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LE MENESTREL

nonçons ce projet sous réserve, quoique nous le tenions de source certaine. On voudrait réunir toutes les artistes des théâtres de Paris qui sont d'origine alsacienne ou lorraine ; elles tiendraient les boutiques villageoises que tenaient nombre de dames du grand monde à la fête de Charité maternelle ; elles auraient le costume national. De plus on installerait une sorte de théâtre forain, à la porte duquel serait exécutée une parade dans la couleur du vrai Tabarin, avec les lazzi de circonstance en plus, par les comiques du Palais-Royal, des Variétés, des Bouffes, etc. La fête aurait lieu en juillet. Jusqu'à présent la solennité de bienfaisance est arrêtée en principe ; restent à régler les détails. Nous les donnerons en temps et lieu.

— La fête villageoise, organisée lundi dernier au concert Besselièvre, au profit de l'oeuvre de charité maternelle de Paris, a produit 83,417 fr. La recette de l'année dernière n'avait été que de 56,493 fr.

Mme Peschard, dont nous avons annoncé le départ pour Bordeaux, va jouer, au Théâtre-Français de cette ville les Prés Saint-Gervais, en la compagnie de Mlle Paola Marié. • .

— Tamberlick vient d'éprouver des pertes considérables dans l'incendie des docks de Marseille. Une partie de sa garde-robe théâtrale a été entièrement détruite par le feu. Ce qui est plus regrettable encore, c'est que dans les mêmes malles se trouvaient plusieurs objets d'art et des armes anciennes fort précieuses. Il y a là plus qu'une simple perte d'argent.

— L'Institut musical fondé et dirigé par M. et Mme Oscar Comettant avec le concours assidu et très-actif de nos plus célèbres professeurs, a donné mercredi une nouvelle audition d'élèves devant un nombreux et distingué public. Cette audition a été des plus remarquables. La liste serait longue des jeunes personnes appartenant aux deux cours de M. Emile Artaud et Marmontel, — le maître très-honoré, — qui se sont fait entendre avec succès sur le magnifique piano Steinway mis à leur disposition par MM. Mangeot, les habiles facteurs. Nous ne .résistons pas à nommer MUes Ettinghausen, Emilie et Adèle Sax, Dilhan, Weynen, Tavernier, de Cizancourt, Clément, Souchard, Villeneuve et Luisa Harmant, la charmante fille du directeur de la Société Parisienne des trois théâtres, et qui est déjà une pianiste de talent. Du reste toutes ces jeunes personnes ont exécuté, avec un sentiment parfait du style des auteurs et un mécanisme excellent, des compositions de Rubinstein, Henri Ketten, Raymond Pilet, Lavignac, Marmontel, Delahaye, Chopin, Magnus, d'Ernesti, Prudent, etc. 11 y a là plus que des promesses de la part de quelques-unes de ces demoiselles, il y a un talent sérieux déjà acquis et qui certainement se complétera. L'auditoire n'a été que juste en applaudissant deux jeunes femmes du monde, élèves du cours de Mme Comettant, qui ont chanté avec beaucoup de charme un lied à deux voix de Rubinstein et, seules, deux grands airs d'opéra. La voix de MUe Hesse a eu de beaux élans dramatiques dans l'air de la Reine de Saba, et Mme Coppinger a. prouvé en chantant la cavatine de Giovanna d'Arco de Verdi, que les grandes et belles voix ne sont pas le privilège exclusif des théâtres, et qu'on en trouve aussi dans les salons. Enfin notre maître français du violon, M. Alard, qui fait un cours d'accompagnement à l'Institut musical, a produit des élèves fort distinguées. MmG Foin a mis beaucoup de sentiment, de fines nuances et de la précision dans une sonate de Beethoven jouée avec M. Alard et Mmo Gouguenheim a lutté de virtuosité avec le violon dans les variations de Beethoven sur le choral de Judas Machabée. L'Institut musical qui va. entrer dans sa S0 année d'existence n'en est plus à faire ses preuves. C'est une école de musique très-sérieuse, très-complète et qui est destinée par son excellente organisation à prendre rang parmi nos plus utiles institutions artistiques. L'école de M. et Mmo Comettant est bien, comme on l'a dit, le conservatoire desdames et des demoiselles du monde.

— On nous écrit de Marseille :

« Italiens partout. Au Gymnase, le célèbre Rossi représente les grands drames de Shakespeare : Hamlet, — Othello, — Roméo et Juliette. Cette troupe italienne est excellente et attire, malgré la chaleur, la foule au théâtre du Gymnase. On prépare à ce théâtre les décors de la Reine Indigo qui y sera représentée cet automne. M. Beysson, l'intelligent directeur, compte monter cette pièce avec beaucoup de luxe. Le Grand-Théâtre a clôturé son année théâtrale par le Prophète avec l'excellent ténor Tournié. Actuellement une troupe italienne y

donne II Trovatore, Lucia, etc. — Bonne interprétation. —Au théâtre Cottr n f"

plusieurs compagnies italiennes représentent tantôt des farces en dialecte n" ^

montais, tantôt l'opéra. Crispino e la Gomare chanté par des enfants a t" -

très-goûté. Une autre troupe italienne doit débuter l'un de ces jours auCh $

let lyrique. « La grand'messe de Van Brée a été exécutée dernièrement à la ch " ^

pelle de la Visitation de Marseille, à l'occasion de la messe votive du SacriS." ^

Coeur. Pendant la cérémonie, avant et après la messe, plusieurs morceaux re ?

lîgieux : la Prière des ■ Chrétiens, choeur de Donizetti, sous la direction à I

M. Martin, professeur au Conservatoire ; un Adoro te supplex d'Edmond S

Audran (le solo de violon interprété supérieurement par M. Millout), et un 0 f

Salutaris d'Auguste Morèl qui va quitter notre ville pour aller se fixer défini- I

tivement à Paris. C'est une perte pour Marseille artistique que cette résolu- 9

tion prise par l'ex-directeur du Conservatoire. » J. S. |

— M. Jules Cariez, l'excellent musicologue de Caen, vient de faire paraître * une' petite brochure sur son illustre concitoyen. Elle est intitulée : Auber - ? aperçu biographique et critique, — la statue projetée, — la cavalcade du 3 juin 1815 '-

— Une fête véritable pour tous les amateurs de bonne musique, c'est de ï passer sa soirée au concert des Champs-Elysées, que M. Besselièvre a su mettre t au premier rang. On y jouit tout à l'aise de l'orchestre dirigé par M. Cresson- t nois, sans étouffer de chaleur, et l'on a en même temps un charmant coup î d'oeil, car on sait que ce n'est qu'un public élégant et distingué qui fréquente I cette promenade, appelée à bon droit « aristocratique » par nos confrères de î toute la presse parisien ne. f

— La clôture de l'Exposition Corot à l'École des Beaux-Arts aura lieu le l| jeudi 24 juin à 5 heures. ||

NECROLOGIE

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La semaine dernière ont eu lieu les obsèques de M. François-Joseph Foulon inspecteur de l'enseignement du chant dans les écoles de Paris, membre de la commission de la surveillance de l'école de musique religieuse et du comité des artistes musiciens, et professeur dans plusieurs établissements d'instruction. M. Foulon était l'un des propagateurs les plus zélés des Orphéons, et il avait gagné dans cette campagne la croix de la Légion d'honneur et le brevet d'officier de l'instruction publique.

— On annonce la mort de Mme la baronne de Maistre dont les compositions avaient fait, ces dernières années, quelque bruit dans le monde musical, Mme la baronne de Maistre, qui avait un certain talent d'amateur, était Fauteur d'un Stabat mater exécute à Saint-Eustache, et d'un opéra en deux actes, les Roussalkas, joué au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, sous la direction Vachot. Elle avait en portefeuille une Ninive (sujet de Sardanapale) et une Cléopâtre. I Batavi, que plusieurs de nos confrères lui attribuent également, sont l'oeuvre d'une autre dame compositeur,

— M. Marius Boullard, chef d'orchestre du théâtre des Variétés, vient de perdre son petit garçon âgé de cinq ans. Le pauvre bébé est mort d'une méningite. Les obsèques ont eu lieu à Asnières, au milieu d'un concours de monde des plus sympathiques.

J.-L. HEUGEL, directeur-gérant.

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