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Titre : Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers...

Auteur : Société archéologique, scientifique et littéraire (Béziers, Hérault). Auteur du texte

Éditeur : Mme Vve Millet (Béziers)

Date d'édition : 1927

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 13452

Description : 1927

Description : 1927 (SER3,T13,VOL45).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Languedoc-Roussillon

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5724821d

Source : Société archéologique de Béziers

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34410837c

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 18/01/2011

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BULLETIN

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Et RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 14 OCTOBRE 1874

Troisième Série. — Tomé XIII .';V.. 2" LIVRAISON ;

Volume XLV dé la collection

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IMPRIMERIE GÉNÉRALE, BARTHEI SOUEIX, Bouioeo^iÉ^&ëE^

9. AVKNUÉ DE PÉZENÀSET AVENUE DE iilïDAIliliUX, l/l

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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE

SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE

DE BÉZIERS



BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE

SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE

DE BÉZIERS (HÉRAULT)

FONDÉE EN 1834, AUTORISEE EN 1835

KT RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE

PAU DÉCRET DU 14 OCTOBRE 1874

Troisième Série. — Tome XIII 2e LIVRAISON Volume XLV de la collection

BEZI ERS

IMPRIMERIE GÉNÉRALE, BARTHE, SODEIX, BûURDOU & RUL ■). AVHNUK 1)K PÉ'/.ENAS KT AVENUE DE liEDAHIEUX, 10

1927


EXTRAIT DU RÈGLEMENT

ARTICLE XII

Les associés résidants fournissent chacun, par année, une cotisation de vingt francs à la caisse de la Société.

Les correspondants ne sont soumis qu'à une cotisation de dix francs par an. Ils reçoivent, outre le Bulletin, toutes les publications de la Société.

La Société ne prend pas la responsabi~ lité des opinions et des assertions émises par les auteurs des articles insérés au Bulletin.


SÉANCE PUBLIQUE

POUR LA

DISTRIBUTION DES PRIX Des Concours de l'année 1927

PRÉSIDENCE DE M. LE Dr VIN AS

La Société Archéologique, Scientifique et Littéraire a tenu, le jeudi de l'Ascension, 26 Mai, sa séance publique annuelle dans la grande salle de l'Hôtel de Ville. L'assemblée nombreuse, qui a bien voulu affirmer par sa présence l'intérêt qu'elle porte à la Société Archéologique et à ses travaux, avait peine à contenir dans cette vaste salle. A 8 h. 30, M. le Président entouré des Membres de la Société ayant à sa droite M. Vidal, Président du Tribunal Civil et à sa gauche, l'officier d'ordonnance représentant M. le Général Richaud, M. le Secrétaire de M. le Sous-Préfet représentant ce dernier et M. l'Adjoint Albertini, représentant M. le Maire, ouvre la séance par l'allocution suivante :

MESDAMES, MESSIEURS,

Les jours, les mois, les années se suivent, et, périodiquement, à la même époque, nous voyons revenir les mêmes récolles, les mêmes anniversaires. Nil novi sub sole. C'est pourquoi, en ce jour solennel de la fête de l'Ascension, la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire de Béziers assemble dans la belle salle des réunions du Conseil Municipal, autour de ses membres


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unis pour couronner les lauréats de son triple concours, les amis dévoués qu'elle compte dans notre vieille ville et que revient à son Président la lourde lâche d'inaugurer la séance par un discours pour lequel il vous demande d'avance toute votre indulgence el qu'il s'efforcera d'ailleurs de faire aussi court que possible.

L'année qui vient de s'écouler a été du reste peu fertile en événements.

Le premier, celui qui se rapporte le plus directement à nos préoccupations, est le don de poteries galloromaines trouvées sur le territoire de Cers. Ce sont des fragments plus ou moins complets de petits vases ou d'amphores en argile ou en verre, dont quelques-uns portent encore l'empreinte très nelle du nom du potier. Il n'y a là rien de très particulier et il ne faut y voir qu'une nouvelle preuve de l'antiquité de la civilisation gauloise et du séjour des Romains dans notre pays. Il y avait aussi une bague en bronze représentant un serpent, d'un curieux travail, que les donateurs ont conservée et que je n'ai pu voir.

Un don précieux, celui d'une cloche provenant de l'ancienne Chapelle du Collège nous a été fait par la Municipalité, à laquelle nous renouvelons aujourd'hui nos remerciements. Cette cloche, en fort bel état, haute de 50, porte une inscription dont la date (1598) nous fixe sur la construction d'un édifice malheureusement disparu et dont la façade était d'une belle architecture.

La démolition de l'ancien hôpital St-Joseph actuellement en cours a également sollicité notre attention. Malgré l'ancienneté de cet édilice dont l'histoire a été écrite par le vénéré Secrétaire de la Société, Antonin Soucaille, nous n'avons rien trouvé méritant d'être conservé. Seules, deux belles inscriptions composées


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par Noguier à la mémoire de deux insignes bienfaiteurs, présentent un intérêt et Monsieur le Maire, qui s'élait joint à nous, a pTomis de nous les faire parvenir.

La Société Archéologique toujours désireuse de s'as-~ socieraux oeuvres scientifiques de notre pays, a joint sa. protestation à celles que le duc de Trévise a adressées au Ministre de l'Instruction Publique pour signaler l'insouciance avec laquelle nous laissons dépouiller la France si riche en monuments et en oeuvres d'art, mais si pauvre d'argent actuellement, au profit des EtatsUnis, entrés d'hier dans la civilisation, mais, gorgés d'or. J'espère que tant d'efforts auront un heureux résultat.

Elle s'est affiliée aussi à l'Union des Sociétés scientifiques du Languedoc, fondée sous l'inspiration du Professeur Fliche, de la Faculté des Lettres de Montpellier, secondé par des hommes comme le Commandant Espéràndieu, de Nimes, et l'abbé Sigal, de Narbonné. Après le congrès tenu à Nimes l'an dernier, va avoir'lieu dans quelques jours celui de Montpellier et on peut espérer que, l'an prochain, c'est Narbonne ou Béziers qui verront arriver les congressistes.

Je ne dois pas oublier de mentionner l'aide puissante apportée par la Société au grand oeuvre de la réparation de St-Nazaire. Vous savez que notre magnifique cathédrale dont le premier architecte fut ce maître Gervais, mentionné dans la Canso de la Crozada, eut terriblement à souffrir de l'incendie qu'y allumèrent les soldats de Monlfort. Une partie de la toiture s'effondra et actuelle, ment la chute des débris dans la partie antérieure de la nef était devenue inquiétante. Les fonds apportés par le Ministère à l'entretien de ce monument historique, les secours du Conseil Général et de la Municipalité étaient insuffisants. C'est alors que la Société Archéolo


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gique prit l'initiative d'une souscription publique, qui bien que n'étant pas grand chose encore, atteint déjà un total extrêmement élevé et permettra peut-être l'achèvement d'une réparation indispensable. Ces travaux, en outre de la sécurité qu'ils assurent, ont permis de mettre à" découvert de curieux motifs d'architecture et, sous l'horrible badigeon à la chaux qui les défigurait, de faire apparaître à la base de certains arrêliers, des figures qu'on ne soupçonnait pas. On a pu, comme le signale l'Eclair du 26 Mai, découvrir une clé de voûte fort curieuse. A la base de la rosace qui domine la travée la plus ancienne, entre le choeur et le transept, on voit s'enrouler autour d'une toupie tournant sa pointe vers le bas une forte branche de vigne garnie de plusieurs raisins comme si, ajoute ingénieusement l'auteur de l'article, nos aïeux avaient voulu figurer que c'est avec le produit de leurs plaines qu'ils avaient élevé à Dieu ce temple et que c'est ce vin aussi qu'ils entendaient recevoir en récompense de leurs sacrifices.

Continuant le cours de ses travaux sur « Ensérune », notre érudit collègue M. Félix Mouret vient de publier dans la collection du Corpus Vasorum anliquorum, avec une savante préface de M. Pothier, de l'Institut, un fascicule comprenant en 55 planches magnifiques les plus beaux- types de son musée. L'ouvrage n'est pas encore dans le commerce, mais avec son amabilité coutumière, l'auteur a bien voulu nous en offrir la primeur, nous donnant ainsi le plaisir d'une représentation avant la lettre.

- i Les séances ordinaires ont été rendues attrayantes

par des conférences ou de simples causeries. Je dois mentionner tout d'abord celle du Commandant Baret, que son état de santé retient encore ce soir loin de nous et auquel j'adresse tous mes souhaits de prompt rétablissement.


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Le D'Cavalié nous a vivement intéressés en commentant l'ouvrage si documenté de notre excellent confrère, le D1'Coste, sur la Séméiologie médicale. Ce traité en est à la 6e édition, ce qui en montre bien la valeur, et comme notre Société compte dans ses rangs de nombreux médecins, le distingué commentateur a eu autant de succès que l'auteur.

Le Dr Coste ayant retrouvé dans ses archives un vieux manuscrit sur la province de Languedoc d'une écriture élégante et en parfait état de conservation, a eu la bonne idée de nous le présenter et d'essayer malgré l'absence de date et de nom d'auteur de l'identifier. De quelques détails, de ses recoupements, il a pu conclure que c'était une copie du célèbre mémoire de Basville qui fut intendant de notre province. On voit qu'à cette époque le Languedoc, moins peuplé qu'aujourd'hui, présentait déjà ses caractéristiques actuelles. Il faut pourtant signaler l'étendue plus considérable des champs : on sait que Basville pour remédier à une production de céréales que la guerre rendait insuffisante avait relégué la vigne sur les coteaux et que nos plaines basses de l'Hérault, de l'Orb et de l'Aude fournissaient d'abondantes moissons. Il faut signaler aussi la prospérité à cette époque de l'industrie de la draperie, tandis que celle de la verrerie dont un lauréat de nos derniers concours, M. Riols de Fonclare s'est fait l'historien, naissait à peine à Hérépian, sur l'emplacement actuel de l'Eglise.

Faisant suite à la Séméiologie de Coste, vient le traité de Séméiologie d'Ophthalmologie, de Laryngologie et d'Urologie du à MM. Cazalis neveu, Barthès, tous deux membres de la Société, et Coulazou. Leur oeuvre claire, précise, élégamment illustrée, A'ient enrichir nos collections et aura, j'en suis sûr, le même succès en librairie que la Séméiologie médicale.


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Nous avons eu la douleur de perdre cette année un de nos membres correspondants, M. le Chanoine Tarniquet, ancien curé de St-Jacques, retiré à Agde# En 1893, étant curé de Sérignan, il avait présenté au concours un important travail sur «Sérignan, le chârteau, la communauté et la collégiale », qui, classé premier, avait obtenu une médaille d'argent. Le savant rapporteur, Antonin Soucaille, l'appréciait ainsi : « Ses archives ont été fouillées, son passé a été exploré el ce long travail a donné une assez bonne moisson de renseignements historiques, utilisés et mis en oeuvre par une main habile ». (1893, p. 105). Je ne puis que donner mon approbation à une appréciation aussi compétente,

Le Conseil Municipal vient en décidant de donner à des rues projetées les noms de Sylvestre, le grand peintre qui fut un de nos membres honoraires, et d'Antonin Soucaille, le laborieux éruditqui nous appartint pendant plus de 60 ans el a rempli nos Bulletins du fruit de ses travaux, le Conseil Municipal, dis-je, a consacré par ce choix la valeur de notre petite Académie. Un autre nom, celui de Léopold Dauphin, également Biterrois el compositeur agréable, est venu s'imposer aussi au choix de l'Assemblée. Qu'elle en soit remerciée !

Enfin, pour terminer celle sèche énuméralion, je n'ai qu'à souhaiter une cordiale bienvenue aux nouveaux collègues qui remplacent les disparus : le Dr Cazalis, neveu, qui porle dignement un nom aimé de tous, le Dr Vayssade, le praticien el le conférencier si distingué, enfin M. le Chanoine Crébassol, curé-doyen de la Madeleine où il remplace l'éloquent et savant Chanoine Maury. Je tiens à leur dire, au nom de tous, la sympathie avec laquelle ils sont accueillis et l'aide que nous attendons de leur collaboration.


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Telle est celte année la brève histoire de notre Société J'espère que l'an prochain des travaux remarquables, des découvertes importantes, des dons plus précieux et plus abondants, permettront de donner à notre vieille Compagnie un éclat plus grand,en attendant la célébration aux jours prochains de 1834 de son centenaire auquel nous convions tout le Midi intellectuel, patriote et savant.


RAPPORT

SUR LES

Mémoires Historiques et Archéologiques

Par le Docteur Jean CAVALIÉ

MESDAMES, MESDEMOISELLES, MESSIEURS,

La Société Archéologique, ainsi que la ComédieFrançaise possède ses chefs d'emploi: ce sont ceux de nos collègues qui, spécialisés dans une fonction où ils excellent en sont devenus inséparables. M. le Commandant Baret est de ceux-là ! Depuis son arrivée parmi nous il est le rapporteur-né du Concours des Mémoires historiques : son érudition étendue, sa grande connaissance des textes anciens qu'il déchiffre comme le meilleur paléographe, la finesse de son sens critique, tout le qualifiait pour cet emploi et vous savez avec quelle maîtrise il l'a tenu. Vous n'avez pas oublié le charme de ces rapports savoureux où l'analyse pénétrante et les commentaires savants se relevaient d'une pointe d'esprit et d'humour. Vous vous prépariez sans doute à l'entendre et à l'applaudir ce soir, malheureusement le Commandant Baret, empêché pour des raisons de sanlé, a dû être doublé, dans son emploi habituel par un modeste comparse et votre déception sera, j'imagine, celle d'un public « aficionado » qui, attendant un matador de cartel, ne verrait apparaître qu'un vulgaire sobresaliente.

L'intérêt propre du concours atténuera peut-être celle disgrâce et suppléera quelque peu à l'insuffisance du


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critique ; nous avons reçu en effet cette année des mémoires assez variés qui, s'ils ne sont pas tous irréprochables, ont chacun leur mérite et sont parfois même assez « amusants ».

Celui que nous plaçons en première ligne « Aglaé de Varadier-Castellane ou la fin d'une race » nous met d'emblée en pays de connaissance : nous y retrouvons cette gracieuse duchesse d'Otrante dont M. le Professeur Moulin nous a conté l'année dernière la mélancolique histoire, et le charmant petit 'coin de Provence, SaintAndiol, auquel l'auteur est si doucement attaché, vérifiant le vers bien connu :

A tous les coeurs bien nés que la Patrie est chère !

Mais, cette année, c'est à la mère de la duchesse d'Olrante que le mémoire de M. Moulin est plus spécialement consacré. Il aurait du, logiquement, précéder le mémoire de l'année dernière et nous sommes persuadés que l'auteur rétablira l'ordre chronologique lorsqu'il groupera, plus tard, pour les publier, ces intéressantes monographies.

Quoi qu'il en soit, voulez-vous me permettre d'ouvrir le mémoire et de vous présenter dame Angélique, Aglaé de Varadier, la dernière de ce nom, qui devait être la mère de la duchesse d'Otrante?

Aglaé de Varadier naquit au château de Saint-Andiol le 22 Janvier 1767.

Son père était noble messire Jacques, Joseph de Varadier, seigneur et marquis de Saint-Andiol, colonel de cavalerie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et sa mère, la « demoiselle Magdeleine de Perrin », de bonne et vieille souche arlésienne, plus jeune que son mari de vingt années et qui allait devenir veuve sept mois après son mariage.

La naissance d'Angélique, enfant posthume, fut une


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déception ; on attendait un garçon pour perpétuer le nom, ce fut une fille qui naquit.

Angélique de Varadier grandit et fut élevée à SaintAndiol, dans ce château restauré au siècle précédent et surmonté d'une tour d'où la vue s'étendait jusqu'aux Alpilles, au Luberon et au Ventoux, dans ce beau parc baigné par le Real dont l'évêque de Luçon, Monseigneur de Bussy, fils de Bussy-Rabutin, vantait à sa très jolie cousine, la comtesse de Grignan, les frais ombrages, « le frigus opacum » des églogues virgiliennes.

A l'âge de quinze ans et demi elle y reçut, à quelques jours d'intervalle, deux importants sacrements, celui de la confirmation que lui apporta tout exprès, Monseigneur Charles Vincent de Giovio, archevêque d'Avignon et celui du mariage auquel procéda le même prélat. Angélique, Catherine, Aglaé de Varadier épousait le Comte Henri Alphonse Auguste deCastellane-Majastres, âgé seulement de dix-huit ans. Trente-trois ans à eux deux. Que de jeunesse et d'inexpérience !

Les nouveaux époux fixèrent leur résidence à Aix-enProvence, dans le bel hôtel que possédait le 'père du Comte, sur l'aristocratique paroisse de Sle-Magdeleine. C'est là que naquirent leurs deux filles: Delphine Aglaé, la future marquise d'Eslourmel le 8 Novembre 1783 et Alphonsine Gabrielle Ernesline, la future duchesse d'Otrante le 5 Juillet 1788.

Quelques années après, le ménage Caslellane vint s'établir à Paris où se préparait déjà la grande tourmente sociale qui devait lui être si cruelle.

Quand la Révolution éclate et que se dessine le mouvement d'émigration de la noblesse, le Comte passe la frontière, laissant la comtesse seule avec ses enfants en bas âge et des ressources fortement réduites. Pour sauver ses biens menacés de confiscation, elle usa du subterfuge usité à cette époque, et nul ne saurait lui en faire grief: elle demanda et obtint le divorce, et la


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comtesse de Castellane, femme d'émigré, devint ainsi la citoyenne Aglaé Varadier.

Mais ce changement d'état, plus apparent que réel, n'avait altéré en rien l'affection réciproque des époux et, lorsque le comte de Castellane revint d'émigration, sous le Consulat, à la faveur de la loi du 6 Floréal de l'An X, c'est à son épouse, « en reconnaissance des services et soins » dont elle a usé envers lui qu'il laisse par testament, soit en usufruit, soit en pleine propriété, « pour en disposer à ses plaisirs et A'olontés » tout ce que les lois existantes lui permettent de léguer.

Le comte de Castellane devait succomber le 21 Novembre 1802, à l'âge de 38 ans, épuisé par les privations et les souffrances de l'émigration, ne laissant comme actif à sa succession qu'une maison située à Versailles. Il fut suivi de près par sa belle-mère Magdeleine de Perrin, qui mourut à Paris le 16 Fructidor de l'An XI (3 Septembre 1803),

Aglaé de Varadier-Castellane était désormais seule dans la vie avec ses deux filles ; leur établissement allait devenir sa principale préoccupation.

Le 28 Avril 1804, sa fille aînée Delphine, Aglaé épousa le comte Adélaïde, Louis Reimbald d'Estourmel, d'une très haute et très ancienne noblesse du Cambrésis, possédant de belles propriétés en Picardie, aux environs de Péronne.

Cette union aussi honorable qu'avantageuse, dut apporter à la mère un peu de joie et de réconfort.

Quelques années plus lard, sa fille cadette Ernestine devait lui procurer une satisfaction non moins grande en épousant lé célèbre Fouché, duc d'Otrante redevenu grand maître de la police sous Louis XVIII ; on vous a décrit l'an dernier ce fastueux mariage célébré le 2 Août 1810, dans l'église de l'Abbaye-au-Bois, au milieu d'un cortège de princes, de ministres, de députés, d'ambassadeurs et de prélats, mais vous savez aussi quel en fut


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le triste lendemain : la disgrâce définitive et l'exil de Fouché, la vie errante et persécutée de la jeune femme suivant son mari de Prague à Linz et de Linz à Trieste.

Aglaé de Varadier-Caslellane ne vécut pas assez pour apprendre l'effondrement final et la mort de son gendre le duc d'Otrante à Trieste, dans une tourmente de neige aux derniers jours de 1820. Elle acheva elle-même sa pauvre vie si agitée, le 24 Mai 1816, en sa 49e année et fut enterrée, suivant son désir, un peu singulier, dans « un cimetière de petite commune, à six ou huit lieues de Paris ». Son notaire et exécuteur testamentaire, M0 Péan de Sf-Gilles, qui avait le choix de sa sépulture la fit inhumer dans le petit cimetière de Saint-Prix, en Seine-et-Oise.

« Quelle étrange destinée que celle de cette fin de race-, écrit M. Moulin, comme conclusion de son mémoire. La mère en cette sépulture de Saint-Prix, toujours vide de fleurs ; les deux filles en cet humble cimetière de Saint-Andiol où leurs tombes, jumelles el pareillement abandonnées, font véritablement peine avoir: Une si profonde déchéance nous attriste infiniment et nous fait amèrement mesurer toute l'inanité des grandeurs humaines « vanilas, vanilalum ! »

Vous reconnaissez ici la sympathie émue qu'avait inspirée à notre auteur la jeune duchesse d'Otrante et qui se dégageait déjà du mémoire couronné l'an dernier. Mais cette sympathie est encore plus ancienne. J'en ai retrouvé l'expression dans un recueil de poésies de jeunesse publié en 1892 par M. Moulin, sous le titre : £7/i coin de Provence. En promenant ses rêveries d'adolescent, sous les cyprès du cimetière de Saint-Andiol, dans l'enclos abandonné où « se reposent » côle à côte, la duchesse d'Otrante el sa soeur, M. Moulin a composé le joli sonnet que voici :


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=1 ' : UNE TOMBE , ..,

Il est à Sainte-Croix, tout prés de la chapelle -'

un sépulcre ignoré, par des cyprès enclos; l'herbe y croit, recouvrant la ligne qui rappelle _:

le nom d'un maître expert en brigues et complots.

Les moindres boutiquiers ont leur tombe plus belle; rien n'en trouble la paix que le bruit des mulots ; le jour des morts n'y voit aucune fleur nouvelle, et jamais un parent n'y vient fondre eu sanglots.

Quand les mornes convois, derrière une humble bière, pas â pas sont venus jusqu'au vieux cimetière, du tombeau délaissé nul ne s'est approché !...

Celle qui « se repose » en cet oubli sinistre fut duchesse d'Otrante, épouse d'un ministre fille de Castellane et femme de Fouchè !

Tel est le mémoire que M. Moulin a bien voulu soumettre à nos suffrages. Ai-je besoin de dire que l'exécution en est impeccable? Tout y révèle la méthode sûre d'un historien de profession... L'exposé des faits est parfaitement ordonné et le style, d'une charmante fluidité, nous fait deviner le littérateur et je dirai presque le nouvelliste caché sous l'historien. La Société Archéologique jugeant que la biographie d'Aglaé Varadier complète celle de la duchesse d'Otrante et rapprochant les deux travaux sous la même récompense décerne au mémoire que je viens de vous présenter, un rappel de médaille de vermeil.

Le second mémoire, par ordre de mérite, est celui qui à pour litre : La Reprise de Toulon au théâtre et, pour auteur, M. Antoine Parés, archiviste de la ville de Toulon. ,'-

-Avant de vous parler de l'oeuvre, vous me permettrez, en quelques mois', de'vous faire connaître l'auteur.


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Parés Antoine Jacques, né à Paris le 20 Novembre 1867 d'une famille d'artistes musiciens, était lui-même destiné à la carrière musicale, lorsque la mort de son père, soliste réputé, à l'Opéra-Comique et aux Concerts Lamoureùx, changea l'orientation de sa vie : il entra •dans la librairie ancienne, et publia, tout jeune encore, d'importantes éludes bibliographiques. Au sortir du service militaire il se tourna vers la Philathêlie et devint bientôt un maître en la matière, créant des journaux de timbrophilie et publiant d'importants ouvrages techniques, traduits en plusieurs langues.

Au bout d'une quinzaine d'années de spécialisalion, M. Parés se fait auleur dramatique, fonde avec quelques jeunes littérateurs La Parnassienne, société artistique dont il devient peu à peu le président, el fait représenter sur les principales scènes de Paris et de province de nombreuses petites pièces qui eurent pour la plupart une assez jolie carrière.

Obligé de quitter Paris pour raison de santé. M. Parés, fixé depuis 1912 à Toulon s'y est consacré avec ferveur à l'histoire de la Provence, d'abord comme membre de plusieurs sociétés locales et, depuis 1820, avec le titre officiel d'archiviste de la ville.

Des documents confiés à sa garde, M. Parés, en esprit chercheur et curieux, a tiré d'intéressantes études. Je vous citerai enlr'aulres : Les Danses publiques à Seillans, amusante histoire d'un interminable procès entre la jeunesse de Seillans, petit village du Var el leurs seigneurs qui voulaient les empêcher de danser; rappelant le célèbre'pamphlet de Paul Louis Courier. ; Une députation toulonnaise à Paris pendant la Fronde (16491653). L'Aurore du Journalisme à Toulon, suivie d'un aperçu de l'administration el du budget d'un journal provincial au XVIIIe siècle. La visite de la duchesse d'Angoulême à Toulon (les 16 et 17 Mai 1823). Mais c'est surtout l'époque révolutionnaire qui a suscité ses


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études : Les curiosités de VElat-Civil à Toulon pendant la Révolution (1792-1802); Maximilien Robespierre, citoyen de Toulon ; le suicide du Conventionnel Brunel, le 29 Floréal, an III; cette monographie nous intéresse particulièrement puisqu'il s'agit d'un de nos compatriotes, Ignace Brunel, ancien maire de Béziers, député de l'Hérault à la Convention

Dans le mémoire qu'il a adressé à la Société Archéologique, M. Parés, se souvenant qu'il était auteur dramatique et bibliographe autant qu'archiviste, a entrepris de passer en revue toutes les pièces de théâtre inspirées par les événements historiques qui se déroulèrent à Toulon en 1793.

Vous rappellerai-je ces événements: les troubles el les massacres qui marquèrent le début de la Révolution à Toulon, la ville livrée aux Anglais par les'habitants, mise hors la loi par la Convention qui change son nom en celui de Port-la-Monlagne, puis le siège de Toulon dirigé par le Général Dugommier el où un jeune commandant d'artillerie, par son habile tactique décida du succès. Enfin la reprise de Toulon par les républicains, les vaisseaux de l'amiral Hood et de l'amiral Langara dispersés et mis en fuite, et plus tard la brillante carrière du commandant d'artillerie, alors à ses débuts, qui s'appelait Napoléon Bonaparte.

Le théâtre étant, comme le dit M. Pares, le miroir des époques, les événements toulonnais ne pouvaient manquer de susciter toute une floraison d'oeuvres dramatiques. Ces pièces de circonstance de valeur littéraire assez médiocre, n'eurent pour la plupart qu'un petit nombre de représentations et, certaines, même, ne turent jamais mises à la scène.

L'auteur pisse successivement en revue par ordre chronologique, les pièces représentées à Paris et en province.el les pièces non représentées.

Pièces représentées à Paris : Dès le 23 Décembre 1793,


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au Théâtre National de la Rue de la Loi, trois couplets de circonstance, sur l'air de.la Marseillaise annonçaient au public la prise de Toulon.

Quelque temps après, le même théâtre donnait la première de La Prise de Toulon par les Français, opéra en trois acles mêlés de prose, de vers et de chanls, par le citoyen Louis Auguste Berlin d'Antilly.

Dans un avant-propos, l'auteur se félicite de AToir que le vol, le rapt, l'escroquerie n'occupent plus le premier plan au théâtre et sont remplacés par les vertus privées et publiques. Il formule enfin le voeu suivant:

« Il est malheureux qu'il n'existe pas un jury dramatique chargé de l'épurement de l'ancien théâtre, car, à coup sûr, celui de Regnard que l'on peut appeler le scandale de la scène française, en serait proscrit pour toujours ».

Ainsi pour plaire au citoyen d'Antilly, il aurait fallu sacrifier : le Joueur, les Folies Amoureuses, le Légataire , Universel, et se contenter de la Prise de Toulon où nous relevons ce choeur de forçats :

Redoublons de force et d'ardeur ! Amis, redoublons de courage ! Un peu d'argent, beaucoup d'ouvrage, ,.,-'' Du pauvre voilà le bonheur ! Bientôt un excellent breuvage Viendra ranimer nos esprits : Un peu d'argent, beaucoup d'ouvrage, Nous serons heureux à ce prix.

••• Le 9 Janvier 1793, le théâtre des Sans-Culottes ci-devant Molière, joue l'Heureuse Nouvelle ou la Reprise de Toulon, du citoyen Fabre d'Olivet.

L'auteur y menace les Toulonnais qui ont pactisé avec les Anglais.

Trop longtemps votre insolence, Votre orgueil nous a bravé, .


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Mais enfin de la vengeance Voici le jour arrivé !

Tremblez, habitants rebelles,

Tremble, perfide Toulon,

Et vous, villes criminelles, ;-:

Craignez le sort de Lyon !

Le 21 Janvier 1794, Alexandre Du val, ancien acteur du Théâtre du Faubourg Si-Germain, fit représenter sur le Théâtre de l'Opéra-Comique La Prise de Toulon par les Français.

Le 23 Janvier 1794, le Théâtre Lyrique des Amis de la Patrie, ci-devant de la Rue de Valois, annonçait la première représentation d'une Reprise de Toulon ou la Fête du Port-de-la-Monlagne.

Le 10 Février 1794, Louis Benoît Picard, qui devait être plus tard l'académicien Picard, fit pour le Théâtre de la Rue Feydeau, un « tableau patriotique en un acte mêlé d'arielles »': La Prise de Toulon ; ce qui fit le. succès de celle pièce continué pendant plus de cent représentations, ce fut la plaisante caricature de Monsieur, frère du Roi, joué par Prévost, qui avait su imiter la démarche, le ton et les manières de l'original ; on dit même qu'il lui avait pris jusqu'à son habit. Pendant la Restauration, Monsieur étant devenu Louis XVIII, on chercha à faire disparaître les exemplaires de l'édition originale.

Le « Tableau patriotique », de Picard, était une pièce à grand speclacle dont la mise en scène devait ' comporter de réelles 'difficultés. Ne devait-on pas y voir, en effet, « le Général du Pape apparaître suivi , de plusieurs moines et soldats^le fusil sur l'épaule et le parapluie sous le bras, accompagnés d'un convoi de boeufs, de cochons, de moutons! Aux troupes grotesques succédaient les soldais français couverts de sueur et trempés de pluie ! »

Pour le dénouement, il n'était guère plus facile de"


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suivre les prescriptions du livret nous informant qu' « un corps de troupes attaque les remparts qui sont dans le fond du théâtre ; les bombes tombent dessus, le rempart s'écroule ël laisse voir dans le fond la mer et plusieurs vaisseaux embrasés. La ville brûle. On voit une chaloupe d'émigrés s'enfoncer, on dislingue plusieurs forçais qui cherchent à éteindre le feu ». Et la toile baisse sur un

Choeur général

Nous n'avons pas fini la guerre, Marchons à de nouveaux combats : Des vils tyrans, de leurs soldats Français, il faut purger la terre.

Suivant l'annonce des spectacles de Paris, nous voyons que le 22 Pluviôse An II (10 Février 1794),. le Théâtre de la Cité-Variétés joua Le Pari de 24 heures, ou la Nouvelle de la Prise de Toulon, opéra en un acte, dont lejournal Le Salut Public, fait un chaleureux éloge ; il donne sur l'altitude de l'auteur, à la fin de la pièce, ce détail assez piquant : « Après la représentation, le public a demandé l'auteur. Aristide Valcourt a paru sur le théâtre avec l'attitude d'un homme libre; il n'a pas, selon l'ancien usage, humblement remercié les spectateurs de leurs applaudissements, il n'a prononcé que quelques phrases, mais elles étaient brûlantes de patriotisme ». Malgré les éloges prodigués à celle pièce, elle n'eut que trois représentations.

Enfin, c'est le Théâtre de l'Opéra qui ferme le cycle théâtral parisien relatif aux événements toulonnais en faisant représenter le 14 Ventôse, An II (4 Mars 1794, Toulon soumis, paroles du citoyen Fabre d'Olivet, musique du citoyen Rochefort, dont la bibliothèque nationale de l'Opéra conserve encore la partition d'orchestre et de ballet.


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Pièces jouées en province : Seuls les théâtres de Marseille, de Toulouse, de Rouen semblent avoir créé des oeuvres inspirées par la victoire des armées républicaines sur les coalisés. Les autres scènes provinciales se contentèrent pour commémorer cet événement, d'adopter la coutume pratiquée à Paris, consistant à corser le spectacle par l'audition de chants patriotiques de circonstance.

A Marseille, trois pièces originales furent représentées.

1° Les Anglais à Toulon et Marseille sauvée, du citoyen Gérault-Lapérière, à la fois auteur et acteur, qui joue dans la pièce le rôle du Maire de Toulon. « Ouvrage médiocre, nous dit M. Parés, où la prosodie est outragée, presque aussi souvent que la langue et le sens commun », et il nous cite ces deux vers dits par un brave garde national marseillais :

J'ai bien monté ma garde, J'exécutai la loi, même quand j'eus un grade.

2° Le Siège de Toulon, drame héroïque et révolutionnaire en 3 actes, par le sans-culolle Ricard, alors juge au Tribunal du district de Marseille et qui devint plus tard, après s'être rallié à l'ordre, le Président du Tribunal Civil de celte ville.

La mise en scène de celte pièce n'était pas facilement réalisable si nous en jugeons par le final du 2e acte : « Aux cris de : Sauve qui peut I Voici les ennemis ! Ils sont entrés ! » les habitants de Toulon se précipitent dans des bateaux... noire escadre brûle... celle des ennemis part... Cette scène imposante doit être exécutée avec toute l'illusion que le théâtre peut produire. »

3° La Prise de Toulon, par Mittié fils, ex-commissaire national du Comité du Salut Public de la Convention, fait historique en un acte et en prose.


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A Toulouse, en Pluviôse An II, le théâtre donnait la Prise de Toulon, drame en 3 actes, où l'auleur, le citoyen Pëllét-Desbârreaux, acteur de son métier, tenait un rôle".'.' .-_••--■

"« La pièce n'est ni meilleure ni pire, nous dit M. Parés, que toutes celles du même genre où la plupart dès personnages font assaut de républicanisme dans un style dont voici un aperçu » :

— Sauvons la Patrie, dit le représentant Salicelti à Dugommier.

— Elle l'est ! répond le général, sabrant la grammaire avant de canonner les Toulonnais.

A Rouen, les deux théâtres dénommés en 1793, Théâtre de la République et Théâtre de la Montagne (connu depuis 1794.sous le nom de Théâtre des Arts), firent entendre dès le 6 Nivôse, jour de la proclamation officielle de la prise de Toulon, des couplets de circonstance dont voici un aperçu :

Air de la Montagne.

Français, braves républicains, jouissez de votre conquête ; des lauriers cueillis par vos mains vous allez orner votre tête. ; Quand la victoire suit vos pas,

qu'elle est toujours votre compagne, la gloire aussi vous tend les bras du haut de la montagne.

: Peuple franc, abandonne-toi

aux doux transports de ton délire ;

chante l'égalité, la loi

et la liberté qui t'inspire.

Pour détruire tes ennemis

il ne te faut qu'une campagne;

va, reviens trouver tes amis,

Ils sont sur la Montagne !

Le Théâtre de la République donna le 13 Nivôse, An


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II (2 Janvier 1794), Le Cachot de Beauvais, par facteurdirecteur Ribié.

Le Théâtre de la Montagne joua une Prise de Toulon, attribuée à Kreutzer.

A Dijon, un concert donné le 11 Janvier 1794, fut composé de parodies de circonstance adaptées à des airs d'opéra alors en vogue.

Pièces non représentées : Opéras : Le Dictionnaire des Opéras enregistre une Reprise de Toulon, de Gossec, et un Toulon soumis, paroles de Moline et Bouquier, musique de Porta.

Comédies : La Prise de Toulon, par les ciloyens Bizet et Fàciolle.

Depuis l'époque révolutionnaire, dit M. Parés, la Reprise de Toulon n'a plus tenté nos auteurs modernes ; cependant, à propos du centenaire de cet événement historique, trois écrivains loulonnais, MM. Sénés, Amoretli et Henseling firent le 30 Décembre 1893, représenter sur le Théâtre de Toulon, une pièce en 2 actes et 3 tableaux, sous le titre de : Le Siège de Toulon en 1793, avec un prologue en vers de Jean Aicard. Celte poésie n'eut qu'une seule représentation, mais fut très bien accueillie du public d'après les journaux locaux de. l'époque.

Telle fut celte littérature lyrico-dramatique de circonstance, née spontanément sous l'impulsion des événements ; oeuvres hâtives, inspirées par la fièvre et l'exallationdu moment, et qui n'eurent pour la plupart, qu'une durée éphémère ; pièces en général mal écrites et mal composées, pleines de situations invraisemblables, de caractères faux, de détails puérils, le tout enveloppé dans la phraséologie ampoulée et bizarre qui fut chère à celle époque.

De l'exhumation de ces pièces mort-nées, M. Parés a tiré un mémoire fort intéressant, composé avec une méthode rigoureuse qui traduit l'homme de métier el


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où chaque ligne est étayée des références les plus précises. C'esl l'oeuvre patiente d'un bibliographe minutieux et, s'il est vrai, que rien n'est indifférent à l'histoire et que ces oeuvres de circonstance sont le reflet de leur époque, la monographie de M. Parés, si restreint qu'en soit le sujel, prend une valeur documentaire indéniable.

La Société Archéologique est heureuse de lui décerner une médaille de bronze et souhaile retrouver cet auteur à ses prochains concours.

Le troisième mémoire soumis à nos suffrages est intitulé : Documents inédits sur le château du Roi de Majorque de Perpignan, et a pour auteur, M. Henri François Aragon.

M. Henri François Aragon est une personnalité considérable du Roussillon ; propriétaire-viticulteur, écrivain et archéologue distingué, conservateur du Musée archéo-- logique de Perpignan, Président de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, il a publié de 1res nombreuses études archéologiques et historiques sur le Roussillon d'une riche documentation. Propriétaire du domaine de Caslell-Rosscllo, où ont été opérées d'importantes fouilles gallo-romaines, M. Aragon en a l'ait connaître les résultais dans de nombreuses monographies qu'il a résumées dans un bel ouvrage intitulé : Le Bilan des fouilles de Ruscino. Ces brèves indications vous permettront peul-êlré, de rapprocher de M. Aragon un autre propriétaire-viticulteur, archéologue distingué aussi, organisateur de fouilles remarquables, notre compatriote celui-là, j'ai nommé M., Mouret.

Poursuivant l'étude archéologique de sa bonne ville de Perpignan, M. Henri Aragon, à l'aide de documents inédils tirés des archives municipales, a entrepris de retracer à grands traits l'histoire du Château du Roi de


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Majorque, en insistant sur les épisodes les plus mémorables de cette histoire.

Le château du Roi de Majorque — tous les Perpignanais le savent — est enclavé dans l'actuelle citadelle dont il constitue le donjon ; bien qu'occupé encore par des services militaires, il est accessible aux visiteurs et nous pouvons y jeter un coup d'oeil avant d'en apprendre l'histoire.

Si l'on arrive à la Citadelle par la porte principale qui donne sur l'Esplanade, on franchit plusieurs systèmes de défense qui font partie des.fortifications de Vauban, on passe sous une porle monumentale dont la façade est ornée de quatre cariatides et on accède dans une grande cour quadrilatère dont le sous-sol contient les réservoirs d'eau de la ville. En bordure de cette cour sont les bâtiments les plus modernes de la Citadelle ; un passage étroit, ménagé du côté Ouest, nous amène en présence d'un solide bâtiment isolé de tous côlés par un fossé, et qui fait figure de Château-fort.

C'est le château du Roi de Majorque. Nous y pénétrons en franchissant un petit pont jeté sur le fossé et nous arrivons ainsi dans l'actuelle cour Wagram, qui était autrefois la cour principale du château ; elle dessine un rectangle allongé du Nord au Sud. La façade orientale est la plus remarquable par ses A-estiges anciens ; la partie centrale en est occupée par la chapelle « Celte chapelle, toute bâtie en pierres de taille, était double », nous dit M. Aragon, c'esl-à-dire qu'il y en avait une au rez-de-chaussée en partie souterraine, et qui s'indique actuellement par une vasle arcade à cintre surbaissé — et, à la hauteur du premier élage, la chapelle principale servant au culte, remarquable par sa façade de marbre, aux teintes chaudes, agréablement palinée par le temps et par un joli portail ogival, encadré de colonnelles élancées dont les chapiteaux sont ornés d'animaux chimériques. Celte supeiv


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position de chapelles ne rappelle-t-elle pas un peu, toutes proportions gardées, la disposition de la SainteChapelle de Paris, avec les admirables vitraux en moins ? Ici la chapelle supérieure s'ouvre par tin vaste perron sur une galerie couverte, s'étendant d'un bout à l'autre de la façade orientale et qui établissait une communication entre les appartements du Roi, silués du côté Sud et ceux de la Reine qui se trouvaient du côté opposé.

Celte galerie fort bien conservée, est très joliment ornée de cinq arcades ogivales 1res élégantes, qui sont disposées dans la moitié Sud de la galerie, côté du Roi. Dans la moitié Nord, côté de la Reine, les arcades sont remplacées par deux piliers joliment élancés. Une inscription placée là nous dit que la partie ogivale de la galerie a été construite en 1356, par Pierre IV d'Aragon (époque de Jean le Bon), et l'autre partie en 1717.

Sur le bâtiment du Midi— côté du Roi — on aperçoit encastré dans le mur, le dessin de deux hautes fenêtres ogivales symétriques et, près de l'angle Sud-Ouest, une fenêtre ogivale plus pelile qui donnait dans la salle des Sceaux ou salle des Timbres.

Sur le côté de l'Ouest, le « palace blanc» ou chambre blanche, formée par une grande loge ou galerie avec de grandes fenêtres ogivales 1res élégantes, comme les arcades de la galerie ou parvis de l'église

L'entrée principale se faisait du côté de l'Ouest, par un chemin venant du quartier Sl-Malhieu, appelé Carrer de les Cornes (rue des Commères), nom qui a élé conservé : celle entrée est aujourd'hui abandonnée ; elle comprend plusieurs portes successives : la première est un; simple arceau, les vantaux et les herses des portes ont élé enlevés ; la deuxième est encastrée dans un bâtiment surmonté d'une tour carrée qui est dite : « La Tour du guet ».

Voilà tout-ce qui reste de l'ancien château du Roi


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d'Aragon, actuellement transformé en caserne. Les vestiges anciens sont tous extérieurs ; dans l'intérieur, toutes les salles onl élé complètement remaniées poulies besoins des troupes, l'église a élé divisée en deux étages par un plafond ; il est difficile, comme dit M. Henri Aragon, d'identifier sur place les différentes pièces dont il est question dans les documents.

De ce château du Roi de Majorque, dont je viens d'essayer de vous décrire l'étal acluel et les souvenirs du passé, M. Henri Aragon nous retrace à grands traits l'histoire ou, plus exactement, les dales mémorables.

Il en discute d'abord la fondation qu'il place en l'an 1273, en se basant sur divers documents.

Il mentionne ensuite, avec quelques détails, la remise du château au Roi d'Aragon (lorsque le royaume de Majorque fut réuni à celui d'Aragon) ; le protocole de cet événemeut historique fut signé dans la chambre royale ou salle des Timbres, le 15 Juillet 1344, et la prise de possession effective eut lieu le lendemain par Philippe de Castres, envoyé du Roi d'Aragon. L'auteur du mémoire nous fait connaître les habiles manoeuvres par lesquelles l'opinion publique avait été préparée à cette annexion du royaume de Majorque. « Un moine de St-François, nous dit-il, s'était chargé de faire l'éloge du Roi d'Aragon et de démontrer ses droils au royaume de Majorque, dans un sermon qu'il avait prêché en présence du prince dans la cour du château royal, dont on avait laissé l'entrée libre au public. Le même jour, deux autres moines avaient fait entendre un sermon analogue dans l'église de Saint-Jean et dans celle des Cordeliers. Après avoir fait ainsi préparer l'esprit du peuple par ces discours apologétiques, Pèdre IV d'Aragon, était descendu du château dans la ville et en avait parcouru les rues à cheval, suivi de ses chevaliers et affectant de saluer avec bienveillance tous ceux qui se


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trouvaient sur son passage et qui l'accueillaient par des acclamations.

Plus tard, ce furent des danses publiques, avec distribution de vin et de dragées, le roi mangeant el buvant au milieu des danseurs, puis des cavalcades dans les rues de la ville.

Ce château devint ainsi la maison royale du souverain d'Aragon. Il fut plus lard la demeure de l'anli-pape Benoît XIII, qui y séjourna tant que l'Aragon reconnut son autorité, Benoît XIII, Pierre de Luna, était le beaufrère du roi Martin ; en quatorze jours, il avait été ordonné prêtre, consacré évêque et élu pape. M. Henri Aragon décrit les cérémonies du Concile et mentionne ensuite le départ précipité de l'anli-pape qui, désavoué par le roi Ferdinand et déposé par le Concile de Constance, s'embarqua à Collioure, le 15 Novembre 1415, pour aller se retirer près de Valence.

Notre auteur consacre un chapitre au séjour que fit au château la Reine Marie, lieutenante générale du Roi d'Aragon, du mois de Septembre 1448 au mois de Janvier 1451, pour y tenir les Corts, c'est-à-dire les Etats Généraux du royaume.

Il termine par ce qu'on pourrait appeler l'histoire des fortifications de Perpignan, mentionnant successivement les ouvrages de défense élevés par Louis XI en 1475-1477, autour du château de Majorque, pour « brider la ville el tenir en respect les habitants ». puis, par Charles-Quint, qui ajouta en 1540 à la citadelle de Louis XI, deux redans unis par une courtine el fit faire en 1552, une enceinte de murailles complète el enfin par Vauban, qui édifia la magnifique enceinle fortifiée que notre génération a vu disparaître presque complètement.

Si l'on veut avoir une idée de ce qui reste des remparts de Perpignan et une vue d'ensemble du château des Rois de Majorque, il faut monter sur la tour carrée


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qui surmonte l'église ; un escalier tournant de 78 marches et un plan incliné de bois conduisent sur une plate-forme étroite d'où l'on jouit du plus beau panorama.

A nos pieds, la masse imposante du château, avec les fossés qui l'encerclent, sa cour intérieure avec les quatre corps de logis qui la limitent et dont les angles extérieurs sont occupés par les tours anciennes où subsistent quelques restes de mâchicoulis. Attenant au vieux château, les bâtiments édifiés sous Louis XIV et qui constituent la plus grande partie de la caserne actuelle, disposés autour de la grande cour quadrilatère que nous avons vue en entrant ; un peu plus loin, un bâtiment tout neuf, bien isolé, qui esl l'infirmerie régimenlaire.

Autour de la citadelle sont disposés les multiples travaux de défense qui constituèrent le système de Vauban, les fossés, les glacis, les murailles massives aux arêtes brusques, les escarpes et les contre-escarpes. Au-delà des remparts proprement dits, au premier plan vers le Sud, est la Lunette du Ruisseau, plus loin, le Fort du Serrât d'En-Vaquer, plus loin, la masse imposante du Canigou. Du côté opposé, c'est la ligne azurée de la Méditerranée qui ferme l'horizon — et sur laquelle se profile une lour élancée qui fait partie du Château Roussillon, à la fois emplacement des fouilles archéologiques et résidence de M. Henri Aragon lui-même.

Nous revenons ainsi à noire auteur pour le féliciter de son mémoire si suggestif. Ce n'est évidemment qu'un recueil de notes provisoires résultant d'un premier dépouillement d'archives et que l'auteur utilisera plus tard, il nous le dit lui-même, pour un travail plus important. Tel qu'il est, la Société Archéologique l'a récompensé d'une médaille de bronze, et souhaite pouvoir honorer mieux, dans un de ses prochains concours le distingué archéologue roussillonnais.


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A côté de ces mémoires retenus par le Jury, nous devons faire mention d'une plaquette imprimée, envoyée par M. Villemagne, de Saint-Thibéry et qui est la reproduction d'un mémoire ayant figuré déjà au Concours de 1924 sous le même titre, Baïso-Bar rouis. L'auteur y explique l'origine du surnom bien connu des habitants de Saint-Thibéry qui se rattache à la légende du saint local, grand thaumaturge et grand psychiatre. Faudra - t-il dire à propos de ce mémoire itératif : « non bis in idem » ou bien « bis repetita placent » ? Je renvoie pour en décider, au compte rendu de M. le Commandant Baret qui fut le rapporteur de 1924.

Et voilà terminé ce voyage dans le temps et dans, l'espace que nous ont procuré nos aimables concurrents : nous sommes allés du moyen-âge aux temps modernes et de Toulon à Perpignan avec une halte en Provence. Quelle agréable variété de sujets, de personnages et de points de vue ! Ne convient-il pas de remercier ces « bons ouvriers » de l'histoire el de l'archéologie qui, par leurs intéressants 'apports, nous donnent ces plaisirs de l'esprit. Sachons leur gré de leur labeur désintéressé et souhaitons que les modestes récompenses de la Société Archéologique soient pour eux un stimulant à mieux faire ; souhaitons enfin que notre savant collègue, le Commandant Baret, puisse reprendre l'an prochain la place qui est la sienne et vous fasse oublier le modeste intérimaire d'un soir.


RAPPORT

SUR LE

Concours de Poésie Française

Par le Docteur Jean CAZALÏS neveu

MESDAMES, MESSIEURS,

Vous souvient-il d'un sonnet de José Maria de Heredia intitulé Soir de Bataille ? J'aurais presque envie de vous le lire, s'il n'élait convenu qu'en ce jour vous n'avez le droit d'entendre que des poèmes inédits. D'ailleurs, devant un public comme le vôtre, il suffit d'évoquer certains vers pour qu'aussitôt ils chantent dans toutes les mémoires.

L'auleur des Trophées, universellement goûlé des lettrés el des critiques, si j'en excepte cependant M. Charles Maurras qui est peut-être le seul à ne pas lui avoir rendu hommage, nous dépeint, dans ce saisissant tableau, l'Imperalor sanglant, debout sur «son cheval qui s'effare» et contemplant ses troupes décimées, mais victorieuses.

Comment se fait-il que le poêle raffiné, le merveilleux écrivain qui a signé Anlinea, ne soit pas comme nous, un admirateur sans réserve de telles pages ? Et a-t-il vraiment raison quand il dit : « Dans celle poésie, il existe une subordination évidente du sensel du rythme à la rime et c'est là chose infiniment regrettable car si la rime est l'élément mécanique du vers, le rythme en est l'âme sensible ».

Quoiqu'il en soil, il ne semble pas que ce reproche


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puisse s'appliquer au sonnet qui nous intéresse et qui est si plein de force, d'ordonnance et de couleur.

Si je vous fait part de ces quelques impressions rapides, c'est parce qu'un de nos lauréats, M. Boulouys, avocat à Lodève, à qui nous avons décerné une médaille d'argent, nous a adressé entre, autres pièces un sonnet intitulé Triomphe, qui pourrait faire suile à celui de Heredia. C'est la même facture, les mêmes procédés et je louerais son auteur sans la moindre arrière-pensée, si l'influence du Maître n'était trop directe, trop flagrante, en un mot si l'on n'y décelait un peu trop le pastiche. Mais cela n'empêche point qu'il y ait une véritable inspiration et un sens évocateur remarquable dans les quatorze vers que je vais avoir le plaisir de vous dire :

TRIOMPHE

Sur son char triomphal passait Plmperator ! Auprès de lui, marchaient les chefs de ses cohortes Et les hérauts sacrés lançaient leurs clameurs fortes : « Peuple, prosterne-toi ! Viens ramasser de l'or ! »

Un esclave, à la voix qui sonnait comme un cor, Criait au triomphant: « Où sont nos légions mortes ? « Le triomphe n'est rien ! Les lauriers que tu portes a Seront bientôt flétris ! Et puis, viendra la mort ! ».

Et le triomphateur, au milieu de la foule

Qui roulait ses flots durs ainsi que fait la houle,

Sentait comme un acier, dans son coeur triomphant

Qui lui mordait la chair au fond de la poitrine, Prédisant au triomphe un lendemain sanglant Et changeait en horreur la victoire divine.

Il existe une très grande souplesse dans les qualités poétiques de M. Boulouys et je ne puis résister au plaisir de vous lire encore quelques, strophes, celles-ci


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d'une allure plus personnelle et dont la chute est extrêmement heureuse :

LA NUIT SUR LA MER

La nuit est descendue et couvre l'onde brune; ' La lumière du jour a plongé dans les flots. '.-.";. ; ; Tout est noir sur la mer, la sombre mer sans lune ; ,, Une obscure terreur saisit les matelots • ,.' . .

Mais mille points de feu s'allument sous les voûtes Des cieux illuminés par leur douce clarté. Sur l'abîme sans fond, ils éclairent les routes Des navires perdus dans celte immensité.

Les étoiles, là- haut, sont des llambeaux de fêle, ,.;. De grands cierges divins brûlant dans un saint lieu. El les marins, charmés, regardent sur leur tôle Ces fenêtres du Ciel par où regarde Dieu ! "

M. Boulouys nous a gâtés celte année, car il -nous a envoyé un grand nombre de poèmes: La grande Ourse, en hommage à Sully-Prudhomme, contient de beaux passages que n'aurait peut-être pas désavoués le poète des Solitudes. Amour de Bébés, en hommage à Rosemonde Gérard, est plein de grâce mélancolique.

Enfin, quelques petites pièces sans'prétention ou la faulaisie et le charme foisonnent, nous ont permis d'apprécier la diversité de ce talent; Déjà,l'année dernière, M. Boulouys avait été couronné par la Société Archéologique. Nous le remercions d'avoir encore pensé à nous cette année et, en terminant, qu'il nous permette de formuler un double souhait : d'abord de le voir réunir en un volume les nombreuses et remarquables poésies qu'il a composées, puis de revenir vers nous en 1928 à la conquête des moissons vermeilles. - ■• --


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M. Aulas (de Nice), à qui nous avons décerné une médaille de bronze, avait déjà obtenu une mention honorable au Concours de l'an dernier. Le sonnet qui nous a paru mériter celLe distinction el qui a pour titre: Qui sait ? traite, évidemment, un sujet qui a tenté bien des poètes ; mais y a-t-il quelque chose de vraiment neuf sous le soleil ? Ce qui importe, c'est la manière, la façon de travailler le levain poétique. Et c'est par ce côté qu'il est parfois possible de faire oeuvre originale. Je crois que M. Aulas y a réussi. Jugez-en plutôt :

QUI SAIT ?

Qui sait si l'arbre sent comme nous la douleur ? Si le fruit ne craint pas la coupante blessure ? Qui sait si le rocher, que la pioche torture, Ne maudit pas les coups du brutal défricheur ?

Si, bordant de ses feux les royales parures, Le diamant n'est pas jaloux de sa valeur ? Si la feuille en tombant ne verse pas des pleurs ? Si l'herbe n'entend pas le ruisseau qui murmure ?

Témoins silencieux qui regardez, discrets, Nos enivrants espoirs et nos sombres regrets, Intimes souvenirs pleins de brume ou de flamme,

Vous devez ressentir les affres du destin, Supportant votre lot de joie et de chagrin. Les choses ici-bas doivent avoir une âme !

Mllc J. Trinché nous a adressé trois sonnets qui chantent tous les trois les crépuscules d'automne ; le second, intitulé Novembre, a retenu notre attention et nous a paru mériter également une médaille de bronze. Permettez-moi de vous le lire, il ne manque pas d'un certain charme :


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NOVEMBRE

Le crépuscule gris de ce jour de Novembre,

Voilait confusément les verrières du choeur ;

De la lampe émanait une faible lueur

Aux vagues reflets d'or pâli, de pourpre et d'ambre.

Pas un bruit. Le silence auguste du Saint Lieu Dans mou âme versait une paix bienfaisante. Je me suis prosternée à vos pieds, confiante Et vous ai demandé de me bénir, mon Dieu !

A regret j'ai quitté la chapelle romane

Au dehors, un brouillard s'étendait, diaphane,

Estompant les contours de la flère cité !

Mais la Croix du Sauveur, miséricordieuse, Exemple souverain d'immense charité, S'élevait dans l'espace à l'heure ténébreuse.

Nous avons décerné la première de nos mentions honorables à Mme Pascal-Cazalis pour son hymne à La Victoire. Dans celte pièce, un peu inégale, mais toute vibrante de foi patriotique, un certain souffle passe en plusieurs vers. Ecoutez quelques fragments :

Venez tous les soldats, venez vous apaiser ; La Victoire, aujourd'hui, vous donne son baiser. Vous avez mérité l'heure d'apothéose, Sur chacun de vos fronts, sa lèvre en feu se pose Pour vous dire « Merci » d'avoir voulu mourir, D'avoir beaucoup souffert pour la reconquérir. La traîne de sa robe a bravé la mitraille, Ainsi que les drapeaux, elle a vu la bataille, Dans le sang des martyrs, elle a rougi ses pieds ; Sur sa tête oourtant sont restés les lauriers...

Et vous aussi « debout », « debout o tous les morts »! Pour vivre l'Epopée, animez-vous encor !


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Vous qui fûtes fauchés au jour,des hécatombes. En ce jour triomphant, quittez un peu vos tombes, Dans l'air impondèré montez en unisson, Vous avez une part de la riche moisson!...

Enfin, mentionnons encore Mme Schalck, qui a réussi à nous attendrir avec une pièce dédiée aux Orphelins de Guerre,et M. Miremont, de Terrasson (Dordogne), qui nous a traduit la tristesse de son âme en une page émue.

Le rapporteur de l'année dernière avait déploré le petit nombre de concurrents et il avait fait un appel pressant pour l'an de grâce 1927. Cet appel n'a pas élé entendu. Les poètes se font de plus en plus rares. Que font-ils les jeunes gens de dix-huit ans ? L'amour des belles-lettres est-il donc incompatible avec l'automobile et le rugby? A leur âge, nous étions tous des pêcheurs de lune ; nous étions pleins d'enthousiasme pour Beaudélaire ou pour Verlaine. Nous savions par coeur Les Fleurs du Mal, les Poèmes saturniens et les incomparables sonnets de Sagesse. Nous discutions sans fin sur ces thèmes qui nous étaient si chers. Nous nous grisions de poésie. Eux, se grisent de vitesse.

Pardonnez-moi de finir sur cette note mélancolique ; mais cacher un mal, n'est pas lui apporter remède. El, après vous avoir remercié de votre bienveillante attention, laissez-moi espérer malgré tout en des jours meilleurs, moins prosaïques, moins utilitaires, un peu plus remplis d'art et d'idéal !


RAPORT

del Dr VINAS suis Joes Flourals de la Soueietat Arqueoulougieo de Beziers per l'an 1927

GENTOS DONOS

E GALANTS MOUSSUS,

Aissi l'Ascensiu ! Es la grando fèslo crestiano, anoun. sairo de la Penlacousla ! e coumo s'en manco que de quauques journs per las veire s'endevenir, s'encapilo que la fèslo de la Soucielat Arqueoulougieo e la del Felibrige evocoun gaire-be lous mêmes eveniments, coungrelhoun las mémos pensados; mes se noslro fèsto, moudèsto e reculido, s'aparelho pla ambé l'aplicacioun reilechido de sabenls, Sanlo Estèlo ambe lou bruch de sous tambourins, l'envol del canl de la Coupo Sanlo, la vôio de sa taulejado rilualo, fa pensar d'un pople fier e libre que l'engenio de Mistral a bandit à la recounquislo de sous dreches e de sa lengo ! Mes, al punt de vislo eslrechament occitan, l'islôrio de l'uno pot èstre la de l'aulro e pensi que poudem dire un mot à laTèsto sus la vido d'oungan del Felibrige.

Enluzils per las fèstos mantenencialos, pel trelus de la felibrejado del caslèl de Linho e venguent de festejar à Toulouzo, lous vinceires dels Jocs flourals de Clemenso Izauro, lous felibres senhourejaboun, mes la mort, la negro segairo, lous a pas esparnhats. Demest lous qu'a loucats de sa. dallio coumptam lous majourals Lieutaud per la Prouvenso e lou baroun Desazars de Montgailhàrd pel Lengadoc. Lieutaud, tant counescut per sous libres e sous estudis, abiô jougat un grand rolle coumo


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cancelier del Felibrige e èro, ambé Arnavielle, nostre decan de majouralat.

Lou baroun Desazars, el, nascut dins lou Lauragués, èro noslre decan d'âge. Sens parlai- de l'abelanoouspilalitat qu'oufrissiô à toutes, à Toulouso coumo dins soun castèl d'Avinhounet, me cal vous dire qu'elegit mantenèire de l'Academio dels Jocs flourals en 1897, sieguèt, duscos en 1925, l'afougat rapourlaire de sous councours occitans reprezes en 1895. Pôdi que me junlar à las paraulos esmougudos de l'abat Salvat dins sa broucaduro à la lauzour del grand majoural, foundatour de l'EscoIa Occilana e dels Grils lauraguezes.

E, coumo Guilhem de Nauroza,

Dins lo tant clar lengatge Que volià sempre à l'o'nor, Redirai ambè coratge SE bêla ôbra e sa valor.

Uno autro pèrlo crudèlo es la de Dono Boissière Roumanille, filho del grand primadier e veuzo de Boissière, lous gent pouèto dels «Gabian.» Ero eslado Rèino del Felibrige e, dempèi la mort de sa mairo, bailejabo la grando librariè avinhounenco e l'Armana prouvensal.

Aqueles dois soun estais un pauc amauzals per la bouno tengudo dels Jocs setenàris del Felibrige, d'aqueles que donoun al vincèire l'ounour de la Mestrizo en Gai-Saber e lou privilège de cauzir la Réino que, sèt ans de temps, senhourejara sus tout lou païs occitan. Vous podi pas noumar encaro, la cauzo s'anounsara pas qu'à l'acamp soulennal de SanloEslèlo, lous que soun ofcro es eslado guierdounado, mes soi gaujous de vous aprene que Beziers n'a agut sa bouno part e que lous nouins de M 10 Bar.thez, d'EIIy, d'Arnaud, de Gaston Vinas, resclanliran dins quauques journs à Mount-Pelier. Toutes aparlenoun à la Cigalo lengadouciano, la valento Escolo que dempèi vint ans


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fa tindar soun ziu-ziu sus nostros Alèios e joust lou gouvern del boun majoural Vabre, publico soun agradivo revisto.

Nostre councours, el, a sentit un pauc lou conlro-cop d'aquelo lucho e se pot pas coumplar demest noslres melhours. L'ensemble n'es boun pamens e s'i abém pas vist de cap d'obro, a'bèm agut aumens lou plazer de legir de bravos pèssos courectament rimados e escrichos en bouno Iengo.

Lou que se classo lou prumier (boun chin casso de rasso), es lou jouine Roger Barthe, l'enfant del poupulàri majoural de Beziers. Soun sirvenles « Cant de Gloria », dins la grafio tant blouzo d'Estieu, s'amerito, per soun bel eslrambord de jouvent, uno medalho d'argent. Es lou crid reviscoulaire e venjadour à la glôrio dels set primadiers, qu'esperlals per Mistral, se quilhèroun, en mai 1854, per aparar nostro lengo matrassado pe's crouzats de Montfort. Escoutatz coumo crido ambé soun ardidesso de jouvencèl :

Nausutz-vos, Occitans, qu'obéis blosa vôstra ama, E qu'abets con&ervat dins l'esperit la fiama Que Mistral aluquet al cor del escolan ! Siaguem iotes unils dedins la mèma dralha ! Pel païs Mièchjornal i a qu'un crid que varalha E pas qu'un sol Drapbl, lo Drapbl Occitan !

D'aquel Drapai sacrai serem los aparaires ! Laissarem pas raubar lo bon de noslres paires E, quand caldra, eaurem monlar subre lo fort ! Farem veire à l'Ubac coin manajan la lansa [.os qu'an gardât al cor feroja remembransa Dels martirs de Besiers que sannejàt Montfort !

Osco, moun amie ! countinuatz, e arabe de travalh, arribarelz à mètre uno rstèlo de mai dins nostre cel azurenc.


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Per sa forto mediiacioum sus « la Pouesio », en dialecte prouvensal, M. Poudevigne, de Nimes, adeja lauréat de noslres councours, a un rappel de medalho d'argent. Lengo e grafio soun bounos, l'inspiracioun, de cops alassanlo, es nauto, e lou canlaire, aprèp de grandos slrofos à la Pouezio, reprenguent uno coupo de Victor Hugo dins la pesso « Les Djins », trato à dereng, en verses pauc à pauc descreisents, foulos las l'ormos de pouezio. Aissi sa manièiro : ,■

1 Pièi dins l'Eleglo, plourouso

E doulento, nous rerlisiés

Li plang de l'amo malurouso

E de sa doulour palissiès! -■■'.'■ Ta voués avié veraio larmo

• '.!-.. ' E per coucha nôslis alarmo

,,-, :i . ; ' Per amansi nôstis escor,' ; :■■

En lus la Pietat prenië cors!

Sioi urous que la Jurado aje guierdounat de sa prumièiro medalho de brounze lou poulit mandadis de Dono Denis Conte, de Bassan. Es per iéu uno amigo, uno vièlhp amigo, e lous verses que mandabo à la Cigalo lengadouciano m'abiôu fach counouisse soun talent ; mes pensabi pas que s'azardariô à n'un councours. Soun pbuème, Pépèzuc, me fa veire que me troumpabi. Pépèzuc es lou rioum que lou pople, interprétant à sa modo las lelros de l'inscripcioun, abiô dounal à ,1'eslaluo qu'abèlz foules visto al cap de la carrièiro, Francezoe qu'es aro, en grand ounour, al muzèu lapidari de la Soucietat, dins la claslro de Sant Nazàri, joust soun noum vertadier de Telricus, l'emperaire gales que faguèt tant per nostre païs. Dono Conte, sens s'avizar d'acô, nous dis arabe gaubi la vièlho lëgendo e coumo soun' crôs aparèt la ciùtat d'uno alaco v'izigotd : '


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....... Toutes à la seguido.

Dins un revirameu iugissoun la ciulal, Enfourcoun lous cliavals sens abèire la canho E sens s'alezounar flloun cap à l'Espanho. E lou Gales countent, regaudit, esmougut, Deliurat de sa pou aclamo Pepezuc, Aquel èros qu'a mes lous ennemies deforo. Lous siècles soun passats, mes aquel uoum demoro, Ufanous souveni de l'antico ciutat !

M'° Cecilo Cuxac, de Rivel (Aude), dins un poulit sounet canto « dèl vèspre bel la pals e la dosor ! » Lou sujet n'es pas nouvel : i a de temps que se canto « lo vèspre », mes la lengo es fresco, lous images acoulourits e sentisse™, coumo lou pouèto, quouro

« Subre l'bartas florit s'apazima l'ardor Que cremaba lo cor de l'auzelet cantaire ; Los cants dels grilhs valents resontison dins l'aire ; Los mentastrès, suis camps, escampan lor sentor.

Atabé la Jurado a pas voulgut daissar passai- aquel pintouresc tablèu sens i espilhar uno luzenlo medalho de brounze.

Lou bel troubaire qu'es Albert Arnaud, lou mèstre tant counescut à Beziers, arabe sa pèsso « La Troucho » ven apoundre uno bèlo medalho à las qu'adornoun soun oustal. Es uno vièlho legendo del Verdier, lou galant améu que toco al Poujol. Bernât, lou carbounier, aimo la pastouro Margarido, mes un journ qu'ai bosc toutes dous calinhaboun, Bernât, en cabussant dins un gourg de la ribièiro d'Eric, truco lou roc e mouris. Poulido lengo, bouno grafio, e quano vertuouzetat dins lou dialogo :

« Soi preste ! quand vouldras coumandar la plounjado ! — — Ai pou per tu, Bernât ! aquel trauc es un pous !

Se trucavos lou roc ! — N'ajes lagui, ma fado !

M'aimos pla ! - Que sios bel ! - Fai m'un poutou ! - Te dous '..


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Dins sous brasses l'aimât tenio sa Margarido

Dount l'elh devariat heviô sa carn de fioc.

Bernât, me quites pas ! — La troucho es tant poulido !

M'en v6u te la cercar ! — Nou ! — Si ! — Pren gardo al roc !

MlD M.-R. Chapert, de Pech-Serguier, dins noslro bouno lengo, nous a mandat « La Mameto», un poulit tablèu d'ouslal. Pla recatado, atravalido, la cal veire aquelo Mamelo que, toutes, abèm counescudo, e de la troubar tant pla pinlrado serelz pas eslounals que la Jurado l'aje floucado d'uno prumièiro mencioun.

M. l'abat Cubayne, de Grealou (Loi), nous a mandat Parvnli, uno pèsso que reirais sas qualilals couslumièiros, mes que val pas las que mandèt als Jocs flourals, ount recebèt la flour del jaujet. S'acounlenlara per aquest an d'uno mencioun ounourablo e pensam be que tournara l'an que ven quèrre uno recoumpenso mai naulo è mai dinho d'el.

M. Marlin Eugène, de Montsegur-sur-Lauzon(Drôme), nous a mandat un sounel prou boun : Vèspre d'auloune, que sa frescour e sa pouezio beziado an fach guierdounar d'uno mencioun, amai que l'abus de las epitètos nous aje un pauc malcourals:

M. Jan Bessal, d'Arles, nous abiô fach un mandadis pla aboundous, mes a delembral que nostre councours èro rezerval à la pouezio e sem estais foursals de fourviar soun esludi sus «La fièro de Bèucaire». Es per sa •doulenlo islôrio de « La chalo i bèus iué » pla escricho en poulils verses qu'i abèm dounat uno mencioun.

Enfin M. Estiène Mouton, de Comps (Gard), ganho encaro uno aulro mencioun per soun sounet « Lou Poudaire ».

Aqui lou palmarès de la balèslo e pamens tout n'es


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pas finit. Nous demoro encaro uno pèssb qu'a relengut l'alencioun de la Jurado. Escricho en verses couladisses, pla rimais, pla tindants, dins la bèlo lengo de Beziers, s'ameritabo sens counlèsto lou prumier prex ; mes d'un autre coustat, èro uno coumedio plazento, rizoulièiro, que sourtissiô segurament del prougrame. Coussi faire ? Decidèrem adounc de la classai- en despart e d'i dounar uno medalho d'argent. Un cop l'envelopo doubèrto véjèrem que «La Filho amai la Maire » (es lou litoul) èro l'obro d'un felibre d'elei, Louis Rouquier, de Pech-Serguier, conse de LevalloisPeret, e escriban de Contes sabourouzes, salais e pebrats, e de mai d'une poulido coumedio. Per vous faire estimai- so que val aquèsto, me caldrio vous la legir, so qu'aloungariô pla trop la vesprado, e m'acountentarai de so que dis lou conse Mourilho à soun secrelàri per l'engajar al maridage :

MOURILHO

Moun paure Rifletou, lou gourgoul te cauquèlo. Te lanhos sempre à tort ; se sos pas recatat Es qu'as jamai voulgut per so qu'as trop taslal. M'ôu dit que la Trincoun, de cap amai d'espallos Te voulio. Per de que ?...

RIBLETO

Tenio las coulous pallos ; E prene'no mitât qu'es ni clouco, ni poul, Val mai, dires pas nou, cent cops demoura soûl !

MOURILHO

La Capuzo'but dit...

RIBLETO

Uno descabestrado !


— 166 — MOURILHO — RIBLETO

La Garno... — Un cabrit-bouc, un tros de rabalado !.

— La Gradalo... — Ni mai ! Fausso, souiro, faial.

— LaRullo... — Un boudissou !

— La Bringo .. — Uu gros coudial !

— La Fabèlo, pr'aco, t'aurio prus sens mingauo ?

■— Pardi ! per m'avouda, la Gaupo, à Santo-Bano !

— Per respone as lèu fach e sercos pas lous mots. La Tafuro, menjan ?... — M'en soi frétât lous pots Ardre que m'a bufat... — Cresi que la Tourigo ?...

— Un escoudenc parèl, un trasso de pautigo Que dins quatre matis m'aurio curât l'oustal ? Serio'stat crespinat amb' uno femno aital !...

— S'on vol tout ressegui, caduno a sous pétasses ; Lou coumplimen, ai-las, se trapo pas pes passes ! As pas brico d'entecs ?... — Sifèt, tèni ma part !

— Alors per que bouta las femnos à despart ? T'acazaras jamaï se fas cap d'autrejado !

— E garo t'aqui Jan, empocho la coujado, Serco mèslre se vos à l'astre, à l'encapif. Que trapes mal ou pla, coumo d'un escoupit Mourilho n'es curous e s'en pencheno areire !

Aqui lou rezumit del concours d'oungan. Pensi pas, per tant que la Jurado aje fach de soun melhour, qu'aje acoulentat toutes lous courreires ; mes digus nou 'n vouldra mal e l'an que ven veirem lous courreires venir mai noumbrouzes brigar las joios en cridant : « Pel Mièjourn e per la Liberlat ! »

D> VIN AS


LAURÉATS DES CONCOURS

»e> l'Année IOST

MEMOIRES HISTORIQUES, ARCHEOLOGIQUES ET BIOGRAPHIQUES

{Prix réservé)

Médaille de vermeil (rappel)

Biographie d'Aglaé de Varadier-Castellanne ou la fin d'une race, par M. Moulin, professeur honoraire, conseiller général, Béziers.

Médailles de bronze

La reprise de Toulon an Théâtre, par M. J. Parés, archiviste, Toulon (Var).

Le Château des Rois de Majorque, par M. Aragon, off. de l'instruction publique, château Roussillon, par Perpignan.

Mention honorable

Baiso-Barrouls, par M. Villemagne, Saint-Thibéry (Hérault).

POÉSIE FRANÇAISE

(Prix réservé)

. Médaille d'argent

Sonnets, par M. A. Boulouys, avocat, Lodève.

Médailles de bronze

Qui sait? par M. Aulas, Nice.

Crépuscule d'Automne, par Mlle J. Trinché. Béziers.


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Mentions honorables

La Victoire, par Mme M. P. Cazalis, Sommières (Gard) A des jeunes orphelins de guerre, par Mm 0 Schalck, Orléans. Deuil, par M. P. Miremonl, Terrasson (Dordogne).

POÉSIE NÉO-ROMANE

(Prix réservé)

Médailles d'argent

Cant de gloria, par M. R. Barthe, Béziers. La Pouesio, par M. Poudevigne, Nimes. (Rappel) La filho amaï la maire, par M. Rouquier, LevalloisPerret (Seine).

Médailles de bronze

Pepezut, par Mme D. Conle, Bassan (Hérault). Lo vèspre, par Mlle C. Cuxac, Rivel (Aude). La troucho, par M. Arnaud, Béziers.

Mentions honorables

La Mametlo, par MUo M. R. Chappert, Puisserguier (Hérault).

Parvuli, par M. l'abbé J. Cubaynes, Grealou par Cajarc (Lot).

Vèspre d'aulouno, par M. E. Martin, Monlsegur-surLauzon (Drôme).

La cato i beù iere, par M. Bessal, Arles-sur-Rhône.

Lou poudaïre, par M. E. Mouton, Comps (Gard).


Les Statuts de ïilleneuve-ies-Béziers

EN" 1513

Les archives de nos cités renferment parfois des textes écrits en langue d'oc, langue exclusivement parlée par le peuple du xe au xvie siècles et, à cause de cela, souvent préférée au latin pour les besoins de la vie administrative (1).

Les statuts que nous éditons aujourd'hui sont la transcription fidèle d'un de ces textes conservé à la mairie de Villeneuve-les-Béziers.

Ils sont établis sur un cahier manuscrit de 34 centimètres sur 25, autrefois protégé par une couverture en parchemin, et actuellement reljé sous cartons recouverts de papier dit d'Annonay avec dos en toile noire. Ce cahier comprend 28 feuillets de papier, portant chacun en filigrane deux lettres de un centimètre, peu lisibles, qui nous ont paru être un B et un R, au-dessous desquelles se déroule une banderole de cinq centimètres environ.

Les 17 premiers feuillets sont folioles en chiffres romains ; 16 seulement sont écrits ; les autres sont complètement en blanc.

L'acte est divisé en 70 articles séparés entre eux par un interligne plus grand que les autres. Ces articles

fi) Voir lo libre de memorias de Jacme Mascara, écuyer du consulat de Béziers Ixiv" siècle), édité par M. Barbier en 1895, chez C Coulet à Montpellier ;

Lo libre de ias UbertaU e franque^as de la villa de Sanct-Pous (1442), édité par M. Nouguier en i88r, chez Francès à St-Pous ;

Le livre vert de Lacaune [Tarn], édité par l'impr. Génér. du Sud-Ouest, à Bergerac ;

La Chronique rumaie du Pelit Thalamus, de Montpellier ..


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sont également numérotés en marge. On trouve aussi dans la marge, de loin en loin, la traduction française de quelques mots tels que : moutons, maselier, achapts, fumiers, caves, ordures, femme publique, bled, bestail, etc.

L'écriture en est assez soignée au début; elle est facile à déchiffrer, sauf vers la fin du cahier, où la plus grande rapidité de la plume du scribe l'a rendue plus malaisée. Cependant quelques lettres peuvent être confondues dans tout le cours de l'acte : e, o, a, sont souvent identiques ; u et n le sont presque toujours, de sorte que l'on pourrait lire indifféremment ordonnanças ou ordounanças ; Carcassonne, Carcassoune, Carcassonna, Carcassouna, ou même Carcassouno ; rastouls ou restouls.

On y trouve quelques abréviations : une sorte de deleatur pour dit ou dita ; Mr pour Monsenhour ; Sr pour Senhour ; Nra pour noslra . Guill pour Guilhem ; aplendra pour apartendra ; autr. pour autre ; tr. pour tournes ou lournesis.

Il y a quelque trente ans, il existait dans les mêmes archives une copie imprimée du document qui nous occupe ; elle portait en regard une traduction française (1). Nous prîmes, à cette époque, à titre de simple curiosité, copie de l'imprimé, texte occitan et texte français. Plus tard, lorsque nous vint l'idée de faire le travail que nous entreprenons aujourd'hui, nous voulûmes aller revoir les deux copies pour les collationner. En vain, nous cherchâmes l'imprimé. Nous ne retrouvâmes plus que le manuscrit. C'est donc d'après le manuscrit seul, que nous avons soigneusement revu notre premier travail. Nous avons pu constater qu'entre

(i) Si nos souvenirs sont exacts, elle sortait des presses de l'imprimerie Martel de Béziers. Or nous retrouvons un Martel imprimeur, en 1648-1651, de diverses oeuvres de P. Andoque ( Hist. du Languedoc ; Catalogue des évéques de Béziers).


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notre copie, faite d'après l'imprimé, et le manuscrit, il n'y avait pas de différences quant au texte ; cependant les articles 2 et 3, 33 et 34 y avaient été transposés. L'orthographe était, dans l'imprimé, beaucoup plus évoluée. Par exemple le son ou y était la plupart des fois représenté par deux lettres (o et u) comme dans le français moderne ; tandis que dans le manuscrit il était le plus souvent représenté par un seul o ; le féminin français en e y avait élé souvent substitué au féminin roman en a. La bonne fortune était pour nous puisque, des deux exemplaires, c'était l'original qui nous restait.

A quelle époque remontent les « Ordonnances de Villeneuve » ? Leur préambule nous dit qu'elles furent faites par les consuls avec le consentement des conseillers et autres habitants et concédées, confirmées, autorisées par noble et puissant seigneur Guillaume de Lévis fils et héritier de Guidou baron de Caylus, Olargues de la Pêne, de Villeneuve, l'an mil cinq cent treize el le treizième jour du mois de novembre. L'acte en fut dressé par maître Demaussis, notaire royal.

Est-ce bien en 1513, à l'occasion du changement de personnalité du seigneur, que furent codifiées pour la première fois les ordonnances que nous avons sous les yeux ? Ou bien l'acte de Demaussis ne faisail-il que rappeler, « confirmer » un code déjà existant sous les prédécesseurs de Guillaume ? Aucun autre acte conservé aux archives de Villeneuve ne nous permet de le déterminer. Nous opinons cependant pour la dernière hypothèse : Le désordre avec lequel sont présentées des ordonnances ayant Irait à un même objet, entrecoupées d'autres se rapportant à des buts différents, nous fait supposer un assemblage d'articles déjà établis à des dates différentes. D'ailleurs, cela importe peu. Il est certain qu'en 1513, si ce n'est antérieurement, les ordonnances énumérées dans les soixante-six premiers articles


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du manuscrit (lesquels constituent seuls l'acle de Demaussis) (1), étaient déjà en vigueur à Villeneuve et cela est suffisant pour que le document nous intéresse à plus d'un titre.

Ainsi, il nous montre un pays tout différent de ce qu'il est aujourd'hui ; l'art. 29 nous apprend que la ville était encore protégée par des murailles entourées de fossés (cavas) verdoyants. L'eau d'arrosage étant abondante, les (verdiers) vergers y étaient nombreux (art. 27) ; de fraîches prairies (art. 33, 42), où l'on menait paître des moutons, des chèvres et même des boeufs (art. 47) y existaient encore. On y élevait des porcs (art. 51), ce qui fait supposer qu'il y avait encore des chênes. On y récoltait des noix, amandes et autres fruits (art. 48). On y cultivait le chanvre et le lin.

Par les articles consacrés à la police urbaine, nous pouvons nous faire une idée des moeurs du temps, de l'état de propreté du lieu, du soin avec lequel les consuls veillaient sur la santé des habitants, des précautions qu'ils prenaient pour éloigner les étrangers indésirables, empêcher la fraude sur les marchandises, veiller à la sécurité du lieu. Quelques-uns peuvent nous renseigner sur le prix de certaines denrées : il était loisible à un délinquant de payer l'amende encourue, dans certains cas, soit en espèces, soit en nature ; un individu condamné à livrer un mouton pouvait se libérer en payant quinze sols tournois ; comme équivalence d'un porc, il pouvait donner vingt sous (art. 57).

L'infraction aux bonnes moeurs élait très sévèrement punie. L'art. 43 défendait aux habitants d'éberger une femme publique plus d'une nuit sous peine de 60 sous. C'était la plus forle amende du code, celle qui venait immédiatement en-dessous n'étant que de quarante sous.

(i) On verra dans le texte que les art. 67 à 70 ont été ajoutés par un successeur de ce notaire.


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Si l'on pense que 60 sous représentaient le prix de trois porcs ou de quatre moutons, on voit la sévérité de cette ordonnance. Cette sévérité est-elle un signe de la sagesse de l'époque ou bien avait-elle pour but de mettre un frein à des moeurs trop dissolues ? (1).

L'art. 26 interdisait aux habitants de laver lessives, ventres, chanvres, lins, dans la rivière, en amont de l'abreuvoir. Il s'agit ici de la rivière d'Orb qui passait, à celte époque, à moins de cent mètres du village ; aujourd'hui elle en est à deux kilomètres, le cours en ayant été dévié en 1747 (2).

Du lin et du chanvre on n'en récolte plus dans le pays depuis fort longtemps. Les oliviers eux-mêmes, protégés par l'art. 11, y sont actuellement rares. Deux moulins à huile fonctionnaient encore activement, il y a cinquante ans ; il n'en reste plus de trace, la vigne ayant envahi tous les terrains.

L'art. 28 nous apprend que la commune possédait déjà un abattoir (mazel public) ; il défendait d'abattre hors de ce lieu.

L'art. 21 interdisait aux bouchers de débiter sur le même étal la viande de mouton et celle de brebis. On ne pouvait vendre ni chèvre, ni bouc dans la « bonne boucherie ».

(il Dans Lo libre de las Libertals c franquesas de la villa et ciuital de Sjnct Pous, nous lisons folio 20 « que cascuu que sia legitiamen condamnât o près en las cassas per fach de adulteri, que agia elegir de composir am la cort eu la melhor maueyra que poyra per aquel cnm, ho publicameu corrisca la vila et am aquo sera quiet », Et en note p. 24, M. Nouguier ajoute : Les individus convaincus d'adultère étaient fréquemment condamnés, dans l'ancien droit, à courir la ville tous nus et à être fouettés ».

(2) A cette époque, la rivière d'Orb formait dans le territoire de Villeneuve une grande poche, ce qui causait d'importants dégâts aux terres lorsqu'elle débordait, et cela arrivait très fréquemment. A la suite d'une inondation de 1745, sans doute plus forte que les précédentes, les communes de Béziers, Villeneuve et Sauviau, réunies, obtinrent des Etats du Languedoc la permission de redresser le cours de la rivière, ce qui fut exécuté quelques années plus tard, nous dit une délibération des Etats, du ri Décembre 1770.


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Nos anciens Villeneuvois étaient protectionnistes. L'ar. 63 défend au bétail étranger de venir paître dans la commune et l'art. 68 interdit aux habitants d'exporter le bois. Les prescriptions ayant trait à la dépaissance sont nombreuses ; on les trouve disséminées dans les art. 3, 4, 20, 24, 27, 47, 53 ; ceux concernant la protection des récolles, le respect de la propriété d'autrui figurent aux art. 1, 2, 11, 12, 13, 15, 19, 24, 30, 32. 35, 37, 38, 42, 44, 46,48, 60, 65 ; ceux ayant trait à la propreté du lieu, à la contamination des eaux, dans les art. 6, 17, 18, 22, 26, 29, 39, 61, Les art. 5, 6, 21, 23, 28, 41 visent à sauvegarder la qualité des denrées et à réprimer la fraude. Les art. 9, 36, 40 veillent à la sécurité des habitants. L'art. 50 règle les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent venir habiter le pays : ils doivent, au préalable, être agréés par le seigneur et les consuls, prêter serment, s'engager à prendre leur part des charges communales et avoir une pièce d'armes pour la ' défense du lieu ; l'art. 56 enfin, nous renseigne sur la façon dont était réparti le produit des amendes: lorsque l'amende était d'un mouton, le seigneur en prenait un quartier, le consulat (pour la cause publique), un autre quartier ; celui qui avait dénoncé le délit, un autre quartier et le commis (élu) chargé de faire rentrer le produit de l'amende, le dernier quartier.

Si l'amende était payée en espèces, sur 15 sous, le seigneur prenait 3 sous 4 deniers pour sa part, le consulat, le relevant, le commis, chacun autant ; le sou et les 8 deniers restants étaient pour le ou les sergents qui avaient fait exécuter la sentence. En cas de plus importante ou moindre amende, les mêmes proportions étaient gardées (1).

(i) A remarquer que dans le partage des amendes, la part du seigneur n'était pas supérieure à celle du consulat, ce qui peut donner une idée de l'importance des libertés déjà acquises par les cités méridionales à cette époque.


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NOTICE LINGUISTIQUE

C'est surtout au point de vue de l'élude de la langue, que nous voudrions connaître la date du manuscrit que nous possédons. Le cahier des ordonnances comprend en tout, avons-nous dit, 70 articles. Les 66 premiers figurent seuls dans l'acte de Me Demaussis. Les 4 derniers ont été ajoutés à celui-ci par le notaire J. Alquier, après les signatures de G. de Levis, des consuls, des témoins et de Demaussis, donc, postérieurement à 1513; et la transcription qui nous occupe est une copie, prise par le notaire Sochon, de celle d'Alquier. Elle n'est point datée, pas plus, du reste, que celle d'Alquier, et c'est dommage, car nous n'avons trouvé ni à la mairie, ni au notariat de Villeneuve, aucun autre acte signé d'un de ces deux noms. Nous ne pouvons donc assigner une date exacte à notre manuscrit. Cependant, en en comparant l'écriture et le papier avec d'autres documents datés, nous pensons qu'on pourrait le placer dans le courant du xvie siècle (1).

(ij Les archives de Villeneuve possèdent un acte de transaction signé Demaussis, notaire, passé le 21 Mai 1531 entre les consuls de Villeneuve et ceux de Cers.

Le relevé fait par M. de Montgaillard, des noms figurant aux registres de l'ètat-civil de Villeneuve, allant du 20 Juin 1621 au 2 Avril 1695, ne porte ni Alquier ni Sochon.

Le répertoire des notaires de l'arrondissement de Béziers, ne porte au tableau consacré à Villeneuve, commençant eu 1602 avec Folquier, ni Alquier, ni Sochon.

Il convient donc de placer Alquier et sou successeur Sochon entre Demaussis et Folquier, c'est-à-dire dans la période comprise entre 1531 et 1602.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il est question du manuscrit de Sochon dans une délibération du 26 Mars 1632, à l'occasion de la publication qu'en faisait le juge, par intervalles, sur la place publique. Ce manuscrit est même reproduit en entier dans une délibération de 1640 (Voir la note placée à la fin du texte publié plus loin). .


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Qu'il soit de là première ou de la seconde moitié du xvie siècle, cet écrit nous donne une idée de la décadence très accentuée de la langue des troubadours. Il nous réjouit cependant. Si nous comparons le parler populaire de cette époque, tel qu'il est noté dans le manuscrit, avec le parler actuel du Bilerrois, nous constatons que notre langue a subi relativement peu de changements, el il nous esl agréable de penser que si elle s'est si bien maintenue pendant quatre siècles, elle doit avoir encore un nombre respectable de lustres à vivre, bien que l'école primaire, la caserne el les moyens de locomotion actuels soient pour elle des agents destructeurs redoutables.

ORTHOGRAPHE

L'orthographe de maître Sochon est assez irrégulière. Par exemple on y trouve : pena et penna ; consoulz el consulz ; boc et bouc ; reslouls et rastoulz ; tala et lalla ; treize et tretzesme ; ause et auze ; sanc et sang ; defora et foras ; garbieras elgarbieiras ; car et carn ; deiz, dex et decz ; esquila, esquillas et escuylas, etc.

Il n'y a ni accentuation, ni ponctuation.

L'article, la préposition, le prénom font quelquefois corps avec le mol suivant : lauira, anung, sy...

PHONÉTIQUE

1. — L'a atone final est maintenu comme signe du féminin : las ordonnanças fâchas, concedidas, confirmadas, autorisadas ; la causa publica, las garbas escampadas ; neguna personna, etc. On le trouve cependant affaibli en o dans quelques mois assez rares : susdicto, mesclado, carraunhado, hayro ; et en e dans les mots mangera, fourme, Pentacouste, que nous Y05rons à côté de Pantacosla et Pantacousta.

2. — L'a api'ès un i, persiste presque dans tous les


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cas : sia, baronias (1) ' , serian (2), moria (5), besiia (25), aja (25, 31, 33). oresia (26), ortalissia (48), séria (57), malicia (56), justicia (55).

Il ne se change en e que dans deux cas : série (64) et peysounarie (70).

3. — L'a initial est constamment maintenu.

4. — La diphtongue ie ou ye garbiera (1), garbieras (2), eslrangier (5), estrangieras (65), entierament (64), manyera (55), se triphtongue en iei dans carrieiras (18), favieira (2), caricyras (48), malinieyra (10).

5. — L'i bref latin passe à e, selon la règle ordinaire, dans Phelip (17), enfermissa (49), senhal (26), deniers (25), malecia (56), et persiste dans Ginieys (23).

6. — Remarquer la forine savante de Michael (41).

7. — L'o ouvert suivi de c, qui se conserve dans Zoc (19, 29), se diphtongue en uo dans fuoc (19, 46), el en ue dans huech.

8. — On trouve cinq cas de l'i final atone : terratori raubatori (69), fluvi (24), propri (27), cementery (14).

9. — Le son de l'o fermé est représenté tantôt par o tantôt par ou. On voit à l'article premier : ordonnanças, volonlat, consentement, conseilhes, concedidas, auiorisadas, réquisition, consuls, baron, Baronias, Olargue, novembre, contengut, son, nogas (15 mots) et aussi : consoulz, jouslz, lou, seignour, gouvernament, fourme, dejousl, lous, pardou, jour, soubre (11 mots) ; ce qui revient à dire que les deux formes y sont presque d'égale fréquence (Dans tout l'acte on trouve le son ou représenté 316 fois par un seul o et 311 fois par un o et un u (ou).

10. — Le groupe latin et donne le plus souvent ch :

(i) Les chiffres placés entre parenthèses renvoient aux articles du manuscrit. (Voir ci-après).


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fruchas(U, 70), fâchas (1, 67), alachar (13), huecli (54), dichas (50),.fach (61).

On trouve cependant : frucls (70), delicte (64), collectas (30), élection (68), sainct, susdilo (7).

11. — Le e initial, égalant k, qui en Limouzin est devenu ch, persiste dans notre écrit (comme de nos jours dans tout le Biterrois), dans les mots castel (8), causas (8), cabras (15), capelana (15), cascun (18), caniou, cambes (24), cassaire (38), carratier (36).

A remarquer, dans ce dernier mot, le changement déjà fait de l'e de carretier en a.

On ne trouve que deux exemples du changement de e en chuintante : merchandisas (70), seneschal (27).

12. — Le g passe à e dans sanc (71) à côté de sang. Il se double inutilement d'un u dans paguar (19, 46), guarriguas(é6,67), yssaguar(26), aiguas(4l), paguara(60).

On voit cependant sans u : lougals (60), pagaran (63).

13. — Le groupe nt en finale se réduit souvent à n. Nous voyons : cens (1), jus i amen (55), argen, soulamen, auiramen (54), sergans (56), seguen (51), enseguen (68), enfans (40), bailan, à côté de bailani (57), habitons (65), à côté de habitants (64). On trouve d'autre part : instrument, puissant (1), autrement, entieramenl (39), premierament (50), semblablament (56), consentement (60), présent (67).

14. — A remarquer que Sochon emploie généralement un m dans le préfixe con, lorsqu'il ne l'indique pas par un signe abrévialif : comdition (1, 65), incomlinenl (7), comselh (60), coumsentemenl (60).

On trouve cependant confiscation (58,65) cûhfirmadas (1).

15. — L's intervocalique a le son de z dans : maranousa (57), causa (7), oresia (26), ausen, réquisition, aulorisadas (1), usaige (58), yfses (60), présent (67), gleisa, merchandisas (70).


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Ce son est représenté par z dans treize, auze (1), aizina (7), pouzes (10), partizou (15).

16. — Dans les mots en âge, un t est intercalé entre a et g dans ferratges ; mais dans la plupart des cas ce t est remplacé par un i : domaige (17), usaige (51), labouraige (60), domaigar (67).

17. — Le changement de l'r en / s'observe dans albres (48), devenu de nos jours aubres et aures.

18. — Le groupe tz en finale est presque toujours conservé : joustz, detz (1, 29, 36), declaralz (54), auzilz (54), passaiz (59), lougalz (60).

19. — Le z tient encore souvent lieu d'un s après un l : ouslalz (45), delz, consoulz, soulz (4, 6, 36, 37), alz (48). On voit aussi soûls (7, 9), als (68), porcs (15).

20. — L'r de l'infinitif des verbes est conservé dans tous les cas, aux deux premières conjugaisons (verbes en ar et verbes en ir) ; il l'est parfois dans les verbes en er : iener (31, 51, 52, 62), saber (1), paysser (20), à côté de paisse (4) et depaisse (68).

21. — A remarquer la suppression du d et de IV prendere dans prene.

22. — L'r persiste dans la plupart des mots en ier : Béziers, deniers (1), mazelier (5, 6), taulier (21), carretier (36). quartier (56), olivier (11), premier (59), estrangier (50).

On trouve sans r : lougadie (60), bandies (69), eslrangie(60).

23. — On trouve avec un r le mot seignour plusieurs fois répété et sans r, le mot reveladou.

24. — A remarquer la métathèse de l'r dans quebrar (17) pour crebar.

25. — Le son de 1 mouillé est représenté 12 fois par Ih, 4 fois par ilh, 2 fois par ill et une fois per 11 ; et


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ceci nous prouve une fois de plus qu'il y a beaucoup d'hésilalion dans l'orthographe de Sochon où le même mot se trouve parfois écrit de trois façons différentes. On y voit : malhol (25), muralhas (29, 61), culhir (35, 4S), reculhii (33), reculhir (43), conselh (56), escoubilhas (22), carelheyras, poulhalha (61) ; — lailhat (34), conseilhers (1), aguilhou (17) ; — boulcillas (10), baillant (17) ; — /a//a (35).

26. — Le nh est représenté par trois mois el le gn par deux : vinha (25,67), senhal (26), lenhas (29, 37) ; — seignour (1, 51), digne (54).

MORPHOLOGIE I. —; L'article

27. — Nous trouvons les formes suivantes : Masculin singulier: lo, lou, del, al. Masculin pluriel : los, lous, dels, des, delz, als. Féminin singulier : la. — Féminin pluriel: las,

28. — Remarques : a) Tantôt l'élision de e ou a est l'aile devant une voyelle; tantôt elle ne l'est pas, sans que nous en puissions déduire une règle. On voit : laira (51), largenl el aussi : lou abeuradou (77), lou instrument (1), la élection (3, 12, 24), la enquesta (69).

Les cas de non élision sont beaucoup plus fréquents.

b) L'article est généralement supprimé devant un nom indéterminé, général : Que non auze yssaguar'lins (22) ; esiendre bugadas (29) ; que irobe aucas en blaiz (30) ; ont aja fruchas (44) : que non auze cavar terra (27) ; que non auze vendre carn de feda (21).

IL — Substantif et adjectif qualificatif

29. — Dans l'écrit de Sochon, il ne reste plus de trace de l'ancienne déclinaison latine. Seul le cas régime survit.


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30. — Le signe général du pluriel est s : las ordonnanças escrichas, confirmadas, autorisadas (1) ; las cavas comuiias (11) ; raisins, amellas, nogas ou aulras fnichas (48), etc.

31. — L's se change en z après un i: leguns, escampalz (1) ; lous reduiciz.

Nous le voyons quelquefois changé en z après un / ou un c (mais quelques fois seulement) : rasloulz et restouls ; eran porcz (12) et lous porcs (14) ; vingt soulz (12) et vingt soûls (3).

32. — Dans les mots en ant, le / tombe généralement avant d'ajouter l's : Nous trouvons délinquant et delinquans ; habitant et habitons ; sergans.

33. — Poux (51) donne pouzes (10).

34. — De nos jours, aux noms terminés au singulier par s on ajoute, dans le Biterrois, es ou ses au pluriel. Ex. : lou bras, lous brasses. Cette règle devait être déjà en usage au temps de Sochon qui écrit : que neguna personna non auze prene tamarisses.(59). Nous le voyons cependant noter: los deves (67, 68).

35.—• L'adjectif qualificatif forme régulièrement son féminin par l'adjonction d'un a : Las cavas comunas.— Neguna vinha plantada novella (25).

Aujourd'hui, dans le Bilerrois, cet a s'est transformé en o. D'après Bruno Durand (1) la transformation remonterait au xve siècle dans le midi de la Gaule.

Elle n'a pas encore eu lieu ici au temps de Sochon. Nous ne trouvons que deux cas dans tout son écrit où le qualificatif féminin soit terminé par un o : sus la penna susdiclo (7) et carn de feda mesclado (21).

36. — L'adjectif sec donne sequa et secquas ; lenhas

(2) Voir Contribution à l'étude de la langue provençale au XVe siècle (Mémoires de l'Institut historique de Provence, tome I, année 1924, ^c et 4e trimestres, Marseille). . .


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secquas (29 et 37) ; — Gros fait grossa : Bestia menuda et bestia grossa (19). — Manjador (bon à manger) fait manjadoira : Que neguna persona non ause comprar negunas causas manjadoiras (8).

De nos jours, les adjectifs en dor (prononcez dour), font leur féminin en doira (prononcez douiro). Dans le Biterrois comme dans la Provence, on intercale un i entre l'o et IV' ; on y dit encore raubador, raubadoira (prononcez raubadou, raubadouiro), alors que la forme régulière serait raubadora.

37. — Il faut remarquer la forme correcte du nom d'homme Estève (9) à côté de celle plus évoluée de Estieine (47).

III. — Adjectifs déterminatifs

38. — L'ad|eetif numéral est représenté par les formes suivantes : Ung (chaque fois terminé par un g parasite (1), una, dous, ires, quatre, cinq, huech, detz, treize, quinze, seize, seize, septze, vingt, soixante (43), cinq cens, mila ; — double, quarla (quatrième, au féminin), trelzesme.

39. — L'adjectif possessif est représenté par : mon, son, nostrâ, lour. — Mon Sr (66) ; — En son houstal (43) ; — Nra Dama de Febrier (34) ; — Lour troupel (63).

40. — L'adjectif démonstratif est représenté par aquel (64).

41. — L'adjectif indéfini est représenté par : degun, denguns, deguna ; negun, neguna, neguns, negunas ; alcunas, cqscung, cascunà ; quai, qualqua ; lasqualas, autres, autras, aquel, tout. — Denguns reslouls ny en

fi) On retrouve également ce g dans le manuscrit des « Libertats et franquesas de la villa de Sauct Pous : los podados et fogadors de las vinhas son. tenguts de donar ung jornal lune journée de travail, al senhor... ».


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degun loc (1) ; — deguna personna (68), — negun cassaire (38) ; — neguna semenada (38) ; — negunas lenhas (37), alcunas merchandisas (69), — cascung habitant (18), — cascuna vegada (18), — de quai estât que sia (70), — de qualqua condi [ti] on que sia (1), — lasqualas ordonnanças (préambule), — autres habitons (64), — ne autras causas (70), — aquel cas (64), — tout fan (67).

IV. — Pronoms

42. — Le pronom personnel n'y est représenté qu'à la troisième personne.

Se : se alcung se metia en defjensa de... (56).

Las : ...las aura a lene delà lou rec (15).

Luy : lous bans, penas que luy seran fournidas.

43. — A remarquer l'accord du participe passé fournidas avec penas (le dernier sujet) à l'exclusion de bans.

44. — Le pronom démonstratif nous donne cinq cas : aquel, aquels, so, seu, aisso.

A la discrétion de aquel de qui serian loud. porcz (33), — sinon en so del seu (48), — lou instrument soubre aisso passât entre... (préambule).

45. — Le pronom relatif fournit qu, qui, que .- Pagara lou double qu'es treize deniers (25), — de qui seran lous porcs (30), — al près que sera comprat (31).

46. — Enfin pour le pronom indéfini nous trouvons: cascun, negun, aulruy, en, ne : Que negun non ause pescar (10), — en neguna possession d'autruy (37), — la mangera que sen sec (56), — cascun ne aura (8).

47. — A remarquer, que, contrairement à ce qui se pratique de nos jours, l'e du pronom ne ne s'élide pas devant la voyelle a. On dirait aujourd'hui : cadun n'aura ou chacun n'aura.


— 184 — V. — Verbe

48. — L'objet de notre manuscrit et son peu d'étendue ne nous permettent pas d'établir une seule, conjugaison complète; cependant le nombre des verbes exprimés est assez considérable. Il se répartit dans les quatre classes: verbes en ar, en ir, en er, en re. Nous y relevons :

49. —■ Auxiliaire être : Esser ou estar.

Indicatif présent : Es, son. — Imparfait : Era, eron. — Futur : Sera, seran. — Conditionnel : Séria et serya. — Subjonctif présent : Sia, sian. — S. Imparfait : Fossa, foussa, fousse. — S. Passé : Que aje estât.

50 — Remarque. — Aje estât est une dérogation à la règle, de nos jours encore en usage, pour la langue d'oc, qui veut que le verbe être se conjugue avec lui-même. La forme régulière serait : siague (ou siat) estât.

51. — Axiliaire avoir : Aber. Indicatif présent : A. — Futur : Aura.

52. — Verbes exprimés à l'infinitif et à l'indicatif présent : Vendre ; se ven.

53. — Verbes exprimés à l'infinitif et à l'imparfait de l'indicatif: Mètre, mettre, mestre ; — se metia, se metian. — Voler (vouloir) ; volia, voulian.

54. — Verbes exprimés à l'infinitif el à l'imparfait du subjonctif: Tener et rarement tenir ; que lengues. — Trobar ; trobe.

55. — Verbes exprimés à l'infinitif el au participe passé : Escampar, escampadas ; — passar, passatz ; — far, fach, reculhir, reculhit.

56. — Verbes exprimés au futur de l'indicatif seulement et à la troisième personne du singulier : En ar : apartendra, bailara, deliurara, paguara. — En ir ; requerira. — En er '.retendra. — En re : receura.

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Le même temps nous donne, à la troisième personne du pluriel: troubaran, tendran.

57. — Verbe exprimé au subjonctif présent seulement : puesca.

58. — Verbes exprimés au participe présent seulement : Baillant, enterrompen, seguen, venen.

A remarquer que Sochon ne met un t au participe présent qu'à la première conjugaison (verbes en ar).

59. — Verbes exprimés seulement au participe passé : 1° Au masculin singulier: déclarât, troubat, plantât,

semenat ; — fournil, tengui, eslegit, — ressauput.

2° Au masculin pluriel : ausitz.

3° Au féminin singulier: aplicada, mesclada (et mesclado), planlada, reverdida, restituda ; fâcha.

4° Au féminin pluriel : reveladas ,-■— fournidas ; — dichas.

60. — Verbes exprimés seulement à l'infinitif:

Terminaison ar : anar, barguar, cavar, comprar, davalar, domaigar, escorgar, enventrar, exercar, gitar, gleriar, lavar, levai-, menar, montai', meissonar, observar, pescar, porlar (et pourtar), paguar, prestar, revelar, recatar, salar, segar, tuar, trincar, traucar, venlar.

. Terminaison ir : culhir, dormir, entretenir, punir.

Terminaison re : corre, estendre, battre, faire (et far), oerdre, vendre. - . .

VI. — Tournures anciennes

II nous paraît intéressant de relever quelques tournures de phrases qui ont disparu de nos jours :

61 a). — Que tout homme que trobe aucas en garbas, blats, eh las diras, ou en farratges, ou en ortz, puesca pr'ene niia auqud (30). — Le verbe trobdr serait aujourd'hui employé au futur : tout orne que trobara...


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Un autre cas de l'emploi du présent pour le futur se se trouve à l'art. 67. On y lit : Que neguna personna... non auze faire depaisse... tant que dure lo laboraige. Nous dirions: lanl que durara...

62 b). — Que neguna personna non auze ni cavar terra anlas carrieiras comunas,ni neportar terra exceptât de... (17). — Nous dirions aujourd'hui : que negun non auze cavar (outraucar) las carrieiras ni n'emportar de terra...

63 c). — Que neguna personna non auze far fems en negunas carrieiras... et que si n'y amassavon neguns fems que lous ne ajon a gitar infra dous dias... (18).

L'on dirait aujourd'hui à Villeneuve : Que neguno persouno noun auze far de fems dins las carrièiros e que si n'i amasso, lous enlève dins lous dous jours.

64 d). — Que neguna personna non auze meisonar ont ajagarbas escampadas(art 32).—On dirait maintenant : ount i aje (avec l'adverbe y).

65 e). — Que neguna personna... non auze tener en neguns reslouls... negun bestial... si non era en garbiera. — Aujourd'hui on mettrait le verbe être au présent : si non es.i.

66 t). — ...A la élection d'aquel que sera loudit porc (art. 2). On dirait: d'aquel de qui ou de quai sera...

VII. — Adverbes

67. — Nous trouvons deux adverbes de manière formés d'un adjectif féminin et de l'ablatif mente : tant soulamen (seulement) avec chute du t et semblablement avec t.

68. — Les autres adverbes exprimés sont : 1° de lieu : ont, ount, deforas, y ; —2° de négation : non, ne ; — 3° de comparaison : mesme..


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VIII. — Préposition el conjonction

69. — Les prépositions sont assez nombreuses. Nous trouvons : a (à) ; an et en (en) ; an, ambe (avec) ; de, per, jost, joust, sous, dejoust, desay, delà, sobre, soubre, sus, sur, dessus, entre, infra, dins, fins que, fins a, entro a, despuis, contra, sans, exceptât.

70. — La conjonction nous donne seulement : et, que, ho, ou, nu, ni, ne, si, coumme. -


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TEXTE DES ORDONNANCES

fFolio 1, recto]. — Sensegon Se las ordonnanças fâchas per lous Consoulz del loc de Villanova joustz Béziers (1) soes assaber lou noble Cleriac Dalbanig seignour de camps per lou noble Guidou Barrière et Jehan Marques per lous plebens deld. loc en volontat et comsentement des comseilhes et autres habitans deldit loc per lou gouvernement et utillitat de la causa publicqua deldit loc lasquallas ordonnanças et articles en la fourme et manyere que dejoust son escrichas son estadas comcedidas confirmadas et autorisadas a la réquisition dels susd. consuls manans et habitans per lou noble et puissant seignour Guill. de Levis filset heretier de noble Guidou de Levis que Dieu pardou baron et seignour de las Baronias de Caylus (2) [F. 1, v.], Olargue (3) de la penna et deld. loc de Villanova l'an mila cinq cens et treize comma costa et es comtengut en lou Instrument sobre aisso passât entré lou susd. près per Mr Jehan Demaussis notaire deld. loc de Villanova,

Nota. — Les chiffres placés entre crochets [ ] indiquent le folio du manuscrit ; la lettre qui suit indique le recto (r) ou le verso (v).

(i) Villanova jousl\ Béliers, Villanova la Cremada, Villanova Cremata (Villeneuve-les-Béziers), est une commune d'environ deux mille âmes située dans le premier canton de Béziers, à six kilomètres à l'est de cette ville et sept kilomètres au nord de la Méditerranée. Elle est placée entre les communes de Béziers, Cers, Portiragnes et Sérignau.

(2) Caylus : propriété appartenant actuellement à M. Pierre Gelly, dépendant de la commune de Villeneuve et placée sur une hauteur entre Cers, Vias et Portiragnes.

(3) Olargues : ch.-l, de canton de l'arrondissement de Saint-Pons.


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I. — Et premièrement es estât ordonnât concedit et acordat et passât per ordonnança entre lous susd. Monsr. de Villanova e lousd..consoulz et autres habitans que deguna personna de qualque condion (1) que sia non auze tener ni faire passar en denguns restouls, ni en degun loc ont aja garbas escampadas (2) ny en leguns escampatz an negun bestial gros si non era en garbiera [F. 2, r.] redonda (3) et aisso sus la pena de ban double que sera seize deniers per cascuna bestia grossa et tala si sen y a fâcha.

IL — Item que neguna personna non ause tener porc ni pocs ou porcas en negun rastoulh favyeira ni autre loc ount aja garbas ou leguns si non era engarbassat ni apropriar (4) de las garbieras près de quatre canas (5) sus pena de ung porc ou de vingt soulz a la élection (6) daquel que sera loud. porc.

III. — Item que neguna personna non ause paisser an neguns porcs an lous Detz de la prada deldit loc sus pena de ung porc ou de vingt soulz trn. a la élection daquel de qui serian lousd. porçz sinon que foussa en sa propra possession.

[F. 2, Y.] IV. — Item que neguna personna non auze tener per paisse en las cavas comunas (7) deld loc negun bestial gros iry menut sus pena de dous moutous ou de quaranla soulz a la élection dequi sera loud. bestial.

(i) C'est condition que le scribe a voulu mettre.

(2) escampadas: répandues, laissées sur le sol pour sécher.

(3) garbiera redonda: meule arrondie; voir plus loin pour redpndel : puits rond.

(4) apropiar : approcher.

(5) quatre canas: environ huit mètres. (6). A la élection : au choix.

(7) Las cavas comunas : les fossés qui entouraient le village.


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V. -— Item que negun mazelier non auze tuar ni escoi'gar ni vendre en lou mazel deld. loc neguna bestia de.nioria ni inarranousa (1) ni en tous lous dex (2) del mazel sus pena de cinq soûls tz et de perdre la carn ou autra pena de drech encorida envers loud. seignour.

VI. — Item que negun mazelier ny autre non auze tuar ni escourgar cabra ni boc ni feda en lou boun mazel ont se ven lautra carn ni la vendre ny trincar sus pena de cinq soûls tz et de perdre lad. carn (3).

VII. ;— Item que neguna personna non auze en las plassas comunas escampar negung sang de beslial ny budelS (4) ni aiguas pudenlas ni bannas de beslial ny salar degunas pels, ni quebrar (5) ventres ni enventrar sus pena de cinq' soûls ts (6) per cascuna Végada que se troubaria et que aquels que y tuarian bestials sian tenguts de prene lou sanc an una aizina et incontinent lanàr escampar de fora vila sus la penna susdicto.

VIII. — Item-que neguna personna non auze comprâr

fi) Défense est faite aux bouchers de tuer, écorcher, vendre une bête morte de maladie ou atteinte de maladie contagieuse. La même défense se retrouve dans les ordonnances de la commune de Lacaune (Tarn) : « ...dinfra loqual ma^el ne se vendrait o seran (engddas per los ma^ehers o alcun dels, carns infectas, lebrozas, o de malautia aucuna eviden contagiosas... ».

(2) .Que.faut-il entendre par lous dex del mazèl ? J. Azaïs dit dans son dictionnaire au mot dex : dix, borne ,...ancienne mesure qui, à Béziers, valait environ 15 centiares ; borne marquée d'un dix romain X. — Veut-on dire entre les bornes de l'abattoir ?

(3) Défense aux bouchers d'abattre et de vendre « dans la bonne boucherie oà l'on vend l'autre viande », des chèvres, b nies et brebis.

Dans les ordonnances de Lacaune nous voyons également : « alcu mazelier sera ausart de vendre carns de truegas per porciuas o fedas per motoninas ».

(4) Budels : boyaux.

(5) quebrar, pour crebar ; crever.

(6) soûls ts.: sols tournois.


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negunas causas manjadoiras (1) infra (2) loud. caste! ni en tout lou terratori deld loc per revendre entre que miechjour sera passât et aisso sus pena de detz soûls ts et an linthimation que so que sera comprat cascun ne aura al près que sera comprat per tout loud jour. •

[F. 3, v.] IX. — Item que Hegùn non auze passar per loud. loc de ung pourtal (3) a lautre an carreta cargada sus penna de detz soulz tz.

X. — Item que negun non auze pescar (4) boutelhas ferratz ni autra causa als pouzes comungs dins la villa de la messa matinieyra fins a complectas ditas sus pena de paguar setze denniers tz.

XI. — Item que neguna personna non auze tener negun bestial gros ni menut joust lous Oliviers ny a quatre canas près sous pena de ung moutou.

VIL — Item que neguna personna non ause tener

(i) Causas manjadoiras : choses à manger, pouvant se manger.

(2) Le mot infra que l'on rencontre plusieurs fois doit être traduit par dans et non par au-dessous; infra lou dit castèl.: dans ledit château ou ses dépendances. Nous trouvons plusieurs fois ce mot dans le Livre vert de Lacaune, toujours avec ce sens : « dinfra lo fieu deldig senhor o deforas (p. 95) ...que se cremo e se despendo (les cierges) dinfra la dicha glieysa (p. 109).

(3) Il s'agit ici des portes de la ville fortifiée. Le plus ancien manuscrit qui se trouve aux archives de Villeneuve (1378) a trait à une quittance faite par Jean Bermon pour réparations aux tours, portes et fossés de la communauté. Ou désigne encore sous le nom de pourtal, le carrefour qui se trouve devant la place de la Révolution, où aboutit la Grand'Rue, à l'extrémité de laquelle était la porte: d'Empeiral. On appelle encore Rue Porte de Béziers celle qui commence à l'endroit où était située la porte d'Orb dont on pouvait voir les restes il y a à peine 70 ans.

(4) Pescar, boutelhas, ferrats : puiser avec des bouteilles, des seaux... aux puits, depuis la première messe jusqu'à complies dites.


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negun bestial gros ni menul dins lous coytieus (1) dels d. habitans sus penna de ung moutou ou de ung porc si eron porcs ou de vingt soûls a la élection de aquel de qui seran lous xl. porcs et de paguar lou domaige donnât.

XIII. — Item Que negura personna non [F. 4, r.] auze tener an son tropel de una cabra ou bouc en lay (2) sus penna de cinq soûls ts ou serya que lengues las d. cabras per alachar enfans (3).

XIV. — Item Que neguna personna non auze battre ni ventar blalz ni leguns ni barguar (4) cambes ni lis ni estendre draps infra lous decz de la plasso ni en lou sementery sus penna de cinq soulz ts.

XV. — Item Que tout homme que tendra troupel de cabras las aura a tener delà lou rec de la capelana apelat de Danis del Gayou seguen la partizou de Cers sus pena de una cabra.

XVI. — Que neguna personna non ause pourtar foc per la villa synon an aysina (5) clausa coume olla ou pot sus penna de cinq soûls tourn.

(i) Couitieu: terrain de peu d'étendue ensemencé d'orge que le troupeau mange en vert. Etym.. Couito : hâte, d'où couitieu; hâtif, précoce.

(2) Una cabra ou bouc en lay (en plus), signifie qu'il est défendu d'avoir en son troupeau plus d'un bouc et plus d'une chèvre à cause, sans doute, du préjudice que ces animaux causent aux arbres fruitiers.

(3) Si ce n'est pour allaiter les enfants.

(4) Barguar cambes e lis : teiller chanvres et lins... en lou cémenter}'. Le cimetière se trouvait alors au nord de l'église ; Je là il fut transféré au lieu dit lou pourtal (place de la Révolution actuelle), i uis où l'on a construit les écoles communales, enfin sur la route de Béziers, à l'extrémité des Arcades où il se trouve encore.

(5) aysina: ustensile de ménage, vase. Aysina clausa : récipient fermé comme marmite, pot...


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[F. 4, v.] XVII. — Item que neguna personna non ause cavar (1) terra en las carrieyras comunas ny ne portai-terra exceptât del hayro vielha de Folcrand Pradés fins a laguilhou (2) de Thomieus e del Pourtailh fins al aguilhou de Jehan Phelip que es aras sus pena de cinq soulz et de paguar lou domaige.

XVIII. — Item Que neguna personna non auze far feras en negunas carrieiras dedins loudit loc sus penna de cinq soulz e que si ny araassavon neguns feras que lous ne ajon a gitar infra dous dias (3) sus lad. pena e passais lousd dous dias cascung habitant lous puesca prene a sa volumtat.

XIX. — Item que neguna personna non auze m élire fuoc en negun rastoul [F. 5, r.] ni rande (4) en lou termenal deld. loc que la festa de sainct Esteve daoust (5) non sia passada sus penna de vingt soulz et de pagar lou domaige.

XX. — Item Que neguna personna non auze menaidegun bestial foras deld loc per paysser et a3rsso sans esquila ho esquillas ni an esquillas tapadas sus penna de delz soulz tourn. ni bestial menut ranima son cabras bestial lanut per paysser sans esquillas ni ambeescivylas tapadas sus pena de ung moutou ou de feda ou de cabra.

XXI. — Item que neguna personna non auze vendre car de feda an lou mazel, mesclado en lou moutou et anung taulier, sus pena de cinq soulz.et de perdre la carn (6).

(i) cavar : creuser.

(2) aguilhou : petit ruisseau.

(3) infra dous dias : dans les deux jours.

(4) rande, randisa ; haie.

(5) La fête de Saint Etienne d'Août est encore la fête patronymique de Villeneuve.

(6) Défense de débiter la brebis et le mouton sur le même étal. •


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[F. 5, v.] XXII. — Item que neguna personna non ause faire femoras (1) ni gitar escoubilhas, ny carranhados (2) ni car pudenta ni peis puden en las cavas comunas sus penna de vingt soulz tourn.

XXIII. — Item que negun non auze tenir car de feda ny de boc per vendre en lou mazel desay lou cantou del houstal de Guill. de sainct Ginieys sus penna de cinq soûls tourn.

XXIV. — Item que negun non auze an negun bestia lanut cabra ni porcz anar paisse delà lou fluvi dOrb (3) sus pena de ung moutou feda ou cabra ou de ung porc ou de vingt soulz a la élection (4) de aquel que seran lousd. porcz.

XXV. — Item que negun non auze tenir bestial gros ny menut en neguna [F. 6, r.] vinha plantada novella ni reverdida ni en malhol jouve (5) que non aja estât plantât très ans sus penna de ung moutou e lou bestial gros pagara ban double ques scptze deniers per cascuna bestia grossa.

XXVI. — Que neguna personna non auze lavar bugadas njr ventres ni mètre neguna oresia ny yssaguar (6) cambes ny lins en lou abeuradou de la ribieira soubre lou pal (7) que y sera plantât per senhal deldit abeuradou sus penna de cinq soulz tourn.

(i) femoras : fumier. On dit aujourd'hui à Villeneuve : fumeras.

(2) carraunhadas: charognes.

(3) Le fleuve d'Orb passait à cette époque à cent mètres du village. On le traversait sur un bac. Il fut détourné à la suite d'une grande inondation, en

1747(4)

1747(4) la élection: au choix.

(5) En malhol jouve : en jeune plantier. A rapprocher malhoular un enfant : langer un enfant.

(6) yssaguar: mettre à tremper, rouir.

(7) Soubre loupai : en-4essous du poteau.


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XXVII. — Item Que neguna personna non auze tener ny far paisse negun bestial gros ni nienut dins lous verdies deld. loc sinon en son propry sus penna de paguar ban double.

[F. 6, v.] XXVIII. — Item que negun non auze tuar neguna bestia per vendre sinon en lou mazel public (1) sus pena de cinq soulz ts et confiscation de lad. carn.

XXIX. — Item Que negun non ause yssaguar lins ni cambes ni estendre bugadas (2) ny davalar las cavas (3) comunas ni montai' sobre lou coustou devers las muralhas sus la penna de detz soulz tourn. ni rompre lenhas en las ditas cavas verdas ni secquas sus pena de ung moutou.

XXX. — Item Que tout homme de las collectas digne de fe que trobe aucas en garbas blatz en las ayras ou en farratges (4) ou en orts puesca prene una auqua (5) que sera aplicada comma lous autres bans et penas.

[F. 7, r.] XXXI. ■— Item que neguna personna non auze tener negun blat glenat foras del d. loc sus penna de perdre lou glenat.

XXXII. — Item Que neguna personna non ause meisonar ou glenar en negun loc ont aja garbas escampadas ou blad a segar sans lo voler daquel de qui sera loud camp sus penna de vingt soulz et de perdre lou d. blat.

(r) Défense d'abattre ailleurs qu'à l'abattoir public.

(2) Estendre bugadas : étendre les lessives. A Villeneuve on ne dit plus estendre; on dit espaudir tant pour étendre que pour épandre.

(3) mis pour: davalar dins las cavas, descendre dans les fossés.

(4) Farratges ; herbages destinés à être mangés par les bestiaux quand on les met au vert.

(5) Auqua, auca : oie.


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XXXIII. — Item que degun non aja a tener negun bestial an negun prat fins que lou fen sia reculhit sus penna de ban double.

XXXIV. — Item que neguna personna non auze tenir negun bestial en rande tailhat de nouel (1) de Nra Dama de Febrier [F. 7, v.] fins a (2) la festa de sainct Jehan Baptiste sus penna de paguar ban double.

XXXV. — Item que neguna personna non auze culhir neguna orlalicia i3) en neguna possession dautruy sus penna de ban double et de paguar la talla.

XXXVI. —Item que negun carralier non auze montai' soubre la carrelta dins la villa sus penna de detz soulz tourn.

XXXVII. — Item que neguna personna non ause prene negunas lenhas sequas ou mortas en negu [n] a possession dautruy sus penna de cinq soulz tourn. et confiscation de las d. lenhas et de paguar lou domaige.

XXXVIII. — Item que negun cassaire non aja [F. 8, r.] à faire negun reginel (4) en neguna semenada et si ou faria paguara ung gros et lou domaige.

XXXIX. — Item que neguna personna non auze gitar negunas esçoubilhas ne orduras dedins loud loc senon enso del seu propry ni an lous reduictz delz pourtalz ni far fems sus penna de cinq soûls tourn.

XL. — Item que negun non aja a far corre negun

(i) Rande tailhat de nouel (ou nouvel) : haie fraîchement taillée. (2) Fins à.,. :" jusqu'à la Saint-Jean (24 juin). '3) ortalicia : jardinage.

(4) reginel, reginal dans le Saint-Ponais : noeud-coulant en laiton fin ou en crin, que les braconniers placent pour capturer le gibier.


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bestial dins las carrieyras deld. loc que puescon domaigar lous enfans sus pena de ung soulz tourn.

XLI. — Itéra que negun mazelier non ause vendre al mazel neguna carn estantissa (1) de ung jour a lautre de Pantacouste fins a sainct Michael [F. 8, v.] sus pena de detz soulz t. et confiscation de las carns.

XLII. — Item que neguna personna an carrela ni an bestial non auze passai- en negun camp semenat ny en vinhas ni en lous prats estanchs (2) ni en las ayras sus penna de ung moutou el de paguar louta tala.

XLIII.— Item que negun non aja areculhir ni tener neguna famme publiqua en son houslal de una nuyt en lay (;3) sus pena de soixante soulz tourn.

XLIV. — Item que neguna personna non ause melre negun bestial en loc ont aja fruchas sus penna de ung moutou.

[F. 9, r.] XLV. — Item que neguna personna non ause gitar negunas aiguas ni autras causas lourdas (4) ou pudenlas de las fenestras delz oustalz en las carrieyras sus pena de cinq soulz tourn.

XLVI. — Item que negun non ause melre fuoc en negunas guarriguas ni lier m s en lou termenal deldil loc, sus penna de detz soulz et paguar lou domaige que sen poiria ensegui.

XLVII. — Item Que neguna personna non auze dormir deforas an negun bestial brau de Pantacouste fins à sainct Estieine dagoust sus pena de ung moutou.

(i) carn estantissa: viande faisandée, rassise.

(2) lous prats estanchs : saturés d'eau, arrosés de frais.

(31 Défense de recueillir chez soi une femme publique plus d'une nuit.

(4) causas lourdas : choses sales ou puantes. ;


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[F. 9. v.] XLVIII. — Item Que neguna personna non auze prene en neguna possession d'autruy raisins amellas nogas ny autras fruchas ny rompre lous albres ni culhiralz sebas porres ni autra ortalissia sinon en so del seu sus penna de qinze soulz tourn. sinon an volumlat daquel de qui sera (1).

XLIX. — Item que negun non aja à reculhir neguna personna enfermissa en son hostal sans conget dels seignours Consulz sus penna de vingt soulz tourn.

L. — Item Que negun estrangier non puesca venir per habitai- ald. loc de Villanova que premieirament non sia resauput per loud. Sr. ou sous oufriciers et per lous Consulz [F. 10, r.] deld. loc e que sia tengut de prestar segrament de porlar lour charges et affaires deld. loc comme lous autres habitans et de portai- una pessa darmas segon sa facultatper deffensa deld. loc (2).

LI. — Item, que neguna personna non auze tener negun bestial lanut cabra ou porcz de laira de Guill Johan Folcrand Pradas seguen la carrieyra de la prada entro (3» a la prada ny del poux redondel (4) seguen lou camy enlro a la malvineda de Panlacousta fins a Sainct Michael sus penna de ung moulou ou de una feda ou de ung porc del bestial que sera.

[F. 10, v.] LU. — Item Que neguna personna non auze tener negun bestial lanut cabra ne porcz de la carrieira del poux redondel seguen la carrieira Mazera entro à la partisou de la terra de Pourcairanhes (5) sus

(i) Sauf avec la permission du propriétaire.

(2) Voir plus avant la traduction française de cet article.

(3) Entro à la prada : jusqu'à la prairie. Ici on veut dire jusqu'à la Prade, métairie située sur le bord du canal, entre Villeneuve et Portiragnes.

(4) Le puits redondel. (rond) se trouve au chemin qui conduit à la mer; il en reste encore des traces.

(5) Pourcairanhes : aujourd'hui Portiragnes, à 5 kil. à l'est de Villeneuve.


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pena de ung moutou cabra ou porc auen regard al bestial que sy troubara.

LUI. — Item que neguna personna non auze melre negun bestial menut ny bestial gros brau an lous dex del cami dagde en sus de Pantacousta fins a Nadal sus penna de ung moulou.

LIV. — Item es estât ordonnât per lou susd. seignour et consulz que tout homme digne de fe habitant deld. loc e de las colectas puescon [F. 11, r.] fournyr et revelar las penas bans et moutos dessus declaratz daquels que troubaran delinquans infra huech jours autramen non serian plus ausitz et fournit que sia lou moutou ou porc aquel dequi sera aura terme de ung jour tant soulamen de lou recatar (1) an largen comme dessus es dict.

LV. —Item es estât ordonnât et déclarât per lousd. Monr. et Consoulz que per entretenir et observar las ordonnanc sobre dichas sera eslegit per lousd. consulz el conseilh chascung an a Pantacosta ung homme de beu delz habitans deld. loc et sera présentai a la justicia [del Rey et juslamen exercara son] (2) deld. Sr. et jurara a lad. justicia deld. [F. 11, v.] ofïîci et sera tengul de levar lous bans penas que luy seran fournydàs et revelladas en la forma que dessus es déclarât e de las s.d. sommas et penas fournidas et dessus declaradas paguara baillara et deliurara en la manyera que sen sec soes la quarta part de las penas aud. Mons de Villanova lautra quarta part alsd. Consulz per la causa publiqua substenir et l'autre quarta part retendra loud comis et eslegit per son trebal (3).

(i) De lou recatar: de le retirer.

(2) Ces mots sont placés entre deux signes qui les annulent sans doute. . (3) Il y a ici une lacune. Cet article ne distribue que trois quartiers. Il est probable que le quatrième devait être attribué au dénonciateur ou révélateur comme c'est indiqué à l'art, suivant.


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LVI. — liera es eslat ordennal que se alcung se metia en deffensa de non voler paguar lasd. penas e ban et volia dire que foussa mal fournit que lousd. consulz el conseilh ausit lou que auria [F. 12, r.] revellat si es homme de bien, et que non fossa fach per malecia ajon a déclarai- et ne ordonnai- et incomlinent faicha lad. declaraon (1) per lousd. consulz et conselh lou sergan ou sergans deld. Monsr. anaran exécutai- lou délinquant e lou corapeliran (2) a paguar incontinent et si era moutou fournyl se desparlira loud. moutou, Monsr. de Villanova aura ung cartier lous consulz lautre carlier lou reveladou laulre carlier et lou comis lautre cartier, lous sergans tout lou munut exeplat la pel laqualla sera restiluda an aquel de qui sera loud. moulou. Et si era porc semblablenienL e si era en pecungna de quinze soulz tz. loudit Sr. aura 1res soulz [F. 12, v.] quatre deniers lous consulz III s. IIII d. lou reveladou III s. IIII d. lou courais très soùlz quatre den. et lou sergan ung soûl huech den. et ainsins segon mais ou mens auen regard a lad. somma encorrida.

LVII. — Item es estât ordennal que quant séria enconït ung moutou en Iana lou de qui séria lou puesca reseure en bailan quinze soulz Iz et si era ung porc lou puesca reseure en baillant vingt soulz tourn.

LVIII. — Item que negun non aja a prene neguna lenha de las guarriguas per pourlar vendre a Bezes I3J ni en autra part sinon a Villanova ou per son usaige 113' prene [F. 13, r.] tamarisses delz comungs ny des randes

(1) Declaraon, pour déclaration.

(2) Compeliran, contraindront, forceront. Le verbe compelir a disparu du parler populaire biierrois.

{5) 11 est expressément défendu de couper, ,aux garrigues, du bois pour le vendre, si ce n'est dans la commune ; on ne peut 1 exporter à Béziers sous peine de confiscation.


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commis sy non de so del seu propry sus la penna de delz soulz et confiscation de lasd. lenhas.

LIX. — Item es estât ordennat que toutas las tallas (1) sian reveladas infra 1res jours et peis estimadas infra huech jours apellats lous premiers estimaires ou ung de aquels a lad. reire estima al despens de aquel que la requerira et après lousd. huech jours passatz non serari auzitz.

LX. — Ilem que negun logadier (2) homme ou femma non aja a prene ni portai- en venen de son journal (3") neguna lenha vises souquas [F. 13, v.] raisins, perjas de las possessions [que aquels estant lougats] (4) sans lou comsentement de aquel dequi sera la possession sus la pena de delz soulz tourn.

LXI. — Ilem que neguna personna non auze traucar las carelheyras ni las muralhas deld. loc per far passar et tener lours galinas epollets dedins las cavas comunas n3r mettre escalas sus la penna de cinq soultz tourn. et confiscation de lad. poulhalha.

LXII. — Item que negun non sia tengut de paguar moutou 113' porc foun^t synon que i agues et séria trobat dous soulz el sieis den. de lalla [F. 14, r.J que fosse fach a garda publiqua loud bestial e quan non sera a garda publica paguara ban double ainsi que dessus es especificat.

LXIIÎ. — Item que negun non auze melre ni tener negun beslial estrangier en loud. termenal de Villanova

(1) Tallas: dègâis, dommages.

(2) Negun logadier: aucun journalier.

(3) Journal: journée.

(4) Cette rédaction manque de clarté. Le notaire a voulu dire sans doute : de aquels que lous an lougats.


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sans lou venir révélai* als consulz sus penna de cinq soulz tz. per bestia menuda et per bestia grossa de detz soulz et aquels que tendran en lour troupel loud. bestial sans lou révélai* pagaran lasd. pennas.

LXIV. — Item Es estât ordonnât et passât per ordonnança entre lous susd. seignour et consulz et autres habitans que si negun en venen contra lasd. ordonnanças et [F. 12, v.J en enterompen aquelas comète alcung delicte ny crim per inhobediensa (1) raubatori (2) ou autrement que fousse digne de paguar plus granda pena ou punition que dessus en las precedentas ordonnanças non es déclarât que en aquel cas loud. Sr et sa justica ne puescon far la enquesla et information et a3rlal (3) délinquan far punir per la court deld. seignour selon que lou cas requerira et sera de drech et justicia an las pennas que serian contra tal délinquan declarada (4) apartendra entierament aud. Sr. de Villanova.

LXV. — Item es estât ordonnât que negunas personnas èstrangieras que non seran deld. loc habitans non [F. 15, r.] ause (5) glenar en lou terratori deld. loc ny deguhs lous aja a reculhir sus penna de delz soulz et confiscation del glenat.

LXVI. — Guille. de Levis George Cuc Hi Clercy (6) nobles Bernard Vidal Guido Barriera consulz Ita est et Ita est Folcrand Pradàs. lia est Raymond Pouderoux Guill. Delbes.

(i) Inhobediensa : désobéissance.

(2) raubatori : vol.

(3) E aytal délinquan: et tel délinquant.

(4) Declarada et apartendra sont au singulier sur l'acte ; c'est une faute du scribe.

(5) Même remarque pour ause.

(6) Ce mot est indéchiffrable. On pourrait tout aussi bien lire Cleron que Clercy.


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LXVII. — Item despuis es estât ordonnât la délibération del conseilh estrech et gênerai en seguen. Que neguna personna daquel (1) estât [et] comdition que sia non ause mettre ne faire depaise de tout lan degun bestial brau gros 113* menut en los deves et detz (2) despuis lo cam3* dagde jusques au bout de la guarrigua tant en vinhas olivettas que camps [F. 15, v.] et tant que dure lo labouraige et aquo sus las pennas de ban de ung moutou per chascuna A'egade (3) ou quinze soûls a la eslection daquel de qui sera lo bestial troubat et se partira se aplicara comme los autr. bans de motous et aquo en seguen los estatutz et ordonnanças fâchas per Mons le seneschal de Carcassonne confirmadas per an-est transhactions et ordonnanças fâchas entre lou seigneur de Villeneufve(i) consulz et habitans del présent loc et pagara aussi la talla si poinct en ya.

LXVIII. — Item Aussi es estât ordonnât lad. délibération del comselh enseguen que non y aje deguna personna que ause mètre ne far depaisse degun bestial brau gros ni [F. 16, r.) menut ^al deves delà lo fluvy dorb tant que dure lo teratori de Villaneufve sus la penna de ung moutou ou de vingt soulz a la élection daquel do qui sera loud. beslial et se aplicara coume las aulras enseguen lordonnanca sus aquo fâcha a las ancianas ordonnanças.

LXIX. — Item es estât ordonnât que de aras en avant los bandies seran tenguts de revelar lasd. penas et bans de motou deld. bestial que sera troubat dins lousd.

(1) Daquel estât: c'est de quai.,.que le scribe a voulu mettre.

(2) Il semble bien que le mot.de^ soit employé ici dans le sens de pâturage comme deves.

(3) chascuna vcgadc : chaque fois.

(4) Ce qui est souligné ici, ne l'est pas dans le manuscrit. Ce faisant, nous avons voulu mettre en évidence la partie française de l'acte.


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Deves et autres e a fauthe de les avoir fournitz et revellalz seran tenguts losd. bandies de paguar lasd. pennas et bans de moulons et tallas si poinct en y a de leur propre.

LXX. — liera que non y aje deguna personna [F. 16, v.] de quai estât et condition que sia que ause tenir boligas obertas tenir ne vendre alcunas merchandisas fruchas ne aulras causas a la plaça publiqua et tabla de la peysonnarie publica del présent loc lo dimenche ni autras festas mesme tant que l'ofici se dira a la gleiza et aquo sus la penna de cinq soulz tz et confiscation desd. merchandisas et fructs et aulra penna que de drech.

Appert dud. conseilh gênerai J. Alquier notaire ainsi signé.

Copy extraite en son propre original par moy notaire royal soubsigné J. Sochon.


205 —

APPENDICE

Nous avons dit qu'il existait autrefois, aux archives de Villeneuve, une copie imprimée de ces ordonnances avec la traduction française en regard du texte occitan. Or, dans le procès-verbal d'une délibération du conseil, de l'an 1640, nous lisons le texte occilan de ces ordonnances orthographié comme sur l'imprimé et avec la même transposition des articles 2 et 3, 33 et 34. Nous en déduisons que l'imprimé dût être fait d'après une copie de ce procès-verbal, ce qui paraît confirmer qu'il sortait des presses de Martel.

Les consuls prenaient soin de rappeler, par intervalles, à leurs administrés, la teneur de ces ordonnances. C'est sans doute pour en rendre la lecture plus facile au crieur public, qu'on les fit imprimer.

Le procès-verbal de la délibération citée, nous apprend avec quel cérémonial ce rappel se faisait. En voici un extrait : « L'an mil six cent quarante et le second jour du mois de novembre, lendemain de la fêle de la Toussaint, dans le château du lieu de Villeneuve, par devant maître Daniel Oulier docteur en droit, juge en la Baronie dudit lieu pour messire Louis de Cardailhac de Lévis comte de Bieules, seigneur et baron de Villeneuve, se sont présentés Pierre Folquier, Guill. André et Jean Gallier, consuls dud. lieu lesquels ont requis le juge de vouloir faire proclamer par un de ses sergents les ordonnances faites pour le bien el utilité de la cause publique qui lui ont élé présentées dans un cahier de parchemin, (lesquelles la teneur suit : (Ici se trouve reproduite la copie des ordonnances avec mention des trois signatures De Maussis, Alquier el Sochon ; puis


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le procès-verbal se continue ainsi :) « Lesquelles ordonnances ainsi présentées aux juges par les consuls ont été transportées à la place publique en compagnie immédiate de M. Jacques Martin, procureur juridictionnel où il a commandé Bessier, sergent, de les proclamer à haute et intelligible voix, ce qui a été fait à l'instant et incontinent, le public s'étant assemblé sortant d'ouïr vêpres ; lecture faite par le greffier desdites ordonnances, le sergent les a criées el proclamées à haute et intelligible voix afin que personne prétexte cause d'ignorance et le juge en a donné acte ce qui a été constaté par le notaire Garousse qui l'a déclaré et signé de sa main ».

Nous ferons remarquer, en terminant, que le manuscrit Demaussis-Alquier-Sochon ne donne pas la totalité des ordonnances en vigueur, à Villeneuve, au xvi 1' siècle. En effet, dans un document du xvme siècle rappelant une transaction passée en 1527 entre les Consuls et Madame Magdeleine d'Amboise veuve de Guidou de Lévis, nous trouvons la transcription d'une ordonnance qui ne figure pas dans leur cahier : « Aujax que vous faira savé de Mandamen de Mossen le Viguier d'esta villa e à la requesto dels Mosseignors consols que tout homme habitant et cap d'oustal del présent loc aja anar al conseil général ainsi que de coustuma sus pena de cinq sols tourneis ».

(On se rend compte que l'orthographe de l'écrit de 1527 a été déformée par le scribe qui en a fait état deux cents ans plus tard).

P. J. BEDARD.


CHRONIQUE ARCHEOLOGIQUE

Entrées au Musée : Monsieur le Maire a bien voulu faire don au Musée lapidaire de la cloche de l'ancienne église du Collège démoli en 1898. Cette cloche qui était reléguée dans un hangar de la ville est assez intéressante. Achetée par les consuls lors de la création du collège de Béziers, elle servit pour la primitive chapelle de cet établissement. Elle fut utilisée ensuite pour la nouvelle église que les Jésuites, qui avaient pris la direction-du collège en 1599, firent construire en 1642. Elle a donc, pendant plus de deux cent cinquante ans, appelé les fidèles aux offices qui se faisaient dans celte chapelle où le public était admis.

En haut de la cloche, se trouve l'inscription :

-j- Ave Maria gratia plena

suivi du nom du fondeur : Bourrel, placé entre deux points carrés sur la face desquels se trouve une cloche en bas-relief.

Sur l'un des côtés : Un crucifix, avec au-dessus et de chaque côtés un écusson aux armes de la ville (P. 1).

Du côté opposé : 1598 date surmontée d'un point (P., 2) avec une cloche en bas-relief.

Un fragment de mosaïque romaine, fonds rouge avec des raies en losange formées par de petits carrés de marbre blanc. Celte mosaïque a été découverte à 2m50 au-dessous du niveau du sol dans une maison sise à l'entrée du porche qui relie la place du Capus à la rue Tourventouse. —.. Don.de M. Coulouma.



BUREAU DE LA SOCIETE

Pour l'Année 1927-1928

MM.

Dr VINAS J.-M. * Président.

LAURÈS Maurice Vice-Président.

DARDÉ Joseph Secrétaire et Conservateur

du Musée lapidaire.

Dr CAVALIÉ Jean Trésorier.

Corain 1 BARET * Bibliothécaire-Archiviste.

DE VUILLOD Gabriel Conservateur du médaillier.

COULOUMA Joseph Secrétaire-adjoint.

MEMBRES NOUVEAUX

MM. Chanoine CRÉBASSOL. Dr CAZALIS. Dr VAISSADE.

NECROLOGIE

Membres résidants

MM. VIENNEÏ Albert, décédé en 1925. AZÉMA, décédé en 1926. BOUILI.ET Etienne, décédé en 1927.

Membres correspondants

Mme Vicomtesse DE SARRET, décédée en 1925. MM. BERTHÉLÉ, décédé à Montpellier, en 1926.

Chanoine TARNIQUET^ décédé à Agde, en 1927.

Abbé ROUQUETTE, décédé à Montpellier, en 1927.


TABLEAU DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

Membre honoraire

S. G. M& MIGNEN, évêque de Montpellier.

Membres résidants MM.

1881 VIENNET (Charles), rue Pélisson, 27.

1885 DE SERRES DE JUSTIRIAC (Ferdd), rue Boïeldieu, 1-2.-

1886 BALDY (Eugène), place de la Madeleine, 1.

1888 DU LAC (Gaston), rue du 4-Septembre, 27.

1889 BOYER (Germain), avenue Joffre, 33.

1896 DE MARGON (Mï,e Jeanne', château de Margon, par

Roujan (Hérault).

1897 DE THÉZAN-ST-GENIEZ (Marquis), château de l'Hermitage,

l'Hermitage, Servian (Hérault).

1898 BELLAUD-DESSALES (Mme M.), allées P.-Riquet, 42.

— CAVAIJÉ (D'" Jean\ rue du 4-Seplerabre, 3Î. ..,

1900 D'ANDOQUE (André), château du Terrai, par Ouveilhan

Ouveilhan

— CAÏLEÏ (Gabriel), rue Pélisson, 37.

— DE MONTAL (Fernand), rue du Chapeau-Rouge, 5.

1901 BONNET (Jules), rue Paul-Riquet, 38.

1902 MANDEVILLE (Léon), rue Argenterie, 22.

1903 COSTE D'ESPONDEILHAN (Joseph), allées PaulRiquet,

PaulRiquet,

— COSTE (Pierre), rue Porte Olivier, 1. .... •— Dr PASSARINI (Félix), rue Fourier, 2.

1904 DARDÉ (Joseph), rue du 4-Septerabre, 7.

1906 MOURET (Félix), châleau du Nègre, par Vendres

(Hérault).

— DUMONT (Lucien), rue Boïeldieu, 10. . . :■;.

1907 D'' VINAS (J.-M.), Félibre majorai, Bassan (Héi-t). 1909 LE BARS (Yvon), rue Porte Olivier, 6.


— 211 —

1909 DE VULLIOD (Gabriel), rue du Chapeau-Rouge, 4.

— BALDY (Robert, place Saint-Esprit.

1910 SCHMITT (Adolphe), avenue G.-Clemenceau, 113.

— SOURNIES (Jean), boulev. de la Citadelle. 19.

— Dr VABRE (Léopold), rue Casimir-Péret, 5.

— VIDAL (Victor), rue Guibal, 3.

1911 LAURÈS (Maurice), rue Barbeyrae, 19.

1912 FOURNIER (René), rue Guibal, 13.

1920 LATREI'LLE (Jules), Servian (Hérault).

1921 BALDY (Alfred), rue Française, 42.

— Dr LEMOSY D'OREL (Henri), bd de la Citadelle, 29.

— VERNETTE (Jean), avenue Président Wilson, 49.

1922 VÏNÂS (Jean), rue de Lorraine, 15.

— CASTEL (Pierre), rue Vernhes.

— COULOUMA (Joseph), place de la Mairie.

— TISSET (Pierre), rue Moiitmorenc3% 10.

— VILLEBRUN, Avocat, rue Barbeyrae, 19.

— Chanoine BLAQUIÈRE, Archiprêtre, impsse Baudin.

— Abbé BRUN (Albert), Ecole de la Trinité.

— Dr DABADIÉ, avenue Georges Clemenceau, 83.

1923 DE CROZALS (Alfred), allées Paul-Riquet, 67.

Comra 1 BARET, Officier de marine en retraite,

rue Diderot, 2,

1924 VERDIER, Pharmacien, avenue de Bédarieux, 11.

— THOMAS (Paul), rue Pélisson, 31.

1925 SOUCAILLE (Ra3'iiiond), rue Diderot, 2.

— GAUJAL (Ludovic), rue Paul-Riquet, 36.

— D 1' COSTE, rue Mairan, 6.

— LACROIX (Mlle Thérèse), rue de la République, 26.

— LADOUX, Professeur, boul. de Strasbourg, 88. ' — GIRY (Joseph), rue Vieille Citadelle, 1.

1926 Dr BARTHÈS (Joseph), rue du 4-Septembre, 16. Chanoine CRÉBASSOL, Curé-doyen, rue Trencavel.

1927 Dr CAZALIS neveu, rue de la République, 5.

— Dr VAISSADE, rue Française, 26.

— BOUSSAGOL, allées Paul-Riquet, 58.


212 —

Membres correspondants

MM.

D'ABUES D'ASSIGNAN, Villa Parisienne, Mers-Ies-Bains (Somme'.

Dr ALBAREL, rue Lieutenant-Colonel A3'ines, Narbonne.

A. AMIEL, Villegailhenc (Aude).

D 1' J. AZAÏS, St-Pons-de-Thomières.

J. FABRE, Notaire honoraire, Villeneuve-les-Béziers.

BONNET (Emile', rue FaubourgSt-Jaume, 11 (bis), Montpellier.

A. CAPDEVILLE, 52, Astre Guinardo, Barcelone(Espagne).

P. CASSAN, Notaire lion., boulevard Notre-Dame, 61, Marseille.

CELLIER (Jean), Cournonlerral (Hérault).

J. FAVAS, Montagnac (Hérault).

H. FERROUIL DE MONTGAILLARD, château de la Motte, par Marcorignan (Aude).

J. FLOURENS, rue des Balances.

Chanoine GRANIER, Curé de St-Denis, Montpellier.

Abbé GUICHARD, St-Georges d'Orques.

LUGAGNE (Charles), La Miquelle, par Sérignan.

DE REY PAILHADE, Ingéniera' civil, rue St-Jacques, 18, Toulouse.

Abbé P. RIVEZ, Curé à Poussan.

ALLIEZ, rue Michelet, 9, Pézenas.

DE CASTELLANNE (Marquis), rue Pélisson.

Abbé DESPETIS, Curé à St-Sever, Agde.

BAUDOUI-SALZE (Paul), La Baume, Villa Eliane, Montpellier.

ROBERT DE ROTON (Comte), château de Berbiguières, par St-C3Tpïien (Dordogne).

MOT (Gustave), 18, boulevard de la Gare, Toulouse.

Dr MICHEL, Vendres.


— 213 —

THOMAS (Louis), Maître de Conférences à la Faculté des Lettres, 12, rue Delmas, Montpellier.

DE LAMBERT DES GRANGEs(Marqs),rue du 4-Seplembre, 28.

D 1" DABADIÉ, avenue Georges Clemenceau, 83.

VILLEMEJEANNE, Domaine du Moulinet, Largentiére (Ardèche).

BÉDARD, rue J. Guesde ou Villeneuve-les-Béziers.

CONFERENCES

MM.

D 1' CAVALIÉ : La Séméiologie médicale (présentation du livre du Dr COSTE).

DONS ET HOMMAGES

Dr COSTE. — Du symptôme à la maladie : guide du

diagnostic clinique. D 1' CAZALIS l Dr BARTHÈS < — La Sémiologie des spécialités. .

COULAZOU ( COULOUMA. — La Vallée de l'Orb.

Le Formol. M=r LAZAIRE. — Lodéve. Les légendes des Saints. Comm 1 LAFLOTTE — Monographie d'Ampus.


Liste des Ouvrages reçusa

Envois du Ministère de l'Instruction Publique

Bulletin historique et philologique.

Bulletin Archéologique.

Bulletin des Sciences économiques et sociales.

Bibliographie annuelle des travaux historiques et archéologiques.

Mémoires et Bulletins envoyés par les Sociétés correspondantes

Académies et Sociétés françaises

ABBEVILLE. — Société d'émukuion.

AGEN. — Société d'agriculture.

AIX-EN-PROVENCE. — Académie des Sciences. —■ Société d'études provençales. — Faculté de Droit.

ALBI. — Société des Sciences.

ALGER.—Société historique.

AMIENS. — Société des Antiquaires. — Société d'Agriculture, Sciences et Arts.

ANGOULÊME. —Société Archéologique.

ARRAS. — Académie.

AUTUN. — Société Eduenne

AVESNES —Société Archéologique.

(il La présente liste tient lieu d'accusé de réception.

Le numéro inscrit est le dernier reçu au i" Avril 1927.


— 215 —

AVIGNON. — Société de Vauduse.

BAR-LE-DUC. — Société des Lettres, Sciences et Ans.

BAYONNE. — Société des Sciences.

BEAUNE. —• Société d'Histoire.

BESANÇON. — Académie.

BÉZIERS. — Cigalo lengadouciano.

BORDEAUX. — Académie.

BOURG. — Société des Sciences naturelles et Archéologiques.

BOURGES. — Société des Antiquaires.

BREST. — Société Académique. — Académie.

CAEN. — Académie. — Société Française d'Archéologie.

CAHORS. — Société d'Etudes.

CAMBRAI. — Société d'Emulation.

CARCASSONNE. — Société des Arts et Sciences.

CHALONS-SUR-MARNE. — Société d'Agriculture, Sciences et Arts.

CHATAUDUN. — Société Dunoise.

CHÂTEAU-THIERRY. — Société Archéologique et historique.

CHERBOURG. — Société académique.

CLERMONT-FERRAND. — Académie.

CONSTANTINE. — Société Archéologique.

DIGNE. — Société Scientifique et Littéraire.

DIJON. — Académie. — Commission des Antiquités.

DRAGUIGNAN. — Société d'Etudes.

DUNKERQUE. ■— Société Dunkerquoise.

EPINAL. — Société d'Emulation.

EVREUX —Société d'Agriculture.

GAP. — Société d'Etudes.

GRENOBLE. —Académie Delphina-le. — Société de statistique des Sciences Naturelles et Archéologiques.

GUÉRET. — Société des Sciences Naturelles et Archéologiques. • ... . .

LE HAVRE. — Société d'Etudes diverses.

LAON. —Société Académique.

LIGUGÉ. — Revue Mabillon.


— 216 —

LYON — Société Littéraire, Historique et Archéologique

Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres. MAÇON. — Académie. MARSEILLE. — Académie des Sciences, Beaux-Arts. —

Société de Stati>tique. — Société Archéologique de

Provence. MONTAUBAN. — Société Archéologique. — Académie. MONTBÉLIARD — Société d'Emulation. MONTBRISON. —'■ La Diana. MONTPELLIER. — Sociéié Languedocienne de Géographie.

— Académie des Sciences et Belles Lettres. —Société

des Langues Romanes. — Revue historique du Diocèse. MOULINS. — Société d'Emulation. NANCY. — Académie Stanislas. NANTES. — Société Académique. NARBONNE. — Commission Archéologique. NÎMES. — Société de l'Art Chrétien. — Académie. NIORT. — Société de Statistique. ORLÉANS. — Société Archéologique et Historique. —

Société d'Agriculture, Belles Lettres et Arts. PARIS. — Société des Antiquaires de France. — Société de

Numismatique. PERPIGNAN. — Société Agricole, Scientifique et Littéraire. POITIERS. — Société des Antiquaires. REIMS. — Académie. LA ROCHELLE. — Académie. RODEZ. — Société des Lettres, Sciences et Arts ROUEN. — Société d'Emulation. SAINTES. — Société des Archives Historiques. St-ETIENNE. — Société d'Agriculture, Sciences et Arts. St-Lo. — Société d'Agriculture et d'Archéologie. St-MALO. — Société d'Histoire et d'Archéologie. SÎ-OMER. — Société des Antiqua'res de la Morinie. SENS. — Société Archéologique. TOULON. —Académie.


— 217 —

TOULOUSE. — Académie des Inscriptions. — Académie des Jeux Floraux. — Société Archéologique du Midi de la France. — Société d'Histoire Naturelle. — Université et Académie.

TOURS. — Société Archéologique.

TROYES. — Société Académique.

VALENCE. — Société "Départementale d'Archéologie et de Statistique.

VENDÔME. — Société Archéologique, Scientifique et Littéraire.

VERSAILLES. — Commission des Antiquités et des Arts. .

Académies et Sociétés étrangères

ANVERS (Belgique). — Société Royale d'Archéologie. —

Revue Mabillon. BARCELONE (Espagne). — Instituts d'Estudis Catalans. BRUXELLES (Belgique). — Société des Bollandistes. —

Société Royale de Botanique. NEUFCHATEL (Suisse). — Société de Géographie. PHILADELPHIE (Pensylvanie). — American Philosophical

Society. STOCKHOLM (Suède). — Académie des Lettres, Histoire et

Antiquité. St-Louis (Missouri). — Botanical garden. WASHINGTON. — Smithsonian Institution. RIO-DE JANEIRO. — Museo Nacional.



TABLE DES MATIÈRES

Pc Livraison

Pages

Une sépulture ibérique de la Tène II, par M. F. Mouret. 6 Trois parchemins relatifs à l'histoire de Béziers, par M.

E. Baret 12

Séance publique du 21 Mai 1925 29

Discours de M. le Dr Vinas, président 29

Rapport sur les Mémoires Historiques, par M. Edouard

Baret 37

Rapport sur le Concours de Poésie Française, par M.

Paul Thomas 30

Rapport sur le Concours de Poésie Néo-Romane, par M.

le Dr Vinas 62

Lauréats des Concours de 1925 73

Bureau de la Société 75

Dons et hommages 76

1926

Séance publique du 13 Mai 1926 81

Discours de M. le D 1' Vinas, président 81

Rapport sur les Mémoires historiques et archéologiques

par M. Edouard Barèt 89

Rapport sur le Concours de Poésie Française, par M. le

Dr Barthès 98

Rapport sur le Concours de Poésie Néo-Romane, par M.

le Dr Vinas 105

Lauréats des Concours de 1926 115

Bureau de la Société , . .,.,_._.._.__ ...117

Dons et hommages 117


— 220 —

2e Livraison

Séance publique du 26 Mai 1927 125

Discours de M. le D 1' Vinas, président 125

Rapport sur les Mémoires historiques et archéologiques

par M. le D 1' Jean Cavaliè 132

Rapport sur le Concours de Poésie Française, par M. le

D'-' Jean Cazalis neveu 153

Rapport sur le Concours de Poésie Néo-Romane, par M.

le Dr Vinas 159

Lauréats des Concours de 1927 167

Les Statuts de Villeneuve-les-Béziers en 1513, par M.

J. Bèdard 169

Chronique Archéologique 207

Bureau de la Société 209

Tableau des Membres de la Société 210

Liste des ouvrages reçus 214

Béziers. — Imprimerie Générale.