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Title : Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques

Author : Société française d'archéologie. Auteur du texte

Publisher : Derache (Paris)

Publisher : A. Hardel (Caen)

Publication date : 1935

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 54260

Description : 1935

Description : 1935 (97,T2). Contient : Session tenue à Paris en 1934.

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5613819h

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34415583x

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 17/01/2011

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CENTENAIRE

DU

SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES

ET DE LA

SOCIETE FRANÇAISE D'ARCHEOLOGIE

(1834-1934)



CENTENAIRE

DU SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES ET DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

TOME II

CONGRÈS

ARCHÉOLOGIQUE

DE FRANGE

XCVIP SESSION

TENUE A

PARIS

EN 1934

PARIS A. PICARD, LIBRAIRE

82, rue Bonaparte 1935



LA SOCIETE FRANÇAISE D'ARCHEOLOGIE ET LES ÉTUDES ARCHÉOLOGIQUES

EN FRANCE DE 1834 A 1934

PAK

MM. DESHOULIÈRES, Maurice DTJMOLIN,

Raymond LANTIER, Adrien BLANCHET,

Marcel AUBERT, Paul VITRY,

Louis HAUTECOEUR, Jean VERRIER.



HISTORIQUE

DE LA

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE (1834-1934)

par M. F. DESHOULIÈRES

ARCISSE DE CAUMONT (1834-1872)

Depuis la Renaissance, les monuments du moyen âge en France subissaient de rudes assauts. La Révolution, les guerres de Religion, la Réforme, mais surtout la Renaissance elle-même en furent les principaux agresseurs.

En effet, Charles VIII avait rapporté d'Italie le goût de l'antiquité. S'en inspirer devint l'idéal des artistes, et, si l'on ne rompait pas brusquement avec les vieilles formules gothiques, celles-ci furent tout d'abord dissimulées dans des ensembles disparates, et ensuite répudiées avec dédain. Le mot « gothique » allait devenir synonyme de barbare. Du mépris à la destruction, il n'y avait qu'un pas. Au xvne et au xvme siècle, et même durant la première partie du xixe, les démolitions ne se comptent plus. Que de magnifiques monuments tombèrent sous la pioche ! La disparition des abbatiales de Déols, de Saint-Bertin à Saint-Omer, de Saint-Martin à Tours, de Cluny, sont des exemples trop fameux pour être oubliés ; à Paris, si l'on excepte Notre-Dame, parce qu'en vérité c'était un mor-


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ceau trop gros, Saint-Pierre de Montmartre, parce que c'était un petit édifice comme Saint-Justin-le-Pauvre, Saint-Séverin, qui fut camouflé par des placages, les églises médiévales ont presque toutes disparu.

Néanmoins, au début du xixe siècle, une certaine réaction se manifestait déjà, et le baron de Guillermy rapporte dans ses notes manuscrites, qu'entre 1806 et 1810, Napoléon Ier, tandis qu'il visitait les travaux que l'architecte Legrand faisait à la basilique de Saint-Denis, lui aurait dit avec indignation : « Ceci eût été bon du temps des Vandales. Vous déshonorez mon siècle (1) ! » Le mot allait faire fortune, et lutter contre le vandalisme devait être la devise des fondateurs de la Société française d'Archéologie.

Mais, si l'on commençait de s'apercevoir que les monuments classiques modernes qui remplaçaient les oeuvres médiévales n'étaient que des constructions froides et rigides, ce sentiment n'était guère que celui des artistes et des poètes romantiques qui ne rendaient justice au moyen âge que parce qu'ils ne le voyaient qu'au travers d'une atmosphère nébuleuse. Une belle ruine les impressionnait autant, sinon plus, qu'un beau monument. Chateaubriand retrouvait dans les voûtes d'une cathédrale l'image des rameaux entre-croisés d'une forêt druidique (2), et Victor Hugo, en s'arrêtant devant Notre-Dame-del'Épine, « cette splendide fleur de l'architecture gothique », et devant « sa flèche ornée comme une dentelle », admirait les pierres qui se détachaient de la tour et venaient tomber dans « le cimetière à côté de moi », écrit-il (3).

Cependant, les études médiévales n'avaient pas été complètement abandonnées et les religieux bénédictins

(1) Bibl. nat., nouv. acq., ms. 6121, loi. 7.

(2) Génie du christianisme, édit. Lcïèvre, l. 11, p. 123.

(3) Le Rhin, lettre 3.


ARCISSE DE CAUMONT

1834-1872



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du xvne et du xvme siècle s'étaient plu à visiter, même à décrire certains monuments conventuels et surtout à en dépouiller les archives ; d'autres, comme l'abbé Lebeuf, avaient pu s'intéresser, avec discernement, aux témoins de l'architecture passée, mais personne n'aurait osé revendiquer le titre d'archéologue : il n'aurait recueilli que sourires et dédain. L'archéologie monumentale, cette science qui consiste à étudier un édifice pour en reconnaître le mérite, n'était pas encore née. Les monuments anciens demeuraient ignorés ou méprisés du commun, plus encore en France qu'en Angleterre, où un certain sentiment de loyalisme contribuait à faire respecter les édifices du moyen âge. Telle était, vers 1830, la situation que le mouvement romantique seul était impuissant à changer.

C'est alors qu'apparut le comte Arcisse de Caumont. Il était né à Bayeux, le 28 août 1801, d'une bonne famille de robe. Il fit d'excellentes études au collège de Falaise, puis il se fixa à Caen pour y suivre les cours de la Faculté de droit. Il était licencié en 1822. Alors sa curiosité très éclectique — il publia plusieurs travaux sur les sciences naturelles — lui fit entreprendre de nombreux voyages ; mais c'est aux monuments anciens de la France et de l'étranger que bientôt allait s'attacher sa curiosité. Leur état, très souvent lamentable, lui fit pitié, et il résolut de les sauver.

Avec le concours de quelques compatriotes normands, il créa, dès 1823, la Société des Antiquaires de Normandie, dont le but était de découvrir les vieux édifices de la région, de les signaler, d'en mettre l'intérêt en valeur et par cela même de les abriter contre les injures. Mais, généralisant ses connaissances, il publia en 1824 un Essai sur l'architecture religieuse du moyen âge (1), où il pose les

(1) Cette étude a paru dans le tome II du Bulletin monumental.


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bases d'une classification chronologique des monuments. En même temps, il ouvre à Caen un cours d'archéologie où, passant en revue les différents types de l'architecture religieuse, depuis les églises primitives jusqu'à celles du xvme siècle, il en étudie le caractère, les range par catégories et les groupe par régions. C'est le premier cours d'archéologie monumentale qui ait été professé, et il sera publié en six volumes, de 1830 à 1841, sous le titre d'Histoire de Varchitecture religieuse, civile et militaire. De ce travail, réédité en 1850, il tira VAbécédaire ou Rudiment d'archéologie (1), sorte de manuel mis à la portée des débutants.

Aussi bien par la parole que par la plume, Arcisse de Caumont se faisait ainsi l'apôtre de la mission qu'il s'imposait ; il ouvrait les yeux du public, l'intéressait aux monuments du passé et, par suite, soulevait l'opinion contre une destruction devenue un système — en 1832 le Conseil municipal de Poitiers n'avait-il pas voté la disparition du baptistère Saint-Jean, et celui de Sens n'avait-il pas nivelé l'enceinte romaine de la ville?

Mais, pour sauver ces édifices, il fallait commencer par les retrouver, les inventorier, en dresser la liste.

Tandis que, vers 1829, Caumont parcourait la France une fois de plus, recueillant les éléments de son cours d'antiquités nationales, il fit la connaissance d'hommes accessibles à ses idées, partageant maintenant ses aspirations, disposés à seconder ses efforts et à le renseigner. Il les réunissait dans quelque ville, et là, au sein de ce qu'il nommait Congrès scientifique et Assises scientifiques (2),

(1) Déjà en 1831 Arcisse de Caumont, qui allait être nommé correspondant de l'Institut en 1833, avait reçu de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres la première médaille au concours des Antiquités nationales, pour le premier volume de son cours d'archéologie.

La bibliographie d'Arcisse de Caumont a été publiée par Eugène de Beaurepaire dans Mèm. de l'Académie de Caen, 1874.

(2) Les Comptes-rendus des Congrès scientifiques de France ont


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on discutait des questions d'art et de littérature. Plus tard, en 1845, ces mêmes hommes formèrent une compagnie savante dont le siège fut à Caen, qui s'intitula l'Institut des provinces et dont l'existence se manifeste jusqu'aux environs de 1878.

C'est au cours des réunions des congrès scientifiques, que prit corps l'idée de fonder une grande société nationale pour la conservation des monuments historiques.

Nous avons retrouvé le souvenir d'un de ces congrès dans les notes manuscrites de Grille de Beuzelin (1) qui consignait sur un cahier les remarques que lui suggéraient les monuments rencontrés au cours de ses voyages. Elles reflètent le revirement favorable aux édifices du moyen âge qui déjà se manifestait. C'est ainsi que Grille de Beuzelin rapporte qu'à une époque qui n'est pas précisée mais doit être placée vers 1834, le Congrès scientifique de Poitiers, après avoir discuté la question de l'ogive — elle était déjà à l'ordre du jour, mais il ne s'agissait que de l'arc brisé ! — la section examine l'idée de fonder « une association d'archéologie pour la conservation des monuments historiques », puis elle décide de proposer ce au gouvernement d'adopter cette décision, que les communes et les diocèses ne pourront disposer des monuments historiques, les détruire, les changer de disposition, les restaurer qu'après avoir consulté la grande Société, l'inspecteur des

donné lieu à une publication qui parut de 1833 à 1878. Les Assises scientifiques furent tenues à partir de 1833 à Aix, Apt, Guéret, Limoges et Moulins. V. X. Charmes, Le Comité des travaux hist. et scient., t. II, dans collection des Documents inédits.

(1) C'est à M. Planchenault, inspecteur des Monuments historiques, que nous devons la connaissance de ce manuscrit, qui est conservé dans les archives du Service des Monuments historiques.

Grille de Beuzelin était, pour son temps, un archéologue averti. Ses notes révèlent un esprit critique d'observateur qu'anime parfois un tour caustique non pas sans saveur. Il mourut en 1845 après avoir donné au Bulletin monumental une étude sur L'église de Saint-Savin, une Note sur la statistique monumentale du département de Seine-et-Oise et un Rapport sur les monuments des environs de Toul et de Nancy.


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Monuments historiques et les sociétés particulières aux Beaux-Arts ». N'est-il pas curieux de voir naître à la même heure, au moins dans l'esprit public, l'idée de la Société française d'Archéologie et de la Commission des Monuments historiques?

Les projets d'Arcisse de Caumont étaient mûrs. Dans une réunion tenue à Caen, le 23 juillet 1834, où il groupa ses fidèles acolytes qui en formèrent le noyau, il fondait la « Société française d'Archéologie pour la conservation et la description des monuments historiques » et il y faisait adopter son règlement constitutif (1).

Le titre même de la Société indiquait sa mission et celle-ci était expliquée dans l'article II des statuts : « La Société, y lit-on, se propose de faire le dénombrement complet des monuments français, de les décrire, de les classer par ordre chronologique et de publier des statistiques dans un bulletin périodique. Elle fera tous ses efforts : 1° pour empêcher la destruction des anciens édifices et les dégradations qui résultent des restaurations mal entendues ; 2° pour obtenir le dénombrement des pièces manuscrites déposées dans les archives. »

Ce programme eut une grande faveur. Arcisse de Caumont avait écrit à Guizot (2), alors ministre de l'Instruction publique, pour le lui faire connaître et l'informer de la création de la Société qui devait le poursuivre. Il fut gratifié de la réponse suivante :

« Monsieur, « J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire comme président de la Société pour la conservaIl) V. Bull, mon., 1834 [1835], p. 34. La Société française d'Archéologie devait être reconnue d'utilité publique par décret du 14 août 1871.

(2) Guizot, dès sa nomination au ministère de l'Instruction publique, vivement intéressé par l'initiative de Caumont et des archéologues normands — en 1830, il invite ses préfets à favoriser la for-


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tion des monuments historiques. Je me félicite de la formation de cette Société ; je ferai tout ce qu'il dépendra de moi pour la seconder et j'espère qu'elle me prêtera également le concours de son zèle et de ses lumières. Ses travaux se rattachent évidemment au dessein que j'ai formé pour la publication des monuments inédits relatifs à l'histoire de France (1) et pour laquelle des fonds spéciaux seront à ma disposition en 1835. Je viens d'organiser un ' comité chargé d'examiner le plan et les moyens d'exécution qu'il convient d'adopter pour cette grande entreprise. Dès que ce premier travail sera terminé, j'en informerai votre Société et je réclamerai ses avis et sa coopération.

« Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.

« Le ministre de l'Instruction publique, « GUIZOT (2). »

Premier indice des rapports qui n'ont jamais cessé d'être aussi cordiaux qu'efficaces entre l'administration des Beaux-Arts et la Société française d'archéologie, et qui, plus tard, se montreront au grand jour, avec la présence, de plus en plus nombreuse et très utile, des architectes du service des Monuments historiques aux Congrès de la Société.

Caumont se mit aussitôt à l'oeuvre : dans chaque rémation

rémation sociétés locales provinciales « analogues à la Société des Antiquaires de Normandie » — fut le premier à intéresser l'Etat à la sauvegarde des monuments. Avant de créer la Commission des Monuments historiques, il avait déjà, en 1830, nommé un inspecteur général des Monuments historiques, Ludovic Vitet, à qui succéda Mérimée en 1833. V., à ce sujet, Gobillot, Le Centenaire de la Société française d'Archéologie, dans Revue Bleue, 5 mai 1934.

(1) C'est le 18 juillet 1834 que Guizot créa le Comité des Documents inédits de l'histoire de France.

(2) Cette lettre a été publiée dans le Bull, mon., 1835, p. 108. Guizot fait allusion au Comité des travaux historiques et scientifiques qui fut créé par lui en 1834.


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gion, il choisit des agents compétents sur sa richesse archéologique et ses besoins. C'est ainsi que furent créés les inspecteurs dont la tâche, au début, fut particulièrement lourde et, il faut le reconnaître, bien remplie.

Il est juste de nommer ces premiers pionniers de l'archéologie monumentale, désignés, dans cette même séance du 23 juillet 1834, sous le nom « d'officiers de la Société ». Ce furent le baron de Crazannes, maître des requêtes au Conseil d'État, dans le Lot ; Dumège de la Haye, secrétaire perpétuel de la Société du Midi de la France, à Toulouse ; de la Fontenelle de Vaudoré, conseiller à la Cour royale et secrétaire perpétuel de l'Académie de Poitiers ; Le Glay, conservateur de la Bibliothèque publique à Bordeaux ; Auguste Le Prévost, député de Bernay ; de la Saussaye, à Blois ; Galeron, conservateur du Musée d'antiquités.de Rouen; Pellet, à Nîmes; du Vivier, membre de la Société royale des Antiquaires de France, à Mézières ; Schweighoenser, correspondant de l'Institut, à Strasbourg ; Cauvin, au Mans ; de Givenchy, secrétaire perpétuel des Antiquaires de Saint-Omer.

La Normandie était la petite patrie d'Arcisse de Caumont. C'est à Caen qu'il avait commencé d'exercer son apostolat, c'est Caen qu'il choisit pour être le siège de la Société, et c'est à des Caennais que fut statutairement confiée l'administration de la Société dont lui-même fut nommé président sous le titre de Directeur.

Le conseil ainsi formé, et qui fut appelé « Comité permanent », devait se réunir tous les mois pour régler les affaires courantes, l'administration et la disposition des fonds.

Il est vrai que, complété par un certain .nombre d'inspecteurs, le Conseil permanent devenait le conseil général qui tenait chaque année une session dans une ville différente — c'est l'origine des Congrès — et où tout ce qui intéressait l'activité de la Société était mis en discussion,


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mais il n'en est pas moins vrai que c'est le Conseil permanent de Caen qui seul pouvait distribuer les subventions destinées aux restaurations et aux fouilles, accorder des médailles, approuver le choix des villes où se tiendraient les séances générales.

C'est ainsi qu'aussitôt le Conseil permanent prit un rôle prépondérant. Arcisse. de Caumont, qui avait prétendu faire de la décentralisation, en était arrivé à centraliser à Caen la grande organisation lancée au secours des monuments de la France entière.

Le Conseil était ainsi composé :

Arcisse de Caumont, Directeur de la Société.

Mgr Charles Dausel, évêque de Bayeux.

Pierre-Aimé Lair (1).

Le comte Eugène de Beaurepaire, ancien ministre plénipotentiaire (2).

L'abbé Daniel, proviseur au lycée royal de Caen.

De Magneville.

L'architecte Guy.

Edouard Lambert, conservateur de la Bibliothèque de Bayeux.

De la Chouquais, président de la Cour royale de Caen.

Léchaudé-d'Anisy.

Bellivet, trésorier (3).

Presque tous avaient été choisis parmi les membres de la Société des Antiquaires de Normandie, société locale,

(1) Pierre-Aimé Lair était le cousin de Jules Lair, membre de l'Institut, qui devait jouer un rôle important dans la Société.

(2) Il était le père d'Eugène-Hippolyte et de Charles de Beaurepaire, tous les deux anciens élèves de l'École des chartes et qui tous les deux apportèrent à la Société un concours très efficace.

(3) Bellivet allait, dès le 4 mars 1835, être remplacé comme trésorier par Louis Gaugain, qui garda cette fonction jusqu'en 1893. Celui-ci était un archéologue actif et averti. II sauva, par ses démarches, la tour centrale de la cathédrale de Bayeux, qu'on voulait démolir en 1834, et, à la suite d'un travail hardi, mais efficace, en assura la conservation.

CONGRÈS DE PARIS, II. 2


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nous l'avons vu, qui avait été l'oeuvre de ses débuts et la première réalisation de sa pensée. Elle devait, dans la suite, occuper une place importante dans le cercle des sociétés provinciales.

Au nombre des moyens d'action qu'Arcisse de Caumont entendait mettre au service de sa mission, la presse était un des meilleurs. Aussi songea-t-il à créer un organe périodique.

Aucune publication spéciale à l'archéologie n'existait alors en France (1), il fallait combler la lacune. Telle est l'origine du Bulletin monumental dont le premier numéro parut en 1835 et qui ne fut interrompu que de 1914 à 1920, pendant la grande guerre. A la fin de 1933, il distribuait son quatre-vingt-douzième volume.

Cette revue, à l'origine propriété d'Arcisse de Caumont (2), était placée sous les auspices de la Société française d'Archéologie. Elle se contenta d'abord de publier le compte-rendu des rapports que le directeur demandait à ses inspecteurs sur les monuments de leurs régions, leur état d'entretien, leurs besoins et aussi sur l'organisation et l'installation des musées provinciaux, enfin sur la création ou le fonctionnement des sociétés savantes locales. Le Bulletin monumental, étant l'organe officiel de la Société française d'Archéologie, publiait le compterendu des Assemblées générales. Ces rapports présentent un grand intérêt. Si parfois on peut y critiquer un langage archéologique qui n'était pas encore formé, ils reflètent la perspicacité de leurs auteurs dans une science en voie de devenir ; on y voit surtout des plans et des relevés

(1) Les Annales archéologiques de Ûidron ne commencèrent de paraître qu'en 1844, dix ans après le Bulletin monumental.

(2) A la mort d'Arcisse de Caumont, le Bulletin monumental devint la propriété de sa veuve, née Aglaé Riault de Villaunay. Celle-ci en fît don à la Société française d'Archéologie par acte passé le 8 décembre 1875 devant Me Laufîray, notaire à Caen, et approuvé par décret présidentiel le 20 mars 1878.


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qui demeurent de précieux documents sur l'état des monuments non restaurés (1).

Les assemblées générales dont le Bulletin monumental publiait alors les comptes-rendus prirent bientôt le nom de « Congrès », et nous les verrons devenir moins la source d'une information épuisée que des occasions d'étudier les monuments eux-mêmes. Une publication spéciale leur fut alors réservée, et, avec le Bulletin monumental d'une part et les volumes des Congrès d'autre part, la Société fut, à partir de 1845, à la tête de deux publications (2).

Ajoutons qu'Arcisse de Caumont collabora assidûment à la rédaction de ces volumes où l'on trouve, sous sa signature, plus de deux cents articles traitant de l'art romain, de l'architecture religieuse, monastique, civile et militaire, de la statuaire et du mobilier. On est frappé, en les lisant, de retrouver chez cet archéologue de la première heure une connaissance innée des principes qui sont demeurés immuables après lui.

Bulletin monumental et Congrès archéologiques n'étaient pas suffisants pour qu'Arcisse de Caumont puisse accomplir toute sa mission. Il employa encore une activité toute particulière à créer des sociétés savantes qui grouperaient les érudits d'une même région et dont le rayonnement aurait une influence très grande sur l'esprit public.

Dans une autre partie de ce volume, on lira l'histoire des sociétés savantes de province. Nous ne déborderons pas notre programme en signalant que plus de douze de

(1) Parmi ces dessins, il faut particulièrement remarquer ceux dus au crayon de Georges Bouet, qui, par leur exactitude, ont rendu des services signalés, alors que la photographie n'était pas pour les architectes l'aide qu'elle est devenue. Georges Bouet, élève de Paul Delaroche, était né à Caen en 1817 ; il se lia avec Arcisse de Caumont et l'accompagna dans ses voyages. C'est surtout à partir de 1841 qu'il donna une large contribution à l'illustration des volumes de la Société. Lui-même archéologue averti, il publia dans le Bulletin monumental de bons articles. Il devait mourir en 1890.

(2) De 1836 à 1844, les Congrès ont fait l'objet de tirages à part du Bulletin monumental.


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ces sociétés virent le jour presque en même temps que la Société française d'Archéologie et il n'est pas téméraire de dire que leur création est l'oeuvre d'Arcisse de Caumont.

Il fallait combiner tous les efforts pour réagir contre le vandalisme partout où il pouvait s'exercer, aussi une des préoccupations constantes de Caumont fut-elle d'associer le clergé au sauvetage des monuments et du mobilier du culte.

En même temps qu'il priait les préfets de communiquer aux maires la liste des églises les plus remarquables du département, liste qu'il avait dressée lui-même, il demandait aux évêques de faire à leurs curés une communication semblable, pour les rendre vigilants à soigner les édifices et les oeuvres mobilières qui leur étaient signalés (1). Il les priait aussi de faire enseigner l'archéologie dans les séminaires afin d'éclairer les futurs curés et de les intéresser à leurs églises. De fait, dans plus de cinquante séminaires ces cours furent institués et ils y produisirent les meilleurs résultats. Malheureusement, ils ne furent pas de longue durée et ne purent survivre au décès des premiers professeurs nommés, qu'on ne remplaça pas. Bientôt, ils avaient cessé presque partout au grand préjudice de l'art religieux ; en 1884, le Comité permanent ne devait-il pas protester contre la démolition dans la cathédrale de Rouen — afin d'obéir au malencontreux principe de l'unification du style, contre quoi la Société n'avait pas su s'élever assez tôt — de son beau jubé du xvme siècle, enrichi de statues dues, au ciseau de Clodion. C'est ainsi encore qu'il éleva la voix, lors de la vente des stalles de Saint-Pierre de Caen. Aussi, à l'occasion de l'assemblée des catholiques du Nord en 1885, Marsy, alors Directeur, demandait-il avec instance le rétablissement des cours d'archéologie dans les séminaires.

(1) V. Bull, mon., 1935, p. 279 et 318.


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Voyages, conférences, cours, publications, instruction, conseils n'étaient que des moyens moraux pour venir au secours des monuments. La société aurait voulu faire mieux : acheter ceux des édifices que la ruine allait atteindre. Projet ambitieux qui ne put être exécuté qu'exceptionnellement. Cependant, elle acheta quelques édifices. Elle se dessaisit ensuite de certains d'entre eux lorsqu'elle put les faire classer comme monuments historiques ou qu'elle en reconnut le peu d'intérêt. En voici la liste :

L'église désaffectée du cimetière de Cravant dans l'Indre-et-Loire est une petite chapelle carolingienne des plus précieuses, qui fut acquise le 8 avril 1863. Elle fut classée comme monument historique le 10 février 1913. En 1932, la Société la cédait à la Société des Amis du Vieux-Cravant, qui y installa un musée local.

L'église désaffectée et en ruines d'Engranville, commune de Formigny, dans le Calvados, fut achetée le 22 janvier 1847 par acte passé chez Niobey aîné, notaire à Bayeux. Elle fut inscrite sur la liste de l'inventaire supplémentaire le 2 juillet 1927. Une cloche qui y était encore a été transportée, avec l'autorisation du Directeur, dans l'église de Formigny. Ce monument dégradé et d'un intérêt médiocre est encore la propriété de la Société, ainsi que le passage qui, dans le cimetière, permet d'y accéder.

En 1877, la Société acquit une maison où habita Gassendi, à Champtercier, dans les Basses-Alpes. Là encore l'intérêt archéologique était très faible et Palustre fut heureux de s'en débarrasser en 1886 (1).

Enfin, la Société possède encore le dolmen de Colombiers-sur-Seulles (Calvados) et quelques mètres de terrain autour (2), puis trois piles soutenant jadis l'aqueduc ro(1)

ro(1) acte du 30 novembre 1885 chez Me Laplane, notaire à Thoard, Basses-Alpes.

(2) Voir acte sous seing privé du 14 février 1850, dans les archives de la Société,


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main de Contray, commune de Beaulieu-lès-Loches, et le droit de faire des fouilles dans une parcelle de terrain qui l'enveloppe et est désignée dans l'acte (1).

Arcisse de Caumont préféra, plutôt que d'acheter des monuments, consacrer les ressources dont il vjouvait disposer à allouer des subventions pour aider à les restaurer, ou encore à effectuer des fouilles. Mais le budget de la Société demeurait modeste (2) et les allocations devenaient en réalité insignifiantes devant les besoins à pourvoir (3), aussi furent-elles remplacées par des médailles distribuées aux meilleurs travaux archéologiques, à des propriétaires

(1) V. acte des 3 et 18 novembre 1869 chez Quilestre, notaire à Beaulieu.

(2) Néanmoins en 1901, la Société avait distribué, avec cette affectation, plus de 700,000 fr.

Les ressources de la Société française d'Archéologie ne consistaient guère que dans les cotisations de ses membres. Elle ne bénéficia que de deux legs, le legs Arcisse de Caumont et le legs Poullain qui, ensemble, produisent un intérêt de 3,300 fr. Il faut ajouter à ce patrimoine une donation de 2,000 fr. qui nous fut faite par un de nos plus éminents confrères, M. Adrien Blanchet, membre de l'Institut, dont les arrérages doivent être employés à aider à des fouilles, puis, tout dernièrement, un legs de 10,000 fr. laissé par Martin Sabon, qui y ajouta le don de nombreux clichés de projection.

D'autre part, parfois les villes ou les sociétés savantes qui recevaient le Congrès accordèrent une allocation destinée à augmenter le nombre des médailles à distribuer. C'est ainsi qu'en 1904 la ville du Puy donna 1,000 fr. et la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire 300 fr.

En outre, plusieurs membres de la Société fondèrent des prix et des médailles par dispositions testamentaires. Telle est l'origine des prix Travers, Mareuse, Le Sénécal et Jules Lair. Ce dernier, qui consistait en une médaille, cessa à la mort de Mme Jules Lair.

Il est difficile de donner des détails sur l'histoire financière de la Société, car le Comité permanent qui avait la direction des fonds ne publiait les comptes du trésorier qu'irrégulièrement. Nous pouvons cependant dire, à titre d'indication, qu'en 1877, par exemple, alors que le nombre des membres de la Société dépassait 1,200, les recettes s'élevaient à 15,092 fr. et les dépenses à 15,045 fr. La publication du Bulletin monumental et du volume du Congrès absorbaient la majeure partie des ressources.

(3) D'ailleurs, Caumont spécifiait que « les fonds accordés aux communes pauvres ne peuvent jamais être suffisants et qu'ils ne sont réellement qu'un moyen d'engager la commune, puis le Conseil général et enfin l'État, à faire les fonds nécessaires pour la restauration projetée ». V. Bull, mon., 1853, p. 232.


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 23

ou à des curés soigneux, à d'habiles architectes, à de consciencieux maîtres de chantiers.

Certaines sommes furent encore employées à faire exécuter des moulages. Le directeur estimait avec raison que les morceaux de sculpture les plus précieux perdent une grande partie de leur valeur lorsqu'ils sont déplacés et que les musées dont il favorisait la création ne devaient recueillir que ce qui, resté sur place, serait voué à une perte certaine. Aussi, au cours des Congrès, faisait-il exécuter des moulages dont il gratifiait les musées locaux (1). Ceux de Saintes, de Poitiers, de Niort, d'Angers, de Tours, d'Auxerre, de Moulins, de Nevers, d'autres encore, eurent à bénéficier de ces dons.

Mais un certain nombre de moulages furent réunis à Caen, dans le Musée de la Société française d'Archéologie, qui fut créé en 1855 et dont un catalogue dressé en 1860 comporte 104 numéros (2). Cette collection fut d'abord

(1) Aux séances tenues à Arras les 27 et 29 août 1853, à la suite d'une communication du R. P. Martin sur l'interprétation de deux chapiteaux historiés de l'église de Cunault, « M. de Caumont insiste pour qu'au lieu de graver seulement tous les objets, on les moule désormais, afin d'en avoir plusieurs exemplaires que l'on déposerait dans les musées et qu'on étudierait ainsi plus facilement. Il annonce que la Société française mettrait volontiers quelques fonds à» la disposition des Sociétés qui voudraient entrer dans cette voie ». Bull, mon., 1853, p. 555.

(2) Voici le sommaire de ces numéros : 1, tympan de l'église Saint-Sauveur d'Angers. — 2, Christ par Dauvergne (peinture moderne). — 3 à 10, chapiteaux de l'église Saint-Laurent de Grenoble. — 11 à 69, statues de Chartres (fragments). — 70, colonne de Souvigny. — 71, 42 morceaux représentant des voûtes gothiques. —■ 72, fût de colonne romane de Saint-Denis. — 73 à 75, 3 chapiteaux de Moissac. — 76 à 79, bases et chapiteaux de Moissac. — 81, médaillons de Sainte-Croix de Bordeaux. — 82, moulures et tympan de Saint-Aubin d'Angers. — 83, chapiteau de Cunault. — 84, chapiteau de la Trinité d'Angers. — 85, chapiteau de SaintEutrope de Saintes. — 86, 5 médailles de l'église de Civray. — 88 à 91, 4 chapiteaux du baptistère Saint-Jean de Poitiers. — 92 et 93, estampage de deux pierres tombales de Saint-Ouen de Rouen. — 94, Vierge en terre cuite moulée (Toulouse?). — 95 à 100, bas-relief de Limoges. — ... porte du baptistère de Florence. — 104, pierre tumulaire du musée lapidaire de Bordeaux. — 105 à 108, autre pierre tumulaire du même Musée. — 109, fragment d'un itinéraire


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abritée dans une dépendance des anciens bureaux de la préfecture, et F. Huard en fut nommé conservateur, puis plus tard elle fut confiée au Musée des Antiquaires de Normandie, avec lequel elle est demeurée confondue.

Arcisse de Caumont avait devancé, on l'a vu, la Commission des Monuments historiques dans son oeuvre de sauvetage des édifices, grands et petits, qui n'était alors confiée qu'à deux personnalités savantes d'ailleurs averties, Vitet, puis Mérimée. Il reçut de Mérimée, sur le point de partir pour Vézelay, au secours de l'abbatiale en ruines, cette lettre que nous aimons reproduire ici : « Vos ouvrages m'ont donné le goût, Monsieur, de l'archéologie. Au moment de commencer ma tournée d'inspection, j'éprouve, plus que jamais, le besoin de réclamer les conseils de personnes qui, par de longues et savantes études, ont acquis la parfaite connaissance des monuments du moyen âge (1). »

Mais voici qu'en 1872 la santé d'Arcisse de Caumont s'altère, il n'est plus en état de fournir une somme de travail suffisante et le 26 juillet il donne sa démission de Directeur de la Société française d'Archéologie. L'excuse était valable puisque moins d'un an après, le 16 avril 1873, il avait cessé de vivre.

L'oeuvre était fondée et elle était prospère. A la mort de Caumont, la Société comptait 1,180 membres français et étrangers. A côté de son bureau, composé de Caumont, directeur, l'abbé Lepetit, secrétaire général, Charles Vasseur et Eugène de Beaurepaire, secrétaires adjoints, Gaugain, trésorier, à côté de son Comité permanent, confiné dans ses attributions administratives et dont le rôle archéologique n'était que local, un savant état-major

romain du même Musée. — 110, plan des bains romains de Mackwiller (Bas-Rhin).

(1) Rapporté par Héron de Villefosse dans son discours de la séance d'ouverture. Congrès d'Avallon, 1907, p. 109.


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d'inspecteurs était réparti dans toute la France pour y reconnaître et y étudier les monuments. Beaucoup d'entre eux avaient répondu aux leçons du maître, et nos volumes gardent, sous leur signature, des articles qui témoignent de leur savoir (1). Nommons quelques-uns de ces premiers pionniers dont le rôle ne doit pas être oublié.

Nous avons déjà mentionné Eugène de Beaurepaire, Bouet et Gaugain. Rappelons-en d'autres qui ont fait honneur à l'érudition française.

Félix de Verneilh, qui fut inspecteur, et son frère Jules ont laissé des travaux encore consultés sur les églises à coupoles de la Dordogne, sur la restauration de la cathédrale d'Angoulême et sur les monuments des PyrénéesOrientales.

Egger, Darcel, Auguste Prost sont trop connus pour qu'il soit utile de rappeler leurs titres.

Jules de Laurière, qui ne devait mourir qu'en 1894 et avait été remarqué, dès la première heure, par Arcisse de Caumont, doit être compté au nombre des fondateurs de la Société. Il en fut secrétaire général et en devint inspecteur général. De nombreux voyages au cours desquels il prenait des notes, levait des plans, esquissait des croquis, avaient ouvert son esprit à l'archéologie monumentale. Il seconda assidûment Caumont, Cougny, de Marsy dans la préparation scientifique des Congrès. On lui doit des articles qui font autorité et ont, largement, contribué à l'histoire et à l'étude des églises Saint-Pierre de Vienne, de Pamiers, de Saint-Girons, de Valcabrère, de Saint-Lizier, de Riez, de Saint-Bonnet-la-Rivière, etc.

L'abbé Barraud, dans l'Oise, s'occupa surtout du mobilier religieux et, sans parler de l'église Saint-Martin-au(1)

Saint-Martin-au(1) la bibliographie de ces différents auteurs, nous renvoyons à la Table analytique des publications de la Société française d'Archéologie, 1834-1925, publiée par Marcel Aubert, Rémy Delaunay et Jean Verrier.


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Bois dont il écrivit la monographie, il étudia les mitres et les gants des évêques, les mors de chapes et les vases liturgiques.

L'abbé Texier contribua à la découverte du Limousin. Il définit le caractère de ses monuments, s'attarda sur l'orfèvrerie limousine ; on lui doit des notices sur le portail de Beaulieu et l'abbaye d'Artiges.

Raymond Bordeaux se consacra à l'archéologie normande et il faut louer la lutte qu'il mena contre le vandalisme et en particulier contre les projets de restauration de la cathédrale d'Évreux, qui aurait été une véritable reconstruction.

Anatole de Roumejoux avait un talent de dessinateur qui lui permit d'enrichir de croquis précieux les notices qu'il publia dans nos volumes, sur les fouilles de la cité de Périgueux et la tour de Vésone, ses notes sur la lanterne des morts d'Atur, en Dordogne, et l'abbaye de Sylvanès.

Le chanoine Arbellot s'était fait le champion d'une théorie aujourd'hui désuète qui veut faire remonter aux apôtres eux-mêmes l'évangélisation de la Gaule. Mais, en revanche, par son activité et sa perspicacité à retrouver des textes, il apporta un précieux appoint à l'étude des monuments du Limousin, en particulier à la cathédrale de Limoges et de l'abbatiale de Saint-Junien.

C'est le nord de la France qui fut le principal champ d'études de Charles Gomart et, parmi les nombreux articles qu'il signa, on doit citer ceux qui concernent l'abbaye de Saint-Nicolas-sous-Ribémont, les châteaux de Bohain, de Fervaques, de Moy et de Ham, la crypte de Saint-Quentin et le portail de l'église picarde d'Athis.

L'abbé Lenoir se consacra au Berry, dont il étudia les églises romanes, mais surtout il entreprit la restauration de la grande abbatiale de Fontgombaud ; d'une ruine, il tira une église neuve, il est vrai, mais où de nombreux


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHEOLOGIE 27

témoins attestent la fidélité à ce qu'était le monument primitif.

L'abbé Pottier eut une longue carrière, car, déjà inspecteur en 1872, il ne devait mourir qu'en 1924,' et il la consacra à l'architecture militaire du Tarn-et-Garonne. On lui doit aussi des notices sur les églises de Najac et de Beaulieu.

Léon de la Sicotière partagea une vie très remplie entre le Parlement — il fut député de l'Orne — le barreau et l'archéologie. Auteur de l'Orne archéologique, il donna à nos volumes des études sur le château de Carrouges, la cathédrale de Séez et les vitraux de Notre-Dame d'Alençon.

Georges de Soultrait publia de nombreux travaux sur le Nivernais, puis des notices sur Notre-Dame du Bourg dans l'Ain, le château de Villeneuve-lès-Avignon, le trésor de Saint-Gildas de Rhuis.

Bélisaire Ledain était poitevin et il a étudié son pays dans ses souvenirs gallo-romains, dans ses monuments médiévaux et dans les documents épigraphiques qu'il y a relevés. Il a publié une notice approfondie sur l'abbaye de Saint-Jouin de Marnes.

L'abbé Auber étudia avec soin l'iconographie de la sculpture romane, sans doute avec une complaisance excessive sur son sens symbolique, mais souvent avec sagacité pour en retrouver l'interprétation hagiographique. Ses études sur le portail méridional de la cathédrale de Bourges, de l'église de Châtillon-sur-Indre, ont puissamment aidé ceux qui ont travaillé après lui.

L'abbé Michon releva les monuments de la Charente, antérieurs à l'onzième siècle. Mais surtout il est l'auteur de la Statistique monumentale de la Charente, qui est toujours consultée avec profit.

Marcel Canat de Chézy publia une étude sur l'église abbatiale de Tournus et les chapiteaux de celle de Cluny.

Le baron de Rivières, autre ami de Caumont, resté


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celui de Palustre et de Marsy, s'occupa particulièrement de la cathédrale d'Albi et de l'art campanaire.

Le vicomte de Toulouse-Lautrec est l'auteur de travaux sur les abbatiales d'Orbais, du Thoronet et de Sylvacane, les églises d'Aix, de Conques-en-Rouergue, de Sainte-Croix de Quimperlé, les vitraux de Valbourg, les peintures et les clochers du Comminges.

Enfin, notons la collaboration d'Anatole de Barthélémy, d'Edouard de Barthélémy d'Hostel, du comte de Mellet dans la Marne, de l'abbé Straub en Alsace, de Rostan en Provence, du marquis de Castelnau d'Essenault dans le Midi aquitain, du comte de Blois en Bretagne. Nous n'avons pas épuisé la liste, mais nous avons nommé les principaux de ces érudits formés à l'école d'Arcisse de Caumont et qui furent comme ses « missi dominici » pour explorer toute la France archéologique et en faire valoir le prix. Leurs travaux, parfois imparfaits, il faut le reconnaître, devaient préparer dans l'avenir ceux de leurs successeurs plus scientifiquement forts des armes qu'ils avaient forgées.

De fait, la moisson de Caumont fut abondante, son oeuvre fut salutaire. Dans une séance générale tenue à Évreux en 1870, le Directeur interrogeait ses « officiers » et leur demandait si leurs efforts n'avaient pas donné des résultats. On lui répondait que, depuis dix ans, les travaux publics étaient conduits avec un discernement et une intelligence jusqu'alors inconnus, que la restauration des monuments devenait satisfaisante, qu'on voyait se former, pour l'effectuer, des ouvriers habiles, autrefois introuvables. L'esprit public, ajoutait-on, faisait son éducation, l'hostilité envers les édifices du moyen âge était remplacée par l'intérêt qu'on leur portait et, enfin, que dans beaucoup de régions les publications répandues par les sociétés savantes locales prenaient un tour scientifique favorablement accueilli.


GUSTAVE DE COUGNY

1872-1875



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 29

II

GUSTAVE DE COUGNY (1872-1875)

En donnant sa démission, Arcisse de Caumont avait désigné pour lui succéder Gustave de Cougny, qui fut aussitôt nommé directeur par le Comité permanent. Il n'était pas Normand, mais habitait le château de Grille, commune de Chinon, et peut-être cette origine éveillet-elle déjà quelque méfiance au sein du Comité qui l'avait cependant élu.

Cougny n'était pas un archéologue sans valeur. Il avait accompagné Caumont dans de nombreuses tournées et les articles qu'il publia dans le Bulletin monumental sur la préhistoire, l'architecture religieuse et l'iconographie témoignent de ses connaissances.

Néanmoins, une certaine défiance de soi, un caractère peut-être craintif, lui firent croire qu'il n'était pas suffisamment armé pour poursuivre toutes les publications qu'avait créées son prédécesseur et, dès la fin de 1872, le Bulletin monumental annonçait qu'il cessait de paraître.

Heureusement, il n'en fut pas ainsi : ébranlé par les instances de Caumont, sans doute, Cougny revint sur sa décision et l'année 1873 vit le Bulletin monumental, qui ne subit pas d'interruption.

Mais bientôt nouvelles difficultés : Cougny annonce qu'il abandonne au Conseil administratif, c'est le nom qu'avait pris parla suite le Conseil général (1), la propriété du Bulletin. Or, le Bulletin appartenait, nous l'avons dit, à Arcisse de Caumont et, depuis sa mort récente, à sa

(1) Nous savons que le Conseil général avait été composé d'inspecteurs et que, par cela même, il était très différent du Comité permanent.


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veuve ; Caumont n'avait fait qu'autoriser son successeur à en assurer la publication. Plus encore que Mme de Caumont, le Comité permanent protesta contre la prétention de Cougny.

En réalité, un conflit était né entre le Comité permanent et le Directeur. Celui-ci voyait avec ombrages la centralisation à Caen, le pouvoir réglementairement installé dans la ville normande et jalousement exercé. Il s'abstenait systématiquement d'assister aux séances et il résolut de secouer un joug qui menaçait de devenir d'autant plus omnipotent que Caen préparait un projet de règlement pour renforcer sa puissance.

A cette menace, Cougny répondit en faisant voter par le Conseil administratif un règlement tout différent, qu'il déclara définitif. La lutte devenait serrée, des échanges de lettres, dont la forme seule voilait la vivacité, avaient lieu entre les deux partis ; des tentatives de conciliation, dont Léon Palustre fut le principal agent, demeurèrent infructueuses : les règlements statutaires donnaient raison au Comité permanent, et le 17 septembre 1875 Cougny donnait sa démission, qui fut aussitôt acceptée (1).

La direction du successeur de Caumont n'avait guère duré que deux ans ; elle n'avait cependant pas été stérile. La Société comptait maintenant 1,214 membres, et elle avait tenu deux Congrès importants, l'un à Vendôme en 1872, l'autre à Châteauroux en 1873, qui donnèrent matière à deux volumes, dont le dernier surtout fait honneur à ses publications.

Durant cette période, plusieurs archéologues de mérite contribuèrent puissamment à accroître le bagage scientifique de nos volumes : Léon Palustre et le comte de

(1) V. sur l'état d'esprit du Comité permanent, d'une part, et du Conseil administratif, de l'autre, la lettre de l'abbé Le Petit datée du 1er juin 1874 et celle du comte de Dion, du 24 septembre 1875, conservées dans les archives de la Société.


LEON PALUSTRE

1875-1885



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 31

Marsy, que nous allons voir successivement diriger la Société, puis le comte de Dion, qui, jusqu'à sa mort en 1908, fut une des personnalités les plus vivantes qu'elle eût comptées. La production du comte de Dion fut nombreuse et nous devons citer, parmi ses plus importantes publications, ses études sur les tours de la cathédrale de Coutances, sur la cathédrale du Mans, Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, les églises de la Couture au Mans et de Montfort-l'Amaury où il habitait, les prieurés de l'ordre de Grandmont, l'abbatiale des Vaux-de-Cernay et l'architecture cistercienne, dont le comte de Dion fut un des premiers à faire remarquer le caractère.

Nommons encore Tholin, inspecteur du Lot-et-Garonne, qui écrivit d'importantes études sur les particularités des églises romanes de ce département, sur les charpentes des églises du Lot, sur la cathédrale d'Agen et les églises de Moirax et de Layrac.

III

LÉON PALUSTRE (1875-1885)

Lorsque la lettre de démission de Cougny parvint au Comité permanent, une Commission composée du comte de Mellet (1), de Jules de Laurière et de Léon Palustre fut aussitôt nommée pour diriger la Société durant la vacance de la direction, puis quelques mois après Léon Palustre était élu Directeur et Mellet Directeur honoraire.

Après avoir terminé ses études de droit, Léon Palustre,

(1) Le comte de Mellet avait, dès l'origine, été un des auxiliaires de Caumont. Il fut l'un des premiers à combattre «l'embellissement » des églises. C'est lui qui s'opposa à ce que les tours de la cathédrale de Reims soient surmontées de flèches modernes. Il publia des notices sur les églises d'Orbais-l'Abbaye et de Vertus. Il fut inspecteur de la Marne et mourut en 1882.


32 HISTORIQUE

qui était né en 1838, avait formé son esprit par des voyages en France et à l'étranger. S'il s'était fait recevoir membre de la Société en 1862, ce n'est guère qu'en 1870 qu'il commença de s'intéresser à l'archéologie ; mais aussitôt il se fit remarquer par l'ardeur qu'il mit à en poursuivre l'étude. Promu Directeur, il s'attacha, en qualité de secrétaire général, Jules de Laurière, et c'est en bonne partie à ce concours qu'il faut attribuer l'heureuse période qu'allait parcourir la Société. Héron de Villefosse, qui vit à l'oeuvre les deux hommes, a fidèlement analysé leurs caractères très différents. « Autant Palustre était ardent, autant Laurière était prudent et réservé. Palustre, qui donna au Bulletin monumental une impulsion brillante, était plein d'action, rien ne pouvait l'arrêter, dit Villefosse, quand sa résolution était prise. Il ne tournait pas l'obstacle, il le renversait. Assez peu endurant de sa nature, il se plaisait aux escarmouches et à la bataille. Il n'aimait pas les observations et n'admettait guère les contradictions. Mais Laurière était là pour le modérer de sa petite voix autoritaire et perçante (1). » Ainsi l'harmonie n'était pas troublée et l'accord se faisait entre le Comité permanent et le directeur. Lorsque le premier reprochait à Palustre de dépenser trop d'argent pour les publications, lorsque Palustre se plaignait de l'ingérence du Comité, de ses prétentions autoritaires, de sa tendance à tout centraliser à Caen et à favoriser la Normandie, l'influence de Laurière évitait des heurts irréparables.

La question du règlement qui avait entraîné la chute de Cougny fut assez rapidement terminée. Palustre exigea que le projet préparé par le Comité permanent lui fût soumis. Il en fut ainsi fait et le règlement fut voté par le Comité le 25 avril 1879 après bonne entente.

A la vérité, ce règlement n'apportait que peu de modi(1)

modi(1) d'Héron de Villefosse à la séance d'ouverture du Congrès d'Angoulême. Congrès d'Angoulême, 1912, t. II, p. 36.


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 33

fications au précédent (1). Elles ne concernaient que la procédure à suivre pour la nomination du Directeur et du secrétaire général ; il était reconnu que, sous certaines conditions, le siège de la Société pouvait être transféré de Caen dans une autre ville ; la création de quatre postes d'inspecteurs généraux était décidée (2) ; l'autorité du Directeur dans les congrès était affirmée, enfin la question du Bulletin monumental était résolue. Celui-ci, qualifié d'organe officiel de la Société, appartenait à la Société française d'Archéologie, qui déléguait le Directeur, avec pleins pouvoirs, pour en assurer la publication et même pour désigner un tiers qui le suppléerait dans cette mission.

L'influence de Léon Palustre sur l'action morale de la Société fut des plus heureuses. L'orientation de ses études préférées le portait vers la Renaissance française et c'est sur les monuments de cette époque qu'il écrivit dans nos volumes ses meilleurs articles. Citons ses notes sur l'église de Saint-Symphorien près de Tours, qui était sa paroisse, sur l'hôtel Bourgtherould à Rouen, sur l'architecture de la Renaissance en Normandie, etc. Par devoir professionnel, cependant, il ne négligeait pas les autres époques et il les étudiait avec fruit. Son coup d'oeil clairvoyant, sa mémoire très fidèle lui permettaient de faire d'heureux rapprochements et déjà il pratiquait la méthode des comparaisons qui aura pour résultat les progrès que depuis un demi-siècle a accomplis la science archéologique.

Les congrès que Palustre dirigea chaque année, les séances générales supplémentaires qu'il organisa encore dans quelque autre région sont la preuve de son activité et de son dévouement (3).

(1) Les modifications ne portèrent que sur les articles 1, 2, 5, 6, 7, 9, 10, 11 et 12.

(2) Le premier inspecteur général nommé fut le comte de Marsy.

(3) Caumont avait, lui aussi, organisé, en dehors des Congrès, un

CONGRÈS DE PARIS. II. 3


34 HISTORIQUE

Poursuivant la campagne commencée par Caumont, Palustre s'attacha à combattre le vandalisme qui s'exerçait encore avec rage sous deux formes très diverses, la destruction et les restaurations malheureuses. La hardiesse de sa franchise donnait parfois à ses campagnes une allure très combative. Le Bulletin monumental rapporte une correspondance d'un ton très vif que, malgré sa déférence pour le clergé, il dut entretenir avec les moines de Lérins qui venaient de raser l'abbaye de Saint-Honorat pour la rebâtir à neuf (1). D'autre part, l'éducation archéologique des architectes n'avait pas encore, à l'époque, atteint le degré auquel elle est aujourd'hui parvenue et, dans un discours prononcé au Congrès de Caen en 1883, Palustre se plaint amèrement du principe, alors en honneur, de l'unification des styles, qui abrite tant de mutilations au détriment de l'intérêt que présentent, dans les monuments, les transformations opérées par les siècles. Il ne cache pas davantage son dépit devant les travaux entrepris à Saint-Front de Périgueux et à la cathédrale d'Angoulême.

En 1883, la Société tenait son Congrès à Caen, où elle voulait célébrer son cinquantenaire, et à cette occasion elle se rendit à Bayeux pour apporter à son fondateur un hommage solennel en déposant une couronne au pied de la statue d'Arcisse de Caumont.

Parmi les archéologues qui furent les collaborateurs de Palustre et qui, de son temps, commencèrent une brillante carrière scientifique, on doit citer Jules de Lahondès : sa connaissance des monuments de l'Aquitaine était parfaite, et il y étudia particulièrement Notre-Dame-dupeu

Notre-Dame-dupeu et même à l'étranger, des séances générales. C'était la conséquence de son besoin de prospection. Cougny et Palustre suivirent la même méthode. Ce n'est guère qu'en 1894 que cette tradition fut abandonnée devant l'inconvénient qu'il y avait à disséminer la présence de personnalités dont le concours était important. (1) Bull, mon., 1876, p. 181.


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Camp à Pamiers, les églises et les châteaux du pays de Foix et les hôtels de Toulouse.

L'abbé Poulbrière s'attacha aux monuments religieux de la Corrèze, à son mobilier, à ses lanternes des morts, particulièrement à l'église Saint-Martin de Brive et au portail de Beaulieu.

A. Richard fit connaître la crypte de Saint-Léger de Saint-Maixent. Charles de Grandmaison est l'auteur de Tours archéologique et l'éditeur des Comptes du château de Loches en 1358. Le marquis de Rochambeau publia la monographie de l'église de Lavardin, dans le Loir-etCher. L'activité de Paul Duchatellier le porta vers les monuments mégalithiques.

Antyme Saint-Paul mérite une mention toute particulière. Quoique très jeune, il avait été apprécié par Caumont, à qui il donna, dès l'âge de seize ans, une notice sur les châteaux du Comminge, qui le fit remarquer. Sa collaboration aux volumes de la Société française d'Archéologie fut intense, mais on doit y distinguer un article intitulé A travers les monuments historiques, qui est le tableau des particularités les plus remarquables relevées dans ces édifices. Esprit à la critique aiguisée, il ne craignait pas d'engager des polémiques courtoises, mais vives, sur des questions variées : Viollet-le-Duc et son système architectural est l'examen sévère de quelques erreurs introduites dans le Dictionnaire de F architecture. La question de Saint-Front et celle des coupoles n'échappa pas à son crible. La collaboration d'Antyme Saint-Paul continua avec Marsy et Lefèvre-Pontalis et ne cessa qu'à sa mort en 1911. Vers la fin de sa vie, il avait engagé avec Enlart une longue discussion sur l'origine du style flamboyant qui mit en lumière certains points jusqu'alors négligés.

En 1885, Léon Palustre donna sa démission, non qu'il se soit élevé quelque désaccord avec ses collaborateurs, mais il désirait consacrer le reste de son existence à


36 HISTORIQUE

l'achèvement de son livre sur la Renaissance en France, qu'il ne put d'ailleurs achever. Les trois premiers volumes virent seuls le jour, et ils furent, récompensés par le prix Guérin que leur décerna l'Académie française.

Léon Palustre fut nommé directeur honoraire et souvent il venait assister aux Congrès que dirigea son successeur. Il devait mourir le 3 octobre 1894.

En 1886, Palustre avait annoncé son intention de fonder un prix annuel, grande médaille de vermeil qui devait être, à l'occasion du Congrès, attribuée à un ouvrage imprimé, traitant une question d'archéologie nationale (1). Il ne semble pas que l'exécution de ce projet se soit poursuivie très longtemps.

IV

LE COMTE ARTHUR DE MARSY (1885-1900)

Le jour où Léon Palustre se démit de ses fonctions, le Comité permanent désigna le comte Arthur de Marsy pour diriger provisoirement la Société pendant la vacance. Cette nomination devint définitive le 5 janvier 1885, après consultation des membres du Conseil administratif et de tous les inspecteurs.

Marsy était né à Doullens en 1843. Venu à Compiègne, lorsque son père y fut nommé procureur impérial, il y resta et devait y mourir.

Après ses études classiques, il entra à l'Ecole des chartes et obtint son diplôme d'archiviste paléographe en 1862. C'était une excellente préparation technique à la

(1) V. Bull, mon., 1886, p. 194. Si cotte médaille ne fut distribuée que pendant quelques années, le geste, tout au moins, servit d'exemple à plusieurs de nos membres, qui prirent l'habitude de faire les frais d'une médaille. Cette louable tradiLion est encore conservée.


LE COMTE ARTHUR DE MARSY 1885-1900



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 37.

direction d'une Société destinée à sauvegarder et à étudier les monuments d'architecture du moyen âge, et cependant la tournure d'esprit et les goûts artistiques du nouveau directeur le portaient plutôt vers les arts secondaires, mobilier, orfèvrerie, peinture et sculpture. Aussi publia-t-il dans nos volumes des notes sur les dalles funéraires, les incunables, les devises inscrites sur les portes des maisons et négligea-t-il quelque peu églises et châteaux. Il se plaisait aussi à rechercher dans les expositions publiques et les Salons de peintures ce qui pouvait intéresser l'archéologie, et chaque année il en faisait un compte-rendu, travail où la science pure eut peu à glaner.

Néanmoins, son intelligence très ouverte, sa grande mémoire, les leçons qu'il avait reçues de Quicherat lui permirent de conserver aux Congrès leur caractère éducateur de l'archéologie monumentale et même de l'accroître. D'une courtoisie extrême, bienveillant aux jeunes, secourable aux débutants et aux profanes, sympathique aux savants, il attirait de nombreux adhérents venus de France ou de l'étranger. Les visites des monuments, facilitées par le développement des moyens de communication, se multipliaient dans la zone explorée ; les séances étaient rendues attrayantes par les idées qu«y échangeaient les plus savantes compétences ; enfin, le côté représentatif n'était pas négligé et un banquet final en l'honneur des étrangers était l'occasion de toasts et de discours où Marsy excellait. La Société française d'Archéologie jouissait d'un brillant prestige.

Marsy avait obtenu cerésultat grâce aux hommes qu'il avait choisis pour l'aider : les uns survivaient à Palustre, à Cougny et même à Caumont, et en poursuivaient les savantes disciplines ; d'autres étaient nouveaux, mais ils surent bien faire.

La direction avait conservé comme secrétaires Eugène de Beaurepaire et Jules de Laurière ; leur expérience et


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HISTORIQUE

leur savoir étaient nécessaires. Mais il distingua dans le Comité permanent un nouveau venu avec qui il se lia d'une étroite amitié et qui, de suite, joua dans la Société un rôle long et profitable.

Emile Travers était entré au Comité permanent en 1884, où il succéda à son père Julien, professeur à la Faculté

Faculté lettres de Caen, puis bibliothécaire de la ville. Ami intime de Caumont, Emile Travers était né en 1840 ; sur les conseils de Caumont, il entre à l'École des chartes, en sort en 1866, avec le diplôme d'archiviste paléographe, que lui vaut une thèse sur l'état des personnes chez les Anglo-Saxons avant la bataille d'Hastings. Il est ensuite

ensuite départemental du Doubs, mais, attiré à Caen par l'air natal, il y accepte le poste de conseiller de préfecture qu'il quitte en 1875 pour consacrer sa vie à l'Académie de Caen dont il fut le président, à la Société des Antiquaires de Normandie dont il fut secrétaire, enfin et surtout à la Société française d'Archéologie à qui, jusqu'à la veille de sa mort, en 1913, il donna tout son dévouement, car il en fut trésorier en 1892 et Directeur

EMILE TRAVERS

1840-1913


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

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adjoint en 1902. En 1912, il demande à être relevé de cette fonction pour raison de santé ; il est alors nommé Directeur honoraire et il meurt l'année suivante.

Très lié avec Marsy, partageant ses goûts, doué de la même affabilité et servi par les mêmes bonnes manières, mais Normand de caractère comme de coeur et d'origine, il exerça sur le Comité permanent une influence des plus heureuses en détournant les difficultés qui allaient naître. C'est grâce à Emile Travers que la bonne harmonie ne cessa de régner. Cependant, ce rôle extérieur ne fut pas favorable à sa production scientifique et nos volumes ne contiennent guère de lui, si l'on excepte la revue des Salons de peinture qu'il continua après Marsy, qu'une sérieuse étude sur la tapisserie, ou plutôt la broderie de Bayeux.

Lorsque nous fûmes à Caen le 26 novembre 1913 pour lui rendre les derniers devoirs, parmi les orateurs qui prirent la parole sur sa tombe M. René Schneider peignit l'exacte physionomie d'Emile Travers, en le proclamant « le plus érudit des amateurs et le plus dilettante des érudits (1) ».

Dans un autre ordre d'idées, Antoine Héron de Villefosse donna à la Société, du temps de Marsy, un surcroît de prestige. Déjà, avec Caumont et Palustre, il avait collaboré à ses travaux, car c'est en 1871, âgé seulement de vingt-six ans, qu'il était entré dans ses rangs.

Après être sorti de l'École des chartes, Villefosse avait été nommé archiviste départemental à Nevers, mais, en 1869, il était attaché à la conservation du département des Antiques au Musée du Louvre, dont les collections durent à sa vigilance et à son énergie de survivre à la Commune et à la guerre de 1914. Membre de l'Institut, du Comité des travaux historiques et scientifiques, conservateur au Musée du Louvre, ancien président de la Société

(1) Bull, mon., 1913, p. 489.


40 HISTORIQUE

nationale des Antiquaires de France, son renom scientifique fut grand.

Depuis quelques années, le ministre de l'Instruction publique, voulant témoigner à la Société française d'ArchéoHERON

d'ArchéoHERON VILLEFOSSE

1845-1919

logie l'estime dans laquelle il la tenait, désignait un savant de mérite pour le représenter dans les Congrès. Il semble que c'est au Congrès de Nîmes, en 1897, que parut le premier délégué du ministre, qui fut alors Le Blant. Mais, celui-ci étant mort quelques mois après, la mission fut confiée à Villefosse, qui la remplit jusqu'à la veille de sa


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 41

mort, en 1919. C'est dire qu'il assista à de nombreux Congrès. A chaque séance d'ouverture, il prononçait un discours,.où, dans un langage choisi qui était le sien, on retrouve sa grande affabilité, sa bienveillance extrême et son érudition reconnue. Il faisait plus ; au pied des monuments romains visités, il prenait souvent la parole pour en dégager le véritable caractère et en établir la porté.e. Enfin, Héron de Villefosse contribua, par les articles qu'il leur donna, à faire du Bulletin monumental et des volumes du Congrès des recueils archéologiques précieux qui commençaient à devenir moins des catalogues de monuments que des documents scientifiques. Héron de Villefosse demeure une des grandes figures qui ont illustré la Société.

Si les études de Jules Lair, autre chartiste, le portaient plutôt vers l'histoire, si ses occupations industrielles prenaient une partie de son activité, le rôle qu'il remplit auprès de Marsy n'en fut pas moins important, en raison de la haute autorité qui armait un jugement aussi fin que droit. Il devait plus tard le mettre au service d'Eugène Lefèvre-Pontalis. Ces deux Directeurs, dans les circonstances difficiles, ont toujours sollicité les conseils de Jules Lair et ils les ont,suivis avec une déférence qui fut récompensée.

Le marquis de Fayolle était, lors de la nomination de Marsy, un nouveau venu, car il n'entra dans la Société qu'en 1884, âgé de trente-trois ans, mais il avait déjà été attiré à l'archéologie aussi bien par ses goûts personnels que par les connaissances.qu'il sut acquérir du temps qu'il fut attaché à la conservation du Musée du Louvre. Bientôt, il publiait dans le volume du Congrès de Brive, en 1890, une étude sur le tombeau d'Obasine, qui est restée définitive comme toutes celles qu'il écrivit depuis. Il suivit les Congrès avec une assiduité non interrompue jusqu'à sa mort récente en 1933, aussi sut-il acquérir


42 HISTORIQUE

dans l'étude des monuments une compétence qui lui permit de mettre en valeur les églises de la Dordogne lors du Congrès de Périgueux en 1927. Familier des édifices romains comme de ceux du moyen âge, des objets mobiliers et d'orfèvrerie, sa compétence était universelle, et on l'écoutait avec la déférence due à un grand savant, à un gentilhomme de race, à l'ami de tous.

Le baron de Bonnault d'Houet, membre de la Sçciété depuis 1877, était un autre ami de Marsy, son compatriote à Compiègne. Comme Fayolle, il était un assidu des Congrès, il y prenait des notes, dessinait sur son album des croquis exacts qui devenaient de précieux documents pour illustrer nos volumes dépositaires aussi de plusieurs articles dus à sa plume.

Léon Régnier, victime d'un funeste accident en 1924, était d'une origine plus modeste. Il avait débuté dans la vie comme clerc de notaire, mais, remarqué par Palustre, il était entré très jeune dans la Société, et, au bout de quelques années, il s'y était donné tout entier. Sa collaboration à nos volumes, sous Marsy et plus tard sous Lefèvre-Pontalis, fut très féconde. Ses travaux, qui intéressent particulièrement les monuments du Vexin, dénotent une grande connaissance archéologique et sont empreints d'une précision analytique extrême.

Enfin, parmi les autres collaborateurs scientifiques de Marsy, nous ne saurions oublier Philippe Lauzun, qui étudia les châteaux de la Gascogne, les piles romaines du Sud-Ouest, l'abbaye de Flaran ; Germain de Maidy, qui s'attacha au mobilier lorrain ; l'abbé Abgrall, aux monuments bretons ; le vicomte de Rochemontéix, aux monuments du Cantal ; le marquis Albert des Meloizes, auteur d'un très gros travail sur les vitraux de la cathédrale de Bourges ; enfin, M. Henri du Ranquet de Guérin, qui continue à nous donner d'excellentes études sur les églises du Puy-de-Dôme.

Une mention toute spéciale appartient à Raymond Che-


EUGENE LEFEVHE-POINTALIS 1900-1923



DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 43

vallier, qui, pendant de longues années et jusqu'à hier, fut un des rouages les plus actifs de la Société. Il y entra en 1876, prit place au Conseil en 1893 ; dès lors, il fut la cheville ouvrière de l'organisation matérielle des Congrès. Cette tâche était devenue de plus en plus difficile à mesure que le nombre des adhérents croissait et que les programmes étendus avaient l'ambition de comprendre tous les monuments importants de la région visitée. Il fallait pourvoir au logement dans les hôtels ou chez l'habitant, composer avec les loueurs de voitures — plus tard d'automobiles — combiner, avec les compagnies de chemins de de fer, l'horaire de trains spéciaux. Chevallier prévoyait tout, sa complaisance et son zèle en avaient fait la Providence des congressistes et le « deus ex machina » des Directeurs. Il ne devait renoncer à ses importantes fonctions qu'en 1932, vaincu par les infirmités, après avoir été secrétaire général adjoint en 1900, trésorier en 1908 et secrétaire général en 1911. Il fut nommé secrétaire général honoraire en 1932 et il s'éteignait le 12 décembre 1933.

On voit que Marsy, aussi bien par son mérite personnel que par le concours de ceux qu'il sut choisir, avait conservé à la Société française d'Archéologie sa prospérité scientifique.

Le 29 mai 1900, il apprenait la mort de François de Bonnault, fils d'Arthur de Bonnault, jeune archiviste plein'd'avenir. Son coeur délicat et sensible ne put supporter le coup qui atteignait son ami, et il tomba foudroyé.

V

EUGÈNE LEFÈVRE-PONTALTS (1900-1923)

La mort du comte de Marsy trouva la Société désemparée, au moment où elle allait tenir le Congrès de


44 HISTORIQUE

Chartres, qui fut cependant réuni le 1er juin suivant, alors que le Directeur n'était pas encore remplacé. L'organisation en fut hâtivement préparée par Travers et Chevallier, qui se multiplièrent. Héron de Villefosse, délégué par le ministère, y prononça le discours d'ouverture devant le fauteuil présidentiel vide et voilé d'un crêpe.

La réunion fut importante, non pas du point de vue scientifique, car la visite des monuments se ressentit des préoccupations qui assaillaient chacun, mais parce que c'est là qu'on se concerta pour trouver un successeur à Marsy. Héron de Villefosse et Jules Lair songèrent à un •jeune savant qui s'était enrôlé dans la Société en 1886, alors qu'il sortait brillamment de l'École des chartes. Il y avait soutenu avec autorité une thèse sur Y Architecture au XIe et au XIIe siècle dans l'ancien diocèse de Soissons • il la publiait, et les deux gros volumes qu'il en tirait révélaient chez l'auteur un esprit d'observation et une connaissance du monument qui annonçaient un maître. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres devait., peu après, lui décerner le prix Fould.

Lefèvre-Pontalis avait été le meilleur élève de Robert de Lasteyrie, si bien que déjà il l'avait suppléé dans la chaire de l'École ; mais il avait fait plus, il était entré dans l'atelier d'un architecte pour apprendre la technique de la construction, comprenant que, sans la pratique, la théorie demeurera stérile.

Ces titres et ces qualités déjà connus n'étaient-ils pas pour séduire? L'idée d'Héron de Villefosse et de Jules Lair, habilement colportée par Chevallier, adoptée par Travers, ce qui l'accréditait auprès du parti normand, fut favorablement accueillie et Eugène Lefèvre-Pontalis fut éhi Directeur le 28 août 1900.

Le nouveau Directeur comprit rapidement quelle orientation il convenait de donner à la Société. Fondée par Caumont pour faire l'inventaire des richesses archéolo-


DE LA SOCIETE FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE

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giques de la France, elle avait parcouru tout le pays, avait dressé des listes, subventionné des restaurations et • des fouilles, suscité la formation de sociétés savantes locales pour intéresser le public au sauvetage, mis un frein au vandalisme, enfin publié des notices, à vrai dire un peu sommaires, qui, faute d'une doctrine sûre, esquissaient plutôt la physionomie des édifices qu'elles n'y pénétraient pour en analyser l'organisme intime. Il fallait maintenant instruire l'esprit public réconcilié avec les monuments du moyen âge, en un mot vulgariser l'enseignement professé à l'École des chartes par Quicherat et Lasteyrie, qui avait fait faire à la science archéologique de grands progrès.

C'est avec cette pensée qu'il choisit ses collaborateurs parmi ses camarades et les professeurs de l'école groupés autour de lui en compagnie de son maître Lasteyrie. C'était Maurice Prou, directeur futur de l'École des chartes, esprit ouvert à toutes les branches de la science médiévale, dont l'oeil clairvoyant et observateur savait percer les nuages, dont la critique était sûre, la méthode parfaite, l'autorité incontestée, la franchise entière, mais amicale. Enlart, qui avait vu quantité (le monuments, que sa vision perçante avait disséqués et analysés ; Bratails, aussi logique dans ses conceptions que dans ses conclusions ; MM. Marcel Aubert, André Philippe, Philippe des Forts, Jean Virey, Labande, Adrien Manchet, Roger Grand, Louis Serbat — nommé secrétaire général en .1908 — Noël Thiollier, Stein, André Rhcin, Jean YaïïeryRadot, Georges Durand, Louis Demaîsan, Jean Verrier, Valentin de Courcel, Eugène Jany. Si à cette phalange nous ajoutons M. Paul Vitry, l'éminent conservateur de la sculpture du moyen âge et de la Renaissance an Musée du Louvre, nous la voyons composée de savants médiévistes à la foi ardente et aux convictions solides. Lefèvre-Pontalis voulut bien y adjoindre une petite troupe de profanes qui


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furent les auditeurs libres, mais assidus, du cours qu'il professa à l'École et il les autorisa à l'accompagner dans ses tournées archéologiques pour recevoir, à pied d'oeuvre, un enseignement particulièrement précieux. On y vit René Fage, MM. Robert Michel-Dansac, Charles Vignot, Jules de Valois, Jules Banchereau et l'auteur de ces lignes.

Aidé de ces collaborateurs assouplis à sa méthode, Lefèvre-Pontalis entreprit de donner un tour nouveau au volumes des Congrès et au Bulletin monumental.

Les premiers devaient contenir une étude poussée à fond des monuments visités, suivant une règle dont il donna lui-même les principes : faire l'historique de l'édifice, non pas pour rapporter les épisodes dont il fut le théâtre, mais afin de citer tous les documents, textes ou traditions, qui intéressent son origine, sa construction, ses restaurations ; en donner le plan, en décrire l'appareil, voir à travers les pierres ce qui a pu appartenir à un monument antérieur, constater, en s'attachant aux décrochements des assises, les reprises, les repentirs et les différentes étapes de sa réalisation ; en décrire l'intérieur, puis l'extérieur ; le comparer enfin à des édifices similaires. Les volumes des Congrès devaient former un Corpus des édifices du moyen âge et de la Renaissance.

Le Bulletin monumental aurait plutôt pour mission, tout d'abord, de renseigner sur la vie de la Société, dont il est l'organe officiel, de publier des monographies sur certains monuments importants que les Congrès n'avaient pu visiter, mais surtout de produire des articles d'ensemble qui seraient le résultat des monographies du premier volume.

On y puiserait un enseignement solide fondé sur la construction elle-même et non sur quelques idées de sentiment ou de symbolisme « a posteriori » qui jusque-là étaient demeurées trop en honneur. On trouverait encore


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 47

dans ce recueil l'annonce des événements les plus importants concernant l'archéologie, et dans ce but la Chronique fut confiée à M. Adrien Blanchet, puis à M. Louis Serbat, à M. Marcel Aubert, enfin à moi-même, qui n'ai eu qu'à poursuivre la voie savamment tracée par mes devanciers. Chaque fascicule du Bulletin dut enfin se terminer par une importante bibliographie analysant les ouvrages parus, exposant leurs théories et faisant leur critique.

Ces volumes furent illustrés abondamment d'abord par des reproductions de photographies que Lefèvre-Pontalis savait prendre avec discernement, dirigeant son objectif là où était le point archéologique essentiel, puis à l'aide des plans et des relevés fidèlement exécutés par les habiles architectes en chef des Monuments historiques que sont MM. André Ventre et Chauliat.

Il fut un autre groupe de travailleurs que Lefèvre-Pontalis voulut attirer dans la Société, c'est celui des architectes.

Avec Caumont, Cougny, Palustre et même Marsy, les rapports entre architectes et archéologues avaient parfois été imprégnés d'une certaine méfiance. Ce n'est pas médire que constater certaines restaurations malheureuses effectuées durant la seconde moitié du xixe siècle. Mais, avec Viollet-le-Duc, Lassus, Boeswillwald, Genuys, Selmersheim, M. Nodet, l'éducation des architectes avait progressé et alors, auprès des architectes des Monuments historiques, l'archéologue eut beaucoup à apprendre, tandis que du commerce de l'archéologue l'architecte tira profit. Aussi vit-on suivre les Congrès avec assiduité Albert Mayeux, MM. Deneux, Tillet, Ventre, Paquet, Brunet, Jules Formigé, Collin, Trouvelot et d'autres qui y apportèrent le fruit de leur expérience.

C'est ainsi que s'établit entre le Service des Monuments historiques et la Société française d'Archéologie des relations aussi cordiales que fructueuses et auxquelles ne fut


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pas étranger M. Paul Léon, Directeur général des BeauxArts, qui voulut voir Lefèvre-Pontalis siéger au sein de la Commission des Monuments historiques.

Les Congrès, où, après Héron de Villefosse, le ministre délégua successivement pour le représenter Prou, MM. Adrien Blanchet et Etienne Michon, tous membres de l'Institut, devinrent donc de véritables cours d'archéologie professés sur le terrain. Devant le monument, Lefèvre-Pontalis excellait. Il expliquait la construction, en dégageait le caractère, en analysait le détail et, après un exposé tout technique, l'édifice apparaissait dans sa réelle beauté. Parfois quelque compétence était appelée à donner son avis, et nous avons assisté, dans Saint-Gillesdu-Gard, Morienval et Saint-Cyr de Nevers, entre le directeur, Lasteyrie, Brutails et M. Labande, à des discussions aussi brillantes que courtoises d'où jaillissait la lumière. Ils étaient nombreux, suivis non seulement par des compatriotes, mais par beaucoup d'étrangers qui, comme le comte de Gellinck-Vaernewyck, Milani, MM. John Bilson, Saintenoy, Naef, Puig I Cadafalch, y représentaient le gouvernement ou les Académies de leurs pays.

Pour agir avec plus d'efficacité sur l'esprit public, Lefèvre-Pontalis organisa des conférences et des promenades qui eurent le plus grand succès et créèrent une ambiance archéologique très utile. Aussi vit-il les membres de la Société grossir en nombre, puisqu'ils n'étaient que 830 lorsque mourut Marsy et qu'ils atteignaient 1,700 lorsque Lefèvre-Pontalis s'éteignit.

La Société française d'Archéologie devenait décidément un instrument important de la culture de l'art. De petite association, un peu normande, qu'elle avait été à ses débuts, qu'elle était restée pendant de longues années, elle s'était transformée, réalisant les visions d'Arcisse de Caumont. Cependant, elle avait dû conserver sa soumission provinciale, imposée par la tutelle du Comité perma-


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nent de Caen, tutelle gênante, non plus par une exclusivité maintenant débordée, mais par une atonie qui risquait quelque jour de devenir fatale. Il fallait en finir. Déjà à une assemblée générale tenue à Auxerre le 18 juin 1907, le Directeur avait proposé la nomination d'un Comité d'honneur ainsi composé :

A. de Villefosse, membre de l'Institut, conservateur au Musée du Louvre, président de la section d'Archéologie du Comité des travaux historiques et scientifiques.

Marquis de Vogué, membre de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Comte R. de Lasteyrie, membre de l'Institut, professeur à l'École des chartes.

Jules Guiffrey, membre de l'Institut, directeur de la manufacture des Gobelins.

Paul Selmersheim, inspecteur général des Monuments historiques.

Lucien Magne, inspecteur général des Monuments historiques.

Auguste Choisy, inspecteur général des Ponts et chaussées.

André Michel, conservateur au Musée du Louvre.

Camille Enlart, directeur du Musée de sculpture comparée du Trocadéro.

John Bilson, membre du Conseil du Royal Archoeological Institute, membre de la Société des Antiquaires de Londres.

Vicomte de Ghellinck-Vaernewyck, ancien président de l'Académie royale d'archéologie de Belgique.

Albert Naef, inspecteur général des Monuments historiques de la Suisse.

Puis il fit préparer par le Conseil juridique de la Société, composé de René Fage et de M. Robert Michel-Dansac, un projet de nouveaux statuts qui, après avoir été voté par l'Assemblée générale, fut approuvé par décret du 8 janCONGRÈS

janCONGRÈS PARIS, II. 4


50 HISTORIQUE

vier 1912 : ils supprimaient le Comité permanent, qui était remplacé par le Comité d'honneur dont les membres faisaient partie, de droit, du Conseil d'administration, élu pour six ans par l'Assemblée générale et composé de quarante-deux membres qui auraient pour mission d'administrer la Société (1).

Cette modification, purement de forme, n'en consacrait pas moins le rôle national que la Société remplissait depuis sa fondation.

Lefèvre-Pontalis, qui tenait à l'assurer avec toute sa conscience, avait une tâche écrasante. Il lui fallait préparer les Congrès, les excursions et les conférences, diriger les publications, écrire des articles ou en provoquer, et alors les revoir, les corriger, les modifier, les illustrer. C'était déjà remplir une vie laborieuse, mais il devait encore faire son cours d'archéologie à l'École des chartes, dont il était devenu professeur titulaire, assister à la Commission des Monuments historiques, à de nombreuses Commissions, adresser une volumineuse correspondance. Un aide était indispensable. C'est alors qu'il demanda à Emile Travers de le seconder et il se l'attacha comme Directeur adjoint, heureux de bénéficier d'une longue expérience. Puis, lorsque l'âge eut raison des forces de ce vieux serviteur, il le fit nommer Directeur honoraire et, après une délibération du Conseil du 26 avril 1913, il me confia le poste et le titre que laissait Travers quelques mois avant de mourir. Il me pria, tout d'abord, de veiller à la publication des volumes du Congrès, puis, en 1923, il m'abandonna la direction du Bulletin monumental en m'adjoignant M. Marcel Aubert comme collaborateur.

Avec Chevallier, deux excellents auxiliaires prirent la charge de l'organisation matérielle des réunions : M. Jules

(1) Une décision de l'Assemblée générale du 19 juin 1924, ratifiée par décret du 25 mars 1925, devait transférer le siège social de Caen à Paris.


DE LA SOCIETE FRANÇAISE D ARCHEOLOGIE

51

Banchereau, titulaire du poste de trésorier depuis 1911, s'occupa de tout ce qui y intéressait la question financière (1), et Iieuzé de la question transport.

Le magnifique essor de la Société fut interrompu durant

durant guerre de 1914-1918, mais pour reprendre après la victoire, et les Congrès de Strasbourg et de Rhénanie qui la suivirent — de ce dernier M. Marcel Aubert eut toute la charge — furent émouvants et triomphants. Malheureusement, le 31 octobre 1923 Lefèvre-Pontalis était emporté après quelques mois de maladie (2).

DESHOULIÈRES

(1) Nous ne saurions oublier M. René Pillault, qui, en qualité de trésorier adjoint, fut chargé de la tenue des livres et de la correspondance administrative. C'est avec le même zèle qu'il occupe encore ce poste.

(2) A la mort de Lefèvre-Pontalis, le produit d'une souscription permit de faire exécuter par le graveur en médailles Vernier une plaquette à son effigie.

Lefèvre-Pontalis légua à la Société tous ses clichés, au nombre de 18,000 environ, et les tirages à part de ses articles. La magnifique collection des clichés a été déposée aux archives des Monuments his-


52 HISTORIQUE

Dans une séance du Conseil, en 1912, Héron de Villefosse avait salué en ces termes la nomination du directeur au grade de chevalier de la Légion d'honneur : « Vous avez été nommé à la succession de Marsy grâce à l'intervention de Jules Lair ; onze ans se sont écoulés depuis et nous nous félicitons d'avoir suivi ses conseils : le Bulletin monumental renouvelé au point de vue de la rédaction et de l'illustration ; les volumes des Congrès entièrement transformés ; la Société agrandie et de plus en plus agissante, tel est le bilan de votre oeuvre... De toutes les sociétés savantes de France, la Société française d'Archéologie est celle qui, depuis dix ans, a le plus contribué à faire connaître et respecter les vieux édifices ; c'est à son Directeur qu'on doit cet heureux résultat (1). »

Ce beau témoignage, vrai en 1912, l'était encore plus en 1924.

VI

MARCEL AUBERT (1924)

M. Marcel Aubert fut nommé Directeur de la Société française d'Archéologie par décision du Conseil d'administration du 19 décembre 1923. Ancien élève de Lefèvre-Pontalis, il était sorti de l'École des chartes en 1907, après avoir passé sa thèse sur la cathédrale de Senlis. Depuis, plusieurs ouvrages publiés par lui avaient été remarqués des savants et du public, entre autres une étude très complète de Notre-Dame de Paris, qui eut plusieurs

toriques, mais ils sont restés la propriété de la Société. Des tirages à part, la Société conserva pour ses archives deux exemplaires de chaque notice et vendit les autres. Le produit de cette vente, auquel fut ajouté la soulte de la souscription pour la plaquette, servit à créer une médaille de vermeil distribuée chaque année sous le nom de prix Eugène Lefèvre-Pontalis. (1) V. Bull, mon., 1912, p. 176.


MARCEL AUBERT

1924


54 HISTORIQUE DE LA SOCIÉTÉ D'ARCHÉOLOGIE

M. George Outardel, dont l'esprit d'organisation et la courtoisie empressée le désignaient pour ce poste, est Spécialement chargé de mettre sur pied les congrès et les excursions. M. Jean Verrier, ancien chartiste, inspecteur général des Monuments historiques, trouve le temps de vaquer à toutes les autres charges du secrétariat et d'aider le directeur adjoint dans le travail des publications. Enfin, M. Maurice Dumolin, ancien élève de l'École polytechnique, ancien officier d'artillerie, nommé lieutenant-colonel pendant la guerre, veille avec soin à notre trésorerie. Mais son esprit largement ouvert, qui l'avait porté vers les recherches historiques et l'art monumental des xvne et xvine siècles, s'est promptement familiarisé avec les études médiévales, et nos volumes renferment d'excellents articles dus à sa plume.

Parvenue à sa centième année d'existence, la Société française d'Archéologie n'a perdu ni sa jeunesse, ni son activité. Elle n'a pas démérité de son fondateur, et elle demeure fidèle au programme d'Arcisse de Caumont : faire connaître et aimer, préserver et étudier les monuments de la France du moyen âge et de la Renaissance.

DESHOULIÈRES.


LES EMULES

DE LA

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

par M. Maurice DTTMOLIN

En fêtant son centenaire et en résumant, avec un orgueil légitime, l'oeuvre accomplie par elle depuis un siècle, la Société française d'Archéologie n'a garde d'oublier les compagnies provinciales ou parisiennes qui ont poursuivi les mêmes buts qu'elle et joint leurs efforts aux siens, quand elles ne lui montraient pas la voie à suivre. L'accueil que reçoivent des érudits locaux les congrès tenus chaque année dans les différentes régions de la France, la part prise par ces savants aux travaux faits en commun montrent combien l'étude de l'archéologie s'est répandue, depuis cent ans, dans notre pays et quels progrès elle a réalisés. Si beaucoup de ces sociétés de province sont, pour parler le langage cistercien, les « filles » de la Société française d'Archéologie, beaucoup aussi sont ses soeurs, voire même ses aïeules.

Les origines. — Ce serait remonter bien haut que de chercher l'origine de ce mouvement dans les « Sociétés académiques », qui, à l'imitation de celle de Valentin Conrart et de ses amis, se fondèrent dans quelques grandes villes au xvne siècle — à Toulouse (1640), Caen (1652), Nîmes (1682), Angers (1685) — et surtout au xvme — Lyon (1700), Dijon (1725), Marseille (1726), Nancy (1750), Rouen (1756), Metz (1760), Tours (1761), Aix (1765), etc. Ces compagnies, très fermées, confinées dans la rhé-


56 LES ÉMULES

torique ou la compilation creuse, ne s'occupaient guère d'archéologie, telle qu'on l'entend depuis Caumont (1). Cependant, après les fouilles d'Herculanum (1738-1770) et de Pompéi (1755) et les travaux de Winckelmann (1761-1766), un courant puissant entraîna vers l'antiquité, dont on reprenait le contact direct, non seulement le monde cultivé, mais le grand public. En France, ce mouvement eut pour fâcheux résultat de faire remanier nos choeurs gothiques et de conduire à des aberrations, comme de restituer à Saint-Médard les colonnes de Poestum. Mais il eut aussi l'heureux effet de diriger notre architecture dans des voies nouvelles et d'attirer l'attention sur une antiquité plus proche et moins ruinée que la grecque et la romaine, celle de notre Moyen Age (2).

Le grand ouvrage de Montfaucon sur les Monuments de la Monarchie française (1729-1733), trop coûteux et surtout trop nouveau, n'avait eu qu'une faible influence. Mais les Mémoires sur l'ancienne chevalerie, de La Curne de Sainte-Palaye (1753), par leur tableau sentimental et doucereux de la société féodale, créèrent les poncifs de la littérature « troubadour », qui devait avoir tant de succès, tandis que la Bibliothèque universelle des romans du marquis de Paulmy (1775) vulgarisait, dans la même note, la connaissance des chansons de geste, que Voltaire, de Belloy, Monvel portaient sur la scène. Le peuple avait toujours aimé ses cathédrales, dont « l'horreur gothique » n'inspirait que les théoriciens ; mais déjà ces théoriciens venaient à récipiscence. Saugrain, dans ses Curiosités de Paris (huit éditions de 1716 à 1778), Cordemoy, Fremin, Laugier, Patte, dans leurs traités d'architecture (17141755), l'abbé Lebeuf, dans son Histoire du diocèse de Paris

(1) Voir, dans le Mercure (xvme siècle), le compte-rendu de leurs séances et, dans la Revue des Deux Mondes (1928-1933), la série d'articles de M. Savarit sur les Académies de province.

(2) Voir le joli livre de M. René Lanson, Le goût du Moyen Age en France au XVIIIe siècle (1926).


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 57

(1754), Soufïlot « le Romain », dans le Mémoire présenté en 1741 à l'Académie de Lyon, ne cachaient pas leur admiration pour nos constructeurs médiévaux et commençaient à les étudier de près. A Sainte-Croix d'Orléans, Robert de Cotte, Gabriel, Trouard s'efforçaient de pasticher le gothique. La vogue des jardins anglais multipliait les « fabriques » moyenâgeuses. Le comte d'Angiviller, directeur des Bâtiments (1774-1790), et l'amateur Caylus poussaient les peintres vers des sujets puisés dans l'histoire nationale et des illustrateurs, comme Moreau le Jeune, arrivaient déjà à représenter des scènes à peu près exactes, à saisir le pittoresque des édifices gothiques ou romans.

C'est ce mouvement qui provoqua la création du Musée des monuments français, d'Alexandre Lenoir (17941800), qui inspira le Génie du Christianisme (1802) et les Martyrs (1809) de Chateaubriand et dont les romantiques héritèrent. La préface mise par Victor Hugo, cet « écho sonore », à son roman de Notre-Dame de Paris (1831) n'est pas un manifeste, mais un aboutissement. Déjà, d'ailleurs, le mouvement avait eu sa répercussion sur les pouvoirs publics. Dès le 10 mai 1810, le ministre Montalivet, inspiré par le comte de Laborde, avait envoyé aux préfets une circulaire leur demandant la liste des monuments remarquables, églises, châteaux, abbayes ou tombeaux, se trouvant dans leur département et les noms des personnes compétentes s'occupant d'archéologie. Moins de la moitié des préfets ayant répondu, l'Académie des Inscriptions dressa en 1819 un nouveau questionnaire, plus détaillé et plus précis, que le ministre Decazes expédia aux préfets. Mais les objections soulevées, notamment celle du manque de fonds à affecter à ces enquêtes, firent qu'en 1824 le ministre ordonna de les cesser (1).

(1) Voir X. Charmes, Le Comité des Travaux historiques, collection des Documents inédits, 1886, t. I. Introduction.


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Heureusement, l'année précédente (1823), le jeune Arcisse de Caumont — il avait vingt-deux ans — s'était mis à professer à Caen un cours d'archéologie nationale et fondait, en 1824, la Société des Antiquaires de Normandie, pour dresser l'inventaire des vieux monuments de la région, mettre leur intérêt en valeur et en assurer la conservation. Le premier volume publié par la compagnie parut à la fin de la même année et, à partir de 1833, eurent lieu des « Congrès scientifiques », tenus dans différentes régions. En 1834, le Congrès de Poitiers créait la Société des Antiquaires de l'Ouest, jetait les fondements de la Société française d'Archéologie et émettait l'idée d'une loi plaçant les édifices intéressants sous la tutelle de l'État.

Ce magnifique labeur de dix années, issu d'une initiative privée, provoqua de nouveau l'intervention gouvernementale, Guizot reprenant sur des bases plus larges la tentative de Montalivet. Dès 1833, il s'était occupé du catalogue raisonné des monuments et des archives anciennes. En 1834, parut la première liste des monuments historiques, dont Vit et était nommé inspecteur général. En 1835 fut créé le Comité des Arts, auquel Salvandy adjoignit, en 1837, quatre autres comités distincts. A partir de 1847, les sociétés savantes de province, dont Guizot avait sollicité la collaboration, figurèrent au budget pour leurs frais de publicité et de recherches. A l'École des chartes, fondée en 1821, Quicherat professa un cours remarquable d'archéologie nationale. De 1824 à 1827, on ouvrit au Louvre les galeries du Moyen Age et, en 1845, fut créé le musée de Cluny. Dès lors, l'élan était donné et allait s'amplifier d'année en année.

Aujourd'hui, le nombre des sociétés provinciales s'occupant exclusivement ou incidemment d'archéologie atteint près de 250. Non seulement chaque département en possède une ou plusieurs, mais il n'est pas de petite ville dotée de monuments intéressants, de Semur à Saint-Gaudens, de Cordes à Valognes, de Ribeauvillé à Rambouil-


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let, qui n'ait une compagnie active et florissante pour mettre en valeur ses beautés.artistiques. A Paris même, quelques sociétés à action étendue, comme la Société des Antiquaires de France, la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, la Commission du Vieux-Paris, le Comité des Sites et Monuments du Touring-Club, la Sauvegarde de l'Art français, étudient les vestiges du passé ou s'efforcent de préserver le patrimoine commun. Il ne peut être question, dans les pages qui suivent, de retracer en détail l'oeuvre accomplie par chacun de ces groupements. On devra se borner à une esquisse sommaire de ce qu'ont fait, depuis un siècle, un certain nombre d'entre eux, pour fournir un aperçu de l'activité intellectuelle du pays dans le domaine archéologique.

Restauration et gouvernement de Juillet. — Lyon, la seconde capitale de la France, peut s'enorgueillir de deux des plus anciennes sociétés s'occupant d'archéologie. h'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts, fondée en 1700, autorisée par lettres patentes de 1724, n'a pas cessé de prospérer depuis plus de deux siècles. Elle compte aujourd'hui 52 membres et, dans sa seconde classe, une section de 6 membres se consacre spécialement à l'histoire et à l'étude des antiquités. Parmi ses membres défunts, les noms d'Allmer, de Boissieux, Ulysse Chevalier, Commarmond, Desjardins, de Soultrait, Bégule, parmi les vivants ceux de MM. Chagny, Varille, Loison attestent la valeur de ses publications, qui dépassent une centaine de volumes. Dans la même ville, la Société littéraire, historique et archéologique, fondée en 1778, compte encore plus de 100 membres, parmi lesquels Cochard, Péricaud, d'Aigueperse, Vachez, Vingtrinier, Beyssac, de Charpin-Feugerolles, Birot, pour ne citer que des disparus, sont bien connus de tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et à l'archéologie lyonnaises.

L'Académie de Metz, fondée en 1760, est aussi de celles


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qui ont eu la plus longue existence et a vu jadis Roederer, les frères Lacretelle, Poncelet et Prost participer à ses travaux (1). A Lons-le-Saunier, la Société d'émulation du Jura est encore une des doyennes des compagnies régionales mettant l'archéologie au premier plan de leurs études. Créée en 1818, elle a eu dans ses rangs Rouget de Lisle, Bichat, Pasteur, Victor Hugo, Lamartine, Charles Nodier, Xavier Marmier, Weiss, Marcou, l'abbé Brune, Victor Bérard, et son président actuel, l'abbé Perrod, l'anime depuis de longues années de sa sûre érudition et de son activité infatigable (2).

h'Académie de Mâcon, fondée le 9 septembre 1805, a son siège à l'hôtel Senecé, acquis par elle en 1896. Lamartine en fut membre titulaire pendant cinquante-huit ans (1811-1869) et Goethe obtint en 1825, sur sa requête, le titre de membre correspondant. La compagnie se compose actuellement de 21 membres d'honneur, 30 titulaires et environ 500 correspondants. Elle a publié 58 volumes d'Annales, où l'archéologie et l'histoire locale (Cluny) et même la préhistoire (Solutré) occupent une large place.

Si l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, fondée en 1652 et réorganisée au xixe siècle, a publié plus de 80 volumes de Mémoires où se rencontrent d'importantes contributions archéologiques, la Société des Antiquaires de Normandie, créée, comme on l'a vu, par Arcisse de Caumont, le 24 janvier 1824, a spécialement pour objet l'étude et la conservation des monuments du passé normand. Elle a' eu pour directeurs Guizot, Charles Lenormand, Mérimée, Chéruel, Paulin Paris, Héron de Villefosse, Corroyer, Gaston Paris, Louis Passy, Babelon, Thédenat, Léopold Delisle, Heuzey, Charles de Beaurepaire, Siméon Luce, La Sicotière, Jules Lair, le chanoine Porée

(1) Elle compte 27 membres d'honneur, 36 titulaires, 35 associés et 50 correspondants et a publié 130 volumes de Mémoires.

(2) Elle compte 250 sociétaires et a publié plus de 120 volumes de Bulletins.


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et d'autres. Son directeur actuel est M. Henri Omont, membre de l'Institut. Elle compte 320 adhérents et a publié à ce jour 34 volumes de Mémoires in-4° et 43 volumes de Bulletins in-8°, dont 2 volumes consacrés, en 1924, à son centenaire.

En Lorraine, outre l'Académie de Metz, déjà citée, la Société royale des Sciences et Lettres, fondée à Nancy en 1750 et devenue l'Académie Stanislas en 1851, la Société philomathique de Verdun, remontant à 1822, la Société d'émulation des Vosges, créée à Épinal en 1825, la Société d'archéologie lorraine, datant de 1848, la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc (1870), la Société philomatique vosgienne, fondée à Saint-Dié en 1875, la Société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse, éclose à Montmédy en 1889, entretiennent une féconde activité intellectuelle où l'étude des vieux monuments occupe la plus large place.

La Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers a été fondée en 1828, pour reprendre les traditions de l'Académie angevine remontant à 1685. Dès 1846, elle créait dans son sein une Commission archéologique, dont les nombreuses' publications, notamment les 11 volumes du Répertoire archéologique de l'Anjou, attestent qu'elle n'a pas failli à sa tâche. Elle a signalé tous les vestiges laissés par les anciens habitants de la région, en a décrit les monuments et a sauvé les tombeaux des Plantagenets, conservés à Fontevrault, que Napoléon III voulait donner à la reine d'Angleterre. Parmi ses anciens présidents figurent le comte de Falloux, Villemain, Beulé, Chevreul, Mgr Ereppel, le cardinal Mathieu, Pierre de la Gorce, et leur successeur actuel, le chanoine Urseau, à l'érudition aussi aimable que profonde, fait autorité dans les questions d'archéologie angevine (1).

(1) La Société a publié 88 volumes de Mémoires et 7 volumes de Documents historiques, qui sont une source de premier ordre.


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La Société archéologique du Midi de la France a été créée à Toulouse le 2 juin 1831. Son premier président fut le marquis de Castellane et son successeur actuel est M. le chanoine Auriol, dont les beaux travaux sur l'art du SudOuest sont universellement appréciés. Elle a pris une part active aux fouilles de Martres Tolosane, entreprises de 1826 à 1842 par Alexandre du Mège, un de ses membres, et dirige aujourd'hui celles, si importantes, de Saint-Bertrand-de-Comminges. Elle a contribué à la création du musée des Antiques, au couvent des Augustins, et on doit à elle seule le musée Saint-Raymond, réservé au mobilier. Ernest Roschach, le continuateur de l'histoire du Languedoc, le préhistorien Emile Cartailhac, Joseph de Malafosse et Jules de Lahondès, historiens des monuments de Toulouse, les épigraphistes Albert Lebègue et Félix Durrbach, et bien d'autres qu'il faudrait citer, ont été des siens. Elle a son siège dans ce bel hôtel d'Àssézat, où la générosité d'un intelligent donateur a permis à la ville de Toulouse de grouper ses sociétés savantes dans un cadre comme aucune ville de France n'en possède de semblable (1).

C'est aussi en 1831 qu'a été fondée à Saint-Omer la Société des Antiquaires de la Morinie, reconnue d'utilité publique le 19 janvier 1832 (2). Parmi ses 15 volumes de Bulletins, comprenant chacun 20 livraisons, ses 35 volumes de Mémoires et ses 18 volumes de Documents inédits, il faut mentionner des travaux de premier ordre, comme l'histoire des abbayes de Saint-Bertin et de ClairMarais, par H. de Laplane ; les cartulaires de Thérouanne et de Saint-Bertin, par Duchet, Giry, les chanoines Bled et Haignéré ; des études diverses sur la cathédrale et les

(1) La Société compte 40 membres résidants et de nombreux correspondants ; elle a publié 18 volumes de Mémoires in-4° et 49 fascicules de Bulletins.

(2) Elle compte 33 membres résidants et 95 correspondants.


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établissements civils ou religieux de Saint-Omer, par A. Legrand et L. Deschamps de Pas ; l'histoire du bailliage de la même ville, par Pagart d'Hermensàrt ; l'histoire de ses évêques, par le chanoine Bled ; sa topographie ancienne, la statistique féodale de l'arrondissement, le cartulaire de la chartreuse du Val-Sainte-Aldegonde, par Justin de Pas, en regrettant de ne pouvoir allonger la liste.

Toujours de 1831 date la Société d'Archéologie d'Avesnes-sur-Helpe (Nord), qui n'a interrompu son activité que de 1914 à 1918, pendant l'occupation allemande, a fêté il y a deux ans son centenaire, et dont le dévoué président, M. Georges Maire, entretient les vieilles traditions. A la même année 1831 remonte, à Dijon, la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, qui a publié plus de 20 volumes et créé le musée archéologique, h'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, vieille personne née en 1725, a mis aussi l'archéologie, depuis 1830, au rang de ses études et s'y consacre avec ardeur (1). A Semur depuis 1842, à Beaune depuis 1851, à Châtillonsur-Seine existent des sociétés florissantes, dont la première publie, depuis 1910, le compte-rendu des fouilles d'Alésia.

Le mouvement qu'on vient de noter, au lendemain de la Révolution de 1830, se prolongea les années suivantes. Le 2 décembre 1832 fut fondée à Guéret la Société des Sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, qui a compté parmi ses membres le comte de Fournoue-Montalembert, Auguste Bosvieux, Fernand Autorde, archiviste de la Creuse, Pierre de Cessac, président de 1859 à 1889 et collaborateur assidu du Bulletin Monumental, Henri-Auguste Delaunay, président de 1896 à 1915, le

(1) Elle compte 50 membres résidants, 57 non résidants, 190 associés, 70 correspondants.


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docteur Manouvrier, professeur à l'École d'Anthropologie, Gabriel Martin, J.-B. Thuot, le docteur Villard, et dont l'actif président actuel est M. Louis Lacrocq (1).

A Blois, la Société des Sciences et Lettres de Loir-et-Cher remonte à 1833 et a reçu en 1836, puis en 1925, la visite de la Société française d'Archéologie. Augustin et Amédée Thierry, Pardessus, Pétigny, de Caumont, Éloi Johanneau furent parmi ses membres honoraires ou correspondants ; La Saussaye, le docteur Desfray, Robert Houdin, Bergevin, Bournon, Storelli parmi ses membres actifs. Ses derniers présidents, renouvelés tous les trois ans, furent MM. Belton, Trouillard, Cauchie, le docteur Lesueur, Raymond, le chanoine Gallerand, de Croy. La Société compte 125 membres et a publié 28 volumes.

Par arrêté municipal du 13 septembre 1833 a été créée la Société archéologique de Montpellier, pour l'étude et la protection des monuments de la région. Son premier président fut Joseph Renouvier et elle a eu comme adhérents Bouché-Leclercq, Martha, Alexandre Germain, Maurice Croiset, Langlois, Révillout, Grasset-Morel, Cazalis de Fondouce (2). Elle a organisé un important musée régional, qui doit être prochainement transféré dans le bel hôtel dit « du Trésorier de France », ancienne propriété de Jacques Coeur. Un second musée d'art roman a été installé par ses soins dans la crypte de la vieille église NotreDame-des-Tables. Elle a acquis, pour les sauver, le cloître de Saint-Guilhem-du-Désert et le dolmen de.Laprunarède et a fait pratiquer des fouilles importantes aux oppida de Substantion, la Roque et Murviel. Outre 18 volumes de Mémoires, elle a publié de précieux documents histo(1)

histo(1) compte 568 membres titulaires, 11 honoraires et 13 correspondants ; elle a publié 25 volumes de Mémoires, le compterendu du Congrès de 1865, les catalogues et un guide illustré du musée de Guéret.

(2) Elle compte 25 membres résidants et un nombre illimité de correspondants.


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riques, comme le « Petit thalamus » de Montpellier, les Coutumes de Perpignan, les Cartulaires d'Aniane et de Gellone, sans compter un livre abondamment illustré sur « Montpellier aux xvne et xvme siècles ». — Dans le même département, il faut citer la Société archéologique de Béziers, plus jeune seulement d'une année que la précédente (1834), qui a publié une quarantaine de volumes, où se trouvent d'importantes études sur l'antique ville d'Ensérune.

La Société des Antiquaires de l'Ouest doit sa fondation, le 13 août 1834, à l'initiative de Mangon de Lalande, ami et disciple d'Arcisse de Caumont, au lendemain de l'important congrès tenu à Poitiers cette année-là. Elle a pour siège l'ancien hôtel de l'Écheyinage, du xve siècle, acquis par elle en 1878, et possède les trois musées de l'Échevinage, des Augustins et du Baptistère Saint-Jean, dont les deux premiers sont munis de bibliothèques (1). Les noms de Mangon de Lalande, de Longuemar, de Rochebrune, Gustave Chauvet, le P. de la Croix — qualifié par Lefèvre-Pontalis « le premier fouilleur de France » — B. Ledain, de la Fontenelle de Vaudoré, de Barthélémy, Rédet, Alfred Richard, Mgr Barbier de Montault, Babinet, Chéruel, Benjamin Fillon, de la Saussaye, Grimouard de Saint-Laurent, Léon Palustre, H. Clouzot, Ginot et de bien d'autres suffisent à attester la haute valeur scientifique des travaux de cette compagnie et sa puissante vitalité.

En Seine-et-Oise, l'Académie de Versailles remonte à 1834 et a compté ou compte dans ses rangs un grand nombre d'érudits, d'écrivains ou d'artistes éminents, comme MM. Emile Bourgeois, Pierre de Nolhac, Marcel Pératé, Gaston Brière, Henri Le Sidaner, Alexandre Mil(1)

Mil(1) compte 443 membres, a publié 116 volumes de Mémoires et Bulletins et échange ses publications avec 148 sociétés françaises et étrangères.

CONGRÈS DE PARIS, II. 5


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lerand, Maurice Croiset, Marquet de Vasselot, Henri Froidevaux, André Baudrillart, Edouard Driault, Jacques Robiquet, etc. Son président actuel est M. André Lesort, archiviste en chef de la Seine et de la Ville de Paris, ses vice-présidents MM. Jean Tharaud et Marcel Batilliat. Elle comprend 50 membres titulaires et 1,700 adhérents. Sous son premier titre de Société des Lettres, Sciences et Arts de Seine-et-Oise, elle a publié 16 volumes de Mémoires (1847-1893) et, depuis, 36 volumes de la Revue d'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise. — La Commission départementale des Antiquités et des Arts de Seine-etOise, créée en 1878, est plus spécialement chargée de la préservation des monuments et objets d'art et a son siège à la Préfecture, dont le secrétaire général la préside. Elle compte 107 membres et a fait paraître 46 volumes de Bulletins. — Rambouillet dès 1836, Pontoise en 1877, Corbeil en 1895 ont vu naître des Sociétés locales, toujours florissantes. — Une mention spéciale doit être réservée à la Société historique et archéologique de Pontoise et du Vexin, qui a eu pour présidents Séré-Depoin, Louis Passy, L. Rey, Germain Lefèvre-Pontalis, Ernest Mallet, et dont le secrétaire général, l'érudit Joseph Depoin, fut l'animateur pendant près de cinquante ans (1877-1924). Son président actuel est encore M. André Lesort, jadis archiviste de Seine-et-Oise, dont l'inlassable activité se retrouve dans toutes les manifestations scientifiques du département. La Société a publié 53 numéros de Bulletins (19111928) et 43 volumes de Mémoires (1879-1934), sans compter 30 volumes de Documents, dont 18 in-4°.

A peine plus jeune que l'Académie de Versailles, la Société des Antiquaires de Picardie a vu le jour à Amiens le 9 avril 1836, sous le nom de « Société d'Archéologie de la Somme ». Elle a son siège au musée de Picardie et a publié 34 volumes de Bulletins, 66 volumes de Mémoires, plus 6 volumes in-folio sur « la Picardie historique et


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monumentale » et 2 volumes in-folio pour la magistrale « Monographie de la cathédrale d'Amiens », par M. Georges Durand. Le docteur Caze, MM. Breuil, Bouthors, Darsy, Dufour, les frères Duthoit, Albéric de Calonne, Garnier, de Beauvillé, Josse, Cosserat, Georges Durand, Jules Boguet, Pierre Dubois, Michel Charrel, Félix Lamy, Pierre Ansart, Antoine Ledieu, de Fréchencourt, de Guyencourt, Henri Macqueron, Adrien Huguet, les abbés Corblet, Jourdain, Duval, de Cagny, Mgr Montel, MM. Edouard Bienaimé, président actuel, et Albert Heuduin, secrétaire perpétuel, ont contribué plus que tous autres, par leurs travaux, au renom de la Compagnie et à sa prospérité (1). — Dans le même département, on ne saurait oublier, à Abbeville, la Société d'émulation, fondée en 1797, reconstituée en 1828 par l'illustre Boucher de Perthes, le fondateur de l'archéologie préhistorique, et qui doit tant d'excellentes études à Ernest Prarond, Oswald Macqueron, A. Ledieu, Emile Delignières et M. Adrien Huguet.

h' Académie de Reims, créée le 6 décembre 1841 et reconnue d'utilité publique le 15 décembre 1846, comprend 45 membres titulaires et de nombreux correspondants. MM. Louis Paris, Duquenelle, Charles Loriquet, Henri Jadart, L. Demaison, H. Deneux, Pol Gosset, secrétaire général, sont parmi ceux qui ont rendu les plus grands services à la compagnie. Elle siégeait jadis à l'archevêché et sa riche bibliothèque, qui y était restée, a été détruite dans l'incendie allumé par les Allemands le 29 septembre 1914. Elle a fondé le premier musée d'archéologie et a publié, outre 145 volumes de Mémoires, les oeuvres de Dom Marlot, Flodoard, Richer, de nombreux textes inédits sur la région conservés à la Bibliothèque nationale, enfin le monumental « Répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims », dont 5 volumes ont déjà paru.

(1) Elle compte 29 membres résidants et 630 membres correspondants.


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— Dans la même ville, la Société des Amis du VieuxReims, beaucoup plus jeune, fondée le 3 février 1909 par M. Hugues Krafît, son président actuel, et siégeant à l'hôtel Le Vergeur, suit les traditions de son aînée, puisqu'elle compte 450 membres et a déjà publié 10 volumes de Bulletins illustrés.

A Beauvais, la Société académique d'Archéologie, Sciences et Arts du département de l'Oise a pris naissance en 1841 sous le nom de « Comité local d'Archéologie », qu'elle a changé pour son titre actuel en 1847. Outre ses présidents Nicolas Danjou (1847-1878), Charles Delacour (1878-1883), le comte de Lagué de Salis (1884-1893), Ernest Charvet (1893-1903), Victor Leblond (1903-1930), le fouilleur des archives notariales, Gaston Mourgues de Carrères (1930-1932), Jean Vinot-Préf ont aine (depuis 1932), elle a eu comme membres les chanoines Barraud, Marsaux, Meister, Morel, Muller, Pihan, Renet, les abbés Deladreue et Maillard, MM. Altette, Auguste Baudon, Daniel, Dupont-White, Houbigant, Charles Janet, Mathon, Peigné-Delacour, l'éditeur du « Monasticon gallicanum » de Dom Germain, Louis Régnier, Thiot, Vuilhorgne, qui ont rempli d'importantes études ses 27 volumes de Mémoires et ses 11 volumes de Documents (1).

Plus jeune seulement de quelques années, la Société archéologique du département d'Ille-et-VHaine a été fondée à Rennes en 1844 et a eu comme principaux présidents Le Gai, l'abbé Brune, Andreu de Kerdren, Arthur de la Borderie, L. Decombe, le comte de Palys, P. Banéat, Pocquet du Haut-Jussé, Henri Bourde de la Rogerie, M. Chassin du Guerny, comme président d'honneur M. Loth (2). Parmi ses 54 volumes de Bulletins, Mémoires et Documents, il faut mentionner le « Répertoire archéologique du département d'Ille-et-Vilaine », par l'abbé

(1) Elle compte 355 membres.

(2) Elle compte 248 membres.


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Brune ; le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges, par Paul de la Bigne-Villeneuve ; la Vie de Marbode, par Léon Esnault ; les Grandes seigneuries de Bretagne, par l'abbé Guillotin de Corson ; l'Ancienne cathédrale d'Alet, par Mgr Duchesne ; le Vieux Rennes, par Paul Banéat ; les Monuments mégalithiques d'IUe-et-Vilaine, par Collin. Quatre sociétés se partagent l'étude des monuments du reste de la Bretagne. Dans le Finistère, la Société archéologique du Finistère, fondée en 1843 à Quimper, sous l'inspiration d'Arcisse de Caumont, et supprimée en 1859, a été reconstituée le 15 avril Î873. On mentionnera parmi ses présidents Louis-Marie de Carné-Marcein, de l'Académie française, Hersart de la Villemarqué, de l'Académie des Inscriptions, les archivistes Jean Lemoine, Bourde de la Rogerie et Henri Waquet, le chanoine Abgrall et, parmi les sociétaires qui ont le plus contribué à la connaissance des antiquités locales, du Chatellier, le grand f ouilleur des dolmens de la région, René Kerviler, Luzel, le docteur Picquenard, R.-F. Le Men, J. Trévédy, le docteur Corre, Anatole Le Braz, le chanoine Paul Peyron, le commandant Devoir, Hyacinthe Le Carguet, le vicomte de la Barre de Nanteuil et Lucien Lécureux, les animateurs du Congrès de 1914, morts tous deux pour la France, MM. Daniel Bernard, Louis Le Guennec, Jean Savine. Ses membres sont au nombre de 420 et ses publications forment 60 volumes. — La Société académique de Brest date de 1858 et a compté dans ses rangs Levot, l'historien du port et de la ville, Fleury, Kerneis, de Lorme, le commandant Devoir, Masseron, C. Guérin, Ollivier-Henry, son président de 1914, mort aussi pour la France. Elle a publié, comme la précédente, une soixantaine de volumes de Bulletins. — Dans les Côtes-du-Nord, l'Association bretonne remonte aussi à 1845 et a son siège à Saint-Brieuc. Ses 60 volumes de Congrès et ses 50 volumes de Bulletins archéologiques constituent une mine précieuse de rensei-


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gnements, qui s'étendent à toute l'ancienne province. — Dans le Morbihan, la Société polymathique, la plus ancienne des quatre compagnies, a été fondée à Vannes en 1826 et la collection de ses Bulletins forme près de 80 volumes. Carnac fait partie de son domaine, si bien exploité par le chevalier de Fréminville, Mandet de Penhoet, Cayot-Délandre, Bizeul, l'abbé Luco, les frères Galle, Milne, suivis par le docteur de Closmadeuc, le docteur Capitan, d'Ault du Mesnil, Keller, Marsile, Le Rouzic, M. Roger Grand, le chanoine Le Mené, M. Noetinger, sous la présidence duquel la Société a pu installer ses collections dans le vieil hôtel, dit le Château-Gaillard.

Dans l'Yonne, la Société archéologique de Sens remonte au 17 avril 1844 et compte aujourd'hui 300 membres, parmi lesquels MM. René Cagnat, Adrien Blanchet et Marcel Aubert, membres de l'Institut, Joseph Perrin, historien des premiers temps du christianisme dans le Sénonais, le chanoine Chartraire et Charles Porée, historiens de la cathédrale, et, parmi les disparus, l'helléniste Pierre Giguet, l'érudit Gustave Julliot, le bibliophile Félix Chaudenier, les membres de l'Institut Maurice Prou, Maurice Roy et Camille Matignon. Dans ses 38 volumes de Bulletins et ses nombreux volumes de Documents, on citera le Catalogue du musée Gallo-romain et de ses inscriptions, la Chronique et le Cartulaire de Saint-Pierre-leVif, le Cartulaire de Balthazar Taveau, celui du Chapitre de Sens, etc. — A peine moins âgée, la Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne a été fondée à Auxerre en 1847 et, dans ses 80 volumes de publications, s'inspire de l'esprit de l'illustre abbé Lebeuf, dont les jugements artistiques, par leur objectivité et leur absence de préjugés, font un contraste si tranché avec ceux de ses contemporains. La Société d'études d'Avallon date de 1864.

A Limoges, la Société archéologique et historique du Limousin a pris naissance le 26 décembre 1845 et a son siège


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au musée Adrien-Dubouché. Maurice Ardant,l'abbéTexier, le chanoine Arbellot, Félix et Jules de Verneilh, Achille Leymarie, le chanoine Leclerc, Louis Guibert, Louis Bourdery, Alfred Leroux, René Fage, Paul Ducourdieux lui ont donné de solides travaux et son président actuel depuis 1919, M. André Demartial, entretient sa féconde activité. Outre 74 volumes de Bulletins, elle a publié le Nobiliaire de la Généralité de Limoges (4 volumes), les Registres consulaires de la ville (6 volumes) et a patronné d'importants ouvrages, comme les « Annales de Limoges » et les « Documents historiques concernant la Marche et le Limousin » (1).

La Société archéologique et historique de VOrléanais a été fondée le 23 janvier 1848 et tient ses séances dans la « Librairie » de l'ancienne Université es lois d'Orléans (2). MM. l'abbé Desnoyérs, de Buzonnière, Mantellier, Boucher de Molandon, Baguenault de Puchesse, Max de la Rocheterie, Basseville, Herluison, Pommier, Jules Banchereau — qui a tant fait pour la Société française d'Archéologie — Chenesseau, Baillet ont été ses présidents successifs et L. Dupré, l'abbé de Torquat, J. Loiseleur, l'abbé Cochard, Louis et Eugène Jarry, Cuissard, Mlle de Villaret, E. Huet, L. Auvray, P. Bouvier ont enrichi ses 36 volumes de Mémoires et ses 22 volumes de Bulletins.

Second Empire. — En Haute-Savoie, l'Académie florimontane a été reconstituée à Annecy en 1851, la première, fondée en 1606 par saint François de Sales, n'ayant eu que quelques années d'existence. Elle a publié, de 1851 à 1859, 3 volumes de Bulletins, puis, depuis 1860, la « Revue savoisienne », dont 74 volumes ont paru et qui a donné de nombreuses et bonnes études archéologiques,

(1) Elle compte 350 membres.

(2) Elle comprend 15 membres honoraires, 30 résidants, 10 non résidants et 56 correspondants.


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entre autres sur le château d'Annecy, par Max Bruchet, la chapelle de Mauxy, le clocher d'Annecy-le-Vieux, le château d'Aléry, l'ancienne église du Sépulcre, à Annecy. — h'Académie salaisienne ne date que de 1879 et a pour président actuel M. le chanoine Gavard. Elle a publié 51 volumes de Mémoires et Documents, consacrés surtout aux monographies de paroisses, mais qui ne négligent pas les monuments eux-mêmes, comme la Chartreuse du Reposoir, le prieuré de Peillonnex, les anciens châteaux de Faucigny, par L. Guy, etc. — Enfin, Y Académie chablaisienne, qui a, depuis 1886, son siège à Thonon, est présidée par Mgr L.-E. Picard, protonotaire apostolique, et a publié 30 volumes de Mémoires, où se rencontrent des études historiques et archéologiques sur les abbayes d'Abondance (par M. Déonna) et d'Entremont, le château de Larringes et d'autres localités.

En Savoie, la Société savoisienne d'Histoire et d'Archéologie a été créée à Chambéry en 1855 et a fait paraître une soixantaine de volumes, dont de nombreux chapitres sont consacrés aux monuments de la région.

La Société archéologique d'Eure-et-Loir a vu le jour le 4 juin 1856, à la suite d'une conférence donnée le 16 mai par Arcisse de Caumont sur la haute valeur des monuments chartrains et la nécessité de les protéger. Beaucoup d'autres groupements régionaux doivent probablement leur existence à pareille intervention sans en avoir gardé le souvenir. L'animateur de celui-ci, pendant près d'un demi-siècle, fut l'érudit Lucien Merlet, aidé de M. de Boisvillette, auteur de la « Statistique archéologique d'Eureet-Loir », du docteur Paul Durand, de MM. Doublet de Boisthibaut, Denain, Person, Lecocq, abbé Brière, des abbés Bulteau et Brou, auteurs de la Monographie de la cathédrale, et auquel son président actuel, le chanoine Delaporte, a donné un nouvel essor. La Société a publié 14 volumes de procès-verbaux et 16 volumes de Mémoires,


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sans compter les ouvrages documentaires, comme les Dalles tumulaires et pierres tombales (2 volumes in-4°), l'Histoire du diocèse et de la ville de Chartres, par J.- B. Souchet (4 volumes in-8°) ; le Cartulaire de NotreDame de Chartres, par E. de Lépinois et L. Merlet (3 volumes in-4°) ; la Monographie de la cathédrale (3 volumes in-8°) ; les Manuscrits enluminés de la Bibliothèque de Chartres, par Y. Delaporte. Elle a pu acquérir, en 1903, dans la rue Saint-Pierre, un immeuble où elle a réuni sa salle des séances, son musée et son importante bibliothèque (1). — Dans le même département, la SociétéDunoise remonte à 1864 et a pour président actuel M. Joseph Dulong de Rosnay.

En Alsace, la Société pour la conservation des monuments historiques a été fondée en 1855 par un groupe de savants, ' parmi lesquels les abbés Straub et Guerber, le baron de Schauenbourg, l'archiviste Spach, l'architecte Klotz, Adolphe Seyboth, les chanoines Dacheux et Keller. Après avoir subi, pendant près de cinquante ans, l'oppression des directives allemandes, elle a repris, en 1919, sous la présidence du regretté Anselme Laugel, sa bienfaisante action, et ses Bulletins ou ses Cahiers d'archéologie forment une collection de près de 40 volumes. — Les Amis de la cathédrale de Strasbourg, présidés par M. l'abbé Joseph Walter, se sont aussi reconstitués et leurs dernières publications ont renouvelé l'histoire architecturale du monument. Dans le Bas-Rhin, Haguenau, Sélestat, Wissembourg ; dans le Haut-Rhin, Colmar, Kaysersberg, Mulhouse, Ribeauvillé, Riquewihr ont vu revivre leurs sociétés locales pour la défense de leurs richesses artistiques.

La Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois a ténu sa première séance le 9 janvier 1862 et siège

(1) Le nombre de ses membres est d'environ 300.


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LES ÉMULES

au musée de Vendôme. Elle a eu pour présidents Émilien Renou, A. et R. de Saint-Venant, Charles de Lavau, le marquis de Vibraye, le marquis de Rochambeau, de Sachy, Isnard, Peltereau, l'abbé Plat, le commandant de l'Eprevier et a compté parmi ses membres Charles Bouchet, G. Launay, E. Nouel, les abbés Bourgeois et Métais, A. de Trémault, J. de Pétigny, membre de l'Institut, auteur d'une Histoire archéologique du Vendômois, G. Renault, le docteur Ribémont-Dessaignes, Louis de Launay, membre de l'Institut, qui ont doté les 72 volumes de son Bulletin d'articles importants (1). La Société a, en outre, publié : les Miracles de la Vierge, par Ch. Bouchet ; le Répertoire archéologique de l'arrondissement de Vendôme, par G. Launay ; le Cartulaire de Marmoutiers, par de Trémault, et celui de la Trinité de Vendôme, par l'abbé Métais ; les Chartes vendômoises, par le même, pour ne citer que les ouvrages de premier plan.

Dans la Loire, la Société historique et archéologique du Forez, dite la Diana, doit son nom à la belle salle du xme siècle, ancien lieu de réunion, à Montbrison, de la noblesse forézienne, découverte en 1841 par Anatole de Barthélémy et Georges de Soultrait, et-où le duc de Persigny installa les 233 membres de la jeune compagnie le 29 août 1862. Très éprouvée à la suite de la guerre de 1870, celle-ci reçut une nouvelle impulsion en 1872, de son second président, M. Testenoire-Lafayette, grandpère du président actuel, puis de son successeur Léon de Poncins, et le Congrès de 1885 ouvrit pour elle une ère de prospérité, dont M. Félix Thiollier fut l'âme. C'est alors que parurent la Monographie du château de la Bastie (1886), le Forez pittoresque et monumental (1889) et l'Art roman à Charlieu et en Brionnais (1892), véritable monument élevé à la gloire du pays. Sous la présidence du

(1) Elle compte aujourd'hui 350 membres.


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 75

vicomte de Meaux, gendre de Montalembert (1896), furent publiées la Monographie de Sury-le-Comtal, la Vie et l'oeuvre d'Honoré d'Urfé et les Peintures du Moyen Age et de la Renaissance en Forez, de MM. Déchelette et Brossart. Après la guerre de 1914-1918, le nouveau président, Maurice de Boissieu, sut faire passer le nombre des sociétaires de 220 à 600, restaurer la Bastie et agrandir la Diana, grâce à un généreux donateur, de deux maisons contiguës. Il a eu pour successeur M. Noël Thiollier, dont le beau livre sur « l'Architecture religieuse à l'époque romane dans l'ancien diocèse du Puy », d'abord thèse de l'École des chartes, fait autorité. A côté de ses présidents, citons parmi les membres qui ont le plus contribué au bon renom de la compagnie : Vincent Durand, qui en fut le secrétaire pendant de longues années, le comte de Charpin-Feugerolles, Antoine Héron de Villefosse, Edouard Jeannez, Louis Monery, Octave de Viry, Philippe Testenoire, William Poidebart, les abbés Relave, Reure et Prajoux, Eleuthère et Gabriel Brassart, en réservant une place à part à Joseph Déchelette, savant éminent et quasi universel, mort pour la France, et à Thomas Rochigneux, bibliothécaire et archiviste de la Société, mettant à la disposition de tous son inépuisable érudition. Outre les ouvrages cités plus haut, la Diana a publié 15 volumes de Mémoires et 24 volumes de Bulletins. Elle a sauvé le château de la Bastie d'Urfé, la chapelle de Notre-Dame de Laval et les ruines imposantes du château de Couzan. Elle possède toujours une équipe d'infatigables travailleurs, qui continuent ses traditions et assurent sa puissante vitalité.

A Melun, la Société d'Archéologie, Sciences, Lettres et Arts de Seine-et-Marne a été fondée le 16 mai 1864 et a eu comme présidents le marquis de Pontécoulant, numismate (1864-1868), Alfred Maury, membre de l'Institut (1868-1881), le comte Foucher de Careil (1882-1890), Ga-


76 LES ÉMULES

briel Leroy, historien de Melun (1891-1892), Théophile Lhuillier, historien du département (1893-1904), Gaston Sénéchal, Louis Villiers et M. Emile Rayau. Elle compte 300 membres et a publié 16 volumes de Mémoires.

A Montauban, la Société archéologique de Tarn-et- Garonne a pris naissance en 1865, à la suite du Congrès qui venait d'y être tenu. Son fondateur, le chanoine Pottier, en resta président jusqu'en 1922 et a eu pour successeurs le comte Renaud de Vézins, puis, en 1932, M. Maurice Souleil. Ses adhérents sont au nombre de 215 et ses Bulletins forment 61 volumes.

A Bourges, la Société des Antiquaires du Centre remonte à 1867 et a eu pour présidents Alfred Hiver, le marquis Eugène des Méloizes, Alphonse Buhot de Kersers, l'auteur de la grandiose « Statistique historique et monumentale du Cher » (1875-1898, 8 vol. in-4°), le comte Charles de Laugardière, le marquis Albert des Méloizes, auteur des « Vitraux de la cathédrale de Bourges postérieurs au xme siècle », le numismate Daniel Mater, Julien de SaintVenant et M. l'abbé Maurice de Laugardière. Parmi les sociétaires disparus qui lui ont fait le plus d'honneur, on citera Emile Chénon, Paul Gauchery, Octave Roger, le comte Emile de Toulgoët, Georges Vallois, Pierre de Goy, Albert de Grossouvre. Elle a fait paraître 44 volumes de Mémoires et, depuis 1917, un volume annuel de Bulletins, sans compter le Catalogue du Musée lapidaire et une Table de l'Histoire du Berry de Thaumas de la Thaumassière (1).

Troisième République. — La Société historique et archéologique du Périgord a pris naissance le 27 mai 1874, à la suite de l'impulsion donnée aux études locales par le Congrès de 1858. Elle siège à Périgueux, au château Barrière,

(1) Elle compte 50 membres titulaires, 9 correspondants et 193 associés.


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 77

et a eu pour présidents le docteur Galy, Michel Hardy, de Roumejoux et, pendant plus de trente ans (1902-1933), le regretté marquis de Fayolle, dont la science et l'esprit faisaient le charme des cinquante congrès auxquels il avait assisté et qui avait eu la joie d'être l'âme de celui de 1927. Son digne successeur est M. le chanoine Roux, historien de Saint-Front. La compagnie a compté dans ses rangs des archéologues de valeur, comme les barons Félix et Jules de Verneilh, Dujarrie-Descombes, Charles Durand, Vigie, Richard de Boysson, Fernand Villepelet. Outre 60 volumes de Bulletins, elle a publié : les Inscriptions du musée de Périgueux, par le commandant Espérandieu ; la Sigillographie du Périgord, par de Bosredon ; l'Histoire de Périgueux, par R. Villepelet ; les Additions à l'Armoriai du Périgord et les Magistrats du Périgord, par le comte de Saint-Saud ; l'Inventaire en 1598 des Archives du Consulat de Périgueux, par le chanoine Roux, et, tout récemment, l'excellente monographie de Vesunna, par M. P. Barrière (1).

La Société de Borda a été fondée à Dax en 1875 et doit son nom à deux savants originaires de cette ville, le mathématicien et navigateur Jean-Charles de Borda et son cousin, le naturaliste Jacques-François. Elle a eu pour présidents Henri du Boucher (1876-1889), Eugène Dufourcet (1889-1900), Abbadie (1900-1913), le docteur Bourretère (1913-1926) et M. Ferdinand Puyau. Ses 210 Bulletins et les deux volumes qu'elle a publiés sur les Congrès régionaux de 1882 et de 1926 sont la seule source qui nous renseigne sur une région encore peu connue au point de vue archéologique (2).

La Commission historique et archéologique de la Mayenne a été créée à Laval par arrêté préfectoral du 17 janvier 1878. Elle a été présidée par Floucaud de Fourcroy (1878(1)

(1878(1) a environ 450 adhérents.

(2) Elle compte environ 30 membres.


78 LES ÉMULES

1895) et Emile Moreau (1895-1920) et l'est actuellement par M. Ernest Laurain, archiviste départemental. On relève parmi ses membres les noms de l'abbé A. Angot, Bertrand de Broussillon, Henri Chardon, Georges Dottin, Victor Duchemin, Paul de Farcy, André Joubert, Jules Lair, E. de la Sicotière, Lucien Lécureux, Léon Maître, le vicomte Menjot d'Elbenne, Léon Palustre, Charles Tranchant, Robert Triger. Elle a publié 5 volumes de Procès-verbaux (1878-1885) et 41 volumes de Bulletins (depuis 1888), sans compter le « Glossaire des parlers du BasMaine », par G. Dottin, « les Croisés de Mayenne et le chartrier de Goué » et le « Cartulaire manceau de Marmoutier », par E. Laurain (1).

Dans la Corrèze, la Société scientifique, historique et archéologique de Brive et la Société des Lettres, Sciences et Arts de Tulle datent toutes deux de 1878 et ont pris naissance sous l'impulsion d'archéologues éminents, comme le comte Ferdinand de Lasteyrie, Maximin Deloche, Clément Simon, Mgr Barbier de Montault, René Fage, Ernest Rupin, Charles de Linas. L'une et l'autre ont publié une cinquantaine de volumes de Bulletins, pleins de précieux renseignements sur une région particulièrement riche en monuments intéressants et en oeuvres d'art remarquables.

La Société historique et archéologique de l'Orne a été fondée en 1882, à Alençon, par Léon de la Sicotière, sénateur, qui fut son premier président et eut pour successeurs Gustave Le Vavasseur (1889-1895), le comte Gérard de Contades et, depuis 1899, M. Henri Tournoùer. Elle siège dans l'hôtel Libert, du xvme siècle, devenu sa propriété. Avec ses présidents, les principaux artisans de sa prospérité furent Louis Duval, l'abbé Desvaux, l'abbé Barret, le marquis de Broc, le marquis de Chennevières, le marquis de Beauchesne, Paul Harel, le baron des Rotours.

(1) La Commission se compose actuellement de 20 membres titulaires et 230 associés.


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Outre 52 volumes de Bulletins, elle a publié le Cartulaire de l'abbaye Notre-Dame-de-la-Trappe, le Pouillé de l'ancien diocèse de Séez, l'Inventaire des titres de la cure d'Alençon, Orderic Vital et l'abbaye de Saint-Évroul, les Amis des monuments ornais (1).

h'Académie de Vaucluse, fondée en 1801 sous le nom de Lycée, puis d'Athénée, a été, après une longue éclipse, réorganisée en 1882 et siège au Palais des Papes, à Avignon. Elle a publié depuis lors 52 volumes de Mémoires, renfermant des études de premier ordre, signées de MM. Flenri Labande, Joseph Girard, abbé Sautel, docteur Colombe et autres (2).

La Société historique et archéologique du Gâtinais, fondée en 1883, a son siège au palais de Fontainebleau. Ses présidents furent Edmond Michel, auteur des « Monuments du Gâtinais » (1883-1886), Georges Pallain (18861922), Georges Lioret (1922-1929) et M. Henri Stein, professeur honoraire à l'École des chartes. Elle a publié 42 volumes d'Annales et 8 volumes de Documents (3).

La Société d'Histoire et d'Archéologie de Nîmes ne date que du 9 juillet 1933 et a pour président M. Ferdinand Portai, ancien président de l'Académie de Nîmes. Elle compte déjà plus de 100 adhérents et a publié, en 1934, un premier bulletin rempli de promesses. Il contient notamment une étude de M. Augustin Fliche, l'éminent médiéviste, professeur à la Faculté des Lettres de Montpellier, correspondant de l'Institut, sur « Les buts et les méthodes de l'histoire et de l'archéologie régionales », qui peut servir de programme magistral à tous les groupements plus anciens dont on vient d'esquisser l'oeuvre.

Ce rapide tour d'horizon resterait incomplet si l'on ne mentionnait pas les sociétés parisiennes, vieilles ou jeunes,

(1) Ses adhérents atteignent le chiffre de 750.

(2) Ses membres sont au nombre de 270.

(3) Elle compte 280 membres.


80 LES ÉMULES

qui, étendant leur sollicitude sur l'ensemble du pays, ont contribué, par leurs études savantes ou leurs démarches pratiques, à la protection de ses monuments anciens, associant ainsi leur effort à celui de la Société française d'Archéologie.

h'Académie celtique fut fondée en 1804, par Éloi Johanneau, Michel de Mangourit et Jacques Chambry, pour continuer l'oeuvre de La Tour d'Auvergne, dont le livre sur les « Origines gauloises » avait atteint en 1801 sa troisième édition et dont Johanneau avait été le disciple préféré. Elle tint sa première réunion au Louvre le 22 février 1805, puis dut émigrer à l'ancien hôtel de Bullion, rue JeanJacques-Rousseau, enfin au Musée des Monuments français, où elle resta, malgré sa suppression en 1816, jusqu'en 1834. En 1813, la compagnie fut transformée, sous le nom de Société nationale des Antiquaires de France, en élargissant son domaine scientifique et en modifiant son recrutement. Obligée, en 1834, d'évacuer l'École des Beaux-Arts, elle loua une maison particulière n° 12, rue Taranne et, en 1854, rentra au Louvre, qu'elle n'a plus quitté. Ses Mémoires (depuis 1807), Annuaires (1848-1855) et Bulletins (depuis 1857) forment une imposante série et l'on peut dire qu'elle a compté parmi ses membres résidants ou correspondants tous les hommes de valeur s'intéressant à l'archéologie nationale, tous les esprits indépendants soucieux du développement de cette science nouvelle.

La Société de l'Histoire de Paris et de V Ile-de-France a été fondée en 1874, sur l'initiative d'Auguste Longnon, marquis Joseph de Laborde, Paul Viollet, Anatole de Barthélémy, Gaston Paris et Gabriel Monod, et, dès sa première année d'existence, réunit plus de 360 adhérents. Son premier président, élu pour un an, fut Léopold Delisle, qui eut pour successeurs Adrien de Longpérier, le baron de Guilhermy, le baron Jérôme Pichon, Victor Du-


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHEOLOGIE 81

ruy, Alfred Maury, Emile Egger, Jules Cousin, Anatole de Montaiglon, Charles Jourdain, Auguste Vitu, Charles Tranchant, Auguste Longnon, Anatole de Barthélémy, le baron Alphonse de Ruble, le comte Robert de Lasteyrie, le marquis de Laborde, Arthur de Boislisle, Jules Guiffrey, Jules Lair, Gustave Fagniez, Gustave Servois, Eugène Mùntz, Albert Babeau, Maurice Tourneux, Noël Valois.... Il faut se limiter, mais cette tête de liste suffit à montrer l'essor pris par la compagnie et la haute tenue de ses publications, qui forment aujourd'hui 60 volumes de Bulletins, 51 volumes de Mémoires, 23 volumes de Documents et 3 volumes de Tables. Ses trésoriers, le marquis de Laborde, puis Paul Làcombe ; ses secrétaires, Paul Viollet, puis Edgar Mareuse, en furent l'âme jusqu'à la Grande Guerre. Tenant d'abord ses réunions aux Archives nationales, puis à-la Bibliothèque nationale, elle a reçu, depuis la guerre, l'hospitalité à l'École des chartes, dans la nouvelle Sorbonne. Elle compte actuellement plus de 600 membres et continue, sous l'active présidence de M. Dupont-Ferrier, professeur à l'École des chartes, son oeuvre d'érudition, secondée par les sociétés similaires créées dans presque tous les arrondissements de la capitale et-dans les quatre départements, Aisne, Oise, Seineet-Marne et Seine-et-Oise, formant l'ancien gouvernement militaire de l'Ile-de-France, sociétés qui se sont groupées en fédération.

La Commission du Vieux-Paris a été créée en 1898, sur l'initiative de M. Alfred Lamouroux, conseiller municipal, et avec la haute approbation de M. de Selves, préfet de la Seine, pour rechercher les vestiges du Vieux-Paris et en assurer, autant que possible, la conservation, suivre les fouilles et en dresser des relevés. Elle est présidée par le préfet de la Seine et compte comme membres le.préfet de Police, les secrétaires généraux des deux préfectures, trente conseillers municipaux, les directeurs des services

CONGRÈS DE PARIS, II. 6


82 LES ÉMULES

des travaux et des beaux-arts et environ quarante-cinq spécialistes, hauts fonctionnaires, historiens ou critiques d'art, désignés par le préfet. Ses premiers secrétaires furent Lucien Lambeau, Charles Sellier et Louis Tesson, aujourd'hui remplacés par M. Élie Debidour, véritable cheville ouvrière de la Commission, et M. Grimault, inspecteur des fouilles. Elle a publié 31 volumes de procèsverbaux abondamment illustrés, non mis dans le commerce, mais largement distribués aux bibliothèques publiques, qui constituent une source d'information de premier ordre pour l'histoire topographique de la capitale et de sa banlieue.

Le Comité des Sites et Monuments du Touring-Club de France a été constitué en juin 1904 et sa présidence a été successivement assumée par MM. Henri Defert, Rerolle, Edmond Chaix et Georges Maringer, président de section au Conseil d'État et membre de la Commission des Monuments historiques, son animateur actuel. Il veille à la protection des monuments historiques et des sites, en contrôlant les informations des délégués et des membres de l'association et en intervenant ensuite, s'il y a lieu, auprès des pouvoirs publics, en plein accord avec l'Administration des Beaux-Arts, dont plusieurs représentants éminents figurent parmi ses membres. Chaque année, le Comité organise un voyage d'études et d'enquêtes ayant pour objet le dénombrement des richesses archéologiques et des beautés naturelles de la région visitée. Il signale les principales par des plaques indicatrices. Enfin, nombreuses sont les campagnes qu'il a menées, depuis sa fondation, contre les atteintes portées à nos paysages et à nos monuments, comme celle, actuellement en cours, contre les méfaits de la publicité.

La Sauvegarde de l'Art français doit sa naissance, le 21 juin 1921, au duc de Trévise et étend son action sur la France entière, soit en signalant au Service des Monu-


DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE 83

ments historiques les édifices ou objets d'art qui lui paraissent mériter le classement, soit en contribuant aux réparations des édifices déjà inscrits, soit, enfin, en sollicitant, pour ceux que les ressources budgétaires ne permettent pas de classer, de généreux concours en vue de leur remise en état. C'est ainsi qu'elle a pu sauver la belle maison Philandrier, à Châtillon-sur-Seine, le prieuré de Saint-Cosme, près de Tours, où la marquise de Maillé, vice-présidente, a retrouvé les restes de Ronsard, l'église de Foulangues, et consacrer des sommes importantes à l'abbaye de Beaulieu, l'église de Chemillé, la curieuse ville de Larresingle et l'aître Saint-Maclou, à Rouen. C'est aussi sur son initiative que, de 1929 à 1934, la Commission des Monuments historiques a bien voulu classer 40 monuments, 9 objets mobiliers et inscrire à l'inventaire supplémentaire 580 monuments.

Conclusion. — En terminant cette revue, trop succincte et trop incomplète, nous nous rendons compte mieux que personne des lacunes de notre exposé. Nous n'ignorons pas combien de sociétés importantes et prospères nous avons omises, combien d'autres, moins considérables, mais actives et vigilantes, auraient mérité d'être citées. Nous nous en excusons auprès d'elles, mais rappelons que la place nous était mesurée. Notre but serait rempli si, comme nous le disions en commençant, nous avions pu donner un aperçu à peu près exact du développement des études archéologiques dans les différentes régions de la France au cours des cent dernières années.

Nous adressons nos sincères remerciements aux présidents, secrétaires ou simples sociétaires qui ont bien voulu nous envoyer les renseignements indispensables pour ne pas réduire ces notices à la sèche nomenclature d'un recueil bibliographique et pour rappeler les noms des bons ouvriers qui, aux quatre coins du pays, ont contribué à


84 LES ÉMULES DE LA SOCIÉTÉ D'ARCHÉOLOGIE

l'oeuvre commune. Et nous ne saurions mieux conclure qu'en rappelant les belles paroles prononcées par notre directeur, Marcel Aubert, à l'ouverture du Congrès de Blois, le 18 mai 1925. « Notre rôle est avant tout de servir de trait d'union entre les différentes sociétés savantes... Nous ne sommes pas une société parisienne, mais la Société française d'Archéologie, et chaque année nous déplaçons le lieu du Congrès pour renouveler les relations établies par de Caumont avec toute la France... Les sociétés de province comprennent notre rôle... Elles nous secondent dans nos efforts pour réunir — j'allais dire fusionner — toutes les bonnes volontés, tous ceux qui veulent notre France grande et belle, fière de son industrie et de son commerce, de ses artistes et de ses savants, mais aussi respectueuse du magnifique patrimoine que nous ont laissé nos pères. »


UN SIECLE D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE

par M. Raymond LANTIER

La commémoration du double centenaire de la Société française d'Archéologie et du Service des Monuments historiques offre l'occasion d'envisager dans son ensemble l'oeuvre accomplie dans le domaine de notre archéologie nationale et d'essayer d'en dégager d'utiles enseignements pour l'avenir.

Les admirables découvertes qui, depuis un siècle, se sont multipliées dans notre pays, dans les stations et cimetières du Néolithique, des âges du Bronze et du Fer, ont été en bonne partie l'oeuvre des Sociétés savantes des départements ou de particuliers. Si l'on en excepte les travaux subventionnés par Napoléon III ou la Commission de Topographie des Gaules et les louables efforts de classements entrepris, entre 1879 et 1887, par la Sous-Commission des Monuments mégalithiques, on reste confondu par le peu de retentissement que provoquèrent, dans les sphères officielles, des recherches qui allaient permettre d'écrire sur des bases nouvelles l'histoire de la Gaule avant la conquête romaine. Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques après 1830, et l'historien Henri Martin furent presque seuls à attirer l'attention sur l'importance de nos dolmens et de nos allées couvertes. Il fallut les craintes légitimes inspirées par un ravageur de nos stations paléolithiques du Périgord et les pressantes interventions d'Henri Hubert pour qu'on se déci-


86 UN SIÈCLE

dât à comprendre la nécessité d'une politique archéologique suivie. Tout est loin d'être encore parfait, mais pour la préhistoire et la protohistoire la Sous-Commission des Monuments préhistoriques a accompli une oeuvre méritoire en dotant ces antiquités d'un statut à part, provisoirement satisfaisant.

Mais on ne saurait considérer cet effort comme réglant définitivement le problème des fouilles dans ce domaine, et le manque d'une loi réglementant nos antiquités nationales reste encore l'une des graves lacunes de notre législation. Sociétés savantes et travailleurs isolés ont fait et continuent à faire beaucoup pour l'étude de ces périodes reculées, mais cette bonne volonté est aujourd'hui insuffisante. Tout citoyen français peut entreprendre des fouilles dans un terrain dont il est propriétaire, et l'Administration reste entièrement désarmée devant les ravages que peut provoquer une curiosité, légitime jusqu'à un certain point, mais qu'une ignorance de l'archéologie et de la technique des fouilles rend particulièrement néfaste. Désintéressement, passion de la recherche ne suppléent pas à une culture et une méthode défaillantes. D'autre part, le manque de continuité dans le travail se fait cruellement sentir et l'oeuvre heureusement accomplie par une Société savante de province disparaît trop souvent avec l'archéologue qui en fut l'animateur. Inégalité, instabilité des efforts, fouilles souvent incontrôlables, tels sont encore les graves défauts de notre organisation dans le domaine de la protohistoire. C'est une erreur que d'assimiler un gisement pré ou protohistorique à un « monument historique » qui, selon la définition donnée par M. Paul Léon (1), « est un organisme vivant... sert à un usage déterminé... est affecté à des occupants qui tentent de l'adapter à leurs besoins et lui font courir les plus grands risques d'altération : d'où la

(1) Les monuments historiques, p. 349.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 87

nécessité d'une législation spéciale... ». C'est aussi la demande d'une « législation spéciale » qui est à la base des interventions, tentées à plusieurs reprises, pour doter la France d'un Service des Antiquités (1). Mais c'est là chose difficile. Aujourd'hui on se heurte à l'absence de moyens financiers, interdisant la création d'un corps d'inspecteurs des fouilles, chargés d'appliquer la loi. En 1913, l'Administration des Beaux-Arts, les résistances de certains professeurs d'Université, la véhémente protestation du Directeur de l'Enseignement supérieur ont été suffisantes pour « torpiller » le projet présenté au Sénat par M. Audiffred (2). Tout récemment encore, on a cru devoir attirer l'attention sur les inconvénients d'une centralisation administrative pour l'activité et l'indépendance des Sociétés savantes des départements (3). Plût au ciel qu'elles retrouvent, en ces temps difficiles, la vitalité dont elles firent si souvent preuve au siècle dernier. Aujourd'hui, où la mode est aux activités dirigées, une archéologie « dirigée » devrait s'imposer. Mais une telle oeuvre se heurte à l'individualisme qui nous caractérise, individualisme des Universités, des Sociétés savantes aussi bien que du citoyen. Le « jus abutendi » reste tabou. Toujours est-il que le texte, définitivement adopté et voté le 2 avril 1914, reste muet sur les fouilles. v

Faut-il s'étonner? Non, car ces questions préoccupent fort peu l'opinion publique qui ne témoigne que d'un intérêt tout relatif pour ces disciplines. Il est vrai que des incidents qui datent d'hier encore ne lui ont guère montré

(1) Voir le rapport de M. E. Albertini, Une démarche de la Société des Études latines pour l'organisation d'un service des antiquités, dans Revue des Études latines, 1933, t. XII, p. 54-61.

(2) Henri Hubert, dans L'Anthropologie, 1914, t. XXV, p. 352355.

(3) J. Toutain, Les fouilles archéologiques en France, dans Revue de Synthèse historique, 1934, t. VII, p. 199 ; sur la question des fouilles en France, vue de la Grande-Bretagne, voir L'Anthropologie, t. XLII, 1932, p. 323-329 ; t. XLIII, 1933, p. 194, note 1.


88 UN SIÈCLE *

que les côtés fâcheux de certaines découvertes : ce ne sont pour elle que d'amusantes querelles de mandarins. Peut-être son attitude serait-elle différente si les sciences pré et protohistoriques occupaient dans notre enseignement supérieur la place à laquelle elles peuvent et doivent légitimement prétendre : une chaire au Collège de France, une aux Universités de Toulouse, de Poitiers et de Montpellier, une à l'École du Louvre. Tout commentaire est superflu.

Est-il mieux informé, ce grand public, des découvertes archéologiques de première importance? Je ne sache pas qu'on puisse comparer les quelques rares articles publiés par L'Illustration aux pages d'information archéologique que donnent chaque semaine les Illustrated London News. Des revues, excellentes d'ailleurs, s'adressent aux spécialistes, mais là encore l'effort reste éparpillé. La France ne possède pas d'organe comparable aux Notizie degli Scavi italiennes qui, rapidement et de façon précise, renseignent sur les découvertes effectuées dans la péninsule. Nous avons bien un Bulletin archéologique, publié depuis 1883 par les soins de la Section archéologique du Comité des Travaux historiques et qui devrait être pour notre archéologie l'équivalent des Notizie. Mais que de lacunes dans l'information qu'il soumet à ses lecteurs ! On nous laisse cependant espérer qu'un contact plus direct avec la Section des fouilles et antiquités classiques, créée par décret du 15 avril 1933 et qui est appelée, elle aussi, à s'occuper de fouilles antérieures à la conquête romaine, fera du Bulletin le véritable répertoire des découvertes archéologiques. Souhaitons également qu'il puisse paraître au moment même où les renseignements qu'il nous donnera auront gardé tout l'intérêt de l'inédit.

L'histoire de notre organisation administrative quant à la découverte et à la protection de nos antiquités préromaines est des plus instructives. Hésitations, brusques


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changements au gré d'incidents qu'une réglementation prévoyante eût suffi à empêcher, dualité d'organismes relevant de ministères différents, contacts difficiles à établir et à maintenir entre un Comité central siégeant à Paris et ses correspondants résidant dans les départements, enfin médiocrité des ressources financières, tel est le bilan du siècle dernier.

La première intervention de l'Administration dans le domaine de l'archéologie au xixe siècle (1) est due au ministre de l'Intérieur Jean-Pierre de Montalivet, qui, sur l'instigation d'Alexandre de Laborde, prescrivit aux préfets de lui fournir des renseignements écrits sur les anciens châteaux, abbayes et tombeaux (1810). La Commission de l'Institut, chargée, en 1818, du dépouillement de ces rapports, demanda que l'enquête fût étendue à tous les monuments nationaux, y compris les antiquités gauloises, grecques et romaines, les voies antiques, etc. Les résultats furent peu encourageants et, en 1824, l'oeuvre fut abandonnée. Elle fut reprise, dix ans plus tard, par Guizot, cette fois avec les moyens financiers nécessaires et le vaste programme de réunir les documents écrits et figurés de l'ancienne France. Le Comité des Arts et des Monuments, créé en 1837 par Achille de Salvandy, entra en rapports avec les Sociétés savantes de province et publia, de 1838 à 1848, un Bulletin archéologique.

Sous le Second Empire, le ministre Fortoul (1852) modifia radicalement le Comité, qui, sous le nom de Comité de la Langue, de l'Histoire et des Arts de la France, se vit assigner pour mission de recueillir les chants populaires et les poésies ! Dès 1854, il éditait un Bulletin des Sociétés savantes, destiné à donner les comptes-rendus

(1) Sur l'histoire du Comité des Travaux historiques, voir : X. Charmes, Le Comité des Travaux historiques; — Salomon Reinach, Esquisse d'une histoire de l'archéologie de la Gaule, dans Amalthée, t. III, p. 429-432 ; — A. Grenier, Manuel d'archéologie de Déchelette ; t. V : Archéologie gallo-romaine, p. 55-60.


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des articles insérés dans les mémoires de ces compagnies et à faire connaître les « faits intéressants que peuvent offrir les missions scientifiques et littéraires », remplacé bientôt par la Revue des Sociétés savantes (1856-1882). Une nouvelle refonte, en 1858, fut imposée par Rouland au Comité, qui comprit trois sections : histoire et philologie, archéologie, sciences. Les dernières modifications entreprises sous l'inspiration de X. Charmes, en 1883 et 1885, ont amené la création de cinq sections publiant chacune un bulletin. La défunte 'Revue des Sociétés savantes est remplacée par le Répertoire des Travaux historiques, confié aux Sections d'archéologie et d'histoire. Son existence fut brève (1882-1885) et le beau programme qui lui était assigné d'analyser « tout ce qui se publie tant chez nous qu'à l'étranger, sur l'histoire et l'archéologie de la France », fut abandonné. Ce n'est qu'en 1916 que le Comité archéologique reprendra le dépouillement des publications des Sociétés savantes de province et de l'étranger.

On souscrira volontiers au jugement porté par Salomon Reinach, en 1896, sur l'oeuvre du Comité des Travaux historiques (1) : il a rendu et continue à rendre d'utiles services aux études archéologiques. Mais pendant longtemps il s'est désintéressé des questions relatives à la pré et à la protohistoire. La présence au sein de la Commission archéologique de savants, comme Salomon Reinach et le Dr Capitan, montre cependant qu'on a compris l'importance de ces dernières nées de l'archéologie, et depuis une vingtaine d'années de nombreuses communications sur les antiquités antérieures à la conquête romaine ont été présentées aux Congrès annuels des Sociétés savantes, enfin la Section archéologique, malgré la modicité de ces ressources, contribue à des fouilles de cette nature (fouilles du Latisco, à Vix, Côte-d'Or).

(1) Amalthée, t. III, p. 430-432.


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La Section de Géographie historique et descriptive du Comité des Travaux historiques a pris la succession de la Commission géographique de l'ancienne France qui remplaça, le 20 janvier 1880, la Commission de Topographie des Gaules (1), créée en juillet 1858 par Napoléon III, « à l'effet d'étudier la géographie, l'histoire et l'archéologie nationales jusqu'à l'avènement de Charlemagne ». Chargée de l'établissement de la carte de la Gaule sous le proconsulat de César (1858-1859), la Commission prit une part active aux premières fouilles d'Alésia (1860-1862). Puis, quand l'Empereur eut refusé la carte dressée par ses soins, elle cessa de s'occuper de l'étude des campagnes de César et se consacra entièrement aux recherches de topographie historique. On lui doit, dans le domaine des études pré et protohistoriques, l'établissement de cartes relatives aux cavernes habitées et aux dolmens, la préparation du Dictionnaire de la Gaule (époque celtique), arrêté à la lettre L en 1894 et terminé en 1923 par Salomon Reinach (2). Grâce au budget qui lui fut conservé après la chute de l'Empire, la Commission subventionna des recherches dans les établissements et les cimetières gaulois du Mont-Beuvray, de Magny-Lambert et du département de la Marne. Les objets recueillis au cours des fouilles furent déposés au Musée des Antiquités nationales, installé dans le Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye, par décret du 8 novembre 1862 (3).

Le retentissement des découvertes de Boucher de Perthes, alors dans toute leur nouveauté, les campagnes de fouilles d'Alésia et l'impulsion donnée par toute la France aux recherches archéologiques par les travaux se rapportant à l'Histoire de Jules César que préparait Napoléon III eurent pour conséquence directe la création d'un

(1) S. Reinach, op. cit., p. 437-439.

(2) Du même, dans Revue archéologique, 1915, t. II, p. 209-227.

(3) R. Lantier, Le Musée des Antiquités nationales, Compiègne. 1934.


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« Musée d'Antiquités celtiques et gallo-romaines ». Ce Musée, l'oeuvre scientifique la plus durable du règne, fut inauguré le 12 mai 1867, sous le nom de Musée des Antiquités nationales. Destiné à « offrir au public une histoire de la Gaule par les monuments de l'industrie et de l'art depuis l'époque la plus reculée jusqu'à celle de Charlemagne », l'importance de ces collections en fait un instrument de travail incomparable (1) pour les études pré et protohistoriques, au développement desquelles le Musée, depuis sa fondation, n'a cessé de prendre une part des plus actives. Jusqu'à ces dernières années, contrairement à ce qui se passe en maint autre pays, ce n'était qu'exceptionnellement que le Musée était appelé à entreprendre directement des fouilles archéologiques. L'acquisition par le Conseil des Musées nationaux des célèbres gisements du Roc et de la Quina (Charente) est venue fort heureusement mettre fin à cette carence (1929, 1930, 1934), et chaque année des crédits sont mis à la disposition de cet établissement pour la continuation des fouilles dans ces stations qui ont particulièrement contribué à l'enrichissement des collections préhistoriques.

Les fouilles subventionnées par la Commission de Topographie des Gaules dans les nécropoles et stations celtiques furent le chant du cygne de ce comité. En 1879, dans le temps même où l'on préparait sa transformation, le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts créait une Sous-Commission des Monuments mégalithiques, sur l'instigation de l'historien Henri Martin, qui, dans les derniers temps de son existence, se consacrait presque exclusivement aux études préhistoriques. Bon nombre de nos monuments mégalithiques doivent de n'avoir pas été détruits aux campagnes qu'il mena en

(1)*S. Reinach, Description raisonnèe du Musée des Antiquités nationales ; t. I : Alluvions et cavernes, p. 10-14 ; — du même, Catalogue illustré du Musée des Antiquités nationales, t. I, p. 8.


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faveur de leur protection (1). Chargée de dresser l'inventaire des mégalithes et de leur classement, la Commission, après de brillants débuts, ne menait plus qu'une vie « falote » (2), et, de 1887 à 1908, on ne réussit pas même à lui donner une existence normale. Il fallut le scandale Hauser, et les craintes légitimes qu'il suscita, pour qu'on entreprît sa reconstitution sur de nouvelles bases. Un arrêté du 9 janvier 1909 et le décret du 1er mai 1909 ont étendu sa compétence à l'ensemble des monuments de la préhistoire. Depuis cette époque, elle tient des séances régulières et, malgré l'absence d'une loi sur les fouilles, la Sous-Commission des Monuments préhistoriques a accompli une oeuvre des plus utiles. Ce n'est pas seulement par un sévère classement des stations, des gisements, des monuments qu'elle a exercé son action bienfaisante. Le budget dont elle dispose lui permet de subventionner un certain nombre de fouilles, confiées à des archéologues qualifiés, et dont les résultats, depuis quinze ans, ont été particulièrement encourageants : fouilles de M. l'abbé Philippe dans les villages néolithiques, du Bronze et de La Tène III du Fort-Harrouard (Eure-et-Loir) ; de M. Piroutet, au Camp de Château, près de Salins-les-Bains, et dans la forêt des Moidons (Jura) ; fouilles et restaurations dans les monuments mégalithiques et les sépultures protohistoriques de la région de Carnac (Morbihan), par M. Z. Le Rouzic.

(1) Au milieu du siècle dernier, Mérimée fut très préoccupé de la destruction rapide de nos mégalithes. « Ne pourrait-on pas prendre quelques mesures pour leur conservation ; par exemple, défendre de les exploiter comme matériaux pour les routes? Les Ponts et Chaussées en ont déjà brisé beaucoup dans ce pays... »

(2) Sur cette question de l'organisation des fouilles préhistoriques en France, voir Henri Hubert, La Commission des monuments préhistoriques, dans L'Anthropologie, 1910, t. XXI, p.' 321-331 ; 1914, t. XXV, p. 345-365.


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UN SIÈCLE

Dresser la liste chronologique des innombrables découvertes faites en France, depuis le Néolithique jusqu'à la conquête romaine (1), serait une fastidieuse compilation et il paraît plus utile de rechercher la part qui revient dans ces trouvailles aux organismes officiels chargés de l'étude et de la protection de nos antiquités nationales, aux Sociétés savantes des départements, aux travailleurs isolés, d'essayer d'en indiquer les grands courants en soulignant les découvertes qui, par leur importance, ont exercé une influence incontestable sur les destinées de notre archéologie.

Si cette histoire reste encore à écrire, les éléments en sont dispersés dans un certain nombre de volumes et de mémoires. Il n'est pas inutile de signaler les principaux d'entre eux. Un dépouillement attentif des grands répertoires bibliographiques (2) serait la base de cet historique que tenta, dès 1889, Emile Cartailhac, dans la seconde partie de la France préhistorique, d'après les sépultures et les monuments; dix ans après, dans la Revue celtique, Salomon Reinach publiait une Esquisse de l'archéologie de la. Gaule des origines à 1895 (3), qui reste encore l'un des exposés- les plus intéressants par la variété de son information. La source principale de cette histoire est aujourd'hui, avec le Catalogue illustré du Musée des Antiquités nationales de Salomon Reinach (4), le Manuel d'ar(1)

d'ar(1) l'historique des découvertes paléolithiques, voir t. I, article de M. l'abbé H. Breuil.

(2) R. Montandon, Bibliographie des travaux palethnologiques et archéologiques (époques préhistorique, protohistorique et gallo-romaine), Genève, Lyon, Paris, 1917 et suiv. ; •— R. de Lasteyrie, Bibliographie générale des travaux historiques et archéologiques publiés par les Sociétés savantes de la France, Paris, 1888-1922.

(3) Amalthée, mélanges d'archéologie et d'histoire, t. III, p. 407-444.

(4) 2 vol., Paris, 1921.


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chéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine du regretté Joseph Déchelette (1). Bon nombre de chapitres et les appendices consacrés à l'établissement d'une liste critique des stations et ateliers néolithiques, dépôts d'objets d'or ou de bronze, sépultures de l'âge du Fer, constituent le précieux répertoire des découvertes françaises jusqu'en 1914. Depuis cette date, un certain nombre de travaux permettent de se tenir au courant de notre archéologie préhistorique : R. Lantier, Ausgrabungen und neue Funde in Frankreich aus der Zeit von 1915-1930 (2) ; Henri Breuil, La préhistoire, et R. Lantier, L'archéologie méditerranéenne classique (Gaule), dans la nouvelle édition, entièrement refondue à l'occasion de l'Exposition internationale de Chicago, de La Science française (3) ; Georges Goury, L'homme des cités lacustres (4). On consultera également avec grand intérêt l'introduction au cinquième volume du Manuel de J. Déchelette, dans laquelle M. A. Grenier a exposé la longue tradition de notre archéologie nationale (5).

Pour un certain nombre de régions, on possède des ouvrages d'ensemble, à la fois répertoires et essais historiques, sur l'archéologie locale. Tels sont les travaux de Beaupré (6), Linckenheld (7) et de Robert Forrer (8) pour

(1) 4 vol., Paris, 1908-1914.

(2) Deutsches archàologisches Institut, RSmiseh-Germanische Kommission, zwanzigsler Bericht, 1930, p. 101 et suiv. ; voir également, du même, Enciclopedia italiana, s. v. Franeia, p. 915-917.

(3) Paris, Larousse, s. d., p. 37-49, 191-195.

(4) 2 vol., Paris, 1931-1932.

(5) Paris, 1931, p. 17-80.

(6) Les études préhistoriques en Lorraine de 1SS9 à 1902 et aperçu général sur les époques gallo-romaine et mérovingienne dans le département de Meurthe-et-Moselle, Nancy, 1902.

(7) 17 Bericht der Rômisch- Germmùseh» Kommission, 1927, p. 108 et suiv.

(8) 15 Bericht der Romisch-Germanische Kommission, 1923-1924, p. 67 et suiv. ; Répertoire archéologique de l'arrondissement de Boulay (Moselle, Alsace), 1933 ; Répertoire archéologique des arrondissements de Thionville-Esi et Ouest (Moselle), 1934.


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la Lorraine et l'Alsace, Léon Coutil (1) et le Dr Doranlo (2) pour la Normandie, Paul du Chatellier (3) pour le Finistère, Etienne Patte (4) pour le Centre-Ouest de la France, E.-C. Florance (5) pour le Loir-et-Cher, le Dr Dubreuil-Chambardel (6) pour la Touraine, Léon Joulin (7) pour les pro(1)

pro(1) capsien..., dans Congrès internat, d'arch. et anthr. préhist., Genève, 1912,1.1, p. 301-336 ; — Les monuments mégalithiques de la Normandie, dans Congrès préhist. de France, Vannes, 1906, et Autun, 1907 ; — Inventaire des monuments mégalithiques du département de la Manche, dans Annuaire normand, 1896, et A. F. A. S., Lyon, 1906 ; — Inventaire des menhirs et dolmens de France, Eure, dans Bull. Soc. normande d'ét. préhist., 1896 ; — Inventaire des dolmens et menhirs de la Seine-Inférieure, dans Ibid., 1897 ; — Les monuments mégalithiques de la Seine-Inférieure, dans Annuaire normand, 1898 ; — Inventaire des monuments mégalithiques du département du Calvados, dans Ibid., 1902 ; — Inventaire des monuments mégalithiques du département de l'Orne, dans A. F. A. S., 1895, et Caen, 1925 ; — L'âge duBronze en Normandie et spécialement dans les départements de l'Eure et de la Seine-Inférieure, dans Bull. Soc. normande d'ét. préhist., 1898,1899 ; — Inventaire des découvertes de l'âge du Bronze dans le département du Calvados, dans A. F. A. S., Reims, 1907 ; — L'âge du Bronze dans le département de la Manche, dans A. F. A. S., Toulouse, 1912 ; — L'époque gauloise en Normandie, numismatique et mobilier funéraire, Évreux, 1918 ; — L'époque gauloise dans le Sud-Ouest de la Belgique et le Nord-Ouest de la Celtique, Louviers, 1902 ; — Sépultures et mobiliers funéraires des Lexovii, Esuvii, Viducassi, Baiocassi (département du Calvados), 1907 ; — Sépultures et foyers des Veliocassi et des Eburovisci (département de l'Eure) ; —• Les Unelli, les Ambivariti, les Curiosolitae. ■— Malgré de multiples erreurs, ces inventaires restent un utile instrument de travail préparatoire aux recherches en Normandie.

(2) L'archéologie antique en Normandie, Caen, 1926.

(3) Les époques préhistorique et gauloise dans le Finistère, 2e éd., Rennes et Quimper, 1907.

(4) Les études préhistoriques dans le Centre-Ouest de la France et l'Institut de préhistoire de Poitiers, Poitiers, 1933.

(5) L'archéologie préhistorique, protohistorique et gallo-t'omaine dans le Loir-et-Cher; lre partie : Période protohistorique; 2e partie : Période néolithique; 3e partie : Période protohistorique, premier âge du Bronze; 4e partie : Age du Fer ou époque gauloise, 1er volume, Blois, 1922-1926.

(6) La Touraine préhistorique, Paris, 1923.

(7) Les établissements antiques du bassin supérieur de la Garonne, dans Revue archéologique, 1907, t. I, p. 94-118, 226T242 ; — Les âges protohistoriques dans le Sud de la France et la Péninsule ibérique, dans Ibid., 1910, t. II, p. 1-29 ; — Les sépultures protohistoriques dans le Sud-Ouest de la France, dans Ibid., 1912, t. I, p. 1-59, 235254 ; — Les découvertes archéologiques de Toulouse, contributions à la protohistoire de l'Europe barbare et à l'histoire de la Gaule romaine,


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vinces du Sud-Ouest, Cazalis de Fondouce (1) pour l'Hérault, M. Louis (2) pour le Gard, J. Sautel, S. Gagnière et L. Germand (3) pour le Vaucluse, V. Cotte (4) et H. de Gérin-Ricard (5) pour la Provence, Françoise Henry (6) pour la Côte-d'Or, G. Drioux (7) pour la Haute-Marne.

LE NÉOLITHIQUE ET L'ÉNÉOLITHIQUE

Malgré l'importance des découvertes, les études relatives à cette période ont marqué pendant longtemps un regrettable flottement (8). La publication du Manuel de J. Déchelette marque un premier essai de classement, bien dépassé aujourd'hui par les progrès réalisés depuis une vingtaine d'années. On ne saurait non plus considérer les deux volumes récents sur cette période de MM. G.

extrait des Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1971.

(1) L'Hérault préhistorique, dans Géographie du département de l'Hérault, t. II, lre part., Montpellier, 1900 ; — Les temps préhistoriques dans le département de l'Hérault, extrait de Montpellier, centre d'études méditerranéennes, Montpellier, 1922, p. 120-125.

(2) Le Gard préhistorique, Nîmes, 1932.

(3) Essais historiques sur le département de Vaucluse; 2e partie : La protohistoire, Lyon, 1933.

(4) Documents sur la préhistoire de Provence; 3e partie : Stations néolithiques et protohistoriques; ke, partie : Sépultures et monuments mégalithiques, Néolithique, âge du Bronze, Hallstattien, Aix-en-Provence, 1924.

(5) T. I des Bouches-du-Rhône. Encyclopédie départementale, Marseille.

(6) Les tumulus du département de la Côte-d'Or, Paris, 1933.

(7) Bulletin de la Soc. d'études d'hist. naturelle de la Haute-Marne, 1931, extrait.

(8) Sur le néolithique, voir : P. Bosch Gimpera et J. de Serra Rafols, Études sur le Néolithique et VÉnéolithique de France; I : La civilisation des régions méridionales; II : Les civilisations du Nord de la France, dans Revue anthropologique, 1925, t. XXXV, p. 341-364 ; 1926, t. XXXVI, p. 318-345 ; — G. Poisson, Les civilisations néolithiques et énéolithiques de la France, dans Ibid., 1928, t. XXXVIII, p. 239-256, 368-388 ; 1929, t. XXXIX, p. 45-68 ; — Octobon, État des connaissances actuelles sur le Néolithique en France, dans Bulletin de la Société préhistorique française, 1927, p. 252 et suiv. ; — Henri Breuil, La préhistoire, p. 44.

CONGRÈS DE PARIS, II. 7


98 UN SIÈCLE

Goury (1) et M. Louis (2) comme représentant le grand livre, toujours attendu, sur le Néolithique. Il semble qu'on ait trop souvent oublié que la France représente alors, à l'extrême Ouest de l'Europe, comme le cul-de-sac où viennent se mêler les influences venues de l'Est, du Nord et du Sud, et, d'autre part, l'importance de plus en plus grande prise par les découvertes mésolithiques et énéolithiques qui semblent devoir profondément modifier notre notion du Néolithique. Enfin, la façon déplorable dont nombre de fouilles ont été conduites par des collectionneurs plus ou moins ignorants fait cruellement sentir ses effets (3). Il n'est pas jusqu'aux monuments mégalithiques de Bretagne qui n'aient été assez maltraités par leurs premiers explorateurs et les travaux récents de consolidation ou de restauration ont permis de recueillir nombre d'objets importants négligés ou échappés au siècle dernier. Mêmes constatations pour la recherche dans les habitats : des stations ont été hâtivement bouleversées sans qu'on ait pris le soin de relever le plan des maisons, et ce n'est que bien tardivement qu'on s'est préoccupé de reconnaître, avec le soin nécessaire, certains détails de construction, tel l'emplacement des poteaux soutenant la toiture de la cabane.

A plusieurs reprises, la Société préhistorique française s'est efforcée de mettre un 'peu d'ordre dans les efforts dispersés des chercheurs : édition d'un Manuel des recherches préhistoriques (1906 ; 2e éd. 1929) (4) ; enquêtes sur les enceintes protohistoriques (5) ; tout récemment, formation d'une Commission du néolithique.

(1) L'homme des cités lacustres.

(2) Le Néolithique, Nîmes, 1933.

(3) Ibid., p. 7 et suiv. ; J. Déchelette, Manuel, t. I, p. 382 ; E. Patte, op. cit., p. 29.

(4) Voir la critique de R. E. Wheleer, sur ce manuel, dans Antiquily, 1932, t. VI.

(5) Bulletin de la Société préhistorique française, 1916, p. 151 et suiv. ; cf. Déchelette, op. cit., t. III, p. 693-694, noie 1.


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La multiplication des publications provinciales (1), trop souvent inaccessibles aux travailleurs, est une conséquence directe de notre organisation. On ne possède pas encore l'hémérothèque où tous les Bulletins et Mémoires publiés par les Sociétés savantes des départements seraient mis à la disposition des chercheurs. On souhaiterait également que chaque année un recueil d'archéologie publiât une revue des découvertes pré et protohistoriques. Les précieuses Chroniques gallo-romaines de C. Jullian, continuées par A. Grenier dans la Revue des Etudes anciennes, le Bulletin que donnait Henri Hubert dans la Revue celtique n'embrassent point l'ensemble des trouvailles. Actuellement, les sources d'information les plus facilement accessibles sont les grandes revues parisiennes : L'Anthropologie, la Revue anthropologique, la Revue archéologique, le Bulletin de la Société préhistorique française, Préhistoire, et les volumes publiés à l'occasion des Congrès (Congrès international des sciences préhistoriques et protohistoriques, Congrès de l'Institut international d'anthropologie, Congrès préhistorique de France, Association française pour l'avancement des sciences, Congrès de l'Association Guillaume Budé). Il est regrettable que les nombreux documents publiés à l'occasion des réunions de l'Association Rhodania restent si difficiles à se procurer. Parmi les périodiques disparus, les Matériaux pour l'histoire primitive de l'homme, l'Homme préhistorique, la Revue préhistorique, annales de palethnologie, et les Comptes-rendus des Congrès internationaux d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques constituent d'importantes sources, toujours précieuses à consulter.

Monuments mégalithiques. — Pierres de foudre et mégalithes ont de bonne heure occupé une grande place dans les légendes et traditions populaires (2). Dès le xvie siècle,

(1) Voir les répertoires de R. de Lasteyrie et R. Montandon.

(2) E. Cartailhac, La France préhistorique, p. 165-178 ; cf. Z. Le


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Rabelais décrit à sa façon, dans Pantagruel, la pierre levée de Poitiers. Mais pendant longtemps tous ces documents ne prêtent qu'à des interprétations où l'imagination ne le cède qu'à une mythologie nationale. Et cependant, dès 1685, on avait découvert et fouillé avec soin l'ossuaire mégalithique de Cocherel, en Normandie ; une trentaine d'années plus tard (1727-1737), le président de Robien avait entrepris des recherches suivies dans les tombes de Locmariaquer et de Carnac, en Bretagne. Si Deslandes, dans son Traité sur les arrangements singuliers de pierres qu'on trouve dans divers pays de l'Europe, les explique encore par des bouleversements de la nature, Caylus, dans le Recueil d'antiquités, donne déjà des descriptions sérieuses des alignements et des sépultures, et Legrand d'Aussy, dans une communication à l'Institut, le 7 ventôse an VII, établit une première classification des « ar-men-ir » et des « dolmins ». Cette heureuse tentative devait être sans lendemain, et pendant une quarantaine d'années encore la celtomanie, mise à la mode par La Tour d'Auvergne, règne en maîtresse. La publication, en 1836, des Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France, de Prosper Mérimée, met un terme aux rêveries druidiques. Alexandre Bertrand, en 1864, donne une première liste des mégalithes français (1), en attendant les inventaires de la Sous-Commission des Monuments mégalithiques. J. Déchelette porte à 4,458 le nombre de nos dolmens et allées couvertes (2) et, depuis 1907, ce nombre est sensiblement dépassé.

Le premier tiers du xixe siècle marque le commencement des recherches suivies dans ces constructions (3).

Rouzic, Les monuments mégalithiques de Carnac et de Locmariaquer, p. 29-30 ; J. Déchelette, op. cit., t. I, p. 381-386.

(1) Revue archéologique, 1864, t. II, p. 141 ; — Archéologie celtique et gauloise, lre éd., 1875 ; — Revue archéologique, 1878, t. I, p. 316 ; —Dictionnaire archéologique de la Gaule.

(2) J. Déchelette, op. cit., t. I, p. 383-386.

(3) Voir la liste des principaux travaux relatifs aux dolmens de


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Mais dès 1811, en Bretagne, Renaud et Penhoët avaient déjà travaillé à la Table des Marchands et aux PierresPlates (Locmariaquer), et c'est en 1831 que le préfet du Morbihan, Lorrois, fit commencer le dégagement de Gravr'inis. Toutefois, la période active ne débute qu'en 1853 avec l'exploration de l'allée couverte de Tumiac, en Arzon, par la Société polymathique du Morbihan. Encouragée par l'importance des découvertes, la Société décida d'entreprendre l'exploration méthodique des mégalithes du département, dont l'existence était des plus compromises. Jusqu'en 1870, R. Galles, Lefèvre, J. de Closmadeuc, J. Miln vont fouiller les tumulus du ManéLud, du Mont - Saint - Michel, du Moustoir, de Kercadec à Carnac et à Locmariaquer ; l'entre-deux-guerres marque une période d'activité continue : aux premiers fouilleurs viennent se joindre H. Keller, d'Ault du Mesnil, H. et F. de Cussé, Marsille, Martin, Le Pontois, Z. Le Rouzic pour le Morbihan ; Paul du Chatellier continue et développe les explorations commencées par son père dans le Finistère et réunit la précieuse collection du château de Kernuz, aujourd'hui conservée au Musée des Antiquités nationales. Une nouvelle phase commence après la dernière guerre : la Sous-Commission des Monuments préhistoriques confie à son vice-président, le Dr Capitan, la surveillance des mégalithes bretons et subventionne toute une série de campagnes de fouilles et de restaurations que dirige Z. Le Rouzic (1). Dans les îlots du Morbihan, M. et Mme Saint-Just Péquart, à Er-Yok et à ErLannic, entreprennent des recherches dans des gisements

France publiés de 1880 à 1907, dans Ibid., t. I, p. 389-390, note 2 ; pour le Morbihan, voir L. Marsille, Catalogue de la Société polymathique du Morbihan à Vannes, Vannes, 1921. Sur les causes de la destruction des mégalithes, voir, du même, Le Morbihan préhistorique, Vannes, 1931, p. 14-16.

(1) Z. Le Rouzic, Morphologie et chronologie des sépultures mégalithiques du Morbihan, dans L'Anthropologie, 1933, t. XLIII, p. 225265 ; — Les mobiliers des sépultures mégalithiques du Morbihan, dans Ibid., 1934, t. XL1V, p. 485-524.


102

UN SIÈCLE

néo et énéolithiques (1), fouillent l'allée couverte de MenMeur à Guilvinec (Finistère) (2), et, avec Z. Le Rouzic, les grands tumulus à sépultures multiples de Crucuny, du Manio et du Castellic (3).

En Normandie, dès 1830, la Société des Antiquaires de Normandie s'attaque au tumulus de Fontenay-le-Marmion (Calvados) ; de Puligny signale l'existence de nombreux mégalithes, dont l'inventaire sera établi par L. Coutil et le Dr Doranlo. Dans le bassin parisien, les premières explorations datent du Second Empire : en Seineet-Oise, L. Leguay dégage l'allée couverte du Désert à Argenteuil ; A. de Caix de Saint-Aymour, les mégalithes du cimetière des Anglais à Vauréal ; Alexandre Bertrand et A. de Quatrefages, la grande allée de la Justice à Presles ; A. et P. de Mortillet fouillent de nombreux monuments et tout récemment R. Botet, en forêt de l'IsleAdam (4), et M. Mellerio, au Mississipi, près de Marlyle-Roi, achèvent le dégagement de grandes allées couvertes (5). Dans les départements de l'Aisne, de l'Oise, de l'Yonne et de la Marne, les recherches sont l'oeuvre d'O. Vauvillé, Th. Salmon et du Dr Rémy. En Vendômois, dès 1862, la Société archéologique de Vendôme se rendait acquéreur du dolmen de la Chapelle-Vendôme. L. Martinet explore le Berry ; de Longuemare, Trumeau de Rochebrune, G. Chauvet (6), le Poitou et l'Angoumois (allées couvertes de Vilhonneur, Montguyon, tumulus de la forêt de la Boixe). Bourrasse, Champoiseau travaillent en Touraine ; le Dr Beaudoin, en Vendée, et F. Delage (7), qui a donné la statistique des mégalithes de la Haute(1)

Haute(1) anthropologique, 1926, p. 84-85 ; 1925, p. 81 et suiv.

(2) L'allée couverte de Men-Meur, Quimper, 1927.

(3) Z. Le Rouzic et Saint-Just-Péquart, Carnac, Paris, 1923.

(4) VAnthropologie, 1928, p. 1 et suiv.

(5) Les Amis du Vieux-Marly, 1932, t. I, p. 25-28.

(6) Voir la nécrologie de G. Chauvet, par E. Patte, Bull. Soc. préhist. fr., 1933, p. 401-416.

(7) Ibid., 1922.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 103

Vienne, apportent de nouveaux compléments à cet inventaire.

Dans le Sud-Est de la France s'étend une civilisation d'origine ibérique qui, à la fin du Néolithique et àl'Énéolithique, s'apparente à celle des mégalithes catalans à travers le Roussillon vers l'Aude (fouilles de Ph. Héléna au dolmen de Bou-Marcou (1), de Cartailhac à Bize et à la Crouzade), la côte méditerranéenne et les Cévennes (fouilles de Cazalis de Fondouce à la Roquette et dans la montagne de Frontignan, Hérault ; du Dr Prunières au causse de Chanac et d'E. Gimont au Larzac, en Lozère ; de Cartailhac à Saint-Affrique, Couriac, Saint-Rome-deTarn, Peyrolevado ; de Cazalis de Fondouce à Saint-Jeand'Alcas, les Costes, en Aveyron ; d'Ollier de Marichard, de Carrière au bois de Paliolive ; de Paul Raymond en Ardèche) pour se répandre jusqu'au Rhône (fouilles de Nicolas à Collorgues) ; de L. Rousset et Lombard-Dumas au mas de l'Aveugle ; d'E. Gimon à Graniès ; de F. Raymond, d'U. Dumas à la grotte des Fées, et actuellement de M. Louis dans le Gard (2) ; de Cazalis de Fondouce aux allées couvertes de Fontvieille (3), dans les Bouches-duRhône) et les versants occidentaux des Alpilles (fouilles de P. Goby à la Verrerie-Vieille et aux environs de Grasse). De Cerdagne par la haute vallée de l'Ariège, la civilisation mégalithique pyrénéenne gagne les vallées ariégeoises (fouilles de l'abbé Cau-Durban dans la région de Bordes, Ariège). Un autre groupe de la même civilisation apparaît dans le Sud-Est, qui, à partir du département de la Haute-Garonne, gagne l'Atlantique. Les premières recherches dans la' région comprise entre le bassin de l'Adour et le gave de Pau (4) remontent aux fouilles

(1) Congrès préhist. de France, Nîmes, 1931, p. 207-212.

(2) Le Gard préhistorique (la Rouvière, grotte de l'Hirondelle).

(3) Allées couvertes de Provence, 2 vol., Paris, 1873-1878.

(4) Trente ans de recherches préhistoriques et archéologiques dans le Sud-Est de la France, Grasse, 1930.


104 UN SIÈCLE

de Badé, inspecteur des Monuments historiques, dans le dolmen d'Arudy (1864) ; au cours de ses travaux dans la grande nécropole du plateau de Ger (Hautes-Pyrénées), le général Pothier dégagea un groupe de tumulus néolithiques, et dans la partie méridionale du cimetière Ed. Piette reconnaît les sépultures tumulaires du Pouy Mayou et du Pouy de la Halliade (1879-1880). Il est juste de signaler la part importante prise dans ces recherches par les Sociétés Ramon et de Borda (1). Au nord de la Garonne, les travaux de Cazalis de Fondouce dans les cistes mégalithiques de Frau de Breton et de Frau de Cazals (Tarnet-Garonne) prouvent l'extension vers l'intérieur de la culture mégalithique pyrénéenne. Les dolmens sont rares dans la haute vallée du Rhône et dans l'Est de la France, où l'on signale seulement des mégalithes à Simandre (Ain) (2) ; dans les Ardennes, le Dr Basten a entrepris des recherches nouvelles et signalé un dolmen à Saint-Marcel (3).

Grottes sépulcrales naturelles ou artificielles. — Dans ces mêmes régions du midi de la France, où, pendant l'Énéolithique, se développe la civilisation pyrénéenne, règne, à la fin du Néolithique, une culture caractérisée par des mobiliers primitifs découverts dans les grottes (fouilles d'Ed. Piette au Mas d'Azil, de Sambuey au MontSargel, de Rivière à la grotte Sartanette, du frère Sallustien Joseph dans la grotte de Saint-Vérédème, de Cartailhac en Ardèche et Aveyron, du Dr Prunières à !'Homme-Mort et en Lozère, de P. de Brun aux environs de Saint-Rémy-de-Provence, etc.) et qui pousse des pointes jusqu'en Savoie (fouilles Perrin à Saint-Saturnin, du vicomte Lepic et de J. de Lubac en Vivarais).

(1) X. de Cardailhac, Essai sur les tumulus de la traînée glacière de Lourdes àDax, Dax, 1926.

(2) La Grive, 1933.

(3) Cl. Roux, Les mégalithes de l'Ain, extrait du Bulletin de la Société des naturalistes et des archéologues de l'Ain, n° 40, 1926.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 105

Dans le département de l'Aude, les découvertes faites par Th. et Ph. Héléna (1) dans les grottes sépulcrales de la Clape (Trou de Vives, les Monges, les Tortues, la Vigne-Perdue, la Terrasse), aux environs de Narbonne, ont prouvé l'influence exercée par la Péninsule ibérique sur l'art et l'industrie languedociens. Alors que, dans ces régions, on ne trouve que des cavernes ou des anfractuosités naturelles utilisées (2), le baron de Baye, en 1872, explorait, dans la vallée du Petit-Morin, les grottes sépulcrales creusées dans la craie (groupes de Coizard et de Courjeonnet), dont la restauration et l'étude viennent d'être reprises par M. l'abbé Favret, qui découvrit à Saran (Marne) de nouveaux hypogées (1921-1922) (3), sépultures de familles ou de clans. Quelques autres grottes funéraires ont été signalées en Seine-et-Oise (fouilles Denise aux côtes du Val-de-Nesles à Jouy-le-Comte ; chambres à puits de Thiverny, près de l'embouchure de l'Oise et du Thérain).

Sépultures à Cistes. — Nombreuses dans le Finistère (P. du Chatellier) et dans le Morbihan (de Closmadeuc), l'aire de ces tombes s'étend vers le Sud-Ouest à travers les départements de la Charente (fouilles de Chauvet à Pons) et de la Vienne (fouilles de Tartarin à Saint-Martin-la-Rivière) jusqu'en Lozère (fouilles du Dr Prunières à Chanac).

Les habitats et ateliers. — Dans le Nord de la France, au début du Néolithique, se place une civilisation connaissant l'agriculture, l'élevage des animaux domestiques et l'usage de la céramique, mais qui ignore encore la

(1) Ph. Héléna, Les grottes sépulcrales des Monges à Narbonne, Toulouse, 1925 ; — Butleti de la asociacio catalana d'antroplogia, etnologia i préhistoria, 1925, p. 1 et suiv.

(2) M. Louis et D. Peyrolles, Nécropole du rocher de l'Allemand et des Escalons (Hérault), dans Congrès préhist. de Fr., Nîmes, 1931, p. 207-212.

(3) Bull. Soc. urch. champenoise, 1932, t. XVil, p. 9-29.


106 ' UN SIÈCLE

hache polie. Dès 1873, Gabriel de Mortillet avait reconnu l'analogie de certaines pièces de l'outillage des stations de l'Oise avec le tranchet des kjôkkenmôddings danois. Ph. Salmon, en 1886, donnait le nom de campignienne à cette industrie qu'il avait rencontrée dans les fonds de cabanes du Campigny, près de Blangy-sur-Bresle (Seine-Inférieure), où fouillèrent également d'Ault du Mesnil et le Dr Capitan. La carte de répartition de cette phase du début du néolithique, qu'on rencontre dans les départements de Loir-et-Cher (Florance), de Seine-et-Oise et de l'Oise (fouilles d'E. Colin, Reynier à la Vignette, près Villers-sous-Crèze (1), d'E. Giraud au Piscop, Costard et Gardez au Prieuré et de L. Franchet en forêt de Montmorency) (2), a été dressée par Nils Aoberg (3). Dans cette aire de civilisation du silex, sur les territoires arrosés par la Seine, l'Oise et la Marne, sur le plateau situé au Sud de Paris, entre les vallées de la Seine et de la Bièvre, Laville, P. Leclercq, Mansuy et Rollain ont découvert de nombreux fonds de cabanes, habitations, silos à provisions ou fosses à détritus, sur les territoires des communes d'Arcueil, Villejuif, l'Hay- les -Roses, Chevilly-la-Rue (4) ; en Champagne, après les recherches du baron de Baye, de BosteauxParis et de Pistat-Ferlin, les travaux sont actuellement continués par L. Coutier dans les villages situés aux sources du Petit-Morin (5), Lemarteleur et Doublet dans la montagne d'Avize et la région comprise entre les cours de la

(1) Bull. Soc. préhist. fr., 1897, p. 425 ; A. F. A. S., 1897, p. 327 et suiv. ; Revue anthr., 1897, p. 208.

(2) E. Giraud, dans Congrès Inst. inlern., 1927, p. 320 ; — L. Franchet, dans Revue anthr., 1923, p. 293 et suiv.; 1921, p. 235; A. de Mortillet, Ibid., 1921, p. 178.

(3) Sludier ôfver den yngre slenâldern i Norden och Vàsleuropa, Norrkôping, 1912.

(4) J. Toutain, dans Revue de synthèse historique, 1933, p. 323 ; A. Panlhier et R. Leclercq, Les fouilles de Paul Leclercq à l'Hay et Chevilly, Le Puy, 1930.

(5) Bull. Soc. arch. champenoise, 1927, t. XXI, p. 30-31 ; 1928, t. XXII, p. 75-76.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 107

Marne et du ruisseau des Tarneaux (1), G. Chenet dans les fonds de cabanes à Antes (2). Dans l'Oise, 0. Vauvillé, Th. Baudon et H. Breuil (3) ont exploré les camps, dont les principaux sont ceux de Catenoy et du Camp-Barbet. La Bourgogne, qui, par sa situation à la rencontre des trois grands bassins de la Seine, de la Loire et du Rhône, a joué un rôle fort important dans l'histoire de la Gaule primitive, est bien explorée. Les divers archéologues, R. de Caynard, E. Perrault, Flouest, le Dr Loidreau, qui se sont succédé au camp de Chassey (Saône-et-Loire), n'ont pas toujours travaillé avec toute la précision désirable ni publié de comptes-rendus suffisants, et l'étude de cette importante station serait à reprendre (4). H. de Ferry et A. Arcelin (5), puis E. Chantre (6) ont, avant J. Déchelette, dressé le répertoire des stations de Saôneet-Loire explorées pendant la seconde moitié du xixe siècle. Dans l'Est, M. Piroutet étudie les principales stations robenhausiennes du Jura bisontin, salinois et lédonien (7) ; Beaupré, les stations de Meurthe-et-Moselle ; E. Rivière, celles de la Meuse, et H. Mûller les fonds de cabanes de l'Isère (station de Saint-Loup) ; R. Forrer et C. A. F. Schoeffer, les cabanes alsaciennes (stations de Bonnefontaine, d'Achenheim, de Koenigshoffen). Dans l'Ouest, les fouilles de M. l'abbé Philippe, dans les villages néolithiques du Fort-Harrouard (Eure-etLoir) (8), représentent un modèle de précision et de mé(1)

mé(1) Soc. arch. champenoise, 1930, t. XXIV, p. 15-19, 7783.

(2) Ibid., 1926, t. XX, extrait.

(3) Le Néolithique dans la région comprise entre Soissons et Beauvais, dans A. F. A. S., Boulogne-sur-Mer, 1899.

(4) L. Guignard, dans Revue anthr., 1929, oct.-déc.

(5) Le Maçonnais préhistorique, 1870.

(6) Répertoire et carte palethnologiques du département de Saône-etLoire, Montauban, 1902.

(7) Études rhodaniennes, t. V, 1929.

(8) Cinq années de fouilles au Fort-Harrouard, 1921-1925, Rouen, 1927.


108 UN SIÈCLE

thode. En Touraine, on signalera les fouilles de Clément à Sainte-Anne, de Guignard à Averdon et à la Lande de Chouzy. Parmi les récentes découvertes de la Bretagne, les plus remarquables sont celles des maisons et, fours néolithiques du camp du Lizo, près de Carnac, par Z. Le Rouzic (1). Pour les régions de la France centrale, il reste encore beaucoup à faire, malgré les répertoires d'A. Viré sur les enceintes du Lot, les recherches de F. Delage pour le Limousin, d'Aymar et de Charvillat pour l'Auvergne. Le groupe des stations charentaises (fouilles de G. Chauvet (2), de Favrot au camp de Recaux, du baron Echassériaux au camp de Peu-Richard) et girondines (fouilles de Dalcau dans la région des étangs d'Hourtin et de Lacanau) est, avec celui des établissements du Gard, parmi les plus riches du midi de la France (fouilles d'U. Dumas, de P. Raymond (3), de G. de Saint-Venant, de Cazalis de Fondouce, Lombard-Dumas, M. Louis) (4). Pour la Provence, H. de Gérin-Ricard (5) et V. Cotte (6) ont dressé l'inventaire critique des stations ; le Dr Gebhard et P. Goby ont particulièrement étudié les AlpesMaritimes ; l'abbé Sautel et S. Gagnière, la basse vallée du Rhône ( Saint - Laurent, à Courthézon, près d'Orange) (7), dont les habitats se rattachent à la civilisation palafittique du Michelsberg. La culture des villages lacustres n'est représentée en France que par quelques stations, dont la première a été découverte, en 1870, par G. Le Mire sur le Grand-Lac de Clairvaux ; H. Girardot fouille, en 1904, le palafitte de Clairvaux sur le lac de Chalain. Dans le Doubs et la Charente, Michel et A. Fa(1)

Fa(1) archéologique, 1933, t. II; p. 189-219. (2)- Notes sur la période néolithique en Charente, dans Bull. Soc. hist. et arch. charentaise, 1877.

(3) L'arrondissement d'Uzès avant l'histoire.

(4) Le Néolithique, p. 173 et suiv. ; voir Cahiers d'hist. et d'arch.

(5) Op. cit.

(6) Op. cit., 3e partie.

(7) Cahiers d'hist. et d'arch., 1933, p. 49 ofc suiv.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 109

vrot ont reconnu l'existence de ces établissements à Rougemont et dans la vallée de l'Osme.

Parmi tous ces établissements, un certain nombre comportent des ateliers pour la taille du silex et quelques-uns même étaient spécialisés dans la fabrication d'un outillage déterminé. Au premier rang de ces centres industriels se place les tailleries du Grand-Pressigny (Indre-etLoire), dont les premières furent découvertes en 1862 par le Dr A. Léveillé (Mozay, la Clairière) ; depuis, de nouveaux ateliers ont été fouillés par Bruny à Chaumussy, par Jollivet aux environs de Preuilly, par Chauveau et l'abbé Marais dans la vallée de la Creuse, par Dauxerre et Thibault dans celles du Brignon et de l'Égronne, par Parfait sur la rive gauche de la Vienne. Des puits à silex ont été étudiés par M. Boule en Aveyron (Mur-de-Barrez), G. Chauvet en Charente (la Petite-Garenne), dans l'Oise (fouilles de l'abbé Barret à Nointel, de Collin à Champigneulles) et dans la Marne (de Baye). Ces villages et ces ateliers étaient reliés par des chemins dont l'étude est encore toute récente dans notre archéologie. M. Clouet a pu cependant reconnaître quelques voies néolithiques saintongeoises (1), dont le tracé est jalonné par des mégalithes, des tumulus, des amoncellements de pierrailles. Pour la même région, A. Paulowski (2) et R. de Welsch (3) ont publié des travaux relatifs aux transformations du littoral.

LES ÂGES DU BRONZE ET DU FER

L'histoire des recherches relatives aux âges du Bronze et du Fer ne peut être isolée de celle des époques précé(1)

précé(1) suivant deux voies préromaines de Saintonge, dans Bull, archéol., 1928-1929, p. 459-488; — Voies néolithiques de Pérignac au Terrier de Toulon et à l'Océan, extrait de la Revue d'Aunis et de Saintonge, 1930.

(2) Bull, géogr. hist. et descript., 1906 à 1911.

(3) Annales de géographie, 1914-1915, p. 193-218.


110 UN SIÈCLE

dentés. Bon nombre d'établissements (camps de Catenoy et de Chassey, Fort-Harrouard, etc.) continuent à être habités pendant ces périodes. Les grands changements dans l'occupation du sol français sont en bonne partie postérieurs à la conquête romaine. Il en est souvent de même pour les nécropoles dont les tumulus renferment inhumations ou incinérations appartenant à ces diverses époques. Il n'est donc pas étonnant que les mêmes noms se retrouvent fréquemment dans cet historique.

Les habitats. -— Plus nombreuses qu'au Néolithique, des palafittes ont été fouillées sur les lacs du Bourget et d'Annecy par Rabut, A. Perrin, J. Costa de Beauregard, Revon, Laurent-Rabut ; dans le village lacustre de Chalains, Girardot a mis au jour un niveau contemporain du bronze.

Malgré l'importance de l'enquête entreprise sur les enceintes par les soins de la Société préhistorique française, nous n'avons pas encore pour les établissements des âges du Bronze et du Fer un inventaire semblable à celui que J. Déchelette a donné pour les nécropoles et sépultures isolées de La Tène découvertes en France (1). Il y a là un travail urgent qui s'impose, ne serait-ce que pour préciser les lacunes de notre information et servir de base à une étude, non moins attendue, sur les conditions de l'habitat en France pendant ces mêmes périodes ; disposition des bourgades, plan et forme de la maison suivant les diverses régions. Il existe encore trop de « blancs » sur la carte archéologique pour qu'on ne puisse conclure autrement qu'à l'absence d'un programme général dans la recherche. Trop souvent aussi les découvertes faites au cours des travaux des champs ou d'exploitation de carrières restent ignorées, quand elles ne sont pas aussitôt détruites, avant toute possibilité d'intervention, et nulle

(1) Op. cit.; t. II : Archéologie celtique et protohistorique, appendices, p. 17-149 (1910).


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 111

réglementation n'est encore venue mettre obstacle à pareil vandalisme. C'est cependant à des travaux de cette nature qu'A. Laville, dans les sablières de Draveil (Seineet-Oise), et P. du Chatellier, dans l'île Tristan (Finistère), ont pu étudier deux stations caractéristiques de notre âge du Bronze. C'est encore à une absence d'organisation générale des fouilles qu'il faut attribuer la méconnaissance des services que peuvent rendre les méthodes modernes d'exploration aérienne : recherche des habitats, des nécropoles tumulaires, des anciennes terrasses de cultures. Il est vrai que jusqu'à ce jour on s'est fort peu préoccupé de rechercher en France (1) les traces de l'occupation agricole du sol. Ces questions, intimement liées à celles du climat, ont cependant préoccupé quelques chercheurs, le Dr Fr. Gidon (2) pour la Normandie, Cl. F. A. Schaeffer (3) pour l'Alsace, L. Aufrère (4) pour l'Artois. Ne pourrait-on espérer qu'un jour, pas trop lointain, le ministère de l'Air s'intéressât à la prospection aérienne de nos stations et cimetières protohistoriques, dont la nécessité ne semble pas avoir encore retenu l'attention du ou des services compétents.

Dans l'Ouest de la France, on est frappé de l'absence presque complète des habitats pour l'âge du Bronze et la période hallstattienne. Le fait est particulièrement significatif pour la Normandie, l'une des régions avec la Bretagne les plus riches en dépôts de marchands et cachettes de fondeurs (5). Une pareille densité dans les découvertes

(1) Voir, pour l'exploration aérienne en Grande-Bretagne, Cecil Curven, Ancient cultivalions, dans Antiquity, 1932, t. XVI, p. 388406, et au Danemark, G. Hatt, Praehisloric fields in Jylland, dans Acla archaeol., II, 1931, p. 136 et suiv.

(2) Bull. Soc. aniiq. Normandie, 1934, t. XLI, p. 302-313.

(3) Revue anthropologique, 1926, p. 222-229 ; voir également H. Hubert et R. Lantier, dans Y Anthropologie, 1929, p. 132 et suiv.

(4) Les « rideaux », élude topographique, dans Annales de géographie, 1929, p. 259-260.

(5) R. Doranlo, L'archéologie antique en Normandie, Caen, 1926,


112 UN SIÈCLE

suppose une région ayant déjà une certaine population, et l'on ne peut expliquer le vide de la carte, quant aux stations et villages, que par la carence des recherches qui devraient porter à la fois sur une prospection méthodique des sites et l'étude des modalités du climat. Même constatation pour l'époque de Hallstatt, pour laquelle on ne connaît aucun habitat caractérisé dans les cinq départements de Normandie. Pour le second âge du Fer (La Tène), dès 1826 P.-J. Féret fouillait la cité de Limes, près de Dieppe (Seine-Inférieure), et, en 1830, Arcisse de Caumont donnait un premier exposé des découvertes gauloises dans son Cours d'antiquités monumentales. Dans la Seine-Inférieure, J.-M. Thaurin retrouve, en 1860, les traces de l'habitat celtique de Rouen ; l'abbé Philippe a signalé des fonds de cabanes à Orgeville et à Saint-Aquilain-de-Pacy ; G. Poulain, des foyers à Saint-Pierred'Autils. En Basse-Normandie, Boreux, puis Caillaud découvrent les restes d'une bourgade à Mondeville (Calvados) et Joussin signale un habitat à Crochemêlier dans l'Orne. Une attentive revision du matériel recueilli dans les territoires situés entre la Seine, la Loire, l'océan Atlantique et la presqu'île du Cotentin permettrait sans doute de rapporter à l'époque de Hallstatt quelques-unes des stations de cette vaste région où la civilisation du Bronze paraît s'être prolongée jusqu'au début du second âge du Fer. Les fouilles de l'abbé Favret et de Bénard Le Pontois (1), dans le cimetière de Roz-an-tré-men, en Plomeur (Finistère), ont déjà prouvé l'existence de bandes hallstattiennes en Bretagne vers la fin de la période. Il reste encore difficile, les fouilles n'ayant pas été toujours suffisamment précises, de distinguer dans ces mêmes pays

p. 57-83 ; — L'âge du bronze en Normandie, extrait de Normannia, mai 1928.

(1) Revue anthropologique, 1923, p. 121 et suiv. ; voir H. Hubert, dans Revue celtique, 1925, p. 258-259.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 113

les habitats du Bronze de ceux du Néolithique. La station du bois du Roc, à Vilhonneur (Charente), reconnue par les abbés Borgeois et Delaunay en 1878, est une des plus caractéristiques pour la première période des métaux. Il en est de même pour les villages découverts au Fort-Harrouard par l'abbé Philippe, qui reste encore le principal établissement actuellement connu pour ces régions. Les ouvrages d'ensemble du Dr Dubreuil-Chambardel et d'E.-C. Florance signalent en Touraine de nouvelles cachettes de fondeurs ou de marchands. En Loir-et-Cher, il semble que l'âge du Bronze corresponde à une période de dépeuplement ; toutefois, en Sologne, on constate, au cours de cette époque et au début de Hallstatt, la construction de bourgades indiquant un accroissement de la population, mais ces établissements sont encore peu importants. En Touraine, sur les deux rives de l'Indre et dans la Champagne tourangelle, les ateliers pour le travail du fer sont nombreux, mais ces territoires sont encore trop peu explorés (1). Il n'en est pas de même pour le pays de Buch, où les recherches du Dr Peynau ont apporté une utile contribution à l'histoire de l'occupation par un groupe de Boïens (2). En Bretagne, P. du Chatellier a fouillé à Tronoën, en Saint-Jean-Trolimont (Finistère), une importante station de La Tène.

On dispose de recherches moins incomplètes pour le midi de la France (3), principalement à partir de 1900, et , il est possible d'y suivre le passage de la civilisation du Bronze à celle du Fer. Les fouilles de P. Goby dans les Alpes-Maritimes, castellaras de la Malle à Saint-Vallier, Baou de la Gaude à Saint-Jeannet, au bois du Rouret, au camp de Monjou, ont prouvé la longue durée de l'occupait) Dubreuil-Chambardel, op. cii.,^p. 63-66.

(2) Découvertes archéologiques dans le pays de Buch, Bordeaux, 1926.

(3) Voir L. Joulin, op. cit. ; — M. Louis, Le Gard préhistorique; — J. Déchelette, op. cit., t. IV, p. 502-517.

CONGRÈS DE PARIS, II. 8


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tion dans ces stations, encore habitées aux premiers temps de l'âge du Fer. Depuis le golfe du Lion jusqu'à l'océan Atlantique s'étend une ligne d'oppida dont l'exploration serait en partie à reprendre, principalement dans les couches profondes, pour y retrouver les traces de . la civilisation du Bronze, souvent négligées par les premiers chercheurs. On en possède cependant, pour le Gard et l'Hérault, relatives à cette période, grâce aux travaux de Flouest à Nages, de Mazauric dans les oppida de Suzon, Vié-Cioutat, Gros-Bois, du Dr Raymond à Aubussargues, d'A. Ricard à Murvielle, de G. Vasseur à la mine de cuivre de Pelharde, près de Cabrières. Mais ces découvertes sont loin d'avoir l'importance de celles faites en Provence et en Languedoc dans les villages fortifiés de l'âge du Fer par G. Vasseur, I. Gilles, H. de Gérin-Ricard, l'abbé M. Chaillan, P. de Brun, F. Benoît, H. Rouzaud, Mazauric, Thiers, Bonnet, F. Mouret, l'abbé Sigal, M. Louis, à Marseille, la Teste-Nègre, au Baou-Roux, Mourede-Sève, Rocquemaure, Saint-Biaise, près de Fos, Castellos de Vitrolles, les Pennes, Aygallières, les Caisses, les Bringasses, Saint-Rémy-de-Provence, Sextantio, Ensérune, etc. L'importance de ces stations est inégale. Si les oppida des environs immédiats de Marseille, Baou de Saint-Marcel, Pain de Sucre de Saint-André, la Mure, les Baumettes, Saint-Antoine et Allauche, sont avant tout . des établissements fortifiés aux mains des indigènes surveillant les trois principales voies de pénétration vers la cité phocéenne (1), des stations comme la Teste-Nègre et Montlaurés représentent les habitats fortifiés des populations agricoles échelonnées depuis la Provence jusqu'au Languedoc, le long du golfe du Lion. Ensérune (2) est tout autre chose : la richesse des mobiliers en poteries de

(1) H. de Gérin-Ricard, dans Provincia, 1934, t. XIV, p. 58 et suiv.

(2) C. V. A., Franco, fasc. VI.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 115

luxe étrangères, sa situation sur la grande voie d'Hercule, aux frontières des anciens royaumes de Narbonne et de Béziers, feraient plutôt penser à un marché important, tel celui du Baou-Roux. Marché et sanctuaire sont intimement liés à Roquepertuse (1), le seul temple celtique découvert en Gaule jusqu'à ce jour. Fait important, et auquel P. Jacobsthal et E. Neuffer ont consacré un intéressant mémoire (2), il n'est pour ainsi dire pas d'oppidum dans le midi de la France qui n'ait été en relations avec les marchands grecs de la côte : poteries d'Athènes, de Chalcis, de Corinthe, d'Ionie, de Phocée, d'Asie Mineure, objets de bronze importés par le commerce font connaître une civilisation hybride, mi-hellénistique, mibarbare, dont la nécropole du Mont-Menu, à « Glanum », fouillée par A. de Brun (3), est un des exemples les plus remarquables. Aussi est-il regrettable que le dégagement des ruines de « Glanum » (Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône) n'ait pas toujours été conduit avec la prudence nécessaire et qu'il ait prêté souvent à des interprétations quelque peu osées. La découverte la plus intéressante est celle d'une maison à plan hellénistique (4), pour laquelle Gab. Fabre (5) vient de donner une étude précise et un relevé exact.

Sur le versant océanique, dès le xvme siècle, on avait reconnu l'emplacement de la ville gauloise de Toulouse, entre la porte Narbonnaise et le Grand-Pont ; sur la rive gauche de la Garonne, L. Joulin, près du village de VieilleToulouse, a découvert, à la Plaine et au plateau de Clu(1)

Clu(1) de Gérin-Ricard, dans le volume du Centenaire de la Société de statistique et d'histoire de Marseille et de Provence, 1927, p. 3-53 ; — R. Lantier, dans Arch. Anz., 1929, p. 218 et suiv.

(2) Gallia graeca. Recherches sur l'hellénisation de la Provence, dans Préhistoire, 1933, t. II, p. 1-64.

(3) Société de stat. et d'hist. de Marseille, 1930 et 1931.

(4) H. Rolland, La maison hellénistique de Glanum, Bergerac, 1932.

(5) Revue des Études anciennes, 1934, p. 366-379.


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UN SIÈCLE

zel, des aires d'habitation et des foyers à l'intérieur d'un vaste oppidum, dominant les escarpements du fleuve, et dont l'occupation se place à La Tène III ; mêmes découvertes au plateau de l'Hermitage, au nord d'Agen, par Nicolaï ; dans le Cantal, Pagès-Allary fouille la station de Chastel-sur-Murat ; dans le Lot, en 1868, Castagne découvre le premier rempart gaulois en pierres et poutres à l'oppidum de Murcens ; À. Viré fouille à l'Impernal, près de Luzerches, et d'après des travaux récents entrepris au Puy d'Issolud, près de la fontaine de l'Oulié, C. Jullian (1) considère comme réglé en faveur de ce site le problème relatif à l'emplacement d' « Uxellodunum ». Dans le pays des Ségusiaves, A. Chaverondier et V. Durand (18721887), puis J. Déchelette, ont fouillé au Cret-Châtelard (Loire) des puits destinés à l'alimentation en eau de la station.

A l'extrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées, J. de Laporterie a signalé la présence, dans les Landes et les Hautes-Pyrénées, de cabanes des âges du Fer, élevées sur des tumulus (2).

Pour la Bourgogne et l'Est de la France, on dispose d'un certain nombre de bonnes fouilles pour les établissements de l'âge du Fer : M. Piroutet poursuit depuis 1906 le déblaiement de la citadelle du Camp de Château, à trois kilomètres de Salins (Jura) (3), dans laquelle il a recueilli des tessons de vases attiques, figures noires sur fond rouge, qui permirent de préciser la chronologie de cette époque. A la même période appartient la grande enceinte du Camp d'Affrique, à Messein (Meurthe-et-Moselle), celle d'Haulzy, près de Vienne-la-Ville (Marne), fouillées par Beaupré et G. Goury. Dans l'Yonne, le Camp Cora, à Saint-Moré, a fourni à l'abbé Parât un certain nombre de

(1) Ibid., 1924, p. 145-146.

(2) Dans X. de Cardailhac, op. cit., p. 78-80.

(3) Congrès d'Alger, 1930, p. 47-86.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 117

fonds de cabanes. Les stations du Camp d'Affrique et de Salins possèdent des remparts vitrifiés et calcinés par l'action d'un feu violent. De semblables ouvrages (1) ont été découverts en Lorraine, dans le centre de la Gaule et dans l'Ouest. L'explication de ces enceintes reste encore sans solution satisfaisante.

Trois grandes stations gauloises ont bénéficié du mouvement de recherches provoqué par les travaux de Napoléon III sur l'histoire de Jules César : à Bibracte, sur le plateau du Beuvray, G. Bulliot mit au jour les ruines d'une importante cité abandonnée en 5 avant J.-C. ; J. Déchelette, de 1897 à 1901 et en 1907, avec le concours de la Société française des fouilles archéologiques, y conduisit de nouvelles et importantes campagnes ; à Alésia commencèrent les travaux dans les lignes d'investissement de la plaine des Laumes et, à Gergovie, les deux camps de César furent retrouvés au Sud et au Sud-Est de l'oppidum. Tandis que les fouilles d'Alésia étaient poursuivies avec succès par V. Pernet, J. Toutain et la Société des sciences de Semur, par E. Espérandieu et le Dr Épery, le site de Gergovie était abandonné. Il fallut les prétendues découvertes de fortifications aux Côtes de Clermont-Ferrand par M. Busset (2) et les polémiques qui suivirent (3) pour que de nouvelles recherches fussent entreprises par E. Desforges et P.-F. Fournier à partir de 1933, sous les auspices de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. Les premiers résultats (4) ont été des plus encourageants et, pour l'année 1935, une subvention a été accordée par la Commission des fouilles. Le Comité archéologique, de son côté, a contribué aux fouilles de Vertault, où la Société archéologique du Châ(1)

Châ(1) Déchelette, op. cit., t. III, p. 704-713.

(2) Gergovia, capitale des Gaules, et le plateau des Côtes, Paris, 1933.

(3) P.-F. Fournier, dans L'Auvergne littéraire, n° 68, 1933, extr,

(4) Renie archéologique, 1935, t. I, p. 220-230.


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tillonnais et son président, H. Lorimy, ont fait d'excellente besogne : dégagement d'un rempart gaulois en pierres et poutres, d'une ville gallo-romaine ayant conservé son quartier celtique et ses maisons à pièce souterraine. L'activité de la Société châtillonnaise ne s'est pas arrêtée à ces découvertes. Elle a largement pris part aux recherches de J. Lagorgette (1) dans l'oppidum du MontLassois (commune de Vix, Côte-d'Or), qui ont amené la découverte d'une énorme collection céramique appartenant au Hallstatt II b (vie-ve siècles avant J.-C.) (19301934). "

Alors que les fouilles du Beuvray montrent, au second âge du Fer, les progrès réalisés par l'urbanisme dans une cité gauloise, les recherches de Flouest et d'Abel Maître à Magny-Lambert (Côte-d'Or) apportent des renseignements sur les formations sociales hallstattiennes en Bourgogne. Ces entassements de pierrailles, maisons ou édifices indéterminables aujourd'hui, rappellent les centres tribaux, les lieux d'assemblées des Celtes dans les cimetières. Ces mouvements des Celtes hallstattiens qu'Henri Hubert a si bien mis en lumière (2) ont été facilités par l'existence de routes ou de pistes d'une certaine fixité, dont quelques-unes ont été suivies par E. Euvrard : chemin gaulois de Besançon à Beures, Avenay et Chénecey. Voies du fer et voies du sel expliquent l'importance du peuplement hallstattien en Franche-Comté et en Lorraine (fouilles de Beaupré à Sainte-Geneviève à Essay-lèsNancy, de Marx-Werly à Boviolles ; recherches de Bleicher et Barthélémy sur les âges du Bronze et du Fer en

(1) A. F. A. S., Nancy, 1931, p. 312-316; Ibid., Bruxelles, 1932, p. 314-318 ; — Une station du premier âge du fer dans le Châtillonnais, extrait des Publications de la Société des se. nat. et de la préhisl. de la Haute-Marne, 1933.

(2) Les Celtes et l'expansion celtique jusqu'à l'époque de La Tène; — Les Celtes depuis l'époque de La Tène et la civilisation celtique, 2 vol., Paris, 1932.


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 119

Lorraine). Les départements de l'Oise (fouilles de Roucy à Saint-Pierre-en-Châtre, forêt de Compiègne), de l'Aisne (fouilles de Vauvillé à Pommiers) contrastent par leur pauvreté en vestiges de ces époques. La Champagne, si riche en sépultures du second âge du Fer, n'a pas encore été explorée avec tout le soin désirable, et la raison doit être recherchée dans les conditions qui ont influencé les recherches : le misérable butin archéologique que représentent généralement les mobiliers recueillis dans les fonds de cabanes n'a pas attiré les chercheurs, avant tout préoccupés de la pièce de collection. Cependant, L. Pista et Ch. Bosteaux-Paris ont exploré des foyers gaulois aux environs de Reims ; récemment, L. Coutier, Bresson et Duval (1) ont découvert dans les cantons de Fère-Champenois, PierreMorrains et Vertus, près de deux cents fonds de cabanes et puits funéraires de la fin du Bronze et de l'époque hallstattienne ; A. Thiérot, dans le cimetière de CoolusÉcury, a déblayé un fond de cabane du second âge du Fer. Il reste donc à chercher dans cette direction, et l'on est en droit d'attendre beaucoup, au point de vue de l'organisation des sociétés celtiques, des fouilles à entreprendre dans ces gros villages de culture dont les morts reposent dans les cimetières marniens.

Les sépultures. — Dans l'état actuel de notre archéologie, ce sont les sépultures qui restent encore notre meilleur guide pour l'étude des grands mouvements de populations qui se produisent aux âges des métaux. Les fouilles de M. Piroutet dans le Jura, et en particulier dans la forêt des Moidons, au Mont-Poupet, près de Salins (2), ont prouvé que, dès la première période de l'âge du Bronze, l'ensevelissement sous tumulus était pratiqué

(1) Bull. Soc. arch. champenoise, 1929, t. XXIII, p. 107-115.

(2) L'Anthropologie, 1918-1919, p. 213-249, 423-447; 1920, p. 50-81.


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dans l'Est de la Gaule. Les mêmes mobiliers ont été rencontrés dans les tombes tumulaires de l'Aveyron (fouilles du pasteur Tournier à la Liquisse). Malheureusement, bon nombre des tombes ne possèdent pas un mobilier funéraire datable (fouilles de G. Goury dans les tumulus d'Haulzy, de Beaupré, en Meurthe-et-Moselle, à Clayeures) ; on peut cependant conclure à l'arrivée d'Allemagne d'un premier groupe de constructeurs de tumulus au Bronze I en Franche-Comté et jusque vers le centre de la France. Plus ancienne, appartenant encore à l'Énéolithique, est l'importante sépulture de Fontaine-lePuits (Savoie), découverte en 1908 par le baron Blanc et H. Mùller. Les grottes des Bussières à Meyrannes (fouilles de G. Mazauric, G. Mingaud et L. Védel), de Beaucaire (Gard), le dolmen du Cabut à Anglade (Gironde), la sépulture de Singleyrade (Dordogne) (fouilles du vicomte A. de Gourgues) représentent les monuments les plus caractéristiques de la seconde période de l'âge du Bronze dans le Sud de la France. Le groupe finistérien a été bien étudié par P. du Chatellier, A. Martin, Le Pontois, C. Berthelot, Aveneau de la Garancière, qui fouillèrent de nombreux tumulus (Parc-an-Dorguen en Plobennec, Main-Potanc en Kerstroben, Plovan Kermenhir en Poullan, Kergoniou en Guisseny, Cruguel en Guiden, Finistère ; Tossen Maharit, Mouden Bras en Pleudaniel, Rumedon en Ploumilliau, Côtes-du-Nord, etc.); en Morbihan, la Société polymathique explore les tumulus de Kerusan, Mané Rumentur, Men-beg-er-Noz, Larcuste. Au Bronze III, les tumulus se multiplient en France, mais malgré l'élargissement de l'aire d'extension, celle-ci, peut-être du fait d'une recherche plus diligente, est constituée principalement par les départements de l'Est, Lorraine, Bourgogne et Franche-Comté. Dans l'Aube, Morel dégage la célèbre sépulture de Courtavent et Flouest, dans la Côte-d'Or, celle de Vaux-


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haulles. Les recherches du Dr Prunières dans la Lozère, au tumulus de la Roche-Rousse, du Dr Jacquinot et P. Usquin dans la nécropole de Pougues-les-Eaux et les tumulus d'Arthel (Nièvre), de P. du Chatellier dans les tertres de Kerven et Ruguellou (Finistère), témoignent de l'extension des Celtes vers l'Ouest et le centre de la France. Ils ont également gagné la Haute-Marne (fouilles de J. et C. Royer, à Charmoiselles) au cours de cette quatrième période de l'âge du Bronze. Appartenant à la même époque, M. Piroutet dégage en Franche-Comté le tumulus du bois de Séry. Dans l'Yonne, dès 1851, Boursin à Saint-Quentin-de-Monéteau, Fayollet au faubourg Saint - Gervais d'Auxerre (1878), Lalouette à Guerchy (1886), explorent des tombes à incinération (1). En Alsace, les tumulus, fouillés par Nessel, au siècle dernier, en forêt de Haguenau. appartiennent à l'âge du Bronze et à l'époque de Hallstatt ; ils ont fait l'objet récemment d'une importante étude de C. A. F. Schaeffer (2) ; R. Forrer découvre la tombe à char d'Ohnenheim.

Pour la Côte-d'Or, l'histoire des fouilles dans les tumulus des âges du métal a été retracée par Fr. Henry (3). En 1826, J. Gaveau signale les tumulus de Magny-Lambert et, en 1841, Ch. de Longuyeux ceux de la montagne de Santenay. La querelle d'Alésia-Alise-Sainte-Reine, que Claude Rossignol mena avec vigueur dans le département, l'amena à démolir quelques tumulus bourguignons en 1842. Après une trêve de quinze ans, la lutte reprend : L. de Montille explore les tumulus de Créancey ; en 1861, Béai décrit ceux du plateau de Mussy, du mont Druaux et du mont Plévenel. On cherche des arguments

(1) H. Corot, Les sépultures de l'âge du Bronze aux alentours d'Auxerre et dans la région auxerroise, extrait du Bull. Soc. se. nat. et hist. de l'Yonne, 1924.

(2) Les tertres funéraires préhistoriques dans la forêt de Haguenau, 2 vol., Haguenau, 1926 et 1930.

(3) Les tumulus de la Côte-d'Or, p. 11-19.


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pour la cause. Signalées à Stofîel par G. Baudoin, les buttes de Sainte-Colombe et de Cérilly furent fouillées par un agent voyer et le sous-préfet du pays. Cherchant toujours les tombes de la bataille, H. Defay, contrôleur des contributions directes, fouille plutôt mal que bien dans la Haute-Marne, et F. de Saulcy, en 1861, fait des recherches aux Chaumes d'Auvenay. Ce fut Flouest qui eut le mérite de donner une juste place aux tumulus bourguignons dans la chronologie protohistorique : en 1871, il entreprend l'exploration de Magny-Lambert, qu'Abel Maître continuera pour le Musée des Antiquités nationales (1872). L'impulsion était donnée, et les découvertes vont se succéder : Maître-Humbert travaille à la Garenne, à la butte Sainte-Colombe, au bois de Langres, à Pruslysur-Ource ; J. Gaveau, à Magny-Lambert. La fondation de la Société archéologique du Châtillonnais (1880) a pour heureux résultat d'importantes découvertes dans la forêt de Châtillon ; le Dr Brulard conduit quelques campagnes à Magny-Lambert ; H. Corot explore activement la région depuis plus de trente ans (fouilles de Minot) ; H. d'Ivory, le canton d'Aignay ; R. Girardot, la région de Baigneux. Il en est de même pour le Sud du département, où l'on retrouve les noms du Dr Brulard (Messigny, Genay) et d'H. Corot (Lentilly), tandis que H. Bouillerot et P. Jobard entreprennent des recherches à Baux-sous-Salmaise et à Fleury-sur-Aube. Depuis 1914, les travaux avaient cessé. H. Corot a repris les fouilles de Mailly-leChâteau. Là encore ce sont à des initiatives privées que l'on doit le meilleur des découvertes et, lorsqu'elles font défaut, de vastes territoires restent inexplorés.

De même qu'en Bourgogne, les recherches dans les tumulus des âges du fer franc-comtois, commencées antérieurement à 1840, entrent dans une phase active aux temps des âpres controverses sur l'identification d'Alésia. C'est ainsi que Napoléon III fit faire des recherches


D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE 123

sur les plateaux d'Alaise, fouilles sans aucun profit pour la science, et dont les mobiliers, dispersés dès que trouvés, ont presque entièrement disparu. M. Piroutet a établi l'historique des découvertes pour la région d'Alaise, d'Amancey, de Pontarlier et des environs de Salins. Dans toute cette région orientale de la Gaule, les travaux n'ont guère été interrompus depuis le Second Empire : dans la Haute-Saône, E. Perron a déblayé les tumuli de la Motted'Apremont ; dans la Haute-Marne, Millon découvre la belle tombe de la Motte-Saint-Valentin ; en Lorraine, Beaupré travaille au bois de la Voivre, près Haroué, à Bennay, Lemainville, Chaudeney ; en Haute-Savoie, J. Costa de Beauregard fouille à Saint-Jean-de-BellevilIe ; dans les Hautes-Alpes, D. Martin et G. de Manteyer reconnaissent les tumulus de Chabestan et de Champcrose ; C. Cotte, la nécropole de Saint-Roche ; E. Chantre, la tombe de femme de Peyre-Haute, etc.

La triste histoire des nécropoles du département de la Marne vient d'être courageusement retracée par l'abbé Favret (1), qui écrit : « Quatre-vingt-quinze pour cent des sépultures fouillées dans le département de la Marne jusqu'en 1910 l'ont été en pure perte. Il faut le dire et le répéter bien haut pour essayer d'empêcher pareil vandalisme. » Plus de 12,000 tombes furent explorées sur le territoire de plus de cent vingt-cinq communes, et l'on ne saurait qualifier de fouilles les recherches de pièces de collection, les pertes ou les abandons de céramiques ou d'objets de métal, laissés sur place par les fouilleurs travaillant pour les « pontifes » de l'archéologie champenoise : Fourdrignier, Nicaise, Counhaye, Le Laurain père et fils, puis Fallot, Coyon, Hanusse. Un fouilleur, comme Morel, n'a donné aucun compte-rendu sérieux de ses travaux. Bien rares sont les recherches ayant un véritable carac(1)

carac(1) Soc. arch. champenoise, 1929, t. XXIII, note aux p. 15-17.


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tère scientifique, telles sont cependant celles de Mougin, Bosteaux-Paris, Bourin, Schmitt. On souscrira entièrement au réquisitoire de l'abbé Favret, auquel l'archéologie marnienne doit, entre autres bienfaits, la création du Musée d'Épernay, qui abrite les mobiliers recueillis par lui dans ses belles fouilles du cimetière des Jogasses, grâce auxquelles on a pu établir, en France, la chronologie du Hallstatt II b (1). Cette phase nouvelle (2) apparaît dans certains autres cimetières de la Marne, dans celui de Saint-Jean-de-Belleville, dans les tombes argonnaises, fouillées par G. Chenet à Verrières-en-Hesse, Lambéchamps, La Croix-Saint-Pierre (3). Les archéologues que groupe la Société archéologique champenoise ont fait depuis une vingtaine d'années d'excellent travail. Il y a encore beaucoup à chercher, malgré les honteux pillages du siècle dernier, dans nos cimetières marniens. Les fouilles d'A. Thiérot l'ont prouvé dans les nécropoles d'Avize, Couvrot, Poix, Breuvery, Saint-Gibrien, Coolus, Soigny, Mairy. Parmi les anciennes fouilles, celles du baron de Baye, dans les tombes de Vargemoulin, SommeSuippes, la Croix-en-Champagne, Saint-Rémy-sur-Bussy, Marenne-le-Port, Saint-Jean-sur-Tourbe, Bussy-le-Château, occupent une place à part par la méthode qui y a présidé. Il en est de même pour les fouilles de Fr. Moreau dans l'Aisne, à Chassemy, Ciry-Salsogne, Armentières, Sablonnières, Caranda, le Martrois de Limay, Trugny.

Dans l'Ouest de la France, en Normandie, l'abbé Cochet a été le véritable initiateur par ses fouilles aux Moulineaux, Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure), etc. ; dans l'Eure, Guyon et Cochet travaillent à Notre-Damedu-Vaudreuil, Charpillon à Gisors, Pulligny à Pressigny(1)

Pressigny(1) archéologique, 1927, t. I, p. 326 et suiv. ; t. II, p. 80 et suiv.

(2) Du même, dans Revue des Musées, 1929, extrait.

(3) Bull. Soc. arch. champenoise, 1929, extrait.


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l'Orgueilleuse et L. Coutil dans les cimetières de La Tène III, situés au confluent de l'Eure et de l'Andelle dans la Seine, entre Pont-de-1'Arche et Notre-Dame-duVaudreuil (1). Dans le Calvados, on signale des fouilles de Boreux à Mondeville et d'A. Charma à la Cambe. En Bretagne, les tombes des âges du Fer sont peu nombreuses : Darlet, Gilles et du Chatellier ont exploré des monuments funéraires de forme circulaire à soubassement en pierres sèches à Silfiac et au Rocher (Morbihan), à Kerbascat (Finistère), qui appartiennent au Hallstattien ; les tertres funéraires à petites galeries de Lann-er-Velen-Losquet, les tombes plates de Kerné, Toul-Bras et Port-Bara en Morbihan (Z. Le Rouzic) et le cimetière de Kerviltré dans le Finistère (P. du Chatellier) représentent les principales sépultures du second âge du Fer.

Les recherches dans les départements du Centre sont encore incomplètes. Cohendy et Delort ont exploré les tumulus hallstattiens du plateau de la Planèze ; E. Brugère et Dalande, celui de Saint-Ybard (Corrèze). Le tumulus de Celles, si bien étudié par Pagès-Allary, est le monument le plus intéressant du Cantal pour l'époque de La Tène.

Les cimetières de la région provençale sont moins bien connus que les oppida ; la région du Bas-Rhône a été étudiée par J. de Saint-Venant, il y a une trentaine d'années. Pour la région du Sud-Ouest, on dispose d'un très utile inventaire critique de L. Joulin (1912). Dans le Tarn, Caraven-Cachin fait connaître des tombes plates découvertes, de 1857 à 1865, à Lavène sur les coteaux au Sud d'Albi ; Pontiau et Cabié décrivent la nécropole de Saint-Sulpice-la-Pointe. Dans les Pyrénées centrales, J. Sacaze dégage les tombes de Bordes-de-Rivière, près de Montréjean, Lézat (1865), Gourdon (1876); Piette et

(1) Congrès préhistorique de France, Nîmes-Avignon, 1931, p. 264272.


126 UN SIÈCLE D'ARCHÉOLOGIE PROTOHISTORIQUE

Sacaze travaillent à Espiau, près Bagnères-de-Luchon ; l'abbé Cau-Durban, à Ayer, près de Saint-Girons (1887). Dans le bassin de l'Adour, le général Pothier déblaie les tumulus du plateau de Ger (1880) ; Piette et Sacaze, ceux d'Avezac-Prat, sur le plateau de Lannemezan, et maints cimetières sont reconnus par la Société Borda, dans les Landes, où les recherches de P. Dubalen ont fait connaître un ensemble de tombes appartenant à un hallstattien évolué à fortes tendances ibériques (Aubagnan, Uchacq). En pays toulousain, L. Joulin fouille les cimetières de Saint-Roch, Vieille-Toulouse, de 1900 à 1903.

En terminant cet historique rapide, et dont nous n'ignorons pas les lacunes, qu'il nous soit permis de réclamer une fois encore la loi bienfaisante qui nous manque, réglementant l'exploitation de nos richesses archéologiques nationales. Par des moyens de fortune, sans grandes ressources financières, de très beaux résultats ont été acquis, mais que de fouilles inutiles, que de pillages on aurait pu éviter ! Tout en rendant pleine et entière justice à l'oeuvre accomplie par les particuliers et les Sociétés savantes des départements, ne pourrait-on leur demander de renoncer définitivement à une opposition de clocher, et cela uniquement dans l'intérêt supérieur des études auxquelles ils se consacrent avec un absolu désintéressement. Le seul remède est dans une réglementation s'appliquant à tous. Mais c'est peut-être trop demander à notre individualisme.


L'ARCHEOLOGIE GALLO-ROMAINE

par M. Adrien BLANCHET

« Sit apud te honor antiquitati » (Pline le Jeune, Lettres, 1. VIII, 24, à Maxime).

Présenter un tableau des progrès de l'archéologie galloromaine depuis un siècle, et surtout prétendre y réussir en quatre-vingts pages, c'est tenter de remplir une tâche bien malaisée, car cette branche de l'archéologie, aujourd'hui si développée, n'existait pour ainsi dire pas au xvme siècle et avait fort peu progressé avant le deuxième tiers du xixe siècle.

La France possède encore quelques beaux monuments de l'époque romaine. Mais c'est la plus petite partie des restes qui constituent le « matériel » que l'érudit doit connaître ; c'est par milliers que les débris de monuments, les stèles funéraires, les inscriptions, les statuettes, les vases, les bijoux, les monnaies, etc., sont sortis d'un sol qui semble véritablement inépuisable.

DÉVELOPPEMENT DE L'ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Dans des siècles où la France ne possédait que la collection royale, devenue le Musée des Souverains, et les collections particulières, il était malaisé d'étudier les monuments antiques sortis de notre sol. D. Bernard de Montfaucon, le comte de Caylus et quelques autres érudits (1)

(1) Par exemple : Fr. Pasumot (Dissert, et mém., édités par Grivaud, 1810-1813). "


128 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

avaient, certes, réuni et commenté, plus ou moins habilement, un bon nombre de restes. Mais l'instabilité des collections particulières fut cause que beaucoup de monuments ont été égarés ou détruits. Quand Alexandre Lenoir forma le Musée des Monuments français, peu de débris de l'antiquité gallo-romaine y entrèrent (1).

La France du premier Empire s'était peut-être trop extériorisée pour prêter attention à ce qui était découvert sur son propre sol (2). L'art néo-classique guida son goût pendant plus d'un quart de siècle pour céder la place, sous l'influence du romantisme, à un art étriqué qu'on peut qualifier de « néo-gothique ». Ce n'était donc pas le temps où l'art gallo-romain — en général plus empreint de naturalisme que celui de la péninsule italique — pouvait s'imposer aux milieux artistiques qui dirigeaient le public. Toutefois, le romantisme ne tarda pas à élargir son esprit artistique et des hommes s'intéressèrent davantage aux monuments de la France, depuis ses origines. Après un geste de compréhension, manifesté, en 1817, par Grivaud de la Vincelle, un véritable archéologue, le premier peut-être de son temps par son activité, l'étendue de ses connaissances et son goût, Arcisse de Caumont, réalisa diverses créations, telles que la Société française d'Archéologie, dont le Bulletin monumental fut l'organe depuis 1834 (3), des congrès scientifiques, l'Institut des provinces. Il professa à Caen, depuis 1830, un Cours d'antiquités monumentales (Histoire de l'Art dans l'ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu'au

(1) Dans la Description... de 1806, je ne vois que l'autel des Nautes de Paris. Je laisse de côté Nehalennia.

(2) Le goût pour les monuments égyptiens et la renaissance du goût classique, due en grande partie au transport des oeuvres d'art d'Italie à Paris, nuisirent aussi à la recherche des antiquités sorties du sol national.

(3) Voy. la Table alphabétique des public, de la Soc. fr. d'Arch., Congrès archéol., Bull, monum., 1834-1925, par M. Aubert, R. Delauney et J. Verrier, Paris, 1930.


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XVIIe siècle), et la seconde partie en fut consacrée à 1' « Ère gallo-romaine » (t. II, texte, 1831; atlas, Paris, 1833, in-4° oblong). La troisième partie (texte et atlas, 1838) compléta ce recueil, dont les trente-six planches, dessinées telles que l'époque le permettait, constituaient en somme le meilleur recueil sur les monuments de la Gaule romaine dont on pouvait alors disposer. La plupart des questions utiles étaient abordées dans le Cours : géographie historique ; inscriptions, surtout des bornes milliaires ; carte archéologique du Calvados ; enceintes antiques des villes ; mosaïques ; thermes ; céramique ; vases funéraires ; stèles et cippes ; moulins ; instruments, clefs, fibules ; détails d'architecture, colonnes ; villas de Clinchamps, de Mienne, de Lébisey, de Thésée, de Pérennou, des Arènes près de Saintes ; aqueducs de Luynes, de Faucouverte, de Metz, de Lyon ; arc d'Orange ; portes de Saintes, d'Autun, de Nîmes ; théâtres et amphithéâtres d'Arles, d'Orange, de Lillebonne, de Lisieux, de Bordeaux, Nîmes, Saintes, d'Arles, de Périgueux ; temples de Lyon, de Périgueux, de Nîmes, d'Isernore; pont de Saint-Chamas ; pyramides et colonnes de Vienne, d'Igel, de Cussy, etc.

Évidemment, malgré l'ampleur des matières étudiées, il ne pouvait y avoir, dans cet essai, qu'un canevas sur lequel il fallait broder la composition esquissée. La « petite archéologie », terme impropre pour désigner le mobilier antique, était pour ainsi dire absente du recueil de Caumont. Il avait négligé de propos délibéré ou n'avait pas connu tout un peuple de statuettes, d'autant plus précieuses qu'elles nous révèlent quelquefois des oeuvres de la grande statuaire, comme, par exemple, le Mercure de Zénodore (1).

(1) Voy. R. Mowat, Lettre à M. A. de Longpérier sur la restitution de la statue coloss. de Mercure exécutée par Zénodore pour les Arvernes, dans Bull, monum., 1875, p. 557-568, pi.

CONGRÈS DE PAHIS, II. 9


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Malgré les côtés rudimentaires de l'oeuvre, tels que notre demi-science actuelle nous les fait apercevoir, il est juste de reconnaître que l'élan était donné. En haut lieu, on en comprit immédiatement la portée. Le ministre de l'Instruction publique, Guizot, créa un comité, composé de sections, qui devint par la suite, après diverses modifications, le Comité des travaux historiques et scientifiques (1) ; il institua, en 1862, des Congrès de Sociétés savantes, réunies à la Sorbonne (Archéologie, 7 vol., 1863-1869), qui, plus tard, tinrent leurs assises plus souvent en province qu'à Paris.

Diverses oeuvres furent entreprises, qui, pour des raisons diverses, ne furent pas toutes poursuivies. La série des Répertoires archéologiques ne comprend que huit volumes (H. d'Arbois de Jubainville, Aube, 1861 ; E. Woillez, Oise, 1862 (2) ; M. Rosenzweig, Morbihan, 1863 ; Crozes, Tarn, 1865 ; M. Quantin, Yonne, 1868 ; abbé Cochet, Seine-Inférieure, 1872 ; G. de Soultrait, Nièvre, 1875 ; J. Roman, Hautes-Alpes, 1888) (3).

La Bibliographie des Sociétés savantes a malheureusement été interrompue.

La Section d'Archéologie est encore aujourd'hui une des plus actives du Comité et, très souvent, elle a conclu en faveur de subventions destinées à l'exécution de fouilles sur des sites de la Gaule romaine : Vertault ; Le Mont Afrique, près de Dijon, etc.

Quatre années avant l'organisation des Congrès de la Sorbonne, Napoléon III avait créé la « Commission de topographie des Gaules » (4), en 1858, dans le dessein de

(1) Voy. X. Charmes, Le Comité des Travaux histor., 1887 (coll. des Documents inéd. de l'Hist. de Fr.).

(2) Copié en grande partie sur la Notice archèol. de Louis Graves (1839).

(3) On peut joindre à cette série les vingt-huit Dictionnaires topographiques des départements.

(4) Salomon Reinach en a esquissé une histoire assez précise (Rev. archèol., 1915, II, p. 209-227).


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lui faire poursuivre des recherches pour ses travaux sur César. Les membres, F. de Saulcy, A. Maury, Alex. Bertrand, le général Creuly, d'abord, n'ayant pas abondé dans le sens qui plaisait au souverain, pour divers points de la carte de la Gaule, consacrée plus spécialement aux campagnes de César, la Commission se tourna vers l'étude des A'oies romaines en Gaule et du Dictionnaire de l'époque celtique, et s'adjoignit successivement Anatole de Barthélémy, A. Chabouillet, E. Muret, E. Desjardins, Léon Renier, etc. Remaniée en 1880, et devenue plus spécialement une « Commission de géographie historique de l'ancienne France », ce comité s'occupa assez activement d'abord de la composition d'un « Album archéologique de l'ancienne France », dont beaucoup de planches furent gravées et dont le plan était plus méthodique et généralement plus compréhensif que celui de l'Atlas publié par Caumont.

D'après ce qui s'est passé pour le Dictionnaire de l'ancienne Gaule, on peut présumer qu'il n'existait pas de dossiers méthodiquement constitués et assez copieux pour permettre d'entreprendre des études sérieuses. Ceux que j'ai pu examiner, par exemple ceux qui existaient autrefois chez Anatole de Barthélémy (1), plus spécialement consacrés à la numismatique gauloise, avec quelques notes utilisables pour l'époque romaine, étaient composés surtout de correspondances dont les auteurs n'avaient suivi aucun plan méthodique. De même, les dossiers qui étaient entre les mains d'Auguste Longnon (versés depuis au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale), bien que plus utiles pour l'archéologie gallo-romaine (2), n'ont pas non plus été constitués méthodiquement.

(1) Ces dossiers ont malheureusement disparu après la mort de ce savant.

(2) Sur mes conseils, le regretté Maurice Besnier en a dressé un inventaire sommaire dans la Rev. des Études anc, 1932, p. 26-36.


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Longnon, qui avait entrepris, en 1882, son Atlas historique dont la première livraison, consacrée en partie à la Gaule romaine (1884) (1), est restée utile, appela l'attention sur quelques mauvaises formes de noms dans la « Table de Peutinger » et il cita les recherches d'Antoine Héron de Villefosse sur les bornes milliaires.

Quant au Dictionnaire de la Gaule celtique, qui, malgré son titre, mentionne quelques faits et monuments de l'époque romaine, il a été publié dans de si mauvaises conditions, de 1869 à 1923, après interruption de 1878 à 1919, qu'il ne rendra que peu de services.

Beaucoup plus utile est le Bulletin archéologique du Comité, publié également par le ministère de l'Instruction publique (aujourd'hui de l'Éducation nationale), de 1883 jusqu'à ce jour; l'utilité en est même doublée par les Tables générales pour les années 1883 à 1915, dressées par M. G. de Bar (1923). Il faudra renoncer à citer ici tous les mémoires utiles qu'il contient.

En 1834 encore fut constituée, au ministère de l'Intérieur et rattachée parla suite au service des Beaux-Arts, une « Commission des Monuments historiques », dont l'inspecteur général Prosper Mérimée reprit tout de suite l'idée que Millin avait menée à bien avant 1807. Mérimée parcourut le midi de la France (vol. publié en 1835), l'Ouest (1836), l'Auvergne et le Limousin (1838), la Corse (1840). Encore que cette enquête fût trop rapide, elle laissa des témoignages utiles. Aussi bien, le rôle de Mérimée ne cessa de s'affirmer jusqu'en 1870, date de sa mort.

Les archives de la Commission des Monuments historiques (2), bien que constituées surtout par des rapports

(1) La carte de ce fascicule devait beaucoup aux cartes de la Commission, à peu près inédites, conservées au Musée des Antiquités nationales et dont j'ai donné les titres dans l'introduction de la deuxième Carte archéologique de la Gaule romaine (Forma 0. R., Var, 1932).

(2) A. Perrault-Dabot, Cat. des relevés, dessins et aquarelles, 1889.


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d'architectes relatifs à des monuments du Moyen Age et de la Renaissance, en contiennent cependant un bon nombre pour la période romaine, qui pourront servir de point de départ aux enquêtes que devra conduire la cinquième section de la Commission des Monuments historiques, créée en 1933 et composée d'archéologues et d'architectes.

La « Société française des fouilles archéologiques » (1), fondée en 1904, tout en prenant intérêt à des explorations lointaines, n'a pas négligé la terre de France et a tenu à participer à des recherches à La Turbie, au Vieil-Évreux, à Saint-Bertrand-de-Comminges, à Alise-Sainte-Reine, à Fréjus, dans la Camargue, à la villa d' « Antone » (PierreBuffière, Haute-Vienne), au Vieux-Poitiers (près de Châtellerault), à Saint-Paulien (Ruessium, Haute-Loire), à Chassenon, etc.

Enfin, à diverses reprises, la Commission de la Fondation Piot, à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, a témoigné aussi tout l'intérêt qu'elle portait aux fouilles pratiquées en France et a favorisé celles de Fréjus, de Trinquetaille, etc.

En somme, on peut dire que la France a réussi à accomplir son devoir scientifique. Du point de vue bibliographique, nos érudits et nos chercheurs sont armés d'une manière satisfaisante, car, si la Bibliographie des Sociétés savantes est interrompue, du moins le Catalogue des imprimés de la Bibliothèque nationale se poursuit régulièrement (2), et, après le Répertoire d'Art et d'Archéologie, commencé en 1910 sous la direction de M. Marcel Aubert,

Ce dépôt possède maintenant une importante collection de clichés photographiques.

(1) Bulletin..., 6 vol. de 1904 à maintenant.

(2) La Bibliographie générale des Gaules de C.-E. Ruelle (1880 et 1886) a rendu des services ; la Bibliographie générale des trav. palethn. et archéolog. de M. R. Montandon (3 vol. et suppl., 1917 à 1929) en rendra davantage, si quatre autres volumes annoncés peuvent paraître.


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diverses revues donnent des chroniques où l'archéologie gallo-romaine peut glaner plus ou moins (Rev. des Etudes anciennes, M. Besnier, puis A. Grenier ; Rev. des Etudes latines, C. Picard ; Rev. archèol., R. Lantier ; Pro Alesia, J. Toutain ; Rev. celtique, J. Vendryès ; Bulletin monumental (A. Blanchet ; puis L. Serbat ; puis Deshoulières) ; Les cahiers d'histoire et d'archéologie, dirigés par le Cne Louis ; etc.).

Le Bulletin et les Mémoires de la Soc. nat. des Antiquaires, dont il y a une bonne table pour les cinquante premiers volumes, ont fourni de précieux appoints.

Outre la Gazette archéologique (1875-1887. — Rev. des Musées nationaux, 1887-1889), il faut encore mentionner les Comptes-rendus de VAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres (depuis 1857), les diverses séries de Mémoires de la même Académie, et surtout les Monuments et Mémoires de la Fondation Eugène Piot (depuis 1894).

Il convient aussi de se reporter à tous les dictionnaires français ou étrangers (Dict. des Antiq. gr. et rom. Daremberg-Saglio-Pottier ; Real-Encyklopàdie de Pauly-Wissowa ; le Lexikon de Roscher ; le Altceltischer Sprachschatz d'Alfred Holder, etc.).

Quelques volumes des Congrès archéologiques de France ont donné des résumés de découvertes pour diverses régions (1) ; un travail analogue, si utile, a été fait par des sociétés régionales (2).

Avant la guerre de 1914, M. Et. Michon publiait, dans le Jahrbuch archéologique allemand, des chroniques où il

(1) Voy. par exemple : Emile Taillebois, Les vestiges galloromains dans le dép. des Landes, dans Congrès archèol. de 1888 (Dax, Bayonne), p. 153 à 192. -—■ R.-N. Sauvage, La Basse-Normandie gallo-rom., dans Congrès archèol. de 1908 (Caen), p. 502 à 515. — Pour l'Aisne, voy. le résumé des découvertes depuis 1858, dans le Congrès archèol. de 1887 (Soissons, Laon), p. 115-152, pi.

(2) Par exemple par Bélisaire Ledain, Dècouv. archèol. faites dans l'Ouest depuis 1870, dans Mém. Soc. des Antiq. de l'Ouest, 2e série, t. VII, 1884, p. 131-142.


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signalait les découvertes récentes de la Gaule romaine. M. R. Lantier, jugeant, du point de vue scientifique, que ce travail était utile, l'a repris (et développé, en y ajoutant la Préhistoire) pour les années 1915 à 1930 (1). D'autre part, M. J. Carcopino a spécialement passé en revue « les travaux des érudits français sur le monde romain depuis vingt ans » (2).

Et ce serait commettre une ingratitude si l'on oubliait de citer la magistrale Histoire de la Gaule de Camille Jullian, car, s'il a considéré son sujet du point de vue historique, il aimait trop l'épigraphie et l'archéologie pour oublier deux disciplines qui ont renouvelé notre histoire ancienne.

Quelques étrangers ont voulu étudier aussi nos antiquités : Charles Roach-Smith (Lillebonne, dans Coïlectanea Antiqua, t. III, 1854, pi.) ; J. Bunnell Lewis (Langres et Besançon, dans The archseological Journal, t. XLIII, 1886) ; H. B. Walters (Catal. of the Bronzes, British Muséum, 1899), et d'autres que je citerai plus loin.

LES TRAVAUX RELATIFS AUX PROVINCES

Pour avoir quelque idée de l'activité des érudits qui, depuis un siècle, ont étudié les antiquités gallo-romaines, il est nécessaire de passer rapidement en revue (3) les ouvrages principaux qui ont paru sur les restes et les découvertes de chacune des provinces de France. Cette esquisse bibliographique sera forcément très incomplète (4)

(1) Dans le XX. Bericht der' Romisch- Germanischen Kommission, 1931 (p. 119-146, pour le gallo-romain, pi. et flg.).

(2) Dans Mélanges d'arch. et d'hist. de l'École de Rome, 1933, et dans Gli Studi Romani nel mondo, vol. I, Bologne, 1934.

(3) Je laisserai de côté tout ce qui concerne les antiquités chrétiennes, dont certaines peuvent appartenir à la période romaine, et, par conséquent, je ne ferai que citer le nom d'Edmond Le Blant.

(4) Il faut y ajouter les ouvrages déjà cités sur les inscriptions et aussi les catalogues de musées dont une liste spéciale m'a paru de


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et plus fastidieuse que le tableau d'ensemble de la civilisation gallo-romaine, dont elle est nécessairement l'introduction.

Pour une grande partie de la Provence et la Corse, on trouvera une bibliographie, à peu près complète, dans les trois premiers fascicules de la Carte archéologique de la Gaule romaine (Alpes-Maritimes, 1931 ; Var, 1932 ; Corse, 1933). On y ajoutera : Les antiquités de la vallée de l'Arc en Provence (par le comte H. de Gérin-Ricard et Arnaud d'Agnel, 1907, fig.) ; plusieurs rapports sur des fouilles à Aix-en-Provence (E. Rouard, 1841 à 1844) ; M. Clerc, Aquae Sextiae, Ann. Fac. lettres, Aix, VI, 1912, et Massalia (t. II, 1929, p. 253 et suiv.) ; J.-J. Estrangin, Descr. de la ville d'Arles (1845) ; H. Bazin, Arles g.-rom. (1896) ; L.-A. Constans, Arles antique (plans et fig., 1921) ; F. Benoit, Arles dans la civil, méditerranéenne (1932) ; Encyclopédie des Bouches-du-Rhône (Gérin-Ricard, F. Benoit, E. Cahen).

En remontant la vallée du Rhône, on a pour Vaison le bulletin particulier de V.-la-Romaine, qui paraît depuis plusieurs années, et les belles publications de l'abbé J. Sautel, spécialement Vaison dans Vantiquité (1927, pi.), et Les villes rom. de la vallée du Rhône (1926, fig.). Pour le Vaucluse, ajoutez : J.-M.-A. Chaix, Essai sur les monum. du V. (1840). Orange a fait le sujet d'une thèse de M. Louis Châtelain (Les mon. rom. d'O., 1908), préférable pour les grands monuments au livre peu exact de Caristie (1856, pi.).

Pour la Bâtie-Montsaléon, nous avons une Monographie du Mons-Seleucus... (par P. Gillet, 1903). La région de Die a été peu étudiée depuis les Recherches sur les antiquités rom. du pays des Vocontiens (par J.-D. Long, 1849)

nature à rendre des services. Je n'ai cité ici que des ouvrages parus depuis 1830, sauf quelques exceptions. Il va de soi qu'il y a de nombreux articles et des notes souvent utiles dans les Bulletins et Mémoires de toutes les Sociétés provinciales.


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et Florian Vallentin avait esquissé l'histoire du Tricastin (La colonie latine Augusta Tricastinorum, 1883, 3 pi.).

Pour Valence, des ouvrages de J. Ollivier (Essais historiques sur Valence, 1831) et du chanoine Jouve (Guide valentinois, 1853 ;• Statistique monumentale de la Drame..., 1867).

Vienne attend encore une monographie, qui serait évidemment très considérable, même en laissant de côté les inscriptions. Outre des mémoires assez nombreux, on consultera les albums de planches publiés en 1820-1831 (E. Rey et E. Viety) et 1895 (E.-J. Savigné), ainsi que l'esquisse d'Hippolyte Bazin (Vienne et Lyon g.-rom., 1891). Voy. aussi H. Ferrand (dans Bull, arch., 1914).

La région savoyarde a été étudiée par l'abbé Ducis (Mém. Acad. de Savoie et Rev. Savois.) de 1851 à 1883, et dans La Sapaudia (1902). Voy. aussi en particulier les travaux de M. Ch. Marteaux (1), dans la Rev. savoisienne (1900, etc.), et avec M. Le Roux : Boutae (Les pins d'Annecy, 1913).

Le Vivarais est mal partagé et le très beau centre archéologique d'Aps (Alba Helviorum) a été trop négligé ; voyez cependant VHistoire... du Vivarais de l'abbé J. Rouchier (t. I, 1863).

Pour la Lozère, on trouvera l'essentiel avec la bibliographie dans : Albert Grimaud et Marius Balmelle, Précis d'histoire du Gévaudan (1925).

La bibliographie de Nîmes antique est considérable ; je ne citerai que Le tableau de Nismes d'Émilien Frossard (1834-1835, et Supplément, 1838), les ouvrages d'Auguste Pelet (par exemple, sur l'amphithéâtre, 2e éd., 1859), des rapports de E. Germer-Durand sur des fouilles de 1869 à 1873 ; le volume d'Hippolyte Bazin (1891) ; l'ouvrage de R. Peyre, Nîmes, Arles, Orange, Saint-Remy (1922, fig.) ;

(1) Cet érudit a rédigé le texte de la carte archéologique de la Haute-Savoie, pour la Forma orbis romani.


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H. Rolland, Saint-Remy de Provence (1934, fig.), et plusieurs récentes petites monographies de M. Espérandieu (sur le Pont du Gard, la Maison carrée, la Tour-Magne) et aussi un Répertoire archéologique abrégé (1934).

Pour Béziers (Colonia V... Iulia Septimanorum Baeterrae), on peut se servir de Y Histoire de la ville... par Etienne Sabatier (1854) et surtout de La colonie rom. de Béziers de Louis Noguier (1883, pi., 2e éd. incomplète).

L'Hérault est bien partagé avec le volume de M. E. Bonnet (Antiq. et mon... de l'Hérault, 1905, pi.), complété par un Inventaire archèol. (1930).

Narbonne, si riche en débris de grands monuments, ne possède pas de monographie qui en fasse bien ressortir l'intérêt.

Pour le Roussillon, voyez R. Lantier (dans Rev.' des Etudes anciennes, 1919, p. 283).

Mais tout le Languedoc est représenté dans le gros volume illustré qu'Ernest Roschach a inséré dans la nouvelle édition de Y Histoire de cette province (1904).

Pour les pays du Comminges et du Couserans, on a, maintenant, un ouvrage qui dispense d'énumérer les livres antérieurs : Raymond Lizop, Histoire de deux cités gallo-rom. : les Convenue et les Consoranni (1931, cartes et pi.).

Les Basses-Pyrénées offrent un champ de travail moins riche peut-être, mais à peu près vierge.

Quant aux Landes, après les mémoires d'Emile Taillebois, on consultera utilement L'Aquitaine historique et monumentale (publiée comme annexe du Bulletin de la Société de Borda et continuée par M. Dufourcet).

Les Lactorates et Sotiates ont été étudiés par Eugène Camoreyt (Étude de géogr. hist., la ville des Sotiates, 1897,

fig.)- .

Le département de Lot-et-Garonne est bien partagé du point de vue des découvertes anciennes, à condition de passer au crible les indications de J.-F. Boudon de Saint-


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Amans (Essai sur les antiquités... L.-et-Gar., 1859, cartes et pi.).

Pour le Lot, nous avons un bon résumé (A. Viré et A. Niederlander, L'époque rom. dans le dép. du Lot, Cahors, 1925).

Le Bordelais est riche en antiquités, à cause de l'importante cité de Burdigala, et la bibliographie en existe bien complète dans les travaux de Camille Jullian. Ajoutons, entre autres, le travail de l'abbé Labrie (Les GalloRomains au centre de VEntre-Deux-Mers, dans Soc. archèol. de Bordeaux, t. XXXI, pi.).

Après l'ouvrage fondamental de Wlgrin de Taillefer, antérieur de quelques années à la période que je dois envisager ici, l'archéologie du Périgord n'eut, pendant de longues années, que des mémoires plus ou moins importants, comme ceux d'Eugène Massoubre, sur « les fouilles de Vésone, en 1857 » (1857), et de Charles Durand, également sur des fouilles (Comptes-rendus de 1906 à 1912, 6 fasc.) (1). Et, pour le territoire entier de la cité, nous avons depuis peu un résumé utile (P. Barrière, Vesunna Petrucoriorum, 1932, cartes, fig. et pi.).

La Saintonge a bénéficié des recherches de plusieurs bons érudits : L. Julien-Laferrière et G. Musset, L'Art en Saintonge et en Aunis (1879-1892, pi.), et Charles Dangibeaud, Mediolanum Santonùm, le municipe et les ruines [1932], fig.

Poitiers (Limonum Pictonum) est le centre d'un pays très riche en restes antiques. Malgré les fouilles du P. de la Croix (2) et de beaucoup de bons travailleurs, on n'a pu encore réaliser un travail d'ensemble dont la publication serait la bienvenue (3).

(1) Cf. mon compte-rendu dans le Journal des Savants, avril 1914, p. 154-159.

(2) Voy. une bibliographie des travaux de ce chercheur dans le Bull, de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, 2e série, II, 1911, p. 259.

(3) M. E. Ginot prépare la carte archéologique romaine (Forma 0. R.), qui comblera la lacune.


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Si l'Indre est pauvre en monuments romains et n'a pas une copieuse bibliographie (le meilleur sur les restes antiques de la région se trouve dans le volume du Congrès archèol. à Châteauroux, en 1873 ; ajoutez les quatre fascicules parus du Bas-Berry de M. E. Hubert (1902-1930), le Cher est relativement riche en monuments et en bibliographie (Hazé, Notices... sur les antiquités... du Berry, 1834-1840, pi. ; J. Dumoutet, de la Chaussée, Romagnési, Monum. gallo-rom. de Bourges, 1857, pi. ; A. Buhot de Kersers, Hist. et statistique monum. du Cher, 1875-1899, 8 vol., pi. et cartes).

Pour la Creuse (anc. Marche), il faut consulter les travaux de l'abbé P. Dercier (Une ville g.-rom. dans la Creuse, 1905, pi.) et ceux du Dr G. Janicaud, qui forment un guide encore succinct, mais excellent (Mélanges archèol., 4 séries, 1931; La Creuse préhist., gallo-rom..., 1932; etc.) (1).

Le Limousin n'a fait l'objet de recherches sérieuses que de la part de Paul Ducourtieux et surtout de M. Frank Delage (depuis plusieurs années, dans les publications de la Société archéologique et historique du Limousin) (2).

L'Auvergne est assez bien pourvue, encore que les travaux les plus étendus ne soient pas les plus récents (Ed. Laforge, Essai:., statistique du Cantal, 1836; J-B. Bouillet, Statistique monum. du Puy-de-Dôme, 2e éd., 1846, pi., et Descr. archèol. des monuments celt., romains... du Puy-de-Dôme, 1874; Ad. Michel, etc., L'ancienne Auvergne et le Velay, 1844-1846, 4 vol., pi. ; P.-P. Mathieu, Des colonies rom. en Auvergne, 1857, et Le Puy-de-Dôme, ses ruines..., 1876; Aug. Audollent, Clermont g.-rom. (1910) ; Temple du Puy-de-Dôme (1908).

(1) Le même érudit termine la carte de la Forma pour ce département.

(2) M. Delage travaille activement aux cartes de la Forma pour sa province.


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Le Velay, relativement très riche en restes romains, a fait l'objet d'études d'Auguste Aymard, Antiquités de Salignac, du Puy..., 1868 ; de Francisque Mandet, dans le premier volume de L'ancien Velay..., 1860 ; de J. Déchelette, sur les bas-reliefs conservés au Musée (1905). M. Ulysse Rouchon a commencé un intéressant travail d'ensemble (Bull, histor. Soc. acad. du Puy..., 1931 à 1933).

Le Forez avec Feurs (Forum Segusiavorum) offre des ouvrages utiles, mais déjà anciens (abbé Roux, Recherches sur le Forum S., 1851, pi. et cartes ; Aug. Bernard, Descr. du pays des Segusiaces, 1858, pi. ; F. Thiollier, Le Forez pittor. et monum., 1889, pi.).

Lyon, qui fut le plus grand centre romain de la Gaule, celui qui a fourni du moins le plus grand nombre d'inscriptions, mais qui a perdu la plupart de ses grands monuments (1), a fait l'objet de travaux importants. En dehors de ceux que je cite ailleurs, il y a celui d'Allmer et Dissard (Trion, 1887-1888), le résumé d'Hippolyte Bazin (Vienne et Lyon g.-rom., 1891) et l'ouvrage d'André Steyert (Noup. hist. de Lyon..., t. I, 1895, fig.), ainsi que le travail de M. Fabia sur les mosaïques (1923).

La Bresse et le pays de Dombes (Ambarri) ont fourni des antiquités assez nombreuses (comte de Moyria-Mailla, Monuments romains... de l'Ain, 1836, pi. ; A.-M.-A. Sirand, Courses archéol... Ain, 1846-1854, et Antiquités générales de l'Ain, 1855, carte ; M.-C. Guigue, Topographie... Ain, 1873 ; A. Perrault-Dabot, Les antiq. g.-rom. de Belley, 1919, pi.).

En Bourgogne, outre un Répertoire archéol. du dép. de la Côte-d'Or (1872), il faut citer parmi beaucoup de bons travaux : J.-B. Leclère et J. Gaveau, Archéol. celtoromaine de l'arr. de Châtillon-s.-S. (1843, pi.) ; H. Chabeuf, Dijon, monuments et souvenirs (1894, pi.), et Dijon à

(1) Un théâtre, connu depuis longtemps, a été exploré récemment à Fourvière et pourra sans doute être conservé.


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tr. les âges (1897, fig.), et en général beaucoup de volumes de la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or.

Alise seule a fait l'objet de centaines de volumes, mémoires et notes (S. Reinach, Éphém. d'Alesia, histoire, fouilles, controverses, dans Rec. archéol., 1925, et complément par M. Toutain).

Je signale seulement les Rapports de Maillard de Chambure (1840), un article d'Antoine Héron de Villefosse (Antiq... Alise, 1906; Mém. Ant. Fr., 1905), des notices de M. Espérandieu (Fouilles d'A., 1906, etc.) et de nombreux travaux de M. J. Toutain (outre la revue Pro Alesia, en dernier : Alesia gallo-rom. et chrét., 1933, pi.).

En dehors des villes du Midi, Autun pourrait disputer à Lyon le premier rang comme cité archéologique romaine, si elle avait fourni autant d'inscriptions. Les antiquités ont fait l'objet de nombreux travaux, dont la plupart sont encore utiles (E. Breton, dans Mém. Antiq. Fr., t. XV, 1840 ; [abbé Devoucoux et J. de Fontenay], Autun archéol., 1848 ; J. Roidot, dans Mém. Soc. éduenne, 1872 ; Harold de Fontenay, Autun et ses mon., 1889 ; J. Déchelette, Guide des mon. à"Autun, 1907 ; J.-G. Bulliot, Essai sur le système déjensif des Romains dans le pays éduen, 1856 ; Le culte des eaux sur les plateaux éduens, 1867 ; le même avec Félix Thiollier, La mission et le culte de saint Martin... dans le pays éduen, 1892).

Chalon-sur-Saône a été étudié par J. Chevrier (1883) et Beaune par Cl. Rossignol (Hist. de B., 1854) et par A. Changarnier, dans diverses notices.

N'oublions pas de faire une place à part à l'excellent Maçonnais gallo-romain de M. G. Jeanton (1927, pi.), et aux recherches de M. L. Armand-Calliat.

Pour Sens (Senones), outre le Répertoire archéologique du dép. de l'Yonne de Max. Quantin (1868) et les divers travaux de Gustave Julliot, je citerai les recherches d'Eug. Daudin, dans les Annuaires de l'Yonne de 1869 et


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 143

1870 ; le mémoire d'Anatole de Montaiglon ( Gaz. des B.-Arts, 1880) et les recherches de M. J. Perrin.

Sur les restes archéologiques d'Auxerre, on peut consulter un ouvrage de Leblanc d'Avau (Rech. sur Auxerre, ses monum. et ses env., 2e éd., 1871, pi.).

Les Lingones (Andematunnum = Langres) ont fait l'objet de plusieurs travaux importants : J.-F.-O. Luquet, Antiquités rom. de Langres, 1838, pi. ; Emile Jolibois, La Haute-Marne anc. et mod., 1858-1861 ; abbé G. Drioux, Cultes indigènes des Lingons... (1934, cartes et pi.) et Les Lingons, textes et inscriptions antiques (1934).

Pour les Sequani, je citerai seulement comme ouvrages d'ensemble : le P. Prudent, Dissert, sur les antiq. rom. tr. en Fr.-Comté (Mém. Hist. Fr.-C, t. I, 1838) ; E. Clerc, La Fr.-Comté à l'ép. rom. (2e éd., 1853) et Essai sur l'Hist. Fr.-C. (2e éd., 1870, pi.), et les travaux d'Auguste Castan (Le Capitole de Vesontio, 1869 ; Le théâtre de V., 1873 ; Le forum de V., 1878 ; Vesontio col. rom., 1878, etc.).

Pour Mandeure, dont un très grand nombre d'objets sont conservés au Musée de Besançon, voyez : F. MorelMacler, Antiquités de M. (1847, 62 pi.) ; abbé Bouchey, Recherches..., Mandeure, t. I (1862). Pour d'autres points, voyez aussi : abbé J. Roussel, Luxovium ou Luxeuil à l'ép. g.-rom. (1924).

Outre Le Nivernois... de Morellet, Barat et Bussière (1830-1840, pi.), il faut, pour cette région, avoir recours au Répertoire archéologique de la Nièvre (comte de Soultrait, 1875), sans oublier le mémoire d'Antoine Héron de Villefosse sur Les antiquités d'Entrains (Intaranum), publié dans l'Histoire d'E. de l'abbé Baudiau (1879).

Le pays des Carnutes (Autricum, Chartres ; CenabumAureliani, Orléans) a été étudié anciennement (De Boisvillette, Statistique archéol. d'Eure-et-Loir (1859); J.-B.-P. Jollois, Mém. sur les antiq... du Loiret, 1836, pi. ; C.-F. Vergnaud-Romagnesi, Archéologie du Loiret, 1831-1847


144 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

[employer avec précaution] ; Phil. Mantellier, Mém. sur les bronzes ant. de Neuvy-en-Sullias, 1865, pi. (1), et les rapports du chanoine Desnoyers sur les antiquités recueillies dans la Loire). Depuis 1875, la Société archéologique de l'Orléanais a commencé un répertoire archéologique (2).

La Touraine mériterait d'être mieux étudiée, ainsi que le Maine et l'Anjou. Notons cependant quelques notices d'Eugène Hucher (Statuette de Roullé, 1874), de F.-J.-L. Verger (1835) et H. Barbe, sur Jublains (1865), de F. Liger (Sur Les Diablintes, Alet et Jublains, 1898, pi. ; Une ville rom. à Cheray-Aubigné, 1896, pi. ; Dec. de la ville rom. de Mortagne..., 1902, plan; La Cénomanie rom., 1903) ; abbé Angot, Dict. histor., topogr. et biogr. de la Mayenne, 1901 ; les ouvrages de J.-F. Bodin sur Saumur... et le Bas-Anjou (2e éd., 1846-1849, pi.) et de V. GodardFaultrier sur Les monuments antiques de l'Anjou (1864) ; Répert. archéol. de l'Anjou (1866).

Pour la Bretagne, un certain nombre de monographies sont à signaler : L.-J.-M. Bizeul, Des Namnètes (2e partie : Epoque rom., 1860-1863, pi.) ; A. Legendre, Nantes à l'époque gallo-rom. (1891, pi.) ; Léon Maître, Géogr. histor. et descr. Loire-Infér. (1893-1899, pi.) ; J. Ogée, Dict. histor. et géogr. de Bretagne (1843-1853) ; chan. J. Mahé, Antiquités du Morbihan (1825) ; Fr.-M. Cayot-Délandre, Le Morbihan (1847, pi.) ; J. Gaultier du Mottay, Répertoire archéol. Côtes-du-Nord (1884, et Mém. Soc. arch. et hist. C.-du-N., 1883-1884) ; Aveneau de la Grancière, Le préhist. et les époques gaul., gallo-rom. et mérov. dans le centre de la Bretagne Armorique (1903, et Bull. Soc. polym. Morbihan, fig.) ; P. du Châtellier, Époques... en Finistère (1907, pi.) ; Ch. Piquenard, L'expansion rom. dans le

(1) M. J. Soyer a publié une bonne notice sur cette découverte (Le temple du dieu Rudiobus... Bull, section de géographie, 1920).

(2) M. J. Soyer a rédigé la carte archéologique romaine du Loiret, qui sera publiée dans le recueil de la Forma Orbis romani.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 145

sud-ouest de VArmorique, dans B. Soc. arch. Finistère (1923).

Le département de l'Eure offre un certain nombre de publications qu'il convient d'apprécier différemment. A la notice, satisfaisante en son temps, d'Aug. Le Prévost (1833), a succédé un ouvrage consacré à l'archéologie, depuis l'époque celtique jusqu'à l'époque mérovingienne, qui est malheureusement criblé d'erreurs et encombré de dessins « arrangés ». Quant à l'ouvrage de Th. Bonnin, sur les Antiquités gallo-rom. des Éburoviques (1860, pi.), il n'est pas non plus digne de confiance. On trouvera des renseignements utiles dans le volume de M. J. Mathière, La civitas des Aulerci Eburovices (1925).

Pour la Normandie en général, il faut d'abord citer les ouvrages de l'abbé Cochet (La Normandie souterraine, 1853, pi. ; La Seine-Infér. histor. et archéol., 2e éd., 1866 ; Répertoire archéol. de la Seine- Inf., 1872). Ce dernier travail a été refondu et complété très utilement (Louis Deglatigny, Inventaire archéol. de la Seine-Inf., période gallorom., 1931). Voyez aussi : J. Tirard, Topographie g.-r. de l'an: de Vire (Bull, mon., 1872). Et un travail extrêmement précis et utile, dû au Dr R. Doranlo, rendra les plus grands services (L'archéologie antique en Normandie, Caen, 1926).

On ne saurait citer tout ce qui a paru sur le Paris galloromain. Je rappellerai l'Histoire de Paris de J.-A. Dulaure (éd. de 1862) ; la Statistique monumentale de P. (1841-1867, 33 p. et 26 pi. pour les antiq.) ; J.-B. Prosper Jollois, Mém. sur ant... de Paris (1845, pi.) ; Duc et Dommey, Rapport sur ant... Palais de Justice (dans Mém. Soc. Antiq. France, t. VIII, 1846) ; des mémoires de Robert de Lasteyrie, d'A. Héron de Villefosse, d'A. Blanchet (dans le Bull. Soc. Hist. de Paris, 1878, 1910, 1909) ; de Ch. Magne (dans Bull. Montagne Sainte-Geneviève..., 1904); G. de Pachtère, Paris à l'ép. g.-rom. (1911) ; L. Levillain,

CONGRÈS DE PARIS, II. 10


146 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Catulliacus, Saint-Denis... (Bibl. École chartes, 1921 et 1925).

Pour Melun, notons les mémoires d'Emmanuel Paty, d'Eugène Grésy et de Gabriel Leroy (publiés dans le Bull, monumental de 1848, les Mémoires de la Sorbonne pour 1864 et le Bull, archéol. de 1903).

Quant à Meaux (Iatinum ou Fixtinnum ; Meldi), Georges Gassies a bien travaillé jusqu'à sa mort (nombreux articles, dans la Rev. des Etudes anciennes, 1901 à 1906, etc.).

On doit à Henri d'Arbois de Jubainville une part de

collaboration au Portefeuille archéol. de la Champagne

(par A. Gaussen, 1852-1861, pi.) et le Répertoire archéol. de

l'Aube (1861; complété par une Revue..., supplément

. d'E. Socart et de Th. Boutiot, 1861).

Le territoire des Bellovaci (Caesaromagus, Beauvais) a fourni un bon nombre d'antiquités, qui ont été inventoriées. Outre la Notice de Louis Graves (2e éd., 1856), qui a fourni presque toutes les matières du Répertoire d'E. Woillez, il faut noter le livre de C.-A. Moët de la Forte-Maison, Antiq. de Noyon (1845, pi.), les mémoires d'Eugène Mathon (Sépultures à B., 1856 ; Sarcophages de plomb, 1858, pi.) ; celui de l'abbé P.-C. Barraud (Beauvais et ses monuments pendant l'ère g.-rom., dans Bull, monum., 1861, fig.) et ceux du Dr V. Leblond (Le pays des Bellovaques..., dans Congrès archéol. de 1905 ; Le balnéaire... de B., Ibid., pi. ; le Mercure... de B., dans Mém. Soc. acad. Oise, t. XIX, 1904-1906, pi. ; La topogr. rom. de Beauvais, Bull, arch., 1915).

Reims fut une importante cité ; les monuments antiques, qui y subsistent ou qui y ont été reconnus, le prouveraient suffisamment. Je ne puis citer que quelques ouvrages qui concernent cette ville et ses environs : Pr. Tarbé, Reims, ses rues et ses mon., 1844 ; Ch. Loriquet, Reims sous la domination rom., 1860, pi., et Trav. Acad.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 147

Reims, t. XXX ; H. Bazin, Une vieille cité de France, Reims, 1900, fig. ; L. Demaison, H. Jadart, Guide du Congrès archéol. de R:, 1911 ; Répert. archéol. arr. Reims (la 2e partie est de 1934).

L'ouvrage d'Edouard Fleury sur les Antiquités du dép. de l'Aisne (2 vol., 1877-1878, fig.) reste la base de toute étude pour cette région. Ajoutez : A. Héron de Villefosse, Découv. au château d'Albâtre (Soissons), dans Congrès archéol. à Reims, 1911 (p. 82-98, pi.), et L. Plessier, Trouvailles de Condren, dans Bull. Soc. histor. de Compiègne, t. XIII, 1910, p. 255-290, pi.

Pour les Ardennes, voyez : Charles Mialaret, Recherches archéol. sur le dép. des Ardennes, 1860, et Rev. histor. ardennaise, 1864 ; R. Grafïin, Les fouilles de BelvalBois-les-Dames, 1893 ; N. Albot [A. Baulmont], MontcySaint-Pierre à l'ép. g.-rom., dansiîep. histor. ard., 1904 (1).

Amiens (Samarobriva, Ambiani), sans être très riche en antiquités gallo-romaines, a pu fournir d'utiles remarques à M.-J. Rigollot dans les Mém. de la Soc. des Antiq. de Picardie (t. III, 1840, avec atlas).

Pour l'Artois, voyez : A. Terninck, Étude sur l'Atrébatie avant le VIe s. (1870-1874).

Boulogne-sur-Mer (Gesoriacum, Bononia, Morini), si important à l'époque romaine, a été bien étudié (abbé Haignéré, le t. II du Dictionnaire histor. et archéol. du Pas-de-Calais, 1880 ; Th.-E. Hamy, etc., Boulogne-surMer et la rég. boul., 1899, t. I ; Dr H.-E. Sauvage, Antiq. g.-rom..., dans Bull. Soc. acad. B.-s.-Mer, t. VII, 19041908).

La Lorraine et Metz (Divodurum) ont fait l'objet de très nombreuses études dont je ne puis signaler qu'un choix : Ém. Bégin, Metz depuis dix-huit siècles..., t. I,

(1) M. le Dr O. Guelliot a rédigé le texte de la carte archéologique romaine, qui paraîtra dans le recueil de la Forma orbis romani.


148 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

1843-1844, pi. ; Joseph Clercx, abbé Ledain, Aug. Prost (dans Mém. Acad. Metz, 1858-1859, 1868-1869, 18751876, pi.) ; abbé Ledain, Lettres et not. d'archéol. (1869, pi.) ; Fr. Môller (dans Dritter Jahresber. des Vereins f. E. zu Metz, 1880) ; Fr.-X. Kraus, Kunst u. Alterthum in Lothringen (1889, fig.) ; J.-B. Keune, Sablon in rom. Zeit (J. Ges. f. lothr. Gesch. u. Altertumsk., t. XV, 1903), et Metz, seine Geschichte (1907, carte), et Sablon in rom. Zeit (1909, fig) ; E. Huber et A. Grenier, La villa de Rouhling (1905, et J. Ges..., XVI, 1904) ; A. Grenier, Habit, gaul. et villas latines dans la cité des Médiomatrices (1906) ; E. Linckenheld, Une frontière rom., dans Rev. Et. anc, 1931, et Répert. archéol... de Sarrebourg (1929), Cf. Louis Benoît, Répert. archéol. du dép. de la Meurthe, arr. de Sarrebourg (1862) ; L. Beaulieu, Archéologie de la Lorraine (2e éd., 1843); E. Olry, Répert. archéol... Toul (1870); H. Lepage, Les communes de la Meurthe (1853) ; J. Beaupré, Répert. archéol. dép. Meurthe-et-Moselle • (1897) ; Dr Wichmann, Decempagi-Tarquimpol, 1892 (J. Ges., t. IX, 116-166) ; C* Lalance, Dec. et T. (1933) ; M. Toussaint, La Lorraine à l'époque rom. (1928).

Pour la Meuse, une base sérieuse fut fournie aux études ultérieures par Félix Liénard (Archéologie de la M.,18811885, 3 vol. et 3 atlas de pi.).

Les Vosges offrent surtout des travaux anciens (Ch. Friry, Recherches sur... antiq. arr. de Remiremont, 1835; J.-B.-Prosper Jollois, Mém. sur... antiq. Vosges, 1843, pi.).

En Alsace, outre les travaux déjà anciens du colonel de Morlet, on peut se borner à citer le volumineux ouvrage de R. Forrer (Argentorate-Strasbourg, 1927, pi. et fig.), qui peut être considéré comme donnant toute la bibliographie antérieure ; le même a publié une bonne monographie de Saverne (Das rômische Zabern; Très Tabernae, pi. et fig., 1918). Ajoutons, sur Brumath (Breucomagus), les travaux de A. Bostetter (1896, pi.) et de P. Ris-


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 149

telhuber (1897, et Rev. de géographie, t. XL). Et n'oublioris pas les nombreuses et utiles recherches de M. L.-G. Werner (par exemple, L'arr. de Mulhouse à l'ép. rom., 1913; L'arr. d'Altkirch..., 1922; Les stations rom. en Haute-Alsace, 1925).

Nombreuses sont les statues et statuettes qui ont été figurées dans le Répertoire de la statuaire grecque et romaine (par Salomon Reinach, 6 vol., 1897-1930) (1).

Il va de soi que l'important ouvrage de M. E. Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine (10 vol. in-4°, 1907-1928 ; plus un vol. de Complément pour la Germanie romaine, 1931), a rendu possibles des études que l'on ne pouvait aborder autrefois.

Il est vraisemblable que la Carte archéologique de la Gaule romaine (Forma orbis romani; Alpes-Marit., 1931 ; Var, 1932 ; Corse, 1933) fournira des matériaux souvent presque inconnus et continuera ainsi l'impulsion nouvelle aux recherches sur nos antiquités que la mise en oeuvre de ce travail a déjà suscitée.

LES. MUSÉES

C'est du mouvement créé par Arcisse de Caumont que sortit presque partout, en France, une louable émulation dont le résultat fut la création de nombreux musées régionaux (2). Il convient de dire que, dès 1835, Alexandre du Mège avait fait paraître une notice importante sur le Musée de Toulouse : c'était une exception. Je crois utile de donner ici de brèves indications sur les catalogues (3) des

(1) Beaucoup de ces dessins sont malheureusement peu exacts.

(2) On en trouvera une liste, qui était satisfaisante au moment de la publication : H. Gaidoz, Projet d'inventaire de nos musées d'archéologie gallo-rom., dans Rev. archéol., 1888, I, p. 120-127. Pour l'ensemble des musées, voy. aussi : G. Froehner, Les Musées de France ; l'ancien Bulletin des Musées (t. IV, 1893) ; La Revue des Musées.

(3) Et quelques notices, qui ne sont pas proprement des catalogues.


150 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

musées provinciaux, qui contiennent, en plus ou moins grand nombre, des monuments gallo-romains :

Agen (Ad. Magen et Tholin, 1879 ; J. Momméja, 1908, pi.).

Aix-en-Provence (H. Gibert, 1882).

Amiens (1845-1848 ; Musée de Picardie, 1876).

Angers (V. Godard-Faultrier, 1868 ; 1884).

Angoulême ([E. Biais et G. Chauvet], 1885 ; 1915, fig.).

Annecy (spécial à la série g.-rom., 1896).

Aoste (Isère) (Penjon, 1880).

Auch (Chaudruc de Cazannes, 1849 ; P. Lafïorgue, 1880).

Auxerre (A. Cherest, 1869-1870 ; M. Quantin et C. Ricque, 2e éd. du Cat. Cherest, 1884).

Avignon (Jos. Girard, 1924, pi. ; et Cat. Musée épigr., 1933).

Bagnères-de-Bigorre (Plassot, 1852 et 1864).

Bar-le-Duc (A. Jacob, 1880 ; Additions, 1886).

Beaune (A. Changarnier, 1890).

Besançon (A. Bertrand, Rev. archéol., 1861 ; A. Castan, 1886, 7e éd.).

Beauvais (E. Mathon, 1865).

Béziers (L. Noguier, 1905).

Boulogne-sur-Mer (Ch. de Linas, Musées communaux du P.-de-C; Dr H.-E. Sauvage, 1898).

Bourges (A. Buhot de Kersers, 1873-1889, pi.).

Caen (M. Gervais, 1864).

Chalon-sur-Saône (Destailleur et L. Pâté [1876] ; Ém. Meub'en ; spécialement de la collection Chevrier, 1886).

Châlons-sur-Marne (Oct. Beuve, 1913).

Chartres (P. Bellier de la Chavignerie, 4e éd., 1893).

Châteauroux ([Ém. Barboux], 1874 ; J. Beulay, 1910).

Clamecy (A. Liechty, 1889).

Clermont-Ferranà (J.-B. Bouillet, 1861 ; suppléments, 1864, 1875).

Colmar (Cat, 2e éd., 1866).

Compiègne (A. Eeveaux, de Marsy, Woillez, Du Lac, 1870 ; suppl., 1877 ; J. Blu, 1900, pi.).

Coutances (L. Quesnel, 1886).

Dijon (Jules d'Arbaumont, Cat. du M. de la Commission d'antiquités de la Côte-d'Or, 1894, 25 pi.).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 151

Dinan (L. Odorici, Cat., 1850).

Douai (A. Cahier, Coup à"oeil..., 1854).

Draguignan (0. Teissier, 1893).

Épinal (J. Laurent, 1850 ; 2e éd., 1869 ; F. Voulot, 2e partie, série lapidaire, 1880 ; P. Chevreux, 1900, pi.).

Fréjus (J.-A. Aubenas, Guide..., 1886) (1).

Gap (FI. Vallentin, Visite M. épigr. Gap, 1880).

Langres (Péchin d'Autebois, 1847 ; R.-H. Brocard, 1861 ; 4e éd., 1886 ; Ch. Royer, 1902).

Laon (Ed. Fleury, 1852 ; 1861).

La Rochelle ([G. Musset], 8e éd., 1900).

Le Mans (E. Hucher, 1869).

Le Puy (neuf notices dans Ann. Soc. d'agr., se, arts... du Puy, jusqu'à 1846).

Lille (Verly, 1860).

Limoges (P. Ducourtieux, Musée Adrien Dubouché, 1907).

Lyon (Ambr. Comarmond, Descr. Musée lapidaire, 18461854, 19 pi. ; Notice du M. lap., 1855 et suppl. 1857 ; Descr. des antiq... Palais des Arts, 1855-1857, 28 pi. ; J.-B. Monfalcon, 1859 ; P. Dissard, 1887 ; 2e éd., 1899; 143 fig. ; A. Allmer et P. Dissard, Musée de L., inscriptions ant., 1888 à 1893, fig.).

Mâcon (De Ferry, 1877 ; Lacroix, 1878 ; L. Lex, 1894).

Marseille (C-J. Penon, Musée d'archéologie, 1876 ; W. Froehner, 1897).

Melun ([Courtois], 1860, 1864, 1866)?

Metz (Ch. Lorrain, Cat. galerie archéol., 1874 ; O.-Ad. Hoffmann, Der Steinsaai..., 1889 ; J.-B. Keune, Erwerb. des M. M., 1900, 6 pi., et Erinnerung..., 1903, fig.).

Moulins (M. de l'Estoille, 1885, 38 pi. ; Fr. Pérot, Visite..., 1894, fig.).

Nancy, (Leborne, 1851 ; 3e éd. 1855, et suppl. 1858 ; 4e éd. par Cournault, 1863 ; Ch. Cournault, 5e éd., 1869 ; 6e éd. par Wiener, 1887 ; L. Wiener, 1895).

Nantes (F. Parenteau, 2e éd., 1869, pi. (2) ; P. de Lisle du Dréneuc [et P. Soullard et abbé Durville], 1903).

(1) Ce musée, reconstitué et considérablement augmenté par les soins du Dr A. Donnadieu, mérite un nouveau catalogue.

(2) Cf. du même, Inventaire archéologique, 1878, 60 pi.


152 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Narbonne (Tournai, 1864).

Néris-les-Bains (Mad. Massoul [et M. Prou], 1930).

Nevers ([Lhospied, F. Boutillier et Em. Subert], Cat. Musée lap. Porte de Croux, 1873).

Nîmes (Aug. Pelet, 6e éd., 1863).

Niort (E. Roy, Musée lap., 1888).

Orléans (Desnoyers, Cat. M. histor., 1882 et 1884).

Paris. — Louvre (Bronzes antiques : A. de Longpérier, 1868, et A. De Ridder, 1913-1915. Sculpture : [A. Héron de Villefosse et Et. Michon], 1896).

— Musée Guimet (L. de Milloué, 1894).

— Musée Carnavalet (Ch. Sellier et Pr. Dorbec, 1903).

— Musée de Cluny (Cat., 1883). Périgueux (D* E. Galy, 1862, pi.).

Poitiers (Musée des Antiquaires de l'Ouest, 1854 ; Ledain, 1884 ; Coll. ville de P., A. Brouillet, 1884).

Quimper (A. Serret, 1885, pi.).

Reims (Ch. Givelet, H. Jadart et L. Demaison, Cat. M. lapid. de Varchevêché, 1895 ; Th. Habert, Cat. de son musée [détruit au cours de la dernière guerre], 1901).

Rennes (A. André, 1876).

Riez (Basses-Alpes) (Marcel Provence [Johannon], Caf..., 1932, fig. ; Note de 1930,1931).

Roanne (J. Déchelette, 1895).

Rodez ([Louis Masson], Guide..., 2e partie, 1884; Suppl., 1901).

Rouen (Ach. Deville, M. d'ant., 1834; 5e éd., 1845; Paul Baudry, 1862 ; abbé Cochet, 2e éd., 1875 ; J. Adeline, 1882, 30 pi.).

Saint-Germain-en-Laye, Musée des Antiquités nationales (S. Reinach, Cat. sommaire..., plusieurs éd. depuis 1887; Guide illustré..., 3e éd., 1922 ; Cat. illustré,... t. 1,1917 ; t. II, 1921 ; Bronzes figurés de la Gaule rom., 1894) (1).

Saint-Lô (G. Guillot, 1904, pi.).

Saintes ([abbé Lacurie], Guide, 1863 ; [L. Audiatl, Cat., 1888, pi.) (2).

(1) Le regretté H. Huber a certainement apporté des contributions à plusieurs de ces publications.

(2) Il y a bien un ouvrage de MM. E. Proust et Charles Dangi-


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 153

Saumur (Courtillier, 1868, pi.).

Saverne (Ém. Audiguier et Dag. Fischer, 1872 ; L. Bachmeyer, 1922).

Semur (J. Collenot, 1886).

Senlis (R. de Maricourt et A. Vinet, Cat. Musée du Comité arch. [vers 1880]).

Sens (G. Julliot, Cat., 1891 ; Inscr. et monum. du Musée gallo-rom..., 52 pi. ; E. Feineux et R. Moreau, Cat., 2e section, 1891).

Soissons (Ad. Watelet et Leroux, 1860).

Tarbes ([Colomès], 1882).

Toulouse (Al. Du Mège, Descr. M. des Antiques... 1835; E. Roschaeh, Cat, 1865).

Tours ([L. Palustre], Cat. Musée Soc. archéol. de Touraine, 1871).

Troyes (L. Le Clert, Archéol. monum., 1898; 1er suppl., 1905 ; Bronzes, 1890 ; 2e éd., 1898, 73 pi.).

Valence (Notice, 1914).

Vannes (Ch.-J. Le Mené, Musée archéol., 1881, 3 pi.).

Vesoul (Cat. dans Bull. Soc... Haute-Saône, 1878 et 1879).

Vienne (V. Delorme, 1841, fig. ; Cat, 1870 ; Leblanc, Descr., pi.).

Vichy (G. Lafaye, dans Bull, épigr. Gaule, II, 1882, 211 et suiv.).

Ces musées ne sont pas les seuls utiles pour l'archéologie gallo-romaine. D'autres le sont aussi, mais ne possèdent pas de catalogue (imprimé), comme le Musée de la Rochesur-Yon, qui renferme des poteries provenant des récoltes faites par l'abbé Baudry dans les puits, dits funéraires, du Bernard (Vendée). On peut évaluer à une vingtaine les musées anciens ou récents, plus ou moins riches en monuments et objets gallo-romains, qui n'ont pu encore publier un catalogue : Alise-Sainte-Reine, Annecy, Argentat, Bayeux, Beaune, Bourbonne-les-Bains, Cannes,

beaud sur La ville de Saintes... (1900), où le t. V contient 24 p. et 55 pi. relatives aux musées ; mais il n'a été tiré qu'à cinq exemplaires complets.


154 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Chambéry, Chartres, Ghâtillon-sur-Seine, Dieppe, Évreux, Gap, Guéret, Grenoble, Gergovie, Laval, Lons-le-Saulnier, Pierre-Bufïière, Saint-Lô, Sault, Senlis, etc. ; je ne nomme pas quelques villes du Nord et de l'Est auxquelles il convient de faire crédit davantage.

LES INSCRIPTIONS

Sans parler de tous les projets de recueils exposés ou élaborés et publiés depuis le xvie siècle, qui ont évidemment rassemblé des inscriptions romaines, trouvées en France, il en est un qui n'a pu être réalisé par nos savants ; mais ce projet était bien français, car Peiresc avait déjà constitué un recueil de celles de la Provence. Et nous savons, par une lettre de Prosper Mérimée (25 juillet 1849), qu'Adrien de Longpérier avait réuni plus de 6,000 inscriptions concernant la Gaule (1). Les matériaux passèrent sans doute ensuite entre les mains de Léon Renier ; mais la guerre de 1870 empêcha tout essai de réalisation.

C'est alors que les Allemands, qui avaient commencé un vaste corpus des textes lapidaires de tout le monde romain, entreprirent la publication des inscriptions de la Gaule narbonnaise (Corpus inscriptionum laiinarum, t. XII, 1888 ; principal rédacteur, Otto Hirschfeld. —• 6,038 inscr.) (2). L'oeuvre fut continuée par plusieurs volumes du tome XIII, dont plus de 11,300 textes concernent la Gaule dans les limites de l'Empire.

Mais il y avait en France des revues spéciales qui avaient déjà fait une bonne besogne :

La Revue épigraphique du midi de la France (dirigée

(1) Sans parler de projets généraux plus anciens, il faut rappeler celui qui fut repris par Villemain, ministre de l'Instruction publique, en 1843 (cf. R. de La Blanchère, dans Rev. archéol., 1886, II, p. 295-297, etc.).

(2) M. E. Espérandieu a publié, en 1929, sous les auspices de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, un supplément (Inscriptions latines de la Gaule, 2 fasc. in-8°).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 155

par A. Allmer depuis 1878, puis par E. Espérandieu de 1899 à 1908, 5 vol.) ;

Le Bulletin épigraphique de la Gaule (dirigé par FI. Vallentin, puis par Robert Mowat, 6 vol., 1881 à 1886).

Et, par la suite, on vit naître :

La Revue épigraphique (dirigée par E. Espérandieu et Ad. Reinach, 2 vol., 1913 et 1914) ;

Le Revue des public, épigraphiques (rédigée par MM. R. Cagnat et M. Besnier, puis A. Merlin, paraissant comme annexe de la Revue archéologique, depuis 1920).

Et il serait injuste de passer sous silence les nombreux travaux français qui ont sûrement rendu possible l'oeuvre accomplie ; et, même fastidieuse, la liste, incomplète d'ailleurs, des pionniers, de mérite inégal assurément, mais trop souvent oubliés, restera éloquente :

E. Blanc (Alpes-Maritimes, 1877-1879) ; F. Bourquelot (Nice, Cimiez, etc., 1850) ; Brun et Sardou (Vence, 1877) ; pour Fréjus, Ch. Alexandre (1861-1862), A. Rousse (1866), Aubenas (1881), A. Héron de Villefosse et H. Thédenat (1884) ; C. Jullian (vallée de l'Huveaune, 1886, et Toulon, 1887). Pour les voies romaines de la Provence, Fr. Aube (1868), J.-P. Revellat (1883), H. Thédenat (1886 et 1888).

J.-J. Estrangin (Arles, 1845) ; A. Héron de Villefosse (Saint-Remy et les Baux, 1879) ; Dr J.-D. Long (région de Die, 1849) ; Florian Vallentin (Gap, 1880 ; Limoges, 1882 ; région de Saint-Paul-Trois-Châteaux, 1883) ; A. Allmer et A. de Terrebasse (Inscr. ant. de Vienne, 1865-1878, 4 vol. et 39 pi.) ; E. Germer-Durand, F. Germer-Durand et A. Allmer (Inscr. ant. de Nîmes, 1893 ; t. XV de VHist. générale du Languedoc) ; A. Lebègue (Épigr. de Narbonne, 1897 ; t. XV de VHist. générale Languedoc) ; E. Taillebois (Tarbes, 1886) ; J. Sacaze (Luchon, 1880 ; Inscr. ant. des Pyrénées, 1892, 350 fig.) ; J.-Fr. Bladé (Épigr. ant. Gascogne, 1885) ; Ch. Robert (Lectoure, 1881) ; E. Espêran-


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dieu (Lectoure, 1892) ; C. Jullian (Inscr. rom. Bordeaux, 1892 ; Hist. de Bordeaux, 1895, fig.) ; abbé Audierne (Périgueux, 1858) ; E. Espérandieu (Musée de Périgueux, inscr. antiques, 1893, 11 pi.) ; E. Espérandieu (Épigr. rom. du Poitou et de la Saintonge, 1887-1889) ; A. Buhot de Kersers (Cher, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Nièvre, 1873) ; abbé Texier (Limousin, 1851, 26 pi.) ;

E. Espérandieu (Cité des Lemovices, 1891) ; A. de Boissieu (Lyon, 1846-1854, fig.) ; A. Comarmond (Id., pi.) ; A. Allmer et P. Dissard (1888-1893, 5 vol., fig.) ; M. Canat (Chalon-s.-S., 1854-1857) ; E. Desjardins (Luxeuil, 1880) ;

F. Bourquelot (Auxerre, 1869); G. Julliot (Sens, 1866); R. Mowat (Maine, 1879. — Paris, 1883, et Bull, épigr., t. I à III) ; P. Lejay (Inscr. ant. Côte-d'Or, 1889) ; R. Mowat (Inscr. cité des Lingons..., 1890, et Rev. archéol., 1889 et 1890) ; H. Sarriau (Inscr. rom. d'Entrains, 1896, pi., et Bull. Soc. nivernaisé) ; Seymour de Ricci (Aisne et Oise, 1899 et 1901, et Rev. archéol.) ; E. Desjardins (Amiens, 1880, 2 pi., et Rev. archéol.) ; R. Mowat (Inscr. milit. d'Amiens, 1881, et même rev.) ; E. Desjardins (Monuments épigr. de Bavai et du Musée de Douai, 1873) ; J.-M.-D. Haigneré et V.-J. Vaillant (Épigraphie... Pasde-Calais, t. III, 1883-1887) ; V.-J. Vaillant (Épigr. Morinie, 1890, 4 pi.) ; L. Maxe-Werly (Mon. épigr. du Barrois, 1883, pi.) ; A. Chabouillet (Bourbonne-les-Bains, 1881, et Rev. archéol., 1880) ; F. Bourquelot (Luxeuil et Aix-les-Bains, 1863) ; E. Desjardins (Luxeuil, 1880, et Bull, monum., 1879 et 1880).

J'arrête ici cette liste incomplète — je le répète. Elle comprend une cinquantaine d'indications de monographies consacrées à des inscriptions gallo-romaines ; pour avoir un aperçu des travaux que la France a consacrés à l'épigraphie antique, révélée, depuis un siècle, dans nos provinces, il faudrait ajouter au moins quatre fois autant d'ouvrages relatifs à des monuments de tous genres, sans


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 157

oublier les catalogues de musées et les périodiques mentionnés plus haut.

Il est donc légitime de croire que, sans tant de travaux préparatoires, le Corpus inscriptionum latinarum eût été beaucoup plus difficile à réaliser. Ceci n'est pas écrit pour diminuer le mérite d'une oeuvre dont les matériaux nous apprennent infiniment.

Sans les inscriptions, nous aurions certainement ignoré les Arnemetici, tribu du territoire d'Argens (Gard) (1) ; et qu'un esclave de Tibère, Zmaragdus, était fermier des mines d'argent de Villefranche de Rouergue (2) ; et encore nous n'aurions pas compris les fragments de cadastre d'Orange, avec des noms de propriétaires (3). Et nous possédons aussi l'inscription qui nous apprend que le légat impérial Cn. Pinarius, sur l'ordre de Vespasien, avait fixé les limites entre les Viennois et les Ceutrons (rocher de La Forclaz, dans la vallée supérieure de l'Arve) (4).

Un autre texte nous dit aussi que les troupes de la Narbonnaise, commandées par Iulius Placidianus, avaient remporté, sous Claude II, en 268, une victoire sur les Alamans (5).

Les habitants du vicus d'Albens (Haute-Savoie) avaient reçu d'un certain C. Semnius Sabinus, préfet des ouvriers, des bains avec des portiques et toute l'adduction d'eau (6). De même, le médecin S. Fabius Ascle(1)

Ascle(1) I. L., XII, 2820. Cette pierre paraît bien prouver l'emploi du pied gaulois (voy. Aurès, dans Mém. Acad. du Gard, 1867-1868, p. 84, pi. 6).

Un dé de colonne de Nîmes nous fournit aussi les noms de quelques pagi de cette cité (E. Desjardins, Géogr., t. II, 213 ; C. I. L., XII, 3362), et un autel de la menue cité mentionne un vicus Arcevoturus, inconnu comme le Vicus Arandunum d'une autre inscription.

(2) A. Héron de Villefosse, dans Bull, archéol., 1891, p. 63; C. I. L., XIII, 1550.

(3) L. Châtelain, Orange, p. 129 ; C. I. L., XII, 1244. Addition : Bull. Soc. Antiq. Fr., 1929, p. 167.

(4) E. Desjardins, Géogr. G., I, 78; C. I. L., XII, 113.

(5) Bull, épigr., t. I, p. 4 ; C. I. L., XII, 2228.

(6) C. I. L., XII, 2493. Cf. Allmer, Inscr. Vienne, II, 230.


158 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

piades avait élevé un monument pour les gens du Vicus Ratumagus dans l'Oise (1).

Sans chercher à citer tous les textes, même d'un haut intérêt, comme le « marbre » de Thorigny et les « Tables » de Claude Ier, à Lyon (2), je tiens à mentionner l'inscription qui fait connaître la donation d'une flaminique de Vienne, consistant en tuiles de bronze doré, avec des antéfixes, des revêtements de bases, des statues de Castor et Pollux avec leurs chevaux, des statues d'Hercule et de Mercure (3).

Des inscriptions nous renseignent sur l'exploitation des carrières, par exemple celle trouvée à Marignac (cant. de Saint-Béat, Haute-Garonne), non loin des carrières actuelles, qui mentionne que Q. Iulianus et Publicius Crescentinus avaient été les premiers à tailler des colonnes de marbre, hautes de 20 pieds (columnas vicenarias) (4). Et, dans les carrières de Norroy (cant. de Pont-à-Mousson), les « vexillaires » de la XXIe légion Rapax, ainsi que les auxiliaires et l'ensemble des troupes commandées par le centurion L. Pompeius Secundus, élevèrent un autel à Hercule Saxsanus (5).

Non loin de Fréjus existe encore une carrière où l'on voit des blocs incomplètement détachés, que l'on peut considérer comme les témoignages d'un travail antique. On a remarqué des blocs analogues sur les plateaux de Glandaz (Drôme).

Quant au plomb dont l'Empire faisait une consommation considérable, en particulier pour les tuyaux d'adduction d'eau, il ne paraît pas qu'il ait été tiré en quantité appréciable des mines d'argent, comme celle de Ville(1)

Ville(1) archéol., 1879, p. 91 ; C. I. L., XIII, 3475.

(2) En dernier lieu, l'ouvrage de M. Fabia.

(3) A. Allmer, Inscr. Vienne, II 191 ; C. I. L. XII, 1904.

(4) C. I.L., XIII, 38 ; Cat. Musée Antiq. nat., I, p. 272, fig. 218.

(5) C. I. L., XIII, 4623. Cf. 4624. Il y a d'autres inscriptions analogues ; un autre autel fut élevé au même dieu par un centurion de la légion VIII Aug. (C. I. L., XIII, 4625).


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franche en R., citée plus haut. Le saumon de plomb, pesant 75 kil., trouvé à Saint-Valéry-sur-Somme, provenait de la Bretagne insulaire, qui, après l'Espagne, a été, avec la Sardaigne, la grande fournisseuse de l'Empire (1).

Depuis un siècle, une quantité de monuments ont élargi le champ de nos connaissances sur la Gaule romaine.

C'est ainsi qu'une inscription nous apprend que les vicani Marosallenses (habitants de Marsal) firent la dédicace d'un monument à Claude Ier, en 41 (C. I. L., XIII, 4565) (2) ; les nautae parisiaci remercièrent Tibère ; le conseil de Vence (ordo Vinliensium) s'adressa à Valérien jeune (C. I. L., XII, 12) ; des inscriptions nous apprennent que Grenoble (Cularo) fut entourée de murs sous Dioclétien et Maximien (3) ; les gens de Sens, d'Auxerre et d'Orléans dirent leur gratitude à Claudius Lupicinus, peut-être consul vers 367 (4), et plus tard encore, vers 400 peut-être, M. Ulpius Avitus, centurion de la legio III Augusta, puis de la IV Flavia, fut honoré par les ouvriers en harnais (d'un atelier militaire), établis chez les Éduens, à Briva Sugnutia, qui correspond à Brèves (Nièvre) (5).

Ce ne sont que des exemples, mais ils suffisent pour démontrer la diversité des actes de la vie gallo-romaine.

En général, la domination de Rome se faisait peu sentir et l'historien Josèphe l'avait bien vu, quand il disait, en

(1) Voy. l'excellent travail de M. Besnier, Le commerce du plomb à l'époque rom., d'après les lingots estampillés, 1921 . (extr. de la Rev. archéol.).

(2) A Mayence, les vicani Mogontiacenses vici novi dédièrent un autel à Jupiter et à Junon (Ù. I. L., XIII, 6722). On connaît aussi les vicani Solimarienses (Soulosse, C. I. L., XIII, 4681), et aussi les vicani Aquenses (de Bagnères-de-Bigorre), les v. Masavenses (de Mesves-sur-Loire, Nièvre), les v. Neriomagenses (de Néris, Allier).

(3) A. Blanchet, Les enceintes rom. de la Gaule..., 1907, p. 150 et passim.

(4) M. Prou et R. Cagnat, dans publ. Soc. archéol. de Sens, t. XXXIII, 1924, pi. I à III.

(5) Bull, archéol., 1877, p. 199, et 1878, p. 190 ; C. I. L., XIII, 2828, etc.


160 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

66 de notre ère, que la Gaule était à peine surveillée par 1,200 soldats. Il n'en fut sans doute pas toujours ainsi, et, dès le milieu du me siècle, les premières invasions forcèrent Rome à changer ses méthodes. D'ailleurs, les empereurs gaulois eurent certainement beaucoup de troupes et des monnaies de Postume et de Victorin (1) nous renseignent à ce sujet.

A Lyon, point stratégique important, outre la 17e cohorte qui gardait la Monnaie (2), il y eut des détachements fournis par les quatre légions de la garde du Rhin.

Quand la paix régnait, des détachements de légions étaient occupés à divers travaux (3), la fabrication des briques, par exemple ; on en a trouvé, avec la marque Leg. VIII Aug., près de la ferme de La Noue au sud de Dijon (4), à Mirebeau, à Néris, etc. ; une brique de Soissons est estampillée Leg. III Aug.

Il y avait aussi une marine (5) ; une classis Domitiana sur le Rhin ; une classis Philippiana, organisée vers 245, à Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer) (6). On a retrouvé une stèle où est mentionné un triérarque de la flotte britannique, vers l'époque de Claude Ier (C. I. L., XIII, 3542) ; et à Frencq (cant. d'Étaples), un ex-voto représente Apollon radié entre deux figures, avec la représentation de deux vaisseaux et l'inscription ///. Rad, qui signifie Triremis Radians (7), c'est-à-dire la trirème « La Rayon(1)

Rayon(1) eut au moins douze légions sous ses ordres, à un certain moment (voy. A. Blanchet, Manuel de numismatique franc., L. I, 1912, p. 120. Cf. Rev. numism., 1933, p. 228).

(2) Cf. C. I. L., XIII, p. 250 et n» 1499.

(3) Des marques sur les murailles de la Porta Nigra de Trêves nous renseignent sur la collaboration des troupes.

(4) Cf. C. Jullian, H. G., t. IV, p. 459.

(5) Je laisse de côté l'arsenal de Fréjus, très important à la fin de la République et sous Auguste, mais qui déclina par la suite.

(6) A. Héron de Villefosse, dans Dict. ant. gr. et rom., s. v. Classis ; cf. Pauly-Wissowa, R.-E., etc.

(7) E. Desjardins, Géogr. G., t. I, p. 367 ; C. I. L., XIII, 3564; Rec. Espérandieu, 3964.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 161

nante », déjà désignée par la figure d'Apollon, placé sans doute à l'avant, comme on le voit pour d'autres figures de divinités, dans diverses représentations de navires.

VOIES ANTIQUES

Un des chapitres les plus importants, relatifs à la Gaule romaine, est celui des voies antiques ; il est même tellement essentiel que l'on vient de lui consacrer un volume entier (1).

Outre les tronçons plus ou moins importants des routes reconnues pour être véritablement romaines, les bornes milliaires, retrouvées en assez grand nombre (plus de trente-deux pour le seul département du Var) (2), et les indications fournies par la toponomastique (Chemin des Romains; Levées de César; Chemins des Paiens ou des Sarrazins ; Chemin Gallien; Chaussées Brunehaut ; Gauchies; Chaussades; Etrez, Létrée, Lestra, etc., de strata; Pierrelé; Le Pavé; voie de fée, etc.) (3) apportent de précieux renseignements, qui ont permis peu à peu de reconstruire le réseau des grandes voies romaines, avec les diverticula, qui desservaient de multiples établissements disséminés sur le territoire entier. Il n'y a pas de cité en France qui n'ait été le noeud de plusieurs voies (souvent six tronçons comme Bavai, Évreux, Périgueux, etc. ; une douzaine peut-être pour Arras) (4).

Il ne faudrait pas croire, cependant, qu'après les travaux et les cartes de la Commission de la topographie des

(1) Albert Grenier, Archéologie gallo-rom. ; 2e partie : L'archéologie du sol : les routes, 1934, fig. et cartes (Manuel Déchelette, VI).

(2) Carte archéologique de la Gaule rom., II, p. 72-73.

(3) L'appellation de « Maison Rouge » est aussi à considérer, mais avec la plus grande prudence ; car ce nom a pu être donné à des maisons recouvertes de tuiles, et qui n'étaient pas toujours des tabernae antiques. Ainsi une « Maison Rouge », près de Civray (Cher), est à plus de 500 mètres au nord de la voie romaine, dont le tracé est certain.

(4) Notons que, dans les villes, la voie était munie de trottoirs.

CONGRÈS DE PARIS, II. 11


162 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Gaules (1) et les trois cents mémoires publiés sur la question, il n'y a plus rien à faire.

Il est toujours malaisé de suivre le tracé d'une voie considérée comme romaine, car bien souvent une route moderne, « nationale » ou autre, l'a recouverte. Et' de plus, comme les voies romaines n'étaient pas toutes construites de la même manière et que beaucoup d'entre elles n'étaient pas complétées par de larges dalles irrégulières, si caractéristiques, mais simplement recouvertes de gravier ou même de terre (2), il s'ensuit que, souvent, il est très difficile de reconnaître l'âge de chemins de ce genre, qui peuvent appartenir à des époques plus anciennes (voies du sel, etc.) ou plus récentes que la période galloromaine (3).

Ce n'est que par une longue enquête, menée sur place, que nos connaissances deviendront plus sûres.

Déjà l'ingénieur Matty de Latour avait fait de nombreuses recherches consignées dans un recueil resté inédit (4) ; Maurice Besnier avait repris le sujet et y travaillait depuis un quart de siècle lorsqu'il mourut récemment (5). Ses papiers fourniraient sans doute beaucoup de faits utiles.

Il existe un document ancien, la célèbre carte dite de

(1) Cf. Alex. Bertrand, dans Rev. archéol., 1864.

(2) Pour ces raisons, il n'est pas juste de dire, sans faire de distinctions, que les voies romaines manquaient de solidité (cf. Rev. archéol, 1925, II, p. 105).

(3) Beaucoup d'auteurs ont été induits en erreur, pour ces raisons. C'est certainement le cas pour l'ouvrage d'Emile Chénon (Les voies rom. du Berry, 1922), qui a donné un réseau développé, à un point extrême, sur des territoires qui n'ont jamais fourni aucun reste romain. Et, de plus, la carte qui accompagne son travail laisse de côté des localités de première importance, comme Buxerolles et Châtre, à l'est de Châteauroux.

(4) Conservé à la Bibliothèque de l'Institut.

(5) On lui doit plusieurs mémoires : Via, dans Dict. des antiq. gr. et rom., et dans Bull, archéol., 1923, et dans Rev. des Études anc, 1923, 1926, 1929, etc.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 163

Peutinger, qui a souvent servi de guide. Mais on sait aujourd'hui qu'il faut l'interpréter avec prudence et même en corriger certains noms. Les indications fournies par les bornes milliaires (réunies dans le C. I. L., t. XIII, 2e partie, fasc. 1, 1905, p. 645 et suiv.) sont plus sûres (1). Les distances marquées sur ces pierres sont tantôt en milles (MP ou M, rnillia passuum; unité de 1,480 mètres) ou en lieues gauloises (L, leugas; unité de 2,222 mètres).

Je ne puis que signaler rapidement les fragments des « milliaires » de Tongres et d'Autun (me s.), les gobelets de Vicarello (au Musée des Thermes, à Rome), qui fournissent des indications utiles pour diverses régions, et, pour tout le reste, je renvoie au récent volume de M. Grenier.

On a déjà signalé beaucoup de ponts romains existant encore en Gaule et parmi eux quelques-uns qui ne sont pas aussi anciens. La question mériterait d'être reprise, ainsi que celle des gués, dont beaucoup ont été détruits.

LES MONUMENTS

La Commission de géographie historique de 1880 avait déjà reconnu que la Gaule au temps d'Auguste différait de celle des ive et ve siècles. Cette remarque judicieuse, et naturelle d'ailleurs, est suffisante pour expliquer que, dans des tableaux de la Gaule romaine, on ne saurait

(1) La plupart de ces bornes indiquent la participation impériale ; mais d'autres voies ont été faites ou entretenues par des pagi (cf. C. I. L., XII, 1243) ou par des particuliers. Un des exemples curieux de ce dernier cas est celui des milliaires de la route (religieuse) de douze lieues, à partir du vicus Saravus (Sarrebourg), voie qui existe encore sur la limite de la Lorraine et de l'Alsace. L. Vatinius Félix avait dédié ces bornes à Mercure et les avait fait poser, en accomplissement d'un voeu (fragment de colonne trouvé sur le mont Donon, en 1869. C. I. L., XIII, 4549).


164 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

tracer les contours chronologiques. Certes, quelquefois une inscription date un monument et nous savons presque toujours la date des bornes milliaires. Mais une quantité d'édifices (1), de statues de marbre, de statuettes et objets de métaux divers, de stèles funéraires, etc., ne sauraient être datés avec une précision suffisante. La question du style reste décevante, parce que l'art provincial est différent de celui de Rome, parce que tel artiste peut être un retardataire ou un précurseur. Et si, dans les centres importants, l'art est souvent remarquable, à côté, dans les campagnes, d'humbles manoeuvres ont taillé des stèles funéraires dont la grossièreté persuade tout de suite qu'elles ne sauraient être datées, si l'on tient à éviter des erreurs de plusieurs siècles.

Même pour les grands monuments, il n'est pas toujours possible de donner une date précise. Ainsi pour l'Arc d'Orange, après la date trop ancienne (vers 115), qui paraissait établie par J. de Witte (2), il vaut mieux accepter celle que Paul Couissin était porté à admettre : vers le milieu du Ier siècle avant notre ère (3). La dédicace de la « Maison carrée » que J.-Fr. Séguier croyait avoir découverte, d'après un procédé inventé par Peiresc (4), a été remise en question (5).

Le xvme siècle avait déjà senti qu'il était nécessaire de dégager de leur gangue médiévale des monuments an(1)

an(1) est rare de posséder des renseignements comme ceux que fournissent des monnaies renfermées dans la maçonnerie. On en connaît cependant des exemples (voy. mes Enceintes..., p. 308, et ma note dans le Bull, archéol., 1919, p. 31).

(2) Rev. archéol, 1887, II, p. 129.

(3) Voy. E. Espérandieu, Recueil, t. IX, 1925, p. 117, et Rev. archéol, 1926, II, p. 210. — Le C. I. L. (XII, 1230) admet qu'il portait une dédicace à Tibère (Hyp. de F. de Saulcy).

(4) Voy. ma notice sur Nicolas Fabri de Peiresc, 1933, p. 8 (Congrès archéol d'Aix, en 1932).

(5) E. Espérandieu, dans les Comptes-rendus de VAcad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1919, p. 332 et suiv.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 165

tiques tels que l'Arc d'Orange (château fort du xine s., dégagé en 1721). Le xixe siècle continua l'oeuvre : l'Amphithéâtre d'Arles (forteresse dès le vme siècle) fut dégagé de 1825 à 1830 (1). Le côté pittoresque y a peut-être perdu ; l'art y a sûrement gagné. Mais on a été souvent trop loin dans cette voie, car le dégagement n'a pas toujours été scientifique : des municipalités peu instruites et comprenant mal leur véritable intérêt, sans aucun respect pour le passé de leur cité, ont détruit presque complètement des monuments de première importance. C'est ainsi que peu de restes subsistent de l'Amphithéâtre de Poitiers, le plus grand des Gaules peut-être.

Des restaurations imprudentes et téméraires ont parfois compromis les études des érudits de l'avenir. Pour les monuments connus anciennement, il sera toujours utile de consulter d'excellents modèles qu'Auguste Pelet a exécutés ou fait faire de 1839 à 1844 (2).

Le sol de la France a été maintes fois ravagé. Cependant, on est surpris du nombre de monuments qui subsistent encore plus ou moins entiers, et de ceux, souvent très remarquables, dont nous connaissons l'existence.

Des temples s'élevaient, non seulement dans les cités et dans les bourgs, mais encore près de nombreuses sources et sur des sommets sacrés, et dans des bois mystérieux.

(1) Celui de Trêves le fut de 1804 à 1817. Celui de Saintes sous le Second Empire (Bull. Commission de Saintes, 1860, p. 20).

(2) Originaux en liège au Musée archéologique de Nîmes ; reproductions au Musée des Antiquités nationales (Cat. illustré, t. I, p. 64 à 69 : Orange, théâtre et monument dit « Cirque » ; Nîmes, amphithéâtre, théâtre, Maison Carrée, portes d'Auguste et de France, temple de Diane, Tour-Magne, p'ont du Gard ; amphithéâtre d'Arles ; monuments de Saint-Remy ; pont Ambrois de Lunel ; pont de Saint-Chamas ; temple de Vernègues ; temple d'Auguste à Vienne ; arc de Carpentras ; « temple de Janus », à Autun ; portes d'Arroux et de Saint-André, à Autun ; colonnade de Riez ; « thermes de Julien », à Paris ; « tour du Vieux-Poitiers » [théâtre, près de Châtellerault]).


166 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Que ce soit le grand sanctuaire de Mercure Dumias au sommet du Puy-de-Dôme (1), les établissements plus ou moins sacrés du vallon des sources de la Seine, ou les petits fana des forêts voisines de Rouen (2), c'est une véritable légion d'édifices religieux, dont les plans sont divers, car ce qui reste du temple de Vésone, après les fouilles de 1906 à 1913 (3), nous apprend que ce sanctuaire de Tutela était différent du temple dit les « Piliers de Tutelle » à Bordeaux (4) et des temples encore debout de Nîmes et de Vienne.

Sans dresser une liste des édifices religieux, je mentionne encore : des travaux de M. Clerc (Le temple rom. de Vernègues, 1908 ; cf. Congrès archéol. de France de 1932) ; de J.-G. Bulliot (Fouilles de la « Genetoie » et du temple dit de Janus, 1880, et Mém. Soc. éduenne, t. IX). Ceux de l'abbé Bosseboeuf (Bull. Soc. arch. de Touraine, IX, 1896) ; duP. C. delà Croix (Rapport..., 1896) ; d'O. deRochebrune (Rev. du Bas-Poitou, IX, 1896, pi., et XI, 1898 ;deCh. Normand (Ami des Monuments, X, 1896, pi.), sur le temple de Minerve (consacré aussi à M. Aurèle et L. Verus?), décoré d'une importante gigantomachie, à "Vzeures (Iciodorum, Indre-et-Loire). Celui d'Ernest Petit (Le temple de Mercure au Montmartre d'Avallon, dans Bull. Soc. se. hist. etnat. de l'Yonne, LVIII, 1904, pi., et à p., 1906) (5). Ceux de divers auteurs sur les temples de la Côte-d'Or (cf. Rec. Espérandieu) ; du Dr 0. Bechstein (Der Donon..., 1891, et

(1) Les fouilles, dirigées par M. Audollent, ont enrichi le Musée de Clermont-Ferrand.

(2) Léon de Vesly, Les « fana » ou petits temples g.-r. de la région normande, Rouen, 1909, pi. et fig.

(3) Ch. Durand, Comptes-rendus des fouilles de Vésone (de 1906 à 1913).

(4) C. Jullian, Inscr. rom. de B. ; G. Goyau, dans Mélanges d'archéologie de l'École de Rome, t. XIV, p. 480, fig. ; cf. Archives histor. de la Gironde, t. XXXIX, 1904, pi. IX.

(5) Sur le nom de Montmartre, voy. les contributions de J. Havet, Aug. Longnon, A. Thomas, J. Gilliéron, J.-M. Meunier, résumées par moi, dans : Une remarque sur le temple antique de Montmartre de Paris (Bulletin de la Soc. Histoire de Paris, XLVIII, 1921).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 167

trad. de F. Baldensperger, 1894, Bull. Soc. philom. vosgienne, t. XVIII), sur le temple de Mercure au sommet du Donon, etc.

Récemment a paru une étude sur deux catégories de temples (ronds ; polygonaux), auxquels l'auteur attribue l'épithète de celtique (1). Discuter ce long mémoire, d'ailleurs utile, serait hors de propos ici. Je noterai seulement que les territoires des Carnutes, des Arvernes, des Bituriges et des Lemovices, peuples éminemment celtiques, n'offrent pas de sanctuaires de forme ronde.

Les ex-voto offerts par les fidèles aux divinités des temples de la Gaule ont été innombrables, si l'on en juge par tous ceux qui nous sont parvenus, en toutes matières (2). Ce sont souvent des parties du corps humain, bras, jambes, seins, etc. ; yeux de bronze (forêt de Compiègne, etc.). Bien d'autres objets étaient dédiés, patères (3), bateaux de bronze (sources de la Seine (4) ; cf. Fourvière), monnaies, etc.

Thermes. — Je ne saurais indiquer tous ceux qui ont existé en Gaule (5). Beaucoup ont été modifiés ou adaptés aux besoins modernes (Évaux, Néris (6), Aix-en-Provence, etc.). Signalons le monument luxueux de Sens, dont on à fourni pour une façade, très sculptée, un essai de reconstitution (7).

(1) Harald Koethe, Die Keltischen Hund- und V lelecktempel der Kaiserzeit, dans 23. Bericht der Rômisch- Germanischen Kommission, 1933, p. 10-108, 38 fig., 9 pi.

(2) Même de bois (temple d'Essarois, Côte-d'Or ; Montbouy ; Luxeuil).

(3) Casseroles dédiées à Apollon par le pagus d'Auxerre (C. /. L., XIII, 2920).

(4) Voy. mon mémoire dans les Monuments Piot, t. XXXIV, 1934, p. 72 et pi. V.

(5) Voy. le livre de Bonnard sur La Gaule thermale (1908).

(6) Dans cette ville même, on a trop négligé des restes différents de ceux de l'établissement thermal actuel.

(7) G. Julliot, dans Mém. Soc. Antiq. France, t. LV, 1894,_ pi. (à part, 1895). — Je me demande si le sujet de la Gigantomachie convenait à des thermes.


168 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

J'ai dressé un répertoire de théâtres et amphithéâtres, pour la Gaule romaine, qui comprend environ cent cinquante numéros (1), que je ne puis énumérer tous ici. Je citerai seulement quelques noms :

Paris (Ch. Normand, Les arènes de Lutèce, 1897 [utile pour les pi.] ; Formigé père et fils, dans Procès-cerb. Commission du Vieux-Paris, annexe, 12 janvier 1918, pi.). "-*•* Champlieu (Peigné-Delacourt, dans B. Soc. acad. de VOise, t. II, et suppléments, 1859 et 1860).

Metz (E. Schramm, G. Wolfram et J.-B. Keune, Das grosse rômische Amphiiheater zu M., 1902, pi., et Jahrbuch lorrain, t. XIV).

Poitiers. Des dessins anciens permettent de se représenter ce que pouvait être ce grand monument (2), malheureusement presque entièrement détruit.

Charente. A un point encore énigmatique, un théâtre intéressant (3).

Nîmes. Outre le travail de Pelet, cité plus haut, voyez : Lucie Chamson-Mazauric, Hist. du château des arènes de N. (1934, fig.).

Alise. Un théâtre que des fouilles patientes et méthodiques révèlent d'année en année.

Vienne. État ancien du théâtre avant les travaux en cours (4).

Lillebonne (L. de Vesly, dans Bull, archéol., 1911, p. 31, pi. V).

Monuments triomphaux. — Ils furent nombreux en Gaule. Sans insister sur les arcs d'Orange, de Saint-Remy, de Cavaillon, de Carpentras (5), d'Avignon, de Narbonne,

(1) Ce travail n'a pas été publié.

(2) A. Blanchet, Vues anc. de l'amph. de P., pi., dans Congrès archéol. à Angoulême (LXXVIIIe s., 1912).

(3) P. C. de la Croix, Étude sur th. g.-r. des Bouchauds (Charente), 1908.

(4) Bull, archéol., 1927, pi. IL •

(5) Cf. Ad. Aubenas, Mêm. sur les arcs de tr. du Vaucluse, 1840 (et Mèm. Soc. Antiq. France, 2e série, t. V).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 169

de Saint-Bertrand-de-Comminges (1), de Besançon, de Reims (2), etc., on peut citer des débris à Vienne, qui paraissent avoir fait partie d'un ensemble analogue.

L'archéologie gallo-romaine présente aussi à nos méditations un bon nombre de monuments, qui ont évidemment un sens triomphal, mais qui, même après les interprétations proposées, restent, pour moi du moins, encore énigmatiques. Il s'agit des groupes représentant un cavalier qui terrasse un génie anguipède (3). Une série de ces sculptures, la plus importante, est éparse sur de nombreux points dans l'Est et sur les bords du Rhin (à Grand, Mém. S. arch. lorraine, t. XLIX, 1899 ; à Merten, Aug. Prost, Rev. archéol., 1879 ; à Sion, à Châteaubellant, Forbach, Besigheim, Portieux, etc.).

D'autres séries comptent plusieurs spécimens en Bretagne (4) et dans le Centre (E. 1849 et 1886).

Phares. — Quoique diverses hypothèses aient pris naissance, je ne crois pas que la question ait progressé. Les éléments certains font défaut.

Aqueducs. — J'ai dit ailleurs tout ce que nous pouvons tirer d'utile de l'étude des aqueducs (5). Ceux de Lyon ont été bien étudiés par M. C. Germain de Montauzan (6) et une hypothèse curieuse, mais fragile, a été présentée pour celui de Metz (7).

(1) Voy. les Rapports sur les fouilles de S^B.-de-C, par MM. Lavedan, Lizop, Sapène (1929 à 1933) ; Ch. Picard, dans Comptesrendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1933, p. 138 ; cf. Beaux-Arts, 23 juin 1933.

(2) L. Demaison, Les portes antiques de Reims, 1881, etc.

(3) On a beaucoup écrit sur la question. Voy., parmi les derniers ouvrages, Fr. Hertlein, Die Juppitergiganten-Saùlen, 1910.

(4) J. ïrévedy, Le cavalier et VAnguipède, Laval, 1889.

(5) Recherches sur les aqueducs et cloaques de la Gaule rom., 1908, pi.

(6) Les aqueducs antiques de Lyon, 1909, pi.

(7) C* Lalance, Les aqueducs rom. de Metz, 1932, pi.


170

ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

ENCEINTES DU me SIÈCLE

Après trois siècles d'une tranquillité presque complète, la Gaule eut à subir des invasions depuis 256. Cette période précaire fut la cause de la création de l'empire gaulois, avec Postume d'abord. A sa mort, en 267, les Germains dévastèrent une partie de notre sol et détruisirent plusieurs villes. C'est évidemment à ce moment-là, et aussi vers 275, quand les Barbares brûlèrent soixante-dix villes en Gaule, que beaucoup de bourgades peu importantes et d'établissements agricoles furent saccagés (1). Et c'est en ce temps-là que la population décimée des campagnes dut se replier souvent vers les cités, qui, éprouvées gravement elles-mêmes, venaient de commencer à se protéger par des enceintes, élevées plus ou moins à la hâte et partout selon les mêmes principes : bases de gros blocs, empruntés à des monuments détruits, surmontées d'une muraille de petit appareil cubique dont les assises sont séparées par plusieurs rangées de tuiles.

Arcisse de Caumont, le premier, médita de faire un travail sur l'ensemble des enceintes des villes de la Gaule romaine. Une esquisse du sujet fut tracée par Henri Schuermans (2), à propos des remparts d'Arlon et de Tongres, et Camille Jullian étudia de nombreuses enceintes à propos de celle de Bordeaux (3). On trouvera à peu près toute la bibliographie de la question dans mon livre (4). Puis, après quelques études de détail, est venu le

(1) Dans mon livre sur Les trésors de monnaies romaines et les invasions germaniques en Gaule (1900), j'ai relevé un certain nombre de faits qui permettent de dater plusieurs établissements ruinés. Souvent, on trouve des squelettes épars au milieu des ruines, par exemple à Montlevic (Indre), à Noiry (Saône-et-Loire), etc.

(2) Bull, des Comm. roy. d'Art et d'Archéologie, Bruxelles, t. XVI, 1877 ; t. XXVII, 1888 ; t. XXVIII, 1889, et t. XXIX, 1890.

(3) Inscr. rom. de Bordeaux, 1890.

(4) Les enceintes rom. de la Gaule; étude sur l'origine d'un grand nombre de villes françaises, 1907, gr. in-8°, 356 p., 21 pi.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 171

volume de la première partie de Y Archéologie galloromaine, formant la suite du Manuel d'archéologie préhistorique... de Joseph Déchelette (1).

Ainsi que je l'ai démontré, il y a presque un quart de siècle, nous connaissons relativement peu d'enceintes développées, datant du Ier siècle environ : Fréjus, Nîmes, Lyon, Autun (2).

Ces murailles, trop étendues et relativement trop faibles, n'ont pas résisté aux premières invasions. Celles qui leur ont succédé, à partir de 270-275 environ, présentaient à la base une lourde masse, très puissante, de 4 mètres d'épaisseur, et la maçonnerie supérieure pouvait atteindre 2 mètres et plus.

Mais pour faciliter la défense, assurée d'ailleurs par des populations décimées, on réduisit l'étendue de la muraille. Les plus grandes de ces nouvelles enceintes ne dépassent pas 2,600 mètres (Poitiers, Sens) et peuvent n'atteindre que 600 mètres à peine (Noyon) (3).

Et j'ai pu dire sans exagération que les conditions d'existence des villes françaises avaient subi, pendant des siècles, l'influence de cette réduction d'espace disponible : la race en a évidemment souffert.

A côté des cités plus ou moins bien protégées, il y eut des castella, dont un type caractéristique est conservé à Jublains, où l'agglomération n'eut pas de muraille pro(1)

pro(1) V, lTe partie : Généralités; travaux militaires, par A. Grenier, P. Picard, 1931 ; voy. p. 282 à 591, fig.

Depuis ce travail a paru un livre assez important, dont l'auteur ne rend pas toujours justice à ses devanciers (F. Vercauteren, Étude sur les civitates de la Belgique seconde..., Bruxelles, 1934). On y trouvera des renseignements sur Reims, Soissons, Châlons-surMarne, Noyon, Arras, Senlis, Beauvais, etc.

Récemment a paru une note intéressante sur l'enceinte romaine d'Arles (F. Benoit, dans Rev. des Études anc., 1934, p. 206, fig.).

(2) Je continue à rester dans les limites de la France actuelle.

(3) Naturellement, la superficie est en rapport avec la périphérie des murs : la seconde enceinte d'Autun (1,300 mètres environ) correspond à 10 hectares environ ; l'enceinte de Beauvais donne sensiblement les mêmes chiffres.


172 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

tectrice. On peut penser que des établissements de ce genre étaient destinés à surveiller des colonies de prisonniers.

Je ne puis traiter ici la question du plan des villes, où l'on retrouve généralement les grandes voies, le cardo (du Nord au Sud) et le decumanus (de l'Est à l'Ouest). C'est peut-être une disposition venant des terramares de l'Italie du Nord et qui aurait été adoptée pour les camps romains, puis pour les villes. En tout cas, ce que nous savons maintenant des villes antiques prouve que beaucoup (Fréjus (1), Autun, etc.) furent construites sur un plan régulier, comme beaucoup de cités modernes. C'est surtout le Moyen Age qui, pour des raisons exposées plus haut, fut forcé d'accepter des tracés sans méthode.

STATIONS THERMALES

On sait que les Gallo-Romains ont beaucoup fréquenté les eaux minérales et peut-être même ont-ils connu plus de sources que nous-mêmes. Il n'est d'ailleurs pas toujours aisé de distinguer nettement les établissement antiques, qui ont vraiment été fréquentés comme thérapeutiques, de ceux qui étaient purement consacrés par des traditions religieuses.

Plusieurs ouvrages généraux et de nombreuses monographies (2) ont étudié des stations thermales de la Gaule (J.-G.-H. Greppo, Etudes archéol. sur eaux therm. Gaule ép. rom., 1846 ; L. Bonnard [et Dr Percepied], La Gaule therm... ép. g.-rom., 1908, plans et fig.).

Vichy : Restes divers en 1837, 1844 et 1864 (cf. Beaulieu, Antiq. des eaux... de Vichy, Plombières, etc., 1851).

(1) M. le Dr Donnadieu a bien étudié un réseau d'égouts qui permet de retrouver le tracé de plusieurs voies.

(2) Je ne puis donner ici que des exemples.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 173

Saint-Honoré-les-Bains : A. Blanchet (Rev. archéol., 1893, I, pi. I).

Néris (Aquae Neri) : E. Tudot, Étude sur N., 1861 (et Bull. Soc. émul. Allier, t. VIII) ; J. Bariau, N. les bains, 1861 ; L. Esmonnot, Et. sur les ruines de N., pi, (Bull... Allier, 1885) ; Moreau de Néris, N., capitale des Gaules,, 1902 (utile pour les fig.) ; A. Blanchet, Bronzes ant. de N. (Rev. archéol, 1924, I, pi. II).

Évaux (Ivaunum) : Dr G. Janicaud, Év. gallo-romain, 1934, fig. (Mém. Soc. Creuse, t. XXV).

Bourbonne-les-Bains : Ath. Renard, 1877 (Mém. Soc. h. et archéol. Langres, II, 1861-1877) ; A. Chabouillet, 1881 (Rev. archéol, 1880, I).

Plombières : J.-D. Haumonté, PI anc. et mod. (éd. Parisot, 1905, pi.).

Royat : Dr Petit, Rech... établ. thermal gallo-rom. (1884).

Mont-Dore : A. Ledru, dans Mém. Ac. de Clermont-F. (t. X, 1868).

Niederbronn : L. Kuhn, N. et ses environs (2e éd., 1866) ; A. Grenier, dans Bull, archéol, 1926, p. 109 et suiv.

Stations des Pyrénées (Dax, Bagnères-de-Luchon, Labarthe de Rivière, Salies-du-Salat, Capvern, Bagnèresde-Bigorre, etc.) : R. Lizop, Les Convenae et les Consoranni, 1931, p. 260-277 (Bibl.).

Aix-en-Provence : Mgr M. Chaillan, Documents archéol et hist. établ. th. d'A. (1932).

J'arrête ici ces notes que je devrais décupler.

DIVERS CHAMPS DE FOUILLES DE LA LTAULE

La destination de divers monuments est souvent demeurée énigmatique. Jusqu'aux dernières fouilles de la Société des Antiquaires de l'Ouest, on ne savait pas que


174 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

la « tour » ou « temple » du Vieux-Poitiers (à 8 kil. au sud de •Châtellerault ; peut-être un Briva, selon A.-F. Lièvre) formait une des extrémités de la façade d'un théâtre dont l'hémicycle était constitué en partie par une colline.

De même pour le grand édifice connu depuis longtemps sous le nom de « Thermes de Julien », à Paris ; et ce n'est pas l'hypothèse relativement récente (lieu de réunion et de fêtes du collège des Nautes) qui me satisfait complètement (1).

De même encore pour le monument de La Turbie (2), presque sûrement un trophée, mais considéré comme un phare par un savant italien (3).

Et la « Tour Magne » de Nîmes, présentée souvent comme un monument funéraire (4), ne serait-elle pas plutôt un trophée (5)?

A Orange, les décombres déblayés d'un monument, contigu au théâtre (6), posent un autre problème. S'agit-il vraiment d'un ancien gymnase transformé en temple? Et à quelle époque? Ce problème, qui devrait être repris, reste à peu près entier.

La plupart des fouilles, récemment entreprises ou continuées, soulèvent des problèmes du même genre. A Saint-Remy, deux édifices voisins, dont l'un qualifié de maison grecque et l'autre de temple, sont, je pense, des énigmes dont la solution ne paraît pas trouvée ; et c'est pour cette raison qu'ils ne doivent subir aucune restauration.

_ (1) C. Jullian, Hist. de la Gaule, t. VI, 1920, p. 414-415 (cf. Rev. Études anc, 1914, p. 215).

(2) Voy. Philippe Casimir, Le trophée d'Auguste à La Turbie, 1932, et Bibl. dans la lre Carte archéol. de la Gaule rom. (1931, p. 4).

(3) M. G.-Q. Giglioli, dans Fert, 1929.

(4) M. E. Espérandieu a résumé les interprétations dans une petite notice (1931).

(5) C'est ce que j'ai dit dans Les enceintes romaines de la Gaule, 1907, p. 208.

(6) J. Formigé, Mém. présentés à l'Acad. des Inscriptions et BellesLettres, XIII, 1917, p. 201 ; Bull. Soc. Aniiq. Fr., 1921 à 1927.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 175

Les fouilles de la « villa d'Antone », à Pierrebuffière (Haute-Vienne), ont révélé, en 1931, un important établissement sur lequel il est difficile de se prononcer (1). On pourrait citer d'autres exemples analogues.

J'ai dit que, pour beaucoup de monuments, il était difficile de préciser une date certaine. L'incertitude est plus grande encore quand il s'agit des villas ou autres monuments révélés par les fouilles.

Les importantes ruines de la colline de Puymin à Vaison, où une inscription nous signale la maison des Messii (2), n'ont pas fourni leur date certaine.

Souvent, on se trouve en présence de substructions élevées sur d'autres plus anciennes (3), comme à Montcaret (Dordogne), où des recherches du Service des Monuments historiques ont peut-être permis de reconnaître des constructions du ive siècle, élevées sur d'autres du ier (4). Ce gisement a même fourni un petit monument byzantin.

Les fouilles dispendieuses de 1922, pratiquées près de Montlevic, entre La Châtre et Champillet (Indre) (5), ont été à peu près inutiles, car elles n'ont pas fourni beaucoup plus de renseignements que celles qui avaient été faites en 1828 (6).

A Néris, des fouilles ont remis au jour — pour la troi(1)

troi(1) Delage, Rapport. La v. d Antone..., fouilles de 1961, Limoges, 1932, fig.

Ce n'est peut-être que la grande villa d'un personnage considérable.

(2) Abbé J. Sautel, dans Bull. Soc. Amis de Vaison-la-Romaine, 1924 à 1933, passim, et Vaison dans l'antiquité, 1927. Cf. R. Lantier, dans XX. Bericht..., 1931. '

(3) Les ravages, causés par les invasions du rae siècle, fournissent déjà une explication pour beaucoup de ces cas.

(4) Bull. Soc. Antiq. Fr., 1927, p. 193 ; 1928, p. 310 ; Rev. des Musées 1926 p 205

(5) Bull. Soc. Antiq. Fr., 1923, p. 265 et suiv. ; Emile Chénon, Hist. de la paroisse de M. en Bas-Berry (posthume), 1931, p. 7-15, fig.

(6) L. Raynal, Hist. du Berry, t. 1,1847, p. 109.


176 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

sième fois — les thermes de la prairie des Chaudes, que la situation économique actuelle n'a pas encore permis de protéger définitivement.

Des mosaïques, connues depuis 1818, ont été découvertes à nouveau, cent ans plus tard, à Pèbre (Vinon, Var), et ont révélé une composition avec personnages, accompagnés d'un distique de Martial (I, 40), dont le sens prophylactique est évident (1).

Cet exemple montre que d'anciens champs de fouilles devraient être souvent repris.

A Lyon, la colline de Fourvière n'a pas livré tous ses secrets (2).

Trinquetaille, en face d'Arles, où M. F. Benoit a entrepris des recherches, qui ont été heureuses, a encore fourni des mosaïques (Jason et la Toison d'Or ; Orphée de beau style) (3).

Saint-Paulien (Ruessium ; Haute-Loire) a fait l'objet de fouilles à diverses reprises, dont les dernières ont, entre autres résultats, permis d'extraire une mosaïque intéressante avec des médaillons ornés d'animaux (4).

Un des plus riches chantiers de fouilles ouverts en Gaule a été celui de « Martres-Tolosanes », sur une superficie de 40 kil. carrés, entre Laffitte-Vigordane (Aquae-Siccae?) et Mancioux, comprenant les localités de Chiragan et Sana, près de Martres ; Tue de Mourlen et Le Sansonnet ; Saint - Cizy, au nord de Cazères (5). De 1826 à 1899, une quantité

(1) R. Cagnat, dans Mélanges Paul Thomas, Bruges, 1930, p. 82 et suiv. ; et cf. 2e Carte arch. G. r., n° 294.

(2) Outre les fouilles du théâtre (dit autrefois amphithéâtre), d'autres, très importantes aussi, ont fait l'objet d'un rapport de M. C. Germain de Montauzan (Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1933, p. 422).

(3) Ibid., 1933, p. 415.

(4) Cf. Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1932, p. 54.

(5) Voy. A. Lebègue, dans Bull, archéol., 1891, pi. ; Léon Joulin, Les établissements g.-rom. de la plaine de M.-Tol., 1901, 25 pi. (Mém. Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 177

de sculptures en marbre de provenance italique et aussi en marbre de Saint-Béat, pour quelques pièces de style médiocre, ont enrichi le Musée de Toulouse. • Le Pays de Buch (Mios, Lamothe, etc., Gironde) a fourni récemment des renseignements inattendus et précieux (1). On peut souhaiter la continuation des recherches.

Rom (Rauranum ; Deux-Sèvres) n'a sûrement pas livré tous ses secrets (2).

Les fouilles de Sanxay (Vienne) ont révélé une agglomération avec temple, thermes, théâtre, hôtelleries (3), qui ne sauraient concerner seulement une villa. Ces ruines importantes ont été acquises par l'État (4).

A La Remonnière, près d'Azay-le-Rideau (I.-et-L.), exista peut-être un lieu saint analogue. Des fouilles, faites en 1799, ont été reprises en 1838 et, plus récemment, en 1929 ; de nombreux objets y ont déjà été recueillis.

Le regretté Maurice Besnier a résumé les travaux publiés sur les fouilles de Vieux (Calvados) (5).

Pour le Vieil-Évreux, depuis les sondages insuffisants de Bonnin, plusieurs campagnes de fouilles ont été conduites par M. Espérandieu (6) et d'autres ont été dirigées récemment par M. M. Baudot, au terroir de Cracouville, et paraissent révéler un petit sanctuaire.

Lillebonne (Seine-Inf.) a retenu de nombreux chercheurs et une bonne mise au point est assez récente (7).

(1) Dr B. Peynau, Découv. archéol. dans le P. de Buch,1925, 3 vol.

(2) Cf. abbé Métais, dans Bull. Soc. de Statistique des Deux-Sèvres, 1883, p. 226, 251.

(3) P. de la Croix, Mém. archéol: sur les découv. d'Herbord, Niort, 1883.

(4) Congrès archéol. de 1885, p. 55.

(5) Dans Mém. Soc. Antiq. Fr., t. LXIX, 1909, p. 225-335, pi.

(6) Bull, de la Soc. fr. des fouilles archéol, t. III, 1913, p. 56; t. IV, 1914-1922, p. 78, pi. Cf. Henri Lamiray, Guide... aux ruines du Vieil-Évreux (Gisacum), 1933, plans et fig.

(7) Sans parler des ouvrages antérieurs, A. Deville (1836) ; L. Fallue (1857); l'abbé Cochet; J.-F. Brianchon (1865); Ch. Roessler

CONGRÈS DE PAHIS, II. 12


178 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

/Hermès (Oise) a été fouillé et identifié à Ratumagus (1). Champlieu (Oise), avec ses temple, théâtre, thermes î et autres substructions, traversées par une voie romaine, était le centre de nombreux établissements, dont beauI coup sont épars dans la forêt de Compiègne (2). Le site \ n'est sans doute pas encore épuisé.

1| Bavay (Bagacum) a été l'objet de fouilles heureuses et nombreuses, surtout depuis un quart de siècle ; son enceinte a été reconnue entièrement et divers monuments, plus ou moins ruinés, pourraient sans doute encore être mieux connus, ainsi qu'une nécropole dans une sablière, dont une exploration méthodique serait utile (3).

A Drevant (Cher), on a exploré, surtout de 1859 à 1911, une agglomération (4), qui pourrait être un centre de réunion religieux et, en même temps, de marché et de fêtes.

Plusieurs champs de fouilles de la Nièvre ont fourni d'abondantes récoltes. Outre Villars (comm. de Biches) (5), Chantenay (àrr. de Nevers), où, avec de nombreuses monnaies éparses, on a trouvé au moins quatre trésors monétaires (6) et des substructions (7) ; des puits à Saint -

(1881) ; E. Vallée (1896) ; abbé Hérouval (1897) ; H. Leseille (1900), et, en dernier, M. R. Lantier (Rev. archéol., 1913, I, p. 184), ont étudié spécialement Iuliobona.

(1) Abbé Renet, dans Mém. Soc. acad. de l'Oise, t. XI, 1880 ; abbé J. Hamard, Not. sur découv. du vicus r. « Ratumagus », à Hermès, 1902 • 2e éd., 1912 pi.

(2)'E. Caîllette'de l'Hervillier (1851); C. Marchai (1860, pi.) ; V. Cauchemé [et Albert de Roucy], 1901-1902, pi. (4e partie. Soc. histor. de Compiègne).

(3) Outre la seconde édition de l'ouvrage de A.-S.-B. Schayes (publiée à Bruxelles, 1858-1859), voy. : Isid. Lebeau, Bavai, 1845, et éd. de Michaux, 1859, et surtout les travaux de M. M. Hénault, dans le Bull, archéol. et dans Pro Nervia (voy. dans le t. VII, 1934, un plan utile).

(4) Bull, monum., 1859,1866, p. 97-116 ; 1904, 1911 ; G. Mallard, dans Bull, archéol. du Comité..., 1900 et suiv., et surtout 1906, p. 43, pi. ; 1908, p. 179 ; 1914, p. 195.

(5) F. Wagnien, Description de la villa... et mosaïque à V., 1841.

(6) A. Blanchet, Les très, de m. rom..., 1900, nos 264 à 268.

(7) De la Barre et A. Bertrand, dans Bull. Soc. émul. Bourbonnais, t. XIII, 1905, et t. XIV, 1906.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 179

Honoré, et une villa, riche en mosaïques et peintures, à Champvert (1), ont été fouillés avec succès. Saint-Révérien (arr. de Clamecy) a révélé un temple octogonal, un théâtre et divers édifices où l'on pourrait trouver encore (2).

Le port antique de Chalon-sur-Saône, au « Petit-Creusot », connu à l'époque gauloise, a livré des quantités d'objets romains (3).

Divers points de la Côte-d'Or ont été explorés par MM. Aubry, Socley, E. Bertrand, E. Guyot et Roux (Mont-Afrique (4) ; En Bolar, près de Nuits), et les sites ne sont pas épuisés. Aux Mazières de Lamargelle devait exister aussi une importante villa rustica (5). La colline de Vertault (Vicus Vertillensis; dit autrefois Landunum), explorée depuis trois quarts de siècle, a enrichi le Musée de Châtillon-sur-Seine, surtout d'une très belle statuette de Bacchus enfant, un des plus beaux bronzes trouvés en Gaule. De nombreuse habitations y ont été fouillées sous l'habile direction de M. Lorimy (6).

Le Châtelet, près de Fontaines (cant. de Chevillon, Haute-Marne), que les fouilles de Grignon avaient révélé, en 1774-1775, a continué à être exploré depuis un siècle (7).

(1) G. Gauthier, dans Bull. Soc. nivern. I. se. et arts, t. XVII, 1896 ; J. de Saint-Venant, Ibid. ; cf. Bull, archéol, 1897, pi.

(2) Barat et Duvivier, Mém. sur fouilles de S^-R., 1841, et Rapport au préfet, 1845 ; G. Charleuf, dans Mém. Soc. éduenne, 1844, p. 319 et suiv. ; E. Espérandieu, Bull, arch., 1910.

(3) Voy. J. Déchelette, La collection Millon... (1913, pi.).

(4) Voy. Bull, archéol, 1919 (Corcelles), 1919 (Mont-Afrique), etc.

(5) Assoc. bourguignonne, Congrès N. Rolin à Beaune (juin 1932), p. 58, et Gabriel Grémaud, Deux villas g.-rom. à Lamargelle, Dijon, 1934 (Mém. Comm. Antiq. Côte-d'Or, 1933).

(6) Pr. Mignard et L. Coûtant, dans Mém. Comm. Côte-d'Or, t. IV, 1853-1856, et. t. VI, 1861-1864; G. Lapérouse, Ed. Flouest, H. Lorimy, dans Bull. Soc. archéol. du Châtillonnais ; Daguin, dans Mém. Soc. Antiq. Fr., t. I, 1880-1890; t. II, 1891, pi.; t. LVII, 1896, et Bull, 1899 et 1901.

(7) Abbé A. Phulpin (1840) ; abbé Fourot (1887) ; et, depuis,


180 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Naix (Nasium; Meuse), qui a été si fouillé, pas toujours scientifiquement (1), pourrait être encore un champ de recherches intéressantes.

Je m'arrête ici, car je doublerais facilement la liste.

EDIFICES PARTICULIERS

En général, ce que l'on a pu dire sur la maison romaine, comme sur les monuments de l'Empiré romain (2), vaut naturellement pour la Gaule. Mais on peut penser que la vie antique doit être étudiée dans les villas des campagnes davantage en France qu'en Italie. Il est probable que, les villes étant moins nombreuses en Gaule dans les premiers temps de l'Empire, il y eut davantage de villas agricoles qu'en Italie. Puis, par la suite, il arriva presque sûrement que de nombreuses villas devinrent le noyau de véritables bourgades (3). Il en fut de même pour certains sanctuaires, et c'est cette hypothèse qui pourrait être la meilleure pour expliquer des agglomérations comme Sanxay et Drevant.

La distinction entre de riches villas et divers édifices publics, religieux ou autres, est souvent malaisée. On voudrait, par exemple, connaître la première destination de toutes les riches colonnes imbriquées, ou ornées de pampres, de bustes ou de figures divines ou autres (Bavay, Amiens, Senlis, le Mont-Dore, Langres, Paris, Lillebonne, Sens, etc.).

M. R. Colson n'a cessé de faire au Châtelet des récoltes intéressantes.

(1) Cf. en dernier lieu : Lucien Braye, Le véritable Nasium, 1926.

(2) Voy. R. Cagnat et V. Chapot, Manuel d'archéologie rom. (1917-1920, pi.).

(3) Il est vraisemblable que le processus eût été semblable pour la Belgique, si les invasions n'avaient pas troublé son évolution, plus tardive que celle de la Gaule.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

181

PEINTURES ET MOSAÏQUES

Si Pompéi nous a habitués, depuis deux siècles, à des décorations murales, variées et parfois très remarquables, comme celle de la Maison des Mystères, nous connaissons maintenant, en Gaule, une quantité d'exemples de peintures murales, dont quelques-uns sont intéressants (1). Un bon nombre de décors, qui sont peut-être les plus anciens en général, imitent des carrelages et des pierres et marbres divers (à Montmédy, Courbanton, aux Fins d'Annecy, à Périgueux, etc.).

Mais il y a aussi des sujets plus ou moins complexes. Ainsi, des griffons de teinte bistre, affrontés sur un fond bleu (à Bouzemont, Vosges), une tête monochrome (à Izernore, Ain), des sujets très variés (à Saint-Médard-desPrés, Vendée), les panneaux de style très pompéien, avec « candélabres », bacchant dansant, Victoire sur un globe, etc. (à Vienne) (2). Les scènes de la chasse ont eu aussi une faveur évidente ; à ce genre appartiennent des figures d'animaux sur un fond vert' clair (Montagne de Saint - Just, à Lyon) (3) ; les scènes d'hommes et d'animaux dont quelques-uns dans les mailles d'un filet (« La Justice », à Nizy-le-Comte, Aisne) (4), et encore les figures d'animaux de Tauroentum (La Madrague de Saint-Cyr, Var).

Une autre peinture de Nizy représente une figure presque nue, qui appartient sans doute à une scène mythologique, et une autre tenant une tête de cerf (5).

(1) Voy. mon Étude sur la décoration des édifices de la Gaule rom., 1913, pi. et fig. (J'y ai indiqué environ 200 localités, de France seulement, ayant révélé des peintures murales, et plus de 100 pour le reste de la Gaule).

(2) Gaz. archéol, t. IV, 1878, p. 156, pi. 28.

(3J F. Artaud, Hist. de la peinture en mosaïque, 1835, pi. XV, etc.

(4) Ed. Fleury, dans Gaz. archéol, t. III, 1877, pi. 35-36, et Antiq. du dép. de l'Aisne, 2e série, 1878, fig. 142.

(5) J'ai interprété cette scène comme une phase de la surprise de Diane par Actéon (Étude, l. c, p. 35, pi. II).


182 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Les paysages « nilotiques » sont représentés par une scène de chasse au crocodile (à Villars, Nièvre, où existaient aussi des scènes légères). Les oiseaux d'eau sont souvent figurés (par exemple, à Neuvy-Pailloux-Villesaison, Indre). Et encore c'était une infinité de combinaisons de cercles, de bandes, de feuillages, d'oiseaux, de torsades, etc., de toutes couleurs (Pérignat, Ain; Izernore ; Périgueux ; Fins d'Annecy ; Saint-Martin d'Angers, etc.) (1).

L'alliance de la peinture et de la mosaïque est quelquefois étroite (à Mouzay, à Champvert), et il faut signaler aussi des exemples de mosaïques de coquillages, comme celles de diverses fontaines de Pompéi (à Champvert ; Vienne ; Saintes ; Châtigny-Fondette, Indre-et-Loire ; aux Bossenno de Carnac, Morbihan (2) ; le plafond de la villa de Kerfresec, Morbihan, et une décoration analogue à Saintes).

Ces enduits peints étaient souvent appliqués sur des tuiles striées, quelquefois des tuiles à rebords, fixées au mur au moyen de clous à large tête. Mais en d'autres circonstances, comme à Nizy, les peintures étaient exécutées sur une paroi constituée par trois couches de divers mortiers appliqués sur le mur. Quant aux procédés mêmes de la peinture, ils sont probablement ceux de la fresque et quelquefois de l'encaustique. Un bas-relief de Sens représente un atelier de peintre à fresque (3), et l'on a recueilli dés vases contenant des couleurs à Autun, à Saint-Médard-des-Prés, à Pupillin (Jura) (4).

(1) Les substructions d'Amiens ont fourni aussi beaucoup de spécimens de ce genre. Voy. P.-M. Saguez (Bull, archéol, 1923, p. 3, pi. I).

(2) Cf. J. Miln, Fouilles f. à Carnac, les Bossenno, 1877, pi. III à XL

(3) G. Julliot, Inscr. et monum. du Musée g.-r. de Sens, 189S, p. 84, pi. VII et XLVII.

(4) Je renvoie à mon livre pour d'autres renseignements concernant des découvertes faites en Gaule, mais en dehors de la France.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 183

C'est par centaines que se comptent les mosaïques retrouvées dans des substructions d'édifices en France (1). Et le goût pour ces pavements, plus ou moins ornés, était tel que souvent, après la destruction d'une maison où subsistait encore en grande partie la mosaïque primitive, on reconstruisait sur les décombres et l'on composait une nouvelle mosaïque, au goût du jour sans doute. J'ai relevé des exemples de ce genre pour Orange, Vienne, Nîmes, Lyon, et, dans ce dernier cas, il y avait jusqu'à trois pavements dont deux superposés au premier (place de la Déserte = Sathonay, vers 1830), et le plus récent était le plus simple (2).

Des monnaies, tombées dans la maçonnerie antique, peuvent fournir, comme à Périgueux, une date probable (dans ce cas-là, milieu du ne siècle). Mais les faits de ce genre sont encore trop rares pour permettre des divisions chronologiques comme celles qui ont été proposées.

Les pavements simples ont été naturellement les premiers ; Fréjus, qui fournit à ce sujet des dates utiles, en a révélé de beaux exemples (mosaïques de décors noirs et blancs ; autres à semis de pierres très variées de couleurs et sans formes déterminées) (3).

Quant aux sujets représentés, généralement dans des entourages à décors géométriques, dans un emblema plus ou moins considérable, ils touchent à la mythologie, aux jeux du cirque et de l'amphithéâtre, au théâtre, à la vie rustique, à la philosophie, aux sujets de fantaisie, tels

(1) L'Inventaire des mosaïques de la Gaule, publié sous les auspices de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, par G. Lafaye (I, Narbonnaise et Aquitaine) et Adr. Blanchet (II, Lugdunaise, Belgique et Germanie, Paris, 1909), ne compte pas moins de 1,690 numéros.

(2) F. Artaud, op. cit., p. 108, pi. LII ; A. Steyert, N. hist. de Lyon, I, p. 276 et 455, 3 fig. Je me dispense de reproduire ici les hypothèses sur les dates possibles. Cf. mon Étude..., p. 123 et suiv.

(3) Mme A. Donnadieu en a étudié plusieurs exemples au Congrès des S. Sav. de Clermont-Ferrand, en 1931, etc.


184 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

que les paysages nilotiques. Il est impossible de citer toutes ces mosaïques, dont la plupart sont connues par des découvertes faites dans les cent dernières années ; je veux cependant mentionner quelques-unes de ces compositions :

Diane et Callisto et chasse (Villelaure) ; Apollon et Daphné et chasse (Lillebonne) (1) ; Naissance de Vénus (Sainte-Colombe-lès-Vienne) ; Éros et Anteros (Vienne) ; Bacchus et sa suite (Vienne ; Sainte-Colombe ; Saint - Romain-en-Gal, etc.) ; Lycurgue et Ambrosia (Narbonne et Sainte-Colombe) (2) ; les Saisons (très fréquentes ; récemment encore à Trinquetaille) (3) ; un calendrier rustique (Saint-Romain-en-Gal) (4) ; l'enlèvement d'Europe (Naix) ; celui de Ganymède (Sainte-Colombe) ; celui d'Hylas (même localité) ; Hercule délivrant Hésione (Saint-Paul-Trois-Châteaux) ; Bellérophon sur Pégase, tuant la Chimère (Autun ; trois fois restauré) ; Thésée terrassant le Minotaure (Aix) ; Achille reconnu par Ulysse (Sainte-Colombe) ; Achille traînant le corps d'Hector devant les murs de Troie (Nîmes) ; Jason s'embarquant sur VArgo (Vienne) ; Pélias, Alceste et Admète (Nîmes) ; Combat de Darès et Entelle (JEn., V, 368-489 ; Aix ; Villelaure) ; scènes de théâtre (Aix ; Grand) (5) ; Orphée (très fréquent ; vallée du Rhône ; Blanzy-lesFismes) ; l'Océan (Aix ; Vienne ; Le Glézia, Gers) ; Neptune (Die ; Jurançon) ; des nymphes et tritons désignés par leurs noms, en grec (Saint-Rustice) ; des animaux de tous genres, un peu partout en Gaule ; des labyrinthes ; des courses de chars et combats de gladiateurs (Lyon ;

(1) Voy. A. Blanchet, La mosaïque, 1928, p. 85, pi. VIII.

(2) A. Héron de Villefosse, dans VAnnuaire École des HautesÉtudes, 1908, p. 9, 3 pi. ; album de VInventaire des mos., n° 236, pi.

(3) Fouilles de M. F. Benoit ; médaillons associés à un emblema qui représente la conquête de la Toison d'Or par Jason.

(4) G. Lafaye, dans Rev. archéol, 1892, I, p. 326, fig.

(5) Cf. A. Blanchet, dans Journal des Savants, 1928, p. 464-467, fig-


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 185

Sans, Saône-et-Loire ; Reims) (1) ; des vases et plantes et des décors géométriques, d'une infinie variété (2).

On a cru pouvoir déterminer diverses écoles régionales (3) ; je crois qu'il est prématuré de le faire : tout au plus peut-on remarquer certains détails de technique locale (4) ; par exemple, plusieurs mosaïques de Naix présentent un décor en damiers bleus et blancs.

Les Anciens ont quelquefois décoré des parois avec de petits bas-reliefs de schiste sculptés, où il y a des figures humaines sculptées, des trophées, des feuillages et fleurs, des chapitaux, etc. (Autun ; Caulnes, Côtes-du-Nord ; La « Mare-Pilais » ; Rennes) (5). Il semble aussi que des briques peintes aient été employées en quelques cas (Autun ; Vieux, près de Caen).

Si l'on avait le souci de la décoration intérieure, on avait à un degré équivalent celui du confort, et les tuyaux d'hypocauste que l'on rencontre dans une quantité d'établissements démontrent que les Gallo-Romains du commencement de notre ère se préoccupaient d'obtenir une température agréable pendant les rigueurs de l'hiver (6).

LES DIVINITÉS

La phrase de César, relative au culte des Gaulois : « Deum maxime Mercurium colunt... », paraît vérifiée par

(1) Ch. Loriquet, La mosaïque des promenades et autres tr. à. R., 1862, pi. Va XVIII.

(2) Une de ce genre a été trouvée récemment à Longepierre (Saôneet-L.) : L. Armand-Calliat, dans Rev. archéol, 1932, I, p. 65, fig. D'autres à la Madrague de Saint-Cyr (Var) : A. Blanchet, dans Gaz. des B.-Arts, 1926 et 1930, fig.

(3) Cf. P. Gauckler, Musivum opus, dans Dict. des antiq. gr. et rom.

(4) Pour la technique de la mosaïque en général, je renvoie à mon livre La mosaïque.

(5) Voy. mon Étude..., p. 16-17, pi. VI. Ajoutez les plaques de La Guerche-Leugny (Vienne).

(6) On remarquera que le Moyen Age avait perdu la notion de ce procédé de chauffage. Les riches demeures étaient chauffées par des


186 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

le nombre des représentations de Mercure retrouvées en Gaule. Mais il est nécessaire de comprendre que les Gaulois adoraient un dieu sous diverses formes locales, dont l'assimilation à Mercure s'est faite plus ou moins exactement et plus ou moins rapidement. Le territoire entier de la Gaule est couvert de ces images de Mercure avec son caducée, portant quelquefois le pétase, accompagné souvent du coq, du bouc ou bélier et de la tortue. On en a trouvé plusieurs à Paris ; d'autres à Melun, au Donon, à Épinal, à Soulosse, à Chamilly, à Saint-Apollinaire (près de Dijon), dans la forêt de Compiègne, etc. (1).

Quelquefois, il est barbu (à Reims ; en Auvergne), et souvent il est associé à sa parèdre féminine, Rosmerta (sa mère?), dont l'origine celtique reste sans traduction latine (au Donon, à Reims, à Nancy, etc.).

Il est parfois associé aux Lares (... et Laribus, à Melun ; C. I. L., XIII, 3013).

Dans l'Est, il paraît, plusieurs fois, tenant Bacchus sur son bras gauche, selon le type de l'oeuvre célèbre, créée peut-être par Praxitèle (au Héraple, à Hatrize, M.-etMos. ; etc.) (2).

Les fidèles gaulois lui donnent souvent ses surnoms locaux, d'un grand intérêt, mais passablement obscurs, car si l'on comprend que Artaius chez les Allobroges se rattache au celtique arth (ours), le Mercurius Moccus des Lingons (C. I. L., XIII, 5676) est enveloppé d'incertitude (3).

Les sanctuaires si nombreux de Mercure, qui se recheminées trop vastes et aussi avec des chariots de fer contenant un foyer allumé.

(1) Il y a aussi des quantités de statuettes de bronze (ex. : A. Blanchet, dans Bull. Soc. Antiq. Fr., 1894 et 1912 ; Paul Courteault, Br. d'Aire, dans Union Soc. Sud-Ouest, 9e Congrès d'H. et d'Arch., 1926, p. 93).

(2) Voy. E. Espérandieu, Recueil, t. V, n°s 4413, 4471, 4483, 4491.

(3) G. Dottin, La langue gauloise, 1920, p. 95 ; G. Drioux, Cultes indigènes des Lingons, 1934, p. 15.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 187

trouvent souvent le long des routes (1) (dont le dieu était le protecteur particulier), furent sans doute souvent ceux de dieux locaux, assimilés ensuite au dieu gréco - romain (2).

Que Mercure ait des affinités avec les figures tricéphales, éparses en Gaule (Reims, La Malmaison, Soissons (3), Paris, Dennery, Beaune, Condat, etc.), on n'en saurait douter aujourd'hui, à cause du coq et des têtes d'animaux qui les accompagnent parfois. Qu'il soit apparenté aussi aux dieux cornus et accroupis, qui sont proprement celtiques (Sommérécourt, Reims, Bouray (4), Saintes, Néris, Vend oeuvres (Indre), monnaie des Catalauni, Autun, Clermont-Ferrand), c'est fort probable.

Dans le panthéon gallo-romain, il y a souvent des couples, souvent aussi des triades ; mais la religion romaine connaît de même ces formes complexes. Les inscriptions nous renseignent quelquefois, par exemple pour Sucellus et Nantosvelta (autel de Sarrebourg (5), stèle de Teting (6), etc.) ; car, sur un monument, se lisent les deux noms à côté des représentations du dieu au maillet et d'une déesse tutélaire de l'habitation.

Ce dieu au maillet (7), figuré sur pierre ou en bronze, est fréquent dans l'Est et dans le Sud-Est (8).

(1) Sanctuaire de Dampierre-Chanteroy (Haute-Marne) (Rev. archéol, 1899, I, p. 215, fig.).

(2) Mais le plus souvent c'est le nom latin du dieu qui est resté dans la toponymie actuelle (voy. A. Grenier, Manuel, t. VI, 1 : Les routes, p. 307 à 312).

(3) A. Blanchet, dans Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1930, p. 199 et suiv., fig.

(4) A. Héron de Villefosse, dans Mém. Soc. Antiq. Fr., t. LXXII, Paris 1913 p. 244-275.

(5)'Recueil Espérandieu, n°s 4566-4568; C. I. L., XIII, 4542; Rev. archéol, 1913, I, p. 264.

(6) Sur cette déesse, voy. E. Linckenheld, dans Rev. archéol, 1926, II, p. 212-223. (Cet auteur comptait alors dix-sept monuments concernant Nantosvelta).

(7) Souvent à côté d'un tonneau (invention celtique).

(8) Sur Mercure et ses parèdres, sur le dieu au maillet et sur Epona, voy. en dernier lieu : W. Schleiermaeher, Studien an Gôtter-


188 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Un dieu et une déesse de l'Abondance, peut-être des formes des précédents, se rencontrent sur les territoires des Lingons, Sénons, Bituriges (1).

Epona, la déesse protectrice de la race chevaline, est évidemment d'essence gauloise et c'est en France qu'on en a, depuis un siècle, trouvé le plus d'exemples, qui la représentent généralement à cheval et entourée d'un ou de deux poulains (2). Mais cette divinité s'est répandue dans presque tout l'Empire romain, peut-être à la suite des légionnaires originaires de Gaule. Dans notre pays, les bas-reliefs de pierre où cette déesse est représentée sont très nombreux ; et l'on a aussi un groupe de bronze trouvé à Loisia (Jura).

Une déesse, apparentée à Mercure (Rosmerta?), est représentée avec un bouc et une bourse, à sa gauche (Dijon) (3). Fréquemment aussi, on rencontre des groupes de trois femmes, des mères, ou d'autres déesses (Ferme Durane, près de Berre ; Vaison, Chalon-s.-S., etc. Cf. les Trémaïé des Baux).

Bien que le culte des sources et des cours d'eau soit général dans le monde antique (4), il est certain que nul peuple n'a plus satisfait à cette tendance que celui de la Gaule. Nemausus est un dieu de source (C. I. L., XII, n° 3094), comme Ura (l'Eure), à Nîmes, également ; la Sagonne était honorée à Bourges sous le nom de Souconna ; on a retrouvé la dédicace d'un temple à la nymphe de la Marne, Matronae (à Balesmes ; Rev. archéol, 1890, II,

typen der rom. Rheinprovinzen, dans 23. Bericht d. Rom.-Germ. Kommission, 1933, p. 109-143, pi. et cartes.

(1) Groupes d'Alésia, etc. Cf. celui de Solutré'jG. Jeanton, dans Bull, archéol, 1927, p. 257).

(2) Salomon Reinach a publié une carte des lieux marqués par la découverte d'une Epona. Depuis, pour Strasbourg, Gannat et Gaubertin (Loiret), voy. Rev. archéol, 1927, I, p. 97; 1933, II, p. 339, et Bull Soc. Antiq. Fr., 1931, p. 103, pi. (époque d'Antonin).

(3) E. Fyot, dans Mém. Comm. Antiq. Côte-d'Or, 1925, p. xcm.

(4) Pour notre pays, voy. Claudius Vaillat, Le culte des sources dans la Gaule antique, 1933.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 189

p. 29 ; C. L L., XIII, n° 5674) ; les sources de la Seine ont fourni une quantité de monuments, autels, ex-voto, etc., qui portent le nom de Sequana (1). Une inscription nous apprend qu'un Gaulois avait élevé un portique en l'honneur d'Acionna, nymphe de la fontaine de l'Étuvée à Fleuri, près d'Orléans (2). Les sources du Mesvrin étaient aussi honorées, ainsi que les nymphes de Gréoulx (Eaux minérales ; Basses-Alpes. Nymphis Griselicis).

Deux divinités paraissent d'ailleurs avoir présidé aux destinées de plusieurs stations thermales : Borvo ou Bormo et Damona, qui lui est souvent associée. Cette dernière fut adorée aussi dans l'Ouest (Deae Damonae Matubergini?) (3).

Mars, sans doute en liaison étroite avec Mercure (4), fut adoré moins souvent que celui-ci ; mais, si l'on trouve moins de statues et de stèles figurées (5), il existe un bon nombre d'inscriptions qui attribue à ce dieu des épithètes locales, très variées : Beladon., Leherennus, Lacavus, Segomo, Dunates, Mullo, Cicolluis, Lenus (6), Rudianus (7), Vorocius (8), etc. Comme pour Mercure, les sanctuaires furent nombreux (9).

Et Minerve — pour en terminer avec le passage de Cé(1)

Cé(1) archéologique de Dijon, etc. Pour la bibliographie et les récentes découvertes de 1933, voy. A. Blanchet, dans les Monuments Piot, 1934, t. XXXIV, p. 59 à 74, pi. IV et V.

(2) C. I. L., XIII, 3063 ; Cat. ill. Musée Ant. nat., I, p. 105, „ fig. 102.

(3) Cf. A. Héron de Villefosse, dans Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1918, p. 480.

(4) Cf. C. Jullian, Hist. Gaule, t. VI, 1920, p. 71.

(5J Les statuettes de Mars, en bronze, sont très nombreuses ; je cite seulement : un de Feurs (Rev..archéol, 1924, I, p. 1, pi. I) ; un de Mandeure ; ceux de La Tour-du-Pin et de Beaune (A. Héron de Villefosse, dans Bull. Soc. Antiq. Fr., 1907, fig.) ; un de Roche-Chèvre (Bull, archéol, 1931, pi. I).

(6) Pour ces noms, voy. J. Toutain, Cultes..., t. III, p. 212 et sûiv.

(7) Cf. J. Loth, dans Rev. archéol, 1925, II, p. 210.

(8) Vouroux, faubourg de Varennes, près de Vichy. C. I. L., XIII, 1497.

(9) Le souvenir s'en retrouve sur le terrain : Petit-Mars, Famars, etc.


190 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

sar, cité plus haut — a été représentée assez souvent sur des stèles.

Beaucoup de noms de divinités, que nous ne savons pas assimiler à des dieux romains, représentent certainement des génies topiques (1).

Les divinités orientales eurent quelque influence en Gaule. Sans parler des monuments mithriaques (à Koenigshofîen, près de Strasbourg : Rob. Forrer, Das MithraHeil von K., 1915, pi. ; stèle de génie (2) ; à Sarrebourg : F. von Fisenne, Das Mithrâum in S., 1896, pi. ; le basrelief de Bourg-Saint-Andéol ; la stèle de Saint-Aubin, Indre, etc.), on rencontre le Belus, originaire d'Apamée, à Vaison (3), le Dolichenus syrien, à Marseille (4), le Jupiter Heliopolitanus, à Nîmes (5).

Les « tauroboles » ou sacrifices d'un taureau à Cybèle ont laissé des souvenirs assez nombreux, par exemple : ceux de Vence (6) ; de Valence ; de Die ; de Lectoure, accompli pour le salut de Gordien III, de Tranquilline, de la maison impériale et de la cité de Lactora, offert par Yordo (équivalent à la municipalité), en 241 de notre ère (7).

Il va de soi que le Panthéon romain est largement représenté en Gaule ; car, outre certains Gaulois qui se sont '< romanisés » plus rapidement que d'autres, il y eut passablement de Romains dans la nouvelle province et les grandes divinités d'Italie doivent nécessairement s'y rencontrer. Mais, dans beaucoup de cas, ils ont des appellations instructives. Dès la frontière, Jupiter, au Grand(1)

Grand(1) exemple : Aramo (Aramon, Gard) ; Letinno (Lédenon, Gard), etc.

(2) Fr. Cumont, Textes et monum. rel. aux myst. de Mithra, t. II, p. 340.

(3) C. I. L., XII, 1277.

(4) C. I. L., XII, 403.

(5) Cf. Fr. Lenormant, dans Gaz. arch., 1876, p. 78, pi. XXI ; C. 1. L., XII, 3072.

(6) C. I. L., XII, 1.

(7) C. I. L., XIII, 511.


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Saint-Bernard, prend le surnom de Poeninus (C. I. L., III, 6881) et reçoit les témoignages de dévotion de tous les voyageurs (1). Ailleurs, Jupiter était qualifié de depulsorius (à Vaison) (2). Je n'entreprendrai pas d'énumérer les statues et figurines du roi des dieux. Et pas davantage celles d'Apollon (Lillebonne, Entrains, Sarrebourg, etc.) (3).

La Gaule celtique eut certainement un culte où la roue jouait un rôle (4). De là proviennent des figures de pierre (5), de bronze, de terre cuite (6), qui représentent un Jupiter associé à une roue.

Les hommages aux divinités des sept jours de la semaine se rencontrent (autel de Havange, au Musée de Metz (7), etc.).

Et, dans une contrée où l'on cultivait des vignes assez nombreuses, on devait s'attendre à découvrir des représentations de Bacchus (Vertault, Néris (8), Paris, Reims (9), près de Mâcon, etc.).

Naturellement, des images d'empereurs ont orné souvent des demeures plus ou moins officielles; ainsi, les

(1) Le point où s'éleva le temple était fréquenté au moins dès la première moitié du Ier siècle avant notre ère. Voy. Memorie délia R. Accademia délie Scienze di Torino, s. II, t. XLI, 1891, p. 331 et suiv. ; F. v. Duhn, Neue Heidelberger Jahrbûcher, I, 1892, p. 74-79. — Le sommet du Petit-Saint-Bernard était également consacré à Jupiter.

(2) C. I. L., XII, 1287 ; Cat. ill. du M. des Antiq. nat., I, flg. 195.

(3) Citons un Apollon Virotutis aux Fins d'Annecy (C. I. L., XII, 2525) ; un Apollon Moritasgus à Alise (J. Toutain, Alesia g.-rom. et chrét., 1933, p. 33).

(4) Les rouelles abondent sur notre sol et, bien que les destinations aient pu en être multiples, un certain nombre doivent se rattacher à un culte (soleil, feu). Alexandre Bertrand a mis ce rôle en évidence [La religion des Gaulois, 1897, p. 110).

(5) A. Blanchet, Le J. à la roue tr. à Champagnat (Creuse), dans Bull, archéol., 1923, p. 157 et suiv., pi. (bibl.).

(6) A. Blanchet, dans Étude sur fig. t. cuite G. r., 1891, pi. II, 25 ; M. Prou, Bull. Ant. Fr., 1915, p. 101, fig.

(7) Cf. Dict. des antiq. gr. et rom., s. v. Dies, fig. 2403.

(8) A. Blanchet, Deux bronzes ant. de N., dans Rev. archéol., 1924, I, pi. II.

(9) Rev. des Musées, t. III, 1928, p. 58.


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beaux bustes d'Auguste et de Livie, trouvés à Neuilly-leRéal (Allier). Mais nulle part on n'en trouva un plus grand nombre que dans les vastes établissements des MartresTolosanes (1). Des statues et têtes d'Auguste ont été découvertes aussi à Marseille, à Arles, à Vienne. Ce culte des empereurs était d'ailleurs favorisé par les cérémonies annuelles de l'autel de Rome et d'Auguste, à Lugdunum.

On ne saurait perdre de vue l'extrême complexité des croyances religieuses qui avaient cours en Gaule (2). Outre le fonds celtique, il devait en exister d'autres provenant de populations distinctes ; c'est ainsi que le dieu Maiurrus a été considéré comme ligure, et non sans raison (3).

Et nous rencontrons en Gaule des entités religieuses que d'autres contrées n'ont pas connues. C'est ainsi que nous avons des autels dédiés Sulevis Iunonibus (Marquise, P.-de-C.) (4), Proxumis suis (Nîmes) (5), etc.

Il n'est pas sans intérêt de grouper dans un paragraphe quelques oeuvres qui furent certainement importées (6). Sans insister sur les statuettes archaïques de Marseille et d'Auxerre (celle-ci aujourd'hui au Louvre), je citerai : la Minerve archaïsante de Poitiers (7) ; le buste d'Aphrodite (ou Artémis) d'Arles, copie d'un marbre grec du ve ou ive siècle (8) ; une statue d'Aphrodite trouvée à Arles,

(1) Recueil Espérandieu, nos 948 et suiv.

(2) Il suffit de renvoyer aux recherches de M. J. Toutain, Les cultes païens dans l'Empire romain, dans Bibl. École Hautes-Études, se. relig., III, 1920, p. 198 à 479 (pour la Gaule). Cf. Ch. Renel, Les religions de la Gaule.

(3) Cf. C. I. L., XII, 165. — Ce que nous pouvons savoir aujourd'hui, sur Les Ligures, a été résumé sous ce titre par M. A. Berthelot, dans la Rev. archéol., 1933, II (et à p., 108 p. et carte). Cf. G. Dottin, Les anciens peuples de l'Europe, 1916, passim.

(4) C. I. L., XIII, 3561 ; Cat. M. des Ant. nat, t. I, p. 167, fig. 214.

(5) C. I. L., XII, 3117-3126.

(6) Sur cette question, voy. aussi C. Jullian, H. G., t. VI, 1920, p. 169.

(7) Cette statue pourrait très bien appartenir à la première moitié du ier siècle de notre ère.

(8) S. Reinach, Têtes antiques..., 1903, n°s 135-136.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 193

copie d'un original grec de la première moitié du ive siècle (1) ; l'Aphrodite accroupie de Vienne, copie romaine d'une oeuvre de Doidalsas ; le torse de Dionysos, de Rochegude (Drôme), copie d'un original grec du ive siècle (2) ; le Diadumène de Vaison, copie romaine de l'oeuvre célèbre de Polyclète (3) ; le groupe de femme assise et de fillette, d'art alexandrin du ier siècle, à Apt, etc. Et beaucoup de statuettes de bronze, telles que celles de la trouvaille dite de Chalon-sur-Saône (4), ont sûrement été importées de Rome ou d'Alexandrie (5).

De même pour un Mars de bronze (Reims), pour l'Apollon trouvé dans la Creuse (6), l'Hercule de Feurs (7), etc.

On ne saurait être surpris de ce goût pour des oeuvres venues de diverses régions de l'Empire. Car, dans des inscriptions, plusieurs langues furent employées, quelquefois ensemble (latin, grec et celtique : C. I. L., XIII, 1326).

LA VIE PUBLIQUE

Les inscriptions diverses et les stèles funéraires nous renseignent sur tous les corps de métiers ; en voici quelques exemples :

Architecte (Bordeaux) ; surveillant de l'oeuvre de la ba(1)

ba(1) de l'Art anc. et mod., 1912, t. I, p. 88 ; É. Michon, dans Monuments Piot, t. XXI, 1913, p. 13.

(2) Recueil Espérandieu, n° 2590.

(3) M. Collignon, Hist. sculpt. gr., I, p. 497 ; Monuments Piot, III, pi. 14 ; Ch. Picard, La sculpt. antique, 1923, t. I, p. 380.

(4) E. Babelon et A. Blanchet, Catal. des bronzes de la Bibl. nat., 1895, n°B 9,114,130,156,168, 268, 319, 340, 431,1009 ; L. ArmandCalliat, Recherches sur les bronzes romains de Fragnes (Mém. Soc. Chalon-sur-Saône, t. XXXI, 1925).

(5) Cf. A. Blanchet, Étude sur la décoration des édifices de la Gaule rom., 1913, p. 140.

(6) S. Reinach, dans Gaz. des Beaux-Arts, 1924, I, p. 15 ; É. Michon, dans Rev. des Musées, 1927, p. 326, et Beaux-Arts, 1927, p. 215.

(7) Rev. archéol., 1933, II, p. 56, fig. — De nombreuses appliques de bronze (Achéloos de Lezoux ; Vulcain de Sens ; Junon de Lavaux ; divers de Valence ; taureau d'Autun, etc.) portent aussi

CONGRÈS DE PARIS, II. 13


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silique, pour les travaux de marbre et de pierre (Nîmes ; exactor..., C. I. L., XII, 3070); architecte ou peintre, ou maître charpentier (Sens, Autun, Bordeaux) ; scieurs de long (Reims) ; sabotier (Reims) ; forgeron (Sens) ; maîtres charpentiers et stucateurs (Lyon; C. I. L., XIII, 1734; Allmer-Dissard, t. II, 185); drapiers (tondeur et foulon ; Sens) ; marchand d'habits (Stenay) (1) ; cordonnier (Autun, etc.); peigneurs de laine (?Lyon; C. I. L., 2023) ; transporteur de boisson (Autun) ; aubergiste (Vossius Crescens, copo; à Autun) ; pharmacienne? (Épinal) ; médecin et oculiste (Montiers-sur-Saulx) ; vétérinaire (tenant un hipposandale (2) ; Scarpone) ; marchande de fromages (Grand) ; marchand de denrées, boucherie, etc. (Lyon ; C. I. L., XIII, 2018) ; marchand à son comptoir (Lillebonne) ; fabricant d'instruments de musique (Nîmes) ; fabricant de vases d'argent (Lyon ; C. I. L., XIII, 2024) ; ouvriers bronziers de Diara (Meyzieu, Isère) ; autre bronzier (à Nîmes) ; verrier (Alexandre, Africain, citoyen de Carthage, à Lyon ; C. I. L., XIII, 2000) ; potiers (Apriclius Priscianùs, exercens artem cretariam, à Lyon ; Allmer et Dissard, Inscr. ant, t. II, p. 447 ; C. I. L., XIII, 1978) ; marchand de poteries (Vitalinus Félix, negotiator lugdunensis artis cretariae; Ibid., p. 459, et C. I. L., XIII, 1906, et 2033) ; etc.

Danseur (Antibes), etc. ; rétiaire, myrmillons, etc. (Nîmes) ; acteurs (Nîmes).

Cette population possédait des viviers (3) et fabriquait des condiments salés (4).

l'étiquette « Art grec ou alexandrin ». La question est complexe et digne d'être étudiée.

(1) Les Gaulois avaient des vêtements dont les Gallo-Romains se servirent également : la caracalla, le cucullus (Saintes, Langres), le birrus (Atrébates).

(2) Sur les hipposandales servant à protéger les pieds malades des bêtes, voy. H. Corot, dans Pro Nervia, 1928 ; X. Aubert, dans Rev. des Musées (Dijon, 1929 ; cf. 1930, p. 81-86, fig.).

(3) Dr A. Donnadieu et Dr J. Vadon, Le vivier maritime g.-rom. de la Gaillarde, près de Saint-Aygulf, 1930.

(4) A Antibes, par exemple : Pline, H. N., XXXI, XLIII, 2.


ARCHÉOLOGIE' GALLO-ROMAINE 195

L'art n'était pas absent même de certains objets, simples en apparence. Ainsi, des médaillons de pierre {oscilla), destinés à protéger des champs, étaient couverts de sculptures (Nîmes ; Narbonne ; La Buisse, Isère ; Vaison ; Orange ; Vienne ; Amiens).

D'après les monuments figurés, bas-reliefs, mosaïques, etc., la chasse était une des principales occupations de la vie rurale (1). Et même, il paraît bien, d'après une stèle funéraire de Salignac-sur-Loire, que nos pères ont connu l'arbalète plusieurs siècles avant l'époque tardive où on la fait généralement apparaître.

La pêche au moyen d'engins analogues aux nôtres était pratiquée peut-être autant.

Les monuments, qui nous apprennent beaucoup de détails sur la vie quotidienne des Gallo-Romains, nous renseignent sur leur costume, et des bas-reliefs nous montrent des chaussures diverses (Lillebonne, Langres, etc.) (2). Et l'on voit même des enfants dans leur berceau, maintenus par des liens, et accompagnés d'un chien sur leurs pieds (Nuits).

La médecine a la place qui lui est due : des trousses de médecins, chirurgiens et oculistes (Reims) (3) et cachets d'oculistes (sur moins de 250 connus, 150 environ ont été trouvés sur le sol de la Gaule) (4), qui portent, plus ou moins longuement, les noms de leur propriétaire et des collyres qu'il vendait.

Ce monde n'ignore pas les instruments qui mesurent le temps, par exemple : la montre solaire du Hiéraple (près

(1) Voy., entre autres, un oiseleur avec des cages et la chouette servant d'appeau, sur un bas-relief de Sens.

(2) Une autre sorte de chaussure est révélée par un pied de bronze de Périgueux (E. 7498).

(3) Rev. archéol., 1855,- p. 435 ; 1893, I, p. 297 ; Denefîe, Étude sur la trousse d'un chirurgien gallo-rom., Anvers, 1893. — Épitaphe du médecin C. Antistius Ant..., à Nîmes (C. I. L., XII, 3441), etc.

(4) E. Espérandieu, Signacula medicorum oculariorum, 1905 (extr. du C. I. L., XIII, 3, 2, et augmenté de 68 pi.) ; Supplément, dans Rev. archéol., 1927, II, p. 158. Cf. A. Blanchet, dans Comptesrendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1934, p. 142.


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de Forbach) (1) et le calendrier de Grand, qui permettait de « calculer rapidement la longueur du jour aux différentes époques de l'année, ce qui était nécessaire pour régler les clepsydres » (2) ; et les cadrans solaires ordinaires sont très nombreux (Alise, Aix-les-Bains, Saint-Bertrandde-Comminges, etc.).

Nous voyons tous ses gens remuant, agissant diversement, voyageant ou transportant leurs marchandises (chars traînés par des mules, Langres, Saint-Bertrand-deComminges (3) ; voiture à deux roues traînée par un cheval, Sens).

Nombreux aussi sont les vaisseaux et barques représentés sur des bas-reliefs (4), ou en bronze. Et de nombreux naulae de divers cours d'eau sont connus par des inscriptions (5). Ceux de l'Ardèche, de l'Ouvèze, de la Saône et du Rhône avaient des places réservées dans l'amphithéâtre de Nîmes.

L'outillage de tout ce peuple nous est en grande partie connu et il est d'une diversité inattendue, sur laquelle je ne puis donner de détails (6) ; mais je veux toutefois signaler des bêches de bois, avec armature de fer, curieux modèle que le Moyen Age a conservé ; des meules et mortiers un peu partout ; des seaux de bois (Alise, etc.) ; la pompe aspirante et foulante de Benfeld (7).

On a retrouvé des appareils d'éclairage remarquables :

(1) Cf. Mèm. Soc. Antiq. Fr., t. LVII, 1896, p. 1 et suiv.

(2) De la Noë, dans Mém. Soc. Antiq. Fr., 1888, p. 171 ; C. I. L., XIII, 5955.

(3) Je laisse de côté le char du bas-relief de Vaison.

(4) La stèle funéraire du transporteur Blussus, à Mayence, est très instructive.

(5) Pour la circulation sur les cours d'eau, voy. un essai de L. Bonnard (La navigation intérieure de la Gaule à l'époque gallorom., 1913, fig.). M. Grenier a consacré la seconde partie du t. VI du Manuel Déchelette à la Navigation (et occupation du sol ; 1934).

(6) Il suffit de renvoyer à l'excellent recueil de M. Champion, dans la Rev. archéol, 1916, I, p. 211-246, fig. (cf. Cat. illustré du Musée des Antiq. nat., t. I, 1917, p. 257 à 290).

(7) Dict. antiq. gr. et rom., s. v. Sipho.


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lampadaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux {Rev. archéol., 1913, I, p. 77, pi. I-II) ; lampe de bronze avec dauphins et lions, trouvée à Paris, etc. Et, quant aux lampes de terre cuite, elles sont innombrables.

Sur une stèle d'Autun, j'ai reconnu qu'un enfant était représenté avec le « sabot » {turbo) et le fouet qui servait à le mettre en action.

Les instruments de musique ne sont pas rares : flûtes de Pan, de bois (Alise), de bronze (Agen ; voy. Pro Alesia, t. I, p. 201) ; des trompettes de bronze (embouchure, Alise ; entière, Musée de Saumur) ; sistre de bronze (Berthouville, Eure).

L'industrie de l'os était développée (ateliers à Alise, à Vienne, etc.) et l'on a recueilli des quantités de pions de jeux divers et de cylindres percés de trous, qui ont été considérés comme pouvant servir de charnières (de meubles).

Il y avait des meubles de tous genres, dont ont fait partie des appliques remarquables comme le masque d'Achéloos de Lezoux (1) ; la tête de Méduse de Saint - Honoré-les-Bains (2) ; le griffon de Mandeure (3) ; le mulet de Brasles (Aisne) (4) ; le taureau d'Autun (5), etc.

Une boîte de bronze avec serrure a été trouvée à Suèvres (Loir-et-Cher) ; un remarquable coffret d'ivoire, découvert à Vienne, est constitué par une tête exquise (6). Et encore une cassette à bijoux, en bronze, à poignées, avec cinq compartiments (ne siècle), a été recueillie près de Savignysous-Beaune.

Les bijoux en toutes matières sont très nombreux. Sans parler des trouvailles antérieures à 1830, on peut citer

(1) S. Reinach, dans Rev. archéol, 1890, II, p. 297, pi. XVI.

(2) A. Blanchet, dans Rev. archéol, 1893, I, p. 4, pi. I.

(3) S. Reinach, Bronzes figurés, n° 282.

(4) A. Barbey, L'âne bachique... déc. à. Brasles, 1867.

(5) G. Froehner, Cat. coll. Gréau, Bronzes, n° 990, pi. XXXVI.

(6) A. Maître, dans Rev. archéol, 1894, II, p. 152, pi. XI-XV.


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bien des dépôts — généralement mêlés à des monnaies : Boult-sur-Suippes (Marne ; 1849) ; La Planche, Le SaultVillebois, Saint-Paul de Varax (Ain ; 1889, 1862, 1853) ; Chalain-d'Uzore (Loire; 1888); Vinay (Isère; 1855); Saint-Barthélémy (Lot-et-Gar. ; 1832) ; Le Veillon (Vendée ; 1856) (1) ; Rennes (I.-et-Vil. ; 1881) ; Danzé .(Loir-etCher ; 1848) ; environs de Mérouville (Eure-et-Loir ; 18581859) ; Néris (Allier).

Des bijoux, moins précieux, mais émaillés de couleurs variées et sans doute rutilants dans l'état neuf, ont été fréquents en Gaule, plus peut-être que dans les autres parties de l'Empire romain. C'étaient des produits d'une technique que les Gaulois avaient pratiquée au MontBeuvray (2).

Une multitude de petits objets sont taillés dans le cristal de roche, comme l'Amour dans un char traîné par deux boucs, trouvé près d'Azay-le-Rideau (3) ; dans la corne de cerf, comme l'Amour tenant une chaîne, recueilli à Saint - Oulph (Aube) (4) ; dans le succin ou ambre jaune, près d'Azay-le-Rideau, et à Lillebonne (enfant pleurant) (5) ; à Nîmes (masque d'Atys, scorpion, lièvres, chiens, en ambre rose) (6) ; dans le jais (médaillon de l'Abondance, à Reims) (7), etc.

Les pierres gravées (camées et intailles) sont relativement communes et l'on en trouve dans maints dépôts monétaires (8) (on a quelquefois pris des pâtes de verre pour

(1) Les trésors de Chalain-d'Uzore et du Veillon contenaient, en particulier, des dizaines de bagues d'or et d'argent.

(2) Sur les objets de ce genre, voy. Françoise Henry, Émailleurs d'Occident, dans Préhistoire, t. II, fasc. 1,1933, fig. 34, 35, etc.

(3) W. Dorow, Dorow's Sammlung... Opferstàtte und Grabhugel, I, 1826, p. 67, pi. XVIII, 2.

(4) Cat. du Musée archéol. de Reims, n° 1659.

(5) Abbé Cochet, La Normandie souterraine, 2e éd., 1855, p. 137, pi. VI, 2.

(6) F. Mazauric, dans Mém. de l'Acad. de Nîmes, t. XXX, 1907, p. 300.

(7) Cat. Musée archéol. de Reims, n° 4992 6, fig.

(8) Ces intailles sont généralement serties dans des bijoux : bagues


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 199

de véritables intailles). Dans quelle mesure ces intailles sont-elles des oeuvres d'artistes gallo-romains? En général, nous ne pouvons le savoir. Et je suppose que les camées, comme le grand fragment représentant un empereur dans un char triomphal (trouvé à Vienne ; Musée Ant. nat.), ont été presque toujours importés (1).

En général, les artistes, probablement esclaves ou affranchis pour la plupart, n'ont pas signé leurs oeuvres, ou du moins c'est l'exception ; et c'est le cas pour les bronziers, dont les produits sont d'ailleurs quelquefois importés (2) ; pour les mosaïstes {Q. Amiteius, à Luc, Drôme ; Conculcanus, à Saint-Romain, Tarn-et-Garonne ; Ferronus, à Mienne-Marboué, Eure-et-Loir ; T. Sennius et Amor, à Lillebonne ; Modicus, à Bavay) (3). Et c'était aussi l'habitude de beaucoup de céramistes, soit des modeleurs de figurines, ordinairement en terre cuite blanche (surtout de la région de l'Allier). Ces industriels portent des noms dont beaucoup sont évidemment gaulois {Ioppilo, Ioppios, Rextugenos, etc.), mais dont beaucoup aussi sont romains {M. Natti. Arc, Fidelis, Sulpicini, Verianus, Secundus, etc.) (4).

Par contre, les auteurs de médaillons, qui ornaient des vases de la vallée du Rhône, ont été plus modestes.

Quant aux marques imprimées sur des vases variés, elles se comptent par centaines, et, ne pouvant en aborder l'énumération, je renvoie simplement au C. I. L.

dans les trésors du bois de Lihons (Somme), d'Autrèches (Oise) ; colliers, etc., Naix (Meuse). Voy. mon livre sur Les ù-ésors de monnaies rom. en Gaule, 1900, n 09 44,103, 122, etc.

(1) Il en est sans doute de même pour le camée de Minerve, monté en bague, du trésor de Danzé.

(2) R. Mowat, Marques de bronziers..., Vienne, 1884.

(3) Je laisse de côté quelques noms incertains et aussi ceux qui se rencontrent sur des pavements situés en dehors des limites de la France actuelle.

(4) Voy. mon Étude sur les figurines en terre cuite de la Gaule rom., 1891, p. 28 à 39 [Mèm. Soc. Antiq. Fr., t. LI) ; Supplément, 1901 (Ibid., t. LX). Je laisse de côté les oeuvres exécutées sur les bords du Rhin, rive droite.


200 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

(XIII, 3e partie, fasc. I, 1901), qui est d'ailleurs incomplet. Comme je l'ai dit plus haut, à propos des inscriptions funéraires ou de monuments divers, c'est grâce aux listes, dressées, au cours du dernier siècle, par de nombreux érudits français (1), que cet instrumentum a pu être réalisé.

Il n'y a pas de province de l'Empire romain qui ait, autant que la Gaule, fabriqué et répandu des produits de cette céramique rouge, imitée d'abord de celle d'Arretium, dont on n'a pas encore retrouvé tous les secrets de fabrication (2). Ces poteries vernissées, d'une pâte fine et dure, à surface unie ou décorée de nombreux sujets en relief (3), sont sorties de plusieurs ateliers dont les plus considérables sont certainement ceux de La Graufesenque (Aveyron) et de Lezoux (Puy-de-Dôme). Mais il est évident que d'autres officines ont existé sur le sol de la Gaule, et, dans un travail remontant à plus de trente ans, j'ai signalé près de quatre-vingts points où des fours de potiers ont été reconnus en France (4). Évidemment, ces ateliers sont d'importance inégale, mais, à côté des deux cités plus

(1) Je ne puis les citer tous ; je rappellerai seulement les noms de J.-B. Bouillet (1864) ; du Belge Schuermans (1867) ; de H. de Fontenay (1874), E. Taillebois (1882), Camoreyt (1894), H.-E. Sauvage (1908).

(2) J'ai donné un « Essai d'une bibliographie de la céramique de la Gaule rom. » dans mes Mélanges d'archéologie gallo-rom., IIe fasc, 1902, p. 121 et suiv., 403 nos. Depuis, des ouvrages importants ont été publiés : J. Déchelette, Les vases céramiques ornés de la G. r. (1904, fig.) ; F. Oswald et D. Pryce, An introduction to tke study of Terra-Sigillata (Londres, 1920) ; l'abbé F. Hermet, La Graufesenque (Condatomago), I : V ases sigillés ; II : Graffiies (Paris, 1933, pi.). — Conformément à mon plan, restreint à cause des nécessités exposées plus haut, je laisse de côté les remarquables travaux publiés, en Allemagne, par MM. R. Knorr, A. Oxé, E. Ritterling, Geissner, Harster et par Mlle Foelzer (ce dernier est cependant utile pour les ateliers de l'Est de la Gaule). Je sais parfaitement que les produits des ateliers d'outre-Rhin sont en relations étroites avec ceux de la Gaule.

(3) Ces motifs étaient imprimés dans des moules (dont beaucoup ont été retrouvés) à l'aide de poinçons mobiles.

(4) Dans mes Mélanges précités, p. 88 à 117.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 201

haut, il faut encore mentionner : Banassac (Lozère), Montans (Tarn), Orange, Vienne, Lyon, Vichy et diverses localités du département de l'Allier ; divers fours dans l'Oise ; à Saint-Nicolas, près de Nancy ; à Chémery, etc. * Il est possible que la fabrication la plus ancienne de vases ornés soit celle révélée aux « Crèches » de Saint-Remy, à sept kilomètres de Vichy ; ce sont des produits de terre blanche, décorés de fleurons très fins (1).

Pour les lampes (2), nous connaissons au moins un centre de fabrication dans la région de Vaison et des Voconces, d'où viennent sans doute les nombreux échantillons marqués L. H os. Cri.

Quant aux tuiles et briques, on peut localiser les marques Mari et L. Herenni et Castor en Provence ; celle de Clariana à Vienne ; celle de Merula Toutissae dans l'Ouest.

Les antéfixes A'Elvïlus peuvent être d'Autun et celles de Secundus Rufi sont fréquentes dans la région d'Orange. Les formes ayant peu évolué, la poterie commune, très fréquente aussi, resterait cependant très souvent « anonyme », c'est-à-dire qu'on ne pourrait lui assigner une époque, si d'autres objets ne permettaient pas de la dater (3). Mais naturellement les amphores sont aisément reconnaissables et on en a trouvé par toute la France (Paris, forêt de Compiègne', Corent, Châteaumeillant, MontBeuvray, Hantoche, etc.).

Signalons aussi les curieux supports de vases {inciteil) J. Déchelette, dans la Rev. archéol, 1901, I, p. 360-394. La marque Aco est probablement de ce centre.

(2) L'ornementation en est très variée et empruntée à toutes les manifestations de la vie humaine. Voy. W. Deonna, dans Rev. archéol, 1927, II, p. 233-263. — On a dû en dédier dans des sanctuaires et certaines ont pu avoir une valeur talismanique : Dr A. Donnadieu, Lampes talism., dédiées à la déesse Luna..., 1930 (Mém. de l'Institut des fouilles de Provence et des Préalpes, t. I, 1926-1929).

(3) J'ai commencé, il y a plus de vingt ans, une enquête sur les vases datés par les dépôts monétaires qu'ils contiennent. J'en donnerai prochainement les premiers résultats.


202 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

gae) de terre cuite ou de pierre, décorés d'ornements incisés ou découpés (1).

La verrerie romaine a été plus riche de formes et de couleurs que la nôtre et la Gaule en a connu presque toutes les variétés (2). Urnes cinéraires, aiguières ornées de cabochons et de spirales en fil étiré, amphorisques à deux anses, coupes côtelées, bols décorés de cabochons ou de traits gravés, bols ornés de chasses et de courses de chars, gravés ou moulés (Clermont-Ferrand, Lezoux) (3), vases en forme de grappe, de têtes (Boulogne-sur-Mer, Poitiers, Saintes), bouteilles à deux compartiments (cimetière de Caranda), vase en forme de singe jouant de la syrinx (nécropole de Vermand, Aisne).

Un vase trouvé dans les Hautes-Alpes porte peutêtre des indications de mesures (4), comme celles que Peiresc tentait déjà de déterminer, pour tous les récipients antiques.

Il convient de faire une place spéciale aux barillets de verre fabriqués sans doute dans le Nord, et dont les marques ont permis de parler de fabrique frontinienne. Beaucoup de vases analogues ont dû être imités ailleurs et portent des marques diverses, et l'on a des verreries portant la marque du verrier sidonien Artas.

Citons aussi un masque de verre bleu avec la marque Amarantus f. c. (Alise).

Cette civilisation était très riche, et l'on ne peut songer ici à relever tous les faits qui le prouvent. Rappelons seulement les trésors d'argenterie de Berthouville, près de

(1) Voy. H. Lorimy, dans Bull, archéol, 1924, p. 111, fig.

(2) W. Froehner, La verrerie antique, 1879 ; A. Kisa, Das Glas im Altertum, 1908 ; Morin-Jean, La verrerie en Gaule sous l'empire romain, 1913 ; R. Lantier, La verrerie [1931].

(3) Une coupe à reliefs, représentant des gladiateurs, a été trouvée à Chavagnes-en-Paillers, Vendée (E. Espérandieu, Épigr. rom. du Poitou, 1889, p. 363, fig.).

(4) G. de Manteyer, Le vase de Monlclus, Gap, 1932, pi. (Bull. Soc. éludes H.-A., 1931).


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 203

Bernay, de Notre-Dame d'Alençon, les patères de Toulouse, les plats-d'argent de Romans, les statuettes du philosophe de Bordeaux, de la divinité de Saint-Honoré-lesBains, les sept statuettes du trésor de Mâcon, etc. (1), les belles patères d'argent d'Aigueblanche (2), les phalères d'argent d'Ittenheim (3), la patère d'or de Rennes, les bijoux de La Planche (4), le trésor d'Autun (5), le trésor de Beaurains (près d'Arras), un des plus importants trésors de bijoux, de monnaies et médaillons d'or trouvés en Gaule (6), les trésors de monnaies d'or de TronchoyHornoy, de Quiquère, de Helleville, de Monaco (7), de Troyes, de Langres, de Paris, d'Ambenay, du Veillon, etc. (8).

Quand on songe à tout ce que les invasions et les troubles intérieurs ont détruit depuis dix-sept siècles, à tout ce que le temps a transformé, on peut se dire que la Gaule a connu alors, pendant les trois premiers siècles du gouvernement impérial, une ère de prospérité qu'elle n'a peutêtre jamais dépassée, même aux plus beaux jours de l'Histoire de France.

Notre pays eut même alors des ateliers monétaires :

(1) H. Thédenat et A. Héron de Villefosse, Les trésors d'argenterie en Gaule, dans Gaz. archéol, 1885. — C'est à dessein que j'écarte le canthare dit « d'Alise ». Sur le trésor de Mâcon, cf. le rarissime inventaire signalé par M. Espérandieu, dans Rev. archéol, 1925, II, p. 113.

(2) Bull, archéol, 1891, p. 95, pi. X.

(3) R. Forrer, dans Cahiers d'archéol. et d'hist. d'Alsace, nos 85-92, 1931-1932, p. 17, pi.

(4) E. Poncet, dans Rev. numism., 1889, p. 514 et suiv., pi. X et XI.

(5) A. Blanchet, dans Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, 1933, p. 368 et suiv.

(6) A. Baldwin Brett, dans The Numismatic Chronicle, 1933, p. 268 et suiv., pi. (bibliographie).

(7) Sur les bijoux et le petit buste d'or de ce trésor, voy. A. Héron de Villefosse, fr. de M..., 1880, fig. (et Mém. Soc. Antiq.Fr.,t. XL).

(8) Pour la plupart de ces découvertes et d'autres, voy. mon livre Les trésors de monnaies rom. et les invasions germaniques en Gaule, 1900, n°s 284, 433, 32, 536, 424, 233, 154, 114, 326 et 327, 381, 579, etc.


204 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Lyon (dès le commencement de l'Empire) ; plus tard, Arles, Amiens (en 352-356), Narbonne (1). Et il a connu aussi le faux monnayage, pratiqué surtout à l'aide de moules en terre cuite.

LES NÉCROPOLES

Si beaucoup de faits nous renseignent sur la vie de nos pères, il y a quelque dix-huit à vingt siècles, il faut dire que nous tirons au moins plus de la moitié de ces renseignements des monuments (2) qui leur ont été élevés après leur mort ou de sépultures plus simples sans stèles. Le nombre et l'importance des nécropoles gallo-romaines sont tels que, bientôt, il sera possible d'écrire une histoire de la sépulture de cette période. Comme dans le reste de l'Empire, et dès les premiers temps (3), ces cimetières s'étendaient le long des voies.

On admet généralement que l'inhumation a remplacé l'incinération vers le commencement du me siècle de notre ère (4). Mais la nécropole des Dunes, à Poitiers, révèle un certain nombre de faits qui prouvent que, pour cette question aussi, il n'y a vraiment pas de règle générale sans exception. Car, à côté de sépultures à incinération, à peu près datées par des monnaies de Tibère, de Domitien, de Trajan, etc., jusqu'à Septime-Sévère, le P. de la Croix a reconnu des tombes à inhumation datées (approximativement) par des as à l'autel de Rome et d'Auguste (donc pas après Tibère) et par des monnaies de Ves(1)

Ves(1) ne puis entrer ici dans les détails du monnayage galloromain et je renvoie à mon volume du Traité de numism. française (t. 1,1912, p. 100 à 182, fig.).

(2) Sur un type de stèles, qui serait spécial au pays éduen, voy. H. Graillot, dans Mém. Soc. éduenne, XXX, 1902, p. 251. Sur celles de Luxeuil, voy. L. Barbedette, dans Rev. archéol, 1926, I, p. 273.

(3) On connaît les exemples bien conservés de Pompéi, d'Ostie, etc.

(4) Cat. ill du Musée des Antiquités nat., t. I, p. 220 et suiv.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 205

pasien, de Domitien (plusieurs exemples), d'Antonin (plusieurs), et ensuite jusqu'à Dioclétien (1).

Quand les nécropoles ont duré plusieurs siècles, la proportion des sépultures des deux sortes varie naturellement beaucoup. Par exemple, dans un cimetière de Soissons, il n'y avait qu'une vingtaine de cas d'incinération contre 500 tombes à inhumation (2). On a pu conclure de faits analogues que les inhumations étaient plus fréquentes chez les populations pauvres.

Parmi les tombes à inhumation, mentionnons spécialement celles de Martres de Veyre, qui ont rendu des étoffes remarquablement conservées (3).

Certaines nécropoles révèlent des « mobiliers » funéraires particulièrement riches, celui de Vermand, par exemple, qui a fourni beaucoup d'objets curieux et de verres remarquables (4).

Beaucoup de ces cimetières gallo-romains, même quand ils fournissent de nombreux objets, ne présentent pas de stèles au-dessus des tombes. Mais, quand on songe au nombre de monuments funéraires retrouvés dans les enceintes construites, pour protéger les cités, à partir de 270 environ, il apparaît que toutes les pierres, de quelque genre qu'elles fussent, ont été employées : on a pillé les morts pour protéger les vivants (5).

(1) Fr. Eygun, Le cimet. g.-r. des Dunes, à Poitiers (Journal de fouilles du P. C. de la Croix, 1934, p. 64, 66, 67, 82, 132, 143, 169, etc.).

(2) F. Blanchard, dans Bull, archéol, 1908, p. 199 et suiv.

(3) A. Audollent, Les tombes de Martres de Veyre (1922).

(4) Th. Eyck, dans Mém. de la Soc. acad. de Saint-Quentin, 18841885, pi.

Comme autres cimetières gallo-romains, je citerai : celui de la Fosse-Jean-Fat, à Reims (Aug. Nicaise, 1883, pi.) ; celui de Beauvais (E. Mathon, 1856 et 1858 ; Dr Leblond) ; celui d'Orléans (E. Jarry, 1913) ; ceux de Cany, Dieppe, Étretat, etc. (Cochet, La Normandie soûl.) ; d'autres dans l'Aisne (Album Caranda de Fr. Moreau ; mém. de Vauvillé sur nécropole de Soissons, etc.).

(5) Sur ce remploi de matériaux provenant de destructions faites par les ennemis ou par les constructeurs de la muraille eux-mêmes,


206 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

Parmi les stèles, on en trouve de très artistiques, qui nous montrent des personnages entre des pilastres ornés de feuillages (Lillebonne, Sens, etc.).

Les sarcophages de pierre ou de marbre sont fréquents ; et assez nombreux sont ceux qui sont décorés de bas-reliefs remarquables (1). Ces derniers ont dû être importés d'Italie.

Très souvent, on a recueilli des sarcophages de plomb (2), assez semblables à ceux que l'on trouve dans d'autres parties de l'Empire romain. Souvent, les tombeaux sont très volumineux (exemples au Musée épigr. de Nîmes) ; ce sont quelquefois de véritables monuments (Saint-Remy, Lanuéjols). Et à cette catégorie appartiennent les pyramides (3) et les piles (4) , ces dernières sur le bord des routes. D'autres tombeaux, plus modestes, affectent la forme de la maison du défunt (surtout dans l'Est) (5).

Parmi les sépultures remarquables qui ont fait l'objet d'études particulières, il faut mentionner celle de Chassenard (Allier), qui contenait un masque de fer et un insigne militaire de bronze en forme de lyre {corniculum) (6).

voy. mon livre sur Les enceintes romaines de la Gaule..., 1907, p. 66 et passim.

(1) Plusieurs sont célèbres : le tombeau de Jovin, à Reims ; celui dit de saint Ludre, à Déols (Chasse ; cf. Arles et Cahors). Quelquesuns, moins connus, sont plus remarquables du point de vue artistique (Musée d'Arles ; Musée du Louvre, deux de saint Médard d'Eyran ; ete). D'autres, comme le sarcophage de Sertoria Festa (Saint-Just-Lyon), avec sa figure féminine et les amours couchés aux angles, font penser à divers tombeaux du Moyen Age et de la Renaissance.

(2) A Beauvais (Rev. archéol, 1858, pi.) ; à Lieusaint, près de Valognes, etc.

(3) H. de Gérin-Ricard, dans Bull, archéol, 1903, p. 36 et suiv.

(4) Bull, monum., 1898, p. 5 à 68 et 534 ; Congrès des Soc. du SudOuest, à Auch, 1910, etc.

(5) E. Linckenheld, Les stèles funéraires en forme de maison chez les Médiomatriques et en Gaule (1927, pi.).

(6) J.Déchelette, dans Rev. archéol, 1903, I, p. 235, fig. Époque de Caligula.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 207

Ce n'est pas la seule tombe de soldat que nous connaissions et l'on peut en citer beaucoup d'autres, avec des représentations, comme celle du cavalier Albanus, de l'aile des Astures {C. I. L., XIII, 2613 ; E. 2150), et celles des Valerii, retrouvées à Amiens, où il y a un circitor, un imaginifer, etc. (E. 3940-3) (1) ; la stèle du soldat Lepontius, détruite à Strasbourg, en 1870, etc.

On s'est parfois mépris sur la nature de certains monuments ; c'est ainsi que de bons érudits ont cru qu'ils pouvaient considérer comme un tombeau un édifice souterrain à Neuvy-Pailloux (arr. d'Issoudun). J'ai démontré qu'il s'agissait plutôt d'un cellier, puisque cinquante-sept amphores y ont été retrouvées et que la salle était; couverte d'un plafond soutenu par des poutres (2).

Un mode très fréquent de sépulture à incinération est constitué par une urne de verre (généralement bleuâtre), qui renferme les cendres (avec des bijoux et objets quelquefois) (3) et est protégée elle-même par une caisse de pierre (4). Ce récipient prend quelquefois la forme d'une urne surmontée d'une pomme de pin, emblème funéraire (Lyon) (5). Dans l'Est, le récipient funéraire affecte souvent la forme d'une maison.

Il faut encore signaler des sépultures en jarre ou amphore, employées quelquefois pour des enfants (6).

Enfin, n'oublions pas que nos pères avaient aussi des concessions funéraires, indiquées par le nombre de pieds en façade et en profondeur (Nîmes, etc.).

(1) Voy. un autre circitor (numeri Dalmatarum) à Châlons-surMarne.

(2) Le prétendu tombeau antique de N.-P. (dans Rev. archéol, 1921) ; j'ai donné encore d'autres arguments.

(3) Par exemple, l'urne contenant une clef-ancre et une bague à chaton, de fer, à Sérandon (arr. d'Ussel) (Bull Soc. I, se. et arts Corrèze, 1930, p. 170).

(4) Mode très fréquent dans le centre de la France (voy., par exemple, le Musée de Guéret).

(5) Cet emblème est fréquent sur des stèles (Langres, Bourges).

(6) Voy. mes Mélanges d'archéol. g.-rom., 1893, p. 54.


208 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

De toutes les stèles funéraires, réunies aujourd'hui, pour la plupart, dans le Recueil de M. Espérandieu, on souhaiterait de dégager les traits essentiels de la population de la Gaule. Même en admettant l'incertitude inhérente aux oeuvres d'art, sorties de mains plus ou moins habiles, on peut croire que la plupart des types de la population ne s'éloignaient pas beaucoup de ceux que nous côtoyons aujourd'hui. Nous possédons même des documents analogues à ceux de Pompéi : les masques, .moulés accidentellement, de deux petites filles, l'une à Lyon (1), l'autre, plus jeune, dans le cimetière de la rue Nicole, à Paris (2).

Des effigies de particuliers, en toutes matières, nous ont été conservées : le buste d'Esumopas Cnusticus, en bronze, trouvé près d'Evreux ; celui de Pacatianus, en bronze, à Vienne ; celui d'un inconnu, en argent, à Vaison, etc. Mais, s'il y avait de véritables Gaulois, d'ailleurs de races diverses, une quantité de Romains, militaires, fonctionnaires, propriétaires, résidaient en Gaule. C'est donc avec la plus grande prudence que l'on pourrait rechercher les types anciens de la population de la Gaule romaine.

Pour la question, les statuettes de paysans gallo-romains, trouvées à Velleron, à Reims, dans les marais de Rivery, sont de première importance (3).

Ainsi, arrivé au terme de ma tâche, mais sans la terminer à mon gré, je crois que je suis parvenu cependant à présenter une esquisse de la vie de la Gaule romaine,

(1) Ce masque de la petite Claudia Victoria, trouvé en 1874, rue de Trion, a été produit, dans la tombe, par du plâtre mélangé de chaux. L'enfant (grande bouche, yeux allongés) avait été ensevelie avec sa poupée articulée en ivoire et des épingles de bronze. Voy. Steyert, JV. histoire de Lyon, I, p. 335 ; Recueil Espérandieu, 1786.

(2) H. Thédenat, dans Bull, monum., t. LU, 1886, p. 138, pi. — On connaît aussi un exemple de momie d'enfant, qui doit être du ier siècle (D. Mater et Dr Témoin, dans Mém. Soc. des Antiq. du Centre, t. XXXIII, 1910, p. 1).]

(3) Voy. mes Mélanges d'archéol. g.-rom., 1893-1902, p. 63, pi. VI.


ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE 209

telle que les découvertes et travaux archéologiques depuis cent ans permettent de l'entrevoir.

Avec plus de temps, de place et de science, l'esquisse se transformerait presque facilement en un tableau plus coloré et plus chargé de détails utiles.

Déjà, l'on peut entrevoir des horizons différents de ceux que nos précurseurs ont contemplés (1), et l'on a très bien démontré que, si la Gaule est redevable de certains bienfaits à Rome, celle-ci n'est pas sans devoir quelques notions utiles à la Gaule (2).

Si nous voyons assez de monuments de tous genres pour comprendre que la Gaule romaine a dû en posséder d'innombrables, il faut cependant faire un réel effort pour se figurer l'aspect que notre pays présentait dans les premiers siècles de notre ère.

Il y avait en particulier chez les Gallo-Romains — comme chez d'autres peuples de l'Empire — une recherche de la vie, même dans les monuments des morts, que nous comprenons mal, parce que nos idées ont évolué, froidement. L'Antiquité avait légué la polychromie (3) au Moyen Age : nous l'avons repoussée, croyant, par ignorance (4), que les statues et les bas-reliefs grecs et romains étaient toujours blancs (5), tels qu'on les voit le plus souvent aujourd'hui.

Mais partout, dans leur vie quotidienne, les Anciens voulaient la note vibrante, recherchaient la coloration,

(1) Pour la religion des Gaulois, que nous percevons dans les monuments de l'époque romaine, n'y a-t-il pas une science nouvelle, encore très imparfaite, mais extrêmement différente de celle de D. Martin?

(2) Jérôme Carcopino, Ce que Rome et l'Empire romain doivent à la Gaule, Oxford, 1931 (et dans Points de vue sur l'impérialisme romain, 1934, p. 203 et suiv.).

(3) Cf. ce que j'ai dit dans La polychromie des bas-reliefs de la Gaule rom., Sens, 1924 (Mém. Soc. arch. S.).

(4) Je laisse de côté quelques essais, louables, mais timides, comme ceux de Gérôme (sa Tanagra est de 1890).

(5) Les oeuvres en pierre et marbre noirs sont exceptionnelles.

CONGRÈS DE PARIS, II. 1*


210 ARCHÉOLOGIE GALLO-ROMAINE

même vive à l'excès, et, de plus, parfois rehaussée d'or ; et il n'y a probablement pas beaucoup de stèles funéraires qui n'aient reçu des tons multiples (1), encore perceptibles de nos jours, assez fréquemment (2).

Quel aspect devaient avoir les routes, près des cités, lorsque, tout du long, on apercevait le cortège des morts, ranimés par un art simple, mais très réaliste !

Adrien BLANCHET.

(1) Dans le campo-santo italien, il y a beaucoup de statues de défunts ; mais je crois que les artistes modernes de la péninsule n'ont jamais entendu donner aux morts la couleur des vivants.

(2) Les Anciens ont même employé les couleurs pour corriger les imperfections de la sculpture.


LES ETUDES D'ARCHÉOLOGIE DU MOYEN AGE

EN FRANCE DE 1834 A 1934

par M. Marcel AUBERT

Enseignement. — Au début du xixe siècle, les monuments du moyen âge étaient, pour la plupart, à l'abandon. Aux abbayes en ruines, dont le nombre n'avait cessé de croître depuis le xvie siècle, il fallait ajouter les châteaux, les églises, les édifices de toutes sortes, incendiés, pillés, mis à l'encan, livrés à la « Bande noire » pour être démolis et transformés en carrière. Les archives, les livres avaient été entassés dans des dépôts par la Révolution et étaient inutilisables. Un inventaire s'imposait de ce qui n'était plus et de ce que l'on pouvait encore sauver. Les pouvoirs publics entreprirent à plusieurs reprises, en 1810, 1819, 1834, de le dresser. Il fallait aussi classer et mettre à la disposition des travailleurs les pièces d'archives, les manuscrits, les livres ; des savants, d'anciens bénédictins s'étaient employés à conserver ce qui pouvait l'être et à commencer les classements ; il leur fallait des auxiliaires, des successeurs : le 22 février 1821 fut créée, dans cette pensée, l'École des chartes, à laquelle l'ordonnance du comte de Salvandy, du 31 décembre 1846, donna un nouvel essor ; toutes les disciplines de l'histoire du moyen âge devaient y être enseignées : paléographie, philologie, diplomatique, science des archives et des bibliothèques, droit, sources, institutions, archéologie du moyen âge,


212 LES ÉTUDES

sigillographie, numismatique. Des entreprises privées avaient, sur bien des points, devancé les organisations officielles : des recueils de gravures et de lithographies, comme ceux d'Alexandre de Laborde (1816-1836), les Voyages pittoresques du baron Taylor (1820-1864), des séries de vues de cathédrales, faisaient connaître les monuments du moyen âge.

La Normandie était particulièrement favorisée. A la suite des antiquaires anglais qui n'avaient jamais perdu le goût du gothique et qui avaient publié des récits de leurs voyages de l'autre côté de la Manche, de jeunes savants, Gerville, Le Prévost, Arcisse de Caumont, s'étaient mis à parcourir leur province, si riche en monuments du passé, relevant les plans, dessinant les élévations, les détails les plus curieux, notant les caractères typiques des églises et des châteaux. En 1823, Caumont fonde la Société des Antiquaires de Normandie et lit devant ses nouveaux confrères son Essai sur Varchitecture du Moyen Age, qu'il développe en un cours d'antiquités monumentales professé à Caen, puis publié en six volumes, de 1830 à 1841, et réimprimé plusieurs fois jusqu'en 1873, sous le titre à'Abécédaire.

Désireux d'élargir le cadre de ses recherches, et voulant étendre son enseignement à toute la France, Caumont crée en 1834 la Société française d'archéologie, dont les volumes du Congrès et le bulletin (Bulletin Monumental) sont remplis d'études d'ensemble — le tome II du Bulletin Monumental, paru en 1836, contient une Histoire sommaire de l'architecture religieuse, civile et militaire du Moyen Age, par Arcisse de Caumont —, de monographies de monuments et d'objets du moyen âge, de renseignements sur les fouilles et les découvertes, les travaux de restauration, les livres nouveaux. Les 190 volumes aujourd'hui publiés — 97 de Congrès et 93 de Bulletin Monumental — avec une table alphabétique allant


D'ARCHÉOLOGIE AU MOYEN AGE 213

jusqu'en 1925 — constituent la source la plus précieuse pour l'histoire de l'art du moyen âge.

D'autres sociétés savantes se fondent, à Toulouse dès 1831, à Poitiers en 1834, Amiens et Autun en 1836, Tours en 1840, Reims en 1841, etc., dont les Mémoires et les Bulletins, ainsi que ceux de la Société française d'archéologie, sont dépouillés et analysés dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, fondé par Guizot en 1835 et remanié par Salvandy en 1837, pour diriger et coordonner les efforts des Sociétés savantes.

Après 1830, de nombreuses revues, les Annales archéologiques de Didron, la Revue archéologique, la Revue de l'art chrétien, Y Artiste, pénètrent dans les milieux que n'atteignent pas les publications des Sociétés savantes et font connaître les monuments du Passé.

Malgré les principes posés par Caumont, bien des hésitations, des doutes, subsistent encore sur le classement et la chronologie des monuments du moyen âge, et les publications d'alors, si elle's sont généralement précieuses par la description qu'elles nous donnent des édifices et des objets d'art et par les belles planches qui accompagnent ces descriptions, témoignent souvent d'un défaut de sens critique et d'une méconnaissance absolue de l'histoire de l'art du moyen âge. Il manquait une unité de doctrine : ce sera le but que poursuivront de tous leurs efforts Quicherat et ses successeurs, dans la chaire d'archéologie nouvellement créée à l'École des chartes.

La réorganisation de l'École des chartes par la loi du 31 décembre 1846, comportait notamment la création d'une chaire d'archéologie, à laquelle fut nommé Jules Quicherat, par arrêté du 6 janvier 1847. La séance d'inauguration eut lieu le 5 mai, en présence du Ministre, comte de Salvandy, et le cours s'ouvrit le 1er novembre. Quicherat, qui avait parcouru toute la France, étudiant


214 LES ÉTUDES

sur place les édifices, notant en d'habiles croquis, qui nous ont été conservés, leurs caractères principaux, qui avait tiré des textes anciens tout ce qui pouvait éclairer la technique du moyen âge et préciser les dates des constructions des édifices, était fortement préparé pour mener à bien cette lourde tâche. Tandis que Caumont s'était surtout attaché à dégager des monuments les caractères apparents, Quicherat considère leur structure et établit un classement fondé sur les caractères internes de la construction ; il montre l'évolution logique du système de voûtement et établit des règles et des cadres que nous avons peut-être élargis sur certains points, mais qui restent à la base de l'étude de l'architecture du moyen âge.

C'était un maître prestigieux, si l'on en croit ce tableau que nous a laissé de son enseignement son meilleur élève, Robert de Lasteyrie (1).

« Son cours est l'un des plus substantiels qu'il ait été donné à notre génération d'entendre ; il était bourré de faits ; il s'enchaînait avec une rigueur scientifique, une logique inflexible, une sûreté de doctrine qui le faisait ressembler à une démonstration mathématique. Il était débité d'une voix nette et claire, avec un mélange de gravité et de bonhomie qui tenait les auditeurs sous le charme. A son talent d'exposition, Quicherat en joignait un autre, non moins précieux. Il savait s'aider dans ses démonstrations de son talent de dessinateur et, tout en parlant à l'esprit de ses élèves, il parlait à leurs yeux par les croquis qu'il exécutait au tableau d'une main habile. C'était un spectacle merveilleux que de l'entendre exposer le développement de notre art roman, prenant la

(1) Rapporté par M. Prou dans le Livre du Centenaire de l'École des chartes, t. I, p. xxix-xxx. Le cours de Quicherat n'a pas été publié ; un certain nombre de leçons ont été recueillies par Auguste Castan et Robert de Lasteyrie, dans le t. II de ses Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1886.


D'ARCHÉOLOGIE AU MOYEN AGE 215

basilique à ses origines, la suivant dans toutes ses transformations, expliquant tous ses accroissements, et de voir la main suivre, pendant ce temps, les développements de sa pensée, de voir des traits nouveaux s'ajouter à l'esquisse qu'il avait tracée..., de voir, enfin, une grande église, avec toutes ses parties, sortir de cette basilique si simple qui lui avait servi de point de départ. »

En 1875, Robert de Lasteyrie, sorti de l'École le 27 janvier 1873, faisait pour Quicherat quelques leçons sur l'architecture militaire ; en février 1877, il le suppléait et, le 31 décembre 1880, devenait professeur titulaire.

Lasteyrie reprit et continua le cours,, de Quicherat, et, par l'observation patiente et méthodique des faits, par l'étude logique et approfondie des monuments et des documents, il le perfectionna sur bien des points. Ses leçons, bien construites, étaient exposées avec une égale maîtrise de la pensée et de la parole. Il savait aussi, par d'élégants dessins tracés au tableau, rendre sensibles les explications qu'il donnait. Il complétait son enseignement par la visite des monuments ; il analysait les détails de la construction, de la décoration, montrait aux élèves les campagnes, les repentirs, les reprises, les hésitations de l'architecte et leur apprenait à dater les différentes parties de l'édifice.

Dans le même temps, Viollet-le-Duc publiait son Dictionnaire raisonné de l'architecture française, dont l'appareil technique, le style vif et imagé montrant l'enchaînement des faits, dans une certitude parfois systématique, attirait les archéologues, et, .de 1865 à 1885, comme l'a remarqué Anthyme Saint-Paul, tous les ouvrages de vulgarisation, et même d'érudition, s'appuient sur lui. Lasteyrie s'éleva avec force contre certaines théories erronées du Dictionnaire, soit dans son cours, soit dans la direction du Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, où il multipliait avis et conseils aux


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savants de province, soit dans les études de détail fortement raisonnées qui prolongeaient et affirmaient son enseignement, soit dans des articles d'ensemble qui annonçaient la publication du grand livre qui contient toute la matière de son cours : L''architecture religieuse en France, à l'époque romane et à Vépoque gothique.

Depuis 1893, où il fut élu député de la Corrèze, Lasteyrie se fit souvent suppléer par deux de ses élèves, devenus des maîtres, Enlart et Lefèvre-Pontalis. Il prit sa retraite le 1er décembre 1910, et Marcel Aubert fut chargé de l'intérim de la chaire jusqu'au moment où Lefèvre-Pontalis fut appelé à succéder à Lasteyrie, le 9 mars 1911(1).

Dès la fin du xixe siècle, la doctrine de l'École des chartes, établie par Quicherat et Lasteyrie, s'étendait un peu par toute la France. Lefèvre-Pontalis devait la faire triompher. Il avait beaucoup voyagé ; sa mémoire extraordinaire, appuyée sur ces magnifiques photographies qu'il prenait avec joie, et dont il était, à juste titre, si fier, ne lui laissait oublier aucun détail d'un édifice, et il a pu écrire ainsi un nombre considérable de notices et de monographies bourrées de faits, de dates, d'exemples, de comparaisons. A l'École des chartes et à la Société française d'archéologie, dont il était devenu directeur en 1900, il réussit à grouper autour de lui des élèves, des architectes, des archéologues qui travaillaient sous sa direction, lui apportant des matériaux pour ses synthèses sur les profils, la décoration, les plans, les systèmes de voûtement, d'éclairage, la classification des écoles, et qui, à côté de lui, répandaient la bonne doctrine dans des notices publiées dans les volumes des Congrès, le Bulletin Monumental, la collection des Petites Monographies, qu'il

(1) C. Enlart professa un cours d'histoire de l'architecture à l'École spéciale d'architecture, qu'ont repris depuis V. Flipo, puis M. Francis Salet.


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avait fondée, et dans les Bulletins et Mémoires des Sociétés savantes de Paris et de province. Ses disciples l'aimaient, car il se donnait tout à eux, avec une bonté, une générosité que n'oublieront jamais ceux qui l'ont approché. Il se prodiguait sans compter et succomba en pleine force, le 31 octobre 1923. Après lui, ses disciples ont poursuivi, suivant la méthode qu'il leur avait enseignée, l'enquête qu'il avait commencée par toute la France sur les monuments du moyen âge, et celui qui lui succéda dans sa chaire de l'École des chartes, comme à la tête de la Société française d'archéologie, s'est efforcé de suivre la voie qu'il lui avait tracée.

Le décret du 13 novembre 1863 réorganisant l'École des Beaux-Arts avait créé une chaire d'histoire de l'art et d'esthétique, qui fut confiée à Viollet-le-Duc ; une vive opposition s'éleva de toutes parts, et, lorsque, le 29 janvier 1864, Viollet-le-Duc voulut exposer les principes de son cours, sa voix fut couverte par les cris et le tumulte. Pendant sept longues séances, il s'efforça de tenir tête à ses adversaires, mais sa science, son courage, son habileté de dessinateur ne purent les désarmer : il dut abandonner. Le 28 octobre de cette même année 1864, il fut remplacé par Taine, qui traita de l'histoire de la peinture. Il faudra trente années d'efforts pour faire aboutir l'enseignement de l'art du moyen âge à l'École. C'est en 1892 que Paul Boeswillwald commença son cours d'architecture française du moyen âge et de la Renaissance, cours technique, scientifique, basé sur l'analyse de la construction et de la décoration. Pendant près d'un tiers de siècle, dans un magnifique élan d'enthousiasme, avec une droiture d'esprit à laquelle tous rendent hommage, il a su donner à des générations d'architectes l'amour sincère et raisonné de notre art passé et leur inculquer les plus saines traditions de l'architecture française. Après la retraite de Boeswillwald, Marcel Aubert fut nommé


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professeur, le 1er décembre 1929, et enseigna l'histoire de l'architecture religieuse, monastique, civile et militaire du moyen âge. La chaire fut supprimée en 1934, lors des restrictions apportées à l'enseignement supérieur.

A côté de ces cours d'archéologie monumentale du moyen âge s'étaient créées, à l'École du Louvre, des chaires consacrées plus spécialement à la sculpture et aux arts appliqués à l'industrie. Dès son entrée au Louvre, en 1874, Courajod avait commencé ses recherches sur l'origine des collections de sculpture qui aboutirent à sa grande publication sur Alexandre Lenoir, son Journal et le Musée des Monuments français, trois volumes qui parurent de 1878 à 1887. Il fut alors chargé d'un cours à l'École du Louvre, où il s'attacha à étudier les origines de l'art du moyen âge, aux époques barbare, romane, gothique, et de l'art de la Renaissance (1). Chartiste et érudit, il amassait les documents, les étudiait, les critiquait et, après une longue méditation, exposait les résultats de ses recherches dans des leçons pleines d'aperçus nouveaux parfois quelque peu audacieux, dominées par la pensée de la réhabilitation de l'ancien art français. André Michel lui succéda en 1896 et, jusqu'en 1920, traça un magistral tableau de l'histoire de la sculpture, du xne siècle à Coysevox, dont il publia les idées générales dans son Histoire de l'art. Ses nombreux élèves, attirés et charmés par son tempérament ardent et généreux, sa sensibilité délicate, sa parole chaude et prenante, sont restés attachés à son esprit et à sa doctrine. M. Paul Vitry, suppléé momentanément par MM. Louis Réau et Rouchès, reprit et continua en 1920 le cours d'André Michel, étudia les oeuvres des sculpteurs du xvme et du xixe siècle, puis commença

(1) Louis Courajod, Leçons professées à l'École du Louvre, 18871896, publiées par Henry Lemonnier et André Michel. T. I : Origines de l'art roman et gothique. T. II : Origines de la Renaissance. T. III : Origines de l'art moderne, 1899-1903, 3 vol. in-8°.


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devant ses élèves une grande histoire, aujourd'hui avancée, de la sculpture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes en France et à l'étranger.

D'autre part, Emile Molinier, de 1887 à 1902, Gaston Migeon, de 1902 à 1921, suppléé parfois par M. Marquet de Vasselot, MM. Marcel Aubert, de 1921 à 1925, et, depuis, Jean Verrier, ont étudié, dans la chaire des arts appliqués à l'industrie, l'orfèvrerie, les ivoires, la céramique, le mobilier, le bronze, les tissus, les tapisseries, le vitrail, au moyen âge et à la Renaissance.

A la Sorbonne, c'est M. Lemonnier, ancien élève de Quicherat à l'École des chartes, qui fut chargé du premier cours d'histoire de l'art, en 1893. Pressé par l'immensité du sujet, le professeur ne pouvait consacrer que quelques leçons à l'art du moyen âge ; en 1906, M. Emile Mâle fut chargé d'un cours d'histoire de l'art chrétien au moyen âge, transformé en chaire en 1918, et l'on sait comment le maître y renouvela, grâce à sa science approfondie des monuments et aussi de la littérature ancienne, l'iconographie du moyen âge. En 1921, M. Mâle ayant été nommé directeur de l'École française de Rome, M. Focillon le suppléa et donna de brillantes leçons sur l'art et l'archéologie du moyen âge, qu'il enseigne aujourd'hui à l'Institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne.

Je voudrais, enfin, signaler les cours destinés spécialement à la formation des architectes du Service des Monuments historiques et professés au Musée de sculpture comparée du Trocadéro : une première série fut donnée, de 1909 à 1912, par A. de Baudot, et une deuxième, comportant un enseignement de l'architecture et des arts qui s'y rattachent, suivant un programme dressé par la Commission des Monuments historiques, pour permettre aux architectes du service de se perfectionner dans l'étude des monuments anciens, du point de vue tech-


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nique, archéologique et pratique, de 1920 à 1926, par les architectes et inspecteurs généraux du service, Boeswillwald, Marcou, Genuys, Ruprich-Robert, Paquet, Saliez, Camille Lefèvre, Deneux, Brunet, Danis, Rapine, par des techniciens comme Marcel Magne, Gaudin, Raugel, Puthomme, et par des archéologues et historiens d'art, André Michel, P. de Nolhac, Enlart, Lefèvre-Pontalis, Brutails, P. Vitry, Brière, Hourticq, Hautecoeur et Marcel Aubert.

Ouvrages d'ensemble. Généralités. —: Le plus ancien traité de l'architecture du moyen âge est l'Abécédaire ou Rudiment d'archéologie d'Arcisse de Caumont, dont la première édition remonte à 1850, mise au point du cours que celui-ci avait professé à Caen, et dont la sixième édition, parue en 1870, comprend trois volumes, la première sur l'archéologie gallo-romaine, la deuxième sur l'architecture religieuse du moyen âge, et la troisième sur l'architecture civile et militaire ; les explications, simples et claires, sont parfois un peu superficielles, l'auteur considérant trop le seul aspect extérieur des édifices sans pénétrer leur structure intime.

J. Quicherat, grâce à une connaissance plus précise de l'architecture, réagit dans son cours de l'École des chartes, dont quelques leçons ont été publiées dans le tome II, consacré à l'archéologie du moyen âge, de ses Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1886.

Viollet-le-Duc avait alors publié son Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, en dix volumes (1854-1868), ouvrage de lecture aisée, attrayante même, et où, sous la logique du raisonnement, apparaissent parfois des erreurs de détail ou des théories trop systématiques, qu'Anthyme Saint-Paul dénonçait déjà en 1881 : Viollet-le-Duc, ses travaux d'art et son système archéologique. En 1933, M. Pol Abraham


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soutenait à l'École du Louvre une thèse sur Viollet-leDuc et le rationalisme médiéval, publiée en 1934, où il critique plusieurs points de la théorie de Viollet-le-Duc sur la technique de la construction au moyen âge. L'Histoire de l'architecture d'Auguste Choisy, publiée en 1899, et dont le tome II est en partie consacré au moyen âge, reprend presque complètement les théories de Violletle-Duc.

Quelques années plus tard, Camille Enlart commençait la publication de son Manuel d'archéologie française depuis les temps mérovingiens jusqu'à la Renaissance. La première partie, consacrée à l'architecture religieuse, parut en 1902 — une nouvelle édition, de 1919 à 1924, comprend trois volumes, dont un de table, rédigé par M. Rémy Delauney — ; la deuxième partie, sur l'architecture civile et militaire, en 1904 — la deuxième édition, de 1929 à 1932, a été revue et complétée par M. Jean Verrier — ; la troisième partie, sur le costume, en 1916. C'est le manuel le mieux informé sur l'archéologie du moyen âge, et ses six volumes sont bourrés de faits et d'exemples.

• Plus développé pour l'histoire de l'architecture est le grand ouvrage de Lasteyrie : L'architecture religieuse en France à l'époque romane, 1912 — deuxième édition revue et augmentée d'une bibliographie critique par Marcel Aubert, 1929 — ; L'architecture religieuse en France à l'époque gothique, ouvrage posthume, publié par les soins de Marcel Aubert, 1926-1927, deux volumes. Robert de Lasteyrie avait atteint l'âge, de la retraite sans trouver le temps de publier son cours ; alors seulement, dans son château du Saillant, en Corrèze, il se mit à l'oeuvre et écrivit ces livres qui sont des modèles d'érudition française : « Admirable livre, écrit Maurice Prou dans le Livre du Centenaire de l'École des chartes, établi sur les fondements les plus solides et où les questions les plus ardues sont


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exposées si clairement que le lecteur n'en aperçoit pas la difficulté ; un de ces livres dont la lecture n'exige pas d'initiation préalable et où les documents jetés à profusion n'alourdissent ni n'entravent le mouvement rapide d'idées exprimées avec précision dans une langue correcte, lumineuse et élégante. Et qu'on n'imagine pas que l'auteur développe devant nous une série de tableaux, nous donne des résultats sans nous faire connaître les recherches par lesquelles ses devanciers et lui les ont acquis. Bien au contraire, il nous fait assister à la formation de la science. Il ne montre pas, il démontre. Et, comme M. de Lasteyrie a l'esprit essentiellement critique, il discute les théories qu'il n'adopte pas. »

Trois excellents volumes de Brutails peuvent servir d'introduction aux études archéologiques : L'archéologie du Moyen Age et ses méthodes, 1900 ; Précis d'archéologie du Moyen Age, deuxième édition 1923 ; Pour comprendre les monuments de France, quatrième édition, 1922. L'Histoire monumentale de la France, d'Anthyme Saint-Paul, est un très bon ouvrage qui a eu de nombreuses éditions.

Je citerai encore Y Encyclopédie de V architecture et de la construction, de Planât, en six volumes, important à consulter sur les questions d'ordre technique ; L'art gothique, de Gonse, beau volume publié en 1890 ; les articles d'Enlart sur l'architecture, et d'André Michel sur la sculpture, dans Y Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens jusqu'à nos jours, commencée en 1905 ; les récents traités d'art, parmi lesquels je noterai ceux qu'ont publiés la librairie Armand Colin, sous la direction de M. Réau, la librairie Larousse, sous celle de M. Deshairs, et la Nouvelle Histoire universelle de l'art, parue chez Firmin-Didot, par les soins de M. Marcel Aubert ; Les pages d'art chrétien, 1927, et le Manuel d'art chrétien, 1928, de l'abbé Abel Fabre. On lira avec intérêt, sur l'art roman, l'article de M. Deshoulières, La théorie d'Eugène


ROBERT DE LASTEYRIE

1849-1.921



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Lefèvre-Pontalis sur les écoles romanes, paru dans le Bulletin Monumental, 1926, et deux excellents volumes parus dans la collection A travers l'art français que dirige M. Georges Huisman : Au début de l'art roman, les églises de l'XIe siècle en France, par M. Deshoulières, 1929, et Églises romanes, filiations et échanges d'influences, par M. Jean Vallery-Radot, 1931.

On trouve de belles reproductions des églises de France dans les Monuments de France, du comte Alex, de Laborde, 1816-1836, 2 vol. in-fol. ; dans les Voyages pittoresques, du baron Taylor, 1820-1864 ; dans plusieurs recueils de lithographies publiés de 1830 à 1860, et dont on conserve des épreuves au Cabinet des Estampes, notamment dans la Topographie de la France, puis dans les grandes publications d'A. de Baudot et Perrault-Dabot, Les archives de la Commission des Monuments historiques, lre série, 1855-1872, 4 vol., et 2e série, 5 vol. ; Les cathédrales de France, 2 vol. ; de M. Marcel Aubert, L'art français à l'époque romane, architecture et sculpture, 4 voJ. ; de M. G. Gromort, L'architecture romane ; de C. Enlart, L'art français à l'époque gothique.

A côté de ces histoires générales, manuels, recueils de documents, consacrés aux monuments religieux de toute la France, il faut signaler les répertoires, par province ou par département, répondant aux inventaires qu'avaient prescrits les circulaires ministérielles de 1810, 1819 et 1834, mais qui n'avaient jamais été complètement exécutés. Du Répertoire archéologique de la France, publié par ordre du ministre de l'Instruction publique et sous la direction du Comité des travaux historiques et des Sociétés savantes, quelques volumes seulement ont paru : ceux de Y Aube, par Henri d'Arbois de Jubainville, en 1861 ; du Morbihan, par Louis Rosenzweig, en 1863 ; de l'Yonne, par Max Quantin, en 1868 ; de la Seine-Inférieure, par l'abbé Cochet, en 1871 ; de l'Oise, par Emma-


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nuel Woillez, en 1872 ; de la Nièvre, par le comte de Soultrait, en 1875, qui avait déjà publié une Statistique monumentale du département de la Nièvre, en 3 vol.

Dans ces dernières années, M. Marcel Aubert a entrepris, avec l'aide de MM. Jean Verrier et René Planchenault, la publication d'une collection des Églises de France (Paris, Letouzey), par département. Plusieurs volumes ont déjà paru : le Morbihan, par M. Gustave Duhem, et le Cher, par M. Deshoulières, en 1932 ; la Charente, par M. Jean George, en 1933 ; la Creuse., par M. Lacrocq, en 1934, et bientôt paraîtra Paris et la Seine, par MM. Dumolin et G. Outardel.

Les Congrès archéologiques de France (97e volume en 1934) embrassent aujourd'hui à peu près toute la France ; ils ont été rédigés, sous la direction d'Arcisse de Caumont, de Palustre, Marsy, Lefèvre-Pontalis, Marcel Aubert, par un grand nombre d'historiens et d'archéologues, parmi lesquels il faut nommer MM. Deshoulières, René Fage, le marquis de Fayolle, L. Demaison, Brutails, Labande, Eug. Jarry, Roger Grand, Charles Porée, Lucien Broche, André Philippe, André Rhein, Louis Serbat, Noël Thiollier, Jean Vallery-Radot, Paul Deschamps, Michel-Dansac, Banchereau, le docteur Lesueur, Maurice Dumolin, Jean Verrier, G. Outardel. Parallèlement aux volumes des Congrès, s'inspirant des mêmes règles et des mêmes méthodes, la collection des Petites Monographies des grands édifices de la France (Paris, Laurens), fondée par Lefèvre-Pontalis, et dirigée aujourd'hui par M. Marcel Aubert, compte un grand nombre de volumes (1).

(1) Cathédrales d'Albi, par Jean Laran ; Amiens, par A. Boinet ; Angers, par le chanoine Urseau ; Auxerre, par Charles Porée ; Bayeux, par J. Vallery-Radot ; Beauvais, par V. Leblond ; Bourges, par A. Boinet ; Chartres, par René Merlet ; Clermont-Ferrand, par H. du Ranquet ; Coutances, par Patrice Colmet-Daage ; Dijon, par Vincent Flipo ; Évreux, par le chanoine Bonnenfant ; Laon, par L. Broche ; Limoges, par René Fage ; Lisieux, par L. Serbat ; Lyon, par Lucien Bégule ; Le Mans, par G. Fleury ; Meaux, par Deshou-


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Il faudrait aussi pouvoir signaler toutes les études d'ensemble et de détail et les monographies publiées depuis cent ans dans les Mémoires et les Bulletins des Sociétés savantes de Paris et des départements, dont le dépouillement est indispensable avant d'entreprendre toute étude archéologique. Ce dépouillement est facilité par la Bibliographie des travaux historiques et archéologiques des Sociétés savantes de province, commencée par Lasteyrie en 1896, et à laquelle travaillèrent E. Lefèvre-Pontalis et Alexandre Vidier, et, depuis 1909, par le Répertoire d'art et d'archéologie, publié par Marcel Aubert, avec la collaboration de nombreux savants, parmi lesquels il faut signaler tout spécialement Mme J. Lucien-Herr et M. Henri Stein, qui, depuis 1926, assurent presque seuls la lourde tâche d'en rédiger les notices.

M. Paul Léon a consacré un beau livre en 1917 au Service des Monuments historiques, à ses origines, à son organisation, au rôle important qu'il a joué dans le sauvetage et la conservation des monuments du passé, sujet que l'ancien directeur général des Beaux-Arts a repris dans son cours du Collège de France.

Sur les architectes du moyen âge, on trouvera des notices dans le Nouveau Dictionnaire des architectes franlières

franlières Paris, par Denise Jalabert ; Reims, par Demaison ; Rouen, par A. Loisel ; Saint-Pol de Léon, par Th. Lécureux ; Séez, par R. Gobillot ; Senlis, par Marcel Aubert ; Sens, par le chanoine E. Chartraire ; Strasbourg, par l'abbé Walter ; Toulouse, par R. Rey ; — églises Saint-Trophime d'Arles, par L.-H. Labande ; SaintÉtienne de Beauvais, par V. Leblond ; Brou, par V. Nodet ; SainteTrinité de Fécamp, par J. Vallery-Radot ; Loches, par Jean ValleryRadot ; Notre-Dame de Mantes, par A. Rhein ; Notre-Dame-deVÉpine, par Luc Benoist ; Paray-le-Monial, par Jean Virey ; SainteChapelle de Paris, par Gebelin ; Saint-Ouen de Rouen, par A. Masson ; Saint-Benoît-sur-Loire et Germigny-des-Prés, par J. Banchereau ; Saint-Gilles, par A. Fliche ; Saint-Riquier, par Georges Durand ; Saint-Savin, par Élisa Maillard ; Souvigny, par Deshoulières ; Saint-Semin de Toulouse, par Marcel Aubert ; Saint-Philibert de Tournus, par J. Virey ; la Trinité de Vendôme, par l'abbé Plat.

CONGRÈS DE PARIS, II. ^


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çais, de C. Bauchal, 1887, refonte complète du Dictionnaire des architectes français, de Lance ; de bons articles de M. Henri Stein sur Nicolas de Chaumes, 1890 ; Pierre de Montereau, 1902 et 1911; Jean Auxtabours, 1907; Thomas Toustain, 1908, 1919, et une étude d'ensemble du même auteur : Les architectes des cathédrales gothiques (Les grands artistes). M. Géo Minvielle a donné quelques détails intéressants dans son Histoire et condition juridique de la profession d'architecte, 1921.

L'ouvrage le plus complet sur la construction des édifices du moyen âge est le Recueil de textes relatifs à l'histoire de l'architecture et à la condition des architectes en France au Moyen Age, de Victor Mortet, dont le tome I, consacré aux xie-xne siècles, fut publié en 1911, et le tome II, xiie-xme siècles, parut en 1929, avec la collaboration de M. Paul Deschamps. Ces textes, étudiés et commentés avec l'érudition la plus sûre, avaient amené Victor Mortet à faire de longues recherches, dont il a publié les résultats dans ses Mélanges d'archéologie, en 2 volumes, 1914-1915, le premier sur la technique de l'architecture et la métrologie, le deuxième sur l'histoire de l'architecture et la lexicographie. Lefèvre-Pontalis est revenu à plusieurs reprises, notamment dans la Revue de l'art chrétien de 1910, dans le Bulletin Monumental de 1912 et de 1913, sur le vocabulaire archéologique, dont Lasteyrie, Lefèvre-Pontalis, Enlart et Brutails ont fixé quelques termes, mais qui n'a jamais été absolument défini autrement que dans les écrits des bons auteurs. Robert de Lasteyrie nous a peut-être tracé les modèles les plus parfaits, tant par la précision de la langue que par la solidité, la clarté et l'élégance du récit, la force de la pensée et la logique du raisonnement.

Architecture religieuse. — Sur les monuments de l'époque préromane, je n'aurai guère à signaler ici, outre


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les chapitres réservés aux monuments de cette période dans les manuels et ouvrages généraux, que quelques travaux d'ensemble, comme le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, de Dom Fernand Cabrol et Dom Leclercq, commencé en 1907 — on en est aujourd'hui au mot « Monza » — le Manuel d'archéologie chrétienne depuis les origines jusqu'au VIIIe siècle, de Dom Leclercq, 1907 ; l'excellent volume de M. Louis Bréhier, L'art en France, des invasions barbares à l'époque romane, 1930, et quelques pages très précises de la Gaule mérovingienne, de Maurice Prou, 1897.

J'indiquerai encore les ouvrages un peu vieillis de l'abbé Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 3e édition, 1889, et d'Isabelle, Les édifices circulaires et les dômes classés par ordre chronologique, 1855. M. Adrien Blanchet a écrit un très bon article dans le Bulletin Monumental, 1909, sur les origines antiques du plan tréflé, à la suite duquel Lefèvre-Pontalis donna une liste des monuments religieux de plan tréflé et quadrilobé. Sur les basiliques chrétiennes de l'Algérie, nous possédons l'ouvrage définitif de M. St. Gsell, 1901, et sur celles de Tunisie, celui de Paul Gaukler, 1913.

Les monuments préromans existant encore en France ou retrouvés au cours des fouilles ont fait l'objet des monographies dont je ne signalerai que les principales. La basilique chrétienne de Lugdunum Convenarum (SaintBertrand-de-Comminges) a été étudiée par Dieulafoy, 1914, MM. P. Lavedan, P. Lizop et B. Sapène, 19141931 ; Germigny-des-Prés, par Bouet, 1868, et M. Jean Hubert, 1930 ; Saint-Jean de Poitiers, par le P. de la Croix, 1904, et L'hypogée de Poitiers, par le P. de la Croix, 1883, et M. Levillain, 1912 (La memoria de l'abbé Mellebaude) ; le baptistère de Venasque, par M. H. Labande (Bull, archéol., 1905) ; ceux d'Aix et de Fréjus, par MM. Fernand Benoît et Jules Formigé (Congrès d'Aix,


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1932) ; Saint-Laurent à Grenoble, par M. Marcel Reymond, 1896"; Saint-Philbert de Grandlieu, par Léon Maître (Bull. Mon., 1901, 1907), Brutails (Bull. Mon., 1902), le P. de la Croix, 1908, et R. de Lasteyrie, 1909 ; Saint-Martin de Tours, par R. de Lasteyrie (Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XXXIV, lre partie, 1891), résumant et complétant les mémoires de Quicherat, 1869 ; Courajod, 1871 ; Stanislas Ratel, 1886 ; Mgr Chevalier, 1888.

La bibliographie des églises romanes et gothiques est trop abondante pour que je puisse entreprendre de la dresser ici, et je n'indiquerai, pour chacune des grandes régions de France, que les publications d'ensemble et quelques monographies particulièrement importantes.

Les monuments d'Ile-de-France ont été étudiés dans les volumes des Congrès archéologiques de Chartres, 1900 ; Beauvais, 1905 ; Paris, 1919 ; Blois, 1925 ; Orléans, 1892 et 1930.

Sous peu paraîtra, dans la collection des Églises de France, publiée sous la direction de MM. Marcel Aubert, Jean Verrier et R. Planchenault, le volume consacré aux Églises de Paris, par M. Maurice Dumolin, et de la Seine, par M. George Outardel, étude qui avait été esquissée, dès 1857, par F. de Guilhermy, dans Y Itinéraire archéologique de Paris, et, en 1867, par Albert Lenoir, dans sa Statistique monumentale de Paris, malheureusement restée incomplète, et dans les diverses histoires de Paris et des églises de Paris, de Bournon, Riat, A. Boinet, abbé Bouillet, Marcel Poète et Georges Huisman. En 18741875, Peign.é-Delacpurt publiait la Topographie archéologJ£U£d^çajUon_de_Creil et du canton de Ribécourt, et, de 1877 à 1882, Ed. Fleury, les Antiquités du déparlement de l'Aisne, en quatre volumes, que complètent les six volumes de Moreau-Nélaton : les Éslises de chez nous, arron-


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dissement de Château-Thierry, 1913 ; de Soissons, 1914. Les églises du Soissonnais avaient déjà été décrites par l'abbé L.-V. Pécheux, en 1874-1875, dans les Annales du diocèse de Soissons, en huit volumes, et l'on en trouvera des notices plus précises dans le Congrès archéologique de Reims, 1911. Lefèvre-Pontalis leur a consacré son principal ouvrage : L'architecture religieuse des XIe et XIIe siècles dans l'ancien diocèse de Soissons, paru en 1894-1898, en deux gros volumes illustrés de nombreuses planches. Vers le même temps, L. Régnier faisait paraître la Statistique monumentale du canton de Chautnonten-Vexin, 1891-1914.

Dans sa thèse sur Notre-Dame de Paris, sa place dans l'histoire de l'architecture du XIIe au XIVe siècle (Paris, 1920), M. Marcel Aubert, qui a encore publié sur la cathédrale de Paris plusieurs articles et deux volumes, une petite monographie en 1909 (2e édition, 1919) et une étude plus développée accompagnée de grandes planches en 1928, a cherché à caractériser les édifices qui ont servi de modèle à l'architecte de Notre-Dame : Saint-Denis, Noyon, Senlis, Notre-Dame-en-Vaux à Châlons et Saint - Remi de Reims, Laon, et à montrer l'influence qu'avait eue Notre-Dame sur quelques autres cathédrales et sur les petites églises des environs de Paris. On trouvera encore des renseignements sur la cathédrale de Paris dans la Description de Notre-Dame, cathédrale de Paris, par Ferd. de Guilhermy et Viollet-le-Duc en 1856 ; dans les monographies de Celtibère et Lassus, de Mlle Denise Jalabert, 1931, de l'abbé Bouillet et d'A. Boinet ; dans les articles très documentés de Victor Mortet, 1888, et Bull. Mon., 1903, 1904 ; dans les Histoires de Paris, d'Auguste Vitu; F. Bournon, 1888; Georges Riat, 1906; Marcel Poète, 1925, et dans l'excellent volume de M. Georges Huisman, Pour comprendre les monuments de Paris, 1925.

MM. Paul Vitry et Gaston Brière ont donné une bonne


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étude de L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux, 1908 (2e édition, 1925). La cathédrale de Senlis a été décrite par M. Marcel Aubert, 1910 ; celle de Noyon, dont L. Vitet avait esquissé dès 1845 la monographie, a été étudiée depuis par Lefèvre-Pontalis, 1900 ; celle de Laon par le chanoine Bouxin, 1902, et M. L. Broche, 1926 ; la cathédrale de Meaux, par M. J. Formigé, 1917, et M. Fr. Deshoulières, 1923 ; la Cathédrale et Saint-Étienne de Beauvais, par Desjardins, 1865 ; l'abbé Pihan, 1885 ; M. Pli. des Forts, 1904, et le docteur Leblond, 1926,1929 ; la collégiale de Mantes, par M. A. Rhein, 1932. La cathédrale de Chartres a fait l'objet d'un grand nombre de travaux, notamment de Maurice Lanore (1899-1900), E. Lefèvre-Pontalis, A. Mayeux, V. Mortet, H. Stein, des abbés Bulteau (1888-1902) et Clerval, et de M. René Merlet, qui en a écrit une excellente petite monographie. La grande publication commencée par Lassus et Paul Durand (1867) est malheureusement restée incomplète, mais M. Etienne Houvet a donné en plusieurs albums l'iconographie détaillée de la cathédrale et de ses sculptures, que complète, pour les vitraux, le beau livre du chanoine Delaporte.

De bonnes études ont été consacrées à plusieurs églises de l'Ile-de-France et des régions voisines, par Anthyme Saint-Paul, Lefèvre-Pontalis, MM. Deshoulières, J. Vallery-Radot, V. de Courcel, Louis Régnier, P. Coquelle, l'abbé Baudry, les chanoines Marsaux, Morel, Mùller, le docteur Parmentier, A. Besnard, L. Broche, A. Carlier, etc..

Les monuments de Picardie et du nord de la France ont été presque tous décrits dans les belles publications de la Société des Antiquaires de Picardie, où a paru notamment la grande Monographie de la cathédrale d'Amiens de M. G. Durand (1901-1903), qui a écrit également des notices très complètes sur Saint-Riquier, Saint-Pierre de


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Doullens, etc. Je signalerai encore les monographies de MM. Ph. des Forts, R. Rodière, Deschamps de Pas, H. Macqueron, L. Serbat, P. Dubois, Nicq Doutreligne, Em. Théodore, C. Enlart, qui avait écrit sa thèse d'École des chartes sur les Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans les anciens diocèses d'Amiens et de Boulogne, 1895.

D'importants travaux d'ensemble ont été publiés sur les églises de Champagne, outre le Répertoire archéologique du département de l'Aube, par d'Arbois de Jubainville, 1861, que j'ai déjà signalé plus haut : la Statistique monumentale de l'Aube, par Ch. Fichot, 1882-1889, 2 vol. in-8° ; Troyes et ses environs, par A. Aufauvre, 1860 ; Fichot et Aufauvre ont collaboré pour la publication des Monuments de Seine-et-Marne, 1858. On trouvera également des renseignements intéressants dans le volume d'Alex. Assier, Les arts et les artistes de l'ancienne capitale de la Champagne (1250-1280), 1876, et dans les comptes publiés par le même auteur sur les Eglises de Troyes, 1854 et 1856. E. de Barthélémy a étudié les Monuments de l'ancien diocèse de Châlons-sur-Marne, 1861 ; Louis Le Clert, Les églises romanes de l'Aube, 1902, et M. R. Crozet, Les églises rurales de la Champagne orientale, du XIIIe au XVIe siècle (Bull. Mon., 1930). Le Répertoire archéologique de Varrondissement de Reims a été dressé par Ch. Givelet, Ch. Jadart et L. Demaison ; six volumes ont paru de 1885 à 1934, consacrés aux cantons de Reims, Ay, Beine et Bourgogne. M. L. Demaison a donné, en outre, d'excellentes études sur .les églises de Reims et de Châlons, dans.les volumes du Congrès archéologique de Reims, 1911. On pourra consulter également les Congrès archéologiques de Troyes-Provins, 1902, et à'Avallon, 1907, où Lefèvre-Pontalis a fait paraître deux importants articles sur l'Architecture gothique dans la Champagne méridionale du XIIIe au XVIe siècle et sur les


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Caractères distinctifs des écoles gothiques de Champagne et de Bourgogne.

La Cathédrale de Reims a été étudiée dans tous les détails de son histoire, de sa construction et de sa décoration par M. L. Demaison, qui a renouvelé les travaux de l'abbé Cerf, 1861. De belles monographies lui ont été consacrées par Moreau-Nélaton, 1915 ; M. Paul Vitry, 1915, et M. L. Bréhier, 1916. MM. Deneux et Brunet ont publié dans le Bull. Mon. de 1925 (Signes lapidaires et épures du XIIIe siècle à la cathédrale de Reims) et de 1928 des détails peu connus de la construction des cathédrales de Reims et de Soissons qu'ils avaient notés au cours de la restauration de ces édifices.

La Cathédrale de Troyes a été étudiée par d'Arbois de Jubainville, et par M. V. de Courcel, qui en prépare la monographie, et Saint-Urbain, par l'abbé Lalore, 1889, et Albert Babeau, 1899; la Cathédrale de Châlons et Notre-Dame-en-Vaux, par Lefèvre-Pontalis (Bull. Mon., 1913), M. L. Demaison (Bull, archéol., 1894, et Congrès archéol, 1911), et par Mlle Germaine Maillet (Petite Monographie) ; Notre-Dame-de-VÉpine, par l'abbé Puiseux, 1892, MM. L. Demaison (Congrès archéol., 1911) et Luc Benoist (Petite Monographie).

Sur les monuments de Lorraine ont été publiées quelques études d'ensemble. Dès 1837, E. Grille de Beuzelin faisait paraître sa Statistique monumentale, rapport sur les monuments historiques des arrondissements de Nancy et de Toul; en 1868-1869, E. de Montagnac, les Ardennes illustrées, et, en 1906, H. Jadart, les Églises des Ardennes. M. Georges Durand avait, en 1882, choisi comme sujet de thèse de l'École des chartes l'étude de l'architecture du pays des Vosges ; il en a tiré en 1913 un excellent livre : Les églises romanes des Vosges. Dans le Pays lorrain ont paru de nombreuses études et des monographies de monuments, notamment d'Alex. Martin, en


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1900, sur les Églises barroises. On trouvera dans le volume du Congrès archéologique de Nancy, 1933, de bons travaux de MM. A. Philippe, Marot, Deshoulïères, Vallery-Radot •— notamment sur les églises de Toul, Saint - Gengoult et la cathédrale, dont François Boucher avait commencé la monographie — Maurice Dumolin et Etienne Fels, qui a repris, après le chanoine Aimond, l'étude de la cathédrale de Verdun. Il faut citer encore les travaux de Germain de Maidy et de M. P. Denis sur les monuments de Lorraine ; enfin, sur la Cathédrale de Metz, les publications d'A. Desjardins (1877-1878) et d'Auguste Prost, 1887, les études historiques de Mgr Pelt et de l'abbé Bour, et la Grande Monographie, parue en 1931, sous la direction de M. Marcel Aubert, avec la collaboration de Mgr Pelt et de MM. Pierre Marot, Jean ValleryRadot, P. Vitry, J. Gruber, R. Koechlin, A. Philippe, A. Hallays et Mlle Jeanne Lejaux. On trouvera sur les monuments de Metz et sur ceux d'Alsace des monographies très précises dans le volume du Congrès archéologique de Metz-Strasbourg-Colmar, 1920. La cathédrale de Strasbourg, dont le Bulletin des Amis de la cathédrale et les Archives alsaciennes ont publié de bonnes études, a fait l'objet de plusieurs monographies, notamment par le chanoine Dacheux, 1900 ; Georges Delahache, 1910, et l'abbé Walter, 1933.

La Normandie est une des provinces dont les monuments ont été le plus étudiés. J'ai montré comment, dès la fin du xvme siècle, les antiquaires anglais leur avaient consacré de grands volumes : Ducarel, Anglo-normand antiquities considered in a tour through part of Normandy, 1767, traduit en français en 1823 ; John Cotman et Dawson Turner, Architectural antiquities of Normandy, 1820 ; Auguste Pugin, Spécimens des antiquités architecturales de la Normandie, 1825-1828; Gally Knight, Voyage architectural en Normandie, 1831. Arcisse de Caumont


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préparait alors sa Statistique monumentale du Calvados, qui parut en cinq volumes, de 1847 à 1862. Dans le même, temps, Le' Héricher publiait YAvranchin monumental et historique; Gerville, Les études géographiques et historiques sur le département de la Manche; Léon de la Sicotière et Poulet-Malassis, L'Orne archéologique et pittoresque.

En 1884-1889 paraissait le beau livre de V. RuprichRobert, L'architecture normande aux XIe et XIIe siècles, enrichi d'excellents relevés de monuments, dont la plupart avaient été restaurés par lui, et, de 1894 à 1898, les cinq grands volumes de la Normandie monumentale et pittoresque. L'abbé Cochet, qui avait consacré plusieurs volumes aux églises de l'arrondissement du Havre et de Dieppe, donnait, en 1871, son Répertoire archéologique des départements de la Seine-Inférieure. Les églises de Caen ont été étudiées par M. L. Serbat, notamment dans le volume du Congrès archéologique de 1908, qui, avec celui de 1926 tenu à Rouen, renferment les monographies des principaux édifices de la région, et par M. G. Huard, dont on lira avec fruit le beau volume sur L'art en Normandie, publié en 1928. Je signalerai encore les travaux du docteur Coutan, de Lefèvre-Pontalis, Ph. des Forts, du chanoine Porée, d'André Rhein, Roger Martin du Gard, Louis-Marie Michon, des abbés Chevallier et Hardy, du chanoine Bonnenfant, ceux de Louis Régnier, notamment sur les églises du Vexin, de la région d'Évreux et de Bernay, de Tournouër et de R. Gobillot, sur celles de l'Orne.

L'histoire de la Cathédrale de Rouen est bien connue par les publications de Ch. de Beaurepaire et de Deville, du docteur Coutan, de M. Maurice Allinne, les études de MM. Jean Lafond et Georges Ritter, qui ont fait connaître ses vitraux, de Mme Lefrançois-Pillion, qui a décrit sa décoration sculptée, et par les monographies de


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l'abbé Sauvage, de l'abbé Loisel, de M. Marcel Aubert et du chanoine Jouen. Saint-Ouen de Rouen a été étudié par M. André Masson ; La cathédrale de Lisieux, par l'abbé Hardy et M. L. Serbat, La cathédrale et SaintTaurin d'Évreux, par le chanoine G. Bonnenfant ; La cathédrale de Bayeux, par M. J. Vallery-Radot ; celle de Coutances, par l'abbé Pigeon (1876), E. Lefèvre-Pontalis, 1908, et Patrice Colmet-Daage, 1933 ; La cathédrale de Séez, par Ruprich-Robert, 1855, l'abbé L.-V. Dumaine, 1892, et R. Gobillot ; Le Mont-Saint-Michel, par Ed. Corroyer, 1877, Paul Goût, 1910, Ch.-H. Besnard, Marcel Aubert (Beaux-Arts, 1928), Mlle Chauveau. Michel Florisoone, et par Germain Bazin, qui vient de lui consacrer une grande monographie (1933), complétant et renouvelant celle de Paul Goût.

Les caractères de l'art breton ont été parfaitement mis en lumière par M. Henri Waquet, dans ses Vieilles, pierres bretonnes, 1920, et ses deux beaux volumes sur L'art breton, 1933, et par M. Roger Grand, Mélanges d'archéologie bretonne, 1921. Le chanoine Abgrall avait étudié spécialement les monuments du diocèse de Quimper, en 1904 ; Chaussepied, les monuments romans du Finistère, en 1909 ; Rosenzweig, en 1863, et G. Duhem, en 1932, les églises du Morbihan; A. du Cleusiou, celles du pays de Léon, en 1886-1887 ; J. Gaultier du Mottay, des Côtes-duNord, en 1885. Signalons encore l'Essai sur l'histoire de l'architecture religieuse en Bretagne pendant la durée des XIe et XIIe siècles, 1851, de Ch. de la Monneraye, et les excellentes études de Lucien-Th. Lécureux, sur SaintPol de Léon, 1909 ; de M. André Rhein sur la Cathédrale de Dol, 1910 ; du chanoine Abgrall, de MM. R. Grand et H. Waquet sur les églises du Finistère et du Morbihan; René Couffon, J. Guillou, J. Morvan, sur les monuments des Côtes-du-Nord.

Les monuments d'Anjou et de Touraine ont fait l'ob;-


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jet de plusieurs études d'ensemble, les unes un peu vieillies, comme celles de Godart-Faultrier et P. Hawke, L'Anjou et ses monuments, 1839 ; du baron de Wismes, Le Maine et l'Anjou historique, archéologique et pittoresque ; de Hucher, Lassus et Drouet, Études sur l'histoire et les monuments du département de la Sarthe ; de l'abbé Bourrasse, La Touraine, histoire et monuments, 1855, mais utiles encore parfois comme les onze volumes du Répertoire archéologique de l'Anjou, 1868-1869 ; les autres excellentes, comme le Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, 1903 ; le Dictionnaire de Maine-et-Loire, 1874-1878, et les Artistes angevins, 1881, de Célestin Port ; Les églises de l'arrondissement de Mamers, 1913, du baron Triger ; Les artistes tourangeaux, 1885, de D.-J. Giraudet ; Les arts en Touraine, 1870, de Ch. de Grandmaison ; La Touraine archéologique, 1930, du Dr R. Ranjard, et le très bon article de M. l'abbé Plat, La Touraine, berceau des églises romanes du Sud-Ouest, dans le Bull. Mon., 1913. Les volumes du Congrès archéologique d'Angers-Saumur, 1910, contiennent de nombreuses monographies, par LefèvrePontalis, Robert Triger et G. Fleury, le chanoine Urseau, le chanoine Pinier, MM. A. Rhein, J. Hardion et R. Michel-Dansac, et des articles d'ensemble de MM. John Bilson, A. Rhein, Ch.-H. Besnard, l'abbé Grélier et le docteur Frédéric Lesueur, sur l'architecture angevine, qu'avaient déjà étudiée l'abbé Bossebceuf, 1897, et Joseph Berthelé, 1903, sous le titre d'architecture « Plantagenet ». Je signalerai encore les monographies de la Cathédrale d'Angers, par Louis de Farcy (1901-1905) et le chanoine Urseau ; de la Cathédrale du Mans, par Dom Piolin, 1851-1863; Lefèvre-Pontalis, 1889 et 1908; l'abbé Ledru, 1900 et 1905, et Gabriel Fleury, 1910 ; de la Cathédrale de Tours, par le chanoine Bourassé, 1845 ; Ch. de Grandmaison, 1879 ; le chanoine H. Boissonnot et M. Francis Salet, 1934.


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Les Congrès archéologiques de Blois, 1925. et Orléans, 1930, contiennent des monographies des monuments les plus importants du Blésois, du Vendômois et de l'Orléanais. On pourra consulter également le Petit répertoire archéologique des édifices religieux du diocèse actuel de Blois et des bâtiments civils du département de Loir-etCher, 1931, par l'abbé E. Pilté ; les notices de LefèvrePontalis et de l'abbé Juteau sur les églises de Châteaudun; la belle publication de l'abbé Chénesseau sur la Cathédrale d'Orléans, 1924 ; l'Histoire de Notre-Dame de Cléry, par Louis Jarry, 1890 ; les monographies de l'Église de la Trinité de Vendôme, par l'abbé Gabriel Plat, 1934; de la Collégiale Saint-Georges de Pithiviers, par P. Martellière, 1904 ; de l'Église abbatiale de SaintBenoît-sur-Loire, par l'abbé Rocher, 1865, M. Jules Banchereau, 1930, M. Marcel Aubert, 1930, et l'abbé Chénesseau, 1931.

Les Monuments religieux, civils et militaires du Gâtinais ont été décrits par Edmond Michel, 1877-1879.

De remarquables travaux ont été publiés sur les églises du Berry. Buhot de Kersers les avait étudiées dans son Histoire et statistique monumentale du Cher, publiée en huit volumes, de 1875 à 1899, et M. Deshoulières a repris, précisé et complété ce travail dans son beau volume des Églises du Cher, 1932 ; il prépare un travail analogue sur les Églises de l'Indre. Le même auteur a publié sur Y Architecture romane du Berry de très bons articles dans le Bulletin Monumental, 1909,1922 et 1931. M. René Crozet a fait paraître en 1932 un volume sur le même sujet : L'art roman en Berry. M. Eug. Hubert a commencé, avec la collaboration de son fils, M. Jean Hubert, une Histoire et archéologie du département de l'Indre, 1908. Il faut signaler encore les articles de Paul Gauchery, du baron de Gérardot, du commandant Paul Chenu, de MM. Deshoulières, Robert Gauchery, Amédée Boinet, sur les plus intéressantes églises du Berry et


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sur la cathédrale de Bourges, dont M. A. Gandilhon a publié une bibliographie très complète en tête du Congrès archéologique de Bourges, 1931.

Sur les monuments du Bourbonnais, on consultera les belles planches de la publication d'A. Allier, 1833, mais surtout Y Inventaire archéologique du département de l'Allier, de l'abbé C. Clément, 1892, et les articles du Congrès archéologique de Moulins, 1913, rédigés par Lefèvre-Pontalis, P. Gauchery et MM. Deshoulières et A. Rhein. MM. Marcel Génermont et P. Pradel ont écrit un excellent volume sur les Églises de l'Allier, qui paraîtra sous peu.

Les écoles romane et gothique de Bourgogne sont aujourd'hui bien connues. Plusieurs Congrès archéologiques y ont été tenus : Mâcon, 1899; Avallon, Auxerre, 1907 ; Nevers, 1913 ; Dijon, 1928 ; le volume du Congrès de Lyon, 1935, complétera la série. L'Inventaire des richesses d'art de la France, entrepris par l'éditeur Van Oest, est terminé pour la Bourgogne et a paru en 1930, en huit volumes, par les soins de MM. L. Hautecoeur pour l'architecture, Marcel Aubert pour la sculpture, L. Réau pour la peinture et la tapisserie. M. Perrault-Dabot a publié, en 1894, un petit volume sur l'Art en Bourgogne. Les Monuments du département de l'Yonne ont été décrits par Max Quantin, 1866 ; Victor Petit, 1870, et P.-F. Le Blanc-Davau, 1871 ; ceux du Doubs par A. Castan, 1880, et Jules Gauthier, de 1885 à 1900.

L'architecture romane a été étudiée par régions : L'architecture religieuse au XIe et au XIIe siècle dans l'ancien diocèse d'Auxerre, par M. André Philippe, 1904 ; L'architecture romane dans l'ancien diocèse de Mâcon, par M. Jean Virey, 1892, 2e édit., 1934 ; Les églises romanes de l'ancien diocèse de Chalon-sur-Saône, par Mme Dickson (Christiane Malo), 1934 ; L'architecture romane dans VAutunois, par le vicomte Pierre de Truchis, 1907 ; Les


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églises romanes du Jura, par l'abbé Brune, 1891. M. C. Oursel lui a consacré un ouvrage d'ensemble : L'art roman en Bourgogne, 1928.

M. Joseph Calmette a étudié les Limites architectoniques du gothique bourguignon, 1913, dont LefèvrePontalis a analysé les caractères dans le Congrès archéologique à" Avallon, 1907 ; V. Flipo a résumé dans sa petite monographie de la Cathédrale de Dijon, 1928, une partie de sa thèse d'Ecole des chartes, malheureusement restée inédite, sur l'art gothique bourguignon. MM. Léonce Lex et Kleinclausz ont consacré de bonnes études aux artistes et spécialement aux architectes et sculpteurs des ducs de Bourgogne au xve siècle.

Des monographies ont été publiées, de la Cathédrale de Sens, par Max Quantin, 1842, M. Charles Porée, 1907, le chanoine E. Chartraire, L. Bégule, 1929 ; de la Cathédrale d'Auxerre, 1906, et de Vézelay, 1909, par M. Charles Porée ; de Paray-le-Monial, par E. LefèvrePontalis, 1913 ; de la Charité et de la Cathédrale de Nevers, par M. L. Serbat, 1913 ; de Cluny, par M. J. Virey (volume du Millénaire, 1910, et Petite Monographie) et par M. K.-J. Conant (Bull. Mon., 1909, et Spéculum) ; de Saint-Philibert de Tournus, par l'abbé-Curé, 1908, et M. J. Virey ; de la Sainte-Chapelle de Dijon, par Henri Chabeuf, 1911; de Notre-Dame de Dijon, par M. Eug. Fyot, 1910 ; de la Cathédrale de Langres, par MM. H. Brocart, 1890, et J. Tillet, 1928 ; de la Cathédrale de Besançon, par J. Gauthier, 1900 ; de l'Église de Brou, par Victor Nodet ; de la Cathédrale de Lyon, par Guigue et L. Bégule (1880), qui a publié également de beaux volumes sur l'Abbaye de Fontenay, 1912, et Saint-Maurice de Vienne, 1914 ; de la Cathédrale d'Annecy, par F.-P. Poncet, 1876, et de Saint-Antoine en Dauphiné, par Dom H. Dijon, 1901.

Les églises de l'ouest de la France présentent à l'époque


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gothique comme à l'époque romane, et malgré leur diversité apparente, un certain nombre de caractères communs que l'on trouvera définis dans les articles des Congrès archéologiques de Poitiers, 1903 ; Angers-Saumur, 1910 ; Angoulême, 1912 ; Périgueux, 1927 ; et dans les travaux de J. Berthelé, Recherches pour servir à l'histoire des arts en Poitou, 1890 ; Carnet de voyage d'un antiquaire poitevin, 1896 ; Bélisaire Ledain, La Gâtine historique et monumentale, 1876 ; 0. de Rochebrune et B. Fillon, La Vendée, études artistiques et historiques, 1887 ; J. Robuchon, Paysages et monuments du Poitou, 1866-1890 ; abbé J.-H. Michon, Statistique monumentale de la Charente, 1844 ; F. Marvaud, Répertoire archéologique du département de la Charente, 1862 ; J. George et Alexis Guérin-Boutaud, Les églises romanes de l'ancien diocèse à"Angoulême, 1928 ; J. George, Les églises de France, Charente, 1933 ; H. Nodet, Quelques églises romanes de la Charente-Inférieure, dans le Bull. Mon., 1890 ; F. Jouannet, Statistique du département de la Gironde, 1837-1847, 3 vol. in-4° ; Léo Drouyn, Variétés girondines, 18781885 ; Ed. Féret, Essai sur Varrondissement de Bazas et ses monuments, 1893 ; J.-A. Brutails, Les vieilles églises de la Gironde, 1912 ; Dufour et Taillebois, Les absides romanes des églises des Landes, 1888. Sur les églises à coupoles, je signalerai spécialement le grand livre de Félix de Verneilh, L'architecture byzantine en France, 1851, et les articles plus récents de MM. Charles-Henri Besnard, Étude sur les coupoles et les voûtes domicales du SudOuest de la France, et Michel-Dansac, De l'emploi des coupoles sur la nef dans le Sud-Ouest aquitain, dans Congrès archéol. a"Angoulême, 1912 ; les livres du chanoine J. Roux sur Saint-Front de Périgueux, 1920, et de M. R. Rey sur la Cathédrale de Cahors et les églises à coupole du Sud-Ouest, 1927 ; enfin, l'article de M. Marcel Aubert, résumant la question de l'origine des coupoles, dans le


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Congrès archéol. de Périgueux, 1927. Lefèvre-Pontalis a donné la synthèse de l'École romane de l'Ouest dans deux articles du Bulletin Monumental, publiés en 1922 : Les nefs sans fenêtres dans les églises romanes et gothiques, et 1923, L'École du Périgord n'existe pas.

Parmi les monographies, outre celles qui ont été données dans les volumes du Congrès, je noterai les études de R. de Lasteyrie sur l'Église d'Aulnay de Saintonge, dans la Gazette archéologique de 1886 ; de Georges Musset sur l'Église de Fenioux, 1896, et sur les Églises romanes de Rioux et de Rétaud (Bull. Mon., 1906) ; de Brutails sur l'Église abbatiale de Saint-Sever (Bull, archéol., 1900), sur la Cathédrale de Bazas, 1905, et sur Uzeste, en collaboration avec l'abbé Brun et Berchon ; de H. Lopès sur SaintAndré de Bordeaux, 1882-1884.

Les monuments du Limousin ont été étudiés par A. de Roumejoux, Notes archéologiques sur quelques monuments de la Haute-Vienne (Bull. Mon., 1861) ; le comte A. de Dion, Notes sur quelques églises de la Corrèze (Bull. Mon., 1890) ; le chanoine J.-B. Poulbrière, Dictionnaire historique et archéologique du diocèse de Tulle, 1894, et surtout par René Fage, qui a publié la monographie de plusieurs édifices : Cathédrale de Limoges, 1913 ; SaintJunien (Bull. Mon., 1906) ; Solignac (Bull. Mon., 1910) ; Lubersac (Bull. Mon., 1912) ; La Graulière (Bull. Mon., 1909) ; Saint-Léonard (Bull. Mon., 1913) ; le guide du Congrès archéol. de Limoges, 1921. Le même auteur a décrit les clochers-arcades, nombreux dans cette région, dans le Bull. Mon., 1907,1921 et 1922. Sur les grands clochers limousins, on lira avec fruit l'article de M. J. Vallery-Radot, De Limoges à Brantôme, au Puy et à Valence, recherches sur la filiation d'un groupe de clochers romans, paru dans la Gazette des Beaux-Arts de 1929. M. Charles de Lasteyrie a consacré un volume à l'AnCONGHÈS

l'AnCONGHÈS PARIS, II. 1"


242 LES ÉTUDES

cienne abbaye de Saint-Martial de Limoges, 1901 ; E. Rupin à celle de Roc-Amadour, 1904.

M. Louis Lacrocq a étudié les monuments religieux de la Creuse, dont il donne une description très complète dans un volume des Eglises de France, 1934.

D'excellents travaux sur les églises du Velay et du Forez ont été publiés par Félix Thiollier, Le Forez pittoresque et monumental, 1889 ; Félix et Noël Thiollier, Art et archéologie dans le département de la Loire, 1898, et Noël Thiollier, L'architecture religieuse à l'époque romane dans l'ancien diocèse du Puy, 1900, et Guide archéologique du Congrès du Puy, 1904. E. Lefèvre-Pontalis a donné dans ce dernier volume une étude sur les dates de SaintJulien de Brioude.

L'Auvergne constitue à l'époque romane une école bien caractérisée. M. H. du Ranquet, dans une série d'études d'ensemble et plusieurs monographies publiées dans le Bull. Mon. de 1895 à 1913, et M. Louis Bréhier l'ont montré. On pourra consulter également les notices qu'ils ont données dans les Congrès archéologiques tenus à Clermont-Ferrand, en 1895 et en 1924, ainsi que celles de MM. Marcel Aubert, Deshoulières et A. Rhein, et aussi la Statistique monumentale du Puy-de-Dôme, par J.-B. Bouillet, 2e édit., 1846 ; L'ancienne Auvergne et le Velay, d'A. Michel, 1843-1848 ; Les églises romanes de la HauteAuvergne, par H. de Rochemonteix, 1902, et les Recherches sur l'art roman à Auriïlac, par M. Roger Grand, 1901.

Si certaines régions du Midi sont encore insuffisamment connues, d'autres, au contraire, ont été bien étudiées, notamment dans les Congrès archéologiques de Nîmes, 1897 ; Agen-Auch, 1901 ; Carcassonne-Perpignan, 1906 ; Toulouse, 1929, dans l'Album des monuments et de l'art ancien du midi de la France, publié par la Société archéologique du midi de la France, et dans des travaux d'en-


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semble, comme ceux de MM. Em. Bonnet, Antiquités et monuments du département de l'Hérault, 1905 ; Oudot de Dainville, Monuments historiques de l'Hérault, 1933 ; J.-A. Brutails, L'art religios en el Rossello, 1901 ; J. de Lahondès, Les églises du pays de Foix et du Couserans (Bull. Mon., 1883) ; Les églises romanes de la vallée de l'Ariège (Bull. Mon., 1877, et Bull, archéol, 1896) ; Les églises gothiques de l'Ariège (Bull, archéol., 1898), travaux que complètent ceux de MM. Robert Roger, Quelques églises fortifiées de l'Ariège, 1901 ; Églises à plan tréflé de la vallée de l'Ariège (Bull. Mon., 1910) ; Les églises romanes du pays de Foix et du Couserans, 1908-1913 ; Anthyme Saint-Paul, Notes sur l'architecture dans le Comminges du XIe au XVe siècle, 1887 ; G. Tholin, Études sur Varchitecture religieuse de l'Agenais, 1879 et 1888 ; André Philippe, Les églises romanes de la haute vallée du Lot (Congrès archéol. du Puy, 1904). On pourra feuilleter aussi les ouvrages déjà anciens et parfois un peu vieillis de Prosper Mérimée, Notes d'un voyage dans le midi de la France, 1836 ; J. Renouvier et M. Thomassy, Monuments des anciens diocèses de Maguelonne, Montpellier, Béziers, Agde, Saint-Pons et Lodève, 1835 (inachevé) ; A. Pernot, J. Coignet, Em. Caron, Sites et monuments du département de VAveyron, 1858 ; J.-B. Gluck, Album historique du département du Lot, 1852 ; Hipp. Crozes, Répertoire archéologique du département du Tarn, 1865.

M. Raymond Rey vient de préciser dans son volume L'art gothique du midi de la France, 1934, les caractères de cette architecture, dont M. Mâle avait marqué l'originalité dans un article paru dans la Revue des Deux Mondes, 15 février 1926.

Les monuments de Toulouse ont été étudiés par Jules de Lahondès (1920) et Emile Cartailhac (1925).

Des monographies ont été consacrées par M. Marcel Aubert et par le chanoine Auriol et M. R. Rey à Saint-


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Sernin de Toulouse; par MM. R. Rey à la Cathédrale de Toulouse; Mgr Douais aux Jacobins de Toulouse; J. Laran à la Cathédrale d'Albi; Albert Mayeux à SaintJean-le-Vieux de Perpignan (Bull. Mon., 1913) ; E. Rupin à l'Abbaye et au cloître de Moissac, 1897 ; A. Angles à plusieurs églises de YAveyron (Bull. Mon., 1908, 1913) ; Bion de Marlavagne à la Cathédrale de Rodez, 1875 ; Em. Bonnet à Saint- Guilhem-le-Désert (Bull. Mon., 1908); l'abbé Bouillet à l'Eglise Sainte-Foy de Conques, 1892 et 1900, qu'il a très justement rapprochée de Saint-Sernin de Toulouse et de Saint-Jacques de Compostelle dans un article des Mémoires des Antiquaires de France, 1893 ; l'abbé Caneto à Sainte-Marie d'Auch, 1850-1857 ; H. Crozes à Saint-Alain de Lavaur, 1865 ; J. Sahuc à SaintPons de Thomières, 1908 ; V. Mortet à Notre-Dame d'Alet (Aude) (Bull. Mon., 1898), à la Cathédrale et au cloître de Narbonne (Bull. Mon., 1899), qu'a également décrits M. L. Narbonne en 1901.

h'Art en Provence dans le Comtat-Venaissin et dans le comté de Nice est un beau volume publié en 1930 par M. Robert Doré. On trouvera également des renseignements sur les édifices de cette région dans les Congrès archéologiques d'Avignon, 1909 ; Valence-Montélimar, 1923, et Aix-en-Provence, 1932 ; la Statistique monumentale de la Drame, du chanoine Jouve, 1869 ; le Dictionnaire du département de Vaucluse, de J. Courtet, 1877 ; le Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes, de J. Roman, 1888 ; les Etudes d'histoire et d'archéologie romanes, Provence et Bas-Languedoc, de M. L.-H. Labande, 1902. Le comte de Villeneuve avait publié en 1824 une Statistique du département des Bouches-du-Rhône, qui est aujourd'hui remplacée par l'Encyclopédie des Bouches-duRhône, dont le tome IV, 1932, consacré à l'archéologie, a été rédigé par MM. Emile Cahen, Robert Doré et Bruno Durand. Les beaux volumes de H. Revoil, L'architecture


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romane du midi de la France, 1873, conservent toute leur valeur par les planches et figures donnant les plans, élévations, détails des monuments de la région, mais le système chronologique doit en être vérifié et corrigé par les travaux publiés depuis, et notamment par les études approfondies de M. Labande sur Saint-Trophime d'Arles (Bull. Mon., 1904) ; Vaison (Bull. Mon., 1905) ; NotreDame-des-Doms d'Avignon (Bull, archéol., 1907) ; sur les monuments visités lors du Congrès d'Avignon, 1909 ; sur Saint-Sauveur d'Aix, 1912 ; sur le Palais des Papes et les monuments d'Avignon au XIVe siècle, 1926, 2 vol. in-4°. Notons encore les monographies du Couvent de SaintMaximin, par l'abbé Albanès, 1880, et Fernand Cortez, 1885 ; de la Cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, par Andreoli et Lambert ; de Ganagobie, par l'abbé Arnaud d'Agnel, 1910 ; de la Cathédrale de Vence, par E. Blanc, 1878 ; de Saint-Jean-de-Maurienne, par l'abbé Truchet, 1903, et de Fréjus, par le docteur A. Donnadieu.

Architecture monastique. — Depuis le livre déjà ancien d'Albert Lenoir, publié en 1852-1856, le seul travail d'ensemble sur l'architecture monastique est celui de C. Enlart, dans le tome II du Manuel d'archéologie française.

Sur les abbayes bénédictines et plus spécialement sur les abbayes clunisiennes, on lira l'article de Lefèvre-Pontalis : Plans des églises romanes bénédictines (Bull. Mon., 1912) ; l'Histoire de l'ordre de Cluny, par H. Pignot, 1862 ; les Albums de Cluny, publiés par A. Verdier, en 1852, et F.-L. Bruel, en 1910 ; les articles du Congrès d'histoire et d'archéologie du Millénaire de Cluny, 1910 ; la Petite Monographie, de M. Jean Virey, 1921 ; les excellents articles de M. K. J. Conant dans le Spéculum, et les ouvrages de MM. Oursel et Vallery-Radot signalés plus haut ; plus généralement les articles publiés dans les


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Congrès archéologiques, notamment ceux de Caen, 1908, et Bourges, 1931, et les Petites Monographies de Jumièges (1927), par MM. L.-M. Michon et R. Martin du Gard, qui avait publié, en 1909, un gros volume sur ce sujet ; de Moissac, par A. Angles ; de Montmajour, par M. F. Benoît ; de Vézelay, par M. Ch. Porée. Le MontSaint-Michel a été l'objet d'un grand nombre d'études, parmi lesquelles je signalerai celles de Corroyer, 1877 ; Paul Goût, 1910 ; Ch.-H. Besnard (Petite Monographie) et Germain Bazin, 1933. M. G. Lanfry a prouvé (cf. notamment Bull. Mon., 1928) que le choeur des églises bénédictines de Normandie était parfois entouré d'un déambulatoire dès le xie siècle.

C. Enlart a consacré plusieurs ouvrages importants à l'étude des abbayes cisterciennes hors de France, et il en a montré la remarquable unité. A la fin des deux volumes qu'il a écrits sur l'Abbaye de Fontenay en Côted'Or (1912, et Petite Monographie), M. Lucien Bégule a donné une courte notice sur l'Architecture cistercienne, et, dans son excellent article sur l'Abbaye de Preuilly (Seine-et-Marne), la marquise de Maillé a précisé les caractères de cette architecture (Bull. Mon., 1930). On trouvera encore des renseignements sur ce sujet dans les monographies de Pontigny, par M. A. Philippe (Congrès archéol., 1907) et M. Fontaine ; Ourscamp et Chaalis, par E. Lefèvre-Pontalis (Congrès, 1905, et Bull. Mon., 1902) ; Royaumont, par M. Henry Gouin ; Silvanès, par A. Angles (Bull. Mon., 1908) ; L'Épau, par A. Ricordeau et l'abbé L. Froger, 1894 ; dans les études de J. Gauthier sur les abbayes cisterciennes de Franche-Comté et de M. Marcel Aubert sur Noirlac (Congrès archéol., 1931) ; Silvacane et Le Thoronet (Congrès archéol., 1932), et sur les Vaux-de-Cernay (1932, Bull. Mon., 1933, et Petite Monographie, 1934). L'Étude sur l'état intérieur des abbayes cisterciennes ded'Arbois de Jubainville, 1858, com-


D ARCHÉOLOGIE AU MOYEN AGE 247

prend un grand nombre de détails archéologiques sur Clairvaux.

Sur l'architecture des Prémontrés, on trouvera des détails intéressants dans l'étude sur l'Abbaye de la Lucerne au diocèse d'Avranches, par L. Régnier ; sur celle de l'Ordre de Grandmont, dans les articles de M. L. Guibert et le comte A. de Dion, parus dans le Bull. Mon. de 1874, 1876, 1877 et 1878, et dans les monographies de Saint-Jean-les-Bonshommes ("Yonne), par E. Petit (Congrès archéol., 1907) ; Montcient-Fontaine (Seine-et-Oise), par M. P. Coquelle, 1909 ; Notre-Dame-du-Parc, à Rouen, par le docteur Coutan (Bull. Mon., 1933).

La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon a été étudiée par M. Labande dans le Congrès archéol. d'Avignon, 1909, et par M. Jules Formigé, 1909, qui en a levé un plan détaillé. L'abbé Pouchon, en 1868, et A. Coulondres, en 1875-1876, en avaient donné des notices historiques et documentaires. Viollet-le-Duc a publié dans le Dictionnaire le plan de la Chartreuse de Clermont, et Lenoir celui de la Chartreuse de Paris, dans son Architecture monastique.

M. L. Gillet a publié une Histoire artistique des ordres mendiants, en 1912, et quelques-unes des principales églises des Dominicains et des Franciscains ont été décrites par M. Raymond Rey dans l'Art gothique du midi de la France.

Les établissements des Hospitaliers de Saint-Jean-deJérusalem ont été étudiés dans le Bull. Mon. de 1850 (Champagne), 1857 (Roussillon), et le Congrès archéol. de 1852 (Bourgogne) ; H. de Marquessac a publié deux volumes sur leurs établissements !en Guyenne, 1865. Sur les maisons des Templiers en Lorraine, voir le Congrès archéol, 1846 ; en Champagne, le Bull. Mon., 1840 ; en Bourgogne, le Congrès archéol, 1852 ; en Roussillon, le Bull. Mon., 1857 ; dans le Tarn-et-Garonne, le Congrès


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archéol, 1865 ; dans les Landes, le Congrès archéol., 1888.

Architecture civile. — Les deux volumes de Verdier et Cattois, L'architecture civile et domestique au Moyen Age et à la Renaissance, 1855-1857, sont restés très utiles, surtout par les planches qu'ils renferment, comme les articles du Dictionnaire de Viollet-le-Duc consacrés à ce sujet ; mais l'ouvrage qui fait autorité en la matière est le tome I de la deuxième partie du Manuel d'archéologie française d'Enlart, dont la 2e édition est parue en 1929, avec une préface de M. P. Léon ; il est aussi riche en renseignements sur l'architecture privée, les maisons de pierre et de bois, leur construction, leur aménagement, les auberges, manoirs et fermes, que sur l'architecture publique, urbanisme, ponts, aqueducs et fontaines, hôtels de ville, bâtiments de justice, marchés et halles, écoles et bibliothèques, bains et lieux de divertissement.

Le plan des villes du moyen âge a fait l'objet d'une étude définitive de M. Pierre Lavedan, Histoire de l'urbanisme. Antiquité, Moyen Age, 1926, et de plusieurs notices, comme celles de M. Charles Portai sur Cordes, 1903 ; de M. L. Testut sur Beaumont en Périgord, 1920, 2 vol. ; de MM. Lavergne et J. Banchereau sur Montpazier et Domme (Congrès archéol, 1927), et de M. A. Vigie sur les Bastides du Périgord, 1907. M. Poète a écrit un important ouvrage sur Paris, de sa naissance à nos jours, 1925-1927, 3 vol. in-8°.

Le livre du commandant R. Quenedey sur l'Habitation rouennaise, 1926, que complète son volume, La Normandie, recueil de documents d'architecture civile, de l'époque médiévale au XVIIIe siècle, est le modèle d'une monographie consacrée à l'architecture civile d'une ville ou d'une région, et l'on peut y puiser des renseignements très utiles non seulement sur Rouen, mais même sur l'architecture civile en France au moyen âge. Je signalerai


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encore les ouvrages de C. Enlart, Les monuments des Croisés dans le royaume de Jérusalem, 1928, 2 vol., et de MM. J. Martellière, Rues, plans et maisons de Vendôme (Bull, de la Soc. archéol. du Vendômois, 1913) ; Jacques Natte, Une ville du XVe siècle, Strasbourg, 1929 ; A. Perrault-Dabot, Pérouges (Ain) (Bull. Mon., 1913) ; L. Le Clert, Anciennes maisons de Troyes, 1905 ; A. Gandilhon et R. Gauchery, L'hôtel Jacques-Coeur à Bourges (Congrès archéol, 1931). D'autres monographies ont paru dans des revues, les Annales archéologiques, la Revue de l'art chrétien, le Bulletin Monumental et les Congrès d'archéologie. J'ai cité plus haut le grand ouvrage de M. L.-H. Labande sur le Palais des Papes et les monuments d'Avignon au XIVe siècle, 1925. Des Petites Monographies ont été consacrées au Palais des Papes d'Avignon, par le docteur Colombe ; à l'Hôtel-Dieu de Beaune, par M. H. Stein ; à Villeneuve-lès-Avignon et aux Baux, par M. F. Benoît, et à Aiguës-Mortes, par M. A. Fliche.

M. Adrien Blanchet a écrit, en 1923, un volume sur les Souterrains-refuges de la France, contribution à l'histoire de l'habitation humaine, 1923.

L'étude des ponts du moyen âge a été donnée par F. de Dartein, dans le tome I de son grand ouvrage sur les Ponts de pierre, 1912, et par M. Georges Gromort, en collaboration avec M. W. Emerson, dans un beau volume publié en 1925, Old bridges of France.

Architecture militaire. — Le Dictionnaire d'architecture contient un certain nombre d'articles excellents sur l'architecture militaire, et Viollet-le-Duc en a résumé la matière dans un volume intitulé : Essai sur l'architecture militaire au Moyen Age, et publié en 1854. Ici encore, l'ouvrage le plus complet est le Manuel d'archéologie française de C. Enlart, dont le tome II de la deuxième partie, consacré à l'architecture militaire et navale, a


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été revu, complété et publié par M. Jean Verrier, en 1932, et enrichi d'un important chapitre sur l'architecture militaire en Terre sainte, où M. P. Deschamps a donné la synthèse de son grand ouvrage sur le Crac des Chevaliers et les châteaux des Croisés en Terre-Sainte, 1934. M. Albert Mersier a publié un article sur les hourds et mâchicoulis, dans le Bull. Mon., 1923.

Un grand nombre de monographies ont été consacrées aux enceintes et aux châteaux forts du Moyen Age, et je ne puis signaler ici que les principales.

L'enceinte à'Aiguës-Mortes a été étudiée par M. A. Fliche (Petite Monographie) ; celle de Carcassonne, par M. Jos. Poux, 1922-1923, 3 vol. ; celle de Mennetou-surCher, par M. Marcel Aubert (Bull. Mon., 1912) ; le château d'Armentières (Aisne), par M. J.-M. Trouvelot (Bull. Mon., 1912) ; celui à'Arques, par le commandant R. Quenedey (Congrès archéol, 1927) ; le château des Papes d'Avignon, par le docteur Colombe, 1927 (Petite Monographie), et par M. L.-H. Labande, 1926, 2 vol. ; les châteaux de Bellegarde, par M. Dumolin (Congrès archéol, 1930) ; Blois, par MM. P. et F. Lesueur, 1922 ; Boulognesur-Mer, par M. P.-M.-L. Héliot (Petite Monographie) ; Bourbon-VArchambault, par M. Deshoulières (Petite Monographie) ; du Bourbonnais, par l'abbé Jo.s. Clément, 1911 ; Château-Gaillard, par M. L. Coutil, 1906 ; Chinon, par M. Eug. Pépin, 1924 (Petite Monographie) ; Coucy, par Eug. Lefèvre-Pontalis, 2e édit., 1928 (Petite Monographie) ; Dieppe, par le docteur Coutan, 1903, et M. Deshoulières (Petite Monographie) ; Fougères, par M. Ch.-H. Besnard (Bull. Mon., 1912) ; Gisors, par Eug. Anne ; la Guyenne militaire, par Léo Drouyn, 1865 ; Ham (Somme), par M. Albert Mersier (Bull. Mon., 1914) ; Houdan (Seine-et-Oise), par A. de Dion (Bull. Mon., 1905) ; Josselin, par M. Roger Grand, 1930 (Petite Monographie) ; Lassay, par le marquis de Beauchesne et


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Eug. Lefèvre-Pontalis (Bull. Mon., 1905) ; Lauzun-enAgenais, par Ph. Lauzun, 1909 ; Loches, par M. Jean Vallery-Radot, 1926 (Petite Monographie) ; Lucheux (Somme), par M. Ph. des Forts (Bull. Mon., 1910) ; Mezle-Maréchal (Loiret), par M. H. Stein (Congrès archéol, 1930) ; Murols, par M. A. du Halgoët, 1926 ; Pierrefonds,- 15e édit., par Viollet-le-Duc et M. A. du Halgoët ; SainteSuzanne (Mayenne), par Robert Triger, 1907 ; Salon (Bouches-du-Rhône), par M. Jules Formigé (Bull. Mon., 1911) ; Sully-sur-Loire, par M. Dumolin (Congrès archéol, 1930) ; Tonquédec, par Alf. La Barre de Nanteuil (Bull Mon., 1911) ; de la T-ouraine, par Clérembault, 1904-1908 ; Villeneuve-les-Avignon, par M. Fernand Benoist (Petite Monographie) ; Vincennes, par M. F. de Fossa, 1910, 2 vol., et Petite Monographie.

Les Églises fortifiées du midi de la France ont été étudiées par le colonel Brieussel (Bull, de la Soc. du Tarn, 1927) et par M. Raymond Rey, 1925.

Sculpture. — L'histoire la plus complète de la sculpture du moyen âge en France est celle qu'André Michel a écrite lui-même, de 1905 à 1911, dans l'Histoire de l'art, dont il a dirigé la publication : La sculpture romane, au tome I, 2e partie ; Formation et développement de la sculpture gothique, du milieu du XIIe siècle à la fin du XIIIe, au tome II, lre partie ; La sculpture au XIVe siècle, au tome II, 2e partie ; La sculpture au XVe siècle, au tome III, lre partie ; La sculpture en France de Louis XI à la fin des Valois, au tome IV, 2e partie. Ces articles sont la mise au point des cours qu'André Michel professa pendant de longues années à l'École du Louvre. Le cours de Courajod, auquel il avait succédé dans cette chaire, fut publié par MM. Henry Lemonnier et André Michel en 1899-1900, en 2 vol.

Il faut lire, en outre, pour connaître le sens de ces


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sculptures et les raisons de leur évolution, les livres de M. Emile Mâle, L'art religieux du XIIe siècle en France, 1922, 3e édit., 1934 ; L'art religieux du XIIIe siècle en France, 1902, 7e édit., 1934 ; L'art religieux de la fin du Moyen Age en France, 1908, 3e édit., 1934; et ceux de M. Louis Bréhier, L'art chrétien, 1928, et de M. L. Hourticq, La vie des images, 1927. Ces ouvrages remplacent ceux qui avaient été écrits autrefois sur ce sujet, et notamment l'Histoire de Dieu, de Didron ; le Dictionnaire iconographique, de Guénebault, et le Traité d'iconographie chrétienne, de Barbier de Montault, 1890.

Les éditions du Pégase ont commencé une série de volumes sur la sculpture en France, où ont déjà paru : La sculpture française à l'époque romane, XIe-XIIe siècles, par M. Paul Deschamps, 1930 ; La sculpture française au début de l'époque gothique, 1140-1225, par M. Marcel Aubert, 1929 ; La sculpture française au temps de saint Louis, 1226-1270, par M. Paul Vitry, 1929.

Le volume de Mme Lefrançois-Pillion sur la Sculpture française de la mort de saint Louis à l'avènement de Charles V est en préparation.

Le traité d'Émeric David, remontant à 1817 et paru en 1853, était resté le seul manuel sur la Sculpture française, jusqu'en ces derniers temps, où ont paru, coup sur coup, les livres de M. Marcel Aubert, La sculpture française du Moyen Age et de la Renaissance (Bibliothèque d'histoire de l'art), 1926 ; Mme Louise Lefrançois-Pillion, Les sculpteurs français du XIIe siècle, 1931, et Les sculpteurs français du XIIIe siècle, 1912, 2e édit., 1931 ; Mlle Denise Jalabert, La sculpture française, 1931, La sculpture romane et gothique ; et Mlle Jeanne Lejeaux, Sculpture religieuse, 1934.

M. et Mme A. Forel ont publié deux volumes ornés de beaux dessins, Voyage au pays des sculpteurs romans, 1913.


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Parmi les recueils de documents, je signalerai surtout les trois volumes in-fol. publiés par MM. Paul Vitry et Gaston Brière, Documents de sculpture française, Moyen Age et Renaissance ; L'art français à l'époque romane, architecture et sculpture, par M. Marcel Aubert ; L'art français à l'époque gothique, par C. Enlart ; Les richesses d'art de la France, la sculpture en Bourgogne, par M. Marcel Aubert, 3 vol. in-fol. ; La sculpture française au Moyen Age et à la Renaissance, par A. de Beaudot, 2e édit., 1884 ; Les chefs-d'oeuvre des Musées de France, la sculpture, par B. Gonse, 1904 ; Le Musée de sculpture comparée du Trocadéro, par C. Enlart et M. J. Roussel, 1930, et les albums publiés par P. Frantz-Marcou et par Guérinet.

La période préromane et les origines de la sculpture romane ont fait l'objet d'un important article de M. Paul Deschamps, La renaissance de la sculpture en France à l'époque romane, publié dans le Bull. Mon. de 1925. M. Louis Bréhier a également fort bien exposé la question dans son livre sur L'art en France, des invasions barbares à l'époque romane, 1930, et dans un article de la Revue de l'Art, 1920 : Les origines de l'art roman, la renaissance de la sculpture monumentale. Jean Ebersolt a résumé la question des origines orientales dans ses deux volumes Orient et Occident, parus en 1928 et 1929, qui contiennent notamment une bonne bibliographie, à laquelle il faut ajouter les récents ouvrages de Mlle Françoise Henry, La sculpture irlandaise pendant les douze premiers siècles de l'ère chrétienne, 1933, et de M. Jurgis Baltrusaitis, Art sumérien, art roman, 1934.

Sur l'ensemble de la sculpture romane, outre les ouvrages déjà signalés plus haut, on lira le beau livre de M. Henri Focillon, L'art des sculpteurs romans, 1931, et celui de M. Jurgis Baltrusaitis, qui en est comme le complément, La stylistique ornementale dans la sculpture romane, 1931 ; enfin, l'article de M. Jean Laran, Recherches


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sur les proportions de la statuaire française du XIIe siècle, paru dans la Revue archéologique de 1909.

Les grandes divisions de la sculpture romane et les dates des principales oeuvres sculptées de Languedoc et de Bourgogne, telles que les avaient établies A. Michel et É. Mâle, ayant été attaquées par M. A. Kingsley Porter dans son livre Romanesque sculpture of the pilgrimage roads, 1923, M. Paul Deschamps en a repris l'étude dans une série d'articles : Notes sur la sculpture romane de Bourgogne (Gazette des Beaux-Arts, 1922) ; Notes sur la sculpture romane en Languedoc et dans le nord de l'Espagne (Bull. Mon., 1923) ; L'autel roman de Saint-Sernin de Toulouse et les sculptures du cloître de Moissac (Bull, archéol, 1923) ; Les débuts de la sculpture romane en Languedoc et Bourgogne (Revue archéol, 1924), et la plupart des savants ont souscrit à ses conclusions, sauf sur un point ou deux, comme la date des chapiteaux du choeur de l'ancienne église abbatiale de Cluny, que MM. Oursel, dans L'art roman en Bourgogne, 1928, L. Bréhier, dans la Revue archéol, 1929, et M. J. Virey, dans Les églises romanes de l'ancien diocèse de Mâcon, 1934, font remonter, à la suite de Porter, et de K. J. Conant, qui, pendant cinq ans, a poursuivi des fouilles consciencieuses à Cluny, à la fin du xie siècle.

On trouvera encore sur la sculpture en Bourgogne des renseignements intéressants dans les volumes de l'abbé V. Terret, La sculpture bourguignonne aux XIIe et XIIIe siècles, Cluny-, Autun, 1924-1925 ; de M. Marcel Aubert, La sculpture en Bourgogne (Les richesses d'art de la France), 3 vol., et dans les ouvrages d'archéologie monumentale de MM. F. et N. Thiollier, J. Virey, docteur Birot, docteur Pouzet, A. Rhein, Porée, etc.. Sur la sculpture en Languedoc, on pourra également lire les monographies de MM. Angles, Marcel Aubert, chanoine Auriol, Lahondès, R. Rey, Rupin, le bel article de M. É.


D'ARCHÉOLOGIE AU MOYEN AGE 255

Mâle, Les chapiteaux romans du Musée de Toulouse (Revue archéol, 1892), et les notices du Catalogue du Musée des Augustins, par M. Henri Rachou, Pierres romanes de Saint-Etienne, la Daurade et Saint-Sernin, avec une préface de M. Pol Neveux, 1934. Sur la sculpture dans l'Ouest, les articles de M. Dangibeaud, L'école de sculpture romane saintongeaise (Bull, archéol, 1910) ; de Mlle E. Maillard sur la façade de Saint-Pierre de Parthenay (Bull, de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest, 1926) et sur celle de Saint-Jouin de Marnes (Gazette des BeauxArts, 1924) ; de M. Paul Deschamps, Les combats des vertus et des vices sur les portails romans de la Saintonge et du Poitou, 1912, dans le Congrès archéol. d'Angoulême, 1912, et les notices de MM. J. George et Alexis GuérinBoutaud, dans leur volume sur les Églises romanes de l'ancien diocèse d'Angoulême, 1928. Sur la sculpture en Auvergne, les articles publiés par M. Louis Bréhier, dans la Revue des Deux Mondes, 1912, la Revue de l'Art, 1920 et 1924, la Gazette des Beaux-Arts, 1925, et son étude sur la Sculpture romane en Haute-Auvergne, 1927 ; ceux de l'abbé J. Rochias et de M. H. du Ranquet sur les chapiteaux de Saint-Nectaire (Bull. Mon., 1909 et 1910) ; de MM. H. du Ranquet et de L. Bréhier sur les chapiteaux de Notre-Dame-du-Port, à Clermont-Ferrand (1892, et Revue-<Le l'Art chrétien, 1912).

Les débuts de la sculpture gothique ont fait l'objet de nombreuses études, parmi lesquelles je citerai celles de R. de Lasteyrie dans les Monuments Piot, 1902, établissant, contrairement à la thèse de Vôge, Die Anfânge des monumentalen Styles im Mittelalter, 1894, l'antériorité du portail Royal de Chartres sur les grandes façades de Provence et ramenant à leurs dates véritables, — deuxième moitié du xne siècle —, leurs portails, rajeunis d'une manière excessive par M. A. Marignan, qui reprit sa thèse dans son livre La décoration monumentale des églises


256 LES ÉTUDES

de la France septentrionale du XIIe au XIIIe siècle, Paris, 1911 ; de Gabriel Fleury, Études sur les portails imagés du XIIe siècle, 1904 ; de M. Marcel Aubert, La sculpture française au début de l'époque gothique, 1140-1225, où l'on trouvera la bibliographie détaillée du sujet. Sur la sculpture gothique, outre les ouvrages généraux déjà cités de M. P. Vitry, Mme L. Lefrançois-Pillion, Mlle D. Jalàbert, il faudrait se reporter aux nombreuses monographies des monuments, dont nous avons signalé quelques-unes plus haut ; aux études sur la Cathédrale de Chartres, par M. Et. Houvet ; La cathédrale de Reims, par MM. Louis Demaison, Paul Vitry, 1915-1919, Moreau-Nélaton, 1915, Mgr Landrieux, 1919, Mme Louise LefrançoisPillion, 1928 ; La cathédrale d'Amiens, par M. Georges Durand, 1901-1903, 2 vol. in-fol. ; La cathédrale de Bourges, par M. A. Boinet, 1922, et par l'abbé S. Muté, 1924-1928 ; La cathédrale de Sens, par le chanoine E. Chartraire (Bull, archéol, 1914) ; La cathédrale d'Auxerre, par C. Enlart (Congrès archéol, 1909) ; La cathédrale de Rouen, par Mme Louise Lefrançois-Pillion, 1907, et Congrès archéol, 1926 ; La cathédrale de Poitiers, par MUe Élisa Maillard, 1921 ; L'église de Saint-Thibault-enAuxois, par Mme Louise Lefrançois-Pillion (Gazette des Beaux-Arts, 1921) ; L'église de Rampillon, par A. Carlier, 1930, etc..

Pour l'étude de la sculpture à la fin du moyen âge, on lira avec intérêt le Catalogue raisonné du Musée de sculpture comparée des XIVe et XVe siècles, par Louis Courajod et P. Frantz Marcou, 1892 ; La sculpture à Troyes et dans la Champagne méridionale au XVIe siècle, de Raymond Koechlin et J. J. Marquet de Vasselot, 1900, et Michel Colombe et la sculpture française de son temps, par M. Paul Vitry, 1901 ; et sur la sculpture bourguignonne au xve siècle, La Chartreuse de Dijon, de Cyprien Monget, 1898-1904, ouvrage souvent confus, mais rempli de do-


D'ARCHÉOLOGIE AU MOYEN AGE 257

cuments ; l'étude un peu générale de M. A. Humbert, La sculpture sous les ducs de Bourgogne, 1913 ; puis le livre de M. A. Kleinclausz, Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au XVe siècle; les articles de l'abbé Brune, dans Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1899, 1904, 1905 ; de M. H. Drouot, dans le Bull. Mon., 1911, la Gazette des Beaux-Arts, 1925 ; les Annales de Bourgogne, 1930 ; la Revue belge d'archéologie et d'histoire de l'art, 1932 ; et la thèse de M. Henri David, DeJ Sluter à Sambin, la fin du Moyen Age, 1933.

E. Lambin a publié, en 1893 et 1895, deux volumes sur la Flore gothique, dont les conclusions ont été fort discutées par Mlle Denise Jalabert, dans sa thèse de l'École du Louvre, thèse dont un résumé a paru dans le Bulletin Monumental de 1932, sous le titre La flore gothique, son évolution du XIIIe au XVe siècle, en attendant un ouvrage plus développé qui ne tardera pas à paraître.

L'art des tombiers a été étudié dans les ouvrages généraux que j'ai indiqués plus haut, dans des articles de Mme Louise Lefrançois-Pillion (Revue de l'Art, 1910), d'Em. Bertaux (Gazette des Beaux-Arts, 1898), et dans la monographie de MM. P. Vitry et G. Brière, L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux, 1908, 2e édit., 1925.

La sculpture sur ivoire a fait l'objet de deux ouvrages considérables : celui d'E. Molinier, dans l'Histoire des arts appliqués à l'industrie, et la belle publication de R. Koechlin, Les ivoires gothiques, 1924, 3 vol. gr. in-4°.

CONGRÈS DE PARIS, II. 1"



LES ETUDES

SUR

LA RENAISSANCE EN FRANCE DE 1834 A 1934

par M. Paul VITRY

Le progrès des études sur l'art et les monuments de la Renaissance en France, aussi bien que celui du respect et de l'entretien de ces monuments, a suivi, au cours du xixe siècle, la même marche que celui des études théoriques et appliquées relatives à l'archéologie du moyen âge, dont l'évolution a été exposée ci-dessus par M. Marcel Aubert. L'art moderne commençait dans l'esprit de nos premiers archéologues avec le xvne siècle et les périodes purement classiques de notre art national ; les monuments du xvie siècle se confondaient, dans leur esprit, sous le nom d' « antiquités nationales » ou de « monuments anciens », avec ceux du xne au xve siècle. La notion de « Renaissance », toutefois, qui, prise dans son sens propre de résurrection des arts, était apparue dès l'époque classique, les préoccupait peu et le grand mouvement de curiosité, de goût et d'étude qui marque l'époque romantique engloba aussi bien les productions du temps de François Ier que celles du temps de saint Louis. Une tendance marquée se faisait jour, cependant, chez Émeric David, par exemple, pour réclamer comme une manifestation originale du génie national cet art de la Renaissance et en éliminer ce que les esthéticiens du xvne siècle


260 LES ÉTUDES

y avaient voulu voir, parfois non sans raison, quoique avec un esprit trop exclusif, de prédominance de l'influence étrangère. Nous serons amenés naturellement, au cours de l'exposé qui va suivre, à montrer l'opposition de ces deux thèses, nationaliste et italianisante, qui colora et vivifia d'ailleurs longtemps le développement des études sur l'art du xvie siècle français.

Avant le xixe siècle, les auteurs qui s'appliquaient à l'étude des monuments du passé, un Sauvai ou un Montfaucon, n'y voyaient guère que matière à développement d'érudition, d'exégèse monarchique, nobiliaire ou ecclésiastique, l'étude proprement archéologique et artistique les préoccupant fort peu. Il en est à peu près de même encore à la fin du xvme siècle dans le recueil des Antiquités nationales de Millin. Ce dernier, cependant, dans ses Voyages archéologiques dans le Midi de la France (18071811), commence à s'intéresser aux monuments pour eux^ mêmes, et cet intérêt va s'accentuer dans les Voyages pittoresques dans l'ancienne France dus à Taylor, dont les dixsept volumes enrichis de gravures commencent à paraître en 1820. Dans le même esprit, Baltard avait publié dès l'Empire son album de Paris et ses monuments et .de la Querrière, en 1821, ses Maisons de Rouen. Tous ces recueils concernaient aussi bien la Renaissance que le moyen âge ; Alexandre Lenoir, dans la constitution de son Musée des Monuments français et dans les publications qui en prolongèrent l'activité et l'influence sur l'esprit public après 1816, avait pratiqué le même éclectisme.

Après 1830, tandis que de grands travailleurs et de grands initiateurs, tels que Caumont, puis Quicherat, s'intéressent presque exclusivement à l'art du moyen âge, dont ils entreprennent l'étude méthodique, les artistes, les vulgarisateurs continuent à englober dans une admiration, parfois plus enthousiaste que raisonnée, moyen âge


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 261

et Renaissance, de même que les décorateurs de l'époque, dans leurs compositions fantaisistes, empruntent des éléments aussi bien au xne qu'au xvie siècle ; le classique seul est proscrit par la mode nouvelle. Il ne serait pas difficile de trouver des témoignages de cet état d'esprit dans la littérature et la critique du temps. Mais, pour en rester aux publications d'allure archéologique, citons seulement l'Histoire de l'architecture en France de Daniel Ramée (1845), le recueil de Gailhabaud l'Architecture du Ve au XVIe siècle en France et les arts qui s'y rattachent (1849), l'Architecture civile et domestique du Moyen Age et de la Renaissance de Verdier et Cattois (1855). Tous ces recueils font connaître les monuments un peu au hasard et avec des procédés de reproduction qui laissent au dessinateur une grande part d'interprétation. Le plus populaire, celui qui servit le plus peut-être à la diffusion des idées et des types par ses nombreuses rééditions, fut le Moyen Age et la Renaissance de Lacroix et Séré, dont le premier volume parut en 1848, le cinquième, consacré aux beauxarts et rédigé par Lassus, Mérimée, Jean du Seigneur et Michiels, en 1851. Si la part essentielle restait dans ces recueils à l'architecture médiévale, lorsqu'on arrivait au décor de la vie, aux chapitres des arts industriels, c'était toute l'abondante production de la Renaissance, si appréciée des amateurs du temps, qui défilait sous les yeux du lecteur. C'est elle encore qui fait la matière principale de l'Histoire des arts industriels du Moyen Age et de la Renaissance de Labarte (1864-1865). N'en allait-il pas de même dans les publications plus savantes des Annales archéologiques de Didron et dans les Dictionnaires même de Viollet-le-Duc?

C'est pendant cette période romantique que s'était formée cette opinion « nationaliste » dont nous parlions tout à l'heure, en réaction contre la doctrine classique défendue par Winckelmann, Quatremère de Quincy et le comte


262 LES ÉTUDES

Cicognara, qui faisait dériver de l'Italie et de l'Antiquité tout le progrès humain, « ogni arte, ogni scienzia, ogni lume ». Émeric-David avait publié dans la Revue encyclopédique, en 1819, ses Remarques sur l'ouvrage de M. le comte Cicognara, réimprimées en 1872 sous le titre de Tableau historique de la sculpture française, avec des notes de Jean du Seigneur et de Paul Lacroix, où non seulement il affirmait l'existence et l'excellence de la sculpture du moyen âge, mais soutenait aussi que « l'idée d'une prétendue Renaissance sous François Ier est une chimère qui ne souffre pas le plus léger examen », déclarait que l'influence italienne fut un mal réel pour la France et que tout ce qui s'est fait de bien en France au xvie siècle est français.

Pourtant, dès cette époque, commençaient les travaux de détail et les publications de textes qui, tout en exhumant les noms d'artisans français, constataient aussi la présence à leurs côtés d'ouvriers et d'artistes italiens : par exemple l'ouvrage de Deville sur les Tombeaux de la cathédrale de Rouen qui date de 1833 et sa publication des Comptes de Gaillon de 1850-1851.

La période de 1850 à 1880 vit paraître nombre de travaux érudits et d'allure réellement scientifique appuyés sur des documents certains, notamment dans le recueil des Archives de l'art français dirigé par Philippe de Chennevières et Anatole de Montaiglon. La publication par ce dernier, en particulier, des États de paiement des ouvriers italiens ramenés par Charles VIII et installés à Amboise est capitale pour la question des origines de notre Renaissance. Les ouvrages, essentiels aussi, de Léon de Laborde sur les Ducs de Bourgogne (1849-1852), sur la Renaissance des arts à la cour de France (1850-1855), sur les Comptes des Bâtiments du roi (1878-1880). établissaient sur des fondements solides l'histoire de l'art français à la fin du moyen


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 263

âge et pendant la plus grande partie du xvie siècle ; ils étaient complétés pour d'importants groupes provinciaux par les Artistes de Bourges du baron de Girardot (1861), les Documents inédits sur l'histoire des arts en Touraine de Charles de Grandmaison (1870), les Artistes du Mans de Chardon (1878), les Artistes angevins de Célestin Port (1881) ou, pour quelques points de détail particulièrement significatifs, par des études comme les Recherches sur les origines de Michel Colombe de Lambron de Lignim (1848) ou les Fontes du Primatice de Barbet de Jouy (1860).

Des recueils de monuments classés par région, enrichis de dessins et de gravures, dont les notices plus précises remplacent les commentaires admiratifs et anecdotiques du temps du baron Taylor, paraissaient un peu partout : l'Ancien Bourbonnais d'Allier (1833-1838), l'Orne archéologique et historique du baron de la Sicotière (1845), l'Album pittoresque et monumental de l'Aube d'Aufauvre et Fichot (1852), la Touraine de l'abbé Bourassé (1856), les Châteaux de la Loire de Victor Petit (1861), le Poitou et Vendée de B. Fillon et 0. de Rochebrune (1865), les Promenades en Touraine de l'abbé Chevalier (1869).

Des monographies établissaient l'histoire et présentaient des relevés architecturaux de quelques grands édifices, comme le Solesmes de Dom Guéranger (1846), l'Abbaye de Fécamp de Leroux de Lincy (1860), les Châteaux de Blois et de Chambord de La Saussaye (1855 et 1859), ceux de Chenonceau par l'abbé Chevallier (1868), à'Ancyle-Franc par Sauvageot (1868), de Châteaudun par Coudray (1871). Anet était étudié par Pfnor (1867) et par Roussel (1875), Fontainebleau, enfin, par Pfnor et Champollion-Figeac en 1868.

Vers le même temps paraissaient des ouvrages d'ensemble comme les Palais, châteaux, hôtels et maisons de France de Sauvageot (1860-1867), les Grands architectes de la Renaissance (1860) et la Renaissance monumentale en


264 LES ÉTUDES

France (1864) d'Ad. Berty, qui couronnait la série par sa magistrale étude du Louvre et des Tuileries en 1868.

La plupart de ces travaux, qu'ils fussent d'érudition ou de vulgarisation, étaient consacrés à la mise en lumière d'oeuvres françaises et à la mise en vedette de noms d'ouvriers français complètement tombés dans l'oubli, et bien qu'ils affectassent, en général, une allure assez calme et impartiale, ils étaient plutôt favorables à la thèse d'Émeric-David d'une Renaissance purement française. Beaucoup, cependant, eussent pu fournir des arguments à une thèse opposée en permettant de constater l'abondance des motifs et des idées venus d'outre-monts, et la présence de nombreux artistes de même origine. C'est en Touraine, terre d'élection de l'art dont il s'agissait, que la thèse d'Émeric-David fut reprise, enrichie de tous les documents nouveaux exhumés depuis un demi-siècle et de ceux qu'allaient encore apporter un peu plus tard les recherches de Jarry et de de Croy sur la construction de Chambord ; en 1870, l'abbé Chevallier publiait dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine un Essai sur les origines de la Renaissance française et, quelques années plus tard, en 1879, Léon Palustre, président de cette même Société, entamait son grand ouvrage de la Renaissance en France, luxueusement illustré de planches à l'eau-forte, qui devait s'arrêter en route en 1889, après son troisième volume. L'auteur en donnait, du reste, luimême un résumé systématique dans son manuel sur l'Architecture de la Renaissance de la collection Quantin, en 1892, et l'on peut chercher dans les notices de la France artistique et monumentale d'Henri Havard, parues en 1893, 1894, 1895, son opinion sur quelques monuments essentiels comme Amboise, Blois,'Chambord, Chenonceau, qu'il avait réservés pour la fin de sa volumineuse enquête conduite par régions et qu'il n'acheva jamais.

Entre temps, Anthyme Saint-Paul avait résumé et dis-


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 265

cuté, en les acceptant à peu près, dans le Bulletin monumental de 1884, les idées de Palustre sur le caractère français de la Renaissance, et Louis Régnier, en 1886, avait donné sa Renaissance dans le Vexin, livrant les résultats d'une enquête locale conduite à peu près dans le même esprit ; lui aussi s'ingéniait à tirer de l'oubli les noms des constructeurs et décorateurs français et tenait assez peu de compte des inspirations et des directions qu'ils avaient pu recevoir d'Italie. On retrouve également, un peu plus tard, des impressions et conclusions analogues dans le petit livre de Raoul Rosières sur Y Evolution de l'architecture en France (1894) et dans les articles publiés au jour le jour dans les Débats par André Hallays, ainsi que dans le grand volume de celui-ci sur la Touraine. Avec un talent bien inférieur et un sens critique beaucoup plus faible qui l'entraîna dans des affirmations plus que contestables, un autre publiciste, Marius Vachon, se fit l'avocat de la thèse nationaliste d'abord dans une étude sur Y Hôtel de cille de Paris (1883), puis, plus tard, dans son livre sur Une famille parisienne de maîtres maçons, les Chambiges (1907), enfin dans un livre intitulé La Renaissance française. L'architecture nationale et les grands maîtres maçons (1910), et nombre d'autres écrits polémiques qui furent contredits par quelques notes précises, notamment par M. Henri Stein, qui rétablit les raisons critiques de l'attribution des plans de l'Hôtel de ville de Paris à Dominique de Cortone, dit le Boccador.

Cependant, durant le temps que l'érudition française développait nos connaissances sur l'art français du moyen âge et de la Renaissance, les études sur l'art italien s'étaient également multipliées en France et à l'étranger. Un savant qui s'y était adonné chez nous avec une passion un peu exclusive, Eugène Mùntz, après trois gros volumes un peu confus sur la Renaissance en


266 LES ÉTUDES

Italie, publiés par la librairie Hachette, attaquait en 1885, dans un volume sur la Renaissance en France à l'époque de Charles VIII, la question qui nous intéresse, montrant un esprit diamétralement opposé à celui de Léon Palustre. Il devait donner une suite à ces trois premiers volumes en traitant de la Renaissance dans les pays du Nord. Mais cette suite ne parut jamais. Il fut un moment question, plus tard, de confier la rédaction de ces volumes à Emile Bertaux, grand connaisseur de l'art italien également, mais d'une qualité d'esprit critique très supérieure à celle de Muntz, qui avait révélé justement, dans le haut moyen âge, de curieux rapprochements entre l'art italien et l'art français. Sa mort déplorablement prématurée, en 1917, nous a privés peut-être de l'étude d'ensemble nécessaire sur notre Renaissance que Mûntz avait esquissée en 1888 dans une lecture aux Sociétés des Beaux-Arts des départements.

Des études de détail avaient préparé la voie aux tenants de l'italianisme. C'étaient, pour les débuts de notre Renaissance, les articles de Montaiglon sur la Famille des Juste en Italie et en France (1876), de Tschudi sur les Tombeaux des ducs d'Orléans à Saint-Denis (1885), de Trabaud et de Barthélémy sur Laurana en France, de de la Tour sur les médailleurs Jean de Candida et Pietro da Milano (1890 et 1893), puis, pour la période de la Renaissance classique, les études de Boislisle sur la Sépulture des Valois (1877), de Bonaffé sur le Mausolée de Claude de Lorraine (1884), de Babeau sur Dominique Florentin (1877), etc.

Les savants étrangers, depuis YHistoire de la Renaissance en France de Lubke (1867) et celle de Mrs Pattison (1879) jusqu'aux manuels sur YHistoire de l'architecture du baron de Geymuller (1898-1901), qui y avait préludé par ses Du Cerceau en 1887, étaient tous plutôt entraînés à l'affirmation de la précellence italienne. Ils ont continué, du reste, depuis, et il faut voir avec quel dédain certains


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 267

manuels allemands modernes passent presque sous silence tout ce qui s'est produit en France au xvie siècle.

La position de Louis Courajod dans cette querelle fut singulière. Il n'aimait pas Eugène Mûntz, nous pouvons le dire aujourd'hui simplement ; des rivalités de carrière, une antinomie de tempérament et de méthode les avaient opposés l'un à l'autre et il semblait d'ailleurs que les origines médiévistes de Courajod, sa passion pour l'art français sous ses formes les plus vivaces dussent l'entraîner du côté des nationalistes. Il n'en fut rien.

Il s'avisa que la véritable Renaissance française c'était au xive et au xve siècle qu'il fallait la chercher. Il découvrit et exalta sous le nom de Renaissance septentrionale cette magnifique floraison de l'art gothique transformé par un esprit moderne et, lorsqu'il arriva à la fin du xve et au xvie siècle, il fit aux influences italiennes la part la plus large possible, accusant dès lors cet abandon des traditions nationales, qu'il poursuivit et vitupéra, avec quelque excès, dans les siècles suivants. Tel fut le sens général de ses Leçons de l'École du Louvre de 1887 à 1890, dont les résumés ont été publiés après sa mort, et de plusieurs articles retentissants écrits au cours de ces mêmes années : La part de la France du Nord dans l'oeuvre de la Renaissance; La part de l'art italien dans quelques monuments de la Renaissance en France; L'imitation et la contrefaçon des objets d'art antiques, etc.

Après la mort de Miïntz et de Courajod, le plus ferme tenant de la thèse italianisante fut M. Louis Dimier. Fontainebleau, son palais, ses jardins, les artistes, Italiens pour la plupart, qui les décorèrent furent le centre de ses études, commencées, en 1897, avec les Recherches sur la grotte du Jardin des Pins, en 1898 avec Benvenuto Cellini à la cour de France et les Logis royaux de Fontainebleau, couronnées en 1900 par sa thèse de doctorat sur le Primatice et en 1908 par une monographie d'ensemble du


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palais de Fontainebleau. L'exaltation de l'oeuvre des grands Italiens, initiateurs de notre art classique, n'alla pas du reste, chez lui, d'abord, sans quelque injustice et quelque méconnaissance pour l'oeuvre de leurs prédécesseurs ou de leurs contemporains attachés aux traditions nationales. Des reprises plus récentes des mêmes sujets, des études plus approfondies, comme celles qu'il a menées sur les dessins des Clouet, ont élargi son horizon, sans tarir son ardeur de polémiste combatif, dont eurent à pâtir quelquefois les tenants de la thèse opposée, Palustre ou Marius Yachon.

Également convaincu de l'importance primordiale de l'action italienne, sans le proclamer avec autant de vigueur et de parti pris, le grand érudit que fut Maurice Roy jeta dans le débat une quantité de textes infiniment précieux, soigneusement contrôlés et enchaînés, qui aboutirent à la connaissance plus complète de nombre d'artistes français du xvie siècle et à la définition de leur rôle exact (il n'avançait jamais rien qu'il ne pût l'appuyer par un document) : Jean Cousin,. Pierre Bontemps, Philibert Delorme et bien d'autres sortent grandis des deux volumes où ont été recueillis ses articles parus au cours de vingt ans de travaux, sous le titre Artistes et monuments de la Renaissance en France (1929 et 1934).

Ami de Courajod et formé, à l'origine, à la même école que lui, mais entraîné, au cours d'une carrière d'enseignement historique général, à la discipline la plus rigoureuse soutenue par un esprit critique particulièrement aiguisé, M. Henry Lemonnier aborda, dans quelques-uns des premiers cours qu'il ait professés en Sorbonne à partir de 1891, les problèmes relatifs à la Renaissance française. Il n'en publia les résultats, et encore partiellement, qu'en 1903, dans ses chapitres concernant l'art du xvie siècle de


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 269

YHistoire de France de Lavisse. Mais nous sommes quelques-uns à avoir bénéficié dès l'origine de cet enseignement rigoureux, en même temps que de celui de Courajod. Nous avons appris à nous défier des thèses toutes faites et des démonstrations unilatérales et, tout en reconnaissant la part énorme qu'il convient de faire aux pénétrations italiennes et à leur action, nous nous sommes efforcés d'en délimiter exactement la date et la qualité ; mais nous avons eu garde aussi de ne négliger en rien l'existence, la vitalité et les résistances prolongées de l'art français antérieur. Dès 1900, Raymond Koechlin et M. J. J. Marquet de Vasselot donnaient les résultats de leur longue et perspicace enquête sur la Sculpture à Troyes et dans la Champagne méridionale au début du xvie siècle, et je soutenais l'année suivante ma thèse de doctorat sur Michel Colombe et la sculpture française de son temps, pour laquelle de longues discussions préparatoires avec mon maître Lemonnier m'avaient imposé le minimum d'affirmations hasardées possible dans la limitation forcée de nos connaissances.

Depuis lors, grâce à la confiance bienveillante d'André Michel, je fus chargé, dans son Histoire de l'art, du chapitre délicat sur Y Architecture de la Renaissance en France au XVIe siècle et j'essayai d'y apporter le même esprit d'équilibre et d'impartialité entre les thèses adverses. C'est sous la direction de Lemonnier qu'avait été conçu et rédigé également le petit volume de Pierre Marcel sur Jean Martin, un vulgarisateur de la Renaissance, et, bien que les liens soient moins directs, il semble que l'on puisse reconnaître un esprit analogue au sien dans une des meilleures monographies qui aient été publiées sur un grand édifice de la Renaissance, Le château de Blois, par Frédéric et Pierre Lesueur (1914-1919), ainsi que dans l'étude sur Dominique de Cortone de l'un d'eux, enfin dans un livre récent qui est


270 LES ÉTUDES

un excellent recueil d'images de belle qualité, de textes précis et de jugements sûrs, Les châteaux de la Renaissance de M. Gébelin (1930).

Au cours de ce dernier demi-siècle, d'ailleurs, grâce à la perfection croissante des procédés de reproduction, ces recueils se multiplièrent. L'un des premiers et des plus beaux fut le Solesmes du P. de la Tremblaye, paru en 1892, puis les grandes publications, aux héliogravures également somptueuses, de la Picardie historique et monumentale et de la Normandie monumentale et pittoresque. Qu'il me soit permis de mentionner encore, ne fût-ce que pour rendre hommage à la mémoire de son éditeur, Emile Lévy, qui m'avait permis de grouper une documentation énorme et l'avait présentée avec un soin extrême, les trois grands albums, avec notices et plans, de mes Hôtels et maisons de la Renaissance française (1910-1914).

Les monographies se multipliaient en même temps Notons simplement, parmi les plus fournies et les plus luxueuses, celles de F. Thiollier sur La Bâtie d'Urfé (1886), de Lefèvre-Pontalis sur Saint-Maclou de Pontoise (1888), de l'abbé Bosseboeuf sur Amboise (1897), d'Emile Humblot sur le Château du Grand-Jardin à Joinville (1906) ; parmi les plus précises et les plus maniables, celles qui ont paru dans la série des Petites Monographies de Lefèvre-Pontalis, continuées par Marcel Aubert, comme les châteaux de Chambord et d'Azay-le-Rideau, dus à Henri Guerlin, à'Oiron et Bussy-Rabutin par M. Maurice Dumolin, Chenonceau et Écouen par M. Charles Terrasse, Anet par M. A. Roux, et Valençay par M. R. Crozet.

Quant aux artistes mêmes, les documents nouveaux n'ont cessé de paraître. La publication des Archives de l'Art français — reprise et vivifiée à partir de 1907 — a apporté, sur la Renaissance comme sur toutes les autres époques, nombre de lumières nouvelles ; les Réunions des


SUR LA RENAISSANCE EN FRANCE 271

Sociétés des Beaux-Arts des départements, malheureusement interrompues depuis quelques années, ont accueilli aussi des communications variées sur nos artistes provinciaux, de même que les publications des Sociétés locales, que nous ne saurions citer toutes. Il n'est possible de mentionner ici que quelques-unes des monographies d'artistes qui ont vu le jour, comme celles de Germain PiZore par Jean Babelon, de Ligier Richier par Paul Denis, de Nicolas Bachelier par Graillot, de Philibert Delorme par Clouzot, de Biaise Leprestre par Prentout, de Hugues Sambin par Castan, et, si je puis ajouter encore ici la mention d'un travail personnel, je noterai mon Jean Goujon, qu'ont heureusement complété récemment d'excellents articles de M. Pierre du Colombier.



ÉTUDES SUR L'ÉPOQUE CLASSIQUE EN FRANCE

par M. Louis HATJTECCEUR

Le Romantisme fut loin d'éprouver pour le xvne et le xvme siècle l'enthousiasme qu'il manifesta pour le moyen âge et la Renaissance. Le règne de Louis XIII trouva seul grâce devant lui : coups de rapière, enlèvements, chevauchées, décollations, préciosités galantes, fantaisies burlesques, voilà ce qu'il apercevait en cette époque, ce que Gautier ou Vigny, Dumas ou Hugo se plurent à y montrer. Les romantiques ne discernèrent pas — nos contemporains eux-mêmes le remarquent-ils? — tout ce qu'il y avait de vie, d'originalité sous la grandeur ordonnée du style Louis XIV et de forces de naturel, sous la grâce affectée de Louis XV.

Les érudits qui fondèrent en ce temps la Commission des Monuments historiques et la Société française d'Archéologie ne pouvaient pas ne point partager l'opinion des écrivains. Le xvne et le xvme siècle ne leur semblèrent pas un objet d'études. Il fut convenu que la période classique était une période de décadence artistique. Les anathèmes jetés par l'école davidienne contre la peinture du xvme siècle rebondirent sur son architecture, au moment même où les peintres, comme Delacroix, renouaient la tradition avec les maîtres naguère méprisés. L'histoire de notre architecture s'arrêtait au xvie siècle.

Les archéologues chargeaient l'architecture classique d'un autre grief ; eux, qui revendiquaient le gothique comme un titre de gloire pour notre pays, accusaient les

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artistes de la Renaissance et des siècles suivants d'avoir importé des formes italiennes. Aussi refusaient-ils de souiller les bonnes méthodes en les appliquant à des édifices qu'ils jugeaient dépourvus de valeur esthétique et de caractère français.

Le Romantisme n'a pas été seulement un mouvement littéraire et artistique, mais, né en un temps où les nations recherchaient dans leur passé des quartiers de noblesse et des raisons d'affranchissement, il fut aussi l'expression d'une mystique de la race, du sol. Le classicisme, au contraire, se présentait comme une doctrine rationaliste ; l'esprit mathématique, qui fixait les proportions des ordres, qui établissait les canons universels de la beauté, ne connaissait pas de frontière et répugnait à la couleur locale. Les romantiques, qui réclamaient justement pour notre pays la paternité de l'architecture gothique, introduisaient dans l'histoire de l'art des préoccupations étrangères à son objet ; ils ne virent pas, d'ailleurs, qu'en France l'architecture avait pris au xvne siècle un caractère particulier et que notre classicisme était fort différent du baroque italien ou flamand et tout chargé encore de souvenirs médiévaux. Lorsque, par un mouvement contraire, les érudits crurent découvrir dans l'architecture gothique un système rationnel bien lié, ils ne virent plus dans l'architecture classique que la fantaisie de sa décoration, que les contraintes imposées par son goût de la symétrie, que les courbes et les cùntre-courbes du xvme siècle. Alors que les écrivains romantiques revendiquaient contre le classicisme les droits de l'imagination et se plaisaient au pittoresque de l'architecture médiévale, les érudits, au nom de la raison, condamnaient le pittoresque de l'architecture classique. Une double méprise date de cette époque. Seul, peut-être, Viollet-le:Duc montra plus de compréhension à l'égard des monuments classiques ; mais Viollet-le-Duc était architecte.


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Les architectes, à l'encontre des archéologues, n'avaient jamais cessé d'étudier les oeuvres des derniers siècles. Le romantisme n'avait affecté que, çà et là, le décor des édifices. Formés dans les ateliers classiques de l'époque napoléonienne, les architectes étaient éclectiques ; ils recouraient à tous les modèles du passé. Vaudoyer relevait les maisons Renaissance d'Orléans ; Viollet-le-Duc admirait les projets des Du Cerceau pour Charleval ; Daly ne jugeait pas indignes de son crayon les motifs Louis XIV ; Destailleur publiait son Recueil d'estampes relatives à l'ornementation des appartements aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (Paris, 1863-1871, 2 volumes in-folio). Lorsque les Goncourt eurent remis à la mode le xvme siècle, les architectes copièrent les boiseries, les dessus de porte, et l'impératrice Eugénie prétendit ressusciter le temps de Marie-Antoinette. Lefuel, aux Tuileries, dut satisfaire les goûts de la souveraine.

Ces architectes avaient besoin de documents. Ils ne se contentaient plus des lithographies ou des gravures sur bois dont Nanteuil, Daubigny ou Bertall illustraient, par exemple, l'ouvrage de Bonnefons 'sur Les hôtels historiques de Paris (Paris, 1852, in-8°). Les procédés mécaniques nouveaux facilitaient les publications. Les éditeurs reprirent la tradition des Marot, des Mariette, des J.-F. Blondel, des Krafft et Ransonnette, des Normand, des Letarouilly, des Legrand et Landon et, pour fournir des modèles aux architectes, reproduisirent les plus beaux édifices.

Si l'éditeur ajoutait aux images quelques notices, bien imprécises d'ailleurs, il s'adressait avant tout aux architectes, aux décorateurs, et non pas aux érudits. C'est à l'usage des premiers que César Daly réunit ses Motifs historiques d'architecture et de sculpture (1880-1881, réédité en 1927 chez Massin), que Darcel et Rouyer commencèrent en 1859 et finirent en 1866 l'impression de leur Art


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architectural en France. Parfois, l'ouvrage était destiné aux amateurs : si Guilmand, dans son travail sur Les maîtres ornemanistes (1800, 2 volumes in-4°), indique toutes les planches gravées par les artistes, ce n'est pas pour suivre les variations de leur style, mais pour fournir aux collectionneurs un répertoire complet.

Lorsque les érudits, comme Berty, abordent l'histoire de l'architecture classique, ou bien ils arrêtent leur étude au règne de Louis XIV (1), ou bien ils s'intéressent surtout aux questions de topographie (2). De Guilhermy, dans sa Description archéologique des monuments de Paris (Paris, 1856) ou dans son Itinéraire archéologique de Paris (Paris, s. d., in-12) fournit, sur les édifices des xvne et xvme siècles des renseignements en général fort exacts, mais il n'a aucun souci de l'histoire des formes. Les sociétés qui sont alors créées dans les provinces, dans les villes, se préoccupent beaucoup plus de savoir quels ont été les propriétaires successifs d'un château, d'un hôtel, d'un immeuble, quels ont été les événements curieux de leur passé, que d'étudier l'évolution de leur art.

Le xixe siècle vit ainsi paraître deux sortes de publications : les recueils de planches, destinés aux architectes, où se trouvaient reproduites des formes, que les auteurs n'avaient pas le souci de dater exactement et de classer, et les travaux des érudits, historiens ou topographes, qui, eux, dataient les édifices, recherchaient les architectes, relataient les faits, mais qui ne manifestaient pas d'intérêt pour les formes. Ce parallélisme s'est longtemps maintenu. A-t-il complètement disparu aujourd'hui? Ne représente-t-il pas deux aspects de la curiosité intellectuelle?

(1) Berty, La Renaissance monumentale en France jusqu'en 1660, Paris, 1864, 2 vol. in-4°.

(2) Berty, Topographie historique du Vieux-Paris ; le Louvre et les Tuileries, Paris, 1866-1868, 2 vol. in-4°.


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Nous ne pouvons, en cette revue générale, citer tous les volumes, toutes les monographies qui ont été publiés sur l'architecture des xvne et xvme siècles. Il faudrait dresser le catalogue de quelque dix mille ouvrages ou articles. On pourrait, dans une telle bibliographie critique, distinguer :

1° Les documents contemporains du xvne et du xvme siècle : guides (Brice, Dézallier d'Argenville, Piganiol de la Force, Thierry, Beguillet et Martinet, etc.) ; recueils de gravures (Marot, Mariette, Blondel, etc.) ; traités d'architecture, descriptions de villes ou de monuments.

2° Les études des xixe et xxe siècles relatives à une époque spéciale des xvne et xvme siècles.

3° Les études relatives à un genre déterminé d'édifices : églises, châteaux, couvents, etc.

4° Les monographies relatives à un édifice, une ville, une région.

Il faudrait distinguer les ouvrages proprement dits et les articles innombrables parus en des revues souvent fort difficiles à trouver.

Notre rôle n'est pas de compiler cette bibliographie, mais d'indiquer le caractère des travaux et de montrer les progrès accomplis.

Les voyages de Laborde et de Taylor avaient donné le goût de ces publications qui révélaient les richesses de notre pays. Les châteaux de la France excitèrent d'abord l'attention. Il s'agissait surtout des châteaux de la Renaissance, mais la Renaissance était prise au sens large et parfois les châteaux du xvne siècle, plus rarement ceux du xvine, trouvaient une place en ces études. Des livres comme ceux de Gozlan, Les châteaux de France (1857), annonçaient cet intérêt. Déjà, en certains travaux d'érudits locaux, comme celui de Chaillou des Barres sur Ancyle-Franc, Saint-Fargeau et Tanlay (1845), les renseigne-


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ments étaient plus précis. Bourrasse publiait à Tours, en 1869, ses Résidences royales et impériales de la France, avant de donner, en 1880, ses Châteaux historiques. Les ouvrages enrichis de planches deviennent plus fréquents : ce sont les recueils de Sauvageot, Palais, châteaux, hôtels ri raisons de France du XVe au XVIIe siècle (Paris, 1867, 4 volumes in-4°), ou d'Eyriès, Les châteaux historiques de la France (Paris, 1877-1881, 3 volumes in-folio). Depuis le début du xxe siècle nombreux sont les ouvrages consacrés aux châteaux où figurent les monuments des xvne et xvme siècles. Certains de ces volumes sont avant tout des collections de belles photographies, où le texte joue souvent un rôle accessoire (1). Parfois, l'auteur s'est attaché à écrire plutôt l'histoire des propriétaires ou des événements que celle de l'édifice lui-même (2). Des répertoires ont été publiés, comme celui de MM. Foville et Lesourd (Paris, 1913, in-8°), qui constitue un utile guide où sont énumérés les principaux châteaux de la France.

De très nombreuses monographies ont été également consacrées à certains châteaux bâtis ou embellis aux xvne et xvme siècles. Aux environs de Paris, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Saint-Cloud, Vaux-le-Vicomte, Vincennes, Maisons-Laffitte, Choisy, Compiègne, Bellevue, Meudon, Issy et surtout Versailles ont fait l'objet d'études importantes et d'articles nombreux (3). La

(1) Exemples de ces publications : M. Fouquier, Les Grands châteaux de France, Paris, 1907, 2 vol. in-4°. — H. de Saint-Sauveur, Châteaux de France, Paris, 6 vol. in-folio. — Vacquier et SoulangeBodin, Les anciens châteaux de France, Paris, 1913 et années suivantes, in-folio. — Planât, Châteaux de style Louis XIV, Paris, 1912, in-4° ; Châteaux de style Louis XV, Paris, 1914, in-4°. — Marquis de Girardin, Maisons de plaisance, Paris, 1921, in-folio. — P. Jarry, La guirlande de Paris, Paris, 1931, 2 vol. in-folio. — J. Gauthier, Manoirs et gentilhommières du pays de France, Paris, 1928 et suiv., in-4°.

(2) Exemple : Soulange-Bodin, Les châteaux de Normandie, Paris, 1928-1929, 2 vol. in-4° ; Les châteaux du Maine et de l'Anjou, Paris, 1934, 1 vol. in-4°.

(3) Exemples de ces publications :

Houdard, Les châteaux de Saint- Germain-en-Laye, Paris, 1909,


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plupart des châteaux de province ont excité la curiosité des érudits.

Nous pourrions faire les mêmes constatations à propos des recueils consacrés aux villes provinciales : nous retrouverions les recueils de planches (1), dont certains contiennent des notices rédigées par d'excellents savants (2), les monographies (3) et les innombrables articles parus dans les revues des sociétés provinciales. Jadis, ces socié2

socié2 m-4°. —H. et G. Daumet, Le château de Saint-Germain-enLaye, Paris, 1905, in-8°. — Gruyer, Saint-Germain-en-Laye (collection « Les villes d'art »). — Il faudrait y ajouter les articles de M. de la Tourrasse, le livre de M. Mousset sur les Francine, Paris, Picard, in-8°.

Roussel, Le château de Fontainebleau, Paris, s. d. (2e édition, 1908) ; Le palais de Fontainebleau, recueil de planches, Versailles, Bourdier, éditeur, s. d., in-folio. — Dimier, Le château de Fontainebleau (« Les villes d'art », in-4°).

Comte Fleury, Le palais de Saint-Cloud, Paris, 1902, in-4°. — E. Magne, Le château de Saint-Cloud, Paris, 1932, in-16.

Vicomte de Grouchy, Les châteaux de Meudon et de Bellevue, Paris, 1865, in-4°. — Comte F. Biver, Le château de Meudon, Paris, in-8°.

H.-G. Duchesne, Le château de Bagatelle, Paris, 1909, in-8°.

J. Naud, Le château d'Issy. Paris, 1926, in-8°.

Chamchine, Le château de Choisy, Paris, 1910, in-8°.

Guillaumet, Marly-le-Roy, Paris, 1865, in-folio. — Piton, Marlyle-Roi, Paris, 1904, in-4°. — E. Magne, Le château de Marly, Paris, 1934, in-16.

Deshairs, Le château de Maisons-Laffltte, Paris, in-folio. — Jean Stern, Le château de Maisons, Paris, 1934, in-16.

Il faudrait énumérer sur Vaux les ouvrages de Pfnor, Anatole France, Bonnaffé, Cordey ; sur Versailles ceux de Dussieux, Cazes, Gill et surtout de MM. de Nolhac, Pératé, Brière, Mauricheau-Beaupré et Hennet de Goutel, Deshairs, Danis, Gruyer.

(1) Exemples : H. Dobler, L'architecture en Provence, Marseille, 1913. — Deshairs, Les hôtels d'Aix-en-Prbvence, Dijon ; Les hôtels de Bordeaux, Paris, 1910, in-folio. — Le Nail, Lyon, in-folio. — Quenedey, L'architecture en Normandie, Paris, Contet, in-folio. — Nicq-Doutreligne, L'ancien CambrUi, Cambrai, 1924, in-4°. — F. Beaucamp, La Flandre et l'Artois, Paris, Contet, 1923, in-folio. — Champier, L'art des Flandres françaises, Roubaix, 1926, in-folio. — Bonnet et Joubin, Montpellier, Paris, 1913, etc.

(2) Exemples : Huart, L'art en Normandie ; R. Doré, L'art en Provence (collection « L'art français », chez Wildenstein, in-4°). — Lahondès, Les monuments de Toulouse, Toulouse, 1920, in-4°. — C. Douais, L'art à Toulouse, Paris, 1904, in-8°.

(3) Comme celle de M. Courteault sur La place Royale de Bordeaux, Paris, « Archives de l'Art français », Paris, 1922, in-8°.


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tés s'assemblaient chaque année et publiaient de précieux volumes intitulés Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements (depuis 1877), où parurent des travaux relatifs à la période qui nous occupe (1).

Le tourisme a excité la curiosité des voyageurs pour les vieux monuments de la province. Des collections ont été lancées sous le titre les Villes d'art ou Petites monographies des grands édifices de la France par la librairie Laurens. Des éditeurs locaux ont publié des ouvrages de vulgarisation qui sont largement illustrés, mais dont le texte est de valeur différente. Si certaines, comme Y Art breton de Waquet (Arthaud et Rey, Grenoble) ou le Rodez de P. Benoît (Carrère, Rodez) sont fort estimables, d'autres manquent parfois de caractère scientifique, lorsqu'ils ne sont pas un simple et rapide démarquage d'ouvrages plus importants.

La liste des études ou des livres consacrés à Paris formerait de gros volumes. La librairie Contet, depuis vingt ans, publie sur les Vieux hôtels de cette ville de beaux recueils de planches accompagnés de notices dues à MM. Vacquier et Jarry. Les monographies relatives aux grands édifices de la capitale sont en nombre considérable, depuis l'étude de Delaborde sur le palais Mazarin, publiée en 1846, ou celle de Jules Cousin sur YHôtel de Beauvais (1865, in-8°)j jusqu'aux ouvrages relatifs au Palais-Royal par Dupezard (1911, in-folio) ou par Champier et Sandoz (2 volumes in-4°), au Luxembourg par Hustin (1911, 2 volumes in-4°) ou par Hirschfeld (1931, 1 volume in-16), à l'hôtel des Invalides par Burnand (Paris, 1913, in-8°), au Collège des Quatre-Nations par Lemonnier (Paris, 1921, in-4°), au Pont-Neuf par Boucher (Paris, 1925, 2 volumes in-4°), à l'Hôtel-de-Ville ou à la

(1) Une table analytique a été publiée par Charvet chez Pion et Nourrit çn 1910, in-8°.


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place des Vosges par Lambeau, au Louvre et aux Tuileries par nous-même.

Les églises parisiennes des xvne et xvme siècles ont été étudiées par l'abbé Bouilhet (Paris, 1894), par J. Bayet (Paris, 1910, in-4°). Des monographies ont été consacrées à l'église des Invalides par Vacquier (Paris, 1908), à Saint-Louis-en-1'Ile par l'abbé Pascal, à Saint-Paul-SaintLouis par Ménorval, à Saint-Sulpice par Lemesle, etc., etc.

Nous devrions citer les travaux de toutes les sociétés savantes qui se sont constituées à Paris et dans les environs depuis une soixantaine d'années. En 1874 fut fondée la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, qui n'a cessé de publier des mémoires importants ; en 1886, ce fut le Vieux-Montmartre (xvme et ixe arrondissements) ; en 1892, la Société historique d'Auteuil et de Passy ; en 1895, la Montagne Sainte-Geneviève (ve, xme, xive arrondissements) ; en 1899, la Société historique et archéologique des vme et xne arrondissements ; en 1898, la Société historique des vie et xive arrondissements ; en 1901, la Cité ; en 1903, la Société historique des vne et xve arrondissements ; en 1913 le Centre de Paris (ier et ne arrondissements) ; en 1902, la Société de Neuilly ; en 1912, les Amis du Vieil-Arcueil, puis les Amis de Vincennes, etc. (1). La Société de l'Histoire de l'Art français, dans ses Archives ou dans ses Bulletins, a fourni un nombre considérable de documents. Elle a publié, à partir de 1911, les Procès-verbaux de l'Académie d'architecture.

Les monographies consacrées aux grands architectes constituent un autre genre de travaux. Dans ses Grands architectes de la Renaissance (Paris, 1860, in-8°), Berty a

(1) Un répertoire des travaux publiés par les sociétés d'histoire de Paris a paru dans les fascicules VIII et IX du Bulletin de la Bibliothèque des travaux historiques de la ville de Paris en 1916, grâce aux soins de M. M. Poète.


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dépassé la fin du xvie siècle et écrit des chapitres sur Jacques II et Jean Androuet du Cerceau, sur Clément Métezeau. Destailleurs a publié ses Notices sur quelques artistes français, architectes... du XIIe au XVIIIe siècle (Paris,- 1883). Charvet s'est occupé des Architectes lyonnais (Lyon, 1899, in-4°), de Martellange (Lyon, 1884, in-8°) (1), de Roy ers de la Valfenière (Lyon, 1869 et 1894, in-8°), Marionneau de Louis (Bordeaux, 1881, in-4°). L'opuscule de Vachon sur Philibert de l'Orme (Paris, 1887, in-4°) a été repris et complété par M. Clouzot dans la série des Maîtres de l'art.

Deux thèses de Sorbonne ont été soutenues sur de grands architectes, celle de M. le pasteur Pannier sur son coreligionnaire Salomon de Brosse (Paris, 1911, in-8°) et celle de M. Monval sur Soufflot (Paris, 1918, in-8°). M. de Fels a donné une édition plus accessible de son luxueux ouvrage sur J.-A. Gabriel (Paris, 1912, in-4°, et 1925, in-8°) ; enfin, Mme Levallet-Haug vient d'écrire un volume sur Ledoux (Paris et Strasbourg, 1934, in-4°). Le dictionnaire des architectes de Lance (Paris, 1872, 2 volumes in-8°) a été rendu caduc par celui de Ch. Bauchal (Paris, 1887, in-8°)

Tous ces ouvrages ne sont encore que des matériaux dispersés. Une synthèse a été tentée pour la région septentrionale de la France par M. Parent dans son ouvrage sur Y Architecture des Pays-Bas méridionaux aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (Paris-Bruxelles, 1926, in-4°). Il conviendrait maintenant d'utiliser cette masse énorme et de dresser à la gloire de l'architecture classique de la France le monument qu'elle mérite.

Les premiers travaux d'ensemble ne sont pas dus à des

(1) Martellange a été étudié également par H. Bouchot (Bibliothèque de l'École des chartes, t. XLVII, 1886) et Bourde de la Rogerie (Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1904, p. 51).


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Français. Les éditeurs allemands ont lancé, à la fin du xixe siècle, une série de grands manuels, où la France occupe une place. W. Lûbke a écrit en 1885 une histoire de la Renaissance française qui comprend les xvne et xvme siècles et qui a été plusieurs fois rééditée ( Geschichte der Renaissance in Frankreich). De Geymûller, architecte et érudit suisse, connu par ses études sur l'architecture italienne et sur les Du Cerceau, a donné en 1898 sa Baukunst der Renaissance in Frankreich. En Angleterre, MM. Ward et Blomfield ont publié chacun un ouvrage sur notre architecture classique. Le premier intitula le sien The architecture of the Renaissance in France from 1495 to 1850 (1911, 2 volumes in-8° ; deuxième édition revue par Sir John W. Simpson, 1926), le second A history of french architecture from 1494 to 1830 (1911-1921,4 volumes in-4°). Ces ouvrages anglais, si consciencieux qu'ils soient, contiennent des erreurs et ne tiennent pas compte suffisamment de tous les travaux publiés en France.

M. Lemonnier a écrit de courts chapitres sur l'architecture du xvne siècle dans ses volumes : L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (deuxième édition, 1911) et L'Art français sous Louis XIV (1913). André Michel lui avait confié, dans son Histoire de l'Art, le chapitre relatif à l'architecture du xvne siècle. M. Schneider s'était chargé de l'architecture du xvme siècle. M. Schneider a, d'autre part, largement brossé un tableau de cette architecture dans ses volumes sur Y Art français (collection Les Palais de l'Art, chez Laurens). M. Gromort a également étudié les caractères de l'architecture classique dans un ouvrages destiné aux élèves architectes (Paris, Vincent, in-8°). Nous nous permettons d'indiquer que, depuis vingt années, nous travaillons à une histoire de l'architecture française du xvie siècle à la fin du xixe, qui doit constituer la suite des ouvrages de Lasteyrie et paraître en quatre volumes à la librairie Picard.


284 ÉTUDES SUR L'ÉPOQUE CLASSIQUE

L'étude des monuments des xvne et xvme siècles n'a pas été moins active que celle des monuments du moyen âge, mais elle a été poussée avec moins d'ordre et de système, et surtout elle n'a pas fait l'objet de ces larges synthèses qui permettent des vues d'ensemble. Le fait est dû aux préjugés que nous avons indiqués. L'architecture des xvne et xvme siècles n'a reçu droit de cité dans l'enseignement que depuis peu d'années. Aujourd'hui, l'intérêt se porte sur ses productions. Les revues spéciales leur consacrent des articles. Les membres des Congrès de la Société française d'Archéologie ne se détournent pas devant les édifices classiques ; la Commission des Monuments historiques veille à leur conservation. Les architectes et les érudits ont .compris que ces siècles, jadis délaissés, avaient enrichi notre patrimoine national de chefsd'oeuvre qui méritaient le respect et l'admiration.


LES ÉTUDES

SUR

LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE

DU Ve AU XVIIIe SIÈCLE EN FRANCE DE 1834 A 1934 !

par M. Jean VERRIER

Comme l'indique M. Marcel Aubert dans sa notice sur les Etudes d'archéologie du moyen âge en France, lorsque Emile Molinier, en 1887, consacra son enseignement de l'École du Louvre aux arts appliqués à l'industrie, aucun cours jusqu'alors n'avait été réservé à l'étude de ces arts, que l'on désignait le plus souvent, assez malencontreusement et un peu dédaigneusement d'ailleurs, du nom d'Arts mineurs. Continué depuis dans cet établissement, professé également dans quelques leçons par M. Marcel Aubert à l'École des chartes et dans les cours spéciaux organisés au Musée du Trocadéro pour les architectes des Monuments historiques, cet enseignement se fait sans cesse plus important et plus développé.

Mais, bien antérieurement, des savants avaient fait l'objet de leurs recherches de l'examen et de la classification de ces productions artistiques qui ont contribué, à l'égal de la sculpture sur pierre, à l'ornementation et à l'embellissement des édifices.

(1) Je ne saurais manquer d'exprimer toute ma reconnaissance à mon jeune confrère et ami Pierre Verlet qui a bien voulu faire des recherches importantes pour me fournir la plupart des éléments de cette notice.


286 LES ÉTUDES

L'énumération, forcément un peu fastidieuse, qui va être faite des principaux ouvrages ou articles qui ont été consacrés à ces arts depuis cent ans ne saurait être complète, mais, en les classant par matière, on a voulu donner une idée générale du développement de ces études pendant le siècle dernier, en même temps qu'un premier guide pour ceux qui auraient à les utiliser.

Généralités. — C'est Willemin qui, le premier, dans ses Monuments français inédits pour servir à l'histoire de France, publié en 2 volumes in-fol. en 1839, attira l'attention sur l'importance des oeuvres d'art qui ornaient les édifices du moyen âge ; en même temps, Alexandre du Sommerard et son fils Edmond faisaient paraître, de 1838 à 1846, 5 volumes de texte in-8° et 2 volumes de planches in-fol. : Les arts du moyen âge, qui reproduisaient et commentaient, avec une véritable prescience de ces amateurs de goût, les collections réunies par eux et qui ont formé, comme on le sait, le premier fonds du Musée de Cluny.

Les 5 volumes in-4° (1848-1851) de Séré et Lacroix : Le moyen âge et la Renaissance, histoire, et description des moeurs et usages, de même que les 4 volumes (1852) de Louandre : Les arts somptuaires, restent encore des études très générales, où souvent l'examen des oeuvres même n'est qu'au second plan, tandis que les 28 volumes des Annales archéologiques, publiés de 1844 à 1872, sous la direction de Didron, forment une série extrêmement utile encore à l'heure actuelle de monographies précises et documentées sur les sujets et les monuments les plus variés de l'art du moyen âge. Viollet-le-Duc, après avoir terminé son Dictionnaire d'architecture, entreprenait et menait à bien, en 6 volumes (1865-1875), le Dictionnaire raisonné du mobilier français, de l'époque carolingienne à la Renaissance, où, malgré des faiblesses, la connais-


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'iNDUSTRIE 287

sance admirable et quasi divinatoire qu'il avait du moyen âge en embrasse toutes les activités artistiques. Jules Labarte, dans les deux éditions (1864-1866, 4 vol. et 2 vol. pi. ; 1872, 3 vol.) de son Histoire des arts industriels au moyen âge et à l'époque de la Renaissance, donne, sur certains arts, notamment l'ivoire, l'orfèvrerie et l'émaillerie, des études, dont plusieurs restent définitives ; il en est de même dans les Mélanges et Nouveaux mélanges d'archéologie : ivoires, miniatures, émaux, des RR. PP. Cahier et Martin (4 et 2 vol., 1847-1856).

C'est à Emile Molinier que devait revenir l'honneur de publier YHistoire générale des arts appliqués à Vindustrie, du Ve à la fin du XVIIIe siècle, dont les 5 volumes in-fol. seuls parus (l'ouvrage devait en comprendre 15) s'appliquent à L'orfèvrerie religieuse et civile, aux Ivoires, aux Meubles du moyen âge et de la Renaissance, sculptures microscopiques, cires, au Mobilier au XVIIe et au XVIIIe siècle, aux Tapisseries (ce dernier par Jules Guiffrey), et forment pour ces matières, avec l'examen critique de tout ce qui avait été publié antérieurement, le fruit de toute une vie consacrée à l'étude passionnée de la vie des siècles passés ; ouvrage magistral qui restera, sauf sur des points de détail, le guide le plus averti et le plus sûr.

Le Glossaire archéologique du moyen âge et de la Renaissance, de Victor Gay (t. I, 1887 ; t. II, revu et complété par Henry Stein, illustration dirigée par Marcel Aubert, 1928), restera d'une consultation toujours utile pour la compréhension du vocabulaire du moyen âge et les références si nombreuses qu'il contient.

Enfin, on ne saurait omettre le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, de Dom Cabrol et Dom Leclercq, dont la publication, commencée en 1907, se poursuit sans interruption depuis lors et atteint la lettre 0, et contient sur les origines de l'art chrétien et la liturgie,


288 LES ÉTUDES

si importante pour sa connaissance, des études de la plus haute science critique ; ni les magnifiques ouvrages de M. É. Mâle pour l'iconographie du xne siècle, du xme siècle, de la fin du moyen âge et de la contre-réforme.

Il faut faire une place à part, pour l'étude des techniques de la peinture, des vitraux et des métaux, à YEssai sur divers arts, du moine Théophile, religieux de l'abbaye de Paderborn au xne siècle, traduit, en 1843, par Charles de l'Escalopier, avec une introduction de J.-M. Guichard ; puis, en 1851, par l'abbé J.-J. Bourassé, à la suite de son Dictionnaire d'archéologie sacrée, dans la collection Migne. Cet ouvrage, si important en raison même de l'époque à laquelle il a été composé, pourrait et devrait faire l'objet, à la lumière des connaissances acquises depuis le milieu du siècle dernier, d'une nouvelle étude critique qui ne manquerait pas d'être fructueuse.

On doit signaler également les dépouillements très importants faits par M. J. J. Marquet de Vasselot, aidé de M. Marcel Aubert, pour constituer une Bibliographie générale des arts appliqués à l'industrie. Ce jeu de fiches considérable a été donné par l'auteur au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, où on peut le consulter. Seules, la Bibliographie de l'orfèvrerie et de l'émaillerie et la Bibliographie de la tapisserie, qui seront signalées plus loin, ont été publiées jusqu'ici.

Nous comptons, en utilisant les notes laissées par Camille Enlart, écrire sur le mobilier du moyen âge le volume qui formera le tome IV et complétera le précieux Manuel d'archéologie française de cet auteur.

Peintures murales. — La décoration peinte des édifices du moyen âge, qui, on le sait par les auteurs contemporains et les vestiges qui en subsistent, a été si


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'iNDUSTRIE 289

importante, puisqu'il est fort probable que la plupart des églises romanes étaient entièrement, recouvertes de peintures à l'intérieur, n'a pas encore fait l'objet, en raison même de la rareté des édifices qui l'ont conservée, d'études d'ensemble aussi étendues qu'on pourrait le désirer.

Cependant, dès 1845, Didron et Durand publiaient, dans leur Manuel d'archéologie chrétienne, le guide de la peinture du maître Denys, moine du mont Athos, précieux pour certaines recettes de peinture et l'iconographie des scènes représentées, h'Histoire de la peinture au moyen âge, d'Émeric David (nouv. éd., 1863), de même que la Peinture française, du IXe à la fin du XVIe siècle, de Mantz, n'ont plus guère qu'une valeur documentaire. En 1889, Gélis-Didot et Laffilée faisaient paraître leur beau livre, illustré de planches en couleur, La peinture décorative en France, qui, le premier, donnait une vue d'ensemble sur cet art et reproduisait les principales peintures existantes, dont un certain nombre même ont disparu depuis lors. Quelques années plus tard, en 1893, Laffilée donnait sa Peinture murale en France avant la Renaissance. Enfin, M. Emile Mâle, dans les t. I et II de l'Histoire de l'Art, d'André Michel, a publié deux excellents articles sur les peintures murales du xne, du xme et du xive siècle, en s'efîorçant de les classer par écoles.

M. P.-A. Lemoisne, dans son beau livre sur la Peinture française à l'époque gothique, XIVe et XVe siècles (1931), n'a pas manqué de réserver une partie importante de son ouvrage à la peinture murale, à côté des vitraux et des miniatures, où se trouvent exposés les résultats des recherches les plus récentes, et nous espérons, nousmême, donner sur les siècles précédents un exposé général un peu détaillé qui fait encore défaut.

Quant aux études de détails, elles sont assez nomCONGRÈS

nomCONGRÈS PARIS, II. 19


290 LES ÉTUDES

breuses, et l'on ne saurait les signaler toutes ici ; voici les plus importantes :

MÉRIMÉE (Prosper), Notice sur les peintures de l'église de Saint-Savin (Vienne), 1845, et Étude sur les arts au moyen âge; l'église de Saint-Savin et ses peintures, 1865.

MAILLARD (Élisa), L'église de Saint-Savin (Petites monographies, Laurens).

LONGUEMARE (DE), Les anciennes fresques du Poitou, 1881.

JACOB (abbé), La grande fresque romane de Vie-sur-SaintChartier (Indre), 1931.

HUBERT (Jean), L'église de Vie, dans Congrès archéologique, 1931.

HUMBERT (André), Les fresques romanes de Brinay (Cher), dans Gazette des Beaux-Arts, 1914.

PLAT (abbé), L'église de Lavardin (Loir-et-Cher), dans Congrès archéologique, 1925.

LESUEUR (docteur), Les fresques de Saint-Gilles de Montoire (Loir-et-Cher) et l'iconographie de la Pentecôte, dans Gazette des Beaux-Arts, 1924.

PLAT (abbé), Montoire, dans Congrès archéologique, 1925.

LA LOGE (comte DE), Les peintures de Montoire, dans Bull. Soc. archéol. de l'Orléanais, 1932.

LA MARTINIÈRE, Les fresques de Saint-Gilles de Montoire, dans Gazette des Beaux-Arts, 1933.

GIRARD (Robert), Sur un prieuré bénédictin de la route des pèlerinages : Saint-Gilles de Montoire, XIe siècle, 1935.

URSEAU (chanoine), La peinture décorative en Anjou, 1920.

DUARD, Les peintures murales de l'église de Poncé (Sarthe), 1891.

LAFFILÉE (H.), Les peintures murales de l'église de Poncé, 1892.

LÉCUREUX (Lucien), Les anciennes peintures des églises de Laval, 1910.

LÉCUREUX (Lucien), Les peintures murales du moyen Kâge dans les anciens diocèses du Mans et d'Angers, dans Congrès archéologique, 1910.

WAQUET (H.), L'art breton, 2 vol., 1933.


SUR LES ARTS APPLIQUES A L'INDUSTRIE 291

RÉGNIER (L.), Découverte ... et de peintures murales dans le choeur de l'église Saint-Taurin d'Évreux, dans Bulletin archéologique, 1907.

COUTAN (docteur), L'église du Petit-Quevilly, dans Mêm. de l'Acad. de Rouen, 1901-1902 ; Millénaire de Normandie, 1913 ; Congrès archéologique, 1926.

ROBLOT-DELONDRE (Mme), Les peintures de Saint-Loup de Naud (Seine-et-Marne), dans Monuments Piot, 1913, et Revue archéologique, 1929.

SALET (Francis), Saint-Loup de Naud, dans Bulletin monumental, 1933.

VERRIER (Jean), Les peintures de l'abbaye de Saint-Sèverin de Château-Landon, dans Annales de la Soc. hist. et archéol. du Gâtinais, 1929.

LEX (Léonce),. La chapelle de Berzé-la- Ville (Saône-et(Loire), dans Bulletin archéologique, 1893.

MERCIER (Fernand), Les primitifs français. La peinture clunysienne à l'époque romane, son histoire, sa technique, 1932. Ouvrage extrêmement important, où, l'un des premiers, l'auteur a étudié scientifiquement la technique des peintures murales du moyen âge à Berzé-la-Ville, Cluny et Tournus.

VIREY (Jean); L'église de Brandon (Saône-et-Loire), dans Bulletin monumental, 1909.

ALBON (marquis D'), Les peintures du château de SaintMarcel de Félines en Forez, 1934.

DÉCHELETTE et BRASSART, Les peintures murales du Forez. — Les peintures murales de l'église de Saint-Bonnet-le-Château (Loire), dans Congrès archéologique, 1885.

BRÉHIER (Louis), Les peintures romanes d'Auvergne, dans Gazette des Beaux-Arts, 1927.

GIRON (Léon), Les peintures murales du département de la Haute-Loire, 1911.

BRÉHIER (Louis)* La peinture de Lavaudieu (Haute-Loire), Almanach de Brioude, 1926.

DUMOLIN (M.), L'abbaye d'Abondance-en-'Chablais, dans Bulletin monumental, 1931.

VARILLE (M.) et LOISON (docteur), L'abbaye de Saint-Chef en Dauphiné, 1929.


292 LES ÉTUDES

LABANDE (L.-H.), Les primitifs français, peintres et peintresverriers de la Provence occidentale, 1932, 2 vol. in-fol.

LABANDE (L.-H.), Le Palais des Papes et les monuments d'Avignon au XIVe siècle, 1925, 2 vol. in-fol.

MICHEL (R.-A.), Avignon; les fresques du Palais des Papes, 1920.

COLOMBE (docteur), Le Palais des Papes d'Avignon, Petite monographie, 1927.

BRUN (Robert), Avignon au temps des papes, 1928.

BENOIT (Fernand), Villeneuve-lez-Avignon, Petite monographie, 1930.

LABANDE (L.-H.), Les peintres niçois, dans Gazette des Beaux-Arts, 1912.

LEVROT, Catalogue de l'exposition rétrospective de Nice, 1912.

BRUTAILS, L'église de Saint-Martin de Fenouiïlart (Pyrénées-Orientales), dans Bulletin archéologique, 1886.

AURIOL (chanoine A.), Les peintures de la chapelle des Jacobins de Toulouse, dans Mém. de la Soc. archéol. du Midi de la France, t. XVII, 1928.

AURIOL (chanoine A.), La voûte de Sainte-Cécile d'Albi et la tradition iconographique, dans Revue de l'Art chrétien, 1913.

AURIOL (chanoine A.), Le cycle de la Passion dans la cathédrale d'Albi, dans Bulletin monumental, 1933.

AURIOL (chanoine A.), La chapelle des Anges à la cathédrale d'Albi, dans Bulletin monumental, 1934.

Yitraux. — Bien qu'il soit antérieur au xixe siècle, il serait injuste de ne pas citer tout d'abord le plus ancien historien de l'art du vitrail, grâce à qui on peut se faire une idée des verrières qui existaient encore, à Paris principalement, avant la Révolution. L'Art de la peinture sur verre et de la vitrerie, de Pierre Le Vieil, fut publié en 1774 par l'Académie ; il avait écrit dès 1768.

Ce fut seulement en 1832 que le sujet fut repris par Langlois, dans son Essai sur la peinture sur verre, qui, bien que vieilli, contient encore nombre de renseignements intéressants, de même que le Traité historique de


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 293

la peinture sur verre, d'Alexandre Lenoir, dont la dernière édition date de 1856.

Mais c'est avec l'Histoire de la peinture sur verre, 2 vol. in-fol., 1852-1857, de Ferdinand de Lasteyrie, que l'on fut en possession d'un ouvrage embrassant l'ensemble du sujet et décrivant les plus importantes séries de vitraux de la France.

Olivier Merson (Les vitraux, 1895), L. Ottin (Le vitrail, 1896), Lucien Magne (L'art appliqué aux métiers. Le décor du verre, 1913) ont apporté tous des vues d'ensemble originales et des précisions techniques intéressantes, mais ne comportent pas les développements qu'exigerait un si vaste sujet. Il est souhaitable que MM. Marcel Aubert et Jean Lafond publient bientôt l'ouvrage qu'ils ont en préparation.

M. É. Mâle a donné, dans les volumes P, II 1, IV 2 de l'Histoire de l'Art, d'André Michel, de très remarquables chapitres sur l'art du vitrail, dont il a exposé les principales règles iconographiques, et qu'il a divisé en écoles, dont la répartition ne paraît pas devoir, dans l'avenir, recevoir de modifications importantes.

Quant à la technique, outre l'Essai sur les divers arts, du moine Théophile, déjà indiqué, on ne saurait négliger l'article Vitrail dans le Dictionnaire d'architecture de Viollet-le-Duc, d'une importance capitale pour la compréhension du rayonnement des couleurs les unes sur les autres, la mise en plomb et le montage des vitraux. Léon Appert (Note sur les verres anciens, 1896), G. Chesneau (Contribution à l'étude chimique des vitraux du moyen âge, dans les Comptes-rendus de l'Académie des sciences, 1915, et Contribution à l'étude de la technique des vitraux du moyen âge, dans Bull, mon., 1933) ont poussé très loin l'étude de la fabrication et de la coloration des verres.

Comme pour la peinture murale, les monographies et


294 LES ÉTUDES

les études particulières sont fort nombreuses, et l'on ne peut signaler ici que les plus importantes :

ALSACE ET LORRAINE : DELAHACHE (G.), La cathédrale de Strasbourg, 1910. BRUCK (A.), Die elsâsische Glasmalerei, Strasbourg, 1902. Congrès archéologique, 1920.

AUBERT (Marcel) et GRUBER (J.-J.), Les vitraux, dans ■Monographie de la cathédrale de Metz, 1931.

CHAMPAGNE :

FICHOT, Statistique monumentale de VAube, 4 vol.

OTTIN, Répertoire des vitraux anciens, Champagne, dans Art sacré, 1905-1906.

BIVER (Paul), L'école troyenne de peinture sur verre, Thèse de l'école du Louvre (non publiée).

BABEAU (A.), Les Gonthier, 1888.

JOSSIER (abbé), Monographie des vitraux de Saint-Urbain de Troyes, 1912.

Congrès archéologique, 1911.

NORD DE LA FRANCE : FLORIVAL et MIDOUX, Les vitraux de la cathédrale de Laon, 1891.

BROCHE (L.), La cathédrale de Laon, Petite monographie.

ILE-DE-FRANCE (Saint-Denis, Paris, Chartres, Sens) :

MÂLE (E.), Suger et l'iconographie du moyen âge, dans Revue de l'Art ancien et moderne, 1914.

LASSUS, AMAURY-DUVAL et DURAND, Monographie de la cathédrale de Chartres, in-fol.

BULTEAU (abbé), Monographie de la cathédrale de Chartres, 1892.

DELAPORTE (chanoine) et HOUVET (Et.), Les vitraux de la cathédrale de Chartres, 1926, 4 vol., dont 3 de pi.

MICHON (L.-M.), Saint-Père de Chartres, Thèse de l'École des chartes, 1922.

GUILHERMY, Itinéraire archéologique de Paris, 1855, et Description, de la Sainte-Chapelle, 6e éd., 1884.

STEIN (H.), Le Palais de Justice et la Sainte-Chapelle, 1912.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 295

GÉBELIN, La Sainte-Chapelle et la Conciergerie, Petite monographie, 1931.

SPENCER (Mme), Les vitraux de la Sainte-Chapelle, dans Bulletin monumental, 1932.

VERRIER (Jean), Essai archéologique sur l'église SaintSéverin de Paris, Thèse de l'École des chartes, 1912.

LAFOND (Jean), Les vitraux de Paris au Petit-Palais, Revue de l'Art ancien et moderne et Journal de Rouen, 1919.

MAGNE (Lucien), L'oeuvre des peint, is verriers français a Montmorency, Écouen et Chantilly, 1885, et Les vitraux de Montmorency et Écouen, 1888.

ROY (Maurice), La Sainte-Chapelle de Vincennes, dans Bull. Soc. Antiq. de France, 1911.

DION (comte A. DE), Montfort-V Amaury et ses vitraux, 1892.

CHARTRAIRE (chanoine), La cathédrale de Sens, Petite monographie.

BÉGULE (Lucien), La cathédrale de Sens, 1929.

BEAUVAISIS :

LEBLOND (docteur), L'art et les artistes de l'Ile-de-France au XVIe siècle. Beauvais et Beauvaisis, 1921 ; — Les artistes du Beauvaisis au XVIe siècle, dans Mém. Soc. Acad. de l'Oise, 1922 ; — Nicolas Le Prince, verrier et tailleur d'images, 1924.

LAFOND (Jean), Les vitraux [de Saint-Etienne de Beauvais], dans Petite monographie du docteur Leblond.

BLANQUART (abbé), Notice sur les vitraux de Gisors.

NORMANDIE :

RITTER (R.), Les vitraux de la cathédrale de Rouen, 1926.

LAFOND (Jean), Les vitraux [de la cathédrale de Rouen], dans Petite monographie de l'abbé .Loisel ; — [de Saint-Ouen de Rouen], dans Petite monographie d'André Masson, 1927 ; — Les vitraux du XVIe siècle à Rouen, dans Bull. Soc. Amis Monuments rouennais, 1911 ; — Arnoult de Nimègue et son oeuvre, même Bulletin, 1926-1927, et tirage à part, 1930.

Album des verrières de la cathédrale d'Évreux (Soc. Amis des Arts de l'Eure, 1893).

BONNENFANT (chanoine), La cathédrale d'Évreux, Petite monographie; — L'église Saint-Taurin d'Évreux, 1926.


296 LES ÉTUDES*

BOUILLET (abbé), L'église Sainte-Foy de Conches et ses vitraux, dans Bulletin monumental, 1888.

OUEST DE LA FRANCE :

HUCHER (E.), Calques des vitraux peints de la cathédrale du Mans, 1864, in-fol.

FLEURY (G.), La cathédrale du Mans, Petite monographie.

FARCY (L. DE), Monographie de la cathédrale d'Angers, 1901-1926.

URSEAU (chanoine), La cathédrale d'Angers, Petite monographie, 1929 ; — Les vitraux de la Renaissance en Anjou, dans Réunion des Soc. des B.-A. des départements, 1905.

BRETAGNE :

ANDRÉ (Aug.), De la verrerie et des vitraux peints dans l'ancienne province de Bretagne, 1878.

COROZE (P.) et GUEY (F.), Introduction à l'étude des vitraux de Bretagne, dans Bull. Soc. archéol. Finistère, 1921.

WAQUET (H.), L'art breton, 1933, 2 vol.

CENTRE DE LA FRANCE :

CAHIER et MARTIN (PP.), Monographie des vitraux de la cathédrale de Bourges, 1842-1844, gr. in-fol. ; complété par le marquis DES MÉLOIZES, Vitraux peints de la cathédrale de Bourges, postérieurs au XIIIe siècle, 1891-1897.

LAUGARDIÈRE (abbé DE), Les vitraux de Saint-Bonnet de Bourges, dans Bulletin monumental, 1932.

BOISSONNOT (chanoine), Les verrières de la cathédrale de Tours, 1922, in-fol.

PLAT (abbé), La Trinité de Vendôme, Petite monographie et Congrès archéologique, 1925.

RANQUET (H. DU), Les vitraux de la cathédrale de ClermontFerrand, 1932, in-fol.

Du BROC DE SEGANGE, Notre-Dame de Moulins, 1876.

Congrès archéologique, 1913 [vitraux de la cathédrale de Moulins et de la Sainte-Chapelle de Riom].

LYONNAIS : BÉGULE (Lucien), Les vitraux du moyen âge et de la Renaissance dans la région lyonnaise, 1911, et Monographie de la cathédrale de Lyon,


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 297

NODET (docteur), Brou, Petite monographie.

MIDI DE LA FRANCE : CANETO (abbé), Monographie de la cathédrale d'Auch, 1857. Congrès archéologique, 1929 [vitraux des cathédrales d'Auch et d'Albi].

LARAN (Jean), La cathédrale d'Albi, Petite monographie.

Mosaïques-carrelages. — On sait combien sont rares les mosaïques du moyen âge ; aussi le sujet n'a-t-il pas donné lieu à des travaux très nombreux. On trouvera •cependant des renseignements intéressants dans Gerspach, La mosaïque, Bibl. de l'Enseign. des Beaux-Arts, et surtout Adrien Blanchet, La mosaïque, 1928, qui cite et commente les quelques mosaïques romanes parvenues jusqu'à nous.

Dans l'ouvrage de Et. Clouzot et Marg. Van Berchem, Les mosaïques chrétiennes, du IVe au Xe siècle, on trouve décrite et étudiée celle de l'église de Germigny-des-Prés (Loiret) ; l'abbé Arnaud d'Agnel a étudié celle de Ganagobie (Basses-Alpes), dans Bull, archéol. de 1910 ; L. Bréhier, Les mosaïques mérovingiennes de Thiers, dans Mélanges du Centenaire de la Faculté des lettres de Clermont, 1910 ; Wallet, La mosaïque de la crypte de SaintBertin de Saint-Omer, 1844 ; Lanore, celle du Choeur de la cathédrale de Lescar, dans Bull, mon., 1904; Revoil, celle de Cruas (Ardèche), dans Architecture romane du midi de la France.

Pour les carrelages, le livre d'Emile Amé, Les carrelages émaillés du moyen âge et de la Renaissance, 1859, reste le plus complet ; les études sur les Carrelages historiés, d'Alfred Ramé, dans Annales archéologiques ; Les carrelages historiés du moyen âge et de la Renaissance, de H. Monceaux, 1887 ; celles d'A. de Barthélémy sur les Carreaux historiés et vernissés, avec noms de tuiliers, dans Bull, mon., 1887 ; du baron de Baye, dans le Congrès archéol. de 1875 et le Bull. mon. de 1926, four-


298 LES ÉTUDES

nissent des indications précieuses sur les pavements de céramique au moyen âge.

La technique en a été étudiée par M. de Vesly, La céramique ornementale de la Haute-Normandie, 1913.

Quant aux labyrinthes gravés que l'on voyait sur le sol de tant d'églises, et dont quelques-uns seulement subsistent, M. Delaunay en a fait l'étude dans la Revue archéologique de 1915.

Tapisseries-Broderies. — M. Jules Guiffrey avait donné, en 1904, une Bibliographie de la tapisserie, déjà fort abondante. MM. J.-J. Marquet de Vasselot et R.-A. Weigert viennent de publier (1935) la Bibliographie de la tapisserie, des tapis et de la broderie en France, qui ne compte pas moins de 300 pages; elle est le fruit de dépouillements fort importants entrepris par MM. J.-J. Marquet de Vasselot et Marcel Aubert et montre le nombre élevé des études qui ont été faites en France sur les arts du tissu, comme elle sera désormais le guide le plus sûr pour toute recherche nouvelle.

On se bornera donc ici à énumérer quelques ouvrages généraux et les études les plus marquantes parues sur les principaux centres de fabrication, depuis un siècle :

JUBINAL (Achille), Les anciennes tapisseries historiées..., 1838-1839, 2 vol. in-fol., et Recherches sur l'usage et l'origine des tapisseries..., 1840.

MÛNTZ (Eug.), La tapisserie, Bibl. de l'Enseign. des BeauxArts.

GUIFFREY (J.), Histoire de la tapisserie en France, 18781885, 2 vol. in-fol. ; — Les tapisseries du XIIe à la fin du XVIe siècle (t. IV de YHist. gén. des arts appliqués à l'industrie, d'Emile Molinier).

DESHAIRS (Léon), La tapisserie, dans Hist. de l'Art d'André Michel, t. V 2, VF, VIP.

MIGEON (Gaston), Les arts du tissu, 2e éd., 1929.

VERRIER (Jean), Notes sur l'histoire de la tapisserie, dans le Dessin, 1933-1934.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 299

MARQUET DE VASSELOT (J.-J.), Catalogue raisonné de la collection Martin Le Roy, t. IV, 1908.

MICHEL (Francisque); Recherches sur le commerce, la fabrication et l'usage des étoffes de soie, d'or et d'argent pendant le moyen âge, 1852, 2 vol.

FARCY (Louis DE), La broderie du XIe siècle jusqu'à nos jours, 1890, in-fol.

LACORDAIRE, Notice historique sur les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie, lre éd., 1853 ; dernière éd., 1869.

FENAILLE (Maurice), État général des tapisseries de la manufacture des Gobelins..., 1600-1900, 1903-1923, 5 vol. .

BADIN (Jules), La manufacture de tapisseries de Beauvais, 1909. " ■•"•-- ■- -- ■'■-" •■'"

FARCY (L. DE), Histoire et description des tapisseries de la cathédrale d'Angers, 1890.

URSEAU (chanoine), AUBERT (M.) et DESHAIRS (L.), Les tapisseries d'Angers, dans Beaux-Arts, 1923.

VAN DRIVAL, Les tapisseries d'Arras..., 2e éd., 1878.

Cyprien Pérathon a publié sur les tapissiers et les tapisseries d'Aubusson et de Felletin toute une série de mémoires, qu'on consulte toujours avec profit. M. Louis Lacrocq donne, dans le Bulletin de la Soc. arch. et hist. du Limousin, depuis 1913, la Chronique des tapisseries anciennes d'Aubusson et de Felletin; il prépare actuellement une Histoire générale, très importante, de ces ateliers et de leurs productions.

BRAQUEHAYE (Ch.), Claude de Lapierre..., fondateur des manufactures de tapisseries de Cadillac et de Bordeaux, dans Réunion des Soc. des B.-A. des départements, 1892.

DURIEUX (A.), Les tapisseries- de Cambrai, dans Réunion des Soc. des B.-A., 1879.

HOUDOY (Jules), Les tapisseries de haute lisse. Histoire de la fabrication lilloise du XIVe au XVIIIe siècle, 1871.

GRESY (Eug.), Manufacture de tapisserie de Maincy..., 16581662, dans Arch. Art français, t. VI.

LHUILLIER (Th.), La tapisserie... à Fontainebleau, Maincy et Meaux aux XVIe et XVIIe siècles, dans R. Soc. B.-A., 1885.


300 LES ÉTUDES

MÙNTZ (Eug.), Les fabriques de tapisseries de Nancy, atelier de la Malgrange, dans Chronique des Arts, 1883.

BOSSEBOEUF (L.), La manufacture de tapisseries de Tours, dans Mém. Soc. archéol. Touraine, 1904.

Les arts du bois. — En dehors du Dictionnaire du mobilier de Viollet-le-Duc et du petit manuel un peu trop succinct de l'abbé Duret, Mobilier, vases, objets et vêtements liturgiques, 1932, il n'existe pas d'ouvrages généraux sur le mobilier des églises. Mais, de longue date, ce mobilier a fait l'objet d'études qui se trouvent dans les monographies des édifices, comme celle de la cathédrale d'Amiens, par M. G. Durand, par exemple. On trouve aussi de nombreux renseignements à leur sujet dans la Messe, de Rohaut de Fleury, 8 vol., 1888, et dans les Annales archéologiques, de Didron. Dans de très nombreux articles, notamment du Bulletin monumental et des Congrès archéologiques (cf. Table de 1834 à 1925), de la Revue de l'Art chrétien (cf. Tables de 1857 à 1882 et de 1883 à 1909), du Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques (cf. Table de 1883 à 1915), des Mémoires et Bulletins des Sociétés savantes de Paris et des départements, les autels, les retables, les tabernacles, les stalles, les jubés, les confessionnaux, les chaires, les lutrins, les buffets d'orgues, les fonts baptismaux, les bénitiers, etc., ont été étudiés.

Les orgues et leurs buffets ont donné lieu à des publications d'ensemble plus importantes :

SERVIÈRES (G.), La décoration artistique des buffets d'orgues, 1928.

RAUGEL (F.), Les anciens buffets d'orgues du département de Seine-et-Oise, 1926 ; — Les grandes orgues des églises de Paris et du département de la Seine, 1927.

DUFOURCQ (Norbert), Esquisse d'une histoire de l'orgue en France du XIIIe au XVIIIe siècle, 1935.

Quant aux boiseries et au mobilier civil, ils ont fait


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 301

l'objet de très nombreuses études, dont voici les principales :

CHAMPEAUX (A. DE), Le meuble, 2 vol., Bibl. de l'enseignement des Beaux-Arts, et Le portefeuille des arts décoratifs, 1888-1908.

HAVARD (H.), Dictionnaire de l'ameublement, 1887-1890, 4 vol.

BONNAFÉ (Ed.), Le meuble en France au XVIe siècle, 1887.

MOLINIER (É.),- Les meubles du moyen âge et de la Renaissance et Le mobilier au XVIIe et au XVIIIe siècle (t. II et III de VHist. gén. des arts appliqués à l'industrie).

GUILMARD, Les maîtres ornemanistes, 1881, 2 vol.

VIAL (Marcel) et GIRODIE, Les artistes décorateurs du bois... aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1912-1922, 2 vol.

DREYFUS (Carie), Musée du Louvre. Le mobilier français..., 1921, 2 vol.

SALVERTE (F. DE), Les ébénistes du XVIIIe siècle. Leurs oeuvres et leurs marques, 2e éd., 1927 ; — Le meuble français d'après les ornemanistes, de 1660 à 1789, 1932.

MAGNE (H.-M.), Décor du mobilier, 1928 ; — Décor du bois, 1925.

THEUNISSEN (A.), Meubles et sièges du XVIIIe siècle, 1934.

GUIFFREY (J.), Inventaire général du mobilier de la Couronne sous Louis XIV, 2 vol.

MOLINIER (É.), Le mobilier royal français aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1902, 5 vol.

BALLOT (Mlle), Le décor intérieur au XVIIIe siècle, à Paris et dans la région parisienne, 1930.

CONTET et VAQUIER, Les vieux hôtels de Paris, 1910-1925, 12 albums.

DESHAIRS (L.), Dijon, architecture et décoration, 1910 ; — Aix-en-Provence, architecture et décoration.

GIRAUD-MANGIN, Nantes, architecture et décoration.

BONNET et JOUBIN, Montpellier, architecture et décoration, 1913.

PROST (B.), Hugues Sambin, sculpteur sur bois et architecte, dans Gazette des Beaux-Arts, 1892.

HAVARD (H.), Les Boulle, 1893.


302 LES ÉTUDES

BALLOT (Mlle), Charles Crescent, sculpteur, ébéniste, collectionneur, 1919.

LEFUEL (H.), Georges Jacob, ébéniste du XVIIIe siècle, 1924, et Jacob-Desmalter, 1928.

GIROUD (Mme M.) et DÉLAYE (M.), Les Hache, ébénistes à Grenoble, 1690-1831,1931.

AGNEL (abbé Arnaud D'), Le meuble. Ameublement provençal et comtadin du moyen âge à la fin du XVIIIe siècle, 1913, 2 vol.

Livres auxquels il convient d'ajouter ceux de CHAMPEAUX, DUMONTHIER, FELICE (R. DE), JANNEAU (G.), CLOUZOT (H.), SEYMOUR DE RICCI, METMAN et BRIÈRE, HESSLING.

Les arts du métal. — Moins étudiés que les arts du bois, moins importants aussi, on se contentera de signaler :

Pour la ferronnerie :

GIRAUD (J.-B.), Les arts du métal, 1881.

MAGNE (H.-M.), Le décor du métal, 1920-1925, 3 vol.

METMAN (Louis) et LE SECQ DES TOURNELLES, Le métal des arts décoratifs. Le métal, le fer, in-fol.

BLANC (Louis), Le fer forgé en France aux XVIe et XVIIe siècles. — Au XVIIIe siècle. La Régence, 1928.

Catalogue du musée de ferronnerie Le Secq des Tournelles, à Rouen.

SUBES (Raymond), La ferronnerie d'art du XIe au XIXe siècle, 1928.

HAUG (Hans), La ferronnerie strasbourgeoise au XVIIe et au XVIIIe siècle, 1933.

Pour l'étain : BAPST (Germain), L'étain, 1884.

RIFF (A.), Les étains strasbourgeois du XVIe au XIXe siècle, 1925.

Pour le bronze : DIDRON, Manuel des oeuvres de bronze et d'orfèvrerie du moyen âge, 1859.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'iNDUSTRIE 303

GUIFFREY (Jules), Les Caffiéri, sculpteurs et fondeurs-ciseleurs, 1877. .

ROBIQUET (J.), Vie et oeuvre de Pierre Gouthière, 1920-1921. DÈSTRÉE (J.), La dinanderie sur les bords de la Meuse, 1904.

Pour les cloches :

BERTHELÉ, Enquêtes campanaires..., cloches et fondeurs de cloches, du VIIIe au XXe siècle, 1903.

Et nombreuses études entre 1890 et 1910.

RIVIÈRES (DE), Études campanaires, dans Bulletin monumental, 1888, 1891.

DERGNY, Les cloches du pays de Bray, 1863-1865, 2 vol.

PORÉE (Ch.) a étudié les cloches de l'Yonne ; RODIÈRE, celles du Ponthieu ; BRUGIÈRE et BERTHELÉ, celles du Périgord ; JADART et BERTHELÉ, celles de Reims.

Orfèvrerie-Émaillerie. — Comme pour la tapisserie, et dix ans auparavant, M. J.-J. Marquet de Vasselot a publié une Bibliographie de l'orfèvrerie et de l'émaillerie françaises (1925), qui montre la multiplicité des recherches faites dans ce domaine depuis cent ans et qui restera l'instrument de travail indispensable pour toute étude sur ces arts. On ne fera donc que rappeler ici quelques ouvrages généraux montrant par leurs dates la progression des études pendant ce siècle :

TEXIER (abbé), Dictionnaire d'orfèvrerie...., 1857 (t. XXVII de Y Encyclopédie de Migne).

LASTEYRIE (F. DE), Histoire de l'orfèvrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, 1875.

MOLINIER (É.), L'orfèvrerie religieuse et civile, du Ve à la fin du XVe siècle, [1901] (t. I de VHist. gén. des arts appliqués à l'industrie).

MOLINIER (É.), L'art de l'époque barbare, dans Hist. de l'Art d'André Michel, t. I.

BARRIÈRE-FLAVY (C), Les arts industriels des peuples barbares de la Gaule, du Ve au VIIIe siècle, 1901, 3 vol.

BABELON (E.), Le tombeau du roi Childéric et les origines de


304 LES ÉTUDES

Vorfèvrerie cloisonnée, dans Mém. Soc. Antiq. de France, 19191923 [1924], t. VI.

LINAS (Ch. DE), Les origines de l'orfèvrerie cloisonnée, 1887, 3 vol.

BRÉHIER (L.), L'art en France, des invasions barbares à l'époque romane, [1930].

MARQUET DE VASSELOT (J.-J.), L'orfèvrerie et l'émaillerie aux XIIIe et XIVe siècles (t. IP de l'Hist. de l'Art d'André Michel) ; — Ibid., au XVIe siècle (t. V 1) ; — La vaisselle d'argent de l'ordre du Saint-Esprit, dans Bull. Soc. Antiq. de France, 1908.

ENLART (C), Bijoux gothiques, dans Bull. Soc. Antiq. de France, 1908.

DOUET D'ARCQ (L.), Comptes de l'argenterie des rois de France, 1851 et 1874.

Inventaires des principaux trésors d'églises de France : Conques, par DARCEL, 1860 et 1861, et l'abbé BOUILLET, 1892 ; Reims, par DARCEL, Gazette des Beaux-Arts, 1881 ; Roncevaux, par J.-J. MARQUET DE VASSELOT, Gazette des BeauxArts, 1897 ; Saint-Maurice d'Agaune, par E. AUBAT, 1872 ; Saint-Paul de Vence, par E. BLANC, Bulletin monumental, 1876 ; Sens, par CHARTRAIRE, 1925.

La collection Spitzer, par É. MOLINIER, PALUSTRE, POPELIN et DARCEL, 1890-1891, 3 vol.

NOCQ (H.), Le poinçon de Paris... depuis le moyen âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, 1926-1931, 4 vol. et 1 suppl.

BOIVIN (J.), Les anciens orfèvres français et leurs poinçons, 1925.

CARRÉ (L.), Les poinçons de l'orfèvrerie française, 1928.

NOCQ (Henry) et DREYFUS (Carie), Tabatières, boîtes et étuis... du Musée du Louvre, 1930.

NOCQ (H.), ALFASSA (P.) et GUÉRIN (J.), Orfèvrerie civile française, du XVIe au début du XIXe siècle, 1930, 2 vol.

BAPST (Gt), Les Germain, orfèvres et sculpteurs du Roy, 1887, et L'orfèvrerie française à la cour de Portugal au XVIIIe siècle, 1892.

COURAJOD (L.), Livre journal de Lazare Duvaux, marchand bijoutier ordinaire du Roy, 1748-1758..., 1873.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 305

TEXIER (abbé), Notice sur les émaux de Limoges, dans Bulletin monumental, 1840.

ARDANT (L.), Notice historique sur les émaux, les émailleurs... Bull. Soc... Limoges, 1842.

LASTEYRIE (F. DE), Des origines de l'émaillerie limousine, dans même Bulletin, 1862.

PALUSTRE (L.) et BARBIER DE MONTAULT (X.), Orfèvrerie et émaiïlerie limousines, dans Mélanges d'art et d'archéologie, 1886.

RUPIN (Ernest), L'oeuvre de Limoges, 1890, in-4°.

MOLINIER (É.), L'émaiïlerie, 1891.

MARQUET DE VASSELOT (J.-J.), Les émaux limousins à fond vermiculé, dans Revue archéologique, 1905.

ENLART (C), Les ateliers parisiens sous Philippe le Rel, Monuments Piot, 1927-1928.

MARQUET DE VASSELOT (J.-J.), Les émaux limousins de la fin du XVe et de la première partie du XVIe siècle, 1921.

DEMARTIAL (André), L'orfèvrerie émaillée de Limoges, dans Congrès archéologique, 1921, et Chronique de l'orfèvrerie et de Vémaiïlerie, dans Bull. Soc... Limousin, 1909 à 1914.

LAVEDAN (Pierre), Léonard Limosin, 1913.

MOLINIER (É.), Dictionnaire des émailleurs depuis le moyen âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, 1885.

CLOUZOT (H.), Dictionnaire des miniaturistes sur émail, 1924.

BOUCHOT (H.), La miniature française, 1780*1825, 1910.

Ivoires. — Devant la multiplicité des articles publiés sur les ivoires, on se bornera à citer ici les quelques ouvrages capitaux qui montrent que, dans cette matière comme dans bien d'autres, l'étude des origines de cet art a été faite par des savants français et ont servi de point de départ, notamment, aux publications de Delbruck, Diptyques consulaires, et de Goldschmidt, Ivoires carolingiens et romans, qui, pour être fort importantes, n'apportent pas toujours des conclusions parfaitement établies. Voici ces ouvrages :

DARCEL et MOLINIER, Catalogue de la collection Spitzer, les ivoires, 1890.

CONGRÈS DE PARIS, II. -0


306 LES ÉTUDES

MOLINIER (É.), Catalogue des ivoires du Musée du Louvre, 1896 ; —• Les ivoires, 1896 (t. II de YHist. gén. des arts appliqués à l'industrie).

KOECHLIN (R.), Les ivoires gothiques français, 1924, 3 vol.

Céramique. — La Bibliographie céramique de Champfleury, parue en 1881, n'est évidemment plus assez récente pour pouvoir être fort utile.

Le Répertoire de la faïence française, de MM. Chompret, J. Bloch, J. Guérin et P. Alfassa, dont quatre albums sont déjà parus depuis 1933, sera à l'avenir le guide indispensable des chercheurs.

BALLOT (Mlle), La céramique française au Musée du Louvre, 1924-1925, 2 vol.

PAPILLON (Georges), Musée céramique de Sèvres ; guide revu par M. SAVREUX, 1911.

DELANGE, Recueil de toutes-les pièces connues jusqu'à ce jour de la faïence dite de Henri II, 1861.

BONNAFFÉ (Ed.), Les faïences de Saint-Porchaire, dans Gazette des Beaux-Arts, 1888 et 1895.

DELANGE, Monographie de l'oeuvre de Bernard Palissy, 1862.

LASTEYRIE (F. DE), Bernard Palissy, 1865.

DIMIER, Sur Bernard Palissy, dans Gazette des Beaux-Arts, 1934.

HERBET, Les émailleurs sur terre de Fontainebleau, Annales Soc. du Gâtinais, 1897.

VERGNET (Jean), Recherches sur la céramique du Beauvaisis, Thèse de l'École du Louvre, dans Bull, des musées de France, 1933.

DEVEAUX, Les faïences d'Aprey, 1908.

CHOMPRET (docteur), Les faïences d'Aprey, dans Annales Soc... Chaumont, 1932.

MÉAUDRE DE LAPOUYADE, Histoire des faïenceries de Bordeaux, 1926.

NICOLAÏ (Alexandre), Histoire des faïenceries de Bordeaux au XIXe siècle, 1932.

RIS-PAQUOT, Documents inédits sur la faïence charentaise (fabriques de la Rochelle et Marans), 1878.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 307

DAMIRON (Ch.), La faïence de Lyon, 1926, 2 vol.

DAVILLIER, Histoire des faïences et porcelaines de Moustiers, Marseille et autres fabriques méridionales, 1863.

AGNEL (abbé Arnaud D'), La faïence et la porcelaine de Marseille, 1912.

QUIRIELLE (R. DE), La faïence de Moulins, 1922.

REQUIN (abbé), Histoire de la faïence artistique de Moustiers (t. I seul paru), 1903.

DAMIRON (Ch.), La faïence artistique de Moustiers, 1921.

BROC DE SEGANGE (L. DU), Les faïences... de Nevers, 1863.

HAUG (Hans), La rose de petit feu (fabriques de Niderviller, Saint-Clément, Lunéville, les Islettes), Archives alsaciennes, 1930.

PORTIER (A.), Histoire de la faïence de Rouen, 1870.

WARMONT (docteur), Les faïences de Sinceny, 1864.

LECOQ (J. et G.), Les faïences de Sinceny, 1878.

HAUG (Hans), Les faïences et porcelaines de Strasbourg, 1922.

THORE (docteur), Les anciennes fabriques de faïences et de porcelaine de... Sceaux, 1868.

CHAVAGNAC (comte X. DE) et GROLLIER (marquis DE), Histoire des manufactures françaises de porcelaine, 1906.

ALFASSA (P.) et GUÉRIN (J.), Porcelaine française, du XVIIe au milieu du XIXe siècle, 1930.

Costumes et armes. — Deux volumes du Dictionnaire du mobilier de Viollet-le-Duc sont consacrés à ces matières, qui font l'objet de nombreux articles de revues, notamment de Mgr Battifol, de Barbier de Montault, du chanoine Chartraire.

COLAS (René), Bibliographie générale du costume et de la mode, 1933.

QUICHERAT, Histoire du costume en France jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, 2e éd., 1877.

DEMAY (G.), Le costume du moyen âge d'après les sceaux, 1880.

ENLART (C), Le costume (t. III du Manuel d'archéologie française), 1916.


308 LES ÉTUDES

PITON (C), Le costume civil en France, du XIIIe au XIXe siècle, 1913.

RUPPERT (J.), Le costume, 1930, 5 vol.

ALLEMAGNE (H. D'), Les accessoires du costume et du mobilier, 1928, 3 vol.

BOURDIER, Les ordres français et les récompenses nationales, 1927.

MAINDRON (N.), Les armes, Bibl. de l'enseignement des Beaux-Arts.

Niox (général), Le Musée de l'Armée, t. I, 1917.

Glyptique, Numismatique, Sigillographie, Héraldique.

BABELON (E.), La glyptique au moyen âge, Comptes-rendus de l'Acad. des Inscriptions, 1895 ; — Histoire de la gravure sur gemme en France..., 1902.

BARTHÉLÉMY (A. DE), Manuel de numismatique du moyen âge, 1851.

SAULCY (F. DE), Recueil de documents relatifs à l'histoire des monnaies frappées par les rois de France, 1879-1892, 4 vol.

BLANCHET (A.) et DIEUDONNÉ (A.), Manuel de numismatique française, 1912-1916, 2 vol.

BABELON (E.), Les origines de la médaille en France, dans Revue de l'Art ancien et moderne, 1905. -

MAZEROLLE (F.), Les médailleurs français..., 1902-1904, 3 vol.

BABELON (J.), La médaille et les médailleurs, 1927.

BLANCHET (A.), Études sur Jean Varin, Soc. fr. de numismatique, 1888 et 1905.

NOCQ (H.), Les Duvivier, 1687-1819.

BLANCHET (A.), Médailles et fêtons du sacre des rois de France, Bull, de numism., 1889 ; — Une classe inédite d'enseignes de pèlerinage, Bull. Soc. Antiq. de France, 1923 ; —■ Bibliographie critique de la sigillographie française, 1902.

DOUET D'ARCQ, Collection de sceaux des Archives de l'Empire, 1863-1868, 3 vol.

ROMAN (J.), Manuel de sigillographie française, 1912.

DELOCHE (M.), Étude historique et archéologique sur les anneaux sigiïlaires..., 1900.


SUR LES ARTS APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE 309

Études régionales sur les sceaux : Berry, par GANDILLON fils ; Bourgogne, par COULON ; Champagne, par ARBOIS DE JUBAINVILLE ; Dauphiné, par ROMAN ; Flandre, par DEMAY ; Seigneurs de Laval, par BERTRAND, DE BROUSSILLON et DE FARCY ; Haute-Loire; par JACOTIN DE ROSIÈRES ; Normandie, par DEMAY ; Périgord, par DE BOSREDA ; Ponthieu, par DE BELLEVAL.

GOURDON DE GENOUILLAC, L'art héraldique, 1889.

DUBOUX D'ARGICOURT (L.-A.), Alphabet et figures de tous les termes du blason, 1899.

MEURGEY (J.), Armoiries des provinces et villes de France, 1929.



CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUE DE FRANCE

97e SESSION

TENUE A PARIS

CENTENAIRE DU SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES

ET DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

ORDRE DES REUNIONS ET EXCURSIONS

Jeudi 24 mai. — A 10 h. 30, séance solennelle d'ouverture à la Sorbonne (Amphithéâtre Richelieu), sous la présidence de M. le Ministre de l'Éducation nationale. A 14 h. 30, inauguration de l'Exposition des Monuments historiques et des fouilles, à l'École des Beaux-Arts, 15, quai Malaquais. A 16 heures, visite de la cathédrale Notre-Dame. A 17 h. 30, visite de la Sainte-Chapelle.

Vendredi 25 mai. — A 8 heures, départ en autos-cars pour Chartres. A 10 h. 15, visite de Saint-Père et des vieilles maisons. A 14 heures, visite de la cathédrale.

Samedi 26 mai. —• A 7 heures, départ en autos-cars pour Soissons. A 9 h. 30, visite de la cathédrale. A 10 h. 30, départ pour Reims. A 11 h. 45, visite de Saint-Rémi. A 14 h. 15, visite de la cathédrale. A 17 heures, réception à PHôtel-de-Ville.

Lundi 28 mai. — A 9 heures, départ en autos-cars pour Versailles. A 10 heures, visite des Trianons et du Hameau. A 14 h. 30, visite du Château ; grandes eaux ; thé offert par M. le Ministre de l'Éducation nationale ; concert de musique ancienne dans la chapelle.

Mardi 29 mai. — A 7 h. 30, départ en autos-cars pour Go-


312 CENTENAIRE

nesse, Écouen, Royaumont. A 14 heures, visite du château de Chantilly. A 15 h. 15, départ pour Senlis ; visite de la cathédrale et des vieilles églises.

Mercredi 30 mai. —■ A 8 h. 45, départ en autos-cars pour la basilique de Saint-Denis. A 14 h. 15, visite de l'Hôtel Lambert, à Paris. A 15 h. 30, visite de l'église Saint-Gervais ; audition des Chanteurs de Saint-Gervais et concert d'orgues. A 17 heures, réception à l'Hôtel-de-Ville. A 20 heures, banquet à l'Hôtel Crillon, sous la présidence de M. le Ministre de l'Éducation nationale ; clôture du Congrès.


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

DU

CENTENAIRE

DU SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES

ET DE LA

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

CÉLÉBRÉ sous LE HAUT PATRONAGE DE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

ET DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE

GEORGES HUISMAN Directeur général des Beaux-Arts.

MARCEL AUBERT

Membre de l'Institut,

Directeur de la Société française d'Archéologie.

FRANÇOIS DESHOULIÈRES Directeur-adjoint de la Société française d'Archéologie.

MARIUS CHABAUD Chef du Bureau des Monuments historiques.

JEAN VERRIER Inspecteur général des Monuments historiques.

GEORGE OU'TARDEL

Secrétaire général de la Société française d'Archéologie.

Secrétaires généraux du Congrès.

MAURICE DUMOLIN Trésorier.


DÉLÉGUÉS ÉTRANGERS

Autriche. —■ M. BISCHOFF, conseiller de Légation à Paris.

Belgique. — M. Paul SAINTENOY, membre de la Commission royale des Monuments royaux, membre de l'Académie royale d'Archéologie, correspondant de l'Institut de France, 123, rue de l'Arbre-Bénit, à Bruxelles.

Danemark. —■ M. MACKEPRANG, docteur es lettres, directeur au Musée national de Copenhague.

Egypte. — M. ABD EL RANMAN-HAKKI, premier secrétaire de la Légation de Paris.

Espagne. — M. Modesto LOPEZ OTERO, membre du Conseil de la Culture nationale, membre de l'Académie des Beaux-Arts de San-Fernando et de l'Académie d'Histoire, membre du Comité supérieur du Trésor artistique, directeur de l'École supérieure de Madrid.

Esthonie. — M. Orto STRANDMANN, ministre à Paris.

États-Unis. — M. Théodore MARINER, conseiller d'ambassade à Paris.

Finlande. — Docteur Harri HOLMA, ministre à Paris.

Grande-Bretagne. ■—• MM. J. E. RABY, C. B., F. S. A., secrétaire-adjoint du ministère des Travaux publics ; J. S. RiCHARDSON, F. S. A., inspecteur des anciens Monuments d'Ecosse.

Grèce. :— MM. Georges OECONOMOS, professeur d'archéologie à l'Université d'Athènes, secrétaire général de l'Académie d'Athènes, directeur du Service archéologique de la Grèce, secrétaire général de la Société archéologique d'Athènes, correspondant de l'Institut de France ; BALANOS, conservateur de l'Acropole d'Athènes.

Irlande. ■—■ M. le comte 0'KELLY, ministre à Paris.

Italie. ■—■ M. Rossi, inspecteur général des Beaux-Arts, délégué à l'Institut de coopération intellectuelle, à Paris.

Perse. — M. Mohsen MOGHADDAM, ancien professeur de l'École


LISTE DES MEMBRES DU CONGRES 315

des Beaux-Arts de Téhéran, Légation de Perse, à Paris, 5, , rue Fortuny.

Pologne. — M. Casimir MICHALOWSKI.

Suède. — M, Sigurd CURMAS, de l'Académie royale de Suède, .conservateur en chef des Antiquités du royaume.

Suisse. — M. Albert NAEF, architecte, président de la Commission fédérale des Monuments historiques à Lausanne.

Tchécoslovaquie. — MM. OSUSKI, ministre à Paris ; le prof. Dr Josef CIBULKA, professeur d'archéologie chrétienne à l'Université de Prague.

Turquie. — M. KADRI, inspecteur général de l'Instruction publique des élèves et étudiants de la région parisienne.

DÉLÉGUÉS FRANÇAIS

MM. Etienne MICHON, membre de l'Institut, conservateur des Musées nationaux, délégué de M. le Ministre de l'Éducation nationale.

Paul LÉON, membre de l'Institut, directeur général honoraire des Beaux-Arts, .professeur au Collège de France, délégué de l'Académie des Beaux-Arts.

Adrien BLANCHET, membre de l'Institut, délégué de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

François DESHOULIÈRES, membre de la Commission des Monuments historiques, directeur-adjoint de la Société française d'Archéologie, délégué de la Société nationale des Antiquaires de France.

Jules FORMIGÉ, architecte en chef des Monuments historiques, délégué de la Société centrale des Architectes.

MEMBRES DU CONGRES (1)

ABADIE-DUGUÉ (Mme), 3, rue Chardin, à Paris (XVIe). ALBON (le marquis D'), au château d'Avanges, Saint-Romainde-Popey (Rhône).

(1) Les noms marqués d'un astérisque sont ceux des membres du Congrès qui ne font pas partie de la Société française d'Archéologie.


316 LISTE DES MEMBRES DU CONGRES

ALTMEYER (Louis), 13, rue Méchain, à Paris (XIVe).

ANDRAL (B.-G.), architecte D. P. L. G., 6, rue Justin-Blanc, »

à Pau (Basses-Pyrénées). ANDRIEU (le colonel), 27, boulevard Thiers, à Dijon (Côted'Or).

(Côted'Or). (Marcel), professeur au collège de Sedan (Ardennes). ASSAUD (Auguste), architecte honoraire de la ville de Paris,

34, rue Duret, à Paris (XVIe). AUBARÈDE (Mlle Hélène D'), à Saint-Genis-Laval (Rhône). AUBERT (Lucien), artiste peintre, restaurateur des tableaux

des Musées nationaux, 55, rue du Cherche-Midi, à Paris

(VIe). AUBERT (Marcel), membre de l'Institut, conservateur-adjoint

au Musée du Louvre, professeur à l'École des chartes et à

l'École des Beaux-Arts, membre de la Commission des

Monuments historiques, directeur de la S. F. A., 8, cité Vaneau,

Vaneau, Paris (VIIe). AUBERT (Mme), même adresse. *AUBERT (Mlle Hélène), même adresse. AUGUSTE-DORMEUIL (L.), 11, rue Voltaire, à Saint-Germainen-Laye

Saint-Germainen-Laye AUNIORD (le commandant J.), 6, rue du Vieux-Colombier, à

Paris (VIe). AUTANT (Albert), architecte, 65, rue d'Alésia, à Paris (XIVe). BAHRMANN (Auguste), 89, avenue d'Orléans, à Paris (XIVe). BAILHACHE (Georges), archiviste départemental, inspecteur

de la S. F. A., rue des Archives, à Digne (Basses-Alpes). *BALLOCHE (F.), architecte D. P. L. G., 26, rue Condorcet, à

Paris (IXe). BARBIER (Louis), architecte D. P. L. G., 3, rue du DocteurJacquemaire-Clemenceau,

DocteurJacquemaire-Clemenceau, Paris (XVe). BARDET (MUe Odette), 4 bis, rue Gustave-Zédé, à Paris (XVIe). BARGE (Jacques), architecte D. P. L. G., 18, rue de Grenelle,

à Paris (VIIe). BARON (Mlle Madeleine), 13, quai de la Bourse, à Rouen

(Seine- Inférieure). BAUD (Mlle Marcelle), 4, boulevard des Pays-Bas, à Gournaysur-Marne

Gournaysur-Marne


LISTE DES MEMBRES DU CONGRES 317

BAUDOT (Etienne), notaire, à Verdun (Meuse).

BAUDRIER (l'abbé P.), 12, rue Saint-Louis-en-1'Ile, à Paris (IVe).

BAUDRIER (Robert), 60, rue Pierre-Charron, à Paris (VIIIe).

BÉCUE (Mme), 94, rue d'Illiers, à Orléans (Loiret).

BERCHON (MUe Louise), 14, rue de l'Armorique, à Paris (XVe).

BÉREUX (Jean), archiviste départemental, 16, rue JulesFerry, à Beauvais (Oise).

BERGER (Aubert), 13, rue des Charseix, à Limoges (HauteVienne).

BERNARD (Jean), 3, rue de la Charité, à Saint-Etienne (Loire).

BERNY (Gérard DE), 18, rue Berteaux-Dumas, à Neuilly-surSeiné (Seine).

BERRET (Louis), vérificateur des Bâtiments civils, 43, rue de Sèvres, à Paris (VIe).

BERTRAND (Mme A.), 79, rue Jouffroy, à Paris (XVIIe).

BESSON (Georges), avoué, 3, cours Georges-Clemenceau, à Bordeaux (Gironde).

BEZANÇON (le docteur Paul), 51, rue de Miromesnil, à Paris (VIIIe).

BIGAULT (Paul), 1, place Hoche, à Versailles (Seine-et-Oise).

BIGOT (Alexandre), correspondant d'e l'Institut, au château de Mathieu (Calvados).

BIGOT (Paul), membre de l'Institut, 21 bis, rue Singer, à Paris (XVIe).

BINEAU (Mme M.), 72, avenue de Suffren, à Paris (XVe).

*BIVER (André), conservateur départemental des Objets d'art classés, 12, rue du Commerce, à Nevers (Nièvre).

BLANC (Alphonse), 3, rue Angélique-Vérien, à Neuilly-sur-> Seine (Seine).

BLANCHET (Adrien), membre de l'Institut, membre de la Commission des Monuments historiques, membre du Comité d'honneur de la S. F. A., délégué de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 10, boulevard Emile-Augier, à Paris (XVIe).

BLANCHET (Armand), 2, rue Desgenettes, à Paris (VIIe).

BLOT (Georges), architecte D. P. L. G., 7, rue Barye, à Paris (XVIIe).


318 LISTE DES MEMBRES DU CONGRES

*BOISSAU (Mlle M.), à Helesme, par Wallers (Nord).

BONNET (Patrice), architecte en chef du Gouvernement, conservateur des Palais et du Domaine de Versailles et de Trianon, à Versailles (Seine-et-Oise).

BONNIÈRES (Mlle M. DE), à Gorenflos, par Ailly-le-Haut-Clocher (Somme).

BORCHGRAVE D'ALTENA (le comte Joseph), attaché au Musée du Cinquantenaire, délégué de la Société royale d'Archéologie de Bruxelles et des Musées royaux d'Art et d'Histoire, 90, rue d'Arlon, à Bruxelles (Belgique).

BOUCHON (Jacques), au château de Bigards, par Nassandres (Eure).

BOUCHON (Mlle Anne-Marie), même adresse.

BOUDIER (Georges), avocat à la Cour, 8, rue Garancière, Paris (VIe).

BOUISSET (Félix), conservateur départemental des Objets d'art classés, à Montauban (Tarn-et-Garonne).

BOULLAIRE (Mme A.), 23, quai Voltaire, à Paris (VIIe).

BOURDE DE LA ROGERIE (Henri), conservateur départemental des Objets d'art classés, inspecteur de la S. F. A., 16, rue de Vincennes, à Rennes (Ille-et-Vilaine).

BOURGEOIS (Mme), 14, rue de l'Obélisque, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

BOUSQUET (Mme F. DE), 12, rue de Vézelay, à Paris (VIIIe).

BOUVET (Henri), 18, rue de l'Assomption, à Paris (XVIe).

BOUVET-MÉZIÈRES, 12, rue Rougemont, à Paris (IXe).

BOUYER (René), 57, avenue Secrétan, à Paris (XIXe).

BRAIBANT (Charles), chef du Service des Archives et Bibliothèque de la Marine, 7, rue Louis-Boilly, à Paris (XVIe).

BRAY (Albert), architecte en chef des Monuments historiques, architecte en chef du Palais de Fontainebleau, inspecteur de la S. F. A., à Fontainebleau (Seine-et-Marne).

BRÉCHET (Camille), 44, chemin de la Comète, à Valence (Drôme).

BRÉHIER (Louis), correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des Lettres de Clermont-Ferrand, 12, avenue de Royat, à Chamalières (Puy-de-Dôme).

BREUVART (Mme A.), 130, rue Royale, à Lille (Nord).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRES 319

BRIÈRE (Gaston), conservateur du Musée national de Versailles (Seine-et-Oise).

BRUET (Mme G.), 10, avenue Wagram, à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise).

BRUN (Gabriel), architecte des Monuments historiques, 25, rue George-Sand, à Paris (XVIe).

BRUNET (Emile), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., 94, rue de Sèvres, à Paris (VIIe).

BRUYÈRE-ROUX (Georges), 8, rue Léonce-Reynaud, à Paris (XVIe).

BUFFET (François), 115, boulevard Saint-Michel, à Paris (Ve).

BURTHE D'ANNELET (le baron), 21, rue d'Aumale, à Paris (IXe).

CADILLAC (Mme E. A.), 10, rue Oudinot, à Paris (VIIe).

CAILLEUX (Gaston), architecte, 23, rue des Ursulines, à SaintDenis (Seine).

CAILLEUX (Mme G.), même adresse.

CAILLEUX (J.), même adresse.

CAIX (la baronne DE), 6, rue Montalivet,. à Paris (VIIIe).

CALDAGUÈS (Mme), 24, rue des Écoles, à Paris (Ve).

CALMETTE (Joseph), membre de l'Institut, 60, rue Bayard, à Toulouse (Haute-Garonne).

CANCE (Mme M.), 21, rue Vieille-du-Temple, à Paris (IVe).

CAPELIN (Edgar), président de la Société d'Émulation du Bourbonnais, 81, rue de Bourgogne, à Moulins (Allier).

CARDINAL (Maurice), 12, rue Trianon, à Reims (Marne).

CARLIER (Achille), 7, rue Péguy, à Paris (VIe).

CASATI (Auguste), avocat, au château de Mézire, par Arvant (Haute-Loire).

CHABAL (Gaston), architecte des Monuments historiques, 46, rue Jean-Macé, à Brest (Finistère).

CHABAUD (Marius), chef du Bureau des Monuments historiques, secrétaire général du Congrès, 15, rue de Poissy, à Paris (Ve).

CHABERT (le.docteur Maurice), à Cavaillon (Vaucluse).

CHADOURGNAC (Mme M.), 78, boulevard Richard-Lenoir, à Paris (XIe).


320 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

CHAIX (Henri), 122, boulevard Maurice-Barres, à Neuilly-surSeine (Seine).

CHAIX (Mme H.), même adresse.

CHAIZE (Mlle Suzanne), 2, rue de Paradis, à Paris (Xe).

CHALANDON (Mme), à Parcieux, par Trévoux (Ain).

CHAPPEDELAINE (le comte J. DE), 7 bis, rue du Vallon-de-Villeneuve, à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise).

CHARBONNEAUX (Charles), 5, boulevard Desaubeau, à Reims (Marne).

CHARBONNEAUX (Mme Ch.), même adresse.

CHARBONNEAUX (Jacques), notaire, 11, rue Saint-Remi, à Épernay (Marne).

CHARPENTIER (André), 6, place du Président-Mithouard, à Paris (VIIe).

CHARPENTIER (Mme A.), même adresse.

CHARPY (le général), 215 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIP).

*CHARPY (Mme), même adresse.

CHARTRAIRE (le chanoine E.), correspondant de l'Institut, président de la Société archéologique, conservateur de la cathédrale de Sens, inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 170, Grande-Rue, à Sens (Yonne).

CHARVET (Mme J.), 83, rue du Maréchal-Foch, à Loos (Nord).

CHAULIAT (Eugène), architecte en chef des Monuments historiques, 8, place de Vaugirard, à Paris (XVe).

CHAUVEL (Albert), architecte en chef des Monuments historiques, 32, rue de Verneuil, à Paris (VIIe).

CHEMIN (Mme M.), 36, rue Michel-Ange, à Paris (XVIe).

CHÊNE (Mlle A.), 64, Grande-Rue, à Nogent-sur-Marne (Seine).

CHÉNESSEAU (le chanoine Georges), inspecteur de la S. F. A., 19,- rue du Colombier, à Orléans.

CHESNEAU (Mme H.), 37, rue de Lille, à Paris (VIIe).

CHIROL (Pierre), architecte D. P. L. G., 42 bis, rue Thiers, à Rouen (Seine-Inférieure).

CHRÉTIEN (Mlle Yvonne), 23, rue Preschez, à Saint-Cloud (Seine-et-Oise).

CHRISTEN (le docteur Ed.), 29, rue Sainte-Sophie, à Versailles (Seine-et-Oise).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRES 321

CLAPARÈDE (P.), architecte, 106, rue du Connétable, à Chantilly (Oise).

CLERMONT-TONNERRE (la comtesse L. DE), 85, avenue Mozart, à Paris (XVIe).

CLERMONT-TONNERRE (Mlle DE), même adresse.

CLESSE (Georges), 51, avenue Mozart, à Paris (XVIe).

CLESSE (Mme L.), 51, rue du Ranelagh, à Paris (XVIe).

COCULA (Paul), architecte des Monuments historiques, 17, rue Bodin, à Périgueux (Dordogne).

COISEL (Victor), 19, rue Saint-Pierre, à Beauvais (Oise).

COLAS-ROBERT (Mme P.), 53, boulevard Saint-Vincent, à Orléans (Loiret).

COLLIN (André), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., 16, rue de Phalsbourg, à Paris (XVIIe).

COLOMBE (le docteur G.), conservateur du Palais des Papes, 25, rue Petite-Fusterie, à Avignon (Vaucluse).

COPPER-ROYER (Mme), 43, rue La Bruyère, à Paris (IXe).

COSMAO-DUMANOIR (M.), 65, rue Pierre-Demours, à Paris (XVIIe).

COSTA DE BEAUREGARD (la comtesse BÉROLD), 23, quai d'Orsay, à Paris (VIIe).

COUDRAY (André), architecte, vérificateur des Bâtiments civils et Palais nationaux, 52, rue de Dunkerque, à Paris (IXe).

COUTAN (le docteur Ferdinand), inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 10, rue d'Ernemont, à Rouen (Seine-Inférieure).

COUTIN (Mlle Sophie), 11, avenue de Versailles, à Paris (XVIe).

CRAPEZ (le docteur François), 12, rue des Argentiers, à Limoges (Haute-Vienne).

CRUSEL (René), 9, place Sainte-Catherine, à Abbeville (Somme).

DACIER (Lucien), architecte D. P. L. G., 62, boulevard de l'Yser, à Rouen (Seine-Inférieure).

DAMBRICOURT (Auguste), 20, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer (Pas-de-Calais).

DANIS (Robert), architecte en chef des Monuments historiques, 7, rue Garancière, à Paris (VIe).

CONGRÈS DE PABIS, II. 21


322 LISTE DES MEMBRES DU CONGRES

DANSETTE (Mme Ch.), 13, rue Delezenne, à Lille (Nord). DAUPELEY (Paul), à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). DAVID (le chanoine), professeur aux Facultés catholiques de

Lille, 122, boulevard Vauban, à Lille (Nord). DAVID (Mme Ch.), 9, rue Beauregard, à Amiens (Somme). DEBIDOUR (Élie), inspecteur de la S. F. A., 25, rue PierreNicole, à Paris (Ve). DECROIX (Edmond), 90, boulevard Garibaldi, à Paris (XVe). DELAAGE (Henri), architecte, 90 bis, rue de Varenne, à Paris

(VIIe). DÉLABRE (Maurice), conseiller référendaire à la Cour des

Comptes, 14, rue de Beaune, à Paris (VIIe). DELALANDE (Mme H.), au château de Jaugy, par Gièvres (Loiret-Cher). DELANGLE (Marcel), architecte des Monuments historiques,

9, rue Saint-Louis, à Verdun (Meuse). DELAPORTE (le chanoine), archiviste diocésain, 11, rue Chantault,

Chantault, Chartres (Eure-et-Loir). DELATTRE (Mme A.), 79, boulevard Carnot, à Lille (Nord). DELAUNAY (Mme Ed.), 10, rue Nitot, à Paris (XVIe). DELHAYE (Mlle J.), 173, boulevard Raspail, à Paris (VIe). DELLIER (Mme A.), 7, rue des Rapporteurs, à Abbeville

(Somme). DEMAISON (Louis), correspondant de l'Institut, membre du

Conseil de la S. F. A., inspecteur général de la S. F. A., 12,

boulevard Raspail, à Paris (VIIe). DÉMODE (Léo), 14, boulevard Anatole-France, à Aubervilliers

(Seine). DENECK (Mme), 18 bis, rue Manessier, à Nogent-sur-Marne

(Seine). DEPERTHES (Roger), architecte des Bâtiments civils, 44, rue

de Verneuil, à Paris (VIIe). DESHOULIÈRES (François), membre de la Commission des

Monuments historiques, directeur-adjoint de la S. F. A.,

49, rue de la Tour, à Paris (XVIe). DESHOULIÈRES (Mme), même adresse. *DESHOULIÈRES (Mlle Solange), même adresse. DESJOBERT DE PRAHAS (Mme M.), 13, place Lafayette, à Châteauroux

Châteauroux


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 323

DESPLANQUES (Mme Ch.), 19, rue de Presbourg, à Paris (XVIe).

DIDOT (André), 7, cité d'Hauteville, à Paris (Xe).

DOLLFUS (Mlle Y.), 3, avenue Wilson, à Paris (Xe).

DOLLFUS (Mme R.), même adresse.

DONNADIEU (le docteur), conservateur du Musée de Fréjus, villa Mosella, à Saint-Aygulf (Var).

DONS (M"e L.), 13, rue de Passy, à Paris (XVIe).

DREUZY (Mlle Geneviève DE), 47, rue de Verneuil, à Paris (VIIe).

DRIÈS (Armand), avoué, 5, place Jean-Jacobs, à Bruxelles (Belgique).

DROUAULT (Mme Ch.), à Montaut-Bétharram (Basses-Pyrénées).

DUBREUIL (L.), 6, rue Amédée-Méreaux, à Rouen (Seine-Inférieure).

DUCRUET (Mlle Jeanne), 2 bis, rue Jacques-Coeur, à Paris (IVe).

DUFAY (Mme J.), 13, rue Dorian, à Paris (XIIe).

DUGARDIN (Maurice), 44, rue Cardinet, à Paris (XVIIe).

DUHAIL (Mme P.), 3, square de la Tour-Maubourg, à Paris (VIIe).

DULONG DE ROSNAY (Joseph), au château de Frazé (Eure-etLoir).

DUMAS DE CHABAUD-LATOUR, 3, rue Verdi, à Paris (XVIe).

DUMOLIN-(Maurice), trésorier de la S. F. A., 16, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, à Paris (XVIe).

*DUMOLIN (Mme), même adresse.

DUMONT (Jules), architecte, membre correspondant de la Commission royale des Monuments, professeur aux Écoles des Beaux-Arts, 189, rue Grétry, à Liège (Belgique).

DUPARC (Georges), 22, boulevard de la Courtille, à Chartres (Eure-et-Loir).

DUPONT (Mme P.), 182, faubourg Saint-Honoré, à Paris (VIIIe).

DURAND (Georges), correspondant de l'Institut, membre de la Commission des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., 22, rue Pierre-1'Ermite, à Amiens (Somme).

DUVAU (René), 52, rue François-Ier, à Paris (VIIIe).


324 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

DUVERNOY (le docteur Marcel), inspecteur de la S. F. A., à Valentigney (Doubs).

DUVERNOY (le docteur René), à Valentigney (Doubs).

EHRMANN (Mme J.), 81, avenue de Villiers, à Paris (XVIIe).

ÉLOY (Henri), 10 bis, route de Neufchâtel, au Bois-Guillaume ( Seine- Inférieure).

EWALD (Mme E.), 54 bis, rue Cardinet, à Paris (XVIIe).

EWALD (Mme L.), 14, avenue Bosquet, à Paris.

FABER (René), 18, rue de Grenelle, à Paris (VIIe).

FAGE (André), inspecteur de la S. F. A., 19, rue de Mulhouse, à Bordeaux (Gironde).

FAURE (Gabriel), inspecteur général des Monuments historiques, 17, rue Malebranche, à Paris (Ve).

FAUROT (Mme M.), à Parcieux (Ain).

FAVRET (l'abbé), aumônier, hôpital Auban-Moët, à Épernay (Marne).

FELS (Etienne), inspecteur de la S. F. A., à Hielle, par Vécoux (Vosges).

FELS (Mme E.), même adresse.

FENAILLE (Maurice), membre de l'Institut, membre du Comité d'honneur de la S. F. A., 14, rue de l'Elysée, à Paris (VIIIe).

FERRERO (Georges), architecte des Monuments historiques, 28 bis, rue Soult, à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

FIGON (Gabriel), 19, avenue Pasteur, à Paris (XVe).

FIVET (Alphonse), 2, rue Deguingand, à Paris (XVIIe).

FONTAINE (Mlle Julia), 30 bis, boulevard Jourdan, à Paris (XIVe).

FORMIGÉ (Jules), architecte en chef des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., délégué de la Société centrale des Architectes, 52, avenue de Tokio, à Paris (XVIe).

FORMIGÉ (Mme), même adresse.

FOSSÉ D'ARCOSSE, président de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, villa Sainte-Anne, à Villers-Cotterets (Aisne).

FOUBERT (Mme L.), Il, rue Poussin, à Paris (XVIe).

FOUGERON (Etienne), 57; rue de la Bretonnerie, à Orléans (Loiret).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS . 325

FRÉMINEUR (François), 1, rue des Bogards, à Bruxelles (Belgique).

FRIMBAULT, 6, rue Auguste-Rodin, à Saint-Ouen (Seine).

GARNIER-CLAUDON (le docteur Marcel), 69, rue de Courcelles, à Paris (VIIIe).

GARROS (Mlle Madeleine), 17, rue de Bourgogne, à Paris (VIIe).

GAUCHERY (Robert), architecte des Monuments historiques, inspecteur de la S. F. A., 5, avenue Eugène-Brisson, à Bourges (Cher).

GAUDIN (Jean), peintre-verrier, 6, rue de la Grande-Chaumière, à Paris (VIe).

GAUDRY (Mme), 3, place Cambronne, à Paris (XVe).

GAUTHIER (Henri), 26, rue du Rocher, à Paris (VIIIe).

GAUTHIER (l'abbé L.), 25, avenue de la République, à Fontenay-sous-Bois (Seine).

GÉLIS (Paul), architecte en chef des Monuments historiques, 114, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIe).

GÉNERMONT (Marcel), architecte des Monuments historiques, 11, place de la République, à Moulins (Allier).

GÉNUYS (Paul), architecte en chef des Monuments historiques, 180, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIe).

GILARDONI (Alfred), 3, rue Gay-Lussac, à Paris (Ve).

GIROD DE L'AIN (Edouard), 24 bis, avenue du Président-Wilson, à Paris (XVIe).

GLORIEUX (Gaston), architecte D. P. L. G., 18, rue Guénégaux, à Paris (VIe).

GOBILLOT (René), 9, rue Le Verrier, à Paris (VIe).

GOURDIAT (Jacques), 13, rue Froissard, à Paris (IIIe).

GRELLOU (R.), 9, rue Laugier, à Paris (XVIIe).

GRENOUILLOUX (Abel), à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret).

GRISET, 159, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIIe).

GRIVEAUD (Martial), archiviste départemental, à Metz (Moselle).

GROS (Charles), 6, quai Gambetta, à Chalon-sur-Saône (Saôneet-Loire).

GROS (Mme C), même adresse.

GUERLIN (Mme H.), 67, rue de Grenelle, à Paris (VIIe).


326 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

GUET (G.), architecte en chef des Monuments historiques, 5, place des Ternes, à Paris (XVIIe).

GUILLOU (Henri), 34, avenue de La Bourdonnais, à Paris (VIIe).

HAHN (David), 29, boulevard Jules-Sandeau, à Paris (XVIe).

HANNIN (Mme A.), 63, rue d'Auteuil, à Paris (XVIe).

HANNIN (MUe Marguerite), même adresse.

HANOTEAU (Pierre), 66, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIe). .

HANS (Mme), 203, faubourg Saint-Honoré, à Paris (XIIe).

HARANT (Paul), architecte des Monuments historiques, 59, place de la Révolution, à Béziers (Hérault).

HAROT (E.), architecte en chef des Monuments historiques, 68, rue Mirabeau, à Choisy-le-Roi (Seine).

HAUTECOEUR (Louis), conservateur du Musée du Luxembourg, professeur à l'École du Louvre et à l'École des Beaux-Arts, membre de la Commission des Monuments historiques, 20, rue Leconte-de-Lisle, à Paris (XVIe).

HECTOR (Mme), 7, rue Edmond-Valentin, à Paris (VIIe).

HÉMERY (le colonel René), 50, rue des Alliés, à Épinay-surSeine (Seine).

HÉRICHER (Mlle M.), 7, rue de Siam, à Paris (XVIe).

HERPE (Ernest), architecte en chef des Monuments historiques, inspecteur de la S. F. A., 10, place Saint-Étienne, à Metz (Moselle).

HERSCHER (Eugène), 7, rue Georges-Berger, à Paris (XVIIIe).

HOUSSIN (Léon), rue d'Estaires, à La Bassée (Nord).

*HOUSSIN (Mme L.), même adresse.

HUBERT (Jean), archiviste départemental, 1, quai MaréchalFoch, à Melun (Seine-et-Marne).

HUDIG (F. W.), professeur à l'Université d'Amsterdam, président de la Société royale d'Archéologie de la Hollande, à Aerdenhout (Hollande).

HUIGNARD (Henri), architecte en chef des Monuments historiques, 76, rue de Seine, à Paris (VIe).

HUMBERT (Charles), 57, faubourg Saint-Martin, à Paris (Xe).

HUSSENOT DE SENONGES, avocat honoraire à la Cour de Paris, 5 bis, rue de Solferino, à Paris (VIIe).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 327

INSTITUT D'ESTUDIS CATALANS, palau de la Generalitat de Catalunya, à Barcelone (Espagne).

JACQUIN (Etienne), 178, rue de Crimée, à Paris (XIXe).

JAILLON (Mme P.), 132, rue de Rennes, à Paris (VIe).

JANICAUD (le docteur G.), inspecteur de la S. F. A., 23, route de Limoges, à Guéret (Creuse).

JANNOT (Rodolphe), juge au Tribunal, 43, rue du Breuil, à Vesoul (Haute-Saône).

'JAPPE (Mlle Marguerite), 109, rue Louvrex, à Liège (Belgique).

JAPY (Edgar), le Lorday, par Voujaucourt (Doubs).

JARRIAND (Emile), 8, rue Anatole-de-la-Forge, à Paris (XVIIe).

JORDAN (Edouard), professeur à la Sorbonne, 31, rue de Bellechasse, à Paris (VIIe).

JOSSUA (Mme), 4 bis, avenue Adrien-Hébrard, à Paris (XVIe).

JOUET (Mme A.), 53, quai des Grands-Augustins, à Paris (VIe).

JOURDAIN (Octave), notaire, 8, rue de Gruny, à Noyon (Oise).

JOURDAN (MUe 0. DE), 14, rue Cler, à Paris (VIIe).

JUSSERAND (Roger), architecte, 25, rue David, à Angers (Maine-et-Loire).

KERGORLAY (Mlle Anita DE), 6, rue Mesnil, à Paris (XVIe).

KNOERTZER (Mme), 11 bis, rue du Colisée, à Paris (VIIIe).

KRAFFT (Hugues), membre de la Commission des Monuments historiques, inspecteur de la S. F. A., 1, rue du Marc, à Reims (Marne).

*KRUG (Mme J.), 40, boulevard Lundy, à Reims (Marne).

LABICHE (Eugène), 11, rue Ampère, à Paris (XVIIe).

LACROCQ (Louis), inspecteur divisionnaire de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 7, rue Ferrague, à Guéret (Creuse).

LAFON (le comte), au Clos de la Barre, Meursault (Côte-d'Or).

LAFOND (Jean), directeur du Journal de Rouen, inspecteur de la S. F. A., 21, place de l'Hôtel-de-Ville, à Rouen (SeineInférieure).

LAGASSE DE LOCHT (le chevalier), président de la Commission des Monuments et des Sites, 167, chaussée de Wavre, à Bruxelles (Belgique).


328 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

LALOUX (Pierre), 2, rue Saint-Remy, à Liège (Belgique).

LAMY-LASSALLE (Mme), 7, rue Davioud, à Paris (XVIe).

LANFRY (Georges), 24, route de Dieppe, à Deville-les-Rouen (Seine- Inférieure).

LANTIER (Raymond), conservateur du Musée des Antiquités nationales, 28, place Édouard-Detaille, à Saint-Germainen-Laye (Seine-et-Oise).

LARGENTAYE (Mlle Jeanne DE), 46, avenue d'Iéna, à Paris (Xe).

LA ROCHELAMBERT (le marquis DE), au château d'Esternay (Marne).

LARRIEU (le docteur), à Montfort-1'Amaury (Seine-et-Oise).

LEBEL (Gustave), 81, avenue de Villiers, à Paris (XVIIe).

LEBLANC (Mme L.), 19, rue Saint-Maur, à Rouen (Seine-Inférieure).

LECLERC (Albert), 6, rue André-Gill, à Paris (XVIIIe).

LECLERC (Mlle Hélène), 250 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIIIe).

LECROQ (Marcel), 5, place de l'Obélisque, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

LECROQ (Mme M.), même adresse.

LEFEBVRE (Mlle M.), 22, rue de la Station, à Arcueil (Seine).

LEGENDRE (Paul), architecte, 3, rue Bertheau, à Blois (Loiret-Cher).

LEGENDRE (Mme P.), même adresse.

*LEGRAND (René), architecte des Monuments historiques, 1, place de La-Tour-d'Auvergne, à Quimper (Finistère).

LEJEUNE (Arsène), 22 bis, rue Belgrand, à Paris (XXe).

LEJEUNE (Pierre), architecte D. P. L. G., 20, rue de la Courdes-Noues, à Paris (XXe).

LÉMAN (le chanoine A.), professeur à l'Université catholique de Lille, 60, boulevard Vauban, à Lille (Nord).

LÉMAN VAN DE KERCKHOVE (Paul), 78, rue de Roubaix, à Tourcoing (Nord).

LEMOINE (Henri), archiviste départemental, 24, rue J.-Bertrand, à Viroflay (Seine-et-Oise).

*LEMOISNE (Paul-André), conservateur du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, membre de la Com-


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 329

mission des Monuments historiques, 7, villa Madrid, à Neuilly-sur-Seine (Seine).

LÉON (Paul), membre de l'Institut, directeur général honoraire des Beaux-Arts, professeur au Collège de France, membre du Comité d'honneur de la S. F. A., délégué de l'Académie des Beaux-Arts, 15, rue de la Pompe, à Paris (XVIe).

LEPAGE (Mlle Marie), 10, boulevard Vauban, à Abbeville (Somme).

LEROY (Mme Ed.), 15, boulevard Poissonnière, à Paris (IIe).

LEROY (Paul), architecte des Monuments historiques, 5, rue des Ursulines, à Bayeux (Calvados).

LESORT (André), membre de la Commission des Monuments historiques, 19, rue du Hazard, à Versailles (Seine-et-Oise).

L'ESTOILLE (le vicomte DE), au château de Lécluse, Neuillyle-Réal (Allier).

L'ESTOURBEILLON (le marquis DE), au château de Penhoëten-Avessac (Loire-Inférieure).

LESUEUR (le docteur Frédéric), conservateur du Château et des Musées de Blois, inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 7, rue Pierre-de-Blois, à Blois (Loiret-Cher).

LEUSSE (Mlle E. DE), au château de Gourdan, Saint-Jean-deNiost (Ain).

LIAGRE-DREUX (Mme), 24, rue du Regard, à Paris (VIe).

LOISEAU (le docteur J.), à Champigny-en-Beauce (Loir-etCher).

LOISEL (l'abbé), curé d'Isneauville (Seine-Inférieure).

LORIN (Charles), peintre-verrier, 46, rue de la Tannerie, à Chartres (Eure-et-Loir).

LOTTE (Maurice), architecte en chef des Monuments historiques, 10, rue de Constantinople, à Paris (VIIIe).

LOUBAUD (Mlle J.), au Breuil, par Sainte-Sévère (Indre).

LYON (Mme J.), 1, rue Alphonse-Daudet, à Paris (XIVe).

MAGDELAIN (Mme M.), 6, rue Léon-Bonnat, à Paris (XVIe).

MAIER (S.), architecte, 23, rue du Laos, à Paris (XVe).

MAILLET (Mlle Germaine), 14, rue de Boulainvilliers, à Paris (XVIe).


330 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

MALARD (Maurice), architecte en chef des Monuments historiques, 65, avenue de Breteuil, à Paris (VIIe).

MALLET (le docteur Raymond), 22, avenue Mozart, à Paris (XVIe).

MALO (Edmond), architecte des Monuments historiques, 10, quai de la Poterne, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

MAMELSDORF (Mlle Alice), 120, faubourg Saint-Honoré, à Paris (VIIIe).

MANCEAUX (A.), notaire, 101, rue de Paris, à Pantin (Seine).

MARÇAIS (Marcelin), 94, rue de l'Abbé-Groult, à Paris (XVe).

MARCILLAC (Jean DE), 15, rue Greuze, à Paris (XVIe).

MARGERIN (Mlle Germaine), 14, cité Vaneau, à Paris (VIIe).

MARGERIN (Mme R.), 40, boulevard Malesherbes, à Paris (VIIIe).

MARQUET DE VASSELOT (J. J.), conservateur des Musées nationaux, membre de la Commission des Monuments historiques, 3, villa Madrid, à Neuilly-sur-Seine (Seine).

MARTEAU (Mme P.), 30, rue La Trémoille, à Paris (VIIIe).

MARTIN (Paul), 2, rue Maurepas, à Versailles (Seine-et-Oise).

MASIÉE (Mme J.), 7, rue des Moulins-Gémeaux, à Saint-Denis (Seine).

MASUREL (Edmond), 83, rue Nationale, à Tourcoing (Nord).

MAUCLAIRE (Mme E.), 4, boulevard Malesherbes, à Paris (VIIIe).

MAUNOURY (Jean), architecte des Monuments historiques, 4, rue des Vieux-Capucins, à Chartres (Eure-et-Loir).

MAUPATÉ (Mtae L.), 18, rue des Volontaires, à Paris (XVe).

MAUPY (Louis), 28, rue Vignon, à Paris (IXe).

MAYEUX (Mme), 29, avenue d'Eylau, à Paris (XVIe).

MEAUME (Emile), 63, boulevard Murât, à Paris (XVIe).

MESSAGER (Mme M.-A.), 100, avenue de Villiers, à Paris (XVIIe).

MEYER (Peter), architecte diplômé, Sonnenbergstrasse 19, à Zurich (Suisse).

MICHEL (Jacques), architecte, 11 bis, rue de Cluny, à Paris (Ve).

MICHEL-DANSAC (Robert), avocat, près la Cour d'appel de Paris, membre du Conseil de la S. F. A., 20, rue de Lisbonne, à Paris (VIIIe).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 331

MICHON (Etienne), membre de l'Institut, conservateur au Musée du Louvre, membre de la Commission des Monuments historiques, membre du Comité d'honneur de la S. F. A., délégué de M. le Ministre de l'Éducation nationale, 26, rue Barbet-de-Jouy, à Paris (VIIe).

MICHON (Pierre), conseiller référendaire à la Cour des Comptes, 33, rue de Babylone, à Paris (VIIe).

MIDY (Mlle Valentine), 37, rue de Courcelles, à Paris (VIIIe).

MORAND (Mme), 22, avenue de Versailles, à Paris (XVIe).

MOREAU (Mme E.), 9, rue de Constantine, à Paris (IXe).

MOREAU (Gustave), architecte, 5, rue Gassendi, à Paris (XIVe).

MORIN (Mme S.), 34, rue de Paris, à Neuilly-sur-Marne (Seineet-Oise).

MORTIER (l'abbé Jean), chapelain de Saint-Martin, 7, rue Baleschoux, à Tours (Indre-et-Loire).

MOTTAR (Ferdinand), architecte D. P. L. G., 10, rue Delaborde, à Paris (VIIIe).

MOTTE (Mme G.), 36, boulevard Carnot, à Croix (Nord).

MULLER (le chanoine Eugène), sénateur, rue du MaréchalFoch, à Strasbourg (Bas=-Rhin).

NAUD (Georges), architecte des Monuments historiques, à Saintes (Charente-Inférieure).

NOËL (Mme M.), 12, rue des Beaux-Arts, à Paris (VIe).

OBRIOT (Mme G.), 82, boulevard de Port-Royal, à Paris (Ve).

OJARDIAS (Albert), 22, rue Beautreillis, à Paris (IVe).

OLIVIER (Henri), 118, boulevard Richard-Lenoir, à Paris (XIe).

OLRY (Mlle Geneviève), 12, boulevard Saint-Michel, à Paris (VIe).

OPHOVE (Mme HARLÉ D'), 155, boulevard Haussmann, à Paris (VIIIe).

ORRILLARD (le docteur), 75, rue Gilbert, à Châtellerault (Vienne).

ORTIGUIER (Frédéric), à Amboise (Indre-et-Loire).

OUTARDEL (George), secrétaire général de la S. F. A., secrétaire général du Congrès, 46, rue de Provence, à Paris (IXe).

PAGES-POURTET (Mlle S.), domaine des Garrigues-Tanyary, par Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales).


332 LISTE DES MEMBRES DU CONGRES

PAILLARD (Etienne), 6, rue du Mouton, à Vitry-le-François (Marne).

PAISANT (Marcel), secrétaire d'ambassade honoraire, 7, rue Pasquier, à Paris (VIIIe).

PAQUET (Jean-Pierre), architecte D. P. L. G., 71, quai d'Orsay, à Paris (VIIe).

PAQUET (Pierre), inspecteur général des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., 71, quai d'Orsay, à Paris (VIIe).

PARC (la vicomtesse DU), 89, rue du Cherche-Midi, à Paris (VIe).

PARENT (Mme P.), 106, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine (Seine).

PARENT (Pierre), même adresse.

PARMENTIER (le docteur), 22, rue des Fontaines, à Clermont (Oise).

PASCAL (André), conducteur des Travaux d'architecture de la ville de Paris, en retraite, 7 bis, rue du Loing, à Paris (XIVe).

PÉCOURT (Mme L.), 40, rue de Villejuif, à Paris (XIIIe).

PELL (Mme R.), 4 bis, rue de la Ronce, à Ville-d'Avray (Seineet-Oise).

PERDRIZET (Paul), correspondant de l'Institut, 4, avenue de la Garenne, à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

PEUGEOT (Mme A.), 166, rue de Courcelles, à Paris (XVIIe).

PEUGEOT (Mme E.), 1, rue André-Colledeboeuf, à Paris (XVIe).

PHILIPPE (André), archiviste départemental, conservateur du Musée d'Épinal, inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., à Épinal (Vosges).

PHILIPPOT (Jacques), architecte, 83, rue d'Assas, à Paris (VIe).

PHILIPPOT (Mme Th.), même adresse.

PIBOTEAU (Franck), 9, rue Noël-Ballay, à Chartres (Eure-etLoir).

PICCIONI-EIFFEL (Mme V.), 1, rue de Bassano, à Paris (XVIe).

PILLAULT (Robert), trésorier-adjoint de la S. F. A., 6, rue Grison, à Orléans (Loiret).

* PILLAULT (Mme R.), même adresse.

PINARDON (Lucien), 1, rue de Pontoise, à Paris (Ve).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 333

PINEL (l'abbé R.), curé de Beuzeville-la-Guérard, par Ourville (Seine-Inférieure).

PLANCHENAULT (René), inspecteur des Monuments historiques, 9, place de Breteuil, à Paris (VIIe).

POLTI (Julien), architecte en chef des Monuments historiques, 6 bis, villa d'Alésia, à Paris (XIVe).

*PONTIFICIO ISTITUTO DI ARCHEOLOGIA CHRISTIANA, 28, via Napoleone III, à Rome (Italie).

POUPARDIN (Jean), 118, rue d'Assas, à Paris (VIe).

POUTARAUD (Marcel), architecte en chef des Monuments historiques, 34, rue Desnouettes, à Paris (XVe).

PRANARD (Charles), directeur au ministère de la Santé publique, 109, rue Erlanger, à Paris (XVIe).

PRÉVOST (Robert), artiste peintre, 13, rue Saint-Ambroise, à Paris (XIe).

PRIEUR (Lucien), architecte en chef des Monuments historiques, 15, rue de Billancourt, à Boulogne-sur-Seine (Seine).

QUARRÉ (Pierre), 19, rue de la Mairie, à Ivry-sur-Seine (Seine).

QUIQUET (Albert), 92, boulevard Saint-Germain, à Paris (Ve).

RAMET (André), membre du Conseil de la S. F. A., 10, rue Édouard-Fournier, à Paris (XVIe).

RAMET (Mme A.), même adresse.

*RAMET (Mlle Anne-Marie), même adresse.

RANQUET (Henri DU), inspecteur de la S. F. A., 9, rue Savaron, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

RATOUIS (Henri), 73, boulevard Montparnasse, à Paris (VIe).

RATTIER, inspecteur général des Monuments historiques, 72, avenue Victor-Hugo, à Paris (XVIe).

RÉAU (Louis), agrégé de l'Université, directeur de l'Institut français de Vienne (Autriche), 54, rue de la Faisanderie, à Paris (XVIe).

REGNOUL (Mlle S.), 43, rue Vineuse, à Paris (XVIe).

REINHARDT (Hans), 36, rue des Missions, à Bâle (Suisse).

RÉMY (Philippe), 77, rue du Maréchal-Foch, à Versailles (Seine-et-Oise).

RENDU (Mme), 10, rue d'Assas, à Paris (VIe).

RHEIN (André), inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., à Solesme, par Sablé (Sarthe).


334 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

RHEIN (Mme A.), même adresse.

RICHARD (le colonel), 60, rue du Coudray, à Nantes (LoireInférieure).

RICOME (Ch.-F.), architecte, 2, rue Gervex, à Paris (XVIIe).

RIVOIRE (Auguste), architecte D. P. L. G., 67, rue Condorcet, à Paris (IXe).

ROBERT (Jean), banquier, 13, rue Gambetta, à Cambrai (Nord).

ROBERT-HOUDIN, architecte des Monuments historiques, 5, rue de la Voûte-du-Château, à Blois (Loir-et-Cher).

ROCHE (Mlle J.), à Charny (Yonne).

*ROMAN-CHAMBAUD (Mme), 17, avenue Paul-Doumer, à Paris (XVIe).

ROMIEU (Jean), président de section au Conseil d'État, 17, rue de Bourgogne, à Paris (VIIe).

ROQUE (Emile), au château de Montifray, par Beaumont-laRonce (Indre-et-Loire).

ROUCHON (Ulysse), conservateur départemental des Objets d'art classés, au Puy (Haute-Loire).

ROURE (Mme J.), 28, rue des Marronniers, à Paris (XVIe).

ROUSSEAU (Mme J.), boulevard Carnot, à Guéret (Creuse).

ROUSSIER (Paul), archiviste du ministère des Colonies, 8, rue Dupont-des-Loges, à Paris (VIIe).

ROUVILLE (Mlle Suzanne), 14, avenue du Président-Wilson, à Paris (XVIe).

ROY (Lucien), architecte en chef des Monuments historiques, membre du Conseil de la S. F. A., 50, rue du Rocher, à Paris (VIIIe).

RUBIN (Jean), architecte de la ville de Paris, 4, rue Jaucourt, à Paris (XIIe).

RUÉDOLF (Alfred), 56, rue Beauvoisine, à Rouen (Seine-Inférieure).

RUPRICH-ROBERT (Gabriel), inspecteur général des Monuments historiques, 8, rue Vavin, à Paris (VIe).

SABOURET (Victor), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 3, square de la Tour-Maubourg, à Paris (VIIe).

SAINTENOY (Paul), correspondant de l'Institut de France et membre de l'Académie royale de Belgique, délégué du


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 335

Gouvernement belge, 123, rue de l'Arbre-Bénit, à Bruxelles (Belgique).

*SAINT-JEAN (Ch. DE), contrôleur des Travaux d'architecture des Monuments historiques, 113, rue de Rome, à Paris (XVIIe).

SAINT-SAUD (le comte DE), inspecteur de la S. F. A., au château de la Roche-Chalais (Dordogne).

SALET (Francis), 120, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIe).

SALLEZ (Lucien), inspecteur général des Monuments historiques, 167, rue de Rennes, à Paris (VIe).

SALMON-LEGAGNEUR (Mme R.), 77, boulevard Malesherbes, à Paris (VIIIe).

SARAZANAS (René), greffier en chef du Tribunal de première instance, à Coulommiers (Seine-et-Marne).

SARDOU (Pierre), architecte en chef des Monuments historiques, 27, avenue de la Grande-Armée, à Paris (XVIe).

SATIN (Marcel), architecte des Monuments historiques, 21, rue de Chaage, à Meaux (Seine-et-Marne).

SAURAIN (le docteur), 35, rue de l'Étape, à Reims (Marne).

SCHNEIDER (Albert), architecte D. P. L. G., 1, rue Largillière, à Paris (XVIe).

SÉJOURNÉ (le docteur Jean), 2, rue Alphonse-Daudet, à Paris (XIVe).

SERGENT (Mme R.), 6 bis, rue La Tasse, à Paris (XVIe).

*SILL (André), 72 bis, rue Dalayrac, à Fontenay-sous-Bois (Seine).

SIMON-BARBOUX (Jacques), 18, boulevard Péreire, à Paris (XVIIe).

SORET (Henri), 15, rue Saint-Georges, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

*SORET (Mme H.), même adresse.

SPOERRY (Henry), 1, rue du Sundgau, à Mulhouse (HautRhin).

*STRAUS (Mme J. L), ambassadrice des États-Unis, 2, avenue d'Iéna, à Paris (Xe).

TALPOMBA (Paul), 1 ter, rue Chanez, à Paris (XVIe).

TEISSEIRE (Mlle Annie), 42, boulevard des Invalides, à Paris (VIIe).


336 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

TELLANDER (Gerhard), à Hilversum (Hollande).

TEXIER (le docteur), inspecteur de la S. F. A., 8, rue Rose, à Saint-Jean-d'Angély (Charente- Inférieure).

TEXIER (M.), architecte des Monuments historiques, 48, rue du Plessys, à Saint-Leu-la-Forêt (Seine-et-Oise).

THÉREIL (Mlle M.), rue du Faubourg-de-Paris, à Guéret (Creuse).

THIBOUT (Marc), 2, rue du Gril, à Paris (Ve).

THIÉBAUT (Raymond), 14, rue Marais, à Lille (Nord).

THIOLLIER (Noël), membre du Conseil de la S. F. A., 28, rue de la Bourse, à Saint-Étienne (Loire).

THUILLIER (Mlle Françoise), 26, rue Parmentier, à Neuillysur-Seine (Seine).

TIBERGHIEN (Mme C), 27, rue du Dragon, à Tourcoing (Nord).

TILLET (Jules), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 12, rue de Phalsbourg, à Paris (XVIIe).

TILLET (Mme J.), même adresse.

TISSIER (Mlle Marcelle), 13, rue Monsieur, à Paris (VIIe).

TOUCHET (MUe Geneviève DE), au château de Baron, par Évrecy (Calvados).

TOUCHET (Mlle Marie-Anne DE), même adresse.

TOUCHET (Mlle Françoise DE), même adresse.

TOUVET (Mme J.), 11, cité Vaneau, à Paris (VIIe).

TRAUTMANN (André), 6, allée Spach, à Strasbourg (Bas-Rhin).

TROUVELOT (Jean-Marie), architecte en chef des Monuments historiques, 15, rue de Poissy, à Paris (Ve).

URSEAU (le chanoine Ch.), inspecteur de la S. F. A., membre • du Conseil de la S. F. A., 21, montée Saint-Maurice, à Angers (Maine-et-Loire).

VALENTIN (Mme M.), 88, rue Chardon-Lagache, à Paris (XVIe).

VALLERY-RADOT (Mme M.), 39, rue d'Eylau, à Paris (XVIe).

VAUDREMER (Mlle), 22, avenue des Sycomores, à Paris (XVIe).

VAUGELADE (André), 13, place des Vosges, à Paris (IVe).

VAULGRENANT (le général DE), 221, faubourg Saint-Honoré, à Paris (VIIIe).

VERDIER (Paul), inspecteur général des Monuments historiques, 9, rue de Pontoise, à Paris (Ve).


LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS 337

VERHAEGEN (le baron), membre correspondant de la Commission royale des Monuments, membre de l'Académie royale de Belgique, professeur à l'École des Hautes-Études, 62, Vieux-Quai-au-Bois, à Gand (Belgique).

VERRIER (Jean), inspecteur général des Monuments historiques, professeur à l'École du Louvre, secrétaire général de la S. F. A., secrétaire général du Congrès, 29, rue Bonaparte, à Paris (VIe).

*VERRIER (Mme J.), même adresse.

VÉRY (Mme M.), villa Beyrouth, avenue de Montferrat, à Draguignan (Var).

VIENNE (Mme P. DE), 20, rue Boissière, à Paris (XVIe).

VIEUGE (Mme L.-H.), 19, rue Vauquelin, à Paris (Ve).

VILLEMEREUIL (Adrien DE), 52 bis, boulevard Saint-Jacques, à Paris (XIVe).

VILLETTE (Mlle Jeanne), 60, rue de Canteleu, à Lille (Nord).

VIMONT (le docteur Maurice), 40, rue Chardon-Lagache, à Paris (XVIe).

VINCENT (L.), 27, rue Le Primatice, à Fontainebleau (Seineet-Marne).

VIOLLIER (David), Madeleine 19, à Vevey (Suisse).

VIOLOT (Raoul), président de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône, 2, rue d'Autun, à Chalonsur-Saône (Saône-et-Loire).

VIREY (Jean), inspecteur de la S. F. A., membre du Conseil de la S. F. A., 125, avenue de Versailles, à Paris (XVIe).

VIRIEU (la marquise DE), 10, rue des Marronniers, à Paris (XVIe).

*VITRY (Mlle L.), 34, avenue des Sycomores, à Paris (XVIe).

VITRY (Paul), conservateur au Musée du Louvre, membre de la Commission des Monuments historiques, membre du Comité d'honneur de la S. F. A-., 34, avenue des Sycomores, à Paris (XVIe).

VITTENET (A.), 5, rue Maublanc, à Paris (XVe).

VOILLEMIER (Mme J.), 57, rue Madame, à Paris (VIe).

Vois (A.), architecte D. P. L. G., 4, rue de la Bastille, à Paris (IVe).

WAGON (Maurice), 32, rue Morel, à Douai (Nord).

CONGRÈS DE PARIS, II. 22


338 LISTE DES MEMBRES DU CONGRÈS

WALTER (l'abbé J.), bibliothécaire et archiviste à Sélestat, inspecteur de la S. F. A., président de la Société des Amis de la cathédrale de Strasbourg, à Sélestat (Bas-Rhin).

WATIN-AUGOUARD (Robert), 99, boulevard Malesherbes, à Paris (VIIIe).

WENZ (René), 212, boulevard Saint-Germain, à Paris (VIIe).

WILKES (Mme C. DENBY), 1, rue Delabordère, à Neuilly-surSeine (Seine).

WILMANN (Léonce), 10 bis, boulevard de Port-Royal, à Paris (Ve).

WILMANN (Mlle G.), 76, rue Spontini, à Paris (XVIe).


PROCES-VERBAUX DES SEANCES

SÉANCE D'OUVERTURE DU 24 MAI 1934

DANS L'AMPHITHÉÂTRE RICHELIEU

DE LA SORBONNE A PARIS

La séance d'ouverture de la quatre-vingt-dix-septième session du Congrès archéologique de France, coïncidant avec le Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie, s'est tenue à Paris, dans l'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, sous le haut patronage de M. le Président de la République française et la présidence de M. Berthod, ministre de l'Éducation nationale. Le ministre était assisté de MM. Huisman, directeur général des Beaux-Arts ; Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie ; Etienne Michon, membre de l'Institut, délégué de M. le Ministre de l'Éducation nationale ; Adrien Blanchet, membre de l'Institut, délégué de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Paul Léon, membre de l'Institut, délégué de l'Académie des Beaux-Arts ; Emile Mâle, membre de F Institut, directeur de l'École française de Rome ; Pontrémoli, membre de l'Institut, directeur de l'École des Beaux-Arts ; Deshoulières, directeuradjoint de la Société française d'Archéologie, délégué de la Société nationale des Antiquaires de France ; Marius Chabaud, chef du bureau des Monuments historiques ; Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, secrétaire général de la Société française d'Archéologie ; Ruprich-Robert, inspecteur général des Monuments historiques ; René Schneider, professeur à la Faculté des lettres.

On remarquait dans la salle, au premier rang, MM. Bischoiï, conseiller de Légation à Paris, représentant le gouvernement


340 CENTENAIRE

autrichien ; Paul Saintenoy, membre de la Commission royale des Monuments royaux, membre de l'Académie royale d'Archéologie, correspondant de l'Institut de France, représentant le gouvernement belge ; Mackeprang, docteur es lettres, directeur au Musée national de Copenhague, représentant le gouvernement danois ; Abd El Ranman-Hakki, secrétaire de Légation, représentant le gouvernement égyptien ; Modesto Lopez Otero, membre du Conseil de la Culture nationale, membre de l'Académie des Beaux-Arts de San-Fernando et de l'Académie d'histoire, membre du Comité supérieur du Trésor artistique, directeur de l'École supérieure de Madrid, représentant le gouvernement espagnol ; Otto Strandmann, ministre à Paris, représentant le gouvernement d'Esthonie ; Théodore Mariner, conseiller d'ambassade à Paris, représentant le gouvernement des États-Unis d'Amérique ; le docteur Harri Holma, ministre à Paris, représentant le gouvernement finlandais ; J. E. Raby, C. B., F. S. A., secrétaire-adjoint du ministère des Travaux publics, et J. S. Richardson, F. S. A., inspecteur des anciens Monuments d'Ecosse, représentant le gouvernement britannique ; Georges P. Oeconomos, professeur d'archéologie à l'Université d'Athènes, secrétaire général de l'Académie d'Athènes, directeur en chef du Service archéologique de la Grèce, secrétaire général de la Société archéologique d'Athènes, correspondant de l'Institut de France, et M. Balanos, conservateur de l'Acropole d'Athènes, représentant le gouvernement hellénique ; le comte 0'Kelly, ministre à Paris, représentant le gouvernement irlandais ; Rossi, inspecteur général des Beaux-Arts, représentant le gouvernement italien ; Mohsen Moghaddam, ancien professeur à l'École des Beaux-Arts de Téhéran, représentant le gouvernement persan ; Casimir Michalowiski, représentant le gouvernement polonais ; Sigurd Curman, de l'Académie royale de Suède, conservateur en chef des Antiquités du royaume, représentant le gouvernement suédois ; Albert Naef, architecte, président de la Commission fédérale des Monuments historiques à Lausanne, représentant le gouvernement suisse ; Osuski, ministre à Paris, et le professeur Dr. Josef Cibulka, professeur d'archéologie chrétienne à l'Université de Prague, repré-


SÉANCE D'OUVERTURE 341

sentant le gouvernement tchéco-slovaque ; Kadri, inspecteur général de l'Instruction publique des élèves et étudiants de la région parisienne, représentant le gouvernement ottoman.

On constatait ensuite la présence de MM. George Outardel, secrétaire général, et Maurice Dumolin, trésorier de la Société française d'Archéologie; Joseph Calmette, membre de l'Institut, représentant la Société archéologique du midi de la France ; Paul Vitry, conservateur au Musée du Louvre, membre d'honneur de la Société française d'Archéologie ; Brunel, directeur de l'École des chartes ; Paquet, inspecteur général ; Brunet, Tillet et Collin, inspecteurs généraux-adjoints des Monuments historiques ; Hautecoeur, conservateur du Musée du Luxembourg ; Roger Grand, ancien sénateur ; Paul Deschamps, directeur du Musée de sculpture comparée du Trocadéro ; Ramet ; André Rhein ; André Philippe, conservateur du Musée des Vosges ; Noël Thiollier • Louis Lacrocq ; docteur Coutan et Louis Demaison, inspecteurs généraux, membres du Conseil de la Société française d'Archéologie ; Debidour ; l'abbé Walter, représentant la Société des Amis de la cathédrale de Strasbourg ; Du Ranquet ; Gauchery, représentant la Société des Antiquaires du Centre ; comte d'Arlaud de Saint-Saud, de Fontréaulx, inspecteurs de la Société française d'Archéologie ; le général de Vaulgrenant ; Albert Mousset ; Paul Verdier, inspecteur général des Monuments historiques ; Maurice Lotte et Bray, architectes en chef des Monuments historiques ; Malo, architecte des Monuments historiques ; le baron Verhaegen, membre de l'Académie royale de Belgique ; le comte Joseph Borchgrave d'Altena, attaché au Musée du Cinquantenaire, délégué de la Société royale d'Archéologie de Bruxelles et des Musées royaux d'art et d'histoire ; Albertini, professeur au Collège de France, etc.

Mmes Marcel Aubert, Deshoulières, Dumolin, Jean Verrier, etc.

M. Berthod, ministre de l'Éducation nationale, déclare ouvert ce Congrès, qui revêt un caractère tout particulier, car il célèbre une double commémoration : celle du Centenaire de la Société fondée en 1834 par Arcisse de Caumont et celle du Service des Monuments historiques, en réalité un peu anté-


342 CENTENAIRE

rieur, mais dont on a voulu fêter la création au cours de la même solennité.

Le ministre rappelle ensuite les brillants souvenirs qui se rattachent à ces deux institutions, dont les efforts tendirent ensemble à la sauvegarde du patrimoine artistique et historique de la France. C'est à l'initiative de Vitet et de Mérimée, à l'oeuvre réalisatrice de Viollet-le-Duc, aux campagnes répétées d'André Hallays que le Service des Monuments historiques a dû le succès de ses efforts. Aujourd'hui, le nombre des monuments classés dépasse 7,000. La législation qui régit la « protection » s'applique non seulement aux monuments eux-mêmes, mais à leurs abords, aux sites pittoresques et aux paysages.

Poursuivant son discours, le ministre apprécie le rôle joué par les Sociétés savantes et il met en relief la place prééminente qui revient à la Société française d'Archéologie, dont l'intelligente activité, les Congrès annuels et l'esprit d'initiative ont ému l'opinion, suscité l'émulation des organisations de province et dressé autour des richesses artistiques de la France un véritable réseau de défense. Il souligne la collaboration féconde qui s'est instituée et poursuivie entre le Service des Monuments historiques et les archéologues des Sociétés savantes, entre l'État et les érudits. On ne pourrait passer sous silence, ajoute M. Berthod, en terminant, la part qui revient, dans cette oeuvre, à l'École des chartes, dont la chaire d'archéologie, illustrée par des noms comme ceux de Quicherat, de Lasteyrie, d'Eugène Lefèvre-Pontalis, enfin de son actuel titulaire, M. Marcel Aubert, membre de l'Institut et directeur de lt. Société française d'Archéologie, a formé une filiale de savants et puissamment contribué au rayonnement de la science française.

La parole est ensuite donnée aux représentants des gouvernements étrangers, qui prononcent les discours suivants :

Discours de M. Norbert Bischoff, au nom du gouvernement fédéral d'Autriche :

« MESDAMES ET MESSIEURS,

« Je suis heureux de présenter, devant cette illustre réunion, les félicitations très chaleureuses que le Gouvernement fédéral d'Au-


SÉANCE D'OUVERTURE 343

triche et le monde historique et archéologique de mon pays adressent au Service des Monuments historiques et à la Société française d'Archéologie à l'occasion de leur Centenaire.

« Nombreux furent, pendant ce siècle rempli de recherches fécondes et d'un travail patient qui a connu des succès si brillants, les points de contact qui se sont établis entre les sciences soeurs française et autrichienne. Une longue série de réalisations heureuses a récompensé l'effort commun de nos historiens et archéologues.

« Je suis sûr d'interpréter fidèlement la pensée de mon Gouvernement en formant le voeu que ce deuxième siècle, qui s'ouvre aujourd'hui devant le Service des Monuments historiques et devant la Société française d'Archéologie, voie, dans le cadre de la collaboration internationale, ces contacts se multiplier et gagner encore en ampleur et en importance, au plus grand profit de la science et dans l'intérêt du rapprochement des peuples. »

Discours de M. Saintenoy, au nom du gouvernement belge :

« EXCELLENCE,

« MESDAMES, MESSIEURS,

« Deux organismes illustres fêtent aujourd'hui cent années d'activité consacrée à la défense du visage aimé de la patrie française, de monuments qui sont aussi l'honneur et la gloire de l'humanité entière. Les historiens de l'avenir feront une très belle part à l'initiative d'Arcisse de Caumont, fondateur de votre Société, pour la conservation de vos monuments historiques. De sa ville de Caen, de sa Normandie, il groupa tous les efforts, tous les travaux des « curieux » aux jours du Romantisme, centralisant l'effort des penseurs, des admirateurs de ces magnificences, alors méconnues, méprisées, sur lesquelles s'acharnait la bande noire des démolisseurs, opérait le vandalisme des restaurateurs ignorants, sévissait l'indifférence des particuliers.

« Vous avez lutté contre ces idées injustes, vous avez protesté contre cet obscurantisme, vous avez triomphé de l'ignorance de ces temps dès longtemps disparus.

« De son côté, le Service des Monuments historiques, fondé peu après, avec l'aide des Viollet-le-Duc, des Lassus, de toute une pléiade d'architectes savants, poursuit son oeuvre avec un respect et une probité qui sont son honneur. Son organisation si parfaite a doté votre beau pays de France de toute une éclosion d'architectes de science et de talent, de techniciens remarquables, esprits d'élite, dévoués sans relâche au service de vos monuments historiques, et dont nous applaudirons demain les magnifiques restaurations de Reims et de Soissons.


344 CENTENAIRE

« Ces deux organismes ont fait surgir toute une génération, que dis-je, plusieurs générations de savants archéologues, qui ont avec sagesse établi la base des futures synthèses, fondées sur une connaissance approfondie de tous vos monuments, et sont dignes des disciplines magnifiques de votre haut et superbe enseignement universitaire.

« La Belgique applaudit à de si grandes et magnifiques carrières. Son Conseil des ministres s'est fait un agréable devoir d'être représenté parmi vous.

« En y prenant séance, en vous remerciant de votre gracieuse invitation, je salue respectueusement M. le Président de la République française, le Gouvernement de votre beau pays, ici représenté par M. le Ministre de l'Éducation nationale, la France tout entière, qui vous fête aujourd'hui, mes chers confrères de la Société française d'Archéologie.

« Permettez-moi seulement de voiler de crêpes ces paroles émues. Un fatal événement est venu nous accabler de douleur. La France, comme la Belgique, s'est sentie atteinte et touchée jusqu'aux larmes. De toutes parts me sont venus vos télégrammes, vos lettres de condoléances, à moi que vous voyez tous les ans à cette place. Vous y avez montré le culte pieux, voué à Celui* qui a su faire son devoir, qui est resté fidèle aux traités et qui, de toute la hauteur de son sentiment de l'honneur, sut barrer là route à son puissant envahisseur.

« Vous comprenez tous pourquoi je termine par un seul mot, dit de toute la force de mon être, de toute la puissance de mon âme, un seul mot : Merci ! » *

Discours de M. Théodore Mariner, au nom du gouvernement des États-Unis :

« MONSIEUR LE MINISTRE, MONSIEUR LE DIRECTEUR, « MESDAMES, MESSIEURS,

« Depuis plusieurs siècles le monde entier a félicité la France pour ses beaux monuments historiques.

« Depuis un siècle, il l'a félicitée pour la sagesse avec laquelle elle les a préservés, restaurés et ranimés.

« Dans ce monde heureux qui contemple des cathédrales, des châteaux et des parcs de la France, mes concitoyens des ÉtatsUnis d'Amérique ont été toujours parmi les plus enthousiastes des admirateurs. C'est pourquoi mon Gouvernement se fait un plaisir d'être représenté ici aujourd'hui et m'a autorisé d'apporter ses meilleurs voeux à l'occasion du Centenaire d'une organisation qui a si bien mérité de l'histoire et de la civilisation. »


SÉANCE D'OUVERTURE 345

Discours de M- G. P. Oeconomos, au nom du gouvernement hellénique :

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « MESDAMES, MESSIEURS,

« Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire », a-t-on dit dans ce même pays qui célèbre aujourd'hui le Centenaire de sa Commission des Monuments historiques !

« Cet aphorisme, qui touche presque l'absurde et qui découle assurément d'un état psychologique passager, résultat d'un surmenage historique momentané, est certainement loin de représenter, en ce pays glorieux, la pensée nationale.

« Il est sans doute juste de supposer que cette expression inattendue est issue d'un esprit de réaction contre le souci attentif et inlassable qu'une nation historique a le devoir de consacrer à l'héritage précieux, tant intellectuel que matériel, de son passé.

« II y a là quelque analogie avec la fameuse exclamation napoléonienne : « Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ! », qui, bien que prononcée par un héros de l'humanité, n'en demeure pas moins incompréhensible, si on la prend à la lettre. Cette protestation héroïque est aussi une réaction contre l'exagération qui se transformait en éblouissement passif devant le monde classique, éblouissement qui aboutit à l'inertie et à l'extinction de toute activité personnelle.

« C'est à cette manière de voir que faisait allusion le grand Empereur, et, au travers de la fougue d'un homme d'action exceptionnel, il ne faut lire que le vif désir non d'une admiration passive, mais d'une inspiration créatrice. Il n'est pas surprenant que ces pensées nous viennent des pays historiques. C'est là précisément qu'elles devaient se manifester. Dans le milieu historique, l'homme se voit souvent accablé par les obligations envers le passé, parce qu'il ne voit que des obligations et qu'il en oublie le profit.

« Ces expressions sont donc, au contraire, la preuve que leur pays d'origine est purement historique et que le culte du passé y vit dans tout son épanouissement et dans toute sa vigueur !

« La Commission des Monuments historiques et la Société française d'Archéologie, par le brillant travail qu'elles ont accompli au cours de cent années, nous donnent la plus éclatante illustration de cette vérité.

'< C'est pourquoi, Messieurs, le Gouvernement d'une des nations les plus historiques du monde et les plus heureuses d'être historiques, la Grèce, se félicite de pouvoir vous exprimer toute son admiration pour l'oeuvre excellente de votre Commission des Monuments historiques et pour celle de votre Société archéologique. L'Académie des Sciences, l'Université et la Société archéologique d'Athènes,


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qui va célébrer, elle-même, son centenaire dans trois ans, s'associent de tout coeur à votre bonheur et vous souhaitent de pouvoir renouveler ces grandes étapes de votre profond dévouement au culte du passé et de vos soucis éclairés pour les monuments historiques de votre grand pays, avec le même orgueil et avec la même gloire ! »

Discours de M. J. S. Richardson, au nom du gouvernement britannique :

« MESDAMES, MESSIEURS,

t Permettez-moi, à titre de représentant de la Grande-Bretagne, de vous saluer au nom du ministre des Travaux publics de Sa Majesté britannique, et de vous dire combien il s'est trouvé honoré de l'invitation que vous lui avez faite d'envoyer des délégués à l'occasion du Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie.

« Le Comité des Monuments historiques de Grande-Bretagne, dont le ministre des Travaux publics est le président, n'existe que depuis dix-neuf cent treize, et, par conséquent, nous sommes bien jeunes, comparés à votre célèbre organisation, qui, pendant un siècle, a entretenu et restauré les magnifiques monuments de France, aussi bien dans la paix que durant les années tragiques. Nous ne sommes pas, comme vous, chargés de veiller sur les grands édifices religieux de notre pays : les circonstances nous ont refusé ce privilège ; mais nous avons la garde de nombreux sites et monuments, dont les origines s'échelonnent depuis les temps préhistoriques jusqu'au xvme siècle. D'année en année, le-public s'intéresse de plus en plus à notre travail et apprécie davantage nos efforts. Avec persévérance et avec soin, nous continuons notre oeuvre de consolidation et de conservation des monuments qui constituent notre héritage national, et, d'ores et déjà, la préservation de milliers de ces monuments est assurée par le Décret sur les Monuments historiques.

« Dans mon pays d'Ecosse, les maçons français ont laissé leur empreinte nationale sur notre architecture. A travers toute la contrée, et jusque dans les îles du Nord, s'élèvent de petits châteaux des xvie et xvne siècles, ornés de tours et de tourelles rondes, couverts par des toits à pente rapide et munis de lucarnes. Beaucoup de ces lucarnes sont surmontées, côte à côte, de la fleur de lis de France et du chardon d'Ecosse, emblèmes qui rappellent l'ancienne alliance de nos deux pays.

« Dans les siècles antérieurs, ce sont des maçons français qui ont dessiné et bâti beaucoup des édifices religieux d'Ecosse et une de leurs familles reçut le nom de « French » (Française). Le souvenir


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d'un autre de ces maçons, John Morrow, né à Paris, est resté attaché à l'église de l'ancien monastère cistercien de Melrose, et des vers gravés sur le mur y rappellent qu'il fut chargé des travaux de maçonnerie des cathédrales de Saint-Andrews (la métropole ecclésiastique) et de Glasgow, ainsi que des monastères de Paisley, de Nithsdale et de Galloway.

« Dans l'ensemble de la Grande-Bretagne, nous possédons de beaux exemples de la magnifique maçonnerie et de l'architecture caractéristique romane du xne siècle, introduites de France dans notre pays par les ordres religieux. Beaucoup des riches sculptures qui ornent les portails attestent l'influence de l'école de Toulouse.

« Ceux d'entre vous qui s'intéressent à l'époque préhistorique apprendront avec intérêt qu'à Jarlshof, dans les îles Shetland, sur les bords tumultueux de l'Atlantique Nord, notre organisation est en train de procéder à l'excavation d'édifices en pierre de la fin de l'âge de bronze. Nous avons trouvé là un fourneau de constructeur d'armes et des moules d'argile ayant servi à fondre des épées, des poignards et des haches à douilles, de forme et de qualité excellentes. Les arts, dont ces restes sont les témoins, sont certainement venus des bords ensoleillés de la Méditerranée jusqu'à l'extrême nord des îles Britanniques.

« J'espère que ces quelques détails montrent, jusqu'à un certain point, quel intérêt commun nous avons à préserver les souvenirs du passé et le véritable esprit de fraternité qu'encouragent les glorieuses traditions de nos deux pays.

« Permettez-moi, en terminant, de vous exprimer, en mon nom et au nom de mon collègue Mr. Raby, nos remerciements pour la cordiale réception qui nous a été faite et le plaisir que nous éprouvons à pouvoir admirer, dans les meilleures conditions possible, les lieux et monuments énumérés dans le magnifique programme. »

Discours de M. Casimir Michalowiski, professeur à l'Université de Varsovie, au nom du gouvernement polonais :

«' MONSIEUR LE MINISTRE, « MESDAMES, MESSIEURS,

« J'ai l'honneur de représenter ici la Pologne, un pays où l'intérêt qu'on porte à la conservation des monuments historiques et à l'archéologie est tout à fait particulier. La Pologne, après la guerre, s'est trouvée devant des monuments historiques non seulement abîmés par le temps, mais aussi ravagés par les opérations militaires. Veiller à leur conservation n'intéressait pas seulement les spécialistes, mais devenait une question d'ordre patriotique. D'une part, il fallait sauver ce qui restait encore à sauver ; d'autre part, on allait chercher ce que le temps avait enfoui sous la terre. Pour


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cette tâche, la Pologne n'avait qu'à tourner les yeux vers la France, à admirer et à puiser des encouragements dans son exemple.

« Mesdames et Messieurs, je suis profondément heureux de pouvoir, au nom du Gouvernement polonais et de l'Université de Varsovie, exprimer les plus chaleureuses félicitations à l'occasion du Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie. »

Discours de M. Sigurd Curman, conservateur en chef des Antiquités de la Suède :

« MESDAMES, MESSIEURS,

« Le Service des Monuments historiques de la Suède, dont j'ai l'honneur d'être aujourd'hui l'interprète, a eu, ces cent dernières années, d'abondantes occasions de s'enrichir de vos recherches et de vos directives qui nous ont souvent servi de guides. Nous avons été entraînés sur la voie de vos grands initiateurs, comme Vitet, Mérimée et Viollet-le-Duc. Nous étions aidés, dans ce travail, par . les traditions de notre pays. En effet, c'est sans aucune vanité, croyez-le bien, que je suis heureux de vous dire que notre Service des Monuments historiques a été fondé par le roi Gustave-Adolphe il y a plus de trois cents ans. Nous étions donc bien préparés pour vous comprendre et pour vous suivre. Nous ne doutons pas que la France ne soit encore, pour les cent années à venir, la grande promotrice pour la conservation de ce patrimoine artistique qui a, pour chaque peuple, une valeur vitale. C'est à ce précieux travail de la France que vont nos sincères hommages et toute notre admiration. »

Discours de M. Albert Naef, président de la Commission fédérale suisse des Monuments historiques, au nom du Conseil fédéral suisse :

« MESDAMES, MESSIEURS,

« Le Gouvernement de la République française a bien voulu inviter le Gouvernement suisse à se faire représenter aux cérémonies du Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie.

« Le Conseil fédéral suisse tient à présenter au Service des Monuments historiques de la République française et à la Société française d'Archéologie ses félicitations et l'expression de sa reconnaissance pour le travail exemplaire d'un siècle, que l'on doit à la science française et qui a servi de modèle au monde entier. »


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Discours de M. Osuski, ministre de la Tchécoslovaquie à Paris, au nom de son gouvernement :

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « MESDAMES ET MESSIEURS,

« Je me félicite d'avoir été choisi comme délégué de la Tchécoslovaquie aux fêtes du Centenaire de vos Associations et de pouvoir vous transmettre les voeux de mon pays. République jeune encore, mais chargée d'histoire et de traditions, auxquelles elle est redevable de sa vigueur et de sa restauration, notre nation a toujours eu le culte des monuments. Il y aura bientôt cent ans qu'une Commission archéologique fut constituée au Musée de Bohême, foyer du réveil de la nation, et, dès 1854, existait une revue archéologique, les Pamâtky archeologické, qui n'a pas cessé de paraître. A la même époque, François Palacky, le grand historiographe tchèque, défendait déjà les monuments historiques par des écrits et l'érudit Vocel jetait les fondements de l'archéologie tchèque en publiant ses Antiquités de la Bohême. Au romantisme qui reconstituait les monuments dans le style primitif succédèrent des méthodes plus respectueuses du passé, qui n'ont pas tant voulu restaurer que plutôt conserver pieusement les reliques d'autrefois. Un Tchèque, professeur à l'Université de Vienne, Max Dvofâk, formula ces méthodes restées valables jusqu'à aujourd'hui, et il se peut que nulle part ailleurs elles n'aient été suivies avec plus de conformité que chez nous, surtout par notre Service des Monuments historiques, dont l'institution fut un des premiers soins de la nouvelle République. L'Académie tchèque des sciences et des arts à Prague s'applique à donner un Inventaire des richesses d'art de la Bohême et, aujourd'hui, même, de toute la Tchécoslovaquie. Une « Association des amis du Vieux-Prague » s'efforce de protéger les innombrables monuments de cette ville séculaire devant le pic des démolisseurs. La vénérable Université Charles, de Prague, enseigne les méthodes de conservation des monuments. C'est au nom du gouvernement de la République tchécoslovaque, de son Service des Monuments histo-- riques, de l'Université Charles, de l'Académie tchèque des sciences et des arts, de l'Association des amis du Vieux-Prague, que je suis fondé à saluer chaleureusement les participants ici assemblés et à former tous les voeux pour la réussite du présent Congrès et pour l'avenir, digne de leur glorieux passé, du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie. »

Enfin (1), M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, direc(1)

direc(1) notre grand regret, nous n'avons pas pu publier les discours des représentants des eouvernements danois, espagnol, égyptien,


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teur de la Société française d'Archéologie, prononce le discours suivant :

« MONSIEUR LE MINISTRE, « MESDAMES, MESSIEURS,

« Au sortir de la Révolution, nos monuments abandonnés, délaissés, défigurés pour la plupart, auraient pu être sauvés. Mais ils étaient guettés par la « Bande noire ». L'attention des pouvoirs publics, retenue par bien d'autres affaires, se porte cependant parfois sur eux ; mais, peu renseigné, désarmé, le gouvernement reste trop souvent impuissant devant le mal. Le 18 mai 1810, le comte de Montalivet, ministre de l'Intérieur, avait prescrit aux Préfets de dresser la liste des abbayes et châteaux détruits par la Révolution et l'état de ceux qui subsistaient. Sur quatre-vingt-six départements, quarante et un répondirent, six envoyèrent des notes sommaires, trente-neuf rien. La circulaire était signée par Alexandre de Laborde, que nous trouvons à la tête de toutes les organisations destinées à sauver et à faire connaître les monuments du passé. Entré en 1813 à l'Académie des Inscriptions, il reprit en 1818 l'enquête de 1810 (1). De 1819 à 1830, le ministre de l'Intérieur communique à l'Académie 485 mémoires, statistiques, inventaires, monographies. On répond un peu de toute la France, et les encouragements ministériels, les récompenses attribuées par l'Académie provoquent une noble émulation dans toutes les provinces. Des Sociétés savantes se créent partout, dont le premier soin sera de dresser la liste des monuments anciens, de les étudier et de les faire connaître.

« A côté de l'Institut s'était fondée, en 1804, l'Académie celtique, qui, réorganisée en 1813, prit, en mai 1814, le titre de Société nationale des Antiquaires de France. La première séance eut lieu le 18 octobre, au Musée des Monuments français ; le fait vaut d'être noté. C'est la plus ancienne de nos Sociétés archéologiques.

« La Normandie fut, de toutes les provinces, la première à s'organiser. Le goût du gothique ne s'était pas perdu en Angleterre et

estonien, finlandais, irlandais, italien, ottoman et persan, qui ne nous sont pas parvenus.

(1) En 1819, une nouvelle circulaire est adressée aux Préfets, demandant de rechercher et d'inventorier les monuments anciens et les chartes existant dans les départements ; le comte Decazes, ministre de l'Intérieur, envoie la circulaire rédigée par le comte de Laborde et signée par le secrétaire perpétuel Dacier, le 8 avril 1819, avec une lettre priant les Préfets de lui signaler des correspondants capables de faire le travail. Le 3 avril 1824, le Ministre de l'Intérieur cessa de s'intéresser à ce travail, et l'oeuvre était abandonnée. Elle sera reprise par Guizot en 1833 (Xavier Charmes, Le Comité des Travaux historiques et scientifiques, t. I, 1886).


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l'étude des édifices du moyen âge s'y poursuivait activement depuis le milieu du xvme siècle. Passant sur le continent, les archéologues anglais s'attachèrent à faire connaître les monuments de la Normandie, ancêtres des leurs. Un groupe de Normands se constitua, sous la direction de Gerville, de Le Prévost et de Caumont, pour reprendre les travaux qu'ils avaient commencés. Arcisse de Caumont est le fondateur de la science archéologique française : en 1823, à vingt-deux ans, il crée, avec ses amis, la « Société « des Antiquaires de Normandie » et y lit son Essai sur l'architecture du Moyen Age, où il montre comment, du xne au xvie siècle, se succèdent, par des transitions insensibles, les divers styles de l'architecture romane et gothique. Il professe à Caen un cours d'antiquités monumentales, qu'il publie en six volumes, de 1830 à 1841, et dont les tomes IV et V, sur l'architecture religieuse, civile et militaire, constituent le premier manuel d'archéologie médiévale, réimprimé plusieurs fois de 1830 à 1873 sous le titre d'Abécédaire. Dans le même temps où il publiait son cours, Caumont donnait encore sa Statistique monumentale du Calvados. Mais son activité inlassable n'est pas satisfaite : il veut étendre à toute la France l'enquête qu'il a menée en Normandie et il fonde, en 1833, les Congrès scientifiques de France et, le 23 juillet 1834, la « Société française d'Archéologie pour la conservation des Monuments historiques », qui, dans ses volumes annuels des Congrès et son organe, le Bulletin Monumental, n'a cessé, sous la direction de Caumont et de ses successeurs, d'étudier, de faire connaître et de défendre, contre tous les dangers qui les menacent, les chefs-d'oeuvre de notre vieille France.

« A l'exemple de la Société des Antiquaires de Normandie, et souvent sous la pression d'Arcisse de Caumont et des dirigeants de la Société française d'Archéologie, s'organisent les Sociétés savantes de province, à Toulouse en 1831, à Poitiers en 1834, à Amiens et à Autun en 1836, à Tours en 1840, à Reims en 1841, d'autres encore à Vesoul, Bordeaux, Lille, le Mans, Carcassonne, Saint-Omer, Clermont, Bourges, Dijon, Montauban, le Puy.

« Pour réunir, coordonner, diriger leurs efforts, Guizot compléta, le 10 janvier 1835, le Comité des Documents inédits, qu'il avait fondé l'année précédente, par un second Comité chargé plus particulièrement des questions archéologiques et de l'inventaire général des monuments d'art et d'architecture. Les membres étaient Hugo, Vitet, Le Prévost, Mérimée, Lenoir, Didron (1). C'est ce Comité,

(1) Dans son rapport au roi du 31 décembre 1833, Guizot, reprenant les projets de 1810 et de 1818, décidait de « faire dresser un inventaire complet, un catalogue descriptif et raisonné des monuments de tous les genres et de toutes les époques qui ont existé ou existent encore sur le sol de la France ». Un premier Comité fut créé le 18 juillet 1834, avec Mignet, Guérard, etc., et Vitet, nommé


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remanié par le ministre Salvandy, sous le titre de « Comité histo« rique des Arts et Monuments », le 18 décembre 1837, qui formera la quatrième section du « Comité des Travaux historiques ». Il ne manqua pas à sa tâche, et par son bulletin, par la publication de grandes monographies, dont certaines n'ont malheureusement jamais pu être terminées, il a puissamment contribué à faire connaître nos monuments.

« Il faudrait signaler encore les travaux d'Émeric David, de Rio, un des premiers pionniers de l'étude de l'art chrétien, qui initia Montalembert dans la connaissance de cet art, de Didron, de Lassus, Du Sommerard, des PP. Cahier et Martin, les revues, les Annales archéologiques, la Revue archéologique, la Revue de l'Art chrétien, l'Artiste, qui, de 1830 à 1850, feront connaître notre art du moyen âge. Toutes ces publications, monographies historiques ou descriptions, essais de classement, inventaires et albums régionaux, vont permettre au grand érudit qu'était Jules Quicherat d'établir, sur des bases d'une logique inflexible, d'un enchaînement rigoureux, d'une sûreté de doctrine absolue, appuyée sur l'analyse et la comparaison des monuments et sur la critique sévère des textes qui s'y rapportent, la science de l'archéologie du moyen âge, dans sa chaire de l'École des chartes, qu'il inaugura le 5 mai 1847 et que devaient illustrer après lui Robert de Lasteyrie et Eugène Lefèvre-Pontalis. Il y définit la méthode, les règles, les grandes divisions de l'archéologie du moyen âge qu'avait esquissées Arcisse de Caumont. On était enfin sorti de la « période fabuleuse de l'archéologie », suivant l'expression de Courajod, et l'on possédait une doctrine sûre qui a pu être améliorée depuis, mais dont les bases n'ont plus varié.

« Il ne suffisait pas de connaître les monuments du moyen âge, il fallait les sauver, et ce n'est pas un des moindres mérites des romantiques que la lutte entreprise contre les ravages qui s'exerçaient autant par les destructions organisées que par les restaurations inintelligentes. Des voix courageuses s'élevèrent contre les destructions systématiques de la « hideuse Bande noire », Société financière qui, depuis 1797, achetait, pour en revendre les matériaux aux paysans, les biens nationaux, châteaux, monastères et chapelles. Victor Hugo, dans ses Odes et ballades, dès 1823, jette l'anathème aux détrousseurs de tombes, aux ravageurs d'églises et de châteaux. En 1825, il lance sa Guerre aux démolisseurs, qu'il reprendra dans la Revue des Deux Mondes et dans Notre-Dame de Paris. Le cri d'alarme est de plus en plus pressant : « Le vandaen

vandaen inspecteur général des Monuments historiques. Le 30 juillet, Guizot envoyait une circulaire aux Sociétés savantes des départements, leur recommandant de dresser l'inventaire des monuments anciens ; il s'engageait à faire connaître leurs travaux par des analyses et à publier les principaux d'entre eux dans un Bulletin, qui serait l'organe des Sociétés savantes et du Comité.


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« lisme florit et prospère ! Le vandalisme se carre et se prélasse. Le « vandalisme est fêté, applaudi, envisagé, admiré, caressé, protégé, « consulté, subventionné, défrayé, naturalisé... Chaque jour, « quelque vieux souvenir de la France s'en va avec la pierre sur « laquelle il était écrit. Il faut arrêter le marteau qui mutile la face « du pays. Une loi suffirait. Qu'on la fasse... Il y a deux choses dans « un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au proie priétaire, sa beauté à tout le monde. »

« A l'appel de Victor Hugo, Montalembert s'enflamme, plein de jeunesse et d'ardeur, champion de toutes les belles et nobles causes. Pour lui, ce vandalisme qui règne en maître est plus qu'une brutalité ou une sottise : c'est un sacrilège. Il prend la plume que vient de poser Victor Hugo et, entraînant après lui dans une véritable croisade en faveur de l'art chrétien tout ce qui est jeune, intelligent et patriote, il publie, dans la Revue des Deux Mondes, son fameux réquisitoire : Le vandalisme en France. Lettre à Monsieur Victor Hugo. Double vandalisme : vandalisme destructeur, État, conseils municipaux, propriétaires et, loin derrière eux, l'émeute et les pilleurs d'épaves ; vandalisme restaurateur, le clergé et les architectes qui le conseillent : Saint-Denis est abandonnée aux mains de Debret, qui taille, coupe, tranche, rogne, ajoute, invente ; NotreDame de Paris est badigeonnée, enduite, enjolivée ; à la façade de Reims, on abat tout ce qui dépasse, têtes, crochets, gargouilles ; Fontevrault est une prison, le Palais des Papes une caserne, le cloître de Cadouin une étable à pourceaux. Honte à ceux qui gaspillent et détruisent les trésors d'art de la France ; honte à ceux qui les avilissent par leurs badigeonnages et leurs grattages.

« Son appel eut un écho dans toute la presse : Sainte-Beuve, Ampère, Vigny, Michelet, des jeunes gens, des prêtres, des évêques, des historiens, des hommes politiques répondirent avec enthousiasme et, pendant trente ans, Montalembert, soutenu par des collaborateurs de plus en plus nombreux, continua la lutte « avec le courage « du chevalier, le labeur du bénédictin », selon la belle expression de M. Paul Léon dans son livre sur les Monuments historiques. Comme Victor Hugo, il demandait une loi. Son dernier discours contre le vandalisme, prononcé le 27 juin 1847 à la Chambre de Paris, est un chant de triomphe : le gouvernement est enfin armé, il peut arrêter les destructions, réprimer les abus.

« Guizot avait agi : dès le 23 octobre 1830, il avait fait nommer par le roi Ludovic Vitet inspecteur général des Monuments historiques et, le 27 octobre, il en avertissait les préfets, leur recommandant, en outre, d'encourager partout la formation de sociétés archéologiques, sur le modèle de la Société des Antiquaires de Normandie, dont il leur envoyait les statuts. Caumont avait montré la voie, Guizot la suivit.

« Le 17 mai 1834, Mérimée avait succédé à Vitet, avec qui il conCONCRÈS

conCONCRÈS PARIS, II. 23


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tinua une collaboration intime qu'attestent les lettres qu'il lui écrivit, lettres conservées en grande partie dans la collection de Mme Aubry-Vitet et que vient de publier le docteur Parturier.

« Cette même année 1834, il organise le Service des Monuments historiques, qui prendra rapidement un remarquable essor : crédit de 120,000 francs accordé par la Chambre le 1er mai ; circulaires aux préfets leur recommandant la collaboration des techniciens et des archéologues dans la restauration des monuments (20 mai et 23 juillet) ; surveillance des travaux exécutés par les architectes des Bâtiments civils.

« Comprenant l'impossibilité où il était de faire face seul à la tâche qui lui était imposée et de subvenir d'une manière efficace à toutes les demandes qui lui étaient adressées, il obtint du ministre de l'Intérieur, comte de Montalivet, le 26 novembre 1837 (arrêté du 29 septembre 1837),-la constitution de la Commission des Monuments historiques, chargée du classement et de la surveillance du patrimoine de la France et de l'attribution des fonds destinés à son entretien. La Commission des Monuments historiques complète ainsi le travail scientifique et les recherches du Comité des Travaux historiques. Comme celui-ci, la Commission des Monuments historiques eut des correspondants, et, le 11 mai 1839, le ministre de l'Intérieur faisait dresser, par la Direction des bâtiments et monuments civils dont relevait la Commission des Monuments historiques, une liste de correspondants départementaux : archéologues sachant dessiner ou architectes assistés d'archéologues chargés de donner des' renseignements sur l'état de conservation des monuments. Dès l'origine, en effet, la Commission s'était ralliée au principe émis par Didron, oublié parfois ensuite, mais complètement remis en honneur aujourd'hui : « En fait de monuments délabrés, « il vaut mieux consolider que réparer, mieux réparer que restaurer, « mieux restaurer qu'embellir. »

« La Société française d'Archéologie fut la collaboratrice assidue du Comité des Travaux historiques et de la Commission des Monuments historiques. Son programme même l'y appelait ; les efforts de ceux qui la dirigèrent l'y ont conduite.

« Le 23 juillet 1834, au lendemain de la séance publique de la Société des Antiquaires de Normandie, Arcisse de Caumont réunissait à Caen quelques archéologues et des personnalités s'intéressant aux monuments du passé et arrêtait les statuts de la « So« ciété française d'Archéologie pour la conservation et la descrip« tion des Monuments historiques ». Le même jour, on élisait les dix membres du Comité et proclamait directeur de la nouvelle Société Arcisse de Caumont. Il devait le rester jusqu'en 1872, à la veille de sa mort.

« Le deuxième article des statuts marque essentiellement le but de la Société : « La Société se propose de faire le dénombrement


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« complet des monuments français, de les décrire, de les classer par « ordre chronologique et de publier des statistiques dans un bulle« tin périodique. Elle fera tous ses efforts : 1° pour empêcher la des« truction des anciens édifices et les dégradations qui résultent des « restaurations mal entendues ; 2° pour obtenir le dénombrement « des pièces manuscrites déposées dans les Archives (1). »

« Guizot, créant, dans le même moment, le Comité des Travaux historiques, où siégeait l'inspecteur des Monuments historiques, avec une mission semblable, applaudit à la naissance de la Société française d'Archéologie. Caumont, en relations avec tous les savants de France, organisa aussitôt le cadre de la Société, nomma les inspecteurs divisionnaires et départementaux et, dès 1835, tint à Douai, les 9 et 10 septembre, les séances générales de la Société qui constituent le premier Congrès.

« Chaque année, depuis, le Congrès se réunit dans l'une ou l'autre ville de France ; des séances ont été tenues, en outre, à maintes reprises en France et à l'étranger. Chaque année, un volume est publié sur les travaux du Congrès, comprenant, outre la description des monuments visités, des mémoires sur les questions annexes.

« Les comptes-rendus des premiers Congrès furent imprimés dans le Bulletin Monumental, organe de la Société française d'Archéologie. Le premier volume, qui porte le millésime de 1834, ne parut complet qu'en 1835. Le deuxième volume, publié en 1836, est rempli par l'Histoire sommaire de l'architecture religieuse, civile et militaire au Moyen Age, d'Arcisse de Caumont, destinée à guider les archéologues dans leurs recherches et leurs travaux. Depuis, le Bulletin Monumental n'a cessé de paraître ; chaque volume contient des articles sur les monuments et les objets du Moyen Age, des chroniques relatant les fouilles, découvertes, travaux de restauration, enfin des bibliographies des principaux livres parus sur ce sujet. La collection des publications de la Société française d'Archéologie compte aujourd'hui 190 volumes, 97 des Congrès et 93 du Bulletin Monumental. Ces volumes, entièrement consacrés à l'étude

(1) L'article 2 des statuts, approuvés par décret du 14 août 1871, reconnaissant d'utilité publique la Société française d'Archéologie pour la conservation et la description des monuments historiques, répète à peu près le même article des anciens statuts : « La Société se propose de faire le dénombrement complet des monuments français, de les décrire, de les classer dans un ordre chronologique et de publier des documents sur la statistique monumentale des départements dans un Bulletin périodique. Elle fait tous ses efforts : 1° pour empêcher la destruction des anciens édifices et les dégradations qui résultent de restaurations mal entendues ; 2° pour obtenir le dénombrement et la conservation des objets d'antiquité et des pièces manuscrites qui intéressent L'histoire. »


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des monuments et des objets d'art du moyen âge et de la Renaissance, constituent la source la plus précieuse pour les archéologues et les historiens, comme pour ceux qui ont à veiller sur ces monuments et ces oeuvres d'art. Mérimée en donnait déjà l'assurance à Caumont; mon éminent maître Emile Mâle me l'a maintes fois répété.

« La tâche qu'avait assumée Caumont était immense : enseignement de l'archéologie, direction des publications, organisation des Congrès, création de Comités et de Sociétés savantes, de cours d'archéologie dans les séminaires, il devait encore parcourir la France en tous sens pour mener à bonne fin enquêtes et rapports, encourager les débuts des Sociétés savantes, soutenir leurs efforts, les maintenir dans la bonne voie, sauver les monuments abandonnés ou menacés par des travaux maladroits, lutter contre le vandalisme sous toutes ses formes. Il la mena vaillamment, mais un jour, épuisé, il dut s'arrêter. Le 26 juillet 1827, il abandonnait la direction de la Société à son ami Gustave de Cougny, qui, dès 1875, était remplacé par Léon Palustre. Celui-ci, d'esprit combatif, s'éleva parfois violemment contre les abus des restaurateurs : l'éducation archéologique des architectes laissait alors fort à désirer ; le cours de Viollet-le-Duc à l'École des Beaux-Arts avait dû être suspendu dès son début, et c'est en 1892 seulement que Paul Boeswilhvald inaugurera la chaire d'architecture française. Les architectes ne frayaient pas encore avec les archéologues au cours de l'École des chartes ou aux Congrès de la Société française d'Archéologie.

« En 1885, Léon Palustre se retira pour se consacrer entièrement à son grand ouvrage sur la Renaissance, et c'est un ancien élève de l'École des chartes, le comte Arthur de Marsy, qui lui succéda. Aidé par Emile Travers et par Héron de Villefosse, tous deux archivistespaléographes, et par tous ceux qui, après les Beaurepaire, les Bouet, les Verneilh, les Darcel, les Prost, les Laurière, avaient assuré à la Société son renom scientifique, Jules Lair, Jules de Lahondès, l'abbé Poulbrière, Anthyme Saint-Paul, le baron de Bonnault d'Houet, Louis Régnier, Philippe Lauzun, Louis Demaison, du Ranquet, et nos chers amis Raymond Chevallier et le marquis de Fayolle qui viennent de disparaître après nous avoir tant donné de leur temps et de leur coeur, il conduisit la Société aux plus brillantes destinées.

« C'est Héron de Villefosse qui, le 28 août 1900, après le Congrès de Chartres, endeuillé par la mort du président, fit élire comme successeur d'Arthur de Marsy Eugène Lefèvre-Pontalis. Archivistepaléographe, suppléant de Robert de Lasteyrie, puis professeur d'archéologie du moyen âge à l'École des chartes, Lefèvre-Pontalis résolut de faire profiter la Société française d'Archéologie de son enseignement et de donner dans nos Congrès, nos excursions, nos conférences, comme ' un prolongement de son cours. Il y réussit


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admirablement, et si la science archéologique, la pure doctrine de Quicherat et de l'École des chartes, est aujourd'hui répandue par toute la France, c'est en grande partie aux efforts de Lefèvre-Pontalis, encouragé par Lasteyrie, Prou, Enlart, Brutails, que nous le devons. Il s'entoura d'amis et d'élèves qui le secondèrent admirablement dans sa tâche. Permettez-moi d'en nommer quelques-uns : Labande, Georges Durand, Henri Stein, Philippe des Forts, Jean Virey, Eugène Jarry, André Philippe, NoeTThiollier, Roger Grand, Louis Serbat, André Rhein, Jean Vallery-Radot, Jean Verrier, Paul Deschamps, Valentin de Courcel, et ces auditeurs de son cours de l'École des chartes, passionnés des choses du passé : René Fage, Deshoulières, Michel-Dansac, Jules Banchereau. M. Adrien Blanchet et M. Paul Vitry, formés à d'autres disciplines, voulurent bien apporter à l'oeuvre commune leur grande connaissance du haut moyen âge et de la Renaissance. Lefèvre-Pontalis, membre de la Commission des Monuments historiques, sut aussi attirer et retenir les architectes, qui sont restés un de nos plus fermes appuis : leur connaissance de la technique de la construction complète très heureusement ce qui manque parfois aux archéologues. Le temps n'est plus où archéologues et architectes se fuyaient, et, aujourd'hui, tous les inspecteurs généraux des Monuments historiques, la plupart des architectes en chef et beaucoup d'autres, sont des nôtres. Des étrangers, John Bilson, Clapham, Saintenoy, le chanoine Maere, le baron Verhaegen, le comte Borchgrave d'Altena, Hudig, Puig i Cadafalch, pour ne citer que les plus assidus, suivent nos Congrès, auxquels le ministre se fait représenter par des membres de l'Institut et du Comité des travaux historiques, Héron de Villefosse, Maurice Prou, Adrien Blanchet, Etienne Michon. Ces Congrès ont été organisés avec beaucoup de soin et d'habileté par Chevallier, Heuzé e^Banchereau.

« L'activité scientifique de la Société, suspendue pendant la guerre, reprit aussitôt après, et à l'ouverture du Congrès de Paris, en 1920, le directeur adressait un hommage ému à la mémoire de trente-deux des nôtres glorieusement tombés au champ d'honneur.

« Depuis la mort de Lefèvre-Pontalis, le 31 octobre 1923, le nouveau directeur, nommé le 19 décembre de cette même année, s'efforce de continuer les traditions de son maître. Le directeur-adjoint, M. Deshoulières, ami très intime de Lefèvre-Pontalis, formé par lui à la science archéologique, l'y aide puissamment. Entre les mains de nos secrétaires généraux, MM. Jean Verrier et George Outardel, et de notre trésorier, M. Maurice Dumolin, qu'assiste son adjoint, M. Pillault, les affaires de la Société prospèrent et le nombre des membres qui, de 830 à la mort de Marsy, était monté à plus de 1,500 à la mort de Lefèvre-Pontalis, dépasse aujourd'hui 2,000, sans compter près de 200 membres étrangers.

« Notre action s'exerce par les Congrès que nous tenons chaque


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année dans quelqu'une des régions de France, par les volumes publiés à la suite des Congrès et illustrés par les photographies tirées de l'admirable collection que nous légua Lefèvre-Pontalis, par celles de nos confrères Martin-Sabon, le docteur Loison, Henri Olivier, Burthe d'Annelet, et par les dessins et les plans de Ventre, de Chauliat, de Riolet et de nos amis architectes. Elle s'exerce encore par le Bulletin Monumental, dont les articles font connaître les monuments de France, tandis que la bibliographie et la chronique rédigée d'abord par M. Adrien Blanchet et par M. Louis Serbat, puis par M. Deshoulières, tiennent le lecteur au courant des découvertes et des publications récentes ; par les conférences que nous donnons en hiver à la Sorbonne ; par les visites des églises, musées, maisons et hôtels de la capitale ; par les excursions faites dans les environs ; enfin, par l'action personnelle que nous pouvons avoir soit ici, auprès des Pouvoirs publics, de la Direction générale des Beaux-Arts, dont l'appui bienveillant ne nous a jamais manqué ; soit là-bas, auprès des Sociétés de province, des propriétaires, des corps constitués, que nous nous efforçons d'aider dans l'étude, la protection et la conservation des monuments du passé.

« Nous continuons, dans la ligne qu'il nous a tracée il y a cent ans, l'oeuvre de notre fondateur, Arcisse de Caumont : dénombrer et décrire les monuments et oeuvres d'art français ; lutter contre la destruction et la mutilation des édifices anciens ; encourager et seconder toutes ces Sociétés qui, à l'image de la nôtre, se sont créées et multipliées à Paris et en province. Nous apportons ainsi notre aide au Service des Monuments historiques, avec qui nous nous flattons de collaborer tous les jours plus étroitement au sauvetage des richesses d'art de la France.

« La réunion d'aujourd'hui en est la marque tangible, et es nous est une grande joie en même temps qu'un réconfort pour l'avenir de pouvoir célébrer le même jour le double Centenaire de la Société française d'Archéologie et du Service des Monuments historiques. Je remercie tous ceux qui nous ont encouragés dans nos efforts : M. le Ministre de l'Éducation nationale, M. le Directeur général des Beaux-Arts, mon confrère et ami Georges Huisman, et ses prédécesseurs, M. Bollaert et M. Paul Léon, à qui m'unissent des liens d'amitié que resserre une collaboration vieille de près d'un quart de siècle, les Inspecteurs généraux et les membres de la Commission des Monuments historiques, M. Paul Verdier, M. Chabaud, chef du Service des Monuments historiques, qui, depuis un an, s'est employé sans relâche à la réussite de ce Congrès, nos confrères Pierre Paquet, Jean Verrier, René Planchenault et Francis Salet, qui ont organisé l'Exposition que vous visiterez cette après-midi à l'École des BeauxArts, et tous ceux qui, de près ou de loin, ont travaillé avec nous (1).

(1) Nous devons également dire nos remerciements à Mlle Annie


SÉANCE D'OUVERTURE 359

« Nous devons dire aussi notre reconnaissance à M. le Ministre des Affaires étrangères et à M. Marx, chef du Service des OEuvres françaises à l'étranger, à M. Henri de Jouvenel et à M. Robert Brussel, président du Conseil d'administration et directeur de l'Office d'expansion artistique, qui nous ont apporté leur aide puissante, à M. le recteur Charléty et au Conseil de la Sorbonne, qui ont mis à notre disposition cet amphithéâtre.

« Je remercie nos hôtes étrangers qui ont répondu si cordialement à notre appel et leur adresse la plus chaude bienvenue, espérant qu'ils emporteront un bon souvenir de ce Congrès du Centenaire. Je prie MM. les délégués des gouvernements étrangers d'être, auprès des savants, des architectes et des archéologues de leurs pays, l'interprète de nos sentiments de cordiale union dans l'oeuvre commune de protection et de mise en lumière des monuments du passé.

« Je remercie encore ceux qui sont venus nous apporter le réconfort de leur sympathie et de leur autorité, et je prie M. le Président de la République de bien vouloir agréer l'expression de notre très respectueuse reconnaissance pour la haute marque de sympathie qu'il nous a accordée, en nous autorisant à placer ces réunions sous ses auspices.

« Enfin, mes chers Confrères, je vous remercie de vous être groupés si nombreux autour de votre Bureau et de votre Directeur. Je remercie tout particulièrement les membres du Comité d'honneur, les membres du Conseil, les inspecteurs généraux et divisionnaires, les architectes, les archéologues, blanchis sous le harnois, et aussi les jeunes qui rivalisent d'efforts et de travail pour faire mieux connaître l'art de notre passé.

« En ce jour de fête, nous nous félicitons de voir au milieu de nous toutes ces dames, toutes ces jeunes filles, aimables et dévouées collaboratrices de nos travaux, qui adoucissent du charme de leur sourire ce que peut avoir d'austère parfois la science de l'archéologie.

« Comme chaque année je voudrais, en terminant, évoquer le souvenir de ceux qui ne sont plus :

« Deux de nos plus anciens membres, deux des figures les plus aimées de nos Congrès, manquent à nos côtés : notre secrétaire général Raymond Chevallier et notre inspecteur général le marquis de Fayolle, morts, le premier, dans sa quatre-vingtième année, le deuxième, dans sa quatre-vingt-deuxième année. M. Deshoulières

Teisseire et à M. Jacques Barge, qui ont collaboré à l'organisation de l'Exposition, et à M. É. Mas, photographe du Service des BeauxArts, dont le concours dévoué nous a été très précieux pour l'établissement des photographies exposées.


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a rendu à l'un et à l'autre, dans le Bulletin Monumental, un hommage ému.

« Raymond Chevallier avait été admis à la Société, le 30 mai 1876, à Gisors, et, comme le marquis de Fayolle, il n'a guère manqué, depuis, un seul de nos Congrès. Membre du Conseil, le 4 juillet 1893, à Abbeville ; secrétaire-adjoint, le 7 août 1900, à Caen ; trésorier, le 4 avril 1908, il fut nommé secrétaire général, le 30 juin 1911, à Reims, et le resta jusqu'en 1932. Son entrain, sa gaieté, sa bonté ne l'abandonnèrent jamais, et il était certes une des figures les plus populaires de nos Congrès. Fatigué, menacé de perdre la vue, il voulut se retirer et jouir d'un repos bien mérité dans sa calme campagne du Bois-de-Lihus, dans l'Oise, où il est mort le 12 décembre dernier. Il avait reçu de la Société la médaille d'honneur, qui lui fut remise par Héron de Villefosse, le 20 juin 1919, à Saumur ; la médaille de vermeil, le 21 juin 1927, à Périgueux ; enfin, la plaquette Lefèvre-Pontalis, le 2 mai 1932, à Senlis, le jour où il avait été proclamé secrétaire général honoraire.

« Le marquis de Fayolle nous quittait à Verdun, le 25 juin dernier, plein de vie et de gaieté ; nous avions écouté avec joie sa parole si savante et si spirituelle. Quelques jours plus tard, il s'éteignait subitement, et, le 19 juillet, ses obsèques étaient célébrées à Saint-Front de Périgueux ; M. Deshoulières porta un dernier adieu à notre confrère. Le marquis de Fayolle, qui avait été attaché à la conservation du Musée du Louvre, fut ensuite chargé de réorganiser le Musée de Périgueux, auquel il donna tous ses soins, ainsi qu'à la Société archéologique du Périgord, dont il était président. Entré à la Société française d'Archéologie en 1884, il fut nommé inspecteur général en 1900 et membre du Conseil de la Société dès sa formation, en 1912. Ses qualités de coeur et d'esprit, sa connaissance approfondie des objets d'art du moyen âge le faisaient écouter de tous.

« Notre confrère Martin-Sabon fut aussi très longtemps un de nos collaborateurs les plus actifs. Il s'était spécialisé dans les prises de vues, et sa belle collection de clichés a grandement enrichi le fonds du Service photographique des Beaux-Arts. Il a voulu laisser à la Société un témoignage de son affection en lui léguant, avec sa collection personnelle de projections, une somme de 10,000 francs.

« Le cardinal François Ehrle, directeur des bibliothèques et des archives Vaticanes, était des nôtres depuis longtemps ; ses grands travaux, ses publications sur Avignon l'ont fait connaître dans le monde entier. Il était né à Isny, près de Fribourg-en-Brisgau, le 17 octobre 1845, et fut créé cardinal le 11 décembre 1922, après avoir été plus de vingt ans préfet de la bibliothèque Vaticane. Il s'est éteint le 31 mars, à une heure du matin, à l'âge de quatrevingt-neuf ans, sans que son activité se soit jamais ralentie. J'ai


SÉANCE D'OUVERTURE 361

prié son ami, Mgr Tisserant, d'agréer nos respectueuses condoléances.

« Je dois nommer encore la duchesse de Maillé, Henri Laurens, l'éditeur bien connu, le marquis de la Chauvinière, MM. Galpin, Grandjean, Vincent Flipo, disparu jeune encore et qui avait publié un excellent manuel d'archéologie, Marcel Trélat, Auguste Lesourd, inspecteur de l'Ardèche, Auvray, architecte des Monuments historiques à Rouen, Léon Jacquemin, René Merlet, ancien archiviste d'Eure-et-Loir, Raphaël Macquaire, Emmanuel Rodocanachi, membre de l'Académie des Sciences morales, Léopold Bauby, conservateur du Musée à Pau, l'abbé Francis Blanquart, de Rouen, le comte de Lacarelle, le commandant Lalanne, Edouard de Lorière, l'abbé J. Lucas, Jean Masson, René Pagel, le Dr Jacques Passebois, le Dr Pouzet, qui, le premier, a attiré l'attention sur les fameux chapiteaux de Cluny, Joseph Souchon, Paul Vilain. Hier encore, au moment où je croyais close cette liste déjà trop longue, j'apprenais la mort de notre inspecteur de la Haute-Garonne, Edouard Privât, dont l'activité entraînante était bien connue de tous, et qui était un peu le centre des études historiques et archéologiques du Midi.

« Je voudrais dire aussi nos joies : M. Etienne Michon, qui veut bien chaque année représenter à nos Congrès M. le Ministre de l'Éducation nationale — et je tiens à lui en dire encore mon affectueuse reconnaissance — a été promu officier de la Légion d'honneur, ainsi que M. Camille Lefèvre, inspecteur général des Bâtiments civils ; nos confrères Roger Grand, Jusselin, Jean Babelon, Pol Abraham, Pierre Dubois, Demeuve, ont été nommés chevaliers. MM. Georges Huisman, membre de la Société depuis de longues années, est aujourd'hui directeur général des Beaux-Arts ; Paul Léon, professeur au Collège de France ; Focillon, professeur d'esthétique à la Faculté des lettres de Paris ; Jean Verrier, membre du Comité des travaux historiques, et Pierre Pradel, conservateuradjoint du Musée national de Versailles.

« M. Joseph Calmette, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de Toulouse, a été nommé membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

« M. Deshoulières vient d'être élu membre de la Commission des Monuments historiques, et nous applaudissons tous à cette élection.

« Notre directeur-adjoint a également reçu, avec M. Duhem, le prix Catenacci à l'Académie française, pour leurs beaux volumes sur les églises du Cher et du Morbihan, les premiers parus de la collection des Églises de France, que nous avons entreprise avec l'aide de M. Jean Verrier et de M. Planchenault ; les paroles très élogieuses de M. George Goyau, qui accompagnaient la remise du prix, nous ont prouvé que le moment était venu de faire ce dénombrement des églises de France, déjà tenté en 1810 et 1818, et qui était


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inscrit dans la charte de fondation de la Société française d'Archéologie.

« MM. Bollaert et Georges Huisman ont été nommés membres du Comité d'honneur de la Société ; MM. Hautecoeur, André Collin et le chanoine Chartraire, membres du Conseil ; M. Labande, ins■ pecteur général en remplacement du marquis de Fayolle ; M. Henri Nodet, inspecteur de la 14e division ; MM. Ernest Herpe et Joseph Poux, inspecteurs de la Moselle et de l'Aude.

« Messieurs, j'ai esquissé devant vous le rôle de notre Société; j'aurais voulu dire plus longuement les efforts et la gloire de ceux qui nous ont précédés. Je souhaite que la Société française d'Archéologie continue à prospérer et que, dans cent ans, en 2034, nos successeurs puissent célébrer avec la même confiance, en union étroite avec les protecteurs attitrés des richesses d'art de la France, le deuxième Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie, et évoquer avec la même fierté l'activité de notre Société pendant ce nouveau siècle qui commencera dans quelques jours. »


PREMIÈRE JOURNÉE

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PREMIÈRE JOURNÉE

DU JEUDI 24 MAI

Exposition des Monuments historiques. — Le jeudi 24 mai, les membres du Congrès se trouvaient réunis à l'École des Beaux-Arts pour inaugurer l'Exposition des Monuments historiques et des fouilles. Comme l'ont expliqué M. Huisman, directeur général des Beaux-Arts, et M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie, cette Exposition, organisée par MM. Planchenault et Francis Salet, réunissait des dessins, des photographies et des maquettes des principaux chantiers de fouilles et des restaurations exécutées par le Service des Monuments historiques avant 1850, sous la direction de Viollet-le-Duc. On y voyait aussi les plans des travaux effectués dans les régions dévastées au cours de la Grande Guerre.

Enfin, sur les murs étaient encore présentés des objets originaux, sculptures, pièces d'orfèvrerie, tapisseries, tissus, etc., remis en état par le Service des Objets d'art, et des relevés de peintures murales, tels que la chape de Saint-Mexme de Chinon et les copies des peintures murales de Château-Landon et de Saint-Martin de Thevet, pour ne citer que des oeuvres encore ignorées du public.

On comprend l'intérêt d'une telle documentation, destinée à montrer les différents côtés de l'activité du Service des Monuments historiques.

Notre-Dame de Paris et la Sainte-Chapelle. — Dans l'aprèsmidi, le rendez-vous était à Notre-Dame et à la Sainte-Chapelle.

A Notre-Dame, M. Marcel Aubert commence par rappeler l'histoire du monument.

La cathédrale actuelle s'élève sur l'emplacement de deux


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églises mérovingiennes restaurées à l'époque carolingienne et à l'époque romane : Saint-Étienne et Notre-Dame.

La première pierre du sanctuaire est posée sous l'épiscopat de Maurice de Sully par le pape Alexandre III en 1163. En 1177, le choeur, au dire de l'historien Robert de Torigny, est presque terminé. La consécration du maître-autel a lieu le 19 mai 1182.

La nef, commencée vers 1180, très avancée en 1196, date de la mort de Maurice de Sully, est terminée au début du xiue siècle par son successeur, Eudes de Sully.

Vers 1230-1240, on procède à l'agrandissement des fenêtres hautes et à la construction des chapelles de la nef. Entre 1250 et 1260, la façade nord du transept, puis la façade sud, commencée le 12 février 1258, sont élevées par Jean de Chelles et Pierre de Montreuil. De 1296 à 1325, le choeur est entouré d'une ceinture de chapelles par Pierre de Chelles et Jean Ravy. De 1300 à 1331, on travaille à la clôture du choeur et au jubé, sous la direction de Pierre de Chelles, de Jean Ravy et de Jean Le Routeiller.

Le voeu fait par Louis XIII, le 18 février 1638, entraîne, sous le règne de Louis XIV, la modification du décor du choeur : à partir de 1699, sous la direction de Jules HardouinMansart, puis de Robert de Cotte, on élève un maître-autelde marbre, accompagné de deux anges en adoration, de bronze doré, et de diverses statues : groupe de la Pitié, par Nicolas Coustou ; Louis XIII, par Guillaume Coustou ; Louis XIV, par Coysevox.

Après les dégâts causés par la Révolution, on procède aux premières restaurations ; mais la cathédrale a encore à souffrir de la destruction de l'archevêché lors de l'émeute de 1831. Elle est complètement restaurée par Lassus et Viollet-le-Duc de 1845 à 1864.

La visite se termina par une visite de l'édifice pour en détailler les différentes parties.

La Sainte-Chapelle fut présentée par M. Gébelin : elle est construite par saint Louis pour abriter les reliques de la Passion, achetées à l'empereur Baudouin II de Constantinople. La construction commence entre 1243 et 1246 et la consécra-


PREMIÈRE JOURNÉE 365

tion a lieu dès le 25 avril 1248. La façade occidentale est modifiée sous le règne de Charles VIII et la rose refaite en style flamboyant. La flèche, élevée en 1383 par Robert Fouchier, remontée en 1460 et de nouveau reconstruite après un incendie en 1630, est démolie en 1793 ; Lassus la rétablit en 1853.

La restauration générale, y compris celle de la décoration polychrome, se poursuit à partir de 1837 sous la direction de Duban, puis de Lassus et de Viollet-le-Duc et enfin de Boeswillwald.

Les vitraux, exécutés en même temps que la chapelle, sont terminés en août 1248 : à cette date, saint Louis fait une fondation pour l'entretien des verrières.

La statuaire est moderne ; les Apôtres de la chapelle haute ont été refaits par Geoffroy Dechaume et Pascal, à l'exception des quatrième et cinquième au nord et au sud qui sont anciens ; deux autres statues et des fragments anciens ont été recueillis au Musée de Cluny.

L'intérêt de la visite de la Sainte-Chapelle était augmenté par Y Exposition de la Passion, installée par M. Paul Deschamps, directeur du Musée national de sculpture comparée, sous la direction de M. Henri Verne, directeur des Musées nationaux. Tandis que les oeuvres de sculpture et de peinture étaient réunies au Musée du Trocadéro, c'est la Sainte-Chapelle qui abritait, dans son-beau cadre, les objets d'orfèvrerie, les ivoires, les émaux, certaines tapisseries, et aussi des statues et des peintures d'un intérêt spécial.


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CENTENAIRE

SECONDE JOURNÉE

DU VENDREDI 25 MAI

La seconde journée du Congrès fut consacrée à Chartres.

Église Saint-Père de Chartres. — Elle débuta par la visite de l'église Saint-Père, que présenta M. Deshoulières.

C'est au xe siècle que l'évêque Ragenfroid remplace les chanoines installés à Saint-Pierre-en-Vallée à Chartres par des Bénédictins.

En 1134, l'église est incendiée ; seule subsiste la tour occidentale. La nef est reconstruite vers 1150, puis refaite en deux campagnes au cours du xme siècle. Au début du xive siècle, on surélève le choeur, dont on conserve les parties basses du xne siècle.

Au xvne siècle, l'abbaye adopte la réforme de Saint-Maur et certaines réparations sont effectuées dans l'église.

Les vitraux qui garnissent le monument datent des xme et xive siècles. Les plaques d'émail de la chapelle d'axe proviennent du château d'Anet. Elles ont été exécutées en 15451547 par Léonard Limosin, d'après les dessins du Primatice mis en cartons par Michel Rochetel.

Puis M. Deshoulières cherche à reconstituer le plan et les dispositions de l'église primitive, les différentes physionomies que lui ont apportées ses états successifs, enfin à trouver la solution de nombreux problèmes que présente l'édifice tel qu'il nous est parvenu.

Cathédrale. —■ Dans l'après-midi, M- Marcel Aubert réunit le Congrès à la cathédrale pour en étudier l'histoire, l'architecture, les sculptures et les vitraux.

De la cathédrale carolingienne incendiée en 858 subsiste une crypte dite caveau de Saint-Lubin.

En 1020, la reconstruction est entreprise par l'évêque Fui*


SECONDE JOURNÉE 367

bert. La crypte est terminée en 1024 et la consécration est faite en 1037 par l'évêque Thierry.

Le 5 septembre 1134, un incendie endommage la façade. On construit alors le clocher nord, puis le clocher sud, en avant de la nouvelle façade qui est édifiée de 1145 à 1155, et dont la partie basse, Portail royal, est décorée de sculptures, statues-colonnes et bas-reliefs.

Le grand incendie du 9 juin 1194 détruit la basilique de Fulbert. La cathédrale gothique est rebâtie à peu près sur les fondations anciennes, mais avec un transept plus développé et une nef plus longue, le Portail royal ayant été déplacé pour être mis à l'alignement des tours. —■ La construction débute par la nef, où les travaux durent de 1194 à 1220 et dont une troisième rangée d'arcs-boutants vient, vers 1230-1235, renforcer les murs. On édifie ensuite, de 1210 à 1230, les parties basses du transept et le choeur, dont les voûtes sont terminées en 1221 ; puis, de 1230 à 1240, les parties hautes du transept et enfin les porches extérieurs. —■ La dédicace est célébrée le 24 octobre 1260.

En 1316, des mouvements dans la construction motivent une expertise de Pierre de Chelles et quelques travaux de consolidation.

En 1349, on entreprend la construction de la chapelle SaintPiat, à l'est du choeur.

De 1413 à 1417, on installe la chapelle Vendôme entre deux contreforts sud.

De 1507 à 1513, Jean Texier, dit de Beauce, construit la flèche nord de la façade. Puis, il entreprend le tour du choeur, décoré de groupes sculptés représentant la vie de la Vierge, oeuvre poursuivie peu à peu jusqu'à la fin du xvne siècle.

Le 4 juin 1836, un incendie détruit les toitures, qui sont remplacées par une charpente en fer recouverte de cuivre. La direction des travaux de restauration est confiée à Lassus, puis à Boeswillwald.

La statuaire du Portail royal date de 1145-1150 environ ; celle des portails et porches du transept, de 1200 à 1250 environ.

On trouve des vitraux du xne siècle à la façade ouest et dans


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le bas-côté méridional du choeur (Notre-Dame-de-la-BelleVerrière) ; de la première moitié du xme siècle, dans la nef et ses bas-côtés, le déambulatoire, le choeur et les croisillons.

Après avoir parcouru l'édifice, admiré les magnifiques verrières et la statuaire des portails, où M. Marcel Aubert ne manque pas de faire remarquer l'évolution de l'art clairement indiqué, la visite se termina, sous la conduite de M. Brunet, inspecteur général-adjoint des Monuments historiques, par une promenade dans les combles pour étudier la charpente en fonte montée après l'incendie de 1836. C'est le lien entre les premières tentatives, pour éviter le danger des flammes, et les charpentes en ciment armé que l'on monte de nos jours.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 369

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

DES MEMBRES

DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE

TENUE LE 2,0 MAI 1934 DANS L'AMPHITHÉÂTRE GuiZOT A LA SoRBONNE

La séance est ouverte à 18 heures 30, sous la présidence de M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société.

Le Président tient, au début de cette Assemblée générale, dont la date coïncide avec le Centenaire de la Société, à rappeler le souvenir de tous les membres morts qui, depuis un siècle, onf illustré la Société française d'Archéologie ou contribué à lui donner l'éclat dont elle brille aujourd'hui. Il a particulièrement une pensée émue pour Eugène Lefèvre-Pontalis, dont la direction a réglé le cours scientifique de ses travaux qui la classe au premier rang des Sociétés savantes, et il demande une minute de silence pour'célébrer sa mémoire.

Le Président retrace ensuite la vie de la Société durant l'année écoulée.

Il est procédé à la nomination de sept membres du Conseil sortants et rééligibles. MM. Deshoulières, Bégule, R. MichelDansac, J..Tillet, George Outardel, P. Paquet et E. Brunet, puis de trois membres décédés : MM. Chevallier, Martin-Sabon et le marquis de Fayolle. Ont obtenu la majorité et sont élus pour six ans : MM. Deshouli.ères, Bégule, R. Michel-Dansac, J. Tillet, George Outardel, P. Paquet et E. Brunet. M. le chanoine Chartraire est nommé à la place de M. Chevallier, pour sortir en 1935 ; M. Collin, à la place de M. Martin-Sabon, pour sortir en 1936 ; M. L. Hautecoeur, à la place de M. le marquis de Fayolle, pour sortir en 1937.

M. Maurice Dumolin, trésorier, donne connaissance des

CONQRÈS DE PARIS, II. 24


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comptes de l'année 1933. Les comptes sont approuvés à l'unanimité et des remerciements sont votés à M. Maurice Dumolin pour son habile gestion et à M. R. Pillault, trésorier-adjoint, pour la collaboration qu'il apporte au trésorier.

M. Deshoulières, directeur-adjoint, rend compte de l'état d'avancement des publications.

Le Président proclame la liste des lauréats à qui la Société française d'Archéologie a décerné des médailles, et dont les noms suivent :

Prix Eugène Leîèvre-Pontalis.

M. Henri NODET, inspecteur général des Monuments historiques.

Rappel de la médaille de vermeil.

M. RUPRICH-ROBERT, inspecteur général des Monuments historiques.

M. Emile BRUNET, inspecteur général-adjoint des Monuments historiques.

M. André COLLIN, inspecteur général-adjoint des Monuments historiques.

M. Jules TILLET, inspecteur général-adjoint des Monuments historiques.

M. L. ROY, architecte en chef des Monuments historiques.

M. Henri DENEUX, correspondant de l'Institut, architecte en chef des Monuments historiques.

M. A. RHEIN, membre du Conseil de la Société française d'Archéologie.

M. Paul VITRY, conservateur au Musée du Louvre.

Médailles de vermeil.

M. Pierre PAQUET, inspecteur général des Monuments historiques.

M. RATTIER, inspecteur général des Monuments historiques.

M. L. SALLEZ, inspecteur général des Monuments historiques.

M. Paul VERDIER, inspecteur général des Monuments historiques.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 371

M. Marius CHABAUD, chef du Bureau des Monuments historiques.

M. René PLANCHENAULT, inspecteur des Monuments historiques.

M. Gaston BRIÈRE, conservateur du Musée national de Versailles.

M. Louis HAUTECOEUR, conservateur du Musée national du Luxembourg.

M. René Go BILLOT (médaille offerte par M. Robert Michel - Dansac).

M. PILLAULT, trésorier-adjoint de la Société française d'Archéologie.

Prix Mareuze.

M. Élie DEBIDOUR, inspecteur de la Société française d'Archéologie.

Médailles d'argent.

M. GÉBELIN, bibliothécaire à la Cour de cassation.

M. Francis SALET, archiviste-paléographe (médaille offerte par M. Brunet).

M. LAPEYRE, sous-chef du Bureau des Monuments historiques.

M. KUNTZMANN, sous-chef du Bureau des Monuments historiques.

M. MAS.

Médailles de bronze.

M. Gustave DANSQUE, chef de l'atelier des marbriers au Musée du Louvre.

M. DURU, chef d'équipe de l'entreprise de Moue.


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TROISIÈME JOURNÉE

La troisième journée du Congrès fut remplie par une excursion à Soissons et à Reims.

Soissons. —■ A Soissons, M. Emile Brunet, inspecteur général-adjoint des Monuments historiques, qui dut restaurer la cathédrale après les graves blessures que lui infligea la guerre de 1914, rappela d'abord l'historique du monument.

C'est vers 1177 que le croisillon sud, circulaire, entouré d'un déambulatoire et de tribunes, fut commencé sur un terrain donné par l'évêque Nivelon ; il était terminé vers 1185-1190.

Le choeur est construit au début du xme siècle et achevé le 13 mai 1212 ; puis on élève la nef et la façade occidentale ; la façade du croisillon nord ne date que du xive siècle et la tour nord n'est entièrement construite qu'au xve. La dédicace est célébrée le 25 avril 1479.

Au xvme siècle, l'incendie et la tempête détruisent la flèche ; le décor du sanctuaire est refait à partir de 1767.

Restaurée au xixe siècle, la cathédrale est bombardée pendant la Grande Guerre : le deuxième pilier au nord de la nef est coupé, les voûtes s'effondrent, la façade est détruite.

M. Brunet, avec un grand talent et un scrupuleux respect des dispositions anciennes, a remis en état ce magnifique édifice. Il explique aux congressistes les méthodes employées par lui pour exécuter cette tâche difficile, dont le résultat fut universellement admiré.

Reims. —■ A Reims, M. Deshoulières commença par conduire les congressistes à l'église Saint-Remi, dont il retraça l'histoire.

Dès le vie siècle, il existait sur cet emplacement une petite chapelle dédiée à saint Christophe et où reposait le corps de saint Rémi. Elle fit place au ixe siècle à une église que l'archevêque Hincmar consacra en 852.


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En 1005, l'abbé Airard entreprend la reconstruction du monument, mais son oeuvre aurait été détruite en 1039 par son successeur, Thierry, qui, jugeant le plan trop vaste, n'aurait gardé que les fondations de quelques colonnes. En 1045, l'abbé Hérimard continue le travail de Thierry et achève le transept, le choeur et l'abside. En 1049, la basilique est consacrée par le pape Léon IX.

En 1170, l'abbé Pierre de Celle reconstruit le choeur en style gothique et voûte la nef, dont il refait les deux premières travées, ainsi que la façade occidentale.

En 1506, Robert de Lenoncourt construit le portail du croisillon sud.

En 1825, on démolit la flèche élevée en 1400 et, en 1832, on refait en bois les voûtes de la nef, on reconstruit les étages supérieurs du portail et de la tour nord.

L'église, incendiée et bombardée pendant la Grande Guerre, à moitié démolie, fut confiée à M. Deneux, architecte en chef des Monuments historiques, qui, depuis, donne tout son talent à la restauration de Reims. Il suffit de voir la résurrection de Saint-Remi et celle de la cathédrale qui s'achèvent pour lui rendre un hommage mérité.

C'est M. Deneux lui-même qui voulut bien prendre ensuite la parole, afin de chercher à démêler, à l'aide des renseignements apportés par les ruines elles-mêmes, les différentes campagnes de construction du monument et exposer la méthode suivie pour le faire revivre.

Cathédrale. — Dans l'après-midi, M. Marcel Aubert guida le Congrès à la cathédrale, et tout d'abord en exposa l'histoire.

La cathédrale carolingienne, construite au ixe siècle par les archevêques Ebbon et Hincmar, fait place au xne siècle à une construction gothique, dont M. Deneux a retrouvé des traces dans les fondations du choeur et qui est détruite par l'incendie en 1211.

Dès l'année 1212, l'archevêque Albéric de Humbert pose la première pierre du sanctuaire de la cathédrale actuelle. L'architecte Jean d'Orbais en avait donné les plans et, jusqu'en 1231, il dirige la construction du choeur ; de 1231 à 1247, son successeur, Jean le Loup, achève le choeur et le transept et


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monte la façade du croisillon nord ; Gaucher de Reims travaille à la nef de 1247 à 1255 ; Bernard de Soissons, de 1255 à 1290, construit les cinq premières travées de la nef et la façade jusqu'au-dessus de la grande rose ; enfin, les parties hautes de la façade sont terminées par Robert de Coucy avant 1311.

En 1481, un incendie détruit les combles : c'est alors que l'on monte la célèbre charpente surnommée la « forêt ».

Pendant toute la durée de la Grande Guerre, la cathédrale est effroyablement bombardée : le 19 septembre 1914, l'incendie consume la charpente ; un échafaudage dressé le long de la tour nord brûle et anéantit la sculpture de ce côté. Durant quatre ans, le bombardement est ininterrompu : le pilier sudest de la croisée est coupé, les voûtes sont crevées, les pinacles et les clochetons arrachés, la statuaire et la vitrerie déchiquetées.

La restauration, poursuivie avec l'aide généreuse de M. John Rockefeller jr., a été confiée à M. Deneux. Quelques verrières anciennes (archevêques et rois) ont été rétablies dans la nef ; les sculptures de la façade et celles du croisillon nord ont été réparées avec les morceaux d'origine que l'on a pu retrouver, mais les statues détruites n'ont pas été reconstituées.

Ces travaux sont ensuite visités sous la conduite de M. Deneux, qui, descendant dans les sous-sols qu'il a mis au jour, a pu montrer les restes des fondations des églises primitives et en retracer le plan.

Réception à l'hôtel de ville de Reims. — A 16 heures, les membres du Congrès étaient reçus à l'hôtel de ville par M. Paul Marchandeau, député-maire de Reims, accompagné de MM. Magny, préfet de la Marne, Tournier, sous-préfet, de ses adjoints et de membres du Conseil municipal.

Aux côtés de M. Marcel Aubert, on remarquait : M. Deshoulières, directeur-adjoint de la Société française d'Archéologie ; les membres du Bureau ; les délégués des gouvernements étrangers ; M. Chabaud, chef du Bureau des Monuments historiques ; M. Deneux, architecte en chef des Monuments historiques, etc.

Prenant la parole, M. Marchandeau commença par expri-


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mer le plaisir de la municipalité rémoise à accueillir des visiteurs qui témoignent, en venant, de l'intérêt qu'ils portent à la glorieuse et antique cité.

En les remerciant d'une façon toute particulière et spécialement M. Aubert, membre de l'Institut et actif directeur de la Société française d'Archéologie, le député-maire tint à souligner l'admirable effort de reconstruction qui eut Reims pour cadre.

Ce fut l'occasion pour M. Marchandeau de rendre à nouveau hommage à ceux qui ont été les artisans passionnés, attentifs et compétents de cette reconstruction, au premier rang desquels il convient de placer M. Deneux, qui « fait corps avec sa cathédrale », et qui, aidé dans l'accomplissement de sa tâche par toute une série d'artistes, d'entrepreneurs consciencieux, d'ouvriers épris d'art, a redonné au monument cette magnificence qui fait sa gloire rayonnante.

Le député-maire évoqua alors une autre reconstruction : celle de l'Hôtel-de-Ville, lui aussi évocateur du passé, dont la façade conservée et l'artistique agencement de l'ensemble, comme sa judicieuse distribution intérieure, sont tout à la gloire du génie français.

Ayant en termes délicats apprécié la qualité des hôtes de ce jour et salué les représentants des États étrangers, M. Marchandeau, s'adressant aux archéologues, réclama leur indulgence. « Nous n'avons pas la prétention, dit-il, d'avoir fait des choses à l'abri de tout reproche. Il y avait tant à faire ! Et, si quelques détails ont pu surprendre les observateurs éclairés que vous êtes, ne nous en tenez pas rigueur. Songez à toute cette masse de bonnes volontés qui s'attelèrent à la tâche, aux compétences locales et régionales qui se dépensèrent pour conserver au baptistaire de la France tout le prestige qui s'attache à sa-gloire passée comme à son.héroïsme. Et vous penserez alors qu'une oeuvre humaine, si belle, si grandiose soit-elle, n'est point sans faiblesse. »

Le député-maire leva alors son verre, empli de ce vin dont les qualités champenoises, dit-il, sont les mêmes que celles qui se sont affirmées à Reims lorsqu'il s'est agi de reconstruire, à la santé de tous les visiteurs et à la prospérité des belles associations qu'ils représentent.


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M. Aubert répondit en remerciant M. le Maire, la Municipalité et M. le Préfet.

Il rendit hommage à l'énergie et à l'activité déployée à Reims et, rappelant qu'il a fallu un siècle aux bâtisseurs de la cathédrale pour mener à bien leur oeuvre magistrale, constatant, d'autre part, que quelques années seulement suffirent aux reconstructeurs de la cité rémoise, s'inclina devant la grandeur du travail accompli.

Il exprima les regrets de MM. Huisman, Paul Léon, Pol Neveux et Paul Jamot qui n'ont pu venir à Reims en compagnie des congressistes et s'associa au concert d'éloges entonné par le député-maire à l'adresse de tous ceux dont les qualités d'intelligence et d'esprit firent de la ville un modèle de cité.

Il termina en levant son verre en l'honneur de la ville de Reims.


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QUATRIÈME JOURNÉE

La quatrième journée du Congrès se passa à Versailles.

Les Trianons. — A 9 heures 30, M. Gaston Brière, conservateur du Musée national de Versailles, assisté de MM. Mauricheau-Beaupré, Pradel et Chamson, accueillant les visiteurs au Grand-Trianon, leur en rappela l'histoire et les conduisit dans les différentes pièces.

C'est en 1670 que Louis XIV fit élever, au milieu des jardins et des bois, un pavillon de repos, propre aux collations, tout orné, sur les balustrades et les toitures, de vases de faïence colorés, les intérieurs de stuc ; fantaisie inspirée d'une vague imitation de la Chine, ce fut le « Trianon de porcelaine », dont l'existence fut courte. En 1687-1688, en effet, sur les plans de Mansart, aidé de Robert de Cotte, se dressa, harmonieux, le Trianon de marbre, palais « à l'italienne », d'une ordonnance élégante et grave, aux intérieurs lambrissés, où commence à s'épanouir le décor sculpté des bois.

Le Petit-Trianon est d'un tout autre genre. C'est Louis XV qui, dans un jardin voisin, affecté à la botanique et aux bassescours, commença par commander un pavillon de compagnie (le pavillon français de Gabriel, 1750-1751) ; non loin, il a le projet de posséder un petit palais tout intime. J. Gabriel en dresse les plans, en surveille l'ornementation avec le goût le plus pur et le soin le plus minutieux (1762-1764). Au dedans, en cette maison des champs, près les fleurs et les fruits, tout le décor sera emprunté à la nature, marbres et boiseries de Guibert, les peintures, commandées sous l'inspiration de Cochin, en 1768, retraceront des allégories des saisons et des métamorphoses des fleurs.

Louis XVI donne à Marie-Antoinette le palais exquis ; elle s'y plaira, y vivra et commandera, seule. Peu de changements sont à faire aux appartements, mais la transformation des jar-


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CENTENAIRE

dins est complète. Le style pittoresque s'épanouit dans le nouveau parc (vers 1777), orné de délicieuses fabriques d'architecture par Mique. Le théâtre, à l'extérieur insignifiant, construit de 1778 à 1779, sert, en sa salle élégante, aux représentations de la Reine et de sa société intime, à partir d'août 1780. Mique et Hubert Robert dessinent les amusantes maisons de feinte rusticité du Hameau, entourées de jardinets (1783 à 1785), qui resta inachevé, tandis que la porte Saint-Antoine, voisine (1786-1787), fait contraste, par son style noble, avec cette paysannerie d'opéra-comique.

C'est le Hameau qui, trop négligé pendant longtemps, dut recevoir récemment une restauration importante que dirigea M. l'architecte en chef Bonnet, conservateur des Palais et des Domaines de Versailles, aidé de ses collaborateurs, MM. Gueritte et Dupré. Dans une causerie des plus intéressantes, M. Bonnet eut vite fait de démontrer que lorsqu'il put intervenir, l'état de délabrement du Hameau était complet. Entre ' une restauration et un abandon, le choix fut fait par les autorités compétentes et la restauration fut entreprise, nécessitant des travaux de grande envergure. Il convient d'ajouter que leur exécution fut parfaite : grâce à eux — et à M. Bonnet — le Hameau revit avec tout son caractère, tout son charme et toute sa poésie.

Le château. — Après le déjeuner, le rendez-vous était au château, dont M. Gaston Brière expliqua la genèse.

Louis XIII, qui venait souvent chasser autour du village de Versailles, désira y posséder une résidence. En 1624, il fait construire un château au sommet d'une butte, non loin de l'église, bâtiment de brique et de pierre d'aspect simple, au mobilier modeste. Entre 1631-1634, le domaine s'accroît, l'architecte Philbert Le Roy remanie et agrandit la maison royale.

Louis XIV, à son tour, aimera ce séjour. A partir de 1661, il fera embellir le château et le meublera luxueusement. Il donnera des fêtes magnifiques et célébrées dans le parc tracé, orné de quelques statues et de jets d'eau. De 1661 à 1668, Versailles sera le lieu de divertissement du jeune Prince amoureux.

La constitution du Versailles du Grand Roi demandera


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vingt années de travaux : 1669-1689. Sur la création qui le passionne, Louis XIV va concentrer l'effort des artistes disciplinés enrôlés dans son service de gloire. 1° Dès 1669, sur les plans de Louis Le Vau (1612-1670), s'élèvent les constructions neuves. Le petit château, dont la cour est conservée, se trouve enveloppé, sur le parc, d'un bâtiment aux façades nobles, d'un style nouveau. Le premier étage est formé de vastes salles d'apparat, ornées de revêtements de marbre, de plafonds, où des peintures encadrées de stucs dorés retracent des épisodes empruntés à la mythologie et à l'histoire ancienne, allusions flatteuses aux vertus du Souverain (16711680). Le magnifique escalier des Ambassadeurs donne accès à ces « grands appartements », meublés avec magnificence, enrichis de tableaux de grands maîtres, que le Roi ouvre à sa Cour, à dater du 6 mai 1682. 2° Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) achèvera et donnera à l'illustre Maison royale son caractère définitif en même temps qu'il y dirigera les plus parfaits modèles du style monarchique français. Le château est terminé, à l'extérieur, par les longues ailes, en retrait du corps central : Aile du Midi, de 1679 à 1682 ; Aile du Nord, de 1684 à 1689 ; à l'intérieur, par la Grande Galerie, édifiée sur l'emplacement d'une terrasse (1679-1684), et les salons, qui la terminent, de la Guerre et de la Paix (1686), où triomphe l'invention de Charles Le Brun. Dans la ville, dépendante du château, au plan imposé dès 1670, Mansart fait élever les bâtiments utilitaires majestueux : le Grand Commun, les Petites et Grandes Écuries, qui entourent la vaste place d'Armes (1679-1684). Le parc, aux architectures d'arbres ordonnées par Le Nôtre (1613-1700), étale aux yeux éblouis le charme de ses eaux jaillissantes et son olympe de statues modelées par les Coysevox, Tubi, Desjardins, Le Hongre, Le Gros, Girardon, le maître du choeur, et tant d'autres ; marbres qui s'étagent le long des charmilles (allégories dessinées par Le Brun, 1664-1670) ; plombs qui se reflètent aux fontaines (Saisons ; Latone et Apollon, 1670 ; Neptune, 1679-1682) ; bronzes fondus par les Kellers au Parterre d'eau (1683-1691). Le Grand Canal (1674), la pièce d'eau des Suisses (1679) prolongent les perspectives ; l'Orangerie (Mansart et Le Nôtre,


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1681-1686) et les escaliers qui l'encadrent dressent un grandiose piédestal à la demeure royale.

Si les défaillances de la fin du règne privèrent Versailles d'étonnantes splendeurs (fonte du mobilier d'argent en 16891690), le décor sculpté ne fut jamais plus raffiné qu'aux salles alors exécutées (Chambre du roi, Salon de l'OEil-de-Boeuf, 1701) et surtout en ce parfait chef-d'oeuvre qu'est la Chapelle de pierre entamée par Mansart, ciselée à l'intérieur sous la conduite de Robert de Cotte (1699-1710).

La Cour revint, en 1722, dans le château, abandonné depuis la mort du Grand Roi. Le Salon d'Hercule, du dessin de Robert de Cotte, enrichi par le pinceau de François Lemoine de la plus éclatante peinture de tout Versailles, apportait un splendide embellissement à la Maison royale, sous le nouveau règne (1729-1736). Les travaux se poursuivront sous Louis XV, mais, après la nouvelle Chambre de la Reine (1734-1735), réduits aux aménagements, sans cesse modifiés, des « Cabinets » du Roi et de la Reine et des « Petits appartements », à partir de 1738, pièces exquises, qui témoignent du goût toujours sûr, de la fertilité d'invention des ornemanistes et de la perfection technique de leurs interprètes r sculpteurs sur bois, peintres et doreurs. L'évolution du style peut être étudiée par ces boiseries, depuis la rocaille discrète d'un J. Verberch't (de 1738 à 1771, Cabinets de Louis XV, appartement de Mme Adélaïde), sous la surveillance du premier architecte J. Gabriel le père (de 1734 à 1742), l'inspiration néo-classique d'Antoine Rousseau (Salle du Conseil, 1755-1756 ; Bains de Louis XV, 1770-1771), jusqu'à l'imitation antique des fils d'Antoine Rousseau (Cabinets de Marie-Antoinette, 1770 ; Bibliothèque de Louis XVI, 1774 ; Salon de Marie-Antoinette, 1783), sous la direction de J. Gabriel le fils, premier architecte, à la mort de son père, de 1742 à 1775, et de son successeur Richard Mique (1775-1792).

La grande salle de spectacles projetée au xvne siècle, au bout de l'aile du nord, fut enfin exécutée et décorée par J. Gabriel, de 1753 à 1770, Pajou étant le chef de l'équipe des sculpteurs sur bois. Le fâcheux projet de reconstruire les bâtiments du côté des cours, qui hantera l'imagination des archi-


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tectes officiels pendant un demi-siècle, est mis à exécution par Louis XV. Il adopte le plan de J. Gabriel. Ce dernier démolit l'aile sur la cour, côté de la chapelle, et fait élever un bâtiment de style tout néo-antique, de proportions différentes (1771 à 1773), laissé inachevé. Un grand escalier devait y être renfermé, l'escalier des Ambassadeurs ayant été détruit en 1752.

Le départ de Louis XVI et de Marie-Antoinette, escortés des émeutiers parisiens, le 6 octobre 1789, termine l'histoire du château sous la royauté ; l'édifice évacué de ses habitants devient silencieux. Le gouvernement révolutionnaire privera l'illustre demeure d'une grande part de ses trésors : les tableaux des grands maîtres seront portés au Louvre pour constituer le « Muséum national », ouvert le 10 août 1793 ; plus tard, des marbres antiques seront enlevés en faveur de la collection des sculptures antiques ; enfin, le mobilier sera mis à l'encan et dispersé de 1793 à 1794. Un musée de peintures de l'école française ornera, sous le Directoire et le Consulat, les grands appartements dépouillés. Sans entretien, le château s'altère, les plafonds se ruinent. Napoléon, qui reconstitue le domaine de la couronne, ordonne des restaurations, travaux nécessaires, mais souvent néfastes quant à leurs résultats artistiques. L'entreprise est poursuivie sous Louis XVIII. Nulle affectation n'est prévue pour ce grand sépulcre de la Monarchie absolue.

Louis-Philippe Ier, ayant obtenu le château dans sa « liste civile », songe à une utilisation noble : le convertir en musée, afin d'y placer l'image des grands serviteurs de l'Etat, de Français illustres et des événements mémorables de notre histoire. Pensée patriotique, exécution lamentable. Les travaux d'appropriation contribuèrent à la ruine de maints décors précieux, les commandes favorisèrent une majorité d'artistes médiocres, les anciennes peintures récupérées et sauvées furent traitées sans ménagement et ajustées dans les salles de manière barbare. Le Musée ouvert « à toutes les gloires de la France » fut solennellement inauguré le 10 juin 1837. Depuis quarante ans, la réorganisation et l'épuration de cet énorme amas de documents iconographiques sont poursuivies lentement.


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A la suite de la visite du château, tandis que jouaient les grandes eaux, les membres du Congrès se réunirent dans la Galerie-Basse, pour répondre à l'invitation de M. le Ministre de l'Éducation nationale, représenté par M. Huisman, directeur général des Beaux-Arts, qui leva son verre en l'honneur de la Société française d'Archéologie, des délégués étrangers et de tous les congressistes. A ce toast, M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie, répondit en remerciant M. le Ministre de l'Éducation nationale et M. le Directeur général des Beaux-Arts, M. Gaston Brière, M. Bonnet et leurs collaborateurs, des intéressantes explications d'onnées par eux au cours de la journée, enfin en adressant un souvenir ému à M. Rockefeller, dont la générosité permet de rendre à Versailles toute sa splendeur.

L'après-midi se termina par un concert de musique religieuse des xvne et xvme siècles, donné dans la chapelle du Château, sous la conduite de M. Raugel.


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CINQUIÈME JOURNÉE

La journée du mardi 29 mai devait être remplie par la visite de l'église de Gonesse, de l'abbaye de Royaumont, de la cathédrale de Senlis, enfin des châteaux d'Écouen et de Chantilly.

Gonesse. — C'est M. Jean Verrier, secrétaire général de la Société française d'Archéologie, qui avait accepté la mission de montrer la petite église de Gonesse, où M. Danis, architecte en chef des Monuments historiques, avait exposé les plans et les relevés très poussés exécutés autrefois par lui.

Il expliqua comment d'un édifice du xue siècle il ne subsiste que la partie inférieure du clocher, qui supporte un étage du xme siècle et une flèche moderne. Le choeur, à déambulatoire sans chapelles rayonnantes, doit dater du premier quart du xme siècle et fut peut-être construit par Philippe-Auguste, qui naquit à Gonesse. Au cours du xvme siècle, les colonnes furent renforcées, du côté sud, par de gros pilastres carrés.

La nef, du deuxième quart du xme siècle, semble avoir été prévue pour recevoir des voûtes sexpartites qui n'ont sans doute jamais été construites ; elle fut recouverte, au xvie siècle, par une charpente en berceau brisé.

Les arcs-boutants du choeur datent du commencement du xme siècle. Leurs culées font corps avec le mur du déambulatoire et leurs têtes viennent s'appliquer sur des contreforts qui s'élèvent jusqu'à la corniche.

M. Verrier ne manqua pas de faire remarquer le buffet d'orgues daté de 1508.

Ëcouen. — A Écouen, Mme la Chancelière voulut, et avec la meilleure bonne grâce, recevoir au château les congressistes et leur en faire les honneurs.

C'est M. Hautecoeur, conservateur du Musée du Luxembourg, qui donna sur l'histoire et l'architecture de l'édifice


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des explications que nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici intégralement :

« Le site d'Écouen, qui domine une vaste plaine et qui commande un des accès de Paris, dut appeler de bonne heure l'attention : dès le xie siècle, les Montmorency y possédaient un château. Nous ignorons tout de cette demeure, à quoi le connétable substitua le château que nous voyons.

« Les documents font défaut, qui nous renseigneraient à la fois sur la date et sur les architectes de cette maison. Dans sa petite monographie de ce grand édifice, M. Terrasse supposait que le connétable l'avait commencé après sa disgrâce, c'està-dire en 1541. M. Gébelin, dans son volume sur Les châteaux de la Renaissance, constatant que certaines lucarnes ne portent pas l'épée de connétable, en conclut qu'elles sont antérieures à 1538, date à laquelle cette charge fut conférée à Montmorency. La traduction française du Vitruve de Diego de Sagredo, parue en 1542, parle de Christophe de Andino, un des maçons du connétable. Les vitraux de Psyché, aujourd'hui à Chantilly, portent les dates 1542-1544, ceux de la chapelle 1544. L'aile sud devait être achevée à cette époque. On peut donc supposer que le château fut commencé aux environs de 1538.

« L'examen des diverses parties montre que la construction fut entamée par l'aile occidentale, qui forme le corps de bâtiment au fond de la cour, se continua par l'aile méridionale qui aboutit à la chapelle, puis par l'aile septentrionale et enfin par l'aile orientale, démolie en 1787, qui comprenait le grand portail.

« Par son plan et par son style, le château d'Écouen se rattache aux châteaux de la première Renaissance, si nombreux dans la région de la Loire. Le plan est le plan traditionnel du château français : un quadrilatère entouré de douves, sauf du côté de la falaise qui domine la plaine, où la défense est assurée par cet abrupt. Aux angles, des pavillons sont encore accompagnés de tourelles sur encorbellements. Suivant la mode nouvelle, des escaliers droits marquent le centre des ailes nord et sud.

« L'architecte qui dessina l'élévation connaissait certaine-


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ment Chambord : les deux châteaux reposent sur le socle d'une fausse braie ; les cheminées, fort élevées, sont décorées de frontons supportés par des colonnes ; le type des croisées est analogue ; les arcs-boutants de certaines lucarnes d'Écouen rappellent ceux de la lanterne de Chambord. M. Terrasse estime que l'ordonnance extérieure du château avec ses pilastres est un souvenir de Chambord. M. Gébelin conteste le fait et observe qu'à Chambord les pilastres sont superposés et sont munis de chapiteaux, tandis qu'à Écouen ils montent d'un seul jet : pour lui, l'auteur d'Écouen a imité plutôt Nantouillet, qui n'est pas fort éloigné. Il est vrai qu'on trouve à Écouen, comme à Nantouillet, le même mélange de croisées et de demi-croisées, la même disposition irrégulière des baies dans les panneaux délimités par les pilastres ; mais Nantouillet, par bien des côtés, ressemble aux oeuvres de la Loire. Un premier fait est donc certain : Écouen s'inspire des monuments élevés en Touraine de 1515 à 1540.

« Des influences nouvelles apparaissent bientôt. L'étude des lucarnes montre comment on passe insensiblement d'un style à l'autre. Aux pavillons, les lucarnes continuent encore la ligne ascendante des fenêtres ; l'entablement est coupé, pour ne pas interrompre cette ordonnance verticale. Ailleurs le souci classique respectera l'entablement. Sur la façade extérieure de l'aile occidentale, des lucarnes sont couronnées du fronton arrondi qui se retourne en volute à la base, suivant un type imité des tabernacles de Donatello ou Michelozzo, et qui fut cher aux décorateurs français du xvie siècle à ses débuts. Dès 1515, une autre forme était apparue à Amboise, Bury, Azay-le-Rideau, et nous la retrouvons sur la façade extérieure de l'aile sud à Écouen : le gable de la lucarne flamboyante est épointé et devient un triangle curviligne, qui parfois est rompu par des ressauts.

« A la même époque, un type plus compliqué se constitue : une niche, surmontée d'un fronton, est reliée à des candélabres ou à des motifs plus complexes par des ailerons ou des consoles. La façade interne de l'aile occidentale d'Ecouen reproduit ce type employé à Blois et à Chenonceau. A Écouen, trois de ces lucarnes sont ornées d'un cuir ; ce décor était

CONGRÈS DE PARIS, II. ^3


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connu déjà des graveurs italiens ou allemands : il est exactement à la même époque abondamment employé à la Galerie François Ier, à Fontainebleau.

« Peu à peu s'affirme un goût plus prononcé de la régularité classique. Lorsqu'on étudie l'histoire de la Renaissance, on peut dater ce changement des années 1540 à 1545. C'est le temps où les Leprestre superposent leurs ordres à FontaineHenri, à l'hôtel d'Écoyille, où Bachelier débute à Toulouse, le temps où s'élèvent Bournazel, Graves, Suze-la-Rousse, Ancy-le-Franc, le temps où Philibert Delorme bâtit SaintMaur.

« Qui donc introduit à Écouen ce style nouveau? Il semble bien que ce fut Jean Goujon. Dans le Vitruve de Martin, paru en 1547, Goujon est dit « naguères architecte de Monseigneur « le connétable ». Avant 1540, Goujon avait, à Rouen, dressé les colonnes corinthiennes qui supportent les orgues de SaintMaclou et peut-être le tombeau de Brézé. On a attribué à Jean Goujon, sans preuve, mais avec vraisemblance, la porte de la chapelle d'Écouen. On constate ici le changement d'architecte : la voûte de la chapelle, avec ses branches d'ogives, est encore dans la tradition gothique ; la porte est classique : des oves décorent l'archivolte ; les colonnes sont cannelées et rudentées ; la frise est ornée de triglyphes, de bucranes, de patères. On a donné aussi à Jean Goujon la tribune de la chapelle que portent des consoles et que garnissent des colonnes ioniques, le bel autel, aujourd'hui à Chantilly, et dont la sculpture rappelle celle du jubé de Saint-Germain-l'Auxerrois, que conserve le Musée du Louvre. Goujon aurait dessiné les lucarnes de la façade intérieure de l'aile nord, dont les targes, les gousses et les foudres reproduisent les gravures publiées par cet artiste dans le Vitruve de Martin. A Goujon, il faudrait encore attribuer la cheminée de la Grande Salle, dont la figure de Victoire rappelle les divinités qui ornent la façade du Louvre. Toutefois, au moment où cet ensemble fut exécuté, Goujon semble n'avoir plus travaillé à Écouen : peut-être a-t-il donné les dessins que réalisèrent ses élèves.

« C'est à la même époque, entre 1542 et 1545, que furent peints les vitraux de la chapelle, où se remarque l'influence de


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l'école de Fontainebleau, et les quarante-quatre verrières de la galerie de Psyché, exécutées sur des cartons attribués à Michel Coxie et transportés à Chantilly.

« Jean Goujon avait cessé d'appartenir au Connétable avant 1547. Les comptes des Bâtiments du Roi citent en 1549 et 1550 le nom de Ch. Billart, maître maçon du Connétable. Nous ignorons quelle fut son oeuvre ; peut-être a-t-il commencé l'aile orientale, qui contint la galerie, où furent placés les vitraux de Psyché, déjà exécutés, et qui fut décorée par Niccolô del'Abbate, qui arriva en France en 1552.

« Jean Bullant apparaît ensuite ; la première mention de sa présence à Écouen date de 1556, ce qui ne veut pas dire qu'il ne fût pas là antérieurement. En 1561, il touche encore six cents livres. Palustre et Régnier avaient gratifié Bullant d'un nombre considérable d'oeuvres ; ils lui avaient attribué, dans la région, de multiples églises que la critique lui a enlevées. Elle est même allée plus loin et tendrait à ne voir en Bullant qu'un médiocre architecte, un imitateur de mauvais goût.

« Jean Bullant a écrit dans sa Règle d'architecture : « Mon« seigneur le Connétable m'a toujours occupé et entretenu « aux oeuvres de son château d'Ecouen. Afin de ne me con« sommer en oisiveté, d'autant que la plupart du temps me « restait sans autre occupation, je me suis employé à réduire « en grand volume cinq manières de colonnes. » On en a conclu que Jean Bullant n'avait presque rien fait à Écouen. Ce n'est nullement le sens de la phrase : il veut dire qu'il a travaillé seulement à Écouen et que, dans ses loisirs, il a composé son traité.

« Bullant semble bien avoir été à Écouen l'auteur des avantcorps plaqués sur les façades intérieures des ailes nord et sud et sur la façade extérieure de l'aile nord. Ces morceaux datent du règne de Henri II, comme le.prouve le croissant qui apparaît dans la décoration.

« L'avant-corps de l'aile nord sur la cour s'étale largement ; comme l'a indiqué M. Gébelin, il est destiné à masquer l'asymétrie des deux ailes, dont les axes, indiqués par les escaliers, ne coïncident pas. Les colonnes que sépare une niche surmontée d'un tableau, les médaillons ovales nous font penser aux


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avant-corps du Louvre que Lescot et Goujon venaient d'achever. Il n'est pas jusqu'aux frontons cintrés de l'attique du Louvre qu'on ne retrouve sur les lucarnes de cet avant-corps ; mais ici le style a quelque chose de moins aimable, de moins fleuri qu'au Louvre.

« L'avant-corps de l'aile sud est plus classique encore avec son ordre colossal, avec ses chapiteaux empruntés au Panthéon, avec sa frise ornée de trophées, avec ses niches, où prirent place les Esclaves de Michel-Ange, que Henri de Montmorency donna à Richelieu en 1632.

« L'avant-corps de la façade extérieure de l'aile nord est nettement adventice ; c'est le moins heureux : la progression verticale de ces baies de plus en plus grandes est contestable. A la même époque durent être exécutées les lucarnes Henri II de cette aile.

« Bullant semble l'auteur d'un dernier travail, aujourd'hui disparu : le pavillon d'entrée, que nous connaissons par Du Cerceau et qui fut démoli en 1787. Deux ordres superposés de colonnes accouplées soutenaient, comme à l'avant-corps d'Anet par Philibert Delorme, un troisième étage, orné ici de termes et que couronnait un arc en plein cintre abritant la statue équestre du Connétable. Cette disposition n'était pas sans rappeler certaines ordonnances de Du Cerceau. Bullant, à Écouen, s'inspire de Lescot, de Goujon, de Philibert Delorme, de Du Cerceau, c'est exact, mais on ne saurait sans injustice lui refuser le sentiment de la grandeur et la science des effets.

« C'est entre 1551, date où la couronne ducale fut concédée à Montmorency et où elle apparaît dans le décor, et 1560 que durent être aménagées la Grande Salle et les salles suivantes. Si la Grande Salle a conservé sa cheminée, ses volets, garnis de grisailles, plusieurs de ses serrures, elle a perdu sa décoration murale. Le beau carrelage, exécuté à Rouen par Abaquesne, a été dispersé. On en trouve des fragments à Cluny, à Anet. L'architecte Lejeune a tenté, au milieu du siècle dernier, de le reconstituer avec les éléments qu'il a pu réunir.

« Plusieurs autres salles possèdent encore leurs cheminées, décorées de peintures inspirées de la Bible et entourées d'ornements profanes. C'était le temps où Fontainebleau, Ancy-


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le-Franc recevaient une parure de fresques ; le Connétable fit appel à des artistes qui imitèrent ces illustres modèles.

« Anne de Montmorency aimait l'art italien ; il avait demandé au Rosso pour sa chapelle la Pietà, qui est au Louvre ; il réunissait en sa bibliothèque de beaux volumes et apprenait le stoïcisme dont il fit montre, lorsque, en 1567, atteint d'un coup de pistolet, à la bataille de Dreux, il mourait octogénaire en réconfortant ses amis.

« Le château demeura dans sa famille ; Louis XIII le confisqua, après la conspiration de Henri de Montmorency. Les Condé le possédèrent jusqu'à la Révolution. Napoléon Ier y fonda, en 1807, la maison d'enseignement de la Légion d'honneur, que dirigea Mme Campan et que protégea la reine Hortense. En 1814, les Condé rentrèrent à Ecouen. Le duc d'Aumale, qui hérita du dernier d'entre eux, se trouva posséder les deux plus fameux châteaux de Montmorency, Chantilly et Ecouen. Malheureusement, il dépouilla le second au profit du premier. En 1850, le Prince-Président rétablit à Ecouen la maison de la Légion d'honneur. »

Royaumont. — A Royaumont, M. Marcel Aubert expliqua comment déjà, peu avant sa mort, en novembre 1225, Louis VIII avait exprimé le désir de construire un monastère en l'honneur de la Vierge. En août 1228, Louis IX, dirigé par Blanche de Castille, achète le domaine de Cuimont et y établit une abbaye de Cisterciens. Les premiers bâtiments étaient terminés dès 1229. Au dire de Guillaume de Nangis, lorsque le roi venait au château d'Asnières, il se mêlait aux ouvriers et travaillait avec eux. La dédicace de l'église eut lieu le 19 octobre 1235. Saint Louis retourna souvent à Royaumont et ses fils et petits-fils y furent enterrés.

Les Cisterciens occupèrent jusqu'en 1791 l'abbaye, qui est maintenant la propriété de la. famille Gouin. Il ne subsiste plus que des ruines de l'église, mais le cloître, le réfectoire, la cuisine et une partie des bâtiments réguliers ont conservé, en dépit de quelques remaniements, leur caractère primitif.

Chantilly. — Après le déjeuner, qui eut lieu à Chantilly, et pendant lequel M. Deshoulières porta un toast à M. Marcel


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Aubert et lui exprima la gratitude de tous pour le dévouement qu'il apporte à la direction de la Société française, dont le Centenaire, célébré à cette heure, témoigne de la prospérité comme de son autorité scientifique, on se rendit au château.

Le château de Chantilly, ainsi que l'expliqua M. H. Malo, son érudit conservateur, a été construit de 1875 à 1881 par l'architecte Daumet pour le duc d'Aumale qui voulait y abriter ses admirables collections. Il remplace les demeures bâties par Mansart et Jean Aubert, à la fin du xvne siècle et au début du xvme siècle, et l'élégant château, élevé par Pierre Chambiges, de 1528 à 1532, pour le connétable Anne de Montmorency et où vécut le Grand Condé.

Les galeries intérieures sont éclairées par ctes vitraux provenant en partie du château d'Ecouen. Les salons sont ornés de tapisseries et de tableaux des plus grands maîtres. Le « Santuario » et la Bibliothèque renferment des portraits des Clouet, les quarante fameuses miniatures de Fouquet, provenant du Livre d'heures d'Etienne Chevalier, les Très riches Heures du duc de Berry, le Psautier d'Ingeburge, femme de Philippe-Auguste, et une magnifique collection de dessins et de manuscrits à miniatures. Dans la chapelle a été placé le monument du coeur de Condé par Jacques Sarrazin.

Près du château, les grandes écuries, construites par Jean Aubert de 1719 à 1740, constituent un des plus beaux exemples de l'architecture civile du xvme siècle.

Le château et le domaine ont été légués par le duc d'Aumale à l'Institut de France.

Senlis. —• La journée devait se terminer par la visite des monuments de Senlis sous la conduite de M. Marcel Aubert.

L'enceinte gallo-romaine est une des mieux conservées qui soit ; elle date de la fin du me siècle. On peut retrouver une partie de ses courtines et quelques-unes de ses tours.

Les arènes semblent remonter au me siècle.

Le château de Louis VI et de Louis VII est aussi en partie conservé.

La cathédrale Notre-Dame fut commencée en 1153 et sa construction se poursuivit lentement. Le choeur était très


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avancé en 1167-1168. La consécration eut lieu le 16 juin 1191. La décoration du portail occidental était alors terminée.

La flèche méridionale et le transept datent du xme siècle. Les chapelles furent ajoutées aux xive et xve siècles.

Un incendie, en juin 1504, eut pour conséquence la reconstruction des parties hautes de la nef et du choeur et l'élargissement des bas-côtés de la nef. Le transept fut reconstruit sur les dessins de Martin Chambiges.

Au nord, la salle capitulaire date de la fin du xive siècle.

L'église Saint-Frambourg ne fut reconstruite que dans la première moitié du xme siècle ; mais déjà, le 15 mai 1177, une ostension solennelle des reliques du saint avait eu lieu en vue de cette reconstruction.

A l'église Saint-Pierre, la nef, du xme siècle, est recouverte d'une belle charpente apparente du xve siècle. Le transept et le choeur datent du troisième quart du xme siècle, le fenestrage de l'abside ayant été refait au xvie.

La riche façade flamboyante remonte au premier quart du xvie siècle.

Le clocher, au nord, a une base romane surmontée d'un étage et d'une flèche construits en 1432.

La tour sud a été élevée, en 1615, par le cardinal de La Rochefoucauld.


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La matinée du mercredi 30 mai se passa dans la basilique de Saint-Denis, dont MM. Paul Vitry et Gaston Brière dirigèrent la visite.

Elu abbé en 1122, Suger songe aussitôt à rebâtir, en l'agrandissant, l'église qui abrite les reliques fameuses de saint Denis, conservées en cet endroit depuis le temps des Mérovingiens.

Les travaux sont entrepris en 1132 et, le 9 juin 1140, l'avantnef et la façade sont achevées. Le 14 juillet suivant, on commence la construction du choeur. Le 11 juin 1144, dans l'éclat d'une cérémonie à laquelle assistent le roi, la reine, de nombreux archevêques, évêques et abbés, a lieu la consécration de cet édifice qui marque le triomphe de l'art gothique.

Au xme siècle, saint Louis, qui a décidé d'abriter à SaintDenis les sépultures des rois de France, fait reconstruire la nef et le transept sur un plan plus vaste, et les parties hautes du choeur. Un document, découvert par M. Stein, montre que Pierre de Montreuil avait, en 1247, la direction des travaux, qui furent achevés en 1261.

Abandonnée à la Révolution, l'abbatiale fut restaurée, d'abord, de 1813 à 1846, par Debret, sur des principes critiquables, puis, de 1847 à 1879, par Viollet-le-Duc.

La crypte abrite encore les restes de Louis XVI, de MarieAntoinette, de Louis XVIII, du duc de Berry, et ceux de Louis VII.

Dans le transept et à l'entrée du choeur sont placés les tombeaux des rois de France et de quelques-uns de leurs meilleurs serviteurs. Les plus anciens remontent à la fin du xne siècle. Ils sont ornés de statues gisantes. Trois monuments sont plus importants : ce sont les tombeaux à dais de Louis XII, édifié, en 1531, par les Juste de Tours, de François Ier, par Philibert Delorme, Pierre Bontemps et Marchand, de Henri II et de


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Catherine de Médicis, par le Primatice et par Germain Pilon. Enfin, le choeur abrite l'enfeu de Dagobert, élevé par saint Louis et restauré au xixe siècle.

Les chapelles autour du choeur ont conservé des vitraux du xne siècle, restaurés sous la direction de Viollet-le-Duc et de Guilhermy. Dans la chapelle d'axe est placée une belle statue de Vierge, en marbre, du xive siècle, provenant de l'abbaye de Longchamp.

Le choeur contient des stalles du xve siècle, provenant de Saint-Lucien-lès-Beauvais, et d'autres du début du xvie siècle, provenant de la chapelle du château de Gaillon.

Hôtel Lambert. — Dans l'après-midi, grâce à la bienveillante autorisation de Mme la princesse Czartoriska, les congressistes furent admis à visiter l'hôtel Lambert, avec M. Hautecoeur, qui en a décrit ainsi l'architecture et le mobilier :

« Par son architecture, par sa décoration, par son histoire, l'hôtel Lambert est une des plus illustres maisons de Paris. Certains livres affirmaient jadis qu'il avait été bâti par Levau en 1630 ou 1632 ; ils commettaient une erreur d'une dizaine d'années.

« Louis Levau est né en 1612 ; son acte de décès (registres de Saint-Germain-l'Auxerrois) porte, en effet : « Ledict jour « 11 Octobre 1670 fut inhumé Messire Louis Levau âgé de « cinquante sept ans environ. » Comme son frère François, dit Levau le jeune, naquit en 1613, Louis avait donc vu le jour en 1612.

« Cette date prouve aussitôt qu'il n'a pu bâtir en 1630 ni l'hôtel Lambert ni l'hôtel de Bullion, rue Plâtrière, comme l'ont écrit plusieurs auteurs (1). Que ce dernier hôtel ait été élevé avant 1634, le fait est certain, car la galerie haute fut décorée par Simon Vouet en 1635 et la galerie basse par Blanchard, qui mourut en 1638 (2). Peut-être le père de Levau, Louis Ier, grand voyer et inspecteur général des Bâtiments du

(1) Lemonnier, Procès-verbaux de l'Académie d'architecture, t. I, p. 253 ; Châtelain, Fouquet, p. 350 ; Demonts, Bull, de la Soc. d'hist. de l'Art français, 1913, t. I, p. 580.

(2) Brice, Nouvelle Description, éd. 1725, t. I, p. 427.


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Roi à Fontainebleau, a-t-il travaillé à l'hôtel de Bullion et employé son fils, âgé d'une vingtaine d'années. Le père et le fils ne cessèrent d'habiter ensemble (1). Peut-être furent-ils occupés par Bullion à son château de Wideville (Seine-et-Oise), mais ce sont là de simples hypothèses. Un fait semblerait les justifier : Claude de Bullion avait dans ses bureaux Jean-Baptiste Lambert, fils d'un procureur aux Comptes. Le jeune homme passa ensuite chez Gaspard de Fieubet, trésorier de l'Epargne ; il devint son premier commis et acquit une énorme fortune. Or, le jour où J.-B. Lambert décida d'élever une maison, il fit appel à Louis Levau, qu'il avait pu connaître chez Bullion, et qui, semble-t-il, l'attira dans l'île Saint-Louis.

« Nommée l'île Notre-Dame, parce qu'elle appartenait au chapitre des chanoines, cette île avait été coupée en deux parties par un canal vers 1370. Ainsi s'égrenait le long de la Seine tout un chapelet d'îles : île Loubières ou Louviers, en face de l'Arsenal (aujourd'hui rattachée à la rive droite), île aux Vaches, île Notre-Dame, la Cité. Lorsque le Marais se fut peuplé sous Henri III, lorsque Henri IV eut fait bâtir la place Royale, les bacs semblèrent aux habitants un moyen de communication insuffisant. Christophe Marie, en 1608, proposa au Roi d'établir deux ponts, l'un sur le petit bras, l'autre sur le grand bras, qui auraient relié le quai des Ormes, l'île NotreDame et le quai de la Tournelle. Marie s'associa avec Poulletier et Le Regrattier. Ceux-ci comprirent aussitôt la valeur qu'allaient prendre les terrains de l'île, alors couverts par des pâturages souvent inondés et où ne se dressaient que de modestes guinguettes. Ils demandèrent au Roi de leur accorder, en échange de la construction des ponts, la propriété de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches. Les chanoines protestèrent aussitôt et firent valoir leurs titres. Après des années de procédure, le 6 octobre 1616, le Conseil consentit une rente et divers droits aux chanoines, mais autorisa les associés à lotir le terrain (2).

« Les ventes commencèrent en 1617 ; en 1622, l'île Notre(1)

Notre(1) Études de topographie parisienne, t. III, p. 113.

(2) Toute cette histoire a été racontée en détail par M. Dumolin dans ses Études de topographie parisienne, t. III.


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Dame était complètement lotie. Restait, à l'est, l'île aux Vaches, dont le canal avait été comblé. La construction d'un pont de pierre, qui prit le nom de son auteur, Marie, et qui fut achevé en 1629, facilita les ventes. Dès 1633, Le Ragois, sieur de Bretonvilliers, achetait un vaste terrain de 2,288 toises à l'extrémité de l'île aux Vaches et y faisait bâtir, vers 1637, par Jean Androuet Du Cerceau, un hôtel qui jouissait d'une vue admirable sur la Seine et qui fut une des demeures les plus célèbres de Paris.

« Les Levau, qui demeuraient alors quai des Célestins, pouvaient voir les bâtiments sortir de terre. Us durent vite comprendre l'intérêt que présentaient les terrains voisins de l'hôtel de Bretonvilliers, sis également à la pointe de l'île. Lorsqu'on connaît l'histoire de Louis Levau, on sait que ce grand architecte fut aussi un grand spéculateur ; l'affaire du collège des Quatre-Nations en est la preuve. Aussi, le 22 juillet 1638, Louis Levau, qui s'intitule déjà architecte du Roi, achetait un petit terrain triangulaire de quarante-huit toises et demie n° 3 du quai d'Anjou, alors appelé quai de Bellevue. Quelques mois plus tard, le 21 février 1639, Jean Guillemeau acquérait et le même jour cédait à son neveu, Jean-Baptiste Lambert, la parcelle voisine, mesurant 481 toises, et située à l'angle du quai et de la rue Saint-Louis. Lambert devait, par la suite, acheter plusieurs autres parcelles. Peut-être les Levau servirent-ils d'intermédiaires à Poulletier : Louis et François devinrent, en effet, propriétaires de plusieurs terrains .dans l'île, au fur et à mesure où Poulletier vendit ses lots, et Louis Levau bâtit sur cette partie de l'île Saint-Louis des hôtels pour plusieurs acquéreurs, Hesselin, Gruyn des Bordes (hôtel Lauzun), Giltier.

« Les travaux de l'hôtel Lambert commencèrent en 1640. Levau bâtit en même temps sa maison qui était voisine. Lorsqu'on connaît les habitudes des architectes de ce temps, on peut se demander s'il ne profitait pas ainsi des matériaux et de la main-d'oeuvre du grand chantier qu'il dirigeait. Il continua dans sa façade l'ordonnance de l'hôtel Lambert, soit, comme l'a écrit M. Dumolin, « par simple recherche de l'unité « de décoration, soit qu'il voulut, encore peu connu, mettre sa


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« signature sur la belle oeuvre voisine, soit qu'il pressentit que « sa demeure en deviendra tôt ou tard une annexe ».

« Levau, qui avait une trentaine d'années, voulut à l'hôtel Lambert réaliser une oeuvre nouvelle. S'il imita le plan général de l'hôtel de Bretonvilliers, c'est que la situation même lui imposait ce parti : il convenait de ménager la belle vue sur la Seine ; il fallait, à une époque où les procédés de chauffage étaient réduits, exposer le plus grand nombre de pièces au midi ; enfin, tout riche propriétaire exigeait alors une cour d'honneur, une cour des écuries, une galerie se détachant du corps de bâtiment et un jardin. Levau a su accorder toutes ces nécessités.

« Sur la rue Saint-Louis s'ouvre le portail qui conduit à la cour d'honneur, entourée, au rez-de-chaussée, des divers services, cuisine, office, salle du commun, chambres de domestiques. De chaque côté de l'escalier sont réservées des remises. Sous le bâtiment de la galerie furent disposées les écuries, qui donnent sur une cour et sur un passage aboutissant au quai.

« Les appartements sont situés au premier et au deuxième étage et dans un attique. Ils donnent, d'une part, sur la cour, de l'autre, sur le jardin qui est établi en terrasse, afin de dominer le mur de la propriété et de permettre la vue sur la Seine. Sous le bassin de ce jardin, une serre était installée. Les appartements, suivant l'usage du temps, sont disposés en enfilade, mais Levau a su les rendre indépendants, grâce à des escaliers et à'des antichambres qui les dégagent. Le plan est déjà plus souple que dans les hôtels antérieurs. L'aile de la galerie comprenait, au premier étage, une antichambre, qui existe encore, et une bibliothèque, qui a été divisée au xvme siècle ; au deuxième étage, une antichambre et la galerie d'Hercule. Audessus du passage des écuries, un cabinet des livres, transformé en chambre, était voisin de la bibliothèque ; au deuxième étage, sur la galerie, s'ouvrait la chapelle. La galerie se termine en tour ronde.

« L'architecture de Levau est faite d'éléments traditionnels et d'inventions. Il conserve les grands toits à la française, qui restent indépendants pour chaque corps de bâtiment. Comme Mansart, à Berny et à Blois, il allie les formes rectangulaires


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et les formes arrondies au fond de la cour. Il aime, comme ses devanciers, les moulures grasses, les ombres puissantes, mais il renonce au décor surabondant, héritage du baroque italien et flamand ; si Ton excepte le masque grotesque et les guirlandes de la porte d'entrée ou les feuillages qui ornent l'entablement sur le quai, ainsi que les pots de fleurs de l'attique, on verra que tous les motifs sont empruntés à l'architecture : refends, tableaux de pierre, corniches, balustres, entrelacs, grosses clefs unies, voilà le vocabulaire très simple dont usera Levau. Dans le bâtiment de l'escalier, les colonnes de la loggia sont des colonnes portantes ; elles reprennent le véritable rôle dont les avaient privées les décorateurs. Sur le jardin, Levau emploie l'ordre colossal, qui était apparu en France au xvie siècle, mais qui avait été un peu abandonné sous Henri IV et Louis XIII. Cet ordre, remis à la mode à cette époque et qui reparaît à l'hôtel d'Avau par Le Muet et à l'hôtel de Sourdiac, rue Garancière, sera cher à Levau, qui le reprendra au collège des Quatre-Nations.

« L'escalier est un des morceaux les plus nouveaux : au lieu des escaliers droits, avec murs d'échifîre et mur d'épine, logés à l'extrémité ou au centre du corps de logis, Levau installe son escalier dans un bâtiment spécial ; il en fait parade, il le laisse ouvert. Connaissait-il les escaliers en plein air des hôtels méridionaux? Et surtout il dessine un escalier, dont les rampes divergentes sont parallèles au mur du fond. Faute d'espace, il ne peut développer sa composition ; il doit, à partir du premier palier, se contenter d'une rampe ; nous n'en avons pas moins ici l'esquisse du futur escalier des Ambassadeurs à Versailles. Il n'y manque pas même la niche centrale. Cet escalier est couronné par une coupolette allongée qui apparaît au centre du balcon du dernier étage ; c'est le système décoratif des pièces à l'italienne qui sera appliqué à l'hôtel de Bizeuil et qui inspirera le dôme des Invalides!

« Nouvelle encore est la décoration. Levau fit appel à des artistes plus jeunes que lui : Lesueur, qui déjà peut-être habitait l'île Saint-Louis, était son cadet de quatre ans, Lebrun de sept ans. Ces deux peintres s'étaient connus dans l'atelier de Vouet.


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« Dans les grisailles qu'il a exécutées, Lesueur, qui n'avait jamais vu l'Italie, a montré un étonnant sentiment de l'antiquité : dans la niche de l'escalier, il a représenté un fleuve et une nymphe ; dans les vestibules de la bibliothèque et de la galerie, il a dessiné des figures assises, des trophées, des femmes qui tiennent des vases, des boucs qui dévorent des grappes de raisin, des instruments de musique, de faux basreliefs, où triomphent Bacchus, Cérès ou Vénus.

« Lesueur décora aussi le cabinet de l'Amour et le cabinet des Muses. Les estampes de B. Picart nous permettent de reconstituer ces ensembles dispersés depuis le xvme siècle. Dans le cabinet de l'Amour, van Swanevelt et Patel avaient peint des paysages et des pilastres ornés de grotesques, au-dessus d'une corniche qui coupait la pièce à mi-hauteur. Fr. Perrier, Romanelli et Lesueur avaient tiré les sujets de Y Iliade et de Y Enéide; ces oeuvres sont partagées entre le Louvre et le château de La Grange en Berry. Au plafond, Lesueur avait narré l'histoire de l'Amour en cinq tableaux, que conserve le Louvre. L'ordonnance de cette pièce, avec ses registres superposés, rappelait encore l'époque précédente. Au cabinet des Muses, la division est déjà plus harmonieuse : la cimaise réduit le rang inférieur de tableaux au rôle de soubassement ; les tableaux principaux sont mis en valeur par deux autres rangs de plus petite dimension. Le plafond du cabinet et les Muses sont au Louvre ; le plafond de l'alcôve, Diane sur son char, est demeuré à l'hôtel Lambert.

« L'étage supérieur en attique contient un cabinet des Bains, dont le plafond fut également l'oeuvre de Lesueur. Ce cabinet transformé aurait servi de bureau à Voltaire. Comme l'a très bien dit M. Rouchès (1) : « Lesueur se montre un précurseur ; « à la différence de ses contemporains, il a l'intuition d'un art « antique, supérieur par sa finesse à l'art romain, à peu près « seul connu et admiré à cette époque. Dans cette chambre des a Bains, il annonce de très loin le néo-classicisme qui se déve« loppera cent ans plus tard. »

« La galerie d'Hercule fut décorée en 1648 par Lebrun. De

(1) Rouchès, Lesueur. Paris, 1923, p. 41.


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belles colonnes corinthiennes flanquent la porte de la galerie ; des fenêtres cintrées s'ouvrent sur le jardin ; les soubassements sont ornés de motifs décoratifs qui annoncent déjà ceux du Louvre. Les trumeaux sont garnis de stucs imitant le bronze, oeuvre de Van Opstal ; en des cadres octogones ou ovales, soutenus par des amours, des nymphes, des chimères, des aigles et flanqués de trophées se détachant sur un fond mosaïque, Van Opstal a retracé l'histoire d'Hercule. Il est certain que l'esquisse de ce décor est due à Lebrun : on n'a pas remarqué qu'en 1641 Poussin avait projeté pour la galerie du Louvre des sujets semblables. Les stucs de Van Opstal ne sont pas sans rapport avec les dessins de Poussin conservés au Louvre. Or, Lebrun revenait de Rome, où, nous le savons, il avait connu et admiré Poussin. Il avait aussi pratiqué les Bolonais, comme le prouvent les peintures de la voûte. Lebrun se plaît à tous les trompe-l'oeil, à toutes les perspectives feintes de l'Italie. Des arcades ondulent, des architectures s'entr'ouvrent, des tapisseries semblent décrochées par le souffle d'un vent qui agite cent personnages. Les Centaures attaquent le demidieu ; Jupiter présente Hébé à Hercule et cette déesse paraît symboliser l'avènement d'un style nouveau, où les allégories célèbrent la jeunesse, la beauté et la gloire, où peintures et sculptures s'unissent à l'architecture, où les détails obéissent à l'ordonnance générale. Levau et Lebrun préludent ici à leurs grandes oeuvres de Vaux-le-Vicomte, du Louvre et de Versailles. L'hôtel Lambert est la préface du style classique, le lever de rideau du siècle de Louis XIV.

« Jean-Baptiste Lambert n'avait pu voir son hôtel achevé. Il était déjà fort malade lorsque, à Pâques 1644, il s'installa dans cette maison. Le 19 avril, il rédigea son testament : il instituait pour son légataire universel son frère Nicolas, grand maître des eaux et forêts de Normandie. Jean-Baptiste mourut le 22 décembre. Nicolas fit décorer l'hôtel, qui demeura dans la famille jusqu'au xvme siècle. En 1732, l'hôtel fut vendu à Mme Carton et à son gendre Dupin, receveur des finances à Metz et aïeul de George Sand. En 1739, il passa au marquis du Châtelet : Voltaire y fut son hôte ; il sut gratifier la marquise de joies éphémères et les deux époux d'une repu-


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tation diverse, mais durable. Dès 1745, un nouveau propriétaire, le financier Marin de La Haye, prenait possession de l'hôtel. Ses héritiers vendirent au Roi les oeuvres de Lesueur, Percier, Romanelli, Patel, Swanevelt. Au xixe siècle, l'hôtel fut acheté en 1809 par le comte de Montalivet et en 1842 par le prince Czartoriski. Il est, depuis près de cent ans, resté dans cette famille (1). »

Eglise Saint-Gervais. — A quinze heures, les congressistes se retrouvaient à l'église Saint-Gervais pour y entendre les explications de M. Maurice Dumolin, trésorier de la Société.

Cette église, une des plus anciennes de la rive droite et citée dès le vie siècle, a été reconstruite, telle que nous la voyons, de 1494 à 1621, dans le style du xve siècle. Sa célèbre façade, considérée au xvne siècle comme le chef-d'oeuvre du style classique (1616-1621) et attribuée à Salomon de Brosse, doit être de Clément Métezeau. L'église renferme de nombreuses et importantes oeuvres d'art, entre autres une curieuse chapelle de style Louis XIII, dont l'origine, restée inconnue et embrumée de légendes, a pu être établie récemment.

A la suite des explications de M. Maurice Dumolin, les Chanteurs de Saint-Gervais, sous la direction de M. Paul Le Flem, donnèrent un concert, où furent entendus les meilleurs morceaux de Couperin, tandis que l'orgue historique était tenu par M. Paul Brunold.

(1) BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE. — MARIETTE, L'architecture française, 1737, réédition L. Hautecceur, chez Van Oest, t. I, planches 138-143. Ces planches ont été reprises par J.-F. Blondel dans son Architecture française.

Bernard PICART, Les peintures de Charles Lebrun et d'Euslache Lesueur, qui sont dans l'hôtel du Châtelet, cy-devant maison du Président Lambert. Paris, 1740, in-fol.

R. HÉNARD et FAUCHIER-MAGNAN, L'hôtel Lambert. Paris, 1903.

VACQUIER, L'hôtel Lambert, dans la collection Les vieux hôtels de Paris. Paris, Contet, 1913, in-fol.

ROUCHÈS, Lesueur. Paris, 1923, in-8°.

H. JOUIN, Lebrun. Paris, in-4°.

DUMOLIN, Études de topographie parisienne, t. III. Paris, 1931.


RÉCEPTION A L'HÔTEL-DE-VILLE 401

RÉCEPTION A L'HÔTEL-DE-VILLE

Le même jour, à 18 heures, les membres du Congrès étaient reçus par la Municipalité de Paris, représentée par MM. Noël Pinelli, vice-président du Conseil municipal ; Bodereau, secrétaire général de la préfecture de la Seine ; Victor Bucaille, syndic des Conseils municipal et général ; Léon Riotor, conseiller municipal, vice-président de la Commission du VieuxParis, et de nombreux membres des deux Assemblées.

On remarquait la présence de MM. Georges Huisman, directeur général des Beaux-Arts ; Marcel Aubert, membre de l'Institut., directeur de la Société française d'Archéologie ; Màrius Chabaud, chef du bureau des Monuments historiques ; Deshoulières, directeur-adjoint de la Société française d'Archéologie ; Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, et George Outardel, secrétaires de la Société française d'Archéologie, secrétaires généraux du Congrès, et des personnalités suivantes : MM. Bischofî, conseiller de la Légation d'Autriche ; Paul Saintenoy, membre de la Commission royale des Monuments royaux, membre de l'Académie royale d'Archéologie de Belgique ; Mackeprang, docteur es lettres, directeur du Musée national de Copenhague ; Modesto Lopez Otero, membre du Conseil de la Culture nationale, membre de l'Académie des Beaux-Arts de San-Fernando et de l'Académie d'histoire, directeur de l'École supérieure de Madrid ; Théodore Mariner, conseiller d'ambassade (États-Unis) ; J.-E. Raby, C. B., F. S. A., secrétaire-adjoint du ministère des Travaux publics, et J.-S. Richardson, F. S. A., inspecteur des anciens Monuments d'Ecosse (Grande-Bretagne) ; Georges Oeconomos, directeur en chef des Services d'antiquités helléniques, et Balanos, conservateur de l'Acropole d'Athènes ; Sigurd Curman, de l'Académie royale de Suède, directeur des Antiquités au royaume de Suède; Albert Naef, architecte, CONGRÈS DE PARIS, II. 26


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président de la Commission fédérale des Monuments historiques à Lausanne ; le professeur docteur Joseph Cibulka, professeur d'archéologie chrétienne à l'Université de Prague ; Kadri, inspecteur général de l'Instruction publique des élèves et étudiants de la région parisienne (Turquie) ; Rossi, inspecteur général des Beaux-Arts, de l'Institut de coopération intellectuelle (Italie) ; Abd el Ranman-Hakki, premier secrétaire de la Légation d'Egypte ; Mohsen Moghaddam, ancien professeur de l'École des Beaux-Arts de Téhéran ; Etienne Michon, membre de l'Institut, conservateur des Musées nationaux, délégué de M. le Ministre de l'Éducation nationale ; Adrien Blanchet, membre de Y Institut, délégué de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Dumolin, membre de la Commission du Vieux-Paris, trésorier de la Société française d'Archéologie ; Jules Formigé, architecte en chef des Monuments historiques, délégué de la Société centrale des Architectes.

M. Noël Pinelli, vice-président du Conseil municipal, a pris le premier la parole en ces termes :

« MESSIEURS,

« Laissez-moi tout d'abord vous dire combien nous sommes heureux et flattés de recevoir en notre Maison les membres de la Société française d'Archéologie et leurs invités étrangers, ainsi que les administrateurs et les personnalités éminentes appartenant au Service et à la Commission des Monuments historiques.

« Ne pouvant, à mon vif regret, les saluer tous et toutes individuellement, je vous demanderai, Messieurs, la permission d'honorer l'ensemble de nos hôtes en la personne de M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie, en celles de M. Georges Huisman, directeur général des BeauxArts, de M. Marius Chabaud, chef du Service des Monuments historiques, et de MM. les inspecteurs généraux Paquet et Jean Verrier, avec lesquels nos bureaux entretiennent de si fréquents, de si excellents rapports.

« En fêtant conjointement le double Centenaire de votre Société et de votre Service, vous avez, Messieurs, illustré d'une façon symbolique à la fois l'ancienneté de vos institutions et l'heureuse union de vos efforts. Ceux-ci se proposent, en effet, avec des moyens différents, des objectifs voisins : protéger le patrimoine architectural et artistique qui nous vient de nos ancêtres et déchiffrer ce que furent ceux-ci par l'étude de ce qu'ils nous ont laissé.


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« Notre Hôtel-de-Ville ne saurait, hélas ! avoir l'ambition d'offrir à votre curiosité érudite des vestiges dignes de retenir longtemps par eux-mêmes l'attention de ces explorateurs du passé lointain que sont les archéologues. Ils n'y trouveraient évidemment pas de ces témoins consacrés par le temps, miraculeusement préservés des injures des siècles et des hommes, grâce auxquels ils reconstitueraient idéalement, avec l'architecture des époques révolues, le secret des moeurs et des institutions de nos prédécesseurs les plus éloignés. Notre Maison, dans son état actuel, n'a que cinquante ans d'existence : c'est bien peu, disons-le, pour des savants habitués à compter par siècles et par millénaires.

« Mais tel qu'il est, construit sur l'un des emplacements les plus chargés en souvenirs qui soient en notre Ville et en notre pays, sur un emplacement où la vie municipale de notre Cité bat depuis près de six siècles, par le parfum d'histoire qu'on y respire, par les grands faits de nos annales locales qu'évoquent ses fresques et ses tableaux, cet Hôtel-de-Ville a pourtant, je le crois, de quoi intéresser les hôtes de marque qu'il accueille aujourd'hui.

« Ne nous trouvons-nous pas ici, Messieurs, au coeur, au centre géographique et spirituel de ce Paris qui est une synthèse de la Nation, qui demeure homogène dans son infinie diversité, de ce Paris dont le caractère, bien différent de celui que d'aucuns lui attribuent, résulte d'une très longue expérience et qui, suivant les paroles de Paul Valéry, « dans un espace de trois cents ans a été « deux ou trois fois à la tête de l'Europe, deux ou trois fois conquis « par l'ennemi, le théâtre d'une demi-douzaine de révolutions poli« tiques, le créateur d'un nombre admirable de renommées, le des« tructeur d'une quantité de niaiseries, et qui appelle continuelle« ment à soi la fleur et la lie de la race, s'est fait la métropole de « diverses libertés et la capitale de la sociabilité humaine ».

« Pour nous conduire à travers les allées de cette histoire lumineuse et remonter à ses sources lointaines, quels guides plus diserts et plus clairvoyants que vous pourrions-nous rêver d'obtenir? N'êtes-vous pas parmi les plus sûrs amis de cette Cité, dont vous avez contribué à révéler les origines les plus reculées, à mettre au jour les reliques les plus antiques, à protéger le patrimoine d'art et de beauté contre les déprédations des Vandales, les injures impies des Bandes noires, les atteintes malfaisantes des ignorants?

« Nous en avons la pleine conscience, et ce m'est une joie, Messieurs, de pouvoir vous exprimer en ce jour combien les travaux de la Société française d'Archéologie, les efforts du Service des Monuments historiques sont toujours suivis avec intérêt par nos collègues. Notre Assemblée, qui compte dans son sein tant d'esprits érudits, qui s'honore d'avoir pour collaborateurs administratifs des fonctionnaires infiniment distingués, apporte, vous le savez, une attention passionnée à tout ce qui touche à la conservation de ses monu-


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ments et de ses sites. Nous possédons, d'ailleurs, dans la Commission du Vieux-Paris, un organisme d'études dont nous nous montrons légitimement fiers et dont les conseils et les suggestions obtiennent toujours l'audience que l'on doit aux avis dictés par la science et par le bon goût.

« Cette grande Commission, si précieuse à la Municipalité parisienne, est née, comme votre Société, d'un élan de tendresse pieuse pour les trésors de notre passé. Sa sollicitude s'étend non seulement aux vestiges monumentaux de l'art, qu'elle étudie comme vous, à l'exploration du sous-sol par des fouilles méthodiques dont elle a seule la charge et la responsabilité à Paris, mais encore à tous les humbles témoins plus menacés des temps anciens si chers à nos coeurs, aux aspects traditionnels, familiers ou grandioses, de notre vieille Cité, qui sont une si large part de son charme et de son prestige. Toujours sur la brèche, à l'avant-garde de la croisade contre le vandalisme, elle s'honore de conquêtes nombreuses sur l'indifférence, comme de la chaude sympathie de l'opinion éclairée, et elle est fière de compter dans son sein, après les Lefèvre-Pontalis, les André Hallays, les Camille Jullian, trop tôt disparus, les Marcel Aubert, les Adrien Blanchet, les Etienne Michon, les Paul Léon, les Dumolin, qui sont des vôtres.

« Instruits par les travaux de la Commission du Vieux-Paris, nous vous savons gré, Messieurs, de tous les « sauvetages » que vous avez déjà tentés et réussis. Je ne peux pas songer, à cet égard, à dresser ici le double bilan de votre activité d'un siècle. Toute une législation, d'abord, est due en grande partie à votre inlassable persévérance ; les lois du 30 mars 1887, du 31 décembre 1913, du 31 décembre 1921 du 23 juillet 1927 et bien d'autres textes encore ont été votés en liaison avec vous et bien souvent sur votre initiative. Cette législation protectrice — qu'on pourrait souhaiter, d'ailleurs, bien plus complète encore — a déjà permis de restaurer, de consolider, d'entretenir un grand nombre de monuments menacés de ruine et d'arrêter au dernier moment le bras de démolisseurs sacrilèges.

« Mais, jusqu'à l'aube du siècle dernier, on n'avait paru accorder qu'un assez mince intérêt à la conservation des monuments d'autrefois. Au rebours de ces contemporains de Louis XI qui, s'il faut en croire la phrase fameuse d'un drame de cape et d'épée, avaient la pleine conscience d'être des « gens du moyen âge », nos ancêtres plus rapprochés semblèrent ignorer tout à la fois qu'ils appartinssent à des temps historiques et que les témoignages du génie architectural de leurs pères pussent avoir une valeur certaine pour leurs petits-enfants. Aussi, démolissaient-ils sans vergogne. Le Romantisme tomba dans l'excès contraire. Une fièvre restauratrice s'étendit sur tout le pays, d'authentiques ruines branlantes se convertirent en bâtisses toutes neuves ; ce fut une éclosion splendide,


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mais trop généreuse, de châteaux médiévaux, une extraordinaire orgie de pignons, de créneaux, de mâchicoulis et d'échaugùettes.

« Nous sommes revenus à une conception plus modeste et plus sage. Nos architectes, judicieusement guidés par le Service des Monuments historiques et par ses distingués inspecteurs, consolident aujourd'hui plus qu'ils ne restaurent et restaurent plus qu'ils ne reconstruisent. Les Services techniques régionaux et locaux obéissent à vos prescriptions, et ils font, dans l'ensemble, un assez équitable partage entre le respect que l'on doit au passé et les exigences de l'hygiène, de l'urbanisme et du progrès.

« A cet égard, c'est avec une joie véritable que je soulignerai l'entente parfaite qui règne depuis plusieurs années et pour toujours, je l'espère, entre le Service des Monuments historiques et les' Services administratifs et techniques de la Ville de Paris : Commission du Vieux-Paris, Directions de l'Architecture et des Beaux-Arts.

« C'est surtout depuis 1878 que la Ville de Paris s'est préoccupée de la surveillance et de la sauvegarde des objets d'art conservés dans les édifices publics et notamment dans les églises. A cette date parut le premier volume de VInventaire des richesses d'art de la Ville de Paris, précieuse publication qui se poursuivit pendant plus de dix ans et dont 1 utilité devait notamment se manifester dans les circonstances que vous me permettrez de rappeler.

« Lorsque, au moment de la séparation des Églises et de l'État, on chercha à assurer aux objets ornant les édifices du culte la protection des lois sur les monuments historiques, un arrêté ministériel du 20 février 1905 classa globalement toutes les oeuvres émimérées à notre Inventaire des richesses d'àrl. Et c'est de là que datent, en ce qui concerne les objets d'art, les débuts d'une collaboration amicale qui s'est resserrée chaque jour depuis lors entre les services de la Ville et ceux de l'État. C'est ainsi que les projets établis par les soins de la Ville sont soumis à la Commission des Monuments historiques, laquelle, après approbation, en autorise l'exécution. Celle-ci est faite ensuite par les architectes municipaux, sous le contrôle de l'Inspection générale des Monuments historiques. On ne peut pas, je crois, imaginer action commune plus parfaite.

« Il ne saurait être question pour moi d'énumérer ici toutes les opérations qui ont été poursuivies ainsi conjointement par la Ville et par l'État.

« Permettez-moi seulement de rappeler les plus récentes, celles accomplies dans ces six dernières années.

« Ce sont d'abord les importants travaux de réfection et de consolidation exécutés aux églises de Saint-Étienne-du-Mont, SaintNicolas-du-Chardonnet, Saint-Sulpice, Saint-Paul-Saint-Louis, à la Tour Saint-Jacques et dans beaucoup d'autres édifices.

» Ce sont ensuite les travaux de remise en état de la coupole


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peinte de l'église de l'Assomption conduits avec la chaleureuse collaboration de notre distingué collègue M. Lefébure. Ils ont permis de faire réapparaître une magnifique fresque de Charles Delafosse, élève de Lebrun, un des plus étonnants morceaux des grandes peintures religieuses de la fin du xvne siècle.

« A Saint-Merri, les essais d'assèchement des murs de la chapelle Nord, peinte par Chassériau, autorisent l'espérance que l'on sauvera définitivement ces peintures si importantes.

« A Saint-Eustache, un grand tapis de la Savonnerie du xvme siècle, abandonné dans une resserre, a été réparé par les ateliers des Gobelins et exposé dans l'église, dont il forme aujourd'hui l'un des plus magnifiques ornements.

« Toutes ces opérations ont été conduites avec un plein succès, grâce, je le répète, à l'esprit amical qui a présidé aux rapports des administrations des Beaux-Arts de l'État et de la Ville et à l'affabilité réciproque de l'Inspection générale et des architectes divisionnaires.

« Mais ce n'est pas seulement à l'exécution des travaux que s'est bornée la collaboration de l'État et de la Ville ; elle s'est aussi étendue à la mise en valeur et à la sauvegarde de nombreux monuments, de l'Hôtel de Sens, du Domaine de Sceaux, des Remparts de Philippe-Auguste, de la Fontaine des Haudriettes, où des solutions heureuses ont été trouvées, qui ont permis de conserver à Paris ces précieux témoins de son histoire, sans nuire à son développement.

« Enfin, en ce moment même, nos administrations établissent tout un programme de remise en état des oeuvres d'art ornant les églises (peintures, sculptures, boiseries, orfèvrerie), programme qui sera doté sur les importants crédits mis par notre Assemblée à la disposition de la Direction des Beaux-Arts de la Ville pour faire travailler les artistes et artisans en chômage.

« J'en ai assez dit, je pense, Messieurs, pour illustrer combien vous avez de titres à notre reconnaissance de Parisiens et de Français, et combien nous nous associons à vos travaux.

« S'il est vrai que les Maîtres grecs, qui couronnèrent d'impérissables monuments leurs collines sacrées, ont atteint à la perfection par la pureté des lignes, il appartenait à l'art français, à nos tailleurs d'images, à nos bâtisseurs de cathédrales; à nos constructeurs de palais, de « communiquer à la pierre des frissons d'humanité ». Vous vous êtes institués les gardiens vigilants de ce patrimoine, vous en avez traduit pour nous le sens profond, vous nous en avez parfois révélé l'inestimable valeur. Vous avez ajouté à la fierté que nous avons d'être ce que nous sommes, l'orgueil de nous sentir les héritiers d'une longue tradition d'art et de beauté. De tout coeur, et au nom de la Cité reconnaissante, soyez-en félicités et remerciés. »


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M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie, a répondu en ces termes :

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT, « MONSIEUR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, « MONSIEUR LE DIRECTEUR GÉNÉRAL, « MESSIEURS,

« En cet instant qui nous réunit dans ces salons de l'Hôtel-deVille de Paris, où nous sommes accueillis avec une bienveillance dont nous sentons tout le prix, je ne puis m'empêcher d'évoquer la réception que nous firent, au lendemain de la guerre, lors de notre Congrès de Paris, ici même, le 16 mai 1919, M. Louis Rollin, viceprésident du Conseil municipal, et M. Aubanel, secrétaire général, représentant M. le préfet Autrand.

« Mon cher maître Lefèvre-Pontalis avait exprimé les sentiments de fierté et de reconnaissance que nous éprouvions alors et dont nous renouvelons l'expression à ceux qui, au nom du Conseil municipal, du Conseil général et de la Ville de Paris, nous reçoivent aujourd'hui. Notre Société est née, il y a cent ans, à Caen, mais notre fondateur, Arcisse de Caumont, l'avait voulue « française » et non « provinciale » ou « régionale », et lorsque Lefèvre-Pontalis ramena à Paris le siège social, il marqua simplement d'une manière effective la nécessité où était une Société, dont les soins s'étendent à toute la France, d'avoir son centre dans la capitale de la France.

« Nos rapports avec la Ville de Paris sont d'ailleurs fréquents et cordiaux. Le président de la Société a l'honneur de faire partie, depuis longtemps déjà, de la Commission du Vieux-Paris, que président MM. Riotor et d'Andigné, et dont notre inspecteur de la Seine, M. Debidour, est l'âme, et nous pouvons reconnaître autour de la grande table, où se pressent conseillers, hauts fonctionnaires, archéologues et architectes, plusieurs des nôtres : Etienne Michon, Adrien Blanchet, Vitry, Brière, Pierre Paquet, le docteur Vimont, dont vous connaissez la belle publication sur l'église et la paroisse de Saint-Leu-Saint-Gilles, et notre trésorier, Maurice Dumolin, dont le Guide à travers le vieux Paris, qu'il écrivit en collaboration avec le marquis de Rochegude, et les trois volumes de Topographie parisienne sont des modèles de science et d'érudition. Bientôt paraîtra, dans la collection des Églises de France que je dirige, avec l'aide de Jean Verrier et de René Planchenault, le volume des Églises dé Paris et de la Seine, oeuvre de Maurice Dumolin et de notre secrétaire général, George Outardel.

« Bien d'autres études des monuments parisiens ont été publiées par nos confrères : je ne puis que citer ici les beaux travaux de M. Maurice Fenaille, de MM. Henri Stein, Jacques Meurgey, Jean


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Verrier, Hautecoeur, Verne, Paul Vitry, Hourticq, Monmarché, Jules Roussel, A. Bléry, Paul Deschamps, qui vient d'organiser, avec une énergie et une science dont nous ne saurions trop le féliciter, la belle exposition de la Passion dans l'art, à la Sainte-Chapelle et au Musée du Trocadéro, de MUes Denise Jalabert, Arrivot, Jourdan, Henriette Grenet ; combien d'autres encore.

« Je veux seulement citer à part le plus parisien de tous les livres sur Paris, le volume de mon camarade d'école, de quelques années plus jeune, confrère déjà ancien de la Société, notre directeur général des Beaux-Arts, Georges Huisman, Pour comprendre les monuments de Paris, dont il m'a donné un exemplaire précédé d'une dédicace qui en double pour moi le prix. Et je ne veux pas oublier le rôle si bienfaisant qu'exerça pendant plusieurs années, modestement, mais avec une ardeur passionnée, une des nôtres, Mme Jouhannaud.

« Il me faudrait rappeler encore les noms des membres de la Société française d'Archéologie qui, dans les Sociétés savantes, la Société d'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, la Société d'Iconographie parisienne, les Sociétés d'arrondissement, font connaître les monuments parisiens, ou qui s'emploient à en protéger la beauté, comme la Sauvegarde de l'Art français, que dirige, avec le duc de Trévise, la marquise de Maillé, elle aussi membre de notre Société depuis le jour où elle s'est consacrée, avec le dévouement que l'on sait, aux monuments du passé.

« Chaque année, nous visitons des églises, des hôtels, des monuments parisiens, et nous avons pu admirer le soin que prend la Ville de Paris de ses trésors d'art. Un programme très important a été dressé par M. Darras et M. Martzloff, de concert avec ceux qui ont la charge de veiller sur ces trésors, et avec l'aide des inspecteurs généraux Paquet et Verrier et de quelques autres, dont j'étais : une partie de ce programme a déjà été exécutée et le reste suivra sous peu. Les architectes de la Ville — je puis en apporter le témoignage personnel — sont recrutés avec le même soin, le même souci d'associer la nécessité de faire vivre les monuments à la volonté de conserver leur caractère ancien, que les architectes des Monuments historiques, et la meilleure entente règne entre les Services, dé I'Hôtel-de-Ville et ceux de la rue de Valois, pour le plus grand bien des monuments et des oeuvres d'art. C'est un résultat auquel nous applaudissons de tout coeur.

« Messieurs, je voudrais, en terminant, vous assurer de la colla'boration active et dévouée de la Société française d'Archéologie dans votre oeuvre de protection et de conservation des monuments et oeuvres d'art de Paris, et vous dire la reconnaissance que nous vous avons de tout ce que vous avez fait pour embellir notre Congrès, même le soir où, grâce à M. Giraud, les monuments de la Ville sont brillamment illuminés, et je vous remercie de nous avoir permis de terminer dans l'Hôtel-de-Ville, le coeur de Paris, les fêtes de


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notre Centenaire, commencées tout près d'ici, à la Sorbonne et à Notre-Dame, l'intelligence et l'âme de notre Cité. »

Enfin, M. Huisman, directeur général des Beaux-Arts, a prononcé les paroles suivantes :

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT,

« MONSIEUR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL,

« MESDAMES,

« MESSIEURS,

« Permettez-moi tout d'abord de vous apporter les excuses et les regrets de M. le Ministre de l'Éducation nationale, que ses occupations ont empêché de venir à l'Hôtel-de-Ville. S'il était présent, il apprécierait infiniment la manière si affectueuse et si cordiale de M. le Président du Conseil municipal, de M. le Syndic et de tous les membres de l'Assemblée municipale à l'égard de nos congressistes.

« De toute évidence, la manifestation constituée par notre Congrès n'eût pas été complète si elle ne s'était achevée à l'Hôtel-deVille de Paris. Commencée à Notre-Dame, poursuivie archéologiquement à l'hôtel Lambert et à Saint-Gervais, elle se devait de finir en cette Maison.

« Tout à l'heure, M. le président Pinelli était-trop modeste lorsqu'il disait que cet Hôtel-de-Ville n'est pas assez ancien pour intéresser les archéologues. Je ne vous apprendrai rien, Monsieur le Président, en vous disant que les archéologues savent tous que l'Hôtel-de-Ville a été édifié sur des plans de la Renaissance, et je vous prie de croire qu'ils apprécient avec reconnaissance ce que la Ville de Paris a fait à travers les siècles pour servir les arts et défendre la cause des monuments que nous aimons.

« Vous avez bien voulu, Monsieur le Président, vous féliciter de la collaboration très cordiale qui préside aux rapports des services de la Ville et de ceux de l'État. Je vous demande la permission d'illustrer votre déclaration par une preuve toute récente.

« Hier, mon ami M. Raymond Escholier est venu, me trouver pour me demander si la caisse des Monuments historiques ne pourrait s'associer aux efforts de la Ville de Paris et de quelques généreux mécènes pour sauver ce Fragonard qui risquait de partir loin de Paris et de quitter à jamais notre pays. Son appel a été entendu et une participation aussi importante que possible a été mise à la disposition de M. Raymond Escholier. Voilà une preuve de plus de la liaison constante et cordiale qui existe entre la Ville de Paris et la Direction des Beaux-Arts.

« Et je souhaite que nous ayons bientôt l'occasion d'affirmer cette collaboration intime avec plus de force encore, lors de l'Exposition de 1937, dont les préparatifs doivent commencer incessamment.


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Vous voyez, Monsieur le Président, que nous ne demandons qu'à travailler avec vous en toute sympathie et en parfait accord.

« Permettez-moi de vous dire encore merci au nom de la Direction générale des Beaux-Arts et de vous' assurer que les congressistes, étrangers et français, conserveront un souvenir durable et reconnaissant des paroles que vous avez bien voulu tout à l'heure leur adresser et de l'accueil si sympathique qu'au nom de Paris vous leur avez réservé dans votre Hôtel-de-Ville. »

Après ces discours, les hôtes de la Municipalité ont été invités à apposer leur signature sur le Livre d'or de la Ville de Paris.

La réception s'est terminée par la visite des salons.


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BANQUET

Le mercredi 30 mai, à 20 heures, un banquet réunissait plus de deux cents membres du Congrès autour de tables dressées dans les salons de l'hôtel Crillon.

On y remarquait : MM. Huisman, directeur général des Beaux-Arts ; Paul Léon et David Weill, membres de l'Académie des Beaux-Arts ; É. Michon, Blanchet et Marcel Aubert, directeur de la Société française d'Archéologie, membres de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; Pinot et Bucaille, syndic de la Ville de Paris, membres du Conseil municipal ; les délégués des gouvernements étrangers ; Deshoulières, président de la Société nationale des Antiquaires de France, directeur-adjoint de la Société française d'Archéologie ; Pontremoli, directeur de l'École des Beaux-Arts ; Maringer, président du Conseil d'administration de la Caisse des Monuments historiques ; Tardit, président de section au Conseil d'État ; Pol Neveux, président de la Commission des antiquités et objets d'art; Chabaud, chef du Bureau des Monuments historiques ; Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, et George Outardel, secrétaires généraux de la Société française d'Archéologie ; Maurice Dumolin, membre de la Commission du Vieux-Paris, trésorier de la Société française d'Archéologie ; Mmes Huisman, Marcel Aubert, É. Michon, Verne, Maurice Dumolin ; Mlle Laurent, secrétaire de la Commission des Monuments historiques, etc.

Des toasts furent tour à tour prononcés : M. Huisman célébra l'association des deux Centenaires du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie et, en des termes émus, évoqua l'un des directeurs de cette dernière, Eugène Lefèvre-Pontalis, qui avait peut-être le plus contribué à l'étude et au sauvetage des monuments placés sous la protection du Service des Monuments historiques. M. Marcel Aubert remercia tous ceux qui avaient honoré le


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Congrès de leur présence, l'avaient organisé et en avaient assuré le succès.

Au nom des gouvernements étrangers, MM. Saintenoy et Borchgrave d'Altena témoignèrent leur admiration pour les édifices de la France. M. A. Blanchet et M. Paul Léon associèrent les Académies des Inscriptions et Belles-Lettres et des Beaux-Arts à cette manifestation de l'érudition et de l'art.

Nous aurions voulu pouvoir reproduire ces discours ; malheureusement, il ne nous est possible que de publier une partie de celui de M. Paul Léon.

Le directeur honoraire des Beaux-Arts, après avoir dit dans quelle estime son Académie tient le Service des Monuments historiques et la Société française d'Archéologie, ajouta :

« Au temps où votre fondateur, le jeune Arcisse de Caumont, dans l'audace de ses vingt ans, s'en vint de Caen à Paris pour solliciter l'appui de l'illustre Compagnie, se risquant jusqu'en l'olympe de Quatremère de Quincy, le vieux secrétaire perpétuel, de qui l'âge n'avait calmé ni les ardeurs ni les haines, répondit à ses instances en faveur de l'art gothique par ces seuls mots dont il scandait et réitérait son refus : « proies sine maire, ce n'est qu'un enfant sans « mère ». Et, sur les ruines éparses du Musée des Augustins, où, pendant quelques années, la France avait communié au berceau de ses origines, il avait fait édifier la nouvelle École des Beaux-Arts, consacrée au dogme antique. Mais la Providence veillait. Pour une fois, elle emprunta la forme administrative. Dans cette École, désormais confiée aux mains paternelles, rêvait, à l'ombre des portiques, un enfant, qui devait plus tard illustrer et mettre en honneur l'histoire et l'art du moyen âge, le jeune Prosper Mérimée.

« Aujourd'hui que le Service des Monuments historiques, né autrefois sur les ruines de notre Révolution, vient d'atteindre son centenaire sur celles de la guerre mondiale, le moment n'est-il pas venu de rendre à ses fondateurs une justice retardée par tant de vaines querelles et de stériles controverses. Entre gothiques et classiques, que d'attaques, que de violences, où les idées jouaient souvent un bien moindre rôle que les hommes, victimes d'un exclusivisme qui leur faisait tantôt brûler, tantôt adorer le passé. Depuis, nous avons su apprendre et nous avons su oublier. Il n'est plus aujourd'hui d'époque qui soit prescrite ou proscrite. « Il est plus « d'une demeure dans la maison de mon père », nous rappelle l'Écriture sainte. Il en est plus d'une aussi au paradis des architectes. Nous y plaçons au même rang le Parthénon et Notre-Dame. Sur les


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murs de notre École, nous avons, en votre honneur et pour notre enseignement, reconstitué le Musée de nos Monuments français, des grottes peintes de la Vézère aux théâtres d'Arles et d'Orange, à la cathédrale de Reims et au Palais de Versailles. Selon la parole de Bailly, saluant à la Constituante les trois Ordres réunis pour former une nation : la famille est au complet.

« Souhaitons que le second siècle, libéré de tant d'épreuves qui ont assombri le nôtre, permette à nos descendants de travailler d'un même coeur pour une aussi riche moisson. »


COMPTE DES RECETTES ET DÉPENSES

EXERCICE 1934

RECETTES :

Arrérages de la réserve 2,508 fr. »

Id. du legs Caumont 540 >'

Id. du legs Poullain. . ; 904 »

Id. du legs Travers 35 »

Id. du legs Mareuse 80 »

Id. du legs Lefèvre-Pontalis 115 »

Id. du fonds des Fondateurs 4,733 06

Cotisations arriérées 150 »

Id. 1932 150 »

Id. 1933 700 »

Id. 1934 78,330 »

Supplément versé par les étrangers 470 »

Droits d'adhésion 860 »

Bulletin Monumental, 1932 : . . . . 50 »

Id. 1933 350 »

Id. 1934 31,625 »

Congrès du Centenaire 130,845 »

Subvention pour le Centenaire 50,000 »

Excursions et conférences 2,460 »

Vente de volumes 6,027 05

Vente de Table 300 »

Médailles (dons) 340 »

Intérêt des fonds disponibles 9,229 24

Solde du compte au 31 décembre 1933 241,467 24

TOTAL 562,268 fr. 59

DÉPENSES :

Frais de recouvrement 300 fr. 10

Frais d'administration 7,782 »

Congrès du Centenaire et subvention (1) 180,845 »

Excursions et conférences 4,470 45

Volume de Nancy 47,599 50

Bulletin Monumental, 1934 24,273 50

Médailles 1,449 30

Remise de l'épée du Directeur 9,268 15

Versement statutaire réserve 1,000 »

Solde du compte au 31 décembre 1934 285,280 59

TOTAL 562,268 fr. 59

(1) Non soldé, les souscriptions et subvention s'appliquant aux volumes du Centenaire.


COMPTE DES RECETTES ET DÉPENSES 415

Comptes hors budget.

1° Fondateurs.

RECETTES :

Solde reporté de 1933 4,100 fr. 70

Rachats de cotisations et don 5,000 »

Remboursement de valeurs 2,858 91

TOTAL 11,959 fr. 61

DÉPENSES :

Achat de valeurs 5,764 fr. »

Solde à reporter 6,195 61

TOTAL. 11,959 fr. 61

2° Réserve.

RECETTES :

Solde reporté de 1933 2,033 fr. 87

Versement statutaire de 1934 1,000 »

TOTAL 3,033 fr. 87

DÉPENSES :

Achat de valeurs 2,035 fr. 57

Solde à reporter 998 30

TOTAL 3,033 fr. 87

3° Legs Le Sénécal.

Solde reporté de 1933 507 fr. 80

Arrérages 147 »

SOLDE A REPORTER 654 fr. 80

4° Fonds des Fouilles.

Solde reporté de 1933 .' 35 fr. 40

Arrérages •• 92 a

SOLDE A REPORTER 127 fr. 40

Le Trésorier : Maurice DUMOLIN.



TABLE DES MATIÈRES

DU TOME II

Historique de la Société française d'Archéologie (1834-1934), par M. F. Deshoulières 9

Les émules de la Société française d'Archéologie, par M. Maurice Dumolin 55

Un siècle d'archéologie protohistorique, par M. Raymond Lantier 85

L'archéologie gallo-romaine, par M. Adrien Blanchet 127

Les études d'archéologie du moyen âge en France, de 1834 à 1934, par M. Marcel Aubert 211

Les études sur la Renaissance en France, de 1834 à 1934, par M. Paul Vitry. 259

Études sur l'époque classique en France, par M. Louis Hautecoeur 273

Les études sur les arts appliqués à l'industrie, du ve au xvme siècle, en France, de 1834 à 1934, par M. Jean Verrier 285

Congrès archéologique de France, 97e session, tenue à Paris. Centenaire du Service des Monuments historiques et de la Société française d'Archéologie 311

Ordre des réunions et excursions 311

Liste des membres du Congrès 313

Séance d'ouverture du 24 mai 1934 339

CONGRÈS DE PARIS, II. 27


418 TABLE DES MATIÈRES

Première journée. — Exposition des Monuments historiques. — Notre-Dame de Paris et la SainteChapelle 363

Seconde journée. — Chartres : église Saint-Père, cathédrale 366

Assemblée générale ordinaire des membres de la Société française d'Archéologie 369

Troisième journée. — Soissons. Reims : église Saint - Remi, cathédrale. Réception à l'hôtel de ville de Reims 372

Quatrième journée. — Versailles : les Trianons, le château. Réception. Concert dans la chapelle. .. 377

Cinquième journée. — Gonesse. Écouen. Royaumont. Chantilly. Senlis 383

Sixième journée. — Saint-Denis. Hôtel Lambert à Paris. Église Saint-Gervais 392

Réception à l'Hôtel-de-Ville de Paris 401

Banquet 411

Compte des recettes et dépenses 414


TABLE DES NOMS D'AUTEURS

DES MÉMOIRES

COMMUNICATIONS ET DISCOURS

AUBERT (Marcel), 211, 349, 363, 366, 369, 373, 376,

382, 389, 390, 407, 411.

BERTHOD, 341. B.ISCHOFF (Norbert), 342. BLANCHET (Adrien), 127,

412. BONNET, 378. BORCHGRAVE D'ALTENA,

412. BRIÈRE (Gaston), 377, 378,

392. BRUNET (Emile), 368, 372. BRUNOLD (Paul), 400.

CURMAN (Sigurd), 348.

DENEUX, 373, 374. DESHOULIÈRES (F.), 9, 366,

370, 372, 389. DUMOLIN (Maurice), 55,.

369, 400.

HAUTECOEUR (Louis), 273,

383, 393.

HUISMAN, 382, 409, 411.

LANTIER (Raymond), 85. LE FLEM (Paul), 400. LÉON (Paul), 412.

MALO (H.), 390. MARCHANDEAU (Paul), 374. MARINER (Théodore), 344. MICHALOWISKI (Casimir), 347.

NAEE (Albert), 348.

OECONOMOS (Georges), 345. OSUSKI, 349.

PINELLI (Noël), 402.

RAUGEL, 382. RICHARDSON (J.-S.), 346.

SAINTENOY, 343, 412.

VERRIER (Jean), 285, 383. VITRY (Paul), 259, 392.



CONGRÈS ARCHÉOLOGIQUES

Hausse temporaire 50 % des prix ci-dessous LISTE DES SESSIONS

Prix des volumes

1834 CAEN 1. — 1835 DOUAI. — 1836 BLOIS ; Vire, Alençon, Le Mans. — 1837 LE MANS. — 1838 TOURS ; Clermont-Ferrand. — 1839 AMIENS ; Le Mans. — 1840 NIORT. — 1841 ANGERS ; Le Mans, Cherbourg, Lyon, Vienne. — 1842 BORDEAUX ; Rouen, Strasbourg. —■ 1843 POITIERS ; Le Mans, Angers, Nantes, Vannes. — 1844 SAINTES ; Coûtâmes, Nîmes. — 1845 LILLE ; Tournai, Reims, Êvreux. — 1846 METZ ; Trêves. — 1847 SENS ; Tours, Angoulême, Limoges épuisés.

1848 FALAISE 8 fr.

1849 BOURGES épuisé.

1850 AUXERRE, CLERMONT - FERRAND, CLUNY . . 10 fr.

1851 LAON, NEVERS ; Gisors, Orléans. —■ 1852 DIJON ; Sens, Toulouse. ■—■ 1853 TROYES ; Les Andelys, Bayeux, Laval. —■ 1854 MOULINS ; Dijon, Avranches épuisés.

1855 CHALONS-SUR-MARNE, AIX, AVIGNON. ... 8 fr.

1856 NANTES, VERNEUIL, LE NEUBOURG, LOUVIERS. 8 fr.

1857 MENDE, VALENCE ; Grenoble 8 fr.

1858 PÉRIGUEUX, CAMBRAI ; Louviers, Alençon, Lisieux.

Lisieux. 1859 STRASBOURG; Saint-Lô, Vire. . . épuisés.

1. Les comptes-rendus des premiers Congrès se trouvent dans les volumes du Bulletin Monumental; ceux de 1836 à 1844, imprimés dans le même recueil, ont été lires à part. A partir de 1845, les Congrès archéologiques forment une publication absolument distincte du Bulletin Monumental. Les noms mis en capitales indiquent les villes où ont été tenus les Congrès; ceux en italiques désignent soit les villes où ont eu lieu des séances générales, soit les provinces ou départements où la Société a organisé des excursions.


422 LISTE DES SESSIONS

1860 DUNKERQUE ; Le Mans, Cherbourg 8 fr.

1861 REIMS ; Laigle, Dives, Bordeaux 8 fr.

1862 SAUMUR, LYON ; Le Mans, Elbeuf, Dives . . . épuisé.

1863 RODEZ, ALBI ; Le Mans 8 fr.

1864 FONTENAY-LE-COMTE ; Êvreux, Falaise, Troyes. épuisé.

1865 MONTAUBAN, CALAIS, GUÉRET épuisé.

1866 SENLIS, AIX, NICE 8 fr.

1867 PARIS ; Pont-Audemer 8 fr.

1868 CARCASSONNE, PERPIGNAN, NARBONNE, BÉZIERS

BÉZIERS Montpellier^ Rouen 10 fr.

1869 LOCHES. — 1870 LISIEUX ; Moulins .... épuisés.

1871 ANGERS; Le Mans, Anvers 8 fr.

1872 VENDÔME ■ . . 15 fr.

1873 CHATEAUROUX 10 fr.

1874 AGEN. — 1875 CHALONS-SUR-MARNE. — 1876

ARLES épuisés.

1877 SENLIS ; département du Lot 10 fr.

1878 LE MANS, LAVAL ; Basses-Alpes. — 1879 VIENNE ; Milanais épuisés.

1880 ARRAS, TOURNAI ; Franche-Comté 8 fr.

1881 VANNES ; Bernay et le département du Gers . . 8 fr.

1882 AVIGNON épuisé.

1883 CAEN ; Coutances, Jersey, Fréjus 10 fr.

1884 PAMIERS ; Foix, Saint- Girons 10 fr.

1885 MONTBRISON, ROANNE. —• 1886 NANTES. —

1887 SOISSONS, LAON ; Reims épuisés.

1888 DAX, BAYONNE 10 fr.

1889 ÊVREUX ; Dreux. — 1890 BRIVE ; Tulle. —

1891 BESANÇON ; Dôle, Salins et Montbéliard . . épuisés.

1892 ORLÉANS ; Blois et le Loir-et-Cher 10 fr.

1893 ABBEVILLE ; Comté de Kent {Angleterre) . . . épuisé.

1894 SAINTES, LA ROCHELLE • . . . . 10 fr.

1895 CLERMONT-FERRAND épuisé.

1896 MORLAIX, BREST épuisé.

1897 NÎMES 15 fr.

1898 BOURGES épuisé.

1899 MAÇON 15 fr.

1900 CHARTRES 15 fr.


LISTE DES SESSIONS 423

1901 AGEN, AUCH 15 fr.

1902 TROYES, PROVINS. — 1903 POITIERS. — 1904 LE PUY. — 1905 BEAUVAIS. — 1906 CARCASSONNE, PERPIGNAN. —■ 1907 AVALLON, AUXERRE. — 1908 CAEN. — 1909 AVIGNON. — 1910 ANGERS, SAUMUR. — 1911 REIMS épuisés.

1912 ANGOULÊME (2 vol.) 60 fr.

1913 MOULINS, NEVERS. — 1914 BREST, VANNES . épuisés.

1919 PARIS 50 fr.

1920 STRASBOURG, METZ, COLMAR 50 fr.

1921 LIMOGES, BRIVE 50 fr.

1922 RHÉNANIE 50 fr.

1923 VALENCE, MONTÉLIMAR. — 1924 CLERMONTFERRAND épuisés.

1925 BLOIS 50 fr.

1926 ROUEN 50 fr.

1927 PÉRIGUEUX 50 fr.

1928 DIJON 50 fr.

1929 TOULOUSE 50 fr.

1930 ORLÉANS ' 50 fr.

1931 BOURGES 50 fr.

1932 Aix, NICE 50 fr.

On trouvera l'analyse détaillée des volumes des Congrès et du Bulletin Monumental dans la Bibliothèque des Travaux historiques et archéologiques publiés par les Sociétés savantes de la France, dressée par R. de Lasteyrie et E. Lefèvre-Pontalis, et les suppléments publiés par M. A. Yidiei\ ainsi que dans le Bépertoire d'art et a"archéologie, publié depuis 1910 sous la direction de M. Marcel Aubert.

La Table alphabétique des publications de la Société, Congrès archéologiques et Bulletin Monumental de 1834 à 1925, composée par M. Marcel Aubert, avec le concours de MM. Remy Delaunay et Jean Verrier, est en vente au prix de 90 francs, réduit à 60 trancs pour les membres de la Société, en demandant directement au Trésorier-adjoint.



LISTE GENERALE

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE (1)

1" JANVIER 1935

Bureau.

MM. MARCEL AUBERT, membre de l'Institut, directeur, 8, cité

Vaneau, Paris (Vile) (2). FRANÇOIS DESHOULIËRES, directeur-adjoint, 49, rue de la

Tour, Paris (XVIe) (3). JEAN VERRIER, secrétaire général, 29, rue Bonaparte, Paris _ (VIe). GEORGE OUTARDEL, secrétaire général, 46, rue de Provence,

Paris (IXe). MAURICE DÙMOLIN, trésorier, 16, avenue Pierre-Ier-deSerbie,

Pierre-Ier-deSerbie, (XVIe).

Comité d'honneur.

MM. RENÉ CAGNAT, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

EMILE MALE, de l'Académie française et de ^Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, directeur de l'École française de Rome. ■ ADRIEN BLANCHET, membre de l'Institut.

PAUL LÉON, membre de l'Institut, professeur au Collège de France.

MAURICE FENAILLE, membre de l'Institut.

ETIENNE MICHON, membre de l'Institut, conservateur au Musée du Louvre.

(1) MM. les Membres de la Société dont les noms seraient omis sur cette liste ou qui auraient à indiquer des rectifications pour leurs nom, prénoms, qualité ou domicile, sont priés d'en informer M. Dumolin, trésorier, 16, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, Paris (XVIe) ou M. R. Pillault, trésorier-adjoint, 6, rue Grison, à Orléans (Loiret).

(2) M. le Directeur reçoit le mercredi matin.

(3) M. le Directeur-Adjoint reçoit le vendredi matin.


Il CONSEIL

MM. HENRI NODET, inspecteur général honoraire des Monuments historiques.

PAUL VITRY, conservateur au Musée du Louvre.

JOHN BILSON, vice-président honoraire du Royal Archaeological Institute, membre de la Société des Antiquaires de Londres.

ALBERT NAEF, président de la Commission fédérale des Monuments historiques de la Suisse.

HENRI PIRENNE, membre de l'Académie royale de Belgique, recteur de l'Université de Gand.

EMILE BOLLAERT, ancien directeur général des BeauxArts, préfet du Rhône.

GEORGES HUISMAN, directeur général des Beaux-Arts.

Conseil d'administration.

MM.

M. AUBERT.

J. BANCHEREAU.

L. BÉGULE.

E. BONNET.

L. BRÉHIER.

E. BRUNET. Chanoine CHARTRAIRE. A. COLLIN.

Docteur COUTAN. L. DEMAISON. H. DENEUX. PAUL DESCHAMPS.

F. DESHOULIËRES. .M. DUMOLIN.

GEORGES DURAND.

M1** DE L'ESTOURBEILLON.

JULES FORMIGÉ.

PH. DES FORTS.

ROGER GRAND.

L. HAUTECOEUR.

E. JARRY.

MM.

L. LABANDE.

L. LACROCQ.

Docteur LESUEUR.

P. DE LONGUEMARE.

H. MACQUERON.

R. MICHEL-DANSAC.

GEORGE OUTARDEL.

P. PAQUET.

A. PHILIPPE.

A. RAMET.

H. DU RANQUET DE GUÉRIN.

GUÉRIN. RHEIN. L. SERBAT. HENRI STEIN. NOËL THIOLLIER. J. TILLET. Chanoine URSEAU. JEAN VALLERY-RADOT. JEAN VERRIER. JEAN VIREY.

Comité de publication.

MM.

MM.

MARCEL AUBERT, président.

F. DESHOULIËRES.

P. DESCHAMPS.

M. DUMOLIN.

R. MICHEL-DANSAC.

GEORGE OUTARDEL. ANDRÉ RHEIN. JEAN VALLERY-RADOT. JEAN VERRIER, secrétaire.


INSPECTEURS III

Inspecteurs généraux.

M. LÉON LABANDE, à Monaco. M. Louis DEMAISON, à Reims. M. GEORGES DURAND, à Amiens. M. LUCIEN BÉGULE, à Lyon.

Inspecteurs divisionnaires. lre division.

Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne et Oise. M. PHILIPPE DES FORTS, au château d'Yonville, par Hallencourt (Somme).

2e division. Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. M. HENRI STEIN, à Paris.

3e division.

Calvados, Manche, Orne, Eure et Seine-Inférieure. M. le docteur COUTAN, à Rouen.

4e division. Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan et Loire-Inférieure. M. le Marquis DE L'ESTOURBEILLON, à Vannes.

5e division.

Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire. M. le chanoine URSEAU, à Angers.

6e division.

Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret et Eure-et-Loir. M. EUGÈNE JARRY, à Orléans.

7e division. Cher, Indre, Nièver et Allier. M. l'abbé DE LAUGARDIÈRE, à Bourges.

8e division. Vendée, Deux-Sèvres, Vienne, Charente et Charente-Inférieure. M. EMILE GINOT, à Poitiers.

9e division.

Haute-Vienne, Creuse, Corrèze et Dordogne. M. LACROCQ, à Guéret.

10e division.

Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées et Basses-Pyrénées. M. l'abbé MARBOUTIN, à Agen.

11e division.

Tarn-et-Garonne, Tarn, Lot et Aveyron. M. ARMAND VIRÉ, à Lacave, par Souillac (Lot).


IV INSPECTEURS

12e division.

Haute-Garonne, Aude, Pyrénées-Orientales et Ariège. M. le chanoine AURIOL, à Toulouse.

13e division.

Hérault, Gard, Ardèche et Lozère. M. EMILE BONNET, à Montpellier.

14e division.

Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes et Corse. M. HENRI NODET, à Paris.

15e division.

Rhône, Ain, Savoie, Haute-Savoie, Isère et Drôme. M. le docteur LOISON, à Lyon.

16e division.

Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire et Loire. M. NOËL THIOLLIER, à Saint-Étienne.

17e division.

Côte-d'Or, Yonne et Saône-et-Loire. M. CHARLES PORÉE, à Auxerre.

18e division.

Doubs, Jura et Haute-Saône. M. l'abbé PERROD, à Lons-le-Saunier (Jura).

19e division.

Meuse, Meurthe-et-Moselle et Vosges. M. ANDRÉ PHILIPPE, à Épinal.

20e division.

Marne, Ardennes, Aube et Haute-Marne. M. JULES TILLET, à Paris.

21e division.

Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle. M. le chanoine MULLER, à Strasbourg.

22e division.

Algérie, Tunisie et Maroc.

M. N...


LISTE DES MEMBRES

Les noms des membres fondateurs sont en italique.

Les abonnés au Bulletin Monumental sont indiqués par un astérisque.

Ain.

CHALANDON (Mme Henry), au château de la Grange-Blanche, à Parcieux,

Parcieux, Trévoux. FAUROT (Mme H.), à Parcieux, par Trévoux. *LEUSSE (Mlle Elisabeth DE), au château de Gourdan, à Saint-Jeande-Niost.

Saint-Jeande-Niost. (Charles-Henri), 21, place Bernard, à Bourg-en-Bresse, et

interne aux asiles de Villejuif (Seine). Truchis de Varennes (le Baron Carie de), au château de la Durandière,

Durandière, Saint-Sorlin-en-Bugey.

Aisne.

Inspecteur : M. L. BROCHE.

'BROCHE (Lucien), archiviste départemental, à Laon.

*CANONNE (Jeanj, architecte des Monuments historiques, 9, rue

André-Godin, à Guise. *CHALEIL (Robert), architecte D. P. L. G., 4, rue de l'Échelle-duTemple,

l'Échelle-duTemple, Soissons. DETHY (E.), architecte, 3, rue de Lunéville, à Saint-Quentin. *FOSSÉ D'ARCOSSE (André), villa Sainte-Anne, à Villers-Cotterets. LAVAUX (Eugène), 42, rue du.Martroi, à Braine. *MEAUME (Emile), 25, rue Jacques-Lescot, à Saint-Quentin, et à

Paris, 63, boulevard Murât (XVIe). MOREL (Philippe), à Oignj-en-Valois, par Villers-Cotterets. *MULLER (Albert), archiviste départemental, 25, rue Saint-Martin,

à Laon. PRUDHOMME (Maurice), 4, rue de Signier, à Laon. ROUGE (Félicien), architecte des Monuments historiques, 24, rue de

Fère, à Château-Thierry, et à Paris, 15, boulevard Voltaire (XIe).


VI ALPES-MARITIMES

*ROYER (Eugène), pharmacien, à la Ferté-Milon.

*SoClÉTÉ ACADÉMIQUE DE SAINT-QUENTIN.

Allier.

Inspecteur : M. GÉNERMONT.

*ARFEUILLE (Lucien), 76, rue de Paris, à Vichy.

BOURBON-PARME (le Prince Xavier DE), au château de Bostz, par

Besson. BUSSERIE (THONIER DE LA), docteur en droit, 14 1er, avenue d'Orvilliers,

d'Orvilliers, Moulins. Capelin (Edgard), 81, rue de Bourgogne, à Moulins. DAGOIS (Emile), rue Bouran-Frères, à Moulins. Génermont (Marcel), architecte des Monuments historiques, 11,

place de la République, à Moulins. LARROQUE (l'abbé F.), 51, rue de Paris, à Moulins. LECLERC (l'abbé Augustin), curé de Mantilly. L'ESTOILE (le Vicomte DE), au château de Lécluse, à Neuilly-leRéal.

Neuilly-leRéal. (Mme Y.), boulevard de Courtais, à Moulins. MONTLIVAULT (le Vicomte Guy DE), les Écherolles, la Ferté-Hauterive,

Ferté-Hauterive, à Paris, 12, boulevard de Courcelles (XVIIe). MORAND (Paul), notaire, avenue Th.-de-Banville, à Moulins. PARDIEU (le Marquis Henri DE), chalet de la Pierre, à Theil. PÉPIN (l'abbé Gilbert), curé de Montbeugny.

PRADEL (Pierre), archiviste-paléographe, 29, boulevard de Courtais, à Montluçon, et à Versailles, conservateur-adjoint du Musée. SAINT-HILLIER (Henri DE), au château de Lys, par Bressoles. VERRIÈRES (Raoul DE), cours Jean-Jaurès, à Moulins. VIPLE (Joseph), vice-président de la Société d'Émulation du Rourbonnais,

Rourbonnais, de Serbie, à Moulins.

Alpes (Basses-). Inspecteur : M. G. BAII.HACHE.

*BAILHACHE (Georges), archiviste départemental, à Digne. BRUN (l'abbé Prosper), curé doyen, à Manosque.

Alpes (Hautes-).

Inspecteur : M. G. DE MANTEYER.

DROMANTIN (Jacques-Clarke DE), 11, rue Mercier, à Briançon. Manteyer (Georges de), ancien membre de l'École de Rome, archiviste départemental, à Manteyer, par la Roche-des-Arnauds.

Alpes-Maritimes.

Inspecteur :

Angenard (Marc), villa Saint-Ange, avenue du Monastère-deCimiez, à Nice, et à Paris, 61, quai d'Orsay (VIIe).


AUDE VII

BARBIER (Ferdinand), ingénieur,.villa Victor, rue Paul-Morillot, à Menton.

BAUDE (le chanoine Marius), archiprêtre de Grasse.

BURGSTHAL (R.), maître verrier, verrerie de Filagnes, à Carros.

GOBY (Paul), 2, place Neuve, à Grasse.

GUIBERTEAU (le docteur Philippe), 53 bis, boulevard Victor-Hugo, à Nice.

LE GRIP (Maurice), villa Magnolia, à Cannes, et à Paris, 15, rue Duroc (VIIe).

RAYMON (Victor), architecte D. P. L. G., 4, boulevard de Strasbourg, à Cannes.

*ROUFF (Mme F.), villa Rouff, rue Buttura, à Cannes.

Ardèche.

Inspecteur : MOUSTIER (Angelin), à Cruas.

Ârdennes.

Inspecteur : M. l'abbé LALUYAUX.

*ANFRAY (Marcel), professeur au collège de jeunes filles, à Sedan. Graffin (Roger), docteur en droit, au château de Belval-Bois-desDames,

Belval-Bois-desDames, Buzancy. RÉGNERY (Georges), ingénieur des Travaux publics, 50 bis, avenue

Philippoteaux, à Sedan.

Ariège.

HANSY (Théodore DE), à Rimont.

Aube.

Inspecteur : M. Robert DORÉ.

Bauffremont (le Prince Th. de), au château de Brienne-le-Château,

et à Paris, 87, rue de Grenelle (VIIe). CHADENET (Mme M.), au château de la Burie, Saint-Julien. *DORÉ (Robert), archiviste-paléographe, à Champignol, et à Paris,

10, rue du Lunain (XIVe). DUHEM (Bernard), archiviste départemental, à Troyes. 'GABRIEL (A.), professeur à l'Université de Strasbourg, 31, rue

d'Aube, à Bar-sur-Aube.

Aude.

Inspecteur : M. J. Poux.

*Boyer (le docteur Charles), viee-président de la Société scientifique de l'Aude, 55 bis, rue Victor-Hugo, à Carcassonne.

*CALS (le chanoine Joseph), 17, boulevard du Commandant-Roumens, à Carcassonne.


VIII CALVADOS

CASTEL (Mme G.), 71, rue de Verdun, à Carcassonne.

COURRENT (le docteur Paul), 25, rue des Trois-Couronnes, à Carcassonne.

*CROS-MAYREVIEILLE (Antonin), président honoraire du Tribunal civil, 3, quai Victor-Hugo, à Narbonne.

EMBRY (Pierre), conservateur du Musée de la Cité, 4, place du Palais, à Carcassonne.

LAURENS-CASTELET (le Marquis DE), à Laurens-Castelet, par Castelnaudary, et à Paris, 53, avenue Montaigne (VIIIe).

Poux (Joseph), archiviste départemental, à Carcassonne.

ROUZAUD (Henri), percepteur, à Narbonne.

Aveyron.

Inspecteur : M. B. DE GAULÉJAC.

GAULÉJAC (Bernard DE), archiviste départemental, boulevard Denys-Puech, à Rodez.

Bouches-du- Rhône.

Inspecteur : M. R. BUSQUET.

*Barthelet (Gaston), 31, rue de l'Arbre, à Marseille.

BECDELIÈVRE (la Comtesse DE), au château de Roquemartine, par

Eyguières, et à Paris, 90, boulevard Flandrin (XVIe). BENOIT (Fernand), conservateur de la Bibliothèque, des Archives

et des Musées, membre correspondant de la Commission des Monuments historiques, à Arles. BONNECAZE (Raymond), 40, cours Mirabeau, à Aix. BONNECORSE (la Marquise DE), au château de Roquemartine, par

Eyguières, et à Paris, 90, boulevard Flandrin (IXe). BUSQUET (Raoul), archiviste départemental, 2, rue Sylvabelle, à

Marseille. 'DREUX-BRÉZÉ (la Comtesse Joachim DE), Toco-Degun, route de

Besse, à Aix. FASSY (le chanoine Jules), archiprêtre de la cathédrale, place de

l'Archevêché, à Aix. *.Ieanbernat Barthélémy de Ferrari Doria (Emmanuel), docteur en

droit, villa Doria, boulevard Chave, à Marseille. *JOURDAN-BARRY (Raymond), 14, rue Beauvau, à Marseille. *Prat (Jean), 390, rue de Paradis, à Marseille.

Calvados.

Inspecteur : M. N. SAUVAGE.

ANGEBAULT (Mme Alfred), à Trouville-sur-Mer.

'BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE CAEN.

BIGOT (Alexandre), doyen honoraire de la Faculté des Sciences, au

château de Mathieu. 'BOYER (Mlle Rachel), de la Comédie-Française, au château de

Brécy, et à Neuilly-sur-Seine, 19, boulevard d'Inkermann.


CHARENTE-INFERIEURE IX

DECAUX (le docteur Charles), 26, place Gambetta, à Lisieux. 'DORANLO (le docteur), président de la Société des Antiquaires de

Normandie, à Mathieu. GOUJON (Louis), banquier, rue de la Mairie, à Falaise. HARDOUIN (Christian), à Clécy. Hardy (le chanoine V.), curé de Bonnebosq. HUNGER (Victor), à Verson, et à Paris, 7, rue d'Astorg (VIIIe). 'LAMBERT (Élie), maître de conférences à la Faculté des Lettres,

5, rue du XXe-Siècle, à Caen, et à Paris, 27, avenue Trudaine

(IXe). LEGRAS (Aimable), entrepreneur, à Colomby, par Thaon. LEGRAS (Joseph), 5, rue de l'Église-Saint-Julien, à Caen. 'LÉTIENNE (le docteur Auguste), 40, rue des Bouchers, à Bayeux. LONGUEMARE (Paul DE), avocat, conseiller général, 23, place de

la République, à Caen. Maulde (Mme de), 69, rue Saint-Martin, à Caen. ROBLOT-DELONDRE (Mme Maurice), au château d'Hébertot, par

Saint-Benoît-d' Hébertot. Sauvage (Norbert), archiviste départemental, 15, rue des CarrièresSaint-Julien, à Caen. 'TOUCHET (le colonel, Marquis DE), au château de Baron, par

Évrecy, et à Paris, 175, boulevard Saint-Germain (VIe). TOUCHET (Mlle Françoise DE), mêmes adresses. TOUCHET (Mlle Geneviève DE), mêmes adresses. TOUCHET (MUe Marie-Anne DE), mêmes adresses.

Charente.

Inspecteur : M. J. GEORGE.

'DESORMEAUX (Mlle Clotilde), à Rancogne, la Rochefoucault, et à Paris, 89, rue de Lille (VIIe).

'GEORGE (Jean), receveur municipal honoraire, 44, rue Montmoreau, à Angoulême.

LOUP (Maxime), directeur-médecin de l'asile de Brenty, à la Couronne.

MUSNIER DE PLEIGNES (Paul), inspecteur général des Finances honoraire, au château de Fontechevade, par Montbron, et à Paris, 4, rond-point de Longchamp (XVIe).

RABEC (Narcisse), 4, rue des Fossés, à Cognac.

Charente-Inférieure

Inspecteur : M. le docteur TEXIER.

BASALO (Louis), architecte S. A. D. G., 15, boulevard de Cordouan, à Royan.

'BERTHON (Paul), 8, rue de l'Aireau, à Saint-Jean-d'Angély.

BOURON (le docteur), au château de la Grange, à Saint-Jean-d'Angély.

DARDE (Fernand), 8, rue Fleuriau, à la Rochelle.

TEXIER (le docteur Jean), 8, rue Rose, à Saint-Jean-d'Angély.


X CÔTE-D*OR

VAUX DE FOLLETIER (François DE), archiviste départemental, 10, rue Fleuriau, à la Rochelle.

Cher.

Inspecteur : M. Robert GAUCHERY.

'BARBARIN (Charles), conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Saint-Amand, et à Paris, 15, rue Vauquelin (Ve).

CHAUMES (Paul DES), 1, rue Michelet, à Bourges.

'DESHOULIÈRES (François), au château de l'Isle-sur-Arnon, par Ids-Saint-Roch, et à Paris, 49, rue de la Tour (XVIe).

DESHOULIÈRES (Mme François), mêmes adresses.

FUMICHON (Pierre DE LOYNES DE), 74, rue de Dun, à Bourges.

'GAUCHERY (Robert), architecte des Monuments historiques, 5, avenue E.-Brisson, à Bourges.

GOY (le capitaine Jean DE), 1, boulevard de Strasbourg, à Bourges.

LAUGARDIÈRE (l'abbé DE), président de la Société des Antiquaires du Centre, 3, rue Montcenoux, à Bourges.

MÉLOIZES (le Marquis DES), 18, rue Jacques-Coeur, à Bourges.

MORTEMART (le Marquis DE), au château de Meillant, et à Paris, 13, rue Las-Cases (VIIe).

MORTEMART (la Comtesse Henri DE), au château de Meillant.

PINON (Marcel), architecte D. P. L. G., 4, rue Messire-Jacques, à Bourges.

'PLAT-DELORME (J.), notaire, à Saint-Amand.

Corrèze.

Inspecteur : M. André FAGE.

'FAGE (André), architecte D. P. L. G., au château du Puy-du-Val,

par Saint-Paul, et à Bordeaux, 19, rue de Mulhouse. 'SAULZE (Fortuné), ingénieur, rue de Paris, à Bort. VIALLEMARINGE (l'abbé A.), curé du Puy-d'Arnac, par Nonards.

Côte-d'Or.

Inspecteur : M. le colonel Sadi CARNOT.

ANDRIEU (le lieutenant-colonel Ernest), 27, boulevard Thiers, à Dijon.

BERTRAND (René), bibliothécaire de la Société d'Archéologie de Beaune, 1, boulevard Saint-Jacques, à Beaune.

BORDET (l'abbé Louis), directeur de l'école Saint-François-deSales, 39, rue Vannerie, à Dijon.

*Carnot (le colonel Sadi), au château de la Rochepot, par Nolay, et à Paris, 27, rue Jean-Goujon (VIIIe).

CARNOT (Mme Sadi), mêmes adresses.

DANNE (Charles), architecte en chef du Gouvernement, 29, boulevard Carnot, à Dijon.

DAVID (Henri), 29, rue Parmentier, à Dijon.


DORDOGNE XI

Detourbet (Robert), secrétaire d'ambassade honoraire, au château de Vantoux, par Messigny, et à Paris, 7, rue Davioud (XVIe).

FYOT (Eugène), correspondant du Ministère de l'Instruction publique, 4, rue Turgot, à Dijon.

GRÉMAUD (Gabriel), associé de la Commission départementale des Antiquités de la Côte-d'Or, 6, rue Auguste-Comte, à Dijon.

Lafon (le Comte), 8, boulevard Sévigné, à Dijon.

'LANVIN (Pierre), 16, boulevard Carnot, à Dijon.

Laurent (Jacques), conservateur-adjoint à laJBibliothèque, 8, rue Notre-Dame, à Dijon.

OURSEL (Charles), conservateur de la Bibliothèque, 26, rue de Tivoli, à Dijon.

'PIDOUX (le docteur Louis), à Seurre.

'SAINT-SEINE (le Marquis DE), à Saint-Seine-sur-Vingeanne, et à Paris, 12, boulevard de la Tour-Maubourg(VIIe).

'SIRHUGUE (Léonel), 22, rue du Docteur-Lavalle, à Dijon.

Vinceneux (l'abbé Paul), curé d'Esbarres.

'VITTENET (Alfred), 14, rue Audifred, à Vitteaux, et à Paris, 5, rue Maublanc (XVe).

Côtes-du-Nord.

Inspecteur : M. G. LEFORT.

'COUËSSIN (le Comte DE), au château de la Coste, par Saint-Julien. LEFORT (Georges), architecte, 14, boulevard de la Gare, à Guingamp.

Guingamp. (le Comte Louis de), au château de Rosanbo, par Lanvellec,

Lanvellec, à Paris, 5, rue François-Ier (VIIIe).

Creuse.

Inspecteur : M. le docteur JANICAUD.

DAYRASSE (Maurice), avocat, 4, rue Saint-Jean, à Aubusson. *Janicaud (le docteur Georges), conservateur du Musée, à Guéret. 'KERNIER (le Marquis Alain DE), au château de Mainsat. 'LACROCQ (Louis), avocat, 7, rue Ferrague, à Guéret. ROUSSEAU-SAUVANET (Mme), boulevard Carnot, à Guéret. THEREIL (Mlle Marie), faubourg de Paris, à Guéret.

Dordogne.

Inspecteur : M. le Comte A. DE SAINT-SAUD.

BOURDEILLE (le Marquis Henri DE), au château de Bourdeilles.

BROU DE LAURIÈRE (Pierre DE), 7, rue de Paris, à Périgueux.

CHALLE (Maurice), 9, rue de la Constitution, à Périgueux.

COCULA (Paul), architecte des Monuments historiques, 17, rue Bodin, à Périgueux.

'DANNERY (Maxime), architecte honoraire' des Monuments historiques, 1, rue Louis-Blanc, à Périgueux.


XII EURE

FAURE-MURET (l'abbé), 4, rue Saint-Front, à Périgueux.

'ROUDEAU (Henri), 16, rue Victor-Hugo, à Périgueux.

'Roux (le chanoine J.), rue de la Cité, à Périgueux.

SAINT-SAUD (le Comte DE), au château de la Valouze, par la RocheChalais, et à Bordeaux, 25, cours Pasteur.

'SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU PÉRIGORD, rue de la Cité, à Périgueux.

VERLIAC (le docteur Henri), au Breuil, par Thenon.

VERLIAC (Mme), même adresse.

Doubs.

Inspecteur : M. le docteur Marcel DUVERNOY.

'DUVERNOY (le docteur Marcel), à Valentigney.

DUVERNOY (le docteur René), à Valentigney.

'JAPY (Edgar), le Lorday, à Voujaucourt.

'MERCIER (Fërnand), conservateur du Musée, à Besançon.

MOURÛT (le chanoine Hubert), 14, rue Charles-Nodier, à Besançon.

PEUGEOT (Mme F.), le Dragon, à Hérimoncourt.

'TOURNIER (René), 38, rue Mégénaud, à Besançon.

Drôme.

Inspecteur : M. J. DE FONT-RÉAULX.

BOVET (Georges), notaire, à Crest. CARA (Charles), 2, avenue Thiers, à'Romans.

Font-Réaulx (Jacques de), archiviste départemental, à Valence. HEURTELOUP (l'abbé), curé de la Garde-Adhémar. VINAY (Louis), architecte, à Romans.

WITTE (le Baron Jehan DE), au château de Suze-la-Rousse, et à Paris, 14, rue Jean-Goujon (VIIIe].

Eure.

Inspecteur : M. le chanoine PORÉE.

BONNENFANT (le chanoine Georges), 15, rue du Docteur-Guindet,

à Êvreux. BOUCHON (Jacques), au château de Bigards, à Nassandres. BOUCHON (MUe Anne-Marie), même adresse. BRETOCQ (l'abbé Gabriel), curé de Rosay. BRU (l'abbé), curé de Berthenonville, par Écos. 'CHEVALLIER (l'abbé Emile), curé doyen de Damville. GIRAUD (le docteur A.), aux Andelys. JOIN-LAMBERT (Mme André), au château de Livet, par PontAuthou,

PontAuthou, à Paris, 50, avenue Victor-Hugo (XVIe). LAMBERT (Georges), secrétaire de la Commission administrative de

l'Hôpital, à Gisors. PORÉE (le chanoine'Adolphe), 15, rue du Docteur-Guindet, à

Evreux. 'SOCIÉTÉ LIBRE DE L'EURE (LA).


GARD XIII

'STOREZ (Maurice), architecte D. P. L. G., à Verneuil, et à Paris, 20, rue Lalo (XVIe).

Eure-et-Loir.

Inspecteur : M. Maurice JUSSELIN.

CAPET (Eugène), conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève,

à Maillebois, et à Paris. DAUPELEY (Paul), imprimeur, à Nogent-le-Rotrou. 'DELAPORTE (le chanoine Yves), archiviste diocésain, 11, rue Chantault,

Chantault, Chartres. DESMARES (Mme T.), 50, rue Chanzy, à Chartres. *Dulong de Rosnay (Joseph), président de la Société Dunoise, au

château de Frazé, et à Paris, 29, rue Daru (VIIIe). DUPARC (Georges), 22, boulevard de la Courtille, à Chartres. *Dupuis (Edouard), 46, rueParisis, à Dreux. ESNAULT (Louis), architecte, à Châteaudun.

Jusselin (Maurice), archiviste départemental, 9, rue du CardinalPie, à Chartres. 'LA RAUDIÈRE (PENIN DE), au château de Villebon, par Courville,

et à Paris, 161, boulevard Haussmann (VIIIe). LECOMTE (Henri), à Courtalain.

LORIN (Charles), peintre verrier, 46, rue de la Tannerie, à Chartres. Louis (René), 12, rue de Châteaudun, à Chartres. MAINTRIEU (Jehan), notaire, 9, rue Noël-Parfait, à Chartres. PFIEFFER (Louis), architecte D. P. L. G., 5, place Mézirard, à

Dreux. PIBOTEAU (Franck), 9, rue Noël-Ballay, à Chartres. 'VAULTIER (Roger), au château de Jouy, et à Paris, 17, rue de

l'Aqueduc (Xe). YVON (Jules), notaire honoraire, 10, place Saint-Jean, à Chartres.

Finistère.

Inspecteur : M. H. WAQUET.

CHABAL (Gaston), architecte des Monuments historiques, 46, rue

Jean-Macé, à Brest. CORMIER (Valéry), au manoir du Chef-du-Bois, par Forêt-Fouesnant.

Forêt-Fouesnant. (Raymond), docteur en droit, à Châteaulin. GOUBET (Mme S.), Kersaint, par Ploudalmézau. MARTIN (Michel), 78, rue Jean-Jaurès, à Brest. PICQUENARD (le docteur), 29, rue de Brest, à Quimper. TOUCHALEAUME (René), villa Ker Ilis, en Loctudy. WAQUET (Henri), archiviste départemental, à Quimper.

Gard.

Inspecteur : M. le colonel ESPÉRANDIEU. ESPÉRANDIEU (le colonel Emile), membre de l'Institut, conserva-


XIV GIRONDE

teur du Musée de Nîmes, 3, rue Deyron, et à Clamart (Seine), 208, avenue Victor-Hugo. Laurens de Rouvroy (le Comte), les Angles, par Villeneuve.

Garonne (Haute-).

Inspecteur :

AURIOL (le chanoine), président de la Société archéologique du Midi, 9, rue de l'Université, à Toulouse.

CALMETTE (Joseph), membre de l'Institut, professeur à la Faculté des Lettres, 60, rue Bayard, à Toulouse.

'CHATELLIER (le docteur Louis), 28, rue Saint-Rome, à Toulouse.

'FAUCHER (B.), archiviste départemental, 18, rue Roode, à Toulouse.

'FAUR DE PIBRAC (le Comte Raoul DU), 8, rue Bouquière, à Toulouse, et au château de Pibrac.

'GILLARD (André), 73, allée Jean-Jaurès, à Toulouse.

'PETIT (le docteur), 79, rue du Taur, à Toulouse.

*Rascol (l'abbé Marcel), professeur à l'École de Melaret, à Toulouse.

*REY (Raymond), professeur à la Faculté des Lettres, 13, rue Traversière-des-Chalets, à Toulouse.

RISER (le docteur), 1, rue du Pont-de-Tounis, à Toulouse.

Rivières (le Baron Jean Sérê de), 16, rue Velane, à Toulouse, et à Peyriac-de-Mer (Aude).

'SARDA (Paul), 7, allée Frédéric-Mistral, à Toulouse.

'STILLMUNKÈS (le docteur), 27, rue Lafayette, à Toulouse.

'SUBRA DE SALAFA (le docteur Marcel), 5, rue des Renforts, à Toulouse.

Gers.

Inspecteur : M. DE SARDAC.

BOURGEAT (l'abbé), vice-président de la Société archéologique du Gers, curé de Saint-Puy.

DAUGÉ, curé de Caussens, par Condom.

PINS (le Comte Odon DE), au château d'Aulagnères, par Valencesur-Baïze.

'SARDAC (le docteur Jules DE), conservateur du Musée archéologique, à Lectoure.

Gironde.

Inspecteur : M. G. LOIRETTE.

BASTIDE (Edmond), 24, rue Minvielle, à Bordeaux. BESSON (Georges), 3, rue Georges-Clemenceau, à Bordeaux. BROUILLARD (le docteur Henri), 4, impasse de la Paix, à Bordeaux. 'HALGOUËT (le capitaine André DU), état-major de la 18e région, à

Bordeaux. 'LAAGE (Paul DE), au château de Sales, à Libourne.


INDRE XV

LOIRETTE (Gabriel), archiviste départemental, 13-25, rue d'Aviau,

à Bordeaux. RICAUD (Théodore), 65, cours d'Alsace-et-Lorraine, à Bordeaux. SIGALAS (Gérard DE), au château du Mirail, par Auros.

Hérault.

Inspecteur : M. DE DAINVILLE.

Baudoili-Sqlze (Paul-L.), la Baume, villa Éliane, à Montpellier.

BONNET (Emile), avocat, conservateur du Musée archéologique, 11, rue du Faubourg-Saint-Jaumes, à Montpellier.

'BOULANGER (Paul), 17, rue Bonnard, à Montpellier.

*DAINVILLE (Maurice.DE), archiviste départemental, 36, rue Proudhon, à Montpellier.

FLICHE (Augustin), professeur à la Faculté des Lettres, 31, rue Saint-Guilhem, à Montpellier.

*LAVÈVRE (Henri DE), 5, rue des Trésoriers-de-France, à Montpellier, et au château de Lavèvre, par Dun-sur-Auron (Cher).

NODET (Henri), architecte en chef des Monuments historiques, le Grès.

ROUQUET (Félix), 16, rue Convention, à Clermont-l'Hérault.

SICARD (Joseph), 4, rue Montpellieret, à Montpellier.

*SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE MONTPELLIER, à Montpellier.

nie-et-Vilaine.

Inspecteur : M. H. BOURDE DE LA ROGERIE.

*BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE RENNES, 7, place Hoche, à

Rennes. Bourde de la Rogerie (Henri), 14, rue de Vincennes, à Rennes. DÉPREZ (Eugène), professeur à la Faculté des Lettres de Rennes. HARDOUIN (le docteur Paul), professeur à l'Ecole de médecine,

4, rue Nationale, à Rennes. HARDOUIN (le docteur René), 8, rue de l'Echange, à Rennes. HUE (Mme E.), 2, rue Victor-Hugo, à Rennes. Joiwn des Longrais (Frédéric), au château de la Martinière, à

Vézin, par Rennes, et à Paris, 4, rue de la Terrasse (XVIIe). *LACHAT (Ivan), à Vitré, et le Cognot, la Roche-Saint-Cydroine

(Yonne). MONDIN (le lieutenant Gilbert), à Gaël. PRIEUR (le lieutenant-colonel), 8, rue d'Antrain, à Rennes.

Indre.

Inspecteur : M. Joseph PIERRE.

*AUTIER (la Comtesse R. D'), la Garenne, à Buzançay.

*BARGE (Jacques), architecte S. A. D. G., 60, rue de la République,

à Châteauroux, et à Paris, 18, rue de Grenelle (VIe). CAZALA (Roger), 31, place Voltaire, à Châteauroux.


XVI ISÈRE *

*DESJOBERT DE PRAHAS (Mme), place Lafayette, à Châteauroux.

*FAUCON (Carolus), commissaire-priseur, 3, rue Jean-JacquesRousseau, à Issoudun.

GREHER (Léon), architecte des Monuments historiques, 15, rue Chauvigny, à Châteauroux.

LAURADOUR (Louis DE), les Resolières, le Blanc.

Loubaud (Mlle Jeanne), le Breuil, par Sainte-Sévère.

*MORANVILLÉ (Mme H.), le Soudun-sur-Creuse, par le Blanc.

PASCAUD (Mme P.), 19, place de la Préfecture, à Châteauroux.

*PERRAULT-DESAIX (Henri), à Neuvy-Saint-Sépulcre, et à Paris, 10, rue Stanislas (VIe).

PIERRE (Joseph), directeur de la Revue du Berry, au château de Charon, par Cluis.

Indre-et-Loire.

Inspecteur : M. L. DE GRANDMAISON.

ACLOCQUE (Mme), au château de la Borde, par Saint-Antoine-duRocher.

Saint-Antoine-duRocher. (Mme D.), au château de Fourchette, à Pocé-sur-Cisse,

et à Paris, 32, rue de la Boétie (VIIIe). BOUSSARD (Jacques), archiviste-paléographe, à Rouvray-SaintJean-Saint-Germain.

Rouvray-SaintJean-Saint-Germain. (le capitaine Roland), 501e Régiment de chars d'assaut, à Tours. *GRANDMAISON (Louis DE), ancien archiviste départemental, 13,

rue Emile-Zola, à Tours. *LEMAIRE (Mme E.), au château des Genêts, par Villeloin-Coulange.

Villeloin-Coulange. (le Vicomte Henri DE), à la Chartreuse-du-Liget, Chemillésur-Indrois,

Chemillésur-Indrois, à Paris, 7, rue Alfred-de-Vigny (VIIIe). *MORTIER (l'abbé J.-B.), 7, rue Baleschoux, à Tours. ORTIGUIER (Frédéric), à Amboise, et 4, avenue René, à Colombes

(Seine). RANJARD (le docteur Robert), 35, boulevard Heurteloup, à Tours. RIGAUD (Edmond), architecte des Monuments historiques, 5, rue

des Ponts, à Loches. ROQUE (Emile), au château de Montifray, par Beaumont-Ia-Ronce.

Isère.

Inspecteur : M. Maurice FAURE.

BONNIER (A.), à Montrosier, à Vienne.

BOUVIER (Claude), 15, rue de la Charité, à Vienne.

*COTTAZ (Joseph), professeur de dessin, 14, quai Jean-Jaurès, à Vienne.

DARESTE DE LA CHAVANNE (Mme), à Anjou.

*Faure (Maurice), avocat, 77, faubourg Saint-Marcel, à Vienne.

* Gaillard (Georges), professeur à l'Institut français de Barcelone, 24, chemin des Berges, à Grenoble, et, Provença 325, à Barcelone.


LOIR-ET-CHER XVII

*JAILLET (Charles), 89, rue d'Avignon, à Vienne.

*Kergorlay (le Comte Charles de), au château de Septème, et à

Paris, 41, rue de l'Université (VIIe). LATOUCHE (Robert), maître de conférences à la Faculté des Lettres,

chemin de la Vierge-Noire, à la Tronche. *LE CHATELIER (Louis), ingénieur, 34 bis, boulevard Gambetta, à

Grenoble. NODLER (la Comtesse Henri), au château de Bel-Accueil, par

Jallieu. ROYER (Mlle Armance), au prieuré de Notre-Dame de Commiers,

par Saint-Georges-de-Commiers, et à Paris, 1, rue Blaise-Desgofîes

Blaise-Desgofîes Satre (le docteur Antoine), 3, place aux Herbes, à Grenoble. *SAUNIER (le docteur Louis-Joseph), à Heyrieux. VASSY (A.), conservateur des Musées, 39, rue du Cirque, à Vienne.

Jura.

Inspecteur : M. J. COURTOT.

AUDEMAR (Mme André), au château de Foucherans, par Dôle.

COESTER (Gustave), 3 bis, place du Château, à Saint-Claude.

*COURTOT (Jean), ingénieur, à Dôle, et à Saint-Cloud (Seine-etOise), 14, parc de Montretout.

GENTY (le docteur Maurice), à Chisseria, et à Paris, 16, rue Bonaparte (VIe).

*MONNIER (Mme André), au château de Baudin, par Sellières, et à Paris, 5, rue de Surène (VIIIe).

PERROD (l'abbé Maurice), 9, rue du Puits-Salé, à Lons-le-Saunier.

VUILLERMOZ (le docteur Louis), 3, boulevard de la République, à Saint-Claude.

Landes.

Inspecteur : M. P. BURGUBURU. *BURGUBURU (Paul), 27, avenue Gambetta, à Dax.

Loir-et-Cher.

Inspecteur : M. le docteur LESUEUR.

BIBLIOTHÈQUE DE BLOIS, à Blois.

CHAUVALLON (Pierre), architecte, 14, rue de l'Ecu, à Romorantin. CROY (la Vicomtesse DE), au château de Monteaux. DELACOURCELLE (G.), à Saint-Laurent-des-Bois, par Marchenoir. Delalande (Mlle Jeanne), au château de Jaugy, par Gièvres. DELALANDE (Mme H.), même adresse.

*DEZÉ (Emile), médecin-vétérinaire, à Montoire-sur-le-Loir. Gérard (Alphonse), au château de la Fosse, par Montoire, et à Paris, 16, rue Bayard (VIIIe).

6


XVIII LOIRE -

*GRENOUILLOT (André), architecte des Monuments historiques, le Paradis, à Ménars-le-Château, et à Paris, 191, avenue du Maine (XIVe).

*LEGENDRE (Paul), architecte, 3, rue Bertheau, à Blois.

LEGENDRE (Mme P.), même adresse.

LESUEUR (le docteur Frédéric), conservateur des Musées et du château de Blois, 7, rue Pierre-de-Blois, à Blois.

LOISEAU (le docteur), à Champigny-en-Beauce.

*Marchéville (Louis de), au château du Moulin, près Romorantin, et à Paris, 30, rue Spontini (XVIe).

PETIT (l'abbé Augustin), curé de Souesmes.

PILTÉ (l'abbé Edmond), curé de Monteaux.

PLAT (l'abbé Gabriel), rue du Puits, à Vendôme.

*REDOUIN (Emile), place d'Armes, à Romorantin.

ROBERT-HOUDIN (Paul), architecte des Monuments historiques, 5, rue de la Voûte-du-Château, à Blois.

*SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE, SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE DU VENDÔMOIS, au Musée de Vendôme.

*Trocmé (Mlle), professeur de dessin, 7, rue Renarderie, à Vendôme.

URBAIN (Mlle Paulette), au château de Montboulan, Salbris, et à Paris, 12, rue Camoens (XVIe).

YVONNEAU (le docteur), conservateur du Musée du château de Blois.

Loire.

Inspecteur : M. G: BRASSART.

BERNARD (Jean), architecte, 3, rue de la Charité, à Saint-Étienne.

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE LA VILLE DE SAINT-ÉTIENNE, au palais des Arts, à Saint-Étienne.

Brassart (Gabriel), imprimeur, 4, rue Tupinerie, à Montbrison.

CHOLAT (Auguste), à Chalain-d'Uzore.

CHOLAT (Lucien), 17, place Marengo, à Saint-Etienne.

David (Hippolyte), 23, rue de la République, à Saint-Étienne.

DÉCHELETTE (Mme Joseph), 22, rue de la Sous-Préfecture, à Roanne.

DEROURE (Gabriel), architecte, 25, rue de la République, à SaintÉtienne.

*DUBOST (Julien), entrepreneur des Monuments historiques, à Montbrison.

DUBOUCHET (Louis), 2, rue du Général-Foy, à Saint-Étienne.

Fraisse (Henri), 57, rue Michelet, à Saint-Étienne.

GRANGER (André), bibliothécaire, 13 bis, rue Gambetta, à SaintÉtienne.

MONTUCLARD (Mathieu), architecte, place Paul-Bert, à SaintÉtienne.

*MUSÉE JOSEPH-DÉCHELETTE, à Roanne.

POULET (Henri), secrétaire-adjoint honoraire de la Cie P.-L.-M., 28, rue Michel-Rondet, à Saint-Étienne.

RONY (Ennemond), 7, rue du Palais-de-Justice, à Montbrison.


LOIRET XIX

*Thiollier (Noël), 28, rue de la Bourse, à Saint-Étienne. VALLAT (Antoine), au château d'Aubigny, par Sury-le-Comtal. Viel (Georges), 14, rue Barra, à Saint-Étienne. *VITAUT (le docteur Louis), à Charlieu.

Loire (Haute-).

Inspecteur : M. A. CASATI.

*ACHARD (l'abbé Auguste), à Goudet, par le Monastier.

BADIOU (Mme Charles), 17, boulevard Saint-Louis, au Puy.

CASATI (Auguste), avocat, au château de Mézire, par Arvant, et à

Paris, 210 bis, boulevard Péreire (XVIIe). FLAGHAC (le Baron Jehan DE), au château de Flaghac, par SaintGeorges-d'Aurac,

SaintGeorges-d'Aurac, à Paris, 21, rue du Colonel-Moll (XVIIe). ROQUEFEUIL-PRADT (le Comte DE), au château de Védrines, par

Lorlange.

Loire-Inférieure.

Inspecteur : M. l'abbé J. BOUTIN.

* ARMAND (le Comte Jacques), au château de Carheil-en-Plessé. *BAILHACHE (Marcel), 19, rue Saint-Charles, à Nantes. BOUTIN (l'abbé Joseph), à Saint-Lumine-de-Courtais. *LEHUÉDÉ (l'abbé Ambroise), 6, rue Malherbe, à Nantes. RICHARD (le commandant R.), 60, rue du Coudray, à Nantes.

Loiret.

Inspecteur : M. le chanoine G. CHENESSEAU.

AUDOUX (Arthur), 2, quai Saint-Laurent, à Orléans.

*Banchereau (Jules), conservateur du Musée historique de l'Orléanais et du Musée Jeanne-d'Arc, 6, quai Barentin, à Orléans.

Banchereau (Mme J.), même adresse.

BEAUSSART (le docteur Pierre), Établissement psychothérapique de Fleury-les-Aubrais.

BÉCUE (Mme J.), 94, rue d'Illiers, à Orléans.

BOURDAUD (Gustave), 17, route de Saint-Mesmin, à Orléans.

BOURDEAUD (Pierre), 113, faubourg Saint-Vincent, à Orléans.

CHAUFFY (Eugène), 73, rue Bannier, à Orléans.

*CHENESSEAU (le chanoine Georges), professeur à l'Institut catholique de Paris, 2, place du Châtelet, à Orléans, et à Paris, 63, rue Violet, Pavillon 5 (XVe). .

CHEVHIER (Mme P.), à Châtillon-Coligny, et à Paris, 65, avenue Kléber (XVIe).

*COLAS-ROBERT (Mme P.), 53, boulevard Saint-Vincent, à OrléansDESCHAMPS

OrléansDESCHAMPS agent de change, 46, boulevard AlexandreMartin, à Orléans.

*DRAMARD (le docteur Raymond), 50, rue d'Illiers, à Orléans.

FOUGERON (Etienne), 57, rue de la Bretonnerie, à Orléans.


XX MAINE-ET-Lt)IRE

GODEFHOY (Georges), 17, rue Vieille-Poterie, à Orléans.

GODIN (René), 189, faubourg Bannier, à Orléans, et à Ismaïlia (Egypte).

*GRENOUILLOUX (Abel), rue des Quatre-Vents, à la Ferté-SaintAubin.

Houzé (René), 15, rue Louis-Roguet, à Orléans.

*HUGUES (le docteur Jean), 12, rue Parisie, à Orléans.

*JARRY (Eugène), archiviste-paléographe, 8, place de l'Étape, à Orléans.

Johanet (Lucien), 26, rue du Colombier, à Orléans.

*Jouvellier (Pierre), 13, rue du Colombier, à Orléans.

LAVERGNE (G.), archiviste départemental, à Orléans.

LE BARBIER (Maurice), ingénieur, 72, boulevard Alexandre-Martin, à Orléans.

*LIOCOURT (le commandant F. DE), 9, rue du Bourg-Neuf, à Orléans.

MARRE. (Pierre), 72, rue de la Bretonnerie, à Orléans.

MASSON (Léon), architecte des Monuments historiques, 9, rue Serenne, à Orléans.

Perrault (l'abbé Henri), école Sainte-Croix, 19, rue du Colombier, à Orléans.

PILLAULT (Robert), 6, rue Grison, à Orléans.

POMMIER (Alexandre), juge honoraire au Tribunal civil, 7, boulevard Rocheplatte, à Orléans.

Ponroy (Marcel), 44, rue Chanzy, à Orléans.

*RICHER (Jacques), 22, rue Xaintrailles, à Orléans.

Lot.

Inspecteur : M. Jean FOURGOUS.

CAUSSAT (Paul), à Labastide-Murat.

FOURGOUS (Jean), inspecteur du service commercial de la Compagnie d'Orléans, Tour-de-Faure, par Saint-Circq-Lapopie, et 61, rue Caron, à Athis-Mons (Sèine-et-Oise).

MIJOULE (Joseph), président du Tribunal, à Figeac.

Lot-et-Garonne.

Inspecteur : M. le chanoine MARBOUTIN. *MARBOUTIN (le chanoine Raoul), 22, rue Joseph-Bara, à Agen.

Lozère.

*LAPORTE (Adolphe), 2, rue Basse, à Mende.

Maine-et-Loire.

Inspecteur : M. P. BRICHET. 'BERTRAND (Fernand), 44, rue Volney, à Angers.


MARNE XXI

«

Bizard (René), au château d'Épiré, par Savennières, et à Paris, 3, rue de la Terrasse (XVIIe).

*BLACAS (le Duc DE), au château de Beaupréau, et à Paris, 81, rue de Grenelle (VIIe).

'BOUILLON (E.), 42, boulevard Henri-Arnaud, à Angers.

BRICART (Ernest), architecte des Monuments historiques, 9, rue Célestin-Port, à Angers.

HOUDEBINE (l'abbé T.-L.), professeur à l'Institution libre de Combrée.

'JUSSERAND (Roger), 25, rue David, à Angers.

NEPVEU (André), au château de la Buronnière de Juvardeil, par Châteauneuf-sur-Sarthe.

PINIER (le chanoine), à Chanzeaux.

*URSEAU (le chanoine Charles), 21, montée Saint-Maurice, à Angers.

Manche.

Inspecteur : M. A. ROSTAND.

Le Cerf (Georges), lieutenant de vaisseau, hôtel du Casino, à Cherbourg, et à Paris, 15, avenue Malakoff (XVIe).

*ROSTAND (André), au château de Flamanville, et à Paris, 179, rue de la Pompe (XVIe).

Marne.

Inspecteur : M. H. KRAFFT.

'BERTRAND (Henri), 35, boulevard de la Paix, à Reims.

'BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE REIMS, place Carnegie, à Reims.

BOUCHER (l'abbé René), 35, rue de Magneux, à Reims.

'CARDINAL (Maurice), 12, rue du Trianon, à Reims.

CHARBONNEAUX (Charles), 5, boulevard Desaubeau, à Reims.

Charbonneaux (Emile), président des Amis de la cathédrale de Reims, 27, rue Libergier, à Reims.

'CHARBONNEAUX (Jacques), notaire, 11, rue Saint-Rémy, à Épernay.

'DENEUX (Henri), architecte en chef des Monuments historiques, correspondant de l'Institut, chantiers de la Cathédrale, à Reims, et à Paris, 185, rue Belliard (XVIIIe).

Deneux (Mme H.), mêmes adresses.

DOURCY (Eugène), architecte, 4, rue Chantereine, à Reims.

'FAVRET (l'abbé Pierre), hôpital Auban-Moët, à Épernay.

'GRAU (André), 58, rue des Moissons, à Reims.

HEIDSIECK (Charles), 5, rue Kellermann, à Reims.

HERBE (Edmond), architecte, 6, rue des Telliers, à Reims.

'KRAFFT (Hugues), membre de la Commission des Monuments historiques, 36, place du Forum, à Reims.

La Rochelambert (le Comte de), au château d'Esternoy.

LALUYAUX (l'abbé Ch.), curé de Cumières.

'MAILLET (Mlle Gsrmaine), à Sarry, et à Paris, 14, rue de Boulainvilliers (XVIe).


XXII MEUSE

«

MAYBEL (Maurice), architecte, 6, place Sainte-Croix, à Châlonssur-Marne._

Châlonssur-Marne._ (Etienne), 6, rue du Mouton, à Vitry-le-François. SARAZIN (Charles), 11, rue Werlé, à Reims. 'SAURAIN (le docteur Henri), 35, rue de l'Etape, à Reims. 'SAVY (Paul), 5, rue du Marc, à Reims.

'SIMON (Jacques), peintre-verrier, 44, rue Ponsardin, à Reims. *Wenz-Chaponnière (Emile), 14, rue de la Tirelire, à Reims, et à

Paris, 1, rue de Metz (Xe).

Mayenne.

Inspecteur : M. L. GUINEBRETIÈRE.

BÂTARD (Henri), 12, rue de Solferino, à Laval.

HÉLIAND (le Comte Joseph D'), 27, rue Marmoreau, à Laval.

Ramard (Guy), avocat, 19, place Hardy-de-Levaré, à Laval.

Meurthe-et-Moselle.

Inspecteur : M. Pierre MAROT.

ANDRIEUX (le lieutenant-colonel Charles), 57 bis, rue Hermite, à

Nancy. ARBOIS DE JUBAINVILLE (Paul D'), archiviste-paléographe, 6, place

d'Alliance, à Nancy. AUTRECHAPAUT (le capitaine), parc des Chars-d'Assaut, à Nancy. 'BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE NANCY, 43, rue Stanislas. *Clanché (l'abbé V'.), curé de Dieulouard. 'DENIS (Paul), archiviste municipal, à Nancy. MAROT (Pierre), archiviste départemental, 1, rue de la Monnaie, à

Nancy. PERDRIZET (Paul), membre de l'Institut, professeur à l'Université

de Strasbourg, 4, avenue de la Garenne, à Nancy. Planche-Gillon (Joseph), 8, place de la Carrière, à Nancy.

Meuse.

Inspecteur : M. Marcel DELANGLE.

'BAUDOT (Etienne), notaire, à Verdun.

BRAYE (Lucien), avoué, 8, rue Lapique, à Bar-le-Duc.

DELANGLE (Marcel), architecte des Monuments historiques, 9, rue

Saint-Louis, à Verdun. ERRARD (P.), instituteur, à Thonne-le-Long.

HERBÉCOURT (Pierre D'), archiviste départemental, à Bar-le-Duc. 'RENAULT (le Baron Gaston), conservateur du Musée, 25, rue

Schleiter, à Verdun. SOUPLET (l'abbé Maxime), sacriste de la cathédrale, à l'Évêché, à

Verdun.


NORD XXIII

Morbihan.

Inspecteur : M. Roger GRAND.

CAMAS (le Baron FILHOL DE), au manoir de Ruliac, par Vannes.

'GRAND (Roger), professeur à l'École des chartes, ancien sénateur du Morbihan, membre de la Commission des Monuments historiques, au manoir de Kerverho, par Arradon, et à Paris, 21, rue deFleurus (VIe).

*Léger (Louis), Bel-Air, à Hennebont.

'L'ÉSTOURBEILLON (le Marquis Régis DE), 10, place de l'Évêché, à Vannes, et à Paris, 4, rue du Vieux-Colombier (VIe).

Moselle.

Inspecteur : M. Ernest HERPE.

BOUR (le chanoine R.-S.), directeur du Grand Séminaire de Metz, 5,

rue d'Asfeld, à Metz. BUCHERER (Louis), ingénieur civil, 5, rue Pierre-Perrat, à Metz. GRIVEAUD (Martial), archiviste départemental, Préfecture de Metz. HERPE (Ernest), architecte en chef des Monuments historiques en

Lorraine, 10, place Saint-Étienne, à Metz. KAUFFEISEN (René), juge au Tribunal, 4 a, rue de la Haye, à Metz. MORHAIN (l'abbé), professeur au Grand Séminaire, à Metz. MUSÉE DE LA VILLE DE METZ, 2, rue de la Bibliothèque, à Metz. STEF (Paul), sculpteur, à Plesnois. Vaulgrenant (le général Albert de), gouverneur de Metz.

Nièvre. Inspecteur : M. Léon MIROT.

BROT (le chanoine Louis), archiprêtre de Château-Chinon. MIROT (Léon), conservateur-adjoint aux Archives nationales, à

Clamecy, et à Bièvres (Seine-et-Oise). SOCIÉTÉ NIVERNAISE D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE, à Nevers.

Nord.

Inspecteur : M. E. DUBUISSON.

BARBOTIN (Jacques), architecte D. P. L. G., 97, rue de la Bassée, à Lille.

BEAUCAMP (Fernand), secrétaire de la Commission historique, 7, rue du Sec-Arembault, à Lille.

'BIBLIOTHÈQUE COMMUNALE DE LILLE, 1, place de l'Université, à Lille.

'BÔNZEL (Pierre), 6, rue Marais, à Haubourdin.

BOONE (Gustave), architecte, 17, rue Neuve-des-Capucins, à Cambrai.


XXIV NORD

'BOONE (Henri), 19, rue Neuve-des-Capucins, à Cambrai.

'BORREWATER (Georges), 48, avenue Foubert, à la Madeleine-lesLille.

BREUVART (Mme A.), 130, rue Royale, à Lille.

CHAPUIS (René), ingénieur, 47, rue Fourrier, à Lille-Canteleu.

CHARVET (Mme Jean), 83, grand'route de Béthune, à Loos.

CORBEAU (Auguste), architecte des Monuments historiques, 3, avenue Germaine, à la Madeleine-les-Lille.

'CRESPEL (Etienne), 36, boulevard Carnot, à Lille.

DANSETTE (Mme), 3, rue Delezenne, à Lille.

DAVID (le chanoine), 122, boulevard Vauban, à Lille.

'DELAHODDE (Léon), 3, rue Auguste-Angellier, à Lille.

DELATTRE (Mme A.), 79, boulevard Carnot, à Lille.

'DEREGNAUCOURT (Ferdinand), architecte D. P. L. G., 312, rue de Solferino, à Lille.

'DUBUISSON (Emile), architecte diplômé, 22, rue Marais, à Lille.

DUCHATEAU (Louis), 24, rue Marengo, à Dunkerque.

'DUQUESNAY (Paul), 19, boulevard Louis XIV, à Lille.

'GAVELLE (Emile), directeur de l'École des Beaux-Arts de Lille.

GIARD (René), 2, rue Royale, à Lille.

HOUSSIN (Léon), à la Bassée.

LE GLAY (André), avocat honoraire, 12, rue Saint-Jean, à Douai et Cantin.

LÉMAN (le chanoine Auguste), professeur aux Facultés catholiques de Lille, 60, boulevard Vauban, à Lille.

LÉMAN VAN DE KEHCKHOVE (Paul), 76, rue de Roubaix, à Tourcoing.

'LE MARCHAND (Georges), actuaire, 1, rue de l'Espérance, à Roubaix.

'LOTTHÉ (Mgr Ernest), directeur du Grand Séminaire, 68, rue Royale, à Lille.

MASSON (Oscar), éditeur, 9, rue des Ratelots. à Cambrai.

'MASUREL (Edmond), 63, rue Nationale, à Tourcoing.

MEREUIL (Albert DE), 25, rue Saint-Jean, à Douai.

'MOLLET (Victor), architecte D. P. L. G., 5, rue Patou, à Lille.

'MOTTE (Mme G.), 6, boulevard Carnot, à Croix.

NICQ-DOUTRELIGNE (Michel), architecte, maison de retraite, avenue La Fayette, à Tourcoing.

ONOF (Mme Julia), rue Coussemacher, à Bailleul.

PAGE (Edouard), à Lannoy-du-Nord.

'POTIÉ (le docteur G.), 49, rue Bayard, à Armentières.

RICARD (Alexandre), banquier, 61, rue Jacquemars-Giélée, à Lille.

'ROBERT (Jean), banquier, 13, rue Léon-Gambetta, à Cambrai.

*Saint-Aubin (Piétresson de), archiviste départemental, 1, rue du Pont-Neuf, à Lille.

SCRIVE (Henri), 8, square Jussieu, à Lille.

SCRIVE (Olivié), 1, rue du Lombard, à Lille.

'SIMON (Henri), 22, rue des Bateliers, à Haumont.

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE, DES SCIENCES ET DES ARTS, 8 bis, rue d'Arras, à Douai.

'SOCIÉTÉ RÉGIONALE DES ARCHITECTES DU NORD DE LA FRANCE, 5, rue Basse, à Lille.


ORNE XXV

THIÉBAUT (Raymond), 14, rue Marais, à Lille. THULIEZ (l'abbé Edouard), curé de Saint-Druon, à Cambrai. TIBERGHIEN (Mme Charles), 27, rue du Dragon, à Tourcoing. TOUSSAINT (Jules), avocat, 8, rue Saint-Jean, à Douai. 'TURPIN (Pierre), peintre verrier, 3, rue des Canonniers, à Lille. VILLETTE (MUe), 60, rue de Canteleu, à Lille.

WAGON (Maurice), président de Chambre honoraire, 32, rue Morel, à Douai.

Oise.

Inspecteur : M. Jean BÉREUX.

*Abrand, conservateur du Musée archéologique, place Henri-IV, à Senlis.

BÉREUX (Jean), archiviste départemental, à Beauvais.

'BLAIN (André), au château de Gournay-sur-Aronde.

BRÉDA (ie Comte Jean DE), au château du Plessis-Brion, par Thourotte.

BRÉDA (la Comtesse J. DE), même adresse.

CHAUMIER, 15, rue du Petit-Canal, à Compiègne.

CHEVALLIER (Mme Raymond), 6, rue du Chat-Haret, à Senlis.

*Claparède (Paul-Hubert), architecte D. P. L. G., 106, rue du Connétable, à Chantilly.

COISEL (Victor), libraire, 19, rue Saint-Pierre, à Beauvais.

Dubloc (Edouard), docteur en droit, 14, rue de Pierrefonds, à Compiègne.

Failly (le Comte M. de), 30 bis, rue Saint-Lazare, à Compiègne.

'HALLOT (le docteur), rue Saint-Éloi, à Noyon.

'HARLÉ D'OPHOVE (Mme Etienne), au château de Chevrières, et à Paris, 155, boulevard Haussmann (VIIIe).

HURBAIN (Maurice), 4, place Condé, à Chantilly.

Jourdain (Octave), notaire, 8, rue de Gruny, à Noyon.

LEBLOND (Mme V.), 74, rue des Halles, à Beauvais.

'LIREB (Georges), chef du contrôle administratif du Petit Parisien, 38, rue du Chatellier, à Clermont.

'MILLOT (Marius), 51, rue Saint-Pierre, à Beauvais.

'PARMENTIER (le docteur René), 22, rue des Fontaines, à Clermont.

PASSEBOIS (Mme Jacques), 7, rue d'Aumale, à Chantilly.

PÉPIN-LEHALLEUR (Adrien), au Castel-Michel, à Compiègne, et à Paris, 7, rue Nitot (XVIe).

Ribes (le Comte Jean de), au château de Saint-Just, par Bornel, et à Paris, 50, rue de la Bienfaisance (VIIIe).

'SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L'OISE, à Beauvais.

THÉRY (le docteur L.), 18, rue Joseph-Leprince, à Compiègne.

Orne.

Inspecteur : M. H. TOURNOUER.

BANVILLE (le Vicomte Gérard DE), au château du Rosel, par Montsecret.

CENIVAL (Pierre DE), au château de la Marce, par Écouché, et à Paris, 42, quai d'Auteuil (XVIe).


XXVI PUY-DE-DÔME

LE GENTILHOMME (Pierre), 27, rue de Bretagne, à Alençon, et à Paris, 23, rue Molière (Ier).

'TOURNOUER (Henry), archiviste-paléographe, au château de Saint-Hilaire-des-Noyers, par Noce, et à Paris, 7, rue Bayard (VIIIe).

Pas-de-Calais.

Inspecteur : M. R. RODIÈRE.

DAMBRICOURT (Auguste), 20, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer. 'DEGEZ, architecte D. P. L. G., 91, boulevard Victor-Hugo, à Béthune.

Béthune. (Raymond), à Sus-Saint-Léger. HAIGNIÉRÉ (Mme) (soeur Maria-Andréa, bénédictine), maison NotreDame-des-Ermites,

NotreDame-des-Ermites, Nieilles-les-Ardres. 'HÉLIOT (Pierre), conservateur de la Bibliothèque municipale, 103,

rue Félix-Adam, à Boulogne-sur-Mer. LEGRAND (Charles), 5, rue Gambetta, à Saint-Omer. LIAGRE (Mme), 9, rue du Marché-aux-Filets, à Arras. 'MARCHAND (Alexandre), ingénieur civil des Mines, à Bully. MICHAUD (Jean), 16, rue Jeanne-d'Arc, à Arras. Pas (Justin Deschamps de), 10, rue Orner-Play, à Saint-Omer. 'RODIÈRE (Roger), place Verte, à Montreuil-sur-Mer. SANGNIER (Georges), à Blangermont, par Frévent. STÉRIN (le docteur Abel), à Hesdin.

Puy-de-Dôme.

Inspecteur : M. DU RANQUET.

BONNEVIE DE POGNIAT (le Comte DE), au château de Montaclier, par Riom.

BOUCOMONT (le docteur Roger), la Roseraie, avenue de Villars, à Chamalières.

'BRÉHIER (Louis), correspondant de l'Institut, professeur à l'Université, 12, avenue de Royat, à Chamalières.

CANY (le docteur), à la Bourboule.

'COSTERIZANT (Oscar), architecte, 65, boulevard de Gergovia, à Clermont-Ferrand.

DARGNAT (A.), architecte, 53, rue de Lyon, à Thiers.

DÉSARMÉNIENS (F.), 14, rue des Bughes, à Clermont-Ferrand.

GENESTE (Louis), 4 bis, rue d'Amboise, à Clermont-Ferrand.

Ojardias (Albert), à Thiers, et à Paris, 22, rue Beautreillis (IVe).

PAILLARD (Mlle Madeleine), 19, rue d'Aubière, à Clermont-Ferrand, et villa des Fées, à Vittel (Vosges).

PONTGIBAUD (le Comte DE), au château de Pontgibaud.

'RANQUET DE GUÉRIN (Henri DU), 9, rue Savaron, à ClermontFerrand.

RANVIER (Louis), rue de l'Ancienne-Mairie, à Billom.

ROCHIAS (l'abbé Joseph), 10, rue Saint-Genès, à Clermont-Ferrand.

ROUCHON (Gilbert), archiviste honoraire, 21, rue Fontgiève, à Clermont-Ferrand.


RHIN (BAS-) XXVII

R-jugane de Chanteloup (le Comte Marcel), 47, boulevard de Gergovia, à Clermont-Ferrand, et à Paris, 5, rue du Boccador (VIIIe). TARRÉRIAS (Henri), rue des Horts, à Thiers.

Pyrénées (Basses-).

Inspecteur : M. Paul LORBER.

'ANDRAL (Gabriel), architecte D. P. L. G., 6, rue Justin-Blanc, à Pau.

DROUAULT (Mme veuve Ch.), à Montaut-Bétharram.

LORBER (Paul), archiviste départemental, 38, avenue Thiers, à Pau.

'VIENNOT (William), conservateur-adjoint honoraire à la Bibliothèque nationale, villa Aire-Onà, à Saint-Jean-de-Luz.

Pyrénées (Hautes-).

FERRERO (G.), architecte, 5, place de Verdun, à Tarbes. MAYSONNADE (Auguste), 11, rue de Gonnès, à Tarbes.

Pyrénées-Orientales.

Inspecteur : M. l'abbé SARRÈTE.

CUP DE SAINT-PAUL, rue Léon-Dieudé, à Perpignan.

DONNEZAN (le docteur René), conservateur du Musée d'histoire naturelle, rue Fontfroide, à Perpignan.

PAGÈS-POURTET (MUe Suzanne), 10, rue de la Loge-de-Mer, à Perpignan, et domaine des Garrigues-du-Tanyari, à Palau-del-Vidre.

Puig (le docteur René), 1, rue Fontfroide, à Perpignan.

SARRÈTE (le chanoine Jean), aumônier de l'hospice de la Miséricorde, avenue d'Espagne, à Perpignan.

TRENET (Louis), architecte, 8, rue Quéya, à Perpignan.

Rhin (Bas-).

Inspecteur : M. P. GÉLIS.

ANTHON (Marc), 22, quai Saint-Nicolas, à Strasbourg. 'BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS, au château de

Rohan, à Strasbourg. 'BIBLIOTHÈQUE NATIONALE ET UNIVERSITAIRE DE STRASBOURG. Collet (MUe Paule), 1, rue Sainte-Odile, à Strasbourg. MULLER (l'abbé), sénateur, 9, boulevard du Maréchal-Joffre, à

Strasbourg, et à Paris, 11, rue Casimir-Périer (VIIe). RAILLARD (Marcel), trésorier-payeur général, à Strasbourg. SPAETH (Albert), 19, rue Twringer, à Strasbourg. 'TRAUTMANN (André), 6, allée Spach, à Strasbourg. 'WALTER (l'abbé Joseph), bibliothécaire-archiviste, président de la

Société des Amis de la cathédrale de Strasbourg, à Sélestat. Wickersheimer (Ernest), docteur en médecine, 32, rue du Barrage,

à Schiltigheim.


XXVIII RHÔNE

Rhin (Haut-).

Inspecteur : M. l'abbé WALTER.

Brutschi (Mlle Juliette), sculpteur, à Ribeauvillé.

'KERN (George), médecin inspecteur départemental d'hygiène, 1,

rue des Jardins, à Thann. 'SPOERRY (Henry), 1, rue du Sundgau, à Mulhouse.

Rhône.

Inspecteur : M. le docteur LOISON.

ALBON (le Marquis Antoine D'),'au château d'Avanges, par SaintRomain-de-Popey.

AUBARÈDE (Mlle Hélène D'), à Saint-Genis-Laval.

Aynard (René), 19, rue de la République, à Lyon.

BABOIN (Mme Léonce), 28, place Bellecour, à Lyon.

BARRAUD (Joannès), 10, place Carnot, à Lyon.

BÉGULE (Lucien), 3, rue Sala, à Lyon.

BISSUEL (Joseph), architecte, 11, place Bellecour, à Lyon.

BLANC (Jean), 2, quai Gailleton, à Lyon.

BOLLAERT (Emile), ancien directeur général des Beaux-Arts, préfet du Rhône.

BONNET (le docteur Louis), 32, rue de la République, à Lyon.

BOUTON (Gabriel), 36 bis, rue Duquesne, à Lyon.

CANAT DE CHIZY (Noël), 10, rue de la Charité, à Lyon.

CHAGNY (l'abbé A.), 41, rue de la Charité, à Lyon.

CHAÎNE (Jean), notaire, 2, rue Sala, à Lyon.

DEVILLARD (Charles), 6, rue Sale, à Lyon.

'DUPRESSOIR (André), 4, rue Victorien-Sardou, à Lyon.

FRACHON (Marcel), 14, place Carnot, à Lyon.

'FUSTIER (Pierre), 5, rue du Parc, à Lyon.

GALLAVARDIN (le docteur Louis), 6, quai Jules-Courmont, à Lyon.

'GARDÈRE (Mme le docteur M.), 82, cours Vitton, à Lyon.

GINDRE (Ludovic), 23, place Tolozan, à Lyon.

Jullien (Mgr André), 41, rue Sainte-Hélène, à Lyon.

'LOISON (le docteur Eugène), 9, rue du Plat, à Lyon.

LOISON (Mme G.), même adresse.

MARMORAT (Théophile), 81, rue Jacquard, à Lyon.

'MAYNARD (Louis), archiviste-bibliothécaire, 5, rue Sully-Prudhomme, à Villeurbanne.

MOLLIER (l'abbé Claudius), archiprêtre de Saint-Nicolas-deBeaujeu.

MONTGOLFIER (Paul DE), 20, cours Morand, à Lyon.

MOREL (Ennemond), 20, rue Lafont, à Lyon.

MORÉNAS (le docteur. Léon), professeur à la Faculté de médecine, 7, rue de Bonnel, à Lyon.

PAHUD-BABOIN (Mme Henri), 21, place Bellecour, à Lyon.

Pallasse (le docteur Eug.), 4, rue des Prêtres, à Lyon.

PATEL (le docteur Maurice), professeur à la Faculté de Médecine, 3, rue Président-Carnot, à Lyon.


SAONE-ET-LOIRE XXIX

PÉHU (le docteur Maurice), 24, place Bellecour, à Lyon.

PERMEZEL (Jacques), 25, place Bellecour, à Lyon.

Peyronnet (le comte Franck de),a.M château de Fontaine, à Caillousur-Fontaine.

Caillousur-Fontaine. (Robert), 41, rue Sainte-Hélène, à Lyon. 'POUZET (le docteur François), 37, rue Auguste-Comte, à Lyon. 'PROST (Edouard), 1, quai Robichon, à Givors, et à Millery. ROMANET (Charles DE), ingénieur, 29, avenue Foch, à Lyon. Rubellin (Jacques), avocat, 19, place Bellecour, à Lyon. SENGLET (Paul), architecte, 21, cours Lafayette, à Lyon. SIBERT (Vital), 11, rue Childebert, à Lyon. TARCHIER (Louis), chanoine à la Primatiale, 133, cours Gambetta,

à Lyon. TARCHIER (Théophile), 26, cours Lafayette, à Lyon. VAN OEST (G.), à Saint-Georges-de-Reneins. 'VARILLE (Mathieu), 1, quai de Retz, à Lyon. VERRIER (Pierre), architecte D. P. L. G., 57, rue Créqui, à Lyon. 'VIALLIER (le docteur Paul), 10, rue du Président-Carnot, à Lyon. Vichot (le docteur Julien), 6, rue de la Barre, à Lyon.

Saône (Haute-).

Inspecteur : M. R. JANNOT.

'JANNOT (Rodolphe), juge, 43, rue de Breuil, à Vesoul. MOLTENI (l'abbé), curé de Cubry-les-Faverney, par Mersuay.

Saône-et-Loire.

Inspecteur : M. J. VIREY.

ANDRÉ (Louis), architecte, 108, avenue de Paris, à Chalon-surSaône.

BOURGEOIS (Mme), 14, rue de l'Obélisque, à Chalon-sur-Saône.

Champeaux de la Boulaye (Lucien de), au château de la Boulaye, par la Selle-en-Morvan, et à Paris, 21, avenue Georges-V (VIIIe).

'CHEVRIER (Jules), 5, place du Châtelet, à Chalon-sur-Saône.

'DACLIN (Léon), président de l'Académie de Mâcon, à Cluny.

'GROS (Charles), 6, rue Gambetta, à Chalon-sur-Saône.

'LECROQ (Marcel), 5, place de l'Obélisque, à Chalon-sur-Saône.

Leusse (le Comte Godefroy de), au château d'Hurigny.

'MALO (Edmond), architecte des Monuments historiques, 10, quai de la Poterne, à Chalon-sur-Saône.

PERRIN DU PUYCOUSIN, avocat, au château de Putigny,. par Tournus.

PINCHARD (Abel), architecte D. P. L. G., 30, rue Victor-Hugo, à Mâcon.

PROTAT (Emile), imprimeur, à Mâcon.

'SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE de Chalon-sur-Saône.

'SOCIÉTÉ ÉDUENNE (LA), à Autun.

SORET (Henri), 15, rue Saint-Georges, à Chalon-sur-Saône.

SORET (Mme H.), même adresse.


XXX . SEINE *

VIOLOT (Raoul), 2, rue d'Autun, à Chalon-sur-Saône.

Sarthe.

Inspecteur : M. le Marquis DE BEAUCHESNE.

Baudreuil (Jean de), la Cour-de-Broc, par le Lude.

'BEAUCHESNE (le Marquis Adelstan DE), à la Roche-Talbot, par Sablé, et à Paris, 91, rue de Longchamp (XVIe).

BERRANGER (Henri DE), archiviste départemental, 1, rue GermainPilon, au Mans.

CLAVEAU, avoué, à Saint-Calais.

'DURAND (Georges), 5 bis, rue Chanzy, au Mans.

MAINGUENIAU (Louis), à Bener, par Yvré-1'Évêque.

Pinoteau (le Baron), à Bois-Hunault, par la Chartre-sur-le-Loir.

QUINTON (Romain), 3, rue Barbier, au Mans.

RINJARD (Albert), avocat, 3, rue des Chanoines, au Mans.

SIMON (Gaston), avocat, 10, rue des Ursulines, au Mans.

Singher (Gustave), 2, rue de la Mariette, au Mans.

'SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU MAINE (LA), au Mans.

'VAUMORON (Armand), 14, rue Sainte-Marie, au Mans.

Savoie.

BLANC (le commandant), 7e B. C. A., à Albertville. RITTER (Camille), proviseur du Lycée de Chambéry.

Savoie (Haute-).

Inspecteur : M. R. AVEZOU.

'AVEZOU (Robert), archiviste départemental, 4, rue des Archives, à Annecy.

'BAUD (John), au château de Chatel, par Usinens, et 3, rue JulesFerry, à Thonon-les-Bains.

'CLAUDEL (Serge), professeur au Collège, villa « l'Étape », à Thonon-les-Bains.

Seine (1). Inspecteur : M. E. DEBIDOUR.

'ABADIE-DUGUÉ (Mme), 3, rue Chardin (XVIe). 'ABRAHAM (Pol), architecte D. P. L. G., 26, rue Pauquet (XVIe). 'ADHÉMAR (Jean), 178, rue de Courcelles (XVIIe). ALAJOUANINE (le docteur), 120, avenue Victor-Hugo (XVIe). 'ALDIS (Mme M.), 26, rue Boissière (XVIe).

ALFASSA (Paul), conservateur du Musée des Arts décoratifs, 142, boulevard Malesherbes (XVIIe).

(1) L'indication de la rue seule est donnée pour tous les membres qui habitent Paris. Le chiffre entre parenthèses indique le numéro de l'arrondissement.


SEINE XXXI

ALLEMAGNE (Henry D'), archiviste-paléographe, 30, rue des Mathurins (VIIIe).

ALLEZ (MUe), 35, avenue du Bois-de-Boulogne (XVIe).

ALLIER (Jacques), 5, rue Joseph-Bara (VIe).

ALTMEYER (Louis), architecte, 13, rue Méchain (XIVe).

AMOS (Mme Ern.), 86, rue d'Assas (VIe).

*AMY (Robert), architecte D. P. L. G., 35, rue des Morillons (XVe).

'ANTEMAYOU (Léon), architecte, 26, rue Esquirol (XIIIe).

'ANTONY-THOURET, 1, place Saint-Sulpice (VIe).

APPERT (Roger), 102, rue de Vaugirard (VIe).

ARMAND (le Comte Roger), 20, rue Hamelin (XVIe).

'ARPENTINIER (Albert), 59, rue Carnot, à Suresnes.

'ARRIVOT (Mlle M.-L.), bibliothécaire à la bibliothèque Forney, 160, rue du Faubourg-Saint-Honoré (VIIIe).

'ASSAUD (Auguste), architecte de la ville de Paris, 34, rue Duret (XVIe).

AUBERT (Lucien), 55, rue du Cherche-Midi (VIe).

*Aubert (Marcel), conservateur-adjoint au Musée du Louvre, professeur à l'École des chartes, membre de l'Institut et de la Commission des Monuments historiques, 8, cité Vaneau (VIIe).

AUBERT (Mme Marcel), même adresse.

AUBERT (M.), 9 bis, rue Chernoviz (XVIe).

AUNIORD (le commandant Jean), 6, rue du Vieux-Colombier (VIe).

AUTANT (Albert), architecte, 65, rue d'Alésia (XIVe).

'AZÉMAR (Jean), avoué, 3, place Malesherbes (XVIIe).

BABELON (Jean), conservateur-adjoint au Cabinet des Médailles, 106 bis, rue de Rennes (VIe).

BACLET (René), 70, boulevard Saint-Michel (VIe).

BAËR (M1Ie Émilia), 116, avenue de Villiers (XVIIe).

BAHRMANN (Auguste), architecte de la Ville, 89, avenue d'Orléans (XIVe).

BALTRUSAITIS (Jurgis), 5, villa Virginie (XIVe).

BAR (Henri), ancien élève de l'École du Louvre, 87, rue Erlanger (XVIe).

BARATTE (Georges), notaire, 250, boulevard Saint-Germain (VIIe).

'BARBARY (Rogerj, directeur au Crédit commercial, 12, boulevard Raspail (VIIe).

BARBAUDY (Gabriel), 36, rue Notre-Dame-de-Lorette (IXe).

'BARBE (Pierre), architecte, 30, rue Guynemer (VIe).

BARBET-MASSIN (Mme Marcel), 60, rue Pierre-Charron (VIIIe).

'BARBIER (Louis), architecte en chef des Monuments historiques, 3, rue du Docteur-Jacquemaire-Clemenceau (XVe).

'BARRIEN (Mme H.), 14, boulevard Carnot, le Perreux.

BASILE (Paul), 20, rue Denfert-Rachereau, le Perreux.

BATARDY (Henry), 9, rue d'Anjou (VIIIe).

BAUD (MUe Marcelle), attachée à l'Institut français d'Archéologie, au Caire, 40, boulevard du Temple (XIe).

BAUDREUIL (Mme P. DE), 11, rue Marbeuf (VIIIe).

BAUDRIER (l'abbé Pierre), 52, rue de Bourgogne (VIIe).

BAUDRIER (Robert), 60, rue Pierre-Charron (VIIIe).

BAYET (Jean), chargé de cours à la Faculté des lettres, 185, boulevard Saint-Michel (Ve).


XXXII SEINE

BAYONNE (Charles), architecte D. P. L. G., 35, rue de Dantzig

(XVe). BEAUCOURT (Maurice DE), ingénieur, 82, avenue de Neuilly, à

Neuilly. BEAUMONT (Henri), 30, avenue du Président-Wilson (XVIe). 'BEAUVAIS (Augustin DE), conseiller référendaire à la Cour des

Comptes, 181, rue de la Pompe (XVIe). BÉCET (MUe Marie), 10, rue de Rivoli (IVe). BELLIN (le docteur Léon), 97, rue du Bac (VIIe). BELTRAND (Jacques), peintre-graveur, 3, rue Max-Blondat, à Boulogne-sùr-Seine.

Boulogne-sùr-Seine. (Mme Henri), 22 bis, avenue de Wagram (VIIIe). BÉRARD (Mme M.), 7, rue Alfred-Dehodenq (XVIe). BERCHON (Mlle Louise), 14, rue de l'Armorique (XVe). BERNAL (Jean), 43, avenue de la République (XIe). BERNY (Gérard DE), 18, rue Bernaux-Dumas, à Neuilly-sur-Seine. BERRET (Louis), vérificateur des Bâtiments civils, 43, rue de

Sèvres (VIe). BERTHELIER (Mlle Madeleine), 1, rue de Villersexel (VIIe). BERTHELOT (Eugène), architecte, 7, rue Andrieux (VIIIe). BERTHERAND (Mme), 3, rue de Tilsitt (VIIIe). 'BERTIN (Auguste), ingénieur A. M., docteur en droit, 46, rue de

La-Tour-d'Auvergne (IXe). BERTRAND (Mme A.), 79, rue Joufîroy (XVIIe).

'BESNARD (Charles-Henri), architecte en chef des Monuments historiques, 194, rue de Rivoli (Ier). Bessières (René), 155, faubourg Poissonnière (IXe). 'BETHMONT (René), 6, rue Jean-Goujon (VIIIe). BEZANÇON (le docteur Paul), 51, rue de Miromesnil (VIIIe). BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS, 14, rue Bonaparte

(VIe). BIBLIOTHÈQUE D'HISTOIRE DE L'ART DE LA FACULTÉ DES LETTRES

DE PARIS, à la Sorbonne. BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE DU LOUVRE, au Palais du Louvre (Ier). BIBLIOTHÈQUE SAINTE-GENEVIÈVE, 10, place du Panthéon (Ve). 'BIBLIOTHÈQUE DE L'UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS, au

Palais du Louvre, pavillon de Marsan. BIDAULT-DUPLEIX (F.), peintre verrier, 3, villa du Parc-Montsouris

Parc-Montsouris BIDEAUX (Gaston), artiste peintre, 19, quai Saint-Michel (Ve). 'BIGOT (Paul), 21 bis, rue Singer (XVIe). BILLECART (Mme Pol), 12, quai de Passy (XVIe). 'BINEAU (Mme M.), 72, avenue de Suffren (XVe). BIRAGUE D'APREMONT (René DE), avocat à la Cour d'Appel, 73, rue

de Vaugirard (VIe). • 'BLAIZOT (Georges), 10, avenue Trudaine (IXe). BLANC (Alphonse), 3, rue Angélique-Vérien, à Neuilly-sur-Seine. *Blanchet (Adrien), membre de l'Institut, 10, boulevard ÉmileAugier

ÉmileAugier BLANCHET (Armand), 2, rue Desgenettes (VIIe). BLÉRY (Albert), bibliothécaire du Conseil municipal de Paris, 25,

rue Henri-Monnier (IXe). BLOCH (Mme A.), 19, rue La Grange (Ve).


SEINE XXXIII

'BLOT (Georges), architecte, 7, rue Barye (XVIIe).

'BOILLOT (Jean), ingénieur de la Compagnie P.-L.-M., 23, rue de Montreuil, à Vincennes.

BOISNARD (Mme Henri), 25, rue Marbeuf (VIIIe).

BOISSIER (Julien), 17, rue Berthe (XVIIIe).

BOMPARD (Ernest), sous-chef de division à la Compagnie des chemins de fer de P.-L.-M., 235, rue Saint-Honoré (Ier).

BONMARCHAND (Mlle L.), 130 ter, boulevard de Clichy (XVIIIe).

'BONNAFOUS (Jean), éditeur, 6, rue dé Tournon (VIe).

Bonnaire (Mme A.), 134, rue de Grenelle (VIIe).

BONNAIRE (Etienne), 16, rue de Bagneux (VIe).

BONNEVILLE DE MARSANGY (Mme Robert DE), 19, rue de Miromesnil (VIIIe).

BOSSUAT (André), 12, rue Roli (XIVe).

BOUCHEZ (Mlle Marie), 142, boulevard Saint-Germain (VIe).

Boudier (Georges), avocat à la Cour, 8, rue Garancière (VIe).

'BOUDIER (Roland), architecte D. P. L. G., 52, avenue de la République, à Aubervilliers.

Boulanger (Marcel), artiste décorateur, 4, quai des Célestins (IVe).

BOULAY (Maurice), 8 bis, avenue Percier (VIIIe).

BOULLAIRE (Mme A.), 23, quai Voltaire (VIIe).

'BOURDIN (le commandant Alfred), 24, place des Vosges (IIIe).

BOURLON DE SARTY (Mme L.), 18, avenue de la Bourdonnais (VIIe).

'BOUSQUET (Henri), 284, boulevard Raspail (XIVe).

'BOUSQUET (Mme F. DE), 12, rue de Vézelay (VIIIe).

'BOUSSARD (Henri), 16, rue Parrot (XIIe).

BOUTREUX (Mlle Madeleine), 73, rue de Vaugirard (VIe).

'BOUTRON (Félix), architecte en chef du Gouvernement, 19, rue Ruhmkorff (XVIIe).

BOUVET (Henri), 18, rue de l'Assomption (XVIe).

BOUYER (René), assureur-conseil, 57, avenue Secrétan (XIXe).

BRAIBANT (Charles), chef du service des Archives de la Marine, 7, rue Louis-Boilly (XVIe).

BRAUN, notaire, 96, avenue Kléber (XVIe).

BRAUNSTEIN (Mlle Germaine), 61, boulevard de Courcelles (VIIIe).

'BRAUNWALD (Jean), architecte, 58, rue Monsieur-le-Prince (VIe).

'BRIÈRE (Emile), peintre verrier, 92, rue du Président-Wilson, à Levallois-Perret.

'BRINCARD (la Baronne), 1, rue Saint-Dominique (VIIe).

BROSSARD (la Comtesse DE), 15, rue Saint-Didier (XVIe).

BROSSELIN (Marcel), 14, rue des Cinq-Diamants (XIIIe).

BROT (Félicien), 123, rue de Grenelle (VIIe).

BHULÉ (Mme L.), 17, avenue de Tourville (VIIe).

BRUN (Gabriel), architecte en chef des Monuments historiques, 25, rue George-Sand (XVIe).

BRUN (Robert), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 31, rue Campagne-Première (XIVe).

BRUNEL (Clovis), directeur de l'École des chartes, 11, rue Cassette (VIe).

*Brunet (Emile), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, 94, rue de Sèvres (VIIe).

'BRUYÈRE-ROUX (Georges), architecte de la Ville de Paris, 8, rue Léonce-Reynaud (XVIe).


XXXIV SEllSE

BUFFET (Henri-François), 115, boulevard Saint-Michel (Ve).

BURON (le docteur Henri), 29, rue Madame (VIe).

'BURTHE D'ANNELET (le Baron André), 21, rue d'Aumale (IXe).

CADILLAC (Mme E.-A.), 10, rue Oudinot (VIIe).

CAGNAT (René), membre de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 25, quai Conti (VIe).

'CAILLEUX (Gaston), architecte, 23, rue des Ursulines, à SaintDenis.

CAILLEUX (Mme Gaston), même adresse.

CAIX DE CHAULIEU (la Baronne DE), 6, rue Montalivet (VIIIe).

CALDAGUÈS (Mme M.), 24, rue des Ecoles (Ve).

'CAMENA D'ALMEIDA (René), 29, rue Duret (XVIe).

*Cancé (Mme M.), 21, rue Vieille-du-Temple (IVe).

'CARLIER (Achille), architecte, 7, rue Péguy (VIe).

CARLIER-FERNIQUE (Mme), 123, rue de la Tour (XVIe).

'CASSAGNADE (Mme M.), 14, quai d'Orléans (IVe).

CHABAUD (Marius), chef du bureau des Monuments historiques à la direction des Beaux-Arts, 15, rue de Poissy (Ve).

'CHABRILLAN (la Marquise DE), 29, rue Jean-Goujon (VIIIe).

CHADOURGNAC (Mme M.), 78, boulevard Richard-Lenoir (XIe).

CHAFFARDON (le Marquis D'ONCIEU DE), 8, boulevard de la Saussaye, à Neuilly-sur-Seine.

CHAIX (Henri), 122, boulevard Maurice-Barres, à Neuilly-sur-Seine.

CHAIX (Mme G.), même adresse.

CHAIZE (Mlle Suzanne), 2, rue de Paradis (Xe).

CHALLAMEL (Mlle), 30, rue des Boulangers (Ve).

Champin (Marcel), 77, avenue Henri-Martin (XVIe).

'CHAMPION (le docteur), 12, rue Denis-Poisson (XVIIe).

Chantagut (Jean), 16, villa du Roule, 74, avenue du Roule, Neuillysur-Seine.

*Chappey (Marcel), 139, rue du Château (XIVe).

'CHARAGEAT (Mlle Marguerite), 77, boulevard Voltaire (XIe).

CHARIOT (Pierre), 9, rue Lagrange (Ve).

CHARLET (MUe Raymonde), 2, rue de Messine (VIIIe).

CHARPENTIER (Mme Andréj, 6, place du Président-Mithouard (VIIe).

CHARPENTIER (André), même adresse.

CHARPY (le général Charles), 215 bis, boulevard Saint-Germain (VIIe).

CHÂTEAU (le général), 17, rue Duroc (VIIe).

'CHAULIAT (Eugène), architecte en chef des Monuments historiques, 8, place de Vaugirard (XVe).

'CHAUVEL (Albert), architecte en chef des Monuments historiques, 32, rue de Verneuil (VIIe).

CHEMIN (M™), 36, rue Michel-Ange (XVIe).

'CHÊNE (MUe A.), élève à l'École du Louvre, 64, Grande-Rue, à Nogent-sur-Marne.

'CHÉNEREAU (P.), 38, rue des Mathurins (VIIIe).

CHERRIER (Maurice), 9, rue de Médicis (VIe).

CHESNEAU (Mme Henri), 37, rue de Lille (VIIe).

CHEVRIER (Félix), directeur du Vosgien, 7, villa Bosquet (XIXe).

CHEVRIER (Mme F.), même adresse.


SEINE XXXV

CHOTARD (A.), 14, rue Abbé-de-1'Épée (Ve).

'CHRISMANT (Gaston), professeur de dessin, 5, villa des Lyanes

(XXe). 'CHRISTOL (Gabriel), architecte D. P. L. G., 25, avenue Reille

(XIVe). CIVIALE (Mme F.), 9, rue Vignon (VIIIe). CLAUDE (Mlle Germaine), 7, avenue de la République, à Vitry-surSeine.

Vitry-surSeine. (Stéphane), architecte D. P. L. G., 6, rue de Poitiers

(VIIe). 'CLÉMENT (Jean), 118, rue de La Fontaine (XVIe). CLERMONT-TONNERRE (la Comtesse Louis DE), 85, avenue Mozart

(XVIe). CLERMONT-TONNERRE (Mlle M. DE), même adresse. CLESSE (Georges), ancien notaire, 51, avenue Mozart (XVIe). CLESSE (Mme L.), 51, rue du Ranelagh (XVIe). COLLET (Olry), ingénieur, 95, boulevard Raspail (VIe). COLLETTE (Henri), 91, avenue de la Bourdonnais (VIIe). 'COLLIN (André), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, 16, rue de Phalsbourg (XVIIe). COLLINET (Paul), professeur à la Faculté de Droit, 26, rue Vavin

(VIe). COLMET-DAAGE (Patrice), 108, rue du Bac (VIIe). COLONNA-CECCALDI (Jean), 151, rue de Grenelle (VIIe). COMBES (le docteur Gaston DE), 11, rue de Budapest (IXe). COPPER-ROYER (Mme G.), 43, rue La Bruyère (IXe). 'CORBY (Robert), 61, faubourg Saint-Honoré (VIIIe). Cordey (Jean), conservateur-adjoint à la Bibliothèque nationale,

11, rue Cassette (VIe). 'COSMAO-DUMANOIR (Marcel), 65, rue Demours (XVIIe). 'COSSÉ-BRISSAC (le Comte Philippe DE), 95, rue de l'Université

(VIIe). 'COSTA DE BEAUREGARD (la Comtesse Bérold), 23, quai d'Orsay

(VIIe). 'COUFFON (René), 39, avenue Mozart (XVIe). COUFFON (Mme R.), même adresse.

'COULON (René), architecte, 2, rue Rosa-Bonheur (XVe). COURBEVILLE (Jean DE), archiviste aux Archives nationales, 11,

rue de Sontay (XVIe). Courcel (le Baron Louis de), 10, avenue Émile-Deschanel (VIIe). Courcel (MUe Marie de), 19, quai Malaquais (VIe). COUTELIER (René), 52, boulevard Richard-Lenoir (XIe). COUTIN (MUe Sophie), 11, avenue de Versailles (XVIe). CROSBY (Summer), 9, rue de Bagneux (VIe). 'CURIEL (Raoul), hôtel Acropolis, 160, boulevard Saint-Germain

(VIe). DACBERT (René), architecte, 6, rue de Navarin (IXe). Daguillon (Mlle Jeanne), bibliothécaire de l'Université, 33, rue

Greuze (XVIe). Dassy (Léon), 7, rue Lagrange (Ve). 'DASTUGUE (Marcel), architecte D. P. L. G., 43, rue d'Amsterdam

(VIIIe).


XXXVI SEINE

DATCHARRY (Bernard), architecte, 9 bis, avenue de Robinson, à Fontenay-aux-Roses.

*David-Weill (David), membre de l'Institut, 14, rue de Chézy, à Neuilly-sur-Seine.

DEBIDOUR (Élie), secrétaire de la Commission du Vieux-Paris, 25,

fêfrue Pierre-Nicole (Ve).

'DECROIX (Edmond), 90, boulevard Garibaldi (XVe).

DELAAGE (Henri), architecte, 90 bis, rue de Varenne (VIIe).

'DÉLABRE (Maurice), conseiller référendaire à la Cour des Comptes, 14, rue de Beaune (VIIe).

'DELAFON (M=K*-L.), 77, rue de Prony (XVIIe).

DELAGNEAU (Robert), 15 bis, rue Rousselet (VIIe).

DELAPALME (Mme F.), 11, rue Auber (IXe).

DELAUNAY (Mme Edgar), 10, rue Nitot (XVIe).

'DELAUNEY (Rémi), chef de bureau au ministère du Travail, 80, rue de Varenne (VIIe).

'DELEBECQUE (André), ingénieur des Ponts et Chaussées, 57, rue des Vignes (XVIe).

'DELESALLE (E.), administrateur des librairies Hachette, 55, rue de Varenne (VIIe).

DELESALLE (Paul), 9, rue Adolphe-Yvon (XVIe).

'DELHAYE (Mlle Jenny), 137, boulevard Raspail (VIe).

'DEMAISON (Louis), correspondant de l'Institut, archiviste honoraire de Reims, 12, boulevard Raspail (VIIe).

DENECK (Mme E.), 18 bis, rue Manessier, à Nogent-sur-Marne.

'DEPERTHES (Roger), architecte, 44, rue de Verneuil (VIIe).

*Deschamps (Paul), directeur du Musée de Sculpture comparée, au Trocadéro, membre de la Commission des Monuments historiques, 37, rue Vaneau (VIIe). •

DESCROIX (Louis), 9, rue Bruant (XIIIe).

DESFARGES (Mlle Marguerite), 6, rue Eugène-Labiche (XVIe).

DESMAREST (Louis), 97, boulevard Saint-Michel (Ve).

DESORMEAUX (Mme F.), 62, rue de Miromesnil (VIIIe).

'DESPLANQUES (Mme H.), 19, rue de Presbourg (XVIe).

'DESPREZ (Mme Yves-Henry), 86, boulevard de Courcelles (XVIIe).

'DESTORS (Léon), architecte D. P. L. G., 7, rue de Logelbach (XVIIe).

Dezarrois (André), conservateur-adjoint des Musées nationaux, 52, rue de Monceau (VIIIe).

DICKSON (Mme Marcel), 4, rue Poulletier (IVe).

*Didier (Marcel), 4, rue de la Sorbonne (Ve).

DIDOT (André), 7, cité d'Hauteville (Xe).

DOAT (Mme Paul), 35, avenue de Paris, à Choisy-le-Roi.

DOLLFUS (Mme R.), 40, rue du Bois-de-Boulogne, à Neuilly-surSeine.

DOLLFUS (Mlle Yvonne), 3, avenue du Président-Wilson (XVIe).

DONS (Mlle Liliane), 13, rue de Passy (XVIe).

DOUVILLÉ (Henri), membre de l'Institut, 207, boulevard SaintGermain (VIIe).

DRAEGER (Mme), 11, boulevard Montparnasse (VIe).

DREUZY (Mlle DE), 8, cité Martignac (VIIe).

DROZ (Jacques), 55, rue de Varenne (VIIe).


SEINE XXXVII

'DUBOIS (Charles), 8, rue Armand-Moisant (XVe).

DUBOIS (Joseph), 25, rue Franklin (XVIe).

'DUBOSCQ (Guy), 5, rue Marbeau (XVIe).

'DUCEUX (Oscar), 9, avenue Niel (XVIIe).

DUCRUET (Mlle J.), 2 bis, rue Jacques-Coeur (IVe).

DUGARDIN (Maurice), 44, rue Cardinet (XVIIe).

DUGAS (Emile), auditeur au Conseil d'État, 70, rue d'Alésia (XIVe).

DUHAIL (Mme Pierre), 3, square Latour-Maubourg (VIIe).

'DUMAS DE CHABAUD-LATOUR (Antoine), ingénieur, 3, rue Verdi (XVIe).

*Dumolin (Maurice), ancien élève de l'École polytechnique, 16, avenue Pierre-Ier-de-Serbie (XVIe).

DUPORT (Paul), architecte, 61, rue Pierre-Joigneaux, à Asnières.

'DUPRAT (Mme Clémence), 103, rue Erlanger (XVIe).

'DUPUIS (Louis), architecte D. P. L. G., 97, rue du Bac (VIIe).

DUPUY (Henri), architecte D. P. L. G., 89 bis, rue de la République, à Saint-Mandé.

DURAND (Mlle Alice), 2, rue Franklin, à Asnières.

DURAND (Mme M.), 16, rue Ribera (XVIe).

DUREL (René), 83, rue de l'Assomption (XVIe).

DUTHOIT (André), architecte, 150, rue La Fayette (Xe).

'DUVAL (Charles), architecte, 26, rue Fabert (VIIe).

Duval (Gaston), archiviste-paléographe, 18, rue Séguier (VIe).

EGGIMANN (Charles), éditeur, 11, rue de l'Odéon (VIe).

EHRMANN (Mme M.), 81, avenue de Villiers (XVIIe).

EMILE-LAURENT (Mme), 37, avenue de Versailles (XVIe).

ENGERAND (Mme j^ 7_ rue d'Artois (VIIIe).

ENJALBERT-DENFERT-ROCHEREAU (Mme Paul), 11, avenue CharlesFloquet (VIP).

*Épremesnil (le Comte Michel d'), 36, avenue Hoche (VIIIe).

ESCARRA (Edouard), 30, cours Albert-Ier (VIIIe).

'ESPEZEL (Pierre D'), 39, rue La Boétie (VIIIe).

ESTIGNARD (Raymond), 29, rue de Berne (VIIIe).

EWALD (Mme Eugène), 54 bis, rue Cardinet (XVIIe).

EWALD (Mme Louis), 14, avenue Bosquet (VIIe).

Ewald (Mme Robert), 74, avenue de Wagram (XVIIe).

EWALD-HEUZÉ (Mme Charles), 4, rond-point de Longchamp (XVIe).

EYRAGUES (le Marquis D'), 2, rue Goethe (XVIe).

FABER (René), chef de bureau honoraire au ministère de l'Agriculture, 18, rue de Grenelle (VIIe).

FAGE (Henry), 3, rue du Midi, à Neuilly-sur-Seine.

FARALICQ (Paul), inspecteur commercial de la Compagnie des chemins de fer de P.-L.-M., 5, rue Vauquelin (Ve).

Faure (Mme J.), 6, rue du Louvre (Ier).

'FAURE-BEAULIEU (Robert), 11 bis, passage de la Visitation (VIIe).

FAYARD (Jean), 207, rue de Crimée (XIXe).

'FEBVRE-LONGERAY (Albert), architecte, 7, rue de Montenotte (XVIIe).

FEILDEL (Jean), architecte, place du Président-Mithouard (VIIe).

'FEÏSS (Robert), 58 bis, rue de la Chaussée-d'Antin (IXe).

*Fenaille (Maurice), membre de l'Institut, 14, rue de l'Elysée (VIIIe).


XXXVIII SEINE

'FÉRET DU LONGBOIS (Henry), avocat, 59 ter, rue Bonaparte (VIe). FERLET (Mme G.), 194, boulevard Malesherbes (XVIIe). FERRON (la Vicomtesse Alain DE), 98, rue de Rennes (VIe). FERTÉ (Louis), 4 bis, rue Eugène-Manuel (XVIe). FERTÉ (le colonel), 3, avenue Sylvestre-de-Sacy (VIIe). FÈVRE (Maurice), 43, rue Copernic (XVIe).

'FIGON (Gabriel), licencié es lettres, 10, avenue Pasteur (XVe). 'FIVET (Alphonse), 2, rue Deguingand, à Levallois-Perret. FOCILLON (Henri), professeur à la Sorbonne, 26, rue des FossésSaint-Jacques (Ve). FONTAINE (Mlle Julia), 30 bis, boulevard Jourdan (XIVe). FONTORBE (Mme H.), 20, rue Saint-Romain (VIe). FOSSA (le colonel François DE), 19, rue Clément-Marot (VIIIe). FOSSARD (Albert), architecte, 69, rue La Boétie (VIIIe)v 'FOUQUÉ (Emile), ingénieur des Travaux publics de l'État, 34, rue

Saint-Placide (VIe). FOUQUÉ (Mme M.), même adresse.

FOUQUET (Jacques), ingénieur, 54, rue de Prony (XVIIe). 'FOURET (André), 25, rue du Montparnasse (VIe). FOURNIER (le docteur), 13, rue du Pont-Louis-Philippe (IVe). FOURREAU (Armand), 80, rue de la Pompe (XVIe). FRANÇOISE (Roger), 3, rue Jadin (XVIIe). FRANCOUAL (Alfred), contrôleur-adjoint des P. T. T., 2, avenue de

la Bourdonnais (VIIe). FRÉMY (le Comte Elphège), archiviste-paléographe, 11 bis, rue

Casimir-Périer (VIIe). 'FROMANGÉ (Joseph), architecte, rue Édouard-Lockroy (XIe). 'GABORiAUD^Léo-Abel), 24, place Malesherbes (XVIIe). 'GAGNANT (Emile), 52, boulevard Pasteur (XVe). Gaigneron (le Vicomte Élie de), 34, avenue Marceau (VIIIe). 'GAILLARD (Mme J.), 78, avenue Malakofî (XVIe). GALLOT (Charles), 1, avenue Herbillon, à Saint-Mandé. GANAY (ia Comtesse H. DE), 80, rue Borghèse, à Neuilly-sur-Seine. GARCIN (Mme E.), 229, boulevard Raspail (XIVe). GARNIER (Camille), sculpteur, 34, rue du Hameau (XVe). 'GARNIER (Henri), 7, rue de l'École-de-Mars, à Neuilly-sur-Seine. GARNIER-CLAUDON (le docteur Marcel), 69, rue de Courcelles

(VIIIe). GARROS (Mlle Madeleine), 17, rue de Bourgogne (VIIe). 'GAUDIN (Jean), peintre verrier, 6, rue de la Grande-Chaumière

(VIe). GAUMONT (Marcel), sculpteur, 7, rue de Bagneux (VIe). GAUTHIER (Henri), 26, rue du Rocher (VIIIe). GAUTHIER (l'abbé Léon), 25, avenue de la République, à Fontenaysous-Bois.

Fontenaysous-Bois. (Ernesto), 3, rue Charles-Beck (VIIe). GÉLIS (Paul), architecte en chef des Monuments historiques, 114,

boulevard Saint-Germain (VIe). 'GÉNUYS (Paul), architecte en chef des Monuments historiques,

180, boulevard Saint-Germain (VIe). GEOFFROY (Mme), 5, place Malesherbes (XVIIe). GEORGES (Mlle Alice), 42, rue Notre-Dame-des-Champs (VIe). Germette (Henri), avocat, 25, avenue de Wagram (XVIIe).


SEINE XXXIX

Germette (Mlle Marguerite), 10, cité Vaneau (VIIe).

'GILARDONI (Alfred), capitaine de corvette, 3, rue Gay-Lussac

(Ve). Girard (Joseph), professeur à l'Ecole des Sciences politiques, 28,

place des Vosges (IVe). 'GIROD DE L'AIN (Edouard), 24 bis, avenue du Président-Wilson

(XVIe). * Glorieux (Gaston), architecte D. P. L. G., 60, rue Saint-André-des-Arts

Saint-André-des-Arts Gobillot (René), 3, rue Le Verrier (VIe).

GOUGEROT (le docteur Henri), 9, avenue Constant-Coquelin (VIIe). GOUIN (André), 4, avenue de Tokio (XVIe), et au château de la

Plaine, par Fondettes (Indre-et-Loire). 'GOURDIAT (Jacques), 13, rue Froissart (IIIe). GOURLAND (Mme H. DE), 5, rue du Laos (XVe). GRANGE (Achille), 113, boulevard de l'Hôpital (XIIIe). 'GRANGE (Henri), notaire honoraire, 23, rue d'Anjou (VIIIe). GRANGE (Mme), même adresse. GRELLOU (Raymond), 23, rue François-Ier (VIIIe). GRENET (Mlle Henriette), 10, rue Perronet (VIIe). Griset (Henri), 159, boulevard Saint-Germain (VIe). 'GRISSONNANCHE (Jean), 1, avenue Alphand (XVIe). 'GROOTE (André DE), 5, rue Méchain (XIVe). 'GROS (Mme C), 31, rue Claude-Bernard (Ve). GRUBER (J.-J.), peintre verrier, 10, villa Alésia (XIVe). Guerlin (Mme Henri), 67, rue de Grenelle (VIIe). GUERLIN (Mme M.), docteur en médecine, à bord de la « SainteGaneviève

SainteGaneviève quai des Tuileries (Ier). 'GUET, architecte en chef des Monuments historiques^ 5, place des

Ternes (XVIIe). 'GUIDOU (Georges), commissaire-priseur, 26, avenue Niel (XVIIe). GUIFFREY (Jean), conservateur au Musée du Louvre, 24, rue Ampère (XVIIe). GUIGNABAUDET (Emile), 71, rue de Caulaincourt (XVIIIe). 'GUILLEMOT (Pierre), 58, rue d'Assas (VIe). 'GUILLOU (Henri), 34, avenue La Bourdonnais (VIIe). GUIOT (Fernand), 102, rue du Cherche-Midi (VIe). GUNTZBERGER (Henri), 68, rue de l'Abbé-Groult (XVe). GUYARD (Mme A.), ancienne élève de l'École du Louvre, 13, rue

Molitor (XVIe). HAHN (David), 29, boulevard Jules-Sandeau (XVIe). 'HAMET (Mlle Julie), 31, avenue de la République (XIe). 'HANIN (M«« A.), 63, rue d'Auteuil (XVIe). HANIN (Mlle Marguerite), même-adresse. HANOTEAU (Pierre), 66, boulevard Saint-Germain (Ve). HANS (Mme G.), 236, faubourg Saint-Antoine (XIIe). HARCOURT (le Comte Louis D'), 9, avenue Bosquet (VIIe). 'HAROT, architecte en chef des Monuments historiques, 68, rue

Mirabeau, à Choisy-le-Roi. 'HARVEY (Frederick), président de la Société franco-anglaise de

Boy-Scouts, 187, rue de Courcelles (XVIIe). HATT (Jacques), docteur en droit, 16, rue de Chazelles (XVIIe).


XL SEIN>E

HAUBOLD (Bernard), architecte en chef des Monuments historiques, 84, avenue de Versailles (XVIe).

'HAUIECOEUK (Louis), conservateur du Musée du Luxembourg, professeur à l'École du Louvre et à l'École des Beaux-Arts, membre de la Commission des Monuments historiques, 20, rue Lecontede-Lisle (XVIe).

HELLSTERN (Charles), 28, rue Fabert (VIIe).

HÉMERY (le colonel René), 50, rue des Alliés, à Épinay-sur-Seine.

HÉMIN (Marcel), 49, rue des Bourguignons, à Bois-Colombes.

HENRION (Mme Léon), 32, avenue Henri-Martin (XVIe).

*HENRY (Albert), ingénieur des Arts et Manufactures, 31, rue du Calvaire, à Saint-Cloud, et à Paris, 80, rue Taitbout (IXe).

HENRY (Paul), chef de bureau à la Préfecture de la Seine, 12, rue Abel-Hovelacque (XIIIe).

Henry (Paul), avocat au Conseil d'État et à la Cour de Cassation, 9, cité Vaneau (VIIe).

HENRY-GRÉARD (Octave), sous-directeur de la Compagnie du chemin de fer d'Orléans, 46, boulevard des Invalides (VIIe).

Herbert (Jean), 48, rue du Général-Foy (VIIIe).

HÉRICHER (M"e M.-J.), 7, rue de Siam'(XVIe).

*HERMANT [M»e M.), 10, rue Alfred-Roll (XVIIe).

*HERMÈS (Emile), 16, place Delaborde (VIIIe).

HÉRON DE VILLEFOSSE (MUe M.), 32, rue Washington (VIIIe).

HERRENSCHMIDT (Mlle Françoise), 171, route de Saint-Leu, à Enghien.

HERSCHER (Eugène), 7, rue Georges-Berger (XVIIe).

HERTZ (Alfred), lieutenant-colonel en retraite, 86, avenue de Breteuil (XVe).

HIBERT (Mme C), 24, rue Eugène-Manuel (XVIe).

HOLLANDEH (Henri), 3, boulevard Saint-Martin (IIIe).

*HOMBERG (Josephj, 6, rue Daubigny (XVIIe).

* Honoré (Maurice), homme de lettres, 15 bis, rue Cauchois

(xvnie).

HOURTICQ (Louis), membre de l'Institut, professeur à l'École des

Beaux-Arts, 54, rue de Rennes (VIe). Huard (Georges), bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, 48,

rue de Vaugirard (VIe). HUBIN (Jean), 25, rue de Marignan (VIIIe). HUGOT (Pierre), 23, avenue Foch (XVIe). HUGUET (Mme Albert), 12, rue Beaurepaire (Xe). *HUIGNARD (Henri), architecte en chef des Monuments historiques,

76, rue de Seine (VIe). HUISMAN (Georges), directeur général des Beaux-Arts, 102, rue

d'Assas (VIe). HULOT DE COLLART (le Baron), 39, avenue du Roule, à Neuillysur-Seine.

Neuillysur-Seine. DE SENONGES; avocat honoraire à la Cour de Paris, 5 bis,

rue de Solferino (VIIe). Hyde (James-H.), 67, boulevard Lannes (XVIe). IMBS (Mme Ed.), 1 bis, boulevard Gouvion-Saint-Cyr (XVIIe).

* JACOB (Mme Pierre), 5, avenue Victoria (IVe). JACOTEY (Paul), avocat, 14, rue La Fontaine (XVIe).


SEINE XLI

JACQUIN (Etienne), architecte-expert, 178, rue de Crimée (XIXe).

Jacquin (Mlle), bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Geneviève, 12, rue de Chabrol (Xe).

JJEGER (Mme A.), 10, rue Meslay (IIIe).

JAILLON (Mme P.), 132, rue de Rennes (VIe).

JALABERT (Mlle Denise), conservateur du Musée de Sculpture comparée, bibliothécaire-archiviste au service des Monuments historiques, 45, rue de la Pompe (XVIe).

JARRIAND (Emile), 8, rue Anatole-de-la-Forge (XVIIe).

JARRY (Robert), 6, rue Saint-Lambert (XVe).

JÉGLINGER (Mme L.), 103 bis, rue Lamarck (XVIIIe).

Jordan (Edouard), professeur à la Sorbonne, 48, rue de Varenne (VIIe).

JORDAN (Mme Maurice), 3, place du Palais-Bourbon (VIIe).

JOSSUA (Mme M.), 4 bis, avenue Adrien-Hébrard (XVIe).

*JOUBIN (André), directeur de la Bibliothèque d'Art et d'Archéologie, 11, rue Berryer (VIIIe).

JOUET (Mme Madeleine), 53, quai des Grands-Augustins (VIe).

JOUHANNAUD-RAYNAL (Mme), 13, quai Conti (VIe).

Jouot (Maurice), avocat, 91, rue du Cherche-Midi (VIe).

Jourdan (MUe Olympe de), 14, rue Clerc (VIIe).

JOUSLIN DE NORAY (Mme N.)> 29, rue Copernic (XVIe).

KAEHRLING (J.), architecte en chef des Monuments historiques, 70, rue Claude-Bernard (Ve).

KALKER (André), 8, avenue des Ternes (XVIIe).

KAMMERER (Charles), 82 bis, rue Charles-LafBtte, à Neuilly-surSeine.

KERGORLAY (Mlle A. DE), 6, rue Mesnil (XVIe).

*KERMEL (la Marquise DE), 15, rue de Siam (XVIe).

*KESELER (l'abbé Henri), 46, rue des Abbesses (XVIIIe).

*KISSEL (Edmond), 8 bis, rue des Saules (XVIIIe).

Knoertzer (Mme), 11 bis, rue du Colisée (VIIIe).

KREBS (Albert), 5, rue de Luynes (VIIe).

LABBÉ DE LA MAUVINIÈRE (Henri), conseiller référendaire à la Cour des Comptes, 41, rue Boissière (XVIe).

*LABEY (Mlle Marguerite), licenciée es lettres, 36, rue Gay-Lussac (Ve).

*LABICHE (Eugène), 11, rue Ampère (XVIIe).

LABOURET (Auguste), peintre verrier, 42, rue du Cherche-Midi (VIe).

LACAZE (Gabriel), professeur agrégé au lycée Louis-le-Grand, 1 bis, rue Lacépède (Ve).

LADAN-BOCKAIRY (Mme Emile), 37, rue de Longchamp (XVIe).

LAFFILLÉE (Henri), architecte en chef honoraire des Monuments historiques, 17, avenue de Lamballe (XVIe).

LAGARDE (P. DE), 30, rue Pergolèse (XVIe).

LAINE (Eugène), 9, rue de Grenelle (VIIe).

*LAIZEAU (Marcel), architecte, 5 bis, villa Collet (XIVe).

*LALANDE (Léon), docteur en droit, 130, avenue de Versailles (XVIe).

LALANNE (M1Ie Madeleine), bibliothécaire au ministère de la Guerre, 20, rue Poulletier (IVe).

LAMBERT (Edmond), ingénieur des Arts et Manufactures, 76, avenue Mozart (XVIe).


XLII SEINE

LAMOTHE-DREUZY (le lieutenant Robert DE), 6, rue BenjaminGodard (XVIe).

*LAMY-LASSALLE (Mme C), 7, rue Davioud (XVIe).

LANTHEAUME (MUe Jeanne), 76, rue Chauveau, à Neuilly-sur-Seine.

LANTZ (Gaston), conseiller à la Cour d'Appel, 3, rue Danton (VIe).

LANTZ (Mme Gaston), même adresse.

*LAPEYRE (Mme L.), 185, rue de Vaugirard (XVe).

LARAN (Jean), conservateur-adjoint au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, 82, rue Claude-Bernard (Ve).

LARGENTAYE (Mlle J. DE), 46, avenue d'Iéna (XVIe).

LA ROCHEFORDIÈRE (Mme F. DE), 36, avenue Victor-Hugo (XVIe).

LASSALLE (Mme L.), 9, boulevard Flandrin (XVIe).

*LAUER (Philippej, conservateur-adjoint à la Bibliothèque nationale, 25, boulevard Jules-Sandeau (XVIe).

*LAURENT (Lucien), 5, rue Delhomme (XVe).

LAURISTON-BOUBERS (Olivier DE), 5, rue Christophe-Colomb (VIIIe).

LA VALLÉE (Pierre), conservateur de la bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, 49, rue de Naples (VIIIe).

*LAVEDAN (Pierre), professeur à la Sorbonne, 19, boulevard JeanJaurès, à Boulogne-sur-Seine.

*LA VILLARDIÈRE (MUe Claude DE), 21, rue Marignan (VIIIe).

*LAVOLLE (Henri), 14, boulevard Beaumarchais (XIe).

Lavollée (Robert), archiviste-paléographe, 16, rue ChristopheColomb (VIIIe).

*LAZARD (Henri), 11, avenue Hoche (VIIIe).

LÈBE-GIGUN (Pierre), inspecteur général des Finances honoraire, 15, rue du Cirque (VIIIe).

*LEBEL (Gustave), 81, avenue de Villiers (XVIIe).

LEBOUOQ (Ernest), avoué, 29, rue des Pyramides (Ier).

LEBRETON (Mme A.), 32, rue Madame (VIe).

LEBRETON (Félix), 21, rue Monsieur (VIIe).

LE BRUN (Mme M.), 4, place de Breteuil (XVe).

*LECARON (Emile), 50, avenue de Malakofî (XVIe).

*LECARON (Emile), 1 Ms, boulevard Henri-IV (IVe).

*LECLERC (Albert),architecteD. P. L. G.,6,rue André-Gill (XVIIIe).

LECXERC (Mlle Hélène), 250 bis, boulevard Saint-Germain (VIIe).

LEFEBVRE (Mme M.), 22, avenue de la Station, à Arcueil.

*LEFÈVRE (Camille), inspecteur général des Bâtiments civils, 75, rue de Courcelles (VIIIe).

LEFÈVRE-PONTALIS (Mme Eug.), 24, place Malesherbes (XVIIe).

Legriel (Paul), architecte, 97, boulevard Haussmann (VIIIe).

LEJEAUX (Mlle), élève diplômée de l'École du Louvre, 8, rue Henner (IXe).

*LEJEUNE (Arsène), 22 bis, rue Belgrand (XXe).

LEJEUNE (Pierre), architecte D. P. L. G., 20, rue de la Cour-desNoues (XXe).

LEMARIGNIER (le docteur), 45, boulevard Arago (XIIIe).

LE MERCIER (Mme G.), 107, rue de Sèvres (VIe).

LEMIERRE (le docteur R.), 40, rue Vignon (IXe).

*Lenglet (le docteur Eugène), 9, rue Vézelay (VIIIe).


SEINE XLIII

*LÉON (Paul), membre de l'Institut, ancien directeur général des Beaux-Arts, professeur au Collège de France, 15, rue de la Pompe (XVIe).

LEPETIT (l'abbé Georges), 39, rue Vital (XVIe).

LEROUX (Marcel), 44, rue de Dunkerque (IXe).

LEROY (Mme Ed.), 15, boulevard Poissonnière (IIe).

*Leroy (le docteur René), 136 bis, avenue de Neuilly, à Neuilly-surSeine.

LESCÈNE (le docteur R.), 58, rue de Vouillé (XVe).

*LESIMPLE (Emile), ingénieur, 92, rue de l'Abbé-Groult (XVe).

LESMARIS (Albert), avocat, 4, rue de Babylone (VIIe).

Lesourd (Paul), avocat, 26, rue Desnouettes (XVe).

LEVEL (Mme), 77, rue de Prony (XVIIe).

*LEVIE (Mme Élise), 6, avenue du Colonel-Bonnet (XVIe).

LISCH (Georges), architecte D. P. L. G., 5, boulevard Raspail (VIIe).

*LOISEL (Jacques), 13, rue de Médicis (VIe).

LOMBARD (M.), agrégé de l'Université, 228, rue Lecourbe (XVe).

LOT (Mlle Henriette), 25, rue de Bourgogne (VIIe).

*'LOTTE (Maurice), architecte en chef des Monuments historiques,

10, rue de Constantinople (VIIIe).

*LOUP (Victor), ingénieur des Arts et Manufactures. 16, rue d'Erlanger (XVIe).

LOUZIER (Paul), peintre verrier, 9, rue Falguière (XVe).

LozÉ (René), 7, rue de Franqueville (XVIe).

LUQUET (Mme Gaston), 4, rue Pérignon (XVe).

LUR-SALUCES (la Marquise DE), 10, rue Dumont-d'Urville (XVIe).

LUUYT (Mme M.), 62, rue de Miromesnil (VIIIe).

Luzu (Roger), 9, rue Gounod (XVIIe).

LYON (Ernest), archiviste-paléographe, 87, rue de Courcelles (XVIIe).

Lyon (Mm& J.),1, rue Alphonse-Daudet (XIVe).

MADY (Mlle Jacqueline), archiviste-paléographe, 12, rue ÉmileFaguet (XIVe).

MAGDELAIN (Mme R.), 6, rue Léon-Bonnat (XVIe).

MAGUIN (Georges), ingénieur, 7, rue Nicole (Ve).

*MAÏER (S.), 23, rue du Laos (XVe).

MAILLARD (MUe Élisa), attachée au Musée de Cluny, 12, rue Jacob (VIe).

* Maillé (la Marquise de), 6, rue du Colonel-Combes (VIIe).

*Maille (Ernest), professeur au lycée Montaigne, 13, rue de Tournon (VIe).

*MAILLOT (Ernest), 6 bis, rue Campagne-Première (XIVe).

*Maindreville (Mme J. Doé de), 28, avenue de Messine (VIIIe).

*MALARD (Maurice), architecte en chef des Monuments historiques, 118, avenue de Gravelle, à Saint-Maurice.

MÂLE (Emile), de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, directeur de l'École française de Rome,

11, rue de Navarre (Ve).

MALEGARIE (Charles), ingénieur, 3 bis, rue du Général-Delanne, à

Neuilly-sur-Seine. MALEISSYE-MELUN (le colonel DE), 26, rue Barbet-de-Jouy (VIIe). MALLE (Mme Albert), 11, rue Magellan (VIIIe).


XLIV SEINE

*MALLET (le docteur Raymond), 22, avenue Mozart (XVIe).

*MALMAIN (Michel), docteur en droit, 110, boulevard Raspail (VIe).

MAMELSDORF (Mlle Alice), 120, rue du Faubourg-Saint-Honoré (VIIIe).

MANCEAUX (André), notaire, 101, rue de Paris, à Pantin.

*MAQUET (Charles), lieutenant-colonel en retraite, 12, rue Dautancourt (XVIIe).

Marande (le Marquis Max de), 215, faubourg Saint-Honoré (Ier).

*MARÇAIS (Marcelin), 94, rue de l'Abbé-Groult (XVe).

Marcè (Maurice de), 30, quai du Louvre (Ier).

*MARCHAL (Mme Ch.), 3, rue Boissonnade (XIVe).

*MARCHANDON DE LA FAYE (Maurice), architecte, 5, rue de la Station, à Sceaux.

Marcillac (Jean de), 15, rue Greuze (XVIe).

*Mareuse (Mme M.), 81, boulevard Haussmann (VIIIe).

MARGERIN (Mme G.), 14-, cité Vaneau (VIIe).

MARGERIN (Mme René), 40, boulevard Malesherbes (VIIIe).

MARGERIN DU METZ (Ernest), 21, avenue du Grand-Chêne, au Parc-Saint-Maur.

*MARGUERITTE (Gustave), 5, rue du Renard (IVe).

MARINGER (Georges), président de section au Conseil d'État, 31, boulevard Péreire (XVIIe).

MARIOTTE (Maurice), 47, avenue de la République, à Choisy-le-Roi.

*MARMIER (la Duchesse DE), 76, avenue La Bourdonnais (VIIe).

Marquet de Vasselot (Jean-J.), conservateur honoraire des Musées nationaux, 3, villa Madrid, à Neuilly.

MARQUET DE VASSELOT (Mlle Radegonde), même adresse.

MARTEAU (Mme M.), 30, rue de La Trémoïlle (VIIIe).

*MARTIN (Mme L.), 176, boulevard Saint-Germain (VIe).

MARTIN-CHABOT (Fernand), archiviste aux Archives nationales, 37, rue de Lille (VIIe).

*MARTINAUD (Georges), 13 bis, rue Chaptal, à Levallois-Perret.

MARVAUD (Angel), 5, avenue du Général-Tripier (VIIe).

MASIÉ (Mme J.), 7, rue des Moulins-Gémeaux, à Saint-Denis.

MASSE (Mme M.), 146, rue de Courcelles (XVIIe).

*MASSON (Henri), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 6 bis, rue Campagne-Première (XIVe).

MATHIEU (Charles), 116, rue de Courcelles (XVIIe).

MATTHEWS (George), 40, rue Colbert, à Colombes.

MAUGER (Henri), commissaire-priseur, 13, rue de Douai (IXe).

*Mauguin (Armand), ingénieur principal honoraire de la Compagnie P.-L.-M., 30 ter, avenue Foch, à la Garenne-Colombes.

MAUNOURY (Jean), 17 bis, avenue du Bois-de-Boulogne (XVIe).

MAUPATÉ (Mme), 18, rue des Volontaires (XVe).

*MAUPY (Louis), président de la Société archéologique de Clcrmont (Oise), et à Paris, 28, rue Vignon (IXe).

Maurice (Jules), 15, rue Vaneau (VIIe).

MAY (Louis-Philippe), 101, boulevard Malesherbes (VIIIe).

MAYEUX (Mme A.), 29, avenue d'Eylau (XVIe).

*MAZAUDIER (Camille), 5, rue Durantin (XVIIIe).

MEISTER (J.-B.), architecte D. P. L. G., 12, rue de Bucarest (VIIIe).

MERCIER (Jean), 248, rue de Rivoli (Ier).


SEINE XLV

MÉRIO (Mgr), 44, rue du Cherche-Midi (VIe).

MERLIN (Mme J.), 127, boulevard Malesherbes (XVIIe).

MESSAGER (Mme A.), 100, avenue de Villiers (XVIIe).

*MESSELET (Jean), attaché au Musée des Arts décoratifs, 8, rue Huismans (VIe).

Michaut (Pierre), 58, rue de Paris, à Boulogne-sur-Seine.

*MICHEL (Jacques), architecte, 11 bis, rue de Clùny (Ve).

*Michel-Dansac (Robert), 20, rue de Lisbonne (VIIIe).

MICHELI (Mlle Geneviève-Louise), 7, rue de la Cité-Universitaire (XIVe).

MICHELIN & Cle, 97-99, boulevard Péreire (XVIIe).

MICHELS (Paul-Louis), 17, rue Saint-Pierre, à Neuilly-sur-Seine.

MICHON (Etienne), membre de l'Institut, conservateur au Musée du Louvre, 26, rue Barbet-de-Jouy (VIIe).

* Michon (L.-M.), bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Geneviève, 6, villa Ségur (VIIe).

MICHON (Pierre), auditeur à la Cour des Comptes, 33, rue de Babylone (VIIe).

MIDY (Mlle Valentine), 37, rue de Courcelles (VIIIe).

*Mimerel (Antoine), 23, avenue Rapp (VIIe).

MOIDREY (le Baron Etienne DE), commandant en retraite, 125, avenue de Versailles (XVIe).

*MONBRISON (Hubert DE), 14, avenue d'Eylau (XVIe).

*MONMARCHÉ (Marcel), directeur des Guides Joanne, 66, rue de Rennes (VIe).

*MONTESQUIOU-FEZENSAC (le Comte Biaise DE), 46, avenue George-V (VIIIe).

*MONTREMY (François DE), conservateur-adjoint au Musée de Cluny, 38, avenue Marceau (VIIIe).

MORAND (Mme), 22, avenue de Versailles (XVIe).

*MORAND-VÉREL (Mme), attachée au Musée du Louvre, 48, rue Jacob (VIe).

MOREAU (Gustave), architecte, 5, rue Gassendi (XIVe).

MOREAU (Henry), architecte en chef des Monuments historiques, 33, rue des Volontaires (XVe).

MORGAN (Albert), 17, rue de la Paix (IIe).

MORIN (Pierre), 7, avenue du Colonel-Bonnet (XVIe).

*MOTTAR (Ferdinand), architecte diplômé, 10, place Delaborde (VIIIe).

*MOYRAND (André), sous-directeur de la Compagnie du Nord, 4, rue Logelbach (XVIIe).

MURET (Louis), conseiller général de Seine-et-Oise, 4, place du Théâtre-Français (Ier).

*NÉTANGE (Georges), 10, rue Rochebrune (XIe).

NEUBURGER (André), 6, rue Pierre-le-Grand (VIIIe).

NEVEUX (Pol), membre de la Commission des Monuments historiques, 88, boulevard de la Tour-Maubourg (VIIe).

NOCARD (Albert), ingénieur des Arts et Manufactures,. 114, avenue de Wagram (XVIIe).

*Nodet (Henri), inspecteur général honoraire des Monuments historiques, 40, boulevard des Invalides (VIIe).

NOËL (Mme M.), 12, rue des Beaux-Arts (VIe).


XLVI SEINE

Noël (M™e le docteur), 31, rue Marbeuf (VIIIe).

OBRIOT (Mme Y.), professeur au collège Sévigné, 82, boulevard de

Port-Royal (Ve). *OLIVIER (le docteur Eugène), 116, rue de Rennes (VIe)., OLIVIER (Maurice), 34, rue Bayen (XVIIe),, OLLIVIER (Mlle Marie), 146, rue de Courcelles (XVIIe). OLRY (Mlle Geneviève), 12, boulevard Saint-Michel (VIe). *ORCEL (Jacques), 194, rue de Rivoli (Ier). *OUTARDEL (George), 46, rue de Provence (IXe). *PAILLERY (Georges), 16, rue Jeanne-Hachette (XVe). PAISANT (Marcel), secrétaire d'Ambassade honoraire, 7, rue Pasquier

Pasquier *PANGE (le Comte Pierre DE), 2, rue Barbet-de-Jouy (VIIe). * PAQUET (Pierre), inspecteur général des Monuments historiques,

71, quai d'Orsay (VIIe). PAQUET (J.-P.), architecte, 71, quai d'Orsay (VIIe). PARC (la Vicomtesse DU), 89, rue du Cherche-Midi (VIe). *PARENT (Albert), 17, rue de Paris, à Saint-Denis. PARENT (Jean), 35, quai de la Gare (XIIIe). *PARENT (Mme P.), 106, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine. *PARENT (Pierre), architecte, 20, boulevard des Invalides (VIIe). PASCALIS (Mme H.), 215, faubourg Saint-Honoré (VIIIe). *PAU (Mlle le docteur Cécile), 61, rue Erlanger (XVIe). PAUCHON (Mme G.), 82, rue Charles-Laffltte, à Neuilly-sur-Seine. PAUL (André), 114, boulevard Bineau, à Neuilly-sur-Seine. PAUL-DAUPHIN (Bernard), 8 ter, rue Jean-Nicot (VIIe). PAUL-DUBOIS-TAINE (Mme O.), 142, rua de Courcelles (XVIIe). PAVIE (Fernand), 111, quai d'Orsay (VIIe). PECOURT (Mme), 40, rue de Villejust (XVIe). PEIGNON (Mme H.), 6, rue Honoré-Chevalier (VIe). *PELLÉ (Maurice), ingénieur, 183, boulevard Péreire (XVIIe). PELLECHET, architecte, 30, rue Blanche (IXe). Pépin (Eugène), docteur en droit, j44, rue de Lévis (XVIIe). PERRAT (Charles), secrétaire de l'École des chartes, 13, boulevard

Raspail (VIIe). PERRIGOT (Mme J.), 5, rue de Berri (VIIIe). PERROT (Jean), 7, rue Boissonnade (XIVe). *PERROY (Mme P.), 223, rue Saint-Jacques (Ve). PERRUCHE (André), 7, rue Leclerc (XIVe). PÉTIN (MUe), 4 bis, rue de Franqueville (XVIe). PETIT (Maxime), président de Chambre à la Cour des Comptes,

70, rue d'Assas (VIe). *PETSCHE (Henri), 95, rue Mozart (XVIe). PETSCHE (Mme H.), même adresse. PEUGEOT (Mme A.), 116, rue de Courcelles (XVIIe). PEUGEOT (Mme Etienne), 1, rue André-Colledeboeuf (XVIe). PEYNAUD (Charles), 104, rue Erlanger (XVIe). PHILIPPOT (Jean), architecte, 12, avenue Paul-Appel (XIVe). PHILIPPOT (Mme T.), 83, rue d'Assas (VIe). *PHILIPPOT (Jacques), même adresse. PICARD (Georges), 2 bis, rue Bénouville (XVIe). PICCIONI (Mme G), 1, rue Bassano (XVIe).


SEINE XLVII

*PILLET-WILL (la Comtesse F.), 31, faubourg Saint-Honoré (VIIIe).

PINARDON (Lucien), contrôleur général à la direction des BeauxArts, 1, rue de Pontoise (Ve).

PIOT (Stéphane), 85, boulevard Haussmann (VIIIe).

*Planchenault (René), inspecteur des Monuments historiques, 9, place de Breteuil (VIIe).

POIRIER (Pierre), 1, rue de la Mission-Marchand (XVIe).

*POLTI, architecte en chef des Monuments historiques, 6 bis, villa d'Alésia (XIVe).

POMEROY (Sanford B.), 12, rue du Bouquet-de-Longchamp (XVIe).

POMMIER-ZABOROWSKA (Mme G.), artiste peintre, 110, boulevard Saint-Germain (VIe).

POTELUNE (Mme M.), 40, boulevard du Temple (XIe).

POTTIER (A.), 12, boulevard des Invalides (VIIe).

POUPARDIN (Jean), 118, rue d'Assas (VIe).

Poutaraud (Marcel), architecte en chef des Monuments historiques, 1, rue du Hameau (XVe).

*PRANARD (Charles), directeur au ministère de la Santé publique, 109, rue Erlanger (XVIe).

PRÉVOST (Raymond), 22 bis, rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine.

*PREY (René), architecte, 82, avenue de la République (XIe).

PRIEUR (Jules), 30, boulevard Beaumarchais (XIe).

*PRIEUR (Lucien), architecte en chef des Monuments historiques, 15, rue de Billancourt, à Boulogne-sur-Seine.

PROU (Mme M.), 75, rue Madame (VIe).

'PRUD'HOMME (Marcel), architecte D. P. L. G., 6, rue Cassette (VIe). ,

PRUVOST (Etienne), 133, boulevard Montparnasse (VIe).

*QUARRÉ (Pierre), 19, rue de la Mairie, à Ivry-sur-Seine.

*QUELIN (Henri), 4, passage Dechambre (XVe).

QUISERNE (Mlle Sophie), 92, avenue de Sufrren (XVe).

RAMBAUD (Mlle Mireille), 100, quai de la Râpée (XIIe).

*RAMET (André), 10, rue Édouard-Fournier (XVIe).

RAMET*(Mme), même adresse.

*RANJARD (Michel), architecte, 12, rue de Saint-Marceaux (XVIIe).

*RAPILLY (Georges), 9, quai Malaquais (VIe).

RAPY (Marc), 25, boulevard Jules-Sandeau (XVIe).

RATOUIS (Henri), 73, boulevard du Montparnasse (VIe).

RATTIER, inspecteur général des Monuments historiques, 72, avenue Victor-Hugo (XVIe).

RAVEL (Mme Pierre), 28, rue Lauriston (XVIe). '

*Réau (Louis), agrégé de l'Université, 54, rue de la Faisanderie (XVIe).

REGNOUL (Mlle Suzanne), 43, rue Vineuse (XVIe).

RÉVILLON (Alfred), architecte, 45, rue de Cormeilles, à LevalloisPerret.

REY (Léon), archiviste-paléographe, 11, rue Galilée (XVIe).

RIBIER (J. DE), 7, rue Rafîet (XVIe).

RIBIÈRE (Marcel), maître des requêtes au Conseil d'Etat, 16, avenue Victor-Emmanuel-III (VIIIe).

RICOME (Charles), architecte, 2, rue Gervex (XVIIe).

*RIGAUD (Mlle Jeanne), 24, rue Le Regrattier (IVe).


XLVIII SEINE

RIGNY (le Comte Roger DE), 19, rue de Lille (VIIe).

RIOLET, 31, avenue du Maine (XVe).

RITTER (Georges), archiviste aux Archives nationales, 1, square Lagarde (Ve).

*Rivoire (Auguste), architecte D. P. L. G., 67, rue Condorcet (IXe).

ROBAGLIA (Marcel), ingénieur en chef des chemins de fer de Ceinture, 7, rue d'Artois (VIIIe).

ROBBE (Mme), 124, boulevard Maurice-Barres, à Neuilly-sur-Seine.

RODRIGUES-HENRIQUES (Mme Henri), 163, rue de la Pompe (XVIe).

ROGER-LEVÉ (Mme R.), 3, rue Auguste-Comte (VIe).

ROLAND-GOSSELIN (Mme), 1, rue Georges-Berger (XVIIe).

ROLAND-GOSSELIN-BELLAIGUE (Mme J.), même adresse.

ROMAN-CHAMBAUD (Mme Clairej, 47, avenue Paul-Doumer (XVIe).

ROMANET (le docteur Jean BARNY DE), 3, square de La Tour-Maubourg (VIIe).

*ROMIEU (Jean), président de section au Conseil d'État, 17, rue de Bourgogne (VIIe).

RONOT (Henry), 81, avenue de Villiers (XVIIe).

ROSSIGNOL (Mme Henry), 3, rue de l'Amiral-Cloué (XVIe).

ROSSIGNOL (Lucien), vétérinaire, 213, rue du Faubourg-SaintMartin (Xe).

ROUART (Louis), 6, place Saint-Sulpice (VIe).

ROUIT-BERGER (Mlle Claude), 8, avenue de Tokio (XVIe).

ROULEAU (Pierre), 31, rue du Sommerard (Ve).

ROUSSEAU (Pierre), élève à l'École des Arts décoratifs, 25, rue Pasquier (VIIIe).

ROUSSEL (Jules), directeur honoraire du Musée de Sculpture comparée, 20, rue Albert-Thomas, à Champigny-sur-Marne.

Roussier (Paul), archiviste du ministère des Colonies, 8, rue Dupont-des-Loges (VIIe).

ROUVILLE-BAUME (Mme S.), 14, avenue du Président-Wilson (XVIe).

*ROY (Lucien), 50, rue du Rocher (VIIIe).

RUBIN (Jean), architecte D. P. L. G.; 4, rue Jaucourt (XIIe).

RUDIER (Eugène), 45, rue de Saintonge (IIIe).

*RUILLET (Edouard), 23, rue Miollis (XVe).

RUPRICH-ROBERT (Etienne), architecte des Monuments historiques, 38, rue Guynemer (VIe).

Ruprich-Robert (Gabriel), inspecteur général des Monuments historiques, 8, rue Vavin (VIe).

SABOURET (Victor), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 3, square de La Tour-Maubourg (VIIe).

SAINT-HILAIRE (Mme Etienne), 27, rue Galilée (XVIe).

SAINTE-CLAIRE (Mme DE), 59, rue Schefïer (XVIe).

*SALET (Francis), 120, boulevard Saint-Germain (VIe).

SALLES (Mme Fernand), 7, rue du Colonel-Moll (XVIIe).

SALLEZ (Lucien), inspecteur général des Monuments historiques, 167, rue de Rennes (VIe).

SALMON-LEGAGNEUR (Philippe), 80, boulevard Malesherbes (VIIIe).

SALMON-LEGAGNEUR (Mme R.), 77, boulevard Malesherbes (VIIIe).

SANCERNE (Mlle Elisabeth), 121, boulevard de Port-Royal (XIVe).


SEINE XLIX

SANSON (Jean), architecte, 25, rue de Lûbeck (XVIe).

SARDOU (Pierre), architecte en chef des Monuments historiques,

27, avenue de la Grande-Armée (XVIe). *SAUVEL (Tony), maître des requêtes au Conseil d'État, 14, rue

Raynouard (XVIe). *SCHEMIT (Jean), 45, rue Laffitte (IXe). SCHERESCHEWSKY (Ph.), ingénieur en chef des Mines, 73, boulevard

Haussmann (VIIIe). Schitz (Christian), 10, rue Chariot (IIIe). SCHLEICHER (Charles), 9, rue de Verneuil (VIIe). SCHNEIDER (Albert), architecte D. P. L. G., 20, rue des BellesFeuilles (XVIe). SCHNEIDER (René), professeur à la Sorbonne, 2, rue Guichard

(XVIe). *SÉJOURNÉ (le docteur Jean), 2, rue Alphonse-Daudet (XIVe). SÉJOURNÉ (le R. P. dom), 0. S. B., 5, rue de la Source (XVIe). SÉJOURNÉ (Paul), membre de l'Institut, inspecteur général des

Ponts et Chaussées, 88, rue Saint-Lazare (IXe). SELZ (Mme G.), 9, rue Freycinet (XVIe). *Serbat (Louis), archiviste-paléographe, 8, rue Chateaubriand

(VIIIe). Serbat (Mme Louis), même adresse. *SERGENT (Mme R.), 5 bis, rue Le Tasse (XVIe). * Serres (Jules), 26, boulevard Saint-Germain (Ve). SERVIER-CROUZAT (Xavier), 31, rue de Moscou (VIIIe). SÈZE (le Vicomte Louis DE), 28, boulevard Victor-Hugo, à Neuillysur-Seine, et à Paris, 62, avenue de Tokio (XVIe). SIEGLER (Mme Th.), 23, avenue Boufflers, villa Montmorency

(XVIe). *Silhol (Maurice), 10, avenue Alphand (XVIe). SIMON-BARBOUX (Jacques), 18, boulevard Péreire (XVIIe). SIMONET (René), architecte, 62, rue Boursault (XVIIe). SKEPPER (Henry E.), 103, avenue Parmentier (XIe). SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT, 100,

rue du Cherche-Midi (VIe). *SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES FRANÇAIS, 8, rue Danton

(VIe). SOEHNLIN (Joseph), 6, rue Anatole-de-la-Forge (XVIIe). *SOREL (Mme Maurice), 24, rue de Bondy (Xe). STEIN (Henri), conservateur honoraire aux Archives nationales,

professeur à l'École des chartes, 38, rue Gay-Lussac (Ve). SUBES (R.), 134, boulevard Saint-Germain (VIe). Svedberg-Aubry (Mme B.), 3, rue Verdi (XVIe). TALLOIS (Mme Paul), 34, rue La Fontaine (XVIe). *Tallon (Mme Qjt 5] rue de Rome (VIIIe).

TALPOMBA (Paul), capitaine en retraite, 1 ter, rue Chanez (XVIe). TANCHOU (l'abbé René), 23, rue des Francs-Bourgeois (IVe). TEISSEIRE (Mlle Annie), 42, boulevard des Invalides (VIIe). TERQUEM (Mme Lucien), 94, rue de Maubeuge (Xe). TESSIER (Georges), professeur à l'École des chartes, 19, quai aux

Fleurs (IVe). Tezenas-Champin (Mme), 72, avenue Marceau (VIIIe).

d


L SEINE

*Thellier de la Neuville (Pierre), 49, rue Ampère (XVIIe).

THIBOUT (Marc), élève à l'École des chartes, 2, rue du Gril (Ve).

THIÉBAUT (Victor), ingénieur, 22, rue de Lisbonne (VIIIe).

THIOLLIER (Jacques-Philippe), 6, rue Blomer (XVe).

THOMAS (Georges), architecte, 286, boulevard Raspail (XIVe).

THOUET (Robert), 85, rue Turbigo (IIIe).

THOYER (Mme Georges), 10, rue César-Franck (XVe).

THUILLIER (Mlle Françoise), 26, rue Parmentier, à Neuilly-surSeine.

*Tillet (Jules), inspecteur général adjoint des Monuments historiques, 12, rue de Phalsbourg (XVIIe).

TILLET (Mme Jules), même adresse.

TISSIER (M1Ie Marcelle), 13, rue Monsieur (VIIe).

*TOURNIER (Yves), 4, rue de la Fontaine, à Nogent-sur-Marne.

TOUVET (Mme J.), 11, cité Vaneau (VIIe).

*TROUVELOT (Jean-Marie), architecte en chef des Monuments historiques, 15, rue de Poissy (Ve).

TURCKHEIM (la Baronne Maurice DE), 27, rue Cardinet (XVIIe), et à Beaucourt (Territoire de Belfort).

USSEL (la Comtesse D'), 2, rue Bayard (VIIIe).

VALENTIN (Mme M.), 88, rue Chardon-Lagache (XVIe).

VALLÉE (Félix), président de la Société « Art et Travail », 52, boulevard de Strasbourg (Xe).

*Vallery-Radot (Jean), chef de la section du Courrier et des Archives de la Société des Nations, 39, avenue d'Eylau (XVIe).

VALLERY-RADOT (Mme Maurice), même adresse.

*VAN ALLEN SHIELDS (Mme), 9, rue Spontini (XVIe).

VANDIER (Paul), 110, rue de la Faisanderie (XVIe).

VAN Loo (Mme E.), 15, rue de Poissy (Ve).

VATIN-PÉRIGNON (Mme Emile), 15, boulevard Delessert (XVIe).

VAUDREMER (Mlle Andrée), 22, avenue des Sycomores (XVIe).

VAUGELADE (André), dessinateur, 13, place des Vosges (IVe).

VEAU (André), 8, rue Lazare-Carnot, à Clamart.

'VENTRE (André), architecte en chef des Monuments historiques, 35, rue de Valois (Ier).

Verdier (Paul), inspecteur général des Monuments historiques, 9, rue de Pontoise (Ve).

VERGNE (le docteur Ed.), 178, faubourg Saint-Honoré (VIIIe).

VERGNET-RUIZ (Jean), attaché au Musée du Louvre, 56, rue des Saints-Pères (VIIe).

*VERLET (Pierre), attaché au Musée du Louvre, 5, rue Charles-Dickens (XVIe).

*VERMOREL (le docteur E.), 16, rue de Rivoli (IVe).

VERNE (Henri), directeur des Musées nationaux, 155, boulevard Malesherbes (XVIIe).

*VERRIER (Edouard), 60, rue de l'Amiral-Roussin (XVe).

*Verrier (Jean), inspecteur général des Monuments historiques, membre de la Commission des Monuments historiques, 29, rue Bonaparte (VIe).

*Viala (Paul), 68, rue de Babylone (VIIe).

*VICENTE (le docteur Manuel), 44, rue Lemercier (XVIIe).

VIDAL (Henri), architecte D. P. L. G., 64, boulevard Voltaire (XIe).


SEINE-ET-MARNE LI

*Vielliard (Mlle Jeanne), archiviste aux Archives nationales, 36,

avenue de l'Observatoire (XIVe). VIELLIARD (le docteur), 74, boulevard du Montparnasse (XIVe). VIENNE (Mme Paul DE), 20, rue Boissière (XVIe). VIEUGE (Mme L.), 19, rue Vauquelin (Ve). Vignot (Mlle Marguerite), 6, rue Oudinot (VIIe). VILLARD (Mme A.), 59, rue de Prony (XVIIe). Villemant (Pierre), 28, avenue Hoche (VIIIe). VILLEMEREUIL (Adrien DE), 52 bis, boulevard Saint-Jacques

(XIVe). *VIMONT (le docteur Maurice), 40, rue Chardon-Lagache (XVIe). Violle (James), sous-intendant militaire, 11, rue Oudinot (VIIe). *VIREY (Jean), 125, avenue de Versailles (XVIe). *VIRIEU (la Marquise DE), 10, rue des Marronniers (XVIe). Visme (Armand de), avocat, 174, boulevard Haussmann (VIIIe). *VITRY (Paul), conservateur des Musées nationaux, professeur à

l'École du Louvre, 34, avenue des Sycomores (XVIe). VITRY (Bernard), même adresse. VOILLEMIER (Mme J.), 57, rue Madame (VIe). *Vois (André), architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux,

51 bis, rue Condorcet (IXe). *WALBAUM (Edouard), 9, villa Pasteur, à Neuilly-sur-Seine. WALESKA (la Comtesse), 71, avenue Victor-Hugo (XVIe). *WALFARD (le commandant H.), 39, rue de Bellechasse (VIIe). WALTER (Mme Roger), 15, avenue de Messine (VIIIe). *WATIN-AUGOUARD (Robert), notaire, 99, boulevard Malesherbes

(VIIIe). WENDEL (Humbert DE), 10, rue de Clichy (IXe). *WENZ ( René), 212, boulevard Saint-Germain (VIIe). *WILKES (Mme C. Denby), 1, rue de Labordère, à Neuilly. WILMANN (Mlle G.), 76, rue Spontini (XVIe). WILMANN (Léonce), 10, boulevard de Port-Royal (Ve). WITTMANN (Mme L.), 15, place du Panthéon (Ve). WULFFLEFF (Ch.-A.), architecte, 96, rue de Grenelle (VIIe).

Seine-et-Marne.

Inspecteur : M. A. BRAY.

*BOUEX (Paul), 36, avenue Gambetta, à Nemours.

*BRAY (Albert), architecte en chef du Palais, à Fontainebleau.

CAILLAUD (Mme), au château de la Source, à Bois-le-Roi, et à Paris,

17, avenue de Villiers (XVIIe). 'FAUCHEUR (Henry), architecte,.12, rue Saint-Faron, à Meaux. Fromont (Jean), notaire, à Lagny. * HUBERT (Jean), archiviste départemental, 1, quai du MaréchalFoch,

MaréchalFoch, Melun. Hubert (Mme Jean), même adresse. LEGOY (Louis), 18, rue Carnot, à Melun. *ROBLIN (le docteur Louis), à Gouaix.

SARAZANAS (R.), greffier en chef du Tribunal civil, à Coulommiers. SATIN (Marcel), architecte D. P. L. G., rue de Chaâge, à Meaux.


LU SEINE-ET-OISE

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE ET D'ARCHÉOLOGIE DE PROVINS. 'VINCENT (Louis), 27, rue Le Primatice, à Fontainebleau.

Seine-et-Oise.

Inspecteur : M. A. RHEIN.

ALLIENNE (Lucien), 33, rue Croix-Bosset, à Sèvres.

'ASSOCIATION PROVINCIALE DES ARCHITECTES FRANÇAIS, 15, rue

Neuve, à'Versailles. AUBERT (Mme), 4, rue de la Coutellerie, à Pontoise. *Auguste-Dormeuil (Louis), 11, rue Voltaire, à Saint-Germain-enLaye.

Saint-Germain-enLaye. (Robert), à Évecquemont, par Vaux-sur-Seine. BEAURENAUD (l'abbé Jean), curé de Chambourcy. 'BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE VERSAILLES. Biver (le Comte Paul), 4, rue des Bordeaux, à Jouy-en-Josas. Biver (la Comtesse), au château de Villiers-le-Bâcle, par Gif, et à

Paris, 14, rue de Prony (XVIIe). BONNET (Patrice), architecte en chef du château de Versailles. BOUTEILLER (Mme Henry), 15, rue de Mademoiselle, à Versailles. BOUVET-MÉZIÈRES (Georges), avocat, 1, Grande-Rue, à Marnes-laCoquette,

Marnes-laCoquette, Ville-d'Avray. *Brière (Gaston), conservateur du Musée, palais de Versailles, et

à Paris, 17, rue de l'Annonciation (XVIe). BRUET (Mme), 10, avenue Wagram, à Maisons-Laffitte. CHAPPEDELAINE (le Comte Jean DE), 7 bis, rue Valon-de-Villeneuve,

Valon-de-Villeneuve, Boissy-Saint-Léger. CHATIGNOUX (Albert), 35, avenue de Paris, à l'Isle-Adam. CHRÉTIEN (Mlle Yvonne), 23, rue Preschez, à Saint-Cloud. CHRISTEN (le docteur Edouard), 29, rue Sainte-Sophie, à Versailles. 'COLIN (Marcel), architecte, 11, rue de Chartres, à Orsay. CORET (Alphonse), 6, avenue d'Enghien, à Enghien, et à Paris,

19, rue Campagne-Première (XIVe). *Courcel (Valentin de), archiviste-paléographe, à Montcourcel, par

Athis-Mons, et à Paris, 4, avenue Frédéric-Le-Play (VIIe). *Courcel (Mme Valentin de), mêmes adresses. 'COURTOIS (Pierre), 25, rue de Cormeilles, à Argenteuil. CREUZOT (Jean), architecte de la Ville de Paris, 97, avenue GeorgesClemenceau, le Vésinet. DELACOURCELLE, 26, rue de la Mairie, au Chesnay. Fontenioux (Joseph du), 123, boulevard de la Reine, à Versailles. 'FORMIGÉ (Jules), architecte en chef des Monuments historiques,

1, boulevard Hardy, à Montfermeil, et à Paris, 25, avenue de Tokio

Tokio 'FOUBERT (Mme), 2, place Wagram, à Maisons-Laffitte. FOURNIÉR (MUe Germaine), 7, avenue du Maréchal-Pétain, à Versailles.

'FRÉRET (René), à Valmondois.

'GOUIN (Henry), abbaye de Royaumont, par Asnières-sur-Oise. GRAND (M 1' 6 Marie), 19, avenue Darblay, à Corbeil. Guérin (Eugène), architecte D. P. L. G., 9, avenue Maurice-Berteaux,

Maurice-Berteaux, Chatou.


SEINE-ET-OISE LUI

GUÉRITTE (Armand), architecte en chef des Monuments historiques, château de Versailles.

GUÉRITTE (Mlle Hélène), même adresse.

HALLIER (le commandant André), à Saint-Germain-en-Laye.

HUBRECHT (Robert), architecte S. A. D. G., 38, rue de l'Isle-Adam, à Beaumont-sur-Oise.

Jouvenet (Pierre), greffier à la Cour de Cassation, à^Champagnesur-Oise, et à Paris, 116, rue de Rennes (VIe).

KIÉNER (André), 21, rue Lavoisier, au Chesnay.

LANTIER (Raymond), conservateur du Musée des Antiquités nationales, 28, place Édouard-Detaille, à Saint-Germain-en-Laye.

LAPEYRE (André), membre de la Commission des Antiquités de Seine-et-Oise, 12, rue Charles-Desvergnes, à Bellevue.

*Larrieu (le docteur), à Montfort-l'Amaury.

LE BOUCHER (Alfred), 38, rue des Calèches, à Chatou.

'LEFEBVRE DES NOETTES (le commandant), à Bièvres.

LE GIGAN DES PORTES (Mme A.), les Pelouses, à Ris-Orangis.

LEMOINE (Henri), archiviste départemental, 24, rue Joseph-Bertrand, à Viroflay.

LEPETIT (Jean), ingénieur, 11, avenue Rozée, à Sannois.

LE TOUZÉ (Léon), 24, rue de l'Ermitage, à Versailles.

'LE TOUZÉ (Mlle Louise), 24, rue de l'Ermitage, à Versailles, et à Paris, 84 bis, rue de Grenelle (VIIe).

'MAC KINNON (Mlle Cecilia), les Tilleuls, à Garnes, par Dampierre.

MALLET (Robert), à Dourdan.

MAQUET (Marcel), 18, rue Carnot, à Versailles.

MAURICHAU-BEAUPRÉ (Charles), conservateur-adjoint des Musées nationaux, Palais de Versailles.

'MORIN (Mme S.), 34, rue de Paris, à Neuilly-sur-Marne.

Noël (Léon), ambassadeur de France à Varsovie (Pologne), et 32, boulevard du Roi, à Versailles.

OLLIVIER (l'abbé), curé de Lardy.

'OULTREMONT (la Comtesse Jean D'), 33 bis, rue du Mont-Valérien, à Saint-Cloud.

PÉRATÉ (André), conservateur honoraire du Musée, Palais de Versailles.

PICARD (Joseph), 9, rue du Chemin-de-Fer, à Saint-Cloud.

Pluche (MUe Marguerite), au château de Saint-Ouen-1'Aumône, et à Paris, 52, rue d'Amsterdam (IXe).

'PORÉE (Charles), ancien archiviste départemental, à Courdimanche, par Boissy-l'Aillerie.

'PROPHÉTIE (R.), 4, rue des Garennes, à Chatou.

PUCHEU (Pierre), 25, avenue de la Gare, à Cormeilles-en-Parisis.

'REBUFFET (Pierre), ingénieur E. S. E., « Les Carrières », à Orsay, et à Paris, 28, rue Lacretelle (XVe).

RÉMY (Philippe), 77, rue du Maréchal-Foch, à Versailles.

*Rhein (André), archiviste-paléographe, 11, rue Neuve, à Versailles, et à Solesmes, par Sablé (Sarthe).

Rhein (Mme André), mêmes adresses.

*Rhein (Frédéric), mêmes adresses.

RIBLIER (Jean), 6, avenue du ll-Novembre-1918, à Bellevue.

'RIGAUT (L.-M.), architecte D. P. L. G., 6, chemin de Panurge, à Bellevue.


LIV SEINE-INFÉKIEURE

ROBIN (Joseph), 4, rue du Cimetière, à Corbeil.

'ROUSSEAU (Henri), la Ridelière, à Chénevières-sur-Marne.

SAINT-PÉRIER (la Comtesse R. DE), à Morigny, par Étampes, et à Paris, 47, rue Monsieur-le-Prince (VIe).

TEXIEH (Marcel), architecte en chef des Monuments historiques, 48, rue du Plessys, à Saint-Leu-la-Forêt.

WIRA (Gaston), architecte honoraire, 10, rue de Lafayette, à Versailles.

/ Seine-Inférieure.

Inspecteur : M. Jean LAFOND.

ALLINNE (Maurice), conservateur du Musée des Antiquités de la Seine-Inférieure, 44 bis, rue Saint-Nicolas, à Rouen.

AUGUSTIN-NORMAND (Augustin), 58, route d'Octeville, à SaintAdresse, au Havre.

BAILHACHE (le lieutenant André), 9, rue Victor-Hugo, au Havre.

'BAILLY (Jean), pharmacien, le Trait.

BARON (Mlle Madeleine), 13, quai de la Bourse, à Rouen.

BASSET (Alfred), consul de Suisse, 23, rue Félix-Faure, au Havre.

BEAUREPAIRE (DE), 24, rue Befîroy, à Rouen.

BEAUREPAIRE (Charles DE), avocat à la Cour d'Appel, 13, rue Roullaud, à Rouen.

BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE ROUEN.

BIDAULT (Edouard), 6, rue Bihorel, à Rouen.

*Bocquet (Marcel), 21, rue des Fontaines, à Dieppe.

BRETON (Ernest), notaire, rue Félix-Faure, au Havre.

*Capron (J'.), 35, rue Louis-Bouilhet, à Rouen.

'CAUMONT (l'abbé Jules), curé de Cauville, par Octeville-sur-Mer.

'CHERVIER (le R. P.), bibliothécaire de l'abbaye, à Saint-Wandrille.

*Chirol (Pierre), architecte D. P. L. G., 42 bis, rue Thiers, à Rouen.

* Costa de Beauregard (le Comte Olivier), au château de Sainte-Foy, par Longueville.

*Coutan (le docteur Ferdinand), 10, rue d'Ernemont, à Rouen.

'CUSSON (le docteur Henri), à Yerville.

'DACIER (Lucien), architecte des Monuments historiques, 143, boulevard de l'Yser, à Rouen.

'DEGLATIGNY (Louis), 29, rue Biaise-Pascal, à Rouen.

DELIGNY (Achille), ingénieur des Arts et Manufactures, architecte, les Grandes-Dalles, par Sasselot-le-Mauconduitr

'DEPAUW (Joseph), 26, rue Saint-Maur, à Rouen.

'DESPREZ (Mme H.), au château de Maniquerville, par Tourvilleles-Ifs, et à Paris, 86, boulevard de Courcelles (XVIIe).

DUBREUIL (Louis), 6, rue Amédée-Méreaux, à Rouen.

'DUMESNIL (Pierre), 75, boulevard de Strasbourg, au Havre.

ÉLOY (Henri), 10 bis, route de Neufchâtel, le Bois-Guillaume.

GEUSER (le capitaine Emmanuel DE), au château de la Marguerite, par Saint-Jouin-sur-Mer.

GRAIN (Léonce), 156, rue Saint-Maur, à Mont-Saint-Aignan.

'GRUZELLE (C), à l'asile des Quatre-Mares, à Sotteville-lès-Rouen.


SÈVRES (DEUX-) LV

GUEY (Fernand), directeur des Musées, 1, rue de la Bibliothèque,

à Rouen. HÉBERT (Jean), architecte, 16, rue de Cauville, à Rouen. HERVAL (René), directeur du Crédit du Nord, 68, rue Jeanne-d'Arc,

à Rouen. HESSE (Jean), 45, rue des Carmes, à Rouen. 'HIBERT (Marcel), 7, rue du Carrefour, à Rouen. 'JACQUELINE (Jules), 8, rue des Sapins, à Rouen. *LafondfJean), 21, place de l'Hôtel-de-Ville, à Rouen. LAINE (Emile), 35 a, boulevard de Verdun, à Rouen. 'LANFRY (Georges), 24, route de Dieppe, à Deville-les-Rouen. 'LA VILLERABEL (S. G. Monseigneur DU BOIS DE], archevêque de

Rouen. LEBLANC (Mme L.), 19, rue Saint-Maur, à Rouen. LEBOCQ (P.), 55, rue Saint-Gervais, à Rouen. 'LECACHEUX (Paul), archiviste départemental, 25, rue Brissout-deBarneville,

Brissout-deBarneville, Rouen. Lefebvre (Paul), 22, place Beauvoisine, à Rouen. 'LEROUX (André), 36, rue Casimir-Périer, à Fécamp. LEROY (le docteur G.), 96, rue de Normandie, au Havre. MAÎTRE (Paul), architecte, 12, rue Dulong, à Rouen. MANIEL (le docteur G.), 5, rue du Champ-des-Oiseaux, à Rouen. MAUGER (Robert), 111, boulevard de Strasbourg, au Havre. MAUPAS (le docteur Marcel), 147, rue Théagène-Bonfart, à Fécamp. 'MORIN (le docteur Alexandre), 81, rue Saint-Maur, à Rouen. 'MOUQUET (Mlle M.), 3, place Nationale, à Dieppe. MOUQUET (Rémy), 12, rue Jules-Ferry, à Dieppe. NAVARRE (Lucien), avoué, à Yvetot. 'PELAY (l'abbé Jean), 39, rue de l'Avalasse, à Rouen. Petit (le docteur Paul), manoir d'Hygie, par Quincampoix. PINEL (l'abbé R.), curé de Beuzeville-Guérard, par Ourville. PION (Léon), 3, rue Adolphe-Chéruel, à Rouen.

Prévost (Gustave), ancien magistrat, 52, rue Chassellièvre, à Rouen. 'PRIEM (Georges), 3, escalier de la Côte-Morisse, au Havre. 'QUENEDEY (Raymond), chef de bataillon, 79, rue Thiers, à Rouen. ROBINNE (André), 32, rue d'Ernemont, à Rouen. ROUSSEAU (Edmond), conservateur du Musée de la Bénédictine,

51, rue Charles-le-Borgne, à Fécamp. Roys-d'Eschandelys (le Marquis des), au château de la Gaillefontaine,

Gaillefontaine, à Paris, 11, boulevard Latour-Maubourg (VIIe). 'RUEDOLF (Alfred), décorateur, 56, rue Beauvoisine, à Rouen. SÉRY (l'abbé F.), 87, rue de la Barre, à Dieppe. VALLOIS (Gaston), 11, rue George-d'Amboise, à Rouen.

Sèvres (Deux-).

Inspecteur : M. E. TRAVERS.

GERBIER (Camille), avenue de Limoges, à Niort. 'MERLE (le docteur Louis), 74, rue d'Alsace-Lorraine, à Niort. 'RENON (le docteur Georges), 11, rue du Petit-Banc, à Niort. TRAVERS (Émilien), avoué, à Melle.


LVI VAR"

Somme.

Inspecteur : M. Henri MACQUERON.

BONNIÈRES (M:le Madeleine DE), à Gorenflos, par Ailly-le-HautClocher.

CHAUNY (MIle Marie DE), au château de Franleu, par Valines.

CRUSEL (René), 9, place Sainte-Catherine, à Abbeville.

DAVID (Mme Ch.), 9, rue Beauregard, à Amiens.

DELLIER (Mme A.), 7, rue des Rapporteurs, à Abbeville.

DUBOIS (Pierre), conservateur de la Bibliothèque communale, rue de la République, à Amiens.

'DURAND (Georges), correspondant de l'Institut, archiviste honoraire de la Somme, 22, rue Pierre-l'Ermite, à Amiens.

'FORTS (Philippe DES), au château d'Yonville, par Hallencourt.

'GIGON (Paul), ancien notaire, 12, rue Dijon, à Amiens.

LEFRANÇOIS-PILLION (Mme A.), 46, rue Lemattre, à Amiens.

LEPAGE (Mlle Marie), 10, boulevard Vauban, à Abbeville.

'LORGNIER (Louis), conseiller à la Cour, 23, rue Alexandre-Fatton, à Amiens.

'MACQUERON (Henri), 24, rue de l'Hôtel-Dieu, à Abbeville.

'SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE, à Amiens.

WATEL (Pierre), à l'Abbaye, Saint-Valery-sur-Somme.

Tarn.

Inspecteur : M. Jean LAHAN.

BESSERY (Théodose), à Lavaur.

VILLENEUVE (R.), 50, avenue Lapérouse, à Albi.

Var.

Inspecteur : M. J. ROUSTAN.

BOUISSON (l'abbé), les Routes, à Toulon.

'CALENDINI (l'abbé Paul), villa Mireille, à Hyères.

DONNADIEU (le docteur), conservateur du musée de Fréjus, villa

Mosella, à Saint-Aygulf. PELLOQUIN (l'abbé Henri), curé doyen, à Rians. *Richier (Clément), villa Bagatelle, avenue de Beauregard, à

Hyères. 'ROUSTAN (Jules), architecte des Monuments historiques, 2, rue

Dumont-d'Urville, à Toulon. Véry (Mme M.), villa Beyreuth, route de Montferrat, à Draguignan.

Draguignan. (Georges), au château de Cordion, à Saint-Cyr-surMer,

Saint-Cyr-surMer, à Paris, 80, boulevard de Courcelles (XVIIe).


VIENNE LVII

Vaucluse.

Inspecteur : M. J. GIRARD.

CHABERT (le docteur Maurice), 9, faubourg Tour-Neuve, à Cavaillon.

COLOMBE (le docteur G.), 25, rue Petite-Fusterie, à Avignon.

Eysseric (Joseph), artiste peintre, 14, rue Duplessis, à Carpentras.

GIRARD (Joseph), conservateur du Musée Calvet, 9, chemin de l'Arrousaire, à Avignon.

LE GRAS (Charles), notaire honoraire, 10, rue Petite-Saunerie, à Avignon.

'MUSÉE CALVET, à Avignon.

'POIRSON (Alexandre), à Cantarel, par Montfavet.

RIÉTY (Louis), architecte, 12, rue Saint-Charles, à Avignon.

'SAINT-PRIEST D'URGEL (le Vicomte Charles DE), 21, rue PetiteFusterie, à Avignon.

SAUTEL (l'abbé), 6, rue Saint-Thomas-d'Aquin, à Avignon.

Vendée.

Inspecteur : M. Alfred LE Roux.

* Grélier (l'abbé Charles), à Challans.

LE Roux (Alfred), au château de Saint-Michel-en-1'Herm, et à

Paris, 12, rue de Vézelay (VIIIe). MICHAUD (Valère), lieutenant de vaisseau, à Bourneau, et à Paris,

2, rue Royale (VIIIe).

Vienne.

Inspecteur : M. Emile GINOT.

ARBOVAL (Henri D'), à Magne, par Gençay.

BERTRAND (Paul), architecte D. P. L. G., à Romagne.

'BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE POITIERS.

CHEVALIER-RUFIGNY (Paul), lieutenant-colonel en retraite, 4, rue du Lycée, à Poitiers.

'CROZET (René), professeur au lycée, 4, rue Saint-Louis, à Poitiers.

DOBELMANN (Mlle Suzanne), archiviste-paléographe, 28, rue du Marché, à Poitiers.

DUVAU (René), 76, boulevard Blossac, à Châtellerault.

'EYGUN (François), 11, rue des Écossais, à Poitiers.

FERRÉ DE PÉROUX (Mlle Elisabeth DE), au château de Payroux.

Fontenioux (Alfred du), avocat, 4, cité de la Traverse, à Poitiers.

'GINOT (Emile), conservateur honoraire de la Bibliothèque de Poitiers, 16, rue de la Tranchée, à Poitiers.

OLIVIER-MARTIN (Félix), 4, rue Thibaudeau, à Poitiers.

'ORRILLARD (le docteur A.), 75, rue Gilbert, à Châtellerault.

'SALVINI (Joseph), archiviste départemental, 12, rue d'Alsace-Lorraine, à Poitiers.

VERGNEAULT (Mme), 10, rue de la Marne, à Poitiers.


LVIII YONNE

'WILLIAMS (Miss), maison des Soeurs, à Couhé-Vérac.

Vienne (Haute-).

Inspecteur : M. A. DEMARTIAL.

BERGER (Aubert), 13, rue des Charseix, à Limoges.

BIBLIOTHÈQUE COMMUNALE DE LA VILLE DE LIMOGES.

CHIGOT (Francis), peintre verrier, 11, rue des Allois, à Limoges.

CRAPEZ (le docteur François), 12, rue des Argentiers, à Limoges.

DEMARTIAL (André), président de la Société archéologique et historique du Limousin, au Vigan.

'LABORDERIE (Albert DE), 29, avenue des Bénédictins, à Limoges.

LACROCQ (Albert), 18, rue Turgot, à Limoges.

'MORTEROL (G.), le Courdein, par Nexon, et à Neuilly-sur-Seine, 18 ter, rue du Marché.

'SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DU LIMOUSIN, à Limoges.

URBANI (l'abbé), curé-doyen de Châteauponsac.

VANDERMARQ (Pierre), 14, rue Mirabeau, à Limoges.

Vosges. Inspecteur : M. Et. FELS.

'FELS (Etienne), archiviste-paléographe, à Hielle, par Vécoux.

FELS (Mme Et.), même adresse.

FELS (Mme X.), même adresse.

'GEISTODT-KIENER (Mme D.), 23, rue Jean-Viriot, à'Épinal.

'HENRY (R.-T.), Ma Chaumière, 141, rue des Soupirs, à Epinal.

'HUMBERT (Georges), industriel, à Cornimont.

JANOT (Jean-Marie), à Plombières-les-Bains.

*Kiener (Mlle Marie), villa Printemps, chemin des Soupirs, à Épinal.

LAURENT (l'abbé André), professeur à l'Institution Saint-Joseph, à Épinal.

Lois Y (Mme Robert DE), 92, Grande-Rue, à Remiremont.

MARTIN (Paul), licencié es lettres, villa Saint-Martin, 44, rue des Soupirs, à Épinal.

MASSOUGNE DES FONTAINES (le Comte DE), 10, rue Thiers, à Mirecourt.

'PHILIPPE (André), archiviste départemental, conservateur du Musée, à Épinal.

'PIERROT (Auguste), conservateur de la Bibliothèque municipale, 24, rue du Maréchal-Foch, à Saint-Dié.

SAINT-MARTIN (Robert), à Bruyères.

Tonne.

Inspecteur : M. le chanoine CHARTRAIRE.

'BARBIER (Pierre), capitaine de la Marine marchande, villa des Pins, à Toucy.


TUNISIE LIX

BIGAULT (Paul), au château des Garniers, par Bléneau.

CHARTRAIRE (le chanoine), correspondant de l'Institut, conservateur du Trésor de la cathédrale, 170, Grande-Rue, à Sens.

'DÉMODE (Léo), à Island, par Avallon, et à Aubervilliers, 14, boulevard Anatole-France.

PRÉVOST (Robert), artiste peintre, 30, rue Cousin-le-Pont, à Avallon, et à Paris, 13, rue Saint-Ambroise (XIe).

ROCHE (MIle Yvonne), à Charny.

Algérie.

ALAZARD (Jean), professeur à la Faculté des Lettres, directeur du

Musée des Beaux-Arts, Jardin d'Essai, à Alger. 'BEVIA (Jean), architecte du Gouvernement, 16, rue Michelet, à

Alger. BIBLIOTHÈQUE D'ARCHÉOLOGIE D'ALGER, à la Faculté des Lettres,

rue Michelet, à Alger. 'MUSÉE DES BEAUX-ARTS, Jardin d'Essai, à Alger. RINCQUESEN (Jean), inspecteur des Finances, 15, rue d'Alembert,

à Alger.

Maroc.

MASLOW (Boris), inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments

historiques, à Fez (Boujeloud). 'SCHNAÉBELÉ (le docteur), médecin principal, à Casablanca.

Martinique.

Delawarde (le R. P. J.-B.), presbytère du Lorrain.

Monaco.

HOSTEL (Mme G. D'), au château de Plaisance, à Monte-Carlo. 'LABANDE (Léon), membre de l'Institut, conservateur des Archives du Palais, 10, rue du Tribunal, à Monaco.

Tunisie.

LORIÈRE (Ed. DE), avocat, 20, rue d'Angleterre, à Tunis.


MEMBRES ÉTRANGERS

Autriche.

ZWEITES KUNSTHISTORICHES INSTITUT UNIVERSITAT-WIENN, Ring des 12ter November, Vienne.

Belgique.

BÉTHUNE (le Baron François), professeur à l'Université, 34, rue de Bériot, à Louvain.

'BIBLIOTHÈQUE DE L'UNIVERSITÉ DE GAND.

BORCHGRAVE D'ALTENA (le Comte J. DE), membre de l'Académie royale de Belgique, attaché au Musée du Cinquantenaire, 90, rue d'Arlon, à Bruxelles.

'BOTTIN (Mlle Marie-Louise), 120, rue Froissard, à Bruxelles.

BRAUN (Alexandre), sénateur, président de la Faculté d'Art et d'Archéologie, 102, rue du Prince-Royal, à Bruxelles.

BUGGENOMS (Louis DE), avocat, 40, rue Courtois, à Liège.

CONINCHX (H.), 11, rue du Ruisseau, à Malines.

CUMONT (Franz), conservateur des Musées royaux, associé étranger de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 75, rue Montoyer, à Bruxelles; 13, avenue Kléber, à Paris (XVIe), et 19, Corso d'Italia, à Rome.

DRIES (Armand), avoué près la Cour d'Appel, 5, place Jacobs, à Bruxelles.

DUFOSSEZ (Paul), ingénieur, 440, avenue de la Couronne, à Bruxelles.

DUMONT (Jules), architecte, professeur aux Écoles des Beaux-Arts, 189, rue Grétry, à Liège.

FAIDER (Paul), 19, Coupure, à Gand.

FRÉMINEUR (François), 1, rue des Bogards, à Bruxelles.

'GAIFFIER D'HESTROY (l'abbé Baudouin DE), 24, boulevard SaintMichel, à Bruxelles.

'GOSSELIN (Emile), architecte, professeur agrégé de l'enseignement moyen, 161, avenue de la Chênaie, à Uccle-Bruxelles.

GRAND RY (Georges DE), 42, avenue du Houx, Boitsfort.

INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE LIÉGEOIS, 14, rue Fabry, à Liège.

JANSSENS (René), peintre, membre correspondant de l'Académie royale de Belgique, 138, avenue Molière, à Bruxelles.

LAGASSE DE LOCHT (le Chevalier), président de la Commission royale des Monuments, directeur des Bâtiments civils, 167, chaussée de Wavre, à Bruxelles.

LALOUX (Pierre), 2, rue Saint-Rémy, à Liège.


• ETRANGER LXI

LAURENT (Marcel), conservateur du Musée du Cinquantenaire, à Bruxelles.

LEFORT-DECKERS (Mme A.), 90, avenue de Cortemberg, à Bruxelles.

'LOSSEAU (Léon), avocat, 37, rue de Nimy, à Mons.

'MAERE (le chanoine), membre de la Commission royale des Monuments, de l'Académie royale d'Archéologie, professeur d'archéologie à l'Université, 29, rue des Récollets, à Louvain.

PETIT (Mlle C), 16, rue Charles-de-Buck, à Bruxelles.

PIRENNE (Henry), membre de l'Académie royale de Belgique, recteur de l'Université, 126, rue Neuve-Saint-Pierre, à, Gand.

ROERSCH (Alphonse), professeur émérite de l'Université de Gand, boulevard de Tirlemont, à Louvain.

ROLLAND (Paul), secrétaire de l'Académie royale d'archéologie de Belgique, 67, rue Saint-Hubert, à Anvers.

SAINTENOY (Paul), membre de l'Académie royale de Belgique, membre de la Commission royale des monuments et des sites, correspondant de l'Institut de France, 123, rue de l'ArbreBénit, à Bruxelles.

SCHMITZ (Philibert), O. S. B., directeur de la Revue Bénédictine, abbaye de Maredsous.

SOIL DE MORIAMÊ (le Chevalier Eugène), président du Tribunal civil et président de la Société historique, 45, rue Royale, à Tournai.

TRICOT-ROYER (le docteur), maître de conférences à l'Université de Louvain, 108, avenue d'Italie, à Anvers.

VAN DEN GHEYN (le chanoine Gabriel), président de la Société d'Histoire et d'Archéologie, membre de la Commission royale des Monuments, 13, avenue des Moines, à Gand.

VAN OVERBERGH (Cyrille), secrétaire général honoraire du ministère des Sciences et des Lettres, sénateur, 102, chaussée Vleurgat, à Bruxelles.

VAN PUYVELDE (L.)-, conservateur des Musées royaux, à Bruxelles, professeur à l'Université de Liège.

'VERHAEGEN (le Baron), membre correspondant de la Commission royale des Monuments, membre de l'Académie royale d'Archéologie, professeur à l'École des Hautes-Études, 62, vieux quai au Bois, à Gand.

Canada.

NADEAU (l'abbé J.-Thomas), 105, rue Sainte-Anne, à Québec. PUGH (Robert), professeur, University of New Brunswich, Frederictown.

Danemark.

BULL (Tage Edwin), docteur en droit, 24, Stranstrade, à Copenhague.

JOERGENSEN (Johannes), correspondant de l'Institut de France, à Charlottenlund.


LXII ÉTRANGER

Espagne.

'ANTON Y CASASECA (Francisco), professeur à l'Université, 16,

pral, à Valladolid. Bosco (Don Ricardo Velasquez), membre de l'Académie royale de

San Fernando, directeur de l'École centrale d'Architecture, 4,

plaza Santa-Barbara, à Madrid. GALINDO (l'abbé Pascual), archiviste du chapitre, 6, rue Zurita, à

Saragosse. GOMEZ-MORENO (Don Manuel), professeur au Centre d'Études historiques, Castellana, 66, à Madrid. MARTORELL Y TRABAL (François), secrétaire de l'Institut d'Estudis

Catalans, Antic de Saint-Jean, 1-3-1, à Barcelone. PAVIA Y BIRMINGHAM (Don Joaquim), architecte, corr. de l'Acad.

de San-Fernando, 32, rue San Marcial, à Saint-Sébastien. PUIG i CADAFALCH (Don Josep), architecte, président de la Section

d'Archéologie de l'Institut d'Estudis Catalans, Provença, 231, à

Barcelone.

États-Unis.

Butler (Mlïe Alice), à Seabright (New-Jersey).

Conant (Kenneth John), professeur à l'Université Harvard, 44, Wolf Street, Cambridge (Mass.).

Forsyth (Georges H.), Me Cornick Hall, Princeton University, à Princeton (New-Jersey).

'LAVANOUX (Maurice), architecte, 100, Boylston Street, à Boston.

Locke (John G.), °/0 Bankers Mortgage C°, à Houston (Texas).

*Molleson (Samuel H.), 478, 7th street, Brooklyn, New-York.

Olafson (Harold S.), vice-rector, Hoosac School, Hoosick (NewYork).

'PRINCETON UNIVERSITY, à Princeton (New-Jersey).

PORTER (Mme Arthur Kingsley), Elmswood, Cambridge (Mass.).

Robbins (Douglas), 717, North Limestone street, Springfield (Ohio).

Stohlmann (Frédéric), Gradnate Collège, à Princeton (New-Jersey).

'STREET HALL LIBRARY, Dep' of Fine Arts, Yale University, NewHaven (Connecticut).

WHITTEMORE (Thomas), professeur à Columbia University, à NewYork.

'WOODS (Mlle Katherine), 57, West Towelfth street, New-York.

Grande-Bretagne.

'BAKER (Eric), 131, Pembroke Road, Clifton, Bristol.

'BILSON (John), architecte, F. S. A., vice-président honoraire de l'Institut royal archéologique, Hessle, Yorkshire.

BRAKSPEAR (Harold), architecte, F. S. A., vice-président de l'Institut royal archéologique, Corsham, Wiltshire.

'BUSVINE (Roger), 4, Albert Terrace, Londres, N. W. 1.


ETRANGER LXIII

'CLAPHAM (Alfred W.), rédacteur à la Royal Commission on Histo^ rical Monuments, Christchurch Park, Sutton, Surrey, et à Londres, 29 Abington Street, Westminster, S. W.

DUCKWOTH (Sir George H.), secrétaire permanent de la Commission royale des Monuments historiques d'Angleterre, Dalingridge place, West Hoathly (Sussex).

Duncan (Walter), Newlands, Dumfries (Ecosse).

Duveen (Sir Joseph), à Londres.

Eagle (William H.), 137, New Cross Road, Londres, S. E. 14.

Evans (Mlle Joan), 9, Kensington Park Gardens, à Londres.

'HAGBERT-WRIGHT (C. T.), the London Library, S' James square, Londres, S. W. 1.

HARDINGE-TYLER (G.-D.), M. A., F. S. A., secrétaire de l'Institut royal archéologique, Steeple Ashton, Trowbridge.

HARVEY (Thomas Henry), Blackbrook Grove, Fareham.

'LOVEGROVE (E. W.), S' David's Chipping Campden, Gloucestershire.

*Maitland (John Pelham), ingénieur, « Centula », Hawthorn Road, Bognor-Regis, Sussex.

'MARTIN (Alan Roger), 18, Kidbrooke, Park Road, Blackheath, Londres S. E. 3.

'NORFOLK AND NORWICH ARCHEOLOGICAL SOCIETY, à Norwich.

PEERS (Charles-Reed), architecte, F. S. A., président de la Société des Antiquaires de Londres, inspecteur des Monuments historiques, Chiselhampton House, Wallingford.

ROULIN (Dom E.), Filey, Yorkshire.

SMITH (S. Harold), barrister at law, H. S. S., B. A., 11, King's Bench Walk, Temple, Londres, E. C. 4.

THOMPSON (A. Hamilton), Beck Cottage, Adel, Leeds.

WILLIS (Cloudesley S.), High Street, Ewell, Surrey.

Italie.

ANDRADE (le commandeur Alfredo D'), directeur du Bureau des

Monuments historiques du Piémont et de la Ligurie, Palazzo

Madama, à Turin. BONI (le commandeur Giacomo), 30, via Genova, à Rome. 'ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME, palais Farnèse, à Rome. MONNERET DE VILLARD (le professeur Ugo), 5, Via Goito, à Milan. Ricci (Corrado), directeur général des Beaux-Arts, 11, piazza Venezio,

Venezio, Rome. TOESCA (Pietro), professeur d'archéologie à l'Université de Rome,

via Adige, 48, à Rome.

Luxembourg.

KEMP (J. H. A.), membre effectif de l'Institut Grand-Ducal, conservateur du Musée archéologique, à Luxembourg.


LXIV ÉTRANGER

Norvège.

FETT (Harry), conservateur au Musée national, directeur général des Antiquités et Monuments historiques du royaume, à Oslo.

Pays-Bas.

'BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE DE L'ÉTAT, Heerengracht 605, à Amsterdam. *Diepen (Hubert A.), docteur en médecine et philosophie, Batavierenveg

Batavierenveg à Nimègue. Gallois (Henri), conservateur-adjoint du Musée de là Haye, 7,

korte Vyverberg, à la Haye. Hoynck van Papendrecht (A.), directeur du Musée des Antiquités

de Rotterdam, 226, Mathenesserlaan, à Rotterdam. *Hudig (Ferrand), directeur-adjoint du Musée de l'État, 1, Zuidlaan,

Zuidlaan, bij Haarlem. KALF (Jan), directeur du Bureau royal de3 Monuments historiques,

3, van Imhoffplein, à la Haye. LIGTENBERG (le R. P. Dr R.), professeur extraordinaire d'histoire

religieuse à l'Université d'Utrécht. PIT (le docteur A.), ancien directeur du Musée des Arts industriels,

à Laren (N. H.). SCHMIDT (le docteur), membre du Comité de Nederland-Frankrijk,

à Utrecht. STHEEMAN (A.), directeur van het van Stolk-Museum, 62, Oude

Gracht, à Haarlem. Tellander (Gerhard), à Hilversum. VAN DER STEUR (le professeur J. A. G.), professeur d'architecture

à l'Académie polytechnique, secrétaire de la Commission royale

des Monuments historiques, à Delft.

Portugal.

BOURDON (Léon), directeur de l'Institut français de Lisbonne. CUNHA (Augusto José DE), président de l'Association royale des

Architectes civils et des Archéologues portugais, à Lisbonne. FORTES (José), avocat, juge du district de Porto, correspondant de

l'Institut de Coïmbre, 125, rua da Rainha, à Porto.

Roumanie. .

POMPÉIU (Marcel), architecte D. P. L. G., Calea Flùresca, 46, Bucarest.

Suède.

CURMAN (Sigurd), conservateur général des Antiquités du royaume, directeur du Musée national historique, à Stockholm.


ETRANGES LXV

*KuNGL-VlTTERHETS HlSTOHIE OCH ANTIKVITETS AKADEMIEN, à

Stockholm C. ROOSVAL (Johanny), professeur à l'Université, Alnas, Djurgarden, à Stockholm.

Suisse.

BESSON (S. G. Mgr), évêque de Fribourg, Lausanne et Genève. '

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE L'UNIVERSITÉ DE BALE.

*BLBLIOTHÈQUE PUBLIQUE ET UNIVERSITAIRE DE GENEVE.

*BURCKHARDT (Félix), directeur de la Bibliothèque centrale de Zurich.

Hahnloser (Jean), Toesstalstr. 42, à Winterthur, et professeur à l'Université de Berne, 9, Kollerveg.

*MEYER (Peter), architecte diplômé, Sonnenbergstrasse 19, Zurich 7.

NAEF (Albert), architecte, président de la Commission fédérale des Monuments historiques, Haute-Combe, avenue Ruchonnet, à Lausanne.

*Reinhardt (Hans), docteur es lettres, 36, rue des Missions, à Bâle.

SOCIÉTÉ SUISSE DES MONUMENTS HISTORIQUES, au Musée national, à Zurich.

Van Berchem (Mlle Marcelle), à Frontex-Genève.

Van Berchem (Mlle Marguerite), même adresse.

VIOLLIER, 19, Madeleine, à Vevey (Vaud).

ZEMP (le professeur J.), vice-président de. la Commission fédérale des Monuments historiques, vice-directeur du Musée national, à Zurich.


LISTE ALPHABETIQUE

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

(FRANCE)

A

ABADIE-DUGUÉ (Mme), Paris.

ABRAHAM (Pol), Paris.

Abrand, Oise.

ACHARD (l'abbé Auguste), HauteLoire.

ACLOCQUE (Mme), Indre-et-Loire.

ADHÉMAR (Jean), Paris.

ALAJOUANINE (le docteur), Paris.

ALAZARD (Jean), Algérie.

ALBAN (le Marquis Antoine D'), Rhône.

ALDIS (Mme M.-M.), Paris.

ALFASSA (Paul), Paris.

ALLEMAGNE (Henry D'), Paris.

ALLEZ (Mlle), Paris.

ALLIENNE (Lucien), Seine-et-Oise.

ALLIER (Jacques), Paris.

ALLINNE (Maurice), Seine-Inférieure.

ALTMEYER (L.), Paris.

AMOS (Mme E.j, Paris.

AMY (Robert), Paris.

ANDRAL (Gabriel), Basses-Pyrénées.

ANDRÉ (Louis), Saône-et-Loire.

ANDRIEU (le lieutenant-colonel Ernest), CÔte-d'Or.

ANDRIEUX (le lieutenant - colonel Charles), Rhône.

ANFRAY (Marcel), Ardennes.

ANGEBAULT (Mme A.), Calvados.

Angenard (Marc), Alpes-Maritimes.

ANTEMAYOU (Léon), Paris.

ANTHON (Marc), Bas-Rhin.

ANTONY-THOURET (Paul), Paris.

APPERT (Roger), Paris.

ARBOIS DE JUBAINVILLE (Paul D'), Meurthe-et-Moselle.

ARBOVAL (Henri D'), Vienne.

AHFEUILLE (Lucien), Allier.

ARMAND (le Comte J.), Loire-Inférieure.

ARMAND (le Comte Roger), Paris.

AHPENTINIER (Albert), Seine.

AHRIVOT (MIle M.-L.), Paris.

ASSAUD (Auguste), Paris.

ASSOCIATION PROVINCIALE DES ARCHITECTES FRANÇAIS, Seine-etOise.

AUBARÈDE (Mlle Hélène D'), Rhône.

AUBERT (Lucien), Paris.

Auberl (Marcel), Paris.

AUBERT (Mme Marcel), Paris.

AUBERT (M.), Paris.

AUBERT (Mme), Seine-et-Oise.

AUDEMAR (Mme André), Jura.

AUDOUX (Arthur), Loiret.

Augusle-Dormeuil (Louis), Seine-etOise.

AUGUSTIN-NORMAND (A.), Seine-ïnférieurc.

AUNIORD (le commandant J.), Paris.

AURIOL (le chanoine), Haute-Garonne.

AUTANT (Albert), Paris.

AUTIER (la Comtesse R. D'), Indre.

AUTRECHAPAUT (le capitaine), Meurthe-et-Moselle.

AVEZOU (Robert), Haute-Savoie.

Aynard (René), Rhône.

AZÉMAR (Jean), Paris.


LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE LXVII

BABELON (Jean), Paris.

BABOIN (Mme L.j, Rhône.

BACLET (René), Paris.

BADIOU (Mme Ch.), Haute-Loire.

BAER (Mlle Émilia), Paris.

BAHRMANN (Auguste), Paris.

BAILHACHE (André), Seine-Inférieure.

BAILHACHE (Georges), Basses-Alpes.

BAILHACHE (Marcel), Loire-Inférieure.

BAILLY (Jean), Seine-Inférieure.

BALESDENT (Robert), Seine-et-Oise.

BALTRUSAITIS (Jurgis), Paris.

Banchereau (Jules), Loiret.

Banchereau (Mme J.), Loiret.

BANVILLE (Gérard DE), Orne.

BAR (Henry), Paris.

BARATTE (Georges), Paris.

BARBARIN (Charles), Cher.

BARBARY (Roger), Paris.

BARBAUDY (Gabriel), Paris.

BARBE (Pierre), Paris.

BARBET-MASSIN (Mme M.), Paris.

BARBIER (Ferdinand), Alpes-Maritimes.

BARBIER (Louis), Paris.

Barbier (Pierre), Yonne.

BARBOTIN (Jacques), Nord.

BARGE (Jacques), Indre.

BARON (Mlle M.), Seine-Inférieure.

BARRAUD (Joannès), Rhône.

BARRIEN (Mme H.), Seine.

Barthelet (Gaston), Bouches-duRhône.

BASALO (Louis), Charente-Inférieure.

BASILE (Paul), Seine.

BASSET (Alfred), Seine-Inférieure.

BASTIDE (Edmond), Gironde.

BÂTARD (Henri), Mayenne.

BATARDY (Henry), Paris.

BAUD (John), Haute-Savoie.

BAUD (M 110 M.), Paris.

BAUDE (le chanoine M.), Alpes-Maritimes.

BAUDOT (Etienne), Meuse.

Baudouî-Salze (Paul), Hérault.

Baudreuil (Jean de), Sarthe.

BAUDREUIL (Mme P. DE), Paris.

BAUDRIER (l'abbé P.). Paris.

BAUDRIER (Robert), Paris.

Bauffremont (le Prince de), Aube.

BAYET (Jean), Paris.

BAYONNE (Charles), Paris.

BEAUCAMP (Fernand), Nord.

BEAUCHESNE (le Marquis A. DE),

ï Sarthe.

BEAUCOURT (Maurice DE), Seine.

BEAUMONT (Henri), Paris.

BEAURENAUD (l'abbé J.), Seine-etOise.

BEAUREPAIRE (Ch. DE), Seine-Inférieure.

BEAUREPAIRE (DE), Seine-Inférieure.

BEAUSSART (le docteur P.), Loiret.

BEAUVAIS (Augustin DE), Paris.

BECDELIÈVRE (la Comtesse DE), BOUehes-du-Rhône.

BÉCET (MUe Marie), Paris.

BÉCUE (Mme J.), Loiret.

BÉGULE (Lucien), Rhône.

BELLIN (le docteur Léon), Paris.

BELTRAND (Jacques), Seine.

BENOIT (Fernand), Bouches-duRhône.

BÉRA (Mme H.), Paris.

BÉRARD (Mme M.), Paris.

BERCHON (Mile Louise), Paris.

BÉREUX (Jean), Oise.

BERGER (Aubert), Haute-Vienne.

BERNAL (Jean), Paris.

BERNARD (Jean), Loire.

BERNY >(Gérard DE), Seine.

BERRANGER (Henri DE), Sarthe.

BERRET (Louis), Paris.

BERTHELIER (MUe Madeleine), Paris.

BERTHELOT (Eugène), Paris.

BERTHERAND (Mme), Paris.

BERTHON (Paul), Charente-Inférieure.

BERTIN (Auguste), Paris.

BERTRAND (Mme A.), Paris.

BERTRAND (Fernand), Maine-etLoire.

BERTRAND (Henri), Marne.

BERTRAND (Paul), Vienne.

BERTRAND (René), Côte-d'Or.

BESNARD (Ch.-Henri), Paris.

BESSERY (Théodose), Tarn.

Bessières (René), Paris.

BESSON (Georges), Gironde.

BETHMONT (René), Paris.

BÉVIA (Jean), Algérie.

BEZANÇON (le docteur Paul), Paris.


LXVIII

LISTE ALPHABÉTIQUE

BIBLIOTHÈQUE D'ARCHÉOLOGIE D'ALGER.

BIBLIOTHÈQUE COMMUNALE DE LILLE, Nord.

BIBLIOTHÈQUE COMMUNALE DE LIMOGES, Haute-Vienne.

BIBLIOTHÈQUE DE BLOIS, Loir-etCher.

BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS, Paris.

BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE.DES ARTS DÉCORATIFS DE STRASBOURG, BasRhin.

BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE CAEN, Calvados.

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE NANCY, M eur th e- et- Mo s ell e.

BIBLIOTHÈQUE DE RENNES, Ille-ctVilaine.

BIBLIOTHÈQUE D'HISTOIRE DE L'ART DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE PARIS.

BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE DU LOUVRE, Paris.

BIBLIOTHÈQUE SAINTE-GENEVIÈVE, Paris.

BIBLIOTHÈQUE DE L'UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS, Paris.

BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE VERSAILLES, Seine-et-Oise.

BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE POITIERS, Vienne.

BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE ROUEN, Seine-Inférieure.

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE ET UNIVERSITAIRE DE STRASBOURG, BasRhin.

BIBLIOTHÈQUE DE LA VILLE DE REIMS, Marne.

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE LA VILLE DE SAINT-ÉTIENNE, Loire.

BIDAULT (Edouard), Seine-Inférieure

BIDAULT-DUPLEIX (F.), Paris.

BIDEAUX (Gaston), Paris.

BIENVENU (Mme D.), Indre-et-Loire.

BIGAULT (Paul), Yonne.

BIGOT (Alexandre), Calvados.

BIGOT (Paul), Paris.

BILLECART (Mme Pol), Paris.

BINEAU (Mme), Paris.

BIRAGUE D'APREMONT (René DE),

Paris. BISSUEL (Joseph), Rhône. Biver (la Comtesse E.), Seine-et-Oise. Biver (le Comte Paul), Seine-et-Oise. Bizard (René), Maine-et-Loire. BLACAS (le Duc DE), Maine-et-Loire. BLAIN (André), Oise. BLAIZOT (Georges), Paris. BLANC (le commandant), Savoie. BLANC (Alphonse), Seine. BLANC (Jean), Rhône. Blanchet (Adrien), Paris. BLANCHET (Armand), Paris. BLÉRY (Albert), Paris. BLOCH (Mme Aline), Paris. BLOT (Georges), Paris. Bocquet (Marcel), Seine-Inférieure. BOILLOT (Jean), Seine. BOISNARD (Mme H.), Paris. BOISSIER (Julien), Paris. BOLLAERT (Emile), Rhône. BOMPARD (Ernest), Paris. BONMARCHAND (Mlle M.), Paris. BONNAFOUS (Jean), Paris. Bonnaire (Mme A J, Paris. BONNAIRE (Etienne), Paris. BONNECAZE (Raymond), Bouches-duRhône.

Bouches-duRhône. (la Marquise DE), Bouches-du-Rhône.

Bouches-du-Rhône. (le chanoine G.), Eure. BONNET (Emile), Hérault. BONNET (le docteur Louis), Rhône. BONNET (Patrice), Seine-et-Oise. BONNEVIE DE POGNIAT (le Comte),

Puy-de-Dôme.

BONNEVILLE DE MARSANGY (Mmo R.

DE), Paris. BONNIER (Abel), Isère. BONNIÈBES (MIle Madeleine DE),

Somme. BONZEL (Pierre), Nord. BOONE (Gustave), Nord. BOONE (Henri), Nord. BORDET (l'abbé Louis), Côte-d'Or. BORREWATER (Georges), Nord. BOSSUAT (André), Paris. BOUCHER (l'abbé René), Marne. BOUCHEZ (Mlle Marie), Paris. BOUCHON (M1Ie Anne-Marie), Eure.


DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ . LXIX

BOUCHON (Jacques), Eure.

BOUCOMONT (Roger), Puy-de-Dôme.

Boudier (Georges), Paris.

BOUDIER (Roland), Seine.

BOUEX (Paul), Seine-et-Marne.

BOUILLON (E.), Maine-et-Loire.

BOUISSON (l'abbé), Var.

Boulanger (Marcel), Paris.

BOULANGER (Paul), Hérault.

BOULAY (Maurice), Paris.

BOULLAIRE (Mme A.), Paris.

BOUR (le chanoine R.), Moselle.

BOURBON-PARME (le Prince X. DE), Allier.

BOURDAUD (Gustave), Loiret.

Bourde de la Rogerie (Henri), Ille-etVilaine.

BOURDEAUD (Pierre), Loiret.

BOURDEILLE (le Marquis DE), Dordogne.

BOURDIN (le commandant Alfred), Paris.

BOURGEAT (l'abbé), Gers.

BOURGEOIS (Mme), Saône-et-Loire.

BOURLON DE SARTY (Mme L.), Paris.

BOURON (le docteur), Charente-Inférieure.

BOUSQUET (Henri), Paris.

BOUSQUET (Mme F. DE), Paris.

BOUSSARD (Henri), Paris.

BOUSSARD (Jacques), Indre-et-Loire.

BOUTEILLER (Mme H.), Seine-et-Oise.

BOUTIN (l'abbé Joseph), Loire-Inférieure.

BOUTON (Gabriel), Rhône.

BOUTHEUX (MUe Madeleine), Paris.

BOUTRON (Félix), Paris.

BOUVET (Henri), Paris.

BOUVET-MÉZIÈRES (Georges), Seineet-Oise.

BOUVIER (Claude), Isère.

BOUYER (René), Paris.

BOVET (Georges), Drôme.

Boyer (le docteur Charles), Aude.

BOYER (MIle Rachel), Calvados.

BRAIBANT (Charles), Paris.

Brassart (Gabriel), Loire.

BRAUN, Paris.

BRAUNSTEIN (M 110 Germaine), Paris.

BRAUNWALD (Jean), Paris.

BRAY (Albert), Seine-et-Marne.

BRAYE (Lucien), Meuse.

BRÉDA (le Comte Jean DE), Oise.

BRÉDA (la Comtesse J. DE), Oise.

BRÉHIER (Louis), Puy-de-Dôme.

BRETOCQ (l'abbé Gabriel), Eure.

BRETON (Ernest), Seine-Inférieure.

BREUVART (Mme A.), Nord.

BRICART (Ernest), Maine-et-Loire.

BRIÈHE (Emile), Seine.

Brière (Gaston), Seine-et-Oise.

BRINCARD (la Baronne), Paris.

BROCHE (Lucien), Aisne.

BROSSARD (la Comtesse DE), Paris.

BROSSELIN (Marcel), Paris.

BROT (Félicien), Paris.

BROT (le chanoine Louis), Nièvre.

BROU DE LAURIÈRE (Pierre DE), Dordogne.

BROUILLARD (le docteur Henri), Gironde.

BRU (l'abbé Aimé), Eure.

B'RUET (Mme), Seine-et-Oise.

BRÛLÉ (Mme L.), Paris.

BRUN (Gabriel), Paris.

BRUN (l'abbé Prosper), Basses-Alpes.

BRUN (Robert), Paris.

BRUNEL (Clovis), Paris.

Brunet (Emile), Paris.

Brutschi (M 11" Juliette), Haut-Rhin.

BRUYÈRE-ROUX (Georges), Paris.

BUCHERER (Louis), Moselle.

BUFFET (H.-F.), Paris.

BURGSTHAL (R.), Alpes-Maritimes.

BURGUBURU (Paul), Landes.

Burkel (Robert).

BURON (le docteur Henri), Paris.

BURTHE D'ANNELET (le Baron André), Paris.

BUSQUET (Raoul), Bouches-duRhône.

C

CADILLAC (Mme E.-A.), Paris.

CAGNAT (René), Paris.

CAILLAUD (Mme), Seine-et-Marne. .

CAILLEUX (Gaston), Seine.

CAILLEUX (Mme G.), Seine.

CAIX DE CHAULIEU (la Baronne DE),

Paris. CADAGUÈS (Mmc M.), Paris. CALENDINI (l'abbé Paul), Var.


LXX LISTE ALPHABÉTIQUE

CALMETTE (Joseph), Haute-Garonne.

CALS (le chanoine Joseph), Aude.

CAMAS (le Baron Edmond DE), Morbihan.

CAMENA D'ALMEIDA (René), Paris.

CANAT DE CHIZY (Noël), Rhône.

Cancé (Mme M.), Paris.

CANONNE (Jean), Aisne.

CANY (le docteur), Puy-de-Dôme.

Capelin (Edgard), Allier.

CAPET (Eugène), Eure-et-Loir.

Capron (J.), Seine-Inférieure.

CARA (Charles), Drôme.

CARDINAL (Maurice), Marne.

CARLIER (Achille), Paris.

CARLIER-FERNIQUE (Mme), Paris.

Carnot (Sadi), Côte-d'Or.

CARNOT (Mme S.), Côte-d'Or.

CASATI (Auguste), Haute-Loire.

CASSAGNADE (Mme M.), Paris.

CASTEL (Mme G.), Aude.

CAUMONT (l'abbé Jules), Seine-Inférieure.

CAUSSAT (Paul), Lot.

CAZALA (Roger), Indre.

CENIVAL (Pierre DE), Orne.

CHABAL (Gaston), Finistère.

CHABAUD (Marius), Paris.

CHABERT (le docteur Maurice), Vaucluse.

CHABRILLAN (la Marquise DE), Parisl

CHADENET (Mme M.), Aube.

CHADOURGNAC (Mme M.), Paris.

CHAFFARDON (le Marquis A. DE), Seine.

CHAGNY (l'abbé André), Rhône.

CHAÎNE (Jean), Rhône.

CHAIX (Henri), Seine.

CHAIX (Mme G.), Seine.

CHAIZE (Mlle Suzanne), Paris.

CHALANDON (Mme H.), Ain.

CHALEIL (Robert), Aisne.

CHALLAMEL (MUe), Paris.

CHALLE (Maurice), Dordogne.

Champeaux de la Boulaye (Lucien de), Saône-et-Loire.

Champin (Marcel), Paris.

CHAMPION (le docteur), Paris.

Chaniagut (Jean), Seine.

CHAPPEDELAINE (le Comte Jean DE), Seine-et-Oise.

Chappey (Marcel), Paris.

CHAPPUIS (René), Nord.

CHARAGEAT (M 110 Marguerite), Paris.

CHARBONNEAUX (Charles), Marne.

Charbonneaux (Emile), Marne.

CHARBONNEAUX (Jacques), Marne.

CHARIOT (Pierre), Paris.

CHARLET (MIle Raymonde), Paris.

CHARPENTIER (André), Paris.

CHARPENTIER (Mme A.), Paris.

CHARPY (le général), Paris.

CHARTRAIRE (le chanoine), Yonne.

CHARVET (Mm 0 J.), Nord.

CHÂTEAU (le général Edouard), Paris.

CHATELLIER ' (le docteur Louis), Haute-Garonne.

CHATIGNOUX (Albert), Seine-et-Oise.

CHAUFFY (Eugène), Loiret.

CHAULIAT (Eugène), Paris.

CHAUMES (Paul DES), Cher.

CHAUMIER, Oise.

CHAUNY (Mlle Marie DE), Somme.

CHAUVALLON (Pierre), Loir-et-Cher.

CHAUVEL (Albert), Paris.

CHEMIN (Mme), Paris.

CHÊNE (M 110 A.), Seine.

CHÈNEREAU (P.), Paris.

CHENESSEAU (le chanoine G.), Loiret.

CHERRIER (Maurice), Paris.

CHERVIER (le R. P.), Seine-Inférieure.

CHESNEAU (Mme H.), Paris.

CHEVALLIER (l'abbé Emile), Eure.

CHEVALLIER (Mme Raymond), Oise.

CHEVAL HER-RUFIGNY (Paul), Vienne.

CHEVRIER (Félix), Paris.

CHEVRIER (Jules), Saône-et-Loire.

CHEVRIER (Mme P.), Loiret.

CHIGOT (Francis), Haute-Vienne.

Chirol (Pierre), Seine-Inférieure.

CHOLAT (Auguste), Loire.

CHOLAT (Lucien), Loire.

CHOTARD (A.), Paris.

CHRÉTIEN (Mlle Yvonne), Seine-etOise.

CHRISMANT (Gaston), Paris.

CHRISTEN (le docteur Ed.), Seine-etOise.

CHRISTOL (Gabriel), Paris.

CIVIALE (M»° -p.), Paris.

Clanché'(l'abbé G.), Meurthe-et-Moselle.

Claparède (Paul), Oise.


DES MEMBRES DE LA SOCIETE

LXXI

CLAUDE (MllE Germaine), Seine.

CLAUDE (Stéphane), Paris.

CLAUDEL (Serge), Haute-Savoie.

CLAVEAU, Sarthe.

CLÉMENT (Jean), Paris.

CLERMONT-TONNERRE (la Comtesse Louis DE), Paris.

CLERMONT-TONNERRE (MUe M. DE), Paris.

CLESSE (Georges), Paris.

CLESSE JMme L.), Paris.

COCULA (Paul), Dordogne.

COESTER (Gustave), Jura.

COISEL (Victor), Oise.

COLAS-ROBERT (Mm 0 P.), Loiret.

COLIN (Marcel), Seine-et-Oise.

COLLET (Olry), Paris.

COLLETTE (Henri), Paris.

COLLIN (André), Paris.

COLLINET (Paul), Paris.

COLMET-DAAGE (Patrice), Paris.

COLOMBE (le docteur Gabriel), Vaucluse.

COLONNA-CECCALDI (Jean), Paris.

COMBES (le docteur Gaston DE), Paris.

COPPER-ROYER (Mme), Paris.

CORBEAU (Auguste), Nord.

CORBY (Robert), Paris.

Cordey (Jean), Paris.

CORET (Alphonse), Seine-et-Oise.

CORMIER (Valéry), Finistère.

COSMAO-DUMANOIR (Marcel), Paris.

COSSÉ-BRISSAC (le Comte Ph. DE), Paris.

COSTA DE BEAUREGARD (la Comtesse Bérold), Paris.

Costa de Beauregard (Olivier), SeineInférieure.

COSTÉRIZANT (Oscar), Puy-de-Dôme.

COTTAZ (Joseph), Isère.

COUESSIN (le Comte DE), Côtes-duNord.

COUFFON (René), Paris.

COUFFON (Mm 0 R.), Paris.

COULON (René), Paris.

COURBEVILLE (Jean DE), Paris.

Courcel (le Baron Louis de), Paris.

Courcel (Mn° Marie de), Paris.

Courcel (Valentin de), Seine-et-Oise.

Courcel (Mme V. de), Seine-et-Oise.

COURRENT (le docteur Paul), Aude.

COURTOIS (Pierre), Seine-et-Oise.

COURTOT (Jean), Jura.

Coutan (le docteur Ferdinand), SeineInférieure.

COUTELIER (René), Paris.

COUTIN (Mlle Sophie), Paris.

CRAPEZ (le docteur François), HauteVienne.

CRESPEL (Etienne), Nord.

CREUZOT (Jean), Seine-et-Oise.

CROSBY (Summer), Paris.

CROS-MAYREVIEILLE (Antonin), Aude.

CROY (la Vicomtesse J. DE), Loir-etCher.

CROZET (René), Vienne.

CRUSEL (René), Somme.

Cup DE SAINT-PAUL, Pyrénées-Orientales.

CURIEL (Raoul), Paris.

CUSSON (le docteur Henri), SeineInférieure.

D

DACBERT (René), Paris.

DACIER (Lucien), Seine-Inférieure.

DACLIN (Léon), Saône-et-Loire.

DAGOIS (Emile), Allier.

Daguillon (Mlle Jeanne), Paris.

DAINVILLE [Maurice OUDOT DE), Hérault.

DAMBRICOURT (Auguste), Pas-de-Calais.

DANNE (Charles), Côte-d'Or.

DANNERY (Maxime), Dordogne.

DANSETTE (Mme), Nord.

DARDE (Fernand), Charente-Inférieure.

DARESTIE DE LA CHAVANNE (Mme), Isère.

DARGNAT (J.), Puy-de-Dôme.

Dassy (Léon), Paris.

DASTUGUE (Marcel), Paris.

DATCHARRY (Bernard), Seine.

DAUGÉ (l'abbé), Gers.

DAUPELEY (Paul), Eure-et-Loir.

DAVID (le chanoine), Nord.

DAVID (M 1» 8 Ch.), Somme.

DAVID (Henri), Côte-d'Or.

David (Hippolyte), Loire.

David-Weill (David), Seine.


LXXII

LISTE ALPHABETIQUE

DAYRAS (Maurice), Creuse.

DEBIDOUR (Élie), Paris.

DECAUX (le docteur Charles), Calvados.

DÉCHELETTE (Mme J.), Loire.

DECROIX (Edmond), Paris.

DEGEZ, Pas-de-Calais.

DEGLATIGNY (Louis), Seine-Inférieure.

DELAAGE (Henri), Paris.

DÉLABRE (Maurice), Paris.

DELACOURCELLE (G.), Loir-et-Cher.

DELACOURCELLE, Seine-et-Oise.

DELAFON (Mme L.), Paris.

DELAGNEAU (Robert), Paris.

DELAHODDE (Léon), Nord.

DELALANDE (Mme H.), Loir-et-Cher.

Delalande (MUe J.), Loir-et-Cher.

DELANGLE (Marcel), Meuse.

DELAPALME (Mme F.), Paris.

DELAPORTE (le chanoine), Eure-etLoir.

DELAPORTE (Raymond), Finistère.

DELATTRE (Mme A.), Nord.

DELAUNAY (Mme E.), Paris.

DELAUNEY (Remy), Paris.

Delawarde (le R. P. J.-P.), Martinique.

DELEBECQUE (André), Paris.

DELESALLE (E.), Paris.

DELESALLE (Paul), Paris.

DELHAYE (MIle Jenny), Paris.

DELIGNY (Achille), Seine-Inférieure.

DELLIER (Mme A.), Somme.

DEMAISON (Louis), Paris.

DEMARTIAL (André), Haute-Vienne.

DÉMODE (Léo), Yonne.

DENECK (Mme E.), Seine.

DENEUX (Henri), Marne.

Deneux (Mme H.), Marne.

DENIS (Paul), Meurthe-et-Moselle.

DEPAUW (Joseph), Seine-Inférieure.

DEPERTHES (Roger), Paris.

DÉPREZ (Eugène), Ille-et-Vilaine.

DEREGNAUCOURT (Ferdinand), Nord.

DEROURE (Gabriel), Loire.

DÉSARMÉNIENS, Puy-de-Dôme.

DESCHAMPS (Henri), Loiret. Deschamps (Paul), Paris.

DESCROIX (Louis), Paris.

DESFARGES (Mlle Marguerite), Paris.

DESHOULIÈRES (François), Cher.

DESHOULIÈRES (Mme F.), Cher.

DESJOBERT DE PRAHAS (Mme), Indre.

DESMARES (Mme T.), Eure-et-Loir.

DESMAREST (Louis), Paris.

DESORMEAUX (Mm 0 F.), Paris.

DESORMEAUX (Mlle Clotilde), Charente.

DESPLANQUES (Mme H.), Paris.

DESPREZ (Mme H.), Seine-Inférieure.

DESPREZ (Mme Yves-Henry), Paris.

DESTORS (Léon), Paris.

DÉTHY (E.), Aisne.

Detourbet (Robert), Côte-d'Or.

DEVILLARD (Charles), Rhône.

Dezarrois (André), Paris.

DEZÉ (Emile), Loir-et-Cher.

DICKSON (Mme C), Paris.

Didier (Marcel), Paris.

DIDOT (André), Paris.

DOAT (Mme Paul), Seine.

DOBELMANN (Mlle Suzanne), Vienne.

DOLLFUS (Mme R.), Seine.

DOLLFUS (Mlle Yvonne), Paris.

DONNADIEU (le docteur), Var.

DONNEZAN (le docteur René), Pyrénées-Orientales.

DONS (Mlle Liliane), Paris.

DORANLO (le docteur), Calvados.

DORÉ (Robert), Aube.

DOURCY (Eugène), Marne.

DOUVILLÉ (Henri), Paris.

DRAEGER (Mme), Paris.

DRAMARD (le docteur Raymond), Loiret.

'DREUX-BRÉZÉ (la Comtesse DE), Bouches-du-Rhône.

DREUZY (Mlle DE), Paris.

DROMANTIN (J.-C. DE), Hautes-Alpes.

DROUAULT (Mme veuve Ch.), BassesPyi'énées.

DROZ (Jacques),