le comparer à ceux que jouèrent les Commissions spéciales d'Orange et de Toulon (1).

Quand il suspendit ses opérations, il restait dans les prisons de Grasse au moins 78 contre-révolutionnaires à juger. L'accu-: sateur public n'avait pas encore réuni toutes les pièces de procédure. Certains d'entre eux du reste n'étaient pas des incarcérés de la première heure. Quelques uns, de Grasse et de Draguignan, avaient été arrêtés en ventôse (février-mars 1794) ou en germinal (mars-avril), ces derniers même sous l'inculpa(1

l'inculpa(1 Voir le relevé chronologique de ses opérations, 2me partie, IV, et la liste méthodique des jugements prononcés, 2°' partie, V.


DU VAR 83

tion d'être les complices des HébertisLes ou. des Dantonistes dont les tètes venaient de tomber à Paris (1).

L'accusateur public demanda à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux, des renseignements sur la conduite qu'il devait tenir vis à vis d'eux (2). Il reçut probablement l'ordre de les traduire tous à Paris pourêtre jugés par le tribunal révolutionnaire de cette ville. Ces 78 détenus y furent conduits en quatre convois, dont le premier comprit 31 prisonniers, le second 29, et les deux derniers, chacun 9 (3). Ces convois quittèrent Grasse respectivement les 6, 23 messidor (24 juin, 11 juillet), 15 thermidor (2 août), 24 fructidor (24 septembre). La durée de leur voyage fut d'environ quarante jours (4). Tous arrivèrent à Paris après la chute de Robespierre.

Ces inculpés furent ou acquittés par le tribunal révolutionnaire ou mis en liberté par le Comité de Sûreté générale. Certains d'entre eux auraient probablement eu un autre sort s'ils avaient été jugés par le tribunal de leur département d'origine.

V

Son rôle, — on l'a remarqué— a été assez effacé. Peut-on lui

(1) Cf. lettre de l'accusateur public au Comité de Sûreté générale du 16 prairial an II (4 juin 1794), Greffe, 53. — Eu ce qui concerne les prévenus de Grasse, voir la lettre du 13 germinal an II (2 avril 1794) aux représentants du peuple près l'armée d'Italie. Greffe, 53.

(2) Lettre du 3 prairial an II (22 mai. 1794). Greffe, 53. Cf. lettre du 6 messidor an II (24 juin 1794). Ibid., id.

(3) Voir la liste nominative de ces contre-révolutionnaires, 2m partie, VI.

(4) Voir les itinéraires suivis, 2°"! partie, VII.


84 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

reprocher d'avoir essayé de le rendre plus tragique en multipliant les condamnations ?

Bien que l'accusateur public ait dans ses actes d'accusation insisté sur la nécessité de comprimer les contre-révolutionnaires par la « terreur » (1), il ne parait pas qu'il ait usé de ses pouvoirs pour les faire condamner de parti-pris. Il semble au contraire avoir été respectueux des lois, — terribles il est vrai — qu'il était chargé de faire exécuter. Il s'enquérait de leur interprétation auprès des représentants du peuple (2), rappelait à leur observation les Comités de Surveillance trop tentés de les oublier (3), déclarait que toute recommandation ou sollicitation en faveur des prévenus étaient inutiles (4), veillait à ce que les dénonciations n'émanassent pas d'ennemis personnels du dénoncé (5), à ce que les témoins n'altérassent pas la vérité (6). Si les dépositions ne lui paraissaient pas suffisamment probantes^ il demandait au tribunal de surseoir au jugement et prenait de nouveaux renseignements. Il aurait même voulu que certains détenus, incarcérés sans motif, sans dénonciation, au moment où l'armée révolutionnaire marchait sur Toulon, fussent relâchés sans jugement par de simples arrêtés des

(1) Voir 3M partie, XVIII, XIX, XX. ' j- j

(2) Voir le texte d'un arrêté de Ricord, 3°" partie, XXXI. j -j ■ '■;

(3) Voir une lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Solliès, 3*'partie, XXXII. , \ \ -

(4) Voir une lettre de l'accusateur public, 3*'partie, XXXIII, -

(5) Voir une lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Callian, 3- partie, XXXIV. Cf. dossier 220.

(6) L'accusateur public fit mettre en arrestation plusieurs faux témoins. Cf. les affaires concernant Esprit Boeuf, de S'-Trop'ez (dossiers 139,144), et Beillet père et fils, de Carcès (dossier 161).


DU VAR 85

représentants du peuple (1). Ce n'est que parcequ'il ne reçut pas de réponse qu'il les traduisit devant le tribunal, qui les acquitta (2).

Après leur acquittement, il s'intéressait encore au sort de certains d'entre eux.

Ainsi, 4 bergers avaient été arrêtés dans les environs de Toulon et dépouillés dé sommes d'argent assez importantes dont ils étaient porteurs (3). A ce sujet, Vachier écrivit à Ricord (4) : « Ces infortunés n'ont été que trop longtemps privés de leur liberté et de leur argent. La première vient de leur être rendue, il faut que l'argent le soit aussi ». Dans ce but, il réclamait le procès-verbal de leur arrestation. « Je ne doute pas un instant, que tu ne fasses faire les plus grandes recherches pour retrouver celte pièce. La justice et l'humanité me font un devoir de te presser la dessus ».

Peut-on considérer l'homme qui a écrit ces lignes comme un pourvoyeur de guillotine, ne cherchant qu'à assouvir dans le sang des haines politiques ? On ne le pense pas. Vachier était persuadé qu'il remplissait une mission de confiance et ne se rendait pas compte, dans la surexcitation générale des esprits, que la répression dépassait de beaucoup la faute. Certes, en effet, les fédéralistes ne se doutaient pas, quand s'ouvrirent les

(1) Lettres de l'accusateur public au représentant Ricord des 2, 6 ventôse an II (20, 24 février 1794). Greffe, 53.

(2) Certains incarcérés furent cependant relâchés par arrêtés dés représentants du peuple; des habitants dé Bandol, de Six-Fours, de S-Nazaire [Sanary], par exemple.

(3) Voir l'affaire concernant Pascal Roubion, Louis Beillon, JeanBaptiste Dol, Jean-Pierre Berton. Greffe, 150.

(4) Lettre de Vachier à Ricord du 14 ventôse an H (4 mars 1794). Greffe, 53.


86 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

sections, que leur révolte contre les agissements arbitraires de certains montagnards, aboutirait à la livraison de Toulon aux Anglais.

Mais si l'accusateur public s'est comporté sans passion, en est-il de même de ses collaborateurs ?

Si l'on admet que la Convention avait la légalité pour elle dans la lutte qu'elle soutenait, qu'elle avait le droit de se défendre, même par des moyens terribles, l'on doit reconnaître que sur les 18 contre-révolutionnaires que le tribunal condamna à mort, il y en eut 17 qui jouèrent un rôle assez actif dans le mouvement fédéraliste. Les 7 condamnés à la déportation s'étaient certainement moins compromis que les précédents. Quant aux 164 acquittés, ils n'avaient été que des comparses ou même des victimes d'arrestations non motivées. Dans ses jugements, le tribunal tint donc compte de la responsabilité de chacun. H prononça, il est vrai, une condamnation à mort absolument injustifiée (1). Mais peut-être y eut-il dans ce cas, une pression de Barras, satisfaisant une rancune personnelle, à laquelle les juges n'osèrent pas résister. S'il en est ainsi, dans cette affaire particulière, ils ne firent preuve ni de courage, ni d'indépendance, mais dans celles où ils purent se prononcer librement, ils semblent l'avoir fait avec justice et impartialité. Il est possible que la teneur des jugements ait été décidé à l'avance, que les débats publics n'aient été qu'une vaine formalité. Le public, diton, en avait l'impression. Pourquoi pas ? Les juges étudiaient les dossiers avant l'audience publique. Us avaient leur conviction

(1) Celle de Théodore de Pontevès-S'-Blaise.


DU VAR 87

faite. Il leur paraissait inutile de prolonger des interrogatoires, des dépositions de témoins qui ne pouvaient la modifier.

En somme, le tribunal révolutionnaire du Var, n'a pas été un « tribunal de sang ». S'il l'avait été, sur les 189 contre-révolutionnaires qui parurent devant lui (1), ce n'est pas 18 condamnations à mort qu'il aurait prononcées, mais une centaine pour le moins.

(1) Je ne compte pas les 11 émigrés rentrés, condamnés à mort par la loi que le tribunal ne faisait qu'appliquer.



II

RÉSUMÉ DES AFFAIRES PORTÉES DEVANT LE TRIBUNAL

16 frimaire an II (6 ' décembre 1793)

HONORÉ TRABAUD, cordonnier, de Grasse, 50 ans (1) ; prévenu d'émigration.

Conformément à la loi du 28 mars 1793, le tribunal se borna à faire constater l'identité du prévenu, passible de la peine de mort comme émigré rentré. Jugement prononcé à dix heures du matin, exécuté le 17 à trois heures du soir.

26 frimaire an II (16 décembre 1793)

1" affaire JACQUES MARS, ex-chanôine théologal de la cathédrale de Vence, 68 ans (2) ;

prévenu d'émigration.

Après constatation de son identité par deux témoins, le tribunal

(1) Archives du greffe du tribunal de 1" instance de Draguignan, dossier 317. — Dorénavant on se contentera d'indiquer le numéro du dossier.

(2) Dossier 318.— Ç'f, 251.


90 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

condamna le prévenu à mort, conformément à la loi. Jugement pi'ononcé à onze heures du matin, exécuté le même jour à trois heures du soir (1).

2'"' affaire

BLAISE BERLIER, de Draguignan, homme de loi, juge de paix dut canton, 64 ans (2) ;

prévenu de contre-révolution.

Témoins : Jean-Louis-Marc Cresp, maire, 42 ans ; Augustin Hugou-Lange, chirurgien, 49 ans ; Joseph Meissel, dit Iris, meunier, 32 ans ; Jean Muraire, greffier de la mairie, 36 ans ; Honoré Monnoyer, quartier-maître au 2e bataillon du Var, 19 ans; Antoine Roubion, propriétaire, 24 ans ; Joseph Aubin, officier municipal, 36 ans ; André Boyer, sellier, 37 ans ;

Emmanuel Lanceman, maçon, 48 ans ; ! ;

Pierre Gubert, perruquier, 40 ans •

Joseph Malespine, receveur de l'Enregistrement, 39 ans ; Joseph Tournel aîné, négociant, 36 ans ; Louis-Claude Dalmas, boulanger, 50 ans, tous résidant à Draguignan.

Berljer avait été mis en arrestation par ordre des représentants

(1) Voir des détails sur Mars dans le Schisme constitutionnel dans le Var, par l'abbé F. Laugier, p. 198.

(2) Dossier 124.— Cf. 206.


DU VAR 91

Barras et Fréron (1). Il comparut une première fois devant le tribunal le 24 frimaire (14 décembre).

Il était accusé d'avoir provoqué, ou tout au moins favorisé l'établissement des sections à Draguignan, parcequ'il avait écrit à la municipalité de cette ville, alors qu'il était à Aix, fin juin 1793, que le général Brunet et l'armée d'Italie avaient adhéré, par voie d'adresse, aux principes politiques de Marseille. Cette lettre avait été lue publiquement dans une séance de: la Section dite du Palais par son président, Jean-François Digne.

De retour à Draguignan, Berlîer fut nommé président du Comité central des sections dracénoises. 11 refusa de se rendre à Toulon pour donner des explications sur leur ouverture et leurs tendances à l'administration départementale, malgré un arrêté que cette dernière venait de prendre. Il proposa même aux sectionnaires de s'opposer par la force à tout mandat d'amener qui serait décerné contre lui.

Le 19 juillet, il adressa au Comité central des sections de Toulon (2) des dépêches ministérielles dont était porteur un courrier (3) se rendant à Nice et arrêté près de Draguignan (4). La connaissance de ces documents aurait pu permettre à Barras et à Fréron de prévenir la trahison des Toulonnais.

Enfin, quand on annonça que deux cents dragons, envoyés par les représentants, allaient arriver à Draguignan, Berlier proposa de fermer les portes de la ville et de les repousser par

(1) Arrêté du 25 août 1793, signé à Draguignan. Texte, Arch. dén. Var, L. 142 et 1490.

(2) Par un courrier nommé Brunet.

(3) Nommé Tourniaire, dit Boulegou.

(4) Il fut conduit au Comité par Pierre Meiffret.


92 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE j

la force. La municipalité, bien inspirée, s'opposa vivement à l'adoption de celte mesure.

Berlier reconnut la plupart de ces faits mais déclara qu'il avait rétracté, par écrit, tous ses actes. Il demanda à jouir dû bénéfice de la loi du 26 juin 1793 qui amnistiait les fédéralistes faisant cette rétractation. i

Aussitôt l'accusateur public requit le tribunal de surseoir au jugement du prévenu pour qu'il pût s'assurer si cette rétractation avait été faite dans les délais prévus, c'est-à-dire dans les trois jours suivant la publication de la loi dans toute localité.

Le tribunal ordonna le sursis.

Or la .loi du 26 juin avait été enregistrée par le tribunal du district de Draguignan le 16 juillet et la rétractation de Berlier était seulement du 6 septembre (1). ! ..

Berlier comparut à nouveau devant le tribunal le 26 frimaire (16 décembre) pour s'entendre condamner à mort.

Jugement prononcé à onze heures du malin ; exécuté le même jour à quatre heures du soir.

27 frimaire an II (17 décembre 1793) ;;

ANTOINE BARBERI (ou BARBIER), de Camerane en Piémont^ résidant à Cagnes, 38 ans (2) ;

prévenu de provocation au rétablissement de la royauté.

Témoin : Charles Barrière, tisseur à toile, de Cagnes, 57 ans.

Barberi avait été dénoncé par Louis Bayol, lieutenant à la 3*

(1) Il était alors à Vérignon.

(2) Dossier 125.


DU VAR 93

compagnie de la légion des chasseurs sans-culottes, comme ayant déclaré, le 1er septembre 1793, dans un cabaret dit Le grand logis, situé sur la grande route au bas de la colline où se trouve Cagnes (1),- « que l'Angleterre était heureuse parcequ'elle avait un roi et que la France serait toujours malheureuse tant qu'elle n'en aurait point ».

Barberi expliqua qu'étant un matin devant l'église de Cagnes, avec quantité de personnes qui regardaient des vaisseaux qu'on voyait sur mer, les uns disaient qu'ils étaient anglais, d'autres, espagnols, d'autres, français. On en vint à dire qu'autrefois « en Angleterre, il y avait eu une révolution comme en France, qu'on avait tué le souverain et qu'on avait fini par s'en donner un nouveau ». Il répéta ces propos au témoin, Charles Barrière, lesquels mal compris amenèrent la dénonciation faite contre lui.

Le tribunal accepta en partie ces explications. Il acquitta Barberi, mais décida qu'il serait détenu jusqu'à la paix comme suspect, conformément aux lois du 12 août et du 17 septembre 1793.

Jugement prononcé à quatre heures du soir.

29 frimaire an II (19 décembre 1793)

PIERRE RAINAUD, de Draguignan, ancien marchand, 55 ans (2) ; prévenu de propos inciviques.

Témoins : Honoré Guisol, négociant, 32 ans ; Claude Marchis, procureur syndic du district de Fréjus, 38 ans;

(1) Cabaret tenu par Portanier.

(2) Dossier 126.


94 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Joseph Clément, marchand, 76 ans ; Joseph Meissel, dit fris, meunier, 32 ans ; Jean-Joseph Bernard, fabricant d'étoffes, 42 ans ; Dominique Germon, cafetier, 32 ans ;

Jean-Baptiste Bertrand, quartier-maître au ,3e bataillon du Var

amalgamé à la 102e demi-brigade au camp de Béolet, 36 ans,

tous résidant à Draguignan, sauf Marchis et Bertrand.

Rainaud qui, au moment de la rédaction du cahier des doléances de là communauté de Draguignan, avait voulu faire sortir les non-possédants de la salle des séances ; qui, en juin 1793, avait essayé de mettre obstacle à une levée de volontaires par le général Monredon, n'avait pas la réputation d'un patripte. U fréquentait la maison Raimondis-Canaux, « repaire des aristocrates » de la ville. Aussi quand il apprit l'ouverture des sections à Toulon (1), il ne cacha pas son contentement. « Sous peu de temps, disait-il, l'ancien régime aura lieu; sous peu de temps nous verrons siéger les chanoines et les évêques ; alorjs je serai au comble de la joie ». Il disait encore : « Ah !;ah ! n|ous allons les voir venir ces patriotes, ces pendeurs, ces maratistés, ces faiseurs de contributions forcées. Nous les arrangerons dans nos sections; il n'y aura pas assez de cbaînes pour eux ». Et il approuvait les condamnations du tribunal sectionnaire de Toulon.

Pour se défendre, Rainaud nia presque tous les propos qui lui étaient reprochés ou déclara qu'ils avaient été mal compris. :

(1) Ce fut Caussemille fils qui, revenant de Toulon, annonça cette nouvelle.


DU VAR: 95

Il ne convainquit pas le tribunal qui le condamna à quatre ans de déportation en vertu des lois du 10 mars;et du .7 juin 1793. Jugement prononcé à cinq heures du soir (1).

27 nivôse an II (16 janvier 1794)

JACQUES GAUTIER, droguiste, de Toulon, 36 ans ; FRANÇOIS-JOSEPH VILLE, prêtre, de Montélimar, 30 ans ; JEAN-BAPTISTE PERRAULT, prêtre, de Tournus, résidant à Solliès, 31 ans (2) ;

prévenus d'émigration.

Gautier avait quitté la France en mai 1792, Perrault en août, Ville en octobre. Tous trois avaient gagné l'Italie. En apprenant que Toulon était entre les mains des puissances coalisées, ils formèrent le projet de s'y faire conduire. Le 16 novembre 1793, ils s'embarquèrent tous trois à Livourne sur la tartane la Madona de Monténero et sancta Maria Magdalena, capitaine Valentin Carminato. Assailli par une tempête, le navire échoua le lendemain dans les environs de S'-Tropez. Faits prisonniers, les trois naufragés furent traduits à Grasse. Us avouèrent qu'ils se rendaient à Toulon.

Le tribunal les condamna à mort.

(1) Rainaud fut traduit de Grasse à Lorient pour être déporté à la Guyane. Il fut mis en liberté par arrêté des Comités de Législation et de Sûreté générale en date du 4 germinal an II (24 mars 1794). — Cf. dossier 59.

(2) Dossier 319. Dans ce dossier se trouve un certificat d'ordination de Ville (20 décembre 1788) et des passeports italiens délivrés au même (1793).


96 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Jugement prononcé à onze heures du matin ; exécuté le même jour à quatre heures du soir (1).

28 nivôse an II (17 janvier 1794)

PIERRE-AUGUSTE GONTARD, ex-juge de paix du 'canton de Barjols, 45 ans (2) ;

prévenu de contre-révolution.

Gontard avait été mis en arrestation sur l'ordre de Barras et de Fréron (3). Il était accusé d'avoir conseillé l'ouverture des sections à Barjols et d'avoir été membre de leur Comité central. Il lui était surtout reproché d'avoir été perquisitionner le 23 juillet 1793 chez Barras et chez la mère de ce dernier, à la tête d'une vingtaine d'hommes de la garde nationale, réquisitionnés par le Comité central des sections, de concert avec un nommé Louis Montaud, perruquier, également commissaire désigné. Cette perquisition avait été décidée la veille par le Comité central, lorsque le bruit courut que Barras et Fréron avaient été arrêtés à Pignans. Le but avoué de la perquisition était de chercher des papiers compromettants pour Barras. En réalité on espérait trouver chez lui ou chez sa mère trois « malles de vaisselle » que ce représentant y aurait fait porter de Nice au moment de son

(1) Voir, sur le compte de ces émigrés, d'autres détails dans le Schisme constitutionnel dans le Var, par l'abbé F. Laugier, p. 202, 203.

(2) Dossier 127. Parmi les pièces du dossier l'on trouve : réquisition du Comité central de Barjols au commandant de la garde nationale de mettre 20 hommes à la disposition de Gontard et de Montaud, signée de Villecroze, président, Gontard, Mathieu, Montaud, Thadey, Sallier, ex-chanoine (22 juillet 1793) ; verbal d'accedit à la maison de Barras (23 juillet). i

(3) Arrêté du 29 août 1793, daté de Cotignac, Texte, dossier 47. Cf. Arch, dép. Var, L. 142.


DU VAR 97

départ pour aller siéger à la Convention. En effet, certains l'accusaient d'avoir « volé la nation ». Le juge de paix du canton de Côtignac, Joseph Gérard, et son greffier, à la prière de Gontard, s'étaient rendus à Fox-Amphoux. La mère de Barras et la femme de celui-ci avaient ouvert les portes toutes grandes devant les commissaires. On ne trouva rien. La femme de Barras avoua du reste qu'elle avait été prévenue de la perquisition par une lettre anonyme.

Gontard, obligé de reconnaître l'exactitude des faits, prétendit qu'il n'avait été à Fox-Amphoux que dans le but de servir les intérêts de Barras tout en paraissant satisfaire au désir dû « peuple *.

Cette raison ne sembla pas satisfaisante au tribunal, d'autant plus que Gontard, pendant le mois d'août, avait accueilli fraternellement à Barjols, .Ferry'étMenut, commissaires de la petite armée toulônhaise qui espérait empêcher la jonction de l'armée d'Italie avec celle de Carleaux.' Il le condamna à mort.

Jugement prononcé le 28 nivôse (17 janvier 1794), à sept heures du soir ; exécuté le lendemain à onze heures du matin.

, Ie 1 pluviôse an II (20 janvier 1794)

THÉODORE DE PONTEVÈS-S'-BLAISE, de Barjols, résidant à Draguignan depuis 30 ans, 71 ans ;

PIERRE-ANDRÉ DE RAFÉLIS-BROVÈS, ancien prévôt de la cathédrale de Toulon, résidant à Draguignan depuis 2 ans, 76 ans (1);

prévenus de contre-révolution.

(1) Dossier 128.


98 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE |

Théodore de Pontevès fut mise en arrestation en vertu d'un arrêté de Barras et de Fréron (1). '

Elle était accusée d'avoir correspondu avec des ennemis de la République et d'avoir calomnié, en la personne de Barras, la représentation nationale. Il s'agissait d'une correspondance privée. Cela suffit pourtant pour la faire condamner à mort.

Jugement prononcé à deux heures de l'après-midi ; exécuté le même jour à quatre heures.

Voici un extrait d'une lettre que lui adressa son cousin HonoréFrançois Perrache, ci-devant seigneur d'Ampus (2), et le texte de la lettre qu'elle lui écrivit en réponse. Ce sont ces pièces qui la firent condamner.

On m'a dit « que vous vous portiez assez bien mais que vous n'étiez pas contente. Qui est-ce qui pourrait l'être dans un temps aussi fâcheux et où nous sommes tous les jours menacés de toutes sortes d'horreurs ? La discorde est ici comme chez vous depuis peu de jours après votre départ. Plusieurs citoyens ont disparu depuis que M. de Bfarras] a passé; plusieurs autres craignent beaucoup et ont continuellement le pied à l'étrier pour partir. La peur a saisi presque tout le monde. Quant à mpi je n'en ai aucune, ne me sentant coupable de rien. Cependant tout le monde m'assure que je suis du nombre des proscrits. J'attends avec patience et sans crainte tout ce qui peut m'arriver. Ce n'est pas la peine de s'inquiéter pour quatre jeurs que j'ai à vivre. Tout me devient indifférent ».

(1) Daté de Marseille, le 8e jour de la 3e décade du 1" mois de l'an II (19 octobre 1793).

(2) Cette lettre sans signature est datée de Draguignan, 12 septembre 1793 et adressée à Théodore de Pontevès chez le citoyen Castellan à Barjols.


DU VAR 99

A cette lettre, Théodore de Pontevès répondit :

Monsieur Monsieur Perrache d'Ampus maréchal de camp

à Draguignan.

29 septembre [1793].

J'écris dans l'espoir que la foire de la St-Michel me fournira quelque occasion pour vous donner de mes nouvelles, mon cher cousin. Je croyais vous en donner moi-même dans les premiers jours d'octobre, mais M. de Castellan ne veut pas me laisser partir qu'il n'ait eu des nouvelles de son fils et je suis bien aise aussi de ne point partir sans savoir à quoi aboutira sa détention. Us sont trois détenus au fort La Malgue. Quelques jours après son arrestation, il fit écrire à son père d'être tranquille, qu'il n'y avait ni accusation, ni dénonciation contre lui (1). A ce que l'on a pu apprendre par voie indirecte, il n'est pas resserré. On le voit. Cependant point de nouvelles depuis un mois. M. de Castellan a envoyé des porteurs ; il a écrit lettres sur lettres mais tout a été inutile, rien ne sort de Toulon. Il faut vivre dans une incertitude bien pénible, en attendant quelque heureux moment qui nous en tire.

Vous avez raison de dire dans votre dernière lettre que tous les pays sont égaux. M. de Bfarras] en a trouvé le moyen. Il a mis ici la désolation (2). De tous ceux qu'il a faitfuir à Draguignan,

(1) Castellan fils était major général de la marine à Toulon.

(2) Page 75, ligne 13, c'est désolation qu'il faut lire et non Révolution.


100 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

il y en a bien quelques uns qui devaient avoir la puce à l'oreille. Mais le pauvre M. de Rasque qu'a-t-il fait? Et qu'avons-nous fait aussi pour être abreuvés d'amertume et de douleur comme nous le sommes ? Je sens vos peines particulières, mon cher cousin, avec toute la sensibilité que me donne la tendre amitié que j'ai pour vous, mais je condamnerai toujours votre indifférence pour votre conservation. Elle m'afflige toujours, soit par l'idée triste qu'elle me présente, soit par la crainte que j'ai que vous ne négligiez les moyens qui peuvent prévenir des évène^- ments fâcheux. Donnez-moi encore de vos nouvelles. A vue de pays, je crois ne pouvoir partir que vers la fin du mois prochain. Ayez la bonté de le faire dire chez moi.

Je crains bien que vous ne soyiez compris dans le désastre de Lyon (1). Il est bien maltraité. M" du Bourguet a-t-elle eu le courage d'y rester ? Mille et mille choses amicales à l'autre maison du Bourguet. Clémentine est bien souvent à Lorgues où l'on n'y vit pas plus tranquille qu'ailleurs. Point de nouvelles de son ami. En a-t-on de M. de Seillans-Pellicot 1 Je le crois réfugié à Toulon avec bien d'autres. Et qui sait lorsqu'ils en sortiront ?

M. de Raimondis est au petit village des Salles près de Riez. Il m'a fait faire des compliments par un homme d'ici qui en est venu et qui m'a dit qu'il s'y trouvait très bien. C'est un joli endroit à ce que m'en ont dit deux volontaires logés dans la maison et qui étaient précisément de ce village. Vous devez

(1) Le président du tribunal lui ayant demandé ce qu'elle entendait par cette phrase, elle répondit qu'elle « entendait par là des actions que son cousin avait sur un pont sur le Rhône et qu'elle craignait qu'il ne les perdit ».


DU VAR 101

avoir eu un beau train de cette nouvelle levée d'hommes. On a raison de dire que toute la nation se lève. Quand se coucherat-elle? Nous n'avons pas plus de nouvelles sûres des armées que si nous étions à cent lieues loin. On a grand soin de tout dérober. On sait tout et on ne sait rien. Adieu, mon cher cousin; j'aurais dîné avec vous dimanche si j'avais suivi mon plan.

Jamais on n'a tant vu de boeufs, de moutons et de brebis qu'on en a vu à cette foire (1).

Si les faits reprochés à Théodore de Pontevès étaient peu graves, ceux dont il était fait grief à Pierre-André de Rafélis l'étaient moins encore. On avait trouvé chez lui un écrit intitulé Anecdote pour servir de monument à ma famille, daté de la manière suivante: Fait à Draguignan le 4 mai, jour de la'destruction du château de Flayosc, 1792, l'an troisième de la liberté selon le langage des brigands (2).

C'étaient des notes, purement personnelles, écrites dans un moment d'exaspération (3). Le tribunal en tint compte à de Rafélis. Il fut acquitté mais détenu jusqu'à la paix comme suspect (4). . .

(1) Cette lettre n'est pas signée. Comme le président du tribunal lui demandait pour quelle raison, Théodore de Pontevès répondit qu'elle n'avait pas l'habitude de signer ses lettres.

(2) Cet écrit était dirigé contre les deux frères Chauvet, de Draguignan, dont l'aîné, beau frère de Rafélis, était « pétri d'avarice, d'orgueil et de méchanceté, menteur artificieux, fourbe; vindicatif à outrance et venimeux comme l'aspic, ne disant jamais ce qu'il pensait », juge pourtant au tribunal du district de Draguignan, et le cadet, colonel du régiment du Lyonnais, « au grand étonnement de tout le monde et parvenu par les intrigues continuelles et infatigables de. son frère ».

(3) L'original fut envoyé au Comité de sûreté générale. Une copie est dans le dossier.

(4) Il mourut en prison. Cf. Abbé Laugier, ouv. cité, p. 221. •


102 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

2 pluviôse an II (21 janvier 1794)

GILBERT-CHARLES-ANDRÉ DE DRÉE, né à Toulon, résidant à Pégomas depuis deux ans, 42 ans (1) ;

prévenu de propos inciviques. ' !

Témoins : Antoine Chaupin, cultivateur, officier municipal, 44 ans ; Jean-Henri Négrin, domestique de Drée, 40 ans ; Pierre-Antoine Mauran, cultivateur, 39 ans ; Antoine Perrissôl l'aîné, cultivateur, 50 ans ; Jacques Lieutand, cultivateur, 66 ans ; !

Antoine Flory, cultivateur, 45 ans ; Etienne Demoure, cultivateur, 52 ans, tous résidant à Pégomas.

De Drée avait quitté Toulon en avril 1792. Sa qualité d'ex-noble lui rendait dangereux le séjour de celle ville, car s'il avait refusé de faire partie du club feuillant dit de SMPierre, il ne faisait pas non plus partie du club jacobin dit de S^Jean. Il était accusé d'avoir déclaré, au moment de la promulgation de la loi sur le Maximum, qu'il préférerait vendre son blé aux Piémontàis qu'aux Français. Les débats démontrèrent' qu'il n'avait pas tenu ce propos ; tous les témoins s'accordèrent à dire que de Drée était bon patriote. 11 fut acquitté.

Jugement prononcé à onze heures du matin.

(1) Dossier 129.


DU VAR 103

3 pluviôse an II (22 janvier 1794)

ALEXANDRE-BONIFACE JORDANY, de Draguignan, ci-devant coseigneur de Seillans, 25 ans (1) ; prévenu de contre-révolution.

Témoins : ' Charles Êscoffier, menuisier, 36 ans ; ; Jean Bernard, cultivateur, 34!ans ; Honoré Giboin, jardinier, 45 ans ; Etienne Gautier, cultivateur, 44 ans ; Joseph Meissel, dit Iris, meunier, 32 ans ; François Mourraille, menuisier, 34 ans ; Honoré Mourraille, administrateur du district, 26 ans, tous résidant à Draguignan.

Jordany avait accueilli avec joie la convocation des Etats généraux. Les idées révolutionnaires ne l'effrayèrent pas (2). A Seillans, il fit brûler solennellement les titres de sa coseigneurie (3). C'était un «patriote». En décembre 1792, les citoyens actifs de Draguignan le nommèrent officier municipal bien qu'il n'eût pas l'âge légal. Cependant le progrès des idées démocratiques l'effraya sans doute. Le 9 juin 1793, il partit de Draguignan et se rendit à Nice pour postuler une place dans les bureaux.de l'armée d'Italie. Le chef de la comptabilité des fourrages, Castel, lui en promit une. Jordany revint à Draguignan vers le 25 juin,

; (1) Dossier 130.

(2) Attestation des notables de Seillans du 28 avril 1790.

(3) Certificat de la Société populaire de Seillans du 14 octobre 1792. Ces deux nièces figurent au dossier.


104 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

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donna sa démission d'officier municipal et retourna à Nice, Iby. resta jusqu'au 6 août. Toujours sans place, il eut la mauvaise inspiration de revenir à Draguignan. Le mouvement sectionnaire battait alors son plein. Jordany y adhéra.

Le 17 août, les sections dracénoises,. sur la proposition de Jean-Baptiste Senglar, décidèrent d'envoyer des députés à Toulon, sans doute pour assister à une fédération des sections du Var qui devait avoir lieu le 21. Mais le lendemain, quelques patriotes qui continuaient à assister aux séances demandèrent le rapport de cette délibération. Jordany prit la parole, en demanda le maintien. Il déclara qu'il fallait soutenir Toulon, parce que cette ville seule pouvait assurer des subsistances à la localité et que l'armée d'Italie n'était pas à craindre. Malgré ses efforts, la délibération fut rapportée.

A .la..fin du mois, Jordany, prévoyant la défaite des fédéralistes, quitta Draguignan et parvint à se faire nommer secrétaire du commissaire des guerres, Aubernon, alors que l'armée révolutionnaire, marchant sur Toulon, campait aux Arcs. Il la suivit à Solliès. "-.■'■

Mais sa conduite pendant le mois d'août fut signalée au Comité de Surveillance de Draguignan le 15 brumaire an II (5 novembre 1793), qui la dénonça à Barras et à Fréron. Ceux-ci le 22 (12 novembre), ordonnèrent son arrestation (1). Arrêté le 25 (15 novembre), Jordany fut traduit le lendemain de Solliès à Grasse.

Il essaya en vain de convaincre lé tribunal de son innocence, Il fut condamné à mort.

(1) Arrêté daté de Draguignan.


DU VAR

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Jugement prononcé le 3 pluviôse (22 janvier 1794), à sept heures du soir ; exécuté le lendemain à dix heures du matin.

5 pluviôse an II (24 janvier 1794)

ANDRÉ BARBEGIER, maréchal-ferrant, 45 ans, de Fox-Amphoux,

y résidant ; CLAUDE-FRANÇOIS CHIBOUST, chirurgien, 35 ans, de Paris,

résidant à Fox-Amphoux ; LOUIS-FRANÇOIS JAUBERT, fabricant de drap, 22 ans ; JEAN-BAPTISTE GARNIER, cardeur à laine, 29 ans, tous deux de

Fox-Amphoux et y résidant (1) ;

prévenus de contre-révolution (2).

Témoins : Jean-Joseph Blancard, administrateur du district de Brignoles,

40 ans ; Pierre-Alexandre Raynier, curé de Fox-Amphoux, 27 ans ; Joseph Rigaud, ménager, 80 ans, de Fox-Amphoux ; Jean-Louis Icard, cardeur à laine, 66 ans, id. ; Jean Gastaud, ménager, 42. ans, id. ;

Joseph-Pascal Henry, notaire, 67 ans, id. ; Honoré Tanneron, maire de Fox-Amphoux, 62 ans ; Jean-Joseph Bouis, cultivateur, 48 ans, de Fox-Amphoux ; Augustin Rambert, cultivateur, 40 ans, id. ;

(1) Dossier 131. Cf. dossier 208.

(2) Barbegier fut arrêté sur l'ordre de Barras et Fréron (Barjols ?) (9 [?J octobre < 793), L. 137 ; 'Chiboust également (Fox-Amphoux, 27 août 1793), L. 142 ; Jaubert également (Marseille, 12 brumaire an II), dossier 131. On ignore la date de l'ordre d'arrestation de Garnier.


106 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Pierre Guigou, cultivateur, 30 ans, de Fox-Amphoux ; Joseph Jaubert, cardeur à laine, 21 ans, id. ; !

Honoré Maille, cultivateur, 45 ans, id. ;

Jean Bonic, boulanger, 45 ans, id. ;

Jean-Joseph Maille, ménager, 36 ans, id. ;

François Rigaud, ménager, 28 ans, id. ;

. . ' | .

Jean-Charles Fenouil, cultivateur, 50 ans, id. ; |

Jean-Joseph Fenouil, ménager, 43 ans, id. ;

Paullmbert, charcutier, 32 ans, id. ;

Jean-Louis Coulomb, cultivateur, 37 ans, id. ;

Honoré Jean, tuilier, 39 ans, id. ; !

Firmin Maille, tailleur, 35 ans, id. ;

André Chauvet, ménager, 52 ans, id. ;

Jacques Jaubert, muletier, 28 ans, id. ;

Pierre Cotte, cultivateur, 40 ans, de Sillans ;

Paul Armiel, cordonnier, 43 ans, id. ;

François Giraud, vétéran, 56 ans, id. ;

Auguste Guigou, cultivateur, 43 ans, de Fox-Amphoux ;

Jean-Joseph Bonic, ménager, 60 ans, id.

Originaire de Fox-Amphoux, comme Barras, Barbegier était son ennemi politique et cherchait le moyen de lui nuire. Il avait trouvé un collaborateur en Chiboust, arrivé à Cofignae en 1791, mais qui avait quitté cette localité au bout de quelques mois pour se rendre à Sillans, puis à Tavernes (1) fin 1792, enfin à FoxAmphoux en 1793. 11 y remplissait les fonctions de secrétairegreffier de la commune.

(1) En qualité de maître d'école.


DU VAR 107

Tous deux provoquèrent la dissolution de la Société populaire et l'ouverture des sections, firent afficher les arrêtés des autorités fédéralistes de Toulon, les jugements du tribunal sectionnaire et pour discréditer Barras faisaient courir le bruit qu'il trahissait la République, qu'il avait émigré, non sans ajouter qu'il avait pillé partout où il avait été, à Nice et à Digne par exemple (1). Quand courut le faux bruit que Barras et Fréron avaient été arrêtés à Pignans, ils manifestèrent leur joie. Chiboust, qui avait composé des chansons contre Barras, chantait : *

« A la guillotine La testo de Barras, Li faran recata Ce qua voulat à Digno Et de sa testo nen jugaran ai quillos ».

Jaubert et Garnier n'étaient que les instruments de Barbegier et de Chiboust. Le premier tournait en ridicule les séances du club, n'assistait pas aux cérémonies civiques; le second chantait les chansons de Chiboust, d'autres aussi contre Marat ou en faveur des sections.

« A bas le club ! Qu'il ne s'en parle plus, Les sections sont venues ».

(1) Voici le texte d'un document se rapportant à ces accusations contre Barras. — Au citoyen accusateur public du département du Var. La citoyenne Anne Fouacou-Gassendy expose que dans le courant du mois d'avril dernier, le citoyen Barras et son collègue député de la Convention dans le département des Basses-Alpes, firent contribuer le citoyen Balthazar Fouacou, son frère, ci-devant chanoine, de la somme de 3.000 livres. Cette somme exorbitante jointe à d'autres contributions volontaires et très honnêtes fit une révolution audit citoyen Fouacoul, tellement qu'il en fit une maladie si violente qu'il en mourut et que toute sa famille a été désolée. La citoyenne exposant au nom et comme mère du citoyen Jean Jacques-Bazilien Gassendy,


108 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Lés prévenus nièrent en partie ce qu'on leur reprochait! Chiboust se prétendit patriote. Le.président lui fit observer qu'en apprenant la mort de Louis XVI il avait chanté l'air Vive Henri IV, qu'il disait que la France ne pouvait exister sans rùi, et qu'à Sillans il avait calomnié le curé, bon patriote, conseillé à divers jeunes gens de se soustraire à une levée d'hommes et à un ancien soldat d'entrer au service des émigrés.

Garnier fut acquitté, Jaubert, acquitté aussi, se vit, comme suspept, détenu jusqu'à la paix. Barbegier et Chiboust furent condamnés à mort.

Jugement prononcé à quatre heures du soir, exécuté à cinq heures. " ! !

7 pluviôse an II (26 janvier 1794)

VICTOR AUMÉRAT, tailleur, 40 ans ; AUGUSTIN FILLOL, cordonnier, 33 ans ; JEAN-BAPTISTE MARTIN, chirurgien, 48 ans ; JEAN-BONAVENTURE BERNARD, cultivateur, 45 ans ; CLAUDE COULLOMB, ménager, 62 ans ; RÉMI FILLOL, serrurier, 28 ans ; XAVIER IMBERT, ménager, 28 ans ; GUILLAUME FOURNIER, ménager, 27 ans ; JOSEPH FOURNIER, ménager, 38 ans ; PIERRE CONDROYER, ménager, 60 ans ;

commandant en second dans l'arsenal de Lyon, et qui dans ce moment ne peut quitter son poste, demande ia justice qu'elle a droit d'attendre. Signé à l'original : Francoul-Gassendy. Varages, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française. Certifié conforme à l'original.: Bayne, accusateur public. — Dossier 260.


DU VAR 109

HONORÉ GUILLAUME BERRET, ménager, 44 ans ; JOSEPH FLORENS, propriétaire, 60 ans ; JOSEPH FILLOL, ménager, 42 ans ; XAVIER COULOMB, ménager, 19 ans ; JACQUES AUQUIER, boulanger, 26 ans,

tous résidant à Collobrières et originaires de celte localité, sauf le dernier, né à Ollioules ;

prévenus de contre-révolution (1).

Ces habitants de Collobrières avaient été mis en arrestation par le bataillon du Beausset quand il passa dans celte localité en septembre 1793. Us avaient eu le tort de ne pas faire partie de la Société populaire.Victor Aumérat, Augustin Fillol, Jean-Baptiste Martin avaient été nommés officiers municipaux par les sections, et Jean-Bonaventure Bernard, assesseur du juge de paix. Us avaient accepté ces fonctions par « bonté », ou parcequ'on disait qu'on « mettait les braves gens en place ». Tous se prétendirent bons patriotes, déclarèrent qu'ils avaient fait du service aux îles d'Hyères en qualité de gardes nationaux. L'un d'eux, Xavier Coulomb, auquel le président demandait s'il regrettait le roi, répondit qu'il ne le regrettait point, parce qu'il était « un mauvais sujet qui ruinait la République ».

Comme la municipalité et le Comité de Surveillance avaient envoyé des renseignements favorables aux prévenus, ils furent acquittés.

Jugement prononcé à deux heures de l'après-midi.

(1) Dossier 132. Cf. dossier 201.


110 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

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12 pluviôse an II (31 janvier 1794)

JEAN-BAPTISTE AIGUIER, dit MARION, confiseur, 29 ans ; JOSEPH HAUVEL, officier municipal, 44 ans ; JOSEPH-JUSTIN HAUVEL, homme de loi, 32 ans^

tous de Solliès et y résidant (1) ; '-..

prévenus de contre-révolution. ;

Témoins :

Jean-François Philip, perruquier, 42 ans ;

André Guiol, regraftier, 41 ans ;

[Dominique] Toucas, maire, 44 ans ;

Michel Maurin, serrurier, 40 ans ;

tous de Solliès et y résidant.

■ '■■'"'■.. ■ .' ' ! v

Aiguier ne partageait pas les opinions des Montagnards. Il était

fils de Pierre Aiguier qui avait émigré. En juin 1793, il rapporta

de Marseille à Solliès des brochures sectionnaires dont l'une

intitulée : Du fond de la tombe ; favorisa l'ouverture des sections

à Solliès et contribua à faire brûler les papiers de l'ancienne

Société populaire. Il fit partie des farandoles qui eurent lieu à

cette occasion. Quand les représailles contre les Montagnards

commencèrent, il fut de ceux qui firent traduire l'un d'eux,

Rolland, à Toulon où le tribunal sectionnaire le condamna à

mort.

Le 27 août, Aiguier se rendit à Toulon avec les gardes

nationaux de Solliès qui avaient obéi à la réquisition du Comité

central des sections toulonnaises. Le maire, le procureur de la

(1) Dossier 133. Cf. dossier 240.


DU VAR 111

commune, le juge de paix marchaient en tête de la colonne qui fut envoyée occuper la Grosse Tour. Aiguier resta à Toulon en qualité de capitaine jusqu'en brumaire (novembre). Sous prétexte d'aller trouver le •général'La Poype à la prière de sa femme, il gagna le territoire de Solliès. Il fut arrêté le 19 (9 novembre) dans une bastide appartenant à l'émigré Mazan-Silassy. Il prétendit n'être resté à Toulon que parcequ'il avait entendu dire que les soldats de l'armée d'Italie qui s'avançaient vers Toulon, pillaient, saccageaient tout sur leur passage, mettaient tout à feu et à sang.

Joseph Hauvel, comme Aiguier, avait été à Toulon avec ses compatriotes, mais il avait regagné Solliès après l'entrée des Anglais, non sans avoir, paraît-il, crié Vive le roi ! sur leur passage. Il fut arrêté comme son frère Joseph-Justin Hauvel par les soldats de La Poype.

Joseph-Justin Hauvel partageait les opinions fédéralistes ; il était juge au tribunal du district d'Hyères. On ne put rien lui reprocher sinon d'avoir voulu acheter nationalement, en mai 1793, la chapelle StB-Christine dans le but de la rendre au culte. Hauvel assura que telle n'était pas son intention, qu'il était 1 patriote ,et donna comme preuve qu'il avait engagé ses compatriotes à voter la Constitution de 1793.

Il fut acquitté, mais cependant détenu jusqu'à la paix comme suspect. Quant à Aiguier et à Joseph Hauvel ils furent condamnés à mort.

Jugement prononcé à trois heures de l'après-midi, exécuté à cinq heures (1).

(1) Dans le dossier se trouvent plusieurs pièces intéressantes


112 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

13 pluviôse an II (1"' février 1794)

FORTUNÉE HERMITTE, 15 ans ; ELISABETH HERMITTE, 11 ans,

toutes deux d'Ollioules et filles d'un aubergiste de celte localité (i).

Elles avaient été arrêtées par des soldats de l'armée révolutionnaire dans une bastide située sur le territoire de S'-Nazaire (2) où elles se trouvaient avec leur mère. Quant à leur père, il avait fui comme les autres habitants d'Ollioules lorsque les troupes de Carteaux étaient arrivées.

Conduites à Ollioules, puis à Marseille, elles avaient été transférées dans les prisons de Grasse. Le Comité de Surveillance d'Ollioules ayant écrit que les deux soeurs avaient toujours donné des « marques de civisme », elles furent acquittées. Elles avaient été arrêtées parcequ'elles se disputaient avec d'autres « citoyennes ».

Jugement prononcé à onze heures du malin.

renseignements sur 16 habitants de Solliès incarcérés (15 octobre 1793) ; dénonciation contre Rolland (16 juillet) ; délibération des sections de remplacer la municipalité (27 juillet) ; procès-verbal de l'élection de la municipalité (28 juillet) ; procès-verbal de son installation (4 août) ; procès-verbal d'installation de .nouveaux membres du Comité central des sections (6 août) ; délibération du Comité central de rendre au culte la chapelle Su-Christine (10 août).

(1) Dossier 134. Cf. dossier 223.

(2) Aujourd'hui Sanary.


DU VAR 113

14 pluviôse an II (2 février 1794)

FRANÇOIS GIRAUD, chirurgien et juge de paix du canton de Ginasservis, 60 ans (1).

Giraud avait été arrêté le 29 brumaire (19 novembre 1793) à Ginasservis par un détachement venant de Rians et commandé par un sous-lieutenant qui lui demanda remise de procédures prises par lui à la réquisition de l'accusateur public, Bayne, en février et en juin 1793, contre divers particuliers de Rians. Dans le premier cas, il s'agissait de poursuivre des individus qui s'étaient rendus en armes à Pourrières pour délivrer des prisonniers ; dans le second, les auteurs de déprédations dans les propriétés de Désidéry, un ancien maire de Rians, au mois d'août 1792 (2). Giraud remit les procédures au sous-lieutenant qui ne l'en arrêta pas moins et le fit conduire à Marseille d'où on le transféra à Grasse.

Le prévenu déclara qu'il était bon patriote, qu'il s'était opposé à l'ouverture des sections à Ginasservis quand Bayne, se rendant à Manosque, avec une force armée fédéraliste, avait voulu les y établir. Après son départ il avait fait revivre le club sous le nom de Société des sans-culottes anti-sectionnaires. Comme les Sociétés populaires de Vinon et de Ginasservis et le Comité de Surveillance de celte dernière localité avaient pris des délibérations en faveur de Giraud, il fut acquitté (3).

Jugement prononcé à onze heures du matin.

(1) Dossier 135.

(2) Ces procédures sont annexées au dossier.

(3) Délibérations ou lettres de la Société populaire de Vinon, 8


114 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE .

15 pluviôse an II (3 février 1794)

HONORÉ CLAVIER, notaire, de Brignoles, procureur syndic du

district, 58 ans ; JOSEPH^JACQUES MAUREL, de Méounes, propriétaire, membre du

directoire du district de Brignoles, 40 ans ; MARTIN SIMÉON, de Correns, propriétaire, membre du directoire

du même district, 40 ans ; NICOLAS GARACHON, de Brignoles, ancien chirurgien, président

de l'administration du district, 59 ans ; ANTOINE ROSSOLIN, de Brignoles, propriétaire, membre du

conseil du district, 28 ans ; MATHIEU GUILLABERT, du Val, ménager, membre du conseil du

district de Brignoles, 40 ans ; JEAN-BAPTISTE COULOMB, de Brignoles, cultivateur, membre du

conseil du même district, 45 ans (1) ; prévenus de contre-révolution.

De toutes les administrations des neuf districts du Var (1), seule celle du district de Brignoles adhéra aux principes fédéralistes de Marseille et de Toulon. Dès lé 26 juillet 1793, un administrateur, Joseph-Paul Pellegnn, de Pignans, fut députe par ses collègues auprès dès autorités sectionnaires de Toulon (3)

frimaire an II (28 novembre 1793), de celle de Ginasservis, 29 novembre 1793, du Comité de Surveillance de Ginasservis, 2 pluviôse an II (21 janvier 1794). Ces pièces sont annexées au dossier.

(1) Dossier 136. Cf. un dossier des Arch. dép. du Var, L. 1375.

(2) Districts de Barjols, Brignoles, Draguignan, Fréjus, Grasse, Hyères, S'-Maximin, S-Paul-les-Vence, Toulon.

(3) Cf. dossier 224.


DU VAR 115

pour leur demander si l'administration devait requérir l'exécution de plusieurs arrêtés que Barras et Fréron venaient de prendre à Nice entre le 21 et le 25 juillet. Naturellement la réponse fut négative. Le procureur syndic du district, Clavier, qui semble avoir été le promoteur de la résistance aux Conventionnels, convoqua alors, par circulaire du 5 août, les citoyens actifs du district pour la nomination de nouveaux électeurs conformément aux prescriptions de l'administration départementale sectionnaire (1). Le lendemain, il écrivit encore aux' municipalités pour leur enjoindre de diriger vers Toulon les déserteurs des 8e, 9e et 10e bataillons du Var qui pourraient se trouver dans les localités qu'elles administraient. Comme le département paraissait rebelle aux excitations sectionnaires, l'administration, le 11 août, délégua de nouveau à Toulon, un de ses membres, Joseph-Jacques Maurel,.pour s'entendre avec le Comité central des sections sur la conduite à tenir. Sans doute on lui conseilla de persévérer dans la lutte, car, le 18 août, le procureur syndic convoqua de nouveau les citoyens actifs pour la nomination des électeurs dans le cas où ils n'auraient pas procédé à cette opération. Presque tous du reste avaient répondu au premier appel. Seuls ceux des cantons de Signes, du Val et dé Cabasse ne s'étaient pas réunis.

Quand la force départementale toulonnaise, qui s'était avancée jusqu'à Brignoles dans l'espoir d'empêcher la jonction de l'armée de Carleaux et de la division qui avait été détachée de l'armée d'Italie, arriva dans celle localité, l'administration lui

(1) Le 1" août était passé à Brignoles Peiron, courrier extraordinaire, arrêté à Aups et conduit à Toulon.


116 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE j !

laissa sans protestation s'emparer des fonds qui se trouvaient dans la caisse du receveur du district. Elle laissa aussi s'opérer une levée d'hommes pour renforcer les troupes sectionnaires.

■Toutefois ces mêmes administrateurs n'avaient pas osé désobéira l'arrêté de Barras et Fréron, convoquant l'un d'eux à Grasse pour concourir à la formation d'une administration départementale légale. Le 11 août, ils y avaient délégué JeanBaptiste Coulomb, dans l'espérance sans doute de se ménager une porte de sortie, au cas où les sectionnaires seraient vaincus. En effet, à la fin du mois d'août, quand Toulon fut bloqué, ils se remirent en rapport avec l'administration départementale conventionnelle. Mais celle-ci avait appris leur conduite. Elle délégua trois de ses membres (1), en frimaire an II (novembredécembre 1793), pour faire une enquête approfondie sur leurs actes. Le résultat fut l'arrestation de Clavier, Maurel, Siméon, Garachon, Rossolin, Coulomb et Guillabert. Pellegrin avait pris la fuite.

Devant le tribunal, les prévenus essayèrent de se défendre en prétendant, comme Clavier, qu'ils avaient été obligés de céder à la force ou à la peur, ou bien, comme Coulomb et Guillabert, qu'ils avaient signé sans les lire les délibérations et les circulaires incriminées.

Coulomb et Guillabert furent acquittés; Rossollin et Garachon, acquittés également, furent détenus jusqu'à la paix comme suspects ; Clavier, Maurel et Siméon furent condamnés à mort (2).

(1) Cauvin François-Josej)h ; Lautard Pierre-Louis-Hercule; Arbaud Jean-Paul.

(2) Dans ce dossier se trouve un certain nombre de pièces intéres^


DU VAR 117

Jugement prononcée six heures du soir; exécuté le 16 pluviôse (4 février 1794) à dix heures du matin.

19 pluviôse an II (7 février 1794)

JEAN-BAPTISTE AIGUIER, dit GAILLARDET, commis marchand, de

Solliès, 17 ans ; Louis MONIN, notaire, de Garéoult, 28 ans (1) ; prévenus de contre-révolution.

Témoins (2) : Jacques Dauvet fils, marchand, 17 ans ; Marie Gence, 22 ans ;

Joseph Laugi'er, maréchal-des-logis, 36 ans, i tous résidant à Solliès.

Aiguier était accusé d'avoir mis une.cocarde blanche à son chapeau, fin août 1793, quand les sectionnaires revenant de Brignoles passèrent à Solliès pour regagner Toulon. Il répondit que les fédéralistes l'avaient obligé à la mettre, qu'ils forçaient

santés : copie d'arrêtés de Barras et de Fréron des 21, 22, 23, 25 juillet 1793 ; lettres ou circulaires de l'administration du district de 'Brignoles, des 10, 26 juillet, 1", 5, 6, 11, 18 et 20 août 1793 ; copie de proclamation de l'administration du département du 7 juillet sur l'ouverture des sections; placard de l'administration départementale sectionnaire du 30 juillet convoquant les électeurs ; lettre du Comité central des sections de Toulon du 18 juillet portant d'arrêter deux courriers signalés à Avignon, venant de Paris et allant à Nice ; extraits de délibérations des municipalités du Val (7, 12 août), de Carcès (14 août) ; lettres de la municipalité de Cabasse des 21, 23 août concernant la convocation des citoyens actifs; procès-verbal de<l'enquête des commissaires du département, 16-29 frimaire an II (6-19 décembre 1793) ; attestation du Comité de Surveillance de Brignoles en faveur do Coulomb, 7 nivôse an II (27 décembre 1793).

(1) Dossier 137. Cf. dossier 240.

(2) Us ne déposèrent qu'au sujet d'Aiguier.


118 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

du reste les passants, surtout les femmes, à baiser les cocardes blanches qu'ils portaient. Les témoins n'étaient point d'accord

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sur son cas. i

Aiguier qui avait déjà comparu le9 pluviôse (28 janvier) devant

le tribunal et bénéficié d'un sursis jusqu'à plus ample informé,

fut acquitté mais détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Quant à Monin, il avait été arrêté à Solliès, le 20 septembre

1793, par un détachement de l'armée révolutionnaire..Il prétendit

que c'était sans raison, qu'il était un bon patriote. 11 avait rédigé

le cahier des doléances de ses concitoyens en 1789, avait parlé

avec tant de force contre-les abus dans l'assemblée sénéchale

que le président voulait lancer un mandat d'arrêt contre lui.

Plus lard il avait été nommé administrateur du district déBni

déBni ' .'■ gnôles (1), commandant de la garde nationale de son canton. En

cette qualité, bien avant l'exécution de Louis XVI et de MarieAntoinette, il avait ordonné à la compagnie des grenadiers de fusilier « l'effigie de Capet et de son épouse », en affirmant que tel serait le sort des « tyrans couronnés ». Enfin les aristocrates l'avaient surnommé le « patriote enragé ». Jamais il n'avait trempé dans le mouvement sectionnaire. Bien au contraire, le 3 août 1793, étant greffier du juge de paix du canton, il avait hautement déclaré qu'il fallait jeter au fond, d'un puits tous-les papiers émanant des autorités fédéralistes de Toulon. ■; . .

Comme la municipalité, le Comité de Surveillance et la Société populaire de Garéoult étaient unanimes à certifier le patriotisme de Monin (2), jl fut acquitté.

(1) Il le fut d'octobre 1791 à novembre 1792.

(2) Lettres ou attestations de la municipalité des 3 mars, 1793, 24,


DU VAR 119

Jugement prononcé à onze heures du matin.

22 pluviôse an II (10 février 1794)

JEAN-BONAVENTURE PONCV, de Toulon, résidant à la Roquebrussanne,

Roquebrussanne, 25 ans ; FRANÇOIS ALLÈGRE, dit CETTE, de Barjols, ancien cordonnier,

gendarme, 46 ans (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins concernant Poney : Honoré Brémond, cordonnier, 26 ans ; Jean-Baptiste Dupuy, secrétaire de la commune, 50 ans ; Jean-Joseph Reymonenq aîné, tisseur à toile, 34 ans ; Honoré Roubaud, ménager, 25 ans ; Louis Fortou, aubergiste, 36 ans ; Raymond Fortou, agriculteur, 33 ans ; François Borel, agriculteur, 58 ans ; Biaise Bayol, perruquier, 34 ans ; Joseph Bonaud, agriculteur, 35 ans ; Jean-François Reymonenq, agriculteur, 38 ans, tous résidant à la Roquebrussanne.

Témoin concernant Allègre : Charles Roubaud, tanneur, de Barjols, 23 ans.

Poney avait favorisé l'établissement des sections à la

28 frimaire an II (14, 18 décembre 1793), du Comité de Surveillance des 15, 25 frimaire (5, 15 décembre) ; de la Société populaire du 24 frimaire (14 décembre). Ces pièces sont annexées au dossier.

(1) Dossier 138. .


120 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Roquebrussanne en accusant les Montagnards de Toulon dé vouloir livrer celte ville aux Anglais fl). Quand la Société populaire eut cessé de se réunir, il proposa de détruire le bonnet de la liberté qui ornait la salle de ses.séances. Il assista aux processions qui eurent lieu quand on couronna dé nouveauj la statue de la Vierge de l'église, découronnée jadis par les Montagnards de l'endroit. Ils n'avaient plus voulu voir sur sa tête un attribut de royauté.

Pour décourager les patriotes, Poney colportait de fausses nouvelles. Il disait que l'armée de Félix Wimpffen avançait vers Paris, que celle de Dubois-Crancé, venant de Lyon, n'était composée que de « quatre chats » et que l'armée marseillaise l'avait battue près d'Orange.

Quand la force armée toulonnaise passa à la Roquebrussanne pour se rendre à Brignoles, Poney exhorta ses concitoyens à; se joindre à elle, C'est dans l'église que s'effectua le tirage au sojt des gardes nationaux qui devaient l'accompagner. « Toulon est notre père, disait-il, et Marseille notre mère ».

Après la défaite des sectionnaires, Poney qui était resté à la Roquebrussanne, fut mis eh arrestation par ordre de Barras et de Fréron, le 8 septembre, quand ils arrivèrent dans cette localité (2).

Les faits reprochés à Allègre avaienl un autre genre de gravité. Il était accusé d'avoir voulu mettre à exécution, en juillet 1793,

(1) 11 attaquait particulièrement Barthélémy Jean-Sébastien, l'ancien président du tribunal criminel; Silvestre Jacques-Victor, commis de l'administration,, départementale , et GUeit Jean - Baptiste , ancien commandant des Varois qui prirent part à la prise des Tuileries le 10 août 1792.

(2) Texte. Arch. dép. Var, L. 142. *..v '■:-.■ '


DU VAR 121

un mandat d'arrêt lancé par Bayne, l'accusateur public, contre Roubaud, député du Var à la Convention, alors à Aups, où il attendait le rétablissement des communications pour regagner Paris.

Allègre reconnut qu'il avait effectivement reçu de Bayne un mandat d'arrêt contre Roubaud, mais qu'il avait eu soin, avant de se rendre à Aups, de le faire informer par son neveu, de la mission dont il était chargé. Ce neveu, Charles Roubaud, cité comme témoin, confirma les dires d'Allègre.

Celui ci fut acquitté. Quant à Poney, il fut condamné à mort.

Jugement prononcée trois heures de l'après-midi, exécuté â quatre heures.

25 pluviôse an II (13 février 1794)

JACQUES DE CUERS-COGOLIN, de S'-Tropez, capitaine de vaisseau,

54 ans ; TROPEZ DAVID, de S'-Tropez, marin et constructeur de vaisseaux,

37 ans ; JEAN-BAPTISTE-MAGLOIRE-MICHEL BOUCHET, de S'-Tropez, ancien

militaire, 47 ans ; JEAN-BAPTISTE-LOUIS COSTE, de S'-Tropez, propriétaire, 67

ans (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Françoise Meiuier, née Ricard, buandière, 31 ans, de S'-Tropez; Françoise Orle, femme de Jean Guérin, marin, 50 ans, id. ;

(1) Dossier 139. Cf. dossier 235.


122 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Marie-Anne Clérian, femme Condroyer, aubergiste, 55 ans, de S'-Tropez ;

Thérèse Gardanne, femme Langoustaire, boulanger, 40 ans, dé S'-Tropez ;

Marie Gardanne, épouse Picon, marin, 24 ans, de S'-Tropez ;

François-Xavier-Zéphirin Picon, marin, 34 ans, ;id. ;

Joseph-TropezSevoulle,conslructeurdevaisseaux,27ans, id. ;

Pierre Mallet, aubergiste, 46 ans, id. ; :

Pierre-Bernard-Grégoire Antiboul, enseigne de vaisseau entretenu, 43 ans, de S'-Tropez ;

François Chalvi fils, capitaine marin, 39 ans, de S'-Tropez;

Joseph Reinaud, perruquier, 33 ans, id. ;

Joseph Abeille, forgeron, 27 ans, id. ;

Joseph Maneille, bâtier, 42 ans, id. ;

Joseph Second,-cordonnier, 56 ans, id. ;

Joseph Olivier, cordonnier, 44 ans, id. ;

François Chalvi, capitaine marin, 66 ans, id. ;

- Paul Abeille, forgeron, 31 ans, id. ; ;

Ignace Gardanne, marin, 22 ans, id. ;

Vincent Massot, orfèvre, 42 ans, id. ; !

Marius Chaude], négociant, 39 ans, de S'e-Maxime ;

Pierre Martin, marin, 37 ans, de S'-Tropez ;

Joseph-Antoine Martin, capitaine marin, 38 ans, de S'-Tropez ;

Claude Rivet, perruquier, 39 ans, id. ;

Paulin Geofroy, propriétaire, 48 ans, id. ;

Joseph-Tropez Sanmartin, menuisier, 43 ans, id. ;

Joseph-Jean-François Tollon, officier de santé, maire de Gassin,

42 ans ;

Joseph-François Tollonfils, aideofficier de santé, 18ans, de Gassin;


DU A^AR • ■ ■ 123

Jean-Claude Vassal, boulanger, de Cannes, résidant à S'-Tropez, 29 ans.

Les quatre prévenus avaient été arrêtés par Barthélémy Cadar, commandant du 7e bataillon du Var, quand, en septembre 1793, il avait occupé militairement S'-Tropez (1). C'étaient des sectionnaires. On faisait grief à de Cuers d'avoir conseillé de voter l'ajournement de la Constitution de 1793 lors de la réunion des assemblées primaires, sous prétexte de permettre aux campagnards de la lire avant de se prononcer ; d'avoir annoncé à l'avance l'entrée des Anglais à Toulon et la proclamation de Louis XVII ; d'avoir déclaré à cette occasion que « justice sainte était arrivée » et que les Anglais étaient de « braves gens » qui assureraient les subsistances. David , qui était notable avant l'ouverture des sections, était accusé d'avoir méconnu Barras et Fréron quand ils étaient venus s'embarquer à S'-Tropez, après avoir échappé aux sectionnaires de Pignans. « Je ne sais si ce sont des Espagnols ou des Anglais, disait-il ». On reprochait à Coste de n'avoir pas voulu prendre part à une souscription pour acheter du blé, sous prétexte qu'il avait déjà donné plus de 10.000 livres. Quant à Bouchet, il avait joué un rôle assez effacé. Il fut acquitté de même que Coste, mais tous deux durent rester détenus jusqu'à la paix comme suspects.

David fut condamné à être déporté et de Cuers fut condamné à mort (2).

(1) Quand Tropez David fut arrêté, il était déguisé en femme. Il prétendit revenir d'un rendez-vous avec une femme. Il avait une « canne à sabre » à la main.

(2)_De Cuers qui avait habité Toulon jusqu'en 1793, avait été autorisé le 3 juillet de cette année par Barras et Beauvais à aller résider à


124 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE ;

Jugement prononcé lé 25 pluviôse (13 février 1794), à quatre heures de l'après-midi ; exécuté le 26 (14 février), à dix heures du matin.

29 pluviôse an II (17 février 1794)

JEAN-BAPTISTE ISAÏE, marécha'-ferrant, 40 ans, de Vence ; |

PIERRE-ALEXANDRE BOUYON, agriculteur, juge de paix du'canton de Vence, 43 ans ;

NICOLAS GAYTTÉ, apothicaire, 52 ans, de Vence ;

PIERRE BLANC, boucher, 39 ans, id. ;

CHRISTOPHE GAYTTÉ, chirurgien, employé aux hôpitaux militaires de l'armée d'Italie à Vence, 60 ans, de Vence ;

PHILIPPE GAYTTÉ, agriculteur, 64 ans, id. ;

ANTOINE BELON, ménager, 60 ans, id. ;

BARTHÉLÉMY BROC, ménager, 34 ans, id. •;

ANDRÉ BLACAS, ménager, 25 ans, id. ;

ALEXIS CHABERT, cultivateur, 31 ans, id. ;

ANTOINE LOMBARD, cultivateur, 48 ans, id. ;

JOSEPH DOZOL, cultivateur, 31 ans, id. ;

JEAN-BAPTISE BROC, volontaire au 29e régiment d'infanterie en congé, 32 ans, de Vence ;

JEAN CLERGDE, cultivateur, 44 ans, de Vence ;

JEAN SUCHE, cultivateur, 47 ans, id. (1);

prévenus de contre-révolution.

S'-Tropez pendant quelque temps pour rétablir sa santé (pièce annexée au dossier).

(1) Dossier 140. !


DU VAR

125

Témoins : Françoise Bonne et belle, femme d'Antoine Joannis, tailleur de

pierres, 40 ans, de Vence ; Roman Taladoire, cultivateur, 61 ans, de Vence ; Joseph Chabrier, cuisinier, 34 ans, id. ;

Joseph Silvy, agriculteur, 40 ans, id. ;

François Maurel, boulanger, 43 ans, id. ;

Emmanuel Maurel, 38 ans, maire id. ;

Pierre Ravel, trompette, 32 ans, id. ;

Raphaël Pons, agriculteur, 33 ans, id. ;

Anne Teissier, femme de Jean-Baptiste Borrelly, cultivateur,

47 ans, de Vence ; Thérèse Geoffroi, fille de feu Claude, 45 ans, de Vence ; Honoré Audibert, fabricant d'étoffes, 45 ans, id. ;

Alexis Mallivert, cultivateur, 36 ans, id. ;

Pierre Mero, cultivateur, 54 ans, id. ;

Paul Mallet, cordonnier, 60 ans, id. ;'

Catherine Merle, femme Roubaud, 34 ans, id. ;

Jean Galian, cultivateur, 40 ans, id. ;

Gaspard Froment, cultivateur, 31 ans, id. ;

Claude Féraud, cultivateur, 28 ans, id. ;

François Suçhe, cultivateur, 17 ans, id. ;

Jean-Baptiste Chabert, négociant, 43 ans, id..;

Pierre Magagnosc, maçon, 32 ans, id. ;

Antoine Marc, cultivateur, 36 ans, id. ;

Jean Dupy, cordonnier, 42 ans, id. ;

Honoré Maurel, négociant, 33 ans, id. ;

Jean Schmit, serrurier, 45 ans, id. ;

Joseph Durieux, cultivateur, 45 ans, id. ;


126 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE '! '

-■'!"- Charles Gaillan, cultivateur, 42 ans, de Vence ; ' -!..

Pierre Abou, prêtre, 63 ans, id.

Tous les prévenus avaient été arrêtés à la suite d'une dénonciation faite à l'administration du département par trois Montagnards de Vence, nommés Vanoly, Martin et Maliver. Une enquête avait été faite par un administrateur du département, Jean-Paul Arbaud. Elle avait abouti à leur arrestation (1).

Ils étaient accusés de n'être pas bons patriotes. En effet la. plupart d'entre eux assistaient à la messe des prêtres insermentés et non à celle des assermentés. Broc avait voulu se « torcher le derrière » avec un assignat de 10 livres ; Isaïe approuvait la conduite des Toulonnais. En somme c'était peu grave. Aussi lés prévenus purent facilement se prévaloir de leurs sentiments patriotiques. Presque tous d'ailleurs avaient fait leur devoir contre les Piémontais au combat de Gilètte ; presque tous faisaient partie de la Société populaire.

Loin d'approuver les Toulonnais, Isaïe déclara qu'il aurait voulu les « tenailler » ; Bouyon rappela que quinze ans avant la Révolution il avait écrit un mémoire contre la noblesse et que par suite.il avait été obligé de quitter Paris où il résidait',; Chabert expliqua qu'il assistait à la messe des assermentés^ comme des insermentés parcequ'il n'allait pas à l'église « pour: les prêtres, mais pour prier Dieu». Nicolas Gaytté alla plus: loin. « Son opinion était qu'un temps viendrait où les prêtres ne: seraient plus payés et qu'ils n'étaient que dès cochons ià: l'engrais ».

(1) La dénonciation et le procès-verbal de l'enquête sont dans le dossier.


DU ArAR 127

Tous les prévenus furent acquittés. Isaïe seul fut détenu jusqu'à la paix comme suspect.

1er ventôse an II (19 février 1794)

JEAN^FRANÇOIS COURCHET PÈRE, négociant, 70 ans, de Lorgues ; PIERRE COURCHET FILS, agriculteur, 43 ans, id. (1);

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Bernard Mouriès, cultivateur, 37 ans, de Lorgues ; Antoine Martel, négociant, 54 ans, id. ;

Antoine Bauchier, perruquier, greffier de la justice de paix, 26

ans, de Lorgues ; Jean-Pierre Courdouan, cultivateur, 46 ans, de Lorgues ; François Blanc, de Toulon, résidant à Lorgues, cultivateur,

27 ans; Joseph-Louis Vigne, cultivateur, 23 ans, de Lorgues ; Jacques Maurin, censal, 35 ans, id. ;

Pierre Genaix, perruquier, 28 ans, id. ;

Claire Héraud, femme Sellier, 36 ans, id. ;

Marguerite Courdouan, veuve Icard, 50 ans, id. ; Philippe Maurel, maçon, 43 ans, id. ;

Joseph Trotobas, cultivateur, 54 ans, id. ;

Honoré Vassal, cultivateur, 63 ans, id.

Courchet père et fils avaient fréquenté les sections de Lorgues, mais le fils s'était moins compromis que le père. Ce dernier

(1) Dossier 141. Cf. dossier 217.


128 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE i ;

i

i :' disait à qui voulait l'entendre que la Convention n'était pas libre,

qu'il désirait un « roi, un stathouder, un triumvir, un chef enfin ».

Il appelait Carteaux, Cartouche, et Barras, Barrabas. Il traitait

celui-ci de coquin.

Fin août, Courchet père et fils quittèrent Lorgues et se réfugièrent à la Garde-Freinet.Ils n'en furent pas moins arrêtés. :j

Le tribunal les acquitta mais les détint jusqu'à la paix comme;; suspects.

Jugement prononcé à huit]heures du soir.

4 ventôse an II (22 février 1794)

I MARC-ANTOINE-HERCULE JORDANY, exliomme de loi, agriculteur,

de Draguignan, 66 ans (1) ; ! !

prévenu de contre-révolution.

Témoins : Dominique Germon, confiseur, 33 ans, de Draguignan ; Emmanuel Roux, secrétaire adjoint de la commune, 17 ans, de

Draguignan ; i

François Cauvin, tisseur à toile, 47 ans, de Draguignan ; i i

Emmanuel Mège, de Draguignan, sergent à la 4™e compagnie du

1er bataillon révolutionnaire du Var en garnison à Antibes,

(?) ans ; Claude Marchis, agent national du district de Fréjus, 36 ans ; Henri Firmin, dit Rebec, maçon, 61 ans, de Draguignan ; Joseph Clément-cousin, marchand, 63 ans, id.

(1) Dossier 142.


DU VAR 129

Jordany avait été le président de la section des Doctrinaires, à Draguignan. Sous sa présidence, deux Dracénois, Laurens et Ricard, furent députés à Marseille pour se fédérer avec les sections de cette ville et, plus tard, deux canons auraient été demandés à Toulon, pour s'opposer par la force à l'entrée des dragons envoyés par les représentants. On lui reprochait aussi d'avoir conseillé à l'assemblée primaire d'ajourner son vote sur l'acceptation de la Constitution de 1793. Jordany donna les explications qu'il put, prétendit qu'il avait été nommé malgré lui président d'une section et en son absence. Il rappela que depuis 1789 il avait été successivement notable à Draguignan, administrateur du département (1), membre du Bureau de conciliation, commissaire de la Société populaire pour surveiller les hôpitaux militaires. Un de ses fils était à l'armée devant Toulon. Il s'était toujours soumis aux lois, puisque dès qu'il avait su qu'un mandat d'arrêt était décerné contre lui, il s'était constitué prisonnier (2).

Jordany fut acquitté, mais détenu comme suspect jusqu'à la paix (3).

Jugement prononcé à quatre heures de l'après-midi.

(1) Il le fut d'août 1790 à décembre 1792. .

(2) Jordany avait été mis en arrestation par ordre de Barras et Fréron de passage à Draguignan, 25 août 1793. Arch. dép. Var, L. 142, 1490.

(3) Dans le dossier se trouvent le procès-verbal de l'acceptation de la Constitution par l'assemblée primaire siégeant aux Doctrinaires (28 juillet 1793) ; le procès-verbal de mise de scellés concernant Senglar, juge, Tolon, procureur de la commune, Latil, prêtre, Maurel aîné, Maurel cadet, prêtre, Garciny fils, Digne, homme de loi, Meiffret, négociant, tous en fuite; Berlier, juge de paix, Jordany, homme de loi, arrêtés (25 août).


130 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE i

6 ventôse an II (24 février 1794)

1" affaire

ESPRIT BOEUF, de Lorgues, fermier, résidant à S'-Tropez, 48 ans (1) ;

prévenu dé contre-révolution.

Témoins : Tropez Coste, batelier, 27 ans, de S'-Tropez ; Alexis Martin, matelot, 56 ans, id. ;

Françoise Amie, poissarde, 58 ans, id.

Boeuf avait déjà comparu devant le tribunal le 25 pluviôse (13 février), en même temps que ses concitoyens de S'-Tropez et pour les mêmes motifs. Un des témoins, Marius Chaudel, avait été convaincu de faux témoignage à son égard. Sursis à-son jugement avait été prononcé.

De nouveaux témoins firent de vagues déclarations (2), d'où il résulte que Chaudel et Boeuf s'étaient disputés, pendant qu'ils faisaient en bateau la traversée de Su-Maxime à S'-Tropez, et menacés mutuellement. , ..

Boeuf fut acquitté, mais cependant détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à onze heures du matin (3).

(1) Dossier 144.

(2) Cf. dossier 139.

(3) Marius Chaudel avait été mis en arrestation comme faux témoin ; il fut acquitte le 29 germinal an II (18 avril 1794). Dossier 502.


DU VAR 131

S"" affaire

JOSEPH-ALEXIS CARRASSAN, notaire, 33 ans, de Gonfaron ; JEAN-FRANÇOIS PORTAL, [ancien notaire], cultivateur, 46ans, id. ; EUGÈNE CARRASSAN, agriculteur, 26 ans, id. ;

PIERRE CARRASSAN, agriculteur, 50 ans, id. ;

JOSEPH PORTANIER, agriculteur, 28 ans, id. ;

PIERRE VIDAL, ancien cordonnier, agriculteur, 58 ans, id. ; QUENIS MARTRE, agriculteur, 73 ans, id. ;

JACQUES MARTRE, agriculteur, 31 ans, id. ;

GRÉGOIRE ROUSSE, cultivateur, 31 ans, id. ;

JOSEPH FERAUD, cultivateur, 38 ans, id. ;

JOSEPH BOYER, cordonnier, 29 ans, id. ;

FRANÇOIS FAILLE, fermier, 49 ans, id. ;

FRANÇOIS PORTAL, cultivateur, 34 ans, id. ;

JEAN-BAPTISTE BRUN, chirurgien et maire de Gonfaron, 53 ans ; JOSEPH Bosc, du Gannet [du Luc], résidant à Gonfaron, architecte, 40 ans (1) ;

' prévenus de contre-révolution.

Les sections avaient été ouvertes à Gonfaron à la suite des démarches d'Honoré Carrassan qui s'était réfugié à Toulon à l'approche de l'armée révolutionnaire (2). Il avait fait signer, le 20 juillet 1793, une pétition réclamant leur ouverture, mais la municipalité ne l'avait pas délibérée. Encouragé par les sectionnaires de Pignans, Carrassan était revenu à la charge le 28

(1) Dossier 143. Cf. dossier 211.

(2) Il avait été nommé électeur par les assemblées primaires sectionnaires du canton.


132 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

juillet, puis dans les premiers jours d'août. Les sections avaient enfin pu se réunir, mais elles n'avaient tenu que trois séances. Dans la première on s'était contenté de faire appel à l'union des citoyens ; dans la seconde, une souscription pour achat de blé avait été décidée (1) ; dans la troisième, on avait refusé de concourir à la levée d'hommes demandée par l'administration du district de Brignoles, pour renforcer la force armée toulonnaise opérant dans le centre du département.

Brun, le maire, était particulièrement poursuivi pour avoir fait proclamer cette circulaire des administrateurs du district de Brignoles. Les autres inculpés étaient seulement accusés d'avoir signé les pétitions réclamant l'ouverture des sections. Tous avaient été incarcérés à la suite d'une enquête d'un administrateur du département, Pierre-Louis-Hercule Lautard. L'ancien maire, Brun, et l'ancien secrétaire de la commune, Bosc (2), se défendirent en disant qu'ils n'avaient jamais voulu méconnaître la Convention et qu'ils avaient cru bien faire en obéissant à l'administration du district. Les autres prévenus assurèrent qu'ils étaient bons patriotes. Jacques Martre se prévalut d'avoir donné à l'une de ses filles le prénom de Liberté; Pierre Vidal d'avoir un fils à l'armée d'Italie.

Comme le Comité de Surveillance de Gonfaron avait certifié que les prévenus avaient été « égarés » par Honoré Carrassan

(1) Certains témoins dirent que cette délibération fut prise dans la première séance.

(2) Bosc, avant d'habiter Gonfaron, avait résidé au Cannet-du-Luc. Il avait, en 1789, rédigé le cahier des doléances de cette communauté, puis fut électeur, procureur de la commune, commandant de sa garde nationale. "


DU A'AR 133

et qu'ils n'étaient pas coupables (1), le tribunal les acquitta. Joseph-Alexis Carrassan et Jean-François Portai durent cependant rester détenus jusqu'à la paix. Jugement prononcé à une heure de l'après-midi (2).

7 ventôse an II (25 février 1794)

1" affaire

JEAN-BAPTISTE MARTIN, chirurgien, 48 ans ; VICTOR AUMÉRAN, cultivateur, 40 ans ; AUGUSTIN FILLOL, cordonnier, 33 ans ; JOSEPH-BONAVENTURE BERNARD, agriculteur, 45 ans, :■■. J: '. tous'd'e.C611obrièr,es.(3); ■

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Madeleine Bérenguier, veuve de Joseph-Etienne Auméran,

cultivateur, 42 ans, de Collobrières ; Michel Martin, agriculteur, 42 ans, de Collobrières ; Jean-François Condroyer, charpentier, 46 ans, id. ;

(1) La délibération est du 28 pluviôse an II (16 février 1794). L'extrait figure au dossier.

(2) Dans le dossier se trouvent le texte des pétitions ou comparant des 20, 28 juillet, ? août 1793, une lettre de la section de Pignans à la municipalité de Gonfaron lui conseillant d'autoriser l'ouverture des sections (25 juillet), copie de procès-verbal de la formation du Comité de Surveillance, 3 brumaire an II (24 octobre 1793), du procès-verbal de l'élection du maire, 6 frimaire an II (26 novembre 1793), de l'enquête de Lautard, 12 brumaire an II (2 novembre 1793), de mises sousscellés concernant les prévenus, un mémoire justificatif de Jean-François Portai.

(3) Dossier 146. Cf. dossier 201.


134 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE !

Joseph Brunet, élapier du 5* bataillon de la Montagne, 33 ans, de Collobrières.

Martin, Auméran et Fillol avaient été nommes officiers municipaux par les sectionnaires de Collobrières après la destitution de l'ancienne municipalité. En cette qualité, ils avaient pris part à diverses délibérations, portant [par ^exemple de nettoyer les quatre puits publics (1), ou d'écrire à l'évêque pour lui demander de remplacer le curé (2). Celui-ci avait déconseillé l'ouverture des sections et quitté la localité quand étaient arrivés lès; commissaires des sections d'Hyères pour assister à leur inauguration. Sa servante eut aussi à souffrir de son attitude. Elle fut expulsée de la maison curiale.

Quant à Bernard, il avait été nommé par les sections assesseur du juge de paix (3).

Les propos ordinaires étaient reprochés aux inculpés : Martin désirait un roi, Auméran traitait les Montagnards de coquins. Il voulait les faire enfermer dans la prison qui se trouvait au rezde-chaussée de la maison curiale. Fillol avait désarmé des patriotes. ;

Le tribunal acquitta les quatre prévenus, niais détint jusqu'à la paix Martin, Fillol et Auméran (4).

Jugement prononcé à (?) heures.

(1) Délibération du 19 août. j

(2) Délibération du 20 août. Des extraits de ces délibérations sont annexés au dossier.

(3) Le juge de paix sectionnaire prêta serment devant la municipalité le 26 août. Le 18, celle-ci avait nommé un greffier et un officier public (délibération annexée au dossier).

(4) Dans le dossier figurent une copie de délibération de la municipalité, du 30 décembre 1790, concernant la garde nationale, et de diverses


DU VAR 135

2me affaire

JEAN-BAPTISTE PLAISANT, de Pierrefeu, canton de Roque-Esteron, district de Puget-Théniers, maréchal-ferrant, résidant aux Ferres, 42 ans (1) ; prévenu de trahison.

Témoins : . . ■ '

Jean-Antoine Cùlti, cultivateur, 25 ans, de Gattières ; Boniface Audibert, meunier, 19 ans, id. ;

Gaspard Revel, cultivateur, 16 ans, id. ;

Boniface Vermeil, cultivateur, 21 ans, id. ;

Louis Revel, agriculteur, 29 ans, id. ;

Jean-Joseph Mouttet, capitaine de la garde nationale de Gattières,

40 ans ; Joseph Escudier, de Gagnés, capitaine de volontaires du district

de S'-Paùl, 29 ans ; ' Joseph Nirascou, cultivateur, de Gattières, 31 ans.

Le 25 vendémiaire an II (16 octobre 1793), Jean-Honore Alziary, administrateur du département du Var, en mission sur la frontière,, étant à Bézaudun, ordonna à un détachement de volontaires et de soldats du régiment ci-devant Barrois de se diriger vers Consegudes où, disait-on, se trouvait l'ennemi. Plaisant s'offrit comme guide en rappelant que Masséna, alors

pièces sur la môme affaire, un extrait du procès-verbal du 4 août 1793 contenant ajournement de vote sur l'acceptation de la Constitution, d'autre procès-verbal du 15 août concernant le remplacement de la municipalité, copie de lettre d'Escudier prescrivant à l'ancienne municipalité de reprendre ses fonctions (18 septembre 1793).

(1) Dossier 145.


136 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

chef du second bataillon du Var, avait utilisé ses services en février 1792 (1). Alziary les agréa à son tour. A peine le détachement avait-il quitté Bézaudun que Plaisantlui fit prendre des chemins de traverse dans la montagne dé Ghéiron et il se trouva tout à coup devant des soldats piémontais qui firent feu. Plaisant se sauva à toutes jambes et gagna Garros ou il fut arrêté. Les témoins qui, pour la plupart, étaient des soldats du détachement qu'avait si mal guidé Plaisant, ; furent unanimes dans l'exposé des faits. Plaisant prétendit qu'il n'avait jamais eu l'intention de faire tomber dans un guet-apens les soldats de la République, mais, malgré Une lettre en sa faveur de Bonà, accusateur public près le tribunal criminel des Alpes-Maritimes (2), il fut condamné à la déportation (3). Jugement prononcé à trois heures de l'après-midi.

9 ventÔBe an II (27 février 1794)

JACQUES FÉRAUD, tailleur de pierres, 42 ans, d'Ollioules ; JACQUES AUDIBERT, cultivateur, 46 ans, id. ;

AUGUSTIN DANIS, boulanger, 26 ans, id. ;

ROSE MAURIN, journalière, 40 ans, id. ;

ROSALIE GHAILLON, d'Hyères, domestique, 21 ans, résidant à Ollioules (4) ;

(1) Un certificat de Masséna daté de Giletté, 4 mars 1792, est annexé au dossier.

(2) Annexée au dossier.

(3) Plaisant avait déjà comparu devant le tribunal le 2 ventôse (20 février), mais il avait été sursis à son jugement

(4) Elle était domestique chez le montagnard Andrieû qui fut conduit à Toulon par les sectionnaires.


DU VAR 137

ANNE BRETONNIÈRE, de Toulon, ex-clarisse du couvent d'Ollioples,

y résidant, 30 ans ; MARIE MARTELLY, veuve de Joseph Desgott, lieutenant de

vaisseau, 68 ans> résidant à Ollioules ; MARIE-MADELEINE DESGOTT, sa fille, 28 ans, id. (1).

Les prévenus avaient été arrêtés, sans doute sans motifs, par des soldats de l'armée révolutionnaire à son arrivée à Ollioules, conduits à Marseille, puis transférés à Grasse. Le Comité de Surveillance d'Ollioules, consulté par l'accusateur public, ne put fournir sur leur compte des renseignements précis. Ils furent acquittés, sauf Danis, dont il fut sursis au jugement (2).

Jugement prononcé à deux heures de l'après-midi.

11 ventôse an II'(1" mars 1794)

ALEXIS BRÉMOND, agriculteur, maire de Néoules, 46 ans ; JEAN-PIERRE DAUMAS, ménager, de Rians, 53 ans (3).

Brémond et Daumas avaient été arrêtés par des soldats de l'armée révolutionnaire, sans raison plausible. Le Conseil municipal de Néoules (4), le Comité de Surveillance de Rians (5) témoignèrent en leur faveur (6). Ils furent acquittés.

(1) Dossier 147. Cf. dossier 223.

(2) Lettre du 1" ventôse an II (19 février 1794) annexée au dossier. Le Comité assura que les prévenus avaient été interrogés par Boussyère, Jouve et Gury, commissaires députés au camp d'Ollioules par l'assemblée des Sociétés populaires du Midi, réunie à Marseille.

(3) Dossier 148.

(4) Délibération du 27 frimaire an II (17 décembre 1793).

(5) Lettre du 6 ventôse an II (24 février 1794). Ces'pièces sont annexées au dossier,

(6) Aucune section ne fut ouverte à Néoules; quelques habitante accompagnèrent les Toulonnais à Brignoles.


138 LE TRIBUNAL RÉAr0LUTIONNAIRE

Jugement prononcé à une heure dé i'après-midi.

12 ventôse an II (2 mars 1794)

JEAN-BAPTISTE GUICHARD, négociant, 28 ans, de Belgenlier ; VICTOR ROUBAUD, maçon, 32 ans, id. (1).

Guichard et Roubaud avaient été arrêtés par des soldats du bataillon du Beausset de passage à Belgentier.

Guichard avait accompagné à Brignoles la force armée loulon- 1 naise qui comptait environ 600 hommes au départ, mais qui revint par détachements. Il refusa dé la suivre à Toulon. Quant à Roubaudjil lui était reproché d'avoir assisté à la « brûlure » des papiers de la Société populaire dont d'ailleurs il avait fait partie ainsi que Guichard. Le Comité de Surveillance de Belgenlier donna des renseignements favorables aux accusés (2). Le tribunal les acquitta.

Jugement prononcé à onze heures du matin.

18 ventôse an II (3 mars 1794)

PASCAL ROUBION, 34 ans ; Louis BEÏLLON, 36 ans ; JEAN-BAPTISTE DOL, 38 ans ; JEAN-PIERRE BERTON, 42 ans,

tous quatre bergers, résidant à Toulon, originaires dé Bueil, sauf Berton, né à Aluis (3).

(1) Dossier 149. Cf. dossier 187. ■

(2) Lettre du 6 frimaire an II (26 novembre 1793) annexée au dossier.; 11 est aussi question dans cette lettre d'Hippolyte Bayol et de JeanBaptiste Castelin, de Belgenlier.

(3) Dossier 150.


DU A^AR 139

Les quatre prévenus avaient été arrêtés à Solliès, sans motif, par un détachement de l'armée d'Italie. Ils furent conduits à la Farlède devant le général La Barre qui ordonna de les traduire à Marseille, après toutefois qu'on eût séquestré les sommes dont ils étaient porteurs. En effet Berton était possesseur de 480 livres en numéraire, Roubion de 26 louis aussi en numéraire, Beillon de 600 livres en numéraire et de 350 livres en assignats, Dol de 375 livres en numéraire et de 250 livres en assignais. D'après eux ces sommes leur étaient nécessaires pour pourvoir à la nourriture de leurs troupeaux.

Ils furent acquittés.

Jugement prononcé à onze heures du matin.

15 ventôse an II (5 mars 1794)

JACQUES VANOLY, ancien maçon, gendarme, 36 ans, de Vence (1).

Vanoly n'était pas recommandable par la solidité de ses convictions. D'abord « sans-culotle » à Vence, il était devenu fédéraliste à Toulon au moment de l'ouverture des sections dans cette ville. Quand le mouvement seclionnaire fut réprimé, il redevint montagnard. Il réussit à se faire nommer gendarme dans son pays natal, mais n'usa de ses fonctions que pour faire des arrestations arbitraires et rédiger des dénonciations contre ses concitoyens. Il se faisait aussi récompenser en espèces de

(1) Dossier 151. Dans ce dossier ne se trouvent ni l'interrogatoire du prévenu, ni les dépositions des témoins. On voit d'après des notes que l'accusateur public avait l'intention de citer Masséna, général, autrefois commandant du second bataillon du Var, Casimir Layet, de la Colle,ancien lieutenant-colonelduditbataillon, et Sanglier, commandant actuel, à Grasse.


140 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE s

j ■

ses bons offices et voulait forcer à se marier contré leur gréjêt entre eux certaines personnes dé son choix. Cette manière d'agir, mais surtout son adhésion au fédéralisme T'amenèrent devant le tribunal révolutionnaire.

Voici le texte d'une lettre qu'il adressa aux officiers municipaux de Vence et qui fut cause de son arrestation (1),

Toulon, 18 juillet 1793. ;,;.. Citoyens confrères, je vous fais savoir tout le résultat de ce qui se passe dans celte ville. On a arrêté tous les clubistes. Oh lui a brûlé tous ses papiers au milieu de la place ainsi que les drapeaux. Tous les habitants de Toulon ont pris' les armes. Ils ont chanté un Te Deum. Toutes les paroisses étaient illuminées. On veut couronner de nouveau la sainte Vierge, accusant les clubistes de destructeurs de religion. Le président du club est aux fers. On va l'oindre de miel rempli de plumes, élevé de 20 pieds de terre, lié avec des bandes de toile afin qu'il ne puisse pas se faire du mal. On va l'exposer au soleil pour le faire manger aux mouches. Chaque rue il y a dix canons braqués. Tous les aristos assemblés ont corrompu une grande partie et ils ont gagné le dessus. Ils se sont popularisés en plus grande partie en faisant du bien aux pauvres. Ils ont mis plus de deux cents patriotes en prison. Il me parait une espèce de contrerévolution. Il-semble un enfer d'ouvert. On les traite de contrerévolutionnaires el de meneurs de complots. L'escadre anglaise a paru ici à Toulon. Elle est de 26 vaisseaux et 10 frégates. Tout le monde veut être patriote, mais je ne sais pas comme ces

(1) L'original de cette lettre resta entre lés mains de Ricord. Copie en est insérée dans le jugement.


DU VAR

141

affairés pourront aller. Je n'y comprends rien. Je ne sais pas comme le général prendra tout cela. On a dénoncé le général Brunet de sans-culotte et de pilleur. Ils ont arrêté trois commissaires de la Convention, six dragons venant de Nice, tout le département. On va s'assembler. Toute la municipalité, toute la ville est dans le plus grand désordre. Puisque les choses vont de la façon, je vous prie, citoyens officiers municipaux, de vouloir bien accepter ma démission tant de notable comme d'officier public, car malheur aux hommes qui seront en place et le sont actuellement. Vous voudrez bien en mettre un autre à ma place.

Votre très humble et très obéissant serviteur.

Vanoly renonce aux sans-culottes.

Vanoly fut condamné à la déportation. Jugement prononcé à huit heures du soir (1).

16 ventôse an II (6 mars 1794)

1" affaire

JOSEPH-BENOÎT MARIN FILS AÎNÉ, de Cotignac, dragon au 9e régiment, 25 ans (2) ;

prévenu d'émigration.

Marin, arrêté par ordre de Barras, était accusé d'avoir émigré. Il prétendait le contraire. Le tribunal le renvoya devant

(1) Vanoly s'évada des prisons de Grasse dans la nuit du 2 au 3 germinal an II (22 au 23 mars 1794). Cf. lettre de l'accusateur public du 3 germinal (23 mars), dossier 53. Les geôliers furent poursuivis, mais acquittés le 29 germinal an II (18 avril 1794), dossier 503.

(2) Dossier 320. Cf. dossier 203.


142 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE ~

l'administration du département pour qu'il justifiât de sa résidence continue en France (1). Jugement prononcé à onze heures du matin.

2me affaire

JOSEPH GUIDON PÈRE, ménager, de la Farlède, 61 ans (2) ; : : prévenu de contre-révolution.

Guidon avait fait partie du Comité de subsistances élu par lés sections de Solliès ; il avait un fils dans Toulon. La Société populaire de la Farlède témoigna pourtant en sa faveur ($)>■■■ '

Il fut acquitté mais détenu jusqu'à la paix comme suspect..ï

Jugement prononcé à onze heures du matin.

17 ventôse an II (7 mars 1794)

GEORGES DUMESNIL, d'Etissac (Aube), chef du 2m<' bataillon du

28? régiment en garnison à Solliès, 55 ans;; PIERRE MARC, de Montpellier, boucher, résidant à Toulon,

37 ans (4).

Dumesnil avait été mis en arrestation au commencement de « vendémiaire », parcequ'il avait laissé évader un suspect, Joseph

(1) Marin fut autorisé par arrêté des représentants Salicetij Ricofd et Robespierre jeune, daté de Nice le 10 germinal ah II (30 mars 179i), dossier 47, à se rendre dans les départements du Vàr, • dés Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, pour y recueillir les certificats de résidence qui lui étaient nécessaires. Cf. lettres de l'accusateur publié des 16, 20 floréal an II (5, 9 mai 1794), dossier 53.

(2) Dossier 152.

(3) Lettre du 7 ventôse an II (25février 1794), annexée au dossier,:

(4) Dossier 153.


DU VAR 143

Pey, médecin, détenu dans la maison qu'il habitait. Il répondit qu'il n'avait pas été chargé personnellement de veiller sur le prisonnier et qu'il était trop bon patriote pour favoriser une évasion. Il s'était bien conduit lors de l'expédition de Gagliari en 1793, avait fait remise de sa croix de S*-Louis, conformément à la loi, quand il était revenu à Toulon. Pendant l'expédition, il était membre de la Société populaire siégeant sur le Tonnant.

Marc avait été arrêté à Signes avec le troupeau qu'il conduisait, le 3 septembre 1793. Il était autrefois fournisseur de viande aux hôpitaux militaires de Toulon et à l'escadre. On l'accusa d'avoir continué son service après la trahison de Toulon, mais il répondit qu'il avait quitté cette ville quand les Anglais y étaient entrés.

Les deux prévenus furent acquittés.

Jugement prononcé à (?) heures.

18 ventôse an II (8 mars 1794)

JACQUES-PAUL-SEXTIUS-JOSEPH PÉRIER-LA GARDE, de Monlferrat, . résidant à Figanières, 46 ans (1) ; prévenu de contre-révolution.

Témoins : François Lyons, potier d'étain, 17 ans, de Draguignan ; Nicolas Belletrud, teinturier, volontaire au l*r bataillon du Var,

18 ans, de Draguignan ; Pierre-Emmanuel Roux, secrétaire-adjoint de la municipalité,

18 ans, de Draguignan ;

(1) Dossier 154.


144 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Jean Aubin, maréchal-ferrant, 23 ans, de Draguignan ; Jean-Joseph Barbaroux, employé à l'équipement des troupes, de

Draguignan, résidant à Toulon, 28 ans ; Toussaint Blancard, chapelier, 27 ans, de Draguignan ; Joseph Andravy, instituteur, 39 ans, id.

Périer qui, semble-t-il, avait critiqué la levée d'hommes présidée par le général Monredon à Draguignan en juin 1793, adhéra des premiers au mouvement sectionnaire. Dans la section où il se trouva, les assistants prêtèrent d'abord le serment suivant : « Je jure de maintenir la liberté, l'égalité, la République une et indivisible, le respect des personnes et des propriétés, la soumission et l'obéissance aux lois ». Mais un particulier, Etienne Laurens, demanda qu'on ajoutât après : obéissance aux lois, les mots : « émanées d'une représentation libre et intègre ». Celte motion fut adoptée.

Périer était accusé d'avoir appuyé cette proposition, d'avoir aussi applaudi à une adresse des sections de Pertuis félicitant les Marseillais d'avoir levé une armée pour marcher contre la Convention.

Pour ces faits, il avait déjà comparu devant le tribunal le 5 ventôse (23 février 1794), mais il avait été sursis à son jugement. Le 18 ventôse (8 mars), les déclarations des témoins ne furent pas plus probantes.

Périer fut acquitté, mais détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à (?) heures (1).

(1) Dans le dossier figurent une lettre de la municipalité de Figanières en faveur de Périer, 12 ventôse an II (2 mars 1794), une lettre du Comité de Surveillance de Draguignan désignant comme nouveaux témoins Blancard et Andràvy, 12 ventôse an II (2 mars 1794).


DU 'VAR ' "• 145

19 ventôse an II (9 mars 1794)

FRANÇOIS FAUCHIER, dit PACHICOU, cultivateur, de Salernes,

42 ans (1) ;

prévenu de provocation à la désobéissance aux lois révolutionnaires.

Témoins : Joseph Cotte, ménager, 60 ans, de Salernes ; Jean-Baptiste Roux, chapelier, 53 ans, id. ;

Jean-Baptiste-Joseph Michel fils, agriculteur, 35 ans, de Salernes; Pierre Nans, ménager, 32 ans, id. ;

Joseph-Gaspard-MitrePizan,jugedepaix du canton, 67ans, id. ; Jean-Augustin Escolle, censal, 42 ans, id. ;

Hyacinthe Roux, bâtier, 36 ans, id. ;

Jacques Gassin, négociant, 62 ans, îd. ;

François Lavagne, travailleur, 34 ans, id. ;

François Féraud, fabricant de drap, 42 ans, id. ;

Honoré Basset, tuilier, 36 ans, id.

Le 23 septembre 1793, on procédait à Salernes à une levée d'hommes, conformément à la loi qui réquisitionnait les jeunes gêna de 18 à 25 ans. Fauchier, qui était ivre, arriva sur la place publique en compagniede Louis Melchior, dit la Liberté} maçon, et fit un tel tapage qu'il interrompit les opérations. Il voulait se battre en duel avec le témoin Michel. Le juge de paix Pizan essaya de le calmer. Fauchier Pinvecliva. On finit par le mettre en arrestation, La municipalité dressa procès-verbal de l'incident

(1) Dossier 155.

10


146 LE TRIBUNAL RÉA'OLUTIONNAIRE

et l'envoya à Barras et à Fréron qui ordonnèrent son arrestation définitive comme s'étant opposé à une levée d'hommes prescrite par la loi (1).

Devant le tribunal, Fauchier déclara qu'il n'en était rien, qu'il était bon patriote, qu'il désirait « pendre les aristocrates ».

Il fut acquitté. ' ' ;

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi. ;

21 ventôse an II (11 mars 1794)

. ■ " - Î: ■ : .

Louis RIGAUD, ancien capitaine d'artillerie, de Cotignac, 49 a h s;1:; JEAN-BAPTISTE FOURNIER, de Toulon, résidant au Luc, maçon, 27 ans (2) ; ;.

prévenus de contre-révolution.

Témoins (3):

Georges Vallet, de S'-Élienne, résidant à Cotignac, armurier, 39 ans ;

Joseph Barbegier, de Fox-Amphoux, résidant à Cotignac, taillandier, 32 ans ;

Anne Monhiot, femme de Vallet, de Marseille, résidant à Cotignac, 32 ans ;

Françoise Cauvin, femme de Joseph Mistre, maréchal à forge, résidant à Cotignac, 40 ans.

Rigaud avait été notable, officier municipal de Cotignac dans

(1) Arrêté du 1" octobre 1793 daté de Fox-Amphoux, annexé; au dossier, de même que le procès-verbal de la municipalité. ! !

(2). Dossier 156. | ;

: (3) Concernant Rigaud seulement. ' i i


DU A^AR 147

les premiers temps de la Révolution, mais il ne fréquenta pas la Société populaire et accueillit sans déplaisir l'ouverture des sections- Il était accusé d'avoir dit qu'on mangerait le pain à bon compte quand les sections seraient ouvertes, d'avoir déprécié les assignats, d'avoir traité Barras de coquin quand'Gontard était venu chercher le juge de paix de Cotignac pour aller perquisitionner dans la maison du conventionnel, d'avoir dit qu'il avait émigré. Son fils, réfugié à Toulon, avait été un des plus ardents fédéralistes. Il avait été délégué par le Comité central de Toulon pour faire de la propagande dans le département et avait écrite son père une lettre où il disait que « l'étendard de la liberté allait servir de torchon aux princes ». Louis Rigaud désapprouva la conduite de son fils, assura qu'il ne correspondait plus avec lui et prétendit qu'il aurait pris du service dans la gendarmerie nationale s'il n'était pas tombé malade.

Quant à Fournier, ancien volontaire au 7e bataillon du Var, il avait été arrêté au Luc, sans motif, par un détachement de l'armée révolutionnaire, relâché, puis arrêté de nouveau à Solliès. Il était membre de la Société populaire du Luc, avait été l'un des fondateurs de celle de Seillans quand son bataillon tenait garnison dans cette localité. Il ne l'avait quitté que pour cause de surdité.

Rigaud et Fournier furent acquittés, le premier devant cependant rester détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à deux heures de l'après-midi.

22 ventôse an II (12 mars 1794) PIERRE GUIDON, agriculteur, de Solliès-Toucas, 54 ans ;


148 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

i '

JEAN-PIERRE LÉONARD, de Roquemaure-les-Avignon (Gard), résidant à Marseille, batteur d'or et colporteur, 49 ans (1) ; ANTOINE-LOUIS AIGUIER, ex-capucin, 52 ans, de Solliès ; FRANÇOIS THOLON, ancien apothicaire, 73 ans, id. ; ,

AUGUSTIN JULIEN, de Solliès, curé de la Farlède, 34 ans ; MARIANNE GUIEU, veuve de Pierre Guieu, cultivateur, 53 ans, de

la Farlède ; JEAN-BAPTISTE FARNOUX, ancien navigateur, invalide, 60 ans, de

la Valette ; MARIE GAZELLE, femme de François Barthélémy, vendeur de

marc d'olives, 21 ans, de la Valette ; JOSEPH VALLIER, cultivateur, 64 ans; de la Valette ; TOUSSAINT ROLLAND, de Solliès, résidant à la Valette, cultivateur, 61 ans ; FRANÇOIS BRÉMOND, de Tourves, résidant à la Valette, charretier, 21 ans ; • JOSEPH-FRANÇOIS BARRALLIER, marin, 57 ans, de la Seyne ; PIERRE-VINCENT CRUVELLIER, marin, 60 ans, id. ;

ANGE-DÉSIRÉ GASQUET, de Marseille, résidant à la Seyne depuis

36 ans, négociant, 68 ans ; TOUSSAINT MINUTY, marin, 67 ans, de la Seyne ; GÉSAR GAUTIER, marin, 46 ans, de S'-Nazaire [Sanary] (2).

Les prévenus avaient été arrêtés soit à Solliès, soit à la Valette, soit à la Seyne, par des détachements de l'armée répu(1)

répu(1) vendait notamment des exemplaires de la Constitution de 1793 qu'il avait fait imprimer à Marseille en revenant de la foire de Beaucaire.

(2) Dossier 157. Cf. pour les prévenus de la Seyne, dossier 237, et pour ceux de la Valette, dossier 249, pour celui de S'-Nazaire, dossier 233.


DU VAR 149

blicaine se .dirigeant vers Toulon. Pour là plupart, ils ignoraient les motifs de leur arrestation. Pierre Guidon et François Tholon avaient signé des dénonciations contre les patriotes le jour même où fut constitué le Comité central des sections de Solliès, c'està-dire le 19 juillet 1793 (1). Le dernier avait de plus un fils, chirurgien de marine, resté dans Toulon. Augustin Julien avait été président d'une section (2j.

-Tous les prévenus, protestèrent de leur civisme, Joseph-François Barralier expliqua qu'étant canonnier à la tour de Balaguier, il avait voulu faire feu sur les Anglais à leur entrée à Toulon ; Antoine-Louis Aiguier rappela qu'il avait prêté tous les serments exigés parles lois; Toussaint Minuty prétendit qu'il avait été arrêté parce qu'un jour il avait dit à un nommé Achard, actuel-' . lement capitaine de la compagnie des Jacobins, qui se rendait à une séance de la Société populaire : «Où allez-vous? Vous allez encore faire le charlatan * (3).

Les prévenus furent acquittés. Pierre Guidon seul resta détenu jusqu'à la paix.

Jugement prononcé à quatre heures de Taprês-midi.

23 ventôse an II (13 mars 1794)

JEAN-JOSEPH COURBON, de Flayosc, ancien fabricant de tuiles, négociant en bétail, 37 ans (4) ;

(1) Cette pièce figure au dossier, de même que le procès-verbal d'installation du Comité central.

(2) Avant d'être curé de la Farlède, Julien avait été vicaire à Solliès.

(3) Cette dénonciation d'AçJmrd, annexée au dossier, est du 20 octobre 1793. Ce furent Gasparin et Saliceti qui ordonnèrent l'arrestation. Arrêté du 2 brumaire an II (23 octobre 1793), daté d'Ollioules.

(4) Dossier 158. "'.' -


150 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

prévenu de vente de viande à l'armée contre-révolution-^ naire de Toulon.

Témoins : Jean Beuf, charpentier, 74 ans, de Flayosc ; Jean-Baptiste Chieusse, 70 ans, id.

Gourbon, qui avait été fabricant de tuiles à Hyères avant d'être négociant en bétail résidant à Flayosc, était accusé d'avoir fourni de la viande aux armées contre-révolutionnaires et notamment d'avoir dit qu'il lui serait très facile de faire entrer du bétail dans Toulon où la viande se vendait 20 sous et même 40 sous la livre. Il se défendit en exposant que le dernier troupeau dont il disposait avait été réquisitionné au mois d'août 1793 par l'armée révolutionnaire marchant sur Toulon. Sans doute il avait été auparavant aux marchés d'Aix et d'Avignon, avait vendu du bétail à l'armée marseillaise, mais nullement dans le but de favoriser les ennemis de la République.

Courbon fut acquitté, mais détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à onze heures du matin (1).

24 ventôse an II (14 mars 1794)

[CHARLES-IGNACE]-VICTOR BUISSON, de Roquebrune, procuré de Néoules, 24 ans (2) ;

prévenu de contre-révolution.

(1) Dans le dossier se trouve la procédure prise par le juge de paix de Flayosc et le directeur du juré d'accus/ition du tribunal du district de Draguignan à la suite d'une dénonciation du Comité de Surveillance de Flayosc.

(2) Dossier 159. Cf. abbé Laugier, ouv. cité, p. 206.


DU VAR 151

Témoins :

Cyprien Brémond, agriculteur, ex-agent national de la commune, 57 ans, de Néoules ;

Thérèse Brémond, ex-religieuse, 44 ans, de Néoules ;

Jean-Baptiste Fabre, cultivateur, 51 ans, id. ;

Jean-Joseph Emeric, cultivateur, 44 ans, id. ;

Charles Riperl, de Néoules, vicaire de Pierrefeu, 32 ans ;

Joseph Giraud, cordonnier, 66 ans, résidant à Roquelîbre (la Roquebrussanne);

Joseph Giraud, de Côlmars (Basses-Alpes), procuré de Roquelibre, 45 ans ;

Jean-Joseph Brémond, ménager, 23 ans, de Néoules ;

Joseph Fournier, ménager, 45 ans, id. ;

Joseph Juvenal, ménager, 66 ans, id. ;

Victor Brémond, .ménager, 26 ans, id. ;

Louis Sarrus, prêtre, de Méounes, 30 ans.

Buisson était accusé d'avoir désapprouvé la condamnation de Louis XVI et dit qu'elle serait une cause de troubles pour la France, d'avoir conseillé l'ouverture des sections, d'avoir fait faire, le 15 août, une procession à Néoules et chanté YExaudiat el le Domine Salvum fac regem malgré la prohibition de cette cérémonie et de ces prières par l'évêque constitutionnel, d'avoir conseillé aux habitants de Néoules de se joindre à la force toulonnaise marchant vers Brignoles, d'avoir été à Toulon au moment de la trahison de cette ville et monté la garde au fort de Malbousquet.

Les témoins attestèrent plus ou moins la véracité de ces faits. Buisson leur opposa d'énergiques dénégations.


152 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Il avait toujours été patriote. Il avait été obligé de quitter Roquebrune à cause du « fanatisme des prêtres et l'aristocratie qui y régnait ». Il s'était retiré à Fréjus où l'évèque constitutionnel, qui l'avait ordonné, lui avait confié les fonctions de sacristain. Dans cette ville, il faisait partie du club et montait la garde quand il en était requis. Puis il avait été nommé procuré de Néoules. Il avait approuvé la condamnation à mort du « dernier des tyrans », le rejet de l'appel au peuple, l'arrestation des Girondins. Il avait improuvê le mouvement sectionnaire. S'il était allé à Toulon, c'avait été pour loucher le montant de ses appointements ; s'il avait monté la garde au fort de Malbousquet, c'était par force. Du reste il s'était échappé de Toulon le plus vite possible. Quant à la procession du 15 août, il l'avait fait faire, non pas en commémoration du voeu de Louis XIII, mais parce que c'était la fête de la localité. Il n'avait pas chanté « l'oraison pour le roi mais pour la nation ».

Malgré ses déclarations, Buisson fut condamné à mort. . Jugement prononcé le 24 ventôse (14 mars), à quatre heures du soir ; exécuté le 25 (15 mars), à onze heures du matin (1).

26 ventôse an II (16 mars 1794)

PIERRE-BENOÎT FABRE, de S*-Maximin, sous-lieutenant au 8* bataillon du Var, 28 ans ;

(1) Dans le dossier se trouve une lettre de Jean-Baptiste Dupuy, membre du Comité de Surveillance de la Roquebrussanne, dirigée contre Buisson et aussi contre Brémond, ancien maire de Néoules, qui avait assisté en écharpe à ia procession du 15 août, alors qu'il ne la mettait pas dans d'autres circonstances, 8 ventôse an II (26 février 1794).


DU VAR 153

JEAN-ANTOINE TRABUC, cultivateur, 36 ans, de Toulon ;

JOSEPH SIMON, de Cuers (1), résidant à Toulon, cultivateur,

28 ans ; ANDRÉ GAMERRE, cultivateur, 36 ans, de Toulon (2) ; prévenus de contre-révolution.

.. Témoins (3) :

Nicolas: Brodart, de ]'Àr„tichure (Aube),,'.'. maître canonnier à S'-Tropez, 42 ans; 1

Etienne Payan, de S'-Maximin, sergent au 3» bataillon révolutionnaire de Marathon en garnison à Ste-Maxime, 26 ans ;

François Fiol, de S'-Maximin, sergent au susdit 3e bataillon en garnison à Ramatuelle, 19 ans ;

François Hugues, de S'-Maximin, sergent au susdit 3e bataillon en garnison à S'e-Maxime, 20 ans ;

Jean-Baptiste Ravel, de Pourrières, sous-lieutenant au susdit 3* bataillon en garnison à S'-Tropez, (?) ans ;

Jean-Honoré Salle, de Cotignac, capitaine surnuméraire au susdit 3e bataillon en garnison â Ramatuelle, 45 ans.

Le 8e bataillon du Var était en garnison à Toulon depuis quelques mois, quand éclata le mouvement sectionnairë. II occupait pour la majeure partie le fort La Malgue. Fabre était avec un détachement à la Grosse Tour. Quand les sections furent ouvertes, ■ il voulait aller retrouver ses camarades, mais le capitaine lui donna l'ordre de rester à son poste. Il y resta jusqu'au moment où les gardes nationaux des environs arrivant

(1) Il est dit ailleurs originaire du Cannet-de-C^mies. Cf. dossier 197.

(2) Dossier 160. Cf. dossier 243.

(3) Concernant Fabre seulement.


154 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

à Toulon occupèrent la Grosse Tour et le fort La Malgue. Revenu en ville, Fabre fréquenta les patriotes, ce qui faillit le faire enfermer sur le Thémistoele où se trouvait un de ses amis l'administrateur du département Maunier Félix, comme lui dé S* Maximin,

Enfin le 14 frimaire (4 décembre 1793), Fabre se glissa dans; les rangs des soldais qui sortaient de la ville pour aller monter; la garde au poste de la Boulangerie. Il se rendit à la Farlède où le général La Poype le fit arrêter et conduire dans les prisons de Marseille, d'où il avait été transféré à Grasse.

Quant à Trabuc, Simon et Gamerre, ils avaient été arrêtés sans motifs, le 27 septembre 1793, dans la banlieue de Toulon, par une patrouille d'Allobroges, conduits à Ollioules, puis à Marseille et à Grasse.

Les quatre prévenus furent acquittés.

Jugement prononcé à onze heures du matin (1).

27 ventôse an II (17 mars 1794)

NICOLAS BEILLET PÈRE, de Nice, résidant à Cârcès: depuis dix mois, maçon, 42 ans ; ' " ' i:' .

FRANÇOIS BEILLET FILS, de Nice (2), résidant à Carcès, maçon, 18 ans (3) ;

(1) Dans le dossier figurent l'ordre de La Poype de conduire Fabre à Marseille (la Farlède, 17 frimaire an II [7 décembre 1793]), un certificat de la municipalité de S'-Maximin en sa faveur (5 mai 1793), un extrait de délibération de là Société populaire dans le même but (22 frimaire an II j 12 décembre 1793|), une lettre du juge de paix de' S'-Maximin concernant la levée de scellés chez Ailhaud (2 frimaire an II [21 janvier 1794]).

(2) Dans un autre document il est dit natif de Villefranche.

(3) Dossier 161.


DU ArAR 155

prévenus de propos contre-révolutionnaires.

Témoins :

Benoît Pitioux, dit la Prudence, de Simandre-en-Bresse, résidant à Carcès, tailleur de pierres, 54 ans ;

François Lavagne, d'Entrecasleaux, résidant à Carcès, maçon, 43 ans ;

Bonnet Martin, de Martinange, paroisse de Rogier, résidant à Carcès, tailleur de pierres, 36 ans ;

Julien Sommier, de Brignoles, résidant à Carcès, maçon, 40 ans.

Beillet père était accusé d'avoir dit en juillet 1793 que la France serait bientôt divisée en trois royaumes, que les volontaires n'étaient que des « babillards et des lâches », qu'on leur « abattrait le caquet à Saorgio » ; que les Sardes reprendraient Nice. En septembre, il assurait que les Anglais ne sortiraient jamais de Toulon. Il voulait aussi « manger les Français en salade ». Son fils avait raconté de son côté que des soldats français, marseillais d'origine, avaient coupé à Nice « les parties nobles » à un soldat ennemi qu'ils avaient arrêté, les avaient mises comme cocarde à leur chapeau et se promenaient en ville, ce qui avait amené des représailles de la part des Sardes.

Les deux inculpés nièrent tous ces propos. Ils dirent qu'ils étaient victimes de jalousies professionnelles. Deux témoins, Lavagne et Sommier, furent d'ailleurs convaincus de faux témoignage et aussitôt mis en arrestation (1).

Beillet père et fils furent acquittés.

Jugement prononcé à onze heures du malin.

(1) 11 résulte d'une pièce du dossier qu'ils furent jugés par le tribunal criminel des Basses-Alpes.


156 LE TRIBUNAL RÉA'OLUTIONNAIRE

28 ventôse an II (18 mars 1794)

LAURENT DERIDON, de la Verdière, résidante la Valette, cultivateur, 30 ans (1). .

Il avait été arrêté sans motif par un détachement de l'armée républicaine, conduit à Solliès, puis à Grasse. Comme aucune autorité ne pu-t fournir de renseignements plus circonstanciés, il fut acquitté.

Jugement prononcé à (?) heures.

2 germinal an II (22 mars 1794)

JEAN-BAPTISTE TOLON, de Cogolin, ancien marin, 55 ans (2) ;

prévenu de protestation contré un paîmenten assignats.

Tôlon avait protesté, le 27 avril 1792, devant Jean-Honoré Mouton, notaire à Cogolin, contre un paîment en assignats. Il avait été arrêté pour ce fait par l'ordre du commissaire national près le tribunal de Fréjus. Mais comme sa protestation était antérieure aux lois et aux arrêtés des représentants du peuple prohibant cette protestation comme délit contre-révolutionnaire, Tolon fut acquitté.

Jugement prononcé à onze heures du malin.

4 germinal an II (24 mars 1794)

VINCENT RAGOU, de Mazaugues, notaire, 43 ans ;

(1) Dossier 169.

(2) Dossier 165.


DU VAR

157

JEAN-BAPTISTE OLLIVIER, de S'-Vallier, notaire, 62 ans ; MARIE PEILLON, épouse de Joseph Court, de Cabris, 55 ans (1).

Ragou et Ollivier étaient poursuivis pour avoir enregistré des protestations contre des paiments en assignats ; Marie Peillon pour avoir fait enregistrer une de ces protestations.

Comme les faits reprochés étaient antérieurs aux prohibitions faites, les prévenus furent acquittés (2).

Jugement prononcé à sept heures du soir (3).

5 germinal an II (25 mars 1794)

LOUIS-ANDRÉ ARCHIER, notaire, 42 ans, de Cotignac ; PIERRE-JOSEPH DURBEC, notaire, 41 ans, de Biot ; FRANÇOIS LAMBERT, potier, 63 ans, ' id.

le premier, prévenu de contre-révolution ; les deux

autres, de protestation contre un paîment en

assignats (4).

Archier avait été mis en arrestation par ordre de Barras et Fréron. Il avait été jadis officier municipal de Cotignac et avait fait partie d'un club, composé surtout de bourgeois, fermé en juin 1792, à la suite d'une visite de commissaires de la Société

(1) Dossier 376.

(2) Comme Ollivier avait reçu un acte où se trouvaient des qualifications rappelant le régime féodal et la noblesse, il fut pour ce fait détenu et renvoyé devant le jury d'accusation du district de Grasse. Il fut d'ailleurs acquitté le 19 germinal an II (8 avril 1794), dossier 379.

(3) En ce qui concerne Ragou, la protestataire était Anne Barthélémy, veuve Verdillon, de la Roquebrussanne, qui n'avait pu comparaître devant le tribunal parcequ'elle était malade. Elle était âgée de 85 ans. Cf. dossier 258.

(4) Dossier 377.


158 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

populaire de Marseille. Il existait en effet à Cotignac une autre Société populaire dont les adhérents étaient surtout tirés des rangs du peuple. Quand la Société rivale fut dissoute, celle-ci n'aceepla dans son sein que les cultivateurs. Archier ne put donc en faire partie. Il avait aussi à Vence un frère, curé, qui avait émigré.

Quant à Durbec il était accusé d'avoir enregistré une protestation contre un paîment en assignats à la demande de son co-accusé Lambert. Les faits reprochés étaient antérieurs aux lois prohibitives de ces protestations.

Tous deux furent acquittés. Archier fut également acquitté, mais détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi.

6 germinal an II (26 mars 1794)

JEAN-BAPTISTE MOTTET, ménager, 62 ans, de la Valette ; FRANÇOIS BARTHÉLÉMY, vendeur de marc d'olives, 57 ans, de la ' Valette (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Louis Boyer, cordonnier, 35 ans, de la Valette; Joseph Laure, jardinier, 48 ans, id. ;

Joseph Allègre, jardinier, 35 ans, id. ; : '." '

Joseph-Hyacinthe Raynouard, chirurgien, 31 ans, de la Valette; Joseph Giraud, boulanger, 42 ans, id: ;

Eustache Jouve, cordonnier, 25 ans, id, ;

(1) Dossier 162. Cf. dossier 249.


DU VAR

159

Marc Serri, tisseur à toile, 32 ans, de la Valette ;

Joseph Ballandra, de Belmonl (Rhône el Loire), tisseur à toile,

37 ans, résidant à la Valette ; Louis Vidal, marin, 25 ans, de la Valette ; Antoine Vidal, aubergiste, 41 ans, id.

Mottet et Barthélémy avaient été arrêtés dans les derniers jours de septembre 1793, à la Valette, par des soldats du général Gardanne. Le premier avait été nommé officier municipal parles sectionnaires, le second était leur espion. Moltet semble avoir pris une part assez active au mouvement fédéraliste. A Barthélémy on ne put reprocher que des propos inciviques. Ainsi lorsque les Toulonnais étaient venus pour assister à l'inauguration du club de la Valette il aurait dit : « Ce sont tous les coquins et les marrias (1) de Toulon qui sont venus pour faire cette fête ». Quelques jours avant l'ouverture des sections, il disait que « madame la guillotine arriverait dans quelques jours pour faire mourir les coquins de clubistes ». 11 annonçait que 18 à 20.000 Marseillais marchaient sur Paris et qu'ils seraient 100.000 quand ils y arriveraient. Huit à dix jours avant l'entrée des Anglais à Toulon, il disait : « Les choux bouillent et verseront bientôt. Voici bientôt les Savoyards .qui viendront nous' venger et qui, avec leurs baïonnettes, tireront les entrailles de ces coquins comme on retire le corps d'un escargol de sa coquille ».

Barthélémy nia le plus qu'il pût. Il fut acquitté, mais détenu jusqu'à la paix comme suspect. Mottet fut condamné à mort.

(1) Mauvais garnements.


160 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Jugement prononcé le 6 germinal (26 mars 1794), à une heure de l'après-midi ; exécuté Je 7 (27 mars), à dix heures du matin.

8 germinal an II (28 mars 1794)

JEAN BARTHÉLÉMY, tonnelier, 49 ans, de Bandol ; Louis JONQUIER, [d'Ollioules], ex-capucin, curé de Bandol, 50 ans (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Pierre Curti, charron, 34 ans, de Bandol ; François Rouden, tonnelier, 32 ans, id. ;

Nicolas Guion, tailleur, 46 ans, id. ;

Etienne Pelloutier,colporteur, 36 ans, id. ; Antoine Suquet, fabricant de tuiles, 41 ans, de Bandol.

Barthélémy avait été président, et Jonquier, secrétaire de la section de Bandol. Elle avait été pleinement soumise à l'influence du Comité central des sections de Toulon. Les sectionnaires bandolais avaient reconnu l'administration départementale fédéraliste de Toulon, affiché ses arrêtés, fait faire une procession en l'honneur de la Vierge dont on avait recouronné la statue, nommé des électeurs pour se rendre à Toulon le 25 août. Ils avaient brûlé les papiers de l'ancienne Société populaire dont pourtant, pour la plupart, ils avaient été membres assidus. Barthélémy et Jonquier ne pouvaient nier leur participation à ce mouvement.

Ils furent condamnés à mort. i ■ ■

(1) Dossier 163. Sur Louis Jonquier, voir abbé Laugier, oûv. cité, p. 205.


DU VAR 161

Jugement prononcé le 8 germinal (28 mars 1794), à une heure de l'après-midi ; exécuté le même jour, à quatre heures (1).

11 germinal an II (31 mars 1794)

1" affaire

ANTOINE PASCAL, postillon, de Fréjus, 21 ans (2) ; prévenu de contre-révolution.

Ni le Comité de Surveillance de Fréjus, ni celui de Brignoles ne purent fournir de renseignements sur les motifs de l'arrestation de Pascal, ordonnée, semble-t-il, par Barras.

L'accusateur publie abandonna l'accusation.

Pascal fui acquitté.

Jugement prononcé à dix heures du matin.

2me, affaire

JEAN-LOUIS BÉRAUD, bourgeois, de Cuers, 67 ans (3) ; prévenu d'émigration.

(1) Oh trouve dans le dossier le registre des délibérations de la section de Bandol, une adresse imprimée des citoyens de Martigues aux sections de Marseille ; diverses réquisitions de la municipalité conformes aux délibérations de la section de Bandol, une oraison funèbre, copie manuscrite, du club de Martigues, prononcée par son dernier président, Estaquier, le 4 juin 1793, jour de sa clôture ; des adresses de la municipalité de Bandol à la section de cette localité, un extrait imprimé du voeu des sections de Toulon sur l'acceptation de la Constitution de 1793; un sonnet imprimé en l'honneur de la Vierge (ce sonnet a été publié par l'abbé Laugier, ouo. cité, p. 264) ; des lettres ou certificats de la Société populaire de Bandol en faveur des prévenus, 17, 21 pluviôse an II (5, 9 février 1794).

(2) Dossier 164.

(3) Dossier 321.

H


162 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Béraud était poursuivi, non pour être rentré en France après l'avoir quittée, mais parce que les représentants du peuple, par arrêté du 14 septembre 1793, avaient décidé que les habitants du Var qui se seraient réfugiés dans Toulon, au moment du mouvement seclionnaire, seraient considérés comme émigrés. C'était le cas de Béraud, qui avait été fait prisonnier aprèsla reprise dé celte ville par l'armée républicaine. Il avait déjà comparu devant le tribunal le 7 germinal (27 mars 1794), et avait prétendu qu'il pourrait justifier de son innocence. Sursis à son jugement avait été prononcé. Mais le 8 germinal (28 mars), l'administration du département consultée, déclara qu'il était dans le cas prévu par l'arrêté des représentants.

En conséquence Béraud fut condamné à mort.

Jugement prononcé à onze heures du matin, exécuté le (?).

3m' affaire

JEAN-HONORÉ MOUTON, notaire, 58 ans, de Cogolin ; HONORÉ ASQUIER, chirurgien, 57 ans, id. (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins : !

Jacques Guillafaert fils, négociant, 42 ans, de Cogolin; Joseph Olivier, marin, 58 ans, id. ;

Scolastique Sénéquier, femme de Joseph Moniquet, marin, 45

ans, de Cogolin ; " Maur Olivier, cultivateur, 63 ans, de Cogolin ; Jacques Bérenguier, négociant, 26 ans, id. ;

(1) Dossier 165. Cf. dossier 200.


DU A?AR 163

Blanche Porre, fille de feu Louis, cultivateur, 17ans, de Cogolin; Jean-François Couret, ménager, 50 ans, id. ;

Louis-Amédée Imbert, marin, 40 ans, id. ;

Clément Guillabert, propriétaire, 44 ans, id. ;

Jacques Courchet, cultivateur, 70 ans, id.

Mouton avait été arrêté sur l'ordre de Barthélémy Cadar, commandant du 7' bataillon du Var. Il était accusé d'avoir signé une pétition réclamant l'ouverture des sections à Cogolin, à la demande de Tolon Jean-Bapliste-Alexandre-Chrysostome, natif de Cogolin, mais résidant à Draguignan; d'avoir approuvé la trahison de Toulon, déconseillé d'accepter la Constitution de 1793, mal parlé des frères Jacques et Clément Guillabert, trop révolutionnaires à son gré, d'avoir empêché une jeune fille de chanter une chanson républicaine contre « Louis Capet», d'avoir enregistré une protestation contre un paîment en assignats, à la requête de son co-accusé, Asquier, poursuivi pour ce fait.

Mouton nia les griefs incriminés, sauf le dernier. Il avait déjà comparu, le 2 germinal (22 mars), devant le tribunal qui avait sursis au jugement jusqu'à plus ample informé.

Asquier fut acquitté, et Mouton condamné à la déportation.

Jugement prononcé à huit heures du soir.

12 germinal an II (1er avril 1794)

ln affaire

JEAN-JOSEPH GRANET, marin, de S'-Nazaire (1), 75 ans (2) ; prévenu de contre-révolution.

(1) Aujourd'hui Sanary,

(2) Dossier 166. Cf. dossier 233.


164 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Il avait été arrêté, au milieu de septembre 1793, par des soldats de l'armée révolutionnaire. Il fut conduit à Ollioules, puis à Marseille, transféré à Grasse. Granet déclara qu'il faisait partie de la Société populaire, qu'il avait donné à la nation quatre canons dont deux de quatre pour armer un corsaire.

Il fut acquitté.

Jugement prononcé à onze heures du matin.

2"" affaire

ALEXANDRE VILLENEUVE, de Fayence, vicaire à Seillans, 25 ans ; LOUIS-EMMANUEL (1) BLANC, de Claviers, procuré de Seillans,. 27 ans (2);

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Anne Verrion, de Callas, veuve de Fénix, médecin, résidant à

Seillans, 36 ans ; Anne-Thérèse Monier, femme dé François Buisson, de Fréjus,

résidant à Seillans, 26 ans ; Anne Castagne, femme de Joseph-Pierre Gristine, résidant à

Seillans, 43 ans ; André-Cyrille Mathieu, de Barjols, instituteur à Seillans, 25 ans; Sauveur-Antoine Pellicot, 44 ans, de Seillans ; Joseph Daumas, cultivateur, 48 ans, id. ;

Etienne Ollivier, officier municipal, 37 ans, id. ; Joseph Gai, ménager, 34 ans, id. ;

André Rebouillon, négociant, 51 ans, id. ;

(1) Alias Hermentaire.

(2) Dossier 167. Cf. dossier 199.


DU VAR 165

Etienne Estelenq, menuisier, 35 ans, de Seillans ; François Buisson, de Fayence, résidant à Seillans, 42 ans ; Antoine Cauvière, juge de paix du canton de Fayence, résidant à

Seillans, 56 ans ; Joseph Lions, cordonnier, 23 ans, de Seillans ; Joseph-Lazare Millet, cultivateur, 43 ans, id. ; Guillaume Pastûret, maire de Seillans, 35 ans ; Antoine-Poupon Porre, fils de Jean, propriétaire, 32 ans, de

Seillans.

Le 21- frimaire an II (11 décembre 1793), la Société populaire de Seillans, sur la proposition de François Porre et de CharlesHonoré Pastoret, avait délibéré que toute cérémonie extérieure du culle serait désormais interdite dans la commune. Lé 4 nivôse (24 décembre), la municipalité requit Blanc et Villeneuve d'avoir à se conformer à cette décision. Deux jours après, pendant la messe. Blanc porta cetle prohibition à la connaissance des fidèles en ajoutant que désormais il ne porterait plus le viatique en cérémonie, qu'il n'assisterait plus aux enterrements. Il y eut des protestations de la part des assistants qui, à la sortie de la messe, sommèrent le président de la Société populaire, alors André-Cyrille Mathieu, de convoquer de suite la Société pour qu'on rapportât la délibération du 21 frimaire (11 décembre). Mathieu réunit donc la Société et, après une vive discussion à laquelle prirent pari Blanc et Villeneuve, la mesure précédemment votée fut rapportée. Mais comme les esprits étaient montés, on continua à manifester. On fit une farandole devant une croix érigée dans la localité en criant: « Vive la bonne religion» ou bien « nous ne sommes pas protestants ». On voulut même


166 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

« lanterner » Porre et Pastoret. Le lendemain, 7 nivôse (27 décembre), ces derniers dénoncèrent Blanc et Villeneuve comme les instigateurs de l'émeute; le 8 (28 décembre),l'administration du district de Draguignan les fit arrêter par des soldats du 4e bataillon de l'Isère qui se rendait à Grasse.

Devant le tribunal, Blanc et Villeneuve soutinrent que loin de provoquer l'émeute ils avaient cherché à l'apaiser, qu'ils étaient bons patriotes. Blanc ajouta qu'il avait conservé toute son estime aux « déprêtrisés » ; Villeneuve, qu'il méprisait l'ancien curé de Seillans, Pellicot, parcequ'il lui avait dit que l'évêque constitutionnel, Rigouard, qui l'ordonna, n'avait pas « plus de pouvoirs que sa savate » (1).

Les deux prévenus furent acquittés.

Jugement prononcé à huit heures du soir.

13 germinal an II (2 avril 1794)

FRANÇOIS AILHAUD, de Rians, ancien notaire, commissaire national près le tribunal du, district de Marathon (2), 36 ans (3);

prévenu de contre-révolution.

Témoins : Laurent Pons, charbonnier, 44 ans, de Rians ; Jean-Henri Rebuffat, cultivateur, 26 ans, id. ; ' Pierre Brouchier, cultivateur, 28 ans, id. ;

(1) Sur Pellicot, cf. abbé Laugier, ouo. cité, 104, 109, 112, 247.

(2) Nom révolutionnaire de S'-Maximin.

(3) Dossier 168.


DU A'AR

167

Jean-Antoine Davin, cultivateur, 29 ans, de Rians ;

Etienne Bayle, négociant, 54 ans, id. ;

Jean-Joseph Guillaudon, négociant, 28 ans, id. ;

Marie Magne, veuvede Joseph Héraud, muletier, 32 ans, de Rians;

Marguerite Mourgues, femme Chabaud, 60 ans, id. ;

Léon-Joseph Lachaud, secrétaire-greffier de la commune, 43

ans, de Rians ; Jean-André Louchon, cardeur à laine, 39 ans, dé Rians ; Laurent Chabaud, cultivateur, 45 ans, id. ;

Jean Garcin, cultivateur, 45 ans, id. ;

Pierre Coquilhat, cultivateur, 42 ans, id. ;

Claude Fabre, cultivateur, 44 ans, id. ;

Rose Maunier, épouse Beaudun, cultivateur,43 ans, id. ; Alexandre Daumas, cultivateur, 38 ans, id. ;

Laurent Rebuffat, cultivateur, 45 ans, id. ;

Balthazar Durand, cultivateur, 33 ans, id. ;

Léon Lachaud, menuisier, 40 ans, id. ;

Jean-Antoine Audibert, cultivateur, 44 ans, id. ;

Antoine Daumas, ex-négociant, agriculteur, 56 ans, id. ; Jean-Joseph Berthe, cultivateur, 44 ans, ' id. ;

Pierre Maurel, cordonnier, 48 ans, id. ;

Antoine Davin, bâtier, 36 ans, id.

Ailhaud avait été arrêté le 29 brumaire an II (19 novembre 1793), par ordre de Bourdeaux, commissaire de Barras, à la suite d'une dénonciation émanée de citoyens de Rians. Il était accusé de manquer de patriotisme. N'avait-il pas, d'ailleurs, été juge seigneurial de Rians avant la Révolution? N'avait-il pas été l'un des fondateurs, en 1791, d'unie Société populaire


168 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

bourgeoise, rivale de l'ancienne, plus démocratique? Déplus il était en relations avec Bayne, l'accusateur public près le tribunal criminel qui combattait les Montagnards. Il l'accompagnait, ainsi que deux autres émigrés, Henri Verne et Coquilhat, lorsqu'il était venu à Rians conseiller l'ouverture des sections et l'envoi d'une force armée dans les Basses-Alpes pour concourir aux opérations de l'armée marseillaise. Il critiquait les volontaires qui s'enrôlaient, disante l'un d'eux qu'il le faisait par « fainéantise et gourmandise » ; il avait un frère émigré.

Ailhaud avait déjà comparu, le 18 pluviôse (6 février 1794), devant le tribunal qui avait sursis au jugement. Il prétendait en effet être la victime d'ennemis personnels. L'administration du district de S'-Maximin, l'agent national, les juges du tribunal, la Société populaire de Pourrières témoignèrent en faveur du prévenu. D'autre part les dépositions des témoins à charge n'étaient pas probantes.

Ailhaud fut acquitté.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi (1).

14 germinal an II (3 avril 1794) BLAISE FENOUIL, de Cuers, résidant à la Garde, marin, 42 ans ;

(1) Dans le dossier se trouvent des documents relatifs à une émeute contre Ailhaud, alors à Rians, en août 1790 ; des pièces de procédure relatives à des particuliers de Rians qui étaient allés à Pourrières pour délivrer des prisonniers, février 1793, ou qui avaient dévasté les propriétés de Désidéry, mars 1793; le procès-verbal de désarmement des nobles do Rians, Il avril 1793; le procès-verbal de l'acceptation de la Constitution, 25 août 1793 ; "des documents rektifs aux Sociétés populaires d'Aix et de Marseille, 1791; de Pertuis, 1792, de Rians, 17911792, des lettres et un mémoire justificatif d'Ailhaud ; des extraits de délibérations ou des lettres de la Société populaire de Pourrières, 23 pluviôse an II (11 février 1794), de la municipalité de S'-Maximin,


DU \AR 169

JOSEPH COLLOMP, de Barcelonnette, résidant à la Garde, marchand, 75 ans (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Fenouil et Collomp avaient été arrêtés sans motif par des soldats de l'armée révolutionnaire se dirigeant vers Toulon. Le 24 ventôse (14 mars 1794), Fenouil avait déjà comparu devant le tribunal qui avait sursis à son jugement. Le Comité de Surveillance de la Garde ne put fournir sur son compte de nouveaux renseignements. Tout ce que l'on apprit, c'est qu'il avait été canonnier sur la Badine et embarqué sur le Triomphant. Quant à Collomp, à une question posée, il répondit qu'il n'avait « pas pleuré » à la mort decLouis XVI.

Les deux prévenus furent acquittés.

Jugement rendu à onze heures du matin.

16 germinal an II (5 avril 1794)

JEAN AUROUZE, de Sigoyer (Hautes-Alpes), résidant à Arles, négociant, 54 ans (2) ;

prévenu d'émigration.

Deux témoins d'Arles vinrent constater son identité. 11 fut condamné à mort.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi, exécuté à deux heures.

12 pluviôse (31 janvier 1794), de l'administration du district, 8 frimaire (28 novembre 1793), du tribunal, 12 pluviôse (31 janvier 1794), de Berne, agent; national du district, 10 pluviôse (29 janvier 1794).

(1) Dossier 169. Cf. dossiers 204, 210.

(2) Dossier 322.


170 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

20 germinal an II (9 avril 1794)

PIERRE AUNE, de Plascassier, résidant à Toulon, marin, 48 ans (1)';

prévenu de contre-révolution.

Aune n'avait quitté Toulon qu'au mois de septembre 1793, après l'investissement, et avait été arrêté par des soldats de l'armée assiégeante. Le Comité de Surveillance de Port la Montagne (2) ne put relever aucune charge contre lui; la Société populaire de Plascassier prit une délibération en sa faveur.

Aune fut acquitté.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi.

23 germinal an II (12 avril 1794)

lr' affaire

CLAUDE GAUTIER, huissier près le tribunal du district de S'-Maximin, 40 ans (3) ;

prévenu de contre-révolution.

Gautier avait été arrêté le 15 novembre 1793 par ordre de Bourdeaux, commissaire du représentant Barras, Il prétendit ignorer les motifs de son arrestation et protesta de ses sentiments patriotiques.

Il fut acquitté, mais resta détenu comme suspect.

(1) Dossier 170.

(2) Nom révolutionnaire de Toulon.

(3) Dossier 171. Cf. dossier 232.


DU VAR 171

Jugement prononcé à (?) heures.

' 2me affaire

TIMOTHÉE BONNET, notaire, 35 ans, de Montforl ; JEAN-BAPTISTE MEIFFREDY, propriétaire, 79 ans, de Montfort(l); prévenusde protestation contre un paîmenl en assignats.

Bonnet avait en effet enregistré une protestation, le 25 août 1793, à la demande de Meiffredy, mais il l'avait annulée de suite.

Les prévenus furent acquittés.

Jugement prononcé à six heures du soir (2).

24 germinal an II (13 avril 1794)

JOSEPH-HONORÉ AGARRAT, notaire, 68 ans de Camps ; JEAN-BAPTISTE-LOUIS BOYER, chapelier, 59 ans, id. ; JEAN-BAPTISTE RIQUIER, de Cabasse, résidant à Camps, cultivateur, 38 ans ; Louis LAUTIER, cultivateur, 61 ans, de Carcès (3) ;

prévenus de protestations contre un paîment en assignats.

Le tribunal estima que les actes incriminés n'avaient pas le caractère de véritables protestations. Les prévenus furent acquittés. Jugement prononcé à cinq heures de l'après-midi.

(1) Dossier 382.

(2) Bonnet resta sous le coup de poursuites pour avoir falsifié un acte du 10 septembre 1793.

(3) Dossier 383.


172 LE TRIBUNAL RÉA^OLUTIONNAIRE

25 germinal an II (14 avril 1794)

JEAN BOUIS, de Besse, résidant à Flassans, notaire, 59 ans ; JEAN CALLIS, chapelier, de Camps, 49 ans ; ANDRÉ BOYER, tailleur, de Camps, 45 ans ; j '

JEAN-JOSEPH REVEST, cardeur à laine, de la Roquebrussanne,

33 ans ; ,

ETIENNE ROUGON, de Brignoles, résidant à Flassans, cultivateur,

45 ans ; ETIENNE BRÉMOND, cultivateur, 40 ans, de Camps (1) ;

prévenus de protestations contre un paîment en assignats (2).

Comme dans l'affairé précédente, et pour les mêmes motifs, les prévenus furent acquittés.

Jugement prononcé à six heures du soir.

29 germinal an II (18 avril 1794)

JEAN-FRANÇOIS DIGNE, dé Figanières, résidant à Draguignan, homme de loi, 41 ans (3) ;

prévenu de contré-révolution.

Digne avait été l'un des principaux sectionnaires de Draguignan. Barras, de passage dans cette ville, le 25 août 1793, avait ordonné de le mettre en arrestation (4), mais Digne avait pu

(1) Dossier 384.

(2) Rougon avait protesté, par acte devant Bouis ; les autres devant de l'Estang, notaire à Camps, émigré.

(3) Dossier 172. Cf. dossier 206.

(4) Texte, Arcb. dép. Var, L. 142 et 1490.'


DU VAR 173

s'enfuir. Il fut arrêté près d'Annot (Basses-Alpes), au pont de S'-Benoît, le 21 germinal an II (10 avril 1794). Il s'était fabriqué un passe-port au nom de Jean-Baptiste Esclapon, de la Motte.

Conduit dans les prisons de Grasse, il comparut devant le tribunal. Celui-ci estima que la loi du 23 ventôse an II (13 mars 1794), qui mettait hors la loi les décrétés d'arrestation en fuite, lui était applicable.

En conséquence, Digne fut condamné à mort.

Jugement prononcé à onze heures dû soir, exécuté (?).

l«r floréal an II (20 avril 1794)

JACQUES AUZÉ, cordonnier, 45 ans, de Rians ; CASIMIR MESSIE, officier de santé, 42 ans, de Rians (1) ; prévenus de contre-révolution.

Témoins : Jean-André Louchon, cardeur à laine, 40 ans, de Rians ;

François Barthélémy, boulanger, 34 ans, id. ;

Honoré Garcin, cultivateur, 41 ans, id. ;

Baehe Lanteaume, cultivateur, 50 ans, id. ;

Jean-Antoine Davin, cultivateur, 30 ans, id. ;

Pierre Brouchier, cultivateur, 28 ans, id.

Messie et Auzé étaient accusés d'avoir pris part aux délibérations de la section de Rians, composée d'ailleurs, en partie, des anciens membres de la Société populaire. Il était de plus fait grief à Auzé d'avoir accompagné à Manosque l'accusateur public

(1) Dossier 173. Cf. dossier 228.


174 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Bayne, commandant de cinq à six cents hommes, en général d'Aix. Cette troupe avait failli arrêter les représentants Ricord et Robespierre jeune venant de Paris et se rendant à Nice. Elle n'avait pu s'emparer que de leur voiture qui fut conduite à Marseille. Auzé reconnut avoir accompagné dans cette ville deux patriotes de Pertuis (i) qui refusèrent de s'évader malgré l'offre qui leur fut faite, pour ne pas attirer de désagréments à leurs gardiens.

Messie n'eut pas de peine à démontrer qu'il avait été partisan de la Révolution. Il avait été procureur de la commune, administrateur du département; il était encore administrateur du district de S'-Maximin (2).

Les deux prévenus furent acquittés, Auzé devant pourtant rester détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à onze heures du matin (3).

2 floréal an II (21 avril 1794)

JOSEPH-ANTOINE BELLON, maçon, 40 ans, de Rians; ANTOINE LEYDET, marchand, 64 ans, id. ;

CLAUDE MARTIN, de Briançon, maître d'école à Rians, 48 ans ; ANTOINE-JOSEPH LANIER, ménager, 29 ans, de Rians ; Louis BAILLE, cultivateur, 52 ans, id. ;

(1) Sans doute Mane et J.-B. Arias. Une lettre signée d'eux an non- . gant leur mise en liberté, du 8 septembre 1793, figure au dossier.

(2) Il le fut de décembre 1792 à floréal an II (avril-mai 1794).

(3) Dans le dossier figurent deux cahiers de délibérations de la Société populaire de Rians, du 9 mai au 29 juin 1793; du 15 septembre 1793 au 21 brumaire an II (11 novembre 1793). On y voit notamment que la Société populaire, après son rétablissement, s'abonna au Père Duchêne, que les femmes étaient admises dans son sein mais ne pouvaient se mêler aux hommes.


DU A'AR 175

LOUIS-MICHEL CASTELLAN, apothicaire, 58 ans, de Rians ; JOSEPH-BALTHAZAR DAUMAS, cultivateur, 49 ans, id. ; ANGE GIRAUD, menuisier, 59 ans, id. (1).

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Jean-Antoine Davin^ cultivateur, 30 ans, de Rians ;

Jean-Baptiste Chabaud, cultivateur, 54 ans, id. ;

Honoré Garcin, cultivateur, 41 ans, id. ;

Bâche Lanteaume, cultivateur, 50 ans, id. ;

Antoine Clément, cultivateur, 44 ans, id. ;

Christophe Brémond, cultivateur, 38 ans, id. ;

Jacques Durand, cultivateur, 33 ans, id. ;

Antoine Rouben, cultivateur, 35 ans, id.

Les prévenus étaient officiers municipaux de Rians en exercice au moment de l'ouverture des sections, sauf Lanier, qui était secrétaire de la commune, et Martin, instituteur. Ils furent arrêtés par ordre deBourdeaux, commissaire de Barras. On leur reprochait d'avoir obéi aux réquisitions de Bayne de convoquer la garde nationale, d'avoir assisté au brûlement des papiers de la Société populaire au pied de l'arbre de la liberté planté sur la place du Postel. Les accusés excipèrent de leur bonne foi. Les Sociétés populaires de Pertuis, de Beaumond, de Mirabeau, de la Bastidonne, de la Bastide des Jourdans, de Grambois, de Vitrolles (2), envoyèrent des adresses, en faveur des prévenus, à Ricord et à Robespierre jeune qui les transmirent au tribunal.

(1) Dossier 174.

(2) Ces adresses, datées du 24 au 27 germinal (13 au 16 avril), figurent dans le dossier.


176 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

La municipalité de Rians (1), l'administration du district de S'-Maximin (2) se portèrent aussi garants de leur patriotisme.

Tous les prévenus furent acquittés. Bellon, Leydet, Martin furent cependant détenus jusqu'à la paix comme suspects.

Jugement prononcé à (?) heures (3).

3 floréal an II (22 avril 1794)

JEAN-FRANÇOIS SIMÉONIS, officier de santé, 58 ans, de Rians (4) ; prévenu de contre-révolution.

Témoin : Jean Rebuffal, plâtrier, 60 ans, de Rians.

Siméonis était accusé d'avoir déprécié les assignats et dénigré la Constitution. Il prétendit qu'il n'en était rien, produisit un certificat de plusieurs citoyens attestant son civisme (5).

Il fut acquitté.

Jugement prononcé à onze heures du matin.

4 floréal an II (23 avril 1794)

JEAN-LAURENT REBUFFAT, gendarme, 34 ans, de Rians (6) ; prévenu de contre-révolution.

(1) Le 4 nivôse (24 décembre 1793). Cette pièce figure au dossier.

(2) Le 6 nivôse (26 décembre 1793). Id.

(3) On trouve dans le dossier un mémoire des prévenus relatant les événements survenus à Rians depuis 1789; Une réquisition de la municipalité du 12 août J 793, convoquant la garde nationale ; une protestation contre les élections municipales du 9 décembre 1792; le procès-verbal du renouvellement de la municipalité, 22 brumaire an II (12 novembre 1793) ; une copie de lettre de Bourdeaux, du 15 ventôse an II (5 mars 1794), portant qu'il a remis à Barras les dossiers relatifs aux prévenus de Rians; la liste des contre-révolutionnaires arrêtés ou à mettre en arrestation.

(4) Dossier 175.

(5) Certificat du 20 pluviôse (8 février 1794), figurant au dossier.

(6) Dossier 176.


DU A'AR 177

Il était accusé d'avoir favorisé les sectionnaires et de n'avoir pas obéi à l'arrêté des représentants du peuple appelant à Nice tous les gendarmes du département. Rebuffal se défendit d'avoir jamais eu l'intention de faire tort à la République. Comme les preuves manquaient, il fut acquitté.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi (1).

5 floréal an II (24 avril 1794)

ESPRIT DAVIN, boulanger, 51 ans, de Rians ; MELCHÎOR THENOUX, bridier, 46 ans, de Rians (2) ; prévenus de contre-révolution.

Témoins : Jean-André Leth, cultivateur, 34 ans, de Rians ; Etienne Baille, négociant, 54 ans, id. ;

Jean-André Louchon, cardeur à laine, 40 ans, de Rians.

Davin était accusé d'avoir accompagné à Manosque la force sectionnaire que dirigeait Bayne, ce qu'il fut obligé de reconnaître. Mais il fit remarquer qu'il ne l'avait pas suivie ensuite.

Quant à Thenoux, on lui reprochait d'avoir fréquenté les sectionnaires et même dé les avoir souvent réunis devant sa maison pour se concerter avec eux.

Les prévenus furent acquittés, mais Davin dut rester détenu jusqu'à la paix comme suspect.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi.

(1) En même temps que lui comparut devant le tribunal, Josepb Leth, aussi gendarme, de Rians, 28 ans. On sursit au jugement.

(2) Dossier 177.

12


178 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

6 floréal an II (25 avril 1794)

ANTOINE LANTEAUME, cultivateur, 36 ans, de Rians ; FRANÇOIS BAUDUN, cultivateur, 45 ans, id. ;

BÉNEZET DOL, cultivateur, 25 ans, id. (1) ;

prévenus de contre-révolution.

Témoins : Joseph Garron, cultivateur, 42 ans, de Rians; Michel Durand, cultivateur, 49 ans, id. ;

Jean-Baptiste Clari, cultivateur, 27 ans, id. ;

.Marie Magne, veuve de Joseph Héraud, muletier, 31 ans, de Rians; Mathieu Garron, cultivateur, 36 ans, id. ;

Jacques Isnard, cultivateur, 40 ans, id.

Lanteaume était accusé d'avoir été à Manosque avec Bayne, ce qu'il reconnut exact, et d'avoir dit à un citoyen qui lui vantait la Constitution de 1793 : « tu veux la Constitution et moi je n'en veux pas. Va dire à Carteaux qu'il aille se faire foutre lui et sa Constitution », ce qu'il nia.

Baudun voulait qu'on résistât à l'armée de Carteaux, parcequ'on disait que ses soldats « massacraient les petits enfants ». Il obéit à Bayne, mais ce dernier portait toujours sa médaille d'accusateur public, ce qui lui donnait de l'autorité.

Dol était capitaine de la garde nationale en août. Il était coupable notamment d'avoir réuni ses hommes. Il niait tout le reste.

(1) Dossier 178.


DU VAR 179

Lanteaume fut condamné à la déportation; Baudun fut acquitté mais détenu jusqu'à la paix ; Dol fut acquitté. Jugement prononcé à une heure de l'après-midi.

7 floréal an II (26 avril 1794)

JOSEPH AILLAUD, boucher, 29 ans, de Solliès ;

VINCENT GAUTIER, matelot, 28 ans, id. (1).

prévenus de contre-révolution.

Témoins : César Bouffier, tailleur, 36 ans, de Solliès ; Jacques Fournier, charron, (?) ans, id. ; Lazare Lions, barillard, 25 ans, id. ;

Pierre Maunier, de Cuers, résidant à Solliès, taillandier, 25 ans; André Guiol, agriculteur, 41 ans, de Solliès ; François-Marc Portanier, greffier du juge de paix du canton de

Solliès, 28 ans ; Jean-Louis Planche, de Toulon, résidant à Solliès, ferblantier,

29 ans.

Aillaud était allé à Toulon à la fin du mois d'août avec les gardes nationaux de Solliès, mais il prétendit n'y être resté que quatre jours. Il nia être resté à la Grosse Tour, quand on avait crié : Vice le Roi ! au passage d'un parlementaire anglais. Mais les témoins assurèrent qu'il insultait les palriotes, qu'il avait fréquenté les sections et assisté aux farandoles fédéralistes.

Gautier était accusé d'avoir contribué à l'arrestation des

(1) Dossier 179.


180 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE •

Montagnards, d'avoir dit qu'il « voudrait manger le foie du dernier des.patriotes ». Il nia le plus possible.et fil remarquer qu'il avait été emprisonné au début de la Révolution pour avoir détruit les armoieries du château de Solliès.

II fut acquitté, mais Aillaud fut condamné à la déportation.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi.

18 messidor an II (6 juillet 1794)

JULIE HANNEQUIN, de Grenoble, résidant à Toulon depuis 8 ans, fille publique, 30 ans (1) ; prévenue d'émigration.

Condamnée à mort; jugement prononcé à une heure de l'aprèsmidi ; exécuté à six heures (2).

9 thermidor an II (27 juillet 1794)

LAURENT DAA'ILLON, aubergiste, 60 ans, de la Valette (3) ; prévenu d'émigration.

Davillon, compromis dans le mouvement fédéraliste, s'était réfugié à Toulon. Il échappa aux représailles montagnardes lors de la reprise de la ville, mais n'osant rentrer dans la Valette, il erra dans les campagnes en compagnie de fédéralistes qui se trouvaient dans le même cas que lui. Il se trouvait dans les environs de Nice, à S'-Dalmas, quand il fut arrêté, en même

(1) Dossier 325.

(2) Sur cette affaire, voir plus haut, p. 80.

(3) Dossier 326.


DU VAR 181

temps que quatre de ses compagnons, par un détachement du 3e bataillon de la 20™" demi-brigade (1). C'étaitdans la nuit du29 au 30 messidor(17 au 18 juillet 1794).

■'. Conformément à'l'arrêté des représentants décidant que, les particuliers réfugiés dans Toulon seraient considérés comme émigrés, Davillon fut condamnée mort.

Jugement prononcé à onze heures du matin, exécuté à cinq heures de l'après-midi.

16 frimaire an III (6 décembre 1794)

JOSEPH-TOUSSAINT Roux, laboureur, de Solliès,-ex-gendarme à Hyères, 27 ans (2) ;

prévenu d'émigration.

Roux se trouvait dans le même cas que Davillon, en compagnie duquel il avait été arrêté. Il fut comme lui condamné à mort.

Jugement prononcé à (?) heures ; exécuté le 17 frimaire (7 décembre 1794), à deux heures de l'après-midi.

18 frimaire an III (8 décembre 1794)

THÉODORE RIVIÈRE, prêtre, 39 ans, de Monde (3) ; T prévenu, d'émigration. ' .,

(1) Furent arrêtés aussi Antoine Arène, boucher, de Solliès; Joseph Roux, de Solliès, ancien gendarme à Hyères ; Joseph-Pierre Mittre, de Toulon, marécbaï-ferranl; Jean-Antoine Paulis. Ils étaient armés.

(2) Dossier 327.

(3) Dossier 328, .


182 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Rivière, bien qu'assermenté, avait quitté la France. Il fut arrêté, le 6 frimaire an III (26 novembre 1794), au Pont-du-Var, par un lieutenant du 5" bataillon de l'Isère, au moment où il essayait d'y rentrer.

Il fut condamné à mort.

Jugement prononcé à une heure de l'après-midi, exécuté le même jour à (?) heures.


DU VAR 183

DEUXIEME PARTIE

i

LISTE DES VAROIS TRANSFÉRÉS

DES PRISONS DE MARSEILLE DANS CELLES DE GRASSE

Commencement nivôse an II (décembre 1793) (1)

1. Honoré Raynaud, de Cabris, curé de Lorgues, 34 ans,

détenu depuis le27 août1793, traduit à Paris en messidor an II (juin 1794), lsr convoi.

2. François Ailhaud, commissaire national près le tribunal du

district de S'-Maximin, 37 ans, détenu depuis le 22 brumaire an II (12 novembre 1793), acquitté le 13 germinal (2 ayrill 794). 168 (2).

3. Claude Gautier, huissier,, de S'-Maximin, 40 ans, détenu

depuis le 25 brumaire an II (15 novembre 1793), acquitté le 23 germinal (12 avril 1794). 171.

(1) Arch. dép. des Bouches-du-Rhône, dépôt d'Aix, L. 448bi" ; cf. Greffe, dossier 262.

(2) Ce numéro est celui du dossier relatif au prévenu.


184 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

4. Benoit Fabre, officier à Toulon, de S'-Maximin, 22 ans,

acquitté lé 26 ventôse an II (16 mars 1794). 160.

5. Jean-Baptiste Aiguier, confiseur, de Solliès, 28 ans, détenu

depuis le 17 brumaire an II (7 novembre 1793), acquitté, mais détenu le 19 pluviôse (7 février 1794). 137.

6. Antoine Pascal, cuisinier, alias postillon, de Fréjus, 20 ans,

détenu depuis le 29 août 1793, acquitté le 11 germinal an II (31 mars 1794). 164 (1).

7. Jean-Bonaventure Poney, chapelier, delà Roquebrussanne,

44 ans, détenu depuis le 7 septembre 1793, condamné à mort le 22 pluviôse an II (10 février 1794). 138.

8. André Rigaud, bourgeois, de Cotignac, 48 ans, détenu depuis

lé 29 août 1793, acquitté, mais détenu le 21 ventôse an II (11 mars 1794). 156.

9. Louis-André Archier, notaire, de Cotignac, 42 ans, détenu

depuis le 29 août 1793, acquitté, mais détenu le 5 germinal an II (25 mars 1794). 377.

10. Louis Vache, portefaix, d'Ollioules, 32 ans, détenu depuis le 7 septembre 1793, traduit devant le Comité dé Surveillance de Port la Montagne fin messidor an II (juillet 1794) pour être interrogé et déféré ensuite au tribunal révolutionnaire de Paris si ledit Comité le considérait comme coupable (2).

il. Claude-François Ghiboust, chirurgien, de Fox-Amphoux,

(1) Les renseignements portés sur les listes qui se trouvent dans le dossier 448W| ne concordent pas toujours avec les indications de la procédure au point de vue des prénoms, de l'âge et de la profession.

(2) Lettre de l'accusateur public audit Comité du 26 messidor an II (14 juillet 1794). Greffe, 53.


DU VAR 185

35 ans, détenu depuis le 2 septembre 1793, condamné à mort le 5 pluviôse an II (24 janvier 1794). 131.

12. Augustin Danis, d'Ollioules, 28 ans, traduit à Paris en

thermidor an II (août 1794), 3' convoi.

13. Jacques Féraud, de Nice, tailleur de pierres à Ollioules,

42 ans, détenu depuis le 21 octobre 1793, acquitté le 9 ventôse an II (27février 1794).447,.

14. Jacques Audibert, cultivateur, d'Ollioules, 46 ans, détenu

depuis le 21 octobre 1793, acquitté le 9 ventôse an II (27 février 1794). 147.

15. Laurent Julien, marin, de Six-Fours, 59 ans, détenu depuis

le 22 septembre, mis en liberté par arrêté de Ricord, Barras et Saliceti du 18 nivôse an II (7 janvier 1794), et lettre de Saliceti du 26 suivant (15 janvier). 47.

16. Jean-François Denans, marin, de Six-Fours, 60 ans, détenu

depuis le 22 septembre 1793, mis en liberté par l'arrêté précédent,

17. Laurent Aycard, alias Icard, marin, de Six-Fours, 60 ans,

détenu depuis le 22 septembre 1793, mis en liberté par l'arrêté précédent. ■;.-,'

18. Pierre Baron, chirurgien, de Six-Fours, 71 ans, détenu

depuis le 22 septembre 1793, mis en liberté par l'arrêté précédent (1).

19. Honoré Gairard, cultivateur, de Sjx-Fours, 55 ans, détenu

depuis le 10 octobre 1793, mis en liberté par l'arrêté précédent.

(1) Baron n'avait pas été transféré à Grasse comme ses compagnons, il était resté détenu au Luc. Il ne fut mis en liberté qu'ultérieurement. Cf. lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de SixFours du 25 ventôse an II (13 mars 1794). Greffe, 53. Cf. Greffe, 239.


186 LE TRIBUNAL RÉA^OLUTIONNAIRE

20. André Gairard, cultivateur, de Six-Fours, 22 ans, mis en

liberté par l'arrêté précédent.

21. Louis Jonquier, curé de Bandol, 50 ans, détenu depuis le 2

frimaire an II (22 novembre 1793), condamné à mort le 8 germinal (28 mars 1794). 163.

22. Toussaint Minuty, pêcheur, de la Seyne, 66 ans, détenu

depuis le 20 octobre 1793, acquitté le 22 ventôse an II (12 mars 1794). 157.

23. Jean-Baptiste Dol, berger, de Bueil, 40 ans, détenu depuis

le 15 brumaire an II (5 novembre 1793), acquitté le 13 ventôse (3 mars 1794). 150.

24. Pascal Roubion, berger, de Bueil, 32 ans, détenu depuis le

15 brumaire an II (5 novembre 1793), acquitté en même temps que le précédent.

25. Jean-Pierre Berton, berger, de Bueil, 45 ans, détenu depuis

le 15 brumaire an II (5 novembre 1793), acquitté en même temps que le précédent.

26. Louis Beillon, berger, de Bueil, 34 ans, détenu depuis le 15

brumaire an II (5 novembre 1793), acquitté en même temps que le précédent.

27. Pierre Marc, de Montpellier, boucher à Toulon, 42 ans,

détenu depuis le 7 septembre 1793, resté à l'hôpital dé Brignoles en nivôse (janvier 1794) (1), acquitté le 17 ventôse an II (7 mars 1794). 153.

28. Claude Pardigon, maire do S* Nazaire, 48 ans, mis en.liberté

par l'arrêté précité du 18 nivôse anll(7janvier 1794) (2).

(1) Greffe, 258.

(2) Cf. Greffe, 233.


DU VAR 187

29. Joseph Boyer, procureur de la commune de S'-Nazaire,

41 ans, mis en liberté par l'arrêté précédent.

30. Pierre Ourdan, officier municipal de S'-Nazaire, 29 ans, mis

en liberté par l'arrêté précédent.

31. Pierre Augier, officier municipal de S^-Nazaire, 42 ans, mis

en liberté par l'arrêté précédent.

32. André Sabattier, officier municipal de S'-Nazaire, 39 ans,

mis en liberté par l'arrêté précédent.

33. Charles Rolland, alias Rostan, notable, de S'-Nazaire,

66 ans, mis en liberté par l'arrêté précédent.

34. César Gautier, capitaine marin, de S'-Nazaire, 46 ans,

acquitté le 22 ventôse an II (12 mars 1794). 157.

35. Joseph Beaussier, maire de Six-Fours, 36 ans, mis en liberté

par l'arrêté précité.

36. Victor Allot, officier municipal, de Six-Fours, 58 ans, mis

en liberté par l'arrêté précédent.

37. Antoine Martiny, officier municipal, de Six-Fours, 66 ans,

mis en liberté par l'arrêté précédent.

38. Jean-Pierre Durras, officier municipal, de Six-Fours, 38

ans, mis en liberté par l'arrêté précédent.

39. Jean-Baptiste Mallet, charretier, de Six-Fours, 39 ans, mis

en liberté par l'arrête précédent.

40. Antoine Toubert, charretier, de Six-Fours, 37 ans, mis en

liberté par l'arrêté précédent.

41. .Charles Borjeois, matelot, de Toulon, 17 alias 19 ans.

42. Joseph Isnard, matelot, de Toulon, 19 ans.

43. Jean-Baptiste Fournier, garde, alias valet-de-ville, de SixFours,

SixFours, ans, mis en liberté par l'arrêté précité.

44. Pierre Audibert, matelot, de Toulon, 19 ans.


188 LE TRIBUNAL RÉArOLUTIONNAIRE

45. Antoine Terrin, curé des Pomets, 54 ans (1).

46. Michel-Joseph Barralier (2), capitaine marin, de la Seyne,

50 ans, traduit à Paris en messidor an II (juillet 1794), 2m* convoi. ' ■"■■ >

47. François-Joseph Barralier, capitaine marin, de la Seyne,

56 ans, acquitté le 22 ventôse an II (12 mars 1794). 157.

48. Pierre-Vincent Cruvelier, capitaine marin, de la Seyne,

60 ans, acquitte en même temps que le précédent. :

49. Louis Martel, maître d'école, de la Seyne, 49 ans, traduit à

Paris en messidor an II (juillet 1794), 2me convoi.

50. Antoine Pastoret, marin, de la Seyne, 21 ans.

51. Joseph Simon, cultivateur, du Cannet de Cannes (3), 29ans,

acquitté le 26 ventôse an II (16 mars 1794). 160.

52. André Gamerre, cultivateur, de Broussan, 34 ans, acquitté

le 26 ventôse an II (16 mars 1794). 160.

53. Antoine Trabuc, cultivateur, de Broussan, 34 ans, acquitté

en même temps que le précédent.

54. Honoré Capefigue, marin, de Bandol, 51 ans, mis en liberté

par l'arrêté précité.

55. François Lalour, perruquier, de Bandol, 69 ans, /mis en

liberté par l'arrêté précédent.

56. Jean Barthélémy, tonnelier, de Bandol, 48 ans, condamné à

mort le 8 germinal an II (28 mars 1794). 163.

57. Joseph Rouden, tonnelier, de Bandol, 62 ans, mis en liberté

par l'arrêté précité.

(1) Aroir plus haut, n° 10.

(2) Cf. Greffe, 237.

(3) Cf. Greffe, 197.


DU VAR 189

58. Jean-Baptiste Alliez, chirurgien, de Bandol, 57 ans, mis en

liberté par l'arrêté précédent.

59. Ange-Désiré Gasquet, bourgeois, de la Seyne, 68 ans,

acquitté le 22 ventôse an II (12 mars 1794). 157.

60. Louis d'Amblard, capitaine de vaisseau, dé Toulon, 58 ans.

61. Charles Decoreils, officier de marine, d'Ollioules, 71 ans,

traduit fin messidor an II (juillet 1794) devant le Comité de Surveillance d'Ollioules pour être interrogé et déféré au tribunal révolutionnaire de Paris, s'il était reconnu coupable (l).

62. Jean Granet, capitaine marin,de S'-Nazairé,6fii ans,acquitté

le 12 germinal an II (i"'avril 1794). 166. ,

63. Jean-Baptiste Davin, cordier, de Rians, 26 ans, traduit à

Paris en fructidor an II (septembre 1794), im° convoi.

64. Jean-Pierre Daumas, ménager, de Rians, 52 ans, acquitté

le 11 ventôse an II (l=r mars 1794). 148.

65. Michel Thenoux, bridier, de Rians, 45 ans, acquitté le 4

floréal an II (23 avril 1794). 177,

66. Jean-François Siméonis, chirurgien, de Rians^ 57 ans,

acquitté le 3 floréal an II (22 avril 1794). 175.

67. Claude Martin, instituteur, de Rians, 48 ans, acquitté, mais

détenu le 2'floréal an II (21 avril 1794). 174.

68. Laurent Rebuffat, gendarme, de Rians, 33 ans, acquitté le

4 floréal an II (23 avril 1794). 176.

69. Joseph-Antoine Bellon, officier municipal, de Rians, 40 ans,

acquitté, mais détenu le 2 floréal an II (21 avril 1794). 174.

(1) Lettre de l'accusateur public audit Comité du 26 messidor an II (14 juillet 1794). Greffe, 53.


190 LE TRIBUNAL RÉAttLUTIONNAIRE

70. André Leydet, officier municipal, de Rians, 63 ans, acquitté,

mais détenu le 2 floréal an II (21 avril 1794). 174.

71. Louis Baille, officier municipal, de Rians, 51 ans, acquitté

le 2 floréal an H (21 avril 1794). 174.

72. Balthazar-Joseph Daumas, officier municipal, de Rians,

48 ans, acquitté le 2 floréal an II (21 avril 1794). 174.

73. Louis-Michel Castellan, officier municipal, de Rians, 57 ans,

acquitté le 2 floréal an II (21 avril 1794). 174.

74. Ange Giraud, officier municipal, de Rians, 59 ans, acquitté

le 2 floréal an II (21 avril 1794). 174.

75. Joseph Leth, gendarme, de Rians, 27 ans, traduit à Paris

en messidor an II (juillet 1794), 2me convoi.

76. François Baudun, ménager, de Rians, 44 ans, acquitte,

mais détenu le 6 floréal an II (25 avriri794). 178.

77. François Giraud, juge.-de paix, de Ginasservis, 60 ans,

acquitté lé 14 pluviôse an II (2 février 1794). 135.

78. Honorade Sauvaire, d'Entrevaux, résidant à Toulon, 42 ans,

alias 64 ans, mise en liberté par arrêté du 29 prairial an II (17 juin 1794). 47 (1).

79. Marie André, de Toulon, 42 ans (2).

80. Fortunée Hermïttê, d'Ollioules, 15 ans, acquittée le 13

pluviôse an II (1er février 1794). 134.

81. Isabelle Hermilte, d'Ollioules, 11 ans, acquittée en même

temps que la précédente.

82. Rose Maurin, de Roquevaire, résidant à Ollioules, 40 ans,

acquittée le 9 ventôse an II (27 février 1794). 14.

(1) Cf. lettre de l'accusateur public aux représentants du peuple du 28 prairial an II (16 juin 1794). Greffe, 53.

(2) Voir n" 10.


DU A^AR 191

83. Marianne Ginous, de Six-Fours, 53 ans.

84. Rosalie Chaillon (1), d'Ollioules, 21 ans, acquittée le 9

messidor an II (27 février 1794).

85. Nanette la Bretonnière, de Toulon, acquitté le même jour

que la précédente.

86. Marianne Desgott, d'Ollioules, acquittée le même jour que

la précédente.

87. Marie Desgott, d'Ollioules, acquittée le même jour que la

précédente (2).

(1) Sur la liste elle est appelée Charonne.

(2) Sur d'autres listes figurent des Varois dont le sort est resté inconnu : Jacques-Etienne Reverdit, de Draguignan, 20 ans, officier au 59" régiment ; Thérèse Poncel, d'Ollioules, enceinte de 7 mois ; Thérèse Poncel, 8 ans, sa fille ; François-Amable Descrivan, commis, de S'-Zacbarie, 22 ans, détenu depuis le 25 brumaire an II (15 novembre 1793) ; Jean-Bernard Peyrremond, notaire, de Pignans, 66 ans, détenu depuis le 4 septembre'l793 ; Jeui-Charles Cauvin, de S'-Tropez, résidant à Pignans, 44 ans, capitaine marchand, détenu depuis le 4 septembre 1793 ; Fournier Joseph, natif de la Garde, résidant à Vidauban, 47 ans ; Bruno Jausseran, de Toulon, arrêté à S'-Tropez ; Jean-André Foucart, de là Valette, 43 ans, arrêté à Antibes ; Pierre Tamisier, de Toulon ; Baston, de Solliès ; J. B. Egier, confiseur, 28 ans, de Solliès ; Louis Flayol, cultivateur, de S'-Maximin, 30 ans ; Maille Louis-Marie, de Brignoles, commis, 29 ans ; Patrice JeanAntoine, de Vallauris, 58 ans, capitaine marin.


192 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

II

LISTE DES VAROIS AYANT COMPARU DEVANT LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE DES BOUCHES-DU-RHONE

Allemand Marc-Antoine, né à Bauduen, 26 ans, chirurgien,

acquitté le 5 octobre 1793. Allen Joseph, né à Cotignac, 42 ans, fripier, condamné à mort le

21 brumaire an II (11 novembre 1793). Amiel Jean-Baptiste, né au Beausset, cultivateur, 18 ans, acquitté

le 3 frimaire an II (24 novembre 1793). Ambard André, né à Bras, 48 ans, tailleur de pierres, acquitté

le 24 brumaire an II (14 novembre 1793). Arnaud Claude-Joseph, né à la Seyne, 34 ans, ci-devant

procureur à Marseille, acquitté le 8 ventôse an II

(26 février 1794) (2). Aube Jean-Baptiste-Laurent, né à Toulon, 49 ans, vicaire à la

Ciotat, condamné à mort le 28 frimaire an II (18 décembre

1793). Aubert Jacques, d'Antibes, acquitté le 11 germinal an II (31

mars 1794). Berdil Laurent, de la Seyne, acquitté le 4 octobre 1793.

(1) Arcb. dép. des Bouches-du-Rhône. Dépôt du palais de justice d'Aix, L. 94, 103,.103 bi 3, 448.

(2) Par la'Commission révolutionnaire.,.


DU VAR 193

Blancpignon Jean-Baptiste-Benoît, de Bandol, acquitté le 9

frimaire an II (29 novembre 1793). Bonnet Jean-Baptiste, de Toulon, acquitté le 11 germinal an II

(31 mars 1794). Danillon Jean-Baptiste, ne à Solliès, 17 ans, volontaire dans une

compagnie franche, acquitté le 2 germinal an II (22 mars

1794). Decugis Laurent, de Sanary [S'-Nazaire], acquitté le 22 brumaire.

an II (12 novembre 1793). Gibert Jean-Joseph, de Vallauris, acquitté le 11 germinal an II

(31 mars 1794). Gily Jean-Jacques-Louis, de Toulon, acquitté le 11 germinal

an II (31 mars 1794). Giraud Jacques, de Toulon, acquitté le 2 germinal an II (22 mars

1794). Goujon Joseph-FrançoiSj né à Brignoles, 63 ans, homme de loi,

résidant à Aix, condamné à la déportation pour 6 ans,

17 frimaire an II (7 décembre 1793).

Gueirard André, né au Castellet, arrêté à Six-Fours, 35 ans, acquitté le 4 frimaire an II (24 novembre 1793).

Gueiroard Jean-Louis, de Toulon, acquitté le 11 germinal an II (31 mars 1794).

HermiUe Jean, de la Seyne, condamné à mort le 14 octobre 1793.

Hoffmann Louis-Lazare, de Toulon, 26 ans, condamné à mort le

18 frimaire an II (8 décembre 1793).

Hoffmann Louis-Thomas, né à Toulon, marchand toilier, 30 ans, résidant à Marseille, acquitté le 9 nivôse an II (29 décembre 1793).

13


194 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

t

Jullien Augustin, de Toulon, acquitté le 11 germinal an II (31

mars 1794). Las Jean-Baptiste, de Toulon, condamné à mort lé 21 germinal

an II (11 avril-1794). ,

Leaudon Jean-Tropez, né à S'-Tropez, bourgeois, domicilié à

Aubagne, 71 ans, condamné à mort le 17 frimaire an II

(7 décembre 1793). Nicolas Jean, de S'-Julien-le-Montagnier, acquitté le 26 octobre

1793. Nicolas Jean-André, né à Ollioules, 33 ans, arrêté à la Ciotat,

capitaine marin, acquitté le 23 nivôse an II (12 janvier

1794). Raspaud Anne, née à Méounes, 60 ans, acquittée le 15 brumaire

an II (5 novembre 1793). Rasque François-Marie, de Draguignan, condamné à la détentention

détentention la paix, 6 octobre 1793. Suzanne Jean-Baptiste, de Barjols, condamné à mort le 13

germinal an II (2 avril 1794). Trabuc François, né à Hyères, arrêté à la Seyne, 48 ans,

condamné à mort le 14 octobre 1793. Vieaud Jean, dit la Sare, de S'-Laurent, 22 ans, condamné à

mort le 13 frimaire an II (3 décembre 1793).


DU A^AR 195

III

STATISTIQUE DES- CONDAMNATIONS

OU DES ACQUITTEMENTS, DE LA PROFESSION, DE L'AGE,

DU LIEU DE RÉSIDENCE DES PRÉVENUS

Condamnations à mort

Contre-révolutionnaires : 18, dont une femme Émigrés. : 11, dont une femme

29.

Condamnations à la déportation 7, dont six à vie et une pour 4 ans.

Acquittements, mais détentions jusqu'à la paix 33.

Acquittements 131.

Professions

CONDAMNÉS A MORT

Contre-révolutionnaires

Hommes de loi ou notaires : 4 Bourgeois ou propriétaires : 3


196 LE TRIBUNAL RÉA'OLUTIONNAIRE

Prêtres : 2

Commerçants : 2

Artisans : 2

Sans profession (ex-nobles) : 2 (1)

Chirurgien : 1

Militaire : 1

Cultivateur : 1

18.

Émigrés

Prêtres : 4

Commerçants : 3

Artisan : 1 Bourgeois : 1

Gendarme : 1

Fille publique : 1

11.

CONDAMNÉS A LA DÉPORTATION

Commerçants : 2

Marin : 1

Artisan : 1

Gendarme : 1

Notaire : 1

Cultivateur : 1

7.

(1) Dont une femme.


DU VAR 197

ACQUITTES, DETENUS COMME SUSPECTS

Cultivateurs, ménagers : 9

Artisans : 6

Commerçants : 5

Hommes de loi, notaires : 4

Chirurgiens : 2

Bourgeois, propriétaires : 2 Anciens militaires ou militaires : 2

Prêtre : 1

Instituteur : 1

Sans profession (ex-noble) : 1

33.

ACQUITTES

Cultivateurs, ménagers : 50

Artisans : 20

Marins : 10

Hommes de loi, notaires : 8

Chirurgiens : 7

Commerçants : 7

Sans profession (femmes) : 6

Sans profession (ex-noble) : 1

Bergers : 4

Prêtres : 3

Apothicaires : 3

Militaires : 3

Bourgeois, propriétaires : 2

Gendarmes : 2

Architecte : 1


198 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Journalière : 1

Domestique : 1

Ex-religieuse : 1

Ex-capucin : 1

131." Age

CONDAMNÉS A MORT

Contre-révoluiîonnaires

Moins de 25 ans : 3

26 à 40 ans: 4

41 à 60 ans : 8

61 à 70 ans : 2

71 ans et plus : 1

18.

Émigrés

Moins de 25 ans : 0 .

26 à 40 ans : 6

41 à 60 ans : 3

61 à 70 ans : 2

71 ans et plus : 0

11.

CONDAMNES A LA DÉPORTATION

Moins de 25 ans : 0.

26 à 40 ans : 4


DU VAR

41 à 60 ans :: . 3

61 "à 70 ans : 0

71 ans et plus : , 0

. 7,

ACQUITTÉS, DÉTENUS COMME SUSPECTS

Moins de 25 ans : 3

26 à 40 ans: 9

41 à 60 ans : 15

61 à 70 ans : . 5

71 ans et plus : 1

33.

'! '', " "'ACQUITTÉS

Mpins de 25 ans : 11

26 à 40 ans : 48

41 à 60 ans: 56

61 à 70 ans : il

71 ans et plus : 5

131.

Lieux de résidence

Arles: I condamnation à mort (émigré)

Bandol : 2 condamnations à mort.

Barjols : 1 condamnation à mort.

1 acquittement. Belgenlier : 2 acquittements.

Biot : 2 acquittements.


200

LE TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE

Brignoles : 1 condamnation à mort.

2 acquittements-détention.

1 acquittement. Cabris : 1 acquittement. Cagnes : 1 acquittement-détention. Camps : 6 acquittements. Carcès : 3 acquittements.

Cogolin : 1 condamnation à la déportation.

2 acquittements. Collobrières : 3 acquittements-détention.

16 acquittements. Gorrens : 1 condamnation à mort.

Cotignac : 2 acquittements-détention.

Cuers : 1 condamnation à mort (émigré),

Draguignan : 4 condamnations à mort.

1 condamnation à la déportation

2 acquittements-détention. Ferres (les) : 1 condamnation à la déportation. Figanières : 1 acquittement-détention. Flassans : 2 acquittements.

Flayosc : 1 acquittement-détention.

Fox-Amphoux : 2 condamnations à mort.

1 acquittement-détention.

1 acquittement. Fréjus : 1 acquittement.

Garde (la) : 2 acquittements.

Garéoult : 1 acquittement.

Ginasservis : 1 acquittement.

Gonfaron : 2 acquittements-détention.


DU VAR

201

13 acquittements. Grasse : 1 condamnation à mort (émigré).

Lorgues : 2 acquittements-détention.

Luc (le) : 1 acquiltement.

Marseille : 1 acquittement.

Mazaugues : 1 acquittement.

Mende : 1 condamnation à mort (émigré).

Méounes : 1 condamnation à mort.

Montélimar : 1 condamnation à mort (émigré).

Montfort : 2 acquittements.

Néoules : 1 condamnation à mort.

1 acquittement. Ollioules : 9 acquittements.

Pégomas : 1 acquittement.

Rians : 1 condamnation à la déportation.

6 acquittements-détention.

11 acquittements. Roquebrussanne(la) : 1 condamnation à mort.

1 acquittement. S'-Maximin : 1 acquittement-détention.

2 acquittements. S'-Nazaire : 2 acquittements. •S'-Tropez : 1 condamnation à mort.

1 condamnation à la déportation.

3 acquittements-détention. S'-Vallier : 1 acquittement. Salernes : i acquittement. Seillans : 2 acquittements.

Seyne (la) : 4 acquittements.


202 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Solliès (les) : 3 condamnations à mort (un émigré).

1 condamnation à la déportation.

4 acquittements-détention.

6 acquittements. Toulon : 2 condamnations à mort (émigrés).

9 acquittements. Tournus : 1 condamnation à mort (émigré).:

Val (le) : 1 acquittement.

Valette (la) : 2 condamnations à mort (un émigré).

1 acquittement-détention.

6 acquittements. Vence : 1 condamnation à mort (émigré).

1 condamnation à la déportation.

1 acquittement-détention. 14 acquittements.


DU VAR 203

IV

RELEVÉ CHRONOLOGIQUE DES OPÉRATIONS

DU TRIBUNAL CRIMINEL & RÉVOLUTIONNAIRE

De brumaire à floréal, an II (octobre 1793-avril 1794) (1)

1er brumaire an II (22 octobre 1793) : Installation du tribunal.

15 brumaire : Jugement d'Anne Ardisson, du Cannet de (5novembre). Cannes, prévenue de vol; acquittée. 486 (2).

16 brumaire : Jugement de François Blanc, de Claviers, (6 novembre). prévenu de vol ; 8ans de fers. 487.

Jugement d'Augustin Achard, de Draguignan, prévenu d'avoir discrédité des assignats ; acquitté. 374.

17 brumaire : Jugement de François Couze, de Trans, prévenu (7 novembre). de vol ; acquitté, 488.

18 brumaire : Jugement de François Diaque, de St-Cézaire, (8novembre). prévenu de coups et blessures ; 4 ans de

.].<'■' détention. 489.

(i) Bien qu'on ne se soit occupé que du tribunal révolutionnaire; il a paru utile de faire entrer dans ce relevé même les affaires de droit commun^ afin qu'on se rende Un compte exact de toutes les opérations du tribunal siégeant à Grasse depuis son installation jusqu'à floréal an II (avril 1794). — Relevé établi d'après les comptes décadaires de l'accusateur public (dossier 53), et des notes prises par le greffier (dossier 1001).— Les affaires de droit commun sont en italiques. On a ajouté le motif de la poursuite et le jugement prononcé.

(2) Ce numéro est celui du dossier.


204 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

19 brumaire : Jugement d'Antoine Ricard, de Callian, (9 novembre). prévenu d'assassinat ; mort. 490.

15 frimaire : Jugement de Joseph Maubert, de Cabris, (5 décembre). prévenu de refus d'assignats en paîment ;

acquitté, mais détenu jusqu'à la paix comme suspect. 375. ! !

16 frimaire : Jugement d'Honoré Trabaud, de Grasse. 317. (6 décembre). Jugement de Jean-Baptiste Maurin, des Arcs,

prévenu de vol ; acquitté. 491.

17 frimaire : Jugement de Joseph Mercadier, de Vidauban,

(7 décembre). prévenu de vol ; 6 ans de détention ;

2 heures d'exposition. 4021 . ■ ' ' i ■ •

18 frimaire : Jugement de Jean-Baptiste-Martin Bérard, de

(8 décembre). Draguignan, prévenu, d'accaparement; acquitté.

acquitté.

25 frimaire : Sursis au jugement de Joseph Tourne! et de (15 décembre), Joseph Camail, de Vidauban. 253.

26 frimaire : Jugement de Jacques Mars, de Vence. 318.

(16 décembre). Jugement de Biaise Berlier, de Draguignan. 124.

27 frimaire : Jugement d'Antoine Barberi, de Gagnes. (17 décembre). 125.

29 frimaire : Jugement de Pierre Raynaud, de Draguignan.

(19 décembre). 126. ,

27 nivôse (16 janvier 1794) : Installation des juges à poste fixe. Jugement de Jacques Gautier, de Toulon ; Joseph-François Ville, de Montélimar ; Jean-Baptiste Perrault, de Tournus. 319.


DU ArAR 205

28 nivôse : Jugement d'Auguste Gonlard, de Barjols. (17 janvier). 127.

29 nivôse (18 janvier) : Assignation de témoins.

30 nivôse (19 janvier) : Célébration de la décade.

1er pluviôse : Jugement de Théodore Pontevès-S'-Blaise et (20 janvier). de Pierre-André Rafélis -Brovès, résidant à

Draguignan. 128.

2 pluviôse : Jugement de Charles-Gilbert Drée, résidant à

(21 janvier). Pégomas. 129.

3 pluviôse : Jugement d'Alexandre-Boniface Jordany, de

(22 janvier). Draguignan. 130.

4 pluviôse (23 janvier) : Audition d'une trentaine de témoins.

5 pluviôse : Jugement d'André Barbegier, Claude-François

(24janvier). Chiboust, Louis-François Jaubert, JeanBaptiste

JeanBaptiste résidant à Fox-Amphoux. 131.

6 pluviôse (25 janvier) : Audition de témoins.

7 pluviôse : Jugement de Victor Aumérat, Augustin Fillol,

(26 janvier). Jean-Baptisle Martin, Jean-Bonaventure

Bernard, Claude Coullomb, Rémi Fillol, Xavier Imbert, Guillaume Fournier, Pierre Condroyer , Honoré - Guillaume Berret, Joseph Florens, Joseph Fillol, Xavier Coulomb, Jacques Auquier, résidant à Collobrières. 132. Les témoins assignés ont fait défaut à cause de grandes pluies.

8 pluviôse : Les témoins assignés ont fait défaut pour la

(27 janvier). même raison.


206 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

9 pluviôse : Sursis au jugement de Jean-Baptiste Aiguier,

(28 janvier): dit Gaillardet, de Solliès.

10 pluviôse (29.janvier) : Célébration de la décade.

11 pluviôse (30 janvier) : Audition de témoins.

12 pluviôse : Jugement de Jean-Baptiste Aiguier, dit Marion, (31 janvier). Joseph Hauvel, Joseph-Justin Hauvel, de

Solliès. 133.

13 pluviôse : Jugement d'Elisabeth et de Fortunée Hermitte, (1er février). d'Ollioules, 134.

14 pluviôse : Jugement de François Giraud, de Ginasservis.

(2 février). 135.

15 pluviôse : Jugement d'Honoré Clavier, Nicolas Garachon,

(3 février). Antoine Rossolin, Jean-Baptiste Coulomb,

de Brignoles ; Joseph-Jacques Maurel, de Méounes ; Martin Siméon, de Gorrens ; Mathieu Guillabert, du Val. 136.

16 pluviôse : Audition de témoins contre Courchet père et

(4 février). fils, de Lorgues.

Sursis au jugement de Victoire Courtes, épouse Bosc, de Grimaud, prévenue d'émigré tion.

17 pluviôse : Audition de témoins contre François Ailhaud,

(5 février). de Rians.

18 pluviôse : Sursis au jugement de François Ailhaud, de

(6 février). Rians.

19 pluviôse : Jugement de Louis Monin, de Garéoult, et de

(7 février). Jean-Baptiste Aiguier, dit Gaillardet, de

Solliès. 137.

20 pluviôse (8 février) : Célébration de la décade.


DU A'AR 207

21 pluviôse : Audition de douze témoins contre Jean-Bona(9

Jean-Bona(9 venture Poney, de la Roquebrussanne.

22 pluviôse : Jugement de Jean-Bonaventure Poney, de la (10 février). Roquebrussanne, et de François Allègre,

de Barjols. 138.

23 pluviôse : Célébration d'une fête anniversaire de l'exé(11 février). cution de Louis XVI.

24 pluviôse (12 février) : Audition de trente témoins.

25 pluviôse : Jacques de Cuers-Cogolin, Tropez David, Jean(13 février). Baptiste-Magloire-Mïchel Bouchet, JeanBaptisle-Louis

JeanBaptisle-Louis résidant à S'-Tropez. 139.

26 pluviôse : Audition de témoins contre [Marc Grégoire] (14 février). Berlier dans la matinée (1) ; conférence de

l'accusateur public avec le représentant Ricord, dans l'après-midi, au sujet des détenus.

27 pluviôse : Audition de témoins contre quinze habitants de (15 février). Vence, dans la matinée, et interrogatoire

de prévenus de délits ordinaires ; dans l'après-midi, conférence de l'accusateur public et de Ricord ; départ de Lombard, président du tribunal, envoyé en mission.

28 pluviôse : Audition de témoins contre les quinze habitants (16 février). de Vence.

29 pluviôse : Jugement de Jean - Baptiste Isaïe, Pierre(17 février). Alexandre Bouyon, Nicolas Gaytté, Pierre

(1) Il s'agit de l'ancien commissaire , du roi près le tribunal du district de Brignoles. Il mourut en prison. Cf. dossier 194. ■ ' ■ -


208

LE TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE

Blanc, Christophe Gaytté, Philippe Gaytté, Antoine Bèlon, Barthélémy Broc, André Blacas, Alexis Ghabert, Antoine Lombard, Joseph Dozol, Jean-Baptiste Broc, Jean Clergue, Jean Suche, résidant à Vence. 140(1).

30 pluviôse (18 février) : Célébration de la décade.

1«* ventôse : Jugement de Jean-François i Courchet et de

(19 février). Pierre Courchet, de Lorgues. 141.

2 ventôse : Audition de témoins contre Jean - Baptiste

(20 février). Plaisant, résidant aux Ferres; sursis à son

jugement.

3 ventôse : Audition de témoins contre Sextius Périer et

(21 février). Marc-Antoine-Hercule Jordany, de Draguignan.

Draguignan.

4 ventôse : Jugement de Marc-Antoine-Hercule Jordany,

(22 février). de Draguignan. 142.

5 ventôse : Sursis au jugement de Sextius Périer, de

(23 février). Draguignan.

Audition de témoins contre Esprit Beuf, de S'-Tropez, et contre Jacques Laurens, de Draguignan, prévenus de délits ordinaires.

6 ventôse : Jugement d'Esprit Beuf, de S'-Tropez. 144.

(24 février). Jugement de Joseph-Alexis Carrassan, JeanFrançois Portai, Eugène Carrassan, Pierre Carrassan, Joseph Portanier, Pierre Vidal, Quenis Martre, Jacques Martre, Grégoire

(1) Page 127, 21" ligne, ajouter : Jugement rendu à quatre heures de l'après-midi.


DU VAR

209

Rousse, Joseph Féraud, Joseph Boyer, François Faille, François Portai, JeanBaptiste Brun, Joseph Bosc, résidant à Gonfaron. 143*

7 ventôse : Jugement de Jean-Baptisle Plaisant, résidant

(25 février). aux Ferres, 145.

Jugement de Jean-Baptiste Martin, Victor Auméran, Augustin Fillol, Joseph-Bonaventure Bernard, résidant à Collobrières. 146.

8 ventôse : Audition do seize témoins contre François

(26 février). Ailhaud, de Rians, et de dix-huit prévenus

de délits ordinaires.

9 ventôse : Jugement de Jacques Féraud, Jacques Audi(27février).

Audi(27février). Rose Maurin, Rosalie Chaillon, Anne

Brelonnière, Marie Martelly veuve de

•Joseph Desgott, Marie-Madeleine Desgott ;

sursis au jugement d'Augustin Danis, tous

résidant à Ollioules. 147.

10 ventôse (28 février) : Célébration de la décade.

11 ventôse : Jugement d'Alexis Brémond, de Néoules, et de

(l,r mars). Jean-Pierre Daumas, de Rians. 148.

12 ventôse : Jugement de Jean-Baptiste Guichard et de

(2 mars). Victor Roubaud, de Belgentier. 149.

13 ventôse : Jugement de Pascal Roubion, Louis fisillon,

(3 mars). Jeân-Baptisle Dol, Jean-Pierre Berton,

résidant à Toulon. 150.

14 ventôse : Audition de témoins contre Jacques Vanoly, de

(4 mars). Vence, et de quatre prévenus..

14


210 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

15 ventôse : : Jugement de Jacques Vàholy , !de Vence.

(5 mars). 151.

16 ventôse : Sursis au jugement dé Benoît Marin, de Coti(6

Coti(6 gnac. 320.

Jugement de Joseph Guidon, de la Farlède. 152.

17 ventôse : Jugement dé Pierre Marc, résidant à Toulon,

(7 mars). et de Georges Dumesnil, résidante Sollliès.

153.

18 ventôse : Jugement de Sextius Périer, résidant à Dra(8

Dra(8 guignan ou à Figanières. 154.

19 ventôse : Jugement de François Fauchier, de Salernes.

(9 mars). 155.

20 ventôse (10 mars) : Célébration de la décade.

21 ventôse : Jugement de Louis Rigaud, de Cotignac, et de

(11 mars). Jean-BaptisteFournier,résidantaùLûc.l56.

22 ventôse : Jugement de Pierre Guidon, Antoine-Louis

(12 mars). Aiguier, François Tholon, Augustin Julien,

' Marianne Guieu, résidant à Solliès ; JeanPierre Léonard, résidant à Marseille; JeanBaptiste Farnoux, Marie Gazelle, femme de François Barthélémy, Joseph Vallier, Toussaint Rolland, François Brémond, résidant à la Valette; Jean-François] Barrallier, Pierre-Vincent Cruvellier, Ange-Désiré Gasquet, Toussaint Minuty, résidant à la Seyne; César Gautier, résidant à S'-Nazaire. 157.. '■'■■.

23 ventôse : Jugement de Jean-Joseph Courbon, de Flayosc.

(13 mars). 158.


DU VAR 211

Audition de dix-huit témoins.

24 ventôse : Jugement de Victor Buisson, de Néoules. 159.

(14 mars). Audition de seize témoins contre Marc-Antoine Artuffel, de Méounes (1).

25 ventôse.: Audition de dix témoins contre Benoit Fabre,

(15 mars). de S'-Maximin.

'.., Sursis au jugement de Marc-Antoine Artuffel, de Méounes.

26 ventôse : Jugement dé Benoît Fabre, de S'-Maximin, et

(16 mars), i de Jean-Antoine Trabuc, Joseph Simon, André Gamerre, résidant à Toulon. 160. Audition de quatre témoins contre Nicolas Beillet et François Beillet, résidan ta Carcès.

27 ventôse : Jugement de Nicolas Beillet et de François

(17 mars). Beillet, résidant à Carcès. 161.

28 ventôse-: Jugement de Laurent Déridon, résidant à la

(18 mars). Valette. 169.

Sursis au jugement de Biaise Fenouil, résidant à la Garde.

29 ventôse (19 mars) : Tirage.au sort du jury.

30 ventôse (20 mars) : Célébration de la décade.

l,r germinal (21 mars) : Audition de douze témoins et de trois

prévenus. 2 germinal : Jugement de Jean-Baptiste Tolon, de Cogolin.

(22 mars). 165.

Sursis au jugement de Jean-Honoré Mouton, de Cogolin.

(1) C'était le maire de Méounes. Il mourut en prison le 17 germinal an II (6 avril 1794), Cf. dossier 219.. :


212 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Audition de trois témoins contre Maury Requier, : de Solliès. •

3 germinal.: Sursis au jugement de Maury Requier, de

(23 mars). Solliès. 240.

4 germinal : Rentrée en fonctions de Lombard, président;

(24 mars); Jugement de Vincent Ragou, de Mazaugues,

de Jean-Baptiste Ollivier, de S'-Vallier, de Marie Peillon, épouse de Joseph Court, de Cabris. 376. • ' : ,

.5 germinal : Jugement de Louis-André Archier, de Cotignac,

(25 mars). • de Pierre-Joseph Durbec et de François Lambert, de Biot. 377. •

6 germinal : Jugement de François Barthélémy et de Jean(26

Jean(26 Baptiste Mottet, résidant à la Valette. 162.

Audition de dix-sept témoins.

7 germinal : Sursis au jugement d'Elzéar-Pie Cavalier, de

(27 mars). Barjols. 184.

Sursis au jugement de Jean-Louis Béraud, de Cuers.

8 germinal : Jugement de Louis Jonquier et de Jean Barthé(28

Barthé(28 lemy, résidant à Bandol. 163.

9 germinal (29 mars) : Audition de douze témoins.

10 germinal (30 mars) : Célébration de la décade.

11 germinal : Audition de quatre témoins contre Louis(31

Louis(31 Emmanuel Blanc et Alexandre Villeneuve,

résidant à Seillans. Jugement d'Antoine Pascal, de Fréjus. 164. Jugement de Jean-Honoré Mouton et d'Honoré Asquier, de Cogolin. 165.


DU VAR 213

Jugement de Jean-Louis Béraud, de Cuers. 321.

12 germinal : Audition de douze témoins.

(1".avril). Jugement de Jean Granet, de S'-Nazaire. 166.

Jugement de'Louis-Emmanuel Blanc et d'A,^

lexandreVilleneuve, résidante Seillans. 167.

13 germinal : Audition de quinze témoins contre François

(2 avril), Ailhaud, de Rians.

Jugement dudit François Ailhaud. 168.

14 germinal : Jugement de Biaise Fenouil et de Joseph Col(3

Col(3 lûmp, résidant à la Garde. 169.

Audition de quatre prévenus.

15 germinal : Jugement d'Honoré Esquier, de Sartoux, pré(4

pré(4 venu d'assassinat ; 20 ans de fers, 6 heures

d'exposition. 494. Audition.de quinze témoins et d'un prévenu.

16 germinal : Jugement de Pierre Aune, de Magagnosc,

(5 avril). prévenu de coups et blessures, contumax ;

acquitté. 495. Jugement de Jean Aurouze, résidant à Arles. ■ \ : ; 322.

17 germinal : Jugement de Barthélémy Merle, de Thomas

(6 avrij). Court; de Jean Alavène, de Cabris, prévenus

de coups et blessures ; acquittés. 496.

18 germinal : Jugement de Jacques Laurens, de Draguignan,

(7 avril). prévenu d'avoir discrédité les assignats ;

; 2 mois de détention, 3.000 francs d'amende, 2 heures d'exposition. 378. Audition de quatre prévenus de fabrication de faux assignats.


214

LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

19 germinal : Jugement de Jean-Baptiste Ollivier, deSaint(8

deSaint(8 Vallier, prévenu d'avoir fait usage de

désignations nobiliaires dans certains actes ; acquitté. 379. Jugement de Joseph Grac, de Saini-Jeannet, prévenu d'avoir établi une différence entre les assignats et le numéraire; acquitté, 380.

20 germinal : Jugement dé Pierre-Antoine Giboin, de Figa(9

Figa(9 nières, prévenu d'avoir établi une différence

entre les assignais et le numéraire ; acquitté. 381. Jugement de Pierre Aune, résidant à Toulon. 170.

21 germinal : Jugement de Claude AÏmeric, de Saint-Maxi(10

Saint-Maxi(10 min, prévenu de vol ; 4 ans de fers, 6 heures

d'exposition. 497.

22 germinal : Jugement de Barthélémy Guiol, de Trigance,

(11 avril). prévenu de tentative d'assassinat ; 6 mois de

prison, 150 livres d'amende. 498.

23 germinal : Jugement de Jean-Baptiste Court, de Cabris,

(12 avril). prévenu d'arrestation arbitraire et decontributions

decontributions ; acquitté. 499. Jugement de Claude Gautier, de S'-Maximin.

171. Jugement de Jean-Baptiste Meiffredy et de Timothée Bonnet, de Montfort. 382.

24 germinal : Jugement de Joseph Agarrat, Jean-Baptiste

(13 avril). Requier, Jean-Baptiste-Louis Boyêr, de

Camps; de Louis Lautier, de Carcès. 383.


DU VAR 215

25 germinal : Jugement de Joseph Coste, de Mougins, prévenu

(14 avril). de vol ; 8 ans defers, 6 heures d'exposition. 500.

Jugement de Jean Callès, André Boyer, Etienne

Brémond, de Camps; Jean-Joseph Revest,

de la Roquebrussanne ; Etienne Rougon,

. Jean Bouis, résidant à Flassans. 384.

26 germinal ". Jugement de Marc-Antoine Piston, de Forcal(15

Forcal(15 queiret, prévenu de refus d'assignats en

paiment ; 3.000 francs d'amende, 2 heures d'exposition, 6 mois de détention. 385.

27 germinal : Jugement de Joseph Livron, de Saint-Julien(16

Saint-Julien(16 le-Montagnier et de Jacques Nicolas, de

Tavernes, prévenus d'avoir établi une différence entre les assignais et le numéraire ; acquittés. 386.

28 germinal : Jugement de Claude Imbert et d'Anne Tremelat,

(17 avril). sa femme, de Tourves, prévenus de vol ; 4

ans de fers, 6 heures d'exposition. 501.

29 germinal : Jugement de Jean-François Digne, résidant à

(18 avril). Draguignan,. 172.

Jugement d'Antoine-Joseph Roquemaure, de

Grasse, prévenu de complicité d'évasion ;

acquitté. 503.

Jugement de Marius Chaudel, de Ste-Maxime,

prévenu de faux témoignage ; acquitté. 502.

30 germinal : Jugement de François Bonnet, de St-Paul-du(19

St-Paul-du(19 Var, et de Jean-Baptiste Dauin, de Rians,

gendarme, prévenus de complicité d'évasion; acquittés, 504.


216 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

1er floréal : Jugement de Casimir Messie et de Jacques

(20 avril). Auzé, de Rians. 173.

Audition de huit témoins.

2 floréal : Jugement d'Ange Giraud, Joseph - Antoine

(21 avril). Bellon, André Leydet, Joseph-Ballhazar

, Daumas, Louis-Michel Castellan, Louis

Baille, Antoine-Joseph Lanier, Claude Martin, résidant à Rians. 174. Audition de neuf témoins.

3 floréal : Jugement de Jean-François Siméonis, de

(22 avril). Rians. 175,

4 floréal : Jugement de Jean-Laurent Rebuffat, de Rians.

(23 avril). Sursis au jugement de Joseph Leth, de Rians. 176. Audition de cinq témoins.

5 floréal : Jugement d'Esprit Davin, de Michel Thenoux,

(24 avril). de Rians. 177.

Audition de sept témoins. ;

6 floréal : Jugement d'Antoine Lanteaume, François Bau(25

Bau(25 dun, Benezet Dol, de Rians. 178.

Audition de sept témoins.

7 floréal : Jugement de Vincent Gautier, de Joseph Ail(26

Ail(26 laud, résidant à. Solliès. 179.

Audition de neuf témoins.

8 floréal : Suspension du jugement de Toulouzan père et

. (27 avril). fils, de Solliès, attendu la loi du 27 germinal (16 avril 1794).


DU VAR 217

V _

LISTE MÉTHODIQUE DES JUGEMENTS DU TRIBUNAL Condamnations à mort

CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES

26 frimaire an II (1) : Biaise Berlier, de Draguignan, homme de (16décembrel793). loi, juge de paix du canton, 64 ans. Exécuté le même jour. 28 nivôse : Pierre-AugusteGontard,deBarjols,ex-juge

(17 janvier 1794). de paix du canton, 45 ans. Exécuté le 29 nivôse. i,r pluviôse : Théodore de Ponlevès-S*-Blaise, de Bar(20

Bar(20 jols, résidant à Draguignan, 71 ans. Exécutée le même jour. 3 pluviôse : Alexandre-Boniface Jordany, ancien co(22

co(22 seigneur de Seillans, résidant à Draguignan, secrétaire à la comptabilité des fourrages de l'armée d'Italie, 25 ans. Exécuté le 4 pluviôse. 5 pluviôse : André Barbegier, de Fox-Amphoux, maré(24

maré(24 chal-ferrant, 45 ans. Exécuté le même jour.

(1) Cette date est celle du jugement.


218 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Claude-François Chibousi, de Paris, résidant à Fox-Amphoux, chirurgien^, 35 ans. Exécuté le même jour. 12 pluviôse : Jean-Baptiste Aiguier, dit Marion, de

(31 janvier). Solliès, confiseur, 29 ans. Exécuté le même jour. Joseph Hauvel, de Solliès, officier municipal, 44 ans. Exécuté le même jour. 15 pluviôse : Honoré Clavier, de Brignoles, notaire,

(3 février). procureur syndic de l'administration du district, 58 ans. Exécuté le 16 pluviôse. Joseph-Jacques Maurel, de Méounes, propriétaire j membre du directoire du district de Brignoles, 40 ans. Exécuté le 16 pluviôse. Martin Siméon,.de Correns, propriétaire, membre du directoire du district de Brignoles, 40ans. Exécuté le 16 pluviôse. 22 pluviôse : Jean-Bonaventure Poney, de Toulon, rési(10

rési(10 danl à la Roquebrussanne, chapelier, 25 ans. Exécuté le même jour. 25 pluviôse : Jacques de Cuers-Cogolin, de S'-Tropez,

(13 février). capitaine de vaisseau, 54 ans. Exécuté le 26 pluviôse. 24 ventôse : Victor Buisson, de Roquebrune, procuré

(14 mars). de Néoules, 24 ans. Exécuté le 25 ventôse.

6 germinal : Jean-Baptiste Mottet, de la Valette, ména(26

ména(26 ger, 62 ans. Exécuté le 7 germinal.


DU VAR 219

8 germinal : " Jean Barthélémy, de Bandol, tonnelier, (28 mars). 49 ans. Exécuté le même jour.

Louis Jonquier, de Bandol, ex- capucin,

curédùdit lieu, 50 ans. Exécuté le même

jour.

29 germinal:' Jean-François Digne, de Figânières, rési(18

rési(18 dantà Draguignan, homme de loi, 41 ans.

Exécuté le (?). '

ÉMIGRÉS

16 frimaire an II : Honoré Trabaud, de Grasse, cordonnier, (6 décembre 1793). 50 ans. Exécuté le 17 frimaire.

26 frimaire : Jacques Mars, de Vencè, ex-chanoine

(16 décembre). théologal de la cathédrale, 68 ans. Exécuté le même jour.

27 nivôse : Jacques Gautier, de Toulon, droguiste, 36 (16 janvier 1794). ans. Exécuté le même jour.

, François-Joseph Ville, de Monlélimar,

prêtre, 30 ans. Exécuté le même jour.

Jean-Baptiste Perraull,deTournus, résidant

à Solliès, 31 ans. Exécuté le même jour.

11 germinal : Jean-Louis Béraud, de. Cuers, bourgeois,

(31 mars). 67 ans. Exécuté le même jour (?). 16 germinal : Jean Aurouze, de Sigoyer (H'es-Alpes),

(5 avril). résidant à Arles, négociant, 54 ans. Exécuté le même jour. 18 messidor : Julie Hannequin, de Grenoble, résidant à

(6 juillet). Toulon, fille publique, 30 ans. Exécutée le même jour.


220 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

9 thermidor : Laurent Davillon, dé la Valette, aubergiste,

(27 juillet). 60 ans. Exécuté le même jour.

16 frimaire an III : Joseph-Toussaint Roux, de Solliès, ex(6

ex(6 gendarme à Hyères, 27 ans. Exécuté le M frimaire.

18 frimaire : Théodore Rivière, de Mende, prêtre, 39

(8 décembre). ans. Exécuté le même jour.

Déportations

29 frimaire an II : Pierre Rainaud, de Draguignan, ancien

(19 décembre 1793). marchand, 55 ans. 25 pluviôse : Tropez David, de S'-Tropez, marin et

(13 février 1794). constructeur de vaisseaux, 37 ans. 7 ventôse : Jean-Bâptisle Plaisant, de Pjerrèfeu(Alpes(25

Pjerrèfeu(Alpes(25 Maritimes), résidant aux Ferres, maréchal-ferrant, 42 ans. 15 ventôse : Jacques Vanoly, de Vence, ancien maçon,

(5 mars). gendarme, 36 ans. 11 germinal : Jean-Honoré Mouton, de Cogolin, notaire,

(3Lmars). 58 ans.

6 floréal : Antoine Lanteaume, de Rians, cultivateur,

(25 avril). 36 ans. - , ,

7 floréal : Joseph Aillaud, de Solliès, boucher,

(26 avril). 29 ans.

Acquittements avec détention jusqu'à la paix

27 frimaire an II : Antoine Barberi ou Barbier, de; Gamerane (17 décembre 1793). (Piémont), résidant à Gagnes; cultivateur, 38 ans.


DU VAR 221

1er pluviôse : Pierre-André de Rafélis-Brovès, résidant

(20 janvier 1794). à Draguignan, ancien prévôt de la cathédrale de Toulon, 76 ans. 5 pluviôse : Louis-François Jaubert, de Fox-Amphoux,

(24 janvier). fabricant dé drap, 22 ans. 12 pluviôse : Joseph-Justin Hauvel, de Solliès, homme

(31 janvier). de loi, juge au tribunal du district d'Hyères, 32 ans. 15 pluviôse : Nicolas Garachon, de Brignoles, ancien

(3 février). chirurgien,membreduconseildudistrict, 59 ans. Antoine Rossolin, de Brignoles, propriétaire, membre du conseil du district, 28 ans. 19 pluviôse : Jean-Baptiste Aiguier, dit Gaillardet, de

(7 février). Solliès, commis marchand, 17 ans. 25 pluviôse : Jean-Baptiste-Magloire-Michel Bouchet,

(13 février). de S'-Tropez, ancien militaire, 47 ans. Jean-Baptiste-Louis Coste, de S'-Tropez, propriétaire, 67 ans. 29 pluviôse : Jean-Baptiste Isaïe, de Vence, maréchal(17

maréchal(17 ferrant, 40 ans. 1er ventôse : Jean-François Courchet père, de Lorgues,

(19 février). négociant, 70 ans.

Pierre Courchet fils, de Lorgues, agriculculteur, 43 ans. 4 ventôse : Marc-Antoine-Hercule Jordany, de Dra(22

Dra(22 guignan, ex-homme de loi, agriculteur, 66 ans.


222 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

6 ventôse : Esprit Boeuf, de Lorgues, résidant à

(24 février). S'-Tropez, fermier, 48 ans.

Jean-François Portai, de Gonfaron, cultivateur, 46 ans.

Joseph-Alexis Carrassan, de Gonfaron, notaire, 33 ans.

7 ventôse : Jean-Baptisté Martin, de Collobrières,

(25 février). chirurgien, 48 ans.

AugustinFillol,deCollobrières,cordonnier

33 ans. Victor Auméran, de Collobrières, cultivateur, 40 ans. 16 ventôse : ■ Joseph Guidon père, delà Farlède, ménager,

(6 mars). 61 ans. 18 ventôse : Jacques-Paul-Sextius Périer-la Garde, de

(8 mars). Montferrat,résidantàFiganières,46ans.

21 ventôse : Louis Rigaud, de Cotignac, ancien capitaine

(11 mars). d'artillerie, 49 ans.

22 ventôse : Pierre Guidon, de Solliès-Toucas, agricul(12

agricul(12 teur, 54 ans.

23 ventôse : Jean-Joseph Courbon, de Flayosc, fabricant

(13 mars). de tuiles et négociant en bétail, 37 ans.

5 germinal : Louis-André Archier, de Cotignac, notaire,

(25 mars). 42 ans.

6 germinal : François Barthélémy, de la Valette, mar(26

mar(26 chand de marc d'olives, 57 ans. 23 germinal : Claude Gautier, de S'-Maximin, huissier

(12 avril). près le tribunal du district, 40 ans.


DU VAR 223

1er floréal : Jacques Auzé, de Rians, cordonnier,

(20 avril). 45 ans. 2 floréal : Joseph-Antoine Bellon, de Rians, maçon,

(21 avril). 40 ans.

Antoine Leydet, dé Rians, marchand,

64 ans. Claude Martin, de Briançon, résidant à Rians, instituteur, 48 ans.

5 floréal : Esprit Davin, de Rians, boulanger, 51

(24 avril). ans.

6 floréal : François Baudun, de Rians, cultivateur,

(25 avril). 45 ans.

Acquittements

2 pluviôse an II : Gilbert-Charles-André Drée, de Toulon,

(21 janvier 1794). résidant à Pégomas, 42 ans.

5 pluviôse : Jean-Baptiste Garnier, de Fox-Amphoux,

(24 janvier). cardeur à laine, 29 ans.

7 pluviôse : Joseph Fillol, de Collobrières, ménager,

(26 janvier). 42 ans.

Xavier Coulomb, de Collobrières, ménager, 19 ans.

Jacques Auquier, d'Ollioules, résidant à Collobrières, boulanger, 26 ans.

Joseph Florens, de Collobrières, propriétaire, 60 ans.

Pierre Condroyer, de Collobrières, ménager, 60 ans. •


224 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Honoré-Guillaume Berret, de Collobrières,

ménager, 44 ans. Augustin Fillol, de Collobrières, cordonnier, 33 ans. Joseph Fournier, de Collobrières, ménager,

38 ans. Guillaume Fournier, de Collobrières ,

ménager, 27 ans. Xavier Imbert, de Collobrières, ménager,

28 ans. Victor Aumérat, de Collobrières, tailleur,

40 ans. Rémi Fillol, de Collobrières, serrurier,

28 ans. Claude Coulomb, de Collobrières, ménager,

62 ans. Jean-Bonaventure Bernard,de Collobrières,

cultivateur, 45 ans. Jean-Baptiste Martin, de Collobrières,

chirurgien, 48 ans.

13 pluviôse : Fortunée Hermitte, d'Ollioules, fille de

(l,r février). l'aubergiste, 15 ans. '

Elisabeth Hermitte, d'Ollioules, soeur de la précédente, 11 ans.

14 pluviôse : François Giraud, de Ginasservis, chirur(2

chirur(2 gien, juge de paix du canton, 60 ans.

15 pluviôse : Mathieu Guillabert, du Val, ménager,

(3 février). membre du conseil du district de Brignoles, 40 ans.


DU VÀR 225

Jéàri-Ba'p't'steCoulomb, de Brignoles, cultivateur, 'membre du conseil du district de Brignoles, 45 ans. •"'••" ;

19 pluviôse : Louis -Moniny deJ Garéoult, notaire, 28

(7 février). ans. 22 pluviôse : François Allègre, dit Cette, de Barjols,

(10 février), cordonnier, gendarme, 46 ans. 29 pluviôse : Pierre-Alexandre .Bouyon, de Vence, agri(17

agri(17 ' culteur, juge de paix du canton, 43 ans. Nicolas Gaytté, ; de Vence, apothicaire,

52 ans.

Pierre Blanc, de Vence, boucher, 39 ans.

Christophe Gaytté, de Vence, chirurgien

employé aux hôpitaux militaires de

l'armée d'Italie, à Vence, 60 ans.

Philippe Gaytté, de Vence, agriculteur,

64 ans. Antoine Belon, dé Vence, ménager, 60 ans. Barthélémy Broc, de Vence, ménager, ' ' 34 ans.

André Blaca's, de Vence, ménager, 25 ans. Alexis Chabert, de Vence, cultivateur,

31 ans. Antoine Lombard, de Vence, cultivateur,

42 ans. ' Joseph Dozol, de Vence, cultivateur, 31 ans. Jean-Baptiste Broc, de Vence, volontaire au 29° régiment d'infanterie, en congé, •: ■■: - , i32ans. ': •

15


220. LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

.-.-' Jean Clergue, de Vence, cultivateur, 44 ans.

Jean Suche, de Vence, cultivateur, 47 ans, 6 ventôse : Eugène Carrassan, de Gonfaron, agricul...

agricul... février)-. teur, 26 ans.

Pierre Carrassan, de Gonfaron, agriculteur, 50 ans.

Joseph Portanier, de Gonfaron, agriculteur, .28 ans.. . ' • . : -."'■

Pierre Vidal, de Gonfaron, ancien cordonnier, agriculteur, 58 ans.

Quenis Martre, de Gonfaron, agriculteur, 73 ans.

Jacques Martre, de Gonfaron, agriculteur, 31 ans.

Grégoire Rousse, de Gonfaron, cultivateur, 31 ans.

Joseph Féraud, de Gonfaron, cultivateur, 38 ans.

Joseph Boyer, de Gonfaron, cordonnier, 29 ans.

François Faille, de Gonfaron;, fournier, 49ans.

François Portai, de Gonfaron, cultivateur, 34 ans.

Jean-Baptiste Brun, de Gonfaron, chirurgien, maire de la commune, 53 ans.

Joseph Bosc, du Cannet-du-Luc, résidant à Gonfaron, architecte, 40 ans.


DU A'AR 227

7 ventôse : Joseph-Bonaventure Bernard, de Collo(25

Collo(25 brières, agriculteur, 45 ans. 9 ventôse : Jacques Féraud, d'Ollioules, tailleur de

(27 février). pierres, 42 ans.

Jacques Audibert, d'Ollioules, cultivateur,

46 ans. Rose Maurin, d'Ollioules, journalière,

40 ans. Rosalie Chaillon, d'Hyères, résidant à

Ollioules, domestique, 21 ans. Anne Bretonnière, de Toulon, résidant à

Ollioules, ex-clarisse, 30 ans. Marie Martelly, veuve de Joseph Desgott, lieutenant de vaisseau,d'011ioules,68ans. Marie-Madeleine Desgott, d'Ollioules, fille de la précédente, 28 ans.

11 ventôse : Alexis Brémond, de Néoules, agriculteur,

(1er mars). maire de la commune, 46 ans.

Jean-Pierre Daumas, de Rians, ménager, 53 ans.

12 ventôse : Jean-Baptiste Guichard, de Belgentier,

(2 mars). négociant, 28 ans.

Victor Roubaud, de Belgentier, maçon, 32 ans.

13 ventôse : Pascal Roubion, de Bueil (Basses-Alpes),

(3 mars). résidant à Toulon, berger, 34 ans.

Jean-Pierre Berton, d'Aluis (BassesAlpes), résidant à Toulon, berger, 42 ans.


228 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Louis Beillon, de Bueil, résidant à Toulon,

berger, 36 ans. Jean-Baptiste Dol, de Bueil, résidant Toulon, berger, 38 ans. 17 ventôse : Georges Dumesnil, d'Étissac (Aube), chef

(7 mars). du 2° bataillon du 28* régiment, en garnison à Solliès, 55 ans. Pierre Marc, de Montpellier, résidant à Toulon, boucher, 37 ans. 19 ventôse : François Fauchier , dit Pachicou , de

(9 mars). Salernes, cultivateur, 42 ans.

21 ventôse : Jean-Baptiste Fournier, de Toulon, rési(11

rési(11 dant au Luc, maçon, 27 ans.

22 ventôse : Jean-Pierre Léonard, de Roquemaure-les(12

Roquemaure-les(12 Avignon (Gard), résidant à Marseille, batteur d:or et colporteur, 49 ans.

Antoine-Louis Aiguier, de Solliès, èxcapucin, 52 ans.

François Tholon, de Solliès, ancien apothicaire, 73 ans.

Augustin Julien, de Solliès, curé de la Farlède, 34 ans.

Marianne Guieu, veuve de Pierre Guieu, cultivateur, de la Farlède, 53 ans.

Jean-BaptisleFarnoux, delà Valette, ancien navigateur, invalide, 60 ans.

Marie Gazelle, femme de François Barthélémy, vendeur de marc d'olives, de'la Valette, 21 ans.


DU VAR 229

* Joseph. Vallier, de la Valette,, cultivateur,.

, f 64 ans. ■ : ' ..-■

Toussaint Rolland, de Solliès, résidant à la

Valette, cultivateur, 61 ans. François Brémond, de Tourves, résidant à la Valette, charretier, 21 ans. . . ; ; Joseph-François Barralier, de la Seyne,

marin, 57ans,:' y--.: . Pierre-Vincent Cruvelliêr, de la Seyne,

-, '■'"■' marin, 60 ans. ' ' ....:.

,: - Ange-DésiréGasquet, de Marseille, résidant

à la Seyne, négociant, 68 ans. r ; Toussaint Minuty, de la Seyne, marin,

67 ans. ■.'_,.,..-.-.

César Gautier, de S'-Nazaire, marin, 46 ans.

26 ventôse : Pierre-Benoît Fabre, de S'-Maximin, sous<•':.., (16. mars). lieutenant au 8e bataillon du Var, 28 ans.

Jean-Antoine Trabuc, de Toulon, cultiva■■ • '. / ', . r leur, 36 ans.

Joseph Siméon, de Cuers, résidant à Tou'..-".-.. Ion, cultivateur, 28 ans. , '..,-. André Gamerre, de Toulon, cultivateur,

. 36 ans. :

27 ventôse : Nicolas Beillet père, de Nice, résidant à

(17 marsT. Carcès, maçon, 42 ans.

François Beillet fils, de Nice, résidant à _■'.■■■. Carcès, maçon, 18 ans.

28 ventôse : ; Laurent Deridon, de la Vèrdière, résidant

(18 mars); . ,'à la "Valette, cultivateur, 30 ans.


230 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

^- 2 germinal : Jean-Baptiste Tolon, de Cogolin, ancien

(22 mars). marin, 55 ans.

4 germinal : Marie Peillon, femme de Joseph Court, de

(24 mars). Cabris, 55 ans.

Vincent Ragou, de Mazaugues, notaire,

43 ans. Jean-BaptisteOlivier, de S'-Vallier, notaire,

62 ans.

5 germinal : François Lombard, de: Biot, potier,

(25 mars). 63 ans.

Pierre-Joseph Durbec, de Biot, notaire, 41 ans.

11 germinal : Antoine Pascal, de Fréjus, postillon,

(31 mars). 21 ans.

Honoré Asquier, de Cogolin, chirurgien, 57 ans.

12 germinal : Jean-Joseph Granet, de S'-Nazaire, marin,

(1er avril). 75 ans.

Alexandre Villeneuve, de Fayence, vicaire

à Seillans, 25 ans. Louis-Emmanuel (ou Hermentaire) Blanc,

de Claviers, curé à Seillans, 27 ans.

13 germinal : François Ailhaud, de Rians, notaire,

(2 avril). commissaire national près létribunal du district de S'-Màximin, 36 ans.

14 germinal : Joseph Collomp, de Barcellonnette, rési(3

rési(3 dant à la Garde, marchand, 75 ans.

Biaise Fenouil, de Cuers, résidant à la Garde, marin, 42 ans.


DU VAR 231

"20 germinal : : Pierre iAurie^, de Plascassier, résidant à

(9 avril). Touion> marin, 48 ans.

23 germinal : Timothée Bonnet, de Montfort, notaire,

(12 avril). 35 ans.

Jean-Baptiste Meiffredy, de Montfort, propriétaire, 79 ans.

24 germinal : Jean-Baptiste-Louis Boyer, de Camps,

(13 avril). chapelier, 59 ans.

Jean-Baptiste Riquier, de Cabasse, résidant

à Camps, cultivateur, 38 ans. Louis Lautier, de Carcès, cultivateur,

61 ans. Joseph-Honpré Agarrat, de Camps, notaire,

68 ans.

25 germinal : Etienne Brémppd, de Gamps, cultivateur,

(14 avril). 40 ans.

Etienne Rougon, de BrignoleSj, résidant à

Flassans, cultivateur, 45 ans. Jean Bouis, de Besse, résidante Flassans,

notaire, 59 ans. Jean-Joseph Revest, de la Roquebrussanne,

cardeur à laine, 33 ans. André Boyer, de Camps, tailleur, 45 ans. Jean Callès, de Camps, chapelier, 49 ans. 1er floréal : Casimir Messie, de Rians, officier de santé,

(20 avril). 42 ans. 2 floréal : Antoine-Joseph Lanier, de Rians, ménager,

(21 avril). secrétaire de la commune, 29 ans.


232 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Louis Baille, de Rians, cultivateur, officier

municipal, 52 ans. Louis-Michel Castellan, de Rians, apothicaire, officier municipal, 58 ans. . Joseph - Balthazar Daumas, de Rians, cultivateur, officier municipal, 49 ans. Ange Giraud, de Rians, menuisier, officier municipal, 59 ans. 3 floréal : Jean-François Siméonis, de Rians, officier

(22 avril). de santé, 58 ans. 4floréal: Jean-Laurent Rebuffat, de Rians, gen(23

gen(23 darmé, 34 ans.

5 floréal : Melchior Thenoux, de Rians, bridier,

(24 avril). 46 ans.

6 floréal : Benezet Dol, de Rians, cultivateur, 25

(25 avril). ans.

7 floréal : Vincent Gautier, de Solliès, matelot,

(26 avril). 28 ans.


DU VAR : 233

' VI >

CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES TRANSFÉRÉS DE GRASSE A PARIS

l,r Convoi — 31 prisonniers (1). parti de Grasse le 6 messidor an II (24 juin 1794) (2)

Joseph-François-Victor Trucy fils, homme de loi, 27 ans, de Barjols, secrétaire de l'administration du district ;

Joseph-Victor Trucy père, notaire, 57 ans, de Barjols ;

François Liautaud, maçon et maire, 45 ans, de Lorgues ;

Jean-Baptiste Carie, ex-capucin, de Draguignan ;

Clément Bernardy, négociant et employé à l'armée d'Italie, de Grasse ;

Joseph Portanieraîné, fabricant de savon, 30 ans, de Gonfaron (3);

Louis Lambert, dit la Lope, de Grasse ;

Jean-Baptiste Preiré, prêtre, d'Hyères ;

Joseph Camail, notaire et procureur de la commune, de Vidauban ;

(1) On trouvera des renseignements sur ces prisonniers aux archives nationales dans la série' W, dossiers 53 (n" 3388, 3390, 3392, 3394, 3399); 54 (n°J 3402, 3405, 3414); 56 (n' 3437^); 489 (n° 428); 464 (n° 217). Ces deux derniers dossiers concernent Portanier et Chieusse. Le dossier de Preire n'a pas été retrouvé.

(2) Cf. une lettre de l'accusateur public en date du 6 messidor (24 juin 1794). Dossier 53.

(3) Mis en liberté par le tribunal révolutionnaire de Paris, en chambre du conseil, le 3 frimaire an III (23 novembre 1794).


23À LE .TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

; Honor-é BaynantL jcur.è, deiSorgnes ; Jean-Joseph Mougins, homme de loi, de filasse ijl| ; Jean-Jacques Rouvier, prêtre, de Draguignan ; Honoré Payan, tamisier, de Grasse ; Antoine Escoffier, perruquier, de Grasse ; Henri Àulagnier, armurier, de Grasse ; Jean Maurel, menuisier, de Vidauban ; Jean Troin, tourneur, de Draguignan ;

Esprit-Joseph-François Chieusse-Villepey, 43 ans, de Lorgues (2); J.ean-Pons Pellegrin cadet, propriétaire, 31 ans, de Collobrières ; Joseph Tournel, notaire, 48 ans, de Vidauban ; Honoré Vidal, cultivateur, 45 ans, de Collobrières ; Joseph Roubert, ouvrier peintre, de Grasse ; Féraud, brigadier de gendarmerie, d'Aups ; Lucrèce Giraud, couturière, de Draguignan ; Françoise Dol, femme Basset Emmanuel, de Draguignan ; Rouaze, femme Crosnier, modiste, de Grasse ; Rose Miran, femme Aulagnier, de Grasse ; Issole, dit Bosse, cordonnier, de Draguignan ; ,

Joseph Icard cadet, travailleur, de Draguignan ; Jacques Baillel, menuisier, de Draguignan ; Jean Vachier, ancien vicaire épiseopal, de Lorgues (3).

(1) Ancien membre de l'Assemblée Constituante.

(2) Acquitté par le tribunal révolutionnaire de Parisle 19 vendémiaire an III (10 octobre 1794).

(3) Les prévenus de Grasse avaient été mis en arrestation pararréiô de Ricord et de Robespierre jeune, daté de Nice le 16 ventôse an II (6 mars 1794). Les prévenus de Draguignan, inculpés d'être les fauteurs de l'émeute du 20 ventôse (10 mars 1794) dans cette ville,.avaient été renvoyés devant le tribunal révolutionnaire par arrêté de Ricord, daté do Nice le i" floréal an II (20 avril l'/'94).


: ; DU VAR 235

2toe Convoi — 29 prisonniers (1) parti de Grasse le 23 messidor an II (11 juillet 1794) (2)

Paulin-Ours de Rafélis-Tourtour, procureur de la commune,

44 ans, de Lorgues ; Jean-Antoine IsnardrMassot, parfumeur^- 46 ans, de Grasse ; Jean-Baptiste-David Portalis, ancien juge seigneurial, 44 ans,

du Beausset; Jean-Baptistê Caze, gendarme, de Solliès ; Charles Gassin, juge au tribunal du district sectionnaire d'Hyères,

d'Hyères, ans; Jean-Joseph Leth, gendarme, ancien tambour înajor au 8' du Var,

28 ans, dé Rians (3) ; Louis Paul, commissaire des réquisitions militaires et teinturier,

60 ans, de Barjols ; Nicolas Vian, travailleur, 43 ans, d'Hyères ; Eloi Martin, cultivateur, 35 ans, de Besse ; Elzéar-Pie Cavalier, médecin, 27 ans, de Barjols (4) ; Maury Requier, sous-lieutenant au 7e bataillon du Var, 19 ans,

de Solliès (5) ; Joseph Toulouzan père, tuilier, 54 ans, de Solliès ;

(1) On trouvera des renseignements sur ces prisonniers aux archives nationales dans la série W, dossiers 54 (n" 3402) ; 56 (n* 3437 Ws).

(2) Cf. une lettré de l'accusateur public du 22 messidor (10 juillet 1794), dossier 53. :.

(3) Lé tribunal de Grasse avait sursis à. son jugement! le 4 floréal an II (23 avril 1794).

. (4) Le tribunal de Grasse avait sursis à son jugement le 7 germinal an II (27 mars 1794), dossier 184.

(5) Le tribunal de Grasse avait sursis à son jugement le,3 germinal an II (23 mars 1794).


236 LE TRIBUNAL . RÉVOLUTIONNAIRE

Joseph Toulouzan fils, tuilier, 25 ans, de Solliès ; Louis Féraud, marchand cirier, maire de Brignoles (1) ; Louis-Jean-André Goujon, notaire et procureur de la commune,

68 ans, de Brignoles ; Joseph Lebrun, moulinier en soie et secrétaire delà commune,

31 ans, de Brignoles ; François-Joseph-Athanase de Matty-la Tour, 30 ans, de Lorgues ; Jean-Baptiste Ramel, aubergiste et officier municipal, 45 ans,

d'Hyères ; '■'."' :

Etienne-Michel Arnaud, de la Garde-Freinet, 44 ans, cultivateur

à Hyères (2) ; Bruno Cauvin, notaire, de S'-Tropez ; Tropez Demay, tonnelier, de S'-Tropez ; André Meinetton, navigateur, de S'-Tropez (3) ; Jean-Baptiste Pourrière, Volontaire au 8e du Var et cardeur à

laine, 38 ans, de Barjols ; André Crozet aîné,,tanneur, ex-administrateur du district, 33

ans,.de Brignoles ; ' '

Jean-Baptiste Jujardy père, ex-greffier, 75 ans, de Brignoles ; François-Just-Marie Raynouard, homme de lettres, 32 ans, de

Brignoles (4) ; Pierre-Jacques Brun, de Barcelonnette, quincailler, 47 ans, à

Brignoles ;

(1) Mourut en prison à Paris.

(2) Arnaud et Ramel, transférés d'Hyères à. Brignoles, ne quittèrent cette localité que le 30 messidor (18 juillet 1794). Greffe, dossier 258.

(3) Cauvin, Demay et Meinetton, membres du.Comité de Surveillance de S'-Tropez, avaient été mis en arrestation par arrêté de Ricord,. daté de Nice le 28 germinal an 11.(17 avril 1794),

(4) C'estThomme de lettres bien connu.


DU A'AR . 237

Louis Martel, de Riez, 50 ans, maître d'école à la Seyne ; Michel-Joseph Barralier, capitaine marchand, ex-notable, 52 ans, de la Seyne (1).

3me Convoi — 9 prisonniers (2) parti de Grasse le 15 thermidor an II (2 août 1794) (3)

François Fédon, notaire, 62 ans, des Arcs ;

Joseph Clapiers, charpentier, des Arcs (4) ;

Augustin Danis, garçon boulanger, 26 ans, d'Ollioules (5) ;

Joseph Rey, de Puget-sur-Argens, 69 ans, ancien curé de

Montauroux ; Jean-Jacques Ferrari, colporteur, 22 ans, d'Abelançon (?)

(Suisse) (6). Maurice Gastellan, cardeur à laine, 36 ans, de Signes ; Jean-Louis Trotobas, cardeur à laine, 36 ans, de Signes (7) ;

(1) Dans les documents, il est indiqué que le second convoi comptait 30 prisonniers. Par une méprise singulière, on considéra FrançoisJusi-Marie Raynoûard comme faisant deux personnes distinctes, François Just et Marie Raynoûard.

(2) On trouvera dès renseignements sur ces prisonniers aux archives nationales série W, dossiers 64 (n°s 3663, 3666, 3667, 3668); 463 (n»! 208, 211); 470 (n» 467).

(3) Une lettre de l'accusateur public du 13 thermidor (31 juillet 1794), dossier 53, porte que le convoi partira le 14 (1" août). Il résulte d'une note de l'un des prévenus, transcrite plus loin, qu'il n'est parti que le 15 (2 août 1794).

(4) Étant malade, il resta à Avallon du 16 fructidor an II au 12 brumaire an III (2 septembre-2 novembre 1794).

(5) Le tribunal de Grasse avait sursis à son jugement le 9 ventôse an II (27 février 1794). Greffe, dossier 147.

(6) Il avait été arrêté le 12 germinal an II (l"r avril 1794), par le Comité de Surveillance de Brignoles et trouvé porteur de lettres d'émigrés. Il fut mis en liberté par le Comité de Sûreté générale le 24 brumaire an 111 (14 novembre 1794).

(7) Castellan et Trotobas étaient prévenus d'avoir refusé de porter la cocarde nationale. Ils furent acquittés par le tribunal révolutionnaire


238 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Laurent-AthanaseTrouche, cultivateur, de Sausses (1), commune

de Puget-Théniers ; Pierre Bouis, cultivateur, de Besse (2),

4m* Convoi — 9 prisonniers (3) parti de Grasse le 24 fructidor an II (10 septembre 1794) (4)

Joseph Davin, maçon,-43 ans, de Rians (5) ; Jean-Baptiste-Charles Gavoty fils aîné, tanneur, de Brignoles ; Joseph-Marc Aiguier, notaire et avoué, de Solliès ; Pierre Ollivier, gendarme, 38 ans, de Rians ; Jacques Armelin, d'Entrevennes, maréchal-d.es-logis de gendarmerie, 62 ans, en résidence à Rians ; Léon Verne, bourgeois, 37 ans, de Rians ; Jean-Baptiste-Joseph Davin, cordier, 27 ans, de Rians ; Àuguslin-Henry-Hippolyte Brun, fils du notaire, 32 ans, de Rians; Jean-Bàptiste Rougiers, cultivateur, 30 ans, de Rians.

de Paris, le 26 vendémiaire an III (17 octobre 1794), mais détenus jusqu'à la paix.

(1) Prévenu de complicité d'émigration (voir l'affaire Digne, p. 172). Mis en liberté par le tribunal révolutionnaire de Paris en chambre du conseil le 18 vendémiaire an III (9 octobre 1794).

(2) Prévenu d'abus dans ses fonctions concernant là levée des mulets. Mis en liberté par le tribunal révolutionnaire de Paris en chambre du conseil le 18 vendémiaire an 111 (9 octobre 179i). 11 avait pour complice François Auzet, de Brignoles, qui ne put être arrête.

(3) On trouvera des renseignements sur ces prisonniers aux archivés nationales série W, dossier 67 (n" 3770, 3771, 3772).

(4) Cf. une lettre de l'accusateur public du 21 fructidor an II (7 septembre 1794), dossier 53. '

(5) Etant malade,.il n'alla pas plus loin que S'-Maximin,


DU ArAR

VII

ITINÉRAIRE DES CONVOIS

1er Convoi (1) : durée du voyage, 39 jours

Départ de Grasse : 6 messidor an II (24 juin 1794), à midi, Cannes, Frëjus, Vidauban, Brignoles, S'-Maximin (Var) ; Trets, Aix, Lambesc, Orgon (Bouches-du-Rhône) ; Avignon, Orange (Vaucluse); Pierrelatte, Montélimar, Valence, S'-Vallier(Drôme); Vienne (Isère) ; Lyon, 24 messidor (14 juillet), l'Arbresle, Tarare' (Rhône) ; Roanne, la Pacaudière (Loire); la Palisse, Varennes (Allier) ; S'-Pierre-le-Moutier, Nevers, la Charité (Nièvre) ; Gien, 10 thermidor (28 juillet) (Loiret); Nemours, Fontainebleau (Seine-et-Marne); Gorbeil (Seine-et-Oisej ; arrivée à Paris le 14 thermidor-(l*r août).

2ma Convoi (2) : durée du voyage, 46 jours (?)

Départ de Grasse le 23 messidor an II (11 juillet 1794), S'-Maximin, 29 messidor (17 juillet), Orange, 7 thermidor (25 juillet), Livron, 9 thermidor (27 juillet), Pierrelatte, Montélimar,

(1) D'après uue relation imprimée de l'un des prisonniers (collection de M. P. Arbaud, bibliophile à Aix, Var, carton 2). M. Sénéquier en a publié un extrait dans la Terreur à Grasse, p. .15-21. J'en ai fait prendre une copie pour la bibliothèque municipale de Draguignan.

(2) On n'a pu reconstituer entièrement les étapes du 2"" convoi. Des lettres de l'Un des prisonniers, Pierre-Jacques Brun, obligeamment communiquées par M. Gavoty, avocat à Paris, m'ont fourni quelques renseignements.


240 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Loriol, Valence, 11, 12 thermidor (29, 30 juillet), Lyon, 15, 16 thermidor (2, 3 août), Chalon-sur-Saône, Conches, 24 thermidor (II août), Aulun, 25 thermidor (12 août), Saulieu, 26 thermidor (13 août), Rouvray, Avallon, 27 thermidor (14 août), Vermenton, 28 thermidor (15 août), Auxerre ; arrivée à Paris le 8 fructidor (25 août).

Extraits de lettres de l'un des prisonniers, Pierre-Jacques Brun, à sa femme : ■•■•.••.

Saint-Maximin, 29 messidor an II (17 juillet 1794).

« . ..J'ai fait le voyage à pied .. Nous avons été logés aux Pénitents blancs. Ton frère [M. Rostan, de Saint-Maximin], nous a donné à diner et promis à souper... Il peut arriver que nous ayons quelques jours de séjour à Aix, mais .cela n'est pas. bien sûr. ».

Livron, 9 thermidor an II (27 juillet 1794). « ...Nous voici arrivés dans un village où nous avons trouvé de l'humanité. On nous a placés dans la maison d'un ci-devant où nous sommes assez à notre aise. Je te dirai que depuis que nous sommes partis d'Avignon, nous avons logé notre première couchée à Orange. C'est là où nous avons senti l'éellement l'infortune. Les prisons y sont pleines au point que nous fûmes destinés à coucher dans une cour sans-paille, et il pleuvait, sans avoir nos matelas. L'humanité du concierge nous plaça, sur sa responsabilité, dans une espèce d'écurie, sur un peu de la paille que nous trouvâmes délicieuse. Je passe un voile sur les événements qui se passent dans cette ville, qui est bien à la hauteur des circonstances. De là nous fûmes coucher à Piérrelàtlé, ou


DU VAR 241

nous trouvâmes un concierge honnête qui nous donna tous les soulagements possibles. Le citoyen Féraud y a été malade dans la nuit. Son hernie lui a sorti. Nous avons été obligés de l'y laisser. Nous avons appris aujourd'hui qu'il, se trouve mieux. Peut-être qu'on le fera joindre avant notre arrivée à Lyon. Ensuite nous avons couché hier à Montélimar dans la tour du château. Nous y avons été passablement mal. Malgré cela, ma chérie, le courage et la patience sont à l'ordre du jour. Le ciel donne de force pour supporter les peines qu'il nous envoie. Je ne te cache pas qu'elles sont grandes. Tous les jours nous ajoutons à nos malheurs. Et malgré cela nous mangeons avec appétit du pain noir et nous dormons paisiblement. Nous avons pris un domestique pour pouvoir nous procurer des aliments à notre arrivée aux prisons. Nous avons rencontré un garçon honnête qui nous parait fort attaché. Ce sera réellement un grand secours pour nous. Ma lettre sera mise à la poste à Valence demain. Je t'écrirai encore de Lyon lorsque nous y serons arrivés. Plus nous nous éloignons, plus nous sommes regardés comme des coupables. Cela ne doit pas le surprendre. Comme on nous voit conduire avec précaution, le peuple juge d'après les apparences, mais nous espérons que le tribunal nous justifiera et nous rendra la justice que nous croyons que notre conduite mérite... ».

Cette lettre ne fut pas mise à la poste à Valence, mais seulement à Lyon où le convoi arriva le 15 thermidor (2 août 1794).

« —Me voici arrivé depuis hier», écrit Brun le 16 thermidor (3 août), « en bonne santé avec mes camarades d'infortune, à la réserve du citoyen Féraud dont nous n'avons plus eu de nouvelles. .. Nous avons appris les événements arrivés à Paris. Nous

16


242 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

partirons demain pour suivre noire destination. La rouie est très pénible. Nous sommes conduite avec la plus grande précaution, malgré notre bonne foi à suivre exactement là; consigne qu'on nous donne. Les prisons sont pleines partout... ».

3m# Convoi (1) : durée du voyagé, 41 jours

Départ de Grasse le 15 thermidor an II ; (2 août 1794), Cannes, 15 (2), Fréjus, 16 (3), Vidauban, 17(4), Brignoles, 18(5). S'-Maximin (Var), 19 (6), Trets, 20 (7), Aix, 21, 22 (8, 9), Lambesc, 23 (10), Orgon (Bouches-du-Rhône), 24 (11), Avignon, 25 (12), Orange (Vaucluse), 26 (13), Pierrelatte, 27 (14), Montélimar, 28 (15), Valence, 29, 30 (16, 17), S'-Vallier (Drôme), l*r fructidor (18), Péage-de-Roussillon, 2 (19), Vienne (Isère), 3 (20), Lyon, 4 (21), Villefranche (Rhône), 5 (22), Maçon, 6 (23), Tournus, 7 (24), Châlon, 8 (25), Conches, 9 (26), Autun (Saôneet-Loire), 10 (27), Saulieu (Côte-d'Or), H, 12, 13 (28, 29, 30), Avallon, 14, 15 (31 août, 1er septembre), Vermenton, 16 (2), Auxerre, 17 (3), Joigny, 18, 19, 20 (4, 5, 6), Sens (Yonne), 21 (7), Monlereau, 22 (8), Melun, 23 (9), Brie (Séine-et-Marné, 24 (10) ; arrivée à Paris le 25 fructidor (11 septembre),

4m" Convoi (2) : durée du voyage, 86 jours Départ de Grasseie 24fructidor an II (10 septembre 1794) (3);

(1) D'après' une note d'un des prisonniers, François Fédon (arch. dôp. Var, série E, papiers de la famille Fédon, aux Arcs). Fédon estime qu'il dépensa 1.900 livres pendant sa détention à Grasse, du 13 nivôse au 14 thermidor, an II (2 janvier-l^ août 1794), 4<lQ livres pendant son voyage, et 500 livres pendant sa détention à Paris, du 26 fructidor an II au 24 brumaire ait III (12 septembre-li novembre 1794).

(2) On n'a pu reconstituer entièrement les étapes du 4"" convoi. Dans les papiers précités communiqués par M. Gavoty etaux archives nationales, je n'ai trouvé que peu de détails.

(3) Page 83, ligne 11, lire 10 septembre au lieu de 2éseptembre.


DU VAR 243

Avignon, 2° sans-culottide (18 septembre) ; Orange, Pierrelatte, Montélimar, 4e sans-culottide(20 septembre) ; Valence, 1er vendémiaire an III (22 septembre 1794), Vienne, 4 vendémiaire (25 septembre), Mâcon, 9 vendémiaire (30 septembre), Tournus, 10 vendémiaire (1er octobre), Ghâlon, 11 vendémiaire (2 octobre), Conches, 12 vendémiaire (3 octobre), Autun, 13,14 vendémiaire (4, 5 octobre), AvaTlon, 16 vendémiaire (7 octobre), Vermenton, 17 vendémiaire (8 octobre) ; arrivée à Paris le 24 vendémiaire (15 octobre).

0

L'un des prisonniers, Charles Gavoty fils, |de Brignoles, a écrit en 1849 un mémoire où il raconte les péripéties de son arrestation et de son voyage.

En voici un extrait :

« L'on eut l'indignité de m'envoyer à Paris par 33 jours de voyage (1), et presque toujours avec les poucettes... Je n'ai rien à raconter ici que des événements de route fort insignifiants et ordinaires.

« En arrivant à Paris et en débouchant sur la place de Grève par l'arcade S'-Jean, nous vîmes debout la guillotine qui venait de s'exercer sur le dernier individu qui fut guillotiné pour cause d'opinion. C'était un prêtre » (2).

(1) Gavoty, étant parti de Brignoles et non de Grasse, resta moins longtemps en route que ses compagnons.

(2) L'abbé François Beâufils, ex-curé constitutionnel de S'-Christophe-sur-Loire, a été en effet exécuté le 24 vendémiaire an III (15 octobre 1794).



TROISIEME PARTIE

i

Arrêté de Barras et Frérbn nommant les meiûbres du tribunal

Au nom de la République Française - et de la Loi, '

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie réunis à leurs collègues près lès départements méridionaux,

Considérant la nécessité de rendre à la justice criminelle toute l'activité qu'exigent les circonstances impérieuses dans lesquelles se trouve le département du Var ;

Considérant que par l'assassinat (1), l'absence (2) ou la défection (3) des membres composant le tribunal criminel séant

(1) Allusion à la condamnation à mort par le tribunal sectionnaire de Toulon de Jean-Sébastien Barthélémy, ancien président du tribunal criminel du département.

(2) Allusion à Nicolas Monier, greffier du tribunal, emprisonné par les sectionnaires toulonnais.

(3) Allusion à Bayne, l'accusateur public, qui avait embrassé la cause fédéraliste.


246 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

à Toulon, les prisons sont remplies de prévenus de délits graves ;

Considérant que dans ces instants de crise générale où le brigandage, le meurtre et les trahisons sont exercés par une faction scélérate ennemie de la République et de la liberté, un des devoirs les plus essentiels des représentants du peuple est de faire punir les traîtres ;

Arrêtent:

Qu'il sera sur le champ établi dans la ville de Grasse pour le département du Var, un tribunal criminel, lequel tribunal sera formé, suivant la loi, des membres pris dans les tribunaux des districts qui doivent fournir, et attendu les difficultés de convoquer dans le mpment le corps électoral, les représentants du peuple nomment provisoirement pour remplir les fonctions de président du tribunal criminel, le citoyen Vincent Lombard, du Heu des Ares; pour accusateur public près le même tribunal, le citoyen Vachier, homme de loi, de Barjols., et pour greffier du même tribunal, le citoyen Gérard, homme de loi, de Cotignac, lesquels seront tenus de se rendre trois jours après la notification du présent dans la ville de Grasse, lieu fixé pour les séances du tribunal.

Le procureur général syndic est chargé, sous peine de responsabilité, de convoquera la réception du présent arrêté les juges des districts qui doivent composer le tribunal criminel. Lesdits juges seront aussi tenus sous peine de responsabilité de se rendre dans la ville de Grasse trois jours après la notification qui leur sera faite par le procureur général syndic. Le président du tribunal criminel assemblera les juges sitôt leur arrivée dans


DU VAR 247

la ville de; Grasses lesquels fs;'occuperont sur le champ et conformément aux lois du jugement des détenus dans la maison de justice. Le tribunal est autorisé de nommer les huissiers et secrétaires prescrits par la loi. Le déparlement est requis de faire préparer un local convenable aux séances du tribunal criminel et de pourvoir aux dépenses qu'il nécessitera.

A Solliès, lé 8 septembre 1793, l'an 2" de la République

française Une et indivisible. Les représentants du peuplé près l'armée d'Italie réunis à

leurs collègues dans les départements méridionaux. Paul Barras, Fréron, Robespierre jeune, Ricord (1).

II

Autorisation de Barras et Fréron aux membres du tribunal de nommer un greffier

Fox-Amphoux ce 7 octobre, l'an 2'de la République.

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie

aux président et juges du tribunal criminel du département du Var.

Nous vous autorisons, citoyens président et juges, de désigner provisoirement un greffier du tribunal criminel séant à Grasse.

Les représentants du peuplé près l'armée d'Italie, Paul Barras, Fréron (2).

(1) Arcli. dép. Var, L. 137.

(2) Greffe. Dossier 48.


248 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

III

Lettre de l'accusateur public à Barras, Fréron, Escudier, Ricôrd, Robespierre jeune, à propos de l'installation du tribunal

Je vous adresse sous ce pli la liste des citoyens qui ayant été mis par vous en état d'arrestation se trouvent dans la maison de justice. Je vous invile à me faire passer leurs actes d'arrestation avec les motifs et le nom de leurs dénonciateurs. Ces pièces me sont nécessaires pour dresser mes actes d'accusation. Adressezles moi le plus tôt possible.

Je dois vous observer que j'ai inutilement cherché dans les dépôts publics de cette ville la loi qui attribue aux tribunaux criminels des départements la connaissance et jugement des délits contre-révolutionnaires. Je présume que cette loi a été promulguée depuis le 31 mai, qu'elle n'est pas encore parvenue dans ce département. (Ce district n'a encore reçu de la collection: des lois que celles du mois de juin). Le tribunal criminel n'a donc aucun titre qui fonde sa juridiction contre les anti-révolutionnaires. Vous pèserez dans voire sagesse, si en attendant l'arrivée de la loi vous devez ou non suppléer provisoirement à sa disposition par un de vos arrêtés. En adoptant cette mesure, déterminez le genre de procédure que nous devons observer, si c'est la procédure ordinaire ou l'extraordinaire introduite pour le tribunal révolutionnaire de Paris.

J.-B, Vachier (l). 14 octobre 1793.

(i) Greffe. Dossier 53.


DU VAR 249

IV

Lettre de Barras et Fréron à l'accusateur public

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie et les déparlements méridionaux è l'accusateur public du département du Var.

Nous avons reçu, citoyen, votre dépêche et nous voyons avec satisfaction que la justice criminelle va bientôt reprendre son cours.

Nous vous adressons quelques lois qui pourront vous être nécessaires et nous autorisons le tribunal criminel révolutionnaire du Var d'exercer ses fonctions de la même manière que celui des Bouches-du-Rhône.

Une infinité de conspirateurs ont été traduits dans les prisons criminelles de Grasse; il est nécessaire de les juger promptement et de prouver au peuple que la République poursuit les traîtres.

Vous trouverez à l'administration du département une liste imprimée de tous les mandats d'arrVt que nous avons été forcés de lancer conlre les ennemis de la République une et indivisible; il est dit qu'ils seront traduits au tribunal criminel ; vous voudrez bien en conséquence requérir leur jugement (1).

Toutes les personnes que nous avons fait mettre en état d'arrestation sont accusées d'avoir eu des relations avec les rebelles de Toulon et de Marseille, d'avoir invoqué la dissolution

(1) Suivent des renseignements sur Trucy père et fils, Allègre, gendarme, de Barjols ; Mally, de Lorguès.


250 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

de la Convention nationale, d'avoir attenté contre la représentation nationale, l'unité et l'indivisibilité de la République. La plupart sont des royalistes que vous devez juger avec sévérité et sans partialité. Le département du Var attend avec impatience l'époque où vous entrerez en fonctions; il a ainsi que nous la plus grande confiance en votre patriotisme et en voire justice. Salut el fraternité. Les représentants du peuple près l'armée d'Italie, Fréron, Paul Barras.

Marseille le 3e jour du second mois de l'an 2e de la République française (24 octobre 1793) (1). -

V

Arrêté de Barras autorisant le tribunal à juger révolutionnairement les contre-révolutionnaires

Au nom de la République,

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie,

Considérant combien il importe à la sûreté publique que les traîtres qui ont conjuré contre la patrie, que les scélérats sectionnaires reçoivent au plus tôt la juste punition de leur crime ;

Arrêtent :. . . Que le tribunal criminel séant à Grasse jugera les prévenus de contre-révolution qui seront traduits devant lui, de la même

(1) Greffe. Dossier 47.


, DU 'VAR... • ■' ,251

manière et sur les mêmes formes quele tribunal révolutionnaire des Bouchés-du-Rhône séant à Marseille. A Saint-Tropez le 24 de brumaire, l'an 2e dé la République (14 novembre" 1793).

',■'■ '"'"'.. Le représentant du peuple,

Paul Barras (1).

VI

Arrêté de Barras et Fréron prescrivant que les Varois incarcérés à Marseille seront jugés par le tribunal da Var

■\\' . .■'.'■.'■ LIBERTE, ÉGALITÉ.

Au nom du peuplé français,

Les représentants du peuple près les armées elles départements du Midi,

Considérant qu'un décret de la Convention nationale renvoie les justiciables p'ar devant leurs juges naturels ; „

Considérant qu'un de leurs précédents arrêtés attribuait au tribunal criminel révolutionnaire de Marseille le jugement de plusieurs citoyens dû Var prévenus de complicité avec les rebelles de Toulon ;

Considérant que cet arrêté a dû avoir force de loi tant que le nouveau tribunal révolutionnaire du département du Var, séante Grasse,: n?a point été organisé ; ;;

Considérant que ce motif n'existe plus puisqu'aujourd'hui ce

(1) Greffe. Dossier 48.


252 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

tribunal est en pleine activité et qu'il réclame l'exécution de la loi relativement aux prévenus du département du Vàr détenus dans les prisons de Marseille ;

Rapportent leur arrêté du (1);

Arrêtent que lesdits prévenus seront traduits sans délai par devant le tribunal criminel révolutionnaire du département du Var;

Enjoignent à l'accusateur publicïde faire procéder sur le champ à cette translation ainsi qu'à l'envoi au greffe dudil tribunal de toutes les pièces concernant lesdits prévenus.

Fait à Marseille le 2 frimaire an 2 de la République une et indivisible (22 novembre 1793).

Fréron, Paul Barras.

Le Secrétaire de la Corn-mission nationale, Thune (2).

-■■;"■■ Vil

Arrêté de Saliceti, Fréron et Barras nommant des juges à poste fixe

LIBERTÉ, ÉGALITÉ.

Au nom du peuple français,

Les représentants du peuple près les armées et les départements du Midi,

Considérant que dans un gouvernement révolutionnaire toutes

(1) En blanc dans le texte original. (2; Greffe. Dossier 48.


DU VAR 253

les autorités constituées doivent porter ce caractère et principalement les tribunaux criminels chargés de juger les traîtres et les rebelles ;

Considérant que le mode établi pour la formation des tribunaux criminels ordinaires ne peut s'appliquer sans inconvénient aux tribunaux révolutionnaires ;

Que les services s'y faisant alternativement par des juges pris

et renouvelés tous les trimestres dans les tribunaux civils, les

; représentants du peuple, en suivant ce mode, ne seraient point

autant rassurés sur la réunion des vertus et des principes !... '

j nécessaires à ces fonctions, qu'en rappelant à poste fixe des

; personnes dignes de la confiance de la loi et de la leur ;

! Arrêtent :

!

I ' ' ■

Qu'à compter du trimestre actuel et jusqu'à ce qu'il soit ! autrement ordonne, le tribunal révolutionnaire séant à Grasse, | sera complété par les citoyens Hermentaire Giboin, de Draguii gnan; Abbat, de Lorgues, et Barrière (1), lesquels conjointement | avec le président et l'accusateur public actuellement en exercice, | jugeront révolutionnairement tous les conspirateurs du départej ment du Var et autres qui pourraient leur être attribués ; ils | connaîtront néanmoins des crimes ordinaires par la voie des ;. jurés.

(1) Les représentants avaient d'abord désigné « Gattein, résidant à j Hyères ». Ce nom fut effacé et remplacé par Barrière. 11 s'agissait | sans doute de Jean-Claude Gattein, ex-eordelier, nommé juge du I district d'Hyères en novembre 1792,


254 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Fait à Toulon, 6 nivôse an 2 de la République (26 décembre

: 1793). .'■ ■■■..;-'

Saliceti, Fréron, Paul Barras;

Le Secrétaire de là Commission nationale, Thune (1). '

VIII

Lettre du président du tribunal concernant l'exécution de la loi des 27-28 germinal (16-17 avril 1794)

Grasse, le 12 floréal an 2e de la République française une et indivisible (1er mars 1794).

Le président du tribunal criminel aux représentants du peuple composant le Comité de Salut public.

Le tribunal criminel du département du Var, séant à Grasse, a reçu cejourd'hui le décret de la Convention nationale dés 27e et 28e jours de germinal (16, 17 avril 1794), concernant la répression dès conspirateurs, etc.

D'après l'article Ie 1' portant « les prévenus de conspiration seront traduits de tous les points de la République au tribunal révolutionnaire à Paris », le tribunal a cru devoir suspendre ses opérations relatives aux prévenus de contre-révolution, du jugement desquels il était investi par arrêté particulier des représentants du peuple dansle Midi.

Les arrêtés des représentants du peuple ayant force de loi, jusqu'à ce que la Convention en ait autrement ordonné,, le

(1) Greffe. Dossier 48.


DU VAR 255

tribunal doit-il se bornera juger les coupables de délits ordinaires et de ceux qui lui sont attribués par décret; ou bien doit-il continuer de juger révolulionnairement ceux qui sont détenus dans la maison de justice pour être prévenus d'avoir pris part à la rébellion du Midi, et l'article 1er du décret cité les concerne-t-il? Salut et fraternité.

V. Lombard.

P. S. — Si le tribunal ne doit plus juger les conspirateurs, doit-il juger ceux qui étant prévenus de conspiration et s'étant soustraits à l'examen de la justice ont été mis hors de la loi par décret du 23 ventôse dernier (13 mars 1794) (1).

IX

Lettre de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux

COMMISSION Paris le 7 prairial l'an 2- de la République

DES ADMINISTRATIONS CIVILES, une et indivisible (26 mai 1794).

POLICE ET TRIBUNAUX

EGALITE, FRATERNITE, LIBERTE.

Le Commissaire des administrations civiles, police et tribunaux, au président du tribunal criminel du département du Var, à Grasse.

Citoyen, lé Comité de Salut public nous a renvoyé ta lettre par laquelle lu lui demandes si lé tribunal que tu présides, qui a été

(1) Greffe. Dossier 50.


256 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

investi par un arrêté particulier des représentants du peuplé du pouvoir déjuger les coupables de contre-révolution doit, d'après la loi des 27 et 28 germinal (16, 17 avril 1794), se borner à juger les coupables de délits ordinaires, et si dans le cas où il ne pourrait plus juger les conspirateurs, il peut néanmoins juger ceux qui étant prévenus de conspiration et s'étant soustraits à la justice, ont été mis hors la loi par le décret du 23 ventôse (13 mars 1794).

D'abord je t'observe que l'article 2 de la loi du 19 floréal (8 mai 1794), dernière rédaction, porte que les « commissions^ et tribunaux révolutionnaires établis dans quelques départements par les arrêtés des représentants du peuple, sont supprimés », mais il paraît d'après cette loi que le voeu de celle du 27 germinal (16 avril 1794), n'est point de réduire précisément aux délits ordinaires la compétence des tribunaux des départements, mais seulement de donner au tribunal révolutionnaire établi à Paris la connaissance exclusive de tous les crimes çôntrerévoluliônnaires.

Aussi la loi du 19 floréal (8 mai 1794) veut que les tribunaux criminels «continuent de connaître concurremment avec le tribunal révolutionnaire et dans la forme prescrite par la loi du 30 frimaire (20 décembre 1793), des crimes d'embauchage, de fabrication, distribution ou introduction de faux assignats ». Elle veut également qu'ils continuent aussi de juger concurremment « avec le tribunal révolutionnaire, et dans les formés prescrites par les lois des 28 mars 1793, 30 vendémiaire (21 ' octobre 1793) et 26 frimaire (16 décembre), les émigrés et déportés rentrés en France, ainsi que les individus mis hors la loi par les décrets des 7 et 17 septembre 1793 ». Quant à ceux


DU VAR 257

qui ont été mis hors la loi par le décret du 23 ventôse (13 mars 1794), puisqu'ils sont pré venus de conspiration, il est évident qu'ils sont compris dans l'article 1er de la loi des.27 et 28 germinal (16, 17 avril 1794), qui veut que les prévenus de conspiration soient traduits de tous les points de la République au tribunal révolutionnaire à Paris.

Salulet fraternité. Herman (1).

X

Circulaire de l'accusateur public annonçant la suppression du tribunal révolutionnaire

Circulaire aux administrations des 9 districts du Var du 3 prairial an 2' la République une et indivisible (22 mai 1794).

Les lois des 27 germinal (16 avril 1794) et 19 floréal (8 mai) derniers ont supprimé le tribunal révolutionnaire du département du Var ainsi que de tous les autres départements, excepté de celui de Paris. Ce n'est donc plus à moi que vous devez.adresser les papiers relatifs à des prévenus de délits nationaux à moins qu'il ne s'agisse d'un délit national dont la connaissance a été conservée aux tribunaux ordinaires par le décret du 19 floréal (8 mai).

Salut et fraternité. J.-B. Vachier (2).

(1) Greffe. Dossier 59.

(2) ïd. 53.


258 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

XI Arrêté de Ricord fixant les honoraires des membres du tribunal

ÉGALITÉ, LIBERTÉ.

Au nom du peuple français,

Les représentants du peuple députés par la Convention nationale près ,l'armée d'Italie, les départements du Var et des Alpes-Maritimes,

. Vu la pétition des membres composant le tribunal criminel du département du Var, tendante à leur accorder une indemnité pour leur Jenir lieu de traitemsnt depuis l'époque de leur nomination ; ■

Arrêtent :

Que les membres composant le tribunal criminel du département du Var, établi provisoirement à Grasse, seront payés ainsi que l'étaient les membres dudil tribunal lorsqu'il était séant à Toulon ;

Et attendu que les circonstances où se trouvait le déparlement du Var ont exigé que nous ayons nommé à poste fixe des juges pris hors les tribunaux ordinaires et dont l'énergie et le patriotisme pût nous rassurer entièrement sur les jugements révolutionnaires qu'ils avaient à rendre ;

Arrêtent : Que dépuis l'établissement dudil tribunal et jusques au premier fructidor les juges actuels seront payés à raison de quatre mille cinq cents livres par année, tant pour leur traitement que pour l'indemnité que les circonstances ont nécessitée ;


DU VAR 259

Arrêtent de plus que les deux commis attachés au tribunal recevront l'indemnité de deux mille livres chacun par année ;

Les administrateurs du département du Var sont chargés de faire acquitter par le receveur ces divers traitements.

Fait à Grasse le dix-sept thermidor, l'an second de la République une et indivisible (4 août 1794).

Ricord (1).

XII

Lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Barjols

16m* jour du second mois de l'an 2* de la République une et indivisible (6 novembre 1793).

Vous savez, citoyens, et je vous ai déjà écrit plusieurs fois sur cet objet, que les citoyens Auguste Gontard, Trucy père, notaire; Trucy fils, ci-devant secrétaire du district de Barjols, sont en. état d'arrestation et enfermés dans la maison de justice du département. Je vous prie de me fournir le plus tôt possible, sur chacun d'eux, les renseignements suivants :

Au sujet de Gontard, je vous demande s'il est vrai, 1° qu'il se soit toujours montré l'ennemi de la Révolution ; 2° qu'il ait méconnu la Convention et ses commissaires près les armées, comment, en quel lieu, à quelle occasion et à quelle époque ; 3° qu'il ait tenu contre les représentants du peuple près les armées les propos les plus injurieux et ne tendant qu'à rien moins de les

(1) Greffe. Dossier 48.


260 LE TRIBUNAL: RÉVOLUTIONNAIRE

faire égorger, quels sont ces propos, en quel temps, en quels lieux les a-t-il tenus. (Le, tout par des à peu près s'il n'est pas possible d'avoir des renseignements plus Certains) ; 4° qu'il ait commis les actes les plus arbitraires en qualité de membre du Comité des sections. (La violation du domicile du citoyen Barras m'est connu, et sur ce fait j'ai déjà demandé une liste de témoins que je vous demande encore), enfin qu'il ait provoqué le rétablissement de la royauté. Par quels propos? Où les a-t-il'-tenus? Est-ce à force armée ou sans armes? Est-ce avant ou après la publication à Barjols de la loi du 9 avril dernier qui met la provocation au rétablissement de la royauté au nombre des tentatives contre-révolutionnaires. Il est très essentiel que vous me répondiez précisément sur cette dernière question.

Au sujet de Trucy père, 1° s'il a reçu Bayne dans sa maison et s'il avait ce conspirateur chez lui au moment où il expédia l'ordre à un gendarme d'aller aussi saisir le représentant Roubaud, s'il avait connaissance de cet attentat projeté; s'il n'y a pas coopéré, comment il y a coopéré. Quelle conduite le prévenu a tenu à Barjols avant, depuis l'ouverture des sections, après qu'elles ont été formées ; 2° s'il n'a pas tenu aucun propos tendant à discréditer les assignats; s'il n'a pas insinué à des citoyens qui recevraient des paîments en assignats de protester contre ces paîments. Quels sont ces propos? Sont-ils multipliés? A quels citoyens les a-t-il tenus ?

Au sujet de Trucy fils, s'il a été véritablement députée Toulon par les sections. A quelle époque à peu près, à quel objet? Quelle conduite a-t-il tenu avant, lors et après les sections? Quelle conduite, s'il est possible, a-t-il ténu à Toulon et à Barjols après son rétour.


DU VAR 261

Au sujet d'Allègre, dit Cette, s'il a véritablement exécuté l'ordre d'arrêter le représentant Roubaud ; quelles circonstances capables d'aggraver ou diminuer ce délit ont accompagné l'exécution de cet ordre ? Quelle conduite a tenu le prévenu, avant, lors et après les sections.

Sur toutes ces questions, autant qu'il vous sera possible, présentez-moi des faits et des témoins.

Je crois inutile de vous dire de répondre avec sincérité et sans passion. Chacun doit la vérité aux tribunaux vengeurs de la Société. Ici tairs un fait est un crime comme de le supposer.

Adieu, frères et amis.

J.-B. Vachier (1).

XIII

Lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Fox-Amphoux

27 brumaire de l'an 2* de la République une et indivisible (17 novembre 1793).

Vous devez savoir, citoyens, que Louis-François Jaubert, fabricant de drap, domicilié dans votre cité, a été mis en état ■ d'arrestation par les représentants du peuple Barras et Fréron. Je-vous invité à me donner sur ce citoyen les renseignements suivants :

S'est-il toujours montré l'ennemi des sociétés populaires î A-t-il manifesté cette haine par quelques faits extérieurs? Quels

(1)'Greffé. Dossier 53:


262 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

sont ces faits? A-t-il provoqué la destruction des sociétés populaires ? Quels moyens a-t-il employé pour les faire détruire?

A-t-il calomnié la représentation nationale? Comment l'a-t-il calomniée? Est-ce par des propos ou par des éerils? Est-ce en public ou dans des conversations particulières? S'il l'a calomniée par des écrits, ces écrits ont-ils été bien répandus? S'il l'a calomniée par des propos, ces propos ont-il été souvent répétés ? Les a-t-il tenus en divers pays ? A-t-il donné des preuves d'attachement au système abominable des sections ? Quels faits de sa part prouvent cet attachement ? Cet attachement a-t-il continué après que les sections de Marseille eurent méconnu la Convention nationale ? A-t-il continué après la trahison de Toulon ? A-t-il donné aucune preuve de repentir après que Marseille eût rompu avec la Convention nationale? Depuis la Révolution a-t-il constamment donné des preuves d'incivisme? A-t-il donné des preuves d'incivisme depuis l'établissement de la République ? Sur tous les faits que vous coterez contre le prévenu, fournissez-moi une liste de témoins capables de les attester. Si vous n'entendiez le sens de quelques unes des questions proposées, vous pouvez vous adresser au Comité de Barjols, ainsi qu'au district dé là même ville qui vous l'expliqueraient. Je vous estime trop pour craindre que ce dernier avis ne blesse votre amour propre. Un républicain ne doit s'offenser que lorsqu'on lui reproche un défaut de patriotisme ou quelque vice de coeur.

Salut, sans culottes, frères et amis.

J.-B. Vachier.

P. S.— Répondez-moi le plus tôt possible à toutes les questions


DU VAR 263

proposées, par des à peu près lorsque vous ne pourrez faire une réponse précise (1).

XIV

Dépositions des témoins dans l'affaire Poney, de la Roquebrussanne

L'an second de la République une et indivisible et le vingtunième dé pluviôse (9 février 1794), à dix du matin, nous César Barrière, juge du tribunal criminel révolutionnaire du départementdu Var. séanten la commune de Grasse, commissaire à ce délégué, écrivant Pierre Fabre, commis greffier près ledit tribunal, avons reçu en la salle d'audience du palais de justice la déclaration des citoyens....... . ......(2), tous de la commune

de la Roquebrussanne, témoins produits par l'accusateur public dudil tribunal pour déposer vérité sur l'acte d'accusation porté contre le nommé Poney, de la Roquebrussanne, prévenu de propos contre-révolutionnaires, d'avoir été l'auteur de l'établissement des sections dans sa commune. Après avoir fait prêter serment aux témoins susnommés de dire.la' vérité, toute la vérité-, rien.que la'vérité et leur.avoir fait lecture de la dénonciation contre ledit prévenu et du décret du 5 de pluviôse (24 janvier 1794) contre 1B faux témoignage, avons procédé à leur audition de la manière suivante : Est comparu Honoré Brémond, cordonnier, âgé de 26 ans, de la commune de la Roquebrussanne, non parent, allié, ni serviteur, ni domestique du prévenu;a dit qu'étant

(1) Greffe, 53.

(2) Suivent les noms et prénoms des témoins, reproduits ci^après.


264 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE '

un jour à la section, il entendit dire à un citoyen qu'il fallait arracher l'arbre de la liberté et que sur ce propos le nommé Poney fit la motion de ne pas l'arracher seulement mais encore de le faire disparaître des yeux des citoyens pour jamais ; déclare de plus qu'il lui a entendu dire dans une assemblée de trois ou quatre personnes que l'armée de la République qui descendait du côté de Lyon était une armée de brigands et que Toulon était notre père et Marseille notre mère et plus n'a déclaré.

Lecture faite, a dit sa déposition contenir vérité, persisté et déclaré ne savoir signer.

Barrière. Fabre, commis greffier.

Jean-Baptiste Dupuy, secrétaire greffier de la commune de la Roquebrussanne, ôgé de 50 ans, non parent, etc. (1), a déclaré que Poney avait été l'auteur de l'ouverture des sections dans sa commune, qu'il lui avait entendu dire publiquement à bas le club et vive la section ; déclare de plus le déposant que: Poney avait été en députalion avec Bonfils à Toulon pour aller solliciter la force départementale qui arriva le lendemain à la Roquebrussanne ; déclare de plus qu'il avait vu arriver Poney avec le nommé Olivier venant de Toulon et qui apportèrent différents papiers qui leur avaient [été] remis par le Comité général des sections de Toulon qu'ils .firent afficher dans la commune de Roquebrussanne et que Poney se vantait publiquement d'avoir été bien reçu, lui et son collègue, delà part des sections de Toulon ; ajoute le déposant que Poney avait été l'auteur des processions qui avaient eu lieu dans sa commune après l'ouverture des sections pour fanatiser le peuple et plus n'a déclaré savoir.

(1) Nous supprimons les formules.


DU VAR 265

Lecture faite et à signé.

Jean-Baptiste Dupuy. Barrière.

Fabre, commis greffier.

Jean-Joseph Raymonenq, tisseur à toile, âgé de 34 ans, de la commune de la Roquebrussanne, non parent, etc., déclare que s'élant trouvé un jour à la séance des sections de sa commune qui est celle, à ce qu'il croit, dans laquelle on ferma le club pour le travestir en section, il apprit qu'on avait délibéré de changer le bonnet de la liberté qui était dans la salle de la société du club en un autre, et que s'étant trouvé ensuite dans une autre séance de la section, lui déposant entendit dire à Poney qu'il fallait ô'ter le bonnet de la liberté pareequ'il avait été mis par des mains incendiaires et qu'il ne fallait plus rien de tout ce qu'avaient établi les clubistes ; ajoute le déposant qu'il avait entendu dire dans la commune de la Roquebrussanne que Poney avait été à Toulon pour y prendre l'affiliation des sections et plus n'a...

Lecture faite

Reymonenq aîné. Barrière.

Fabre, commis greffier.

Honoré Roubaud, ménager, âgé de 25 ans, de la commune de la Roquebrussane, y résidant, non parent, etc., déclare qu'étant un jour à la société du club, avant l'établissement des sections, Poney fit la motion de rayer du tableau de la société les citoyens Dupuy et Caslellan disant qu'il ne fallait plus les souffrir dans le sein de la société et plus n'a

Lecture faite et déclaré ne savoir signer.

Barrière. Fabre, commis greffier;


266 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Louis Fortou, aubergiste, de la commune delà Roquebrussanne, âgé de 36 ans, y domicilié, non parent, etc., disaient Barras et Fréron, ni à ce que déclare que s'étant trouvé dans la dernière séance du club, il entendit faire la motion à Poney qu'il ne fallait plus s'en rapporter à ce que disaient Barras et Fréron, ni à ce que faisait la Convention nationale qui étaient un tas de brigands qui voulaient amener la contre-révolution, que Poney disait de plus qu'il ne fallait plus croire les clubistes parce que les scélérats Barthélémy, Silvestre et Gay (1), de Toulon, avaient mis le désordre dans la République et qu'ils auraient livré Toulon aux Anglais, si les honnêtes gens ne les avaient déjoués. Le déposant dit de plus que Poney dit à cette époque qu'il ne fallait pas non plus craindre l'armée de Dubois-Crancé parcequ'elle n'était composée que de quatre chais, el qu'elle avait été défaite à Orange par les Marseillais et qu'il fallait se tenir prêts pour donner des secours aux Marseillais; ajoutant que Poney disait encore que Félix Wimpffen avançait tous les jours vers Paris avec son armée et qu'une fois arrivé à Paris il détruirait la Convention nationale et qu'il n'en échapperait pas un ; dit de plus le déposant que Poney avait dit qu'il fallait se réunir à Marseille et à Toulon, que Marseille était notre mère et Toulon notre père et qu'il fallait se tenir prêts pour augmenter de quarante hommes l'armée qui venait de Toulon pour aller à Brignoles ; ajoute le déposant qu'il avait ouï dire à Poney qu'il fallait inviter un prêtre qu'il y avait dans le pays à l'effet de bénir la chapelle où s'étaient tenues les séances du club et qu'il fallait faire une procession à Notre-Dame, el que si on avait supprimé

(1) Il faut lire Gueit.


DU VAR 267

les chapelles, ce n'avait été que pour enlever la religion au peuple, el plus n'a ....

Lecture faite.... .ne savoir signer.

Barrière. Fabre, commis greffier.

Raymond Fortou, agriculteur, âgé de 33 ans, de la commune de la Roquebrussanne, non parent, etc., déclare n'avoir rien entendu dire au prévenu sur les faits contenus en l'acte d'accusation porté contre lui et plus

Lecture faite.... .a signé.

Fortou. Barrière.

Fabre, commis greffier.

François Borel, agriculteur, âgé de 58 ans, de la commune de la Roquebrussanne, non parent, etc., déclare avoir ouï dire à Poney devant la porte du ci-devant maire de la Roquebrussanne que les clubistes étaient des coquins et des brigands el qu'à la première section il les arrangerait; que quand la force départementale arriva à Roquebrussanne, lui déposant entendit dire à Poney dans l'assemblée qui eut lieu alors dans la paroisse que ceux des volontaires qui ne voudraient pas lirer le sort pour marcher avec celte force armée toulonnaise et aller à Brignoles, seraient conduits à Toulon el qu'on mettrait des soldats chez eux à discrétion ; et plus ....

Lecture faite.....

Borel. Barrière.

Fabre, commis greffier.

Biaise Bayol, perruquier, âgé de 34 ans, de la commune de la Roquebrussanne, et y résidant, non parent, etc., a déclaré que lorsque la force départementale de Toulon fui arrivée à la


268 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Roquebrussanne, il entendit dire dans les rues qu'on allait lirer lé sort pour réunir quarante hommes à cette force armée; que lui déposant se porta à la paroisse où se faisait le tirage, il entendit dire à Poney qu'il fallait tirer lé sort et se former en compagnie

et plus

Lecture faite.....

Baybl. ..... Fabre, commis greffier.

Barrière.

Joseph Bonaud, agriculteur, âgé de 35 ans, de la commune.de la Roquebrussanne, non parent, etc., à déclaré avoir entendu dire à Poney dans l'assemblée de la section qu'il fallait arracher l'arbre de la liberté; déclare de plus que Poney dit encore à son retour de Toulon que les prêtres qui étaient mariés resteraient avec leurs femmes et qu'ils ne diraient plus la messe el plus....

Lecture faite.....

Fabre, commis greffier. ; Barrière.

Jean-François Raymonenq, agriculteur, âgé de 38 ans, de la commune de la Roquebrussanne, non parent, etc., a dit qu'il avail entendu dire à Poney dans l'assemblée du club qui fut érigé en section, qu'il fallait arracher l'arbre et le bonnette la liberté, que.ce[s] signe[s] qui n'avaient été mis que par des mains incendiaires clubisles ne devaient plus paraître à leurs yeux ; que Poney dit de plus que le scélérat qui avait ôté la couronne de ladite s 1' Vierge de Toulon avait été guillotiné et que ladite ,ste Vierge avait été recouronnée, qu'il fallait faire une procession à la chapelle de Noire Dame pour faire renaître la paix dans le pays ; le déposant ajoute que Poney avait dit qu'il fallait se réunir à ses frères de Toulon el faire comme eux;, sortir' la s1*


DU VAR 269

Vierge de Roquebrussanne et aller en procession à Noire Dame,

et plus

Lecture faite

Reymonenq. Barrière.

Fabre, commis greffier.

Lors.de la confrontation, Jean-Baptiste Dupuy a ajouté qu'il est mémoratif d'avoir entendu dire à Poney, prévenu, en présence de deux ou trois personnes de ne pas accepter l'acte constitutionnel sur le motif que la Convention n'était pas complète et a signé. Jean-Baptiste Dupuy. V. Lombard.

Turrel, greffier (1).

XV Acte d'accusation contre François Allègre, de Barjols

Citoyens, François Allègre, dit Cette, gendarme national de résidence à Barjols, reçut l'été dernier du scélérat Bayne une réquisition de se porter à Aups pour saisir le représentant Roubaud. Il fut à Aups el se présenta en la maison du représentant pour exécuter la réquisition.

Je l'accuse d'avoir violé la représentation nationale ; je demande que les témoins produits contre lui soient entendus et qu'il soit jugé conformément aux lois.

A Grasse le vingt-deux pluviôse an 2e de la République une et indivisible (10 février 1794).

J.-B. Vachier (1).

(1) Dossier 138.


270 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

XVI

Acte d'accusation contre Antoine Barberi ou Barbier, de Cagnes

Citoyens, le ltr septembre dernier (vieux style), le nommé Antoine Barberi, du lieu de Cagnes, se trouvant dans un cabaret situé audit lieu, dit que tant que nous n'aurions pas de roi, nous serions malheureux.

Je l'accuse de provocation au rétablissement de la royauté el demande à faire entendre mes témoins sur ce chef d'accusation.

Fait à Grasse le 15 frimaire an 2* de la République une et indivisible.

J.-B. Vachier (1).

XVII

Extrait de l'acte d'accusation contre Alexandre-Boniface Jordany, de Draguignan

Citoyens, la première calamité publique que produisit l'ouverture des sections dans le déparlement du Var fut de lever une puissance monstrueuse, liberticide, contre la puissance légitime et protectrice de la liberté. Jusques alors des eiloyens trop crédules purent voir le système sectionnaire tendre à consolider la Révolution, mais une fois décidé que les sections opprimaient les patriotes, méconnaissaient la Convention et les représentants

(1) Dossier 125.


DU VAR 271

près les armées, forçaient les citoyens à leur désobéir, à les mépriser et même à se lever contre eux; se déclarer alors partisan des sections, c'était se rendre rebelle, c'élait se fédéraliser, c'était marcher au despotisme sur les débris des autorités légitimes. A une époque où les soidisantes autorités sectionnaires (dites Comités des sections), étaient d'un côté, les autorités légitimement constiluées étaient de l'autre ; à une époque où Toulon et Marseille coalisés avaient levé l'étendard de la révolle contre le souverain, Alexandre Jordany, sur le sort de qui vous allez prononcer, se présenta aux sections de Draguignan, y prêcha avec feu qu'il fallait se joindre aux Toulonnais et abandonner les représentants du peuple près l'armée d'Italie. Il dit que Toulon fournirait des subsistances et que les représentants du peuple étaient dans l'impuissance d'alimenter le département. Il trouva des opposants à l'exécution de son projet désastreux, il intrigua, menaça et vint enfin à bout de le faire adopter.

Comme le peuple essentiellement bon n'est susceptible que d'un égarement momentané, délivrés des inlrigues de Jordany, les habitants de Draguignan révoquèrent bientôt leur première délibération. Le prévenu devint alors furieux, les traita de j. f. Il quitta Draguignan de désespoir, partit pour Toulon, espérant sans doute de rencontrer dans cette ville infâme des êtres plus dignes de lui par leur scélératesse. Il trouva que Toulon venait de consommer son crime en se livrant aux Anglais ; que nos troupes commençaient à le cerner du côté de la terre. Désespérant d'y pénétrer, il tenta et vint à bout par intrigue de se faire nommer secrétaire d'un de nos commissaires ordonnateurs. Il occupait cette place si peu faite pour lui et ourdissait sans doute quelque nouvelle perfidie lorsqu'il a été saisi et traduit à Grasse.


272 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE : ■

J'accuse.donc Alexandre Jordany, originaire de la commune de; Draguignan, de s'être levé contre l'autorité légitime, d'avoir tenté d'enlraîner les habitants de sa commune dans le système liberticide du fédéralisme, je l'accuse en Un mot d'avoir été un des plus chauds contre-révolutionnaires du département du Var/ Je demande que les témoins produits contre lui soient entendus et qu'il soit jugé conformément aux lois.

■ ':'.■: J.-B; Vachier (1).

XVIII

Extrait de l'acte d'accusation contre Barbegier, Chiboust, Jaubert et Garnier, de Fox-Amphoux

Citoyens, les aristocrates des petites cités sont les plus dangereux. Dans les grandes habitations se trouve toujours une masse de citoyens éclairés. Un très petit nombre suffit pour faire connaître la vérité et rendre impuissants les efforts de l'aristocratie, mais dans une cité rélrécie quelquefois un ou deux individus sont les seuls en élat de discerner le bien du mal. S'ils sont ennemis de la chose publique, il leur est facile de vicier toute la masse. Ils le font d'autant mieux qu'étant moins aperçus, ils ont plus de hardiesse. Il est vrai que les complots éclatent ordinairement au milieu d'une grande population, mais les maximes anti-sociales en viciant l'opinion des petites réunions de citoyens disséminés sur la surface dé la République, disposent les esprits à l'exécution des grands crimes contre l'État. Si nous suivions la trame ourdie contre la liberté dans différents dépar(1)

dépar(1) 130.


DU VAR 273

temehts, nous eh trouverions les premiers fils plantés dans les petites habitations.

Aujourd'hui que la malveillance est relancée de ce qu'on appelait jadis les grandes villes, on doit craindre avec raison qu'elle ne vienne se réfugier dans les campagnes en attendant que de proche en proche elle puisse de nouveau se glisser dans les grandes cités.

Le seul moyen de prévenir ce mal est de punir sévèrement les scélérats qui ont osé abuser de l'ignorance et de la simplicité des habitants de la campagne. La terreur contiendra alors ceux qui; seraient tentés une seconde fois de porter les campagnards contre une révolution qui doit faire leur bonheur.

Fox-Amphoux est une petite cité composée à peine de cinq cents individus. Barbegier, maréchal-ferrant, Chiboust, chirurgien, Jaubert et Garnier, tisseurs à toile, sont tous quatre domiciliés en cette commune. Ils devaient avoir par état et ils avaient effectivement la plus grande influence sur leurs concitoyens.

Voici l'usage qu'ils en ont fait (1).

XIX

Extrait de l'acte d'accusation contre Victor Buisson, de Néoules

Citoyens, quoique les hommes naissent inégaux en force et

(1) Dossier 131.

18


274 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

en talents, je ne puis apercevoir dans cette inégalité naturelle le germe du despotisme qui afflige la terre. Rarement les moyens physiques'et moraux se trouvent réunis dans le même individu. La supériorité de force n'est d'ailleurs pas si exclusive que sur vingt-cinq ou trente sujets, il ne s'en trouve souvent plusieurs capables dé contrebalancer leur pouvoir et de les neutraliser par leurs rivalités. Cette supériorité peut bien rendre l'individu qui la possède en état de soumettre momentanément à ses volontés, celles d'un petit nombre d'autres, mais elle ne lui fera jamais établir un système suivi d'oppression que nous appelons despotisme, s'il n'a d'autres moyens que ses forces physiques ou inorales. La tyrannie ne peut avoir d'autres basés que cette funeste proposition : que l'oppresseur est un délégué de l'Etre Suprême pour commander aux hommes et qu'il ne doit compte de sa conduite qu'à Dieu même. Pour faire entrer cette erreur révoltante dans la tête des hommes voués à l'oppression, il a fallu nécessairement imaginer des êtres intermédiaires entre le créateur et la créature et les rendre exclusivement interprètes des volontés du ciel. Telle est l'origine du sacerdoce. Son objet a donc été d'établir et de consolider le despotisme et je soutiens, avec toute la force que peut donner une vérité profondément sentie, que s'il n'y avait jamais eu de prêtres, il n'y aurait jamais eu de tyrans sur la terre.

Quoique la tyrannie soit détruite parmi nous, le sacerdoce existe encore par un reste de l'attachement populaire et la Convention a sagement jugé qu'à la raison seule appartenait le droit d'anéantir ce funeste préjugé. Mais les tribunaux doivent surveiller avec la plus grande attention les prêtres attachés par état au royalisme. Ils doivent par la terreur du châtiment conte-


DU VAR 275

nir ceux qui voudraient encore, au nom du ciel, rétablir les oppresseurs de la terre. Victor Buisson est curé de Néoules (1).

XX

Extrait de l'acte d'accusation contre Jonquier et Barthélémy,

de Bandol

Citoyens, les républicains ne céderont jamais à la force ; leur franchise mettra toujours en défaut la ruse de leurs ennemis. Le triomphe de la République est aussi assuré que celui de la nature sur les vains efforts de l'art. Mais de tous les moyens employés contre la Révolution, le plus dangereux et le moins inefficace est sans doute le fanatisme.

En disant ici que l'Être suprême veut être adoré en latin non en grec, il fait ruisseler le sang d'un millier de victimes ; en soutenant là que la pureté du coeur n'est point suffisante aux yeux du père de l'univers et qu'il veut être prié sous de certaines formes exclusives, il allume une lutte éternelle entre toutes lés sectes. Tout récemment, parmi nous, il a crié que Dieu rejetait nos prières si elles ne lui étaient présentées par la caste sacerdotale romaine. Son cri a produit la guerre civile et un vaste désert dans plusieurs départements de la République. Le seul remède contre ce fléau destructeur qui veut changer le créateur en assassin de ses créatures, c'est la terreur. Les imposteurs qui, quoique très impurs, prétendent au droit exclusif d'offrir à

(1) Dossier 159.


276 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE j

l'Être suprême les offrandes de l'homme juste, Ont toute la lâcheté qui accompagne l'imposture. Lancez sur eux "le (sic) - foudre populaire déposé dans vos mains ■ que vos coups âttëi-r gnent lès plus hardis avec la rapidité de l'éclair, bientôt toute la horde disparaîtra du sol de la République.

Louis Jonquier, curé de Bandol, et Jean Barthélémy, ci-devànt procureur juriditionnel du ci-devant seigneur de la même commune, paraissent avoir conspiré pour fanatiser le peuple (1).

' ' XXI -. ■-■' .

Interrogatoire de Théodore de Pontevès-St-Blaise

L'an second de la République une et indivisible et le premier jour de pluviôse (20 janvier 1794), à onze heures du matin> le tribunal criminel révolutionnaire dû département du Var, séant en cette commune de Grasse, étant assemblé dans la salle d'audience, est comparue à la barre, libre et sans fers, à la réquisition de l'accusateur public, la nommée Pontevès, ci-dévant Sl-Blaise ; le président l'a interrogé ainsi que suit ;

Interrogée de son nom, surnom, âge, profession et demeure,

A répondu s'appeler Théodore Pontevès, âgée de sôixante-etonze ans, domiciliée à Draguignan depuis trente ans, originaire de Barjols.

Interrogée si elle avait Une correspondance établie avec Perrache, de Draguignan, ci-devant d'Ampus,

(1) Dossier 163.


DU VAR 277

A répondu et avoué.

Interrogée si elle ne lui a pas écrit le 29 septembre de Barjols à l'adresse de Monsieur d'Ampus, maréchal de camp,

A répondu et avoué.

Sur la représentation à elle faite de celte lettre, a répondu la reconnaître pour l'avoir écrite.

Interrogée si elle reconnaît une lettre à elle adressée pour être de Perrache dit d'Ampus,

A répondu et avoué.

Interrogée pourquoi elle a écrit à Perrache, de Barjols, que M. de Barras avait mis la désolation dans Barjols,

A répondu que si elle a mis dans sa lettre écrite au maréchal d'Ampus, c'est qu'il avait fait arrêter plusieurs personnes, que beaucoup fuyaient et qu'on était désolé de voir tout cela.

Interrogée de nous dire si M. de Barras avait fait arrêter des braves gens et qu'on ne doit pas se désoler quand des coupables sont arrêtés,

A répondu que les familles se désolaient et qu'elle n'a entendu parler que de la désolation de ces familles dans sa lettre.

Interrogée ce qu'elle entendait dire à Perrache, quand elle lui à écrit « je crains bien que vous ne soyiez compris dans le désastre de Lyon ; il est bien maltraité »,

A répondu qu'elle entendait parler des actions que son cousin avait sur un pont sur le Rhône et qu'elle craignait qu'il ne les perdît.

Interrogée si elle savait que Pellicot-Seillans fut réfugié à Toulon,

A répondu qu'elle l'ignorait totalement.

Interrogée ce qu'elle a entendu dire en écrivant : « nous avons


278 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

eu un beau train; la nation entière se lève. Quand se coucherat-elle ? »,

A répondu qu'elle a entendu que toute la nation s'étant levée, quand elle a dit quand se coucherâ-t-elle, elle a voulu dire quand aurons-nous la paix et la tranquillité.

Interrogée si elle n'a pas voulu dire plutôt par cette expression quand la nation se couchera-l-elle, que la nation devait s'endormir afin qu'on pût la réasservir encore,

A répondu qu'elle, n'a pas eu cette idée.

Interrogée pourquoi l'année passée, malgré l'abolition des qualités, elle qualifiait Perrache, maréchal de camp, dans les lettres qu'elle lui écrivait, malgré les lois,

A répondu que c'est par habitude qu'elle à écrit de la sorte.

Interrogée pourquoi elle datait du 29 septembre et ne s'est-elle pas servie de l'expression consacrée pour désigner l'ère de la République,

A répondu qu'elle n'est pas habituée encore à ce genre de date.

Interrogée pourquoi elle n'a pas signé cette lettre, et si c'est par affectation,

A répondu que ce n'est pas son usage de signer les lettres qu'elle écrit.

Interrogée que sans doute elle regardait avec Perrache d'Ampus, Barras comme un brigand, puisque ce dernier lui a écrit qu'il répandait la terreur et la désolation partout; « le désordre est ici comme chez vous »,

A répondu qu'elle n'a pas entendu que Barras eut mis le désordre, mais bien les esprits remuants et intrigants.

Interrogée si elle n'entrelenail pas des correspondances avec


DU: VAR ■■: '..279

.TÇû-lonj puisqu'elle a écrit: que Castellan, de.Barjolsy était retenu prisonnier à La Malgue,

A. répondu qu'elle ne:.Correspondâit pas "avec Toulon et qu'elle a su que Castellan était prisonnier à La Malgue par Castellan père chez qui elle logeait.

Interrogée si elle a toujours aimé la Révolution,

À répondu qu'oui, si elle devait nous donner la tranquillité.

Interrogée qu'elle n'aime point la Révolution puisqu'elle ne correspond qu'avec des aristocrates ou gens suspects et qu'elle n'y. parle que des objets .qui ont trait à la désolation-et.à, la :terreur,:ce qui prouvela haine pour la. Révolution,: .À répondu qu'elle -n'a jamais eu d'autre correspondance qu'avec,des: personnes qu'elle-connaît depuis trente ans.. ...

'Interrogée si lé 29 septembre dernier, elfen'â écrit à Perrache d'Ampus « nous vivons dans une incertitude désolante) en attendant que quelque'heureux moment vienne nous-.eh tirer » ;;et ce .:qu'elle:a..entendu,dire par cette phrasé,K ,y.-:-'•'■"■■■■

A .répondu .qu'elle n'entendait, point parler d'une manière contre-révolutionnaire> en s'êxprimant ainsi, mais: bien que: la Révolution.s'achevât bientôt et avec tranquillité. "..,:■■' i :'

Interrogée qui lui a écrit une lettre saris date, ni signature, à elle adressée à Barjols, •'■•■'■: '".: ', :- '

'-A répondu Pelliçotl, çi^dévàhtSeillansv \ -:,"■■'". ;-' '.

Interrogée qui lui a écrit.une lettre du :9 juillet dernier sans . date et timbrée de Marseille, sans signature,, .'' : A répondu que c'est la dame Gasquet, ci-devant Villeneuve, de

Marseille. — - -

} Et plus n'a été par nous interrogée. . i;->; :i y-' ;)'


280 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Lecture faite, a dit ses réponses contenir vérité et y a persistéThéodore Pontevès. V. Lombard.

Turrel, greffier (1).

XXII

Interrogatoire de Victor Buisson, de Néoules

L'an second dé la République une et indivisible et le vingtquatrième jour de ventôse (14 mars 1794), le tribunal criminel révolutionnaire du département du Var, étant assemblé, est comparu à la barre, libre et sanë fers, le nommé Buisson, prêtre, prévenu de contre-révolution^ traduit devant le tribunal à la réquisition du citoyen Vachier, accusateur public près le tribunal, afin qu'il soit entendu, interrogé et jugé. Le président l'a interrogé ainsi que suit : Interrogé de son nom, surnom, âge, profession et demeure, A répondu s'appeler Victor Buisson, prêtre, de là commune de Roquebrunè, district de Fréjus, âgé de vingt-quatre [ans], et curé constitutionnel de la commune de Néoules. Interrogé s'il sait pourquoi il a été arrêté et de quel ordre, A répondu avoir été arrêté par ordre du représentant Escudier, ignorant pour quel motif, présumant toutefois que c'est pour avoir chanté dans la paroisse une prière dont il avait annoncé le but à ses paroissiens. Interrogé quelle a été sa vie politique depuis 1789, A répondu que depuis le commencement de la Révolution, sa

(1) Dossier 128.


DU VAR 281

vie politique a toujours été celle d'un bon patriote, qu'ayant été obligé de quitter sa commune, attendu le fanatisme des prêtres et l'aristocratie qui y régnait, il avait été à Fréjus auprès de l'évêque constitutionnel qui lui avait donné une place de sacristain à Fréjus, qu'ensuite il avait été dans la commune de Néoules, employé en qualité de procuré, nous observant qu'avant de quitter Fréjus il avait été reçu membre de la Société populaire après un scrutin épuraloiré et qu'il avait monté sa garde toutes les fois qu'il en avait été requis.

Interrogé quelle était son opinion sur la constitution civile du clergé,

A répondu n'avoir jamais partagé les opinions erronées des anciens évéques et de leurs satellites relativement à la constitution civile du clergé, qu'en son particulier il l'a très fort approuvée, puisqu'il s'est fait ordonner par l'évêque constitutionnel et qu'il a prêté le serment requis par la loi. .

Interrogé .quelle a été son opinion sur le jugement du dernier des tyrans de îa France,

A répondu que lors du jugement du dernier des tyrans, il avait approuvé tout ce qu'avait fait la Convention à ce sujet, qu'il avait même dit à Néoules que la Convention venait de faire un acte de justice, en faisant tomber la tête du dernier des tyrans et que sans cela il en résulterait les plus grands maux pour la France et même la guerre civile. ,

; A lui observé qu'il en impose au tribunal puisqu'il a dit tout le contraire dans sa commune à l'époque;du jugement de Càpet, : A répondu qu'il se rappelle fort bien d'avoir dit lorsqu'on, •voulait faire signer à chaque particulier leur opinion sur la mort du tyran, que c'était à la Convention seule à qui nous avions


282 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

donné nos pouvoirs à lé juger, parcequ'elle seule en connaissait tous les crimes dont il s'était rendu coupable.

Interrogé ce qu'il pensait de l'appel au peuple voté par quelques membres de la Convention,

A répondu qu'il, a toujours cru que la Convention avait des pouvoirs suffisants pour le juger et que l'appel au peuple devenait' inutile.

Interrogé qu'il a dit plus haut que si la Convention n'eût pas fait tomber la tête du dernier des tyrans nous aurions eu la guerre civile, interpellé dé nous expliquer sur quels motifs il fondait cette opinion,

A répondu qu'il pensait à ce sujet qu'un tyran ne manque pas de partisans et que tant qu'il en existerait en France, ils seraient le germe d'une guerre civile et de division.

Interrogé quelle a été son opinion sur l'arrestation des 32 membres de la Convention,

A répondu que son opinion était que la Convention avait fait en cela un grand acte de vigueur et de justice puisque les membres qu'elle avait décrétés d'accusation étaient les auteurs et lès complices dés mouvements, convulsifs qui avaient agité les départements par les écrits incendiaires qu'ils avaient répandus.

A lui observé qu'il a dit pourtant, qu'à la même époque, la Convention n'était ni libre, ni intègre, et qu'il ne fallait pas reconnaître ses décrets,

A répondu que ce propos avait été tenu ne se rappelant pas par qui, qu'il a pu le répéter, comme ayant été tenu par ;autrui, mais que jamais son opinion, ni ses principes n'avaient été de ne plus reconnaître la Convention, ni ses décrets, sous le vain prétexte qu'elle n'était ni libre, ni intègre; nous observant qu'à l'époque


DU VAR 283

où/le département, ayàit rendu un arrêté relatif aux seçtionsj ' dans lequel il disait de se méfier des principes sûr lesquels on voulait égarer le peuple à la faveur des sections, en lui faisant accroire que la Convention n'était plus libre, il avait.lui-même à la messe paroissiale exhorté le peuple à tenir le serment qu'il avait prêté à la Convention.

Interrogé ce qu'il a pensé de l'établissement des sections dans les différentes communes dû département,

. A,répondu que son ^opinion, était opposée à ces,sortes d'établissements puisqu'il n'y a jamais paru lors même qu'elles avaient été établies dans son canton.

Interrogé si depuis l'époque de l'ouverture des sections de Toulon, il avait des liaisons et des correspondances dans cette ville,

A répondu n'avoir jamais eu de correspondance, ni de liaisons particulières dans Toulon à.cette époque. .--,.■

Interrogé si connaissant le vice des sections' pourquoi' a-t-il . engagé ses concitoyens de se rendre au chef^lieu de canton pour la levée d'une force armée requise par les sections de Toulon et par le soi-disant département provisoire,

A. répondu qu'à l'époque du seize du mois d'août dernier, il était effectivement venu des ordres de Toulon pour effectuer la levée d'une force armée, que son opinion n'était point de fournir' à aucune levée, mais que voyan t que des .esprits mal intentionnés s'agitaient dans tous les sens pour qu'on l'effectuât dans sa Commune, il s'était rendu dans le chef-lieu du canton pour dissuader à ses concitoyens à ne point l'effectuer ; qu'arrivé à Garéoult, il y trouva le peuple assemblé dans l'église paroissiale qui paraissait fort agité, qu'il "parvint néanmoins à empêcher


284 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

cette levée le soir, mais que le lendemain matin, le peuple s'étant assemblé de nouveau et trompé sans doute par des meneurs, cette levée s'était effectuée, mais que lui n'y avait point paru.

A lui observé qu'il en impose au tribunal, puisqu'il a dit en se rendant de Néoules à Garéoult à ses concitoyens que le temps était venu de se montrer, qu'il fallait donner des forces à Toulon pour exterminer les pillards et les pendeurs,

A répondu qu'il ne se rappelle point avoir tenu ce propos et que si toutefois il a pu le tenir c'a été dans l'intention de donner -des forces aux patriotes de Toulon, afin qu'ils ne fussent pas'. maltraités par les factieux qui,étaient dans cette ville et que l?on disait à cette époque que Toulon voulait se livrer aux Anglais.

A lui observé qu'il en impose au tribunal puisque la force armée qui était réclamée par les Toulonnais était destinée pour Brignoles afin d'y aller exercer des hostilités, qu'il ne devait donc pas engager ses concitoyens à se rendre à Toulon afin de secourir les patriotes contre les factieux qui les opprimaient ; interpellé de nous dire mieux la vérité,

A répondu qu'il ne connaissait pas la destination des troupes qu'on réclamait.

Interrogé qu'à l'époque du seize août il était instruit que Toulon était en rébellion ouverte contre la Convention et qu'il ne -pouvait engager ses concitoyens à se rendre dans cette ville rebelle que dans l'intention de favoriser les rebelles,

A répondu qu'il savait bien que dans Toulon les patriotes y "étaient opprimés et que son intention en envoyant des patriotes dans cette ville avait été de leur porter secours.

Interrogé s'il a été à Toulon, lorsque les Anglais y étaient et pour quel motif,


DU VAR 285

A répondu que n'ayant pas été payé de son traitement il avait été au district de Brignoles pour réclamer son ordonnance de paîment; que Clavier, procureur syndic du district, lui avait observé que s'il voulait itre payé, il fallait qu'il fût à Toulon chercher son ordonnance, que n'ayant pas des biens delà fortune et ayant besoin de son traitement pour vivre, il s'était décidé d'aller à Toulon pour réclamer son ordonnance au soi disant département provisoire, qu'il s'était adressé à Lemaure, chef du bureau ecclésiastique qui le renvoya à Ferry, membre dudit département, que ce dernier l'avait très mal reçu et lui avait dit que puisqu'il était prêtre de la Nation, il fût se faire payer à la Nation, que voyant qu'il ne pouvait être payé, il avait tenté de sortir de la ville, mais qu'il avait été retenu à la porte, qu'on ne voulut pas le laisser sortir, qu'étant venu à la municipalité il avait demandé une permission pour sortir, que la municipalité n'avait pas voulu la lui accorder, que dans cet intervalle la générale se battit et qu'on publia l'ordre à tous les étrangers de prendre les armes, qu'il lui fut présenté un fusil en cette qualité, et ordonné de se rendre au fort de Malbousquet, qu'ayant demandé pour quel sujet on voulait le faire marcher vers ce poste, il lui avait été répondu que c'était pour aller au poste de Malbousquet, et que lui accusé crut alors trouver une occasion pour s'échapper de la ville, qu'il prit effectivement les armes, se rendit au poste indiqué, mais qu'il ne put s'échapper parcequ'ils étaient gardés par des gendarmes et des gens de la ville ; et que ce ne fut que le lendemain où de retour du fort Malbousquet où il avait passé la nuit et aux approches de la villej il avait remis son fusil à un de ses camarades sous prétexte de satisfaire à quelques besoins et que ce fut de cette manière qu'il s'échappa, ajoutant qu'il avait


286 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

vu dans la ville avant de se rendre à Malbousquet des gens vêtus de rouge qu'il soupçonna être des Anglais qui venaient en qualité de parlementaires, et qu'au retour du fort, il en vit aussi deux ou trois le long des murs, qui se promenaient, ce qui lui fit soupçonner que les Anglais étaient dans cette ville.

A lui observé qu'il en a imposé au tribunal en lui disant que le lendemain où il avait été envoyé à Malbousquet, on l'avait fait rentrer à Toulon et que vraisemblablement il y était resté plus longtemps qu'il ne nous l'a dit, s

A répondu que vraisemblablement l'intention des Toulonnais était de faire sortir de la ville les étrangers qui s'y trouvaient afin qu'ils ne s'opposassent pas à leurs desseins.

Interpellé de dire s'il n'a pas resté huit jours à Toulon,

A répondu qu'il n'y a effectivement passé que deux jours et qu'il lui sera facile d'en justifier par la date de la quittance qu'il a faite au receveur du district de Brignoles.

Interrogé si étant à Toulon il n'a pas assisté aux sections,

A répondu que non.

Interrogé s'iln'y a pas arboré la cocarde blanche,

A répondu que non ; et qu'un officier ayant voulu lui arracher un ruban aux trois couleurs qu'il avait à son chapeau, il s'y était opposé.

Interrogé pourquoi s'est-il adressé au soi-disant, département afin de retirer son ordonnance, sachant la rébellion où se trouvait Toulon,

A répondu que son intention en cela n'était pas de reconnaître l'autorité illégale du département, et qu'il avait été seulement pour retirer son ordonnance attendu qu'il éprouvait des besoins.

Interrogé si le jour de la fête de l'Assomption il n'a pas fait


DU VAR 287

une procession à la manière Usitée autrefois, el s'il n'a pas chanté V Exaudiat qui a été toujours une prière appliquée pour la royauté, ainsi que l'antienne, Domine, Sàlvumfac regem,

A répondu qu'effectivement à l'époque de la fête de l'Assomption, il avait fait une procession dans laquelle il avait chanté Y Exaudiat et ensuite l'oraison et le verset pour la Nation et non pour le roi ; qu'avant de faire cette procession, il avait expliqué ses intentions à ses paroissiens en leur disant qu'il ne faisait pas cette procession en mémoire du voeu de Louis XIII comme c'était l'usage, mais bien parce que c'était la fête du pays et pour implorer le secours du Très Haut pour qu'il voulût éloigner les ennemis qui étaient prêts à fondre sur nous et nous accorder la victoire sur tous les despotes.

Interrogé s'il ne savait pas qu'il existait un mandement de l'évêque qui interdisait celte procession einolamment Y Exaudiat,

A répondu qu'il savait bien qu'une loi lui interdisait cette prière et cette procession, mais qu'il en avait expliqué les motifs dans ses réponses précédentes. .

Interrogé s'il ne voulait pas plutôt imiter la conduite des • prêtres sectionnaires de Toulon qui avaient fait semblables processions et chanté des prières pour le roi, lorsqu'il s'est permis d'enfreindre une loi qu'il a déclaré connaître,

A répondu que telle n'a pas été son intention et qu'il nous l'a expliquée plus haut.

Interrogé s'il a accepté la constitution républicaine,

A répondu que non ; que son intention était telle, mais que craignant de n'être que trois ou quatre patrioles de cet avis, il s'était abstenu d'aller à l'assemblée primaire pour n'avoir pas le désagrément de la voir refuser, comme elle le fut en effet.


288 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

A lui observé qu'il aurait mieux fait de se présenter afin d'instruire le peuple et le ramener aux bons principes pour qu'il acceptât cette constitution,

A répondu qu'il aurait pris une peine; inutile, attendu que lés esprits étaient montés. [

Interrogé s'il a fait lecture de l'acte constitutionnel à la messe paroissiale,

A répondu que la Constitution ne lui ayant pas été adressée, il n'avait pu la lire à ses paroissiens et la leur expliquer, ainsi qu'il l'avait fait des autres lois qui lui avaient été adressées.

Et plus n'a été interrogé.

Lecture faite, a dit ses réponses contenir vérité, y a persisté et signé.

Victor Buisson. Giboin, président en absence.

. Turrel, greffier (1).

XXIII

Jugement concernant les administrateurs du district de Brignoïes

Vu par le tribunal criminel révolutionnaire du département du Var, les décrets de la Convention nationale du 16 décembre 1792, 27, 29 mars, 9 avril et 26 juin dernier (vieux style) ;

Vu la réquisition du citoyen J.-B. Vachier, accusateur public, pour-que soient traduits devant le tribunal, Honoré Clavier, âgé de cinquante-huit ans, notaire public et procureur syndic du district de Brignolesj Martin Siméon, propriétaire de la commune

(1) Dossier 159.


DU VAR 289

de Correns, âgé de quarante ans, Joseph-Jacques Maure!, propriétaire, de la commune de Méounes, âgé de quarante ans, membres du directoire du district de Brignoles, Jean-Baptiste Coulomb, cultivateur, âgé de quarante-cinq ans, de la commune de Brignoles, membre du conseil d'administration du district, Mathieu Guillabert, ménager, du Val, âgé de quarante ans, membre du conseil d'administration du district, Nicolas Garaehon, âgé de cinquante-neuf ans, ancien chirurgien retiré et président de l'administration dudit district, et Antoine Rossollin, propriétaire, âgé de vingt-huit ans, membre du conseil d'administration dudit district de Brignoles, afin qu'ils soient entendus, interrogés et jugés; vu la dénonciation dudit accusateur public près ledit tribunal, contre lesdits prévenus conçue en ces termes : « Lorsqu'un fonctionnaire public se trouve entre la mort et la nécessité d'obéir à des rebelles, s'il obéit, n'est-il que lâche? Ou même, si l'on veut, au-dessous du courage que la loi exige de sa part ? Ce n'est ni le temps, ni le lieu de discuter cette grande question. Mais lorsqu'il peut fuir et s'abriter sous la puissance légitime, son obéissance à des ordres arbitraires et évidemment liberticides est une trahison. De toutes les trahisons, c'est même la plus funeste et par conséquent la plus digne de toute la rigueur des lois. La gravité de son crime devient indivisible; lorsque la loi lui a présenté un moyen de repentir et qu'il n'en n'a pas profité, il ne doit plus rester alors à ce perfide mandataire du peuple que la haine publique et la mort des scélérats.

Vous allez prononcer sur le sort de Coulomb, Rossolin, Martin Siméon, Garachon, Joseph-rJacques Maure], Guillabert et Clavier, tous membres du district de Brignoles.

19


290 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

. Voici les faits qu'on leur impute :

Au mois d'août dernier (vieux style), le soi-disant département provisoire créé par les sections de l'infâme Toulon adressa au district de Brignoles une proclamation dont l'objet était de convoquer les assemblées primaires pour nommer des électeurs et substituer aux autorités légalement constituées des autorités sectionnaires et liberticides.

Rien ne forçait le district de reconnaître le prétendu département provisoire. Il le reconnut et le cinq du même mois, Coulomb, Rossollin, Garachon et Siméon écrivirent pour requérir la convocation des assemblées primaires.

Ce fait conste par la circulaire signée de ces quatre prévenus que je dépose sur le bureau en original. Toutes les différentes communes auxquelles cette circulaire fut adressée ne nommèrent pas les électeurs.

Le vingt du même mois, Clavier, procureur syndic, écrivit une nouvelle circulaire pour presser la nomination et le départ des électeurs. Je dépose sur le bureau cette lettre en original.

Un fait essentiel à relever est que le onze du même mois et par conséquent neuf jours avant la lettre de Clavier, les représentants du peuple Barras et Fréron avaient adressé au district de Brignoles un arrêté qui fixait provisoirement l'administration départementale à Grasse et contenait des mesures pour sa prompte réorganisation.

Le district de Brignoles ne pouvait donc sans se rendre coupable d'une criminelle obéissance aux ordres des rebelles et d'une désobéissance à ceux des représentants, presser la nomination des électeurs pour Toulon..

Au nombre des mesures contenues dans l'arrêté des représen-


DU VAR 291

tants pour la réorganisation du département, était celui de charger tous les districts de requérir les administrateurs qui, fugitifs de Toulon, se trouveraient dans les communes de leurs ressorts respectifs, de se rendre tout de suite à Grasse. Arbaud, administrateur du département, était alors dans la commune de Correns, lieu de son domicile, distant de deux, lieues seulement de Brignoles. Le district ne daigna pas le convoquer.

Une autre mesure prise pour le même objet par les représentants chargeait chaque district du département de députer un de leurs membres à Grasse.

Il existe bien une délibération du district de Brignoles en date du douze août qui députe Jean-Baptiste Coulomb, mais cette délibération est signée par Siméon, et il conste par le registre de pointe, que Siméon n'était point au district à l'époque où cette délibération fut prise. Je dépose sur le bureau l'extrait parte in qua du registre de pointe et copie duement collationnée de la délibération.

Le dix-huit du même mois d'août, des commissaires envoyés par le soi-disant département provisoire de Toulon se présentèrent au district de Brignoles à la tête d'une force armée; ils se firent livrer les deniers publics qui étaient dans la caisse du receveur. Je dépose sur le bureau l'arrêté pris pour la livraison de ces fonds. Siméon etRossolin l'ont encore signée et avec eux Clavier et Maurel.

Après avoir cédé à la force, ils auraient dû en donner avis aux représentants du peuple.

Ils ne l'ont pas fait.

Je dois observer au tribunal que la force armée de Toulon avait été annoncée à Brignoles quatre jours avant son arrivée;


292 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Le district n'en donna aucune connaissance aux représentants, aucun moyen.pour soustraire les deniers publics à l'avidité des rebelles.

Le district de Brignoles n'a fait inscrire dans ses registres, ni la teneur, ni même le titre des arrêtés des représentants du peuple et cependant il a fait enregistrer les arrêtés pris par le soi-disant département provisoire de Toulon.

A la vérité, il se trouve au bas de chaque arrêté des représentants une délibération portant qu'il sera enregistré, publié et affiché.

Mais pourquoi cette différence entre la forme d'enregistrer ces derniers arrêtés et celle d'enregistrer les arrêtés arbitraires de Toulon? Pourquoi adopter pour l'enregistrement des arrêtés des représentants une forme qui n'est pas avouée par les lois ?

N'est-il pas naturel de croire que les délibérations ontété mises après coup au dos de ces arrêtés ? A l'appui de cette conjecture vient le faux commis par le District et établi par le registre de pointe et la délibération signée Siméon qui pourtant n'était pasprésent, pièces que j'ai déjà déposées sur le bureau.

Le vingt-six juillet dernier (vieux style), le district de Brignoles a écrit au département provisoire établi par les sections de Toulon, qu'il venait de recevoir quatre arrêtés signés Paul Barras et Fréron, que rien ne leur assurait la légalité des ordres y contenus, qu'il n'avait pas cru devoir.s'en occuper sans au préalable avoir consulté ledit département provisoire, que ces déterminations devaient lui être soumises dans tous les cas ; qu'aucun ordre ne devait lui parvenir que par son canal et qu'invariablement attachée ses principes rien ne pourrait jamais l'en faire dévier. Je dépose sur le bureau cette lettre en original.


pu VAR 293

J'en dépose encore plusieurs autres dont l'ensemble vous prouvera que le district de Brignoles a entretenu avec les rebelles de Toulon la correspondance la plus active et la mieux suivie.

J'accuse donc lés prévenus ici présents d'avoir reconnu des autorités rebelles, méconnu l'autorité légale des représentants, ainsi que celle de la Convention nationale, d'avoir provoqué la dissolution des autorités légalement constituées en requérant la convocation des assemblées primaires pour leur renouvellement anticipé. ,

Je demande que les pièces déposées sur le bureau soient lues et qu'ils soient jugés conformément aux lois ».

, Vu les mandats d'arrêt décernés parles citoyens commissaires des représentants du peuple et du département du Var contre lesdits Clavier, Siméon, Maurel, Garaçhon, Rossolin, Coulomb et Guillabert, prévenus ;

Vu différentes lettres écrites par Clavier, procureur syndic, et par les membres composant le directoire et le conseil général d'administration dudit district, desquelles il conste que cette administration rebelle et dévouée à la Commission provisoire de Toulon, a convoqué les assemblées primaires des communes du district à l'effet d'envoyer des députés à Toulon pour procéder "a.u-'remplacement des membres du département, du tribunal criminel et à toutes les autres élections qui pourront leur être déléguées ; qu'elle a méconnu la Convention nationale el les ordres émanés.de ses représentants, et entretenu avec les administrations usurpatrices du pouvoir légitime une correspondance; liberticide et contre-révolutionnaire ;

La lettre du 26 juillet 1793 (vieux style) adressée par,les


294 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

prévenus au soi-disant département du Var est conçue en ces termes : « Nous avons reçu, citoyens administrateurs, par deux ordonnances consécutifs quatre ordres signés Paul Barras et Fréron, membre adjoint à la Commission des représentants du peuple près l'armée d'Italie, dont vous avez ci-joint copie ; comme rien ne nous assure la légalité de ces ordres, nous n'avons pas cru devoir nous en occuper sans au préalable vous avoir consul^- tés, nos déterminations vous devant être dans tous les cas soumises et ne devant de plus recevoir aucun ordre quelconque que par votre canal. Invariablement attachés à nos principes, rien ne pourra jamais nous en faire dévier ».

Nous députons vers vous, citoyens, notre collègue Pellegrin, pour que vous ayiez la bonté de nous prescrire la route que nous avons à tenir dans cette circonstance et le plus hâtement possible. Signés, Siméon, Pellegrin, Guillabert, Rossollin, Coulomb, Garachon, président, Amie et Clavier, procureur syndic.

La lettre que Clavier, procureur syndic, écrit le 1er août 1793> au procureur général, syndic de la Commission provisoire du département est ainsi conçue : « L'administration jdu district, citoyen, a reçu hier soir votre dépêche contenant ordre de ne pas déférer aux ordres qui émaneront des commissaires qui sont à Nice. Tout de suite il a été remis aux commis pour en faire des copies et les envoyer aux municipalités. Je m'empresse de vous en faire part, en attendant que le district s'en acquitte envers la Commission ». Signé, Clavier, p. s.

La circulaire du 5 août 1793 adressée par l'administration du district aux communes de son arrondissement est ainsi conçue : « Nous venons de recevoir de la Commission provisoire du département, - citoyens, une proclamation pour convoquer les


DU VAR 295

assemblées primaires le onze courant dans vos sections et cantons respectifs, à l'effet de nommer les électeurs qui se rendront à Toulon le vingt-cinq pour procéder au choix de trente-six administrateurs et autres prescrits par l'article V de cette proclamation. Nous nous empressons de vous la transmettre de suite, pour que vous agissiez en conséquence ». Signés, Siméon, Garachon, président, Coulomb et Rossollin.

Vu la circulaire du 6 août même année adressée par l'administration aux communes du district, portant: « Par notre circulaire du 27 juillet dernier, nous vous avons invités, citoyens, à faire rejoindre les volontaires des 8e, 9e et 10e bataillons du Var qui étaient chez eux, soit par congé, désertion ou autrement, le commandant delà place de Toulon renouvelle sa réquisition pour les laire partir pour cette ville. Nous vous requérons donc, citoyens, de faire partir tout de suite, de gré ou de force, ceux, des volontaires qui sont chez eux par congé, désertion ou autrement et nous instruire du résultat de vos opérations à cet égard pour que nous prenions les mesures nécessaires et conformes à ce qui nous est prescrit ». Signés, Siméon et Coulomb.

Vu la lettre adressée par l'administration du district à la commission provisoire, le il août 1793, ainsi conçue : «Nous vous adressons lé citoyen Maurel, notre collègue, citoyens administrateurs, pour vous exposer les craintes que nous avons sur lès différentes circonstances, prendre de vous les notions et les renseignements qui peuvent nous être utiles et corroborer les sentiments qui nous animent pour le bien public. Nous espérons que vous l'accueillerez avec votre fraternité ordinaire et qu'il nous rapportera de vous tout ce que nous avons lieu d'attendre


296 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

de vos lumières ». Signés, Garachon, président, Coulomb et Clavier, p. s.

Vu la lettre du 13 août même année écrite par Clavier au procureur général syndic du département du Var en ces termes; Les chefs-lieux de canton, citoyen, ne m'ont pas fait parvenir les verbaux d'élections qui ont dû être faites en suite de la proclamation du département, que le directoire leur transmit à fur et mesure de la réception. Je n'ai pu inviter lès électeurs nommés de se rendre à Toulon le 25 de ce mois, jour fixé par la proclamation, mais au reçu de votre lettre, j'écris aux chefs-lieux de canton de faire cette invitation ». Signé, Clavier, p. s.

Vu une autre lettre du même jour de l'administration au département provisoire de Toulon dont la teneur suit : « Dès la réception de votre lettre du 4 courant, citoyens, nous avons transmis aux municipalités votre proclamation pour la convocation des assemblées primaires à l'effet d'y nommer des électeurs qui doivent se rendre à Toulon le 25 du courant. Les seules communes de Signes, le Val et Cabasse n'ont pas rassemblé leurs concitoyens, ainsi qu'il conste par les procès-verbaux qu'elles nous adressent; toutes les autres ont nommé. Nous nous empressons de vous en aviser, suivant vos ordres, pour remplir un devoir si utile à la chose publique ». Signés, Siméon, J. Maurel, Garachon, président, et Rossollin.

Vu la lettre de Clavier, procureur syndic, aux communes du district, en date du 20 du même mois, dont la teneur suit : « Je viens de recevoir, citoyens, une lettre du procureur général syndic, qui me charge d'inviter au nom de la chose publique les nouveaux électeurs de ce district qui ont dû être nommés à l'assemblée primaire du 11 de ce mois de se trouver à Toulon le


DU VAR 297

25, jour fixé par la proclamation. N'ayant reçu aucun verbal d'élection, je ne puis m'adresser aux électeurs eux-mêmes. Veuillez bien le faire et si vos élections ne sont pas encore terminées, il faut faire en sorte de les terminer le plus tôt possible afin que les électeurs se trouvent à Toulon au jour fixé ». Signé, Clavier, p. s.

(Les lettres ci-dessus relatées ont été cotées et paraphées ne varietur par le président du tribunal et par lui signées ainsi que par les prévenus, chacun en ce qui les concerne, lors de leurs interrogatoires).

Vu l'arrêté des représentants du peuple, P. Barras et Fréron, • daté de Nic'e le 23 juillet 1793 (vieux stylé) qui fait défenses aux administrations du district, d'obtempérer aux demandes des autorités illégalement constituées à Toulon, ainsi que de toutes celles qui sous quelque dénomination que ce soit pourront à leur instar s'élever dans leur district ou commune respectifs ; leur ordonne de la manière la plus expresse de verser au moment de la réception dudit arrêté les fonds de leur caisse dans celle du payeur de l'armée à Nice, s'il y avait lieu de craindre que les rebelles qui égarent le peuple dans le département du Var et dans celui des Bouches du-Rhône interceptassent lesdits fonds, et leur enjoint de se rallier plus que jamais à la Convention 'nationale et à la sainte constitution qu'elle vient de donner au peuple ;

Vu l'extrait du même arrêté collationné le 25 du même mois et signé Garachon, président, el Gautier, secrétaire ;

Vu le procès-verbal du 19 août suivant dressé par les admirriistrateurs du district de.Brignoles; relativement à l'enlèvement


298 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

des fonds de la caisse du receveur du district, fait par la force armée de Toulon ;

Vu divers extraits partie in qua du registre de pointe du district de Brignoles ;

Vu les interrogatoires et réponses desdits prévenus, desquels il résulte :

Que l'administration du district de Brignoles a reçu dans les mois de juillet et août derniers les arrêtés des représentants du peuple près l'armée d'Italie ;

Que notamment celui du 23 juillet (ci-dessus visé) qui enjoignait à tous les districts du département de ne plus'reconnaître les autorités illégalement constituées de Toulon et de se rallier à la Convention nationale, a été enregistré le 29 juillet et envoyé par l'administration le lendemain 30 aux communes ;

Que Clavier, Maure], Siméon, et partie des autre? administrateurs ont, au mépris de cet arrêté, écrit aux communes la circulaire du 5 août, à l'effet de convoquer les assemblées primaires et d'envoyer des.députés à Toulon pour le renouvellement des autorités qui y étaient légalement établies ;

Que lesdits prévenus ont correspondu avec la soi-disant commission provisoire du département du Var et lui ont député deux- de leurs membres, Pellegrin et Maurel, afin de prendre les instructions nécessaires sur la conduite qu'ils avaient à tenir;, que ce fait résulte des lettres des 26 juillet et 11 août (ci-dessus visées) ;

Que Clavier a écrit le l,r août à la commission provisoire, qu'il avait tout de suite envoyé aux municipalités des copies de la dépêche contenant injonction de ne plus déférer: auxi ordres qui émaneront des Commissaires qui sont à Nice ;


DU VAR 299

Qu'il a encore écrit le 18 du même mois au procureur général syndic de la commission qu'il avait fait passer aux communes la proclamation pour la convocation des assemblées primaires ;

Que depuis la fin du mois de juillet dernier, les arrêtés des représentants du peuple n'ont pas été enregistrés; que l'administration du district en a seulement ordonné l'enregistrement sur des dossiers ;

Que le district de Brignoles ne s'est point opposé à ce que la forcé armée de Toulon, commandée par Ferry et autres commissaires du Comité général des sections, enleva le 19 août les fonds de la caisse du receveur; qu'il n'a pas même daigné notifier cet enlèvement aux représentants du peuple ;

Que Guillabert n'a point assisté aux délibérations du mois d'août ;

Que Coulomb est un simple agriculteur, sans connaissance, sans talenls et sachant seulement apposer sa signature ;

Que Garachon, président, et Rossollin ont toujours ignoré et ne se sont jamais mêlés des affaires de l'administration ; qu'ils signaient néanmoins tout ce qu'on leur présentait parce que n'étant pas instruits, ils se reposaient entièrement sur la confiance qu'ils avaient en Clavier, Maurel et Siméon, qui menaient toutes les affaires ; qu'ils ont toujours agi de bonne foi mais sans discernement ;

Le tribunal, après avoir ouï les conclusions de l'accusateur public pour l'applicalion de la loi et les prévenus en leurs défenses respectives ;

Considérant que Maurel el Siméon, membres du directoire du district de Brignoles, et Clavier, procureur syndic, ont été les meneurs de eette administration ;


300 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

Que depuis le 26 juillet dernier ils ont abusé de ]a confiance et de l'ignorance de leurs collègues ; qu'ils ont entretenu une correspondance liberticide et attentatoire à la souveraineté du peuple avec les monstrueuses autorités des sections et de la commission provisoire du déparlement ;

Considérant qu'au mépris .de"-'l'arrêté des représentants du peuple, en date du 23 dùdit mois de juillet qui leur défendait de reconnaître les autorités illégallement établies de Toulon et d'obtempérer à leurs désordres (1), leur enjoignait de se rallier plus que jamais à la Convention nationale, leur ■ordonnait sous leur responsabilité individuelle dé verser sur le champ et au moment de.la réception dudit arrêté les fonds de leur caisse dans celle du payeur général de l'armée à Nice, de Crainte que les rebelles qui égaraient le peuple dans le département du Var n'interceptassent lesdits fonds, l'administration du district de Brignoles a néanmoins postérieurement à l'enregistrement de cet arrêté reconnu la Commission provisoire du département de Toulon; elle a obtempéré à ses ordres, soit en lui envoyant des députés pour fraterniser avec-elle et recevoir des instructions ' relatives à la conduite qu'ils devraient tenir, sôit en convoquant les assemblées primaires à l'effet d'envoyer des députés à Toulon pour procéder à la nomination des membres du département^ du tribunal criminel et aux autres élections qui pourraient leur., être déléguées ;

Considérant encore que l'inexécution de."cet arrêté S ;été la cause de l'enlèvement de la caisse du receveur:; que si le district de Brignoles avait fait verser le 25 juillet derhier les fonds de

(1) Il faut sans doute lire ordres.


DU VAR 301

cette caisse dans celle du payeur général de l'armée, les commissaires du Comité général des sections de Toulon ne les eussent pas enlevés le 19 août suivant ;

Que cette négligence montre en même temps et le mépris que le district faisait des ordres des représentants et sa connivence avec les autorités Usurpatrices de Toulon, puisqu'elle n'a pas. même daigné informer les représentants du peuple de l'enlèvement de ces fonds ;

Considérant encore que la correspondance et la conduite contre-révolutionnaire de Clavier, de Maurel et de Siméon, ci-dessus visés, a été par eux avouée et reconnue lors de leurs interrogats ; qu'en conséquence ils ont tenté de l'ompre l'unité et l'indivisibilité de la République; qu'ils ont méconnu la Convention nationale en refusant d'obtempérer aux ordres émanés des réprésentants du peuple, Paul Barras et Fréron ; qu'ils ont dédaigné de faire enregistrer leurs arrêtés suivant le mode prescrit par les lois et se sont enfin coalisés avec les autorités rebelles qui avaient osé s'élever contre les autorités légitimes ;

Considérant que Guillabert n'a point assisté aux délibérations qui ont été prises en août dernier ainsi qu'il conste du registre de pointe ;

Que Coulomb est un simple agriculteur, dénué de connaissances et de talents, absolument nul pour les affaires d'administra-^ tion, qu'il sait à peine apposer sa signature ;

Que Garachon, quoique président, et Rossollin, membre du conseil, ont toujours ignoré les affaires de l'administration qui étaient menées ô leur insu par Clavier, Maurel et Siméon ; qu'ils n'ont jamais rédigé aucune lettre, ni aucune délibération, que n'étant pas instruits des lois et inexpérimentés pour les affaires,


302 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

ils se reposaient aveuglément sur leurs collègues 1 et signaient sans attention, ni discernement tout ce qu'on leur présentait ; que leurs intentions n'ont jamais été mauvaises et qu'ils n'ont agi que par ignorance et en croyant de faire le bien ;

Considérant enfin que lesdits Guillabert, Siméon (1), Garachon et Rossolin, quoique coupables sont néanmoins excusables soit à cause de leur impéritie, soit à cause de leur bonne foi et de leurs bonnes intentions, soit qu'ils ont agi sans discernement,

Le président, après avoir pris les opinions des membres du tribunal, en commençant par le plus jeune qui ont motivé leur opinion à haute voix, a condamné et condamne à la peine de mort, Maurel et Siméon, membres du directoire du district de Brignoles, et Clavier, procureur syndic, en conformité de la loi du 16 décembre 1792 (vieux style) dont il a été fait lecture, laquelle est ainsi conçue : « La Convention nationale décrète que quiconque proposera ou tentera de rompre l'unité de la République, sera puni à mort » ; de l'article IV de la 3ma section du titre l*r de la II" partie du code pénal, dont il a été également fait lecture, lequel est conçu en ces termes : «Toutes conspirations ou attentats pour opérer la dissolution du corps législatif, ...tous attentats contré la liberté individuelle d'un de ses membres, seront punis de mort » ; de la loi du 27 mars 1793 (vieux style) dont il a été pareillement fait lecture, conçue en ces termes : « La Convention nationale déclaré la ferme intention de ne faire ni paiXj ni trêve aux aristocrates et à tous les ennemis de la Révolution; elle décrète qu'ils sont hors de la loi » ; des articles 1 et 11 du décret du 26 juin dernier (vieux style) dont il

■(!')' Il faut lire évidemment Coulomb^


DU VAR 303

a été également fait lecture, lequel est conçu ainsi que suit : « Les administrateurs, magistrats du peuple,' juges et tous les fonctionnaires publics qui ont pris ou signé des arrêtés tendants à armer les sections du peuple, les unes contre les autres, .. .à faire méconnaître l'existence de la Convention nationale, seront tenus de faire et de notifier dans le lieu de l'exercice de leurs fonctions dans les trois jours de la publication décret, leur rétractation.. .Ceux qui prendront de pareils arrêtés.. n'auront pas notifié leur rétractation dans les trois jours seront déclarés traîtres à la patrie » ;

Déclare conformément à l'article 11 du titre II de la loi du 10 mars dernier, dont il a été également fait lecture, que les biens desdits Maurel, Siméon et Clavier sont acquis au profit de la République ;

Et de même suite le président a acquitté et acquitte JeanBaptiste Coulomb, Mathieu Guillabert, Nicolas Garachon et Anloine Rossollin de l'accusation contre eux portée, en conformité de l'article 11 du titre V de la 1" partie du code pénal dont il a été fait lecture, lequel est ainsi conçu : « Si le coupable a commis le crime sans discernement il sera acquitté du crime » ;

Ordonne en conséquence que Coulomb et Guillabert seront mis sur le champ en liberté et leur écrou barré par le premier huissier requis, conformément à l'article l*r du titre VIII de là loi du 29 septembre 1791 (vieux style) conçu en ces termes : « Lorsque l'accusé aura été déclaré non convaincu, le président prononcera qu'il est acquitté et ordonnera qu'il soit mis sur le champ en liberté » ;

Ordonne néanmoins que Nicolas Garachon et Antoine Rossollin seront retenus en état d'arrestation jusqu'à la paix comme


304 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

personnes suspectes et renvoyés dans une maison de détention en conformité de l'article X de la loi des 12 août et 17 septembre 1793 (vieux style) concernant l'arrestation des personnes suspectes, dont il a été fait lecture, lequel est ainsi conçu : « Les tribunaux criminels pourront, s'il y a lied, faire retenir en état d'arrestation, comme gens suspects, et envoyer dans les maisons de détention, les prévenus de délits... .qui seraient acquittés des accusations portées contre eux ».

Ordonne en outre que le présent jugement sera à la diligence de l'accusateur public, exécuté, imprimé et.affiché dans toute l'étendue du département.

Fait et prononcé à Grasse à six heures de relevée, le quinze pluviôse an second (3 février 1794) de la République une et indivisible, en l'audience publique du tribunal où étaient présents les citoyens Vincent Lombard, président; B. Abbat, H. Giboin, et J. L. Rainaud, juges, qui ont signé la minute du présent jugement.

Giboin. V. Lombard.

Abbat, juge. Rainaud.

Au nom de la République, il est ordonné au premier officier ministériel requis de faire mettre le présent jugement à exécution, aux commissaires près les tribunaux d'y tenir la main et à tous commandants et officiers de la force publique de donner main forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

Donné à Grasse l'an et jour que dessus.

V. Lombard. Turrel, greffier (1).

(1) Greffe. Dossier 136.


DU VAR 305

XXIV

Lettre de l'accusateur public au procureur général syndic du département

20mejoùr du second mois de l'an 2e de la République française une et indivisible (10 novembre 1793).

Je vous'invite, citoyens, à désigner, le plus lot possible, une maison de détention pour les condamnés à être détenus, une maison de force ou un port ou un arsenal propre à recevoir les condamnés aux fers. Je vous invite encore à faire venir une guillotine et un exécuteur des jugements du tribunal criminel du département. Il est d'autant plus urgent que vous satisfassiez à mon invitation, qu'il y a déjà des condamnés à la détention, aux fers et à la mort auxquels il est impossible de faire subir la peine. Il y a même des émigrés dont la vie ne peut être prolongée sans enfreindre les lois dont la Convention exige l'exécution avec le plus de vigueur.

J.-B. Vachier (1)..

XXV

Lettre de l'accusateur public à l'administration du département du Var

15mï de nivôse an 2 de la République une et indivisible (4 janvier 1794).

Citoyens, on m'a dit que la guillotine qui vous a été adressée

(1) Greffe. Dossier 53.

20


306 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

par le département des Bouches-du-Rhône est dans un état d'imperfection; qu'il y avait des chevilles en bois auxquelles il faut substituer des chevilles en fer; qu'il n'y a point de baquet pour recevoir le sang des exécutés. Je vous invite à donner des ordres pour que cette machine soit rendue parfaite autant que faire se pourra. Il me semble même qu'il conviendrait de faire teindre en rouge le bois ainsi que l'échafaud, pour ôter au public le spectacle horrible du sang qui jaillit quelquefois du cou des condamnés.

Salut et fraternité.

J.-B. Vachier (1).

XXVI

Projet des réparations à faire à la guillotine

1° Faire évider tout de suite le tranchant ;

2° Faire ranger le plus tôt possible la demi lunette supérieure

de façon qu'elle ne puisse sortir de la rainure ; 3° La faire teindre en rouge brun ; 4° La rendre roulante ; 5° Faire abattre l'échafaud et unir le terrain qui est dessous

l'échafaud et destiné à recevoir la guillotine ; 6° Faire faire un hangar dans la cour du département pour y

placer la guillotine.

Grasse le 1er ventôse an 2« de la République une et indivisible (19 février 1794).

(1) Greffe. Dossier 53.


DU VAR 307

Lettre adressée à l'agent national du district de Grasse

Je t'invite, citoyen, à donner incessamment les ordres les plus précis pour l'exécution du projet ci-dessus.

J.-B. Vachier (1).

XXVII

Arrêté de Barras et Fréron défendant de protester devant notaire contre des paîments en assignats

Grasse le 19 septembre 1793, l'an 1" de la République une et indivisible.

Au nom de la loi,

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie,

Instruits que plusieurs créanciers font insérer dans les quittances rière notaire à leurs débiteurs qui les remboursent des protestations d'exiger un second paîment en espèces monnayées jùsques au concurrent de la perte qu'ils prétendent éprouver en outre de cette manière ;

Considérant que ces protestations tendent à avilir la monnaie de la République et prouvent dans ceux qui les permettent l'espérance criminelle d'une contre-révolution qu'ils s'annoncent ainsi pour être prêts à favoriser ;

Défendent à tout citoyen d'exiger semblables protestations, et même de les inscrire volontairement et avec le consentement de

(2) Greffe. Dossier 53.


308 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

leurs débiteurs dans leurs quittances et transactions privées sous peine d'être poursuivis comme contre-révolutionnaires ;

Font également défenses à tous notaires et autres officiers publics de recevoir dans leurs registres pareilles protestations ou autres équivalentes sous les mêmes peines et encore d'être destitués de leurs fonctions ;

Enjoignent aux juges de ;paix, bureaux de conciliation et commissaires nationaux de veiller à l'exécution du présent arrêté, le transmettre à toutes les autorités ci-dessus énoncées el encore à tous les districts et communes et de tenir la main de son chef à ce que nul n'y contrevienne et aux procureurs syndics de chaque district de faire l'eprésenter les registres de tous les notaires et parties protestantes pour être poursuivis criminellement conformément aux lois.

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie, Paul Barras, Fréron (1).

XXVIII Lettre de Barras et Fréron explicative de l'arrêté précèdent

L'arrêté des représentants du peuple ne donne qu'un mode pour exécuter la loi qui punit de mort tous ceux qui discréditent les assignats et qui mettent une différence entre l'argent et les assignats.

Ainsi c'est de l'époque que cette loi déjà très ancienne a été rendue qu'il faut nécessairement remonter pour connaître les coupables.

(1) Arch. dép. Var, L. 137 et 1204.


DU VAR 309

Donne à Fox-Amphoux le 7 octobre, l'an 2* de la République française.

Paul Barras, Fréron (1).

xxix :

Lettre de Robespierre jeune interprétative du précédent

Nice 30 ventôse l'an 2e de la République française une et indivisible,(20 mars 1794).

Les représentants du peuple près l'armée d'Italie et les départements du Var et des Alpes-Maritimes, à l'accusateur public du tribunal révolutionnaire du département du Var,

La loi qui interdit toute différence entre le numéraire et les assignats, étant du 11 avril dernier (ancien style), ne saurait être applicables aux protestations faites antérieurement contre les paîments en assignats. L'arrêté des représentants du peuple du 26 vendémiaire (17 octobre 1793) est littéral sur ce point. Les peines portées par cette loi du 11 avril et par les lois subséquentes ne sont donc pas applicables à ceux qui ont fait ou reçu des protestations ayant cette loi sans intention criminelle.

Quant aux protestations postérieures à cette époque, à celles faites ou reçues antérieurement mais dans des intentions contrerévolutionnaires, le tribunal doit après avoir constaté le fait, appliquer la loi en observant que nul ne peut être juge et condamné d'après une loi antérieure au délit duquel il est

(1) Arch. dép. Var, L. 137.


310 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

prévenu à moins que la loi elle-même ne prononce un effet rétroactif.

Robespierre jeune (1).

xxx

Arrêté de Gasparin, Escudier, Saliceti, réputant émigrés les Varois réfugiés dans Toulon

LIBERTÉ, ÉGALITÉ.

Au nom du peuple français,

Les représentants du peuple près l'armée envoyée contre les rebelles de Toulon,

Considérant que les habitants des campagnes qui se sont rendus à Toulon pour y soutenir à force ouverte les principes de ceux qui y ont levé l'étendard de la rébellion ont participé à l'horrible trahison qui a livré cetle ville aux ennemis de la République,

Déclarent :

1° Que les citoyens non domiciliés à Toulon, qui maintenant se trouuent dans cette ville, sont dans le cas fixé par la loi dû 23juillet dernier; en conséquence l'administration du département du Var est chargée de faire exécuter toutes les lois concernant les émigrés à l'égard des citoyens de son arrondissement qui se trouvent dans le cas prévu par le présent article ;

2° Le directoire du département est pareillement chargé de

(1) Greffe. Dossier 48.


DU VAR 311

mettre en état d'arrestation toutes les personnes suspectes ainsi que les familles et parents des citoyens renfermés dans la ville de Toulon.

Fait au quartier général du Beausset, le 14 septembre 1793, l'an 2e de la République.

Gasparin, Escudier, Saliceti. Thune, secrétaire (1).

XXXI

Arrêté de Ricord concernant l'exécution de la loi du 18 nivôse an II (7 janvier 1794)

Au nom de la République,

Les représentants du peuple députés par la Convention nationale près l'armée d'Italie,

Vu la question proposée par l'accusateur public près le tribunal révolutionnaire du département du Var portant si les prévenus mis en arrestation antérieurement à la publication de la loi du 18 nivôse (7 janvier 1794) et en faveur desquels les formalités prescrites par cette loi n'ont pu être observées doivent être renvoyés au Comité de leur commune ou jugés en l'état-par-le tribunal criminel révolutionnaire ;

Considérant que les comités de surveillance et municipalités réunis,, à qui la loi du 18 nivôse (7 janvier 1794) attribue la police de.sûreté, ne pourraient donner au tribunal révolutionnaire des

(1) Arch. dép. Var, L. 141.


312 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE ;

. . r

renseignements sur les motifs des arrestations et dénonciations faites avant la publicatiou de cette loi ;

Arrêtent : Que le tribunal révolutionnaire du département du Var peut juger comme par le passé les détenus et dénoncés pour délit contre-révolutionnaire avant la publication delà loi du 18 nivôse (7 janvier) dernier, sauf audit tribunal, si le cas y échoit, de prendre les renseignements dont il jugera avoir besoin, soit des municipalités, soit des comités de surveillance, soit enfin par tous les moyens qu'il jugera convenable.

Fait à Grasse ce 26 pluviôse Tan 2 de la République française une et indivisible (14 février 1794).

Ricord (1).

XXXII

Lettre de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Solliès

29 ventôse an 2* de la République une et indivisible (19 mars 1794).

Citoyens, lé président du tribunal vient de me remettre une lettré dans laquelle vous vous plaignez d'un jugement qui élargit deux détenus de votre commune dont l'un avait été président dès sections et l'autre membre du Comité central de ces m%mes sections. ~

Je vous dirai là dessus que le tribunal a pensé que les deux

(1) Greffe. Dossier 48.


DO VAR 313

détenus élargis n'avaient pas eu des intentions contre-révolutionnaires et qu'ils n'avaient été que les plastrons des conspirateurs de votre commune.

. Vous vous plaignez encore dé ce qu'on les a jugés sans vous entendre.

Je dois vous observer que d'après les lois actuellement existantes, vous ne pouvez pas être entendus comme témoins, mais seulement me fournir des renseignements. J'ai envoyé un gendarme à Solliès quia pris ces renseignements, par conséquent vous avez été consultés autant que vous deviez l'être.

Vous avez tort de penser que le tribunal n'a pas confiance en vous, parcequ'il ne vous a pas appelés pour venir déposer le 2, le 3 et le 4 du mois prochain (22, 23, 24 mars 1794) contre d'autres détenus de votre commune. Je vous observe encore à,ce sujet que vous ne pouvez pas être entendus comme témoins. Si le tribunal s'était méfié de vous, je ne vous aurai point adressé un gendarme pour avoir des renseignement. Vous, devez savoir que tous les témoins assignés m'ont été indiqués par vous. Je n'ai jamais correspondu avec d'autres personnes, excepté avec le district. A moins que vous n'ayiez de nouveaux témoins à produire et de nouveaux renseignements à me fournir, je ne vois aucune nécessité de renvoyer le jugement des autres détenus au dix du mois prochain.

Vous demandez encore par votre lettre que l'on fasse extraire de la maison nationale de Cotignac et traduire à Grasse, les autres détenus, de Solliès. Je dois vous observer à ce sujet que je ne puis tirer aucun citoyen des maisons nationales pour les faire juger. Ce droit n'appartient qu'aux représentants du peuple et au Comité de Sûreté générale de la Convention.. Le temps


314 LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE

viendra bientôt où ceux des détenus dans les maisons nationales, qui y auront été mis injustement, seront élargis, ceux au contraire qui seront reconnus suspects y resteront jusqu'à là paix et après y seront bannis ; ceux enfin qui seront reconnus contre-révolutionnaires seront traduits aux tribunaux pour être jugés.

Vous voyez, citoyens, que le tribunal n'a rien fait de contraire aux lois. Si par erreur il a mis en liberté des individus qui ne doivent pas y être, vous pouvez réparer ce tort commis involontairement en déclarant suspects ces individus et en les faisant traduire dans une maison nationale.

J.-B. Vachier (1).

XXXIII

Lettre de l'accusateur public à Demoïlin, membre de là Commission municipale au Port la Montagne [Toulon]

11 ventôse art 2e de là République une et indivisible '(1er mars 1794).

Citoyen, Antoine-Biaise Fenouil existe encore. Il est dans la maison de justice du département. J'attends le retour du gendarme qui doit m'apporter des renseignements sur son compte, et à son arrivée je le ferai juger. S'il est innocent, sans qu'on sollicite en sa faveur, il sera acquitté; s'il est coupable,Tes sollicitations seraient inutiles ; il sera puni conformément aux lois. L'intérêt

(1) Greffe. Dossier 53.


DU VAR 315

que tu parais prendre à son sort, ne peut produire d'autre effet que celui de me procurer le plaisir de faire ta connaissance. Salut et fraternité.

J.-B. Vachier (1).

XXXIV

Lettie de l'accusateur public au Comité de Surveillance de Callian

14 frimaire de l'an 2* de la République une et indivisible (4 décembre 1793).

Citoyens, Louis Giràud, président du Comité de Surveillance de Montauroux, a été dénoncé comme un fédéraliste et un contrerévolutionnaire. Sa dénonciatrice est Marianne Camatte, du même lieu. Je crains qu'un désir de vengeance particulière ait ilispiré cette dénonciation,;Je vous en envoie une copie et vous invite à prendre et à me faire passer le plus tôt possible les rénseigneihents que vous pourrez vous procurer sur les faits dénoncés, les moeurs et le patriotisme tant de la dénonciatrice que du citoyen dénoncé. Surtout je vous recommande le secret et la discrétion.

J.-B. Vachier (1).

(ÎJ Greffe. Dossier 53.



TABLE ONOMASTIQUE ^

Abbat (Benoit), 57, 61, 253, 304.

abeille (Joseph); 122: ' ;

Abeille (Paul), 122.

Abélançon (?), 237.

Abou (Pierre), 126.

Achard (N.), 149.

Achard (Augustin), 203.

Agarrat (JosephrHonoré), 171, 214, 231.

Aiguier (Antoine-Louis), 118, 149,210,228.

Aiguiei', dit Gaillardet (JeanBaptiste), 117, 118, 2015, 221.

Aiguier , dit Marion ( Jean - Baptiste), 73, 110, 111, 184, 206,218.

Aiguier (Joseph-Marc), 238. Ailhaud (François), 154, 166168, 183, 206, 209, 213, 230.

Aillaud (Joseph), 76, 179, 180, 216,220.

Aix-en-Provence , 50, 51, 55, 56,91, 150, 168, 174, 183. 192, ,193, 239,.240,,242;

Alavène (Jean), 213.

Allègre, dit Cette (François), 66,119, 121,207, 225,249, 261, 269.

Allègre (Joseph), 158.

Allemand (Marc-Antoine), 192.

Allen (Joseph), 192.

Allier (département de Y), 239.

Alliez (Jean-Baptiste), 189.

Allobroge (légion), 154.

Allot (Victor), 187.

Alméric (Claude), 214.

Alpes (département des Basses-), 51, 107, 151, 155, 168, 173, 227.

Alpes (département des Hautes-), 169, 219.

Alpes-Maritimes (département des), 51, 62, 72, 136, 220, 258, 309.

Aluis, 138, 227.

Alziary (Jean-Honoré), 135,136.

Ambard (André), 192.

Amblapd (Louis d'), 189.

Amie (N.), 294.

Amie (Françoise), 130.

Amiel (Jêan-Baptiste), 192.

Ampus, 98, 99,276-279.

Andravy (Joseph), 144.

André (Marie), 190.

AndrieurAT.;, 136.

Anglais (les), 73, -76, 86, 111, 120,123,143,149,155, 159,266, 271,-284, .286.

Anglais (vaisseaux), 72, 140.

Angleterre, 93.

Annot, 173.

Antibes, 64, 128, 191, 192.

Antiboul (Pierre-Bernard-Grégoire), 122.

(1) Les chiffres indiquent les pages.


318

TABLE ONOMASTIQUE

Arbaud (Jean-Paul), 116, 126,

291. Arbaud (Paul), 51, 239. Arbresle (1'), 239.

Archier (Louis-André), 157,158, 184, 212, 222.

Arcs (les), 56, 104, 204,237,242,

246. Ardisson (Anne), 203. Arène (Antoine), 181. Arias (J.-B.), 174. Arles, 169, 199, 213, 219. Armelin (Jacques), 238. Armiel (Paul), 106. Arnaud (Claude-Joseph), 192. Arnaud (Etienne-Michel), 236. Artichure (1'), 153. Artuffel (Marc-Antoine), 211.

Asquier (Honoré), 162, 163, 212,

230, Astier (N.), 68. Aubagne, 194.

Aube (département de 1'), 142, 153,228.

Aube (Jean-Baptiste-Laurent), 192.

Aubernon (N.), 104.

Aubert (Jacques), 192.

Aubin (Jean). 144.

Aubin (Joseph), 90.

Audibert (Bonifaco), 135,

Àudibert (Honoré), 125.

Audibert (Jacques), 136, 185, 2U9, 227.

Audibert (Jean-Antoine), 167.

Audibert (Pierre), 187.

Augier (Pierre), 187.

Auguis, député à la Convention, . 64.

Aulagnier (Henri), 234.

Aulard, 68.

Auméran (Joseph-Etienne), 133.

Auméran (Victor), 133,134, 209, 222.

Aumérat (Victor), 108, 109, 205, 224.

Aune (Pierre), de Magagnose, 213.

Aune (Pierre), de Plascassier, 170, 214, 231.

Aups, 115, 121,234,269.

Auquier (Jacques), 109, 205,223.

Aurouze (Jean), 80, 169, 213> 219.

Autun, 240, 242, 243.

Auxerre, 240, 242.

Auzé (Jacques), 173, 174, 216, 223.

Auzet (François), 238.

Avallon, 237, 240, 242, 243.

Avignon, 117,150, 239, 240, 243.

Aycard ou Icard (Laurent), 185.

Badine (la), 169.

Baille (Louis), 174,190, 216, 232.

Baillet (Jacques), 234;

Balaguier (tour de), 149.

Ballandra (Joseph), 159.

Bandol, 67, 73, 85, 160, 161, 186, 188, 189, 193, 199, 212, 219, 275, 276.

Barbaroux (Jean-Joseph), 144.

Barbegier (André), 67, 73, 105, 106, 108,205,218,272, 273.

Barbegier (Joseph), 146.

Barberi ou Barbier (Antoine), 66, 92, 93, 204, 220, 270.

Barcelonnette, 169, 230, 236.

Barjols, 56, 57, 62, 65, 66, 68, 73, 96, 97, 105, 114, 119, 164, 194, 19», 205, 207, 212, 217, 2>5, 233, 235, 236, 246, 249, 259, 260, 262, 269, 276, 277, 279.

Baron (Pierre), 185.

Barrabas, 128.


TABLE ONOMASTIQUE

319

Barralier (Joseph-Michel), 188, 237.

Barrallier (Joseph ou JeanFrançois), 148, 149, 188, 210, 229.

Barras, député à la Convention, 54, 55, 57, 59-61, 68, 71-75,86, 91,96-99,104-107,115-117,120, 123, 128, 129, 141, 146, 147, 157, 161, 167, 170, 172, 175, 176, 185, 245, 247-252, 254, 260, 261, 266, 277, 278, 290, 292, 294, 297, 301, 307-309.

Barre (La), général, 139.

Barrière (César), 62, 63, 253, 263-265, 267-269.

Barrière (Charles), 92, 93.

Barrois (régiment de), 135.

Barthélémy (Anne), 157.

Barthélémy ( François ) , de Rians, 173.

Barthélémy (François), de la Valette, 148, 158, 159, 210, 212, 222, 228.

Barthélémy (Jean), 67, 73, 160, 188, 212, 219, 275, 276.

Barthélemy(Jean-Sébastien),55, 120, 245, 266.

Basset (nmmanuel), 234.

Basset (Honoré), 145.

Bastide des Jourdans (la), 175.

Bastidonne (la), 175.

Baston (N.), 191.

Bauchier (Antoine), 127.

Bauduen, 192.

Baudun (François), 178, 179, 190, 216, 223.

Bayle ou Baille (Etienne), 167,

177.

Bayne (Jean-Jacques-Christian - Joseph), 55, 76, 108, 113, 121, 168, 174, 175, 178, 245, 260, 269.

Bayol (Biaise), 119, 267, 268. Bayol (Hippolyte), 138.

Bayol (Louis), 92.

Beaudun (femme), 167.

Beaufîls (François), 243.

Beaumond, 175.

Beausset (le), 55, 109, 192, 235, 311.

Beausset (bataillon du), 138.

Beaussier (Joseph), 64, 187.

Beauvais, député à la Convention, 123.

Beillet fils (François), 84, 154, 155, 211, 229.

Beillet père (Nicolas), 84, 154, 155, 211, 229.

Beillon (Louis), 85, 138, 139, 186, 209, 228.

Belgentier, 138, 199, 209, 227.

Bellaud de la Bellaudière (place), Grasse, 69.

Belletrud (Nicolas), 143.

Bellon (Joseph-Antoine), 174, 175, 189, 216, 223.

Belmont, 159.

Belon (Antoine), 124, 208, 225.

Béolet (camp de), 94.

Bérard (Jean-Baptiste-Martin), 204.

Béraud (Jean-Louis), 79, 161, 162, 212, 213, 219.

Berdil (Laurent), 192.

Bérenguier (Jacques), 162.

Bérenguier (Madeleine), 133.

Berlier (Biaise), 73, 90-92, 129, 204, 217.

Berlier (Marc-Grégoire), 207.

Bernard (Jean), 103.

Bernard ( Jean - Bonaventure ), 108, 109, 205, 224.

Bernard (Jean-Honoré-Paul), 57.

Bernard (Jean-Joseph), 94.

Bernard (Joseph-Bonaventure), 133, 134, 209, 227.


320

TABLE ONOMASTIQUE

Bernardy (Clément), 233.

Berne (N.), 169.

Berret ( Honoré - Guillaume ) , 109, 205, 224.

Berriat-S'-Prix, 51.

Berthe (Jean-Joseph), 167.

Berton (Jean-Pierre), 85, 138, 139, 186, 209.

Bertrand (Jean-Baptiste), 94.

Besse, 62, 172, 231, 235, 238.

Beuf (Esprit), 208.

Beuf (Jean), 150.

Bézaudun, 77, 135, 136.

Biot, 157, 199, 212, 230.

Blacas (André), 124, 208, 225.

Blanc (François), de Claviers, 203.

Blanc (François), de Lorgues, 127.

Blanc (Louis-Emmanuel), 164^ 166, 212, 213, 230.

Blanc (Pierre), 124, 207, 225.

Blancard (Jean-Joseph), 105.

Blancard (Toussaint), 144.

Blancpignon ( Jean - Baptiste - Benoît), 193.

Boeuf (Esprit), 84, 130, 222.

Bona (iV.j, 136.

Bonaud (Joseph), 119, 268.

Bonfils (N..), 264.

Bonic (Jean), 106.

Bonic (Jean-Joseph), 106.

Bonne et belle (Françoise), 125.

Bonnet (François), 215.

Bonnet (Jean-Baptiste), 193.

Bonnet (Martin), 155.

Bonnet (Timothée), 171,214, 231.

Borel (François), 119, 267.

Borjeois (Charles), 187.

Borrelly (Jean-Baptiste), 125.

Bosc (femme), 206.

Bosc (Joseph), 131,132, 209, 226.

Bouches-du-Rhône (département des), 50, 51, 59, 60,. 68, 69, 72, 142, 183, 192, 239, 249, 251, 297, 306.,

Bouchet (Jean-Baptiste-Mâgloire), 121, 123, 207, 221.

Bouffier (César), 159.

Bouis(Jean), 172, 215, 231.

Bouis ^Jean-Joseph), 105.

Bouis (Pierre), 238.

Boulangerie (poste de la), 154.

Bourdeaux (N.), 167, 170, 175, 176.

Bourguet (M-du), 100.

Boussyèref N-J, 137.

•Bouyon(Pierre- Alexandre), 124, 127, 207, 225.

Bover (André), de Camps, 172, 215, 281.

Boyer (André), de Draguignan, 90.

Boyer (Jean - Baptiste - Louis), ■171, 214, 231.

Boyer (Joseph), de Gonfaron, 131, 209, 226.

Boyer (Joseph), de Sanary, 187.

Boyer (Louis), 158.

Bras, 192.

Brémond (N.), 152.

Brémond (Alexis), 137,209, 227.

Brémond (Christophe), 175.

Brémond (Cyprien), 151.

Brémond (Etienne), 172, 215, 231.

Brémond (François), 148, 210, 229.

Brémond (Honoré), 119, 263.

Brémond (Jean-Joseph), 151.

Brémond (Thérèse), 151.

Brémond (Victor), 151.

Bretonnière (Anne), 137, 191, 209,227.


TABLE ONOMASTIQUE

321

Briançon, 174, 223.

Brie, 242.

Brignoles y 60, 67, 68, 74, 105, 114, 115, 117, 120, 132, 137, 138, 151, 155, 161, 172, 186, 191, 193, 194, 206, 207, 218, 221, 224, 225, 231, 236-239, 242, 243, 266, 267, 284-286, ■ 288-293, 297-300, 302.

Broc (Barthélémy), 124, 126,

208,225.

Broc (Jean-Baptiste), 124, 208, 225.

Brodart (Nicolas), 153.

Brouchier (Pierre), 166, 173.

Broussan, 188.

Brun ( Augustin-Henry-Hippolytë), 238..'.

Brun (Jean-Baptiste), 131, 132, 209,226.

Brun (Pierre-Jacques), 236, 239-241.

Brunet fiVJ, 91.

Brunet, général, 91, 141.

Brunet (Joseph), 134.

Bueil, 138, 186, 227, 228.

Buisson(Charles-Ignace-Victor), 67, 73, 150, 151, 152, 211, 218, 273, 275, 280, 288.

Buisson (François), 164, 165.

Cabasse, 115, 117, 171, 231, 296.

Cabris, 157, 163, 200, 204, 212214, 230.

Cadar (Barthélémy), 123,163.

Caglian", 143.

Cagnes, 66, 92, 93,135, 200, 204, 220, 270.

Callâs, 164.

• Callès ou CalIis.(Jean), 172, 215, 231.

Callian, 60, 69, 204, 315.

Camail (Joseph), 204, 233.

Camatte (Marianne), 315. .

Camérane, 92, 220.

Camps, 171, 172, 200, 214, 215, 231.

Cannes, 123, 239, 242.

Cannet dé Cannes (lel, 153, 188, 203.

Cannet-du-Luc(le), 131,132, 226.

Capefigue (Honoré), 188.

Capet [Louis XVI], 118,163, 281.

Carcès, 84, 117, 154, 155, 171, 200, 211, 214, 229, 231.

Carie (Jean-Baptiste), 233.

Carminato (Valentin), 95.

Carrassan (Eugène), 131, 208, 226.

Carrassan (Honoré), 131, 132.

Carrassan (Joseph-Alexis); 131, 133, 208, 222.

Carrassan (Pierre), 131, 208,226.

Carros, 136.

Carteaux, général, 72, 73, 97, 112, 115, 128, 178.

Cartouche, 128. .

Castagne (Anne), 164.

Castel (N.), 103.

Castelin (Jean-Baptiste), 138.

Castellan (N.), de Barjols, 98, 99,279.

Castellan (N.), de la Roquebrussanne, 265.

Castellan (Louis-Michel), 175, 190,216,232.

Castellan (Maurice), 237.

Castellet (le), 193.

Cauvin (Bruno), 236.

Cauvin (François), 128.

Cauvin (Françoise), 146.

Cauvin (François-Joseph), 116.

Cauvin (Jean-Charles), 191.

Caussemille fils (N.), 94.

Cauvière (Antoine), 165.

Cavalier (Elzéar-Pie), 212, 235.


322

TABLE ONOMASTIQUE

Caze (Jean-Baptiste), 235. .

Chabaud (femme), 167.

Chabaud (Jean-Baptiste), 175.

Chabaud (Laurent), 167.

Chabert (Alexis), 124, 126, 208, 225.

Chabert (Jean-Baptiste), 125.

Chabrier (Joseph), 125. •

Cbaillon ou Charonne (Rosalie), 136, 191, 209, 227 (1).

Chalon-sur-Saône, 240, 242,243.

Chalvi fils (François), 122.

Chalvi (François), 122.

Charité (la), 239.

Chaudel (Marius), 122, 130, 215Chaupin

215Chaupin 102.

Chauvet (N.), 101.

Chauvet (André), 106.

Cheiron (le), 136.

Chiboust (Claude-François), 67, 73,105,106-108,184, 205, 218, 272, 273.

Chieusse (Jean-Baptiste), 150.

Chieusse-Villepey (Esprit-Joseph-François), 233, 234.

Ciotat(la), 192, 194.

Clapiers (Joseph), 237.

Clari (Jean-Baptiste), 178.

Claveau (place du), Grasse, 69.

Clavier (Honoré), 74, 114-116, 206, 218, 285, 288-291, 293, 294, 296-299, 301-303.

Claviers, 164, 203, 230.

Clément (Joseph), 94.

Clément-cousin (Joseph), 128.

Clémentine, 100.

Clergue (Jean), 12\, 208, 226.

Clérian (Marie-Anne), 122.

Cogolin, 75, 156, 162, 163, 200, 21,1, 212, 220, 230.

Colle (la), 139.

Collobrièi-es, 109, 133, 134, 200, 205, 209, 222-224, 227, 234.

Collomp (Joseph), 67, 169, 213,

230. Colombier (rue du), Paris, 51. Colmars, 15.1. Comité de Législation, 68, 95.

Comité de Salut public, 62, 63, 68, 254, 255.

Comité de Sûreté générale, 83, 95, 101, 313.

Commission des administrations civiles, police, etc., 63, 80, 83, 255.

Conches, 240, 242, 243.

Condroyer (femme), 122.

Condroyer (Jean-François), 133.

Condroyer (Pierre), 108, 205,

223. Consegudes, 77, 135. Constituante (assemblée), 23i.

Convention (la), 54, 59, 74, 79, 86, 97, 107,121, 128, 132, 141, 144, 250, 251, 254, 258, 262, 266, 269, 270, '274, 281-284, 2S8, 293, 297, 298, 300, 302, 303, 305, 311, 313.

Coquilhât (N.), 168.

Coquilhat (Pierre), 167.

Corbeil, 239.

Correns, 74, 114, 200, 206. 218, 289, 291.

Coste (Jean-Baptiste-Louis), 121, 123, 207, 221.

Coste (Joseph), 215.

Coste (Tropez), 160.

Côte-d'Or (département de la), 242.

Cotignae, 56, 96, 97, 106, 141,

(1) Page 191, lire 9 ventôse au lieu de 9 messidor.


TABLE ONOMASTIQUE

323

146,14'', 157,158,184,192,200, 210, 212, 222, 246, 313.

Cotte (Joseph), 145.

Cotte (Pierre), 106.

Coulomb (Claude), 108, 205, 224.

Coulomb (Jean - Baptiste), 114, 116, 206,225,289-291,293-296, 299, 301, 303.

Coulomb (Jean-Louis), 106.

Coulomb (Xavier), 109,205, 223.

Courbon (Jean-Joseph), 149,150, 210, 222.

Courchet (Jacques), 163.

• Courchet père (Jean-François), 127, 128, 206, 208, 221.

Courchet fils (Pierre), 127, 128, 206,208, 221.

Courdouan (Jean-Pierre), 127.

Courdouan (Marguerite), 127.

Couret (Jean-François), 163.

Cours (place du), Grasse, 69.

Court (Jean-Baptiste), 214.

Court (Joseph), 157, 212, 230.

Court (Thomas), 213.

Courtes (Victoire), 206.

Gouze (François), 203.

Gresp (Jean-Louis-Marc), 90.

Cristine (Joseph-Pierre), 164.

Crbsnier (femme), 234.

Crozet aîné (André), 236.

Cru vellier (Pierre-Vincent), 148, 188, 210, 229.

,Cuers, 79, 153, 161, 168, 179, 200, 212, 213, 219, 229, 230.

Guors-Cogolin (Jacques de), 73, 121, 123, 207, 218.

Culti (Jean-Antoine), 135.

Curti (Pierre), 160.

Dalmas (Louis-Claude), 90.

Danillon (Jean-Baptiste), 193.

Danis (Augustin), 136, 137, 185, 209, 237.

Dantonistes (les), 83.

Daumas (Alexandre), 167.

Daumas (Antoine), 167.

Daumas (Jean-Pierre), 137, 189, 209, 227.

Daumas (Joseph), 164.

Daumas (Joseph - Barthélémy), 175, 190, 216, 232.

Dauvet fils (Jacques), 117.

David (Tropez), 75, 121, 123, 207, 220.

Davillon (Laurent), 79, 180,220.

Davin (Antoine), 167.

Davin (Esprit), 177, 216, 223.

Davin (Jean-Antoine), 167, 173, 175.

Davin (Jean - Baptiste -Joseph), cordier, 189, 238.

Davin (Jean-Baptiste), gendarme, 215. Davin (Joseph), 238. Décoreils (Charles), 189. Décugis (Laurent), 193. Demay (Tropez), 236. Demollin (N.), 314. Demoure (Etienne), 102., Denans (Jean-François), 185. Deridon (Laurent), 156, 211, 229.

Descrivan (François - Amable), 191.

Desgott (Joseph), 137, 209, 227.

Desgott (Marie-Madeleine), 137, 191, 209, 227.

Désidery (N.), 113, 168.

Diaque (François), 203.

Digne, 51, 107.

Digne (Jean-François), 73, 91, 129, 172, 173, 215, 219, 238.

Directoire (le), 56.

Doctrinaires (section des), Draguignan, 129.

Dol (Bénezel), 178,179, 214, 232.


324

TABLE ONOMASTIQUE

Dol (François), 234.

Dol (Jean-Baptiste), 85,138,139, 186, 209, 228.

Dominicains (couvent des), Grasse, 58.

Dozol (Joseph), 124, 208, 225.

Dragons (9" régiment de), 141.

Draguignan, 49, 50, 56, 57, 60, 61, 63, 67, 73, 75, 82, 89-94, 97-99, 101, 103, 104, 114, 128, 129,143,144,150,163,166,172, 191, 194,.2O0, 203-205, 208, 210, 213, 215, 217, 219-221, 233, 234, 239, 253, 270-272, 27.6.

Drée(Gilbert-Charles-Andréde), 102, 205, 223.

Drôme (département de la), 239,242.

Dubois - Crancé, député à la Convention, 120, 266.

Dumesnil (Georges), 142, 210, 228.

Dupuy (Jean-Baptiste), 119, 152, 261,265,269.

Dupuy (Jean), 125.

Durand (Balthazar), 167.

Durand (Jacques), 175.

Durand (Michel), 178.

Durbec (Pierre - Joseph), 157, 158,212,230.

Durieux (Joseph), 125.

Durras (Jean-Pierre), 187.

Ègier(J.-B.), 191.

Émeric (Jean-Joseph), 151,

Entrecasteaux, 155.

Entrevaux, 190.

Entre venues, 238.

Esclapon (Jean-Baptiste), 173.

Escoffier (Antoine), 234.

Escoffier (Charles), 103.

Escolle (Jean-Augustin), 145.

Escudier, députéà la Convention, 135, 248, 280, 310, 311.

Escudier (Joseph), 135.

Espagnols (les), .123.

Espagnols (vaisseaux), 72.

Esquier (Honoré), .213..

Estang(de Y) (N.), 172. ,

!..Estaquier (N.), 161.

Estelenq (Etienne), 165.

Étissac, 142, 228. -'-.'.'

Fabre (Claude), 167.

Fabre (Jean-Baptiste), 151.

Fabre (Louis-Pierre), 63.

Fabre (Pierre), 263-265, 267-269.

Fabre (Pierre-Benoît), 152-154, 184, 211, 229.

Faille (François), 131, 209, 226.

Farlède (la), 139, 142, 148, 149, 154,210,222,228.

Farnoux (Jean - Baptiste), 148, 210, 228,

Fauchier, dit Pachicou (François), 145, 146, 210, 228. :

Fayence, 164, 165, 230.

Fédon (François), 237, 242.

Fénix (veuve), 164.

Fenouil (Biaise), 168, 169, 211, 213, 290,314.

Fenouil (Jean-Charles), 106.

Fenouil (Jean-Joseph), 106.

Féraud (N.), 241.

Féraud (Claude), 125.

Féraud (François), 145.

Féraud (Jacques), 136, 185, 209, 227. " ■;.,-

Féraud (Joseph), 131, ,209,*226.

Féraud (Louis), 236, 241.

Ferrari (Jean-Jacques), 237.

Ferres (les), 135, 200, 208, 209, 220. ■ '* ,.

Ferry (N.)> 97, 285,299.

Figanières, 143, 144, 172, 200, 210,214,219,222.


TABLE ONOMASTIQUE

325

Filïol (Augustin), 108, 109, 133, 134, 205, 209, 222,224.

Fillol (Joseph), 109, 205, 223.

.Fillol (Rémi), 108, 205, 224.

Fiol (François), 153.

Firmin, dit Rebec (Henri), 128.

Flassans, 172,200,215, 231.

Flayol (Louis), 191.

Flayosc, 56, 101, 149, 150, 200, 21U, 222.

Florens (Joseph), 109, 205, 223.

Flory (Antoine), 102.

Fontainebleau, 239.

Forcalqueiret, 62, 215.

Fortou (Louis), 119, 266.

fortou (Raymond), 119, 267.

Fouacou ou Fouacoul (Balthazar), 107.

Fouacou-Gassendy, 107.

Foucai-t (Jean-André), 191.

Fournier (Guillaume), 108, 205, 224.

Fournier (Jean-Baptiste), de SixFours, 187. .

Fournier (Jean - Baptiste), de Toulon, 146," 147, 210, 228.

Fournier (Jacques), 179.

Fournier (Joseph), de Collobrières', 108, 205, 224.

Fournier (Joseph), de la Garde, 19t.

Fournier (Joseph), de Néoules, 152.

Fox-Amphoux, 65, 67, 73, 97, .105,106,146,184,200,205,217, 218, 221, 2^3, 247, 261, 272, 273, 309.

Français fies), 77, 155.

France, 54, 79, 80, 93, 95, 103, 142, 151, 155, 162, 182, 256, 281, 282.

Francoul-Gassendy (N.), 108.

Fréius. 57. 93, 114, 128, 152,

156, 160, 164, 184, 200, 212, 230,239,242, 280, 281.

Fréron, 54, 55, 57, 61, 68, 71, 72, 74, 91, 96, 98, 104, 105, 107, 115-117, 120, 123, 129, 146,

157, 245, 247, 249-252, 254, 2151, 266, 290, 292, 294, 297, 301, 307-309.

Froment (Gaspard), 125.

Gaillan (Charles), 126.

Gairard (André), 186.

Gairard (Honoré), 185.

Gai (Joseph), 164.

Galian (Jean), 125.

Gamerre (André), 153, 151, 188, 211, 229

Garachon (Nicolas), 114, 116, 216, 221, 289, 290, 293-296, 299, 301-303.

Garcin (Jean), 167.

Garcin (Honoré), 173, 175.

Garciny fils CN.), 129.

Gard (département du), 148, 228.

Gardanne, général, 159.

Gardanne (Ignace), 122.

Gardanne (Marie), 122.

Gardanne (Thérèse), 122.

Garde (la), 67, 168, 169, 191, 200, 211, 213, 230.

Garde-Freinet (la), 128, 236.

Garéoult, 117,118, 200, 206, 225, 283,284.

Garnier (Jean-Baptiste), 67,105, 107, 108, 205, 223, 272, 273.

Garron (Joseph), 178.

Garron (Mathieu), 178.

Gasparin, député à la Convention, 149, 310, 311.

Gasquet (Ange-Désiré), 148, 189, 210, 229.

Gasquet-Villeneuve (M™ de), 279.


326

TABLE ONOMASTIQUE

Gassendy (Jean-JaCques-Bazilien), 107.

Gassin, 122.

Gassin (Charles), 235.

Gassin (Jacques), 145.

Gastaud (Jean), 125.

Gattein (Jean-Claude), 253.

Gattières, 135.

Gautier (N.), 297.

Gautier (César), 148, 187, 210, 229.

Gautier (Claude), 170, 183, 214, 222.

Gautier (Etienne); 103:

Gautier (Jacques), 79, 95, 204, 219.

Gautier (Vincent), 179, 216, 232.

Gavoty, avocat, 51, 239, 242.

Gavoty fils ( Jean - Baptiste - Charles), 238, 243.

Gaytté (Christophe), 124, 208, 225.

Gaytté (Nicolas), 124, 126, 207, 225.

Gaytté (Philippe), 124, 208, 225.

Gazelle (Marie), 148, 210, 228.

Genaix (Pierre), 127.

Gen ce (Marie), 117.

Geoffroi (Claude), 125.

Geoffroi (Thérèse), 125.

Geofroy (Paulin), 122.

Gérard (Honoré ?), 56, 246.

Gérard (Joseph), 97.

Germon (Dominique), 94, 128.

Gibert (Jean-Joseph), 193

Giboin (Frànçois-Antoine-Hermentaire), 61, 63, 253, 288, 304.

Giboin (Honoré), 103.

Giboin (Pierre-Antoine), 214. ;

Gien, 239.

Gilette, 126, 136.

Gily (Jeanrjacques-Louis), 193.

Ginasservis, 113, 114, 190, 200, 206, 224.

Ginous. (Marianne), 191.

Giraud (Ange), 175, 190, 216, 232.

Giraud (François), de Ginasservis, 113, 190, 206, 224.

Giraud (François), de Sillans, .106. Giraud (Jacques), 193.'

Giraud (Joseph), de Colmars, 151.

Giraud (Joseph), de la Roquebrussanne, 151.

Giraud (Joseph), de la Valette, 158.

Giraud (Louis), 315.

Giraud (Lucrèce), 234.

G'rondin (parti), 53, 152.

Gonfaron, 66, 131-133, 200, 209, 222,226,233.

Gontard (Pierre-Auguste), 73, 74, 96, 97, .147, 205, 217, 259.

Goujon (Jean-André), 236. Goujon (Joseph-François), 193. ; Grac (Joseph), 214. Grâisivaudan, 80.. Granet (Jean-Joseph), 163, 164, 189,193,230.

Gramb.ois, 175.

Grasse, 51, 56-66, 69, 72, 7779, 82, 83, 89, 95, 104, 113, 114,116,137,139,141,154,156, 157, 164, 166, 173, 183, 185, 201,2037 204,215,219,233-, .235, 237-239, 242, 243, 246, 247, 249-251, 253-255, 258, 259, 263, 269-271, 276, 280, 290, : 291, 304, 306, 307, 312, 313.

Grenoble, 80, 180, 319,^

'■■ ■ Grève (place de), Paris, 243.

Grimaud, 206.- _...,ri..-,; .

Grosse Tour (la), Toulon, 111, 153, 154,179.


TABLE ONOMASTIQUE

327

Gubert (Pierre), 90.

Gueirard (André), 193.

Gueirard (Jean-Louis), 193.

Guèit (Jëari-Baptiste), 120, 266:

Guerebard (N,), 51. ■

Guérin (Jean), 121.

Guichârd (Jean -Baptiste), 138, ;; 209,2-7.

Guidon père (Joseph), 142, 210, 222.

Guidon (Pierre), 147, 148, 210, 222.

Guieu (Marianne), 148, 210, 228.

Guieu (Pierre), 148, 228.

Guigou (Auguste), 106.

Guigou (Pierre), 106.

Guillabert (Clément), 163.

Guillabert fils (Jacques), 162, , 163. ...

Guillabert (Mathieu), 114, 116, 206, 224, 289, 293, 294, 299, 301-303.

Guiiiaudôn (Jean-Joseph), 167.

Guîol (André), 110, 179.

Guiol (Barthélémy), 214..

Guion (Nicolas), 160. '

G.uisol. (Henri), 93.

Gury (M), 137. ' .

Guyane, 68, 95.

Hannequin (Julie), 80, 180, 219.

Hauvel (Joseph), 73, 110, 111, 206,218.

Hauvel (Joseph-Justin), 110,111, 206,221.

Hébertistes (les), 83.

Henri IV, 108.

Henry (Joseph-Pascal), 105. .

Héraud (Claire), 127.

JHëràud (Joseph), 167, 178.

Hérman (N.), 257.

.Hermitte (Elisabeth), 112, 190, 206,224.

Hermitte ( Fortunée \ 67, 112, 190,206,224.

Hermitte (Jean), 193.

Hoffmann (Louis-Lazare), 193.

Hoffmann (Louis-Thomas), 193. '

Hugou-Lange (Augustin), 90.

Hugues (François), 153. .

Hyères, 54,55,109,111,114,134, 136, 150,181,194, 220,221,227, 233, 235, 236, 253.

Ieard (Jean-Louis), 105.

Icard cadet (Joseph), 234.

Icard (veuve), 127.

Imbert (N.), 51, 58.

Imbert (Claude), 215.

Imbert (Louis-Amédée), 163.

Imbert (Paul), 106.

Imbert (Xavier), 108, 205, 224.

Infanterie (3« bataillon de la 20"' demi brigade d'), 181.

Infanterie (28« régiment d'), 228.

Infanterie (29e régiment d'), 225.

Isaïe (Jean-Baptiste), 124, 126, 127, 207, 221.

Isère (département de-1'), 239, 242.

. .Isère (4" bataillon de F), 166.

Isère (5e bataillon de 1'), 182.

Isnard (Jacques), 178.

Isrtard (Joseph), 187.

Isnard - Massot (Jean-Antoine), 233.

Issole, dit Bosse '(N.), 234.

Italie, 80, 95.

Italie (armée d'), 54, 76, 83, 91,

97,104,111,115,124,139,217,

225, 233, 245, 247, 249, 250,

258, 271, 294, 298, 307-309/

.311.

Jacobins (compagnie des), 149.

Jacqmin (N.), 51,

Jaubert (Jacques), 106.


328

TABLE ONOMASTIQUE

Jaubert (Joseph), 106.

Jaubert (Louis-François), 67> 105, 107, 108, 205, 221, 261, 272,273.

Jausseran (Bruno), 191.

Jean (Honoré), 106.

Joahnis (Antoine), 125.

Joigny, 242.

Jonquier (Louis), 67, 73, 160, 186, 212, 219, 275, 276:

Jordany (Alexandre - Boniface). 67, 73, 103, 104, 205, 217, 270272.

Jordany (Marc- Antoine - Hercule)! 128, 129, 208, 221.

Jouve (N.), 137.

Jouve (Eustâehe), 158.

Jujardy (Jean-Baptiste), 236.

Julien (Augustin), 148, 149, 210,:

.228.

Julien (Laurent"), 185.

.Ju.lli.en (Augustin), 194.

Juvénal (Joseph), 151.

Lachaud (Léon), 167.

Lachaud (Léon-Joseph), 167.

La Malgue (fort), 99, 153, 154, 279.

Lambert (François), 157, 158, 212,230(1). ' '

Lambert, dit la Lope (Louis), 233.

Lambesc, 239, 242.

Lanceman (Emmanuel), 90.

Langoustaire (femme), 122,

Lanier (Antoine-Joseph). 174, 175,216,231.

Lanteaume (Antoine), 76, 178, " 179, 216, 220.

Lanteaume (Bâche), 173, 175.

La Poype, général, 72, 73, 111, 154.

Las (Jean-Baptisté), 194.

Latil (N.), 129.

Latour (François), 188.

Laugîer (abbé), 90, 96, 1G), 150, 160, 161, 166.

Laugier (Joseph), 11.7.

Laure (Joseph), 158.

Laurens (N.), 129.

Laurens (Etienne), 144.

Laurens (Jacques), 208, 213.

Lautard (Pierre-Louis-Héreule), 116, 132, 133.

Lautier (Louis), 171, 214>;23i'.""".'

Lavagné (François), d'Entrecasteàux, 155.

Lavagne (François), de Sâlernes, 145. .

Layet (Casimir), 139.

Leâudon (Jean-Tropez), 194.

Lebrun (Joseph), 236.

Lemaure (N. ), 285.

Léonard (Jean-Pierre), 148, 210,

228. <

Leth (Jeah-Andi-é), 177.

Leth (Jean-Joseph), 177, 190, 216,235.

Leydet (Antoine alias André), 174,176,190,216,223,

Liautaud (François), 233.

Lieutaud (Jacques), 102.

Lions (Joseph), 165.

Lions (Lazare), 179.

Livourne, 95.

Livron, 239, 240.

Livron (Joseph), 215.

Loano, 80.

Loire (département de .la), 239.

Loiret (département du),-239.

Lombard (Antoine), 124,-208,2251

(1) Lire Lambert et non Lombard*


TABLE ONOMASTIQUE

329

Lombard' (Joseph-Vincent/), 56, 61, 63, 64, 207, 212, 246, 255, 267,, 280, 304.

Lorgues, 62, 100, 127, 128, 130, 183, 201, 206, 208, 221, 222, 233-236,249,253.

Lorient; 68, 95.

Loriol, 240.

Louchon (Jean-André), 167, 173,

177.

Louis XIII, 152, 287.

Louis XVI, 67, 108, 118, 151,

169, 207. Louis XVII, 54, 123.

Luc (le), 146, 147,185, 201, 210, 228.

Lyon, 100, 108,118, 239-242, 264,

277.

Lyonnais (régiment du), 101.

Lyons (François), 143.

Maçon, 242, 243.

Madbna de Montenero (la), 95.

Magagnosc, 213.

Magagnosc (Pierre), 125.

Magne (Marie), 167, 178:

Maille (Firmin), 106.

Maille (Honoré), 106.

Maille (Jean-Joseph), 106.

Maille (Louis-Marie), 191.

Malbousquet (fort de), 151, 152,. 285, 286.

Malespine (Joseph), 90.

Mali ver (N.), 126.

Mallet«(Jean-Bapliste), 187.

Malîet (Paul), 125.

Mallet (Pierre), 122.

Mallivert (Alexis), 125;

Mano (N.)\ 174.

Maneille (Joseph), 122.

Manosque, 76, 113, 173, 177,

178.

Marat, 107.

Marathon (36 bataillon révolutionnaire de), 153. Marathon, 153, 1.66. Marc (Antoine), 125.

Marc (Pierre), 142, 143, 186, 210, 228.

Marchis (Claude), 93; 94, 128.

Marie-Antoinette, 118,

Marin fils aîné (Joseph-Benoît), 141, 142,. 210.

Mars (Jacques), 79, 89, 90, 204, 219.

Marseille, 50, 55, 59, 60, 68, 78, 91, 99, 105, 110, 113, 114, 120,129,137, 139,146,148, 15», 158, 161, 16!., 168, 174, 183, 192, 193, 201, 210, 228, 229, 249-252, ■ 262, 264, 266, 271, 279.

Marseillais (les), 144, 159, 266.

Marseillaise (armée), 55, 120, 168.

Martel (Antoine), 127.

Martel (Louis), 188, 237.

Martelly (Marie), veuve Desgott, J37, 191, 209, 227,

Martigues, 161.

Martin (N.), 126.

Martin (Alexis), 130.

Martin (Claude), 174, 176, 189, 216, 223.

Martin (Iïloi), 235.

Martin (Jean-Baptiste), 108, 109, 133, 134, 205, 209, 222, 224.

Martin (Joseph-Antoine), 122.

Martin (Michel), 133.

Martin (Pierre), 122.

Martinange, 155.

Martiny (Antoine), 187.

Martre (Jacques), 131, 132, 208, 226.

Martre (Liberté), 132.

Martre (Quenis),' 131, 208, 226.


330

TABLE ONOMASTIQUE

Masséna (général), 135,136,139.

Massot (Vincent), 122.

Mathieu (N.), 96.

Mathieu (André-Cvrille), 163, 165. "

Matty-La Tour (François-Joseph-Alhanase), 236, 249. -

Maubert (Joseph), 204.

Maunier (Félix), 154.

Maunier (Pierre), 179.

Maunier (Rose), 167.

Mauran (Pierre-Antoinel, 102.

Maurel aîné (N.), 129.

Maurel cadet (N.), 129. .

Maurel (Emmanuel), 125.

Maurel (François),' 125.

Maurel (Honoré), 125.

Maurel (Jean), 234.

Maurel (Joseph-Jacques), 74, 114-116,206,218, 289,291,293, 295, 296, 298, 299, 301-303.

Maurel (Pierre), 167.

Maurel (Philippe), 127.

Maurin (Jacques), 127. c

Maurin (Jean-Baptiste), 204.

Maurin (Michel), 110.

Maurin (Rose), 136, 190, 209, 227.

Mazan-Silassy (N.J, 111.

Mazaugues, 156, 201, 212, 230.

Mège (Emmanuel), 128.

Meiffredy (Jean-Baptiste), 171, 214,231.

Meiffret (Pierre), 91.

Meinelton (André), 236.

Meinier (François), 121.

Meissel, dit Iris (Joseph), 90, 94, 103.

Melchior, dit la Liberté (Louis), 145.

Melun, 242. ■ ■ ■

Mende, 80, 181, 182, 201, 220,

Menut (N.), 97.

Méounes, 74, 114, 151, 194, 201, 206, 211, 218, 289.

Mercadier (Joseph), 204.

Merle (Barthélémy), 213.

Merle (Catherine), 125.

Méro (Pierre), 125.

Messie (Casimir), 173, 174,.216, 231.

Michel fils (Jean-Baptiste-Joseph), 145.

Michel (Joseph-Lazare), 165.

Minuty (Toussaint), 148, 149,

186, 210, 229. Mirabeau, 175. Miran (Rose), 234. Mireur (N.), 51, 58, 70. Mistre (Joseph), 146. Mittre (Joseph-Pierre), 181. Monier (Anne-Thérèse), 164. Monier (Nicolas-André), 55,245. Monin (Louis), 117,118,206,225. Moniquet (Joseph), 162. Monniot (Anne), 146. Monnoyer (Honoré), 90. Monredon, général, 94, 144.

Montagnard (parti), 53, 54, 110, 120, 134, 168, 180.

Montagne (5e bataillon de la),

134. Montaud (Louis), 96. Montauroux, 237, 315. Montélimar, 54, 80,95, 281, 204,

219, 239, 241-243.

Montereau, 242.

Montferrat, 143, 222.

Montfort, 171, 201, 214, 231.

Montpellier, 142, 186, 228.

Motte (la), 173.

Mottet (Jean-Baptiste), 73, 158, 159, 212, 218.


TABLE ONOMASTIQUE

331

Mougins, 215,

Mougins (Jean-Joseph), 234.

Mourgues (Marguerite), 167.

Mouriès (Bernard), 127.

. Mourraille (François). 103.

Mourraille (Honoré), 103.

Mouton (Jean-Honoré), 75, 156, 162,163,211,212,220.

Mouttet (Jean-Joseph), 135.

Muraire (Jean), 90.

Nans (Pierre), 145.

Napolitains (vaisseaux), 72.

Négrin (Jean-Henri), 102.

Nemours, 239.

Néoules, 67, 73, 137, 150-152, 201, 209, 211, 218, 227, 273, 275, 280, 281, 284.

Nevers, 239.

Nice, 51, 76, 91, 96, 103, 104, .107,115,117,141,142,154,155, 174, 175, 180, 185, 229, 234, 236, 294. 297, 298, 300, 309.

Nicolas (Jacques), 215

Nicolas (Jean), 194.

Nicolas (Jean-André), 194.

Nièvre (département de la), 239.

Nirascou (Joseph), 135.

Notre Dame (chapelle de), la Roquebrussanne, 266,268,269.

Ogier (Jacques -Toussaint - Marks), 57.

Olivier (N.), 264.

Olivier (Joseph), de Cogolin, 162.

Olivier (Joseph), de Vence, 122.

Olivier (Maur)/162.

Ollioules, 67,109, 112, 136, 137, 149, 154, 160, 164, 184, 185, 189-191, 194, 201, 206, 209, 223, 224, 227, 237.

Ollivier (Etienne), 164.

Ollivier (Jean - Baptiste), 157,

212,214,230. Ollivier (Pierre), 238.

Orange, 82, 120, 239, 240, 243, 266.

Orgon, 239, 242.

Orte (Françoise), 121.

Ourdan (Pierre), 187.

Paban (N.), 69.

Pacaudière (la), 239.

Palais (section du), Draguignan, 91. -

Palisse (la), 239.

Parc (maison du), Paris, 51.

Pardigon (Claude), 64, 186.

Paris, 51, 56, 59, 62, 63, 83, 105, 117,120,126,150,174, 183-185, 188-190, 218, 233, 234, 236, 238-243, 248, 254-257, 268.

Pascal (Antoine), 161, 184, 212, 230.

Pastoret (Antoine), 188.

Pastoret (Chârles-Honoré), 165, 166.

Pastoret (Guillaume), 165.

Patrice (Jean-Antoine), 191.

Paul (Louis), 235.

Paulis (Jean-Antoine), 181.

Payan (Etienne), 153.

Payan (Hpnoré), 234.

Péage de Roussillon, 242..

Pégomas, 102, 201, 205, 223.

Peillon (Marie), 157, 212, 230.

Peiron (N.), 115.

Pellegrin cadet (Jean - Pons), 234.

Pellegrin (Joseph-Paul), 114, 116, 294j .208.

-Péllet (N:), 51:

Pellicot (Sauveur-Antoine), 164. Pellicot (N-), 166. Tellicot-Seillans (N.), 100, 277,

279. Pelloutier (Etienne), 160. Père Duchêne (le), 174.


332

TABLE ONOMASTIQUE

Périer-la Garde (Jacques-Pau 1Sextius), 143, 144, 208, 210, 222.

Perrache (Honoré-François), 98, 99, 276-279.

Perrault (Jean-Baptiste), 80, 95, 204, 219.

Perrissol aîné (Antoine), 102.

Pertuis, 144, 167, 174,175.

Pey (Joseph), 143.

Peyrremond ( Jean - Bernard ),

191. Philip (Jean-François), 110. Picon (femme), 122.

Picon (François-Xavier-Zéphirin), 122.

Piémont, 92, 220.

Piémontais (les), 77, 102, 126,

136. Pierrefeu 135, 151, 220. Pierrelatte, 239, 240, 242, 243.

Pignans, 96, 107, 114, 123,131, 133,191.

Pilon (N.), 68.

Piston (Marc-Antoine), 215.

Pitioux, dit la Prudence (Benoît), 155.

Pizan (Joseph-Gaspard-Mitre), 145.

Plaisant (Jean-Baptiste), 77, 135, 137, 208, 209, 220.

Planche (Jean-Louis), 179.

Plascassier, 170, 231.

Pomets (les), 188.

Poncel (Thérèse), 191.

Poncv (Jean-Bonaventure), 66, 73,119 121,184, 207, 218, 263269.

Pons (Laurent), 166.

Pons (Raphaël), 125.

Pontevès (maison), Grasse, 58.

Pontevès-S'-Blaise (Théodore de), 67, 75, 80, 86, 97-99, 101,,205, 217, 276, 280.

Porre (Antoine-Poupon), 165.

Porre (Blanche), 163.

Porre (François), 165, 1G6.

Porre (Jean), 165.

Porre (Louis), 163.

Port la Montagne, 63, 170, 184, 314.

Portai (N.), Â%:

Portai (François), 71, 209, 226.

Portai (Jean-François), 131,133, 208, 222.

Portalis (Jean-Baptiste-David), 235. '-■•'..'

Portanier (N.), 93,

Portanier ( François - Marc ), 179.

Portanier (Joseph), 131,208,226.

Portanier aîné (Joseph), 233,

Poste! (place du), Rians, 175.

Fourrière (Jean-Baptiste), 236.

Fourrières, 113, 153, 168. ■

Preire (Jean-Baptiste), 233,

Puget-sur-Argens, 237.

Puget-Théniers, 135, 238.

Rafélis - -Brèves' (Pierre-André de), 97, 101, 205,221,

Rafèlis-Tourtour (Paulin-Ou rs), : 235,

Ragou (Vincent), 156, 157; 212, 230.

Raimondis (N. de), 100.

Raimondis - Canaux ( maison ), Draguignan, 94.

Rainaud (Jean-Louis), 63, 304.

Rainaud ou Raynaud (Pierre), 75, 93-95, 204, 220.

Ramatuëlle, 153,

Ramberl (Augustin); 105;

Rame} (Jean-Baptiste), 236.

Raspàud (Anne), 194.

Rasque (N. de), 100.

Rasque (François-Marie), 194.


TABLE ONOMASTIQUE

333

Ravel (Jèan-Baptiste), 153.

Ravel (Pierre), 125.

Raybaud, dit Clauzone (Christophe), 64.

Raynaud (Honoré), 183, 234.

Raynier (Pierre-Alexandre), 105.

Raynouard ( François - Just - Marie), 236, 237.

Raynouard (Joseph-Hyacinthe), 158.

Rebouiilon (André), 164..

Rebuffat (Jean), 176.

Rebuffat (Jean-Henri), 166.

Rebuffat (Jean-Laurent), 176, 177, 189, 216, 232.

Rebuffat (Laurent), 167.

Reinaud (Joseph), 122.

Requier (Maury), 212, 235.

Restauration (la), 56, 58.

Revel (Gaspard), 135.

Revel (Louis), 135.

Reverdit (Jacques-Etienne), 191.

Revest (Jean-Joseph), 172, 215, 231.

Révolution française (la), revue, 49.

Rey (Joseph), 237.

Reymonenq (Jean-François ), 119, 268, 269.

Reymonenq aîné (Jean-Joseph), 119, 265.

Rhône (le), 100, 277.

Rhône (département du), 239, 242.

Rhône et Loire (département de), 159.

Rians, 76, 116, 137, 166-168, 173-178, 189, 190, 201, 206, 209, 213, 215, 216, 220, 223, 227, 230-232, 235, 238.

Ricard (N.), 129.

Ricard (Antoine), 60, 69, 204.

Ricard (femme), .121.

Ricord, député à la Convention, 55, 63-65, 76, 85, 140, 142,

174, 175, 185, 207, 234, 236, 247, 248, 258, 259, 311, 312.

Riez, 100, 237.

Rigaud (François), 106.

Rigaud (Joseph), 105.

Rigaud ( Louis alias André ), 146, 147, 184, 210, 222.

Rigouard, évoque, 166.

Ripert (Charles), 151.

Riquier ou Requier (Jean-Baptiste), 171, 214, 231.

Rivet (Claude), 122.

Rivière (Théodore), 80,181,182, 220.

Roanne, 239.

Robespierre, député à la Convention, 83.

Robespierre jeune, député à la Convention, 55, 76, 142, 174,

175, 234, 247, 2Ï8, 309, 310.

RogierfAU, 155.

Rolland (N.), 110, 112.

Rolland ou Rostan (Chai'les), 187.

Rolland (Toussaint), 148, 210, 229.

Roquebrune, 152, 218, 280.

Roquebrussanne (la), 66, 73, 119,120,151,152,157,172,184, 201, 207, 215, 218, 231, 263269.

Roquelibre, 151.

Roquemaure-les-Avignon, 148,

228. Roquemaure (Antoine-Joseph),

215.

Roque-Esteron (la), 135.

Roquevaire, 190.

Rossolin (Antoine), 114, 116, 206, 221, 289-291, 293-296, 300, 302-304,

Rostan (N.), 240.


334

TABLE ONOMASTIQUE

Rouaze (N;), 234.

Roubaud, député à la Convention, 121, 260, 261, 269.

Roubaud (Charles), 119, 121.

Roubaud (Honoré), 119, 265.

Roubaud (Jacques), 57, 63.

Roubaud (Victor), 138, 209, 227.

Roubaud (femme), 125.

Rouben (Antoine), 175.

Roubert (Joseph), 234.

Roubion (Antoine), 90.

Roubion (Pascal), 85, 138, 139,

186, 209, 227. Rouden (François), 160. Rouden (Joseph), 188. Rougiers (Jean-Baptiste), 238. Rougon (Etienne), 172, 215, 231. Rousse (Grégoire), 131, 209,226. Rouvier (Jean-Jacques), 234. Rouvray, 240

Roux (Emmanuel), 128, 143. Roux (Hyacinthe), 145. Roux (Jean-Baptiste), 145.

Roux (Joseph-Toussaint), 79, ' 181,220. S'-Benoît (pont), 173. S'-Cézaire, 203, S'-Christophe-sur-Loire, 243. S'-Dalmas, 180. S'-Étienne, 146. S'-Jean (arcade), Paris, 243. S'-Jean (club), Toulon, 102. S'-Jeannet, 62, 214.

S1- Julien - le - Montagnier, 194, 215.

,S'-Laurent, 194.

S'-Maximin, 60, 114, 152-154, 166, 168, 170, 174, 176, 183, 184, 191, 201, 211, 214, 222, 229, 230, 238-240, 242.

S'-Michel (foire), Draguignan, 99. '

S'-Nazaire, 64, 85, 112, 148, 163, 186, 187, 189, 193, 201, 210,213,229,230.

S'-Paul-du-Var, 57,114,135,215.

SL-Pierre (club), Toulon, 102.

S'-Pierre-le-Moûtier, 239.

S'-Tropez, 62, 73, 76, 84, 95, 121-124, 130,153.191,194,201, 207, 208, 218, 220-222, 234, 251.

S'-Vallier (Alpes - Maritimes), 157,\201, 212, 214, 230.

S'-Vallier (Drôme), 239, 242.

S'-Zacharie, 191.

S"-Christine (chapelle), Solliès, 111,112.

S'o-Maxime, 122, 130, 153, 215.

Sabattier (André), 187. *

Salernes, 56, 145, 201, 210, 228.

Saliceti, député à la Convention, 61,142,149,185, 252,254, 310, 311.

Salle (JeaiiTHonoré), 153.

Salles (les), 100.

Sallier (N.), 96.

Sanary, 64, 83, 112, 148, 163, 193.

Sanglier (N.), 139.

Sans-culottes (légion des), 93.

Sanmartin (Joseph-Tropez), 122,

Saône-et-Loire (département de), 242.

Saorgio, 155.

Sardes (les), 155.

Sarrus (Louis), 151.

Sartoux, 213.

Saulieu, 240, 242.

Sausses (les), 238.

Sauvaire (Honorade), 190.

Savoyards (les), 159.

Schmit (Jean), 125.

Second (Joseph), 122.


TABLE ONOMASTIQUE

335

Seillans, 103, 147, 164-166, 201, 212, 213, 217, 230.

Seine-et-Marne (département

: de), 239, ,242. --"■ ■

^Sèmè^et-Oise (département de), 239..

Sellier (femme), 127.

Sénéquier (Paul), 51, 58, 69, 239,

Sénéquier (Scholastique), 162.

Senglar (Jean-Baptiste), 104,129.

Sens, 242.

Serres, député à la Convention. : ,64.

Serri (Marc), 159,

Sevoulle (Joseph-Tropez), 122.

Seyne (la), 148, 186, 188, 189, .192-194, 201, 210, 229, 237,

Signes, .115, 143, 237, 296, ;

Sigoyer, 80,169, 219.

Sillans, 106, 108.

Silvestre (Jacques-Victor), 120, 266.

Silvy (Joseph), 125.

Simandre en Bresse, 155.

Siméon (Martin), 74, 114, 116, 206, 218, 288-296, 298, 299, 301-303. -'■

Siméonis (Jean-François), 176, 189, 216, 232.

Simon (Joseph), 153, 154, 188,

1 211,229(1).. v:,■;■■'-."-

Six-Fours, 64, 85,185, 186,191, 193,

Solliès, 55, 66, 73, 76, 79, 95, 104,110-112,117,118,139,142, 147-149,156,179-181, 184,191, 193, 202, 206, 210, 212, 216, 218-220, 228, 229, 232, 235, 236, 238, 247, 312, 313,

Solliès-Toucas, 1.47, 222.

Sommier (Julien), 155.

Suche (François), 125,

Suche (Jean), 124, 208, 226.

Suisse, 237.

Suquet (Antoine), 160.

Suzanne (Jean-Baptiste), 194.

Taladoire (Roman), 125,

Tamisier (Pierre), 191.

Tanneron (Honoré), 105.

Tarare, 239.

Tavernes, 106, 215.

Teissier (Anne), 125.

Terrin (Antoine), 188.

Thadey (N.), 96.

Thémistocle (le), 154.

Thetioux (Mélchior), 177, 189. 216,232,

Tholon (François), 148, 149, 210; 2-^8. .::■■'■'

Thune (2V.J, 252, 253, 311.

Tolon (Jean-Baptisté), 156, 211, 230.

Tolon (Jean-Baptisté-AlexandreChrysostome), 129, 163,

Tollon fils (Joseph-François),, 122.

Tollon (Joseph-Jean-François),

122. " ; '

Tonnant (le), 143.

Toubert (Antoine), 187.

Toucas (Dominique), ,110.

Toulon, 51, 54-56, 61, 64, 7274, 76, 78-80, 82, 84-86, 91, 94, 95, 99, 100, 102, 104, 107, 110, 111, 114-120,123,127,129, 131,136-140,142-144, 146, 147, 149-155,159-163,169,170,179181, 184, 186, 187, 189-194, 202, 204, 209-211, 214, 219, 231, 223, 225-229, 231, -245, 2i6, 249, 251, 254, 258,260, 262, .264-268, 271, 277, 279,

(!)• Lire 'Simon etraqri:Siméôn.


336

TABLE ONOMASTIQUE

283-287, 290-293, 295-301, 310, 311,314.

Toulonnais (les), 78, 91, 126, 137,159,271,286.

Toulonnaise (armée ou force), 97, 115, 264,265, 283,291.

Toulouzan père (Joseph), 216, 235.

Touïouzan fils (Joseph), 216, 236.

Tournel aîné (Joseph), 90.

Tournel (Joseph), 204, 234.

Tourniaire, dit Boulegou (N.),

91. Tournus, 80, 95, 202, 204, 219,

242, 243. Tourves, 148, 215, 229.

Trabaud (Honoré), 60,69,79, 89, 204, 219.

Trabuc (François), 194.

Trabuc (Jean-Antoine), 153, 154, 188,211, 229.

Trans, 203.

Tremelat (Anne), 215.

Trets, 239, 242.

Trigance, 214.

Triomphant (le), 169.

Trpin (Jean), 234.

Trotobas (Jean-Louis), 237.

Trotobas (Joseph), 127.

Trouche (Laurent-Athanase),

238. Trucy père (Joseph-Victor), 233,

249, 259, 260.

Trucy fils ( Joseph - FrançoisVictor), 233, 249, 259, 260.

Tuileries (prise des), 120.

TurreH'aîné(Pierre-Dominique), 57, 64, 269, 280, 290, 304.

Vache (Louis), 184.

Vachier (Jean), 234.

Vachier (Jean-Baptiste), 56, 59, 60, 64, 65, 85, 246, 248, 257, 261, 262, 269, 270, 272, 280, 288, 305-307, 314, 315.

Val (le), 62, 114, 115, 117, 202, 224, 289, 296.

Vaience, 239-243.

Valette (la), 73. 79, 148,156,158, 159, 180, 191, 202, 210-212, 218, 220, 222, 228, 229.

Vallauris, 191, 193. .

Vallier (Joseph), 148, 210, 229.

Vanoly (Jacques), 76, 77, 126,

139, 141, 2-9, 210, 220.

Var (département du), 49-51, 53-58, 61, 63-65, 68,71, 82, 87, 90, 91, 96, 104, 107, 114, 121, 135,142,162,239, 242, 245-247, 249-255, 257-259, 263, 270, 272, 276, 280, 294, 296, 297, 300, 305, 309-312.

Var (1« bataillon du), 143.

Var (2« bataillon du), 136. 137.

Var (3' bataillon du), 94.

Var (7« bataillon du), 123, 147, 163,235.

Var (8« bataillon du), 115, 152, 153, 229, 235, 236.

Var (9* et 10" bataillons du), 115, 295.

Var (l'r bataillon révolutionnaire du), 128.

Var (pont du), 182.

Varages, 108.

Varennes, 239.

Varois (les), 59,60,120,191, 192, 251,310.

Vassal (Honoré), 127.

Vassal (Jean-Claude), 223.

Vaucluse (département du), 142, 239, 242.

Vence, 76, 79, 89, 124-126, 139,

140, 158, 202, 204, 207, 209, 210, 219-221, 225, 226.

Verdière (la), 156, 229.

Verdillon (veuve), 157.

Vérignon, 92.

Vermeil (Boniface), 135.


TABLE ONOMASTIQUE

337

Vermenton, 240, 242, 243.

Verne (Henri), 168.

Verne (Léon), 238.

Verrion (Anne), 164.

Vian (Nicolas), 235.

Vidal (Antoine), 1.59.

Vidal (Honoré), 234.

Vidal (Louis), 159.

Vidal (Pierre), 131,132,208,226.

Vidauban, 191, 204, 233, 234, 239,242.

Vieaud, dit la Sare (Jean), 194.

Vienne, 239, 242,243.

Vigne (Joseph-Louis), 127.

Ville (François-Joseph), 80, 95, 204, 219.

Villecroze, 96.

Villefranehe (Alpes-Maritimes), 154.

Villefranehe (Rhône), 242.

Villeneuve (Alexandre), 164166, 212, 213, 230.

Vinon, 113.

Vitrolles, 175. .

Wimpferi (Félix), 120, 266.

Yonne (département de Y), 242.



TABLE DES MATIERES

Pages AVANT-PROPOS. 49

Première Partie

I. — Organisation et fonctionnement du tribunal 53

II, — Résumé des affaires portées devant le tribunal.... 89

Deuxième Partie

I. — Liste des Varois transférés dès prisons de

Marseille dans celles de Grasse 183

IL — Liste des Varois ayant comparu devant le tribunal

révolutionnaire des Bouches-du-Rhône 192

III. — Statistique des condamnations ou des acquitlements,

acquitlements, la profession, de l'âge, du lieu de résidence des prévenus . -..:. 195

IV. — Relevé chronologique des opérations du tribunal

criminel et révolutionnaire 203

V. — Liste méthodique des jugements du tribunal :

Condamnations à mort. 217

Déportations............................. 220

. Acquittements avec détention jusqu'à la paix 220

Acquittements............................ 223

VI. — Contre-révolutionnaires transférés de Grasse à Paris : 1er Convoi............................... 233

r 2me Con\oi..............,....? 235


340 TABLE DES MATIÈRES

3me Convoi... 237

4m« Convoi 238

VIL — Itinéraire des convois :

1" Convoi 239

2me Convoi... 239

3m" Convoi.. 242

4me Convoi. 242

Troisième Partie

I. — Arrêté de Barras et Fréron nommant les

membres du tribunal , 245

II. — Autorisation de Barras et Fréron aux membres du tribunal de nommer un greffier. 247

III. — Lettre de l'accusateur public à Barras,

Fréron, Escudier, Ricord, Robespierre jeune, à propos de l'installation du tribunal.. . 248

IV. — Lettre de Barras et Fréron à l'accusateur

public... 249

V. — Arrêté de Barras autorisant le tribunal à juger révolutionnai rement les contrerévolutionnaires...... 250

VI. — Arrêté de Barras et Fréron prescrivant que . les Varois incarcérés à Marseille seront jugés par le tribunal du Var. 251

VII. — Arrêté de Sàliceti, Barras et Fréron nommant dès jugés ïï poste fixe... 252

VIII. — Lettre du président du tribunal concernant l'exécution de la loi du 27-28 germinal an II (16-17 avril 1794). 254

IX, — Lettre de la Commission des administrations

civiles, police et tribunaux 255


TABLE DES MATIÈRES 341

X. — Circulaire dé l'accusateur public annonçant

lasuppressiondutribunalrévolulionnaire 257

XI. — Arrêté dé Ricord fixant les honoraires des

membres du tribunal. 258

XII, — Lettre de l'accusateur public au Comité de

Surveillance de Barjols 259

XIII. — Lettre de l'accusa leur public au Comité de

Surveillance de Fox-Amphoux., , ,. 261

XIV. -^ Dépositions des témoins dans l'affaire Poney,

de la Roquebrussanne .. ;,:'; 263

XV. — Acte-d'accusation contre François Allègre,

de Barjols.. 269

XVI. — Acte d'accusation contre Antoine Barberi ou

Barbier, de Cagnes.... 270

XVII. — Extrait de l'acte d'accusation contre Alexandre-Boniface

Alexandre-Boniface de Draguignan,.. 270

XVIII. — Extrait de l'acte d'accusation contre Barbegier, Chiboust, Jaubert et Garnier, de Fox-Amphoux......... 272

XIX. — Extrait de l'acte d'accusation contre Victor

Buisson, de Néoules., , 273

XX. — Extrait de l'acte d'accusation contre Jonquier

et Barthélémy, de Bandol.'. 275

XXI. — Interrogatoire de Théodore de PontevèsS*-Blaise

PontevèsS*-Blaise

XXII. — Interrogatoire de Victor Buisson, de Néoules 280

XXIII. —Jugement concernant les administrateurs du

district de Brignoles. 288

XXIV. — Lettre de l'accusateur public au procureur

général syndic du département. 305

XXV. — Lettre de l'accusateur public à l'administration du département du Var 305


342 TABLE DES MATIÈRES

XXVI. — Projet des réparations à faire à la guillotine. 306

XXVII. — Arrêté de Barras et Fréron défendant de protester devant notaire contre des paîments en assignats 307

XXVIII. — Lettre de Barras et Fréron explicative de

l'arrêté précédent......... 308

XXIX. — Lettre de Robespierre jeune interprétative

du précédent 309

XXX. — Arrêté de Gasparin, Escudier, Saliceti réputant émigrés les Varois réfugiés dans Toulon 310

XXXI. — Arrêté de Ricord concernant l'exécution de

la loi du 18 nivôse an II (7 janvier 1794) 311

XXXII. — Lettre de l'accusateur public au Comité de

Surveillance de Solliès 312

XXXIII. — Lettre de l'accusateur public à Demollin,

membre de la Commission municipale

au Port la Montagne [Toulon] 314

XXXIV. — Lettre de l'accusateur public au Comité de

Surveillance de Callian 315

TABLE ONOMASTIQUE ; 317

TABLE DES MATIÈRES 339


PAGE INEDITE DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS

PAR LOUIS DE BRESC

Un matin du mois de mai 1783 le petit village de FoxAmphoux (1) présentait une animation peu ordinaire. Les habitants allaient, venaient, se groupaient sur la place de l'Église, causant entre eux dé la nouvelle locale du jour. On disait que l'un des fils du seigneur, M. Paul de Barras, sousliôutenànt dans l'infanterie de marine, rentré depuis quelques jours dans sa famille, au retour des Indes, allait accomplir un voeu fait pendant une effroyable tempête essuyée au cours de ses voyages.

Son navire, balloté par les flots en fureur menaçait à chaque instant de sombrer, engloutissant avec lui tout l'équipage. Angoissé par la terreur, chacun se recommandait à la miséricorde .divine, les Marseillais notamment à la protection, qu'on disait souveraine, de la Vierge de la Garde. Après avoir contribué à lutter vainement avec un courage et une énergie extraordinaires contre une mer démontée, le jeune officier, désespérant à ,son ,tour, se souvint de la Vierge de son village, au nom prédestiné,

(1) Canton de Tavernes, arrondissement de Brignoles, département du Var,


344 PAGE INÉDITE

Notre-Dame de Bon Secours, et fit voeu de se rendre en pèlerinage au vénéré sanctuaire. On racontait dans les groupes que le vaisseau YActif, qui le portait, avait disparu dans la terrible tourmente, mais que tout l'équipage avait pu être sauvé comme par miracle.

L'auteur de ce voeu ne tarda pas à paraître sur le seuil de la porte de la maison paternelle située grande rue, au centre de l'habitation, et, accompagné de sa pieuse mère, de son frère cadet Auguste de Barras, il se dirigea vers la chapelle blottie dans une grotte rustique creusée à mi côle du mamelon sur lequel s'érige Fox-Amphoux. Il marchait pieds nus, tenant en main un cierge allumé.

Après avoir entendu dévotement la messe célébrée par le curé de la paroisse, il reçut la communion à côté de sa mère ; puis il appendit à l'endroit le plus convenable de la chapelle un ex-voto qu'il avait commandé à un peintre de Marseille en commémoration de l'heureuse et inespérée délivrance. Le tableautin, dont nous donnons une reproduction, et qui mesure 0'n,382 de longueur sur 0m,305 de hauteur avec cadre, et 0m,320 sur 0m,240 sans cadre, décoré aujourd'hui l'intérieur de l'église paroissiale de Fox-Amphoux dont il n'est pas la moindre curiosité historique.

Lorsque, la cérémonie terminée, M. de Barras, remontant au village, traversa la place de l'Église pour regagner sa demeuré, toutes les mains se tendirent vers lui pour le féliciter.

A ce moment, qui aurait pu prévoir que le jeune homme doux et affable, le croyant convaincu qui venait d'édifier la population par un acte de foi et de reconnaissance, la stupéfierait un jour par sa participation aux pires excès de la Terreur ? Après la mort de son père (1785), ayant dévoré tout son patrimoine, ne


DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS 345

possédant plus que d'inutiles parchemins qui établissaient l'ancienneté de sa race, vieille comme les rochers de Provence, il devenait un républicain farouche, votait la mort de Louis XVI sans appel ni sursis ; jacobin exalté, puis montagnard sans pitié, ordonnait, avec Fréron, représentant du peuple comme lui, les terribles fusillades de Toulon et les guillolinades de Marseille !

L'auteur de tant d'atrocités devait essayer, il est vrai, de se les faire pardonner par l'acte libérateur du 9 thermidor, qui fut le jour le plus glorieux de sa vie.

On peut s'élonner que Georges Duruy, en publiant les Mémoires rédigés par la plume: de S'-Albin (1), n'ait pas cru devoir donner le moindre détail biographique sur la jeunesse peu connue du directeur. S'il était venu sur les lieux, à FoxAmphoux et à Cotignac, il aurait recueilli dans les souvenirs de la tradition plus d'une anecdote, d'un trait de moeurs sinon toujours honorable, du moins intéressant et révélateur. On lui aurait montré la vieille bastide des Pourcelly, décorée depuis du nom un peu pompeux de château, qu'habita souvent sa mère, d'une très ancienne famille de Fox. Il aurait pu voir aussi le pavillon construit par M. de Barras lui même pour y loger son chasseur et ses chiens, et qui devait acquérir une assez triste célébrité. C'était, au dire des contemporains, le théâtre secret de scènes de débauches honteuses, renouvelées des saturnales de l'antiquité. Parmi cette population d'honnêtes paysans qui en étaient les témoins indignés, elles avaient valu au seigneur de Fox une fâcheuse réputation.

(1) 4 vol, in-8°. Hachette, Paris.


346 : PAGE INÉDITE

Nous donnons en appendice :

1° L'acte de baptême de Paul Barras ;

2° Son acte de mariage ;

3° La lettre de faire part de son décès, heureusement conservée dans les papiers de l'ancien bibliothécaire de Draguignan, Athanase Gros, reçu à Ghaillot pendant ses années de-séjour à Paris (1) ;

4° Quatre lettres ou billets adressés à ce dernier par le général Jorry (2), aussi familier de Ghaillot, sur les derniers jours et la mort du célèbre ex-directeur.

(1) Gros (Athanase), né et décédé à Draguignan (1798-1869), Élève de l'Institut séricicole de Sénart, collaborateur de divers journaux etrecueils de sciences économiques et agricoles, notamment du Dictionnaire d'économie politique, auteur d'un Dictionnaire mariànnaisfrançais, inachevé et inédit, inventeur dJun nouvel appareil" pour l'étouffage des cocons, etc., conservateur de la Bibliothèque et du Musée de Draguignan.

(2) Barras parle do ce général dans ses Mémoires, à propos de là conspiration de Babeuf, II, p. 123. :


EX-VOTO DE BARRAS



DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS 347

APPENDICE

I . •' "

Acte de baptême de Barras [en marge] Baptême Barras

L'an mille sept cent cinquante-cinq et le trantième jour du mois de juin est né noble Jean-Nicolas-Paul-Erariçois de Barras, fils de noble Érançois et de dame Élisabet Pourcelli, son épouse, et a été baptisé le quatre juillet prochain.

Le parrain, messire Jean-Nicolas de Raphaelis d'Agut [d'ÀgouIt], chevalier, marquis de Rognes ;

La marraine, mademoiselle Françoise - Louise - Gabrielle d'Albert du Chaîne, marquise de ce lieu.

Touts signés : Barras, Rognes, d'Albert du Chaîne, Serre de Rognes, Rognes, fils ; Pauline de Rognes, Julie de Rognes ; Guigou, consul; P. Maille, consul ; Millot, v. g. (?) ; Pourcelly, J. Rambert, Reynier, Pourcelly, Sigaud-Bresc, curé (1).

(1) Arch. c 1" de Fox-Amphoux, GG. 2, f 143.


348 PAGE INÉDITE

II

Acte de mariage de Barras [en marge] Mariage Barras et Templier

L'an mil sept cent quatre-vingt-onze et le treize du mois de janvier, après une seule proclamation des bans faite en cette église de Fos et en celle de Cotignac, dans la messe paroissiale, le neuf du courant, jour de dimanche, avec avertissement que c'étoil pour la première, seconde et dernière publication, attendu la dispense des deux autres bans obtenues (sic) de l'ordinaire, en date du trois du courant, signés (sic) Gassier, viq. général, et plus bas : de mandata, Mathieu, secretarius ; insinuées (sic) au greffe des insinuations du diocèse et contorrolées le cinq, signé Maurinne ;

Vu le certificat des publications faites à Coljgnacj signé Gai, curé, en date du dix, sans opposition ny empêchements découverts des parties ;

Veu aussi la procuration de dame Rose Moustier, veuve du s5 Jean Templier, négociant du lieu de Cotignac, rière M" Garnier, notaire dud, lieuj constituant pour son procureur à l'effet dud. mariage suivant, sr Jean-Joseph Blancard, me chirurgien dé ce lieu de Fos, en date du onze dud. mois ;

Moy soussigné, vicaire de Fos, présent messire Cavalier, curéj ai reçu le mutuel consentement de mariage par parolles du présent et ai donné la bénédiction nuptiale avec les rits usités à Mr Paul-François-Jean-Nicolas de Barras, ancien officier d'infanterie, fils de feu François de Barras, aide-major d'Entre-


. DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS 349

veaux, et de Diane-Elisabeth Porcelly, âgé de trente-six ans, tous de cette paroisse, d'une part ;

Et à dlle Marie-Pélagie Templier, fille de feu Jean Templier et de dame Thérèse-Rose Mouslier, âgée d'environ trente ans, tous de la paroisse de Cotignac, d'autre ;

Iceux assistés de la présence et du consentement de lad. dame Porcelly de Barras et du sr Jean-Joseph Blancard, chargé de la procuration de la dame Thérèse-Rose Moustier-Templier, mères des parties contractantes, et autres parents, amis respectifs.; présents en outre, Mr Jean-Baptiste Roubaud, ancien président trésorier de France, de la ville d'Aups ; Me Henry, notaire ; Jean-Baptiste Henry et Joseph Barbegier, maréchal-ferrant (1), témoins requis et soussignés de ce lieu de Fos, avertis et interrogés conformément à l'édit de mil sept (six) cent nonantesept, avertis des peines y portées contre les faux témoins, en matière de mariage; les parties et Mme de Barras, mère, et sr Blancard, procureur, signés avec nous,

[Signé] Paul de Barras, Templier de Barras, Porcelly-Barras, Blancard, Mouslier, Auguste de Barras, J. Henri, Moustier, J.-B. Henry, Barras-Cauvin, Roubaud, Barbegier, Moustier, père ; Jules-Victor de Barras, Cavalier, curé (2).

(IVUn André Barbegier, aussi maréchal-ferrant à Fox-Amphoux, ennemi de Barras, qui le fit arrêter comme contre-révolutionnaire, fut traduit devant le tribunal révolutionnaire de Grasse, condamné à mort et exécuté le 5 pluviôse an II (24 janvier 179i). (Cf. Ed. Poupé, le Tribunal révolutionnaire du Var, Bulletin - de la Société d'études, XXVIII, p, 105).

(2) Arch. c"s de Fox-Amphoux, GG, % f» 361.


350 PAGE INÉDITE

III Lettre de faire part du décès de Barras

oM

Vous êtes prié d'assister au Convoi et Enterrement du Général Paul-Jean-François-Nicolas DE BARRAS, décédé à Paris, en son hôtel, grande rue de Chaillot, n° 70, le 29 janvier 1829, qui auront lieu le dimanche 1er février, à 11 heures précises du matin.

De la part de Madame DE BARRAS, sa veuve.

On se réunira grande rue de Chaillot, n" 70.

BKSAIID, imp. grav. en t. d., place et pass. du Caire, n" (1).

(1) Feuille double, papier blanc ; hauteur, 0\242 ; largeur, 0",188. (Bibliothèque de Draguignan, papiers Gros, n° 272).


DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS 351

IV Lettres du général Jorry

.1°

Paris, 16 janvier 1829 ■ ' ■■ ■ ' 7 h; matin.

T. •'. e.-. t.-. Gros,

Je suis allé hier à Chaillot avec mon fils, exprès pour vous et MM. Lombard (1), vos estimables amis ; vous n'êtes pas venus ! Cela nous a fait grande privation.

Ayez la bonté de m'envoyér l'adresse de ces messieurs par le porteur, je veux absolument leur faire visite.

Tout à vous de coeur.

Le général Jorry

rue de l'Est, d'enfer, n° 1.

[Adresse] Monsieur, monsieur Gros, rue Serpente, n° 8, Paris.

.. ;..' .'', '■ ' \ ' . .■ 2° _;,},. , ,

J'ai l'honneur de saluer très cordialement le t. •. c. •. et bien aimé f. •. Gros et de le prier de me donner des nouvelles de notre bon général Barras, dont je suis fort inquiet. Je garde la

(1) Lombard (Jean-Antoine-Clément), né à Nice (Alpes-Maritimes), décédé à Draguignan (1805-1892). Avocat, professeur de droit à la Faculté d'Aix ; chevalier de la Légion d'honneur.

Lombard (Antoine-Auguste-André), né à Beuil (Alpes-Marifimes), décédé à Draguignan (1812-1904). Capitaine de vaisseau, maire de Draguignan, commandeur de la Légion d'honneur, chevalier du Medjidieh, commandeur du Nichan-Iftikar.


352 PAGE INÉDITE

chambre depuis plusieurs 1 jours et ne sortirai que demain après-midi.

Je n'ai pu satisfaire mon coeur et rendre à MM. Lombard leur bien flatteuse visite ; veuillez m'excuser auprès d'eux.

Si vous allez ou envoyez à Chaillot, veuillez me servir d'interprète et offrir mes respects et mes voeux bien ardents.

Tout à vous bien cordialement.

V.-.d.-.f.-.

le général Jorry. Paris le 27 janvier 1829 dix h. matin.

Je reçois avis que nous sommes menacés d'un grand malheur ; le général est dans un étal très alarmant.

[Adresse] Très pressé.

à Monsieur, monsieur Gros, homme de lettres, rue

Serpente, n° 8 ou au bureau de M. le capitaine de Freycinet, rue neuve

St-Roch, n° 28 ou 26, ou impairs.

T. •. c. •. f. •. et bon ami, monsieur Gros,

Reconnaissance bien vive de l'attention de votre lettre très affligeante, mais nécessaire â connaître. Hélas ! qu'est la vie ? Je n'oublierai janiHis cet excellent citoyen général Barras. Que je plains sa dame et ses fidèles alentours !

Je sors à 10 h. pour aller chez le ministre de l'Intérieur ; de là peut-être irai-je à Chaillot, si le mauvais temps le permet à ma


DE LA BIOGRAPHIE DE BARRAS 353

santé, mais si vous voyez quelqu'un, peignez mes sentiments et donnez-moi des nouvelles; j'en userai de même pour vous.

Tout à vous de coeur.

Le général Jorry. Le 29 janvier f

9 h. matin. *

[Adresse] Très pressé.

Monsieur, monsieur Gros, rue Serpente, n° 8, à Paris.

4"

Saluer affectueusement monsieur et bon ami Gros et demander, au nom de ma famille et de moi, des nouvelles du cher général Barras.

Hier, j'ai apprib à Chaillot qu'il était 1res mal, mais hier soir en dînant chez le docteur Mère, il m'a dit : « il est mieux que ce matin ; c'est un phénomène, il passera la nuit; il est très mal ».

Son tout dévoué . Jorry. 30 janvier, 9 h. matin.

[Adresse] Monsieur Gi'os, rue Serpente, n° 8 (1).

(1) Bibliothèque de Draguignan, papiers Gros, n" 134.



LÉ ROI RENE S'EST-IL EMBARQUÉ

A ST-RAPHAEL (VAR) EN 1453 ?

PAR F. MIREUR

I

En avril 1453, le roi René, toujours inconsolé de la perte du royaume de Sicile, usurpé par Alphonse d'Aragon, venait de resserrer, par un traité, ses liens avec la cité de Florence et le duc de Milan, auxquels il promettait l'appui de ses armes dans leur lutte contre les républiques de Gênes et de Venise. Il se flattait, l'excellent prince, qu'une fois débarrassés de leurs ennemis, ses alliés l'aideraient, à leur tour, à reconquérir ce joyau de Naples, éternel objet de ses cuisants regrets et de ses invincibles espoirs. Son adhésion à la ligue d'outre-monts avait

excité chez les confédérés « des transports de joie Avec le

secours de votre sagesse et de vos armes, lui écrivait, le 10 mai, la république de Florence, nous sommes certains de triompher. Que votre Majesté veuille seulement se presser. .... ».

«Non moins impatient», René avait quitté, le 4 mai, son château d'Angers et, & au commencement de juin, il se trouvait en Provence. Mais l'équipement et le passage de ses troupes étaient une opération trop longue pour qu'il pût arriver sur le sol


356 LE ROI RENÉ s'EST-IL EMBARQUÉ

italien au terme fixé [15 juin]. Le 29, il était encore à Aix, où il rédigea son testament, comme nos pères ne manquaient pas de le faire à la veille d'un grand voyage. Dans les premiers jours de juillet, il essaya de pénétrer en Italie par la voie de terre ; il gagna Sisteron, d'où il avisa Sforza [duc de Milan], qu'il se disposait à le rejoindre et qu'il le tiendrait au courant de sa marche : « J'ai vergogne, lui disait-il, de vous écrire du fond de « ces montagnes ; bientôt, avec l'aide de Dieu, je pourrai vous « parler de plus près ». Il s'avança jusqu'à Gap, comptant traverser les défilés des Alpes ; mais divers obstacles, suscités tant par le duc de Savoie que par la république de Gênes, l'empêchèrent de passer et le forcèrent à rebrousser chemin, après une perte de temps de plusieurs semaines. Enfin, vers le 1er août, il atteignit Vintimille par mer, tandis qu'une partie de sa cavalerie arrivait par une autre voie » (1).

Ce récit, qui, d'un trait, nous dirions d'une emjambée, n'était la traversée par mer, nous transporte de Gap à Vintimille en brûlant les nombreuses étapes intermédiaires, provoque chez les moins curieux deux questions toutes naturelles : t 1° Par lequel des ports de mer de son comté de Provence, de Marseille à Antibes, le souverain s'est-il embarqué ?

2° Quelle route a-t-il suivie pour y atteindre ?

Une petite trouvaille dans les archives communales d'Aups (Var) nous suggère une solution encore un peu hypothétique, mais bien tentante, et que nous ne résistons pas au désir de soumettre à l'appréciation des compétents. Ce dépôt a conservé deux lettres patentes originales du roi René, délivrées le

(1) A. Lecoy de la Marche, Le roi Renè,l, 275, etc.


A S*-RAPHAËL (VAR) EN 1453 ? 357

l""- août 1453 en faveur et à la requêle récente — nuper (1) — des habitants d'Aups, accordant, l'une, confirmation des anciens privilèges royaux, l'autre, amnistie de tous les crimes, offenses, délits, contraventions commis jusqu'à ce jour, sauf crime de lèse-majesté et certains autres.

Une observation d'abord sur l'objet même de ces lettres, suggestif à notre avis.

L'une et l'autre octroyent des grâces — comme on disait — très appréciables sans doute, mais d'un caractère général et d'Un intérêt permanent qui excluent toute idée de bien grande urgence. La confirmation des privilèges, on la sollicitait d'ordinaire à l'avènement ou à la première visite du souverain. Quant à Pamnislie, elle était alors comme aujourd'hui toujours de saison. Il n'est nullement démontré que les consciences aupsoises fussent en loul temps plus nettes que les autres d'infractions aux lois el règlements et absolument sans peur ni reproches. Dès lors, quel besoin subit avait-on éprouvé de demander, vraisemblablement le même jour, deux immunités qui n'étaient pas plus pressantes certainement l'une que l'autre? De plus, sa Majesté étant absente depuis un mois environ, la requêle n'avait pu lui être présentée qu'à son retour de Gap, il y avait à peine quelques jours. Et où ? Ne pressent-on pas que, dans l'intervalle, il s'était passé quelque chose de nouveau, d'imprévu, qu'une occasion inespérée s'était offerte d'obtenir une faveur royale ; qu'on l'avait saisie en quelque sorte au vol, el que, faute de mieux, on s'était rejeté sur ce qui était toujours opportun : le

(1) « Sane supplicacionibus Majeslali nostre nuper porreciis pro parte

unioersitatis de Alpibus bénigne prebentes assensum » ;

lettres d'amnistie (arch. cI,? d'Aups, AA. 11).


358 LE ROI RENÉ S'EST-IL EMBARQUÉ

renouvellement des vieilles franchises et l'absolution des péchés vieux et nouveaux ?

Or, les deux lettres du 1er août 1453 sont datées de Fréjus, point de notre ancienne côte provençale le plus rapproché, sauf Cannes et Antibes, de Vintimille (à 12 ou 14 heures environ), et sur la route directe de Gap par Sisteron, les Mées, Valensolle, Riez, Aups et Draguignan.

Et alors, malgré soi, on cède à l'irrésistible tentation de reconstituer, en même temps que l'itinéraire parcouru, la scène du passage à Aups avec ses suites : le roi tombant du haut des Alpes, peut-être à l'improviste ; les syndics, un peu effarés d'abord, s'empressant, avec leur esprit essentiellement positif, de profiter de la rare bonne fortune pour demander, après les révérences et protestations de fidélité d'usage, la protection royale ; la paternelle Majesté les accueillant d'un sourire et les renvoyant à son féal conseiller et compagnon de route, Vital de Cabanes, pour leur expédier en due forme ce qu'ils désirent. Eux se mettant, après cela, à la suite delà cour, l'escortant jusqu'à Fréjus pour obtenir des scribes de la chancellerie la délivrance des titres précieux, opération assez compliquée, puis rentrant triomphalement, les solennels parchemins en poche. Ils en avaient élé quittes à bon marché, un peu grâce à la mer, pour une simple chevauchée de moins de 60 kilomètres à l'aller et autant au retour ; sinon on leur eût très probablement fait voir du pays. Bien plus tard, il est vrai, en 1622, lorsque Louis XIII vint à S^Maximin^ il mena ensuite les consuls de province en province et d'étape en étape, jusqu'à Grenoble (1). En 1538,

(1) L. Rostan, Visite du roi Louis XIII à St-Maximiiï (Bulletin de la Société d'études..., XV, 133).


A SMAPHAEL (VAR) EN 1453? 359

FrançoisIer, lui, avait traîné les malheureux délégués de Brignoles à sa remorque, du midi au nord, de l'ouest à l'est, de l'Ile-deFrance dans le Berry, du Berry en Picardie, de Picardie dans le Cambrésis, durant huit mois mortels (1).

Le passage à Aups peut s'étayer, en outre, d'une tradition locale recueillie et racontée par le si regretté de Bresc (2) avec une particularité qui en fixait le souvenir : le roi René, traversant le bourg à une date qui ne peut guères être que fin juillet 1453, d'après l'itinéraire publié par Lecoy de la Marche, serait descendu dans la maison des Fabre, depuis de Fabry. Six ans après, le 7 avril 1459, il anoblissait par lettres patentes son hôlo ou le fils de son hôte, Jacques Fabre, fils de Jean, celui-ci marchand aupsoi s (3).

La délivrance des lettres à Fréjus le 1er août suppose nécessairement l'arrivée dans la cité épiscopale la veille ou l'àvant-veille. Rien n'était plus aisé. Pour franchir à cheval les 200 kilomètres au maximum qui séparent Gap de notre littoral, 5 ou ajournées étaient plus que suffisantes. René, encore à Gap le 21 — il y avait réglé une dépense (4) — et parti le 22, n'avait

(1) F. Mireur, Entrée de François Ier à Brignoles (1538).

(2) Lettre du chanoine Ed. G., du 21 mars 1911.

(3). Arch. cI,s d'Aups, FF. 81, p. 28. On lit dans les comptes du roi René : « 24 mars 1477 [Reçu] de Jacques Fabre, d'Aups.. .100 florins qu'il a donnez.... .tant pour estre anobly que pour confirmation d'eschange.,. »: (Arch. dép!' 5 dés Bouches-du-Rhône, B. 2481, f 3).

"(4) Arch. ,déples des Bouches-du-Rhône, B 2479, f° 114, très consciencieusement compulsé par M. Auguste Rampai, notre èrudit et obligeant confrère.

Inutile d'ajouter que.toutes les archives locales situées sur le parcours ont été mises à.contribution et vainement. Les recueils, communaux de délibérations et comptes trésoraires ne remontent pas si haut ou présentent de nombreuses lacunes.

A Fréjus, René rëncontra-t-il le nouvel évêque, le cardinal Guillaume d'Estaing, nommé à peine par bulles du 27 juin précédent (Albanès, GaUiaçhristiananovissima, I, 381)? C'est plus que douteux.


360 LE ROI RENÉ S'EST-IL EMBARQUÉ

pas tant à se presser. Ne fallait-il pas laisser à la galère, commandée sans doute encore de Gap par exprès, aussitôt après le changement d'itinéraire, le temps d'aborder à S'-Raphaël ? Étant donnée la distance à parcourir par le messager et par la galère elle-même, en admettant qu'elle fût en état de prendre la mer sans délai, on peut supposer que le Roi était plutôt en avance. Cela lui aurait permis, sans inconvénient, le 29 étant un dimanche, de s'arrêter un peu sur sa route pour faire ses dévotions. Mais dans le cas où le dimanche l'aurait trouvé à Draguignan, ce qui s'accorderait assez avec la distribution probable des journées de marche, le retard n'aurait pas été bien sensible ; car il aurait pu monter en selle à l'issue des vêpres et aller coucher encore à Fréjus, distant seulement de 29 kilomètres •environ.

Dé toute façon Draguignan eût été sa dernière étape. Il y serait descendu le samedi 28, à l'heure du dîner, par la vieille route d'Aups-Tourtour, chemin déjà ou bientôt royal, substitué depuis plus ou moins de temps, comme moins étroit el moins abrupt, à l'embranchement romain de Riez, aboutissant d'ailleurs aussi au pont du Verdon, et traversant la Nartuby sur notre pont d'Aups, ditpontneufen 1379(1). Cette route l'avait conduit droite la porte de son logement, préparé, selon toute apparence, dans le couvent suburbain de nos Frères Prêcheurs (place Claude-Gay), dont l'ordre lui était particulièrement cher. Le 30 juin précédent, il avait donné à l'un des religieux, enfant de la maison et qui allait honorer celle-ci par son mérite, le fr. Jacques Raphaël, futur

(1) Arch. clts de Draguignan, BB. 4, f° 166, délibération intercalée dans l'année 1378. relative à la réparation du pont neuf du quartier de Fraysinet (lieu planté de frênes).


A Sl-RAPHAEL (VAR) EN 1453? 361

auteur de la Vie de St-Elzéar, un témoignage de ses libérales sympathies (1). Nul doute qu'on n'eût disposé en faveur de l'auguste visiteur de la belle chambre priorale, aux grandes dimensions, si déjà elle existait â l'ouest, avec vue sur le fond pittoresque de notre vallée et, au pied, le tapis de verdure de la prairie bordée à l'époque d'une rangée de peupliers. La bassecour de l'enclos aurait fourni, à la rigueur, à défaut de présent municipal, lés oeufs, base du menu, sa treille, le précoce madalénen doré, et son verger, la figue-fleur sucrée, la juteuse poire cramoisie, peut-être la jaune mirabelle, ce qui eût été la plus délicate flatterie, René l'ayant introduite, dit-on, en Provence.

Sans la déplorable lacune de nos collections de délibérations et de comptes communaux, nous saurions si les syndics, endossant les chaperons mi-partie en soie rouge et en velours violet, étaient venus lui présenter, avec leurs plus respectueux hommages de soumission et de fidélité, les cadeaux d'usage : flambeaux de cire, truites, et, pour le déjeuner du lendemain dimanche, volailles, lapins, perdrix, porcs-épics, plus du vin rouge et du vin muscat à discrétion; « quod bibere poterit », dit-on le jour où l'on reçoit une éminence, sans oublier, en gens pratiques, les setiers d'avoine pour les chevaux. On voudrait pouvoir entendre aussi l'aubade jouée par nos tambourins au prince compositeur, à qui notre instrument national doit quelques marches classiques de son plus vieux répertoire (2).

(1) L'abbé de Rafelis de Broves, Les Rafe.lis, I, 191, et papiers Albanès, obligeamment consultés (archives de M. le chan. Ulysse Chevalier, à Romans).

(2) Délibération du 20 janvier 1437 (Arch. c'", BB. 8, f 182 V).


362 LE ROI RENÉ s'EST-IL EMBARQUÉ

Partie le diman.che 29, dans la soirée, ou le lundi matin, à l'A'ngelus, la royale cavalcade aurait traversé la rue de la Grande École [du Collège], la Place du Marché, la rue Beaùregard et la rue Droite [des Marchands et de Trans], celle-ci l'ancien chemin de Fréjus, au milieu des vivats de la population, il faut le supposer, si c'était le soir. Le matin, dans la ville encore endormie, les équipes de moissonneurs pour la : montagne, nonehalemment couchées sur les bancs et sur le sol de la Place du Marché, et les fidèles de la messe de l'aurore auraient peut-^ être seuls salué de leurs souhaits de bon voyage noùestré Segne lou rei Reinier.

n

Cet itinéraire et l'embarquement à S*-Raphaël sembleraient d'ores et déjà un fait acquis, s'ils ne se heurtaient malheureusement à une objection de diplomatique tirée d'une irrégularité de forme plus apparente que réelle et qui reste à discuter.

Ni l'une ni l'autre des deux lettres, d'une authenticité incontestable, ne sont revêtues de-la signature du prince.

L'anomalie, outre qu'elle n'est pas sans exemple, peut s'expliquer par des raisons toutes particulières.

Contrairement à l'usage des comtes, ses prédécesseurs, René, maniant peut-être mieux la plume> signait d'ordinaire les lettrés patentes émanées de sa chancellerie. Pourtant l'on peut citer plus d'une exception à la règle, sans trop chercher. Dans son Histoire du couvent royal de St-Maximin, Al ban es en reproduit in extenso deux, datées les 9 et 16 mars 1438 (1), de Marseille,

(1) Supplément, 45 et 49.


A S'-RAPHAEL (VAR) EN 1453 ? 363

où le Roi se trouvait sûrement ces jours là. Notre fonds départemental de l'ancienne chartreuse de Montrieux en contient une troisième du même mois, même année (4 mars), donnée aussi à Marseille pendant un séjour de plus d'un mois (1). Aucune des trois ne porte de signature. L'absence de celle-ci ne serait donc pas toujours, à elle seule, une preuve sans réplique de l'absence du souverain. Ici sa présence est affirmée non seulement par les énonciations des lettres — nous allons le voir — mais encore et surtout par leur importance. Celle-ci dépasse visiblement les attributions ordinaires d'un conseiller du Roi. Où Vital de Cabanes, qui les a signées (2), aurait-il puisé, s'il n'avait pas en quelque sorte écrit sous la dictée de son maître, le droit d'octroyer, au nom de ce dernier, le bénéfice d'une amnistie et la confirmation de privilèges royaux ? Et lui-même, comment et pourquoi se trouvait-il à Fréjus? Qu'était-il venu y faire, ne s'y étant pas transporté tout exprès, on peut le supposer, pour complaire aux désirs des syndics d'Aups, sinon y accompagner le monarque à son embarquement, avant d'aller le rejoindre en Italie ? (3).

Au surplus, les deux chartes présentent une particularité assez remarquable. Elles ne sont écrites ni de la même main, ni avec la même encre. Deux scribes différents concoururent à les dresser. Pourquoi ? n'est-ce pas qu'on les expédia à la hâte, sous le coup d'un départ imminenl? Ne perdons pas de vue que René, aussi pressé d'aller retrouver ses alliés que ceux-ci étaient

(1) Série H.

(2) Par l'inscription de son nom, de sa main, dans le Corps des lettres, selon l'usage.

(3) 11 s'y trouvait notamment le 15 septembre 1453 (A. Lecoy de la Marche, 1, 279).


364 LE ROI RENÉ s'EST-IL EMBARQUÉ

pressés de l'avoir parmi eux, ne dut guère s'attarder à Fréjus, aussitôt la galère mouillée dans les eaux de S*-Raphaël. Or, nous savons par Lecoy de la Marche qu'il aurait été déjà à Vintimille, vers le 1er août, date laissant supposer par son imprécision un départ effectué encore le 31 juillet au moins, ce qui se concilierait parfaitement avec le séjour à Draguignan le 29. On s'expliquerait très bien alors que, malgré toute l'activité' déployée par la chancellerie, qui n'avait peut-être pas que les deux requêtes aupsoises à expédier, les lettres n'eussent pu être terminées à temps pour être soumises à la signature du Roi. Ne s'en élait-on pas dispensé d'ailleurs d'autres fois et sans les mêmes raisons de force majeure ?

Dans tous les cas, leur teneur et leur forme témoignent de la participation directe du Roi à leur émission. René y parle en son propre nom — ce qui ne serait pas un indice suffisant — mais il ajoute expressément qu'il statue avec l'assistance et après délibération de son conseil, « cum nosiri nobis assistentis consilii deliberatione ». Elles sont scellées du sceau secret des finances, remplaçant en voyage le grand sceau, et enfin elles portent sur le repli — cette fois de la même main sur les deux — la mention sacramentelle qui proclame la haute et personnelle intervention du souverain : « Per regem ad prefati sui consilii deliberationem ».

A de plus habiles et plus autorisés diplomatistes, en possession d'autres éléments de comparaison, de prononcer si ce.sont là vaines formules de style, fictions conventionnelles, verba et voces, ne répondant à aucune espèce de réalilé.

Une double et très notable économie de parcours dans la traversée avait fait préférer le petit port de S*-Raphaël au grand


A S^RAPHAEL (VAR) EN 1453 ? 365

port de Marseille, auquel on songe tout d'abord et qu'on nous opposera peut-être. René, bien trop pauvre pour avoir une marine à lui, empruntait d'ordinaire celle de Gênes, de Catalogne ou de Florence. Dans l'occurence, il ne pouvait s'agir de Gênes qu'on allait combattre, tandis que Florence, au secours de laquelle on volait, était tout indiquée pour rendre ce service. Dès qu'il eut renoncé au passage des Alpes, le prince, qui correspondait, nous le savons, avec ses alliés, eut vite fait de leur dépêcher un des meilleurs chevaucheurs de son écurie pour les prier de lui envoyer une galère sur le point de la côte le plus rapproché. Lequel ? Marseille était trop loin et, entre l'aller et le retour, c'eût été trois ou quatre journées inutilement perdues. Restaient Antibes et Cannes — dont les histoires sont à cet endroit muettes (1) — et S^Raphaël, qui n'a pas d'histoire très malheureusement. Or la différence de distance entre ces localités était presque insignifiante.

Nous attendrons, s'il le faut, avant de nous embarquer définitivement sur noire galère toscane (?), que les ports concurrents el de plus experts ès-science diplomatique aient recherché et produit les preuves contraires. Dans le cas où celles-ci feraient défaut, nous serions autorisé, croyons-nous, à retenir pour nos annales médiévales le fait historique inédit du passage du roi René à travers notre région en fin juillet 1453 et de sonembarquement à S*-Raphaël.

(1) Cf. Alliez, colonel de la Ville d'Avray et Tisserand.


366 LE ROI RENÉ S'EST-IL EMBARQUÉ

Lettres de confirmation des privilèges

Renatus Dei gracia Jherusalem et Sicilie rex, Andegavie et Barri dux, comitatuum Provincie et Forcalquerii ac Pedemonlis cornes, universis et singulis tam presentibus quani futuris. Si munificenciaprincipis ad cunclos prosecutione grate retributionis extendatur, satisestrationabiliter consequens quod ad pequliares subditos suos, qui bene meriti à prestatione serviciorurn laudabiles innotescant, uberioris prehemii largicionibus diffundatur; nam dignum est ut indulta, ex justâ rationabili causa eoncessa, sic claritate fulgeant, cautelâ vallentur et gandeant firmitate quod, ipsâ perpétua stabililate mansurà, relractationis évitent obstaculum et futuris temporibus non censeant quomo-: dolibet nocumentum.

Sane moti noviter ad devotam et humilem supplicalionem : nostro culmini inlerjectam, pro parte universitatis hominutn dicli opidi nostri dùmanialis de Alpibus nostrorum fidelium, illâ consideratione potissime quod universitas ipsa et hominès: ipsius in emergentibus casibus pro nostrâ illibatà fidelitate conservandâ multimode claruerunt, cupientes illis in hiis et in aliis que comode possumus promptis affeclibus complacere in quadam recompensatione premissorum, considerantesque quod privilégia principum decet esse mansura, nec non usus ac antiquitas (sic) consuetudines sunt servanda ; propterca ipsis supplicalionibus veluti justis in hàc parte bénigne deflexi, harum série, de nostrâ certâ scientiâ ac proprii motus instructu ac cum nostri nobis assistentis deliberatione consilii, omnia et


A St-RAPHAEL (VAR) EN 1453 ? 367

quecumque privilégia et indulta per recolende memorie prede- . cessores nostros ipsi universitati et hominibus dicti loci concessa quomodocumque et qualitercumque que hic haberi volumus pro sufficienter expressis et specialiter declaratis ac si spécifiée incerta essent, de qùibus in possessione seu quasi existunt et de qùibus pro presenti lis minime pendet, ac omnia et singula in eis contenta confïrmamus, approbamus, acceptamus • ac Nostre approbatîonis et confirmalionis munimine roboramus. Quo circa speetabili et magnificis senescalio nostro 'a'c gentibus' nostri Aquis residentis et sibi assistentis consilii, nec non officialibus curie nostre predicte de Barjolis (1) et de Alpibus, ceterisque aliis ta m majoribus quam minoribus infra diclos nostros comitatus Provincie et Forcalquerii conslitutis, presentibus et futuris, eorumque cuilibet vel ipsorum locumtenentibus, presentium tenore, de ipsà nostrâ certâ scientia et cum delliberatione quâ supra, damus expressius in mandatis quatenus, forma presentis confirmationis et- approbalionis diligenter attenta, dictam universitatem et singulas personas ejusdem dictis eorum privilegiis et indultis uti, frui et gaudere sinant et permitant incontradictorie, quum ita fieri et observari volumus et jubemus per présentes; in quorum fidem et testimonium, présentes literas fieri jussimus ac sigillo. nostro secreto financiarum et loco magni sigilli in talibus apponi soliti, subtus quod vOlumus présentes vim et efficaciam obtinere ac si sigillo ipso magno munirentur, jussimus appensione communiri, quas inspectas et exequlas volumus remanere présentant dicti universitati perpetuo valituras.

(1) Barjols, chef-lieu de canton (Var): "


368 LE ROI RENÉ s'EST-IL EMBARQUÉ

Datum in civitate Forojulii, per magnifieum virum Vitalem de Cabanis, legum doctorem eximium, dominum de Podio Ricardo, magne nostre curie magistrum rationalem [majoremque] et secundarum appelalionum ac nullitatum dietorum comitatuum ProvincieetForcalqueriijudicem,consiliariumetfidelemnostrum dilectum, die prima mensis augusti anno Domini millesimo quadringentesimo quinquagesimo tercio.

[Sur le repli] Per regeni ad prefati sui consilii delliberationem. [Plus bas] Jo. Jacobi (1).

(1) Arch. c 1" d'Aups (Var), AA. 12.


ADRIEN GUEBHARD

SUR CERTAINS OBJETS PREHISTORIQUES DE BMZE

provenant des Alpes-Maritimes

DONNÉS PAR

M. A. BONNET

aux collections de la SOCIÉTÉ D'ÉTUDES

En 1889, la Société d'Études recul d'un de ses membres résidents, M. ANTONIN BONNET, un don magnifique.

M. Bonnet avait eu la bonne fortune d'acquérir de première maiii d'un habitant des Alpes-Maritimes tout un lot d'objets de bronze, trouvés au hasard de travaux de défoneement, par un terrassier, sur le Mont-Gros, non loin de l'emplacement actuel de l'Observatoire.

Il y avait là (voir la planche), outre six beaux bracelets, artistiquement gravés, de conservation parfaite et de patine superbe, tout un lot de menus objets fragmentés ou détériorés, montrant avec évidence qu'on avait à faire à une cachette de marchand, abandonnée, probablement pour cause de force majeure, à la garde des siècles, dans un pot de terre assez mal cuite, dont un seul petit fragment avait été recueilli.

Mais personne ne se trouva, à l'époque, pour faire de cet ensemble l'étude qu'il méritait, et tout se borna à quelques lignes de trop brève mention au cours du procès-verbal de la séance du 9 avril 1889 (t. XVII, p. XLII), enregistrant la donation, sans en faire ressortir toute l'importance scientifique.

24


370 . SUR CERTAINS OBJETS

Quatre lustres passèrent ainsi et peut-être le petit trésor n'aurait-il pas encore au Musée la place d'honneur qu'il mérite, si la circonstance d'une seconde trouvaille (voir la planche de Clans), faite à. 37 km. au nord de Nice, dans des conditions analogues, n avait rappelé l'attention sur l'ancienne.

Il importait, en effet, de les rapprocher l'une de l'autre pour les comparer entre elles et à celles du dehors, et c'est à ce travail que se laissa entraîner, par pur patriotisme marinalpin, le signataire de ces lignes, qui put profiter de sa présence à Paris pour affronter, fût-ce au détriment d'autres besognes urgentes, les formidables recherches bibliographiques nécessaires. Deux notices séparées, très détaillées, ont été publiées: sur les deux trouvailles, dans le volume du Congrès Préhistorique de France, VI<= session (Tours 1910), p. 733-739 et 740-747. : ; ,

11 ne saurait être question de recommencer ici l'une ou l'autre, dont les lirés-à-part demeurent à la disposition des intéresses. Mais il nous a paru que, puisque Draguignàn avait là bonne fortune de posséder le premier de ces trésors, ainsi sauvé pour la science par. l'intelligente libéralité d'un membre de la Société d'Études, il convenait que le Bulletin de celle-ci conservât, en plein corps, trace des observations qui purent être menées à bien, grâce à l'amabilité avec laquelle les pièces furent communiquées par les soins de M. BONNET lui-même.

Des moulages en ont été faits au Musée de S'-Germain, pour mettre leurs répliques, à côté de celles des plus fameuses trouvailles de France et de l'Etranger, sous les yeux des nombreux visiteurs de notre grand Musée National. Et les excellentes photographies que j'ai dues (étant moi-même depuis longtemps éloigné de ma chambre noire) à l'habile objectif de


PRÉHISTORIQUES DE BRONZF 371

mon ami le Dr HENRI MARTIN, m'ont permis de dresser une planche qui, tout en me dispensant de descriptions de détail, assure à toutes ces pièces la meilleure des survivances contré tout danger ultérieur de disparition, celle de l'image.

Il suffit, d'ailleurs, de rapprocher cette planche de celle de l'autre trouvaille pour être frappé immédiatement de la communauté de style de la décoration des bracelets : identité, pourraiton dire, si un examen plus proche ne révélait en chacune la main d'un ouvrier différent, mais certainement de la même école et presque sûrement du même atelier.

Lorsque, au contraire, on les rapproche de tout ce qui est connu d'ailleurs — et c'est en cela qu'a consisté l'élaboration de la notice du Congrès de Tours, — on constate que, si les analogies se rencontrent nombreuses avec l'orfèvrerie connue du bassin du Rhône, des palafittes suisses et même des sépultures germaniques, hongroises, etc., analogies suffisantes, avec un ensemble d'autres circonstances, pour fixer vers la fin de l'Age du Bronze pur, soit au commencement du dernier millénaire qui précéda notre ère, l'âge de ces pièces, des différences de détail se peuvent observer, suggérant la notion d'un centre de fabrication bien distinct, quoique contemporain, de tous ceux qui sont connus par les études auxquelles ils ont donné lieu.

La question, qui s'était présentée tout d'abord, de savoir s'il s'agissait, sur cette frontière d'Italie, de produits de transit, exportation ou importation, — ce dernier cas étant déjà rendu peu vraisemblable par l'absence de toutes affinités transalpines — se trouve donc tranchée dans un troisième sens, bien flatteur pour l'amour-propre provençal, celui de l'existence d'un centre


372 SUR CERTAINS OBJETS

régional particulier, en ce pays ligure dont presque tous les sommets étaient couverts, dès cette époque, de puissants castelars (1), enceintes cyclopéennes servant de refuges ou de camps retranchés aux peuplades indomptées dont l'inscription de la Turbie nous a conservé les noms. Qui sait si, dès lors, la situation privilégiée où allait s'élever le Cenienélumâes Romains, et aux pieds de laquelle s'étale aujourd'hui Nice-laBelle, n'était pas déjà un centre d'importance, attirant particulièrement le négoce de luxe ? Il est, en effet, assez curieux que ce soit juste en face qu'ait été rencontré ce dépôt de bronzes, équivalent certainement à un très riche fonds d'orfèvrerie de notre époque. Plus loin, dans la montagne, ce ne sont que fragments brisés, déformés, préparés pour la fonte : produit de rapine, probablement, plutôt que d'honnête colportage. Mais le tout provenait certainement d'une même source et si, parmi les autres objets, aucun ne porte en lui sa marque de fabrique^ si, même, la tête d'épingle « à collerettes » (2) de Clans (Fig. 4 de la planche) présente avec d'autres de la vallée du Rhône (3) et delà Seine, de telles similitudes qu'il est difficile de ne pas

(1) PAUL GOBY et A. GUÉBHARD, Sur les Enceintes Préhistoriques des Prêalpes maritimes, Congrès de FA. F. A. S., XXXIII" session (Grenoble, 1904), p. 1068-1109, 7 fig., 1 carte. — ADRIEN GUÉBHARD, Les Enceintes Préhistoriques (Castelars) des Prêalpes maritimes, Bull, du Club Alpin français, S™ des A.-M., ann. XXV-XXVI, p. 209-228, 16 fig., 1 pi.; NICE, 1907. — Essai d'inventaire des enceintes préhistoriques (Castelars) du département du Var, Congr. Préhistorique de Fr., ï* session (Périgueux, 1905, p. 331-394, 31 fig. ; LE MANS, 1906. — Première révision de l'Inventaire des Enceintes préhistoriques du dèparte-- mentdu Var, Congr. Prébist., Il* sess., (Vannes, 1906), p. 163-184, 2 pi. ; LE MANS, 1907.

(2) A. GUÉBHARD, Sur' une particularité remarquable de certaines épingles dites « à collerettes», Bull. Soc. Préhistorique française, VIÏI, 1911, p. 39S-402, 3 fig. .

(3) E. CHANTRE., Eludes pàlèoeihnologiques dans le bassin du Rhône. Age du Bronze. Recherches sur la métallurgie en France, 3 vol.gr. in-4" avec Album in-f°de LXIII pi. ; LYON, Piirat, 1875 (v. pi. xxxn, 7).


PRÉHISTORIQUES DE BRONZE 373

supposer une communauté d'origine, le décor gravé des bracelets, c'est-à-dire le détail d'art où ressort le mieux la marque personnelle de l'artiste, ainsi que le montrent les réductions de calques par frottis que nous avons groupées, avec d'autres détails, dans les fig. 10-14, a un cachet si distinct de tout ce qui s'observe ailleurs, qu'une forte présomption subsiste en faveur d'une fabrication locale, dont il faut souhaiter que l'avenir nous révèle un jour l'emplacement.

Les deux seules pièces comparables que nous ayons rencontrées sont deux grands bracelets dont les moulages se trouvent au Musée de Saint-Germain (nos 35515 et 22546), anciennement offerts, comme provenant du Var, par le Baron de Bonstetten et Félix Monod, deux Suisses hivernant à Hyèies, dont le premier est bien connu par ses recherches archéologiques sur le Var II ne peut guère y avoir de doute que les originaux ne lissent partie de la trouvaille mémo du terrassier de Nice et n'eussent été distraits au profit de riches étrangers, à l'affût d'antiquités, du lot qui, si heureusement, aboutit aux mains généreuses de M. A. BONNET. Mais tel est le sort tropordinaire.des documents scientifiques livrés aux aléas de brocantage des collections privées, plutôt qu'à la sûre conservation des musées publics : il nous a été impossible de retrouver jusqu'ici la piste de ces objets précieux, qui ne sont certainement pas à Beine, ville d'origine du Baron de Bonstetten. Si celui-ci, par une précaution trop peu commune, n'avait eu la bonne inspiration d'en donner des moulages à S'-Germain, voilà des objets qui seraient comme perdus pour la science, inaccessibles à de nouvelles recherches, et dépréciés, même pour leur possesseur actuel, pour peu qu'ils


374 SUR CERTAINS OBJETS •

aient achevé de laisser en route, le peu d'état-civil qui leur était vaguement attaché au point de départ.

Par contre, deux des bracelets offerts par M. A. BONNET au Musée de la Société, après avoir eu les honneurs de superbes figures dans l'Album Caranda (1), dont M. Bonnet avait été un des collaborateurs de la première heure, puis ceux de l'Exposition Universelle de 1889, dans la collection Emile Moreau, ont maintenant l'honneur plus grand encore des vitrines du Musée national de S*-Germain (Salle de Caranda, nos 37330 a et b).

Les quatre dont nous avons été heureux de pouvoir donner les photographies vont reprendre leur place parmi les joyaux préhistoriques dé l'Hôtel Panescorse, et si l'on ne peut songer à rapprocher d'eux définitivement leurs similaires de Clans, autrement que nous ne l'avons fait, d'abord par l'image, puis par les moulages gracieusement offerts, du moins faut-il souhaiter que le fortuné possesseur actuel de la seconde trouvaille de bronzes des Alpes-Maritimes, après en avoir compris la valeur scientifique, due surtout à la comparaison qui en a. été possible avec-le trésor plus considérable de M. A. BONNET, ne montre pas moins de libéralité que celui-ci et sache conserver également à la science et à la patrie, petite ou grande, ces objets qui avaient eu la chance, jusqu'ici, de trouver localement, dans une vulgaire échoppe de cordonnier, un abri exceptionnellement sûr.

(1) EMILE MOREAU. Supplément au fascicule de 1888 de l'Album Caranda (SAINT-QUENTIN, Cli. Poette, 1890), pi. 107, nouvelle série, fig. 2. Quoique la légende mentionne deux bracelets, il semble bien que les figures, avec leur même numéro, en représentent un seul sous deux aspects, faisant identiquement la paire, pour le décor, avec celui de notre figure 3, tandis que les échantillons Bonstetten, avec des tailles très différentes, montrent le même motif que notre n° 4.


HX

CO H O

S o c

H M

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M

CS PO O

s:

N

i7!^. iO. — Profil et section de la moitié de bracelet d'enfant.

Fig. 11-14. — Calques par frottis d'un quart de chacune des surfaces gravées des bracelets.

Fig. 11 a, 12 a. — Décor d'une extrémité de chacun des bracelets 1, 2.

Fig. 12 a, 13 b. — Sections des bracelets 2, 3,



PLANCHES



LEGENDE DE LA PLANCHE

DE

CLANS

Fig. 1, 2. (Echelle : 4/5). — Bracelets ayant subi un commencement de déformation par martelage pour la fonte.

Fig. 3. (Ech. : 4/5). — Fragment, très décoré, de poignée (?) ou extrémité de bracelet, de torques (?j.

Fig. 4. (Ech. : 21/20). — Tête d'épingle du type dit « à collerettes », obtenu d'un seul jet de fonte, précurseur évolutif (ou dégénérescence industrielle?) des grandes poignées de brorehes formées de disques crêtes, fixes ou m,obiles.

Fig. 5-16. (Ech. : 1/2).— Fragments de bracelets (dont un, fig. 10, en simple boudin) intentionnellement brisés pour la fonte.

[Deux chiffres tombés au tirage, ont fait, sur certaines planches, 6 et? des numéros 16et 17]

Fig. 17. (Ech. : 1/2). — Lame de poignard.

Fig. 18. (Ech. : 1/2). — Lame décorée de couteau brisé.

Fig. 19 et 21. (Ech. : 1/2). — Tiges déformées de bronze à section carrée, toutes deux effilées, et dont une à soie, était peut-être un poinçon.

Fig. 20, 23, 27. (Ech. : 1/2). — Fragments.de haches.

Fig. 22. (Ech. 1/2). — Petit tranchet.

Fig. 24-26. (Ech. 1/2).— Morceaux d'épées.


LÉGENDE DE LA PLANCHE

DU :

MONT-GROS

Fig. 1-4 (Echelle: 1/1).— Bracelets des collections de la Société. Ceux dès figures 2 et 3, ont exactement la même gravure que les deux donnés au Musée de SMjermain, quoique avec de légères différences montrant que chaque pièce a été soit fondue, soit gravée séparément. Et comme les exemplaires des collections Monod et Bonstetten ont, tous deux, malgré leurs différences de taille, le même décor que notre figure 4, il en résulte que, pour huit bracelets, l'artiste n'avait imaginé que quatre motifs, qui se trouvent tous représentés par les originaux de la Société d'Etudes figurés ci-contre.

Fig. 5. (Ech. : 3/4). — Petit ciseau-burin, susceptible encore, en son état présent, de rayer le bronze des bracelets,

Fig. 6. (Ech. : 3/4). — Fragment de lame d'épée à double tranchant.

Fig. 7. (Ech. : 3/4). — Pointe de javelot, à douille d'emmanchement prolongée, dans la nervure, jusqu'à 0 m. 035 de la pointe.

Fig. 8. (Ech. : 3/4). — Pointe de poignard (?) brisé, ayant subi, vers la base, un commencement de transformation en pointe de flèche (?) à soie.

Fig. 9. (Ech. : 3/4). — Moitié de bracelet d'enfant, à trois nervures crénelées, extrémité amincie et roulée en dehors.


A. GUÉBHARD

Bull. Sté d'Études scient, et archéol. de Draguignan, t. XXVIII, 1910-1911.

Clichés HENRI MARTIN.

BRONZES DE NICE, MONT-GROS (A.-M.)

ÉCHELLES:

Fig. 1-4: 1/1. — Fig. 5-9: 3/4.



A. GUÉBHARD

Bull. Ste d'Études scient, et archéol. de Draguignan, t. XXVIII, 1910-1911.

BRONZES DE CLANS (A.-M.)

ÉCHELLES:

Fig. 1-3: 4/5. — Fig. 4: 21/20. — Fig. 5-87 ; 1/2-



- 417 —

A. tingens Ab. Dans les bouses.

Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Toulon, Hyères (Sietti).

A. consputus Creutz. Même habitat.

Environs de Draguignan (Jaubert) ; Le Muy ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. satellitius Herbst. Dans les bouses au printemps.

Fréjus (Jaubert) ; Le Luc (Robert).

A. luridus F. et sa variété nigripes F.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Auberl) ; Hyères (Sietti) ; Sainte-Baume (de Boissy) ; Bagnols (Ch.Azam).

OXYOMUS LAPORTE

O. silvestris Scop. Dessus noir ou en partie rougeâtre, presque mat. Corselet non rebordé à la base, avec de gros points irrégulièrement disposés ; stries très larges, ponctuées ; interstries caréniformes.

Dans les fumiers, les amas de feuilles ; aussi dans les champignons pourris. Printemps, automne.

Draguignan' (Fournier) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy); Hyères (de Boissy).

PLEUROPHORTJS MULSANT

1 Premier article des tarses postérieurs allongé, étroit, aussi long ou plus long que le plus long éperon de l'extrémité des tibias, forme très allongée, parallèle

csesus.

— Premier article des tarses postérieurs court, élargi vers l'extrémité, moins long que le plus long éperon de l'extrémité des tibias ; forme moins allongée ; élytres un peu arrondis sur les côtés sabulosus.

P. csesus Panz. Sous les fumiers, les détritus, dans les écuries. Au vol, le soir au coucher du soleil- Eté.

27


— 418 —

Toulon (Aubert) ; LeMuy; Carcès (Dauphin) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

P. sahulosus Mis. Dans les endroits sablonneux, sous les détritus.

Draguignan (Jaubert); Fréjus ; Toulon (Tholin); Saint-Cyr (de Boissy).

RHYSSEMUS MULSANT

1 Inlerslries impairs pas plus saillants que les autres... 3

— Interstries impairs 3, 5, 7 plus saillants que les autres,

au moins en arrière et avec une carène lisse ou légèrement décomposée en tubercules très allongés. 2

2 Sillon longitudinal médian du corselet plus profond

que les sillons transverses, ses bords formant un angle droit avec le 3me bourrelet ; tous les bourrelets transverses interrompus par ce sillon et plus . ou moins décomposés par la ponctuation forte et serrée de leurs intervalles. Interstries pairs ordinairement avec une seule rangée d'assez gros granules, parfois accompagnée d'une autre rangée obsolète Godarti.

— Sillon longitudinal médian du corselet pas plus profond

profond les sillons transverses, ses bords formant une large courbe avec le 3me bourrelet. Bourrelets du corselet étroits, leurs intervalles à peine creusés et garnis de gros points serrés. Interstries pairs avec deux rangées de fins granules arenarius.

3 Bourrelets du corselet non décomposés en gros tubercules

tubercules fortement convexes. Interstries avec deux rangées de fins granules, l'externe un peu plus forte que l'interne ; le plus long éperon de l'extrémité des tibias postérieurs plus long que le Ie 1' article des tarses germamis.

— Bourrelets du corselet décomposés en gros tubercules.

tubercules. ayant à leur côté externe, une rangée d'assez gros granules accompagnée, au côté interne, de petits granules irrégulièrement disposés et peu visibles verrucosus.

R. Godarti Muls. Sous les fumiers, les débris végétaux.

Toulon (Tholin) ; Hyères (Bellier, Sietti); Fréjus (Cl. Rey) ;

Lorgues (Sietti).


— 419 —

R. arenarius Costa. Même habitat. Hyères (de Boissy) ; Estérel (Peragallo). R. verrucosus Mis. Même habitat. Hyères, Fréjus (Cl. Rey) ; Toulon (Xambeu, Aubert). R. germanus L. = asper F. Sous les fumiers, les débris végétaux. Au vol le soir. Mai, juillet. Draguignan (Jaubert) ; Hyères (Bellier).

PSAMMODES LAPORTE

1 Côtés et base du corselet bordés de soies élargies à leur extrémité; sillons garnis de gros points serrés ; inlerstries fortement convexes; tibias postérieurs munis extérieurement de 3 ou 4 dents assez fortes , porcicollis.

— Côtés du corselet bordés de soies non élargies à leur

extrémité; base du corselet non ciliée; sillons garnis de points peu profonds et souvent indistincts. Inlerstries plans. Tibias postérieurs munis extérieurement de 5 ou 6 dentelures basalis.

P. porcicollis Illig. Dans les endroits sablonneux, en avril.

Draguignan (Jaubert) ; La Seyne, Les Sablettes (Tholin) ; Hyères (Bellier, de Boissy) ; Saint-Cyr (de Boissy) ; Fréjus (Cl. Rey) ; Rians (Dauphin) ; Toulon (Xambeu).

P. basalis Mis. Sur le sable au bord de la mer. '

Hyères (Bellier, Sietti) ; Saint-Cyr (de Boissy).

T R O GIN I

TROX FABRICIUS

1 Corselet cilié de soies noires ; intervalles alternes non

costiformes ; dessus brillant perlatus.

— Corselet cilié de soies rousses ; intervalles alternes

costiformes ; dessus mat... 2

2 Elytres avec deux rangées de fossettes entre Jes intervalles

intervalles ces côtes chargés de tubercules postérieurement garnis de soies fiaves....... sabulosus.


— 420 —

— Elytres sans deux rangées de fossettes entre les intervalles

intervalles 3

3 Elytres à rainurelles larges, superficielles et imponctuées. Corselet à 4 côtes subconvexes, les latérales bifurquées et raccourcies en devant hispidus

— Elytres à rainurelles étroites, transformées en stries

plus ou moins profondes et ponctuées. Corselet à deux côtes avec une fossette de chaque côté scaber.

T. perlatus Goeze. Dans lès cadavres desséchés, quelquefois en très grand nombre; aussi dans les fientes de renards, blaireaux, etc., où il ronge les tendons et les os non digérés. Mars, octobre. ' " -

Draguignan, Trans (Jaubert) ; L'Estérel (Grenier) ;; Le Muy ; Toulon (Aubert) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Gârcès (Dauphin).

T. sabulosus L. Sous les cadavres des petits animaux, dans le terrain des vieux troncs d'arbres et les sablonnières, aussi sous les pierres. .

Draguignan (Jaubert).

T. hispidus Pontopp. Mêmes moeurs que les précédents./

Draguignan (Jaubert) ; Le Beausset (Sietti,de Boissy); Càrèès (Dauphin).

T. scaber L. Dans les bois sablonneux, sous les cadavres des petits mammifères; dans la mousse, au pied des arbres.

Draguignan (Jaubert); Le Beausset (de Boissy, Sietti).

GEOTRUPINI

BOLBOCERAS KIRBY B. gallicus Mis. Dessus entièrement noir brillant; corselet lisse en arrière; écusson densement ponctué; elytres à stries ponctuées; intervalles lisses; dessous du corps à longue pubescence fiave ; forme très courte et très convexe.


— 421 —

Crépusculaire. Dans le sable dès le mois de mars.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Bagnols (Ch. Azam) ; La Seyne (Mulsant") ; Le Luc (Robert) ; Les Sabletles (Tholin) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Hyères (Bellier, de Boissy) ; Le Muy ; Fréjus; Evenos (de Boissy) ; Lorgues, Carcès (Dau-- phin) ; Toulon (Xambeu).

GEOTRUPES LATREILLE

1 Corselet armé en devant de 3 cornes dirigées en avant

o* ou muni d'un relief transverse en arrière de son bord antérieur, et souvent d'un tubercule dentifor.me en arrière des angles antérieurs 9- (S. G. Minotaurus Mls.J Noir brillant; corselet lisse sur le disque, ponctué sur les côtés ... .-...- typhoeus.

— Corselet nautique en devant o* Ç 2

2 Elytres soudés ; ailes nulles ou rudimentaires (S. G.

Thorectes Mis.) ; noir peu luisant, dessous bleu foncé.. • loevigatus.

— Elytres libres, recouvrant des ailes propres au vol ... 3

3 Rebord basilaire du corselet interrompu entré sa partie

partie et chaque angle postérieur (S. G Trypocopris Motsch.) Dessus noir, quelquefois à reflets métalliques; dessus noir bleu ou violacé; corselet à ponctuation double très serrée vernalis.

— Rebord basilaire du corselet entier (Geotrupes in sp.

Latr.)...:. i .... 4

4 Elytres avec 9 stries entre la suture et le calus humerai

humerai dessus et dessous de couleur métallique variable, bleu, vert, violet. .,,. . mutator.

— Elytres avec 7 stries..... 5

5 Interstries plans; stries très légères; dessus noir ,'. mat; dessous vert doré très brillant à pubescence

gépéralement brune :................y...... hypôcrita.

:;^ Interstries, subconvexes ; stries assez fortes; dessus noir avec souvent le pourtour du corselet et des elytres finement bordé de bleu, violet ou vert ; dessous ; métallique â pubescence noire .....,;.............. 6

,6: Corselet lisse sur le disque o7 9; milieu des segments abdominaux très ponctué et pubescent stercorarius.

— Corselet finement ponctué sur le disque (surtout 9) ;

milieu des segments abdominaux presque lisse et glabre ... .. spmiger.

G. typhoeus L. Sous les bouses où il creuse des trous très


— 422 —

profonds et de préférence dans les pâturages où paissent les moutons. Printemps, automne.

Montagnes du dép*. (Jaubert) ; La Garde (Aubert) ; Bagnols, Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Les Sablettes (Tholin) ; Presqu'île de Giens (Sietti); Toulon, Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

G. mutator Marsh. Dans les matières excrémentielles.

Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Toulon, Le Beausset (Sietti, de Boissy); La Roque-Esclapon (Faraut); Carcès (Dauphin). -

G. spiniger Marsh. Même habitat.

Toulon (Sietti) ; Hyères (Bellier, Sietti) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti).

G. stercorarius L. Dans les bouses, les crottins, etc.

Tout le dép*. (Jaubert) ; La Roque-Esclapon (Faraut).

G. hypocrita Illig. Sous les bouses. Mai, octobre.

Var (Jaubert) ; Toulon (Aubert, Sietti) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti) Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Carcès (Dauphin).

G. vernalis L. Dans les bouses et aussi dans les matières végétales en décomposition.

Nord du dép*. (Jaubert) ; Brovès, La Roque-Esclapon (Faraut) ; Draguignan, Bagnols (Ch. Azam).

G. loevigatus F. Sur le sable, souvent au bord de la mer, dans les matières végétales en décomposition, les bouses.

Draguignan (Jaubert) ; Fréjus ; Toulon (Tholin, de Boissy, Sietti) ; La Seyne (Aubert) ; ..Saint-Tropez (Robert) ; La Garde.


— 423 — DYNASTINI

PENTODON HOPPE

1 Tête bituberculée; corselet non rebordé à la base punctatus.

— Tête unitubereulée ; corselet finement rebordé à la

base bispinosus Kiist.

P. punctatus Vijlers. Sur les chemins au printemps.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Toulon ; Les Sablettès

Sablettès ; Saint-Maximin (Belon) ; La Garde (Sietti) ; Hyères. (Bellier) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti); Carcès

(Dauphin). ; : ., , . ,;

P. bispinosus Kiist. Dans les marais.

Draguignan (Ch. Azam) ; Saint-Maximin (Belon).

PHYL LOGEAT US ESCHSCHOLTZ

P. silenus F. Insecte d'un brun châtain clair ou brun rouge luisant. Tête du o* cornue, corselet du o* excavé; tous deux fortement ponctués. Elytres non striés, offrant quelques traces incomplètes de nervures. '

Dans le terreau'des creux à fumier. Mal, juillet.

Le Luc (Robert) ; Toulon (Tholin, Sietti, de Boissy); Le Muy ; Draguignan, Fréjus, Bagnols (Ch. Azam) ; La Bouverie (MJle Mac-Leod) ; Le Beausset (Sietti, dé Boissy); Carcès (Dauphin).

O R Y 0 T E S ILLIGER

1 Elytres ponctués sur toute leur surface....... nasicornis,

— Elytres . lisses sur le disque ou imperceptiblement

ponctués grypus.

O. nasicornis L. Dans les couches à melons, la tannée, etc. Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin). ,0, grypus Illig. Même habitat que le précédent.


— 424 —

Var (Jaubert) ; Toulon (Aubert); Le Muy ; La iBouverie (MUe Mac-Leod) ; Ollioules (Tholin) ; Hyères, Saint-Cyr (de Boissy) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Bagnols, Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).

PÀCHYPODINI

CALLOCNEMIS LAPORTE

C. Latreillei Lap. D'un jaune-brun clair, d'un luisant vernissé ; tète, corselet et éeusson, variant du brun au brun noir, le dessous aussi un peu plus foncé et la suture des elytres un peu rembrunie. Elytres à strie juxta-sulurale, lisses sur tout le disque ou obsolètement pointillés.

Dans le sable, au vol le soir au bord de la mer. Mai.

Saint-Raphaël (Doublier, Ch. Azam); Hyères (Delarouzée, Tholin, Bellier, de Boissy, Sietti).

MELOLONTHINI

RHIZOTROGTJS LATREILLE

1 Corselet hérissé sur toute sa surface de longs poils

jaunâtres. Jaune fauve o* ou rouge pâle 9- Elytres avec trois faibles nervures, presque glabres marginipes.

— Corselet glabre ou à peine hérissé de poils sur les

bords 2

2 Elytres d'un rouge brun ; corselet jaune rougé, avec

une bande médiane d'un rouge brun élargi en arrière et portant des poils dressés au devant de l'écusson

marginicollis.

- Elytres plus pâles ; corselet sans bandé longitudinale ou seulement à vestiges de bande brune; pas de poils redressés à la base au devant de l'écusson.... 3

3 Corselet non hérissé de longs cils à son bord antérieur,

antérieur, vicinus.

— Corselet hérissé de longs cils à son bord antérieur ... 4

4 Elytres avec une large bande rouge brun, le long de

la suture oestivus.

— Elytres sans large bande le long de la suture cicatricosus.


— 425 —

R. marginipes Mis. Au vol le soir autour des arbres, vers 9 heures. Mai, juillet.

Toulon (Tholin, Sietti) ; Le Muy, Sainte-Baume (de Boissy) ; Hyères (Bellier, Sietti) ; Carcès (Dauphin).

R. maculicollis Villa. Au vol, à la tombée de la nuit.

Le Luc (Robert) ; Carcès (Dauphin).

R. sestivus 01. En avril, le soir au vol de 7 h. à 8 h. 1/2.

Draguignan (Jaubert) ; Bagnols (Ch. Azam).

RVcicatricosus Mis. Au vol> le soir autour des pins de 5 h. à 7 h. Avril.

Le Luc (Robert) ; Toulon (Sietti) ; Hyères (Tholin) ; Le Muy ; Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

R. vicinus Mis. Mêmes moeurs. Septembre.

Commun dans diverses parties du département ("Jaubert) ; Carcès (Dauphin) ; Hyères (de Boissy).

AMPHIMALLUS LATREILLE

1 Corselet d'un noir brûlé, avec les côtés jaune fauve,

un sillon longitudinal sur son milieu. Elytres d'un fauve rougeâlre avec cinq nervures bien distinctes, pini.

— Corselet non d'un noir brûlé. Elytres n'ayant pas cinq

nervures, ou alors celles-ci veinées de blanc 2

2 Quatre ou cinq nervures très faibles. Elytres sans

poils longs sur le disque ; front rougeâlre . . rufescens.

— Cinq nervures densément veinées de blanc. Elytres

hérissées de longs poils sur les côtés surtout ; front

noir ou brun 3

3 Pigydium granuleux, hérissé de poils solstitialis.

— Pygidium ponctué, glabre v. : ochraceus.

A. pini 01. Le soir au vol autour des pins. Juin, juillet.

La Seyne (Mulsant) ; Ollioules (Aubert) ; Toulon (Jaubert;; Montbel, Hyères (Tholin); Bagnols (Ch. Azam); Le Muy; Le Luc (Robert); Evenos (Sietti) ; Pignahs, Presqu'île de Giens (de Boissy) ; Tourtour (Dauphin).


— 426 —

A. solstitialis L. Au vol, le soir entre 7 h. et 8 h. 1/2, autour

des arbres. Fin juin, juillet.

La Seyne (Mulsant); Draguignan (Ch. Azam); Toulon (Sietti),

A. solstitialis var. : ochra'ceus Knoch. Le matin volant audessus des blés.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Carcès (Dauphin).

A. rufescens Latr. Vole le soir autour des haies, dès arbrisseaux. Fin mai, juin.

La Seyne, Ollioules (Tholin) ; Toulon (Sietti) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin)'; Le Muy.

ANOXIA LAPORTE

1 Ventre couvert de poils longs, laiteux et ondulés.

Antennes et pattes d'un brun rouge villosa.

— Ventre couvert de poils courts et couchés. 2

2 Dessus complètement noir, ainsi que les antennes et

les pattes scutellaris.

— Dessus d'un rouge testacé ou brunâtre. Pattes et antennes

antennes testacé rougeâtre. australis.

A. australis Schonh. Vole le soir autour des pins, surtout Pinus halepensis. Juin, juillet.

Draguignan (Jaubert); La Seyne (Mulsant, Tholin); Les Sablelles (Tholin) ; Le Muy ; Saint-Raphaël (Ch. Azam) ; Hyères (Sietti, de Boissy).

A. scutellaris Mis. Mêmes moeurs. Juin.

Saint-Raphaël (Perroud, Ch. Azam) ; Les Sablettes (Tholin) ; Hyères (Sietti) ; Saint-Cyr (de Boissy, Baizet).

A. villosa F. Vole le soir autour des arbres, vers huit heures. Première quinzaine de juillet.

Draguignan (Fournier) ; Le Muy ; • Hyères (Sietti) ; Carcès (Dauphin).


— .427 —

POLYPHYLLA HARRIS

P. fnllo L. D'un brun noir ou rougeâlre, parsemé de nombreuses petites taches blanches, pubescenles, formant des marbrures ; 3 lignes semblables sur le corselet ; antennes d'un brun rougeâtre ; poitrine couverte de poils jaunâtres.

Sur les pins, dans le sable des dunes où sa larve ronge les racines des graminées ; aussi dans l'intérieur des terres. Juillet.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Muy ; Le Luc (Robert) ; Almanarre (Tholin) ; Ollioules, Malbousquel (Aubert) ; Le Lavandou, Saint-Cyr (Sietti); Hyères (Madon) ; Carcès (Dauphin) ; Saint-Aygulf.

MELOLONTHA FABRICIUS

1 Rebord externe des elytres noir; corselet et pattes

rougeâtres hippocastani.

— Rebord externe des elytres de même couleur que les

elytres; corselet noir ou rouge..' . 2

2 Ecusson plus large que long. Prolongement du pygidium

pygidium et renflé avanl l'extrémité ...... vulgaris.

— Ecusson plus long que large. Prolongement du pygidium

pygidium rétréci chez le o", presque nul chez la 9 pectoralis.

M. hippocastani F. Dans les bois, sur les chênes en juin.

Nord du dép*. (Jaubert) ; La Roque-Esclapon (Faraut).

M. vulgaris F. Sur les arbres en mai et juin. Vole au crépuscule.

Nord du dép 1. (Jaubert); La Roque-Esclapon (Faraut); Carcès (Dauphin).

M. pectoralis Germ. Sur les arbres, principalement.les peupliers et les noisetiers. Juin.

Aups (Jaubert) ; Draguignan, Callas (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).


— 428 — SERIGINI

SERICA MAC-LEAY

1 D'un rouge roux ou testacé. Antennes de 9 articles. Stries des elytres et intervalles ponctués, les stries

non élargies à l'extrémité "brunnea.

— Noir, rarement rougeâtre, soyeux en dessus. Antennes de 10 articles. Elytres à stries ponctuées et élargies vers les 2/3 postérieurs holosericeà.

S. brunnea L. Sous les pierres et sur les gazons, où il vole au jour naissant à quelques centimètres du sol ; dans les terrains sablonneux.

Bagnols (Ch. Azam); Carcès (Dauphin).

S. holosericeà Scop. Mêmes moeurs. — Carcès (Dauphin).

HOMALOPLIA STEPHENS

H. ruricolaF. Court, très épais, d'un noir mat, satiné ; elytres d'un rouge brique, bordés de noir ; tête et corselet ponctués, elytres striés ; quelquefois les elytres sont entièrement noirs.

Sur les fleurs, celles des cistes particulièrement; sur les graminées, les jeunes pousses d'orme. Mai.

Draguignan (Jaubert); Le Luc (B.obert) ; La Bouverie (MUe ' Mac-Leod) ; Le Muy; Agay (d'Agnel, de Boissy) ; Toulon (Sietti); Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

TRIODONTA MULSANT

T. aquila Lap. Oblong, fauve, plus foncé en dessus, à fine pubescence rougeâtre ; assez fortement ponctué ; elytres un peu élargis en arrière, à stries légères, intervalles un peu convexes.

Sur les chênes, les jeunes pousses de châtaigniers. Juin.


— 429 —

La Garde-Freinet (Gobillôt) ; Evenos (Sietti,. de Boissy) ; Bagnols (Ch. Azam) ; Le Muy (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

RUTELINI

ANOMAL A SAMOUELLE

1 Corselet couvert de poils longs, couchés, devota.

— Corselet glabre .-•'■. 2

2 Ongles des pieds antérieurs entiers Jiinii.

— Ongle interne des pieds antérieurs, bifide........... 3

3 Corselet concolore, très rarement avec les côtés testacés..

testacés.. oblonga.

—..'Corselet avec, les côtés bordés de fauve testacé... ,4

4 Antennes complètement testacées............. ;. vitis,

-A Antennes testacées à massue noire................ Eenea.

Les Anomalas se trouvent le plus souvent sur lés vignes, dans les terrains sablonneux.

A. junii Duft. Environs de Draguignan (Jaubert); Fréjus (Aubert); Saint-Raphaël (Ch.Azam); Le Muy; Carcès (Baizet, Dauphin). •

A. devota Rossi. Plage de Saint-Raphaël (Jaubert, Ch.Azam); Fréjus (Aubert, Sietti).

A. vitis F. Sur la vigne, le tamarix, le saule.

Fréjus (Jaubert); Le Luc (Robert) ; Ceinturon (Tholin); Hyères (Sietti, de Boissy); Le Muy; Saint-Cyr (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A- senea Degeer = Prischi F. Fréjus, Le Muy, Saint-Raphaël (Jaubert, Ch. Azam).

A. oblonga Er. Carcès (Dauphin).

PHYLLOPERTHA KIRBY Pf campestris Latr, D'un noir brillant ; elytres d'un roux testacé très brillants, avec le tour, une tache scutellàire carrée et une bande transversale oblique très crénelée, noirs,


— 430 —

Sur les feuilles de vignes, dans lés pétales de roses, sur les rubus, etc. Printemps, été,

Nord du dép*. (Jaubert) ; La Roque-Esclapon; Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).

ANISOPLIA SERVILLE

1 Elytres glabres ou garnis de poils, seulement au tour

de l'écusson .... .\........ 3

— Elytres hérissés de poils plus Ou moins longs. 2

2 Replis des elytres garnis de longspoils blancs .. segetum —■'Replis des elytres non garnis de longs poils blancs villosa.

3 Corselet glabre sur le disque et sillonné dans toute sa

longueur tempestivà,

— Corselet couvert de longs poils, sans sillon ou seulement

seulement un sillon incomplet. ! arvicqla.

A. segetum Herbst. Sur les épis des graminées, ou au vol de 10 heures à midi. Dans les terrains secs.

Le Beausset (de Boissy) ; Le Muy ; Les Arcs; Draguignan (Ch.Azam); Carcès (Dauphin), „ A. villosa Goeze. Même habitat. Juin, juillet.

Le Luc (Robert) ; Les Arcs (Jaubert) ; Toulon (Sietti) ; Le Muy ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Saint-Cyr, Hyères (de Boissy)', Fréjus ; Carcès (Dauphin).

A. tempestivà Er. Sur les épis de froment, dans les terrains argileux. Juin, juillet.

Fréjus (Jaubert) ; Le Luc (Robert); Agay ; Toulon (Aubert) ; Draguignan (Ch.Azam) ; Hyères (Cl. Rey) ; Grimaud (Dauphin).

A. arvicolà 01. Draguignan (Jaubert); Fréjus; Le Luc (Robert); Toulon (Aubert) ; Les Sablettes, Hyères (Tholin).

HOPLINLNI

HO PLI A ILLIGER

1 Couleur foncière complètement cachée par des écaillettes. Dessus du corps variant du vert cendré au jaune rougeâtre............ farinosa.


— 431 —

— Couleur foncière bien visible......... .. 2

2 Ongle des tarses postérieurs bifide ; ecusson sans

poils ni écailles ... ;..... praticola.

— Ongle des tarses postérieurs entier. Ecusson revêtu

de poils ou d'écaillés ' philanthus.

H. praticola Dufl. Sur les fleurs. Printemps, été.

Le Beausset, Hyères, Cavalière (de Boissy).

H. philanthus Sulz. Accroché aux feuilles des. arbres, aux tiges des graminées, sur les fleurs. Vole le matin jusqu'à neuf heures. Juin. '

Draguignan (Jaubert) ; Le Muy; Hyères (Tholin); Bagnols (Ch.Azam); Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin). ,

H. farinosa L. Sur'les fleurs. Mai, juin. ■

Lés Arcs (Arias, Jaubert) ; Le Muy ; La Bouverie (Mlle MacLeod) ; Sainte-Baume (de Boissy) ; Le Luc (Robert) ; Rians, (Dauphin).

CETONIINI

EPICOMETIS BURMEISTER

1 Ecusson marqué sur chacun de ses côtés, de la base au sommet, d'une rangée irrégulière de points obliquement enfoncés e.t donnant naissance, chacun à

un poil long et soyeux .. hirta.

— Ecusson ponctué seulement aux deux angles de la

base, lisse sur le reste . ; ........ squàlida.

E. squàlida L. Sur les fleurs. Mars, mai.

Draguignan (Jaubert) ; Sainte-Baume (Aubert) ; Toulon (Tholin) ; La Bouverie (Mlïe Mac-Leod) ; Le Muy ; Fréjus ; Le Beausset (Sietti) ; Hyères (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

E. hirta Podé. Sur les fleurs et surtout sur les blés. Avril, 3U''?- . ■■•


— 432 — ■ . ■

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Toulon (Aubert) ; Fréjus ; La Garde, Hyères (Sietti) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

OXYTHYREA MULSANT

O. stictica L. Noire, avec de longs poils clairsemés et de nombreuses petites taches blanches.

Sur les fleurs, surtout sur celles des chardons.

Tout le dép 4. (Jaubert) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; La Bouverie (Mlle Mac-Leod) ; Toulon, La Garde (Sietti); Hyères Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin), ; ■

CETONIA et POTOSIA

1 Appendice mesosternal en forme de bosse sphériquè,.-

incliné en avant et en bas, non séparé du metàsternum, ou séparé de celui-ci par une ligné non pubescente et fortement arquée, Elytres ébréçhés; /vers l'angle suturai .. .... âurata.

— Appendice mesosternal plat et dilaté en avant. Elytres

non ébréçhés vers l'angle suturai 2

2 o* avec un sillon ventral peu profond. Disque du corselet

corselet sur les côtés de gros points allongés, Elytres avec de nombreuses petites taches blanches, minces, un peu ondulées, plus denses à la base et au sommet de la dépression discoïdàle ; sur celte dernière une tache mince angulée en formé:, de V. Dessus bronzé foncé marmôrata.

t? sans sillon ventral ............ ,... . 3

3 Saillie mesosternale fortement et densément ponctuée,

souvent avec le bord antérieur lisse et relevé en bourrelet, distinctement pubescente; le sillon larsal sur la face apicale des tibias postérieurs n'atteint pas -tout à fait l'arête marginale externe ; la surface apicale externe réunie: au milieu avec l'interne plus étroite par une languette resserrée. Tarses postérieurs chez les deux sexes nettement plus courts que les tibias ; ceux-ci avec une macule blanche aux genoux ....,.,... 7

— Saillie mesosternale lisse ou éparsement ponctuée; non

pubescente, rarement faiblement velue; le sillon tarsal sur la face apicale des tibias postérieurs est


— 433 —

large et atteint entièrement l'arête marginale externe; la face apicale externe tout à côté, limitée en arête jusqu'au bord, l'interne indistincte et creusée • en dedans. Tarses postérieurs chez les deux sexes tout au moins aussi longs que les tibias ; ceux-ci avec ou sans macule blanche aux genoux 4

4 Elytres sans dépression longitudinale après le milieu

dans le voisinage de la suture ; mais uniformément bombés et avec de fines rangées espacées de points ou sans traces de ces dernières. Dessus et dessous sans taches blanches, mais d'un beau vert uniforme ... speciosissiina.

— Elytres ayant après le milieu dans le voisinge de la

suture, une dépression longitudinale plus ou moins distincte et celle-ci presque toujours densément et . fortement ponctuée, souvent en stries longitudinales 5

5 Tibias sans tache blanche aux genoux. Dessus bleuhoir,

bleuhoir, mat ou peu luisant, dessous noir bleu,

où rarement vert noirâtre luisant cardui.

— Tibias avec une tache blanche aux genoux 6

6 Cuisses postérieures du o* fortement émarginées au

bord postérieur depuis la base jusqu'au delà du milieu, faiblement chez la 9 et Pour cette raison presque en angle émoussé avant le sommet ; la face interne de cette échancrure non garnie de cils. Dessus et dessous sans taches blanches affinis.

— Cuisses postérieures non émarginées à* et 9, simples;

bord postérieur cilié. Dessus et dessous avec ou

sans taches blanches cuprea.

7 Saillie mesosternale grossièrement ponctuée, glabre, morio.

— Saillie mesosternale couverte de longs poils d'un blond

livide oblonga.

CETONIA FABRICIUS . C. aurata L. Sur les fleurs des .ombellifères, rosacées, composées, liliacéeSj'etc. Mai-juillet.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); Toulon (Aubert, Sietti); Le Muy; Fréjus ; Hyères, La Garde (Sietti) ; Le Beausset, StuBeaume (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

POTOSIA MULSANT P. speciosissima Scop. Sur les chênes, hêtres, ormes, etc. Eté.

La Seyne (Mulsant). " s

28


— 434 —

P. marmorata F. Sur les fleurs et le plus souvent dans les plaies des arbres. Chênes, saules et châtaigniers. Mai - Août. Var (très rare) (Jaubert).

P. affinis Andersch. Sur les vieux arbres cariés; les souches en décomposition, celles des chênes principalement.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Hyères (de Boissy) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

P. cuprea F. = floricola Herbst. Sur les fleurs des rosacées, etc., aussi sur les saules.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Tholin, Sietti); Le Beausset (Sietti); S'-Cyr, Hyères (de Boissy); Carcès (Dauphin).

P. cardui Gyll. Autour des nids d'abeilles et sur les chardons. Evenos (Sietti) ; Le Muy, Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Beausset, Hyères (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

P. oblonga Gory. Sur les chardons.

Toulon (Tholin, Sietti) ; Saint-Raphaël (Jaubert) ; Le Muy ; Le Luc (Robert); Cuers (Baizet) ; Sainte Beaume, Pignans, Hyères (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

P. morio F. Sur les fleurs, particulièrement sur les chardons, aussi dans les plaies des arbres, surtout sur celles des chênes et des jeunes peupliers. Juin - août.

Draguignan, Fréjus, Le Muy (Jaubert) ; Toulon (Aubert, Sietti); Roquebrune ; Les Arcs; Le Beausset (Sietti) ; SainteBeaume, Hyères (de Boissy) ; Bagnols (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).


— 435 — VALGINI

VALGUS SCRIBA

V. hemipterus L. D'un noir sale, avec des taches formées par des écailles cendrées et mal arrêtées ; corselet ayant un sillon médian, deux arêtes et deux fossettes ; elytres à stries fines ; abdomen des femelles terminé par une tarière assez longue.

Sur les fleurs, les graminées, les arbres vermoulus et sur les saules.

Draguignan, Le Muy (Jaubert, Ch.Azam) ; Toulon (Aubert, Tholin, dé Boissy) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès Dauphin.

TRICHIINI

" OSMODERMA SERVILLE

O. eremita Seop, D'un brun noir luisant, avec un faible reflet métallique, ecusson silloné, elytres ponctuées.

Sur les troncs pourris des vieux saules, chênes, hêtres, bouleaux, tilleuls, etc. Juillet-août.

Nord du département (Jaubert) ; Bagnols (Ch. Azam).

GNORIMUS SERVILLE

1 Dessus du corps d'un beau vert métallique, cuivreux, brillant ; ordinairement 4 taches blanches sur chaque élytre. nobilis.

— Dessus du corps d'un noir luisant ; ordinairement 4 à

5 points flaves sur chaque élytre variabilis.

G. variabilis L. Dans les vieilles souches de hêtres, châtaitaigriiers

châtaitaigriiers chênes.


— 436 -^

Sainte-Baume (Arias, de Boissy) ; Les Mayons du Luc (Robert) ; Pignans (de Boissy, Cb. Azam); Bagnols (Ch. Azam).

G. nobilis L. Sur les fleurs des sureaux, spirées, rosiers, ronces ; sur les ombellifères et l'aubépine. Mai-juillet.

Toulon (Tholin, Sietti, de Boissy); Le Muy; Pignans (Ch. Azam) ; Sainte-Baume (Jaubert).

TRICHIUS FABRICIUS

1 Bande basilaire des elytres allant, jusqu'à l'écusson, avec plus ou moins d'interruption. Elytres d'un quart plus larges par devant que la base du corselet

,. •. .. fasciatus.

— Bande basilaire s'arrêtant ordinairement à la 4mestrie. Elytres à peine plus larges par devant que la base du corselet ..... abdominalis,

T. fasciatus L. Sur les fleurs. Mai-juin.

Toulon, Hyères (Aubert) ; Cavalière (de Boissy) ; Bagnols, Le Muy (Ch.Azam); La Bouverie (Mlle Mac-Leod) ; Montagnes des Maures (Jaubert) ; Carcès (Dauphin).

T. abdominalis Méh. Sur les fleurs. Mai-juin.

Montagnes des Maures (Jaubert) ; Draguignan, Bagnols (Ctai Azam) ; Le Luc (Robert) ; Le Muy ; La Crau (Aubert) ; Carcès (Dauphin).

BUPEE8TIDES

Les Buprestides ou Sternoxes, renferment des formes ordinairement elliptiques ou subcylindriques et parfois brièvement triangulaires. La tête courte, verticale, peu mobile est engagée dans le corselet. Les antennes comptent onze articles qui, à partir des 3r-e, 4me ou seulement du 7me, ont la forme de dents de scie plus ou moins longues et se logent dans des rainures du


— 437 —

corselet; celui-ci, peu mobile, s'adapte étroitement aux elytres qu'il égale à peu près en largeur. Les pattes sont courtes, peu propres à la marche avec les hanches antérieures et intermémédiaires globuleuses. Enfin une disposition particulière de leurs ailes favorise leurs évolutions, celles-ci, en effet, sont étendues sous les elytres dans toute leur longueur, sans être plissées ni pliées, aussi est-ce avec une égale rapidité qu'elles se déploient et se cachent.

Dans les régions torrides, ces insectes doués d'une taille avantageuse, doivent leur nom de Richards, à l'éclat de leur robe généralement métallique où l'or et les mats veloutés se marient merveilleusement. Réduits dans nos régions à de bien moindres proportions, les bûprestides se trouvent pendant les mois les plus chauds de l'année sur les troncs d'arbres ; sur les v souches, les tas de bois exposés au rayons du soleil ; quelquefois aussi sur les feuilles et sur les fleurs.

Par les journées orageuses, alors que l'atmosphère est calme et le soleil brûlant, ils manifestent une activité extraordinaire et s'envolent avec la plus grande légèreté. Si on les surprend et s'ils ne peuvent échapper à l'aide de leurs ailes, ils retirent sous le corps leurs pattes et se laissent tomber, immobiles contrefaisant la mort. Quand le temps se couvre et que le vent souffle, ils disparaissent et on n'en voit plus aucun.

Les Bûprestides sont essentiellement phytophages; leurs larves se reconnaissent à première vue à l'élargissement de leurs 3 anneaux thoraciques : les unes, dont la tête équilatérale et rétractile ne présente aucun vestige d'yeux et- porte 2 courtes antennes, vivent sous les écorces des arbres sains ou maladifs et creusent leurs galeries sinueuses dans l'ôcorce, l'aubier ou


— 438 —

le bois ; les autres (Tachynini), qui ont la tête dégagée du corselet, pourvue de chaque côté d'un oeil et particularité organique singulière dans une famille où toutes les larves sont apodes, les trois segments thoraciques portent des pattes de 2 articles terminés par un ongle corné. Elles se nourrissent du parenchyme des feuilles de certains végétaux.

JULODINI

JULODIS ESCHSCHOTZ

J. onopordi F. Ovale allongé, assez convexe, bronzé brillant. Elytres à bandes pubescentes interrompues de poils longs, couchés, blancs. Caréné médiane indistincte. Côtes dorsales des elytres anastomosées, arrêtées.

Sur le pislacia lentiscus, le cistus salvifolius et surtout le • quercus coceifera. Avril-mai.

Cros Saint-Georges, Reyniers (Tholin); Saint-Mandrier (Mulsant, Tholin, Sietti, de Boissy).

BUPRESTIN1

OHALCOPHORA SOLIER

G. mariana Lap. D'un bronzé tantôt un peu doré, tantôt un peu verdâtre, couvert, à l'état frais, d'une fine pruinosité qui disparait facilement ; elytres ayant plusieurs larges dépressions assez rugueuses.

Sur les pins abattus. Juin-juillet.

Toulon (Jaubert, Madon, Sietti, de Boissy) ; Le Broussais (Tholin, Aubert) ; Ollioules, Tourris (Tholin) ; Draguignan


— 439 — ■

■(Jaubert, Ch. Azam) ; Le Muy (d'Agnel) ; Fréjus, La Bouverie (M 11" Mac Leod) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; La Seyne (Tholin) ; Saint-Cyr (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

CAPNODIS ESCHSCHOTZ

1 Bronze cuivreux, petit. Corselet finement pointillé

..., .. tenebricosa.

— Noir, grand. Corselet densément réticulé ponctué .... 2

2 Reliefs dû corselet en rectangles, grands. Fossette

ântéscutellaire creusée au milieu d'un large relief. Stries dorsales des elytres fortes, enfoncées.... cariosa.

— Reliefs du corselet petits, peu distincts. Fossette ântéscutellaire

ântéscutellaire dans la marge d'un relief. Elytres

à impressions ponctuées de blanc......... tenebrionis.

, C. cariosa Pall, Sur le fusain fleuri en mai.

Montauroux (Ch, Azam)?

C. tenebrionis L. Sur Crataegus, Oxyacantha et prunus spinosa. Mai.

Toulon (Aubert, Tholin, Jaubert, Sietti); Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); La Bouverie (M1,e Mac Leod);. Le Muy (d'Agnel); Le Beausset (de Boissy, Sietti); Carcès (Dauphin).

C, tenebricosa Herbst. De mai à septembre. - Le Luc (Robert) ; Ollioules, La Seyne (Tholin): Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Roquebrune, Le Muy (d'Agnel) ; Toulon (Aubert, de Boissy, Sietti); Hyères (de Boissy); Le Pradet (Sietti) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

LATIPALPIS SPINOLA

L. plana 01. = pisana Rossî. Vert doré, très ponctué avec le dessous du corps, la tête, le limbe autour, du corselet et les elytres d'un cuivreux doré; deux pointés aiguës au sommet des elytres,

Sur les pins et les chênes blancs.


— 440 —

Faverolles (Tholin) ; Le Luc (Robert); Hyères (de Boissy, Sietti); Le Muy ; Agay.

DICERCA ESCHSCHOLTZ

1 Corselet'légèrement canaliculé ; stries latérales des

elytres bien marquées. Appendice caudal des elytres bidénté... '.. alni.

— Corselet sans canal médian ; stries latérales des elytres

elytres et cachées par la rugosité. Appendice caudal des elytres à peine denté du moins en dedans 2

2 Vert doré avec quelques reliefs bruns, allongés sur les

. elytres. Ponctuation fine, très serrée. Elytres divergentes à l'extrémité, mousses, faiblement bidentés berolinensis.

— Bronzé-obscur sans reliefs. Ponctuation forte, rugueuse,

rugueuse, serrée. Elytres plus larges, tronqués à l'extrémité, à forte dent externe ..... aenea.

D. aènea L. Sur le peuplier, le saule blanc et l'aulne.

Draguignan (Jaubert, Ch, Azam) ; Le Muy ; Rians (Dauphin; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

D. berolinensis Herbst. Sur les trons d'arbres abattus dans les forêts ; sur le peuplier d'Italie, le hêtre et le charme. Juillet.

Draguignan, Bagnols, Le Muy (Jaubert, Ch. Azam); La Bouverie (M1Ie Mac Leod) ; Le Luc (Hanri).

D. alni Fisch. Sur les grosses branches des aulnes.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti); Carcès (Dauphin).

POECILOÏÏOTA ESCHSCHOLTZ

1 Large, convexe, bronzé obscur en dessus. — 1er segment de l'abdomen canaliculé. Elytres en pointe tronquée à l'extrémité, inerme eonspersa.

— Assez étroit, déprimé, vert doré brillant, souvent avec

bordure dorée rouge et marqueteries lisses ou taches d'un noir violet. 1er segment de l'abdomen sans canal médian. Elytres en pointe arrondie, denticulés à l'extrémité. 2


— 441 —

2 Corselet et elytres à grosses taches rondes d'un noir

violet. Elytres sans bandes latérales d'un pourpre doré festiva.

— Corselet et elytres souvent marquetés de noir mais

sans grosses taches rondes. Elytres à bandes latérales dorées-pourprées.. 3

3 Corselet sans ligne longitudinale d'un noir violet. Elytres

Elytres peu ou pas de reliefs lisses, noirs, carrés. Abdomen vert à point aciculés serrés. Echancrure du dernier segment 9 anguleuse rutilans.

— Corselet à lignes noires. Elytres avec assez de reliefs

noirs carrés. Abdomen bleu à points aciculés peu serrés. Echancrure du dernier segment 9 anguleuse decipiens.

P. eonspersa Gyll. Sur les peupliers, etc.

Environs de Draguignan (Jaubert) ; Le Bourguet (Ch. Azam).

P. rutilans F. Sur les troncs de tilleuls, peupliers, trembles et sur YHelichrysum staechas. Juillet.

Le Luc (Hanri) ; Le Muy (d'Agnel).

P. decipiens Mannh.

Carcès (Dauphin).

P. festiva L. Sur les genévriers. Juin-juillet.

Environs de Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Estërel (Peragallo) ; Toulon (Tholin, Martin); Le Muy; Les Pomets (Aubert) ; Sainte-Baume (Tholin) ; La Bouverie (Mlle Mac Leod) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

BUPRESTIS LINNÉ

1 Elytres avec des taches jaunes ou orangées sur fond

vert ou bleu métallique 3

— Elytres sans taches jaunes 2

2 Corselet sans taches aux angles antérieurs et sans

reliefs irréguliers. Dernier segment de l'abdomen

non taché de jaune ou orangé .. rustica.

— Corselet taché.de jaune aux angles antérieurs, avec

quelques reliefs irréguliers. Dernier segment de l'abdomen ayant une tache jaune ou rouge en triangle punctata.


— 442 —

3 Bronzé, noir luisant. Elytres dilatés à la base et sinués aux hanches postérieures. Taches triangulaires, très variables souvent réunies ou manquant en partie .... .'-..• flavo-maculata.

— Bleu foncé ordinairement. Elytres peu dilatés, à peine

sinués sous l'épaule. Taches quadrangulaires séparées, rarement quelques-unes manquant... octoguttata.

B. rustiça L. Sur les pins abattus ; (Abies pectinata et Pinus alepensis).

Le Luc (Robert) ; Le Muy ; Carcès (Tholin).

B. punctata F. Même habitat.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert); Carcès (Dauphin).

B. flavomaculata Fisch. Sur les troncs de pins coupés, (Pinus alepensis). Juin - octobre.

Environs de Draguignan (Jaubert, Ch.Azam); Le Luc (Robert); Toulon (Aubert, Sietti) ; Le Muy. (d'Agnel) ; Le Beausset, Bormes, Saint-Cyr (de Boissy) ; La Seyne (Tholin) ; Carcès (Dauphin).

B. octoguttata L. Sur les jeunes pins et en battant leurs branches. Juin - septembre.

Draguignan (Jaubert) ; Le Bourguet (Ch. Azam); Le Luc (Robert) ; Le Muy (d'Agnelj; Toulon (Tholin, Sietti, de Boissy); Saint-Cyr, Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

EURYTHYREA SOLIER

1 Ecusson en ovale transverse, bien plus large que long. Bleu à reflets violets, avec une bordure rouge cuivre sur les elytres aastriaca

— Ecusson cordiforme un peu plus large que long. D'un

beau vert avec les élylres bordés de cuivreux doré micans.

E. austriaca L. Carcès (Dauphin).

E. micans F. Sur les peupliers. Juin - août.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Bagnols (Ch. Azam) ; Le


— 443 —

Muy ; Toulon (Martin) ; Montbel, Reyniers (Tholin); Vidauban (Robert); Saint-Cyr (Sietti); La Londe (de Boissy); Carcès (Dauphin, Baizet).

MELANOPHILA ESCHSCHOLTZ

1 Elytres arrondis à l'extrémité, à 4 petites côtes longitudinales et ayant au moins sur chaque 5 taches jaunes sur deux lignes longitudinales. Bronzé cuivreux decastigma.

— Elytres terminés par une pointe aiguë noir mat en

dessus appendiculata.

M. decastigma F. Sur les vieux troncs de pruniers, sur les peupliers et les frênes abattus ou en battant les branches de ces arbres. Juin.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; La Crau (Aubert) ; Le Puget (Ch. Azam) ; Montbel (Tholin) ; Le Muy.

M. appendiculata F. Sur les pins.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc, Saint-Tropez, La GardeFreinet (Robert); La Seyne (Aubert) ; Hyères (Sietti).

KISANTHOBIA MAFSEUL

K. Ariasi Robert. Ovale oblong ; d'un vert-doré brillant. Epistome à grosse dent médiane de chaque côté. Prosternum avec une mentonnière. Elytres à surface ruguleuse avec stries longitudinales faibles.

Sur le chêne blanc au commencement de mai.

Le Luc (Robert) ; Fréjus (Béguin) ; Toulon (Aubert); SaintMaximin, Saint-Zacharie (de Fons-Colombe).

PH-OENOPS LACORDAIRE

P. cyanea F. D'un vert bleu uniforme; sommet des elytres arrondi. Sur les pins. Juillet.


_ 444—

Draguignan, Le Muy, Fréjus (Jaubert) ; Bagnols (Ch. Azam); Le Luc (Robert); Le Beausset, Bormes (de Boissy) ; SainteBaume (de Boissy, Sietti) ; Carcès (Dauphin).

CRATOMERTJS GANGLBAUER

C. cyanicbrnis OL. D'un vert presque ma^en dessus, d'un cuivreux brillant en dessous ; les mâles ont sur le corselet, deux bandes d'un bleu noir et les cuisses postérieures renflées. Sur les fleurs, principalement sur celles d'Urospermum. Avril- mai.

Mont-Vinaigre (Tappes) ; Draguignan (Robert, Ch. Azam); Le Luc (Robert); Monlrieux, Mourrières, Turris, Ollioules (Tholin, Aubert; ; Le Muy (d'Agnel) ; Fréjns ; Hyères (de Boissy); Toulon (Sietti;; Sainte-Baume, Le "Beausset (de Boissy, Sietti) ; Carcès, Le Canet du Luc (Dauphin).

ANTHAXIA ESCHSCHOLTZ (1)

1 Dessus du corps noir ou brun foncé, unicolore, quelquefois

quelquefois reflets métalliques ■. .......... 22

— Dessus du corps de couleurs plus ou moins vives,

franchement métalliques .... .... i...... . 2

2 Taille moyenne ou petite 3 à 8 m/m 4

— Taille grande 9 à 11 ""/ra • • •- ... • ;3

3 Dessus vert avec ou sans bordure externe rouge cuivreux

cuivreux dessous doré cuivreux ... . auricolor,

— Dessus brun métallique. Corselet avec deux bandes

foncées sur fond plus ou moins cuivreux doré .. . manca.

4 Angles postérieurs du corselet sans impressions bien

marquées 7

— Angles postérieurs du corselet portant une impression

toujours bien marquée. 4 à 6 m/m • • 5

5 Impression de l'angle postérieur du corselet formée

par une ligne oblique aboutissant au sommet de

(1) Les Anthaxia grammica Lap. et corsica Reicb. auraient été trouvées, la première à Hyères par Cl. Rey et la seconde à Carcès par M. Dauphin.


— 445 —

l'angle ; tête verte avec une tache discale bleue et tiers antérieur des elytres vert avec une lâche oblique bleue aux épaules; deux tiers postérieurs d'un beau rouge ; dessous vert Saliceti.

— Corselet portant une profonde fossette dans l'angle

postérieur 6

6 Extrémité des elytres portant deux ou trois séries de

gros points enfoncés. 9» elytres rouge cuivreux à tache scutellaire verte bien tranchée, se prolongeant jusqu'aux deux tiers sur la suture; o* entièrement vert fulgurans.

— Extrémité des elytres simplement rugueux. 9 elytres

rouge cuivreux moins vif, avec une tache scutellaire verte assez vague se prolongeant plus ou moins sur la suture, o* entièrement vert... ... thalassophila.

7 Dessus varié de vert, de rouge et de bleu métalliques 14

— Dessus concolore . 8

8 Insectes d'un bronzé plus ou moins foncé 11

— Insectes d'un vert clair . .. 9

9 D'un vert très vif ; elytres parallèles jusqu'aux deux

tiers de leur longueur nitidula.

— D'un vert plus mat; elytres rétrécis avant le milieu.. 10

10 Derniers segments abdominaux avec une profonde

gouttière latérale. polychloros 9

— Derniers segments abdominaux sans gouttière latérale

latérale . cichorii à*

11 Insectes de 5 à 6 m/m au moins ; elytres rétrécis avant

le milieu 13

— Insectes de 3 à 4 m/m au plus, de coloration métallique

métallique ou moins sombre et très variable ; corselet à large réticulation ; elytres parallèles jusqu'aux 2/3 de leur longueur..... , 12

12 Dessus bleu foncé, dessous noir ; bords latéraux du

corselet régulièrement arrondis d'avant en arrière ; elytres avec des lignes de points superficiels mais bien visibles, bordés à leur extrémité de deux rangées de gros points cyanescens.

— Dessus et dessous bronzé plus ou moins obscur ;

bords latéraux du corselet légèrement redressés aux angles postérieurs ; elytres très finement granulés, bordés à leur extrémité d'une rangée de gros points funerula.

13 Brun bronzé foncé; elytres denticulés à leur extrémité..

extrémité.. o*

— Bronzé clair brillant ; elytres non denticulés inculta.

14 Elytres de couleurs différentes .. 16

— Elytres concolores.. 15


— 446 —

15 Corselet feu; elytres vert clair très vif. (Var. Ç de

nitidula) ... var. : lseta.

— Corselet rouge doré avec une tache obscure sur sa

partie antérieure. Elytres vert foncé métallique hyponielama.

16 Insecte de 6 m/m au moins, très déprimé. Tête, corselet,

corselet, et pattes â longue pubescence blanche, plus courte et couchée sur les elytres ; corselet bleu avec quatre bandes foncées ; elytres d'un rouge cuivreux foncé avec une tache sculellaire vert-vif bien limitée, terminée carrément et suivie d'une tache d'un noir pourpre assez vague Midas.

— Insectes ne dépassant pas 6 m/m , 17

17 Bords latéraux du corselet peu fortement arrondis.

Dessus du corps paraissant glabre .. 19

— Bords latéraux du corselet très fortement arrondis.

Dessus du corps â pubescence visible 18

18 Tête et corselet à longue pubescence blanche bien

visible, ce dernier bleu avec deux bandes plus foncées ; elytres d'un rouge cuivreux avec la base largement bleue , salicis.

— Plus petit et plus métallique ; corselet à pubescence

indistincte ; tache basale des elytres généralement

plus verte semicupraea.

19 Ecusson vert ainsi que le corselet et le rebord basai

des elytres qui varient du rouge feu brillant au pourpre. (Disque du corselet plus ou moins obscurci) . cichorii 9

— Ecusson noir ou bleu foncé. Antennes allongées 20

20 Corselet d'un noir bleu terne, concolore ou quelquefois

avec un léger reflet cuivreux sur les bords. Ecusson et pourtour de l'écusson, de même coloration que le corselet. Elytres rouges parallela.

— Corselet vert ou vert-bleu vif avec deux taches foncées.

foncées. rouge vif avec une tache scutellaire verte ou d'un vert-bleu 21

21 Tache sculellaire triangulaire, très nettement limitée,

atteignant sur la suture le tiers de la longueur des elytres... croesus.

— Tache sculellaire non triangulaire, réduite au pourtour

pourtour l'écusson et au repli basai, moins nettement limitée et se prolongeant peu sur la suture . ignipennis.

22 Corselet avec quatre fovéoles plus où moins profondes,

profondes, en ligne transversale. Dessous foncé.

. ... 4 punctata.

— Corselet sans fovéoles ou à fovéoles obsolètes 23

23 Insecte de 3 m/m au plus. Front à pubescence extrê-


— 447 —

mement courte, indistincte. Dessous bronzé brillant • nigritula.

— Insectes de plus de 3 m/m. Front visiblement pubescent 24

24 Front à pubescence brune; forme large, déprimée;

dessus d'un noir chagriné peu brillant ; dessous

vert métallique foncé sepulchralis.

— Front à pubescence blanche . 25

25 Dessus noir, fortement chagriné ; dessous d'un vert

foncé brillant • morio.

^- Dessus plus lisse, noir plus brillant, à reflets bronzés ; elytres avec une côte médiane partant de l'épaule; forme plus étroite. Dessous bronzé cuivreux brillant confusa.

A. croesus Will. = scutellaris Gêné. Sur les renoncules Mai.

Nord du dép', Draguignan (Jaubert) ; Montrieux (Aubert, Abeille, Tholin) ; Toulon (Sietti) ; Hyères (de Boissy) ; Cavalière (Lascols), Sainte-Baume (Tholin).

A. ignipennis Ab. En fauchant sur les fleurs.

Montrieux (Aubert) ; Estérel (Cl. Rey); Pignans (de Boissy); Carcès, Brignoles (Dauphin).

A. parallela Lap. Sur les fleurs des cistes. Mai -juin.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Anbert, Sielti) ; Montrieux (Tholin) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy); Hyères (Bellier, de Boissy); Le Muy (d'Agnel); Montbel (Tholin); Carcès (Dauphin).

A cichorii 01. En battanl les arbres fruitiers, sur les cistes ou en fauchant sur les plantes. Juin - août.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Muy (d'Agnel) ; Hyères, Montbel (Tholin) ; Carcès (Dauphin).

A. polychloros Ab. = millefolii F. Sur les fleurs, principalement les.synantherées.

: Toulon (Tholin, Sietti) ; Saint-Maximin (Belon; ; Draguignan (Ch. Azam); Le Muy; Sainte-Baume (Tholin, Sietti); Le,


- 448 —

Beausset (Sietti) ; Hyères, Saint-Cyr, Bonnes, Pignans (de Boissy); Càrcèû (Dauphin).

A. inculta Germ. Sur les ombellifères, les cistes et le millepertuis.

Draguignan (Jaubert); Toulon (Aubert, Sietti); Montbel, Sainte-Beaume (Tholin) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Le Muy (d'Agnel) ; Hyères (Cl. Rey, de Boissy) ; Saint-Cyr, Bormes, Pignans (de Boissy) ; Saint-Maximjn (Belon) : Carcès (Dauphin).

A. auricolor Herbst. Sur les peupliers, Toulon (Martin) ; Draguignan (Fournier, Ch. Azam).

A. nianca L. Sur les ormes, les pins, l'aubépine. En fauchant sur les synantherées. Juin r- août.

Le Luc (Robert); Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Toulon (Tholin); Le Muy (d'Agnel); Le Beausset, Les Arcs, Le Luc, Evenos (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. Midas Kiesw. En fauchant sur les fleurs.

Sainte-Baume (Aubert, Sietti, de Boissy, Ancey, Abeille.

A. Saliceti Illig. Sur les fleurs.

Nord du dép*.

A. salicis F. Sur les saules et autres arbres, sur les haies aussi sur les fleurs, renoncules, etc. Mai-juin.

Nord du dép* (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Montrieux (Aubert) ; Sainte-Baume (Tholin, de Boissy) ; Toulon, Le Beausset (Sietti); Carcès (Dauphin).

A. semicuprea Kiist. Sur les haies d'églantiers.

Montrieux (Aubert); Sainte-Baume (Tholin, Cl. Rey, de Boissy) ; Toulon (Sietti) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; L'Estérel (Cl. Rey) ; Pignans (de Boissy).


— 449 —

A. fulgurans Schrank = nitens F. Le Luc (Robert) ; Toulon (Martin), Montrieux (Aubert) ; Sainte-Baume (Tholin, de Boissy, Sietti).

A. thalassophila Ab. En fauchant sur les fleurs.

Hyères, Toulon (Sietti) ; Carcès (Dauphin).

A. nitidula L. Sur les composées, les ombellifères, les roses, l'aubépine, etc. Mai - août.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Montrieux (Aubert, Tholin) ; Toulon (Sietti) ; Pignans (de Boissy) ; Sainte-Baume, Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Carcès (Dauphin).

A. hypomeloena Illig. Sur les fleurs et particulièrement sur YEryngium carnpeslre.

Draguignan (Jaubert, Ch.Azam); Le Luc (Robert); Mourriéres (Tholin); Sainte-Baume, Toulon (Aubert, Sietti); Pignans (de Boissy) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

A. funerula Illig. Sur les fleurs de renoncules, cistes, caltha et quercus pubescens. Avril.

Toulon (Aubert) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Hyères (Tholin, de Boissy) ; Le Muy; Draguignan (Ch. Azam).

A. morio Herbst. Sur les pins abattus, les taraxacums et les renoncules.

Draguignan, Le Luc (Jaubert, Ch. Azam, Robert).

A. cyanescens Gory. En fauchant sur les fleurs.

Lorgues (Abeille) ; Brignoles (Caillol) ; Carcès (Dauphin).

A. confusa Lap. Sur les ombellifères et les chrysanthèmes.

Le Luc (Robert) ; Toulon (Aubert, Sietti) ; Sainte-Baume, Le Beausset (de Boissy, Sietti); Saint-Cyr, Le Muy (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

29


— 450 -

A. sepulchralis F. Sur les fleurs de renoncules, cistes, caltha, etc.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Aubert, Sietti); Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Hyères (Bellier, de Boissy) ; Sainte-Baume, Bormes, Cavalière (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. quadripunctata L. Sur les fleurs et les pins abattus.

La Seyne (Mulsant) ; Le Muy ; Evenos (Baizet).

A. quadripuncta var : Godeti ,Lap., Le Bessillon, Pôhtevès (Dauphin).

A. nigritula Ratz. Sur les fleurs des cistes.

Le Luc (Robert) ; Le Muy ; Toulon (Aubert, Sietti) ; Hyères (Bellier, de Boissy); Le Beausset, Bormes, Cavalière (deBoissy); Carcès, Vidauban, Pontevès, Le Bessillon (Dauphin).

POLYCESTINI

PTOSIMA SOLIER

1 Deux taches jaunes longitudinales sur le corselet ; une arrondie sur le vertex et 3 taches jaunes transverses sur les elytres flavoguttata.

— Quatre taches sur le corselet v. : 11 maculata.

— Pas de taches sur le oorselel v. : 6 maculata.

r

P. flavoguttata Illig. et ses variétés. Sur les branches mortes des cerisiers ; sur les prunelliers et les aubépines. Mai-juin.

Toulon (Tholin, Sietti) ; Draguignan (Jaubert) ; SainteBaume (Aubert) ; Le Beausset, Le Muy (de Boissy); La Seyne (Tholin) ; Carcès (Dauphin).

ACM.OEODERA ESCHSCHOLTZ

1 Subcylindrique. Corselet bombé, très abaissé sur les

côlés en avant. Elytres convexes 5

— Ovale plus ou moins allongé. Corselet peu convexe,

transverse. Elytres un peu déprimés sur le dos... . 2


— 451 —

2 Bord latéral des elytres sans entaille triangulaire 4

— Bord latéral des elytres avec une petite echancrure

triangulaire sous l'épaule :. 3

3 Elytres à quatre bandes jaunes,'étroites, transverses, .

arquées. Pas de tache basale. Corselet bordé de L jaune sur les côtés 4 fasciata.

— Elytres ayant chacun neuf taches jaunes sur deux

lignes longitudinales, les 4me et 5me quelquefois réunies formant zigzag, parfois disparaissant en partie, rarement nulles. Corselet ordinairement avec trois fovéoles et cinq petites taches jaunes ....... 18 guttata.

4 8 '"/m au moins. Elytres sans taches bien distinctes.

Bronzé cuivreux à pubescence grise ; elytres jaunes à bande rameuse commune sur la suture, des taches suturales isolées ou i^eliées à la suture et des taches

marginales, bronzées pilqaellae.

^- 6 m/m au plus. Elytres avec des taches distinctes. Noir bronzé luisant ; corselet à pubescence brune sur le disque. Elytres avec des séries de soies peu régulières et à ligne de taches jaunes (3, parfois 2, parfois une apicale, une juxta suturais) ... 6 pustulata.

5 Dessous simplement pubescent, peu ou pas squameux. . Corselet à 3 fovéoles basales et 2 impressions allongées intermédiaires profondes. Elytres ordinairement à bandes jaunes longitudinales'. discoïdea.

—; Dessous complètement couvert d'une squamosité serrée, d'écaillés blanches imbriquées. Pas d'impressions intermédiaires allongées entre les trois; fovéoles basales du corselet. ,......; 6

6 Bord postérieur du corselet redressé en crête de chaque

côté. Pas de gibbosité géminée par devant et simple canaliculé. Elytres acuminés, ordinairement à taches jaunes antérieures et avec deux bandes transverses • étroites rouges ou rouges jaune................ tasniata.

— Bord postérieur du corselet sans arête à forte gibbosité

gibbosité en avant avec canal médian très pro- . fond. Elytres irrégulièrement maculés de petites taches jaunes rouge, sans bandes adspersula.

A. octodecemguttata Herbst. Sur les fleurs des cistes ; sur le chène-liège. Mai.

Fréjus (Jaubert) ; Les Arcs (Arias) ; Le Luc (Robert) ; Montbel (Tholin) ; La Bouverie (MUe Mac-Leod) ; La Crau (Aubert, Sietti).

A. quadrifasciata Rossi. Lorgûes (Tholin).


— 452 —

A. pilosellse Bon. Sur les composées, les renoncules.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Toulon (Martin, Sietti) ; Les Arcs (Arias) ; Le Luc (Robsrt) ; Montrieux (Aubert) ; Turris (Laroque, Tholin); Le Beausset (Sietti, de Boissy); Hyères, Pignans (de Boissy) ; Carcès, Tourtour (Dauphin) ; Le Muy ; Sainte-Baume (Belon).

A. sexpustulata Lap. Sur les fleuis des cistus monspeliensis et salvifolius. Mai-juin.

Fréjus (Jaubert) ; Toulon (Aubert, Sietti) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Montrieux, Montbel (Tholin) ; Le Revesl (Aubert) ; Le Luc (Robert) ; Le Muy (d'Agnel, de Boissy) ; Sainte-Baume (Sietti, de Boissy) ; Pignans, Hyères, Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. toeniata F. Sur les fleurs des ombellifères surtout celles des Daucus carota. Juin -juillet.

Fréjus (Jaubert) ; Le Muy; Toulon (Aubert); Le Luc (Robert) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Montrieux, Mourrières (Tholin) ; Sainte-Baume (Sietti, de Boissy) ; Pignans (de Boissy).

A. adspersula Illig. Sur le myrte. Juin.

Fréjus, Toulon (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Le Muy : Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Saint-Raphaël (Aubert) ; Gonfaron, Le Bourguet (Ch.Azam); Mourrières (Tholin) ; Bormes, Hyères (de Boissy).

A. discoïdea F. Environs de Fréjus (Olivier).

SPHENOPTERA SOLIER

1 Prosternum "avec une strie marginale, non interrompue. Vert doré brillant, parfois à reflets cuivreux. Front avec un relief lisse. Elytres à stries distinctes jusqu'à l'extrémité metallica.


— 453 —

— Prosternum avec unestrie marginale de chaque côté,

interrompue par derrière. Bronzé obscur, plus ou

moins brillant 2

2 Corselet avec 3 sillons longitudinaux larges, peu profonds. Interstries pairs plus éleyés, peu saillants à la base, séparés par un intervalle ruguleux bi strié de petits points allongés. Antennes noires. .. geminata. '— Corselet sans sillons profonds. Elytres striés de longs points fins. Antennes d'un vert foncé à 1er article Cuivreux gemellata.

S. gemellata Mannh. Sur le sainfoin.

Draguignan (Jaubert); Toulon (Martin); La Seyne (Mulsant); Les Sabletles (Tholin); Hyères (Bellier) ; Le Beausset (de Boissy). ■

S. geminata Illig.l*= lineata F. Hyères (Delarouzée, Cl. Rey); Toulon (Sietti); Mont-Vinaigre (Ste Cl. Deville); Saint-Cyr, Le Beausset (de Boissy).

S. metallica F. Sur les branches mortes des pins.

Le Beausset (Baizet).

CHRYSOBOTHRINI

CHRYSOBOTHRIS ESCHSCHOLTZ

1 Large ; elytres bronzés avec 3 fovéoles élroi'es, transverses. Corselet un peu dilaté en avant sur les côtés ......,......;........,.........: affinis.

— Etroit; elytres noirs ou obscurs avec 3 fovéoles larges,

arrondies. Corselet presque parallèle Solieri.

G. affinis F. Sur les troncs abattus, les vieilles souches, les fagots de chênes, bouleaux, pins. Juin - juillet.

Environs de Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Bagnols (Ch.Azam) ; La Grau, Fréjus (Aubert) ; Le Muy (d'Agnel); Le Beausset (de Boissy, Sietti); La Seyne, Moulières (Tholin).


— 454 —

C. Solieri Lap. Sur les branches des pins abattus et celles utilisées pour les clôtures. Juillet.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc, La Garde-Freinet (Robert) ; Toulon (Aubert); Bagnols (Ch. Azam); Tourris (Laroque) ; Lé Beausset (Sietti, de Boissy) ; Sainte-Baume (Sietti) ; Le Muy (d'Agnel) ; Saint-Cyr (de Boissy).

AGRILINI

GOROEBTJS LAPORTE

i Elytres à pubescence uniforme 4

— Elytres avec des bandes transversales de pubescence. 2 , 2 Antennes beaucoup plus courtes que le corselet, celuici orné de minces bandes onduleuses de pubescence rubi.

— Antennes dépassant la base du corselet: celui-ci sans

minces bandes onduleuses de pubescence 3

3 Corselet dépourvu de carène arquée près.des angles

postérieurs. Bandes des elytres larges bifasciatus.

— Corselet à carènes bien marquées. Bandes des elytres

élroites undatus.

4 Prosternum sans mentonnière. Bords latéraux du corselet

corselet elatus.

— Prosternum à mentonnière.'Bors latéraux du corselet

non crénelés . ; 5

5 Mentonnière profondément échancrèe 7

— Mentonnière à peiné sinuée — 6

6 Une carène près des angles postérieurs du corselet.

Bronzé-verdatre metallicus.

— Pas de carène aux angles postérieurs du corselet.

D'un vert bleu, souvent violacé. amethystinus.

7 Tête sans sillon frontal, du moins tout à fait en avant.

Elytres noirâtres ou bleu noirâtre ; corselet bronzé doré cuivreux....-..-- seneicollis.

— Tête avec un sillon frontal toujours plus ou moins

accusé 8

8 4 m/m au moins. Bronzé, peu brillant sans reflet verdatre.

verdatre. large, carrée aeratus.

— 5 m/m ou plus 9

9 Angles postérieurs du corselet aigus et divergents.

Tête guillochée entre les rides subulatus.

— Angles postérieurs du corselet au plus droits et non

divergents 10


— 455 —

10 Bronzé doré; taille plus grande. Ponctuation générale

plus serrée ■'. cupularioe.

— Bronzé verdâtre ; taille plus petite. Ponctuation plus

faible graminis.

C. bifasciatus 01. Sur les chênes-verts et les chênes-liège. En fauchant sur les fougères autour des chênes. Juin. • Estérel (Peragallo) ; Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); Le Luc (Robert) ; Toulon (Aubert, Sietti); Saint-Zacharie (Sietti) ; Hyères (de Boissy, Tholin); Le Muy; Mourrières, Montbel, Sainte-Baume (Tholin) ; Carcès (Dauphin).

C. undatus F. Sur les chênes, chênes-liège. Juin -juillet.

Draguignan (Ch. Azam) ; Toulon (Tholin) ; Le Luc (Robert) ; Hyères, Pignans (de Boissy).

C. rubi L. Sur les rubus. Juin -juillet.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) : Bagnols (Ch. Azam) ; Le Muy ; Toulon (Aubert, Sietti) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Hyères, Pignans, Porquerolles (de Boissy); Carcès (Dauphin); Saint-Maximin (Belon).

C. elatus F. Sur Potentilla recta. Mai.-juillet.

Le Luc (Robert); Draguignan (Jaubert); Toulon (Sietti); Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Pignans, Saint-Cyr (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

C^ subulatus Moraw. Sur cupularia viscosa. Août-septembre.

Toulon (Abeille) ; Hyères (Defargues, Abeille).

C. graminis Panz. En fauchant sur Inula viscosa en fleurs.

Saint-Raphaël (Aubert) ; Hyères (Tholin) ; Saint-Cyr (de Boissy) ;".Toulon, Le Beausset (Sietti).

C. oeratus Mis. Sur les jeunes pousses de chêne. Juin,

Toulon (Aubert) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Pignans (de Boissy). .


— 456 —

C. oeneicollis Vill. Dans les taillis nouvellement coupés ; sur les jeunes pousses de chêne. Juin-juillet.

Le Luc (Robert); Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Agay (Pic) ; Hyères (de Boissy).

C. amethystinus 01. Sur les jeunes pousses de chêne et sur le Circium ferox. Mai-juin.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Lue (Robert) ; Toulon (Sietti); Le Beausset (de Boissy) ; Mont-Vinaigre (Peragallo) ; Carcès (Dauphin).

C. cupulariae Ab. Sur Cupularia viscosa.

Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Hyères, Pignans (de Boissy).

AGRILTJS CURTIS

1 Sommet de chaque élytre en pointe aigûe, l'épine apicale

apicale courte que l'autre. Bronzé olivâtre, avec les côtés du corselet, de la poitrine et des segments abdominaux tachés de poils blancs 6-guttatus.

—- Sommet de chaque élytre arrondi à l'extrémité, simple

ou denticulé 2

2 Une tache régulière de poils blancs sur chaque élytre;

cotés des segments de l'abdomen tachés aussi de poils blancs ."-..■ biguttatus.

— Pas de taches régulières de poils blancs sur lés elytres

elytres

3 Ecusson sans carène transversale distincte... subauratus.

— Ecusson divisé par une carène transversale distincte . 4

4 Elytres à villosité soyeuse uniforme ou par places,

celle-ci bien visible surtout vue perpendiculairement 19

— Elytres sans villosité soyeuse blanche ou jaune, ou

celle ci foncée et presque invisible vue par dessus, appréciable seulement vue de côté 5

5 Dernier segment ventral échancré à l'extrémité ...;.. IL

— Dernier segment venlral arrondi ou tronqué à l'extrémité

l'extrémité non échancré. 6

6 Mentonnière arrondie ou à peine sinuée ........ 8

— Mentonnière fortement sinuée ou échancrée...'....... ; 7

7 Taille 5 m/m. Vert ou bleu avec le corselet cuivreux

doré. Crochets des tarses avec une dent large et obtuse à la base pràtensis.


-457 —

— Taille 9 à 11 m/m. Dessus cuivreux violet, dessous

bronzé. Crochets des tarses fendus. Une moucheture soyeuse formant une bande étroite sur le sommet des elytres sinuatus.

8 Corselet sans carène distincte aux angles postérieurs.

.Uniformément cuivreux. Sillon médian du front et du corselet profond ; ce dernier brusquement et fortement resserré à l'extrême base; abdomen sans pubescence soyeuse , integerrimus.

— Corselet à carène distincte aux angles postérieurs .... 9

9 Vertex à sillon large bien marqué ; angles postérieurs

du corselet aigus et légèrement divariqués. Elytres subparallèles, plus larges que le corselet à la base et couverts de petits granules serrés, saillants aurichalceus.

— Vertex sans sillon bien marqué ; angles postérieurs

du corselet obtus ou tout au plus droits. Elytres divergents au sommet et dilatés aux 2/3 postérieurs 10

10 Taille 7-8 m/m. Mentonnière à sinuosité bien marquée;

corselet quelquefois d'un cuivreux doré avec les elytres verts. Insecte variant du vert bleu, bronzé cuivreux au noir viridis.

— Taille inférieure à 7 m/m. Mentonnière à sinuosité invisible;

invisible; nettement feu ; elytres verts ou bleus chrysoderes.

11 Corselet non rétréci à la base, avec une forte carène

aux angles postérieurs. Vertex sillonné. Dessus bronzé convexicqllis.

— Corselet rétréci à la base 12

12 Elytres à sommet non ou peu visiblement denticulé ;

dessus bleu, dessous noir ; vertex et front fortement sillonnés coeruleus.

— Sommet des elytres à denticulés bien visibles 13

13 Premier segment venlral sans tubercules 15

— Premier segment venlral bituberculé au sommet 14

14 Tubercules allongés ; mentonnière sans sinuosité distincte.

distincte. faiblement dentées. Taille 8-10 m/m. elongatus o*

— Tubercules courts ; mentonnière nettement échancrée.

Antennes profondément dentées. Taille 5-6 m/m. angustulus o"

15 Antennes très épaisses et fortement dilatées à partir

du quatrième article laticornis o*

— Antennes sans dilatation bien sensible. 16

16 Mentonnière très faiblement sinuée 18

— Mentonnière nettement échancrée 17

17 Lame prosternale parallèle entre les hanches antérieures

antérieures 9


— 458 -

— Lame prosternale très dilatée entre les hanches antérieures.

antérieures. vert olivâtre, dessous noir bronzé brillant. laticornis 9

18 Taille grande 8 10 m/m......... • • elôngatus 9

— Taille petite 5 m/m au plus................. obscuricollis.

19 Pas de ligne transversale dénudée sur les élyfres..... 24 --'Une ligne transversale dénudée sur le milieu des elytres 20

20 Lame prosternale fortement élargie en arrière entre

les hanches antérieures. Partie antérieure des elytres entièrement pubescente. derasofasciatus.

— Lame prosternale parallèle entre les hanches antérieures

antérieures 21

21 Deux tubercules allongés sur le premier segment ventral

ventral o*

— Pas de tubercules sur le premier segment ventral.. . 22

22 Antennes dentées des deux côtés graminis o"

— Antennes dentées normalement.. . ;. .■ '. 23

23 Dernier segment ventral fortement impressionné au

milieu, le sillon large et peu profond ....... graminis 9

— Dernier segment ventral sans impression nette sur le

milieu .••'.- - - • • • ■ - ■ ...... hastulifer 9

24 Elylres sans sillon suturai à pubescence épaisse. ... 28

— Elytres avec un sillon suturai à pubescence épaisse.. 25

25 Taille 7 m/m 1/2 au moins ; carène transversale de

l'écusson droite ou légèrement courte sur toute son étendue. Bronzé obscur" ; rides frontales énormes , .. cinctus.

— Taille 6 m/m au plus. Carène transversale de l'écusson

entamée au milieu par un angle tourné vers le cor-, selet ..'.-.'..- 26

26 Sillon frontal marqué jusqu'à l'épistome ; carinules du

corselet effacées brusquement à partir du tiers .... .. ..... pruinosulus.

— Sillon frontal peu visible en avant ; carinules du corselet

corselet jusque vers l'angle antérieur ou se perdant dans le sillon médian latéral .. . ... . ... 27

27 Ensemble du corps d'un cuivreux doré très brillant ;

des écailleltes blanches sous lesiflancs du corselet sulcifer.

— Ensemble du cGrps bronzé peu brilllant; pas d'écaillettes

d'écaillettes sous les flancs du corselet ... proximus.

28 Dernier segment ventral nettement écbancré 33

— Dernier segment venlral entier 29

29 Elytres verts ou bleus ; carinules du corselet très

longues, interrompues et coudées fortement avant de rejoindre le bord roscidus.

— Elytres d'un bronzé plus ou moins doré. 30


— 459 —

30 Corselet sans carène aux angles postérieurs ; elytres

dentés au sommet. Insecte d'un cuivreux feu.. hyperici.

— Corselet avec une carène aux angles postérieurs ... 31

31 Côtés du corselet arrondis au premier tiers, étranglés

avant les angles postérieurs qui sont divergents. Taille 6 n'/m cisti.

— Plus de 6 '"/m. Côtés du corselel presque droits, formant

formant angles à peu près droits 32

32 Cuivreux feu ; carinules du corselel très courtes . Solieri.

— Bronzé ou verdâtre ; carinules du corselel prolongées

le long des bords latéraux, jusqu'au sommet. . roscidus.

33 Corps nettement bicolor 35

— Corps unicolor 34

34 Couleur verdâtre ou bleuâtre. Pubescence des elytres

jaune ; sillon médian du corselet entier . ... planiceps.

— Couleur d'un bronzé olivâtre; étroit, vertex sillonné;

1er segment ventral du o* bilubereulé. olivicolor.

35 Elytres noirs. Avant corps verl nigriventris.

— Elytres noirs. Avant corps cuivreux doré Mephistopheles.

A. sexguttatus Herbst. Sur le peuplier, les fleurs d'Eryngium. La larve vil sous les écorces des chênes et des peupliers. Mai - juin.

Draguignan (Fournier) ; Le Beausset, Hyères (de Boissy).

A. biguttatus F. Sur le chêne blanc et le chêne-vert. En mai.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert); MontVinaigre (Peragallo).

A. sinuatus 01. Sur les châtaigniers, les bouleaux, les poiriers, l'aubépine et surtout les néfliers. Juin-juillet.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Aubert) ; Le Beausset (de Boissy, Baizet) ; La Seyne, Moulières (Tholin).

A. subauratus Gebl. Sur le tremble. Juin.

Carcès, Tourtour (Dauphin).

A. viridis L. Sur les échalas de bois de saule dans les vignes, sur les peupliers, charmes', hêlres, chênes, trembles. Sur les rosiers et les poiriers sauvages. Mai -juin.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Le Muy ; Toulon (Aubert) ; Sainte-Baume (Sielti) ; Saint-Raphaël.


— 460 —

A. chrysoderes Ab. et ses var. : rubicola et obtusus. Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Saint-Cyr (de Boissy).

A. coeruleus Rossi. Sur les feuilles et les troncs des chênes, hêtres, bouleaux, ormes, aussi sur les fleurs des cistes.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Muy (d'Agnel) ; SaintMandrier, Le Beausset, Hyères (de Boissy).

A. pratensis Ratzb. Sur les peupliers et les trembles.

Toulon (Aubert); Draguignan (Ch. Azam).

A. elongatus Herbst. Toulon (Aubert) ; Draguignan (Jaubert, Ch. Azam).

A. angustulus Illig. Sur l'érable, le chêne, le hêtre, le charme, le noisetier. En battant les-ronces et quelquefois sur les fleurs.

Draguignan (Jaubert, Fournier) ; Hyères (Cl. Rey) ; La Seyne (Tholin); Sainte-Baume (Aubert, de Boissy) ; Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. laticornis Illig. Sur le chêne et le saule marceau,

Toulon (Aubert); Sainte-Baume (Tholin); Hyères (de Boissy, Sietti) ; Le Beausset (Sietti).

A. olivicolor Kiesw. Sur les branches mortes de différents arbres, prunelliers, chênes, charmes, noisetiers, etc.

Draguignan (Fournier).

A. hastulifer Ratzb. Sur le chêne et l'aulne.

Hyères (Tholin, de Boissy).

A. graminis Lap. Hyères (Tholin).

A. derasofasciatus Lacd. Sur la vigne. Juin -juillet.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Muy ; Toulon (Tholin, Sietti) ; Hyères, Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Carcès (Dauphin).

À. planiceps Ab. Sainle-Baume (Abeille),


— 461 —

A. sulcifer Ab. En fauchant. Juillet.

Le Beausset (de Boissy).

, A. cinctus 01. Sur le genêt à balais. Juillet.

Draguignan (Jauberl) ; Carcès (Dauphin).

A. Solieri Gory. Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Saint-Cyr (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. pruinolusus Ab. Sur Ginesta hispanica. Juillet.

Le Beausset (de Boissy).

A. cisti Bris. Sur les fleurs de cistes.

Toulon (Tholin) ; Le Muy , Saint-Mandrier, Hyères, Porquerolles, Le Beausset (de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

A. mephistopheles Ab. Sur le chêne vert. Juin.

Toulon (Aubert) ; Sainte-Baume (Abeille) ; Le Beausset, Hyères (de Boissy).

A. aurichaïceus Redtb. Sur les ronces et les framboisiers.

Draguignan (Ch. Azam) ; Sainte-Baume (Auberl).

A. convexicoUis Redtb. Sur l'ormeau.

Draguignan (Fournier).

A. integerrinius Ratzb. Sur le Daphné Mezereum.

Toulon (Auberl) ; Sainte-Baume (de Boissy, Sietti).

A. hyperici Creutz. Sur l'Hypericum perforatum.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Lé Luc (Robert, Aubert) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).

A. roscidus Kiesw. Sur les ronces, l'aubépine, aussi sur les poiriers, pommiers, trembles et néfliers.

Toulon (Aubert, Sietti) ; Sainte-Baume (Sietti) ; Pignans, Saint-Cyr (de Boissy) : Le Beausset (Sietti, de Boissy).

A. obscuricollis Kiesw. Sur. l'Epine noire, quelquefois sur le chêne, l'érable et le noisetier.

Draguignan (Fournier) ; Sainte-Baume (de Boissy).


— 462 —

OYLINDROMORPHUS KIESENWETTER

C. parallelus Fairm. Allongé, cylindrique, un peu filiforme, à ponctuation peu profonde. Corselet subcarré. Elytres à peine élargis après le milieu, légèrement impressionnés à la région suturale.

Sur le Dactylis glomerata. Hyères (Defargues, Tholin) ; Toulon (Tholin) ; Draguignan (Ch.Azam); Le Beausset (Sietti, de Boissy).

TRACHYINI

APHANISTICUS LATREILLE

1 Corselet sans sillon tranverse médian. Tête étroite,

sillon frontal superficiel ; explanation latérale du corselet réduite au rebord près des angles antérieurs .. .... ............ ... . ..,■■ pygmaeus.

— Corselet avec un sillon transverse médian.... ... 2

2 Corps large, trapu ; impression transverse antérieure

du corselet, seule bien marquée, la postérieure obsolète . ...... pusillus.

— Corps étroit, allongé ; corselet avec deux impressions

transverses très marquées ...........: .. .... 3

3 Explanation latérale du corselet mince, même à la base 5

— Explanation latérale du corselet large à la base ..... 4

4 Noirâtre'; sillon de la tête large et profond jusqu'au

corselet distinctus.

—- Bronzé clair ; sillon de la tête raccourci Sur le vertex

.. ... ... ... angustatus.

5 Elytres très minces, dépassant de beaucoup l'abdomen,

tronqués obliquement à l'extrémité, avec l'angle externe arrondi. Bronzé elongatus.

— Elytres moins minces, dépassant de peu l'abdomen,

arrondis chacun à l'extrémité. Noir.....'.. emarginatus.

A. distinctus Perris. Sur \ejujicusaculeatus. Toulon (Sietti, de Boissy); Hyères (Bellier, deBoissy) ; SaintRaphaël (Tholin) ; Le Beausset (de Boissy).


— 463 —

A. angustatus Luc. Sur les joncs aux bords des étangs.

Draguignan (Ch. Azam; ; Hyères (Cl. Rey).

A. emarginatus F. Sur juncus aculeatus, dans les prés marécageux. Mai - août.

Hyères (Delarouzée, Bellier, Sietti, de Boissy) ; Draguignan, Le Muy (Ch. Azam) ; La Garde (de Boissy, Sietti.j ; Les Sablettes. (Tholin) ; Toulon (Aubert); Le Lue (Robert); SainteBaume (Sietti).

À. elongatus Villa. Même habitat que le précédent.

Draguignan (Ch. Azam) ; Hyères (Delarouzée, Tholin, de Boissy). ■

A. pusillus 01. Sur les joncs dans les prés marécageux et aux bords des étangs. Mai-août.

Draguignan (Jaubert) ; Fréjus; Hyères (Laroque).

A. pygmaeus Latr. Sur le juncus aculeatus.

Toulon (Aubert); Draguignan (Ch.Azam); Saint-Raphaël, Fréjus, Hyères (Cl. Rey) ; La Seyne (Tholin) ; Sainte-Baume (Madon) ; Le Beausset (de Boissy).

TRACHYS FABRICIUS

1 Elytres à fine carène latérale partant de l'épaule et à

bandes pubesCenles plus ou moins distinctes. Corselet à forte impression aux angles antérieurs. Ecusson grand ■ triangularis.

— Elytres sans carène latérale. Corselet sans impression

impression angles antérieurs. Ecusson très pelit.. .. 2

2 Noir bronzé ou cuivreux. Elytres â bandes de duvet

blanc, sinués, transverses , 4

— Tête et corselet cuivreux doré ou bronzé. Elytres bleus

ou verts, presque glabres. 3

3 Tête et corselet d'un cuivreux doré ; calus humerai

peu saillant. Prosternum élargi à la base et plus étroit. Ordinairement plus de 3 m/m . .... . pygmaea.

— Tête et corselet bronzés; calus humerai saillant. Prosternum

Prosternum à stries parallèles, un peu plus large


— 464—

en avant qu'à la base. 3 m/m au maximum. troglodytes.

4 Elytres subdéprimés, à bandes distinctes de duvet

blanc et à calus humerai très saillant.... minuta.

— Elytres convexes, à bandes duveteuses peu distinctes

et à calus humerai peu saillant..., 5

5 Prosternum sinué au milieu "; crochets des tarses

dentés ,. . - pumila.

— Prosternum non sinué au milieu ; crochets des tarses

non dentés . Marseuli.

T. minuta L. Sur les chênes, hêtres, saules, tilleuls, noisetiers ; sur les fleurs des rosacées, ombellifères et sur Yoriganum majorana. Mai - août.

Toulon (Aubert, Sietti) ; Les Pomets (Tholin) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin).

T.. pygmaea F. Sur les Althea, Gonvulvulus, Malvaj Rubus, etc. Mai -juin.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Tholin, Sietti) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; La Seyne (Tholin) ; Hyères (de Boissy) ; Le Muy (d'Agnel),; Carcès (Dauphin).

T. troglodytes Gyll. En battant les noisetiers et sur les althea et les origanum majorana. Juin -juillet.

Nord dû dép* (Jaubert) ; Toulon (Aubert); Le Muy; Le Luc (Robert); Les Pomets (Tholin) ; Le Beausset (de \ Boissy) ; Carcès (de Boissy).

T. pumila Illig. Sur les chênes et les saules, aussi sur les menthes, et plus particulièrement sur Marrubium vulgare. Juin.

Nord du dép* (Jaubert); Draguignan, Bagnols (Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Toulon (Sietti); Le Muy ; Hyères (Bellier) Le Beausset (de Boissy, Sietti); Carcès (Dauphin).

T. Marseuli Bris. Hyères (Cl. Rey).


— 465 —

T. triangularis Villa. Sur les Erodions, les cistes .et. les genêts.

Draguignan (Fournier, Ch. Azam) ; Le Beausset (Sietti) ; Le Muy (d'Agnel).

EUCNÉMIDES

Celte famille, qui compte peu de représentants, est intermédiaire entre celle des Bûprestides et la suivante les Elatérides. Les insectes, qui la composent, ont la tête plus ou moins verticale ; les antennes, insérées sous un rebord du front, dentées en scie, pectinées, flabellées ou claviformes et l'abdomen offrant cinq segments apparents. Déforme cylindrique ou conique, de couleur noire ou obscure, ces petits animaux vivent sur les feuilles des végétaux, au pied des plantes, parmi les détritus, quelquefois sous les écorces, le plus souvent dans les parties cariées des arbres. La plupart sont nocturnes, c'est ce qui explique pourquoi on les rencontre aussi rarement.

, Leurs larves vivent dans le bois récemment mort'de divers arbres. ■ • •

THROSCINI

THROSCUS LATREILLE

1 Intervalles des elytres avec une seule série de points

" (sauf près de la base) 3

— Intervalles des elytres. finement, très densément pointillés

pointillés

2 Carénés frontales obsolètes atteignant à peine le bord

postérieur des yeux elàterdïdes.

— Pas de carènes frontales ...............v...... obtusus.,

30


— 466 —

3 Yeux marqués dans leur milieu antérieur d'une dépression

dépression celle-ci ne dépassant pas la moitié des yeux . . dermestoïdes.

— Yeux marqués dans leur milieu antérieur d'une dépression

dépression va jusqu'au bord postérieur ou tout près ............. 4

4 Front avec deux carènes bien distinctes, prolongées

sur le vertex carinifrons.

— Front sans carènes: .... Duvali.

T. dermestoïdes L. Sur l'aulne, le saule, les caltha et sorbus ; sous les débris végétaux, sur les bois et les écorces de pins. Juin.

Draguignan (Jaubert) ; Toulon, La Seyne, Les Sabletles (Tholin) : Carcès (Dauphin).

T. carinifrons Bonv. Sur l'Urtica dîoïca; et la Parietaria officinalis. Juillet. Sous les écorces des platanes et des pins ; sous les mousses et les lichens en hiver.

Hyères (Abeille) ; Fréjus (Cl. Rey).

T. elateroïdes Heer. Sur les joncs ; sous les écorces des platanes. Dans les bois et les prairies en mars.

Hyères, Fréjus (Cl. Rey) ; Saint-Raphaël (Fauvel).

T. Duvali Bonv. Sous les détritus ; sur les graminées, au pied des saules, des tamaris, dans les bois humides et au bord des salins. Mai. . Saint-Raphaël, Hyères (Cl. Rey, Tholin).

T. obtusus Curt. Sous les détritus, dans les fagots, sur les pins, souvent au pied des tamaris, au bord des salins. Hyères, Fréjus (Cl. Rey).

CEROPHYTINI

CEROPHYTUM LATREILLE C. elateroïdes Latr. Noir de poix à pubescence grise très fine;, tête carénée; antennes et pattes ferrugineuses; angles


— 467- —

du corselet aigus, saillants ; elytres striés ponctués; intervalles rugueusement ponctués.

Dans les souches vermoulues ouïes plaies des tilleuls, noyers, peupliers, saules, érables, platanes, chênes; parfois sous les écorces. Avril-juin.

Nord uu dép 1 (Jaubert, Faraul).

MELASINI.

MELASIS OLIVIER

M. buprestoïdes L.'Noir mat, cylindrique, fortement ponctué; front sillonné. Elytres striés-ponctués ; intervalles subconvexes, granuleux ; antennes et pattes rougeâtres.

Dans les souches de chêne, hêtre, charme, bouleau, châtaignier, aulne, saule ; parfois dans les chantiers. Avril - octobre.

Sainte-Beaume (de Boissy).

•EUGNEMINI

EUCNEMIS AHRENS

E. capucinus Ahr. Oblong, noir brillant. Elytres à striés obsolètes, intervalles densément el nettement ponctués. Antennes et pattes ferrugineuses ou couleur de poix.

Dans les plaies ou les souches de chêne, chêne-liège, orme, hêtre, marronnier, frêne, tilleul, peuplier, saule. Avril-juillet.

Sainte-Baume (Abeille).

DIRRHAGUS LATREILLE

1 Front caréné ; noir brillant; elytres à peine striés.

Pattes roussâtres pygmaeus.


— 468 —"

— Front non caréné ; noir; elytres à stries indistinctes ;

pattes ferrugineuses, tarses plus clairs. Emyi.

D.pygmaeus F. Dans les troncs du chêne, du tilleul, de l'aulne et du saule. Mars-juillet.

Sainte-Baume (Abeille).

D. Emyi Rouget. Sur les graminées et les plantes basses, dans les vallons boisés, surtout le soir. Mars -juillet.

Vallée aux loups (Var) (Grenier).

FAR SUS LATREILLE

F. unicolor Latr. Brun ou roux, épais, court, à pubescence dorée. Elytres striés, un peu râpeux. Une fossetie entre les antennes. Corselet transverse à carène préscutellaire assez longue.

Dans le chêne et le chêne-liège. Juillet - août.

Hyères (Ch. Brisout).

ANELASTES KIRBY

A. barbarus Luc. Ferrugineux, rougeâtre mat, â pubescence dorée; front sillonné en avant; corselet transverse, sillonné; elytres à angle suturai denticulé et à stries profondes.

Sous lés écorces de noyer. Mai-juillet.

Hyères (Abeille). .

ELATERIDES

Les Elatérides, plus connus sous le tiom de Taupins, ont beaucoup d'analogie avec les Bûprestides, dont ils se distinguent par leur forme allongée, moins bombée, leurs couleurs moins vives, rarement métalliques, et surtout par la faculté de sauter, faculté exceptionnelle chez lés coléoptères. Ils sont


— 469 —

généralement convexes, ovales elliptiques, presque cunéiformes ; ils volent très bien, mais le peu de longueur de leurs pattes, leur l'end la marche pénible et les met dans l'impossibilité de se relever, quand ils ont été renversés. C'est pour leur permettre /de reprendre leur position normale, après qu'ils ont élé couchés sur le dos, .que la nature les a pourvus d'un ingénieux mécanisme. Ce mécanisme, qui a son siège dans l'articulation du corselet, agit à la façon d'un ressort qui, se détendant avec un petit bruit sec, fait faire au laupin un tour sur lui-même et le remet sur ses pattes.

Ces insectes à l'état parfait, se trouvent sur les fleurs, les épis des céréales, les troncs d'arbres; quelques-uns sous les petits cailloux et les détritus du bord des rivières. On les rencontre pendant toule l'année, mais en plus grande abondance pendant les saisons du printemps et de l'été. Ils passent l'hiver dans un engourdissement complet, cachés sous des écorces, des pierres, des morceaux de bois, ou enfouis dans la mousse au pied des. arbres..'

Les Larves vivent, les unes dans le bois pourri, dans le terrejpu qui se trouve à l'intérieur des vieux troncs d'arbres, les autres dans les racines des végétaux vivants. Les premières sont inoffensives, comme les insectes parfaits, mais les secondes causent parfois de grands dégâts dans les champs et les jardins potagers.

ADELOCERINI

ADELOCERA LATREILLE A. atomaria F. Noir, mat, parsemé de squamules blanches, argentées.


— 470 —

Sous les écorces ou dans les souches pourries du pin maritime et du pin d'A lep. Aussi dans les saules, peupliers, cerisiers, charmes et châtaigniers cariés. Mai-juillet.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Fréjus (Cl. Réy, Robert) ; Bagnols, La Bouverie (Ch. Azam) ; Toulon (Bossavy, Tholin, Sietti); Ollioules (Tholin, Litafdièré) ; Le Muy; La Seyne, Moulières (Tholin); Hyères (Defargues, Bellier, de Boissy, Sietti) ; Sainte-Baume (de Boissy) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy); Carcès (Dauphin).

LAGON LAPORTE

L. murinus L. D'un • brun noir, couvert de poils écailleux blanchâtres, gris ou roussâtïes, mélangés sans ordre et formant des taches vagues; elytres à fines stries ponctuées.

Sur les fleurs, les graminées.

Draguignan (Ch. Azam) ; Nord du dép* (Jaubert) ; Carcès (Dauphin).

LU DU NI

CORYMBITES LATREILLE

■1 Antennes peclinées ou dentées à partir du 4me article

inclus.. 3

— Antennes pectinées ou dentées à partir du 3me article

inclus . .... .... , ... ,..:.. 2

2 Elytres d'un rouge pourpre. Intervalles 3-7 surélevés . et caréniformes. Pubescence de la tête et du corselet rouge, rarement grisâtre, dense et assez longue formant des marbrures chatoyantes purpureus .-.-

— Elytres d'un jaune ferrugineux, généralement nojrs à

l'extrémité. Intervalles 3-4 plus convexes à la base. Pubescence de la tête et du corselet grise, courte et fine, peu épaisse, ne formant pas des marbrures chatoyantes bien distinctes .. sulphùripennis.


■— 471 —

3 Articles intermédiaires des antennes faiblement et

obtusément dentés ; dessus du corps non ou médiocrement pubescent... , , , 5

— Articles intermédiaires des antennes fortement dentés,

plus ou moins aigus à l'angle inférieur ............ 4

4 Sutures proslernales larges, doublés, mais à ligne

interne peu marquée. Angles postérieurs du corselet courts et larges. Dessus du corps couvert de poils dirigés en divers sens, d'un aspect chatoyant, généralement dénudé en certains points. tessellatus.

— Sutures proslernales étroites, simples, sinuéês en

forme de S. Angles postérieurs du corselet longs et robustes, avec un faisceau de poils relevé et dirigé brusquement en dehors. Dessus du corps faiblement pileux............. Theseus.

5 Dessus glabre ou à peu près sauf l'écusson. Corselet à

couleurs métalliques comme les elytres ; pattes rougeâtres , '.-..-... oeneus.

— Dessus pubescent. Intervalles des elytres aplatis,

ponctués làtus.

C. purpureus Poda. En ballant les bouleaux, les saules, etc., parfois sur les fleurs des ombellifères. Avril.

La Roque-Esclapon (Faraut); Hautes montagnes du dép* (Jaubert).

C. sulphùripennis Germ. Sur les sorbiers et les pommiers en fleurs, le bouleau, le pin. Mai - juin.

Sainte-Baume (Sietti).

C. tessellatus L. Sur les pins en fleurs. Mai--juin.

Bagnols (Ch. Azam) ; Le Muy.

C. asneus L, Sur les pelouses des pâturages élevés.

Lachens (Ch. Azam) ; Nord du dép*.

C. latus F. Dans les terrains secs et calcaires, sur les arbustes, les graminées.

Nord du dép* (Jaubert) ; Carcès (Dauphin).

C, Theseus Germ. Environs de Draguignan (Marmottan, Fournier).


172

ACRIOTES ESCHSCHOLTZ :

1 Corselet beaucoup plus long que large, sa plus grande

largeur après le milieu., i.... .................. 2

— Corselet non ou très peu plus long que large, aussi

large que les elytres, sa plus grande largeur au milieu , 3

2 Dessus noir presque mat, à pubescence fine et rare

............ .... -..-. .....:......... aterrimus.

— Dessus d'un brun clair à pubescence longue, grise.

Corselet avec des plaques lisses pilosus3

pilosus3 des elytres égaux.... . 5

—- Intervalles impairs des elytres à teinte plus claire, plus

fortement pileux et plus larges, principalement en arrière ... ... 4

4 Corselet aussi large ou plus large que long. Prosternum

Prosternum un large bourrelet limité en avant par une légère impression transverse luisante. 2'ne article des antennes nettement plus long que le 3me.. lineatus.

— Corselet distinctement plus long que large. Prosternum

Prosternum bourrelet transversal 2me et 3me articles

des antennes longs et sensiblement égaux.... modestus.

5 Articles 2 et 3 des antennes seulement un peu plus

longs réunis que le 4" 16 ; le 2^e nettement plus petil

que le 3r-e. ............... litigiosus

— Articles 2-3 des antennes beaucoup plus longs réunis

que le 4me ; le 2me aussi long ou plus long que le 3me 6

6 Corselet sillonné, surtout à la base. -7

— Corselet non sillonné : . 9

7 Corselet très convexe, mat, très ponctué pbscurus.

— Corselet peu convexe, brillant. ..;...... ..:....'..... . 8

8 Corselet à côtés fortement arqués, un peu plus long

que large ; angles postérieurs rougeàtres ; elytres courls, brunâtres, largement bordés de testacé. brevis

— Corselet a côtés brièvement arqués, aussi long ou un

peu plus long que large, plus étroit vers la base qu'au milieu. Elytres 2 fois et 1/4 plus longs que le corselet ; intervalles plans, ruguleux, ponctués sputator.

9 Corselet et ecusson noirs. Elytres testacés à sommet

souvent enfumé ....,,......., ùstulatus.

— Corselet et elytres à peu près de même couleur. 10

10 Corps large. Elytres 2 fois plus longs que larges.

Disque du corsejet couvert d'une ponctuation non

ombiliquée ........... .. ..... sordidus.

-^ Corps allongé. Elytres plus de 2 fois plus longs que larges. Disque du corselet couvert d'une ponctuation ombiliquée ... .. gallicus


— 473 —

A. aterrimns L. Dans les bois ombragés, en battant les châtaigniers en fleurs. Juin.

Toulon (Aubert) ; Carcès (Dauphin).

A. gallicus Laed. Sur les graminées et les ombellifères. Juillet - octobre.

Draguignan (Jaubert,. Ch. Azam) ; Açay, La Napoule (Peragallo) ; Carcès (Dauphin).

A. ustulatus Schal. Même habilat.

Carcès (Dauphin).

A. litigiosus Kiesw. Sur les plantes et les arbrisseaux. Juillet - août.

Draguignan (Ch. Azamj ; Toulon (Aubert); Montrieux (Tholin); Saint-Raphaël (Abeille).

A. pilosus Panz. Dans les bois, sur les arbres et les buissons.

Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).

A. brevis Cand. Sur les fleurs des prés, Ranunculus, Daucus, etc.

Toulon (Aubert, Bossavy) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Hyères (Fauvel).

A. sputator L. Sur les ombellifères, les fleurs d'oignons. Juin.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); Fréjus, Le Luc (Robert) ; Le Muy ; Saint-Raphaël {Cl. Rey) ; Carcès (Dauphin).

A. sordidus Illig. Sur les céréales et autres graminées.

Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Toulon (Aubert) ; Hyères (Delarouzée, Defargues, Bellier, Abeille) ; La Garde, Le Beausset (de Boissy, Sietti).

A. modestus Kiesw. Dans les détritus de roseaux.

Saint-Raphaël (Cl. Rey) ; Fréjus (Aube).


— 474 —

s

■ A. lineatus L, Sur les céréales et autres graminées, aussi-sur

les corymbifères. Printemps - été.

Draguignan (Jaubert); Toulon (Aubert, Sietti) ; Hyères, Le

Beausset (Sietti).

A, obscurus L. Carcès (Dauphin).

LU3DIUS LATREILLE

L. ferrugineus L. Large, robuste, noir avec les elytres et le corselet (moins la base) rouges.

Sous.les écorces et dans les troncs des vieux saules, pommiers, chênes, châtaigniers. Juin-juillet.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Hanri) ; Toulon (Aubert, Madon).

SYNAPTUS ESCHSCHOLTZ

S. flliformis F. Noir ou brun, couvert d'une pubescence serrée, couchée, grise ou cendrée ; antennes et pattes roussâlres ; elytres à stries ponctuées.

Dans les bois humides, sur les herbes ou les branches d'arbres, aussi sur différentes espèces de saules.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); Le Muy ; Toulon (Aubert); La Crau (Sietti); Le Beausset (de Boissy, Sietti); Carcès (Dauphin). ..','"'

SILESIS CANDÈZE :

1 Dessus de la tête et dn corselet noir, bord antérieur et angles postérieurs de ce dernier très légèrement. rougeâtres.; dessous du corps d'un brun rougeâtre sombre. Elytres en.entier d'un rouge brun, rutilipennis. — Dessus du corselet d'un rougeâtre testacé clair avec une étroite bordure antérieure noire, dilatée en son milieu ; tête noire. Mentonnière et bordure externe des hanches postérieures légèrement rougeâtres , terminatus.


— 475 —

. S. terminatus Er. Sur le Paliurus aculeatus, le chêne-vert, le chêne-liège et aussi le Gleditschia triacanthos.

Tamarys (Tholin); l'Estérel (Peragallo) ; Draguignan (Fauve!) ; Lorgues (Abeille).

S. rutilipennis Illig. Sur le Paliurus aculeatus, dans les détritus des marais. Mai.

Draguignan (Ch. Azam) ; Lorgues (Abeille) ; Le Beausset (de Boissy).

ADRASTUS ESCHSCHOLTZ

1 Antennes complètement testacées, un peu obscures au

sommet, à 3me article un peu plus long que le 2me ; noir, avec pattes et elytres flaves ; pubescence grise ou flavescente ; angles postérieurs du corselet divergents : pallens.

— Antennes plus ou moins rembrunies, à base plus

clai re 2

2 Antennes allongées è 3me article double du 2rae, les

deux premiers articles testacés. Elytres testacés à suture et bords externes noirs limbatus.

— Antennes plus robustes et plus courtes à 2me article

seulement un peu plus petit que le 3m>; angles postérieurs du corselet non divergents. Elytres bruns à bande numérale testacée plus ou moins prononcée nanus.

A. limbatus Payk. Dans les prairies humides, sur les joncs, aussi sur les aulnes, saules, tamaris, etc. Mai - octobre.

Draguignan (Jaubert) ; La Seyne, Le Luc (Robert) ; Carcès (Dauphin). ...

A. pallens F. Sur les fleurs de sureau, houblon, etc.

La Crau, Le Beausset (Sietti) ; Carcès (Dauphin).

A. nanus Herbst. Sûr les aulnes, osiers, orties, etc. Mai - août.

La Grau (Auberl).


— 476 — ; , '

CARDIÔPHORINr

CRYPTOHYPNUS ESCHSCHOLTZ

1 Elytres non striés ; carène des angles postérieurs du

corselet allant jusqu'au sommet; Corselet IraUsverse.... minutissimus.

— Elytres distinctement striés 2

2 Elytres concolores 5

— Elytres avec des taches flaves 3

3 Corselet finement ponctué, brillant, sans carène médiane

médiane elytres à 4 taches fauves 4 pustulatus.

— Corselet granulé ou rugueux avec ordinairement une

carène longitudinale médiane 4

4 Elytres profondément sillonnés, intervalles costiformes

costiformes ceux-là avec une tache humera le, une postmédiane, deux traits le long de la suture et une tache anléapicale, flaves.................. pulchellùs.

— Elytres simplement striés ; intervalles plans ou peu

convexes; ceux-là avec 4 points flaves sur le disque. Carène des angles postérieurs du corselet dépassant le milieu 4 guttatus.

5 Corselet transverse, vaguement ponctué, sans carène

médiane. Base des antennes rouge ... riparius.

—- Corselet granuleux ou rugueux, ordinairement avec

une carène médiane 6

6 Sommet du corselet arqué et soulevé au-dessus de la

tête. Pubescence des elytres couchée. Angles postérieurs du corselet carénés .. ..... . ..... cuitus.

— Sommet du corselet non soulevé, droit ou largement

. échancré .... 7

7-Elytres moins de 2 fois aussi long que le corselet, très brièvement rétrécis en arrière, très obtusément arrondis dans leur ensemble au sommet. Corselet pas plus large que long. Insecte d'un, noir brillant généralement sans taches flaves ; si taches, 2 sur chaque élytre une numérale, l'autre (qui parfois resle seule) près de l'extrémité... .,.. flavipes.

— Elytres plus de 2 fois aussi longs que le corselet;

celui-ci au moins aussi long que large. 8

8 Antennes et pattes (moins le sommet des tibias) noires ; carènes latérales du corselet dépassant peu la base. Dessus noir mat ........ meridionalis.

— Base des antennes et pattes jaunes; carènes latérales

du corselet dépassant le milieu .... dermestoïdes.


C. quadripustulatus F; Au bord des cours d'eau, sous les détritus, sous les pierres dans les endroits sablonneux. Mai - juillet.

Toulon, La Crau (Aubert) ; Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert); Saint-Raphaël; Le Muy.

C. pulchellus L. Au bord des rivières, sur les àtterrisseménts de sable vaseux. Avril - juin.

Hyères (Abeille) ; Draguignan (Ch. Azam).

C. quàdriguttatus Lap. = dermestoïdes Herbst. Au bord des eaux courantes parmi les herbes ou les détritus, surtout sur les grèves sablonneuses.

Le Luc (Robert) ; Toulon (Aubert) ; Le Muy (d'Agnel) ; Hyères (Bellier, de Boissy, Sietti) ; Sanary (Sietti).

G. flavipes Aube. Bord des rivières, sous les pierres et parmi les mousses. Mars - octobre.

Hyères (Abeille).

C. riparius F. Dans le sable au bord des eaux.

Le Luc (Robert) ; Draguignan (Ch. Azam). .

C. meridionalis Là p. Parmi les grains de sable, au pied des

plantes basses. Mai-juin.

Bandol (Garret).

C. curtus Germ. Sous les pierres et les détritus charriés par les eaux, bord des ruisseaux et des rivières.

Janvier et mars - août,

Hyères (dé Boissy); Saint-Raphaël (Pandellé); Fréjus (Cl. Rey).

C. minutissimus Germ. Sur les arbustes, les genêts, les châtaigniers en fleurs. Mars - août.

Bagnols (Ch. Azam).


— 478; —

. , ; OARDIOPHORUS ESCHSCHOLTZ

1 Corslet d'un noir plus ou moins foncé . • •... ..' 4

— Corselet rouge concolore ou taché de noir...:.-.... 2

2 Corselet entièrement rouge . thoracicus.

-^.Corselet à tache noire plus ou moins dilatée au sommet 3

3 Corselet à ponctuation très fine et serrée ; pattes

noires ., .... ':'/.'. rûficollis.

— Corselet à ponctuation médiocrement dense et un peu

inégale, sillonné à la base ; pattes rouges...... anticus.

4 Elytres concolores ........ ........... ... 6

— Elytres avec taches • • • • •••••■. 5

5 Noir, 2 taches rouges, rondes, au milieu des élytrës .'..." biguttatus.

— Dessus brun, glabre^ peu brillant; elytres avec 2 bandes

bandes testacées allant de la base au sommet.... .,. Eleonoroe.

6 Ongles des tarses simples ou dentés à la base seule- [

ment. -...-.. ..... .., .. ■..,. . • • 9

—'Ongles des tarses dentés au milieu..;....,........;.. 7

7 Antennes, genoux, tarses et palpes,roux; dessus à

pubescence soyeuse d'un fauve clair et moiré, assez .-. dense, dirigée dans tous les sens.........'.. versicolor.

— Antennes noirâtres, plus ou moins foncées; dessus à

pubescence grise 7 :............... 8

8 Palpes, genoux et tarses roux ; côtés des elytres courbés

courbés la base au sommet ; dessus à poils gris flavescents Corselet tranverse à rebord ne dépassant pas le 1/4 de la longueur cinereus.

— Palpes et pattes rouges. Elytres à côtés parallèles ;

pubescence blanchâtre dense. equiseti.

9 Pattes foncées ou tout au moins les cuisses — . 11

— Pattes testacées 10

10 Pubescence cendrée bien visible ; corselet très convexe

convexe ponctuation inégale ou double ....... yestigialis,

— Pubescence noire- difficilement visible ; ponctuation

du corselel simple, serrée, égale ; celui-ci convexe. ;'.......... . ..... rufipes.

11 Ponctuation du corselet inégale ou double 13

— Ponctuation du corselet égale ■..'.-.'.' 12

12 Genoux et.tarses roux ; corselet plus large que long.

Intervalles subconvexes ; pubescence très dense asellus.

— Ongles des tarses seuls roux ; corselet au moins aussi

long que large ; intervalles plans ; pubescence rare

.......... atramentarius.

13 Crochets des tarses simples. Elytres bruns exaratus..

— Crochets des tarses dentés à la base 14

14 Dessous du corselet à ponctuation égale,...... melampus.


— 479 —

— Dessous du corselet à ponctuation fine et serrée avec

de gros points épars. Elytresd'unnoir plombé musculus.

G. thoracicus F. En battant les haies, mais le plus souvent sur le chêne. Mars-juillet.

Draguignan (Jaubert) ; Toulon (Aubert) ; Le Luc (Robert) ; Sainte-Baume, Hyères (Abeille) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin). ,

C. ruficollis L. Sur les fleurs de chêne, aubépine, etc. Mai/

Toulon (Aubert, Raymond).

C. anticus Er. Sur le chêne en mai.

Toulon (Tholin); Sainte-Baume (Pestre) ; Gonfaron (Ste Cl. Deville):

C. biguttatus 01. Sûr le chêne, le genévrier, les cistes en fleurs. Avril-juin.

Toulon (Tholin, Sietti, Bossavy) ; Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Agay ; Le Muy (d'Agnel) ; Le Beausset (Sietti) ; Hyères (Cl. Rêyi Tholin, Aubert, Bellier, de Boissy, Abeille); La Seyne (Tholin, Ollier) ; La Garde (Tholin, Bossavy) ; Lorgues (Abeille) ; Pignans (Fauvel) ; Saint-Raphaël, Cavalaire (Carret) ; Six-Fours (Pestre).

C, Eleonorse Gêné. Sur les immortelles (Elichrysum sicechas), Mai-juin.

Hyères (Defargués).

G. vestigialis Er. Sur les fleurs dans les prairies.

La Seyne, Les Sablettes (Tholin) ; Hyères (Bellier); Carcès (Dauphin),.

C. rufipes Er. Sur les fleurs d'aubépines, érables, chênes et pins, Avril - mai.

Fréjus, Le Luc (Robert) ; Les Sablettes (Tholin) ; Hyères , (Bellier-, de Boissy, Sietti) ; Draguignan (Jaubert). ;...'••


480

C. melampus Illig. Sur le sable au bord des eaux.

Saint-Raphaël.

C. asellus Er. En fauchant les herbes, dans les clairières des bois. Mars -mai.

Le Luc (Robert) ; Sainte -Baume (Abeille).

C. exaratus Er. Dans le sable des dunes, au bord de la mer et parmi les herbes. Février - mai.

Draguignan (Ch. Azam); Toulon, La Seyne, Les Sablettes (Mulsant, Martin, Tholin, Pestre, Bossavy) ; Hyères (Bellier, Warnier, Defargues, Sietli) ; Saint-Cyr (dé Boissy); SaintTropez, Cavalaire (Carret) ; Agay ; Saint-Raphaël ; Fréjus.

C. musculus Er. Au bord des cours d'eau, sur salix purpurea ou sur les plantes basses qui poussent dans le sable (ononis, saponaria, thymus). Mai-juin,

Morières (Tholin) ; Saint-Raphaël.

C. cinereus Herbst. Dans les endroits marécageux, en fauchant sur les herbes ; sur l'aubépine en fleurs, les chênes, les ormes, les pins, aussi sur les fleurs de Taraxacum. Mars - juin.

Agay; Toulon (Jaubert) ; Hyères (Martin) ; Carcès (Dauphin).

. G. versicolor Mis. Dans les marais desséchés, sur les herbes; sur les graminées des sables du bord de la mer. Avril-juin.

La Seyne (Auberl) ; Toulon, Les Sablettes (Bossavy) ; Hyères (Abeille, Bellier, de Boissy, Sietli) ; Pignans (Faùvel) ; SaintRaphaël (Carret) ; Fréjus, Gonfaron (Guillebeau) ; Collobriëres (Simon).

C. equiseti Herbst. Sur le sable et les graminées; dans les marais. Mai ^ juin.

Hyères; Draguignan (Jaubert) ; Fréjus, Le Luc (Robert),


— 481 — ELATERINI

MELANOTUS ESCHSCHOLTZ

1 Ecusson beaucoup plus long que large 5

— Ecusson un peu plus long ou presque aussi long que

large... 2

2 Segment anal de l'abdomen élevé de chaque côté de la

ligne médiane, tronqué au sommet et très pubescent brunnipes.

— Segment anal de l'abdomen plat et arrondi au sommet

sommet

3 Corselet fortement sillonné, à la basé surtout.. sulcicollis.

— Corselet non sillonné 4

4 Noir, peu pubescent. Corselet légèrement caréné en

avant; intervalles des elytres pondues, à ondulations transversales assez fortes. niger.

— Noir à pubescence grise assez longue. Corselet à

points serrés, pilifères ; interstries ponctués, sans rides transversales tenebrosus.

5 Corselet plus large que les élylres à ponctuation

grosse, profonde, chaque point émettant un long

poil gris ; ventre noir crassicollis.

— Corselet au plus aussi large que les elytres 6

6 Elytres finement striés ponctués ; stries non distinctes

distinctes partir du milieu des elytres '.. rufipes.

— Elytres à stries visibles, sur toute leur longueur . 7

7 Angles postérieurs du corselet à carène saillante se

prolongeant presque jusqu'au milieu des côtés castanipes.

— Angles postérieurs du corselet à carène peu sensible

et dépassant de peu la base Corselet plus ou moins, teinté de rougeâtre dichrôus.

Mi sulcicollis Mis. Dans les troncs vermoulus du pin maritime. . ' •Cavalière (Dr Clerc, de Boissy) ; Pignans (Fauvel) ; Draguignan (Ch. Azam); Saint - Raphaël ; Le Muy; Fréjus (Pandellé) ; l'Estérel (Ch. Brisout); Toulon (Abeille) ;' Agay ; Hyères (Cl. Rey).

M. rufipes Herbst. Dans les souches décomposées du chêne, de l'érable et du pin. Mai - juin.

31


— 482 —

Sainte-Baume (Tholin, Abeille) ; Estérel (Fauvel) ; Hyères (Grenier); Carcès (Dauphin).

M. crassicollis Er. Dans les souches du pin ; sur les bouleaux, les frênes, les chênes-verts. Mai-juillet.

Draguignan (Jaubert) ; Toulon (Aubert) ; Ollioules (VerrietLitardière); Saint-Raphaël (Ch. Brisout); Le Beausset (Sietti) ; Hyères (Abeille, de Boissy); Pignans (Fauvel); Garces (Dauphin).

M. niger F. Dans les souches de pins; en battant sur les haies et les arbrisseaux. Mai - août.

Draguignan (Jaubert); Le Luc (Robert); Bagnols (Ch.Azam); Carcès (Dauphin).

M. brunnipes Germ. Dans les bois de pins. Mai -juin. Ollioules (Verriet-Litardière) ; Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Le Muy.

M. tenebrosus Er. Sur le chêne-vert, le châtaignier, l'aulne, l'aubépine et le pin. Mai - août.

Toulon (Tholin, Sietti) ; Ollioules, La Seyne (Tholin) ; Hyères (Abeille) ; Pignans (Fauvel) ; Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Dauphin).

M. castanipes Payk. Dans les vieilles souches de pins, parfois dans le chêne. Automne.

Le Luc (Robert) ; Draguignan (Jaubert) ; Fréjus ; Sainte^ Baume (de Boissy).

M. dichrous Er. Toulon (Aubert, Bossavy, de Boissy; ; Draguignan (Ch. Azam) ; Le Muy ; Hyères (Defargues) ; Bormes (de Boissy) ; La Seyne (Pestre) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy).


— 483 —

ISIDUS CL. REY

I. Moreli Rey. Rouge ferrugineux, pubescent. Corseletallongé, presque parrallèle sur les 3/4 postérieurs ; carènes des angles postérieurs très courtes. Elytres finement striés, à intervalles subconvexes, ponctués.

Sur les sables du bord de mer. Juin.

Hyères (Defargues).

BETARMON KIESENWETTER

B. bisbimaculatus Schon. Testacé avec la tête, la base des elytres, la suture, une fascie médiane, -une apicale et souvent le disque du corselet, noirâtres.

Dans les endroits ensoleillés des terrains humides; au bord des cours d'eau, sur les herbes, les saules, etc. Mai - août.

Draguignan (Ch. Azam) ; Carcès (Baizel).

HETERODERES LATREILLE

H. crucifer Rossi. Dessus testacé avec la tête, une ligne longitudinale sur le corselet, deux lignes le long de la suture, le pourtour des elytres et une fascie anlé-apicale, noirs.

Sous les écorces pourries des arbres. Sur les haies d'aubépine en fleurs ou au crépuscule en fauchant sur les herbes des prés marécageux. Mai.

Fréjus (Cl. Rey) ; Saint-Raphaël (Fauvel).

DRASTERITJS ESCHSCHOLTZ

D. bimaculatus Rossi. Noir; elytres tachés de rouge à la base, avec une tache anté-apicale pâle.

Sous les détritus végétaux; sur les sables au bord des rivières ou de la mer.


— 484 —

Hyères (Abeille, Robert, Sietti, de Boissy, Cl. Rey, Belon) ; Toulon (Aubert); Draguignan (Jaubert, Ch. Azam); Le Luc (Robert) ; Saint-Raphaël (Robert, E. Olivier) ; Pignans (Fauvel) ; Ollioules (Tholin) ; Le Beausset (de Boissy, Sietti) ; Le Muy (d'Agnel) ; Carcès (Dauphin).

MEGAPENTHES KIESENWETTER

1 Elytres non échancrés au sommet. Corselet non alutacé, luisant, couvert de points médiocrement gros, assez espacés sur le disque, non ombiliqués sur les

côtés tibialis.

— Elytres échancrés au sommet. Corselet fortement alutacé, mat, couvert de gros points à bords élevés, assez rapprochés même sur le disque, ombiliqués sur les côtés .... lugens.

M. tibialis Lacd. Dans l'intérieur des vieux chênes, pommiers, noyers, hêtres, parfois sur les fleurs des châtaigniers et de l'aubépine. Janvier-juin.

Sainte-Baume (Rizaucourt).

M. lugens Redtb. Dans le bois et le terreau des hêtres creux, chênes-lièges, chênes-verts. Sur l'aubépine en fleurs. Janvier à fin mai.

Sainte-Baume (Abeille).

ISCHNODES GERMAR

I. sanguinicollis Panz. Noir brillant, avec le corselet rouge, à ponctuation peu grosse et assez écartée.

Dans le bois mort ; dans les arbres creux, ormes, noyers, chênes, hêtres ; parfois sous la mousse, au pied des arbres, près des plaies d'ormes ou sous les écorces de peupliers; quelquefois aussi sur les fleurs de carottes. Mars -juin.

Sainte-Baume (Abeille, Aubert); Estérel, Agay (Ste Cl. Deville) ; Hyères (Baizet).


— 485—

ELATER LINNÉ

1 Elytres rouges ,.,.,.... , 3

T— Elytres jaunes ou testacés. 2

2 Elytres d'un jaune safrané rougeâtre à pubescence

fauve, base des antennes et tarses rufescents. Corselet sillonné à la base, à poils bruns et densément

ponctué.:..,;;;. ...■.-..;.'. ..,.,; ï;.. ;"..'-,. .,..., erocàtus.

s — Elytres testacés à sommet noir; Corselet à peine

ponctué. ........ :'i, elegantulus.

3 Elytres d'un rouge sanguin vif, sur toute leur surface. 8

— Elytres d'un rouge plus ou moins vif ou rouge jaune,

avec des taches foncées 4

4 Une tache noire allongée, commune, au milieu des

elytres; tête et corselet à poils gris et noirs ; elytres à poils gris — ....;....... sanguinolentùs.

— Une tache au sommet des elytres ....., 5

5 Elytres d'un rouge ferrugineux ou jaune ; tache api-.

cale très visible atteignant parfois un millimètre et demi elongatulus.

— Elytres d'un rouge sanguin plus ou moins vif 6

6 Tache apicole bien marquée, suture parfois rembrunie

. sur le 1er intervalle . . prseustus.

— Tache apicale très réduite, à peine visible, occupant

l'extrême pointe pu même seulement le bord apical externe ..... 7

7 Pubescence rousse ou d'un brun roussâlre sur toute

la surface du corps, noire à reflets grisâtres sur les 7 ou 8 premiers intervalles;, d'un roux doré sur le repli épipleu'ral, sur le dernier et avant-dernier intervalle, parfois même sur toute la surface des elytres... satrapa.

— Pubescence noire ou d'un brun très foncé sur toute la '

surface du corps, à reflet grisâtre ; rousse sur le repli épipleural et parfois sur le dernier intervalle des elytres , ppmonoe.

8 Elytres d'un rouge obscur teinté de ferrugineux. Corselet

Corselet sillonné à la base, à pubescence noire, brunâtre. Pubescence des elytres d'un brun rouge clair , pomorum.

— Elytres d'un rouge clair cinabre . 9

9 Dessus à pubescence noire. Corselet profondément et

largement sillonné à la base au moins ..... sanguineus.

— Dessus à pubescence fauve. Corseletà peine sillonné

en arrière .......... cinnabarinus.

E. cinnabarinus Esch. Dans le bois décomposé du saule; du


— 486 -

bouleau, surtout dans celui du peuplier, quelquefois sur le chêne et le hêtre, rarement sur le pin. Printemps.

Le Luc (Robert) ; Sainte-Baume (Aubert).

E. sanguineus L. Dans les vieilles souches de pins. Avril à septembre.

Sainte-Baume (de Boissy) ; Le Luc, La Garde-Freinet (Robert) ; Le Muy ; Draguignan (Ch. Azam).

E. proeustus F. Dans les souches de pins, de hêtres ou de châtaigniers.

Le Luc (Robert, Pic) ; Draguignan (Jaubert) ; Toulon (Aubert, Abeille) ; Fréjus, Saint-Raphaël (Cl. Rey); Le Muy ; Le Beausset (de Boissy) ; Sainte-Baume (Abeille, de Boissy) ; Hyères (Abeille).

E. pomonse Steph. Dans le chêne, le châtaignier, le bouleau, le noyer et le chêne-liège. Avril - mai.

Sainte-Baume (Chobaut).

E, satrapa (var. dibaphus Schioedl). Dans le bouleau, le hêtre, le chêne et parfois le saule. Juin - juillet.

Sainte-Baume (Cl. Rey, Abeille) ; Hyères (de Boissy).

E. sanguinolentùs Schrank. Sous l'écorce des vieux saules, aulnes, peupliers. Mars-août.

Toulon (Aubert); Draguignan (Ch. Azam) ; Saint-Raphaël (Cl. Rey); Carcès (Dauphin).

E. pomorum Herbst. Dans les vieilles souches cariées des saules, peupliers et surtout dans celles des aulnes.

Draguignan (Jaubert).

E. elongatulus F. Dans le hêtre, le bouleau et surtout les chênes, aussi sur les aubépines en fleurs. Janvier-juillet.

Toulon (Aubert) ; Le Beausset (de Boissy).

E. crocatus Lacd. Sur le peuplier, l'aubépine, le noyer, le cérisier,'lé prunier, l'aulne. Printemps.


— 487 — -

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam).

E. elegantulus Schon. Sur l'osiei", parfois sûr lé chêne. Mai.

Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ; Le Luc (Robert).

ATHOINI

LÏMONITTS ESCHSCHOLTZ

1 Pattes testacées, à cuisses souvent rembrunies. D'un

bronzé noirâtre à reflet verdâtre.............. parvulus.

— Pattes noires (au moins cuisses et tibias)............ 2

2 Dessus bronzé, peu brillant. Corselet sans sillon. 3me

article des antennes plus long que le2ms....... pilosus.

— Desssus noir; 3me article des antennes égal au 2me

ou plus petit minutus.

L. pilosus Leské. Sur les fleurs, les graminées, quelquefois dans les plaies des arbres.

Toulon, Draguignan (Jaubert, Ch. Azam) ;,Le Muy.

L. minutus L. En fauchant sur les herbes dans les prairies.

Sainte-Baume (Abeille, de Boissy) ; Hyères (de Boissy).

L. parvulus Panz. Sur le bouleau, le chêne, le noisetier et le pin en fleurs. Avril - juin.

Sainte-Baume (Abeille, Aubert,; de Boissy) ; Draguignen (Ch. Azam),

PHELETES KIESENWETTER

1 D'un noir ou châtain foncé bronzé, peu brillant; pattes et base des antennes d'un ferrugineux clair, les cuisses légèrement rembrunies. Angles antérieurs, postérieurs du corselet et parfois presque tout le bord de la bàseï ferrugineux. Angles postérieurs dépourvus de carène.. quercus.

—'■ En entier d'un noir brillant à reflets légèrement bronzés ou verdâtres. Corselet et pattes de la même couleur sauf aux articulations qui sont brunâtres. . Angles postérieurs du corselet carénés ...... oeneoniger.


— 488 —

P. seneoniger Degeer. Sur différentes espèces de Salix.

Draguignan (Jaubert) ; Sainte-Baume (Aubert).

P. quercus 01. Sur l'aubépine, les cornouillers, les cistes, les ronces, les genêts, etc. Avril-juin.

Mourières (Tholin); Ollioules (Litardière) ; Pignans (Fauvel); Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Sainte-Baume (Aubert, Abeille) ; Toulon (Sietti) ; La Seyne, (Tholin, Ollier) ; Carcès (Dauphin),

! ATHOUS ESCHSCHOLTZ

1 Articles 2-3-4 des tarses diminuant graduellement de

longueur, le 4mé parfois un peu plus petit, mais alors nettement plus long que la moitié du 3me 7

— Articles 2-3-4 des tarses ne diminuant pas graduellement

graduellement longueur, le 4nie tout petit, amboilé par le précédent, parfois moins petit, mais alors plus court que la moitié du 3me 2

2 Antennes très faiblement dentées en scie et seulement

à partir du 4me article inclusivement ou non dentées; angles postérieurs du corselet non carénés 4

— Antennes dentées en scie à partir du 3me article inclusivement;

inclusivement; postérieurs du corselet carénés.. 3

3 Saillie prosternale aplanie entre les hanches postérieures,

postérieures, et non défléchie au delà de cellesci. Ecusson gibbèux, en forme de toit, très rarement aplati. En entier d'un noir brillant couvert d'une~ pubescence grise ... ..... ... .............. hirtus,

— Saillie prosternale recourbée en dessous, en arrière

des hanches postérieures, formant avec le profil du prosternum une ligne nettementarquée en forméd'S très allongé. Ecusson plat ou peu convexe. D'un beau noir brillant, couvert d'une pubescence grise serrée(carie en passant au jaune ochracé sur les elytres et parfois au ferrugineux sur une partie du dessus du corps et du corselet) .......... . ..... nigèr.

4 Corselet élargi au sommet, à angles postérieurs petits

et recourbés en dehors; dessus roux-canelle ; antennes très grêles. ... ..... filicornis.

— Corselet aussi ou plus étroit au sommet qu'à la base 5

5 3me article des antennes nettement 2 fois plus long que

le 2?", bien plus court que le 4me. Angles postérieurs du corselet peu ou points divergents. Elytres ferru-


■ — 489 — .

gineux à suture et bande latérale, brunes et à stries fortes.... . .... longicollis.

3me article des antennes au plus de moitié plus long

que le 2me 6

6 Antennes brunâtres. Abdomen complètement ou pourtour

pourtour segments et sommet, rouges Pattes d'un

brun roussâtre . hsemorrhoïdalis.

—" Antennes testacées. Corselet à pourtour leslacé. Pattes

testacées puncticpllis.

7 Antennes forlement dentées en scie depuis le 3me article

article celui-ci triangulaire, de la taille du 4me ; 2me article petit. Pubescence des elytres grise ou roussâtre, entrecoupée par 3 fascies ondulées garnies de pubescence brune ; la première de ces fascies disparaissant parfois ou fusionnant avec la 2me, ne laissant en somme qu'une seule fascie audelà du milieu des elytres ; toutes ces fascies disparaissant même complètement. Tête et côtés du corselet souvent rougeâtres.. . undulatus.

— Antennes filiformes ou faiblement et obtusément dentées

dentées 3me article oblong ou obconique . 8

8 Front tronqué bianguleux avec le milieu échancré très

profondément el les angles proéminents. Dessus noir à pubescence dense, courte et très rude. Corselet marqué d'un sillon médian sur toute sa longueur. .. olbiensis.

— Front non anguleux, sa partie médiane fortement

arrondie, ne faisant pas de coude sensible ou angle en son milieu, arqué et non rectiligne sur les côtés, ou limité en avant en forme d'angle très ouvert arrondi au sommet 9

9 2me article des antennes aussi long ou presque aussi

long que le 3me. Pattes et antennes d'un testacé rougeâlre. Elytres d'un testacé clair avec la tète et le corselet noirâtres; celui-ci teinté plus ou moins largement de ferrugineux aux angles ou sur son pourtour. .. .... ... .... ... subfuscus.

2me article des antennes plus petit que le 3oee. 10

10 3me article des antennes aussi long que le 4mc. Dessous

Dessous châtain plus ou moins foncé, jamais

noir Dejeani.

3me article des antennes plus court que le 4me H

11 Dessus rougeâtre ou rouge ferrugineux avec le pourtour

pourtour corselel plus clair; bord marginal et suture

des elytres d'un testacé ferrugineux. difformis.

— Tête et corselet noirs ou noirâtres 12

12 Antennes ferrugineuses avec les 3 premiers articles

noirs. Corselet transverse 9 plus large que le o* frigidus.


- 490 —

— Antennes ferrugineuses à base plus claire. Corselet

non transverse castanescens.

A, undulatus Degeer. Carcès (Dauphin).

A.- hirtus Herbst. Sur les fleurs, surtout les ombellifères, dans les prairies et à la lisière des bois.

Carcès (Dauphin).

A. niger L. Même habitat.

Carcès (Dauphin).

A. puncticollis Kiesw. Sur les ormes, et surtout les chênesblancs, parfois sur les herbes dans les prés. Avril - mai.

Toulon (Aubert, Sietti, Tholin) ; La Garde (Sietti) ; Le Beausset, Saint Cyr (de Boissy) ; Agay ; Pignans (Fauvel) ; Montbel (Pestre) ; La Bonde (Fagniez) ; Les Sablettes (Tholin) ; Hyères (Cl. Rey, Abeille); Les Mayons du Lue (Bossavy); SainteBaume (Chobaut, Mayet) ; Carcès (Dauphin).

A. hoemorrhoïdalis F. Dans les bois et les prairies, sur les plantes et les arbustes. Mai-juin.

Draguignan (Ch. Azam) ; Sain te-Baume (Aubert, Chobaut).

A. subfuscus Mull. Sur le saule.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Carcès (Dauphin).

A. filicornis Cand. Sur les plantes et les arbustes.

Carcès (Dauphin).

A. castanescens Mis. Même habitat,

Carcès (Dauphin).

A. frigidus Mis. Carcès (Hustache).

A. Dejeani Lap. Le à* sur les plantes ou les herbes, ou volant le soir autour des arbres, la 9 à terre ou sous les pierres.

Sainte-Baume (Tholin, de Boissy) ; Monts du Var (Çh. Azam), CarCès (Dauphin). : '


— 491 —

A. olbiensis Mis. Sur Asteriscus spinosus Mai à juillet.

Montagnes du Var, Draguignan (Champenois) ; Toulon, Lé Beausset (Sietti) ; Le Muy ; Fréjus (Aube) ; Sainte-Baume (Abeille) ; Hyères, Pignans (Fauvel).

A. difformis Lacd. Sur les graminées, l'hièble, le caillelait, etc.

Hyères (Lombard).

A. longicollis 01. Dans les endroits arides et chauds, sur le Peucedanum gallicum. Fin juin-juillet.

Draguignan (Ch. Azam) : Le Luc (Robert); Le Muy ; Fréjus ; Hyères (Tholin).

CEBKIONIDES

Les Cebrionides présentent des formes allongées, brunes ou rousses, souvent soyeuses, ayant entre elles de grandes différences, suivant le sexe auquel ils appartiennent. En effet les mâles sont ailés, tandis que les femelles restant aptères n'ont que des elytres courts et déhiscents. Elles sont renflées et massives et vivent enterrées, ne sortant qu'à demi de leurs galeries pour l'accouplement.

Les mâles volent par essaims, surtout après les pluies d'orages et pendant la nuit.

Une seule espèce habile le département du Var.

OEBRIO OLIVIER

C. Gigas F. o* d'un roux testacé, pubescent avec la lêle, les antennes et le corselet d'nn noir brunâtre ; 9 entièrement d'un roux testacé glabre, plus large et moins atténuée en arrière.

Toulon (Aubert, Sietti, de Boissy) ; La Seyne (Tholin) ; Dra-


__ 492 -

guignan (E. Olivier, Ch. Azam) ; Fréjus (Jaubert) ; Hyères (de. Boissy) ; Bagnols (Ch. Azam) ; Le Luc (Robert) ; Saint-Maximin (Fauvel) ; Le Beausset (Sietti, de Boissy) ; Carcès (Dauphin) ; Le Muy ; Cavalaire (de Boissy).

DASCILLIDES

Les Dascillides sont des coléoptères phytophages de forme allongée, de couleurs peu voyantes, caractérisés par la languette et les lobes des mâchoires refendus en lanières ; le labre et l'épislome distincts ; la saillie du prosternum étroite.

Ces insectes, de petite laille, fauves, ovales, oblongs ou convexes, pubescents, à antennes longues et fines se rencontrent généralement sur le feuillage des arbres qui bordent les ruisseaux, ou sur les joncs, les roseaux et autres plantes aquatiques qui garnissent le bord des fossés et des étangs. Quelquesuns se cramponnent aux cailloux épars dans le fond des eaux courantes et y restent immergés une partie de leur vie. Leur démarche est assez vive, sauf les Scirtes qui sautent à la façon des altises.

Leurs larves vivent de matières végétales.

DASCILLINI

DASOILLUS LATREILLE

D. cervinus L. Allongé, assez convexe, recouvert d'une pubescence d'un gris jaunâtre, dense et couchée. Elytres densément ponctués et marqués de quelques lignes irrégulières de points plus gros.


— 493 —

Au vol ou en battant les arbres et les arbrisseaux. Juin. Draguignan (Jaubert); Sainte-Baume (de Boissy).

CYPHONINI

HELODES LATREILLE

1 3me article des antennes atteignant au moins la moitié de la longueur du 2me, Echancrure du dernier segment ventral du o" triangulaire et bien distincte. Elytres testacés, avec la suture et l'extrémité rembrunis ou noirâtres Hausmanni.

.^_ gir.e arLicle des anlennes très court, n'atteignant pas la moitié de la longueur du 2mo. Fossette du dernier segment ventral du o* en ogive, plus longue que large et nettement limitée sur ses bords. Elytres testacés plus ou moins variés de noir, rarement entièrement noirs. minuta.

H, minuta L. Sur les saules, les sureaux et autres arbustes,

auprès des ruisseaux, des marais et dans les bois humides.

Le Beausset (de Boissy). , ; .

H. Hàusmanhi Gredl. Même habitat.

Bargemon (Cl. Rey).

MICROCARA THOMSON

M. livida F. D'un testacé livide, ovale, peu convexe. Corselet 2 fois plus large que long, avec les angles antérieurs arrondis.

Sur les feuilles des chênes, châtaigniers, noisetiers et sur les. arbrisseaux, autour des marais.

Sainte-Baume (Aubert).

CYPHON PAYKULL

1 Elytres à arêtes longitudinales peu saillantes, mais

visibles 6

— Elytres sans traces de saillies longitudinales 2


— 494 —

2 Corselet sillonné ; dessus testacé rougeâtre, avec le

vertex rembruni.'. sulcicollis.

— Corselet non sillonné ......... ............ — ... 3

3 Forme brièvement ovalaire, fortement convexe; 3me

article des antennes un peu plus court que le 2me. Elytres à ponctuation assez forte et peu serrée..... padi.

— Forme ovale oblongue, 5

— Forme allongée, un peu parallèle . 4

4 3me article des antennes aussi long que le 2me. Elytres

d'un testacé ruugeâtre clair, souvent rembrunis à la base et sur la moitié postérieure de la suture ■ ,. variabilis.

3me article des antennes plus court que le 2me. Elytres

peu brillants, d'un testacé plus ou moins obscur Putoni.

5 Elytres d'un testacé obscur avec la suture et le bord

marginal rembrunis ; abdomen rembruni.... Pandellei.

— Elytres entièrement d'un testacé rougeâtre clair. Abdomen

Abdomen ..........,.............. pallidulus.

6 Corselet--pointillé.- Antennes brunes pu noirâtres avec

la base testacée.....;' .... coarctatus.

— Corselet lisse. Antennes entièrement testacées.,. ruficeps.

C. variabilis Thumb. Sur les arbustes au bord des eaux.

Le Luc (Robert); Hyères (de Boissy) ; Fréjus. .

G. pallidulus Boh. Même habitat.

Draguignan (Jaubert) ; Le Luc (Robert) ; Saint - Raphaël, Hyères (CI. Rey) ; Carcès (Dauphin) ; Le Muy.

C. padi L. Sur les aulnes et les saules. Eté.

Draguignan, Fréjus (Jaubert) ; Le Beausset (Sietti) ; Le Muy.

G. Putoni Bris. Sur le Spiroea ulmaria.

Saint-Raphaël (Cl. Rey) ; Le Luc (Chambon) ; Le Beausset (de Boissy).

C. sulcicollis Mis. Hyères (Ci. Rey).

C. Pandellei Bourg. Bagnols (Ch.Azam).

C. coarctatus Payk. = intermedius Tourn. Sur les herbes dans les lieux humides. Juin - juillet.

Draguignan (Ch. Azam); Hyères (Cl. Rey) ; Carcès (Dauphin).


— 495 —

C. ruficeps Tourn. Même habitat. Carcès (Dauphin).

PRIONOOYPHON REDTENBACHER

P. serricornis Mûll. Roux testacé brillant, à pubescence flave, avec les antennes et les pieds plus pâles. Elytres à ponctuation serrée.

En battant les jeunes pousses de chêne. Juin - juillet.

Sainte-Baume (de Boissy).

HYDROOYPHON REDTENBACHER

1 Elytres fortement rétrécis à l'extrémité, leur plus grande largeur vers la base. Insecte variant du

brun clair au noir foncé .-....! deflexicollis.

— Elytres offrant leur plus grande largeur presque au

milieu. Insecte brunâtre australis.

H. deflexicollis Mûll. Sur les plantes au bord des eaux, principalement sûr les spirées. Draguignan (Fournier) ; Toulon (Aubert). H. australis Lind. Même habitat. Fréjus (Clerc) ; Hyères (Cl. Rey).

SCIRTES ILLIGER

S. hemispbaericus L. Noir brillant, finement et peu densément pubescent. Bouche, base des antennes et pattes, à l'exception des cuisses, testacées.

Au bord des mares et des étangs. Sur les carex, les equiseium, etc. Printemps -été.

Draguignan, Fréjus, Villepéy (Gh. Azam).


— 496 —

EUBRIA LATREILLE

E. palustris Germ. Ovale, très court, convexe, brillant, noir de poix avec les elytres généralement plus clairs, à peine striés Base des antennes et pattes testacées, cuisses rembrunies.

Sur les plantes aquatiques, au bord des étangs, surtout ceux à proximité de la mer. Juin - août.

Draguignan (Jaubert) ; Hyères (Baulny).

CANTHARIDIDES

Les insectes, qui composent cette famille, tout en présentant des différences assez notables, sont remarquables par le peu d'épaisseur et la mollesse de leurs téguments et par leur abdomen dentelé, souvent arqué en dessous. En général de taille médiocre, de couleurs vives et tranchées, les Cantharidides sont agiles et volent pour la plupart facilement. Ils ont la tête plus ou moins enfoncée dans le corselet presque dégagée (Cantharis) ou complètement cachée par ce dernier (Lampyris) ; des antennes filiformes ou sétacées presque contiguës (Lampyris) ou notablement écarlées (Canlharis), fusiformes (Drilus 9J> flabellées (Drilus c?) ou plus ou moins dentées (Malachius).

Chez quelques espèces, les femelles, dépourvues d'ailes (Lampyris), émettent dans Tobsurité une lueur phosphorescente assez intense ; quelquefois les deux sexes sont aptères (Phosphoenus) ; chez d'autres (Malachius), le corps est muni sur les côtés de vésicules d'un rouge écârlate, connues sous le nom de cocardes, que l'animal peut faire saillir à volonté, et lui sert


SOCIÉTÉS ET REVUES CORRESPONDANTES

■ SOCIETES ET BEVUES FRANÇAISES

Aix. — Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres. Société d'Etudes provençales.

Annales des Facultés des lettres et de droit (Bibliothèque universitaire). ALAIS. — Société scientifique et littéraire. ALGER. — Société historique algérienne. AMIENS. — Académie des sciences, des lettres et des arts.

Société des Antiquaires de Picardie. ANGERS. — Société d'Etudes scientifiques.

ANGOULÊME.—Société archéologique et historique de la Charente. AUXERRE. — Société des sciences historiques et naturelles de

l'Yonne. AVIGNON, — Académie de Vaucluse. BAR-LE-DUC .-- Société des lettres, sciences et arts. BEAUNE. — Société d'histoire, d'archéologie et de littérature de

l'arrondissement de Beaune. BÉZIERS. — Société archéologique, scientifique et littéraire.

Société d'Etudes des sciences Jiaturelles. BÔNE. — Académie d'Hippone. BORDEAUX.—Académie nationale des belles-lettres, sciences et arts.

Société archéologique. BREST. — Société académique.

CAEN.—Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres. CARCASSONNE. — Société des arts et des sciences. CHALONS-SUR-MARNE. — Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne.


SOCIETES ET REVUES CORRESPONDANTES

CHALON-SUR-SAÔNE.— Société des sciences naturelles de Saôneet-Loire.

Saôneet-Loire. CHÂTEAU-THIERRY. — Société historique et archéologique. ■ CHARLEVILLE. — Société d'histoire naturelle des Ardennes. CONSTANTINE. — Société archéologique du département de Constaniine.

Constaniine. — Société de Borda.

DIJON.— Académie des sciences, arts et belles-lettres. DIGNE. — Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes. DRAGUIGNAN.— Société d'agriculture, de commerce et d'industrie

du Var. GAP. — Société d'études des Hautes-Alpes. GRENOBLE. — Société de statistique des sciences naturelles et des

arts industriels du département de l'Isère. GUÉRET. — Société des sciences naturelles et archéologiques de la

Creuse. LA ROCHELLE. — Société des sciences naturelles de la CharenteInférieure. LE HAVRE. — Société havraise d'études diverses. LE MANS.— Société historique et archéologique du Maine. LE PUY. — Société agricole et scientifique de la Haute-Loire. LEVALLOIS-PERRET. — Association des naturalistes. LIMOGES.— Société archéologique et historique du Limousin. LYON. — Société d'agriculture, histoire naturelle et arts utiles. Société linnêenne.

Société littéraire, historique et archéologique. MAÇON. — Société d'histoire naturelle. MARSEILLE.— Académie des sciences, lettres et arts. Société scientifique industrielle. Société d'horticulture et de botanique des BoUchesdu-Rhône.

BoUchesdu-Rhône. de statistique. MONTAUBAN. — Société archéologique de Tarn-et-Garonne.

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne.


SOCIETES ET REVUES CORRESPONDANTES

MONTBRISON. — La Diana.

MONTPELLIER.— Société pour l'étude des langues romanes.

Société d'horticulture et d'histoire naturelle de

l'Hérault. Société archéologique. MOULINS. — Société d'émulation du département de l'Allier.

Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France. NANCY. — Société d'archéologie lorraine et du Musée historique

lorrain. NANTES. — Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure. Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France. NICE. — Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes. Société centrale d'agriculture, d'horticulture et d'acclimatation de Nice et des Alpes-Maritimes. NÎMES. — Académie du Gard.

Société d'études des sciences naturelles. ORLÉANS.— Société archéologique et historique de l'Orléanais. PARIS. —• Comité des travaux historiques et scientifiques.

Comité des sociétés des Beaux-Arts des départements. Répertoire d'art et d'archéologie, 19, rue Spontini. PAU.— Société des sciences, lettres et arts. PERPIGNAN. — Société agricole, scientifique et littéraire des

Pyrénées-Orientales. POITIERS. — Société des Antiquaires de l'Ouest. ROCHECHOUART. — Société des Amis des sciences et arts. ROUEN. — Académie des sciences, arts et belles-lettres. SAINT-OMER. — Société des Antiquaires de la Morinie. SAINTES. —• Société des archives historiques de Saintonge et

â'Aunis. SEMUR. — Société des sciences historiques et naturelles. SOISSONS. — Société archéologique, historique et scientifique. TOULON. — Société d'histoire naturelle. Académie du Var.


SOCIETES ET REVUES CORRESPONDANTES

TOULOUSE. — Société archéologique dû Midi de la France. Société d'histoire naturelle. . Université de Toulouse (Bibliothèque universitaire). .. - ' TOURS. — Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres

du département d'Indre-et-Lôire. TROYES. — Société académique d'agriculture, des sciences, arts

et belles-lettres du département de l'Aube. VALENCE. — Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drame. VÀLENCIENNES. — Société d'agriculture, sciences et arts de

l'arrondissement dé Vàlenciennes. VANNES. — Société polymàthiqûe du Morbihan. VERSAILLES. — Société des sciences naturelles et médicales de Seine-et-Oise.

SOCIETES ETRANGERES

ALLEMAGNE. — Académie royale des sciences et belles lettres de

Bavière, Munich. ANGLETERRE. — The Manchester literary et philosophical society,

Manchester, 36, George Street. ARGENTINE (République). —Museo nacional. Buenos-Airès. BELGIQUE. — Société royale malacologique de Belgique, à

Bruxelles. CANADA. — Société de géographie de Québec. ETATS-UNIS D'AMÉRIQUE. — Davenport academy of natural science, à Davenport. Geological and natural Jiistbry survey, à Madisôn

(Wisconsin). Wisconsin academy of sciences, arts and lettérs,

Madison. Academy of science, Si-Louis. GRAND DUCHÉ DE LUXEMBOURG. — Société des naturalistes

luxembourgeois.


SOCIETES ET REVUES CORRESPONDANTES

MEXIQUE. — Sociedad cientifica « Antonio Alzate », à Mexico.

Institut géologique, Mexico. SUÈDE. — Kongl Witterhets historié och antikuitets akademien, Stockholm. The géological institution of the University of Upsala. SUISSE. —, Institut géographique de Berne.

Société neuchâteloise de géographie, à Neuchâtel.


LISTE

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

AU 31 DÉCEMBRE 1911

COMPOSITION DU BUREAU

(Mai 1911 — Mai 1913)

MM. EDMOND POUPÉ, président.

ABEL ETIENNE, vice-président. JULIEN LABAT, secrétaire. ALEXANDRE GIRARD, conservateur. CHARLES AZAM, trésorier.

MEMBRE HONORAIRE

1897. Me Ve Henri Segond, à Draguignan.

MEMBRES TITULAIRES OU RÉSIDANTS .

MM.

1887. Astier (Alexandre), A. Q, licencié en droit, chef de division à la préfecture.

1877. Azam (Charles), agent-voyer d'arrondissement en retraite.

1885. Azam (Joseph), architecte-expert, correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux scientifiques.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE

18701 Balp,. ^,1. Q, docteur en médecine.

1907. Barla, architecte. '' '

1898. Batteili, sous-inspecteur de l'enregistrement. 1884. Belletrud (Henri), avocat, juge suppléant. 1905. Béraud (Emile), avoué, docleur en droit. 1907. Béraud (Pierre), avocat. '

1909. Berrutty (Daniel), avocat.

1899. Blancard (Ernest), négociant. 1888. Bonnet (Antonin), bijoutier.

1893. Burtez, I. @, docteur en médecine, professeur au collège. 1904. Cantillon de Laçôuture (Joseph), ayocat. 1867. Clavier, O. ^, I.;|f, ingénieur civil, maire de Draguignan, membre du conseil général du Var.

1909. Denise, avoué.

1907. Ditgés, A. #, président du tribunal de commerce.

1874. Doze (Charles), I. ff, docteur en médecine, ancien correspondant (1867).

1890. Du val (Hippoly te), avocat, docteur en droit.

1908. Etienne (Abel), notaire.

1911. Eynard, I. ©, inspecteur primaire de l'arrondissement de

Draguignan. 1872.' Girard (Alexandre), L #, président honoraire de tribunal

de lr" instance. 1867.. Girard (Charles), I. p, docteur en médecine. 1897. Girard (Joseph), docteur en médecine.

1904. Giraud (Pierre), arbitre de commerce. 1882. Gubert (Joseph), négociant.

1891. Guérin (Antoine), avoué.

1910. Guérin (Paul), avocat,

1909. Guiran (Joseph), docteur en droit.

1911. Hastings, imprimeur. 1909. Jean (Léon), avoué.

1909. Labat (Julien), avocat.

1910. Latil (Ernest), imprimeur.

1911. Leclerc, percepteur, Draguignan.

1905. 'Lombard (Ferdinand), inspecteur des eaux et forêts.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE

1911. Masse, I. Q, professeur honoraire.

1911. Mathieu, ingénieur des ponts et chaussées.

1910. Mazure, A. &, inspecteur d'académie du Var.

1867. Mireur, $$, I. 0, archiviste du département, membre non résidant du Comité des travaux historiques.

1904. Missimilly, pharmacien. 1902. Oustric, chirurgien-dentiste.

1897. Perrimond, ancien greffier de la justice de paix. 1909. Pouhaër, ^, capitaine au 112e de ligne.

1895. Poupé, 1.O, professeur au collège, conservateur du Musée

et de la Bibliothèque, membre non résidant du Comité des travaux historiques.

1896. Raffin, avocat.

1886. Rampai (Augusle), avocat, docteur en droit.

1897. Salvarelli, I. 0, chef de division à la préfecture. 1907. Sébeville (le comte de),

1909. Servin, A. Q, professeur d'agriculture. 1883. Verny, propriétaire.

1897. Verrion (Jules), avoué.

MEMBRES ASSOCIÉS

1911. Alleman (Augustin), boulevard des Italiens, 29, Paris. 1890. Ardoin (le chanoine), archiprêtre, curé de la cathédrale,

Toulon.

1910. Arnaud d'Agnel (abbé), 10, rue Montaux, Marseille. 1907. Aublé, architecte, Saint-Raphaël.

1911. Barbier (Antoine), Lorgues.

1905. Bernard, A. #, notaire, Ramatuèlle. 1904. Bétis, pharmacien, Le Muy.

1907. Blacas (le duc de), député de Maine-et-Loire. 1907. Blacas (le comte Bertrand de), château d'Ussé, à RignyUssé (Indre-et-Loire).

1906. Blavette (comte de) chez M. Mignard, libraire, 26, rue

Saint-Sulpice, Paris.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE

1911. Bouve (Emmanuel), rue Philibert-Lucol, 18, Paris XIIIe. 1870. Brémond (Félix), $j, I. Q, docteur en médecine, Le

Lavandou (Var). 1905. Brolemann (H.-W.), ancien directeur du Comptoir d'Escompte, Pau. 1904. Chiris, I. #, receveur des postes et télégraphes, Grasse,

ancien titulaire (1897). 1909. Clapier (abbé), curé-doyen, Le Beausset.

1899. Clapiers-Collongues (le marquis Luc de), château de

Riforan par Entrecasleaux et rue Bosquet, 16, Paris. 1907. Combet, professeur d'histoire au lycée, Nice, avenue Pauliani, 18.

1909. Courdouan, receveur de l'enregistrement, Lorgues. 1911. Coulton, conducteur des ponts et chaussées, Bargemon. 1897. Dupuy, ingénieur civil, rue Picot, Toulon, ancien titulaire.

1907. Gaffarel, ^, doyen honoraire, professeur d'histoire à l'Université

l'Université rue Paradis, 295, Marseille. 1911. Garnier CJ.), propriétaire, Brignoles. 1903. Gensollen (Octnvej, avocat, domaine de La Vaille par la

Crau (Var).

1908. Gérin-Ricard (comte de), I. @, correspondant du Ministère

Ministère l'Instruction publique pour les travaux historiques, rue Wulfran Puget, 33, Marseille.

1910. Ginoux, inspecteur d'académie, Saint-Etienne, ancien

titulaire (1908). 1901. Goby (Paul), fabricant de cierges, géologue, boulevard

Victor-Hugo, Grasse. 1895. Guébhard (le docteur Adrien), $, I. Q, agrégé de physique

des Facultés de médecine, collaborateur de la carte

géologique de France. Saint-Vallier (Alpes-Maritimes\

et rue Abbé de l'Epée, 4, Paris. 1903. Gueyrard, pharmacien, Le Muy.

1900. Hanrigou, notaire, Saint-Tropez, ancien titulaire (1897). 1903. Henry (Fernand), avocat, homme de lettres, Le Muy.

1909. Hugues, maire des Arcs.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE

1905. Jerphanion (Jean de), château de Saint-Ferréol, près

Pontevès. 1901. Juigné de Lassigny (Edme de), place Bellecour, 1, Lyon.

1909. Lombard-St-Cyr (Hippolyle), 6 rue Théophile Gautier,

Paris.

1899. Muterse, inspecteur des eaux et forêts, rue Delille, 5,

Nice, ancien titulaire (1886).

1907. Page, architecte, Toulon.

1906. Poulle-Symian, avocat, ancien magistrat, villa Mathé, 5,

rue Guiglia, Nice.

1908. Reboul (Ludovic), docteur en médecine, Vidauban.

1903. Roure (le baron du), château de Barbégal, près Arles.

1907. Roustan (François), A. #, architecte départemental et des

monuments historiques du Var, 2, rueDumont-d'Urville, Toulon.

1904. Saporta (le comte Antoine de), rue Philippy, 3, Montpellier.

Montpellier. Savigny de Moncorps (vicomte de), Seillans. 1907. Sergent, architecte, Saint-Raphaël. 1886. Sinéty, (vicomte de), château d'Esparron, Esparron.

1907. Troin Jean-Baptiste, rentier, 2, rue des Vallergues,

Cannes.

1908, Truc (le docteur), professeur d'ophtalmologie à la Faculté

de médecine de Montpellier, 3, rue du Carré du Roi.

1910. Vadon, docteur en médecine, Saint-Raphaël.

1911. Villeneuve-Bargemon (colonel de), Bargemon,

1881. Villeneuve-Esclapon-Vence (le marquis de), ancien député, rue de Prony, 75, Paris.

MEMBRES CORRESPONDANTS

1876. Agnel d'Acigné (d'j, ingénieur civil, rue Muiroh, 10, Toulon-Mourillon, ancien titulaire (1867).

1875. Aicard (Jean), O. ^, I. ÇJt, membre de l'Académie française, Paris.

1900. Aubert, directeur de l'école primaire à Flayosc.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE

1881. Autran (le chanoine), Draguignan.

1866. Auzivisier (Clément), secrétaire de mairie, Brignoles.

1886. Bernard-Attanoux (le comte), avocat, place de l'Eglise du

Voeu, 2, Nice, ancien titulaire (1873). 1855. Bibliothèque publique de Draguignan. 1886. Bibliothèque Méjanes d'Aix. 1886. Bibliothèque publique de Toulon. 1889. Bibliothèque publique d'Hyères. 1896. Bibliothèque publique ds Marseille. 1896. Bibliothèque dé la Sorbonne, à Paris. 1898. Blanc (l'abbé), curé à Montmeyan. 1898. Bossavy, À. #, inspecteur des postes et télégraphes,

Versailles, ancien titulaire (1886). 1894. Bottin, A. Q, receveur des postes, Ollioules. 1907. Chaillan (l'abbé), curé, Septèmes (Bouches-du-Rhône),

correspondant du Ministère de l'Instruction publique

pour les travaux historiques. 1904. Chaperon (l'abbé), curé, La Martre. 1880. Corlez(Feruaiid), avocat, ancien correspondant du Comité

des travaux historiques, Saint-Maximin. 1886. Dauphin, A. #, pharmacien, Carcès. 1885. Dollieule, ancien magistral, avocat, rue Sylvabelle, 116,

Marseille. 1884. Durand de Grossouvre, Î&, lieutenant-colonel en retraite,

Sl-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).

1883. Fabre (Félix), I. Q, inspecteur honoraire des écoles primaires,

primaires, (Alpes-Maritimes), ancien titulaire (1874).

1884. Féraud, propriétaire, Le Thoronet.

1885. Fériaud, A. ipt, médecin et maire, La Verdière. 1909. Florent (abbé), curé, Le Plan-de-la-Tour.'

1886. Fulconis, ancien instituteur, Rougiers. 1894. Funel, secrétaire de la mairie, Saint-Tropez.

1886. Giraud d'Agay (Melchior de), château d'Agay, SaintRaphaël.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

1911. Guérin (Sextius), A •&, ancien titujaire (1867), rue Mignet, ' 27, Aix.

1885. Guigou (l'abbé), vicaire, Vence (Alpes-Maritimes). 1884. Guillibert (le baron Hippolyte), avocat, Aix.

1889. Icard (Jules), ancien receveur de l'enregistrement

Hyères.

1886. Jourdan (EugèneJ, A. #, professeur au lycée de Gap,

ancien titulaire (1883).

1897. Kheil (Napoléon M.), entomologiste, Ferdinandstrasse,

Prague (Bohême). .1905. Lieutaud,- notaire, Volontie (Basses-Alpes).

1883. Marin de Garranrais (de), ancien archiviste auxiliaire des

Bouches-du-Rhône, membre de l'Académie de Marseille, cours Pierre-Puget, Marseille.

1907. Molandin de Boissy, entomologiste, villa « Les Pins »,aux

Darboussèdes, Toulon.

1898. Moutlet (Ferdinand), l.'Q, notaire et maire, Signes. 1906. Oursou, ancien secrétaire de mairie, Bandol.

1868. Pierrugues, juge de paix, Comps.

1908. Porre (Philippe), photographe, place d'Armes, Rodez. 1897. Primard (Daniel), propriétaire aux Beni-Meleck (Phiïippeville).

(Phiïippeville).

1890. Reboul (Gabriel), propriétaire, Brignoles.

1884. Sivan (Louis), avocat, Fréjus.

1887. Touzé, juge au tribunal civil, chemin de la Loubière, 39, à

Toulon.


TflflWS DES JVIflTIÈ^ES DO TOP HUl

lre PARTIE

PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

Agnel d'Acigné (M. d') (V. Bienvenue, Mille romain (le) et Voie romaine).

Admission de nouveaux membres :

Pages

MM. Augustin Alleman, à Paris , xcix

Antoine Barbier, à Lorgues xcix

Emmanuel Bouve LXXVI

Coutton, conducteur des Ponts et chaussées ..... LXXVI

Eynard, inspecteur primaire à Draguignan .. xc

J. Garnier, à Brignoles xcix

Paul Guérin, avocat à Draguignan xxxm

Hastings, imprimeur à Draguignan xcix

Ernest Latil, imprimeur à Draguignan vu

Masse, professeur honoraire à Draguignan xcix

Mathieu, ingénieur de l'arrondissement à Draguignan cvi

Mazure, inspecteur d'académie à Draguignan.... xm

le. vicomte de Savigny de Moncorps, à Seillans... xcix

le Dr Vadon, à Saint-Raphaël XL

le colonel de Villeneuve-Bargemon, à Bargemon. xcix Alesia (fouilles d'), demande d'une conférence à M. Matruchot

Matruchot

Allocution de M. Poupé, président xcn

Analyse sommaire des publications intéressant plus

particulièrement la Société : proposition Astier XLIV

Antiquités (débris d') à Lorgues, découverts parM. A.

Barbier cvm

Architectes français (Société centrale des), nomination d'une commission pour fournir les renseignements

demandés xvii

— Lettre explicative •.-.' xxx


TABLE DES MATIERES

Architectes du Var (Société régionale des), réunis dans

le local de la Société d'études. . ... xcvm

Aréihuse (V) et la Topaze (étude de M. Poupé relative à

la Croisière des frégates) ... xi

Arnaud d'Agnel (M. l'abbé) (V. Remercîments). ' Astier (M.) (V. Félicitations ; Analyse sommaire). Aulard (M.) (V. Sardaigne). j

Autane (Généalogie de la famille d'), extraits, par M.

Auguste Rampai ...... ....... XLVI

Azam (V. Démission;.

Azam (Joseph) (M.) (V.Eremobidoe).

Balp (M. le Dr) (V. Félicitations).

Barbier (M.) (V. Antiquités ; Remercîments).

Barjols (V. Instruction).

Barjols (la ferme des jeux à) au XVe siècle, par M.

Mireur LXXVI

Barras (Ex-voto de), note de M. de Bresc. LVIH

Barras et les émigrés du Var, par M. Poupé. xxxiv

Bataillons du Var (historique des 8 et 9"), par M. le

capitaine Pôuhaër ........ .. , . LXXVI

Belletrud (M.)(V. Bronzes préhistoriques, St-Raphaël). Berenguier (M. Paul) (V. Nécrologie). ;

Bernard (Joseph-Pons), de Trans ; lecture d'une étude

biographique, lre partie, par M. Burtez xxxi

Bétis (M.) (V. Félicitations). Bienvenue à :

MM. Z. d'Agnel d'Acigné. xciv

Denise ......... ^. .. xii

Jean vu

Hastings . cvi

Latil xn

Masse ,. ....... cvi

Mazure , ..'-. xvn

Servin .'. xvn

Bonnaud (M.), archiviste de l'Académie du Var (V. Dolmen).


TABLE DES MATIERES

Bormes (Notice sur), par Mlle Camille Roch xci

Bottin (M.) (V. Villages).

Bouve (Emmanuel) (M.) (V. Admission) LXXVI

Bracelet du Dahomey, présenté par M. Belletrud cix

Bresc (M. de) (V. Barras ; Nécrologie).

Briques gallo-romaines (fragments de) trouvés à Vidauban

Vidauban don La Valère au musée de la ville., LIX

Bronzes préhistoriques provenant de Mont-Gros près

. de Nice ; lecture d'une notice de M. le Dr Guébhard. xcix

Broves (Mémoire instructif pour le vicaire de) analyse

de M. Belletrud , : .. XIII

Broves (note sur la.paroisse de) xm

Budget (V. gestion financière).

Bulletin (publication du tome XXVII du) LXXV

— Accusé de réception de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts LXXXIV

— — pour les compagnies françaises et étrangères correspondantes xcm

Bulletin ; proposition Rampai pour la division en

fascicules xci

Burtez (M.) (V. Bernard).

Busin (M.) (V. St-Hermentaire).

Caillet (M.), (V. Muy (Le).

Californie (Universilé de), refus d'échange xcm

Carte numismatiqae oro-hydrographique de la Gaule ;

don de M. Rampai LXXXIII

Céramique néolithique de Provence (quelques pièces à remarquer de la), par M. le Dr Guébhard, analyse... XLV

Chaillan (M. l'abbé) (V. Gardane, Urbain V.)

Chemical news (the)(demande de souscription au journal) XLUI

Clans (Alpes-Maritimes) (V. Bronzes préhistoriques).

Collection des dessins archéologiques de Roger de Gaignières ; demande de souscription XLUI

Coloniales (Projet de monument à nos Gloires) ; demande de souscription > XL


TABLE DES MATIERES ' '-..";'

Gombet (M.) (V. Comité de surveillance ; Fêtes révolutionnaires). Comité de surveillance de la Cadiêre (Var) (Le), par

M. Combet..,.. . LIV

Concours de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne pour 1912 ....... ........ LXXX.IV

Conférence sur la Natalité française ; compte rendu.. ■-'. ' vin

Congrès international de botanique (3e).. , vin

Congrès dés Sociétés savantes (49°) à Gaen ........., XL

— — (50e) à Paris...........-. ' XGVH

Conventionnels des Alpes-Maritimes, des Basses-Alpes, dés Bouches-du-Rhône et du Var (Déclarations de fortune des), par M. Poupé..—..............— ...' LLIX

Cortez Fernand (M.), V. Traditions (nos). -..-■!

Cotisations (recouvrement des)..,..;...,..;....... ... . x

Coutton, (M.) (V. Admission)..,.,......... .......... ! LXXVI :

Dahomey (Le) (V. Bronzes préhistoriques).

Dauphin (M.) (V, Instruction publique à Carcès).

Démission de M. Ch. Azam, président,............ .. xç

— de M. de Félice '.....,; LI

Denise (M.) (V. Bienvenue). Ditgès (M.) (V. Félicitations). Dole (V. Pasteur).

Dolmen delà Pierre de la Fée—• Lettre de M. Bonnaud, archiviste de l'Académie du Var, sur la nécessité d'abattre un des arbres qui l'entourent. Nomination

d'une commission ........... ...... xci

— Rapport Servin ........................ ;. .... xciv

—, Accusé de réception de M. Bonnaûd-........... — . xcvin

Don anonyme ; affectation , .'.-■ LUI

TJoze (M. lé Dr) (V. Egoûts).

Egoûts à Draguignan (projet d'un réseau d'); communication de M. le Dr Doze xxx

;Elections pour le renouvellement dû Bureau ,.......-. -LXXXIX

— . ; . - remplacement --dû président et no,: mination du .trésorier....... ........,....,....... xci


TABLE DES MATIERES

Emprunt de 500 fr. LUI

Eremobidoe(groupe des), communication de M. Joseph

Azam .... '-... -... xm

Etals-Unis (demande d'échange de publications)....... XL

Etienne (M. Abel) (V. Gardane ; Notaires de l'arrondissement de Draguignan) Evenos (V. Villages). Eynard (V. Admission).

Félice(M. de) (V. démission,félicitations, remercîments). Félicitations à :

MM. Astier, officier de l'Instruction publique LXXV

le Dr Balp, conseiller général XLUI

Bétis, pharmacien, officier d'académie vu

Ditgès, adjoint, officier d'académie

Raoul de Félice, chevalier du Mérite agricole. ,. XL

Fériaud, chevalier du Mérite agricole .... xn

Lombard, inspecteur des Forêts à Nice xcvn

Mazure, inspecteur d'académie, promu de classe. LI

Mouttet, notaire et maire, officier de l'Instruction

publique : vu

le capitaine Pouhaër, chevalier de la Légion

d'honneur XL

Servin, officier du Nicham-Iftikar. xcvn

Fériaud (M.) (V. Félicitations).

Ferriers (Les), demande de M. le marquis de Tryon-^ Montalembert et réponse de la Société ............ xci

Fête (les) révolutionnaires à Nice, par M. Combet ;

compte rendu de M. de Lacouture LXXII

Fouilles intéressant l'archéologie et la paléontologie ; projet de loi ;

Voeui • •■• . XLUI

:.,',■. id,'. : ............... LU

Circulaire ....... LVIII

Texte des protestations xcm

V. Morbihan (Société polymathique du)

Fréjus (Jean Bélard, éyêque de) ; note de M. Mireur sur


TABLE DES MATIERES

des lettres de collation, communiquées par M. le

baron du Roure .. xxxi

Gardane (Inscriptions, bas-reliefs et documents divers du canton de), par M, l'abbé Chaillan, compte rendu de M. Pierre Béraud xvn

Gardane (Recherches archéologiques et historiques sur) par M. l'abbé Chaillan ; compte-rendu de M. Abel Etienne.. xxx

Gérin-Ricard (M. de) (V. Mille romain; Stèles énigviatiques (Les).

Gestion financière pour 1910 ; compte rendu vm

— — 1911; — _ " LU

Gilette (L'attaque de) en 1793) par M. le capitaine Pouhaër XLI

GinouxfM.) (V. Regrets).

Girard (M. le Dr Joseph) (V. Hystérie).

Guébhard (M. le Dr) (V. Bronzes préhistoriques ; céramiques néolithiques ; Provençaux).

Guérin (Sextius) (M.) (V. Regrets).

Hastings (M.) (V. Bienvenue).

Hyères (notes historiques sur les rues d'), par M. Jules

Icard, 3e édon ; compte rendu de M. Mireur......:. XLV

Hystérie ; cas de simulation à Draguignan en 1786 ;

communication de M. le Dr Joseph Girard xcili

Icard (M. Jules) (V. Hyères).

Indre-et-Loire (V. Société).

Instruction publique gratuite à Barjols cvni

id. — cix

Instruction publique à Carcès de 1527 à 1909 (V), par

M. Dauphin, analyse XLIV

Internationalisme (Bureau préliminaire de la fondation pour V) ; liste des questions mises au concours.. . LXXVI

Jean (M.) (V. Bienvenue).

Latil (M.) (V. Bienvenue).

Leelerc (M.) (V. Remercîments).

Ligue nationale contrel'alcoolisme; adhésion à un voeu. xctx


TABLE DES MATIÈRES

Lombard (M.) (V. Félicitations,).

Lombard (Paul) (M.) (V. Sceau de potier).

Lorgues (V. Antiquités).

Louvet (M.) (V. Regrets).

Lyon (V'. Société linnéenne de).

Lyonnais, Forez et Beaujolais (V. Révolution).

Malaussène (M. J. E). (V. St-Jeannet).

Marai oculiste, par M. le Dr Truc, professeur à Montpellier .;v;.. v...,::.........,...;. .-..- LXXV

Masse (M.) (V. Bienvenue). -

Mazure (M.) (V. Bienvenue, Félicitations, Remercîments),

Mille romain (Le) par M. Z. d'Agnel d'Acigné ; lecture

d'une communication .., xxxm

id. .,......; ■; ;. ;..:"..-....;.. XLVII

Mille romain (Le), par M. de Gérin-Ricard — LXXIII

Mireur (V, Barjols) (la ferme des jeux à) ; Hyères, Muy (Le), Nécrologie, Rues de Draguignan).

Moncabrié (la Destitution d'Henry de), par M. Poupé.. xxv

Mont-Gros, près de Nice (V. Bronzes préhistoriques). ':

Morbihan (Société polymathique du) ; voeu pour que les fouilles en France et aux colonies soient soumis ses pour les étrangers à la cause de la réciprocité ... XL

Moulis (M.) (V. Regrets).

Mouttet (M.) (V. Félicitations).

Èiuy (quittance délivrée au Plan du Bourg du -en 1393); . "par M. Gaillet; rapport deM. Mireur.............;. xix

Natalité française (V. Conférence). Nécrologie de :.-.--.

MM. Bérenguier (Paul), par M. Joseph Azam.. LXXXIV, LXXXVI

De Sigaud de Bresc, par M. Mireur. LXXXIV

Paul Si van, par M. Mireur xxxvn

Nice (V. Société populaire).;

Notaires de ,1arrondissement dé Draguignan (Généalogie de tous les offices de) depuis Je.XVe siècle., par

'■'< - M. Abel Etienne ; don ;. .. ... LXXI


TABLE DES MATIERES

Ollioules (Y. Villages). "'■-'-'.'/. -

Orgon et Trets (V. Stèles énigmatiques).

Outillage agricole (débuts de V), par M. Servin ; communication LXXIH

Pasteur (Souscription pour l'acquisition de sa maison natale àDôle)..'-.-.' .'.. xcvm

Polybiblion — Refus de Bulletin. xcvm

Portallier (M.) (V. Révolution).

PoUhaër (M. le capitaine) (V. Bataillons du Var ; Félicitations ; Gilette (l'attaque de); Toulon (siège de) Volontaires du Var).

Poupé (M.) (V. Allocution ; l'Aréthuse et la Topaze; Barras et les émigrés du Var ; Moncabrié ; Conventionnels ; Sardaigne ; Sceau de potier. «

Provençaux de Paris (banquet des), délégation à M", le Dr Guébhard .. LI

Publications ; demande d'échange ; décision.......... vm

id. — — . XL'

Publications — Demande dé souscription et décision,.. vin

Publications reçues ........ vu, xn,

XVI, XXIV, XXIX, XXXIII, XXXVII, XLUI, LI, LVIII, LXXI, LXXV,

LXXXIII, xcn, xcvn, cvi. Rampai (Auguste) (V. Autane) ; Bulletin ; Carié numismatique. Regrets à l'occasion du décès de :

MM. Moulis, associé xn

Rayhaud, ancien résidant LXXI

Regrets pour cause de départ de : MM. Ginoux, inspecteur d'académie.......... ;-....... vu

Guérin (Sextius), ancien résidant............... LI

Louvet, associé ... xxiv

Remercîments de : MM. Arnaud d'Agnel (l'abbé), aumônier de lycée,

associé. . -. vm

Barbier -..'.' ,.-..... GVI

De Félice, nommé associé...................... vm


TABLE DES MATIERES

Leclerc, résidant xcvn

Mazure, inspecteur, résidant..-. ■ xvn

De Savigny de Moncorps, associé cvi

Remercîments du nouveau bureau xcn

— du bureau sortant xc

Répertoire d'art et d'archéologie ; demande d'échange.

Ajournée xcvm

-!-'Admise.., cvn

Raybaud (M.) (V. Regrets).

René (letlres patentes du roi) datées de Fréjus en 1453. LXXXIX

Révolution (Victimes et martyrs de la) en Lyonnais,

Forez et Beaujolais pendant la terreur, par M. Portallier

Portallier demande de souscription XL

Roch (Camille) (Mlle) (V. Bormes).

Roure (M. le baron du) (V. Fréjus).

Rues de Draguipnan (Les), par M. Mireur. Maison

Missimily, place aux Herbes xxv

— — La place aux Herbes... cvm

Saint-Jeannei (Alpes-Maritimes), par M. J. E. Malaussène

Malaussène compte rendu de M. Mireur x

Saint-Hermentaire (objets d'antiquités possédés par

M. Busin, provenant de) ; photographies cvi

St-Raphaël (découverte de fragments de mosaïque en

marbre gallo-romaine et d'une monnaie à), par M.

Belletrud XLI

Sanary (V. Villages).

Saône-et-Loire (V, Société).

Sardaigne (Documents relatifs à l'expédition de. . en

1793), par M. Poupé ; rapport de M. Aulard, signalé, LXXXIX Savigny de Moncorps (M. le vicomte) (V. Admission ;

Remercîments). Sceau de potier gallo-romain, donné au Musée par M.

Paul Lombard ; description par M. Poupé XLI

Séance du 12 janvier 1910 vu

» 11 février » xn

» 11 mars » xvi


TABLE DES MATIERES

» 15 avril » .................. ..xxiv

» 13 mai » xxix

» lOjuin » . xxxm

» 4 novembre » ....;...... —. •• xxxvi

» 2 décembre » XLUI

» 13janvier 1911............. , LI

» 17 février » ............ ........ Lxn

» 10 mars » ........... ■... LXXI

» 7 avril » ......... .. LXXV

» 15 mai » ..... . LXXXIII

» 19 » » xc

» 12 juin » ....,......': xcn

» 3 novem bre » xcvn

» 1er décembre » ..... .-...' cvi

— Séances (communication à la presse sur les); demande

du président. .'.. xci

Servin (M.) (V. Bienvenue, Félicitations, Outillage agricole).

Sites et monuments naturels (protection des) ; réception

de journaux et articles.......:. ; .................. LVIII

Six-Fours (V, Villages).

Smithsonian institution dé Washington ; refus de

Bulletins, demandés .. xcvm

Société linnéenne de Lyon, indication d'adresse LVIII

Société populaire de Nice (La), par M. Combet ; compte

rendu de M. dé Lacouture.. .'...... . LXXXIX

Société pour l'étude de la gravure française ; refus !

d'adhésion . . xcvin

Société préhistorique française, circulaire concernant le

projet de loi sur les fouilles ..... .. LVIII.

Société archéologique de Tarn-et-Garonne, souhaits de

bonne année LI

Société d'agriculture d'Indre-et-Loire.... . ........ XL

Société des Sciences naturelles de Saône-et-Loire, demande de Bulletin ..........'.. ;.. ., .. XL


TABLE DES MATIERES

— Envoi de Bulletin XLUI

Société d'histoire naturelle de Toulon-sur-Mer ; vole de l'échange LXXV

Stèles énigmatiques d'Orgon et de Trets (Les), par

M. de Gérin-Ricard, analyse .. XLIV

Subvention ministérielle (avis de) de 300 fr. en 1908.... vm

id. — — — 1911 ... xcvm

Tarn-et-Garonne (V. Concours ; Société).

Tryon-Montalembert (M. le marquis de) (V. Ferriers) (les).

Topaze (La) (V. Aréthuse V).

Toulon-sur-mer (V. Société d'histoire naturelle).

Toulon (documents sur le siège de) ; lecture de M. Abel Etienne ... xcix

Toulon (siège de) en 1793, par le capitaine Ponhaër.,.. LIV

Traditions (nos), par M. Fernand Cortez; analyse.. .. XLIV

Trêts (V. Stèles énigmatiques).

Truc (M. le Dr) (V. Marat).

Urbain V (le bienheureux) (1310-1370), par M. Chaillan ; analyse LXXII

Vadon (M. le Dr) (V. Admission).

Valère (La) (V. Briques gallo romaines).

Vidauban (V. Briques gallo romaines).

Villages gallo-romains situés sur le terroir d'Ollioules Evenos, Sanary et Six-Fours (Les), par M. Bottin, analyse XLV

Villeneuve-Bargemon (le colonel de) (V. Admission).

Voie romaine (embranchement dit de Riez), communication de M. Z. d'Agnel d'Acigné xciv

Volontaires du Var pendant la Révolution (levée des), par M. le capitaine Poubaër xvn


TABLE DES MATIERES

2me PARTIE

MÉMOIRES ORIGINAUX

Quelques marques de maîtres es pierres relevées dans le département du Var, par Z. d'Agnel d'Acigné.... ... 3

Le lieu de la rencontre de Lépide et d'Antoine sur les bords de l'Argens et de la Florièye, par Edmond Poupé . . ... 23

Le tribunal révolutionnaire du Var, par Edmond Poupé 49

Page inédite de la biographie de Barras, par Louis de

Bresc ... .... 343

Le roi René s'est-il embarqué à Saint-Raphaël (Var),

en 1453?par F. Mireur.... 355

Sur certains objets préhistoriques de bronze, provenant des Alpes-Maritimes, donnés par M. A. Bonnet aux collections de la Société d'Etudes de Draguignan, par le Dr A. Guébhard.. 369

3me ip.A.IRl'IE

Supplément. — Synopsis des coléoptères du Var, par L. Bétis (suite; 417-496

4me PARTIE

Sociétés et Revues correspondantes. Composition du bureau et liste des membres.



; La" Société informe ceux dêvses,n^nbres;:qui ^désrrera'ieùil.cbn^-- .)>._ ";;pleier leur collection qu'elle:peut;énÔqré;^d^ aux 'prix .indiqués,de quelques:rexeinplajfesydes'liv.raisô -'volumes, suivants. i-Hlèsè^éseryeÙoutêim^

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