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le gentil prix de 600 francs par an. 1

Heureux pays ! Et dire que les ouvriei s se plaignent !

T> uche

Tf NOUEUX

'XLa

'XLa FERME FflYET

Il y a en ce moment une petite effer vescence dans la commune de Tinqueux, parmi les ouvriers de ta ferme. . Non content de leur offrir un saiaiie de famine, puisque certains ouvrieis gagnent 20 à 22 centimes l'heure et travaillant14 à 16 heures par jour, le patron né sait que faire pour lès embêter de toute façon. Il a, du reste, pour l'aider utiè famille de crève faim qui est toujours prêté à-lui signaler les petites défaillances des uns et des autres même à en inventer à l'occasion. C'est prO; bablemènt eh raison des services qu'elle rend que le patron* toujours rapiat, emploie comme ouvrier le plus jeune de la famille qui a douze ans. v Cela ne durera pas. Gaie à la Colère qui est parfois, quoi qu'on dise, une bonne conseillère ! Les autres ouvriers de la ferme pourraient très bien ne pas se laisser conduire ainsi. .

Jean Suis/

11:1111:1 .CIFE

Séance du -22 Février

M. Êouïgeaud' tourne la manivelle assisté de maints compères grtuiés connue lui en gens de justice.

Eugène Legranci, sans le sou en poclie et l'estomac dans les talons, se présentait le 17 courant clioz madame Duchèiie, débitante, rue Gambetta. Il se fil servir à 'manger et, au moment de régler ■ la dépense, lit appeler ui.i agent.."

rendant huit jours, Eugène Legrand' mangera la soupe: au suif du Grand Mazaro, ça' lui sauvera la mise pour autant.

Belle société vraiment que celle défendue par les chats-fourrés: d'un coté des gens gui ont tout el gaspillent les richesses, de l'autre des gens qui n'ont ni feu, ni table, ni toit, qui n'ont rien et qu'on envoie en prison au lieu de leur assurer du travail et du pain.

*** Les journaux ont fait grand bt'Uit autour de l'affaire de séquestration rie la rue Hacquenois. Connue trop souvent, on a, parait-il, popolé sur dis commérages el diablement, exagéré. La prévenue Marie-Louise Keiicrle ■ est purement et simplement acquittée.

***

M.iisqne voici un bien écoeurant délité de brutes. Dfts lioiiuii'is ri? oui, lièlas, de ces végétations humaines qui se rencontrent dans le bourbier social capitaliste, au KX* siècle.

Il en vient plus que d'habitude, dirait-on, U y a donc eu quelque fêle ces jours-ci, ' on s'est saoulé et alors.,.

Alors, 1 s uiis se sont llcluis des coups, simple* ment... les autres oui en plus brisé un pauvre "berloquin" qui n'en pouvait mais... là une femme a été blessée à la tô-e par un coup de boyau, ele, etc. Et puis voici le moulin à café, le tourniquet correctionnel, des jugeurs qui ne peuvent que frapper eux-aussi el dont les arrêts attisent les haines plutôt que de les éteindre.

Une lampée d'aieool là'dessus et ça recommencera de plus belle. Quel monde atroce.

A Tiens, un tempérament! Un bon diable de Chiffonnier a osé ^opposer à la visite iescm sac en pleine rue par le sieur Dru, un sergot de campagne-, qui prétendait lui imposer cette perquisition arbitraire..! et illégale, croyons-nous; Coftl : deux amendés de 2o et île fi francs. Sans commantaireS;

Pourrinir; les braconniers, de braves gens; mes Chéris, poni-quoi pas* Il faut du courage pour aller aux lapins fans permis; El bien, ils y vont, comme ça, sans chichi, tout naturellement) préférant loucher au gibier réservé aux riches plutôt que d'aller meniligoler. Ils sont beaux, c'est mon opinion, mais lés clials-fourrés, vous le savez, ne sont pas de cel avis, aussi les condamnations plenvenl-clles comme vache qui pisse. Ont francs Nerlhelot, h mois Cl iOO lianes à Octave Marque!, elc.. O.nl francs par. ci, 50 francs par là, c'est autant do Iroiner pour engraisser les parcs.-.eux qui nous gouvernent; les juges nul plus tôt fait de mettre une amende à un pore do famille que de donner deux sons à nu pauvre. Cola se comprend, <;a leur coillo moins cher el ils y Irouvcnl de l'avancement.

LE CUHIEUX

POUR LA SEMAINE ■ .ANGLAISE :

rai déjà exposé dans les colones de là 11 Cravache :% les avantages, tant moraux que matériels, que résulteraient pour les travailleurs, de -l'application de la semaine anglaise. \

La G. G. t. considère, avec raison, la ■conquête de celte .revendication comme une oeuvre éminement"révolutionnaire quelle doit immédiatement entreprendre 1511e cherche donc à créer dans les milieux ouvriers, le grand courant d'enthousiasme nécessaire-poiir l'a .réalisation intégrale de cette oeuvre. .

Dans la "Voix du Peuple *''; organe officiel de la C. G. T., par une série de très intéressants articles que je conseille vivement à tous les camarades de lire, Jouhaux mène une, campagne active en faveur de la Semaine Anglaise.

Je ne saurais mieux résumer celle campagne qu'en reproduisant le passage suivant d'un article paru précisément

dans la "Voix du Peuple" et signé Jouhaux:

« Outre la diminution du surmenage et de la surproduction, l'obtention du repos de l'après-midi du samedi permettrait ;:

1* Une reconstitution dû foyer.

3* Une amélioration physique dés salariés.

3* Une amélioration de là modalité ouvrière ».

C'est clair et net. Cependant., comme rien n'est -plus instructif que d'obtenir des explications plus détaillées sur un sujet qui intéresse ta classe ouvrière toute entière, Comme de plus, notre sympathique'camarade Jouhaux doit l'aire ce soir à 8 heures 1/2, une grande conférence sur la " Semaine Anglaise ". tous les travailleurs soucieux de leurs intérêts bien compris se presseront, ainsi que leurs compagnes et leurs enfants, dans la grande salle de la Bourse du Travail. .

Donc, à ce soir, tous pour l'heure, sans faule.

* i - J. P.

ME VIE

•lise nommait... qu'importe. Appelonsle, si vous voulez, J.-an Misère.

Fils d'alcoolique,,bien loin d'être désiré par une iamille déjà trop nombreux, il avait été conçu, un soir de paie, à la suite d'une dégoûtante beuverie.

lient ré saoul, son père, une brute immonde, avait vio'enté une fois de plus sa malheureuse campagne, et, de cet acte ignominieux, de ce.tie répugnante et ignoble, parodie de l'amour, était né un petit être malingre, fluet, souffreteux, vieillard dès le premier jour, inexorablement condamné à supporter durant un-s vie trop longue le poids formidable des tares lié réditaires.

Jean Misère fut accueilli comme une nouvelle charge trop lourde pour des gens déjà besogneux; on le supporta parce que l'on ne pouvait pas faire autremeut; on lui permit à grand peine de Vivoter et ce fut en maugréant que chacun consen tit à laisser diminuer un peu ta part ancienne pour permettre au pauvre petit de ne pas mourir de froid ou de faim. Que venaitdonc faire ce mioche " de trop " Comme si la vie n'était pas assez dure ! On rogna sur son lait ! on rogna sur son pain ! Il dut se contenter de haillons sordides ! Et, par une effrayante ironie, D:i compensa ces manques en accumu» lant les coups pour punir a moindre peccadille.

A ce régime Jean Misère se développait difficilement j sa détresse physique

élbil telle qu'à dix ans il en paraissait six Son corps dune extrême débilité, ses maigres jambes flageolantes, son visage jaune et décharné, ses yeux vitraux et craintif?, tout, dans sa pitoyable physionomie, décelait le lourd trébut qu'il avui. dû payer jusqu'alors à la souffrance.

Pour comble de malchance, sa mère iUt, comme laut d'autres infortunées prolétaires,

prolétaires, par l'usine dévoreuse ; par nécessité autant que par égoïsme, la Iamille de Jean Misère appela le gosse au rôle de " femme de ménage " son état lamentable n'avait pas pu le sauver de cette besogne éreintante ! A l'âge où les autres enfants jouent, s'il voulait vivre, il devait se'rendre utile, gagner son pain lit quand, le soir, exténué, il n'avait pu terminer sa lâche, on l'envoyait à son grabat, affamé, roué de coups, accablé d'msultes.

Un jour (Jean Mi*ère avait treize ans) un Monsieur bien mis vint à la maison ; les parents et le Monsieur discutèrent longuement, le Monsieur mit. de l'argent sur la table et il partit emmenant avec lui Jean Misère; celui-ci crut d'abord que c'était la fiu de son calvaire .; quelques joui s api es il apj r h it la • rueilé V rite : acheté par un " padrone " il était destiné à seivir un ouvrier de verrerie. Au bout de peu de. temps la vie devint intenable) l'individu qui l'avait pris à son service, semblable à tous les parias de cette criminelle industrie) était âpre au gain et dur à la souffrance j Jean Misère, que les interminables journées do travail anéantissaient, étaient trop faible pour le suivre, ses forces le trahissaient, sa fa.cô émaciée prenait un a-pect squeletlique ; mais en vénerie on na pas le ternis d'avoir de la pitié ; à chaque, manquement Jean Misère était battu comme plâtre* une fois même il reçut une biule de verre fjndu au Iront, c'en était assez, hurlant de douleur) il ^'enfuit de ce lieu maudit. Où allait-Il se rendre? Que ferait-il? Lui-même n'en pouvait rien dire, pour l'instant il n'avait qu'une idée, ne plus être odieusement brutalisé, ce que d'ailleurs sa constitution d venue V>p friuV, exigeait impérieusement. G pendant il ne suffit pas de se trouver à l'abri dos coups, il faut manger; au bout do quelques jours, ayant épuisé le inodcsie pécule qn il avait amassé, je ne sais comment, Jean Misère se le rappela.

Sans sou, ni nmlle, qu^ deviendrait-il? | , Certes 11 avait Lieu cherché du travail. Mais q d donc <ût voulu employer ce ' méchant gringa'et à la mine bestiale qui '• semblait prêt à tomber au moindre souffle de'.vent? Un S( ir, après une longue journée sans îvpas.une terrible fringale plus douloureuse encore que toutes celles qui l'avaient tejiaillé durant son existence, lui cripa les enti a'dles. Dès lors, il mendia et vécut de pain sec.

La trop grande souiîrance fait voir roug'% ce fut ce- qui arriva à Jean Misère, alors qu'il passait, ayant faim, à la devanture d'une charcuterie insolemment fastueuse, il voulut pour une fois se salis faire, il tendit la main... cueilli comme vagabond professionnel et voleur précoce il fut envoyé par des chats fourrés au ventre .'rempli et à la face rougeaude, ardents défenseurs; de la légitime propriété, dans une «colonie pénitentiaire»; où il fut interné, continuellement sous la crainte de la schlagueet des privations il voua à cette crapuleuse société bour geoise de laquelle il tenait tous ses malheurs une haine féroce, à 21 ans lorsqu'il en sortit, aigri, complètement enragé, il était mûr pour tenter hardiment n'im porte quel coup. . ;

Malgré les efforts de la meute policière, et la bonne volonté complice de soudards mortico les galonnés sans.conscience, Jean Misère ne put être militarisé et incorporé dans les bagues africains. On le libéra donc ; lancé sur le pavé, : enfin libre, avec 1 i. fo le passion ,de vivre, ■ de goûter un peu aux incalculables richesses qui miroitaient autour de lui, mais sans métier, sans soutien, sans ar - gent, Jean Misère s'associa à l'un de ses camarades marlyrs pour risquer la fortune.

Ils tuèrent un vieux r'che et récoltèrent beaucoup d'argent ; Jean Misère n'avait '■ jamais osé rêver pareille noce : il mangea à sa faim, but à sa soif, se vêtit con veuablemenl ; cette belle vie dura peu ; ' lapolice, chien gardienne du capitalisme l'arrêta ; douze bourgeois, subjugués par une frousse sans pareille, le jugèrent coupable sans circonstances atténuantes. Six semaines après, toute grâce ayant été refusée, en.face d'une foule hurlante * el. grimaçante autant que lâche, le coupe1 ret vengeur terminait l'odyssée effroya3 ble,de Jean Mi-ère. 1 ' GHILBERT Noël

A nos correspondants

La Cravache se fait un véritable plaisir d'insérer toutes communications lui parvenant et ayant un caractère d'utilité ou de défense sociale.

Mais nous demandons à nos corres* pondants régionaux occasionnels ou plus direc'lements liés au journal de suivre ce-* quelques conseil.?.

1° D'être bref, dissert, d'écrire seulement sur l'endroit de la feuille, jamais au verso et lisiblement.

.2°. D'éviter autant que possible les personnalités et les banalités inutiles. - Envoyer des faits, rien que des faits d'ordre sociologiques, économiques ou ■politiques, En un mot ce qui peut'ins truire ou intéresser la classe ouvrière.

S" Envoyer les communications le lunr di, mardi au plus tard, la Cravache prenant Une extension qui dépasse nos espérances ayant besoin d'être corrigé et revu sérieusement nous espérons que les camarades prendront bonne note de ce conseil guidé par l'intérêt que nous a l'organe révolutionnaire de la région* de Reims.

La Rédaction

RÉVOLTES & SANGLOTS

Tel est le titre du volume de vers que notre camarade « Stephen Mac S'y»» va publier prochainement. RÉVOLTES el SANGLOTS soignou> .sèment édité, comprendra 200 pages environ et sera vendu 2 fr. ;i0.

Dans un but de propagande el de camaraderie, l'auteur a décidé de

faire bénéficier d'une prime et d'une réduction dé prix tous ceux qui lui adresserons leur commande avant le tirage. A ceux-là l'ouvrage sera laisé à 2 fr. et ils recevront gratuitement, un exemplaire de LA LAÏQUE CONTRE L'ENFANT, récemment parue! vendu en librairie 2 IV.

Envoyer dès .maintenant les demandes accompagnées de leur montant (soit 2 fr. 25 port compris} àStephèn Mac Say, à Gourd^z par Luisant (Eure-el-Loire),

Souscription du Journal

Léon 45, Micosse; 20, Martin 45. Z. 40, un ami de la Cravache 25, Pécheux 25, M'»» Dommange 75, David 25, D. 25, Un laitier 25, Une amie 50. Un rescapé du bagne Saints Frères 30, ; total 4.35.

Merci à tous.

AIDONS-NOUS

Un camarade peintre entreprendrait travail à façon et à forfait. Fait en conscience travail irréprochable.

Ecrire ou s'adresser : 7, Impasse Gonnicy, Reims.

LIVRES ET Bftb&MES-Jl LIRE

Prix Franco Préservation sexuelle, par

Lip-Tay . . 0.75 0,9,0 La Barbarie moderne, par

G. A. Laisant 2,00 2 35

Le Mariage, l'Amour libre et la Libre maternité, par

Jean Marestan 0,10 0,15 La Douleur universelle p.

Sébastien Faure 2,75 3,25 La Conquête du pain, par

Kropotkine . 2,75 3,25 Moyens d'éviter la grossesse,

par Hardy . 1,25 1,40

L'illusion parlementaire par

C. A. Laisant 0,10 0,15 Bréviaire de la Femme

enceinte, p. L'.p Tay 4,00 4,30 La Grève générale par

Aristide Briatid 0,05 0,10 Propos d'éducateur par

Sébastien Faure.0,60 0,70 Le livre d'or des officiers p.

Gnapoutol (en solde) 1,50 Ere nouvelle et Hors du

troupeau ^15 nos en solde) 1,25

L'éducation sexuelle, par

.„,ii Marestan . . 2,50 2,75 Entre paysans, p. Malatesta 0,10 Les Boulangers, p.

L. et M. Bonneff 0,15 Les travailleurs du restaurant 0,15 Les Posters 0,15

Les Terrassiers 0,15

L'illusion Parlementaire p.

G. A. Laisant 0,05 L'Absurdité des libres

Penseurs p. Paraf-Javal 0}1Ô Sur l'individualiste par

D* Pierrot 0,i0 L'Entente pour l'action p.

G. Grave 0,10 Si j'avais parler aux électeurs 0,05 Une des formes nouvelles

de l'esprit politicien 0,05 La conquête des pouvoirs

publics 0,05 En communisme par

A Monnier 0,10

En vente à « la Cravache »

Roims — lmp. de la Cravache. Le gérant : Lefévre