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Title : Société d'agriculture, sciences et arts de Meaux : publications...

Author : Société d'agriculture sciences et arts (Meaux). Auteur du texte

Publisher : (Meaux)

Publication date : 1886-01-01

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32869394f

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 7305

Description : 01 janvier 1886

Description : 1886/01/01-1886/12/31.

Description : Collection numérique : Fonds régional : Île-de-France

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k56697254

Source : Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-214617

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 19/01/2011

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SOCI ETE

D'AGRICULTURE, SCIENCES ET ARTS

DE

ME AUX

PUBLICATIONS

DU

1" JANVIER AU 31 DÉCEMBRE 1886

M EAUX

IMPRIMERIE JD. CHA.RRIOU

l6, — RUE SAINT-ETIENNE, lG

1887





BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE

DE MEAUX



SOCIÉTÉ

D'AGRICULTURE, SCIENCES ET ARTS

DE

MEAUX

P UBLIOATIONS

DU

1" JANVIER AU 31 DÉCEMBRE 1886

MËÀtJX

IMPRIMERIE D. CHARRIOU

t6, — RUE SA1NT-ÉTIPNNE, — \6

l887



PREMIERE PARTIE

PROCES-VERBAUX

DES SÉANCES

SÉANCES

DE

Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, Octobre, Novembre, Décembre 1886.

PROCES-VERBAL DE. LA SÉANCE DU 2 JANVIER 1886

Présidence de M. GATELLIER, président.

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

« En commençant l'année, je dois, dit M. le président, souhaiter à la culture des conditions plus favorables que celles qu'elle vient de subir. Nous avons déjà obtenu de légères améliorations. Sur le blé, notamment un droit de 3 fr., sans produire un résultat suffisant, a été de quelque utilité. Pour s'en rendre compte, il suffit de comparer les prix des blés indigènes en France et en Belgique ; or, on trouve une différence de 1 fr. 50 à 2 fr. en plus pour le blé français; le droit de douane de 3 fr. a donc surélevé le cours du blé de 1 fr. 50 à 2 fr. Mais cela n'est pas suffisant.


- 6 r- '

Pour le seigle, depuis que l'Allemagne a établi des droits d'entrée, il n'est plus possible d'en exporter dans ce pays, et les cours sont tellement avilis que le cultivateur a plus de bénéfice à faire consommer cette céréale qu'à la vendre.

Pour la betterave, la' nouvelle loi sur les sucres a permis, en choisissant bien les variétés et en adoptant des méthodes de culture bien appropriées, de réaliser quelques bénéfices. Il est à désirer que la surtaxe sur les sucres étrangers soit maintenue et que les bénéfices de la production du sucre soient équitablement partagés entre les fabricants et les cultivateurs.

Il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la situation. On voudrait surélever le droit sur le blé et le porter à 5 fr. ; un certain nombre de représentants seraient partisans de ce droit, à condition de le supprimer si le prix de cette denrée atteignait un certain taux". Or il y a là un danger pour le commerce, si aucune règle n'est établie pour en fixer les variations. Il vaudrait mieux un droit variable d'année en année, d'après des règles déterminées basées sur la production.

Indépendamment des droits de douane, il y a d'autres mesures désirables, telles que la diminution des impôts qui pèsent sur la culture, et leur égale répartition entre toutes les catégories de contribuables. Aujourd'hui, l'agriculteur paie en impôts 25 0/0 de son revenu, l'industriel 14 0/0, le rentier 4 0/0.

Mais, pour améliorer notre situation, il ne faut pas compter uniquement sur les mesures législatives ; il faut surtout nous aider nous-mêmes. Dans cet orÛre d'idées, l'établissement du syndicat sera très utile au progrès de la culture de notre arrondissement, et quand nous pourrons faire une union syndicale, entre les divers groupes du département, nos revendications auront une force beaucoup plus grande. »

Après ces paroles, applaudies par toute l'assemblée, sont


admis comme membres titulaires, MM. Barigny, Dupont et Mùller, présentés à la dernière séance.

MM. Aubry, de Meaux et Martin, d'Oissery, présentent, pour faire partie de la Société, M. Aubry, Albert, cultivar. teur à Villeroy.

La démission de M. Droz est acceptée.

Comme M. Droz était vice-trésorier, il sera procédé à la prochaine séance à la nomination d'un vice-trésorier et d'un second vice-secrétaire, comme le prescrivent nos nouveaux statuts, qui, très probablement, seront approuvés d'ici là.

M. le président donne lecture d'une circulaire de M. le ministre de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes, relatives à la dixième réunion annuelle des sociétés des beaux-arts des départements. Sont nommés pour assister à cette réunion, MM. l'abbé Denis, l'abbé Bonno, comte de Moustier et Millier.

M. Bénard rappelle qu'aux termes des règlements des concours régionaux, toute demande des concurrents cultu^ raux du concours régional qui doit avoir lieu en Seine-etMarne en 1887, doivent être adressées à la préfecture avant le 1" mars 1886.

Doit être envoyée également avant le 1er mars, la liste des candidats proposés pour concourir pour les prix à décerner aux vieux serviteurs au concours régional. Nous avons également à dresser la liste des lauréats pour les prix de moralité du concours départemental de cette année. Il propose de charger la même commission de ce double travail. Cette proposition est adoptée et sont nommés pour faire partie de cette commission : MM. Gaillard, de Bussy; Quillard, de Lagny ; Ducrocq, Mùller, Bertrand, Borgnon père, Lamiche, deBeauval; Bernard Tronchon, Lavaux, Papillon, Fouillaux, Bernier, de Moussy ; Lefèvre, de Douy ; et Garnier, Auguste, de May.

M. Gautier dit qu'au commencement de la séance M. Gs-


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tellier, en parlant des réformes qu'il serait utile de voir se réaliser dans l'intérêt de l'agriculture, n'a pas parlé des droits sur la viande, qui cependant nous seraient si utiles et qui rendraient bien probablement encore plus de services que les droits sur les céréales.

M. Gatellier répond que le traité avec l'Italie s'oppose à toute surévaluation de droits sur la viande, mais comme ce traité peut ne durer que jusqu'en 1888, s'il est dénoncé une année à l'avance, il est d'un grand intérêt d'insister cette année auprès des législateurs pour arriver à cette dénonciation avant le 31 décembre.

M. Butel dit que la situation de l'agriculture devient chaque jour plus désastreuse, que si les cultivateurs n'ont rien perdu de leur énergie et de leur amour du travail, ils commencent à se décourager en voyant tant d'efforts aboutir à la ruine. M. Butel ajoute que la société d'agriculture de Meaux, qui a si largement contribué au vote des droits de douane de l'année dernière, se doit à elle-même de redoubler de volonté et d'efforts pour diminuer autant que possible la ruineuse influence des traités de commerce qui nous lient jusqu'en 1892. Nos députés et sénateurs sont remplis de bonne volonté, mais leurs efforts auront d'autant plus de chances de succès, qu'ils s'appuieront davantage sur les revendications énergiques des cultivateurs. Les demi-mesures prises l'année dernière n'ont et ne pouvaient presque rien produire ; aussi faut-il que la Chambre examine prochainement à nouveau les tarifs de douane et surélève les taxes sur les céréales et les bestiaux. C'est la première mesure qui s'impose à l'attention du législateur, mais à elle seule elle ne saurait sauver la situation. A côté de cette question des tarifs de douane, il en est d'autres non moins importantes que les députés devront envisager résolument pour les faire aboutir ; les tarifs de pénétration, la répartition équitable de l'impôt, la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie,


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dont notre honorable président nous parlait, il n'y a qu'un instant... etc., etc.

En présence d'une situation aussi grave qui demande un redoublement d'énergie, je propose à la Société la nomination d'un comité d'initiative qui, avec le bureau, devra étudier immédiatement toutes les mesures qui lui paraîtront susceptibles d'apporter un soulagement à l'agriculture. Ces mesures seraient soumises à la Société, et si celle-ci les approuvait, il devrait immédiatement en poursuivre la réalisation en les transmettant à nos députés d'abord, puis à tous les députés des groupes agricoles. Ma proposition, dit M. Butel, peut se résumer en deux mots : Il faut agir, Acta, non verba.

M. Gatellier approuve l'idée de M. Butel et propose, pour la prochaine séance, la nomination d'une commission permanente chargée de l'étude de toutes les questions économiques qui peuvent se présenter et offrir un caractère d'urgence, de façon à être toujours en mesure de fournir promptement à nos députés les documents qui peuvent leur être utiles dans la discussion des différentes questions qui nous intéressent.

Cette proposition est adoptée.

M. le trésorier donne lecture des comptes de recettes et dépenses de l'exercice 1885 et du projet de budget pour 1886. Ces comptes sont approuvés, ainsi que le projet de budget, et l'assemblée vote des remerciements à M. Labouré pour le zèle qu'il apporte dans ses délicates et laborieuses fonctions de trésorier.

A quatre heures moins un quart, la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 6 FÉVRIER 1886

Présidence de M. GATELLIER, président.

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la séance de janvier est lu et adopté.

M. le président déclare que les statuts du syndicat n'étant pas encore adoptés, il ne sera voté à la séance de ce jour que pour la nomination d'un vice-trésorier ; en conséquence le scrutin est ouvert.

Nous avons, dit-il, à enregistrer un important succès obtenu par un membre de notre société. M. Liébaut, le rapporteur de notre concours de moissonneuses-lieuses de Marcy, vient d'être nommé membre de la Société nationale d'agriculture de France, dans la section de mécanique agricole.

Est admis, comme membre titulaire, M. Albert Aubry, cultivateur à Villeroy, présenté à la dernière séance.

MM. Papillon et Gilles présentent MM. Tartier, Emile, cultivateur et maire de Nantouillet ; Tartier, Alfred, cultivateur à Mitry-Mory.

MM. Bénard et Gatellier présentent M. Haran, cultivateur à Oissery.

MM. Bénard et Gatellier présentent M. Lenfant fils, cultivateur à Charmentray.

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. H. Bertrand ; il demande à la Société de faire des conférences en son nom dans le canton de Crécy ; ces conférences auraient pour sujet la petite culture et les syndicats agricoles. Nous ne pouvons, dit M. Gatellier, refuser les bonnes volontés quelles qu'elles soient et, comme ces conférences ne peuvent


— tique nous recruter des adhérents, nous devons accepter l'offre de M. Bertrand, comme nous le ferions pour tout membre dans des circonstances analogues. Après quelques observations de M. Papillon, M. Bertrand est autorisé à faire des conférences sous le patronage de la Société.

M. le Président donne lecture d'une lettre qu'il a écrite au nom de la société d'agriculture de Meaux et qu'il se propose d'envoyer à tous les membres du conseil général. Il énumère dans cette lettre les raisons pour lesquelles la ville de Meaux doit être choisie comme siège du concours régional de 1887.

Il rappelle à ce sujet que les concurrents pour les divers prix culturaux doivent se fairi: inscrire avant le 1er mars 1886. La société charge le bureau d'écrire à un certain nombre de cultivateurs pour provoquer leur inscription comme concurrents.

Il invite également à se faire inscrire pour le concours départemental et fait savoir que les demandes seront reçues jusqu'au 1er mai.

M. le président donne lecture d'une lettre de M. le SousPréfet, transmettant les affiches relatives aux concours régionaux de 1886 ; les déclarations pour le concours de Lille doivent être adressées à Ja préfecture avant le 10 avril.

Il donne lecture d'une lettre de M. le président de la Société des agriculteurs du Nord ; il annonce l'organisation d'un congrès où seront traitées, à l'occasion du concours régional qui se tiendra à Lille, du 15 au 23 mai prochain, les questions les plus intéressantes et, arrêtées les mesures les plus propres à atténuer la crise existante ; il demande notre adhésion et l'envoi de délégués pour assister à une réunion préparatoire dans laquelle seraient arrêtées les questions à soumettre au congrès.

Il sera répondu à M. le président de la Société des agriculteurs du Nord que la société d'agriculture de Meaux adhère


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M. Gatellier, donne lecture d'une lettre de M. le président de la société des agriculteurs de France annonçant qu'il sera tenu, le lundi 22 février, à 9 heures du matin, au siège de la société, une réunion spéciale du conseil où sont invités les représentants accrédités par les sociétés et comices de France. Dans cette réunion les représentants des associations agricoles seront entendus sur les questions à inscrire au programme de la session. Sont désignés pour représenter notre société MM. Gatellier, Bénard, Antoine Petit et Butel.

Lecture est donnée également d'une lettre de M. Marc de Haut, président des comices agricoles de Melun, Fontainebleau et Provins; il annonce pour le samedi 13 février, la réunion départementale des membres de la Société des agriculteurs de France, chargée de donner l'indication des questions les plus intéressantes à porter à l'ordre du jour de la session générale et de proposer des candidats au conseil d'administration de la Société. Sont désignés pour assister à cette réunion, MM. Benoist, de Lizy, H. Bertrand, Papillon et Barigny.

Sont nommés membres de la commission d'initiative, MM. Dufraigne, Prevet, Butel, H. Bertrand, Gautier, Gaillard, Aubry, de Chalifert, Proffit, Adolphe.

M. Gatellier fait savoir qu'il a fait une démarche auprès du conseil municipal de La Ferté-sous-Jouarre pour savoir quel jour lui conviendrait le mieux pour la tenue du concours départemental. Le jour choisi est le dimanche 27 juin : le conseil municipal de La Fer té a voté une somme de 200 fr. pour récompenses aux vieux serviteurs : se font également inscrire comme donateurs dans ce but, MM. Gatellier, Bénard, Antoine Petit, Clairet, de Varreddes ; Frotier, d'Annet.


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M. Borgnon a la parole pour lire un rapport sur la brochure de M. Butel, relative à la péripneumonie contagieuse de l'espèce bovine.

Il est procédé ensuite au dépouillement du scrutin pour la nomination d'un vice-trésorier. M. Bourjot ayant obtenu la majorité absolue est proclamé vice-trésorier.

A quatre heures moins un quart la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 6 MARS 1886

Présidence de M. BÉNARD, vice-président.

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la séance de février est lu et adopté.

M. Bénard donne lecture d'une dépêche de M. Gatellier, qui, par suite de l'état de sa santé, ne peut venir à Meaux.

MM. Tartier Emile, cultivateur et maire à Nantouillet ; Tartier Alfred, cultivateur à Mitry-Mory ; Haran, cultivateur à Oissery ; Lenfant fils, cultivateur à Charmentray, présentés à la dernière séance, sont admis comme membres titulaires.

MM. Gatellier et Papillon présentent M. Lecailler, cultivateur à Mitry-Mory ;

MM. Bénard et Petit présentent M. Léon Garnier, cultivateur à Charny ;

MM. Aubry et Butel présentent M. Georges Douchet, cultivateur à Poincy ;

MM. Benoist et Laurent présentent M. Fréville, directeur de la sucrerie de Lizy ;

M. Bénard déclare ouvert le scrutin pour la nomination d'un 2e vice-secrétaire.

M. Bénard fait savoir que pour le concours régional, trentesept dossiers relatifs à de vieux serviteurs ont été envoyés à la préfecture ; pour notre concours départemental, il y a actuellement cinquante-deux demandes, il faudra en conséquence décerner environ quarante récompenses; les dons recueillis jusqu'à ce jour s'élèvent à 1.760 francs. Il fait un nouvel appel aux personnes généreuses qui voudraient con-


tribuer à récompenser ces modestes et dignes serviteurs de l'agriculture.

M. Bénard adresse les félicitations de la société aux divers lauréats du concours général de Paris ; il cite dans la catégorie des fromages de Brie : MM. Paul Proffit, médaille d'argent ; E. Bertrand, d'Esbly, Mme veuve Peigné de BaillyRomainvilliers, médailles de bronze ; MM. Proffit d'Oissery, Courteau d'Etrépilly, Proffit de Bouillancy, Martin d'Annet, Jarry de Saint-Jean, Chevallier de Bois-le-Vicomte, mentions honorables. Pour les fromages de Coulommiers, Mme veuve Petit, Mme veuve Peigné, médailles 'd'argent. Dans la catégorie des produits divers, M. le baron d'Avène, médaille d'argent pour ses blés; M. Couesnon, rappel de médaille d'or pour ses avoines ; M. Guilloux du Pin, médaille d'or pour ses orges, médaille d'or pour les plantes fourragères, médaille d'or pour les racines fourragères, médaille d'argent pour les légumineuses, médaille d'argent pour les plantes de prairies naturelles, et médaille d'argent pour les betteraves à sucre.

M. Bénard fait observer que sur 47 récompenses décernées dans le département, l'arrondissement de Meaux en obtient 27.

M. Bénard donne lecture d'une lettre adressée par le président du comité linier du nord de la France. Il explique qu'à la suite de la découverte de nouveaux procédés de teillage, les lins français pourront lutter plus avantageusement avec les lins russes et par suite la culture de ce textile sera plus avantageuse. Dans le but d'engager à la développer le plus possible, il a l'intention d'offrir aux cultivateurs des récompenses proportionnées à leurs semailles de lin ; il demande en conséquence à la société de vouloir bien, à la fin de la saison, renvoyer rempli le questionnaire suivant :


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1° Quel est le nombre d'hectares cultivés dans le territoire dépendant de votre société ?

2° Combien y a-t-il d'hectares ensemencés en lin ?

3" Quel est le cultivateur qui a ensemencé le plus de lin ; combien d'hectares?

4" Quel est le cultivateur qui a ensemencé le plus de lin par rapport à sa culture totale ? Chiffres.

A la suite de cette communication, M. Papillon donne quelques explications sur les nouvelles machines à teiller qui, dit-il, paraissent très bonnes, mais sont d'un prix trop élevé. Il croit du reste pour cette année à un relèvement dans le prix des lins, car le stock est tout à fait épuisé. •

M. Bénard donne lecture d'une lettre de M. le ministre de l'instruction publique, rappelant que la session des délégués des sociétés savantes aura lieu à la Sorbonne les 28, 29 et 30 avril.

M. Antoine Petit donne lecture d'un travail de M. H. Sagnier sur le commerce du blé en France et en Angleterre. Il fait voir que le droit de 3 fr., tout en augmentant sensiblement le produit des douanes, a diminué beaucoup les importations, mais n'a pas eu d'influence décisive sur les prix ; s'il a empêché la baisse de continuer, il n'a pas provoqué une hausse sensible ; d'autre part il a été très favorable à la production Algérienne. Il démontre que les demandes des cultivateurs de porter le droit à 5 fr. sont absolument légitimes et que cette surélévation ne peut avoir aucun danger pour le consommateur.

A propos de la culture du blé, M. Papillon parle d'une invention toute nouvelle dont il a été question à la Société des Agriculteurs de France. Un professeur italien prétend augmenter beaucoup le produit de la culture du blé, par la greffe de cette céréale sur le maïs. Cette méthode paraît tellement extraordinaire, qu'elle soulève de nombreuses objections et même l'incrédulité d'un grand nombre de membres ;


— 17 — néanmoins, comme on ne doit rien nier à priori, M. Papillon est chargé de recueillir de nouveaux renseignements.

M. Papillon parle ensuite des instruments exposés au palais de l'industrie ; malgré leur nombre considérable il n'a remarqué que peu de nouveautés. Il signale cependant la herse couleuvre de M. Emile Puzenat qui, à d'excellentes qualités, joint le mérite d'un très grand bon marché. Il a remarqué également un nouveau compteur d'avoine dont le prix n'est que de 100 fr.

Il est procédé au dépouillement du scrutin ; M. Lechevallier ayant obtenu la majorité absolue est proclamé second vice-secrétaire.

A trois heures et demie la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 3 AVRIL 1886.

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à 2 heures.

Le procès-verbal de la séance de mars est lu et adopté.

MM. Lécailler, cultivateur à Mitry-Mory ; Léon Garnier, cultivateur à Charny ; Georges Douchet, cultivateur à Poincy ; Fréville, directeur de la sucrerie de Lizy, présentés à la dernière séance, sont admis comme membres titulaires.

M. le président donne lecture d'une lettre de la société Impériale des naturalistes de Moscou qui envoie le n" 4 de son bulletin de 1884 et le n* 1 de 1885 ainsi que la première partie de son journal de l'année 1885. Cette société déclare devoir continuer à l'avenir l'envoi de ses bulletins et désire en échange recevoir nos diverses publications. Cet échange est accepté.

M. le président annonce qu'il a reçu notification de l'approbation des statuts de notre syndicat ; il fait connaître la constitution de la chambre syndicale telle qu'elle a été décidée à la dernière réunion et qui comprend un membre par canton. Ce sont MM. Papillon à Fresnes, Bertrand à Esbly, Profit à Oissery, Viet à Rougeville, Gaillard à BussySaint-Georges, Laurent à May-en-Multien, Gautier Eugène à Meaux.

M. Leroy père donne lecture d'une petite note pour établir qu'il est bibliothécaire adjoint et non pas vice-bibliothécaire. M. Gatellier rendant hommage à son zèle dit que l'on n'a jamais songé à lui contester son titre.


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M. Gatellier donne connaissance des dons déjà reçus pour les récompenses aux vieux serviteurs ; la somme s'élève à 2,725 francs. Il communique également une demande du syndicat de La Ferté-sous-Jouarre, qui désirerait profiter de notre distribution pour récompenser en même temps des ouvriers d'industrie choisis par lui. Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs membres de la société qui font observer que ce serait un précédent qui pourrait peutêtre nous entraîner trop loin, il est décidé que le concours de La Ferté étant un concours départemental, nous n'avons pas le droit d'y donner l'hospitalité à des sociétés étrangères au Comice.

Il est procédé à la nomination des commissaires du concours ; sont nommés, MM. Boucher à Ussy, Boucher à Courtablon, Charpentier à Charneseuil, Daguet à La Bordette, Michon à Salnove, Isaac à La Ferté, Lamiche à Ussy, Lamiche à Beauval, Roger à La Ferté, Tronchon à Saint-Jean, Heurtaut à Signets, Offroy à Crépoil, et Martin à La Trousse.

Sont nommés membres du jury départemental de visite des fermes :

Pour la grande culture MM. Guilloux et Vavasseur.

Pour la petite culture MM. Viet et Papillon.

Pour le concours de labourage MM. Parnot et Jarry.

Pour le concours de semoirs à engrais MM. Liébaut et Laurent, de May.

Sont désignés pour faire partie du jury chargé d'examiner l'exposition des machines MM. Papillon de Fresnes, Couesnon de Villers, Martin de Chessy, Proffit de Forfry, Bénard de Chessy, Chartier de Chessy, Fasquel de Jaignes, Garnier de May, Cormier de Meaux, Bernier de Serris, Hébert de Rentilly, et Tartier de Nantouillet.

M. Gatellier fait savoir que les 900 fr. attribués par le conseil général seront répartis de la manière suivante : 300 fr. pour le concours de labourage ; 300 fr. pour le con-


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cours de semoirs à engrais et 300 fr. pour le concours de moissonneuses-lieuses.

M. le président déclare également qu'après avoir consulté la commission des finances il propose de voter 200 fr. pour la souscription à l'institut Pasteur, 25 fr. pour la souscription au monument Bouley et une médaille de vermeil de 30 fr. pour le concours musical de Meaux ; de plus la commission propose de donner une médaille de vermeil à M. l'abbé Denis pour son intéressant ouvrage sur l'agriculture en Seine-et-Marne depuis les temps anciens jusqu'à l'époque moderne.

Ces diverses propositions sont adoptées et M. Gatellier donne lecture de la lettre qu'il va adresser à M. Pasteur.

La commission des finances étant composée de MM. Lucy, Labouré, Bourjot, Ch. Petit, Ducrocq, Butel, il est décidé que, pour remplacer MM. Labouré et Bourjot actuellement membres du bureau et M. Ch. Petit, décédé, seront nommés MM. Gautier Eugène, Barigny et Pérard.

Puis la discussion est ouverte sur la proposition de M. Humbert, député de Seine-et-Marne, consistant dans la création d'une école d'agriculture pratique à Melun.

M. Bertrand, qui prend le premier la parole, regrette que M. Humbert, n'affirme pas plus nettement ses opinions protectionnistes ; il craint que l'école d'agriculture pratique ne rende pas les services indiqués par lui. L'agriculture française est écrasée par les impôts, la concurrence étrangère lui est désastreuse, tout ce qui l'entoure paraît lutter contre elle ; ni les théories, ni les écoles d'agriculture ne.la sauveront. D'ailleurs les vraies écoles d'agriculture sont nos fermes : au lieu de dépenser des sommes énormes pour la création d'une école, le conseil général devrait louer ou faire louer trois ou quatre fermes qui seraient chacune dirigées par un professeur d'agriculture ; si dans dételles conditions elles deviennent prospères, si à l'aide d'une comptabilité sérieusement établie,


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un professeur d'agriculture prouvait qu'on peut gagner de l'argent en vendant du blé 20 francs le quintal et de la laine 1 fr. le kilo, la question agricole serait résolue.

M. Lucy explique qu'une école d'agriculture, tout en étant une institution qui peut être utile en elle-même, ne peut en ce moment servir à rien pour conjurer la crise. Avant qu'elle puisse donner aucun résultat utile, il laudra au moins une douzaine d'années ; or d'ici là, au train où vont les choses, la plupart des cultivateurs seront ruinés. Cette idée ne lui paraît mise en avant que pour détourner les esprits des revendications vraiment utiles.

M. Butel prend la parole pour défendre le projet de M. Humbert; il n'admet pas qu'une société d'agriculture puisse se montrer contraire à une institution qui a pour but de propager les connaissances théoriques et pratiques. Puis il compare l'état de notre enseignement agricole à celui des nations étrangères, de l'Allemagne notamment et trouve que notre état d'infériorité est sensible. Il explique que l'on ne peut pas s'opposer à une institution sous le prétexte que son effet utile ne se fera sentir qu'au bout de quelques années ; mais il insiste pour demander la création de cette école dans l'arrondissement de Meaux.

M. le président, résumant la discussion, dit que personne en somme n'est opposé à l'idée d'une école d'agriculture pratique en Seine-et-Marne; mais la question mérite un examen sérieux et il y a lieu de nommer une commission pour l'étudier. Cette proposition est adoptée ; la commission sera composée de MM. Lucy, Bertrand, Butel, Guilloux, Aubry (de Chalifert), Papillon, Rabourdin, Charriou, Tronchon et Leclerc.

M. Gatellier donne ensuite lecture d'un rapport sur la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie.

Il commence par montrer que notre mauvaise situation économique ne dépend pas, comme on l'a dit souvent, de


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l'article XI du traité de Francfort ; elle est causée par le taux trop bas de notre tarif général des douanes et par les nombreux traités de commerce qui apportent encore de notables réductions à ce tarif. Or tous ces traités de commerce n'expireront qu'en 1892 et encore à la condition d'être dénoncés avant le 1er février 1891. Toutefois il y a exception avec l'Italie ; nous pouvons reconquérir notre liberté le lor janvier 1888 avec cette puissance à condition de dénoncer le traité avant le premier janvier 1887.

M. Gatellier montre l'intérêt qu'il y a à cette dénonciation : 1* parce que dans ce traité sont comprises des substances qui ne figurent pas dans ceux conclus avec les autres nations; 2e parce que l'Italie ne nous donne pas à l'entrée de nos produits chez elle des avantages qui nous fournissent un intérêt à le conserver.

Il demande en conséquence à la société d'émettre le voeu suivant : La société d'agriculture de Meaux, considérant que la suppression du traité de commerce avec l'Italie peut nous rendre la liberté pour la taxation de certains produits qui ne sont engagés qu'avec ce pays et ne nous prive pas d'avantages sérieux accordés à l'entrée de nos produits en Italie, émet le voeu que le traité de commerce avec l'Italie soit dénoncé avant le 1" janvier 1887.

Ce voeu est adopté à l'unanimité.

Puis M. Bénard donne lecture de son rapport sur les plantations d'arbres à fruits le long des routes.

A quatre heures moins un quart la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 2 MAI 1885

Présidence de M. GATELLIER, président»

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la séance d'avril est lu et adopté.

M. Gatellier fait savoir qu'il a été lui-même trouver M. Pasteur pour lui porter les deux cents francs votés par la société d'agriculture de Meaux. M. Pasteur, après lui avoir exprimé ses remerciements pour la société, a causé avec lui de ses travaux. Il lui a expliqué la différence qui existe entre les morsures par les chiens et par les loups enragés ; le premier mord et se sauve, tandis que le second s'acharne après sa victime et introduit dans la plaie beaucoup plus profonde une quantité de virus plus considérable, donc par suite plus violenté. Il a parlé également des maladies charbonneuses et a demandé à M. Gatellier où en était la maladie du sang de rate dans l'arrondissement de Meaux. Sur sa réponse qu'on n'en entendait, pour ainsi dire, plus parler, M. Pasteur lui a dit qu'il avait été heureux de rencontrer dans notre département des vétérinaires intelligents qui avaient tout de suite compris l'utilité de la vaccination et su l'appliquer ; il a cité notamment M. Butel qui a tant contribué à sa prompte introduction dans les habitudes de la ferme.

L'assemblée par ses applaudissements témoigne à M. Butel combien elle est heureuse de le voir apprécier ainsi; M. Butel remercie et demande à la société de faire, sous ses auspices, une conférence à Meaux sur le traitement de la rage. Cette proposition est acceptée à l'unanimité et il est décidé que


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cette conférence aura lieu le dernier samedi de mai, à trois heures.

MM. Prevet et Dufraigne présentent, pour faire partie de la société, MM. Henri, Gaston et Albert Ménier, propriétaires à Noisièl.

M. Gatellier donne lecture d'une lettre de M. Picot, secrétaire delà Société d'agriculture de Rozoy ; il envoie un extrait du procès-verbal d'une séance de cette Société, dans laquelle M. Fouinât a rendu compte du rapport de M. Gatellier sur les résultats comparatifs d'une récolte de blé après betteraves et après pommes de terre. M. Fouinât constate les services que peuvent rendre à l'agriculture les expériences que la Société d'agriculture de Meaux entreprend sous la direction de son dévoué président, et propose d'adresser des remerciments à M. Gatellier, qui veut bien tenir la Société de Rozoy au courant de ses intéressants travaux.

M. le Président donne également lecture d'une lettre du président de la Société des Agriculteurs de France. Cette Société, ayant reçu mission de prendre sous son patronage l'organisation d'un syndicat central formé par l'union des syndicats des départements, M. le marquis de Dampierre demande à M. Gatellier d'être un des représentants de Seineet-Marne dans le conseil de ce syndicat.

Avant d'accepter, et ne voulant pas engager, sans leur consentement, la Société d'Agriculture et le Syndicat de l'arrondissement de Meaux, M. Gatellier demande à l'assemblée si le Syndicat doit faire partie de cette union. Sur sa réponse affirmative, M. Gatellier écrira à M. le marquis de Dampierre qu'il accepte de faire partie du conseil du syndicat central.

M. le Président demande à la Société d'adjoindre aux membres de la commission du concours de La Ferté, MM. Viet, Vignier (Paul), et Vignier, cultivateur aux Petits-Mongoins. Adopté.


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M. le Président fait savoir qu'à l'occasion du concours régional, des concours spéciaux techniques auront lieu, en 1887, en Seine-et-Marne. Ils comprendront : 1° Concours de fromageries; 2° Concours de céréales; 3° Concours pour l'emploi des engrais commerciaux.

Pour le concours de fromageries, il y aura quatre catégories : 1° Fromageries employant le lait de sept vaches et plus ; 2° Fromageries traitant le lait de six vaches et moins ; 3° Fromageries exploitées par des associations de cultivateurs transformant le lait de leurs vaches; 43 Fromageries dirigées par des industriels.

Pour le concours de céréales, divisé en 3 classes suivant l'importance de la culture, les prix seront attribués aux agriculteurs qui présenteront des cultures régulières de variétés de céréales en lignes et à grand rendement, notamment du froment offrant des avantages marqués sur les espèces ordinairement cultivées dans le pays et présentant le plus de résistance à la verse. Les concurrents sont tenus de décrire leurs procédés, travaux, fumures, quantité de semences, rendements, etc., et de produire leurs comptes de culture.

Dans le concours pour l'emploi des engrais commerciaux, les prix seront attribués aux cultivateurs qui emploieront le plus intelligemment et le plus fructueusement dans leur exploitation, quelle qu'en soit l'étendue, les engrais commerciaux.

Pour ces divers concours [les concurrents doivent se faire inscrire avant le 1" juin 1886; la visite aura lieu en 1886 et s'il y a lieu en 1887.

M. le Président charge M. Papillon de rendre compte d'un ouvrage de M. Denaiffe sur la destruction de la cuscute.

M. Papillon est désigné pour représenter notre société à la


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réunion des jurés et des délégués des comices au concours régional de Lille.

Puis la discussion s'engage sur les nouveaux droits de douane proposés; deux systèmes sont en présence, les droits fixes et les droits variables suivant le cours du blé.

La discussion, à laquelle prennent part MM. Gatellier, Papillon, Butel, Achille Lucy, est longue et animée; par un vote l'assemblée adopte le principe d'un droit fixe qui serait de 5 francs pour le blé, et elle charge, M. Gatellier de transmettre au conseil général le voeu suivant :

La Société d'agriculture de Meaux,

Considérant que la plupart des produits agricoles sont engagés par les traités de commerce avec exemption ou insuffisance de droits d'entrée en France jusqu'au 15 février 1892.

Considérant que, par suite de l'abaissement constant des frais de transport, et par les bénéfices de change de monnaie obtenus dans certains pays producteurs, la concurrence de l'étranger devient de plus en plus redoutable pour l'agriculture française ;

Est d'avis, jusqu'à l'époque du recouvrement de notre liberté commerciale (15 février 1892), d'augmenter les droits actuels de produits agricoles non engagés dans les traités de commerce.

Elle propose les droits suivants pour les animaux vivants :

Boeufs, 20 fr. — Vaches et taureaux, 40 fr. — Bouvillons et génisses, 20 fr. — Poulains, c,5 fr. — Moutons, 7 fr. — Porcs, 15 fr. — Porcs de lait, 3 fr.

Pour les céréales :

Seigle, orge, avoine, maïs, 3 fr. Blé, 5 fr.

Pour la question du blé, elle préfère un droit fixe à un droit variable; elle admet cependant, pour éviter les inconvénients du droit fixe lors du cours élevé des blés, qu'au delà du cours de 50 fr. le quintal, le droit soit supprimé ou réduit


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à un faible droit de statistique par une mesure législative rapidement prise.

Elle demande pour la farine un droit correspondant à celui du blé, laissant au meunier comme au cultivateur une rémunération suffisante.

Enfin pour éviter les fraudes possibles d'introduire en franchise du blé ou de la farine sous le titre de son qui est exempt de tout droit par suite des traités de commerce avec l'Espagne et l'Italie, elle demande de faire payer le même droit que pour la farine :

1° A toute boulange, c'est-à-dire à tout mélange de son avec farine ou gruau.

2° A tout blé concassé, c'est-à-dire à tout produit laissant une sensible quantité de farine afférente à l'enveloppe du blé.

M. Gatellier entretient ensuite l'assemblée de l'inégale répartition des subventions gouvernementales entre les divers arrondissements du département ; la Société le charge de transmettre au conseil général les observations suivantes :

Le Comice de Melun, Fontainebleau et Provins, reçoit 2,500 fr.; c'est-à-dire 833 fr. pour chacun des trois arrondissements . 2,500 fr.

La Société d'agriculture de Melun reçoit . . . 1,000 fr. La Société d'agriculture et Comice de Meaux

reçoit < 700 fr.

La Société d'Agriculture et Comice de Coulommiers

Coulommiers 600 fr.

La Société d'agriculture de Fontainebleau, reçoit 250 fr.

Ce qui fait un total de 5,050 fr.

L'égalité de répartition consisterait à donner à chacun des cinq arrondissements le 1/5 de cette somme, c'est-à-dire 1,070 fr., et actuellement l'arrondissement de Melun reçoit


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833 fr. plus 1,000 fr. soit 1,833 fr., celui de Fontainebleau 833 fr. plus 250, soit 1,083 fr., celui de Provins, 833 fr., celui de Meaux, 700 fr. et celui de Coulommiers 600 fr.

La Société d'agriculture de Meaux a l'honneur d'appeler l'attention du Conseil général sur ce point, parce que c'est ce conseil qui fait la proposition de répartition des fonds de l'Etat. Ce fait est une preuve nouvelle que depuis longtemps l'arrondissement de Melun est mieux partagé que l'arrondissement de Meaux pour les faveurs accordées au point de vue agricole.

A quatre heures moins un quart la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 5 JUIN 1886.

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à 2 heures.

Le procès-verbal de la séance de mai est lu et adopté.

A propos du procès-verbal, M. Gatellier fait savoir que, d'après une nouvelle circulaire du ministre de l'Agriculture, les déclarations des candidats pour les concours spéciaux, qui auront lieu en Seine-et-Marne à l'occasion du concours régional, peuvent être faites jusqu'au 1er juillet 1886.

Il dit également qu'à la dernière séance il n'avait parlé que de l'inégale répartition des fonds de l'Etat entre les divers arrondissements ; or, depuis lors il s'est aperçu que la même inégalité existait pour l'emploi des fonds départementaux. Depuis l'année dernière en effet, une somme de 500 fr. est accordée par le conseil général à l'arrondissement de Melun comme subvention pour des champs d'expérience ; il en est de même pour l'arrondissement de Fontainebleau ; dans ces conditions la Société d'Agriculture de Meaux qui, la première en Seine-et-Marne a organisé des champs d'expérience, charge son président de réclamer auprès du conseil général une pareille allocation de 500 francs.

M. le président remercie M. Butel qui, chargé de faire une conférence au nom de la Société d'Agriculture de Meaux, s'est très bien acquitté de sa mission et, en fort bons termes, a mis à la portée de tout le monde les remarquables travaux de M. Pasteur sur la rage.

MM. Henri, Gaston et Albert Ménier, présentés à la dernière séance, sont admis comme membres titulaires.


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MM. Gatellier et Antoine Petit présentent M. Ledret, géomètre à Meaux, et M. Félix Ribeyre, rédacteur de l'Echo de la Brie.

MM. Gatellier et Bénard présentent M. Béhin, cultivateur à Noisemont, commune de Saint-Cyr.

MM. Gaillard et Bénard présentent M. Robcis, cultivateur au Génitoy, commune de Bussy-Saint-Georges.

M. Butel dépose sur le bureau, au nom du syndicat du commerce et de l'industrie de Meaux, une brochure sur l'application des nouveaux tarifs kilométriques de chemin de fer.

M. le président donne lecture d'une lettre de M. le président de la Société des agriculteurs du Nord contenant l'extrait suivant du procès-verbal de cette Société :

« M. G. Dubar, rappelant la décision prise par le conseil « des ministres d'ajourner à l'automne la discussion de « toutes les propositions relatives à l'agriculture, blé, maïs « et autres céréales, bétail, vinaigre, etc., fait ressortir que « cet ajournement est une véritable défaite. En effet, à l'au« tomne, la Chambre n'aura pas encore voté le budget et ne « pourra s'occuper des lois agricoles avant le mois de jan« vier ; c'est donc une campagne, une année entière de per« due. Or la situation de l'agriculture ne comporte pas de « nouveaux sacrifices.

« M. Dubar propose de protester énergiquement contre cet « ajournement auprès des ministres et des Chambres et de « demander à toutes les autres sociétés de protester égale« ment et dans le plus bref délai.

« Cette proposition est adoptée à l'unanimité. »

La lettre fait remarquer l'utilité qu'il y a à ce que la protestation de la Société des agriculteurs du Nord ne reste pas isolée et engage notre société à envoyer une protestation analogue. L'assemblée consultée adopte à l'unanimité la proposition suivante :

La Société d'agriculture de Meaux, ayant appris qu'il était


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question d'ajourner à l'automne la question de toutes les questions relatives à l'agriculture, proteste énorgiquement contre cet ajournement et délègue son président pour faire connaître cette protestation à la commission chargée de l'examen des questions de douane présidée par M. Méline.

M. Butel demande qu'en outre, une commission soit nommée pour aller trouver nos députés, à Paris, et les mettre en demeure de demander la mise à l'ordre du jour dos questions agricoles. Cette proposition est adoptée, et MM. Gatellier. Butel et Papillon sont chargés de cette mission.

La Chambre syndicale s'est réunie dernièrement et a admis 88 membres. Ce sont :

MM. Bahin, à Sainte-Aulde ; Alexandre Mary, à Moras, commune de Jouarre ; Antoine Carpentier, àEsbly ; Pluquet, à Esbly ; Gallois, à Condé-Sainte-Libiaire ; Alfred Fouque, à Villemeneux, commune de Tancrou ; Robert Frotiée, Edouard Hamelin, Joseph Herbette, Perrigot aîné, Jules Jardin, Germain Paul, à Annet ; Isidore Lefèvre, à Charmentray ; Etienne Blondeau, à Compans ; Charles Papillon, à Fresnes ; Joseph Mercier, à Esbly ; Emile Grisy, à Montry ; Armand Gaudin, Alphonse Jardin, Emile Picard, Louis Leroy, à Villiers-surMorin ; Louis Marest, Auguste Laroche, Eugène Boyard, à Forl'ry ; FélixPiot, Albéric Buffault, Charles Boisseau, Charles Dhuicque, Florent Gamache, Ferdinand Boisseau, au MesnilAmelot ; Louis Bouchard, à Longperrier ; Emile Duchesne, Ernest Duré, à Moussy-le-Neuf ; Léon Duchesne, Eloi Gatté, à Moussy-le-Vieux; Edmond Anquetil, François Bouchard,à Villeneuve-sous-Dammartin ; Ernest Roche, Théodore Malingre, Emile Boisseau, Gustave Hérain, à Vinantes ; Léon Lhermey, François Boucher, Alphonse Boucher, à Citry ; Louis Duferrier, Alexandre Duferrier à Changis; Charles Décret, Pierre Parnot, Nicolas Ganty, Eugène Lot, Louis Vion, à Jouarre ; Eugène Lemistre, à Luzancy ; Arthur Leroux, Emile Leredde, Constant Bahin, à Saâcy ; Napoléon Darche, Gus-


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tave Dépaux, Alexandre Maupoix, Lucien Bahin, Jules Cocu, Auguste Meignen, André Dépaux, à Sainte-Aulde ; Eugène Haran, Louis Chobert, à Coupvray ; Théophile Paquier, Lucien Labour, Auguste Lallemant, à Dampmart ; Ernest Lesure.à Gouvernes ; Julien Butin, à Jossigny ; AugusteLeriche, Jules Boulanger, à Montévrain ; Charles Pasquier, J.-Marie Pasquier, Joseph Dujardin, Dominique Berthelin, à Germigny-sous-Coulombs; Emile Raoult à Mary; Alexandre Courtier, Paul Gaudier, à Trocy ; Achille Leroy, à Vincy-Manoeuvre ; Ernest Blot, Léoteure Feurté, vicomte de Ponton d'Amécourt, Victor Vernau, Pierre Renoult, à Trilport, tous cultivateurs ; — Louis Massiot, plâtrier-cultivateur à Citry ; Jules Guerbette, jardinier à Sainte-Aulde ; François Chéneau, cultivateur-régisseur à Brou ; Eugène Plicque, régisseur à Lognes.

Ces admissions sont ratifiées par la Société.

M. Chertemps ayant demandé qu'une commission fût nommée pour assister au battage de ses blés atteints, l'an passé, par la rouille, MM. l'abbé Bonno, Papillon et Leclerc (d'Isles) sont désignés dans ce but.

M. Papillon donne lecture de son rapport sur le concours régional de Lille ; il parle des nouvelles machines à teiller le lin, qui semblent devoir transformer les conditions économiques du travail, et, par suite, de la culture de cette plante.

M. Gatellier a également assisté au concours régional de Lille, comme membre du jury des produits agricoles. Il a remarqué de nombreuses expositions collectives. Il pense que, l'année prochaine au concours régional, la Société d'agriculture pourrait organiser une exposition collective, d'autant mieux que les cultivateurs qui prennent part à l'exposition collective peuvent également concourir pour les concours spéciaux, en remplissant les conditions exigées pour cela.


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M. Papillon donne lecture de son rapport sur un travail de M. Denaiffe, relatif à la cuscute et à sa destruction. Sur sa demande, ce travail sera inséré dans nos Annales.

M. Bénard dit que la commission de visites des fermes, pour les petite et moyenne cultures, a terminé son travail. Il demande, au nom du jury, que la Société veuille bien voter deux médailles de vermeil, une d'argent et deux de bronze. Cette demande est acceptée, et l'assemblée autorise le président à accorder au jury de visite des fermes de grande culture et au jury des machines, les médailles supplémentaires dont la nécessité serait reconnue.

A quatre heures moins un quart, la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 3 JUILLET 1886

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à 2 heures 1/4.

Il est donné lecture du procès-verbal de la séance tenue le 5 juin qui est adopté sous la réserve suivante :

M. Butel ayant fait observer que la brochure sur l'application des nouveaux tarifs kilométriques des chemins de fer a été déposée par lui aussi bien au nom du Syndicat du commerce et de l'industrie à Meaux, qu'à celui de l'auteur, M. Théodore Plicque, entrepreneur de carrières en cette ville, il est décidé que mention en sera faite au procès-verbal ' de la présente réunion.

M. Gatellier ajoute qu'à, la prochaine séance, il y aura lieu d'étudier la délibération du conseil général aux termes de laquelle la répartition des subventions est fixée non seulement suivant l'importance des arrondissements, mais encore en considération des titres qu'ils ont à faire valoir. « Nous n'aurons pas, dit-il, beaucoup de peine à produire les nôtres. »

M. le président rapporte que la commission nommée le 5 juin pour prier nos députés d'unir leurs efforts dans le but d'obtenir la mise à l'ordre du jour de la Chambre de la loi sur les droits d'entrée des produits agricoles s'est acquittée de sa mission. Elle n'a pu voir M. Prevet qui, lors de son arrivée au Palais-Bourbon, était retenu à la Chambre par la discussion de la loi sur les sucres, à laquelle il pouvait être appelé à prendre part ; mais elle a été reçue par


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MM. Humbert et Montaut. Depuis, la Chambre a voté deux fois sur la priorité de la loi sur les céréales et il paraît regrettable que tous nos députés n'aient pas voté en sa faveur.

M. Butel explique qu'au 1er scrutin tous nos députés sauf M. Lefebvre, ont voté pour; mais qu'au 28, MM. Montaut et Humbert se sont joints au député de Fontainebleau pour voter contre. On ne s'explique vraiment pas un changement d'opinion aussi rapide.

M. le président donne lecture :

1° D'une lettre de M. Montaut s'excusant de ne pouvoir assister au concours départemental de La Ferté-sous-Jouarre en raison d'un engagement précédemment pris par lui d'être présent à uns fête de gymnastique qui a eu lieu à Melun le même jour ;

2° D'une lettre de M. Humbert, conçue en des termes analogues. M. Humbert ajoute qu'il s'associera à toutes les mesures législatives qui seront prises dans l'intérêt de l'agriculture ;

3* D'une lettre de M. Méline, président de la commission des douanes, aussi, mais pour le motif qu'il doit employer cette journée même du dimanche à travailler dans le but d'obtenir du corps législatif une protection efficace pour les cultivateurs.

L'assemblée témoigne par ses applaudissements qu'elle apprécie complètement les raisons indiquées par M. Méline.

Sont admis, comme membres titulaires de la Société :

MM. Ledret, géomètre à Meaux; Félix Ribeyre, directeur de YEcho de la Brie ; Bahin, cultivateur à Noisemont, commune de Saint-Cyr ; Albert Robcis, cultivateur au Génitoy, commune de Bussy-Saint-Georges, présentés dans la dernière séance.

MM. Bourjot et Edouard Pasquier, présentent M. Eu-


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gène Barigny, receveur de rentes, rue de Martimprey, numéro 22, à Meaux.

MM. Ronssin et Duvoir, présentent M. Henri Lemoine, cultivateur à Montsoutin, commune de Tancrou.

MM. Bénard et Papillon présentent MM. Victor Thiébault, propriétaire à Brou et Chêneau, régisseur au même lieu.

MM. Gatellier et Papillon présentent M. Grandin, François-Maurice, propriétaire à Cocherel.

MM. Bénard et Albert Bernier présentent M. Emile Boisseau, cultivateur à Vinantes.

MM. Bichot et Rabourdin présentent MM. Aimé Rozé et Daniel Lepage, cultivateurs à Mareuil-lès-Meaux.

La chambre syndicale s'est réunie aujourd'hui même à 2 heures et a admis trente sept membres du syndicat, ce sont :

MM. Victor Serain, à Villemareuil ; Maria Duchesne, à Villemareuil ; Ferdinand Copeau, à Villemareuil ; RenéConstant Dantant, à Monthyon ; Louis Piettre, à SaintSoupplets ; Louis-François Monnet, à Favières, commune de La Ferlé-sous-Jouarre ; Victor-Isidore Cherrier, à La Fertésous-Jouarre ; Joseph-Eugène Bouquet, à Morintru, commune de La Ferté-sous-Jouarre ; Victor Parisy, à la Barre, commune de La Ferté-sous-Jouarre ; Alphonse-Joseph Boulanger ; Ernest-Gustave Parnot ; Emile Copeau, tous trois à Morintru, commune de La Ferté-sous-Jouarre ; Butel, Garmigny ; Charneceuil, commune de Saint-Cyr-sur-Morin ; Joseph-Honoré Maciet, Michel Briant, Eugène Lallier, Léon Robcy, Fulbert Thévenin, tous les cinq à Saint-Jean-lesdeux-Jumeaux ; Joseph Lecomte, aux Deux-Jumeaux, Alexandre Bayot, à Barassel ; Auguste-Martin Renoult, à Montretout, commune de Saint-Jean-les-deux-Jumeaux ; J.- B.-Paul Renoult, à Saint-Jean-les-deux-Jumeaux ; Cartier, à la Grange-Coulombs, commune de Coulombs ; Martin, à Coulombs; Adolphe Fournier, à Granchamp, commune de


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Jaignes ; Alfred Fasquel, à Jaignes ; Xavier Morel, au PlessisPlacy ; Théodore Delorme, à Tancrou ; Verdez, François, à Poinçy ; Louis Maciet, aux Aigrefins, commune de SaintJean ; Louis Daries, à Jaignes ; tous cultivateurs ; Emile Biez, propriétaire à La Ferté-sous-Jouarre ; Auguste-Amédée Pommier, pépiniériste à Saint-Martin, commune de La Ferté-sous-Jouarre; Alexandre Genouville, marchand de moutons à Crouy-sur-Ourcq ; Joseph Morel, propriétaire au Plessis-PlaCy.

Ces nominations sont approuvées par la Société.

Sur la proposition de M. le Président, il est décidé qu'une circulaire va être adressée à tous les membres de la Société qui sont cultivateurs, pour obtenir l'indication des engrais qui leur seront nécessaires à l'automne prochain.

M. Gatellier, lit une lettre de M. le comte de Moustier qui s'excuse de ne pouvoir assister à la séance, en raison de la santé des siens et adresse des remerciements au président de la Société pour les paroles flatteuses contenues dans l'exorde du discours qu'il a prononcé lors de la distribution des récompenses aux lauréats dit concours départemental.

M. de Moustier est heureux, dit-il, de constater que la Société a continué de prospérer sous la direction de M. Gatellier, et, pour persévérer dans cette voie, il engage le Syndicat de l'arrondissement de Meaux à s'affilier à l'Union gêné-. raie des Syndicats.

M. le Président fait remarquer que cette question est à l'ordre du jour de la présente séance; il expose que la Société des Agriculteurs de France a récemment procédé à deux créations :

Le Syndicat général, qui a pour but de venir à l'aide des Syndicats particuliers, de faciliter leur organisation et leur fonctionnement :

L'Union des Syndicats, dont l'objet est de centraliser les mesures à prendre dans l'intérêt des cultivateurs.


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La cotisation à payer pour faire partie de l'Union est de 0 fr. 10 par chaque membre du Syndicat, avec un maximum de 100 fr.

Après une observation de M. Martin (de Chessy), l'examen de cette question est renvoyée à la Chambre syndicale.

M. Ducrocq dit qu'il y aura peut-être lieu de recourir à une réunion générale du Syndicat, et M. le Président lui répond que l'attention de la Chambre syndicale sera également appelée sur ce point. D'ailleurs, sur la proposition de M. Butel, il est arrêté que cette Chambre fera un rapport qui sera publié avant le vote définitif.

M. Gatellier communique à l'assemblée une lettre qui lui a été adressée par un comité fondé dans le but d'offrir, à l'occasion de son centenaire, une médaille à M. Chevreul, le doyen des savants du monde entier, qui se plaît aussi à prendre le titre de doyen des étudiants.

Une souscription de 10 francs est votée pour cette médaille et le secrétaire est chargé d'en donner avis au comité.

M. le président rappelle que le procès-verbal de la dernière séance fait mention des expositions collectives qui ont eu lieu au concours de Lille et de celle que la société a l'intention d'organiser pour le prochain concours régional. Ceux qui voudront prendre part à cette exposition collective ou exposer en leur nom personnel devront présenter une gerbe avec ses racines et 20 litres de grains ; il est dès lors essentiel que cette disposition soit bien connue avant la moisson.

En ce qui concerne l'exposition collective, M. Bénard, vice-président s'inscrit pour une gerbe de blé et une gerbe d'avoine.

M. le président engage les sociétaires cultivateurs à suivre cet exemple.

M. Papillon dit qu'il y a urgence de décider dès maintenant si la société fera une exposition collective, attendu que


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pour la conservation des gerbes à exposer, il importe que l'on récolte un peu vert.

Sur la proposition de M. le président, l'exposition collective est décidée en principe et M. Papillon est nommé commissaire général. 11 accepte cette mission. L'assemblée arrête' aussi qu'une circulaire va de suite être envoyée à tous les cultivateurs membres de la société et du syndicat pour les inviter à prendre part à cette exposition et que les produits à exposer seront centralisés à l'entrepôt de M. Minost.

M. Gatellier demande si quelqu'un des membres présents a des observations à faire sur le concours départemental qui a eu lieu le 27 juin à La Ferté-sous-Jouarre.

M. Butel dit qu'il n'y a que des remercîments à l'adresse de notre président qui malgré le deuil cruel dont sa famille a été frappée a su organiser ce concours d'une façon absolument remarquable. Il propose de lui voter à ce sujet des remercîments.

Cette proposition est adoptée par acclamation.

Ensuite M. le président fait remarquer à l'assemblée que M. Méline, président de la commission des douanes, est aujourd'hui absolument converti à une surélévation des droits d'entrée sur les céréales qui devient de plus en plus nécessaire en raison du prix du fret. M. Jules Bénard, viceprésident de la Société dont les intéressants travaux ont déjà beaucoup contribué à éclairer la Chambre sur l'opportunité de protéger l'agriculture française, lui a fourni à ce sujet des renseignements très concluants dont il ressort qu'à un certain moment, le coût du transport d'un quintal de blé de New-York en France a été réduit jusqu'à soixante centimes, soit beaucoup moins que le prix du transport de Rouen à Paris.

M. Bénard explique que cette année l'étendue des ensemencements a un peu diminué en Amérique, mais que les apparences de la moisson étant très belles, celle-ci ,ser£ au


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moins aussi abondante que l'année dernière, tandis qu'en France, la récolte ne paraît pas pouvoir suffire pour les besoins de la consommation.

M. Lucy dit qu'il faudrait envoyer ces renseignements à tous nos députés, mais M. le président fait observer qu'il suffira.de les faire parvenir à ceux qui s'occupent de nos intérêts et spécialement à M. Méline.

En terminant, M. Gatellier propose d'adresser des remercîments à M. Paul Deschanel, député et ancien sous-préfet de l'arrondissement de Meaux, pour l'excellent discours qu'il a récemment prononcé à la Chambre en faveur de l'agriculture.

Ces remercîments sont votés à l'unanimité.

Rien n'étant plus à l'ordre du jour la séance est levée à trois heures et demie.


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PROCES-VERBAL DE LA SÉANCE DU 7 AOUT 1886.

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à 2 heures.

Après la lecture du procès-verbal de la séance de juillet, M. Papillon fait observer que, contrairement à ce qui est dit au sujet de la visite des trois délégués auprès des députés du département, M. Prévet s'est entretenu avec l'un d'eux et lui a fait les meilleures promesses.

MM. Barigny (Eugène), receveur de rentes à Meaux ; Lemoine (Henri), cultivateur à Montsoutin, commune de Tancrou ; Thiébaut (Victor), propriétaire, etChéneau, régisseur, à Brou ; Grandin (François-Maurice), propriétaire à Cocherel -, Boisseau (Emile), cultivateur àVinantes ; Rozé (Aimé) et Lepage (Daniel), cultivateurs à Mareuil-lès-Meaux, présentés à la dernière séance sont admis membres titulaires.

MM. Gatellier et Bénard, présentent M. Massin, banquier à Meaux.

MM. Gatellier et Lamiche, d'Ussy, présentent MM. Jacquet, cultivateur à Sammeron, et Couesnon, cultivateur à Hideuse commune de Jouarre.

MM. Bénard et Dubois, présentent MM. Félix Charpentier, cultivateur à Boyenval, commune de Coulombs ; Marie (Gustave), cultivateur à la Loge, commune de Doue et Couesnon (Honoré), cultivateur à Villers-Aulnay.

Sont admis membres du syndicat :

MM. Félix Emard, Auguste Vion, Alfred Villain, Désiré Viard, Paul Villain, Gilbert Marc, tous cultivateurs à Pen-


-42chard; RenéTrouet.EugèneManche, Alexandre Lefèvre.Simon Caussien, Louis-Alexandre Pierre, Hyacinthe-Eugène Leduc, tous cultivateurs à Chambry ; Alfred Barigny, propriétaire à Meaux, demeurant à Paris, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 48-50 ; Victor Courteau, meur.ier àEtrépilly ; Léon Garmigny, cultivateur et maire à Sept-Sorts ; Jules-Xavier Letrou, cultivateur à Vauharlin, commune de Luzancy, présentés à la dernière séance de la chambre syndicale.

M. le président donne lecture :

1* D'une lettre de M. Paul Deschanel, député, remerciant les membres de la société pour les félicitations qu'ils lui avaient adressées au sujet de son discours sur les céréales à la Chambre ;

2° D'une lettre'de MM. Fauvereaux et Girault, fabricants d'engrais à Paris, invitant M. le président à aller visiter leurs champs d'expériences de culture, situés à Pantin ;

3° D'une lettre du Comité Linier de Lille, qui adresse une médaille d'argent et deux de bronze, pour être distribuées, comme encouragement, à MM. Clain de Monthyon, Duval d'Eve (Oise) et Giot de Chevry-Cossigny, pour leur culture de lin.

M. Papillon est chargé de remettre ces médailles.

M.. Gatellier propose que le rapport très intéressant de M. le baron d'Avène, sur la culture sidérale, soit analysé. M. Petit Antoine est chargé de ce travail.

M. Gatellier donne connaissance :

1» Du rapport de M. Droz, au Conseil général, relatif aux inégalités de subventions accordées par l'Etat aux différents comices et sociétés d'agriculture du département ;

2» D'une lettre de M. le Préfet, demandant, conformément à la décision du Conseil général, quels sont les ressources, les besoins et les services rendus par la Société d'agriculture de Meaux, afin qu'il puisse être procédé à un nouvel état de répartition des dites subventions ;


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3° De sa réponse au Préfet, dans laquelle il démontre clairement, combien sont justes les revendications de la Société en ce qui concerne ces répartitions.

M. le Président dit qu'une lettre pour les demandes d'engrais a été envoyée à tous les membres du syndicat, afin qu'il puisse être procédé à une adjudication d'engrais, le28 de ce mois, et que plusieurs demandes de soumissionnaires ont déjà été adressées, entre autres celle du syndicat des agriculteurs de France.

Ensuite il donne lecture du voeu qu'il adresse au Conseil général, tendant à la réduction à 4 fr. 60 pour 100 de revenu net imposable de l'impôt foncier dans les départements, les arrondissements et les communes où cette moyenne est dépassée, voeu déjà émis l'année dernière dans la séance du 23 août, sur le rapport de M. Nivet, au Conseil général.

M. Butel rapporteur du projet de création d'une école d'agriculture pratique dans le département, conformément à la demande de M. Humbert, déclare que la commission, tout en n'admettant pas que les écoles d'agriculture pratique, puissent arriver immédiatement à modifier la mauvaise situation de l'agriculture, est d'avis de la création de ces écoles dans notre département.

Il fait observer qu'une année avant la proposition de M. Humbert, la société d'agriculture de Meaux a demandé au Conseil général la création d'une école de fromagerie à Charmentray, à laquelle on pourrait joindre une école pratique d'agriculture.

M. Papillon donne lecture de son rapport sur la maladie des blés deM.Chertemps. Aujourd'hui il paraît démontré que cette maladie n'est autre chose que la rouille des blés arrivée à un point extrême.

M. Antoine Petit rend compte que dernièrement, il a eu la visite d'un cultivateur du Vexin, venu tout exprès pour lui demander le moyen de produire du blé à 56 quintaux à


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l'hectare, avec un bénéfice de 1,450 fr., l'ayant lu dans un extrait d'une brochure de M. Grandeau. M. Gatellier fait observer que d'un autre côté, avec les mêmes données, M. Manteau arrive à trouver un prix de revient de 35 fr. le quintal. L'assemblée décide que ces deux exposés si contradictoires seront comparés l'un vis-à-vis de l'autre.

Ensuite M. le Président demande à l'assemblée son avis sur la récolte actuelle. Tout le monde, à peu près s'accorde à dire que la récolte est au-dessous de la moyenne.

Vu l'heure avancée, le rapport de M. Haubé sur les semoirs à engrais, la notice météorologique de M. Le Roy, et le rapport sur le champ d'expériences de la société sont ajournés.

A 4 heures 1/4 la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 4 SEPTEMBRE 1886.

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la séance d'août est lu et adopté.

M. Gatellier fait observer que le Conseil général a tenu compte des réclamations qu'il avait présentées au sujet de l'inégale répartition des subventions gouvernementales et départementales entre les divers arrondissements. Il a été décidé, en effet, que chaque arrondissement aurait une subvention de 500 fr. pour l'entretien d'un champ d'expériences. De plus, sur les observations de M. Dethomas, le Conseil général doit demander à l'Etat une somme plus forte, pour augmenter de 200 fr. l'allocation de la Société d'agriculture . de l'arrondissement de Meaux.

MM. Massin, banquier à Meaux ; Jaquet, cultivateur à Sammeron ; Couesnon, cultivateur à Hideuse, commune de Jouarre ; Félix Charpentier, cultivateur à Boyenval, commune de Coulombs ; Gustave Marié, cultivateur à La Loge, commune de Doue ; Honoré Couesnon, cultivateur à Villers, commune d'Aulnoy, présentés à la dernière séance, sont admis comme membres titulaires.

MM. Gatellier et Labouré, présentent M. Martin, cultivateur à Annet.

MM. Ronssin et Duvoir, présentent M. Bonnefoy, cultivateur à Maisoncelles.

MM. Moquet et Labouré, présentent M. Moquet fils, juge à Meaux.


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M. Le Chevalier fait connaître le nom des personnes admises comme membres du Syndicat à la dernière séance de la Chambre syndicale. Ce sont :

MM. Emile Harouard, cultivateur à Bussy-Saint-Georges ; Alphonse Vacher, cultivateur à Bussy-Saint-Georges ; Adonis Bernier, cultivateur à Chanteloup ; Alexandre Billard, cultivateur à Saint-Jean-les-deux-Jumeaux ; Clauzier, cultivateur à Bassevelle ; Mazart, cultivateur à Jouarre.

M. le Président remet à M. l'abbé Denis la médaille qui lui a été votée à la suite de ses beaux travaux sur l'agriculture dans Seine-et-Marne, depuis les temps anciens.

M. Gatellier donne lecture d'une circulaire du Comptoir général de commission et d'approvisionnement qui envoie diverses notices et instructions pour aidera la bonne expédition des produits qu'il se charge de vendre.

M. Gatellier donne lecture d'une lettre de M. Burger qui transmet à la société un mémoire sur l'épizootie des poissons d'eau douce par M. le docteur Liégey ; il charge M. Leroy de l'examiner et d'en rendre compte s'il y a lieu.

M. le Président rend compte de l'adjudication des fournitures d'engrais qui a donné d'excellents résultats. Voici les noms des adjudicataires et les prix des engrais rendus en gare du destinataire :

Phosphate fossile 0 fr. 22 le kilo d'acide phosphorique à M. Dudouy, à Paris.

Superphosphate minéral 0 fr. 51 le kilo d'ammoniaque à MM. Jéhu Lacroix et Ce, à Thrith-Saint-Léger (Nord).

Superphosphate d'os 0 fr. 65 le kilo d'acide phosphorique soluble dans l'eau à M. Dudouy, à Paris.

Nitrate de soude 1 fr. 40 le kilo d'azote à M. Dudouy...

Sulfate d'ammoniaque 1 fr. 47 le kilo d'azote à MM. Monnod et Voisins, rue des Ecouffes, à Paris.

Chlorure de potassium 0 fr. 385 le kil. de potasse au Crédit agricole, rue Marsollier à Paris.


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Le mélange d'engrais 0 fr. 75 le quintal aux conditions d'adjudication, à M. Dudouy.

M. Gatellier fait savoir que le jour de l'adjudication, M. Bellange, représentant la voirie municipale de Bondy, a offert aux membres du syndicat un rabais de 10 0/0 sur les matières fécales de Paris, desséchées en nature et les tourteaux organiques moulus de Bondy, dont le prix est fixé par sa circulaire à raison de 1 fr. 10 le kilo d'azote et de 0 fr. 40 le kilo d'acide phosphorique.

De même M. Rudault, représentant la maison Lesage, offre la poudrette sèche aux conditions de 1 fr. 10 le kilo d'azote et 35 c. le kilo d'acide phosphorique soluble dans le nitrate.

M. Gatellier entretient l'assemblée d'expériences à faire pour l'année prochaine. L'état de notre caisse, dit-il, ne nous permet pas de grosses dépenses ; nous avons décidé d'organiser une exposition collective au concours régional. On pourrait étudier les résultats comparatifs de l'emploi de l'acide phosphorique sous divers états, phosphate naturel, superphosphate, phosphate précipité. Des champs d'expérience pourraient être installés chez plusieurs cultivateurs dans des conditions diverses sous la direction d'une commission. Il propose la nomination d'une commission à cet effet. Cette motion est adoptée et sont désignés MM. le baron d'Avène, Aubry, de Chalifert, Aubry, de Villeroy, Martin, de Chessy, Gaillard, de Bussy.

M. Gatellier engage tous les cultivateurs qui voudraient avoir chez eux de ces champs d'expérience à se mettre en rapport avec la commission.

M. Paul Proffit donne lecture d'un rapport sur une visite au champ d'expérience de la société. Il est divisé cette année en 5 planches ensemencées en blé après betteraves, avoines après 2 blés, avoines après un seul blé, vesces, pois.

Puis M. Leroy lit une intéressante notice sur les signes météorologiques qui peuvent faire prévoir le temps.


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M. de Lignères, au nom de M. Houbé, lit le rapport sur le concours de semoirs à engrais à La Ferté-sous-Jouarre.

M. Gatellier fait connaître les résultats obtenus cette année à Luzancy avec différentes espèces de blé à grand rendement, Schériff, Roseau, Bordeaux. Ils ont donné :

Schériff 834 gerbes 1,795 k. grain pesant 72 k. l'hectolitre et 4 gr. les 100 grains.

Roseau 976 gerbes 2,037 k. grain pesant 71 k. 50 l'hectolitre et 4 gr. 2 les 100 grains.

Bordeaux 952 gerbes 3,046 k. grain pesant 76. k. 50 l'hectolitre et4 gr. les 100 grains.

Le nombre des mailles pleines était : pour le Bordeaux, de 75 °/o ; et pour le Schériff et le Roseau, de 60 % seulement; on doit en conclure que les différences de rendement observées tiennent à ce que la floraison du blé de Bordeaux s'est faite dans de meilleures conditions que celle des deux autres. Dans un autre terrain et une autre année, les résultats auraient pu être tout différents.

La conclusion à tirer, dit M. Gatellier, est qu'il y a avantage à mélanger dans la même pièce des variétés différentes.

M. Boisseau, de Vinantes, n'ayant pu venir à la séance pour développer sa proposition relative au transport des , ouvriers agricoles, la discussion en est renvoyée au mois prochain.

A quatre heures moins un quart, la séance est levée.


- 49 —

PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 2 OCTOBRE 1886

Présidence de M. GATELLIER, président

La séance est ouverte à deux heures.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Sont admis comme membres de la société :

MM. Martin, cultivateur à Annet, Bonnefoy, cultivateur à Maisoncelles et Moquet fils, juge à Meaux, présentés le 4 septembre.

MM. Bichot et Toupet présentent M. Blot, cultivateur à Trilport.

M. le Président cite les noms des membres du syndicat admis depuis la dernière séance; ce sont MM.Gibert Joseph, cultivateur à Pont-aux-Dames, commune de Couilly, Perrot, cultivateur à Fontainedain, commune de Citry, Massiot cultivateur au Limon, commune de Méry-sur-Marne, de la Garenne, propriétaire à Luzancy, Michel Jules, propriétaire à Citry, Rigabert, docteur-médecin à Saâcy, Cochet aux Plàtrières, commune de Bussières et à Pisseloup, commune de Pavant (Aisne), Fouque, cultivateur à Ussy et Renier Armand à Saint-Germain-lès-Couilly.

M. le président donne lecture d'une lettre annonçant l'envoi par le ministère de l'agriculture d'une somme de 700 francs dont le cinquième devra être employé à la création d'un champ d'expériences.

La commission préposée aux expérimentations propose d'employer trois bandes de terrain actuellement disponibles à la culture de diverses espèces d'avoines.

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— 50 — Cette proposition est adoptée par l'assemblée. En outre M. Bichot se charge d'expérimenter dans ses terres diverses variétés de blé essayées en Danemarck dont M. Schribaux offre des graines à la société, si toutefois ces graines parviennent assez tôt pour être ensemencées en temps utile.

. M. le Président entretient ensuite la Société des décisions prises par la commission au sujet des expériences qui doivent être faites aux cultivateurs en ce qui concerne les engrais phosphatés et qui ont pour but d'étudier la question de savoir si les phosphates naturels peuvent avoir la même efficacité-que les superphosphates, ce qui serait très intéressant au point de vue des économies à réaliser par les cultivateurs. MM. Haran, cultivateur à Oissery, Benoist à Ëtrépilly, Lamiche à Dhuisy, Antheaume à Esbly et le président de la Société, M. Gatellier, se sont proposés pour faire des expériences.

L'assemblée ratifie la décision de la commission.

M. le président demande si quelqu'un des sociétaires a des observations à présenter au sujet de l'adjudication des engrais faite par le syndicat le 28 août dernier. Personne n'ayant demandé la parole, il explique que cette opération a été cette fois un peu tardive et que les livraisons n'ont pu avoir lieu aussitôt que certains cultivateurs l'auraient désiré. Ce sera un enseignement dont nous devrons tenir compte l'année prochaine.

M. Gatellier lit une lettre du secrétaire du syndicat agricole de Sens et une autre du syndicat agricole de Coulommiers, demandant des renseignements sur l'adjudication des fournitures d'engrais faite par le syndicat.

M. Le Chevalier est chargé d'y répondre.

M. le. Président entretient l'assemblée de la question de mise en adjudication de la fourniture des engrais de prin-


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temps et propose de fixer cette opération au mois de décembre prochain.

Cette proposition est adoptée.

M. le Président ajoute que la Chambre syndicale s'est aussi occupée de la fourniture de petites graines et que M. Jules Bénard, vice-président dé la Société, aété chargé de dresser le cahier des charges de concert avec M. Schribaux.

Les expériences se sont faites à l'Institut agronomique, et s'il n'est pas possible d'adjuger des mélanges, on provoquera des offres et demandes à des prix déterminés.

M. le comte de Moustier demande si l'on n'aurait pas plus de chances d'obtenir des conditions de bon marché en recourant à une adjudication proprement dite.

M. Gatellier répond que cette opération a été tentée par le Syndicat général, mais n'a pu réussir.

Est alors agitée la question de l'adjonction du Syndicat à l'Union syndicale des agriculteurs de France. La cotisation à payer serait de 10 centimes par membre sans pouvoir dépasser 100 francs. M. le Président expose qu'une réunion générale du Syndicat lui paraît nécessaire pour voter l'adhésion et demande s'il n'y a pas lieu d'attendre la réunion qui, d'après les statuts, doit avoir lieu en janvier prochain.

Aprèsune discussion à laquelle prennentpartMM. le comte de Moustier, Haran et Butel et d'où il ressort que les cultivateurs ont intérêt à ce que l'union soit faite dans le plus bref délai possible, en considération surtout des délibérations qui peuvent s'ouvrir prochainement à la Chambre sur l'élévation du droit d'entrée des céréales, il est décidé qu'une réunion générale du Syndicat aura lieu le premier samedi de novembre. ,

M. le Président communique à l'assemblée un article de M. Grandier sur l'emploi que l'on fait actuellement en Suisse du petit-lait, résultant de la fabrication jdes fromages.


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Jusqu'alors ce produit n'avait été employé que pour la nourriture des porcs, mais on sait que chaque litre contient 4 à 5 grammes de sucre ; une usine s'est établie pour traiter le petit-lait, et dans quelques fromageries on a recours à l'évaporation. Le sucre obtenu par ces procédés se vend de 100 à 110 francs les 100 kilogrammes.

L'ordre du jour appelle une autre communication à faire par le Président au sujet de l'apparition du mildew dans nos vignobles et des moyens d'y remédier.

M. Gatellier dit que durant le cours de cette année, cette maladie s'est répandue d'une façon à peu près générale ; ses caractères sont les suivants : des taches blanchâtres formées par une espèce de champignon apparaissent sous la feuille, qui ne tarde pas à jaunir, se dessèche et tombe, arrêtant plus ou moins la végétation de la vigne.

Divers traitements ont été employés pour prévenir ou guérir cette maladie.

M. le Président en cite quelques-uns :

Un premier qui consiste à bassiner les ceps avec une dissolution de 500 grammes de sulfate de cuivre par hectolitre d'eau.

Un autre qui consiste à utiliser la Bouillie Bordelaise. Celle-ci se compose de 6 à 8 kilogrammes de sulfate de cuivre dissous dans un hectolitre d'eau auquel on ajoute un lait de chaux comprenant 15 kilogrammes de chaux et 30 litres d'eau ; le mélange doit se faire avec plusieurs baguettes réunies en faisceau afin d'obtenir un tout bien homogène.

M. le Président ajoute qu'on a craint que le raisin et par conséquent le vin ne fussent empoisonnés par le sulfate de cuivre. Mais le docteur Brouardela élucidé la question. Dans la bouillie Bordelaise, le sulfate de cuivre se combine avec la chaux pour former du plâtre absolument inoffensif.

Le mélange étant versé dans un baquet, on asperge les feuilles avec un balai. On peut aussi employer un pulvérisa-


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— 53 —

teur ; mais les substances en suspens dans la bouillie obstruent fréquemment les trous de cet instrument.

Quant à l'époque où ce remède doit être employé, M. Gatellier explique que c'est au mois de juin, ou mieux au moment où la maladie attaque les feuilles, attendu que l'opération retarde la végétation de la vigne, nuit au développement du raisin et n'est d'aucune utilité si la maladie ne se produit pas.

M. Butel indique un traitement préservatif qui consiste à employer des échalas et des liens ayant trempé dans une dissolution de sulfate de cuivre. Il ajoute que l'emploi de cette dissolution est suffisante dans tous les cas et ne présente pas l'inconvénient de boucher les trous du pulvérisateur.

M. Gatellier explique qu'au congrès viticole de Bordeaux, la bouillie Bordelaise a prévalu par les raisons de sécurité qu'elle offre au point de vue de la santé publique.

M. Borgnon termine cet échange d'observations en informant l'assemblée que l'administration a fait afficher dans toutes les communes un placard indiquant les moyens préservatifs et curatifs à employer contre les maladies de la vigne causées par le phylloxéra et le mildiou, il offre d'en envoyer un exemplaire à la Société.

Cette proposition est acceptée.

Rien n'étant plus à l'ordre du jour, la séance est levée à 4 heures 1/4.


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Assemblée générale extraordinaire

DU

SYNDICAT AGRICOLE

ET DE LA

SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE

De l'Arrondissement de Meaux »U 6 NOVEMBRE 1886

Présidence de M. GATELLIER, Président

La séance est ouverte à deux heures.

M. Gatellier prend la parole ; il indique le but de la réunion qui est de soumettre au Syndicat un projet d'association avec l'Union des Syndicats de la société des agriculteurs de France. Il profitera de cette réunion pour entretenir l'assemblée des graves intérêts de l'agriculture, qui sont en discussion en ce moment.

Mais avant d'aborder ces questions, il retrace la formation du Syndicat, qui comprend, outre 254 membres delà Société d'agriculture, 163 adhérents. Déjà une adjudication d'engrais a eu lieu ; elle a porté sur 3,180 quintaux d'engrais et a produit les résultats les plus avantageux. Une nouvelle adjudication va avoir lieu prochainement pour les engrais du printemps, et il sera introduit dans le cahier des charges certaines modifications que l'expérience a fait juger utiles. Il sera procédé également, au milieu de décembre, à l'adjudication des semences de printemps ; un cahier des charges très étudié a été établi dans ce but. Les semences à fournir devront avoir un degré de pureté déterminé et une faculté germinative bien définie pour chaque espèce. Plus tard, on


.. — 55 — cherchera également à faire une adjudication de tourteaux pour la nourriture des animaux.

Passant alors à la question qui fait l'objet principal de la réunion, M. Gatellier fait connaître l'existence del'Uniondes Syndicats des agriculteurs de France, fondée sous le patronage de la Société des agriculteurs de France. Cette union a pour objet général le concert des Syndicats unis pour la défense des intérêts économiques agricoles. Il indique les principaux avantages qui résulteraient pour nous d'une affiliation à cette Union, notamment la possibilité de'jouir de la réduction obtenue, par cette société, d'un nombre de constructeurs et entrepositaires de machines et produits agricoles, au profit de tous ses membres ; ces réductions varient de 5 à 50 0/0. En outre, cette Union pourra, si le Syndicat s'associe à elle, par ses relations, augmenter le nombre des fournisseurs prenant part à nos adjudications, et nous donner des renseignements sur eux.

Quant aux charges de cette association, elles sont minimes : chaque Syndicat adhérent doit payer annuellement une cotisation de dix centimes par membre, sans que le total puisse dépasser 100 fr. Ainsi, d'après le nombre actuel des membres de notre Syndicat, la cotisation à payer serait de 41 fr. 70.

Après quelques observations de M. Martin (de Chessy) et quelques explications de M. le comte de Moustier, la réunion de notre Syndicat à l'Union des Syndicats des Agriculteurs de France est votée à l'unanimité.

M. Gatellier demande alors à la réunion s'il ne lui paraîtrait pas utile, dans les circonstances actuelles, de décider qu'il y a lieu de faire une démarche auprès des pouvoirs publics, comme l'ont déjà fait les sociétés des agriculteurs du Nord et du Pas-de-Calais, afin d'obtenir la satisfaction que demande l'agriculture tout entière, au sujet de l'augmentation des droits de douane sur les céréales et sur les bes-


tiaux. Si l'assemblée est de cet avis, ne jugerait-elle pas bon que la délégation demandât en même temps la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie?

M. J. Moquet demande la parole. Tout en approuvant les idées de M. Gatellier, il croit que la nomination d'une commission chargée d'aller porter les voeux de la Société et du Syndicat, soit à M. le Président de la République, soit à M. le Ministre de l'agriculture, ne serait pas une mesure suffisante. En présence de l'hésitation de la Chambre et de l'hostilité de la presse parisienne, dont certains organes des plus importants et des plus répandus publient chaque jour des articles de nature à égarer l'opinion publique, il est nécessaire d'assurer le triomphe de la cause agricole par une manifestation imposante.

Il donne lecture d'un article du journal La France, rendant compte, en la critiquant, de la démarche faite par la délégation de la Société des Agriculteurs de la Somme, ayant à sa tête M. Dauphin. Il montre que contrairemsnt à ce que soutient le journal La France, avec les moyens actuels, l'agriculture ne peut se relever uniquement par une augmentation de rendement dans les récoltes. Ayant déjà de la peine à trouver à vendre ses produits, que serait-ce si la production était augmentée?

Il propose l'organisation à Paris d'un congrès national auquel tous les membres des Syndicats, Comices et Sociétés agricoles de France seraient convoqués. La Société d'agriculture de Meaux, dit-il, doit prendre l'initiative de la réunion de ce congrès, il craint que si l'organisation en était laissée à la Société des Agriculteurs de France, le résultat n'en tût pas aussi indiscutable, car cette société est tenue en suspicion par la presse parisienne qui l'accuse, bien à tort il est vrai, de n'être qu'une aristocratie de grands propriétaires ennemis du gouvernement. Il croit que la réunion de ce congrès ne dépasserait pas les forces de notre Société et il indi-


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que les moyens qui lui paraissent les plus efficaces pour réussir. Il estime que 50,000 cultivateurs venus des différents points de la France pourraient assister à un immense congrès au Trocadéro ; alors la manifestation qui en résulterait aurait certainement une grande influence sur les décisions de la Chambre et du gouvernement.

M. Butel a une idée plus modeste tout en demandant plus que M. le président. Il voudrait que la demande proposée par lui fût faite non pas seulement par une délégation de la Société d'agriculture et du Syndicat de l'arrondissement de Meaux, mais par une délégation émanant de tous les membres des Sociétés et Syndicats agricoles du département ; on arriverait ainsi beaucoup plus vite qu'avec un congrès général et on aurait beaucoup plus de force qu'avec une simple délégation de la Société.

M. le comte de Moustier est heureux de voir qu'au fond les idées de tous sont à peu près les mêmes et que tout ce qui, sous une forme ou une autre, tend à populariser nos revendications,a l'assentiment de tous les membres du Syndicat. Mais aujourd'hui il faut chercher ce qui peut porter coup promptement, car il est nécessaire d'arriver vite. Or, la proposition de M. Moquet ne remplirait probablement pas ce but ; l'organisation d'un congrès général exigerait forcément un certain temps et M. Moquet se fait illusion quand il suppose que la presse parisienne serait plus favorable à un congrès organisé par une Société autre que la Société des agriculteurs de France II croit qu'une délégation départementale serait bonne, mais qu'un congrès arriverait un peu tard.

M. Ducrocq pense également qu'il faut agir et qu'il faut agir vite. Il se rallie donc à la proposition de M. Butel, mais selon lui il ne faut pas abandonner celle de M. Moquet. Ce qu'il faut aujourd'hui c'est produire une certaine agitation dans l'agriculture. A la Chambre, quand il s'agit d'ouvriers


— 88 — qui se lèvent en masse et font valoir leurs revendications d'une façon beaucoup trop violente, immédiatement on s'occupe d'eux pour leur donner satisfaction ; mais si une question agricole surgit, on l'ajourne et on cherche à l'enterrer. Or il est temps de faire voir qu'à l'agriculture appartiennent les gros bataillons et que si elle a le droit, elle aurait aussi la force pour elle le jour où elle le voudrait. Il propose en conséquence de se rallier aujourd'hui à la motion de M. Butel et de reprendre ensuite celle de M. Moquet.

M. Butel demande que la réunion départementale ne soit pas composée de délégués seulement, mais de tous les membres des Sociétés d'agriculture et Syndicats agricoles du département; M. Moquet se rallie à cette proposition.

M. Gatellier fait remarquer qu'il faut agir vite et que nous ne pouvons de notre propre autorité convoquer les membres des autres Sociétés sans avoir consulté leurs bureaux.

Après diverses observations il est décidé qu'on convoquera pour le mercredi 17 novembre, au siège de la Société des Agriculteurs de France, les membres des bureaux de toutes les Sociétés, Comices et syndicats agricoles du département ainsi que MM. Butel et Moquet ; on leur exposera ce qui a été fait dans la séance de ce jour et on les invitera à se joindre à nous pour mettre à exécution le plus promptement possible la proposition de M. Butel.

L'ordre du jour étant épuisé la séance générale du Syndicat est terminée et la séance de la Société d'agriculture commence par la lecture du procès-verbal qui est adopté sans observation.

M. Blot, cultivateur à Trilport, présenté à la dernière séance est admis comme membre titulaire.

MM. Ducrocq et Pérard présentent M. Tournadour, avoué à Meaux.

MM. Labouré et Gatellier présentent M. Thomine, cultivateur à Meaux.


— 59 -

MM. Bénard et Gatellier présentent MM. Bourgeois, et Joseph Martin, professeur au collège de Meaux.

M. Gatellier fait connaître la mort de M. Coudray, propriétaire à Montévrain et la démission de M. Camuset qui a quitté la sucrerie de Villenoy.

M. Le Chevalier donne connaissance des noms des personnes qui se sont fait inscrire depuis la dernière séance comme membres du Syndicat ; ce sont MM. Eugène Duferrier, cultivateur à Certigny, commune de Coulombs, Charles Cherret, cultivateur au même lieu; Terré, cultivateur à Méry; Alphonse Blondel, cultivateur à Saint-Soupplets ; Alphonse Trumelet, cultivateur au même lieu.

M. le Président donne lecture d'une lettre du président de l'Union du commerce et de l'Industrie, demandant la nomination de délégués pour assister à une réunion qui aura lieu à l'Hôtel des Chambres syndicales le 17 novembre prochain. MM. Bénard et Butel sont désignés.

M. Bichot donne lecture de son rapport sur les résultats du champ d'expérience en 1886. Ces résultats prouvent que c'est surtout l'azote qui manque à la terre ainsi que la chaux et l'acide phosphorique, mais que la potasse est en suffisante quantité.

Il y a encore une remarque à faire, c'est que le blé Schériff qui avait produit après betteraves l'année dernière 33 quintaux au minimum et 41 quintaux au maximum n'a produit cette année que 18 quintaux au minimum et 30 quintaux au maximum.

A quatre heures moins un quart, la séance est levée.


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PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 4 DÉCEMBRE 1886

Présidence de H. GATELLIER, président.

La séance est ouverte à deux heures. >

Le procès-verbal de la séance de novembre est lu et adopté.

MM. Tournadour, avoué à Meaux ; Thomine, cultivateuréleveur à Meaux; Bourgeois, professeur au collège; Martin, Joseph, professeur au collège, présentés à la dernière séance, sont admis comme membres titulaires.

M. Le Chevalier donne connaissance du nom des nouveaux membres qui se sont fait inscrire pour faire partie du Syndicat, ce sont :

MM. Franche, cultivateur à Luzancy; Legrand, cultivateur au Petit-Villiers, commune de Bassevelle ; Paulé, LouisDenis, propriétaire à Pierrelevée ; Vasseur, cultivateur à Vaux-sous-Coulombs ; Lefèvre, cultivateur à Moras ; Marteau, cultivateur à Courcelles, commune de Jouarre; Pétré, Georges, cultivateur à Luzancy; Bourgeois, François, cultivateur à Pierrelevée.

MM. Bourgeot et Aubry présentent M. Lamiche, Léon, cultivateur à Herviliers.

MM. Le Chevalier et Dupont présentent MM. Boisseau, Félix, cultivateur à Maufegard et Anquetil, Edmond, cultivateur à Stains, commune de Villeneuve-sous-Dammartin.


— 61 — Messieurs, dit M. Gatellier, nous avons à déplorer la perte d'un de nos sociétaires, M. Le Roy, membre de notre Société d'agriculture depuis trente ans ; il remplissait depuis vingt ans les fonctions de bibliothécaire-adjoint avec un zèle et un dévouement que vous avez pu apprécier et que le grand âge n'a jamais pu abattre. Il apportait tous ses soins aux nombreuses collections qui garnissent la salle de nos séances. Parmi toutes les publications qui nous arrivent chaque année de tous les départements de la France et de l'étranger, il savait choisir avec discernement tout ce qui pouvait intéresser l'Agriculture de notre contrée. Son activité infatigable, son profond savoir embrassaient toutes les branches de la science et il a laissé dans tous les bulletins que notre société a publiés depuis trente ans des notices sur les sujets les plus divers. Cet aimable vieillard apportait toujours dans nos banquets la note gaie. Dans ces occasions il se plaisait à nous réciter avec une bonne humeur charmante, de petites poésies qu'il avait composées lui-même. Notre bureau perd en M. Le Roy un collègue sympathique et la Société d'Agriculture un membre actif et dévoué.

M. Gatellier donne lecture de la pétition suivante : A Monsieur le Président du conseil municipal de Paris :

Monsieur le Président,

Les Sociétés d'Agriculture, Syndicats agricoles et Comices agricoles du département de Seine-et-Marne ont l'honneur de vous exposer les faits suivants qui intéressent à la fois les finances municipales de Paris et l'Agriculture française :

Depuis un temps immémorial l'avoine était à peu près le


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seul grain employé à l'alimentation des chevaux, tout au moins dans la région du Nord et du Centre de la France ; aussi lors de l'établissement des droits d'octroi dans la ville de Paris, les seuls grains soumis à la taxe d'entrée ont été l'avoine au droit de 1 fr. 25 en principal ou 1 fr. 50 avec les décimes par quintal de 100 kilos, et l'orge au droit de 1 fr. 60 en principal ou 1 fr. 92 avec les décimes.

Ces droits ont produit pour l'exercice 1883 : pour l'avoine, sur 1,996,203 quintaux, la somme de 2,994,362 fr. et pour l'orge, sur 31,042 quintaux, la somme de 59,615 fr.

Mais depuis quelques années, 12 ans environ, les choses ont bien changé ; l'absence du droit d'octroi sur les maïs de l'Inde et des Etats-Unis a amené plusieurs entreprises de transport à substituer, en plus ou moins grande quantité, le maïs à l'avoine dans l'alimentation de leur cavalerie ; ainsi, et pour ne citer qu'un exemple, la compagnie générale des Omnibus composait pour l'année 1885 la ration journalière par cheval : avoine 2 k. 816, maïs 5 k. 125 et elle arrivait ainsi à consommer au total pour la dite année 1885, avoine 119,488 quintaux au prix de 17 fr.50 par quintal et maïs 217,471 quintaux au prix de 14 fr.89 par quintal, ces derniers non soumis, bien entendu, aux droits d'octroi.

Mais aux 12,565 chevaux que possédait au 31 décembre 18851a compagnie des Omnibus, il faut pour obtenir la quantité probable de maïs consommé dans Paris, ajouter la cavalerie des petites voitures, des urbaines, des tramways nord et sud et divers autres établissements qui emploient le maïs.

Sans exagération on peut évaluer à 90.000 têtes environ les chevaux nourris au maïs dans Paris à raison de 5 k. en moyenne par jour, soit une consommation de 1,500 quintaux par jour et par an de 547,500 quintaux qui, s'ils avaient acquitté la même taxe que l'avoine auraient produit une recette annuelle de 821,250 fr.


— 63 — Ces chiffres sont d'autant plus graves au point de vue des finances municipales, que, si la tarification actuelle persiste, la consommation continuera probablement sa marche ascensionnelle au préjudice de celle de l'avoine.

Avant de finir cet exposé, nous croyons devoir ajouter une considération d'un intérêt général.

Est-il conforme aux principes d'égalité qui nous régissent de taxer un produit français et d'exempter en même temps un produit exotique dont la destination est similaire?

Le producteur français est porté naturellement à dépenser dans Paris, où il a vendu sa marchandise, une partie au moins du prix, tandis que par la même raison l'expéditeur étranger dépense son prix dans son propre pays; de là une perte pour le commerce de Paris.

Nous croyons utile de développer cette considération qui ne peut manquer de frapper l'esprit patriotique du conseil.

En résumé, et nous basant avant tout sur les principes d'équité et d'égalité, nous demandons au conseil municipal de Paris de vouloir bien prendre les mesures nécessaires pour que, dans le délai le plus rapproché, l'avoine et le maïs soient assimilés, quant aux droits d'octroi, à l'entrée dans la ville de Paris.

Nous nous applaudirions doublement si cette assimilation pouvait être obtenue au moyen d'un dégrèvement proportionnel sur l'avoine.

On a objecié que le décret du 12 février 1870 ne comprend pas le maïs dans les denrées imposables à l'octroi des villes mais on a oublié que la loi de 1884 sur l'organisation municipale (art. 137) autorise les conseils municipaux à soumettre aux droits les marchandises non comprises au tarif général ; seulement, leurs délibérations doivent, dans ce dernier cas, être soumises à l'approbation du Président de la République,


tandis que dans le premier cas l'approbation préfectorale suffit. Ce n'est donc qu'une question de compétence.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'expression de nos sentiments les plus distingués.

Signé : JOSSEkU,

Président du Comice agricole de l'arrondissement de Coulommiers, Société d'Agriculture de Rozoy.

Signé : MARC DE HAUT,

Président du Comice des arrondissements de Melun, Fontainebleau et Provins.

Signé : E. GATELLIER,

Président de la Société d'Agriculture, du Comice et Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux.

M, Gatellier fait savoir qu'il n'a pas cru devoir attendre la réunion de la Société pour apposer sa signature au bas de cette pétition, et il a pensé suivre les idées de la Société en s'y associant. L'assemblée consultée, approuve à l'unanimité la conduite de son président.

Depuis la dernière réunion, M. le Président a convoqué à Paris, les membres des bureaux de toutes les associations agricoles du département, ainsi que les députés et sénateurs. A cette réunion, il a été décidé qu'une délégation, composée des présidents des diverses associations, se rendrait auprès du Président du conseil et du Ministre de l'agriculture, pour demander la mise à l'ordre du jour immédiate de la loi des droits de douane, et la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie. Cette démarche a été faite ; mais malheureusement, elle a eu lieu le matin même de la démission du cabinet.

S'inspirant de notre idée, la Société des Agriculteurs de France invite des délégués de toutes les associations agricoles de France à Paris, pour décider les démarches à faire pour


-. 65 —

hâter la solution des questions de douane et la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie. Sont nommés comme délégués: MM. Bénard, Moquet, Papillon, Butel, Bourjot, Lenfant et Mùller.

M. Gatellier donne connaissance du cahier des charges pour l'adjudication des semences, et des modifications apportées au cahier des charges pour l'adjudication des engrais.

Il dépose sur le bureau une brochure intitulée : Etude sur la culture des blés. Recherche de l'influence de la quantité de semences, au point de vue de la récolte, sur certaines variétés. Expériences faites dans le champ d'essais départemental de Seineet-Marne, à Courquetuine, par M. Hardon.

M. Martin lit un très intéressant rapport sur les phosphates. 11 étudie les différents étatssouslesquelsl'acide phosphorique peut être employé commme engrais, et l'économie qu'il pourrait y avoir à s'en servir à un état plutôt qu'à un autre.

A quatre heures la séance est levée.

Le Secrétaire, E. DE LIGNIÊBES.



DEUXIEME PARTIE

COMPTE RENDU

DE LA

SEANCE TENUE A PARIS 1E 11 NOVEMBRE

Par les bureaux des Sociétés d'Agriculiure Comices et Syndicats agricoles du département de Seine-et-Marne

Conformément à une décision prise dans la séance générale du Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux, M. Gatellier avait convoqué pour le 17 novembre, à Paris, les membres des bureaux des diverses Sociétés et Syndicats agricoles du département ; il avait également invité à cette réunion MM. les Sénateurs et Députés de Seine-et-Marne.

A une heure, se trouvaient réunis dans une des salles de la Société des agriculteurs de France, M. Dufraigne, sénateur, MM. Lefebvre, Montaut, Prevet et Humbert, députés, MM. les membres du bureau de la Société d'Agriculture, Comice et Syndicat de l'arrondissement de Meaux, de la Société d'Agriculture, Comice et Syndicat agricole de Rozoy, de la Société d'Agriculture et Syndicat agricole de Melun, de la Société d'Agriculture et Syndicat agricole de Fontainebleau, du Comice de Melun-Fontainebleau et Provins, du Syndicat agricole de Provins.

Prennent place au bureau, MM. Gatellier, De Haut, Josseau, ainsi que MM. les Sénateurs et Députés : M. de Lignières, secrétaire de la Société d'Agriculture, Comice et Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux, remplit les fonctions de secrétaire.

M. Gatellier expose le but de la réunion qui est d'organi-


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ser auprès des pouvoirs publics des démarches pour activer la solution des. questions de surélévation des droits de douane sur les céréales et les bestiaux et de dénonciation du traité de commerce avec l'Italie.

M. Gatellier propose d'appuyer les droits indiqués par les différentes commissions. M. Delamarre estime que ces droits sont trop faibles et qu'il vaut mieux en réclamer de plus élevés. M. De Haut fait observer que le but de notre réunion ne doit pas être de recommencer la discussion sur les chiffres des droits. En ce moment la question à la Chambre est de savoir si l'on s'occupera ou si l'on ne s'occupera pas de nous. Dans un certain parti on a l'idée d'ajourner la discussion et d'empêcher nos défenseurs de parler. Le but de notre démarche doit donc être de demander au ministre de sortir de celte neutralité, qu'on peut appeler une neutralité armée, et d'insister pour que la discussion commence, de montrer au président du conseil le danger qu'il y a à laisser consommer la ruine de l'agriculture et à laisser grandir le mécontentement qui augmente de jour en jour.

M. Gatellier explique alors la question de dénonciation du traité de commerce avec l'Italie : il indique l'utilité de cette dénonciation et demande à l'assemblée si elle est d'avis de charger également de cette demande les délégués qui se rendront auprès des représentants des pouvoirs publics.

31. Prevet fait observer que tout le monde actuellement est d'accord sur la question des droits de douane et sur la nécessité de la mise à l'ordre du jour aussitôt après la discussion du budget. Quant à la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie tout en ayant personnellement l'intention formelle de la voter, il croit que la question n'est pas bien connue de tout le monde et qu'il serait utile, en la demandant au ministre, d'apporter un exposé de motifs à l'appui.

11 est alors décidé que des démarches seront faites auprès


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du président du conseil et du ministre de l'Agriculture pour demander la mise à l'ordre du jour de l'augmentation des droits de douane sur les céréales et les bestiaux et de la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie. Cette démarche sera faite par une délégation composée des Présidents des Sociétés agricoles : MM. Gatellier, Marc de Haut, Josseau, de la Rochette, Guyon, et Bouvrain. Messieurs les députés sont chargés d'obtenir une audience pour la délégation.

M. Muret, président du syndicat de la distillerie agricole, dit que dans une réunion que vient de tenir ce syndicat il a été chargé de porter au président du conseil un voeu demandant le relèvement des droits sur le maïs. L'assemblée l'autorise à se joindre à la délégation précédemment nommée.

M. Butel désirerait que la délégation ajoutât un TOU fortement motivé pour qu'à l'avenir l'on ne nourrisse pas les chevaux de l'armée avec des avoines étrangères.

Sur l'observation de M. de Haut qu'il vaut mieux ne pas trop étendre les demandes, qu'on court risque en les multipliant de laisser moins d'importance à chacune, l'adjonction proposée par M. Butel n'est pas admise.

Avant que M. Gatellier ne lève la séance M. Montaut tient à déclarer que les représentants du département de Seine-etMarne n'ont jamais oublié qu'ils représentent un département essentiellement agricole et il saisit cette occasion pour affirmer que tous ils sont sincèrement dévoués aux intérêts agricoles et prêts à appuyer les revendications de l'agriculture.

M. Lefebvre avait pensé que les députés, en assistant à cette réunion, ne devaient y être que comme simples auditeurs, pour s'éclairer et non pour formuler leur opinion. Mais, après les paroles précédentes, il croit devoir protester et faire savoir que quand la droite demandait bruyamment la mise à l'ordre du jour de la question des droits de douane, c'était une simple manoeuvre contre le gouvernement; car


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elle savait bien que cette mise à l'ordre du jour était tout à fait impossible, aucun'rapport n'étant prêt : ils ne viennent d'être déposés que tout récemment, et là discussion n'en pourra avoir lieu qu'après le budget.

M. Antoine Petit répond à M. Lefebvre que les pires ennemis du gouvernement sont ceux qui laissent périr l'agriculture et opposent des fins de non-recevoir à toutes ses trop justes revendications.

M. Butel dit que, quand nos honorables représentants se sont présentés au suffrage des électeurs, il avait été compris par tout le monde qu'ils étaient tous les cinq d'accord, nonseulement sur les questions politiques, mais aussi sur les questions économiques. Depuis lors, on a été très étonné de les voir- se diviser sur les votes les plus importants concernant l'Agriculture. Or, ils doivent savoir que Seine-et-Marne est un département essentiellement agricole, et que l'agriculture y est la clef de tout travail. Par suite de la crise agricole, les cultivateurs souffrent, paient mal les propriétaires, qui, par suite, restreignent leurs dépenses, et les ouvriers voient forcément diminuer leurs salaires.

M. Dufraigne croit que tout le monde est d'avis d'activer le plus possible la solution de la question des droits dédouane, et il s'engage, quand le Sénat en sera saisi, à travailler de tout son pouvoir à en hâter la solution.

L'assemblée, à l'unanimité, vote la proposition de M. de Haut, de demander aux pouvoirs publics de hâter la discussion de la question des droits de douane, sans parler de la quotité de ces droits.


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RAPPORT

SUR LA QUESTION DE DENONCIATION

DO

TRAITE DE COMMERCE! AVEC L'ITALIE

Nous avons en France au point de vue agricole et industriel beaucoup de produits qui s'écoulent dans de mauvaises conditions parce que les produits étrangers similaires nous font, dans notre propre pays, une concurrence acharnée, ces produits pouvant être obtenus à l'étranger, à meilleur marché pour des causes diverses.

On a cru pendant quelque temps, et certains journaux ont contribué à propager cette idée, que notre mauvaise situation économique dépendait de l'article 11 du traité de Francfort qui nous avait été imposé à la suite de la guerre de 1870. C'était une erreur complète, attendu que l'article 11 du traité de Francfort admet pour les deux pays, la France et l'Allemagne, le traitement de la nation la plus favorisée, au point de vue douanier, par rapport à certains Etats bien déterminés.


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Si les produits français paient généralement plus cher pour entrer en Allemagne que les produits Allemands pour entrer en France, cela tient aux deux causes suivantes :

1» Nous avons établi un tarif général de douanes plus bas que celui de l'Allemagne ; 2° Nous avons fait dans de nombreux traités de commerce sur ce tarif général des réductions importantes qui profitent à l'Allemagne, tandis que cette dernière puissance n'a fait que des traités de commerce fort restreints en n'accordant que le moins de concessions possibles sur son tarif.

Si l'on pouvait aujourd'hui supprimer tous les traités de commerce, notre situation économique pourrait être considérablement modifiée. Malheureusement, sauf le dernier traité avec les Pays-Bas qui ne dure qu'une année, à la condition de le dénoncer, une année auparavant, tous les traités de commerce expirent au premier février 1892, et encore faut-il avoir soin de les dénoncer une année à l'avance, c'est-à-dire avant le premier février 1891 ; autrement ils dureraient une année de plus.

Toutefois, il y a une exception pour le traité de commerce avec l'Italie, qui, tout en ayant la même durée, peut expirer le premier janvier 1888, à la condition de le dénoncer avant le premier janvier 1887.

Avons-nous intérêt à dénoncer le traité de commerce avec l'Italie ? Pour cela nous avons deux questions à examiner :

1° Ce traité ne nous engage-t-il pas davantage que les autres traités ? Comprend-il des substances qui ne sont pas mentionnées dans les autres traités et qui sont en même temps engagées avec les autres puissances en raison de la clause de traitement de la nation la plus favorisée qui existe dans tous les traités ?

2# L'Italie nous donne-t-elle de tels avantages à l'entrée de nos produits que nous ayons intérêt à le conserver ?


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Pour la première question, en examinant toutes les substances engagées par tous les traités de commerce, on reconnaît ceci :

Pour les produits agricoles, les pâtes d'Italie et les semoules ne sont engagées qu'avec l'Italie ; les riz d'origine européenne ne sont engagés qu'avec l'Italie.

L'engagement de ces produits aune grande importance pour les suppléments de droits qui sont aujourd'hui demandés pour les céréales et le maïs. Lorsqu'on a porté le droit de douane sur le blé à 3 francs, les fabricants de semoule du midi ont prétendu que du moment que les semoules, produit du blé dur, étaient taxées à 3 francs, les 100 kilos par les traités de commerce, on ne pouvait imposer la matière première, c'est-à-dire le blé dur ; ils ont cherché à obtenir une distinction de droit entre le blé tendre et le blé dur.

Leur réclamation va revenir par les mêmes raisons, du moment que l'on demande une surélévation de droit sur le blé.

Pour le droit sur le maïs, on comprend qu'il est nécessaire de mettre un droit sur le riz avec lequel on peut fabriquer les mêmes produits. Or dans la situation actuelle, on ne peut mettre un droit que sur le riz d'origine extra Européenne. La suppression du traité de commerce avec l'Italie permet de mettre un droit sur tous les riz.

Il y a quelques autres produits agricoles qui sont engagés avec quelques autres puissances en même temps qu'avec l'Italie.

Par exemple, le son et les issues de blé ne sont engagés qu'avec l'Italie et l'Espagne et sont exempts de tout droit. Il serait peut-être possible lorsque ces substances ne seront engagées qu'avec l'Espagne de traiter avec cette puissance, comme M. de Bismarck l'a fait pour le seigle, si l'on reconnaît que cette entrée du son étranger qui est insignifiante du côté de l'Espagne et qui augmente de plus en plus du côté


- 74 - de l'Italie et de la Belgique, peut être un moyen de fraudes sur l'entrée des blés et des farines.

Malheureusement la viande fraîche pour laquelle le droit de 3 francs est un obstacle à l'augmentatiou du droit sur les animaux vivants, est engagée par les traités de commerce avec la Suisse et l'Espagne, en même temps qu'avec l'Italie, et il en entre une certaine quantité du côté de la Suisse.

Si en dehors des produits agricoles, on considère les produits industriels, on reconnaît que les meubles, la chapellerie, les articles de brosserie, les fleurs artificielles ne ne sont engagés qu'avec l'Italie.

J'arrive à la deuxième question :

L'Italie nous donne-t-elle de tels avantages à l'entrée de nos produits que nous ayons intérêt à conserver ce traité ?

Pour les produits agricoles, il y a très peu de substances mentionnées dans les droits d'entrée en Italie.

Toutefois, toutes ces substances paient plus cher pour aller de France en Italie que pour venir d'Italie en France.

Voici quelques exemples :

Le vin qui est porté à 3 francs l'hectolitre pour venir d'Italie en France, ne paie en réalité que 2 francs par suite du traité de commerce avec l'Espagne et de la clause de traitement de la nation la plus favorisée, tandis que le droit d'entrée en Italie est de 4 francs l'hectolitre.

Les pâtes de froment qui paient 3 francs les 100 kilog. pour entrer en France paient 5 francs pour entrer en Italie.

Les viandes fraîches paient 3 francs pour entrer en France et 5 francs pour aller en Italie.

Les viandes salées paient 4 francs 50 pour entrer en France et 20 francs pour aller en Italie.

Pour les produits industriels, les meubles paient beaucoup plus cher pour aller en Italie que pour venir en France.

Des chapeaux paient 35 francs le cent pour entrer en France et 100 francs pour aller en Italie.


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Les fleurs artificielles sont exemptes de tout droit pour entrer en France et paient 6 francs le kilogramme pour aller en Italie.

Par les motifs ci-dessus énoncés, j'ai l'honneur de demander à notre Société l'émission du voeu suivant :

La Société d'Agriculture de Meaux considérant que la suppression du traité de commerce avec l'Italie peut nous rendre la liberté pour la taxation de certains produits qui ne sont engagés qu'avec ce pays et ne nous prive pas d'avantages sérieux accordés à l'entrée de nos produits en Italie, émet le voeu que le traité de commerce avec l'Italie soit dénoncé avant le 1er janvier 1887.

E. GATELLIER.


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PLANTATIONS D'ARBRES A FRUIT

SUR LES ROUTES

VOEU adressé au Conseil général de Seine-et-Marne.

L'année dernière, nous appelions l'attention de l'agriculture sur l'utilité des plantations d'arbres à cidre sur les routes en remplacement des peupliers dont les racines et l'ombrage sont si préjudiciables aux cultures voisines.

Notre appel a été entendu et un grand nombre de journaux de la province, de sociétés d'agriculture, de comices, etc.. ont. signalé l'importance de cette question. Nous devons reconnaître que dans la plupart des départements, l'administration des ponts et chaussées ne s'est pas montrée favorable à cette mesure.

La vigne qui dans notre département occupait une certaine importance tend chaque jour à disparaître ; par décret du 24 mars dernier quatre cantons de Seine-et-Marne, Nemours. Montereau, Donnemarie, Chàteau-Landon viennent d'être déclarés phylloxérés. Il est permis de croire que les vignobles qui disparaissent chaque jour ne seront pas reconstitués.

La plantation d'arbres fruitiers sur les routes ne nuirait aucunement aux voisins ; elle procurerait à l'administration des ponts et chaussées une recette égale sinon supérieure à


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celle des arbres forestiers, enfin elle fournirait à nos populations rurales, privées de vin aujourd'hui une boisson saine et économique.

La récolte de vin dans Seine-et-Marne, était de 128,000 hectolitres en 1882, etdel27,000hectolitresenl883. La récolte de cidre a varié pour ces deux années de 79,000 hectolitres à 116,000 hectolitres. Cette dernière production pourrait facilement être augmentée dans de grandes proportions, et l'usage du cidre à bon marché pourrait peut-être, nous ne dirons pas diminuer, mais tout au moins enrayer la consommation de l'alcool qui était de 5 litres 31 en 1882 et de 5 litres 56 en 1883 par tête d'habitant.

Sur les routes nationales comptant 517 kilomètres dans notre département 393 kilom. sont plantés de 126,00i) arbres dont 55,000 peupliers, 21,000 acacias, 20,000 ormes, etc..

La longueur des routes départementales est de 598 kilom. plantés de 125,000 pieds d'arbres dont 66,000 peupliers, 11,000 ormes, etc.

Les chemins de grande communication ont une longueur de 2489 kilom. ; la plantation d'arbres fruitiers présenterait assurément plus de difficultés mais elle serait possible vu beaucoup d'endroits. Sur les 25,000 arbres forestiers bordant les routes nationales et départementales, la moitié pourrait d'ici à un certain nombre d'années être remplacée par des arbres à cidre dans toutes les plaines et dans les côtes bien exposées.

En conséquence de ce qui précède, nous vous proposons d'émettre le voeu suivant que nous adressons au conseil général :

La Société d'agriculture de Meaux, considérant,

1' La diminution croissante des vignes dans notre département,


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2- La nécessité de procurer aux populations rurales une boisson économique,

3- Le tort considérable causé aux cultures voisines par les arbres forestiers et surtout par les peupliers,

Emet le voeu, qu'à l'avenir, les plantations d'arbres forestiers soient remplacées au fur et à mesure, partout où faire se pourra, par des arbres à cidre.

JULES BÉNARD.

Ce voeu a été adopté à l'unanimité par la Société d'agriculture dans sa séance du 3 avril 1886.


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RAPPORT

SUR LB

CONCOURS RÉGIONAL DE LILLE EN 1886.

par M. PAPILLON.

Le concours régional de Lille a pu donner une véritable instruction pour le cultivateur décidé à suivre le progrès en matière de culture, car on y trouvait des instruments agricoles perfectionnés de diverses maisons déjà bien renommées. Les produits agricoles y étaient représentés pour une large part etles maisons Vilmorin, Forgeot, Delahaye, Simon-Legrand et Laurent-Mouchon formaient un bel ensemble de ce. produits : plusieurs sociétés agricoles et industrielles des départements du Nord et du Pas-de-Calais avaient présenté des expositions collectives vraiment remarquables. Les unes s'attachant surtout à la production du blé, les autres à la production de la betterave et du lin.

Un agriculteur d'Orchies, exposait une riche collection de betteraves à sucre, et un bulletin d'analyse de la station agronomique du Nord, dirigée par M. Dubernard, indiquait une densité de 8° 8 et 18 à 20 % de sucre, ce qui démontre que l'on peut soutenir qu'il n'est pas besoin d'aller en Allemagne chercher de bonnes et riches betteraves, et que nous sommes à même de satisfaire l'agriculture française sur «* point.


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Il y avait aussi de fort bons blés, dont plusieurs variétés très recherchées pour leur rendement et leur qualité.

La question linière a fait un grand pas depuis peu et les nouvelles machines à teiller semblent nous promettre pour l'avenir une lutte plus facile pour leurs produits avec la Russie qui depuis longtemps nous encombre et nous inonde de plus en plus de ses mauvais produits.

Nous pouvons l'espérer d'autant mieux que le rouissage pourrait, dit-on, être simplifié dans unetrès grande proportion par la méthode Parsy, qui en 2 heures fait le travail de 20 jours.

Les couveuses artificielles étaient très nombreuses, on en fabrique partout maintenant et ce moyen produit déjà aujourd'hui des quantités considérables d'éclosions. Les encouragements donnés à cette industrie, qui ne date que de quelques années, prouvent combien l'on est convaincu qu'elle contribuera pour une large part dans les bénéfices nécessaires à la culture et dans l'alimentation saine de nos villes et de nos campagnes.

Dans les machines agricoles on remarquait peu de nouveau; il y avait cependant une petite distillerie portative coûtant 1800 francs, permettantà tout cultivateur dedevenir bouilleur de crû; beaucoup de moteurs dont quelques-uns peu coûteux; le moulin métallique l'Avenir dont la meule supérieure est gisante et la meule inférieure courante et oscillante.

Des collections très complètes d'instruments aratoires perfectionnés, des voitures et des roues des maisons les plus importantes de la région, enfin je pourrais dire la réunion entière de tout.le mécanisme agricole.

Le bétail était au grand complet et d'une beauté peu commune; dans l'espèce ovine nos voisins de l'Aisne tenaient les premiers rangs; la race flamande dominait et avait de


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bons et beaux sujets mâles et femelles pour la représenter avantageusement; quant à l'espèce chevaline je ne me rappelle pas avoir vu encore une exposition aussi belle et aussi complète. Non seulement la race boulonnaise du pays présentait ses plus beaux types mais les chevaux de demisang étaient aussi fort beaux et très nombreux.

Une exposition d'horticulture était installée dans le palais Rameau près du concours, mais quoique disposée avec beaucoup de goût elle étart vraiment trop peu fréquentée.

Une exposition scolaire d'une certaine importance était installée à l'Hôtel-de-Ville ; elle était à plusieurs titres remarquable, l'écriture, le dessin, la couture avaient des milliers de spécimens, mais l'attention était appelée du côté des essais tentés par plusieurs établissements ou écoles de la région pour joindre l'enseignement industriel ou agricole à l'enseignement primaire. De belles collections indiquaient et prouvaient les progrès faits en ce sens et dans quelques cas étaient réellement intelligemment composées et méritaient une sérieuse attention,

Les efforts faits par les instituteurs méritent d'être encouragés, ils auront nous n'en doutons pas une influence sensible sur les générations présentes et futures.


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LE LIN

TeiUeuse-Peigneuse Cardon, Rouissage Parsy

Par M. PAPILLON-BABDIN, ingénieur à Fresnes

Depuis de longues années, tous ceux qui s'occupent de ce précieux textile national se sont intéressés vivement aux progrès, bien lents^ du reste, qui ont été faits à différentes époques pour le rouissage, le teillage et le peignage du lin>

Pour le rouissage, on n'est; pour ainsi dire, pas sorti des procédés les plus primitifs. Beaucoup de pays rouissent par les intermittences de pluie, de soleil et de rosée en étendant le lin sur terre; d'autres en commençant par ce moyen et en immergeant ensuite le lin dans des mares ou des fossés, stagnants ou des cours d'eau où on les retourne chaque jour; d'autres, en enfermant le lin dans des caisses appelée» ballons, qu'on immerge dans l'eau courante ou dansles mares-, d'autres, enfin, en dressant le lin à sec dans des réservoirs bien étanches où il est noyé et puis remis à sec après^ le temps nécessaire à son rouissage et enlevé ensuitequand l'opération paraît terminée. De temps à autres, on a bien essayé quelqu'autres rouissages par des procédés chimiques, mais tous étaient plus ou moins défectueux et ils ont été nécessairement abandonnés.

Une nouvelle méthode vient d'apparaître inventée par M. Parsy, qui permettrait de rouir le lin en deux heures ; ce travail auparavant demandait 15 jours. Les risques d'incen-


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dies pourraient ainsi beaucoup diminués et les cultivateurs ne livreraient plus qu'au fur et à mesure des besoins de la filature.

Les lins exposés au concours régional de Lille, présentés comme rouis par ce système, semblent conserver toutes leurs fibres aussi résistantes que par les procédés ordinaires. Si ce moyen réussit, il simplifiera beaucoup la main-d'oeuvre et évitera l'encombrement en permettant de manier la marchandise pour la rouir seulement une fois au moment de la-tèiller.

Le teillage en vert n'a jamais donné que de mauvais résultats. Quant au teillage après rouissage, bien des machines nouvelles avaient été essayées*jusqu'ici, mais aucune n'avait pu lutter avantageusement avec le travail à la main et avec le travail à l'écduche rotative, dite moulin irlandais. Quelques machines à broyer, de différents systèmes, préparaient le lin avant ces teillages qui sont encore aujourd'hui pratiqués partout;

Heureusement, depuis peu, plusieurs machines nouvelles nous donnent bon espoir pour l'avenir.

Parmi ces machines, nous distinguerons celle inventée par Mi Cardon, ancien directeur de peignage, et construite par M. Dujàfdin; mécanicien, tous deux de Lille, et dont j'ai vu fonctionner activement, en plein travail, plusieurs spécimens dans l'usiné de M. Agache, manufacturier et filateur, à Perenchies. Le travail a été jusqu'ici si satisfaisant qu'on se dispose! créer une usms de teillage et de rouissage très importante, avec la machine Cardon'pour teiller elle système Parsy pour rouir, tout auprès de la belle filature que nous avons" visitée.

Chaque machine ne travaillant qu'un côté du lin à la fois* pour ne pas perdre de temps, ne pas faire de fausses manoeuvres et avoir moins de main-d'oeuvre, il est avantageux de les^accoupler en les plaçant bout à bout ou «ôte à côte ; de cette façon à l'extrémité de la première machiné, le lin sor*


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tant travaillé d'un côté est retourné, remis sous la seconde, d'où il sort complètement terminé, broyé, teille et peigné, prêt à être emballé.

Les poignées préparées à la main et pesant environ 450 grammes chacune sont serrées dans une main de fer et pressées par un écrou à'grands filets. Cette main de fer ou presse est disposée pour glisser facilement entre deux barres longitudinales placées au-dessus de la machine.

Ces barres sont mues, de haut en bas, vivement en descendant, lentement en remontant, au moment où les poignées se travaillent, par un système de cames à la fois très simple et très ingénieux ; chaque passe dure environ une demiminute.

La machine a environ quatre mètres de longueur et est divisée en trois parties : la première pour broyer, la deuxième pour secouer, la troisième pour peigner; quinze poignées peuvent être en travail à la fois : cinq dans chaque partie.

Le broyage s'obtient par piquage. Les poignées suspendues entre les glissières longitudinales descendent entre deux plaques grillagées dans lesquelles elles sont maintenues légèrement d'une façon rectiligne ; à droite et à gauche de chaque côté de ces plaques des pointes fines et acérées, fixées très rapprochées les unes des autres sur de grands leviers plats, se meuvent par un excentrique l'une en face de l'autre, passent leurs innombrables aiguilles à travers les grilles, piquent le lin en tous sens, brisent complètement la partie ligneuse qui tombe en chenevottes, et préparent ainsi la division des fibres sans en casser une seule, sans les altérer et sans déplacer leur parallélisme. Ce travail se fait sans serrage, sans tirage, et la poignée, à chacune de ses sorties sous les cinq opérations de ce genre qu'elle subit, conserve sa bonne tenue et ne se mêle jamais.

Le teillage s'obtient ensuite en débarrassant les chenevottes détachées des fibres par les innombrables piqûres des


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aiguilles au moyen de deux batteurs en bois parallèles ayant chacun plusieurs aillettes, qui s'emboîtent les unes dans les autres dans la rotation et secouent énergiquement les tiges qui, à diverses reprises, viennent s'y présenter par le même mouvement de descente et de montée.

Le lin alors est très propre, bien teille et n'a laissé échapper que bien peu de parties textiles, tout ce qui tombe jusquelà étant à peu près nul comme valeur.

Le peignage s'opère ensuite dans la troisième partie de la machine, d'après la méthode mécanique ordinaire : d'abord avec des peignes en os, ensuite avec les numéros de peignes assortis à la qualité du lin. Il se dégage alors des étoupes, mais très-belles, très-bonnes et faciles à "filer, comme du reste, le sont les étoupes de peignage et dont le produit comme rendement a presque autant de valeur que le lin teille avant peignage.

La force motrice nécessaire pour les 2 machines jumelles est de 3 à 4 chevaux et le personnel de 4 personnes. On peut travailler en lin moyen environ 1,400 kil, lin brut roui donnant un rendement de 20 0/0 peigné, soit 280 kil. et50/0 d'étoupes de peignage, soit 70 kil., soit 280 kil. + 70 kil. =: 350 kil. de lin prêt à filer en 12 heures.

Le prix de chaque machine est un peu élevé, 12,500 fr., soit 25,000 fr. la paire ; cependant en se rendant bien compte du prix coûtant, de la main d'oeuvre, en considérant que la marchandise est fabriquée complètement,c'est-à-dire peignée, on obtient une différence de dépense en moins très sensible en comparant avec l'ancien travail, et un meilleur parti tiré de la plante elle-même,c'est-à-dire un plus grand rendement, puisque tout peut être utilisé.

Avec ces machines les filateurs pourront produire euxmêmes les lins teilles dont ils auront besoin, surtout si le rouissage instantanné Parsy continue ses succès accusés au début.


<©a peutespéiier qu'alors notre figtUcMlture^Qvm^ se remettre àardimeut à produire,du lin ai^ec Kespoir de prix rémunérateurs, et que la filature .pourra abandonner les iproduits ^étrangers, qui, quoique inférieurs aux nôtres lui étaient nécessaires, qu'il lui fallait acheter quand imême et lui pesaient ainsi .envoyer 70 millions de francs par an en jRussie pour n'obtenir en somme qu'un produit inférieur ne donnant que de mauvaises toiles à nos ménagères.. La (toile de lin pourrait ainsi à la fois baisser et êtr,e meilleure:; la toile de coton ideyiendra.it peutnêtre moins demandée ; on préférerait bien ■certainement le lin à prix égal, et l'on pourrait voir alors la population ouvrière dout le linge n'est composé que de toile 4e coton revenir à la toile de lin qui est plus belle et plus ■solide, qui se conserve plus longtemps saine au corps, supporte mieux le lessivage et donne un meilleur usage «n gardant jusqu'à la fin toutes ses qualités.


a. 87 saRAPPORT

saRAPPORT

Sur la brochure de M. fiutel, relative à la Péripneumonie

Par M. BORGNON.

Messieurs,

Dans une de vos précédentes séances, vous m'avez chargé de vous rendre compte et de faire l'analyse du rapport de M. Butel, sur la péripneumonie contagieuse, rapport rédigé spécialement pour le Congrès sanitaire de 1885.

Cette brochure renferme, en même temps que la description minutieuse des symptômes et des lésions de la péripneumonie, celle dts moyens pratiques de la distinguer des affections qui peuvent être confondues avec elle.

C'est ainsi qu'il est question du diagnostic différentiel des maladies de poitrine, des causes qui les occasionnent. « Pour la péripneumonie, la contagion joue le plus grand rôle. »

Enfin, de l'inoculation et des conditions nécessaires pour que cette opération ait la plus grande chance de succès. L'auteur s'occupe ensuite des avantages qu'elle donne; il les éhumère, le premier et principal, dit-il : « C'est de transmettre aux bêtes encore saines une fièvre péripneumonique bénigne, mais suffisante cependant pour les préserver de la maladie naturelle. Le second celui de limiter la durée des épizooties, de s'opposer à l'amaigrissement des vaches et de maintenir la sécrétion lactée ».


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L'inoculation, comme vous le voyez, Messieurs, doit toujours être tentée; elle donnera surtout tous ses fruits si elle est pratiquée aussitôt la première bête malade. Des faits rapportés par quelques vétérinaires et les expériences de la Société de médecine vétérinaire pratique à Pouilly-le-Fort, ont prouvé que des bêtes inoculées avec succès n'avaient pas le pouvoir de transmettre la péripneumonie à des vaches saines. C'est là un point très important et qui confond les rares adversaires (encore aujourd'hui) de l'inoculation.

Il reste pourtant un point à élucider sur cette question de l'inoculation ; je veux parler de la transformation du virus en vaccin. Espérons que c'est là affaire de temps. Le jour où il sera possible de saisir le microbe de cette affection, il sera sans doute facile de l'atténuer et par conséquent de faire du virus péripneumonique un vaccin toujours plus heureusement supporté par les vaccinés.

M. Butel donne deux appellations à l'inoculation ; il l'appelle préventive ou de nécessité : préventive lorsqu'elle est pratiquée dans une étable où il n'existe pas de péripneumonie et de nécessité quand elle est exécutée dans une étable, après l'abattage d'une ou plusieurs bêtes malades. Il fait ensuite la description des différents modes opératoires, en faisant connaître les effets qu'ils produisent, les accidents possibles et les moyens d'y remédier.

J'arrive maintenant, messieurs, à la partie la plus intéressante pour vous de la brochure de M. Butel, à l'application de la loi sanitaire du 21 juillet 1881 à cette maladie. Il vous est d'autant plus précieux de connaître les dispositions de cette loi et celles de son règlement d'administration publique du 22 juin 1882, qu'elle vous protège par son article 17 en vous indemnisant ; mais aussi veut-elle que vous concouriez à empêcher sa propagation. C'est ainsi qu'elle vous oblige, par son article 3, à faire sur le champ, la déclaration


-89 - à l'autorité que la péripneumonie vient de se déclarer dans votre étable.

M. Butel commente tous les articles du règlement d'administration publique qui pourraient subir quelques modifications afin de les mettre davantage en harmonie avec les différentes phases de la maladie. Tous ces arguments explicatifs, rédigés en vue de rendre plus simple l'application de la loi, ont été longuement discutés au sein du Congrès sanitaire du mois d'octobre dernier, puis finalement émis sous forme de voeux et adressés à l'administration supérieure.

J'espère, Messieurs, avoir rempli le but que vous vous êtes proposé en me faisant l'honneur de me désigner pour faire l'analyse de cet intéressant travail, fait beaucoup plus en vue d'hommes qui ont acquis des connaissances médicales, que pour ceux auxquels les expressions techniques employées sont plus ou moins étrangères. Dans tous les cas, permettezmoi, en terminant, de vous assurer que la brochure de M. Butel a sa place dans toutes les bibliothèques de ceux qui s'occupent de l'agriculture et de la conservation du gros bétail.


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CONFÉRENCE t>E "M. BUTEL Sur les travaux de M. PASTEUR

ET SUR LA RAGE

Le samedi 29 mai, à trois heures, a eu lieu dans le grand salon de l'Hôtel de ville de Meaux, la conférence de M. Butel, vétérinaire sur les travaux de M. Pasteur et en particulier sur la rage.

La séance a été ouverte par une allocution de M. Gatellier, président de la société d'agriculture, qui a ensuite donné la parole à M. Butel :

M. Butel a d'abord décrit les principaux symptômes de la rage chez le chien et combattu deux préjugés qu'on n'est pas encore parvenu à extirper ; comme les mauvaises herbes ils repoussent sans cesse. Le premier est que le public se figure que le chien enragé est furieux, mordeur, tandis qu'au début, la rage se traduit par des caresses ; le chien est plus affectueux et lèche son maître continuellement. On exprime cet état en disant que le chien est atteint de rage caressante. Le second préjugé est de croire que le chien enragé est hydrophobe, c'est-à-dire qu'il a horreur de l'eau et qu'il recule épouvanté lorsqu'on lui présente à boire. Au contraire, pendant toute la durée de la maladie rabique, le chien recherche l'eau, essaie vainement d'en avaler quelques gouttes, et par


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.des lapements répétés s!efforce d'éteindre lassoif qui le dê•vore.

M. Butel est entré ensuite dans des considérations scientifiques sur les moyens employés par M. Pasteur pour rendre la rage une maladie bienfaisante !

M. Pasteur a d'abord reconnu que le siège de la rage était le système nerveux, puis que la rage provenait d'un microbe qu'on aperçoit à l'aide d'un grossissement considérable quand JÛB examine ,1e cerveau d'un animal mort de cette terrible affection. En inoculant de la substance nerveuse virulente sur des singes, il ne tarda pas à remarquer que la maladie était moins violente et qu'elle ne les faisait point mourir, puis que dans les inoculations successives de singe à singe la force diminuait encore peu à peu. Il suffisait donc de prendre de la matière nerveuse sur des singes placés dans la série à un rang assez éloigne de la première inoculation pour avoir un vaccin, c'est-à-dire un virus suffisamment atténué pour qu'on pût l'inoculer aux chiens sans déterminer la rage. Le chien se trouvait ainsi préservé.

Plus tard M. Pasteur a trouvé une seconde méthode d'une extrême simplicité pour atténuer la force du virus rabique. Il suffit en effet de soumettre à l'action de l'air sec et pur de la moelle provenant d'un lapin mort de la rage. Chaque jour sa force virulente décroît, pour s'éteindre au bout de 15 jours. De cette manière on peut avoir des vaccins de toutes les virulences et en délayant un tronçon de moelle dans un bouillon de culture stérilisé, c'est-à-dire, ne renfermant pas de germes étrangers, d'impuretés qui pourraient provenir de l'air, on obtient un liquide d'inoculation qui préserve de la rage. Il faut 10 jours de traitement et une inoculation chaque jour, d'abord avec un vaccin très peu actif, puis de plus en plus fort.

Les résultats pratiques sont admirables. Au 24 mai, M. Pasteur écrivait à M. Butel qu'il avait vacciné 1,130 per-


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sonnes mordues par des chiens enragés et sur ce chiffre considérable deux seulement sont mortes et encore ellos avaient été inoculées 20 et 37 jours après la morsure.

Pour les morsures de loups enragés les pertes ont été de 6 sur 48 personnes. Mais depuis M. Pasteur a fait de nouvelles études et modifié son traitement. Du reste en Russie, il est de tradition populaire que toute personne mordue par un loup enragé est vouée à une mort certaine, aussi sur les 48 russes, 44 à 45 auraient subi les tortures de la rage, sans celui que les étrangers appellent le « merveilleux français. »

Enfin M. Butel a terminé sa conférence par un témoignage d'admiration pour l'oeuvre de M. Pasteur. Voici du reste comment il s'est exprimé :

« Je ne vous ai parlé, mesdames, messieurs, que d'une seule découverte de M. Pasteur, et vous êtes émerveillés. Votre surprise redoublerait si j'avais le temps de vous dire tout ce qu'il a fait pour l'agriculture, de vous montrer le charbon vaincu et qui n'existe plus si on le veut bien, les maladies des vers à soie supprimées, de vous parler des moyens ingénieux pour conserver les vins et les cidres, pour améliorer la fabrication du vinaigre et de la bière, de ses découvertes sur le choléra des poules, sur le rouget des porcs, qu'on empêche par des inoculations préventives, etc, etc.

« Vous voyez que l'illustre savant mérite bien et les ovations qu'on lui fait partout où il se montre, et la reconnaissance des peuples, et l'admiration des savants. Les honneurs qu'on lui rend de toutes parts n'étaient jadis accordés qu'aux rois, aux princes du sang, aux conquérants des empires ; mais les idées ont progressé; aujourd'hui la science est mise au premier rang, et ses représentants salués comme les vrais souverains.


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« Quel chemin parcouru par M. Pasteur depuis le jour où il entrait comme élève à l'école normale ! quelle série de succès, quelle suite de triomphes ! Aujourd'hui que le temps a marché, toutes ses espérances ont été dépassées, ses rêves transformés en réalités. La France le compte parmi ses hommes de génie. Comme Franklin, M. Pasteur peut dire : « Si je recommençais la vie je ne pourrais demander mieux.»

« Vous vous rappelez les vers magnifiques d'André Chénier :

Trois mille ans ont passé sur la cendre d'Homère Et depuis trois mille ans Homère respecté, Est jeune encore de gloire et d'immortalité.

« Voilà, Mesdames et Messieurs, la destinée que l'avenir réserve au nom de M. Pasteur, une éternelle jeunesse de gloire et d'immortalité.

« Avant de finir il me reste un devoir à remplir, celui de remercier notre président,-M. Gatellier, dont la pensée intelligente et la main directrice ont imprimé une si forte impulsion à notre société qu'elle se trouve dès aujourd'hui placée aux premiers rangs parmi les sociétés agricoles de France. Je lui exprime ici toute ma gratitude pour les paroles bienveillantes à mon égard par lesquelles il a ouvert cette conférence et pour les encouragements qu'il m'a toujours si libéralement prodigués.

« J'adresse aussi mes remerciements à M. le docteur Dufraigne, maire de la ville de Meaux, à qui il a été impossible d'assister à cette réunion, et je les lui dois à plusieurs titres. Je le remercie d'avoir mis aujourd'hui .généreusement le grand salon de l'hôtel de ville à la disposition de la société d'agriculture ; je le remercie de nous avoir accordé un gracieux concours nous assurant le succès de la quête qui va être faite dans un instant au profit


_ ai _

dfe l'institut Pasteur, et je regretté qu'il' n'ait? pu par sa présence, donner plus d'éclat à cetteréanion car je n'oublie pas que les idées libérâtes et la notoriété du médecin, dont Ife- désintéressement est proverbial, lui ont valu, il y a quelques mois* le titre de sénateur,, qui a été la récompense et le couronnement d?ùne belle carrière, d'une carrière faite de travail et de dévouement. »■ (Applaudissements répétés).


RAPPORT

fait à la Société d'agriculture de Meaux sur un travail de M. DENAIFFE

RELATIF k LA DESTRUCTION DE LA CUSCUTE.

PAR ». PAPILLON

La destruction de la Cuscute s'impose d'elle-même ; telle est certainement! la conclusion du petit travail fait par. M; Denaiffe sur cette plante parasite, qui, fait depuis quelques années tant de dégâts dans nos prairies artificielles.

Nous ne pouvons qu'être entièrement de son. avis et Tapprouver quand il demande l'obligation pour tous de travailler à cette destruction; nous nous déclarons même partisan des moyens, plus ou moins coercitifs dont- il parle et qu'il propose d'adopter dans son projet d'arrêté- ou de règlement en cette matièr.e.

Mais nous sommes sans doute encore bien loin de voir prendre cette mesure.

Cette maudite plante date de plusieurs: siècles. Pline en parlait; elle est probablement aussi vieille que le, monde et ne nous effraie beaucoup que depuis quelque temps; pourquoi? Sans doute, disent quelques-uns, depuis que nous avons des années plus ou moins sèches qui protègent fortement sa croissance et sa propagation ; oserai-je dire la facilité avec laquelle actuellement les graines venant de


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tous côtés, souvent de très loin sont acceptées par notre culture pour ses semences sans en bien connaître et la propriété et la provenance.

Et cependant en achetant des semences on est jamais trop exigeant et trop soigneux, il faut toujours demander des garanties ; nous possédons aujourd'hui un outillage perfectionné qui permet un nettoyage très-complet de toutes les graines.

Par la suite sans doute les Syndicats agricoles à eux seuls viendront à bout de cette difficulté qui, nous le savons tous, a une grande importance.

Les détails donnés dans cette petite brochure sur l'attraction de cette plante pour celles qui lui plaisent et la conservation de la graine plusieurs années dans le sol, sont positifs et prouvés chaque jour par de nombreux exemples.

Quant aux moyens de destruction indiqués et que l'auteur ne fait qu'énoncer, ils sont bien loin d'être infaillibles, comme beaucoup d'autres,"du reste, qui n'y sont pas indiqués, quoiqu'on les emploie souvent dans notre contrée ; la menue-paille, la colombine, la suie, etc, etc.

Le meilleur, j'aime mieux dire le seul moyen de s'en débarrasser, c'est d'employer le cuscuteur qui réussit facilement aujourd'hui à purger complètement les graines à semer de cette vilaine teigne, et permet aux vendeurs et aux acheteurs de mentionner dans leurs marchés qu'ils auront une pureté complète et s'en rapporteront au contrôle des stations agronomiques.

Cet intéressant travail mériterait, je pense, une place dans nos annales et serait lu avec un grand intérêt par bien des membres de notre Société.

A. PAPILLON.


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DISCUSSION

SUR LA

QUESTION DES NOUVEAUX DROITS proposés pour les Céréales

A la Séance de la Société d'Agriculture du 2 mai 1886.

Jusqu'au 15 janvier 1892, la plupart des produits agricoles sont engagés par les traités de commerce, et il nous est impossible pour cette raison d'obtenir jusqu'à cette époque, pour tous nos produits l'égalité de traitement avec l'industrie au point de vue douanier. Par exemple aujourd'hui où la laine est tombée à un bas prix incroyable que nous n'avons jamais vu, nous ne pouvons plus lutter pour ce produit avec la concurrence étrangère parce que les laines sont exemptes de tout droit par les traités de commerce.

Les bestiaux et les céréales sont les seuls produits pour lesquels nous ayons conservé notre liberté d'action pour le relèvement de nos tarifs douaniers, encore notre liberté estelle limitée pour les bestiaux parce que les viandes fraîches sont engagées au tarif de 3 fr. les 100 kilogs. et si nous mettions des droits trop élevés sur les animaux vivants l'introduction des viandes fraîches en France qui augmente considérablement s'accroitraît encore bien plus.

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Nous ne pouvons donc réellement obtenir le relèvement des tarifs douaniers que sur les céréales où nous ne sommes liés que vis-à-vis de quelques produits industriels qui en sont extraits, teis que la bière pour l'orge, l'alcool pour le seigle, l'alcool et l'amidon pour le maïs, les semoules et pâtes d'Italie pour le blé, qui sont engagés par les traités de commerce. Il est évident qu'un industriel quelconque fabriquant ces produits peut se plaindre de l'augmentation de droit de sa matière première, alors qu'il est impossible d'augmenter le droit de la matière fabriquée de son concurrent étranger. Il n'y a absolument que l'avoine pour laquelle nous ayons notre liberté complète.

Je laisserai de côté le maïs pour lequel la commission des douanes propose le droit de 3 fr. et l'avoine pour laquelle elle propose avec juste raison le relèvement de 1 fr. 50 à 3 fr. parce que la culture de l'avoine prend une très grande extension en Amérique, et j'arrive à la question du droit sur le blé.

On reconnaît aujourd'hui que le droit de 3 fr. établi sur le quintal de blé l'année dernière n'a pas produit les effets prédits par la ligue contre le renchérissement du pain et de la viande, et que le blé n'a pas augmenté de la totalité du droit établi; on admet que le droit de 3 francs est insuffisant parce que le blé étranger peut nous arriver à des prix bien moindres que nous le supposions autrefois à cause de la diminution des frais de transport et du fret, et à cause du bénéfice du change de monnaie obtenu dans certains pays producteurs tels que les Indes et la Plata.

Nous supposions, en 1883, que le blé étranger pouvait nous arriver, au minimum, au prix de 23 fr. Aujourd'hui ce blé arrive dans nos ports au prix de 17 à 19 fr. Plusieurs députés ont donc proposé le relèvement du droit sur le blé à 5 fr. L'écueil d'un droit fixe, et surtout d'un droit fixe assez élevé, c'est que ce droit ne conserve pas sa fixité en tous


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temps. Il est évident que dans les années d'insuffisance de récolte, lorsque le prix du blé et du pain augmentera, le gouvernement, quel qu'il soit, supprimera ce droit. Avec un droit variable, augmentant ou diminuant au fur et à mesure que le blé diminuera ou augmentera, cet inconvénient disparaît ; mais si la variation est trop fréquente, notre commerce d'importation de blé qui nous est nécessaire en cas d'insuffisance de récolte ne sait sur quoi compter ; il tombera forcément et nous serons les tributaires de nos voisins les Anglais.

Le président de la commission des douanes, M. Méline, pour concilier l'intérêt du producteur de blé, celui du consommateur et celui de l'importateur, avait demandé à la Chambre syndicale des grains et farines de Paris, de. trouver la formule d'un droit variable d'année en année. Cette Chambre n'a pu trouver cette formule parce que l'on devait tout d'abord prévoir quel serait le prix moyen du blé de l'année et si l'on avait des éléments certains pour le connaître, la spéculation serait trop facile.

Elle a seulement indiqué qu'on pourrait peut-être établir une échelle de variation de droit d'après l'estimation de la récolte française en partant d'une base quelconque, 100 millions d'hectolitres, et faisant augmenter le droit de 0,50 par chaque 5 millions d'hectolitres en plus et le faisant diminuer par chaque 5 millions d'hectolitres en moins.

M. le marquis de Roys, ancien conseiller général de notre département, membre de la commission des douanes, a proposé un autre système de droit variable, sur lequel il a bien voulu me consulter, ainsi conçu : Tous les 3 mois, au 1er février, au 1" mai, au 1er août et au 1 r novembre, ces dates étant prises comme époques où le prix du blé est le plus susceptible de varier, on fixerait le prix moyen du blé indigène en France du trimestre précédent d'après un certain nombre


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de marchés déterminés et d'après ce prix le droit serait établi pour les trois mois suivants.

D'après une échelle ayant une base déterminée, par exemple le droit de 3 francs pour le prix moyen de 25 francs, on augmenterait le droit de 0,30 0,40 ou 0,50 par chaque 0,50 de diminution du prix moyen et on diminuerait de pareille quantité par chaque 0,50 d'augmentation de ce prix moyen et lorsque le droit serait annulé par suite de l'augmentation du blé, l'on maintiendrait toujours 0,60 comme droit de statistique.

Pour éviter de nuire au commerce d'importation de blé, M. de Roys, a trouvé une heureuse combinaison ; il propose de faire payer à l'arrivée du navire étranger le droit existant au moment de son départ d'après la date de son connaissement, à condition que l'expédition soit faite directement à un port français. Il en résulte que l'importateur en chargeant son navire saurait à l'avance le droit qu'il aurait à payer en arrivant en France.

Le système de M. de Roys, a été modifié par là commission des douanes en ce sens : droit fixe pour 3 mois ou 6 mois, basé sur le cours moyen dublé en France, 5 francs au-dessous de 25 francs,3 francs de 25 à 28 francs et, au delà de 28 francs, exemption de droit.

C'est un droit variable par saccades et cela peut entraîner à de grandes spéculations au moment de la brusque variation du droit de 5 francs à 3 francs ou de 3 francs à 0.

Je vous ai fait du mieux qu'il m'a été possible l'exposé de la question du droit sur le blé pour que vous puissiez la discuter en connaissance de cause et choisir le mode d'application qui peut avoir vos préférences. Si nous avions le temps nécessaire, une commission aurait pu être nommée pour vous proposer des résolutions après mûre


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étude. Mais les conseillers généraux ayant à se prononcer sur cette question la semaine prochaine, il est bon que les agriculteurs leur indiquent de suite leurs appréciations.

E. GATELLIER.

La Société d'agriculture vote le droit fixe de 5 francs.



COMPTE-RENDU

DU

CONCOURS DÉPARTEMENTAL

AGRICOLE

Tenu le Dimanche 27 Juin 1886

A LA FERTÉ-SOUS-JOUARRE

Le Dimanche 27 juin a eu lieu le concours agricole départemental de La Ferté-sous-Jouarre. Pendant tout le jour, le temps s'est maintenu au beau fixe. Aussi la ville de La Ferté-sous-Jouarre a-t-elle été le rendez-vous d'une partie du monde agricole de l'arrondissement et en particulier de tout le canton. Les autres arrondissements avaient aussi de nombreux représentants à ces assises solennelles de l'Agriculture.

Dès neuf heures du matin s'ouvrait dans la plaine de la Barre le concours de semoirs à engrais et le concours de labourage sous la direction de jurys choisis également dans les cinq arrondissements.

A onze heures les jurys chargés d'opérer le classement des animaux exposés dans la race chevaline, la race bovine, ovine, porcine et les volailles, entraient également en fonctions. L'espèce chevaline était surtout très bien représentée ;


— 104 — de toutes les espèces d'animaux c'était assurément la plus remarquable et la plus complète.

Il en a été de même de l'exposition des machines et instruments utiles à l'agriculture qui était, ainsi que nous l'avons déjà annoncé, très nombreuse ; elle tenait toute la longueur du pâtis de Reuil.

La réception des autorités départementales a eu lieu à deux heures à la gare du chemin de fer, au milieu d'une foule nombreuse, qui avait tenu à voir les véritables princes d'aujourd'hui, c'est-à-dire nos sénateurs et nos députés, ceux qui seuls ont action sur la marche du gouvernement de notre pays. Les curieux ont été satisfaits, car M. Dufraigne, sénateur et MM. Prevet et Gastellier, députés avaient bien voulu répondre à l'invitation de la société d'agriculture, ainsi que M. le Préfet, M. le Sous-Préfet, MM. Chazal, Labour, Benoist, Droz, conseillers généraux, Moquet, conseiller d'arrondissement. Nos autres députés, MM. Montaut, Lefebvreet Humbert s'étaient excusés.

Après une visite aux diverses expositions, ces messieurs sont entrés vers deux heures et demie sous la tente Benoist Pinard où devait se faire la distribution des récompenses.

Après un morceau joué par l'une des Sociétés musicales, la séance est ouverte et M. le Préfet prononce le discours suivant :


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DISCOURS DE ». LE PRÉFET DE SEIHE-ET-MARHE

MESDAMES, MESSIEURS,

Les concours qui vous réunissent sous les auspices de l'Agriculture sont les plus belles fêtes dont un département puisse s'enorgueillir, car 'ils solennisent et sanctionnent les travaux des champs, les plus nobles de tous parce qu'ils sont les plus naturels, les plus dignes du citoyen et plus particulièrement du citoyen Français. Aussi de tout temps ceux qui ont le plus aimé la France ont, avant tout, chéri et glorifié l'Agriculture. Elle a subi bien des épreuves, par suite du malaise qui s'étend sur toute l'Europe, cette chère agriculture qui est un des principaux objets de la sollicitude du gouvernement républicain. La République regarde les agriculteurs comme ses plus utiles enfants, et elle leur a montré qu'elle savait non seulement les apprécier mais les protéger dans la mesure de la justice et conformément aux nécessités du monde moderne.

De même dans une partie de ce fertile département, votre Conseil général, si zélé, si vigilant, a su pourvoir au besoin de voies nouvelles ; des chemins de fer d'intérêt local vont bientôt relier Montmirail à La Ferté et Montereau à ChâteauLandon et ici s'élèvera un pont qui réunira doublement les deux rives de la Marne par une voie ferrée et un chemin vicinal. D'autres améliorations viendront à la suite, et je puis me porter garant pour un gouvernement tutélaire. La République a déjà beaucoup fait pour les intérêts agricoles : elle


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fera plus encore, n'en doutez pas, car elle estime que par vos labeurs et vos produits, vous êtes la force, la richesse et l'honneur de la France.

Aussi ne devons-nous pas oublier ceux qui dans la même carrière se sont fait une grande place par leurs efforts et leurs succès. Rappelons-nous cet homme excellent que nous avons tous connu et aimé, Roussel, ce conseiller général si dévoué à son canton, ce maire si jaloux de la prospérité de sa commune, de la splendeur de son Hôtel-de-Ville, ce travailleur qui a si bien mérité de l'agriculture.

Roussel était d'abord ingénieur, mais le savoir crée la diversité des aptitudes. Il appliqua donc les ressources de la science et les méthodes de l'industrie au perfectionnement de ses vastes domaines, et vous savez s'il a réussi ! Aujourd'hui même on va décerner les prix pour ces moissonneuseslieuses dont il a propagé l'invention admirable et organisé les concours.

Une fin prématurée est venue interrompre un travail si fécond, si fructueux pour le pays et causer des regrets qui n'ont d'autre consolation et d'autre tempérament que la tradition vaillamment continuée par la digne compagne et le fils laborieux de celui que nous ne pourrons oublier.

Honorons la mémoire de ce citoyen bienfaisant, de ce grand agriculteur et, par la pensée, faisons-le revivre parmi nous, les morts sont toujours vivants dans le souvenir des gens de coeur. (Applaudissements).

Ces paroles émues trouvent un écho sympathique dans tous les coeurs, puis M. Gatellier, président de la Société d'agriculture, s'exprime en ces termes :


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DISCOURS DE H. E. GATELLIER

MESSIEURS,

J'ai dû faire trêve à la douleur qui m'accable à la suite du coup imprévu qui vient de me frapper pour remplir ici le devoir que m'imposent mes fonctions de Président du Comice. J'ai peut-être trop présumé de mes forces, mais je n'en veux pas moins essayer de retracer devant vous les travaux et faire connaître les aspirations de notre société.

MESDAMES, MESSIEURS,

Lorsqu'au mois de juin 1881, l'arrondissement de Meaux donnait l'hospitalité au Comice départemental agricole à Mitry-Mory, M. le Comte de Moustier était à la tête de la Société d'agriculture de Meaux.

Appelé à la direction de notre association par l'autorité de son nom et ses hautes capacités, il pouvait dire avec juste raison, en donnant sa démission dix-huit mois après cette solennité agricole : que depuis un exercice de treize ans, il laissait notre société plus florissante que jamais. Aussi, pour rendre hommage à ce dévouement éclairé dont il avait donné tant de preuves, notre Société s'empressa-t-elle de le nommer Président honoraire.

«. Si la prospérité de l'agriculture de Seine-et-Marne, » disait M. le Comte de Jloustier en nous quittant « est l'unique « objet des préoccupations de votre nouveau Président, et « j'ose dire que les miennes n'en ont eu d'autres, si ce Prési-


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« dent se montre actif, exact, plus que je ne pourrais l'être «■ dorénavant, vous voudrez bien peut-être ne pas m'oublier, « mais vous n'aurez pas sujet de me regretter. »

Lorsque j'eus l'honneur d'être appelé à lui succéder, je m'empressai de suivre la voie qu'il avait si bien tracée. Défendre les intérêts généraux de l'agriculture, marcher en avant dans la route du progrès indiqué par la science et reconnu par l'expérience en ayant soin d'écarter toute question politique ; tel fut le programme que je vous proposai en entrant dans mes nouvelles fonctions.

N'est-ce pas l'occasion aujourd'hui de passer en revue dans cette solennité, les efforts que nous avons faits pour la réalisation de ce programme ?

Traitons d'abord la question des intérêts généraux de l'agriculture.

Il y a cinq ans, mon honorable prédécesseur vous parlait déjà d'un commencement de malaise agricole, à un moment où les finances du pays se trouvaient dans un état prospère, et où les entreprises commerciales et industrielles produisaient de gros bénéfices.

.Aujourd'hui, le malaise agricole s'est aggravé considérablement. Les produits du sol ne se vendent pas à un taux rémunérateur ; les cultivateurs qui forment la majorité de la population de notre pays sont obligés de se restreindre, et leur situation précaire entraîne la décadence du commerce et de l'industrie, et la diminution des recettes de l'Etat.

Pour y remédier, nous demandons à notre Gouvernement, l'application d'un principe essentiellement républicain : l'égalité de tous devant l'impôt intérieur.

Pour la question douanière, le tarif général voté en 1881, et les traités de commerce conclus depuis cette époque> ont placé l'agriculture dans une position inférieure par rapport à l'industrie.

Tandis que notre industrie nationale est protégée à la


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frontière, par la perception sur les produits similaires étrangers, d'un droit représentant au moins le 10" de leur valeur, une certaine quantité de produits agricoles, tels que les laines, les graines oléagineuses, le lin, le chanvre, lespeaux, les suifs, etc., entrent en France avec exemption de tout droit, et y entreront de cette façon jusqu'au 15 février 1892, date d'expiration de la plupart de nos traités de commerce.

11 était de toute justice de rétablir un certain équilibre, en frappant de droits les produits agricoles non engagés, tels que les céréales et les bestiaux. C'est ce qui a été fait l'année dernière, après une discussion où les travaux de nos collègues, M. Jules Bénard, sur l'enquête en Seine-et-Marne et M. Henri Bertrand sur la situation de la petite culture, ont été cités à la Chambre des députés.

Malgré les sinistres prédictions de certains théoriciens qui font du libre échange une question de principe, sans tenir compte de la situation de leur pays par rapport aux nations voisines, qui demandent l'application de leur théorie, quand même la France devrait en périr, les consommateurs ne se sont pas aperçus de l'augmentation des droits votés.

Aujourd'hui, l'agriculture constate que le nouveau régime douanier n'a pas beaucoup amélioré le prix de vente de ses produits ; et tout en reconnaissant que s'il n'avait pas existé ces prix seraient encore plus bas, elle demande une nouvelle surélévation des droits de douane, toujours sur les seuls produits qui peuvent être augmentés : les céréales et les bestiaux.

Si pour les bestiaux, il n'est pas possible d'établir une notable surélévation, parcequè les viandes fraîches sont engagées par les traités de commerce, il faut reconnaître que pour les céréales, la concurrence étrangère est de plus en plus redoutable.

Suivant un travail que nous avons publié en 1883, nous supposions, d'après les renseignements que nous avions à


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cette époque, que le blé étranger ne pouvait arriver dans nos ports à un prix moindre que 22 fr. le quintal. Cette année, malgré la récolte défectueuse de pays producteurs d'une grande importance, l'Amérique et la Russie, le blé étranger arrive dans nos ports au prix de 17 à 20 fr. le quintal (droit non compris).

Yoici l'explication de ce^fait :

Nous ne supposions pas en 1883, l'abaissement considérable du fret maritime qui s'est produit ; nous ne supposions pas qu'il pourrait nous arriver pour la production du blé de nouveaux concurrents, tels que les Indes et La Plata, pour lesquels les frais de transport sont atténués par un bénéfice de change considérable.

En présence d'une situation de concurrence étrangère qui s'aggrave, il est juste de demander une modification de législation.

Nous admettons parfaitement qu'en cas de mauvaise récolte dans notre pays, les intérêts du consommateur soient sauvegardés par un abaissement des droits. Nous admettons encore que les intérêts des importateurs, qui nous sont nécessaires en certains moments, soient ménagés par quelques mesures législatives ; mais nous demandons d'être à l'abri de l'envahissement, au delà de toute mesure, des produits étrangers.

L'Agriculture ne demande pas de privilège. Si on lui accorde les surtaxes douanières qu'elle réclame aujourd'hui, on ne lui donnera tout au plus que l'égalité de traitement avec l'industrie ; car si certains de ses produits arrivent à être taxés à la frontière au delà du dixième de leur valeur, ce ne sera qu'une juste compensation pour les autres produits qui sont forcément axemptsde tout droit jusqu'en 1892.

Nous aimerions certainement mieux que les traités de commerce n'existassent point; cela nous permettrait de'taxer d'une façon plus uniforme tous les produits agricoles, sans


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être obligés de frapper davantage ceux qui sont les plus nécessaires à l'alimentation de l'homme. C'est pour cela que notre Société a été une des premières à demander la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie, qui par une exception heureuse peut se terminer en 1888.

Nous demandons aussi l'égalité de traitement pour l'agriculture devant l'impôt intérieur.

D'après un document officiel produit par M. Méline, alors ministre de l'agriculture :

Pour cent francs de revenu.

L'Agriculture paie en impôts 25 fr. »»

La Propriété Urbaine 17 »»

Le Commerce et l'Industrie 13 »»

Les Fonctionnaires, les Ouvriers, etc ... 7 »»

La Propriété Mobilière 4 »»

Ces chiffres n'ont pas besoin de commentaires. L'agriculture est la bête de somme sur laquelle on frappe le plus.

Cette situation est connue depuis longtemps ; c'est pour cela que l'on parle aussi depuis longtemps de dégrèvements agricoles ; mais pour faire des dégrèvements il faut des ressources qui n'existent plus. Nous ne pouvons plus aujourd'hui demander des dégrèvements, mais nous pouvons parler des remaniements des impôts, de façon à rétablir l'égalité. Nous pouvons demander que certains impôts qui pèsent sur l'agriculture, soient remplacés par d'autres qui pèsent sur tous.

Parmi les impôts spéciaux à l'agriculture, il est reconnu qu'il y a inégalité de répartition de l'impôt foncier. Notre regretté collègue M. Roussel, dans un rapport qu'il a communiqué au Conseil général de notre département, a établi d'une façon claire et péremptoire, non-seulement que Seineet-Marne était un des départements les plus grevés par l'im-


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pôt foncier, mais encore que notre arrondissement de Meaux était le plus imposé de ce chef.

Les charges de l'agriculture ont encore été aggravées par une modification récente des tarifs des chemins de fer. L'application du système de tarification belge à base kilométrique décroissante qui a été tout d'abord essayé sur la compagnie de l'Est a eu pour effet d'augmenter les prix de transport des produits agricoles, qui se meuvent dans des rayons restreints, en diminuant les prix des produits étrangers qui parcourent de grandes distances. La Société d'agriculture de Meaux a été une des premières à réclamer contre cette modification. Nos plaintes n'ont pas été écoutées, et il a fallu l'application du même système par la compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, pour que, des réclamations très vives s'ajoutant aux nôtres, la Chambre des députés fût saisie de cette question,- pour- laquelle nous espérons une solution favorable.

L'exposé que je viens de vous faire doit suffire pour vous démontrer que nous nous sommes occupés sérieusement de la défense des intérêts généraux de l'agriculture.

Mais quelque justes que soient nos réclamations, quelque espoir que nous ayons dans nos représentants pour les faire valoir, il ne faut pas tout attendre des pouvoirs publics pour le relèvement de notre agriculture ; il faut aussi que nous agissions par nous-mêmes, pour diminuer le prix de revient de nos produits, par l'emploi des meilleures méthodes de culture, de façon à obtenir de plus grands rendements, sans augmenter les dépenses dans la proportion de l'accroissement de la récolte. Nous arrivons à la deuxième partie de notre programme.

Nous ne sommes plus au temps où l'on croyait qu'on en savait toujours assez pour être cultivateur. On peut dire aujourd'hui que pour exercer cette profession on n'est jamais assez instruit, parce que l'agriculture a besoin d'ap-


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pliquer toutes les branches des connaissances humaines : telles que la chimie, la mécanique, la botanique, la zoologie, etc.

La brusque introduction de la chimie dans l'agriculture par l'emploi des engrais, à laquelle a beaucoup contribué un de nos collègues, M. Georges Ville, a dérouté nombre de vieux cultivateurs qui n'avaient aucune notion de chimie. Nous avons donc cherché à nous instruire par tous les moyens possibles sur les questions de science agricole afin d'en profiter nous-mêmes et d'en faire profiter tous les cultivateurs de notre arrondissement.

C'est pour cela que nous nous occupons depuis longtemps de la question des engrais. Nous avons formé entre nous une ligue contre la fraude dans le commerce de ces matières fertilisantes, et cela nous a préservés jusqu'à un certain point des fraudeurs ; nous avons créé des champs d'expériences, pour nous rendre compte de ce qui manquait aux divers sols de notre arrondissement ; et nous pouvons dire, sans vanité, que le compte-rendu de nos expériences sur la comparaison du blé après betteraves et après pommes de terre a été reproduit par toute la presse agricole.

Nous avons voulu étudier ce qui se passait à l'étranger. Avec l'aide du ministère de l'Agriculture, nous avons envoyé une mission en Allemagne. Il en est résulté un rapport trèsremarquable de notre vice-président M. Jules Bénard, dans lequel nous avons trouvé des documents très intéressants sur bien des points, et surtout dans la culture de la betterave à sucre et du blé. Cette mission a introduit dans notre arrondissement une espèce de blé à gros .rendements « le Schériff square head ».

Nous avons établi entre nos cultivateurs des concours spéciaux de culture de blé, de betteraves à sucre, d'ensilage, de fourrages verts ; de plus, grâce à la générosité d'un de nos collègues M. Petit, de Saint-Avoye, nous avons pendant


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trois ans fait des concours de traitement des fumiers entre les petits cultivateurs ; en outre, nous avons continué les concours de machines agricoles que nous avions inaugurés en 1885, et nous avons fait l'année dernière un concours de charrues.

Enfin nous nous sommes occupés d'une question trèsintéressante pour notre arrondissement : ;la question des fromages de Brie ; nous avons ouvert il y a deux ans un concours de ces produits de la laiterie. Persuadés que l'industrie du fromage était une sauvegarde pour notre agriculture locale, nous avons cherché à en améliorer la fabrication. Nous avons obtenu du ministère l'envoi en mission dans notre arrondissement de M.Duclaux, professeur à l'Institut agronomique, un des disciples les plus distingués de l'illustre M. Pasteur, dontlenomne saurait être prononcé devant une assemblée agricole sans provoquer d'unanimes sentiments de reconnaissance (Vifs applaudissements) ; la mission de M. Duclaux consiste à établir les données scientifiques permettmt de faire toujours des fromages de bonne qualité, quelles que soient les influences extérieures de température et d'humidité et une année avant que M. Humbert, député, dont nous reconnaissons les bonnes intentions, ait proposé au Conseil général la création d'écoles d'agriculture pratique, nous avions saisi aussi le Conseil général d'un projet d'école de fromagerie. Nous attendons le résultat des études de M. Duclaux pour donner suite à ce projet.

Tout en reconnaissant l'utilité des écoles d'Agriculture, nous sommes obligés de constater que les résultats ne s'en feront sentir qu'au bout d'un certain nombre d'années. Mais nous avons besoin d'aller plus vite dans la voie du progrès ; c'est pour cela que nous avons annexé à notre Société un syndicat agricole. En prenant cette initiative nous avons évité la formation dans* notre arrondissement d'un syndicat particulier, qui pourrait former une société rivale et créer une


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scission entre nos cultivateurs. Dans les temps de prospérité il peut y avoir difficulté à s'unir, à cause d'une certaine jalousie qui peut exister entre les uns et les autres ; dans les moments de détresse, tous ont besoin de se rapprocher et de pratiquer la devise d'un pays voisin « l'Union fait la Force ».

Les temps actuels sont favorables pour la formation de notre syndicat ; aussi avons-nous déjà obtenu, pour commencer, l'adhésion d'environ cent petits cultivateurs à notre nouvelle association.

Depuis le vote de la loi sur les syndicats, beaucoup de ces sociétés se sont formées. Nous devons constater que-plusieurs prospèrent d'une façon remarquable et rendent de réels services à l'Agriculture, en assurant à leurs adhérents la sécurité et le bon marché pour les engrais de commerce.

Nous voulons faire encore mieux ; indépendamment des services que nous venons d'indiquer, nous voulons faire connaître aux membres du syndicat la nature des engrais qu'ils ont à employer dans chaque circonstance pour obtenir immédiatement les mêmes résultats que si tous avaient reçu une instruction agricole suffisante.

Voici notre manière de procéder : moyennant une faible cotisation de 3 francs par an, tous les cultivateurs grands et petits de notre arrondissement, qui feront partie de notre syndicat, recevront un questionnaire qu'ils auront à remplir et qui nous permettra d'indiquer à chacun par une réponse particulière, quelle nature et quelle quantité d'engrais doivent être employés. La fourniture totale de l'arrondissement sera mise en adjudication, d'après un cahier des charges bien étudié, et leslivraisons seront faites sous le contrôle d'analyse de notre station agronomique.

Nous nous occuperons également de la fourniture des semences d'après les mêmes procédés ; et nous espérons qu'avec cette organisation, si la grande majorité des cultivateurs veut se joindre à nous, nous pourrons obtenir en peu


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de temps dans l'arrondissement de Meaux, au point de vue de la production agricole, des progrès dont nous reconnaissons la nécessité.

Tel a été, Messieurs,l'objet de nos travaux et de nos études pendant ces dernières années ; nous les poursuivrons et nous les étendrons sans relâche dans le but d'apporter un soulagement à la triste situation que nous subissons en ce moment. Mais en attendant et pour terminer, nous ne saurions trop vous exhorter à ne pas vous laisser abattre par l'adversité : le découragement mène directement à la ruine. Inspironsnous plutôt de cette vieille maxime « Aidons-nous d'abord » et, des progrès accomplis comme de la justice que nous attendons du Gouvernement, résultera fatalement cette ère de prospérité que l'Agriculture est en droit de revendiquer. Les pouvoirs publics ne peuvent en effet oublier qu'elle est, comme on l'a dit il y a bien longtemps, une des sources vitales de l'Etat et qu'il y aurait imprudence à la laisser tarir.

Ce Discours a été interrompu par de chaleureux et fréquents applaudissements.

Puis M. Chazal, au nom du Conseil général, prononce le discours suivant :


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DISCOURS DE M. CHAUL

Je n'ai que peu de mots à ajouter à ceux que vous venez d'entendre ; mais, dans une cérémonie comme celle-ci qui réunit autour des autorités et des représentants du département tous ceux qui vivent de la terre, quel que soit leur rang dans la hiérarchie agricole, votre conseil général ne saurait s'abstenir de porter un témoignage public de la sollicitude persévérante qu'il apporte à l'étude et à la défense des intérêts de l'agriculture, cette grande nourricière, cette juste ^préoccupation de tous ceux qui s'intéressent à la prospérité de notre département.

Je regrette seulement que ce ne soit pas une voix plus autorisée que la mienne qui porte ce témoignage.

Je ne vous rappelerai pas nos efforts renouvelés chaque année, et qui finiront bien un jour par nous taire obtenir justice, c'est-à-dire une plus équitable répartition de l'impôt foncier entre les départements et un allégement pour celui de Seine-et-Marne si injustement chargé depuis tantôt trois quarts de siècle.

Notre admirable réseau de chemins vicinaux dit assez quelle importance le Conseil général, quelles qu'aient été les opinions politiques de ceux qui s'y sont succédé, a toujours attaché à assurer les plus nombreux, les meilleurs débouchés aux produits de nos champs.

Chaque jour nous combattons pour arracher un lambeau de ce réseau de voie ferrée si scrupuleusement étudié et dont nous aurions voulu couvrir le département, mais audévelop-


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pement duquel s'oppose malheureusement l'intérêt stratégique de la Défense nationale ; nous payons tant d'avantages que nous assure d'autre part notre proximité de la grande capitale.

Mais notre grande préoccupation pour le moment, c'est de mettre à la portée de tous, de faire pénétrer aussi profondément que possible dans les masses, les notions et les procédés scientifiques qui peuvent seuls donner un nouvel essor à notre production en lui permettant de perdre de moins en moins de ces forces que la nature met à la disposition de l'homme, quand il sait lui en arracher le secret.

Ce que le Conseil général a commencé par la création de la station agronomique, sa ferme volonté est de le continuer par l'école. Ce n'est pas au moment où l'on a reconnu que l'enseignement professionnel devait, pour répondre aux besoins de la génération nouvelle, accompagner partout l'enseignement littéraire et l'enseignement scientifique que nous pouvons défaillir. Notre grande préoccupation, c'est de déterminer de la manière la plus utile la direction à donner à cet enseignement. Convient-il de le continuer dans des écoles spéciales où il est plus facile d'en réunir les éléments, mais qui sont toujours plus ou moins difficilement abordables pour tous ? Ne convient-il pas au contraire de le disséminer dans les écoles, où il perdra certainement en force et en élévation, mais par où il pénétrera plus vite et plus profondément dans toutes les classes de la population? C'est un problème difficile à résoudie mais vous pouvez être assurés que votre Conseil général apporté dans son étude et apportera dans sa solution l'esprit profondément démocratique qui fait sa force et lui crée avec vous son lien le plus cher.

Honorons-nous, Messieurs et Mesdames, honorons-nous, chers concitoyens, d'être un des départements nourriciers de la République. Continuons à former pour la patrie des


- 119 - agriculteurs entêtés et des soldats vaillants assainis par la vie des champs.

Après de nombreux applaudissements et un morceau lestement enlevé par la musique, M. le Président donne la parole aux rapporteurs des différents jurys.

RAPPORT GUILLOUX.


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RAPPORT

au nom du Jury du Prix d'Honneur

DE

GRANDE CULTURE

M. Guilloux, chargé du rapport sur la grande culture s'exprime ainsi :

MESDAMES, MESSIEURS,

Une visite de fermes de grande culture, dans l'arrondissement de Meaux, capitale de la Brie, si renommée pour ses terres fertiles et sa fabrication des fromages, est toujours intéressante, surtout lorsque les exploitations à visiter ont cette fabrication pour industrie principale, laquelle, poussée au plus haut degré de perfection chez certains de nos cultivateurs et malgré les mauvais prix de vente des deux dernières années, est assurément très rémunératrice pour quiconque arrive à avoir des produits reconnus toujours bons.

Cinq concurrents se sont présentés pour l'obtention de la prime d'honneur offerte par le département.

Ce sont : M. Billiard, à Montlevé; M. Michon, à Salnove; Mme veuve Roussel, à Marcy ; M. Jarry, à la Noue ; M. Aubry, à Chalifert.

Les exploitations varient de 175 à 250 hectares ; un seul, M. Billiard, cultive 54 hectares et n'en est pas, pour cela, moins méritant.


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La commission regrette de ne pas avoir eu de fermes à visiter dans les beaux cantons de Claye, Dammartin et Lizy où les cultures à blé et à betteraves à sucre sont généralement belles. Elle attribue le petit nombre des candidats au bas prix des céréales qui ne laisse plus de bénéfice, depuis que la concurrence américaine nous inonde de produits agricoles de toutes sortes.

Il y a trois ans nous poussions un cri d'alarme qui eut écho dans tous les comices et sociétés d'agriculture de France et nous demandions à nos représentants un droit de 3 fr. par quintal, ce qui fut voté.

Depuis lors, mettant à profit les découvertes scientifiques, recherchant les meilleures espèces de blé, nous avons augmenté les rendements à l'hectare et en conséquence diminué le prix de revient de l'hectolitre.

Malgré cela la lutte est impossible, les prix s'avilissent de plus en plus et notre marché reste toujours sous l'empire de ce colosse qui sans loyer, sans impôt, produit le blé à 7 fr. l'hectolitre.

Ayons cependant confiance dans l'avenir ; tenons-nous à la hauteur des progrès réalisés par la chimie agricole ; luttons avec courage contre l'étranger, en attendant de nos représentants qu'ils défendent prochainement nos intérêts d'une manière efficace.

Nous allons successivement énumérer les mérites constatés chez les candidats que nous avons visités :


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Ferme de Montlevé, commune de Villemareuil

A l'est de la commune de Villemareuil se trouve la ferme de Montlevé, d'une contenance de 54 hectares. Le sol, pareil à celui que nous rencontrons généralement dans une grande partie de la Brie, est argileux à sous-sol imperméable, très frais et d'une grande humidité.

Lorsqu'il y a quatorze ans, M. Billiard succéda à son père, son premier soin fut de s'entendre avec son propriétaire pour le drainage de ses terres. A ce travail fut consacrée une somme de 12,000 fr. dont M. Billiard paie l'intérêt annuel à 5 pour 100.

Toutes ses terres ont reçu des amendements calcaires à raison de 55 à 60 mètres cubes à l'hectare. Lamarnière se trouve à 3 kilomètres de Montlevé et la dépense à l'hectare est de 125 francs.

Cette ferme, éloignée de sa commune, trouve la maind'oeuvre difficilement ; elle y supplée en employant des belges pendant les grands travaux d'été.

Nous avons trouvé chez M. Billiard un outillage agricole qui mérite d'être énuméré : 3 charrues de différents modèles, 1 déchaumeuse, 1 herse Howar, 1 semoir Smyth à 12 rangs, 1 faucheuse, 1 râteau à cheval, 1 rouleau articulé, 1 machine à battre, 1 concasseur, 1 trieur, 5 voitures et tombereaux, 1 tonneau à purin, etc..

Voilà vraiment pour une exploitation de 54 hectares, un agencement des plus complets.

L'écurie se compose de 5 chevaux et une pouliche en parfait état.

L'étable contient 20 vaches, 2 taureaux, une génisse appartenant aux races normande, flamande et hollandaise. Elles sont renouvelées par tiers tous les ans. Cette vacherie est


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assurément la plus belle que nous ayons rencontrée dans nos visites et nous prouve que M. Billiard est vraiment connaisseur.

Les fromages emploient chacun 18 litres de lait.

Du 1er août au 1er juin, il a été vendu pour 13,184 fr. de fromages ce qui met le prix du lait à environ 24 centimes le litre; 50 fr. 10 centimes est le prix moyen de la douzaine de fromages pendant les trois dernières années.

La porcherie possède de 8 à 10 porcs et une installation parfaite.

Les variétés de blé cultivées sont : le blé Hallet et le blé de Bordeaux, nous les avons trouvés en bonne végétation.

Les avoines sont l'avoine de Brie et l'avoine Prunier.

Le rendement en blé des trois dernières années a été de 21 quintaux à l'hectare et de 23 pour les avoines.

Les betteraves fourragères sont faites après avoine, sur défrichage de luzerne ; la méthode est bonne; de cette façon la récolte profite de l'azote mis en réserve par la luzerne ; 300 quintaux de son et tourteaux, des betteraves et plantes fourragères forment la nourriture des vaches.

Le principal engrais employé par M. Billiard est le fumier. 11 a acheté à cet effet, en 1884, 10,000 bottes de paille.

A Montlevé, il serait préférable, pour les récoltes que nous avons vues en terre, d'ajouter à ces fumiers très bien fabriqués, du superphosphate ; là comme ailleurs, l'excès de verdeur des blés est trop accentuée.

Nous engageons M. Billiard a être plus hardi dans l'achat des engrais chimiques ; qu'il emploie sur ses blés du super. phosphate à la dose de 4 à 500 kilos par hectare; cet engrais lui donnera, nous en sommes certains, des rendements supérieurs en quantité et surtout en qualité à ceux annoncés.

M. Billiard a eu l'avantage défaire visiter son exploitation par les deux commissions de la grande et de la moyenne; culture.


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Les membres du jury de la moyenne culture ont apprécié les résultats obtenus par M. Billiard dans la ferme de Montlevé et l'ont classé dans d'excellentes conditions ; mais comme une délibération du 24 août 1881, fixe à 40 hectares, le maximum pour la moyenne culture, il a été décidé que M. Billiard devait concourir avec la grande culture. Pour éviter que pareille chose ne se reproduise à l'avenir nous pensons qu'il serait préférable de classer les concurrents en 3 catégories : La petite culture de 10 à 40 hectares, la moyenne culture de 40 à 100 hectares et la grande culture de 100 et au-dessus.

Les 54 hectares de Montlevé, n'offrent, comme superficie, aucun point de comparaison avec les quatre autres fermes qui possèdent de 175 à 250 hectares. Néanmoins les membres du jury de la grande culture reconnaissant que M. Billiard, pour sa culture, son matériel, les améliorations foncières qu'il a faites, les magnifiques animaux qu'il possède, mérite d'être récompensé, demandent pour lui à la Société d'agriculture de Meaux, une médaille d'or.

Ferme de Salnove, commune de Bassevelle.

A entiron 14 kilomètres de La Ferté-sous-Jouarre et à 2 kilomètres de la commune de Bassevelle, près du département de l'Aisne, est située la ferme de Salnove, d'une contenance de 250 hectares.

La ferme se trouve au centre des terres. Le sol très humide repose, en grande partie, sur l'argile à meulière. En quelques endroits on rencontre le sable de Fontainebleau ; M. Michon considère ce dernier terrain comme inférieur.

Nous avons admiré à Salnove l'écurie la plus remarquable ;


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L'étable renferme 32 vaches de races normande, schwiiz, flamande et hollandaise; la race normande domine. La fabrication du fromage rapporte annuellement 20,000 fr.

Nous avons vu dans les champs de Salnove, divisés en deux troupeaux, 750 bons moutons. La tonte a été de 4 kilos 650 par toison. M. Michon ne fait pas l'élevage; il achète des moutons métis-mérinos ou légèrement anglaisés qu'il revend dans le courant de l'année aux bouchers des environs, l'engraissement a lieu l'été ; mais pour terminer l'hiver, il est joint à la ration journalière du son et un demi-litre de lentilles, lesquelles sont achetées à raison de 15 fr. les 100 kilos.

M. Michon emploie beaucoup de son pour la nourriture de ses animaux et c'est à cela qu'il attribue le peu de perte qu'il éprouve.

La porcherie contient 15 porcs achetés à l'âge de 2 mois et revendus gras ou consommés à la ferme.

L'outillage agricole ne laisse rien à désirer. Une machine à vapeur et une batteuse Albaret servent au battage des grains.

Lorsqu'il y a seize années, M. Michon prit la ferme de Salnove, une partie des terres avait été drainée. Il marna immédiatement toute son exploitation à raison 60 mètres cubes à l'hectare ; la marnière est à deux kilomètres de la ferme ; elle a une sortie très difficile.

La culture de Salnove est triennale ; les plantes fourragères telles que : trèfle violet, trèfle incarnat, minette, occupent un large espace et remplacent la jachère morte. Il y a en plus 47 hectares de luzerne magnifique.

Cette culture des plantes fourragères n'offrirait aucune critique si M. Michon avait le soin de combattre sur ses terres emblavées l'excès d'azote qu'elles y ont apporté.


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•Certains blés faits sur trèfle violet fumé n'ont pas l'aspect et la couleur qu'ils devraient posséder si le fumier avait été remplacé par le superphosphate. Nous ne pouvons que conseiller à M. Michon d'employer sans retard l'acide phosphorique et nous sommes convaincus qu'il obtiendra d'excellents résultats et une diminution du prix de revient de l'hectolitre.

Le rendement a été en moyenne les trois dernières années de 23 quintaux à l'hectare. Les engrais employés sont le fumier de ferme et le parcage des moutons.

M. Michon est très satisfait de quatre variétés de blé qu'il cultive en mélange et qui sont les blés de Bergues, Schériff, Victoria et Goldendrop. Nos félicitations à M. Michon de ne pas attendre d'une seule variété un rendement plus ou moins favorable de la récolte. Les avoines sur défrichages de luzerne sont bonnes ; celles sur chaume de blé assez bonnes ; à l'exception de deux pièces où le ver a complètement détruit la plante dans certaines parties, elles sont ensemencées sur deux labours.

Le drainage, comme dans une grande partie des terres de la Brie, est indispensable à Salnove. Une pièce de blé d'une contenance de 45 hectares nous offrait à ce sujet des remarques surpassant l'imagination. La différence pour l'étendue drainée était si grande que la récolte en blé eût payé la moitié des dépenses faites à l'hectare pour drainer l'autre partie. . Les 32 hectares de prairies naturelles de M. Michon, possèdent quantité de plantes utiles d'une belle venue, graminées et légumineuses; elles sont fumées tous les 3 ans. „ Derrière et attenant à la ferme se trouve une prairie naturelle, nouvellement entourée, d'une superficie de 5 hectares. L'entourage est élégant, solide, offre à l'oeil un bel aspect et coûte 50 centimes le mètre courant.

M. Michon vend par année 25,000 bottes de paille et et 50,000 bottes de luzerne et foin. Il est apporté à la ferme


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100 quintaux de tourteaux et 400 quintaux de son et remoulage.

Les betteraves fourragères cultivées sont : jaune des barres, blanches à collet vert et jaune longue ; nous les avons vues commençant à lever.

L'aspect des récoltes est bon, mais paraîtrait et serait sans doute encore meilleur si l'on supprimait en partie ces dérayures d'une grande largeur qui attristent le regard par le peu de vigueur des plantes qui y végètent, comparées à celles qui croissent sur le haut des sillons et sont très vigoureuses. Ce doit être une cause de difficultés pour l'emploi des machines. Il est vrai que la main d'oeuvre n'est pas rare à Salnove ; les ouvriers vignerons de la Marne viennent en moisson y chercher du travail.

En dehors de ces quelques considérations la ferme de Salnove peut être citée comme une culture triennale bien conduite.

D'un autre côté, M. Michon étant à fin de bail ne veut pas entreprendre des améliorations dont il profiterait peu.

Ferme de Marcy, commune de La Fertésous-Jouarre

Nous avons été vraiment peines, en entrant dans la ferme de Marcy, de ne plus y trouver celui qui, il y a un an, s'occupait si activement d'organiser notre concours de moissonneuses-lieuses et de posséder dans son canton le concours départemental.

La commission exprime à la veuve de M. Roussel, tous ses


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regrets de la perte qu'elle a faite de cet homme de bien : M. Roussel, ingénieur, membre de la Société d'agriculture de Meaux depuis douze années, un de ses plus zélés défenseurs au Conseil général où il représentait le canton de La Ferté-sous-Jouarre et ancien maire de cette ville.

Mme Roussel sa veuve qui continue son oeuvre secondée efficacement par son fils et sa fille, nous a, avec son amabilité ordinaire, accompagnés partout et mis à même d'admirer la construction, l'aménagement, la propreté et l'organisation intérieure de la ferme.

Les bâtiments ont une forme rectangulaire ; sur un des petits côtés se trouve la maison d'habitation ; le côté droit est réservé spécialement à l'écurie qui se compose de 15 chevaux, 3 juments poulinières, 2 poulains de 3 ans, 2 de

2 ans, soit en tout 24 chevaux, tous en très bon état. L'élevage du cheval a lieu à Marcy : les juments sont saillies par un étalon noir qui appartient à la ferme ; les poulains sont très beaux. L'écurie est construite sur le modèle des écuries du chemin de fer d'Orléans ; la méthode est bonne surtout pour la conservation des harnais qui se trouvent continuellement aérés.

L'étable renferme 42 bêtes de la race normande dont

3 taureaux, 21 vaches ayant plus de 4 ans, 6 vaches ayant plus de 2 ans 1/2, 7 génisses de 1 an 1/2, 5 de 6 mois.

On voit qu'ici l'élevage des bêtes à corne est poussé avec une grande activité, il est certain que Mme Roussel en choisissant bien ses sujets de part et d'autre arrivera dans quelques années, et cela sans beaucoup de sacrifices à posséder une vacherie qui ne le cédera en rien à celles des meilleures fermes de la Brie.

Chaque fromage emploie 10 litres de lait.

Une cave aux fromages a été construite sur l'emplacement d'une source ; elle est spacieuse, complètement à l'abri des mouches et éclairée par des lentilles en verre placées au ni-


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veau du sol. De cette cave les fromages passent dans une autre où on les termine complètement ; sortant de là, ils sont bons à consommer et sont expédiés dans de petites caisses très légères à quiconque en fait la demande à Marcy.

Les récompenses obtenues jadis par M. Roussel et depuis par Mme Roussel au concours général des produits agricoles qui a lieu à Paris tous les ans, prouvent que les propriétaires de Marcy occupent un certain rang parmi les producteurs fromagers de l'arrondissement de Meaux.

Voici du reste le résultat des ventes d'une année :

3,277 fromages de Brie à 3 fr 9,381 fr.»»

1,642 fromages de Brie à 2 fr. 50 4,705 »»

377 fromages façon Camembert à 0 fr. 50. . 188 50 9,343 litres de lait à 0 fr. 20 1,868 60

Total 16,593 fr. 10

Le litre de lait employé à la fabrication du fromage ressort à 27 c. 1/2.

Passant maintenant à la porcherie nous y trouvons 5 truies, 1 vérat, 15 porcs à l'engrais, soit 21 animaux croisés manceaux.

L'élevage du mouton a lieu à Marcy; les agneaux sont vendus à l'âge de 2 ans 1/2 à 3 ans; les brebis sont conservées jusqu'au delà de 4 ans, selon leur qualité.

Les 446 moutons métis ou légèrement anglaisés que nous avons examinés offrent au point de vue de l'engraissement quelques difficultés. Nous conseillons à Mme Roussel de faire des croisements de Dishley, convaincus que cette race conviendrait mieux aux terres de Marcy.

Mademoiselle Roussel, s'occupe de la volaille dont elle pousse l'élevage à un point presque inconnu à nos meilleures fermières; les 50 canards de la race de Rouen et les 150


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jeunes poulets Houdan qu'elle nous a fait voir, en témoignent hautement.

La commission est heureuse d'adresser ses compliments à Mlle Roussel.

Un grand hangar faisant parallèle à la maison d'habitation et d'une surface de 1,250 mètres sert à mettre toutes les récoltes à l'abri.

Les fumiers sont arrosés et très bien tenus ; au-dessus de la citerne sont construits des cabinets d'aisances pour les ouvriers.

L'outillage est des plus complets.

En 1883, la contenance de la ferme était de 220 hectares; par suite d'échange, elle se trouve aujourd'hui réduite à 197 hectares.

Des terres argilo-calcaires et de limon argileux siliceux forment la nature du sol ; le sous-sol est généralement glaiseux ; l'assainissement étant ici indispensable, M. Roussel a fait drainer 160 hectares de terre. Par suite des bancs de pierres que l'on rencontre en quantité à une certaine profondeur, cette opération coûte énormément cher; elle revient à 450 fr. l'hectare.

Tous les quinze ans, le marnage s'opère à raison de 50 mètres cubes.

L'assolement est triennal.

Conduits par M. Roussel fils, nous avons trouvé l'aspect des blés satisfaisant ; les variétés cultivées sont : le Goldendrop et le blé blanc de Bergues et aussi cette année, à titre d'essai, le blé de Chalenge et le blé hybride de Cocherel.

Les avoines sont : L'avoine de Brie, l'avoine noire hâtive et l'avoine grise et noire d'hiver ; elles ont bonne apparence. Une pièce surtout de défrichage de luzerne ayant reçu 500 kilos de superphosphate à l'hectare attire les regards par sa belle végétation.


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Une grande étendue est consacrée aux plantes fourragères. Au contraire 8 hectares seulement sont attribués aux betteraves ; ce chiffre nous a paru trop peu élevé pour une exploitation d'aussi grande étendue et dans laquelle on trouve 3/5 de tête de gros bétail à l'hectare. Nous engageons M. Roussel à étendre davantage cette culture qui doit très bien convenir aux terres de Marcy et qui lui permettrait en même temps de faire disparaître ces plantes adventives que nous avons remarquées sur le sol.

En outre des fumiers produits par les nombreux animaux de la ferme, M. Roussel enlève les boues de La Ferté-sousJouarre soit par an 1,050 mètres cubes estimés à 2 fr. 50 pris sur place.

Il est employé dans les blés semés après betteraves, 100 kilos de sulfate d'ammoniaque et 350 kilos de superphosphate à l'hectare; ce qui fait une dépense annuelle de 2,000 à 2,500 fr. d'engrais chimiques. Ce chiffre n'est pas suffisant. Que M. Roussel, lui aussi, soit plus hardi dans ses achats d'engrais; qu'il compare les récoltes obtenues avec du superphosphate et en fasse opérer le battage séparément ; il se convaincra de cette nécessité.

A part cela tout chez ce jeune agriculteur mérite d'être fortement encouragé.

Une comptabilité en partie double, très bien tenue par l'intelligente mademoiselle Roussel, nous a été mise sous les yeux.


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Ferme de la Noue, commune de Saint-Jean-lesdeux-Jumeaux

La Ferme de la Noue, éloignée de 3 kilomètres de tous les pays voisins, semble bien solitaire pour toute personne ne l'ayant jamais visitée; elle a néanmoins trouvé un agriculteur qui n'a reculé devant aucune dépense pour l'amélioration des terres et des bâtiments.

M. Jarry succéda à son père en 1866 ; les terres sont d'un seul tenant; ce fut l'unique avantage que M. Jarry rencontra à- ses débuts. La ferme se composait alors de 139 hectares; depuis, par suite d'un nouveau bail, 36 autres ont été ajoutés ce qui fait aujourd'hui une contenance totale de 175 hectares.

Inutile de dire que le sol de la Noue avait besoin de drainage ; son nom seul l'indique ; c'était il y a quelques années le refuge des eaux d'alentour.

Doué d'un rare courage et d'une hardiesse peu commune, M. Jarry entreprit de se débarrasser de ces eaux par tous les moyens en son pouvoir. A cet effet il emprunta au Crédit foncier avec le consentement, de son propriétaire une somme de 35,850 francs amortissable en 30 annuités, au taux de 6 1/2 p. 100.

Le prix du drainage revient à 239 francs l'hectare ; ce travail a été fait dans d'excellentes conditions; les collecteurs que nous avons vus couler en abondance à la suite des pluies survenues les jours p: écédents, nous ont prouvé leur efficacité.

Employée sur une vaste échelle, la marne qui contient 60 p. 100 de chaux, est donnée tous les dix ans à raison de 05 mètres cubes, soit une dépense de 115 francs à l'hectare.


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De 1868 à 1875, les frais de marnage ont été de 16,500 fr. et de 1878 à 1885 de 18,700 fr. soit une somme totale de 35,200 fr. dans l'espace de vingt années.

Non content d'améliorer ses terres, M. Jarry fit construire trois hangars, dont l'un qui occupe une surface de 600 mètres et sert à rentrer ses récoltes, a coûté 7,200 fr., soit 12 fr. le mètre superficiel. Le second hangar, destiné à mettre les racines fourragères à l'abri, a une étendue de 250 mètres et a occasionné une dépense de 2,500 fr. Enfin un troisième hangar renfermant le manège du coupe-racine a coûté 750 fr.

Dans l'écurie nous voyons 14 chevaux et juments et 3 à 4 poulains que nous avons trouvés suffisamment bons pour les terres de la Noue.

L'étable se compose de 3 taureaux d'élèves et 36 vaches flamandes et hollandaises, renouvelées par tiers tous les ans et achetées directement dans les pays de production.

Le but à atteindre étant ici la bonne fabrication des fromages, M. Jarry a donné tous ses soins à l'aménagement des laiteries : des caves d'été et d'hiver et une chambre à ressuyer lors des brouillards et des temps humides ont été très bien agencées ; l'une de ces caves à même du être reconstruite par trois fois pour arriver à la perfection qui la distingue ; de là nouvelle dépense de 4,000 fr. dont M. Jarry a été récompensé par la bonne réputation de ses produits. Les fromages sont vendus aux halles de Paris; du 1er septembre au 1" juin, il en a été livré pour une somme de 21,700 fr. soit une moyenne de 59 fr. 50 la douzaine. 18 litres de lait sont nécessaires pour un fromage, soit environ 30 centimes le litre. 550 quintaux de son et tourteaux sont annuellement consommés par la vacherie.

La maison d'habitation n'a pas toujours été comme nous l'avons vue. 3,000 fr. ont été consacrés pour l'aménagement intérieur.


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C'est donc au total une somme de 88,600 fr. qui a été dépensée par M. Jarry, dans la ferme de La Noue, en drainage, marnage et constructions.

Du troupeau composé de 500 têtes nous ne dirons rien, M. Jarry s'occupant plus spécialement de la vacherie ; une nouvelle étable en construction est bien la preuve que la fabrication des fromages à La Noue laisse plus de bénéfices que l'élevage des moutons, surtout quand la vente comme ici n'est effectuée qu'à 2 ans 1/2.

Par suite de l'éloignement de tout pays, la main d'oeuvre est rare; les belges sont employés pour les binages de betteraves, les foins et la moisson.

La terre argileuse est d'une moyenne profondeur et le sol ne peut être considéré, malgré les améliorations réalisées, que comme un terrain très ordinaire.

L'assolement triennal de La Noue est le suivant :

Blé . 42 hectares.

Avoine 40 —

Betteraves 9 —

Pommes de terre .... 2 —

Luzerne........ 23 —

Prairies naturelles ... 22 — Trèfle violet, trèfle incarnat, minette, navette,

maïs et vesse .... 26 — 50

Jachères mortes .... 10 —

Total. . . . 174 — 50

Le blé blanc Victoria, le blé Chiddam blanc, le blé rouge Hallet et le blé Roseau cultivés ici sont d'une belle venue : une pièce entr'autres, sur défrichage de luzerne après avoine se distingue par son excellente végétation. M. Jarry lui ayant donné comme engrais 500 kilos de superphosphate d'os.


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Le rendement à l'hectare pour les quatre dernières années a été de 22 quintaux.

Les ensemencements d'avoine sont faits, partie avoine de Brie, partie avoine à grappes.

Tous les grains ainsi que les petites graines sont semés à l'aide du semoir Smyth. Cette méthode a permis de détruire les sauves qui se trouvaient dans une partie des avoines, ce qui a été fait par le binage à la main.

Les avoines reçoivent toutes 100 kilos de sulfate d'ammoniaque et 350 kilos de superphosphate d'os à l'hectare. •

Deux champs ont présenté beaucoup de manque que nous attribuons au ver qui a détruit la plante.

L'avoine, depuis quatre ans, a donné une récolte moyenne de 21 quintaux à l'hectare.

Les luzernes sont bonnes pour la terre qui les produit.

Les betteraves sont levées ; les variétés ensemencées sont la demi-sucrière, le globe et la demi-longue.

Ici, comme dans les cultures précédentes neuf hectares de betteraves nous paraissent insuffisants pour nourrir pendant l'hiver un si nombreux bétail, les plantes fourragères ne constituant toujours qu'une alimentation imparfaite.

L'outillage ne laisse rien à désirer.

En terminant, la commission complimente M. Jarry pour les sommes énormes qu'il n'a pas craint de dépenser à La Noue. Pionner infatigable, agriculteur fromager d'une grande valeur, secondé par une femme excessivement intelligente, M. Jarry peut être cité comme exemple dans- la fabrication des fromages de Brie.


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Ferme de Chalîfert, commune de Chalifert.

Sur la rive gauche de la Marne, à environ 2 kilomètres de cette rivière et presque au haut d'un coteau assez élevé, on aperçoit la commune de Chalifert, distante de la gare d'Esbly de 4 kilomètres et de 6 de celle de Lagny.

La population peu nombreuse est occupée journellement dans les fabriques du voisinage ou aux travaux du chemin de fer de l'Est. La main d'oeuvre est rare et il faut recourir aux ouvriers étrangers.

Il y a 20 ans, lorsque M. Aubry prit possession de la ferme de Chalifert, la contenance était de 166 hectares. Par suite d'achats et d'échange elle est maintenant portée à 173.

En 1864, M. Aubry obtint de son propriétaire en s'engageant à payer l'intérêt à 5 p. 100 de la somme dépensée, qu'il lui fît construire un hangar.

Une petite ferme située dans l'intérieur du village faisait partie des bâtiments de l'exploitation ; en 1874 M. Maugis, propriétaire, en demanda l'abandon à son fermier. Celui-ci y consentit, à la condition qu'une grande bergerie avec grenier serait construite auprès de ses bâtiments ruraux.

Le jardin potager appartenant à la petite ferme, M. Aubry dut faire une dépense de 1200 fr. pour en créer un.

Diverses autres constructions lui étant encore nécessaires furent exécutées et payées par M. Aubry, une partie en argent, une partie par des charrois faits pour le propriétaire soit ensemble 3,000 fr.

L'eau est très rare à Chalifert. Quelques années plus tard, M. Aubry fit encore des travaux pour le propriétaire à l'effet d'obtenir en échange la création d'une citerne et la pose de gouttières. Une pompe aspirante et refoulante, le réservoir


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en tôle, l'aménagement et les tuyaux de distribution dans les bergeries ont été posés aux frais du fermier.

La situation fortement en pente de la cour a nécessité le pavage sur une certaine étendue, lequel a été payé moitié par le propriétaire, moitié par le fermier.

La couche de terre végétale a ici plus d'épaisseur que dans les fermes précédentes ; le sous sol est aussi moins humide et moins froid ; il est vrai que les meilleurs soins lui ont été donnés depuis bientôt 30 ans.

Le drainage a été effectué sur une grande partie de la ferme. M. Aubry en paie l'intérêt à 4 p. 100 ; 30 hectares ont été drainés entièrement à ses frais.

A l'origine de son bail, il a trouvé la terre tellement dépourvue de chaux que ni la luzerne, ni l'avoine ne pouvaient y pousser. Aussi s'empressa-t-il de marner. Plus tard la création de la fabrique à sucre de Villenoy lui permit d'employer les défécations reconnues supérieures à la marne.

Les dépenses en drainages, marnages et constructions diverses se montent à la somme de 37,400 francs.

L'assolement est composé de la manière suivante :

Blé 50 hectares

Avoine 34 hectares

Seigle 4 hectares

Betteraves à sucre 23 hectares \

Vesces d'hiver et de printemps. . 2 hect, 90f

Trètle incarnat 4 hect. 50 > 89 hectares 21.

Trèfle violet 3 hect. 541

Minette 5 hect. 77 )

Luzerne, sainfoin et prairies naturelles, 43 hectares 79.

Six variétés de blé sont cultivées : le Chiddam à paille blanche, le blé Datel, le Goldendrop, le Prince Albert, le Schériff et le blé blanc de Mars ; le blé Chiddam est semé de préférence.

Les engrais employés sont : le fumier de ferme, le parcage et les engrais chimiques appropriés aux besoins de la terre.


- 138 - Le rendement de l'année dernière a été de 26 quintaux à l'hectare, la récolte de cette année promet un rendement peu ordinaire. Les avoines ont reçu 80 kilos de nitrate de soude et 325 kilos de superphosphate de chaux ; c'est l'avoine de Brie qui est généralement cultivée à l'exception de 3 hectares 50 ares d'avoine grise de Houdan et 7 hectares d'avoine d'hiver noire et grise. Depuis l'emploi de la chaux les avoines produisent beaucoup ; le rendement de l'année a été de 26 quintaux 1/2 à l'hectare. M. Aubry espère encore mieux pour la récolte 1886. Nous avons pourtant aperçu quelques vides dans le champ d'avoine noire d'hiver ; cette variété du reste est moins rustique que la grise, elle aura souffert des gelées de mars. Le voisinage de la ràperie de Coupvray a permis à M. Aubry, la culture en assez grande quantité.de la betterave à sucre; nous en avons vu avec plaisir un champ de huithectares,-dont le démariage était opéré depuis une dizaine de jours et qui présentait un bel aspect ; les meilleures espèces s'y trouvaient réunies au nombre de 102.000 pieds à l'hectare, chiffre que nous a annoncé le surveillant de la râperie.

Quinze autres hectares de betteraves sont très bien plantés.

Les engrais employés sont 40.000 kilos, de fumier de ferme enfoui avant l'hiver et 230 kilos. d'engrais [chimiques semés en ligne en même temps que la graine : cet engrais est fourni par la sucrerie de Villenoy.

Les résultats obtenus à la récolte 1885 ont été de 40.000 kilos, à l'hectare avec une densité de 6° 1.

Quelques membres de la commission ont fait observer que M. Aubry, placé dans des conditions très avantageuses pour la culture des betteraves à sucre, devrait l'étendre davantage et par exemple supprimer pour cela la Minette, cette plante des terrains pauvres.

Une partie des fourrages est vendue pour Paris.

En outre des fumiers de la ferme, il est acheté à la


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compagnie des Omnibus 400.000 kilos de fumier, livré sur wagon à Esbly. Avec les engrais chimiques et la défécation c'est une dépense annuelle de 9.792 fr. soit 55 fr. par hectare ce qui est le chiffre le plus haut constaté dans notre visite.

L'outillage est des plus complets.

L'écurie possède 18 bons chevaux ; une attelée des 4 premiers est spécialement occupée au transport des produits.

Nous voyons dans l'établel3 vaches, 3 taureaux et 3 veaux à l'engrais.

Quelques vaches grasses viennent d'être vendues il y a un mois et M. Aubry n'a pas encore osé remplacer les 8 vaches qu'il a perdues l'an dernier du sang de rate.

Le lait est converti en fromages qui sont vendus à la criée des Halles de Paris.

Le troupeau étaitau 1" janvier dernier de 620 bêtes; il n'est actuellement que de 450 têtes, appartenant à la race dishleymérinos ; 215 brebis sont employées à la reproduction ; 100 antenaises et 115 agnelles sont destinées à prendre la place des brebis mises au rebut les années suivantes.

La tonte a été cette année de 4 kilos 375.

Les agneaux blancs mâles au nombre de 100 sont livrés à la boucherie dès leur parfait engraissement, soit à environ 8 mois ; certains pèsent alors 60 kilos poids vif.

Pour arriver à posséder de si beaux animaux que de soins M. Aubry n'a-t-il pas dû prodiguer ! Quelle nourriture abondante a-t-il fallu leur donner ! Mais aussi quelle récompense lorsque le but est atteint !

En général les récoltes de toutes sortes sont belles à Chalifert, mais le troupeau mérite tous nos éloges.

Messieurs,

La commission s'est trouvée fortement embarrassée pour décerner la prime d'honneur ; elle hésitait entre M. Aubry et M. Jarry; tous deux avaient de grands mérites.


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M. Jarry avait à son actif, le drainage, le marnage et des améliorations de toutes sortes.

M. Aubry avaittout cela, bien qu'en moins grande quantité.

L'ensemble des récoltes de la Noue était inférieur à celles de Chalifert ; mais la terre de M. Jarry est de bien moins bonne qualité. Chez M. Aubry, les animaux sont supérieurs; chez M, Jarry, l'installation et la fabrication des fromages sont excellentes.

La culture de la betterave à sucre était superbe à Chalifert; mais M. Aubry n'était-il pas placé pour cela ?

Tout bien pesé et examiné, lorsqu'il a été question du troupeau de Chalifert, celui-ci a décidé la majorité de la commission, et M. Aubry a été désigné comme lauréat du Prix d'Honneur départemental.

Et c'est pour les améliorations agricoles, l'industrie fromagère poussée au plus haut degré qu'il est attribué à M. Jarry une Médaille d'Or offerte par la Société d'agriculture de Meaux.

La commission demande qu'il soit accordé une Médaille de Vermeil à M. Alexis Roussel pour l'aménagement intérieur de la ferme de Marcy, et la bonne organisation du concours de moissonneuses-lieuses.


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RAPPORT

DU JURY DU PRIX D'HONNEUR

POUR LA

PETITE CULTURE

Par M. PAP1LL0N-BARDIN, cultivateur à Fresnes par Annet (S.-et-M.)

M. Papillon, au nom du jury de petite culture, donne lecture du rapport suivant :

Le 24 août 1881, le Conseil général de Seine-et-Marne a décidé qu'il serait accordé tous les ans dans le concours départemental un objet d'art de 500 fr. plus 200 fr. en argent, au cultivateur qui, n'exploitant qu'une étendue de 10 à 40 hectares aurait été jugé le plus digne de cette récompense.

C'est donc la première fois dans l'arrondissement de Meaux que nos petits cultivateurs ont été appelés à concourir pour l'obtention de cette prime que nous devons à l'initiative de notre Conseil général et dont tous nous venons ici le remercier énergiquement aujourd'hui.

La superficie du territoire de notre arrondissement est de 125,000 hectares sur lesquels 75,000 hectares sont possédés par de petits propriétaires, dont un grand nombre font valoir eux-mêmes ce qu'ils possèdent.

La petite culture a donc une assez grande importance.


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Ceux qui la pratiquent autour de nous, possèdent seulement le tiers ou le quart de leurs exploitations ; ils se sont agrandis petit à petit pour arriver à former un assolement complet et se créer ainsi une besogne plus normale et plus régulière.

Beaucoup d'entre eux joignent à leur travail agricole une occupation industrielle ou commerciale; ici le plus grand nombre et ceux qui sont aujourd'hui nos lauréats ont pour industrie la fabrication du fromage de Brie, industrie tout à fait locale, dont le produit fabriqué par nos bonnes fermières est très recherché partout et a une valeur assez grande pour permettre à ceux qui le font d'espérer des bénéfices.

Il est nécessaire en effet que ces travailleurs modestes et infatigables aient de quoi occuper tous leurs instants et puissent fournir de la besogne à tous les membres composant leur famille. Leurs bénéfices ne sont pas gros, ils sont quelquefois si restreints qu'ils n'existent qu'à la condition expresse du concours de tous dans la maison à la besogne commune, chacun y apportant de tout coeur et d'un accord tacite sa part de travail et de savoir-faire.

Les céréales aux prix actuels ne produisent que de faibles sommes et ne peuvent laisser de bénéfices ; il leur a fallu chercher une autre source pour y puiser quelquefois de quoi former compensation et balancer le budget annuel de la maison.

La baisse du tiers au quart sur les locations de terres faites depuis deux ans prouve à tous les yeux la situation difficile de la culture, surtout quand l'on voit que même avec cette baisse, les champs les plus éloignés ou les moins bons sont abandonnés, ne trouvent plus de locataires et restent en friches à moins que ceux qui les possèdent ne puissent les cultiver eux-mêmes.

Ce sont ceux-là surtout qu'on peut dire liés au sol et qui ne peuvent changer de métier.


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Mais au reste le voudraient-ils ? Ce n'est pas sûr ; et puis pourraient-ils en trouver un qui leur plaise mieux ou même autant et qui s'adapte aussi bien à leurs goûts et à leurs aptitudes ? car c'est évident, ils l'aiment et le pratiquent avec courage et opiniâtreté ce métier qui occupe tous leurs instants, exige un travail soutenu et sans trêve et dans lequel la récréation ne vient pour eux que de la variété des occupations. Ils ne s'effrayent pas d'avoir tant de difficultés de vaincre ; il leur faut des connaissances techniques, théoriques et pratiques, il leur faut surtout beaucoup travailler eux-mêmes. Que de soins n'ont-ils pas à apporter pour rendre les récoltes homogènes sur des pièces aussi morcelées, pour y faire en temps utile les travaux nécessaires et obtenir dans des conditions aussi difficiles 700 fr. par hectare dans des terres fort ordinaires et sans le secours d'engrais chimiques complémentaires.

A leurs débuts ils ont toujours pratiqué une sévère économie quotidienne ; souvent aussi leurs parents avant eux, travailleurs laborieux et infatigables, en leur donnant l'exemple de la sobriété et de la constance, ont quelquefois' déjà vu l'aisance couronner leurs efforts.

Pour eux leurs désirs sont modérés ; ils ne demandent, disent-ils, qu'à vendre le blé le prix qu'il coûte et tout irait bien; ils pourraient alors moins restreindre leurs dépenses, vivre un peu plus largement et faire ainsi plaisir aux autres et à eux-mêmes.

Extrait du rapport de M. Papillon, sur la petite culture :

Dans sa visite à la ferme de M. Rozé, Aimé, à Mareuil, la commission a été frappée, de l'esprit d'ordre et d'économie qui se dégage de l'examen de tout ce qu'elle a vu. La maison et les bâtiments sont bien tenus, les terres sont bien cultivées et bien assolées ; une pièce surtout près de l'habitation con-


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tenant à elle seule un assolement complet est remarquable par chaque culture, elle peut être comparée à un jardin.

Les fumiers sont bien soignés, remaniés, mis en couche et arrosés par une pompe à purin scellée au-dessus de la citerne ; partout des gouttières régnent autour de la cour et en éloignent les eaux d'orage. Les étables sont pavées et bien disposées pour l'écoulement des purins, mais malheureusement elles sont trop basses de plancher.

Le bétail et la volaille sont bien soignés et la porcherie d'élevage et d'engraissement est bien échelonnée pour les besoins de la petite ferme qui fait chaque année 24 porcs gras.

M. Rozé possède seulement 4 hectares sur les 16 qui forment sa culture ; il loue le reste environ 100 fr. l'hectare net d'impôts ; il n'emploie pas d'engrais chimiques et cependant vend un peu de paille ; nous l'avons vivement engagé à en essayer comme complément à ses fumures : il avait seulement cette année semé en complément sur la moitié d'une pièce d'avoine d'hiver un compost de colombine dont le bon résultat était extrêmement sensible et l'encouragera vivement à continuer sur une grande échelle les années suivantes. Sa famille se compose de deux fils avec lesquels il travaille ; l'aîné doit s'établir à côté de lui dans une petite ferme qu'il lui prépare ; la grand'mère demeure dans la maison contiguë et la famille est très unie.

Les rendements de ses récoltes des années précédentes ont été bons en céréales et les autres denrées ont assez bien réussi; cette année la préparation est encore bonne. La vente des fromages et du lait atteint 5,000 francs par an avec sept vaches dont il change quelques-unes chaque année.

Le matériel d'outillage est très complet et contient notamment comme outil complémentaire de progrès, une butteuse et une bineuse, une machine à battre et un tonneau à purin. E# somme la commission est unanime à reconnaître le mérite


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de M. Rozé, Aimé, et lui décerne la prime d'honneur de la petite culture. Un objet d'art de 500 fr. et 250 fr. en argent.

M. Bichot, Jean-Baptiste, à Quincy-Ségy, fait valoir environ 20 hectares dont la moitié lui appartient.

Son matériel de culture est bien complet ; il possède des bâtiments spacieux qu'il agence en ce moment et une machine à battre; il a 7 vaches et fabrique des fromages; son étable couverte en fer est voûtée et bien pavée ; elle est tenue avec soin, mais comme toutes celles que nous avons visitées il y manque pour la laiterie un thermomètre et des grillages métalliques. Les fumiers sont arrosés avec une pompe à purin aspirant dans une citerne pouvant contenir 5 mètres cubes ; un tonneau sert à mener l'excédent en plaine. Un petit laboratoire à engrais humain y est installé. — « Aujourd'hui que la culture est bien ingrate, dit M. Bichot, il faut faire des économies de toutes parts ». — Le drainage étant trop difficile à cause du morcellement des terres qui sont généralement fraîches, M. Bichot a assaini le sol en creusant des rigoles qu'il a remplies de gravats et le résultat en a été excellent.

Les récoltes ont été l'année précédente 1/3 meilleures qu'elles ne paraissent devoir être cette année.

M. Bichot cultive en outre avec les soins les plus assidus le champ d'expérience de la Société.

La Commission lui décerne la médaille de vermeil des Agriculteurs de France.

M. Lepage, Daniel, à Mareuil fait valoir environ 20 hectares dont le quart seulement lui appartient.

L'ensemble de sa culture est bien tenu, et sa petite ferme est bien soignée par sa nombreuse famille; il tire un grand parti de son étable qui est bien composée et arrose ses fumiers avec la petite pompe Lanz ; il fait faire ses battages à la machine portative et a obtenu de très bons rendements

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ces dernières années. Les bâtiments sont garnis presque partout de gouttières et son matériel de culture est assez complet.

La Commision lui décerne une médaille d'argent.

M. Rossignol, à Villemareuil, fait valoir 17 hectares dont la moitié lui appartient.

Son étable est garnie de 7 bonnes vaches ; il fabrique des fromages et en tire un très bon parti sur le marché de Meaux.

Ses terres sont bien tenues, et cependant presque toutes très éloignées de l'habitation.

Il bat avec une machine de location et récolte très bien. Son matériel d'exploitation est assez complet, il traite bien ses fumiers et a un tonneau à purin. Sa famille est nombreuse et l'aide puissamment pour sa culture et l'entretien d'un beau jardin avec arbres à fruits en plein rapport.

M. Grenier, Alphonse, de Villiers-sur-Morin, fait valoir 27 hectares de terre dont environ 4 hectares de prairies naturelles ; les parcelles sont extrêmement nombreuses : il y en a 287 dont cette année 48 sont en blé et 54 en avoine ; quelques-unes sont réunies, puisque dans une seule pièce, il y a 36 bornes. Beaucoup d'arbres fruitiers sont plantés sur ces pièces et gênent énormément pour obtenir une culture régulière, mais produisent cependant une compensation par le produit de leurs fruits.

Les animaux sont bien choisis et le produit de la laiterie est satisfaisant. Les fumiers sont bien traités et M. Grenier, n'ayant pas d'enfant, est aidé dans son travail par des domestiques dévoués et dont il fait un éloge bien mérité.

La Commission accorde à chacun d'eux, MM. Rossignol et Grenier une médaille de bronze et les engage à suivre la bonne voie dans laquelle ils sont engagés et à y persévérer dans la certitude d'y trouver par la suite une grande satisfaction.


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M. Bertrand, propriétaire à Esbly, s'étant vu contraint de reprendre quelques terres en prairies, résolut d'établir une vacherie, dont le produit en lait et en fromages pût lui remplacer le fermage ou en former l'équivalent. Sa situation à quelques pas d'une station de chemin de fer.permet un écoulement facile à ses produits. Il y a bien réussi et la Commission a été agréablement impressionnée en voyant le confort et la bonne disposition de sa nouvelle installation. Tout y est très soigné et le meilleur parti possible est tiré de la vente du lait d'abord, des fromages faits avec le lait non vendu ensuite, et de la porcherie qui utilise les égouttures avec quelques issues. Ces produits bien additionnés, déduction faite des achats des marchandises complémentaires à l'entretien du bétail et des frais divers, laisse encore une marge suffisante pour équivaloir à la location des prairies et donne un bénéfice net sans compter la copieuse fumure qui est distribuée abondamment par le fumier de dix-huit belles vaches, d'un cheval et de six porcs, sur les 9 hectares dont se composent les enclos autour de l'établissement.

La Commission estime que les efforts faits par M. Bertrand pour arriver à ce bon résultat, méritent d'être récompensés et lui décerne une médaille de vermeil.


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RAPPORT

AU NOM DE LA COMMISSION DES PRIX AUX OUVRIERS DE FERMES ET AUXILIAIRES DE L'AGRICULTURE

Par M. MÙLLER

M. Mûller, ancien principal du Collège de Meaux, soulève de nombreux applaudissements en lisant le rapport suivant sur les prix de moralité :

MESSIEURS,

Au milieu des inquiétudes et des souffrances de l'heure présente, au milieu des graves préoccupations que cause à tous les esprits sérieux l'avenir de notre agriculture, c'est une consolation et une espérance de voir que l'on trouve encore au fond de nos campagnes, quelques-unes des vertus qui font la gloire et la prospérité d'un pays. Chargé d'exposer les titres de nos vieux serviteurs à votre estime et à vos récompenses, et d'ajouter quelques pages au livre d'or de notre démocratie agricole, comme l'appelait si heureusement, il y a cinq ans, mon honorable ami, M. Ducrocq, je me trouve embarrassé en présence des nombreux lauréats dont je dois retracer les mérites. J'aurai presque toujours à rappeler des vertus de même nature ; mais les faits parleront d'eux-mêmes, et les qualités de nos candidats feront, je l'espère, oublier l'inexpérience du rapporteur.


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C'est un devoir pour moi de commencer par vous citer les noms des donateurs généreux dont les souscriptions nous ont permis de décerner à nos vieux serviteurs des prix si bien mérités. Ce sont :

La Société des agriculteurs de France ; la ville de La Fertésous-Jouarre ; MM. le comte de Moustier ; Gatellier, président de la Société; Bénard, vice-président; Petit, vice-président; Ducrocq; Labouré, trésorier; Bourjot, vice-trésorier; Proffit, Paul, vice-secrétaire; le baron Alphonse de Rothschild; le baron Gustave de Rothschild ; Dufraigne, sénateur, maire de la ville de Meaux; Mme Paul Petit, au château de SainteAvoye; Liébaut, ingénieur; Laisné, maire; les Directeurs de l'usine de Villenoy;Clairet; Gatellier, Albert; Nézondé, cultivateur; Georges Ohnet, ingénieur; Georges Ville, professeur; Van de Vinckell, ingénieur; Benoist, avoué à Paris; Mme Roussel, de Marcy; MM. Pottier, de La Ferté; Tripier, de La .Noue; Bertrand, Henri; Dassy, Amédée, de Meaux; Grandin, de Cocherel; Dumont, banquier; Labour, Fernand; Mme Gatellier, Ladislas ; MM. Foucher de Careil, sénateur ; Barigny, Jules, de Meaux ; Gautier, Eugène; Aubry, de Chalifert ; Benoist, conseiller général ; le comte de Rohan-Chabot ; Garnier; Caron, conseiller d'arrondissement; Droz, Alfred, conseiller général ; Lecomte, de 'Paris, à Quincy ; Lecomte, de Quincy ; le duc de Trévise.

La Société décerne le prix décennal, la médaille d'or offerte par le Conseil général et 100 francs, à GRANDIN, Casimir, âgé de 66 ans, charretier dans la ferme de M. Michon, à La Petite-Loge, commune de La Haute-Maison, depuis 44 ans.

Grand dévouement, travail assidu, soins tout particuliers aux animaux qui lui sont confiés, tels étaient déjà ses titres, il y a 16 ans, lorsqu'au Comice de Thieux, il obtenait la première médaille de bronze ; tels ils sont encore aujourd'hui,


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ou plutôt ses titres se sont augmentés de 16 nouvelles années de dévouement et de labeurs.

Son fils travaille avec lui dans la même ferme, depuis 28 ans; nous lui savons gré de prouver, aussi par son exemple, [que la race des bons serviteurs n'est pas encore perdue, et nous avons tenu compte de ses mérites en décernant à son père une des plus hautes récompenses dont puisse disposer la Société d'agriculture de Meaux.

PRIX BUIGNET

100 francs de rente viagère.

Nouveau venu dans la Société d'Agriculture, je suis néanmoins certain d'être l'interprète des sentiments de mes collègues en rendant un hommage éclatant à l'homme de bien, au cultivateur éminent, qui a rendu tant de services à notre Société et dont, longtemps encore, nos Comices rediront le nom respecté.

Nous aurions bien voulu avoir plusieurs prix Buignet à décerner, tant les titres de nos candidats sont sérieux. Nous avons hésité à proclamer un vainqueur, là où plus d'un méritait de vaincre, et pour nous décider à faire un choix il a fallu que notre coeur tranchât une difficulté que notre jugement seul ne pouvait résoudre.

MARLIN (Pierre) a 76 ans, et depuis 64 ans il est resté dans la ferme de Mme veuve Thiébaut, à Brou. Peut-être ses longs services ne nous eussent-ils pas seuls décidés en sa faveur, si à ces titres déjà si beaux, n'étaient venus s'ajouter son dévouement à sa famille et une bonté qui, chez lui, est une véritable vertu.

On est saisi d'un respect involontaire en présence de cet homme qui n'ayant que ses modestes gages pour élever une famille de quatre enfants, n'hésite pas à recueillir chez lui


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une nièce devenue veuve avec les six enfants qu'elle lui amène. Ce n'est rien de céder à un bon mouvement ; tous les hommes en sont capables ; mais persévérer, c'est là qu'est le mérite, et ce mérite, Marlin, vous l'avez eu tout entier. Vous avez élevé dix enfants, dont six ne vous appartenaient pas, et jamais vous n'avez regretté une bonne action qui cependant a dû vous coûter bien des peines et vous imposer plus d'une fois de douloureux sacrifices.

Marlin, la Société d'Agriculture de Meaux qui vous a donné une médaille d'argent en 1876, vous décerne, aujourd'hui, le prix Buignet et les 100 francs de rente viagère qui y sont attachés. Vous saurez en faire un noble usage.

Médailles d'argent et 100 francs

1° DAUX (Eustache), la Société qui, en 1876, vous décernait une médaille de bronze et 50 francs, vous accorde aujourd'hui une médaille d'argent et 100 francs. En 1884, la Société de tempérance de Paris vous a donné une médaille de bronze; nous le savons, et nous savons aussi que jamais récompense ne fut mieux méritée. Grâce à votre sobriété, vous pourrez encore, malgré vos 66 ans, vous rendre utile dans la ferme de M. Labour, que vous servez avec tant de dévouement depuis 42 ans.

2° Une 2" médaille d'argent est décernée au sieur DUMONT (Antoine), âgé de 64 ans, charretier chez M. Clain, à Monthyon, depuis 44 ans. La Société se souvient qu'en 1876, elle a accordé à cet estimable serviteur une médaille de bronze pour sa probité et le dévouement exceptionnel qu'il a montré à ses maîtres. Dumont a été victime d'un accident, qui, grâce à son courage ne l'a pas contraint à cesser ses travaux. Il a la satisfaction de voir, auprès de lui, son fils qui compte déjà 27 années de services dans la ferme de M. Clain.


■r 152 — 3* MICHAUD (Jules-Antoine), commis de ferme âgé de 63 ans, chez M. Fasquel, à Jaignes, a obtenu en 1876 une cinquième médaille de bronze. Il compte aujourd'hui 39 années de bons services, et la Société estime qu'elle s'honore ellemême en récompensant par une médaille d'argent la fidélité de ce vieux serviteur.

4* DUSAUTOY (Jean-Auguste) a 80 ans et malgré son grand âge, il travaille encore comme manouvrier chez M. Fouillaux, à Douy-la-Ramée; depuis 62 ans il est dans la même ferme, donnant à tous l'exemple du dévouement et du courage. La Société lui décerne une médaille d'argent qu'il a certes bien méritée.

5" Nous accordons la même récompense à SANTERRE (JeanAmable-François), valet de cour chez M. Raoult, à Mary, qui compte 60 ans de services dans la même ferme et dont toute la vie peut se résumer en ces deux mots : travail et probité.

Sont dignes également d'une médaille d'argent, les serviteurs ruraux dont les noms suivent :

6° ANET (Louis-Désiré), âgé de 67 ans, manouvrier chez M. Nézondé, aux Corbins, commune de Montévrain, a servi successivement cinq patrons, dans la même ferme, pendant 56 ans. Ouvrier laborieux et sobre, il a élevé huit enfants qui suivent l'exemple que leur donne leur père. Après avoir travaillé pour ses maîtres, il trouve encore le temps de cultiver quelques parcelles de terre achetées avec ses économies.

7° PATRON (Charles-Alexandre), âgé de 58 ans, charretier de M. Leduc, à Chambry, depuis 41 ans ; ses patrons n'ont jamais eu qu'à se louer de son activité, de son intelligence et de sa fidélité.

8" NICOLAS (Emile), âgé de 58 ans, charretier à la ferme de


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Beauval, commune du Plessis-Placy, depuis 38 ans. Il a servi trois générations avec le même dévouement. M. Auguste Benoist n'hésite pas, dans les occasions difficiles, à recourir à sa vieille expérience et lui témoigne, en toute occasion, une confiance et une estime qui font autant d'honneur au maître qu'au serviteur.

9° PASQUIER (Louis-Auguste), âgé de64 ans, charretier chez M. Marest, à Forfry, depuis 45 ans. A plusieurs reprises ce serviteur fidèle a rendu des services signalés à la ferme, et son maître souffrant depuis plusieurs années peut, sans inquiétude, se reposer sur lui du soin de diriger sa culture.

10* BARTHÉLÉMY (Isidore), âgé de 76 ans, a été pendant 41 ans, berger chez MM. Michon père et fils, à La Choquette, commune de Saint-J^an-les-deux-Jumeaux, et pendant 15 ans chez M. Michel, cultivateur à Changis. Pendant 56 ans, il s'est montré serviteur actif et dévoué.

AUTREAU (Alexandre-Honoré), âgé de 74 ans, journalier dans la ferme de M. Legrand, à Bassevelle, depuis 45 ans ; honnête et laborieux, il n'a mérité que des éloges dans sa longue carrière, comme serviteur et comme père de famille.

12" LAURENT (Jean-Baptiste), âgé de 61 ans, manouvrier à la ferme de Poligny, commune de Puisieux, a servi successivement M. Hubert, M. Courtier père et M. Courtier fils. Depuis 49 ans, dans la même ferme, il a fait preuve d'activité autant que d'intelligence et de dévouement.

13° LORINÉ (Pierre), âgé de 69 ans, manouvrier dans la ferme de M. Garnier, à May, depuis 42 ans. Son maître donne les meilleurs renseignements sur son exactitude, son ardeur au travail et sa probité. Quelle que soit l'heure du


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jour ou de la nuit, il est toujours prêt à exécuter les ordres qui lui sont donnés.

14° GO-SSET (Constant), âgé de 60 ans, berger à la ferme de M. Roche, à Vinantes. A l'âge de 14 ans, il a commencé à travailler chez le grand-père de M. Roche, et depuis il est resté dans la famille, sans cesser un seul instant les soins intelligents qu'il donne au troupeau qui lui est confié.

La Société d'Agriculture a été heureuse de trouver au nombre des serviteurs ruraux dignes d'obtenir des médailles d'argent, deux femmes d'un mérite exceptionnel.

15* Madame BOURIOUX (Louise), veuve Potin, âgée de 60 ans, est depuis 31 ans dans la même famille. Elle est restée 17 ans chez MM. Michon père et fils, dans la ferme de Moras, et elle ne les a quittés que pour suivre la fille de son maître qui venait d'épouser M. Heurtaut, fermier à SignySignets. En 1870, aidée de son mari, qui vivait encore à cette époque, elle a su repousser les exigences de l'ennemi et défendre la maison qui lui était confiée avec une patience et un courage dignes de tout éloge. Prenant en toute occasion l'intérêt de ses maîtres, veillant à tout, d'une scrupuleuse probité et d'une rigoureuse exactitude, elle a donné l'exemple de toutes les vertus qui font les bons serviteurs. Ce n'est pas assez dire, Messieurs, par son rare dévouement elle s'est attirée, non seulement la confiance, mais encore l'affection et la reconnaissance de ses maîtres : elle a été pour les enfants de M. Heurtaut comme une seconde mère etaujourd'hui elle est considérée comme de la famille.

16° Madame CHOLIN (Geneviève-Louise), veuve Monel, âgée de 69 ans est entrée, depuis 1857, comme servante dans la ferme de M Houdet, à Coutevroult ; elle est active laborieuse, honnête et ses maîtres ne savent assez louer les services qu'elle leur rend depuis près de 30 ans.


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Médailles de bronze et SO francs.

La Société d'Agriculture de Meaux décerne cette récompense aux serviteurs dont les mérites sérieux, mais peut-être plus modestes que les précédents, nous sont signalés pour la première fois.

1» MÉNARD (Louis-Benoist), âgé de 73 ans, est entré, avec sa femme, dans la ferme de M. Leredde à Paroy (commune de Saâcy) en 1842. Us travaillent, lui comme manouvrier, elle comme journalière, depuis 44 ans dans la même maison ; ils représentent donc, à eux deux, 88 ans de bons services. Nous avons voulu en décernant une première médaille de bronze à Ménard récompenser non seulement sa fidélité et sa conduite, mais aussi témoigner en quelle estime nous tenions les bonnes qualités dont ont fait preuve ces bons et vieux époux.

2* PLÉ (Jules-Bernard), âgé de 58 ans, charretier chez M. Coyette à Neufmontiers, compte 33 ans de bons services dans la même ferme. Plé est un modèle d'honnêteté, d'exactitude et d'activité.

3* RICHER (Pierre-Victor), âgé de 73 ans, naguère employé chez M. Haran, à Oissery, a été charretier pendant 39 ans dans la même ferme. Il vient de quitter ses maîtres, il y a 2 ans ; pour s'y résigner il a fallu que l'âge brisât ses forces avant de lasser son courage et sa bonne volonté. La Société qui l'aurait volontiers récompensé en 1881, s'empresse aujourd'hui de réparer un oubli involontaire.

A* GUYON (Amédée), 55 ans, berger chez M. Courtier, compte 32 ans de services dans la ferme de Poligny. Berger expérimenté, serviteur fidèle, jamais il n'a manqué à son devoir. En 1870, il abandonne sa maison et tout ce qu'il


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possède pour s'installer dans la ferme de son maître. Menacé emprisonné même, il continue à braver l'ennemi qui s'irrite de voir tant de courage et tant de dévouement. Guyon, vous avez non-seulement bien mérité de votre patron, mais encore de la commune que vous avez aussi défendue contre les Prussiens ; Guyon vous êtes un homme honorable et un bon citoyen.

5* DREVET (Désiré), 54 ans, batteur en grange chez M. Leduc, à Chambry, depuis 40 ans dans la même ferme. Son père a travaillé avec lui chez les mêmes maîtres. Ce que la Société admire le plus, c'est la persévérance héréditaire dans le dévouement, et elle est heureuse en couronnant Drevet de rendre hommage en même temps au mérite de son vieux père que l'âge seul a condamné au repos.

6° VINCENT, âgé de 60 ans, manouvrier dans la ferme de M. Daguet, à Tancrou, depuis 42 ans. Batteur en grange jusqu'en 1856, il est depuis cette époque lieur de paille à la machine à battre. C'est un serviteur zélé et consciencieux.

7° GRESSIER (François-Marie), 64 ans, berger dans la ferme de M. Fasquel à Jaignes depuis 26 ans. Gressier est un ouvrier modèle ; d'un caractère doux et paisible, d'une sobriété parfaite, il possède l'entière confiance de ses maîtres.

8° VALLET (Joseph), 46 ans manouvrier, compte 35 ans de services chez M. Aubry, à Chalifert. Encore un ouvrier d'un rare mérite auquel nous espérons bien donner dans 5 ans une plus haute récompense. Vallet, disent ses patrons, est toujours prêt à rendre service à ses maîtres et à ses camarades. Il est employé à tous les travaux de la ferme et s'en acquitte avec un zèle et une conscience au-dessus de tout éloge. Malgré ses modestes ressources, il a pu élever sept enfants et à diverses reprises, venir en aide à ses frères


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et soeurs, au nombre de six ; grâce à sa sobriété, il fait encore assez d'économies pour s'assurer une pension dans ses vieux jours.

9° DtfsoYER (Louis-Antoine) 45 ans, commis dans la ferme de Mme veuve Plicque, à Villenoy. Pendant 29 ans, il a toujours été un serviteur fidèle, dévoué et ne cherchant qu'à contenter ses maîtres.

10° DALISSIER (Joseph), 66 ans, berger dans la ferme de M. Auguste Garnier, à May, depuis 28 ans. Intelligent et connaissant parfaitement son métier, il a succédé à son père qui, au concours de May, en 1857,avait obtenu une médaille d'argent, après 37 ans de services.

11° LEGRAND (Louis), 69 ans, chauffeur dans la ferme de M. Bénard, à Coupvray, où il est depuis 34 ans. Employé successivement comme manouvrier, comme jardinier et enfin comme chauffeur, Legrand est un homme d'une rare sobriété et d'une exactitude exemplaires.

12° BOUCARD (Armand), 57 ans, employé dans la ferme de M. Jean Garnier, à May, depuis 29 ans, comme charretier, comme cribleur et comme chargeur. Avant d'arriver à May, il était soldat et venait de faire l'expédition de Crimée: honnête, laborieux, d'un caractère austère et dur envers luimême, à la ferme comme sur le champ de bataille il a toujours fait honorablement son devoir.

13 BOUVIER (Francis-Cliarlemagne), 51 ans, berger dans la ferme de M. Paul Bénard, à Chessy, depuis 24 ans. En 1870, il a su, sans quitter le pays, dérober son troupeau aux recherches de l'ennemi, et le rendre tout entier à son maître, après le danger disparu. D'une conduite exemplaire et d'un coeur excellent, Bouvier a su trouver, dans ses


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modestes gages, assez de ressources pour élever deux de ses nièces restées orphelines.

14° PORET (Jules), 56 ans, est resté 26 ans dans la ferme du Château chez M. Franche, à Luzancy et n'a cessé d'y rendre les meilleurs services.

15° CHARLES (Pierre-Daniel), 55 ans, charretier dans la ferme de Platry à Jablines. Cet honnête ouvrier a commencé à travailler à l'âge de 10 ans et est resté chez M. Dalleux, jusqu'à 25 ans. Après une absence de 5 ans, il est rentré, en 1861, dans la même ferme, dirigée aujourd'hui par M. Paul Bénard, pour ne plus la quitter. Nous ne lui comptons que 25 ans de services, bien qu'en réalité, il soit resté 40 ans dans la.même maison, mais la Société espère que Charles Daniel, dont les maîtres font le plus grand éloge, nous fournira, au prochain comice, l'occasion de lui donner une nouvelle récompense.

16» MORTIER (Victor), 56 ans, employé dans la ferme de M. Fasquel, à Jaignes, depuis 23 ans. Après avoir été pendant cinq ans, maître-bineur de betteraves, il fut chargé en 1868 de la surveillance des travaux de la plaine et notamment de la culture des betteraves, fort importante à cette époque. Son patron n'a jamais eu qu'à se louer de ses excellents services. En 1874, M. Fasquel voulant lui donner une marque toute particulière de confiance, l'a placé à la tète de son exploitation agricole.

17* Mme CHAUDE (Virginie), femme Cochoix, âgée de 60 ans est restée 23 ans au château de Quincy comme fille de bassecour. Pendant 23 ans, elle n'a pas quitté son travail un seul jour ; je ne citerai qu'une preuve de son activité dévouée. Le jour même du mariage de son fils, elle n'a pas voulu laisser à d'autres le service qui lui était confié.


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18* VAN LIERDE (Constant), 50 ans, manouvrier dans la ferme de M. Fournier à Grandchamps, depuis 34 ans. Actif, laborieux et intelligent, il rend les plus grands services, à la maison à laquelle il est attaché. Père de quatre enfants, dont les trois aînés sont également au service de M. Fournier, il ne cessa de leur donner les meilleurs conseils et le meilleur exemple.

19° GROS (Sylvain), 58 ans berger dans la ferme de M. Lenfant, à Charmentray, depuis 22 ans a toujours pris à coeur les intérêts de ses maîtres, et par ses excellentes qualités il a su se concilier l'estime générale.

20e Mme MARCHAND (Victoire-Eléonore), veuve Darche âgée de 59 ans, est employée depuis 20 ans, à la ferme de Marcy. Ménagère accomplie, laborieuse et d'une probité parfaite, Mme Darche est aimée de ses maîtres et ne se doute même pas de son mérite. Elle recevra la médaille que la Société lui décerne sans s'y attendre et sans se douter que sa modestie est un titre de plus pour l'obtenir.

21° GRANDIN (Frédéric), 43 ans, commis dans la ferme de M. Proffit à Forfry, depuis 20 ans. La Société en lui offrant une médaille de bronze récompense non seulement le serviteur fidèle, actif, dévoué, économe, mais veut honorer en lui lé bon fils et le bon père de famille. Dès l'âge de 12 ans, Grandin travaillait la nuit pour soulager sa mère malade et restée seule dans la plus grande misère. Orphelin, à 14 ans, il fut recueilli par sa tante, ou plutôt ce fut lui qui la recueillit, car ce fut lui qui la soutint par son travail.

On pourrait croire, Messieurs, que je fais un rapport pour le prix Montliyon, tant nous rencontrons dans nos fermes de serviteurs méritants et vertueux ; mais notre Société n'a pas là prétention de se poser en rivale de l'Académie


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française, et tout en honorant les vertus de famille de nos lauréats, c'est avant tout la fidélité et le dévouement qu'elle a voulu récompenser chez eux.

22° Pois (Victor-Auguste), 35 ans, employé depuis 23 ans et charretier depuis 17 ans dans la ferme de M. Gatté à Moussy-le-Vieux. Il s'acquitte de ses fonctions avec un zèle et une fidélité rares. Sa moralité est exemplaire; aussi les habitants de Moussy-le-Vieux, nous écrit son patron, seraient heureux de voir récompenser ce brave et loyal serviteur. La Société réalise aujourd'hui leur voeu.

23° Mme GARNIER-LÉTARD, âgée de 53 ans, ménagère chez M. Robcis, au Génitoy, depuis 17 ans. Après avoir été occupée, pendant 8 ans comme servante de ferme, elle a pris la direction de la maison et s'est chargée de la basse-cour. La famille Robcis n'a qu'à se louer de sa probité et de ses bons services.

La Société aurait encore bien d'autres noms à citer, mais elle est forcée de se limiter; elle n'a pas cru cependant pouvoir ajourner quatre candidats dont les titres se sont imposés à notre attention.

24" MICHON (Eugène), manouvrier dans la ferme de M. Huyard à Bassevelle, depuis 32 ans, est très estimé de ses maîtres et mérite par son travail et sa fidélité la récompense qu'ils ont sollicitée pour lui.

25* DUMONT (Félix), manouvrier depuis 27 ans, chez M. Clain de Monthyon, est le digne fils d'un lauréat de 1881, qui compte 41 ans de bons services dans la même ferme, Dumont Félix s'est toujours distingué par sa conduite, son travail et son intelligence.


— 161 — 26* ANET (Désiré-Louis), âgé de 35 ans, employé dans la ferme de M. Nézondé,auxCorbins, depuis 26 ans et chauffeur depuis 18 ans, suit l'exemple donné par son honorable père, a toujours été considéré comme un travailleur énergique et ponctuel.

27" Mlle LECOMTE (Louise), âgée de 33 ans, domestique fidèle, active et dévouée, depuis 17 années, dans la ferme de M. Duferrier, à Changis.

Ouvriers et employés d'industrie

Médaille d'or et 100 francs offerte par la ville de La Ferté-sousJouarre, et un volume

La Société d'Agriculture de Meaux se félicite d'avoir à décerner ce prix à un lauréat de la ville qui nous donne aujourd'hui l'hospitalité.

COQUIGNE (Louis-Antoine), âgé de 70 ans, est entré à l'âge de 12 ans chez M. Roger, meulier à La Ferté-sous-Jouarre, et depuis 58 ans il est resté dans la même maison. On ne saurait trop louer les services de cet honnête travailleur. Il a su faire de son fils Louis-François, entré lui aussi dans l'usine Roger, il y a 32 ans, un sujet des plus méritants et un des chefs les plus distingués de ces vastes ateliers.

Coquigne père a déjà obtenu deux récompenses, l'une dé_ cernée, en 1864, par le Comice agricole de Meaux, l'autre décernée, en 1870, à Paris par la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.


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Un seul fait que vous me permettrez de vous rappeler vous dira ce que fut Coquigne, dans sa jeunesse. Il n'avait que 15 atts, lorsque son père, par suite de mauvaises spéculations, resta redevable à ses patrons d'une somme assez considérable. Un autre se serait dit qu'il n'était pas responsable du malheur qui venait de fondre sur sa famille, mais Coquigne av» •* ^ autre façon de comprendre le devoir. A force d'éco'es privations, grâce à sa persévérance et à son parvint à payer les dettes dtml il avait géhèfëu.. pris la charge et à sauver ainsi l'honneur de son père.

L'âge mûr et la veillesse de Coquigne ont tenu les promesses de son jeune âge, et s'il est vrai de dire que les bonnes qualités méritent le nom de vertus, lorsqu'elles ont pour elles la durée, la Société estime que parmi ses lauréats il n'en est pas de plus digne de la haute récompense que nous décernons à cet honorable travailleur.

Il n'en est pas de plus digne... Messieurs, je n'ai rien à retirer de ces paroles, mais parmi nos candidats, il en est qui ont autant de mérite, et c'est un dévouement aussi assidu, quoique plus modeste, que la Société récompense chez ËLQUINET (Louis-François), âgé de 76 ans, garde particulier des hospices de Meaux, depuis 29 ans. Jardinier à 15 ans chez M. Mèsnager d'Orteuil, à Germigny, à 20 ans, régisseur des bois de M. le baron Mèsnager, cantonnier, puis cantonnier-chef dans les ponts et chaussées, il devient enfin, eh 1857, garde-particulier des biens de l'hospice général de Meaux ;

Les diverses administrations qui se sont succédé dans cet établissement ont toutes rendu hommage aux éminentes qualités d'Elquinet. Zèle à toute épreuve, activité infatigable, expérience consommée, rare délicatesse, il a toutes les qualités qui font l'homme de coeur et l'homme de bien. Vous raconterai-je sa vie privée? Je craindrais de blesser sa mo-


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destie, et cependant puis-je vous laisser ignorer qu'à 15 ans, il était déjà soutien de famille ? et plus tard, quand il eut perdu son gendre, il n'hésita pas à se charger de ses deux petits-fils... Il en a fait des hommes dignes de lui : on ne peut en faire un plus grand éloge. Elquinetest encore vigoureux, malgré ses 76 ans ; il peut encore garder longtemps le poste qu'il remplit si bien et que nous avons l'espoir de voir occuper par un de ses petits-fils. Quand le moment sera venu pour lui de prendre sa retraite, on pourra dire de lui comme du sage de La Fontaine :

Rien ne trouble sa fin, c'est le soir d'un beau jour.

Ëlquinet, la Société d'agriculture de Meaux, en souvenir de vos bons services, vous offre une médaille de vermeil et un volume.

Des médailles de vermeil et des volumes donnés par le Syndicat agricole de La Ferté-sous-Jouarre, sont également : accordées aux sieurs Lefèvre (Louis), Avalard (Constant)-et Ané (Auguste).

LEFÈVRE (Louis), âgé de 69 ans, chef d'atelier chez MM. Dupety et C° à la Ferté-sous-Jouarre, compte 58 années d'excellents services. 11 a obtenu, en 1854, une médaille d'argent au Comice de La Ferté.

AVALARD (Constant), âgé de 62 ans, est contre-maître chez lès mêmes patrons; il y a 49 ans qu'il est entré chez eux comme apprenti et depuis il ne les a jamais quittés. Avalard a déjà reçu, en 1865, à Dammartin, une médaille d'argent de la Société d'agriculture de Meaux, et en 1866, à Paris, la Société nationale d'encouragement au bien lui a décerné une médaille d'honneur pour sa conduite exemplaire.

ANË (Auguste), âgé de 75-ans, a déjà obtenu une médaille


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d'argent en 1864 : il a été employé à la manufacture de toiles peintes de Claye-Souilly, pendant 59 ans.

La Société décerne des médailles d'argent et des volumes à Mme PÉTRÉ (Louise), femme Legault, à Mlle PÉTRÉ (Ernestine) et à Mme BEAUQUESNE.

Les deux premières âgées de 46 et de 43 ans, servantes chez M. Gatellier, notre honorable président, l'une depuis 33 ans et l'autre depuis 30 ans, sont les dignes filles de leur mère, Mme Adélaïde Legrand, qui a servi 60 ans dans la famille Gatellier et a obtenu, en 1861, une médaille d'argent et en 1876, une médaille d'or au Comice de Rentilly.

Mme BEAUQUESNE, âgée de 57 ans, ménagère depuis 20 années, dans la ferme de M. Garnier, à La Ferté-sous-Jouarre, termine cette longue liste que les mérites de nos lauréats ne nous ont pas permis de rendre plus courte.

Gardes-champêtres

Nous décernons une médaille de vermeil au sieur GAILLET (Charles-François), âgé ds 64 ans, garde-champêtre depuis 21 ans à Luzancy. Un seul mot suffirait à justifier la haute distinction dont il est l'objet : Gaillet a toujours fait son devoir en se conciliant l'estime et la sympathie de ses concitoyens. Mais l'éloge serait incomplet, si je n'ajoutais pas qu'il a toujours mesuré son devoir à son courage, et son courage est grand, Messieurs, il n'a jamais hésité à exposer sa vie soit pour tuer des chiens enragés devant lesquels tous fuyaient, soit pour arrêter des chevaux emportés qui allaient causer les plus grands malheurs. Gaillet est un homme de


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coeur, et nous sommes heureux de lui décerner une des plus hautes récompenses, dont nous puissions disposer.

GRESSIER (Charles-Désiré), âgé de 62 ans, garde-champêtre à Etrépilly, depuis 25 ans, et PIQUET (Félix), âgé de 66 ans, ancien soldat; garde-champêtre à Collégien, depuis 19 ans, figurent aussi avec honneur parmi ces héros du devoir professionnel qui, toujours sur la brèche, n'épargnent ni leur sang, ni leurs peines pour défendre les intérêts qui leur sont confiés.

La Société d'Agriculture de Meaux décerne à chacun d'eux une médaille d'argent.

Instituteurs

L'enseignement agricole et horticole fait aujourd'hui partie de l'éducation primaire ; nous sommes heureux d'avoir rencontré dans notre arrondissement des maîtres capables d'inspirer le goût de cette étude aux enfants qu'ils dirigent et de les attacher au sol qui les a vus naître. C'est une noble manière de servir la France que de lui préparer des générations fortes, capables de la défendre aux jours de danger et de la nourrir pendant les travaux de la paix.

Ense et aratro, l'épée et la charrue, telle était la devise du maréchal illustre qui a conquis et colonisé l'Algérie, cette seconde France. Grâce à nos intituteurs, cette devise sera aussi celle des habitants de nos campagnes.

La Société a distingué parmi ces maîtres de l'enfance six instituteurs dont l'enseignement à la fois théorique et pratique méritait de fixer son attention.


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pie décerne :

Une médaille d'or et un volume à M. ADRIEN, de Jaignes, instituteur depuis 33 ans. M. Adrien a déjà obtenu de nombreuses récompenses pour les services qu'il a rendus à la culture : 2 médailles d'argent et 2 médailles de vermeil aux expositions d'horticulture, 2 prix dans les comices agricoles départementaux et une médaille d'argent de la Société des agriculteurs de France.

Grâce à ses conseils et à ses leçons, ses élèves et même leurs pères, comprennent .mieux les travaux du jardinage et les pratiquent avec plus d'intelligence et de succès que leurs prédécesseurs.

Habitant un centre agricole, M. Adrien donne cet enseignement à ses élèves depuis 25 ans, et n'a pas attendu pour le faire que les éléments en fussent compris dans le programme de l'enseignement primaire.

La société décerne une médaille de vermeil et un volume à M. COCHET, instituteur à Saâcy ; ses élèves bien exercés ont tous répondu aux questions qui leur ont été adressées. L'enseignement du maître nous a paru méthodique et bien dirigé. En outre le jardin de l'école est parfaitement tenu.

La Société décerne des médailles d'argent et des volumes à : MM. GIBERT, instituteur à Villeneuve-sous-Dammartin, JARRY, instituteur à Vaires. GRÉZY, instituteur à Varreddes. LEBRUN, instituteur à Signy-Signets. en reconnaissance des efforts sérieux qu'ils ont faits pour propager, parmi leurs élèves, les notions élémentaires de l'horticulture et de l'agriculture et pour les résultats qu'ils ont déjà obtenus.

Au prochain Comice, nous en avons l'espoir, nous aurons un plus grand nombre de récompenses à offrir aux ins-


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tituteurs de notre arrondissement. Nous comptons sur leur dévouement pour donner une importance de plus en plus grande à un enseignement qui, désormais, a pris place dans les programmes primaires et pour faire aimer aux enfants de nos campagnes les travaux auxquels ils sont destinés.

Nous avons terminé, Messieurs, notre énumération : elle a été longue, très longue, et cependant nous sommes loin d'avoir récompensé tous les mérites et tous les dévouements. Une pensée nous console, c'est que la vertu trouve en ellemême une récompense plus belle que toutes celles que nous pouvons décerner, une récompense supérieure, la seule peut-être qui ne lui manque jamais : la satisfaction du devoir accompli. Pour nous, Messieurs, nous avons trouvé dans le long récit que je viens de vous faire, une joie qui n'est pas à dédaigner. A côté des défaillances, à côté des douloureux spectacles que nous rencontrons à tout instant, l'exemple de tant de vertus modestes, de tant de généreux sentiments nous réconforte et nous fait croire à l'avenir. Comme le dit un sage écrivain : « C'est l'obscure vertu des bons qui apporte au monde la dose de bien qui est nécessaire à sa conservation. C'est à Faide de ces dévouements que l'ordre moral s'entretient et se conserve. »

Qu'il me soit permis d'ajouter, Messieurs, que si notre arrondissement est riche en bons serviteurs, le mérite en revient un peu aux bons maitres, et que nulle part peut-être les bons maîtres ne sont en plus grand nombre que dans notre pays.


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RAPPORT

SUR LE

CONCOURS DE MOISSONNEUSES-LIEUSES DE MARCY

Par M. LIÉBAULT

Plusieurs concours spéciaux de Moissonneuses-lieuses ont eu lieu cette année. En rendant compte de ces expériences, la presse agricole est unanime pour proclamer que ces machines présentent maintenant une bonne solution d'un des problèmes les plus difficiles que l'homme puisse avoir à résoudre.

C'était déjà beaucoup de lancer en plein champ des appareils composés d'organes métalliques reliés les uns aux autres par des bâtis dont la forme devait rester invariable, et dont les relations devaient être mathématiques. — Des engrenages, des cames, des chaînes de galle, des lames de scie à denture délicate, des bielles exécutant un mouvement de va-et-vient rigoureusement limité dans son amplitude, des coussinets dont le graissage doit être assuré sous peine de grippement, d'arrêt et même de rupture, tout cela nous effrayait beaucoup il y a 25 ans quand nous assistions aux premiers pas des machines agricoles en rase campagne.

A cette époque si peu éloignée, si nou|envisageonsla durée du temps, et au contraire si reculée, si nous considérons la marche rapide du progrès, xelui qui eût annoncé l'arrivée de la machine à coudre au milieu des sillons, celui-là n'aurait pu voir autour de lui que des sourires d'incrédulité.

Comment la plus délicate de toutes les machines, celle qui exige les précautions les plus minutieuses, l'entretien le plus


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peut disposer, avec une durée de plusieurs jours, on s'est soigneux et le plus éclairé, la machine à coudre va prendre son essor au milieu des récoltes et fera son office autour des bottes de paille ; et cela sous l'action motrice des chevaux ou des boeufs et sous la surveillance d'un brave conducteur dont les doigts ne peuvent certainement lutter avec ceux de nos ouvrières parisiennes sous le rapport de la délicatesse ?

Rien n'est plus certain cependant :

Ces machines fonctionnent dans nos champs et le génie de deux inventeurs a su leur donner des formes telles que des organes plus robustes font un travail aussi délicat.

C'est en 1877 à Liverpool qu'eut lieu le premier concours de Moissonneuses-lieuses organisé par la Société Royale d'Agriculture d'Angleterre.

A ce concours aucune machine ne' fut jugée digne du prix.

En 1878, un second concours eut lieu à Bristol et M. MacCormick y remporta la médaille d'or après avoir rempli toutes les conditions requises.

Comme membre du Jury de l'Exposition universelle de 1878 à Paris, nous avions au même moment la très vive satisfaction de constater que ce difficile problème était résolu et de signaler au gouvernement français le succès de M. MacCormick.

Si nous avons cité ces dates, c'est pour montrer avec quelle rapidité un si grand progrès a été accompli.

Il n'est pas sans intérêt d'ajouter que dans tous les rapports des concours de cette année on trouve cette mention : « les diverses Moissonneuses-lieuses présentées ont si bien travaillé que le Jury a été extrêmement embarrassé pour les classer par ordre de mérite. »

Dans des concours officiels tenus sous la direction du ministère de l'Agriculture avec toutes les ressources dont l'Etat


livré à tous les genres d'expériences et notamment à des essais dynamométriques très précis. Et cependant le rapporteur, des plus compétents et des plus éclairés, dit textuellement : « Le Jury avait une tâche ingrate : classer des machines excellentes ne différant entre elles que par de petits détails parfois secondaires et travaillant toutes d'une manière presque irréprochable ->.

Que dira donc, Messieurs, le rapporteur du jury des expé" riences de Marcy !

Là, non-seulement les moissonneuses-lieuses étaient les meilleures qui existent au monde ; non-seulement elles ont toutes très bien travaillé ; mais ce n'est pas plusieurs jours, c'est quelques heures, trop rapides hélas, qui purent être consacrées à les examiner.

Si le rapporteur officiel a trouvé sa tâche ingrate ne seronsnous pas en droit de trouver la nôtre au-dessus de la puissance humaine ?

Et cependant quelques nuances ont pu être saisies dans ce temps si court et il a été possible d'exprimer une préférence et de faire une sorte de classement. Mais avant de le proclamer il faut absolument dire bien haut que les cinq machines présentées à Marcy sont bonnes et pratiques ; que nous pouvons en conscience les recommander à nos confrères et que nous devons adresser aux inventeurs et aux constructeurs nos plus sincères félicitations.

A ces éloges il convient cependant de mêler une critique : Pourquoi vouloir absolument présenter des moissonneuseslieuses tirées par deux chevaux, alors que les efforts mesurés au dynamomètre donnent de 220 à 300 kilogrammètres de traction moyenne, suivant les machines.

Or cela fait plus de trois chevaux-vapeur de 75 kilogrammètres à la vitesse d'un mètre par seconde, et l'on sait qu'il est impossible de faire produire à un cheval quelqu'il soit pendant huit heures par jour un travail équivalent à celui


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d'un cheval vapeur. Il y a là un fait qui s'impose : le dynamomètre a autant d'autorité que la balance et il n'y a rien à répliquer.

Il est donc regrettable que certains constructeurs présentent leurs moissonneuses attelées de deux chevaux : ce -sont des conditions anormales et qui tromperaient le public si l'état de fatigue et de transpiration de ces pauvres animaux ne révélait ce qu'ils ne peuvent malheureusement pas exprimer autrement.

" Grâce à l'habile direction et au dévouement sans bornes de notre cher président, M. Gatellier, que nous trouvons toujours supérieur aux missions les plus difficiles, l'organisation du concours ne laissait rien à désirer.

Le Jury doit aussi adresser ses bien sincères remercîments à M. de Lignières et aux commissaires tous si actifs et si dévoués.

Qu'il nous soit permis aussi de nous incliner respectueusement devant Mme Roussel qui après un si grand malheur recevait chez elle la Société d'agriculture et montrait ainsi la force et la générosité de son coeur fidèle aux dernières volontés de son regretté mari.

Après avoir exprimé nos sentiments de gratitude pour la mère, nous voulons aussi remercier le fils de son gracieux accueil et lui dire combien nous sommes heureux d'avoir trouvé en lui les meilleures espérances d'avenir.

Dans la belle plaine de Marcy on avait tracé des lots d'un hectare : les différentes machines devaient moissonner cette superficie en deux heures à deux heures et demie.

Sauf une d'entre elles, toutes exécutèrent facilement ce programme.

Comme les divers lots tirés au sort ne présentaient pas une récolte de même densité, le jury décida que toutes les machines fonctionneraient à la suite l'une de l'autre et en même temps dans le même lot.


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Puis les moissonneuses se rendirent dans un champ d'avoine de trois hectares et fonctionnèrent également à la suite l'une de l'autre.

La maturité du blé était un peu trop avancée, et la sécheresse extrême. Aussi il y eut plus d'égrenage qu'on n'en constate ordinairement.

Chaque machine était suivie par un commissaire du concours chargé de constater les heures de départ et d'arrivée, la durée et la cause des arrêts, les circonstances particulières du fonctionnement, la qualité de l'attelage, la plus ou moins' grande habileté du conducteur, la largeur et la hauteur de coupe, le poids des gerbes, l'état du blé, les pierres et les obstacles rencontrés, les gerbes non liées ou mal liées, en un mot chargé d'enregistrer tous les faits matériels intéressants.

A cause de la courte durée des expériences, le Jury décida de fontionner en corps sans délégation spéciale, et de suivre l'une après l'autre chaque machine pendant son fonctionnement.

Dans une séance préparatoire tenue le matin il avait été décidé que l'appréciation du Jury porterait plus spécialement sur les points suivants :

A. — Construction de la moissonneuse-lieuse

1. Solidité des organes ;

2. Poids; équilibre;

3. Effort de traction ;

4. Conditions relatives au transport sur routes ;

5. Facilité de manoeuvre et de conduite;

6- Durabilité et facilité de rechange et d'entretien ; 7. Combinaisons mécaniques.

B. — Travail exécuté pendant les expériences

1. Réglage de la coupe ;

2. Régularité de la coupe;


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3. Fonctionnement des javeleurs;

4. Fonctionnement des tabliers transporteurs ;

5. Certitude du liage;

6. Uniformité des gerbes ;

7. Serrage des gerbes;

8. Lancement de la gerbe et égrenage.

9. Dépôt et disposition sur le sol; Porte-gerbes; Facilité pour la mise en moyettes.

Nous n'avons pas eu à tenir compte de la nature du lien : car on n'emploie plus le fil de fer à cause des accidents que pouvaient amener les parcelles de ces fils mélangées à la nourriture des animaux. Le chanvre ou le manille sont employés par tous les constructeurs.

. Six constructeurs s'étaient fait inscrire pour prendre part au Concours :

ALBARET.

HORNSBY.

JOHNSTON. MAC-CORMICK.

OSBORNK. WOOD.

Le Jury a regretté que la moissonneuse-lieuse de M. Albaret n'ait pas pris part aux expériences.

Le tirage au sort a déterminé dans l'ordre suivant les lots de chaque concurrent :

1 WOOD.

2 MAC-CORMICK.

3 HORNSBY.

4 OSBORNE.

5 JOHNSTON.

Ainsi que nous l'avons dit, toutes ces machines ont fonctionné d'une manière complètement pratique et satisfaisante.


- 174 — Voici le résumé des observations faites par le Jury :

1" Solidité des organes. Première partie, Construction. Les cinq machines ont mérité la note bien. Et certes on peut dire que la difficulté vaincue est ici très grande, car le nombre des organes, est très considérable : la place qu'on peut réserver à chacun est très exiguë et le poids doit être économisé avec toute la recherche possible.

2° Poids. Equilibre. Le poids plus ou moins grand des machines a une importance capitale ; car les expériences dynamômétriques montrent que l'effort pour traîner la machine à vide est égal à un peu plus de la moitié de l'effort total. Il né faudrait pas s'arrêter à l'évaluation du poids de l'appareil pesé en bascule ; il faut avoir égard à l'équilibrage de l'appareil et à la position de son centre de gravité par rapport à la roue porteuse et motrice : Sous ce rapport la Wood paraît bien réussie.

3* Effort de traction. Comme le Jury de Marcy n'a pu faire ni pesées ni essais dynamométriques nous croyons devoir relater ici les résultats trouvés à Chartres et à Troyes.

La moissonneuse-lieuse de Wood a exigé un effort à vide de 117 k. à Troyes et de 122 kilos à Chartres et un effort en travail de 227 k. à Troyes et de 200 k. à Chartres.

Les mêmes efforts pour la machine Mac-Cormick ont été : A vide, 122 k. à Troyes, et 118 à Chartres ; En travail, 218, à Troyes, et 210 à Chartres.

JOHNSTON. A vide 88 k. à Chartres ; En travail, 249 k. à Troyes, 184 k. à Chartres.

HORNSBY.

A vide, 139 k. à Troyes, 111 à Chartres; En travail, 222 k. à Troyes, 205 à Chartres.


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OSBORNE.

A vide 127 à Troyes.

En travail, 292 à Troyes, 250 à Chartres.

Il est très difficile de faire dans ces chiffres la part de la largeur de coupe ; car souvent il arrive que les machines les plus larges coupent moins que leur pleine largeur, et que les machines étroites coupent plus qu'ils ne faudrait.

Eh prenant les moyennes des résultats ci-dessus pour chaque machine on trouve :

Woob. Effort moyen à vide 118.5 eh travail 213

MÀC-'CORMÎCK. — 120 — 214

JOHNSTON. — 88 — 216

HORNSBY. — 125 — 271

OSBORNE. — 127 — 271

Oh peut donc conclure que sauf une ou deux anomalies

qui demanderaient à être confirmées-, toutes ces machines

absorbent le même travail moteur savoir eh chevaux vapeuf

de 75 kilogrâmmètres un cheval et demi à vide et 3 chevaux

en travail.

Nous ajouterons ici le tableau des tractions par mètre dé coupe trouvées à Chartres.

Wôob. 131 k. HORNSBY. 142 k. OSBORNE. 153 k.

JOHNSTON. 132 k. MAC-CORMICK. 144 k.

4" Conditions relatives au transport sur routes

L'égalité existe aussi à ce point de vue sauf en ce qui concerne la machine Osborne qui possède un chariot de transport très simple pouvant être placé et retiré très rapidement.

Cette machine, quoique faite pour couper 1 m. 75 de large, peut passer dans 2 m. 10. Pour y arriver on la monte sur un essieu muni de 2 roues : on fait exécuter 1/4 de tour à la flèche qui se trouve ainsi parallèle à la scie,


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5e Facilité de manoeuvre et de conduite.

Encore l'égalité : les différences que l'on croirait saisir tiennent surtout à l'habileté du conducteur.

6" Durabilité et facilité de rechange et dJentretien.

On n'a pas encore une assez grande pratique des Moissonneuses-Lieuses pour se prononcer nettement sur ce point. Cependant les appareils Hornsby et Wood ont paru les mieux compris sous ce rapport.

La machine Osborne possède un bâti en fer pour l'appareil lieur, tandis que la plupart des autres machines l'ont en bois.

7* Combinaisons mécaniques.

Il n'y a de nuance sensible entre les appareils présentés qu'en ce qui concerne l'appareil lieur. Il nous a semblé qu'on pouvait établir une différence entre l'appareil lieur de Wood et les quatre autres.

Cette différence consiste en ce que dans la lieuse Wood, il y a deux mouvements distincts : celui qui amène la paille dans l'appareil lieur et celui qui lie la gerbe et la pousse délicatement sur le porte-gerbe.

Ces deux mouvements ne s'effectuent pas ensemble, tandis que dans les autres lieuses, le mouvement amenant la paille ne s'arrête jamais, ce qui dans la pratique semble un inconvénient.

Un grand avantage est d'avoir tous les organes de liaison cinématique au-dessus du tablier. Quelques membres du jury ont remarqué aussi que la lieuse Wood fait le noeud sur la ficelle tout près de la gerbe, tandis que, dans les autres, il y a une certaine distance entre le point où le noeud se fait et la gerbe : de telle sorte que pour que la gerbe conserve au moment où elle est serrée une compression suffisante, il faut exagérer très notablement cette compression.


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Une combinaison mécanique très ingénieuse et très utile est celle qui permet de conserver sur un porteur spécial un certain nombre de gerbes et de les déposer ensuite au moment voulu sur le sol. Ce mouvement est, comme les autres, à la disposition du conducteur.

Les avantages sont d'économiser un homme dans le travail de la mise en moyettes et d'éviter l'égrenage en évitant le transport sur le chaume.

La machine Hornsby possède cet avantage et les organes sont disposés de telle sorte que les gerbes en nombre plus ou moins grand, à volonté, sont poussées en rangées régulières perpendiculaires à la marche de la moissonneuse. On a ainsi beaucoup de facilité à les ramasser.

La machine Wood possède aussi le porte-gerbes ; et le ury le préfère encore àceluid'Hornsby : le porteur de gerbes de Wood est constitué de manière à les déposer en faisceau pyramidal régulier de trois à cinq gerbes à la volonté du conducteur qui peut aligner très régulièrement les faisceaux et l'aspect du champ moissonné est alors extrêmement satisfaisant : On voit que la bonne mécanique a passé par là.

2» Partie. TRAVAIL EXÉCUTÉ PENDANT LES EXPÉRIENCES

1 et 2 réglage et régularité de la coupe.

Toutes les moissonneuses présentées sont satisfaisantes sous ce rapport : la moissonneuse Johnston possède un système très ingénieux de relevage et de baissage de la lame qui permet de changer presque instantanément de chaque côté la hauteur de la barre.

Les machines paraissent bien équilibrées ; lorsqu'elles ne le sont pas le balancement produit une coupe irrégulière.

Il y avait dans le champ un certain nombre de pierres qui


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n'ont pas paru présenter un obstacle trop grand au fonctionnement des machines. En général elles n'ont pas amené d'accidents graves ni d'arrêts trop prolongés. Cependant nous ne saurions trop insister sur la nécessité absolue d'avoir un sol parfaitement propre si l'on veut employer les appareils de culture mécanique.

3' et 4' Fonctionnement des javeleurs et des tabliers transporteurs.

Toutes les machines ont bien fait la javelle et les tabliers transporteurs étaient très réussis.

La Mack-Cormick amène les tiges au moyen d'un petit tablier qui est sur l'avant de la plate forme : le conducteur qui voit ce tablier peut, à l'aide d'un levier, changer à volonté la position de la gerbe.

5" Certitude du liage.

Le rapport des commissaires chargés d'enregistrer tous les faits intéressants survenus pendant le fonctionnement des moissonneuses-lieuses, montre que le liage s'est effectué dans de bonnes conditions pour toutes les machines. Toutes faisaient bien la gerbe et la liaient solidement en bonne place et avec un serrage suffisant.

La Wood, ainsi que nous l'avons expliqué ci-dessus, a bien profité de l'avantage dont elle a été dotée par son créateur : on voyait la paille amenée dans l'appareil lieur, comprimée convenablement, puis les mouvements relatifs à cette fonction s'arrêtaient et le mécanisme du liage se mettait en mouvement et faisait le noeud sur la ficelle tout près de la gerbe.

Dans l'autre système imaginé, dit-on, par.M. Appleby, le mouvement amenant la paille ne s'arrête jamais, et il y a une certaine distance entre le point où se fait le noeud et la gerbe. Peut-être est-ce là la cause d'un certain sectionnement longitudinal de la gerbe sous le noeud du lien.


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On peut évaluer à 3 O/O environ la moyenne des bottes non liées.

6° et 1" Serrage des gerbes. — Lancement de la gerbe et égrenage.

La machine Wood dépose les gerbes avec une grande douceur, et l'appareil destiné à cet usage est remarquable par son élégance et son parfait fonctionnement.

La machine Hornsby présente les mêmes avantages avec une combinaison différente : nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut sur ce sujet.

La Mac-Cormick pose la gerbe isolément et de telle sorte qu'elle tombe sur son pied ; le liage est solide et régulièrement fait.

La Johnston travaille très bien aussi.

8° Dépôt et disposition sur le sol. — Porte-gerbes. — Facilité pour la mise en moyettes.

Nous n'avons pas non plus à revenir sur ce que nous avons dit plus haut à ce sujet, dans la description des combinaisons mécaniques imaginées et exécutées par chacun des concurrents.

Les prévisions que pouvait inspirer l'examen des machines n'ont pas été déçues. La Moissonneuse de Wood a su profiter à Marcy, comme à Chartres, des avantages dont elle a été pourvue au point de vue mécanique. Il y a eu de grandes hésitations pour le second rang. La Moissonneuse MacCormick a fini par l'emporter sur la Moissonneuse Hornsby, sa rivale ; quelques personnes ont émis l'avis que le succès de la grande moisonneuse anglaise aurait été assuré si elle avait attelé trois chevaux au lieu de deux.

Enfin la machine Johnston a réuni autant de suffrages que la machine Hornsby. Quant à la Moissonneuse Osborne, dont le travail a paru moins satisfaisant, on peut affirmer


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que c'est cependant un excellent appareil présentant des combinaisons très pratiques et très avantageuses ; elle prendra certainement sa revanche dans un prochain concours.

Nous croyons devoir redire ici ce qui a été constaté dans toutes les expériences de machines agricoles : l'habileté du conducteur, la qualité et l'éducation de l'attelage influent considérablement sur le travail des moissonneuses. Aussi avons-nous rappelé à Marcy ce que nous avions proposé déjà il y a plus de 10 ans, à la suite des expériences que nous avions organisées à Mettray. Il serait très à souhaiter que les constructeurs, les comices, les sociétés d'agriculture s'entendissent pour former d'habiles conducteurs de Moissonneuses qui se loueraient dans les fermes pour faire la moisson. Pendant le reste de l'année, ces ouvriers seraient occupés, soit dans les fermes, soit dans les ateliers des constructeurs, et la haute-paie qui leur serait donnée pendant la moisson, serait loin d'être onéreuse au fermier.

Nous terminerons ce trop long rapport en adressant à tous les concurrents nos sincères félicitations.

Le Jury ne peut que se féliciter de l'extrême perplexité dans laquelle il s'est trouvé pour décerner les récompenses.

Il a été heureux de constater qu'il existe au moins cinq moissonneuses-lieuses capables de donner à l'agriculture toute satisfaction.

Les difficultés de la lutte et les mérites des concurrents ne peuvent que rehausser le triomphe des lauréats; car la sagesse des nations nous dit, par la bouche d'un grand poète :

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, m

P»rij, !••- septembre 1885.

Le Rapporteur du Jury, A. LIÉBAULT,

Membre de U Société nationale d'agriculture de France.


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RAPPORT SUR LES SEMOIRS A ENGRAIS

Lu par M. DE LIGNIÈRES au nom de M. HOUBB

MESSIEURS,

La Commission chargée d'examiner les différents distributeurs d'engrais, s'est réunie le 25 juin, pour faire fonctionner les instruments qui lui étaient présentés.

Six concurrents seulement ont répondu à l'appel du Comice et ont présenté à la Commission sept instruments différents.

Ces instruments ont été soumis aux épreuves les plus variées que la Commission a pu trouver. Le but de la Commission étant surtout de donner la plus haute récompense à l'instrument qui serait le mieux disposé pour semer régulièrement toutes sortes d'engrais, les engrais secs, les engrais humides et principalement les engrais pâteux.

La Commission de la Société d'agriculture de Meaux avait fait préparer sur le champ d'expérience, à l'avance, deux sortes d'engrais de compositions différentes, l'un pulvérulent, tandis que l'autre était un peu humide, de façon que le jury pût se rendre compte de la manière dont chacun des instruments en opérerait la distribution. Le premier de ces engrais, l'engrais pulvérulent était composé de plâtre et de superphosphate par moitié. 100 kilos de cet engrais furent mis successivement dans chacun des coffres des appareils soumis à l'examen et chacun des concurrents fut alors invité à régler sa distribution de façon à répandre 250 kilos d'engrais par hectare.


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Le répandage fut fait assez régulièrement par la plupart des instruments présentés. Cette première épreuve donne pour presque tous des résultats satisfaisants et commence à faire craindre au jury un embarras de classement. Les avis se partagent et la plus grande différence constatée, consiste surtout dans la manière de régler les appareils qui est très défectueuse pour presque tous.

La deuxième expérience fut faite le même jour avec un engrais humide dont la composition différait un peu de celui qui avait servi à l'épreuve précédente (1/4 plâtre, 1/4 superphosphate, 1/4 kainitz, 1/4 terre). La commission d'organisation du concours avait fait préparer ce second mélange croyant donner quelques difficultés aux concurrents. Mais par suite de l'excessive sécheresse qu'il faisait ce jour-là, et à cause de la présence du plâtre dans le mélange, l'engrais qui devait servir se trouvait corrigé et n'était pas pâteux. Le répandage en était même en quelque sorte plus facile et le but du concours était presque manqué.

La Commission reconnut alors qu'il fallait faire une nouvelle épreuve, de façon à avoir des motifs de classement plus sérieux.

Une troisième expérience fut donc décidée par le jury et acceptée par les concurrents pour le dimanche 27 juin, jour du concours.

Cette fois la Commission d'organisation mit à la disposition du jury un engrais composé de 1/3 nitrate et de 2/3 superphosphate. Cet engrais offrait une certaine difficulté que quelques appareils n'ont pu surmonter. D'autres l'ont bien semé pendant à peu près le court délai de l'expérience devant le jury, mais nous avons vu que la plupart des cylindres ou poulies de distribution ainsi que leurs grattoirs, commençaient à s'encrasser fortement et faisaient craindre qu'une épreuve prolongée ne produisît plus aucune distribution.


— 183 — ■l'T Prix, Médaille d'or, M. Lefèvre, de Vandhuyle.

Le semoir qui nous a donné les meilleurs résultats dans ces diverses épreuves, est celui qu'exposait M. Lefèvre, de Vandhuyle (Aisne). Le semoir exposé par M. Lefèvre paraît lourd, les combinaisons mécaniques en paraissent à première vue embarrassées. Cependant dans cet instrument rien n'est susceptible de détérioration. Son mode de distribution par 80 petites palettes placées sur l'arbre de distribution et nettoyées par des raclettes à contrepoids est très avantageux, car la distribution se fait toujours régulièrement par petites pincées, soit avec de l'engrais sec, avec de l'engrais humide ou avec de l'engrais pâteux. Quant à la quantité d'engrais que l'on veut mettre, on peut la modifier assez facilement en inclinant plus ou moins la caisse, et cela peut être fait même pendant la marche. M. Lefèvre nous a fait voir qu'il peut semer de 100 jusqu'à 1,200 kilos d'engrais par hectare sans changer aucune pièce de son semoir. C'est le seul qui ait donné un résultat tout-à-fait satisfaisant avec l'engrais pâteux; d'après ces considérations le jury a accordé à M. Lefebvre le lur prix.

2e Prix, médaille de vermeil, M. Pilter.

Le semoir de M. Pilter, nous a donné de bons résultats. Les quantités à semer avec cet instrument se règlent à peu .près en donnant comme dans le précédent plus ou moins de pente à la trémie. Le mécanisme n'indique que des mesures approximatives, l'expérience doit y suppléer. Malgré notre invitation à régler son appareil pour semer 250 kilos à l'hectare, le conducteur fit sur la moitié du terrain accordé pour Ja première épreuve un ensemencement d'environ 1,000 kilos par hectare. Le répandage en était du reste presque


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régulier, bien que l'on pût remarquer, tous les mètres environ, une plus grande quantité d'engrais détaché des clous du coffre distributeur par le coup de collier du cheval. Avec le second engrais un peu plus humide, nous avons eu un bon travail, comme régularité et quantité répandue, et sans que le conducteur ait eu besoin de toucher à la distribution pendant la durée de l'épreuve. Il n'en fut pas de même lorsque le dimanche suivant, la trémie de l'instrument fut chargée de l'engrais pâteux. Pour des quantités assez élevées, au moins 500 kilos à l'hectare, il fonctionnait très bien, mais en voulant faire un répandage de 250 kilos, les résultats ont beaucoup laissé à désirer, l'engrais glissait sur le cylindre distributeur, malgré les saillies ménagées sur le cylindre pour éviter cet inconvénient, et était versé au dehors d'une façon très irrégulière, et retenu ensuite sur les grattoirs, il ne tombait dans le coffre de répartition que par paquets, ce qui est un inconvénient considérable.

3e Prix, Médaille d'argent, M. Dudouy

Le semoir système Couteau exposé par M. Dudouy, nous paraît, aux deux premières expériences, remplir toutes les conditions désirées par la Commission. Quoique mal réglé par le conducteur au départ de la première expérience, il revient, semant à peu près ce qu'on lui avait demandé et d'une façon assez régulière. La seconde épreuve donne encore un résultat très satisfaisant comme régularité, et il semait bien la quantité demandée par les membres du jury.

Mais lorsque le dimanche l'expérience fut recommencée pour semer, selon le gré du jury, de petites quantités d'engrais pâteux, les résultats donnés par le semoir Dudouy laissèrent beaucoup à désirer. Le cylindre déverseur devenu gras et complètement lisse, ne prenait presque plus d'engrais, ou le prenait irrégulièrement et ne pouvait opérer le


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répandage que nous lui demandions, de 250 kilos environ l'hectare. Si nous avions demandé à M. Dudouy de nous répandre ce même engrais en plus grande quantité, nous ne doutons pas que le résultat n'ait pu être obtenu très facilement, ce semoir paraissant surtout disposé pour répandre de grandes quantités d'engrais. Nous reconnaissons un grand avantage dans ce semoir qui permet de semer des engrais mal préparés ou non tamisés, ce qui est quelquefois recherché.

4e Prix, Médaille d'argent, M. Derome.

Le semoir que M. Derome présenté au concours devant le jury, est un semoir dont le mécanisme paraît assez bien compris. La distribution se règle au moyen d'un levier qui ouvre ou ferme plus ou moins la trémie et dont le mouvement se trouve marqué sur un cadran gradué.

Malgré la régularité mathémathique du fonctionnement de l'appareil annoncée par le propriétaire, nous avons remarqué, pendant toute la durée des expériences, qu'il n'était possible d'obtenir un résultat satisfaisant qu'à condition de manoeuvrer trop souvent le levier qui règle la distribution. Les deux premières expériences du 25 juin avaient acquis à M. Derome, autant qu'à son instrument, les félicitations du jury. Mais il n'en fut pas de même à la troisième épreuve; il ne fut plus possible d'obtenir le même répandage ; l'engrais pâteux sortait très irrégulièrement sur les poulies et ce n'est qu'en se servant de son levier régulateur que M. Derome put parvenir à éviter l'engorgement de la distribution de l'engrais ; malgré cette manoeuvre, le répandage fut très irrégulier; la disposition des clous ou autres pièces destinées à faire la division ou la répartition après la sortie de la trémie paraissait aussi causer quelque embarras. Ces pièces placées trop près des poulies retenaient aussi quelquefois l'engrais.


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5e Prix, Médaille de bronze, M. Brandin.

Le semoir de M. Brandin nous a donné pour les engrais secs de très bons résultats, il est facile à manoeuvrer et à approvisionner, on peut, avec le semoir qui mesure 3 mètres 25 de largeur, semer de grandes superficies par jour. Avec des engrais secs et bien tamisés, comme ceux qui ont servi pour la première journée d'expérience, le distributeur doit rendre de grands services, il sème très régulièrement. Cet instrument nous a paru cependant un peu fragile et doit être susceptible de détériorations fréquentes, surtout si on voulait s'en servir avec des engrais tels que celui qui fut employé à la troisième expérience, où on a pu remarquer que les rainures du cylindre répartiteur ne se remplissaient que très irrégulièrement, et par suite, la distribution qui s'opère directement sur le sol n'était pas régulière.

Parmi les semoirs non classés, se trouvent ceux qu'avaient exposés MM. Robillard et Maréchal, d'Arras. Ces deux semoirs nous ont aussi donné des résultats à peu près satisfaisants avec les engrais secs, ainsi qu'avec les engrais d'une siccité moyenne, mais tous les deux ne nous donnèrent que des résultats moins bons pour le répandage de l'engrais gras. Peut-être que si on leur avait demandé de grandes quantités, le fonctionnement eût été meilleur; mais comme tous les exposants étaient invités à semer de petites quantités, 250 kilos à l'hectare, les semoirs Jacquet-Robillard ne purent nous donner d'aussi bons résultats que les autres.

Quant au semoir exposé par M. Magnin, il est possible qu'on en puisse tirer un très bon parti lorsque le constructeur l'aura achevé et aura obvié à l'inconvénient qui lui a déjà été signalé sur le champ d'expérience. La distribution est faite par paquets trop éloignés les uns des autres. Sa forme et sa disposition paraissent avantageuses, il est tout


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bas et très léger. Nous en gageons le constructeur à obvier à ces inconvénients, peut-être aura-t-il ensuite un instrument susceptible de soutenir la lutte avec les précédents dans un concours.

Il est à regretter qu'un plus grand nombre de concurrents n'ait pas répondu à l'appel du Comice. Peut-être aurionsnous pu rencontrer chez ceux qui se sont abstenus de paraître au concours, des instruments d'un meilleur fonctionnement que ceux que nous avons vus. Tous ces instruments sont plus ou moins imparfaits et susceptibles de perfectionnements sérieux, surtout en ce qui concerne la distribution des engrais gras.


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CONCOURS DE MACHINES ET INSTRUMERTS AGRICOLES

Rappels de médailles d'or

M. Dudouy, à Paris, ensemble de son exposition.

M. Pilter, à Paris, ensemble de son exposition.

M. Demarly, à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne), rouleaux.

M. Cochegrue, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), herses.

M. Bajac, à Liancourt (Oise), charrues.

M. Boll, à Paris, présure liquide.

Médaille de vermeil M. Renaut, à Paris, voitures agricoles.

Rappel de médaille d'argent M. Viet, à Saâcy (Se'ne-et-Marne), bineuseà bras.

Médailles d'argent

M Rousselet, à Tancrou (Seine-et-Marne), charrues.

M. Mot, à Paris, moissonneuse-lieuse.

M. Champenois, à Cousances (Meuse), roues.

M. Bertin, à Montereau (Seine-et-Marne), batteuse.

M. Demoncy-Minelle, à Château-Thierry (Aisne), semoir.

M. Rigaut, à Paris, faucheuse.


— 189 — MM. Ronssin et Duvoir, à Meaux, tonneaux à purin. M. Lefèvre, à Vendhuyle (Aisne), bineuse mobile.

Médailles de bronze

M. Fournier, à Etrépilly (Seine-et-Marne), charrues. M. Debray, à Paris, pompes. M. Lecomte, à Quincy (Seine-et-Marne), charrues. M. Rochon, à Signy-Signets (Seine-et-Marne), râteau. M. Rouget, à Citry (Seine-et-Marne), charrues. M. Delorme, à Lucy-le-Bocage (Aisne), tarares. M. Autereau, à Bassevelle (Seine-et-Marne), voitures. M. Deneuville, à Château-Thierry (Aisne), batteuse. M. Magnier, à Provins (Seine-et-Marne), semoirs.


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RAPPORT

AU NOM DU JURY DU CONCOURS DE LABOURAGE

CHARRUES DE BRIE

Le Jury a décerné les récompenses suivantes :

1" Prix : Charrue n° 5. — Médaille d'argent et 60 francs à M. Noël, chez Mme Rousselle.

2° Prix : Charrue n° 2. — Médaille d'argent et 40 francs à M. Vasseur, chez M. Fournier.

3e Prix : Charrue n° 7. — Médaille de bronze et 30 francs à M. Ménard à Brinville,

4e Prix : Charrue n° 3. — Médaille de bronze et 20 francs à M. Gérard Alphonse, chez M. Gatide.

CHARRUES BRABANT

l8r Prix : Charrue n° 5. — Médaille d'argent et 60 francs à M. David Ladislas.

2e Prix : Charrue n° 6. — Médaille d'argent et 40 francs à M. Pierre Amédée à Jaignes.

3" Prix : Charrue n° 7. — Médaille de bronze et 30 francs à M. Sonnette chez M. Lamiche.

4» Prix : Charrue n° 3. — Médaille de bronze et 20 francs à M. David chez M. Gatellier.


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CONCOURS DÉPARTEMENTAL

DE

CHEVAUX ET BESTIAUX

Liste des Lauréats

PREMIÈRE CLASSE. — ESPÈCE CHEVALINE

Etalons.

{" Prix. — Une médaille d'or et 200 fr. (nondécerné).

2* Prix.— Une médaille de vermeil et 150 fr. M. COLLET, Etienne, à Dancy, commune de Trilport.

3" Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. M. THÉROUDE, Achille, à Brunier, commune de Crouy-sur-Ourcq.

Poulains et Pouliches.

1" Prix. — Une médaille de vermeil et 150 fr. Mme veuve SASSINOT, au Mée, commune de Saints.

'2* Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. M. DEBRAS, Maximilien, à Voinsles.

3e Prix. — Une médaille de bronze et 80 fr. MM. CHAMPS frères, à Changis.

4e Prix. — Une médaille de bronze et 70 fr. M. BONNEFOY, Alphonse, à Montanglaust.

5e Prix. — Une médaille de bronze et 60 fr. M. BONNEFOY Gustave, à Aulnoy.

6e Prix. — Une médaille de bronze et 50 fr. M. COLLET Etienne, à Dancy, commune de Trilport.


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Juments.

1" Prix. —Une médaille d'or et 200 fr. M. MICHON, 'Paul, à La Haute-Maison.

2° Prix. — Une médaille de vermeil et 150 fr. M. MICHON, Paul, à La Haute-Maison. Ce prix ne sera pas décerné, M. MICHON ne pouvant recevoir qu'un seul prix dans la même catégorie.

3° Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. M. PAPILLON, Anatole, à Fresnes.

DEUXIÈME CLASSE. — ESPÈCE BOVINE

lre Catégorie. — Taureaux.

1" Prix. — Une médaille^ d'or et 300 fr. M. LEMOINE, Henri, à Montsoutin, commune de Tancrou.

2e Prix. — Une médaille de vermeil et 250 fr. M. VASSEUR, Marie, à Vaux-sous-Coulombs.

3e Prix. — Une médaille d'argent et 200 fr. M. LOT, Eugène, à La Grange-Gruyère, commune deJouarre.

4" Prix. — Une médaille de bronze et 150 fr. M. VAVASSEUR, Charles, à Ferrières-en-Brie.

5' Prix. — Une médaille de bronze et 100 fr. M. RBNOOLT, Auguste-Martin, à Montretout, commune de Saint-Jean-lesdeux-Jumeaux.

2' Catégorie. — Vaches laitières et Génisses.

i" Prix. — Une médaille d'or et 250 fr. M. BOXHEFOY, Gustave, à La Roche, commune d'Aulnoy.

2e Prix. — Une médaille de vermeil et 200 fr. M. CHÉNEAU, régisseur au château de Brou.


— 193 —

3* Prix. — Une médaille d'argent et 150 fr. M. VAVASSECR, Charles, à Ferrières-en-Brie.

4" Prix. — Une médaille d'argent et 120 fr. M. BOUCHER, Félix, à Courtablon, commune d'Ussy. (A cause de l'âge).

5* Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. M. CHIBOUST, Emile, à La Noue-sur-le-Guet, commune de La Ferté-sousJouarre.

6* Prix. — Une médaille de bronze et 80 fr. M. VAVASSECR, Charles, à Ferrières-en-Brie. (Ce prix ne sera pas décerné, M. VAVASSECR étant déjà primé dans cette catégorie).

7e Prix. — Une médaille de bronze et 70 fr. (Non décerné).

8* Prix. — Une médaille de bronze et 50 fr. (Non décerné).

TROISIÈME CLASSE. — ESPÈCE OVINE

1" Catégorie. — Béliers à laine fine ou moyenne.

1" Prix. — Une médaille de vermeil et 200 fr. (Non décerné).

2" Prix. — Une médaille d'argent et 150 fr. Mme veuve CHATRIOT, terme de La Cour, commune de Pécy.

3" Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. (Non décerné).

■4' Prix. — Une médaille de bronze et 70 fr. (Non décerné).

2e Catégorie. — Brebis à laine fine ou moyenne.

i" Prix. — Une médaille de vermeil et 200 fr. Mme veuve CHATRIOT, ferme de La Cour, commune de Pécy.

2» Prix. — Une médaille d'argent et 150 fr. M. GAUTIER, Léon, au Plessis-Placy.


- 194 — 3? Prix. — Une médaille d'argent et 100 fr. (Non décerné). 4e Prix. — Une médaille de bronae et 70 fr. (Non décerné).

1" Catégorie. — Béliers à lame commune.

Ie* Prix. — Une médaille de vermeil et 150 fr. M. COABT, Eugène, à Egrefin, commune de Laval.

2e Prix. — Une médaille d'argent et 80 fr. M. BÉNARD, Jules, à Coupvray.

3* Prix. — Une médaille de bronze et 50fr. (Nondécerné).

2e Catégorie. — Brebis à laine commune.

1" Prix. — Une" médaille de vermeil et 150 fr. (Non décerné).

2e Prix. — Une médaille d'argent et 80 fr. M. CORET, Eugène, à Egrefin, commune de Laval.

3* Prix. — Une médaille de bronze et 50 fr. (Non décerné).

QUATRIÈME CLASSE. — ESPÈCE PORCINE

t™ Catégorie.— Verrats,,

1er Prix. — Une médaille d'argent 100 fr. M. DECOMBLE, Gustave, à La Catabre, commune de La Haute-Maison.

2*Prix. — Une médaille de bronze et 60 francs. (Non décerné).

M. BOUT&Y, Désiré, à Meaux, a obtenu un rappel de médaille.

2* Catégorie. — Truies.

, 1" Pris. — Une médaille d'argent ei lôû f. M. BttxiRft, Alexandre, à Montlevé, commune de Villemareuil.


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2* Prix. — Une médaille de bronze et 60 fr. M. RENOULT, Auguste-Martin, à Montretout, commune de Saint-Jean.

Une médaille de bronze est accordée à M. BOUTRY, Désiré, à Meaux,

CINQUIÈME CLASSE. — ANIMAUX DE BASSE-COUR

Une médaille de bronze et une prime de 40 francs sont accordées à Mme veuve Roussel, à Marcy, commune de La Ferté-sous-Jouarre. (Lot de poulets de Houdan).

Une médaille de bronze et une prime de 30 francs sont accordées à Mme veuve Roussel, à Marcy, commune de La Ferté-sous-Jouarre. (Lot de canetons de Rouen).

Une médaille de bronze et une prime de 30 francs sont accordées à M. DÉCOMBLE, Gustave, La Calabre, commune de La Haute-Maison. (Lot d'oies).

SIXIÈME CLASSE. — ANIMAUX DE BOUCHERIE

Catégorie spéciale. — Veaux gras.

t'T¥nx.—- Une médaille d'argent et 80 francs, M. CHAMIT, Anatole, à Séricourt, commune de Bussières.

2' Prix. — Une médaille de bronze et 60 fr. M. Goûtf, aux David? commune de Sainte-Aulde.

3* Prix. — Une médaille de bronze et 50 fr. M. CHALUMET, Valéry, au Rouget, commune de Chamigny.

Une médaille de bronze est accordée à M. MARIE, Joseph, àBréau, commune de Reuil.


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Après la distribution des récompenses on se rend à la salle du banquet sous une vaste tente installée sur la place dei'hôtel-de-ville. Du dîner en lui-même nous ne dirons rien. Une table un peu plus élevée que les autres et qui tenait toute la longueur de la tente, figurait la table d'honneur à laquelle se sont placées les autorités départementales et cantonales et les membres du bureau de la société d'agriculture. M. Bénard, le vice-président, était à la droite de M. le préfet, M. le sénateur Dufraigne à gauche.

Pendant le dîner les musiciens de la ville qui avaient joué différents morceaux à la distribution des prix ont également donné un concert, soulignant le discours du préfet par l'exécution de la Marseillaise.

Le moment psychologique venu, c'est-à-dire lorsque le Champagne a commencé à pétiller dans les verres, M. Lagarde s'est levé et a porté le toast traditionnel à M. Jules Grévy, président de la République française, dont le nom est un symbole de patriotisme, de loyauté et d'honneur.

M. Bénard, dit que le deuil du président de la Société d'agriculture, lui impose un devoir que M. Gatellier aurait été heureux de remplir lui-même. Il boit à tous les lauréats, à tous ceux qui ont eu les honneurs de la journée, aux constructeurs, aux vieux serviteurs dont les vertus civiques ont été décrites avec tant d'éloquence par M. Muller ; aux instituteurs, en un mot à tous ceux qui veulent bien prendre 1 a peine de travailler à la vulgarisation de la science agricole.

M. Dufraigne porte en ces termes le toast aux agriculteurs de France et de Seine-et-Marne :

« Permettez-moi tout d'abord de remercier votre excellent président d'avoir bien voulu me donner la parole. Je lui suis


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d'autant plus reconnaissant de cette courtoisie à laquelle je m'attendais, dont je suis touché, que, il y a quelques années dans une circonstance semblable quoique moins importante la parole a été refusée à l'un des membres de la députation de Seine-et-Marne, pourquoi ? Craignait-on qu'on mêlât ou voulait-on mêler la politique aux intérêts agricoles? Je ne sais, mais ce que je sais bien c'est que nous sommes tous ici, Messieurs, moins pour faire de la politique que pour nous occuper des questions économiques, et, sur ce terrain nous pouvons tous, à quelque parti que nous appartenions, nous tendre la main. Vous l'avez bien compris, Messieurs, et je remercie votre esprit conciliant et libéral d'en avoir donné aujourd'hui la preuve éclatante.

« N!y a-t-il pas en effet unanimité complète enre tous les citoyens pour souhaiter que l'agriculture française sorte victorieuse de la crise qu'elle traverse. Qui donc oserait élever la voix pour rompre ce concert unanime de voeux ardents et légitimes? Je ne fais à personne l'injure de croire qu'il y ait une seule exception.

« En ma qualité de membre d'une assemblée dont le devoir est de veiller sur les intérêts menacés de l'agriculture, je suis heureux de pouvoir vous renouveler ici l'assurance d'un dévouement qui ne se démentira jamais. Je suis de ceux qui pensent que les droits protecteurs sont une des sauvegardes de l'agriculture. Vous savez quelles sont mes convictions à cet égard (je les ai développées dans mon programme) et avec quelle joie je voterai au Sénat toutes les mesures capables de venir en aide à nos chères populations agricoles.

«Témoin depuis bien longtemps déjà de vos luttes, de vos succès et aussi hélas ! de vos mécomptes, je voudrais pouvoir découvrir le remède qui mettrait un terme à la crise que vous éprouvez, mais il n'est pas dans mon pouvoir, il est dans les protections des chambres, du gouvernement, mais il est aussi dans vos efforts, dans les progrès à accomplir pour


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lutter avec avantage contre vos rivaux du monde entier : il faut leur montrer que la vieille terre française peut rajeunir encore !

« L'institution de ces concours est parfaite et plus que jamais ils nous sont indispensables car ils nous montrent la voie dans laquelle il faut marcher. Espérons donc, messieurs, des jours meilleurs ; ayons confiance dans l'avenir.

« Personne ne suivra vos efforts avec un intérêt plus profond que moi.

« Je bois, messieurs, à l'agriculture française, la source de tous les vrais biens, au succès de votre cause qui est celle de la France et de la République.

« Aux agriculteurs de France et de Seine-et-Marne ! »

Le discours de M. Dufraigne a été accueilli par de chaleureux applaudissements.

M. Prevet député :

« Il me reste bien peu de chose à ajouter à l'éloquent discours que vous venez d'entendre et auquel vous avez justement applaudi.

« Mon ami, M. le sénateur Dufraigne, vous a dit qu'au nombre de ses devoirs les plus chers, était celui de veiller, au Sénat, sur l'agriculture menacée et qu'il est convaincu que les droits protecteurs sont aujourd'hui la sauvegarde de l'agriculture.

« Nous serons heureux de faire, à la Chambre, ce qu'il appliquera bientôt au Sénat et j'ai la bonne fortune de vous annoncer que dès hier la Chambre des députés a adopté la loi sur les céréales.

« Nous avons aussi prorogé la loi sur les sucres étrangers ; je n'ai qu'un regret c'est que la mesure ne soit pas plus complète et que la même règle n'ait pas été appliquée aux


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sucres coloniaux. Il ne s'agit pas de faire de la générosité k nos dépens ; il faut se défendre quand on est menacé et 'est précisément le but qui est poursuivi par les lois qui nous sont demandées, et qui seront la sauvegarde de l'agriculture. Voilà Messieurs la vraie politique, celle qui peut faire vivre un pays, celle qui accroît sa prospérité et qui ferme à jamais ses crises, et ce sera un honneur pour la République française de l'avoir introduite chez nous et de l'avoir mise en pratique.

« Je vous propose donc, Messieurs, de boire au triomphe des idées protectionnistes dans la République française. »

(Il était impossible de mieux répondre au sentiment de l'assemblée presque en totalité protectionniste, aussi les dernières paroles de M. Prevet ont-elles soulevées un véritable tonnerre d'applaudissements).

M. Carton propose à l'assemblée de remercier notre sénateur d'abord et notre député ensuite, des bonnes paroles qu'ils viennent de nous faire entendre et de boire à leur santé. (Adopté avec applaudissements).

M. Josseau, président de la Société d'agriculture de Rozoy propose un toast à l'union des comices de Seine-et-Marne et en particulier à la Société d'agriculture de Meaux qu'il invite à une solennité semblable qui se fera au mois de septembre dans l'arrondissement de Coulommiers.

M. Laisné, maire de La Ferté, boit aux progrès de la Société d'agriculture de Meaux et propose la santé de nos députés qui se sont faits les champions de nos intérêts agricoles.

Après un toast très spiritual de M. Quiliard, maire de


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Lagny, M. le préfet s'est engagé à transmettre dès le lendemain au gouvernement les sentiments de nos représentants.

M. Butel, avec la facilité de parole qui le distingue, a proposé la santé de M. Gatellier, président de la Société d'agriculture, en faisant ressortir le mérite et le dévouement que l'honorable président apporte dans l'exercice de ses fonctions.

Les toats étaient à peu près terminés et les convives se sont levés avant que M. Leroy ait pu donner lecture de la pièce de vers que nous transcrivons plus bas :

Pendant que Saint-Médard inonde de ses eaux Nos chemins et nos prés, nos verdoyants coteaux Et que Saint Barnabe, que partout on renomme, Lui crie avec Virgile, un savant agronome, « Claudite jom rivos, pueri, sat prata bi'erunt (1) Si vous l'ieurcz toujours nos moissons périront ! » Le vent cesse, messieurs, et c'est de bon augure, Le calme reparaît au sein de la nature, Tout revient à son heure et nous verrons enfin Le beau temps revenir, les brouillons prendre fin. Saint Barnabe l'a dit,croyons-en sa légende, Jl va rafistoler notre humaine provende. Dieu lui permettra tout, gardons-nous d'en douter Surtout, si comme on Jit, nous savons mériter. Nous aurons tous le pain, le bon vin et le reste, Le pauvre Saint-Médard devenu plus modeste, Dira: Je suis battu, je me tiens pour content, On ne m'y prendra plus à pleurer si longtemps.

(1) Enfants, bouchez les ruisseaux, nos présont assez bu. (Virgile, dernier-vers delà 3» églogue).


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Il boira du bon vin pour oublier sa faute,

On lui pardonnera si le Champagne saute,

Et pour finir, messieurs, hâtons-nous de trinquer;

Au coup de l'étrier nul ne voudra manquer,

Pour retourner après au sein de sa famille

Montrer dans son écrin la médaille qui brille

A ce moment la fête sur le pâtis de Condé battait son plein ; les bals commençaient, les chevaux de bois tournaient avec fureur, les baraques de saltimbanques et les boutiques des camelots étaient remplis de curieux et d'acheteurs.

Le feu d'artifice n'a rien eu de remarquable que la dernière pièce sur laquelle on lisait une inscription en l'honneur de l'agriculture.

Nous devons une mention toute particulière aux illuminations du champ de fête ; elles ont été réussies.

Les bals très animés se sont prolongés jusqu'au jour, embellis moins par.les brillantes toilettes que par la beauté et les grâces du sexe qui les portait et les différents trains de la nuit avaient de la peine à contenir la multitude des voyageurs qui regagnaient leurs demeures après avoir assisté aux épisodes multiples delà journée.


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RAPPORT

SUR LA

VISITE DES BLÉS MALADES

Chez M. CHERTEMPS, à Mormant

Par M. PAPILLON

Le mardi 26 juillet 1886, M. Leclerc, cultivateur, à Isles lès-Villenoy etM. Papillon, cultivateur et meunier à Fresnes, délégués de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Meaux, se sont rendus à la ferme de Rouvray exploitée par M. Chertemps, pour étudier sur place et de visu la maladie signalée sur plusieurs champs de blé l'année précédente et dont la nouvelle réapparition cette année cause de grandes et vives inquiétudes pour l'avenir.

Ils ont reconnu, après un examen consciencieux, des gerbes de blé de l'année précédente, de la poussière résultant du battage et du grain provenant d'une grande quantité déjà battue et entièrement semblable à celui qui a été battu en leur présence ;

1" Que la paille avait complètement l'aspect ordinaire donné par la maladie connue sous le nom de la Rouille ( Puccinia graminis), cette maladie rougissant d'abord les fanes du blé, marquant ensuite la tige d'une multitude de points noir et ayant comme résultat de diminuer d'abord la végé


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tation encore active quand elle commence, de l'annihiler ensuite à un tel point que la croissance du grain se trouvant complètement arrêtée, le grain se dessèche alors, et reste maigre, chétif et ridé, il ne contient plus que peu d'amidon, peu de gluten et beaucoup de son ; il a peu de poids naturel, si sec qu'il soit et peu ou pas de valeur pour la mouture.

2° Que ce grain n'a aucune apparence d'être ou d'avoir été attaqué par la carie ; en effet, il nous a été non-seulement impossible de trouver un épi mais un grain ayant ,trace de cette terrible maladie qui ne diminue pas seulement mais annihile souvent complètement les récoltes de blé.

3° Qu'aucun grain n'est recourbé sur lui-même dans sa longueur comme le sont toujours ceux que la carie n'ayant atteint que légèrement et qui ont pu arriver à grand'-peine à maturité ; qu'aucune tache de carie n'est visible, ni aux bouts poilus des grains, ni dans les fentes entre les lobes ; qu'enfin le grain lavé à l'eau seule ne la trouble pas et ne peut la noircir en le traitant avec du bicarbonate de soude pendant un temps prolongé.

Cette même maladie a commencé encore à sévir cette année, dans plusieurs champs de Mormant ; l'un de ces champs est près de la gare et se trouve voisin de trois buissons d'épine vinette ; mais ces buissons n'ont cette année sur leurs feuilles aucune trace de la maladie, et cependant, c'est de leur côté que le blé a commencé à être malade. Quelques autres champs assez éloignés de celui-ci ont aussi quelques traces de la maladie de la rouille, mais avec moins de gravité que l'année précédente.

4" Que dans les blés attaqués par la rouille il y en a de plusieurs variétés, mais que les blés bleus et de Bordeaux semblent plus susceptibles d'être atteints et se rencontrent plus souvent dans les blés malades, que nous avons pu voir dans les plaines de Mormant et de Rouvray.


Mi

RÉSULTAT

DE

RENDEMENTS OBTENUS EN 1886

DE

DIFFÉRENTES ESPECES DE BLÉ A GRANDE PRODUCTION, A LUZANCI

(SBINB-HT-MARNE) PAR

E. GATELLIER, président de la Société d'agriculture

DE MEAUX

Dans l'année agricole 1885-1886, j'ai surtout ensemencé trois espèces de blé à grande production :

1. Le blé Schériff Square head ;

2. Le blé Roseau ;

3. Le blé de Bordeaux.

Le blé Schériff et le blé Roseau ont été les espèces semées les premières dans le courant d'octobre 1885. Le blé de Bordeaux qui peut être ensemencé sans inconvénient très tard, même au printemps, a été semé à partir de novembre sur terres ayant produit des betteraves.

6 hectares 89 ares 86 centiares de blé Schériff m'ont produit 5,760 gerbes donnant après battage 214 kilos de blé par 100 gerbes, ce qui représente à l'hectare 834 gerbes et 1,785 kilos de blé.

4 hectares 29 ares 20 centiares de blé Roseau ont produit 4,190 gerbes donnant 218 kilos de blé au cent, soit à l'hectare 976 gerbeset2,187 kil. de grain.

9 hectares 30 ares 19 centiares de blé de Bordeaux ont


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produit 8,860 gerbes donnant 320 kilos de blé par cent, soit à l'hectare 952 gerbes et 3,046 kil. de grain.

Ma récolte moyenne a été de 2,439 kil. à l'hectare.

Le blé Schériff pèse 72 k. à l'hectolitre.

Le blé Roseau . . 71 k. 50 —

Le blé de Bordeaux 76 k. 50 —

Tous ces blés ont été récoltés à peu près au même degré de siccité de sorte que la différence de poids à l'hectolitre représente surtout la différence de conformation du grain.

J'ai pesé 100 grains pris au hasard dans chaque espèce et j'ai trouvé que :

100 grains de blé Schériff pesaient 4 gr. 04. 100 — Roseau — 4 gr. 02.

100 — Bordeaux — 5 gr.

Ayant appliqué partout les engrais complémentaires d'un» façon judicieuse avec variabilité de composition suivant les récoltes précédentes, étonné de cette différence de rendement entre ces diverses espèces de blé, j'ai cherché à m'en rendre compte.

Dans mon terrain sableux, les gelées et dégels du mois de mars n'ont pas eu d'effet, de sorte que j'attribue la diminution de gerbes de blé Schériff, indiquant une moindre quantité d'épis à l'hectare, à un ensemencement insuffisamment dru, cette espèce de blé tallant peu.

A quoi attribuer la différence de rendement au cent de gerbes ?

Le blé de Bordeaux, quoique plus hâtif, payant été semé plus tard que les deux autres espèces, a épié plus tard et tandis que la fécondation des blés Schériff et Roseau s'est faite d'une façon défavorable dans la première huitaine de temps froid du mois de juin, celle du blé de Bordeaux s'est faite d'une façon plus favorable après cette mauvaise période.


— 200 —

Pour m'en assurer, j'ai compté dans un certain nombre d'épis de chaque espèce,le nombre de mailles et le nombre de grains produits, et j'ai constaté que dans le blé Schériff et le blé Roseau, 60 p. ,0/0 seulement des mailles avaient produit du grain, tandis que dans le blé de Bordeaux la production a été de 75 p. 100.

S'il n'y avait pas eu cette différence par suite de l'époque de fécondation, les blés carrés Schériff et Roseau, auraient eu chance d'avoir plus de grains, parce que j'ai reconnu que ces deux espèces pouvaient donner une moyenne de 85 à 90 mailles, tandis que le blé de Bordeaux n'en pouvait donner que 60.

Je ne tire pas de ce résultat, la déduction que le blé de Bordeaux soit supérieur comme rendement aux deux autres espèces, mais qu'il a subi cette année dans mon terrain des circonstances moins défavorables que les deux autres.

Dans un autre sol, les résultats auraient pu être différents parce qu'ils dépendent surtout de l'époque de floraison du blé qui, suivant la nature de la terre et l'époque d'ensemencement, aurait pu se faire à une époque plus ou moins favorable.

La seule conclusion que l'on puisse tirer 'de ces résultats, c'est que pour éviter que tous les blés d'une récolte se fécondent à un même moment, qui peut être défavorable, il est bon de mélanger dans le même champ des espèces de précocité différente.

Ë. GATELLIER.


2W

RAPPORT

M LES RÉSULTATS DH CHAMP D'EXPÉRIENCES

Par M. Jean-Baptiste BICHOT.

Notre champ d'expériences de cette année se composait : 1* de deux bandes de terrain de 8 ares chacune où nous avons fait l'année dernière les expériences comparatives de blé après pommes de terre et après betteraves et où nous avons semé, cette année, de 1a vesce d'automne et du trèfle incarnat, pour reconnaître ultérieurement l'influence de ces récoltes sur le blé suivant.

S* De trois bandes de terrain de 10 ares chacune, ou BOUS avons continué les expériences d'engrais analyseurs. 1» Sur blé après betteraves ; 4» Sur avoine après blé de betteraves ; 3f Sur avoine après blé sur blé.

Les deux premières bandes ne donneront des résultats intéressants que Tannée prochaîne après la récolte de blé. Toutefois le trèfle incarnat n'a pas réussi, il a été remplacé par une culture de pois.

La vesce d'automne de ces 8 ares a produit :

210 kilos de récolte verte et 62 kilos de récolte sèche.

Les pois ont produit :

255 kilos de récolte verte et 77 kilos de récolte sécha*


— 205 —

Voici les résultats des récoltes des 3 bandes d'engrais analyseurs :

Avoine après blé de Avoine s|>rès blé Blé après betteraves betteraves sur blé

FUMURES Paille Grain Total. Paille Grain Total. Paille Grain Total

1» Sans engrais. 47 ■>» 18«« 65 «* 28 15 «» U ** 27 «x 14 «* II' 1

2" Fumier 46 20 66 29 16 V5 28 la 43

3* Fumier et demi engrais complet 50 25 75 36 24 60 38 22 60

4* Engraiscomplet

Engraiscomplet 75 30 105 54 26 80 55 25 80 5° Engrais complet 58 27 85 47 25 72 48 24 72

6° Sans azote .33 17 50 25 23 i8 22 20 42 7' Sans phosphate «0 27 87 48 24 72 48 24 72

8» Sans potasse. 59 28 87 42 29 Tl 43 29 72

9° SaDS chaux.. 60 25 85 52 20 72 52 18 70

10» Azote seul.. 44 20 64 48 23 71 48 22 70

Ces résultats prouvent surtout, aussi bien pour la récolte de blé que pour les lécoltes d'avoine, que c'est surtout l'azote qui manque à la terre.

Toutefois dans le carré de blé à azote seul, le résultat n'est pas si beau que là où les éléments minéraux ont été ajoutés. Cela prouve qu'il faut mettre à la disposition de la plante et surtout du blé, une nourriture bien équilibrée entre les engrais azotés et minéraux. Dans les 3 bandes de errain, l'absence de potasse n'a nullement altéré la quantité de grains, tandis que l'absence de phosphate et de chaux en a diminué la quantité.

Enfin, il y aune dernière remarque à faire, c'est que le* blé shériff qui a été ensemencé, a donné de moins bons résultats cette année que l'année dernière.

Il a produit cette année :

18 quintaux à l'hectare au minimum et 30 quintaux an maximum.


— 209 —

Tandis que l'année dernière, dans le même terrain, il avait produit après betteraves :

33 quintaux au minimum et 41 au maximum.

Et après pommes de terre :

49 quintaux au minimum et 56 au maximum.

Cette différence de production en grains tient probablement à des circonstances indépendantes de la volonté du cultivateur. Il est probable, comme l'a démontré M. Gatellier, dans les résultats de ses récoltes de Luzancy, que la fécondation du blé shériff s'est faite cette année dans des conditions plus défavorables. Cette opinion est d'autant plus rationnelle qu'il n'y a pas grande différence, entre cette année et l'année dernière, pour la quantité de paille obtenue sur blé après betteraves.


— 210 —

ALLOCUTION DE M. E. GATELLIER

à l'Assemblée générale extraordinaire

DU SYNDICAT AGRICOLE DE L'ARRONDISSEMENT DE MEAUX

tenue le 6 novembre 1886

Messieurs,

D'après les statuts de notre syndicat agricole, nous ne devions nous réunir en assemblée générale que le premier samedi du mois de Janvier 1887.

Dans sadernière séance du 2 octobre, la société d'agriculture de Meaux a manifesté le désir de vous réunir en assemblée générale extraordinaire pour vous soumettre un projet d'association avec l'Union des syndicats des agriculteurs de France.

C'est dans ce but spécial, et aussi pour vous entretenir des graves intérêts de l'agriculture qui sont en discussion en ce moment, que vous êtes convoqués aujourd'hui.

Mais avant d'aborder ces questions, notre devoir est de vous faire connaître ce que nous avons fait jusqu'à présent et quels sont nos projets pour l'avenir.

La création de notre association syndicaledate du 1er avril dernier. C'est à cette époque que nous avons obtenu l'autorisation préfectorale du règlement nouveau de notre


— 211 — société d'agriculture permettant de la fusionner avec notre syndicat agricole projeté et que nous avons déposé, conformément à la loi, les statuts de notre syndicat à la Mairie de Meaux.

Nous nous sommes mis immédiatement à l'oeuvre pour recruter des adhérents. Nous avons envoyé à tous les maires de l'arrondissement une circulaire indiquant le but et les avantages de notre association et un imprimé pour les adhésions.

Certaines communes nous ont fourn i un nombre respectable d'adhérents ; d'autres n'ont pas répondu à notre appel et nous avons obtenu tout d'abord une centaine de membres du syndicat.

Nous n'attendions pas un meilleur résultat. Une institution nouvelle, quelque bonne qu'elle soit, a besoin de faire ses preuves pour arriver à son entier développement.

Depuis la loi du 24 mars 1884 sur les syndicats, beaucoup de syndicats agricoles se sont fondés en France ; un certain nombre est en voie de prospérité ; d'autres ne donnent pas signe de vie ; cela dépend beaucoup de la direction qui leur est imprimée.

Dans notre département de Seine-et-Marne, il existe actuellement 6 syndicats agricoles. A Provins, à Meaux, à La Ferté-Gaucher, à Rozoy, à Melun et à Fontainebleau.

Ceux qui fonctionnent actuellement sont ceux de Provins, de Meaux et de La Ferté-Gaucher. Celui de Rozoy est tout prêt à fonctionner. On n'a pas encore entendu parler de ceux de Melun et Fontainebleau.

Grâce au zèle dévoué de mes collaborateurs de notre bureau et de notre chambre syndicale, nous avons le ferme espoir que le syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux se tiendra au premier rang pour les services à rendre à l'agriculture.


— 212 —

Pour le moment, nous comptons :

254 membres de la société d'agriculture [qui sont de droit

membres du syndicat. 163 membres seulement du syndicat. Ce qui forme un total de :

417 membres de notre syndicat ;

Nous avons débuté par un coup de maître.

Après avoir élaboré un cahier de charges très complet pour la fourniture des engrais, nous avons mis en adjudication nosengraisd'automne. 15 adjudicataires se sontprésentés et nous avons obtenu des prix de bon marché incroyables.

Il a été fourni à nos sociétaires dans le courant de septembre :

2639 quintaux de superphosphate minéral. 264 quintaux de superphosphate d'os. 157 quintaux de sulfate d'ammoniaque.

56 quintaux de phosphate naturel.

34 quintaux de chlorure de potassium.

31 quintaux de nitrate de soude.

3101 quintaux d'engrais.

Les échantillons de ces engrais ont été pris dans les gares d'arrivée et nous attendons incessamment les analyses de M. Gassend pour en fixer le prix d'après les conditions d'adjudication.

L'expérience que nous avons faite pour la fourniture des engrais d'automne nous a déjà indiqué quelques modifications à établir dans notre cahier des charges pour la fourniture des engrais. Nous avons reconnu qu'il était nécessaire de les faire livrer plus tôt.

Votre chambre syndicale aura à s'occuper de la revision de ce cahier des charges pour la fourniture des engrais de prin-


— 213 -

temps dont l'adjudication aura lieu au milieu du mois de décembre prochain.

Voici à ce sujet notre façon de procéder. Nous avons envoyé à tous nos sociétaires des feuilles de renseignements à remplir pour l'emploi des engrais.

Tous ceux qui ne sont pas bien édifiés sur les engrais qu'ils ont à employer nous enverront ces feuilles remplies avant le 15 novembre.

Nous leur retournerons les mêmes feuilles avec indication sur la nature et la quantité d'engrais qu'ils ont à employer à l'hectare.

Après le 15 novembre, nous leur enverrons une circulaire pour qu'ils nous indiquent avant le 1°' décembre les quantités de chaque nature d'engrais dont ils ont besoin et les époques de livraison.

C'est alors seulement que nous mettrons en adjudication la totalité des engrais qui nous seront demandés.

Si les engrais jouent un grand rôle pour l'augmentation des produits agricoles, les semences ne jouent pas un rôle moins important.

Nous allons procéder également au milieu du mois de décembre à l'adjudication des semences de printemps.

Nous avons établi un cahier des charges très-étudié pour l'adjudication des semences.'Les semences à fournir devront avoir un degré de pureté déterminé et une faculté germinative bien fixée pour chaque espèce. Des conditions trèssévères seront établies pour qu'il n'existe pas de semences de graines parasites, telles que la cuscute, mélangées avec les graines utiles. L'analyse de ces semences au point de vue de la pureté, de la faculté germinative et de l'exemption de graines nuisibles, sera faite à l'Institut agronomique de Paris, de la même façon que l'analyse des engrais est faite à la station agronomique de Melun.

Une circulaire vous sera adressée pour que vous nous in-


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diquiez avant le 1" décembre la nature et la quantité de semences dont vous aurez besoin pour le printemps, enfin pour les semences où il y a de ".rop grandes variétés d'engrais pour que l'adjudication soit possible, nous essaierons de créer une agence d'offres et de demandes où vous pourrez acheter ou vendre ces sortes de semences.

Plus tard nous chercherons également à faire une adj udicalion de tourteaux pour la nourriture des animaux, dont il se fait une grande consommation dans cet arrondissement.

Tels sont nos projets pour l'avenir. Nous emploierons tout le dévouement dont nous sommes capables pour les mener à bonne fin et nous espérons que la majorité des cultivateurs de cet arrondissement, reconnaissant les services que nous sommes susceptibles de rendre par notre organisation, viendra se joindre à nous. Il nous reste à vous entretenir du but spécial de la réunion d'aujourd'hui.

11 existe à Paris sous le patronage de la Société des agriculteurs de France, une union syndicale portant le titre d'Union des syndicats des agriculteurs de France. Cette union a pour objet général le concert des syndicats unis pour la défense des intérêts économiques agricoles.

Elle se propose notamment :

1" De servir aux syndicats unis de centre permanent de relations et de leur procurer les moyens et renseignements nécessaires pour les faire profiter de marchés avantageux et des tarifs de transport à prix réduits ;

2- D'encourager la création de nouveaux syndicats ;

3- De recueillir et de communiquer aux syndicats unis toutes les indications venant soit de l'intérieur, soit de l'étranger, qui seraient propres à les éclairer sur la situation respective des récoltes, sur les offres et les demandes, et à guider aussi les syndicats et leurs membres dans leurs opérations et marchés ;


— 215 —

4- De leur donner avis et conseils en toutes matières contentieuses ou techniques sur lesquelles les syndicats unis jugeraient utiles de les consulter, soit dans l'intérêt particulier de leurs membres ;

5* De leur faciliter l'usage du laboratoire de la Société des agriculteurs de France, pour l'analyse des terres, engrais et autres matières.

Entre autres choses cette union syndicale a fait avec un certain nombre de constructeurs ou dépositaires de machines agricoles des conventions spéciales par lesquelles elle a obtenu des réductions variant de 5 à 50 0/0 sur les prix des machines et dont peuvent profiter tous les membres des syndicats unis. En outre si nous nous associons à cette union, elle pourra par ses relations augmenter le nombre des fournisseurs prenant part à nos adjudications et nous donner des renseignements sur ces fournisseurs.

Pour jouir des avantages que peut nous donner l'association à cette union, chaque syndicat adhérent doit payer annuellement une cotisation de 0 fr. 10 par membre, sans que cependant le total puisse jamais dépasser 100 francs. Ainsi d'après le total actuel de nos membres la cotisation annuelle de notre syndicat serait de 41 fr. 70.

Nous avons à vous consulter pour savoir si vous voulez que notre syndicat agricole soit moyennant, ces conditions, adhérent à cette union.

Enfin, messieurs, nous profiterons de votre réunion d'aujourd'hui, pour vous demander si vous ne jugerez pas utile, dans les circonstances actuelles, de décider qu'il y a lieu de faire une démarche auprès des pouvoirs publics, comme l'ont déjà faite les Sociétés des agriculteurs du Nord et du Pas-deCalais, afin d'obtenir la satisfaction que demande l'agriculture toute entière au sujet de l'augmentation du droit de douane sur les céréales et les bestiaux. Il est urgent dans ce moment où nous sommes inondés par les blés étrangers et


— 2)6 —

où notre budget a besoin de ressources nouvelles, que cette question soit résolue au plus tôt.

Si vous êtes de cet avis ne trouveriez-vous pas utile que votre délégation demandât en même temps la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie?

Ce sont les traités de commerce expirant la plupart en 1892 qui sont en grande partie la cause de notre mauvaise situation économique actuelle. N'est-ce pas le moment de prouver à nos gouvernants, en insistant sur la dénonciation de ce traité particulier, que le règne des traités de commerce tel qu'il a été établi nous a été funeste et qu'il est*temps de modifier notre système économique dès que cela nous sera possible.


- 217 —

NOTE

REMISE LE 3 DÉCEMBRE 1886

PAU LES

PRÉSIDENTS ÛES SOCIÉTÉS AGRICOLES

Du Département de Seine-et-Marne

A M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL,

Ministre des Affaires étrangères,

ET A

M. LE MINISTRE DE L'AGRICULTURE

MONSIEUR LE MINISTRE,

Sur l'initiative du Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux, les bureaux de toutes les associations agricoles du département de Seine-et-Marne, Sociétés d'agriculture, Comices et Syndicats, se sont réunis le 17 novembre dernier à Paris, au siège de la Société des agriculteurs de France, pour délibérer sur les intérêts de l'agriculture du département et prendre les résolutions nécessitées par la situation.

lia été décidé dans cette réunion, à l'unanimité des membres présents, qu'une commission composée des présidents de toutes les associations agricoles du département, serait chargée de faire une démarche auprès de M. le Président du conseil, ministre des affaires étrangères, et auprès de M. le Ministre de l'agriculture, dans le but 1' d'activer la solution


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de la question de surélévation des droits de douane de produits agricoles ; 2° de réclamer la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie.

Des délégués de la distillerie agricole de nos produits indigènes ont été autorisés à se joindre à cette commission pour représenter une industrie dont les intérêts sont intimement liés avec ceux de l'agriculture.

Nous venons aujourd'hui remplir la mission dont nous avons été chargé, introduits et appuyés par les députés de notre département.

I

Nous demandons que la solution de la question de surélévation des droits de douane sur les céréales, soit activée pour ne pas renouveler l'expérience fâcheuse pour l'agriculture Française qui a été faite lors du vote de la loi du 28 mars 1885, portant que le droit sur le blé de 0, 60 c. à 3 fr. A la suite de la promulgation de cette loi, le prix du blé a baissé, et M. Méline a pu dire avec juste raison dans la séance de la commission des douanes du 26 mars 1886, en répondant aux délégués de Marseille : « La baisse du prix du blé Français tient au stock considérable qui avait été accumulé en vue du droit. »

Depuis cette époque, le stock accumulé s'est écoulé et il peut être constaté après la récolte abondante de 1885 et la récolte inférieure de 1886, par la comparaison du prix du blé indigène de la Belgique et du nord de la France que l'écart en faveur du blé français a été en moyenne moindre que l'augmentation totale du droit 2 fr. 40.

Le droit de 3 fr. n'a donc pas causé de détriment sensible aux consommateurs, malgré les sinistres prévisions émises à ce sujet, lors de la discussion de la loi; il a simplement em-


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péché l'avilissement des prix au-delà de toute limite, après la récolte abondante de 1885.

Depuis la récolte inférieure de 1886, il n'a pas arrêté l'entrée en France de quantités importantes de blé étranger à partir du mois d'août dernier, • et nous sommes arrivés à ce résultat, qu'après une mauvaise récolte, le prix du blé indigène n'est pas augmenté.

Devant une telle situation, ne paraît-il pas équitable, si on veut éviter la ruine de l'agriculture française, d'établir une nouvelle surélévation de droit, qui sans arrêter l'importation du blé étranger, dont le besoin se fait sentir cette année, créera une ressource supplémentaire à nos finances.

Nous admettons parfaitement, qu'avec l'aide de la science, nous puissions augmenter nos rendements et par cela même. diminuer nos prix de revient. Nous faisons tous nos efforts, dans nos sociétés agricoles pour atteindre ce but. Mais pour cela, il faut faire des sacrifices de semences et d'engrais que l'Agriculture en détresse peut difficilement s'imposer. En . outre, les résultats ne sont pas toujours absolument certains ; il faut que nous comptions avec les accidents météorologiques.

Ainsi l'année dernière, la société d'agriculture de Meaux a obtenu après betteraves, avec des engrais divers, dans son champ d'expérience, des récoltes de blé variant de 33 à 41 quintaux à l'hectare. Cette année avec la même semence et dans les mêmes conditions, elle n'a obtenu que 18 à 30 quintaux à l'hectare.

Nous insistons sur l'établissement d'un droit de douane sur le. maïs, qui au point de vue purement agricole, fait concurrence à l'avoine, qui pour la distillerie nuit à la betterave et au seigle et pour l'amidonnerie fait tort à la pomme de terre.

Nos sociétés agricoles viennent d'adresser au conseil mu-


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nicipal de Paris une demande pour faire payer un droit d'octroi aussi bien au maïs qu'à l'avoine.

Nous ne voyons aucun inconvénient à mettre un droit de douane sur le maïs, surtout depuis qu'il est reconnu possible de frapper d'une surtaxe l'alcool étranger.

D'ailleurs les délégués de la distillerie agricole de nos produits indigènes vous édifieront sur cette question.

En demandant des surélévations de droits de douane sur les céréales et les bestiaux, nous ne faisons que réclamer, au point de vue douanier, l'égalité de traitement entre l'agriculture et l'industrie ; car une grande partie de nos produits agricoles, tels que les laines, les peaux, les suifs, le lin, le chanvre, les graines oléagineuses, etc., est engagée par les traités de commerce avec exemption de tous droits. Nous ne pouvons obtenir une compensation que par les droits sur les substances alimentaires.

II

Nous venons vous réclamer la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie, qui, pour expirer au 1er janvier 1888, doit être dénoncé avant le 1er janvier 1887.

Au point de vue général, ce traité de commerce n'a pas fait augmenter les échanges entre la France et l'Italie. Cela résulte du tableau suivant :

IMPORTATIONS EXPORTATIONS

Années. d'Italie en France, de France en Italie.

1880. 537 millions. 309 millions.

1881. 580 — 359 —

1882. 471 — 336 —

1883. 503 — 287 —

1884. 437 — 262 —

1885. 337 — 359 —


— 221 —

Au point de vue agricole, les importations d'Italie en France, sont bien supérieures aux exportations de France en Italie.

Pour en donner quelques exemples, les Italiens nous ont expédié en 1885, en vins, pour 46 millions. Nous ne leur en avons expédié que pour 5 millions. Ils nous ont envoyé des bestiaux pour 23 millions et nous ne leur en avons envoyé que pour 1 million. Ils ont fait entrer en soies et bourres de soie, pour 80 millions et il n'en est sorti de chez nous, à leur destination, que pour 29 millions.

Nos exportations les plus importantes en Italie consistent surtout en tissus de laine et de coton. Pour les vins, il y a une inégalité de traitement entre les deux pays. Les vins français paient 4 francs par hectolitre pour être exportés en Italie, et les vins italiens profitant du traité avec l'Espagne par la clause de la nation la plus favorisée, ne paient que 2 francs. Ce qu'il est nécessaire d'atteindre par la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie, c'est la suppression de certaines taxes de douane qui n'existent qu'avec cette puissance et qui profitent aux autres nations avec lesquelles nous avons fait des traités.

Pour les matières agricoles, sont comprises dans le traité avec l'Italie seulement, les substances suivantes :

Semoules et pâtes d'Italie, droit 3 fr. les 100 kilos ; Riz en grain d'origine européenne, exempt ; Riz en paille d'origine européenne, exempt ; Brisures de riz, exemptes.

Pour les semoules et pâtes d'Italie, les fabricants de ces produits, lors de l'élévation de la taxe à 3 fr. sur le blé, ont demandé que les blés durs ne soient pas soumis à cette taxe, parce que les semoules, sortant de ces blés étaient engagées parle traité de commerce avec l'Italie. Ilspourront renouveler cette prétention avec la surélévation de droit proposée. On


— 222 — pourra cependant leur objecter que l'importation des semoules d'Italie a diminué depuis la loi du 28 mars 1885. Toutefois, en dénonçant le traité, le tarif général sur les semoules pourra remplacer le tarif conventionnel.

Mais la question la plus importante est celle du riz qui peut se substituer au maïs, si l'on met un droit sur ce dernier produit, et il ne faut pas croire que l'exemption de droit sur les riz ne favorise l'entrée gratuite que du riz européen.

Devant la commission des douanes, M. Lévesque, blanchisseur-décortiqueur de riz, à Nantes, a déclaré qu'on ne pouvait distinguer l'origine europénne ou extra européenne dans un mélange de riz indien et de riz italien.

M. Velten, membre de la Chambre de Commerce de Marseille a fait la même déclaration.

Il en résulte que si le droit ^sur le maïs est voté, l'Italie pourra concurrencer nos produits agricoles par une importation de riz de toute provenance.

Ces cas particuliers signalés, il est un autre but auquel nous aspirons en demandant la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie. Il s'agit de la solution d'une question de principe. Nous sommes persuadés qu'une des principales causes de la détresse de l'agriculture réside dans l'établissement des traités de commerce qui dureront jusqu'au 1" février 1892, parce que les produits agricoles étrangers sont, pour la plupart, exemptés de tout droit par ces traités. Nous désirerions que le gouvernement prouvât aux populations agricoles qu'il veut éviter les erreurs commises par l'établissement des traités de commerce en dénonçant le premier qui lui est possible de dénoncer et en le remplaçant au besoin par un nouveau qui n'augmente pas nos engagements avec les autres puissances. Ce sera un indice, qu'il ne laissera pas passer le délai du 1er février 1891 pour dénoncertous les traités de commerce, de façon à nous placer, après le 1er février 1892, sous un régime commercial qui permettra à notre


— 223 —

agriculture et à notre industrie de lutter à armes égales contre l'étranger.

Les présidents des associations agricoles du département de Seine-et-Marne,

GATELLIER, président de la Société d'agriculture, du Comice et Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux.

JOSSEAU, président de la Société d'agriculture et Comice de Rozoy, et du Syndicat agricole de Coulommiers.

MARC DE HAUT, président du Comice des arrondissements de Melun, Fontainebleau et Provins.

DE LA ROCHETTE, président de la Société d'agriculture et du Syndicat agricole de Melun.

GUYON, président de la Société d'agriculture et du Syndicat agricole de Fontainebleau.

BOUVRAIN, président du Syndicat agricole de Provins.


— 224 —

LÀ PRODUCTION AGRICOLE AUX ETATS-UNIS

En 1885

Chicago est aujourd'hui le plus grand marché des produits agricoles du monde entier. Le rapport annuel du Board of Trade (bureau du commerce) de Chicago a une grande importance pour l'agriculture européennne. Le Board of Trade est une puissante association qui compte près de 2,000 membres payant une cotisation de 250 fr., magnifiquement installée dans un vaste palais dont la construction a coûté 8 millions. C'est un véritable ministère du commerce et de l'agriculture qui étend ses investigations non seulement sur les transactions de Chicago, mais aussi sur celles des EtatsUnis et du monde entier. Nous empruntons les renseignements qui suivent au rapport de M. Stone, le secrétairegénéral, qui remplit un volume de plus de 200 pages, imprimé avec luxe.

I

La population des Etats-Unis, qui était de 50 millions eu 1880, est aujourd'hui de 57 millions; l'augmentation tant par la natalité que par l'immigration, est d'environ un million par an. La ville de Chicago comptait 675,000 habitants au 1" janvier 1884, et 727,000 au 1er janvier 1885. L'immigration est en diminution croissante depuis 1882, année où


— 22a —

elle a atteint son maximum. Voici les chiffres des cinq dernières années :

1881. 669,431 immigrants.

1882. 788,992 —

1883. 603,922 —

1884. 518,592 —

1885. 387,821 —

Le dénombrement par nationalités nous donne 48,000 d'Angleterre et du pays de Gaîles. 51,000 d'Irlande, 9,000 d'Ecosse, 110,000 d'Allemagne, 25,000 de Suède et de Norwège. La loi du 6 août 1884 a considérablement ralenti, ou plutôt a presque prohibé l'immigration chinoise; la statistique de 1885 n'accuse que 198 immigrants d'origine chinoise. En somme, depuis dix ans, l'immigration a fourni aux Etats-Unis, 4,500,000 habitants.

La superficie des Etats-Unis est de un milliard d'hectares, soit de vingt fois le territoire de la France, le plus grand des Etats est le Texas, qui comprend 75 millions d'hectares et le plus grand des territoires est l'Alaska qui en compte 150 millions.

La dette publique, qui s'élevait en 1865 à 13 milliards a été réduite, en 1880, à 10 milliards; elle était, au 1" janvier 1886, de 6,990 millions; l'amortissement annuel est dé 500 millions; avant la fin du siècle, la dette sera complètement éteinte. Le budget des dépenses est de 1,225 millions et celui des recettes de 1,575 millions, dans lesquelles les douanes et les contributions indirectes entrent pour 1,465 millions.

Il

La crise commerciale qui, depuis quelques années, frappé si fortement les Etats d'Europe, a son contré-coup aux Etïis-


— 226 —

Unis. Voici le total des importations et des exportations des trois dernières années (métaux précieux non compris):

ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.

1883. 3,615 millions. 4,020 millions.

1884. 3,335 — 3,620 —

1885. 2,885 — 3,630 —

Les principaux articles d'importation sont : le sucre (provenant en grande partie des îles Sandwich), pour 500 millions en 1883, et 400 en 1885 ; les tissus de laine, 275 millions en 1883 et 220 en 1885; la soie brute et ouvrée, 250 millions en 1883 et 200 en 1885 ; les tissus de coton, 185 millions en 1883 et 135 en 1885; le jute et autres matières analogues, 60 millions; les objets d'art, 17 millions en 1883 et 8 millions en 1885; les articles de mode, la parfumerie et analogues (principalement de France), 40 millions en 1883, et 25 en 1885 ; les vins, 60 millions en 1883 et 40 en 1885, etc. L'augmentation porte sur le café : 210 millions en 1883 et 230 en 1885; les animaux vivants (du Canada et du Mexique, ainsi que des reproducteurs d'Angleterre), 20 millions en 1883 et 30 millions en 1885. La France figure principalement pour les objets d'art, les vins et eaux-de-vie, les modes, les tissus de soie, etc.

En tête des articles d'exportation vient le coton, 1,300 millions en 1883 contre 1,065 millions en 1885; les produits alimentaires, céréales, viandes, beurres et fromages, etc. 1,575 millions en 1883 et 1,325 millions en 1885 ; le pétrole, 230 millions en 1883 et 270 millions en 1885 (augmentation, 40 millions); les animaux vivants, 50 millions en 1883 et 70 millions en 1885 (augmentation, 20 millions); le fer et l'acier, 95 millions en 1883 et 55 millions en 1885; les machines agricoles, 19 millions en 1883 et 12 millions en 1885 ; le sucre raffiné, 16 millions en 1883 et 85 raillions en 1885;


— 227 —

le cuivre brut et ouvré 11 millions en 1883 et 27 millions en 1885; le poisson conservé, 24 millions en 1885, etc., etc.

III

Ces exportations ont pris pour la plus grande partie la voie maritime; pour 3,130 millions par navires étrangers (2,426 millions par navires à vapeur et 705 millions par navires à voiles) et pour 400 millions seulement par navires américains (180 millions à vapeur et 220 millions à voiles). La proportion dans les importations est à peu près la même. Le rapport de M. Stone s'émeut de la décroissance rapide de la marine américaine remplacée par la marine anglaise, qui, depuis quelques années, s'empare de l'empire des mers d'une manière presque absolue. D'après un article de M. LeroyBeaulieu dans la Revue des Deux-Mondes, la construction des navires à vapeur en Angleterre était de 220,000 tonnes en 1877 et de 408,000 tonnes en 1881. Depuis 15 ans, le tonnage des navires à vapeur a quadruplé presque entièrement au profit de la marine anglaise. En même temps la puissance effective de transport s'est accrue beaucoup plus encore que le tonnage. On est arrivé en effet à pourvoir les navires de machines très perfectionnées qui développent beaucoup plus de force en consommant moins de charbon, de sorte que, ayant besoin d'emporter moins de charbon un vaisseau peut prendre plus de marchandises et effectuer chaque voyage en moins de temps. En ce qui concerne les voyageurs, les transatlantiques du nouveau type font la traversée d'Europe en Amérique en 6 et 7 jours.

Les nouvelles machines Compound ne dépensent plus que 0 kil. 759 de charbon par cheval et par heure au lieu de 2 kil. Tous ces perfectionnements ont considérablement abaissé le prix du fret, Voici le tonnage des navires étrangers entrés


— 228 —

dans les ports des Etats-Unis pendant les trois dernières années.

NATIONS 1883 1884 1885

Angleterre 6.775.000 8 527.000 8.818.000

Allemagne 1.126.000 1.064.000 1.082.000

Suède et Norvège 793.000 684.000 794 000

Italie 417.000 3*3.000 355.000

France 376.000 308 000 269.000

Total du tonnage étranger. 9.487.000 10.926.000 11.218.000

« Le drapeau national, dit M. Stone, qui devrait flotter sur « toutes les mers au-dessus des marchandises américaines, « est remplacé par le drapeau anglais. En 1856, 75 0/0 de « notre commerce avec l'étranger était fait par des navires « américains, et aujourd'hui, malgré l'accroissement prodi« gieux de nos affaires, à peine 14 0/0; sur 1,191 navires à « voiles et à vapeur, transportant des grains de New-York « en 1885, pas un seul sous pavillon américain !... Nous conte jurons le gouvernement de prendre à bref délai toutes les « mesures nécessaires pour faire cesser cet état de choses si « profondément humiliant pour l'orgueil national et si dan« gereux pour l'avenir de notre pays !... » Le rapporteur ne s'expliquepas sur les voies et moyens ; est-ce par une surtaxe sur les pavillons étrangers, est-ce par des primes de construction, etc.?... Sur la côte du Pacifique, la marine américaine lutte encore contre la marine anglaise. Sur 236 navires chargés de blés sortis en 1885 du port de San-Francisco, nous comptons 154 anglais, 63 américains, 8 allemands, 3 français, 5 italiens, etc.. La durée moyenne de la traversée par le cap Horn est de 125 àl50 jours. Presque tous les navires ont Liverpool pour destination ou sont expédiés à ordre à Queenstown. Le prix du fret varie beaucoup ; toutefois, il a atteint en 1885 une limite qui ne saurait être dépassée.


— 229 —

De Chicago à Liverpool ou à Londres par canal, chemin de fer et bateau chargement et déchargement, etc., le blé a été transporté de 2 fr. 10 à 3 fr. 80 ; de Chicago à Glascow, de 2 fr. 40 à 3 fr. 70. Le prix de Chicago à New-York a été par canal de 0 fr. 50 à 0 fr. 65 et par chemin de fer de 1 fr. à 1 fr. 60 par quintal.

La construction des chemins de fer a été de 5,759 kil., en 1886 ; il y a actuellement 243,000 kil. en exploitation contre 208,000 kil. en Europe; l'année la plus active a été 1882, pendant laquelle on a construit 20,800 kilomètres.

IV.

La récolte du blé de 1885 a souffert des rigueurs de l'hiver entre le 36" et le 40° lat. La production a été de 125 millions de quintaux estimés 1,375 millions contre 170 millions en 1884, estimés 1,650 millions. Le prix moyen du blé (farm price) à la ferme a été de 11 fr. le quintal, la moyenne de la récolte a été de 8 quintaux 50 à l'hectare. Les principaux pays producteurs de blé, la Californie, l'Ohio, l'Indiana, etc., ont eu une mauvaise récolte. Toutefois le bas prix du blé n'a pas fait diminuer les ensemencements, comme on serait fondé à le croire : 15,568,140 hectares en 1882 ; 15,310,100 hectares en 1883; 16,579,500 hectares en 1884.

Malgré leur optimisme habituel, la concurrence des blés indiens parait causer une certaine inquiétude aux producteurs américains. La surface cultivée en blé aux Indes a été en 1885 de 11,600,000 hectares avec 80 millions de quintaux. Les communications sont encore difficiles, malgré le développement des chemins de fer. Ce grand continent n'a encore que 20,000 kil. en exploitation, et 5,000 en construction.

« Un pays moitié moins grand que le nôtre, dont la popu-


- 230 -

« lation est quatre fois plus nombreuse, occupé depuis des « siècles, dont le climat se prête difficilement à l'acclimata« tion européenne, a fort à faire pour rivaliser avec nous. « Il est àprésumer d'ailleurs que la consommation locale « augmentera considérablement avec le développement de la « civilisation.Nous pouvons, par l'adoption de meilleurs pro« cédés, par l'emploi de machines perfectionnées, par l'éner« gie et l'activité de nos concitoyens, par la production du « travail national (protection of labour) qui est la sécurité « de notre pays, lutter avec tous les autres peuples. »

Le rapport est muet sur les conséquences probables du percement de l'isthme d« Panama qui est appelé à faciliter les transactions de la Californie et de la côte du Pacifique. Une autre contrée qui nous paraît devoir tenir dans la suite une grande place, c'est l'immense plaine de la Plata. Il y a là, d'après M. Daireaux, une surface de 50 millions d'hectares d'une fertilité merveilleuse, d'un travail facile, arrosée par trois grands fleuves et leurs affluents. Déchirées de temps à autre par des guerres civiles, ces contrées n'ont pas encore donné la mesure de leur force productrice, mais avec quelques années de tranquillité, elles prendraient un essor considérable.

L'exportation des blés aux Etats-Unis a été de 36 millions de quintaux en 1883, 23 millions en 1884, 28 millions en 1885, dont la plus grande partie, 18 millions pour l'Angleterre, et le reste, pour les autres pays de l'Europe.

La fabrication des farines est surtout concentrée à Minneapolis, Milwaukee et à Chicago. L'expédition pour l'Europe qui était de 6 millions de sacs en 1881, a été de 7,512,177 sacs en 1884 et 7,959,022 sacs en 1885, dont la plus grande partie, 6,807,358, à destination de l'Angleterre, et 2 millions environ pour la côte du Pacifique, la Chine, le Japon, etc. L'exportation totale des Etats-Unis est


— 231 — actuellement de 10,648,145 sacs ; elle a doublé depuis sept ans.

V.

La récolte de maïs en 1885 est estimée à 645 millions de quintaux, en augmentation de 95 millions sur 1884. La surface emblavée est de 30,714,600 hectares, avec une moyenne de 22 quintaux à l'hectare, le plus fort rendement des cinq dernières années. Depuis 1883, les ensemencements ont augmenté de 2 millions d'hectares et de 30 0/0 depuis 10 ans. Le prix moyen à la ferme a été de 4 fr. 80 le quintal. L'aire occupée par le maïs est à peu près le double des autres céréales. Les arrivages au marché de Chicago ont été de 20 millions de quintaux ; le prix moyen sur le marché a été de 6 fr. 30 avec un maximum de 7 fr. 50 en mai et un minimum de 5 fr. 10 en janvier.

La récolte d'avoine a été de 206 millions d'hectolitres produits par 9,568,000 hectares, soit 22 hectolitres à l'hectare pour une valeur de 885 millions, soit 4 fr. 30 l'hectolitre. L'exportation qui était de 150,000 hectolitres en 1883, atteint en 1885 plus d'un million d'hectolitres ; elle a presque décuplé depuis deux ans et parait devoir augmenter encore par la suite.

Les exportations de seigle et d'orge sont peu de chose relativement, « Le droit qui frappe ces céréales en Allemagne « et en France, dit le Rapport, et qui équivaut à une prohi« bition (which was virtually a prohibition), a diminué de « moitié les expéditions pour l'Europe. »

Que répondre à M. Stone déclarant que le droit de 1 fr. 50 sur le seigle et l'orge est un droit prohibitif (environ 10 0/0) quand les douanes américaines font payer aux produits français, 20, 30 et 50 0/0? La réciprocité est de toute justice,


— S3î —

et nous ne pouvons pas partager l'opinion de M. LeroyBeaulieu. « La France a converti, dit-il, la plupart des « nations au protectionnisme. Nous avons donné l'exemple « et on l'a suivi ; nous repoussons le blé étranger, le bétail « étranger... on repousse nos marchandises, etc.... » Bien avant la loi de 1885, les Etats-Unis frappaient nos marchandises de droits exorbitants, et ils n'ont pas de leçons à prendre de personne sur ce chapitre. Il nous semble aussi que l'Allemagne nous avait précédés dans l'établissement de surtaxes sur les céréales et les bestiaux étrangers.

VI

Le nombre des élévateurs est aujourd'hui de 29 au lieu de 18 en 1883 ; leur contenance totale est de 6 millions de quintaux de céréales de toutes sortes. La maison Manger Wheeler and Cia possède 8 élévateurs contenant 2 millions de quintaux ; la maison Armour, 5 élévateurs, etc. Pour le magasinage, on paie pour les premiers dix jours 20 centimes, et pour chaque décade suivante 7 centimes 1/2 par quintal. Toutes les céréales sont classées selon les types suivants : blé blanc d'hiver, 4 classes ; (la 1" et 2° doivent peser plus de 76 kilogrammes l'hectolitre) ; blé rouge d'hiver, 4 classes; blé mélangé, 2 classes ; blé Colorado, 2 classes ; blé dur de printemps, 2 classes ; blé de printemps, 4 classes; maïs jaunes, 3 classes; maïs bigarré, 4 classes, etc.. Tous les échantillons sont classés, mesurés, pesés avec la plus grande exactitude par les inspecteurs assermentés. Les peines les plus sévères sont édictées contre la fraude et la négligence des inspecteurs et de leurs employés. Les frais de commission sont de 0 fr. 032 par quintal pour le blé et de 0 fr. 016 pour le maïs, l'avoine, etc. Les taxes d'inspection, de classement, de pesage sont de 0 fr. 036 par sac de 100 kilog., de 1 fr. 50 par wagon complet, de 6 fr. par 100 sacs sur bateau, etc.


- 233 -

VII

Partout où il naît un homme, a-t-on dit, il naît en même temps un épi de blé pour le nourrir.

Aux Etats-Unis, on peut dire que chaque habitant peut disposer d'un boeuf, d'un mouton et d'un porc. Pour une population de 57 millions d'habitants, on compte 47 millions de boeufs, 50 millions de moutons et 44 millions de porcs.

L'exportation d'animaux vivants date de quelques années seulement et se fait principalement pour l'Angleterre.

Boeufs. Moutons. Porcs. Valeur

1884 190,158 273,874 46,382 95 millions.

1885 135,890 234,509 55,o25 70 —

Expéditions de viandes fraîches

Boeuf frais. Mouton frais. Conserves de viandes.

1884 50,000,000 kilogr. 1,466,000 kilogr. 16,115.000 fr. 1885. 37,000,000 — 1,«78,000 — 21,070,005 fr.

Le marché de Chicago est le grand centre des transactions sur le bétail. Les abattoirs (stock yard) sont la grande curiosité de la ville ; ils comprennent 150 hectares dont la moitié est couverte. La compagnie des Stock-yards possède pour son usage particulier 150 kilomètres de rails; elle occupe durant la saison d'hiver toute une armée d'ouvriers de 22,000 à 25.000 hommes. En 1885, elle a reça près de 10 millions de bestiaux, soit une moyenne par jour de 30 trains, de 600 wagons, et de 27,658 têtes.

L'année 1885 accuse une augmentation de 1,882,258 têtes, tout en donnant une diminution d'une valeur de 65 millions


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de francs. Le poids net moyen des porcs a été de 106 kilogr. en 1883, 101 kilogr. en 1884 et de 114 kilogr. en 1885. Le 5 décembre 1885, on a tué 65,597 porcs.

Voici le détail des trois dernières années :

Boeufs. Moutons Porcs. Valeur totale.

1883 1,917,167 749,927 5,640,625 1,005 millions de francs.

1885 1,8I7,«97 801,630 5,351,967 935 —

1886 1,964,0)8 1,000,598 6,927,S45 865 —

Sur ce chiffre de boeufs, 600,000 sont consommés pour les besoins locaux, et 1,300,000 sont préparés, soit à l'étal de viande fraîche, soit à l'état de viande salée. Grâce aux nouveaux procédés frigorifiques, les expéditions de viande fraîche de boeuf et de mouton augmentent sensiblement. Ce grand commerce de boeufs est centralisé dans sept établissements. La maison Swift fait 450,000 boeufs, la maison Armour 323,000, etc. L'augmentation des arrivages de moutons provient, selon M. Stone, du bas prix de la laine. Aux EtatsUnis comme en Europe, la grande production de laine en Australie et à la Plata a porté un coup funeste à l'élevage des bêtes ovines.

En 1877, l'Europe importait 1,272,000 balles de laine, en 1884. 1,740,000 balles. M. Leroy-Beaulieu évalue les apports probables de laines coloniales en 1886 à 1,880,000 balles.

L'immense quantité de maïs sert d'abord à la distillation, ensuite à l'engraissement des porcs. Les grands centres d'abattage de porcs (porck-paking) après Chicago qui fait 5 millions de tètes, sont Ransas City, Cincinnati, CédarRapids, Saint-Louis, Indianapolis, Omaha qui en font 4 millions, au total, 10 millions de porcs d'une valeur de 1,965 millions. D'après M. Dodge, on consomme annuellement auxEtats-Unis 28 millions de porcs, soit 35 kilogr. par chaque habitant. A Chicago, 25 maisons s'occupent de la préparation des viandes de porc. C'est toujours la maison


— 238 —

Armour qui tient la tête avec 1,125,000 porcs, puis la Compagnie Anglo-Américaine avec 623,000 porcs, etc.. Il serait curieux de connaître le chiffre colossal d'affaires de cette fameuse maison Armour qui tue plus d'un million de porcs, plus de 300,000 boeufs et dont les élévateurs contiennent 2 millions de quintaux de céréales.

Le rapport de M. Stone s'élève avec force contre les mesures rigoureuses prises par les gouvernements de France et d'Allemagne contre les viandes de porc américain. « Il « faut, de la part de notre gouvernement, une rigoureuse « action pour protéger notre grande industrie nationale, et « faire cesser cet état de choses qui constitue une insulte « pour nous !.... La trichinose n'est qu'un prétexte; les « malheureuses populations d'Allemagne et de France sont « les victimes de cet édit tyrannique ; elles sont affamées par « leurs gouvernements qui prohibent nos produits si sains et « si économiques »

Malgré les affirmations de M. Stone, les marchés de France et d'Allemagne ne sont pas complètement fermés aux produits de l'industrie de Chicago. Nous avons importé en 1885, 15 millions de kilogr. de saindoux, lards, etc., pour une somme de 11 millions. En 1881, il est vrai, nous importions 65 millions de kilogr. de porc, de salaison, etc., pour une valeur de 50 millions de francs.

L'exportation des produits de la laiterie est en diminution. La margarine, l'oléo-margarine, etc. ont jeté un grand discrédit sur les produits des Etats-Unis ; sur ce chapitre, le génie trop inventif des Américains ne leur a pas porté bonheur. Pour le fromage, les expéditions sont tombées de 80 millions de francs et pour les beurres, de 30 à 18 millions. Inutile d'ajouter que pour ces deux produits, le grand débouché est l'Angleterre ainsi que les grandes îles de l'Atlantique.


îêé'—

VIII

Par les chiffres que nous donne le bureau de commerce de Chicago, nous avons vu que la production du blé restait stationnaire, tandis que celle des maïs et de l'avoine augmentait dans une notable proportion, ainsi que l'expédition des farines.

En ce qui concerne le bétail, les races bovines augmentent et s'améliorent, les expéditions de bétail vivant pour l'Angleterre se maintiennent. Grâce aux procédés frigorifiques et à la rapidité des transports, les arrivages de viandes fraîches continuent d'affluer dans les ports anglais.

Quant aux moutons, leur nombre n'augmente pas ; l'énorme production de laine d'Australie et de la Plata fait une rude concurrence aux moutons des Etats-Unis comme à ceux d'Europe. De plus, les expéditions de viande fraîche de moutons d'Australie en Angleterre ont pris depuis quelques années une grande extension. Malgré la prohibition de la viande de porc américain en France et en Allemagne, la grande industrie nationale de Chicago et des villes de l'Ouest n'a pas trop à se plaindre. Cette mesure n'a pas causé la ruine de tous ces grands établissements, ni celle des éleveurs,

— à peine un temps d'arrêt dans la progression ; elle a eu pour effet d'empêcher l'introduction chez nous, d'une maladie redoutable, — nous avons bien assez du phylloxéra ;

— de plus, elle a rendu la sécurité aux éleveurs français, et la viande de porc s'est maintenue à bas prix.

Les réclamations des négociants américains contre notre régime douanier ne reposent sur aucune raison sérieuse ; nous dirons plus, elles nous semblent puériles et ridicules cher un peuple qui pratique le régime de la protection à


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outrance, qui n'a jamais conclu de traité de commerce avec aucune puissance, et qui tire de ses douanes le tiers de ses recettes.

Tous les faits que nous observons dans l'ancien, comme dans le nouveau monde, viennent chaque jour détruire brutalement les séduisantes théories des économistes de l'école de Manchester. La paix universelle, comme le libre-échange nous paraissent malheureusement des utopies que nos petitsneveux verront peut-être, mais que la génération actuelle n'est pas appelée à réaliser.

JULES BÉNARD.


— 238 —

RAPPORT

SUR LES ENGRAIS PHOSPHATÉS

Par M. MARTIN, professeur au Collège.

§ 1».

L'agriculture française, qui subit de si rudes épreuves depuis une vingtaine d'années, cherche les moyens de se relever et de lutter contre la concurrence étrangère : gouvernants, agronomes, chimistes et cultivateurs s'ingénient à trouver et à proposer des solutions à la question agricole, mais il n'est permis à personne de prévoir de quelle manière l'agriculture pourra sortir de son état de langueur. Est-ce par le dégrèvement des charges, par le crédit, par la multiplication des primes et des encouragements qu'on arrivera à enrayer le mal ? Assurément tous ces remèdes feront du bien mais il faudrait être aveugle pour croire que le salut réside dans la réalisation d'un ou plusieurs de ces projets.

Parmi tous les moyens proposés pour relever la première de nos industries, il en #est un qui a été particulièrement prôné par un de nos savants agronomes, M. Grandeau, directeur de la station agronomique de l'Est, dans des « Revues agronomiques » publiées dans le Temps en 1885-86 ; ce moyen, c'est la création d'une agriculture scientifique; — Selon lui, le cultivateur doit suivre l'exemple de l'industrie et chercher, par tous les moyens, dans l'augmentation des rendements, l'abaissement du prix de revient de ses


— 239 —

produits. — L'augmentation des rendements dépendra de la fumure du sol et du choix des semences ; la réalisation des progrès culturaux s'obtiendra principalement par l'association des cultivateurs sous la forme syndicale.

C'est la première idée de M. Grandeau que je vais essayer de mettre en lumière, laissant de côté les moyens qu'il indique pour utiliser avec plus de profit les fumures naturelles dont la France perd la majeure partie. Je ne parlerai aujourd'hui que de l'emploi des fumures dites commerciales ; il s'agit en effet, pour le cultivateur, d'être renseigné sur la valeur agricole et sur la valeur en argent de ces matières minérales, acide phosphorique, potasse, corps azotés, dont la terre doit être abondamment pourvue pour assurer le développement des végétaux.

L'acide phosphorique joue un rôle prépondérant ; un sol à blé doit en contenir de notables quantités pour conserver sa fertilité ; on s'en convaincra si l'on remarque qu'une récolte de 25 quintaux de blé à l'hectare enlève au sol jusqu'à 30 kilog. d'acide phosphorique. De là la nécessité de rendre au sol qui a produit plusieurs récoltes de l'acide phosphorique ; sinon les rendements diminuent et l'on doit se proposer au contraire de les accroître.

Or la question qui se pose pour le cultivateur résolu à faire au sol une avance d'acide phosphorique est la suivante: Quelle est la forme dans laquelle il est préférable d'introduire l'acide phosphorique dans le sol? Emploira-t-on le superphosphate, les phosphates précipités en bibasiques ou les phosphates tribasiques naturels réduits en poudre ? Quelle est la plus avantageuse, au point de vue pécuniaire, de ces trois sources d'acide phosphorique?

Avant de répondre à ces diverses questions, je crois utile, Messieurs, de vous exposer succinctement les procédés qui sont employés pour la fabrication de ces différents produits et en quoi ils diffèrent au point de vue chimique.


- 240 —

Les superphosphates, qui ont dû leur renommée à leur solubilité dans l'eau, sont des produits qu'on obtient en traitant par l'acide sulfurique certains phosphates naturels préalablement pulvérisés. — L'action de cet acide a pour effet de mettre en liberté de l'acide phosphorique qui devient alors soluble dans l'eau. — Il en résulte que les superphosphates contiennent toujours du sulfate de chaux, ce qui constitue un poids mort dont le consommateur doit cependant payer le transport. — L'industrie a imaginé divers procédés pour réduire autant que possible la proportion de ces matières inertes ; je signalerai à ce sujet la valeur d'un de ces superphosphates connu sous le nom de triple phosphate qui renferme plus de 50 0/0 d'acide phosphorique.

Les phosphates précipités en bibasiques résultent aussi d'une transformation des phosphates naturels, tels que Caprolithes, noir animal ; on place ces matières dans des cuviers doublés en plomb et on les soumet à l'action de l'acide chlorhydriqueoude l'acide azotique qui coûtent souvent moins cher que l'acide sulfurique. Après une macération suffisante, les liqueurs sont traitées par le carbonate de chaux pulvérisé ; on obtient alors un précipité blanc, grenu, cristallin, facile à laver et à dessécher — C'est là l'origine de la dénomination de ces phosphates ; ils contiennent toujours une certaine quantité de phosphate tribasique.— On prépare couramment aujourd'hui des phosphates précipités qui contiennent jusqu'à 96 0/0 d'acide phosphorique par des tours de main que les usines tiennent plus ou moins secrets.

Quant aux phosphates tribasiques, ils ne sont autre %hose en général que des phosphates naturels insolubles, réduits en poudre fine par une action mécanique. Comme c'est à ceux-ci qu'il faut s'adresser pour obtenir les deux autres catégories d'engrais phosphatés, l'intervention des acides a évidemment pour effet d'élever le prix de revient de ces derniers. Ce sont les phosphates naturels d'origine minérale qui


— 241 — sont aujourd'hui les plus employés pour la fabrication des engrais agricoles. Les apatites du duché de Nassau, de Norwège et du Canada, les phosphorites de l'Estramadure en Espagne, les nodules du Gard, des Ardennes, de l'Yonne, les coprolithes d'Angleterre, sont des sources pour ainsi dire intarissables d'acide phosphorique. Je passerai sous silence, les phosphates tribasiques d'origine animale, les phosphates d'os que l'industrie sucrière utilise pour la décoloration des sirops ; l'agriculteur n'en dispose plus à cause de l'extension qu'a prise la fabrication du sucre de betterave. Qu'il me soit permis cependant de dire qu'il y a là pour lui une source d'acide phosphorique dont il doit profiter quand il le peut ; le noir de sucrerie, le noir de raffinerie, les noirs lavés, qui ont perdu leur pouvoir décolorant sont vendus comme engrais par les fabricants : leur action fertilisante est fort appréciée, mais il faudrait avoir soin d'établir une distinction entre ces diverses matières, et donner la préférence au noir de raffinerie qui est plus efficace à cause des matières organiques qu'il contient.

Pour établir la valeur comparative des 3 catégories de phosphates que je viens d'indiquer, M. Grandeau fait observer d'abord que l'acide phosphorique existe toujours à l'état insoluble dans les sols non fumés, tels que forêts, pâturages etc. Malgré cette insolubilité, les végétaux assimilent l'acide phosphorique solide en le dissolvant au travers de l'enveloppe de leurs racines. Si l'on met en contact avec le sol des phosphates solubles, c'est-à-dire des superphosphates, ils repassent promptement à l'état insoluble dès qu'ils sont en présence de la chaux, du fer et de l'alumine que le sol contient oujours. Pourquoi donc attribuer une valeur supérieure aux superphosphates, comme on l'a fait si longtemps ? Le cultivateur persistera-t-il à donner la préférence à un engrais soluble qu'il faut payer deux ou trois fois plus cher que les phosphates naturels réduits en poudre fine. Le kilogr. d'acide


— 242 — phosphorique vaut en effet 60, 70 c. tandis que celui des phosphates naturels ne coûte pas plus de 25 c.

Il ne s'agit pas ici, Messieurs, remarquez-le bien, d'une affirmation hasardée par un chimiste qui s'en rapporterait simplement à des expériences de laboratoire. Le savant agronome s'est appliqué à démontrer sa thèse par de nombreux essais de culture ; l'étude de l'action de l'acide phosphorique à ses divers états a été poursuivie pendant 8 années consécutives au champ d'expériences de la station agronomique de l'Est ; les résultats qu'il a obtenus ont clairement démontré que l'action nutritive des superphosphates n'est pas supérieure à celle dés phosphates précipités et des phosphates tribasiques naturels. Ainsi la valeur fertilisante du phosphate précipité a été trouvée égale à celle des superphosphates ; le phosphate naturel a fourni un rendement à peine inférieur de 4 0/0 ; je reproduis ici à titre de renseignement, les indications fournies par M. Grandeau sur la succession des récoltes.

lr 0 année Pommes de terre (sans fumure)

2« — Seigle en vert

3" — Colza (id.)

4° — Blé Galland

5» — Betteraves (id.)

6e — Orge Chevalier

. 7e — Maïs géant (id.)

8e — Avoine des Salines.

Le rendement moyen à l'hectare, pour cette période de 8 années, a fourni les résultats suivants : Phosphate précipité 12 k. 681 poids de la récolte totale. Superphosphate 12 k. 570 —

Phosphate naturel 12 k. 097 —

Poudre d'os 10 k. 386 —

■ La poudre d'os qui a été expérimentée en même temps que


- 243 —

les phosphates, a donné des récoltes dont le poids moyen à l'hectare est inférieur de 17 0/0 au rendement du phosphate précipité.

M. Grandeau a rencontré de nombreux contradicteurs et particulièrement en Allemagne, mais des expériences plus récentes faites par des agronomes allemands, celle du docteur Voelker, en Angleterre ; de M. Petermann à la station de Gembloux, en Belgique ; sont venues confirmer les résultats obtenus par le chimiste français. On peut donc dire que la cause du phosphate précipité est gagnée aujourd'hui.

Mais si la question est théoriquement intéressante, et favorable au phosphate précipité, il n'en est pas de même au point de vue économique, car l'acide phosphorique a le même prix dans les superphosphates que dans les phosphates précipités. La valeur agricole des phosphates tribasiques est un peu inférieure, il faut le reconnaître, à celle des deux autres groupes, mais leur prix commercial est beaucoup moindre; aussi M. Grandeau est-il d'avis qu'il faut préférer les phosphates naturels dans un grand nombre de cas, et notamment lorsqu'il s'agit des terrains tourbeux ou pauvres en calcaire. On fera bien, ajoute-t-il, d'associer le phosphate naturel au fumier de ferme en l'épandant sur la litière à la dose de 1 kilo par tête de bétail et par jour. Enfin, comme le phosphate naturel en poudre coûte environ 3 fois moins que les autres, on pourra l'employer à dose triple. On l'achètera sur titre garanti, et l'on sera assuré d'une bonne fumure pour blé si l'on emploie cet engrais à raison de 800 kilos par hectare ; les récoltes suivantes bénéficieront largement de cette avance faite au sol en acide phosphorique.

Quant à ce qui concerne la valeur en argent des engrais phosphatés, elle ne peut être fixée d'une manière absolue. Lorsqu'il s'agit A'engrais mixtes plus ou moins complexes, tels que la poudre d'os, le guano naturel, la poudrette, etc.,


— 244 —

aucune donnée ne peut servir.de base à la fixation des prix. Tous les engrais du commerce dits complets se vendent à un taux supérieur à leur valeur réelle, calculée d'après leur teneur en acide phosphorique, azote et potasse; mais si l'on achète des engrais simples, et si l'on exige des vendeurs la désignation exacte sur facture des quantités d'acide phosphorique contenues dans ces engrais, on n'éprouvera aucune déconvenue ni dans les rendements obtenus, ni pour la dépense qu'on se sera imposée. L'acide phosphorique dans les phosphates naturels coûtera environ 25 centimes le kilo, celui des superphosphates à peu près 60 centimes ; ce sont là les prix qu'on peut établir aujourd'hui d'après les offres faites en 1886 aux syndicats d'agriculteurs.

Comme on le voit, l'agriculteur doit résister aux sollicitations dont il est l'objet de la part des marchands d'engrais commerciaux. En achetant des engrais simples et contrôlés, des semences contrôlées, et des aliments pour bétail contrôlés, il sera en mesure de reconnaître la valeur des secours que lui offre la science : pour être à l'abri de la fraude et pour avoir des produits sur la qualité desquels il puisse compter, il renoncera à tout achat d'engrais par lui-même. En s'affiliant au syndicat de son département, en provoquant la création d'un syndicat s'il n'existe pas chez lui, enfin en prenant conseil des directeurs de stations agronomiques et des professeurs départementaux d'agriculture, le propriétaire français pourra désormais cultiver plus économiquement notre sol, et trouvera un premier et efficace remède à la crise dont il souffre.

§n

Avant d'abandonner la question des engrais phosphatés, il me paraît indispensable, Messieurs, d'appeler votre attention sur un nouvel engrais qui a déjà été employé avec avantage


- 245 —

en Angleterre et en Allemagne, et par M. Grandeau lui-même dans son champ d'expériences de Tomblaine en 1884 ; je veux parler des scories de déphosphoration qui prennent naissance dans la transformation des fontes phosphoreuses en acier.

Les fontes de fer contiennent souvent outre le carbone, du manganèse, du soufre et du phosphore ; la présence de ces deux derniers corps dans l'acier a pour effet de le rendre aigre et cassant ; un acier de bonne qualité ne doit en renfermer que des traces. Des travaux remarquables dus à MM. Thomas et Gilchrist en Angleterre ont fait connaître aux fabricants les moyens d'utiliser pour la fabrication de l'acier, les fontes phosphoreuses qui étaient restées jusqu'à cette époque impropres à cet usage. Le procédé de ces jeunes inventeurs est appliqué communément aujourd'hui ; il donne le moyen de faire passer dans le laitier séparé de l'acier presque tout le phosphore à l'état d'acide phosphorique ; l'élimination du phosphore est obtenue au moyen de la chaux et de la magnésie en grand excès, de sorte que les scories de déphosphoration contiennent une forte proportion de phosphate de chaux. Du même coup, on arrivait donc à produire de l'acide phosphorique associé à la chaux; la découverte des ingénieurs anglais, capitale pour l'industrie métallurgique, parut, au bout de peu de temps, capable de rendre les meilleurs services à l'agriculture.

L'attention des chimistes et des agronomes fut appelée dès lors sur la possibilité, pour les agriculteurs, de tirer parti comme source d'acide phosphorique, de ces laitiers qui n'étaient que des embarras pour les industriels.

L'application des scories à la fumure des terres a été faite en Angleterre pour la première fois d'une manière rationnelle il y a quelques années; le docteur allemand Fleischer renouvela ces essais à la station agronomique de Brème pendant deux années consécutives; les résultats qu'il obtint à


— 246 —

l'aide de ces scories employées comparativement avec le phosphate précipité et le superphosphate sont des plus remarquables. M. Grandeau lui-même a commencé des expériences qui promettent les plus sérieuses espérances. Quoiqu'il en soit, les conclusions de ces divers expérimentateurs sont toutes d'accord sur un certain nombre de points qu'il faut signaler.

C'est particulièrement dans les terrains acides ou tourbeux, les terres récemment défrichées, les prairies que l'emploi de ces scories est indiqué ; on peut les y mettre en poudre grossière, elles seront facilement et rapidement désagrégées par l'action de l'air et l'on peut être assuré de l'assimilation par les végétaux de l'acide phosphorique qu'elles contiennent. Pour les sols argileux, il faut donner la préférence aux poudres fines; enfin, pour les sols très calcaires, on remarque que l'emploi des scories à haute dose produit des effets moins marqués. Bref, les expériences de cultures réalisées jusqu'aujourd'hui sont décisives en ce sens que l'efficacité de l'acide phosphorique contenu dans les scoiies est mise hors de doute. Par contre, il ne faut pas oublier que la nature du sol reste un des facteurs importants avec lequel il faut compter pour faire un emploi judicieux de ce nouvel engrais.

Les agriculteurs feront bien d'entreprendre des essais pour fixer la valeur relative des scories en tenant compte de l'état de la terre et de la nature des récoltes qu'on lui demande, car rien ne saurait, en agriculture, remplacer l'expérimentation directe et multipliée dans des sols de nature si diverse sur lesquels on opère. On appliquera ces essais aux céréales, blés de printemps et d'hiver, seigle, avoine, orge, adx plantes fourragères et aux prairies, en employant la dose de 150 à 200 kilogr. d'acide phosphorique par hectare. Les sols dépourvus de chaux sont ceux qui conviendraient le mieux pour ces expériences, car les scories


- 247 —

contiennent jusqu'à 400 kilogr. de ce corps contre 160 d'acide phosphorique. Enfin il sera bon d'additionner ces engrais nouveaux de potasse et de matières azotées, là où ces deux sortes de matières n'existent pas en quantité suffisante.

Les scories de déphosphoration sont appelées à rendre à l'agriculture les plus grands services, surtout si l'on considère le bas prix auquel la métallurgie peut les offrir. Le prix de vente n'en est pas encore établi, il est vrai, mais à teneur égale en acide phosphorique, il est très-inférieur à celui des phosphates de chaux naturels. M. Grandeau estime qu'au voisinage des lieux de production, on les paiera tout au plus 0 fr. 15 le kilogr., si les demandes deviennent assez nombreuses pour qu'elles puissent être assurées d'un débouché régulier. Au sujet de l'achat des scories, on recommande aux agriculteurs de ne jamais s'en rapporter au titre commercial d'après lequel on établit le plus souvent leur valeur. Parla méthode commerciale, en effet les vendeurs font payer comme phosphate de chaux la silice, l'alumine, l'oxyde de fer et d'autres substances de nulle valeur, qui font partie de la composition des laitiers ; c'est à l'acheteur d'exiger la garantie de la teneur des substances fertilisantes établies par des méthodes rigoureuses.

Les moyens qui ont été indiqués dans cet exposé succinct pourront permettre, il y a tout lieu de l'espérer, aux populations agricoles de réaliser des progrès économiques dans la culture, mais il faudrait bien se garder cependant d'y voir un remède absolu à la crise dont nous souffrons. La situation actuelle a en effet des causes multiples à chacune desquelles il faudrait apporter des remèdes particuliers. Les salaires plus élevés payés par l'industrie, les avantages et les plaisirs des villes, ont élevé le prix de la main-d'oeuvre, en même temps que les progrès de la culture intellectuelle, en éloignant de plus en plus l'homme des travaux manuels, augmentaient dans une proportion excessive le nombre des


— 248 -

intermédiaires ; enfin les perfectionnements de l'outillage maritime, en diminuant le prix du fret, nous ont mis en présence de peuples dont le territoire est plus fertile que le nôtre et qui n'ont pas à supporter les impôts qui nous écrasent.

L'emploi judicieux des engrais permettra, dans une certaine mesure, de parer à l'élévation de la main-d'oeuvre ; mais si le cultivateur est isolé, il ne pourra échapper aux intermédiaires qui élèvent, d'une manière factice, le prix des denrées agricoles, sans profit pour le producteur. C'est aux syndicats agricoles peut-être que l'on devrait demander de s'occuper de la vente des produits de leurs adhérents, de manière à les faire arriver aux consommateurs sans majoration. Quant à la concurrence étrangère (j'emprunte à M. Favier ces reflexions pour vous montrer, Messieurs, que les partisans de l'agriculture scientifique ne déduisent pas tous les mêmes conclusions d'études semblables), c'est à l'Etat qu'incombe le devoir d'en atténuer les effets. Ses intérêts particuliers sont, du reste, d'accord en cela avec les intérêts généraux du pays. Les cultiyateurs ne peuvent en effet, payer l'impôt que s'ils réalisent des bénéfices, ce qu'ils ne peuvent faire que s'ils sont placés sur un pied d'égalité avec les producteurs étrangers. Les populations agricoles, doivent, en conséquence, exiger impérieusement que des droits compensateurs des charges qu'elles ont à supporter frappent à l'entrée tous les produits qui pénètrent sur notre territoire. Les cultivateurs n'ont qu'à vouloir pour faire cesser l'état de choses actuel ; en y mettant de la persévérance, ils rie peuvent manquer d'obtenir une solution de la question conforme à leurs demandes, c'est à dire à l'équité.

J. MARTIN.


TABLE DES MATIÈRES

PREMIÈRE PARTIE

Pages.

Procès-verbal de la séance du 2 janvier S

— — 6 février 1 0

— — 6 mars, 14

— — 3 avril 18

— — 2 mai 23

— — 5 juin 29

— — 3 juillet 34

— — 7 août . . 41

— — 4 septembre 45

— — 2 octobre 49

— — 6 novembre (assemblée générale extraordinaire du Syndicat agricole 34

Procès-verbal de la séance du 4 décembre 60

DEUXIÈME PARTIE

Compte-rendu de la séance tenue à Paris le 17 novembre, par les bureaux des Sociétés d'agriculture, Comices et Syndicats agricoles du département de Seine-et-Marne. ...... 67

Rapport sur la question de dénonciation du traité de commerce avec l'Italie 71

Voeu adressé au Conseil Général sur les plantations d'arbres à fruits sur les routes 76

Rapport de M. Papillon sur le concours régional de Lille en 1886 79

Le Lin. — Teilleuse-Peigneuse Cardon, Rouissage Parsy, par M. Papillon-Bardin, ingénieur à Fr snes. . . 82

Rapport sur la brochure de M. Butel, relative à la péripneumonie, par M. Borgnon 87

Conférence de M. Butel sur les travaux de M. Pasteur et sur la rage 90

Rapport fait à la Société d'agriculture sur un travail de


Pages.

M. Denaiffe, relatif à la. destruction de la cuscutte, par

M. Papillon 95

Discussion sur la question des nouveaux droits proposés pour les céréales à la séance de la Société d'agriculture du 2 mai. 97

Gompte-rendu du CONCOURS.DÉPARTEMENTAL agricole tenu le

dimanche 27 juin à La Ferté-sous-Jourre , 103

Discours de M. le Préfet. 105

Discours de M. E. Gatellier 107

Discours de M. Chazal 117

Rapport au nom du jury du prix d'honneur de grande culture (fermes de Montlevé, Salnove, Marcy, la Noue et

Chalifert) 120

Rapport du jury du prix d'honneur pour la petite culture,

par M. Papillon-Bardin. . 14)

Rapport au nom de la Commission des prix aux ouvriers de fermes et auxiliaires de l'agriculture, par M. Millier ... 148

Rapport sur le concours de moissonneuses-lieuses de Marcy, par M. Liébault 108

Rapport sur les semoirs à engrais, lu par M. de Lignièces au nom de M. Houbé 181

Concours de machines et instruments agricoles , . 188

Concours de labourage • 190

Concours départemental de chevaux et bestiaux. — Liste des lauréats. — Discours 191

Rapport sur la visite des blés malades chez M. Chertemps à Mormant, par M. Papillon 202

Rendemeuts obtenus en 1886 de différentes espèces de blés à grande production, à Luzancy (Seine-et-Marne), par M. Gatellier, président 201

Rapport sur les résultats du champ d'expériences, par M. J.-B. Bichot 2f<7

Allocution de M. Gatellier à l'assemblée générale extraordinaire du Syndicat agricole du 6 novembre 210

Note remise le 3 décembre 1886 parles présidents des Sociétés agricoles de Seine-et-Marne à M. le Président du Conseil,


Pages.

Ministre des affaires étrangères, et à M. le Minisire de

l'agriculture 217

La production agricole aux Etats-Unis en 1883, par M. Jules

Bénard 224

Rapport sur les engrais phosphatés, par M. Martin, professeur

au Collège 238



LISTE DES MEMBRES

DE LA

SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE, SCIENCES ET ARTS

ET

COMICE 4 SYNDICAT AGRICOLE DE L'ARRONDISSEMENT DE IEAUX (1886)

Membres du bureau : MM.

Comte DE MOIJSTIER, président honoraire. GATELLIER, Emile, président. BÉMARD, Jules, vice-président. PETIT Antoine, vice-président. DE LIGNIÈRES (E.), secrétaire. PROFFIT, Paul, 1er vice-secrétaire. LE CHEVALIER, 2" vice-secrétaire. LABOURÉ père, trésorier. BOURJOT, vice-trésorier. DENIS (l'abbé), bibliothécaire. BUTEL, bibliothécaire-adjoint.

Membres titulaires :

MM. (1)

1870 ANDRÉ (Edouard),*,ancien député, maire de Croissy, propriétaire au château de Rentilly, commune de Bussy-Saint-Martin, par Lagny, et à Paris, boulevard Haussmann, 58.

1887 ANQUETIL (Edmond), cultivateur à Stains, commune de Villeneuve, par Le Mesnil-Amelot.

1884 ANTHEAUME, cultivateur à Esbly.

(1) La date placée avant chaque nom est celle de la réception comme membre de la Société.


— 2 — 1872 AUBIN, pharmacien, rue du Grand-Cerf, 37, Meaux. 1865 AUBRY, cultivateur, à Chalifert, par Lagny. 1874 AUBRY, grainetier à Meaux, rue des Teinturiers, W. 1870 AUBRY-YITET, à Paris, rue Barbet-de-Jouy, 9, et au

château de Fonlaine-1'es-Nonnes, par Puisieux

(Seine-et-Marne).

1886 AUBRY (Albert), cultivateur, à \illeroy, par Claye.

1850 AVÈNE (baron d'), président de la Société d'horticulture de l'arrondissement de Meaux, maire de Villemareui), au château de Brinches, par Trilport, et à Paris, rue de l'Arcade, 14.

18*6 BAHIN (Auguste), cultivateur à Noisement, commune

de Saint-Cyr-sur-Morin. 4884 BAILLY (Eugène), cultivateur à Barcy, par Varreddes.

1887 BAILLY (Paul), cultivateur à Chauconin, par Meaux. — BAILLY (Henri), cultivateur à Barcy, par Varreddes.

1886 BARIGNY (Eugène), receveur de rentes, rue de Martimprey,

Martimprey, à Meaux. 1886 BARIGNY (Jules), propriétaire, conseiller municipal,

rue du Palais-de-Justice, 1, à Meaux. 1877 BARASSÉ, notaire à Crécy. 1869 BATAILLE (Pierre), cultivateur à Messy, par Claye. 1885 BÉCHERET (Edouard), cultivateur, 137, faubourg SaintNicolas,

SaintNicolas, Meaux. 1872 BÉNARD (Paul), cultivateur à Chessy, par Lagny. 1862 BÉNARD (Jules), cultivateur, à Coupvray, par Esbly,

(vice-président). 1874 BENOIST, #, notaire honoraire, membre du Conseil

général, à Vieux-Moulin, par Lizy-sur-Ourcq. 1876 BENOIST (Armand), avoué, boulevard Jean-Rose, 15,

Meaux. 1881 BENOIST (Emile), cultivateur à Etrépilly. 1885 BENOIST, cultivateur à Beauval, commune du PlessisPlacy,

PlessisPlacy, Lizy.


— 3 —

1870 BERNIER (Amédée), cultivateur à Moussy-le-Neuf, par le Mesnil-Amelot.

1883 BERNIER (Albert,), cultivateur à'Serris, par Couilly.

1884 BERNIER (Edouard), cultivateur à Messy, par Claye.

— BERTRAND'(Henry), propriétaire à Esbly.

187? BÉVILLE (baron Pierre de), propriétaire-agriculteur à Vignory, commune de Cerneux, par Champcenetz. 1877 BICHOT (E.), cultivateur à Quincy-Ségy.

1882 BICHOT (J.-B.), cultivateur à Quincy-Ségy.

1883 BILLIARD, cultivateur à Montlevé, commune de

Villemareuil, par Trilport. 1883 BLAS, négociant en graines, à Penchard, par Meaux. 1881 BLOT, cultivateur à Messy, par Claye. 1886 BLOT (Ernest), cultivateur à Trilport.

— BONNEFOY, cultivateur à Maisoncelles, par Crécy. 1883 BONNO, curé d'Étrépilly.

— BOISARD, cultivateur, à Vincy-Manoeuvre, parMay-enMultien.

parMay-enMultien.

1886 BOISSEAU (Emile), cultivateur à Vinanles, par Juilly.

— BOURGEOIS, professeur d'histoire naturelle au Collège

de Meaux.

1887 BOISSEAU (Félix), cultivateur à Mauregard, par le

Mesnil-Amelot. 1833 BORGNON, vétérinaire, maire de Couilly. 1881 BORGNON fils, vétérinaire, à Couilly.

1875 BOUCHER, cultivateur à Ussy, par La Ferté-s.-Jouarre.

1876 BOUCHER (Félix) fils, cultivateur à Courtablon, commune

commune par La Ferté-sous-Jouarre. 1876 BOURDON, propriétaire et maire à Emerainville, par

Champs, et à Paris, rue du Conservatoire, 6. 1872 BOURJOT, ancien cultivateur, propriétaire, rue

de Martimprey, 24, Meaux, (vice-trésorier). 1836 BRIÈRE, propriétaire à Thorigny, par Lagny. 1881 BUTEL, vétérinaire, boulevard Jean-Rose, 31, à Meaux,

(bibliothécaire-adjoinl).


— 4 —

1885 CALLON, ingénieur des ponts et chaussées, 22, rue

Sainl-Faron, à Meaux. 1874 CARON, notaire, conseiller d'arrondissement, ancien maire de Meaux, rue du Grand-Cerf, 29, Meaux.

1883 CARTON, commissaire-priseur, U, rue du Palais-deJustice,

Palais-deJustice, Meaux.

1886 CHARPENTIER (Félix), cultivateur àBoyenval, commune

de Coulombs, par Crouy.

1879 CHARPENTIER, cultivateur à Charnesseuil, commune de

Saint-Cyr-sur-Morin.

1885 CHARRIOU, imprimeur à Meaux, rue Saint-Etienne, 16.

1873 CHARTIER (Jules), cultivateur, maire à Chessy, par

Lagny. 1881 CHAUDE fils (Albert), propriét., rue de Mailly, 8, Paris.

1886 CHÉNEAU, régisseur à Brou, par Chelles.

1887 CHIBON, représentant de commerce à Noisy-le-Sec

(Seine).

1884 CHRISTIAEN, agent de publicité, rue du FaubourgSaint-Denis,

FaubourgSaint-Denis, à Paris. 1870 CIAIN (Félix), cultivateur, maire de Monlhyon, par Meaux.

1874 CLAIN, cultivateur à Juilly.

1884 CLAIRET, cultivateur, maire de Varreddes.

1873 CLERMONT-TONNERRE (marquis de), *, secrétaire d'ambassade, propriétaire à Forfry, par Saint-Soupplets, et à Paris, rue du Cirque, 7.

1853 COLLINET, propriétaire à Longperrier, parDammartin, et à Paris, rue de Poitiers, 9.

1873 COMMAILLE (baron de) *, propriétaire à Chamigny, par La Ferté-sous-Jouarre.

1883 CORDEL, inspecteur à la sucrerie de Villenoy, par Meaux.

1880 CORMIER, ingénieur, négociant, impasse Maciet, 12, à

Meaux.


— 5 —

1882 COUESNON (Alexandre), cultivateur àVillers, commune

d'Aulnoy, par Coulommiers. 1886 COUESNON (Honoré), cultivateur à Villers, commune

d'Aulnoy, par Coulommiers.

1886 COUESNON, cultivateur à Hideuse, commune de Jouarre.

1881 COYETTE, cultivateur à Neufmontiers, par Meaux.

1887 COURTIER (Albert), cultivateur à May-en-Multien.

1882 COURTIER (Charles), cultivateur à Gesvres, par SaintSoupplets.

SaintSoupplets.

1887 COURTIER (Edmond), cultivateur à Echampeu, commune de l.izy.

1887 COURTIER (Jules), meunier à Lizy-sur-Ourcq.

1884 DAMOUR, cultivateur à Charny, par Claye.

1875 DAGUET, cultivateur à la Bordette, commune de Sainte-Aulde, par La Ferté-sous-Jouarre.

1875 DAGUET (Léon), cultivateur, à Tancrou, par Lizy-surOurcq.

1850 DASSY (Amédée), propriétaire, boulevard Jean-Rose. 23, Meaux.

1884 DELAITRE, entrepreneur de battages à Quincy-Ségy.

1854 DELAROCHE, cultivateur, maire de Gressy, par Claye.

1847 DENIS (l'abbé), chanoine, au Grand Séminaire, Meaux, (bibliothécaire).

1870 DETHOMAS (Albert), avocat, ancien député, propriétaire àMontigny, commune de Lesches, par Esbly, et à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 130.

1886 DOUCHET (Georges), cultivateur à Poincy, par Trilport.

1881 DROZ fils, conseiller général, à Meaux et à Paris, 13, rue Royale.

1872 DUBOIS, ancien cultivateur, place Lafayette, à Meaux.

1881 DUBOURG fils, cultivateur à la Trace, commune de Villeroy, par Claye.

1884 DUBOURG, cultivateurauPlessis-rEvêque,par Juilly.

17


— 6 —

1856 DUCROCQ (Amédée), ancien président du Tribunal de commerce, propriétaire, rue Tronchon, 20, Meaux. 1870 DUPLOCQ, cultivateur à Vinantes, par Juilly.

1885 DUFLOCQ, cultivateur à Crégy, par Meaux.

— DUFRAIGNE, #, sénateur, maire de Meaux, rue NotreDame, 26.

1874 DUMEZ, 0. #, conseiller maître à la Cour des comptes,

propriétaire à Jouarre, et à Paris, rue Barbet-deJouy,

Barbet-deJouy, 1881 DUMEZ (Albert), propriétaire au château de Péreuse

à Jouarre. 1870 DUMONT (Adrien), banquier, propriétaire à Magny,

commune de Boutigny, par Meaux, et à Meaux,

rue du Collège, 1.

1886 DUPONT, architecte, cours Pinteville, 21, à Meaux. 1879 DUVIVIER, propriétaire à Quincy-Ségy.

1875 DUVOIR (Léonard), fumiste-constructeur, rue de la

Cordonnerie, 23, Meaux.

1879 FARDE, cultivateur à Jossigny, par Lagny.

1880 FARDE fils, cultivateur à Rézy, commune de Tigeaux,

par Crécy.

1876 FASQUEL (Léon), cultivateur, maire de Jaignes, par

Lizy-sur-Ourcq. 1884 FLOBERT, cultivateur à Neufmontiers, par Meaux.

1881 FOUILLAUX (Arthur), cultivateur à Mitry.

1884 FOUILLAUX, cultivateur à Saint-Soupplets.

1885 FOURNET, dit Léveillé, marchand de bestiaux à Lagny.

1886 FRÉVILLE, directeur de la sucrerie de Lizy.

^870 DE FRESNES (Marcellin), propriétaire à Juilly et à Paris,

rue Bellechasse, 15. 1870 GAILLARD, cultivateur, maire de Bussy-Saint-Georges»

par Lagny. 1£54 GAREAU, ■*, ancien député, membre de la Société

nationale d'Agriculture, rueDuphot, 14, Paris. 1854 GARNIER, ancien cultivateur, place Henri IV, à Meaux*


1882 GARNIER(André), cultivateur à Marcilly, parEtrépilly.

1885 GARNIER (Auguste), cultivateur, à May. — GARNIER iJean), cultivateur à May.

1886 GARNIER (Léon), cultivateur, à Charny, par Claye. 18^7 GARNIER (Paul), cultivateur à Puisieux.

1862 GATELLIER (Emile), ingénieur civil à La Ferté-sousJouarre

Ferté-sousJouarre 1885 GAUTIER (Eugène), ancien cultivateur, 3, rue de Tivoli,

à Meaux.

1885 GAUTIER (Léon), cultivateur au Plessis-Placy, par

Lizy. 1870 GIBERT (Gustave), cultivateur, maire de Puisieux, et à

Paris, rue Malher, 20. 1884 GILLES, cultivateur à Thieux, par Juilly. 1880 GOULAS, farinier, au moulin de May-en-Multien. 1870 GRANCJEY (comte de), propriétaire à Quincy-Ségy, et

rue des Saussaies, 13, Paris.

1886 GRANDIN (François-Maurice), propriétaire à Cocherel,

'par Lizy. 1870 GREFFULHE (comte Charles), ancien pair de France, au château de Bois-Boudran, par Nangis, et à Paris, rue d'Astorg, 10.

1884 GRENIER (Alphonse), cultivateur, à Villiers-sur-Morin,

par Crécy. 1879 GRONGNARD, grainetier, rue du Marché, 45, Meaux. 1882 GUIBERT, cultivateur à Charny, par Claye. 1876 GUILLOUX, cultivateur au Pin, par Claye. 1878 HANNOTEAU, cultivateur à Congis, par Lizy-sur-Ourcq. — HANRIAU, pépiniériste à Chauconin, par Meaux. 1886 HARAN, cultivateur, à Oissery, par Le Plessis-Belleville (Oise).

1885 HAVARD, cultivateur, au domaine de Poix, à

Bouillancy (Oise). 1875 HERBERT (Auguste), cultivateur à Rentilly, par Torcy.


— S —

1884 HEURLIER, cultivateur à Nongloire, commune de Douy, par Puisieux.

1874 HEURTAUT, cultivateur à Signy-Signets, par Jouarre.

1884 HOUDET, cultivateur, à Coutevroult, par Couilly.

1865 IIUSSON, cultivateur à Monlaumer, par Couilly.

1883 ISAAQ, (Lucien), marchand de bestiaux, à La Fertésous-Jouarre.

1885 JACQUOT, négociant en denrées agricoles, 36, rue des

Bourdonnais, à Paris.

1886 JAQUET,.cultivateur à Sammeron, par La Ferté.

1866 JARRY, cultivateur à Lanoue, commune de SaintJean-Ies-deux-Jumeaux,

SaintJean-Ies-deux-Jumeaux, Trilport. 1868 JOUVENCEL (Paul de), député, propriétaire à Pontaux-Dames,

Pontaux-Dames, de Couilly, et rue de

Rennes, 66, Paris. 1881 JOZON, cultivateur à Mitry-Mory, et à Paris, boulevard

Magenta, 110. 1856 LABOURÉ père, propriétaire, boulevard Jean-Rose, 35,

Meaux (trésorier).

1887 LAMICHE (Léon), cultivateur à Hervillers, commune

de Vaux, par Crouy. 1880 LAMICHE fils, cultivateur à Ussy, par La Ferté-sousJouarre.

1875 LAMICHE, cultivateur à Chamigny, par La Ferté-sousJouarre.

Ferté-sousJouarre. LAMICHE, cultivateur à Dhuisy, par Lizy-sur-Ourcq. — LAMICHE, cultivateur àVaucourtnis, par Crécy-en-Brie. 1887 LAMICHE (Jules', cultivaleur à Montaudier, commune

de LaChapelle-sur-Crécy.

1876 LAREINTY (Jules de), propriétaire à Guermantes, par

Lagny, et boulevard Saint-Germain, 191, Paris. 1862 LAURENT, cultivateur, à May-en-Multien. 1835 LAVAUX, #, cultivateur à Choisy-le-Temple, maire de

Charny, par Claye. 1886 LECAILLER, cultivateur, à Mitry-Mory.


— 9 —

1885 LE CHEVAUER, agent d'assurances, rue Saint-Faron,

35, à Meaux (vice-secrétaire). 1870 LECLERC (Alphonse), cultivateur, à Isles-lès-Villenoy,

par Esbly.

1881 LECOURT, cultivateur à Mitry-Mory.

1885 LECOMTE (Jules), mécanicien, à Quincy-Ségy.

1886 LEDRET, géomètre, cours Raoult, à Meaux. 1877 LEFÈVRE, cultivateur à Charny, par Claye.

1884 LEFÈVRE. cultivateur à Montry, par Esbly.

1885 LEFÈVRE (Jules), cultivateur, maire de Douy-la Ramée

par Puisieux.

1886 LEMOINE (Henri), cultivateur à Montsoutin, commune

de Tancrou, par Lizy.

1872 LENFANT, cultivateur à Charmentray, par Annet.

1886 LENFANT, fils, cultivateur, à Charmentray, par

Annet.

1887 LÉON (le prince de), député, propriétaire à Thieux,

par Juilly, et à Paris, boulevard des Invalides, 35. 1884 LIÉBAUT, administrateur de la Société centrale, route d'Aubervilliers, 50, à Pantin (Seine).

1870 LIGNIÈRES père (Adolphe de), propriétaire à Trilbardou, par Esbly.

1866 LIGNIÈRES (Emile de), cultivateur aux Olivettes, commune de Trilbardou, par Esbly (secrétaire).

1882 LIGNIÈRES (Jules de), ingénieur, à Trilbardou, par

Esbly. 1832 LUCY (Achille), ancien percepteur, propriétaire, rue du Faubourg-Saint-Remy, 15, Meaux.

1881 MABILLE, cultivateur à Serris, par Couilly. 1886 MARIE (Gustave), cultivateur à La Loge, commune de Doue, par Rebais.

1873 MARMIER (duc de), membre du Conseil général de la

Haute-Saône, propriétaire à Forfry, par SaintSoupplets, et au château de Ray (Haute-Saône).


- io —

1865-MARNIESSE, conseiller d'arrondissement, vétérinaire,

2, rue des Teinturiers, Meaux. 1870 MARTIN, cultivateur à La Trousse, commune d'Ocquerre,

d'Ocquerre, Lizy-sur-Ourcq.

1872 MARTIN, cultivateur à Chessy, par Lagny.

— MARTIN (Ernest), marchand de fers, ancien président du

Tribunal de Commerce, rue St-Etienne, 10, Meaux. 1870 MARTIN, cultivateur à Oissery, parle Plessis-Belleville

(Oise). 1886 MARTIN, cultivateur à Annet.

— MARTIN (Joseph), professeur de chimie au Collège de

Meaux.

1886 MASSIN, banquier à Meaux.

1884 MASSON, cultivateur à Saint-Soupplets.

1880 MAUGIS, juge au Tribunal civil d3 la Seine, propriétaire à Chalifert, par Lagny, et à Paris, rue de Rivoli, 232.

1886 MENIER (Henri), propriétaire à Noisiel, par Champs.

— MENIER (Gaston), id. id.

— MENIER (Albert), id. id. 1865 MESSAGER, à Quincy-Ségy.

1882 MicHON(Paul), cultivateur à la Petite-Loge, par Crécy.

1873 MICHON (Amédée), cultivateur à Salnôve, commune

de Bassevelle, par Bussières.

1884 MINOST, négociant, entrepositaire à Meaux.

1885 MONCEAU, marchand de fumiers, représentant de la

Compagnie générale des Omnibus, 65, rue de Lagny, à Paris. 1872 MOQUET, conseiller d'arrondissement, propriétaire, conseiller municipal à Meaux, place Henri IV, 11.

1886 MOQUET (Jules), juge, place Henri IV, à Meaux.

1877 MORLET, constructeur d'instruments aratoires, à Gouvernes, par Lagny. 1885 MOBLET, vétérinaire à Crécy.


— H —

1850 MOUSTIER (comte A. de), *, président honoraire, membre du conseil de la Société des Agriculteurs de France, propriétaire à La Chapelle-sur-Crécy, par Crécy-en-Brie, et rue de Grenelle, 85, à Paris.

1886 MCLLER, #, propriétaire, ancien principal du Collège, 13, boulevard Jean-Rose, à Meaux.

1873 MUN (comte de), propriétaire à May-en-Multien, à Lumigny, par Rozoy, et à Paris, avenue de l'Aima, n» 51.

1870 NAST (Gustave), propriétaire, maire de Gournay, près Chelles, et boulevard Haussmann, 52, Paris.

1880 OFFROY, propriétaire à La Forêt, commune de Tancrou, par Lizy.

1885 OFFROY (Alexandre), cultivateur, à Crépoil, commune de Cocberel, par Lizy.

1866 PAPILLON fils, meunier à Fresnes, par Annet.

1882 PERCEVAL (de), Lucien, propriétaire à St-Martin-lesVoulangis, par Crécy.

1870 PARIS (comte de), e£, ancien officier de marine, propriétaire à Quincy-Ségy, etrueVarennes, 23, Paris.

1880 PARMANTIER, avoué, conseiller municipal de Meaux, rue Gambetta, 6, à Meaux.

1872 PARNOT, cultivateur au Grand-Balleau, commune de Jouarre.

1853 PARQUIN, propriétaire, maire de Villeparisis.

1884 PASQUIER (Edouard).bijoutier,18,rueSt-Etienne,Meaux

1854 PAULTRE DE LAMOTTE(vicomte), 0,$s, ancien capitaine

d'artillerie, maire de Boutigny, par Meaux, et à

Paris, place Vendôme, 22. 1877 PELLETIER, régisseur au château de Ferrières. 1879 PÉRARD, avoué, rue Saint-Nicolas, 46, Meaux. 1865 PETIT (Antoine), cultivateur, propriétaire à Meaux,

rue du Faubourg-Saint-Remy, 15 (vice-président). 1882 PETIT, receveur général à Saint-Etienne (Loire), et

propriétaire à Jouarre.


. "'■»,v--<7£v'"

— 12 —

1871 PIOT (Gustave), cultivateur à Charny, par Claye.

1883 POUCHARD, propriétaire à Lagny.

1885 PREVET, %, député, 48, rue des Petites-Ecuries, à Paris.

1878 PROFFIT, cultivateur à La Congé, commune de Trilbardou, par Esbly.

1878 PROFFIT (Jules), cultivateur, à Oissery (Seine-etMarne), par le Plessis-Belleville (Oise).

1878 PROFFIT (Anatole), cultivateur à Bouillancy, par Acy (Oise).'

1878 PROFFIT (Paul), cultivateur à Forfry, par Saint-Soupplets (vice-secrétaire).

1885 PROFFIT (Adolphe), propriétaire, 58, rue Saint-Remy, à Meaux.

1884 QUATREHOMME, cultivateur à Magny-le-Hongre, par

Couilly. 1873 QUILLARD (Adolphe), $$, conseiller d'arrondissement,

propriétaire, maire de Lagny. 1880 RABOURDIN, régisseur à Quincy-Ségy. 1872 REILHAC (comte de), propriétaire àMontry, par Esbly,

et avenue de la Tour-Maubourg, 42 bis, Paris. 1882 RAGOT, directeur de la sucrerie de Villenoy, par Meaux. — RÉTIF, propriétaire à la Haute-Maison, par Crécy, et

à Paris, rue Vintimille, 22. 1868 RENARD, carrossier-sellier, rue St-Remy, 9, Meaux. 1886 RIBEYRË (Félix), directeur de VEcho de la Brie, rue

Saint-Remy, à Meaux. 1861 ROBCIS, cultivateur au Génitoy, commune de BussySaint-Georges,

BussySaint-Georges, Lagny. 1886 ROBCIS (Albert), cultivateur au Génitoy, commune de

Bussy-Saint-Georges, par Lagny. 1878 ROGER (Gustave), fabricant de meules à La Ferté-sousJouarre.

Ferté-sousJouarre. ROHAN-CHABOT (comte de), propriétaire à Ussy, par La

Ferté-sous-Jouarre, et à Paris, rue deSoltérino, 4.


— 13 —

1876 RONSSIN père, ancien carrossier, rue du Collège, à

Meaux. 1851 ROTHSCHILD (baron Alphonse de), C. #, propriétaire à

Ferrières, et rue Saint-Florentin, 2, Paris. 1870 ROTHSCHILD (baron Gustave de), $, banquier, avenue

de Marigny, Paris. ,

1864 ROUSSEAU fils, cultivateur à Saint-Faron, commune du

Plessis-Placy, par Lizy-sur-Ourcq. 1887 ROUSSEL (Alexis\ propriétaire, cultivateur à Marcy,

commune de La Ferlé-sous-Jouarre. 1886 ROZÉ (Aimé), cultivateur à Mareuil, par Meaux.

1880 RUDAULT (Léon), commissionnaire en marchandises à

Lagny. 1882 SAUGER, régisseur, à La Chapelle, par Crécy.

1885 SAVOUREUX, sous-préfet d3 Meaux.

1881 TARTIER (Emile),directeur de lasucrerie, à Mitry-Mory.

1886 TARTIER (Alfred), cultivateur, à Mitry-Mory.

—- TARTIER (Emile), cultivateur, maire de Nantouillet, par Juilly.

1884 THÉREL, régisseur au château de Coupvray, par Esbly. 1886 THIÉBAUT (Victor), propriétaire à Brou, par Chelles.

— THOMINE, cultivateur éleveur, faubourg Saint-Nicolas, à Meaux.

1875 TOUPET, propriétaire à Coupvray, par Esbly.

1886 TOURNADOUR-D'ALBAY, avoué, rue Saint-Christophe,

à Meaux. 1870 TRÉVISE (duc de), %-, propriétaire à Coupvray, par

Esbly, et à Paris, avenue de Friedland, 18.

1882 TRONCHON (Bernard), propriétaire, maire de SaintJean-les-deux-Jumeaux,

SaintJean-les-deux-Jumeaux, Trilport.

1881 TRONCHON, cultivateur à Rouvres (Oise).

1882 VAUDESCAL (Jules), plâtrier, à Quincy-Ségy.

1885 VAUDESCAL (ALBERT), cultivateur, à Quincy-Ségy. 1861 VAVASSEUR, cultivateur, maire de Ferrières.


- 14 —

1874 VILLE (Georges), ^.professeur de physique végétale

au Muséum d'histoire naturelle, propriétaire à

Jouarre, et à Paris, rue Cuvier, 57. 1883 VIET, cultivateur à Rougeville, commune de Saâcysur-Marne.

Saâcysur-Marne. VIGNIER (Paul), cultivateur à Retourneloup, commune

de Chamigny, parlaFerté-sous-Jouarre.

1885 VIGNIER, cultivateur aux Petits-Montgoins, commune de Saint-Cyr-sur-Morin.

Membres honoraires :

MM.

COLOMBEL (de), propriétaire à Annet.

DÉGALLE, mécanicien à Etrépilly.

DUBOURG, *, propriétaire au Plessis-au-Bois, par Juilly, à

Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 91. LAMICHE, cultivateur à Ussy, par La Ferté. MARX, $S, inspecteur général desponts-et-chaussées, à Paris. VILPELLE, médecin-vétérinaire à Lagny.

Membres associés :

MM.

1874 CORBLET(J.), chanoine, directeur de la Revue de l'Art chrétien, à Versailles (Seine-et-Oise).

1874 JOULIE, chimiste, rue du Faubourg-Saint-Denis, 200, Paris.

1874 MOQUET, #, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, à Laon (Aisne).

1863 DUDOUY, président de la Société d'agriculture de Pontoise, directeur de l'Agence des Cultivateurs, rue Notre-Dame-des-Victoires, 38, Paris.


— 1S —

WADINSTON, président de la Société d'agriculture de Château Thierry.

CARRÉ, vice-président de la Société d'agriculture de Château-Thierry.

Membres correspondants :

MM.

VERMEIL, négociant à San-Francisco, n°* 619 et 621

Pourtstreet. SABADIÉ, négociant à San-Francisco, Bushstreet. JENKINS, secrétaire de la Société royale d'Angleterre, à

Londres. ROBERTS (Julien), agriculteur, à Scelowitz (Autriche). PASTEUR, membre de l'Institut, rue d'Ulm, 9, à Paris. LECOUTEUX, directeur du journal d''Agriculture pratique, à

Paris. CARRA DE VAUX, ancien magistrat, à Paris. QUETIER, ancien jardinier-fleuriste, à Meaux. DE LORIÈRE, membre de la Société géologique de France.


-îèSOCIÊTÉS QUI FONT ÉCHANGE DE PUBLICATIONS

AVEC CELLE DE MEAUX

AISNE. — (Saint-Quentin) Comice agricole, Société académique d'agriculture. — (Château-Thierry) Société académique d'agriculture, Comice agricole.

ALGÉRIE.— (Alger) Société d'agriculture.— (Tlemcem) Société d'agriculture.

ALSACE-BASSE. — (Strasbourg) Société d'agriculture et sciences.

ALLIER. — (Moulins) Société d'agriculture.

ALPES-MARITIMES. — (Nice) Société des lettres et arts.

AVEYRON. — (Rodez) Comice agricole.

BOUCHES-DU-RHÔNE. — (Marseille) Société de statis| tique.

CHARENTE INFÉRIEURE. —(Rochefort) Société d'agriculture, sciences et lettres. — (La Rochelle) Société d'agriculture.

CALVADOS. — (Falaise) Société d'agriculture.

CANTAL. — (Aurillac) Société d'agriculture.

CÔTE-D'OR. — (Dijon) Société centrale d'agriculture. — (Beaune) Comice agricole, Société d'agriculture.

DOUBS. — (Besançon) Société d'agriculture. — (Montbéliard) Société d'émulation.

DEUX-SÈVRES. — (Niort) Société d'agriculture et sciences.

EURE. — (Bernay) Société libre d'agriculture sciences et arts.

FINISTÈRE. — (Brest) Société académique.

GARD. — (Nîmes) Société académique.


— 17 —

GERS. — (Auch) Revue agricole et horticole.

HÉRAULT.— (Montpellier) Société centrale d'agriculture.

HAUTE-SAÔNE. — (Vesoul) Société d'agriculture sciences et arts.

HAUTE-GARONNE et ARIÈGE. — (Toulouse) Société d'agriculture pratique.

INDRE. — (Châteauroux) Société d'agriculture.

INDRE-ET-LOIRE. — (Tours) Société des sciences et arts.

ILLE-ET-VILAINE. — (Rennes) Journal d'agriculture pratique.

LOIRE. — (Saint-Etienne) Société d'agriculture arts et littérature. >

LOT. — (Montauban) Société d'agriculture.

LOIRET. — (Orléans) Comice agricole.

MORBIHAN. — (Vannes) Société polymatique.

MEURTHE-ET-MOSELLE. — (Nancy) Académie de Stanislas et d'agriculture.

MAYENNE. — (Mayenne) Société d'agriculture.

MARNE. — (Vitry-le-François) Société d'agriculture. Comice agricole. — (Reims) Comice agricole. Société d'agriculture. — (Châlons) Société d'agriculture.

MAINE-ET-LOIRE. — (Angers) Société d'agriculture.

NIÈVRE. — (Nevers) Société départementale d'agrir culture.

NORD. — (Cambrai) Société d'émulation. — (Valenciennes) Société des sciences et arts. — (Douai) Société d'agriculture. — (Lille) Société d'agriculture et arts.

OISE. — (Clermont) Société d'agriculture. — (Beauvais) Société d'agriculture. — (Compiègne) Société d'agriculture. — (Noyon) Société d'agriculture. — (Senlis) Comice agricole.


- «

PAS-DE-CALAIS.—(Boulogne) Société académique d'agriculture. — (Béthune) Société d'agriculture, Comice agricole.

SAÔNE-ET-LOIRE. — (Mâcon) Société académique.

SARTHB).— (Le Mans) Société d'agriculture.

SEINE. — (Paris) Société centrale d'agriculture. — Société des Agriculteurs de France. — Société des horticulteurs de France. — Société protectrice des animaux.

SEINE-ET-MARNE. — (Meaux) Société d'horticulture.

— (Rozoy). Comice agricole. — (Fontainebleau). Société d'agriculture.

SEINE-INFÉRIEURE. — (Rouen) Société centrale d'agriculture. — (Le Havre) Société havraise d'études diverses.

SEINE-ET-OISE. — (Mantes) Comice agricole. — (Versailles) Société d'horticulture, Société d'agriculture.

SOMME. — (Abbeville) Revue agricole des comices.

— (Amiens) Société académique. — (Montdidier) Comice agricole.

TARN-ET-GARONNE. — (Alby) Société d'agriculture. VIENNE. — (Poitiers) Société académique d'agriculture. VOSGES. — (Remiremont) Comice agricole. VAR. — (Draguignan) Société d'agriculture. YONNE. — (Auxerre) Sociétés des sciences et d'histoire naturelle.

65 SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES


LISTE DES MEMBRES

DU

Syndicat agricole de l'arrondissement de Meaux

(1886)

MM. 1886 BAHIN (Aristide), cultivateur, à Sainte-Aulde.

— BAHIN (Lucien), jardinier, à Sainte-Aulde.

— BAHIN (Constant), cultivateur à Montménard, commune

commune Saâcy.

— BARIGNY (Alfred), propriétaire, à Paris, rue SainteCroix-de-la-Bretonnerie,

SainteCroix-de-la-Bretonnerie,

— BAYOT (Alexandre), cultivateur, à Barussel, commune

de Saint Jean-les-deux-Jumeaux.

— BERTHELIN (Dominique), cultivateur, à Germigny-sousCoulombs.

Germigny-sousCoulombs.

— BIEZ (Emile), propriétaire, à La Ferté-sous-Jouarre.

— BERNIER (Adonis), cultivateur, à Chanteloup.

— BILLIARD (Jules), cultivateur, à Villemareuil.

— BILLIARD (Alexandre), cultivateur à La Choquetle,

commune de Saint-Jean.

— BLONDEL (Alphonse), cultivateur, à Saint-Soupplets.

— BLONDKAU (Etienne), cultivateur, à Compans.

— BOURGEOIS (François), cultivateur, à Caumont, commune

commune Sainte-Aulde.

— BOUCHER (François), cultivateur, à Citry.

— BOUCHER (Alphonse), cultivateur, à Citry.

— BOISSEAU (Charles), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— BOISSEAU (Ferdinand), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— BOUCHARD (François), cultivateur, à Villeneuve-sousDammartin.

Villeneuve-sousDammartin.

— BOUCHARD (Louis), cultivateur, à Longpérier.

— BOYARD (Eugène), cultivateur, à Forfry.


— 20 —

1886 BOULANGER (Jules), cultivateur, à Montévrain.

— BOULANGER (Alphonse), cultivateur, à Morintru. commune

commune La Ferté-sous-Jouarre.

— BOUQUET (Joseph-Eugène), cultivateur, à Morintru,

commune de La Ferté-sous-Jouarre.

— BUFFAULT (Albéric), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— BUTTIN (Julien), cultivateur, à Jossigny.

— BRIANT (Michel), cultivateur, à Saint-Jean-les-deuxJumeaux.

Saint-Jean-les-deuxJumeaux.

— CAUSSIN (Simon), cultivateur à Chambry.

— CARTIER, cultivateur, à La Grange, commune de Coulombs.

Coulombs.

— CARPENTIER (Antoine), cultivateur, à Esbly.

— COURTEAU (Victor), meunier, à Etrépilly.

• — COPEAU (Ferdinand), cultivateur, à Villemareuil.

— COPEAU (Emile), cultivateur, à Morintru, commune de

La Ferté-sous-Jouarre.

— CHERRIER (Victor), cultivateur, à La Ferté-sousJouarre.

Ferté-sousJouarre.

— Cocu (Jules), cultivateur, aux Davids, commune de

Sainte-Aulde.

— COURTIER (Alexandre), cultivateur, à Trocy.

— CHOBERT (Louis), cultivateur, à Coupvray.

— CLOZIER, cultivateur, àBassevelle.

— COCHET, cultivateur, aux Plâtrières, commune de

Bussières.

— CHERRET (Charles), cultivateur, à Certigny, commune

de Coulombs.

— CR#TÉ (Jules), cultivateur, à Trocy.

1887 CHIBOUST (Arthur), cultivateur, à Luzancy.

1886 DARCHE (Napoléon), cultivateur, à Moitiébart, commune de Sainte-Aulde.

— DANTANT (Constant-René), cultivateur, à Monthyon.

— DARIES (Louis), cultivateur, à Jaighes.


-2! —

4886 DAVEROIN (Henri), cultivateur, à Goële, commune de Montgé.

— DE LA GARENNE, propriétaire, à Luzancy.

— DÉCRET (Charles), cultivateur, à Jouarre.

— DÉPAUX (Gustave), cultivateur, à Sainte-Aulde.

— DÉPAUX (André), cultivateur, à Moitiébart, commune

Sainte-Aulde.

— DELORME (Théodore), cultivateur, à Tancrou.

— DHUICQUE (Charles), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— DUBOIS (Lucien), cultivateur, à Vincy-Manoeuvre.

— DUCHESNE (Emile), cultivateur, à Moussy-le-Neuf.

— DUCHESNE (Léon), cultivateur, à Moussy-le-Vieux.

— DUCHESNE (Maria), cultivateur, à Villemareuil.

— DUFERROER (Louis), cultivateur, à Changis.

— DUFERRIER (Alexandre), cultivateur, à Changis.

— DUFERRIER (Eugène), cultivateur, à Certigny, commune

de Coulombs.

— DUIARDIN (Joseph), cultivateur, à Germigny-sousCoulombs.

Germigny-sousCoulombs.

— DURÉ (Ernest), cultivateur, à Moussy-le-Neuf.

— EMARD (Félix), cultivateur, à Penchard.

— FASQUEL (Alfred), cultivateur, à Jaignes.

— FEURTÉ (Léoteure), cultivateur, à Trilport.

— FOUQUE (Alfred), cultivateur, à Villemeneux, commune

commune Tancrou.

— FOUQUE, cultivateur, à Ussy.

— FOURNIES (Adolphe), cultivateur, à Grandchamp,

commune de Jaignes.

— FRANCHE, cultivateur, à Luzancy.

— FROTIÉE (Robert), cultivateur, à Annet.

— GALLOIS, cultivateur, à C ondé-Sainte-Libiaire.

— GAMACHE (Florent), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— GARMIGNY-FROTEL, cultivateur, à Charnesseuil, commune

commune Saint-Cyr-sur-Morin.

18


— 22 —

1886 GARAUGNY (Léon), cultivateur, à Sept-Sorts.

— GATELLIER (Albert), propriétaire, à La Ferté-sousJouarre.

Ferté-sousJouarre.

— GATTÉ (Eloi), cultivateur, à Moussy-le-Vieux.

— GAUDIN (Armand), cultivateur, à Villiers-sur-Morin.

— GAUTIER (Paul), cultivateur, à Trocy.

— GENOUVILLE, marchand de moutons, Crouy sur-Ourcq.

— GENTIL (Nicolas), cultivateur, à Romeny, commune

de Jouarre.

— GIBERT (Joseph), cultivateur, à Pont-aux-Dames, commune

commune Couilly.

1887 GIBERT, maçon, Luzancy.

1886 GRISY (Emile), cultivateur, à Montry.

— GUERBETTE (Jules), cultivateur, à Chamoust, commune

de Sainte-Aulde.

— HAMELIN (Edouard), cultivateur, à Annet.

— HARDY (Léon), cultivateur, à Rutel, commune de Villenoy.

Villenoy.

— HARROUARD (Emile), cultivateur, à La Jonchère, commune

commune Bussy-Saint-Georges.

— HERAIN (Gustave), cultivateur, & Vinantes.

— HERBETTE (Joseph), cultivateur, à Annet.

— HUET (Ernest), cultivateur, à Fosse-Martin, parAcy

(Oise).

— HURAUT (Eugène), cultivateur, à Coupvray.

— JARDIN (Jules), cultivateur, à Annet.

— JARDIN (Alphonse), cultivateur, à Villiers-sur-Morin.

— LABOUR (Lucien), cultivateur, à Dampmart.

— LALLEMANT (Auguste), cultivateur, à Dampmart.

— LALLIER (Eugène;, cultivateur, à Saint Jean-les-deuxJumeaux.

Jean-les-deuxJumeaux.

— LAROCHE (Auguste), cultivateur, à Forfry.

— LECOMTE (Joseph), cultivateur, aux Deux-Jumeaux,

commune de Saint-Jean.


— 23 —

1886 LEFÈVRE (Isidore), cultivateur, à Charmentray. —* LEFÈVRE (Alexandre), cultivateur, à Chambry.

— LEFÈVRE, cultivateur, à Moras, commune de SaintCyr-sur-Morin.

SaintCyr-sur-Morin.

— LEGRAND, cultivateur, au Petit-Villiers, commune dé

Bassevelle.

— LEMISTRE (Eugène), cultivateur, à Luzancy.

— LEREDDE (Emile), cultivateur, à Saâcy.

— LEKICHE (Auguste), cultivateur, àMontévrain.

— LEROUX (Arthur), cultivateur, à Chantemanche, corn*

mune de Saâcy.

— LEROY (Achille), cultivateur, à Vincy-Manoeuvre.

— LEROY (Louis), cultivateur, à Villiers-sur-Morin.

— LETROU (Xavier), cultivateur, à Vauhartin, commune

de Luzancy.

— LESURE (Ernest), cultivateur, à Gouvernes.

— LHERMEY (Léon), cultivateur, à Citry.

— LOT (Eugène), cultivateur, à La Grange-Gruyère,

commune de Jouarre.

— MACIET (Louis), cultivateur, à Aigrefoin, commune de

Saint-Jean.

— MACIET (Joseph), cultivateur aux Deux-Jumeaux, commune

commune Saint-Jean.

— MALINGRE (Théodore), cultivateur, à Vinantes.

— MANCHE (Eugène), cultivateur, à Chambry.

— MARC (Gilbert), cultivateur, à Penchard.

— MAREST (Louis), cultivateur à Forfry.

— MARTEAU, cultivateur, à Courcelles, commune de

Jouarre.

— MARTIN, cultivateur à Coulombs.

— MARY (Alexandre), cultivateur, à Moras, commune de

Jouarre, par Saint-Cyr-sur-Morin.

— MASSIOT (Louis), cultivateur, à Villaré, commune de

Citry.


- 24 —

1886 MASSIOT, cultivateur, au Limon, commune de Iféry.

— MAUPOIX (Alexandre), cultivateur, à Sainte-Aulde.

1887 MAVRÉ, cultivateur, à Villiers-lès-Rigault, commune

de Congis.

1886 MAZURE, cultivateur, à La Mazure, commune de Jouarre.

— MEIGNAN (Auguste)» cultivateur, à Sainte-Aulde.

— MERCIER (Joseph) cultivateur, à Esbly.

— MICHEL (Jules), propriétaire, à Citry.

— MIRÂT (François), cultivateur, à Pierrelevée.

— MONNET (Louis-François), cultivateur, à Favières, commune

commune La Ferté-sous-Jouarre.

— MORÏL (Xavier), cultivateur, au Plessis-Placy.

— MOBELL£ (Achille), cultivateur, au Plessis-Placy. ■— MOREL (Joseph), propriétaire, au Plessis-Placy.

— PAPILLON (Charles), cultivateur, à Fresnes.

— PAQUIER (Théophile), cultivateur, à Dampmart.

— PARISY (Victor], cultivateur, à La Barre, commune de

La Ferté.

— PARNOT (Pierre), cultivateur, à Romeny, commune de

Jouarre.

— PARNOT (Ernest), cultivateur, à Morintru, commune

de La Ferté.

— PAROT, cultivateur, à Fontainedain, commune de

Bussières.

— PASQUIER (Charles), cultivateur, à Germigny-sousCoulombs.

Germigny-sousCoulombs.

— PASQUIER (Jean Marie), cultivateur, à Germigny-sousCoulombs.

Germigny-sousCoulombs.

— PAUL (Germain), cultivateur, à Annet.

PÀIHÉ (Louis-Denis), cultivateur, à Pierrelevée.

— PÉRIGOT aîné, cultivateur, à Annet.

— PÉTRÉ (Georges), cultivateur, à Luzancy.

— PICARD (Emile), cultivateur, à Villiers-sur-Morin.


M — 1886 PIERRE (Louis), cultivateur, à Chambry.

— PIETTRE (Fabien), cultivateur, à Saint-Soupplets.

— PIOT (Félix), cultivateur, au Mesnil-Amelot.

— PLICQUE (Eugène), régisseur, à Lognes.

— PLUQUET, cultivateur, à Esbly.

— PLUQUET (Albert), cultivateur, à Isles-lès-Villenoy.

— POMMIER (Auguste-Amédée), pépiniériste, k SaintMartin,

SaintMartin, de La Ferté-sous-Jouarre. —» DE PONTON D'AMÉCOURT, propriétaire, à Trilport.

— RAOULT (Emile), cultivateur, à Mary.

— REGNAULT (Jean-Baptiste), cultivateur, à Saint-Jeandeux-Jumeaux.

Saint-Jeandeux-Jumeaux.

— RÉGNIER (Armand), cultivateur, à Saint-Germain-lesCouilly.

Saint-Germain-lesCouilly.

— RENOULT (Pierre), cultivateur, à Trilport.

— RENOULT (Auguste), cultivateur» à Montretout, commune

commune Saint Jean.

— R'.GABERT, docteur-médecin, Saâcy.

— ROBCY (Léon), cultivateur, à Saint-Jean-les-deuxJumeaux.

Saint-Jean-les-deuxJumeaux.

— ROCHE (Ernest), cultivateur, à Vinantes.

— SERAIN (Victor), cultivateur, à Villemareuil.

— TERRÉ (Magloire), propriétaire, à Méry.

— THÉVENAIN (Fulbert), cultivateur, à Saint-Jean-lèsdeux

Saint-Jean-lèsdeux

— TROUET (René), cultivateur, à Chambry.

— TRUMELET (Alphonse), cultivateur, à Saint-Soupplets.

— VACHER (Alphonse), cultivateur, à Bussy-SaintGeorges.

Bussy-SaintGeorges.

— VASSEUR, cultivateur, à Vaux sous-Coulombs.

— VERDEZ (Frauçois), cultivateur, à Poincy.

— VERNON (Victor), cultivateur, à Trilport.

— VIARD (Désiré), cultivateur» à Penchard.


' — 5« —

1886 VILLAIN (Alfred), cultivateur, à Penchard.

— VILLAIN (Paul), cultivateur, à Penchard.

— VION (Louis), cultivateur, au Gros-Chêne, commune

de Jouarre.

— VION (Auguste), cultivateur, à Penchard.

Meaux. — Imp. I>. CHARRIOU.