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Title : Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise / [Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise]

Author : Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Ile-de-France. Auteur du texte

Author : Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Ile-de-France. Auteur du texte

Publisher : L. Bernard (Versailles)

Publisher : H. Champion (Paris)

Publication date : 1938

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 13126

Description : 1938

Description : 1938 (A40).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Île-de-France

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5685995s

Source : Bibliothèque nationale de France, 8-Lc-128

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34442726j

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 19/01/2011

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ACADEMIE DE VERSAILLES (SOCIÉTÉ DES SCIENCES MORALES, DES LETTRES ET DES ARTS DE SEINE-ET-OISE)

REVUE

DE

L'HISTOIRE DE VERSAILLES

ET DE

SEINE-ET-OISE

40e ANNEE — ANNEE 1938

Madeleine BALTUS. — Toponymie du pays de Cruye et du Val de Galie. 1

P. DESLANDHES. — Bibliographie de Seine-et-Oise (1937) 99

Chronique. — Le Musée de Versailles (G. B.), — Le Musée de Sèvres

(M. G.). 128

VERSAILLES

ADMINISTRATION DE LA REVUE

AU SIÈGE DE L'ACADÉMIE

rue de l'Indépendance Américaine

LIBRAIRIE LEON BERNARD M. VASSEUR SUCCESSEUR

17, rue Hoche

1938


L'Académie de Versailles comprend des membres et des adhérents.

Pour devenir adhérent de l'Académie, il faut être présenté par deux personnes, dont au moins un membre. Les personnes présentées sont nommées en séance à la majorité des suffrages.

Là cotisation annuelle des membres et adhérents de l'Académie est fixée à 35 francs; elle compte du 1er janvier au 31 décembre. Il est en outre perçu un droit d'admission de 5 francs. Toutefois cette cotisation est réduite à 20 francs pour les membres de la même famille, habitant sous le même toit que le premier inscrit, et pour les adhérents inscrits postérieurement à la clôture de l'année académique (31 juillet).

Le siège de la société est à l'Hôtel de la Bibliothèque, 5, rue de I'Indépendance-Américaine. Les séances sont tenues (novembre-juillet) tous les vendredis, à 17 heures.

La REVUE publiée par l'Académie de Versailles, est envoyée gratuitement aux personnes qui paient la cotisation entière. Là cotisation réduite ne donne pas droit au service de la REVUE.

Les articles de la REVUE paraissent sous la responsabilité personnelle des auteurs. L'Académie et les auteurs réservent leurs droits de reproduction et de traduction, en France et à l'Étranger.

Un certain nombre de Sociétés se proposent de faire, par les moyens les plus divers, connaître et aimer Versailles. Ce sont :

1° LA SOCIÉTÉ DES AMIS DE VERSAILLES (Joy. la notice ci-dessous).

2° LA SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE VERSAILLES ET DU MUSÉE LAMBINET (Voy. la page 3 de la couverture).

3° LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS DE SEINE-ET-OISE (Voy. la notice à la page 3 de la couverture).

4° LA SOCIÉTÉ DES FÊTES VERSAILLAISES ( Voy. la notice à la page 3 de la couverture).

5° LE SYNDICAT D'INITIATIVE ET DE TOURISME DE VERSAILLES (Voy. la page 3 de la couverture).

SOCIÉTÉ DES AMIS DE VERSAILLES

La Société des Amis de Versailles a pour but d'apporter à l'État son concours pour la sauvegarde du domaine de Versailles et pour l'accroissement des richesses artistiques qui y sont contenues.

Lacotisation annuelle est de 20 francs au minimum. Elle peut être rachetée par un versement fait, une fois pour toutes, de 500 francs, qui donne droit au titre de Membre fondateur.

Président : M. ALEXANDRE MILLERAND, ancien président de la Republique ; Trésorier : M. L. METMAN, Conservateur du Musée des Arts décoratifs ; Secrétaire général : M. A. FAUCHTER-MAGNAN, Conservateur adjoint du Palais des Beaux-Arts de la ville de Paris. Le Siège de la Société est au Palais du Louvre, Pavillon de Marsan, 107, rue de Rivoli, Paris (1er).




Toponymie du pays de Cruye et du Val de Galie.

Les recherches toponymiques que nous poursuivons comprennent, à la fois l'étude des noms de lieux et des lieux-dits d'une région déterminée. Elles s'efforcent de relever les termes permettant, à travers les âges, de désigner le sol, la maison, tout ce qui a servi à nommer un village, un hameau, une habitation, une pièce de terre, un point quelconque de la campagne ou de la ville.

Pour qu'une telle étude soit fructueuse, il faut qu'elle s'étende sur des régions présentant des caractères géographiques variés : relief, nature du sol, cultures. Il faut aussi que l'histoire de ces régions s'oit assez riche pour laisser des séries de toponymes de toutes les époques. Pouvions-nous trouver dans la région parisienne un terroir assez peu étendu, permettant des recherches historiques approfondies, et réunissant toutes ces conditions ? Et pouvions-nous également délimiter avec précision une région aussi complexe ?

Deux anciens « pays » : le Pays de Cruye et le Val de Galie nous ont paru propres à ce genre d'études. Nous allons voir en effet qu'ils répondent entièrement aux conditions géographiques et historiques que nous avons fixées.

Variété des conditions géographiques.

Un long plateau dominant de son bord septentrional la vallée de la Seine et de sa crête méridionale le Val de Galie, tel est le Pays de Cruye. D'est en ouest il comprend les hauteurs boisées de Marnes, Vaucresson, la Celle-Saint-Cloud, Louveciennes, la forêt domaniale de Marly-le-Roi, les vastes essarts des Flambertins et des Alluets-leRoi. Au sud de cette haute région forestière s'étend le Val de Galie, large dépression qui prolonge la vallée de Sèvres, part de Chaville,


2 TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE

Viroflay, Versailles, va en s'élargissant sans cesse jusqu'à la Mauldre, dominé au nord et au sud par les crêtes boisées des plateaux de Cruye et de Trappes.

Un plateau, une vallée, voici deux éléments bien déterminés, intéressants à étudier : joignons-y les rives d'un grand fleuve : la Seine, d'une rivière : la Mauldre, d'un ruisseau : le Rû de Galie, Suivons à travers les coupes géologiques la variété des terrains composant le sol, depuis la craie secondaire jusqu'aux couches tertiaires, tantôt argileuses, sableuses, ou calcaires et au limon des plateaux. Voyons enfin l'oeuvre de l'homme qui a défriché de vastes espaces, ouvert le Val de Galie aux cultures, essarté en partie la forêt de Cruye tout en respectant les hautes frondaisons. Étudions l'histoire du défrichement à travers les noms de lieux qui en fixent toutes les étapes aux différentes époques. Marquons enfin la forme des champs, la diversité des cultures, et dessinons la mouvante figure d'une terre que l'effort humain a transformée au cours des siècles.

Complexité de l'histoire locale et de la formation territoriale de ces régions.

Ces deux « pays » forment chacun une petite région naturelle bien déterminée mais n'ont aucune unité historique. Dès l'époque galloromaine, la limite de la Cité des Carnutes et de la Cité des Parisii coupait le plateau de Cruye et le Val de Galie. A l'époque chrétienne, les diocèses de Chartres et de Paris s'en partagèrent les paroisses. De nombreuses abbayes : Saint-Denis, Saint-Germain-des-Prés, SaintMagloire, les Vaux de Cernay, etc., eurent là des possessions; les châtelains de Poissy, de Neauphle, les seigneurs de Chevreuse, de Marly, de Villepreux... étendirent leur suzeraineté. Ravagé par la guerre de Cent Ans et par les guerres de Religion, renaissant après chaque désastre, ce pays devait connaître un bouleversement total au XVIIe siècle. La fantaisie de Louis XIV groupa les terres autour des châteaux de Versailles et de Marly, le nom de Cruye disparut peu à peu éclipsé par celui de « Forêt de Marly », et cette forêt royale s'incorpora quelques essarts replantés, s'augmenta de bois nouveaux tandis qu'une solide muraille fixait ses limites. Le Val de Galie eut toute sa partie orientale comprise dans le grand Parc de Versailles (jusqu'à Villepreux), des paroisses et des hameaux entiers furent détruits et remplacés par les bâtiments et les jardins royaux.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 3

Les divisions administratives de notre époque continuent à fragmenter en divers tronçons ces deux régions naturelles : elles sont en effet comprises dans les cantons de : Marly-le-Roi, Poissy, Saint-Germainen-Laye, Sèvres, Versailles (arrondissement de Versailles), et dans le canton de Montfort-l'Amaury (arrondissement de Rambouillet).

Les limites du « Pays de Cruye » et du « Val de Galie ».

Chacun de ces pays forme cependant une unité géographique aisée, à déterminer sur la carte. Mais il faut tenir compte des facteurs humains : un nouvel élément nous servira donc à fixer les limites des régions étudiées : l'aire linguistique des noms de Cruye et de Galie. Nous allons donc relever les formes anciennes de ces deux toponymes et grouper tous les lieux situés en « Cruye » ou en « Galie » à une certaine époque.

Cruye (étymologie, voir lexicologie, nature du sol, celtique crodia : [terre] dure)

creva. IXe siècle (Polyptique d'Irminon, tome I, p. 353). Creia : 1106 (cartulaire de

l'église collégiale de Saint-Cloud, cité par le comte de Dion, notes manuscrites, tome

III. Arch. S.-et-O.) Cruie : II74. « Propterea ad edificandam et conburendum in foresta

Cruie usarum suum habebent». (Arch, de S.-et-O. série H, fonds d'Abbécourt.) Creya ;

1187, « grangiam de Creya quae est in loco qui dicitur Paucum (Depoin. Cartulaire

d'Abbécourt, p. 24.) Croie : 1187 super decimas novalum Croie. (Ibid. p. 24.) Cruia :

1243, in foresta cruia (chartes de l'abbaye de Joyenval. Arch. de S.-et-O. Série -H, fonds

de Joyenval, ch. IX.) Cruce : 1289, terra de Croiz : 1290. (Arch. de S.-et-O. Série D,

carton Rueil.) Vallibus de Craya : 1324 (Merlet et Moutié, Cartulaire des Vaux-deCernay.

Vaux-deCernay. p. 60) : le Vau de Cruye. 1511. (Ibid. II. 132.) Val de Cruye : 1496-1599.

(Arch. Nat. P. 2240b). Val de Croui : 1595. (Arch. Nat. Q. 14721 et cadastre). Bailly-,

en-Cruye : 1463. (O1 3965. Arch. Nat. liasse I.) 1467 (tabellionnage de Villepreux,

I° registre f° 29.) I486. (Arch. Nat. O1 3923.) Noisy-en-Cruye : 1369. (Arch. Nat.

O1 3967.) 1470. (tabellionnage de Villepreux, Ier registre, f° 29.) Villiers-en-Cruye

(territoire de Feucherolles.) 1471. (tabel. Villepreux Ier reg. f° 65°) 1693 (Arch. Nat.

P. 2241-42).

Le pays de Cruye s'étendait donc depuis les Alluets-le-Roi et la ferme du Pou à l'ouest, jusqu'aux environs de Rueil à l'est. Au Nord, un lieu-dit a persisté : le Val de Croui. Au sud les principaux villages ont porté le nom de Cruye, jusqu'au XVIe siècle et ce nom a presque entièrement disparu après le XVIIe siècle.

Galie (I) capellam gallie. 1163, bulle Alexandre III, 24, avril. (Cartulaire de SainteGeneviève E. D. 25.) Val de Galie : « decima quam habebat apud Balliacum que percipitur de terris de Valle Galie « 1239 (Arch. de S.-et O. Fonds de Maubuisson).

Val de Galie. 1450. (Arch. de S.-et-O. Fonds du prieuré d'Argenteuil, carton XXVIII, liasse 175.)

Ru de Gallie. 1450. Ibid. ce nom de ru de Galie, Gallie. Gally a persisté jusqu'au cadastre.

(1) Galie : ferme domaniale enclavée dans le Parc de Versailles. Origine inconnue, peut-être de l'époque franque (à rapprocher de Gallicourt, lieu-dit de Rueil.)


4 TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE

Terroir et seigneurie du Val de Galie. 1691. (Arch. Nat. O1 3944. 1. 2.)

Chemin de « Gallye » 1469. Grand chemin tendant de gallye à Neauphle (Tabellionnage de Villepreux, Ie registre. f° 21). 1472. Chemin de Gallye appelé chemin de Paris (passe à Villepreux (ibid. f° 48). 1665. Chemin de Bailly à Gallye passe à Vaulregnaut. (Arch. Nat. O1 3855. 1. 3.) 1736. Ancien chemin de Louveciennes à Gallye (passe à Maille toute) (Arch. Nat. O1 3915 liasse 10).

Alluets-le-Roi (les) 1493. paroisse des Alleux-le-Roy au Valde Gallie (Arch. Nat. S. 1343. (Saint-Martin-des-Champs) n° 20.)

Bailly-Val de Gallye 1559. (Arch. Nat. LL. 1181). 1649-1659 (Arch. Nat. Q. I4721).

Bois-Darcy au Val de Galie 1705. (Arch. Nat. O1 3958.)

Celle-Saint-Cloud (La) 1532. Bel Esbat au Val de Galie (Arch. S.et-O. Série H censier de l'Abbaye de Gif.)

Chavenay. 1450-1474. Chavenel au Val de Galie (Arch. de S.-et-O. Fonds d'Argenteuil, carton XXVIII, liasse 175).

Chaville-au-Val de Galie. 1494. (Arch. Nat. O1 3830. liasse 2. 1526-1554. (Ibid. liasse 3.) 1501. (O 1 3833, liasse 1.)

Crespières. Wideville. « Le fief et seigneurie de Wideville, ses appartenances et dépendances assis au Val de Gally près Davron (comte de Galard, Wideville. Paris, 1874, P- 8).

Davron au Val de Gallye. 1485. (Arch. S.-et-O. tabellionnage Villepreux. 2° registre, p. 340)

Saint-Cir au Val de Gallie, 1482 (ibid. f° 4Iv°).

Tyverval au Val de Gallye, 1483 (ibid. f° 82v°).

Velizy. Ursines. Orsinne au Val de Gallie. 1559. Arch. Nat. (O 1 3855 1. 2).

Ursine au Val de Galie, 1628. (Arch. Nat. ibid. liasse 3.) Orcihe seize au Val de Galye proche Meudon. 1676.(ibid.).

Versailles au Val de Galye. 1538. (Arch. Nat. S. 1159, prieuré Saint-Julien de Versailles censier) 1525. (Arch. Nat. S. 1159).

Glagny, scis au Val de Gallie. 30 novembre 1665 (Arch. Nat. O1 3928. inventaire du XVIIIe siècle. Clagny, cote I), Glatigny au Val de Gallie 1482. (Arch. Nat. S. 3819, p. 71. I22v°), Montereul val de Gallye 20 novembre 1572, (Arch, Nat. O. 3855, liasse 2), Montreuil au Val de Gallie 15 janvier 1598. (Arch. Nat. O. 3928. Mont. XVIII. Clagny, c. 30.)

Ville d'Avray au Val de Gallie. 1554, (Arch. Nat. O1 3820. liasse 3.)

Viroflay au Val de Gallye, 1560. (Arch. Nat. O1 3873, inventaire des titres de Villepreux. Rennemoulin, p. 1162.) Viroflay au Val de Gallye, 1608-1666. (A. N. O1 3860, liasse 1 et 2.)

Le relevé des formes anciennes nous montre donc que le nom de Cruye a désigné des aires de moins en moins vastes, tandis que le « Val de Galie » comprenait des régions de plus en plus étendues. « Cruye » s'appliquait à une forêt et suivait la fortune de celle-ci : les arbres étaient-ils abattus, la forêt reculait-elle ? le nom disparaissait avec elle.

Mais le nom de « Vale de Galie » désignait des terres de culture. Quand le défrichement gagna le plateau, on situa les terres ainsi recouvrées au « Val de Galie », nom qui ne s'accordait guère, cependant, avec la topographie des lieux. C'est là l'origine des variations que nous pouvons relever dans l'étendue des aires des noms de « Cruye » et de « Galie ».

En combinant les aires géographiques et linguistiques, nous arrivons à fixer les limites de la région étudiée :


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 5

Au nord : le « Pays de Cruye » : hauteurs de Vau cresson, la CelleSaint-Cloud, Bougival, Louveciennes, plateau de Marly et son versant nord jusqu'à la Seine, de Bougival au Rû de Buzot ; vallée du Rû de Buzot par Aigremont et Chambourcy ; plateau des Alluets-le-Roi. (Nous n'avons pas compris dans cette étude les versants nord et ouest du promontoire des Alluets qui n'ont-jamais porté le nom de Cruye.)

Au centre et au sud : le « Val de Galie » de Chaville, Viroflay, Villed'Avray, Versailles, jusqu'à la Mauldre, limité au sud par les hauteurs de Satory, Bois-d'Arcy, Plaisir.

Cette région comprend les. communes de : Aigremont, les Alluets-Ie-Roi, Bailly, Beynes, Bois-d'Arcy, Bougival,

la Celle-Saint-Cloud, Chambourcy, Chavenay, Chaville, le Chesnay, les Clayes, Grespières, Davron, l'Etang-larVille, Feucherolles, Fontenay-le-Fleury, Fourqueux, Louveciennes, Mareil-Marly, Mareilsur-Mauldre,Marty-le-Roy et Port-Marly, Marnes, Noisy-le-Roi, Plaisir, Rennemoulin, Rocquencourt, Saint-Cyr, Saint-Germain-dela-Grange,

Saint-Germain-dela-Grange, la Bretèche, Thiverval, Vaucresson, Velizy, Versailles,. Ville-d'Avray, Villepreux, Viroflay.


Géographie physique et humaine

Le plateau de Cruye situé au sud de la Vallée de la Seine fait partie d'un système de hauteurs parallèles se développant surtout au nord de ce fleuve : forêts de Carnelle, de Montmorency, hauteurs de Cormeilles, de l'Hautil.

Il atteint une hauteur de 160 à 180 mètres, tandis que la Seine qui sape sa falaise entre Bougival et Port-Marly coule seulement à 30 mètres d'altitude. Le sommet du plateau est formé de meulière de Beauce, la base de son versant nord, attaquée par la Seine est creusée jusqu'au soubassement secondaire de craie senonienne (vers Port-Marly). Des couches tertiaires constituent donc le relief du plateau de Cruye, elles se succèdent, du sommet à la base, dans l'ordre suivant :

chattien : meulière de Beauce; stampien : sables de Fontainebleau; sannoisien : marnes vertes; Indien : gypses et marnes; bartonien : calcaire de Saint-Ouen ; auversien : sables de Beauchamp; lutétien : calcaire grossier; sparnacien : argile plastique.

Soubassement secondaire de craie senonienne qui apparaît dans la concavité des méandres de la Seine, au pied du plateau.

Le versant septentrional du plateau de Cruye descend par des étages successifs vers la Vallée de la Seine; les raides vallées de Bougival, de Marly, de l'Étang-la-Ville, aux versants asymétriques sont creusées à travers les couches tertiaires et abondent en sources diverses. La vallée du Rû de Buzot, dont le confluent, compris entre les hauteurs de Cruye et de Saint-Germain est un des points les plus marqués par l'érosion fluviale, limite au nord-ouest le plateau de Cruye. Le plateau des Alluets le prolonge à l'ouest : sa structure est semblable


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 7

à celle du plateau de Cruye, mais sa forme est plus massive : la Seine s'en éloigne davantage, et les eaux courantes n'ont plus à se creuser des vallées aussi abruptes pour rejoindre leur niveau de base.

Le versant nord du plateau de Cruye a toujours été recherché par l'homme pour l'abondance de ses sources, la diversité de ses terrains, la facilité de défense de ses sites. Les établissements préhistoriques et celtiques, les villas gallo-romaines, les domaines de l'époque franque et de l'époque féodale, les maisons de plaisance et les châteaux se sont fixés sur les terrasses et dans les vallées, au niveau des sources qui jaillissent au contact des marnes et des argiles sannoisiennes ; région verdoyante, couverte de vignobles jusqu'au XIXe siècle, où se plaisent les arbres fruitiers.

Le sommet du plateau, recouvert de forêts, donne après le défrichement, une excellente terre à blé. Quelques fermes et même un gros village : les Alluets-le-Roi, s'y sont développés; les puits y remplacent les sources défaillantes : mode de peuplement analogue à celui de la Beauce, postérieur, cependant, aux établissements humains des versants.

Un cirque boisé, entoure Versailles vers l'orient : hauteurs de Viroflay, Bois de Fausses-Reposes et de Marnes. A l'ouest, les lignes de relief vont s'éloignant sans cesse, limitant, jusqu'à la Mauldre, une région que les paysans dénommèrent judicieusement Val de Galie. Elle correspond, en effet, à une très large vallée, où coulent seulement de maigres ruisseaux. Un sol bien défriché, de riches cultures lui donnent l'allure d'une plaine. Mais deux crêtes boisées la bordent au nord et au sud, et la dominent : le plateau de. Marly, des Flambertins et des Alluets, « pays de Cruye » dont l'altitude varie de 170 à 186 mètres et le plateau de Satory, Bois-d'Arcy et Trappes qui s'élève jusqu'à 173 mètres.

Ces deux lignes de relief qui laissent seulement entre elles, à l'est la profonde et étroite vallée de Chaville et de Viroflay, tracent ensuite les bords de la cuvette de Versailles et vont s'écartant sans cesse vers l'ouest, jusqu'à la Mauldre dont le cours limite le Val de Galie.

Le Rû de Galie marque l'axe de la vallée. Des mamelons parallèles le bordent au nord et au sud, s'élevant à 123 mètres à l'est, à 130 et 132 mètres à l'ouest.

Nous retrouverons, au Val de Galie, la même succession d'assises tertiaires qu'aupays de Cruye, mais l'érosion s'y est exercée d'une manière toute différente grâce à des plissements orientés d'ouest en est.


8 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Anticlinal de Beynes, par Plaisir, les Clayes, Bue (I).

Synclinaldu Rû de Galie, par Montainville, Davron, Villepreux, Versailles, Velizy.

Anticlinal de la Seine, par Crespières, d'Avron, Rennemoulin, Clagny.

L'anticlinal de Beynes, dont l'influence est la plus sensible, a relevé les différentes assises et maintenu, à plus de I00 mètres d'altitude, l'affleurement de la craie senonienne secondaire. Le travail d'érosion qui a donné à la région son aspect actuel comprend quatre étapes :

I° La plate-forme de 170 mètres, niveau de la meulière de Beauce, comprenant les plateaux de Cruye et Bois-d'Arcy, Trappes.

2° Le gradin de 130-140 mètres, niveau des marnes et argiles sannoisiennes, composant les pentes situées au pied des collines.

3° La plate-forme à altitude 130-120 mètres... Elle constitue en totalité la grande plaine de Villepreux et forme des buttes-témoins à soubassement crayeux... (butte de la ferme extérieure de Grignon,. plateau de Davron).

Cette plate-forme plus ou moins dissociée correspond aux affleurements du bartonien ou du lutétien. Son existence est vraisemblablement liée aux assises silicifiées de ces étages autant qu'aux bancs durs des calcaires à potamides (calcaire grossier).

4° Le gradin le plus bas se compose de la craie sénonienne. L'argile à silex apparaît à l'ouest du Val de Galie (Plaisir, Thiverval).

Le Rû de Galie et le Rû Maldroit drainent cette région. Le Rû de Galie, qui a donné son nom au pays prend naissance à la ferme de Galie. Il occupe l'axe de la vallée jusqu'à Villepreux. Vers sa rive droite coulent le Rû de Bailly grossi du ruisseau de Chèvreloup et du Rû de Noisy, du ruisseau de la Tuilerie, minces filets d'eau qui se perdent parfois avant d'atteindre l'artère principale.

Sa rive gauche reçoit le Rû de Fontenay, grossi du ruisseau de l'Abbaye, l'Oisemont, le Rû de l'Arcy que complètent les sources dé la Hébergerie et du Val Joyeux. De Villepreux à Thiverval sa courbe, à concavité orientée vers le nord, ne suit plus l'axe de la plaine, mais se rapproche de la crête septentrionale du plateau. Son seul affluent est, sur la rive droite, le Rû de Chavenay. De Thiverval à la Mauldre

(I) Carte géologique du service géographique de l'armée, Paris, 48. Béranger, éditeur.

Cette étude s'inspire des notes géologiques de M. Couvreur, professeur à l'École de Grignon. Conférences des Sociétés Savantes de S.-et-O., 1930, p. 69.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 9

où la rivière se jette, en aval de la Maladrerie, son cours s'infléchit vers le nord : les Rûs de Davron et de la Maladrerie s'écoulent vers sa rive droite.

Le Rû Madroit, qui doit son nom à son cours sinueux est alitmente par des sources jaillissant à la limite inférieure du Stampien au niveau des argiles à huîtres, au pied des hauteurs boisées de Plaisir. Ses sources forment deux rameaux, dont l'un draine les eaux du Bois de Sainte-Appoline, et l'autre le rebord méridional du bois des Clayes non loin du hameau des Gâtines. Dès qu'il se dégage de la région forestière, le Rû Maldroit coule du sud au nord sur le calcaire grossier d'abord, puis sur la craie blanche, relevée à l'altitude de II0 mètres par l'anticlinal. Sous le limon des plateaux exploité dans les briqueteries au nord-ouest de Plaisir, se trouve un puissant cailloutis quaternaire, situé à l'ouest de la rivière actuelle, témoin probable de ruissellements anciens provenant des hauteurs de la Boissière où existent en effet des affleurements importants d'argiles ludiennes et sannoisiennes.

Le Rû Maldroit qui coulait d'abord dans la direction sud-nord, fait au moulin: de Plaisir-Grignon un coude brusque et se dirige vers l'ouest. La craie secondaire absorbe en partie ses eaux, et ce n'est plus qu'un mince ruisselet qui atteint la Mauldre en amont de Beynes.

A l'est du moulin de Plaisir-Grignon une vallée sèche prolonge le second cours du Rû Maldroit : ce thalweg passe au nord des Ebisoires et atteint la limite de Villepreux. Un forage effectué au moulin de Plaisir-Grignon, à 70. mètres dé profondeur, donc 20 mètres d'altitude, a révélé la présence d'eaux abondantes dans la craie senonienne. Une rivière souterraine importante suit la dépression, et le cours est-ouest du Rû Maldroit n'en représente qu'une partie visible infime. Nous sommes dans cette région au nord du bombement crétacé. Les eaux souterraines rejetées par ce bombement ne sont pas très profondes en raison de la disparition totale des assises tertiaires. L'axe de l'hydrographie souterraine correspond à la dépression est-ouest en question, parallèle à la vallée plus septentrionale du Rû de Galie.

Le haut «Val de Galie », vers Chaville et Viroflay, se rattaché à la vallée de Sèvres, profonde coupure qui'rappelle les vallées du pays de Cruye.

Les nombreux villages du Val de Galie ont recherché le voisinage des sources, affleurant au contact des argiles et des marnes sannoisiennes, et ludiennes, au rebord des plateaux de Cruye et de Bois-d'Arcy, puis au niveau de l'argile plastique, entre les buttes du Val de Galie.


10 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Au premier étage correspondent les villages du : Chesnay, Rocquencourt, Bailly, Noisy, Saint-Nom et la Bretesche, Feucherolles, Versailles (ancien), Saint-Cyr, Fontenay-le-Fleury, les Clayes, Plaisir, etc.. Au second : Villepreux, Rennemoulin, Chavenay, Davron, Crespières, Thiverval, Beynes, etc..

Le plateau de Bois-d'Arcy, dont les villages et les hameaux furent des dépendances des établissements du Val de Galie — du moins dans la partie septentrionale, qui nous intéresse — a un peuplement semblable à celui des hauteurs défrichées du pays de Cruye (village de Bois-d'Arcy, hameaux des Gâtines, du Buisson, de la Chaîne)...

Si les nombreuses sources du Val de Galie favorisèrent les établissements humains, certaines conditions naturelles permirent le développement des villages : richesse du sous-sol, fournissant en abondance la pierre et l'argile, bonne terre de culture qui, débarrassée de sa couverture forestière, porta de riches moissons, ruisselets dont les eaux firent tourner les roues de nombreux moulins.

Histoire du défrichement.

L'histoire des établissements humains est étroitement liée à celle du défrichement. Sur une carte de la région parisienne, il est facile de fixer les sites des villages, leur emplacement par rapport aux sources, les conditions naturelles favorables qu'ils rencontrent. Mais il est moins aisé de déterminer l'âge de ces groupements, de suivre les grandes lignes de leur développement, lié souvent aux transformations de la végétation et des cultures.

La substitution des cultures et des vergers à la forêt originelle, obéit à des lois que nous allons essayer d'énoncer : étude forcément superficielle, mais cependant nécessaire à entreprendre, avant toute recherche sur l'histoire du peuplement et de la formation territoriale de cette région.

Prenons la carte du service géographique de l'armée au 50.000e, feuille 14, qui indique nettement les régions forestières. De larges taches claires entourées d'une bordure boisée marquent les essarts des Alluets-le-Roi et des Flambertins. Au sud de Marly, I'essart du Trou d'Enfer est cerné de tous côtés par des bois. Le même mode de déboisement s'observe à Villancy, à Satory (ancienne région de la Grange l'Essart), au plateau de Villacoublay. Nous nommerons ce type de défrichement : le défrichement en « clairières ».

Ce mode de défrichement, pourrait-on objecter, se rapporte surtout


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE II

aux plateaux qui ont conservé, la forêt sur les versants humides où affleurent les argiles. Mais le sommet des plateaux, resta également couronné de frondaisons, entre les essarts : Forêt de Marly, Bois de Sainte-Appoline entre Villancy et la Chaîne (Plaisir), Bois des Gonards entre Satory et La Boulie. Ce déboisement des hauteurs correspond à un stade de l'histoire du défrichement, assez avancé pour être sensible, assez peu évolué pour n'être pas total.

Il arrive cependant qu'un plateau présente un vaste espace défriché : essart des Alluets et des Flambertins, essart du plateau de TrappesBois d'Arcy, s'étendant depuis « la Chaîne » (hameau de Plaisir) aux Loges-en-Josas, en passant par Bois-d'Arcy, Trappes, Montigny, Guyancourt, etc..

Cet espace déboisé est en réalité formé d'une série de clairières assez rapprochées qui se sont unies en éliminant peu à peu un anneau boisé. Notons le faible espace s'étendant entre le Bois d'Abbecourt et le bois des Flambertins qui devait isoler l'essart des Alluets-le-Roi de celui des Flambertins.

Sur le plateau méridional, le village de Bois-d'Arcy est encore, entouré, à l'ouest par les bois de Puisaloup et, au sud, par une ligne boisée qui suit l'étang de Saint-Quentin. Certains noms de hameaux rappellent d'ailleurs une végétation disparue : le Buisson (Plaisir), la Tremblaye (Bois-d'Arcy), etc..

Les forêts des régions humides ont été bien souvent éliminées les dernières : mais cette règle comporte des exceptions : des essarts qui datent de l'époque féodale longent la vallée du Rû de Buzot sur le flanc nord de la forêt de Marly : ancienne paroisse Saint-Jacques de Retz, abbaye de Joyenval, Saint-Léger-en-Laye, tandis que la' forêt persiste sur le plateau, au sol cependant plus sec.

Nous voyons donc se former une série de clairières qui s'étendent, fusionnent, formant une clairière plus vaste, entourée d'un anneau forestier se rétrécissant peu à peu.

Au nord de Bois-d'Arcy, au lieu-dit » la Brêche Bâton », le défrichement gagne l'anneau forestier. Sur le rebord du plateau septentrional, à Villiers-le-Sec (Feucheroljes) le groupement compact des arbres est remplacé par une série de boqueteaux.

Il est bien rare, d'ailleurs, que le bois soit complètement éliminé : une garenne, une remise à gibier, un bouquet d'arbres marquent souvent les traces de l'ancienne forêt.

Cette remarque va nous aider à étudier le défrichement du Val de


12 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Galie. Si l'on unit d'un trait les boqueteaux, entourant chaque village ou chaque domaine, on retrouve l'emplacement des anciennes clairières, dans cette région, complètement défrichée : villages dé Crespières et de Beynes, ferme de Frileuse, etc.. Le village de Villepreux était entouré de bois : on en suit la trace entre Villepreux, Saint-Nom, Noisy et la Tuilerie au nord, à la Hébergerie au sud. Les lieux-dits en gardent le souvenir. La « plaine » de Villepreux ne porte-t-elle pas le nom de « les hauts-bouleaux », nom qui s'est étendu au Moyen Age sur un plus vaste terroir : le « Boulay » de Villepreux ?

Nous pourrions multiplier les exemples : la loi du défrichement en clairières nous paraît bien établie. D'ailleurs un certain nombre d'établissements de l'époque celtique portent des noms en « oialos », l'élément ialo signifiait « clairière », en gaulois, avant d'être employé comme simple suffixe.

Cette remarque linguistique est à rapprocher des observations géographiques que nous avons pu faire.

Cependant formulons quelques réserves. Nous avons parlé de « stades » de défrichement. Il serait téméraire de croire que ces périodes se soient nettement succédé. Le défrichement du Val de Galie est presque total (sauf dans la partie orientale occupée parle parc de Versailles) tandis que les plateaux sont recouverts sur de vastes espaces par la forêt. Cependant sur quelques points, nous pouvons constater que les plateaux ont été anciennement colonisés. Au sud de Versailles un ancien lieu-dit « la grant et la petite Nogent » date de la fin de l'époque celtique. Non loin de là on trouve le domaine gallo-romain de Satory près duquel se développe, au Moyen Age, la ferme de la Grange-l'Essart. Disons donc simplement que, dans l'ensemble, le défrichement total de ces régions a été moins rapide que le défrichement du Val de Galie.

Ces quelques remarques éclairent l'histoire de la formation territoriale de la région.

ÉTABLISSEMENTS PRÉHISTORIQUES

Les pays de Cruye et le Val de Galie furent habités aux temps préhistoriques. On découvrit à Marly, en 1848, un dolmen au lieu-dit le Mississipi (I). Sur le plateau de Marly, de nombreux silex taillés

(1) Mellerio : Fouilles opérées dans le voisinage de l'Allée couverte du Mississipi, à Marly-le-Roi (S.-et-O.). Bulletin de la Soc. des Sciences de S.-et-O., t. XI, p. 25


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE I3

furent relevés non loin de la « Tour aux Païens » (2) lieu-dit rappelant une « pierre levée » ou un menhir, tout comme la « haute pierre » qui s'élevait encore au XVIIe, siècle à la tête de la Vallée de l'Étang. A Bougival, on trouve, en 1884, dans le lit de la Seine, une pirogue « creusée au moyen du feu dans un tronc de chêne ».

Si le versant septentrional du plateau de Cruye, aux terrasses inclinées vers la Seine, fut favorable à l'homme dès l'époque la plus reculée, le Val de Galie nous révèle également des tracés anciennes d'habitat humain.

La vallée de la Mauldre garde à Beynes des traces de station préhistorique (3). Des vestiges anciens ont été trouvés à Chantepie (GrignonThiverval) (4), et à Chavenay (5) (haches de silex). Le rû de Galie fut donc, lui aussi, une voie de pénétration. Le rebord du plateau septentrional nous livre, à Feucherolles et à Noisy-le-Roi (6), des traces d'habitat ancien, ainsi que le plateau méridional de Bois-d'Arcy. Les mêmes découvertes ont été faites à l'extrémité orientale du Val de Galie, à Viroflay, et aux environs de Versailles et de Chaville.

ETABLISSEMENTS PRÉLATINS

Il est intéressant de fixer sur la carte ceux des établissements prélatins que nous pouvons exactement déterminer. L'étude des noms de lieux nous sera ici d'un grand secours. Certains de ces toponymes s'appliquent d'ailleurs, à des régions qui nous ont déjà révélé, par l'archéologie, des traces d'établissements préhistoriques. Cependant l'aire des formations celtiques et préceltiques nous paraît moins étendue que les zones de peuplement antérieures.

Les formes anciennes de ces noms seront étudiées dans la partie lexicologique de ce travail (prélatins). Nous n'avons donc qu'à les

à 40. 1936. — Complément des fouilles..., id., 3e série, t. III, fascicule 6-7, p. 82-88. I935. — La préhistoire dans l'ancien parc de Louis XIV à Marly. Bulletin de la Société préhistorique française, n°s 7-8. 1923.

(2) Guegan : Recherches géologiques et préhistoriques, aux environs de SaintGermain-en-Laye. Mém. de la Société des Sciences morales de Lettres et des Arts, de S.-et-O., 1874, t. X, p. 392 et suiv. — Rech. préhist. dans le dép. de S.-et-O. de 1-879 à 1883. Com. ant. et arts de S.-et-O. 1884, p. 79-80.,

(3) Aubert (Victor) : Beynes préhistorique, 1930, in-8°. (4) Carte archéologique de Seine-et-Oise dressée par la Commission des antiquités et des arts du département, 1889.

(5) Halley : Résumé de l'histoire de Chavenay, Versailles, I912, in-8°, p. 9. (6) Gauthier. (abbé) : Stations préhistoriques . de Bois-d'Arcy et Noisy, Commiss. Antiq. et Arts S.-ét-O., t. IX, P. 55.


14 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

énumérer en les rattachant à ce que nous pouvons savoir, ou postuler, de la colonisation du pays.

La couche la plus ancienne de ces formations correspond aux noms des rivières : la Seine (Sequana), la Mauldre *(Maulara) sont préceltiques (I). Nous pouvons y joindre le nom de la ville de Sèvres remontant à *Savara, et désignant probablement, à l'origine, le ruisseau qui suivait la vallée de Viroflay, Chaville, Sèvres.

Nous verrons de très anciens établissements humains se développer non loin de ces vallées.

Vallée de la Seine.

Signalons l'intérêt de certains noms de villes et de villages extérieurs à notre région, mais nous aidant à comprendre le peuplement de celleci. A côté de Sèvres, nous avons, à l'est Meudon (Melodunum, Mellodunos, dunos = oppidum) (2) et, au nord-ouest, Saint-Cloud, dont le nom ancien est Novigentum (de *novientos dérivé de novios, neuf (3). En remontant la vallée de Sèvres nous atteignons la région de Versailles où nous trouvons, aux environs de Satory, un ancien lieu-dit « la grant et la petite Nogent », terre défrichée, ville nouvelle de l'époque gauloise. La colonisation aurait peu à peu gagné l'intérieur du pays en partant de la Seine.

A la limite de notre région, non loin du méandre de Bougival, se trouve la ville de Rueil, * Rotoialos, formation de l'époque gauloise. Sur le plateau de Marly voici enfin l'ancien oppidum de Mareil (MareilMarly, 1163, Marolium), *Maroialos (la grande clairière) (4). Enfin, et de nouveau à l'extérieur du pays de Cruye, le petit port du Pecq (Aupec, Alpicum) sur la Seine, semble tirer son nom du prélatin * Alp-iccum, dérivé de Alpe.

Vallée de la Mauldre.

Signalons, à l'extérieur de notre région, mais toute proche, la ville de Maule qui tire son nom de la rivière, et arrêtons-nous au nom de Beynes (Baina, 1124) formation très ancienne, *baw-ina, racine baw, boue.

Entre Maule et Beynes, nous trouvons Mareil-sur-Mauldre (IXe siècle, Marolio, *Maroialos).

(I) Dauzat (A.), Les noms de lieux, Paris, 1926, p. 197.

(2) Id., p. 102.

(3) Longnon, Noms de lieux, p. 62 et Dauzat, op. cit., p. 107.

(4) Dauzat, Noms de lieux, p. 99-100.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 15

En dehors du voisinage des rivières importantes, nous ne relevons

qu'un seul établissement gaulois : celui de Chavenay (1004, Cavenoilus.

1450, Chavenel, *Cavannoialos), sur le rû de Galie, dont le premier

élément *cavannos est un nom d'homme, sobriquet tiré du chat-huant.

Les établissements prélatins dont le nom est parvenu jusqu'à nous se trouvent donc très nettement groupés aux environs des rivières. Ils sont pour la plupart extérieurs à notre région. Au sein de celle-ci nous ne relevons que Beynes, Chavenay, Mareil-Marly et Mareilsur-MauIdre, Nogent (Versailles). Un seul village, Chavenay, est situé au centre du Val de Galie. A cette liste nous pourrions ajouter Trianon, qui a le sens du latin Trifinium, et marque la jonction de trois domaines. Mais il semble plus probable que Trianon ait fixé la limite de trois « villae » gallo-romaines en acum, ce nom gaulois pouvant encore à l'époque gallo-romaine désigner une triple limite.

Nous pourrions peut-être conclure que le défrichement, localisé au voisinage des fleuves, était peu avancé à l'époque celtique ; la forêt s'étendait presque entièrement sur le pays de Cruye et le Val de Galie, sauf près de la Seine et de la Mauldre, avec les seules clairières intérieures de Chavenay et de Nogent,

Traces d'habitations primitives.

La mardelle de Mareil-Marly. On relève dans cette localité, en 1447, le nom de rue de la mardelle et, en 1714, les mardelles. Or " les mardelles ", d'après A. Grenier, sont d'anciennes demeures creusées profondément dans le sol se présentant aujourd'hui « sous forme de fonds de cabanes » souvent remplies d'eau et assimilées à des mares, remontant à une époque fort ancienne, mais indéterminée : âge du fer et époque romaine. « Elles nous apparaissent comme deux types divers de colonisation, dont l'un, la mardelle, dans la forêt, dans les clairières et en terrain pauvre, a conservé les formes anciennes tandis que la villa, sur des sols plus riches, s'est assimilée à la civilisation nouvelle » (1).

Habitation ancienne, le plus souvent prélatine, la « mardelle » pourrait aisément se situer sur le terroir de Mareil : au versant nord . de la forêt de Marly, riche en vestiges préhistoriques. Le nom de Mareil : « la grande clairière » remonte à l'époque celtique; nous verrons qu'on a relevé en ce lieu, les traces d'une position fortifiée gallo(I)

gallo(I) (A.). Manuel d'archéologie gallo-romaine, Paris, 1934. 2e partie, p. 763.


16 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE.

romaine : en somme en dépit de la forêt toute proche, au sein même de cette forêt, c'est un des points les plus anciennement colonisés de la région.

Peut-on, maintenant, déterminer l'emplacement de la « mardelle » sur le territoire de Mareil ? Les textes nous donnent des indications assez peu précises : « clos bonnemain tenait à la rue de la Mardelle ». Deux positions sont également possibles. Les mardelles, en effet, ont souvent subsisté sous forme de mares : près du clos Bigot; existe à Mareil un lieu-dit « les Mares » et deux lieux-dits : la Mare des Saules, la Mare Griseau, près du clos hyacinthe, ou clos à la sainte. Les deux groupes de mares sont proches des rues du village. Toutefois le premier emplacement « les Mares » correspond à la partie la plus ancienne du village, près de l'église... mais rien ne prouve que les habitations celtiques aient exactement correspondu au centre de l'oppidum gallo-romain. En l'absence de fouilles et de découvertes archéologiques, on ne saurait montrer trop de prudence pour interpréter les noms de lieux, dont l'emplacement n'est pas nettement déterminé.

La " cranne ", la " jarrie " (garrica, chêne) (mot ibère passé en langue gauloise) tirent leur origine du celtique ou préceltique, mais leur emploi a pu subsister à l'époque gallo-romaine et même à des époques postérieures.

On ne peut donc pas rattacher à la colonisation prélatine les lienx portant ces noms.

ÉPOQUE GALLO-ROMAINE

Nous entrons dans une période riche et complexe, pendant laquelle nous verrons peu à peu se fixer les traits essentiels de la région que nous étudions : habitat, domaines ruraux, routes, etc. Un grand nombre de paroisses et de hameaux portent encore des noms de domaine gallo-romains. L'examen d'une simple carte d'État-Major nous révélera quelques-uns des points les plus importants de la colonisation gallo-romaine.

Aperçu sommaire.

Le versant nord du plateau de Cruye abrita le village de Louveciennes avec le hameau de Voisins, Marly, Chambourcy (non loin


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 17

du rû de Buzot). D'ouest en est les villages de Crespières, Davron, Plaisir et le hameau de Villancy, Villepreux, Bailly et son annexe ancienne : Noisy, devenue à son tour village et paroisse, Fontenay-le-Fleury, parsèment le Val de Galie. Le parc de Versailles a gardé « l'Étoile de Choisy », tandis que la ville renferme les anciens hameaux de Clagny et Glatigny. Au sud-est, le camp de Satory et le village de Velizy, dont un lieu-dit : Urcines, rappelle une paroisse disparue, s'étendent sur le plateau.

Telle nous apparaît la région, après un examen superficiel des cartes du XVIIe et du XVIIIe siècle jusqu'à la carte d'État-Major. Nous retrouvons cependant trois autres domaines plus anciens, dont la trace a presque disparu et auxquels nous consacrerons une étude particulière.

Les domaines gallo-romains remontent cependant à des âges différents comme l'indiquent les suffixes variés s'ajoutant aux noms des propriétaires : -acum, -anum, -inum, -arium, etc., mais ces signes ne suffisent pas à fixer le développement chronologique de ces formations. Nous pouvons supposer cependant que le nom de Villepreux : Villapirorum, qui n'est pas formé d'un gentilice, doit avoir une origine plus récente que les types en acum ou en onem, et que Noisy et Fontenay furent des démembrements de Bailly et Choisy-aux-Boeufs.

Fontenay (le Fleury), Fontanetum, en 1190, formé sur l'adjectif Fontana, a peut-être à l'origine désigné une dépendance du domaine de Choisy-aux-Boeufs. Noisy (le Roi) (de Noisiaco, 1230), représente Vraisemblablement un ancien Nucetum, de nux, noyer.

Les textes anciens et l'archéologie nous révèlent d'autres traces de l'occupation romaine. Nous allons, grâce à ces sources diverses, voir surgir les traces de quelques domaines gallo-romains disparus et d'importantes voies romaines.

Chamfory (Camberiacum).

D'anciens textes (I), émanant de trois sources différentes, révèlent l'existence d'un lieu-dit Chambry situé dans la basse vallée du rû de Buzot, non loin de la Seine et peut-être ancien domaine galloromain.

(1) 1125... quandam terret terram que est inter nemus et culturam camberiaci. Le prieuré de Saint-Germain-en-Laye, par Depoin, Com. des Antiquités et arts, XV, p. 119. 870 ...a fluvio saure usque ad cambreias.

Archives de Seine-et-Oise. Inventaire de Saint-Denis, II, p. 137. 1382. Moulin de Chamberi. Arch. Nat. P. 2241-42, cote 186.

2


18 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Chambry était situé sur un ruisseau, près de Marly et de Feuillancourt ; il comprenait un moulin, un bois, une couture.

Son emplacement se trouvait probablement compris entre SaintGermain, Port-Marly, Mareil et Fourqueux. On a d'ailleurs découvert, en 1914, non loin de là, plusieurs sépultures gallo-romaines, « sur la partie du plateau de Marly le long de la route de Saint-Germain, dans la propriété de Monte-Cristo, appartenant à M. Mac-Avoy » (I). La route de Paris-Rouen passait non loin de là (2).

Ancoigny (*Acconiacum).

Il existe, à Saint-Nom la Bretèche, sur la limite du territoire de Chavena) et le long du chemin de Valmartin, un lieu-dit « le dos dancoigny » (cad.). Nous avons identifié cet « Ancoigny» avec un ancien Aconiacum, cité au XIe et au XIIIe siècle.

« 1004 » ad hoc, Cavenoilus ut haberi estimantur mansa XXX cum ecclesia in honore sancti Petri ; villa quoque Montiliacus, cum mansis VII et ecclesia in honore sancti Martini, in Aconiaco vero vico mensa duo... (3).

« 1220 » in censu de Aconi juxta Chavenolium (4).

Cet ancien domaine disparu, qui ne comprenait plus que deux manses au début du XIe siècle, devait être situé non loin de la ferme de « Berthe » sur le territoire de Saint-Nom la Bretesche.

Montilly (*Montiliacum).

Une charte de 1004 (3) nous révélant l'existence de « Aconiacum » nous apprend qu'aux environs de Chavenay et d'Ancoigny se trouvait une certaine ville de Montilly qui comprenait une église « Saint-Martin » et sept manses.

En effet l'énumération des domaines suit généralement la disposition géographique des lieux. Et voici qu'en 1252 on retrouve un certain

(I) Mellerio (A.), Marly-le-Roi, Marly, 1926, p. 46, d'après B. Champion. Tombes romaines près de Saint-Germain-en-Laye, Revue archéologique, 1915, I, p. 197 à 202.

(2) Guégan, Recherches préhistoriques dans le département de Seine-et-Oise. Com. Invent. Richesses art., fasc. IV, p. 89.

(3) Guerard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, I, p. 95.

(4) Depoin, Cartulaire d'Abbécourt, p. , charte 43.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 19

moulin de Montelly : « Montelliaco ou Moncelliaco », proche la Bretesche, vendu par Pierre de Mareuil au prieur d'Argenteuil, seigneur de Chavenay (I).

« La Bretesche », ici, ne désigne pas seulement la partie supérieure de l'agglomération de Saint-Nom la Bretèche, mais l'ensemble du village longtemps nommé « la Bretesche Saint-Nom ».

Ce domaine disparu, situé entre Chavenay et Saint-Nom, devait être d'une certaine importance, une église s'érigeant sur son territoire jusqu'au XIe siècle. Sa décadence était presque consommée au XIIe siècle, puisque seul un moulin subsistait de l'ancien village. A partir du XIIIe siècle, on en perdit les traces... et cependant la disparition totale d'une église et d'un village est un fait des plus rares. Fallait-il en conclure, plutôt, que le village avait changé de nom ?

Et voici qu'un fait nouveau se produisit en 1644 « Plaise à Monsei gneur l'abbé de Saint-Victor, prieur d'Argenteuil, de considérer que vingt-deux ans sont et plus que M. Nicolas Benoist prebstre estant dem. à Chavenay, la parroisse estant de la despence dudit prieuré dargenteuil et y a demeuré lespace de six années entière et que pendant le dit temps il y a decouvert une chappelle eloignee sur un grand chemin qui tend de Saint Germain à Montfort Lamaury dudit Chavenay d'environ d'une demie lieue proche Saint Nom Labretaiche toute en masure et Ruine fournye pour lors de trois autelz sans couverture deux desquels depuis ont esté rompues et les pierres emportées par les nommez Rolletz de Villepreux ainsi que le dit sieur Benoist a ce prix estant en la maison du nommé Chareau employée et que ladite chapelle est appelée Saint-Martin (2).

Le curé de Chavenay s'est ensuite rendu à « Chartres en beauce » et « y ayant séjourné du moings huit jours entiers il aurait veu lesd. archives et trouve dans icelle la dicte chappelle apellée saint Martin deppendant du prieuré dargenteuil sur le terrouer dudit Chavenay ». « La chapelle St Martin dict St Fiacre » (3).

Dès 1470, d'ailleurs, les différents titres de Chavenay mentionnent la chapelle Saint-Martin-des-Champs. Le nom de Saint-Fiacre se substitua au nom ancien de la chapelle, au XVIIIe siècle seulement, après sa destruction.

(1) Arch. de S.-et-O. Fonds d'Argenteuil, carton XXIII, liasse 169.

(2) Arch. de S.-et-O. Fonds d'Argenteuil, carton XX, liasse 89.

(3) Le bosquet Saint-Fiacre (ancienne remise) existe encore sur la côte, au-dessus de la ferme de Mézu.


20 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Cette chapelle Saint-Martin, qui comprenait trois autels a vraiment l'allure d'une ancienne église : elle est située à quelque distance du moulin de Mezu.(Meseu, 1478 ; Meseue, 1488, ancien français meseur, malheur ?) Ce moulin de Mezu serait donc l'ancien moulin de Montilly : le domaine de Mezu : moulin, chapelle, carrières, dépendances, correspondrait à l'ancienne « villa ».

Ces deux villas que nous' avons retrouvées, « Aconiacum » et « Montiliacum », sont donc d'anciens domaines de faible superficie... ils auraient pu, cependant, s'étendre davantage à l'Est dans une région non encore colonisée. Voici la seule explication possible : tout comme les hameaux de Clagny et de Glatigny serrés le long des bois de FausseRepose, les domaines d'Ancoigny et de Montilly ont dû être arrêtés dans leur développement par une zone forestière qui devait recouvrir le terroir de Saint-Nom-la-Bretèche, et en partie, de Villepreux.

La limite des Cités.

La limite de la Cité des Carnutes et de la Cité des Parisii traversait le pays de Cruye et le Val de Galie : importante frontière bien difficile à déterminer en raison des remaniements territoriaux qui ont affecté cette région.

Il va nous falloir faire un bond de quelques siècles en avant pour tenter de retrouver cette mouvante limite.

Les diocèses de Paris et de Chartres occupaient à peu près l'étendue des anciennes cités : il suffirait donc de connaître la limite de ces diocèses pour retrouver la délimitation ancienne. Mais le diocèse de Chartres possédait deux enclaves, l'une au Val de Galie, l'autre dans la région de Trappes, qui s'enfonçaient dans le territoire du diocèse de Paris. Ces enclaves comprenaient les paroisses de Noisy-le-Roi, Bailly, Fontenay-le-Fleury, Saint-Cyr, Choisy-aux-Boeufs, au Val de Galie, et de Trappes et Montigny le Bretonneux au sud. Entre les différentes possessions du diocèse de Chartres s'étendaient les territoires de Saint-Nom la Bretèche, Villepreux, Rennemoulin, Bois-d'Arcy, au diocèse de Paris.

La limite des deux diocèses était plus nette au nord, dans le pays de Cruye : elle passait à l'ouest de Saint-Nom, séparait Mareil de Fourqueux, Saint-Germain et le Pecq de la forêt de Laye.

Certains historiens ont cru bon d'unir par une ligne sur une carte, les paroisses qui appartenaient au même diocèse. Cette ligne sinueuse.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 21

risque de nous égarer : elle coupe parfois le. territoire d'une même paroisse en plusieurs parties : il nous a semblé préférable de respecter le bornage de chaque paroisse, et de grouper les villages dépendant du même diocèse en suivant leurs limites territoriales (Voir la carte).

Tandis que l'enclave méridionale de Trappes pénètre comme un coin dans les terres du diocèse de Paris, celle de Noisy, Bailly, Fontenay, Saint-Cyr, Choisy, offre l'aspect d'un îlot entouré par les terres du diocèse de Paris. A l'ouest c'est une longue bande dirigée du nord au sud et composée des paroisses de Saint-Nom, Villepreux, Rennemoulin, Bois-d'Arcy, qui l'isole du diocèse de Chartres.

Cette bordure occidentale du diocèse de Paris se compose de plusieurs paroisses détachées de la paroisse de Villepreux au XIIe siècle (I).

Elle correspond donc à l'ancienne paroisse de Villepreux. Cette ancienne paroisse de Villepreux présente quelques traits assez curieux : si l'histoire ecclésiastique nous montre les paroisses situées au nord, au sud, à l'est de Villepreux se détachant peu à peu de l'église mère, la toponymie nous révèle une série de noms de couches différentes situées dans la même région : un nom de villa galloromaine d'une formation assez tardive : Villepreux, un domaine de' l'époque franque, Rennemoulin, auquel nous pourrons joindre, sur la partie orientale du territoire de Saint-Nom, trois noms de domaines disparus : Gondeval, Liville, Chaponval, enfin les deux paroisses de l'époque féodale : Saint-Nom-la-Bretèche et Bois d'Arcy.

L'allongement nord-sud de cette vaste étendue pourrait sembler étrange. Mais si nous lions l'histoire de la formation territoriale de cette région à celle du défrichement nous en trouvons aisément l'explication : Saint-Nom-la-Bretèche, tout proche de la forêt de Marly, garde encore des noms de terroir qui rappellent des bois disparus : bois Cossard, bois des Arpens. A Villepreux nous retrouvons : le bois Notre-Dame, le bois du Pavé, les Ormeteaux, les Hauts-Bouleaux. Au sud du village le fief de la Hébergerie comprenait une garenne importante.

(I) La paroisse de Villepreux était déjà constituée au début du XIe siècle (1030). En 1094, Geoffroy, éyêque de Paris la donne aux moines de l'abbaye de Marmoutiers. (Lemoine, Notes hist. sur Villepreux, p. 5).

La paroisse de Saint-Nom-la-Bretèche fut démembrée au XIIe siècle de celle de Villepreux. La chapelle de Rennemoulin fut construite seulement en 1202. La paroisse de Bois-d'Arcy fut érigée à la fin du XIIe siècle. La collation de ces deux paroisses et le prieuré de Rennemoulin appartenaient également à l'abbé de Marmoutiers. (Lebeuf (l'abbé), Histoire du diocèse de Paris, t. VII, p. 282 et suiv.).


22 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Le village de Bois d'Arcy, conquis sur la forêt, comme son nom l'indique, est bordé à l'est par le Bois Robert qui se prolonge sur le territoire de Saint-Cyr. Ce « Bois Robert » est un ancien fief de Villepreux, connu en 1164 « in villa Nemoris-Roberti in territorio villae Perosae sita » (I), qui comportait encore un hôtel en 1482. La paroisse de Villepreux s'étendait donc fort loin au sud-est, et nous pouvons désormais penser qu'elle correspondait à la bordure forestière isolant la clairière de Bailly-Noisy-Choisy-Saint-Cyr-Fontenay, de la partie occidentale défrichée du Val de Galie.

L'histoire ecclésiastique de la région peut donc s'expliquer ainsi : Le diocèse de Chartres possédait l'ouest du Val de Galie jusqu'à Chavenay environ : région très anciennement colonisée comprenant plusieurs domaines gallo-romains. Une bordure forestière séparait ces domaines des « Villae » de Bailly, de Choisy, et de leurs dépendances de Noisy, Fontenay.

Cet obstacle ne pouvait arrêter le zèle évangélisateur des évêques de Chartres qui s'étendit peu à peu à cette clairière isolée, d'ailleurs, et gardée au nord et à l'est par d'épaisses forêts. Tout le Val de Galie appartenait donc au diocèse de Chartres, ainsi que la région de Montigny au sud, et de Trappes (qui semble être démembrée de Montigny).

Seules, les zones forestières n'avaient pu être érigées en paroisses. Mais à une époque impossible à déterminer, le diocèse de Paris s'efforça de recouvrer ses anciennes limites : l'évêque de cette ville ne pouvait reprendre au diocèse de Chartres les paroisses qu'il avait érigées : il les lui laissa donc et dut se contenter d'élever des églises dans les localités où n'existait aucun lieu de culte, dans la zone forestière. L'ancienne limite devait passer à l'ouest de Villepreux, il la rétablit. Cette « villa » devint une paroisse, qui s'étendit sur toute la zone boisée, d'où peu à peu se détachèrent d'autres villages : Saint-Nom, Rennemoulin, relevant à leur tour de l'évêché de Paris. Seule hypothèse nous permettant d'expliquer l'histoire ecclésiastique et la formation territoriale du Val de Galie.

La limite des diocèses, l'ancienne limite des cités devait passer à l'ouest de Bois d'Arcy, Villepreux, Saint-Nom, couper la forêt de Marly, séparer Mareil de Fourqueux. Aucun vestige archéologique n'existe de cette ancienne limite : nous devons donc nous contenter des seules indications que la linguistique peut nous donner.

(1) Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, II, 503.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 23

Nous avons retrouvé l'emplacement dé deux domaines gallo-romains disparus : Montilly et Ancoigny, serrés entre le village de Chavenay et la région boisée de Saint-Nom. A première vue on s'explique mal les raisons qui déterminèrent le choix d'un tel site, tant d'espaces restant à coloniser, à l'ouest des vastes domaines de Davron, Grignon, Plaisir. La proximité d'une route, d'une voie importante a pu cependant attirer les. côlons gallo-romains dans cette région.

Le nom d'Ancoigny apparaît au cadastre dans une expression assez curieuse : « le dos dancoigny ». Ce « dos » correspond à une côte, et dans la région, jamais une côte n'a reçu ce nom. Mais voici qu'en Côte-d'Or « le chemin en dos d'âne »... est le nom populaire d'une voie romaine sise au pied d'Alise-Sainte-Reine et se dirigeant du côté de Grésigny (I).

Le caractère de voie de hauteur est un des signes distinctifs des voies romaines.

Cependant il existe dans notre région d'autres voies romaines, une seule porte ce nom de dos. N'aurait-elle pas une importance particulière ? Au nord du « dos dancoigny » le lieu-dit le plus proche se nomme « la fosse tumbe ». Nous savons en effet que les Gallo-Romains avaient l'habitude d'enterrer leurs morts le long des voies importantes. Cette route ancienne : chemin de Chavenay à Valmartin, pourrait correspondre à la limite des deux cités (2).

Chevaudos.

Pour gagner Mareil- Fourqueux en partant de Valmartin, la limite devrait couper obliquement la forêt de Marly, dans la direction sudouest-nord-est, non loin de la vallée de l'Etang qu'elle n'atteindrait cependant pas. Or il existait à l'ouest de la vallée de l'Étang, et non loin de la tête de cette vallée, un ancien prieuré de l'abbaye de SaintGermain-des-Prés, le prieuré de Chevaudos (XIIIe siècle, « chevaldos ») latinisé en « Equidorsum » (3).

Plusieurs historiens s'efforcèrent d'interpréter ce nom de Chevaudos

(1) Grenier (A.), Manuel d'archéologie gallo-romaine, II, 1934, p. 240, d'après Matruchot. Notes sur les voies romaines du département de la Côte-d'Or, dans Bull. Soc. Sciences. Semur, 1905, p. 179.

(2) Ibid.

(3) Ce prieuré détruit au XVIIIe siècle, fut remplacé par une croix : la croix SaintMichel. Cf. Pellerin de La Touche : Un coin de la forêt de Marly. Rev. Hist. de Versailles, 1908, II, p. 303.


24 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

sans réussir complètement (I). Essayons de rapprocher ce mot de deux autres toponymes de formes voisines : « Chevauru » et « Cheval » ; le premier extérieur à notre région, situé à Chatou (2).

Une hypothèse permettrait d'expliquer à la fois les trois mots : les lieuxdits le « Cheval» à Mareil-Marly et le « Clos du Cheval », aux Alluets-le-Roi, s'interprètent difficilement par un nom d'animal, aucune formation semblable n'existant dans la région. Mais le « Cheval » de Mareil regarde la vallée de l'Étang, ce lieu est situé en haut du chemin royal descendant de Mareil vers la vallée. Aux Alluets-le-Roi, le « Clos du Cheval » se trouve au sommet d'une route conduisant sur le versant du plateau de Cruye. Nous pourrions donc interpréter « Cheval » par « caput vallis » (chef Val) et rapprocher cette forme d'une désignation de l'époque moderne, « Chef de Ville » à Mareil-Marly et Bougival. Dans la première localité, la rue du « Chef de ville » est à l'entrée du village, dans la partie la moins ancienne, le « Cheval » à la sortie du bourg dominant la vallée de l'Étang, près de l'église.

Si nous interprétons « Cheval » par « chef-val », nous pouvons expliquer « Chevauru » par « capitis vallis rivus » : le rû de la tête du val et, « Chevaudos » par « capitis vallis dorsum », le dos, la route de la tête du val. Donc l'ancienne limite des cités passerait, sans y descendre, près de la vallée de l'Étang, dans sa partie supérieure. On pourrait rapprocher ce « dos » du dos d'Ancoigny et suivre ainsi la trace de l'ancienne voie.

Ce n'est évidemment qu'une hypothèse, mais permettant d'expliquer trois mots difficiles à interpréter; elle s'appuie en outre sur la topographie des lieux et éclaire un point d'histoire.

Villages d'origine ancienne, déjà habités à l'époque gallo-romaine.

Reconstituer un ancien domaine gallo-romain d'après les traces que nous en laisse le cadastre, les cartes anciennes, les bornages de

(1) L'abbé Leboeuf au XVIIIe siècle faisait dériver cette étymologie d'un nom de possesseur : Givaldus, se transformant en Gevaldeum puis Chevaudeau, que certains actuaires du Moyen Age, après l'avoir écrit Chevaldos, latinisèrent en : Equidorsum... Par la suite, des altérations plus fortes encore, amenèrent : Chouadeau, Jouedau et enfin Jouet d'eau. C. Piton donne plus simplement une désignation gallo-romaine : caput vallis aquae (chef-val d'eau). Chevaudeau formait la tête de la vallée très aquifère de l'Étang-la-Ville.

(2) Longnon, Noms de lieux, p. 212, assimile Chevauru, à Rossbach, « un lieudit Chevauru dont le nom, entièrement roman, représente le thème étymologique caballi rivus. De telles appellations évoquent sans doute quelque légende germanique ».


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 25

toutes les époques, les lieux-dits, est chose difficile. Cette recherche comporte une étude minutieuse de la formation territoriale de chaque village, de chaque paroisse, étude que nous reprendrons quand nous aurons isolé les toponymes de l'époque franque, de l'époque féodale:.. etc.

Nous nous bornerons ici à déterminer quelques-uns des traits caractéristiques des villages ayant tiré leur origine d'un ancien domaine gallo-romain.

Crespières.

Le village de Crespières comporte un noyau central (partie habitée, église, etc.) entouré d'un vaste territoire bordé de routes importantes. Du noyau central rayonnent des chemins s'écartant à la manière d'une toile d'araignée, dans toutes les directions.

En partant de l'église de Crespières on arrive à trouver une série de demi-cercles, développés surtout à l'ouest du village, auxquels se raccordent les chemins « rayonnants ». Ces cercles marquent les extensions successives du village. Les « clos » sont situés tout près des maisons; les cultures, les bois, les carrières s'étendent sur tout le terroir limité par des routes.

Bailly et Noisy.

Le village de Crespières se différencie essentiellement de celui de Bailly. Ici plus de formation en étoile, mais une disposition en rectangles. Le centre correspond au village de Bailly, dont toutes les parties se groupent autour de l'église, noeud du domaine. Sur son étendue se rencontrent des clos (clos de Cernay) (I); au long de la limite on trouve des arbres fruitiers (la poirie au large) (2), des vignes et des petits bois : cornouillers. Toutes ces cultures ne remontent sans doute pas à l'époque gallo-romaine, mais paraissent cependant anciennes. Lé chemin de Villepreux-Neauphle borne ce terroir à l'est et au sud. La forêt de Marly le limite au nord. A l'ouest, le long du chemin de Conches croissait vraisemblablement un bois de noisetiers, d'où l'origine de Noisy : Nucetum, domaine nouveau qui se forma peu à peu au bord de cette limite. L'ancien cimetière de Bailly : le Martre, longeait le chemin de Conches. Les lieux-dits :

(1) Arch. Nat. O1 1960, f° 402.

(2) Cadastre.


26 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

« la fosse » et le « buisson béni » rappellent son souvenir. A l'époque franque, se développa, à l'ouest de Noisy, le domaine de Chaponval. D'ailleurs, les limites actuelles de Bailly et Noisy ne correspondent pas exactement aux limites présumées des anciens villages.

Louveciennes.

Le domaine gallo-romain de Louveciennes ne correspond pas comme étendue à la localité actuelle de ce nom, car le hameau de Villevert (époque franque) fut rattaché, en effet, à l'ancien village.

Une série de rectangles groupés autour de l'église de Louveciennes constituent les diverses parties du village : là doit se situer l'ancien domaine gallo-romain ; à l'ouest et au sud-ouest, « des clos » longent des espaces boisés; à l'est une route ancienne, peut-être une ancienne « conche » (juxta la couche, 1218, lieu-dit de Louveciennes) limite les dépendances du domaine : le chemin de Ariel, voie romaine pavée et surélevée par rapport aux terrains voisins.

Entre le chemin de Ariel et le village proprement dit, une série de cantons du cadastre, petits espaces morcelés indiquent, par leurs noms, un centre ancien d'industries ou de cultures : les Tanneries, la Charbonnerie, les Barillets (vigne), l'Ariel (hariel, labour), le Plant (etc..) et enfin « la Courcelle », nom qui désigne peut-être une dépendance du domaine principal.

Au nord de Louveciennes s'élève le hameau de Voisins (Voisins, 1209, de Vicinis, 1256). D'autres localités portent ce nom en France et à l'étranger : Voisins-le-Bretonneux (Seine-et-Oise), Vezins (Manche, Aveyron), Vezines, Voisins (Aude).

G. Serra (I) explique les formations analogues de l'Italie du nord-r ouest, en les rapportant à vicinium-vicinia, qui auraient pris en latin vulgaire le sens de « communaux » (terres appartenant aux habitants du vicus).

Près du village de Louveciennes se sont développés deux domaines de l'époque franque : Villevert et Villiers, devenu le village de la Celle-Saint-Cloud.

Au nord de Louveciennes, le hameau de Prunay évoque une plantation ancienne d'arbres fruitiers. Fait curieux : jusqu'au XIXe siècle, les textes mentionnent rarement des « pruniers », aucun lieu-dit ne

(1) G. Serra, Contributo toponomastico alla teoria della continuita nel medieovo delle communita rurali del Italia superiore (Clui, Roumanie, 1931).


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 27

porte leur nom. Or cet arbre est maintenant si répandu sur le versant nord du pays de Cruye que la vente de ses fruits constitue le principal revenu des habitants; car le prunier a remplacé la vigne. Faut-il en conclure que dès l'époque gallo-romaine les pruniers existaient dans la région, qu'ils ont été supplantés par la vigne pendant des siècles, et qu'à leur tour les ceps, de vignes ont été arrachés ?

Marly.

Il est bien difficile de retrouver l'emplacement du Marly galloromain. L'ancien Marly comprenait en effet deux villages : Marly le bourg et Marly le châtel (I). Un prieuré Saint-Etienne de l'abbaye de Coulomb, de nombreuses possessions de l'abbaye des Vaux de Cernay, paraissent occuper la partie la plus ancienne du village (2).

Mais cette partie ancienne du village correspond-elle au domaine gallo-romain ? On relève; au cadastre, un lieu-dit les Mezières. Or d'après M. Grenier (3), « les nombreuses ruines éparses dans les campagnes et surtout le long des anciennes voies ont donné naissance à une série très abondante de noms de lieux : Mezières, Mazères... Le plus souvent, dit Longnon, les noms de ce genre s'appliquent à des localités édifiées au Moyen Age auprès des ruines antiques... » (Mezières du latin maceriae, ruines.)

Or les « ruines », les « mezières » de Marly, sont situées tout près de l'ancien village, mais un peu au nord de celui-ci. On peut supposer que le village de Marly tout proche dé l'ancien vicus n'occupe pas exactement l'emplacement de celui-ci.

Les noms des domaines gallo-romains sont formés le plus souvent d'un gentiliçe, nom d'homme, et d'un suffixe. Voici la liste de ces noms et les racines auxquelles ils paraissent se rattacher.

Suffixe : acum.

Ancoigny : Type : *Acconiacum. — Gentilice : Acconius.

Bailly (1181 : Baalliacum). Type: *Batalliacum. — Gentilice : *Batallius.

Chambourcy (IXe siècle : Camborciacum). Type : *Camburciacum. — Gentilice : *Camburcius se rattache au celtique Camburcos.

Chambry (870 : ad Cambreias. — 1125 : Camberiaci). Type : *camberiacum. — Gentilice : *Camberius ( Cambarius)

(I) Mellerio, Marly-le-Roi, p. 47 et suiv.

(2) Id.

(3) Grenier, Manuel d'archéologie gallo-romaine, Paris, 1934, p. 285.


28 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Ghoisy (XIIIe siècle : Soiseium. — 1341 : Soisy). Type : *Sosiacum. — Gentilice : Sosius.

Clagny (1227 : Claeneio. — 1228 : Claagni). Type : *Cladaniacum.

Glatigny (1209 : de Glatiniaco). Type : *Glastiniacum : Gentilice : *Glastinius (racine gauloise : glasto, vert).

Marly (697 : Mairilacus). Type : *Mariliacum. — Gentilice : Marillius.

Montilly (1004 : Montiliacus). Type : *Montiliacum. — Gentilice : Montilius.

Satory (1343 : Saitourry). Type : *Satturiacum. — Gentilice : Satturius.

Velizy (1226 : Vilesi. — 1235 : Vilisiaco). Type : *Velitiacum, — Gentilice : Velitius.

Villancy (1398 : Villancis) est douteux. Suffixes : -anum, -inum.

Louveciennes (1173 : *Martino Lupicinarum). Type : *Lupiciana. — Gentilice : hupicius.

Ursines (1204 : de Ursinis). Type : *Ursina. — Gentilice : Ursius. Suffixe : -arium:

Arminier : lieu disparu après 1775 à Fontenay-le-Fleury (1482 : Arminier. 1499 : Erminier). On peut au sujet de ce nom postuler deux hypothèses : Gentilice latin 1 ° Armenius, Arminius. Type : Arminiarius. 2° Nom germanique employé isolément : Ermin-hari. Ce nom daterait alors de l'époque mérovingienne.

Crespières (918 : Crisparias). Type : *Crisparia. — Gentilice : Crispus. Suffixe : onem.

Davron (1130 : Daviron. — 1226 : Daveron). Type : *Daverionem — Gentilice : Daverius dérivé de Davius, nom d'homme gaulois. Daverius paraît être également le prototype de Ville-d'Avray.

Grignon (1171 : Grinun). Type: *Grinionem. — Gentilice : *Grinius, auquel paraît également remonter Grignac (Cantal). Gentilice seul.

Plaisir (775 : Placicio). Gentilice : Placidius. — Rapprochons de ce nom Saint-Plaisir (Allier) qui remonte à Sanctus Placidius. Divers.

Villepreux (1108 : Villaperor), *Villa pirorum — Un des rares noms de « villa » qui ne soit pas formé avec un gentilice.

La villa gallo-romaine, origine des villages et des paroisses.

Plusieurs paroisses, plusieurs villages, tirent leur origine d'une villa gallo-romaine ou d'un vicus : Bailly, Chambourcy, Crespières, Davron, Louveciennes, Marly, Plaisir, Velizy, Villepreux, Fontenay, Noisy.

Le village de Grignon est rattaché à la paroisse de Thiverval, l'ancienne paroisse de Choisy fut englobée dans le parc de Versailles avec les hameaux de Clagny, de Glatigny et le village de Satory. Chambry, absorbé par Saint-Germain-en-Laye; Urcines, ancienne paroisse rattachée à Velizy; Ancoigny, au territoire de Saint-Nom ; Montilly, territoire de Chavenay, sont des exemples de domaines disparus.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 29

Montilly, bien que situé à l'est de la cité des Carnutes, vit son territoire rattaché à Chavenay et au diocèse de Chartres; il avait sans doute été érigé en paroisse par l'évêque comme nous l'avons déjà signalé.

Les domaines de faible étendue, serrés contre une barrière forestière, comme Clagny, Glatigny, Ancoigny, Montilly, montrèrent peu de vitalité. Trois de ces domaines ne furent jamais des paroisses et les villages voisins les absorbèrent peu à peu.

L'effort le plus sérieux de défrichement se réalisa à l'époque galloromaine. Le long des chemins tracés par ces colonisateurs se développèrent peu à peu : villages, domaines et hameaux.

Les voies anciennes.

Une voie ancienne se distingue difficilement d'une voie galloromaine, quand l'archéologie n'en révèle pas les traces, et les fouilles n'ont pas été complètes dans le pays de Cruye et le Val de Galie. Aussi faut-il se contenter de travailler d'après les cartes et les textes, sources de moindre valeur.

On peut classer les voies anciennes en deux catégories : I°. celles qui limitent un domaine généralement vaste; 2° celles qui pénètrent à l'intérieur d'un ancien domaine ou d'un village.

Les limites d'un domaine remontent quelquefois au début de son établissement, puisqu'elles le bornent et servent à le déterminer. Quand le chemin borde le domaine, d'autres maisons ou hameaux s'établissent sur cette limite quelquefois par démembrement du domaine original. La voie est alors intérieure par rapport à cette seconde série d'établissements, du moins dans un grand nombre de cas.

Des domaines et des villages d'âges différents, bordent la limite des cités, une des voies les plus anciennes. Deux villages de l'époque celtique : Chavenay et Mareil-Marly, prêtent leur bordure au tracé de cette voie. Les localités, d'origine gallo-romaine, d'Ancoigny et de Montilly se servent donc de la route pour se limiter à l'ouest et se blottissent entre la voie ancienne et les bois. Mais la voie qui avait longé seulement les domaines pénètre dans Valnfartin et les Clayes ; établissements plus tardifs, de l'époque féodale, qui ont recherché le voisinage de la route.

Cette première remarque peut nous aider dans la détermination d'une voie ancienne : elle n'a pas cependant une valeur absolue : nous devons aussi tenir compte de l'étendue du domaine bordé par


30 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

la route, rechercher le centre, la partie la plus ancienne de la localité, déterminer sa situation par rapport aux voies de communication, comparer l'étendue du village contemporain à sa superficie ancienne.

La route de Paris à Rouen partait de Bougival (Charlevanne au temps de Charles Martel), et suivait le Seine jusqu'à Port-Marly, passant de là sur la route neuve de Versailles à Saint-Germain, près du rû de Buzot, se perdant dans la ville non loin de la rue de Pologne, et se dirigeant vers l'Étoile de Saint-Léger (I) par la forêt.

D'après l'itinéraire d'Antonin, la route de Paris à Dreux passe à Diodurum : Jouars (2). Le guide des chemins de France (3), indique : Chaville 2 lieues 1/2, Viroflay 1/2 lieue, Versailles I lieue, Normandie, Manoir I lieue, la ferme de Mauconseil 1/2 lieue, la Maladrerie de Trappes, passage dangereux, 1/4 de lieue, Trappes 1/2 lieue, Elencourt 1/2 lieue, Arregal I lieue, Chambos 1/4 de lieue, les Monceaulx 1/2 lieue, Bazoches 1/2 lieue, Montfort I lieue. On aurait, d'autre part, retrouvé à Chaville-Viroflay, les traces d'une voie ancienne; d'ailleurs sur une carte (4) de 1681, se voit un carrefour important de routes au nord-ouest de l'Etang d'Arcy, au lieu-dit « les quatre buttes ». La route de Paris-Dreux devait passer à cet endroit et correspondre à l'itinéraire d'Antonin. Le guide des chemins de France indique une autre route importante : Le Roule, Notre-Dame de Boulogne I lieue 1/2, le pont de Saint-Cloud 1/2 lieue, Vaucresson I lieue, Villepreux 3 lieues, Neauphle-le-Chastel 2 lieues; après avoir monté la colline, la voie passait entre Garches, Marnes, la Marche, Rocquencourt. La ligne presque droite sert de limite entre plusieurs de ces communes, arrivant ensuite à la ferme de Chevreloup, à Rennemoulin, Villepreux, les Clayes, la Bretechelle, Plaisir, Neauphle, Villiers, Saint-Frédéric

Cette voie vraisemblablement gallo-romaine portait dans la traversée de Rennemoulin le nom de : pavé. On la nomme encore « grand chemin de Neauphle ». Notons que Villepreux est le seul des domaines gallo-romains qu'elle traverse, ce qui renforce ainsi l'hypothèse de la formation plus tardive de cette villa.

Routes de Poissy ou Meulan vers Chartres. Plusieurs routes rayonnent autour de Poissy : une seule semble nettement attester une origine

(I) Dutilleux, Recherches sur les routes anciennes du département de Seine-et-Oise, Versailles 1881.

(2) Jullian, Notes gallo-romaines : de Pontchartrain à Icoranda, sur les routes romaines. Revues des Etudes anciennes, juillet-septembre 1931, p. 213-18.

(3) Charles Estienne, Paris, 1553, in-32.

(4) Arch. Nat. O1 1760 f° 402.




TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 31

gallo-romaine. D'après Dutilleux, cette voie « au sortir de Poissy, après avoir quitté la Maladrerie, sert de limites à Orgeval, Chambourcy, Aigremont,. passe au-dessous de Sainte-Gemme ». Cette voie se prolongeant par Grignon sert de limite à Plaisir. Un historien local en fait une voie romaine : « On relève à proximité de Mormoulin une voie romaine qui reliait Neauphle à Poissy, actuellement « chemin de conches ». Un lieu-dit « la grande voie », ancien fief, est situé le long de cette route, non loin de la Bôissière.

Le marché aux boeufs de Poissy contribua au Moyen-Age à multiplier les routes aboutissant vers ce centre commercial important. Tous les chemins de Poissy ne sont donc pas des voies romaines. Une voie cependant paraît bien ancienne : doublant le chemin de Conches, ce chemin part de la Tnaladrerie de Poissy, sert de limite au domaine de Poney (*Potentiacum), territoire de Poissy, passe à la ferme du Poux, aux beurreries de Feucherolles, à Villiers-le-Sec (territoire de Feucherolles), limite le territoire de Davron, passe à Thiverval et non loin de Saint-Germain-de-la-Grange. Cette voie limite donc les villas gallo-romaines et coupe les hameaux et les villages de création plus récente : un des caractères essentiels des chemins anciens.

Signalons enfin l'hypothèse du comte de Dion, adoptée par Dutilleux, selon laquelle une route importante « passerait après avoir quitté Poissy, à Chambourcy, à gauche d'Aigremont et de Chavenay, non loin de Saint-Nom-la-Bretèche à Villepreux, aux Clayes, à Elancourt ». Cette voie serait, dans sa traversée du Val de Galie, tout simplement notre ancienne limite des cités, « chemin de Chavenay à Valmartin » et « chemin des boeufs de Chavenay aux Chvyes ». A partir de Valmartin, un embranchement a dû gagner Chambourcy et Poissy, en traversant la forêt aux environs de Saint-Jacques-de-Retz. La grande rue de Valmartin conduisait d'ailleurs à Poissy en 1700. L'ancienne limite, de Valmartin à Chevaudos et Mareil-Fourqueux, coupant obliquement la forêt, fut vite abandonnée, au Moyen Age, pour les voies plus directes : Valmartin-Poissy et la Bretèche-Saint-Germain. Le chemin de Neauphle, Thiverval, Crespières, les Alluets, passant au moulin des Quatre Pignons, a reçu au Moyen Age le nom « de chemin Meullantays », comprenant à Crespières un embranchement vers Orgeval et Poissy. Traversant le domaine de Crespières, au lieu de le borner, ce chemin au Moyen Age doublait probablement une ancienne voie de Meulan, suivant les limités des villas : à quelque distance de la Mauldre, une série de chemins tracés en ligne droite, avec çà et là quelques courbes,


32 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

doublent la rivière : chemin du cheminet (cheminel, 1470), limitant Crespières, menant de Boulémont à Beynes et à Saint-Germainde-la-Grange avec prolongement vers Neauphle. La grande voie de Meulan à Chartres passait d'ailleurs à l'ouest de la Mauldre.

Les chemins de Conches.

Deux chemins anciens, assez éloignés l'un de l'autre, portent le même nom : chemin de Conches. L'un d'eux correspond à la voie romaine de Poissy déjà signalée. L'autre pourrait bien être également une route, remontant à une haute antiquité.

Bien que le terme : conche vienne du latin : conca, coquille, il est difficile d'admettre que des coquilles jonchent ou bordent un chemin. Conches doit se rapporter à un mode particulier d'empierrement des voies, cailloux rugueux, mal taillés, semblables à des coquilles.

Les « Conches » ne seraient peut-être pas des strata, mais des chemins pierrés s'opposant aux simples sentiers des champs ; fort anciennes voies d'ailleurs, sur lesquelles les paysans, pendant des siècles, déversèrent des cailloux et des pierres.

L'ancienne voie de Poissy vers Neauphle et Chartres se dénommait : « la Conche » à Chavenay, en 1406 ; on note « la fontaine des Conges » au même lieu en 1787, à la même date les « Conges » à Davron, la « Conche » à Thiverval en I486.

Un autre chemin de Conches va de Noisy-le-Roi (1472) à Fontenayle-Fleury ; on le retrouve à Bois-d'Arcy sous le nom de « vieil chemin de Conche » en 1697. Cette voie passe à l'intérieur de Noisy aux lieuxdits la « Fosse Verte » et le « Buisson béni », « l'Epine d'amour » à Fontenay-le-Fleury, traversant cette localité à l'ouest de l'église.

Noisy et Fontenay, noms d'origine gallo-romaine, correspondent à des vici établis dans le voisinage de domaines plus importants : Bailly et Choisy-aux-Boeufs, sur une route ancienne, antérieure à leur formation, la Conche. A Noisy-le-Roi, auprès de la Conche se trouvait un lieu-dit : le Martre (1471, XVIIIe siècle), nom d'un ancien cimetière bordé par le « Buisson béni ». On sait en effet que nos ancêtres enterraient leurs morts de préférence le long des routes importantes.

La « Conche » de Noisy, Fontenay, devait se prolonger vers le nord, (région de Marly) et mettre en rapport le pays de Cruye avec le Val de Galie et le plateau de Bois-d'Arcy.

Il existait en 1218 à Louveciennes un lieu-dit « juxta la Conche ».


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 33

Direction des voies romaines.

Les voies romaines suivaient donc deux orientations principales : une direction ouest-est : voies, de Rouen, de Dreux et Chartres.

Une direction nord-sud : chemins de Marly vers le Val de Galie : de Marly à Montigny, de Saint-Germain aux Clayes et Elancourt, de Poissy à Plaisir vers Neauphle, limites de domaines en direction de Meulan et Poissy vers Neauphle, etc.

Les lignes de direction nord-sud s'orientaient souvent parallèlement.

Les voies romaines et la toponymie. Voies secondaires.

Le mot voie, d'un usage courant jusqu'aux XVe et XVIe siècles, a désigné non seulement les voies romaines, mais les chemins les plus divers : My-voye, sur le chemin de Neauphle à Beynes, Touvoie, Grande voye, Petite voye, termes composés paraissent désigner des routes assez anciennes.

A côté des grandes voies reliant entre elles deux villes. où unissant deux ou plusieurs domaines importants, on trouve toute une série de chemins secondaires qui peuvent être d'origine gallo-romaine.

Limites de vici. — Ces limites ont souvent subsisté autour du territoire des paroisses, particulièrement à l'ouest du Val de Galie* : village de Crespières, dont on retrouve tracé nettement le vaste quadrilatère quand on élimine certaines enclaves d'époque postérieure à la période gallo-romaine. Rectangle, plus petit, de Davron, etc.

A l'est du Val de Galie de nombreux remaniements ont altéré la figure primitive des villages : les grandes voies, de communication que nous avons pu relever ne les bornant plus.

Voies intérieures. — Du centre du domaine rayonnaient des chemins qui conduisaient aux alentours de la « villa » gallo-romaine. Ils se présentent souvent sous la forme d'étoiles qui partent du centre dû village vers les directions les plus diverses. Un de ces chemins, qui traverse Crespières, est devenu au Moyen Age : le chemin meullentays.

Les voies les plus importantes, utilisées par les troupeaux, portent parfois le nom des haies, des buissons, des épines qui les bordent :


34 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

le « buisson béni » (Noisy-le-Roi) protégeait le « martre », ancien cimetière, et longeait un « chemin de conches ».

La « chaussée » (Bougival), les « chemins ferrés » (Plaisir, Vaucresson), les « chemins pavés » (Etang-la-Ville, Fontenay-le-Fleury, Noisy, Villepreux), désignent de solides routes, souvent des voies anciennes.

Les « chemins royaux » ont utilisé parfois d'anciens chemins, tandis que le « carouge » (quadrivium) (Crespières) et son diminutif « les carrougeaux » formaient les carrefours de routes importantes.




Quelques aspects du pays à l'époque Gallo-romaine.

Les arbres et le défrichement.

Nous avons déjà étudié quelques aspects de la répartition des forêts en Craye et en Galie (en limite des domaines). Nous pouvons d'ailleurs supposer que là où le sol n'était pas occupé par les colons gallo-romains, s'étendaient des broussailles ou des bois. L'aire des domaines galloromains marquerait donc les régions les plus anciennement, défrichées

Les domaines de l'époque franque se seraient postérieurement, substitués à la broussaille primitive.

Le plateau de Cruye devait être entièrement recouvert par une dense forêt — les noms des essarts sont postérieurs à l'époque galloromaine — et cette forêt devait rejoindre la forêt de Laye (SaintGermain) en contournant les essarts de Chambourcy et de Chambry : entre Mareil-Marly et Saint-Germain les lieux-dits : Gaudine, Chappelet, etc.. (voir partie linguistique, noms se rapportant aux bois et aux arbres) nous apprennent qu'à l'époque franque les bois subsistaient encore dans cette région.

Des broussailles environnaient le vicus de Mareil, à l'ouest, à l'emplacement du village de Fourqueux, dont le nom Filcusas (IXe siècle) est une altération de filicosa (de filix, filicis, fougère). Les fougères bordaient également le sud de la forêt de Cruye, à Feucherolles (*filicariola).

A l'est de la forêt de Marly s'étendait une région boisée qui partait de Bougival jusqu'à Chaville et Viroflay, englobant toute une série de villages de formation postérieure (époque franque et époque féodale) : Bougival, la Celle-Saint-Cloud (Villiers), Vaucresson, Marnes, Ville-d'Avray, Chaville, Viroflay. La forêt de Cruye se rattachait donc aux bois de Saint-Cloud, joignant ceux de Meudon.


36 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Sur le plateau oriental, les essarts de Velizy, Urcines, Satory, Montigny-le-Bretonneux, formaient quelques clairières : les Gonards, Bois-Robert, le village de Bois-d'Arcy séparaient de leurs frondaisons ces domaines isolés. Au sud de Plaisir, les bois recouvraient les hameaux des Gâtines, de la Chaîne, du Buisson.

Au centre du Val de Galie, nous avons relevé une large bande de direction nord-sud, recouverte de bois et de broussailles correspondant à l'ancien territoire de Villepreux.

A l'ouest du Val de Galie des zones de broussailles ou de bois devaient recouvrir certains domaines colonisés à l'époque franque et groupés en deux zones : I° Villiers, Merval, Mortmoulin, entre Davron et Chavenay. A Chavenay, près de Mortmoulin, un lieu-dit le Luat, dérivé de lucus, rappelle un bois ancien.

2° Thiverval, Morainville (Saint-Germain-de-la-Grange), Genival, entre la Mauldre, Grignon et Plaisir.

Enfin chaque domaine comprenait une réserve boisée dont on peut retrouver la trace à travers les boqueteaux et les garennes qui ont recouvert la région au Moyen Age et aux temps modernes.

De l'époque gallo-romaine datent certains noms d'arbres et de végétaux qui ont subsisté à travers les lieux-dits. Toutefois ces mots, d'un usage courant à toutes les époques, se sont fixés pour la plupart en des temps moins anciens. Cependant on peut supposer que celles de ces désignations qui s'appliquent à des villages ou des lieux habités remontent à des âges plus reculés : Fourqueux et Feucherolles, Noisy, le Chesnay, et peut-être le hameau de la Tremblaye à Bois-d'Arcy.

Parmi les noms d'arbres et de végétaux, d'origine gallo-romaine, fixés à des époques que nous ne pouvons déterminer, citons : les Aulnayes, Boulay, Coudray, Chesnay, Saussay, Tremblay, etc.. (dérivés en etum).

Feucherolles, Joucherolles, Provenchère, Vignolles (plante forestière) (dérivés en ola), etc.. et les noms d'arbres fruitiers : Cerisaie, Prunay, etc.. (I), auxquels nous pouvons rattacher les poiriers qui sont à l'origine du nom de Villepreux : villa pirorum.

Les noms de végétaux cultivés sont plus rares : de l'époque galloromaine date peut-être le nom d'Avinières (avenaria) qui désigne une ancienne agglomération de la châtellenie de Poissy, la Favière (Fabaria à Crespières), et quelques-unes des très nombreuses chenne(I)

chenne(I) partie lexicologique.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 37

vières (canaberia) qui accompagnent un grand nombre de domaines ruraux.

« Vigne » (vinea), d'origine latine, est déboutes les époques. Ce nom s'est répandu en Gaule à partir du IIe siècle, avec la culture de la vigne.

Les eaux.

Des fontaines (fontana) se trouvent dans la plupart des villages. Fontenay-le-Fleury (Fontanetum), ancien domaine, tire son nom de la source qui l'alimentait : en effet chaque domaine gallo-romain se développa près d'un point d'eau.

Si les nombreux ponts, franchissant les rus, ne sont pas tous d'origine gallo-romaine, cependant un fief important de Louveciennes : le Pont (122I) semble fort ancien ; mais son nom peut lui venir d'un pont-levis et remonter seulement à l'époque féodale.

En dépit de leur nom d'origine latine : les douets (ductus), conduites d'eau, à Mareil-Marly remontent vraisemblablement à un âge postérieur.

Nous savons peu de chose des ports de la Seine : Alpicum (Le Pec) et le port Marly ; en tout cas, nous en ignorons l'origine.

Les ressources des villas.

Chaque village avait conservé un entourage ou une enclave de bois dont les usages étaient variés : combustibles, matériaux de construction, etc. Près dés villas croissaient des arbres fruitiers : cerisiers, pruniers, poiriers, comme en témoigne le nom de Villa pirorum : Villepreux. Des prés, des cultures, s'étendaient sur les territoires voisins : avoine (avinière), chanvre (chennevières), fèves (favières), etc. Les ariats, ariel (de arare), les cultures remplacent peu à peu la brousse.

Dès la fin du IIe siècle se produisit le relâchement sanctionné par Probus (276-282) reconnaissant à la Gaule le droit de cultiver la vigne (I). Autour des domaines se développent des clos, espaces fermés.

Enfin les carrières de toutes sortes durent être anciennement exploitées, notamment au voisinage du domaine disparu de Montilly (Mezu, Saint-Fiacre), point d'extraction important.

(I) Grenier, Archéologie gallo-romaine, Paris, 1934, p. 605, note 3,


Les domaines de l'époque franque.

Les domaines de l'époque franque se développèrent dans les régions forestières ou broussailleuses, non encore colonisées à l'époque galloromaine. Tantôt on se trouvait en présence d'étendues compactes où se pressaient plusieurs domaines; tantôt d'une région boisée, anneau entourant une clairière occupée par une villa d'origine galloromaine. Partout le domaine gallo-romain a subsisté : les établissements de l'époque franque apparaissent non pas comme des démembrements des domaines plus anciens, mais comme des créations tout à fait nouvelles dans des régions jusqu'alors inoccupées.

Les domaines se groupent en zones compactes, à l'est du Val de Galie et du pays de Cruye : Charlevanne et Bougival, Villiers (La Celle-Saint-Cloud), Rocquencourt, Ville-d'Avray, Morval à Chaville, Chaville, Viroflay.

Au centre du Val de Galie : Gondeval, Liville, Chaponval, Rennemoulin.

A l'ouest du Val de Galie, près de la Mauldre : Thiverval, Morainville (Saint-Germain-de-Ia-Grange), Genival à Plaisir.

En bordures de domaines : à l'est, Villacoublay (domaine de Velizy). Au centre : Villevert, entre Louveciennes et Bailly. A l'ouest : Wideville, Villiers, Merval, Mormoulin, en bordure du domaine de Davron, Au nord : entre Chambry et Chambourcy : Hennemont (I).

(I) La seconde partie (lexique) de ce travail comportera une étude morphologique des noms de domaines de l'époque franque. Nous ne faisons que les citer ici. Villiers (nom ancien de la Celle-Saint-Cloud).

Villacoublay (à Velizy).

Ville d'Avray.

Viroflay.

Villevert (à Louveciennes).

Chaville.

Estouville (aux Alluets-le-Roi, nom douteux, peut-être transplanté).

Liville (lieu disparu à Saint-Nom-la-Bretèche).

Morainville (nom ancien de Saint-Germain-de-la-Grange).


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 39

Les domaines et les routes.

La plupart des domaines de l'époque franque sont situés le long de routes importantes : Charlevanne : route de Paris - Rouen. Rocquencourt, Rennemoulin, Genival : route de Paris à Neauphle par Villepreux. Morval, Chaville, Viroflay : route de Paris à Dreux par Jouars. Merval, Mormoulin : chemin de conches. Thiverval, Morainville : chemin Meulantais.

Les limites des villages, anciens domaines, ont attiré certains établissements : Villacoublay (Velizy), Villiers-la-Celle, Villevert (Louveciennes), Chaponval (Villepreux), Wideville, Villiers, Merval, Mormoulin (Davron).

Un grand nombre de ces domaines porte le nom de Ville (villa) ; on relève également deux « villiers » et un « court » (Rocquencourt),

D'autres comprennent un nom de propriétaire joint à un mot à valeur topographique : Val ou Mont. Peut-être ces établissements sont-ils postérieurs; aux domaines en ville du court ? Blottis au fond des vallées, ils se développèrent mal; seuls Bougival et Thiverval devinrent des paroisses. Demonval, « Monval », est un hameau, Gondeval

Gondeval Chaponval ont perdu toute importance, Genival ne figure plus qu'à l'état de lieu-dit, Merval et Morval ont disparu.

Enfin certains noms rappellent une industrie ou une source de revenus : Mormoulin, Rennemoulin, Charlevanne.

Wideville (à Crespières-Davron).

Rocquencourt.

Bougival.

Chaponval (à Noisy-le-Roi).

Génival (à Plaisir).

Gondeval (à Saint-Nom-la-Bretèche). Merval (lieu disparu à Crespières). Morval (lieu disparu à Chaville). Thiverval.

Hennemont (à Fourqueux).

Mormoulin (à Chavenay). Rennemoulin.

Charlevanne (nom ancien de la Chaussée de Bougival), et peut-être Porchefontaine (à Versailles) et Galie (à Versailles),


QUELQUES TYPES DE DOMAINES DE L'ÉPOQUE FRANQUE

Villiers : la Celle-Saint-Cloud, Bougival, Charlevanne, Villevert.

Le terroir de la Celle renferme le village de la Celle-Saint-Cloud, un hameau important : les Gressets et quelques domaines isolés : BelÉbat, Bechevet, Beauregard. L'aspect de ce terroir est assez particulier. L'agglomération principale est située sur le versant oriental du vallon isolé de la plus grande partie des terres du village, qui s'étendent assez loin vers l'ouest. On peut donc se demander si le village actuel est bien le centre ancien de peuplement de ce pays.

Le nom de la Celle-Saint-Cloud qui rappelle un ancien établissement monastique a remplacé le nom ancien de Villiers.

On relève en effet, au IXe siècle, « in villare, in cella fratrum » (I) et « Cella que dicitur Villaris, 13 jan. 829 » (2), « in Pinciacensi cella que dicitur Villaris, 22 av. 872 » (3).

« Villiers » a disparu de bonne heure. On trouve encore, cependant, mentionné en 1559, « Villiers, paroisse de Louveciennes » (4).

Villiers se situait donc non loin de Louveciennes. Or le bois de Bougival-Louveciennes qui s'étend jusqu'aux confins de la Celle-SaintCloud, porte le nom de « Beauvilliers ». Bouviller (1573), bois SaintCloud dit Beauvilliers (1646). Peut-on voir là une altération de Bois Villiers ou de Bout Villiers (bout de Villiers ?) (5). La situation de ce bois près de Bougival et de Louveciennes renforce notre hypothèse, situant Villiers à l'ouest de la Celle-Saint-Cloud, sur le territoire des « Gressets », hameau ancien, riche en vestiges archéologiques.

(I) Polyptique d'Irminon, t. II, p. 77.

(2) Recueil des chartes de Saint-Germain-des-Prés, p. 43 et 60.

(3) Recueil des chartes de Saint-Germain-des-Prés, p. 43 et 60,

(4) Arch. Nat. LL' 1181.

(5) Voir dictionnaire topographique,


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 41

La limite occidentale du territoire de la Celle-Saint-Cloud devait à l'origine suivre une ancienne « Conche », le chemin de Ariel, voie romaine séparant Louveciennes de Bougival, et se continuant par Bechevet. Les « Gressets » (Villiers) occupaient alors, approximativement, le centre du terroir. Les moines qui fondèrent un petit couvent, une « Celle », recherchèrent un espace boisé qu'ils défrichèrent, et le foyer de vie religieuse qu'ils créèrent devint le noyau central du village, groupé autour de l'église, près du couvent. Le terroir de Villiers s'étendait donc sur un espace, compris entre les bois de SaintCloud et la villa de Louveciennes. D'après Longnon (1), « le mot villaris ou villare, formé sur villa au moyen du suffixe aris, variante de alis, a dû servir d'abord comme adjectif à qualifier les dépendances d'un domaine rural : terrae villares, lit-on dans une charte du VIIe siècle; mais on le voit pris substantivement dans divers textes de l'époque franque... » tandis que villa correspond aujourd'hui à la commune ou à la paroisse, Villaris ou villare désignait un équivalent de nos hameaux, de nos écarts modernes.

« Villiers » a dû être à l'origine un écart de Louveciennes. La présence d'un groupe de religieux sur une des parties du territoire donna naissance à une paroisse, et le centre du village se déplaça donc.

Bougival (2) (*Baldo-gisilo-valle) : petit domaine blotti au fond d'un vallon, a dû son importance à la pêcherie, la vanne, donnée, dit-on, par Charles-Martel au monastère de Saint-Germain-des-Prés, « Garolivanna », Charlevanne.

Cette pêcherie importante, le passage d'une voie romaine (ParisRouen) au voisinage de la Seine, ont permis à ce village de subsister et de devenir une paroisse — fait assez rare pour un domaine « en « val ». — Le nom de la voie romaine « la chaussée » a éliminé le nom de la pêcherie « Charlevanne ».

Villevert (3) : Ce tout petit domaine disparu occupe une partie des essarts de Marly, aux environs du « trou d'enfer ». Il marque une des étapes du défrichement, qui, du versant nord, a gagné le sommet du plateau de Cruye. Détruit sous Louis XVI, vers 1780-84, une

(1) Longnon, Noms de lieux, p. 237.

(2) La forme la plus ancienne du nom de Bougival date de 697 : Beudechisilovalle (Tardif, pièce 39), le nom de personne qui l'a formé doit être un composé : Baldogisilo.

(3) On peut rapprocher « Villevert » de « Vauvert », le second élément de ces toponymes nous paraît être un nom d'homme. Il existe, en effet, un « Saint-Vert » dans l'Allier.


42 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

croix rappelle seulement son souvenir. Toutefois ce village, mentionné en 1545 et 1559, comprenait alors un clos, une maison, « la Maison Margot », aboutissant aux hayes de Roquencourt (I) et un chemin « tendant... à gallye ».

Rattaché au territoire de Louveciennes, Villevert, tout comme Villiers, tire son origine d'un hameau de l'époque franque constitué aux environs d'une villa gallo-romaine (2),

Rennemoulin et Chaponval.

Petit domaine compris entre Villepreux, Noisy et Fontenay, Rennemoulin tire son existence du développement des moulins à eau sur le rû de Galie. Nous ne savons combien de moulins comportait ce domaine à l'origine : mais au XVe siècle il comprenait encore deux moulins à eau (voir lexique : moulins). Rennemoulin doit à sa chapelle et à son prieuré, fondés au XIIIe siècle, de s'être élevé au-dessus du simple domaine rural. Mais son terroir a peu d'étendue : comme bien des domaines de l'époque franque, Rennemoulin s'est établi sur la limite de domaines gallo-romains et n'a pu se développer amplement.

L'existence des moulins à eau, et leur extension à l'époque franque, est encore attestée par le nom de Noisement (l'Oisemont) que porte le ruisseau longeant la limite de Villepreux et de Rennemoulin. Ce nom s'applique dans d'autres régions à des moulins (Eure, etc.) et rappelle le bruit (noise) de l'eau et de la roue; il se rapporte ici, sans doute, à un moulin détruit.

Chapotival est un de ces petits domaines, établis dans une dépression, devenant par la suite des fiefs, de petites seigneuries, des hameaux, et enfin disparaissant.

Quelques lieux-dits rappellent son souvenir.

Au XIIIe siècle, 1242-43, vivait un seigneur, « Guillelmus de Chaponval ». Au XVe siècle, ce domaine comportait un ponceau, des jardins, des prez, des fossés. En 1533 on cite « le fief de Chapponval contenant maisons, édiffices, cours, granches, bergeries, estables avec plusieurs terres » (2).

Ce domaine a disparu au XVIIIe siècle. Il en reste un « lieu-dit ».

Tout comme Rennemoulin, Chaponval est situé à la limite de Noisy et de Villepreux.

(I) Arch. Nat. LL II8I f° : 2-3 et 35,

(2) Voir dictionnaire topographique.


Le Moyen Age.

Les invasions normandes affligèrent au IXe siècle les rivages de la Seine. Les pirates se fortifièrent à Charlevanne, bâti par CharlesMartel « vis-à-vis d'une île ». En 846 (I), les Normands ravagèrent Bougival et assiégèrent La Celle-Saint-Cloud jusqu'à l'arrivée de Charles le Chauve. Les habitants du hameau de la Houssaye, à Bougival, préservés des envahisseurs, élevèrent en reconnaissance une chapelle à saint Michel.

Par la suite, l'histoire locale relève quelques traces des croisés de notre région, et en particulier de Galeran de Villepreux. Celui-ci partit en Palestine vers II20, servit Beaudoin II, roi de Jérusalem, et après quelques aventures tragiques mourut quatre ans plus tard des suites de ses blessures. Deux lieux-dits « La côte de Jéricho et le jardin des Olivets », rapportés sans doute de terre sainte par un croisé rappellent Ces souvenirs.

Une ferme située sur le territoire de Beynes porte le nom de Carcassonne; elle doit sans doute l'origine de son nom à la croisade des Albigeois, entreprise par Simon de Montfort, suzerain de Beynes.

Mais le bouleversement le plus complet et le plus douloureux subi par ce pays fut causé par la guerre de Cent Ans ; des villages disparurent alors; les friches, les broussailles et les déserts remplacèrent les terres labourables.

En 1346, Edouard III, roi d'Angleterre, s'avance jusqu'à Poissy ; son fils, le prince de Galles, prend Saint-Germain, puis se retire après avoir brûlé cette ville, Fourqueux, Montaigu, Hennemont, la Montjoie. Une épidémie de peste noire ravage le pays en 1349 (2). En 1357, les Anglais et les partisans de Charles le Mauvais, roi de Navarre,

(1) L. Fot et Louis Halphen, Le règne de Charles le Chauve (840-877). Ire partie, Paris, 1909, p. 137.

(2) Mellerio, Marly-le-Roi, p. 54.


44 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

s'emparent de Maule et de Villepreux. L'année suivante, ils occupent : Mantes, Poissy, Argenteuil, Trappes, Chevreuse.

Au début du XVe siècle, Guillaume Lestendart défend le château de Beynes contre les Anglais, les attaquant et les mettant en déroute près de la ferme de Carcassonne.

Dès la fin du règne de Charles VI, les Anglais occupèrent le Pincerais : l'Anglais Jean Hanford, déjà en 1423, capitaine de. SaintGermain-en-Laye et la Montjoie, devint vers 1427 seigneur de Marlyle-Chastel et de Magny-l'Essart.

La lutte continuait cependant dans le Val de Galie. A Beynes les Anglais furent battus près de la Couperie, au lieu-dit « la prise aux Anglais ». A Thiverval, une légende veut qu'au lieu-dit Mortemer (I), les chevaux aient marché dans le sang au cours d'une bataille.

Quand les Anglais quittèrent le pays, quelques hommes vinrent défricher le sol. Enfin les seigneurs durent revendiquer leurs biens et reconstituer de nouveaux censiers et terriers de leurs domaines. En 1471, noble homme Simon de la Villeneuve, escuier, seigneur de Baillyen-Cruye et des Clays, confesse « que son hostel sean audit lieu des Clays fut et soit Cheut et demouré en masures, ruyne et désolation et desy longtemps que nest mémoire dhomme vivant qui oncques le veist en nature » (2).

Le domaine royal : les alleux.

Nous n'avons pas à retracer ici toute l'histoire du pays de Cruye et du Val de Galie; il est cependant nécessaire de donner quelques exemples de la structuré féodale de cette région.

A la limite de Cruye, le roi possédait le château et la petite ville de Saint-Germain-en-Laye (3) et quelques vignobles des environs; en effet à Charlevanne (chaussée de Bougival), Philippe III, fils de saint Louis, affermait à l'abbaye de Saint-Denis en 1279-80 un clos de vigne, « le clos du Roi » d'une superficie de 12 arpents et un pressoir. En 1294, Philippe le Bel donnait à Robert de Meudon, concierge de Saint-Germain, le reste des biens particuliers à Charlevanne (4).

A Mareil-Marly, certains lieux-dits rappellent des possessions royales, « le Roi », « Vigne assise au Roy » 1447, « une pièce de bois à Vaulhuet tenant au roy notre sire ».

(I) Risch, Thiverval, p. 6.

(2) Arch. de Seine-et-Oise, tabellionnage de Villepreux, Ier registre, p. 32.

(3) Houdard (Georges), Les châteaux royaux, p. 47.

(4) Leboeuf (abbé), Histoire du diocèse de Paris, VII, p. 174.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 45 .

Les alleux : la toponymie nous révèle l'existence de quelques alleux : vineam de aalodi, en 1184 à Louveciennes (I) et village des Alluetsle-Roi. Ce nom nous apprend que dans cette région l'alleu cessa de désigner une terre pleinement indépendante et dut reconnaître pleinement la suzeraineté royale.

« L'alleu, eut un autre adversaire dans la royauté. Les légistes imaginèrent que quiconque n'avait pas de seigneur avoué devait être vassal du roi. Ils tiraient cette conséquence de la suzeraineté générale du roi sur le royaume (2). Pareille déduction entraînait pour la couronne des avantages tangibles, puisqu'elle se voyait fondée à percevoir des droits féodaux sur des terres qui en réalité étaient allodiales. »

« Par les privilèges de 1174 (3), les habitants des Alluets, leurs héritiers et les individus qui choisirent leur demeure dans cette localité seront toujours exempts et affranchis, surtout le domaine royal, de toute taille, service militaire, , chevauchée, corvée et toutes autres coutumes et exactions, à l'exception de l'amende de 12 deniers pour cause de violation de la loi entraînant l'application de toutes les épreuves judiciaires... A cause du don de cette immunité les individus auxquels elle s'applique et s'appliquera payeront à l'avenir au roi, à Gazon de Poissy et leurs héritiers le double des revenus antérieurement prélevés..» « Ces mêmes individus auront leur usage dans la forêt de Cruie... pour leur bois de construction et de chauffage. Les habitants des Alluets sont autorisés à ne répondre à aucune semonce ou appel pour quelque querelle ou procès que ce soit, à moins que ce ne soit dans la ville même des Alluets ou à Poissy » (4).

En 1190, Philippe-Auguste rappelle à Pierre de Mauvoisin les ville

et terres des Alluets, valant alors 12 livrés de rente et transmises au

pouvoir royal par le fait même des habitants; aussi ne veut-il jamais.

le laisser sortir de ses mains et entend-il qu'elles restent perpétuellèment

perpétuellèment à la couronne.

Les seigneuries.

Les comtes de Meulan possédaient en 1264, de vastes fiefs (5). dans la région, étendant leur suzeraineté sur la châtellenie de Neauphle. Parmi les feudataires du comte de Meulan, on relève : Bochardus de

(I) Merlet et Moutié, Cartulaire des Vaux de Cernay, I, p. 86.

(2) G. Calmette, La société féodale, Paris, 1927, p. 121.

(3) Arch. de. S.-et-O. Série H. Dominicaines de Poissy.

(4) Bertrandy-Lacabane, Les Alluets-le-Roi, Versailles, 1880, p. 9.

(5) Historiens de France, XXIII, p. 712.


40 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Marliaco (I), I fief lige, Dominus Villae Petrosae (2) I f. I. Tioninus de Ruolio (3), Hugo de Leivilla (4), Guillelmus de Bosco Roberti (5), Amenais de Marolio (6). Dominus Montis-Morenciaci, terram suam Mellenti et Fraxinos et Cruiam (7)... Tiverval (8) avec ses dépendances, la Boissière... Bougival (9), Viroflay (10) et le fief « d'Autoil » que Bouchard de Hanemont (II) tient du seigneur de Neauphle et le fief de Croissy (12), le fief de Montjoie (13) et les fiefs que le même seigneur possède en Beauce (14).

La châtellenie de Neauphle, s'étendait sur une partie du domaine de Thiverval, le châtelain de Poissy contestait ces limites, aussi en 1240, on prit soin de les préciser (15), Guillaume de Tiverval jurant avoir entendu dire que la châtellenie de Neauphle allait jusqu'au chemin de Galeran à Thiverval.

La châtellenie de Poissy comprenait en 1220 parmi ses « villa » (16) : Allodia (I7), Crisperie (I8), Huidevilla (I9), Daveron(20), Villarium (2I) ultra boscum, Chavenolium (22), Sancta Gemma (23), Avenerie (24), Vallis Martini (25), Brestachia (26), Montjoia, Fillencourt (27), SanctusLesdegarius (28), Sànctus Germanus (29), Marolium juxta Mallia(I)

Mallia(I) (le-Roi).

(2) Villepreux.

(3) Rueil.

(4) Liville, cme de Saint-Nom-la-Bretèche.

(5) Bois-Robert, cme de Saint-Cyr (l'École).

(6) Mareil-sur-Mauldre ou plus vraisemblablement Mareil-Marly.

(7) Forêt de Cruye.

(8) Thiverval.

(9) Bougival.

(10) Viroflay.

(11) Hennemont, cme de Fourqueux.

(12) Croissy-sur-Seine.

(13) La Montjoie, cme de Chambourcy.

(14) Beauce.

(15) Arch. Nat. Trésor des Chartes, p. 1031, n° 6.

(16) Reg. Ph. Auguste, B. N. 9708 f. 239.

(17) Les Alluets-le-Roi.

(18) Crespières.

(19) Wideville.

(20) Davron.

(21) Villiers-le-Sec, cme de Feucherolles.

(22) Chavenay.

(23) Sainte-Gemme, cmc de Feucherolles.

(24) Avinières, cme de Saint-Nom-la-Bretèche.

(25) Valmartin, cme de Saint-Nom-la-Bretèche.

(26) La Bretèche, cme de Saint-Nom-la-Bretèche.

(27) Feuillancourt, cme de Saint-Germain-en-Laye.

(28) Saint-Léger, cme de Saint-Germain-en-Laye.

(29) Saint-Germain.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 47

cum (I), Hennemont, Mons Acutus (2), Chamburciacum (3), Aigremont... Morenville (4), Stagnum... Tyverval, Greignon (5).

Le seigneur de Montfort possédait des fiefs à Beynes car « Le moine de Saint-Germain-des-Prés, continuateur au milieu du XIIe siècle de l'Histoire de France d'Aimoin, dit que son abbaye possédait Beynes à la fin du Xe siècle et que le roi Robert lui enleva ce domaine pour le donner au premier châtelain de Montfort (6) ».

En 1176, le seigneur de ce lieu tenait en fief, de l'abbé de SaintGermain, « le château et le domaine de Beynes et les biens que tiennent de lui à Grignon : Robert Chasteau, Renaud Champagne et Guillaume de Montreuil (7) ».

Parmi les plus importants seigneurs laïcs de la région, il faut

citer ceux de Marly et Villepreux. Le premier appartenait à la maison

de Montmorency et celui de Villepreux tenait son origine des Montlhéry.

Relevons donc, à travers les aveux et dénombrements, quelques-uns

des fiefs, les plus importants, dépendant de ces seigneuries.

Seigneurie de Marly.

La baronnie de Marly rendait hommage aux seigneurs de Montmorency. De Marly relevaient de nombreux fiefs dont nous retrouvons la trace dans les aveux de la baronnie de Marly. Dès 1382, Philippe de Levis tient de Peronnelle de Villiers, veuve

de Charles de Montmorency.

« Scavoir bailly, prevost, procureur, tabellion, scel ordinaire, quatre sergents fieffés et autres appartenances et dépendances, le bourg de Marly, le fief Jean.Digny, le Vivier, la Boissière, Orgeval, Angoulant, La Croix, Frenet (?), Bouacle, Arrode, Bailly, Le port de la Loge, Vignole, Charonne, le Moulin de Chamberi, Ville-d'Avray, les Essarts, Claincourt, Meudon, Mareuil, Bures, Tressincourt, Louveciennes,

Noisy, et le Pecq » (8).

Philippe de Levis rend aveu à Jean de Montmorency en 1449, pour Marly-le-Chastel : le bourg de Marly, Louveciennes, Voisins, cer(I)

cer(I)

(2) Montaigu, cme de Chambourcy,

(3) Chambourcy.

(4) St-Germain-de-la- Grange, (5) Grignon.

(6) (7) Dion (de), Notice sur Beynes. Société archéologique de Ramboinllet. 1894, t. XI, p. 18.

(8) Arch. Nat. P. 2241-42. Inventaire général des titres du domaine de Marly et toutes dépendances (du XVIIIe. siècle). Cote 186.


48 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

taines maisons à Bougival, Ville-d'Avrày, Valloursel, Vigneulles, Bailly en haut, Noisy en Cruye, moulin à Demonval. le Pecq et le port de la Loge (I).

Enfin, quand le Roi devint seigneur de Marly (1676) il acquit de Maître François Bossuet. : les seigneuries de Marly-le-Chastel, Noisy et Bailly, fiefs et ferme des Vaucherons, des Essarts, du Trou d'Enfer et des châtaigneraies au Port de Marly et hameau de Prunay (2). Le tout scitué dans les paroisses de Marly le Chastel, Noisy, Bailly, Marlyle-Bourg,Louvetiennes, le Pecq, Roquencourt, et de l'Étang la ville (3).

Seigneurie de Villepreux.

Les seigneurs de Villepreux, sous seigneurs de Montlhéry, rendaient hommage aux seigneurs de Méréville, descendant d'une branche aînée de cette maison. Le dernier rejeton de cette maison : Jeanne d'O vendit en 1473, la terre de Villepreux à Nicolas la Ballue. D'après un aveu de Jean de la Ballue rendu au sieur de Méréville en 1533 (4), la seigneurie de Villepreux comprenait, outre le château et des possessions alentour : le fief de Chapponval, l'hôtel et seigneurie des Clayes, l'étang et le moulin du « Vicomte » à Villepreux et plusieurs fiefs, Grand Arcis, Bagottière, Coignart, Pisalou, Ergal (5).

Un aveu de 1603, donne une liste des fiefs mouvants de cette châtellenie : l'hostel ou lieu seigneurial de la Hébergerie, le fief de la Corne de cerf scis au dit Villepreux, le fief de Villiers dit les evesques, le fief Potel (6), le fief des Prés scis à Plaisir, le fief du Cigne sis à Villepreux au carrefour de près la Croix dudit lieu, item le fief de la Bretesche (7) les Plaisir, item un autre fief assis aux Gastines, fief des Troux (Guyencourt), fief de Guyencourt, de Bulohier, item ung autre fief tenu et occupé par les dames de Port-Royal appelé le fief de Méridon; le fief de Hanches sis à Chastillon, item le fief des Sauts assis à Bois d'Arcy, trois fiefs à Fontenay : Crespoines, Garentières

(I) Cote 187.

(2) Cote I.

(3) Parmi ces dépendances de la baronnie de Marly nous avons pu identifier le Vivier et la Boissière, fiefs situés aux environs de Versailles, le port de la Loge et Chambry près de Marly, Vignole et Valloursel (Volusseau) à Bailly, Voisins à Louveciennes.

(4) Arch. Nat. O (1) 3961, liasses I et 2.

(5) Ces fiefs sont pour la plupart situés sur le territoire de Villepreux ou aux environs : les Clayes, Fontenay-le-Fleury.

(6) A Villepreux,

(7) La Bretechelle (aux Clayes).


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 49

et Gaullaye, le fief de Ternay assis aux Graviers, près Villepreux, Regnemoulin, Frémainville (1).

En 1609 on trouvé en outre : fief de Tilly sis à Villepreux (c'était peut-être la grange, de Tyle près de Tyle 1482), Tillay, « une maison, grande cour, jardin et lieu, ainsi qu'il se comporte séan en la ville de Villepreux appelé hostel du Tillay tenant d'une part au four à ban »

(13 mars 1469).

Parmi les fiefs les plus, importants, citons la « Hébergerie », s'étendant sur le village de Bois-d'Arcy, la Bretechelle, Plaisir, la Hébergerie, les Bordes.

En 1489, Simon de la Villeneuve, à la fois seigneur de Villepreux et de la Hébergerie, mentionne encore, parmi les fiefs relevant de lui, a cause de la Hébergerie : « grange de Saint Loys près Poissy, fiefs à Morainvilliers, aux Gastines, à Fougerolles (2) qui fut Jean Papelart, le fief de Jean de Cormeilles sis à Bougival, contenant entre autres

choses « le droit que le dit Jehan de Cormeilles avait de saisine en Chalveyne » le fief, de Felouille à Crespières avec un grand hôtel. Le fief Jean de Chanevière à Crespières que tiennent les hoirs de Me Guillaume de Victry, le fief des Fours assis à Louveciennes avec toutes ses appartenances ...

« Un fief assis à Plaisir que tient le sire de Maupas qui fut Michel Jacquot, fief à Andrésy, fief Georges Le Lombart à Louveciennes, fief de Viroflé qui fut messire. Jacques des Essars, fief Pierre de Laulnay qui fut Robin de Laulnay assis sur le Val de Laulnay, fief de Fontenayle-Fleury,

Fontenayle-Fleury, de Geoffroy de Chenevière à Villepreux. »

Les seigneuries ecclésiastiques.

D'importantes seigneuries ecclésiastiques étendaient leurs possessions sur le pays de Cruye et le Val de Galie.

Dès 697, Vualdromar, dixième abbé de Saint-Germain-des-Prés,

échangeait des terres à Marly. Au IXe siècle (polyptique d'Irminon),

l'abbaye possédait des biens à Marly, Mareil-Marly, Fourqueux,

Feuillancourt, Hennemont, Chambourcy, la Forêt de Laye, la Forêt de

Cruye avec le prieuré de Chevaudos, la Celle-Saint-Cloud, nommée

alors Villiers, le Chesnay (3).

(1) Certains fiefs qui portent le nom d'une famille seigneuriale n'ont pu être identifiés. (2) Feucherolles. (3) Longnon, Polyptique d'Irminon.

4


50 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Les moines de Saint-Germain-des-Prés, installés au prieuré de Chevaudos, et possesseurs de vastes domaines, contribuèrent au défrichement de la forêt de Cruye.

En 856, Hilduin, abbé de Saint-Germain-des-Prés, échangea des terres à Villa « porcorum » — que l'on a cru pouvoir identifier avec Villepreux — contre des biens à Ozoir-la-Ferrière appartenant à l'abbaye Saint-Maur-des-Fossés. La Chapelle Saint-Vincent de Villepreux rappelle peut-être le souvenir de l'abbaye Sainte-Croix Saint-Vincent, ou Saint-Germain-des-Prés (1).

Un relevé des fiefs de l'abbaye rédigé vers 1176 et publié par Longnon nous apprend que le seigneur de Montfort tenait en fief de l'abbé de Saint-Germain le château et le domaine de Beynes et les biens tenus de lui à Grignon par Robert-Chasteau, Renaud Champagne et Guillaume de Montreuil (2).

En dépit de ses nombreuses possessions l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés a laissé peu de traces en toponymie.

L'abbaye de Saint-Denis aurait possédé, d'après un diplôme contesté de Charles le Chauve, tout le cours de la Seine depuis le Rû de Sèvres jusqu'à Chambry (rû du Pecq). Ses biens s'étendaient encore sur Rueil, Louveciennes, Vaucresson, Trappes, etc. (3), lieux-dits : le closeau de Saint-Denis en 1482, à Bailly; le pré Saint-Denis (de 1559 au cadastre), à Louveciennes.

Le prieuré d'Argenteuil de l'abbaye de Saint-Denis, sous le vocable de l'Humilité N.-D. fut seigneur de Chavenay du XIIIe siècle à 1691. Un maire représentait ce prieuré à Chavenay, d'où les lieux-dits : fief de la Merie en 1787 et la Mairie (cadastre) (4).

Parmi les abbayes qui eurent d'anciennes possessions dans la région citons encore l'abbaye de Coulomb à laquelle Hervé Ier de Marly accorda deux arpents de terre contigus à son château par acte de 1087. Ces religieux eurent aussi des droits sur le bas Marly (5). Sur la demande de Roger X, abbé de Coulombs, Mathieu de Montmorency confirma les donations faites à l'abbaye par Hervé son père, qui comprenaient : les deux églises de Marly-le-Châtel et de Marly-leBourg, et enfin le bourg lui-même (6).

(I) Longnon, Polytique d'Irminon.

(2) Dion (de), Notice sur Beynes, Soc. arch., Rambouillet, 1894, t. XI, p. 18.

(3) Inventaire des Chartes de l'abbaye de Saint-Denis, série D, Arch. de S.-et-O.

(4) Fonds d'Argenteuil, Archives de S.-et-O.

(5) Mellerio, Marly-le-Roi, p. 48.

(6) Piton, Marly-le-Roi, p. 28.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 51

En 1094, Geoffroy, évêque de Paris, donna à l'abbaye de Marmoutiers, l'autel de l'église de Villepreux (I) et les églises Saint-Denis d'Ursines et Saint-Julien de Versailles. A la fin du XIe siècle et au début du XIIe, date la fondation du prieuré Saint-Nicolas des Bordes à Villepreux (lieux-dits : le Prieuré, les 18, 28, 50 arpens du Prieuré).

Vers 1180, les moines de Marmoutiers cédèrent le prieuré de Versailles et la ferme de Fontenay à l'abbaye de Saint-Magloire, en échange du prieuré de Lehon en Bretagne.

L'abbaye de Marmoutiers devait aussi avoir des possessions à Feucherolles, comme en témoigne le lieu-dit « la Mare à Marmoutïers » (cadastre).

En dehors des biens qu'elle échangea avec l'abbaye de Marmoutiers, l'abbaye de Saint-Magloire se fit donner par le roi Robert le patronage de l'église Saint-Martin de Beynes et la principale dîme de cette paroisse (2).

Le prieuré de Saint-Léger-en-Laye relevait en 1314 de cette abbaye (3). Non loin de Saint-Léger, à Aigremont, on relève encore au cadastre un liéu-dit Maglore, rappelant une possession de l'abbaye de Saint-Magloire.

Le prieuré de Montfort-l'Amaury qui avait des biens à l'ouest du Val de Galie relevait également de l'abbaye de Saint-Magloire.

L'abbaye de Sainte-Geneviève possédait «Triarnum cum nemore et terra adjacente, capellam gallie cum pourprisio, stagno, molendino apud marliacum stagnum » (4). Elle avait aussi des possessions à Chavenay. Les fermes et fiefs de Choisy-aux-Boeufs et de Galie appartinrent aux religieux de Sainte-Geneviève jusqu'en 1684, époque à laquelle ils les vendirent au Roi.

Dès 1100 : Crespières, la Couperie et Villiers-le-Sec appartenaient à l'abbaye de Saint-Martin des Champs qui avait un hôtelier à Crespières, lieu-dit « ruelle Saint-Martin ».

L'abbaye des Vaux de Cernay fondée en 1128 eut de nombreuses possessions à Marly, à la Bretèche Saint-Nom (ferme), à Noisy, Cha(I)

Cha(I) Beaunier, France monastique, p. 163.

(2) Dion (de). Notice sur Beynes, Société archéol. de Rambouillet, 1894, t. XI, p. 18.

(3) Houdard, Les châteaux royaux (d'après Depoin, pièce XX).

(4) Cartulaire Sainte-Geneviève de Paris. Bibl. Sainte-Geneviève, ED 25, fol. 14. (5) Arch. Nat. S. 1343.


52 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

venay, les Ebisoirs, Fontenay-le-Fleury, Saint-Germain de Morainville (Saint-Germain-de-la-Grange) (I).

Des noms de lieux assez nombreux se rattachent aux possessions de cette abbaye. Ils sont assez difficiles à identifier car le nom de Vaux, qui les distingue, peut aisément se confondre avec des désignations d'ordre topographique :

Citons aux Alluets-le-Roi : le clos des Vaux, 1602, cadastre.

à Bailly : le clos de Cernay, 1665-1786.

à Bois-d'Arcy : le belvédère de Cernay, cadastre.

à la Celle-Saint-Cloud : chantier dit les Vaulx en hault du hameau de la Thuillerie, 1676.

à l'abbaye des Vaux de Cernay appartenaient la maison, le clos des Veaux, les terres, les bois, les vignes sises à Marly (2). Lieuxdits : la rue des Vaux, les Moines (cadastre), le clos aux Moines (1612-1643).

L'abbaye d'Abbécourt, fondée en 1180, défricha la partie occidentale du plateau de Cruye. La ferme du Pou lui appartenait et une partie de la dîme de Lanluet. Elle avait des biens aux Alluets, à Thiverval, à Chavenay, à Mareil-Marly, etc. (3). Lieu-dit : le moustier, 1698, à Mareil-Marly.

L'abbaye de Saint-Cyr qui donna son nom à une des paroisses du Val de Galie fut fondée par Robert III, évêque de Chartres. Louis VII confirma cette fondation en 1156. L'abbaye de Saint-Cyr avait des biens dans la région de Plaisir et Thiverval, comme en témoignent les lieux-dits « La fosse aux dames tenant aux dames de Saint-Cyr » 1485 (Thiverval), et peut-être : mare de l'abbaye, clos de l'abbaye, au cadastre de Plaisir.

Le monastère de Port-Royal, fondé par Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly, avait des possessions à Marly, Bailly, Noisy et Rennemoulin (4). A Marly on relevait en 1557 le lieu-dit : les jardins de Port-Royal.

L'abbaye de Joyenval fondée en 1221 par Barthélémy de Roye contribua au défrichement de la partie occidentale de la forêt de Marly. Construite dans un vallon, au pied dé la Montjoie, elle tira

(I) Merlet et Moutie, Cart. de l'abbaye des Vaux de Cernay. (a) Arch. Nat. Q1 14721.

(3) Depoin, Cartulaire d'Abbécourt.

(4) Beaunier (Dom), France monastique, p. 87. Petit Parois, B. N.man. lat. 10-997, 10.998.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 53

son nom de celui de la forteresse et devint Joy-en-val. D'après une légende le Roi Clovis ayant vu fleurir en plein hiver près d'une source située en ce lieu des lys éclatants de blancheur, résolut à la prière de la reine Clotilde, de se faire chrétien. Il remplaça les trois crapauds figurant à son bouclier, par des lys, symbole de pureté (1).

Le souvenir de Barthélemy de Roye, fondateur de Joyenval, persista dans le nom du village de Saint-Jacques de Roye (devenu Retz par altération), rasé au XVIIe siècle.

Le prieuré de Rennemoulin relevait de l'abbaye d'Hermières. Bien des lieux-dits rappellent le prieuré Saint-Nicolas de Rennemoulin : devant le prieuré (cadastre), au-dessus du prieuré, le clos du prieuré, chantier de la prieure (XVIIIe siècle).

En forêt de Marly on trouvait « cinquante arpens de bois taillis en une pièce appelée le bois d'Hermières... de Me Jean-François de Raymbert, prestre religieux, prémontré profès de l'abbaye d'Hermière et prieur curé de Rennemoulin » (2). Il n'en reste que le lieu-dit l'étoile d'Armière.

Les religieuses de Maubuisson obtinrent en juin 1248, la dîme de Bailly, don du roi saint Louis qui l'avait achetée en 1229 à Pierre de Mailly (3).

Les lieux-dits : besne au prieur de Plaisir, estang du prieur de Plaisir, 1366 ; clos Notre-Dame, 1395 et mairerye de Plaisir 1470, évoquent le prieuré que l'abbaye de Bourgueil possédait en ce lieu.

De l'abbaye de Josaphat dépendait le prieuré de Sainte-Madeleine de Davron, uni aux missions étrangères de Paris, lieux-dits : la fosse aux moines, 1380, cadastre; la garenne du prieur, 1467.

Au XIIe siècle, l'abbaye N.-D. de la Roche avait des biens à Marly, l'Étang-la-Ville, la Tremblaye (paroisse de Bois-d'Arcy), lieu-dit : Bois de la Roche, 1341 (Bois d'Arcy) (4).

Le couvent des Dominicaines de Saint-Louis de Poissy, conserva jusqu'au 18 novembre 1715, la terre d'Avinières (Saint-Nom la Bretèche). Ce domaine fut enclavé dans la Forêt de Marly (5). Les

(1) Dutilleux, L'abbaye de Joyenval. Mémoires de la Société historique de Pontoise, XIII, p. 43.

(2) Arch. Nat. P. 2241-42.

(3) Archives de S.-et-O., Fonds de Maubuisson, Cartulaire de Maubuisson. Bailly, p. 240.

(4) A. Moutié, Cartulaire de N.-D. de la Roche,

(5) Arch. Nat. O1.3913A 1. 4.


54 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

religieuses de Poissy avaient en outre des possessions aux Alluets-IeRoi : lieu-dit les meullières des dites dames » 1487, et dans la Forêt de Marly (I) où les cartes des XVIIe et XVIIIe siècles portent encore : « vente aux dames de Poissy ». On relève encore les lieux-dits « vallée aux dames, étoile des dames » en 1682.

Dès le XIVe siècle, les religieux Célestins de Paris possédaient à Versailles et aux environs : Porchefontaine, Satorry, Sabrevoys, La Boullie, Montereul, Ursines, Viroflay, Ville-d'Avray, la GrangeLessart (2), lieu-dit : bois des Célestins (cadastre, Versailles). Cette abbaye avait peut-être, en outre, des possessions à Beynes, car on trouve au cadastre un lieu-dit les Célestins.

Il est assez difficile de déterminer d'une façon précise l'époque à laquelle certains établissements ecclésiastiques eurent des possessions dans la région. Les actes divers que nous relevons mentionnent des biens appartenant depuis longtemps à ces monastères.

Dès le XVe siècle, nous relevons les traces des possessions, sans doute bien antérieures à cette époque, des Templiers de la Villedieu-lesMaurepas (3) : la granche du Temple, Villepreux, 1466. En 1547, il est fait mention d'un « Bail de dix ans à Jean Lancre, des droits seigneuriaux de la terre et seigneurie de la Ville-Dieu sur les villages de Launay, la Voirrière, la Brosse, Trotigny, Maurepas, Bazoches, le Tremblay, Montfort, Poissy, Boinvillier, Monametz, Grignon, Thiverval, et Vaux-sur-Meulan, avec un arpent et demi de pré entre Fontenay-le-Fleuri et l'abbaye de Saint-Cir ». Ce pré, à Saint-Cir, est à l'origine du lieu-dit : le pré des templiers, 1673. A Thiverval existait un lieu-dit : l'Orme-Dieu, et une rue des templiers (lieux disparus en 1674).

Les Chartreux, possédaient « la moitié d'un hôtel et lieu que l'on dit grange dame Roze, jadis appelé « le petit Jardi» en 1482 (4).

A Velizy, un lieu-dit « le Val de Grâce » (cadastre) rappelle le souvenir des Bénédictines du Val Profond, à Bièvres, transférées à Paris en 1621 (5).

Enfin l'abbaye d'Yerres était peut-être propriétaire de la Haye de

(I) Arch. S.-et-O., Fonds des dominicaines de Poissy, série H.

(2) Arch. Nat. Censier des Célestins, S. 38I9,

(3) Arch. Nat. S. 5138, 1. 43. Commanderie du Temple de la Villedieu-les-Maurepas.

(4) Arch. Nat., 013942, liasse 2.

(5) Beaunier, France monastique.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 55

Terre (1359) ou de Jeurre (1367 à 1492) à Versailles. Un fief d'Yerres, existait également en 1467 à Villepreux. Mais il s'agit peut-être ici d'une seigneurie laïque.

Dans des actes du XVIe siècle, on trouve encore la trace de possessions des religieuses de l'Humilité de Notre-Dame de Longchamp, près Saint-Cloud : le ferme de Bois-d'Arcy leur appartenait en 1560 (1). Il était question en 1773, d'une pièce de terre sise en ce lieu « champtier de la Marré Collin, appelée le clos de Longchamp, où se trouvait jadis la ferme des Dames de Longchamp détruite depuis longtemps » (2) : Clos de Longchamp 1762-1773, la mare de Longchamp, cadastre.

L'abbaye de Gif, avait à La Celle-Saint-Cloud, « une ferme assise au Val de Gallie appelée les Gressais, autrement Belesbat » (3). En dehors des abbayes, divers établissements ecclésiastiques possédaient des biens dans la région.

Notre-Dame de Paris (4) était propriétaire à Versailles (Montreuil) et à Villepreux, Saint-Nom-la-Bretèche, etc. On relève à Montreuil : 1389, Hôtel du chapitre, Préz du chappitre de Paris. 1438, les Prez Notre-Dame de Paris. A Villepreux le cadastre porte : Bois NotreDame en 1596, Croix Notre-Dame. 1468-XVIIIe siècle.

Un fief de Saint-Cloud existait à Saint-Nom-la-Bretèche (5) : 15 sols tournois sur 4 maisons ou masures et 41 arpents ou environ de terre au terroir de la Bretesche, dont Jacques de Pommereu rendit aveu au chapitre de Saint-Cloud en 1602. De ce fief devaient relever plusieurs

terres aux environs, comme en témoignent les lieux-dits : Côte SaintCloud, figurant au cadastre de Feuchèrolles ; coudraye de Saint-Cloud, rue de Saint-CIoud, à Noisy-le-Roi en 1483. Le chapitre Notre-Dame de Poissy (6) avait des fiefs à : Thiverval, Grignon, Crespières ; la

chapelle de Sainte-Gemme (7) lui appartenait.

La Fontaine des Écoliers de Justice, à Fourqueux, citée dans un document de 1745, le clos de la Justice (1640) et la vigne de l'Officiel (1447) à Mareil-Marly témoignent des possessions du collège de la Justice (8).

(1) Arch. Nat. O13915A 013916.

(2) Arch. Nat. O13915A, liasse 9.

(3) Arch. de S.-et-O., Série H, censier de Gif, p. 25.

(4) Guérard, Cartulaire de N.-D. de Paris.

(5) Maquet, Saint-Nom-la-Bretêche, Mémoires de la société des sciences morales, XVIII, p. 230.

(6) De Dion, Armorial de Montfort, p. 375.

(7) Couard, Commission des Antiquités et arts de Seine-et-Oise, XX, p. 4I.

(8) Arch. Nat. O13931, liasse 2.


56 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Le lieu-dit : bois de l'autel-Dieu 1695, confirme que la seigneurie en partie et une ferme assise au Doisu (Chaville) appartenaient à l'hôtel-Dieu de Paris qui avait reçu la ferme (selon l'abbé Lebeuf) de l'évêque Inchadus.

Les domaines de l'époque féodale.

Tandis que les villas gallo-romaines et les établissements de l'époque franque paraissent constituer des domaines d'un seul tenant, groupés autour des bâtiments d'habitation et d'exploitation, les domaines de l'époque féodale ont une structure bien différente. A côté du manoir seigneurial, des constructions, des dépendances de toutes sortes formant la partie « groupée » du domaine, on trouve des terres baillées à cens, qui ne sont pas directement exploitées par les seigneurs : par contre au sein même du domaine réservé, s'étendent des prés, des bois, des champs appartenant à un autre seigneur que celui du lieu, ou à une abbaye, à un prieuré.

La toponymie, nous révèle donc un grand nombre de noms de personnes joints à des noms de domaines, des bois, des prés. Leur étude peut donner d'utiles indications sur l'histoire de la propriété.

Le domaine seigneurial.

Celui-ci comprend : le manoir (souvent une maison forte), les bâtiments d'exploitation, les terres dépendantes. Quelques domaines portent des noms rappelant les formations de l'époque franque : composés avec Val et mont, suivis d'un nom de propriétaire, parfois au cas régime : Vaucheron. Ailleurs le nom du propriétaire précédait celui du domaine : Chaponval. Ces domaines, correspondant à une couche assez ancienne des formations médiévales, sont nombreux : Val Benoit à Versailles (en 1374 et au XVIIIe siècle). Vaubesnard à Villepreux (1490). Valberon (1598), Montberon, Montboron (1398, cadastre) à Versailles. Vaubourdot à Marly (XIIIe siècle, 1511). Vaucheron à Noisy-le-Roi (1484). Val Durand à Mareil-sur-Mauldre (cadastre), Vaux Fermaux à Ville-d'Avray (1455-1533). Les Vaugirards à Marly (1612, cadastre), Val Guibert, Saint-Nom (1250). Vauguion à Chaville (1409-1563). Vaulhuet à Mareil-Marly (1447). Valhubout ou Valibout à Plaisir (1255, cadastre).

Plus tardives sont les formations dans lesquelles une préposition précède le nom du propriétaire : Val dangennes à Chaville (1274).


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 57

Vallis dangen (1454). Val dangenes. (I56I) Val dangenest. Val de buffery à Ville-d'Avray (1455). Val aux Thiboutz à Versailles en (1508).

Enfin « vallée » s'est parfois substituée à « Val ». Vallée Bodart à Feucherolles (cadastre). Vallée Costelle à Crespières (cadastre). Vallée Codrelle à Crespières (1163-1476). Vallée. Pinson à Crespières (XVIIIe siècle et cadastre). Vallée Renault à Mareil-sur-Mauldre (cadastre). Vallée de Riche à Mareil-sur-Mauldre (cadastre) (il existait un moulinde Riche en 1469). Vallée Roger à Louveciennes (1645).

Les formations avec mont correspondent toujours à un site défensif. Parfois on trouve un lieu dit « mont » à côté d'un Val : Montboron et Valboron à Versailles. Le mont portait le château, le val le domaine rural.

Parmi les formations avec « mont » citons : Montalet, Montalais à Ville-d'Avray, (1746 et cadastre), les Monts Ferrands à Marly (1700 et cadastre), Montroger à Mareil-sur-Mauldre (cadastre)..

Les composés en 1ère et en erie, qui s'appliquent particulièrement aux maisons et à leurs dépendances désignent parfois d'anciens domaines comme : la Couperie à Beynes (1174 et cadastre), la Goterie à Louveciennes (1210) et à Fontenay (I486), la Bagotière à Bois-d'Arcy

Enfin, certains de ces domaines portent simplement le nom du seigneur : un simple lieu-dit subsiste : Bebelliart à Villepreux (1484-1680). Benehart à Thiverval (1479). Bertaut à Saint-Nom (1257). Cornehart à Versailles (1388-1513). Le Herart à Fourqueux (dès 1235) (Hezards au cadastre). Les noms des fontaines de la région de Chaville, Ville-d'Avray, remontent à une époque fort ancienne. Fontaine Houdyart à Chaville (Fontem Houdeardis en1316). Fontaine de Bouhart, Chaville (1276), Fontaine Acquart à Ville-d'Avray (1455), Fontaine Regnart. à Ville-d'Avray (1455) et peuvent être à l'origine d'un ancien domaine. Faute de vestiges archéologiques, il convient d'observer une grande prudence dans l'interprétation de ces noms.

Le château et les ouvrages défensifs s'élevaient le plus souvent sur une éminence : moncel, tertre, motte. On trouve des lieux-dits : « la motte » depuis le XIIIe siècle jusqu'au XVe siècle à Chaville, Marly, Noisy, Plaisir, Villepreux et désignant sans doute des ouvrages beaucoup plus anciens. Parfois on emploie indifféremment les. mots : motte ou tertre (Noisy-le-Roi). Le Tertre Huet à Versailles en 1350 et le Tertre du Moncel en 1363 à Saint-Germain-de-la-Grange, portaient encore le titre de fiefs au XIVe siècle, La partie la plus importante, du château


58 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

était la tour. Un seigneur qui baillait son château se réservait, tel Nicolas Balue à Rennemoulin en I486, « la tour quarrée qui est au milieu dudit chastel », en signe de suzeraineté.

Des créneaux garnissaient le château fortifié ou la maison forte (les Carneaux (I), 1468 à Villepreux), des tours, de tournelles : aux Clayes, à Crespières, Mareil-Marly.

D'autres ouvrages de défense gardaient le Val de Galie, au nord et au sud, comme la Bretesche à Saint-Nom-la-Bretesche, la Bretechelle aux Clayes ; des palissades, « clayes », origine du nom d'un village complétaient les fortifications.

Du haut d'une tour élevée nommée « baste » le guetteur pouvait signaler l'ennemi. On trouve des traces de bastes anciennes à Villepreux en 1360-1546, à Chaville 1635 (2).

Certains ouvrages de défense comprenaient un campement pour les hommes d'armes : on trouve encore en 1366 : le Hébergement de la Grange, dans le fief de la Grange du Bois de Saint-Germain-dela-Grange. L'important fief de Villepreux : la Hébergerie n'a peutêtre pas d'autre origine.

Si les plateaux de Cruye et de Bois-d'Arcy paraissaient des lignes de défense naturelle, facilement utilisables, l'ouest du Val de Galie, avec la Mauldre, gardait Paris des « invasions venues de Normandie ». Cette ligne comprenait aux XIe et XIIe siècles, les châteaux fortifiés de Maule, Beynes, Neauphle-le-Château, s'appuyant sur Meulan et Montfort. En avant s'élevaient : Vignoles dans le bois de Beynes, Villiers-le-Mahieu et Thoiry. En arrière : Maurepas et la Hunière, au Tremblaye et plus loin : Villepreux et Versailles.

La seigneurie de Villepreux et ses ouvrages de défense.

Le domaine féodal de Villepreux comprenait un château seigneurial qui devait porter le nom de Beaurepaire (de 1480 à 1609), Beaurepaire désignait le jardin et le colombier du château. De nombreux fiefs faisaient partie de la seigneurie : le Menildon, les Carneaux, la Hébergerie, etc..

Certains de ces fiefs portent des noms d'anciennes fortifications : les Carneaux (créneaux), la Hébergerie (campement des hommes d'armes), la Baste (tour du guet).

(I) Le lieu-dit : les Carneaux, à Villepreux, provient vraisemblablement d'une altération du mot créneaux.

(2) Sous forme de lieux-dits.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 59

Enfin, au nord et au sud du Val de Galie, la Bretèche, la Bretechelle et les Clayes, protégeaient les espaces découverts du centre de la vallée.

Il est assez difficile de préciser l'époque où furent édifiées ces fortifications. Nous n'en trouvons la trace qu'à travers des noms de hameaux, de maisons, de lieux-dits. Elles sont donc bien antérieures aux formes relevées dans les textes anciens et s'appliquant le plus souvent à des lieux qui tirent leur nom d'ouvrages disparus.

La structure des seigneuries.

Le château fort et ses dépendances ne constituaient cependant pas une unité territoriale : la véritable unité, c'était la paroisse, qui pouvait renfermer plusieurs fiefs ne relevant pas tous du même seigneur.

Cependant chaque domaine seigneurial réservé formait souvent une véritable exploitation rurale, un centre de vie agricole. Avant d'étudier les diverses parties composant ces domaines, considérons la structure de la seigneurie.

Prenons l'exemple de Villepreux : nous avons signalé un certain nombre d'ouvrages de fortifications, qui devaient appartenir à la même unité. Peu à peu, ces constructions se désagrègeront : chaque partie deviendra un fief, relevant du seigneur du lieu, un petit domaine bien déterminé, dans l'ensemble de la seigneurie.

L'ancien campement des hommes d'armés, la « hébergerie » devint un des fiefs les plus importants de Villepreux. Ce fief était déjà bien constitué en. 1256 (I).

Les « carneaux », qui comprenaient un hostel en 1468 formaient un fief, signalé au XVIe siècle (2).

Les « bourgeaux » ne constituèrent pas un fief, mais un hameau, dépendant de la seigneurie.

Par contre, au hameau des Bordes, le fief du Menildon, signalé en 1306 (Adam du Mesnildon) (3) avait une certaine importance. Le prieuré de Villepreux, fondé au XIIe siècle constituait avec les terres qui lui appartenaient un domaine d'une assez grande étendue.

Enfin on relève encore la trace d'anciens fiefs, comme « le fief Postel » connu surtout par son moulin, « le moulin Potel ou Poteau »

(I) Lemoine, Notes hist. sur Villepreux, p. 31.

(2) Tab. Villepreux, 2e reg., f° 400v°.

(3) Merlet et Moutié, Cart, des Vaux de Cernay, t. II, p. 33.


60 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

dont le nom vient de Jean Postel, écuier (I) (1342), le fief de Tilly (1469 à 1687) (2), etc.

L'exploitation des domaines.

Le domaine se composait le plus souvent d'un château, maison forte, situé parfois sur une « motte » ou « tertre ». Près du château, se groupaient les dépendances autour de la « cour » seigneuriale. Des pieux ou palais entouraient parfois cette cour. « La cave et la chambre estant dessoubz la dicte chapelle et une petite chambre estant en la court nommée le palays (1467) ». Versailles-Porchefontaine (3).

Quelques domaines portent le nom de la « cour seigneuriale », « la Cour Roland » à Velizy, la Cour des Prés à Plaisir..., la Grande Cour à Plaisir...

Les dépendances comprenaient parfois : un colombier, des granges, des étables, des moulins, des tuileries, des terres labourables que le seigneur exploitait (coutures) et qui étaient parfois entretenues par des « corvées », des prés, des clos de vigne, des mares ou étangs, ou fosses à poissons, des bois, des garennes.

Quelques types de domaines ruraux.

Tous les domaines ne comprennent pas des dépendances aussi variées; en voici quelques exemples, pris à des époques différentes :

I° Le domaine de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à la CelleSaint-Cloud, au IXe siècle. « Breve de Villari » (4) :

Habitations et églises, terre arable, vignes anciennes et vignes nouvelles, prés et forêts, composaient le domaine de Villiers.

2° La Couperie à Beynes en 1200 : possession de Saint-Martindes-Champs (5) « villa que dicit cuperia cum nemore circum posito quod vulgo plessetum dicit et terra arabili ».

3° La Hebergerie de Villepreux. Nous possédons plusieurs aveux du domaine de la Hebergerie : aveu de 1344 de Clément de la Hebergerie à Robin et à Jeanne de Villepreux, aveu de 1455 de Perronelle

(I) 013967, Inventaire de Villepreux, f° 34°.

(2) Arch. de S.-et-O., notariat de Villepreux, Ier registre, f° 31v°. 01396 I, liasses I et 2. 013965, liasse I.

(3) Arch. Nat., S. 3819, f° 46°°.

(4) Longnon, Polyptique d'Irminon, II, p. 77.

(5) Arch. Nat. S. 1343, liasse 3.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 6I

de Villepreux à Jehanne la Baveuse, aveu de 1489 de Simon de la Villeneuve à Nicolas Ballue, aveu de 1501 de Guillaume de la Villeneuve à Nicolas Ballue seigneur de Villepreux (I).

Suivons à travers les différents documents, le développement du domaine de la Hebergerie : une croix marquait l'entrée du domaine sur le chemin de Trappes.

La Hebergerie comprenait : un manoir et ses dépendances immédiates, granges, colombier, cour, jardins, vignes, etc. En 1455 : « Son manoir nommé la Hebergerie assis près Villepreux, clos anciennement de fossez plaint d'eau et la granche, le colombier, les jardins et tout le lieu comme il se comporte avec toutes ses appartenances et la vigne appartenant et tenant au dit manoir ».

La chapelle Saint-Prix et l'ermitage Saint-Rémy s'élevaient sur le territoire de la Hebergerie ; en 1344 et en 1455, des terres comprises entre le manoir et l'étang joignaient le domaine, qui seront en 1489 baillées à cens. A cette date, l'étang au Vicomte, qui ne doit contenir que six arpens, appartient en fief à la Hebergerie. En 1344, 1455 et 1489, la haye Saint-Remy formant garenne dedans, les bois de la chenée du bois d'Arcy, des terres à Villepreux et aux environs : aux Bordes, la Jonchère, près du Boullay, vers Rennemoulin, font également partie du même domaine (2).

En cette fin du XVe siècle, le seigneur baille en partie ses terres : « XXIII arpents en une pièce devant ledit hostel, dont j'ai naguère baillé environ XII arpens a plusieurs personnes qui en donnent de chacun arpent II sols et le demourant je le tiens en ma main ». Sur une terre de même contenance baillée à plusieurs personnes près des Hureaulx, un hameau se constitua sur « le vieil chemin » allant de Villepreux à Trappes par la Croix Bonnet.

Domaine réservé, terres baillées à cens, correspondent à peu près à la grande et à la petite propriété. Le domaine réservé comprenait le plus souvent, des bois, un étang, des vignes (clos), quelques terres labourables : coutures. Les clos de vignes et les jardins étaient situés près de la cour seigneuriale ; « le haut de », « le bas de », « le fond », « les pendans » désignaient les diverses parties du domaine ; sa recons(I)

recons(I) Nat., 013965.

(2) De la Hebergerie relevaient en fiefs le manoir de Rennemoulin, des terres a Feucherolles, Crespières, Bougival. Dans une seigneurie comme la Hebergerie, domaine réservé, terres baillées à cens ne se discernent pas aisément. Toutefois nous assistons peu à peu à une extension des baux à cens au détriment du domaine réservé.


62 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

titution peut se faire en bien des cas, en relevant les lieux-dits du cadastre : coutures, corvées, etc.. L'étendue des surfaces, définissait souvent certaines parties du domaine, ce qui explique le sens des différents noms de mesures relevés en toponymie (I). Les terrains de grande contenance « quarante ou cent arpents», représentaient le plus souvent des bois. Ce mode de désignation que l'on trouve employé dès 1285 (2) (à Plaisir : les trente arpents), a persisté pendant tout le Moyen Age et les temps modernes.

Le village.

Nous avons vu se former peu à peu les agglomérations des Bordes et des Bourgeaulx, auprès de l'ancienne forteresse de Villepreux. Nous avons assisté à la création d'un hameau au long d'une route, dans les terres baillées en 1489 par Simon de la Villeneuve, seigneur de la Hebergerie. Ces créations nouvelles jointes aux anciens vici, constituent les villages dont nous allons examiner la structure.

Autour de l'église, plantée au centre, se groupaient les maisons, séparées par des rues portant le plus souvent le nom des métiers que leurs habitants exerçaient : à Chaville en 1533 (3) « voye des boulangers », rue des Boullangiers à Villepreux en 1483, rue de l'Ecorcherie à Marly en 1506, à Beynes rue de la Filassière au cadastre, rue des Tanneries à Villepreux au XVIIIe siècle; rue des Foulons à Louveciennes en 1559, etc. Des cours séparaient les maisons : la cour des Foulons (4) à Beynes, la cour commune à Noisy, la cour Maloré à Marly.

La partie la plus élevée du village, celle qui le dominait portait le nom de chef de ville, « le chef de ville », cadastre de Mareil, « grande rue, de chef de ville » 1497, Bougival.

Aux carrefours se trouvaient des croix, et sur certaines places, un poteau — ou étaient peut-être exposés les marchandises défectueuses, ou les malfaiteurs.

Des marchés importants se tenaient dans certains bourgs, comme à Villepreux où l'on trouvait des « places à estaller les draperies,

(I) Ces noms de mesures (arpents) ont-ils toujours désigné des parties du domaine réservé ? Ne sont-ils pas, quelquefois, appliqués à des enclaves ou à des fiefs divers ?

(2) Merlet et Moutié, Cartulaire des Vaux de Cernay, t. I, p. 845.

(3) Nous rappelons que la date qui suit chaque nom de rue est celle où on l'a relevée dans un document ancien : mais elle remonte à une époque bien antérieure, certaines rues du Moyen Age figurent encore au cadastre.

(4) Qui rappelle une industrie ancienne.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 63

la mercerie, la boucherie » (I). La place de la halle subsistait encore au XVIIIe s. (2) ; à Marly, une « rue des étaux » était signalée en 1478.

Certains marchés étaient d'ailleurs situés à l'extérieur du village : nous croyons que le lieu dit « le Landy », à Villepreux (cad.) (1523 : le champ du Lendit) (3), s'identifie à un « indictum », de même origine que le célèbre Lendit de Saint-Denis. Situé non loin du « chemin des boeufs » (vers Poissy) et du « chemin des cochons » (vers. SaintGermain), il désignait peut-être une foire aux bestiaux.

A Saint-Nom-Ia-Bretesche « la grande piece ou le marché Richard » (1523, cad.) se trouvait à l'intersection du grand chemin de Normandie et du chemin de Beynes à Paris.

Des auberges servaient de gîte aux marchands et aux voyageurs : « l'Image N.-Dame » (1438, Versailles), — « l'Escu de France » (1484, Villepreux), le Coq (1438, Versailles), lé Heaulme (1515, Villepreux). — Certaines de ces auberges eurent une telle importance qu'elles finirent par devenir des fiefs au XVIe siècle.

« Le fief et hôstel où pend l'enseigne du cygne, assis devant la croix et marché de Villepreux contenant plusieurs édiffices étant une grande hostellerie » (4).

Les différents hôtels seigneuriaux, les bâtiments d'origine ecclésiastique, « prieurés» (Villepreux, Renemoulin, Marly, Davron, etc.), « mairie » (Chavenay) (5), granges dîmeresses, « la grange dixmeresse des Vaulx » (15II) (S.-G. de la Grange)... désignés souvent du. nom de « moutiers », formaient les différentes catégories de bâtiments notables dans nos villages et nos bourgs.

Les villages d'une certaine importance étaient-ils fortifiés ? On trouve des lieux-dits « la poterne à la truye » (1482 S.-Germain de la Grange), la porte des Clayes, 1416, et la Tournelle (cad. les Clayes).

Les fortifications de Villepreux datent seulement du XVIe s.; en janvier 1544, François Ier accorda à Jean de la Balue le droit d'entourer le bourg de fortifications (6). — Les nombreuses « brêches » des Alluetsle-Roi sont-elles les ouvertures d'anciens remparts ? « Brêche à Ballé, Brêche des champs, Brêche cauchoise... ».

(I) Notice d'Amédée Brocard.

(2) Bezard (Yvonne), La Vie rurale dans le Sud de la région parisienne de 1450 à 1560. Paris, Firmin-Didot, 1929, p. 198.

(3) Tab. Villepreux, liasse, et Arch. Nat. Q1 14721. et O1 3926, l. 4 (carte).

(4) O1 3961, 1. 2. Arch. Nat. (5) Au prieuré d'Argenteuil.

(6) Lemoine, Notes historiques sur Villepreux, p. 13.


64 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Les jardins attenaient souvent aux maisons. Parfois ils étaient situés près du village, ainsi que les « clos » de vigne.

L'ensemble des terres, des prés, des bois formaient le terroir du village limité par des bornes « haute borne » « borne blanche », etc.

Les forêts et le défrichement.

Le défrichement de cette région, commencé à l'époque galloromaine, continué à l'époque franque, se poursuivit pendant le Moyen Age, grâce aux efforts de quelques abbayes qui essayèrent, particulièrement, d'augmenter les terres labourables du pays de Cruye.

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait au IXe s. une église à Chambourcy. En 1106, les chanoines de Saint-Cloud reçoivent du roi Philippe Ier une partie des bois de Cruye pour y établir des hôtes : le roi se réservait la moitié des coutumes sur les maisons qui y seraient construites (I).

En II87 « les chanoines d'Abbecourt ayant créé de nouvelles cultures dans une portion défrichée de la forêt de Cruye dépendant du domaine royal, les chanoines de Notre-Dame de Poissy réclament les dîmes de ces novales. Entre Haimon, abbé d'Abbécourt, et Pierre de Beauvais, abbé de Poissy, intervient un accord par lequel les dîmes de ces novales présents et futurs seront partagées entre les deux couvents » (2).

Ces « novales » devaient être situés dans la partie occidentale de la forêt de Cruye, aux Alluets-le-Roi.

En 1218, le prêtre qui desservait la chapelle Saint-Michel-de-Chevaudos, dans la forêt de Cruye, reçoit pour sa subsistance, de l'abbé Hugues de Saint-Germain-des-Prés, un muid de blé à prendre annuellement sur le moulin d'Evrard de Villepreux (3).

L'abbaye de Joyenval, fondée en 1221 par Barthelemy de Roye, défricha les terres l'avoisinant : environs de la Montjoie, de SaintJacques-de-Retz. Ces terres reçurent le nom d'essarts : « capella des essarts », 1223, « nemora essartorum », XIIIe siècle.

Cette abbaye avait dû conquérir sur la forêt des terres toutes proches de celles-ci, situées à Fourqueux, au lieu-dit le herart (altéré en hézard)

(1) Prou, Recueil des Actes de Philippe Ier, roi de France, Paris, 1908, in-4°. N°CLV, p. 389.

(2) Depoin, Cartulaire d'Abbecourt, ch. VI, p. 24-25.

(3) Pélerin de Latouche, Un coin de la forêt de Marly, Rev. hist. Versailles, 1908, p. 286.


TOPONYMIE DU RAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 65

I238 « quondam peciam vinee in territorio de loco herart censiva

domini montis gaudis » (I).

Les régions défrichées à l'époque médiévale se répartissaient donc : I° à l'est de la forêt de Cruye (Fondation de Vaucresson par Suger) ; on trouve encore au XVIIIe-XVIIIe siècle (1687 et 1739) un lieu-dit : « le petit essart, tenant aux terres de l'église de Vaucresson, au grand chemin:

de la procession Saint-Marc, au chemin de la Celle à Saint-Cloud » (2).

Une partie de ces terres appartenait aux chanoines de Saint-Cloud.

2° Entre Louveciennes et Bailly, non loin de Marly, aux « essartorum de Marliaco ». I239 (3), fief des Essarts en 1415 (4) désigné encore

du nom d'Essarts Berard (1494) (5), etc., ferme des Essarts, XVIIe (6).

3° Dans la région de Chevaudos, à la tête de la vallée de l'Etang.

4° Dans la vallée du Rû de Buzot avec l'abbaye de Joyenval, la

Montjoie, Saint-Jacques-de-Retz. 5° Au sud-ouest de la Forêt, près d'Avinières (villa de la châtellenie

châtellenie Poissy, au XIIe) (7), propriété des Dominicaines de Poissy

au XIVe s. (8). Cette villa d'Avinières, centre d'exploitation rurale,

devait étendre ses terres dans la forêt de Cruye. Non loin d'Avinières

la forêt porte le nom de « clairets », ce qui indiquerait une tentative

de défrichement.

6° Sur le plateau des AIluets-le-Roi (oeuvre des moines d'Abbecourt). D'autres régions forestières rappellent par quelques lieux-dits des traces de défrichements médiévaux :

- Lessart Louvel (I455) à Ville-d'Avray (9).

La Grange Lessart, ancien fief d'une certaine importance situé sur le plateau défriché, que recouvre maintenant le camp de Satory, « lostel court coulombier jardin et apparten. de la Grandie assiz au dessus de

la ville dudict Versailles, 1437 » (10).

Enfin, à l'ouest dû plateau méridional, à Saint-Germain de la Grange,

on trouvait en 1366 « les essarts de la grange » «environ cinquante(I)

cinquante(I) S.-et-O., fonds de Joyenval, série H, 6e carton. (2) Arch. Nat, 01-3945, l. I.

(3) Actes relatifs à Neauphle, fonds de Maubuisson, arch. S.-et-O. (4). Arch. Nat. P. 2241-42. (Marly, c. 277).

(5) Arch. Nat., P. 2240 B, e. I.

(6) Arch. Nat. Q 1, 1472,

(7) Cart. de Saint-Martin-des-CKamps, n° 2117, f. 14v°, Bibl. Nat. — Reg. Ph.-Auguste, n° 9778, f. 239, Bibl. Nat.

(8) Arch. Nat O1 3913e, 1. 4, (9) Arch. Nat. S. 3.819,.f. 30, (10) Arch. Nat. S. 38I9, f. 107v°,


66 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

deux arpens de terre gaignable aux essarts de la grange », et « l'essart au prêtre » près des Gastines (I).

Un lieu-dit de Mareil-Marly « chappelet » (vigne du chappelet 1447) (2), du bas latin capulare, couper, rappelle le mode de défrichement par la cognée.

Les broussailles reculaient souvent sous l'action du feu : les termes arsis : (Bois d'Arc), village) brûlé « bois brûlé » (Plaisir), « vente brûlée » (Marly), « les brûlins » (Thiverval), hasterel (de hasté, rôti) Bailly, Villepreux, s'appliquent à des terres débarrassées par l'incendie de leur végétation naturelle.

Les Prés.

Les prés s'étendaient dans les vallées du pays de Cruye et les bas fonds du Val de Galie où ils remplaçaient souvent les bois après défrichement et se nommaient : gaignages. En 1239, Pierre de Marly vendit au roi toute sa dîme sur les terres du Val de France (Traduction de Gallia) et des gaignages de Bailly, Vignoles, Noisy et des essarts de Marly.

Un domaine important de Plaisir porte le nom de Petits Prés : en 1310 : territorio Pratorum. On trouve de nombreux lieux-dits « les prés » et « les gains » dans toute la région. Cependant à la fin du Moyen Age, au début du XVe-XVIe siècle, leur superficie couvrait seulement 2 1/2 % du domaine réservé des seigneurs de Villepreux. On distingue les anciens prés, « vieux prés » et les « prez neufs », champs ou bois transformés en prairies : fief des pres neufs, à Versailles, en 1537.

Les cultures.

Les mots assez vagues de terres, champs, désignent les étendues défrichées, indiquant souvent un terrain de faible superficie. Mais la terre arable porte souvent au Moyen Age le nom de couture. D'après le Polyptique d'Irminon les coutures étaient de grandes pièces dépendant du manse seigneurial.

Des sillons ou raies partageaient les terres de labour; le polyptique d'Irminon emploie au IXe siècle l'expression « facere rigas », faire des labours. On labourait en dos d'âne : une brèche de terre d'une certaine

(I) Brame, Denomb. de Neauphle, 1366, Bullet. com. des antiquités S.-et-O., t. XLI et XLII, 1924, p. 84 et s.

(2) Arch. Nat. 013931, 1. 3.

(3) Arch. de S.-et-O., fonds de Maubuisson,


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 67

largeur terminée longitudinalement des deux côtés par de profonds sillons servant à l'écoulement des eaux pluviales et à l'assainissement de la terre intermédiaire.

Au IXe siècle, ce mode de labour s'opposait au travail par « curvada » imposé aux tenurès au profit du domaine. Chacune des pièces composant le réage était longue et étroite, car, selon la coutume de Paris, chaque parcelle d'héritage était partagée entre tous les héritiers, en évitant de couper les raies sur leur longueur. Bien des pièces comprenaient seulement quelques « longues raies » (nom fréquent de lieu-dit).

Les jardins et les clos. — On trouve mention du jardin de l'abbaye de Saint-Cyr en 1395, du courtil aux moines en 1369 à Versailles. Les jardins, le plus souvent des vergers, situés près des maisons ou dépendant des domaines, deviennent surtout nombreux aux XVe et XVIe siècles.

Les closeaux et les clos étaient nombreux, dès le IXe siècle, dans le fisc de La Celle Saint-Cloud : manses ingénuiles et manses serviles devaient clore tous les trois ans un certain nombre de perches, de « sepes » (1). Des haies protégeaient les prés ou les garenneé de la dent des bêtes, tandis qu'une barrière solide séparait nettement chaque clos. La culture de la vigne occupait d'ailleurs leur superficie. Si parfois le nom du domaine suit le mot clos, des noms de propriétaires : clos Hamel, clos Pigeon à Beynes, clos Bonnemain à Mareil, d'allure roturière, s'appliquent à une terre de faible étendue.

Assez différents des clos nous apparaissent les closeaux, plus anciens mais moins nombreux, protégés de la dent des bêtes par des haies et des murs; on les trouve seulement dans les régions forestières. Ils ont tous disparu assez tôt et seule la toponymie en garde la trace. Closeau est rarement suivi d'un nom de propriétaire : à l'exception du closeau de Saint-Denis à Bailly, en 1482, dont la situation, aux essarts de Marly, près des bois du Seigneur « appelés les bois de la croix dit de la Chesnay» (2), correspond bien à celle d'un domaine conquis sur la forêt. Des closeaux s'étendaient encore à l'Etang-laVille, Mareil-Marly, Versailles, etc., aux alentours des bois.

La vigne.

La vigne était particulièrement recherchée et croissait sur le versant nord du plateau de Cruye, sa terre d'élection.

(1) Longnon, Polyptique d'Irminon. Introduction, p. 168,

(2) Arch. Nat., p. 2290B, c. I.


68 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Jusqu'au XIIIe siècle « le clos du Roi », existait à Bougival et son vin alimentait le cellier royal de Poissy. On trouvait encore en ce lieu, au XIIIe s., la vigne de Belle Noe (I247), vinea de Craeria (1219), vinea Hervei (XIIIe), Louveciennes (I) : « vinea de Guerriet (1184), vinea de Pont (1247), vinea de Fossa (1290), vinea de Lavatorio (1290) »; à l'Étang-la-Ville « vinea des Neffliers » (1173) ; au XIIIe, à Marly « vinea de Aulnaiz, de Blanchemein, de Crypta, de Hernaut, de Quercu, de Trou, de Bouton, de Spina (3), de Clauso » (4).

A Mareil-Marly, en 1447, les coteaux étaient couverts de vignes.

En 1447, « la vigne de Brebion, du Breton, de Chalmes, de Chappelet, de Chevrelle, du Clerc, de Coquart, de Coutart, de la Forestière, de Gadeschal, de Longuestre, de l'Official, d'Orillart, de Rignouet, de Violette », parsemaient de leurs ceps, les pentes du vallon.

Les abbayes de Saint-Denis, de Saint-Germain-des-Prés, des Vaux de Cernay, le Collège de Justice (à Mareil), possédaient et baillaient à cens une grande partie de ces vignobles.

Des plantations de vigne couvraient les coteaux de Sèvres ; non loin de là, à Ville d'Avray, deux versants riants portaient les noms de Côte d'Argent et de Côte d'Or (5).

Le Val de Galie, plus humide, se prêtait moins bien à cette culture. Mais cependant les seigneurs y faisaient planter de la vigne; en 1469 on trouvait déjà « la vigne de la court » (cour seigneuriale ?) (6) à Villepreux. Dans ce pays de grande culture, Nicolas de la Ballue voulut aussi récolter du vin ; il mit en censive 22 arpents (9 Ha 28) divisés en petits lots de 1/2 arpent (7).

A l'ouest du Val de Galie, le domaine de Saint-Martin-des-Champs à Crespières comprenait dès II63 des vignobles « vinea de Cauderon », à Plaisir, l'abbaye de Saint-Denis, puis le prieuré NotreDame, de Bourgueil, avaient développé les vignobles : on en relève encore quelques-uns aux XIVe et XVe siècles (8).

(I) Merlet et Moutié, Cartulaire abb. des Vaux de Cernay, t. I, p. 414, p. 219, p. 940, p. 86, p. 414.

(2) Abb. Saint-Denis, cart. de Rueil, S. D., arch. S.-et-O.

(3) Cart. Vaux-de-Cernay, t. I, p. 57, p. 940-941.

(4) Cart. Porrois, p. 8r.

(5) A. de Barthelemy : Notes historiques sur Ville-d'Avray du XIIe au XVIIIe s. Rev. hist. Versailles, 1904, p. 248.

(6) Notariat Villep. Ier reg. f. 30.

(7) Y. Bezard, La Vie rurale dans le sud de la région parisienne de 1450 à 1560, p. 153.

(8) Brame, Dénombrement de la Chatellenie de Neauphle, commission des Antiq. et des Arts de S.-et-O., 1924, p. 41.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 69

Les raisins étaient foulés dans des pressoirs banaux dont les lieuxdits nous laissent quelques traces.

Les chennevières.

La plupart des domaines comprenaient une chennevière dans leurs dépendances. Dès 1286, on cite la chennevière de Chaville. Pendant tout le Moyen Age, les chennevières, les terres à. faire filasse se développèrent dans la région et le chanvre rouissait dans les fosses nu routoirs : rue du Rotouët, à Villepreux (XVIIe siècle).

La chasse.

La gruerié de Saint-Germain-en-Laye comprenait l'importante forêt de Cruye (1), riche en gibier de toute sorte. Très souvent, des garennes, ou chasses gardées, dépendaient des domaines seigneuriaux. De nombreux lieux-dits en gardent le souvenir : à Chambourcy, Fourqueux, Louveciennes, la Celle-Saint-Cloud, et même dans une île de la Seine à Bougival, près du « braseau de la garenne ». Dans le Val de Galie, le défrichement avait respecté de petits bois, des « garennes » réservées à la chasse : à Fontenay-le-Fleury, Rennemoulin, Chavenay, Villepreux et Thiverval. Ces boqueteaux, seuls vestiges de l'antique forêt qui s'étendait Sur tout le pays, étaient parfois entourés d'épines comme « la baye de Saint-Remy avec la garenne qui est dedans », de la Hebergerie de Villepreux (1455) (2). On chassait les « bestes fauves, rousses et noires », on « courait lièvres, lapins », on « prenait perdrix » (3). Souvent dans la campagne des muettes servaient d'abri soit aux chiens de meute, soit aux faucons, soit aux cerfs (Beynes, Chambourcy, Versailles). Le droit de colombier était réservé aux seigneurs. Des tours isolées, « colombiers à pied », se dressaient dans les dépendances des domaines, parfois même on élevait des pigeons près du manoir.

De véritables battues étaient organisées pour délivrer le pays des loups qui l'infestaient. Toute une série de lieux-dits des époques les plus diverses attestent la présence de cet animal dans la région. « Hervé Lebigot (4), archer de l'ordonnance du roi, aidé de trois laboureurs de Villepreux reçut commission pour chasser pendant quatre

(1) Bezard (Yvonne), La vie rurale dans le sud de la région parisienne de 1450 à 1560, Paris, Firmin-Didot, 1929, p. 136.

(2) Arch. Nat. O1 3965.

(3) et (4) Bézard (Yvonne), op. cit., p. 136-137.


70 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

ans « loups, louves et louveaux ». A Bois d'Arcy, on relève encore au cadastre, un lieu-dit « les Louviers ».

La pêche.

Les seigneurs tiraient d'appréciables revenus de la pêche qu'ils pratiquaient en Seine et dans les étangs. Le nom de Charlevanne, à Bougival, qui remonte à Charles-Martel, d'après la tradition, atteste l'antiquité de ces barrages. De doubles rangées de pieux, les « gords », étaient aménagées dans les eaux de la Seine, vers Bougival, Louveciennes et Marly : « Gord Jean de Rode » 1297, Bougival (I) « Gord des Haulx Pieulx, 1559, Louveciennes (2) « Gord de la Grève » 1449 (3), 1550, « Gord de la Loge », 1571, Marly (4).

Ces importantes pêcheries appartenaient à des propriétaires nobles : le gord de la Loge dépendait du fief de Maudestour.

Les seigneurs baillaient à cens les mares qui portent souvent le nom d'un roturier : « Mare Colin » à Bois d'Arcy, « Mare Niquet » à Louveciennes, mais se réservaient la plupart du temps la jouissance des étangs, « fosses à poissons ». Les textes.du XIIe au XVIIIe siècle nous donnent de précieux renseignements sur leur état. Qu'il s'agisse d'étangs naturels ou de fosses artificiellement creusées, ils étaient maçonnés, curés et entretenus soigneusement. Quand un étang était « ruiné » il redevenait prairie. Des nasses ou besnes, comme « la besne au prieur de Plaisir », 1366, servaient à prendre le poisson (5).

Les industries.

Les moulins à eau, attestés en Gaule dès le Ve siècle, avaient laissé leur nom à des domaines de l'époque franque : Mormoulin et Rennemoulin. Leur nombre se multiplie dans la région pendant tout le Moyen Age : les ruisselets du Val de Galie, la bonde des étangs servirent à leur établissement. Nous voyons, en 1165, Ernaud de la Ferté donner au prieuré de Saint-Nicolas-des-Bordes la dîme de l'étang du moulin de l'étang de dessus et celui de l'étang de dessous : une série d'étangs placés à des plans différents pouvaient servir de réservoir et alimenter chacun un moulin. Tout domaine important en comportait d'ailleurs

(I) Cartulaire de l'abb. de Saint-Denis, carton de Rueil, arch. S.-et-O., série D.

(2) Arch. Nat. LL. 1181, f. 23-35v°,

(3) Arch. Nat. Q1 I4722,

(4) Arch. Nat. P. 2241-42 (inventaire de Marly, cote 965).

(5) H. Brame, Dénombrement de la châtellenie de Neauphle. Bulletin de la commission des antiquités et arts de Seine-et-Oise, 1924, fasc. 41-42,


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 71

un. Aux Moulineaux de Bailly, une série de Moulins formèrent, au XVe siècle, un fief : le fief des Moulins et l'hôtel des Moulins. Quand un domaine disparaissait, un moulin subsistait souvent comme vestige dernier des établissements détruits : Moulin de Chambry, de Montilly.

Bien que plus rares, on trouve cependant des moulins à vent dans la région : à Bois d'Arcy, moulin de la Chiffe ; à Villepreux, Tourneroue. Dans cette dernière localité, dès 1483 apparaît un moulin à papier et au cadastre de Beynes « côte du moulin à papier ».

Carrières. — Le sous-sol riche en matériaux de toute sortes se prêtait à diverses exploitations : carrières de pierres, dont les plus réputées étaient celles de Saint-Nom et de Chavenay ; plâtrières et tuileries, trous à glaise et à meulières exploitaient les couches superficielles du sol.

Au XVe siècle, Simon de la Villeneuve baille une pièce de terre aux Clayes et un four à tuiles. Les tuileries se développèrent dans la région, surtout à cette époque, et furent à l'origine d'un grand nombre de lieux-dits.

Signalons encore quelques « fourneaux » à Chaville, Villepreux, Saint-Nom, Beynes et des fours à chaux.


Les XVIe et XVIIe siècles.

Les guerres de religion.

Les guerres de religion dévastèrent en partie le Val de Galie au XVIe siècle. Des troubles et des révoltes se produisirent sur plusieurs points. A Wideville, le seigneur Guillaume Bertrand de Villemer était huguenot. En 1572 « le château fut pillé, les papiers et titres volés, les fourches patibulaires furent mises à terre par les compagnies des Italiens et le seigneur Bertrand homicidé le jour de Saint Barthélemy » (I).

A l'autre extrémité du Val de Galie, à Porchefontaine, 30 arquebusiers étaient établis en 1567 après la bataille de Saint-Denis (2).

Nous avons déjà vu comment M. Nicolas Benoist, curé de Chavenay, retrouva l'emplacement d'une chapelle ruinée, celle de Saint-Martindes-Champs ou Saint-Fiacre. L'enquête qu'il dut faire en 1644 pour retrouver les causes de la destruction de cette chapelle nous révèle d'intéressants détails sur l'état des campagnes pendant les « guerres civiles » (3).

« Pour encore cognaistre plus amplement au faict de ladicte chappelle, il vous plaira entendre que pendant les guerres civiles le nommé Silvestre Chareau, prevost de Montfort, se serait emparé de la ferme du Moulin de Mesu, proche de la dicte chapelle des terres et tiltres dont lon ne peult scavoir ce qu'il en a faict ni mesme de quelle manière il a usé avec les chappelains qui pour lors deservoient ladicte chapelle.

« Lequel Silvestre Chareau a eu quatre enfans, sçavoir deux fils et deux filles, lun desquels fils avait nom Saint-Martin et dit on que estoit a cause de la dite chapelle et laîné la fontaine qui est soubz icelle chapelle.

« Lon ne scait au vray que sont devenus lesd. deux garçons et croit on qu'ils ont péri sur les grands chemins... »

(I) [Galard (comte de)], Wideville, histoire et description, Paris, 1874, p. 7.

(2) Gaucourt, Versailles, seigneurie, château et ville, Versailles, 1839, in-8°, p. 88.

(3) Fonds du prieuré d'Argenteuil, carton XX, liasse 89, arch. de S.-e.t-O


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 73

Quant aux filles, elles ont apporté en dot, l'une le moulin de Mesu, l'autre « la ferme qui est contre la chapelle... ».

Voici donc un exemple curieux des bouleversements de la propriété; conséquence des guerres civiles.

Les maisons de plaisance (XVIe et XVIIe s.).

Les domaines seigneuriaux du XIVe et du XVe siècle étaient surtout des exploitations rurales. Cependant dès le XVe siècle et pendant tout le XVIe siècle nous voyons s'établir peu à peu, dans cette région, des-, bourgeois de Paris qui y construisent des maisons de campagne à la fois « hostel et manoir », « résidence d'agrément et installation de culture ». Ces bourgeois étaient pour la plupart des parlementaires,

des avocats « robins » et des marchands.

« Parmi les 150 censitaires de l'évêque de Paris à Saint-Cloud en 1491, nous en trouvons 22 qui habitaient Paris, 17 parlementaires, procureurs et avocats, 5 marchands... L'abbaye de Saint-Germaindes-Prés

Saint-Germaindes-Prés 236 censitaires à Meudon et parmi eux 3 nobles, 19 parlementaires et, avocats, demeurant à Paris, 4 Parisiens sans qualifications, 20 marchands de Paris (I)... »

Nous assistons donc au XVIe et au XVIIe siècle, bien avant les établissements royaux, à un recul vers l'ouest des maisons de campagne des « bourgeois de Paris », et à l'aménagement des châteaux seigneuriaux

seigneuriaux maisons de plaisance.

Enfin un regroupement de la propriété eut lieu avec les Gondy qui possédèrent une grande partie du pays de Cruye et du Val de Galie. Cette transformation de domaines de rapport en maisons de plaisance fut suivie de modifications dans les jardins et les dépendances des établissements ruraux. Au XVIe siècle, l'hôtel seigneurial et ses dépendances ressemblaient encore au manoir du Moyen Age. Dès 1603, le château des Gondy, à Villepreux, comprenait une cour, une fontaine et un jardin à la française : la fontaine jaillissante et les parterres du jardin sont représentés encore sur une gravure de 1641 (2). Benoît Milon, seigneur de Wideville en 1594, fit entourer son-hôtel d'un parc (3). Le château de Louis XIII, à Versailles, comprenait des jar(I)

jar(I) Bezard, Vie rurale dans le sud de la région parisienne de 1450 à 1560, Paris, Firmin-Didot, 1929, p. 84.

(2) Lemoine (H), Notes historiques sur Villepreux, p. 16,

(3) Galard (comte de), Wideville, p. 12,


74 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

dins composés « d'une dizaine de carrés de plates-bandes en arabesques au milieu desquelles est un jet d'eau » (I).

Ces jardins à la française devaient peu à peu se transformer en parcs magnifiques : Parcs seigneuriaux des Gondy à Noisy, des le Tellier à Chaville, Parcs royaux de Versailles et de Marly. « On ne connaissait point autrefois ces beautés. Tous parcs étaient vergers du temps de nos ancêtres. Tous vergers sont faits parcs : le savoir de ces maîtres Change en jardins royaux ceux des simples bourgeois Comme en jardins de dieux il change ceux des rois. » Au XVIIe et au XVIIIe siècle plusieurs de ces maisons de plaisance reçurent le nom de « folies ». Ce nom de Folie apparaît dès 1559 à Vaucresson. On le retrouve à partir du XVIIe aux Clayes, Crespières, Feucherolles, Louveciennes, Mareil-Marly, Mareil-Maudre, Vaucresson, Versailles et Viroflay (2).

Quelques grands travaux du XVIe siècle : les aqueducs.

Les aqueducs comptent parmi les plus importants travaux d'aménagement tentés dans les domaines royaux au XVIe siècle.

Au château de Saint-Germain, sous François Ier, il ne s'agit rien moins que de capter toutes les sources existantes « depuis l'extrémité du vallon de Saint-Léger, depuis Béthemont, et de ramasser, en un seul conduit, aqueduc souterrain, tout ce qui sourd de terre des coteaux de Poney, Joyenval, etc., et de l'amener dans un réservoir situé dans la cour du château vieux ». C'est là l'origine de ces lettres patentes datées du 8 juillet 1528, donnant commission à diverses personnalités de faire exécuter ce travail.

On rencontra quelques difficultés au cours de l'exécution : différences de niveaux, ensablements, etc. Enfin le réseau des canaux souterrains fut constitué. Le plan de Galant de 1776 donne un tracé, qui « bien que postérieur de 250 ans à l'oeuvre entreprise par les fontainiers de François Ier, est encore d'actualité même à notre époque ».

Il est aisé alors de suivre de l'oeil le branchement allant capter les eaux jusque dans le clos de Joyenval et l'autre branche se dirigeant vers la droite à travers la grande propriété Demonville. Après plu(I)

plu(I) La création de Versailles, 1901, p. 26.

(2) A Marly, un lieu dit du cadastre « le Mississipi » rappelle l'engouement des spéculateurs du XVIIIe s. pour la Compagnie des Indes.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 75

sieurs coudes, cette branche vient se joindre à la branche mère... qui revient vers la gauche en suivant les hauteurs du plateau de SaintGermain et venant traverser Montaigu, où tout de suite, après l'aqueduc elle se termine à un « regard » encore ainsi dénommé de nos jours (I).

A Chambourcy, nous retrouvons au cadastre : le regard de Montaigu. En 1731 (2) on relève cette mention : Etat des réparations à faire aux entours des aqueducs de Saint-Germain à commencer par la branche à droite qui commence dans l'étang de Retz jusqu'au regard de Montaigu.

Au XVIIIe siècle, existaient en outre, à Chambourcy, le Vieux Regard et le Regard Neuf ; le premier doit se rapporter aux conduites de François Ier. A Mareil-Marly : la « Fontaine couverte » désignait, également en 1779, une conduite d'eau.

Toutefois des travaux de canalisation bien antérieurs à François avaient été entrepris dans cette région. Le lieu-dit : les doigts, les doyes XVIIIe, a une forme « douet » de 1447 qui vient du latin ductus, conduit. Comme il était déjà connu à cette date, son origine doit remonter plus haut. Peut-être se rapporte-t-il au château de Saint-Germain, les rois n'ayant sans doute pas attendu au XVIe siècle pour alimenter leur domaine en eau potable.

Quelques maisons de plaisance de bourgeois et de nobles.

Jehan de Bezombes possédait au XVIe siècle une maison rue de Maubuisson, à Louveciennes, tandis qu'un certain Nicolas Bezanson, qui porte un nom étranger au pays, laissait un domaine, des terres appelées « Bezansonnes » (3).

A Chaville, un lieu-dit : les fonds Cramoisy rappelle une famille, bien connue de la bourgeoisie parisienne, à la fin du XVe s. Parmi les censitaires à Meudon de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés se trouvait « Honorable homme Pierre Cramoisi, marchant drapier et bourgeois de Paris, rue Saint-Honoré » (4). En 1649 « Sébastien Cramoisy, est un des gouverneurs de l'hôtel-Dieu, ancien eschevin de Paris (5) ».

Ce Sébastien Cramoisy était sans doute le célèbre imprimeur, directeur de l'imprimerie royale du Louvre (1585-1669).

(I) Houdart, Les châteaux royaux de Saint-Germain, t. I, p. 260.

(2) Arch. Nat., Q1 1466.

(3) Arch. Nat. LL. 1.181, f. 58v° et f. 66.

(4) Y. Bezard, Vie rurale, p. 84.

(5) Acquisition de la ferme de l'Hôtel-Dieu de Chaville par M. le Tellier, Arch. Nat. 013836, 1. 4.


76 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Dans le Val de Galie, à l'ouest, les maisons de « bourgeois » ou de seigneurs modestes se font plus rares. Par contre, les vastes domaines tendent à passer peu à peu aux mains de parlementaires ou de magistrats.

A la fin du XVIe siècle et au XVIIe Pierre Séguier, chancelier de France, et sa femme, « Madame la chancelière », furent seigneurs de l'Étangla-Ville. En 1684, « Barthelemy Potier était receveur de la terre et seigneurie de Madame la chancelière Séguier » (I). Le château des Séguier se nommait « la Chancellerie », nom qui a subsisté au cadastre.

A Wideville (2), un président des « cours de Parlement », à Paris et en Bretagne, « Monseigneur Jean Bertrand », devint en 1538 seigneur du lieu. En 1594, noble homme Benoît Milon, conseiller du roi, acheta cette seigneurie.

A Chaville, Viroflay, Villacoublay, une famille de robins anoblis : les Le Tellier, connut sous Louis XIV fortune singulière.

L'origine des possessions des Le Tellier à Chaville remonte au mariage de Michel Le Tellier, en 1574, avec « Perette Locquet, veuve de Pierre Plastrier, marchand drapier et bourgeois de Paris. Elle lui avait apporté en dot une maison bourgeoise, un pressoir et quelques pièces de terre... au lieudit les Locquettes ». Ces biens s'accrurent peu à peu et la « Seigneurie de Chaville » fut adjugée à Michel Le Tellier par sentence du Châtelet au 18 décembre 1596 qui transforma une de ses deux maisons en demeure seigneuriale. A Michel Le Tellier succéda son fils Michel Le Tellier conseiller à la cour des Aides. L'autre fils, Charles Le Tellier avait eu aussi des possessions à Chaville. En 1617, Michel Le Tellier, « Marquis de Barbezieu, seigneur de Chaville de Louvois, de la Ferté-Gaucher, chancelier de France, acheta les biens de l'Hôtel-Dieu à Chaville (1649) et acquit de son neveu Jacques Le Tellier, fils de Charles, « toutes les terres qu'il possédait dans le domaine ».

En 1660, René Le Tellier et sa femme lui cédèrent une maison située devant le château et qui en bouchait la perspective. On détruisit la maison, et sur son emplacement on traça une demi-lune.

En 1661 le seigneur de Chaville acquit les 3/8 de la seigneurie de Viroflay, et en 1672 la maison de Gaillon, portant le nom d'un fief situé près de Mantes et possédé auparavant par Charlotte Aymery, dame de Viroflay.

(1) Maquet, L'Étang-la-Ville, d'après les registres des actes civil de l'Étang, 7 mai 1684.

(2) Galard (comte de), Wideville, histoire et description, Paris. 1854, p. 7 et 8.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 79

Une grotte, unique, dit-on, en son genre, formait le principal attrait de cette résidence'.

« Tout faisait assez connaître en cet endroit la magnificence du maître qui l'avait fait construire et qui avait fait venir d'Italie les plus' habiles maîtres de ce genre (I)... »

Le domaine de Versailles.

Louis XIII acheta à Versailles la propriété de Jean de Soisy et fit construire un petit château, achevé le 3 novembre 1626. Six ans plus tard, le roi acquit la terre et la seigneurie du lieu, composée : d'un château ruiné et de ses dépendances, de 183 arpents de terres labourables, « vignes, prés, bois taillis avec maisons, jardins »... et la ferme de la Grange lessart et dépendances, le tout appartenant au sieur de Gondy, archevêque de Paris (2).

Dès 1661, Louis XIV agrandit et transforma le château, et l'entoura d'un parc. Quatre ans plus tard, Lenôtre traça le plan des jardins. L'importance du domaine que le roi désirait constituer exigea l'acquisition des seigneuries voisines.

En 1664, Louis XIV acheta Bailly et Noisy ; le 30 novembre de

l'année suivante, l'hôpital des Incurables de Paris lui vendit la terre

de Clagny (3). Dix ans plus tard, le 5 juin, Briçonnet, seigneur de

Glatigny, cédait à Sa Majesté cette terre et les fiefs en dépendant (4).

Le 21 août 1683, les religieux de Saint-Germain-des-Prés vendirent à leur tour la terre et seigneurie de la Celle Saint-Cloud. L'année suivante, 13 novembre, fut passé un contrat de vente faite par les religieux de Sainte-Geneviève au mont, de Paris, au roy, des fiefs et fermes de Galie et Choisy-aux-boeufs, fiefs de Bouchevilliers, du grand hôtel et dépendances, moyennant la somme de 260.000 livres (5).

En 1684, le roi acquit des dames de Saint-Cyr « des terres, prés et héritages situés paroisses dudit : Saint-Cyr, Fontenay et environs; la ferme de Voluceau à Bailly fut enclavée dans le grand parc (6) et celle des Moulineaux en 1689 » (7). Plus tardivement ce fut le tour de Bois d'Arcy et de ses dépendances, le 27 mai 1705.

(1) Tambour, Les Gondy et le château de Noisy, Paris, 1925.

(2) L'Histoire du château de Versailles a été étudiée par P. de Nolhac Mais l'histoire du domaine n'a jamais été écrite, on a essayé de la résumer ici en quelques lignes.

(3) Arch. Nat 013928.

(4) Arch. Nat. ibid.

(5) Arch. Nat., O1 3922. (6) Arch. Nat., 013915A.

(7) Id.


80 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Louis XIV échangea le duché de Chevreuse, contre le comté de Montfort, certaines terres du grand parc relevant de ce duché et le roi voulant étendre son domaine au sud. Mais lors des contrôles il apparut que le roi se trouvait lésé. Le duc acheta alors Villepreux et Rennemoulin (1703) et les offrit au roi en supplément (1705).

Parallèlement à ses acquisitions dans la région de Versailles, Louis XIV se rendait possesseur en 1676 de la terre et baronnie de Marly-le-Chastel, vingt-trois ans plus tard, de Marly-le-Bourg. Étendant peu à peu son domaine dans cette région, le roi édifia le château de Marly, traçant le grand et le petit parc

Voulant donner une seule juridiction à ces divers domaines, Sa Majesté, par un édit enregistré au Parlement en décembre 1693, établit à Versailles un bailliage royal avec des officiers pour rendre justice en son nom.

La confection du terrier des seigneuries de Marly-le-Chastel, de Bailly, Noisy fut prescrite en 1683. et, en 1698, du terrier de Versailles, Marly-le-Bourg, la Celle Saint-Cloud, Bougival, Le Chesnay, Buc, Guyencourt, Voisins-le-Bretonneux, Villarcy, Bouviers et divers domaines.

Devant le bailli de Versailles, les possesseurs de fiefs dépendants desdites seigneuries devaient fournir les aveux, dénombrements et rendre foi et hommages pour ces fiefs.

« Villarcy, Buc, avec les fiefs et seigneuries de la Cave et de Vauhallan, Voisins-le-Bretonneux, Bailly, Gally, Choisy-aux-boeufs, Clagny, Glatigny, Jouy, la Boulie, Noisy, Toussus-le-Noble, Chateaufort, Louveciennes, Bougival, Saint-Nom-la-Bretèche, Chevreloup, Rocquencourt, Fontenay-le-Fleury et Rennemoulin. »

De nombreuses fermes étaient comprises dans le domaine de Versailles : Satory, la Ménagerie. (srie de Versailles), Porchefontaine, le Trou Moreau (Villepreux), la Hébergerie (Villepreux), la Grande Maison (Villepreux), Mezu (srie de Villepreux), le Trou d'Enfer (Marly), Beschevet (la Celle Saint-Cloud), la Tremblaye (Bois d'Arcy), la Culée (Bois d'Arcy), le Petit Arcy, six fermes dans la seigneurie de Guyencourt, une ferme à Buc ; à Bailly : les Moulineaux, Vaulusseau ; deux fermes à Voisins-le-Bretonneux; Galie, Glatigny, le Vaucheron (Noisy), l'ancien chenil de Noisy, Louveciennes, Bougival, la Tuilerie-Bignon (Saint-Nom), les Graviers (Fontenay-le-FIeury), le haut Fontenay, Rennemoulin, une partie de la ferme de Châteaufort.

Plusieurs villages et hameaux renfermés dans le Parc de Versailles


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 81

furent détruits et rasés : Trianon et Choisy-aux-boeufs et les hameaux de Musseloue, le Vivier, la Boissière.

Le grand parc de Versailles.

Le grand parc de Versailles se prolongeait jusqu'à Villepreux : un lieudit « Entre deux murs » (mur du château et mur du Parc, détruit) en rappelle le souvenir. Il s'étendait sur 6.614 hectares et englobait 8 paroisses. Son mur d'enceinte, long de 43 kilomètres, comprenait 23 portes. L'aménagement de ce parc commença vers 1670 et ses murs furent terminés en 1684.

Trois grandes avenues partant de la grille royale, à l'extrémité du grand Canal, desservaient le grand parc, l'une allait vers Noisy, l'autre vers Villepreux, la troisième, vers Fontenay-le-Fleury. L'avenue de Villepreux, la seule qui' fut complètement aménagée, comprenait « une allée herbue bordée de quatre rangées d'ormes » qui se terminait par une demi-lune pavée. Le rû de Galie qui traversait le parc comportait 6 ponts.

Les « avenues » du parc ont laissé leur nom à divers lieux-dits, ainsi que les clôtures ou « ceintures » (ceinture de la Tuilerie et ceinture des ormeteaux) à Villepreux.

Les portes du grand parc à Villepreux étaient : la porte de Paris, la fausse porte de Saint-Nom, la porte du Val-Joyeux.

Le roi établit dans le grand parc des faisanderies pour l'élevage du gibier et des garennes ou remises, d'où les lieux-dits : la Faisanderie, à Villepreux, Rennemoulin, Fontenay-le-Fleury, d'où dépendait, à Bailly le clos de la Faisanderie. A Noisy, Louis XIV fit accommoder une garenne pour le duc de Bourgogne ; en outre, à la fin de sa vie, le roi réunit une partie de sa vénerie en ce lieu-dit : le chenil.

Les remises à gibier furent plantées au XVIIe et XVIIIe siècle, les cartes nous en montrent, un grand nombre, situées de Villepreux. à Galie, en bordure du rû de ce nom au nord de la grande avenue : remises des Vaux, à Rennemoulin, de Gisy, de l'Orme à Fontenay, du « Court-Noyer » (cornouiller) à Bailly, des fours à chaux, du merisier, de Voluceau a Bailly.

Signalons l'intéressant procédé, auquel Louis XIV eut recours pour agrandir les domaines de Versailles et de Marly : la voie d'échange. Nous l'avons déjà vu procéder ainsi pour le comté de Montfort. Le 22 mai 1701 « messire René de Froullay, comte de Tessé, cède au Roy, 6


82 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

plusieurs héritages situés à : Noisy, Bailly ; Marly, Rocquencourt et le fief de Vaulusseau et reçoit en contre-échange : le domaine de Beaumont-le-Vicomte et la baronnie et domaine de Fresnaye » (I).

Le 23 avril 1700 « vente par les sieurs Pierre et Louis de Soppite à M. de Beringhen de la terre et seigneurie de Louveciennes, des fiefs de la Tour quarrée, de Maubuisson et de deux fermes audit Louveciennes avec plusieurs parties de rente ».

Le 27 juillet de la même année, un arrêt du conseil d'Etat du Roy ordonne l'évaluation des terres et seigneuries de Tournon et Louveciennes pour parvenir à l'échange à faire entre Sa Majesté et M. de Beringhen. L'affaire fut conclue le 21 février de l'année suivante.

Louis XV joignit au domaine de Versailles, les terres et seigneuries de : Sèvres, Montreuil, Ville d'Avray, Saint-Nom-la-Bretesche, une partie de la terre de Villepreux avec la ferme de Mezu.

Louis XVI réunit au domaine : Meudon, Velizy et le clos Toutain, 34 terres seigneuriales appartenaient donc au roi, encore possesseur de 6 autres domaines : Versailles, Satory, Porchefohtaine, Montreuil, Sèvres, Marly-le-Chatel, Marly-le-Bourg, Villepreux, la Hébergerie, la Celle Saint-Cloud, le Chesnay, Ville d'Avray, Bois d'Arcy, Guyancourt.

Une carte de la plaine de Saint-Nom la Bretèche (2), indique l'emplacement des 10 remises à-gibier que feu M. le Dauphin a fait planter en bois taillis dans les années 1737-38 sur le territoire de Saint-Nom la Bretèche et Chavenay dépendant de la capitainerie de Saint-Germainen-Laye (2) : remises des Clozeaux (cure de Saint-Nom), remise du Buisson Sainte-Anne (aux dames de Poissy), des Glaises (à la cure de Saint-Nom), de Pingard (au roy) du chantier du fond de Bec, du chantier à côté de Fontaines.

Le roi ordonna d'établir en 1765, 8 remises à gibier dans les plaines de Chavenay, Villepreux Grignon, Lanluet : chantiers de SaintGirard, du jardin d'Olive, du « fond Taraby », des « 10 arpents de Fontaines, de la Cotte du Roy, du fond des Boisseaux », etc.

Marly : le château, la forêt, la machine.

La seigneurie de Marly, le château, le parc, la forêt et les dépendances faisaient partie du domaine de Versailles.

(1) Arch. Nat. P. 2241-42.

(2) Arch. Seine-et-O., A. 570.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 83

Les travaux pour l'aménagement du terrain et la construction du château commencèrent en 1679. « De 1681 à 1684, la Machine de Marly ; encore en 1681 : les murs de clôture et deux réservoirs ; en 1687 : la belle Rivière d'eau (devenue plus tard le Tapis vert) ; en 1698, l'Abreuvoir » (I).

Le château comprenait un grand pavillon et 12 petits. Le jardin était formé de parterres, de bassins et de jets d'eau. Une rivière d'eau située derrière le château et tombant sur 63 marches, de marche en marche, fut remplacée sous la minorité de Louis XV par le Tapis vert.

A l'extrémité du parc terminant la série des pièces d'eau s'étendait « l'abreuvoir ou les cent bornes ».

La machine (2), dite de Marly, construite sur le territoire de Bougival, refoulait par un système de roues et de pompes, l'eau de la Seine jusqu'à un aqueduc qui la conduisait dans des réservoirs : ceux de Marly et de Louveciennes fournissaient l'eau à Marly, ceux de Rocquencourt, le Chesnay, Chevreloup, à Trianon

La Forêt.

Le Roi Louis XIV se rendit possesseur de tous les biens laïcs et ecclésiastiques de la forêt de Marly. Une carte de 1685 (3) porte les noms des différents propriétaires des cantons de la forêt :

Le président de Maisons, le Seigneur de l'Étang, l'abbaye de Poissy, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, l'abbaye de Joyenval.

En 1688 le roi en possédait la plus grande partie. Ses acquisitions continuèrent sur le bord méridional du plateau de Cruye : Héritages divers à Marly, Noisy, Bailly que M. de Boufflers acheta en 1699 et céda au roi en échange de la terre de Milly, les biens de M. de la Houbère acquis un à un dans la région de Marly et de Versailles et échangés contre lé domaine de Montesquieu, de Volvestre et la châtellenie de Salies. Héritages cédés par le comte de Tessé (4), etc..

L'enclave de la forêt de Marly dans le Val de Galie entre Saint-Nom et la Tuilerie s'est constituée en 1700 et 1703. Une carte de cette époque (5) contient le nom des terrains qui furent englobés dans l'aug(I)

l'aug(I) Marly-le-Roi, p. 31. (2) Il existe une véritable bibliographie de la machine de Marly et de la question des eaux de Versailles. Le plus récent travail : Eaux de Versailles, par F. Evrard, Annales de Géographie, 1935, p. 583 et s.

(3) Carte de Caron. Arch. Seine-et-Oise, A. 43. (4) Inventaire général des titres du domaine de Marly cotes 9-10-11, Arch, Nat., p. 2241-42.

(5) Arch. Nat., 013926, liasse 2.


84 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE.

mentation de la forêt. Une ligne, tracée de la croix Saint-Philippe au nord de Saint-Nom et séparant les basses Fontenelles des Fontenelles porte cette indication « les 10 toises appartenant au roi, augmentation du parc de Marly fait en 1700 ».

En 1703 l'augmentation s'étend plus à l'est. Les lieux dits renfermés dans la nouvelle limite sont « chantiers du jeu de billes, du pré de Livire (Liville), fosses rouges, la Thuillerie Margot, les basses Fontenelles, les Fontenelles, le marché Richard, chantier des Fromits.

Des terres anciennement défrichées : un domaine de l'époque franque : Liville — retournèrent donc à la forêt. — Un autre essart, replanté, fut par la suite, annexé aux bois : la terre d'Avinières et des Clairets.

Enfin, à l'extérieur de la forêt, mais tout près de ses murs, le hameau de Saint-Jacques de Retz, disparut à son tour, rasé sous Louis XV.

A l'intérieur de la forêt, l'essart du Trou d'Enfer fut en partie maintenu et la ferme du Trou d'Enfer reconstruite en 1676. Les anciens étangs, transformés en bassins, portèrent les gondoles royales.

Non loin de la forêt, Louis XIV passait ses revues au « champ de Mars », tandis que le « Camp » de Louveciennes servait de cantonnement à ses Suisses.

Telle fut l'histoire de ce pays jusqu'à la Révolution. La destruction du château de Marly, le morcellement des grands domaines convertis en biens nationaux et cédés par parcelles ou « concessions » transformèrent encore une fois sa structure territoriale et modifièrent son aspect.

De nos jours, le Val de Galie, étend à l'ouest de Versailles ses terres couvertes de moissons, tandis que les coteaux de Marly et de Chaville portent comme aux XVIIe et XVIIIe siècles de riantes maisons, des jardins, des ombrages. L'harmonie des formes et des couleurs, la pureté des lignes, tout contribue à faire de ce pays, le séjour aimé des Parisiens et de tous ceux qu'attire la douceur du ciel de l'Ile-de-France.


Quelques remarques d'ordre linguistique.

Les lieux-dits portent souvent la trace des transformations qui affectèrent la langue au cours des siècles. Nous allons donc pouvoir suivre à travers les toponymes quelques-unes des altérations dues au jeu des lois phonétiques et aux étymolbgies populaires. Nous nous bornerons dans cette étude à l'examen des faits curieux et qui peuvent présenter un certain intérêt

Traitement du suffixe latin ola = olle.

Les noms de lieux dont la finale repose sur le suffixe latin féminin ola se présentent sous la forme olle. La finale ola a dû se transformer en olla, peut-être sous l'influence de la finale -ella : Feucherolles : filicariola, *filicariolla. Joncherolles : juncariola, *juncariolla. Vignolles : vineola, *vineolla.

L'Haspirée d'origine germanique.

L'H germanique ; était fortement aspirée même devant consonne. Les groupes hl, hr, étaient imprononçables pour les Gallo-Romains. Ce groupe initial, le plus souvent latinisé en cl sous les Mérovingiens (I) a comporté cependant une variante qui s'intercale entre les époques extrêmes d'aspiration forte et d'aspiration faible : Hl est devenu FI, de même que Hr devenait Fr (2). Nous trouvons un exemple de cette transformation dans le nom d'un moulin de Beynes, Frobert (1405) devenu Fleubert au cadastre (3). C'est un ancien, Hrodo-berhto. Une altération semblable paraît avoir affecté un lieu dit de Crespières : Franbertien (1226), les Flambertins (1494 et cadastre) dont le groupe

(I) Hlodoviko = Clodovicus (Clovis).

(2) A. Dauzat, Les noms de personnes, Paris, Delagrave, 192-5, p. 139.

(3) M. A. Dauzat, op., cit., cite le nom d'un évêque de Chartres du IXe siècle : Frotbertus.


86 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

initial Fr provient peut-être d'un ancien Hr. Dans l'un et l'autre cas, une nouvelle modification a suivi le passage de Hr à Fr car, au XVe siècle, Fr est devenu FI.

La finale Hart.

Nous ignorons à quelle époque l'H au milieu d'un mot s'effaça pour laisser place à un hiatus entre la voyelle qui précédait cette lettre et celle qui la suivait immédiatement.

Quelques hiatus ont été réduits au XIVe siècle : à Chaville la « fontaine de Bouhart », 1270, devint « fontaine de Boullart » en 1313. « Fontem Houdeardis » 1316, « Fontaine Houdeart » 1323 porte dès 1378 les traces d'une palatalisation « Hodiart ». Le lieu-dit Bebelliard, à Villepreux, dont nous n'avons pas de traces avant le XVe siècle, semble provenir d'un composé germanique en hart palatalisé à cette époque.

Certains hiatus ont persisté après le XIVe siècle. On cite encore un Benehart en 1479 à Thiverval. Mais le cas le plus curieux est celui de Cornehart (bois des Gonards) à Versailles. La forme « Cornehart » se maintient de 1388 à 1513. Il est vrai qu'elle nous est donnée toujours par le même document, le Censier des Célestins (Archives Nationales, S. 3.819). Cependant H apparaît encore, malgré l'élision . de e, au XVIIe siècle, sur la carte de Caron (Archives Nationales, Or 1760), f. 401 : Bois des Conharts (1683), « Les Gonards » ne figurent qu'au cadastre.

Passage de r intervocalique à z.

La transformation de r intervocalique en z affecta le parler de la région parisienne sud-est, sud et ouest au XVIe siècle. Voici deux exemples de cette altération : Giri = Gisy à Fontenay-le-Fleury. Hérart = Hézard à Fourqueux.

Giri-Gisy. — Le moulin de Gisy, à Fontenay-le-Fleury, tire son nom de Nantier de Giri, propriétaire en 1241. Une première altération, transforma Giri en Gerys au XVe siècle, la forme Giry reparaît toutefois en 1505. De 1591 au XIXe siècle (cadastre), Gisy se fixe définitivement. Le passage de r à s a donc eu lieu entre 1505 et 1591.

Hérart-Hézard.—Hérart, nom d'homme de l'époque franque, a servi à désigner un vaste terroir situé à Fourqueux, le Hérart « 12351366 ». La forme Hézard apparaît au cadastre. Aucune forme n'étant


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 87

signalée entre 1366 et le XIXe siècle, on ne peut fixer la date de cette transformation.

Passage de che à ge.

Le je final devenant phonétiquement che, nous ne pouvons expliquer le passage de che final à ge que par une fausse régression.

Conches-conges, 1469, 1706, conches (Fontenay) 1406, la conche 1787, Fontaine, des conges (Chavenay). 1787 les conges (Davron et Chavenay).

Hanches-ange 1336, 1546 « croix de hanches », cadastre « pointe de l'ange » (les Clayes).

Il est difficile de fixer l'époque assez tardive (XVIe, XVIIe, XVII 3 siècle) où che a passé à ge.

Che — ve > jw.

Assimilation de la sourde ch devant la sonore v — w.

Chevaudos, prieuré de Saint-Germain-des-Prés à l'Etang-la-Ville (de 1243 au XVIIIe s.), est devenu « jouet d'eau » au cadastre. Il est permis de postuler une forme intermédiaire « Jouados » ou « Jouedos ».

Bechevet, ferme à la Celle Saint-Cloud, — 1407-1739 : Bechevet. 1786 : plan d'intendance Bechuet, prononciation actuelle Bejuet. Au cadastre, à côté de la forme Bechevet, on relève le lieu dit « la Châtaignerie de la garenne à Bejuet ».

Ces diverses formes de « Bechevet » très intéressantes, nous permettent de dater avec précision les différentes étapes de la transformation : v a passé à u avant que che ne passât à j. Cette première altération eut lieu vers la fin du XVIIIe siècle, et la transformation totale date du début du XIXe siècle.

Confusion entre ch et q— ch et s.

Le traitement de certaines consonnes nous révèle l'existence possible d'influences normano-picardes.

Ch-q. On relève en 1386 à l'Etang-la-Ville, un lieu-dit Maquefer, et en 1447 à Mareil-Marly un lieu-dit Quesnay qui correspondent à Machefer, et Chesnay.

S-ch. Le village de Choisy-aux-boeufs, compris dans le domaine de Versailles s'est appelé jusqu'au XVe siècle Soisy. Les formes Soisy et Choisy alternent au XVe siècle et Choisy s'implante définitivement à cette époque.


88 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Signalons encore deux lieux-dits : Pinceloup (XVIIIe siècle) altéré à la même époque en Picheloup. Ce mot doit être un ancien Pisseloup (Fourqueux); Pissevin (1479) — Pinchevin (cadastre) (Thiverval).

Quelques remarques sur le traitement de ch, g au XVe siècle.

Le son che, ge, est souvent la réduction d'un ancien chy, jy.

Il s'écrivait au XVe siècle chie, gie, 1472 « Pré Boullengier » (Bois d'Arcy), 1404 « Murgier de Pourchon » (Plaisir), 1484 Fontaine Jonchière (Villepreux).

Cette forme s'est maintenue au cadastre dans le lieu-dit « Gachières » (Aigremont).

Palatalisations.

Passage de n à gn et régressions.

Charlevanne (Bougival) devint « Chalveygne » en 1489, Chalvaigne, 1571, en alternance avec « Chalvanne ». La dernière forme, relevée en 1620 est « Chalvaigne ».

Rennemoulin. 1202, Renemolin ; 1209-1241, Reinemolin. — Cette seconde forme qui n'apparaît que peu de temps après la forme la plus ancienne, nous semble être la meilleure.

En 1482, nous trouvons Regnemoulin, et à partir du XVIIIe s., Rennemoulin.

Vaurenoux (Bailly). 1415, Val Regnault ; 1485, Vau Regnoult ;

1665, Vaulregnoult ; 1736, cadastre Vaurenoux. Renardière (Marly), 1573, Regnardière; 1682, Renardière. Passage de Vauguion à Vauillons (Marly).

1454 à 1485, Vaulguion et Vaulguyon ; 1531, les Vaulions; 15951666,

15951666, Vaullions; cadastre : les Vauillons. Passage d'Orléans à Orient (la Celle Saint-Cloud).

Le Pré d'Orléans (fief Philippe d'Orléans) devint en 1739 et au cadastre : « les Prés d'Orient ». Rappelons que la prononciation d'Orléans était Orleiens.

Traitement de O.

Nous relevons les traces de l'évolution phonétique o> ou et de la

régression ou >o. Ces formes subissent d'ailleurs quelques flottements.

Rotouer. 1477, Rotouer (les Clayes), XVe et XVIe s. Rotouer (Ville-


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 89

preux); en 1609, Routtouer (Villepreux). Il existait au XVe siècle un verbe router (rouir).

Cependant, à Versailles on relève au XIVe et XVe siècle, Retouer et au XVIe s. le fief de la Ritoire.

Borne. Le latin bodina a donné bonne : « la haute bonne », cadastre de l'Étang-la-Ville ; 1583, la bonnette (Ville d'Avray).

Puis nous trouvons les formes bourne et borne. Bourne est attesté en 1369 et 1476 à Versailles et à Bois d'Arcy.

Forêt, Fouret, dérivé de feurre, fourrage. 1384-1582, lé forest (Versailles); 1482, Fouret ; 1485, Foret (Plaisir).

Forneaulx, Fourneaux. 1523, les Forneaulx; 1736, champ du Fourneau (Bois d'Arcy).

Saule et Souleau. Le diminutif de saule, sauleau apparaît au XVIIIe siècle et devient très rapidement : souleau. Il est d'ailleurs possible que au protonique soit passé à ou phonétiquement : XVIIIe siècle, Souliaux (Saint-Nom la Bretèche). Cadastre : les tailles à Souleau (Alluets-Ie-Roi).

Passage de oue « we », protonique, à ou ou e.

Une plantation de noyers « nourraie » ou « noraye », devait, avant le XVIe siècles, être désignée par un mot « nweraie », dont la protonique subit diverses modifications. A Louveciennes, on relève : XVIe s. nourres ; XVIIIe s. noiretz, nourettes; XVIIIe s. et cadastre : nourrets

A Ville d'Avray : XVIe s. norayes; XVIIIe s. norayes. Cadastre : nerais.

Passage de er à ar et régressions.

Nous ne pouvons citer que quelques exemples du passage de er, à ar. Cette altération a eu lieu à toutes les époques (XVe et XVIII 3 siècle), mais ne s'exerça jamais avec intensité : XVe siècle : le lieu dit « le tertre » à Noisy, 1482-83 devint « tartre » en 1527.

XVIIIe-XIXe siècle : les ventes d'Herbela'y (Herblay), XVIIIe siècle à Aigremont se transformèrent en « vertes d'Arbelay » sur le cadastre.

Mortemér, à Plaisir (XVe siècle) devint Mortemar sur le cadastre par influence analogique du nom de la famille de Mortemar, propriétaire dans la région.

Régressions : le hameau disparu de Serjollant, à Versailles (altération cerf volant) se nommait en 1350 Sarjollant, Serjolant en 1407, puis Sarjollant reparaît de ,1415 à 1482 et Serjolant (ou Sergolant)


90 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

se fixe définitivement de 1505 à 1683. II faut donc voir dans Sarjollant la forme la plus ancienne et dans « Serjollant », une fausse régression.

A Fontenay-le-Fleury, le lieu-dit Arminier (1482), Armigny (17031775), subit en 1499 une altération en « Erminier ».

Le groupe ar ramené à er, l'attirance du prénom Aubert acheva la transformation de la Lombarderie, à l'Etang-la-Ville, qui devint l'Auberderie au XVIIIe siècle.

Un lieu-dit de Plaisir, offre une particularité assez curieuse : une fausse régression l'a transformé et cependant l'ancienne forme subsiste pour désigner un lieu voisin, d'où, au cadastre, les deux noms : la Varinnerie, la Verinnerie.

Passage de « a » à « e » et régression : « a » suivi d'une consonne différente de r a plus rarement passé à e. Cependant « le bois de la Cranne » au cadastre de Plaisir (Crane 1366), subit l'altération « Crenne » au XVe siècle.

Peut-être est-ce une analogie qui a transformé le fiache Langron (Bois d'Arcy) XVIIIe, en flèche Langron (XVIIIe siècle).

La transformation de jarry-joerrye constitue un cas assez complexe de régression du XVe siècle. On trouve un lieudit la jarrye, 1490 à Versailles et un autre : la jarrie, 1395, jarrye 1483, à Plaisir. En 1484, à Plaisir, jarrye se transforme en chemin de la joerrye. A Roquencourt, 1468-1482, existait également un chemin de la joerrye.

Notons que les formes « jarrie » « jarrye » sont données par des documents divers, les « joerrye » figurent seulement au tabellionnage de Villepreux (qui donne une seule fois jarrye). Fantaisie du tabellion qui aurait transformé le mot jarrie par une double et fausse régression a— e e —> we.

L'é fermé. — La finale aie (etum), ée, et.

D'après M. A. Dauzat (I) tout e, à la finale, même celui qui venait de « ai » s'est fermé avant le XVIe siècle. Les grammairiens ont réagi, sur ce point, à partir du XVIIe siècle.

Les noms collectifs d'arbres en aie ont parfois pris des terminaisons ée ou et : utiles indications phonétiques qu'il est bon de préciser. Dans bien des cas, en effet, les scribes ont respecté l'orthographe « aie », mais dans d'autres cas, moins nombreux, ils ont simplement traduit la prononciation populaire.

L'é fermé (terminaison ée) est attesté dans un certain nombre de

(I) Dauzar (A.), Histoire de la Langue Française, Paris, 1930, p. 109.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 91

mots qui sont, presque tous, du même type : il s'agit de noms qui ont déjà un e ou é à la syllabe initiale. Dans cette catégorie de mots, l'é final s'est parfois fermé avant le XVIe siècle et a persisté après le XVIIe siècle. Exemples : la cerisée : XVIIIe siècle, serissée (Davron). Cadastre : cerisée (Mareil-Mauldre) ; XIVe, XVe siècle, la chenée (Chaville); XVIIe siècle : Frainée ou Frenet (Marly) ; 1605, Frenée (Viroflay) ; 1691, Genestrée (Roquencourt). Un seul mot qui n'a pas d'e à la syllabe initiale « saulée » (1703) (Bois d'Arcy) a pris la terminaison ée. Il s'agit peut-être d'une mauvaise transcription d'un mot peu connu qui faisait double emploi avec « saussaie ».

Cependant la finale des autres collectifs en « aie » se traduit parfois à partir du XVIIe siècle par « et » : l'aunest (Chaville), les nourrets (Louveciennes), etc.. Il arrive même que, l'è s'ouvrant de plus en plus, on confonde la finale « aie » et le diminutif « ette », d'où les formes : les aulnettes (cadastre de la Celle-Saint-Cloud), les aunettes (1602) (Crespières), les nourettes ( XVIIe s.) (Louveciennes).

Survivances du cas régime.

Un génitif pluriel latin rentre en composition avec « villa » dans le nom de « Villepreux » : Villa pirorum. En outre, certains lieux-dits comprennent un nom de propriétaire masculin au cas régime, en on, associé à un autre élément; dans cette catégorie, nous pouvons ranger certains noms de l'époque féodale composés avec : Mont-Val, Montberon (1398) et Valberon (1598) à Versailles, Vaucheron (1484) à Noisy-le-Roi, Vauguyon (1409-1563) à Chaville et Versailles, Vauguyon (1454) à Marly, Vaujarjon et Vaugergeon (1493-1689) à Viroflay.

Joignons à ces exemples quelques expressions dans lesquelles les deux éléments ne sont pas agglutinés : l'épine Hemon (1424) à Bailly; la pierre Gillon (1601) à Bougival. Les habitants de cette localité ne comprenant plus le premier élément de ce lieu-dit, crurent y trouver le prénom : Pierre et créèrent la rue Pierre Gillon. Signalons un seul cas régime féminin en ain : la fosse aux nonnains (1482-1485) à Plaisir.

Les analogies. — Transformations populaires.

Le sens primitif des noms de lieux a échappé bien souvent aux paysans, et leur désir de rattacher ces noms à des mots connus a suscité quelquefois des interprétations bizarres. Transformations phonétiques et analogiques se sont aidées et entremêlées.


92 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Nous avons signalé le passage de Chevaudos à Jouet d'eau au XIXe siècle. La forme phonétique régulière, Jouados a été transformée par la fantaisie populaire en « Jouet » d'eau, et bientôt n'a pas tardé à apparaître un nom d'enseigne « au jeu d'eau » ! qui a fermé le cycle des déformations.

Une analogie a joué encore pour transformer la croix de « Hanches » en « pointe de l'Ange » (les Clayes). La phonétique y eut aussi sa part (passage de ch à ge, déjà signalé) et a influencé l'interprétation populaire.

La Lombardie, propriété de Lancelot de Parme, est devenue, par une fausse régression, la Lomberderie. On a rapproché ce mot du prénom « Aubert » ; « om » est devenu « au », l' s'est déglutiné, et le cadastre de l'Étang-la-Ville nous donne la forme « I'Auberderie ».

Ces quelques exemples nous donnent une idée des enchevêtrements phonétiques et analogiques qui ont affecté les lieux-dits.

D'autres altérations sont causées par l'attirance d'un mot bien connu qui a absorbé les formes voisines par le son ou par le sens. C'est le cas du mot « Saint » qui s'est introduit dans les noms de lieux qui lui étaient étrangers. A Chavenay deux lieux-dits ont été transcrits indifféremment du XVe et XVIe siècle au XVIIe siècle par Saint-Flageul et Saule Flageul, Saint-Girard et Saule Girard, et se sont fixés au cadastre sons les formes Saule Flageol et Saule Gérard.

Quelles sont les formes les plus anciennes : Saule, ou Saint ? Elles alternent pendant deux siècles. Aucun saint de ce nom, cependant, n'a été honoré dans la région, mais les saules abondaient en ces lieux humides. La forme « saule » qui a persisté est donc la plus vraisemblable.

A Saint-Nom-la-Bretèche, le clos de Salibert (nom de propriétaire sans doute) que l'on relève, sous cette cette forme, en 1700-1714 et au cadastre, était devenu en 1786, « clos de Saint-Libert ».

Le clos « Hyacinthe », 1786, à Mareil-Marly, s'est transformé, au cadastre, en « clos à la sainte ».

Enfin la « croix feu Philippe d'Orléans », dernier vestige à SaintNom la Bretèche du fief d'Orléans fut désignée dès 1700 du nom de « croix Saint-Philippe », origine du « Pavillon Saint-Philippe ».

Nous relevons quelques exemples de noms de lieux dans lesquels « mont » « mon » a remplacé une syllabe de consonance voisine.

Le hameau de Maubuisson, à Louveciennes (1181, Malbussom), début du XVIIIe siècle : Maubuisson est devenu depuis 1786 Mon-


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 93

buisson et s'est maintenu sous cette forme dans le parler local (Montbuisson). Le fief de Maudetour, 1571, à Marly, a donné la « rue de Mondetour ».

« Mont » s'implanta dans Mocsouris pour le transformer en Montsouris ( XVIIIe siècle, le Chesnay). On peut rapprocher cette forme de celle du quartier « Montsouris » à Paris.

Les paysans n'ont plus toujours compris le sens des noms composés avec moque (1) : le « Mortpannier » de Thiverval (cadastre) était peutêtre un ancien moque panier.

Un phénomène du même ordre a changé le bois de Bouviller (1573)

XVIIe siècle) en bois des Beauvilliers (Bougival). Les deux formes

alternent au XVIIe siècle, « Bouvillier » d'ailleurs doit être un composé

de Villiers, nom ancien de la Celle Saint-Cloud, au polyptique

d'Irminon, avec un autre élément « bois », peut-être. Bois Villiers

serait devenu Bwevilliers, puis Bouvilliers, d'après une évolution

phonétique analogue à celle qui a transformé noiraie en nweraie et

nourraie.

Voici maintenant diverses altérations analogiques d'origine populaire.

Bebelliart (Villepreux). Ce nom d'homme d'origine incertaine, — nom de l'époque franque ? — s'est maintenu de 1484 à 1680. Mais il a donné lieu, quelquefois, à des interprétations bizarres. C'est ainsi qu'on l'écrivait en 1597 « beuf billart » et en 1603 « Du billard ». La Caillou (Bougival). La forme ancienne de ce mot est « La Calouée » (1744) du nom d'un arbre, le pommier de Caloue. La forme « caillou» se substitua à Calouée-Calou, en gardant cependant l'article féminin, « La caillou » qui figure au cadastre, sonnait mal aux oreilles des paysans qui prononcent maintenant « la Cailloute ».

Le Cheval. Au cadastre de Mareil-Marly figure un lieu dit « le cheval ». On relève également aux Alluets-le-Roi un certain « clos du cheval ». Nous pensons que ce mot provient de l'altération de caput-vallis chef-val.

Le Cornouiller, cadastre de Bailly. Les géomètres, du XVIIIe siècle

qui dressèrent une carte du Val de Galie (archives de S.-et-O., A. 530)

ne comprirent pas le sens de ce mot et l'écrivirent « Court Noyer ».

La Fontaine à la thurelle. Versailles (Montreuil), 1489-1494.

Les habitants de Montreuil n'ont plus reconnu dans le second

(1) Moc-souris : endroit où les souris mêmes ne trouvaient pas de quoi manger.


94 GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

élément un nom de propriétaire, et cette source est devenue la « Fontaine naturelle » (1656)

Le Noyer de jaulge, Villepreux, 1585. L'attraction du verbe jauger a permis l'altération de « noyer d'auge » espèce de noyer bien connue:

L'Orme à l'homme. La forme « homme » pour orme, est assez commune (ancien français olme, oulme, d'après le latin ulmus). Citons le fond de l'Homme mort (Noisy), la Croix Michel quatre hommes (l'Etang-la-Ville). A Thiverval au XVIIIe siècle, les paysans n'ont pas reconnu dans le mot « homme » une altération de orme, et ont forgé l'expression « l'Orme à l'homme ».

La Pelle, Velizy. Ce mot si simple a été transcrit des manières les plus diverses : 1648 : la Paille, 1672 : l'Appel, 1674 : la Perle.

Peine perdue est sans doute à l'origine de Pain-Perdu (cadastre) (Mareil-Mauldre). On trouve à Versailles en 1415 un lieu-dit Payne perdue qui s'est altéré en « Pièce perdue » au cadastre.

Pierre qui tourne et Pièce qui tourne désignent en 1691 le même terroir de Roquencourt.

Pontalis, au cadastre de Bailly, provient d'une altération du nom de « Ponthalie » sous l'influence du prénom féminin « alis ». Charles de Ponthalie possédait un moulin au Val de Galie au XVe siècle.

Puisaloup à Bois d'Arcy. Pizalou, pysalou (1377-1484). Ces formes anciennes étaient peut-être une altération de Pisseloup. Par analogie avec « puits » le premier élément de ce mot s'est transformé, et la cadastre nous donne Puisaloup.

Serjollant, Versailles, de 1350 à 1685 les formes Serjollant, Sarjollant alternent. Elles aboutissent au cadastre, d'une façon imprévue, à « Bois du Cerf-Volant ».

Solo (les) (cad.). Marly. En 1209 et 1250 : Sorel ; en 1594-1614 : Soreau. Solo est un italianisme du cadastre à rapprocher du lieu-dit « Piano » qui n'apparaît que dans ce document.

Valibout (le) (cad.). Plaisir. Altération, remontant au XIVe s. du Val-Hubout (Vallis Huboudi, Vallis hubout (1255-1266), sous l'influence du nom d'oiseau « hibou ».

Passage du singulier au pluriel, du masculin au féminin.

Certains noms de lieux sont précédés d'un article : masculin : le Landy (Villepreux), féminin : la Baronne (Chaville), pluriel : les Pavillons ou les Pavillonnes (la Celle-Saint-Cloud).


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 95

Ces noms précédés d'uni article, le plus souvent au pluriel, paraissent avoir été influencés par certains mots sous-entendus : champs, maisons, terres, vignes, etc...

A Villepreux, le Landy 1787, cad., était désigné de 1523 à 1787 par « le Champ du lendit ou du landy ».

Les formes au féminin-pluriel sont les plus nombreuses. Elles tirent rarement leur origine d'un nom de femme, elles se rattachent le plus souvent à des familles de propriétaires dont on retrouve la trace dans des actes divers.

On relève au cadastre de la Celle Saint-Cloud « les Pavillons » du nom de Etienne Pavillon et de son fils, propriétaires du château de 1659 à 1676. En 1739 on écrivait « les Pavillonnes », et la forme féminine a persisté dans la prononciation actuelle.

A Louveciennes habitaient en 1559 lès « héritiers de feu Nicolas Bezanson », qui laissèrent leur nom au lieu dit les Besansonnes (cad.).

Les « Brangères » (cad.) à la Celle de Saint-Cloud doivent comme le Bois Beranger (Vaucresson) tirer leur origine de Beranger de Rueil.

Les Locquettes (Chaville), de Regnault Locquet, propriétaire au XVIe s..., etc..

Citons encore les formes doubles.

Le clos Bigot et les Bigaudes (cad.) à Mareil-Marly, le moulin Gaillard (le Pecq) et les Gaillardes (Marly).

Agglutinations.

On connaît diverses espèces d'agglutinations. Celle de l'article on, de la préposition et. du substantif est assez commune, citons : Langlaiserie, Losier (Feucherolles), cote Lardelay (de Hardelay fermier au XVIIIe siècle à Chavenay). Nous ignorons si Lanluet est une agglutination de l'Alluet.

Avec d' : le champ droux (cadastre Mareil), champ de Raoul 1445, le dos dancoigny (Aconiacum, 1004-1220) à Chavenay. La Dargentonnerie (du comte d'Argenton ?) La Dumainerie (du duc du Maine ?)

Avec en. On écrivait au XVIe siècle l'hôtel dembas à Rennemoulin et sur une carte du XVIIIe siècle : Emprenet, pour Prunay à Louveciennes. Le nom du propriétaire et de sa possession présente un autre type très commun d'agglutinations. Type ancien auquel remontent bien des noms de domaines de l'époque franque et féodale : composés en val, en mont, Ménildon, etc.


96 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

En voici d'autres, beaucoup plus récents et s'appliquant à de petites propriétés : le Presugues, 1455, Ville d'Avray ; la Marniquet (cadastre) s'écrit encore mare niquet en 1676, l'agglutination apparaît en 1744. Les Tarturins (cadastre Chaville) (terres Thurin jusqu'au XVIIIe siècle).

Quelquefois le nom du propriétaire lui-même présente une agglutination : le Sirotier ou Sirolier, XVIII siècle, aux Clayes. Cerance, 1658 = Sire Ance ? Le Chesnay. Rapprocher ces exemples du Cirodon (Sire Odon), fief et lieu-dit à Saint-Germain-en-Laye. Les Villebenettes (cadastre de Marly). Benoistes : Vieilles Benoites, XVIe, XVIIe siècle, mais l'agglutination apparaît aussi à cette époque. Clos Gredenis (Grosdenis), Marly, 1588.

Les formations impératives sont toujours des agglutinations : Boutroux (cadastre Plaisir), Boute-roue, Boutelou 1485 (Saint-Cyr). Boute-loup. Musseloe: 1272, Musselout : 1698.(Versailles), Musse-loup.

Chantepie, cadastre et dès 1350 (Thiverval). Chantepie 1609. (Villepreux) : Chante-pie. Gasteble 1340-1544. (Versailles), peut-être surnom d'homme : gaste-blé.

Déglutinations.

Certaines initiales après s'être détachées, sont tombées définitivement tandis que d'autres hésitaient et reparaissaient après un certain temps. Le cas le plus fréquent admet la déglutination d'une initiale, comprise comme un article ou une préposition ou jointe à l'article : Mare au Pec (cadastre les Alluets) de Aupec (Alpicum), l'Echalier (cadastre), écrit les Challiers, 1593.(Bougival), Demonval 1197, a abouti à Montval, à Marly. Avinières figure au cadastre de Saint-Nom, sous la forme « les Vinières». Fosse Orry, 1628, devient Fosse au riz au cadastre de Viroflay.

Autres formes de déglutinations : chute de l'initiale dans Noisement (de 1483 au XVIIIe siècle), qui devint Loizement, puis l'Oisement au cadastre de Rennemoulin. Un des cas les plus bizarres est celui du lieu-dit Fontarabie (1678 à 1680), à Chavenay, devenu dès 1787, Fond de Tarabie. Quand on établit le cadastre, non seulement on ne comprit pas l'origine de ce mot, mais on créa, à côté du Fond de Tarabie, un nouveau lieu-dit... « Tarabie ».

La Hébergerie de Villepreux est devenue, par les caprices du cadastre, la Haye-Bergerie.


TOPONYMIE DU PAYS DE CRUYE ET DU VAL DE GALIE 97

Altérations graphiques.

Les noms dé lieux ont été traduits de diverses manières par les scribes chargés de les transcrire. Comme nous n'avons guère d'autre moyen, pour atteindre les couches profondes de toponymes que de recourir aux textes qui les contiennent, ceux-ci ont pour nous une importance capitale.

Les diplômes anciens, les cartulaires, sont rédigés en latin. Quand le nom de lieu peut se traduire aisément d'une langue dans l'autre, les scribes usent facilement de ce moyen. Mais souvent leur imagination les entraîne,: leur souci de l'étymologie leur fait rattacher un mot à une racine connue qui n'a rien de commun avec lui : Villepreux : Villa pirorum, a été identifié avec un certain « villa porcorum » (856) et est couramment traduit par « villa petrosa » (1191-1324).

La Montjoie (Chambourcy) devient « Castro gaudiis montis » (1223) et bientôt l'abbaye de joyenval formera son nom (Joy-en-val) sur cette étymologie factice. D'après M. Mellerio (I), quelques scribes du Moyen Age latinisèrent « Chevaudos » en Equidorsum. Il arrive cependant que la forme du mot soit respectée : Montjoie devient Monjoia (2), et Chevaudos, qui ne peut trouver d'équivalent latin « Chevaudeus » (3).

Le phénomène inverse se produit dans la traduction « française» du Val de Galie — gallia en latin — qui devient Val de France (4).

Parfois il advient que le mot français est introduit sans aucune transformation dans le texte latin « in terra de Cruce que vulgariter dicitur la groe » (5).

Dans les textes français du XVe et du XVIe siècle apparaissent quelques variantes orthographiques : couture s'écrit cousture au XVe siècle, gery devient gerys. L's (ou le z) final surajouté apparaît d'ailleurs dès 1238 dans Villesiz, 1241, Villesis (6). I se change en y dans « Gallye », au XVe siècle, dans « Jarrye » à la même époque.

« Thuilerie » s'agrémente d'un h, et la fantaisie va parfois jusqu'à transformer i en y « Thuillerye » au XVIIe siècle.

(1) Mellerio (A.), Marly-le-Roi. p. 140.

(2) Reg. Philippe-Auguste, B. N., 9.778, f. 239.

(3) Cart. N.-D. de Paris, I, 21.

(4) Cart. de Maubuisson, p. 355.

(5) Cart. des Vaux-de-Cernay, I, p. 377.

(6) Pour Velizy O1 3856, 1. 2, A. N.

7


98 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE

Altération sur les plans et terriers des XVIIe, XVIIIe-siècIes.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la nécessité d'établir les terriers des diverses seigneuries acquises par les rois favorisa d'originales transcriptions. Le vieux mot « chantier » ressuscita pour désigner l'ensemble des terres comprises sous un même nom. On le rattacha à sa racine « champ » et on écrivit « champtier ». Ces champtiers furent souvent accompagnés de bizarres noms de lieux, comme la « Franche Chinnerye » 1737 (1), au lieu de « Franchinerie «(propriété des Francini à Bois d'Arcy) ou la Belle Vedere (2) (Belvédère) quand ce n'était pas la « Vüe d'air » (1714) (3).

Altérations sur le cadastre.

Le cadastre nous réserve d'autres altérations : nous avons vu que Fontarabie devient Fond de Tarabie et l'on crée un second nom de lieu « Tarabie ». Les « Haut de » et les « Bas de » se multiplient pour désigner de nouveaux terroirs. Ces créations du cadastre sont artificielles. Si l'on veut trouver des traces de la prononciation populaire et la vraie figuredes lieux-dits à la fin du XVIIIe siècle, il faut aller les chercher dans les plans d'intendance de la généralité de Paris de 1785-1787.

Un grand nombre de lieux-dits se sont fixés au cadastre, d'autres ont disparu avant le XVIIIe et le XIXe siècle. Faut-il en conclure que les noms de terroirs ont été plus nombreux à d'autres époques qu'à la nôtre ? Non ! Bien souvent le nom a été créé pour désigner un champ, une pièce (terriers, censiers, etc.). Le cadastre renferma les parcelles de terres dans de plus vastes espaces : le nom du champtier, — et non celui de la parcelle — a prévalu, comme aux XVIIe et XVIIIe siècles, et a seul subsisté. Rien n'empêche cependant les paysans de nommer toujours leurs parcelles « le champ du poirier » ou « la petite pièce », même si ces terres ne sont pas désignées d'une façon très précise dans les titres officiels.

Madeleine BALTUS.

(1) Arch. Nat., O1 3915e 1. 7.

(2) A. 107, arch. S.-et-O.

(3) Arch. Nat., 013931, 1. 4.


Bibliographie de Seine-et-Oise 1937

La recension de 1937 dépasse d'une centaine de numéros le chiffre de 1936. En effet, les centenaires versaillais ont été nombreux en 1937. La Conférence des Sociétés Savantes de Rambouillet de 1936 a paru avec une rapidité inaccoutumée. De plus, les journaux de Seine-et-Oise sont maintenant reçus régulièrement aux Archives départementales. Je suis heureux de remercier M. l'abbé Lassailly, MM. Lelarge, Lemoine, Lesort, Mauguin, Noël dont plusieurs ont joint à leurs fiches l'analyse des articles recensés. Voici la liste des abréviations :

B. S. A. V. S. G. — Bulletin de la Société des Amis du Vieux

Saint-Germain.

C. S. S. — Conférence des Sociétés Savantes de Seine-et-Oise,

Rambouillet (1936).

Indépendant. — Indépendant de Rambouillet.

M. S. H. P. V. — Mémoires de la Société historique de Pontoise et du Vexin.

Nouvelles. — Nouvelles de Versailles.

R. H. V. — Revue de l'Histoire de Versailles.

B. S. E. H. G. — Bulletin de la Société d'études historiques et géographiques de la région parisienne. Le numéro d'octobre-décembre 1936 contient une table décennale par F. Evrard et L. Majou.

GÉNÉRALITÉS.

I. H. LEMOINE. Rapport de l'Archiviste départemental sur le fonctionnement de son service du Ier juillet 1936 au 30 juin 1937, Versailles, La Gutenberg, 20 pages. Don des archives de M. Bertier de Sauvigny ; versement du registre de catholicité de Mennecy. (1793-1806), de minutes de Taverny et de pièces sur le fief de Bergerac, près Saint-Forget, etc.


100 BIBLIOGRAPHIE DE SEINE-ET-OlSE 1937

2. Guide touristique de Seine-et-Oise, par M. Legrand-Dallix, SaintGermain-en-Laye,

SaintGermain-en-Laye, rue d'Alger, 4 francs.

3. Musée de l'Ile-de-France au château de Sceaux. Exposition des environs

environs Paris, juillet-août 1937, 48 pages (nombreuses gravures sur Saint-Cloud, Meudon, Rambouillet).

4. Reliques de saint Barthélemy dans le diocèse de Versailles, (provenant

(provenant Jarcy et de Joyenval). Semaine religieuse de Versailles, 22 août 1937, p. 540-542.

5. Lucien CORPECHOT. Parcs et jardins de France, Plon. Nouvelle édition

édition Jardins de l'Intelligence.

6. L. DE GÉRIN-RICARD. Parcs et jardins de France, Revue universelle,

15 octobre 1937, p. 225-227.

7. Ernest DE GANAY. Splendeurs des parcs, Écho de Paris, 24 octobre

1937.

8. Paul JOURDAIN. L'Ile-de-France à l'Exposition, Indépendant, 19 février

et 23 avril 1937.

9. Paul JOURDAIN. Les Aspects de Seine-et-Oise, Indépendant, 2 avril

1937.

10. Robert DE SOUZA. Rapport sur la protection des paysages d'Ile-deFrance,

d'Ile-deFrance, de Paris, 15 juillet 1937.

11. Henri-L. BRUGMANS. Châteaux et Jardins de l'Ile-de-France, d'après

un journal de voyage de 1655 (Gravures d'Ecouen, Maisons, Rueil, Saint-Cloud, Saint-Germain), Gazette des Beaus-Arts, septembre 1937, p. 93-114.

12. Jean VINCENT. Ile-de-France (Les Châteaux de France), 300 photographies,

photographies, in-folio oblong.

13. Préfecture de Seine-et-Oise. Coutumes et usages locaux à caractère

agricole et usages urbains, Arpajon, Gazette de Seine-et-Oise, 326 pages.

14. Maurice DORMANN. Les vieilles feuilles régionales, Indépendant,

10 septembre 1937.

15. L. Gabriel ROBINET. En écoutant les paysans de France (région

d'Arpajon), Revue des Deux Mondes, Ier février 1937, p. 691-699.

16. J. ARNAUD. Aménagement de la Région parisienne, C. S. S., 1936,

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militaires, R. H. V., octobre-décembre 1936, p. 236-253.

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de Versailles, 15 août 1937, p. 525-529., 23 bis. Les Amis du Mantois. Appel aux folkloristes, Journal de Mantes, 20 Avril 1938.

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28. Marcel HEGELBACHER. Les travaux d'électrification de la ligne de

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32. Autostrades et grands travaux, Croix, 9 décembre 1937 (Tracés

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33. A. M. Les expropriations de l'auto-route de l'Ouest, Nouvelles,

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36. Anne-Marie TATTEGRAIN. Le Vexin français sous la domination

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37. Commandant BAILLY-MAITRE. La destruction des forteresses de'

l'Yveline en 1434, C. S. S., 1936, p. 69-71.


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cent ans, Introduction aux études d'histoire ecclésiastique, t. III, p. 81-130. Renseignements en grande partie inédits tirés des archives départementales, concernant Villepreux, Yerres, Pontoise, Maubuisson, etc..

39. Le Contrat de Poissy dans Victor CARRIÈRE : Les Epreuves de

l'Église de France au XVIe siècle, même ouvrage, p. 262-274.

40. Victor CARRIÈRE. Le Refus des Dîmes, même ouvrage, p. 319-351;

plus de 40 arrêts du Parlement de Paris, relatifs à des paroisses de Seine-et-Oise.

41. Victor CARRIÈRE. Le saccagement des églises, même ouvrage,

P. 367-368. Exemples tirés de Seine-et-Oise.

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48. Dom MARTENE. Histoire de la Congrégation de Saint-Maur, Editions

Editions Ligugé 1937, p. 140. Le monastère de Coulombs converti en hôpital de soldats devenus malades par le fait de travaux exécutés à Versailles.

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HISTOIRE DE VERSAILLES

GÉNÉRALITÉS

80. André VIGNEAU. Album de Versailles, Éditions Tel.

81. François GÉBELIN. Introduction à l'Album de Versailles de Jean

Roubier, Encyclopédie Alpina, 25 francs.

82. Raymond ESCHOLIER. Versailles, Éditions Alpina, 50 francs.


BIBLIOGRAPHIE DE SEINE-ET-OISE 1937 105

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83. Roger FILLIATRE. Versailles; origines lointaines du nom de la ville

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84. Jean DES COURTIS. Un beau trophée de chasse : Versailles, Nouvelles,

Nouvelles, décembre 1937.

85. Paul LEUILLIOT. La Ville du Roi (de François Evrard), Annales

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86. Pierre LAVEDAN. La Formation de Versailles, Étude d'urbanisme

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87. Maurice LESAGE. Une grande fête à Versailles, le 21 juin 1665,

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88. A. MARCOU. L'éclairage axial de la rue de l'Orangerie en 1734,

Nouvelles, 12 octobre 1937.

89. A. MARCOU. L'eau à Versailles en 1734, Nouvelles, 24 août 1937.

90. A. MARCOU. Les grands travaux de Versailles en 1735, Nouvelles,

7 septembre 1937.

91. Le Nom de la grippe est d'origine versaillaise, Echo de Paris, 20 janvier

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92. Pierre PRADEL. Notes de numismatique versaillaise, C. S. S.,. 1936,

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93. Baron André DE MARICOURT et Dr Maurice de BERTRANDFOSSE.

Les Bourbons, Émile-Paul frères, 1936, in-8°, 315 pages (notamment p. 193-197, détails sur le Parc aux Cerfs).

94. Vicomte DE FONTENAY. Versailles, berceau de l'Indépendance des

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95. 1787-1937. A propos de l'anniversaire de la création de la municipalité

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96. Albert CANS. Il y a cent cinquante ans. Institution des assemblées

provinciales et rétablisement de l'état civil des protestants, Nouvelles, 16 novembre 1937.

97. Charles FLORANGE. Un Canal de Versailles à Sèvres projeté au

temps de Louis XVI, Document inédit, Nouvelles, 28 décembre

1937.

98. Paul BARRET. Versailles et l'esprit révolutionnaire, Nouvelles, 15,

22 et 29 juin 1937.

99. Joseph DURIEUX. La Soirée du 5 octobre à Versailles, place d'Armes,

Journal officiel, 20 mai 1937, p. 5518-5519.

100. René TERRADE. Les Luthiers de Versailles, Nouvelles, 27 juillet

1937.


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(réimpression), 19 octobre 1937.

URBANISME

106. A. MARCOU. L'Eau dure de Versailles peut-elle devenir l'eau

douce ? La Remise en état des réservoirs de Montbauron, Nouvelles, 9 novembre-14 décembre 1937.

107. A. MARCOU. L'Illumination de Versailles par lampes à réverbères,

Nouvelles, 28 décembre 1937.

108. André MAUREL. Promenade à Versailles à la mémoire de Rockefeller,

Rockefeller, de Paris, 16 juin 1937.

109. Ernest DE GANAY. Versailles trop beau, Echo de Paris, 26 juillet

1937.

110. N. V. Achevons l'embellissement de la cité, Nouvelles, 27 juillet

1937. III. A. MARCOU. Un Nouveau quartier de Versailles (aux Gonards), Nouvelles, 14 et 21 septembre 1937.

LE MONUMENT PERSHING

112. L'Amitié franco-américaine cultivée à Versailles, Nouvelles,.

30 décembre 1936.

113. Un Monument grandiose à l'armée américaine et au général Pershing

Pershing la butte Montbauron, Nouvelles, 13 janvier 1937.

114. Un Monument à la gloire de l'armée américaine, Croix, 11 février

1937.

115. Vote du Monument de Pershing sur la butte de Picardie, Echo de

Paris, 22 février 1937.

116. Le Monument à la gloire des armées américaines, Beaux-Arts,.

12 mars 1937.

117. Une entrée magnifique de Versailles. La butte de Picardie et la

place Alexandre Ier. (Statues de Lenôtre et de Mansart), Nouvelles, 31 août 1937.


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américaines, Écho de-Paris, 7 octobre 1937.

119. L'Inauguration du monument Pershing, Nouvelles, 12 octobre

1937.

HISTOIRE RELIGIEUSE

120. Notre-Dame de Grandchamp et Notre-Dame des Armées, Croix

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121. Bénédiction de la première pierre de l'église Sainte-Bernadette

à Versailles [Montreuil], Écho de Paris, 22 février 1937.

122. Le Sacré-Coeur au Château de Versailles, Ma Paroisse, juin 1937,

p. 2244-2246.

123. Les Débuts du Petit Séminaire, Croix dé Seine-et-Oise, 22-29 août

et 3 octobre 1937.

CHATEAU

124. Pierre DE NOLHAC. La Résurrection de Versailles. Souvenirs d'un

conservateur, Plon, in-8°, écu, 243 pages.

125. Pierre DE NOLHAC. Quand je conservais Versailles, Débats, 10 octobre

octobre

126. André PÉRATÉ. La Résurrection de Versailles, Revue de l'Art,

15 janvier 1938, p. 337-338.

127. John-D. Rockefeller et le château de Versailles, Progrès de Seineet-Oise,

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128. Pierre VERLET. L'Ancien mobilier de Versailles. Son étude et ses

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129. D. DE CHARNAGE. Le Tapis de la tribune du Roi dans la chapelle

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1937.

130. Norbert DUFOURCQ. La Reconstitution des Grandes Orgues de la

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131. Henry SARLIT. Les Orgues de la Chapelle de Versailles, Nouvelles,

27 juillet 1937.

132. Henry SARLIT. L'Orgue de la chapelle du château, Croix, 8 août

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133. Henri Puvis DE CHAVANNES. Les sculptures de Versailles, leurs

formes vivantes, leurs attributions nouvelles, Nouvelles, 27 avril 1937 (Extrait d'un livre publié chez Denoël et Steele).

134. Pierre PRADEL. Les Projets de Gabriel pour l'Opéra de Versailles,

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108 BIBLIOGRAPHIE DE SEINE-ET-OISE 1937

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137. Germaine MAILLET. L'Histoire du Musée de Versailles, Croix,

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138. Acquisitions des musées nationaux (Versailles et Saint-Germain),

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LE PARC

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1937, P. 190-194.

140. Une Évocation des fêtes de Versailles au bosquet des Rocailles,

Écho de Paris, 27 juin 1937.

141. J. M. BOULAN. Le Gala des Rocailles, Nouvelles, 29 juin 1937.

142. Maurice LESAGE. La Ménagerie, Nouvelles, 28 septembre 1937.

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144. E. COUARD. La Flottille du Canal sous Louis XIV, Nouvelles,

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THÉATRE MONTANSIER

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146. Pierre D'HUGUES. A propos du théâtre Montansier, Débats, 16 décembre

décembre et 18 avril 1937.

147. Henry SARLIT. La Société des Concerts de Versailles organise la

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148. SCAPIN. La Renaissance du théâtre Montansier, Nouvelles, 16 février

février

149. Edmond LERY. Le Théâtre « Montansier », Nouvelles, 23 mars

1937.

150. J. L. CROZE. La Montansier à Versailles, Temps, 31 mars 1937.

151. Jean-Gabriel LEMOINE. Le Théâtre de la Montansier à Versailles,

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Versailles, Nouvelles, 3 et 10 août 1937. J. M. BOULAN. Le Quatuor de Berlin au théâtre Montansier, Nouvelles,

Nouvelles, septembre 1937.

BIBLIOTHÈQUE

Discours de M. René PICHARD DU PAGE à l'assemblée générale du

12 mai 1937, autographié, 8 pages. J. M. BOULAN. L'Assemblée générale des Amis de Versailles,

Nouvelles, II mai 1937.

L'Inauguration du musée des Cincinnati dans la bibliothèque de

Versailles, Écho de Paris, 4 juillet 1937. La Réception à la Bibliothèque de Versailles des Cincinnati, Nouvelles, 6 juillet 1937. Le Tableau d'Angélique Arnauld à la Bibliothèque de Versailles,

Écho de Paris, 4 mai 1937.

EXPOSITION DU CENTENAIRE.

Deux siècles d'histoire au château de Versailles, Echo de Paris,

29 janvier; 1937.

L.-Gabriel ROBINET. Deux siècles d'histoire vont revivre à Versailles, Écho de Paris, 19 mars 1937.

7. Deux siècles -d'histoire de France, Débats, 20 juin 1937.

B. A. MARCOU. Le Centenaire de Versailles, musée national, Nouvelles, 15 juin 1937.

5. L'Exposition du château de Versailles, Croix, 19 juin 1937.

D. René PICHARD bu, PAGE. Le Sens de l'Exposition du Centenaire (Conférence de M. G. Brièré, le 11 juin 1937), Nouvelles, 20 juillet 1937.

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177. Raymond BOUYER. Deux cents ans d'histoire de France à Versailles,

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178. Pierre DESIRAT. Une exposition Marie-Antoinette à Versailles,

Écho de Paris, 24 janvier 1938.

MONUMENTS DIVERS

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Nouvelles, 19 octobre 1937.

180. E. LEFÈVRE. Histoire de l'Ecole normale de Versailles, B. S. E. H.G.,

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181. Henri LEMOINE. Les Ecuries de Versailles ( II illustrations),

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182. A. MARCOU. La Réfection de la Place d'Armes, Nouvelles, 23 février

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183. Victor GLACHANT. Aux origines du Conservatoire de Versailles,

R. H. V., octobre-décembre 1936, p. 254-257.

184. A. MARCOU. Le Rajeunissement de la gare R. D., Nouvelles,

23 décembre 1936.

185. Albert TERRADE. Coins de Versailles, la Geôle (réimpression),

Nouvelles, 23 février 1936.

186. Marcel POULET. Le Pavillon Du Barry, avenue de Paris, 3 bis

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1937.

187. Un ancien hôtel de la Pompadour (l'hôtel des Réservoirs), Nouvelles,

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188. L'Hôtel de la Pompadour à Versailles, Echo de Paris, 8 avril 1937.

189. Chanoine LE BAS. Le Musée catéchistique du grand séminaire

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HISTOIRE LOCALE

191. Abbé J. LASSAILLY. Argenteuil. Pages d'histoire, préface de

H. Lemoine, S. L. N. D., petit in-16, 40 pages.


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Argenteuil, n° 9, p. 2-4.

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267. Jean des COURTIS. Les à-côté de l'histoire : le siège de Meulan

en 1590, Nouvelles, 2 février 1937.

268. Luien NOEL. Montguichet; ses possesseurs (à Montfermeil),

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Magnyen-Vexin, de Mantes, 28 juillet 1937.

429. Abbé J. LASSAILLY. Les Armes de la ville d'Argenteuil, Vieil

Argenteuil, n° 10, p. 8-9. 430. Léon JANROT. Le Romantisme au village (Herblay), Vieil Argenteuil, n° 10, p. 10-33. 431. Edouard CLAVERY. L'abbé Claude Fleury, prieur d'Argenteuil (1640-1723), Vieil Argenteuil, n° 10, p. 24-36.

ERRATA A LA BIBLIOGRAPHIE DE 1936

Lire au n° 168. Histoire d'Aulnay-sous-Bois, par M. Jules Princet,

ancien maire d'Aulnay-sous-Bois. Lire au n° 309. Lucien NOEL. Napoléon et le canal de l'Ourcq, Écho du

Raincy, 15, 22 et 29 août 1936.


Table des noms de personnes et de lieux

Adam (Juliette), 325. Agoult (Comtesse d'), 430. Allart (Hortense), 430. Angoulême (Duchesse d'), 326. Anne d'Autriche, 337. Anne de Gonzague, 338. Archéologie gallo-romaine, 70, 77. Archives de Seine-et-Oise, I, 65. Argenteuil, 72, 191-198, 387, 426,

429, 431. Arpajon, 15. Asnières-sur-Oise, 75. Auteuil, 199. Autoroutes, 31, 32, 33. Auvers-sur-Oise, 412.

Bailly, 72, 200. Barthélemy (Saint), 4. Baudrillart (le Cardinal), 329. Beaumont-sur-Oise, 338. Bellevue, 64, 201-203; 4I3-4I4Bergerac (fief de), 1. Berthier (le Général), 330. Beynes, 72, 204. Bibliothèque de Versailles, 160 à

163. Bièvre (la), 205, 372, 373. Binger, 331. Blaize (Jean), 332, 333. Blanche de Castille, 260. Bontemps, 253. Bosc, 334. Bouffémont, 206. Bouillart (dom), 335. Bourbon (Duc de), 47.

Brégy (Mère de), 336. Brinon (Jean de), 425. Brunoy, 207, 403. Bue, 73, 308, 209. Buffy (L. R.), 337.

Camp romain, 294.

Cérences (Jean de), 338.

Chambord (Comte de), 339.

Chapelle du château, 129-132.

Charles X, 340.

Charrier de la Roche (Mgr), 341.

Chasse, 18, 287.

Châteaux, II, 12.

Chaville, 210, 211.

Chemins de fer, 26-30, 56-64, 103,

184. Le Chesnay, 212, 371, 373. Christen (Dr), 343. Claret de la Touche (Mère), 343. Commission d'art religieux, 71. Conflans-Sainte-Honorine, 73,313. Conrart, 382.

Conservatoire de Versailles, 183. Corbeil, 314. Coquelle (Pierre), 344. Coqueret, 345. Cormaux (l'abbé), 346. Cormeilles-en-Vexin, 315. Corot, 347. Corpus (Paul), 348. Coubron, 347.

Dampierre, 216, 217, 318, 320. Debussy, 349.


TABLE DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX

125

Delna (Marie), 350. Desportes (Philippe), 351. Destrais (Gaston), 353, 353. Dourdan, 219, 312, 337. Dubail (le Général), 308. Du Barry (Mme), 186; 240. Du Cayla (Comtesse), 355. Du Haussay (Mme), 52. Dupuis (C. J. F.), 356.

Éclairage, 88, 107. École normale de Versailles, 180. Ecouen, II, 24, 220. Écuries de Versailles, 181. Édit de 1787, 96.

Églises de Seine-et-Oise, 38,40,41 ; églises classées, 74. Emeutes, 42. Enghien, 221. Ennery, 222. Enrôlements, 55. Erckmarin-Chatrian, 357. Essonnes, 223. Étampes, 76, 224, 225.

Fête de 1665, 87.

Financiers, 53.

Fleury (Abbé Claude), 431.

Folklore, 19 à 23.

Fourqueux, 54,

Franklin-Bouillon (Henry), 358.

Fronde, 43.

Gabriel, 134.

Gagny, 236. Gaillardet, 359. Gambetta, 360. Genainville, 77. Geôle, 185.

Gilbert de Voisins, 361. Girardin (Mme de), 62, 362. Gonesse, 55, 227, 228. Granet (F. M.), 363. Grasse-Tilly (Amiral de), 364. Grignon, 229, 230.

Guiperreux, 231, 232.

Hamon, 283, 284.

Henri II, 303.

Henriette d'Angleterre, 365.

Herblay, 430.

Heredia (J. M. de), 366.

Hérouville, 38.

Hoche, 367, 368.

Hortense (la Reine), 311, 369, 370.

Hôtel des Réservoirs, 189, 190.

Howard (Miss), 371, 372..

Hugo (Victor), 367, 373, 374.

Hurepoix, 19, 20, 21.

Ile-de-France, 3, 8, 11, 12. Indépendance américaine, 94. Isle-Adam, 333, 33I.

Jarcy, 4.

Jardins, 5 à 7, 11, 311, 375 bis.

Joly (Pierre), 375.

Joséphine (l'impératrice), 375 bis.

Journaux, 14, 65.

Jouy-en-Josas, 72.

Joyenval, 4.

Juvisy, 234.

Kersaint, 376.

La Boissière, 235, 236.

La Fontaine, 377, 378.

La Marche, 237.

Lebas (Henri), 379, 380.

Le Nôtre, 381.

L'Épée (Abbé de), 382.

Longjumeau, 338.

Lormpis, 362.

Saint Louis, 383, 384.

Louis XIII, 422, 423.

Louis XIV, 45, 46, 49, 50, 51.

Louis XV, 93, 287.

Louis-Philippe, 102, 171, 385.

Louveciennes, 239, 240.

Louvres, 241, 242.

Luthiers, 100.

Magny-en-Vexin, 428. Maisons-Laffitte, 11, 243.


I26

TABLE DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX

Malmaison, 244, 245, 375 bis.

Mantes, 246, 247, 247 bis.

Mantois, 248.

Marais (Château du), 249, 250.

Marcq, 199.

Marines, 251, 424.

Marly-le-Roi, 47, 72, 253, 358, 391.

Marnes-la-Coquette, 259.

Maubuisson, 38, 260, 369.

Mauldre (Vallée de la ), 67.

Maule, 72.

Mazarin, 44.

Médan, 421, 425.

Ménagerie (la), 142, 143.

Mennecy, 1.

Meudon, 72, 361 à 366, 350.

Meulan, 267, 335.

Molière, 386, 387.

Monet (Claude), 426.

Montansier (La), 149, 150.

Montfermeil, 268.

Montfort-l'Amaury, 269, 270.

Montlignon, 329.

Montmorency, 271, 272, 273, 334.

Monuments historiques, 74.

Municipalité de Versailles, 95.

Napoléon, 222, 410.

Napoléon III, 371, 372.

Navacelle (G. de), 388.

Nesles-la-Vallée, 274.

Noisy-le-Roi, 351.

Nolhac (Pierre de), 326, 389 à 394.

Numismatiques, 92.

Orléans (Elisabeth - Charlotte, duchesse d'), 395. Opéra de Versailles, 134. Orgues, 76, 130 à 132.

Palaiseau, 72.

Parc aux cerfs, 93.

Parc de Versailles, 139-144.

Parcot (le Chanoine), 396.

Parcs, 5-7.

Paré (Ambroise), 397.

Pasteur, 398.

Pavé des Gardes, 64, 263.

Pavillon du Barry, 186, 187.

Paysages, 10.

Pèlerinages de la Sainte Vierge, 72.

Pellechet (J. C), 399.

Pezay, 400.

Piscop, 24, 275.

Place d'Armes, 182.

Poissy, 39, 72, 384.

Pompadour (Marquise de), 52, 187,

188, 401, 402. Pontoise, 38, 78, 376 à 280. Port-Royal, 218, 281 à 284, 336. Poulailler, 403. Préhistoire, 67, 68, 213. Prinet (Max), 404. Protestants, 97.

Raincy (Le), 43, 70, 285, 357. Rakoczi (François), 405, 406. Rambouillet, 219, 286 à 297, 340. Réal (le Comte), 222, 407. Révolution à Versailles, 98, 99. Rochefort-en-Yveline, 298. Rockefeller (J. D.), 108, 127, 408. Roustan (Fortuné), 427. Routes, 34, 35. Royaumont, 299 à 301. Rueil, 11, 369.

Saint-Brice, 24, 416. Saint-Cloud, 11, 340, 395, 409. Saint-Germain, 11, 34, 72, 137,

302 à 308, 311, 349, 355, 369,

386, 422, 423. Saint-Leu, 309, 310, 311, 369. Saint - Sulpice - de - Favières, 312,

313, 314. Salamon (Mgr de), 409. Santerre (le peintre), 428. Sarcelles, 24. Sceaux, 3. Sculptures, 133. Seine-et-Oise, 2, 9, 13. Séminaires, 123, 189. Seraincourt, 79. Sèvres, 302, 315 à 317, 409. Simoni (Don), 410.


TABLE DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX

127

Talma, 207. Taverny, 1. Thiers (A.), 104. Trappes, 318, 319. Trianon, 190.

Urbanisme, 86. Usages locaux, 13.

Valtesse de la Bigne (Mme), 411.

Van Gogh, 412.

Vaux-de-Cernay, 320. .

Versailles, Travaux, 48. Paix de Versailles, 66. Descriptions générales, 80-83. Détails de l'Histoire, 83 à 105, 339. Urbanisme, 106-111. Monument Pershing, 112-119. Histoire religieuse, 72, 73, 120-123, 341. Château, 122, 124-128. Chapelle, 129-132. Musée, 135-138. Parc, I39-I44.Théâtre Montansier, 145-159. Bibliothèque, 160-164. Exposition du centenaire, 165-177. Monuments divers, 179-190.

Vésinet (Le), 72.

Vexin, 36, 348.

Viarmes, 331.

Vigne, 25.

Vignes-Rouges (Jean des), 354.

Ville du Bois (La), 397.

Ville d'Avray, 411.

Villennes, 425.

Villepreux, 38.

Villiers-Adam, 322.

Villiers-le-Bel, 24, 241.

Viroflay, 72. Voies romaines, 69.

Wagner (Richard), 413, 414. Warrington Dawson, 415. Wharton (Edith), 416, 417. Wideville, 323, 324.

Yauville (d'), 418. Yerres, 38, 406. Yveline, 37.

Zaharoff (Basil), 419. Zidler (Gustave), 420. Zola, 421.

Errata à la table 1936 :

Académie de Versailles, 73. Conseillères sociales, 100-102. Longjumeau, 178, 179. Luzarches, 22. Méry-sur-Oise, 22, 199. Montfort-I'Amaury, 207. Noisy-le-Grand, 210. Noisy-le-Roi, 211. Pavé des Gardes, 16, 164. Plessis-Gassot (le), 214. Rambouillet, 226-230. Rockefeller, 97, 98. Rueil, 19-23.

Saint-Clair-sur-Epte, 49, 234. Sartrouville, 249. Villeneuve (la), 39-41. Viry-Châtillon, 259. Voies romaines, 29. Wagner (Richard), 339.


CHRONIQUE

Le Musée de Versailles en 1937.

L'année 1937 aura été, pour le Musée, exceptionnelle, par l'importance des restaurations accomplies aux intérieurs, les remaniements de collections, l'organisation d'une exposition.

Le désir de célébrer dignement le centenaire de la fondation du Musée, ouvert par son créateur, le roi Louis-Philippe, le 10 juin 1837, fut la cause principale de l'octroi de crédits. La tenue d'une exposition internationale favorisa la décision officielle. A l'occasion de chaque exhibition mondiale, les palais nationaux reçurent des embellissements. Le château de Versailles, si remarquablement remis en état, quant aux extérieurs, grâce à la donation Rockefeller et aux allocations budgétaires, avait été trop délaissé à l'égard des intérieurs. Des salles du Musée offraient un pénible aspect de vétusté. Une sorte d'enduit, formé de poussière et d'encrassement s'était déposé sur les marbres, les ornements de métal, les meubles, les étoffes, les peintures encastrées aux lambris des « grands appartements ». On a procédé à un large nettoyage qui a restitué aux décors et aux objets mobiliers propreté et éclat : murailles, chapiteaux, corniches dépoussiérés par « aspirateurs » (ainsi à la Chapelle), colonnes, pilastres, revêtements de marbre encaustiqués, trophées de cuivre ciselé et doré (à la Grande Galerie) lavés, peintures (en dessus de porte), au vernis « régénéré », portes et volets sculptés aux salissures effacées par raccords de couleur et de dorure.

Une restauration intégrale des pièces de l'aile du Nord fut accomplie par les soins de l'architecte en chef, M. P. Bonnet. Tous les tableaux furent enlevés, le décor de 1837 supprimé, les parquets déposés et rétablis, une peinture blanc gris, de ton doux, répartie sur les murs, les parois tendues de toile à gros grain peinte d'un blanc laiteux


LE MUSÉE DE VERSAILLES EN 1937 139

marouflée sur panneaux de bois « contre-plaqué ». Des pièces du rezde-chaussée, autour de la cour de marbre, reçurent les mêmes transformations.

Pour le mobilier, la conservation du Musée a fait regarnir les banquettes, posées pour le public aux appartements du corps central, en velours rouge (couleur ancienne); un autre, ton (beige), fut choisi

pour celles dans les salles de l'aile Nord. Les trop rares commodes, tables, bureaux, du XVIIIe siècle et de l'époque de l'Empire ont été l'objet de soins attentifs : marqueteries consolidées, revernies, bronzes dorés nettoyés, complétés en quelques détails arrachés aux « cabinets » de Marie-Antoinette, les étoffes-rongées par la lumière ont été remplacées : taffetas des bibliothèques (rose et bleue), grands rideaux de soierie crème ornés de garnitures et de passementerie, de petits rideaux de taffetas posés aux fenêtres (1). De plus coûteuses restaurations ont été entreprises pour assurer la durée des tapis de « Savonnerie », des Gobelins de la suite célèbre de l' « Histoire du Roi » qui ornent les « grands appartements » de Louis XIV et aussi des tapisseries qui garnissent les tabourets. Ces oeuvres précieuses, qui font l'une des principales richesses des collections, ont été réparées par des mains aussi habiles que prudentes. Les admirables tapis, exécutés sous l'inspiration de Le Brun, ont retrouvé leur splendeur, les couleurs véritablement ressuscitées, excepté les noirs qui sont brûlés. En ce qui concerne les tabourets ou « pliants », leur remise en état réclame de longues années. Une série, celle aux armoiries de villes de France, qui servit au sacre de Charles X, est seule terminée.

Les remaniements dans le Musée ont surtout porté sur les sculptures : la difficulté des transports les avait, depuis longtemps, différés. La galerie 96, au premier étage de l'aile Nord, offre le groupement de

marbres et plâtres représentant des personnages célèbres du XVIIe siècle (les moulages salis repatinés) et, dans la galerie 150, de l'aile du Midi, adossée à la galerie des Batailles, se verront désormais les Rois de France, en marbre, de Dagobert à François Ier, commandés par Louis-Philippe. Ainsi toute cette partie du château, complètement transformée par Fontaine et Nepveu, renfermera tout ce qui demeure et doit subsister du Musée historique primitif, les autres aménagements étant maintenant détruits. Ajoutons que dans le vestibule central du rez-de-chaussée

(1) On a poursuivi également la réfection des grands rideaux du Petit Trianon, au

Salon et à la Salle à manger.

9 .


I30 LE MUSÉE DE VERSAILLES EN I937

ont été mis à l'honneur quatre belles statues d'illustres hommes de guerre, exécutées sur l'ordre du Comte d'Angiviller : Tourville, Vauban, Catinat, Duquesne, destinées alors au futur Muséum du Louvre.

Pour commémorer le centenaire de l'inauguration du Musée, une exposition fut préparée, sur le programme présenté par le conservateur M. Gaston Brière. Elle fut ouverte au public du 17 juin à la Toussaint, sous le titre : «Deux siècles de l'Histoire de France 1589-1789 » (I). Le plan initial était de réunir par la peinture, la sculpture, l'estampe, la médaille des représentations de Français célèbres, et d'événements mémorables pendant la période dite de l' « Ancien régime ». Des objets d'art, des tapisseries devaient s'ajouter aux séries iconographiques. On avait même songé à remeubler des salons du XVIIe siècle, mais cet essai fut entravé et dut être abandonné. C'eût été comme un second musée éphémère, complétant le permanent. L'appel adressé aux amateurs, à des descendants, aux conservateurs de musées de France et à l'étranger, fut entendu; cependant nombre de sollicitations demeurèrent sans réponse. On eut recours au fonds versaillais où sont des tableaux sans équivalents nulle part, tels ceux de Van der Meulen sur les conquêtes de Louis XIV. Malgré des lacunes inévitables, le choix fut remarquable et les salles neuves de l'aile du Nord (au rezde-chaussée et au Ier étage) où fut aménagée l'exposition, renfermaient plusieurs portraits très peu connus, rarement prêtés, certains bustes et tableaux d'une valeur exceptionnelle. Citons, pour preuves, les images d'Agrippa d'Aubigné (de Bâle), du Cardinal de Retz, par R. Nanteuil, les marbres de Louis XIV, de Troyes (par Girardon) et de Narbonne (attribué à Puget), de Marie-Thérèse par Girardon (à Troyes), la grande toile où Mignard réunit la duchesse de La Vallière et ses enfants, jalousement gardée dans un château de Normandie, le visage de Mme de Montespan, aussi par Mignard, le Racine par Santerre, le Samuel Bernard majestueux de Rigaud, et, pour le XVIIIe siècle, le jeune Louis XV, charmant marbre anonyme conservé à la villa Médicis à Rome, la chasse royale en forêt de Saint-Germain, par Oudry (de Toulouse), la réception d'un ambassadeur de Turquie,

(I) Un catalogue (incomplet pour les séries des estampes, livres, manuscrits et médailles) fut rédigé par deux anciennes élèves de l'École du Louvre, Mme Bouchot Soupique et Mile Villedieu; en introduction, une étude par M. Gaston Brière : Le Musée de Versailles depuis cent ans (1837-1037); un vol. in-16 de 146 p. et 24 planches.


LE MUSEE DE VERSAILLES EN I937 I3I

dessinée par Cochin, le Montesquieu de Lenine (à Bordeaux), le buste de Marier Antoinette, commandé au même artiste, lors du mariage de l'archiduchesse et qui n'avait jamais quitté Vienne, les effigies de Beaumarchais par Nattier, d'André Chénier par Suvée... Les peintures sur neps de soie montrant des épisodes du fameux passage du Rhin, d'après Van den Meulen, appartenant au Mobilier national, furent une révélation. Dans des vitrines, s'offraient aux regards dès visiteurs, quelques estampes rares, des médailles (ainsi tout un plateau de la série en or de l'histoire métallique de Louis XIV), des manuscrits enluminés (tel un graduel de la Chapelle de Versailles, un livre d'heures enluminé par Baudoin pour Louis XV), des autographes de Mme de Sévigné, de Mme de Maintenon, de Bossuet, un tome des Mémoires de Saint-Simon; le « Mariage de Figaro » de Beaumarchais... des reliures armoriées... tout un ensemble évocateur de la vie française aux XVIIe et XVIIIe siècles et particulièrement pendant la centaine d'années où le château de Versailles, siège de la cour, fut la capitale politique du royaume.

G. B.


Le Musée céramique de Sèvres en 1937.

L'activité du Musée Céramique s'est, au cours des douze ou quinze derniers mois, trouvée singulièrement ralentie du fait de l'exécution de la plus importante partie des transformations matérielles considérables entreprises sur les fonds du legs Paul Marmottan (aménagement plus moderne du Salon d'Honneur, création d'une nouvelle salle d'exposition correspondant à celui-ci à l'étage supérieur).

Ces travaux qui eussent dû commencer beaucoup plus tôt, puisque ce legs fut officiellement annoncé en 1932, ont eu lieu précisément à l'époque de l'Exposition Arts et Techniques 1937; comme ils ont nécessité la fermeture du Musée Céramique jusqu'au Ier mai dernier, il nous sera bien permis de nous étonner d'une telle et si fâcheuse coïncidence, en même temps que de la déplorer, puisque, de ce fait, les visiteurs étrangers de l'Exposition ont été dans l'impossibilité de visiter une des plus complètes et des plus riches réunions d'objets céramiques qui existent dans le monde entier.

Le Musée Céramique n'en a pas moins poursuivi de façon heureuse et sur un rythme très satisfaisant l'accroissement de ses collections. Il convient tout d'abord de noter à ce sujet l'entrée définitive de l'ensemble de céramiques russes qui, dès 1928, avait fait l'objet d'un legs important de la part de M. Rozembergh, celui-ci s'étant réservé jusqu'à sa mort l'usufruit de sa collection. Ces intéressantes céramiques avaient, rappelons-le, été exposées à cette date dans le Salon d'Honneur du Musée Céramique où elles avaient vivement retenu l'attention d'un nombreux public de collectionneurs et d'amateurs. Il convient également de faire ici une place toute particulière au remarquable ensemble de pièces modernes extrêmement variées que le Gouvernement Tchécoslovaque a offert au Musée Céramique, grâce à l'entremise de M. Treter, Directeur de la Manufacture de porcelaine « Bohemia » à Prague et qui groupe des échantillons tout à fait typiques des différentes fabriques de ce pays.


LE MUSÉE CÉRAMIQUE DE SÈVRES EN I937 I33

Signalons aussi parmi les dons étrangers ceux qui proviennent des Gouvernements Autrichien, Norvégien et Hongrois (porcelaines de Herendt), en ajoutant que la Société des Arts et Métiers de Stockholm a aussi disposé en faveur du Musée de quatre céramiques qui furent particulièrement remarquées à l'Exposition de 1937.

Les amateurs ou collectionneurs ne sont pas demeurés en reste des Gouvernements étrangers, car, si leurs dons m'ont pas été très nombreux, ils présentent par contre un très réel et sérieux intérêt...

Parmi ces généreux donateurs, méritent une place d'honneur les « Amis de Sèvres » et tout particulièrement leur si actif et dévoué président, M. le Docteur Chompret qui, depuis la fondation de la Société, n'a cessé de se montrer un des principaux bienfaiteurs du Musée Céramique ; c'est ainsi que, pendant la période qui nous occupe, celui-ci lui est redevable des pièces suivantes : une coupe en faïence de. Montauban datée du 25 octobre 1777 ; une très rare assiette en faïence de Rouen à décor rayonnant rouge et bleu; une assiette de Strasbourg (XVIIIe s.) à décor polychrome de fruits, également très rare; un plat ovale en faïence que, malgré son décor polychrome imitant ceux d'Aprey, il ne faut pas hésiter à considérer comme de Marseille, puisqu'il porte la marque de la Veuve Perrin ; une assiette en faïence du Midi ou de Sceaux (XVIIIe s.) à décor polychrome d'oiseaux, pièce aussi rare que curieuse; trois céramiques d'Aprey dont le plus grand plat connu actuellement comme sortant de cette fabrique et une théière en faïence fine qui est, le fait est à noter, la seule pièce d'Aprey en cette matière dont on ait jusqu'ici connaissance.

M. Pescheteau, Secrétaire-général adjoint des « Amis de Sèvres » et également l'un des meilleurs « animateurs » de cette société, a offert au Musée Céramique deux très rares spécimens d'assiettes de Moulins à décor populaire (XVIIIe s.); M. Dreyfus, une autre pièce rare et curieuse : un grand plat en faïence anglaise du XVIIIe siècle; M. Raoul André, une pièce tout à fait exceptionnelle : un buste de Mirabeau en terre vernissée de Saint-Sever, près Rouen, signé et daté « an 1799 ». et une faïence d'Aire-sur-la-Lys, de la période révolutionnaire. MM. Charles Meyer et Lucien Moreau ont également témoigné par des dons de l'intérêt qu'ils portent au Musée Céramique.

Ajoutons également, et ce sera une nouvelle preuve de l'heureuse vitalité de la Société dont nous avons déjà plusieurs fois rappelé le nom, qu'un certain nombre de ses membres se sont réunis pour acheter et offrir au Musée un très rare pot en faïence de Moulins à décor


134 LE MUSEE CERAMIQUE DE SEVRES EN 1937

polychrome de quatre chinois et un grand plat ovale en faïence de Sceaux (XVIIIe s.) décoré de fleurs à l'imitation des produits de Sèvres de la même époque.

La modicité des crédits mis à la disposition du Musée ne lui a permis l'achat que de deux poteries antiques provenant de fouilles opérées dans l'Ile de Chypre (VIIIe s. avant Jésus-Christ) dont une est particulièrement précieuse et de trois sujets de pâte tendre de Vincennes et de Sèvres.

Les personnes, probablement fort nombreuses, qui, comme nous, estiment que la qualité importe infiniment plus que la quantité, se réjouiront certainement de voir que pendant la dernière partie de l'année précédente et les six premiers mois de 1938, le Musée Céramique, en incorporant à ses collections les pièces de choix dont nous n'avons pu énumérer que les principales, s'est véritablement enrichi dans la meilleure acception du mot.

Un opportun échange de salles avec la Manufacture Nationale de Sèvres a permis de très heureuses innovations dans la présentation et le groupement des pièces anciennes de Vincennes et de Sèvres appartenant au Musée. C'est ainsi, et tout l'honneur de ces améliorations revient au Conservateur M. Georges Haumont dont on ne saurait trop souligner les connaissances étendues ainsi que les efforts laborieux et dévoués, que les pâtes tendres ont été séparées des pâtes dures de même que les pièces de Vincennes ont été mises à part de celles de Sèvres. Quant aux biscuits, ils sont maintenant présentés dans une vitrine distincte, ce qui, en mettant davantage en évidence leur petit nombre, suscitera peut-être de nouveaux dons de collectionneurs ou amateurs. Les nouvelles installations dont il vient d'être question sont actuellement suspendues par suite de l'épuisement des crédits. Mais un libéral anonyme vient de consacrer à cet objet une somme de vingt-cinq mille francs. Peut-être, en tout cas, souhaitons-le, ce geste généreux trouvera-t-il des imitateurs.

M. G.


TABLE DES MATIÈRES

Madeleine BALTUS. — Toponymie du pays de Gruye et du Val de Galie. 1

P. DESLANDRES. — Bibliographie de Seine-et-Oise (1937).......... 99

Chronique. — Le Musée de Versailles (G. B.). — Le Musée de Sèvres (M. G.).................... 128

Le Directeur-Gérant : E. LÉRY.

Imprimé en France

TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT ET Cie. — MESNIL (EURE). — 1938.