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Title : Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube... / publié sous les auspices et la direction de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département

Author : Société académique de l'Aube. Auteur du texte

Publisher : [s.n.] (Troyes)

Publication date : 1889

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326955097

Relationship : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb326955097/date

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Format : Nombre total de vues : 35738

Description : 1889

Description : 1889 (A63,PART2).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Champagne-Ardenne

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5725709x

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LC30-44

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Online date : 30/11/2010

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ANNUAIRE DE L'AUBE

DEUXIEME PARTIE

RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES

HISTORIQUES & ADMINISTRATIFS



LE SERVICE

DU

BAN ET ARRIÈRE-BAN

DANS LE BAILLIAGE DE TROYES

AU XVII- SIÈCLE (1689-1695) AVEC DES

DOCUMENTS INÉDITS SUR LES BAILLIAGES DE TROYES CHAUMONT, LANGRES, PROVINS ET SENS

PAR

ALPHONSE ROSEROT

MEMBRE HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L'AUUE

La série B des Archives de l'Aube renferme plusieurs liasses relatives au ban et arrière-ban dans différents bailliages de Champagne, et principalement dans celui de Troyes. Il y a quelques années, alors que nous étions encore attaché au service de ces Archives, nous avons commencé le dépouillement des dossiers du ban et arrière-ban, et nous avons extrait de la liasse B. 3 divers documents qui ne sont pas sans intérêt pour l'histoire du service militaire à la fin du XVIIe siècle et pour celle des fiefs nombreux compris dans le grand bailliage de Troyes. Depuis cette époque, nous avons eu plusieurs fois la pensée de terminer le dépouillement de ces dossiers pour donner un travail d'ensemble sur les matières dont ils traitent. Nous avons dû renoncer à ce projet : une décision du chef de service, décision que ne paraît justifier aucune instruction ministérielle, a soustrait les documents de la série B aux investigations des travailleurs, en alléguant


le danger qu'il y aurait à communiquer au public des papiers touchant à l'intérêt privé des familles. Quoi qu'il en soit, notre moisson, telle qu'elle est, nous a paru assez importante pour mériter d'être livrée au public.

Les documents que nous publions n'ont pas encore été imprimés, sauf le premier, mais sa très grande rareté lui donne tout l'attrait de l'inédit. La brochure que nous réimprimons n'a pu être découverte à la Bibliothèque Nationale, ni aux bibliothèques de l'Arsenal et de Sainte-Geneviève, malgré les actives recherches de M. Joannis Guignard. Bien qu'il y ait des fautes nombreuses dans l'orthographe des noms propres, et plusieurs erreurs dans les descriptions d'armoiries, cet opuscule n'en offre pas moins un véritable intérêt. Outre qu'il donne un état des gentilshommes et des fiefs de six bailliages champenois (Troyes, Chaumont, Langres, Provins, Nogent et Sens), il décrit nombre d'armoiries dont plusieurs sont peu connues '.

Nous n'avons pas l'intention de donner, d'après les documents qui nous ont servi, une notice même sommaire sur le service du ban et arrière-ban ; nous en avons déjà fait un résumé, d'après les principaux auteurs, à propos de la convocation de 1473 dans le bailliage de Troyes 2. Nous nous bornerons à exposer quelques-unes des règles observées à cette époque, comme le prouvent les documents publiés plus loin, et en outre, d'après la correspondance du lieutenant de Roi au gouvernement avec son subordonné, le lieutenant1

lieutenant1 peut dire, d'une façon générale, que les listes dressées pour le ban et l'arrière-ban sont peu communes, même quand elles ont été imprimées. — M. Boutiot a publié en 1855 (Annuaire de l'Aube) un Procès-verbal constatant la levée du ban et arrière-ban dans le bailliage de Troyes, en 1674. II la croyait inédite. Cependant elle a été imprimée à Tout; la même année, (D'Hozier, Armoriai général de France, IV, 73 et note e. — Vallet de Viriville, Archives historiques du département de l'Aube, p. 55, n° 248), mais elle doit être aussi rare que celle-ci. Dans ces conditions, une reimpression présente tout l'intérêt d'une première édition.

2 Procès-verbal de convocation du ban et arrière-ban dans le bailliage de Troyes, en 1473. (Annuaire de l'Aube, 1877.)


général à Troyes, plusieurs incidents curieux qui se sont produits pendant la période de convocation.

Mais d'abord, faisons connaissance avec nos personnages.

I. — De quelques chefs militaires au gouvernement de Champagne et au bailliage de Troyes.

Nous voyons figurer dans nos documents trois chefs militaires chargés d'organiser le ban et l'arrière-ban ; ce sont : le duc d'Atry, lieutenant-général au gouvernement de Champagne; M. de Vauréal, lieutenant de Roi au même gouvernement; et M. de Chavaudon, lieutenant-général d'épée au bailliage de Troyes.

Le duc d'Atry arrête le rôle des gentilshommes tenus de faire le service. Chose étrange, aucun recueil généalogique ne fournit de renseignements complets sur ce haut dignitaire, qui était en même temps, par sa famille et ses alliances, un très grand personnage. La date et le lieu de sa mort ne sont signalés dans aucun ouvrage. Nous devons à l'obligeance de M. le duc d'Atrisco la notice que voici :

» Louis-Absalon Saladin d'Anglure, de Bourlemont, d'Ac» quaviva et Aragon, duc d'Atri, prince de Melfi, marquis

" de Sy et de Buzancy, comte de Bourlemont, baron de

" Rimaucourt, les Grandes et Petites Armoises, etc., né en " 1656, fut capitaine de chevau-légers dans le régiment de » la Reine. Sur la démission du duc de Roquelaure, il fut » nommé, le 8 juillet 1686, lieutenant-général de la province » de Champagne, au département de Reims, fonction qu'il » remplit jusqu'au 23 octobre 1693, date de son remplace» ment par le marquis de Chenoise. Il est mort pensionnaire » au couvent des religieux de la Charité de Charenton, près » Paris, en 1725.

" Il avait épousé le 4 octobre 1682, dans la chapelle des


» Prés-Saint-Gervais (Seine), Antoinette Colbert, baptisée le » 26 octobre 1626, morte sans postérité à Paris le 19 sep» tembre 1698, fille d'Odard Colbert, commissaire aux » Requêtes du Palais, et d'Anne Sevin. Antoinette Colbert « avait été d'abord mariée, par contrat du 27 février 1647, » à Pierre de La Cour, chevalier, seigneur de Manneville, " conseiller du Roi en tous ses conseils, président en la » Chambre des Comptes, à Paris, mort à Manneville, le » 9 novembre 1680.

» La succession du duc d'Atri et des Anglure de Bourle" mont échut à l'abbé de Bourlemont, frère du duc d'Atri, » puis aux du Bellay de Chevigny, aux Grammont, aux » Ténarre-Montmain, et enfin aux Bauffremont. "

Quant à M. de Vauréal, il semble bien que son rôle fut le plus important dans la levée des bans et arrière-bans dont nous allons parler. C'est lui qui surveille et active l'exécution des ordres émanés du Roi. Sa correspondance avec le lieutenant-général à Troyes est des plus instructives : il veille à tout, et si la réunion des troupes se fait avec quelque lenteur, ce n'est pas faute par lui d'avoir pressé sans relâche son subordonné, qui apporte cependant toutes les diligences possibles. Dans plus d'une circonstance nous le verrons s'impatienter en présence des difficultés qui retardent l'arrivée des gentilshommes convoqués.

« Michel-Antoine de Guérapin de Vauréal, chevalier, comte » de Belleval, seigneur de Basoche, lieutenant de Roy, com» mandant pour sa Majesté au gouvernement de Champagne » et de Brie 1, J avait été tout d'abord capitaine aux gardes. Il appartenait à une famille de noblesse récente. Son père, Antoine Guérapin, simple maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris, chevalier de Saint-Michel et conseiller d'Etat, avait obtenu, en 1656, l'érection en baronnie de sa

1 Voir ces titres et qualités aux Documents, pièce du 25 avril 1692.


terre de Vauréal, en Brie 1. Il était mort en 1677, ayant épousé Madeleine Texier, dont le nom ne paraît pas bien illustre. Michel-Antoine, non content d'avoir recueilli le titre de baron dans la succession paternelle, et d'avoir introduit la particule devant son nom bourgeois de Guérapin, fit ériger en titre de comté, en 1679, sa terre de Belval 2, ancien marquisat des Largentier. Quant à la seigneurie de Bazoches, elle lui venait de son mariage avec Françoise de Fretel de Bazoches, décédée en 1708. Il mourut fort âgé, à quatre-vingt-deux ans, le 16 mai 17293. A l'époque dont il s'agit M. de Vauréal avait environ soixante ans.

Enfin, qu'était-ce que M. de Chavaudon, lieutenant général à Troyes?

La famille Guillaume de Chavaudon habite depuis plusieurs siècles notre pays, où elle est honorablement connue. Après avoir fourni des conseillers au Parlement et à la Cour des Aides, un président au Parlement et au Grand-Conseil et un président à la Chambre des Comptes, elle a donné au XVIIIe siècle plusieurs officiers distingués. Les Guillaume de Chavaudon tirent leur nom du fief de Chavaudon, aujourd'hui ferme, commune de Bercenay-le-Hayer (Aube).

Lachenaye-Desbois 4 établit la filiation suivie de cette famille à partir de Pierre Guillaume, celui dont nous allons parler ; mais des documents des Archives de l'Aube, concernant le fief de Chavaudon. nous apprennent qu'il était fils de Pierre Ier Guillaume, seigneur de Chavaudon, de ChâteauGaillard (commune de Marcilly-le-Hayer) et de Lenharé (Marne), lieutenant-criminel en l'élection de Troyes, et de Marie Marceau, dame de la Grande-Fouchère 5. Nous trouvons

1 Ecart de la commune du Châtellier, canton de Dommartin-sur-Yèvre (Marne).

2 Commune du même canton.

3 Lachenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, 3e édition, X, 5. 1 Dict. de la noblesse, 3e édition, X, 549. 5 E. 501.


ce Pierre Guillaume comme lieutenant criminel en 1656 1, mais nous ne saurions dire si c'était lui, ou son fils Pierre II, qui remplissait en 1674 les fonctions de grènetier alternatif et mi-triennal au grenier à sel de Troyes 2. Pierre II épousa en première noces, par contrat du 30 novembre 16773 ; Angélique Jossier, fille d'Antoine Jossier, trésorier général de l'extraordinaire des guerres, et d'Elisabeth Longuet. A cette époque, Marie Mareeau était déjà veuve de Pierre Ier. Il se remaria, en 1686, à Marie Péricard, fille de Nicolas Péricard, maire de Troyes, et de Marie Babelin 4.

Les Péricard étaient l'une des principales familles de la ville de Troyes.

M. de Chavaudon est qualifié lieutenant-général à Troyes dès l'année 1683; il l'était encore en 17205. On lui doit une remarquable ordonnance sur la police générale de la ville de Troyes, de 1,693, publiée dans l'Annuaire de l'Aube de 1848.

Pierre II Guillaume avait reçu en héritage les seigneuries de Chavaudon et de Château-Gaillard; c'est probablement par lui que la seigneurie de Droupt-Saint-Bâle est entrée dans sa famille; elle appartenait encore en 1696 à M. de Savonnières, conseiller au Parlement 6. Il y ajouta celles de Doche, SainteMaure et Charley (même commune) 7.

On trouve aux Archives de l'Aube un très grand nombre de pièces écrites de la main de M. de Chavaudon ; sa grosse écriture se reconnaît facilement, et, bien que tremblée dans les dernières années de sa vie, elle n'en est pas moins très

1 Archives de l'Aube, G. 863.

2 Annuaire de l'Aube, 1855, p. 31.

3 Archives de l'Aube, E. 501.

4 Archives de l'Aube ; archiv. judic. de Troyes, n° 1220.

5 Arch. communales de Chaource, G G. 4. — Arch. de l'Aube, E. 705.

6 Arch. de l'Aube, C. 1369.

7 Fichot, Statistique monumentale de l'Aube, I, 55. —Arch. de l'Aube, E. 175, C. 1725. — Bib. nat. ms., d'Hozier, Armoriai général de France, Champagne, p. 114, Troyes, n° 24bis.


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facile à lire. Les minutes renferment de nombreuses ratures et surcharges.

Pierre Guillaume était un remarquable administrateur. M. Albert Babeau a écrit son histoire sous le titre : Un Magistrat de province sous Louis XIV1.

IL— Confection des rôles.

On peut se faire une idée de la manière dont les rôles étaient dressés, et des questions que soulevait leur confection, d'après l'ordonnance de M. le duc d'Atry, du 27 avril 1690, et la lettre de M. de Chavaudon, du 1er mai, qui sert de commentaire au rôle contenu dans cette ordonnance (pièce IV).

Le rôle était établi par le bailli, chef désigné pour commander la noblesse du bailliage, d'après des mémoires et informations dont on ne dit pas la provenance, sans doute parce qu'ils étaient confidentiels. En effet, l'obligation du service et son importance, de même que les cas d'exemptions étaient déterminées par la valeur des revenus en fiefs, et aussi par d'autres causes dont nous parlerons plus loin. Sur plusieurs points il importait d'avoir des renseignements sûrs pris en dehors des personnes intéressées.

Le rôle, ainsi établi, était envoyé à celui des lieutenantsgénéraux au gouvernement qui avait dans ses attributions le bailliage dont il s'agissait. Le lieutenant-général arrêtait ce rôle, après avoir examiné les requêtes et certificats produits par ceux qui demandaient à être déchargés 2; puis il le faisait transmettre au lieutenant-général du bailliage, sous forme d'ordonnance, avec indication de la nature et de l'importance du service que devait fournir chacune des personnes inscrites.

A partir de ce moment, la direction du recrutement pas1

pas1 historique, 1887.

2 Nous donnons, comme spécimens, quelques-uns de ces certificats (pièce V).


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sait à un lieutenant de Roi au gouvernement (M. de Vauréal dans l'espèce) : l'ère des difficultés allait commencer.

Le lieutenant-général au bailliage s'empressait de faire notifier le rôle, par un huissier, à chaque personne convoquée ; mais il survenait alors des complications nombreuses qui ne laissaient pas de ralentir singulièrement l'opération. Parmi les personnes que l'on avait inscrites sur le rôle, les unes avaient droit à l'exemption ou tout au moins le prétendaient, les autres n'étaient pas même connues au lieu que l'on avait indiqué comme étant celui de leur domicile, ou bien encore elles possédaient dans d'autres bailliages des seigneuries plus importantes où elles faisaient habituellement leur résidence, et pour lesquelles il semblait plus naturel de leur demander le service dans ces bailliages. Par suite, le nombre d'hommes portés au rôle se trouvait forcément réduit, et il fallait une convocation supplémentaire pour arriver au chiffre de combattants que le bailliage devait fournir. C'était toute une nouvelle série d'informations et de procédures, qui amenaient elles-mêmes de nouvelles déconvenues.

Si nous prenons pour exemple la convocation de 1690 (pièce IV), nous voyons qu'on avait fixé à cinquante-deux le nombre d'hommes à lever dans le bailliage de Troyes. Un premier rôle avait été arrêté le 11 avril ; nous ne l'avons pas retrouvé, mais nous l'avons reconstitué d'après les procèsverbaux de significations individuelles (pièce III). Notre liste comprend trente-deux noms, plus trois surnuméraires; il se trouva qu'en fin de compte le chiffre réel fut seulement de vingt-deux.

Un rôle supplémentaire de trente noms fut arrêté le 27 du même mois, mais on voit par la lettre de M. de Chavaudon que cinq personnes inscrites sur cette seconde liste avaient été portées déjà sur la première; deux autres étaient exemptes, une autre n'avait aucun domicile en Champagne, une autre avait sa principale résidence en Bourgogne. Il y en avait deux qui figuraient deux fois dans cette même liste; quatre étaient inconnues ; enfin, le maintien de quelques-unes donnait lieu à


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des doutes que M. de Chavaudon signale à son chef hiérarchique. C'était donc un nouveau retranchement de onze noms, au minimum, qu'il fallait opérer.

Les personnes signalées par M. de Chavaudon, comme inconnues dans le bailliage, pouvaient parfaitement exister, mais les noms de familles et de fiefs se trouvent, en maints endroits du rôle, tellement défigurés qu'il était impossible, même à des personnes du pays, de les reconnaître. Pour ceux-là, M. de Chavaudon ne peut se livrer qu'à des conjectures ; tandis qu'il se contente quelquefois de mettre en note, comme à propos de Pierre Le Gret et François Régnier : " Sont incogneus, " il essaie d'en déterminer d'autres. Ainsi, il écrit : " Le sieur de Lignienville. Incogneu. Se poeut estre d'Obterre d'Unienville, qui est marqué exempt; » et encore : « Le sieur de Pierre, proche Marigny. Incogneu. Je cognois un gentilhomme demeurant dans Marigny, à peu près du même nom, mais est du bailliage de Sens. »

III. — Des difficultés que rencontrait l'exécution des ordres du Roi.

En 1695, on n'est pas empressé à se rendre aux convocations : le pays est fatigué par les levées de troupes devenues trop fréquentes. Le 26 juin, M. de Vauréal informe le lieutenant-général que M. de Barbezieux lui écrit pour se plaindre de » la foiblesse de l'arrière-ban " et « des gentilshommes qui restent derrier ; » il mande au lieutenant-général de presser les retardataires.

Le 3 juillet, nouvelle lettre pressante de M. de Vauréal. Il envoie la liste de ceux qui ont manqué à la revue faite à Amboise le 20 juin ; « c'est, dit-il, une espèce de désertion qu'il faut arrester par les moyens les plus sévères. » Les retardataires sont : Achille de Gayot, à Cussangy ; Antoine d'Aulnay, à Règes; Raphaël Damoiseau, à Chaource; HenriCécile Pot, à Turgis; Jean Jacquinot, à Montfey; Jacques


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Angenoust, Pierre Nevelet, N. de Hérisson, N. de Véillart, sieur du Franc; Jean-Baptiste Nevelet. Une seconde lettre, envoyée le lendemain, donne quelques détails sur plusieurs d'entre eux. Antoine d'Aulnay a eu la permission d'assister à un procès à Paris, avec ordre de rejoindre à Rennes : voir s'il est revenu chez lui, etc. Damoiseau et Pot ont reçu des ordres, de M. de Vauréal lui-même, de partir après les autres : voir s'ils sont partis. Jacquinot est resté malade à Villenauxe: s'assurer s'il est guéri et, en cas d'affirmative, le poursuivre s'il ne rejoint pas l'escadron. Angenoust, Pierre Nevelet, Hérisson et Véillart sont simplement marqués manquants à la revue.

Le 10, M. de Vauréal devient menaçant : " II faut, dit-il, que le Roy soit obéi et servi, et qu'après l'ordre que je vous ai envoie dé poursuivre, ce sera vous qui en respondrés.» Le sieur de Turgis « devroit estre puni pour tous les autres, estant chargé de la routte. » Quant au sieur du Franc, M. de Vauréal « le laisse avec madame sa femme ; " il paraît qu'il était " nouveau marié. » Le sieur Angenoust « a paru estre dans la bonne foy et n'avoir pas esté le maistre de suivre. » Il était excusable, en effet, car il eut un bras démis par une chute de cheval, dès la première journée.

Tout cela ne laisse pas d'impatienter M. de Vauréal. Il écrit, le 13 juillet, à M. de Chavaudon : « à l'esgard de tous les autres vous voulés bien que je vous dise que je ne puis pas faire la charge de lieutenant-général du gouvernement et celle de lieutenant-général dans chaque bailliage. Je vous dis cela à propos de la lettre qu'escrit le sieur Antoine Daunet 1 à son procureur, que vous m'avés envoiée, comme si vous vouIiés m'en faire le juge, au lieu que c'est à vous à l'estre et à sçavoir encor mieux que moy que j'ai commandé le sieur

Antoine Daunet pour fournir un gentilhomme » Enfin, le

14, M. de Chavaudon rend une ordonnance qui prescrit à un sergent royal de rechercher les retardataires. Peu de jours

1 Lisez : d'Aulnay.


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après, le 20, M. de Vauréal était informé que le sieur de Maison Neuve avait reçu d'Antoine d'Aulnay de l'argent pour servir à sa place, et il donnait l'ordre au lieutenant-général de faire lever la garnison établie dans sa maison.

Il y avait à Cussangy un autre retardataire qui causait bien des impatiences à M. de Vauréal ; c'était Achille de Gayot. « Il est bien extraordinaire, écrit-il, que vous laissiés aussi paisible chés lui qu'il l'est, malgré mes ordres, un home qui a receu 160 livres, et qu'il mette un home en sa place sans permission, et estant commandé de marcher en personne. Une garnison de trois homes de son voisinage n'est point une garnison ; ce sont des archers qu'il faut envoier, à un escu chaqun par jour. Si, par les premières nouvelles que j'aurai, son beau-frère n'a pas joint, je vous enverrai un ordre d'en mettre six chés lui jusqu'à ce qu'il ait joint lui-même, et cela

à peine d'en respondre en vostre propre et privé nom Je

conviens que le sieur de Turgis est le plus coupable ; si vous aviez exécuté mes ordres comme vous le deviés faire, il en seroit présentement puni et auroit encor la garnison. Si, par les premières nouvelles que j'aurai ils ne sont pas arrivés, je vous envoirai l'ordre d'i en envoier. Tout ceci me donnera pour l'avenir des lumières dont je sçaurai profiter, si jamais je suis chargé des ordres. » Cela n'empêchait pas M. de Vauréal de terminer ainsi : « Je suis, Monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur. »

IV. — M. de Vauréal perd patience.

Voici un nouvel exemple des difficultés qui entravaient l'exécution des ordonnances, pour la levée du ban et arrièreban ; M. de Vauréal s'y montre encore tel que nous venons de le voir, chef actif mais peu patient, malgré des obstacles réels qui s'opposaient parfois à l'exécution de ses ordres.

Le sieur Denis de La Noue avait été compris dans l'état du ban et arrière-ban pour 1693. Il ne s'était sans doute pas


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rendu à la convocation, car le 6 juin, M. de Vauréal lançait un ordre lui enjoignant «. de partir incessamment pour rejoindre l'escadron en la ville de Sens, à peyne d'estre poursuivy et subir les rigueurs de l'ordonnance, de laquelle le sieur lieutenant-général à Troyes poursuivra l'exécution."

Le lieutenant-général répondit que M. de La Noue était fou, et que les années précédentes il avait déjà donné des sujets de mécontentement en cherchant à se soustraire au service. Mais ces renseignements arrivaient bien tard ; M. de Vauréal avait déjà lancé l'ordre dont nous avons parlé, et au moment où arrivait la lettre du lieutenant-général, un cavalier allait partir pour lui dire de mettre en prison le sieur de La Noue, qui avait tenu des discours extravagants.

Vauréal écrivit aussitôt une lettre dans laquelle il ne dissimule guère son mécontentement, malgré la qualité de celui à à qui elle est adressée : « Vous voulés bien, Monsieur, que je vous dise que j'aurais lieu de me plaindre de vous, de ce que vous avés bien voulu exposer mon authorité, puisque quand je vous ai dit de faire marcher ledit La Noue, vous ne m'avés pas ouvert la bouche sur son sujet, ni fait en aucune façon son portrait dont le moindre trait eût suffi pour faire rétracter mon ordre; joint à cela qu'aiant taxé les fiefs, comme vous me l'aprenés par vostre dernière, j'aurois trouvé injuste de le faire marcher. Je suis fasché que cela vous fasse quelque peine, mais en vérité c'est uniquement votre faute... "

La lettre ci-après, de l'Intendant de Champagne, nous apprend comment l'affaire fut terminée; nous la reproduisons pour montrer comment se réglaient de semblables questions.

« Chaalons, 28 Septembre 1693.

» Il a pleu au Roy, Monsieur, d'exempter M. de la Noue, gentilhomme de Troyes, en faveur de son fils qui sert dans la marine, du service personnel, de l'arrière-ban et de touttes contributions, et M. le marquis de Barbezieux, qui en a expédié l'ordre, m'ordonne de luy faire donner promptement la mainlevée de ses


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biens, de ses meubles, et de la garnison qu'on a étably chez lui par vostre ordre : c'est ce que je vous prie de faire aussy tost la présente recette, en sorte qu'il n'en coutte rien du tout à ce gentilhomme pour cette affaire là.

" Je suis, Monsieur, parfaitement vostre très humble et obéissant serviteur.

» LARCHEH. » Au bas : « M. de CHAVAUDON. »

V. — Facilités particulières accordées pour le recouvrement des sommes nécessaires aux frais du service.

Le service du ban et arrière-ban occasionnait de grandes dépenses; aussi, l'on voit par des exemples nombreux que des gentilshommes en étaient déchargés à cause de l'insuffisance de leurs ressources ; d'autres n'étaient maintenus sur les états de convocation que moyennant l'allocation d'une somme destinée à payer tout ou partie de leurs frais. On leur donnait aussi des facilités particulières pour réaliser l'argent nécessaire à leur équipement et à leur subsistance; à cet effet, l'on faisait plier au besoin les lois et les règlements à leur profit. Deux exemples suffiront pour le démontrer.

En 1695, Jean de Bérey, écuyer, demeurant au Bas-Villeneuve, paroisse de Villemoyenne, expose au bailli de Troyes qu'il a encore été compris cette année dans le rôle de l'arrièreban, parce que peu de gentilshommes sont en état de servir, tant à cause de leur pauvreté que pour leur âge ou leurs infirmités, ou encore parce qu'un certain nombre ont été obligés de prendre des emplois. Or, il ne pourra faire son service que si le bailli l'autorise par jugement à toucher sur un débiteur, « préférablement à tous créanciers opposans ou saisissans, » jusqu'à la somme de quatre cents livres à prendre dans les deniers provenant de la succession de Nicolas Vardin, chevalier de Clerville. Le 17 mai, le lieutenant-général rend une ordonnance en conformité de cette requête.


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La même année, Pierre Nevelet, sieur du Russeau 1, et en partie de Doches par le décès de sa mère, terres qui avaient appartenu à feu Pierre Nevelet, son père, est autorisé à toucher sur le revenu des baux judiciaires de ces terres, préférablement à tous créanciers saisissants et opposants, la somme de six cents livres pour se mettre en état de servir.

VI. — Des Exemptions.

On était exempté ou « déchargé » du service pour différentes causes, notamment le grand âge (soixante-dix ans), les infirmités ou la maladie, mais la dispense accordée pour ces motifs ne portait que sur la personnalité du service; par suite, l'exempt devait fournir un remplaçant.

L'exemption était encore donnée pour cause du service militaire actif que l'on remplissait dans les armées du Roi, ou encore si l'on avait un fils sous les armes. Dans ce dernier cas, il fallait que le fils eût rang d'officier ou de cadet, ou bien qu'il fût attaché à la maison du Roi (pièces VIII, nos 11, 16, 17, et XI, n° 10).

Le défaut ou l'insuffisance de ressources destinées à faire les frais de l'armement et de la subsistance, pouvaient également procurer l'exemption, mais la plupart du temps l'Etat y obviait au moyen de subventions que l'institution même du ban et arrière-ban lui procurait : c'était l'argent provenant des taxes établies sur certains dispensés. Nos documents fournissent de nombreux exemples de ces subventions.

On sait aussi que les bourgeois de certaines villes, entr'autres ceux de Troyes, étaient, par privilèges spéciaux, exemptés du service militaire.

1 Commune de Courances (Seine-et-Oise).


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VII. — Equipement.

L'importance de la contribution à fournir par les exempts sujets à la taxe, était proportionnée à la valeur de leurs revenus en fiefs. Par son ordonnance du 27 avril 1690, M. le duc d'Atry décida qu'il serait équipé un gentilhomme pour les revenus s'élevant jusqu'à neuf cents livres, deux pour ceux qui allaient jusqu'à deux mille livres, et ainsi de suite.

La contribution de ceux qui servaient en personne était également en proportion des revenus; ainsi, l'on pouvait être tenu d'amener deux chevaux, plus un « bidet » monté par le valet. Celui des deux chevaux qui était monté, devait être sellé et bridé, avec pistolets et fourreaux ; sa valeur ne pouvait être inférieure à vingt louis d'or, et celle du bidet à vingt écus. Les frais de subsistance étaient fixés à quarante sous par jour (pièce IV, nos 8, 9, 10 et 13).

1888


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DOCUMENTS

I. — Rolle des cent cinquante gentils-hommes convoques et choisis suivant les ordres du Roy pour servir au Ban et Arrière-ban de l'année, 1689, assembles dans la ville de Troyes, le 19 May, avec leurs noms, armes et demeures.

Au Mans, chez Hyérome Olivier, imprimeur et libraire, près SaintJulien. (Petit in-8° de 30 pages, sans date. — Imprimé.)

Bailliage de Troye

1. — Charles LE GENEVOIS, marquis de Bleigny 1, élu pour Commandant par lesdits cent cinquante gentils-hommes à l'assemblée générale tenue en la ville de Troye, le 19 may, demeure à Bleigny; porte d'azur, à la face d'or, et trois coquilles de mesme, deux en chef et une en pointe.

2. — Charles, DE SAINT-BLIN, comte de Vaudremont 2, élu pour Cornette, demeure à Vaudremont; porte d'argent, à trois testes de sanglier de sable.

3. — Charles DE ROMMECOURT, seigneur de Villiers-auBois, élu pour Mareschal de logis, demeure audit Villiers-auBois; porte d'or, à l'ours passant de sable allumé, élancé, et lampacé de gueule.

4. — Joseph DE CORDON, seigneur de la Tour et Motte de

1 Bligny (Aube).

2 Vaudremont (Haute-Marne).


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VeuxsohV, Bousierre 2, Marnet et Chaudenay 3, Commissaire, demeure à Veuxsolle; porte d'azur à deux bandes d'or semées d'hermines sans nombre.

5. — Edme-Eléonor DE COQUEBORNE 4, seigneur de Coursenay 3, les Voilerons, Vougré, baron de Villeneuve-au-Chemin, y demeurant ; porte d'argent, à trois coqs de gueule, deux en chef et un en pointe.

6. — Henry DE LA RUE, seigneur de Monfé, la Brosse, demeurant à Monfé; porte d'argent, au chevron brizé de sable accompagné de trois testes de butor arrachées de sable, deux en chef et une en pointe.

7. — Nicolas RÉMOND, seigneur du Cours et de la Renouillère 6, demeurant au Cours; porte de gueules, à trois roses d'argent, deux en chef et une en pointe.

8. — Henry D'HUÉ, seigneur de Vougré, d'Angente, Rentières, demeurant à Vougré ; porte d'azur, au chevron brizé d'argent accompagné de trois tourterelles d'argent, deux en chef et une en pointe.

9. — Charles DE BALATHIÉ, seigneur de Lantage, Vougré, Maleroy et Vaujurenne, demeurant à Lantage ; porte de sable, à la face d'or.

10. — François DE NOËL, seigneur de Buchères, Vesrières, Saint-Martin, Courjerainne, Villetard, demeurant à Buschères; porte d'azur, à une colombe passante d'argent, onglée et becquettée d'or.

11. — Jean-Baptiste DE RICHEBOURG, seigneur de Pouan, y demeurant; porte d'argent, à la bande de gueule.

10. — Edouard DENIS DE LA NOUE, seigneur de Pouilly, Villebaron 7, Clos-le-Roy, La Charme, demeurant à Pouilly;

1 Veuxaulles (Côte-d'Or).

2 Buxières-lès-Villiers (?) (Haute-Marne).

3 Chaudenay (Haute-Marne). 4 Cokborn (de).

5 Courcenay (Yonne).

6 Les Cours et la Renouillère (commune de Saint-Julien).

7 Villebarot.


— 20 —

porte d'or, à la bande de gueule chargée de trois rosésd'argent. :

13. — Nicolas DE MARISI, seigneur de Cervel, Breviande, demeure à Troyes; porte d'azur, à six macles d'or, trois, deux et une.

14. — Simon DE NOEL, demeurant à Buschères; porte d'azur à une colombe passante d'argent, onglée et becquetée d'or.

15. — Pierre-François DE BOUCHER, seigneur de la Chapelle-Poelli, comte de Flogny, y demeurant; porte d'or, à trois écrevisses de gueule, deux en chef et une en pointe.

16. — Charles DE RENARD, seigneur de Villetard, demeurant à Marais; porte de gueule, au léopard à face humaine d'or.

17. — François-Henry DE BAUBER, seigneur de la Grurie, demeurant Bersenay-en-Ote ; porte d'or, au saubtoir d'azur accompagné de quatre aigles éployées de sable.

18.— Antoine DAULNAY, seigneur de Baailly et de Règes, demeurant à Règes; porte d'azur, au coq d'or.

19. — Pierre DAULNAY, seigneur de Viâpre-le-Petit, le Baailly; de Règes, demeurant à Règes; porte d'azur, au coq d'or.

20. — Jean JACQUINOT, seigneur de Montfé en partie, y demeurant; porte d'azur, au chevron brizé d'or accompagné de deux étoiles d'or en chef, et une coquille d'or en pointe.

21. — Jacques ANGENOUST, seigneur de Birouire, demeurant à Bouy 1; porte d'azur, à deux épées d'argent posées en saubtoir, la poignée d'or.

22. — Jacques DE BROÉ, demeurant à Vanlay; porte d'ar- . gent, à la face d'or, une étoile de mesme en chef, et trois treffles de sable en pointe.

23. — Achilles DE GAYOT, seigneur de la Grange2 et de Cussangi, demeurant à Cussangi; porte d'azur, à trois moettes mortenèes 3 d'argent.

1 Bouy-sur-Orvin.

2 Aujourd'hui Les Granges.

3 Mornées.


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24. — Henry DE BEAULIEU, seigneur de La Jesse, Montigny, Bois-Florent, demeurant à Artonnet 3; porte d'azur, à deux étoiles d'argent en chef, et au-dessous un vol de mesme.

25. — Paul DU BOUCHER, seigneur du Plessis, demeurant à

Lusigny; porte d'or, à la face de chargée de trois

fleurs de lys d'or.

26. — Alexandre DE LA RUE, seigneur en partie de Monfé et de la Brosse ; porte d'argent au chevron brizé de sable avec trois testes de butor arrachées de sable, deux en chef et une en pointe ; demeure à Monfé.

27. — Henry DE LA RUE, seigneur en partie de Monfé, servant pour Mademoiselle sa mère, demeurant à Monfé; porte comme cy-dessus.

28. — Nicolas DE BREUSSE, seigneur du Pré, demeurant à Ausson; porte d'argent, à deux chevrons brizez d'azur, accompagnez de trois merles de sable, deux en chef et un en pointe.

29. — François LUDOT, demeurant à Troyes ; porte d'azur, au chef d'or chargé de trois roses de gueules, et plus bas trois glands d'or posez deux et un.

30. — Joseph RÉMOND, seigneur de Chasteau-Chinon, demeurant à Troyes ; porte de gueules, à trois roses d'argent, deux en chef et une en pointe.

31.— Charles DE FAUTRÉ, seigneur de Malet, y demeurant; porte de gueule, à la heure de sanglier de sable.

32. — Antoine LE PERRY, seigneur de La Chaufie et du Mesnil-Fouchat, y demeurant; porte d'argent, à la bande de sable accompagné de deux lions de gueule, couronnez d'or.

33. — Louis DE SAINTE-MAURE, seigneur d'Origny, y demeurant; porte d'argent à la face de gueule.

34. — Jacques LE LIEUR, seigneur de Chas, y demeuraut ; porte d'argent, à la croix endentée d'azur, accompagnée de quatre testes de léopard de gueules.

35. — Nicolas-Louis LE LIEUR, seigneur de Chas et de La Cour-des-Granges, où il demeure ; porte de mesme que cydessus.

1 Artonnay (Yonne).


36. — François-Raphael DE DAMOISEAU, seigneur de La Cour-des-Granges, y demeurant; porte d'azur, à l'aigle, éployée d'or, onglée et becquetée de gueule.

37. — Jacques DE RAMEZAY, seigneur de Cussangi, y demeurant; porte d'azur, chappé au martelé d'or, chargé d'une aigle de sable, et d'azur d'une fleur de lys d'or.

38. — Gaspar DE ROUVOIR, seigneur en partie de Vougré, demeurant à Bernon ; porte d'or, au lyon rampant de gueule, couronné d'or.

39. — Antoine DU BOUCHÉ, seigneur en partie du Plessis1,

demeure à Montreuil; porte d'or, à la fasce de chargée

de trois fleurs de lys d'or.

40. — Edme LE LIEUR, seigneur de Vausselles 2, demeure à Meson; porte d'argent, à la croix dentée d'azur, accompagnée de quatre testes de léopard de gueules.

41. — Lazare de PAMPELUNE, seigneur de Genouilly, y demeurant ; porte d'argent, au loup rampant de sable.

42. — Roger MATÉ, seigneur de La Motte-au-Pelé, demeurant à Monfé; porte d'argent, au chef de gueules chargé d'un vole et demy d'or.

43. — Henry DE LANFERNA, seigneur en partie de Monfé, y demeurant ; porte d'azur, à trois lozanges d'or, deux en chef et une en pointe.

44. — François DE VAUX, seigneur de la Routelle, demeurant à Montreuil ; porte

45. — Jean-Baptiste QUINOT, demeurant à Troyes ; porte d'azur, au chevron brizé d'or accompagné de trois étoiles de mesme, deux en chef et une en pointe.

46. — Samson DU MESNIL, seigneur du Petit-Mesnil et de Chaumesnil, demeurant à Ausson ; porte d'azur, à trois faces d'argent.

47. — Vincent DAUTRUY, seigneur de Busse, y demeurant; porte d'azur ; au chevron brizé d'or accompagné de trois croix d'argent trèflées.

1 Le Plessis (commune de Fresnois). 2 Villecerf?


— 23 —

48. — Denis DE CLERAIN, seigneur en partie de Busse, y demeurant ; porte d'azur, à l'épée d'argent accompagnée de trois pigeons, un sur la pointe, et les deux autres sur la croizée.

49. — Louis-Armand DE L'ESPINACE, seigneur de Lanja et des Noues, y demeurant, près Hervy; porte de gueule, à la bande d'argent brizée d'un lambel aussi d'argent.

50. — Nicolas CHEVALIER, seigneur de Moivre et de Lilotte, demeurant à Chervé; porte d'azur, à un cavalier d'argent; au chef de gueule chargé d'une étoile d'or au milieu, accompagné de deux glands de mesme.

51. — Jean DE LESPINACE, seigneur de Montceaux, y demeurant; porte de gueule, à la bande d'argent brizé d'un lambel aussi d'argent.

52. — Edme DE MONY, servant pour Claude de Mony, seigneur de la Retorée, son père, demeure à Ausson ; porte

53. — Louis DU VERGÉ, seigneur de Courcelles, demeurant à Bagneux, près Méry, servant pour Mademoiselle de Villeprouvée; porte d'argent, à cinq lyons rampans de gueules, un, deux et deux.

54. — Robert DE BOUCHÉ, servant pour Georges de Bouché, seigneur de Lignères, y demeurant; porte d'or, à trois écrevisses de gueule.

Bailliage de Nogent

55. — Edme DE PONSET, seigneur de La Bresse, demeurant à Fontaine-Macon ; porte d'azur, au chevron brizé d'or, un Fénix d'or en chef, et en pointe une teste de Maure de sable, bandée d'or, et au-dessous un renard à queue pendante d'argent.

56. — Simon PARISOT, demeurant à Nogent-sur-Seinne ; porte d'azur, à une teste de léopard d'or.

Bailliage de Chaumont

57. — Claude comte DES BARRES, seigneur de Brechan-


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ville 1, Rimaucourt 2, Beaupré 3, Saint-Martin, et baron de Marac 4, demeure à Brechanville; porte d'azur, à trois coquilles de saint Michel d'or, deux en chef et une en pointe; au chevron brizé d'or.

58. — Henry DE PICOT, marquis de Dampierre, demeure à Dampierre; porte d'or, au chevron brizé d'azur, accompagné de trois fates 5 de gueule en chef au gueule.

59. — Charles DE VAIVRES, seigneur de Fontaines, demeure audit Fontaines; porte d'azur, au saubtoir chargé de neuf billittes d'or.

60. — Claude-Charles LE BOULLANGER, seigneur de Magnicourt, demeure audit Magnicourt; porte d'azur, au lyon d'or.

61. — Gabriel DE MYON, seigneur de Gombervaux, demeure audit Gombervaux 6; porte écartelé de gueule et d'argent.

62. — Antoine DE SAUX, seigneur d'Engente, et d'Arentiers, demeure à Arentiers; porte d'azur, au lyon d'or armé et lampacé de gueule.

63. — Jacques DE TANCE, seigneur de Monbelliat et des Salles, demeure aux Salles ; porte d'azur, à trois espics d'or, barbus.

64. — Antoine DE MONTARBY, seigneur de Freville, demeure à Nevilly; porte d'azur, au chevron d'argent.

65. — Jacques-Antoine-Alexandre DE VILLEMUR, seigneur de Pailhes, demeure à Bonnet 7; porte écartelé d'or aux trois pals de gueule, qui est de Foix, et de gueule au lyon d'or, qui est Villemur.

66. — Louis DU BOUTET, seigneur de Sancy, demeurant à Susolle ; porte d'azur, aux trois croissants d'or, deux en chef et un en pointe.

1 Brechainville (Vosges).

2 Rimaucourt (Haute-Marne).

3 Beauprey (Meuse, commune de Chassey). 1 Marac (Haute-Marne).

5 Falots.

6 Gombervaux (Meuse, commune de Vaucouleurs).

7 Bonnet (Meuse).


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67. — Louis DE MARC, seigneur de Brusseval, demeure audit Brusseval 1 ; porte escartelé, au premier et quatrième, d'azur, au chevron d'or accompagné de trois mollettes de mesme ; aux deux et troisième, de gueule à la croix dentelée d'argent.

68. — Guillaume DE L'ESPINE, seigneur de Saint-Germain, Bodeniecour, et de Nefve Emblois 2 en partie, demeure audit Nefve; porte escartelé, au premier et quatrième, de sable, au tiercelet d'autour d'argent, à vol éployé, portant au bec une branche d'espine de synople rondoyée d'or, aux deux et troisième de gueule bileté d'argent sans nombre, au lion rampant de sable chargé sur l'épaule d'une croix de Jérusalem.

69. — Jean-Jacques LE MIRE, seigneur de La Courtille, demeure à Teinteville 3; porte my-party au premier d'azur, au chevron d'argent accompagné de trois pommes de pin d'or, au second bandé de gueule et d'argent, brizé d'un lionceau de sable sur la première bande d'argent.

70. — Charles-Henry BOYER, sieur d'Orfeuille, seigneur en partie de Trouan-le-Grand ; demeure audit Trouan-le-Grand ; porte d'or, à la bande de gueule chargée d'un lyon rampant d'azur.

71. — Roch DUPUIS, seigneur de Lezeville, demeurant audit Lezeville 4; porte d'or, émanché de sable en chef.

72. — Claude DE LIBAUDIER, seigneur de Sainte-Thuisse, Dommartin-le-Coq, Jasseine et Brandonvilliers 5 en partie, demeure à Brandonvilliers; porte d'azur, à trois testes d'aigle arrachées d'or.

73. — Nicolas DE MAHUET, seigneur de Feys et de l'Isle d'Alichamp, demeure audit d'Alichamp; porte d'azur, aux trois bezans d'or.

1 Brousseval (Haute-Marne).

2 Naives-en-Blois (Meuse).

3 Dinteville (Haute-Marne). 1 Lezeville (Haute-Marne). 5 Brandonvilliers (Marne).


— 26 —

74. — Frédéric DE GALLOYS, sieur de Rampont, seigneur de Sommancourt, demeure audit Sommancourt 1; porte party d'argent et de sable, à un anneau chargé de quatre roses d'argent, et de sable de l'un et de l'autre.

75. — Louis DE RENTY, seigneur de Neuvillette, demeure audit Neuvillette; porte d'argent, aux trois dolloirs de gueule, les deux du chef adossés, et la troisième en pointe.

76. — Thomas LE COMTE, seigneur en partie de Sauvoy, demeure à Sauvoys ; porte my-party d'azur, coupé de gueule, à la main armée d'une épée d'argent, et trois étoiles d'or. r;

77. — Hugues DE RÉMOND, seigneur du Ban Sarazin, demeure à Jasseine ; porte semé de France, au franc quartier d'argent chargé d'une merlette désarmée de sable.

78. — Louis DE BAUVIERS, seigneur en partie de Tancourt, demeure à Feys ; porte de sable aux deux chevrons d'argent.

79. — François RÉMOND, seigneur d'Ormoy, demeure audit Ormoy 3; porte de gueule aux trois roses d'argent.

80. — Christophle DE BEAUFORT, seigneur de Francpas4 et de Potémoht, demeure à Potémont; porte d'azur, au lyon d'argent, en chef trois molettes de mesme.

81. — Pierre DE LAIGLE, seigneur d'Atancour 5, demeure audit Atancour; porte de gueule à l'Aigle éployé d'argent.

82. — Jacques DE BRISEUR, seigneur des Parces et de Rouvrille 6, demeure à Ville-sur-Terre ; porte d'azur à la teste de bellier d'or en fasce.

83. — Nicolas TABOURET, sieur de Monsaugeon 7, seigneur de Vouécourt 8; porte d'azur, à l'aigle d'argent à vol éplbyé,

1 Sommancourt (Haute-Marne).

2 Sauvoy (Meuse).

5 Ormoy-sur-Aube (Haute-Marne).

1 Frampas (Haute-Marne).

5 Attancourt (Haute-Marne).

6 Ravarille (?).

7 Monlsaugeon (Haute-Marne).

8 Vouécourt (Haute-Marne).


— 27 —

perché sur un tabouret d'or, onglé de sable, surmonté d'un chevron brizé d'argent, et deux coquilles de mesme en chef.

84. — Jean-Baptiste DE REMIGNY, seigneur de Billy et de Gigny, demeure à Gigny 1; porte d'azur, à trois fasces d'or chargées au chef de trois estoiles d'argent.

85. — Jean-Baptiste DE LORMEAU, seigneur de Falourdet, demeure à Falourdet; porte d'or, à l'aigle éployée de sable.

86. — Jean DE VARISQUE, sieur de Beauregard et seigneur de Véricourt, demeure à Véricourt; porte d'azur, à deux chevrons brizez d'or, et trois estoiles d'or de mesme, deux et une.

87. — Charles DE VARISQUE, chevalier des ordres de NostreDame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, seigneur de Blumeret 2 et Hambersin 3 en partie, et de Chermement, demeure à Héromagny; porte d'azur à deux chevrons brizez d'or acompagnez de trois estoiles de mesme, deux et une.

88. — Edme DE MONTANGON, seigneur de Crépy, demeure à Crépy; porte gironné d'or et d'azur à dix pièces.

89. — Louis-Armand D'ATESSANTY 4, seigneur d'Anteny et Plumeré 6, demeure à Sauvage-Ménil 6; porte d'azur, à deux chevrons brizez d'argent, surmonté d'un aigle éployé de mesme.

90. — Simon DE RAVIGNAN, seigneur de Chiserain, demeure à Joncreville 7 ; porte d'azur, deux épées d'argent passées en saubtoir.

91. — François DE MONTANGON, seigneur de Crépy, demeure à La Forge, paroisse de Robert-Ménil 8; porte gironné d'or et d'azur à 10 pièces.

1 Gigny-aux-Bois (Marne).

2 Blumerey (Haute-Marne).

3 Humbersin (Haute-Marne, commune de Blumerey). 1 Antessanty (d').

6 Blumerey (?) (Haute-Marne). 6 SauYage-Magnil (Haute-Marne). 7 Joncreuil (?) (Aube). 8 Robert-Magnil (Haute-Marne).


— 28 —

92. — François LE GENDRE, seigneur en partie de Bettoncourt1, demeure à Dolaincourt 2 ; porte d'azur, au bras d'argent, une espée et un croissant de mesme cantonnée de deux estoiles d'or.

93. — Louis DE BEAUVIERS, seigneur de Feys, demeure audit Feys; porte de gueule, une licorne d'or.

94. — Louis DE SAINT-VINCENT, seigneur de Flamerecourt 3, Ville-au-Bois, Remimégny, Colombe, La Fesselantière, demeure à Flamerecourt; porte my-party d'azur et de gueule, à l'aigle d'argent à vol éployé, brochant sur le tout, chargé d'un beuf d'argent, accompagné d'une croix et d'une cloche de mesme.

95. — Valérien DE CONIGANT 4, seigneur de Lentil, demeure à Lentil 5; porte de sable, aux perles 6 d'argent surmontée d'une estoile de mesme.

96. — Pierre DU LYON, seigneur de Rochefort, demeure à Rochefort 7 ; porte d'or, au lyon de sable semé de croix de mesme sans nombre.

97.— Paul DE ROUSSEL, demeure à Prey-sur-Marne 8 ; porte d'azur, à un fer de moulin et deux espics de blé d'or.

98. — Louis DE ROUSSEL, demeure à Trois-Fontaines-laVille 9; porte de mesme.

99. — Joachim DE MINETTE, sieur de Bassinant, seigneur d'Arentiers et d'Agent, demeure à ; porte

100. — Eléonor DE COQUEBORNE 10, baron de Villeneuve-auChemin, sert dans le bailliage de Troyes.

1 Bettoncourt (Haute-Marne). 2 Doulaincourf Haute-Marne). 8 Flammerécourt (Haute-Marne). 1 Conyghans (de).

6 Lanty (Haute-Marne). 6 Au pairie.

7 Rochefort (Haute-Marne).

6 Prez-sur-Marne (Haute-Marne). 9 Trois-Fontaines-la-Ville (Haute-Marne). 10 Cokborn (de).


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Bailliage de Langres.

101. — Thomas LE PETIT, seigneur de Voncourt, Savigny, Fareincourt, demeure à Langres; porte de gueules, au masacre d'argent, ramure d'or.

102. — Jacques DE LA MÉCHAUSSÉE, seigneur de PreyFontaines, demeure à Prey-Fontaines; porte de gueules une main d'argent.

103. — Georges DUBOIS, seigneur en partie de Courchant 1, demeure à Saquené 2; porte d'azur, au saubtoir d'argent renversé, surmonté de trois colonnes d'or.

104. — Louis-Auguste PETIT-JEAN, seigneur de Marcilly, demeure à Essurtille 3; porte d'azur, au chevron d'or accompagné de trois estoiles de mesme, deux en chef et une en pointe.

Bailliage de Sens

105. — Jean-Baptiste DE FLORIGNY 4, chevalier, seigneur de Passy 3, Valère 6, de la Chapelle-sur-Avreuse 7, demeure à Florigny; porte écartelé au premier et dernier de sable, trois roses d'argent en chef, deux en chef et une en pointe, au pale de gueule brochant sur le tout; écartelé de sinoble, au chef d'or chargé d'un lion naissant de gueule.

106. — Louis DE HUMES, seigneur de Ville-dieu, y demeurant ; porte au premier et quatrième de gueule, un lyon rampant d'argent ; armé et lampasé de gueule, au second et troisième d'argent, trois papequais de sinoble, membre et becqueté de gueule.

107. — Jean-Baptiste DU PERRAY, seigneur en partie de

1 Courchamp (Haute-Marne). 2 Sacquenay (Côte-d'Or).

3 Is-sur-Tille(?) (Côte-d'Or).

4 Fleurigny (de) (Yonne).

5 Passy (Yonne).

6 Valéry (?) (Yonne).

7 La Chapelle-sur-Oreuse (Yonne).


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Soubligny, où il demeure ; porte d'azur à la fasce d'or, un chef de frond, trois croissant d'argent, et trois trèfles d'or en pointe.

108. — Maximilien GUILLAUME, seigneur de Marchangy, et de Brassy en partie, demeure à Marchangy; porte d'azur, un massacre d'or surmonté d'un trangle de mesme, chargé au chef cousu d'une estoile d'argent cottoyée de deux roses du second.

109. — Jean DEBUTOR1, seigneur de Montigny, dés Fossey et Senevoy2 en partie; porte d'argent, écartelée d'or aux trois coquilles de gueule, au franc quartier d'azur accompagnée de trois trèfles de sinoble, avec un chevron brizé d'azur.

110. — François BIGNY, seigneur de Senevoy 3, demeure à Lagongère, en Béry; porte d'azur, au lyon rampant d'or accompagné de cinq poissons ou chabos d'argent.

111. — Georges DE CORAIL, seigneur du fief de Talmey, demeurant à Quincy-le-Vicomte 4 ; porte d'azur, fascée de trois bandes d'or.

112. — Claude-David DE CORAIL, sieur de Serrigny, demeure à Rougemont; porte d'azur, fascé de trois bandes d'or.

113. — Louis-Antoine DE BALLATHIER, seigneur de Bragelone où il demeure; porte de sable à la fasce d'or.

114. — Nicolas DE FLAMERY, seigneur de la Fosse, demeure à Montmains, paroisse de Ligne; porte d'or, au chandelier à trois branches d'azur chargées du croissant, avec deux étoiles de mesme.

115. — Paul DUPERRAY, seigneur de La Goffraye, et Soubligny en partie, demeure à Soubligny; porte d'azur, à la fasce d'or, trois croissant d'argent, et trois treffles d'or en pointe.

116. — Pierre RAYER, sieur de Chastillon, demeure à Sens 5; porte

1 Butor (de).

2 Sennevoy (Yonne).

8 Sennevoy (Yonne).

4 Quincy-le-Vicomte (Yonne).

6 Sens (Yonne).


— 31 —

117. — Claude MAS, seigneur des Belquiers et Désormais, demeure à Voisive1.

118. — Charles DE ROUVOIR, sieur Desbordes, demeure à Nice ; porte d'or, au lyon rampant de gueule, couronné d'or.

119. — Michel DE CHAUGY, seigneur en partie de Vezanne, y demeurant; porte eschité 2 au premier et quatrième de sable et d'or, au second [et troisième] de gueule, au croix d'or.

120. — Charles-Antoine DE CHAUGY, seigneur en partie de Vezanne, demeure à Cousegrey ; porte de mesme.

121. — Charles DE RATIER, seigneur Desbordes, demeure à Villeneuve-le-Comte, en Brie; porte d'azur, à trois cornets d'or, liez de gueules.

122. — Jacques DE RATIER, seigneur de Boys-le-Roy, paroisse de Nailly ; porte de mesme.

123. — Guillaume DE MONTCOU, seigneur de La Cassine, où il demeure; port d'argent, à deux chefs 3 affrontez de gueule, portant au chef trois étoiles d'or, une au pied et deux au massacre.

124. — Abraham DARVAL, seigneur de la Tuillerie, demeure à Tonnerre 4; porte d'or, à un faux escu, partie en pal de sable et de gueule, avec trois bandes d'argent.

125. — François VIARD, seigneur Depimelle 5 et de Rignac, et Ancil-le-Serveux 6 en partie, demeure à Pimelle; porte d'or, au fénix de sable sur un buché de gueule chargée d'une bande d'azur aux trois coquilles d'argent.

126. — Jean DE SEJOURNAU, seigneur de Mérdelain, Duché, Montarlot et autres lieux; porte d'azur, à la bande d'or cotoyée de deux croissans couchez de mesme.

127. — Louis DE SENÉ, seigneur de La Motte, de Bel-Air 7,

1 Voisines (?) (Yonne). 3 Echiqueté.

3 Clefs?

4 Tonnerre (Yonne).

5 Pimelles (Yonne).

6 Ancy-le-Serveux (Yonne).

7 Bel-Air (Yonne, commune de Gron).


- 32 —

paroisse de Gron1, demeure à Bel-Air; porte de sable, écartelée un lion à la fasce humaine au premier, et deuxième deux chevrons brisés d'or, au troisième un lion d'or, au quatrième un mouton d'argent.

128. — Edouard-Jouachim DE BEAUREPAIRE, seigneur des Bares, où il demeure; porte d'argent, à l'anneau freté d'or [et] de sable.

129. — Louis DE DROUARD, seigneur de Maupas, demeure à Bligny, sert pour M. de Tavane; porte d'argent, trois pates de loups écorchées de gueules.

130. — Jean-Baptiste HOUDAIN, sieur de La Mote, sert pour Pierre Gaultier, seigneur de Tronchoys 2, FontaineGiry, Roffé 3, et Montserve 4 et autres lieux, demeure à Tonnerre; porte partie d'or et d'argent, au chef de sable chargé d'un soleil, au chevron d'azur brochant sur le tout ; accompagné de ses lambrequins d'or et d'argent.

(Manquent les pages 27 et 28.)

Bailliage de Provain

131. — Estienne-Charles DUDUIC, seigneur de Servolle 5, demeure à Provain ; porte écartelé de gueulle, à quatres voilles de navire d'argent, sur le tout de Hiérusalem.

132. — Charles DE PRADINE, sieur de Chaupautran; porte écartelé au premier et quatrième d'argent, au second et troisième de sable à l'écu fizelé de gueule.

133. — Barthélémy DE COMPIGNY, seigneur de Babi6, demeure à....; porte....

134. — Gabriel-Jacques DE CHAMPAGNE, seigneur Desmures, de Songeville, demeure aux Meures ; porte d'azur, à la bande

1 Gron (Yonne).

2 Tronchoy (Yonne).

3 Roffey (Yonne).

4 Monserve (Yonne, commune de Tronchoy).

6 Servolle ou Villiers (Seine-et-Marne, commune de Coubert). 6 Baby (Seine-et-Marne).


— 33 —

d'argent accompagnée de deux double cotise potencée et contrepotencée d'or, replisée d'azur.

135. — Gabriel DE MUGOT, seigneur de Saint-Aubain, demeure à Nogen-sur-Cesne ; porte véré d'azur et d'argent.

136. — Alexandre LE GENTIL, seigneur de La Cour-Rouge, demeure à ....; porte ....

137. — Armand-Hermenigilde DU Roux, seigneur de Sigy 1, demeure à Sigy; porte d'azur, à trois testes de léopar d'or, deux et un.

138. — Samuel DE PONT, sieur de Flayée, demeure à.... porte ....

(Arch. Aube, B. 3.)

II. — Estat de ceux qui doibvent avoir un homme en leur place ou qui offrent de contribuer à proportion de la valleur de leurs fiefs subjets au ban et arrière-ban convoqué suivant les lettres patentes de Sa Majesté, du 26 febvrier 1689.

1. — Mre Michel-Nicolas DE LONGUEAU, chevalier, seigneur de Saint-Benoist-sur-Vanne, est comparu par Me Nicolas Herdelin, son procureur, qui a offert donner un homme pour servir en sa place avec l'équipage nécessaire.

2. — Noël D'AUTRUY, escuyer, sieur des Carreaux, est comparu en personne, qui a offert bailler Vincent d'Autruy, son fils, seigneur de Bucey, non marié, pour servir, mais n'est pas en équipage à cause que son bien est saisi réellement.

3. — Edme DE DESPENCE, escuyer, demeurant à Lignières, en personne, a offert bailler son fils, aagé de dix huict ans, en luy fournissant par Sa Majesté l'équipage.

4. — Dame Gabrielle DE CUSSEAU, veuve de Messire Isaac

1 Chigy (Yonne). 1889


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de Labadière, chevallier, seigneur de Bonde, Regnault et aultres lieux, a offert donner un homme pour servir Sa Majesté.

5. Pierre BULIN, sieur de Luzancy, cy devant garde du Roy, est comparu en personne, qui a offert donner un homme en sa place s'il avoit du bien, attendu son incommodité de la veüe.

6. — Claude DE MOSNY, escuyer, demeurant à Sernillot 1, parroisse d'Auxon, a offert Edme de Mosny, son frère, pour servir en sa place.

7. — Me Nicolas GOSSEMENT, advocat à la Cour, demeurant à Troyes, tant pour luy que pour ses cohéritiers, a offert de contribuer pour un bois taillis en fief appelle La Vente au Prieur.

8. — Jean et Jacques LES GAUTHIERS, et consors, héritiers de deffunt Edme Gauthier, ont déclaré qu'ils possèdent trois quarts du fief d'Arentiers assis à Courtenot, vallant vingtcinq livres, pour lequel ils offrent contribuer à proportion de la valleur.

9. — Noble homme Jacques Massé, bourgeois de Troyes, est comparu en personne, qui a déclaré qu'il possède le fief de l'Estang-Philippe, duquel il tire par chascun an cent cinquante livres, pour lequel il offre contribuer.

10. — Pierre LE SECQ, receveur de Ricey-Hault, y demeurant, a déclaré qu'il possède cinq ou six arpans en fief, appelé le fief de Montigny-Lajesse, dont il tire six livres de rente, pour lequel il offre contribuer à proportion.

11. — Messire Charles DE LA BAUME, marquis d'Estaiel2 y demeurant, a déclaré qu'il possède les fiefs des Couleuvres et des Couperés, scis au dedans du bailliage, qui vallent lès deux ensemble la somme de vingt livres, pour lesquels il offre de contribuer.

(Archives de l'Aube, B. 3. Copie du temps; non signée.)

1 Chêne-Millot (commune d'Eaux-Puiseaux). » De Montrevel (?)


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III. — Rôle du 11 avril 1690, restitué d'après les extraits signifiés aux personnes convoquées pour le service.

1. — Jean DE ROUVOIR, sieur de Vougrey, y demeurant.

2. — Claude ROSLANT, demeurant à Soumaintrain 1. En personne.

3. — Henry D'ARGILLIÈRES, seigneur de Courgerennes, demeurant à Nagot, paroisse de Sainte-Savine.

4. — Henry-Cécille POT, seigneur de Turgis, demeurant audit Turgis. En personne.

5 et 6. — Guy-Louis et Claude LE LIEUR, tous deux en personne, demeurans à Messon.

7. — Edme DE LA RUE, demeurant aux Maisons-Rouges. En personne.

8. — Charles DE BÉREY, demeurant à Bernon. En personne.

9. — Edme PETIT, demeurant à Troyes, chez MIIe Perron. En personne.

10. — Charles LE LIEUR, sieur du Fossey, demeurant à Saint-Parre-lès-Vaudes.

11. — Antoine LE ROBERT, demeurant aux Bordes de Lantages. En personne.

12. — Jean BARETON, seigneur de Bouranton, y demeurant. En personne.

13. — Jean DU BOURG, seigneur de Blives, y demeurant.

14. — René DE LA COUDRE, seigneur du Plessy-Fontvanne, demeurant audict Fontvanne. En personne. Auquel sera fourny par Michel-Nicolas de Longueau, seigneur de SainctBenoist, armes, chevaux et subsistance.

15. — Achille DE SAC-ESPÉE, demeurant à Malligny 2. En personne.

1 Soumaintrain (Yonne).

2 Maligny (Yonne).


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16. — Louis DE BARBUAT, fils, demeurant à Bernon, bailly d'Ervy. En personne. Auquel sera fourny par son père, armes, chevaux et subsistances.

17. — Louis DE VILLEMORT, demeurant à Villemoiron. En personne.

18. — Pierre DE HARANGUIER, demeurant à Villemoiron. En personne.

19. — François DE BÉRULLE, sieur de La Noue, demeurant audict Villemoiron. En personne.

20. — Antoine D'ARGILLIÈRES, demeurant à Règes.

21. — César DE BELIN, demeurant à Villy-en-Trode. En personne.

22. — Jean DE BÉREY, demeurant au Bas-Villeneuve. En personne. Auquel sera fourny la somme de quatre cens livres» par le Receveur des Consignations à Paris, sur les deniers qu'il a en ses mains de la succession appartenant audict sr de Bérey, conformément à l'ordonnance de 1689 dont sera dellivré exécutoire.

23. — Georges DE VITEL, sieur de la Bande, y demeurant.

24. — Pierre DE BARBUAT, sieur de Maison-Rouge, y demeurant.

25. — François LE PAGE, l'aîné, demeurant à Messoh.

26 et 27. — Guillaume et Antoine DE BAUGIS, demeurant à La Brossotte.

28. — Henry DE LA RUE, seigneur de Chalon, demeurant à Montfey.

29. — Jean DE DISPENCE, pour Edme de Dispence, son père, demeurant à Lignières.

30.— Pierre DE BOEUF, sieur de Verneuil, demeurant à Chastillon.

31. — Anthoine DE MERTRUS, seigneur de Saint-Ouyn 1. Fournira un gentilhomme bier. monté, équipé, et la subsistance.

1 Saint-Ouen (Marne). — Et aussi de la Ville-au-Rois, guivant l'exploit de signification (Archiy. Aube, B. 3.)


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32. — Michel-Nicolas DE LONGUEAU, seigneur de SaintBenoit.

33. — Antoine DE LA MAGDELEINE, comte de Ragny, demeurant à Estourvy.

34. — Odard BAILLOT, sieur de Davrey, demeurant à Troyes.

Surnuméraires : 1° Charles-Henry D'ARGILLIERES, demeurant à Romilly. En personne. Auquel sera fourny par les commissaires aux saisies réelles la somme de quatre cens livres sur les baux judiciaires des biens sur luy saisis conformément à l'ordonnance du Roy, de 1689.

2° Charles DE BOUCHERAT, demeurant à La Rocatelle. Fournira un gentilhomme bien armé, monté, équipé, et la subsistance.

3° Nicolas D'AUBETERRE, seigneur d'Unienville, demeurant à Metrobert, proche Chaource. En personne.

IV. — 27 Avril 1690.

Ordonnance du lieutenant général au Gouvernement de Champagne publiant le rôle arrêté par lui.

Louis SALADIN D'ANGLURE DE BOURLEMONT, duc d'Atrye, marquis de Sy, baron des Armoises et autres lieux, lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Champagne,

Ordonnons que le sieur

1. — René DE LA COUDRE, seigneur du Plessis-Fontvanne, servira en personne sans aucun ayde, attendu que nous sommes instruits qu'il n'en a pas besoing, et en conséquence deschargeons

Rapport du lieutenant-général à Troyes sur la mise à exécution de cette ordonnance.

A Troyes, ce 1er may 1690. Monsieur,

Vous ne debvés point compter sur 30 personnes dénommées dans vostre dernier estât pour parfaire 52 gentilhommes que vous ordonnez pour marcher cette année à l'arrière-ban. Pour vous le faire cognoistre permettez-moy, Monsieur, de vous répondre sur chaque article.

Il est d'abord nécessaire d'en retrancher les premiers, 3, 4, 5, 6 et 7me, qui sont au nombre de ceux compris dans le roolle que vous avés arresté le unziesme du mois dernier


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Michel-Nicolas de Longueau, seigneur de Sàinct-Benoist-sur-Vanne, de luy fournir aucunes choses ; et servira aussy leditct

2.— DE LONGUEAU en personne ou fournira un gentilhomme esquipé d'armes, chevaux et subsistances, conformément à nostre ordonnance, attendu qu'il ne rapporte aucun certificat de ses prétendues excuses, desquelles nous le déclarons déchu, conformément à l'ordonnance de Sa Majesté.

3. — Achilles DE SAC ESPÉE, demeurant à Malligni, servira en personne et luy sera fourny sur les taxes la somme de deux cent cinquante livres, pour d'icelle somme celle de deux cent livres estre emploiée en l'achapt d'un cheval, en cas qu'il en aye besoin, et le surplus luy estre fourni lorsqu'il sera au service, pour l'ayder à subsister; et au cas qu'il n'aye pas besoin de cheval, sur laditte somme de deux cent cinquante livres ledit receveur des taxes retiendra en ses mains celle de cent quatre vingt livres pour luy estre fourny pendant qu'il servira, et celle de soixante livres de surplus luy sera incessamment fournie pour l'ayder à s'esquiper.

4. — Louis DE VILLEMORT, demeurant à Villemoiron, servira en personne, et luy sera fourni par le receveur des taxes la somme de deux cent cinquante livres, etc. (comme au n° 3).

5. — Pierre DE HARANGUIER, demeurant à Villemoiron, servira en personne, et luy sera fourni par le receveur des

que je croit réduict à 22 hommes pour faire avec les 30 du dernier estât le nombre de 52.

Le 2me des 30 sera adverty.


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taxes la somme deux cent cinquante livres, etc. (comme au n) 3).

6. — François DE BÉRULLE, sieur de La Noue, servira en personne, et luy sera fourni par le receveur des taxes la somme de deux cent cinquante livres, etc. (comme au n° 3).

7. — César DE BELIN servira en personne, et luy sera fourny par le receveur des taxes la somme de deux cent cinquante livres, etc. (comme au n° 3).

Nicollas D'AUBETERRE, sieur du Mennille 1 demeurera deschargé du service de l'arrière-ban, attendu son grand aage et qu'il n'est en estat de servir.

8. — Le sieur DE BOUCHER, comte de Flosgny, servira en personne avec deux chevaux, équipera l'un, de vingt louis d'or, pour sa monture, un bidet et soixante livres pour son valet.

9. — Josias LE COURTOIS montera et équipera le sieur Pierre DE BOEUF auquel il fournira un cheval de vingt louis d'or, sellé et bridé, avec pistollets et foureaux, un bidet de vingt escus, et payera ès mains du receveur establi aux taxes du bailîage de Troyes la somme de soixante escus pour sa subsistance, à raison de quarante sols par jour, pour trois mois.

10. — Henry DE LA RUE, seigneur en partie de Mousey 2 et de La Brosse, équi8.

équi8. C'est le sieur de Boucher, comte de Flogny, qui a servy à l'arièreban de l'année dernière, par conséquent exempt comme les autres. Il a mesme d'austres excuses qu'il peut faire valoir; aiez donc la bonté de vous expliquer sur son article.

9 et 10. — Il sera difficile de faire exécuter ce que vous leurs prescrives, particulièrement N... 3 qui m'a paru hors d'estat et fort peu accomodé en biens. Nous ne cognoissons pas mesme les sieurs Pierre de Boeuf et Jean du Pont, qu'ils doibvent équiper.

(En marge :

Depuis j'ay trouvé les comparutions desdits de Boeuf et du Pont, et ce dernier est encore emploiié dans le mesme estat, cotté 22, en telle sorte que les cottes 10 et 22 ne doibvent passer que pour une.)

1 Unienville. 2 Montfey. 3 Nous supprimons le nom qui est en toutes lettres dans l'original.


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pera le sieur Jean DUPONT, auquel il fournira un cheval de vingt louis d'or, sellé, bridé, un bidet et soixante livres, et payera ès mains du receveur estably aux taxes du baillage de Troyes, la somme de soixante escus pour sa sub - sistance à raison de quarante sols par jour pour trois mois.

11. — Louis RAVAUD servira en personne, équipé et monté sur un cheval de vingt louis d'or, et aura un bidet de vingt escus pour son valet.

12. — Louis DE BARBUAT fils, servira en personne, monté et équipé comme en l'article précédent dudit sieur Louis Ravaud, et sera fourni audit Louis de Barbuat par le commissaire des saisies réelles la somme de quatre cents livres sur les baux judiciaires des biens saisis sur François de Barbuat, son père, conformément à l'ordonnance de Sa Majesté de mil six cent quattre vingt neuf.

13. — Odart BAILLOT sera dispensé du service personnel attendu ses incommodittés et fournira un gentilhomme auquel il fournira un cheval de vingt louis d'or, un bidet de vingt escus, scellés et équipés, et payera ès mains dudit receveur des taxes la somme de soixante escus pour sa subsistance, à raison de quarante solz par jour, pour trois mois.

14. — Charles LE LIEURE, fils de Jacques Le Lieure, servira en pér11.

pér11. Louis Ravault est actuellement depuis 20 ans à la Cour, ne quitte point Monseigneur à la chasse, estant premier gcntilhome de M. le duc de La Rochefoucault, demeurant en son hostel et n'ayant aucun domicilie en Champagne.

12me. — Louis de Barbuat. Il est compris dans le 1er roolle dont cyaprès sera parlé.

13. — Sera adverty.

14. — Charles Le Lieur. C'est, je croit, le mesme compris dans le


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sonne, monté et équipé sur un cheval de vingt louis d'or, et aura un bidet de vingt escus pour son vallet.

15. — Anthoine DE LA MAGDELAINE servira en personne, monté et équipé comme en l'article précédent.

16. — François DE HARVILLE DES URSINS servira en personne. Idem.

17. — Pierre-François MOLE servira en personne. Idem.

18. — Georges DE VITET, sieur de La Bande, servira en personne. Idem.

19. — Pierre LE GRET, sieur de Maison-Neuve, servira en personne. Idem.

20. — François RÉGNIER servira en personne. Idem.

21. — Le sieur DE MAISON-ROUGE 1 servira en personne. Idem.

22. — Le sieur DUPONT, seigneur de Beaulieu, servira en personne. Idem.

23. — Le sieur BALANGÉ DE VERAISE, proche Pontigny, servira en personne. Idem.

24. — Le sieur LE PAGE, l'aisné, servira en personne. Idem.

1er roolle, marqué le 10me. Cela sera esclairsy.

15. — Anthoine de La Magdelaine. C'est un bailly d'espée au bailliage de La Montagne, en Bourgonne, où est son principal domicilie, où il doibt plustot le service à la teste de la noblesse de son bailliage. Vous en ordonnerés néanmoins, Monsieur, ce qu'il vous plaira.

16. — François de Harville des Ursins. C'est M. le marquis de Palaiseau de Treisnel, qui est souvent à la Cour, homme de grande qualité, demeurant ordinairement à Paris, venant rarement à Treinel scitué dans nostre bailliage; par conséquent il seroit difficile de le faire marcher en personne.

17. — Pierre-François Mole est exempt par ordre de la Cour, comme l'année passée.

18. — George de Vitel. Sera adverty.

19 et 20. — Pierre Le Gret et François Régnier. Sont incogneus.

21, 22, 23, 24, 25 et 26. — Seront advertis.

1 Pierre de Barbuat. (Voir rôle du 11 Avril, n° 24.)


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25. — Le sieur DE BÉREY DE VAUDE1 servira en personne. Idem.

26. — Le sieur DE TREUILLE DE VILLEMORON, servira en personne. Idem.

27. — Le sieur DE BÉRULLE, de Villemoron, servira en personne. Idem.

28. — Le sieur DE LIGNIENVILLE servira en personne. Idem.

29. — Le sieur DE PIERRE 5, proche Marigni, servira en personne. Idem.

30. — Le fils aisné de la vesve DAMOISEAU, demeurant à Chaource, servira en personne. Idem.

Ordonnons en outre qu'il sera incessamment procédé par le bailly de Troyes à la taxe des gentilshommes et possédans fiefs, inhabiles au service de l'arrière-ban, conformément et au désir de l'ordonnance et de l'ancien uzage, et notamment de Daniel DE GUMERY, Nicollas HEDELIN, Jean COMPAROT, Estienne DE BUDÉE, René DE FLEURIGNI, Anthoinette DE LA CHAPELLE, Louis DE BELLANGER, Edme DE MOREAU, Louis QUINOT, le sieur Comte DE CLERMONT, Odart DE MARIZY, François et JeanBaptiste DE LA MAGDELAINE, Joseph LE

27. — Le sieur de Bérulle, cydevant cotté 6.

28. — Le sieur de Lignienville. Incogneu. Il poeut estre d'Obterre d'Unienville qui est marqué exempt.

29. — Le sieur de Pierre, proche Marigny. Incogneu. Je cognois un gentilhomme demeurant dans Marigny, à peu près du mesme nom, mais est du bailliage de Sens. Il ne possède aucuns fiefs, dans le bailliage de Troyes, ce qui me faict juger que l'on c'est abusé dans les mémoires particuliers que l'on vous a envoyez.

30. — Le fils aisné de la yefve Damoiseau. Sera adverty.

Je prends encore la liberté, Monsieur, de vous remarquer que nostre premier roolle, qui contient 26 gentilhommes, je ne le comprends que pour 22. Cela faict avec; les 30 dn dernier estât, sy rien n'y mancquoit et que quelques uns ne fussent pas pas emploiez 2 fois, les 52.

Les 4 surnuméraires du 1er roolle sont :

Charles BOUCHERAT, que vous exemptez par une lettre particulière escritte à Monsieur le bailly ;

Nicolas D'AUBETERRE, exempt aussy par vostre dernier estat;

Charles-Henry D'ARGILLIËRES. Le commissaire aux saisies réelles n'a point d'argent sans quoy il n'est pas en estât de s'équiper.

Le sieur DE BARBUAT est à peu près dans la mesme espèce.

1 Edme de Berey, seigneur de vaudes. 2 Dierrey (?).


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MIRE, Edme DE VEILLART, Pierre DE VIENNE, seigneur de Torvilliers, Pierre DE VIENNE, docteur de Sorbonne, Edme MASSON, Claude MAUROY, Gabrièle DE BUSSI, Claude DARE, Marie DARE, le sieur Marquis D'ARQUIN, AntoinetteElisabeth de , vesve de feu

messire Guillaume DE POSHEPERON, Claude CORDIER et la vesve Jean CORDIER, Jeanne DE MAUROY, Nicollas BAILLOT, seigneur de Courtelon, et tous auttres, possédans fiefs qui n'auront justiffié excuses légitimes desquelles il a, demeureront dès àprésent descheus, suivant et au désir de l'article six de l'ordonnance de Sa Majesté, de l'année. mil six cent trente neuf. Faict et arresté à Reims le vingt septiesme avril mil six cent quattrevingt dix.

(Signé) : Le duc D'ATRYE.

Ordonnons, en outtre, que ceux cydessus à taxer dont le revenu des fiefs montera à neuf cent livres fourniront

Les 2 derniers sont gens difficiles qui ne se veulent donner aucuns mouvements et qui dissent que si l'on ne leur donne ce que vous avés ordonné ils ne marcheront pas.

J'ay creut, Monsieur, estre obligé de vous informer de ce que je me donne l'honneur de vous escrire, affin de pouvoir faire un nouveau roolle. Il sera plus certain après la comparution de ceux marquez cydessus, que j'ay fait advertir comme il est dit cy devant.

J'ay conféré avec M. vostre bailly qui ne poeut donner d'austres instructions. Il m'est convenu que le mémoire particulier, qu'il vous a envoiez tel que l'on luy a donné, de quelques uns qui n'ont pas faict leur comparution, que la plus part de ceux y dénommez ne sont point cogneus de luy, et c'est ce qui poeut avoir causé l'erreur.

Je suis obligé, Monsieur, de vous mander que cette année plusieurs personnes ont négligé de faire leur comparution et de raporter des certificats de service ou pour justifier leurs excuses parcequ'ils le firent l'année dernière. Il y en a mesme quelques uns de qui je n'en ay pas exigé parceque tout le pays sçay que ses Mrs sont actuellement dans le service parmy les troupes, et que se seroit les vexer que d'envoier faire des saisies sur des personnes qui sont en Irlande ou autres pays esloignez.

Nous avons d'ailleurs plusieurs personnes de qualité, et bourgeois de Paris, à cause de la proximité, qui possède les terres les plus considérables de nostre bailliage.

Il ne me reste, Monsieur, qu'à vous répondre sur les taxes des inhabiles pour paier les frais et ceux auxquels vous avés jugé à propos que l'on en fournise afin de les mettre en estat de faire le service: de


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un gentilhomme équipé, et où il y en auroit qui monter oient à deux mille livres fourniront. deux gentilshommes équipés, et au-dessus à proportion. Faict à Reims les jour et an que dessus.

(Signé) : Le duc D'ATRYE.

(Au bas) : Par Monseigneur MOREAU.

l'humeur dont ils sont ils ne se metteroient point en campagne que cela ne leur soit délivré. Il fault aupara-. vant recouvrer les taxes, ce qui n'est pas de l'argent comptant.

Cependant à mon esgard je croit estre plus advancé que les austres mes confrères, parceque suivant les ordres de Monsieur l'Intendant j'ay faict l'hiver dernier presque loultes les taxes, et cela a desjà produict près de douze cens livres qui sont en nostre greffe, et il en pouroit revenir encore autant sans: plusieurs difficultés qui se trouvent dans l'exécution. Mais comme les taxes que j'ay faictes par ordre de la Cour et que Monsieur l'Intendant m'a ordonné de ne m'en point désaisir sans un ordre exprès de luy, je vous supplie trez humblement, Monsieur, si vous vouliez disposer de cet argent en faveur des cinq gènlilhommes auxquels vous donnez 250 tt chacun, de vouloir bien en donner avis à Monsieur l'Intendant afin que cela se fasse avec sa participation. II m'a faict l'bonneur de m'escrire plusieurs fois au suject de ses taxes, dont je luy ai rendu compte, et il m'a tousjours dict que s'estoit l'intention du Roy que ses officiers qui ont commandez l'année passée l'arrièrehan fussent paiez de leurs apointemenfs ; que le fonds des taxes estoit pour cela destiné et ne debvoit point estre diverty ailleurs. Aiez la bonté sur le tout de vouloir décider et de donner vos ordres que j'exécuteray ponctuellement, puisque je suis avec beaucoup de respect,

Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur,

DE CHAVAUDON, Lieutenant général à Troyes.

(Arch. de l'Aille. B. 3.)


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V. — Mai 1690. — Pièces produites à fin d'exemption par des personnes convoquées pour le service du ban et arrière-ban 1.

1. — Le sieur NORTAS, de Villeloup, sur la sommation à luy faitte de se tenir prest pour servir dans l'arièreban, par exploit de Miley, huissier, du 29 may 1690, remonstre qu'il est hors d'estat de pouvoir servir tant à cause de son grand âge qu'indisposition, estant septuagénaire, ce qu'il justifie par son extrait baptistaire du 2 juin 1620 et certificat du médecin chirurgien juré déposés au greffe ; joint mesme qu'il a esté taxé pour son fief de Villeloup sis en ce bailliage. Et en conséquence a requis d'estre dispensé.

Extrait d'un registre des baptesmes de l'église paroissiale de saint Jean de Troyes : Le cinquiesme julliet mil six cent vingt, Jean, fils de Claude Nortas, bourgeois de Troyes, et de dame Marie Largentier, sa femme, a esté baptisé cejourd'huy 5e julliet 1620, le parein vénérable et discrète personne, Monsieur frère Jean Nortas, prieur et trésorier de St Martinès-ajTes de Troyes, la mareine damoiselle Marie Guilliaume, femme de Monsieur le conseillier Gauthier.

Je soussigné, prestre, curé de ladite église, certifie que cet extrait est véritable. A Troyes, ce 24e may 1690.

LOMBARD.

2. — Le sieur Nicolas PÉRICARD, le jeune, est comparu par maistre Jean Mouton, son procureur, pour son absance, lequelle a remontré qu'il n'est pas habitant de la ville de Troyes et ne possède aucuns fiefs dans ledit baillage, mais demeure ordinairement à Paris depuis plus de quinse ans, et partant soutient estre deschargé du service de l'arièreban pour ledit bailliage de Troyes.

3. — Du mercredy 31 may 1690, à midy. Est comparu le sieur ANDRY DE MONSERVE, en personne, qui nous a remons1

remons1 dans la pièce suivante (rôle supplémentaire) la décision prise à leur égard.


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tré qu'il ne possède aucune terre qui l'oblige à servir, et n'a jamais pris la qualité d'escuyer; que, de plus, qu'il est incommodé d'une forte et fréquente migraine qui le plus souvent arrive après une fatigue, pour petite qu'elle soit, oultre quelques aUltres incommodités qui ne luy permettent point d'user absolument de vin, ce qui le met hors d'estat fort souvent de faire le moindre voyage, ainsy qu'il a justifyé par le certificat de médecin de cejourdhuy, signé Rémond.

VI. — 24 juin 1690. Ordonnance fixant le rôle supplémentaire.

Louis SALADIN D'ANGLURE DE BOURLEMONT, duc d'Atrye, marquis de Sy, baron des Armoises, etc., lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Champagne,

Ordonnons aux srs gentilhommes et auttres vivants noblement, desnommés en la présente ordonnance, et du bailliage de Troyes, de sattisfaire incessamment au contenu d'icelle pour se rendre au premier juillet prochain en la ville du Mans et y joindre la noblesse de l'arièreban de Champagne pour estre incorporés dans l'escadron de Reims commandé par Monsr le comte de Vezilly, à peine, faute d'y sattisfaire, d'estre poursuivis suivant la rigueur portée par les ordonnances de sa Majesté; et à cet effect enjoignons au sieur lieutenant-général de Troyes et au sr procureur du Roy de tenir la main à l'exécution de la présente ordonnance, à peine d'en respondre en leur propre et privé nom, sçavoir :

1. — Le sr Edme MOREAU, sr de Sizet, demeurant aux Maisons, près Chaourse, attendu son grand aage et ses infirmités, fournira un gentilhomme armé, monté et équipé, avec la subsistance, suivant nos ordonnances.

2. — Le sr Pierre DE PALLUAN, seigneur dudit lieu et auttres, fournira un gentilhomme comme dessus.

3. — Le sr comte DE CLERMONT, seigneur de Dannemoine,


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attendu son indisposition et son grand aage, fournira un gentilhomme comme dessus.

4. — Le fils aisné de la vesve DAMOISEAU, de Chaourse, marchera en personne, armé, monté et équipé suivant nos ordonnances.

5. — Le sr Anthoine DE BAUGI, sieur de La Brossette, marchera en personne comme dessus.

6. — Le sr Andry DE MONTSERVE, de Troyes, marchera en personne comme dessus, ou fournira un gentilhomme comme dessus.

7. — Le sr NORTAS DE VIRLOU, de Troyes, attendu son grand aage, fournira un gentilhomme comme dessus.

8. — Le sr ROBERT marchera en personne comme dessus.

9. — Le sr PICTORIS, de Troyes, marchera en personne ou fournira un gentilhomme comme dessus.

10. — Les deux srs PÉRICARD, frères, de Troyes, marcheront en personne ou fourniront chacun un gentilhomme comme dessus.

11. — Le sr LEFEBVRE, fils, fournira un gentilhomme comme dessus.

12. — Le sr marquis DE VANDEUVRE, seigneur de Villeneuve, fournira un gentilhomme comme dessus.

13. — Le sieur marquis DE RAGUIER DE POUSSÉ fournira un gentilhomme ainsy qu'il est dit cy devant.

14. — Le sieur des Forges, POTRA, marchera en personne comme cy devant.

15. — La dame DE BARAILLON fournira un gentilhomme comme cy devant, c'est à dire monté, équipé, avec la subsistance, suivant nos ordonnances.

Le présent estât faict, arresté et dellivré au sieur lieutenant général de Troyes, le vingt quattre juin mil six cent quattre vingt dix.

(Signé) : Le duc D'ATRYE.

(Au bas) : Par Monseigneur, MOREAU.


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VII. — 1690.

Bailliage de Chaumont. De par le Roy,

Louis SALADIN D'ANGLURE DE BOURLEMONT, duc d'Atrye, marquis de Scy, baron des Armoises et autres lieux, lieutenant général pour le Roy au gouvernement de Champagne.

Veu l'ordre du Roy, à nous adressant, en datte du 23 may présent mois, signé Louis, et plus bas Le Tellier, ordonnons, aux gentilshommes du bailliage de Chaumont-en-Bassigny par nous commandez pour servir à l'arrierban de la présente année, de se trouver au bourg de Vendeuvre le vendredy seize du mois de juin prochain, tous bien montez, armez et équipez suivant les intentions de Sa Majesté, et les ordres par nous cydevant donnez pour se rendre le lendemain mâtin dix-septième en la ville de Troyes, avec Monsieur le bailly de Chaumont ou son lieutenant général à leur tête, qui tiendra la main à ce que le nombre des commandez soit complet; auquel lieu nous délivrerons, à celuy qui les commandera, les ordres de Sa Majesté et les routtes qu'ils doivent tenir. Donné à Reins, le vingt six may mil six cens

quatre vingt neuf 1.

(Signé) : Le duc D'ATRYE.

(Et plus bas) ; Par Monseigneur,

MOREAU.

Rolle des gentils-hommes qui doivent marcher à l'Arrier-ban.

Messieurs,

1, — Nicolas DE PONS, de Bouvigny.

2. — Charles DE CHOISY, de Thyéblemont.

1 Malgré cette date, l'ordonnance n'a dû être mise à exécution qu'en 1690. Cette dernière date est celle du procès-verbal de signification imprimé an bas du rôle, et d'autre part on lit en écriture du temps, au dos de la pièce : Rosle des gentilhommes de Chaulmont 1690. — Cette liste n'a d'ailleurs aucun rapport avec celle de 1689, publiée page 23.


— 49 —

3. — Gaspard DE PONS, de Roches.

4. — Nicolas DE MONTARBY, de Dampierre.

5. — Nicolas DESCHAMP, de Riez-Dessus.

6. — Guillaume PHILIPPE, d'Arrenthyère.

7. — Bernard DE SOMMIÈVRE, de Montbras.

8. — Claude-Antoine DE RÉANCE, d'Avranville.

9. — Nicolas DE VUASSANT, de Mertrud.

10. — Antoine D'ARBAUD, de Porchère, pour le sieur de Bernon et pour luy.

11. — Claude DELARVE, de Mareilles.

12. — Pierre DEGRAND, de Roocourt.

13. — Charles-Henry LE COMTE, de Sauvoy.

14. — Antoine-François HALDAT, de Bonnet.

15. — Louis DE MONTANGON, de Crespy.

16. — Anne DE MONTANGON, de Crespy.

17. — Louis DE SAINCT-VINCENT,de Narcy,pour le sieur du Chatelet.

18. — Edme DU MÉGNIL, pour le sieur de Choiseul, de Meuze.

19. — François DE BOSSANCOURT. La Baulme, pour le sieur de Vaivre et pour luy.

20. — Nicolas DE LARUE, de Fresnay.

21. — Louis-Henry DE BURY, de La Cheize.

22. — Simon DE RAVIGNAN, pour le sieur comte de Brienne.

23. — Claude-Gustave DES SALLES, de Malpierre.

24. — François DE MONTBIÉ, pour le sieur de l'Aigle, de Champgerbault.

25. — Bernard DE PAILLETTE, du Petit Serin, pour le sieur Legras, de Chaumont.

26. — François DE POINTE, de Mareilles.

27. — Daniel DE LA COUR, de Burey-la-Côte.

28. — DECHAPT D'EPAVILLONS, de Sommairement.

29. — Joachim DE BALIDAS, des Grandes-Côtes.

30. — Jean-Baptiste DE KARENDEFEX, de Chaudenay.

31. — Jacques DE BALEINE, de Maisons, pour le sieur de Baudeson et pour luy.

32. — François DE PAILLETTE, de Chaumont.

33. — Alexandre DE CHOISEUL, d'Ambonville.

1889 4


— 50 —

34. — Claude-Antoine DE MONTARBY, de Charmoille.

35. — Mathieu DE RÉMOND, du Petit-MégniL

36. — François DE PANPELUNE.

37. — Claude DE LIBAUDIÈRE, de Brandonvilliers.

38. — Joachim DE MINETTE, de Bassignars 1.

39. — René DE BOSSANCOURT, de Bétignicourt.

40. — Louis DES RÉAUX, de Cocquelois.

41. — Georges LE PAULLE, de Villemoirron, pour le sieur Dumetz, de Saint-Hutin.

42. — Jacques DE VIENNE, d'Argentenay.

43. — François D'ALLICHAMP, d'Epagne.

44. — Charles DE NOGENT, de Cunfin.

45. — Antoine LE CLER, de Vrainville.

46. — Jacques DE BOEUF, de Varenne.

47. — François DU BUISSON, de l'AutrevilIe.

Gentils-homme non montez.

48. — Pierre DE LA MOTHE, de Braux.

49. — Jean DE CRENAY, de Blaize.

50. — Jacques DU MÉGNIL, du Petit-Mégnil.

51. — René DE CHASSÉ, de Brillecourt.

52. — Pierre DE COUSSEY, de Balignicourt.

53. — Nicolas DU MÉGNIL, de Chaumégnil.

54. — François DE BÉGAS, de Jasseine.

55. — François DE BOEUF DE CHAMBARAS, de Droye.

56. — Antoine DE FLIGNY, de Chaumégnil.

57. — Jean DU MÉGNIL, de Chaumégnil.

58. — Marcq-Antoine DU MÉGNIL, de Chaumégnil.

59. — Nicolas CLÉRY, d'Erié-Dessus 3.

(Arch. de l'Aube, B. 3. Placard imprimé.)

1 Bassignan.

2 De Riel-Dessus (Côte-d'Or).


51 —

VII. — 13 avril 1691. 1

De par le Roy, Monsieur le bailly de Troyes et Monsieur le Lieutenant général,

il est ordonné aux gentilhommes et aultres subjects au ban et arrière-ban de Sa Majesté, cy-après nommez, de se trouver au mardy 24 du présent mois, quatre heures après midy, audevant du palais royal de Troyes, montez, armez et équipez, pour l'exécution des ordres du Roy, aux peines portées par les ordonnances. Faict à Troyes, le treize avril mil six cens quatrevingt onze.

Messieurs.

1. — Achille DE GAYOT, seigneur de La Grange et de Cussangy en partye, y demeurant.

2. — Alexandre DE LA RUE, seigneur en partie de Monfé et de La Brosse, y demeurant.

3. — Anthoine DAUNAY, seigneur de Bailly et de Règes, y demeurant.

4. — Anthoine DE BOUCHER, seigneur en partye du Plessis, demeurant à Montereuil.

5. — Anthoine LE PERRY, seigneur de La Chaufie et du Mesgnil-Fouchard, y demeurant.

6. — Charles DE BALATHIER, seigneur de Lantage, y demeurant.

7. — Charles DE BOUCHERAT, seigneur de la Rocatelle, y demeurant.

8. — Charles de Fautré, seigneur de Mallet, y demeurant.

9. — Charles DE REGNARD DE VILLETARD, demeurant à Marais.

10. — Edme-Eléonord DE COQUEBORNE, baron de Villeneuve-au-Chemin, y demeurant.

11. — Edme LE LIEUR, seigneur de Vauxelles et de Messon, y demeurant.

1 Cette pièce a été imprimée en placard.


12. — Edme DE MONY, tant pour luy que Claude DE MONY, son père, seigneur de La Retorée, demeurant à Auxon.

13. — Edouard DENIS, seigneur de La Noue et de Pouilly, demeurant à Troyes.

14. — François DE NOEL, seigneur de Buchères, Verrières et autres lieux, demeurant à Buchères.

15. — François-Henry DE BAUBER, seigneur de La Grurie, demeurant à Bercenay-en-Othe.

16. — François-Raphael DE DAMOISEAU, seigneur de La Cour des Granges, y demeurant.

17. — François DE VAULX, seigneur de la Routelle, demeurant à Montereuil.

18. — François LUDOT, demeurant à Troyes.

19. — Gaspard DE ROUVOIR, seigneur en partie de Vougré, demeurant à Bernon.

20. — Henry DE LA RUE, seigneur de Monfey, y demeurant.

21. — Henry DE HUÉ, seigneur de Vougré, y demeurant.

22. — Henry DE BEAULIEU, seigneur de La Jesse, demeurant à Artonnet.

23. — Henry DE LA RUE, seigneur en partie de Monfé, y demeurant, tant pour luy que la damoiselle sa mère....

24. — Henry DE LENFERNA, seigneur en partye de Monfé, y demeurant.

25. — Jacques ANGENOUST, seigneur de Birouire, demeurant à Bouy.

26. — Jacques DE BROUÉ, demeurant à Vanlay.

27. — Jacques LE LIEUR, seigneur de Chast, y demeurant.

28. — Jacques DE RAMEZAY, seigneur de Cussangy, y demeurant.

29. — Jean DE RICHEBOURG, seigneur de Pouan, y demeurant.

30. — Jean DE LESPINASSE, seigneur de Monceaux, y demeurant.

31. — Jean JAQUINOT, seigneur en partye de Monfé, y demeurant.

32. — Jean-Baptiste QUINOT, demeurant à Troyes, tant pour luy que son père.

33. — Lazare DE PAMPELUNE, seigneur de Genouilly, y demeurant.


— 53 —

34. — Louis-Armand DE LESPINASSE, seigneur de Laugés et de Noues, y demeurant.

35. — Louis DE SAINTE-MAURE, seigneur d'Origny, y demeurant.

36. — Luc DE VAUX, seigneur de la Routelle, demeurant à Montereuil.

37. — Nicolas RÉMOND, seigneur des Cours, y demeurant.

38. — Nicolas DE MARISY, seigneur de Cervel, demeurant à Troyes.

39. — Nicolas-Louis LE LIEUR, seigneur de Chaast et de La Cour des Granges, y demeurant.

40. — Nicolas CHEVALLIER, seigneur de Moyvre, demeurant à Hervy.

41. — Nicolas DE BREUZE, seigneur du Prey, demeurant à Auxon.

42. — Paul DE BOUCHER, seigneur du Plessis, demeurant à Lusigny.

43. — Pierre-François MOLE, seigneur de Villy et de Villemereuil, y demeurant.

44. — Pierre-François DE BOUCHER, comte de Flosgny, y demeurant.

45. — Pierre DAUNAY, seigneur en partye de Bailly et de Règes, y demeurant.

46. — Richard DE FAUTRAY, seigneur de Mallet, y demeurant.

47. — Robert DE BOUCHER, tant pour luy que pour Georges de Boucher.

48. — Sanson DU MESGNIL, seigneur du Petit-Mesgnil, demeurant à Auxon.

49. — Simon DE NOEL, demeurant à Buchères.

50. — Thomas DE LA CHAPPELLE, seigneur de La Noue, demeurant à Sainct-Pars-lez-Vaudes.

CHAPELLENNES, Guillaume DE CHAVAUDON.

Grand bailly de Troyes.

DE LA CHASSE. DROUIN.

(Arch. Aube, B. 3).


54 —

VIII. — 18 avril 1691. — Extraict de l'ordonnance de Monsieur le duc d'Atry, marquis de Scy, lieutenant-général pour le Roy au gouvernement de Champagne, ayant les ordres de Sa Majesté pour le faict de l'arrièreban, contenant les noms des gentilhommes cy-après nommez qui doivent servir audit arrierban la présente année ou qui doivent fournir des gentilhommes bien montez, armes et équipes, avec la subsistance.

Les Sieurs

1. — Le marquis DE BLAIGNY, demeurant audict Blaigny, servira en personne.

2. — Guy-Louis LE LIEUR, seigneur de Messon, y demeurant, marchera en personne.

3. — Charles-Henry D'ARGILLIÈRES, demeurant à Rumilly, marchera en personne, et luy sera délivré sur le prix des baux judiciaires de ses biens saisis jusques à la concurrance de quatre cens livres à quoy faire les fermiers dépositaires, receveurs et commissaires des saisies réelles contraintes comme pour affaires du Roy.

4. — Louis-Nicolas LE LIEUR, seigneur de Chast, demeurant aux Granges, servira en personne et sans ayde.

5. — Daniel DE GUMERY, seigneur de Chemin et de La Vacherie, y demeurant, servira en personne.

6. — Claude DE MOSNY, seigneur de La Retorée, demeurant à Chemillot 1, servira en personne et sans ayde.

7. — Anthoine DAMOISEAU, seigneur de La Bande, demeurant à Chaource, servira en personne.

8. — Roger MATHÉ DE GRENONVILLE, seigneur de La Motte-au-Peley, demeurant à Monfey, servira en personne.

9. — François DE VILLEMONTÉE, seigneur de Montigny, y demeurant, marchera et sans ayde.

1 Chesne-Millot, suivant l'exploit de signification.


— 55 —

10. — Edme DESPENSE, seigneur de Lignières, demeurant à , servira en personne et sans ayde.

11. — Jean DE BUTORT, seigneur de Montigny, demeurant à Lusigny, marchera en personne. Le service qu'il allègue que rend son fils en qualité de dragon ne l'exempte pas, quand il seroit véritable, attendu que le Roy ne prétend point que sa noblesse le serve autrement que dans sa Maison, officier dans ses troupes ou bien cadet dans les compagnies que Sa Majesté a créé (sic) pour les y recevoir.

12. — Laurent DE TESPE, demeurant à Venouze 4, pour luy et la damoiselle sa mère, servira en personne, et luy sera délivré des baux judiciaires et sur leurs biens saisis la somme de quatre cens livres, à quoy faire les fermiers, dépositaires, receveurs et commissaires des saisies réelles, seront contraints comme pour affaires du Roy.

13. — Pierre DE LEGRET, seigneur des Maisons-Neuves et de Villemoiron, y demeurant, servira en personne et sans ayde.

14. — Pierre DE BULIN, seigneur de Luzancy, sera contraint de marcher et sans ayde.

15. — Pierre DE COURCEUILLE, comte de Rouvroy, fournira un gentilhomme bien monté, armé et équipé, avec la subsistance.

16. — Louis BERTHELIN, demeurant à Aumont 2, servira en personne. Le service qu'il allègue que rend son fils en quallité de cavallier ne l'exempte pas, quand il seroit véritable, attendu que le Roy ne prétend point que sa noblesse le serve autrement que dans sa Maison, officier dans ses troupes ou bien cadet dans les compagnies que Sa Majesté a créé (sic) pour les y recevoir.

17. — Louis-Simon DE VYENNE sera contraint de servir. L'excuse qu'il allègue se disant cavallier n'estant pas recevable parce que le Roy ne prétend pas que sa noblesse le serve autrement que dans sa Maison, officier dans ses

1 Proche Vézelay, dit l'exploit de signification.

2 Dans l'exploit de signification il y a : Isles, duché d'Aumont.


— 56 —

troupes ou bien cadet dans les compagnies que Sa Majesté a créé (sic) pour les y recevoir.

18. — Dame Anne LE MAIRAT, espouse séparée du sieur Bailly, fournira un gentilhomme bien monté, armé et équipé, avec la subsistance.

19. — Denis DE CLÉRIN, sieur de Vallée 1, y demeurant 3, marchera en personne, estant adverty qu'il n'est pas mareschal des logis.

20. — DE PICTORY, demeurant à Troyes, servira en personne.

21. — La dame marquise DE BARAILLON 3 fournira un gentilhomme bien monté, armé et équipé, avec la subsistance,

22. — Les deux sieurs PÉRICARD, frères, demeurans à Troyes, marcheront en personne.

23. — Le marquis DE VANDEUVRE fournira un gentilhomme bien monté, armé et équipé, avec la subsistance.

24. — Anthoine DE BAUGIS, seigneur de la Brossotte, servira en personne.

25. — Louis DE VILLEMOR, demeurant à Villemoiron, servira en personne.

26. — Achille DE SAC ESPÉE, demeurant à Maligny, servira en personne et sans ayde.

27. — François DE BÉRULLE, demeurant à Villemoiron, servira en personne.

28. — Césard DE BELIN, demeurant à Villy-en-Trosde, servira en personne.

29. — Pierre DE HARANGUIER, demeurant à Villemoiron, servira en personne.

30. — Louis-Armand DE LESPINASSE, demt aux Noues, paroisse d'Ervy 4.

31. — François DE VILLEMONTÉE, demt à Montigny.

32. — François-Raphaël DAMOISEAU, demt aux Granges.

1 " Près Laines-aux-Bois, » dit l'exploit de signification.

2 Demeurant à Bucey, suivant l'exploit de signification.

3 Demeurant à NeuviIIe[-sur-Vanne], en son chasteau, dit l'exploit de signification.

4 Rayé ensuite.


— 57 —

33. — François-Henry DE ROBERT DE LA GRURIE, dem 1 à Bercenay-en-Othe.

34. — Anthoine D'AUNAY, sgr de Règes, y demt.

Veu laditte ordonnance, il est enjoint aux gentilshommes et autres cy-dessus nommez de se trouver, conjointement avec ceux contenus en nostre ordonnance du treize de ce mois, au mardy vingt quatre dudit mois audevant du palais royal de cette ville, bien montez, armez et équipez, pour l'exécution des ordres du Roy, aux peines portées par les ordonnances. Faict à Troyes le dix huict avril mil six cens quatrevingt onze.

CHAPELLENNES, GUILLAUME DE CHAVAUDON.

Grand bailly de Troyes.

DE LA CHASSE. DROUIN.

(Archives de l'Aube, B. 3).

IX. - 25 avril 16921.

Charles LARGENTIER, chevalier, marquis de Chapelennes, bailly de Troj'es, et Pierre GUILLAUME DE CHAVAUDON, seigneur de Sainte-Maure et autres lieux, conseiller du Roy, lieutenant général au bailliage et siège présidial dudit Troyes,

Veu les ordres du Roy pour la convocation du ban et arrière-ban de la présente année 1692, ceux de Monsieur le duc d'Atrye, lieutenant général pour Sa Majesté au gouvernement de Champagne et Brie, le procès-verbal par nous dressé pour cet effet, les estats et mémoires des gentilshommes et autres sujets au ban et arrière-ban et qui y ont

1 L'Etat dressé par le duc d'Atrye est du 13 du même mois d'avril. Nous donnons de préférence le rôle dressé en conséquence de cet état par le bailli de Troyes, quoique les mêmes noms s'y rencontrent, parce qu'ils sont plus exacts dans cette dernière pièce. La raison en est facile à comprendre.


— 58 —

servi les années dernières, nous avons, oui et ce requérant le procureur du Roy par maistre Gabriel de La Chasse, avocat de Sa Majesté audit bailliage et présidial, ordonné que les cy-après nommés, trois jours après la notiffication qui leur sera faite des présentes par le premier huissier sur ce requis, seront tenus de comparoir en personne pardevant nous, bien montez, armés et équipez pour le service du Roy au ban et arrière-ban de notre bailliage, ou de payer les sommes auxquelles nous les avons taxez, sous les peines' contre les défaillants portées par les ordonnances, ce qui sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques, attendu qu'il s'agit de l'exécution des ordres du Roy et du service de Sa Majesté.

1. — Achille DE SACÉPÉE, sieur du Prey, demeurant à Maligni 1. — Le 3me may, en personne. Viendra le 6me et marchera en luy fournisant quelque chose. — Luy sera paie 135tt.

2. — Antoine DE BOUCHER, seigneur en partie du Plessis, demeurant à Montreuil. — Le 26 avril, en personne. Viendra le 6me may. Demande sa subsistance.

3. — Antoine DE BAUGIS, seigneur de la Brossotte, y demeurant. — Le 1er may, en personne. S'en prétend dispenser comme bourgeois de Paris, ce qu'il a justifié, mais il faict sa demeure 3 mois l'année à La Brossotte, porte l'épée et a contribué en 1690.

4. — Antoine DE GUMERY, seigneur de La Thuillerie, demeurant à S. Pars-lès-Vaudes. — Le 27 avril, en personne. Viendra le 6me may. Demande sa subsistance. — Luy sera

fourny 150tt.

5. — Antoine DE VILLIERS-LISLE-ADAM, demeurant à Laines-aux-Bois. — Le 1er may en personne. Viendra le 6e.

6. — Antoine D'ARGILLIÈRES, seigneur en partie de Règes, y

1 Les annotations mises en italiques sont de la main de M. de Chavaudon. Quelques-unes ont été faites à deux reprises, en sorte que la dernière contredit quelquefois la précédente. Nous avons soin de les distinguer par des traits;


— 59 —

demeurant. — Le 28 avril, en personne. Viendra le 6me may et marchera en luy fournissant. — Luy sera fourny 150tt.

7. — Charles-Henry D'ARGILLIÈRES, sieur du Fresnoy, demeurant à Troyes chez Me Yves Tartier, procureur ; et luy sera fourny quatre cent livres sur le prix des baux judiciaires. — Idem.

8. — Claude ROSLAND, sr de Cézy, demeurant à Germigny. — Le 5me may, en personne. Restera pour marcher, mais avec ayde. — Luy sera paie 150 tt.

9. — Charles DE BÉREY, seigneur des Essarts, demeurant à Bernon. — Le 5me may, en personne. Restera pour marcher. Luy sera fourny 100tt.

10. — Charles LE LIEUR, sieur du Fossoy, demeurant à Chast. — Le 1er may, en personne. Viendra le 6me. Luy sera fourny 100tt.

11. — Cézard DE BELIN, demeurant à Villantrosdes 1. — Le 1er may, en personne. A justifié avoir servy en 1690 et 1691, et receu 250tt et 90tt; ne peut servir qu'en luy fournisant.

12. — Charles DE FAUTRÉ, seigneur de Malet, y demeurant.

13. — Charles DE BOUCHER, seigneur en partie du Plessis, demeurant à Lusigny. — Le 28 avril, en personne. Viendra le 6me may.

14. — Mre Charles-Hubert DE MÉGRIGNY, marquis de Vendeuvres, servira en personne, s'il est dans sa terre de Vendeuvres ou celle de La Villeneuve-Mégrigny, sinon payera la somme de trois cent livres. — Compris dans la taxe du 12 may 1692. En conséquence déchargé.

15. — Denis DE CLAIRIN, sieur de Vallée et seigr en partie de Bucey, y demt. — Le 26 avril, en personne. Viendra le 6me may. Il est imposé à la taille à Bucey, dont il demande d'estre déchargé. Ne poeut servir sans aide. Luy sera fourny 135tt.

16. — Edouard DENIS, seigneur de la Noue et de Pouilly, dem' à Troyes.

1 Villy-en-Trode.


-60 —

17. — Edme DE BÉREY, sieur de Vaudes, y demeurant. — Le 2me may, en personne. N'a point servy les années dernières à cause que son fis unique, marié seulemt depuis 2 mois, est actuelmt au service, cornette de la maistre de camp du régimt d'Orléans. Ne possède aucuns fiefs et est aagé de 70 ans. —Sera poursuivy.

18. — Edme PETIT, sieur du Perchoir, demeurant à Troyes.

— Le dernier avril, en personne. Viendra le 6me may. ;

19. — Mre François DE MÉGRIGNY, seigneur de Souleaux, y demeurant. — Le 2me may, en personne. Viendra le 6me.

— Exempt en qualité d'ingénieur, suivant le certificat de Mr de Vauban.

20. — François DE VAUX, sieur de La Routelle, demeurant à Montreuil.

21. — François DE BÉRULLE, sieur de La Noue, demeurant à Villemoiron.— Le 1er may, en personne. Viendra le 6me may.

— Pour servir en 1693.

22. — François LE PAGE, l'esnel, demeurant à Erré. — Le 1er may, en personne. Viendra le 6me. Ne poeut servir sans luy tout fournir, aiant 10 enfants fort jeunes et aiant esté greslé. — Luy sera fourny 135 tt,

23. — Guy-Louis LE LIEURE, sieur du Souchet, demeurant aux Chasteliers, près Virey-sous-Bart. — Le 26 avril 1692, en personne. Viendra le 6me may, monté, armé et équipé. .

24. — Guillaume DE BEAUGIER, seigneur de La Brossotte, y demeurant. — Viendra le 6me may.

25. — Georges PERRON, demeurant à Troyes. — Néant,

26. — Mre Gaspard RAGUIER, marquis de Poussé, seigneur de la Grande-Parroisse. — Aide de campt de Mr le comte de Choiseuil.

27.— Henry D'ARGILLIÈRES, sieur de Courgerennes, demeurant à Nagot. — Le 1er may, en personne. Viendra le 6me. Demande subsistance. Luy sera fourny 150tt.

28.— Henry-Cécille POT, seigneur de Turgis, y demeurant.

29.— Henry DE LA RUE, sieur de Chaulon, demeurant à La Brosse, servira en personne, bien monté, armé et équipé; sinon payera la somme de deux cent livres pour estre employés à la subsistance. — Est entré en paiement ; a donné 125tt.


— 61 —

30. — Mre Hugues, comte DE CHAUMONT, seigneur de Vanvey, servira en personne, sinon sera contraint de payer la somme de trois cent livres.

31. — Jean DE ROUVOIR, sieur de Vougré, y demeurant. — Le 26 avril, en personne. Viendra le 6me may et marchera. Demande comme les aultres. Luy sera fourny 150tt.

32. — Jean BARETON, seigneur de Bouranton, y demeurant. — Malade.

33. — Jean DU BOURG, seigneur de Blives, y demeurant. — A l'extrémité. Dispensé.

34. — Jean DE BÉREY, demeurant au Bas-Villeneuve ; et luy sera fourny quatre cent livres sur les biens du sieur Chevalier de Clerville, comme en mil six cent quatre vingt dix. — Le 26 may 1692, en personne. Viendra le 6me may.

35. — Jean DU PONT, sieur de Beaulieu, demeurant à Montigny, parroisse d'Auxon. — Le 29 avril, en personne. Viendra le 6me may. Luy sera fourny 135tt par le sieur Moreau de Ciselle, son beaupère.

36. — Jacques MARGUENAT, sieur de l'Etang-Mercier, y demeurant.

37. — Louis BELLANGER, demeurant à Venouze, sera dispensé du service personnel, attendu ses infirmités, et payera la somme de cent cinquante livres par contribution.

38. — Louis DE VIENNE, cy-devant prévost des maréchaux, demeurant à Troyes.

39. — Mrs Louis marquis DES RÉAUX, seigneur d'Atyes et Culoison 1. — Nommé dans le baillage de Chaulmont,

40. — Dame Louise D'ARLUS, veuve du sr d'Yverni, demeurant à Bercenay-le-Hayer, payera la somme de cent livres par contribution. — Compris dans la taxe du 12 may 1692, et en conséquence déchargée de celle cy-dessus.

41. — Dame Louise DE RICHEBOURG, veuve du sieur baron de Villeneuve-au-Chemin, payera la somme de cent livres, par contribution, pour les fiefs qu'elle possèdent (sic) dans le ressort du bailliage de Troyes.

1 Erreur. C'est Coclois, qui était du reste dans le bailliage de Chaumont.


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42. — Michel-Nicolas DE LONGUEAU, seigneur de St Benoistsur-Vanne — Le 28 avril, en personne. Viendra le 6me may.

— A fourny 300tt; pour ce dispensé.

43. — Nicolas-Louis LE LIEUR, seigneur de La Court des Granges et de Chast, demeurant à la Cour des GrangesPombelin, près Chaource. — Le 2me may, en personne. Viendra le 6me. Luy sera fourny un cheval par le sieur d'Obterre d'Unienville, qui luy sera rendu au retour de la campagne, et luy sera fourny cent livres.

44. — Nicolas-François DE VIENNE, baron de Fontette, lieutenant général à Bar-sur-Seine, fournira à cause de sa terre de Fontette un gentilhomme bien monté, armé et équipé.

— Déchargé à cause qu'il faict le service en sadicte qualité de lieutenant général.

45. — Odard BAILLOT, sieur de Davrey, demeurant à Troyes.

— Le 3me may, en personne. Viendra le 6me.

46. — Pierre-François DE BOUCHER, comte de Elogny, y demeurant, servira en personne, bien monté, armé et équipé, faute dans la. huitaine, pour tous délais, de rapporter un certifficat en bonne forme que son filz non marié est cornette de cavallerie. — A représenté le certificat. Communiqué à Mr le duc d'Atrye. Déchargé.

47. — Pierre D'HARANGUIER, seigneur en partie de Villemoiron, y demeurant. — Le 1er may, en personne. Viendra le 6me. Luy sera fourny 135 tt.

48. — Pierre DE BARBUAT, sieur de Maison Rouge, y demeurant, parroisse d'Ervy. — Le 26 avril, en personne. Viendra le 6me may et marchera, en luy fournissant comme aux aultres. Luy sera fourny 150tt.

49. — Pierre-François MOLE, seigneur de Villy et Villemereuil, y demeurant. — Exempt, par ordre du Roy.

50. — Pierre DE LEGRET, sieur de Maison-Neuve, demeurant à Villemoiron. — Le 1er may, en personne. N'a point encore servy. Ne possèdent (sic) aucuns biens, comme il nous a esté certifié par ses voisins. Viendra le 6me. Pour samedy matin.


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51. — Pomponne DE VIENNE, seigneur de Soligny-lesEtangs, à cause de son fief de Prételaine, servira en personne, et luy sera fourny la somme de 400 tt sur le prix des baux judiciaires de ses biens saisis.

52. — René DE LA COUDRE, seigneur de Molesme et du Plessis-Fontvanne, y demeurant. — Le 26 avril, en personne. — Viendra le 6me may et marchera, en luy jour nissant comme aux aultres. — Marchera en personne, monté, armé et équipé.

53. — Sanson DE CLAVARIOT, sieur de Gaspard, demeurant à Vosnon. — Faute de raporter un certificat du curé samedy avant midy, marchera, et luy sera fourny 135 ».

54. — Taneguy DE MENISSON de Ste Maure, seigneur de Tieffrain, demeurant à Troyes.

55. — Claude DU BOURG, sieur de La Mothe, demeurant au Mesgnil, parroisse d'Ervy. — Le dernier avril, en personne. Viendra le 6me may.

56. — Antoine DAMOISEAU, filz de la Ve Damoiseau, demeurant à Chaource. — N'a aucun bien de son chef. Il est aagé de 23 ans, nécessaire pour les affaires de sa mère qui a un autre fils non marié, lieutenant.

57. — Dame Marie BONNOT, veuve du sieur de Baraillon, demeurant à Neuville, payera la somme de quatre cent livres par contribution, n'ayant aucunement contribué les trois années dernières. — Fournira au sieur Drouard, du bailliage de Sémnne, un cheval qui luy sera rendu, et auquel elle donnera 200 tt.

58. — Le sieur marquis DE PALAISEAUX, seigneur de Treignel, servira en personne s'il est audit Treignel, sinon sera ladite terre saisie faute de comparution, et les fermiers d'icelle terre contraints au payement de la somme de cinq cent livres. — Compris dans la taxe du 12 may 1692, et en conséquence déchargé. — Déchargé par jugement du 29 may 1692, veu les ordres du Roy du 12 avril 1692.

59. — Le sieur VOISIN DE MEILLARD, seigneur de la terre de Blaigny, servira en personne s'il est audit Blaigny, sinon sera ladite terre saisie faute de comparution, et les fermiers


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d'icelle terre contraints au payement de la somme de cinq cent livres. — Exempt, par ordre de M. le prince de Soubize, gouverneur de la province, du 7 may 1692.

Fait et arresté à Troyes le vingt cinquiesme jour du mois d'avril mil six cent quatre vingt douze.

DE CHAPELLENNES,

Grand bailly de Troyes.

GUILLAUME DE CHAVAUDON. DE LA CHASSÉ.

(Arch. Aube, B. 3).

X. — Ban et arrière-ban. Bailliage de Troyes, année 1693.

(Tout entier de la main de M. de Chavaudon)

Mr le bailly commandant.

1. — Louis-Anne DAUVET, marquis de St Phale, cornette.

2. — Charles BOUCHERAT, sgr de la Rocatelle, guidon.

3. — Nicolas RÉMOND, sr des Cours, brigadier.

4. — Jean-Baptiste QUINOT, demeurant à Troyes.

5. — Jean DE RICHEBOURG, sgr de Pouan, ydem.

6. — Edme LE LIEUR, sgr de Messon, ydem.

7. — Jacques ANGENOUST DE BIROUY, demt à Bouy.

8. — Jean-Armand BARETON, sgr de Bouranton.

9. — Nicolas DE MARISY, sgr de Cervel, demt à Troyes.

10. — Guy-Louis LE LIEUR, demt aux Chasteliers.

11. — Henry-Cécile POT, sgr de Turgis, y demt.

12. — Charles DE BALATHIER, sgr de Lantage, y demt.

13. — Simon DE NOEL, S 1' de Buchères, y demt.

14. — François DE NOEL, sgr de Buchères, y demt.

15. — Nicolas CHEVALIER, sr de l'Islotte, dem' à Cheryey.

16. — Jean DE BÉREY, demt aux Basse Villeneuve.

17. — Claude PARENT, demt à Troyes.

18. — Jacques MARGUENAT, demt à L'Estang Mercier.


— 65 —

19. — Le sr Denis DE LA NOUE, demt à Troyes.

20. — Le sr GOMBAULT DE LA MARQUE, idem.

21. — Le sr DE LUSANCY, pour Mr de Mertrus.

Autres aux quels il a esté fourny la subsistance.

22. — Nicolas DE BREUSE, demt à Roncenay.

23. — Jean JACQUINOT, demt à Monfey.

24. — Henry DE LENFERNAT, demt à La Chapelle de Monfey.

25. — Henry DE LA RUE, demt à Monfey.

26. — Jean DE ROUVOIR, demt à Vougrey.

27. — Anthoine DAMOISEAU, demt à La Bande.

28. — Luc DE VAUX, demt à Montreuil.

29. — Anthoine LE PÉRY, sgr de La Chaufie, demt au Mesgnil Fouchard.

30. — Louis Armand DE LESPINASSE, demt aux Noues, paroisse d'Ervy 1.

31. — François DE VILLEMONTÉ, demt à Montigny.

32. — François-Raphaël DAMOISEAU, demt aux Granges.

33. — François-Henry DE ROBERT DE LA GRURIE, demt à Bercenay en Othe.

34. — Anthoine D'AUNAY, sgr de Règes, y demt.

35. — Claude DU BOURG, demt au Mesgny St Georges.

36. — Charles DE FAUTREY, sgr de Mallet, paroisse de Noûers 2.

37. — Achilles DE GAIOT, demt à Cusangy.

38. — François DE CLÉRIN, demt à Torvilliers.

39. — Gaspard DE ROUVOIR, demt à Bernon.

40. — Samson DU MESGNY, demt à Auson.

41. — Henry DE BEAULIEU, demt à La Jesse.

42. — Charles D'ARGILLIÈRES, demt au faulbourg de Croncels 3.

43. — Nicolas GIRARDIN, demt à Danemoine.

(Arch. Aube, B. 3.)

1 Rayé ensuite.

2 Noë.

3 Rayé ensuite.


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XI — 27 mai 1694.

(De la main de M. de Chavaudon : Estat des gentilhommes et aultres dénommez pour servir à l'arrière-ban de 1694).

De par le Roy,

Monsieur le bailly de Troyes

et Monsieur le lieutenant général.

Ban et arrière-ban.

Il est ordonné aux gentilshommes et autres sujets au ban et arrière-ban de Sa Majesté, cy-après nommés, de se trouver au lundy 14e du mois de juin prochain, deux heures de relevée, au devant du Palais Royal de Troyes, montés, armés et équipés pour l'exécution des ordres du Roy, aux peines portées par les ordonnances, sçavoir :

Messieurs

1. — Daniel DE GUMERY, sieur de Chemin, pour y faire recevoir le gentilhomme monté et équipé que Monsr de Chemoise ordonne qu'il fournira à cause de son aage et de ses infirmités; dem' à la Vacherie. — 1 Ordre de monsieur le marquis de Chenoise. — Déchargé par Monsieur le marquis de Chenoise en fournissant 100 liv.

2. — Henry-Cécile POT, seigneur de Turgis, y demeurant; en personne. — Déchargé.

3. — Nicolas DE MARISY, sr de Cervel; en personne, demt à Troyes. — Déchargé en fournissant 100 liv. au sieur de Bérey des Essars.

4. — Antoine DE ROBERT, sr de Pency, demt aux Bordes ; en personne. — Doit servir; a faict défaut.

1 On a mis en italique les annotations faites dans la marge, par une écriture que nous n'avons pu déterminer.


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5. — Antoine D'ARGILLIÈRES, sr de Reige, y demt; en personne. — Déchargé en donnant un cheval.

6. — Antoine DE BOUCHER, sr du Plessis; en personne, faute de justiffier qu'il sert auprès Mr le marquis de Créquy ; dem 1 à Montreuil. — Déchargé, ayant justifié.

7. — Antoine DE GUMERY, sr de La Tuillerie ; en personne, demt à St Pars-lès-Vaudes. — Déchargé en fournissant un cheval à son fils.

8. — Nicolas D'AUBTERRE, sr d'Unienville, servira en personne, et en cas d'incommodités fournira un gentilhomme monté, armé et équipé. — Déchargé, attendu ses infirmités et sa pauvreté.

9. — Pierre D'AULNAY, sr de Bailly et de Reige, attendu ses incommodités, fournira un gentilhomme monté et équipé.

— Le sr de Crosant sert pour luy.

10. — Samson DE CLAVARIO, sr de Gaspart; en personne.

— Déchargé, son fils estant officier.

11. — Charles DE REGNARD, sr de Villetard; en personne.

— Déchargé, à cause de sa pauvreté.

12. — René DE LA COUDRE, sieur de Molesme ; en personne.

— Doit servir.

13. — Louis DE Ste MAURE, dem' à Origny; en personne. — Idem.

14. — Lazarre DE PAMPELUNE ; en personne, demt à Genouilly. — Servira, et luy sera fourni 150 liv.

15. — Louis-Armand DE LESPINASSE, sr de Langes et des Noues ; en personne, demt aux Noues. — Déchargé en fournissant un cheval.

16. — Le sr DE BROUÉ, demt à Vanlet; en personne. — Son fils sert, et luy sera fourni 150 liv.

17. — Nicolas LE LIEURE, sr de la Cour des Granges ; en personne. — Sert, et luy sera fourni 150 liv.

18. — Laurent DE TESPET ; en personne, demt à Venouze.

— Id., sera fourni 150 liv.

19. — Achilles DE SAC ESPEE, sr de Maligny; en personne, demt à Maligny. — Id., sera fourni 150 liv.


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20.— Claude-Charles LE LIEURE, sr du Fossoy; en personne, demt à Chaas, près Bucey. — Déchargé, attendu sa pauvreté.

21,— Louis, BELLANGER; en personne, demt à Venouze. - Déchargé en fournissant un cheval.

22. — Pierre DE LEGRÉ, sr de Maison-Neuve; en personne, demt à Villemoiron. — Déchargé, attendu sa pauvreté,

23. — Claude DE RICHEBOURG, sr de Courcelles; en personne. — Son fils sert, et luy sera fourni 60 liv.

24. — Pierre DE HARANGUIERRE, sr de Villemoiron; en personne. — Sert, et luy sera fourni 150 liv.

25. — Pierre LE PAGE; en personne, demt à Messom — Déchargé, attendu sa pauvreté.

26. — Nicolas CHOPIN, sr de La Tour; en personne, demt à Chaource. — Sert.

27. — Charles DE VIELLARD, en personne. — Déchargé, estant officier; autrement c'est un inconnu.

28. - Charles-Henry D'ARGILLIÈRE; en personne, demt à Rumilly. — Sert et recevra 400 liv. sur les fermiers judiciaires,

29. — Charles DE BOUCHÉ; en personne. — Doit servir, est absent et a faict défaut.

30. — Edme PETIT, sr du Preschoix1 ; en personne.— Devoit servir ; est taxé aux fiefs.

31.— Edme D'ESPENCE, sr de Lignières; en personne, demt à Serny (?). — Mort.

32. — François DE CLAVERIE; en personne. — Est officier; déchargé.

33. — Georges DE BOUCHÉ, sr de St-Florentin ; en personne. — Deschargé, ayant un fils cornette.— On a cru que c'estoit le sr comte de Flogny, autrement inconu.

34. — Louis D'AULNET; en personne.— Devait servir ; a esté déchargé, n'estant plus du bailliage.

35.— Nicolas DE MAHUE ; en personne.— Deschargé estant inconu,

1 Perchois?


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36. — Nicolas DE FLAMERY; en personne. — Déchargé estant inconu.

37. — Pierre LE BEUF, sr de Verneuïl; en personne, demt à Chastillon sur Broys. — Est mort.

38. — Richard DE FAUTRÉ, sr de Malet; en personne, demt à Malet. — Sert, et luy sera fourni 150 liv.

39. — Robert DE CLAVELLE; en personne. — Déchargé estant inconnu.

40. — Jean-Armand BARETON, sr de Bouranton; en personne. — Déchargé, en fournissant 120 livres.

41. — Louis DENIS, sieur de La Noue; en personne, demt à Troyes. — Déchargé, attendu l'ordre du Roy.

42. — Antoine DE GUMERY; en personne. — Néant, estant deux fois dans le présent estat : c'est son fils Louis auquel sera fourny 150 liv.

43. — Le sr LEFEBVRE, sr de St-Benoist, demt à Troyes. — Déchargé, demeure à Paris.

44. — Le sr DE VILLARDS DU FRANC, demt à Troyes.

45. — François DE BÉRULLE, sieur de La Noue; en personne, demt à Villemoiron. — Devait servir; est taxé aux fiefs.

46. — Pierre DE BULLIN, sr de Luzancy ; en personne, demt à Troyes. — Déchargé, attendu sa pauvreté; et depuis sert en luy fournissant 150 liv. et le cheval du sr Jacques Le Lieur.

47. — Henry D'ARGILLIÈRE, sr de Courgerenne, Naguot; en personne, demt à Naguot. — Sert, et luy sera fourny 130 liv.

48. — Joseph DESPOTS, demt à Chamoy; en personne. — Déchargé, estant officier.

49.— Jacques DE HÉRISSON, sr de Bouy; en personne, faute de justiffier qu'il est au service de M. de Luxembourg; demt au Mesgnil-Fouchard. — Déchargé, ayant justifié.

50. — Jean DE BÉREY, sr de Villeneuve; en personne, demt à Villemoyenne. — Doit joindre l'escadron quand il aura reçu 400 liv. à Paris.

51. — César DE BELIN, de Villentrosde; en personne. — Déchargé, attendu sa pauvreté.


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52. — François DE VAUX, sr de La Routelle ; en personne, dem' à Montreuil. — Sert, et luy sera fourny 100 liv.

53. — Antoine DE MERTRUS, sr de la Ville-au-Bois; en personne, et en cas d'incommoditez notables fournira un gentilhomme monté, armé et équipé. — Devoit servir, mais est déchargé de la taxe par ordre de Monsr l'intendant

54. - Georges LE PAULE, sr des Boullins; en personne, demt à Villemoiron. — Déchargé, attendu sa pauvreté.

55. — Louis DE CLUGNY, comte de Grignon ; en personne. — Déchargé, estant hors du bailliage.

56. — Pierre-François MOSLEY, sr de Villy ; en personne, demt à Troyes. — Déchargé par ordre du Roy.

57. — Jacques LE LIEURE, sr de Chaas ; en personne, demt aud. Chaas. —Déchargé, en fournissant un cheval.

58. — Claude ROLAND, sr de Sezy; en personne. — Déchargé, attendu ses infirmités et sa pauvreté.

59. — Charles DE BÉREY, sr des Essarts; en personne, demt à Bernon. — Sert, et luy sera fourni 100 liv. par le sr de Marisi. Déchargé, ne suivant point l'espée.

60. — Les sieurs PÉRICARDS, demts à Troyes. — Déchargés, l'un demeurant à Paris, l'autre prend une charge.

61. — Le sieur de LA MOTHE DORE, de Troyes. — Déchargé, demeure à Paris.

62. — Le sr CINELLE, demt à Troyes. — Déchargé et quitte l'espée.

63. — Le sieur SERQUEIL, demt à Troyes. — Déchargé, estant employé.

64. — Le sr Philbert LE MIRE. — Sert, et luy sera fourni 120 livres.

65. — Le sr JACQUOT, demt à Troyes. — Déchargé, et quitte l'espée.

66. — Le sr DES ROSIERS, au lieu du sr Simon de Petit-Bois, par mons. le bailly. — Sert, et sera fourni 150 liv.

67. — Le sr DE DOSCHE le jeune, y demeurant. — Sert et doit prendre sur les biens de son père 1000 liv.

68. — Le sr Edouard PICTORIS, dem' à Troyes. — Déchargé; paye les charges de ville.


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69. — Le sieur DE MONCERF, demt à Troyes. — Déchargé, ne porte l'épée.

70. — Le sieur LUDOT, demt chez le sr Basdry. — Déchargé, demeure à Paris.

Fait à Troyes, le vingt septe may M VIc quatrevingt quatorze.

DE CHAPELLENNES.

J. CORRARD. DE LA CHASSE.

(Arch. Aube, B. 3).

XII. — 1695. — Estat des gentilshommes du baillage de Troyes qui doivent faire le service de l'arrièreban la présente année 1695.

(Tout entier de la main de M. de Chavaudon.)

1. — Anthoine DAUNET, demt à Règes, fournira un gentilhomme armé et équipé.

2. — Achilles DE GAYOT, demt à Cusangy, servira en personne, aidé de 175 liv. qui luy ont esté paiez.

3. — Anthoine DE MERTRUS fournira un gentilhomme.

4. — Charles DE BALATHIER, sgr de Lantage, idem.

5. — Charles DE FAUTREY, sr de Malet, servira en personne, aidé de 150 liv. qui luy ont esté paiez.

6. — Pierre DE BULIN DE LUSANCY. servira en personne, aidé de 150 liv. qui luy ont esté paiez.

7. — François DE NOËL DE BUCHÈRES, fournira un gentilhomme armé et équipé, avec la subsistance.

8. — François-Raphaël DAMOISEAU servira en personne, aidé de 150 liv. qui luy ont esté paiez.

9. — Anthoine Cécille POT de Turgis servira en personne, et joindra à Orléans le 15 juin.

10. — Henry DE LA RUE servira par son fils aidé de quatrevingt livres qui luy ont esté paiez.


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11. — Henry DE BEAULIEU servira en personne, aidé de 175 liv. qui luy ont esté paiez et se rendra à Orléans le 15 juin.

12. — Henry DE LENFERNA servira en personne, aidé de 150 liv. qui luy ont esté paiez.

13. — Nicolas DE MARISY, sr de Cervel, fournira un gentilhomme.

14. — Joseph-Melchior D'ESPEANCE servira en personne, aidé de 120 liv. qui luy ont esté paiez.

15. — Jean JACQUINOT, sr de Monfey, servira en personne, aidé de 150 liv.

16. — Jacques ANGENOUST servira en personne.

17. — Jean-Armand BARETON, idem.

Louis DE BÉLANGER, fils, servira en personne, aidé de 80 livres qui luy ont esté paiez.

18. — Nicolas RÉMOND DES COURS servira en personne.

19. — Nicolas CHEVALIER DE MOIVRE servira en personne, aidé de 80 liv. qui luy ont esté paiez.

20. — Simon NOEL DE BUCHÈRES servira en personne.

21. — Robert DE BÉREY, fils, servira en personne.

22. 23. — Les srs DE DOCHE, fils, serviront en personne.

24. — Nicolas DE BREUSE, demt à Roncenay, paroisse d'Auxon, servira en personne aidé de 120 liv. qui luy ont esté paiez.

(Arch. Aube, B. 3).

XIII. — 6 juin 1695.

Michel Anthoine de Guérapain de Vauréal, chevalier, comte de Belleval, seigneur de Basoche, lieutenant de Roy commandant pour Sa Maiesté au gouvernement de Champagne et Brie,

Ordonnons aux srs Anthoine Damoiseau, de La Bande; François de St Prié, de Richebourg; François de Villemontée, de Montigny ; François de Bérulle, de Villemoiron ; Claude


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du Bourg et Jacques Le Lieur, de Chaast, gentilhommes du bailliage de Troyes, de paier, sçavoir, les trois premiers chacun la somme de soixante et quinze livres, et les trois autres la somme de cinqte livres pour estre présentement par nous distribuées aux aultres gentilhommes servants en personne la présente année au ban et arrière ban, et paiant par les dits Damoiseau, de St Prié, de Villemontée, de Bérulle, du Bourg et Le Lieur chacun les dittes sommes, sur le certificat du sr lieutenant général de Troyes, déchargez du service personnel et de la contribution au ban et arrière ban pour la présente année seulement, et sans tirer à conséquence. Faict à Troyes le sixme juin mil six cens quatre vingt quinze.

(Arch. Aube, B. 3).



LEGENDE

DE

SAINT MARTIN ET SAINT GILLES

ORIGINE DES CONFINS DE LEURS PAROISSES

LUSIGNY ET MONTREUIL

La légende que nous rapportons ici n'est point, il faut le dire, un de ces pieux récits, comme le moyen-âge en savait faire, où les vertus et les actions d'éclat des saints nous sont présentées en un puissant relief et sous de vives couleurs, avec un style abondant et naïf. Car, dans ces légendes de l'ancienne hagiographie on reconnaît aisément, sous leur brillante parure, des faits qui appartiennent réellement à l'histoire : tel n'est pas le cas de notre légende, qui n'est qu'une fable et qui date seulement du siècle dernier; elle fut alors inventée pour servir d'explication à une simple anomalie de délimitation de paroisses.

La limite qui sépare les deux territoires de Lusigny et de Montreuil, se trouve, d'une part, à près d'une lieue de l'église Saint-Martin de Lusigny; et, d'autre part, elle est très rapprochée de l'église Saint-Gilles de Montreuil; elle touche aux maisons de ce dernier village.

Pour donner raison de cette inégalité dans la délimitation des deux finages, un récit légendaire fut de toutes pièces imaginé, qui n'a point la prétention de publier un fait historique, où l'on ne trouvera même aucun souci de la chronologie, mais où du moins nous constatons, avec la finesse


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malicieuse du XVIIIe siècle, un usage beaucoup plus ancien, une manière de dire tout à fait primitive, qui consistait à personnifier jadis les familles, les communautés, les peuplés mêmes, et à raconter les faits généraux de leur commune vie comme étant des actes particuliers à leurs chefs.

Ainsi procédait déjà l'antique mythologie. De même, en notre légende moderne, les deux paroisses de Lusigny et de Montreuil se trouvent représentées par leurs saints patrons. Et c'est surtout en considération de ce mode narratif, et pour faire goûter la saveur de son archaïsme, que nous avons consigné cette légende oralement conservée par la tradition des presbytères.

Voici donc la version qu'il nous plaît d'attribuer, en toute justice, au bon saint Gilles, sauf l'anachronisme.

Légende

Il y a longtemps, bien longtemps que les hommes de nos campagnes oublièrent les conseils évangéliques et délaissèrent la pratique si touchante des premiers chrétiens : Cor unum et anima una 1. S'adonnant aux sollicitudes de la vie présente, ils arrivèrent très vite à n'estimer l'homme qu'en proportion de ses biens, tout comme au temps du paganisme :

Quia tanti, quantum habeas, sis.

disait Horace 2; et dès lors on n'entendit plus sortir de leur bouche que le mot égoïste de mien ou de tien, frigidum illud verbum, observe saint Chrysostôme 3.

En Champagne et non loin de l'antique cité de Troyes; sur les humides bords de la rivière de Barse, deux villages étalaient leurs maisons rustiques. Leurs habitants, d'une nature calme et lente, froids comme le sol de la contrée, avaient

1 Act. Apost., IV, 32.

2 Horat., L. I, Sat. I, v. 62.

3 S. Joan. Chrysost., in orat. de S. Philog.


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longtemps vécu dans la paix que Dieu donne aux hommes de bonne volonté. Le premier de ces villages se glorifiait surtout du nom et des miracles du grand saint Martin ; les vertus de l'humble saint Gilles faisaient la principale richesse du second.

Or, voici que, poussés par l'esprit du monde, nos deux villages chrétiens voulurent avoir chacun son territoire particulier. On parla beaucoup, beaucoup. . . . sans pouvoir s'entendre. Enfin, l'on résolut de prendre pour arbitres nos thaumaturges, patrons des deux paroisses ; car, en ces âges de foi, les Saints étaient tenus pour hommes de Dieu, et leur parole acceptée par tous comme une seconde révélation.

Le Tout-Puissant invoqué, saint Martin et saint Gilles décidèrent que le heu de leur rencontre ferait la limite des droits de chacun. On convint donc du jour et de l'heure du départ, sans autres conditions.

A l'heure dite, saint Gilles endosse sa robe de bure, chausse ses gros sabots de bois, — c'était là tout le nécessaire de notre moine, — et se met en route gravement, d'un vrai pas d'ermite. Appuyé sur son bâton, il luttait péniblement contre le poids des années et la fange tenace du chemin ; car, par amour de sa chère famille, il essayait de se hâter. Déjà tout haletant et couvert de sueur il avait atteint avec une joie

visible la dernière maison de son village, lorsque

ô mystère ! saint Martin à cheval arrive au galop, faisant résonner la terre sous les pas de son fier coursier.

" Je suis vaincu ! s'écrie saint Gilles tout déconcerté. Telle " est sans doute la volonté de Dieu. Mais d'où vient, grand " saint Martin, le changement de votre coeur ? Naguère vous " partagiez votre manteau avec le pauvre d'Amiens, et aujour» d'hui. ... ? »

— « Bon saint Gilles, interrompt saint Martin, vous l'avez » dit, telle est la volonté de Dieu qui m'a inspiré et qui » fait bien tout ce qu'il fait. D'ailleurs, qu'aviez-vous besoin » de toutes ces terres, vous qui n'avez en tout qu'une chèvre » à nourrir ? vous qui avez quitté votre riche et beau pays


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" de Grèce pour la solitude et le silence de ces lieux ? Pour

» moi, vous en conviendrez, il faut un plus vaste domaine à

» ma nombreuse famille; il faut au noble compagnon de mes

" labeurs, et de l'espace, et beaucoup d'herbe tendre. Que si

» vous avez,.pour l'honneur de Dieu, quelque désir de gloire

» humaine, n'avez-vous point été honoré par la visite d'un

» grand roi? »

— « Grand saint Martin, répond saint Gilles, revenant peu » à peu de son étonnement, ce n'est pas pour moi que je " prêche; mais ma petite famille est encore si attachée à la » terre. . .Cependant, je l'aime; et comment lui annon» cer. . ? » II s'arrête soudain; puis, d'un ton calme accompagné d'un sourire un peu malin : « Que la volonté de Dieu » soit faite, ajoute-t-il, vivons en paix comme auparavant; " mais n'oubliez pas qu'il est écrit : Sic erunt novissimi » primi, et primi novissimi1 Que ces promesses éternelles » rendent modeste votre triomphe, et qu'elles fassent à jamais » la consolation de mon ermitage. Adieu ! »

On dit que la famille actuelle de saint Gilles préférerait son petit coin de terre aux promesses de Notre Seigneur et à la simplicité de son premier Père.

Quant aux enfants de saint Martin, ils ont plus souvenir dé sa ruse innocente que de toutes ses vertus. Ce serait, paraît-il, le seul culte qu'ils auraient conservé de leur glorieux patron.

X***

» Matth., XX, 16.


UNE FAMILLE DE ROBE

A TROYES

PENDANT LE XVIIIe SIÈCLE

D'APRÈS DES PIÈCES INÉDITES

PAR

L'ABBÉ ETIENNE GEORGES, DE TROYES

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES

Les salons de la société troyenne au dix-huitième siècle offraient beaucoup de traits de ressemblance avec ceux de la capitale. Les invités, loin de prêter l'oreille aux sourds mécontentements des masses qui déjà se faisaient pressentir, s'abandonnaient gaiement à l'entrain de leurs entretiens frivoles et aux licences de leur morale philosophique. Les réunions présentaient à la génération contemporaine une image embellie d'elle-même. Une bienheureuse insouciance se peignait sur les visages des hommes et des femmes qui se laissaient tromper par l'apparente sérénité de l'horizon.

Les uns et les autres cueillaient les jours de la vie comme on cueille les fleurs pour en jouir, en épuisant leur suave arôme ; ils contribuaient peut-être, par ce voluptueux optimisme, à précipiter le renversement de l'ancien régime.

Dans les salons de leurs hôtels, ou sous les ombrages de leurs villas, rendez-vous de toutes les notabilités aristocratiques et bourgeoises de l'Aube, personne ne semblait se douter de la catastrophe foudroyante dont le retentissement


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dure encore et traversera les siècles. On eut dit que rien n'était capable de troubler cette molle quiétude. Les conversations, toujours pleines de verve, arrivaient parfois à une large expansion de gaîté où chaque mot jaillissait comme un éclair d'esprit : passer naturellement d'un sujet à un autre ; n'ôter au décousu de la causerie que ce qui pouvait en diminuer le charme ; exceller dans l'art de tourner un compliment avec grâce et d'offrir aux dames ce délicat encens qui flatte sans enivrer ; se jouer autour des choses graves, sans prendre un ton irrévérentieux ; s'amuser d'une nouvelle inventée à plaisir, ou sciemment exagérée ; la relever d'une pointe d'ironie qui montre assez qu'on n'est pas dupe de sa propre faconde : telles étaient les qualités dominantes de la plupart des salons de la société troyenne. Ces qualités se retrouvent dans les lettres inédites de la famille Comparot de Longsols ; quelques extraits de ces lettres suffiront à esquisser, d'après nature, un coin du tableau de la vie sociale à Troyes pendant le XVIIIe siècle.

Les membres de cette famille de robe avaient, non seulement un hôtel rue du Bourgneuf, à Troyes, mais encore |un château à Longsols, dans un vallon que baignaient les eaux poissonneuses d'un ruisseau qui se jette dans l'Auzon, affluent de l'Aube. Nulle retraite ne leur souriait plus que cette demeure seigneuriale ; là, ils venaient, les uns dans la vigueur de l'âge mur, les autres sous les rides de la vieillesse; se délasser de leurs soucis au milieu de leurs champs et à l'ombre de leurs bois. Les hautes dignités qu'ils occupaient dans la magistrature troyenne, leur position personnelle, la culture de leur intelligence, leur assuraient toujours une grande autorité dans les affaires de la ville; s'ils se retiraient à la campagne, la considération publique les suivait jusque dans leur paisible et riante villégiature où l'on allait saluer en eux des conseillers généreux et des magistrats intègres. D'après un mémoire manuscrit rédigé en 1787, à l'occasion d'un conflit entre le conseiller Comparot et le marquis des Réaulx, la seigneurie de Longsols, anciennement encla-


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vée dans les immenses domaines de l'illustre maison de Brienne, touchait à la seigneurie d'Avant, par différentes contrées dites la Rigole, la Graderie, le Bâtard, le Marais, les Largets, les Puiseaux. Un cours d'eau, grossi par de nombreuses fontaines, serpentait tout le long du parc ; il prenait sa source à l'extrémité nord-est du village, entre deux rues parallèles, près de la Ruelle-Lescuyer ou Ruelle-au-Roy, dans l'accin et derrière la maison de Pierre Maufroy, dont l'enclos formait autrefois l'enceinte d'un château fort où les habitants se réfugiaient, en temps de guerre, avec leurs bestiaux et leurs meubles. Ce domicile féodal s'appelait Rocourt ou la Cour-de-Roque.

Les deux seigneuries de Longsols et d'Avant, contiguës l'une à l'autre, appartenaient, dans l'origine, au même titulaire. Des documents authentiques affirment qu'en 1404 elles étaient possédées par Jeanne de Châlons, dame de Bellecourt et de Gigny. C'est à cette généreuse châtelaine que les habitants de Longsols furent redevables d'une première charte d'affranchissement qui les exemptait du droit de poursuite, du fort-mariage et de la main-morte ; ceux du hameau de Falourdet, fief qui, dans les temps les plus reculés, eut successivement pour propriétaires Houdard de Traisnel et Henri de Mussy, participèrent à ce commencement d'émancipation; sans doute, ils restèrent encore chargés de corvées et de redevances ; mais la charte n'en constituait pas moins à leur avantage une sorte de propriété territoriale.

Depuis cette transaction, passée le 25 mars 1404, en forme d'affranchissement, par devant les notaires au comté de Brienne, avec l'agrément du comte Pierre de Luxembourg, la seigneurie de Longsols changea plusieurs fois de maître par suite d'héritage ou de vente.

En juin 1470, Victoire de Saint-Chéron, dame de Longsols, de Pougy et de Châtillon, réclama, par le ministère de Louis Gauthier, écuyer, seigneur de Joquevay, bailli de Brienne, contre les prétendus droits usagers qu'exerçaient les habitants d'Avant dans l'étendue de ses terres. En octobre


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de la même année, un arrangement amiable intervint par devant les notaires jurés Etienne Bollard et Jean Vallois, que le comte de Brienne, gouverneur de Champagne, avait établis audit bailliage.

En 1550, la seigneurie de Longsols, mouvante en plein fief de la grosse tour du comté de Brienne, passa aux mains de l'écuyer Charles de Corbière; sa veuve, Françoise de Bellecourt, et son fils, Antoine de Corbière, seigneur du Plessis, la vendirent, le 26 septembre 1559, au gentilhomme Nicolas Quinot, neveu de messire Pierre Quinot, vicaire de Piney, propriétaire du moulin de Maury, situé au finage de Longsols. L'acquéreur eut de sa femme, Jeanne de Vienne, un fils, Louis Quinot, échevin et conseiller au siège présidial de Troyes.

Ce magistrat, héritier de la seigneurie de Longsols, la céda, le 6 février 1585, à la maison de François de Luxembourg, duc de Piney, pair de France, ambassadeur à Rome, décédé en son château de Pougy, le 30 septembre 1613. Elle y resta jusqu'en 1636; à cette date, messire Charles Henri de Clermont, duc de Luxembourg, la vendit à Claude Coquin, seigneur de Cirefontaine, président en l'élection de Troyes, excepté le fief de Falourdet, détaché en 1596, par François de Luxembourg, en faveur de Suzanne de Mura, veuve de l'écuyer Jacques de Lormeau, sieur de la Malmaison.

Claude Coquin laissa pour héritières sa veuve et une fille unique qu'avait épousée Nicolas Comparot. Ce dernier eut les deux tiers de la seigneurie de Longsols ; la veuve du sieur Coquin, l'autre tiers. Nicolas Comparot donna sa part en mariage à sa fille Nicole, épouse de Marc-Antoine Guillemin, conseiller-secrétaire de la reine, avocat en Parlement, écuyer, bailli de Brienne; ce nouveau seigneur acheta, en 1650, la portion de la veuve ; l'année suivante, il acquit de Jean Clément, sieur de Beaubourg, un sixième de la terre de Longsols, tant de fief que de roture. En outre, le 18 septembre de la même année, Claude de Choiseul Praslin, abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains, lui délaissa, à titre d'échange,


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une pièce de pré de six denrées aboutissant à la rivière et l'accin appelé la Petite-Abbaye, de même contenance, tenant également d'un bout au cours d'eau.

En novembre 1675, Marc-Antoine Guillemin revendit, de concert avec sa femme, la terre et seigneurie de Longsols à messire Jean François Comparot, leur frère et beau-frère, président en l'Élection de Troyes, et damoiselle Marie Edmée Hedelin, son épouse, avec une place appelée Grandes et Petites Abbayes, située près de l'église et attenante au cimetière.

De 1718 à 1722, Claude-Nicolas Comparot, seigneur de Bercenay, Lagesse et autres lieux, conseiller au présidial et président en l'Election de Troyes, héritier de la seigneurie de Longsols, avec damoiselle Cairard, son épouse, plaida contre dame Louise de Mertrus, veuve de Jean-Baptiste de Lormeau, sieur de Falourdet, inhumé en l'église de Longsols ; cette dame, en qualité de tutrice de ses enfants mineurs, se prétendait propriétaire du fief de Falourdet ; mais elle perdit son procès : " Les injustes plaintes de François Pérrotin et de Jacques Charles, ses fermiers, dit la sentence de condamnation, n'avaient vraisemblablement d'autre objet que de donner quelque couleur au dessein que méditait Louise de Mertrus de vétiller, et d'une bagatelle en faire un monstre pour atteindre son but d'usurpation. »

A Claude-Nicolas Comparot succéda Jean Comparot, son fils, époux de Marie-Anne de Corberon, fille de Jacques de Corberon, écuyer, seigneur de Saint-Aven tin, conseiller du roi, trésorier de France, et de Mariè-Madeleine-Didier de Villeroche; en 1760, Jean-Baptiste Comparot, son fils, hérita de la seigneurie de Longsols ; il fut, comme son père, seigneur de La Rothière et autres lieux, l'un des représentants les plus autorisés de la magistrature troyenne.

Cette ancienne famille de robe pouvait se glorifier de compter parmi ses ancêtres et ses alliés, tant du côté paternel que du côté maternel, plusieurs personnages de marque. L'histoire mentionne, entre autres, Jeanne Comparot, mariée en 1590 à Jacques de La Mothe du Berbier, sieur du Metz,


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souche des derniers comtes de Rosnay; Suzanne Comparot, mariée en 1595 à Gédéon Le Grand, seigneur d'Epothémont, dont les armes étaient d'azur à trois fasces d'or; les deux jurisconsultes, Nicolas de Corberon : l'un, seigneur de Torvilliers, avocat général au parlement de Metz, conseiller d'Etat, maître des requêtes, intendant de la Saintonge; l'autre, premier président du Conseil souverain de Colmar, compagnon de voyage de Regnard, célèbre poète comique, à travers les principales contrées de l'Europe; Madeleine de Saint-Wast, épouse de Nicolas Cailleu, procureur au Châtelet de Paris; Michel Cailleu, commissaire d'artillerie à Montpellier ; Alexandre Cailleu, sieur de Brésillons, lieutenant général des monnaies de France; Michel Borthon de Méry, maréchal de logis des gendarmes de la garde ordinaire du roi; Didier Borthon de Quincy, ancien officier de cavalerie, grand prévôt de Normandie, époux de Marie-Jeanne Mauroy, dont il eut mademoiselle Denis de Versailles ; Edmond Guérard, conseiller du roi, ancien receveur des tailles de l'Election de Troyes, époux de Marie-Anne-Elisabeth Hérault; Claude-François Hérault, doyen des chanoines du Saint-Sépulcre, dont le titre valait annuellement huit cents livres.

Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, lessurvivants faisaient non seulement l'ornement des brillantes soirées, mais encore le charme des relations sociales de la magistrature troyenne. L'un des plus distingués, Jean-Baptiste Comparot, ancien gendarme de la garde du roi, conseiller au bailliage et au siège présidial de Troyes, officier municipal et momentanément maire de la ville, fut le dernier seigneur féodal de Longsols; quoique né le 10 février 1741, à une époque d'indépendance religieuse et de philosophie épicurienne, il avait conservé l'austérité des années de sa jeunesse et était demeuré fidèle à la religion de ses pères, comme aux vieilles maximes d'économie domestique, ce qui ne l'empêchait pas de donner dans les cercles de la bonne compagnie le meilleur de sa science et de sa verve. Les feuilles éparses de sa correspondance, que j'ai récemment recueillies, nous le;


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peignent au naturel, en même temps qu'elles nous introduisent au sein d'une des plus honorables familles de robe 1.

On a constaté que la noblesse troyenne formait alors deux classes relativement distinctes : celle des grands seigneurs, titrés, qui restaient à la cour, où les attachaient leurs plaisirs et leurs charges, et celle des simples gentilshommes qui vivaient agréablement dans leurs terres ou dans leur ville natale. Parmi ces derniers figurait le seigneur de Longsols, marié en premières noces à Marie-Anne Mocqueris ; et, en secondes noces, à Félicité-Flore Piers ; il n'eut dés enfants que de son premier mariage ; il était en relation, non seulement avec des familles nobles d'origine bourgeoise, mais encore avec des familles de robe et d'épée, la plupart représentées par d'anciens officiers, chevaliers de Saint-Louis, qui venaient à Longsols, échapper, sous de paisibles ombrages, aux brûlantes chaleurs de l'été et se reposer des affaires administratives et judiciaires.

Les agréments de la villégiature ont de tout temps attiré les gens de qualité pourvus de revenus plus ou moins considérables ; sur les pentes des collines, le long des plaines légèrement ondulées, au fond, des bocages, près des cours d'eau, partout les aspects tour à tour frappants de majesté et séduisants de grâce, les mélanges indéfinissables de lumière et d'ombre, les effluves aromatiques des prairies émaillées de fleurs, les souffles bienfaisants d'un air vif et pur, réconfortent la santé, ravissent l'âme, et créent pour l'oeil, pour l'ouïe, comme pour le coeur et pour l'intelligence, des jouissances toujours anciennes et toujours nouvelles. Jean-Baptiste Comparot savoura ces délices champêtres ; il revoyait, chaque année, avec un plaisir sans cesse renaissant, son domaine de Longsols qu'il affectionnait comme sa retraite de

1 Cette correspondance se trouve dans mon grand manuscrit en six volumes in-folio, intitulé : Miscellanées concernant la Champagne et la Brie. Je me propose de mettre en oeuvre d'autres documents relatifs à l'histoire de Troyes pendant la Révolution française ; ces documents inédits proviennent des vieux papiers de J.-B. Comparot de Longsols, conseiller au bailliage. E.-G,


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prédilection ; là, s'écoulaient au milieu d'un intérieur heureux et tranquille, les plus doux instants de sa vie.

On le reconnaissait au zèle qu'il déployait pour embellir sa seigneurie et l'étendre par des acquisitions successives, ainsi que le constatent de nombreux actes de vente et d'échange. Un parc habilement dessiné, de superbes allées, d'ingénieux labyrinthes, de charmantes promenades, des canaux alimentés par des sources, des viviers où diverses espèces de poissons étaient nourries avec soin, tout cela concourait à rendre attrayant le séjour de Longsols ; aussi les collègues de Jean-Baptiste Comparot ne se faisaient-ils pas prier, lorsque ce sympathique magistrat les invitait à y venir partager ses joies paisibles; ils y revenaient toujours avec une vive satisfaction échanger les soucis du monde pour les douceurs de l'amitié.

Les journées s'écoulaient trop vite dans cette résidence, tant l'hospitalité y était franche et cordiale ; il y avait de la distinction dans le service, et de la délicatesse dans les propos de table. La variété du poisson se mêlait à l'abondance du gibier. La conversation, engagée au milieu du bruit des verres, était tantôt enjouée, tantôt sérieuse. Quel charme ne trouvait pas Jean-Baptiste Comparot au sein de cette aimable et savante réunion de convives ; les saillies heureuses des uns, les histoires instructives des autres, l'austère gravité de ceux-ci, la douce affabilité de ceux-là, la prévenance toujours égale de chacun, étaient pour lui la source de vraies jouissances. Rien ne venait troubler ces jouissances, si ce n'est la préoccupation d'un long procès relatif non seulement à des droits de chasse et de pêche, mais encore à des opérations de bornage et de clôture.

Ce procès, commencé en 1737, par Jean Comparot, époux de Marie-Anne de Corberon, président en l'Election de Troyes, contre les syndics de Longsols, Pougy, Verricourt et Avant, et encore contre messire de Loménie, comte de Brienne, seigneur de Pougy ; messire Picot, marquis de Dampierre, seigneur de Verricourt; Réné-François des Réaulx, marquis de


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Coclois, seigneur d'Avant, se continua, de père en fils, c'est-à-dire entre Jean-Baptiste Comparot et François-Louis des Réaulx, jusqu'à la Révolution française, avec des péripéties plus ou moins piquantes ; c'était une lutte féodale, pour ainsi dire, entre la noblesse de vieille roche et la noblesse d'origine bourgeoise ; le clergé local s'y mêla, ainsi que l'atteste le seigneur de Longsols :

« La propriété d'un ruisseau, dit-il, qui coupe le village à travers un marais d'environ cent arpents, depuis la chaussée de Falourdet, fief de la baronnie de Pougy, jusqu'au bourg de Pougy et au hameau de Verricourt, fait l'objet de la contestation ; c'est avec peine que le demandeur se voit dans la triste nécessité de plaider contre des personnes aussi estimables, par leur haute naissance et par leur rang social ; si la douleur est vive d'entrer en procès contre ces Messieurs, le respect qu'il leur témoignera pendant le cours de l'instance et après la décision ne sera pas moins étendu. Le sieur demandeur est persuadé que les sieurs intervenants, revenus des préventions que des gens mal intentionnés leur ont malignement insinuées, lui rendront justice. La malice de deux ou trois personnes, que leur caractère ne rend pas ordinairement suspectes, et que ce caractère, conforme à l'esprit de l'Evangile qu'elles enseignent, devrait, au contraire, porter, non seulement à entretenir la paix, mais encore à la rétablir, ces personnes, dis-je, ont si bien fait par leurs insinuations malignes et leurs démarches masquées d'un faux zèle pour le bien public, qu'elles ont tenté de renverser l'ouvrage de conciliation entrepris de concert avec les sieurs intervenants.

« L'un dit que le sieur demandeur comptait insensiblement s'emparer des pâtures et des marais communs ; l'autre dit que l'intention du sieur demandeur était d'empêcher que, dans tout le cours de la rivière, on n'en approchât de quarante pieds; un a hasardé, avec une simplicité réjouissante, car enfin on a tout osé pour tromper les sieurs intervenants, on a supposé, dis-je, que le sieur demandeur ferait chez lui


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tant de canaux qu'il viendrait à bout de mettre à sec lès moulins. Ces charitables pasteurs ont forcé le marquis des Réaulx de lâcher son assignation aux requêtes, mais le sieur demandeur voulut voir par lui-même s'il n'y aurait pas moyen d'assoupir des discussions si violentes, fallut-il perdre quel* que chose de ses droits ; il alla chez maître Chaillot, avocat en Parlement, conseil du marquis, lui expliqua l'affaire en litige, et témoigna l'envie de la terminer à l'amiable. Malheureusement, les défendeurs originaires employèrent mille subterfuges pour la traîner en longueur et l'éterniser s'il était possible.... »

Le procès n'avait pas encore reçu de solution définitive, lorsqu'en 1760 Jean Comparot, l'un des plus dignes représentants de la magistrature troyenne, rendit le dernier soupir. Jean-Baptiste, son fils, héritier de la seigneurie de Longsols, dut poursuivre la procédure ; il y faisait diversion par les plaisirs de la pêche et les exercices de la chasse, qu'il partageait avec ses amis de robe et d'épée; ce qui donnait surtout à ces agréments champêtres un charme de plus pour le nouveau seigneur, c'était la présence des siens. Marie-Anne Mppv queris, son épouse, travaillait à des ouvrages de broderies ou de tapisseries, présidait à la tenue de sa maison et aux innocents ébats de ses enfants. Ceux-ci, tantôt se livraient à leurs jeux sur les pelouses verdoyantes, tantôt écoutaient, sous les allées ombreuses, les premières leçons de leur mère; celle-ci se dérobait parfois aux soins domestiques pour jouir des doctes entretiens de son époux et des nobles étrangers qui venaient visiter leur gracieux domicile.

Bien que Jean-Baptiste Comparot et Marie-Anne Mocquer ris habitassent alternativement la campagne et la ville, ils finirent par préférer le séjour de cette dernière ; leurs enfants grandissaient en intelligence en même temps qu'en âge ; ils voulaient qu'instruits et vertueux, ils perpétuassent les qualités héréditaires dans les deux familles qu'ils devaient représenter; ce n'était qu'à Troyes, pensaient-ils, que leur éducation morale et intellectuelle pouvait s'effectuer non seulement


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dans les écoles, mais encore dans les relations qu'ils entretenaient avec une société d'élite au sein de laquelle se transmettaient les traditions d'honneur et de sagesse. Leur hôtel de la rue du Bourgneuf était, plus encore que leur château de Longsols, le rendez-vous habituel de leurs parents et de leurs amis ; là, se rencontraient Elisabeth-Félicité Comparot, Marie-Anne Comparot, Claude-Nicolas Comparot, seigneur de Bercenay, doyen des conseillers au présidial de Troyes, François Comparot, écuyer, seigneur de Montigny, oncles et tantes du côté paternel; Marie - Marguerite de Corberon, épouse de Claude-Nicolas Comparot, seigneur de Bercenay, Marie-Madeleine de Corberon, épouse de Pierre-Joseph Guérard de Saint-Mars, seigneur de la Vacherie, chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment royal infanterie, tantes du côté maternel.

C'est dans ce centre de vie à la fois élégante et chrétienne que les invités causaient de littérature, de philosophie, de religion et de politique, d'après les correspondances qu'ils échangeaient avec les absents ; on y parlait même de certains parents presqu'entièrement oubliés; par exemple, une demoiselle Denis, âgée de 74 ans, demeurant à Versailles, écrit, en mars 1764, à Madame de Corberon, sa cousine, pour l'informer qu'elle était mariée à un chevalier de Saint-Louis, ancien lieutenant-colonel de cavalerie, frère de M. Bailly, lieutenant-général des armées du roi; elle ajoute qu'elle n'a eu qu'une fille, mariée aussi à un chevalier de Saint-Louis, commandant les Suisses du château de Versailles : « Malheureusement, dit-elle, cette chère fille unique est morte au bout de six heures d'accouchement d'une fille qui va bientôt avoir sept ans. Comme mon frère n'a que moi, je demeure avec Monsieur Bailly, chez lui. J'ai eu le plaisir, il y a déjà longtemps, de voir Madame la présidente de Comparot ; je crois qu'elle m'a oubliée; quant à ma cousine Guérard, nous étions autrefois en commerce de lettres; elle m'a aussi oubliée; elle a tort, car je l'aime toujours. »

En avril 1787, Jean-Baptiste Comparot de Longsols se


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trouvait à Paris en même temps que Claude Huez ; il logeait hôtel de Bretagne, rue Croix-des-Petits-Champs, proche la rue du Bouloy : « Nous sommes enchantés, lui écrit sa soeur, que votre voyage ne vous ait pas incommodé. Je n'ose pas vous prier de vouloir bien nous faire l'emplette d'une houppe de cygne; on n'en trouve pas à Troyes... On prétend que l'assemblée se terminera incessamment; vous pourrez peutêtre revenir avec M. Claude Huez. Madame Huez, la mairesse, ne va pas bien, à ce que nous ont dit Monsieur et Madame de Belombre.

" Je voudrais avoir des nouvelles à vous mander ; je n'en sais encore, sinon que les Gardes-du-Corps ont grande peur d'être supprimés. M. Fadate de Saint-Georges a dit à M. de Montabert qu'on en supprimerait la moitié. Nous avons actuellement un grand musicien que M. La Berge engage fort à s'établir ici. La cathédrale lui donne déjà six cents livres , on lui promet sept ou huit écoliers par jour. Nous venons d'avoir la visite de M. le prieur de Sainte-Maure, qui nous engage beaucoup à aller le voir. M. de Belombre a reçu des nouvelles d'Auxerre ; on lui mande que tous les fruits sont gelés, ainsi que la moitié des vignes. M. de Belombre a mille à douze cents pièces de vin à vendre. »

Le frère répondit à sa soeur qu'il se fatiguait à courir par les rues de la capitale et à manger son argent, qui se dépense vite, " Au surplus, dit-il, plaie d'argent n'est pas incurable, quand la santé n'est point compromise ; je serais heureux, si ma femme se portait aussi bien que moi. Que vous raconterai-je de ce qui se passe sur le grand théâtre? tout Paris est en suspens avec le reste de la nation sur les grands événements présents et à venir. Voilà M. l'archevêque de Toulouse, président du Conseil des finances, ministre investi d'une autorité au-dessus du contrôleur général. Le nouveau est l'intendant de Rouen ; on débite ici que l'ancien est à la Bastille ; de plus, il est question de la déroute du Receveur général des Economats, dans la caisse desquels se trouve un déficit de quatre millions, dont on prétend que le receveur n'est pas cause.


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» J'ai vu M . Claude-Huez qui, je crois, sera forte aise, quand il se retrouvera dans son cabinet ; la vie de Cour est fort différente de celle d'un magistrat de province. D'ailleurs, vous devez bien juger qu'il ne m'a rien dit de tout ce qui s'agite à l'Assemblée des notables, et que je n'ai point l'indiscrétion de le lui demander. A propos de notables, savez-vous bien, ma chère soeur, qu'il ne tient qu'à moi de vous faire voir cette auguste Assemblée, en tenant une place distinguée dans le centre ; c'est une énigme difficile à deviner ; en voici le mot : c'est qu'on vend, au Palais-Royal, des gilets de soie où sont représentés, en figures brochées, Messieurs les notables.

» J'ai vu, comme vous jugez bien, Madame le Coq ; elle m'a demandé comment allaient vos yeux. Les miens ont bien envie de pleurer du mauvais temps que j'éprouve ici. Depuis mon départ, il n'a pas fait un jour sans pleuvoir; il a même grêlé sur Argenteuil, Mesnilmontant, le pré Saint-Gervais et la plaine Saint-Denis. Les gelées dernières doivent avoir fait beaucoup de tort à nos fruits et à nos vignes. Je vous rapporterai des lunettes que madame Brasdor, toujours charmante, m'a assuré avoir été faites par l'opticien du roi ou ses ouvriers ; elles vous coûteront cinquante-cinq sols avec étui. Je vous ai, d'ailleurs, grande obligation de m'avoir procuré le bonheur de faire ma cour à cette gentille et adorable femme ; mais surtout prenez garde que l'ancienne en soit informée...»

La correspondance du spirituel magistrat passait assez souvent du plaisant au sévère ; c'est ainsi qu'il expliqua, dans une lettre intime à son collègue et ami Charles Noché, le grave conflit que la réception d'un apothicaire soulevait alors entre le bailliage de Troyes et le lieutenant général de police. Charles Noché examina l'affaire qui, du premier coup-d'oeil, ne lui paraissait pas bonne ; mais, tout bien considéré, elle lui sembla meilleure.

« D'après un usage non contesté, écrit-il, en date du 5 mai 1787, les apothicaires étaient reçus au bailliage et à la police, avant la distraction de l'office de lieutenant de police. Lorsqu'il fut question de recevoir M. Cochois, le lieutenant


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Sourdat forma opposition à ce qu'il fut reçu ailleurs que devant lui, et partit sur-le-champ pour la campagne. Qu'a-t-on fait en son absence ? L'ancien de Tournelle l'a reçu, le matin, à la police, et a conservé le droit de M. Sourdat, en lui laissant même la vacation ; cette réception a été modelée par Pothier sur les précédentes.

« L'après-midi, il a été présenté au bailliage par M. Gauthier, procureur de M. Sourdat, et conseiller, qui connaît les droits de la police. Là, vu la réception de Cochois, on a ordonné l'enregistrement de ses lettres. Tels sont les deux actes dont se plaint M. Sourdat ; mais : 1° celui fait à la police est régulièrement fait par l'ancien de Tournelle qui en avait bien le droit en son absence ; 2° il est dans les mêmes termes que les précédents qui ne sont pas communs, vu le petit nombre des apothicaires; et si, vu le changement des choses, il ne doit plus être dans les mêmes termes, outre que l'importance en est petite, c'est une rédaction de greffier que celui de M. Sourdat a faite comme il a voulu ; 3° il est fait avant l'acte au bailliage, comme il devait l'être, quoiqu'on pût le faire après, si l'on eut chercher querelle. Enfin, ces actes ont été faits d'accord avec le procureur du roi contre ce qu'avance dans ses écritures M. Sourdat, qui en a imposé. Aussi, le lieutenant de police ayant assigné le sieur Cochois pour voir déclarer sa réception nulle, le bailliage dut la soutenir valable. "

Elisabeth-Félicité Comparot, du fond de son paisible castel de Sainte-Jules, écrivit le 7 du même mois à son frère, toujours retenu à Paris : « On devrait bien faire des robes de femmes comme vos gilets de soie du Palais-Royal ; car je serais bien curieuse de voir cette auguste Assemblée ; mais je n'en serais guère plus instruite. » Puis, avec une pointe d'ironie non moins fine : « Vous avez tort de m'instruire du plaisir que vous prenez à faire votre cour à madame Brasdor, car les filles ne sont pas discrètes, et je n'aurai rien de plus pressé que d'en faire part à votre femme. Je suis bien obligé à M. Pierre Dame de son souvenir ; si je ne craignais d'abuser


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de sa complaisance et de faire une trop grosse brèche à votre bourse, qui me paraît déjà bien vide, je le prierais de me faire l'emplette de deux mouchoirs de gaze, peu m'importe qu'ils fussent rayés, à mouches ou à carreaux, pourvu qu'ils soient grands et bons ; on ne trouve à Troyes que de la guenille, et cela est très cher... »

Une grande réputation de savoir entourait Jean-Baptiste Comparot; les connaissances les plus variées ornaient son esprit; il excellait dans la jurisprudence, la philosophie et l'histoire; ses collègues le prenaient pour juge, ils n'hésitaient point à le consulter. Un de ses voisins, Christon d'Auzon, en le remerciant du modèle de généalogie qu'il avait rédigé d'après les titres authentiques, le félicita de l'exactitude et de la précision de son travail; il souhaitait qu'on s'occupât de ce genre de recherches pour une infinité de familles, inconnues, quoique très bonnes. Dans l'inventaire qu'il lui avait envoyé avec les pièces justificatives par ordre de date, se trouvaient des contrats de mariage et des notes sur la famille des Mertrus. « Louis, l'aîné, seigneur d'Auzon, lui écrivait-il, est mort lieutenant de dragons dans le régiment de Pieray ; il n'a point été marié. Guillaume, seigneur de Nuisement, a épousé une demoiselle de Roslaing, soeur du baron de Roslaing, seigneur de Chennegy, cousin du comte et du marquis de Roslaing. Edme, mon père, a épousé une demoiselle Louise de Mertrus ; il eut cinq garçons, dont le plus jeune, Jean-Louis, épousa Julie Camusat de Riancey, et quatre filles, dont la plus jeune fut mariée à Pierre de Richebourg, Garde-du-Corps, compagnie de Luxembourg...»

Un autre voisin, M. Fadate de Saint-Georges, l'informe qu'il a chargé M. Bérard d'une lettre relative à l'arbre généalogique de sa famille : « mon nom, dit-il, est Fadate et non Fadat; j'ignore qui a pu vous donner les renseignements dont vous me parlez; il n'y a point de Fadat à Issoudun. Depuis que ma famille est sortie du Berry, elle a habité le bourg de Saint-Georges, dont mes ancêtres étaient seigneurs ; il n'y a certainement point d'autres Fadate que moi, et il n'y


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a jamais eu de Fadate en Berry. Les armes, d'ailleurs, sont bien les'miennes, c'est-à-dire d'or au chevron de gueule chargé de deux fleurs de lys d'argent et accompagné de trois tourteaux de gueule. M. Waroquier peut, être convaincu que j'ai tous les titres portés sur les documents que je vous adresse et que la patente de naturalisation est parfaitement en règle.. . »

En novembre 1787, Madame Jean-Baptiste Comparot, depuis longtemps souffrante, succomba au moment où l'on espérait sa guérison ; les soirées de l'hôtel des Comparot et des Corberon, si gaies, si animées, suspendirent leurs séances; l'agitation produite par les événements politiques, qui suivirent l'exil du Parlement, aggravée par une crise commerciale, une affreuse disette et un hiver exceptionnellement rigoureux, acheva de rendre presqu'irréparable la perte de cette noble défunte en qui l'on avait admiré l'épouse, la chrétienne et là mère.

Le chevalier Marchand de Christon, seigneur d'Auzon, et sa vénérable mère ; la veuve de M. Le Coq; le sieur de Laffertey, du Mesnil, et son épouse ; Madame Gauthier Guenin, de Ricey-Haute-Rive, amie d'enfance de la défunte, et son fils; M. de Belombre, d'Auxerre, et son épouse; Mademoiselle Henriette Lemaire, de Rouen ; M. Brochand d'Antilly, conseiller au Parlement, et son épouse; plusieurs autres notabilités de la capitale et de la province, s'efforcèrent de guérir la blessure que laissait au fond du coeur de JeanBaptiste Comparot la mort de celle qui, par ses qualités morales et intellectuelles, avait tant contribué au bonheur de sa vie.

Le veuf, désolé, alla reprendre haleine à Paris, chez M. Brochant d'Antilly, son ami dévoué ; il avait confié la garde de ses enfants à son cousin Jacquinot ; celui-ci le tenait au courant de la situation : « Vous pouvez être tranquille, lui écrit-il le 31 mai 1788, Mademoiselle l'aînée se comporte au-delà de son âge ; elle joue le rôle d'une bonne mère de famille envers ses soeurs et son frère; ils aspirent tous au bonheur de vous revoir. Vous avez sans doute été affligé d'ap-


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prendre que Mademoiselle Comparot ait fait une chute et que M. votre fils se soit donné une entorse. Rassurez-vous ; la première en a été quitte pour une saignée ; le second ne s'en ressent plus. La preuve en est que mon épouse et moi nous les avons accompagnés hier, tous trois, au couvent de NotreDame-des-Prés pour y voir Madame Lasneret.

" J'ai appris que le fils de M. Doé avait renoncé à être chartreux pour se faire oratorien ; il quittera peut-être encore cette dernière vocation pour venir siéger parmi nous. A propres de siége, vous allez en occuper un nouveau en qualité d'échevin de la ville. On ne pouvait faire un meilleur choix à tous égards. Nous vous prions, mon épouse et moi, d'en recevoir nos compliments, "

Le fils Comparot faisait ses études au collège de Troyes, tenu alors par les pères de l'Oratoire ; il s'efforçait de répondre aux bons soins du père Etienne. M. Bazin lui apprenait le violon à titre d'art d'agrément. « Oserai-je vous prier, écrit-il à son père, de vouloir bien m'acheter quelques symphonies concertantes ou quelques quatuors nouveaux qui ne soient pas de la dernière difficulté. Ma soeur a porté à SaintAbraham de la toile pour me faire six chemises. Quelle mousseline voulez-vous qu'elle prenne pour me faire des manchettes? Comme les miennes sont postiches, et par conséquent moins sujettes à s'user, je désirerais en avoir de la belle... " Le jeune collégien préférait sans doute l'agréable à l'utile; son père le rappelle à des idées plus sérieuses. « Vous ne répondez pas, mon fils, relativement à votre logique ; vous savez que mon intention est que vous fassiez bien cette classe, qui est très essentielle ; je veux que vous souteniez une thèse; il est temps de s'y prendre; je vous avertis que je vous ferai recommencer cette classe, si vous ne soutenez pas, ou si vous soutenez mal...

» Quant à vos chemises de mousseline, votre soeur aînée peut consulter là-dessus Madame Mouillefarine, à laquelle vous direz que j'ai vu son fils chez lui, la troisième fête de Pâques, et que nous devons aller ensemble avec le père Adry voir les sourds-muets de M. l'abbé de l'Epée...


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» J'espère que pour le choix de votre mousseline, vous vous dispenserez de dire votre avis, comme cela vous arrive quelquefois un peu cavalièrement; je m'en rapporte à votre soeur. Voilà la belle saison ; il ne fait pas froid ; les jours sont longs; je voudrais bien que M. Bazin vous commençât ses leçons ; l'oisiveté, mon fils, est la mère de tous les vices ; il faut être occupé; le travail est nécessaire à l'homme, surtout dans la jeunesse ; sans cela, l'esprit travaille, l'imagination s'égare, et l'on commet des fautes qui ruinent l'honneur, la santé, la fortune... »

C'était dans les premiers jours d'avril 1788. Charles Noché de Rhèges, mande à son ami Comparot de Longsols, que M. Sourdat, le lieutenant de police, s'était rendu à Paris sous prétexte qu'une tante de sa femme était malade, mais qu'en réalité il se proposait de faire créer des conseillers de police. On ne doutait pas qu'il ne profitât de l'occasion pour suivre son affaire contre le bailliage. M. Claude Huez s'en occupait sérieusement, afin de prévenir le coup qu'on voulait frapper : « Son travail, dit-il, te sera remis par Mademoiselle Besnier qui part demain avec Madame Tartairon en diligence. Il y a longtemps que je n'ai reçu des nouvelles du père Adry ; fais lui mes compliments. Je crois que si notre confrère M. Doé l'eut consulté, il ne nous aurait pas fait faux bon si vite. On dit qu'il restera à l'Oratoire de Dijon jusqu'aux vacances. Je n'ai point écrit plutôt à M. son père, parcequ'en vérité je ne sais que lui dire du coup de tête, de son fils.

» Nous n'avons point vu notre coadjuteur. M. l'Evêque a tenu, avant hier, 4 avril, une assemblée de députés de tous les corps pour aviser à la ferme de l'emploi de huit mille livres que le ministère a accordées pour le soulagement de nos manufacturiers ; il avait dessein de parler d'un emprunt par chaque corps pour faire un fond; mais aucun n'a donné dans ce paquet. Nous ne sommes guère plus savants qu'à ton départ sur la réforme des Gardes-du-Corps; il paraît qu'elle se réduira à peu de chose. J'apprends que M. Sourdat part avec Mademoiselle Besnier. Sais-tu que Charbonnet vient


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d'être nommé inspecteur des écoles militaires?... » La lettre se termine par quelques plaintes relatives aux douleurs rhumatismales qui ne cessaient de tourmenter le procureur syndic; celui-ci s'était imaginé qu'une saignée pourrait les calmer ; son ami Comparot de Longsols l'informa qu'il venait de souper chez M. Brochant d'Antilly avec M. Claude Huez, le père Adry, Madame Le Coq, M. Deschenetz et M. Clément du Verneuil : " Nous sommes tous d'accord, dit-il, qu'une saignée serait très contraire pour le rhumatisme ; ce qu'il faut pour remède, c'est de la distraction et de l'exercice. Trois à quatre semaines de courses à Paris te vaudront mieux que toutes les occupations que tu t'es créées dans ton cabinet, à l'hôpital, à Saint. Abraham ou à l'hôtel de ville ; viens prendre surtout quelques gouttes de sirop de Gluck et de Sacchini... »

Les chefs-d'oeuvre de ces deux célèbres compositeurs, l'un remarquable par le grandiose de son harmonie, l'autre surnommé le Racine de la musique, faisaient alors fureur dans la capitale; mais Charles Noché, conseiller au bailliage, procureur du roi, syndic de la ville, n'était guère en position de voyager au loin pour ses plaisirs ; du reste, les officiers du bailliage travaillaient avec lui à déjouer les intrigues du lieutenant de police. MM. Huez, Babeau, Noché, Corrard de Breban, Camusat Deparetz, avaient rédigé le 12 avril 1788 une adresse collective; ils l'envoyèrent à leur collègue Comparot de Longsols, avec prière de s'occuper activement de l'affaire. « M. Noché, lui écrivent-ils, nous a communiqué votre lettre qui nous apprend le projet de M. Sourdat ; nous pensons qu'il n'y a d'autre parti à prendre que de former opposition à l'enregistrement de l'édit ; mais avant de le suivre, comme nous ne savons pas si l'on peut former opposition à l'enregistrement d'un édit rendu du propre mouvement du roi, et que quelques-uns de nous pensent que l'on ne peut se pourvoir que par voie de représentation, nous vous prions de consulter auparavant quelqu'un de Messieurs les conseillers de Grande-Chambre pour savoir si l'opposition que nous ferions est praticable et si elle ne nous compromet7

compromet7


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trait pas auprès de M. le Garde des Sceaux. Dans l'affirmative, nous vous prions, sans perdre un instant, de vouloir bien la faire former au nom des conseillers du bailliage; cette lettre vous servira de pouvoir. Dans la négative, tâchez de gagner du temps, afin qu'on puisse faire des représentations. Nous allons rédiger, à ce sujet, un Mémoire que nous vous adresserons peut-être demain... »

Le conseiller Comparot de Longsols répondit qu'il considérait l'opposition à l'enregistrement comme une voie légale, et de plus comme l'unique et dernière ressource; son ami Charles Noché répliqua, le 13 avril, qu'effectivement on pouvait former opposition à l'enregistrement de lettres patentes obtenues par quelqu'un, soit corps, soit particulier ; mais, ajoute-t-il, « M. Huez et moi, sommes persuadés qu'il n'en est pas de même à l'égard d'un édit censé émané du propre mouvement du roi, et qu'il n'y a absolument que la voie de représentations à lui adressées ; aussi lui en adressons-nous aujourd'hui, et nous t'en envoyons copie. Nous avons pressé M. Huez de partir ; ce sera probablement une démarche inutile ; mais nous croyons devoir la faire pour que nos successeurs ne nous reprochent rien. Vous travaillerez de concert, le peu de temps que tu auras à rester à Paris... »

Claude Huez se rendit immédiatement à Paris pour s'entendre avec, son ami Comparot de Longsols, logé rue GérardBocquet, chez M. Brochant d'Antilly. « J'ai été à Versailles, écrit-il le 19 avril ; il a été vérifié, dans les bureaux de M. le Garde des Sceaux, qu'il n'y a point encore d'édit de création de conseillers au siége de police, mais que la demande en a été faite par M. Sourdat dès le mois de février ; son Mémoire a été renvoyé au bureau des réunions. »

Quelques tiraillements intérieurs s'étaient sans doute produits parmi les officiers du bailliage relativement aux prétentions du lieutenant de police. M. Doé avait écrit à M. Noché pour qu'il ne le nommât point dans la lettre de M. Comparot, qu'il devait communiquer à la compagnie; mais il était trop tard ; en outre, quand un officier d'une


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compagnie reçoit une pareille nouvelle d'un autre officier, il ne peut tronquer l'article, ni se dispenser de le laisser voir. C'est ce que pensa Charles Noché. « J'ai lu et brûlé la petite feuille, écrit-il à son ami Comparot de Longsols, je sais bien que son contenu n'est que trop vrai; mais est-il juste que nous en souffrions? N'est-il pas étonnant que le Parlement sacrifie des officiers qui se sont aussi bien montrés que vous l'avez fait en 1771 à ceux mêmes qui ont trahi la magistrature et étaient dénommés dans l'édit de suppression? Si tel est l'appui que le Parlement accorde aux officiers subalternes, dis-moi sur quoi on peut compter ; il faut beaucoup de courage et de vertu pour se vouer à un état critique, laborieux, stérile, et sans considération ; si chaque jour y apporte de nouveaux désagréments, et que l'intrigue le bouleverse à son gré, il sera bientôt abandonné ; les vrais principes seront méconnus dans les provinces; les suites de cet oubli ne seront avantageuses à personne. »

Ces réflexions, empreintes d'une certaine mélancolie, nous révèlent qu'à Troyes, comme dans beaucoup d'autres villes du royaume, les citoyens d'élite commençaient à gémir de voir que les intrigues avaient plus de crédit que le zèle sincère pour le bien public. Que pouvaient faire ces citoyens vertueux en face d'une pareille situation? Qu'avaient-ils à attendre de gens ombrageux qui ne pardonnaient pas aux intentions loyales de se produire? Ne valait-il pas mieux se retirer du mouvement des affaires? Quelques-uns prirent ce parti; d'autres, cependant, aimèrent mieux, par dévouement patriotique, rester dans les charges, d'où ils pourraient plus sûrement protéger leur ville natale contre certains actes arbitraires ou tyranniques. Tels furent Claude Huez et Comparot; ils devaient à leur esprit de conciliation et à la délicatesse de leurs procédés, non moins qu'à l'enjouement de leur caractère et à l'élévation de leur intelligence, d'exercer une grande influence dans les négociations difficultueuses.

Ces deux magistrats se rencontraient de temps à autre chez leurs amis de la capitale. « Le père Adry de l'Oratoire et


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M. Huez viennent dîner chez M. Brochant d'Antilly, conseiller au Parlement, écrit Jean-Baptiste Comparot à sa fille aînée; M. Huez a été à Versailles; il a vu M. Dufaure de Rochefort, maître des requêtes, rapporteur de son Mémoire ; il est vrai que la demande de M. Sourdat a été faite dès le mois de février 1788; mais il n'y a point encore d'édit de création de conseillers au siège de police; la mèche est éventée..... M. Claude Huez espère retourner bientôt à Troyes avec l'espoir du rétablissement des tribunaux de justice dans leur ancien état. Tant que cela ne sera pas fait, on restera toujours dans l'incertitude. On prétend aussi que les états généraux seront convoqués pour le milieu d'octobre prochain. On en a besoin pour ranimer la confiance et pour remettre l'ordre dans les finances...»

Les graves affaires de la ville de Troyes n'empêchaient pas ce magistrat de se préoccuper de l'avenir de son fils et de ses demoiselles, en qui il se plaisait à voir revivre les qualités de sa chère défunte. L'aînée des filles ne faisait que croître en force et embellir en vertu ; aussi, les prétendants étaient-ils nombreux. Le portrait que le chevalier Fadate de SaintGeorges, sous-aide major des Gardes-du-Corps, fit de l'un d'eux dans une communication confidentielle à son ami J.-B.... Comparot, décida ce dernier à l'abcepter. C'était un jeune homme doux, prévenant, honnête, possesseur des hauts fourneaux d'Etravaux, commune de Greucourt, canton de Fresne-Saint-Mamès.

Quelque temps après le mariage, le gendre sollicita de son beau-père, pour un de ses camarades de la Franche-Comté, également d'une belle taille et d'une physionomie agréable, la main de la cadette des filles. Jean-Baptiste Comparot demanda le temps de la réflexion: " bien des raisons, dit-il, l'exigent. La jeune personne n'aime pas naturellement la campagne; elle vit en ville dans une société très agréable où elle est aimée; sera-t-elle, après son mariage, plus heureuse qu'à présent? Elle n'a pas encore dix-neuf ans accomplis. Le prétendant atteint sa trentième année; onze ans de différence


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d'âge, c'est déjà quelque chose. Comparot, son frère, est à la veille de quitter la maison paternelle pour aller faire son droit. Henriette, sa soeur, en pension chez Madame Le Boeuf, n'a que treize ans, par conséquent trop jeune pour se charger des soins de l'intérieur que le père ne peut, par état, surveiller.

» Le père lui-même, épuisé par la perte douloureuse qu'il a faite en la personne de sa chère épouse et par les frais de mariage de sa fille aînée, a besoin de relâche ; il ne peut tirer aucun argent de ses débiteurs; en outre, ses fermiers ne paient point leurs termes ; il faut cependant pourvoir au ménage, à l'éducation des enfants, à l'entretien de tous ; il est loin d'être à son aise; il n'a qu'une terre dont les charges absorbent presque entièrement le revenu, des contrats sur le roi rapportant un et demi pour cent, sans compter les retenues faites depuis l'avènement de l'abbé Terray aux finances, une charge purement honorifique dont la capitation monte plus haut que ce qu'on en retire. Enfin, deux procès : l'un, avec le marquis des Réaulx ; l'autre, avec les habitants de Longsols, suscité par ce même marquis, l'obligent à des frais considérables. En face de tant d'embarras, de soucis, d'inquiétudes, s'il ne songeait qu'à sa tranquillité personnelle, il aurait mis sa fille au couvent; il aurait vendu la maison, l'argenterie, le mobilier, pour se faire un revenu suffisant et de toute sécurité; mais il n'est point égoïste ; il a des enfants d'une femme dont le souvenir lui sera toujours cher; il se sacrifiera, s'il le faut, à leur bonheur; son désir serait que sa fille s'établisse à Troyes, parce que, lui choisissant un honnête homme dont l'éducation, le caractère, la fortune et la famille soient connus, il lui donnerait la maison, le mobilier, et se mettrait en pension chez elle... »

Le beau-père ne veut pas clore cette lettre du 14 mars 1789, où il se peint lui-même en toute franchise, sans dire à son gendre que ses fonctions administratives et judiciaires le tiennent continuellement en haleine. Du matin au soir, il-est ou au Palais ou à la ville : « Nous tenons des assemblées prépa-


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ratoires ; nous réunissons les cahiers des corps et corporations pour en faire la rédaction en un seul ; ce qui n'est pas un petit ouvrage. Le 19 mars se tiendra, au Palais, dans la salle d'audience, l'assemblée générale des trois Ordres pour la nomination des électeurs ; il y aura plus de neuf cents députés, tant des villes que des campagnes du ressort du bailliage. Les électeurs une fois nommés, chaque ordre se séparera. Le Tiers restera encore dans la salle d'audience du bailliage comme le plus nombreux. La Noblesse prendra la salle d'audience et la chambre du conseil de l'élection. Le Clergé s'assemblera dans la salle du bureau des hôpitaux, qui est trèsbelle. Le 26 mars, se tiendra l'assemblée générale des électeurs pour nommer les huit députés qui porteront aux Etats le cahier général ; ils y voteront pour tout le bailliage. Tout cela ne se passe pas sans brigues et cabales, comme vous pouvez bien l'imaginer... »

Ces derniers détails, exposés par un magistrat aussi courageux qu'intègre, ne donnent-ils pas à entendre qu'il fut, pendant la première période de la Révolution française, l'un des membres les plus actifs de la magistrature et de la municipalité, de Troyes ; il appartint au parti constitutionnel comme Claude Beugnot, son compatriote de Bar-sur-Aube, et comme lui, il avait des aspirations libérales ; il prévoyait que les désaccords qui se manifestaient à la fin du dix-huitième siècle, entre les institutions et les idées publiques allaient changer l'ancien régime : dorénavant, dans l'ordre politique, plus de sujets obéissant à un roi qui règne de droit divin avec une autorité absolue, mais des citoyens se gouvernant librement d'après les institutions qu'ils se sont données ; dans l'ordre social, plus de classes distinctes, plus d'ordres prévilégiés, mais l'égalité entre les citoyens, soumis tous aux mêmes charges et jouissant des mêmes droits. De là, entre les partisans et les adversaires de ce nouveau régime une lutte ardente, implacable. Le parti modéré que représentaient à Troyes le sage Claude-Huez et le prudent Comparot de Longsols aurait


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voulu, par l'application progressive des principes de 1789, assurer le triomphe d'institutions adaptées à l'état des esprits ; mais, violemment assailli par les partis extrêmes, il devait succomber dans cette lutte inégale.

Rosnay-l'Hôpital, 14 juillet 1888.



UN MIRACLE

AU MUSÉE DE TROYES 1

PAR

M. LOUIS LE CLERT

CONSERVATEUR DE L'ARCHÉOLOGIE DU MUSÉE DE TROYES

MESSIEURS,

N'allez pas croire que, sous ce titre, j'aie l'intention de vous entretenir d'un miracle dans l'acception la plus commune de ce mot. Pourtant, j'en suis certain, si la chose était au pouvoir de vos conservateurs, vous ne douteriez nullement de l'empressement qu'ils apporteraient à faire tous les miracles possibles au profit du bel établissement que vous avez confié à leurs soins.

Avant de vous donner la description du miracle que nous possédons, je crois devoir vous parler brièvement des miracles en général, de leur origine et de leur emploi, ainsi que des pardons. Ces quelques mots qui, au premier abord, peuvent paraître un hors-d'oeuvre, ont, suivant moi, leur raison d'être. En effet, lorsque d'autres petits monuments, semblables à ceux qui nous occupent, viendront, comme nous le souhaitons vivement, prendre place dans nos vitrines, je

1 Notice lue à la Société Académique de l'Aube dans la séance du 20 juillet 1888.


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n'aurai plus qu'à vous faire une courte description de ces objets qui seront déjà pour vous de vieilles connaissances.

Le mot miracle, dans le sens que nous entendons lui donner ici, est, pensons-nous, d'origine troyenne, car c'est seulement dans les archives de cette ville que nous l'avons vu employé. Il semble avoir été en usage, surtout au XVe siècle. Ainsi que l'ont écrit MM. l'abbé Coffinet1 et Boutiot 2, nos ancêtres désignaient par cette expression les chapelets, les bagues, les médailles et les enseignes d'or, d'argent et de plomb que le clergé faisait vendre à la porte des églises lors des pardons. Le mot miracle était donc le synonyme de chose sainte, pieuse.

D'après M. Germain Bapst, dans son remarquable travail sur l'orfèvrerie d'étain 3, l'origine des enseignes remonterait à la fin du XIIe siècle, et l'usage de les porter viendrait peutêtre des croisades.

Exécutées à l'effigie ou bien en souvenir des miracles de tel ou tel saint, selon que le culte en était plus on moins répandu, les enseignes se portaient, soit sur la poitrine, soit pendues au cou, soit même sur le chapeau, comme le fit le roi Louis XL Il est probable que la plus grande partie des médaillons que l'on voit figurer sur les coiffures des personnages du temps de Louis XII ne sont autres choses que des miracles. Ainsi portées en évidence, ces enseignes pouvaient parfois devenir un signe de ralliement.

Les pardons ou indulgences remontent aux premiers siècles de l'Eglise. Dès le XIIe siècle, les papes et les évêques commencèrent à accorder des pardons ou indulgences à ceux qui contribuaient par leurs aumônes à la construction des églises cathédrales et paroissiales ; ainsi, toute personne qui visitait l'église en construction, et apportait une offrande des-.

1 Mém. de la Société Académique de l'Aube, 1869-1872. 2 Hist, de Troyes, t. III, p. 28. 3 Revue Ârchéol., t. XXIII.


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tinée à l'achèvement des travaux, obtenait la rémission partielle ou totale des peines temporelles dues à ses péchés.

Suivant Laroque 1, les indulgences ne profitaient pas seulement aux établissements religieux, il y avait des pardons et des indulgences attribués à ceux qui fréquentaient les foires de Champagne et de Brie, ainsi que celles du Landit à Saint-Denis, et celles de Saint-Romain à Rouen.

Parmi les principaux pardons accordés pour aider à la construction de notre cathédrale, nous mentionnerons :

En 1228. Une indulgence de quarante jours pour ceux qui aideront à relever l'église détruite en partie 2.

En 1229. Une bulle du pape Grégoire IX accordant des indulgences dans le même but 3.

En 1240. Un pardon de quarante jours aux bienfaiteurs de la cathédrale. — Charte de Jacques, évêque de Préneste, légat du pape.

En 1415. Un pardon d'un an et de quarante jours accordé à ceux qui visiteront la cathédrale et concourront à son achèvement. Les indulgences sont octroyées au nom de la miséricorde de Dieu tout puissant et par l'intercession de ses apôtres Pierre et Paul 4.

En 1451. Une bulle du pape Nicolas V qui, à la demande du Chapitre, accorde une indulgence plénière à tous ceux qui, pendant la semaine qui suivra le dimanche de Quasimodo, en observant les conditions prescrites, visiteront l'église et contribueront, par des aumônes, à l'achèvement des travaux à entreprendre 5.

En 1452. Indulgences accordées, pendant la vacance du

1 Traité de la noblesse, p. 160.

8 Biblioth. de l'École des Chartes, 23e année, t. III, 5e série, p. 393.

3 Biblioth. de l'École des Chartes, 23e année, t. III, 5e série, p. 221.

4 Biblioth. de l'École des Chartes, 23e année, t. III, 5e série, p. 242.

5 M. Léon Pigeotte : Etude sur les travaux d'achèvement de la Cathédrale de Troyes, p. 4.


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siège, par quinze cardinaux, à tous ceux qui, pendant la semaine qui suivra le dimanche de Quasimode, visiteront la cathédrale, " en considération de ce qu'elle est l'une des plus belles cathédrales de France, et même de l'univers, après Rome et Antioche. Elle a été bâtie miraculeusement par saint Potentien l'un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ1. » Notons, en passant, que le considérant des quinze cardinaux est apocryphe en tous points.

En 1462-1463. Dans les comptes de l'oeuvre de la cathédrale, on trouve la mention suivante : " Dépense extraordinaire faite à cause du pardon général qui a esté cette année, au jour de Quasimodo, pour la seconde année dudit pardon et pour la publication d'icellui.... etc. » Ce pardon avait été annoncé du haut de la chaire par des religieux envoyés à cet effet dans " le Barrois, en Lorraine, au pays de Vauge, à Lucembourg et pays d'environ. » A Troyes, le clerc de la prévôté et le sergent de la ville l'avaient annoncé dans les rues et carrefours.

La foule des pèlerins accourus de toutes parts était énorme ; elle encombrait l'église à toutes heures, et on voit; par ies comptes que le Chapitre était obligé de payer des " gens qui gardaient l'église et veillaient de nuit et de jour 2. »

Le Chapitre soldait également des gens chargés de Vendre des miracles pour le compte de l'église 3.

M. D'Arbois de Jubainville a relevé dans ces mêmes comptes le passage suivant : « Pour la vendue des enseignés d'argent dorées et blanches comme d'autres d'estain en saint Pierre, et d'autres achetées de Belin, miraclier, et de la veuve feu Domey, vendues par plusieurs et à diverses personnes, la somme de XXIII ls ts (livres tournois). »

Nous-même, nous avons rencontré ceux-ci : 1469 " Le par1

par1 : Hist. de Troyes, t. III, p. 28.

2 Biblioth. de l'École des Chartes, 23e année, t. III, p. 393.

3 Biblioth. de l'École des Chartes, 23e année, t. III, p. 394.


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don général qui est en l'église Saint-Pierre, le jour de Quasimodo, reçu pour la vendue des enseignes dudit pardon, tant en clefs de saint Pierre d'estain que aultres, achetées de la Beline et de Jehan Cheuvril orfeuvre qui en avait fait d'argent tant blanches que dorez, des quelz un est demoré, XII ls. x s. 1 "

Précédemment, en 1443-1444, le Chapitre avait reçu une certaine somme « des personnes qui le jour des festes de Ste Hélène et de Ste Mathie ont occupé des étaux situés entre les deux portes de la cathédrale pour vendre des miracles et autres choses2. »

Jusqu'à ces jours derniers, le Musée ne possédait aucune de ces enseignes de pardon qui se vendaient aux portes de la cathédrale. Grâce à la bienveillance de l'Administration des ponts et chaussées, et en particulier à celle de M. Baratte, ingénieur ordinaire chargé de la direction des travaux exécutés au pont des Cailles, un miracle, provenant des fouilles pratiquées pour l'établissement du nouveau pont, vient d'être déposé au Musée en même temps que d'autres objets fort intéressants.

Selon nous, ce miracle est du nombre de ceux qui étaient vendus aux portes de la cathédrale, et il doit dater du commencement du XVe siècle. Il est en étain, de forme ronde, et mesurant 0, 04 centimètres de diamètre.

Dans le champ, découpé à jour, entouré d'un cercle déprimé vers les bords et portant un double cordon perlé, ainsi que deux pattes ajourées, destinées à l'attacher sur le vêtement, le Christ est représenté assis sur un fauteuil antique. Il est couronné, et derrière sa tête est placé un nimbe crucifère. De la main droite il bénit, et de la main gauche il tient un globe surmonté d'une croix. A ses côtés, debout sur des estrades, se trouvent placés saint Pierre et saint Paul, les deux patrons de la cathédrale.

Saint Pierre, coiffé d'une mitre pointue, telle que la por1

por1 de l'Aube, G. 1566, Regist. 2 Arch. de l'Aube, Regist. G., 302.


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taient encore les papes à la fin du XIVe siècle 1, tient une clef, son principal attribut, et le livre des Evangiles. Saint Paul, placé à la droite du Christ, a la tête nue et nimbée ; dans ses mains, il porte une épée et les Evangiles.

Le cercle qui entoure ce sujet est percé de trois trous qui donnent passage à des petites tiges en étain, adhérentes à un cercle mobile, également en étain, orné d'un rang de perlettes et placé derrière le cercle principal. Ces tiges, rabattues sur l'encadrement, maintiennent en place ce petit cercle. Il est probable qu'entre ces deux ornements se trouvait placée une feuille d'étain doré, ou de verre, sur laquelle le sujet se détachait en vigueur.

Ce miracle est le bien venu au Musée, et il figure avec honneur dans la vitrine principale, près de l'Enseigne de pardon de saint Etienne, de l'ampoule de pèlerinage de sainte Colombe et de la médaille de pèlerinage de sainte Syre.

1 Voy. le buste de Clément VII au Musée d'Avignon. Revue Archéologique, 3e série, t. XI, 1888, p. 181.


EXTRAITS

DE

QUELQUES LETTRES

DU

GENERAL DE DAMPIERRE

(1789-1793)

Nous tenons de l'obligeance de M. Charles Savetiez, notaire honoraire à Dampierre, communication des extraits suivants de quelques lettres du général de Dampierre, adressées par le Général à maître Jean-Baptiste Savetiez, procureur fiscal et notaire à Dampierre, grand-père de M. Charles Savetiez.

L'auteur de ces lettres, né à Paris, le 19 août 1756, et tué à Vicoigne, près-Valenciennes, le 8 mai 1793, est le père du marquis de Dampierre, pair de France et conseiller général de l'Aube, et le grand-père du comte Dampierre, tombé glorieusement sous les murs de Paris, à Bagneux, le 16 octobre 1871.


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I.

35 Juin 89

Bonjour à mon cher ami Savetiez, je le prie de mettre de la célérité à ce que je lui ai mandé par rapport à L'huître, c'est-à-dire d'envoyer à Beulin le plus d'argent qu'il pourra pour me le faire passer, car les honneurs coûtent cher, et je n'ai pas beaucoup d'argent. Je ne fais cependant pas beaucoup de dépense, et en cela je me conforme au peu de fortune que mon père m'a laissé; mais ce que j'ai hérité de lui c'est le désir d'être utile à mes semblables. On dit qu'il y a des coquins qui se répandent dans les campagnes et qui coupent les grains; si vous aviez le moindre soupçon du voisinage de pareils coquins, il faudrait faire garder les moissons par les paysans même ; mais j'espère que cela ne sera pas général, il n'y a même eu que quelques arpents de coupés dans les environs de Paris. Dites mille choses à ma mère et que je la prie de faire faire ce que je lui ai dit. Si Dampierre était absolument à moi, je ferais détruire les pigeons, puisque ce sont les pauvres qui les nourrissent et les riches qui les mangent; mais cela désolerait ma mère, ainsi ce n'est pas le moment d'en parler.

Adieu, mon cher Savetiez, bien des choses à tous les vôtres.

H. DE DAMPIERRE.

II. 30 Janvier 1792. — Paris

Je suis nommé colonel de Dragons, ne le divulguez pas

encore, je n'ai pas ma lettre.

Adieu, mon bon ami,

H. P. DAMPIERRE.


— 113 — III.

30 Janvier 1798. — Paris

Veillez à ce qu'on ne dévaste pas mes bois de Dampierre [ni les autres]. Parlez au maire au nom de la loi, et dites lui qu'il est bien dur pendant que je deffends la cause du peuple de voir mes possessions envahies par lui.

Tout à vous.

H. P. DAMPIERRE.

IV. 9 Février 1793. — Paris

Adieu, mon bon ami, je suis colonel d'un bon régiment de Dragons, le 5e, il est patriote et très sage

J'ai appris quelque chose d'assez plaisant. C'est que mes ennemis, ceux qui m'ont empêché d'être de l'assemblée nationale, étaient gagnés par les Ministres. Au reste, par ma nomination à la place de colonel, mes ennemis me font gagner 3 ans 1/2, car si j'avais été de l'assemblée je n'aurais pas pu être colonel avant le mois de mars 1795, et encore aurait-il fallu que cela se trouve tout de suite.

V. 80 Février 1790. — Paris

Je passe au 5e régiment de Dragons par la promotion de M. Charton, qui en était colonel, au grade de maréchal de camp. Je ne suis plus aide de camp de M. de Rochambeau; c'est lui qui m'a fait obtenir la place de colonel.

Adieu, mon cher Savetiez, je suis tout à vous.

H. P. DAMPIERRE.


— 114 —

VI. 89 Mars 1798 (Date misé par M. Savetiez)

Je suis président des amis de la Constitution de Valenciennes.

Je suis à vous pour la vie.

DAMPIERRE.

VII. Valenoiennes, le 17 Avril 1793

Mon cher Savetiez, nous allons faire nos équipages, s'il était possible de m'envoyer quelques secours, cela ne serait pas mal fait

Nous avons ordre de faire nos équipages, ainsi il faut du cuibus, ou del l'argent autrement dit, je vous prie de faire l'impossible pour vous en procurer, nous en avons besoin

pour tout ...

Adieu, tout à vous.

DAMPIERRE.

VIII. Ce 17 Avril 1798

Mon affaire va bien, je seray jugé demain ; aussitôt que ma lettre sera arrivée à Dampierre, il faudra, si c'est le mardy matin, faire partir un homme pour Charmont, à cheval, pour aller chercherune lettre qui arrivera sur les deux ou 3 heures, par laquelle je manderay ce qui en est à Mme de Dampierre.

Tout à vous.

H. P. DAMPIERRE.


— 115 -

IX. Valenciennes. 87 Avril l'an 4 de la liberté.

Il est deux heures du matin, dans deux heures nous entrons sur les terres de l'Empereur, pour commencer les coups de fusils contre les Autrichiens.

Tout à, vous.

DAMPIERRE.

X. Ce 3 Mai 1798

Nous revenons des coups de fusils, mon régiment et moi nous sommes bien conduits. Ecrivez à Rochereau pour l'impôt et pour les dixmes. — Pressez les corps administratifs. Adieu mon cher ami. Tout à vous.

H. DAMPIERRE.

XI. 27 May, l'an 4 de la liberté, à Arras.

Je vous envoyé la procuration que vous me demandés, ainsi que les détails sur l'affaire, vous verres que je m'y suis bien conduit, et que malgré cela mon régiment a été assimilé à un régiment qui nous a fait inculper dans un décret foudroyant dont nous nous tirerons bien, et d'ici à peu de jours nous retournerons aux coups de fusil. Bien des choses à dom

Cattey.

DAMPIERRE.

P. S. Vous garderés les papiers après les avoir fait lire au bourg de Dampierre.


— 116 —

XII. Arras, 3 Juin, l'an 4 de la liberté.

Vous avés sçu par les papiers publics que le 5e régiment est parfaitement acquitté par l'Assemblée nationale. — D'après cela Monsieur le Maréchal de Lukner nous reporte au poste de l'honneur. — Nous partons demain 3 pour Maubeuge. Tout' à vous. ...

H. P. DAMPIERRE.

XIII. 18 Juin, l'an 4 de la liberté.

Que diable voulés-vous, mon cher Savetiez, faire corriger la procuration, nous sommes à 20 lieues d'Arras, prêts à en découdre avec les Autrichiens ; ainsi je crois que cela sera suffisant pour l'instant

Adieu, mon bon ami

Le régiment a été comme vous sçavés honorablement acquitté et nous sommes à l'armée.

XIV. Au camp de Maubeuge, le 15 Juillet, l'an 4 de la liberté.

Nous sommes actuellement au camp retranché de Maubeuge; jamais nous n'avons vu une campagne plus tranquille, les ennemis ne paraissent plus, ils semblée qu'ils soyent tout à fait calmés depuis que nous avonspris le genre deffensif. Il est vray que leurs troupes légères ont été frottées en plusieurs rencontres de la grande manière.

Adieu, mon cher ami.

DAMPIERRE.


— 117 —

XV.

Mon cher Savetiez, j'ai prié M. Cattey de vous communiquer ma dernière lettre, il me dit que le district était bien disposé en ma faveur. (En vérité ils le doivent vis-à-vis d'un patriote tel que moi.) Il faut profiter de leur bonne volonté

pour pousser à la roue.

(Signé) DAMPIERRE.

Dites au père Labille que son fils se porte bien et se conduit très-bien.

Au camp de Maubeuge, ce 24 Juillet, l'an 4 de la liberté.

Je m'occupe de faire nommer officier M. de Surmont de Bonne-Écuelle, membre des bureaux.

XVI.

5

Adieu, mon cher ami, tout à vous.

DAMPIERRE.

5 Août, l'an 4 de la liberté, a Maubeuge.

Les commissaires de l'Assemblée nationale ont porté mon civisme aux nues et m'ont comblé d'amitiés et de prévenances. Ils quittent Maubeuge.

XVII. Le 20 Aoust, l'an 4 de la liberté, au camp de Maubeuge.

J'ai été il y a deux ou trois jours, par une nuit bien noire, détruire un pont à sa Majesté Impériale, je lui ai fait pour environ 2,000 l. t. de dommages.


118

XVIII. Au camp de Maubeuge, ce 37 Aoust, l'an 4 de la liberté.

Tout à vous, mille choses à vos parents.

DAMPIERRE.

Je vous donne sous le secret que je vais être maréchal de camp. — Ne le divulguez pas encore. Vive la Nation et la Liberté! — Je jouis de la plus grande confiance des troupes,, il est vray que je m'expose toujours le premier.

XIX.

30 Aoust, l'an 4 de la liberté, à Maubeuge.

Aussitôt ma lettre reçue faites l'inspection des fusils, et

excepté un fusil à deux coups propre pour moi, le fusil à un

coup de mon fils et les fusils de mon oncle, vous distribuerés

les autres aux gardes nationaux qui vont combattre sur les

frontières, . . . . à la charge de les rapporter à la fin de la

guerre.

Adieu, tout à vous.

DAMPIERRE.

XX.

Au camp de Braux, près Sainte-Menehould, 85 Septembre, l'an 4 de la liberté.

Il faut faire dresser l'acte qui confère la donation de la

chapelle à d. Cattey, civilement par un notaire, comme celle

du bon La Martinière

Tout à vous.

DAMPIERRE.

Nous avons eu une affaire dont nous nous sommes bien tirés.


— 119 —

XXI. A Somebione 1, le 2 Octobre, l'an 1er de la République.

Mon cher Savetiez, j'espère que nous sommes débarassés des ennemis, la belle bataille, ou plutôt la canonade de Valmy, où nous avons envoyé 4000 coups de canons ou d'obus aux ennemis les ont repoussés tellement qu'ils n'ont pas voulu mordre davantage, ils ont fait deux marches rétrogrades vers Grandpré, leurs chevaux manquaient de fourrage, les hommes de pain, et ils perdaient cent hommes de maladies par jour ; nous les suivons, je commande une partie de l'avant-garde et je ne bivouaque pas ordinairement plus loin que 100 pas de leurs vedettes afin de leur tirer des coups de canon dès la pointe du jour. Mon fils 2 se conduit à merveille, il est ainsi que moi chéri des troupes, il a tiré des coups de pistolets aux ennemis hier toute la nuit. La conduite de MM. Dumourier et Kellerman est digne des plus grands éloges.

Je vous prie de faire copier le bulletin ci-dessus et de l'envoyer à ma mère, à Brienne. Dans le cas où elle n'y serait pas, vous l'enverriés à M. de Brienne ; vous me ferés plaisir aussi d'en envoyer deux pareils, l'un au club d'Arcis, l'autre au club de Troyes, vous mettrés en tête : Copie d'un bulletin envoyé par le général Dampierre au sr Savetiez, notaire à Dampierre. — La date telle qu'elle est en haut de ma lettre.

Je vous seray obligé; vous affranchirés le port du bulletin pour Troyes et pour Arcis, et vous écrirés ces bulletins très lisiblement.

Tachés de mettre l'activité à mes affaires que je mets à chasser les ennemis de la République.

Finisses l'affaire de la chapelle, enfin celles qui sont en train.

Adieu, mon bon ami, mille choses à dom Cattey, qu'il aille vite aussi.

H. DAMPIERRE.

1 Sommebionne (Marne).

2 Achille, son flls aîné, mort à Saint-Domingue en 1802, pendant l'expédition,


— 120 —

XXII. Kévrain 1, 1er Novembre, l'an 1er de la République.

Nos gens continuent à bien faire ; 5 hussards à mes ordres ont fait mettre bas les armes à 30 hs. d'infanterie dans un village, et neuf cents français ont repoussé 3,000 impériaux, et fini par charger de la cavalerie à coups de bayonettes.

Adieu, tout à vous.

DAMPIERRE.

XXIII. Liège, 2 Décembre, l'an 1er de la République.

Nous sommes dans Liège, je me suis battu comme un diable le 27, j'ai pris le village de Warroux et celui d'Allem aux ennemis; c'est le 1er qui donne le nom au combat; je l'ai mandé à Regnault, en lui annonçant que j'avais fait nommer l'aîné Aviat sous-lieutenant dans la légion commandée par M. Westerman.

Quant à mes affaires je n'ai pas le tems de m'en occupper, faites pour le mieux. Si nous prenons bientôt nos quartiers d'hyver je retourneray peut-être en France et alors je vous donneray une procuration.

Je me f. . . bien de la pèche

Je suis faché que les habitans de Donnement ayent pris les émondes, il serait bon que les hommes libres respectassent les propriétés

Adieu, mille choses à tous les vôtres.

H. DAMPIERRE. Cachet : Général de l'armée du Nord.

Quiévrain (Belgique-Hainaut).


121

XXIV. Aix-la-Chapelle, le 28 Janvier, l'an 2e de la République française.

Affaires d'intérêt. — La fin seulement de la main du général.

Adieu, bonsoir. H. Dampierre.

XXV. Aix, ce 9 Février 1793, l'an 3e de la République française.

Affaires d'intérêt — en entier d'une main étrangère. Seulement de la main du général :

Tout à vous. Le M. de Cp Dampierre.

XXVI. Ce 14 Mars, l'an 8 de la République.

Lettre d'affaires.





NOTICE

SUR LE

CHATEAU DE DAMPIERRE DE L'AUBE

PAR

M. LOUIS LE CLERT

CONSERVATEUR DE L'ARCHÉOLOGIE DU MUSÉE DE TROYES

Le château de Dampierre, selon certains historiens, aurait existé dès les premiers temps de la féodalité, et sa construction serait due aux comtes bénéficiaires de Champagne. —

Comme tous les châteaux forts de cette époque, il se composait d'un donjon élevé sur une motte ou butte de terre environnée de fossés, devant lequel les vassaux, après avoir déposé leurs armes, venaient présenter à leur suzerain leur foi et hommage. Ce donjon servait ordinairement d'habitation au seigneur ou au capitaine commis à la garde de la forteresse. Une seconde enceinte, également entourée de fossés et fortifiée, soit à l'aide de palissades ou de murailles, renfermait un vaste terrain désigné communément sous le nom de basse-cour, comprenant le logement des hommes d'armes et les bâtiments consacrés à l'exploitation agricole, tels que granges, vinées, pressoirs, écuries, etc.

Le donjon de Dampierre était l'un des plus considérables de la province. M. D'Arbois de Jubainville, dans le Répertoire archéologique de l'Aube, en a donné une description. C'était une tour de forme ronde placée sur une motte haute de dix mètres, environnée de larges fossés, profonds de cinq mètres dans lesquels coulait la petite rivière du Puits. La maçonne-


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rie, en pierre dure jusqu'à une hauteur d'environ trois mètres au-dessus des fossés, et en craie, pour le surplus, s'élevait à vingt mètres au-dessus de la motte. Elle était surmontée d'un comble en charpente, haut de treize mètres trentecinq centimètres, et d'un épi en fer haut de quatre mètres soixante-cinq centimètres, orné d'une couronne et de diverses figures en plomb ainsi que d'une bannière en cuivre. La hauteur totale du donjon, y compris la motte, était donc de quarante-huit mètres.

Les murailles avaient une épaisseur de quatre mètres à la base, et de deux mètres au sommet. Le diamètre dans oeuvre était de treize mètres.

Les autres dépendances de la forteresse eurent certainement à subir de nombreuses transformations dans le cours des siècles ; seule, cette grosse tour, de laquelle relevaient plus de cinquante fiefs, demeura jusqu'à nos jours l'inébranlable témoin de la puissance des seigneurs de Dampierre. Née avec la Féodalité, elle lui survécut de quelques années à peine. Dans les premières années de notre siècle, de 1804 à 1810, comme elle menaçait ruine, elle fut démolie.

La remarquable porte d'entrée, dont on aperçoit les toits aigus derrière le château, fut élevée à la fin du XVIe siècle ou au commencement du XVII 8 siècle. Elle se compose d'une tour rectangulaire, cantonnée de tourelles. La hauteur des murailles est de quatorze mètres trente centimètres, celle du comble de dix mètres ; au total, vingt-quatre mètres trente centimètres. Deux des tourelles sont coiffées de toitures coniques aiguës ; les toits des deux autres sont campanules. Sous l'une de ces tourelles est un cachot circulaire dont le diamètre est de deux mètres soixante centimètres, et la hauteur d'un mètre quatre-vingt-dix centimètres. Il se trouve audessous du niveau des grandes eaux, et reçoit le jour par un étroit soupirail. Une ouverture percée dans la clef de voûte permettait de communiquer avec le prisonnier sans ouvrir la porte. Au-dessus, au rez-de-chaussée, se trouve une prison circulaire dont le diamètre est de deux mètres trente centi-


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mètres, et la hauteur de trois mètres soixante centimètres.

Dans la tourelle de l'est, qui est parallèle à celle que nous venons de décrire, se trouvent également un cachot et une prison. C'est dans ces étroites demeures, remplacées aujourd'hui par la prison du chef-lieu d'arrondissement, que le juge de la seigneurie de Dampierre, à laquelle étaient attachés des droits de justice haute, moyenne et basse, enfermait les criminels appréhendés dans l'étendue de sa juridiction.

Le château actuel fut construit sur l'emplacement de l'ancien, en 1671, d'après les plans du célèbre architecte François Mansard, pour M. François Picot, marquis et baron de Dampierre et autres lieux, et son épouse, Madeleine Gargam. Il est bâti partie en pierre de savonnière, partie en craie, et sans aucun caractère monumental, ce qui ne l'empêchait pas de répondre aux désirs de ses propriétaires. N'ayant plus besoin, grâce à la sécurité dont jouissait le royaume à cette époque, de s'abriter eux et leurs vassaux derrière d'épaisses murailles et de hautes tours, ils ne cherchaient à rencontrer dans cette nouvelle demeure qu'une installation confortable entourée de tous les agréments que peut réunir une habitation champêtre.

Parmi les sièges que le château de Dampierre put avoir à soutenir, le plus mémorable est celui de 1419.

À cette époque, il appartenait à Jacques II de Châtillon, qui, ayant suivi le parti du Dauphin, soutenait vigoureusement la lutte contre les Anglo-Bourguignons. La garnison de Dampierre tenait la campagne, entravait les transactions commerciales et inquiétait toute la contrée ; aussi, la ville de Troyes, pour se débarrasser de ce dangereux voisinage, appela-t-elle à son aide le sire de Cottebrune, maréchal de Bourgogne, le sire de Châteauvillain et le comte de Brienne, auxquels elle délivra 200 livres de poudre pour faire le siège de la forteresse. Les assiégés opposèrent une vigoureuse résistance; mais, malgré leurs efforts, le château fut pris et donné au comte de Brienne qui le conserva jusqu'en 1430, époque à laquelle il fut rendu à son légitime propriétaire.





MONY-QUITTAINE

D'ARCIS-SUR-AUBE

POÈTE ET AUTEUR DRAMATIQUE

PAR

A.-S. DET

MEMBRE RESIDANT DE LA SOCIETE ACADEMIQUE DE L' AUBE SOUS-BIBLIOTHÉCAIRE DE LA VILLE DE TROYE5

Un de nos honorables compatriotes 1 a eu l'heureuse idée d'offrir récemment au Musée de Troyes un charmant portraitminiature, peint sur ivoire avec une délicatesse exquise, mais que le dessin ci-contre ne saurait rendre malheureusement, car la lithographie est impuissante à reproduire la finesse des teintes, ces tons, qui réjouissent l'oeil, parce qu'ils sont la vie. Le personnage représenté, Dominique-Victor Mony-Quittaine, semblait tout à fait inconnu, lorsqu'en 1882 nous rencontrions par hasard son nom accompagné de documents, sur lesquels M. Emile Socard s'appuyait pour le faire figurer dans sa Biographie des Champenois célèbres. Peu de temps après, nous insérions nous-même, dans une publication locale et populaire, quelques lignes destinées à appeler l'attention sur notre Mony-Quittaine, et surtout à provoquer sur lui d'autres renseignements. Nous nous félicitons donc aujourd'hui de voir l'image de ce concitoyen occuper dans

1 M. Auguste Olivier, ancien magistrat, conseiller d'arrondissement, à SaintParres-les-Vaudes, petit-fils de Mony-Quittaine par sa mère née Mony.


— 128 —

nos galeries la place que lui assigne plus d'un titre, et nous saisissons volontiers cette occasion pour réunir, en un court article, ce que nous avons pu apprendre sur sa vie, assez brillante à son aurore, obscure à son déclin, et finalement tombée dans un complet oubli.

Dominique-Victor Mony naquit à Arcis-sur-Aube le 11 octobre 1765. Il fit ses études au Collège de Troyes, où l'on peut le suivre dans ses classes en consultant les Registres de la préfecture de cet ancien établissement 1. Il y entrait au commencement de l'année scolaire 1775-1776, alors que son compatriote Danton venait de le quitter, après y avoir fait sa rhétorique durant la période de 1774-1775. Il débuta en sixième, et il y fut classé inter médiocres. En cinquième, il figure inter dubios. Il doubla cette classe, en retombant inter médiocres. Il resta inscrit dans la même catégorie en quatrième et en troisième. Son esprit s'éveilla sans doute à cette époque, car il mérita, en seconde, de prendre rang inter bonos. Il se maintint à ce degré en rhétorique, où il obtint le prix de Mémoire, dont il avait eu un accessit l'année précédente. Il abandonna ensuite le collège pour aller probablement étudier à Paris. Ce qu'il y a de certain, c'est que la carrière littéraire l'attira de bonne heure, et son nom se rencontre avec ceux de nos Joly de Saint-Just, Regnault de Beaucaron, Simon de Troyes, etc., joyeux et spirituels rimeurs qui » vivaient frugalement de la charade et du madrigal, » et dont la verve et la grâce s'exerçaient de préférence dans l'épître, l'épigramme, la chansonnette, etc. Mais ce n'est pas chose facile que d'aller rechercher et saisir au passage ces petits vers de tel ou tel de nos poètes, ces rimes variées qui émaillent les nombreux recueils littéraires de cette époque féconde. Aussi, sera-ce mon excuse de reproduire les échantillons suivants du talent de Mony-Quittaine, rares spécimens que j'ai fini par découvrir dans les collections de la Bibliothèque de Troyes :

1 Catalogus scholasticorum Collegii Trecensis. — Cabinet des manuscrits, n° 357.


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In-promptu à Mlle C... C..., qui se fâchoit de ce que je l'avais embrassée.

Quand, sur ta bouche demi-close, Daphné, je cueillis un baiser, Aurais-je jamais cru trouver L'épine sous la rose ?

(Journal de Troyes, n° du 30 Juillet 1783.)

ROMANCE.

Lycas montrant à Philène son fils, dont la mère l'avoit abandonnée.

AIR : Je le tiens ce nid de fauvette.

De nos amours, mon cher Philène, Le voilà le fruit précieux. Hélas ! je le vois avec peine; Sa mère est trop loin de mes yeux. Autrefois, pleine de tendresse, Elle adorait son fils.... et moi; Mais en ce jour elle nous laisse Et nous manque à tous deux de foi.

L'aurais-je cru ? sous ce feuillage, En lui présentant un oeillet, « De notre ardeur qu'il soit le gage ; " Donne, embellis-en mon corset....» Tel fut d'Aminte le langage. Ah! comme je fus satisfait! Eh ! qui, sur le sein du bel âge, N'aime pas poser son bouquet?

Viens, que je t'embrasse, dit-elle, Le soir, regagnant le hameau. Jamais baiser de tourterelle Ne plut tant à son tourtereau.


- 130 —

Ainsi, ces jeux de l'innocence Scellèrent mon premier bonheur. Est-ce ainsi qu'à son inconstance Elle avait préparé mon coeur ? 1

{Journal de Troyes, n° du 14 Juillet 1784.)

FABLE.

La Perruche, les Commères et le Perroquet.

Un perroquet de verte allure,

Le plus beau sifleur du canton,

Descendit dans la sépulture

Et s'en fut loger chez Pluton. Dans le moment, chez l'espèce femelle,

(Des perroquets, cela s'entend)

Le bruit de sa mort se répand,

Et vers sa compagne fidelle

Attire un choeur condoléant

Des commères du voisinage.

L'une d'abord, selon l'usage,

Du défunt vante le talent

Et, dans un discours éloquent,

Immortalise le veuvage.

L'autre, moins causeuse et plus sage,

Promet à la veuve un époux.

Ah! commère! Que dites-vous?

S'écrie la perruche Un époux?.... Quel outrage !

Fi! Fi!... .Vous déchirez mon coeur par ce langage.

Hélas ! Vert-Vert n'est plus !... Je me meurs ! A l'instant

Un perroquet voisin, babillard et galant,

Vole sur la mourante et baise son plumage,

Cherche, à force de soins, à lui rendre le jour.

La perruche revient, prend goût au badinage.

Sourit et se ranime au tendre nom d'amour.

Le nouveau conquérant la presse davantage,

Et fait ce qu'un amant doit faire en pareil cas.

La veuve se console, abjure le trépas ;

Et tous deux aujourd'hui sont dans la même cage.

1 Bien que cette Romance ne soit signée que des initiales M. Q., nous n'hésitons pas à lui donner pour auteur Mony-Quittaine.


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Ainsi bientôt du pauvre trépassé,

Le souvenir fut sans peine effacé. Françoises, convenez, sans être satyrique, Qu'à beaucoup d'entre vous cette fable s'applique.

(Journal de Troyes, n° du 31 mai 178 . )

Ces poésies, et d'autres analogues sur lesquelles nous passons, mais que le lecteur mis en goût pourra rechercher 1, n'étaient qu'un prélude et un agréable délassement. MonyQuittaine avait de plus hautes ambitions, puisqu'il avait résolument abordé le genre dramatique, " Le lendemain des noces ou la suite du mariage de Figaro, » tel est le titre d'une pièce de sa composition, qui fut représentée sur le théâtre de Troyes et assez mal accueillie. On verra tout à l'heure la raison probable de la froideur des concitoyens du jeune auteur, que cet échec ne découragea pas. Pour en appeler du jugement des Troyens à un public plus éclairé ou plus impartial, il porta sa pièce au théâtre de l' Ambigu-Comique à Paris. Elle y fut jouée le 22 mai 1787. Nous laissons ici la parole à un contemporain lettré qui, dès le 26 du même mois, adressait au rédacteur du Journal de Troyes la lettre suivante, où l'on trouve, avec des appréciations élogieuses, une analyse succincte de l'ouvrage.

Au Rédacteur du Journal,

" Il n'est pas de jouissance plus pure pour une âme honnête que de rendre justice aux talens de ses amis et de ses compatriotes, de détruire un préjugé défavorable à un jeune homme qui reste dans la carrière des lettres. Quoique j'habite la capitale, tout ce qui regarde ma patrie m'intéresse; vous ne devez donc pas être surpris de ce que j'ai su dans le temps qu'on avoit joué sur votre théâtre une pièce de M. MonyQuitaine, jeune Arcisien, qui ne fut pas reçue très favorable1

favorable1 entre autres l'Almanach des Grâces, auquel renvoie le Petit Almanach de nos grands hommes, année 1788 (par Rivarol).


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ment. J'ai trop bonne opinion du goût et du coeur de Messieurs les Troyens pour croire qu'ils ont refusé d'encourager des talens naissans d'autant plus précieux qu'ils sont plus rares. Mais je suis très-porté à penser que si cet essai n'a pas eu le succès qu'il méritoit, la faute en est entièrement aux comédiens, qui, n'ayant mis aucun soin, aucune activité dans son exécution, ont joué d'une manière indécente. Au reste, c'est le sort de toutes les nouveautés qu'on hazarde sur les théâtres de province. Le plus souvent les acteurs sont ignorans, sans la moindre intelligence, et tiennent leur emploi comme de pures machines. Cependant ils devraient concevoir que ce n'est qu'à proportion de leurs talens qu'ils peuvent espérer la rétribution qui les fait subsister.

» Mais revenons à la pièce de M. Mony. Elle a pour titre : " Le lendemain des noces, ou la suite du mariage de Figaro. On l'a jouée mardi 22 mai sur le théâtre de l' Ambigu-Comique, avec le succès le plus complet. Le public a applaudi avec transport à plusieurs traits vifs et piquants, à plusieurs saillies fines et délicates, dans le premier acte qui a été représenté à Troyes ; le second n'a pas été moins applaudi ; les rôles de Figaro et de Chérubin surtout ont réuni les bravos de tous les spectateurs : l'intrigue a paru filée d'une manière ingénieuse. Pour vous en donner une idée, vous me permettrez une analyse succincte de l'ouvrage.

» Le comte Almaviva, piqué de ce que Suzanne lui échappe, prend de l'humeur contre tous ses gens ; Chérubin surtout lui donne beaucoup d'ombrage. Il se figure que cet enfant est amoureux de la comtesse; il le voit en effet sortir de son appartement, et une rose que le page a donnée à sa belle marraine ajoute encore à sa jalousie. L'étourdi a laissé tomber une lettre destinée à la comtesse ; Bazile la trouve et la remet au comte, ce qui confirme ses soupçons. Figaro, qu'on regarde comme l'agent secret de l'intrigue, est chassé; Chérubin est enfermé dans la tour du château, dont on confie la gardé à Pédrille ; et la comtesse se retire au couvent avec Suzanne. Cependant, avant de partir, Figaro veut dire adieu à son ami


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Chérubin qu'il brûle de délivrer. Mais, tandis qu'il en cherche les moyens, le comte, dévoré d'ennuis, survient ; il se plaint déjà de la solitude à laquelle il est réduit depuis qu'il a éloigné toute sa maison. Figaro, pour se soustraire aux yeux du comte, monte sur un arbre ; le comte, pour se distraire, s'enfonce dans le parc. Bazile, qui, de son côté, veut payer, dit-il, à Figaro toutes les gentillesses qu'il lui a faites, vient à la tête de quelques paysans armés dans l'intention de rosser son ennemi.

» Comme il est nuit, il surprend le comte seul et tombe sur lui, le prenant pour Figaro, qui, pendant ce temps, tire le page de la prison. Les deux amis en liberté se livrent à la joie; mais ils entendent du bruit dans le bois, on crie au secours, ils volent.

» La comtesse, avant de partir, vient prendre le frais, elle s'intérese au sort du page, regarde la tour, en trouve la porte ouverte; le bruit des assaillans redouble : la comtesse a peur, elle entre dans la tour avec Suzanne. Pédrille vient visiter son prisonnier, et, voyant la porte de la prison ouverte, il la referme et court chercher main-forte. Le page et Figaro ont sauvé le comte et arrêté Bazile qu'ils ne reconnoissent pas encore. Le comte va pour leur témoiggner sa reconnoissance ; mais il voit que c'est à Figaro et au page qu'il doit sa délivrance; il revient de son erreur, et tous ses soupçons se dissipent. Pédrille, qui survient dans l'obscurité, les prend pour ceux qui ont forcé la tour et donne ordre de s'assurer de leur personne ; il veut auparavant voir si Chérubin est dans la prison, il l'ouvre, les dames en sortent, et Suzanne en passant lui applique un soufflet. Les personnages se réconnoissent : tout s'explique. Le comte pardonne au page et à Figaro ; mais Bazile, accablé des reproches et de la fureur du comte, couvert du mépris général, est condamné par Figaro à garder, comme un dogue, la porte du château; cependant, à la faveur du comte, Figaro se contente de le renvoyer, en lui disant : va, tu ne seras jamais qu'un Bazile.

» Cette analyse ne peut donner qu'une foible idée dé l'ima-


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gination vive et enjouée de M. Mony. La pièce est écrite avec légèreté; le dialogue est naturel, vif et adroit; les caractères: sont bien saisis et bien soutenus. En général, l'ouvrage à fait beaucoup de plaisir; on a demandé l'auteur. On est venu annoncer M. Mony-Quitaine. Le public n'a pas été satisfait; il à fallu que l'auteur parût. Il a été fort applaudi. Les représentations de cette pièce continuent et reçoivent de nouveaux applaudissements. Elle est imprimée et se trouve à Paris, chez Cailleau, rue Galande, n° 66, J'ai cru devoir vous engager, Monsieur, à la faire connaître à Troyes. " J'ai l'honneur d'être, Monsieur,

» Votre très-humble serviteur,

» JOLY DE SAINT-JUST,

» du Musée de Paris.»

Pour un début sur une scène parisienne, un tel résultat était très flatteur, et Mony-Quittaine dut être fier du succès qu'il remportait bravement, après l'avoir audacieusement tenté. On ne voit pourtant pas qu'il ait poursuivi cette carrière dramatique qui se trouvait ainsi brillamment inaugurée. Il est vrai qu'on était à la veille de la Révolution. Alors que les arts et les lettres subirent les secousses de la commotion profonde qui agitait le vieux monde prêt à s'écrouler, tandis que les esprits inquiets cherchaient à deviner ce que cachaient les nouveaux horizons qui s'amoncelaient tout sombres et menaçants, Mony-Quittaine fut probablement obligé, comme tant d'autres écrivains et artistes, de quitter une voie où il s'était lancé avec entrain et qu'il suivait avec bonheur. Nous ne pouvons dire s'il revint plus tard à ses premières amours, car nous ne lui connaissons pas d'oeuvres poétiques ou dramatiques postérieures à l'ère révolutionnaire. C'est avec plaisir, au moins, que nous livrons à la publicité un renseignement de famille qui nous a appris que Mony-Quittaine fut secrétaire de celui qu'on a si justement appelé « grand magistrat, avocat héroïque et victime sublime » : nous avons nommé Malesherbes, défenseur de Louis XVI,


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Notre collègue M. Labourasse, membre associé de la Société Académique de l'Aube, a recueilli également certains détails généalogiques 1 ; nous avons cru devoir les mettre sous les yeux de nos lecteurs. Enfin, nous avons découvert dans les innombrables papiers d'Edouard-Thomas Simon, conservés au cabinet des manuscrits 2 de la Bibliothèque, un autographe de Mony-Quittaine ; il mérite aussi d'être reproduit, parce que l'auteur y parle d'une Lettre qui est pour nous une énigme et qu'il y aurait intérêt à reconnaître et à retrouver.

1 Claude Mony, seigneur de la Rhéthorée, demeure à Auxon en 1689. — Edouard Mony, ci-devant receveur des gabelles, figure sur la liste des émigrés de l'arrondissement d'Arcis (20 février 1793). Son dernier domicile connu est Sézanne. Il possédait des biens à Vinets. (Note de notre collègue M. Le Clert.)

2 N° 2782 (Liasse M).


LETTRE ET PIECES JUSTIFICATIVES

Adressées par M, LABOURASSE

MEMBRE ASSOCIE DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L'AUBE

Monsieur,

Dominique-Victor Mony, né à Arcis le 11 octobre 1765, y est aussi décédé le 26 mars 1806, ainsi qu'en font foi les deux pièces jointes à ma lettre. Epoux divorcé de dame Adélaïde Remont de Montmaure, ce Mony est bien l'auteur dramatique désigné sous le nom de Mony-Quitaine, mais je ne sais d'où lui vient ce surnom.

La famille des Mony, nombreuse à Arcis de 1740 à 1771, a totalement disparu de cette ville. De 1741 à 1771, j'ai relevé 20 naissances dans cette famille, 6 mariages et 7 décès seulement. Ce peu de décès, comparés aux naissances, semble indiquer qu'elle était depuis peu à Arcis, et, à partir de 1771 ou environ, elle a émigré, tellement que de cette année à 1806, il ne s'y fait aucun mariage, et que les actes de l'état civil n'offrent plus que 4 décès, dont le dernier est celui de Mony-Quitaine. Son père, Charles Mony, déjà veuf, l'avait précédé de quatre ans dans la tombe.

La famille Mony, ainsi que nous le révèlent les actes de l'état civil, était alliée ou en relation avec la noblesse de l'époque; Thérèse Bajot, grand'mère de Mony-Quitaine, nous semble fille du seigneur de Connantre (Marne). Son père, qualifié d'abord de marchand, puis de buraliste, est décédé maire d'Arcis, le 23 ventôse an X (15 mars 1802).

Nous trouvons comme parrains :

Charles Bajot, seigneur de Connantre ;

Messire Louis Horest de la Moue, prieur de Saint-Jean-du-Chêne ;

Nicolas Lenoir, avocat au Parlement ;

Edouard Bajot, président du grenier à sel d'Arcis ;


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Pierre Mony, curé de Gélannes ;

Charles Mony, président du grenier à sel d'Arcis ;

Louis Navarre, procureur fiscal au bailliage et comté de Briennele-Château;

Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse (depuis cardinal et ministre de Louis XVI), (2 fois), etc.

Et comme marraines :

Marie de Poivre, épouse de M. Eloy Bajot, seigneur de MaisonRouge ;

Marie-Thérèse Desguerrois, fille de Jean-Baptiste Desguerrois, conseiller du Roy au grenier à sel d'Arcis ;

Marie Béchuat, épouse de Nicolas Lenoir, bailli d'Arcis ;

Marie-Madeleine de Poivre, veuve de M. Pierre Le Myre, vivant Chevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis;

Anne-Thérèse Bajot, épouse de Charles Mony, président au grenier à sel d'Arcis ;

Haute et puissante dame Marie-Anne-Etiennette Fizeau de Clémont de Loménie, comtesse de Brienne (2 fois), etc.

Sans vous être indispensables, Monsieur, ces renseignements expliquent l'alliance de Dominique-Victor, l'auteur dramatique, avec une demoiselle Remont de Montmaures Je ne sais où il s'est marié ni où son divorce a été prononcé.

Je vous disais au début que j'ignorais l'origine du nom de Quitaine.

Arcis possède une ruelle des Quitaine, partant de la place Danton, aujourd'hui sans habitations. La famille Mony possédaitelle là quelque propriété dont Dominique-Victor a cru devoir accoler le nom au sien? C'est possible, sans quoi la coïncidence serait tout au moins singulière 1.

Veuillez agréer, etc. LABOURASSE.

1 A propos de l'opinion émise par M. Labourasse, l'auteur de l'article fait observer que Mony-Quittaine figure sur les Registres du Collège de Troyes sous les dénominations suivantes : Monny Quitaine, — Quitaine Mony, — Quittaine, — Victor Quitaine, — Quittaine Mony, — Mony Quitaine. La forme de Mony-Quittaine a été conservée dans le cours de cette étude, parce qu'elle est celle de la signature autographe apposée à la lettre reproduite ci-après.


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Extrait des Registres de l'état civil d'Arcis-sr-Aube

Mariage des parents de DOMINIQUE-VICTOR MONY, 15 février 1764.

Charles Mony, 28 ans, fils de Charles Mony, président du grenier à sel d'Arcis, et de Anne-Thérèse Bajot,

Et demoiselle Claudette Le Myre, âgée de 17 ans, fille de défunt Pierre Le Myre, vivant ancien capitaine de cavalerie et Chevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, et de Marie-Madeleine de Poivre, ses père' et mère. — Témoins : Charles Mony, père du conjoint; Dominique Barbel, oncle de la conjointe; Bajot de Torcy, oncle du conjoint; et Nicolas Lenoir, avocat au parlement et bailly d'Arcy. — Henry, curé.

Acte de Baptême de DOMINIQUE-VICTOR MONT, 11 octobre 1765.

Cejourd'huy 11 octobre 1765, Dominique-Victor, fils de M. Charles Mony, marchand, et de dame Claudette Le Myre, sa légitime épouse, est né et a été baptisé par moy curé de cette paroisse soussigné; le parrain M. Dominique Barbel, employé dans les aides, résidant à Arcis, qui a signé ; la marraine Mme Anne-Thérèse Bajot, épouse de M. Charles Mony, président du grenier à sel d'Arcis, y demeurant, laquelle a aussi signé; avec le père de l'enfant présent au baptême.

Signé : Barbel, Bajot-Mony, Mony Le Myre; et Henry, curé.


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Acte de décès de DOMINIQUE-VICTOR MONT, 9 mars 1806.

L'an 1806, le 26 du mois de mars à 10 heures du matin, par devant nous Jean-Baptiste-Denis Doulet, maire et officier de l'état civil de la commune d'Arcis-sur-Aube, département de l'Aube, canton et municipalité dudit lieu, sont comparus Charles Carteron, âgé de 66 ans, propriétaire, et Louis-André Béon, âgé de 49 ans, perruquier, tous deux demeurant audit Arcis et voisins du défunt ci-après dénommé ; lesquels nous ont déclaré que le jour d'hier, à une heure après midi, Mony-Dominique-Victor, âgé de 41 ans 6 mois, propriétaire demeurant audit Arcis, époux divorcé avec Adélaïde Remont de Montmaure, et fils de feu Charles Mony et de défunte Claudette Le Myre, décédés audit Arcis, est décédé en sa maison n° 471, rue des Gorets, ledit jour et heure susdite, et les déclarants ont signé avec nous le. présent acte, après que lecture leur en a été faite.

Signé : Carteron, Béon, et Doulet, maire.


LETTRE AUTOGRAPHE DE MONY-QUITTAINE

A EDOOARD-THOSUS SIMON Poète et Littérateur troyen, connu sous le nom de SIMON DE TROYES

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser une lettre que j'ai fait imprimer et distribuer dans nôtre capitale. Je désire qu'elle vous amuse un instant, et vous demande votre indulgence avec d'autant plus de raison que plus un auteur a de mérite, plus sa critique est sévère. J'ai écrit à M. Sainton, en lui envoyant un exemplaire, qu'il m'en restait 50 ou 60. J'ignore pourquoi ce libraire s'est tû? J'attendais de mon honnêteté un mot de réponse.

Je partirai sous deux mois. Si je puis être utile à M. vôtre fils, je vous prie de ne pas m'oublier.

Je suis avec considération,

Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.

MONT-QUITTAINE 1.

1 Simon a écrit de sa main en tête de cette lettre : Répondu, et, audessous de la signature de Mony : Maison de M' Mony Lemyre. — Il n'y a pas de date. Le fils de Simon, pour lequel Mony offre ici ses bons offices, était né à Troyes le 1er décembre 1769. Engagé volontaire pendant la Révolution, il conquit rapidement les divers grades militaires et devint général de brigade en 1797. Il fut plus tard créé baron de l'empire et nommé général de division.




LE

CHATEAU DE VILLENAUXE

ET SES POSSESSEURS

PAR

M. HENRI RENAUD

Le château de Villenauxe, dont nous reproduisons la façade principale, d'après une aquarelle de 17791, a entièrement disparu ; il n'en existe plus que les fondations qu'on peut encore retrouver au milieu du bois qui recouvre son emplacement.

Il était situé en dehors du pays, à gauche de la route qui conduit à Nogent-sur-Seine.

Sa construction ne date que de 1617 et doit être attribuée à Charles de Villemontée, seigneur de Villenauxe et de SaintSépulcre (aujourd'hui Villacerf), dont le père, Charles de Villemontée, procureur du Roi au Châtelet de Paris pendant trente ans, avait acquis en 1598 les seigneuries de Montaiguillon et de Villenauxe, et était mort en 1599, laissant deux fils et deux filles; l'aîné, François de Villemontée, président de la Cour des Aides, et intendant de l'armée de Lorraine en 1610, avait eu en partage les terres de Montaiguillon, Louan,

1 Cette aquarelle nous a été communiquée en 1868 par M. Crété, peintre à Villenauxe. Les éléments de la notice ont été puisés principalement dans les minutes des notaires de Villenauxe et dans les notes de M. Gérost-Choquet, Membre correspondant de la Société Académique de l'Aube,


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Fontaine et Arbost et son frère Charles, celle de Villenauxe; l'acte en fut passé devant Thibret et Libaut, notaires au Châtelet de Paris, le 2 août 1611.

Le château fort de Montaiguillon pouvait, entre les mains d'un rebelle, causer des embarras à l'autorité royale; il fut démantelé en 1613, moyennant une indemnité de 60,000 écus à François de Villemontée, qui mourut un ou deux ans après, laissant pour héritier son fils François, sous la tutelle de son oncle Charles, dont il recueillit également la succession ; elle comprenait notamment la seigneurie et le château de Villenauxe.

Le Bulletin des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis (tome III, p. 145) contient une biographie de ce personnage qui fut successivement conseiller au Parlement de Paris (3 juillet 1620), conseiller au grand Conseil (1624), maître des requêtes (27 novembre 1626). Intendant de justice, police, finances et marine, en Aunis, Saintonge, Angoumois et Poitou, de 1631 à 1650 (avec intermittence) et aux armées; puis évêque de Saint-Malo, de 1661 à 1670, bien que sa femme fût encore vivante. Il avait épousé, vers 1624, Philippe de la Barre, dont les aventures firent scandale et dont il se sépara avec éclat vers 1638, en la reléguant dans une de ses terres. Elle avait séjourné plusieurs fois à Villenauxe, et elle figure comme marraine sur les registres de baptême de l'église Saint-Pierre de Villenauxe dès 1629.

D'après Tallemant des Réaux, les deux époux avaient mené grand train, et les affaires de M. de Villemontée se trouvèrent embarrassées; il dut vendre le? terres et seigneuries de Montaiguillon, Villenauxe, etc., à François-Hannibal d'Estrées, pair et maréchal de France et Anne Habert de Montmort, sa femme, suivant acte reçu par Richer, notaire du Roi, au Châtelet de Paris, le 20 septembre 1651, moyennant 296,000 livres, avec déclaration de remploi au profit de Madame d'Estrees.

Le 26 octobre 1655, le maréchal d'Estrees, étant en son château de Villenauxe, traita avec Jehan Lévesque, maître


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maçon à Saint-Germain-des-Prés, rue de Grenelle, pour la construction d'un pavillon qu'il fit ajouter au château ; ce pavillon, dont le plan et le devis sont déposés en l'étude de Me Patrois, notaire à Villenauxe, comprenait, au rez-dechaussée, deux grandes chambres, une chapelle, un cabinet, une garde-robe et un escalier ; et, au-dessus, deux étages de même hauteur que ceux du grand corps-de-logis. Un second pavillon, semblable, fut édifié de l'autre côté ; il contenait la bibliothèque.

Des modifications furent sans doute apportées au plan primitif, car le dessin de 1779 représente les pavillons comme rectangulaires, tandis que, d'après le plan de 1655, ils auraient affecté, du côté de la cour, une forme concave « en tour creuse » dit le devis.

Malgré l'état de ses affaires, M. de Villemontée était fort estimé et considéré ; il reçut de nombreuses Commissions dont il s'acquitta avec beaucoup d'intelligence et à la grande satisfaction du Roi.

Sa fille, Marie de Villemontée, épousa, suivant contrat passé au château de Saint-Germain-en-Laye, le 20 avril 1649, devant Bruneau et Bergeon, notaires au Châtelet de Paris, messire Hercule, comte de Belloy, lieutenant des gardes du corps du duc d'Orléans.

Le père de la future lui constitua en dot 90.000 livres, dont 30.000 comptant et 60.000 à termes, avec assignation sur les terres et seigneuries de Montaiguillon et de Villenauxe. Il faut conclure de cette dernière disposition que la vente au maréchal d'Estrees n'avait été que partielle; ce qui vient encore à l'appui de cette opinion, c'est que, cette même année 1649, au mois de juillet, le Roi érigea en marquisat la terre de Montaiguillon en faveur de messire François de Villemontée, père de madame de Belloy. Les lettres d'érection le qualifient de chevalier, seigneur de Montaiguillon, Villenauxe, Louan, Fontaine, Arbost, la Contesse, Villebéon, SainteCroix, et en partie de Montgenault.

Le 23 juillet 1660, par acte passé devant Me Bruneau,


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notaire au Châtelet de Paris, M. et Mme d'Estrees revendirent à M. et Mme de Belloy les terres et seigneuries de MontaiguilIon et de Villenauxe, moyennant 307.000 livres dont quittance fut donnée le 20 février 1662.

François de Villemontée, évêque de Saint-Malo, vint souvent à Villenauxe, où sa présence est constatée par de nombreux actes : il était au château le 8 août 1660, et y signait l'acte de donation à l'église de Villenauxe d'une somme de 300 livres pour l'entretien d'une lampe perpétuelle dans la chapelle de Notre-Dame du Mont-Carmel, dite du Trioux, près le château. Il y revint l'année suivante, et, comme l'évêque de Troyes avait refusé d'autoriser le dépôt du Saint Sacrement dans cette chapelle, l'évêque de Saint-Malo, le 25 mai 1661, affecta cette somme de 300 livres à l'achat d'un dais pour l'église Saint-Pierre de Villenauxe; ce dais, qui était en velours et sur lequel Mme de Belloy fit broder plus tard ses armoiries, fut pris par les Cosaques.

M. et Mme de Belloy résidèrent fréquemment à Villenauxe; leurs noms et armes se retrouvent sur les cloches de l'église dont ils furent parrain et marraine en 1674 et en 1676. Mme de Belloy, devenue veuve, eut de longs procès avec les religieux de l'abbaye de Nesle-Ia-Réposte, dont son mari avait autorisé le transfert à Villenauxe le 26 décembre 1673.

Après sa mort, les terres de Montaiguillon et de Villenauxe passèrent à sa fille, Françoise-Bénigne de Belloy, femme de Joseph-Remi de Livron, dont le fils, Anne-Erard-Jean-Baptiste de Livron, marquis de Livron et de Montaiguillon, etc., vendit le marquisat de Montaiguillon et les terres et seigneuries de Villenauxe, Louan, Fontaine, etc., à Antoine de Saint-Chamant, chevalier, marquis d'Alizy, brigadier général des armées du Roi, lieutenant des Gardes-du-Corps de Sa Majesté, et à Marie-Louise Larcher, sa femme, moyennant, outre les charges, la somme de 243.000 livres et 3.000 livres de pot de vin. L'acte de vente fut reçu par MeJourdain, notaire à Paris, le 13 juillet 1718. Les nouveaux possesseurs du château de Villenauxe eurent


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l'honneur d'y recevoir la Reine de France, Marie Leczinska, pendant son voyage de Strasbourg à Fontainebleau, où elle épousa le roi Louis XV le 5 septembre 1725. Tous les détails de ce voyage nous ont été conservés par le sieur Daudet, géographe de la Reine, dans son Journal historique. La Reine avait couché à Sézanne le 31 août, et en était partie le lendemain matin à dix heures. M. le marquis de Saint-Chamant vint au-devant d'elle, et, ayant été présenté à Sa Majesté par M. le duc de Noailles, capitaine des Gardes-du-Corps, s'en retourna pour faire les honneurs de sa maison. Après avoir été haranguée sur le chemin par les curés de Barbuise et de Montgenot, la Reine et sa suite arrivèrent sur les cinq heures au château de Villenauxe, dont la première cour était occupée par la bourgeoisie qui y était sous les armes ; et la seconde, par grand nombre de seigneurs qui y attendaient la Reine.

Madame de Saint-Chamant reçut la Reine au bas de l'escalier et baisa le bas de la robe de Sa Majesté, qui fut conduite dans son appartement, qu'elle trouva très beau par la grandeur des pièces et par la magnificence des meubles dont il était orné : un portrait du Roi, des mieux peints et des plus ressemblants, attira d'abord toute l'attention de la Reine, à qui S. A. S. Mademoiselle de Clermont, Surintendante de sa maison, présenta M. le comte de Clermont, son frère, que le Roi avait envoyé en ce lieu pour complimenter la Reine de sa part.

Le Grand-Maître des Cérémonies, M. le marquis de Dreux, présenta ensuite à Sa Majesté les députés de la ville de Troyes qui, après avoir fait à la Reine une harangue qui nous a été conservée, lui offrirent leurs présents de ville, de même que le Maire de Villenauxe.

Sur les huit heures, la Reine soupa à son grand couvert ; M. le comte de Clermont lui présenta la serviette et fut présent à son souper, où il y eut un grand concours de monde, tous gens bien mis, ce qui fit plaisir à la Reine, dit le chroniqueur. Une bourgeoise de Villenauxe présenta à la Reine, à son dessert, une corbeille de fleurs et de fruits, dont la

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beauté et la bonté répondaient à la bonne grâce et au bon coeur de celle qui la présentait ; la Reine trouva ce fruit si beau, qu'elle Ordonna qu'on le conservât avec soin pour le lendemain.

Après le souper de la Reine, on tira dans le jardin, vis-àvis l'appartement de Sa Majesté, une grande quantité de pétards et de fusées volantes qui firent un très bel effet.

M. le marquis de Saint-Chamant, qui avait cédé son château à la Reine, donna à souper avec toute la magnificence possible dans une maison de la ville à Leurs Altesses Sérénissimes Mgr le Comte et à Mlle de Clermont, aux dames du Palais, et à tous les seigneurs de la Cour, de même qu'à tous les officiers des Gardes-du-Corps, tant de la suite de la Reine qu'à ceux qu'il avait fait venir de Fontainebleau, ce qui composait plusieurs tables, toutes également bien servies, et dans le même temps. Le chroniqueur ajoute que M. de Saint-Chamant dut faire de grandes dépenses, et que Leurs Altesses Sérénissimes furent très contentes du zèle avec lequel M. et Mme de Saint-Chamant firent les honneurs de leur maison.

Il y eut dans Villenauxe de grandes fêtes et réjouissances dans le public, des illuminations aux fenêtres, et des feux de joie dans toutes les rues. La bourgeoisie fit garde toute la nuit aux environs du château et auprès des équipages.

Le lendemain, 2 septembre, la Reine, qui s'était levée à neuf heures, entendit la messe à dix dans la paroisse, où elle fut reçue processionnellement par le clergé qui était assez nombreux, et s'en retourna ensuite au château, où Sa Majesté dîna à son grand couvert, en présence d'une nombreuse et belle assemblée ; il y eut aussi un grand concours de monde pour voir dîner la princesse de Clermont, qui, étant sortie de table, se rendit dans l'appartement de la Reine, où l'on s'entretint beaucoup sur la beauté des tableaux, sur la magnificence des meubles, et principalement sur la bonne grâce et la générosité' avec laquelle M. et Mme de Saint-Chamant avaient fait les honneurs de leur maison.

La Reine partit de Villenauxe à une heure, pour aller cou-


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cher à Provins. La Bourgeoisie, comme le jour précédent, était sous les armes à la porte de la ville, et la maréchaussée de l'Ile-de-France, qui était rangée en bataille sur la hauteur de Villenauxe, releva celle de Champagne et précéda la marche jusqu'à Provins.

Après la mort du marquis de Saint-Chamant et celle de sa veuve, qui arriva le 6 décembre 1751, le château de Villenauxe devint la propriété de leur fils aîné, Alexandre-Louis de Saint-Chamant, marquis de Saint-Chamant et de Montaiguillon, vicomte de Rebenac, lieutenant-général des armées du Roi, gouvernenr de Saint-Venant-en-Artois, époux de Françoise-Aglaé-Silvie Le Tellier. Il décéda à Villenauxe le 9 juillet 1778 ; sa femme était morte à Paris le 2 mai de la même année.

Leur fils, M. Amans de Saint-Chamant, hérita des terres et seigneuries de Villenauxe et de Montaiguillon ; c'est à cette époque que fut exécuté le dessin que nous reproduisons.

D'après un mémoire sur la terre et seigneurie de Villenauxe, rédigé vers 1782, par Me Champenois, notaire de la famille de Saint-Chamant, le château de Villenauxe était fort beau et se composait d'un corps-de-logis flanqué de deux pavillons doubles, entouré de fossés pleins d'eau de la rivière de Villenauxe, larges de quatorze toises, revêtus de grès en dehors et en dedans, entourés de balustrades de fer avec quatre grilles qui rendaient les cours superbes. Un des amis de M. de Saint-Chamant, dont les lettres se trouvent aux archives de l'Aube, le félicite d'habiter sa belle solitude de Villenauxe.

Le pavillon de droite était nommé pavillon bleu, et celui de gauche pavillon rouge ; du côté de ce dernier, se trouvait la chambre dite de la Reine, en souvenir du séjour qu'y fit Marie Leczinska.

Le château mesurait 160 pieds de longueur en dehors, y compris les deux pavillons, et 37 pieds de hauteur jusqu'à l'entablement,à partir du pavé de la cour ; les murs étaient épais de 3 pieds.

Un pont à deux arches donnait accès à la cour d'honneur


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par une grille avec armoiries ; Une autre grille semblable existait à l'extrémité du champ de foire; mais, au mois de septembre 1788, M. de Saint-Chamant la fit reporter plus loin en englobant le champ de foire et la chapelle du Triouxdans sa propriété ; de là, avec la commune de Villenauxe, un procès qui ne paraît pas avoir été définitivement jugé quand éclata la Révolution.

Des allées d'ormes s'étendaient au-devant du château, qui occupait, avec les cours, une surface de trois arpents, non compris les fossés, et le potager onze arpents ; il y avait deux belles futaies, un canal de 312 toises de longueur, un: superbe parterre, quatre belles charmilles, des allées de marronniers et de tilleuls de toute beauté et une garenne de 43 arpents. ;

Ces futaies, bosquets, charmilles et allées de marroniers et de tilleuls furent coupés en 1785 et 1786, et M. de SaintChamant fit tracer un parc à l'anglaise.

M. de Saint-Chamant émigra; ses biens furent confisqués, et le château de Villenauxe vendu à Georges Bridin, jardinier, Claude-Prudent Robert, maçon et couvreur, et Antoine Huguier, lé 8 décembre 1796, moyennant 700 livres en argent, et 15.000 livres en assignats. D'après le cours des assignats à cette époque, ces 15.000 livres ne représentaient que 495 livres en espèces.

Les acquéreurs commencèrent, le 16 février 1797, à vendre les plombs, ferrements, grilles, boiseries, carreaux, cheminées, croisées, etc.

Le parc et les jardins furent morcelés et vendus; ce qui n'avait pas été aliéné fut restitué à M. de Saint-Chamant, ainsi que les ruines et les bois de Montaiguillon, en 1814.

Comme complément à cette notice, nous donnons les armoiries des divers possesseurs du château de Villenauxe :

Villemontée : Branche cadette de la maison d'Autier de Villemontée, en Auvergne, encore existante :

« D'azur, auchefdenché d'or, chargé d'un lion léppardé » de sable, armé et lampassé de gueules. — Couronne de mar-


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» quis. — Supports : deux lions. — Devise : Nec dura nec » aspera terrent. »

D'Estrees : « Fretté d'argent et de sable de six pièces; au " chef d'or chargé de trois merlettes de sable. »

De Belloy : " D'argent, à trois fasces de gueules. »

De Livron : « D'argent à trois fasces de gueules, au franc » quartier aussi d'argent, chargé d'un roc d'échiquier de " sable. »

De Saint-Chamant : « De sinople, à trois fasces d'argent, » au chef engrelé de même. — Supports : Deux sauvages de " carnation. — Cimier : Un sauvage tenant sa massue. — Devise : Nil nisi vincit amor. »



25 NOVEMBRE 1888

DISTRIBUTION SOLENNELLE

DES

RÉCOMPENSES

FONDÉES PAR

JAILLANT-DESCHAINETS, GERARD-MILLOT & BOUCHER DE PERTHES

En faveur des Ouvriers de la ville de Troyes

Le dimanche, 25 novembre a eu lieu, au Cirque, la distribution des prix Jaillant-Deschainets, Gérard-Millot et Boucher de Perthes.

Voici la liste des récompenses :

Prix Jaillant-Deschainets (500 fr.)

Assiduité au travail et bonne conduite

LARBOUILLAT (Joseph), menuisier, âgé de 71 ans, né à Troyes.

Travaille depuis 46 ans sans interruption dans la maison Gamichon et Huot.

Par tous les renseignements pris, il est signalé comme ayant toujours été d'une très bonne conduite, d'une excellente moralité sous tous les rapports.


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Ses patrons témoignent que cet ouvrier, dont ils ont apprécié la probité, n'a jamais encouru le moindre reproche. Honnête, ardent au travail, dévoué, il jouit de l'estime de ses patrons et de ses compagnons.

Malgré son âge, il s'efforce encore de travailler afin de subvenir aux besoins du ménage, sa femme étant tout à fait infirme.

Il a eu onze enfants, il lui en reste deux qui sont mariés.

Quoique accablé de charges, il n'a pas hésité, à la mort d'une de ses filles, à prendre chez lui une petite orpheline âgée de six ans. Il l'a soignée, élevée jusqu'à son mariage.

TRUMET (Arsène), menuisier, âgé de 65 ans, né à Troyes.

A travaillé dans la maison Leclert père et Leclert fils, successeur, fabricants de meubles, rue Urbain IV, pendant 31 ans, et n'en est sorti que parce que M. Leclert s'est retiré des affaires.

A ce moment (1876) il est rentré chez M. Dernuet, fabricant de meubles, rue du Temple, où il est encore actuellement depuis 12 ans; soit, chez deux patrons, 43 ans de service.

Ses anciens patrons et celui actuel attestent qu'il est digne, sous tous les rapports, de la récompense qui va lui être décernée pour ses très bons et loyaux services.

Il fait partie de la Compagnie des sapeurs-pompiers depuis l'année 1863, où il a successivement conquis les galons de caporal et de sergent.

En 1881, il areçu, pour services et dévouement dans les incendies, une médaille d'argent.

En outre des qualités ci-dessus rappelées, il est encore un bon père de famille; il a très bien élevé ses quatre enfants qui lui sont restés — trois sont mariés— le dernier est soldat.

Il a eu aussi à sa charge, pendant longtemps, sa mère et son vieux père, ancien militaire blessé.


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Belles actions

KRUMENACHER (Jean-Baptiste), marchand de vin, rue Simart, n° 33, né à Ensisheim (Haut-Rhin) le 21 février 1832.

Habite la ville de Troyes depuis le 1er avril 1869.

Il a opté pour la nationalité française le 21 mai 1872, à la mairie de Troyes.

Laborieux, assidu, et dévoué à ses devoirs, il a toujours et une conduite irréprochable.

Pendant la guerre de 1870, il a été sergent de ville et interprète à Troyes.

Il a très bien élevé ses cinq enfants qui sont encore vivants et dont l'un est actuellement soldat en Tunisie.

C'est encore un citoyen courageux et dévoué :

En 1856, dans les grandes inondations de Lyon, il a, comme soldat au 2e régiment du Génie, opéré de nombreux sauvetages.

A Troyes, le 11 décembre 1877, à cinq heures du soir, un charretier de M. Royer, marchand de charbons, étant, par un faux mouvement, tombé avec son cheval et sa voiture qu'il conduisait, dans le cours d'eau de la Vacherie, ce fut Krumenacher qui sauva cet homme qui allait infailliblement périr, son cheval étant couché sur lui.

Le 13 juillet 1886, à sept heures du soir, une dame Birgentzlé tomba dans la rivière de Seine, près de l'abattoir ; elle allait disparaître pour toujours quand Krumenacher s'élança à son secours du haut du talus et fut assez heureux de la sauver ; il fut blessé fortement au genou en sautant.

Krumenacher est porteur d'une médaille d'honneur qui lui a été décernée le 26 avril 1888 par M. le Ministre de l'intérieur.

FAILLET (François), charpentier, demeurant rue de la Vacherie, n° 75, né à Troyes, le 26 juin 1826, est recommandé par les certificats joints à la demande, confirmés par


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tous les renseignements recueillis, comme un ouvrier honnête, laborieux et un citoyen courageux.

Il fait partie de la Compagnie des sapeurs-pompiers depuis le 8 août 1860, et en toute occasion il a montré le même courage.

Lors d'un incendie à la Vacherie, rue des Charmes, le 9. octobre 1877,il a, avec un de ses camarades, pénétré dans un logement occupé par M. et Mme Pétermann, accomplissant courageusement son devoir, alors que le feu avait déjà envahi la toiture, et quelques instants après la sortie de Faillet, la toiture s'effondrait, fermant toute issue. Il a échappé providentiellement au plus grand danger.

Il s'est également signalé dans un incendie chez Mme veuve Boyard, rue des Planchottes.

Le 26 mai; 1875, Faillet a retiré un sieur Nicolas Deck, tombé dans la Seine, près du pont de la Pielle, ainsi qu'il est attesté par les pièces du dossier.

Faillet fait partie de la Société des Sauveteurs humanitaires de l'Aube depuis sa fondation.

En toute occasion il a toujours montré une honnêteté et une probité égales à son courage. Il a reçu une médaille de bronze de la ville le 18 août 1881, pour ses bons services comme sapeur-pompier, et ses chefs rendent le meilleur témoignage de sa bonne conduite.

Prix Boucher de Perthes (400 fr.)

Madame (Marie-Catherine) D0RM0Y, veuve BILLARD, 82 ans, demeurant place Saint-Denis, 4.

Veuve depuis 1864, elle a eu à supporter beaucoup de charges. Elle a soigné pendant dix ans son mari malade et' paralysé; elle n'avait que son travail pour subvenir à tous les' besoins.

Honnête et laborieuse, elle a donné toute satisfaction à ceux qui l'ont employée.


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Elle a travaillé pendant 30 années consécutives pour le compte de Mme Barthélémy-Coquin, qu'elle n'a quitté que pour cause de maladie. Une dame Boulard atteste que la veuve Billard a travaillé pour sa famille et pour elle-même pendant près de 50 ans, et qu'elle n'a eu qu'à se louer de ses bons services et de son honnêteté.

Pendant 45 ans, elle a également été employée par la Congrégation du Bon-Secours, et la directrice déclare qu'elle ne trouvera jamais à la remplacer.

Aujourd'hui, âgée et malade, elle trouvera dans le prix qui lui est décerné la récompense due à une personne qui a montré en toute occasion une honnêteté et une probité égales à son courage.

Prix Gérard-Millot (1500 fr.)

M. le rapporteur du prix Gérard-Millot s'exprime ainsi : La Commission spéciale désignée pour choisir le lauréat

au prix Gérard-Millot a décidé que, pour cette année 1888,

le prix Gérard-Millot serait décerné à :

M. SAGET (Pierre-Urbain), demeurant à Troyes, rue de Paris, 107, chauffeur à la Compagnie des chemins de fer de l'Est.

Les titres de M. Saget à l'obtention de cette récompense sont les suivants :

M. Saget est né le 25 mai 1819, à Unienville (Aube), et a été employé chez M. Sébille, meunier à Dienville.

En 1855, il entra, comme ouvrier, à la construction du chemin de fer de l'Est, à Jessains, puis au chemin de fer des Ardennes, et enfin, en 1863, au chemin de fer de l'Est, à Troyes, où il est resté jusqu'à ce jour.

Malgré ses modestes appointements, et n'ayant d'autres ressources que son travail, il a su élever ses sept enfants et procurer à chacun d'eux, au moyen de l'instruction qu'il leur fit donner au prix des plus grands sacrifices, une position sortable.


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Sa conduite à été tellement exempte de tout reproche que, depuis qu'il est entré à l'administration des chemins de fer de l'Est, il n'a encouru aucune punition ni aucune retenue disciplinaire.

A trois heures, chacun se retirait, emportant un souvenir réconfortable dé cette belle fête dans laquelle — chaque, année — le travail, la vertu et les belles actions sont récompensés.


PROGRAMME

DES

PRIX MIS AU CONCOURS

PAR LA

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L'AUBE

Prix à décerner en 1890

1°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Histoire de l'introduction du mouton mérinos dans le département de l'Aube.

2°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Mémoire sur les localités du département de l'Aube les plus riches en fossiles, et la nature des terrains où ils auront été trouvés.

3°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Etude comparative de la peinture et de la sculpture au point de vue de leur influence sur les moeurs.

4°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Biographie d'un savant né dans le département de l'Aube.

Les concurrents, pour ces quatre prix, devront faire remettre leurs manuscrits, à Troyes, chez le Secrétaire de la Société, au Lycée, — au plus tard le 1er Mars 1890.


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Prix à décerner en 1891

1°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Mémoire sur l'influence des machines agricoles sur la culture du département de l'Aube.

2°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Travail sur les causes, ou une des causes principales d'insalubrité de la ville de Troyes et sur les moyens de la combattre.

3°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Monographie d'un ancien édifice civil ou religieux du département de l'Aube.

4°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Monographie d'une famille urbaine ou rurale du département de l'Aube.

PRIX BISANNUEL DELAPORTE

Un prix de la valeur de 300 francs, sera décerné à l'auteur, de la meilleure Histoire d'un établissement religieux du diocèse de Troyes.

Ce prix pourra être partagé.

Les concurrents, pour ces cinq prix, devront faire remettre leurs manuscrits, à Troyes, chez le Secrétaire de la Société, au Lycée, — au plus tard le 1er Mars 1891.

Prix à décerner en 1892

1°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné, à l'auteur du meilleur Mémoire sur l' Emploi des engrais chimiques dans le département de l'Aube.

2°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à


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l'auteur du meilleur Mémoire sur les insectes nuisibles aux arbres fruitiers et forestiers dans le département de l'Aube.

3°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Monographie d'une station préhistorique, village lacustre ou atelier de fabrication.

4°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Pièce de vers inédite, dont le sujet est laissé au choix des concurrents. La pièce ne devra pas excéder 200 vers.

Les concurrents, pour ces quatre prix, devront faire remettre leurs manuscrits, à Troyes, chez le Secrétaire de la Société, au Lycée, — au plus tard le 1er Mars 1892.

Prix à décerner en 1893

1°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Mémoire sur la production et fabrication du cidre dans un canton du département de l'Aube.

2°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Travail sur les oiseaux de passage dans l'Aube, leurs moeurs et leurs migrations.

3°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Etude sur la juridiction consulaire à Troyes.

4°. Un prix, de la valeur de 100 francs, sera décerné à l'auteur de la meilleure Etude sur un artiste du département de l'Aube.

PRIX BISANNUEL DELAPORTE

Un prix, de la valeur de 300 francs, sera décerné à l'auteur du meilleur Travail sur les peintres verriers de la Champagne. Ce prix pourra être partagé.

Les concurrents, pour ces cinq prix, devront faire remettre leurs manuscrits, à Troyes; chez le Secrétaire de la Société, au Lycée, — au plus tard le 1er Mars 1893.


— 460 — CONDITIONS COMMUNES A CES CONCOURS

Les Manuscrits devront être inédits. — Ils porteront chacun une épigraphe ou devise qui sera répétée dans et sur le billet cacheté joint à l'ouvrage, et contenant le nom de l'auteur. Celui-ci ne devra pas se faire connaître, sous peine d'être exclu du concours.

Les concurrents sont prévenus que la Société ne rendra aucun des ouvrages qui auront été envoyés aux concours. — Les auteurs auront la liberté d'en faire prendre des copies.

La Société déterminera, avant les séances publiques, si les récompenses attribuées aux lauréats leur seront remises en médailles, en livres, en objets d'art, ou en argent.

Indépendamment des prix sus-énoncés, la Société Académique de l'Aube décerne, tous les ans, des prix, des récompenses où des encouragements dont le sujet n'est pas annoncé, et pour lesquels elle désire conserver son initiative.

Elle décernera, en outre, dans ses séances publiques, des médailles d'or et d'argent aux auteurs des perfectionnements introduits ou opérés dans le département, qui auront été jugés le plus utiles à l'industrie, au commerce et à l'agriculture.

Des médailles seront également remises aux auteurs, des meilleures statistiques communales, rédigées conformément au questionnaire publié en 1876.

Troyes, le 1er Janvier 1889.

Le Président de la Société;

G. HUOT. Le Secrétaire,

L'Abbé D'ANTESSANTY.


LISTE

DES

DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES

AVEC LES NOMS DES DONATEURS Pendant l'année 1888 1

Article 34 du règlement de la Société Académique de l'Aube :

« Chacun des Membres de la Société doit contribuer, autant " qu'il est en lui, à l'augmentation du Musée.

" Les dons faits a la Société par ses Membres, ou par des périt sonnes étrangères, sont inscrits sur un registre spécial, et " publiés en outre dans les journaux de Troyes et dans l'ANNUAIRE 3 du Département, avec les noms des donateurs. »

PEINTURE

MM.

Madame MITANTIER, propriétaire à Troyes : — Les portraits de Philippe Van Dyck (dit le Petit) et de sa femme, peints à l'huile par cet artiste; — Le portrait d'un évêque de Troyes, peinture à l'huile; — Six portraits peints au pastel, par Petit, peintre Troyen ; — Quatre miniatures sur ivoire : 1° le portrait du peintre Jaurat; 2° le portrait de madame Elisabeth ; 5° le portrait d'un savant inconnu ; 4° Vénus et l'Amour ; — Une gravure à l'aqua-teinte, portrait de Mgr de

1 Pour les publications précédentes, voir l'Annuaire de l'Aube, de 1847 à 1888.

11


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la Tour-du-Pin, évêque de Troyes; — Quatorze gravures encadrées, portraits de personnages célèbres des XVIIe et XVIIIe siècles.

FRADIN, propriétaire à Troyes : — Deux panneaux et deux dessus de porte peints à la détrempe, en camaïeu, sur bois de chêne. L'un de ces panneaux représente la Sagesse, l'autre la Justice. Sur les deux dessus de porte se trouvent, au milieu de médaillons circulaires, des bustes de guerriers costumés à la romaine ; l'un d'eux a la tête laurée. Ces peintures, qui datent du règne de Louis XIV, proviennent de la maison de M. Fradin, sise rue du Palais-de-Justice, n° 15. La famille Le Virloys posséda cette maison de l'an 1650 à l'an 1736, par suite d'une alliance avec la famille Denise. Il est probable que c'est l'un de ses membres, Denis Le Virloys, président au présidial de Troyes, qui fit exécuter ces peintures à la fin du XVIIe siècle.

SCULPTURE

Adolphe PARIGOT, juge au Tribunal de première instance de Troyes : — Les moulages en plâtre d'une tête de guerrier, de deux modillons et d'un médaillon faisant partie de l'ornementation d'une maison d'Epernay, construite dans les premiers temps de la Renaissance ; — Une photographie représentant la façade de cette maison.

LE MINISTÈRE DES BEAUX-ARTS: — 14 moulages. — 1° Groupe des trois Grâces, d'après Germain Pilon ; — 2° Le piédestal sur lequel est placé le groupe précédent, d'après Dominique le Florentin, qui s'est rendu fameux à Troyes par ses remarquables sculptures ; — 3° Saint Georges, d'après Donatello; — 4°, 5°. 6° Une sainte et deux sybilles, par Conrad Meyt, d'après les sculptures de l'église de Brou ; — 7° et 8° Saint Pierre et Saint Paul, par Peter Vischer; — 9° et 10° Saint Jean enfant et Enfant riant, par Donatello; —11° Fragment de frise de la cathédrale Saint-Pierre de Troyes; — 12° Lutteurs, d'après l'antique du musée de Florence; — 13° Buste d'Edouard Colbert, seigneur de Villacerf, d'après Desjardins; — 14° Buste de Boileau, d'après Girardon.


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LE DUC D'AUMALE : — Le modèle en plâtre; aux deux tiers d'exécution, de la statue équestre du connétable Anne de Montmorency, érigée en 1886 sur la terrasse du château de Chantilly. Cette sculpture remarquable est l'oeuvre de M. Paul Dubois, de Nogent-sur-Seine, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts.

L'ADMINISTRATION MUNICIPALE DE LA VILLE DE TROYES (seulement à titre de dépôt) : — Un buste de femme, en terre cuite, provenant de la sépulture de la famille Duchâtel-Berthelin qui se trouvait dans l'ancien cimetière Saint-Jean.

ARCHÉOLOGIE

CHUCHU, propriétaire à Villemorien : — Un lot de silex taillés de la période néolithique ; râcloirs, lames et pointes de flèches, dont une est finement retouchée.

Charles SAVETIEZ, membre associé de la Société Académique : — Un fer de lance en feuille de saule ; une lame de coutelas et un petit couteau avec son manche ; une boucle de baudrier ; des clous de diverses formes et des fragments de fibules, le tout en fer ; — Un débris d'armure en fer, orné de délicates incrustations en argent ; — Une petite boucle en argent; — Deux boucles en bronze, dont l'une a servi d'attache à un soulier ; — Plusieurs fragments de fibules ; Un petit gland et des anneaux en bronze ; — Trois grains de collier en pâtes colorées. Ces divers objets ont été trouvés en 1867 à Breban (Marne), dans un cimetière mérovingien situé dans le lieu dit La Guerre. — Un ancien fer de cheval, trouvé à Dampierre (Aube).

GANNE-MASSON, propriétaire, à Vaudes : — Un ornement en bronze trouvé sur le finage de Rumilly-les-Vaudes, dans un pré, lieu dit les Petits-Champs. Il représente une colombe debout sur un bouton strié. Les ailes et la qu'eue de cet oiseau sont ornées de guillochis dans le style du XIe siècle.

L'abbé DIETTE, curé de Boulages : — Une boucle en bronze trouvée dans la tourbière de Boulages, XVIe siècle.


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BACHELARD, menuisier, rue du Petit-Chaillouet, n° 5, à Troyes : — Un chapiteau en pierre, dû XIe siècle; — Un cadran solaire en pierre, curieux par son agencement; - Un panneau en chêne sculpté, portant les armes de la famille Riglet dont un membre, Moïse Riglet, escuier, sieur de Montgueux, fut maire de Troyes, de 1626 à 1629.

Auguste TABARD, entrepreneur, rue de Preize, à Troyes : — Deux têtes d'animaux, en pierre, trouvées dans les fondations d'une maison, XVIe siècle.

LE MAIRE ET LE CONSEIL MUNICIPAL DE LA VILLE DE TROYES : — Un fragment de pierre sculptée, avec chapiteau, paraissant avoir fait partie de la clôture en pierre d'une chapelle latérale, époque de la Renaissance. Il a été trouvé dans la rue de la Tour-Boileau, lors d'une fouille pour l'établissement d'une conduite d'eau.

Le prince DE LUCINGE, au château de Sainte-Maure : Le moulage en plâtre d'une clé de voûte de l'église de Sainte-Maure,

Auguste GAMBEY, maire de Saint-André, près Troyes; — Une margelle de puits provenant de sa propriété de la GrandePlanche, nommée La Chapelle-au-Bé. Elle porte deux écussons semblables diamétralement opposés; au bas de l'un d'eux on lit la date 1685.

Fernand DUMONT, propriétaire, rue de l'Hôtel-de-Ville, à Troyes : — Un bas-relief en pierre représentant un écu aux armes de France, couronné et entouré des colliers des ordres. Il provient de la maison qui fait l'angle des rues de la République et de l'Hôtel-de-Ville et date du siècle dernier.

Madame Henri RÉGNIER, rue de la Paix, à Troyes : — Une pierre plate, provenant, en dernier lieu, de sa propriété dite la Trinité-Saint-Jacques. Elle porte le portrait en profil du roi Louis XVI gravé en creux, au milieu d'un médaillon ovale. Dans le haut de la pierre, on lit ces mots également gravés en creux : EX UNITATE LIBERTAS ANNO PMMO. 1789, et au bas, cette mention: CETTE PIERRE VIENT D'UN DES CACHOTS DE LA BASTILLE.


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O. FONTAINE, architecte à Troyes, membre résidant de la Société Académique : — Un bas-relief sculpté sur bois de chêne, provenant d'un poteau de la maison n° 136. rue NotreDame, à Troyes. XVIe siècle.

Gustave LANCELOT, photographe à Troyes : — Un bout de poutre en chêne sculpté provenant de la démolition d'une ancienne maison de la rue Urbain IV, à Troyes. Il représente une tête de renard, vue de face, ayant le museau à terre, entre les pattes de devant. Cette sculpture date du XVIe siècle.

Mademoiselle Pauline TRUDON, propriétaire à Pont-sur-Seine : — Un débris de vase en terre sigillée de l'époque gallo-romaine, portant la marque MASCELLIO. Il a été trouvé pendant l'hiver 1887-1888 dans les fondations de l'ancienne salle du prieuré Notre-Dame de Pont-sur-Seine, dite salle du chapitre. Ce prieuré de Pont-sur-Seine était primitivement un hospice qui avait été établi par Alcuin, dans le cours du IXe siècle.

ARNOULD, directeur des Domaines, membre résidant de la Société Académique de l'Aube : — Un fragment de poterie en terre rouge, trouvé dans un ancien cimetière, à Carthage, en 1888; — Deux photographies représentant: l'une, les objets archéologiques du musée Saint-Louis, à Carthage ; l'autre, les fouilles récentes faites par le R. P. Delattre à la basilique de Carthage.

DESLANDES-FLÉCHEY, propriétaire, à Troyes: — Des fragments de poteries sigillées et lustrées, et de poteries communes, provenant du cabinet de M. Fléchey, architecte à Troyes.

Madame BOUDARD, propriétaire à Périgny-la-Rose : — Un carreau vernissé provenant de l'ancien château fort de Périgny-laRose, XVe siècle.

DE LA BOULLAVE, membre résidant de la Société Académique : — Un carreau en terre vernissée, aux armes des de MauroyDorigny ; — Deux carreaux vernissés aux armes de la famille de Mauroy, provenant de l'église de Charment,

XVIe siècle.


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Ernest GOLLINET, propriétaire à Troyes: — Une tuile faîtière vernissée, provenant de sa maison, sise rue Claude-Huez; — Une meule de moulin à bras trouvée dans les fondations d'une maison de la cour de la Rencontre.

GAULARD, poêlier, rue de l'Hôtel-de-VilIe : — Deux carreaux en faïence peinte, XVIIIe siècle.

Jules DEFER, rue Brocard, n° 24, à Troyes : — Une hallebarde en fer, XVIe siècle.

L'ADMINISTRATION DES PONTS ET CHAUSSÉES, par l'intermédiaire de M. BARATTE, ingénieur ordinaire, à Troyes : — Sept clés anciennes, en fer; — Onze pièces de harnachement : pendeloques, boucles, etc., dont quelques-unes sont dorées et ciselées; — Un éperon en fer; — Un fragment d'éperon en fer étamé; — Deux petits ciseaux anciens à deux branches tranchantes, en fer; — Une petite serrure en cuivre, ornée de dessins à la pointe; — Une épingle en cuivre doré; — Un diadème composé de boules en bois peint, de grosseur décroissante vers les extrémités ; — Une petite spatule en cuivre ; — Un petit marteau avec manche en fer; — Une petite plaque ronde en cuivre jadis émaillée et portant dans le champ un oiseau fantastique dont la queue, contournée en volute, se termine par un fleuron. Cet émail appartient à la classé des émaux dits champlevés, et semble dater du commencement du XVe siècle ; — Une plaque ronde en étain, ornée de hachures et de guillochis. Elle a pu servir de méréau ou de monnaie de compte; — Une enseigne de pardon en plomb, représentant le Christ législateur assis entre saint Pierre et saint Paul. Tous ces objets proviennent des fouilles pratiquées dernièrement pour la reconstruction du pont des Cailles, à Troyes, et paraissent, pour la plus grande partie, dater du XVe siècle.

Madame veuve DALOZ, propriétaire à Troyes : — Une remarquable poignée-heurtoir, provenant de sa maison située rue de la Cité, n° 33, à Troyes, XVIe siècle.

PIERRE, tourneur à Troyes : — Une serrure à bosse ; — Un fragment de statue en pierre, trouvé dans les démolitions de sa maison


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rue de l'Hôtel-de-Ville, n° 59, devant laquelle pendait jadis l'enseigne Aux Innocents.

Anatole GATOUILLAT, horloger à Marigny : — Une clé ancienne en bronze, trouvée à Marigny-le-Châtel, en 1888, dans des massifs de craie, sur l'emplacement d'un ancien moulin dit le Petit-Moulin.

Pierre BAILLI, cantonnier à Troyes : Une clé ancienne en fer, trouvée à Saint-Martin-ès-Vignes.

Jules COURTOIS, maire du Mesnil-Saint-Loup : — Une clef en bronze, trouvée au nord du village du Mesnil, lieu dit les Fossés, en mai 1887.

Armand PINGUET, n° 21, faubourg Croncels, à Troyes : — Une entrée et un ornement de serrure en cuivre jaune, plus une poignée en fer, jadis dorée, le tout provenant d'un coffre de l'époque de Louis XIV.

Georges WEÏSS, ébéniste à Troyes : — Une poignée de coffre en fer, XVIIe siècle.

GRESLY, ancien négociant, rue Claude-Huez, à Troyes : — Une plaque de cheminée en fonte datant de la fin du XVe siècle.

Charles THÉVENOT, maréchal-ferrant, rue Boucherat : — Une plaque de cheminée en fonte, de l'époque Louis XIII, portant la légende : PLVS PENSE QVE DIRE.

JACQUINOT, propriétaire, rue de l'Egalité, à Troyes : — Une petite plaque en fonte, trouvée dans les démolitions d'une maison de la rue Urbain IV, et paraissant avoir fait partie d'un panneau plus grand dont l'extrémité supérieure aurait été enlevée. Elle porte la date 1684 et représente deux sauvages, homme et femme, entièrement nus et portant chacun une torche renversée.

Hyacinthe CHAILLOT, naturaliste aux Grandes-Chapelles ; — Un ancien verre de vitre à bossage.


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Madame MITANTIER, à Troyes : — Vingt-quatre très beaux émaux peints, provenant de l'école de Limoges et portant en grande partie des signatures. Ils sont dûs aux pinceaux des Pénicaud, Limosin, Laudin, Nouailher, etc., et datent des XVe XVIe XVIIe et XVIIIe siècles ; — Un portrait du grand Dauphin, peint sur émail par Petitot, de Genève ; — Deux coupes émaillées, dont l'une avec couvercle, provenant de Limoges, XVIe siècle ; — Deux grands et beaux plats en faïence de Rouen.

Anatole CHANOINE, propriétaire à Gérosdot : — Une paque ronde en plomb doré, destinée à être portée suspendue au cou. Elle porte, sur un côté, les armes d'Espagne, et, sur l'autre, un écu à la fasce accompagnée en chef de deux étoiles et en pointe d'un croissant. Casque taré de profil, cimé d'un vol, lambrequins. Au bas, on lit : ADRIANVS COURTE. Date du XVIIe siècle.

PEERIN-ARMAND, propriétaire et cafetier à Rigny-la-Nonneuse : — La plaque portée par le garde-champêtre de la commune de Saint-Pierre-de-Bossenay, en 1806. Elle est en cuivre, jaune, de forme ovale, et porte, gravé en creux, un écu aux armes de France, surmonté de la couronne royale.

Charles SAVETIEZ, membre associé, à Troyes : — Une plaque à bossage en cuivre argenté, portant les armes de la maison de Bourbon-Condé, et provenant de l'équipement d'un gardechasse du dernier prince de Condé ; — Une chopine en étain, portant sur le poinçon la date de 1720.

Madame DREPTIN, propriétaire à Troyes : — Une boîte à ouvrage en bois peint avec sujets et rehauts dorés. Imitation de laque de Chine datant du XVIIIe siècle.

Léon PERROT, tapissier, rue Urbain IV, à Troyes : — Un échantillon de soie brochée portant des fleurs de nuances variées de l'époque de Louis XV ; Un gland en passementerie de l'époque de Louis XVI.

Mademoiselle Rosalie PINGUET, propriétaire à Montaulin : — Un toquat, élégante coiffure de femme qui était encore en usage


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au commencement de ce siècle à Lusigny et dans les villages voisins. Ce toquat a été fait pour la mère de la donatrice, Mlle Jeanne Camusat, qui l'a porté le jour de son mariage avec M. Jacques Pinguet, en 1829.

NUMISMATIQUE ET SIGILLOGRAPHIE

L'ADMINISTRATION DES PONTS ET CHAUSSÉES, par l'intermédiaire de M. BARATTE : — Un moyen bronze de l'empereur Alexandre Sévère; — Deux deniers tournois de Louis IX, en argent;

— Un double tournois de Charles VI; — Cinq jetons en cuivre des XIVe et XVe siècles ; — Une petite monnaie en cuivre. Ces monnaies ont été trouvées lors des travaux exécutés pour la reconstruction du pont des Cailles.

L'abbé DIETTE, curé de Boulages : — Un moyen bronze de Nerva ;

— Un petit bronze de Posthume ; — Un denier de Charles IV.

Madame MITANTIER, à Troyes : — Un lot de monnaies romaines, en argent et bronze; — Un lot de monnaies françaises et étrangères ; — Soixante-treize médailles en bronze, représentant les rois de France (collection gravée par Caqué, vers 1835); — Dix. grandes médailles commémoratives en bronze, frappées sous le règne du roi Louis-Philippe ; — Trente-six médailles en argent, bronze et billon, et plusieurs médailles religieuses ; — Un des insignes en argent du prix général de l'arquebuse tiré à Nogent-sur-Seine, en 1783.

Anatole GATOUILLAT, horloger à Marigny : — Une monnaie de Probus, petit bronze, trouvée en 1888 à Marigny, lieu dit le PetitMoulin.

Emile TAILLEBOIS, membre correspondant de la Société Académique, à Dax : — Un grand blanc de Charles VII (1422-1461), frappé à Troyes. Il a fait partie du trésor découvert en 1888 à Lahas (Gers).

GÉRARR-GADET, à Barberey: — Un double tournois de Charles VIII.


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Alexandre GURIN; tonnelier, rue Kléber, n° 47, à Troyes: — Trois monnaies en cuivre, dont une de François 1er, et quatre jetons datant du XVe siècle. Ces monnaies ont été trouvées dans les fouilles pratiquées pour la reconstruction du pont des Cailles, à Troyes.

NOLLOT, rue de Gournay, n° 7, à Troyes : — Une médaille en bronze frappée en commémoration de la construction de l'église de St-Louis-en-l'Ile, à Paris (1664-1702). Elle porte sur la face l'effigie de L. A. cardinal de Noailles, archevêque de Paris.

Le docteur BAZIN, conseiller municipal, à Troyes : — Une pièce d'argent à l'effigie de Frédéric-le-Grand, roi de Prusse, 1773.

HUGUIER-TRUELLE, pharmacien à Troyes: — Une pièce de cinq francs en argent, frappée en l'an X, et portant sur la face la légende :. GAULE SUBALPINE, et sur le revers: LIBERTEEGALITE-ERIDANIA; — Un petit jeton en cuivre venant de l'établissement de M, Marin, glacier, café de la Paix, à Troyes.

DÉGUILLY, employé au chemin de fer de Vitry-le-Français à SaintFlorentin : —Treize pièces de monnaies françaises en billon. Epoque moderne.

CHUCHU, propriétaire à Villemorien : — Cinq pièces de monnaie de billon. Epoque moderne.

LABOURASSE, membre associé de la Société Académique, à Arcis-surAube: — Une monnaie tunisienne en bronze. Epoque moderne.

Jules DEPONTALLIEE, vice-président de la Caisse d'épargne de Troyes : — Un jeton en argent de la Caisse d'épargne, portant la date 1821.

Adolphe PARIGOT, juge au tribunal de Troyes, : — Une médaille en bronze grand module, gravée par Caqué, et frappée en 1858, à l'occasion du baptême du Prince Impérial.

GROSDEMENGE, ancien notaire, à Troyes : — Trois médailles en cuivre doré. Souvenir du concours de musique d'harmonie, d'orphéon et fanfare, Troyes, les 31 mai, 1er et 2 juin 1874,


— 171 —

Le Prince Eugène DE BAUFFREMONT, duc d'Atrisco : — Douze moulages (galvanoplastie) de sceaux et contre-sceaux des anciens comtes de Brienne.

DE LA BOULLAYE, à Troyes : — Sceau-matrice en bronze de frère Jacques, évêque de Feltre et de Bellune (1291-1298). Il est rond et porte la légende : + S. FRIS. IACOBI. DEI. GRA. JELTREN . ET BELVN . EPI. ET COMITIS; — Le sceaumatrice en bronze (reproduction) du ministre provincial des frères mineurs de la province de France. Il est ogival et porte dans le champ un saint Pierre debout sous un édicule, et tenant une clef et un livre. Légende : + SIGIL. MINIS. PROVINCIALIS. FRATR. MINORVM.PROVINCE FRANCIS, XVIe siècle.

Ernest VAGBEAUX-BAZIN, propriétaire à Brienne-le-Château : — Un moulage en plâtre du sceau d'Adam, curé de Précy-NotreDame. Il porte la légende suivante : + S. ADAM CURRATI BE MARIE D. PRESEIO ( Sigillum Adami tmrrati béate Marie de Preseio), et paraît dater du commencement du XIIIe siècle.

Elisée COURTOIS, propriétaire à Saint-Lupien : — Une empreinte sur cire d'un cachet aux armes de la famille Raguier, trouvé par lui sur le territoire de Saint-Lupien, en 1887.

Charles SA VETIEZ, à Troyes : — Deux sceaux de la conservation des hypothèques du bailliage de Chaumont, 1777 ; — Les empreintes sur cire des sceaux de l'administration provinciale de Champagne ; de l'assemblée d'élection de Bar-surAube ; du district d'Arcis-sur-Aube, et de la justice de paix d'Aulnay, en 1772.

MANOTTE aîné, tapissier, rue de l'Hôtel-de-Ville, à Troyes : — Un cachet en fer ayant servi anciennement à marquer des cuirs fabriqués à Troyes.

BLANCHARD, antiquaire, rue Pithou, n° 9, à Troyes : — Un cachet en cuivre de la Confrérie des Bonnetiers de Saint-Martin, à Troyes (époque moderne).


— 172 —

Lazare LÈVY, marchand d'antiquités, rue de la Cité : — Une rondelle de plomb portant la légende : VIVE LA NATION, LA LOI, LE ROI, XVIIIe siècle.

HISTOIRE NATURELLE

Hyacinthe CHAILLOT, aux Grandes-Chapelles : — Deux jeunes chouettes en duvet, empaillées par lui ; — Un tube en verre contenant des parasites (poux) appartenant à une espèce très rare, trouvés le 14 octobre 1887 sur un choucas.

Charles DARTOIS, rue Grande-Tannerie, à Troyes : — Un oeuf de poule d'une forme particulière.

BOTANIQUE

Antoine LEGRAND, agent-voyer en chef du Cher, à Bourges : — Un herbier contenant environ 100 plantes intéressantes.

MINERALOGIE

DE MAUROY, conservateur de la collection minéralogique : — Une collection de 56 échantillons minéralogiques, destinés à l'école de Planty, près Marcilly-le-Hayer; — Un lot de minéraux divers ; — Vingt échantillons des principales roches employées par l'industrie dans les environs de Limoges ; — Une collection de quatre-vingt-deux minéraux destinés à être donnés en dépôt à l'école de Luyères ; — Quarante-cinq échantillons minéralogiques formant une collection confiée en dépôt à l'école communale de Saint-Germain.

LE MUSÉUM DE PARIS : — Une météorite, chute d'Ormans, poids 0 gr. 3 ; — Un fer météorique de Charcas (San Luiz Potosi) 3 gr. 5 ; — Un fer météorique de Caille (AlpesMaritimes), poids : 1 gr. 4. — Un lot de sept échantillons minéralpgiques.


— 173 —

PALEONTOLOGIE

Adrien de MAUROY : — Une tête de l'archégosaurus longirostris : — Des empreintes de plantes fossiles des houillières d'Ahun ; — Dix morceaux de plantes fossiles de Lavaveix (Creuse).

THIÉBLEMONT, propriétaire à Villy-en-Trodes : — Un lot de silex paléolithiques et différents oursins et mollusques fossiles trouvés sur le territoire de Villy-en-Trodes.

DÉGUILLY, employé au chemin de fer de Vitry à Saint-Florentin: — Un lot de fossiles provenant de la tranchée de Panais (chemin de fer de Vitry-le-Français à Saint-Florentin), finage de Saint-Parres-les-Tertres.

L'Abbé GARNIER, membre résidant de la Société Académique : — Cyclostoma elegans (Muller), trouvé près de la route de Planty à Saint-Benoît-sur-Vanne dans une marne crayeuse.

ETHNOGRAPHIE

BOURLEY, rue de Preize, à Troyes : — Une photographie anglaise représentant un athlète chinois.

Pour copie conforme au registre destiné à inscrire les Dons faits au Musée de Troyes.

Louis LE CLERT,

Ordonnateur de la Commission du Musée.



TABLES

DE

L'ANNUAIRE DE L'AUBE.

Pages

Articles principaux du calendrier 7

Avertissement 5

Calendrier usuel, religieux et astronomique 9

Commission de l'Annuaire de l'Aube 2

Foires du département de l'Aube 11

DOCUMENTS GENERAUX.

Archevêques et évêques de France 54

Conseil d'Etat 46

Division administrative de la France 56

Membres de la Chambre des Députés 41

Membres du Sénat 37

Ministres secrétaires d'Etat 37

Président de la République 37

Résidences diplomatiques 49

Tableau administratif et statistique de la France 50



TABLE DE LA PREMIÈRE PARTIE.

NOMENCLATURE DES AUTORITES ET DES ETABLISSEMENTS PUBLICS.

Abattoir public de la ville de

Troyes 287

Abattoir public de Pont-s-Seine. 402

Académie de Dijon 94

Adjoints aux maires . . . 202-212 Administrateurs du bureau de

bienfaisance 290

Administration des douanes et

des contributions indirectes. . 126

Administration des forêts. . . 131

Administration des mines. . . 107 Administration des postes et des

télégraphes 133

Administon des secours à domicile 290

Administration militaire ... 75

Agents de change 249

Agents voyers 113

Architecte du département . . 73

Archives du départent de l'Aube 72

Architecte de Romilly-sur-Seine 403

Architectes de Nogent-sur-Seine. 395

Armée territoriale 80

Arrivée et départ des courriers . 137

Arrondissent de Troyes . . . 231

— d'Arcis-sur-Aube . 515

— de Bar-sur-Aube . 333

— de Bar-sur-Seine . 357

— de Nogent-sr-Seine 385 Assistance judiciaire de l'arrondt

de Troyes 234

Assistance judiciaire de l'arrondt

d'Arcis-sur-Aube ..... 316 Assistance judiciaire de l'arrondt

de Bar-sur-Aube 334

Assistance judiciaire de l'arrondt

de Bar-sur-Seine 358

Assistance judiciaire de l'arrondt

deNogent-sur-Seine. . . . 386 Association des membres de

l'enseignement 104

Association médicale de l'Aube . 179

Assoction musicale de Vendeuvre. 356

Association musicale de Dienville 352

Avocats de l'arrondt de Troyes . 235

Avocats de Bar-sur-Aube . . . 000

Avocats de Nogeut-sur-Seine. . 387

Avoués de l'arrondt de Troyes . 236

— d'Arcis-sur-Aube. . . 317

— de Bar-sur-Aube . . . 335

— de Bar-sur-Seine . . . 359

— de Nogent-sur-Seine. . 387

Banque de France (succursie de la) 120

Bâtiments civils 114

Bibliothèque publique de Troyes 288

Bibliothèque d'Arcis-sur-Aube. . 323

Bibliot. publ. de Nogent-s-Seiue. 398

Bibliot. publ. de Romilly-s-Seine 404 Bibliothèque populaire d'Aix-enOthe

d'Aix-enOthe

— municipale d'Ervy. 263

— scolaire d'Ervy . . 263

— populaire d'Estissac 265

— populaire de Lusigny 267

— populaire de Bar-sAube

Bar-sAube 348 — scolaire de Marcillyle-Hayer

Marcillyle-Hayer . . 400

— populo de Villenauxe 407

— scolaire de Villenauxe407

— scolaire de Marignyle-Châlel

Marignyle-Châlel 409

— scolaire de Maizières-la

Maizières-la G. - P. 410

Boites de secours pour les noyés

et les asphyxiés 288

Bourse de commerce 248

Brigades de gendarmerie ... 87 Bureau central de l'octroi de la

ville de Troyes 279

12


— 178

Bureau d'administration du Lycée

de Troyes 100

Bureau d'assistance judiciaire de

l'arrondissement de Troyes. . 234

— d'Arcis-sur-Aube . . 316

— de Bar-sur-Aube . . 334

— de Bar-sur-Seine . . 358

— de Nogent-sur-Seine . 386 Bureau de bienfaisance de Troyes 290

— d'Ervy 262

- d'Eslissac .... 264

— de Lusigny. . . . 267

— de Piney 268

- de St-Mards-en-Ot. 270

— de Sainte-Savine . 271

— d'Arcis-sur-Aube. . 324

— de Chavanges . . 328

— de Méry-sur-Seine . 329 - de Plancy. . . . 330

— de Ramerupt . . 331

— de Bar-sur-Aube. . 344

— de Brienne-1-Château 350

— de Dienville .... 352 Bureau de bienfaise de Soulaines 353 Bureau de bienfaise de Vendeuvre 355

— de Bar-sur-Seine. . 370

— de Chaource .... 375

— d'Essoyes 877

— de Mussy-sur-Seine. 378

— des Riceys. ... 380

— de Nogent-s-Seine . 396

— de Marcilly-le-Hay. 400

— de Pont-sur-Seine . 401

— de Romilly-s-Seine. 404

— de Villenauxe . . 407 Bureau de secours aux incendiés. 163 Bureaux de la direction de l'enregistrement ..... . .122

Bureaux de poste des cornmunes 213-224 Bureaux des hypothèques . . . 123 Bureaux de la mairie de Troyes 274 Bureaux de la préfecture . . 62-65 Bureaux des postes et des télégraphes . . . . . . . 140

Cabinet d'histoire naturelle . . 168

Cabinet du préfet 62

Cadastre . . . 124

Caisse d'épargnes et de prévoyance

de Troyes 298

— d'Aix-en-Othe. ... 257

— d'Auxon. ..... 259

— de Bouilly 260

— d'Ervy 263

— d'Eslissac 265

— de Lusigny. .... 267

— de St-Mards-en-Othe. . 269

Caisse d'épargne d'Arcis-s-Aube. 326

— de Bar-sur-Aube.. . . 345

— de Brienne-le-Château . 350

— de Soulaines . . . .353

— de Vendeuvre .... 355

— de Bar-sur-Seine. . . 371

— de Chaource .... 374

— d'Essoyes .... .876

— de Mussy-sur-Seine . . 378

— des Riceys 381

— de Nogent-sur-Seine. . 396

— de Marcilly-le-Hayer. . 400

— de Marigny-le-Châtel. . 409

— de Piney 268

— de Romilly-sur-Seine. . 404

— de Villenauxe . . . .408 Caisse d'Epargne postale. . . .150 Canal de la Haute-Seine . . . 110 Cantons de la ville de Troyes. . 240 Casernes de Troyes .... 78-289 Censeurs de la Banque de France 124 Cercle du commerce de Troyes . 308 Cercle du commerce de Bar-surAube

Bar-surAube 349

Cercle troyen 309

Cercle littéraire de Bar-sur-Aube 349 Chambre de commerce. . 162 Chambre de discipline des huissiers de l'arrondissement de Troyes. . . 238 - d'Arcis-sur-Aube . 317 - de Bar-sur-Aube . . 335

— de Bar-sur-Seine . . 359

— de Nogent-sur-Seine .. 387 Chambre des avoués. ... . 236 Chambre des notaires de l'arrondissement de Troyes. . . . 244

— d'Arcis-sur-Aube . . 319

— de Bar-sur-Aube . . 337 - de Bar-sur-Seine . . 361 - de Nogent-sur-Seine . 389

Chambres consultatives d'agricre. 169 Chapitre de la cathédrale . . 89

Chefferie du Génie 76

Chefs d'institution à Troyes . . 280 Chemin de fer de Troyes à Dijon 314 Chemin de fer de l'Est. . . 184-314 Chemins vicinaux. . . . . . 111

Chirurgiens jures. .... . 233

Classes d'apprentis de Troyes. . 284 Clergé du département. . . 89 Collège communal de Bar-st-Aube 346 Collège de Troyes. (Voyez Lycée) Comice agricole départemental . 170 Comité de patronage de l'enseignement secondaire spécial. . 100


- 179

Comité d'inspection de la bibliothèque de Troyes..... 289

Comité de patronage des salles

d'asile de Troyes 283

Comité de santé des hospices de

Troyes ......... 297

Comité cantonal pour les observations des orages 373

Commissaires de police cantonaux . . . ... 242-324-342-369

Commissaires de police de Troyes 277

— de Ste-Savine-l'Troyes 000

— d'Arcis 324

— de Bar-sur-Aube . . 342

— de Bar-sur-Seine . . 369

— de Nogent-sur-Seine . 395

— de Romilly-st-Seine. . 403

— de Villenauxe. . . . 407 Commissaires-priseurs de Troyes 246

— d'Arcis-sur-Aube . . 319

— de Bar-sur-Aube . . 337

— de Bar-sur-Seine . . 361

— de Nogent-sur-Seine . 389 Commission départementale. . 68 Commission administrative des

hospices de Troyes. . ... 296

— d'Arcis-sur-Aube . . 325

— de Bar-sur-Aube . . 345

— de Bar-sur-Seine . . 371

— de Nogent-sur-Seine . 396 Commission chargée d'examiner

les candidats aux bourses nationales, départementales et communales 98

Commission des Archives ... 73

Commission des bâtiments civils. 114 Commission d'examen des aspirantes aux bourses dans les lycées et collèges de jeunes filles. 98

Commission du Musée. . . . 168

Commission météorol. de l'Aube. 176

— d'Arcis-snr-Aube . . 324

— de Bar-sur-Aube . . 343

— de Bar-sur-Seine . . 369 — de Nogent-sur-Seine . 395

Commission de surveillance de

l'Ecole Normale de garçons. . 105

Commission de surveillance de

l'Ecole Normale de filles. . . 106

Commission scolaire de Troyes. 282

Commission de surveillance pour

le travail des enfants à Troyes. 295

— à Arcis-sur-Aube . . 319

— à Bar-sur-Aube . . 337

— à Bar-sur-Seine. . . 362 — à Nogent-sur-Seine. . 389

Commission pour les logements

insalubres 250-405

Commission syndicale de la forêt

d'Aumont 133

Commission syndicale de l'Auzon 323 Commission syndicale de la forêt

de Jeugny 133

Commission syndicale de l'Arce. 368 Commission syndicale de l'Armance

l'Armance

Commission syndicale de la Barse 000

Commission syndic, de la Laignes 366

Commission syndicale de la Noxe. 394

Commission syndicale dé l'Ource. 367

Commission syndicale de la Sarce, 367

Commission syndicale de la Seine 393 Commission syndicale des digues

et canaux de Troyes .... 303 Commissions de charité de la ville

de Troyes par paroisses. . . 291 Communauté des soeurs de SaintVincent-de-Paul 91

Commune d'Aix-en-Othe . . . 257

— d'Auxon 259

— de Bouilly .... 260

— de Chavanges . . . 327

— de Dienville.... 351

— d'Estissac. . . . . 264

— de Landreville . . . 383

— de Lusigny .... 266

— de Piney 268

— de Plancy 330

— de Ramerupt . . . 331

— de St-Mards en-Othe . 269

— de Ste-Savine-1-Troy. 270

— de Soulaines. . . . 353

— de Marigny-le-Châtel. 409

— de Maizières-l-G.-P. . 410 Pour les autres, voir au mol VILLE.

Communes du département par

arrondissements et cantons. 203-212 Communes du département par

lettres alphabétiques . . . 213-224 Compagnie des chemins de fer de

l'Est 184

Conducteurs des ponts et chaussées 109-110

Congrégation des Franciscaines. 92 Congrégation des Ursulines . . 91 Congrégations religieuses ... 91 Conseil de l'ordre des avocats . 236 Conseil departemental de l'instruction publique 97

Conseil de perfectionnement. . . 000.


180 —

Conseil de préfecture . ... 61 Conseil des prud'hommes de

Troyes; . 248

Conseil des prud'hommes de

Romilly-sur-Seine. . . . 403

Conseil général ...... 65

Conseil d'arrondissement ... 69 Conseil d'hygiène et de salubrité

du département 177

Conseil d'hygiène et de salubrité

de l'arrondissement de Troyes. 250 Conseil d'hygiène et de salubrité de l'arrondissement d'Arcissur-Aube. . . ... . . . 321

de Bar-sur-Aube . . 339

— de Bar-sur-Seine . . 364

— de Nogent-sur-Seine . 391 Conseillers municipaux par commune (nombre de) . . . 213-224

Conseil municipal de Troyes. . 273

— d'Aix-en-Othe. . . 257

— d'Auxon .... 259

— de Bouilly. ... 260

— d'Ervy ..... 261

— d'Estissac. ... 264

— de Lusigny . . . 266

— de Piney .... 268

— de St-Mards-en Othe. 269

— de Ste-Savine-1-Troy. 271

— d'Arcis-sur-Aube. . 323

— de Chavanges . . 327

— de Méry-sur-Seine. 328

— de Plancy. ... 330

— de Ramerupt. . . 331

— de Bar-sur-Aube. . 342

— de Brienne-le-Chât.. 349

— de Dienville . . . 352

— de Soulaines. . . 353 — de Vendeuvre-sr- B. 355

— de Bar-s-Seine. . . 369

— de Chaource. . . 374

— d'Essoyes . . . . 376

— de. Landreville . . 383

— de Mussy-s-Seine. . 378

— des Riceys. . . . 379

— de Nogent-s-Seine. . 395

— de Mareilly-le-Hay. 399

— de Marigny-l-Châtel 409

— de Mézières-l.-G.-P. 410

— de Pont-sur-Seine. 401

— de Romilly-s-Seine 403

— de Villenauxe . . 407 Conservatrs des hypothèques. . 123 Conservateurs du Musée . . . 169 Conservation des forêts. . . . 132 Contributions directes .... 124

Contributions indirectes . . 126 Coutrib. indirectes de Pont-s-Seine 402 Contrôleurs des contributions. 125-128

Corps d'armée . 75

Correspondants du ministère de

l'instruction publique. . . . 73

Cour d'assises ....... 94

Cour d'appel de Paris . . . .. 94

Cours d'adultes de Troyes. . . 283 Cours grat. de solfège et de violon 285 Cours publics et gratuits d'anglais

et d'allemand 285

Cours d'enseig. professionnel. . 286 Courses de Monliérender ... 199 Courtiers de commerce. . . ..1249

Couvents 91

Curés 93-203 à 212

Dames de charité de Bar-s-Aube. 344 id. d'Arcis-s-Aube. 325

Dames des SS. coeurs de l'adora- .

ration perpétuelle. . . . .92 Débits de papier timbré. ... 123 Délég. cant. . 245-319-338-362-390

Département de l'Aube. . . . .59 Départ et arrivée des courriers . 137

Dépôt de mendicité 182

Dépôt de remonte de Sampigny . 200 Députés au Corps Législatif . .....59

Desservants 203 à 212

Diocèse de Troyes 89

Direction de l'enregistrement et

des domaines 122

Direct, des contributions directes. 124 — indirectes. 126

Direct, des postes et télégraphes. 133 Direction et administration intérieure du Lycée ..... 100 Direction générale des forêts. . 132 Distances légales des communes aux chefs-lieux de canton, d'arrondiss'et de départ. . 213 à 224 . Division de la ville de Troyes en

arrondissements 242

Division militaire. .... . 75

Divisions et attributions des services de la préfecture. . . .. 61

Docteurs en médecine de l'arrondissement de Troyes. . . . 251

— d'Arcis-sur-Aube. 321

— de Bar-sur-Aube . . 340

— de Bar-sur-Seine . . 364

— de Nogent-sur-Seine . 391 Domaines (Administration des) . 122 Ecole annexe de l'Ecole norm. 105-106 Ecole d'accouchement .... 179


— 181

Ecoles d'adultes. . ... . . 283

Ecole de gymnastique de Troyes. 286

Ecole de natation 288

Ecole gratuite de dessin de Troyes 285 Ecole professionnelle .... 286 Ecole, nationale des arts et métiers de Châlons-sur-Marne. . 184 Ecole normale prim. de garçons. 105 Ecole normale primaire de filles. 106

Ecoles chrétiennes 284

Ecoles communales de Troyes . 281

— d'Arcis 326

de Bar-sur-Aube . . 347

— de Bar-sur-Seine . . 372 — de Nogent-sur-Seine . 397

Ecoles de jeunes filles . . . . 280

Ecoles gratuites 281

— non communales 281 Ecoles maternelles de Troyes. . 283

id, de Bar-s-Aube 347 id. de Romilly-sSeine . . 406 Ecoles primaires de Troyes. . . 281 Ecoles second, d'instruction. . . 280 Ecoles primaires de Bouilly . . 261

— de Lusigny . . 267 - de Piney ... 269

— de Saint-Mards. 270

— de Sainte-Savine 271

— de Chavanges . 328

— de Méry-s-Seine 329

— de Plancy . . 331

— de Ramerupt. . 332

— de Dienville. . 332

— de Soulaines. . 354

— de Mussy-s-Seine 379

— de Landreville . 384

— de Marcilly-leHayer.

Marcilly-leHayer. . 400

— de Marigny - leChâtel.

leChâtel. . 410

Eglises des Riceys 382

Eglise réformée de Troyes. . . 93

Enfants assistés 65

Enregistrement et domaines . . 122

Enseignement primaire. . . . 281 Enseignement secondaire . . 101-230

Entreposeurs des poudres et tabacs 128

Etalons des stations de l'Aube. . 199

Etalons de la Soc. d'enconragem. 000

Etalons approuvés p. l'année 1889 200

Etalons autor. p. la monte de 1889 201

Evèché de Troyes.. 89

Fabrique de la cathédrale ... 90

Facteurs de la poste aux lettres. 135

Fadeurs des télégraphes . . . 135

Fanfare de Bar-sur-Seine.. . . 374

Fanfares d'Eslissac 265

Fanfare des Sapeurs-Pompiers de

Troyes 301

Fanfare municipale de Soulaines 354

Finances 115

Foires de l'Aube. (V. le Calendrier) 11

Foires de Troyes 309

Forêts .131

Franchise des lettres à l'adresse des grands dignitaires et des hauts fonctionnaires de l'Etat. 150 Frères des écoles chrétiennes. . 284 Garantie des matières d'or et d'argent 127

Garde-malades laïques. . . . 307

Gardes-champêtres de Troyes . 278

Gardes-port 111

Gardiens de la paix de la ville de

Troyes 278

Garnison de Troyes 78

Gendarmerie 87

Génie 76

Gîtes d'étapes 77

Greffe du Conseil de Préfecture. 62

Greffe du tribunal de Troyes . . 233

— d'Arcis-sur-Aube. . . . 316

— de Bar-sur-Aube.... 334

— de Bar-sur-Seine. . . . 358

— de Nogent-sur-Seine. . . 386 Greffiers de la justice de paix de

l'arrondissemt de Troyes . . 240

— d'Arcis-sur-Aube . . 317 Greffiers do la justice de paix de

l'arrondissement de Bar-s-Aube 336

— de Bar-sur-Seine . . 360

— de Nogent-sur-Seine. 387 Gymnase civil de Troyes . . 286

Halle à la Bonneterie .... 287

Halle aux Grains 286

Halle aux Marchandises . . . 287

Haras. . 299

Harmonie Industrielle (l'). . . 300

Heures du chemin de fer . . . 314

Hôpital 295

Hospice pr vieillards et orphelins 297

Hospice des orphelines. . . . 297

Hospices de Troyes 295

— d'Ervy 262

— d'Arcis-sur-Aube . . 325

— de Bar-sur-Aube . . 344

— de Brienne. . . . 350

— de Bar-sur-Seine . . 371


— 182 —

Hospice . de Chaource.... 375

— de Nogent-sur-Seine . 396 — de Pont-sur-Seine. . 402

— des Riceys 380

Hôtel-Dieu 295

Huissiers audienciers de Troyes. 237

Huissiers de l'arrondt de Troyes. 237

— d'Arcis-sur-Aube . . 317

— de Bar-sur-Aube . . 335

— de Bar-sur-Seine . . 359

— de Nogent-sur-Seine . 387 Hypothèques (Bureau des). . . 123

Ingénieurs des ponts et chaussées 108-109

Inspectars de l'inslructn primaire. 97 Inspecteurs des forêts ... 132 Inspecteurs des monuments . . 73 Inspection académique.... 97 Inspection des officines et des magasins de droguerie .... 178 Institut des sourds-muets de Bordeaux et de Chambéry. . . . 184 Instituteurs communaux. . 203 à 212 Instruction publique 94

— publique de la ville de Troyes 280

— de Bar-sur-Aube . . 338

Intendance militaire 77

Journaux du dépt de l'Aube. 226 à 229

Juges . . 233

Juges de paix 240

Jury d'expropriation. . . 190 à 199 Justices de paix de l'arrondissement de Troyes 238

— d'Arcis-sur-Aube . . . 317

— de Bar-sur-Aube . . . 355

— de Bar-sur-Seine . . . 359 Justice de paix de l'arrondissement de Nogent-sur-Seine . . 387

Justice de Paix d'Ervy .... 262

— d'Eslissac ... 265

— de Lusigny. . . 266

— de Chaource . . 374 Lieutenants de louveterie . . . 133 Lignes télégraphiques. . . 134-152 Liste du jury d'expropriation 190 à 199 Liste des abonnés au réseau téléphonique de Troyes. . ... 156

Lycée de Troyes 98

Lyre fraternelle 300

Maires des communes . . . 203-212

Mairie de la ville de Troyes . . 273

Maison centrale de Clairvaux. . 181 Maison d'arrêt et de correction de

Troyes 298

Maisons d'éducation de Troyes .281

— d'Aix-en-Olhe. . .258

— d'Auxon . . . . 260

— d'Ervy . . . . 263 — d'Estissac. . . .265

— d'Arcis-sur-Aube . 327

— de Bar-sur-Aube. . 346

— de Brienne. . . . 351

— de Vendeuvre-sr-B°. 356

— de Bar-sur-Seine . 372

— de Chaource . . . 375

— des Riceys. ... 382

— de Nogent-sur-Seine . 397 de Pont-sur-Seine . 402

— de Romilly-s-Seine. 406

— de Villenauxe . .408

— de Maizières-la-G.-Par. 411 Maisons d'éducation de demoiselles à Troyes 281

Manutention militaire . . . 77-290

Marchés de Troyes 309

Marché couvert St-Remi. . . 287-309 Marchés aux grains du départentt. 201 Médecins des épidémies. . . . 178 Médecins et officiers de santé de l'arrondissement de Troyes. . 251

— d'Arcis-sur-Aube . . 321

— de Bar-sur-Aube . . 340 de Bar-sur-Seine . . 365

— de Nogent-sur-Seine . 392 Médecins des hospices de Troyes. 296

Médecins jurés 233

Membres résidants de la Société

Académique de l'Aube . . . 164 Membres associés de la Société

Académique de l'Aube . . . 166 Membres du conseil général de

l'Aube. . 67 231-315-333-357-385 Membres du conseil d'arrondissement. . 69-232-316-334-358-386

Messagers 312

Messager-commissionnaire de Bar-sur-Seine . . .... 370

Mines . 107

Ministère des postes et des télégraphes 000

Monastère de la Visitation . . .91 Monastère des Carmélites . . . 91 Monuments historiques du dépt. 74 Municipalité de la ville de Troyes 273 Musée de la ville de Troyes . .. 168 Musique d'Aix-en-Othe . . . 258 Musique d'Ervy 263

— de Romilly-sur-Seine. 405

— de Villenauxe . . . 408


— 183

Navigation des rivières d'Aube et

de Seine. .... . . 110 Notaires de l'arrondt de Troyes 243

— d'Arcis-sur-Aube . . 327

— de Bar-sur-Aube. . . 336

— de Bar-sr-Seine . . . 360

— de Nogent-sur-Seine . 388 Notaires honoraires. . . 244-361-389 Notions générales sur le service

des postes 142

Octroi de la ville de Troyes . . 279

— de la ville de Bar-sr-Aube. 342

— de la ville de Bar-sr-Seine. 369 Officiers de santé de l'arrondt

de Troyes 252

— d'Arcis-sur-Aube. . . 321

— de Bar-sur-Aube . . . 340

— de Bar-sur-Seine . . . 364 — de Nogent-sur-Seine. . 391

Orphéon de Troyes 300

— d'Aix-en Othe. ... 258

— d'Eslissac 265

Orphéon. — Fanfare de Nogentsur-Seine.

Nogentsur-Seine.

Orphelinat et ouvroir de Dienville 352

Papier timbré 123

Paroisses de Troyes 93

Parquet de Troyes. ..... 233

— d'Arcis-sur-Aube. . . 316

— de Bar-sur-Aube . . . 334

— de Bar-sur-Seine. . . 358 — de Nogent-sur-Seine. . 386

Pasteur protestant 93

Pensionnat. (V.Maison d'éducation.)

Percepteurs 116

Percepteurs-surnuméraires. . .115 Personnel du lycée de Troyes . 101 Petites-soeurs des pauvres ... 92 Pharmaciens de l'arrondissement

de Troyes 252

Pharmaciens de l'arrondissement — d'Arcis-sur-Aube . . 322 — de Bar-sur-Aube. . . 340

— de Bar-sur-Seine . . 365

— de Nogent-sur-Seine . 392 Poids et mesures (vérificateur des) 131 Pompiers. (V. Sapeurs-Pompiers.)

Ponts et chaussées 107

Population par commune. . 213-224 Postes aux lettres de Troyes . . 133

— d'Arcis-sur-Aube . 138 324

— de Bar-sur-Aube . 138-343

— de Bar-sur-Seine . 139-369

— de Nogent-s-Seine. 139-395 Postes aux lett. des communes 213-224

Préfecture de l'Aube. .... 61

Prison de Troyes 298

Prisons départementales ... 75 Professeurs au Lycée de Troyes.101-102 — à l'Ecole normale de

garçons. ........ 105

Professeurs à l'Ecole normale de

filles. . 106

Prud'hommes 248-403

Receveur municipal de Troyes . 277 Receveur municipal de Romillysur-Seine 406

Receveurs de l'Enregistrement 123-124

Receveurs de l'octroi 279

Receveurs des finances .... 115 Receveurs et conservateurs des

hypothèques 123-124

Receveurs particuliers .... 115 Receveur principal des postes et

télégraphes 133

Receveurs et distributeurs des

postes 138

Réseau téléphonique de Troyes. 156

Recrutement 77

Religieuses hospitalières dites

Augustines . 92

Routes départementales. . . . 108

Routes nationales 108

Sages-femmes de l'arrondissement

de Troyes 253

— d'Arcis-sur-Aube . . 322

— de Bar-sur-Aube . . 341 — de Bar-sur-Seine . . 365

— de Nogent-sur-Seine . 392

— de Maizières-la-G.-P. 411 Salles d'asile de Troyes. ... 283

— d'Arcis-sur-Aube . . 326

— de Bar-sur-Aube . . 347 — de Brienne-le-Chât. . 351

— de Vendeuvre-sr-B. . 356

— de Bar-sur-Seine . . 000

— d'Essoyes 377

— des Riceys .... 382

— de Nogent-st-Seine. . 397

— de Romilly-st-Seine . 406 Sapeurs-pompiers de l'arrondissement

l'arrondissement Troyes 255

— d'Arcis-sur-Aube . . 323

— de Bar-sur-Aube. . . 000

— de Bar-sur-Seine . . . 366

— de Nogent-sur-Seine . 393

Secours à domicile 290

Secours aux incendiés .... 163 Secours pour les noyés et les asphyxiés 288


— 184

Secrétariat de l'évêché .... 89

Secrétariat gériér. de la préfecture 63

Séminaire (grand). ..... 90

Séminaire (petit) ........ 90

Sénateurs appartenant au département 59

Service médical ...... 293

Service médical de nuit . . . 297

Service académique ..... 97

Service des postes . . . 134 à 152

Services spéc. de la préfecture 65 Service du phylloxéra dans

l'Aube. . 173-249-320 339-363-390

Service des aliénés . . . . . 182

Service des enfants assistés. . . 183 Service de la protection des enfants du premier âge .... 183

Sixième corps d'armée .... 75

Sixième région 75

Société Académique du département de l'Aube. . . . . 164 Société d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres. . . 164 Société des Amis des Arts de l'Aube. ........ 180

Société d'Apiculture 175

Société de charité maternelle, à

Troyes 294

Société des Garde-malades laïques 307 Société d'encouragement pour

l'amélon de la race chevaline. 173

Société de tir de la ville de Troyes. 301

Société de tir d'Aix-en-Othe. . 258

Société de tir d'Ervy 263

Société de tir d'Estissac. . . . 265

Société d'Équitation 301

Société de l'Orphéon de Troyes. 300 Société de Saint-Vincent-de-Paul,

à Troyes 294

— à Arcis-sur-Aube. . . 326 — à Nogent-sur-Seine . . 398 Société générale de secours mutuels de Troyes 304

Société horticole, vigneronne et

forestière de l'Aube .... 174 Soc. d'hort. de Nogent-s-Seine. . 398 Société des Dessinateurs de Nogent-sur-Seine 398

Société pédagogique de Nogentsur-Seine 398

Société de protection de l'Enfance

ouvrière ........ 295

Société des Prévoyants de l'Avenir 307

Société La Laborieuse . . . . 308

Société de Secours mutuels de

Méry-sur-Seine. .... 529

Société de Secours mutuels de Bar-sur-Seine ....... 373

Société de secours mutuels des Bonnetiers de Troyes . . . .304

Société de secours mutuels des instituteurs et institutrices du département de l'Aube. . . 181 Société de secours mutuels des

vignerons de Landreville . . 384 Société de secours mutuels des

ouvriers Fileurs de Troyes. . 306 Société de secours mutuels entre

les Menuisiers de Troyes . . 306 Société de secours mutuels des Peintres de Troyes . . . . 306 .

Société de sec. mut. d'Arcis-s.-A. .325 Société musicale d'Arcis-ss-Aube 327 Société d'encouragement à l'agriculture de l'arrondissement de

Bar-sur-Aube 348

Société de secours mutuels de

Bar-sur-Aube 344

Société de secours mutuels des

Vignerons des Riceys. . . . 380 Société de secours mutuels d'Aixen-Othe . . 258

Société de secours mutuels d'Estissac 266

Société de secours mutuels de Nogent-sur-Seine ...... 397

Société de secours mutuels de

Romilly-sur-Seine 415

Société de secours mutuels de

Plancy 330

Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers et des ouvriers réunis des Riceys. . -381 Société de soulagement entre les.

ouvriers Tanneurs de Troyes . 305 Société de secours mutuels de Villenauxe 408

Société de secours mutuels de

Maizières-la-Grande-Paroisse . 410 Société médicale de l'Aube . . 179 Société française de Secours aux

blessés militaires 163

Société nautique et de gymnastique troyenne 302

Soc. de gymn. la Persévérante. 303 Société de gymn. d'Aix-en-Othe. 258 Société de gymnastique d'Auxon 260 — d'Arcis-s-Aube 327

Société de gymnastique d'Ervy. 263 Soc. de gymn. de Bar-s-Seine. . 373 Soc. de gymnastique d'Estissac. 266 Soc. de gymn. de Nogent-s-Seine. 398


185 —

Société de gymnastique de Barsur-Aube.

Barsur-Aube.

Société de gymnastique et de tir

de Romilly sur-Seine. . . . 406 Société de gymnastique de SainteSavine.

SainteSavine.

Société de gymnastique de Brienne 351 Société de gymnastique de Vendeuvre.

Vendeuvre.

Société de tir et de gymnastique

de Chavanges 328

Société de gymnastique de Villenauxe 408

Société de sauvetage des ateliers du chemin de fer, à Romilly. 406 Société des sapeurs-pompiers et

des travailleurs de Landreville. 884 Société des architectes de l'Aube. 180 Société chorale de Troyes. . . 299 Société des auteurs et compositeurs dramatiques 290

Soeurs de la Providence. ... 91 Soeurs du Bon-Pasteur .... 91 Soeurs du Bon-Secours .... 92

Soeurs de Nevers 92

Soeurs de N.-D. de charité du BonPasteur d'Angers 92

Sous-intendance militaire ... 77 Sous-préfecture. — Arrondissement de Troyes 231

Sous-préfecture d'Arcis-sr-Aube. 315

— de Bar-sur-Aube . . 333

— de Bar-sur-Seine . . 357

— de Nogent-sur-Seine . 385 Stations d'étalons dans le département de l'Aube .... 199-269

Statistique sur le recrutement. 83 à 86 Succursale de la Banque de France 121 Succursales de la Caisse d'épargne

de Troyes 298

Surnuméraires de l'Enregistremt 124 Syndicat des digues et canaux

dé Troyes 303

Syndicat (v. Commission syndicale). Tableau, par arrondissements et cantons, des communes du déparlement de l'Aube. . . 202-212 Tableau alphabétique des communes du départ, de l'Aube. 213-224

Tableau des écarts 225

Taxe des lettres 144

Taxes des journ. et imprimés. 144-145 Taxe des dépêches télégraphiques. 156 Télégraphe de Troyes . . . 134-152

— d'Aix-en-Othe. . . 257

— d'Arcis-sur-Aube. 140-324

Télégraphe d'Auxon 259

— de Bar-sur-Aube . 140-343

— de Bar-sur-Seine . 140-369

— de Bouilly .... 261

— de Brienne-le-Chât.. 350

— de Chaource . . . 375

— de Chavanges . . . 328

— de Dienville . . . 352

— d'Ervy 262

— d'Essoyes .... 377

— d'Estissac .... 264 — de Landreville. . . 384

— de Lusigny. . . . 267

— de Marcilly-le-Hayer 399

— de Marigny-le-Châtel 409

— de Maizières-la-G.-P. 410

— de Méry 329

— de Mussy-sur-Seine . 378

— de Nogent-s-Seine. 140-395

— de Plancy .... 330

— de Piney 268

— de Pont-sur-Seine. . 401

— des Riceys .... 380

— de Ramerupt . . . 331

— de Romilly-sr-Seine. 404

— de St-Mards-en-Othe. 270

— de Soulaines . . . 354

— de Vendeuvre-sr-B.. 355

— de Villenauxe ... 407

Téléphone de Troyes 156

Temple évangélique de Troyes. . 93

Temple évangélique d'Estissac . 265

Théâtre de Troyes 290

— de Nogent-sur-Seine. . 397

Timbre 122

Travail des enfants dans les manufactures, à Troyes. . . . 295 Travail des enfants dans les manufactures à Arcis-sur-Aubc. 319

— à Bar-sur-Aube . 337

— à Bar-sur-Seine . 362

— à Nogent-sr-Seine. 389

Trésorerie générale 115.

Trésorier-payeur général du département 115

Tribunal de commerce de Troyes 247 Tribunal de première instance

de Troyes 232

— d'Arcis-sur-Aube . . 316

— de Bar-sur-Aube . 334

— de Bar-sur-Seine . . 358

— de Nogent-sur-Seine . 386 Tribunal de police de Troyes. . 278 Union des sociétés de gymnastique du département de l'Aube. 302

Véloce-club de Bar-sur-Aube. . 349


— 186 —

Vérificateurs des poids et mesures 131 Vétérinaires de l'arrondissement

de Troyes .... 254

— d'Arcis-sur-Aube . . 322 — de Bar-sur-Aube . . 341

— de Bar-sur-Seine . . 366

— de Nogent-sur-Seine . 392 Vicaires de Troyes ..... 93

Vicaires généraux. 89

Ville de Troyes. 273

— d'Ervy. ....... 261

— d'Arcis-sur-Aube .... 323

— de Méry-sur-Seine. . . 328

— de Bar-sur-Aube .... 342

— de Brienne-le-Château. . 349

— de Vendeuvre-sur-Barse . 354

— de Bar-sur-Seine .... 368

Ville de Chaource. . . . 374

— d'Essoyes. . . . . 376

— de Mussy-sur-Selne. . 377 Ville des Riceys 379

— de Nogent sur-Seine . .394

— de Marcilly-le-Hayer. . 399

— de Pout-sur-Seine. . . 401

— de Romilly-sur-Seine. .402

— de Villenauxe . . . 406 Visite des pharmacies et des officines de drogueries . . . 178

Voitures publiques et Messageries des Riceys. . . . . .382

Voitures publiques et Messageries deNogent-sur-Seine. . . 398

Voilures publiques . . . . . 311


TABLE DE LA SECONDE PARTIE.

NOTICES ET RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES, HISTORIQUES ET ADMINISTRATIFS.

Pages.

Le Service du Ban et Arrière-Ban dans le bailliage de Troyes au XVIIe siècle (1689-1695), avec des documents inédits sur les bailliages de Troyes, Chaumont, Langres, Provins et Sens, — par M. Alphonse Roserot, membre honoraire de la Société Académique de l'Aube 3

Légende de saint Martin et saint Gilles. — Origine des confins de leurs paroisses Lusigny et Monlreuil 75

Une Famille de robe à Troyes pendant le XVIIIe siècle, d'après des pièces inédites, — par M. l'abbé Etienne Georges, de Troyes, membre de plusieurs Sociétés savantes 79

Un Miracle au Musée de Troyes, — par M. Louis Le Clert, Conservateur de l'Archéologie du Musée de Troyes 105

Extraits de quelques lettres du général de Dampierre (1789-1793) . 111

Notice sur le château de Dampierre de l'Aube, — par M. Louis Le Clert, Conservateur de l'Archéologie du Musée de Troyes . . . 123

Mony-Quittaine, d'Arcis-sur-Aube, poète et auteur dramatique, — par M A.-S. Det, membre résidant de la Société Académique de l'Aube, sous-bibliothécaire de la ville de Troyes 127

Le Château de Villenauxe et ses Possesseurs, — par M. Henri Renaud 141

25 novembre 1888. — Distribution solennelle des récompenses fondées par Jaillant-Deschainets, Boucher de Perthes et GérardMillot, en faveur des ouvriers de la ville de Troyes 151

Programme des prix mis au concours par la Société Académique de l'Aube 157

Liste des dons faits au Musée de Troyes, avec les noms des donateurs, pendant l'année 1888 161



Avis au Relieur pour le placement des Planches

Pages Enseigne de Pardon ou Miracle, trouvé dans les fouilles du

Pont-des-Cailles, à Troyes en 1888 105

Vue du château de Dampierre prise du côté de l'église

(Fac simile d'un dessin du XVIIe siècle) 123

Mony-Quittaine (Dominique-Victor), né à Arcis-sur-Aube, le 11 octobre 176S, décédé dans la même ville, le 26 Mars 1806 127

Vue du château de Villenauxe du côté de la cour (1779).. 141

TROYES. — IMP. DUFOUR-BOUQUOT