bpt6k565845k/f1


L'UNITÉ D'ACTION

Déjà l'Autriche est défaillante En attendant qu'ils reviennent, devant Verdun, aux attaques en masses qui paraissent exiger chaque fois d'assez longs préparatifs, les Allemands en dessinent de plus restreintes et de plus dispersées, sans doute pour s'entretenir la main.

Mardi, ils ont tàté d'abord nos tranchées au sud de Thiaumorit, jusqu'à la cote puis le village de Fleury, et enfin la lisière du bois à droite. Hier, ils se préparaient à nous attaquer à la cote 304. Ils se sont fait repousser ou ont été arrêtés partout. Des coups de main tentés ailleurs, en Champagne et à Lassigny, probablement de simples reconnaissances n'ont pas réussi davantage. Mais tout cela s'appelle peloter en attendant partie, une partie qui doit reprendre avec toute l'ampleur que l'ennemi sera capable d'y mettre. Ne nous faisons point d'illusions sur ses intentions ni sur ses moyens. Des luttes fort dures sont encore imminentes. Il est désirable, et d'ailleurs très possible., que des événements latéraux aident nos vaillants soldats à les soutenir.

Le front britannique est toujours très animé, sans qu'il s'y passe rien encore de particulièrement saillant. J'ai déjà dit qu'il s'agissait d'une mise en train et que celle-ci pouvait être longue Quant aux affaires que j'appellerai extérieures, pour les distinguer de celles qui nous regardent directement, elles sont en excellente voie, surtout celles d'Italie. Nos alliés poursuivent partout leur avance sur tout le front compris entre le val d'Arsa et la vallée de la Brenta. Ils ont réoccupé Arsiero, que l'ennemi, craignant d'être tourné par la Posina, a dû évacuer en hâte. Au reste, c'est en appuyant son attaque centrale par un double mouvement d'ailes que le général Cadorna a pu complètement déblayer le mont Cengio et occuper successivement à peu près toutes les crêtes des Sette-Comuni.

En dignes émules de leurs féroces voisins du Nord, les Autrichiens ont saccagé et ruiné les localités riantes qu'ils quittaient pour ne plus les revoir. Il en coûte à leurs appétits sauvages de renoncer à cette terre de la Vénétie, sur le seuil de laquelle ils se sont brisés. Mais à quoi devront-ils renoncer encore si, comme cela s'annonce, ils sortent partout écrasés d'une lutte qu'ils ont provoquée avec tant de cynisme, de fourberie et de lâche abandon aux volontés de leur ancien vainqueur?

Rejetés hors du sol italien, ils le sont plus complètement encore, en Bukovine, de leur propre territoire, sur lequel ils ont abandonné tout près de 200.000 prisonniers et le matériel d'une puissante armée. On dit que l'infortuné Pflanzer a payé de sa situation militaire une faute dont il n'est peut-être pas entièrement responsable, car ce n'est pas lui, on peut le croire, qui a imaginé la désastreuse opération du Trentin. On dit encore que Linsingen lui-même, qui n'arrive pas assez vite à dégager la Volhynie, a dû céder la place à Mackensen. Et tout cela est possible.

Mais alors, que fera-t-on de Hindenbnurg qui, en Lithuanie et en Courlande, s'épuise en efforts inutiles pour débusquer Kouropatkine, et qui accumule les revers depuis Dvinsk jusqu'à la Ghara ? Si l'on enlevait à sa statue fameuse autant de clous qu'il éprouve de déboires, elle serait bientôt percée comme une écumoire. C'est que les temps sont revenus où le péril russe agitait les âmes allemandes. On l'avait un moment écarté. Il reparaît, et cette fois, le kaiser et ses complices qui, de plus, ont à compter avec d'autres adversaires, ne semblent pas devoir en être quittes à aussi bon marché que l'an dernier.

Lieutenant-colonel ROUSSET.

AUTOUR DEJ5AL0NIQUE (DE NOTRE ENVOYÉ spécial) Salonique, 2S juin.

De nouvelles rencontres, où il y eut quel,ques pertes de part et d'autre, se sont produites sur le front vers Doumnilza, qui est 'abandonnée par sa garnison grecque. Cette localité n'appartient actuellement à aucun '-des adversaires, étant située dans la zone battue par les feux des deux artilleries. L'artillerie allemande a conbinué le bombardement de nos lignes avant-hier, un seul secteur reçut plus de profectites que ne firent, heurerrsement, que très peu de dégâts.

La presse germanophile continue sa misérable campagne de mensonges calomnieux.

Gaston-Ch. RICHARD.

UNE ADRESSE DES GRECS DE MACÉDOINE AU ROI CONSTANTIN

Athènes, 28 juin.

Les autorités ecclésiastiques de Drama, rie Sérès et de Melnik ont adresse au roi Constantin un télégramme lui exprimant les craintes des populations de ces régions devant les perspectives d'une invasion bulgare et sollicitant du gouvernement grec des mesnres de protection capables d-'évifer les désastreuses conséquences qu'aurait une fuite panique des habitants dans le cas d'une nouvelle avance des troupes bulgares.

(Agence des Balkans.)

mmill GRÊCO-BOIGARE

Salonique, 28 juin.

Un télégramm-e de Florina annonce que quelques soldats bulgares ont pénétré hier en territoirc hellénique. Le poste grec les somma de se rendre comme ils s'y refusaient, un combat s'engagea et trois Bulgares furent tués. (Radio.)

Une série de raids heureux de l'infanterie britannique LES FAUSSES NOUVELLES DE SOURCE ALLEMANDE

Avant de rapporter les faits qui ont marqué la journée d'hier, sur toute l'étendue du front occidental, sans modifier la physionomie générale de ce dernier, il nous parait indispensable de parler des fausses nouvelies de source allemande.

Nos ennemis nous ont apris à les connaître ils font la guerre comme leurs ancêtres les Huns, comme ceux-ci ils emploient les moyens les plus barbares, moyens que leurs délégués aux conférences de la Haye avaient toujours combattus. Ils falsifient Ics dépêches et font du mensonge une institution. Depuis hier, ils sont fabricants Il de fausses nouvelles.

Et les fausses nouvelles imaginées par eux sont de taille.

Dons le double but de jeter le trouble parrni les populations et de discréditer les nouvelles lancées chaque jour il travers le monde par les posles de T.S.p'. français et anglais, ils ont monte une vaste enireprise quai a tourné ù leur contusion et qui, dnns tous les pays neutres, même les plus germanophiles, les a rendus ridicules.

Les offensives de nos alliés les inquiètent plus que jamais. Ce qui s'est passé sur les fronts de (îalicie et de Bukovine d'une part, et du Trentin d'autre part, prouve que les

réserves en Autriche-Hongrie ont fondu. Ce qui st- passera demain sur le front polonais et sur le front britannique montrera, cela n'est pas douteux, que malgré leurs réseaux de chemins de fer admirablement compris, les Allemands, à leur tour, ne disposent plus de réserves aussi abondantes qu'à la veille de la bataille de Verdun. Les victoires remportées par nos alliés russes cl Un liens ont une joie immense dans les pays qui souhaitent ardemment le triomphe du. droit et de la liberté. Dans les quelques Ktnte qui sont encore, pour des raiscns diverses, inféodés à l'Allemagne, elles ont ému ei, les gouvernants et les peuples. Les Austro-Allemands auraient bien voulu pouvoir, comme compensation, annoncer un succès retentissant. Ce succès ils l'ont cherché à Verdun. Mais nos admirables troupes qui, depuis plus de quatre mois, offrent une résistance comme jamais l'histoire n'en a eu à enregistrer, n'out pas permis à nos ennemis de triompher. Les succès désirés n'ayant pu être obtenus. les Allemands ont alors déeidé de « fabriquer de fausses nouvelles, de les lancer comme provenant de source français:: ou anglaise, afin de pouvoir les démentir en des conrmuniqués ronflantes, ici celui que les Autrichiens ont adressé aux neutres pour csaaver d'atténuer la victoire italienne. Hier donc, plusieurs radios furent lancés les uns annonçaient la prise de Lens d'antres la prise de Lille, de Roubaix, de Tourcoing. Les derniers, cnOn, relataient une avance considérable des troupes alliées en Macédoine, la destruction par le feu de la moitié de Constanlinople la suite de raids d'avions, le torpillage du Gœben, etc. ilus ennemis, pour faire tomber tous les doutes, avaient pris soin de faire précéder les nouvelles sensationnelles des formules suivantcs Postas franco-anglais, écoutez, voici les dernières nouvelles » "Postes franco-anglais, attention. » Ces formules, à rencontre du but poursuivi par les Allemands, attirèrent l'atten-

tion de ceux qui étaient chargés de recevoir les radios.

Déjà, au son, il leur avait paru qu'il ne s'agissait nullement d'émissions faites par un poste anglais ou français les formules les convainquirent définitivement. Et, quand les derniers radios leur parvinrent, ils purent constater que les émissions étaient faites par des appareils moins éloignés que ceux des pays alliés.

Plus de doute. Il s'agissait de fausses nouvelles de source allemande.

Le tour rle nos ennemis était déjoué et ils n'eurent pas à démentir les fausses nouvelles. Le monde entier était iixé et sur la valeur des nouvelles et sur la source. Méfions-nous donc des fausses nouvelles. Gardons-nous contre le, menées de l'ennemi et n'acceptons les bruits, même les plus favorables, qu'après les avoir contrôlés. Mais revenons aux opérations militaires. Nos alliés britanniques ont poursuivi, hier. toute la journée, le bombardement du front qu'ils tiennent d'Vpres. _la Somme.. Sur la plupart des points, ils ont envoyé des patrouilles en reconnaissance. Selon un terme militaire ils ont donné des coups de sonde.

A Verdun, les Allemands ont canonné loutes nos positions de la rive gauche et de la rive droite de la Meuse.

Notre artillerie a nposté efficacement. Les attaques d'infa.nterie déclanchées par nos ennemis ont complètement écloué au nord-est de la cote et dans le « ravin de la Mort au centre de notre ligne, entre le village de Fleury et les bois du Chapitre.

COMMUNIQUÉS OFFICIELS 28 JUIN, 3 HEURES APRÈS MIDI.

Dans la région au sud de Lassigny, les Allemands ont tenté au cours de la nuit plusieurs coups de main sur nos petits postes. Toutes ces tentatives ont échoué.

En Champagne, une forte reconnaissance ennemie qui essayait d'aborder nos lignes vers la route de Saint-Hilaire-le-Grand à Saint-Souplet a été dispersée par nos feux.

Sur la rive gauche de la Meuse, lutte d'artillerie dans les secteurs d'Avocourt et de Chattancourt. A la cote 304 et au Mort-Homme, escarmouches à la grenade.

Sur la rive droite, une contre-attaque, lancée à trois heures sur nos positions au nord-est de la cote 321, a été repoussée à coups de grenades. Une autre contre-attaque dirigée entre le village de Fleury et la lisière est du bois de Vaux-Chapitre, a été immédiatement arrêtée par nos tirs de barrage.

Aux abords de l'ouvrage de Thiaumont, où la lutte a été vive au cours de la nuit, la situation reste sans changement.

En Champagne, après une vive préparation d'artillerie, les Allemands ont réussi à pénétrer dans quelques-uns de nos petits postes vers le saillant de Tahure. Ils en ont été chassés peu après par nos contreattaques.

Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu par obus de gros calibre des secteurs d'Avocourt et de Chattancourt. Des préparatifs d'attaque signalés dans les tranchées allemandes à l'ea de la cote 304 ont avorté sous nos tirs d'artillerie.

Sur la rive droite, nous avons fait, dans la journée, quelques progrès à la grenade au nord de la cote 321 et aux abords de l'ouvrage de Thiaumont.

SUR LE FRONT BRITANNIQUE. Au cours de la nuit, nos raids et nos patrouilles ont pénétré en plusieurs points des tranchées ennemies, attaquant l'adversaire à la grenade et lui infligeant des pertes sensibles.

Près d'Angres, un de nos raids a trouvé les tranchées allemandes fortement endommagées par nos tirs d'artillerie. L'ennemi semble avoir également souffert des émissions de gaz qui ont été faites de nos tranchées. Un raid particulièrement heureux a été exécuté par l'infanterie légère écossaise, près de la route Vermelles-la Bassée, au cours duquel nous avons fait quarante-six prisonniers, pris deux mitrailleuses et détruit un puits de mine. Cette opération ne nous a coûté que deux blessés.

Aujourd'hui, l'ennemi a fait exploser une petite mine près de NeuveChapelle et une autre près d'Hulluch. Sauf quelques dégâts causés à une de nos sapes, elles n'ont produit aucun effet.

De notre côté, nous avons fait exploser avec succès deux mines au sud du canal Béthune-la Bassée. Le mauvais temps a ralenti l'activité aérienne.

Pourquoi Carlsruhe fut bombardée

̃• 'Nos ennemis annoncent au mande entier les terribles effets du bombardement effectué le 22 pin, pàf nos aviateurs, sur la ville de Carlsruhe, et. déclarent que 257 personnes ont été tuées ou blessées. Les dépêches allemandes dénoncent « la scélératesse de ce bombardement sans aucun but militaire d'une ville ennemie ouverte ». Il convient de rappeler que le bombardement de Carlsruhe a été ordonné, comme l'annonçait le communiqué français du 22 au soir, en représailles des récentes bombardements ennemis des villes ouvertes die Bar-le-Duc et de Lunéville qui avaient coûté la vie à de nombreuses victimes inoffensives.

Du 3 février 1916 au 19 mai 1916, période pendant laquelle nous nous sommes abstenus de tout bombardement des villes en arrière du front ennemi, les Allemands ont bombardé Béthune six fois, Amiens six fois, Hazebrouck trois fois, Bar-le-Duc deux fois, Epernay quatre fois, Fismes trois fois, Saint-nié treize fois (par canon à londue portée et par avion), Gérardmer cinq fois, Lunéville neuf fois, Baccarat cinq fois, Raon-1'Ëtape cinq fois, etc., etc.

Notre longue abstention a suffi pour montrer au monde le oegré de notre patience el. nofre désir d'éviter aux populations paisibles les horreurs de la guerre. Mais il est impossible et il serait funeste de laisser un ennemi sans scrupules multiplier ses attentats dans l'assurance de l'impunité. Dans l'avenir, notre conduite sera réglée sur celle de nos adversaires. Ils subiront. les représailles dont ils nous impoAMÉRIQUE ET MEXIQUE Si Carranza ne cède pas la guerre est inévitable Washington, 28 juin.

Si le général Carranza n'a pas renis en li6erté ce soir des prisonniers faits dans l'affaire de Carrizal, M. Wilson demandera demain au congrès de l'autoriser à user de ln force. (Havas.)

28 JUIN, 11 HEURES SOIR.

LA PERTE

du contre-torpilleur ( fourche) Les survivants affirment avoir coulé le sous-marin qui torpilla le vapeur « Citta di Messina ».

Toulon, 28 juin.

Soixante des rapatriés du contre-torpilleur Fourclie ont quitté Toulon oe soir, alant en congé.

On se rappelle que la Foudre fut récemment torpillée et coulée par un subcersible ennemi dans le canal d'Otrante. Tous les survivants font le plus grand ^loge de l'accueil que leur ont fait les popuations italiennes, auprès leur sauvetage. Ils ifflrment qu'ils ont réussi à couler le sousTiarin ennemi qui avait torpillé !a Cilta di lfessina.

Ils l'ont coulé, disent-ils, par l'envoi de r^ize grenades ils coopéraient au sauve- de l'équipage de la Cilta di Messina, juand un autre sous-marin ennemi. qui n avait pu être signalé, vint à son tour torpiller leur bâtiment

L'offensive italienne tend

à devenir générale Rome, 28 juin.

(Communiqué du général Cadorna)

Depuis l'Adige jusqu'à la Brenta, la résistance de l'ennemi à notre marche en avant impétueuse devient plus vive et plus tenace, en s'appuyant à des positions dominantes fortement organisées pour la défense.

Cependant, pendant la journée d'hier, nos troupes ont effectué des progrès sensibles.

Dans la vallée de Lagarina et dans le Vallarsa, actions intenses des deux artilleries. Notre artillerie a pris sous son feu les positions ennemies du mont Trappola, du mont Testa et du col de Santo. Nous avons pris une grande tranchées dans les environs de Magazugna. Le long du front de Posina-Astico, nos troupes ont conquis les positions ennemies du mont Gaimondo, au nord de Fusino, et du mont Caviojo. dominant Arsiero par le nord.

De hardis détachements de cavalerie ont avancé sur la route de la vallée de l'Astico jusqu'à Pedescalo.

Sur le plateau d'Asiago, nous avons occupé la lisière sud de la vallée d'Assa et nous avons atteint les pentes des monts Rasta, Interrotto et Mosciagh, tenus par de fortes arrière-gardes ennemies.

Plus ou nord, nos troupes, ayant pris d'assaut la position du mont Colombara, se sont approchées de la petite vallée de Galmarara.

Sur le reste du front jusqu'à la Brenta, la situation est sans changement. En Carnie, à une intense action d'artillerie ont succédé de brillantes attaques de notre infanterie qui a pris d'assaut des redoutes et des retranchements ennemis dans la zone de Freikofel (HautBut).

Sur l'Isonzo, activité de l'artillerie et irruptions de nos détachements. Nous avons pris à l'ennemi 353 prisonniers, dont 7 officiers et 2 mitrailleuses. Télégramme de félicitations du Président de la République A la nouvelle des succès remportés par l'armée italienne, le Président de !a République avait fait parvenir au roi Victor-Emmanuel le télégriiinrnn suivant

Paris, le 27 juin 1916.

Sa Majesté te roi d'Italie,

Quartier générrat italien.

Je prie, Votre Majesté de recevoir mes xioes félicitations pour la. 6el,te victoire que les vaillantes troupes italiennes viennent de remporter sur le plateau' d'Asiago en brisant l'offensive de l'ennemi et en le forçant à battre en retraite

La France est heureuse de cet éclatant succès qui fortijie encore sa foi dans la fttbtoire corn,mune et elle envoie tous ses vœux à l'Italie a,mie et alliée.

Raymond Poincabé.

Le roi d'It.alie a répondu

,le vous prie, Monsieur le Président, d'accepter mes remerciements sincères pour l'aiviable dépêche que tous avez bien voulu m'adresser à l'occasion de la victoire ita. tienm sur le plateau d'Asiago. L'Italie, avec admiration pour la lutte formidable poursuivie par les vaillantes troupes françaises, envoie tous ses vœux la, France amie et alliée avec une foi inébranlable dans la vie. toire commune.

Le ministre de la Guerre italien a adressé au général Roques le télégramme suivant en réponse au télégramme de félicitations que ce dernier lui avait envoyé à l'occasion de la victoire italienne L'armée italienne est très recnnnaissante à Votre Excellence et aux vaillants camarades de l'armée française dont elle ad- mire chaque jour l'opiniâtre et glorieuse résistance sur les champs de bataille de la Meuse.

Comme nos deux pays sont liés par l'al- liance la plus cordiale, nos armées sont animées par la même foi et par la misme confiance' dans la victoire décisive. La débâcle autrichienne compromet

tout le plan ennemi j Petrograd, juin.

On a trouvé sur un officier supérieur aile- mand, tué dans les combats sur le Styr, une lettre qu'un de ses camarades allant à Berlin, en permission, devait remettre à sa femme celte lettre porte, entre autres cho- s ses, ceui Si les nouvelles de la débâcle des Autrichiens ne sont exactes qu'à moitié, ( tous nos plans, cet été, sont irréparable- 1 ment compromis. < Les Russes sont très forts sous Dvinsk et sous Riga, aussi pas nn seul, soldat ne devrait être, prélevé snr ces deux fronts et cependant notre haut commandement fait le contraire. » t 310 officiers et soldats autrichiens t désarmés sur territoire roumain Bucarest. 28 juin. C

A la suite des opérations militaires au < nord de la Moldavie, 300 soldats et 10 offi- < ciers autrichiens se sont réfugiés en terri- c toire roumain, où ils ont été désarmés. A leur passage à Bucarest, les officiers ne paraissaient pas avoir trop souffert des ri- gueurs de la campagne, mais moralement ils sont fort déprimés. r L'un d'eux a déclaré que les Russes, dis- 6 posant de troupes nombreuses et abondamment pourvus de tout le matériel de guerre, r étaient maîtres de la situation en Bukovine c que l'artillerie russe était supérieure et qu'il était impossible de résister aux attaques des cosaques.

Nous avions confiance, a-t-il ajouté, dans notre offensive contre l'Italie maintenant que nous sommes obligés de retirerdes troupes du front italien pour faire face aux Russes, notre désastre est certain. A Nous avons perdu trop d'hommes, et Ver- E dun, contre lequel on s'acharne, immobilise é des forces énormes. (Havas.) a

Mon voyage

à l'armée d'Orient J'étais arrivée à Salonique un dimanche de fête, c'était la Journée du « petit drapeau bleu organisée par l'armée grecque, au bénéfice de ses soldats infortunés, et cette ville de cent cinquante mille habitants était remplie d'animation.

Dès le lendemain, elle reprenait l'allure grave, austère et laborieuse, qui convient à une place forte.

La journée de permission terminée, chacun était reparti en avant poux; son régiment, sa batterie ou son escadrille. Quel grouillement et quelle activité offre un quartier général d'armée Ce ne sont que convois de ravitaillement, services sanitaires, transports de troupes et de munitions qui s'en vont toujours vers le Nord dans la poussière et sous le soleil.

Tous ces soldats sont revenus de loin* Dans une longue et périlleuse traversée, ils ont, à chaque seconde, risqué une mort atroce. Les voici dans un pays nouveau pour eux, sous un rude climat, dans un terrain difficile, sur un sol dénudé, sans un arbre, au milieu de montagnes escarpées, et, malgré ces épreuves, pas un n'a perdu cette bonne humeur, cette confiance, cette espèce de sérénité joyeuse, qui constituént l'âme du front.

Chacun travaille, se prépare, fait silencieusement son labeur ce ne sont partout qu'ouvrages de défense, tranchées, ambulances.

On aurait pu redouter que cette espèce d'immobilité, cette inaction forcée à laquelle, depuis la retraite de Serbie, les événements ont contraint tous es hommes, les eussent amollis ou découragés.

Il snffit de les voir, de causer avec eux pour se rendre compte que, dans cette guerre nouvelle, à tant de qualités qui font déjà l'admiration du monde, ils en ont ajouté une autre dont on aurait pu croire, jusqu'ici, le Français incapable la patience. Ils sont patients.

Sans doute le jour de l'offensive, de cette offensive tant attendue, sera pour eux le plus beau jour. Du générale en, chef au plus obscur des soldats, tous ont hâte d'agir, de se battre, de risquer encore leur vie ils voudraient déjà que le grand mouvement fût déclanché, mais on leur a dit qu'il fallait attendre. Eb ils attendent

Mais ce n'est pas dans l'oisiveté qu'ils attendent

On ne peut imaginer ce qu'ils ont fait en Macédoine. En quelques mois, ils ont organisé la défense à la fois la plus formidable et la plus ingénieuse. Sans routes, sans chemin de fer, malgré la neige, malgré la pluie, malgré l'hiver le plus rigoureux qu'on ait vu dans cette région depuis un quart de siècle, et malgré la mauvaise volonté d'une partie de la population, ils ont accompli silencieusement irne œuvre extraordinaire.

Tout est prêt, maintenant. Les Serbes sont revenus, n'attendant qu'un ordre pour reprendre le sol dont on les a momentanément dépouillés une armée puissante et disciplinée, où «chacun est à sa place et où tout le monde travaille, se prépare à lutter avec eux pour le même et magnifique idéal.

En attendant, prélude de la bataille décisive, on a « descendu ce matin, trois aéroplanes; le lendemain, on a abattu un zeppelin, capturé son équipage et on vient de ramener prisonnière une patrouille allemande qui s'était un peu trop aventurée dans nos lignes. Hélas dans la même rue Venizelos, hier si riante, on accompagne aujourd'hui la glorieuse dépouille de deux officiers français qui sont tombés au champ d'honneur.

Voilà terminées ces quelques notes. Laissant aux correspondants de guerre envoyées en Orient par les journaux parisiens la gloire d'être quotidiennement !es hérauts de tant d'héroïsme, j'aurais voulu ne parler à mes lectrices que des i-côtés de la grande épopée qui se déroule, mais comment ne pas être dominée jar un pareil cadre ? Tous ces soldats, Tui se sont battus à Gallipoli, qui ont fait la retraite de Serbie, qui sont tous les jours en butte à de dangereuses escarmouches, semblant modestement ivoir déjà oublié les assauts qu'ils ont subis, les batailles qu'ils ont livrées 1 Mais s'ils les ont oubliés, c'est à nous, zui n'y étions pas, d'en conserver pieusement le souvenir.

Devant eux, on n'a plus le goût d'é;rire des articles légers. Ce n'est .pas me chronique qu'il faudrait leur consacrer, c'est un hymne

On était venue de Paris, pleine d'insouciance et ignorant encore ce qu'était vraiment la guerre. Le premier jour, >n voit des Parisiens qu'on reconnaît et m leur sourit comme à des amis rerouvés. Mais quand on a vécu de leur ne, quand on sait l'ceuvre admirable qu'ils ont déjà accomplie, on se sent un UDeur nouveau, une àme différente et m ne leur sourit plus on les salue :omme des héros.

En apercevant pour la première fois a Grèce sur le bateau qui m'amenait, n voyant le soleil caresser voluptueusenent l'Olympe, des refrains d'Orphée mx enfers m'étaient montés aux lèvres. Quand j'ai quitté l'armée d'Orient, en t'est plus à Offenbach que j'ai pansé. ,est à Homère

Juliette DIETZ-MONNIN.

Jn livre de M. de Bûlow Zurich. 28 juin.

t.e correspondant de Berlin du Stuttgarler eues Tagblalt, annonce que le prince do iulow, pendant son séjour à Lucerne, a rrit un important ouvrage sur la politiqu* Demande.