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Titre : Le Ménestrel : journal de musique

Éditeur : Heugel (Paris)

Date d'édition : 1886-08-29

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 44462

Description : 29 août 1886

Description : 1886/08/29 (A52,N39)-1886/09/03.

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k56146216

Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 01/12/2010

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LE MÉNESTREL

qui fournit à Wagner le dessin du temple de Graal pour son Parsifal. Le dernier Steinway de Liszt a été donné à Mme Daniela Thode, sa petitefille. -

C'est encore au Figaro que nous devons ces souvenirs sur la mère de l'illustre artiste : « Ou a exhumé un souvenir curieux de la mère de Liszt, née Laager et native de Krems, petite ville autrichienne sur le Danube. Elle était excellente femme de ménage, toujours assidue au travail. Puisant un jour de l'eau, elle tomba dans le puits et ne fut sauvée qu'à grand'peine. Quelques semaines après cet accident, elle donna le jour au petit Franz. Au milieu de sa détresse, elle avait fait le voeu de faire un prêtre de l'enfant qu'elle attendait, et elle aurait tenu sa promesse, si la vocation musicale de l'enfant n'y avait mis obstacle. En prenant plus tard la soutane, Liszt se serait-il souvenu du voeu de sa mère? — La bataille continue autour de son tombeau. Ni Weimar, ni Budapest, ni Bayreuth ne renoncent à leurs prétendus droits; chacune de ces trois villes continue à réclamer le corps du.défunt. Soyez donc un homme des plus illustres de votre temps, maître unique dans votre art, pour qu'après votre mort on vous dispute ce repos si durement gagné par un labeur de soixante-dix ans ! »

Enfin, l'Art en Italie nous apprend que dans ces derniers temps, toutes les fois que Liszt venait à Rome, il était suivi d'une petite phalange de jeunes artistes allemands, reconnaissables à leurs longs cheveux bouclés, qui voulaient profiter des conseils du maître. Deux ou trois fois par semaine, Liszt les réunissait dans une salle de l'hôtel Alibert où il descendait généralement, et leur faisait une espèce de cours sur la composition et sur l'exécution. Le maître admettait à ces leçons quelques personnages et quelques dames, admiratrices de son talent : c'étaient le baron de Keudell, Donna Laura Minghetti, Mme Helbig, Mme Hébert, etc. A la fin de la leçon, Liszt invitait ses amis à faire une partie de whist, le seul divertissement qui lui était permis depuis que sa vue s'était affaiblie.

— Un journal italien annonce que de Francfort, où elle était établie depuis quelques années, « la célèbre Mme Viardot » s'est rendue à Berlin, où elle aurait l'intention de se fixer. Notre confrère fait confusion. Ce n'est point Mme Pauline Viardot, notre célèbre cantatrice, qui était établie à Francfort, mais sa fille, Mme Héritte-Viardot, qui est un compositeur distingué. Mme Viardot n'a pas, que nous sachions, l'intention de quitter Paris.

— Quelques journaux croient sans exemple le fait du jeune Smulders, élève du Conservatoire de Liège, qui s'est présenté au dernier concours en exécutant un concerto de piano de sa composition. Ce fait a au moins en France un précédent glorieux. En 1810, Ferdinand Herold, élève au Conservatoire de Louis Adam, le père d'Adolphe Adam, se voyait décerner un premier prix au concours de piano après avoir exécuté une sonate de sa composition. Nous souhaitons à M. Smulders un avenir aussi brillant que fut brillante la carrière de notre Herold.

— Toutes les opinions sont bonnes à enregistrer, et celle du Figaro sur les représentations de Bayreuth répond à l'opinion de trop de gens pour ne pas trouver ici même des amateurs. C'est un véritable cri du coeur qui échappe des lèvres de M. Albert Bataille, et voilà parler franc :

« Eh bien ! il faut que je le confesse, de ces soirées de Bayreuth se dégage un mortel ennui, et je regrette que la langue honnête ne possède pas un substantif plus énergique pour exprimer ma pensée. *

» Passe encore pour Parsifal : c'est un mystère chrétien d'une incomparable grandeur. Il semble qu'on assiste à un office idéal dans une cathédrale sans pareille; les choeurs, qui dépassent comme pureté d'expression tout ce que l'on peut rêver, font penser véritablement à quelque maîtrise d'en haut apportant à l'oreille des accords inconnus. Mer l'archevêque de Bordeaux les a fait exécuter dans son église cette année, pendant la semaine de Pâques, et à Notre-Dame, ces choeurs de Parsifal produiraient un effet saisissant.

» Mais pour arriver à l'un de ces instants sublimes, par quelles épreuves ne faut-il pas passer ! D'interminables récitatifs se succèdent. On parle des héros d'Homère ! Les héros de Wagner sont bien autrement bavards. Ils se racontent sur le mode le plus monotone tout ce que le spectateur sait déjà. Une heure de ravissement, deux heures d'ennui mortel, voilà le bilan de Parsifal.

» Quant à Tristan ! j'en suis sorti enragé ! On n'ignore pas que c'est dans cette pièce que Richard Wagner a synthétisé son fameux système I Ce système, qui ne pouvait naître que dans l'imaginaticn compliquée d'an Allemand, est tellement fantastique au regard de notre esprit français, qu'il ne faut jamais laisser passer l'occasion de le rappeler. » (Suit l'analyse du système.)

n ... Quelquefois, pendant ces interminables soirées que la religiosité allemande subit avec piété et dans le silence le plus recueilli, on entendait un bruit de pas furtifs ; c'était quelque profane, quelque Américain fourvoyé, et qui, à bout de patience, tentait de s'échapper de cet antre à la faveur de la nuit. Mais aussitôt un formidable chut forçait l'impie à se rasseoir et des centaines de bonshommes à lunettes, les fidèles du dieu Wagner, cherchaient dans l'ombre le coupable que Dieu n'avait pas encore foudroyé.

» Pour moi, qu'une pratique assez longue de l'art wagnérien a familiarisé

familiarisé l'ennui, je me tenais résigné dans mon fauteuil, sachant bien que « ça finirait par finir ». J'en atteste les dieux ! Rien ne subsistera de ce galimatias odieux qui s'appelle « le système de Wagner ! » Pour nous, Français, la musique, c'est ce qui chante ! »

— Un joli mot de Berlioz à relever dans l'excellente revue bibliographique de M. Philippe Gille au Figaro, à propos d'un nouveau livre plus qu'audacieux de M. Catulle Mendès : « Je ne nie pas que la dépravation ne soit aujourd'hui fort à la mode et que tout, jusqu'aux puérils poèmes des opéras wagnériens, ne roule sur de prétendus incestes, mais ces troubadours qui, comme le disait Berlioz, portent des trombones au lieu de guitares en bandoulière, reconnaissent bien vite leur erreur, le frère n'est pas le frère, la soeur n'est pas la soeur, c'était un enchantement, il y a désenchantement, et tout finit par des chansons... » .

— Extrait d'un journal de Luchon : « Lakmé a été jouée jeudi avec une salle comble. C'a été l'occasion d'un nouveau succès pour Mme Ambre, qui ne les compte plus désormais. Elle a été bien secondée d'ailleurs par M. Mauras, qui n'a jamais été plus en voix ; M. Degrave a été très remarquable et Mlle de Villeraie toujours charmante. Le second acte notamment a été un triomphe pour Mme Ambre. »

— LILLE. — Cédant aux nombreuses sollicitations de ses compatriotes, MUa Simonnet, la gracieuse artiste de I'Opéra-Comique, a dû se faire entendre une troisième fois au .palais Rameau. Cette séance a été un véritable succès pour la charmante cantatrice, qui a détaillé, avec une grâce exquise, l'air du Mysoli de la Perle du Brésil, et une délicieuse mélodie de Widor, Nuit d'étoiles, que le public enthousiasmé lui a redemandée. Mlle Simonnet a brillamment terminé cette belle soirée par la grande scène de folie d'Hamlet, où on ne se lassait pas de l'applaudir. Fleurs, bis, rappels, rien n'a manqué au triomphe de la gentille artiste.

FÉLIX CRÉMONT.

Mlle Esther Chevalier, la charmante pensionnaire de notre OpéraComique, vient d'aborder à Dieppe avec succès le rôle de Mignon. L'artiste est intelligente, et elle se tirera toujours à son honneur même des tâches les plus ardues. M"e Jacob est une excellente Philine, MM. Laurent et Neveu, un Wilhem et un Lothario très satisfaisants.

— M. Carvalho vient de signer le rengagement de Mlle Esposito.

NÉCROLOGIE

L'autre samedi est morte à Paris Mme Soubiran, née Aurore Garât, fille du fameux chanteur Pierre-Jean Garât, si renommé à l'époque de la Révolution, et petite-nièce de Dominique-Joseph Garât, qui fut ministre sous la Convention et qui laissa des Mémoires si intéressants. Mme GaratSoubiran était âgée de 84 ans.

— On annonce la mort, à Steglitz, de l'un des doyens de l'art musical en Allemagne, le compositeur Edouard Grell, ancien directeur de l'Académie de chant de Berlin, où il était né en 1799. C'était aussi un organiste distingué. On lui doit plusieurs cantates religieuses, des psaumes, un Te Deum, des lieder, des chants religieux et profanes pour quatre voix d'hommes, etc.

— Le 12 août est morte à Bologne, à l'âge de 73 ans, Mme Adelina Spech-Salvi, cantatrice très renommée en Italie dans la première moitié de ce siècle. Fille de Giuseppe Spech, ténor réputé lui-même dans les rôles de meszo carattere, elle était née à Milan en 1813, fut élève de son père, et dès l'âge de seize ans débuta à Londres dans le joli rôle du page du Comte Ory. C'est alors que Rossini et Severini l'engagèrent à la fois pour les deux théâtres italiens de Paris et de Londres. Elle retourna ensuite en Italie, où elle tint, à Pavie, l'emploi de musico assolulo, aux côtés de Georges Ronconi, et obtint ensuite de très grands succès à Crémone, Varèse, Novare, Bergame, Goritz, Vérone, Mantoue, Rome, Trieste, Milan, Florence, Gênes, Lucques, Palerme, Naples, etc. Elle brillait particulièrement dans la musique de Mercadante, où son entente de la scène et son profond sentiment dramatique la servaient merveilleusement. Elle était surtout superbe, dit-on, dans il Giuramento, dans i Briganti et dans la Vestale, aussi bien que dans la Nina, de Coppola. Elle avait épousé le ténor distingué Lorenzo Salvi, et, après avoir quitté le théâtre, s'était retirée à Bologne, où elle ouvrit une école de chant d'où sont sortis nombre d'artistes qui se font encore applaudir sur les scènes italiennes.

— Le ténor Toressi, qui depuis quelques années, quoique jeune encore, avait abandonné une carrière où le succès ne lui avait pas fait défaut, vient de mourir subitement au Caire. Il était l'époux de Mme Linda Corsi, cantatrice ; qui est actuellement au théâtre Dal Verme, de Milan.

— M. Cari Eusebius Erdmansdoerffer, chef d'orchestre et professeur de musique à Nuremberg depuis 1834, vient de mourir subitement dans cette ville à l'âge de 76 ans. Son fils, M. Max Erdmansdoerffer, est également un professeur et un compositeur des plus distingués.

HENRI HEUGEL, directeur-gérant.

IMPRIMERIE CENTRALE DES CllEHEVS DE FEE. — IMPRIMERIE CUAIX. — RUE DkllGÈBE, 20, PARIS.