Reminder of your request:


Downloading format: : Text

View 1 to 268 on 268

Number of pages: 268

Full notice

Title : Revue agricole, industrielle et littéraire du Nord / publ. sous le patronage de la Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes

Author : Société d'agriculture, des sciences et des arts (Valenciennes). Auteur du texte

Publisher : (Valenciennes)

Publication date : 1899

Contributor : Feytaud, Urbain (1807-1894). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 15863

Description : 1899

Description : 1899 (T49,A51).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Nord-Pas-de-Calais

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k56149195

Source : Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-214183

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328562707

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 17/01/2011

The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition (OCR) program. The estimated recognition rate for this document is 97%.
For more information on OCR


ê^mqèMï- INDUSTRIELLE

v \^HI3TlOR|aUE ET ARTISTIQUE


VALE^CIENNES. — IMPRIMERIE L. U.COUR ET Cie.


^ORfcjtME, INDUSTRIELLE \ X._x /

HISTORIQUE & ARTISTIQUE

TOME XLIX.

■ CINQUANTE-ET-UNIEME ANNEE.

VALENCIENNES IMPRIMERIE L. LA.COUR ET C>

11, rue de Mons, 11. 1899



DE L'ARRONDISSEMENT DE VALENCIENNES (NORD) FONDÉE EN 1831, DÉCLARÉE EN 1851 ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE.

COMPOSITION DE LA SOCIETE

AU 1" MARS 1899.

Membres honoraires de droit.

M. LE SOUS-PRÉFET de Valenoiennes. M. LE MAIRE de Vaïenciennes.

Membre honoraire résidant.

M. PESIER Edmond, ^, chimiste, à Vaïenciennes. Membres honoraires non résidants.

MM. BOCA Louis, ancien archiviste du département de la Somme, à-Saint-Quentin.

DELEPORTE-BAYART, trésorier de la Société des agriculteurs du Nord, à Roubaix.

DESVACHEZ David, graveur en taille-douce, à Bruxelles.

DEVILLERS Léopold, archiviste de l'Etat belge pour Ja province du Hainaut, à Mons.

MOYAUX Constant, 0 ^, inspecteur général des bâtiments civils, professeur d'architecture à l'École des beaux-arts, membre de l'Institut, à Paris.

VANDEN BUSSCHE, ancien archiviste de l'Elat belge, à Angréau. TOME xux. 1


_ 6 —

Autres membres.

MM. AFFLARD, cultivateur, Avesnes-le-Sec. ANDRÉ Paul, brasseur, Saint-Amand.

ANDT Jacques, docteur en mérl., pharmacien, Vaïenciennes. ARMAND Léon, représentant de commerce, Vaïenciennes. AYASSE Alphonse, imprimeur, Vaïenciennes. BARBIEUX Louis, brasseur, Saint-Amand. BARBIEUX Michel, cultivateur, Saint-Amand. BARROIS Edouard, cultivateur, Marquette. BASSEZ-GRENIER, négociant, Vaïenciennes. BATIGNY Anatole, entrepreneur de peinture, Vaïenciennes. BATIGNY Gaston, directeur de l'octroi, Anzin. BADDRIK Ernest, commerçant en grains, St-Vaasl-lez-Valenc. BAUDRIK Pierre, cultivateur, Rouvignies. BERNIER Alexandre, négociant, Bouchain. BERTAU Edgar, propriétaire, Vaïenciennes. BERTRAND Victor, bourrelier, Marly. BÉTHUNE Henri, industriel, Bouchain. BILLER Joseph, notaire, Saint-Amand. BILLET François, ^, distillateur, Marly. BILLIET Edouard, négociant, Vaïenciennes. . BINOIS Alphonse, carrossier, Vaïenciennes. BINOIS Charles, libraire, Vaïenciennes. BISIAUX Désiré, cultivateur, Saint-Saulve. BLARY Jean, vétérinaire, Vaïenciennes. BOIVIN, directeur de la succursale de la Banque de France,

Vaïenciennes. BOUCHART-RENART C, cultivateur, Lecelles. BOUCHART Léon, cultivateur, Gubray (Saint-Amand). BOUCHART Octave, brasseur, Saint-Amand. BOUCHART René, malteur, Saint-Amand. BOUCLY, vétérinaire, Denain. BOULANGER Amédée, négociant en fers, Bouchain. BOULANGER Léon, ébéniste, Vaïenciennes. BOULY père, maréchal, Saint-Amand. BOUHART Charles, ^, propriétaire, Vaïenciennes. BOURGEOIS Alexandre, entrep. de menuiserie, Vaïenciennes. BCURGEOIS-DAYEZ, cultivateur, Saint-Saulve,


BOUTE Adolphe, cultivateur, Saint-Saulve.

BOOTE Emile, cultivateur, Marly.

BOUVIER Gustave, cultivateur, Rombies.

BRABANT Alfred, ^, fabricant de sucre, Onnaing.

BRABANT Edmond, fabricant de sucre, Onnaing.

BRASSART-BIUXY Léon, cultivateur, Bouchain.

BRICHART fils, fab. de mach. agric, Neuville-sur-Escaut.

BRICOUT-CACHERA Joseph, cultivateur, Avesnes-le-Sec.

BRICOUT-CAULLET, cultivateur, Haspres.

BRICOUT Désiré, cultivateur, Avesnes-le-Sec.

BRICOUT fils, fabr. de bâches et sacs, Quérénaing.

BRISART Henri, marchand tapissier, Vaïenciennes.

BROUDEHOUX Alphonse, indusliitl, Anzin.

BROUILLARD Emile, entrepreneur de peinture, Vaïenciennes.

BRUMELET-MOUTY, marchand de bestiaux, Saultain.

BRUNEAU Aimé, cultivateur, Lieu-Saint-Amand.

BRUYÈRE Paul, fabricant d'engrais, Vaïenciennes.

BULTEAU Nestor, cultivateur, Rumegies.

BULTOT Edouard, propriétaire, Vaïenciennes.

BURY Jean-Baptiste, brasseur, Avesnes-le-Sec.

CACHERA Jean-Bapliste, cultivateur, Marquette.

CANELLE, agent d'assurances, Raismes.

CANIEZ Alfred, manufacturier, Aulnoy.

CANONNE, docteur en médecine, Anzin,

CANONNE André, notaire, Bouchain.

CANQUETEAU Auguste, entrepreneur, Vaïenciennes.

CAPPLIEZ, doyen de Saint-Nicolas, Vaïenciennes.

CARDON Arthur, entrepreneur de travaux, Vaïenciennes.

CARLIER Emile, propriétaire, Vaïenciennes.

CARLIER Joseph, vétérinaire, Saint-Amand.

CARLIER Léopold, cultivateur, Lecelles.

CARON Alexis, propriétaire, Denain.

CAROUL Charles, cultivateur, Saint-Amand.

CATON Auguste, chimiste, Vaïenciennes.

CAUCHY Paul, cultivateur, Estreux.

CAUDRON-DUFRESNES, cultivateur, Saint-Amand.

CAULLET César, fabricant de sucre, Haspres.

CAULLET Jules, cultivateur, Haspres.

CAZIN Jean-Bapliste, receveur de l'octroi, Vaïenciennes.


- 8 —

CELLIER Eugène, avocat, Vaïenciennes. CHAMFORT Paul, notaire, Vaïenciennes. CHÂTELAIN-BERTINCHAMP François, cultivateur, Vaïenciennes. ' CHÉRUBIN Charles, brasseur, Maing. CHUFFART Arsène, cultivateur, Préseau. CHUFFART Jules, vétérinaire, Préseau.

CLÉMENT Léon, sec. du Conseil de Prud'hommes, Vaïenciennes. COCHIN Jean-Baptiste, cultivateur, Château-1'Abbaye. COGÉ Auguste, propriétaire, Bouchain. COLIN Aimable, cultivateur, Bellaing. COPIN Jean-Baptiste, brasseur, Hélesmes. COPIN Léon, professeur de musique, Vaïenciennes. CORNU-CUVELIER, cultivateur, Marly. COQUELLE Clément, $$, agriculteur, Mastaing. COROENNE Henri, artiste peintre, Fontenay-sous-Bois. GonsoLLE Alfred, négociant, Vaïenciennes. CORSOLLE Ernest, négociant en engrais, Vaïenciennes. COULON Hector, huissier, Vaïenciennes. GOURTIN frères, industriels, Raisinés. COUSIN Albert, secrétaire de la mairie, Bouchain. CRÉNEAU Pierre, maréchal ferrant, Bruille. CRÉPIN-DESLINSEL, ^, agriculteur, Denain. CRÉPIN Emile, propriétaire, Aubry. CROMBÉ-DESTECQUE Victor, négociant, Bouchain. DAMIEN François, directeur de l'École primaire supérieure,

Vaïenciennes. DANGRÉAUX Ovide, brasseur, Quarouble. DANQUIGNY, maréchal ferrant, Mastaing. DANQUIGMY-POULAIN, propriétaire, Mastaing. DARPHIN, ingénieur à la Cie des mines d'Anzin. DARTHOIS Henri, marchand boucher, Bouchain. DASSONVILLE-DECAMPS, cultivateur, Sebourg. DAUBRESSE Auguste, fabricant de clous, Bouchain. DAVAINE Albert, propriétaire, Saint-Amand. DAVAINE Casimir, distillateur, Saint-Amand. DAVAINE Emile, ^, cultivateur, Saint-Amand. DAVAINE Ernest, industriel, Saint-Amand. DEBARALLE Paul, ^, propriétaire, Vaïenciennes. DEBIÈVE Anatole, ^, industriel, Vaïenciennes,


DECAMPS Ildephonse, "cultivateur, Sebourg.

DÈCLE Julien, $fe, propriétaire, Vaïenciennes.

DECOMBLE François, cultivateur," Bouchain.

DEFEUNEZ Benoît, propriétaire, Vieux-Condé.

DEHEINZELIN Xavier, propriétaire, Neuville-s.ur-Escaut.

DEHON Désiré, imprimeur, Vaïenciennes. .

DEHOVE-DENEULIN Paul,- direct, de la S*é départementale électrique, Vaïenciennes.

DÉJARDIN Julien, artiste peintre* Vaïenciennes.

DELADRIÈRE Victor, marchand de chevaux, Saint-Saulve.

DELAME René, négociant, Vaïenciennes.

DELAROIÈRE Ernest, fabricant de sucre, Marquette.

DELCAMBRE Hubert, ^, brasseur, Denain.

DELCOURT Paul, propriétaire, Vaïenciennes.

DELCOURT Théophile," notaire, Vaïenciennes.

DELEAU Victor, ancien négociant, Denain.

DELGRANGE Antoine, cultivateur, Vaïenciennes,

DELHAIE Jules,.industriel, Vaïenciennes.

DELMARLE Jules, maréchal ferrant, Anzin.

DELSART Jules, photographe, Vaïenciennes.

DELTOMBE-LEROUX, propriétaire, Bruai.

DELVALLÉE Philippe, valet de ferme, (1.), Saint-Saulvô.

DEMAZURE Henri, propriétaire, Saint-Amand (Saubois).

DE QUILLACÛ Auguste, ^, propriétaire, Vaïenciennes.

DEROMBY Théodore, propriétaire, Vaïenciennes.

DERVAUX Ernest, ^, industriel, Vieux-Condé.

DE SCHRYVER, directeur de la Société de constructions francobelge, Raismes.

DESFONTAINE DE PREUX, propriétaire, Saultain.

DESILVE Isidore, curé, Quarouble.

DESJARDIN-RAUX, négociant, Hordain.

DESORBAIX Victor, avocat, Vaïenciennes.

DETOURMIGNIES, propriétaire, Rosult.

DEVÉMY Louis, cultivateur, Maing.

LEVILLERS Charles, avoué, Vaïenciennes.

D'HAUSSY Albert, fabricant de sucre, Artres.

D'HAUHSY Georges, agriculteur, Arîres.

DHENNIN Maxime, agriculteur, Hornaing.

DÎME Emile, maréchal ferrant, Marly.

TOME XUX. 1*


- 10 -

DOMBRE Louis, directeur des mines de Douchy, Lourches.

DOUTRIAUX André, avocat, Vaïenciennes.

DOUTRIAUX Auguste, avocat, Vaïenciennes.

DREYFUS Léon, négociant, Vaïenciennes.

DREYFUS Léopold, négociant, Vaïenciennes.

DUBOIS François, brasseur, Hordain.

DUBOIS frères, brasseurs, Wasnes-au-Bac.

DUBOIS Henri, médecin-dentiste, Vaïenciennes.

DUBOIS Pierre, cultivateur, Roeulx.

DUBURCQ Louis, brasseur, Lourches.

DUBUS Paul, entrepreneur de peinture, Vaïenciennes.

DUCLOUX A., professeur d'agriculture, Vaïenciennes.

DUDANT Elisée, cultivateur, Hélesmes.

DUFLOT Louis, cultivateur, Rosult.

DUFLOT Parfait, cultivateur, Saint-Amand.

DUFOSSÉ Joseph, cultivateur-horticulteur, Roeulx.

DUFOUR-BRIFFAUT, cultivateur, Saint-Amand.

DUGARDIN Fernand, pharmacien, Vaïenciennes.

DUPAS-BRASME, négociant, Vaïenciennes.

DUPONT Achille, pharmacien, Bouchain.

DUPONT Antoine, père, cultivateur, Thiant.

DUPONT Antoine, fils, cultivateur, Thiant.

DUPONT Ferdinand, cultivateur, Wavrechaiii-sous-Denain.

DUPONT Paul, banquier, Vaïenciennes.

DUPONT Paul, fils, banquier, Vaïenciennes.

DURIEUX, cultiva leur, Hordain.

DUROISIN Louis, maréchal ferrant, Saint-Amand.

DUSART Emile, propriétaire, Saint-Amand (La Bruyère).

FALLY Emile, brasseur, Condé.

FALLY Ernest, notaire, Vaïenciennes.

FAP.INEAU Robert, cultivateur, Sars-et-Rosières.

FAUVILLE Célestin, cultivateur, Neuville-sur-Escaut.

FAUVILLE Gustave, cultivateur, Boucheneuil-lez-Bouchain.

FAUVILLE Victor, cultivateur, Neuville-sur-Escaut.

FÉLIX Achille, maréchal ferrant, Lourches.

FERNEZ-DELESAR, propriétaire, Vaïenciennes.

FONTAINE Emile, principal clerc de notaire, Bouchain.

FONTELLAYE Eugène, industriel, Vaïenciennes.

FRANÇOIS Antonin, ^, directeur de la Cie des mines d'Anzin.


— il —

FROMENTIN Edouard, propriétaire, Vaïenciennes.

FROMONT Jules, propriétaire, Vaïenciennes.

GALLEZ Adolphe, négociant en bois, Bouchain.

GALLONDE Henri, ingénieur, Vaïenciennes.

GAUQUIÉ Henri, statuaire, Paris.

GÉLAIN Charles, cultivateur et brasseur, Thiant.

GESCHWIND Lucien, chimiste, Onnaing.

GIARD Gustave, directeur d'assurances, Vaïenciennes.

GIARD-MOTTE Jules, négociant, Vaïenciennes.

GIARD Pierre, libraire, Vaïenciennes.

GILLET Arthur, directeur de banque, Vaïenciennes.

GIRARD Alfred, avocat, Vaïenciennes.

GOFFART Désiré, cultivateur, Vaïenciennes.

GOFFART Louis, cultivateur, Vaïenciennes.

GOSSET-PINCHON, cultivateur, Aniche.

GOSTIAUX Edouard, cultivateur, Marly.

GOUVION Albert, ingénieur, Anzin.

GOUVION Jules, agriculteur, Denain.

GRAS Georges, ingénieur, imprimeur, Vaïenciennes.

GRAVIS. Henri, notaire, Vaïenciennes.

GRIMONPREZ Eugène, ingénieur, Vaïenciennes.

HAUTCOEUR Emile, cultivateur, Bruai.

HAYEZ Louis, cultivateur, Curgies.

HAYEZ Pierre, fabricant de sucre, Curgies.

HECART Abel, doyen, Avesnes.

HELLE Joseph, bourrelier, Marly.

HÉNAULT Maurice, archiviste municipal, Vaïenciennes.

HENRY Victor, sec. de la Chambre de coin., Vaïenciennes.

HERMAIN Hippolyte, marchand de bestiaux, Curgies.

HERMAIN Nestor, cultivateur, Curgies.

HOCQUE Emile, vétérinaire, Vaïenciennes.

HOLLANDE Georges, imprimeur, Vaïenciennes.

HOLLANDE Théodore, propriétaire, Vaïenciennes.

HORNEZ Albéric, cultivateur, Maulde.

HOURRIEZ Gustave, cultivateur, Lourches.

HOUSEZ Albert, industriel, Condé.

HUART Charles, cultivateur, Estreux.

HUYGHE-WALLET, industriel, Quiévrechain.

IMBERT Edouard, fondeur, Vaïenciennes.


— 12 ~

JACOB Adolphe, négociant, Vaïenciennes.

JACQMARCÛ J-, industriel, Saint-Saulve.

JACQMARCQ Louis, industriel, Saint-Saulve.

JAKSSENS L., industriel, Anzin (Bleuse-Borne).

JOLY Charles, cultivateur, Haspres.

JONET Louis, entrepreneur de bâtiments, Raismes,

JOUGLET Élie, brasseur, Denain.

LACOUR Léon, imprimeur, Vaïenciennes.

LACROIX Ant., industriel, Trilh-Saint-Léger.

LAJOIE Pierre, ingénieur, architecte, Vaïenciennes.

LAMBERT Céleslin, brasseur, Petite-Forêt.

LAMBERT, inspect. honor. des écoles primaires, Vaïenciennes.

LAMELIN Constant, chef de comptabilité, Trith-Saint-Léger.

LANCIAUX Hippolyte, enlrepren. de serrurerie, Vaïenciennes.

LANTHIEZ Ernest, propriétaire, Abscon.

LANTHIEZ Paul, cultivateur, Avesnes-le-Sec.

LANTHIEZ René, propriétaire, Avesnes-le-Sec.

LAUDE Aman, cultivateur, Bellaing.

LAUDE Léon, maréchal ferrant, Denain.

LAURETTE Joseph, cultivateur, Denain.

LEBACQZ Charles, propriétaire, Vaïenciennes.

LEBRUN Paul, négociant, Vaïenciennes.

LECAT Julien, conservateur de la Bibliothèque municipale,

Vaïenciennes. LÉDÉ Prudent, cultivateur, Saint-Aybert. LEDIEU-CACHEUX, cultivateur, Maing. LEDUC Albert, cultivateur, Artres. LEFEBVRE-HAYEZ Edmond, cultivateur, Curgies. LEFEBVRE Jules, cultivateur, Beuvrages. LEFRANCQ-CLAISSE, négociant, Vaïenciennes. LEGRAIN, valet de ferme, (1.), Saint-Amand. LEGRAND Jean-Baptiste, cultivateur, Lecelles. LEGRAND Léon, médecin-vétérinaire, Hnsnon. LEGRAND Louis, ^ 0, ministre plénipotentiaire, conseiller

d'État, Paris. LEGRAND Michel, substitut du procureur de la République,

Vaïenciennes. LEGRU-RAVIART, imprimeur, Saint-Amand. LEIGKEL Arthur-, architecte, Denain.


— 13 —

LEMAIRE H., directeur com. de la Société des hauts fourneaux, forges et aeiéries de Denain. LEMAITRE Louis, libraire, Vaïenciennes. LE MITOUARD, doreur, Vaïenciennes. LEMPEREUR J.-Pli.f brasseur, Lieu-Saint-Amand. LENGLET, contrôleur des mines, Anzin. LENNE Jules, cullivatèur, Escautpont. LEPOIVRE, brasseur, Denain. LÉQUIPART Léon, propriétaire, Minchanw LEROY Edmond, greffier du Tribunal de com., Vaïenciennes . LEROY-MAHIEU, conslrucieur de baieaux, Bouchain. LESAGE, construct. do machines, S'-Ainand (La Croiselte). LESAGE-TOUHNOIS, négociant, Smnt-Amand. LESENS Georges, juge de paix, Denain. LESIEUR Félix, libraire, Vaïenciennes. LESTOILLE Ernest, cultivateur, Haspres. LESTOILLE-MÉRIAUX, cultivateur, Haspres. LÉVY-STEIN Félix, négociant, Vaïenciennes. LUSSIGNY Henri, négociant, Vaïenciennes. LUWEZ Emile, propriétaire, Vaïenciennes. MABILLE Henri, banquier, Vaïenciennes. MACAREZ Ernest, ^, agriculteur, Haulchin. MACAREZ Ernest, fils, agriculteur, Haulchin. MALAQUIN Henri, propriétaire, Fainars. MALISSARD-TAZA, industriel, Anzin. MALLEZ Albert, entrepreneur, Denain. MALLEZ Géleslin, cultivateur, Prouvy. MALLEZ Ferdinand, cultivateur, Estreux. MALLEZ Henri, agriculteur. Thiant. MALLEZ Henri, brasseur, Préseau. MALOT, fabricant de chicorée, Boucheneuil. MANIEZ Charles, propriétaire, Rouvignies. MANOUVRIEZ Anatole, docteur en médecine, Vaïenciennes. MARIAGE Amé, cultivateur, Onnaing. MARIAGE Arthur, cultivateur, Onnaing. MARIAGE Edouard, ^, négociant, Vaïenciennes, MARIAGE Jean-Baptiste, ^, fabricant de sucre, Thiant. MARIAGE Louis, docteur en médecine, Vaïenciennes. MARLIÈRE Charles, négociant, Vaïenciennes. -


— 14 —

MARMOTTAN Charles, critique d'art, Paris.

MARTEL Edmond, propriétaire, Gondé.

MAURICE Paul, fabricant de sucre, Vaïenciennes.

MEMBRE Paul, agent d'assurances, Vaïenciennes.

MENTION Alfred, notaire, Saint-Amand.

MÉRIAUX Alfred, propriétaire, Saint-Amand.

MÉRIAUX Henri, propriétaire, Bouchain.

MERLIN D'ESTREUX DE BEAUGRENIER, propriétaire, Vaïenciennes.

MESTREIT Victor, dir. des Chemins de fer économiques, Anzin.

MEURS Jules, entrepreneur de serrurerie, Vaïenciennes.

MONCHAIN Alphonse, fondeur en fer, Bouchain.

MONNIER-DRAPIER, cultivateur, Saint-Amand.

MONNIER Fernand, cultivateur, Rumegies.

MONSEUX Gustave, entrepreneur de bâtiments, Vaïenciennes.

MOREAU Auguste, artiste peintre, Saint-Saulve.

MOREAU-DESPINOY, cultivateur, Cambrai.

MUSTELIER-POIRETTE, fils, (1.), cultivateur, Saint-Saulve.

NAMUR Henri, notaire, Vaïenciennes.

NAVREZ Alfred, charron, Marly,

NAVREZ Louis, bourrelier, Estreux.

NICQ Victor, brasseur, Neuville-sur-Escaut.

NONCLERCQ Désiré, négociant, Onnaing.

NOTERMAN-CHOTTEAU Louis, marchand de porcs, S'-Amand.

OBLIN Cyprien, cultivateur, Émerchicourt.

OLIVIER, cultivateur, Hordain.

OURY-CERF, boucher et cultivateur, Vaïenciennes.

PATOIR-LIONNE, propriétaire, Wallers.

PAUL Etienne, négociant, Bouchain.

PAYEN Élie, cultivateur, Denain.

PÉNIAUX Paul, propriétaire, Vaïenciennes.

PIÉRARD Louis, banquier, Vaïenciennes.

PILLION Jules, négociant, Vaïenciennes.

PLACE Julien, industriel, Saint-Saulve.

PLICHON-HAVEZ Alexandre, négociant, Saint-Amand.

PLUCHART François, cultivateur, Oisy.

POIRETTE Alexandre, père, cultivateur, Saint-Saulve.

POIRIER Edmond, père, négociant, Vaïenciennes.

POULLE, procureur de la République, Vaïenciennes.

POURAILLY Emile, représentant de commerce, Vaïenciennes,


— 15 —

POUTRAIN fils, vétérinaire, Vaïenciennes. PREUD'HOMME, meunier, Rombies. PRÉVOST Louis, cultivateur, Saint-Amand (Saubois). PRÉVOST-PLUGIN Thimothée, cultivateur, Saint-Amand. PRUVOT frères, construct. de mach. agricoles, Vaïenciennes. PUREUR Pierre, brasseur, Condé. QUINET François, cultivateur, Quarouble. RAVERDY Auguste, fabricant de chicorée, Saint-Saulve. RAVERDY Gustave, $fe, propriétaire, Condé. RAVIART François, valet de ferme, (1.), Rosult. REMY-LEFEBVRE Clément, cultivateur, Brillon. RÉMY Philippe, cultivateur, Émerchicourt. RÉMY-RÉMY, cultivateur, Saultain. RENARD Léon, maître de verreries, Fresnes. RESIMONT.Armand, ^, dir. de forges et aciéries, Vaïenciennes. RICHE Emile, cultivateur, Saint-Saulve. RICHEZ Alfred, architecte, Vaïenciennes. ' . RICOUARD-DUGOUR, imprimeur, Anzin. RIGAUT Léon, marchand de bestiaux, Curgies. RISBOURG César, propriétaire, Roeulx. RISBOURG Paul, minotier, Bouchain. ROCARD Paul, entrepreneur de peinturé, Vaïenciennes. ROGER Paul, notaire, Vaïenciennes. ROMBAUX Alphonse, industriel, Marly. RUELLE Emile, industriel, Vaïenciennes. RUELLE Etienne, fondeur, Quiévrechain. RUFIN-ANCIAUX Charles, cultivateur, Saultain. RUFIN-WALLERAND, cultivateur, Saultain. SABÈS J , président du Tribunal, civil, Vaïenciennes. SAHUT Henri, ingénieur, Raismes. SAINTOBER Charles, cultivateur, Mastaing. SAINT-QUENTIN Fônelon, avocat, Vaïenciennes. SAUTTEAU Paul, ^, avocat, Vaïenciennes. SAUVAGE Charles, pharmacien, Bouchain. SCHMIDT A., négociant, Marly. SERBAT, propriétaire, Saint-Saulve. SIROT César, maître de forges, Trith-Saint-Léger. SIROT Jules, maître de forges, Saint-Amand.


— 16; —

SOCIÉTÉ DE CONSTRUCTION MÉCANIQUE'du faubourg de Cambrai,'

Vaïenciennes. SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX, FORGES ET ACIÉRIES de Denain. SOLAU-C'ARTON Léon, négociant, Bouchain. SONNTAG Emile, fabricant de passementeries, Onnaing. THEILLIER Edmond, agriculteur, Rombies. THF.ILLIER Edmond, brasseur, Rombies. THELLIER DE PONCHEVILLE Charles, avocat, Vaïenciennes. THIÉBAUT Edmond, ingénieur, Anzin. THIÉRY Paul, ingénieur électricien, Vaïenciennes. THIROUX Abel, négociant, Vaïenciennes. TRAMPONT, géomètre, Vaïenciennes. TRICART-MALAQUIN, fabricant d'engrais, Rosult. TROMONT Charles, fils, industriel, Vaïenciennes. VAILLANT, fabricant de sucre, Quarouble. VALLET-LAGRUE, propriétaire, Avesnes-le-Sec. VARLEZ Eugène, notaire, Bouchain. VENOT Emile, ingénieur, Onnaing. VERDAVAINE Élie, négociant, Saint-Amand. VÉRIN Charles, vétérinaire, Haspres. VERREZ, notaire honoraire, Saint-Amand. VINSTOCK-BERNIER, imprimeur, Bouchain. WACHÉ Séraphin, juge de paix, Saint-Amand. WALLET Désiré, cultivateur, (I.), Quarouble. WARIN Ernest, industriel, Saint-Vaast-là-Haut. WATTINE Paul, propriétaire, Brillon. WEIL Emile, $fe, industriel, Marly. WEIL Hector, industriel, Marly. WIGNOLLE Albert, propriétaire, Marquette. WUILBERCQ Henri, cultivateur, Quarouble.

8 «?


- n

Bureau de la Société.

Président honoraire : M. PESIER Edmond. Président : M. DOUTRIAUX Auguste. Vice-présidents : MM. COQUELLE Clément, MARIAGE J.-B. Secrétaire général : M. HENRY Victor.' Trésorier : M. LECAT Julien.

Conservateur de la bibliothèque et des collections de la Société : M. RICHEZ Alfred.

Section centrale.

MEMBRES TITULAIRES.

MM. BILLIET Edouard. BRABANT Alfred. BULTOT Edouard. COQUELLE Clément, DEVÉMY Louis. > D'HAUSSY Albert. DOUTRIAUX Auguste. HAYEZ Pierre. HÉNAULT Maurice. HENRY Victor.

LEBACQZ Charles. LECAT Julien. LEFEBVRE-HAYEZ. LEFEBVRE Jules. MACAREZ Ernest. MANOUVRIEZ Anatole. MARIAGE J.-B. RICHEZ Alfred. THELLIER DE PONCHEVILLE.

DELEGUES DES COMICES ET SECTIONS.

MM. BARROIS Edouard. BULTEAU Nestor. COGÉ Auguste. CORSOLLE Alfred. CRÉPIN-DESLINSEL. DAVAINE Emile. DELCAMBRE Hubert. DOUTRIAUX André. DUCLOUX A. GOUVION Jules.

GRAS Georges. LACROIX Antoine. LAJOIE Pierre. LEGRU-RAVIART. LESTOILLE Ernest. MARLIÈRE Charles. MEMBRE Paul. MÉRIAUX Alfred, RISBOURG César. WEIL Hector.

Font en outre partie de droit de la Section centrale, les Membres honoraires de la Société.


- 18 —

Bureaux des Comices et Sections.

COMICE AGRICOLE DE VALENCIENNES.

Président : M. MACAREZ Ernest.

Vice-présidents : MM. D'HAUSSY Albert et HAYEZ Pierre.

Secrétaire : M. BULTOT Edouard.

Secrétaire adjoint : M. DUCLOUX A.

COMICE AGRICOLE DE DENAIN. Président : M. CRÉPIN-DESLINSEL. Vice-président : M. DELCAMBRE Hubert. Secrétaire : M. GOUVION Jules.

COMICE AGRICOLE DE SAINT-AMAND. Président : M. DAVAINE Emile. Vice-président : M. BULTEAU Nestor. Secrétaire : M. LEGRU-RAVIART. Trésorier : M. MÉRIAUX Alfred.

COMICE AGRICOLE DE BOUCHAIN. Président : M. COQUELLE Clément.

Vice-présidents : MM. LESTOILLE Ernest et BARROIS Edouard. Trésorier : M. COGÉ Auguste. Secrétaire : M. RISBOURG César. Secrétaire adjoint : M. COUSIN Albert.

SECTION DES SCIENCES ET MANUFACTURES. Président : M. LACROIX Antoine. Vice-présidents : MM. WEIL Hector et LAJOIE P. Secrétaire : M. GRAS Georges. Secrétaire adjoint : M. CORSOLLE Alfred.

SECTION DE MORALITÉ. Président : M. LECAT Julien.^ Vice-président: M. BULTOT ÉdouarJ. Secrétaire : M. LEBACQZ Charles. Secrétaire adjoint : M. CORSOLLE Alfred.

SECTION D'HISTOIRE ET D'ART. Président : M. DOUTRIAUX Auguste.

Vice-présidents : MM. BILLIET Edouard et MARLIÈRE Charles. Secrétaire : M. DOUTRIAUX André. Secrétaire adjoint : M. MEMBRE Paul.


— 19 —

COMICE AGRICOLE DE SAINT-AMAND.

Séance du 13 janvier 1899. Présidence de M. Emile DAVAINE, vice-président. Présents : MM. A. Mériaux, Réniy-Lefebvre, Nestor Bulteau, Michel Barbieux, Bouchart-Renaid, Carlier, Demazure, TricartMalaquin, Lesage, Bouly, et Legru-Raviart, secrétaire.

Election du Bureau. — L'ordre du jour a pour objet le renouvellement du Bureau du Comice.

Sont nommés à l'unanimité :

Président : M. Emile Davaine; Vice-président : M. Nestor Bulteau ; Secrétaire: M. Legru-Raviart; Trésorier : M. Alfred Mériaux.

En prenant la présidence du Comice, M. Emile Davaine s'exprime à peu près en ces termes :

« Je suis sensible, Messieurs, à la marque de confiance que vous me témoignez, et vous en remercie très cordialement. En échange de mon dévouement, qui vous est acquis, je vous demande votre collaboration à tous, mes chers Collègues ; vous ne serez pas sourds à cet appel, j'en ai la conviction.

« Permettez-moi d'ajouter, Messieurs, que j'entends rester fidèle aux vieilles traditions de bonne confraternité qui ont toujours donné aux réunions de notre Comice un charme particulier. Il me suffira pour cela de m'inspirer des exemples que me lèguent mes très honorables prédécesseurs, Mi Davaine-Nicolle et M. Pierre Bouchart, à qui je tiens à rendre en ce moment un pieux hommage de vénération et de respectueuse estime. »

Comptes de 1898. — M. le Trésorier donne lecture du compte des recettes et dépenses de Tannée 1898. Ce compte est approuvé par le Comice.

Projet d'un concours de veaux gras à Saint-Amand. — Un membre propose l'organisation d'un concours de veaux gras pour le dimanche des Rameaux (26 mars).

Cette proposition, unanimement approuvée, sera soumise à la Section centrale de la Société d'agriculture de l'arrondissement. Le Comice espère qu'elle lui réservera un accueil favorable et lui permettra de procéder à l'organisation de ce concours dans le plus bref délai possible.-


— 20 ' —

COMICE AGRICOLE DE VALENCIENNES.

Séance du 21 janvier 1899.

Présidence de M. Ernest MACAREZ, président.

Sont présents MM. Baudrin, Alfred Brabant, Cauchy, Châtelain,

Alf. Corsolle, L. Devémy, A. Ducloux, Désiré Goffart, Louis

Goffart, G. Gras, Ch. Lebacqz, P. Lédé, E. Macarez-Fauville,

Paloir-Lionne, Rufin-Wallerand et Ed. Bultot, secrétaire.

Renouvellement du Bureau. —L'ordre du jour appelle le renouvellement du Bureau.

Il est procédé à l'élection de chacun de ses membres, et du dépouillement des scrutins il résulte que :

M. Ernest Macarez père est réélu président, à l'unanimité, MM. Albert D'Haussy et P. Dayez, vice-présidents, id. M. Edouard Bultot, secrétaire, par 15 voix, M. À. Ducloux, vice-secrétaire, id. (MM. Cauchy, D. Goffart et G. Gras, arrivés quelque temps, après le commencement de la séance, n'ont pu prendre part qu'aux scrutins ouverts pour la désignation des secrétaires )

M. E. Macarez remercie le Comice de la confiance que ses membres veulent bien lui accorder : il s'efforcera de se rendre utile autant que possible.

Le Comice délègue ensuite son vice-secrétaire pour le représenter à la Section centrale avec son président et son secrétaire.

SECTION DE MORALITÉ

DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 17 janvier 1899. Présidence de M. Julien LECAT. Sont présents: MM. Ed. Bultot, A. Corsolle, Abel Thiroux, L. Clément et Ch. Lebacqz, secrétaire.

Renouvellement du Bureau. — Suivant les prescriptions du règlement il est procédé à la nomination du Bureau. Sont élus : Président: M. Julien Lecat; Vice-Président : M. Edouard Bultot ; Secrétaire : M. Ch. Lebacqz ; Vice-Secrétaire : M. Alfred Corsolle. Les quatre membres du Bureau représenteront la Section dé ïWOTâlité dans la Section centrale.


__ 2i -

SECTION CENTRALE.

Séance du 21 janvier 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX, président. Sont présents: MM. Ed. Pesier, G. Coquelle, J. Lecat, E. Macarez, Em. Davaine, A. Lacroix, AIL Brabant, Éd. Bultot, A. Corsolle, Louis Devémy, Alb. D'Haussy, A. Ducloux, G. Gras, P. Lajoie, Ch. Lebacqz,-Lefebvre-Hayez, Legru-Raviart, Alf. Ridiez et V. Henry, secrétaire.

. — Le procès-verbal de la séance du 10 décembre 1898 est lu et adopté.

La réunion prend ensuite connaissance des procès-verbaux des séances, qu'ont tenues le Comice agricole de Vaïenciennes le 21 janvier, le Comice de Saint-Amand le 13 janvier, et la Section de moralité le 17 janvier.

. Nomination d'un membre titulaire. — L'ordre du jour appelle la Section à se prononcer sur la proposition présentée dans la précédénle séance par MM. A. Doutriaux, V. Henry, A. D'Haussy et P. Hayez, tendant à l'admission de M. Jules Lefebvre, agriculteur à Beuvr.'igcs, parmi les membres titulaires de la Société.

Après avoir pris connaissance de l'avis favorable exprimé par la Commission spéciale composée de MM. E. Pesier, J. Lecat, A. Brabant, E. Davaine cl V. Henry, la Section procède au vote par scrutin secret.

M. Jules Lefebvre est ainsi nommé membre titulaire par 18 voix sur 20 suffrages.

Comptes de l'année 1898. — M. le Président donne Ja parole à M. Julien Lecat, trésorier, qui expose à la Section le résultat de l'exercice financier de 1898.

Les comptes de M. le Trésorier sont approuvés, et M. le Président le remercie des services qu'il rend à la Société d'agriculture, sciences et arts, en s;occupant avec un soin minutieux dé la gestion de ses ressources.

Concours de veaux gras à Saint-Amand. — M. le Président communique à la Section centrale la lettre suivante, qu'il a reçue de M. Emile Davaine, récemment nommé président du Comice agricole de Saint-Amand. '


— 22 — COMICE AGRICOLE « Saint-Amand, le 20 janvier 1899.

DE SAINT-AMAND.

« Monsieur le Président,

« Il a été question, dans la séance du 13 courant de notre Comice, d'organiser un concours de veaux gras à Saint-Amand le dimanche des Rameaux de cette année.

« Nous comptons en couvrir les frais avec nos propres ressources et une subvention de la Ville.

« Ce concours aurait lieu sous les auspices de la Société d'agriculture de l'arrondissement de Vaïenciennes, et nous avons l'intention de demander comme membres du jury des collègues n'appartenant pas à notre Comice.

« Nous venons, Monsieur le Président, demander l'approbation de la Section centrale pour l'organisation de ce concours, qui peut rendre un réel service à nos deux cantons.

<i Permettez-moi d'espérer, Monsieur le Président, que vous voudrez bien nous offrir quelques médailles et un prix d'honneur.

« Je vous exprime d'avance les remerciements de notre Comice et vous prie de croire à l'expression de mes sentiments très distingués et très dévoués. r „ , ., ,

« Le Président,

« Em. DAVAINE. » M. Emile Davaine donne verbalement quelques explications complémentaires sur le projet du Comice de Saint-Amand.

M. le Président dit que, vu les conditions dans lesquelles ce Comice a l'intention d'organiser son concours de veaux gras, la Section centrale ne peut, sembîe-t-il, qu'approuver son initiative et l'encourager.

La réunion manifeste son adhésion, et donne pouvoir à son Bureau de mettre quelques médailles à la disposition du Comice de Saint-Amand pour être attribuées aux lauréats du concours.

Exposition de 1900. — M. le Président rappelle les délibérations prises dans ses précédentes séances par la Section centrale au sujet de la participation de la Société d'agriculture de Vaïenciennes à l'Exposition de 1900 (1).

M. Coquelle, s'expliquant, comme président de la Société des agriculteurs du Nord, sur certaines questions jusqu'alors demeu(1)

demeu(1) dans le lomo XLVIII de la Revue, pages 282 et 285.


— 23 —

rées irrésolues, dit que si la Société de Vaïenciennes se réunit à celle des Agriculteurs du Nord pour exposer, elle restera, excepté pour ce qui concerne l'installation et la décoration générales, complètement libre de disposer à son gré et sous son nom, les produits de ses membres dans l'emplacement qui lui sera attribué. Quant aux frais d'installation, ils doivent être répartis sans doute, en principe, entre les différentes sociétés groupées ensemble ; mais il y a lieu d'espérer, grâce à certaines subventions attendues, qu'ils ne seront pas considérables. En tout cas, la quote-part que pourra ainsi avoir à payer la Société de Vaïenciennes, sera certainement moins élevée que le montant de la dépense qui lui incombera si elle expose isolément.

A la suite de ces explications de M. Coquelle, la Section décide que, les doutes qui l'avaient jusqu'alors fait hésiter se trouvant levés, il y a lieu pour la Société d'agriculture de Vaïenciennes de se joindre à la Société des agriculteurs du Nord afin d'exposer à Paris, en 1900, les produits de la région.

. •. M. le Président prie alors M. Ducloux de soumettre à la réunion le programme qu'il s'est chargé d'étudier pour la préparation de l'exposition de la Société de Vaïenciennes.

M. Ducloux développe ce programme.

Conformément à ses propositions, il est entendu, tout d'abord, que chaque membre de la Société pourra personnellement exposer ses produits, sous réserve de l'approbation d'une Commission nommée par la Section centrale.

Mais, d'autre part, la Société même groupera des échantillons des différentes variétés de plantes cultivées dans l'arrondissement, telles que: trèfles, luzernes, hivernages, blés (exposition des plantes complètes, indication du rendement en grains), mélanges de blés (plantes complètes et grain obtenu), avoines, seigles, orges, betteraves à sucre et betteraves de distillerie, chicorée à café, pommes de terre (on exposera autant que possible les racines ou tubercules mêmes, ou tout au moins des photographies), chanvre et lin (exposition des plantes complètes, indication du rendement en grain et filasse), plantes médicinales (accompagnées d'échantillons des produits obtenus), prairies (en photographies), etc..

La Section centrale estime en outre, avec M. Ducloux, que


_ u -

.la,Société devra compléter son exposition en établissant les monographies suivantes :

1° Monographie de la Société d'agriculture de Vaïenciennes (historique, organisation, nombre des sociétaires à différentes époques indiqué par diagramme, ressources, travaux, organisation des concours, sommes distribuées, appréciation des concours agricoles annuels, leurs résultats apparents) ;

2° Monographie agricole de l'arrondissement de Vaïenciennes;

3° Monographie de fermes (grande, moyenne et petite culture, relations entre ces trois sortes de culture).

Des diagrammes aussi nombreux que possible seront joints à chaque monographie.

La Société espère, enfin, que ses membres profiteront des champs d'expérience qu'ils ont pu organiser, pour montrer, soit au moyen des produits mêmes récoltés, soit au moyen de photographies, l'action des différents engrais qui peuvent être employés.

Pour aider à la réalisation de ce programme, la Section décide, sur la proposition de M. Ed. Buitol, qu'elle sollicitera le concours de la Société de photographie de Vaïenciennes.

M. Ducloux l'ait remarquer qu'il conviendrait de former sans retard une Commission chargée de mettre à exécution le programme proposé et de préparer l'exposition.

• La Section décidé l;i nomination immédiate de celte Commission, et la compose de MM. Aug. Doutriaux, Edm. Pesier, Clément Coquelle, Crépin-Dcslinscl, -Ernest Macarez, Emile Davaine, Alf. Brabant, Albert D'Haussy, Pierre Hayez, Jules Lefebvre, A. Ducloux, Lel'ebvre-Haycz, Nestor Buitol, Barrois et V. Henry.

• Concours agricole de Paris. — M. Macarez demande, au nom du Comice agricole de Vaïenciennes, que la Société d'agriculture sollicite pour ses membres désireux de visiter le prochain concours général agricole de Paris, dés billets d'aller et retour individuels à moitié prix sur le chemin de fer du Nord.

M. le Président, avec l'assentiment de la Section, dit que celte faveur va être immédiatement demandée à la Compagnie du Nord (1).

— La séance est ensuite levée.

(1) La Compagnie du Nord a favorablement accueilli celte demande, et a envoyé des billets d'aller et retour avec réduction de prix de 50 "/o aux membres dont les noms lui ont été transmis par le Bureau de la Société.


— 25 —

COMICE AGRICOLE DE BOUCHAIN.

Séance du 3 février 1899. Présidence de M. C. COQUELLE. Présents : MM. César Caullet, conseiller général, Barrois, Cogé, Cousin, Bernier, maire de Bouchain, Paul Risbourg, Durieux (d'Hordain), J.-B. Bury (d'Avesnes-le-Sec), Joly (d'Haspres), Cyprien Oblin (d'Emerchicourl), Etienne Paul, Dupont, Vinslook, Decomble, Leroy-Mahieu, Henri Mériaux.

Ont excusé leur absence involontaire : MM. Ernest Lestoille et Canonne.

Nomination de M. Coquelle dans la Légion d'honneur. — M. Barrois, vice-président, prenant la parole au nom de MM. les Membres du Bureau et du Comice, félicitecordialemenl M. Coquelle au sujet de sa nomination de chevalier de la Légion d'honneur : récompense bien due au zèle et au dévouement qu'il a constamment apportés à la défense des intérêts agricoles ; en toutes circonstances, il a mis à leur service son temps, son énergie et son influence, multipliant ses démarches auprès-de MM. les Députés et Sénateurs, des Ministres et des Pouvoirs publics en faveur des progrès à réaliser.

M. Bernier, maire de Bouchain, se fait ensuite l'interprète de la Municipalité et du Conseil municipal. S'associant pleinement à l'éloge prononcé par M. Barrois, il exprime les félicitations les plus sincères au nouveau chevalier. C'est avec la plus vive satisfaction que cette nomination dans la Légion d'honneur a été partout accueillie, non seulement dans la circonscription cantonale de l'arrondissement, mais encore dans tout le département, et les sommités agricoles font elles-mêmes applaudie. Les habitants de Bouchain et du canton, à même mieux que tous autres d'apprécier le dévouement opiniâtre autant qu'éclairé de M. Coquelle, son aimable empressement à défendre les desiderata de la région agricole, sont fondés aussi à proclamer avec le plus d'assurance que la haute distinction dont il vient d'être l'objet est la juste récompense de son mérite. La Ville de Bouchain est particulièrement heureuse de saisir celle occasion pour témoigner au sympathique président du Comice agricole son estime, son attachement et sa reconnaissance.


_ 26 —

Comptes de 1S98. — M. Cogé, trésorier, fait l'exposé de la situation financière du Comice.

La réunion prend une délibération approuvant les comptes de M. Cogé.

Appel aux membres du Comice. — L'assemblée exprime son regret de voir si peu de membres assidus aux réunions. Elle décide qu'une lettre pressante sera adressée aux adhérents, pour les inviter à ne pas manquer aux séances, afin que le grand nombre de voix donne plus de force aux décisions prises.

Voeu pour (organisation d'un concours agricole à Botichain. — Le Comice donne acte a M. Coquelle des démarches faites par lui et M. le Maire de Bouchain auprès de M. le Président de la Société d'agriculture de Valcnciennes en vue du prochain concours agricole. Il décide que de nouvelles instances seront adressées à la Section administrative de cette Société pour obtenir de sa bienveillance que le concours de 1899 ait lieu à Bouchain avec la participation de la Ville dans la dépense.

L'importation des graines oléagineuses et des huiles étrangères. — M. le Président propose au Comice d'émettre le voeu suivant :

Considérant que la culture des graines oléagineuses, autrefois si prospère, et qui procurait, outre de grandes facilités d'assolement pour les cultivateurs, une grande somme de travail lucratif à la classe ouvrière, est malheureusement sur le point de disparaître ;

Qu'il serait dangereux de laisser s'éteindre cette branche de l'activité agricole ;

Considérant de plus que l'agriculture et l'huilerie françaises peuvent suffire à la consommation indigène et des colonies;

Qu'elles contribuent toutes deux à la prospérité et à la richesse du pays, et sont conséquemment dignes de l'intérêt des législateurs ;

Le Comice agricole de Bouchain émet le voeu :

Que des droits de douane correspondant aux charges fiscales considérables qui pèsent sur les producteurs français soient établis sur les graines oléagineuses et les huiles étrangères ;

Et que les tourteaux ne soient soumis qu'à un droit de statistique à déterminer, tant que leur teneur en huile ne dépasse pas


— 27 —

9 p. % ; mais qu'au delà de 9 p. % ils soient frappés d'un droit proportionnel à la quantité d'huile qu'ils renferment.

Le Comice, après en avoir délibéré, déclare, à l'unanimité des voix, approuver dans toute sa teneur le voeu ci-dessus formulé.

Election du Bureau. — Le Bureau se retire pour qu'il soit procédé à son renouvellement dans les formes réglementaires.

Un Bureau provisoire est composé comme il suit : M. Caullet, conseiller général, président, M. Bernier, maire de Bouchain, et M. Durieux, agriculteur à Hordain, assesseurs, M. Et. Paul, négociant à Bouchain, secrétaire.

M. Caullet rend un nouvel hommage au dévouement du Bureau sortant, et à la bonne collaboration qu'en a reçue M. Coquelle, lequel, en sa qualité de président de la Société des agriculteurs du Nord, s'est consacré si. vaillamment et si brillamment cette année à la défense de l'agriculture. En conséquence, M. Caullet estime bon que le dit Bureau continue ses fondions, et il en propose la réélection. Sont réélus à l'unanimité des voix : M. Clément Coquelle, président ; M. Ernest Lestoille, agriculteur à Haspres, vice-président ; M. Edouard Barrois, agriculteur à Marquette, id. M. Auguste Cogé, trésorier ; M. César Risbourg, brasseur à Roeulx, secrétaire; M. Albert Cousin, secrétaire de mairie à Bouchain, secrétaire adjoint. Le Comice déclare désigner pour le représenter à la Section centrale, avec M. Coquelle qui en est membre titulaire, les quatre membres du Bureau suivants: MM. Ern. Lestoille, Ed. Barrois, Aug. Cogé et C. Risbourg.

CHRONIQUE AGRICOLE.

ORDRE DU MÉRITE AGRICOLE.

Le Journal officiel du 7 janvier a publié les nominations et promotions faites dans l'ordre du Mérite agricole à l'occasion du 1" janvier.

Nous y relevons le nom de M- Alfred Dudant-Wallez, agricul-


— 28 —

teur à Hélesmes, qui est nommé chevalier. « Nombreuses récompenses, dont un premier prix, et 35 ans de pratique agricole », dit le Journal officiel pour résumer ses titres.

LES CHIENS DE BERGER.

Le Comité central du « Club français du chien de berger >> vient, sur la proposition de son président, de nommer un Comité du nord de la France chargé d'organiser dans notre région des concours et expositions de chiens de berger.

En a été nommé président, à l'unanimité, M. Emile Davaine, de Saint-Amand-les--Eaux, ancien président de la Société des agriculteurs du Nord.

L'ÉCLAIRAGE PAR L'ALCOOL.

Une des Sections de la Société nationale d'agriculture de France (celle de mécanique agricole), reconnaissant qu'il est d'un haut intérêt d'ouvrir un nouveau débouché à l'alcool, a demandé à celle Société la création d'une commission spéciale chargée d'étudier l'emploi économique de l'alcool pour l'éclairage, et le vote d'un crédit suffisant pour les frais nécessaires aux expériences scientifiques.

Dans sa séance du li décembre 1898, la Société a composé la dite commission des membres suivants : MM. Schloesing, de l'Académie des sciences; El. Mascarl, de l'Académie des sciences, professeur au Collège de France, directeur du Bureau central météorologique; Miintz, de l'Académie des sciences, professeur à l'Institut national agronomique; Linder, inspecteur général des mines; Ringelmann, professeur à l'Institut national agronomique, directeur delà station d'essai des machines; Jules Bénard, agriculteur, président de la Société d'agriculture de Meaux ; S. Têtard, président de la Chambre syndicale des fabricants de sucre de France; Grandeau, inspecteur général des stations agronomiques, etc.

Dans sa réunion du 28 décembre, la Commission a choisi pour président notre compatriote M. Elculhère Mascart.

Elle a lancé une circulaire par laquelle les inventeurs ou constructeurs sont priés d'envoyer les communications et renseignements concernant la question de l'éclairage par l'alcool au siège de la Société, 18, rue de Bellechasse, à Paris.


- 29 -

CHRONIQUE INDUSTRIELLE.

LA FABRICATION DU GAZ.

Les concours qui ont eu lieu dans les derniers mois de 1898, à Onnaing et à Artres, ayant absorbé l'attenlien des membres de la Section des sciences et manufactures, la chronique habituelle a été négligée pendant quelque temps ; il est bon de la reprendre aujourd'hui, et de relater les faits nouveaux qui, parvenus à la connaissance de la Société par les ouvrages qu'elle reçoit, peuvent intéresser l'arrondissement.

Le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, dans son numéro du mois d'octobre 1898, contient un très instructif travail qui malheureusement ne peut trouver place dans notre Revue que par le résumé suivant.

Il est intitulé : « Revue des progrès de l'industrie du gaz en 1897, par M. Delahaye, président de la Société technique de l'industrie du gaz en France », et porte principalement sur les points que voici : « Nouvelles méthodes de travail dans les grandes usines à gaz ; transformation du matériel, machines à charger et à décharger les cornues ; fours à cornues inclinées ; manutention mécanique des charbons et du coke; examen des tendances actuelles ; enrichissement du gaz en Angleterre et en Allemagne ; atténuation des fâcheux effets de la naphtaline. »

Ce remarquable travail est très étendu; il contient des plans que nous ne pouvons reproduire. Nous devons nous borner à citer les'passages les plus saillants, renvoyant nos lecteurs intéressés au Bulletin que nous avons sous les yeux.

La question est du reste toute d'actualité : à Valenciennes, où les consommateurs se plaignent souvent; à Anzin, où l'on se propose de créer un établissement de production du gaz d'éclairage, yoire même d'électricité.

Les^opéralions auxquelles est soumise la matière première, depuis son entrée à l'usine jusqu'à sa sortie sous les formes diverses de gaz, coke, goudron et eaux ammoniacales, donnent naissance, en suivant l'ordre normal, aux produits et sous-produits indiqués en regard de chacun des appareils mentionnés.


— 30 —

I. —Emmagasinage et distribution de la matière jusqu'aux fours ;

II. — Chargement dans les cornues } „ , .,

r Produits °

et distillation à haute température de ^

la matière première ; )

III.—Condensation, lavage

et épuration : Sous-Produits :

Barillet j Dans l'ensemble de

Collecteur (1) / ces appareils se dépoRéfrigérant

dépoRéfrigérant jeu d'orgues > se la presque totalité

Extracteur (i) \ du goudron et de la

Condenseur par choc (1) / naphtaline.

n i i /«\ } Séparation

Colonne ou laveur (1) \ de rararaoniaque.

i Séparation de l'hydrogène sulfuré, du sulfure de carbone, des composés du cyanogène et des traces d'ammoniaque.

IV. — Compteur de fabrication et gazomètre ;

V. — Extinction, transport, emmagasinage, cassage et classement du coke ;

VI. — Emmagasinement des goudrons et eaux ammoniacales, traités ou non à l'usine.

C'est dans les lre, 2e et 5° opérations qu'on s'est efforcé depuis plusieurs années d'apporter des modifications ; quant à la 3e, elle est encore longuement discutée.

Les perfectionnements apportés dans les usines à gaz sont purement d'ordre mécanique; ils ont pour but de réduire le plus possible la main-d'oeuvre ou même de la supprimer dans l'emmagasinage et le transport du charbon et du coke à l'usine, dans le chargement cl le déchargement des cornues.

\i) Dans la plupart des petites usines, il n'existe pas de collecteur, pas d'extracteur, pas de condenseur par choc ; la colonne à coke est chargée de retenir le goudron, et souvent on se passe de laveur. Dans les grandes usines, la colonne à coke arrosée d'eau sert de laveuç, ou bien on emploie des laveurs spéciaux.


- SI -

L'emmagasinage avec cassage dû charbon en morceaux sensiblement de même grosseur, se fait sous une halle spéciale adossée à celle des fours à cornues; le charbon cassé tombe dans une fosse, d'où il est enlevé par une chaîne à godets et élevé jusqu'au point de chargement.

Intermédiairement se trouvent des tubes à hélices pour les déplacements horizontaux, des grillages inclinés pour le triage du charbon, qui est ainsi préparé pour un chargement méthodique des cornues, horizontales ou inclinées.

Chargement et déchargement des cornues. — Ces opérations s'effectuent mécaniquement au moyen d'appareils spéciaux longuement décrits, mus soit par pression hydraulique, soit par l'air comprimé, à l'exclusion de la vapeur à laquelle on a trouvé des inconvénients. Le travail du chargeur n'est plus pénible, il est tout de surveillance.

Extinction et transport du coke. — Les brouettes et wagonnets de coke incandescent sont supprimés, ils sont remplacés par un appareil enlraîneur-extincleur entraînant mécaniquement la coke à sa sortie des cornues et le conduisant à l'extincteur ; aucun fragment de coke ne peut tomber dans la chambre des cornues ; de plus, les produits ainsi transportés et éteints sont élevés sur les estacades de dépôt ou dans les wagons d'enlèvement.

Telles sont, résumées, les dispositions les plus récentes imaginées en Angleterre et en Allemagne pour réduire notablement la main-d'oeuvre et assurer aux usines de production du gaz un travail méthodique et économique.

. Le rapport s'étend ensuite sur les moyens essayés ou mis en usage pour enrichir le gaz, c'est-à-dire pour augmenter son pouvoir éclairant. - On peut enrichir le gaz suivant quatre méthodes différentes :

1° Par son mélange avec du gaz de cannel ou de boghead ;

2° Par l'addition de vapeurs d'hydrocarbures, benzols, essences de pétrole;

3° Par l'addition de gaz d'huile, provenant de la distillation d'huile de schiste, de résidus de pétrole ;

4° Par mélange avec du gaz à l'eau carburé.

Aux Etats-Unis, on se sert exclusivement du gaz à l'eau car-


_ 32 -.

buré, dont la fabrication est facilitée par le bon marché des essences et huiles brutes de pétrole.

En Angleterre, on emploie le gaz de cannel, ou les essences de pétrole, ou le gaz d'huile.. .ou même le gaz à l'eau carburé au moyen d'huiles brutes ou de résidus de pétrole.

En Allemagne, c'est le benzol qui l'emporte.

Débarrasser le gaz de sa naphtaline est toujours une question pendante. En Allemagne, on opère avec succès par l'introduction de vapeur d'alcool.

La lecture de ce rapport suggère les réflexions suivantes : Production:

Le prix du gaz est et restera encore longtemps chez nous à un taux élevé ; sa fabrication y est très primitive, elle doit être coûteuse.

L'usine de production n'est pas, que nous sachions, pourvue de mécanismes réduisant la main-d'oeuvre, ni d'appareils laveurs, épurateurs, réfrigérants, construits dans les proportions usitées dans les grands établissements ; elle n'a pas d'extracteur, et cependant nous avons vu cette pompe employée dès 1857 par M. Hurson, ingénieur du gaz de Paris, notamment à l'usine de Vaugirard ; les avantages constatés par l'emploi d'extracteurs étaient ceux-ci :

1° Rendement du charbon augmenté de 1/6;

2° Conservation des cornues ;

3° Régularité dans la marche de tous les appareils laveurs, épurateurs, etc., de l'usine.

Consommation :

L'emploi des brûleurs économiques pourrait être généralisé, et pour l'éclairage de la ville on éprouve le besoin, puisque l'occasion se présente, de signaler à qui de droit l'excès de hauteur de la plupart des anciennes lanternes sur consoles; le brûleur ou papillon se trouve parfois à 5 mètres de hauteur, tandis que la position reconnue la plus rationnelle est à 3 mètres du sol.

28 janvier 1899. Pierre LAJOIE.


TOME XLÎX.


J.-B. BELANGER.


35

J.-B. BELANGER

ÎT'DO-IS'^.

Lorsque maître Carpentier, prêtre, grand clerc de la paroisse Saint-Géry à Valenciennes, baptisa le 4 avril 1790 Jean-BaptisteCharles-Joseph Bélanger, né le même jour à dix heures du malin, il ne se doutait guère que le fils légitime de CharlesAntoine-Aimé-Joseph, serrurier, et de Françoise-Josèphe Fauconnier, ferait un jour partie de la pléiade scientifique qui illustra le milieu de ce siècle. Il est fort à supposer de même que le maistre serrurier Jean-Baptiste-Laurent Honnis, oncle du nouveau-né et son parrain, qui, au moment de signer sur le registre paroissial, déclara « ne sçavoir écrire », n'eut pas davantage le pressentiment que son filleul dût plus tard, pendant plus de vingt-cinq ans, initier l'élite de la jeunesse française aux arcanes de la science, mystérieuse avant lui, de la mécanique.

A cette époque, quoique déjà fortement battues en brèche par les idées nouvelles, les maîtrises existaient encore; et dans l'esprit du père et de l'oncle de l'enfant qui venait de naître, ce dernier devait, dans la suite, continuer les traditions familiales, en exerçant le même état que ses ancêtres.

Ce fut donc dans l'atelier paternel, sis rue du Bobiniaux (1), que s'écoula la première enfance de J.-B. Bélanger. Son père avait succédé à J.-B. Honnis, et était lui-même maistre serrurier, quand survint en 1793 le siège mémorable de Valenciennes par les Autrichiens, siège où les habitants de l'héroïque cité se couvrirent de gloire. Le maistre serrurier prit une part active à la défense et y contribua jcomme chef des canonniers bourgeois. Le siège une fois levé, Charles Bélanger reprit sa vie laborieuse et modeste ; sa famille s'était accrue de plusieurs autres enfants, et certainement Jean-Baptiste dut, dès son plus jeune âge, apporter sa faible part au travail commun.

Cependant son goût pour l'étude, la profondeur de sa précoce intelligence, avaient frappé l'esprit des maîtres de l'école pri(1)

pri(1) rue porte aujourd'hui le nom de « rue de la Vieille-Poissonnerie ».


- 36 -

maire qu'il fréquentait ; aussi la Ville de Valenciennes, déjà soucieuse de se placer à la tête des cités intellectuelles de la France, résolut-elle de donner à cet enfant les moyens de compléter son instruction. Peut-être voulait-elle ainsi reconnaître, dans le fils, les services que le père venait de lui rendre; toujours est-il que Jean-Baptiste fut envoyé au collège de Douai, déjà célèbre dans toute la région, et qu'il y fut élevé aux frais de sa ville natale.

Il y était sans doute un élève brillant, car en 1808 il obtenait un premier prix de mathématiques spéciales, et la même année, à dix-huit ans, il entrait dans les premiers rangs à l'Ecole polytechnique. Circonstance curieuse, il y trouvait comme camarades Poncelet et Coriolis, qui devaient comme lui, peut-être plus encore, s'illustrer dans l'étude de la mécanique.

Il est vraiment à regretter qu'un appareil quelconque, non encore inventé à l'heure actuelle, n'ait pu enregistrer les leçons professées alors à cette école, que Napoléon Ier se plaisait à nommer sa poule aux oeufs d'or, avec des maîtres comme Monge, Laplace et Berlhollet, et des auditeurs comme Poncelet, Coriolis et Bélanger. Quel courant intellectuel entre le professeur et ses élèves, et comme ces belles intelligences devaient vibrer à l'unisson à la démonstration savante de quelque théorème inédit ou à l'exposé clair et lumineux d'une théorie nouvelle ! L'élude de la science pure procure à ses adeptes des jouissances infinies, insoupçonnées des autres hommes, et tel qui reste insensible devant la sereine beauté d'une madone de Raphaël et contemple d'un oeil froid le marbre vivant de la Vénus antique, sentira son coeur battre d'un mouvement de fièvre, à la déviation de l'aiguille d'un galvanomètre ou à l'apparition d'un point lumineux au milieu d'un cône d'ombre.

J.-B. Bélanger était doué d'un esprit plus-éclectique, et si dans son coeur la science eut toujours la meilleure part, il avait un goût très vif pour les arts, pour la musique en particulier; les beautés de la littérature ne lui étaient pas non plus indifférentes, et, au résumé, il eût pu dire avec 4e personnage de Térence :

Homo swn et nil humani a me alienum puto.

Toutefois, au vers fameux du poète latin il eût fallu ajouter un correctif, car, si tout ce qu'il y a de bien, de beau et de grand dans l'âme humaine, ne lui était pas étranger, on peut dire


qu'en revanche, il ignorait complètement ce qu'il y a en elle de mesquin et de laid.

Aussi la droiture de son caractère et la bonté de son âme lui acquirent promptemenl l'estime et l'amitié de ceux qui l'entouraient. Ses camarades de l'Ecole polytechnique, Poncelet et Coriolis, furent pour lui, pendant toute leur vie, de fidèles amis. Ils avaient cependant vaillamment lutté entre eux, car au classement de sortie, Poncelet, Coriolis et Bélanger figuraient en tête de liste et dans cet ordre.

Ce rang de troisième lui donnait le droit de choisir entre toutes les carrières dont l'Ecole polytechnique ouvre le champ. Celle des ponts et chaussées lui parut préférable, et tandis que Poncelet choisissait celle des armes où il devait parvenir aux plus hauts grades, il entrait, ainsi que Coriolis, comme élève ingénieur à l'Ecole des Ponts et Chaussées.

Sans doute il s'y distinguait encore, car trois ans après, en 1813, à sa sortie de l'école, on l'envoyait dans les Alpes tracer et construire une des routes qui relient la France à l'Italie.

Quelques années plus tard, placé auprès de M. Sartoris, commissaire des canaux du duc d'Angoulême et des Ardennes, en qualité d'ingénieur de la construction, puis de la navigation. il eut à s'occuper de diverses questions touchant l'hydrodynamique, science qui, à cette époque, n'existait qu'à l'état embryonnaire. La première théorie à laquelle il s'atlaqua fut celle des Remous, une des plus difficiles ; il la résolut cependant avec succès, à l'aide d'un nouveau procédé de calcul qui fut jugé par les plus éminents géomètres de l'époque comme très heureusement conçu et qui fit l'objet d'un mémoire important inséré dans les annales des Ponts et Chaussées.

Ce succès l'encouragea dans l'élude de celte branche spéciale dé la mécanique, et quelque temps après il modifiait, en augmentant très notablement leur rendement, les roues de côté, par l'addition d'un plan incliné à la base de chaque palette. Ces roues étaient alors les moteurs hydrauliques les plus employés, et comme, en même temps qu'il les perfectionnait, le jeune ingénieur en donnait la théorie encore inconnue, ce fut dans le monde des ingénieurs et des savants un véritable événement. En 1828 J.-B. Bélanger résumait dans un ouvrage l'ensemble de ses observations et de ses découvertes. Ce livre, intitulé :


— 38 —

n Essai sur la solution de quelques problèmes relatifs aux eaux courantes », eut un tel retentissement que le directeur général des Ponts et Chaussées en ordonna la réimpression à cause de l'utilité qu'il présentait pour tous les ingénieurs. L'auteur s'y révélait hydraulicien de premier ordre.

Deux ans plus tard, il rentrait à Paris, et tout en continuant à diriger l'exploitation des canaux qu'il avait construits ou améliorés, il étudiait avec passion tout ce qui a Irait à la science de l'ingénieur. Toutefois, à celte époque, un grand travail l'absorba pendant quelques années. Les chemins de fer n'existaient pas encore en France, car le chemin de fer houiller de Saint-Etienne n'était guère qu'une ligne d'essai, tandis qu'en Angleterre les transports par voies ferrées étaient entrés dans le domaine de la pratique et prenaient un développement considérable. Tout ce que la France comptait d'ingénieurs éminents travaillait avec ardeur celte question intéressante, et l'Etal ne manqua pas de confier à J.-B. Bélanger, de concert avec l'illustre Polonceau. l'étude d'une ligne qui devait relier Paris à la mer. Après de longs travaux, il publiait en 1837 une élude sur le chemin de fer de Paris au Havre et à Dieppe par la vallée de la Seine, et quelques années plus lard ce projet, jugé très remarquable en 1837 lors de son apparition, fut mis à exécution sans modifications d'importance.

Ces divers mémoires avaient mis en lumière le savant ingénieur, et tel était son renom, qu'avant même l'apparition de ce dernier ouvrage, l'Ecole Centrale des arts et manufactures, vieille à peine de dix ans, et déjà chercheuse infatigable de toutes les intelligences d'élite pour se les attacher, le choisit comme directeur des études.

J.-B. Bélanger n'occupa que deux ans ces délicates fonctions: en 1838, l'école perdait en M. Liouville un de ses professeurs les plus éminents, et confiait à son directeur des éludes la chaire de mécanique appliquée devenue vacanle. Personne n'était mieux préparé à celle tâche ; avec son jugement net et précis, le savant déplorait depuis longtemps l'esprit de routine qui présidait à l'enseignement des sciences appliquées. Ses premières leçons furent une révélation pour ses élèves comme poulie corps enseignant, car, se dégageant des vieilles formules empiriques, le nouveau professeur avait voulu que les futurs


— 39 -

ingénieurs connussent à fond l'analyse avant d'entreprendre l'étude théorique de la mécanique.

Mais si le maître s'était révélé à ses élèves, le professeur s'était révélé à lui-même. L'enseignement lui apparut comme une mission sacrée, et dès ce moment il y consacra sa vie. Aussi l'oeuvre de J.-B. Bélanger est-elle presque tout entière dans ses cours, et c'est pourquoi elle est inconnue des masses, qui, simplistes, ne voient et ne connaissent que les applications et leurs auteurs, sans se rendre compte de l'impérieuse nécessité de la théorie et du mérite supérieur des théoriciens. Quand dans une réunion d'ingénieurs son nom est prononcé par hasard, il évoque à peine dans l'esprit de ceux qui ne furent pas ses élèves, le souvenir déjà bien confus de la roue hydraulique et du théorème qui portent son nom. Son projet sur le chemin de fer de Paris à la mer est oublié et relégué dans les archives des ponts et chaussées ou du ministère des travaux publics. Mais si vous interrogez ses anciens élèves, dont j'ai précieusement recueilli les témoignages, ils vous diront avec quel amour leur professeur enseignait ses leçons, avec quelle bonne foi il justifiait la plus élémentaire des formules, et quelle douleur il éprouvait quand il supposait qu'un de ses auditeurs ne l'avait pas compris.

« Venez chez moi ce soir, lui disait-il invariablement, vous « dînerez avec moi et je vous expliquerai à nouveau ce que « j'ai su si mal exposer au cours, puisque vous n'avez pas « compris. » Et dès le dîner fini, il se précipitait vers son tableau noir et ne laissait partir le futur ingénieur qu'après l'avoir complètement éclairé.

Quoi d'étonnant, dans ces conditions, que les élèves d'un tel maître lui aient voué un véritable culte. Aussi l'un d'eux, et non des moindres, a-t-il voulu lui rendre un public hommage, et sur l'une des faces de la tour Eiffel, celle qui regarde la Seine, le nom de J.-B. Bélanger est-il inscrit en lettres d'or parmi les plus illustres de ce siècle.

Bien qu'excellent géomètre, Bélanger était surtout un fervent de l'analyse; il en connaissait admirablement les détours, et la jugeait seule capable d'amener sûrement au résultat. Sa méthode, purement analytique, lui valut de nombreuses critiques, de même que le principe qu'il posa le premier, de ne considérer


_ 40 —

la statique que comme un cas particulier de la dynamique, principe combattu principalement par M. Delaunay, son collègue à l'Ecole polytechnique. Néanmoins sa méthode a prévalu, et si l'on jette un coup d'oeil sur les cours de mécanique professés actuellement dans nos grandes écoles, on y trouvera bien quelques théories relativement nouvelles, mais l'ordre didactique et le fond sont les mêmes que ceux du Traité de dynamique publié par lui en 1866.

Dès le début de son professorat, J.-B. Bélanger possédait si parfaitement son cours, qu'à la fin de 1844 il remplaçait à l'Ecole des Ponts et Chaussées, dans un cours supérieur à celui de l'Ecole Centrale, le professeur de mécanique décédé presque subitement. On était alors en pleine année scolaire; sans préparation spéciale, il dut reprendre des leçons brusquement interrompues, et pendant douze ans il professa dans les deux écoles avec la même ardeur et le même dévouement.

Cependant, malgré tant de services éminents rendus à son pays, tant comme ingénieur que comme professeur, J.-B. Bélanger, à 54 ans, n'était pas encore décoré ! C'est que ce maître, qui enseignait son cours comme prêche un apôtre, était un modeste et un simple. Cette croix, qu'il méritait à tous égards, il eût fallu la demander, et lui se trouvait suffisamment payé par la reconnaissance émue de ses élèves et plus encore par la satisfaction du devoir accompli.

Un jour, cependant, et d'une façon bien bizarre, justice lui fui rendue, et voici dans quelles circonstances. Invité, en compagnie de l'illustre chimiste J.-B. Dumas, son ami"de longue date, il dînait chez un ministre. Lequel? J'avoue l'ignorer, mais ce que je sais, c'est que c'était en 1844. Pendant la soirée qui suivit, le ministre étonné regardait avec persistance la boutonnière, vierge de tout ruban, du savant. Enfin prenant J.-B. Dumas à part : «.M. Bélanger fait donc partie de l'opposition? »

— * Mais non, M. le Ministre, répondit Dumas, M. Bélanger « ne s'est jamais occupé de politique. » — « Alors, pourquoi, « invité à un dîner officiel, ne pone-l-il pas sa décoration ? »

— « En effet, c'est tout à fait étrange, il faudra que je le lui de« mande. » Questionné le soir même par son ami, J.-B. Bélanger répondit simplement : « Mais je ne suis pas décoré, et d'ailleurs je n'ai rien fait pour cela. » Quelques jours après, le


- 41 -

26 avril, son nom figurait à {'Officiel à son grand élonnemeiit. Il ne fut d'ailleurs pas le seul surpris, tout le monde étant persuadé que, par seule modestie, il ne portait pas sa décoration.

En 1851, l'Ecole Polytechnique créait un second cours de mécanique rationnelle et lui en confiait la chaire. Ainsi ce savant, à plus de 60 ans, professait simultanément dans nos trois grandes écoles nationales, et pendant près de trois années il accomplit ce lour de force. Cependant, à la fin de 1851, la limite d'âge l'avait frappé comme ingénieur en chef des ponls et chaussées, mais une décision ministérielle le maintenait en activité jusqu'en 1853.

En 1861, âgé de 71 ans, il résignait ses fondions à l'Ecole Polytechnique, peu après sa promotion au grade d'officier de la Légion.d'honneur. Puis, en 1864, il quittait sa chère Ecole Centrale, son école d'adoption et je pourrais dire de prédilection, puisqu'il y avait fait entrer, à dix-huit ans, ses deux neveux qu'il avait élevés.

Il se retira dans son élégante villa de Neuilly, où il devait terminer ses jours, suivi de l'estime et de l'affection de tous ; mais pour un homme tel que lui la retraite ne pouvait être absolue. Il profita de ses loisirs pour résumer les leçons qu'il avait professées avec tant d'autorité, et de 1862 à 1868, il publia successivement la théorie de la Résistance à la torsion et à la flexion des solides (1862), un traité de Cinématique (1864)^ et enfin son oeuvre capitale, un traité de Dynamique (1866).

J.-B. Bélanger ne fut pas membre de l'Institut. Certes, les titres ne lui manquaient pas, et son illustre camarade Poncelet disait un jour à un de ses meilleurs amis : « Pourquoi donc « Bélanger ne nous adresse-l-il pas de mémoires, nous serions « heureux de pouvoir l'appeler parmi nous. »

Plus tard , Je baron Dupin , membre de l'Académie des sciences, à l'occasion d'une pétition présentée au Sénat sur l'enseignement libre, disait de lui en faisant l'éloge de l'Ecole Centrale :

« Dans celte école s'est formé un professeur, M. Bélanger, * qui a su perfectionner l'application de l'analyse mathématique a à toutes les questions de mécanique pratique, ainsi qu'à la « théorie du mouvement des corps. Il s'est montré, dans ce « genre, un créateur qui s'est placé à côté de Poncelet, l'un des K successeurs les plus illustres de Monge et de Coulomb. Cet

TOME XLIX. 2*


— 42 —

« homme était si modeste qu'il n'avait jamais rien demandé pour « lui. Il avait dix fois mérité d'être membre de l'Institut, lors« que mes collègues de la Section de mécanique ont dit : Nous « ne devons pas laisser un tel homme, qui devrait être au milieu « de nous, rester dehors. Ils l'ont présenté, mais il n'a pas « voulu faire une seule visite, et est resté de côté, lorsque « d'autres plus actifs l'ont emporté sur une modestie qui n'est « plus de notre époque. Batlu d'une ou deux voix, il n'a pas « réclamé, il est resté solitaire à Neuilly à cultiver la géométrie « pour le seul amour de la science, comme un ancien philo« sophe de la Grèce. Il est, selon moi, un des hommes qui font « le plus d'honneur à mon pays. »

Si J.-B. Bélanger ne voulut pas, par des démarches nombreuses et répétées, briguer l'honneur de faire partie de l'Académie des sciences, il fut en 1869 l'objet d'un hommage qu'il ne songea pas à décliner. L'Ecole Centrale le rappelait dans son sein, en le nommant membre de son conseil de perfectionnement, et je crois que, malgré son grand âge, il n'était pas un des membres les moins assidus aux séances de ce grand conseil.

Du rcsle", la passion de l'enseignement ne s'était pas éteinte chez lui avec les années. Les enfants de l'école des Soeurs de Neuilly voyaient, presque chaque jour, un grand vieillard aux cheveux d'argent, à l'air modeste et bon, venir pendant des heures entières apprendre à lire aux plus petits. Touchante fin de carrière de celui qui avait reculé les bornes de la science, qui avait enseigné l'élite de la jeunesse, et qui terminait sa vie en apprenant leurs lettres aux petits enfants.

Aussi parmi ceux qui, le 11 mai 1874, suivirent les obsèques de cet honnêle homme, voyait-on se confondre avec lout ce que le monde savant comptait de plus illustre, de longues files d'enfants pauvres qui venaient prier pour leur bienfaiteur; et certes cet humble hommage dut toucher davantage l'âme sereine de l'homme de bien qui n'était plus, que tous les discours flatteurs prononcés sur sa tombe par ceux qui l'avaient connu et par conséquent l'avaient aimé.

Saint-Mandé, le 25 décembre 1898.

CH. BÉLANGER,

Ancien élève de l'École polytechnique.


— 43 -

JUS JPSl..DE ïiilieilIIK..

Ses acquisitions en 1898 (1).

PEINTURE S. BERCHEM (Nicolas), hé en 1620, mort en 1683 (école hollandaise).

— Le rendez-vous à la colonne.

(Achelé par la Ville à la vente de M. J:-B. Foucart) {±\.

CHARLES (Toussaint), né à Paris en 1792, mort en 1845.

— Grenadiers de la Garde à cheval.

(Don de Mme Gustave Grauk, née Gondoin.]

POLAR (Félix), né à Paris.

— Cigarreros.

(Envoyé par l'Etat au nom de qui celte toile a été achetée au Salon de 1896.)

POTIER (Julien), ancien professeur aux Académies de Valenciennes, né en 1776, mort en 1865.

— Télé d'étude (exécutée à Paris d'après le modèle connu

sous" le nom de Cadamour).

(Don de M. Gustave Crauk, statuaire.)

ROBERT (Hubert), né à Paris en 1733, mort en 1808.

— Vue pittoresque du Capilole (monuments en ruines, avec

figures et statue équestre d'un empereur romain) (3).

(Don de Mme Guslavo Crauk, née Gondoin.)

il) Voir, sous le même titre, les renseignements publiés dans les tomes précédents de notre Revue.

(2) Voir, dans le tome XLVIII de la Bévue, page 251.

(8). Ce tableau de maître avait été légué par Mme Hubert Robert à Jean-Charles-Nicaise Perrin, peintre d'histoire (né à Paris en 17ô4), amide Hubert Robert et bisaïeul de Mme Gustave Crauk. L'authenticité de cette toile est incontestable ; elle est d'ailleurs connue dans le monde des arts. — Mme Gustave Crauk, à qui la doit notre Musée, appartient à une véritable famille d'artistes ; elle est la petite-fille de M. Jacques Gondoin", ai'chiïECte; membre de l'Institut, et de- M.- Gîsors, architecte du Luxembourg.


AL'TEUli ■USCONINU.

— Portrait présumé de Mme Adélaïde d'Orléans, soeur de

Louis-Philippe.

(Don d& M. A. Tenance, commis principal de la Caisse des dépôts et consignations à Paris.)

DESSINS. BOILLY (Louis-Léopold), né à La Bassée en 1761. . .

— Portrait de femme, sous le premier Empire; (dessin au

crayon).

(Don de M. Gustave Crauk, statuaire.)

CAUPEAUX (J.-B.), né à Valenciennes.

— Notre-Dame du, Saint-Cordon.

(Acheté par la Ville à la vente de M. J.-B. Foueart.)

GUÉRIN (Pierre-Narcisse, baron), membre de l'Institut. •

— Album composé de treize feuillets portant des croquis à

la mine de plomb.

— Éludes sur Talma (huit dessins au crayon).

— Portrait de M™ Davio, femme du consul français de

Naples (1), croquis.

— Elude de paysage (pour fond de tableau).

(Tous ces dessins de Guérin ont été donnés au Musée par M. Gustave Crauk.)

NEEFS (Pierre), d'il le Vieux, né à Anvers en 1580 (école flamande).

— Monuments gothiques.

(Don de Mme Gustave Crauk, née Gondoin.)

PUJOL (Abcl de), né à Valenciennes, membre de l'Institut.

— Berger (élude).

— La Continence de Bayard (étude pour une grisaille décorative).

décorative).

— Femme nue (étude).

i (Ces trois dessins à la mine de plomb ont été donnés au Musée par M. Gustave Crauk.)

— L'Ignorance (élude de figure pour un plafond du Louvre).

(Don de M. Léon Fagel, statuaire ) (1) Dont M. Guérin a peint le portrait.


40

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. CODLET (A.-P.)

— Le rendez-vous à la colonne (gravure du tableau de

Nicolas Berchem ci-dessus mentionné).

(Acquis par la Ville à la vente de M. J.-Ii. Foueart )

LELEU (Alexandre), né à Vicoigne-Raismes.

— Portrait du peintre Henri Harpignies (lithographie exécutée

exécutée la peinture de Bonnal).

(Don de M. Alexandre Leleu.)

SCULPTURES. GARPEAUX (J.-B.), né à Valenciennes.

— La Sainte Alliance des peuples (bas-relief plaire) (i).

— Joseph vendu par ses frères (bas-relief bronze).

(Ces deux bas-reliefs ont été achetés par la Ville à la vente de M. J.-B. Foueart.)

DESRUELLES (Félix), né à Valenciennes.

— Pastorale (bas-relief plâtre, acquis par l'Etat au Salon

de 1897, où il a valu à son auteur le prix du Salon).

(Envoyé par l'Elat au Musée de Valenciennes) (2).

ESCOULÀ (Jean), né à Bagnèrcs-de-Bigorre.

— La Douleur (buste bronze).

(Don de M. le baron Alph. de Rothschild.i

ROLLAND (Philippe-Laurent), membre agréé de l'ancienne Académie de Paris en 1782.

— Hercule au repos (esquisse terre-cuite).

— Homère (esquisse terre-cuite).

(Dons de Mme Gustave Crauk, née Gondoin.!

(1) Voir dans le tome XLVIH de notre Revue, p. 253.

(21 C'est sur la demande de notre concitoyen M. Louis Legrand, ministre plénipotentiaire et conseiller d'Ktat, que M. le Ministre de l'instruclion publique et des beaux-arts a bien voulu attribuer cette oeuvre à notre Musée.


— 46 - UNE QUESTION D'HYGIÈNE PRATIQUE

LE CAFE A L'ATELIER

Il n'est pas nécessaire d'être hygiéniste pour savoir que l'absorption des liqueurs fortement alcooliques, surtout celles de basse qualité, est toujours nuisible à la santé; tout le monde sait également que certaines de ces liqueurs alcooliques sont d'autant plus pernicieuses à notre économie, que l'absorption s'en fait à jeun.

Il est malheureusement très regrettable de voir encore bon nombre de nos ouvriers, et j'ajouterai même de nos bons ouvriers, méconnaître les résultats toujours néfastes de cette mauvaise habitude ; pour s'en convaincre, il suffit d'assisler le malin à l'arrivée des ouvriers à l'usine, au chantier ou à l'atelier.

L'occasion, d'ailleurs, il faut bien le reconnaître, ne manque guère, et les débitants qui avoisinent nos manufactures sont vraiment trop nombreux.

Dès le petit jour dans la belle saison, et bien avant le lever du soleil en hiver, au moins une heure avant que les ouvriers arrivent à l'atelier, le débitant est à son comptoir et reçoit chaque matin la visite d'une clientèle trop assidue.

Que de deux sous inutilement dépensés ainsi, et comme o n pourrait les utiliser avec fruit on les économisant pour payer, par exemple, la cotisation d'une société de secours mutuels ou d'une caisse de retraites pour la vieillesse.

N'y aurait-il pas moyen de combattre, dans une certaine mesure, celle propension trop grande que possèdent nos ouvriers à s'intoxiquer ainsi à leur insu? D'autant plus que quelques-uns, parmi eux, ne se contentent pas de consommer sur place; il faut bien profiter de ce que le débitant vend «. à boire et à emporter ». Et ce liquide, ainsi emporté, où se boit-il? Dans l'atelier, pendant le travail.

« A l'atelier, (dit M. le docteur Courdot, de Sotteville-lesRouen, dans sa thèse suri 'A Icoolisme dans la Seine-Inférieure), le besoin de boire se fait sentir par suite de causes multiples : travail pénible exagérant la perspiration cutanée, parcelles de


_ 47 —

fer, débris de coton dans les filatures ou poussières de toutes sortes existant en abondance dans une atmosphère souvent surchauffée, odeur des huiles et des matières grasses impressionnant l'arrière-gorge, etc... ; ajoutons à cela que les eauxde-vie acres, consommées le malin, contribuent à faire naître et à augmenter le sentiment de la soif. »

Pour parer à cet inconvénient, l'usage du cidre ou du café est généralement permis par le patron, mais non pas ce mélange d'eau-dc-vie et de café, dans lequel le café entre en si petite quanlité que le liquide n'offre qu'approximativement, à l'oeil, la couleur de la dite boisson.

Le moyen de combattre ce mauvais penchant ne me paraît pas irréalisable eç/fè crois que l'industriel pourrait y parvenir.

Dans un de ses mémoires couronnés par la Société française de tempérance, M. le docteur Lallier s'exprime ainsi :

a Un repas chaud le malin est ce qui conviendrait le mieux à tout le monde.

« Une soupe, un potage, suivis d'un morceau de pain avec un fruit, du beurre, du fromage, des confitures, un verre ou deux d'eau rougie, de petite bière, de petit cidre, constitueraient un déjeuner substantiel et peu dispendieux ; c'est le déjeuner des gens de ferme, des ouvriers des campagnes; c'est avec cela qu'ils attendent facilement l'heure du dîner. Dans les centres industriels, lorsque le mari part pour son travail de très bonne heure, ou lorsque la femme va également dès le matin à l'atelier, la préparation d'un aliment chaud peut présenter quelques difficultés; il semble plus commode de prendre un verre d'eau-devie, avec ou sans pain, c'est même une excuse qu'invoquent ceux qui procèdent ainsi; mais avec un peu de bonne volonté il leur serait facile de mieux agir au point de vue de l'intérêt de leur santé et de mieux se prémunir conlre les habitudes d'intempérance. Ainsi le café noir, qui est un 1res bon aliment puisqu'il contient des matières albuminoïdes et des principes minéraux, joint à cet avantage ceux d'être agréable au goût et de ne point nécessiter de dérangement pour être pris chaud, puisque, avec une lampe à alcool et une très petite dépense, on peut, en fort peu de temps, le faire chauffer.

« L'habitude de prendre du café chaud le matin commence à se répandre dans la classe ouvrière, j'en parle sciemment, et


— 48 —

je tiens d'ouvriers qui depuis deux ans l'ont contractée, l'affirmation qu'ils s'en trouvent fort bien. L'un d'eux me disait dernièrement: « Je m'étais mis à faire comme les camarades, « c'est-à-dire à manger mon morceau de pain et de beurre et à « boire de l'eau-dc-vie, et à en boire, non seulement chez moi, « mais encore en roule avec mes compagnons de travail. Mainte« nanl je n'en bois plus et il me serait pénible de me passer de « mon café. »

L'avantage de cet aliment n'a pas échappé à M. Joseph Lefort ; aussi l'auteur de l'intéressant ouvrage récompensé par l'Académie des sciences morales et politiques et intitulé : Intempérance et misère, s'exprimc-t-il ainsi à ce sujet :

« Le café n'a pas seulement pour effet d'activer la santé, d'augmenter la dose de résistance aux influences morbides •altérant l'harmonie dans les fondions des viscères, mais il empêche encore une trop rapide déperdition dans les tissus des muscles, donne de la vigueur aux muscles et stimule le cerveau beaucoup mieux et avec moins de dangers que les liqueurs alcooliques. En Hollande, les ouvriers des docks et des ports boivent du café froid durant les chaleurs de l'été et du café chaud en hiver. Si nous buvons du genièvre, disent-ils, nous sommes paresseux, mous et slupides ; si nous buvons du café, nous faisons gaiement notre travail. L'extension de ce stimulant serait donc une excellente chose el diminuerait, nous en avons la conviction profonde, la consommation de l'eau-de-vie, par la raison que si beaucoup de gens boivent de cette dernière, c'est pour entretenir leurs forces et les surexciter en vue d'une lâche dure el. pénible, et que le plus grand nombre y renoncerait s'il pouvait trouver une boisson capable de remplacer celle dont ils sont les premiers à reconnaîlre les mauvais effets. »

Puisque le café, d'après le dire des hommes compétents en pareille matière, — et c'est surtout ce que je tenais particulièrement à établir ici d'une façon positive, — est un si bon aliment, puisqu'il est du goùl de tous, hommes, femmes et même enfants, puisqu'il est entré dans nos moeurs, pourquoi ne pas en distribuer chaque malin une lasse à tous les ouvriers? Soit gratuitement, si les frais généraux du patron peuvent supporter celle augmentation de dépenses, soit en le faisant payer aux consommateurs au prix coûtant.


— . 49 ■ -

L'idée peut paraître originale, en tout cas elle n'est pas neuve.

Déjà, dès 1866, M. A. Danzer, dans l'Industrie textile, signalait la mise en pratique de cette heureuse idée chez MM. Steinheil, Dieterlin et Cie, de Rothau (Alsace).

Dans plusieurs établissements industriels d'Allemagne, cette innovation est également entrée dans le domaine pratique et donne depuis quelques années d'excellents résultais.

J'ai pensé qu'il serait, peut-être intéressant, pour ceux que la question intéresse, de connaître ces résultats, de savoir comment peuvent se faire économiquement deux ou trois cents fasses de bon café et quel est exactement le prix coûtant de chacune d'elles ou, ce qui revient au même, du litre de café.

L'appareil, ou pour mieux m'exprimer la cafetière Dagoud, dont se servent avec succès les nombreux industriels alsaciens et allemands, se compose de deux parties bien distinctes.

La première partie, faite en cuivre étamé, munie d'un serpenlin et de deux raccords en bronze, est mise en communication avec le générafeur de l'établissement ; elle contient l'eau destinée à la confection du café.

La seconde partie, faite également en cuivre, comprend deux compartiments à deux filtres, l'un pour le marc et l'autre pour le café.

L'appareil en question se fait de toute grandeur, depuis la contenance de 50 litres jusqu'à celle de 400.

Prenons comme type d'examen la cafetière de 100 litres ; parmi les r-enseignemenls les plus complets qui ont été fournis, ceux de M. C.-G. Wilke, de Guben, me paraissent les plus intéressants à citer et les plus utiles à consulter.

Dépenses d'installation r

Un.appareil Dagoud d'une contenance de 100 litres 800 Ir.

Dépenses pour la mise en communication avec le générateur et installation de la prise d'eau. 462 »

Achat d'un brûleur pour 4 kilogs et d'un moulin à café 88 »

Achat de 10 cafetières émaillées de 12 liires chacune 69 »

Total 1.419 fr.

En établissant le prix de revient de chacune des tasses du café, distribué dans .son établissement, M. Wilke ne compte aucune


— 50 -

dépense pour la vapeur utilisée ; il en faut effectivement bien peu comparativement à celle journellement employée dans les grandes usines. L'emplacement de l'appareil Dagoud étant pour ainsi dire nul, les frais qu'il nécessite n'ont pas été non plus évalués.

Prix de revient d'un litre de café : Pour 100 litres de café, on emploie en moyenne :

910 grammes de café, à 2 marcks 50 le kilo 2f 85

170 grammes de chicorée, à 0 marck 50 le kilo 0 11

Main-d'oeuvre employée par jour, pour brûler le café, mise en marche et nettoyage de l'appareil, distribution du café dans les cafetières et des cafetières dans les pots :

5 heures d'ouvrier à 2 marcks par jour, soit 1 25

Intérêts et amortissement des dépenses d'installation : 15 %. soit par jour 0 70

4 91 d'où prix de revient du litre de café non sucré: 0 fr. 49.

Le café est distribué aux ouvriers deux fois par jour et par atelier dans des cafetières contenant chacune 12 litres ; de ces cafetières il est transvasé dans des pots d'un demi-litre, et chacun.de ces pots émaillés est à la disposition de l'ouvrier qui s'en est rendu acquéreur au prix coûtant, soit 0 fr. 50.

En 1892, pour un personnel de 504 ouvriers, il a été vendu en tout: 101.394 pois de café, soit pour 300 jours de travail: 338 pots en moyenne et par jour.

La vente journalière n'est que de 240 pots en juin; par contre, en hiver, au mois de janvier, où on boit beaucoup plus de café que de bière, elle a atteint 400 pots.

Inutile d'ajouter que l'usage de l'eau-de-vie est rigoureusement interdit dans la maison Wilke.

Dans un autre établissement, chez MM. Hausen et Cie, à Gotha, la production du café ne se fait pas aux risques et périls de la maison, ce sont au contraire les ouvriers eux-mêmes qui forment une société coopérative pour ainsi dire, au compte de laquelle les affaires sont administrées. La commission dirigeante, le conseil d'administration, si je puis m'exprimer ainsi, est uniquement composé d'ouvriers ; seul un employé rémunéré par les patrons en est le comptable.

Chez M. L. Meyer, de Popenburg, l'usage de prendre du café,


— 5-1 —

préparé toujours d'après les indications ci-dessus, est tellement entré dans les habitudes journalières du personnel de la maison, •que lorsque l'appareil Dagoud est momentanément arrêté par suite d'une cause quelconque, on fait le café dans de grandes chaudières plus ou moins appropriées à la circonstance. On ne pourrait plus se passer de café, même pendant un jour, ajoute textuellement M. L. Meyer.

Puissent ces quelques renseignements décider nos industriels français à faire, eux aussi, l'application de celte idée philanthropique dans leurs établissements respectifs. La bonne tenue de reux-ci et le bien-être de leur personnel ne peuvent qu'y gagner.

Dans les déparlements, où la consommation de l'alcool se fait sur une si grande échelle, il y a là peut-être une idée à mûrir, une bonne oeuvre à faire. H. W.

SECTION DES SCIENCES ET MANUFACTURES

DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 28 janvier 1899. Présidence oie M. Ànt. LACROIX, président. Sont présents: MM. Galionde, Gillet, Gras, Lajoie, Ridiez, Sahut.

MM. Doulriaux, président de la Société, et Henry, secrétaire général, assistent à la séance. M. Hector Weil s'est excusé de n'y pouvoir venir.

Election du Bureau. — La Section procède au renouvellement de son Bureau ; les membres sortants sont réélus à l'unanimité, savoir :

M. Ant. Lacroix, président ; MM. H. Weil et P. Lajoie, vice-présidents; M. G. Gras, secrétaire; M. A. Corsolle, secrétaire-adjoint. MM. Lacroix, Weil, Lajoie et Gras sont délégués à la Section centrale pour y représenter la Section des sciences.

Notice biographique. — M. Lacroix présente une notice consacrée à un Valenciennois, J.-B. Bélanger, fils d'un serrurier, qui, après de brillantes études, devint professeur à l'Ecole centrale des arts et manufactures eLà rEçolc polytechnique.


- ■ -

L'impression de celte notice, due à un neveu du savant, M. Em. Bélanger, est votée.

L'Alcoométrie. — M. Gras présente et la Section adopte un voeu tendant à la substitution de l'alcoométrie pondérable à l'alcoométrie volumétrique, source de conflits continuels entre la Régie et les industriels.

Chronique. — M. Lajoie lit une chronique qui donne le résumé d'un travail publié dans le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nation île, sur les derniers progrès accomplis dans l'industrie du gaz.

Séance du 20 avril 1899. Présidence de M. LACROIX, président.

Sont présents : MM. P. Lajoie, A. Richez, Gras, Gallonde. — M. Henry, secrétaire général, assiste à la séance.

Le café à l'atelier. — La Section prend connaissance d'une intéressante communication de M. Heclor Weil, sur un procédé pratique de fabrication et de distribution du calé à l'atelier ; les membres présents sont d'avis qu'il serait désirable de voir appliquer dans les ateliers ce procédé destiné à soustraire les ouvriers à l'influence néfaste de l'alcool ; M. Lacroix fait part de son intention de tenter un essai de ce genre.

La Section vole l'insertion au bulletin de la communication de M. Hector Weil.

Chronique industrielle. — Dans sa chronique habituelle, M. Lajoie fait l'historique de la question de la fumivorilé dans'le chauffage industriel ; la Section demande l'insertion de la chronique de M. Lajoie dans la Revue de la Société.

Le concours général agricole de Paris. — M. Gras donne son impression sur le dernier concours général agricole de Paris.

Il en signale les difficultés d'installation ; il n'existe à proprement parler, à Paris, aucun local spécial pour semblables expositions et concours.

M. Gras déplore ensuite que les constructeurs d'instruments agricoles de notre région se fassent surtout remarquer aux concours de Paris par leur abstention; ce fait est évidemment regrettable, ces concours étant toujours très visités.


0.3 —

SECTION CENTRALE.

Séance du 11 mars 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRÎAUX, président. Membres présents : MM. Ant. Lacroix, Em. Davaine, Alf. Brabant, Ed. Ballot, Alf. Corsolle, A. Ducloux, G. Gras, P. Hayez, P. Lajoie, Ch. Lebacqz, Legru-Raviart, d 1' A. Manouvricz, A. Richez, et V. Henry, secrétaire. Ont excusé leur absence MM. Lecal cl H. Weil.

— Le procès-verbal de la séance du 21 janvier 1899 est adopté après lecture.

Concours de 1899. — La réunion reçoit ensuite communication du compte rendu de la séance tenue le 3 février par le Comice agricole de Bouchain.

Au sujet du voeu exprimé par ce Comice (1), fendant à faire juger à Bouchain les prochains concours agricoles de l'arrondissement, M. le Président dit que ce désir se recommande à la bienveillante attention de la Section centrale, niais il rappelle que, suivant la règle adoptée il ne doit point y avoir de concours avec fête avant l'année 1900.

Concours d'animaux gras à Saint-Amand. — M. Emile Davaine indique que la Commission chargée d'organiser à SainlAmand, pour le dimanche des Rameaux, un concours de veaux gras, a décidé d'offrir aussi des récompenses pour d'autres variétés d'animaux de boucherie, et il s'assure que la Section centrale n'y voit pas d'inconvénient.

Concours de tenue de ferme en 1899. — M, le Président fail savoir qu'il n'a reçu qu'une inscription pour les concours de tenue de ferme en 1899, bien que la date assignée aux candidats pour donner leur nom soit dépassée.

La Section proroge au 15 mai le terme du délai d'inscription, et charge son Bureau d'en informer par la voie de la presse les cultivateurs des cantons de Denain et de Saint-Amand-rive-gauche.

Analyse chimique des échantillons de terre. — M. le Président expose que, suivant le mandat que lui avait donné à la fin de

(1) Voir ci-avant, page 26.


- U -

l'année dernière la Section centrale (1), il a écrit à MM. les Chimistes de Valenciennes pour leur demander s'ils pouvaient effectuer, au profit des membres de la Société d'agriculture et de ceux du Syndicat des cultivateurs de l'arrondissement, l'analyse des échantillons de terre moyennant une indemnité de 2 francs par élément à déterminer et de 8 franesau total.

M. le Président donne connaissance à la réunion des réponses qu'il a reçues. Toutes s'accordent, sauf une exception, à déclarer que la rémunération offerte ne correspond aucunement aux débours et à la perte de temps nécessités par l'analyse dont il s'agit. Nonobstant, M. Emile Dumesrel a donné en ces termes son acquiescement aux propositions de la Société :

« Valenciennes, le 21 février 1899. « Monsieur le Président,

«... C'est avec plaisir que je réponds à votre lettre en vous disant que j'accepte vos conditions, heureux que je serais si vous pouviez faire entrer dans les moeurs des cultivateurs de bien se rendre compte de la valeur de leur terrain, point de départ d'une culture raisonnée. Pour bien vous montrer l'intérêt que je porte à la culture, je consens aux conditions ci-dessous : 2 francs par élément comme vous le désirez, et 7 francs pour les quatre éléments à doser dans le même échantillon.

« Je vous prie d'agréer, etc. E. DUMESREL,

« chimiste, rue deCondé, 72. »

La Section est d'avis qu'elle ne peut qu'accepter l'offre de M. Dumesrel, en le remerciant.

Le Bureau est chargé de le faire connaître aux membres de la Société d'agriculture, ainsi qu'à M. le Président du Syndicat des cultivateurs.

Le régime des alcools dénaturés. — M. le Président appelle l'attention de la réunion sur les nouveaux efforts qui sont, actuellement faits de toutes parts, à l'effet d'obtenir un dégrèvement plus complet des alcools dénaturés, et surtout une simplification des formalités qui mettent obstacle au commerce de ce produit. Il propose à la Société de Valenciennes d'insister elle aussi sur cette question auprès des Pouvoirs publics, en appuyant

(1) Voir dans le tome XLVIII de la Revue de la Société, page 282.


— 65 -

les voeux formulés par la Société nationale d'encouragertietit à l'agriculture dans sa séance du 3 mars. Ces voeux tendent :

1° A ce que l'alcool industriellement employé soit dégrevé de tout droit ;

2° A ce que la circulation et la vente de l'alcool dénaturé soient affranchies des entraves qui les paralysent aujourd'hui : il importe de remplacer par une répression sévère de la fraude ces dommageables mesures de précaution ;

3° A ce qu'il soit substitué au méthylène, pour la dénaturalion de l'alcool, un produit moins coûteux ;

4° A ce qu'il soit admis en principe que l'alcool peut être dénaturé à tous degrés, suivant les exigences des différents usages auxquels on le destine.

Ces voeux sont adoptés par la Section centrale (1).

Les droits de douane sur la graine de betteraves.— M. le Président indique qu'une nouvelle proposition de loi tendant à porter de 30 à 60 francs le droit de douane imposé à la graine de betteraves étrangère, a été présenté à la Chambre des députés le 25 janvier par MM. Debève, Raoul des Rotours, Jean Plichon, et quelques-uns de leurs collègues. Il rappelle que la Société d'agriculture de Valenciennes s'est prononcée déjà, les 27 mars 1897 et 26 septembre 1898 contre un tel relèvement (2), et propose de renouveler auprès de M. le Ministre de l'agriculture ses précédentes protestations à ce sujet.

La réunion, à la majorité des voix, donne son assentiment à celte proposition (3).

(1) M. le Ministre de l'agriculture, auxquels ces voeux ont été adressés, en a accusé réception à M. le Président de la Société sous la date du 18 avril.

, (2) Voir tome XLVII de la Revue, page 34, et tome XLVIII, page 188.

(3) M. le Président de la Société d'agriculture de Valenciennes ayant écrit en conséquence à M; le Ministre de l'agriculture, en a reçu la réponse suivante :

MINISTÈRE « Paris, le 13 avril 1899.

DE L'AGRICULTURE.

« Monsieur, vous m'avez transmis la protestation de la Société nationale d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, renouvelant le voeu qu'elle a déjà émis pour demander le maintien pur et simple des droits de douane existant actuellement sur les graines de betteraves.

« J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre communication dont il a été pris bonne note.

« Recevez, Monsieur, etc. •< Le Ministre de l'agriculture,

« VICER. »


yfo —-

•Bibliothèque de la Société.— An nom de M. A. Richez, bibliothécaire, qui a élé obligé de quitter la séance quelques instants auparavant, M. le Président expose que les locaux de la Société ne présentent plus le moindre emplacement disponible où puissent être classés les ouvrages sans cesse envoyés par les Ministères, les Associations agricoles et les Sociétés savantes de France .el de l'étranger. M. Richez veut bien offrir à la Société, à titre de complaisance purement gracieuse, d'ajouter une salle à l'appartement qu'elle lui a pris à bail rue de Lille, n° 71. Mais il conviendrait, pour tirer utilement parti de cette salle, de la munir de rayons destinés à supporter les livres. M. le Président demande à la Section d'ouvrir à cet effet un crédit à son Bureau.

La Section fait droit à la demande et fixe à 250 francs le crédit souhaité.

• Diplôme de la Société. — Médaille offerte à son auteur, M. Richez.—II. le Président demande à la Section centrale de ratifier un voeu de la Section d'histoire et d'art, qui désire voir la Société offrir à M. Alfred Richez un témoignage de gratitude ; M. Richez en effet, à la suite de tentatives peu satisfaisantes faites d'autre part, vient de dessiner un nouveau modèle de diplôme pour les concours delà Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes ; sa composition a été adoptée avec satisfaction par la Commission spéciale chargée de renouveler le type des anciens diplômes ; elle lui a du resie coûté beaucoup de temps et de soins; =la Section d'histoire et d'art propose en conséquence de décerner une médaille d'or à M. Richez.

La réunion souscrit à l'unanimité à cette proposition.

— L'ordre du jour étant épuisé, et aucun des membres de la réunion ne demandant la parole, M. le Président lève la séance.

ATIS.

Analyses de terres.

Ceux de MM. les Membres de la SociéLé d'agriculture, sciences el arts de l'arrondissement de Valenciennes qui désirent profiler de l'offre de M. Emile Dumesrel, chimiste en la dite ville (rue de Condé, n°72), pour soumettre des échantillons de terre a une analyse (1), peuvenL réclamer ù cet effet au Secrétariat de la Société (Hôtel de Ville de Valenciennes) une attestation certifiant qu'ils en l'ont par lie.

(1) Voir ci-avant, page 54.


- 57 — EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900

(Nous reproduisons ci-dessous, à titre de document, la lettre qui a été adressée aux principaux cultivateurs de l'arrondissement, conformément à l'avis de la Commission chargée de préparer la participation de la Société d'agriculture de Valenciennes à l'Exposition universelle de 1900 :)

« Valenciennes, le 20 mars 1899. «M...

« La Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes a décidé de prendre part à l'Exposition universelle de 1900, où elle fera figurer les produits agricoles de sa circonscription.

« Elle espère que vous voudrez bien lui prêter à cet effet votre concours, en mettant à sa disposition des échantillons des récoltes les plus remarquables que vous obtiendrez celte année.

« Si vous acquiescez à cette demande, nous vous prions de nous indiquer le plus tôt possible, sur la feuille ci-contre (que vous n'aurez qu'à nous retourner après l'avoir remplie), les variétés des diverses plantes cultivées par vous et dont vous êtes disposé à nous soumettre des spécimens.

« Les échantillons qui seront choisis porteront, à l'Exposition de 1900, les noms des cultivateurs qui les auront fournis.

« Si nous recevons de vous, comme nous le souhaitons, une réponse favorable, nous vous adresserons sous peu de temps les explications utiles sur la manière dont les dits échantillons devront être prélevés.

« Au surplus, si vous désirez concourir personnellement pour les récompenses à décerner aux différents produits agricoles, vous le pouvez tout en exposant sous les auspices de notre Société. Mais en ce cas il est nécessaire que vous nous en avisiez avant le 30 mars, terme de rigueur, en nous indiquant très exactement les produits que vous voulez présenter aux jurys de l'Exposition, et l'emplacement dont vous avez besoin pour les exposer,

a Veuillez agréer, M , nos salutations empressées.

« Pour le Bureau de la Société,

a Le Président,

» Aug. DOUTRIAUX. »


- 58 -

Questionnaire.

« Quelles sont les variétés des plantes agricoles ci-dessous désignées, dont M est disposé à livrer à la Société d'agriculture de Valenciennes, après la récolte de 1899, des échantillons, pour être exposés à l'Exposition universelle de 1900?

« Blés, avoines, seigles, orges, hivernages, féverolles, luzernes, trèfles, lins, chanvres, plantes oléagineuses, plantes médicinales, betteraves à sucre, betteraves de distillerie, betteraves fourragères, pommes de terre, chicorées à café. »

CONCOURS D'ANIMAUX GRAS

A SAINT-AMAND (20 mars 1899)

Le concours d'animaux gras organisé par le Comice agricole de Saint-Amand (1), a été annoncé dans la circonscription de ce Comice par une affiche ainsi formulée :

Société nationale d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes.

COMICE DE SAINT-AMAND.

Concours d'animaux gras.

« Le Comice agricole, désireux d'encourager la production et « l'engraissement des animaux de l'espèce bovine dans les deux « cantons de Saint-A.ro.and, a décidé d'organiser un concours « auquel seront attribuées les médailles el primes ci-dessous:

Boeufs.

« lfr prix : Médaille d'argent el 50 francs ; 2e prix : Médaille a de bronze et 25 francs.

Taureaux.

« 1er prix : Médaille d'argent et 50 francs ; 2" prix : Médaille « de bronze et 25 francs.

(1) Voir ci-devant, pages 21 et 53.


- 59 ' —

Femelles. « lor prix : Médaille d'argent et 50 francs ; 2' prix : Médaille « de bronze et 25 francs.

Veaux. « 1er prix : Médaille de vermeil et 50 francs ; 2e prix : « Médaille d'argent et 45 francs ; 3e prix : Médaille de bronze et

* 35 francs ; 4e prix : Médaille de bronze et 25 francs ; 5* prix : « Médaille de bronze et 20 francs ; 6e prix : Médaille de bronze s et 15 francs ; 7e prix : Médaille de bronze et 10 francs ; 8e prix : « Médaille de bronze et 10 francs ; 9e prix : Médaille de bronze « et 5 francs ; 10e prix : Médaille de bronze et 5 francs ; 1 Ie prix : « Médaille de bronze et 5 francs ; 12e prix : Médaille de bronze « et 5 francs.

« Les animaux devront être rendus à dix heures précises du « matin sur la grande place de Saint-Amand, ils seront visités à « leur arrivée par un vétérinaire commis à cet effet.

« Les exposants qui désirent prendre part au concours de « boeufs, taureaux et femelles, devront justifier, par un certificat « de bonne forme, que les animaux sont en leur possession de*

de* trois mois au moins,

« Les opérations du jury commenceront à onze heures précises.

« La'distribution des médailles et des primes aura lieu publi« quement à l'Hôtel de Ville, à l'issue du concours.

« Des plaques et diplômes seront distribués aux lauréats.

« Les inscriptions seront reçues, à dater du itr mars, chez le « Secrétaire du Comice, 19, rue Thiers, à Saint-Amand.

« Fait et arrêté en séance, le 24 février 1899.

« Le Vice-Président, « Le Président,

« Nestor BULTEAU. « Kmile DAVAINE,

« Conseiller général.

« Le Trésorier, «-Le Secrétaire,

« Alfred MÉRIAUX. « LEGRU-RAVIART. »

Le temps n'a guère favorisé le concours; mais, malgré un ciel couvert, une atmosphère humide et froide, un vent fâcheux, ni les exposants ni les visiteurs n'ont manqué sur la grande place de Saint-Amand.

Le jury par lequel onl été examinés les animaux présentés se


- 60 -

composait de M. Cl. Coquelle, président de la Société des agriculteurs du Nord et vice-président de la Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes, M. Polie, conseiller général d'Haubourdin, vice-président de la Société des agriculteurs du Nord, M. Boucly, président du Syndicat de la boucherie de Valenciennes, M. Laden, agriculteur, et M. Cloart, éleveur à Mouchin.

Vers midi, sont arrivés à Saint-Amand M. Milleleau, souspréfet de l'arrondissement, el M. Aug. Doulriaux, président de la Société d'agriculture de Valenciennes. Reçus par M. Emile Davaine, président du Comice agricole de Saint-Amand, et par M. Raviart, premier adjoint remplaçant le maire absent, ils ont avec eux parcouru l'emplacement du concours.

Pendant ce temps, se faisait entendre la Musique municipale de Saint-Amand, qui avait bien voulu contribuer ainsi à la fête.

Les opérations du jury terminées, la distribution des récompenses a eu lieu dans le salon de l'Hôtel de Ville.

Les prix ont été remis aux lauréats par M. le Sous-Préfet, entouré de MM. Doutriaux, président de la Société d'agriculture, Emile Davaine, président du Comice, F. Lepez, député, Raviart, adjoint, etc.

Ces prix avaient été décernés par le jury comme il suit :

Pour les taureaux :

i" prix : à M. Dejeange, agriculteur à Maulde. '2e — à M. Plumecocq Alexandre, de Raismes.

Pour les boeufs :

l" prix : à M. Vaillant-Delerue, boucher à Saint-Amand, pour un boeuf de race normande nourri chez M. Nestor Bulleau, agriculteur à Rumegies.

2e prix : à M. Vaillant-Delerue, pour un boeuf de race normande nourri chez M. Nestor Bulteau.

Pour les femelles: 1" prix : à M. Gavelle-Deneux, boucher à Saint-Amand. 2e — à M. Gavelle-Deneux.

Pour les veaux : 1" prix : à M. Vaillant-Delerue, boucher à Saint-Amand. 2° — à M. Gavelie-DeneuXj boucher à Saint-Amand.


— é'i -

3* prix : à M. Roulez Jules, boucher à Saint-Amand.

4e — à M. Vaillant-Delerue.

5e — à M. Vaillant-Delerue.

6" — à M. Vaillant-Delerue.

7e -- à M. Roulez Jules.

8e — à M. Roulez Jules.

9e — à M. Vaillant-Delerue.

10e — à M. Vaillant-Delerue.

11e — a M. Roulez Jules.

12a — à M. Roulez Jules.

Pour les plus remarquables bandes d'animaux : 1er prix (médaille de vermeil) : à M. Vaillant-Delerue. 2* — (médaille d'argent : à M. Roulez Jules.

, CHRONIQUE AGRICOLE.

LE RÉGIME DES ALCOOLS DÉNATURÉS.

La question de la dénaluration de l'alcool est venue incidemment devant la Chambre des députés, dans sa séance du 29 mars, à l'occasion du vote de la loi de finances pour 1899.

Sous forme d'amendemerit de cette loi, M. Dansette et plusieurs de ses collègues demandaient : la réduction à 25 centimes du droit de dénaluration déjà ramené à 3 francs et la simplification des nombreuses formalités imposées aux industriels par le règlement d'administration.publique du 1er juin 1898.

Le Gouvernement a repoussé le dégrèvement demandé; mais, à la suite d'un débat auquel ont pris part MM. Georges Graux» . Plichon et Dansette, il a consenti à l'adoption d'un article additionnel que la Chambre a volé et qui est ainsi conçu :

« Par dérogation aux dispositions du premier paragraphe, 2° de l'article 4 de la loi du 16 décembre 1897, les débitants qui ne font pas de vente à d'autres débitants sont dispensés d'inscrire leur livraison sur un registre spécial. »

D'un autre côté, le Commissaire du Gouvernement a annoncé que l'Administration allait suspendre dès maintenant, à titre provisoire, le fonctionnement des «bons de commande», et


— 62 —

rechercher les moyens d'arriver à leur suppression définitive en les remplaçant par des garanties équivalentes.

Comme l'ont fait remarquer les signataires de l'amendement de M. Dansette, ces mesures ne constituent, pour les dénaturateurs d'alcool et pour la culture betteravière, qu'une satisfaction très incomplète. Ils se sont bornés à en prendre acte, en se réservant de revenir sur la question et en maintenant toutes leurs demandes. Nous en faisons autant.

LES PERTES D AMMONIAQUE DU FUMIER.

L'Académie des sciences a entendu, il y a quelque temps, une communication de M. Dehérain sur les pertes d'ammoniaque qui accompagnent la fabrication du fumier.

Ces pertes résultent, de la dissociation du carbonate d'ammoniaque, qui a pour effet de mettre en liberté d'abord l'acide carbonique, ensuite l'ammoniaque, de telle sorte que c'est le départ de l'acide carbonique qui règle celui de l'ammoniaque, ainsi que l'ont établi MM. Berthelot et André.

Cette dissociation ne se produit pas dans une atmosphère d'acide carbonique; aussi, lorsque le fumier est bien tassé sur la plateforme el fréquemment arrosé, la fermentation y est très active ; l'atmosphère intérieure est très chargée d'acide carbonique et on ne conslale aucun dégagement d'ammoniaque. Il en est autrement dans les étables, el c'est là que se produisent les pertes quand les litières salies séjournent sous les animaux. Pour les éviter, M. Dehérain conseille d'enlever les litières tous les jours pour les conduire à la plateforme ; on écartera alors la déperdition de l'ammoniaque, car la fermentation ne commencera à se produire que lorsque les litières seront déjà recouvertes et par suite plongées dans une atmosphère d'acide carbonique.

Toutefois, — ajoute-t-il, — si les litières ne sont pas abondantes, une partie des urines s'écoule dans les rigoles ; elles ne doivent pas y rester ; il faut laver à grande eau et diriger les liquides vers la fosse à purin où arrivent également les égouttements du fumier.

Ce purin est recuilli dans une fosse qui communique avec l'air; l'atmosphère renferme de l'acide carbonique, mais pas d'ammoniaque. Si même on fait passer un courant d'air au ira-


— 63 —

vers du purin pendant plusieurs jours, et que l'on analyse l'air qui a barboté dans le liquide, on y trouve de l'acide carbonique et pas d'ammoniaque.

En comparant la composition du purin, après le passage de l'air, à ce qu'elle était au début, on trouve que l'ammoniaque n'a pas varié, mais que l'acide carbonique a augmenté ; la combustion de la matière organique, y est donc constante et l'excès d'acide carbonique formé empêche la déperdition de l'ammoniaque.

Si, dans beaucoup d'exploitations bien tenues, on change très souvent les litières dans les étables ou les écuries, on ne cure au contraire les bergeries qu'à de longs intervalles, une fois par mois par exemple ; c'est là une habitude à laquelle il faudra renoncer; elle entraîne des pertes d'ammoniaque considérables et exerce souvent une influence fâcheuse sur la santé des animaux.

M. Dehérain formule en ces termes les règles à suivre pour éviter les perles d'ammoniaque pendant la fabrication du fumier :

1° Conduire les litières salies sur la plateforme le plus souvent possible : tous les jours par exemple ;

2° Laver les rigoles de façon à ne pas y laisser séjourner les urines ;

8° Arroser souvent le fumier avec le purin, de façon à y déterminer une fermentation active ; la production constante de l'acide carbonique dans la masse bien tassée s'oppose absolument à la diffusion de l'ammoniaque.

« «s AVORTEMENT ÉPIZOOTIQUE DES VACHES.

M. J. Génin a communiqué en 1896 à la Société nationale d'agriculture, le résultat d'un essai de traitement de l'avortement épizootique par des injections sous-cutanées d'eau phéniquée à 2 pour 100. A ce moment la durée de celte expérience n'avait encore été que de six mois, période pendant la dernière moitié de laquelle on n'a plus fait d'injections. Il n'y avait plus eu alors aucun cas nouveau d'ayortement, dans une étable où il y avait eu 40 cas sur une population bovine de 70 vaches laitières, soit 12 pour 100 environ du nombre des naissances.

M. Génin tient aujourd'hui à confirmer la réussite de celle


— 64 —

méthode de traitement. Pendant ces trois dernières années, il n'a jamais plus eu un seul avortement.

Il considère que l'eau phéniquée a été la cause de la disparition de Tépizootie, car, auparavant, les désinfections journalières des étables et des animaux faites pendant vingt-cinq mois avec plus grand soin n'avaient produit aucun ralentissement dans la marche du mal.

Après les injections d'eau phéniquée, des vaches qui avaient avorté jusqu'à trois fois ont ensuite accouché normalement.

Celle méthode paraît bonne à essayer; car cette épizootie cause plus de perles qu'on ne le pense. Dans certains cas, on arrivera à un bon résultat; de plus, les injections sous-cutanées d'eau phéniquée sont d'un emploi si facile, que tout le monde peut aisément les pratiquer.

PROTECTION DES ANIMAUX DE TRAVAIL CONTRE LES MOUCHES.

Nous lisons dans le Journal d'agriculture pratique :

Au moment des grandes chaleurs et avant l'automne, il n'est peut-être pas inutile de rappeler aux cultivateurs comment on peut facilement proléger les animaux contre les piqûres des taons et autres mouches au moyen de l'huile ou plutôt de la graisse de laurier :

Faire bouillir, pendant cinq minutes, une bonne poignée de feuilles de laurier dans 1 kilogr. de saindoux.

Il suffit ensuite de graisser un chiffon de drap avec ce saindoux et de frotter dans le sens du poil tout le corps du cheval ou du boeuf, au moment de le mener au travail.

Depuis longtemps j'emploie ce moyen, au grand' avantage de mes chevaux de labour qui exécutent tranquillement leurs deux séances de travail chaque jour.

Si je monte en voiture, mon cheval est frotté avant d'être harnaché; pas un taon, pas une mouche n'osent le piquer.

On rapporte qu'à Strasbourg, les bouchers graissent tous les matins la muraille autour de toules les portes et fenêtres de leur étal, et que pas une mouche n'ose pénétrer dans l'intérieur. Une serait pas difficile de vérifier le fait. (Comte de Saint-Marsault. agriculteur,)


— 65 —

CHARLES EISEN

Jal, dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, a démontré que Charles-Joseph-Dominique Eisen, le graveur, était né Français., puisqu'il naquit à Valenciennes et y fut baptisé le 17 août 1720.

Fils de François Eisen et de Marie-Marguerite Gainse, ii habitait et travaillait à Paris à la fin de 1742 ; il y épousa, l'année suivante, croit-on, Anne Aubert, de treize ans plus âgée que lui. Ils eurent cinq enfants, dont deux filles.

Deux fils seulement survécurent à leur père : ChristopheCharles et Jacques-Philippe.

Le premier, maître peintre à Paris, et le second, peintre et doreur à Caen, tous deux assistèrent, dit Jal, à l'apposition du scellé qui eut lieu aux domiciles de leur père, après le 4 janvier 1778, jour du décès de Charles Eisen (à Bruxelles). C'est des domiciles de-Paris, bien entendu, que Jal veut parler.

L'époque et le lieu de ce décès sont connus des biographes, qui se sont cententés de dire qu'Eisen mourut dans un état voisin de l'indigence.

Jal fait connaître ensuite le procès-verbal de l'apposition du scellé et une lettre jointe à celle pièce, qui sont déposés.aux archives de l'Empire.

Il établit''qu'en 1777, Eisen se rendit à Bruxelles, non pour ses affaires, ainsi que le déclare sa pauvre femme, Anne Aubert, «qui se montra fort réservée», mais pour quitter cette digne compagne qu'il avait abandonnée depuis longtemps déjà, pour vivre à Paris avec Marie-Charlotte Martin, demeurant rue SaintHyacinthe, et veuve d'un sieur René du Coudray.

Eisen habitait donc Bruxelles, de 1777 à 1778, où il s'était établi chez un quincaillier nommé Jean-Jacques Clause, rue au Beurre, où il meubla une chambre.

* Lue par M. Albert Jacquot à la Réunion des sociétés des beaux-arts des départements, dans l'hémicycle de l'Ecole des beaux-arts, à Paris, le \% août 1898, cette notice est extraite du Recueil des mémoires publiés, à la suite du dit congrès, parles soins du Ministère de l'instruction publique.

TOME XLIX. 5


- 66 —

La lettre de Clause, adressée à madame « Saint-Martin » (c'est ainsi que Eisen faisait nommer celte femme), expose bien qu'il lui doit une somme de 376 florins, 752 livres en argent de France. Nous n'analyserons pas celle lettre que tout le monde peut lire dans l'intéressant ouvrage de Jal, lettre dans laquelle il ose réclamer l'envoi de l'argent sur ce que la vente du mobilier de Paris peut produire, car il estime que celui qui garnit la chambre d'Eisen à Bruxelles, ainsi que sa bibliothèque, ne lui payeront pas la moitié de ce qui lui esl dû.

Or, ce que Jal, et ce que tout le monde ignore jusqu'ici, c'est que cette bibliothèque, comme l'appelle le propriétaire quincaillier Clause, renfermait une collection des oeuvres du maître, collection dont ce Clause connaissait 11 valeur et que, par une ruse déloyale, ce Clause s'élait fait adjuger.

Nous avons eu la bonne fortune de retrouver, dans les archives de Belgique, un document qui jette un jour nouveau sur celle question. Nous nous empressons de le transcrire; son importance el sa ncllclé nous dispensent d'y ajouter aucun commentaire.

C'est d'abord la déposition de Jansens, peintre et doreur de Bruxelles, puis la décision prise par les magistrats contre ledit Clause (1).

« J.-J. Jansens, peintre et doreur, demeurant en cette ville, « expose qu'il est parvenu à sa connoissance: Charles Eisen, « dessinateur célèbre, est mort à Bruxelles le 4 janvier 1778. « L'on croit qu'il avoil femme et enfans à Paris. Il éloit logé ici « chez le nommé Clause, marchand quincailler, près de Si-Nicolas, « de qui l'on lient les circonstances suivantes relativement à la « vente qui s'est faile le 10 dudil mois l'après dîner dans la « maison du Si-Esprit, de tous les effets, habits, linges, objets « el surtout de plusieurs dessins de prix délaissés par ledit Eisen.

« Ledit Clause, entrant dans un endroit public, le samedi « 10 janvier, .vers les six heures du soir, y débita pour nouvelle « en présence de nombre personnes, qu'il venoit d'avoir fait un « bon coup, qu'il avoil gagné de quoi faire une nouvelle façade « à sa maison, qu'il éloit devenu propriétaire de tous les dessins « el ouvrages que le célèbre Eisen avoit délaissés ; qu'il étoit

(i) « Bruxelles.— Socrétairerie d'u'lat et de Guerre. » — Registre 573°, fol. 154.


— 67 —

« parvenu à se procurer ces desseins au moien d'une permission « qu'il avoit obtenue du Mag 4 de Bruxelles, par le canal de « l'Echevin Dux pour faire vendre tous ces effets à son profit; « que cette vente s'étoit effectuée la mesme après dîner dans la « maison du St-Esprit, et qu'il s'y étoit trouvé peu de monde, « que pour avoir les desseins à bon compte, il avoit eu. soin de les « arranger à sa façon chez lui dans les différens portefeuilles qui « les conlenoient, qu'il avoit commencé par faire mettre en vente « le plus beau de ces desseins, représentant la Séduction, sur « lequel ainsy que sur les autres il avoit été le seul enchérisseur, « parceque aucun de ceux qui étoient présent à la vente, la plu« part fripiers, ne connoissoienl pas ces sortes de choses ; qu'il « avoit ce beau dessein de la Séduction, pour dix-sept florins et « qu'il ne le donnerait pas pour six cent, qu'il avoil également « tous les autres ouvrages d'Eisen pour lesquels il feroit bien son « compte, qu'il étoit d'intention de faire annoncer dans les feuilles « publiques que ceux qui voudraient acheter de ces ouvrages « pourraient s'adresser chez lui, qu'afin de pouvoir plus facile« ment parvenir à obtenir seul à la vente tous ces desseins « il n'avoit prévenu personne que cette vente devoit se faire, que « cependant quelques jours avant, le valet de chambre de Mgr le « duc d'Urzel étoit venu de la part de son maître lui demander « quand cette vente se feroit pareequ'il désirait beaucoup d'y faire « quelqu'empletie, que lui, Clause avoit répondu qu'elle ne se « feroit pas de sitôt, qu'il devoit auparavant écrire à Paris, que « M. le Comte de Cuypers désirerait d'avoir la Tabatière d'Eisen, « sur laquelle il y avoit un dessein, avoit aussi fait demander « chez lui quand cette vente se feroit, en le priant de vouloir « acheter pour luy, Comfe de Cuypers, celte tabatière à tel prix « qu'elle pourrait se vendre. Quelques personnes de la Compagnie « indignées d'un tel procédé, observèrent à Clause qu'il n'étoit « pas permis d'agir ainsi, vu que tous les amateurs de desseins « attendoient avec impatience celle vente el que lui-même d'ail« leurs devoit être intéressé à la faire valoir le plus que possible « afin d'être payé des prétentions qu'if avoit à la charge d'Eisen, « et en même tems tenue pour acquitter les prétentions des « autres créanciers qu'Eisen avoit; surquoy Clause dit qu'il ne « s'inquiétoit pas des autres, que lou! l'argent que l'on avoit fait « de vente ne suffirait pas encore pour sa seule prétention et qu'il


— 68 —

<? croioit d'autant plus cette vente faite en règle qu'elle avoit été « annoncée par le Belleman dans la paroisse de St-Nicolas le « matin même du jour de la vente. »

Suivent les conclusions el les décisions des magistrats : les voici: « Parler du préjudice pour les autres créanciers d'Eisen. « Tromper l'attente des amateurs de dessein, flétrissure pour la « mémoire d'Eisen. On a surpris la religion du Mag* ou d'un de « ses membres pour obtenir la promesse de faire cette vente « précipitée et obreplive et clandestine en cellant sans doute « qu'entre les hardes, linges, etc., il y avoit les desseins de prix.

« Conclure à ce que la permission du Mag' soit déclarée nulle « comme urb. el obreplivemenl abvenue, el par conséquent ullé« rieure la vente qui s'en est suivie également nulle et comme « non avenue. Ordre à Clause sans dire expurgation de remettre « au Curateur que le Conseil trouvera bon de dénommer pour la « créance d'Eisen, généralement tous les desseins, ouvrages et « d'autres effets qu'il a obtenus à celte vente ou qui se sont trouvés « dans sa maison, lors de la mon d'Eisen, pour le lout être revendu « de nouveau après préallables affichés, el avis dans les feuilles « publiques comme il esl de règle el convenable dans un cas parti liculicr tel que celui où il s'agit de l'ouvrage d'un artiste célèbre « qui ont un prix indéfini.

« Pour sûreté des créanciers demander provisionnellement périt mission d'arrêt sur les desseins de la vente entre les mains du « vendeur public. El à ce que Clause soil condamné à tous frais, a dommages et intérêts résultés et à résulter de celte poursuite.

« Demander provisionnellement que Clause ait à consigner au e devans les vingt quatre heures, lout ce qu'il a obtenu à celte « vente. »

On consultera avec intérêt la nolice que M. Jules Guiffrey consacre à Charles Eisen dans le tome VI, 12e volume des Nouvelles Archives de l'art français (1).

Celle nolice ajoute un intérêt de plus et se lie ai) fait que nous relevons ; elle reproduit le certificat d'inhumation de Charles Eisen au cimetière de Sainle-Gudule, à Bruxelles, donnant ainsi la date exacte du décès du graveur, le 4 janvier 1778, « chez le

(1) 2e série, t. VI, 12e vol. de la collection, publiée par Jules Guiffrey, 1771-1790. Paris, Charavay.


— 69 —

« Sr J.-J. Clause, marchand quincailler, demeurant rue au « Beurre et inhumé le 6 du même mois ».

Celte notice contient également le curieux procès-verbal d'apposition de scellé, à Paris, en date du 13 janvier 1778, dans lequel M. Guiffrey fait remarquer le nom du graveur Pafasse (1), que Jal avait lu Palusse et qui demeurait rue du Plâtre-Saint-Jacques, celui du S. Jean-Baptiste Roger, professeur de musique à Paris, rue Beaubourg, tuteur de d"e Aimé-Justine Roger, sa fille, et de demoiselle Catherine-Justine Eisen, son épouse.

M. Jules Guiffrey a publié aussi une série de pièces sur Charles Eisen, émanant des archives des Commissaires auGhàtelet (2).

Albert JACQUOT,

Correspondant, à Nancy, du Comité des sociétés des beaux-arts des dépo.rtements.

SECTION D'HISTOIRE ET D'ART

DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 27 janvier 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX, président. Membres présents : MM. Brouillard, Copin, André Doutriaux, V. Henry, Lajoie, Marlière, Henri Namur, Richez,'Ab.Thiroux. Excusés : MM. Ed. Billiel, J. Delsarl, Ch. Lebacqz.

Exposition de 1900 : circulaire ministérielle. — M. le Président communique à la Section une circulaire de M. le Ministre de l'instruction publique, relative à la participation éventuelle des sociétés savantes à l'Exposition universelle de 1900.

Lettre de M. C. Moijaux. — M. le Président donne lecture d'une lettre écrite le 26 novembre 1898 par M. C. Moyaux pour remercier la Société de la sympathie qu'elle lui a témoignée à l'occasion de son élection comme membre de l'Institut.

Inventaire des archives de Condé et de Valenciennes. — M. Alfred Richez signale à la Section la récente publication de l'inventaire des archives de Condé, dressé par M. M. Hénault.

M. Richez regrette que l'inventaire des archives de Valen(1)

Valen(1) du graveur Palas qu'il s'agit.

(2) Courrier de l'Art, 1884.


- 70 —

cicnnes ne soit pas ainsi imprimé, à l'exemple de ce qui a été fait dans beaucoup de villes voisines.

La Section émet le voeu que ce travail soit exécuté sans tarder.

Mais, avant de formuler ce voeu pour le transmettre à la Municipalité, elle prie M. Richez de se renseigner sur l'importance et le coût de celle publication.

Vulgarisation des Mémoires historiques. — La Section donne son assentiment à un voeu de M. Richez tendant à ce que l'Administration universitaire achète un certain nombre des volumes des Mémoires historiques de la Société encore disponibles, pour les distribuer en prix aux élèves des écoles.

Pierre tombale. — M. André Doutriaux présente à la Section l'estampage d'une pierre tombale du xiv 3 siècle qui se trouve dans l'église de Maing. Il informe la Section que M. Serbat prépare une étude sur cetie pierre remarquable.

Documents anciens. — M. Richez lit une noie relative à un inventaire des archives du Conseil d'Etat... des Pays-Bas (11841690). La Section remercie M. Richez et propose l'insertion de celte note dans la Revue de la Société.

Diplôme de la Société. — M. Richez soumet à ses collègues le dessin du nouveau diplôme de la Sociélé, qu'il vient d'exécuter, les tentatives faites d'autre part n'ayant pas donné satisfaction à la Commission spéciale.

Tous les membres présents félicitent M. Richez, et, sur la proposition de M. le Président, la réunion demande à l'unanimité qu'une médaille d'or lui soit décernée pour le remercier de ce travail el de tout le dévouement qu'il apporte à la Sociélé.

Reproduction des oeuvres et documents de la Galerie historique. — M. le Président communique une lettre de M. GrandCartercl, qui demande l'autorisation de reproduire dans un volume qu'il prépare sur « les Femmes en culotte » un des tableaux de la Galerie historique de la Sociélé, Le capitaine Fernig reconnaissant ses deux filles enrôlées dans sa compagnie, peint par Gustave Housez ; M. Grand-Carleret exprime en outre le désir de recevoir une photographie de ce tableau.

L'autorisation sollicitée est accordée, et M. Namur veut bien se charger de faire prendre et envoyer au di't publiciste la photographie souhaitée.


— 71 —

.-.A propos d'un incident récent, M. Richez propose à la Section de décider qu'à toute personne, sociétaire ou non, qui demandera l'autorisation de photographier ou dessiner l'un des objets ou des documents de la Galerie historique, sera dorénavant imposée l'obligation d'offrir à la Société deux exemplaires au moins des reproductions faites, de ne point mettre ces reproductions dans le commerce sans une permission spéciale, el d'indiquer en lout cas sur chacune d'elles sa provenance exacte.

Celte proposition est adoptée.

Bibliothèque de la Société. — MM. Richez et Henry exposent que la Sociélé n'a plus aucun emplacement libre pour loger les volumes qui viennent sans cesse accroître la bibliothèque. M. Richez offre d'ajouter à titre gracieux une chambre à l'appartement que la Société lui a pris à bail. Mais il faudrait garnir celte pièce de rayons pour y classer des livres. La dépense peut être évaluée à 200 francs.

La réunion donne un avis favorable à cette dépense, que. la Section centrale sera donc priée de sa part d'autoriser.

Statuts de la Société. — M. Richez souhaite que les statuts de la Société soient revisés et réimprimés, comme il en a été question il y a quelques années.

La Section renvoie ce voeu au Bureau central.

Renouvellement du Bureau. — L'ordre du jour appelle le renouvellement annuel du Bureau de la Seclion.

M. Victor Henry manifeste l'intention de ne plus accepter les fonctions de vice-président, estimant, dit-il, que différents membres de la Seclion doivent être tour à tour mis à même d'apporter à ce titre leur concours au Président.

II est procédé ensuite aux élections, qui donnent les résultais suivants :

Président : M. Aug. Doutriaux, Vice-présidents : MM. Ed.Billicl el Charles Marlière, Secrétaire : M. André Doutriaux, Secrétaire adjoint : M. Paul Membre. MM. Billict, Marlière, André Doutriaux et Membre sont spécialement délégués à la Section centrale comme représentants de la Seclion d'histoire et d'art.


— 72 —

PIÈCES D'ARCHIVES

concernant l'arrondissement de Valenciennes.

Je crois utile de signaler la trace de certains documents figurant clans un inventaire du xvin 0 siècle qui, dressé pour le Conseil d'État et l'audience de Sa Majesté des Pays-Bas, donne la description sommaire d'actes et de titres d'arrentement, d'amortissement el de correspondance relatifs aux abbayes, couvents et franchises communales de nos Provinces-Unies : Flandre, Hainaut, Artois, Gambrésis, etc., etc.

Ces documents, aujourd'hui en pays étrangers, ont dû certainement être enlevés de nos dépôts d'archives lors des anciens troubles des Pays-Bas, et ne nous ont pas été rendus à la suite des conventions du traité d'Ulrechl.

J'ai profilé de l'obligeance de l'un de mes confrères de Belgique, possesseur de divers documenis du même genre, qui a bien voulu me communiquer cet invenfaire du xvnr 3 siècle, composé de 530 feuillets in-folio, pour en extraire exclusivement les donations diverses, titres d'arrentement et d'amortissement faits au profit des abbayes et communautés religieuses, ainsi que des établissements publics de Valenciennes et des alenlours.

A priori, on pourrait regretter que ces pièces n'aient pas été réintégrées dans chacune des localités auxquelles elles sont relatives, Tiu moyen,d'échanges réciproques. Les opinions sont partagées à ce sujet. Mais il faut reconnaître qu'auprès des conservateurs de ces précieux dépôts restés à l'étranger on ne rencontre qu'une aide intelligente et bienveillante, chose qu'on ne trouve pas toujours dans notre région ; certaine correspondance vous le prouverait, dont je pourrais vous donner connaissance,' concernant une demande adressée au Maire d'une commune de l'arrondissement d'Avesncs pour obtenir communication sur place de pièces d'archives ; elle donne une idée des obstacles que les chercheurs rencontrent parfois de la part de certains services publics, mais qu'ils arrivent à vaincre avec de la-persévérance.

Avant d'en donner les extraits, je crois devoir reproduire le lexle qui figure à la première page du dit inventaire, rédigé en 1749 par les soins du nommé H. Ç. Divix, secrétaire de sa Majesté : il est ainsi conçu :


— 73 —

« Inventaire sommaire des archives du Conseil d'Etat et de

« l'audience de sa Majesté depuis 1184 jusqu'à 1690, trans«

trans« par ordre de la Cour, de la fausse porte de Namur à la « tour de la chambre des comptes en l'an 1745, et y arrangées « par le soussigné secrétaire de sa Majesté (1).

« Cet inventaire est fait selon l'ordre alphabétique de la prev mière lettre des matières.

« Fait à Bruxelles ce 24 décembre 1749.

« H. C. Divix. »

Les pièces sont également classsées chronologiquement.

Voici maintenant la reproduction promise :

B. — 163. Abbaye de S' Jean. Pièces touchant, l'abbaye de S* Jean au mont lez Térouane, plusieurs villages et autres parties cy devant contestées au Pays d'Artois entre l'Espagne et la France es années 1539 —1541 —1547 — 1559 — 1561 et 1629.

B. — 60. S* Amand, union à la Flandre, voiez Tournay.

B. — 488. S* Amand, abbé, cause fiscale pour Boumimes, voiez

Pays-Bas.

C. — 93. S' Amand. Abbaye réintégration, voiez Traité.

C. —-559. Abbayes. Déclaration sommaire des biens et revenus

des abbayes de Douai el de Valenciennes.

G. — 562. Abbaye. Droit de Régale compétant au Roy sur l'abbaye de S' Amand de l'an 1562.

S' Amand. Abbaye en commande. — Voiez Placet. — D. Juillet 1532.

Arrentement perpétuel de la mairie des hosties, en la ville de Condé, ensemble la mairie de vieux Condé en échange de la Sénéchaillie d'Haynau, et parmi une reconnaissance annuelle de 20 livres tournois d'Haynau pour le Comte de Mansfelt.

D. — Juillet 1567.

(1) Il est probable que ces pièces se retrouveraient donc sans trop de peine dans un des dépôts actuels de Bruxelles, c'est ce qui m'a engagé à en donner ici l'indication.

TOME XLIX. 0*


- 74 -

D. — Juillet 1588. Amortissement d'une maison. Etable et jardin à Valenciennes, au profit de l'abbesse el religieuses du couvent de notre Dame de Fontenelles parmi une reconnaissance à arbitres pour ceux des comptes de Lille.

D. — Février 1589. Arrentemcnt perpétuel d'une maison et héritage en la rue de Saulx à Valenciennes au profit de Thiery Molin parmi une reconnaissance annuelle de 20 livres.

D. — Octobre 1589. Amortissement pour le monastère de S'Pol à Valenciennes de deux rentes, l'une de 37 livres 10 sols et l'autre, de 30 livres hypothéquées sur plusieurs héritages situez en la rue d'Hollande en la d" ville cédées au d' Monastère par Adrien de Villers pour une fondation de deux mases par semaine.

D. — Mars 1592. Amortissement d'une maison el héritage s 1' les Religieuses de S' François à Condé parmi une Reconnaissance de quallre livres tournois par an.

D. — Juillet 1595. Arrentement perpétuel d'un héritage et huissine de Tordoir d'Hache hors de la porte de notre Dame à Valenciennes au profit de Jacques Beghin parmi une reconnaissance annuelle(de 250 livres tournois à perpétuité.

D. — Juillet 1603. Amorlisation. Confirmation d'achat au proffit des soeurs Grises à Valenciennes de certains héritages joignant leur maison avec permission de pouvoir acquérir encore une maison tenant aux mêmes héritages avec amortisation des mêmes héritages acquis et à acquérir parmi la reconnaissance annuelle de deux Chapons.

D. — Aoust 1625. Amortissement de certaine maison, jardin et

héritage en la ville de Valenciennes au profit des Carmelines reformées en la de ville pour leur servir de logement et demeure, à charge de donner et constituer homme vivant, mourant et confiscant et à condition que les d3 maison, jardin et héritage seraient et demeureraient obligez aux mêmes charges et servitudes qu'ils étoient alors et parmy la reconnoissance de 2 chapons par an.

E. — Aoust 1656. — Annoblissemenl.

Acte d'annoblissement en faveur de Jean Le Glercq-mayeur


— 75 —

de la ville de Valenciennes en considération de la vigoureuse deffense et délivrance de la même ville.

E. — Aoust 1656. — Augustïns. — Lettre au Conseil Privé pour l'érection d'un cloître d'Àugustins à Valenciennes.

Aides Haynau. — Fardes des demandes et accords d'aides à Valenciennes de 1552 jusqu'à 1621.

E. — Mars 1604.

Hannon. — Lettre de l'abbé d'Hannon par laquelle se déclare que la cession de 500 florins réservée sur le temporel de son abbaye lors de sa nomination au profil du séminaire en l'Université de Douay étoit perpétuelle, ainsi que toutes les autres Pensions réservées au profit des Collèges.

E. — Mars 1604. Hannon. Lettre à l'abbé de Vicoigne pour pension de 1000 florins réservé sur son temporel au profit du dit séminaire de Douay.

E. — Mars 1623. Valenciennes. — Acte de non préjudice pour les Députés de la ville de Valenciennes au regard de ce que la ferme Infante Isabelle les avoit fait entrer dans la salie à la cour avec les Députés des Etats d'Haynau pour conjointement recevoir el prêter le serment ordinaire à l'inauguration du Roy Philippe 4, les dits Valenciennois aiant soutenu qu'ils le dévoient faire séparément et avoir le pas sur ceux de Namur.

A propos de documents anciens, je noterai encore que la commune de Taisnières-sur-Hon (arrondissement d'Avesnes) a été récemment mise en possession des archives importantes du château, de Blairon. J'ai relevé ce que ces archives contiennent d'intéressant pour l'ancien Hainaut, et ce travail a été inséré dans la revue intitulée Jadis (recueil archéologique et historique pour tout l'ancien territoire de la Belgique féodale), qui s'édite à Soignies. Ceux de nos collègues désireux de consulter ce relevé le trouveront dans les numéros de janvier et février 1898 de la dite publication. Un certain nombre des pièces signalées se rapportent à Valenciennes et à d'autres localités voisines.

Alfred RICHEZ,

architecte.


- 76 -

CHRONIQUE INDUSTRIELLE

LA FUMIVOIUTÉ.

La fumivorilé occupe depuis longtemps tous les industriels; des règlements la prescrivent, mais l'observation en est difficile.

Le bulletin de mars 1898, de la Société d'encouragementpour l'industrie nationale décrit quelques appareils fumivores américains ; les industriels de notre région feront bien de consulter ce travail que nous allons essayer de résumer.

Les générateurs de vapeur affectent des dispositions nombreuses et diverses.

Les grilles sont conditionnées pour la réduction méthodique du combustible et construites dans le dessein d'obtenir le meilleur effel utile.

La plupart des innovateurs prétendent atteindre un degré de fumivorilé qui correspond, selon eux, aux desiderata des règlements.

Grille mécanique Vicar.

Très usitée en Angleterre, elle est appliquée aux chaudières à deux foyers intérieurs. Le charbon amené aux trémies de l'appareil par un convoyeur à vis sans fin, des pousseurs opèrent le chargement continu; à l'entrée de la grille il distille ses composés volatils et fuligineux, brûlés ensuite dans la partie chaude du foyer. Puis le charbon tombe sur la grille dont la disposition est depuis longtemps connue ; en effet, Taillefer a innové ce système en 1855.

Dans un deuxième système, l'auteur fait osciller les barreaux, au lieu de les actionner longiludinalement ; ce mode de grille a été appliqué sous des générateurs à faisceaux de tubes inclinés.

Un troisième mode d'installation du même auteur montre l'application de chicanes dans le courant des gaz et une évacuation mécanique des cendres.

Grille Babcox Wilcox.

Celte grille diffère peu, dans son principe, de celle de Vicar; elle rappelle encore celle de Taillefer ; ce sont des chaînes sans fin, animées d'un mouvement très lent, chargées par trémies

(1) Celte chronique a été lue dans la séance tenue le 15 avril par la Section des sciences et manufactures.


- 77 —

accordant mécaniquement le combustible à la grille selon ses besoins et pour son alimentation régulière. Grille American.

L'activité du foyer de cette grille est assurée par un ventilateur, nécessaire dans ce système, qui admet que la couche de combustible doit être très épaisse.

Grille Wilkenson.

Elle est constituée par une série de barreaux creux, à gradins, et inclinés, selon la nature du charbon, de 20 à 30 degrés. Les barreaux reçoivent un mouvement de va-et-vient dirigé sans doute contre la formation des mâchefers, car la grille est disposée pour recevoir un jet de vapeur activant la combustion. On obtient, dit-on, de longues flammes même avec les charbons maigres. Les expériences faites sur les producteurs de vapeur ont inscrit jusqu'à 12 kilog. 900 par kilog. de houille. Grille Mac Kensie.

Gette grille est à réflecteurs latéraux en briques réfraclaires ; l'on entre le charbon à l'arrière du foyer ; il est appelé par une injection de vapeur qui active la combustion sur la grille en ne dépensant que 1/1006 de la vapeur produite par le générateur. Les barreaux de la grille sont oscillants transversalement. On réalise, dit-on, avec ce foyer, la fumivorilé grâce à sa température élevée et au brassage des gaz avec l'air préalablement chauffé dans son trajet au travers des conduits réfraclaires de l'enveloppe. Grille Coxe.

Type à chaîne sans fin, avec entrée d'air graduée selon les besoins de la combustion. L'auteur introduit dans son foyer la chicane réfractaire indiquée dans plusieurs autres. Grille double Nawley.

Pour chaudières à lubes d'eau ; elle est composée d'un premier foyer supérieur dont les barreaux sont des lubes à circulation d'eau ; le charbon tombe sur la grille inférieure où il complète sa réduction. La combustion est donc à flamme renversée. Les tubes de la grille à eau vaporisent, dit-on, cinq fois plus que la chaudière (sans doute par mètre carré de surface). Ce foyer donnerait une combustion économique fumivore et exigerait très peu de

décrassages.

Grille Murphy.

Chaque foyer comprend deux grilles inclinées, recevant auto-


matiquement et par côté leur charbon, avec alimentation d'air chauffé dans les carneaux.

Le charbon descend sur les plans inclinés, pour arriver, réduit, au milieu, où les cendres s'évacuent.

Deux secoueurs font mouvoir les barreaux alternativement.

Le milieu est muni d'un récepteur qui fait évacuer les cendres mécaniquement. On affirme que cette disposition est économique et fumivore.

Grille Acmé.

Appliquée aux chaudières à lubes d'eau, elle est construite à foyer séparé.

La grille est précédée d'une table de réception du charbon, sur laquelle celui-ci est amené par des pousseurs mécaniques. Les barreaux de grille sont alternativement agités en deux sens. Grille Davies.

A'l'avant de la grille, une trémie est munie d'un broyeur du charbon qui est ainsi introduit régulièrement dans le foyer, dans lequel il est soufflé par un jet de vapeur mélangé à l'air chaud que ce jet aspire, puis étale par un déflecteur.

Dans une prochaine chronique, nous parlerons des essais récemment faits à Paris, puis nous exposerons quelques observations ; enfin, nous essaierons de conclure sur les modes d'emploi des combustibles pour la production de la vapeur.

P. LAJOIE.

COMICE AGRICOLE DE VALENCIENNES.

Séance du 6 mai 1899.

Présidence de M. Aug. DOUTMAUX,

président de la Société.

Présents: MM. Albert. D'Haussy, Pierre Hayez, Ad. Boule, A. Ducloux, J. Lefebvre, E. Macarez fils, Ed. Bullot, secrétaire. M. E. Macarez, souffrant, s'est fait excuser.

Concours de 1899. — L'ordre du jour appelle le Comice à présenter ses propositions pour les programmes des concours de moralité et des concours d'animaux reproducteurs qui doivent être ouverts en 1899.


_ 79 —

Le Comice déclare qu'à son avis les programmes de 1897 el 1898 peuvent être repris sans modifications.

Voeux à soumettre au Conseil général. — Le Comice, consulté au sujet des voeux qu'il convient d'adresser cette année au Conseil général du Nord, demande que la Société renouvelle ses avis antérieurs concernant le dégrèvement des sucres destinés aux usages agricoles, l'exercice de la médecine vétérinaire, l'examen des viandes livrées à la consommation dans les campagnes, les inondations, la construction de tramways pour desservir les communes de l'arrondissement éloignées encore des voies ferrées.

Le Comice souhaite que la Société insiste particulièrement pour l'établissement de nouveaux dépôts d'étalons dans l'arrondissement, et pour la suppression de toul impôt sur l'alcool dénaturé.

En ce qui concerne le régime des débits de boisson, il conseille d'appuyer la proposition de loi présentée au Sénat par MM. Siegfried et Béranger. .

La loi sur les accidents. —L'application prochaine de la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail étant annoncée, le Gomice adopte la délibération suivante, el demande qu'elle soil immédiatement adressée au Gouvernement :

a Vu la loi du 9 avril 1898 sur la responsabilité civile des accidents dont les ouvriers sont victimes au cours de leur travail,

« Vu notamment l'article 1er de celte loi,, aux termes duquel les indemnités fixement délerminées dans les articles suivants devront être payées par le chef « de toute exploitation ou partie « d'exploitation... dans laquelle il est fait usage d'une machine « mue par une force autre que celle de l'homme ou des animaux », si des ouvriers s'y trouvent blessés ou tués ;

« Attendu que les cultivateurs sont conduits par la nécessité à employer de plus en plus fréquemment des machines à vapeur, à pétrole, etc. ;

« Attendu qu'en conséquence la loi du 9 avril 1898 ne peut être appliquée sans grever de charges nouvelles l'agriculture, dont la situalion déjà si difficile sera ainsi dangereusement empirée;

« Le Comice agricole de Valenciennes proteste contre la mise en vigueur de la dite loi ».

Exposition de 1900. — M. le Président rappelle la circulaire


- 80 -

récemment adressée aux cultivateurs de l'arrondissement pour les engager à mettre à la disposition de la Société d'agriculture de Valenciennes des échantillons de leurs récoltes de 1899, pouvant être envoyés à l'Exposition universelle de 1900 ; il invite les membres du Comice qui n'ont pas encore fait parvenir au Bureau leur adhésion, à la lui adresser le plus tôt possible.

Excursion en Angleterre. — M. Ducloux communique à la réunion une lettre de la Compagnie du chemin de fer du Nord, qui organise des trains d'excursion afin de permettre aux agriculteurs français d'aller visiter, du 19 au 23 juin, le concours de la Société royale d'agriculture d'Angleterre, organisé à Maidstone, dans le Kent, à petite dislance des côtes de France. Les cultivateurs désireux de prendre part à celte excursion devront se faire inscrire avant le 10 mai.

SECTION DE MORALITÉ.

Séance du 5 mai 1899. Présidence de M. Julien LECAT, président.

Sont présents .MM. L. Clément, F. Damien el V. Henry. — Ont excusé leur absence MM. Ed. Bullot, Ch. Lebacqz, H. Namur et Ab. Thiroux.

Caisse de secours pour les anciens lauréats. — M. le Président indique que par suite de la mort de deux des anciens lauréats pensionnés par la Société d'agriculture, deux secours annuels de 25 francs se trouvent disponibles. Il invite ses collègues à rechercher quelles sont, parmi les personnes récompensées dans les concours de moralité, celles à qui les dits secours pourraient être le plus utilement attribués.

Concours de moralité. — La Section, consultée sur l'organisation du prochain concours de moralité, déclare qu'à son avis le programme adopté en 1897 peut être repris sans modifications pour 1899.

Toutefois elle prie la Section centrale d'examiner si les ressources de la Société ne permettent pas d'augmenter le nombre des primes offertes aux ouvriers de l'agriculture, car elle a souvent le regret de ne pouvoir accorder à certains candidats de


— 81 —

cette catégorie des récompenses vraiment proportionnées à la longue durée de leurs bons services.

Voeux à soumettre au Conseil général. — L'ouverture des débits de boissons. — La Section, après discussion, donne un avis favorable au renouvellement des voeux par elle proposés, l'année précédente, concernant l'assistance des travailleurs âgés el le transport des détenus de la maison d'arrêt de Valenciennes.

En ce qui touche les cabarets, M. V. Henry dit que la multiplication incessante de ces établissements, dont la Section s'est occupée l'an dernier, a frappé aussi plusieurs membres du Parlement, et que dans les derniers jours du mois de mars, MM. Jules Siegfried, Bérenger et plusieurs de leurs collègues ont saisi le Sénat d'une proposition de loi tendant à y porter remède en réglementant l'exploitation des débits de boissons.

L'exposé des motifs de celte proposition contient une statistique intéressante du nombre des débits et des cabarets: de 281.847 en 1830, ce nombre s'est élevé à 364.875 en 1869, a dépassé 400.000 depuis 1886, et est aujourd'hui de 424.500. Ce recensement ne comprend même pas les 30.000 débits parisiens. Il montre qu'il y a en France un débit par 85 habitants, c'est-à-dire par 30 adultes. Dans le Nord, on trouve un débit par 46 habitants.

Quant au dispositif même de la proposition, il peut se résumer ainsi :

« Toute personne qui voudra ouvrir un café, cabaret ou tout autre débit de boissons à consommer sur place, même occasionnel, devra être autorisée, à Paris, par le préfet de police, et dans les départements par le préfet, après avis de la Commission départementale du Conseil général et du Procureur de la République.

« Aucun débit de boissons à consommer sur place ne pourra être établi dans les locaux consacrés à un autre commerce, ou dans des locaux communiquant avec ceux-ci.

« L'autorisation sera subordonnée, jusqu'à ce que le nombre des établissements ait été réduit au chiffre de un débit par 300 habitants, à la condition de racheter un ou plusieurs débits existant à litre permanent, à Paris dans l'arrondissement, et ailleurs dans le canton.

« Toutefois, cette disposition ne s'appliquera pas aux débits


— 82 —

temporaires dont la nécessité aurait été constatée par l'administration, en cas de circonstances exceptionnelles, telles que travaux publics, expositions, dans les lieux éloignés de toute agglomération. L'autorisation ne sera valable que pour la durée des travaux.

« Les débitants actuels ne seront pas soumis à l'autorisation préalable.

« L'ouverture d'un débit non autorisé sera puni d'une amende de 16 à 1.000 francs, et la fermeture sera ordonnée.

« Ne pourront exploiter des débits de boissons les mineurs, les interdits, ni les condamnés pour crimes ou pour divers délits. »

M. V. Henry fail remarquer que ces dispositions donneraient satisfaction au voeu émis Tan dernier par la Section, et il propose en conséquence à ses collègues de se rallier au projet de MM. Siegfried et Bérenger et de l'appuyer auprès des Pouvoirs publics.

Celte motion est adoptée.

SECTION CENTRALE

DE LA. SOCIÉTÉ.

Séance du 10 juin 1899. Présidence de M. Aug. DOUTIUAUX, président.

Sont présents MM. Ed. Pesier, Alfred Brabant, Ed. Billiet. Alb. D'Haussy, P. Hayez, G. Gras, P. Lajoie, A. Manouvriez, A. Ridiez, H. Weil et V. Henry, secrétaire.

Se sont excusés de ne pouvoir assister à la réunion MM. Ed. Bullot et Ch. Lebacqz.

— Le procès-verbal de la précédente séance de la Section centrale est adopté.

Lecture est ensuite donnée des procès-verbaux relatant les séances tenues par la Section des sciences el manufactures les 28 janvier el 20 avril, par le Comice de Valenciennes le 6 mai et par la Section de moralité le 5 mai.

Concours de moralité. — M. le Président indique que la Seclion centrale se trouve réunie pour arrêter les programmes du concours de moralité et du concours d'animaux reproducteurs qui doivent avoir lieu en 1899.


ssii est décidé, après examen, que pour le concours de moralité, le programme de 1897 sera repris. Mais la Section de moralité est autorisée, suivant son voeu, à proposer cette année en dehors du programme l'attribution de quelques primes supplémentaires à de vieux serviteurs agricoles, s'il s'en trouve qui paraissent mériter celle faveur exceptionnelle parmi les candidats.

Concours d'animaux reproducteurs. — La Section centrale s'occupe ensuite, du programme des concours d'animaux reproducteurs.

M. le Secrétaire général fait remarquer .la différence qui existe entre les programmes habituels de la Société d'agriculture de Valenciennes et ceux des concours départementaux, au sujet de l'âge auquel les pouliches sont admises à concourir. La Société de Valenciennes a exigé jusqu'ici qu'elles aient de 15 à 30 mois; pour les concours départementaux, elles doivent avoir trois ans. Il en résulte qu'une pouliche de plus de 30 mois se trouve exclue des concours de la Société, alors qu'elle peut prétendre aux récompenses du Département el de l'Etat. N'y aurait-il pas lieu de corriger cette anomalie ?

A ce propos, MM. les agriculteurs présents disent qu'à leur avis, la Société admet trop tôt les pouliches à concourir. A quinze mois, elles ne sont pas assez formées encore pour être l'objet d'un jugement bien fondé, ni pour être livrées à la saillie sans inconvénient.

A la suite de ces observations, il est décidé que dans le programme de 1899, les récompenses seront offertes aux pouliches de deux à trois ans.

Pour le reste, la Section reprend sans modifications les dispositions du programme d'animaux reproducteurs de 1898.

. •. Appelée à déterminer le jour et le lieu du prochain concours d'animaux, la Section arrête son choix sur le samedi 26 août, et indique comme emplacement le nouveau marché aux bestiaux et la place des Forains, si l'Administration de Valenciennes n'y met pas obstacle.

Concours de tenue de ferme. — M. le Président informe la réunion que pour le concours de tenue de ferme, aucun candidat ne s'est présenté dans le canton de Denain. Pour le canton de Saint-Amand-rive-gauche, quelques cultivateurs se sont fait


— 84 —

v

inscrire. Il convient de nommer la Commission qui aura charge de visiter les fermes de ces derniers.

La Section désigne, pour composer celle Commission, MM. Clément Coquelle, Ernest Macarez, Jules Lefebvre (de Beuvrages), Ferdinand Dupont et Lefebvre-Hayez.

Voeux à soumettre au Conseil général. — M. le Président invite la Section centrale à indiquer les voeux qu'elle désire adresser au Conseil général du Nord, comme elle a l'habitude de le faire.

La Section adopte, à cette fin, les voeux proposés par le Comice de Valenciennes le 6 mai, par la Section des sciences et manufactures les 28 janvier et 20 mai, par la Section de moralité le 5 mai. Au sujet de l'acquisition éventuelle d'une voiture cellulaire pour le transport des prisonniers de la maison d'arrêt de Valenciennes, M. Lajoie demande que la Société rappelle un projet autrefois formé tendant à établir le palais de justice et la prison dans des bâtiments contigus, projet qu'il y aurait un sérieux intérêt à reprendre.

Un membre signale les formalités excessives auxquelles le décret du 3 novembre 1898 (1) a soumis les agriculteurs désireux d'employer des mélasses dégrevées d'impôt ; sur sa proposition, le Bureau est chargé de rédiger un voeu réclamant la simplification de ces formalités.

Exposition de 1900. — M. le Président rappelle les décisions prises dans de précédentes séances concernant l'Exposition universelle de 1900 (â). Or, il a reçu en mars du Comité d'admission de la classe 38 une circulaire dont voici les passages les plus intéressants :

« Aux termes de la classification générale de l'Exposition unice verselle de 1900, la classe 38 comprend toutes les institutions « ayant pour objet le développement et les progrès de l'agricul« ture, et notamment les Sociétés, les Comices et les Syndicats « agricoles.

« Le Bureau du Comité d'admission de celle classe a été consulté

(1) Voir dans le tome XLVIII de notre Revue, page 261.

(2) Voir dans le lome XLVIII de noire Revue, pages 282 et 2S5, et dans le présent volume, page 22.


— 85 —

« par des Présidents d'associations agricoles sur la forme sous « laquelle ces associations pourraient prendre part à l'Expo« sition... Ils nous ont demandé de leur faire connaître s'il leur « serait possible de grouper dans la classe 38, c'est-à-dire au « même endroit, à la fois les documents el publications que leur K association compte exposer, et les produits agricoles si divers, « et par suite se rapportant à des classes si différentes de l'Expo« sition, que chacun de leurs sociétaires ou des agriculteurs de « leur circonscription pourrait avoir à présenter.

« Nous sommes heureux de vous informer qu'à la suite d'une « entente avec le Commissariat général de l'Exposition, nous « avons obtenu qu'une large interprétation soit faite du règlement « de l'Exposition en ce qui concerne le groupe VII (classes 35 à « 42 inclusivement) et que les Associations agricoles, Comices « ou Syndicats soient autorisés à grouper sur un même point, « dans la classe 38, en même temps que leurs publications, « statistiques, graphiques et tableaux, les produits agricoles de « toute nature que les membres de ces associations désireraient « exposer.

« Nous devons en outre vous faire connaître que pour ces expa« sitions d'ensemble, non seulement chaque association pourra « obtenir une récompense pour ses travaux, pour son fonction« nement et ses résultais, mais qu'en outre chacun des partici« pants prenant pai t à ces expositions pourra concourir pour les « récompenses à décerner dans la ou les classes correspondant « spécialement aux produits agricoles qu'il a exposés. Il suffira, « pour que les participants puissent ainsi prétendre à une récom« pense, que l'association joigne à sa demande la liste des partici« pants ou associés désirant^oncourir isolément pour lés récom<t penses prévues par le règlement générai, avec l'indication de « leurs noms, prénoms, adresses, des objets présentés, confor« mément au modèle de bordereau ci-joint. »

M. le Président fait remarquer que le programme tracé par cette circulaire correspond exactement à celui qui a été adopté par la Section centrale le 21 janvier (1). Il est donc tout indiqué que c'est dans la classe 38 (Agronomie) que la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes doit exposer, et non dans

(1) Voir ci-avant, page 23.


— 86 —

la classe 39 (Produits agricoles...) comme on pouvait le croire jusqu'ici. M. le Président a écrit à la Sociélédes agriculteurs du Nord pour lui demander si ses dispositions sont dirigées dans le même sens, et si elle s'assure d'un emplacement dans la classe 38 pour elle el les sociétés qu'elle a entrepris de grouper à ses côlés. N'ayant pas reçu de réponse, M. le Président, a cru devoir, pour réserver toute latitude aux décisions futures de la Section centrale, faire directement inscrire la Société d'agriculture de Valenciennes sur la liste provisoire des exposants de la dite classe 38. On sait qu'il lui sera possible de se retirer, si elle le juge bon, au moment où les frais d'installation seront indiqués par le Comité compétent. M. le Président a, en même temps, par une circulaire datée du 20 mars (1), et rédigée d'accord avec la Commission chargée de s'occuper de l'Exposition de 1900, invité les principaux cultivateurs de l'arrondissement à confier à la Société d'agriculture le soin d'exposer, dans les conditions marquées par le Comité de la classe 38, des échantillons de leurs récoltes.

Destruction des nématodes de la betterave: expériences de M. Willol. — M. le Président rappelle que la Société d'agriculture de Valenciennes s'est occupée déjà d'un procédé de destruction des nématodes de la betterave trouvé et préconisé par M. Willot (2). Il a en ces derniers temps reçu de M. Willol, par l'intermédiaire de M. Lefebvre-Hayez, deux lettres, dont voici la première :

« A Monsieur le Président et à Messieurs les Membres de la Société nationale d'agriculture de. l'arrondissement de Valenciennes.

« Monsieur le Président, « Messieurs les Membres, s Permettez-moi d'appeler votre attention sur l'expérience de mon procédé faite à Vouël, près de Tergnier (Aisne), sur une pièce de terre appartenant à M. Paul Dhiver-Déprez.

« En résumé, avec l'unique traitement, à l'eau de gaz, auquel a été soumise cette terre le 24 mai 1893, traitement qui a tué

(1) Voir ci-avant, page 57.

(2) Voir dans le tome XLVII de notre Revue, page 22.


— 87 -

les némalodes, on a obtenu, sans l'emploi d'aucun engrais, naturel ou artificiel, quatre récoltes successives de betteraves à sucre Dippe n° 2, savoir :

« 1° Une récolte en 1893, qui fut luxuriante et supérieure à chacune des trois autres, mais dont le rendement et la richesse n'ont pas été constatés ;

« 2° Une récolle en 1894, qui a donné, à l'hectare, un rendement de 64.300 kilog. de betteraves, dont le jus avait une densité de 6°,8 ; (les pluies d'octobre de 1894 ont- été torrentielles, et la densité, dans certains champs, a baissé jusqu'à 5°,4) ;

« 3° Une récolte en 1895, qui a donné, à l'hectare, un rendement de 61.200 kilog de betteraves, dont le jus avait 7" de densité; (avant les pluies, il avait 8°) ;

4° Une récolte en 1896, dont le rendement, à l'hectare, s'est élevé à 56.000 kilog. de belteraves, d"une densité de jus de 6°,9, tandis que les betteraves des champs voisins n'ont donné qu'une densité de 6°,5.

« Dans la même période, la moyenne officielle du rendement de la culture betteravière a varié de 23.000 à'27.000 kilog. à l'hectare.

« D'un rapport fait à ce sujet, le dernier paragraphe, écrit de la main de M. Mariolle-Pinguet, administrateur du chemin de fer du Nord, est ainsi conçu : « Les importants résultats signalés « ci-dessus méritent toute l'attention des Pouvoirs publics, « et sont dignes des encouragements sérieux de l'agriculture, « de l'industrie sucrière, comme aussi de ceux du Trésor. — a Signé: Mariolle-Pinguet, R. Jacquemart, E, Dudin, Paul « Dhiver, Dubois, Déprez, Dacheux. »

« Une expérience faite l'année précédente, à Hanles-Wiheries (Hainaut belge), sur une surface de 3 hectares 15 ares, appartenant à M. Adolphe Lengrand, a donné à l'hectare 61.600 kilog. de betteraves à sucre Dippe, lorsque la moyenne, en Belgique, n'a pas atteint 20.000 kilog; valeur saccharine: 15,20 % au polarimètre et 89,40 de pureté.

« Ces expériences, qui se détachent, de toutes les autres par leur importance, laissent à démontrer, faute d'appareils convenables, que le procédé est industriellement pratique.

« Je dois à l'obligeance de M. Edmond Lengrand, fabricant de sucre à Solre-sur-Sambre et conseiller provincial du Hainaut,


d'avoir vpu étudier ce côté de la question. II a fait, sur mes indications, construire un appareil qui m'a rendu des services. J'ai pu avec cet appareil, quatre chevaux, un conducteur el deux pompiers, traiter trois hectares de terre en neuf journées de 10 heures de travail chacune. Dans les mêmes conditions, les cultivateurs du pays déclarent qu'on ne saurait fumer, au fumier de ferme, trois hectares de terre à si peu de frais : le côté industriel et pratique de l'expérience ne laisse donc rien à désirer.

« J'ai pu, avec cet appareil, traiter à Solre-sur-Sambre huit hectares 52 ares en trois pièces de terre. L'une d'elle, d'une contenance de deux hectares, est empouillée celte année de betteraves après betteraves, sans nouveau traitement à l'eau de gaz et sans aucun engrais. Les deux autres pièces sont également plantées de betteraves. Je prie respectueusement la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes de nommer une Commission pour venir, en novembre prochain, avec la Commission de l'Académie des sciences de Paris, en constater le rendement à l'hectare et la richesse saccharine.

« M. le comte de Montholon, étant ministre de France à Bruxelles, a visité mes expériences à Heylissem avec M. Leurs, directeur dé la sucrerie-raffinerie du Grand-Pont. Il en a fait un rapport élogieux à M. Hanotaux, alors minisire des affaires étrangères. 11 a fait plus : il est allé, à Paris, au ministère de l'agriculture, et, n'ayant pu voir M. Méline, il a exposé à son chef de cabinet, les avantages qu'il y aurait pour l'Etat à faire usage de mes procédés; j'en remercie M. de Montholon.

« M. de Montholon m'a demandé si je voulais retourner en France. Certainement, ai-je répondu ; pour la France avant tout, mais à la condition qu'on m'y donne le moyen de continuer mon travail.

« Or, la Société technique du gaz, 65, rue de Provence, à Paris, a, sur le rapport de M. Paul Mailet, chargé son président, M. Vaulier, de me recommander à toutes les usines qui se trouveraient dans le voisinage de mes expériences ; grâce à sa bonne recommandation, j'aurai donc partout, et gratuitement, les eaux de gaz nécessaires. La Compagnie du Nord m'en fera le transport au même titre ; partout on me prêtera des wagons-citernes. Que manque-t-il donc encore? Deux appareils d'un millier de francs chacun, et une pompe, aspirante et foulante, à double


— 89 -

effet, qui coûtera, avec ses accessoires, de quatre à cinq cents francs.

« Appuyé sur les résultats obtenus et en cours, je me présente avec confiance à la Société d'agriculture de Valenciennes, la plus intéressée de toutes ; elle dira si mes travaux méritent un encouragement.

« Si celte Société veut bien prendre mes travaux sous sa haute et bienveillante protection, je ferai une vingtaine d'expériences sur 7 ou 10 hectares chacune. Chaque année j'en ferai constater les résultats par sa commission et celle de l'Académie; puis je m'adresserai, bien' documenté, au Parlement, et je lui demanderai, en vertu du rapport de M. Graux, un million pour sauver l'agriculture française du désastre dont elle est menacée.

« Ce million ne saurait être refusé à la culture de la betterave, parce qu'il y a un précédent fameux qui milite en sa faveur : ce sont les sommes immenses qu'on a dépensées el qu'on dépense encore pour la destruction du phylloxéra.

« La betterave el ses dérivés (sucre et alcool) rapportent au Trésor un revenu annuel supérieur à 400 millions de francs ; est-il indifférent de le doubler ?

« Agréez, je vous prie, Messieurs, mes sentiments respectueux.

« WILLOT. « Jeumonl, 7 mai 1899. »

Dans sa seconde lettre, qui est du 3 juin, M. Willol insiste pour qu'une Commission de la Société d'agriculture de Valenciennes soit chargée de visiter ses trois champs d'expérience de Solre-sur-Sambre, une première fois durant le mois d'août, el une seconde fois au moment de la récolle pour constater la valeur saccharine et le rendement de leurs betteraves.

MM. Pierre Hayez et Albert D'Haussy exposent que les expériences dont il s'agit méritent l'attention. ,

A la suite des observations échangées entre ses membres, la Section décide la nomination d'une Commission à laquelle sera confié le soin de suivre les dites expériences et d'en rendre compte à la Société.

Sont désignés, pour composer celle Commission, MM. Albert D'Haussy, Edmond Lefcbvre-Hayez, Pierre Hayez et Georges Gras.


- 90 -

L'éclairage par l'alcool. — M. Alfred Brabant entretient la Section des conclusions peu favorables que la Société nationale d'agriculture a tirées des expériences scientifiques par elle organisées pour éludier l'application économique de l'alcool à l'éclairage (1). Il paraît en résulter que, dans les conditions existantes, aucun des procédés connus ne permet de substituer l'alcool au pétrole sans une notable augmentation de dépense. C'est une constatation, dit M. Brabant, qui cause à l'agriculture une sensible déception.

— L'ordre du jour étant épuisé, el la parole n'étant demandée par aucun des membres de la réunion, M. le Président lève la séance.

CHRONIQUE AGRICOLE.

L'EMPLOI DE L'ALCOOL POUR L'ÉCLAIRAGE.

On a vu ci-dessus (2) que dans la réunion tenue en juin par la Section centrale de la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, M. Alfred Brabant a fait allusion aux conclusions défavorables tirées par la Société nationale d'agricullure de ses recherches sur l'emploi de l'alcool pour l'éclairage.

En effet, après avoir pris connaissance du rapport de la commission spéciale qu'elle avait nommée pour étudier la question (P), et à la suite d'une discussion à laquelle ont notamment pris part MM. le marquis de Vogue, Henri Muret, Sagnier et Mascart, la Société nationale d'agriculture a voté la conclusion suivante, formulée par sa Commission :

« Il résulte de l'ensemble des expériences portant sur lous les « systèmes de lampes que la Commission a pu se procurer, que « les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables « à l'emploi de l'alcool pour l'éclairage. »

Mais, après une nouvelle discussion entre MM. Brandin, Grandeau, de Vilmorin cl Cornu, la Société a voté également la proposition suivante :

(1) Voir à la page 28 du présent volume.

(2) Au commencement de la présente page.

(3) Voir page 28 du présent volume.


— 91 —

i La Société, considérant qu'elle n'entend pas, par le vole « précédent, nier là possibilité d'utiliser l'alcool pour les emplois « industriels quand les efforts combinés des producteurs el des « pouvoirs publics auront modifié les conditions actuelles, renvoie «l'élude de la question économique aux Sections de grande « culture, d'économie, de statistique et de législation. »

Ce dernier vote remet les choses au point.

« Sans contester, en effet, (lit-on dans le Bulletin de la Société des agriculteurs de France), la valeur scientifique des conclusions volées en premier lieu par la Société nationale d'agriculture, on ne saurait se dispenser de faire remarquer qu'elles ne tiennent pas compte de tous les éléments du problème. Elles ne paraissent pas s'arrêter à ce fait considérable que des millions d'hectolitres d'alcool sont d'ores et déjà employés, en Allemagne, pour des usages industriels, et notamment pour l'éclairage.

« Elles ne s'occupent pas des avantages particuliers que l'alcool a, comme substance éclairante, sur le pétrole, par exemple au point de vue de la sécurité el de la propreté. Elles n'envisagent pas la situation qui lui serait faite si, comme nous le demandons, les conditions de son emploi étaient modifiées, par exemple si l'Administration consentait à réduire cl le prix et la quantité du dénalurant qu'elle impose.

« Sur tous ces points, des renseignements extrêmement sûrs et aboutissant à des conclusions toutes différentes, ont déjà été fournis à notre Société. »

LES MELASSES EMPLOYEES POUR L ALIMENTATION DU BÉTAIL.

A la suite des réclamations soulevées par le décret du 3 novembre 1898 concernant les mélasses employées par l'agriculture, M. le Directeur général des contributions indirectes, dans une entrevue qu'il a eue à ce sujet avec une délégation de la Société des agriculteurs de France le 20 mai 1899, avait annoncé que son Administration se proposait d'autoriser la création de dépôts de mélasses dénaturées où les cultivateurs puissent s'approvisionner sans être obligés de se rendre aux sucreries. Ce haut fonctionnaire a promis en outre que, tout en exigeant des éleveurs la déclaration du nombre et de l'espèce des animaux qu'ils ont l'inlenlion d'alimenter avec de la mélasse dénaturée, le Service


— 92 —

des contributions indirectes n'attacherait à ces déclarations que la valeur d'une simple indication approximative, sans faire des écarts qui pourraient se produire le motif ou l'occasion de poursuites.

Ces promesses ont été suivies du décret suivant, signé le 8 juin 1899 :

i Art. 1er. — L'article 1er du décret du 3 novembre 1898 est complété ainsi qu'il suit :

« L'établissement de dépôts spéciaux de mélasses destinées « aux usages agricoles peut être autorisé par l'Administration « des contributions indirectes. Les dépositaires doivent fournir « une caution agréée par l'Administration. Les diverses dispo« sitions du précédent décret leur sont applicables.

« Art. 2. — Le paragraphe 2 de l'article 6 du même décret est modifié ainsi qu'il suit :

« Si les mélasses doivent servir à l'alimentation du bétail, la « demande mentionnera le nombre des animaux de chacune des « espèces bovine, ovine ou porcine, attachés à l'exploitation agri« cole et auxquels le produit est destiné. »

Ces mesures ne constituent malheureusement que de simples améliorations de détails, qui ne peuvent détourner l'agriculture de réclamer la transformation complète du système défectueux établi par le décret du 3 novembre 1898.

UTILISATION DES FEUILLES DE BETTERAVES.

On attribue généralement peu de valeur aux feuilles de betteraves. D'abord, leur richesse en principes nutritifs n'est pas considérable, 1.6 O/O de protéine, 4 0/0 d'hydrates de-carbone el 0.4 0/0 de graisse ; ensuite, lors de la récolte, on les a en si grande quantité qu'il devient impossible de les utiliser à l'état frais comme nourriture du bétail. Et c'est cette dernière circonstance qui décide parfois l'agriculteur à enlever aux betteraves une portion de leur partie herbacée, quelque temps avant la récolle, pour les employer à l'alimentation. Cette pratique cependant est condamnable, car il a été démontré depuis longtemps que l'effeuillage avant la maturité et la récolle des racines en diminue le rendement d'une manière sensible.


— 93 —

C'est au détriment de la substance organique et notamment du sucre que l'effeuillage s'effectue.

Dès 1853, M. Wolff a constaté en Allemagne que le rendement de betteraves effeuillées a élé par hectare de 48,246 kilogr., tandis que celui d'un hectare de betteraves munies de leurs feuilles a été de 60,900 kilog. Mais non seulement la quantité s'en ressentit, la qualité aussi était sensiblement inférieure pour les premières. Elle était pour les deux cas la suivante :

RACINES effeuillées. non effeuillées.

Substances sèche 10.446 0/0 12.518 0/0

Matières azotées 0.772 » 1.000 »

Sucre 4.599 » 5.865 »

Autres matières nutritives 3.201 » 4.024 >>

Fibre ligneuse 0.936 »> 1.004 »

Gendre.. 0.943 >■ 1.125 »

Les racines, qui forment de beaucoup la partie principale, subissent, par l'effeuillage, une dépréciation considérable. La diminution en sucre peut atteindre 3.77 0/0. Si les racines sont achetées par la sucrerie d'après leur richesse en sucre, la perte en argent que peut subir la cullure par l'effeuillage sera facile à déterminer.

Par l'effeuillage, le sol est mis à découvert, son échauffemenl el par suite la formation de racines adventices et de radicelles est favorisée. Cette formation, personne ne l'ignore du reste, entrave le développement et endommage la qualité de la racine principale tout en s'opposant à son nettoyage économique.

Ces effets nuisibles sont du reste en raison directe d'un effeuillage réitéré.

Enfin, l'effeuillage favorise la transformation en ligneux des collets, ce qui diminue la digestibililé des betteraves fourragères et le poids et la valeur des betteraves à sucre. On sait que le sucre s'emmagasine dans la racine en proportion croissante depuis le collet jusqu'à la pointe ; au contraire, les matières minérales suivent une proportion inverse et s'accumulent dans le collet. Il n'y a donc rien d'étonnanl que les fabricants de sucre coupent largement le collet des betteraves.

Parfois on essaie de justifier la pratique de l'effeuillage par la haute valeur nutritive des feuilles. Cette valeur cependant, nous l'avons vu, est beaucoup moins élevée qu'on l'admet ordinairement. En outre, il faut prendre en considération les effets nuisi-


— 94 —

blés des feuilles de betteraves causés par les combinaisons nitratées et l'acide oxalique qu'elles contiennent.

Avec l'alimentation par les feuilles de betteraves, il faut prendre d'autant plus de précautions que la richesse du sol en matières nutritives et notamment en azote est plus grande. Pour éviter les troubles digestifs causés par celle alimentation, on ne devrait donner aux bêles que 2 à 3 O/O de leur poids vif tant en feuilles qu'en collets de betteraves. Afin d'obtenir une relation nutritive plus favorable, on ajoute à la ration d'autres fourrages verts, par exemple des vesces. II est bon également de donner le matin et le soir, avant les feuilles, un peu de bon foin et après de bonne paille d'avoine ou d'orge avec une dose convenable de fourrage concentré.

En automne, lors de la récolte, les feuilles et les collets des betteraves constituent un aliment excellent pour faire la transition du régime vert ou de pâture au régime de stabulation. Mais malheureusement, on dispose d'une quantité trop considérable de feuilles pour.pouvoir les employer utilement à l'alimentation des bêtes. On affecte alors le surplus à la sidération après que les brebis ont passé sur les champs. Celle pratique est en somme à approuver lorsqu'il est matériellement impossible d'utiliser les feuilles d'une manière plus économique, car les résidus de la récolle betteravière fournissent aux terrains des substances nutritives dont la quantité et la valeur sont faciles à déterminer.

Prenons pour base de calcul 1 hectare :

POIDS VALEUR

»a^'- mi —. en argent des

Feuilles. Azote. Potasse. Acide ph. feuilles.

kilogr. kilogr. kilogr. kilogr. fr. e.

Betteraves fourrag. 12.000 36 46.2 9.6 64.90(1).

— à sucre 7.000 21 45.5 9.1 40.60

Outre cette valeur théorique, les feuilles ont encore des propriétés physiques propres à tout engrais organique. 11 faut notamment observer qu'elles contiennent l'azote sous une forme très assimilable.

Dans la province de Saxe (Prusse), connue par l'étendue de sa culture et de son industrie sucrières, on a fait d'intéressantes

(1) Celte valeur est calculée en comptant le kilogramme d'azote à 1 f. 25; le kilogramme de potasse à 0 fr. 25; le kilogramme d'acide phosphorique à 37 cent. 1/2.


— 95 —

expériences à ce point de vue. Plusieurs parcelles de 25 ares chacune, devant recevoir des betteraves à sucre, furent fumées avec des feuilles de celle même planle à doses variables. Une parcelle témoin qui ne reçut pas de feuilles, donna une récolte de 68 quintaux de betteraves. Le rendement des autres alla en augmentant avec la quantité de feuilles qu'elles avaient reçues, de façon que celle fumée avec la plus forte quantité produisit 192 quint. 5 de racines. Mais ces betteraves étaient assez pauvres en sucre. Le meilleur résultat fut obtenu dans les parcelles ayant reçu une quantité moyenne, c'est-à-dire onze à douze chariots de feuilles par 25 ares ; elles produisirent 119 quint. 5 de betteraves donl la richesse en sucre était absolument normale ; à la seconde rotation les effets de la fumure étaient encore sensibles.

C'est faute de main-d'oeuvre que l'on utilise les feuilles comme engrais, car on peut en tirer un meilleur parti en les conservant pour la nourriture du bétail. Dans les régions sucrières où l'on récolle, pendant un espace de temps relativement très court, des quantités énormes de feuilles et de collets, on devrait procéder à un ensilage rationnel pour conserver ces matières alimentaires pendant plusieurs mois.

Un ensilage pratique et économique à la fois consiste à creuser dans le sol des silos de lm,50 à 2m,50 de profondeur sur lm,50 à 2 mètres de largeur en leur donnant une longueur correspondant à la quantité de feuilles à ensiler et en ayant soin d'arrondir les angles du silo. On y entasse les feuilles fraîches et bien nettoyées en les pressant fortement par un piétinement et en les coupant quelquefois avec un fer tranchant ou une bêche. Si l'on a encore à sa disposition du maïs vert, des feuilles de navels ou de choux, du regain vert, etc., on peut alterner avec une couche de feuilles de betteraves et une couche de ces produits, mais en ayant soin de hacher le maïs avant son ensilage. La pratique de saupoudrer les couches ensilées avec du sel, que l'on rencontre parfois, est absolument condamnable. La condition essentielle pour l'ensilage en question est un tassement énergique ainsi qu'une couverture solide de terre, afin d'empêcher l'air atmosphérique de pénétrer dans la masse et d'y provoquer des fermentations nuisibles. II est recpmmandablc de répandre de la paille hachée ou des balles afin de fermer tous les interstices et d'obtenir une masse bien compacte et hermétiquement fermée.


— 96 -

Après le remplissage du silo jusqu'au bord, on continue à y apporter des feuilles de façon que le tas se rétrécisse peu à peu. On va jusqu'à 1 mètre environ au-dessus du sol ; ensuite on y apporte une couche de paille de 2 à 3 centimètres d'épaisseur qu'on recouvre enfin avec la (erre jusqu'à 0B,65 de hauteur. Après quelque temps le terrassement s'est opéré ; la couche de terre montre des gerçures et des crevasses qu'on a soin de fermer minutieusement en les battant avec une bêche.

Après six et huit semaines le tas peut être entamé. Les masses fourragères ont subi une fermentation acido-lactique. En ouvrant on ne doit, découvrir qu'une surface relativement peu étendue. On prend chaque jour une couche dans le sens vertical en fermant bien, à l'aide de planches, la tranche entamée. L'odeur désagréable qui s'en dégage provient de l'acide butyrique qui se forme au contact de l'air avec le fourrage ensilé. Les bêtes s'habituent bien vite à cette odeur ainsi qu'au fourrage lui-même, qui les rebute au début.

La mise en silo des feuilles de betteraves a le grand avantage de diminuer sensiblement la proportion d'acide oxalique que les feuilles fraîches contiennent en assez forte quantité et dont l'action est très nuisible. On peut donner sans inconvénient à une vache 20 à 30 kilogr. par jour de ce fourrage ensilé en y ajoutant 10 kilogr. de pulpe de betteraves, du son, 2 kil. 5 de balles, 1 kil. 5 de tourteaux d'arachide et 2 kil. 5 de foin. En substituant un poids égal de fourrage ensilé aux pulpes de sucrerie, on a constaté que le rendement des laitières ne diminuait guère, la qualité et le goût du lait étaient très bons, mais que le beurre accusait un léger goût de betterave.

Les feuilles de betteraves ensilées dosent d'après les tables de Wolff: 78.8 0/0 d'eau, 2 0/0 de principes azotés digestibles, 5.1 0/0 de matières non azotées, 1.7 0/0 de fibre brûle et 0.7 0/0 de graisse digestible. Il est à observer qu'avec l'ensilage des feuilles il y a toujours des pertes de principes alimentaires. On peut les éviter ou du moins les atténuer en établissant le silo dans des excavations revêtues de maçonnerie bien cimentée. Ce genre de silo se prête du reste avantageusement à la conservation des différents fourrages verts. J.-PH. WAGNER.

{Journal d'agriculture pratique.)


— 97 —

MME DES CONCOURS

\ -

!IONISES PAR LA SOCIETE

«t

! en 1899.

En faveur des lauréats de ces concours, ont été accordées par Monsieur le Ministre de Vagriculture, au nom du Gouvernement de la République, une subvention de 1.100 francs, une médaille de vermeil et deux médailles d'argent ; et par le Conseil général du Nord une subvention de 2.500 francs.

ARBETË: Nous, Sous-Préfet de ^arrondissement de Valenciennes,

ARRÊTONS CE QUI SUIT : ARTICLE PREMIER. — Le programme ci-après des récompenses à décerner en 1899 par la Société d'agriculture, sciences et ans de l'arrondissement, sera publié et aifiché dans les lieux accoutumés par les soins de MM. les Maires.

ART. 2. — MM. les Maires sont priés d'engager les cultivateurs à prendre part à ces concours.

ART. 3. — Ils nous feront parvenir le plus promptement possible tous les renseignements qui peuvent mettre la Société à même de porter sur le mérite des concurrents un jugement éclairé.

Fait à l'hôtel de la Sous-Préfecture, à Valenciennes, le 27 juillet 1899.

Le Sous-Préfet, A. MILLETEÂU.

Prix Mathieu.

(CONCOURS ANNUEL).

Une prime de 400 francs sera décernée à l'auteur d'une amélioration agricole jugée digne de l'importance de ce prix.

Dans le cas où aucune amélioration ne comporterait l'allocation de la prime entière, la somme susdite pourra être divisée, mais toujours pour récompenser un progrès intéressant l'agriculture.

TOME XLIX. 4


— 98 —

CONCOURS DE MORALITÉ

(Fondés en 1842)

OUVRIERS DE. L'AGRICULTURE ET DE L'INDUSTRIE. — DOMESTIQUES ET SERVANTES. — TRAVAIL DU LUNDI. — CAISSES D'ÉCONOMIE. — COURAGE, VERTU, DÉVOUEMENT. — FONDATIONS DE RIENFAISANCE. — ADOPTION D'ORPHELINS.

I. Ouvriers de l'agriculture.

1° Médaille d'argent et prime de 50 francs, offertes au valet de charrue, garçon de ferme ou berger, qui aura, sans interruption, servi honorablement pendant le plus long espace de temps le même maître ou dans la même exploitation. — Le nombre d'années de service devra dépasser quarante.

2° Médaille d'argent et prime de 50 francs, à la domestique de ferme qui remplira les mêmes conditions.

3° Médailles d'argent aux trois hommes et aux trois femmes qui seront, suivant les mêmes règles, classés après les précédents. — Pour le groupe des hommes et pour le groupe des femmes, à celle des trois médailles d'argent qui se trouvera méritée par le plus grand nombre d'années de service, sera jointe une prime de vingt-cinq francs. — Le nombre d'années de service devra être de trente au moins pour être récompensé par l'une de ces médailles.

4° Médailles de bronze aux hommes et aux femmes qui auront servi dans les mêmes conditions pendant vingt-cinq ans au moins.

II. Ouvriers de l'industrie.

1° Médaille d'argent et prime de 50 francs, à l'ouvrier ou chef ouvrier, quelle que soit sa profession, qui aura honorablement travaillé le plus de temps dans le même établissement ou dans divers établissements dirigés par le même industriel. — Le nombre d'années de service devra être de quarante au moins.

2° Médaille d'argent et primede 50 francs, à l'ouvrière qui remplira les mêmes conditions. — Le nombre d'années de service devra dépasser trente.

3° Médailles d'argent aux trois ouvriers et aux trois ouvrières qui seront, suivant les mêmes règles, classés après les précédents. — Pour le groupe des hommes et pour le groupe dés


— 99 —

femmes, à celle des trois médailles d'argent qui se trouvera méritée par le plus grand nombre d'années de service, sera jointe une prime de vingt-cinq francs. — Le nombre d'années de service devra dépasser trente pour les hommes et vingt-cinq •pour les femmes, pour être récompensé par l'une de ces médailles.

4° Médailles de bronze aux hommes el aux femmes qui auront travaillé dans les mêmes conditions, les premiers pendant vingtcinq ans, les secondes pendant vingt ans au moins.

NOTA. — Ne seront pas admis à concourir pour ancienneté de service les ouvriers ou chefs-ouvriers attachés aux établissements qui leur assurent des pensions de retraite, ces pensions devant être considérées comme un stimulant suffisant pour les retenir dans le même établissement. Néanmoins si cette pension de retraite est assurée par un groupe d'usines syndiquées, de telle sorte que l'ouvrier puisse, tout en y conservant droit, passer de l'une dans l'autre de ces usines, il pourra concourir pour ancienneté de service avec les candidats ordinaires, mais en ne prenant rang qu'après déduction de dix ans sur la durée du service par lui fait dans le même établissement.

III. Domestiques et servantes attachés à la personne ou à la maison.

1°. Médaille d'argent et 50 francs au domestique qui aura servi honorablement le même maître pendant le plus long espace de temps (vingt ans au moins).

2° Médaille d'argent et 50 francs à la servante qui remplira les mêmes conditions.

3° Médailles d'argent aux deux domestiques et aux deux servantes qui seront classés après les précédents.

4° Médailles de bronze aux domesliques des deux sexes qui auront servi honorablement le même maître pendant quinze ans au moins.

Conditions relatives aux trois concours ci-dessus.

Les années de service ne seront pas considérées comme interrompues à l'égard des concurrents qui, pour une cause indépendante de leur volonté, auront momentanément quitté la ferme, l'usine ou la maison dans laquelle ils étaient employés.

Il en sera de même pour ceux qui, appelés par-la conscrip-


- 100 —

lion, auront, à l'expiration de leur congé, repris du travail dans le même établissement.

Nul ne pourra recevoir plus d'une fois le prix prévu par chacun des paragraphes ci-dessus. — Le bénéficiaire d'une prime de 25 francs ne pourra concourir pour une prime de 50 francs qu'après un délai de cinq ans.

Les concurrents devront présenter sur timbre un certificat de leurs maîtres attestant leurs services, el renfermant une indication très exacte de la date de leur naissance. Ce certificat sera légalisé el déclaré conforme à la vérité par le maire de la commune à laquelle le concurrent appartient. Les certificats devront être transmis franco à la Société avant le 1er septembre 1899.

IV. Travail du lundi.

La Société ayant fait frapper des médailles spéciales sur lesquelles sont gravés ces mots : Travail du Lundi, décernera, s'il y a lieu, vingt de ces médailles en bronze aux ouvriers qui, sans être forcés par aucun règlement d'atelier à travailler le lundi sous peine de renvoi, s'abstiennent depuis le plus long lemps, au moins quinze ans, de chômer ce jour-là.

Les concurrents devront présenter sur timbre un certificat de leurs patrons attestant leur exactitude au travail le lundi. Ce certificat, revêtu des mêmes légalisation et attestation que les autres certificats spécifiés plus haut, devra être adressé franco au secrétariat de la Société, avant le 1er septembre prochain.

NOTA. — Si un ouvrier de l'industrie est candidat à la fois à une médaille d'ancienneté de service eL à une médaille du travail du lundi, il ne pourra obtenir que l'une d'elles cette année; sauf pour lui la faculté de faire valoir de nouveau ses litres à l'obtention de la seconde dans un concours suivant.

V. Courage, vertu, dévouement. Médailles d'or, de vermeil ou d'argent, aux personnes de l'un ou l'autre sexe dont la vie aura été marquée par des actes de vertu, de courage, de probité ou de dévouement, non encore récompensés publiquement, et susceptibles d'être signalés par la Société soit à l'Académie française pour les prix Monlyon, soit au Gouvernement pour les médailles et primes accordées par M. le Ministre de l'intérieur.


— 101 -

VI. Fondations de bienfaisance. *

Médailles de vermeil, d'argent ou de bronze, aux fondateurs et organisateurs de sociétés de secours muluels et de bienfaisance, de sociétés coopératives, de salles d'asile, de crèches, d'ouvroirs, d'institutions tendant à l'amélioration des habitations ouvrières, et généralement de toutes fondations particulières ayant pour but de faire progresser matériellement ou moralement le sort des classes ouvrières.

En outre, des médailles de vermeil ou d'argent, selon qu'il y aura lieu, seront accordées aux membres actifs des sociétés de secours mutuels qui, sans être ni présidents, ni fondateurs, contribuent cependant activement à les maintenir et à les développer.

MM. les Présidents de ces sociétés sont priés de fournir à la Section de moralité les renseignements suivants :

1° Date de la fondation de la Société ;

2° Son but ;

3° Son organisation et ses ressources ;

4" Les différentes phases qu'elle a pu traverser ;

5° La part active qu'a prise au progrès de l'oeuvre le membre qu'il s'agit de signaler.

VII. Adoption d'orphelins.

Les enfants recueillis par l'Administration des hospices et mis par elle en nourrice, sont parfois conservés, élevés et même établis par la famille où ils ont été placés. La Société, désirant signaler et récompenser ces actes de bienfaisance, prie MM. les Maires de lui faire connaître les adoptions de ce genre qui ont eu lieu dans leur commune et d'en indiquer toutes les circonstances, les récompenses devant être proportionnées à l'importance des sacrifices et à la durée des soins donnés gratuitement.

Conditions.

Il devra être présenté, par ou pour les concurrents, des certificats des maires ou notables de la localité, constatant les services rendus et spécifiant exactement l'étendue et la nature de ces services, (les certificats sur timbre seront légalisés par le Maire de la commune et devront être transmis franco à la Société avant le 1er septembre 1899, terme de rigueur.


— 102 —

DISPOSITION GÉNÉRALE. Ne sont admis à concourir que les intéressés qui ont acquis dans l'arrondissement de Valenciennes leurs litres aux récompenses offertes.

-fi,:

CONCOURS D'ANIMAUX REPRODUCTEURS

Ces concours auront lieu à Valenciennes, sur le nouveau Marché aux 'bestiaux et sur la place des Forains, le samedi 3© août 1899, à neuf heures du matin.

AVIS IMPORTANT.

Toute personne disposée à présenter au concours un animal de l'espèce bovine ou chevaline, devra se faire inscrire soit au secrétariat de la Société d'agriculture à Valenciennes (1), soit au siège de son Comice, HUIT JOURS AU MOINS avant la date des concours, en déclarant le nom, la couleur, l'âge, la race de cet animal, ainsi que les prix qui ont pu déjà lui être attribués dans d'autres concours.

Les concurrents devront en outre produire un certificat sur timbre, délivré par le Maire de leur commune, et constatant qu'ils étaient propriétaires, six mois au moins arant le jour du concours, des animaux présentés, ou, pour les bandes de laurillons, bouvillons et génisses, que ces jeunes sujets ont bien été élevés chez eux. — S'il s'agit d'une jument ou d'une pouliche pleine, la carte de saillie devra être aussi soumise au jury.

L'inobservation des formalités précédentes peut faire refuser l'admission des intéressés au concours.

Tout animal qui, dans un concours régional, départemental ou d'arrondissement, aura été jugé digne d'un prix ou d'une prime, ne pourra, s'il est présenté dans une catégorie identique, recevoir qu'un prix d'une valeur plus élevée. Si c'est un premier prix qu'il a précédemment obtenu, il sera classé hors concours,

(I) Ce bureau est ouvert tous les jours (dimanches et fêtes exceptés) de dix heures à midi et de deux à quatre heures, à l'Hôtel'do Ville.


- 103 -

mais les jurés auront la faculté de lui décerner un diplôme d'honneur et une médaille de rappel, s'il Ieurparaît sensiblement supérieur aux autres animaux de sa catégorie.

ESPÈCE BOVINE.

Tous les animaux de l'espèce bovine qui auront remporté un prix seront marqués à la corne gauche au moyen d'un fer spécial.

Taureaux de toutes races. Ve Catégorie.—Taureaux n'ayant pas de dents de remplacement. 1er prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs. 2e — Médaille d'argent et prime de 75.francs. 3e — Médaille de bronze et prime de 50 francs.

2e Catégorie. — Taureaux ayant deux dents de remplacement.

1er prix : Médaille d'argent grand module offerte par M. le Ministre de l'agriculture et prime de 140 francs.

2° — Médaille d'argent et prime de 100 francs.

3e — Médaille de bronze offerte par la Société des agriculteurs de France et prime de 75 francs.

3e Catégorie. — Taureaux ayant quatre dents et au-dessus.

1er prix : Médaille de vermeil et prime de 70 francs. . 2e — Médaille d'argent et prime de 50 francs.

3° — Médaille de bronze et prime de 30 francs.

Tout taureau devra être pourvu d'un anneau nasal, à peine d'être exclu du concours.

Les primes obtenues pour les taureaux ne seront touchées que six mois après le concours et, clause de rigueur, sur la présentation d'un certificat délivré par une commission de deux membres au moins ayant pris part aux travaux du jury, et constatant que les animaux primés sont encore la possession de ceux qui les ont présentés au concours.

Génisses pleines, sans distinction de races, ayant de doux à quatre dents de remplacement.

■ 1er prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs. 2e — Médaille de bronze et prime de 75 francs. 3" — Médaille de bronze et prime de 50 francs.


— 104 —

Vaches pleines ou à lait. 1er prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs. 2e — Médaille de bronze et prime de 75 francs. 3e — Médaille de bronze et prime de 50 francs.

Bandes de houvillons, génisses et laurillons élevés chez les exposants.

1° Médaille de vermeil grand module offerte par la Société des agriculteurs de France et prime de 100 francs au propriétaire du plus beau lot (10 à 12 tètes) de bouvillons, génisses et laurillons de deux mois à deux ans.

2° Médaille d'argent offerte par la Société des agriculteurs de France et prime de 75 francs au propriétaire du plus beau lot (10 à 12 tètes) de jeunes animaux de même catégorie, classé après le précédent.

Ne pourra être incorporé dane les dites bandes aucun animal individuellement primé dans une autre catégorie du concours.

ESPÈCE CHEVALINE.

Juments de gros trait pleines ou suilées.

1er prix : Médaille de vermeil grand module offerte par M. le Ministre de l'agriculture et prime de 150 francs.

2e -— Médaille d'argent et prime de 100 francs.

3e — Médrille d'argent et prime de 75 francs.

4e — Médaille de bronze offerte par la Société des agriculteurs de France et prime de 50 francs.

Juments de trait léger pleines ou suilées.

i" prix : Médaille de vermeil et prime de 100 francs. 2° — Médaille d'argent et prime de 75 francs. 3e — Médaille d'argent et prime de 50 francs.

Pouliches de trait de toutes races, de S à & ans.

I™ prix : Médaille d'argent grand module offerte par M. le Ministre de l'agriculture et prime de 100 francs. 2e — Médaille d'argent et prime de 75 francs. 3° — Médaille d'argent et prime de 50 francs. i' — Médaille de bronze et prime de 50 francs. 5e — Médaille de bronze et prime de 25 francs-.


— 105 —

NOTA. — Le jury, s'il le juge convenable, pourra former deux catégories, sans toutefois' que cette division donne lieu à une augmentatien du nombre et de la valeur des prix ci-dessus.

Jeunes étalons.

Une prime de 100 francs pourra être accordée par le jury au plus beau poulain entier de gros trait de 15 à 30 mois.

Nota. Les primes pour les génisses et les pouliches ne seront versées qu'un an après le concours, sur la présentation d'un certificat semblable à celui ci-dessus indiqué à propos du paiement des primes accordées aux taureaux.

ESPÈCE PORCINE.

Médaille d'argent et prime de 40 francs pour le plus beau verrat.

Médaille de bronze et prime de 30 francs pour la plus belle truie suites.

DISPOSITION GÉNÉRALE.

Ne sont admis à concourir que les intéressés appartenant à l'arrondissement de Valenciennes.

Fait et arrêté à Valenciennes, en séance du Comité central, sur la proposition des Comices et Sections, le 10 juin 1899.

Le Secrétaire général, Le Président,

VICTOR HENRY. \UG. DOUTRIA.UX.

TOME XLIX.

4*


— 106 —

COMPTE RENDU

DES TRAVAUX & DES DÉPENSES DE LA SOCIÉTÉ

EN" 1898-1899,

adressé à Messieurs les Représentants du Département du Nord,

Chargés de vous faire connaître l'emploi des subventions que la Société nationale d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes a reçues l'année dernière du Gouvernement de la République et du Conseil général du Nord, nous avons l'honneur de vous soumettre ci-joint plusieurs tableaux où se trouvent résumées les dépenses de celte Société en 1898.

Une partie de ces subventions devant, aux termes mêmes des décisions qui les ont octroyées, être distribuée aux cultivateurs appelés à donner les preuves de leur mérite dans des concours, la Société d'agriculture a organisé à cet effet des concours d'animaux reproducteurs des espèces chevaline, bovine et porcine, — des concours de volatiles de basse-cour, — des concours de labourage, — des concours de maréchalerie et de bourrellerie, auxquels ont été annexés une exposition et un concours d'instruments agricoles. Les jurys" chargés d'apprécier les épreuves et les produits des candidats ont rendu leurs jugements à Onnaing, le 18 septembre, et les récompenses ont été remises aux lauréats le môme jour et dans la même commune, sous la présidence de M. le Sous-Préfet de Valenciennes.

La Société d'agriculture de Valenciennes ne peut passer sous silence, dans cet ordre d'idées, le concours international d'arracheuses mécaniques de betteraves qu'elle a pu organiser aussi en 1898 grâce à l'aide pécuniaire du Syndicat des fabricants de sucre de France et de la Société des agriculteurs du Nord. Ce concours a eu lieu le 16 octobre à Àrtres, dans d'excellentes conditions ; les principaux constructeurs de France et des pays voisins y ont pris part, de nombreux agriculteurs y ont assisté,


— 10.7 —

et les résultats mis en évidence ont été utilement répandus par les journaux spéciaux.

En ce qui concerne l'influence que la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes s'applique à exercer pour entretenir autour d'elle le goût des études littéraires et scientifiques, nous signalerons la publication, dans son Bulletin périodique, de plusieurs notices historiques ou artistiques, concernant les peintures flamandes au musée de Valenciennes, les anciennes écoles dentellières de la même ville, le général de Poillouë de Saint-Mars, la tragédienne Duchesnois, etc., dues à MM. Vanden Bussche, Àlf. Richez et autres membres de la Société.

En outre, la Société a fait mettre sous presse, en 1898, un important volume de Mémoires historiques sur son arrondissement, volume qui est à la veille de paraître.

Elle a, durant la même année, enrichi de plusieurs documents intéressants, le musée d'histoire locale qu'elle a fondé et qu'elle entretient.

Notre Société d'agriculture, sciences et arts, en vous soumettant ses travaux, ose espérer, Monsieur le Préfet et Messieurs les Conseillers généraux, que vous jugerez bon de la faire bénéficier en 1900 des mêmes subsides qu'en ces dernières années.

Avec l'expression de ses sentiments de gratitude, nous vous prions de vouloir bien recevoir, Monsieur le Préfet et Messieurs les Conseillers généraux, nos hommages très respectueux.

Pour la Société, Le Secrétaire général. Le Président,

V. HENRY. Aug. DouTRutsi.

Valenciennes, le 1er juillet 1899.


— 108 —

ANNEXE N» 1.

ÉTAT DES RECETTES & DÉPENSES

de la Société d'agriculture de Valenciennes, en l'année 1898.

RECETTES.

Excédent de l'exercice 1897 542r 39

Cotisations des membres de la Société 4.230 »

( de M. le Ministre de l'agriculture.. 1.100 »

[ du Département (pour l'agriculture) 2.500 »

Subventions du ^parlement (pour les lettres,

reçues i sciences et arts) 500 »

[ de la Ville de Valenciennes 600 »

' du Syndical des fabricants de sucre

Allocations \ de France 500 »

reçues j de la Société des agriculteurs du

( Nord °. 300 »

Produit du legs Mathieu et recettes diverses 501 »

10.773 39

DÉPENSES.

Concours agricoles : Primes et médailles 5.041f »

Frais d'organisation des concours 542 30

Traitements des employés de la Société, frais de

bureau _. 1.885 70

Abonnements, souscriptions a des recueils 51 50

Impression de la Revue agricole et historique 928 75

Impression partielle d'un volume de Mémoires historiques 500 »

Loyer des locaux et frais d'entretien du matériel

des concours et de la Galerie historique 929 95

Subvention à la Société des Incas pour un cortège

historique 200 »

Dépenses diverses : chauffage, éclairage, assurances contre l'incendie, elc 542 30

10.621 50

ItALANCIi.

Dépenses 10.773f39

Recettes 10.621 50

Excédant 151 89


-. 109 — ANNEXE N° 2.

EMPLOI DES FONDS ALLOUÉS

à la Société, en 1898, par M. le Minisire de i'agriculture et par le Département du Nord.

RECETTES.

/ de M. le Ministre de l'agriI

l'agriI 1.100 i

V 3.600f »

Subventions ) du Département (pour l'a- l

reçues i griculture) 2.500 j

du Département (pour les lettres, \ sciences et arts) 500 »

4.100 »

DÉPENSES. „

\ de l'espèce \

■ Animaux / chevaline 949

Primes I reProducteurs t de l'espèce I

et ' l / bovine... 1.250 i

Médailles I Volatiles et autres animaux I

des ) de basse-cour 238 (

Concours Labourage mI 4.124^ »

agricoles I .1

de I Maréchalerie 168 i

septembre Bourrellerie .■ 178

\ Instruments agricoles 430 J

\ Apiculture 17 /

Impression de la Revue agricole, industrielle, historique et artistique 928 75

Impression partielle d'un volume de Mémoires historiques.. 500 »

5,552 75


— 110 —

ANNEXE N° 3.

ÉTAT DES RECETTES & DÉPENSES PRÉSUMÉES

de la Société d'agriculture de Valenciennes

pour l'année 4899.

RECETTES.

Encaisse au 1er janvier 1899. 151f 89

Cotisations des membres de la Société 4.230 »

ide M. le Ministre de l'agri- \

culture 1.100 i

du Département (pour l'a- 1

gricultnre) 2.500 4.700 »

du Département (pour les \

lettres, arts, etc.) 500 j

■ de la Ville de Valenciennes 600 < Produit du legs Mathieu et recettes diverses 450 »

• 9.531 89

DÉPENSES.

Récompenses et frais d'organisation des Concours agricoles 5.000f »

Impression de la Revue agricole, industrielle, historique, etc 1.200 »

Traitements des employés de la Société et frais de bureau 1.850 »

Frais divers : loyer, assurances, etc 1.400 »

9.450 »

BALANCE.

Recettes 9.531 89

Dépenses 9.450 »

Excédent de receltes.... 8189


— 111 —

ANNEXE N° 4.

ÉTAT DE LA CAISSE DE SECOURS

aux lauréats des concours de moralité,

à la fin de l'année 1898.

RECETTES.

Encaisse au 31 décembre 1897 455f 29

Rente sur l'Etat.... 250 »

Produit d'une quête faite à Onnaing 55 »

Intérêts des fonds déposés à la Caisse d'épargne.. 40 31

800 60

DÉPENSES.

Quatre pensions de 25 francs 100f »

Sept secours de 25 francs • 175 »

275 » .

BALANCE.

Recettes 800f 60

Dépenses 275 »

Reste en caisse 525 60


— 112 —

VOEUX SOUMIS AU CONSEIL GÉNÉRAL par la Société.

CRÉATION D'UN DÉPÔT D'ÉTALONS A VALENCIENNES.

La Société d'agriculture insiste particulièrement pour qu'un dépôt d'étalons soit établi par l'Administration des haras h. Valenciennes, — les cultivateurs des environs montrant depuis quelques années une heureuse tendance à pratiquer l'élevage du cheval, et cette tendance étant contrariée par la nécessité de conduire les juments, pour la monte, dans des localités éloignées.

PROJET DE LOI SUR LA MÉDECINE VÉTÉRINAIRE.

La Société souhaite que le Parlement étudie et vote a bref délai la loi projetée sur l'exercice de la médecine vétérinaire.

EMPLOIS AGRICOLES ET INDUSTRIELS DU SUCRE.

Considérant que l'industrie sucrière française est menacée de voir se fermer ses débouchés extérieurs,

Considérant que si, par suite, la fabrication du sucre périclitait, il en résulterait de désastreuses conséquences pour l'agriculture et de nombreuses industries intéressées ;

La Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes demande instamment que le Parlement favorise les emplois industriels et agricoles du sucre, en exonérant complètement d'impôt ce produit dans tous les cas où il ne sert pas à l'alimentation directe de l'homme.

DÉMATURATION DES MÉLASSES DESTINÉES AUX USAGES AGRICOLES.

Considérant que le décret du 3 novembre 1898, relatif à la dénaturation des mélasses, met obstacle à l'emploi de ce produit en agriculture, par l'exagération des précautions et la complication des formalités qu'il a imposées ;

Considérant que le décret du 8 juin 1899 n'a qu'insuffisamment atténué le premier,

La Société d'agriculture émet le voeu de voir'complètement transformer le système de garanties édicté en cette matière ; il importe d'adopter une réglementation beaucoup plus simple, si l'on ne veut laisser à l'état de lettre morte la dernière prescription de l'article 4 de la loi du 14 juillet 1897.


— 113 —

EMPLOI DE L'ALCOOL POUR L'ÉCLAIRAGE, L'IMPULSION DES MOTEURS, LES FABRICATIONS INDUSTRIELLES, ETC.

Considérant que l'agriculture a le plus grand intérêt à voir s'étendre l'usage de l'alcool sous toute autre forme que celle de boisson,

Notre Société renouvelle ses voeux antérieurs, tendant :

1° A ce que l'alcool employé à l'éclairage, au chauffage, à la production du mouvement, aux diverses préparations industrielles, soit dégrevé de tout impôt ;

2° A ce que l'Administration admette, pour la dénaturation de l'alcool, un produit moins coûteux que le méthylène ;

A ce que les industriels puissent obtenir l'autorisation de dénaturer l'alcool à tout degré, suivant les exigences de l'usage spécial auquel il est destiné ;

4° A ce que les formalités excessives auxquelles reste soumis le commerce de l'alcool dénaturé soient simplifiées, cette mesure pouvant être contrebalancée par une punition plus sévère des tentatives de revivification de l'alcool.

ALCOOLOMÉTRIE.

La Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes prie le Conseil général de saisir les Pouvoirs publics d'un voeu tendant à faire substituer, dans notre régime fiscal, l'alcoolométrie pondérable à l'alcoolométrie volumétrique, cette dernière étant la source de conflits continuels entre les industriels et la Régie.

INONDATIONS.

La Société d'agriculture émet le voeu de voir étudier attentivement et prendre les mesures nécessaires pour prévenir le retour des inondations qui l'an dernier encore ont éprouvé une partie de l'arrondissement de Valenciennes.

NAVIGATION.

La Société demande que le projet de construction d'un canal de jonction de l'Escaut à la Meuse soit repris le plus tôt possible, cette mesure intéressant vivement l'avenir de la métallurgie du Nord.


114

CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS.

La Société prie le Conseil général de vouloir bien émettre des voeux tendant :

1° A ce que la commune de Lourches soit mise à même de profiler du réseau des tramways de l'arrondissement par un prolongement du tramway de Valenciennes à Denain ; 2° A ce que des chemins de fer à voie étroite soient établis : a. de Valenciennes au Quesnoy par Préseau ; h. de Valenciennes à Denain par Maing et Thi'ant ;

c. d'Hergnies à Saint-Àmand ;

d. de Valenciennes, par Famars et Quérénaing, à Verchain-Maugré et Haspres ;

3° A ce que des éludes soient entreprises en vue de l'établissement d'un chemin de fer à voie étroite de Valenciennes à Roisin (Belgique), de manière h desservir les communes de Maiiy, Estreux, Rombics, Sebourg, Elh et Bry.

VIANDE DE BOUCHERIE. — HYGIÈNE PUBLIQUE.

La Société émet le voeu que, même dans les communes qui ne possèdent pas d'abattoir, aucun animal de boucherie ne puisse être livré à la consommation sans que la viande en ail été déclarée saine par un vétérinaire.

ASSISTANCE DES TRAVAILLEURS AGES ET INFIRMES.

La Société émet le voeu de voir les Pouvoirs publics s'attacher à résoudre la question, depuis longtemps pendante, de l'assistance des ouvriers rendus incapables de travail par l'âge ou la maladie.

DÉBITS DE BOISSON.

La Société appelle de tous ses voeux l'adoption par le Parlement de la proposition de loi qu'ont déposée au Sénat MM.SiegIried, Béranger, et plusieurs de leurs Collègues, tendant à réglementer l'ouverture des débits de boisson, de manière à mettre une limite à la multiplication du nombre des cabarets et à obtenir plus de garanties de moralité chez les débitants.


115

PRISON DE VALENCIENNES.

La Société appuie le voeu fréquemment exprimé déjà par le Conseil d'arrondissement de Valenciennes, tendant à ce qu'une voiture cellulaire soit attachée à la maison d'arrêt de Valenciennes pour le transport des inculpés entre cette prison et le palais de justice, en attendant qu'on trouve le moyen de rapprocher, comme il serait désirable, ces deux établissements.

Pour la Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes, Le Secrétaire général, Ze Président,

V. HENRY. Aug. DOUTRIAUX.

Valenciennes, le 1er juillet 1899.

CHRONIQUE AGRICOLE.

LA LOI DU 9 AVRIL 1898 SUR LES ACCIDENTS ET L'AGRICULTURE.

Des doutes sérieux s'étaient élevés sur les limites et les conditions dans lesquelles la loi du 9 avril 1898 concernant les accidents du travail était applicable à l'agriculture; une loi complémentaire, du 30 juin 1899, a éclairci la question. Voici le texte de ces dispositions nouvelles :

« Article unique. — Les accidents occasionnés par l'emploi de machines agricoles mues par des moteurs inanimés et dont sont victimes, par le fait ou à l'occasion du travail, les personnes, quelles qu'elles soient, occupées à la conduite ou au service de ces moteurs ou machines, sont à la charge de l'exploitant du dit moteur.

« Est considéré comme exploitant l'individu ou la collectivité qui dirige le moteur ou le fait diriger par ses préposés.

« Si la victime n'est pas salariée ou n'a pas un salaire fixe,


— 116 —

l'indemnité due est calculée, selon les tarifs de la loi du 9 avril 1898, d'après le salaire moyen des ouvriers agricoles de la commune.

« En dehors du cas ci-dessus déterminé, la loi du 9 avril 1898 n'est pas applicable à l'agriculture. »

LES INDEMNITES POUR TUBERCULOSE BOVINE.

La loi de finances du 30 mai 1899, a, dans son article 41, modifié comme il suit le tarif des indemnités fixées l'an dernier (1) en faveur des propriétaires de bestiaux abattus pour tuberculose :

<t Article 41. — L'article 81 de la loi de finances du 13 avril 1898 accordant des indemnités dans le cas de saisie de viande et d'abulage d'animaux pour cause de tuberculose, est remplacé par les dispositions suivantes :

« Dans le cas de saisie de viande et d'abalage d'animaux pour cause de tuberculose, des indemnités sont accoidéesaux propriétaires qui se sont conformés aux lois et règlements sur la police sanitaire.

« Ces indemnités seront réglées ainsi qu'il suit :

« 1" Au tiers de la valeur qu'avait l'animal au moment de Fabatâge, lorsque la tuberculose est généralisée ;

« 2" Aux trois quarts de celte valeur lorsque la maladie est localisée ;

« 3° A la totalité de la valeur de l'animal abattu par mesure administrative, s'il résulte de l'abatage que cet animal n'était pas atteint de tuberculose.

« Dans tous les cas, la valeur de la viande et des dépouilles vendues par les soins du propriétaire, sous le contrôle du maire, sera déduite de l'indemnité prévue.

« Celte indemnité ne pourra être supérieure à 200 francs pour le tiers de la valeur, à 450 francs pour les trois quarts. »

(1) Voir à la page 95 du tome XLVIII de la présente Revue.


— 117 —

LS DESTRUCTION DESJAIfïES OU MOUTARDONS.

Certaines plantes de la famille des crucifères causent parfois dans nos cultures de sérieux dommages. A la suite des hivers douxet des printemps humides, on voit se développer les sanves ou moutardons et les ravenelles en si grande quantité, qu'elles étouffent les céréales dont elles envahissent le terrain.

Bien des moyens avaient été proposés pour remédier à ce mal, mais à cause, des frais de main-d'oeuvre et de la rusticité de la plante, ils ne formaient que des palliatifs plus ou moins inefficaces.

Par l'effet du hasard, la question enfin a fait en ces derniers temps un pas décisif. Un cultivateur rémois, M. Bonnet, en pratiquant des sulfatages sur ses vignes, a observé que les sels de cuivre désorganisaient les moutardons et ravenelles qu'ils atteignaient. En même temps, il remarquait que des tiges d'avoines développées ça et là n'étaient pas attaquées par la solution de sulfate de cuivre. Il résolut de tirer la chose au clair, et, dans le courant de l'année 1895, traita au moyen du sulfate de cuivre une pièce d'avoine complètement envahie par les sanves et les ravenelles. Les résultats obtenus lui parurent si concluants, qu'il fit part de sa découverte au Comice agricole de Reims.

L'année suivante, plusieurs agriculteurs de Seine-et-Marne, notamment M. Brandin, appliquèrent le procédé de M. Bonnet avec le même succès.

En même temps, M. Duclos, chimiste à Meaux, entreprenait une série d'expériences à l'effet de rechercher la valeur des agents destructeurs à employer contre les sanves et la résistance de ces plantes. Ses travaux ont fait l'objet en 1897 d'une communicalion à la Société nationale d'agriculture. Dans ses conclusions, il attribua la supériorité aux sels de cuivre, et le premier recommanda l'azotate comme ayant de sérieux avantages. Le nitrate de cuivre, dont la solubilité est beaucoup plus grande, dit M. Vilcoq dans la Nature, se trouve maintenant dans le commerce sous forme d'une dissolution concentrée marquant 1400 à l'aréomètre. Au moment de l'emploi, il suffit de verser dans un tonneau de pulvérisateur deux litres de cette solution par hectolitre d'eau.

TOME XLIX, 5


_ 118 _

Tous ces liquides sont répandus à l'aide de pulvérisateurs identiques à ceux qui servent dans le traitement des vignes.

Quelques chimistes préconisent aussi le sulfate de fer. Parmi eux se trouve notamment un de nos compatriotes de l'arrondissement de Valenciennes, M. Lucien Geschwind, d'Onnaing, actuellement en résidence à Chailvet (Aisne). En réponse à un travail de M. Brandin, il a exposé naguère dans le Bulletin de la « Société des agriculteurs de France » (1), les motifs de son opinion. Sa très intéressante communication mérite de retenir l'attention des cultivateurs, et nous nous empressons de la reproduire ici :

NOTE DE M. L. GESCHWIND.

M. Brandin a publié dans un des derniers fascicules du Bulletin de ta Société des agriculteurs de France, une note très remarquable et très documentée sur la destruction des sanves par les méthodes chimiques (2). Je me permettrai, dans les lignes qui suivent, d'ajouter quelques mots sur cette importante question et de résumer les expériences que j'ai faites, depuis deux ans, sous la direction de M. Vivien, le savant chimiste de SaintQuentin.

Ces expériences m'ont, en effet, montré que l'action d'une solution de sulfate de fer à 15%, pulvérisée sur des sanves jeunes, non fleuries, à la dose de 10 ou 12 hectolitres à l'hectare, était tout aussi complète que l'action d'une solution de sulfate de cuivre à 5 % de concentration. Par contre, pour détruire complètement les sanves âgées, en pleine floraison, il a été nécessaire d'élever la concentration de la liqueur ferreuse à' 20 et 25 °/0, tandis que la solution cuprique à 5 % réussissait encore très bien.

Au point de vue du prix de revient, il est évident que le traitement au sulfate de fer aurait été, dans les deux cas, plus économique que le traitement au sulfate de cuivre.

Je ne pense pas, comme le dit M. Brandin, que la question se complique beaucoup avec le sulfate de fer (3). Le matériel est,

(1) Numéro da 1" juin 1899, page 601.

(2) Voir Bulletin de la Société des agriculteurs de France, comptes rendus de la session do 1899, fasc. 3, p. 302 et suiv.

(3) Comptes rendus de la session de 1899, loc. cit., p. 307.


— 119 —

en effet, le même, la quantité de liquide à pulvériser identique ; seule, la concentration du liquide change, et il n'est certainement pas plus difficile de faire dissoudre dans un hectolitre 15 ou 20 kilog. de sulfate de fer que 4 ou 5 kilog. de sulfate de cuivre.

M. Brandin dit bien qu'avec des solutions concentrées les appareils s'encrassent; mais, à mon avis, cette objection n'a qu'une importance toute relative. C'est une question de soins et de nettoyage en temps utile. Au reste, les appareils s'encrassent aussi bien avec les sels de cuivre, et, dans les deux cas, surtout lorsque les solutions sont troubles. II n'y aurait qu'à faire, à la ferme même, des solutions saturées, préparées à chaud, à laisser reposer et à ne se servir,-pour faire les dilutions, que de liquide clair, pour réduire les chances d'encrassage au minimum.

Mais ce n'est pas sur ces points que je veux surtout attirer l'attention ; c'est sur l'action toxique du sulfate de cuivre, ou plutôt des sels cuivriques, sur les végétaux. Cette action est extrêmement énergique. M. H. Coupin (1) a, en effet, démontré qu'une solution de sulfate de cuivre à 0,00555 °/0 suffit pour empêcher la germination du blé. Nous ne pouvons mieux faire, à ce sujet, que de rappeler les conclusions du travail "de ce savant :

« Remarquons, en terminant, que l'on a proposé récemment de détruire les mauvaises herbes des moissons par des aspersions de sulfate de cuivre ci 5 et même 10 %• Les faits qui précèdent donnent à penser que l'on doit être prudent dans cette pratique, car la solution cuprique, qui s'infiltre dans le sol, risque fort de tuer en même temps les racines du blé ou de compromettre les récoltes ultérieures: nous avons vu, en effet, qu'une solution de sulfate de cuivre à 0,00555 °/0 suffit pour empêcher la germination du blé. »

Je sais bien qu'en réalité, dans la pratique, le dommage est beaucoup moins grand et qu'on ne constate, le plus souvent, qu'un arrêt momentané. Je puis cependant citer un fait qui montre qu'il est plus grand qu'on ne le pense généralement.

(1) Comptes rendus de l'Académie des -sciences, 1898, CXXVII, 400.


- 120 -

J'ai effectué, en effet, des essais comparatifs avec du sulfate de fer, à 15, 20 et 25 °/„ et du sulfate de cuivre à 4 et 5 % sur une avoine infestée de sanves. Dans chaque expérience, les sanves ont élé détruites ; mais, tandis qu'après le traitement au sulfate de fer, l'avoine, débarrassée des plantes parasites qui la gênaient, montrait une recrudescence dans l'activité de sa végétation, que ses liges poussaient, que ses fanes s'élargissaient et prenaient une teinte vert sombre, il en était tout autrement avec le sulfate de cuivre. Dans les parcelles traitées par les solutions de ce sel, en effet, l'avoine jaunissait, languissait, et finalement, quand la végétation reprenait, les plantes ne se montraient pas plus vigoureuses que dans les parties non traitées et accusaient un retard sensible sur les parcelles traitées au sulfate de fer. En effet, dans ces dernières, l'avoine était plus haute de 7 à 8 centimètres et sa couleur vert foncé tranchait avec la couleur jaunâtre des plantes des parcelles voisines. Celte avance s'est maintenue jusqu'à la fin de la végétation.

Par conséquent, si comparativement aux parcelles non traitées le dommage était nul, il était notable comparativement aux parcelles traitées au sulfate de fer, et il est évident que l'action bienfaisante de la destruction des sanves avait été compensée par l'action toxique du sulfate de cuivre sur l'avoine.

Le traitement au sulfate de fer est donc préférable et, avec lui, il n'est pas nécessaire d'économiser le liquide.

Comme l'a fort bien dit M. Brandin, en résumant les expériences du Comice de Reims (1), l'action des deux sels n'est pas la même. On a remarqué que le sulfate de cuivre empoisonne tous les tissus de la sanve, tandis que le sulfate de fer n'a qu'une action locale et ne désorganise que les parties atteintes par la solution.

Ce fait nous a été confirmé par l'examen microscopique de coupes effectuées dans les sanves, prises deux ou trois jours après le traitement, c'est-à-dire avant leur dessiccation. Nous avons pu constater ainsi un phénomène curieux. L'action du sulfate de cuivre s'est, en effet, produite par une coagulation du protoplasma des cellules, qui s'est rétracté en entraînant avec

(1) Compte rendu de la session de 1899, loc. cit., p. 308.


— 121 —

lui le noyau et est venu s'appliquer contre les parois sous la forme d'une couche mince présentant une grande affinité pour les colorants.

Avec le sulfate de fer, nous avons constaté celte coagulation, mais d'une façon moins intense, et seulement au voisinage des parties atteintes par le liquide.

Par contre, dans ces parties, nous avons constaté une désorganisation complète des tissus qui avaient pris une couleur brun noirâtre ; désorganisation qui s'élendait dans l'intérieur, où l'on remarquait des traînées brunes.partant du point atteint, traversant les divers tissus et atteignant parfois le centre de la lige examinée. Pareille désorganisation ne se remarquait nullement avec le sulfate de cuivre.

Dans les deux cas, les liquides semblaient avoir agi par absorption : mais, tandis que le sulfate de cuivre se révélait comme poison violent pour la cellule, le sulfate de fer agissait d'une manière toute différente.

Ce dernier, en effet, devait se transformer, sous l'action de l'oxygène de l'air, en sulfate ferrique, oxydant énergiquement les parties avoisinantes, à la façon d'un vieux clou oxydé, qui brûle le bois dans lequel il est enfoncé.

On peut se demander pourquoi les céréales restent indemnes, lorsque les sanves sont attaquées. Ce fait très curieux est facile à expliquer et a, d'ailleurs, été expliqué. Les feuilles des céréales sont, en effet, recouvertes d'un enduit cireux, qui leur donne leur aspect glauque, et qui manque aux feuilles des sanves. Cet enduit cireux se présente dans le champ du microscope comme . un 1res fin vermiculé entourant la feuille. En raison de ce fait, les liquides ne peuvent mouiller ces feuilles, et ne sont, par conséquent, pas absorbés. Ils ne peuvent donc agir.

En résumera notre avis, le traitement au sulfate de cuivre est coûteux ; il est de plus dangereux, et je n'hésite pas à recommander le traitement au sulfate de fer, même employé aux titres de 20 ou 25 %.

L. GESCHWIND,

Ingénieur chimiste, directeur technique des usines de Chailvet, par Chaillevois (Aisne).


122 —

LIS iRTISTK YALIHCIKHK0I3

AUX SALONS DE PARIS en 1899.

Les oeuvres exposées en 1899 aux deux grands Salons de Paris par les artistes dont Valenciennes suit avec un intérêt particulier la carrière, sont indiqués ainsi qu'il suit dans les catalogues officiels de ces expositions :

SALON DE LA SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS. Peinture. CARLOS-LEFEBVRE, né au Quesnoy-lez- Valenciennes.

— Le soir (Sologne).

— La sapinière de Mont-Evray (Sologne).

CHIGOT (Alphonse), élève de l'Académie de Valenciennes, professeur en celte ville.

— La guerre ! [Crimée).

CLÈRE (Jacques-François-Camille), né à Anzin.

— Portrait de M. E. D...

— Portrait de Mmt V. D... COQUELET-MÉREAU (Louis), né à Valenciennes.

— Saint Crêpin et saint Crépinien, martyrs.

(Leurs corps jetés à la voirie furent trouvés par un saint vieillard qui, étant accompagné de sa soeur, les enleva et les mit dans un bateau qui remonta de lui-même contre le cours de l'eau.)

CRACK. (Alexandre), né à Valenciennes. — H. C. —■ Sapho.

DAMAS (Eugène-Ernest), élève de l'Académie de Valenciennes.

— Aux champignons. (Ardennes). ■

DÉJARDINS (Adolphe-Julien), né à Valenciennes.

— Juin, en Flandre.

DELACROIX (Henry-Eugène), ancien professeur de peinture à l'Académie de Valenciennes.— u.c.

—■ Le corps de saint Julien (de Brioude) transporté par des vieillards.


— 123 —

DELACROIX-GARNIER (Mme), ancien professeur de l'Académie de Valenciennes.

— Les joies maternelles.

— Portrait de Mm° la baronne de M... HARPIGKIES (Henri), né à Valenciennes. — H. c.

— Fin d'une belle journée (souvenir d'Hérisson).

— La Loire, près Sancerre. JACQUET (Henri-Léon), né à Anzin,

— Pour les victimes de la mer ; le jour des trépassés en

Bretagne. LAURENT-DESROUSSEAUX (Henry), fils du peintre valenciennois Laurent. — H. c.

— Les carrières de Méry-sur-Oise : la taille (fragment).

— Maison à vendre. (Voir Dessins.) LAYRAUD (Joseph-Fortuné), professeur à l'Académie de Valenciennes. — H. C.

— Portrait de M. Marius Hygonet.

— Jeune homme au grand chapeau. (Voir Dessins.) LELEU (Alexandre-Félix), né à Vicoigne, près Raismes.

— Élude à Saint-Germain-des-Prés : la crèche.

(Voir Gravure et Lithographie.) PIGEARD (Georges), né à Valenciennes.

— Le soir ci Cernay (panneau décoratif). WALLET (Albert), né à Valenciennes. — H. C.

— Le soir.

— La rivière.

Dessins, Aquarelles, Pastels, etc. BERNARD (M 116 Anne-Marie-Antoinelte), née à Valenciennes.

— Pensées (aquarelle).

CAUCHY (Mme Marguerite), née à Anzin.

— Portrait de Léonce (porcelaine). CHALUS (Mme Cécile), née à Valenciennes.

— Portrait de Mmt J.-J. C... (pastel). DIÉMER (Mme Bérthe-Georgine), née à Beuvrages.

— Giroflées (gouache).

LAURENT-DESROUSSEAUX (Henry), déjà cité.

— La sablière de Méry (pastel).

— Vieille rue à Seillans, Var (pastel).


— 124 —

LAYKAUD (Joseph-Désiré), déjà cité.

— Puiseurs d'eau à Pompéï (esquisse, grisaille). PESLOUAN (M"° Marthe de), née à Condé-sur-Escaut.

— Portrait du colonel F... (pastel). VERCHAIN (Jean-Louis), né à Valenciennes.

— Le mont du Roleur (aquarelle).

Sculpture.

CARION (Louis-Adolphe), né à Valenciennes.

— Portrait de M. Barbier (médaillon, bronze).

— Portraits de M. Grisard et de M. X... (médaillons,

bronze). CARLIER (Emile-Joseph), né à Cambrai, ancien élève de l'Académie de Valenciennes.

— Portrait de M. le docteur T. Anger (buste, plâtre).

■— Projet de fontaine, à exécuter en métal ou en céramique. DESRUELLES (Alfred-Félix), né à Valenciennes.

— L'Enfant prodigue (groupe, plaire.)

— Portrait de M. Saulleau (busle, marbre).

GAUOUIÉ (Henri-Désiré), né à Fiers, ancien élève de l'Académie de Valenciennes. — H. c.

— Amphitrile (groupe décoratif destiné à l'Aquarium de

Paris à l'Exposition de 1900).

— 'Monument de Henri Pille (M. Henri Guillaume architecle).

architecle).

HIOLLE (Maximilien), né à Valenciennes.

— Faune et jeune satyre (groupe, bronze).

(Appartient â la Ville de Paris.)

— Instinct maternel (figure, plâtre). MAUGENDRE-VILLERS (Edouard), professeur à l'Académie de Valenciennes.

— La pomme (buste, plâtre).

TIIEUNISSEN (Corneille-Henri), né à Anzin.

— Portrait de M. François Hugues, député de SaintQuentin

SaintQuentin marbre).

— Portrait du docteur Lesage, de l'Institut Pasteur.


-- 125 —

Architecture.

ARMBRUSTBR (Henri), né à Valenciennes.

— Projet d'hospice de vieillards.

— Projet de musée pour Valenciennes.

FORTIER (Laurent), né à Valenciennes.

— Etude pour la construction d'un collège.

GUILLAUME (Henri), fils de l'architecte valenciennois Edm. Guillaume.

— Monument à Henri Pille (avant-projet).

— Théâtre des Bonshommes Guillaume.

SIROT (Henri), né à Valenciennes.

— Basilique Saint-Marc (Venise).

— Une rue à Saint-Gimignano (Italie).

SONNTAG (Eugène), à Anzin, ancien élève de l'Académie de Valenciennes.

— Projet pour le concours du musée de Valenciennes.

THIBEAU (Ernest), né à Anzin.

— Projet de musée et de bibliothèque pour la ville de Va.

Va.

Gravure et Lithographie.

CRAUK (Adolphe), né à Valenciennes.

— Portrait de la sybille Sambellha, d'après H. Memling

(gravure à l'eau forte). DESBROSSES (Léopold), né à Bouchain. — H. C.

— Paysage, d'après Constable (eau-forte). DÉTÉ (Eugène), né à Valenciennes,

— Deux gravures sur bois, d'après Ribot.

— Une gravure sur bois, d'après M. Ernest Courtois.

LELEU (Alexandre-Félix), déjà cité.

— Boeuf, d'après Rembrandt (lithographie).

— Paysage, d'après M. Harpignies (lithographie). LÉONARD (M"e Hélène), à Valenciennes, élève des Académies de

cette ville.

— Portrait de Mn" E.B... (lithographie). PLOUCHART (Eugène), né à Valenciennes.

— Un couchant (lithographie).

TOME XLIX. 5*


— 126 —

Art décoratif.

ÊNGRAND (Georges), d'origine valenciennoise.

— Jardinière; statuette bronze. — Deux coupes, bronze. ■— Panneau décoratif, peinture el sculpture '{pied de lit).

(Projet en collaboration avec M. A. Bellanger.)

LAURENT-DESROUSSEAUX; (Henry), déjà cité.

— Vases el plat.

(En collaboration avec MM. Robalbhen et Labour.) SALON DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. Peinture.

AMAN-JEAN (Edmond-François), d'origine valenciennoise.

— Vénitiennes.

•— Portrait de M™ S. de Potemkine.

— Portrait de Mn' de Potemkine.

— Souvenir.

— Petite tête à la rose.

— Portrait de M me M...

LE LIEPVRE (Jehan), né à Valeneiennes.

— La Loire (soleil couchant). —■ Loire blanche (septembre).

— Impression d'octobre. (Voir Dessins.)

SAIN (Edouard), ancien élève des Académies de Valeneiennes. •— Vendangeuse (Capri).

— Portrait de M™ S...

— Douce ivresse (Capri).

— Portrait de Ma° E. S...

— La Cigale.

— Portrait de la marquise de la J. ■ ■

— Portrait d'enfant.

— En prière.

— Portrait du jeune E. L...

— Portrait de Mn° N. L...

Dessins, Aquarelles.

COROENNE (Jules-Xavier), né à Valeneiennes.

— Elude de nu (sanguine).

— Volupté (sanguine). (Voir Gravures.)


— 127 —

GUILLAUME (Albert), fils de l'architecte valenciennois Ed. Guillaume.

— Aquarelles extraites de l'album : Mes 28 jours. LE LIEPVRE (Jehan), déjà cité.

— Chaumont-sur-Loire.

Gravures.

COROENNE (Jules-Xavier), déjà cité.

— Les bohémiens (eau-forte originale).

— Effet de soir (d°).

— Souvenir de Juan-les-Pins (d°).

— Lit de torrent, à Villefranclie (d°). HOURRIEZ (Georges), né à Valeneiennes.

— Femme assise au bord de l'eau (d'après Heilbuth).

Sculpture.

CLÉMENT-CARPEAUX (Mme Louise).

— Le petit Poucet (plâtre).

Des oeuvres ci-dessus énumérées, celles qui ont particulièrement attiré l'attention des critiques d'art parisiens sont les peintures de M. Aman-Jean, qui a percé depuis plusieurs années déjà grâce à l'originalité de son talent, et les toiles de nos paysagistes.

Nous en donnerons un bref témoignage en détachant les lignes suivantes des articles publiés dans le journal le Temps par M. Thiébaut-Sisson :

« M. Aman-Jean expose trois portraits, quelques tètes d'études et un morceau demi décoratif, demi expressif, Vénitiennes. Le morceau est exquis, avec son fond de lagune en perspective japonaise, bordé de maisons et de couvents, avec l'arabesque charmante décrite par ses types féminins, avec l'harmonie rompue de ses roses et le ton gris de ses eaux. Les portraits ne nous paraissent pas tous trois de même valeur. L'artiste y a, • semble-t-il, exagéré la note de la langueur et l'hésitation voulue du dessin. Rien de délicat, par contre, en fait de raffinement, comme la Petite tête à la rose. C'est du meilleur et du plus parfait Aman-Jean. »

« ... M. Garlos-Lefebvre est l'auteur d'un Soir en Sologne,


— 128 —

où la recherche de l'effet décoratif atteste l'influence et les leçons du vieux maître Harpignies. Mais l'élève se sépare du maître en ce qu'il simplifie davantage et cherche de parti pris la couleur.

«... De M. Albert Wallet, une Rivière, par une belle fin d'après-midi en été, donne une sensation très reposante de calme et de fraîcheur.

«... M. Harpignies a soixante-dix-neuf ans. On ne s'en douterait pas à voir sa peinture. Les deux paysages qui lui ont valu l'an dernier la médaille d'honneur avaient un accent inoubliable de grandeur ; les terrains en étaient écrits avec un incomparable relief, et une lumière éclatante de pureté rayonnait, transparente, dans ses ciels, ou baignait de ses clartés adoucies dans une moelleuse enveloppe les feuillages. On en peut dire autant celte année des Bords de la Loire et de la Fin de belle journée qu'il expose. OEuvres de maturité, non de vieillesse, et grandes oeuvres. »

Ceux de nos lecteurs qui désireront avoir quelques indications sur les autres oeuvres exposées par nos artistes, pourront les chercher dans les comptes rendus qu'ont donnés des Salons de 1899 les journaux de Valeneiennes, l'Impartial du Nord, par la plume de M. Ernest Laut, à partir du numéro du 18 mai, le Valenciennois à partir du numéro du 27.

Nos concitoyens n'ont pas cette fois pris une part aussi considérable qu'en d'autres années dans les récompenses du Salon des artistes français. Toutefois, les noms valenciennois ne font pas complètement défaut sur la liste des médaillés et des mentionnés. Dans la section de gravure et lithographie, une troisième médaille a été décernée à M. Eugène DÉTÉ, pour ses bois, — et dans la section d'architecture M. Henri ARMBRUSTER a obtenu pour ses projets d'hospice et de musée une mention honorable (1).

(1) Dans la section de peinture , la médaille d'honneur a été donnée par le vote des artistes à M. François Taltegrain, dont l'un des maîtres a été notre concitoyen M. Charles Oauk, et dont le Musée de Valeneiennes possède un tableau, (remontant à ses débuts, il est vrai), Nos hommes sont perdus ! scène maritime (18&1). M. Talteçtrain avait exposé au Salon de 1899 une grande composition historique, Saint-Quentin pris d'assaut, l'exode des habitants, 29 août 1557.


— 129 —

SOCIÉTÉ VALENCIENNOISE DES ARTS,

Assemblée générale du 18 avril 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX, président d'honneur.

Membres présents : MM. A. Ayasse, R. Delame, L. Piérard, D. Moreau, J. Déjardin, V. Henry, A. Ridiez, J. Delsart, Ch. Marlière, André Doutriaux et Pierre Giard. ' M. Henri Namur a exprimé ses regrets de ne pouvoir assister à la réunion.

Renouvellement partiel du Comité.— La réunion est invitée à élire au scrutin de liste les cinq membres appelés à entrer dans le Comité de direction par suite de l'expiration du mandat dé MM. R. Delame, J. Delsart, G. Giârd, L. Piérard et A. de Quillacq.

M. Georges Giard a exprimé le désir de ne plus faire partie du Comité.

Le vole donne le résultat suivant :

MM. de Quillacq, Delame, Delsart et Piérard sont réélus; M. Léon Roulanger est appelé à prendre la place de M. G. Giard, démissionnaire.

Il y a lieu en outre de remplacer dans la série de membres en fondions jusqu'en 1900 M. Tulou, décédé.

M. Th. Deromby, correspondant de l'Union artistique valenciennoise, est élu pour lui succéder.

Exposition de 1899.— L'assemblée décide qu'il y a lieu d'organiser une exposition d'oeuvres d'art en 1899. L'ouverture de cette exposition est fixée au 27 septembre, la clôture au 15 octobre.

Il est convenu que le Comité de direction se réunira le 20 avril pour élire son Bureau, et qu'il s'occupera immédiatement de l'organisation de l'exposition projetée.

Séance du Comité, du 20 avril 1899. Dans cette séance, le Comité de direction a constitué comme il suit, pour l'année 1899-1900, le Bureau de la Société valenciennoise des arts :

Président : M. Louis Piérard ;

Vice-présidents : MM. A. Ayasse et R. Delame ;

Secrétaire : M. Pierre Giard.


— 130 —

SECTION D'HISTOIRE ET D'ART.

Séance du 27 mars 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX, président. Membres présents : MM. Brouillard, J. Delsart, André Doutriaux, V. Henry, Marlière. Excusés : MM. E. Billiet et A. Thiroux.

Admission d'un membre nouveau. — M. Ernest Laut, présenté par MM. Alfred Richez et Aug. Doutriaux, est admis à l'unanimité membre de la Section.

Congrès des sociétés des beaux-arts. — M. le Président communique une circulaire de M. le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts invitant les membres de la Société à assister à la réunion des sociétés des beaux-arts des déparlements à Paris pendant les vacances de la Pentecôte.

La mort d'Eisen. — Au congrès des sociétés des beaux-arts des départements de 1898, M. A. Jacquot, correspondant à Nancy du Comité de ces congrès, a fait une communication relative à différentes circonstances de la mort du dessinateur valenciennois Eisen. M. Henry a demandé le texte de sa notice à M. Jacquot, qui a bien voulu l'envoyer à la Société. M. Marlière en donne lecture à la Section, qui exprime le voeu de voir cette notice insérée dans la Revue.

Dons pour la bibliothèque. — En même temps que sa notice sur Eisen, M. Albert Jacquot a très gracieusement adressé à la Société deux autres brochures dont il est l'auteur: « les Adam el les Michel cl Clodion », et « Essai de lutherie décorative à l'Exposition de Bruxelles». La Section charge M. le Secrétaire général de faire parvenir ses remerciements à M. A. Jacquot.

Séance du 1% mai 1899. Présidence de M. Ch. MARLIÈRE, vice-président. Membres présents : MM. Ed. Fromentin, V. Henry, P. Lajoie, E. Laut, Julien Lecat, Lemaire, A. Richez, et André Doutriaux, secrétaire. Excusé : M.-Edouard Billiet.

Admission d'un membre nouveau. — M.. Lemaire, professeur


— 131 —

de langues vivantes au lycée de Valeneiennes, présenté par MM. Lecat et Richez, est reçu à l'unanimité comme membre de la Section, et immédiatement admis en séance.

Congrès archéologique. — MM. Richez et André Doutriaux sont délégués pour représenter la Société au prochain congrès de la Fédération des sociétés archéologiques de la Belgique et, des anciennes provinces des Pays-Bas, congrès qui doit avoir lieu au mois d'août à Arlon.

M. André Doutriaux est chargé de représenter aussi la Société au congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, qui aura lieu fin septembre 1899 à Boulogne-sur-mer.

Galerie historique : acquisition d'un dessin de Saly. — M. le Conservateur des collections de la Société a, d'accord avec le Bureau, fait à Paris l'acquisition d'un dessin du sculpteur Saly; c'est une sanguine qui a fait partie de la collection Bérard, et qui représente un projet de tombeau : (sarcophage surmonté d'une pyramide au pied de laquelle deux enfants pleurent à côté d'une orne : au sommet, un écusson, à moitié recouvert par des draperies). Avant de. placer ce dessin dans la Galerie, M. le Conservateur le présente aux membres de la Section, qui l'admirent sans réserves.

Biographie de Saly, par M. Henry Jouin. — A propos de l'acquisition dont il vient d'être question, M. V.Henry donne lecture de quelques extraits de l'article consacré à Saly par M. Henry Jouin, dans la Gazette des beaux-arts, en 1895 (1). Cet article a été inspiré à M. Jouin par un document qu'il a trouvé chez un bouquiniste parisien et qu'il a publié in extenso dans la Revue de l'art français ancien et moderne (2) ; c'est un mémoire autographe de Saly, inédit jusqu'alors, et dont M. Jouin était fondé à croire le texte tout-à-fait perdu. Cependant M. V. Henry a retrouvé une copie -de ce mémoire dans les manuscrits provenant de MM. Grard el Martin : il devait figurer comme annexe dans une notice biographique que M. Grard avait projeté d'écrire sur Saly, et qu'il a laissée presque achevée à sa mort.

(1) Livraison du 1er juin 1895:

(2) Livraison d'avril-mai-juin 1895.


— 132 -

M. Lecat demande que M. V. Henry résume dans une note destinée à être insérée dans la Revue de la Société, les renseignements qu'il vient de communiquer à la Section.

Trouvailles faites à la suite du démantèlement. — M. Richez présente quelques trouvailles faites au moment du démantèlement de Valeneiennes, dans le quartier de la citadelle : ce sont plusieurs pièces de monnaie en bronze et en argent, et surtout une statuette en ivoire, de 8 centimètres de hauteur, représentant un abbé : ce travail est du xv" siècle, suivant M. Richez.

Dons de volumes. — M. Richez donne à la Section connaissance de différents dons récemment faits à la Société pour sa bibliothèque. Ont été offerts :

1° par M. Declève, vice-président du Cercle archéologique de Mons, « les Complaintes célèbres », un volume grand in-8°;

2° par M. Alphonse Wins, secrétaire de la Société des bibliophiles belges, 1' « Éloge historique de Baudouin de Hainaul », oeuvre de feu Camille Wins, père du donateur, 1 vol. in-12, avec illustrations;

3° par M. Alfred Richez même :

« Annales de la Fédération archéologique el historique de la Belgique, Congrès archéologique de Ganden 1896 », 2 vol. in-8°;

« Second supplément au Recueil des antiquités », par J. De Bast, 1 vol. gr. in-4°, relié ;

« J.-B. Carpeaux », par Jules Claretie, 1 vol. in-12 ;

« Annuaires de Valeneiennes », années 1880 à 1896, 6 vol. in-18, cari.;

« Catalogue des collections de numismatique de feu Ad. Dsvoisme », de Saint-Omcr, 1 vol. in-8°, relié.

M. le Président exprime les remerciements de la Société à l'égard des donateurs, et en particulier de M. Richez.

Plans des fouilles de Famars en 1824-1826. — M. Richez demande la parole et s'exprime en ces termes :

« En 1891, M. Ratel me présentait un dessin relatif aux fouilles de Famars, de la main de M. Parent, architecte. Il m'informait en même temps que l'un de ses amis, M. Peinte, architecte à Cambrai, ayant suivi ces fouilles, possédait encore ses carnets d'attachements journaliers el quelques feuilles de


— 133 —

dessins représentant les constructions et diverses sculptures trouvées de 1824 à 1826. Je l'engageai à lâcher de les obtenir pour notre Société, ce qui motiva l'insertion d'une lettre de M. Peinte au procès-verbal de notre séance du 1er juillet 1891(1).

«L'impression du plan de M. Parent avait été demandée, et une Commission de trois, membres nommée pour s'assurer de l'authenticité de ce document, certainement inédit.

« Depuis cette époque, notre tâche a été facilitée, non par le décès de M. Peinte, que nous avons vivement regretté, mais par l'offre toute gracieuse des susdits dessins, faite à notre Société par MM 11" Peinte, grâce à l'intervention de notre collègue M. Charles Marlière (voir le procès-verbal de notre séance du 8 mai 1895).

« Ces dessins, scrupuleusement exécutés et très curieux à plusieurs titres, ont été empruntés, aussitôt après la donation, par un de nos collègues ; ils ne nous sont revenus que depuis peu : c'est ce qui ne nous a pas permis de vous rappeler avant ce jour le voeu exprimé par notre Section et d'en poursuivre la réalisation.

« Vous n'ignorez pas que l'on n'a publié que peu de chose sur les fouilles archéologiques de Famars, surtout en fait de représentations gravées ou lilhographiées.

« La vulgarisation des documents dont il s'agit serait très intéressante et utile pour l'histoire ancienne de notre région.

« Nous n'hésitons donc pas à vous demander de vouloir bien vous imposer la dépense de cette publication, d'autant, que la majeure partie des antiquités exhumées à Famars se trouve aujourd'hui dispersée dans les collections publiques et privées, et surtout à l'étranger. »

Après discussion, la Section décide de mettre à l'élude la question, qui ne peut être résolue sans que certains renseignements aient été recueillis sur le coût approximatif des reproductions proposées.

Volumes offerts à une bibliothèque populaire.—À propos des publications de la Société, M. Richez dit que la bibliothèque de l'Association valenciennoise de l'enseignement populaire, ainsi

(l) Voir dans le tome XLI de notre Revue, page ~36ti.


— 134 —

qu'il l'a récemment constaté en parcourant son catalogue, ne possède que les quatre premiers volumes des Mémoires historiques édités par la Société d'agriculture, sciences et arts. Il propose que la Société offre à la dite bibliothèque les volumes suivants.

Ce voeu est approuvé par la Section, et sera transmis à M. le Président de la Société d'agriculture (1).

Note additionnelle au Compte rendu des fêtes religieuses du 7 juin 1897. — M. Richez donne lecture de la note suivante : « Messieurs,

« Des circonstances indépendantes de ma volonté ne m'ont .pas permis de vous faire connaître plus tôt qu'à la suite de la publication du compte rendu des fêtes du couronnement de la statue de la Vierge de Notre-Dame-du-Saint-Gordon , compte rendu que j'ai eu l'honneur de vous lire le 13 août 1897, notre honorable collègue M. Merlin d'Estrcux de Beaugrenier a bien voulu me signaler une petite erreur commise dans ce travail. Elle se trouve dans la description des objets d'art religieux qui ont été exposés rue du Verger. L'ostensoir en argent... décrit sous le n° 3 (2), n'a pas figuré, comme je l'avais cru, à la procession solennelle de l'inauguration de l'église Notre-Dame en 1864, attendu qu'il n'a été offert à cette église qu'en 1869 ou 1870, par une de nos concitoyennes, au moment où elle est entrée en religion dans l'ordre des Filles de la charité de saint Vincent de Paul.

« Celle erreur, je l'ai faite en me laissant aller à des souvenirs personnels, qui se rattachent à la décoration du parvis de l'église, exécutée pour cette procession sous la direction de M. Casimir Pétiaux, architecte de la Ville, et de M. Jules Léonard, artiste peintre ; il s'y trouvait différents sujets représentant les patrons des diverses paroisses, dont je possède les calques originaux.

« M. de Beaugrenier a tenu également à m'informer que (ce dont je ne doutais du reste nullement), il a bien acquis de la Fabrique.de la paroisse de Notre-Dame, à titre de vieux sou(1)

sou(1) le Président de la Société d'agriculture lui a donné suite,

(2) Voir page 264 du tome XLVII de notre Revue.


— 135 —

venir valenciennois, et pour un prix assez élevé (400 francs, je crois), la peinture que j'ai décrite sous le numéro 8 des objets exposés, peinture très défectueusement restaurée, chose regrettable, par M. L. Legrand, peintre décorateur à Valeneiennes. Cet objet a été vendu à cause de son peu de concordance avec le style de l'église actuelle. Il en a été de même pour la chaire de vérité, le buffet d'orgue et le maître-autel en marbres variés, des styles Renaissance, Louis XV el Louis XVI, qui font maintenant le plus bel ornement de l'église de Raismes.

« Quoique M. de Beaugrenier ne me l'ait pas demandé, je vous prie de vouloir bien insérer celte petite note rectificative au procès-verbal de cette séance. »

M. le Président, dit que satisfaction sera donnée au désir de M. Richez, et le remercie de ses nombreuses communications et delson zèle infatigable.

Excursions archéologiques. — M. André Doutriaux expose que M. Richez s'est demandé s'il ne serait pas intéressant d'organiser des excursions archéologiques aux environs de Valeneiennes (1).

M. Laut dit que la commune de Famars, par exemple, serait en effet très curieuse à visiter; son frère, qui y est actuellement prêtre, y guiderait volontiers les membres de la Section.

A la suite de ces explications, une Commission de quatre membres est nommée pour organiser des excursions archéologiques : elle comprend MM. Alfred Richez, Lemaire, Ern. Laut et André Doutriaux.

La Section invite celte Commission à préparer d'abord une excursion à Famars (2).

— La séance est ensuite levée.

(1) Voir à ce sujet .page 54 d.u tome XLHI de cette Revue.

(2) Cette excursion a eu lieu en effet le 9 juillet; M. Alfred Richez devait en donner un compte rendu pour la Revue de la Société, la mort fa empêché de terminer ce travail.


— 136 —

SECTION DES SCIENCES ET MANUFACTURES.

Séance du 20 mai 1899. Présidence de M. A. LACROIX, président. Présents : MM. Hector Weil et Pierre Lajoie, A. Richez, H. Sahut, H. Gallonde, et Georges Gras, secrétaire. — M. V. Henry, secrétaire général de la Société, assiste à la séance.

Admission dun membre nouveau.—M. Paradis, constructeur à Hautmont, présenté par MM. Lacroix, Clément et Sahut, est admis comme membre de la Section.

Voeux à soumettre au Conseil général.— La Section passe en revue et appuie une série de voeux à adresser au Conseil général, concernant l'emploi de l'alcool dénaturé, l'application de ht loi sur la responsabilité des accidents du travail, l'emploi de la mélasse pour la nourriture du bétail, le projet d'un canal entre l'Escaut et la Meuse.

La Section demande en outre le maintien des voeux antérieurs relatifs à la construction de différents chemins de fer d'intérêt local et tramways dans l'arrondissement, à l'hygiène, à la diminution des débits de boisson.

CHRONIQUE AGRICOLE

ET INDUSTRIELLE.

SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD.

La Société des agriculteurs du Nord a procédé le 7 juin au renouvellement de son Bureau.

Elle a élu comme président M. Auguste Potié, agriculteur à Haubourdin, en remplacement de M. G. Coquelle, sortant d'exercice,

M. Nestor Bulteau, agriculteur à Rumegies, a été nommé vice-président pour l'arrondissement de Valeneiennes.

CONCOURS DEPARTEMENTAL DE TAUREAUX.

Le concours départemental d'animaux reproducteurs de l'es-


- 137 —

pèce bovine, qui a eu lieu à Valeneiennes en juin 1899, a donné les résultats suivants :

Onze taureaux ont été présentés au jury.

Les sept primes de 200 francs affectées aux taureaux approuvés ont été attribuées à :

A" May or, hollandais, à M. Ruffin-Wallerand, de Saultain ; 2° Boulot, hollandais, à M. A. Dupont,, de Thiant; 3° Louis, belge, à M. Charles Ruffin, de Saultain; 4° Robert, hollandais, à M. Bricout-Caullet, d'Haspres ; 5° Louis, hollandais, à M. PiqueRaviart, de Lecelles ; 6° Capitaine, belge, à M. G. Bouchart, de Saint-Amand; 7° Baptiste, belge, à M. Bricout, d'Haspres.

Les trois médailles en argent affectées aux taureaux autorisés ont été attribuées à :

1° Brulus, belge, 22 mois, à M. C. Bouchart, de S*-Amand ; 2° Joseph, belge, à M. Bricout, d'Haspres; 3° Germain, hollandais, à M. Pique-Raviart, de Lecelles.

Le onzième taureau, appartenant à M. Ruffin, a été, quoique remarquable, évincé en raison de son jeune âge.

Le jury était composé de MM. Emile Davaine, conseiller général à Saint-Amand; Clément Coquelle, conseiller d'arrondissement à Mâstaing, Ernest Macarez, agriculteur à Haulchain, A. Dupont, agriculteur à Thiant, Emile Hocque, vétérinaire à Valeneiennes, et Pollet, vétérinaire départemental à Lille.

L'ALCOOJIÉTRIE PONDÉRALE.

Nos lecteurs savent que la Section des sciences et manufactures puis la Section centrale de la Société ont adopté au commencement de l'année 1899 (1) un voeu tendant à la substitution, dans les opérations de la Régie, de l'alcoométrie pondérale à l'alcoométrie volumétrique.

On lit à ce sujet dans la Sucrerie indigène et coloniale du 25 juillet 1899 :

« Une innovation est sur le point d'être accomplie dans l'industrie de la distillerie, c'est celle du remplacement de l'alcoométrie volumétrique par l'alcoométrie pondérale; c'est-à-dire que dorénavant tout sera ramené au kilogramme. On sera ainsi dégagé de toutes les incertitudes dues aux tables employées, et

(1) Voir pages 52 et 113 du présent tome de la Revue.


— 138 —

de la confusion des forces réelles et des richesses des liquides alcooliques. Il n'y aura plus que des degrés pondéraux exprimant la quantité en poids d'alcool pur que contiennent 100 kilogrammes d'un alcool donné.

« Jusqu'ici, le commerce était naturellement libre de se servir de l'alcoométrie pondérale; mais, comme ce système n'avait pas encore l'assentiment de la Régie qui conservait pour son usage, c'est-à-dire pour l'exercice des distilleries l'ancien système de l'alcoométrie volumétrique, il n'y avait aucune raison pour créer un dualisme qui aurait pu avoir des inconvénients.

« A la suite de démarches faites par les intéressés auprès de l'Administration des contributions indirectes, celle-ci se montre enfin favorable à l'adoption de l'alcoométrie pondérale et a fait connaître qu'elle était disposée, d'accord avec le commerce des alcools, à l'adopter.

« L'alcoométrie volumétrique présente des inconvénients nombreux qui découlent de son origine et des moyens imparfaits qui existaient à l'époque où Gay-Lussac a calculé ses tables de correction.

« Nous disions plus haut que l'on confondait souvent, et la Régie la première, les richesses alcooliques avec les forces réelles des liquides.

« La force réelle d'un liquide est en effet le nombre de lilres d'alcool ramenés à 15°, contenus dans un hectolitre d'alcool donné et se trouvant à une température quelconque mais qu'cm ramène à 15° par uue correction.

« La richesse alcoolique n'est pas autre chose que le nombre de litres d'alcool à 15° que renferme un hectolitre d'alcool à la température de l'expérience.

« Ainsi un alcool qui marque 90° à 20° contient par hectolitre 88 litres 7 d'alcool supposé ramené à la température de 15° tandis que la richesse alcoolique de ce même alcool n'est que de 88 litres 2, soit une différence de 0 litre 7.

« Pour les températures basses, pour 0° par exemple, la force réelle de l'alcool à 90° sera de 93°,6 et la richesse alcoolique de 95°,0 — soit une différence d'autant plus grande que la température est plus basse.

« Il est bien certain que la force réelle devrait seule être employée ; mais pour plus de facilité la Régie et le commerce ont


— 139 —

trouvé plus commode de se servir de la richesse alcoolique qui dispense de ramener tout un chargement à 15° en opérant à la température qui règne au moment même où l'on procède.

« Au moyen de l'alcoométrie pondérale on évite cet inconvénient, car quelle que soit la température, qu'elle soit basse ou élevée, 100 kilogrammes d'alcool à 90° renfermeront toujours 90 kilos d'alcool à 100°, c'est-à-dire d'alcool absolu.

« Il n'y aura aucune difficulté pour construire l'alcoomètre pondéral, car il sera gradué en se servant de mélanges faits en poids d'alcool et d'eau au lieu de volumes ; la contraction même que présentent les mélanges d'alcool et d'eau n'aura aucune influence et il ne sera pas nécessaire d'en tenir compte.

« Nous souhaitons donc que les dispositions favorables que la Régie montre pour l'alcoométrie pondérale facilitent l'entente entre elle el le commerce des alcools et que la nouvelle mesure soit rapidement appliquée. »

BIÈRES FABRIQUÉES PAR LES CULTIVATEURS.

La loi de finances du 30 mai 1899 contient la disposition suivante :

« Art. 11. — Les propriétaires ou fermiers peuvent, sans payer de droits, fabriquer la bière exclusivement destinée à la consommation de leur maison, à condition :

« 1° De n'employer que des matières provenant de leur récolte;

« 2° De faire une déclaration à la régie pour chaque brassin ;

« 3° De se servir d'une chaudière fixée ou non fixée à demeure, mais d'une contenance inférieure à 5 hectolitres.

«; La sortie des bières de la maison où elles ont été fabriquées ainsi en franchise est formellement interdite.

« Les particuliers, collèges, maisons d'instruction et autres établissements publics sont assujettis aux mêmes taxes que les brasseurs de profession et tenus aux mêmes obligations.

« Toutefois, les particuliers et les établissements spécifiés cidessus qui n'emploient que des chaudières d'une capacité inférieure à 8 hectolitres sont dispensés de fixer ces chaudières à demeure ; ils sont, en outre, exonérés du payement de la licence.

« Les brasseries ambulantes sont interdites. »


— 140 —

LE TRAVAIL DU SOL ET LES NOUVELLES CHARRUES.

Plus les savants multiplient leurs recherches, plus ils approfondissent les questions de la pratique séculaire agricole, plus ils nous montrent la nécessité de ces pratiques reconnues bonnes, indispensables par le cultivateur, en nous en indiquant la raison d'être. Tel est bien le cas des labours répétés, de l'ameublissement des terres. M. Dchérain, poursuivant ses recherches sur le travail du sol, a précisé les effets de l'ameublissement du sol. Un sol ameubli non seulement emmagasine une quantité d'eau souvent double de celle retenue par un sol tassé, mais de plus un sol ameubli permet au sous-sol de s'enrichir en humidité et d'assurer ainsi à la plante une réserve pour les temps de sécheresse. L'eau au contraire ne traverse pas un sol tassé non remué par la charrue et elle se perd par évaporation. Il faut donc labourer, travailler nos terres, el tout instrument qui permettra au cultivateur d'effectuer ce travail plus rapidement sans augmentation de la traction ne doit pas le laisser indifférent. Il nous semble donc qu'à cet égard, les nouvelles charrues à siège introduites en France méritent d'appeler l'attention des agriculteurs.

Les charrues à siège sont très répandues et d'un emploi absolument courant en Amérique; M. Ringelmann à différentes reprises les a signalées, a suscité des concours, entrepris enfin des essais dynamomélriques avec ces charrues à siège (1).

Nous avons pu voir fonctionner plusieurs de ces instruments chez M. J. Bénard, dans sa ferme de Coupvray, en Seine-etMarne, au mois de novembre dernier. De l'avis unanime des praticiens qui assistaient à ces essais de Coupvray, ces charrues à siège ont très bien fonctionné, exécuté un labour parfait; leur conduite est très facile, les charretiers dès le premier jour où on leur avait confié ces charrues, en avaient saisi de suite le maniement ; chez M. J. Bénard ces charrues ont travaillé plusieurs jours comparativement avec un brabant double ordinaire tel qu'on s'en sert dans la Brie et le Nord de la France; tandis que le brabant labourait avec trois chevaux par journée 45 ares, ces charrues labouraient 50 à 52 ares (labour à la même profondeur el dans un sol de même composition). Ces charrues cependant

(l)Soc/éié nationale d'agriculture: Bulletins de 1898, janvier 1899. — Journal d'agriculture pratique, 1898, pages 176-340.


— 141 —

exigent une traction moindre que le brabant ; d'après des essais dynamométriques effectués précisément à Coupvray, la traction est moindre d'un quart environ (1).

Un avantage enfin de ces charrues à siège que signalait M. Dufaure et qui n'est certes pas le moindre aujourd'hui, où l'agriculture a lant de peine à se procurer une bonne main-d'oeuvre agricole, c'est qu'on peut employer alors, pour labourer, de vieux charretiers, de vieux ouvriers qui pourraient difficilement faire à pied, derrière la charrue, 28 à 30 kilomètres, mais qui, conduisant les chevaux tranquillement assis, ayant sous la main tous les leviers de réglage de la charrue, pourront continuer à labourer et à servir dans la ferme, pour leur plus grand avantage comme aussi pour celui de l'agriculteur qui les emploie.

(Bulletin de la Société des agriculteurs de France.) g HlTIER.

LE BON CHARRETIER.

La conduite des attelages agricoles présente plus de difficultés qu'on ne se l'imagine communément. Et le bon charretier à la campagne est aussi rare que le bon cocher en ville.

A la ferme et dans les exploitations agricoles, les charrois de foin, paille, fumier, grains, récoltes de toute sorte sont généralement très pesants ; les chevaux ont à se mettre en mouvement, la plupart du temps, dans des terres labourées, sur un sol boueux, détrempé, et les charretiers ne prennent aucune précaution pour démarrer. Le démarrage permet de juger de la valeur du charretier ; selon qu'il s'y prend dételle ou telle façon, qu'il lient compte de telle ou telle difficulté, on peut juger de son habileté et de ses aptitudes. Voici du reste comment procédera le bon charretier : Il calera d'abord les roues, écartera les cailloux et les plus petits obstacles ; puis il jettera un coup d'oeil sur son attelage pour voir si tout est régulier, si le licol, la bride ou la croupière sont trop lâches ou trop serrés, si les chevaux sont enrênés trop courts, si les traits sont bien accrochés et également tendus sur leur plat, s'il n'existe pas de noeuds, d'ardillons relevés, des frottements qui puissent gêner les chevaux. Tout

(1) Les modèles essayés à Coupvray labouraient en planches, ce qui est un avantage pour les régions où l'humidité des terres exige de tels labours ; dans la Brie, au contraire, les agriculteurs veulent des charrues qui leur permettent de labourer à plat.


— 142 —

étant disposé, les chevaux tenus en ligne et de façon à ce que les traits soient tendus, le charretier se placera à la main (à gauche), le fouet de la main droite, il avertira les chevaux par le mot Hue! ou Allons ! en faisant simplement claquer son fouet en l'air sans les surprendre. Si les chevaux ont donné en même temps leur coup de collier et que le véhicule cependant n'est pas enlevé, au lieu d'attaquer brutalement, son attelage, il s'arrêtera et, avant de recommencer l'effort, il avisera à faciliter le démarrage par d'autres moyens, tels que de caler tantôt une roue, tantôt l'autre, ce qui lui fera gagner du terrain et lui permettra à un moment donné d'ébranler assez la voiture pour la mettre en mouvement.

Le charretier inhabile et incapable, au contraire, ne prendra aucune précaution pour démarrer. Il n'apportera aucune attention aux obstacles qui pourraient l'arrêter. Il lancera les chevaux en les fouettant brutalement et sans les prévenir, sans avoir pris la peine de les mettre bien en ligne cl de tendre leurs traits. Les malheureux animaux ne partant pas ensemble, ne pourront pas enlever le véhicule et, le plus souvent, par suite de la pression subite et violente du collier, se blesseront aux épaules et au poitrail. Ce charretier inintelligent n'aura pas même le soin de caler les roues qui, par ces faux mouvements, s'enfonceront dans le sol. Loin de reconnaître sa maladresse, il accusera ses chevaux de mauvaise volonté et les maltraitera abusivement. Ce n'est que lorsqu'ils seront exténués, rebutés, et que lui-même sera fatigué, qu'il se décidera à prendre des chevaux de renfort, pour se tirer d'une position de laquelle serait sorti sans difficulté et simplement avec son attelage un charretier habile et intelligent.

Le reculer est aussi une épreuve qui permet de juger de la valeur du charretier.

C'est d'ailleurs l'une des opérations les plus pénibles à exécuter pour le limonier ; n'y avoir recours qu'en cas de nécessité el pour un trajet de peu d'étendue. Les conversions exécutées avec intelligence peuvent remplacer souvent le reculer. Dans toute éventualité, voici comment s'y prendra le bon charretier qui aura à reculer. Il aura la précaution de caler en avant la roue opposée au côté vers lequel il voudra diriger ses chevaux ; puis, après avoir placé ceux de devant tout à fait de ce côté, il aura soin de les faire avancer jusqu'à ce que le véhicule ait fait un quart de tour, exécutant ensuite cette manoeuvre du côté opposé. Tandis


— 143 —

que le maladroit, pour reculer, tirera à pleines mains sur les rênes sans s'occuper d'autre chose, tapera à hue et à dia sans discernement et sans ménagement, frappera de son manche de fouet le limonier à la tête et sera fort en colère et très étonné de voir que rien ne recule.

Certaines précautions sont à prendre dans les montées et les descentes.

On rendra la montée moins pénible en la faisant gravir obliquement; on calera les roues après chaque arrêt; on laissera souffler les chevaux après une montée pénible. Prendre un cheval de renfort s'il est nécessaire.

Les descentes exigent des précautions d'autant plus grandes qu'elles seront plus rapides. On mettra le sabot, on serrera la mécanique, on placera des chevaux de retraite s'il est nécessaire. Si l'on n'a pas de mécanique, on embarre quelquelois les roues en plaçant une perche qui les traverse entre les raies et fait un point d'arrêt sur la cage, ou encore en faisant traîner sur le sol deux perches engagées d'un bout sur l'essieu. On place la voiture sur la partie la moins roulante du chemin afin d'éviter les détours trop brusques, si surtout la voiture est lancée en pente ; en ce cas, on tournera toujours par le côté le plus extérieur de la courbe.

Lorsqu'une voiture est chargée, les chevaux ne doivent aller qu'au pas. Il est aussi imprudent qu'inhumain, dans ce cas, de faire trotter les animaux, car le limonier, outre les chutes auxquelles il est exposé, reçoit sur les reins, par suite des pressions violentes et réitérées de la course, des secousses excessivement douloureuses qui le courbaturent et l'épuisent.

Pour les attelages à plusieurs chevaux, avoir deux guides à l'usage du cheval de .flèche afin de pouvoir le diriger à droite ou à gauche si cela est nécessaire. Le charretier doit avoir la main légère pour les animaux qui ont la bouche sensible, et s'il a un cheval craintif et ombrageux il doit lui épargner le bruit et les surprises. Se bien pénétrer que les chevaux comprennent parfaitement le sens et la valeur de certains mots et de certaines paroles qu'ils ont l'habilude d'entendre el font d'eux-mêmes ce qu'on leur a fait exécuter en les prononçant.

Quant à l'ensemble des attelages, il importe de ne composer les attelages que de chevaux de même tempérament, de même force, autrement les plus ardents se surmènent tandis que les


_ 144 —

autres ne tirent pas. Choisir le plus corpulent et le plus vigoureux pour le limonier, quand il se rencontre plusieurs animaux dans ce cas, les mettre au timon à tour de rôle.

On a publié bien des manuels de toutes sortes, on aurait bien dû songer à publier le manuel du bon charretier. Aujourd'hui, avec l'instruction obligatoire, tout le monde sait lire, le paysan tout comme le citadin, et tout au moins dans les grandes exploitations agricoles, les propriétaires ou fermiers auraient intérêt à mettre entre les mains de leurs garçons un petit guide pratique qui leur apprendrait à réaliser àc sérieuses économies dans la durée et l'entretien de leurs attelages. Que de choses ignorent la plupart des charretiers ruraux, même ceux qui y mettent le plus de bonne volonté ! Ce n'est qu'à la longue, quand l'expérience est venue, qu'ils connaissent réellement leur métier.

Voici, au courant de la plume, quelques conseils :

Le charretier doit marcher à pied à la tête de ses chevaux. Il ne doit monter sur la voilure que lorsqu'elle est attelée d'un seul cheval; on tolère cependant qu'il monte sur un cheval lorsqu'il y en a deux. Il importe qu'il veille à ce que tous les chevaux tirent à la fois, stimulant les plus paresseux, retenant ceux qui sont trop ardents, proportionnant l'allure à la charge et à la longueur du chemin.

Ne jamais exciter un cheval que par nécessité et ne jamais frapper celui qui tire de. toutes ses forces et dépense son énergie. Ne pousser les chevaux mous et lents qu'avec mesure, autrement on les épuise el on finit par ne plus pouvoir rien obtenir. Il y a des chevaux sensibles qui lancent des ruades chaque fois qu'ils reçoivent un coup de fouet sur la croupe ou sur les jambes de derrière. Le charretier prudent qui aura fait celte remarque ne les excitera qu'en les foueltanl sur les lianes, afin d'éviter qu'ils ne blessent les chevaux qui les suivent ou qu'ils ne se blessent eux-mêmes s'ils sont dans les limons. On ne doit jamais frapper un animal qui refuse d'obéir, avant d'en rechercher les causes, car le meilleur cheval s'il est battu sans raison el mal dirigé, devient méchant en peu de temps. C'est seulement par la patience el la douceur que le charretier 'parviendra à utiliser certains chevaux, qui, sans cire méchants, sont simplement capricieux.

A ces divers conseils, nous joindrons les recommandations suivantes ;


— 145 -

Le charretier doit veiller sur son équipage, serrer et desserrer la sous-ventrière du limonier, suivant les accidents de terrain. Il visitera les harnais, le mors, la ferrure. Il empêchera, en les nattant, que les poils du toupet ne descendent sur les yeux de l'animal, et aussi que ces mêmes organes ne soient pressés ou frappés par les oeillères mal assujetties. Il aura soin de bien graisser la boîte des roues de sa voiture, et de toujours serrer le frein dans les pentes. Il maintiendra toujours son attelage sur la meilleure partie du chemin. S'il doit entrer dans un chemin défoncé, aller, avant d'avancer, étudier les lieux. S'il rencontre un ruisseau, le traverser toujours de biais afin d'éviter un choc qui a souvent pour résultat la rupture d'un essieu et une secousse douloureuse pour l'animal. S'il arrête pour quelque temps, il enchaînera les roues de la voilure, puis il détachera et assujettira la chambrière, afin de soulager le cheval de limon. Il se tiendra toujours, pendant la marche, à la tête de son attelage, ne laissant jamais les chevaux livrés à eux-mêmes. Le charretier prévoyant aura toujours dans sa voiture deux coins en bois pour caler les roues aux pentes longues et rapides. Il emportera aussi deux traits complémentaires, qui lui serviront à porter secours aux camarades et à se faire aider lui-même dans les passages difficiles.

Lorsqu'on dételle un cheval de limon, veiller à ce que la petite chaîne d'avaloire ou de recul ne vienne pas frapper le ventre de l'animal. Quand on altèle, autant que possible enlever la voilure au-dessus de son dos pour éviter le frottement des brancards ; il importe que les limons dépassent toujours son collier, afin de lui donner de la force pour tourner à droite ou à gauche. Bien se pénétrer que le rôle du limonier est plutôt de porter que de tirer ; lui épargner, eu égard à son état permanent de gêne et de souffrance, toute fatigue inutile, toute sensation douloureuse. Dans la décharge des voitures, lorsque l'on fait basculer le véhicule, préparer le cheval au recul qui va avoir lieu.

Un cheval de trait bien construit, bien portant, marchant d'un pas lent, peut travailler cinq à six heures de suite, pourvu que la charge de la voiture ne soit pas au-dessus de ses forces et que la température ne soit pas trop élevée. Il est imprudent de se servir d'un cheval aussitôt après un repas.

Il faut au cheval de temps à autre du repos, et nous approuvons


— 146 —

les cultivateurs qui font donner à leur attelage deux jours de repos par semaine.

Nous recommandons de veiller à la ferrure. Le dicton populaire est à méditer : « Faute d'un clou on perd le fer, faute d'un fer on perd le cheval, faute du cheval... » De la ferrure dépend la santé du cheval et aussi le service plus ou moins long qu'on attend de lui. A cet effet, on conduira de temps en temps les chevaux à la forge pour changer les fers usés, pour remettre des clous où il pourrait en manquer, enfin pour raccourcir la corne et parer le pied.

Pendant l'été, les souffrances du cheval sont extrêmes. Outre la fatigue provenant du tirage et de la chaleur accablante, les taons qui le harcèlent, et dont il ne peut se débarrasser, lui font endurer un supplice de tous les instants. Chasser autant que possible les mouches importunes, se servir des volettes en filets, des oreillettes en étoffes légères ou mieux introduire dans la conque de l'oreille des chevaux une ou deux gouttes d'huile de genévrier iodé (matière tout à fait inoffensive) ; on répète l'opération chaque semaine, et jamais les mouches ne s'approchent même de la tête des animaux. Dans cette même saison, graisser chaque fois le cuir des colliers, harnais, et les laver avec un soin plus particulier en raison de la crasse produite par la transpiration.

Plusieurs fois par jour, dans les grandes chaleurs, faire boire ses Bêtes, leur bassiner les tempes, les naseaux et la bouche, leur laver les yeux pour les débarrasser de la poussière.

Un mot sur la musette étroite et fermée, dans laquelle on fait manger l'avoine aux chevaux dans les moments d'arrêt ou de stationnement. Elle amène parfois les plus graves inconvénients, attendu que l'animal ne peut respirer librement et est suffoqué par l'accumulation des vapeurs produites par la respiration. On a inventé une musette en forme d'auge, supportée par une armature s'appuyanl sur le collier du cheval, dont on ne saurait trop encourager l'usage. A son défaut, nous conseillons des musettes très larges, et percées de trous nombreux au-dessus de la mesure d'avoine. Les Américains ont depuis quelque temps remplacé la muselle-sac par une boite portée sur trois pieds qui se replient de façon à tenir peu de place sur la voiture. Le problème se trouve ainsi heureusement résolu.

Dans les fréquents charrois, il faut s'attendre à des accidents.


— 147 —

Il arrive trop souvent que le cheval tombe el rien n'est plus triste qu'un pauvre animal roulant sur le sol empêtré dans les brancards. Le charretier est dans l'obligation de se tirer de ce mauvais pas, mais bien peu nombreux sont ceux qui savent comment s'y prendre. Voici ce qu'il importe de faire :

Dégager autant que possible les limons en reculant et en soulevant la voiture, ou en déplaçant l'animal avec les plus grandes précautions. Alors seulement l'exciter doucement à se relever en le maintenant et en le soutenant par la bride. Ensuite regarder s'il n'est pas contusionné ou blessé. Puis le rassurer en lui parlant et le caressant, lui bassiner le front, les naseaux et la bouche, lui donner à boire, ce qui le remettra tout à fait, et ne l'atteler de nouveau qu'au bout de quelques instants. Si le cheval s'est fait quelques écorchures, il faudra laver délicatement les plaies pour en faire sortir le gravier et les ordures qui auraient pu s'y introduire, puis étendre sur ces plaies de la teinture d'aloès, pour les faire sécher et fermer plus vite.

N'oublions pas ce qu'il convient de faire lorsque les attelages agricoles ont à entreprendre une absence de quelques jours.

En voyage on ne saurait trop redoubler de soins et de surveillance dans la conduite des attelages. Il faut éviter, par exemple, les longues stations, par un temps de pluie et de froid, devant les auberges ; faire souffler les chevaux dans les montées ; surveiller la propreté des crèches portatives ; ne pas forcer sur la nourriture avant d'entreprendre une longue route, car le cheval surchargé d'aliments devient lourd, paresseux, et est sujet aux indigestions compliquées de fourbure. Arrivé à destination, choisir une bonne écurie pourvue d'une fraîche litière, bouchonner, couvrir si le temps est froid, laisser reposer avant de donner à manger ; si l'animal a très chaud et qu'en même temps il paraisse avoir très soif, on lui donne du son mouillé pour le rafraîchir un peu, puis une poignée de foin ; après cela on peut le faire boire et lui donner ensuite l'avoine et le restant de la ration du foin. Mais avant il faut que la crèche soit nettoyée, et lavée au besoin.

Nous recommandons également, en voyage, d'inspecter l'attelage tous les soirs, de s'assurer s'il n'y a pas de chevaux blessés, si quelques-uns n'ont pas certaines parties du corps endolories, soit par le collier, soit par la sellette ; alors appliquer sur la plaie une bonne couche d'argile et de vinaigre que l'on a soin de tenir


— 148 —

froide en la mouillant souvent et en la renouvelant. Lors d'une longue route, les pieds des chevaux deviennent sensibles et s'échauffent facilement ; y veiller, el s'il est nécessaire appliquer un cataplasme rafraîchissant composé avec de la farine de lin, du crottin de cheval et du vinaigre.

Nous avons eu, il y a quelques années, une petite brochure publiée par M. de Beaupré sous les auspices de la Société protectrice des animaux qui résume parfaitement les devoirs du bon charretier. Elle se condense en sept articles ainsi conçus :

ARTICLE PREMIER. — Les charretiers doivent regarder comme un devoir essentiel, alors que tout le monde cherche à s'instruire, d'apprendre les principes d'hygiène qui concernent les animaux qu'ils sont chargés de soigner et de conduire.

ART. 2.— Le charretier doit proportionner le chargement aux forces de l'animal et tenir compte de la longueur du trajet, des inconvénients des saisons, de l'état des routes, de la difficulté des côtes et des descentes. Il aura soin d'équilibrer sa charge de manière qu'elle n'accable ni n'enlève le limonier.

ART. 3. — Le charretier doit se faire une règle d'aimer les chevaux et de s'en faire aimer et comprendre. Il doit les stimuler sans brusquerie, les encourager et les guider sans saccades.

ART. 4. — Le charretier ne doit jamais frapper ses chevaux par surprise pour les faire partir. Avant de donner le coup de fouet il faut, sauf le cas d'encombrement, avertir l'animal, s'assurer s'il a compris l'avertissement et ne le châtier dans de justes limites qu'autant qu'il aura fait preuve de mauvaise volonté.

ART. 5. — S'abstenir de frapper les chevaux quand ils tirent avec courage. Dans tous les cas, s'interdire de la manière la plus formelle de se servir du manche de fouet.

ART. 6.— Prendre des chevaux de renfort toutes les fois que les voitures seront engagées dans des ornières. Faire souffler les chevaux de temps en temps et toujours sur le haut des côtes. On ne doit jamais faire reculer le cheval, si ce n'est en cas de nécessité absolue.

ART. 7. — En somme, le cheval doit être traité comme un ami intelligent, comme un serviteur fidèle et dévoué, comme l'auxiliaire le plus puissant et le plus indispensable de nos travaux.

(Journal d'agriculture pratique.) H. VALLÉE DE IJOKCEY.


TOME XLIX.



— 151

Henry PLUCHART, peintre.

1835-189S.

Plucharl (Henry) est né à Valenciennes le 8 août 1835, au faubourg de Paris, rue route, n° 13 ; son père, Antoine-Joseph Plucliart, né en 1784, ancien meunier, homme intelligent et instruit, avait un goût prononcé pour les beaux-arts.

Ce goût lui était arrivé par suite de sa fréquentation, dès l'enfance, avec.Âbel de Pujol, Henri Lemaire, Pochez, un de ses parents, qui avait obtenu en peinture la médaille de modèle vivant en 1788, Hécart, Ch. Lecomte, Momal, Félix Àuvray et autres, ses confidents et amis.

Plucliart père s'était marié avec Rosalie-Josèphe Noël, née en 1794, une excellente femme, très sympathique, la meilleure créature qu'il y eût au monde. C'était un ménage aisé et heureux.

De ce mariage, il n'y eut qu'un fils, Henry Plucliart, qui fut l'amour et la joie de ses parents.

Dès l'âge de sept ans il entra comme interne dans un pensionnat tenu par un instituteur tout paternel, M. Auguste Loriaux. Ce pensionnat, qui se trouvait d'abord dans un grand bâtiment de la rue Capron, fut, dans les derniers temps, transféré place d'Armes. Dans ce modeste établissement scolaire Plucliart eut pour condisciples quelques garçons de son âge avec lesquels il se lia d'une amitié qui devait durer toute la vie.

Ses études, au collège de la ville, furent, modestes; l'enfant n'y brilla guère. Sans nul doute la vivacité de son esprit, la mobilité de son imagination ne purent s'astreindre à un labeur principalement appliqué, surtout à cette époque, à l'acquisition de langues mortes.

Fils unique, ses père et mère ne voyaient que lui ; il gouvernail un peu la maison, ses caprices semblaient le rendre plus cher à sa mère surtout, qui l'adorait.


— 152 —

Cet enfant possédait une rare faculté d'aimer, il savait se gagner les coeurs, personne ne pouvait se soustraire à ses manières engageantes ; aussi tous ses amis d'enfance lui sont-ils restés fidèles.

Plucliart commença vers dix ans à dessiner sous la direction de M. Julien Potier.

M. Potier était bon peintre; né en 1796, ancien élève du membre de l'Institut Pierre-Narcisse Guérin, il avait été reçu quatre fois au concours du grand prix, il avait exposé quelques toiles remarquables au Louvre et avait été nommé professeur de l'Académie de Valenciennes à la suite d'un concours, en 1833.

Quoique Plucliart lui prît des leçons particulières, son éducation fut celle d'un artiste.

M. Potier l'astreignit à un dessin exact et serré, il l'appliqua à faire des croquis d'après Raphaël, le Poussin et les antiques, il exigea de lui le rendu consciencieux et minutieux ; il le tenait longuement le crayon à la main en face de la nature. Quand il reconnut que son élève commençait à établir un croquis passable, il le mena au musée pour lui faire remarquer le travail des maîtres, il le conduisit dans la campagne pour lui faire comprendre les beautés de la nature et développer en lui, comme il le disait souvent, le sixième sens, consistant dans la faculté de reproduire ce que l'on voit.

En 1850 Plucliart se révéla comme graveur-amateur, et voici comment :

En sortant quotidiennement du collège, soil vers dix heures du malin, soil vers quatre heures de relevée, il se rendait, accompagné de plusieurs de ses amis, chez un bouquiniste du nom de Ségard , ancien maître d'école de Paris, célibataire, qui a demeuré successivement rue Saint-Jacques, rue de l'Escaut et rue Saint-Jean.

Dans une petite chambre, blanchie à la chaux , au carrelage rouge saupoudré de sable blanc, qui n'avait pas de sièges pour tous ses hôtes, se réunissaient des amateurs de livres et d'art : MM. de Vendegics, les frères Charles et Edouard Ewbanck, les frères Léonce et Alphonse de Saint-Ouën, Cellier, Lejeal, Courtin-Flouest, Léon Dumont, Dinaux , les avocats Jean-Baptiste Foucarl et Collet, le docteur Marbolin et bien d'autres.


— 153 —

Au milieu de la chambre se trouvait un poêle de corps de garde où, sous la cendre du feu, cuisait en hiver le souper et même le dîner du bouquiniste. La chambre était pauvre mais non sans ornement : sur cinq ou six rayons de bois blanc, se trouvaient cinq cents volumes environ, livres, plaquettes ou bouquins renouvelés, on ne sait comment, presque tous les mois; les dimanches et lundis la boutique était fermée, Ségard partait pour Lille, Gand, Mons, Bruxelles, etc., et rapportait beaucoup de livres rares, souvent avec figures et vignettes du xvine siècle ; dans les coins des murailles se rencontraient le passe-partout renfermant un dessin ou une eau-forte , des gravures anciennes, des morceaux de peinture sur carton, des gouaches, des médaillons, et sur la cheminée de petites terres cuites, des ivoires, des cuivres, etc., etc.

Plucliart se plaisait au milieu de ces choses et de ce monde ; il écoutait, s'instruisait ; bientôt après, par l'intermédiaire d'un chercheur, M. Clément, il se trouva en possession de petites eaux-fortes exécutées par les amateurs du pays, MM. de Famars, deVendegies, de Saint-Ouën , Courtin , Cellier, etc.

Plucliart voulut lui aussi être graveur ; il communiqua son désir à M. Julien Potier. Ce brave et honnête professeur, pour qui satisfaire au voeu d'un jeune artiste étail tout, n'hésita pas à venir en aide à son élève. Il le conduisit chez le graveur Laporte, qui, après avoir séjourné à Douai, était venu se*fixer à Valenciennes, et le pria de fournir à Plucliart les premiers éléments et les instruments utiles à un futur graveur.

Au bout de dix jours Plucliart enduisait lui-même d'une couche de vernis une planche de cuivre, traçait avec une pointe d'acier un dessin, assez profondément pour enlever le vernis, découvrait le cuivre partout où avait passé la pointe, puis versait de l'eau-forte; sa satisfaction fut grande quand il vit celte eau-forte mordre et ronger le cuivre sur les points qu'il avait découverts, sans entamer les parties où était le vernis.

Ce début s'affermit, peu après, par l'étude des tailles plus ou moins profondes; enfin Plucliart débuta en avril 1850 par une carte, eau-forte devenue rare, faite pour une fantaisie de théâtre qui devait se jouer dans l'intimité chez son ami Léon Dumont, dont les parents, riches propriétaires, demeuraient près de la porte de Famars.


— 154 —

Celle carte portait, gravé, le texte original suivant :

Représentation du 25 avril 1850.

lre partie —

Arlequin astronome, —comédie Paysage suisse

2mG partie —

Une Marine

Panorama des bords du Rhin

Intermèdes comiques

Ombres chinoises

Grande marche des Incas

A six heures.

La carte, une fois burinée , fut portée chez M. Thorez, graveur-imprimeur, marché aux herbes, qui tira de celte bleueltc cinquante exemplaires.

Ce fut le point de dépari de la carrière artistique d'Henry Plucliart.

Les dimanches et jeudis, le futur peintre perfectionnait son éducation artistique ; dans les courses archéologiques qu'il faisait à Saint-Amand, à Escaudain, à Angre, au Caillou-quibique, au bois de Raismcs, il établissait des croquis, reproduisait le côté attra.vant d'une vue, d'un monument.

L'amateur perçait déjà ; Plucliart lisait beaucoup les ouvrages qu'il trouvait dans la bibliothèque de son père, il avait soif d'apprendre ; mais il fallait que la coupe de la science fût enduite, pour ses lèvres délicates, d'un peu de miel ; il s'intéressait aux eaux-fortes, aux belles gravures, aux choses du pays.

De 1850 à 1851, sous les monogrammes de l'-HP — PLU. H. — il exécuta des eaux-fortes d'après Walteau, le tableau du musée intitulé le Passage d'un ravin d'après Chaiiel, des mendiants d'après Rembrandt, des groupes d'après Téniers, des fumeurs et buveurs d'après Van Ostade, des personnages d'après Callot, des vaches d'après Berghem, des compositions d'après Leroux, etc., etc.

Il lithographia l'avancée de la porte de Paris, la marbrerie du faubourg de Paris, l'avancée de la porte de Famars, une vieille maison du faubourg de Paris, et une quantité d'études de militaires époque Louis XIV ; il en était même à connaître telle-


— 155 —

ment un mousquetaire qu'il le reproduisait sur ses livres, en gravure sur verre, en dessin au crayon noir, à la craie ; il en est même qui sont restés plus d'une année sur les portes d'une grange au faubourg de Paris.

En 1852, M. Potier engagea son élève à suivre les cours publics de l'Académie de Valenciennes. Plucliart s'y montra bon élève ; en 1853 il obtint la médaille du cours de bosse.

Dès ce moment, sous l'influence d'Auguste Meurice, peintre décorateur, de Jules Léonard, artiste peintre, de Florimond Barbier et de Félix Cacheux , élèves de l'Ecole des beaux-arts, qui tenaient plus ou moins bien une palette, son goût pour la peinture prit de la consistance, l'eau-forte n'arriva plus qu'en seconde ligne.

Il fit des études de têtes peintes, des natures mortes, et il s'installa même quelques mois au musée de la ville où il copia, très consciencieusement, de la grandeur de l'original, le tableau de Jacques Jordaens intitulé le Roi boit, qui mesure lra 53e de largeur sur lm 02e de hauteur ; celte copie doit être resiée dans la famille Plucliart, à Anzin.

En 1854 le jeune artiste , indépendamment de ses travaux au musée, s'exerça à établir des compositions aux crayons noir et blanc; il couronna ses études primaires académiques de Valenciennes par l'obtention , en 1855 , des deux plus fortes récompenses qui, à celte époque , étaient données au cours de peinture : la grande médaille d'après le modèle vivant et celle d'après l'antique.

A la suite de ces récompenses, M. Potier jugea à propos de conduire ses deux élèves Henry Plucliart et Félix Cacheux visiter les principaux musées de la Belgique.

A Bruxelles, Plucliart s'extasia surtout devant les Rubens, les Téniers, Van Ostade, Van Dyck ; il prit des notes.

A Anvers, il fit une longue pause à la cathédrale NotreDame, devant les trois chefs-d'oeuvre de Rubens, au musée il resta absorbé devant les Rembrandt et étudia beaucoup les Holbein, Quentin Massys, Memling, Van Eyck, Jean Gossaert ; le jeune peintre élait attiré vers les primitifs.

A Gand , il visita la cathédrale Saint-Bavon, examina les Van Eyck, le grand Béguinage.

A Bruges, il visita l'hôpital Saint-Jean, où se trouve un


— 156 —

grand nombre d'oeuvres de Jean Memling , et fit des remarques sérieuses sur la châsse de sainle Ursule, le Mariage de sainte Catherine, etc., etc.

Le 17 décembre 1855, le jeune valenciennois partit pour Paris ; il était muni de trois lettres de recommandation , une de M. Julien Potier pour le peintre Picot, deux de son père pour Abel de Pujol et Henri Lemaire.

En arrivant dans la capitale, Plucliart alla se loger dans un appartement de la rue de l'Abbaye, non loin de la rue Bonaparte et de l'église de Saint-Germain-des-Prés. Il s'y installa tant bien que mal, puis alla rendre visite aux amis de son père. M. Aùel de Pujol le reçut à bras ouverts, il le présenta à sa femme, l'invita à venir souvent dans son atelier, lui conseilla d'entrer à l'Ecole des beaux-arts et de suivre attentivement les enseignements de son collègue Picot, à qui il promit de le recommander. Quant à M. Henri Lemaire, il se montra froid et réservé envers le jeune peintre.

En janvier 1856 Henry Plucliart s'installa dans l'atelier de M. Picot, où deux autres valenciennois, Barbier et Cacheux, l'avaient devancé et où les anciens élèves de l'Académie de sa ville natale Charles Crauk, Bruno Chérier, Henri Coroënne, Gustave Houzé, Jules Cellier, Edouard Crépin , Edouard Sain, Jules Gellé et autres l'avaient précédé.

M. Picot se montra bienveillant envers le jeune élève. Peintre d'histoire, membre de l'Institut, l'auteur de l'Amour et Psyché, Picot, né en 1787, avait la spécialité de faire de bons élèves et de disputer, tous les ans, le prix de Rome à M. Paul Delaroche.

L'atelier Picot a fourni, pendant un quart de siècle, quantité d'artistes distingués, aux tendances différentes, aux aptitudes variées et. qui gardent encore aujourd'hui, dans le cours de leur carrière, la forte empreinte de leur sérieuse éducation ; ils aideront un jour à faire rendre justice au peintre trop oublié de la coupole de Notre-Dame-de-Loretle et du plafond du Musée du Louvre. C'est sous sa direction que se sont formés : Henner, Pils, Cabanel, Bouguereau, Benouville, De Neuville, Emile Lévy, Thirion, Humbert, Santin et autres.

Plucliart aimait le dessin , il ne pouvait se trouver à meilleure école.


- 157 —

Picot, même âgé, a toujours été plein de verdeur; dans son atelier il allait de place en place ; il passait d'un air dégagé, en petite veste, tendant le jarret ; il avait le geste rapide, le visage entouré d'un collier de barbe, les yeux expressifs et élincelants.

Sans gronder ni discuter, ce maître corrigeait et châtiait ses élèves par un mot, un geste ; il avait beaucoup travaillé, et, à défaut de génie, avait fait preuve de talent ; c'était un homme aimable, représentant la tradition sévère, aimant la discipliné, de l'école l'inévitable règle.

Effrayé des tendances coloristes de la nouvelle école, il invita le jeune élève de Valenciennes à s'exercer à grouper des ensembles d'après les antiques et à établir beaucoup d'esquisses en dix et douze heures. « Faites des études, beaucoup d'études, disait-il, copiez consciencieusement et visez à la grande peinture. »

L'atelier était joyeux, les élèves étaient comme les fils adoptifs de la'maison, on y travaillait avec ardeur, tout en s'y amusant de temps en temps ; Plucliart s'habitua rapidement à cette vie nouvelle.

Au commencement de 1856 , tout en allant régulièrement aux cours de l'atelier Picot, Plucliart suivait les cours de l'Ecole des beaux-arts ; souvent même, la veille des concours, pour se rendre plus tôt le lendemain à l'Ecole de la rue Bonaparte, il allait coucher chez son ami d'enfance Alfred Girard, le futur sénateur, qui, étudiant en droit, demeurait alors rue du Dragon.

Plucliart exécuta, vers celte époque, quelques bonnes études dessinées et peintes, qui ont dû figurer aux expositions annuelles d'octobre aux Académies de Valenciennes.

Vers le milieu de 1856, il se logea à proximité de la rue des Saints-Pères, rue de Verneuil, 22, où il séjourna quelques années. Ce logement était dépourvu d'atelier ; mais l'étage qu'il occupait était suffisamment haut de plafond pour procurer une lumière favorable au moyen d'un rideau convenablement placé.

Le jeune valenciennois, toujours gai, alerte, résolu, tout en travaillant était déjà devenu fureteur, collectionneur d'eauxfortes, d'estampes, etc. Quand un visiteur allait le surprendre, il le conduisait à ses cartons et, ne pensant plus à ses oeuvres, il lui montrait des gravures, des eaux-fortes, des dessins, et lui expliquait de sa voix gutturale et franche comment il les avait

TOME XLIX. 6*


— 158 —

acquis le long des quais, sous les arcades de l'Institut, dans les rues de Seine, Bonaparte, de la Harpe, Sainl-Jacques, au passage de l'Abbaye-Saint-Germain , au Pont-au-Change.

Plucliart, presque tout le temps qu'il demeura rue de Verneuil, prit ses repas principaux chez la mère Haùssemaine.

C'était un type que cette mère Haùssemaine ; originaire du Cambrésis, elle tenait, à un troisième ou quatrième étage, une petite pension bourgeoise pour un nombre très restreint déjeunes gens, artistes ou étudiants. Elle a fricoté successivement rue de Furstemberg, rue Jacob, rue Sainte-Marguerite, puis encore place de Furstemberg.

Avec Plucliart, elle comptait parmi les habitués de sa table Edmond Guillaume, le futur architecte du Louvre, le premier grand prix de Rome de 1856, Constant Moyaux, le futur grand prix de 1861, appelé à devenir architecte de l'Institut, de la Cour des comptes et membre de l'Institut, Batigny Jules, qui devait plus tard s'installer à Lille, tous anciens élèves des Académies de Valenciennes.

Les prix des repas, chez la mère Haùssemaine, étaient loin d'être excessifs ; mais la nourriture était assez bonne.

Dans les moments de « dôche », Plucliart déjeunait au coin de la rue Saint-Benoît, à 70 centimes, ou à la crémerie Boitel, au coin de la rue de Seine et de la rue Jacob, puis dînait au PetitVatel, restaurant qui perchait rue de Seine, à proximité de l'Institut, au coin de la rue Mazarine. La dépense ordinaire, pour le déjeuner et le diner, s'élevait quotidiennement à 35 sous.

Dans les journées d'abondance, on déjeûnait et dînait au Palais-Royal , chez Cathelain, ou aux Trois-Arcades.

Aux repas de la rue Sainte-Marguerite, chez la mère Haùssemaine , se trouvaient souvent un douaisien , Dutert, architecte, mort jeune de la poitrine, frère de Charles Dutert, prix de Rome de 1869, constructeur de la Galerie des machines à la dernière Exposition , et un lillois, Amand Gautier, l'auteur de la Promenade du, jeudi, le peintre des soeurs de charité, un réaliste qui adorait toutes les voies quand elles partaient d'un principe, artiste peintre, lithographe, excellent aquarelliste, délicieux pastelliste; peu communicalif, il arrivait souvent quand tout le monde était parti et s'installait à l'écart; on y voyait


— 159 —

aussi de temps en temps les frères Alfred et Paul Girard, étudiants en droit, le sculpteur Félix Jacqmarcq, etc.

Mince, grand, élégant, les cheveux noirs, le visage spirituel et agréable, Plucliart était un type d'artiste sans affectation et sans pose. Bienveillant pour ses camarades, il avait l'esprit juste et fin, très pénétrant, sans aucune amertume ; nature droite el bienveillante, le jeune valenciennois conquit vite à l'atelier Picot et à l'École des beaux-arts la sympathie. C'était un convaincu , il adorait son art pour les jouissances intimes et intellectuelles qu'il procure. Soigneux depuis l'enfance jusqu'à " la fin de sa vie, il a toujours aimé la régularité ; ses toiles, sa palette, ses brosses, tout était en bon ordre dans son atelier; il en était de même sur lui, on le voyait toujours correctement vêtu ; s'il avait existé sous Louis XIV, il eût été un gentilhomme accompli.

La journée, à l'atelier, se composait de quatre à cinq heures de travail, avec un quart d'heure d'arrêt après chaque heure pour laisser reposer le modèle ; pendant ce quart d'heure les élèves allaient prendre l'air dans la rue, où leur gaîté folle faisait le désespoir des paisibles bourgeois qui passaient et qui fournissaient souvent à la bande joyeuse prétexte à divertissement.

Plucliart prit, tant à l'atelier Picot qu'à l'École des beauxarts, quelques recettes et procédés matériels qu'il modifia plus tard suivant son tempérament.

Quoiqu'il crayonnât correctement et peignît de façon à ne perdre jamais de vue son contour et ses proportions, il s'égarait parfois dans les détails, et cela parce qu'il était préoccupé du faire des maîtres anciens.

D'ailleurs, à côté du peintre, pointait le collectionneur, qui, préoccupé de bibelots, ne donnait pas à ses pinceaux une somme de temps suffisante.

Pluchart sortait assez souvent de chez lui, tantôt pour faire des courses dans un but d'obligeance et de bonne camaraderie, car il avait un oubli parfait de lui dans ses relations, tantôt pour examiner chez les marchands d'antiquités les objets d'art et mobiliers des xvneet xvme siècles ; il apprenait l'âge d'un chenet, le style d'une paire de flambeaux, d'une commode, d'un bahut, d'une horloge, d'un cadre; en somme il faisait son éducation d'antiquaire.


— 160 —

Abel de Pujol, qui voyait de temps en temps son élève, se préoccupa de cette situation. Peintre d'histoire, premier grand prix de Rome , lauréat du Salon, membre de l'Institut, auteur du Saint Etienne, des grisailles de la Bourse, Abel-de Pujol n'hésita pas à prendre Plucliart près de lui ; il le lia à ses travaux , traita son élève comme son fils et le fit peindre du malin au soir. Dès lors les progrès du peintre valenciennois s'affermirent ; le jeune artiste acquit le sentiment harmonieux de la forme.

Abel de Pujol avait été chargé en 1819 de symboliser pour la décoration du grand escalier du Louvre la Renaissance des Arts. Ce plafond, quoique regardé comme l'un des plus beaux du Louvre, avait été détruit en 1856 avec l'escalier même, chefd'oeuvre de Percier et Fontaine, pour la construction des nouveaux bâtiments. En 1857, Abel de Pujol obtint de reconstituer ce plafond dans la salle de la bibliothèque du pavillon de Richelieu ; il se fit aider de son élève Henry Plucliart pour ce travail, qui n'était pas sans difficulté, et qui fut encore détruit plus tard par l'incendie de la Commune.

Les fragments tlu plafond de 1819 ayant été envoyés par le Ministre à la Ville de Valenciennes, furent disposés dans l'escalier des Académies par les soins de M. Henry Plucliart, que l'Administration municipale chargea de rétablir la composition au trait.

Ici se place un fait assez bizarre qui contribua à décider Plucliart à quitter son domicile de la rue de Verneuil.

Sous l'Empire , les habitants étaient astreints, comme gardes nationaux, à de certaines corvées.

Les artistes oubliaient souvent ces corvées ; quand une convocation arrivait, on allumait sa pipe avec le morceau de papier, et l'on n'y pensait plus. Le jour de la garde venu, on ne répondait pas à l'appel, et l'on attrapait douze, vingt-quatre et même quarante-huit heures de prison. La peine, du reste, était subie sans douleur, on la préférait de beaucoup à l'exercice, aux rondes, aux factions.

Plucliart ne fut pas exempt de la détention. Appelé au service de la garde nationale, il était retourné au pays natal pour voir sa mère, et avait oublié sa convocation ; au retour, il apprit par


— 161 —

le concierge qu'il était recherché par son chef de légion, Henri Lemaire.

Le statuaire valenciennois, premier prix de Rome,Tauleur du fronton de la Madeleine, membre de l'Institut, vice-président de l'Académie des beaux-arts, député du Nord, avait été, le 4 août 1854, nommé commandant de la garde nationale, et, en cette dernière qualité, pourchassait sans pitié son compatriote r sculpteur contre peintre.

Plucliart, ennuyé de cette poursuite, alla demeurer au numéro 1 de la rue de la Grande-Chaumière, près du faubourg Montparnasse, presque à l'angle de la rue de Notre-Damedes-Champs, où il s'installa un bel atelier.

Là, il n'y avait pas de concierge , Pluchart ne recevait que si l'on s'annonçait à lui par un signal convenu , il se croyait sauvé ; il n'en fut rien , le peintre valenciennois dut aller à l'Hôtel des Haricots.

Là prison n'avait rien de terrible : on y coulait doucement la vie. Presque tous les poètes el artistes de l'époque de 1830 à 1870 ont plus ou moins séjourné dans cet hôtel : Musset, TonyJoannot, Gavarni, Granville, Henri Monier, les valenciennois Emile Dessain et Gustave Housez. Beaucoup y ont laissé des empreintes.

Sur une des murailles de la cellule où Plucliart séjourna, se trouvaient dessinés et estompés un encrier, une plume, une pipe, une blague, au bas desquels se trouvaient ces mots: « Connais ces choses, tu ne t'ennuieras pas. » Des maximes de toutes sortes et de toutes les façons étaient inscrites sur les murailles.

Le directeur, homme poli et affable, voyait arriver les artistes avec plaisir. Fournis par l'État, les repas, dans cette prison, étaient détestables ; mais moyennant une modique pension, on pouvait tout se procurer.

Abel de Pujol mourut le 28 septembre 1861 ; Plucliart fut très affecté de ce décès, il aimait beaucoup le maître valenciennois, qu'il avait pris l'habitude de consulter et qu'il regardait avec vénération.

Privé de son protecteur, le jeune artiste résolul de travailler par lui-même. Sans abandonner tout à fait l'atelier Picot ni


— 162 —

l'Ecole des beaux-arts, il se montra peu assidu dans ces deux directions. Il s'appliqua à des études où il châtia tellement son dessin qu'il le tendit jusqu'à la sécheresse.

Puis son goût pour les trouvailles, combattu un moment par Abel de Pujol, se réveilla et se partagea son temps avec la peinture. Plucliart visita minutieusement les musées de Paris, entr'autres ceux du Louvre et de Cluny, parcourut les environs de la capitale à petites journées, par étapes capricieuses, s'arrêtant aux points de vue comme aux vieux monuments, saluant la nature, s'enivrant de la beauté du ciel, des accents de l'ombre et de la lumière.

Il arrangea son grand atelier de la rue de la Grande-Chaumière , et après l'avoir orné de pochades, de dessins, d'études, il revint un moment à Valenciennes.

Dans sa ville natale , il copia au musée les trois panneaux du Martyre de saint Etienne de Rubens, y entreprit une réduction du Martyre de saint Jacques par Antoine Van Dyck, qu'il n'a jamais terminée.

De retour à Paris, il exécuta un certain nombre de tableaux, très divers par les sujets, et d'une valeur assez inégale ; il cherchait sa voie. Généralement, ses premiers essais ne furent pas heureux ; les lignes, les plans, les proportions laissent à désirer; les éludes de paysages qu'il peignit pendant cette période sont loin de valoir ceux de ses tableaux où les animaux jouent un certain rôle et où il devint avant lout rustique.

Il s'essaya au portrait, il fit même, avec succès, de la photographie.

Enfin, en 1862, il entreprit, sur une toile de lm 38° de haut et lm 55° de large, un tableau qui représente l'un des sujets favoris des peintres de l'école de Guérin et par suite de Picot. Il en poussa l'esquisse assez loin. Ce tableau fut prêté par l'auteur au musée de Valenciennes, qui l'exposa durant une partie de l'année 1863. Conçue dans les données de l'école, cette toile n'était qu'un premier essai, néanmoins elle fit voir que le peintre était capable de marcher sans lisières.

En mars 1863, Plucliart quitte son atelier de la GrandeChaumière et va s'installer rue de Lancry, 7, à proximité du boulevard Saint-Martin , du quai de Valmy et de la place de la République (alors place du Château-d'Eau).


— 163, —

De là il envoie au Salon des Champs-Elysées une toile, mentionnée sous le n° 1510, avec la rubrique : Portrait de M. A. M. Cette oeuvre se perdit dans un angle ignoré du local, où l'artiste eut lui-même de la peine à la découvrir.

Plucliart était et est resté en tout temps un valenciennois pur sang ; il a toujours vécu de coeur et de pensée dans sa chère cité qui, par son aspect, celui de ses alentours, par son ciel, son histoire et ses traditions, est restée à ses yeux une ville flamande et artistique: II suivait attentivement tout ce qui s'y passait.

Le 28 juillet 1863, Ambroise Delrez, professeur de peinture à l'Académie de Valenciennes, vint à mourir.

Plucliart apprend, qu'un concours est ouvert pour la place devenue vacante, il s'inscrit immédiatement dans le but dé professer en sa cité natale.

Le concours a lieu, une douzaine de candidats se présentent ; il s'agissait de faire trois études: une académie peinte, une reproduction d'après la bosse et une esquisse peinte.

Plucliart n'obtint que la seconde place; le 19 novembre 1863, Gustave Housez, né à Condé en 1822, ancien élève des Académies de Valenciennes et de l'École des beaux-arts de Paris, fut nommé professeur de peinture.

De retour à Paris, Plucliart s'appliqua au portrait.

A l'exposition des beaux-a^rls de 1864 il envoya le portrait en pied du général comte de Brandon, commandant l'Hôtel des Invalides et frère du brave colonel tué au Mamelon-Vert, à la tête de son régiment. Ce portrait faisait pendant à un portrait du général Lepic.

Voici comment le journal le Moniteur de Vannée, dans son numéro du 11 mai 1864, appréciait l'oeuvre du peintre valenciennois :

« Le portrait du comte de Brancion est signé d'un nom encore « inconnu, mais qui fait une entrée brillante dans le monde artis« tique. M. Plucliart a été vite apprécié par le Comité, puisque, « dès son début, il a eu les honneurs du grand salon , honneur « très mérité, selon nous.

« Le portrait qu'il expose, à notre avis, esl des meilleurs. Le « général est en grand uniforme, dans une pose sage et ration« nelle ; derrière lui, dans le fond, on distingue le dôme de


— 164 —

« l'Hôtel des Invalides. Ce portrait est un véritable tableau qui « fait penser que M. Plucliart a trop de talent pour s'en tenir à « ce genre de peinture et qu'il doit aborder franchement le « tableau militaire. »

Plucliart, une fois installé rue de Lancry, prit ses repas au café-restaurant dit des Mousquetaires, tenu par les époux Caillau, près de l'ancien Théâtre Lyrique, démoli un peu plus tard.

C'était un logis où on dînait assez bien, mais où l'ordre ne régnait qu'à moitié. La maîtresse de maison trônait au comptoir du bas, tandis que les consommateurs mangeaient au premier, où les servaient des garçons arrogants.

La réunion se composait habituellement de jeunes gens unis par une certaine amitié, les uns peintres , les autres statuaires, celui-ci graveur, ceux-là architectes, hommes de lettres, acteurs. Il y avait des disciples de tous les arts, animés d'enthousiasme ; les causeries étaient toutes de jeunesse, aux horizons illimités. Là se trouvaient un statuaire du nom de Gautier qui fit les médaillons des valenciennois Alfred Girard, Plucliart, Moyaux, médaillons aujourd'hui disparus ou brisés par suite des déménagements ; un homme de lettres nommé Claveau, dont plusieurs romans avaient déjà été imprimés (ce Claveau est actuellement chef des secrétaires rédacteurs de la Chambre des députés) ; Gustave. Lejeal, homme de lettres, un valenciennois qui depuis s'est attaché à la rédaction du dictionnaire Larousse, un ténor nommé Grillon, un baryton ou basse nommé Vanneau, surnommé le « Triomphe du cerceau » parce qu'il avait les jambes en manche de veste ; Victor Marquis, étudiant en médecine, actuellement docteur et maire d'Avesnes, Paul Besnard , second grand prix d'architecture, qui doit être décédé, etc., etc.

Au Salon de 1865, Plucliart envoie le portrait de M. le comte de B... En 1866 il se recueille et compose un tableau qu'il met au Salon de 1867 sous ce titre : Gutenberg dans la sacristie de l'église de Haarlem. Le livret porte cette inscription prise dans la Vie des Grands hommes de Lamartine : « A l'aspect de cette « planche grossière, l'éclair jaillit pour Gutenberg; le jeune * Roster assiste à cette éclosion d'une idée. »

En 1868, Pluchart apprend que la place de professeur au


— 165 —

lycée de Lille' est vacante ; il se porte candidat, sa demande est accueillie ; le 18 juin 1868 il est nommé maître de dessin à ce lycée, immédiatement il quitte Paris, et le 1er juillet de la même année il entre eh fonctions.

Du 1er juillet 1868 au 4 octobre 1876, laps de temps pendant lequel il demeura attaché au lycée de Lille, sa gestion, son travail et son assiduité n'appellent que des éloges. Élevé dans les principes sérieux du dessin, l'artiste s'est révélé, en enseignant, comme un professeur de premier ordre ; il donnait, sans compter, tout son savoir'aux élèves qui lui étaient confiés ; aussi ne larda-t-il pas à se faire, par une réputation justifiée, une brillante clientèle. Il se vit rechercher pour donner des leçons particulières aux jeunes gens de la plupart des grandes familles de Lille; il fut attaché à la plupart des pensionnats, des écoles de la cité.

Son premier élève fut le jeune Leloir, qui devint plus lard médecin. L'amitié de Leloir pour son professeur, qu'il surnommait le père Pluch, fut extrême, et ne se rompit que par le décès du docteur, survenu il y a quelques années.

Le 1er octobre 1870, lors de la fondation de l'école primaire supérieure de jeunes filles de Lille, Plucliart parut tout désigné pour y organiser l'enseignement du dessin et de la peinture.

De 1870 au 1er août 1887, époque où le peintre de Valenciennes abandonna le professorat de cette école pour se livrer davantage à la peinture d'art, Pluchart a laissé chez toutes ses élèves non seulement un souvenir d'affectueuse gratitude, mais une suffisante connaissance de l'art, qui leur ont fait reporter à la fois dans leur foyer l'amour du beau et du bien. Quelquesunes d'entre elles ont continué leurs études et sont devenues des professeurs distingués..

De 1875 à 1896 ou 1897, l'artiste valenciennois fut attaché comme professeur à rétablissement des Dames du Sacré-Coeur de Lille ; il eut une grande influence dans celte école. La Supérieure de cet établissement, interrogée sur les impressions que le professeur y avait laissées , répondit très nettement : « Plu« chart avait l'art de donner des leçons dans un silence qui faci« litail l'ordre et le travail dans son cours ; il était d'une exacti« tude, d'une réserve et d'un tact parfaits, il s'intéressait aux « progrès de chacune de ses élèves suivant leur genre de dispo-


— 166 —

« suions, se montrant patient dans les circonstances difficiles et « toujours disposé à payer de sa personne quand l'approche « d'une fête ou d'une exposition multipliait le travail. »

Plucliart donna aussi des leçons aux établissements Pilate, au collège Fénelon, et partout laissa des traces de son savoir et de son talent.

Son meilleur élève fui incontestablement Alfred-Pierre Àgache, né à Lille le 29 août 1843, le peintre qui a déjà obtenu quelques médailles aux Salons de Paris, surtout depuis 1882, et qui vient d'être décoré de la croix de la Légion d'honneur.

En 1868 Plucliart copia fidèlement le tableau de Charles Muller qui se trouve au "musée de Lille et qui est intitulé la Folie d'Haydée; celte toile devait être utilisée pour établir des reproductions coloriées livrables au commerce de Paris..

En 1870, il exécuta le portrait de M. Kirch, proviseur du lycée de Lille, et exposa au Palais des Champs-Elysées, à Paris, son tableau intitulé Labour d'automne (Artois).

En 1871 il fut nommé membre de la Commission du musée de peinture de Lille, et en 1873 membre administrateur du musée Wicar.

A l'exposition départementale qui eut lieu en 1872 dans sa ville natale, Plucliart envoya quatre peintures à l'huile et trois aquarelles, soit trois portraits, une cabane de pêcheur et trois paysages. L'appréciation qui a été donnée sur ces différents ouvrages est la suivante : « Pour les portraits exposés, le dessin « est correct et les traits des modèles reflètent un grand carac« tère de ressemblance. Dans le portrait de M. Verkinder, la « pose est pleine d'une gracieuse distinction, les mains, qui « reposent naturellement, sont un modèle de raccourci, les « traits bien éclairés du visage reflètent, sous le pinceau de « l'artiste, l'animation et l'intelligence vivante. Quant aux aqua« relies, elles dénotent un travail consciencieux, la lumière y « est supérieurement traitée. »

En 1877 Plucliart exécuta pour le Salon des Champs-Elysées un tableau intitulé Un escalier dans la falaise près Boulogne (Pas-de-Calais).

En novembre 1878, il épousa une valenciennoise, M1Ie Amandine Brieude ; ce mariage fui très heureux.


— 167 —

De 1878 à 1879, il alla, avec sa femme, passer les vacances aux Eaux-Bonnes ; l'artiste y fit provision d'études tant à l'huile qu'à l'aquarelle.

Le 3 mai 1879, Pluchart fut nommé vice-président du musée Wicar.

Quand l'artiste avait un moment de libre, il se rendait chez son ami d'enfance Emile Macarez, à Saint-Python, près Solesmes, où il établissait de grindes toiles.-

Au Salon de 1879, il envoya son Semeur, souvenir de la Flandre, « excellente peinture », disait le critique valenciennois Louis Auvray, « qui a la puissance de couleur et la sincérité locale des tableaux de Millet ». Cette toile est aujourd'hui la propriété de M. Plouvier, de Lille.

En 1880, l'artiste composa et envoya au Salon l'Heure de la pipe en Flandre.

Il alla ensuite passer une saison à Spa, où il créa quelques bonnes études.

En 1881, il peignit son Labour d'automne, peinture de « couleur locale », toile d'une grande sincérité, où il y avait de l'espace, de la lumière, de l'air ambiant, une vigueur profonde dans le coloris.

A l'exposition de peinture dû Palais Rameau de Lille qui eut lieu en 1881, Plucliart mit son Semeur, son Labour, plus une porcelaine d'après Boucher intitulée : fhétis vient demander à Vulcain les armes d'Achille; elle est. la propriété de M. Alfred Girard, alors député, aujourd'hui sénateur du Nord.

Au sujet de celte peinture, il est bon de consigner ici quelques lignes touchant Henry Plucliart peintre sur porcelaines.

Professeur à Lille, l'artiste avait compris qu'étant astreint à enseigner, il aurait, poursatisfaire non seulement aux désirs de beaucoup de ses élèves, mais encore aux caprices de leurs parents, à initier ces élèves à la décoration des porcelaines; il se mil en rapport avec quelques peintres de Sèvres qu'il avait connus à Paris, étudia les procédés, leurs variations, et se mit à travailler pendant tout le temps dont il pouvait disposer.

Il commença par décorer des porcelaines de pâte dure, avec une façon large et puissante, fit dans ce genre des cache-pots représentant des têtes de Raphaël, de Michel-Ange, de Léonard de Vinci, du Titien, etc. ; puis il tenta quelques essais à la façon


— 168 —

M. Max Brame, de Lille ; scène bien éclairée et d'une excellente tonalité ; il n'a manqué à l'auteur que deux voix pour obtenir une médaille qui assurément lui était due.

Il est à remarquer que Plucliart, qui jusqu'alors avait peint avec une teinte un peu froide, eut, à partir de 1889, une note plus chaude et une plus grande finesse d'exécution.

Au Salon de 1891, l'artiste, qui ne délaissait guère les fertiles campagnes du Nord et s'en était fait le fidèle imagier, mit au Salon des .Champs-Elysées le tableau intitulé: Travaux des champs (Artois). Cette toile, d'un aspect exact, fut achetée par le baron Alphonse de Rothschild et attribuée au musée de Cambrai.

En 1892 Plucliart sacrifia huit mois de son temps pour diriger le travail du transport du musée de peinture au nouveau Palais des beaux-arts de Lille, et spécialement pour y installer le musée Wicar. Il mit à celte besogne toute son âme, sa vie, et abandonna presque tous ses travaux.

En 1894 il créa son tableau des Bolleleuses , qu'il envoya au Salon de Paris , et peignit une toile intitulée Une ferme dans le Cambrésis.

Un des tableaux du peintre valenciennois doit être au musée de Dunkerque, un autre au musée de Boulogne.

La production de cet artiste ne s'est pas arrêtée à l'exécution des tableaux envoyés aux Salons de peinture ; sans énumérer les nombreux portraits qu'il fit, surtout à Lille et dans le département du Nord, et ses innombrables petits tableaux de chevalet, des éludes, des aquarelles diverses, il créa de grands panneaux décoratifs.

Pour ne citer que les principaux travaux de ce genre, il exécuta : pour M. Victor Gourmont, industriel, rue d'Arras, 151, à Lille, aujourd'hui décédé, un grand plafond représentant le Triomphe de Diane; pour M. le docteur Olivier, rue Solférino, 314, à Lille, un autre plafond à l'huile, de six mètres carrés, représentant un sujet mythologique, et des dessus de porte où figuraient des amours, etc.; enfin il peignit pour M. Courtoy, avenue du Midi, 76, à Bruxelles : premièrement, pour une salle à manger, de grands panneaux décoratifs représentant la moisson, trois sous-bois (réminiscences des Pyrénées et de Spa), une récolte des betteraves, l'automne, des études de vaches


— 169 —

italienne, enfin il répandit dans ses oeuvres, de la manière la plus noble, un charme élégant en empruntant ses sujets à l'art du xvnie siècle. Pluchart aurait certainement acquis l'admiration des amateurs s'il avait beaucoup travaillé dans cet esprit coquet ; malheureusement le temps lui manquait.

En 1882, le peintre de Valenciennes envoya aux ChampsElysées , à Paris , un tableau intitulé : En octobre (Flandre). Cette toile valut à l'auteur une mention honorable.

En 1883, d'accord avec son ami Auguste Herlin, artiste dont ' la modestie était doublée d'un grand talent, il prit l'initiative d'un projet ayant pour but l'organisation d'une exposition artistique qui devait comprendre les oeuvres de tous les artistes du déparlement du Nord; ce Salon lillois devail être annuel, et installé aux risques et périls d'une société dans la grande salle du Cercle du Nord.

La même année il exposa à Paris un tableau qui est devenu la propriété de l'État et qui doit être au musée de Maubeuge : les Meules en Flandre. La tonalité de cette toile était bonne, l'air y circulait; « Pluchart est en progrès », disent les critiques.

Vers celte époque, l'artiste change de domicile ; il quitte la rue Solférino pour aller s'installer place du Temple, 7, où il s'était fait bâlir une maison à l'intérieur tout artistique et où il avait fait établir un magnifique atelier.

En 1884, son tableau d'envoi fut l'Attelée (Flandre); celte toile fut très remarquée.

En' 1885 Plucliart mit au Salon de Paris un tableau intitulé : le Retour à la ferme ; en 1886, l'Août ou la Rentrée des foins (celte dernière toile a été donnée par l'auteur au musée de Valenciennes); en 1887, les Travaux des champs ou l'Engrais (Flandre) ; en 1888 , les Pêcheuses de crevettes à Nieuport (celte, toile fut acquise par le baron Alphonse de Rothschild et offerte au musée de Valenciennes). . Pendant la même année 1888, notre peintre lui-même fit don au musée de sa ville natale de différentes études préparatoires: produites par Abel de Pujol, el d'une magnifique gravure, devenue rare, du portrait d'Antoine. Walteau gravé par François. Boucher.

En 1889 il envoya à l'Exposition des Champs-Elysées son tableau de la Batteuse dans le Nord, tableau, qui appartient, à


— 170 —

avec paysage, etc.; deuxièmement, pour un salon, des dessus de porte très réussis, plus un plafond représentant Eulerpe entourée de génies ; en somme il a dans cette demeure un véritable musée.

Pluchart avait trouvé à Lille la situation qui lui convenait ; amateur éclairé, bibeloteur passionné en même temps qu'artiste, son bonheur était de s'occuper de dessins et de vieilles peintures ; le musée de Lille a eu tout le bénéfice de ses goûts et de ses connaissances en matière de collections ; non seulement il lui a donné les dessins qu'il avait eus d'Abel de Pujol, de Julien Potier, mais encore une quantité de ceux qu'il avait achetés pour son compte personnel, attribués à Sébastien Bourdon , Euslache Lesueur, Achille Leclerc, Gabriel Saint-Aubin , Vincent Ru. verat, Félix Barrias, Jacques Callot, Benjamin Ulman, JeanBaptiste Augustin, Pierre-Narcisse Guérin, Guillaumet, Picart, Serrur, etc., etc. De plus, par son intermédiaire, le musée Wicar se rendit acquéreur de bonnes études de Pierre Wille, François Boucher, Claude Gelée dit le Lorrain, Jean-Baptiste Pater, Antoine Watteau, de dessins des écoles italiennes, flamandes, hollandaises et de peintures de tous genres.

C'était plaisir de voir son animation, son ardeur, son attention à examiner un monogramme, à étudier une signature, un trait, la façon dont le dessin était lavé, rehaussé de blanc, sa manière de parlementer avec un marchand ; jamais il ne se rendait acquéreur d'un objet quelconque sans lui avoir fait subir un examen attenlif, et quand il décidait un achat il était certain d'avoir fait une excellente affaire.

L'intérieur de la maison qu'il habitait à Lille, et où il est mort, place du Temple, n° 7, contient quantité de choses artistiques, des bronzes, des candélabres, des panneaux merveilleusement sculptés, des tables, des chaises spéciales, une collection de charmants tableaux, (dont un attribué suivant les uns à Holbein, suivant les autres à Jules Romain ou Raphaël, en résumé une petite perle qui tiendrait bien sa place dans une des belles salles . du Louvre), des vases, une magnifique cheminée , des cuivres, des porcelaines et des faïences de choix, une cage d'escalier particulière, etc., etc.

Quelques minutes d'entretien avec Pluchart suffisaient pour


— 171 —

reconnaître qu'on était en présence d'un fin connaisseur, et on s'explique la fascination qu'il exerça sur ceux qui l'entouraient. Causait-on antiquités, arts, son oeil s'illuminait, l'artiste s'abandonnait à la causerie, il jaillissait de sa bouche un brillant feu d'anecdotes, de faits, de mots spirituels, qui traduisaient la chaleur de son sentiment.

Henry Pluchart était membre correspondant du Comité des sociétés des beaux-arts des départements, dépendant du Ministère de l'instruction publique et des beaux-arls, —membre des écoles académiques de Lille, — membre de la Société des artistes français, — membre agréé de l'Académie communale de Valenciennes, — membre correspondant de la Commission administrative du musée de Valenciennes, — ancien conservateuradjoint du musée de peinture de Lille et ancien vice-président du musée Wicar.

II fut un des premiers à signaler à la Municipalité lilloise les dangers de l'organisation défectueuse du Palais des beaux-arls construit par deux architectes parisiens désignés à la suite d'un concours ouvert en 1884, et plus tard les accidents qui eurent un si pénible retentissement et provoquèrent la venue à Lille de nombreux spécialistes.

De ces avertissements du conservateur-adjoint du musée il ne fut pas tenu compte, et c'est là une des causes de sa démission en 1895. A ce sujet il publia en août 1896 une brochure importante qui parut à Paris aux bureaux, de l'Art, rue de la Victoire, 41, où il réfuta les assertions plus qu'audacieuses que l'Administration municipale de Lille n'avait pas craint de tenter, pour se décharger et mettre en cause , comme responsables des désastres survenus, les conservateurs et commissions administratives d'amateurs qui pendant de longues années avaient gratuitement donné leur temps et leurs peines aux musées de la ville.

Les événements'qui suivirent, les dégâts constatés dans les oeuvres les plus précieuses de ces musées, vinrent démontrer toute la clairvoyance dont avait fait preuve le conservateur démissionnaire.

En 1887 Plucliart avait édité à Lille (imprimerie Massart) une petite brochure intitulée : Étal des accroissements du musée Wicar depuis 1879; c'était le prélude d'un catalogue important


- 172 -

qu'il publia en 1889, (même imprimerie Massart), sous le litre de Musée Wicar: Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et grisailles exposés, précédée d'une introduction et du résumé de l'inventaire général.

« Le catalogue du musée Wicar, (dit M. Jules Duthil ), que « M. Pluchart a publié en 1896, a rectifié des erreurs d'attribu« lion assez importantes ; mais si grand était le scrupule de « M. Pluchart qu'en dépit de sa compétence reconnue, il ne « voulut rien changer sans avoir consulté au préalable lout ce « qui ,| en France et à l'étranger, fait autorité en la matière : « Passavant, Waagen, Morelli, Comyns, Carr, Eugène Muntz, « Ephrusi, etc., elc. Aussi son catalogue qui, comme il le disait « modestement, n'a pas la prétention d'être impeccable, est-il « une oeuvre sérieuse, savante et hautement appréciée...

« Pluchart, (dit le même auteur), rendit surtout au musée « Wicar d'incontestables services. Dans les questions si délicates « d'authenticité et d'attribution des dessins, où les compétences « sont si'rares, il était une autorité. Il disait parfois dans un « légitime sentiment de fierté : « En malière de dessins, il n'y a « à Lille que Ilerlin, Faûrc et moi qui y entendons quelque « chose » ; et il avait raison. Tous trois furent pendant de lon« gués années l'âme du musée Wicar, et depuis qu'ils s'en sont « retirés personne ne les a remplacés. »

En 1897 Pluchart, dont la santé paraissait solide, ressentit une certaine fatigue, un mal qui l'empêcha de s'appliquer avec quelque suite à ses travaux habituels; il lui fallut même, sous peine d'empirer immédiatement son état, renoncer à la pensée d'un voyage dans le Midi et attendre à Lille soit le retour des forces qui se perdaient, soit l'aggravation de crises alarmantes ; il se plaignait de douleurs incessantes et insupportables dans les reins. Il était malheureusement atteint d'une maladie de la moelle épinière.

Soigné avec un entier dévouement par sa femme qui jour et nuit était à son chevet, en lui l'intelligence et le jugement demeurèrent intacts ; jusqu'à son dernier jour, il discuta et parla beaux-arts avec une netteté et un élan remarquables.

Enfin, le 18 novembre 1898, il décéda dans sa soixante-quatrième année.


Avec Plucliart, la ville de Lille perdit un de ses enfants d'adoption qui l'ont le plus aimée et qui ont eu le plus à coeur son renom artistique. Sincère el loyal, sûr dans ses amitiés, Pluchart avait su se concilier l'estime de tous ceux qui le connaissaient.

Ses funérailles eurent lieu le lundi 21 novembre, à onze heures, en l'église Saint-Michel, sa paroisse.

Derrière le clergé marchaient le gardien chef et les douze gardiens du musée, portant les couronnes de fleurs naturelles envoyées par les amis de l'ancien conservateur. L'une de ces couronnes, toute d'immortelles sur fond de velours noir, cravatée d'un ruban tricolore et d'un crêpe, portait cette inscription: La Ville de Lille à M. Pluchart.

Le deuil était conduit par le beau-frère el le cousin du défunt, MM. Brieude et Massart, près de qui se trouvaient MM. Alfred Girard, sénateur, et Constant Moyaux, membre de l'Institut, deux amis intimes du défunt.

Dans le cortège avaient pris place un grand nombre de notabilités et d'amis.

Après la cérémonie religieuse, le corps a été transporté au cimetière de l'Est.

Sur la tombe, M. Debierre, adjoint au maire, a prononcé quelques mois au nom de la Ville de Lille ; voici la substance, sinon les termes mêmes, de cette allocution :

« Au nom de la Ville de Lille, donl je suis ici le représentant, « je salue une dernière fois la dépouille mortelle de l'ancien « conservateur de ses musées.

« Je n'ai pas qualité pour dire ce que fut l'artiste ; encore « moins suis-je autorisé pour parler de M. Pluchart intime... « Tous ceux qui l'onl connu et approché, ses amis que je vois « réunis autour de son cercueil, sa femme admirable de douceur, « de bonté et de résignation, savent quelle perte ils font au« jourd'hui.

« Mais ce qu'il m'est permis de dire, c'est que M. Pluchart a « été le serviteur dévoué de sa ville d'adoption. Il lui a consacré « son talent et ses loisirs pour lui conserver, à une époque « difficile de leur histoire, les richesses artistiques amassées « dans ses musées.

« J'ai suffisamment connu et approché l'ancien conservateur « pour attester la hauteur de son caractère, la fidélité à ses


— 174 —

■« conviciions et la sûreté de ses jugements... Je puis dire « qu'aujourd'hui, une fois de plus, la mort vient de coucher « dans la tombe un des meilleurs d'entre nous...

« Je désire, sans l'espérer, que ce souvenir soit un apaise« ment à la douleur de tous ceux qui l'ont connu... »

Pluchart mérite de n'être pas oublié dans l'école valenciennoise ; il avait des qualités remarquables ; il était de son temps et, resté fidèle à des principes qui ne sont plus en faveur, il a marqué ce qu'il a fait d'un sceau personnel.

Quant à la Ville de Lille, qui a surtout profité, dans l'acquisition de maints tableaux, dessins, objets d'art, du goût et des connaissances que Plucliart possédait, elle lui doit, au moins, un souvenir, en évidence dans le musée qu'il a enrichi avec le plus louable désintéressement. ■

8 septembre 1899. Edouard FROMENTIN.

COMICE AGRICOLE DE VALENCIENNES.

Séance du 5 août 1899. Présidence de M. Ernest MACAREZ, président.

Présents : MM. Chalelain-Bertinchamp, A. Ducloux, Désiré Goffart, Louis Goffart, Em. Hocque, P. Lédé, Patoir-Lionne, Rufin-Anciaux, et Rufin-Wallerand. — MM. Aug. Doutriaux, président de la Société, et V. Henry, secrétaire général, assislent à la séance.

M. Ed. Bultot a excusé son absence.

Admission d'un membre nouveau. — Présenté par MM. Em. Hocque et Macarez, M. Deleau, vétérinaire à Condé, est admis comme membre du Comice.

Concours d'animaux de 1899. — M. le Président indique que le Comice est réuni pour arrêter ses propositions concernant la composition des jurys des concours du 26 août.

Le Comice, après examen, décide de recommander au choix de la Section centrale :

1° comme membres du jury du concours de bêles à cornes, MM. Poulrain, Patoir-Lionne et Louis Goffart pour les cantons de Valenciennes, M. Elie Payen pour le canton de Denain, et pour le canton de Condé M; Deleau, vétérinaire en celle ville ;


— 175 —

2° comme membres du jury du concours de chevaux, MM. E. Macarez, Louis Hayez et Em. Hocque pour les cantons de Valenciennes, M. Boucly pour le canton de Denain, et M. Jules Lenne pour celui de Condé.

.-. M. Rufin-Wallerand demande si les taureaux officiellement approuvés sont considérés comme ayant reçu une prime dans le sens attaché à ce mot par la disposition suivante du programme des concours de la Société de Valenciennes : « Tout animal qui, dans un concours régional, départemental ou d'arrondissement, aura été jugé digne d'un prix ou d'une prime, ne pourra, s'il est présenté dans une catégorie identique, recevoir qu'un prix d'une valeur plus élevée. » Si la question est affirmativement résolue, fait observer M. Rufin, la Société de Valenciennes ne verra plus produire dans ses concours que des taureaux de qualité inférieure.

M. le Président dit que la question sera posée à la Section centrale dans sa prochaine séance.

Questions diverses. — Les membres du Comice s'entretiennent ensuite de l'utilité des trieurs de graines, dont toute exploitation rurale de quelque importance devrait être pourvue.

Ils échangent leurs observations sur les résultats que donnent en 1899 les différentes variétés de blé cultivées dans les environs de Valenciennes.

Enfin, M. Ducloux indique aux membres du Comice comment doivent être prélevés les échantillons de produits agricoles destinés à figurer à l'Exposition de 1900.

COMICE AGRICOLE DE BOUCHAI N.

Séance du 11 août 1899. Présidence de M. C. COQUELLE, président. Présents : MM. E. Lestoille, vice-président, Cogé, trésorier, Cousin, secrétaire adjoint ; Bernier, maire de Bouchain, Ach. Duponl, Henri Mériaux, Leroy-Mahieu, de Bouchain ; Desjardins , maire d'Hordain ; Bricout-Caullet, d'Haspres ; Bury, d'Avesnes-le-Sec.

Nécrologie. — A l'ouverture de la séance, M. le Président


— 176 —

envoie ses sentiments de condoléance aux familles des membres récemment décédés.

L'assemblée s'associe à lui pour regretter la perte de M. Jules Cachera, le sympathique maire de Marquette, et celle de M. Dufour-Dazin, cultivateur en la même commune, qui avaient adhéré au Comice du canton de Bouchain dès son origine. Elle décide qu'un extrait du procès-verbal de sa séance sera transmis à leurs familles, en témoignage de la part prise par le Comice au deuil qui les a cruellement frappées.

Concours d'animaux à Valenciennes, nomination des jurys. — Il est procédé à la désignation des membres qui seront proposés comme jurés pour le concours d'animaux reproducteurs des espèces bovine et chevaline, qu'ouvrira le 26 août la Sociélé d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement. Sont désignés, à l'unanimité des voix, MM. Lesloille Ernest et Bury J.-B. comme jurés, et M. Durieux, cultivateur à Hordain, comme juré suppléant.

Admission, démissions et renouvellement des membres du Comice. ■— Le Comice, à l'unanimité des voix, adopte les trois propositions ci-après :

I. L'admission d'un nouvel adhérent ne sera prononcée, à l'avenir, en séance, que sur la présentation d'un ou de plusieurs membres et sur la demande écrite du postulant. À celle fin, des formules spéciales seront imprimées par les soins et aux frais du Comice pour être remplies et signées par les personnes proposées.

II. Tout membre adhérent qui ne voudra plus faire partie du Comice, devra, dans le courant de décembre au plus tard, en prévenir par écrit M. le Président ou M. le Secrétaire-adjoint. Faute par lui d'envoyer cet avis il sera moralement tenu de payer la cotisation de dix francs pour l'année suivante, à partir du lfr janvier. — Le Bureau central de Valenciennes est instamment prié de continuer à signaler à M. le Président ou à M. le Secrétaire-adjoint les membres qui refuseraient de payer leur cotisation, dès que le refus viendrait à se produire.

III. Afin d'assurer la prospérité du Comice, il sera prochainement institué dans chaque commune une délégation spéciale, chargée de recueillir de nouvelles adhésions, pour remplacer les membres décédés ou démissionnaires.


■ - 177. —

— Avant de se séparer, le Comice décide qu'il y a lieu de rayer du nombre de ses membres MM. Carpentier Charles et Morelle Pierre, qui, malgré les démarches faites auprès d'eux, ont. refusé de payer leur cotisation de 1899.

— La prochaine réunion est fixée au premier vendredi d'octobre 1899, pour l'examen d'une proposition des plus intéressantes conçue par M. le Président.

SECTION CENTRALE

DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 19 août 1899. Présidence de M. Pierre HAYEZ.

Sont présents : MM. A. Ducloux, G. Gras, Ch. Lebacqz, A. Richez, et V. Henry, secrétaire.

Ont exprimé le regret de ne pouvoir .assister à la séance MM. Aug. Doutriaux, J. Lecat et H. Weil.

M. Hayez, vice-président du Comice agricole de Valenciennes, prend le fauteuil de la présidence à la demande de ses collègues.

— Lecture est faite des procès-verbaux des séances tenues parla Section centrale le 10 juin, — par le Comice agricole de Valenciennes le 5 août, et par le Comice de Bouchain le 11 août.

Concours d'animaux reproducteurs du 26 août; nomination des jurys. — Après avoir pris connaissance des propositions faites par les différents Comices, la Section centrale désigne comme jurés chargés de juger les concours d'animaux reproducteurs du 26 août :

Pour les animaux des espèces bovine et porcine : MM. PatoirLionne, Poutrain et Louis Goffart (des cantons de Valenciennes), Nestor Bulteau et J. Garlier (des cantons de Saint-Amand), Elie Payen (du canton de Denain), Ernest Lestoille (du canton de Bouchain), et Deleau, vétérinaire, (du canton de Condé);

Pour les chevaux : MM. Ernest Macarez, Alfred Brabant et Em. Hocque (des cantons de Valenciennes), Emile Davaine et Demazure (des cantons de Saint-Amand), Boucly, vétérinaire, (du canton de Denain), J.-B. Dury (du canton de Bouchain), et Jules Lenne (du canton de Condé) (1).

(1) Les jurys qui ont fonctionné le 26 août se sont trouvés effectivement composés :


— 178 —

Taureaux hors concours. — La Section se trouvant appelée à résoudre la question posée dans la séance du Comice de Valenciennes du 5 août, relativement aux taureaux officiellement approuvés dans les concours du déparlement et comme tels munis d'une prime de 200 francs, M. le Secrétaire général fait observer que celte question a été déjà discutée le 5 juin 1897 par la Section centrale (1), qui à ce moment a déclaré que ces taureaux ne participeraient pas aux primes des concours de la Société.

La Section décide qu'il n'y a pas lieu de changer, à l'heure actuelle, cette règle, qui a inspiré la rédaction du programme de 1899.

Marquage des bestiaux primés. — M. le Secrétaire général informe la Section que, suivant un voeu par elle précédemment exprimé, il a pris des mesures pour que les animaux de l'espèce bovine qui obtiendront des prix au concours du 26 août, soient marqués à la corne au moyen d'un fer spécial.

Congrès agricoles. — M. le Secrétaire général donne connaissance à la réunion des programmes d'un congrès international d'agriculture et d'un congrès international de l'alimentation rationnelle du bétail, qui doivent se tenir en juillet et en juin 1900 à Paris à l'occasion de l'Exposition universelle.

— L'ordre du jour étant épuisé, M. le Président lève la séance.

BIBLIOGRAPHIE.

« LE DÉBIT ET L'EMPLOI DES BOIS DE BATEAU DANS LE DÉPARTEMENT DU NORD, y

Le très distingué inspecteur des eaux et forêts du Quesnoy, M. H. Bécourl, membre de la Commission historique du Nord, a publié dans la Revue des eaux et forêts du 15 août 1898 une intéressante « Notice sur le débit et l'emploi des bois de bateau

Pour les bestiaux, de MM. Nestor Bullot, Deleau , Louis Goffart, Ernest,Lestoille, Patoir-Lionne et Elie Payen ;

Pour les chevaux, de MM. Alf. Brabant, Ern.. Macarez, Dury, Em. Hocque et Lenne.

(1) Voir tome XLVII de la Revue, page 52.


— 179 —

dam le département du Nord ». Ce travail a depuis lors été détaché du recueil où il avait paru, et a fait l'objet d'une brochure que son auteur a eu l'amabilité d'offrir à la bibliothèque de notre Société d'agriculture, sciences et arts.

Les premières lignes mêmes de la notice indiquent son but.

« Les canaux et les rivières canalisées du département du Nord n'ont pas moins de 550 kilomètres de longueur, (dit M. Bécourt). Reliés aux voies fluviales des départements voisins et de la Belgique, ces cours d'eau sont parcourus par un nombre considérable de bateaux (1), sortant pour la plupart des ateliers de construction de Merville sur la Lys, de Condé, de Valenciennes et de Bouchain sur l'Escaut, de Saint-Amand et de Douai sur la Scarpe, de Pont, de Berlaimont et de Landrecies sur la Sambre.

« Il semble, lorsque l'on considère l'importance de ces ateliers, que l'on devrait pouvoir se procurer facilement dans la contrée un traité ou tout au moins une notice sur le débit et l'emploi des bois de bateau; mais personne jusqu'ici n'a été tenté d'aborder ce sujet. Il n'y a pas lieu d'en être surpris : une pareille publication en effet n'apprendrait rien aux constructeurs qui, se succédant dans leurs chantiers de père en fils ou étant d'anciens ouvriers, sont initiés à tous les détails de l'industrie qu'ils exercent ; d'un autre côté, elle rebuterait vraisemblablement le public, à cause des nombreux termes, la plupart d'origine anglaise, qui servent à désigner les pièces et sciages d'un bateau.

« Cependant, il est utile pour certains propriétaires et régisseurs de forêts de savoir ce que deviennent entre les mains des constructeurs les bois expédiés à leurs chantiers. Ils Irouveront dans cette notice les renseignements qu'il leur importe plus particulièrement de connaître. »

Ajoutons que l'étude de M. Bécourt se signale à l'attention d'autres lecteurs encore, de tous ceux qui ont la légitime curiosité de prendre quelques notions sur une industrie importante en certaines de nos localités.

(1) « D'après la statistique de l'année 1896, le nombre des bateaux circulant sur les voies navigables du département du Nord s'élève à 15.793, dont 15.132 appartiennent à des Français, 2.210 à des Belges et le surplus à des individus de nationalités diverses. »


— 180 —

M. Bécourf donne tout d'abord certaines indications sur le débit des bois de bateau.

Puis l'auteur s'occupe de la « nomenclature des bois de bateau », et il passe en revue les pièces et sciages qui sont respectivement employés pour la charpente du fond, la charpente des parois, la charpente supérieure, le revêlement extérieur, le revêtement intérieur, les fond et faux-fond, le pont et l'overloppe, les cabines et coffres, le mât, les pièces d'arrimage et le gouvernail.

Il termine en exposant avec quelque détail ce que coûte la construction d'un bateau. Empruntons lui, à ce propos, les quelques renseignements suivants :

« Depuis l'année 1882, on donne généralement aux bateaux 38 mètres 50 de longueur el 5 mètres de largeur, la grandeur des sas ne permettant pas d'augmenter ces dimensions. Leur déplacement est de 295 à 300 tonnes. Tous sont construits d'après le même type, dit péniche. Cependant on en voit quelques-uns dont l'avant est assez incliné, tandis que les autres ont l'avant presque droit. Les premiers ont une marche plus rapide que les seconds, mais cet avantage est compensé par un tonnage un peu plus faible.

« Dans un bateau de 38 mètres 50 de longueur, 5 mètres de largeur el 3 mètres de hauteur jusqu'aux plats-bords, il entre environ 70 mètres cubes de bois ouvré, dont 50 m. c. de chêne, 16 m. c. de sapin du nord et 4 m. c. de peuplier.

« Le prix d'un bateau des dimensions indiquées ci-dessus est 11.500 francs s'il est payé comptant, 12.000 francs s'il est payé à différents termes.

« Dans ce dernier cas, le batelier acheteur verse généralement 2.000 francs entre les mains des constructeurs au moment de la livraison ; la somme restant due est acquittée, avec les intérêts à 5 pour 100, par acomptes de 1.000 francs.

« Ajoutons que, construit dans de bonnes conditions, un bateau a une durée moyenne de 40 ans, mais qu'il exige vers la vingtième année, une réparation donnant lieu à une dépense d'environ 2.000 francs, et, dans la suite, d'aulres réparations d'une importance plus ou moins grande. »


Comme l'avait souhaité au mois d'avril l'assemblée générale de la Société valenciennoise des arts (1), une exposition de peinture, sculpture, etc., organisée par le Comité directeur de cette société, s'est ouverte le 23 septembre à l'Hôtel de Ville de Valenciennes.

Les préparatifs complexes de l'entreprise, la réception des oeuvres, la mise en place des tableaux ont été très exactement, très experlement menés à bonne fin, grâce au zèle de la plupart des membres du Comité, mais tout particulièrement de MM. Jules Pillion et Pierre Giard.

L'Administration municipale avait bien voulu mettre à la disposition de la Société, comme en 1897, quatre salles de la Mairie : celles des fêtes, du Conseil municipal et les deux salles intermédiaires. La surface murale ainsi offerte aux exposants n'a pas été trop vaste.

Le public a été admis à visiter l'exposition à partir du dimanche .24. La veille, le Comité y a reçu les membres de la Société et les principaux fonctionnaires et notabilités de la ville qui, invités par lettres spéciales, ont bien voulu se rendre à cet appel. Empruntons à l'Impartial du Nord (2) le compte rendu de celte inauguration :

« Les honneurs du Salon valenciennois étaient faits par M. Doutriaux, président d'honneur, et M. Louis Piérard, le distingué président de la Société, entourés de M. Pierre Giard, l'obligeant et dévoué secrétaire, et des autres membres du Comité.

« M. Devillers, maire, MM. Debiève el Fonlellaye, adjoints,

(1) Voir ci-avant, page 129.

(2) Numéro du lundi 25 septembre.

TOME XLIX. 7


— 182 — ■

et plusieurs conseillers municipaux, répondant à l'invitation adressée à la Municipalité valenciennoise, viennent à trois heures el quelques minutes visiter les salles de l'Exposition.

« A leur entrée, M. Piérard adresse à M. le Maire quelques paroles de remerciement pour les encouragements que la Ville de Valenciennes veut bien accorder chaque année à la Société des ans. Le Président espère que M. le Maire, après s'être rendu compte des résultats acquis, voudra bien reconnaître que la Société a fait tous ses efforts pour mériter le concours de la Ville.

« M. Devillers remercie ; il dit. que la Municipalité n'a fait que son devoir en encourageant l'oeuvre entreprise par la Société des arts, à laquelle il souhaite pleine réussite.

« Les visiteurs, au nombre desquels on compte encore MM. Constant Moyaux, Louis Legrand, Layraud, Ed. Pesier, de Malharel, et nombre d'exposants, entre autres MM. Desruelles, Sirot, Boëf, Leleu, Julien Déjardin, Moreau, etc., se rendent ensuite dans les différentes salles.

« Le Salon valenciennois de 1899 est de beaucoup supérieur à ses devanciers. Bien que l'Etat, par suite d'une mesure générale, ait conservé pour l'Exposition de 1900 tous ses achats, et n'ait pas fait d'envoi aux différentes expositions de province, les belles et bonnes oeuvres sont en nombre respectable dans les quatre salles de l'Hôtel de Ville.., Ce Salon fait honneur à la Société valenciennoise des arts, et avec M. Devillers nous lui souhaitons tout le succès qu'il mérite. »

L'exposilion devait fermer ses portes le dimanche 15 octobre. Mais, pour satisfaire au voeu d'un certain nombre d'amateurs d'art, elle a été prolongée , avec l'autorisation de l'Administration municipale, jusqu'au lundi 23 octobre. Ce dernier jour, le public y a été admis gratuitement.

*

Nous reproduisons ci-après, pour en conserverie souvenir, le

CATALOGUE DES OEUVRES EXPOSÉES.

Peinture.

ATTENDU (Ferdinand) — avenue Jules Quenlin, Nanlerre (Seine). 1 — Chez l'armurier.


-- 18S -

B'ARILLOT (Léon) — 16, rue de la ïour-d'Auvergne, Paris. — 3= méd. 1880, 2* méd. 1884, méd. d'or E. U. 1889, & 1995.

4 — Retour du bois de Morlefontaine.

5 — Méditation.

BARON (André) — 24, faubourg Saint-Denis, Paris.

2 ■— Fin de saison.

3 — Manette de pensées.

BARTHALOT (Marius) — 92, rue de la Victoire, Paris. — M. H. 3e méd. Cf.

6 — Un quai à Martigues {Provence).

7 — Con fada de Saint-Antoine (Isère). BERGER (Georges) — 3, quai Malaquais, Paris.

8 — Geneviève (portrait).

9 — Coin d'église.

BERTUÉLEJIY-D[D[EZ (Mme Berthe) — 10, rue de la Gare, à Bernières-sur-Mer (Calvados),

10 — Au théâtre.

BERTIIÉLEMY (Emile) — Bernières-sur-Mer.

11 — Bateaux pécheurs à Trouville.

BESSON (Jules-Gustave) — 3, rue Lakanal, au Grand-Mont rouge, M. IL 1896.

12 — Fours à coke de Lourches. {Sortie de mineurs.)

BOET (Auguste) — rue Rosalie Levasseur, Valenciennes.

13 — Chais.

14 — Poissons.

15 — Nature morte.

16 — Chrysanthèmes.

17 — Paysage (moisson).

BOLLING (Sigrid) — 2, rue Aumont-Thiéville, Paris.

18 — Lac d'Aiguebehtle en Savoie. BONNEFOY (Henri) —42, rue Fontaine, Paris, H. c.

19 — Pendant la moisson.

BONNEFOY (Adrien) — 5, avenue Daumesnil, à Saint-Mandé.

20 — Le repos.

BOULANGER (Lucienne) — 64, rue de Calais, à Boulogne-sur-Mer.

21 — Le concierge Jasmin frottant ses cuivres.


— 184 —

BOURGOGNE (Pierre) — 32 1er, rue de Brancas, à Sèvres (Seineet-Oise). H. c.

22 — Fruits d'automne.

23 — Gloire de Dijon.

CARON (René-Emile) — 31, rue de Seine, Paris.

24 — Porche de Saint-G er main-1'Auxerrois. CIIALENDAR (Mme Esther de) — 10, avenue de Tourville, Paris.

25 — Élude d'atelier.

CHIGOT (Alphonse) — rue Pilette, à Valenciennes. Q.

26 — Bravoure et Charité.

27 — Un soir dans les jardins militaires.

28 — Une vue cVEtaples.

CHOQUET (René) — 39, rue Washington, à Paris, M. H. 1896.

29 — Le voyageur.

CHOVET (Mue Hélène) — 30, rue Dutot, Paris.

30 — Poissons (nature morte).

31 — Huîtres (nature morte).

CLAUDE (Eugène) — 90, rue de Châleaudun, à Asnières (Seine). H. c.

33 — Plat d'huîtres el homards.

34 — Fleurs de pommier.

COQUELET-MÉREAU (Louis) — 40, avenue de Laon, à Reims (Marne), H. C.

35 — Légende de saint Crépin el saint Crepinien, martyrs. CORBINEAU (Charles) — villa des Arts, 15, rue HégésippeMoreau,

HégésippeMoreau,

32 — Bulles de savon.

COROT (Mlle Lucile) — 17, rue Singer, à Passy.

36 — Pêcheurs de Saint- Valéry (Sommé).

37 — Intérieur de chapelle à Abbeville.

COUDUIUER (Mm* Marie-Elodie) — 37, rue du Cours, à Soltevillelès-Rouen.

38 — Roses trémières.

COUTURIER (Philiberl-Léon) — 7, quai Gavant, à St-Qucnlin. H. c.

39 — Le coq et la perle.

40 — Poulailler.

DAMBRUN (Mn° Louise) — 7, rue de l'Isly, Paris.

41 — Une coupe : Chardons et sauterelles (faïence).

42 — Id. Pissenlis (faïence).


— 185 —

DARIEN (Henri) — 113, boulevard Saint-Michel, Paris. — M. H. 1889, 3e méd. 1897, 2* méd. 1899 ©.

43 — Un coin de ferme.

44 — Pêcheur (Elrelat).

DAVID-SENOUTZEN (Henri) — 28, rue des Poissonceaux, Lille.

■ 45 — Bords de la Semois (Belgique).

DÉJARDIN (Adolphe-Julien) — 50, rue Saint-Géry, Valenciennes.

46 — Juin en Flandre.

47 — La saison des foins.

48 — Crépuscule.

DÉJARDIN (Jules) — roule de Pommereuil, Le Caleau.

49 — Épagneul et braque anglais.

DELACROIX (Henry-Eugène) — 22, rue de Douai, Paris, H. c. # $fc.

50 — Paysage des environs de Valenciennes. DELACROIX-GARNIER (Mme) — Paris.

51 — Jeune fille jouant de la mandoline. DELAHOGUE (Alexis) -— 15, rue Grange-Balelière, Paris.

52 — Étude de vieux saules (effet du malin).

53 .— Intérieur d'église ci Champeaux (Seine-et-Marne). DELAHOGUE (Eugène) — 15, rue Grange-Batelière, Paris.

54 — Le pont Paillard à Blandy-lès-Tours (Seine-et-Marne). DELEPIERRE (Charles) — 102, rue de Famars, Valenciennes.

55 ■— Bords de rivière.

DEPRË (Albert) — 14, rue de Navarin, Paris.

56 — Nègre colleur d'affiches.

57 — Le Loing à Montigny.

DESHAYES (MUe Madeleine) — 208, rue Sainl-Denis, Paris.

58 — Bouquet d'oeillets.

DESPLANQUES (Alfred) — 104, rue du Haze, Tourcoing.

59 — Faits divers.

60 — Fumeur.

DESSUS (Mme Juliette-Léonie) — 2, rue de Suez, Paris.

61 — Raisins.

DUUEM (Henri) — 10, rue d'Arras, Douai.

62 — Le moulin.

63 — Coin de pâture.

DUIIESI (Mme Marie) — 10, rue d'Arras, Douai.

64 — Le vanneur.

65 — La grand'route.


— 186 —

FINEZ (Grégoire) — 89, rue de Mons, Sainl-Saulve.

66 — Côtes de Douvres (Shakespeare-Clip). FOYOT-D'ALVARE (Mma Madeleine) — 1 bis, boulevard des Italiens, Paris.

67 — Chrysanthèmes.

GALLIEN (MUO Louise) — 59, boulevard Barbes, Paris.

68 — Thérèse (miniature).

GAJIBIER (Dominique) — 74, rue du Faubourg de Paris, Valenciennes.

69 — Place de Valenciennes, Hôtel de Ville en 1550. GIRARDET (Paul) — 26, boulevard d'Inkerman, Neuilly-sur-Seine.

70 — L'amour au village.

71 — Juan-les-Pins.

GUÉRY (Armand) — villa des Fleurs, à Pontgivart (Marne). — M. ii. 1885, méd. 3« classe 1891, méd. 2e cl. 1891. H. c.

72 — Le pont de mon village, sur la Suippe. HANICOTTE (Augustin) -■ 33, rue Victor Massé, Paris.

74 — L'heure mauve (Bretagne).

75 — Intérieur.

HARPIGNIES (Henry) — Chez MM. Arnold et Tripp, 8, rue SaintGeorges, Paris. — Méd. 1866, 1668, 1869, *& 1875, méd. 2e cl. 1878, off. 1883, u. c. 1889, méd. d'honneur 1897.

73 — Le Loing « Saint-Privé (lever de lune). IWILL (Marie-Joseph) — 11, quai Voltaire, Paris, H. c.

76 — Paysage. 11 — Paysage.

JACOBS (Adolphe) — 33, rue Faidcr, Bruxelles.

78 — Soleil couchant (vache).

79 — L'entrée du regain. JONAS (Lucien) — Anzin.

80 — Chemin de la Vierge (paysage).

81 — Étude d'Arabe (portrait).

82 — Sous les pins.

LANDRÉ (Mn° Louise-Amélie) — 233, faubourg S'-Honoré, Paris.

83 — Un Incroyable.

84 — Une Incroyable.

LAUVERNAY (MUe Jeanne) — 118, rue de Rennes, Paris.

85 — Fruits d'été.


— 187 —

LAYRAUD (Fortuné) — rue Derrière-Ies-Murs, Valenciennes.— Grand prix de Rome, ^.

86 — Portrait de Mme Jonas.

87 — René Marlière.

88 — Mme Bèihune.

89 — Intérieur (cuisine).

LEBON (Jules) — 3, rue Victor Hugo, Avesnes.

90 — Soleil levant (décembre).

91 — Nuit grise.

92 — Terres incultes.

93 — Camp de César (Flaumont).

LEOHAT (Albert-Eugène) — 51, rue Scheffer, Paris.

94 — Moissons.

95 — L'entrée du village.

96 — Rivière.

97 — Près de la ferme.

LECOMTE .(MU 6 Alice) — 44 bis, avenue de Châtillon, Paris.

98 — Gibier.

99 _ Portrait de M^ R...

Appartient à M..R...

LECOMTE (Léonide) — Bavay. . 100 — Salade (nature morle).

101 — Grenades et raisins (nature morte).

LECOCQJ(MUe Henriette) — 6, rue Thénard, Paris. — M. H.

102 — Asperges.

LEGOUT (Gérard-Fernand) —villa Monplaisir, à Concarneau (Finistère).

103 — Près de ta Poissonnerie.

104 — Fillettes bretonnes.

LELEU (Alexandre) — 3 bis, rue des Beaux-Arts, Paris. —' M. II. 1897, méd. 3e classe 1898, ff.

105 — Intérieur d'église (Saini-Germain-1Auxerrois). LELIEPVBE (Jehan) — Paris.

106 — Ruisseau en mars.

107 — Ruisseau en juin. K

108 — Matinée en juillet.

109 — Soir d'été.

110 — Après l'averse (août).

111 — La Loire (soleil couchant).-


— 188 —

112 — La Loire blanche (septembre).

113 — Impression d'octobre.

114 — Midi en juillet.

LEMATTE (Fernand) — Toislay, par S'-Rémy-sur-Avre (Eureet-Loir).

115 — Rèbecca.

LÉONARD (M 110 Hélène) — 2, rue de Beaumont, Valenciennes.

116 — Amours, d'après Boucher (vase peint à l'huile).

117 — Amours, id. id.

LE POITTEVIN (Louis) — 10, rue Monlchanin, Paris.— M. H. 1888, méd. 3e cl. 1886, méd. 2» cl. 1888, méd. 3e cl. E. U. 1889.

118 — Le petit bras de la Seine à Freneuse (Seine-el-Oise).

119 — Une matinée sur les hauteurs de GlachaloZ (Seine-elOise).

(Seine-elOise). (Léon) — Condé-sur-Escaut.

120 — Fleurs.

Louis (Fernand) — 25, rue Bourjembois, Fives-Lille.

121 — Le repos.

122 — Le solitaire.

LOUTREL (Victor) — 100, rue des Martyrs, Paris.

123 — Allant au prêche.

124 — Femme au perroquet.

MAGNE (Alfred) — 162, boulevard Montparnasse, Paris, —M. #.

125 — Le café.

MALFILATRE (Mme Lucy) — 176, rue de Vaugirard, Paris.

126 — Paysage (Allier).

MARCHÉ (Ernest) — 109, boulevard Richard-Lenoir, Pans. — M. n. 1895, méd. 3° cl. 1896, méd. 2e cl. 1889. H. C.

127 — Matinée à Fromonville.

128 — Coquelicots.

MARONIEZ (Georges) — 16, rue S'-Manin, Cambrai. — M. II. 1891.

129 — Au bord du marais.

130 — Paysage.

MARTIN (Henri) — 64, rue de Larocbefoucauld, Paris.

131 — Retour du boulanger.

MEMBRE (Fernand) — 13, rue des Hospices, Valenciennes.

132 — Le soir.

133 — Petit sentier à Villicrs-sur-Marne.


— 189 --

MERTENS (M.™ 0 F. DE) — 78, rue Saint-Jacques, Marseille.

133 bis — Portrait.

MILLOCHAU (Eugène-René) — 4, rue Dautancourt, Paris.

134 — Jehan le musicien jouant du hautbois sur la grand'-

place de Valenciennes. (X Fe siècle. D'après Simon Leboucq.) MOERENHOUT (Victor) — 83, boulevard Montparnasse, Paris.

135 — Nature morte.

136 — Route en Flandre.

MONFALLET (Adolphe-François) — 3, avenue Louise , plateau d'Avron (Seine-et-Oise).

137 — Saltimbanque enseignant le tour de la muscade. MOREAU-DESCHANVRES — Saint-Saulve.

138 — Portrait de M: Ed. Pesier.

139 — Réservistes au cantonnement.

140 — Le collectionneur valenciennois (M. Ralel).

141 — Un mendiant.

MOREAU (Dominique) — 75, rue de Mons, Valenciennes.

142 — Une affaire intéressante.

MOREAU (M 118 Jeanne) — Saint-Saulve.

144 — Le thé.

145 — Pavots.

MOREAU (M* 1» Marie) — Saint-Saulve.

146 — Chrysanthèmes.

147 — Coin de jardin.

MQUSSY (Mlla Léonie) — 49, rue La Bruyère, Paris.

149 — Violettes de Parme. MOUSSY (MUe Rita) — 49, rue La Bruyère, Paris.

148 — Attendant le départ.

MOUTTE (Alphonse) — Ecole des beaux-arts, à Marseille. — H. C. ^.

149 bis — A Notre-Dame de la Garde. NANTEUIL-GAUGIRAU — 24, rue de Saint-Pétersbourg, Paris. —

3e et 2e méd.

150 — Gourde ferme. (Un charretier fait boire ses chevaux.) NOELLY (MU» Marie) — 32, rue de Lévis, Paris.

151 — Chrysanthèmes.

TOME XLIX. 7*


. — 190 —

OLIVIER (Georges) — chez MM. Denis et Robinot, 10, rue Notre-Dame-de-Lorette, Paris.

152 — Pivoines.

PARIS (Charles) — 141, rue du Quesnoy, Valenciennes.

168 — Saules.

PÈPE (Mme Valenline) — 22, rue du Canteleu, Douai.

169 — Soir d'automne.

170 — Un marais au temps gris.

171 — Fillette au ruban mauve.

PÉTILION (Jules) — 147, Grande-Rue, à Créteil (Seine).

153 — La Marne à Créteil.

154 — Les quais à Paris, le soir. PIERRE-JEAN — 78, rue Saint-Jacques, Marseille.

167 — Portrait.

PLANQUETTE (Félix) — Petite Place, Arras.

155 :— Après l'orage.

156 — Soir dans la Creuse.

Appartient à M. Bloeaille.

157 — Automne dans la Creuse.

Appartient à M. Piérard.

158 — Buée du matin (Creuze).

159 — Le retour à la ferme.

160 — Pâturage du Colenlin.

161 —- Paysage.

PONCIN (MUe Adèle) — 68, rue de la Procession, Valenciennes.

162 — Nature morte.

POSELER (Paul-Louis) — 10, rue de Marseille, Paris.

163 — Souvenir d'Anvers et Oslende.

PRAT (Hippolyte) — 93, Marché-aux-Chevaux, Anvers.

164 — Intérieur flamand à Brasschaet. ;PRELL:(W.) —2, rue Crétet, Paris.

-- 165-^- Après-midi dans les dunes (Côles-du-Nord).

166 — Les carrières de Pléhérel (Côles-du-Nord). RAVANNE (Gustave) — 59, rue Caulaincourt, Paris. —M. H. 1887,

méd. bronze E. U. 1889, prix Raigecourt-Goyon 1894,

méd. 2e cl. 1895. — H. c.

172 — Pêcheurs de moules.

173 — Avant le dépirt pour la pêche.


- 191 —

RÉAL-DELSARTE (Mme Marie-Magdeleine) — 88, boulevard de Courcelles, Paris. — M. H. 1886 et 1889.

174 — Soir d'été.

RIBEAUCOURT (Jules) — villa Sthrau, à Auvers-sur-Oise (Seineel-Oise).

175 — Paysage (solitude).

RICHTER (Ed.) — 65, rue Caulaincourt, Paris. — M. H. >^C.

176 — Coquetterie.

177 — Le chemin de la fontaine. ROUSSE (Henri) — Grand'Place, Le Quesnoy.

178 — Nature morte.

ROYER (Auguste) — 44, rue de Mons, Valenciennes.

179 — L'abondance.

RUAULT-CARO (Mile Claire) —9, rue Molte-Fablet, à Rennes (Ileet-Vilaine).

179 bis — Étude en mai.

SACHY (Henri DE) — 17, avenue Trudaine, Paris.

183 — Plage de Yillerville (marée basse, soleil couchant). SAIN (Edouard) — 60, rueTaitbout, Paris. — Mentions en 1857,

1859, 1861, méd. unique 1866, méd. 3e ci. 1875, $fe 1877, méd. d'argent E. U. 1889.

180 — En prière.

SAIN Emilie (Mme Edouard) — 80, rue Taitbout, Paris.

181 — Une pergola à Tuacapri.

182 — Capri.

SÉDILLOT (A.) — 4, rue Martel, Paris.

184 — Mignon.

SÉZILLE DES ESSARTS (Pierre) — 11, place Pigalle, Paris.

185 — Liseuse.

186 — Étude.

TATTEGRAIN (Francis) — Berck-sur-Mer. — u. H. 1881, méd. 3e cl. 1883, méd. d'or, ^ E. U. 1889, méd. d'honneur 1899.

188 — Dame Zabeth Galand.

VAN DE VELDS (Louis) — 16, rue de Chabrol, Paris.—M. H. 1898,

189 — Nature morte. J '

190 — Nature morte. / :


— 192 -*

VILLETTE (Léon) — 1, rue du Général-Biaise, Paris.

191 — Vision.

192 — Nature morte.

VILLETTE (Mme Élodie LA) — 2, rue de l'Amiral-Courbet, à Lorient (Morbihan). — Méd. 3e cl. 1875, méd. 3e cl. E. U. 1889. H. c. Il 0..

193 — Au Port-Blanc (marée montante, Quiberon).

194 — Coucher de soleil (Quiberon).

VOGLER (Paul) — chez M. Fromentin, à Meulan (Seine-et-Oise).

195 — Environs de Toulon (effet d'automne). VOITURON (Mlle Jeanne) — Avesnes.

197 — Un coin de Guersignies.

VOLLET (Henri) — Champigny-sur-Seine. — H. c.

196 — Femme au chèvrefeuille.

WABLE (Mlla Maihilde) — 95, rue Manuel, Lille.

198 — Il n'aime pas l'eau.

199 — Tète de vieille.

WALLET (Albert) — 34, rue des Batignolles, Paris.

200 — Au bord de l'étang de Cernay.

£01 — Le Val à Anvers (Seine-el-Oise). (Etude)..

Aquarelles, Pastels, Gravures, Dessins, etc.

BOET (Auguste) — professeur de peinture aux Ecoles académiques de Valenciennes.

204 — Paysage (aquarelle).

205 — Vue du jardin de Cluny (aquarelle).

206 — Pensées et coquelicots (aquarelle).

207 — Salle d'un rendez-vous de chasse (esquisse). (Art décoratif.)

décoratif.)

208 — Projet de décor pour le théâtre de Valenciennes. (Art

décoratif. ) BOET-ROLLARD (Mme Léonide) — rue Rosalie-Levasseur, Valenciennes.

210 — La cigale et la fourmi (gravure sur bois). BOUBGONNIER-CLAUDE (MmeBerlhe) —41, rue de la Pompe, Paris.

211 — Tulipes (pastel).

"""■', 212 — Roses et narcisses (pastel).


— 193 —

CARION (Félicien) — rue de Paris, 62, Valenciennes.

213 — Armoiries des communes de Varrondissement de Valenciennes.

Valenciennes.

CAZIN (MUe Léa-Gabrielle) — 1, rue Abel-de-Pujol, Valenciennes.

214 — Étude de paysage d'après nature (aquarelle).

215 — Id. ' id. id.

216 — Id. id. id. 217— Id. id. id.

CHARMA (Mlla Georgette) — 28, rue des Petits-Champs, Paris.

218 — Une coupe : chardons (faïence grand feu).

219 — Une coupe : boutons d'or id.

CHAVAGNAT (MUe Antoinette) — U, rueChanzy, Nanterre (Seine).

220 — F leurs el fruits (aquarelle).

COUTURIER (Philibert-Léon) —7, quai Gavant, S'-Quentin.— u. c.

221 — Basse-cour (aquarelle).

CRÉPY (Léon-Gérard) — 273, rue Nationale, Lille.

222 — Portrait de M. A. D... (crayon cl sanguine).

223 - Portrait de M"a A. L... id.

224 — Portraits de M11* el Mme B... id.

DAIGNIEZ — professeur au lycée et aux écoles académiques de Valenciennes.

225 — Portrait déjeune fille (pastel).

226 — Id. id.

DËJARDIN (Jules) — route de Pommereuil, Le Caleau.

227 — Portrait d'enfant.

DELIIAYE (Romain) — 7, rue de Petits-Viéziers, à Arras.

228 — Le marais.

DENIZARD (Orens-Charles) — 8, rue des Chaudronniers, Amiens.

229 — Dante rencontrant Matelda (dessin).

D'après Abel Maignan.

230 — Profil de femme (dessin).

Appartient à M'u Denizard.

231 — Portrait de Meissonnier (gravure au burin)-.

D'après une aquarelle de Meissonnier.

DUSART (Paul) — 28, avenue de Mons, Valenciennes, professeur aux Académies de Valenciennes, lav second grand prix de Rome.

231 bis — Petit canal à Venise.

231 ter — Cloître d'Amalfi.


— 194 —

FAUX-FROIDURE (M^ Eugénie) — 4, villa Niel, Paris. — M. H. 1898.

232 — Jardinière de roses (aquarelle).

233 — Bourriche de géraniums-lierre (aquarelle). FOYOT D'ÀLVAR — 1 bis, boulevard des Italiens, Paris.

234 — Calice X Ve siècle (aquarelle).

FOUCHÉ (Éloi) — 21, chemin de la Tremblède, BordeauxBouscat (Gironde).

235 — Méditation (pastel).

236 — Autour du chapsau (pastel). GALLAY (Mile Nina) _ gg, rue Guersant, Paris.

237 — Roses (aquarelle).

238 — Giroflées (aquarelle).

GIDE (Hippolyte) — 19, rue de Sèvres, Paris.

239 — La Marne près Epemay, lever du jour (aquarelle).

240 — Le retour, fin de journée (aquarelle).

GOEPP (Albert) — 43, rue Perronet, à'Neuilly-sur-Seine, @.

241 — Un soir aux îles Glénam.

242 — Mer démontée (pastel).

243 — Le soir<sur la côte de Belle-Ile (pastel).

GUILLOT (Mue Marie-Magdeleine) — 9, avenue de Villiers, Paris.

244 — Tête de femme rousse (pastel).

245 — Une travailleuse (pastel).

HARPIGNIES (Henri) — chez MM. Arnold et Tripp, 8, rue SaintGeorges, Paris. — Méd. 1868, 1868, 1869, ^ 1875, méd.V cl. 1878, off. 1883, H. c. 1889, méd, d'honneur 1897.

248 — Saint-Privé (Yonne) (aquarelle).

Du HAUTOY, (Mue Marie) — 66, rue Damrémonl, Paris.

249 — Sainte Lucile (pastel).

JACQUET (Géleslin-Charles) — 62, rue de la Clinique, Bruxelles.

250 — Le domaine du meunier (aquarelle).

251 — Près du village (aquarelle)..

JEANSON (Mue Louise) — 9, rue de la Tour, Paris.

252 — Chrysanthèmes (aquarelle).

JONNART (Mi'e Marie-Joséphine) — villa Picolelle, Juan-lesPins (Alpes-Maritimes).

253 — Eve (enluminure).

254 — Femme aux jacinthes d'or (enluminure).


— 195 —

255 — Femme aux marguerites d'or (enluminure).

256 — Saint Georges (enluminure).

257 — Papillons noirs (plateau pyrogravure).

258 — Asphodèle id.

259 — Portrait id.

LECOCQ (MHa Henriette) — 6, rue Thénard, Paris.

265 — Marine (eau-forte).

D'après Zuber. — Musée du Luxembourg.

LELEU (Alexandre) — 3 bis, rue des Beaux-Arts, Paris. 264 — Portrait du maître Harpignies (lithographie).

D'après le tableau de Bonnat.

LÉONARD (Jules).

261 — Six vues de Boulogne-sur-Mer (aquarelles). LEROY (Edmond) — Valenciennes.

272 — Château d'Honvaull (près Boulogne-sur - Mer).

273 — Eglise de Saint-Leu-lez-Hesdin (Pas-de-Calais). LÉTRANGE (MUe Léonie-Maria) _ 23, avenue Saint-Germain, à

Bois-Colombes (Seine). .

260 — Un cadre miniatures sur ivoire. L'HOSTE (Marius) — 50, rue Rodier, Paris.

266 — Contentus sud sorte (pastel).

267 — Le fumeur (lithographie).

D'après Brauwer.

Louis (Gaslon) — 25, rue Bourjembois, Fives-Lille.

268 — La Gloire (aquarelle).

269 — La Folie id.

270 — La Lecture id.

271 — La Musique id. / MALFILATRE (Mmo'Lucy) — 176, rue de Vaugirard, Paris.

274 — Le soi) à Gargilesse (aquarelle). MANEN (René) — Villerspol.

276 — Premier jour d'automne (gouache)'.

277 — Jeune futaie (gouache).

278 — Un soir d'hiver (aquarelle).

-279 — Chemin des Ethoquées (forét'de Mormal) (aquarelle). MARC (Mme Émélie) — 3, petite rue Saint-Lô, à Rouen.

274 bis — Dans le bois de Belbeuf.

MARTIN (Henri) — 61, rue de Larochefoucauld, Paris.

275 — t% déclassé.


- 196 —

MOREAU (M" 6 Marie) — Saint-Saulve.

280 — La petite V... (pastel).

MOUSSY (Mue Rjr,a) _ 94, rue La Bruyère, Paris.

281 — Sont-elles bonnes ? (pastel).

NQTTE(M11C Henriette) — 34, rue des Anges, Valenciennes.

282 — Une plaque représentant « les Voisins » de T. Lobrichon

Lobrichon 283-284 — Deux assiettes, copies de Vimont, Jeunesse et Famille (céramique). PONCIN (MUe A.dèle) — 68, rue de la Procession, Valenciennes.

289 — Portrait d'arabe (fusain).

290 — Portrait déjeune fille (fusain).

POPELIN (Mna Magdeleiue) — 3, rue Meslay, Paris. 4|.

285 — Village du Câlinais (aquarelle).

286 — L'étang (aquarelle).

287 — Le soir id.

288 — Le pigeonnier de Saint-Phal (aquarelle). POSELER (Paul-Louis) — 10, rue de Marseille, Paris.

292 — Trois eaux-fortes originales.

RÉAL-DELSARTE (Mme Marie-Magdeleine) — 88, boulevard de Courcelles, Paris. — M. H. 1886 et 1889.

293 — Un mage (aquarelle).

294 — Silhouette parisienne (aquarelle). RICHEZ (Alfred) — 71, rue de Lille, Valenciennes.

297 — Diplôme pour la Société d'agriculture, sciences et

arts de Valenciennes (cliché photographique d'après l'original.) ROGUIN (Mue Mélanie) — 49, rue des Récollels, Valenciennes. 300 — Canon d'autel : le couronnement de la Vierge (enluminure.

D'après Fra Angelieo da Fiesole.

ROUSSIN (Georges) —235, faubourg Saint-Honoré, Paris. — M. H. 1889. ||.

295 — Coquetterie (pastel).

296 — Paysanne (pastel).

Roux (Paul) — 14, rue du Rocher, Paris.

298 — Le Sainl-Golhard près Goschencn (aquarelle).

299 — VAiguille à Elrelal (aquarelle).


- 197 —

SACIIY (Henri de) — 17, avenue Trudaine, Paris.

301 — De Montmartre : Paris sous la neige (pastel).

302 — Berge du quai Conti : effet de lune (pastel).

303 — Elude de femme (pastel).

SIROT (Gabriel) — 2, impasse des Brigittines, Valenciennes.

304 — L'église de Notre-Dame du Saint-Cordon (aquarelle).

305 — Les marais de Saint-Roch (aquarelle).

306 — Projet de suspension électrique (aquarelle).

SIROT (Henri) — 18, rue des Quatre-Vents, Paris. — Médaille îe cl. 1898, bourse de voyage 1898, 1«' second grand prix de Rome 1899.

Souvenirs de voyage en Italie :

307 — Ruines de Pompêï (1 cadre, 10 aquarelles). 308— Venise: Intérieur de Saint- Marc (aquarelle).

309 — » Grand canal (aquarelle).

310 — » Le Colléone id.

311 — Florence : Les Offices id.

312 — Rome : Arc de Titus au Forum, (aquarelle).

313 — Ancienne rue à San-Gimignano id.

314 — Autre rue à San-Gimignano id. SUREDA (André) — 16, rue Lanlonnet, Paris.

315 — Une rue à S fax, Tunisie (aquarelle). THEMON (Paul) — 61, rue Cuvclier, Namur.

316 — Etable (environs de Namur) (aquarelle). . 317 — Coin de la citadelle de Namur id.

318 — Descente de la côte (Bourges) id.

319 — Knocke-sur-Mer (aquarelle).

VERCHAIN (Jean-Louis) — 132, boulevard Voltaire, Paris.

320 — Entrée du village à Chimay (aquarelle).

321 — Ruisseau à Villeneuve-Saint-Georges (aquarelle).

322 — Le quai Henri IV à Paris (aquarelle). VOGUE (Edmond) — 46, rue Verte, Calais.

323 — Portraits de généraux du camp de Boulogne, 1804

(eaux-fortes).

D'après les miniatures de Van der Puyl.

324 — Roméo el Juliette (eau-forte).

D'api'ès Chifflart.

325 — Pêcheurs de Calais (eau-forte originale).


— 198 —

VOLAND (M^e) __ 7, (>ue Servandoni, Paris.

326 — Bleuets et mufliers (aquarelle). WABLE (MHa Mathilde) — 95, rue Manuel, Lille.

327 — Méditation (fusain).

Sculpture.

BROCHETON (Jules) — rue Saint-Jacques, Valenciennes.

328 — Notre-Dame du Saint-Cordon (sculpture bois). CLÉMEKT-CARPEAUX (Mma) — 25, boulevard Exelmans, Paris.

329 — Le Petit Poucet (plâtre).

Le Petit Poucet rampe sur les rochers pour enlever les boites de 7 lieues à l'ogre endormi.

330 — Portrait de Miss Corser (buste plâtre).

DE JENLIS (Edouard) — 150, rue de la Paix, Boulogne-sur-Mer.

331 — Surprise désagréable (groupe plâtre).

DESRUELLES (Félix) — u. H. 1893, 2a méd. 1897, prix national 1897.

332 — M. Paul Saulleau, maire de Valenciennes (buste marb.)

333 — Pastorale (haut-relief).

ENGRAND (Georges) — 35, rue Rochechouart, Paris. — 3a méd. 1878,Cméd. bronze 1889 E. u.

334 — Dans les roseaux (vase bronze doré). FRESNAYE (Mue Marie) — Marenla (Pas-de-Calais).

335 — Source de parfums (statuette cire polychrome durcie).

336 — Jeune fille à la mandoline id.

337 — Le repos d'une étoile id.

GOURNAY (Louis) — 15, rue des Vieillards, Boulogne-sur-Mer.

338 — Portrait de Félix Faure (médaillon bronze).

339 — Portrait de Meissonnier (médaillon plaire). PAUL (MHe SYLVANIE) .

341 — Buste de M. A. D..., conseiller municipal. . 342 — Médaillon de M. F. C... (esquisse plâtre). 343 — Esquisse plâtre.

Art décoratif.

LEMOINE (Charles) — rue du Quesnoy, Valenciennes,

340 — Bahut sculpté.


— 199 —

MERCIER (M1Ia Andrée) — 2, rue Lematte, Amiens.

344 — Projet de voile de fauteuil, dentelle à l'aiguille, (composition

(composition

345 — Voile de fauteuil, exécution du projet par l'auteur,

(objet d'art.)

* «

Plusieurs journaux ayant consacré au Salon de la Société valenciennoise des arts, des articles où ont été décrites et appréciées les principales oeuvres exposées, nous n'entreprendrons pas de répéter ce qui s'y trouve fort bien dit, et nous nous contenterons d'y renvoyer nos lecteurs désireux d'avoir à ce sujet un aperçu rétrospectif : ils ont le choix entre l'Impartial du Nord (numéros du 13 au 23 octobre 1899), le Valenciennoit (numéros du 10 au 20 octobre), l'Echo du Nord, de Lille, (numéro du 19. octobre), le Journal des arts, de Paris, (numéro du 14 octobre).

»"*

Conformément aux statuts de la Société, une notable partie de ses recettes a été employée à l'achat de différentes oeuvres destinées h être réparties par le sort entre ses membres el les visiteurs de l'exposition. Des tableaux et sculpture ainsi acquis par le Comité, voici la liste et les auteurs :

BOET Aug. : .Nature morte, peinture.

CHIGOT Alph. : Un soir dans les jardins militaires, id.

CHOQUET René : Le voyageur, id.

•CHOVET (MUe) : Huîtres, id.

LAYRAUD Fort. : Intérieur, id.

MOREAU (M1Ie Marie) : Chysanthcmes, id.

PLANQUETTE F. : Pâturage du Colentin, id.

WABLE (Mlle) : Il n'aime pas l'eau, id.

WALLET Albert : Au bord de l'étang de Cernay, id.

BOET Aug. : Vue du jardin de Cluny, aquarelle.

DÉIARDIN Jules : Portrait d'enfant, dessin aux crayons.

SACHY (H. de) : Beige du quai Cont$, pastel.

SIROT Henri : Intérieur de Saint-Marc à Venise, aquarelle.

GLËMENT-CARPEAUX (Mm°) : Le petit Poucet, plâtre.

Un certain nombre d'autres oeuvres ont élé achetées, durant l'exposition , par des amateurs de Valenciennes et des régions


- 200 —

voisines, — il est intéressant de le marquer ici, et d'indiquer aussi les artistes et les sujets choisis : ce sont, en suivant toujours l'ordre du catalogue :

BONNEFOY Adrien : Le repos, peinture.

DELEPIERRE Ch. : Bords de rivière, id.

LE LIEPVRE Jehan : Ruisseau en mars, id.

— Soir d'été, id.

— La Loire au soleil couchant, id.

— La Loire blanche, id.

— Impression d'octobre, id. MOUSSY (Mlle Léonie) : Violettes de Parme, id. PLANQETTE Félix : 'Soir dans la Creuse, id.

— Automne dans la Creuse, id.

— Le retour à la ferme, id. CAZIN (Mlle) : Étude de paysage, aquarelle. FAUX-FROIDURE (Mma) : Jardinière de roses, id.

— Géraniums-lierre] id.

HAHPIGNIES Henri : Saint-Privé, id. LOUIS Gaston : La lecture, id. RÉAL-DELSARTE (Mma) : Un mage, id.

— Silhouette parisienne, id.

SIROT Henri : Le Grand canal à Venise, id.

— Les Offices à Florence, id.

— Ancienne rue à San-Gimignano, id.

**#

Pour la tombola qui suit les expositions de la Société, aux quatorze tableaux ou stalue indiqués plus haut, sont venues se joindre six gravures offertes à cet effet par M. le Ministre de 1'instruclion publique et des beaux-arts :

Le retour à la ferme, gravure de Jeanin, d'après Troyon ;

Le rappel des glaneuses, gr. de Damman, d'après Jules Breton ;

Le rêve, gr. de Giroux, d'après Détaille ;

Le bois sacré, gr. de Miluis, d'après Français ;

Portrait de Mme de Galonné, eau-forte d'Ardail, d'après Ricard ;

Portrait d'Alex. Dumas fils, gr. à la pointe sèche de Desmoulin.

La lombola a été publiquement tirée à la Mairie le dimanche 19 novembre.- Voici, en regard des lots, placés dans l'ordre ou ils ont été


■=- 201 -

appelés, les numéros gagnants el les noms de leurs possesseurs connus :

1° Nature morte, de Boët. n° 8524.

(Gagnant : M. Tourly.) 2° Un soir dans ks jardins militaires, d'A. Chigot n° 4256.

(Gagnant : M. Ed. Mariage.)

3» Huîtres, de M1Ie Chovet n° 358.

(Gagnant : M. E. Blocaille.)

4° Le voyageur, de Choquet n° 6726.

(Gagnant : Mlle Moreau.)

5° Intérieur de cuisine, de Layraud n° 3066.

(Gagnant : M. L. Lacour.)

6° Chrysanthèmes, de Mlle M. Moreau .".. n° 9811.

(Gagnant : M. Wilhem-Soliiez.)

1° Pâturage du Cotentin, de Planquette n° 2499.

(Gagnant : M. Fernez-Delesar.)

8° 77 n'aime pas l'eau, de M1Ie Wable n° 1191.

(Gagnant : M. Hector Coulon.)

9» L'étang de Cernai/, à'Mb. Wallet n° 2461.

(Gagnant : M. Ernest Fally.)

10° Le jardin de Cliuiy, de Boët n° 24.

(Gagnant : M. J. Àndt.)

11° Intérieur de Saint-Marc à Venise, de Si roi.. ■ n° 9875.

(Gagnant : M. X.)

12° Le quai de Conli, de H. de Sachy n° 1826.

(Gagnant : M. Albert D'Haussy.)

1S° Portrait d'enfant, de Jules Déjardin n° 9427.

(Gagnant : M. X.) 14° Le petit Poucet, de Mme Clément-Carpeaux.. n° 3681.

(Gagnant : M. Lévy-Stein.)

15° Alex. Dumas fils, gr. de Desmoulin n° 4305.

(Gagnant : M. J.-B. Mariage.)

16° Mme de Galonné, gr. d'Ârdail n° 9127.

(Gagnant : M. Chovet.)

17° Rappel des glaneuses, gr. de Damman. n° 3776.

(Gagnant : M. Loir-Dupas.)

18° Retour à la ferme, gr. de Jeanin n° 6884.

(Gagnant : M. F. Planquetle.)

19° Le bois sacré, ex. de Miluis n° 9139.

(Gagnant : M. X.)

20° Le rêve, gr. de Giroux n° 7281.

(Gagnant : M. X.)


202 -

Les comptes relatifs à l'exposition de la Société valenciennoise des arts en 1899 se résument comme il suit :

RECETTES.

Reliquat de l'exercice 1897 (1) '.... 158f88

Subventions de la Ville en 1898 et 1899 1000 s

Cotisations des membres de la Société en 1898... 1210 »

Cotisations des membres de la Société en 1899... 1410 »

Vente d'un tableau offert par M. Roux 105 »

Souscription de M. L. P 200 »

Droits d'entrée à l'exposition et vente de catalogues 535 »

Vente de billets de tombola 132 »

Receltes diverses 44 12

Total des recettes 4795 »

DÉPENSES.

Transport et assurance des oeuvres exposées 1083' 5Q

Organisation de l'exposition et frais divers...... 1673 25

Achat de tableaux et statue pour la tombola 1830 »

RÉCAPITULATION. *"T

Recettes 4795f » }

Dépenses 458S 75 \

Excédent de receltes 208 25 1

Pour finir, donnons, comme d'habitude, les noms des membres de la Société valenciennoise des arts en 1899 : '

LISTE DES SOCIÉTAIRES.

Mlle Alglavc ; — MM. Andt Jacques ; — Ayasse Alphonse; — Baligny Anatole ; — de Beaugrenier Alfred ; — Bertau Edgar;

— Billiet Edouard ; — Blocaille Eug. ; — Boivin ; — Boulafiger Léon ; — Boulet Sabin ; — Boumart Charles ; — Brabant Alfred ;

— Bultot Edouard ; — Bultot Paul; — Gacheux Augustery Gappliez, doyen ; — Cardon Arthur ; — Caton Auguste ; — Cazin J.-B.; — Cellier Eugène ; — M™ de Chalendar ; — M"" Charti'er ;

— MM. Cochart Gust. ; — Gopin Léon ; — Coquelle Clément ;

(1) Voir dans le tome XLVII de notre Revue, page 202. \


— 203 —

— £orsolle Alfred ;—Coulon Hector;—Davaine Albert; — Mme Daveluy ; — MM. Debiève Amlole; — Dehon Désiré; — Dehous-Flicoleaux ; — Déjardin Julien ; — Deladerrière Gust. ;

— Delame Maurice ; — Delame René ; — Delcambre ; — Delcourt Paul ; — Delerue Emile ; — Delerue Georges ; — Delsart Jules, phot. ; — Deromby Théodore; — D'Haussy Albert; — Doutriaux Auguste ; — Doutriaux André ; — Dreyfus Léon ; — Dubois Henri ; — Dubus Paul ; — Dupas-Brasme ; — Dupierreux (Raismes); — Dupont Henri; — Dupont Maurice; — Dupont Paul père ; — Dupont Paul fils ; — Dupont Pierre ; — Dusart Paul; — Facq; — Fally Ernest; — Fernez-Delesar;

— Fonlellaye Eug. ; — de Forcade ; — François Ant. ; — Mme Giard Àmédée ; — MM. Giard Pierre ; — Girard Alfred ;

— Grimonprez Eugène; — Hédot, ph.; — Henry Victor; — Hollande Georges ; — Jacob Adolphe ; — Jouglet Elie ; — Lacour Léon; — Lambert A. ; —Lambert, insp. prim hon.;

— Lebacqz Charles; — Lebrun Paul; — Lecat Julien; — Ledieu Ad.; — Lefebvre Jules, cuil.; — Lefrancq-Claisse ; — Lemaire, notaire; — Lemailre Louis ; — Le Mitouard Alfred ;

— Lenglet — Leroy Edmond ; — Lesieur Félix ; — LëvySlein ; — M" 11 Loison Carlos ; — MM. Loir-Dupas ; — Lussigny Henri; — Luwez Emile; — Mabille de Poncheville Albert ; — Manille de Poncheville Henri ; — Mailliet Eugène ; — Malissard Conrad ; — Malissart-Taza ; — Maniez Ch ; — Manouvriez Anatole; — Mariage Edouard; — Mariage J.-B.; — Mariage Louis; — Marlière Charles; — Martel Edmond; — Membre Fernand ; — Membre Paul ; — Mention Alfred ; — Mestreit Victor ; — Meurs Jules ; — Miot René ; — Moreau-Deschanvre ;

— Moreau Dominique ; — Moyaux Constant ; — Mu!liez-Piérard; — Namur Henri; — Oury Emile; — Mlla Paul S.; — MM. Piérard Georges ; — Piérard Louis ; — Piérard Paul ; — Pillion Jules ; — Place François ; — Place Julien; — Porte Henri;

— Porlitr Paul ; — Mme Portier ; — MM. de Quillacq Auguste ;

— Résimont Arm.; — Richez Alfred; — Roger Paul; — Boguin ; — Mm 0 Em. Serret ; — MM. Saint-Quentin Fénelon;

— de Schryver ; — Seligman ; — Sirot César; — Mm" ThellierCoing; — MM. Thellier de Poncheville Charles ; —Tromont Charles fils : — Mme Wargny-Cheval ; — MM. Weil Emile ; — Weif Hector.


— 204 —

SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ.

SECTION DE MORALITÉ.

Séance du 15 septembre 1899. Présidence de M. J. LECAT, président.

Sonl présents: MM. Ed. Pesier, L. Clément, V. Hciry, J. Lefebvre (de Beuvrages), H. Namur et A. Thiroux.

Concours de moralité de 1899. —La Section est réurie à l'effet d'attribuer les récompenses promises au nom de la Société dans le programme des concours de moralité de 1899. 1

Préparé par M. le Président, le classement des vieux scviteurs de l'agriculture, de l'industrie et des familles, recommandés à la Société pour l'ancienneté et la loyauté de leur attache aux mêmes patrons, se fait par la stricte comparaison de la durée de leurs fonctions.

Usant de l'autorisation que la Section centrale lui a donnée par délibération du 10 juin, la réunion propose l'altributionlde sept primes supplémentaires, une de 50 francs et six de 25 francs, en faveur d'ouvriers agricoles ou d'industries agricoles qui opl plus de cinquante ans de services. /

La Section décerne ensuite un certain nombre de médailles pour l'exactitude au travail les lundis.

Elle décide enfin, sauf ratification de la Section centrale, qu'une prime de 30 francs sera accordée à une infirmière de l'Hôlel-Dieu de Valenciennes signalée pour 32 ans de services exceptionnels, — une médaille de vermeil à un auxiliaire particulièrement dévoué d'une Société de secours mutuels, — et une médaille de bronze à l'auteur de différents actes de courage signalés par une Mairie de l'arrondissement.

— La séance, commencée à 2 heures, est levée à 4 heures 10.

SECTION CENTRALE.

Séance du 16 septembre 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX, président. Sont présents : MM. J. Lecat, Em. Davaine, N. Bulleau, Albert D'Haussy, G. Gras, Pierre Hayez, P. Lajoie, Jules Lefebvre, Hector Weil el V. Henry, secrétaire. Se sont excusés MM. Ern. Macarez et Ch. Lebacqz.


— 205 -•

— Le procès-verbal de la séance du 19 août est lu et adopté.

Connaissance est ensuite donnée à la réunion des procès-verbaux des séances tenues par la Section d'histoire et d'art les 27 janvier, 27 mars et 12 mai, et par la Section de moralité le 15 septembre.

Concours de tenue de ferme. — M. le Président exprime le regret de l'insuccès qu'ont eu cette année les concours de tenue de ferme ouverts parla Société. Dans le canton de Denain, aucun candidat ne s'est présenté. Dans le canton de Saint-Amandrive-gauche, quelques concurrents attachés à la petite culture seulement se sont fait inscrire.

Lecture est ensuite donnée du rapport suivant, rédigé au nom de la Commission qui a fonctionné dans le dernier des dits cantons.

RAPPORT. « Messieurs,

« Comme les années précédentes, la Section centrale a nommé une Commission- chargée de distribuer les récompenses offertes pour la tenue des fermes dans le canton de Saint-Amand-rivegauche.

« Cette Commission comptait comme membres : MM. Ernest Macarez, élu président, C. Coquelle, de Maslaing, F. Dupont, de Wavrechain-sous-Faulx, J. Letebvre, de Beuvrages, Edmond Lefebvre, de Curgies, secrétaire.

« Malheureusement, le canton de Saint-Amand-rive-gauche a été particulièrement éprouvé cette année par un orage violent et une verse prématurée de tous les blés. En quelques heures, les cultivateurs de celte région ont vu leurs espérances détruites, et tout le labeur d'une année presque perdu.

« Aussi, grand nombre d'entre eux n'ont-iis pas osé poser leur candidature au concours. Le spectacle quotidien de leur désastre ne suffisait-il pas à décourager toute bonne volonté, à paralyser toute initiative ?

« D'ailleurs la Commission eût été bien embarrassée pour porter un jugement sûr et faire un choix judicieux dans des conditions aussi mauvaises.

« Quelques candidats se sont présentés cependant pour la


■ — 206 -

petite culture, et dans sa visite au Rosult, le 27 juillet, la Commission a remarqué l'exploitation de M. Delcourt-Langlein. Elle a surtout reconnu en lui le véritable travailleur, celui qui a su, par son labeur, son économie, se créer une petite position indépendante, et élever loule une famille.

« On ne saurait trop, nous semble-t-il, seconder et encourager cette classe si laborieuse et si intéressante de petits fermiers, qui peinent du premier jour de l'année jusqu'au dernier, ces familles essentiellement agricoles où la femme et les enfants se mêlent activement aux travaux du père, et arrivent, en réunissant leurs efforts, à établir la petite ferme dont on est si fier. Là, le mérite est égal pour tous, chacun a apporté sa pierre pour bâtir l'édifice.

« Comme une ruche, vous voyez toute la maisonnée, éveillée de bon matin, se partager la besogne, pourvoir à tous les besoins du logis, de la ferme el des champs.

« Ce sont là, certainement, les travailleurs qui produisent le plus, et qui, malgré les intempéries et les ouragans, sont les plus résignés... el les moins écoutés.

« Aussi, Messieurs, votre Commission, pour récompenser de si louables efforts, a pensé répondre au désir de tous en vous proposant d'attribuer à M. Delcourt-Langlein une prime à titre d'encouragement.

« En visitant le canton de Saint-Amand, devant le désastre que nous avons eu sous les yeux, nous avons retiré cet enseignement précieux que nous nous permettrons de vous soumettre : c'est la nécessité absolue de remplacer les blés blancs ordinaires par des blés à paille courte, et de commencer dans celle voie, par des essais rationnels, à chercher les variétés résistâmes propres à donner dans la dite région les meilleurs résultats.

« Le Secrétaire, « Edmond LEFEBVRE.

« Curgies, 12 août 1899. »

Après discussion, la Section centrale, conformément à l'esprit du rapport de sa Commission spéciale, transforme le prix prévu au programme pour le lauréat de la petite culture, en une prime d'encouragement de cinquante francs, qu'elle attribue à M. Delcourl-Langlein.


. — 207 —

Concours de moralité. — La réunion reçoit ensuite communication des récompenses proposées par la Section de moralité, et les approuve.

Concours d'animaux reproducteurs à l'Exposition de 1000. — M. le Président lit une lettre du 21 août, par laquelle M. le Préfet du Nord informe la Société qu'il sera tenu à Paris, à l'occasion de l'Exposition universelle internationale :

1° un concours universel d'animaux reproducteurs, mâles et femelles, français et étrangers, des espèces bovine, ovine, porcine, et d'animaux de basse-cour;

2° une exposition universelle d'animaux reproducteurs des espèces chevaline et asine, du 2 au 10 septembre.

Baie du concours d'animaux à cornes à l'Exposition de A900. — M. le Président donne ensuite connaissance à la Section de la dépêche ministérielle suivante, qu'jl a reçue de M. le'Minislre de l'agriculture relativement au premier des susdits concours :

MINISTÈRE Paris, le 2 septembre 1899.

DE L'AGRICULTURE.

Monsieur le Président,

L'arrêté du 31 mai 1899, relatif au Concours d'animaux reproducteurs des espèces bovine, ovine et porcine, qui doit avoir lieu à l'occasion de l'Exposition universelle, en a fixé la tenue du 21 juin au 2 juillet 1900.

Cette époque avait été choisie de manière à donner à tous les agriculteurs français la possibilité de prendre part à ce concours. L'on pouvait craindre, en effet, si la date en avait été fixée plus tardivement, que les cultivateurs retenus chez eux par les travaux si importants de la moisson, ne fussent dans l'impossibilité de se rendre ou de participer à celte exposition.

Mais mon attention a été appelée sur ce fait, que notre Concours d'animaux reproducteurs coïncidera ainsi avec l'Exposition organisée du 20 au 30 juin par la Société royale d'agriculture d'Angleterre. La tenue à une même époque de ces deux grandes exhibitions mettrait les éleveurs anglais dans l'impossibilité de faire figurer leurs animaux à celle de Paris et la priverait en outre de la présence de nombreux agriculteurs et surtout d'acheteurs étrangers.

Aussi, un certain nombre de nos compatriotes estiment qu'il y


— 208 -

aurait avantage à modifier la date primitivement fixée de manière à éviter cet inconvénient. Avant de prendre une décision à ce sujet, je vous prie, Monsieur le Président, de me faire connaître, dans le plus bref délai possible, si votre Société est d'avis de maintenir le slatu quo, d'avancer ou de reculer l'époque du Concours.

Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma considéralion la plus distinguée. Le Ministre de l'agriculture,

DUPUY.

M. le Président invitant les membres de la réunion à délibérer sur la question posée par M. le Ministre, M. Albert D'Haussy expose qu'il convient, selon lui, de modifier la date du concours, pour donner aux Anglais la facilité d'y exposer leurs produits. Mais, d'un autre côté, il importe de ne pas placer en juillet l'époque de ce concours, ni de trop l'avancer, afin d'éviter que les cultivateurs français ne soient empêchés par les travaux agricoles de s'y rendre.

La Section, partageant ces vues, charge son Bureau de faire savoir à M. le Ministre de l'agriculture que, pour le dit concours, l'époque la plus favorable parait devoir être placée entre le 1er et le 10 juin.

L'ordre du jour étant épuisé, M. le Président lève la séance,

CHRONIQUE INDUSTRIELLE.

POUR LES CHEMINS DE FER-DE LA CHINE.

La Société des ateliers de construction franco-belges de Raisinés ont dans le courant de septembre expédié à Pékin la première de trois locomotives destinées à la concession francobelge des voies ferrées du Céleste-Empire.

Ces nouvelles locomotives ont ceci de remarquable, qu'elles sont construites pour ne consommer que du bois, car il n'y a point de houille en Chine; elles sont pourvues d'un tender qui peut contenir de 22 mètres à 23 mètres cubes d'eau, capacité supérieure à celle des plus grands tenders des locomotives françaises, dont les plus récentes ne contiennent que 18 mètres cubes; elles sont d'ailleurs plus grandes que les locomotives


— 209 —

françaises, la voie chinoise devant avoir un écartement supérieur aux voies françaises : la Chine a adopté la largeur des voies de la Russie, parce que les lignes russes seront dans un avenir prochain reliées aux chemins de 1er de l'Empire chinois, La locomotive et son tender ont. été démontés pièce par pièce; chaque pièce a été mise dans une caisse, et le tout, formant le poids formidable de 260.500 kilos, a été chargé sur 32 wagons de la Compagnie du Nord pour être transporté à Anvers, et là chargé sur un paquebot qui fera route vers la Chine.

La concession franco-belge qui a la charge d'exploiter une partie du réseau chinois comprend les lignes de Pékin à HanKéou avec embranchement de Tching-Ting à Hang-Yang.

Han-Kéou se trouve à 1.000 kilomètres de Pékin, et les Américains ont obtenu la construction delà ligne de Han-Kéou à Canton, longue également d'un millier de kilomètres. Les deux grandes villes chinoises seront donc reliées par une voie directe. 'L'embranchement de Tching-Ting est d'une longueur de 800 kilomètres environ.

Déjà 120 kilomètres de ligne sont construits entre Pékin el Han-Kéou.

Avec les ateliers de Raismes, les établissements chargés de fournil" les matériaux nécessaires à la construction et le matériel d'exploitation, sont les usines du Creuzot, la Compagnie de Fives-Lille, les ateliers de construction de Blanc-Misseron et la Société CockeriU de Seraing.

Le service de l'exploitation de la concession franco-belge sera dirigé par un ingénieur français, M. Brouillard, ancien inspecteur de la Compagnie du chemin de fer du Nord à Lille.

M. Brouillard a emmené avec lui un certain nombre d'agents du réseau du Nord, parmi lesquels un ingénieur civil qui était encore, il y a quelques mois, sous-chef de gare à Valenciennes, M. Henry Piot ; il sera mis à la tète de la gare de Pékin. . A côté de la concession franco-belge, il faut citer la concession russe qui fait arriver le Transsibérien à Port-Arthur, et la concession anglaise qui va de Hong-Kong à Psching-Tu par Canton.

Il n'est pas douteux que le jour où ces lignes seront exploitées, elles modifieront sensiblement les transactions actuelles de


— 210 —

l'Empire chinois ; il faut ajouter que jusqu'à la dernière minute les populations indigènes se sont montrées défavorables à la construction des chemins de fer.

CHRONIQUE AGRICOLE

MODE D'EMPLOI DU PLATRE COMME ENGRAIS.

L'effet du plâtre sur les prairies artificielles, le trèfle en particulier, est chose bien connue ; dans bien des terres, le plâtre répandu à la dose de 500 kilog. par hectare, sur le trèfle encore jeune, lui communique une vigueur surprenante. De toutes les explications essayées jusqu'ici pour rendre raison de cet effet, celle donnée par MM. Joulie et Dehérain parait de beaucoup la plus plausible : c'est que le plâtre a pour effet de rendre la potasse du sol plus soluble et plus assimilable.

Ordinairement, lors de l'emploi isolé du plâtre sur les plantes légumineuses, on se borne à le répandre sur le feuillage, comme nous le disions plus haut. Or, M. le professeur A. Dainseaux, au jardin d'expériences de l'Institut agricole de'Belgique, a essayé, l'an dernier, comparativement le plâtre dans la culture du trèfle, en l'enfouissant dans le sol avant le semis et en le répandant en couverture comme cela se pratique généralement. 11 a mis, de plus, en comparaison les corps qui composent le plâtre, la ch.fux el l'acide sulfurique, l'un et l'autre éléments nutritifs à toutes les plantes, et dont le trèfle absorbe des quantités relativement importantes.

L'essai a été fait en double sur du trèfle rouge ordinaire semé seul au printemps de 1898. Voici les engrais appliqués et les résultats des deux coupes de trèfle sur chacune des séries de parcelles :

Produit employé et quantités 1" série : 2 coupes 2" série : 2 coupes Moyenne correspondantes trèfle vert trèfle vert par liectare

à l'hectare. par hecuu'e- par hectare. masse verte.

kil. kil. kil.

Plâtre enterré 1.000 kil 39.100 46.900 43.000

Sulfate d'ammoniaque 500 kil.

(enterré) 40.500 37.800 39.150

Plaire en couverture 1.000... 38.000 . 34.400 36.200

Chaux (enterrée) 4.000 34.200 34.500 34.350

Acide sulfurique en aspersion,

solution très diluée à 1/1000 33.500 26.500 29.500


— 211 —

Ces résultats montrent, — dit M. Damseaux, — d'une manière intéressante que, comme la plupart des engrais, c'est eu terre el non sur les plantes qu'il faut appliquer le plâtre.

Evidemment, on ne peut conclure après l'expérience d'une seule année, mais il serait.intéressant que de semblables essais fussent répétés dans diverses régions et sur des sols variés. Le plâtre est un engrais de plus en plus employé aujourd'hui en mélange avec les autres engrais, lors des semis, souvent même à la seule fin de faciliter leur épandage ; on introduit encore le plâtre dans les terres, chaque année, en quantités plus ou moins importantes, par les superphosphates dont il forme la plus grande partie de la masse, et, somme toute, son mode d'action est encore assez obscur, aussi bien sur les légumineuses que sur les antres plantes. — H. HITIER. (Bulletin'de la Société des agricxdteurs de France.)

LA POMME DE TERRE DANS L'ALIMENTATION DE LA VACHE*LAITIÈRE.

A l'instigation de M. Aimé Girard j'ai entrepris une suite de recherches destinées à élucider quelques points du rôle que peut jouer la pomme de terre dans l'alimentation de la vache laitière.

Ces recherches m'ont fourni les principaux résultats qui suivent :

Privées de toute nourriture autre que des pommes de terre qu'elles reçoivent à discrétion, crues et convenablement divisées, les vaches laitières en prennent chaque jour en moyenne 7 °/„de leur'poids vif.

Sous l'influence-de ce régime exclusif, il y a élévation du rendement en lait el perte notable de poids vif; l'opposition est 1res nette et très remarquable. Les déjections, qui _sont ramollies el blanchâtres, renferment des granulations de fécule non attaquées par le travail digestif. Je n'ai pas trouvé de sucre dans les urines.

Les pommes de terre cuites sont bien prises par les bêtes bovines, mais quand elles sont données seules, à l'exclusion de tout autre aliment, la rumination se fait mal ou s'arrête, et la digestion est entravée ; on ne peut pas persister dans ce régime.

Qu'elle soit crue ou cuite, la pomme de terre doit être mélan -


— 212 — .

gée à d'autres aliments pour constituer une ration convenable au double point de vue de la production du lait et de celle de la viande grasse. Le mélange a pour résultat de favoriser les actes mécaniques et chimiques de la digestion, d'élever le coefficient de digeslibililé en resserrant la relation nutritive et le rapport adipo-protéique.

En poursuivant parallèlement sur deux lots de vaches laitières l'élude comparative des résultats fournis par une ration dont les pommes de terre formaient la moitié de la matière sèche totale el par une autre où elles n'en formaient que les 22 %, j'ai reconnu que la première est nettement préférable à la seconde.

D'autres expériences comparées m'ont montré qu'à quantités égales les pommes de terre crues favorisent la production du lait tandis que cuites elles provoquent l'engraissement et l'augmentalion du poids.

Sous l'influence d'un régime à base de pommes de terre cuites, la teneur du lait en sucre s'élève, mais l'élévation ne persiste pas quand on change le régime.

En analysant chaque semaine, pendant près de quatre mois, le lait de huit vaches dont la ration comportait 20 kilogr. de pommes de terre pour les unes el 10 kilogr. pour les autres, j'ai constaté avec mon assistant M. Boucher, qui m'a prêté un concours empressé pour ces analyses longues et répétées, les modifications qualitatives suivantes, qui ont été constantes : 1° diminution de la densité, de la proportion d'extrait sec et de la caséine; 2° augmentation du beurre el des matières minérales. Les conséquences pratiques de ces constatations se déduisent d'elles-mêmes pour l'introduction de la pomme de terre dans le régime des bêtes laitières suivant que le lait est vendu en nature ou que, dans la ferme, on se livre à l'industrie beurrière ou à la fabrication des fromages. — CH. CORNEVIN , professeur à l'école vétérinaire de Lyon. (Journal d'agriculture pratique.)


— 213 —

SECTION D'HISTOIRE ET D'ART

DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 23 juin 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX , président.

Membres présents : MM. Ed. Billiet, Ch. Marlière, E. Brouillard, Léon Copin, J. Delsart, André Doutriaux, P. Lajoie, Ern. Laut, L. Lemaire, Alf. Ridiez.

Excusé : M. M. Hénault.

Trouvailles archéologiques dans l'impasse des Sarrazins. — M. Richez met sous les yeux des membres de la réunion de nombreux fragments de poterie qu'il vient de trouver en creusant des fondations dans l'impasse des Sarrazins. Certains vases contiennent des débris de corps humains incinérés qui doivent remonter aux premiers siècles de notre ère. M. Richez fait remarquer que le nom même du lieu où il a fait ces trouvailles : impassé des Sarrazins, semble indiquer que, bien avant lui, on a dû découvrir là, en creusant le sol, des débris de la période gallo-romaine; tout le monde sait en effet que, dans le peuple, les Romains ont longtemps été appelés « les Sarrazins ».

Le tombeau de Hécart. — M. Ch. Marlière fait connaître à la Section le triste état dans lequel se trouve au cimetière de Valenciennes, la tombe de l'écrivain G.-A.-J. Hécart.

La Section prie M. Richez de la renseigner, dans une prochaine séance, sur la dépense à faire pour remettre cette tombe en état. Il y aura ensuite à examiner si la famille, la Ville et la Section ne pourraient pas se charger en commun de celte dépense.

Plan archéologique de Valenciennes. — M. Ed. Billiet propose d'établir un plan de la ville sur lequel seraient exactement indiqués les endroits où subsistent des restes intéressants du passé et où ont été faites des trouvailles archéologiques.

M. Lajoie considère que le plan de la ville dressé par M. Rousseau se prêterait excellemment à ce travail.

La Section renvoie l'élude de cette question à sa prochaine séance.

a'"'» TOME XLIX. 8


- EU -

Séance du, 20 octobre 1899. Présidence de M. Ed. BILLIET, vice-président. Membres présents : MM. Ch. Marlière, Léon Boulanger, J. Delsart, André Doutriaux, V. Henry, L. Lemaire, À. Richez. Excusé : M. Aug. Doutriaux.

Notice sur le peintre Pluchart. — M. V. Henry donne lecture de différentes parties d'une notice que M. Edouard Fromentin vient d'écrire pour la Société d'agriculture, sciences et a ris sur le peintre valenciennois Henry Pluchart.

La Section demande l'impression de celle intéressante notice, où se reflète notamment la vie locale du milieu du siècle.

M. le Secrétaire général est prié de transmettre à l'auteur les sincères remerciements de la Section.

Plan archéologique de la ville. — L'ordre du jour appelle la Section à s'occuper de la proposition, émise dans sa réunion dernière, tendant à établir un plan des trouvailles archéologiques faites à Valenciennes.

M. Billiet rappelle que M. Lajoie a engagé la Section à se servir, pour dresser ce, tableau, du plan de la ville dessiné par M. Rousseau. M. Billiet trouve cette idée très sage, elle permettra d'éviter un long travail préparatoire.

La Section se range à l'avis de M. Billiet, puis nomme une Commission chargée de préciser le genre des annotations el des indications qui devront figurer sur ce plan archéologique. La Commission se compose de MM. Ed. Billiet, A. Richez, Ed. Mariage, J. Delsart et André Doutriaux.

Don à la Galerie, historique. — M. A. Richez anponce que M. Edouard Mariage vient d'offrir à la Galerie historique un médaillon de M. R. Fâche représentant le philosophe valenciennois Léon Dumont.

M. V. Henry fait remarquer que ce don doit être accueilli d'autant plus volontiers que la Galerie ne possédait encore aucun portrait de feu Léon Dumont, quoiqu'il ail lous les litres pour y figurer : non seulement il fut en effet un écrivain el un penseur distingué, mais la Société d'agriculture, sciences el arts le compta autrefois parmi ses membres les plus actifs.

La Section exprime ses remerciements à l'adresse du donateur.


— 215 —

Inscription curieuse. — M. Richez communique à ses collègues une inscription qu'il a trouvée sur une pierre au milieu des démolitions des fortifications, à proximité de la porte de Lille, à la demi-lune n° 91. La voici exactement transcrite :

61 UN JOUR A TES FOUDES

MARS JE SUIS CONDANNÉ

RESPECTE EN MOY DELONDE

PAR LUY JE FUS POSÉ

LE 8 JULIET

1765

* « Séance du 10 novembre 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX. Sont présents MM. Brouillart, J. Delsart, V. Henry, E. Laut et Ch. Lebacqz.

Ont excusé leur absence MM. Billet, Marlière, André Doutriaux et Alfred Richez.

Réunion des Sociétés des beaux-arts en 1900. — M. le Président informe ses collègues que, par arrêté du 8 août, M. le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a fixé au 5 juin 1900, mardi de la Pentecôte, l'ouverture de la 24e session des Sociétés des beaux-arts des départements ; les séances de ce congrès auront lieu comme d'habitude dans l'hémicycle de l'Ecole des beaux-arts à Paris. Lecture est ensuite donnée d'une circulaire de M. le Directeur des beaux-arts, en date du 1" septembre, concernant celte assemblée.

Congrès de l'art public. — M. le Président communique à la Section une circulaire par laquelle le Conseil municipal de Paris jnvite la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes à prendre part à un Congrès international et à une exposition de l'art public qui doivent se tenir en 1900 à l'Hôtel de Ville de Paris. Le programme du Congrès est l'étude des questions qui se rattachent à la création et à la protection de l'aspect artistique des villes et de la beauté des sites champêtres. L'exposition doit réunir une collection de vues et de documents relatifs au même ordre d'idées. Dans une section historique, notamment, seront , mis sous les yeux du public, « au moyen de réductions en relief,


— 216 —

dé peintures, dessins et photographies, les exemples les plus intéressants de conservation, de restauration, de mutilation et de destruction des ensembles édilitaires, des places et des rues de villes présentant un aspect artistique ».

La Section renvoie à l'examen du Bureau de la Société la dite invitation, en regrettant de n'avoir à signaler, dans une ville favorisée d'un passé aussi glorieux que Valenciennes, aucun cas d'heureuse conservation des monuments anciens.

Don pour la Galerie historique. — M. le Président dépose devant la Section un plan de l'abbaye de Vicoigne et des terres avoisinanles, dressé en 17*8 par un géomètre nommé Legros, et offert pour la Galerie historique par M. Edouard Fromentin.

La Section exprime ses remerciements à l'adresse du donateur.

Le colonel Fessier. — M. V. Henry signale une erreur assez notable qui s'est glissée dans le tome XXXVIII de la Revue de la Société. On y lit, à la page 125, ces lignes : « M. Edmond « Pesier fait hommage à la Société d'un portrait au crayon noir « du colonel du génie Fessier, commandant le génie de la place « de Valenciennes en 1793. »

Or, ce n'est nullement en 1793, mais en 1815, que Fessier, colonel d'infanterie, a fait partie de la garnison de Valenciennes assiégé ; il y fut chargé par le général Rey, gouverneur de la ville, de la surveillance des fortifications.

De cet officier, qui, après avoir défendu notre ville, s'y fixa et y mourut, la carrière se trouve résumée dans des notes extraites il y a quelques années d'un journal de route manuscrit qu'il avait laissé, et qui a été perdu depuis lors. M. Henry donne lecture de ces notes, prises et conservées par M. Léon Pesier.

La Section exprime le désir de les voir imprimées dans la Revue.

SECTION DES SCIENCES ET MANUFACTURES.

Séance du 28 octobre 1899. Présidence de M. A. LACROIX, président. Présents: MM. Hector Weil, Georges Gras, Henri Sahut, A. Schmidt. S'est excusé de ne pouvoir assister à la séance M> P. Lajoie.


— 217 —

Voeu concernant la fabrication el la vente de la saccharine. — M. Georges Gras- fait une communication sur la saccharine. Il expose successivement les propriétés de ce corps, les usages auxquels on l'applique, et l'insuffisance de la législation actuelle en ce qui le concerne.

A la suite de cette communication, la Section adopte le voeu suivant :

« Considérant que la saccharine n'est pas un aliment,

v< Que son emploi en place des sucres porte un grave préjudice à l'agriculture, à l'industrie, au commerce honnête de l'alimentation et au Trésor public,

« La Section des sciences el manufactures delà Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes émet le voeu :

« 1° Qu'un impôt en rapport avec, son pouvoir édulcorant soit établi sur la saccharine en prenant pour base l'impôt actuel sur* le sucre;

« 2" Que les fabriques de saccharine soient rigoureusement exercées ;

« 3° Que le transport et la vente de ce produit soient étroitement surveillés ;

« 4" Que les caisses,'vases, tonneaux, etc., qui renferment des aliments ou boissons saccharines portent l'étiquette : Produit saccharine, bien apparente pour le public ;

« 5° Que toute fraude soit sévèrement punie. »

Sur la proposition de MM. Sahut et Lacroix, ce voeu sera envoyé aux trois députés de l'arrondissement afin qu'ils l'appuient auprès des Pouvoirs publics.

SECTION CENTRALE.

Séance du 11 novembre 1899. Présidence de M. Aug. DOUTRIAUX.

Membres présents : MM. J. Lecal, E. Macarez, A. Lacroix, Alfred Brabant, L. Devémy, A. Ducloux, G. Gras, LefebvreHayez, Legru-Baviart, el V. Henry, secrétaire.

M. le Président indique que MM. Ed< Bullotr A.- D'Haussy, Ch. Lebacqz, J. Lefebvre, A. Manouvriez, A. Richez, Ch.


— 218 —

Thellier de Poncheville et Hector Weil, empêchés d'assister à la réunion, lui ont fait exprimer leurs regrets.

— Le procès-verbal de la séance du 16 septembre est lu et adopté.

La Section centrale reçoit ensuite communication des procèsverbaux des réunions tenues les 20 mai et 28 octobre par la Section des sciences et manufactures, et le 23 juin par la Section d'histoire et d'art.

Distribution des récompenses des concours de 1899. — M. le Président dit que le Bureau de la Société a eu le regret de ne pouvoir procéder plus tôt à la distribution des récompenses mises au concours en 1899 ; la gravure et l'impression des nouveaux diplômes adoptés ont en effet subi différents retards imprévus ; enfin la livraison prochaine de ces diplômes est promise, et M. le Président consulte la Section centrale sur la fixation du jour où les lauréats seront appelés à recevoir leurs récompenses.

Le choix de la Seclion s'arrête sur le dimanche 26 novembre.

Il est convenu que l'Administration municipale de Valenciennes sera priée de mettre à la disposition de la Société une des grandes salles de l'Hôtel de Ville, pour la cérémonie dont il s'agit.

Pariicipation.de la Société à l'Exposition de 1900. — M. le Président communique à la réunion une circulaire qu'il vient de recevoir du Comité d'installation de la classe 38, dans laquelle la Société avait formé le projet d'envoyer certains travaux et produits à l'Exposition universelle de 1900 (i) ; celte circulaire indique les frais qui, pour l'aménagement, la décoration et le gardiennage, incomberont à chaque exposant : ils sont fixés à 40 francs par mètre carré de surface verticale, à 55 francs par mètre carré de surface horizontale. La Société d'agriculture de Valenciennes, ayant demandé un emplacement de 10 mètres de largeur, 2 mètres de profondeur et 4 mètres de hauteur, aurait donc à fournir une somme de 2700 francs, sans compter tous les frais accessoires. C'est un sacrifice que les finances de la Société rendent difficile. — Dans la classe 39, les dépenses d'installation sont beaucoup plus élevées encore.

(1) Voir ai-avant., page, 84.


— 219 -

D'un autre côté, ajoute M. le Président, une telle quantité de céréales s'est trouvée cet été versée par les intempéries, que plusieurs membres de la Société qui avaient promis d'importants apports pour l'Exposition, déclarent ne les pouvoir fournir, et qu'il sera sans doule malaisé de réunir un suffisant ensemble d'échantillons des récoltes.

En ces conditions, la Société doit-elle persister à exposer isolément ? Ne serait-il pas plus prudent de se rallier définitivement, pour figurer à l'Exposition de 1900, à la Société des agriculteurs du Nord ? Pour rendre cette solution possible, le Bureau a cru devoir adresser récemment aux cultivateurs intéressés une circulaire (1) par laquelle il les a engagés à envoyer leurs produits à une exposition préparatoire organisée à Lille par la dite Société.

. Après discussion, la Section décide qu'il convient de renoncer à occuper dans la classe 38 une place distincte, et que la Société d'agriculture de Valenciennes se joindra, pour envoyer à l'Exposition de 1900 les produits récoltés par ses membres, à la Société des agriculteurs du Nord, — pourvu toutefois que cette dernière ne réclame pas une trop lourde quote-part de frais : mais M. Macarez assure que, grâce aux subventions qu'elle attend, cette Société espère réduire à peu de chose ses débours.

Voeux concernant la saccharine. — M. le Président soumet à la Section centrale le voeu formulé par la Section des sciences el manufactures le 28 octobre (2), voeu tendant à l'établissement, sur la saccharine, d'un droit représentant l'impôt que payerait la quantité de sucre nécessaire pour procurer le même pouvoir édulcorant, — à l'exercice des fabriques de saccharine, — et à l'apposition obligatoire d'une étiquette explicite sur tous les produits saccharines.

M. le Président indique ensuite à la Section que M. le docteur A. Manouvriez, en s'excusant de ne pouvoir assister à la séance, a déclaré le regretter tout particulièrement, car il comptait engager la Société d'agriculture à accentuer encore le voeu de la Section des sciences : il estime que, la saccharine n'ayant

,(i) Voir cette circulaire page 222. (2) Voir ce voeu page 217.


— 220 —

aucune valeur alimentaire, l'emploi dé cet ingrédient ne peut constituer qu'une fraude injustifiable, et qu'il convient par conséquent de le prohiber absolument.

MM. Brabanl, Lefebvre-Hayez et Macarez soutiennent celte opinion. Le seul moyen, dit M. Brabant, d'empêcher efficacement l'usage abusif de la saccharine, c'est d'interdire sans réserves et sous des peines sévères la fabrication et la vente de ce produit.

MM. Gras et Lacroix exposent que la Section des sciences n'a pas cru devoir aller aussi loin dans son voeu parce que peutêtre la saccharine est de nature à rendre certains services en pharmacie ; il a semblé que les mesures de précaution proposées, eL notamment un impôt écrasant, suffiraient pour mettre obstacle à la fraude.

M. Brabanl répond que cet impôt n'aurait pour effet que de stimuler l'ingéniosité des fraudeurs en vue de l'importation et de la fabrication clandestines de la saccharine.

M. Lacroix dit qu'en vérité la fabrication de ce produit n'est pas 1res malaisée.

A la suite de celle discussion, M. le Président met aux voix, avant le voeu de la Section des sciences, l'amendement de MM. Manonvriez et Brabant, lendant à demander l'interdiction complète de l'emploi de la saccharine.

Cet amendement est adopté par une forte majorité.

M. le Président est chargé de porter à la connaissance des Pouvoirs publics l'avis ainsi adopté pas la Section centrale.

L'organisation du crédit agricole dans la région du nord. — M. le Président donne communication à la réunion de la lettre suivante :

SOCIÉTÉ , ... . .8qq

DUS AGRICULTEURS DU NORD. UIIII/, IC LUUO.

« A Monsieur le Président de la-Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes.

« Monsieur le Président, « La question du Crédit agricole est une de celles qui, à l'heure actuelle, présentent le plus d'intérêt pour le monde des cultivateurs. Le besoin de création de banques agricoles se fait de plus en plus sentir.


— 221 —

« Notre Société a donc élé appelée à envisager l'utilité el la possibilité de la fondation d'un établissement de ce genre. Mais elle a trouvé que l'organisation d'une telle institution devait comporter, non des localités ou des centres isolés, mais toute une région, pour avoir chance de réussite.

« Aussi avons-nous songé à proposer l'étude de celle question à une assemblée qui serait composée de délégués des Sociétés et Syndicats agricoles de la région comprenant le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Aisne, l'Oise, les Ardennes.

« Nous vous serions reconnaissants, Monsieur le Président, de vouloir bien, pour jeter les bases premières de ce projet, d'assemblée, nous faire connaître ce qu'en penserait votre Association, et si nous pourrions compter sur une délégation de votre part; et de nous donner, en outre, toute idée qui vous semblerait utile pour mener à bien l'oeuvre utilitaire que nous voudrions entreprendre.

<i Veuillez agréer, Monsieur le Président, etc.

« Le Président, « Aug. POTIÉ. »

La Section, appréciant l'intérêt de la question dont se préoccupe la Société des agriculteurs du Nord, charge M. le Président de lui répondre, que si le congrès projeté est réuni, la Société d'agriculture de Valenciennes se fera un devoir d'y envoyer un ou plusieurs délégués.

— L'ordre du jour étant épuisé, et la parole n'étant demandée par aucun des membres de la réunion, M. le Président lève la séance.

EXPOSITIONS AGRICOLES

A. LILLE EN 1899 ET A- PARIS E3ST 1900.

La circulaire suivante a élé adressée aux cultivateurs de l'arrondissement de Valenciennes qui s'étaient montrés disposés à envoyer des échantillons de leurs récoltes à l'Exposition universelle de 1900 (1) :

(1) Voir ci-avant, page 218.

TOME XLIX. 8*


SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE SCIENCES ET ARTS Valenciennes, le i novembre 1899.

DE L ARRONDISSEMENT '

DE VALENCIENNES

Monsieur,

Les frais considérables qui sont imposés par les Comités d'installation de l'Exposition universelle de 1900, nous font douter que notre Société puisse y participer isolément. Peutêtre s'unira-t-elle, pour y envoyer les produits de notre arrondissement, à la « Société des agriculteurs du Nord ». Afin de préparer cette solution, il importe que nous fassions figurer d'abord nos produits à l'Exposition que la dite Société organise à Lille, au Palais Rameau, et qui s'ouvrira le 3 décembre prochain. Nous pensons que vous ne trouverez pas inconvénient à donner cette destination aux échantillons de récoltes que vous avez bien voulu nous offrir il y a quelques mois ; d'autant que vous serez ainsi exempté du soin de veiller jusqu'au printemps prochain à la conservation de ces récoltes, la Société des agriculteurs du Nord consentant à l'assumer.

La Société d'agriculture de Valenciennes se chargera de grouper les échantillons qui lui seront confiés et de les expédier à Lilte, avec l'obligeant concours de M. A. Ducloux, professeur d'agriculture de notre arrondissement. Nous vous demandons seulement de vouloir bien, faire déposer chez ce dernier, roule de Saint-Amand, n° 40, à Anzin, entre le 12 et le 19 novembre courant, les produits que vous désirez exposer.

Ci-après vous trouverez quelques renseignements sur la manière dont les échantillons doivent être présentés.

Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations très empressées. Le Secrétaire général, Le Président de la Société,

V. HENRY. Àug. DOUTRIAUX.

NOTE SUR LA PREPARATION DES ECHANTILLONS

destinés à l'Exposition agricole de Lille.

Céréales. — Les plantes entières (racines, tiges, épis) seront choisies de manière à être autant que possible de la même grandeur; les feuilles seront très soigneusement enlevées, ex-


— 223 —

eepté pour quelques plantes qu'on laissera entières et qu'on placera sur le pourtour de la gerbe.

Les bottes, bien serrées, devront avoir 40 centimètres de tour sous les épis.

11 convient de les munir de trois ligatures au moins : — audessus des racines, — sous les épis, — au milieu de la botte.

Pour les seigles, il sera bon de porter à quatre le nombre des ligatures.

Chaque boite (blé, seigle, orge ou avoine) ne devra renfermer qu'une seule variété, bien pure, dont le nom sera inscrit sur une étiquette fixée à la boite, avec l'indication du rendement obtenu à l'hectare.

Toutefois, les cultivateurs qui font des blés mélangés pourront présenter un échantillon du mélange en indiquant sur une étiquette les variétés qui composent ce mélange.

A chaque botte sera joint un échantillon de 2 à 3 litres de grain bien pur et bien trié.

Betteraves (à sucre, de distillerie-ou fourragères). — Chaque échantillon se composera de cinq betteraves moyennes, présentant extérieurement la forme que l'on recherche dans la variété.

Les betteraves ne seront pas décolletées, mais les feuilles seront coupées comme dans la préparation des porte-graines.

Il sera bon d'indiquer : 1° le nom de la variété, — 2° la densité moyenne obtenue dans le champ, — 3° le rendement à l'hectare.

Pommes de terre. — Chaque lot sera composé d'une dizaine de belles pommes de lerre, présentant les caractères de la variété.

Une étiquette portera : 1° le nom de la variété; 2° le rendement en poids à l'hectare.

Chicorée. —Aux échantillons des racines, il sera bon de joindre, autanl que possible, un litre environ de cossettes séchées et même un litre de la chicorée torréfiée et moulue obtenues avec ces racines.


224

CONCOURS

organisés en 1899 par la Société.

DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES.

Les lauréats des concours ouverts en 1899 par la Société d'agriculture, sciences et arts, — concours de moralité, de tenue de ferme, et d'élevage de chevaux ou d'animaux à cornes, — ont élé appelés à venir recevoir leurs récompenses dans une séance qui s'est tenue le dimanche 26 novembre, à trois heures du soir, à l'Hôtel de Ville de Valenciennes.

'Les assistants ont rempli l'ancienne salle du Tribunal civil. Sur l'estrade, ont pris place, aux côtés du président de la Société, M. Auguste Doutriaux, M. Emile Weil-Mallez, député, M. Edmond Pesier, président honoraire, M. Julien Lecat, président de la Section de moralité, M. Antoine Lacroix, président de la Section des sciences et manufactures, et d'autres représentants des différents groupes de la Société.

M. Aug. DOUTRIAUX a ouvert la séance en prononçant l'allocution qui suil :

« Messieurs,

« Avant de procéder à la distribution des récompenses, je dois adresser, au nom de la Société, des excuses, à tous nos. lauréats pour le retard que nous avons mis à leur délivrer les récompenses qu'ils ont si bien méritées.

« Ils seront indulgents pour nous lorsqu'ils sauront que si nous avons relardé celte solennité de quelques semaines, c'est que nous voulions pouvoir leur offrir un nouveau diplôme, et que des relards indépendants de notre volonté en ont empêché la confection jusqu'à ces derniers jours.

« Ils pourront constater combien ce diplôme est supérieur à tous égards à celui qu'il remplace, et ils se joindront à nous pour adresser des remerciments à notre collègue M. Richez qui, voulant donner une nouvelle preuve de son dévouement à notre Société, a consacré à cette oeuvre vraiment remarquable son lemps et son talent, sans vouloir recevoir aucune rémunération.


— 225 —

« Aussi la Société a-t-elle cru devoir lui décerner la plus haute récompense dont elle dispose, une médaille d'or, que j'aurais été heureux de lui remettre aujourd'hui dans cette séance solennelle, si la maladie ne l'avait empêché d'y assister. Je forme les voeux les plus sincères pour qu'il soit prochainement rendu à ses travaux et à notre Société.

« Des trois concours dont nous donnons aujourd'hui les résultats, je ne dirai qu'un mot du premier; il ne faut pas insister sur un sujet qui nous est pénible, il faut toutefois en parler.

« Le concours de tenue de ferme était ouvert pour le canton de Denain et pour le canton rive-gauche de Saint-Amand.

« Pas un seul concurrent ne s'est présenté dans le premier canton,- et dans le second deux cultivateurs seulement se sont fait inscrire. Et cependant, d'une part, la publicité avait été aussi complète que possible, et d'autre part la matière ne manquait pas ; il suffit de parcourir ces deux cantons pour constater qu'il est bien des exploitations d'importances diverses qui seraient dignes des récompenses que nous serions heureux de leur distribuer. Il est vrai qu'un grand nombre de ces cultivateurs ont déjà épuisé, soit dans nos concours, soit dans d'autres plus importants, toutes les récompenses qui leur sont destinées ; mais il en est d'autres qui auraient dû se rendre à notre appel.

« Nous regrettons vivement cette abstention que rien n'explique et nous avons le ferme espoir qu'au prochain concours notre appel sera entendu.

« Heureusement nous avons eu de larges compensations dans les autres concours.

« Le concours de la race bovine a été remarquable à tous égards ; nous aurions désiré un plus grand nombre de sujets (1) ; la fièvre aphteuse et la chaleur ont été la cause de quelques abstentions.

« Nous ne saurions donner trop d'éloges'au concours de la race chevaline ; les pouliches ont été surtout remarquables ; nous avons été heureux de constater que l'élevage du cheval,

(1) Ont été présentés au jury 12 taureaux, 9 génisses, 7 vaches, et 14 jeunes animaux à cornes en bande.

Pour le concours de chevaux, il a élé amené 11 juments suilées, 7pouliches, 1 poulain entier. • .


— 226 —

longtemps négligé, faisait de sérieux progrès dans notre région et que nos cultivateurs savaient tirer parti des mesures de protection prises par le Gouvernement pour se créer une nouvelle source de profils, dont notre agriculture a le plus grand besoin. « La race porcine a été comme d'habitude insuffisamment représentée. Nous voudrions voir les cultivateurs de notre arrondissement s'occuper sérieusement de l'élevage du porc, qui serait pour eux en ce moment une cause de bénéfices importants.

« Notre concours de moralité nous a donné, comme les précédents, toutes les satisfactions désirables.

« Ici ce ne sont pas les candidats qui manquent aux récompenses. Ce sont plutôt les récompenses qui manquent à ceux qui les méritent; et, cependant, nous avons pu augmenter le nombre des médailles et l'importance des primes en reportant sur ce concours les allocations destinées au concours de fermes. Nous aurions voulu encore en augmenter la valeur.

.« Ce concours a pour nous une importance considérable dans la période que nous traversons. Il nous fait constater que dans notre arrondissement le plus parfait accord continue à subsister entre patrons et ouvriers, et c'est un véritable bonheur pour nous que de pouvoir adresser nos cordiales félicitations aux populations ouvrières des villes et des campagnes qui restent attachées aux vieilles traditions et qui considèrent leurs patrons et leurs maîtres comme des amis.

« Qu'il me soit permis avant de terminer de vous rappeler qu'il a été organisé celle année par une Société annexe de la nôtre, et dont je suis le président d'honneur, une. exposition d'oeuvres d'an qui a obtenu un légitime succès et qui a été sensiblement supérieure a celles qui l'avaient précédée.

« Vous le voyez, grâce au concours de chacun, la Société ne néglige aucune de ses branches et j'espère qu'en unissant nos efforts, mes chers collègues et collaborateurs, nous entretiendrons la prospérité de notre Société qui inarche vers ses soixante-dix ans ! »

Après ce discours, auquel les applaudissements n'ont pas manqué, M. le Président a donné la parole au Secrétaire général de la Société, qui a fait l'appel des lauréats dans l'ordre où leurs noms se trouvent ci-après indiqués.


CONCOURS DE MORALITÉ.

1° OUVRIERS DE L'AGRICULTURE.

Hommes.

Médaille d'argent et prime de 50 francs à M. Midavaine Henri, ouvrier de ferme depuis 50 ans chez M. Barbieux , cultivateur à Saint-Àmand.

Diplôme de rappel de médaille d'argent et prime de 50 francs oïerte par M. Alfred Girard, sénateur du Nord, à M. Laurent Isidore, domestique de ferme depuis 47 ans chez M. Ildephonse Decamps, cultivateur h Sebourg.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Petit François, domestique de ferme depuis 43 ans et demi chez M. TournoyMouy, à Saint-Amand.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Wibaux Auguste, domestique de ferme depuis 43 ans chez M. Barbieux-Josson, à Saint-Amand.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Isbergues Augustin , ouvrier agricole depuis 42 ans chez MM. Caullet et Cie, à Haspres (Fleury).

Médaille de bronze et prime de 25 francs à M. Dussart François, domestique de ferme depuis 40 ans chez M. François Vasseur, cultivateur à Rosult.

Médailles de bronze :

À M. Legrand Joseph, ouvrier de culture depuis 37 ans dans l'exploitation de M. Maurice Paul, à Famars;

A M. Brienne-Edouard, valet de charrue depuis 33 ans, et à M. Lebrun Xavier, ouvrier de ferme depuis 25 ans, tous deux chez M. Barbieux-Josson, à Saint-Amand.

Femmes.

Médaille d'argent et prime de 50 francs à Mlle Dussart Angélique, ouvrière de ferme depuis 50 ans chez M. BarbieuxJosson, à Saint-Àmand.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à *Mme Neuez Joséphine, femme Petit, servante agricole depuis 43 ans 1/2 chez M. Tournois-Mouy, à Saint-Àmand.

2° OUVRIERS DE L'INDUSTRIE. Hommes. Médaille d'argent et prime de 50 francs à M. Moutier Hyacinthe,

à


— 228 —

ouvrier serrurier-chaudronnier depuis 51 ans chez M. LesageTournois, à Saint-Amand.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Wailliez JeanBaptiste, cuiseur de mélasse et manouvrier depuis 53 ans chez M. Pierre Hayez, fabricant de sucre à Curgies (1).

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Thomas Hubert, ouvrier, puis contremaître depuis 53 ans chez MM. D'Haussy, fabricants de sucre à Artres.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Cheval Félix, ouvrier depuis 52 ans chez M. Jacqmarcq, fabricant de produits chimiques à Saint-Saulvc.

Médaille d'argent et prime de 25 francs à M. Delhaie Emile, ouvrier et piqueur depuis 51 ans dans la sucrerie de M. Hunet, à Estreux.

Médailles de bronze :

A M. Gilleron Crescent, ouvrier, puis contremaître depuis 43 ans chez MM. D'Haussy, à Artres;

A M. Delsart Joseph, depuis 42 ans chez M. Lanciaux Hippolyle, entrepreneur de serrurerie à Valenciennes ;

A M. François Henri, chainetier depuis 40 ans et demi chez MM. Dorémieux et Cie, à Saint-Amand ;

A M. Berlin Henri, ouvrier imprimeur depuis 40 ans chez M. Legru-Raviart, à Saint-Àmand ;

A M. Poivre François, ouvrier tisseur depuis 35 ans chez M. Devaux fils à Saint-Amand ;

A M. Ségard André, ouvrier tailleur depuis 35 ans chez M. Léon Membre, à Valenciennes;

A M. Gernez Jean-Baptiste, ouvrier lamineur depuis 33 ans chez MM. L. Gauthier et Cie, à Anzin ;

À M. Debecq François, ouvrier tonnelier depuis 32 ans chez M. Sirot César, à Trilh-Sainl-Léger ;

A M. Hot Jean-Baptiste, depuis 32 ans chez MM. D'Haussy, à Artres ;

A M. Jourdan Alphonse, compositeur-typographe depuis 32 ans chez MM. L. Lacour et Cie, à Valenciennes ;

(1) Aux récompenses de la Société d'agriculture, M. Pierre Hayez a personnellement ajouté une somme de 100 francs, qui a été remise en son nom à M. Wailliez dans la séance dont nous rendons compte.


— 229 —

A M. Hecq Jules, ouvrier tisseur depuis 31 ans chez M. Devaux fils, à Saint-Amand ;

A M. Bara Jules, ouvrier teinturier depuis 31 ans chez Mme Boulan-Billiet, à Valenciennes ;

A M. Dernoncourt Auguste,«ouvrier briquelier depuis 30 ans et demi chez M. Pérignon, à Mortagne ;

À M. Boyer Adolphe, ouvrier depuis 29 ans chez M. Jacqmarcq, à Sainl-Saulvc.

Ouvriers des usines assurant des pensions de retraite à leur personnel.

Médailles de bronze :

À M. Lagneau Joachim, ouvrier depuis 56 ans chez M. Dervaux, à Vieux-Condé ;

A M. Dussart Louis, garde-barrière depuis 52 ans aux Forges de Denain et Anzin, à Anzin ;

A M. Alglave Jean-Bapliste, manoeuvre depuis 47 ans, même établissement, à Anzin ;

A M. Pétreman Hippolyle, manoeuvre depuis 47 ans, même établissement, à Anzin;

A M. Bétrancourt Grégoire, manoeuvre depuis 46 ans, même établissement, à Anzin ;

A M. Lallemand Martial, puddleur, puis chef d'équipe de déchargement, depuis 46 ans aux Forges et Aciéries du Nord et de l'Est, àTrith;

A M. Sevrez Olivier-Joseph, manoeuvre depuis 45 ans aux Forges de Denain et Anzin, à Anzin ;

A M. Donnain André, lamineur depuis 44 ans aux Forges du Nord et de l'Est ;

A M. Chomy Edouard, ouvrier depuis 45 ans chez M. Dervaux, à Vieux-Condé ;

A M. Richard Hippolyte, casseur de barres depuis 42 ans aux Forges de Denain et Anzin, à Denain ;

A M. Gillol François, machiniste depuis 41 ans, même établissement, à Ànzin ;

A M. Céréso Hector-François, manoeuvre depuis 41 ans, même établissement, à Ànzin ;

À M. Robert Charles, manoeuvre depuis 41 ans, même établissement, à Ànzin ;


— 230 -

À M. Delcambre Pierre-Joseph, peseur depuis 41 ans, même établissement, à Denain ;

A M. Lossignol Charles, surveillant depuis 39 ans, même établissement, à Denain ;

À M. Lucas Félix-Jcan-Baptisle, manoeuvre depuis 39 ans, même établissement, à Denain ;

A M. Vilcol Philippe, mouleur depuis 38 ans, même établissement, à Denain;

A M. Baudrain Gustave, manoeuvre depuis 38 ans, même établissement, à Denain ;

A M. Levant Alphonse, surveillant depuis 38 ans, même établissement, à Denain;

A M. Havez Charles, manoeuvre depuis 38 ans, même établissement, à Denain ;

A M. Sautière Florimond, lamineur depuis 38 ans aux Forges du Nord et de l'Est, à Trith ;

À M. Langlant Jean-Baptiste, manoeuvre depuis 37 ans aux Forges de Denain et d'Anzin, à Denain ;

A M. Midavaine Jean-Baptiste, manoeuvre depuis 37 ans, même établissement, à Denain ;

A M. Storez Basily, lamineur depuis 33 ans aux Forges du Nord et de l'Est, à Trith ;

3° TRAVAIL DU LUNDI.

Médailles de bronze :

À M. Allard François, ouvrier charpentier depuis 50 ans chez M. Paul Risbourg, minotier à Bouchain ;

A M. Bar Louis-Joseph, ouvrier charpentier depuis 50 ans chez M. Alexandre Fassiaux, entrepreneur à Saint-Amand ;

A M. Lambert Antoine, ouvrier depuis 50 ans chez M. Beuzart-Delgrange, fabricant de produits chimiques à Sainl-Saulvc;

A M. Chrétien Joseph, tonnelier depuis 47 ans chez M. Trinquet Octave, brasseur à Valenciennes ;

A M. Blary Victor, tonnelier depuis 44 ans chez M. Jacqmarcq, à Saint -Saulve;

À M. Moricof Adolphe, depuis 37 ans chez M. Ernest Dervaux, à Vieux-Condé;

A M. Cuvelier Henri-, depuis 27 ans chez M. Ernest Dervaux, à Vieux-Condé ;


— 231 —

À M. Gevas Henri, tisseur depuis 27 ans chez M. Devaux fils, à Saint-Amand ;

A M. Bavai Chrysol, ouvrier serrurier depuis 26 ans chez M. Lanciaux, a Valenciennes ;

A M. Leblanc Auguste, garçon brasseur depuis 26 ans chez M. Bury-Delrue, à Àvesnes-le-Sec (1) ;

A M. Trécat Léon, ouvrier serrurier depuis 25 ans chez M. Lanciaux, à Valenciennes ;

A M. Sirot Ludovic, ouvrier serrurier depuis 21 ans chez M. Lanciaux, à Valenciennes.

4° DoMESTIftUES ATTACHÉS A LA PERSONNE OU A LA MAISON.

Hommes.

Diplôme de rappel de médaille d'argent et prime de 50 francs à M. Bourse Clément, depuis 40 ans chez M. A. Rémy, à Saultain.

Médaille d'argent à M. Gille Philippe, cocher depuis 27 ans chez Mmc Maniez-Landrieu, à Rouvignies.

Médaille d'argent à M. Locoche Florimond, cocher depuis 22 ans chez M. Paul Dupont, a Valenciennes (2).

Médaille d'argent à M. Lebrun Philippe, jardinier et domestique depuis 21 ans chez M. Louis Roguin, à Valenciennes.

Femmes. . Diplôme de rappel de médaille d'argent et prime de 50 francs à M" 0 Bonneville Joséphine, depuis 53 ans chez M. LemaireMonfort, à Denain.

Médaille d'argent à M"' Larcy Amélie, cuisinière depuis 46 ans chez M. Barbieux-Josson, à Saint-Amand.

Médaille d'argent à M 11" Debay Célina, depuis 36 ans chez MUe Léona Baligand, à Mortagne-du-Nord.

Médaille d'argent à M"e Delfosse Maria, au service des Soeurs de la Treille, à Valenciennes, depuis 29 ans.

il) A la médaille de la Société , M. Bury-Delrue a personnellement ajouté pour son employé une primo de 25 francs.

(2) A la médaille de la Société , M. Paul Dupont a personnellement ajouté une prime de 50 francs,


— 232 —

Médaille de bronze à M"e Caloire Elisa, cuisinière depuis 19 ans chez M. Paul Dupont, à Valenciennes (1).

Médaille de bronze à M" 6 Nys Aglaé, femme de chambre depuis 16 ans chez M. Paul Dupont, à Valenciennes (1).

5° SERVICES SPÉCIAUX. Diplôme de rappel de médaille d'argent et prime de 50 ftiancs à M"'Dellour Adolphine, infirmière depuis 32 ans à l'Hôtel-Dieu de Valenciennes.

6° COURAGE — DÉVOUEMENT. Médaille de bronze à M. Bouly Léon, maréchal ferrant à Saint-Amand, pour plusieurs actes de courage signalés par M. le Maire de Saint-Amand.

7" FONDATIONS DE BIENFAISANCE. Médaille de vermeil à M. Clergé Joseph, commissaire-vérificateur de la Société des tailleurs d'habits depuis 41 ans.

••• CONCOURS DE TENUE DE FERME.

CANTON DE SAINT-AMAND-RIVE-GAUCHE.

Petite culture. Prime d'encouragement de 50 francs accordée à M. DelcourtLenglain, cultivateur à Rosult.

CONCOURS D'ANIMAUX REPRODUCTEURS.

ESPÈCE BOVINE.

Taureaux de toutes races. 1"catégorie.—Taureaux n'ayant pas de dents de remplacement.

1er prix : Médaille d'argent grand module, offerte par la Société des agriculteurs de France, et prime de 100 francs, décernée à M. Rufin-Wallerand, de Saultain.

2e prix : Médaille d'argent et prime de 75 francs à M. RufinWallerand.

(1) Aux médailles décernées par la Société à MM'IM Caloire et Nys, M. Paul Dupont a personnellement ajouté au profit de chacune d'elles une prime do 50 francs.


- 233 -

3P 8 prix ex-iequo : Médailles de bronze doré, offertes par la Société des agriculteurs du Nord, et primes de 50 francs à M. Bouchart Casimir, de Lecelles, et à M. Boute Adolphe, de Saint-Saulve.

4" prix ex-a3quo : Primes de 25 francs a MM. Dugardin frères, de Cubray-lez-Sainl-Amand, et à M. Monchicourt Eugène, de Marly.

2P catégorie. — Taureaux ayant deux dents de remplacement.

Le premier prix n'a pas été décerné.

2e prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs à M. Bouchart Casimir.

Le troisième prix n'a pas été décerné.

4e prix : Médaille de bronze et prime de 25 francs à M. Monnier Fernand, de Rumegies.

3e catégorie.—Taureaux ayant quatre dents et plus.

Diplôme d'honneur, médaille de vermeil offerte par la Société d'agriculture de Valenciennes, et médaille de bronze doré offerte par la Société des agriculteurs du Nord, à M. Bricout-Caullet, d'Haspres, pour ses taureaux Robert et Baptiste, présentés hors concours.

Le premier prix n'a pas élé décerné.

2" prix ex-aîquo : Médailles d'argent et primes de 50 francs à M. Bricout-Caullet, pour son taureau Joseph, et à M. PiqueRaviart, de Lecelles.

Génisses pleines ayant de deux à quatre dents de remplacement. - 1" prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs à M. Boute Emile, de Marly.

2es prix ex-aequo : Médailles de bronze doré offerles parla Société des agriculteurs du Nord, et primes de 75 francs, à MM. Boute Emile et Rufin-Wallerand.

3" prix ex-tequo : Médailles de bronze doré offerles par la Société des agriculteurs du Nord, et primes de 50 francs, à MM. Bouchart Casimir et Rufin-Wallerand.

Vaches pleines ou à lait. Diplômes d'honneur et médailles d'argent à M. Boute Adolphe, de Saint-Saulve, et à M. Boute Emile, de Marly, pour deux vaches primées hors concours.


— 234 —

1er prix : Médaille d'argent grand module, offerte par M. le Ministre de l'agriculture, et prime de 100 francs, à M. Goffart Désiré, de Valenciennes.

2e prix : Médaille de bronze grand module, offerte par la Société des agriculteurs de France, et prime de 75 francs, à M. Boule Adolphe, de Saint-Saulve.

3e prix : Médaille de bronze et prime de 50 francs à M. Jacquemart J., de Préseau.

Bandes de Taurillons, Bouvillons et Génisses élevés chez les exposants.

1" prix : Médaille de vermeil grand module, offerte par la Société des agriculteurs de France, et prime de 100 francs, à M. Bouchart Casimir.

ESPÈCE CHEVALINE.

Juments de trait pleines ou suilées.

l0rS prix ex-oequo : Médaille de vermeil offerte par M. le Ministre de l'agriculture, et prime de 125 francs, à M. RufinWallerand, de Saullain, pour sa jument Liretla, — Médaille de vermeil offerte par la Société d'agriculture de Valenciennes, et prime de 125 francs, à M. Dussart Jean-Baptiste, d'Onnaing, pour sa jument Doucette.

2e prix : Médaille d'argent et prime de 100 francs à M. Lédé Prudent, de Saint-Aybert, pour sa jument Lucelle.

3e prix : Médaille d'argent et prime de 80 francs à M. Sénéeaux Julien, de Mont-de-Bonsecours (lez-Condé), pour sa jument Marie.

4e prix : Médaille d'argent et prime de 70 francs à M. Pluchart Modeste, de Bellaing, pour sa jument Julie.

5' prix : Médaille d'argent et prime de 50 francs à M. Soyez Arsène, d'Haulchin, pour sa jument Eugénie.

6e prix : Médaille, de bronze offerte par la Société des agriculteurs de France, et prime de 50 francs, à M. Moyaux P., de Valenciennes, pour sa jumenl Boulotte.

Pouliches de trait. 1er prix : Médaille d'argent grand module, offerte par M. le Ministre de l'agriculture, et prime de 100 francs, à M. Marlinache Edouard, de La Sentinelle, pour sa pouliche Eugénie.


— 235 —

2° prix : Médaille d'argent et prime de 75 francs à M. Moyaux, pour sa pouliche Mira.

3° prix : Médaille d'argent et prime de 50 francs à M. Soyez Arsène, pour sa pouliche Louise.

4e prix : Médaille de bronze doré, offerle par la Société des agriculteurs du Nord, et prime de 50 francs, à M. Moyaux, de Valenciennes, pour sa pouliche Charmante.

5e prix : Médaille de bronze doré, offerte par la Société des agriculteurs du Nord, et prime de 25 francs, à M. Lédé Prudent, de Saint-Àybert, pour sa pouliche Brabançonne.

Jeunes étalons. Prime de 100 francs à MM. Barrois et Wignolle, de Marquette, pour leur poulain Major.

ESPÈCE PORCINE.

Médaille d'argent et prime de 40 francs à M. Barrois, de Marquette, pour un verrat de race boulonnaise.

Médaille de bronze et prime de 30 francs h M. Barrois, pour une truie suitée de race boulonnaise.

DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE VALENCIENNES.

Le témoignage des récompenses qu'ils avaient obtenues a été remis en 1899 aux lauréats de la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes inscrit sur les diplômes nouveaux dont la composition est due h M. A. Richcz.

Le modèle de ces diplômes ayant élé envoyé à un journal spécial d'architecture publié à Paris, la Construction moderne, cet organe en a publié une réduction dans son numéro du 29 avril 1899, avec ces lignes :

« Les architectes sont trop peu souvent appelés à dessiner des diplômes, et cependant plus que tous autres ils possèdent, par leur éducation même, la science de la composition si nécessaire en pareil cas; et en outre, de nos jours, leur habileté dans


— 236 —

le dessin les seconde à merveille pour mettre une pareille étude a(u point voulu.

« Le diplôme que nous reproduisons a été demandé par la Société nationale d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes à un architecte de celte ville, M. Alfred Ridiez...

« Au sommet de la composition, les armes de la ville de Valenciennes, les figures couchées de l'Escaut et de la Rhonelle, (celle dernière rivière, affluent de l'Escaut, dans lequel elle se jette à Valenciennes) ; une ruche en travail et une lampe antique allumée, enfin les écussons des quatre chefs-lieux de canton de dans l'arrondissement.

« A gauche, une faucheuse des campagnes valenciennoises avec divers agrès et des produits du sol ; un moulin et des animaux domestiques rappelant la meunerie et. l'élevage du bétail ; à droite, un forgeron symbolisant les industries minières et métallurgiques et entouré des engins mécaniques employés dans ces industries.

« Dans le bas et au centre, le sceau de la Société avec les attributs des Lettres, des Sciences et des Arts, car la Société nationale d'agriculture de Valenciennes sait sacrifier dans une large proportion à ces utiles et agréables facultés, sources de tout progrès et aussi de toute noble émotion.

« L'ensemble de la composition, d'une heureuse pondération de masses, est complété par des palmes, des guirlandes et des feuillages encadrant gracieusement l'espace réservé pour inscrire sur un tel diplôme la mention des récompenses décernées dans les concours ouverts par la Société dans les villes de Valenciennes, de Bouchain, de Denain, de Condé et de SaintAmand.

« La Société a cru devoir offrir sa médaille d'or à M. Alfred Ridiez pour celte oeuvre qui lui fait honneur en même temps qu'à la Société elle-même, et qui méritait d'être signalée comme une heureuse réalisation, par le dessin, d'un programme certes intéressant, mais bien complexe. — Cn. L. »


— 237 —

MÉMOIRES HISTORIQUES

SUR L'ARRONDISSEMENT DE VALENCIENNES.

Le septième tome des Mémoires historiques sur l'arrondissement de Valenciennes, publiés par la Société d'agriculture, sciences et arts, a paru en octobre 1899.

Ce volume contient une étude de M. Jules Desilve sur Nicolas du Bois, soixante-seizième abbé de Saint-Amand, et une Note sur l'étymologie du nom d'Anzin, par M. Ed. Billiet.

Il a été mis en vente au prix de trois francs. Chaque membre de la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes a droit, par exception, à un exemplaire de ce volume pour la somme de deux francs (1).

BIBLIOGRAPHIE.

Nicolas du Bois, soixante-seizième abbé de Sainl-Amand — 1622-1673 — par JULES DESILVE , licencié ès-letlres , docleur de Louvain, du diocèse de Cambrai.

C'est une intéressante figure que celle de cet abbé de SaintÀmand dont M. l'abbé Desilve a entrepris de retracer, dans les Mémoires historiques publiés par la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, la longue et active existence si dignement remplie. Ainsi que le dit l'auteur dans son avantpropos , « nul n'a rendu plus de services que Nicolas du Bois à la contrée de Saint-Amand et à l'établissement dont il fut le chef pendant plus de cinquante ans. »

Nous ne saurions entrer ici,, après le biographe, dans les détails de la vie de ce prélat qui, dès l'âge de trente-trois ans,

(1) Les membres désireux de profiter de ce prix réduit devront s'adresser au secrétariat de la Société, à l'Hôtel do Villede Valenciennes.


— 238 —

en 1623, se trouvait investi d'une importante dignité, comportant les insignes de la crosse, de la mitre, des armoiries, sans compter un mobilier d'apparat consistant notamment en une luxueuse vaisselle d'argent armoriée, à laquelle l'assujettissait sa situation féodale.

Ce qui donne à cet ouvrage un intérêt d'autant plus grand et qui le fera rechercher notamment par les archéologues, ce sont les renseignements que donne le savant auteur sur les constructions de l'antique abbaye de Saint-Amand fondée au commencement du vu' siècle, et dont on voit encore les ruines grandioses . admirées des touristes. Son importance était considérable, à en juger par les droits et privilèges nombreux et de toute nature qui lui avaient été concédés, et par les domaines qui lui appartenaient. Ses revenus atteignirent jusqu'à 15000G livres en 1768, mais d'autre part ses impôts, ses charges de toute nature, étaient très élevés, surtout en temps de guerre ; on pouvait en dire autant de ses devoirs d'hospitalité, qu'elle pratiquait dans une large mesure.

La primitive abbaye était, comme bien d'autres du moyen âge, une véritable forteresse, mais les bâtiments, surtout à l'intérieur, étaient réduits, au xvuc siècle, à un état de vétusté qui approchait de la ruine. "Nicolas du Bois entreprit la reconstruction du monastère tout enlier dans des proportions grandioses et dignes d'une illustre et grande institution. On peut encore s'en rendre compte par l'état actuel de la tour qui a subsisté, et qui témoigne de la haute conception de réminent'abbé. Celui-ci ne négligeait pas non plus l'administration séculière et religieuse du vaste établissement confié à ses soins, comme aussi de ceux qui en dépendaient.

Nous n'entreprendrons pas de suivre l'auteur dans la relation des diverses phases de l'existence si remplie, si dévouée et si mouvementée de Nicolas du Bois ; il nous suffira de signaler lout particulièrement le soin qu'il apporta au relèvement de l'élément intellectuel de l'abbaye qui alla jusqu'à donner des professeurs à l'Université de Douai, à l'accroissement de sa riche bibliothèque, et l'intérêt qu'il portait aux publications savantes qui émanèrent pour la plupart de l'abbaye même. L'abbé du Bois était un lettré doublé d'un érudit et d'un archéologue. Son activité sans bornes s'étendit même aux propriétés curatives des eaux de la fontaine


— 239 —

Bouillon, dont il aida à accroître la réputation. Sa charité pour les pauvres, et particulièrement sa sollicitude pour l'enfance ,,M fut pas un des traits les moins caractéristiques de celte belle figure du xvn* siècle, qui -sut donner à la vaste abbaye de SaintAmand un caractère de grandeur et d'éclat qu'on ne saurait méconnaître. Cet abbé fut, il faut le dire, d'une sévérité parfois très rigoureuse, mais on ne saurait la lui reprocher trop, quand on songe qu'il eut à lutter contre des abus, contre des résistances qui auraient entravé son action s'il n'avait su les vaincre par son caractère fortement trempé, et par une grande puissance de volonté. ,

Il faut lire, avec tous les détails qui y sont donnés sur l'organisation et sur les réformes accomplies, l'ouvrage de M. l'abbé Desilve pour bien se pénétrer de la glorification de l'abbaye de Saint-Amand, qui forme le résumé de l'existence de Nicolas du Bois. Il abdiqua à la fin de l'année 1672 en faveur de Pierre Honoré qui fut nommé malgré d'aulres compétiteurs ; et il mourait moins d'un an après, victime peut-être de la réaction qui se produit souvent par le repos qui amène l'atonie, épuisé en tous cas par une longue existence toute de travail, de lutte et d'activité. Il fut inhumé dans la crypte de l'église abbatiale. , Son oeuvre, si puissamment élaborée et si magistralement conduite, ne devait pas finir après lui. S'il y eut encore quelques dissensions, l'abbaye n'en conserva pas moins pendant une période presque séculaire l'honneur et la réputation qu'elle s'était acquise depuis longtemps, comme le constatait le grand prieur Carriadore Desmonchaux en 1766 , d'être une maison des plus religieuses et des plus régulières des Pays-Bas. L'étude y était aussi restée en honneur.

L'ouvrage de M. l'abbé Desilve était ainsi achevé ; mais dans sa conscience d'écrivain, il a voulu la compléter par des annexes et documents relatifs notamment aux portraits de l'abbé du Bois et aux diverses vues de l'abbaye, qui forment ainsi une partie iconographique fort intéressante à consulter. Il y a ajouté enfin le relevé des manuscrits el imprimés rares qui ont servi à la biographie. Plusieurs reproductions, entre autres celles du portrait de l'abbé et des plans et dessins de l'abbaye et de la tour, rehaussent encore l'intérêL de celte longue et remarquable étude.

Ce rapide et trop court compte rendu, élaboré au milieu d'au-


— 250 —

très iravaux, n'est qu'un modeste, mais respectueux souvenir en faveur d'un érudit et sympathique collègue dii congrès d'Arlon en août dernier.

Décembre 1899.

Em. DELIGSIÈRE,

Président de la Société d'émulation d'Abbeville, bâtonnier de l'ordnj des avocats.

Le colonel J.-H. FESSLER.

La Galerie historique de la Société d'agriculture, sciences et arts renferme le portrait d'un officier du premier Empiré dont il n'est pas sans intérêt, peut-être, de conserver ici le souvenir avant que le lemps l'ait loul-à-fait effacé de la mémoire de nos concitoyens.

Jean-Henri Fessier était né à Strasbourg le 14 juillet 1759. Mais, amené par les événements militaires à Valenciennes, il y fixa ses affections, et y passa la dernière partie de sa vie. Il y épousa le 17 janvier 1809, alors qu'il approchait de la cinquantaine et avait le litre de colonel retraité, une demoiselle ReineJosèphe Duquesnoy, qui du reste n'était que de six ans moins âgée que lui-même (1). Dès ce moment, jusqu'à sa mort, il ne s'éloigna guère de notre ville. C'est ainsi qu'il fut appelé en 1815 à prendre part à la courte défense de Valenciennes contre les Alliés.

Nous avons eu, sous les yeux, il y a quelques années, un journal de roule manuscrit laissé par le colonel Fessier. Ce document, qui nous avait été prêté, parait s'être égaré depuis lors. Nous y avions pris quelques notes où se trouve résumée la carrière militaire de-cet officier. Nous les transcrivons ici comme les seuls renseignements biographiques qui subsistent sans doute sur lui.

(1) Les témoins de Jean-Henri Fessier, « colonel retiré pensionne du l'Etat », et de MUo Duquesnoy, » propriétaire », furent : MM. Casimir Lebihan, avocat et avoué à Guingamp, beau-frère de l'épouse, AntoineAugustin-Marie-Joseph Duquesnoy, son frère, Mathias Felden, marchand et fabricant d'amidon, et Conrard Wilhelm, ancien militaire pensionné, amis des mariés.


— 241 —

Jean-Henri Fessier s'était engagé le 21 octobre 1775 dans le régiment du Royal Suédois, à Strasbourg.

En septembre 1781, il fit partie de l'expédition hispano-française de Minorque, sous le commandement du duc de Grillon ; il assista à la prise de Minorque et à l'assaut de Gibraltar.

De 1783 à 1792, il tint successivement garnison à Besançon, Avesnes, Landrecies, Maubeuge, puis à Valenciennes et à Douai. Durant cette période, les événements marquants de sa vie furent sa nomination de lieutenant au Royal Suédois le 15 septembre 1785, et son envoi momentané à Rennes, en 1788, pour réprimer les troubles suscités par la suppression des Parlements.

Le 26 avril 1792 il se vit conférer le grade d'adjudant-major au 89° régiment d'infanterie, et bientôt fut activement mêlé aux guerres de la Révolution.

Le 12 octobre, on le voit combattant à Wambrechies ; le 4 novembre il est à Roubaix, le 5 à Tourcoing, le 6 au PontRouge, le 7 à Roubaix, le 8 à Sainghin, le 10 à Tournai, le 16 à Malines.

En 1793 îl 'fait la campagne de Belgique. Le 22 mars, il prend part à l'engagement de la Montagne de fer. Le 2 avril, nous le retrouvons à Mortagne, puis, après l'abandon du camp de Maulde, à Saint-Saulve le l"rmai. Le 7 mai, il résiste vaillamment à l'ennemi, à Wallers, avec son bataillon, qui, exposé au feu de l'ennemi de 3 heures du matin à 9 heures du soir, perd en cette journée 600 hommes sur 665.

En août, Fessier est au camp d'Àrleux, et le 28 de ce mois il est promu au grade de capitaine. C'est en cette qualité qu'il conduit 700 hommes, le 6 septembre, à l'attaque du camp anglais de Poperinghe, et contribue le 8 à la prise d'Hondschoote. Les jours suivants, il passe, toujours bataillant, à Messines, Werwick, Menin, Gourtrai. Les 13, 16 et 17 octobre, il combat aux environs d'Avesnes, le 3 novembre à Thuin, le 21 à Bousigny.

En 1794 Fessier ligure, en juillet et en août, parmi les assiégeants victorieux de Landrecies, du Quesnoy, de Valenciennes, de Condé. Les 10 et 21 septembre, il prend part aux combats livrés autour de Liège, puis en octobre à la campagne du Rhin. — Le 9 septembre, il est nommé adjoint aux adjudants-généraux de l'état-major du général Renouf.

En 1795, Fessier est successivement conduit à Aix-la-Cha-


— 242 —

pelle, Cologne, Bonn, Coblentz, Nassau, etc. Jusqu'alors il paraît avoir été assez épargné par les armes ennemies. Mais le 12 octobre, il est « sabré » par les hussards autrichiens.

En 1796, nous le retrouvons, à la fin de juillet, à Wurlzbourg, occupé par l'armée française. Il découvre dans l'arsenal de cette ville la pièce des douze apôtres, provenant du siège de Valenciennes. Chargé de porter à Paris le traité de paix conclu à Wurlzbourg avec certains des confédérés allemands, Fessier obtint ensuite un congé qu'il vint passer à Valenciennes.

Au commencement de 1797, il se vit confier le soin d'organiser les grenadiers appelés à garder le Corps législatif. Puis il fut nommé commandant de place de Giessen (Allemagne du sud). De là, il passa à Creutznach, et ensuite à Friedberg (Bavière).

Le 1er décembre 1798, il fut nommé chef de bataillon au 103e régiment d'infanterie, mais sans y être incorporé, ayant obtenu d'être attaché au général Renouf, chef d'état-major de Jourdan à l'armée du Rhin.

Après avoir franchi le Rhin avec celte armée le l"mars 1799, il assista le 22 mars à la bataille d'Oslrach, et les 24 et 25 mars à celle de Liptingen. — A la suite de la destitution de Jourdan, qui rentra en France avec tout son état-major, Fessier prit quelque repos à Corbeil. Mais dès le mois d'août, Fessier suivit en Italie le général Renouf. Le 29 novembre, lui fui donné le commandement de la 17m" demi-brigade, à Gènes. Il eut l'occasion, le 21 décembre, d'y tirer l'épée contre l'ennemi, mais il quitta cette ville avant le siège célèbre qu'y soutint Masséna.

En 1800, Fessier a regagné l'Allemagne. En garnison à Mayence au mois de février, il est ensuite nommé commandant de place à Oppenheim, prend le 5 avril le commandement de la légion du Rhin, est chargé le 15 du même mois de la surveillance de l'exploitation de la forêt de Kammerforls, mais se fait peu après remplacer, à la suite de certains abus qu'il a constatés et auxquels il ne veut pas être mêlé. Il exerce alors les fonctions de chef des avanl-posles de Niesbau à Gassel, puis, le 3 juillet, de commandant du fort de Gassel.

Enfin, le 31 août 1800, il est nommé commandant d'une légion expéditionnaire qu'on va tenter de faire passer en Egypte, à travers la (lotte anglaise, pour y renforcer le corps d'occupalîon très menacé. Fessier s'embarque à Brest, le 11 décembre


— 243 —

1800, sur l'Indomptable, avec cette légion de 4.000 hommes, qu'il a organisée.

Le 9 février, le navire réussit à passer sans encombre devant Gibraltar ; il arrive dix jours plus tard à Toulon, et reprend la mer le 1er mai. Quelques jours après, 1.500 hommes sont débarqués à l'île d'Elbe, et le 15 une attaque est dirigée contre Porto-Ferrajo, le chef-lieu de celte île. Presque immédiatement, l'Indomptable revient aux îles d'Hyères, sans avoir pu forcer la ligne des navires anglais.

Le 15 juin, la légion de Fessier est rembarquée, et l'on cingle vers l'Espagne. Le 6 juillet, Fesser assiste à la bataille d'ÀIgésiras, pendant laquelle l'Indomptable ne reçoit pas moins de 337 boulets dans sa coque. Le 12 juillet, on a trouvé abri à Cadix.

À ce moment, Fessier a des difficultés avec le général Deveaux, qui veut puiser dans la caisse de la légion. Fessier adresse à ce sujet une plainte au Ministre, et se rend lui-même à Madrid pour s'y expliquer avec le Conseil d'administration. Il y est reçu par Gouvion-Saint-Gyr le 16 décembre, et de là est envoyé à Bayonne, où il règle enfin ses comptes.

Mais pendant ce temps, la légion qu'il avait laissée à Cadix a été envoyée à Saint-Domingue. Fessier demande à l'y suivre. Après des démarches assez longues, il est enfin embarqué à Brest le 28 octobre 1802, et arrive le 15 novembre à SaintDomingue. Malheureusement, il y tomba presque aussitôt malade, assez gravement pour être sans délai renvoyé en France, où il remit le pied le 4 janvier 1803.

Cette mésaventure n'a pas dégoûté notre officier des voyages maritimes. Il sollicite la faveur d'aller rejoindre le général Renouf à la Guadaloupe. Mais, après avoir manqué le départ du bâtiment favorable, il renonce à son projet, et va prendre dixhuit mois de repos chez i'évêque de Tournai, son parent.

En janvier 1807, Fessier revient à Valenciennes, où il prend logement à l'hôtel de la Biche, puis chez une demoiselle Dilly, marchande de vin, pont de la Hamaïde. Il va passer les mois d'avril et mai chez son beau-frère Dillemin, commandant de place à Condé, et achève l'année à Valenciennes, où il habile en dernier lieu chez un M, Dassonville.

En 1808, le 17 avril, Fessier reçoit l'ordre de rejoindre, avec le grade de colonel, l'armée d'Espagne à Bayonne. Mais aucun


— 244 — ■

emploi de colonel ne se trouvant vacant en ce moment, il est renvoyé en disponibilité par Napoléon, et regagne Valenciennes. — C'est au commencement de 1809, nous l'avons dit, qu'il y épousa Mlle Duquesnoy.

Au mois d'août suivant, il reçut l'ordre de partir pour Flessingue, avec le bataillon des anciens militaires du Nord, contre les Anglais qui venaient de prendre cette ville. Mais l'ennemi l'ayant presque immédiatement évacuée, Fessier revint avec ses hommes à Lille dès le 25 septembre et rentra le 2 octobre à Valenciennes.

De 1811 à 1813, il habita Saint-Saulve, dans des maisons appartenant à M. Waroquet et à M. Botliau.

Le 11 février 1814, il note dans son journal la première apparition des Cosaques devant Valenciennes. Le 13 mai, malade depuis six mois, il voit arriver à Saint-Saulve les chasseurs prussiens d'Eichsfeld qui, dit-il, commettent des « atrocités ».-

En 1815, pendant les Cent Jours, Fessier fut un moment appelé à Lille comme ancien militaire, mais on ne l'utilisa point. Revenu à Valenciennes, le 28 juin, il reçut du général Rey, gouverneur de cette ville, au moment où en commença le siège, la charge d'en surveiller l'état des remparts et de la fortification tant extérieure qu'intérieure. « Je fus, (écrit-il), obligé de faire ma ronde jour et nuit, surtout quand l'ennemi tirait. »

Durant ce temps, sa maison fut pillée à Saint-Saulve par les Prussiens. Après le siège, le général Delorl le logea dans la Citadelle. Mais Fessier la dut quitter quand les Anglais entrèrent dans notre ville. Il loua un appartement rue des Tanneurs, n° 1.

Fessier acheva sa vie à Valenciennes dans un repos qui parait depuis lors n'avoir plus été troublé. Il y mourut le 31 mars 1832, rue Dadier, n° 12, à l'âge de soixante-douze ans et demi (1). . L. P.

(1) La déclaration de décès est signée, au bureau de l'état-civil, par Antoine-Auguste O'delaut, beau-frère utérin du défunt, et par Stanislas Flamme, lieutenant d'infanterie en retraite.


— 245 —

SECTION CENTRALE

DE LA. SOCIÉTÉ.

Séance du 23 décembre 1899. Présidence de M. Àug. DOUTRIAUX, président.

Sont, présents : MM. J. Lecat, E. Macarez, A. Lacroix, L. Devémy, A. Ducloux, G. Gras, P. Hayez, H. Weil, et V. Henry, secrétaire.

Ont excusé leur absence, MM. E. Bullot, A. D'Haussy et Ch. Lebacqz.

— Lecture est donnée du procès-verbal de la séance tenue par la Section centrale le 11 novembre ; il est adopté.

Nécrologie. — M. le Président rappelle que, depuis la dernière réunion de la Section, la Société a inopinément perdu l'un de ses membres les plus actifs et les plus zélés,'M. A. Ridiez, conservateur de sa bibliothèque et de ses collections. M. le Président tient à renouveler l'hommage qu'il a déjà rendu à la mémoire d'un collaborateur si dévoué.

La Section centrale s'associe aux sentiments de son Président et demande que l'expression de ses regrets soit mentionnée dans le procès-verbal de la séance.

Envoi des publications de la Société à VExposition de 1900. — M. le Président informe la réunion qu'il a reçu de M. le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts une circulaire, datée dû 28 novembre, où il est dit :

K ... Je tiens essentiellement à ce que les Sociétés savantes « de Paris et des déparlements prennent part à l'Exposition sous « les .auspices du Ministère.

« Je viens donc de décider qu'un espace leur sera réservé dans « les locaux affectés à la classe 3 (Enseignement supérieur) « et que toutes les publications depuis 1889 y seront accueillies.

« Le catalogue officiel devant être mis sous presse dans un « délai très rapproché, il est indispensable que vous me fassiez « savoir, avant le 20 décembre prochain, dernier délai, si je dois « comprendre votre Compagnie dans la liste des exposants du « Ministère de l'instruction publique.

« Dans l'affirmative, je vous prie de prendre les dispositions

TOME XLIX. 9


— 246 —

« nécessaires afin que vos publications, depuis 1889, brochées « ou reliées suivant vos convenances, puissent m'être adressées « avant le 1er mars 1900.

« Dès que j'aurai reçu votre adhésion, j'aurai l'honneur de « vous faire connaître les conditions d'expédition auxquelles vos « envois seront soumis et dont ils bénéficieront... »

M. le Président dit qu'après avoir consulté les autres membres du Bureau, il a cru bon, d'accord avec eux, de répondre à M. le Ministre que, dans les conditions indiquées, la Société enverrait à l'Exposition les ouvrages publié.- depuis dix ans par ses soins ou sous son patronage, c'est-à-dire les derniers volumes de sa Revue agricole, industrielle, historique et artistique, le tome VII des Mémoires historiques de l'arrondissement, et le savant et bel ouvrage sur les Fortifications de Valenciennes dû à M. Edouard Mariage.

La Section ratifie la décision prise par son Bureau.

Projet de loi et voeu sur la fabrication de la saccharine. — M. le Président rappelle que dans sa séance du 16 novembre, la Section tentralc avait émis, à la majorité des voix, un voeu tendant à l'interdiction absolue de l'usage de la saccharine en France. Or, quelques jours plus lard, et avant que cette délibération fût communiquée à l'Autorité supérieure, le Gouvernement a déposé à la Chambre des députés un projet de loi sur la fabrication et la vente de la saccharine Après en avoir pris connaissance, M. le Président et M. le Secrétaire général ont jugé ulile de surseoir à l'envoi du voeu susdit, et de ramener la question devant la Section centrale. En effet, le projet de loi paraissant donner aux intérêts défendus par la Société d'agriculture de sérieuses garanties, en réglementant étroitement la fabrication de la saccharine et en punissant sévèrement tout emploi de ce produit en dehors de la thérapeutique, on peut se demander si, pour hâter le vote des mesures de répression désirables, il n'est pas opportun, au lieu de sen.bler critiquer et combattre les dispositions admises par le Gouvernement, de s'y rallier purement cl simplement et de les appuyer. Celte décision aurait en même temps, du reste, l'avantage de former une sorte de transaction entre les voeux différents adoptés le 28 octobre par la Section des sciences et le 16 novembre par la Section centrale.


- 247 -

M. le Président fait lecture ensuite du texte du projet de loi signalé, et de quelques passages de l'exposé des motifs (1).

A la suite de ces explications, la Seclion déclare partager l'avis de son Président, et prend la délibération suivante, en chargeant son Bureau de l'adresser à M. le Ministre de l'agriculture et à MM. les Députés et Sénateur de la circonscription:

« Considérant qu'un certain nombre de fabricants de boissons ou de comestibles paraissent se laisser entraîner à remplacer le sucre par la saccharine dans leurs marchandises ;

« Considérant que, loin d'avoir sur l'organisme humain le même effet,que le sucre, dont les qualités fortifiantes sont aujourd'hui bien reconnues, la saccharine n'a aucune valeur alimentaire, et peut même, suivant les hygiénistes les plus éminents, déterminer des (roubles dans la digestion ;

« Que, par conséquent, l'emploi de ce produit chimique constilue une falsification des plus fâcheuses et des plus blâmables ;

« Considérant qu'en outre cette falsification menace d'un préjudice considérable l'agriculture et le Trésor public, d'autant que le pouvoir édulcorant de la saccharine équivaut à trois ou quatre cents fois celui de la même quantité de sucre,

« La Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes

« Accueille avec une vive satisfaction le projet de loi déposé le 21 novembre 189.9 par le Gouvernement à l'effet d'interdire, sous des peines sévères, l'emploi de la saccharine pour tous usages autres que la thérapeutique et de faire étroitement surveiller la fabrication et la vente de cette substance.

« La.Société d'agriculture compte sur MM. les Représentants des régions sucrières à la Chambre des députés et au Sénat pour obtenir sans retard dans chacune de ces assemblées le vote du projet de loi, et prie le Gouvernement d'en hâter de tout son pouvoir l'application. »

Projet de Concours d'animaux gras à Saint-Amand. —M. le Président communique à ses collègues celle lettre, qui lui a été adressée au nom du Comice agricole de Saint-Àmand-les-Eaux :

(1) Voir ci-après le dit projet de loi, page 250.


— 248 —

« Saint-Amand, le 20 novembre 1900. « Monsieur le Président,

« Nous avons l'honneur de vous faire part que le Comice agricole de Saint-Amand a décidé, dans sa réunion du 17 courant, l'organisation d'un concours d'animaux gras pour le dimanche des Rameaux de 1900.

« Nous ne douions pas que vous voudrez bien accorder votre haute approbation à notre inilialive; en outre, nous avons la ferme conviction que vous nous réserverez le plus bienveillant appui en nous accordant un certain nombre de médailles.

« Recevez, Monsieur le Président, eic.

« Le Secrétaire, « Le Président,

« LEGRU-RAVIART. « Emile DAVAINE ».-

M. le Président ajoute que, suivant les renseignements qui lui ont été donnés, le Comice de Saint-Àmand compte organiser le concours dont il s'agit, comme celui du printemps passé, avec ses propres ressources et un subside de la ville. On ne peut que féliciter ce Comice de sa bonne volonté, et la Section centrale voudra sans doute l'encourager en lui accordant les médailles qu'il demande.

La Section décide que des médailles de la Société seront attribuées aux lauréats du concours projeté en même nombre qu'en mars 1899.

Surabondance des pailles. — M. le Président dit que quelques cultivateurs l'ont entretenu de la grande quantité de pailles qu'ils ont engrangée celte année, et dont, avec ennui, ils ne trouvent ni à tirer parti ni à se défaire. À l'étranger pourtant, ou dans d'autres régions, la paille est assez facilement vendue. Mais il y a précisément difficulté à faire parvenir celte paille aux lieux où elle pourrait être livrée à la consommation, parce que son volume rend les frais de transport très onéreux. Dans d'autres parties du Nord, on a surmonté l'obstacle grâce à l'emploi de presses au moyen desquelles la paille est comprimée de manière à être ensuite transportée assez économiquement ; ces presses ont été acquises soil par les, grands propriétaires terriens mêmes, soit par des sociétaires qui achètent les pailles à la culture puis les revendent après les avoir pressées. M. le Président signale ces


— 249 —

faits à ses collègues, afin qu'ils examinent s'il est possible de provoquer quelque initiative semblable dans l'arrondissement.

Un membre de la Section se demande si la surabondance despailles n'est pas tout accidentelle et momentanée.

M. P. Hayez ne le croit pas; il estime que la situation dont il s'agit persistera.

M. le Président répèle qu'il livre la question aux réflexions des agriculteurs de la Société.

Proposition d'admission d'un membre titulaire. — M. le Président expose qu'à la suite de la mort de M. Ridiez, qui renseignait spécialement la Section sur les questions relatives aux collections historiques et artistiques de la Société, plusieurs membres proposent d'appeler à faire partie de la Section centrale M. Edouard Fromentin, qui a toute la compétence désirable pour y remplacer le collègue perdu. M. Fromentin est présenté par MM. Auguste Doiitriaux, Julien Lecat, Victor Henry et Ernest Macarez. Conformément à l'article 15 du règlement delà Société, il sera voté sur l'admission de M. Fromentin dans la prochaine séance.

Convention commerciale franco-américaine. — MM. Pierre Hayez cl Macarez appellent l'attention de la Section sur la convention commerciale signée entre les Gouvernements de la France et des Etals-Unis et soumise en ce moment à la ratification du Parlement. Ils ne croient pas l'adoption de ce traité favorable à l'agriculture.

La Section prie son Bureau d'étudier la question et de l'en ressaisir en temps utile.

— L'ordre du jour étant épuisé, et aucun des membres de la réunion ne demandant la parole, M. le Président déclare la séance levée.


- 250 —

PROJET DE LOI SUR LA SACCHARINE.

Le projet de loi présenté à la Chambre des députés, concernant la saccharine (1), par MM. les Présidents du Conseil des ministres et les. Ministres de la justice, du commerce et des finances, est ainsi conçu :

EXPOSÉ DES MOTIFS. Messieurs,

Le d!vcloppemenl qu'a pris, dans ces dernières années, la fabrication de la saccharine, a appelé l'attention sur le préjudice que pouvait causer à l'industrie sucrière et au Trésor l'emploi de celle substance dans les produits alimentaires, ainsi que sur le danger qui pouvait en résulter pour la santé publique.

Les gouvernements de divers pays d'Europe se sont préoccupés, d'une part, de mettre des barrières à l'introduction de la saccharine et, d'autre part, de proléger la santé publique contre' l'usage de ce produit.

C'est ainsi qu'en Belgique une loi du 21 mai 1888 a frappé la saccharine à l'état solide ou liquide et les produits contenant plus de 0,5 p. 100 de saccharine d'un droit de douane de 140 francs par kilogramme.

En Italie, une loi du 15 mars 1890 a interdit l'importation de la saccharine et de ses dérivés.

En Autriche, un décret du 20 avril 1898 a interdit, d'une manière générale, l'importation de la saccharine et des produits similaires. L'importation et le commerce de ces substances ne sont autorisés, sous des conditions étroitement réglementées, qu'en faveur des pharmaciens et des droguistes, et uniquement pour les usages pharmaceutiques. Le même décret subordonne l'emploi de la saccharine, dans les pâtisseries .et confiseries, à l'autorisation préalable du conseil d'hygiène.

L'exemple de l'Autriche a élé suivi par l'Allemagne. Une loi, qui est entrée en vigueur le 1" octobre, interdit : 1° d'employer la saccharine ou toute substance édulcorante artificielle dans la

(1) Voir ci-avant page 240.


- 251 —

fabrication de la bière, des vins, des liqueurs, des jus sucrés, des conserves, des sirops de sucre et de glucose ; 2° de vendre ou de colporter des matières sucrées artificielles. Elle prescrit de considérer comme une falsification l'emploi des dites matières dans la préparation des substances alimenlairûs ou des objets de consommation.

En France, les Pouvoirs publics ont déjà pris des mesures dans le même ordre d'idées. La fabrication de la saccharine n'avait pas été jusqu'ici réglementée, mais l'importation de ce produit et de ses dérivés a été interdite par un décret du 1" décembre 1888, lequel a été confirmé par la loi de douanes du 2 janvier 1892. D'autre part, une circulaire du Ministre de la justice, en date du 16 octobre 1888, a prescrit aux procureurs généraux de considérer l'emploi de la saccharine dans les boissons et substances alimentaires comme constituant un délit de falsification tombant sous l'application des lois des 27 mars 1851 et 5 mai 1855 Celte mesure avait été prise à la suite d'un avis du Comité consultatif d'hygiène publique (séance uii 13 août 1888), lequel faisait connaître que la saccharine ne pouvait, sans inconvénient, être employée comme succédané du sucre dans l'alimentai ion.

Ces conclusions ont été confirmées par un nouvel avis en date du 20 avril 1891. Tout en reconnaissant qu'il n'y a pas lieu d'interdire la fabrication d'un produit qui peut, dans certains cas, rendre des services en thérapeutique, le Comité s'e;l prononcé à nouveau contre l'emploi de la saccharine dans l'alimentation humaine. Un nouveau rapport présenté au Comité, le 18 septembre 1893, par MM. Brouardel et Ogier, a maintenu ses conclusions. En résumé, la saccharine reconnue comme n'étant pas un aliment, comme retardant les actes de la digestion, la rendant plus pénible, plus lente, et multipliant les cas de dyspepsie, ne doit, dans l'esprit du Comité d'hygiène, avoir d'utilisation qu'en thérapeutique et -en pharmacie, pour certaines préparations déterminées.

Or, une enquête, récemment l'aile par l'Administration des contributions indirectes, a révélé que malgré les mesures prises, la saccharine, ou ses dérivés, étaient utilisés dans la préparation de divers produits, les limonades notamment.

JJ .a.-pava, en conséquence, qu'il y avait lieu -de soumet ire la


— 252 —

fabrication el la vente de la saccharine et des substances analogues à une réglementation en vue de protéger la santé publique et de sauvegarder en même temps les intérêts de l'agriculture, de l'industrie sucrière el du Trésor. Si l'on tien! compte, en effet, que la saccharine possède un pouvoir sucrant équivalant à trois cents fois, et, d'après certaines évaluations, a cinq cents fois celui du sucre, on voit combien graves peuvent être pour les finances de l'Etat, pour l'agriculture el pour l'industrie sucrière, les conséquences de la substitution de la saccharine au sucre dans l'alimentation.

Le Comité consultatif des arts et manufactures a été saisi de la question. Cette assemblée s'est prononcée dans le même sens que le Comité consultatif d'hygiène publique el, dans sa séance du 12 octobre 1898, elle a émis un avis portant qu'il y avait lieu de surveiller étroitement la fabrication de la saccharine, d'interdire la vente de celle substance, en dehors de ses applications à la thérapeutique et à la pharmacie, enfin de constater par des procès-verbaux cl de déférer aux tribunaux tous les cas d'introduction de ce produit dans les boissons et dans les denrées alimentaires.

C'est en conformité des conclusions concordantes de ces deux corps savants, Comité consultatif d'hygiène publique et Comité consultatif des arts el manufactures, qu'a été rédigé le projet de loi ci-après...

PROJET DE LOI.

Article premier. — Est interdit pour tous usages autres que la thérapeutique ou la pharmacie, l'emploi de la saccharine ou de toute autre substance édulcoranle artificielle, possédant un pouvoir sucrant supérieur à celui du sucre de canne ou de betteraves, sans avoir les qualités nutritives.

Art. 2. — La fabrication des dites substances ne peut avoir lieu que dans les usines soumises à la surveillance permanente du service des contributions indirectes.

Les frais de surveillance sont à la charge des fabricants. Le décompte en sera arrêté annuellement par le Ministre des finances, d'après le nombre et le traitement des agents attachés à chaque usine.

Art. 3. — Les quantités fabriquées sont prises en compte et la vente n'en peut être faite qu'à des pharmaciens.


Art. 4. — Les pharmaciens sont comptables des quantités qu'ils ont reçues; ils ne peuvent vendre ou employer les substances susdésignées que sur ordonnanc3 d'un médecin.

Ils devront porter sur leur registre d'ordonnances les quantités livrées en nature, celles employées pour la"préparation des médicaments avec la désignation de ces médicaments, la date de l'ordonnance du médecin avec son nom et son adresse ; le nom et la demeure du client à qui auront été livrées les substances en nature ou les médicaments composés avec les dites substances.

Tous les trois mois, ils devront totaliser les quantités reçues et celles vendues, soit en nature, soit dans les médicaments, sur ordonnances de médecins.

Les infractions aux dispositions du présent article seront constatées, et les procès-verbaux dressés dans les formes prévues par les lois et règlements sur l'exercice de la pharmacie.

Art. 5. — Sera puni de l'emprisonnement pendant trois mois au moins, deux ans au plus; et d'une amende de cinq cents francs (500 fr.) au moins, de dix mille francs (10.000 fr.) au plus, ou de l'une de ces deux peines seulement :

Quiconque aura fabriqué ou livré les substances désignées à l'article premier en dehors des conditions prévues par la présente loi,

Et quiconque aura sciemment exposé, mis en vente ou vendu des produits alimentaires (boissons, conserves, sirops, etc..) mélangés des dites substances.

La confiscation des objets saisis sera prononcée.

Sera présumé'avoir connu le mélange illicite el sera, dès lors, responsable du délit, tout marchand qui ne fournira pas les renseignements pour permettre la poursuite du vendeur ou de l'expéditeur des substances désignées à l'article premier ou des produits auxquels ces substances auraient été mélangées.

Art. 6. — Des décrets détermineront les obligations des fabricants, ainsi que les formalités à remplir pour la circulation des substances désignées à l'article premier.

Les contraventions aux dispositions de ces décrets seront punies de cent à mille francs (100 à 1.000 fr.).

Art. 7. — En cas de récidive, les pénalités édictées par la présente loi seront doublées, et la peine de l'emprisonnement, dans les cas prévus à l'article 5, devra être prononcée.

TOME XLIX. 9*


— 254 —

L'article 463 du Code pénal sera applicable, même en cas de récidive, aux délils prévus par la présente loi.

Le sursis à l'exécution des peines d'amende édictées par la présente loi ne pourra être prononcé en vertu de la loi du 26 mars 1891.

Art. 8. — La présente loi est applicable à l'Algérie et aux colonies.

Fait à Paris, le 11 novembre 1899.

NÉCROLOGIE!.

M. ALFRED RIGHEZ, architecte.

Inopinément, par une maladie dont la gravité ne s'est révélée qu'au dernier moment, la Société d'agriculture, sciences et arts s'est vu enlever l'un de ses membres les plus laborieux et les plus zélés ; M.Alfred Ridiez, architecte, est décédé le mardi 28 novembre 1899, dans sa cinquante-cinquième année.

M. Ridiez, membre de la Société centrale des architectes français, se plaisait à exercer les fondions de bibliothécaire et de conservateur des collections historiques de la Société d'agriculture. Il appartenait à la Société française d'archéologie, au Cercle archéologique de Mons, à la Société des bibliophiles de la même ville.

Ses obsèques ont eu lieu le vendredi 1er décembre. Les cordons du poêle ont été portés par M. Aug. Doutriaux, président de la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, M. Dutouquet, doyen des architectes de Valenciennes, M. Ch. Marlière, vice-président de l'Association des anciens élèves des Académies de Valenciennes (dont M. Ridiez avait été président durant un certain temps), et'par M. Roussel, architecte à Cambrai.

Au cimetière, deux discours ont été prononcés, le premier par M. Charles Marlière, au nom de l'Association des élèves


■■-*■ 255 -

des Académies, le second par M. Doutriaux, au nom de la Société d'agriculture.

M. Charles Marlière s'est exprimé en ces termes :

« Par suite d'un empêchement imprévu de notre président, j'ai la douloureuse mission de venir, au nom de l'Association des anciens élèves des Ecoles académiques, rendre un dernier hommage à la mémoire de notre ancien et regretté président Aifred Ridiez. Une voix plus autorisée que la mienne vous énumérera tout à l'heure ses qualités d'archéologue; je vous rappellerai seulement qu'Alfred Richez fut un bon Valenciennois el un artiste de talent.

« Né à Valenciennes le 20 avril 18i5, Alfred Richez montra de bonne heure les plus grandes aptitudes pour le dessin. Elève distingué de nos Ecoles académiques, il y remporta les plus haules récompenses dans les différents cours de la classe d'architecture, aussi fut-il admis avec succès' à l'Ecole des beauxarts au concours de 1867.

« Ses études, interrompues par le service militaire qu'il fit en Afrique, ne furent cependant point compromises ; à son retour en France, il les termina de la façon la plus heureuse.

« Nommé architecte adjoint de la ville de Boulogne, il attira bientôt, par sa renommée naissante, l'attention de la Municipalité de Roubai.x, qui lui confia la direction des travaux municipaux. Tous ceux qui connaissent la ville de Roubaix connaissent aussi les nombreux travaux qu'il a dirigés avec une habileté et une compétence auxquelles la Municipalité actuelle vient de rendre un juste hommage en envoyant à sa veuve un télégramme des plus sympathiques.

« Valenciennois jusqu'au fond de l'âme, Alfred Richez vint se fixer définitivement en notre ville, consacrant son temps et son talent non seulement aux nombreux travaux qui lui étaient confiés, mais .s'attachant à tout ce qui pouvait contribuer à augmenter la gloire artistique de notre cité.

« Médaillé par le département du Nord pour sa participation à l'Exposition scolaire d'Amsterdam, nommé ensuite officier d'académie, médaillé aussi pour sauvetage dans un incendie, Alfred Richez joignait aux qualités de l'esprit celles du coeur!

<r Avec quelle joie il accueillait les succès de nos élèves des


- 256 -

écoles académiques ! Nommé président de l'Association des anciens élèves, dont il avait été l'un des fondateurs, il y apporta le dévouement et le zèle si nécessaires à ces délicates fonctions.

« Son goût spécial pour tout ce qui avait trait à l'archéologie nous a permis de découvrir el de conserver bien des richesses qui sans lui eussent sans doute été perdues-..

« Si la mort a brisé si prématurément l'existence de cet artiste infatigable, les travaux qu'il a laissés et l'exemple qu'il nous a donné porteront leurs fruits ; il ne sera pas oublié, ses oeuvres lui survivront.

« Puisse ce f.iibie témoignage de notre douloureuse sympathie atténuer la douleur de sa famille si cruellement éprouvée.

« Au nom de l'Association des anciens élèves des écoles académiques, mon cher Président, je vous dis adieu. »

M. Doutriaux a prononcé le discours suivant : « Messieurs,

« La Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes ne peut laisser disparaître l'un de ses membres les plus dévoués el les plus actifs sans lui donner quelques paroles d'adieu.

« M. Alfred Richez, après avoir exercé sa profession d'architecte à Boulogne-sur-Mer et à lloubaix. rentra définitivement à Valenciennes, sa ville natale, en 1890.

« A peine y était-il fixé qu'il entra comme membre actif dans notre Société.

« Il y apporta cette ardeur qu'il montrait en toute chose, ardeur qu'on peut parfois trouver exubérante, mais qui est une des conditions du succès et dont on ne trouve malheureusement que trop peu d'exemples dans noire époque. Il y apporta aussi son goût particulier pour les choses d'art et spécialement pour l'archéologie, son amour pour sa ville natale, car il était bien le type du Valenciennois qui ne trouve rien de supérieur à sa ville et qui a souvent raison.

« Avec toutes ses qualités, M. Richez devait nous rendre de signalés services et il n'y a pas manqué.

« A peine entré dans notre Société, il contribuait pour sa bonne part à y reconstituer la Section des beaux-arts qui avait cessé de fonctionner depuis une douzaine d'années ; aussi en était-il nommé secrétaire, tandis que M. Paul Foucart, que


201

nous regrettons toujours, était appelé à en prendre la présidence et que le rôle de la Section était élargi par sa fusion avec celle d'histoire et de littérature.

« En février 1892 il fut nommé bibliothécaire de la Société ; il y joignit plus tard le litre et le rôle de conservateur de notre Galerie historique valenciennoise, (qu'il avait vraiment sous sa garde puisqu'elle était placée dans une partie de L'immeuble qu'il habitait lui-même). Il n'a cessé de l'enrichir soit parles acquisitions intelligentes qu'il savait provoquer, soit par les dons personnels et nombreux qu'il faisait lui-même.

« Il faisait aussi partie de la Section des arts et manufactures, dont il n'était pas le membre le moins actif ni le moins assidu.

« Il fut l'un des promoteurs et des organisateurs de la Société valenciennoise des arts qui vient de nous donner encore celte année une exposition si remarquable.

« La Section centrale l'avait naturellement appelé depuis longtemps dans son sein, et il y tint comme partout sa place.

« Mais c'est surtout dans la Section d'histoire et d'art que M. Richez se faisait remarquer ; il y était d'une exactitude exemplaire; à chaque séance, il apportait presque toujours une communication; notre Revue en oli're le témoignage, elle contient toute une série de comptes rendus écrits par M. Richez pour conserverie souvenir de manifestations artistiques locales, notes sur. l'exposition des beaux-arts organisée en 1890 à l'Hôtel de Ville de Valenciennes, fêles du Couronnement en 1897, etc.

« Elle contient aussi de nombreuses communications sur des questions archéologiques qui passionnaient surtout notre collègue. Je citerai en passant une note sur une pierre, tombale découverte sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Jean, sur des armes et bijoux anciens découverts impasse des Sarrazins, etc.

« Chaque année, M. Richez représentait notre Société dans les congrès des Sociétés archéologiques de la Belgique et des anciens Pays-Bas, il nous en rendait compte avec un soin passionné.

« M. Richez faisait encore partie d'une commission constituée par la Section d'histoire el d'art pour encourager, protéger et récompenser les restaurations intelligentes de nos vieilles maisons bâties aux siècles passés ; mais cette commission n'avait guère eu encore d'occasion de se manifester.


— 258 —

« Il avait été aussi le promoteur d'une série d'excursions archéologiques commencées cette année même dans les communes de notre arrondissement par un certain nombre de nos collègues.

« Il serait difficile de dire d'une façon complète tous les services que notre regretté collaborateur nous a rendus.

« Mais il convient de ne pas oublier le dernier ; nous avions besoin de renouveler le type de nos diplômes de récompenses. M. Richez offrit de se charger de ce travail, il se mit immédiatement à l'oeuvre, il y consacra tout son temps, tout son talent, tous ses soins el en offrit le résultat remarquable à notre Société, sans vouloir accepter aucune rémunération. Nous lui décernâmes la plus haute de nos récompenses, la médaille d'or; je comptais avoir le plaisir de la lui remettre à lui-même dimanche dernier dans notre distribution solennelle des récompenses, cl c'est à un mourant que je suis allé la porter ; ce fut pour lui une suprême satisfaction avant de quitter celle terre.

«Adieu, mon cher Collègue; votre souvenir, que votre dernière oeuvre perpétuera dans la Société, ne s'effacera pas du coeur de vos collaborateurs. Nous n'oublierons jamais tous les services que vous nous avez rendus, el nous espérons que toutes ces marques de sympathie et d'estime apporteront quelque soulagement à la douleur de celles que vous avez laissées derrière vous. Adieu. »

CHRONIQUE AGRICOLE.

L'EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ DES AGRICULTEURS DU NORD AU PALAIS RAMEAU, A LILLE.

DISTINCTIONS IION01UFIQUES. — RÉCOMPENSES.

L'exposition organisée à Lille par la Société des agriculteurs du Nord en vue de préparer la participation des cultivateurs de la région à l'Exposition universelle de 1900, a été ouverte du 3 au 10 décembre 1899. Plusieurs membres de la Société d'agri-


— 259 —

culture, sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes y ont envoyé des échantillons de leurs produits.

« Le Palais Rameau, (lil-on dans le Bulletin officiel de la Société des agriculteurs du Nord), a servi de cadre à celte manifestation .

« Une large allée était réservée au centre pour les machines agricoles; de chaque côté du palais s'alignaient cinq tables avec panneaux de 2 mètres 50 de hauteur, garnies de tentures rouges, où se dressaient toutes les variétés de culture de la région : céréales, lins, chanvres, fourrages, graines de betteraves, houblons, légumes de toutes sortes, racines industrielles et comestibles, telles que betteraves et pommes de terre

«... Signalons l'installation faite par M. Emile Dusarl, de Saint-Amand, d'un appartement éclairé et chauffé par l'alcool. C'était une démonstration en action que, si les difficultés soulevées contre son emploi étaient écartées par le Gouvernement, l'alcool pourrait avec avantage être employé comme moyen d'éclairage, de chauffage, et aussi de force motrice... »

Le dimanche 10 décembre a eu lieu au Palais-Rameau la distribution des récompenses décernées aux lauréats de l'exposition et des concours annuels de la Société des agriculteurs du Nord.

M. le Ministre de l'agriculture avait chargé M. Vassilière, directeur de l'agriculture, de le remplacer pour présider cette cérémonie.

M. Vassilière a proclamé différentes distinctions honorifiques accordées à cette occasion par le Ministre. Nous sommes heureux de relever no'tamment la nomination au litre de chevalier du Mérite agricole de M. E. Dusart, de Saint-Amand, et la promotion au grade d'officier du même ordre, de M. DeleporteBayard, qui a laissé à ses anciens concitoyens de Valenciennes de si bons souvenirs, et qui,remplit depuis nombre d'années déjà les fondions de trésorier de la Société des agriculteurs du Nord.

Parmi les exposants, les membres de la Société d'agriculture de l'arrondissement de Valenciennes ont obtenu plusieurs récompenses qu'il importe de citer ici ; ont été décernés :

Un diplôme d'honneur el une médaille d'or offerte par la Société


- 260 —

nationale d'encouragement à l'agriculture, à M. Ernest Macarez, agriculteur à Haulchin ;

Des diplômes d'honneur et médailles d'or, à M. Lcfebvrc-Hayci, agriculteur à Curgies, et à M. Emile Davaine, agriculteur à Saiol-Amand ;

Un diplôme d'honneur avec médaille d'argent, à M. PiqueRaviarl, agriculteur à Lecelles ;

Une médaille de bronze, à M. Ruffîn-Wallerand, cultivateur à Saultain ;

Un grand diplôme d'honneur avec objet d'art, à M. Emile Dasart, de Saint-Amand, pour son procédé d'éclairage par l'alcool.

La Société des agriculteurs du Nord a décerné, à l'occasion de ses concours annuels, un grand prix d'honneur (objet d'art offert par la Société nationale d'encouragement à l'agriculture), à M. Nestor Bulleau, agricultemMfcJJumegies, pour son « grand dévouement à la cause de^âfrfeufiJTCoX», dit le palmarès.

/Av>' ~~~-^'& \


TABLE DES MATIERES

DU TOME 49e (ANNÉE 1899)

COMPOSITION ET ADMINISTRATION DE LA SOCIETE.

Liste générale des membres de la Sociale el composition des Bureaux de ses diverses Sections, pages 5 el 17.

Élection des Bureaux: du Comice agricole de Valenciennes, 20; du Comice agricole de Saint-Arnaud, 19; du Comice agricole de Boucbain, 27; de la "Section'des sciences et manufactures, 51 ; de la Seclion de moralité; 20 ; de la Section d'histoire et d'art, 71 ; de la Société valenciennoise des arts, 129.

Membres nouveaux (Admission de) :; dans la Section centrale, 21 ; dans le Comice.agricole. 174; d'ails la Section des sciences et manufactures, 136; dans la Section d'histoire el d'art, 130, 13t.

Budgets et comptes annuels .do-la Société, 21, 108.

Caisse de secours au profil des anciens lauréats de la Société, 80, 111.

Statuts de la Société : projet de révision, 71.

COMPTES BENDUS DES SEANCES DE LA SOCIETE.

Seclion centrale, p. 21, 53, 82, 177, 204, 217, 245.

Comice agricole de Valenciennes, 20, 78, 174.

Comice agricole de Saint-Amand, 19.

Comice agricole de Boucbain. 25, 175.

Section des sciences et manufactures, 51, 52, 136, 216.

Section de moralité, 20, 80, 204.

Seclion d'histoire et d'art, 69, 130, 213, 214, 215.

Société valenciennoise des arts, 129.


- 262 —

ACTES PUBLICS DE LA SOCIETE.

(CONCOURS DIVERS, EXPOSITIONS, VOEUX ADRESSÉS AUX POUVOIRS

OFFICIELS, ETC.)

Analyse des terres à prix de faveur pour les.membres de la Société d'agriculture de Valenciennes, p. 53, 56.

Compte rendu des travaux et de la situation financière de la Société, adressé au Conseil général du Nord en 1899, 106.

Concours d'animaux reproducteurs ouverts par la Société en 1899: Elude du programme, 78, 83: Programme, 97, 102; Question relative aux taureaux approuvés dans les concours départementaux, 175, 178; Nomination des jurys, 174, 176, 177; Distribution des récompenses, 218, 224; Liste des lauréats, 232.

Concours de moralité de 1899: Etude du programme: 80, 82; Programme, 98; Jugement du concours, 204, 207; Distribution des récompenses, 218, 224; Lislc des lauréats, 227;

Concours de tenue de ferme en 1899: 53, 83; Rapport de la Commission, 205; Récompenses, 232.

Concours d'animaux de boucherie à Saint-Amand en 1899, 19, 21, 53, 58; — en 1900, 247. ■

Concours agricoles projetés à Boucbain pour 1900, 26, 53.

Concours agricole de Paris : billets d'aller et retour à prix réduit accordés aux membres de la Société d'agriculture de Valenciennes par la Compagnie du chemin de fer du Nord, 24.

Diplôme nouveau dessiné pour les lauréats de la Société par M. A. Richez : médaille offerte à son auteur, 70, 50.

Exposition de la Société valenciennoise des arts eu 1899, 181.

Exposition universelle de 1900 : envoi tait par la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes à litre de société savante, 69, 245.

Exposition universelle de 1900: projet de participation de la Société comme association agricole, 22, 57, 79, 84, ?I8, 221.

Exposition de produits agricoles à Lille, 218, 221, 258.

Voeux adressés en faveur de l'agriculture et des industries agricoles aux Pouvoirs publics, concernant : l'importation des graines oléagineuses el huiles végétales, 26; la substitution do l'alcoométrie pondérale à l'alcoométrie volumélrique, 52; l'atténuation des obligations fiscales imposées aux fabricants el vendeurs d'alcool dénaturé, 54; les droils de douane payés pour la graine de betteraves, 55; la mise en vigueur de la loi du 9 avril 1898 sur la responsabilité des accidents du lravail,79:


- 263 —

la date du concours des animaux à cornes à l'Exposition universelle de 1900, 207; la fabrication el la vente de la saccba= rine, 246.

Voeux divers adressés au Conseil général du Nord, 79, 81, 84, 136, 112.

NÉCROLOGIE.

Richez (Alfred), architecte, conservateur de la bibliothèque et de la galerie historique, p. 245, 254.

TRAVAUX, ETUDES ET DOCUMENTS DIVERS.

\ i. — Agriculture, Industrie, Commerce, Hygiène, Assistance publique.

Accidents du travail (Loi sur les) : 'protestation contre la mise en vigueur de la loi du 9 avril 1898 au point de vue de l'agriculture, p. 79: — loi complémentaire du 30 juin 1899, 115.

Alcools dénaturés: voeu tendant à l'atténuation des obligations fiscales imposées aux fabricants et aux vendeurs, 54, 79, 113; — discussion à la Chambre des députés, 61.

Alcool (Eclairage et chauffage par 1'): commission d'étude de la Société nationale d'agriculture de France, 28, 90.

Alcoométrie : voeu tendant à la substitution de l'alcoométrie pondérale à l'alcoométrie volumélrique, 52, 113, 137.

AlimentaLion des animaux : utilisation des feuilles de betteraves, 92; la pomme de lerre dans l'alimentation des vaches laitières, 211.

Assistance légale des travailleurs âgés ou infirmes, 114.

Avorlement épizoolique des vaches, 63.

Bélanger (J.-B ), professeur de mécanique, 35.

Belteraves (Feuilles de) : conservation et ulilisalion de ces feuilles pour l'alimentation des animaux, 92.

Belteraves (Graine de); protestation contre les projets d'augmentation des'droits de douane, 55.

Betteraves (Nématodes des) : voir «Nomntodes».

Bières fabriquées par les cultivateurs, loi du 30 mai 1899, 139.

Bois de bateau: leur débit et leur emploi dans le département du Nord, notice publiée par M. H. Bécourt, 178.


— 264 —

Café (Le) à l'atelier, question d'hygiène pratique, par H. W.. 46, 52.

Charretier (Le bon), 141.

Charrues (Les nouvelles) cl le travail du sol, 140.

Chemins de fer el tramways : voeux tendant à la création de lignes nouvelles, 79, 114.

Chemins de fer (Les) en Chine, 208.

Chiens de berger : concours et expositions, comité du Nord, 28.

Chroniques industrielles, par M. P. Lajoie, 29, 76.

Concours d'animaux à cornes à l'Exposition universelle de 1900, fixation de sa date, 207.

Concours départemental de taureaux en 189?, 136.

Concours général agricole de Paris en 1899, compte rendu, 52.

Concours organisés à Maidslono par la Société royale d'agriculture d'Angleterre, 80.

Convention de commerce préparée entre la France el les EtatsUnis de l'Amérique du Nord, 249.

Crédit agricole (Le) : son organisation éventuelle dans le Nord, projet de la Société des agriculteurs du Nord, 221.

Débits de boissons : voeu favorable à la proposition de loi de MM. Siegfried et Bérango-, 79, 81, 114.

Douane (Droits de) sur les graines oléagineuses et les huiles végétales, 26; — sur la graine de betteraves, 55; — convention de commerce franco-américaine, 249.

Engrais (Emploi du plâtre comme), 211.

Epizoolies : avorlcmenl épizoolique des vaches, 63; — fixation légale des indemnités pour tuberculose bovine, 116. .

Exposition de produits agricoles à Lille, au Palais-Rameau. 221. 258.

Etalons: voeu tendant à la création d'un dépôt d'étalons à Valenciennes, 79, 112.

Fumiers (Les pertes d'ammoniaque des), 62.

Fumivorité (La) dans les foyers industriels, 76.

Gaz d'éclairage (Fabrication du), 29.

Graine de belteraves : voir « Betteraves... ».


— 265 —

Graines oléagineuses et huiles végétales (Importation des), voeu du Comice de Bouchain, 26.

Huiles végélales : voir « Graines oléagineuses... ».

Importa lion de produits agricoles ; voir « Graines oléagineuses. .. », « Betleraves (Graine de) ».

Inondations dans l'arrondissement de Valenciennes, 79, 113.

Labourage : les nouvelles charrues, 140.

Légion d'honneur (Nomination dans l'ordre de la) : de M. Cl. Coquelle, 25.

Maladies des animaux : voir « Epizoolies ».

Mélasses employées par l'agriculture, voeu pour la simplification des formalités du décret du 3 novembre 1898, 84, 91, 112.

Mérite agricole (Nomination ou promotion dans l'ordre du): de M. A. Dudant-Wallez, 27; de M. E.' Dusart, 259: de M. Deleporte-Bayart, 259.

Mouches (Protection des animaux de travail contre les), 64.

Navigation : voeu lendanl à l'établissement du canal de l'Escaut à la Meuse, 113.

Nematodes de la betterave, procédé de destruction de M. Willot, nomination d'une Commission d'examen, 86.

Pailles (Surabondance des), moyen de les écouler, 248.

Plâtre. (Mode d'emploi du) comme engrais, 211.

Pomme de terre (La) dans l'alimentation des vaches laitières, 211.

Prison de Valenciennes, 84, 115.

Saccharine (La): vceu concernant la fabrication el la venle de ce produit, 217, 219, 246; — projet de loi, 250.

Sanves ou moulardons : moyens de les détruire, par L. Geschwind, 117.

Société des agriculteurs du Nord, renouvellement de son Bureau, 136.

Sucres employés aux usages agricoles ou industriels, voeu tendant à les faire exempter d'impôt, 79, 112.

Tuberculose bovine (La): indemnités payables en cas d'abatage des bestiaux, 116.

Vaches: avorlemenl épizoolique, 63; emploi de la pomme de terre dans l'alimentation des vaches laitières, 211.


— 266 —

Vétérinaire (Médecine): projet do loi, voeu fav( .'able, 79, 112.

Viandes de boucherie : voeu tendant à les faire inspecter dans toutes les localités, 79, 114.

Voilure cellulaire demandée pour le transport des détenus de la prison de Valenciennes, 84, 115.

§ 2. — Histoire, Archéologie, Beaux-Arts.

Archéologie: voir « Fouilles... », «Plan... », «Trouvailles... ».

Archives des villes de l'arrondissement de Valenciennes: inventaire des archives de Condé, dressé par M. Hénault, 69 ; — voeu tendant à la publication d'un inventaire des archives de Valenciennes, 69.

Archives (Pièces d") concernant l'arrondissement de Valenciennes: extrait d'un inventaire du xvnr 3 siècle dressé pour le Conseil d'Etat de S. M. des Pays-Bas, par A. Richez, 72.

Artistes valenciennois (Les) aux Salons de Paris en 1899, 122.

Bélanger (J.-B.), professeur ù l'Ecole centrale, à l'Ecole des ponts et chaussées, à l'Ecole polytechnique, 1790-1874 : notice biographique par Cb. Bélanger, 35, 51.

Congrès de l'art public à Paris, 215.

Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, à Boulogne-sur-Mer : délégué de la Société d'agriculture de Valenciennes, 131.

Congrès de la Fédération des sociétés archéologiques de la Belgique, à Arlon: délégués nommés par la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, 131.

Démantèlement de Valenciennes, trouvailles archéologiques, 132.

Diplôme dessiné pour les lauréats de la Société par M. A. Richez, 70, 56, 235.

Du Bois (L'abbé Nicolas) el l'abbaye de Saint-Amand au xvuc siècle, notice bibliographique sur l'ouvrage' de M. Jules Desilve par È. Delignicre, 237.

- Eisen (Charles), sa mort, notice par A. Jacquot, 65, 130.

Excursions archéologiques aux environs de Valenciennes, 135.

Exposition de la Société valenciennoise des arts en 1899, 129, 181.

lramars (Excursion archéologique à), 135,


— 267 -

Famars (Fouilles de) : voir « Fouilles ».

Fessier (Le colonel), défenseur de Valenciennes en 1815, 240, 216.

Fêtes du couronnement de la statue de Notre-Dame du SaintCordon en 1897, note additionnelle par M. A. Richez, 134.

Fouilles de Famars en 1824-26 : projet de publication des plans et dessins de M. Parent, 132.

Hécarl (G.A.J.) : projet de restauration de son Lombeau, 213.

Inscription curieuse sur une pierre des anciennes forlificalions, 215.

Maing : voir « Pierre tombale... ».

Mémoires historiques publiés par la Société: impression et mise en vente du 7me volume de la collection, 237; — voeu tendant à la distribution de certains volumes des Mémoires historiques aux élèves des écoles à Litre de prix, 70 ; — don de plusieurs de ces volumes à la bibliothèque de l'Association de l'ensei-" gnement populaire, 133.

Moyaux (M. Constant): son entrée à l'Institut, 69.

Musée de Valenciennes : ses acquisitions en 1898, 43.

Pierre tombale de l'église de Maing, 70.

Plan archéologique de Valenciennes, projet, 213, 214.

Pluchart (Henry), artiste peintre, notice biographique par Ed. Fromentin, 151,214.

Saly (Le statuaire): sa biographie par M. Henry Jouin, 131.

Société valenciennoise des arts : voir « Exposition,.. ».

Trouvailles archéologiques faites au cours des travaux du démantèlement de Valenciennes, 132.

Trouvailles archéologiques faites dans l'impasse des Sarrazins par M. A. Richez, 213. .

BIBLIOTHEQUE DE LA SOCIETE.

Installation d'une salle supplémentaire, pour la bibliothèque, dans l'appartement loué pour la-Galerie historique, p. 71,56.

Volumes et brochures offerts à la Société; 130, 132.


— 268

GALERIE HISTORIQUE.

Reproduction des oeuvres el documents de la Galerie historique de la Société, conditions imposées, p. 70.

Acquisition d'un dessin de Saly, 131.

Don d'un médaillon, 214 ; d'un plan, 216.

DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ.

Dons de volumes ou brochures: par M. A. Richez, p. 132; par M. Declève, 132; par M. A. Wins, 132; par M. A. Jocquot, 130.

Don, par M. Ed. Mariage, d'un portrait de Léon Dumont modelé en médaillon, 214.

Don, par M. Ed. Fromentin, d'un plan de l'abbaye de'Vicoigne. 216.

ILLUSTRATION DU PRÉSENT VOLUME,.

Portrait de J.-B. Bélanger, ingénieur des ponts et chaussées, professeur de mécanique, p. 34.

Portrait de Henry Pluchart, jirl-isio-p^einlre, 150.

VALENCIENNES. — IMPRIMERIE L. LACOUR ET Ce.