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Title : L'Afrique du Nord illustrée : journal hebdomadaire d'actualités nord-africaines : Algérie, Tunisie, Maroc

Publisher : (Alger)

Publisher : [s.n.] (Alger)

Publication date : 1934-11-24

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 37848

Description : 24 novembre 1934

Description : 1934/11/24 (N708,A29)-1934/11/24.

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Description : Collection numérique : Bibliothèque Francophone Numérique

Description : Collection numérique : Zone géographique : Afrique du Nord et Moyen-Orient

Description : Collection numérique : Thème : Les droits de l'homme

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k55863610

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-50607

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb326834810

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 30/11/2010

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L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

ANNONCES I


ANNONCES II

L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTRÉE

ANNONCES III

Qui n'a connu parmi les siens un wagnérien fidèle qui s'évertuait à réveiller avec un doigt sur le piano les souvenirs de Bayrcuth dont son âme était pleine? *** C'est un peu ce que feraient ceux qui voudraient entendre l'Or du Rhin avec un poste ordinaire. * * • Pour retrouver l'atmosphère musicale dont Wagner a voulu compléter et exalter l'action de ses héros, il faut un poste qui restitue fidèlement aux cuivres leur vigueur éclatante, aux instruments à corde les harmoniques de leurs timbres, aux interprètes l'expression exacte dé leur voix... * * * Et cela, seul un poste ultra-musical, le nouveau Super-Inductance 638, peut le donner.

^/^©SUPER-INDUCTANCE 638

E. w PHILIPS LE PLUS PUISSANT CONSTRUCTEUR RADIO DU MONDE


ANNONCES IV

L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE


L'-AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

ANNONCES V


ANNONCES VI

L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE


Prix de ce numéro : 2 francs.

SAMEDI 24 NOVEMBRE 1934

Nouvelle série N° 708. — 29e Année


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Un centre d'études scientifiques au Sahara

Béni Ounif-de-Figuig (Sud-Oranais).

Sur le chemin d'Oran vers le Sud. Soudain en plein soleil une magique couleur d'or rouge donne au paysage un ton imprévu. La dune de la " Source jaune ", d'Aïn-Sefra. Au-delà, des peupliers, des saules et leurs congénères nordiques se groupent dans un jardin massif. Simple redoute défendant l'accès de la petite ville aux sables envahisseurs. On devine le Sahara lointain.

A 50 kilomètres au Sud et plus bas, les oasis des deux Moghrar, entourées de montagnes nues. Suivent plusieurs barrages de roches grandioses, coupés par des gorges sauvages de grès noirci. On quitte le dernier haut rempart de l'Atlas Saharien.

A 100 kilomètres plus loin le désert est devenu maître incontesté des étendues sans fin.

Aux revers des massifs de l'Atlas, à 850 mètres d'altitude, un bastion fut élevé, alors le plus avancé vers le Sud occidental, aux fins de garder l'entrée d'une porte au Maroc : Béni Ounif-de-Figuig. En 1902, on commença à bâtir une petite ville européenne. Celle-ci compta, au temps de sa splendeur, 2.000 âmes ; la population avait son bien-être matériel lié à la présence de l'armée. Au fur et à mesure que les efforts et les établissements militaires se déplaçaient vers le Sud, le nombre des habitants diminua : aujourd'hui s'y trouvent seulement une cinquantaine d'Européens et environ 300 indigènes.

Le village a gardé l'aspect symétrique d'une création moderne. Le long de ses rues propres et bien entretenues se rangent des tamaris, arbres adaptés au climat désertique, répandant l'ombre au-dessous de leur feuillage glauque, et recevant un arrosage quotidien imposé par l'Administration aux propriétaires de maison.

Plusieurs hôtels confortables, garages, gare, terrain d'aviation s'offrent au voyageur.

L'élément indigène conserve, comme ailleurs, sa prédominance numérique et influe fortement la couleur locale. Tout près un koubba à cinq coupoles abrite les restes du vénéré Sidi Sliman bou Smaha, chef de lignée de nombreuses familles du Ksar de Beni-Ounif, aux rues obscures et fraîches, couvertes d'un plafond de pouLaboratoires

pouLaboratoires biologie saharienne. Au fond le col de Xenaga et Figuig.

très en bois de palmier, et. habité par des Harratines noirs et des Berbères blancs. Du haut d'une éminence voisine, la Garet el Hamir, le coup d'ceil est grandiose, surtout au moment où le soleil, las de sa chaude randonnée, prépare sa toilette changeante de nuit. On est encore loin de la monotonie des plaines et des plateaux sahariens. On constate un relief de sol très varié.

D'abord et de préférence les yeux se posent sur le vert-sombre des palmiers. Au-delà d'une ligne de collines que suit la frontière algéro-marocaine, à travers la trouée de Zenaga, ils découvrent la cuvette de Figuig, vaste de 20 kilomètres carrés, contenant 200.000' dattiers, cultures et jardins en étages ombragés, munis de « feggaguir » (canaux souterrains d'adduction d'eau) et de « séguias » (canaux à ciel ouvert), 7 ksours pittoresques, entourant de leurs hautes murailles des maisons fort originales et une population de 15.000 Berbères et Juifs ; le tout révèle un caractère unique de lumière et de sites.

L'aspect multiple de la région se manifeste ensuite dans le reg, par endroits dénudé et recouvert d'un coilloutis gris. Quantité de végétaux y poussent, remarquables quant à leur résistance extrême à la sécheresse. Ils sont toujours dépourvus d'organes succulents contrairement aux plantes du désert américain où prédominent les cactiformes. Tel le " chou-fleur du désert " (Anabasis aretioides), en forme d'énormes boules, ressemblant plutôt à un organisme fossile qu'à une plante vivante. Nombreuses sont dans le reg les plantes à bulbes qui profitent des premières pluies pour épanouir leurs feuilles tendres. Quelques espèces buissonnantes ou arborescentes, en particulier les betoum (pistachiers atlantiques) font, par leur couleur, tache sur la rocaille grisâtre.

A son tour, le reg alterne avec le hamada, formé de roche non massive, fendillée en grandes dalles gréseuses. La végétation y est des plus clairsemées. Dans les fissures de ces rochers les plantes trouvent l'eau nécessaire à leur vie et peuvent endurer la longue période de l'été.

Une végétation plus dense marque les oueds, dont les lits plus ou moins sablonneux ne renferment de l'eau qu'au moment de grandes crues. On y voit pousser buissons et arbres, surtout le laurier rose, l'olivier et le palmier subspontané. (Fait curieux : après les pluies printanières le désert fleurit par endroits comme un jardin fantasmagorique) .

Dans le lointain se dessinent des dunes vallonnées, cachant quelques rares espèces végétales et également des vipères à cornes, lézards, coléoptères variés.

Au point de vue de la faune, le désert et, en particulier, le proche Atlas offrent des espèces extrêmement intéressantes.

C'est ce milieu aux innombrables variantes désertiques qui paraît avoir prédestiné Beni-Ounif comme centre de recherches concernant la vie végétale et animale

L'entrée des Laboratoires de biologie saharienne.

du Sahara. Au glorieux effort militaire du passé devaient succéder des travaux pacifiques, aussi difficiles qu'utiles pour l'avenir économique, encore incertain, de nos immenses possessions qui unissent la Méditerranée au Niger et au Congo. Sur la belle initiative prise par M. Killian, professeur de botanique agricole à la Faculté des Sciences d'Alger, initiative appuyée par M. Taillart, recteur, et M. Rouyer, doyen, M. le Gouverneur général Carde a reconnu (1931), ainsi qu'il fallait s'y attendre, l'intérêt de recherches de biologie saharienne et a fait acccorder les crédits nécessaires pour l'aménagement en laboratoires d'un ancien fondouk, propriété de la commune de Beni-Ounif. Par la suite, une réunion s'est tenue, à la Faculté des Sciences, qui a abouti à la création d'un groupe d'études sahariennes.

(Président d'honneur : M. le général Meynier. Président : M. Maire, professeur à la Faculté des Sciences d'Alger. Vice-président : M. le docteur Foley, de l'Institut Pasteur. Secrétaire : M. Lemmet, des Territoires du Sud. Directeur des laboratoires : M. Killian, professeur à la Faculté des Sciences d'Alger) .

L'aménagement a pu être achevé rapidement et dans des conditions particulièrement avantageuses grâce au dévouement du capitaine Amard, chef de Poste de Beni-Ounif, et avec le concours d'un personnel spécialisé de la Légion Etrangère.

Comme les laboratoires ont été créés pour faciliter le travail de tous ceux qui désirent faire des recherches sur la biologie des plantes et des animaux sahariens, les chercheurs y sont admis gratuitement, après décision du Conseil du Groupe d'études sahariennes. Ils y trouvent le mobilier, la verrerie courante, les instruments indispensables.

Grâce à ces installations d'importants travaux ont déjà pu être réalisés. A citer ceux faits par le professeur Killian d'Alger et son collaborateur hongrois Fehér au sujet de la vie des microorganismes du sol saharien. Il a été trouvé que toutes ces terres vierges sont d'une richesse insoupçonnée en matières nutritives, et que, malgré leur sécheresse, elles sont peuplées de microorganismes à l'état de vie active, parmi lesquels figurent la plupart des espèces fort utiles à l'agriculture. D'autres recherches faites à Beni-Ounif par M. Killian et antérieurement par le professeur allemand Harder ont prouvé que la biologie des plantes supérieures n'est pas moins intéressante que celle des infiniment petits. Adaptées à la sécheresse de l'air et à la violence des tempêtes, d'autre part aux conditions les plus défavorables du sol, elles passent de longues périodes à l'état d'anhydrobiose (vie sans eau), mais profitent à fond des précipitations dont le désert est peu prodigue ; à ce moment elles fonctionnent comme les plantes européennes.

Le milieu de Beni-Ounif est également favorable aux recherches appliquées : s'y trouvera bientôt le centre international de la lutte contre les sauterelles, dont les expérimentations approfondies sont connues. La nature et l'emploi des armes contre un autre fléau, le bayoud, maladie dangereuse décimant les palmeraies de toute la région située entre Erfoud (Tafilalet) et Beni-Ounif pourraient à ce dernier

Le lit de la Xousfoura, près de lieni-Ounif. Les bases des palmiers dénudées par l'action du vent.


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTRÉE

Le Pistacia atlanlica ou botma, l'arbre le plus typique du désert ; puise l'eau ù de très grandes profondeurs.

endroit être plus facilement étudiés qu'à l'autre bout du foyer.

Aux environs de Beni-Ounif les paléontologues et les préhistoriens trouvent matière abondante (flore fossile. — superbes dessins rupestres) .

Un musée saharien, destiné à contenir tout ce qui a trait à l'histoire naturelle du désert, doit être aménagé dans les locaux des Laboratoires. Dans ce but des crédits ont été accordés, grâce à l'appui bienveillant du général Meynier, directeur des Territoires du Sud. Le musée en formation est reconnaissant pour tout don servant à la constitution de ses collections.

Cependant tout l'organisme centralisant à Beni-Ounif les travaux biologiques sahariens, a eu comme avant-garde, si l'on peut dire, l'Infirmerie indigène de cet

Anabasis aretioides, le « chou-fleur du désert » mais qui serait très indigeste, étant dur comme pierre.

Gravures rupcslres à lieni-Ounif : chasse à l'éléphant. (Gravures passées à la craie.)

endroit, où fut installé le premier laboratoire saharien de l'Institut Pasteur d'Algérie. C'est là que fut découvert le rôle du pou comme agent transmetteur de la fièvre récurrente (1908). Le docteur Foley, ce fameux saharien, y avait aussi commencé (1907) ses recherches sur le paludisme et épuisé ce sujet d'études depuis que la maladie fut complètement vaincue grâce aux aménagements exécutés.

La création universitaire de Béni Ounif si récente a déjà donné d'étonnantes preuves de sa vitalité. Fréquentée par des savants de toute nationalité elle ne fera que contribuer au rayonnement de la science française.

G. J. BERTRAND.

Nous publions ici le début d'un article dont nous donnerons la suite et les illustrations dans notre numéro du 8 décembre.

Ziara en Timimoun

Plus beau que l'oasis où, sous les palmes inclinées, s'entend le concert des tourterelles et des souagui, plus enivrant que l'appel des horizons sans limite vibrants de lumière, était le spectacle des pèlerins aux fusils dansant au clair de lune. Et plus grandiose que les Ziarate de Sidi Athmann, de la Zaouïa ou de Sidi Aomar était celle de Sidi Cherif-ou-bou-Yaya. Parmi la foule, sous un burnous aux ombres bleu-delune je peux me reconnaître, forme blanche jusqu'aux yeux voilée, soeur des autres innombrables...

C'était une nuit de printemps saharien. La lune se levait sur les dunes de Thassine. Un vent léger faisait danser les palmes des premiers jardins, et se froisser les aîles dans les haies de djerrid qui couronnaient les ciouf. L'horizon se perdait vers le Tadmaït.

Depuis le crépuscule la foule des pèlerins envahissait les dunes. Ils arrivaient par groupes. On entendait les prières dont ils accompagnaient leur marche puis ils paraissaient sur le cif et dévalaient le Kerdd brandissant leur moukhala. Au centre du cirque de sable ils étaient déjà plus de mille. Ils avaient de leurs petits pas pressés, parcouru des lieues et des lieues. Les hommes fiers de leurs armes ouvraient la marche, les femmes et les enfants suivaient en trottinant. Il en était venu de Hadj Guelmann là-bas, aux pieds des gour, des Ouled Saïd, îles bleues dans l'océan roux de l'Erg, de Thalla blottie au creux d'un zenaïg profond, de Fathis dont la forêt de palmiers faisait une tache sombre vers le Nord, de Tinoummeur cachée par un pli du Reg, de Ouajda au bord de la Sebkha, de Timimoun dont se devinait, au Sud, la masse rouge de son ksar. De cinq lieues à la ronde les ksour avaient été désertés, étaient restés les vieillards accroupis au seuil des tidda.

Ceux de Tinommeur avaient surgi d'une dépression du reg, tels une énorme vague blanche, une barre qui était venue se briser aux premières dunes.

Tous ceux du Tinerkouh s'étaient réunis. On avait entendu une rumeur lointaine rythmée par les tabaline, puis tout à coup entre deux ciouf ils avaient paru. En tête étaient des cavaliers, puis les hommes à mekahel, puis la foule. A l'approche de la vieille kouba de Sidi Chérif, ils avaient précipité leur marche. Leur passage avait pétri le sable lisse, le cif n'était plus qu'une arête informe. Les danseurs descendirent le flanc de la dune en courant, les autres au sable fin s'abandonnèrent. Chacun creusa sa place pour trouver sous la couche froide un peu de chaleur emmagasinée pendant le jour. On attendait ceux de Timimuon. Ceux-ci étaient les plus nombreux, avec eux arriveraient les Ouajdi et tous ceux des petits Ksour au-dessus de la Sebkha. Ils seraient accompagnés des quiyad et de l'Agha. On attendit. Au centre du cirque on chargeait les fusils. Sous les palmes qui touchaient aux dunes les chevaux étaient attachés. Ça et là émergeaient du sable des palmiers ensevelis, dont les palmes raidies ruisselantes de lune semblaient des lames de métal... La coupe du ciel était immense.

Des enfants partis en estafettes, revinrent en courant la gandoura relevée retenue à pleines dents : les Timimouni arrivaient.

Venus par les chemins de l'oasis ils n'avaient pu former cortège. Aux derniers palmiers ils s'arrêtèrent. La foule se leva pour les voir. Ils sortirent de l'ombre des palmes, les chevaux dansant sous la pression nerveuse des cavaliers, montèrent lentement la dune, où, dans le sable mou ils s'enfonçaient jusqu'aux genoux ; la foule chantait des litanies. Arrivés au sommet les chevaux descendirent le kerdd en pente douce, les hommes s'élancèrnt. Ce fut un envol de gandouras, de chèches, de burnous sur le sable qui croulait. Les spectateurs s'installèrent. Les femmes avaient tous leurs bijoux, les hommes étaient voilés jusqu'aux yeux, les enfants se roulaient dans le sable. Au fond du cirque le spectacle s'organisait. Poussé par les cavaliers le cercle des prieurs se déploya, énorme. On sortit les chevaux. Sur un brasier de djerrid on brûla du djaoui. Les flammes léchèrent de rouge les visages noirs et le pan des burnous. Le rythme des teboul retentit. Un chant s'éleva dans l'immensité, ce fut le signal de la danse.

Fait de trois mille danseurs, épaule à épaule, le cercle en entier frémit... et se mit à tourner. Au centre un groupe de merabet, de tolba et de tabaline se déplaçait en tous sens. Chaque homme portait sur son épaule un long mokahla et rythmait des pas, de mouvements de ses bras armés. Tantôt il présentait l'arme au ciel, tantôt il la pointait vers la terre, tantôt l'appuyait sur sa poitrine. A l'extérieur du cercle, des femmes zenètes suivaient la danse accompagnant leur chant de claquements de mains. Les danseurs clamaient au Désert d'innombrables litanies à SidiChérif. Ce chant montait de la coupe de sable clair et emplissait le silence jusqu'aux étoiles. La foule sur les dunes était silencieuse.

é o !... é o ! Sidi-Chérif chantaient les hommes

é o o !... é o o ! psalmodiaient les femmes.

Le cercle tournait à petits pas d'un même mouvement rythmé par les teboul. Des enfants au milieu du cercle jettaient dans le brasier des brassées de palmes sèches. Un moment la flamme faiblissait, une épaisse fumée montait comme d'un cratère, puis à nouveau l'obscurité était léchée de langues rouges.

é o !... é o ! Sidi-Chérif o ! et, en mineur la litanie des femmes :

é o o !... é o o ! (A suivre).


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Crépuscule sur le golfe de Tunis

Un admirable soleil couchant projette au travers des nuages des flèches d'or qui frappent de leurs rayons obliques la mer calme, uniformément bleue.

A l'horizon les montagnes ont une couleur mauve qui se dégrade peu à peu en teintes sombres. Ce sont dans le lointain la montagne de plomb, le Djebel Reçass qui profile sur le ciel des crêtes déchiquetées ; plus près, tout au bord du golfe, le Bou Kornine au pied duquel s'étagent, en dévalant les pentes, les blanches villas de la station balnéaire d'Hammam-Lif.

Sur mer bien loin la mince colonne de fumée d'un vapeur monte vers le ciel toute droite sans se rompre, tant est calme l'atmosphère.

Rentrant au port un bateau de pêche, aux voiles ocrées, s'engage dans la passe pour aborder le canal de La Goulette.

C'est la fin d'un beau jour ; une paix infinie règne sur la vaste plaine liquide aux eaux transparentes.

Le vieux Rabbin

Sa figure émaciée, au nez busqué, est encadrée d'une vénérable barbe blanche ; le sommet de la tête est encapuchonné d'un turban de teinte sombre qui s'enroule autour de la chéchia ; une ample lévite le couvre des épaules jusqu'aux pieds.

Il a grandi, vécu sous la voûte des synagogues, parmi les grimoires et les feuillets jaunis du Talmud ; toute sa vie il a psalmodié les préceptes de la Thorra ; ses mains longues, blanches ont pieusement effeuillé les Tables de la Loi dont il commente les versets le jour du Sabbat.

Il est l'obligatoire assistant de toutes les fêtes de la famille juive, depuis la naissance, la circoncision, le mariage jusqu'aux funérailles ; immuable représentant des rites et des traditions millénaires, il incarne la religion des ancêtres dont il maintient le dogme à travers les siècles.

V'noios Lchnerl


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

L'exposition d'horticulture de Tunis

Parmi les manifestations automnales les plus sélects de Tunis, il faut placer au premier rang l'Exposition d'Horticulture qui attire toujours un public élégant et mondain. Les présentations d'un lot de fleurs de toute beauté, notamment de dahlias et de chrysanthèmes, furent faites avec compétence par M. Barsotti, président du Comité d'organisation. Il était fort bien secondé dans sa tâche par Mme Sebah, présidente des Dames amies du chrysanthème, un groupement sympathique qui unit dans un même bouquet la grâce féminine au parfum des fleurs.

L'art des jardins, les vases, les bordures, l'outillage agricole figuraient également à cette manifestation florale et le représentant du Gouvernement M. Thierry ne manqua pas de féliciter les promoteurs ainsi que les lauréats du palmarès, à qui furent remises médailles d'argent et de vermeil.

Le budget de la Tunisie pour l'année 1935

Après de nombreuses et fertiles discussions, le Grand Conseil de Tunisie au cours de sa dernière session, a voté le budget mis en équilibre pour l'année 1935. Recettes et dépenses ont pu être ajustées et dans l'ensemble fixé à 574.952.990 francs pour les recettes, il y a une plus value d'une centaine de mille francs.

Quelques postes de dépenses nouvelles ont vu leurs crédits s'accroître légèrement notamment en ce qui concerne l'octroi d'indemnités à la police, à la Justice française, de subventions aux hôpitaux. Les compressions portent principalement sur le budget des chemins de fer, constamment en déficit, comme en France d'ailleurs.

Les ressources nouvelles de l'ordre de 42 millions ont été demandées à des majorations de taxe sur le sucre, l'essence, le café, le relèvement de la contribution personnelle d'Etat ; la réforme administrative poursuivie selon le programme établi précédemment, fournit par ailleurs une économie de 13 millions et demi.

La session étant ainsi clôturée, le Résident Général est parti pour Paris afin de soutenir la cause de la Tunisie à la Conférence économique impériale.

Les travaux effectués dans les ports de Tunis et La Goulette

On sait que les ports de Tunis et La Goulette nécessitent de constants travaux. Il paraît intéressant de signaler quels ont été ceux effectués au cours de l'année 1933.

Pour le port de Tunis il a été procédé à la réinstallation du parc de la Compagnie des Ports, au pavage de l'extrémité Sud du terre-plein des minerais au déplacement d'une borne fontaine et à la reconstruction d'un abreuvoir, à l'aménagement des terre-pleins H et K.

On a aussi empierré définitivement la rue 7, entre les rues 6 et 8, remanié et augmenté le réseau des canalisations d'eau du terre-plein des minerais.

Le bâtiment B a été rescindé et l'on a fourni au port un mât de signaux. La rue 17 a été revêtue et on a achevé son réseau d'égouts.

Il a été encore procédé à l'empierrement de la rue 15 entre les avenues 6 et 8, à l'élargissement et au passage sur béton de la 1, à l'aménagement des terrepleins F et I.

Un coin de l'Exposition d'Horticulture de Tunis

Pholo Hi'iimi.

Au bassin des voiliers on a créé des moyens d'attache pour les bestiaux dont l'exportation augmente. Des dragages d'entretien ont été faits dans les bassins et dans le chenal.

On a remis en état le passage de l'avenue de la République, revêtu définitivement l'avenue 8, éclairé à l'électricité le terre-plein Sud, remis en état six travées du quai Nord, aménagé des chaussées pavées dans la partie centrale du terre-plein Ouest, aménagé trois bureaux dans la salle à bagages 3 bis, et aménagé le carrefour des avenues de la République et Alapetite.

En ce qui concerne La Goulette, le port a reçu un bac à chaîne. On a renforcé la section Est de la jetée Nord, reconstruit le mur à la limite des terrains militaires de l'Ouzara, installé un cabestan mécanique à la cale de halage, construit une darse-abri à la pêcherie Nord de La Goulette et procédé à divers autres aménagements.

On compte aussi protéger la berge Est du canal de Rades alimentant le lac Sud.

Le développement du Service antirabique en Tunisie

Ce développement est en rapport avec l'activité de plus en plus grande du service, cette activité étant déterminée elle-même par le chiffre de la clientèle du service.

En 1933, le nombre des personnes qui se sont présentées pour suivre le traitement de la rage a été de 1849. Ce chiffre n'avait été dépassé qu'en 1929 où il avait atteint 1.921. Un tel chiffre oblige à la préparation d'une quantité considérable de vaccin et, comme pour lutter contre la mortalité plus forte qui accompagne toujours les poussées épizootiques de rage, nous devons augmenter les doses de vaccin inoculé, il en résulte l'emploi de lapins plus nombreux (25 par semaine), des manipulations plus longues, un personnel

supplémentaire et une dépense considérable (14.000 francs environ pour le seul achat des lapins) .

La vaccination antirabique des animaux (surtout chiens) continue de s'imposer aux propriétaires. En 1933, le service a délivré 208 doses de vaccin préventif.

Au cours de l'année dernière, il a été pratiqué 54.785 analyses. Ce chiffre dépasse de 1 3.709 celui de l'année précédente, qui dépassait lui-même de 7.466 le chiffre de 1931. Le nombre des analyses pratiquées à l'Institut Pasteur, a doublé depuis trois ans. Parmi ces analyses, il y a lieu de signaler l'accroissement régulier de celles qui sont appliquées au diagnostic de la syphilis : 11.418 réactions de Bordet-Wasserman, 10.582 réactions de Hecht, dans l'année.

Il ne sera question ici que de quelques vaccins, préparés à l'Institut Pasteur de Tunis.

Les services ont préparé et délivré 616.104 doses de vaccins antivarioliques. La variole est pratiquement disparue de la Tunisie depuis 1931, grâce à l'excellente qualité de ce vaccin.

Le service du vaccin anti-tuberculeux a délivré 2.149 doses de ce vaccin (B.C.G.) au lieu de 1.906 en 1932.

(Le Petit Malin)

Les obsèques à Sousse du Président Massé

Le Président du Tribunal civil de Sousse M. Massé est mort récemment.

Ses obsèques solennelles ont eu lieu au milieu d'un grand concours de population.

Homme loyal et probe, magistrat intègre, M. Massé a laissé d'unanimes regrets parmi ses compatriotes auss; bien qu'auprès des Musulmans et des Européens, citadins de la capitale du Sahel.

SOI'SSIÏ. --- La levée du corps en présence île l'Armée qui rend les honneur*. Les décorations de M. Musxé portées pur un janissaire.

l'Imliis Diirniiiy. SOI'SSi:. Les draps leim-i par les Auloriléx civiles et militaires,

la Société de la Légion d'Honneur, le Conseil île l'Ordre, le Charnu etc...


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

L'inauguration du nouveau Central Téléphonique d'Oran

Le nouveau central téléphonique installé dans un vaste immeuble construit à l'angle des rues AlsaceLorraine et Floréal-Mathieu, sera prêt à fonctionner dans le courant du mois prochain.

Essais nombreux, réglages de lignes, mises aux points de tous les services sont définitivement terminés. L'automatique tant attendu par les abonnés va donc entrer en service dans quelques semaines, à la grande joie des usagers de l'Urbain et de l'Interurbain.

Aimablement conviés par l'Administration des services spécialisés nous avons pu, au cours de notre intéressante visite, nous rendre compte aisément des progrès réalisés et grâce aux renseignements que voulurent bien nous prodiguer MM. Charvet, conducteur de travaux de la Compagnie des téléphones ThomsonHouston, Brunais, directeur de l'Agence d'Oran et Mayneris, contrôleur des I.E.M., nous pouvons aujourd'hui donner à nos lecteurs quelques intéressants détails concernant cette importante installation ainsi que quelques conseils utiles au maniement des disques dont sont pourvus les appareils.

L'autocommutateur Thomson-Houston est du système R. G., il est actuellement équipé pour recevoir 6.000 abonnés et sa capacité pourra être portée à 10.000 lignes.

L'arrivée des lignes aussi bien urbaines qu'interurbaines se trouve dans la salle du Répartiteur qui est en même temps salle d'essais et de mesures.

Dans cette salle sont placées les tables de localisations et d'essais urbains. Tous les dérangements de postes d'abonnés seront essayés par ces tables. Dans cette salle également sont placées les tables d'essais interurbains.

Des ponts de Wheatstone ont été installés sur ces tables pour les mesures à effectuer sur les circuits et sur les fils télégraphiques ; ces mesures très utiles pour la recherche des dérangements sur des circuits souvent d'une longueur de plusieurs centaines de kilomètres sont très précises et permettent de localiser le dérangement à l'endroit même ou à défaut à quelques mètres près.

Les lignes d'abonnés sont emmenées sans aucun ordre par des câbles souterrains sur des appareils de protection et ensuite par des fils jarretières, elles sont placées dans l'ordre numérique des abonnés sur des réglettes ; de là elles sont renvoyées vers l'autocommutateur sur des relais d'appel et coupures.

Lorsqu'un abonné décroche son appareil, le relais affecté à sa ligne actionne les organes de présélection, c'est-à-dire qu'un chercheur quelconque part à la recherche de sa ligne et la connecte sur un premier sélecteur. Il perçoit à ce moment dans son récepteur un bruit : c'est le signal de transmission. Ce signal lui indique que sa ligne a été prise, il doit alors sans retard composer le numéro qu'il désire, sinon il risquerait d'être renvoyé sur la table des renseignements, ce qui l'obligerait à refaire la manoeuvre. Lorsque l'abonné a fini de numéroter, l'abonné demandé est sonné, le demanL'immeuble

demanL'immeuble central téléphonique d'Oran

deur perçoit dans son récepteur la sonnerie du correspondant. Si ce dernier est libre et qu'il répond, le compteur de l'abonné demandeur marque la communication. Si l'abonné demandé est occupé, le demandeur perçoit un signal haché... c'est le signal d'occupation : le compteur n'a pas fonctionné !

Le nouveau Central d'Oran est doté d'un interurbain des plus modernes : dans la salle affectée à ce service, 50 tables interurbaines sont installées pour recevoir les circuits qui sont multipliés sur toutes les positions et peuvent être pris par n'importe quelle opétrice. . .

L'appel de Tinter par les abonnés est reçu directement sur les tables. Lorsqu'un abonné appelle, la première opératrice disponible prend la demande et le sert aussitôt si le circuit interurbain demandé est libre, dans le cas contraire elle dispose une fiche où est inscrite la demande dans un transporteur (tapis roulant) de tickets qui la conduit à une table de tri où elle est classée par ordre d'arrivée pour prendre aussitôt son tour.

Les tables de Renseignements et de Réclamations se trouvent dans la salle de l'Interurbain et donneront entière satisfaction aux abonnés grâce à la diligence de compétentes opératrices.

Une table de contrôle est également installée dans la salle de l'Interurbain. L'opératrice de cette table peut contrôler aussi bien le service urbain qu'interurbain. Elle peut prendre des abonés en observation au cas où ceux-ci auraient à se plaindre. Elle peut surveiller tout le trafic des circuits interurbains et faire toutes manoeuvres nécessitées par le service. Un indicateur d'appel lui permet d'enregistrer le numéro envoyé par un abonné qui ne pourrait obtenir de communication.

Un tableau indicateur lumineux de durée d'attentes donne la possibilité aux opératrices de pouvoir renseigner les abonnés qui en font la demande.

Comme l'on peut aisément s'en rendre compte, l'automatique va satisfaire pleinement les exigences des abonnés. Pour le plus grand bien de la généralité nous espérons que les usagers du téléphone opéreront avec rapidité dans la composition du numéro d'appel !

Gare aux sanctions ! Les délinquants seront vite repérés !

Dans l'attente du mois de décembre nous renouvelons nos remerciements et nos félicitations à nos aimables cicérones.

Le Château-Neuf

Nous avions eu précédemment l'occasion de parler du vieil Oran ; nous passions en effet en revue la caserne du Vieux-Château, la Porte d'Espagne, le Fort de Santa-Cruz etc., nous nous permettons aujourd'hui de continuer la série des vieux monuments qui doivent passer à la postérité et que les Oranais se doivent de connaître.

Une visite au Château-Neuf n'est certes pas facile ; seuls les miiltaires en ont l'accès, ce qui est assez compréhensible, mais les habitués des réceptions à la Division connaissent ce fameux salon arabe qu'ils examinent chaque fois avec admiration.

L'histoire de cette forteresse est assez difficile à élucider. Toutefois nous pouvons dire qu'une partie du Château-Neuf, celle des tours, fut construite par les Turcs, puis aménagée et agrandie plus tard par les Espagnols qui édifièrent les grands magasins à vivres qui subsistent encore dans toute leur intégralité.

Les Français, après la conquête, construisirent à leur tour de nouveaux bâtiments ; les pierres de taille et le ciment s'accumulant donnèrent naissance aux casernes qui surplombent la promenade Létang et dont l'esthétique est loin d'être harmonieux.

Oublions ces affreux casernements et rendons visite au grand salon d'honneur et au « Pavillon de la Favorite » qui ont conservé le pur style arabe et faisaient partie des somptueux appartements du dernier Bey d'Oran.

Ces appartements donnent sur une vaste cour à arcades. Sous le ciel azuré un jet d'eau projette sur les jardins sa gerbe irrisée.

Depuis l'occupation, tous les généraux commandant la division d'Oran ont habité le Chateau-Neuf

Salle des répartiteurs d'entrée cl service -MICS déranienienls.

Photos Moris.


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Une vue générale, du Chàletiu-Xeuf.

et parmi eux nous avons pu lire sur des plaques de marbre des noms illustres tels que ceux de Damrémont (1831), Bugeaud (1836), de Lamoricière etc., et plus près encore de nos contemporains celui du grand africain Lyautey qui commanda la Division de 1906 à 1910.

Les imposantes murailles qui gardent avec vigilance ces vieux vestiges disparaitront-elles ? Il en est fort question.

Les projets d'urbanisme dont on a tant parlé réduiraient-ils à néant cette partie respectable du vieil Oran ?

Le ciment armé succèdera-t-il avec toute sa rudesse à la robuste pierre de taille ?

Nous espérons que les amis du vieil Oran sauront avec énergie défendre cette démolition et que les affairistes du bâtiment trouveront d'autres quartiers de la ville pour y édifier des immeubles de rapport.

Nombreux seront nos concitoyens qui sans doute ne partageront notre opinion. Une visite au ChâteauNeuf modifiera probablement leurs sentiments, c'est ce que nous souhaitons sincèrement pour que subsistent éternellement les noms glorieux de tous nos brillants généraux.

La Polyclinique municipale

Depuis peu a eu lieu l'inauguration officielle de le Polyclinique municipale qui a été édifiée à l'extrémité de la rue Dutertre.

M. l'Abbé Lambert, maire de la ville, accompagné de ses adjoints le docteur Maraval et M. Nivière après avoir examiné le bâtiment, oeuvre de M. Wolf, architecte de la ville, pénètrent dans les différents services.

Ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie, vénérologie, électro-radiologie etc., sont des services confortablement organisés dans de vastes salles lumineuses à souhait.

Un premier étage est déjà prévu, il sera construit sous peu et permettra ainsi l'hospitalisation de nombreux malades qui décongestionneront notre hôpital qui, malheureusement, regorge de malheureux et demande à élargir son enceinte.

MM. les docteurs Laugé, Gaudin, Parés, Scaliéri père et fils et Clerc qui assureront les différents services dont nous avons parlé plus haut ainsi que tous les dévoués serviteurs de la Polyclinique municipale se trouveront réunis après l'inauguration dans le hall de

Les plaques de marbre portant tes noms des généraux.

La cour à arcades.

Phulos Moris.


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La polyclinique qui vient d'être inaugurée.

Une des salles d'opérations de la polyclinique.

Photos Moris.

cet établissement où les attendaient les autorités.

Un Champagne d'honneur rapidement servi donna l'occasion à MM. le docteur Maraval, Nivière et l'abbé Lambert de prendre successivement la parole pour féliciter sincèrement tous ceux qui furent les instigateurs de cette belle oeuvre et faire confiance aux éminentes et doctes personnalités qui auront le soin de la diriger.

Toutes ces allocutions furent saluées de vifs applaudissements et nous sommes heureux à notre tour d'adresser nos félicitations les meilleures à tous ceux qui contribuent à cette grande oeuvre philanthropique et sont dignes d'en assurer un fonctionnement des plus heureux en faveur des déshérités de la vie.

Théâtre Municipal d'Oran

La Bohême

LA BOHEME est considérée comme le chef-d'oeuvre de Giacomo Puccini. Par déduction, elle serait donc le chef-d'oeuvre du Lirisme, stade actuel de l'école italienne.

Depuis Rossini, la musique de théâtre de la Péninsule n'a cessé d'évoluer. De l'opéra ancien style, elle a tendu vers le franc lyrique qui donne à l'action la prépondérance sur la musique. L'émotion harmonique domine chez Rossini. Souvent elle surprend l'intérêt scénique. Les maîtres contemporains la subordonnent aux événements. Les chocs entre les personnages, les conflits psychologiques priment. La partition se borne à les exploiter.

L'oeuvre de Verdi présente en raccourci le développement tu théâtre italien. Le mouvement réaliste créé par lui, a été accuse par ses successeurs. Les situations les plus tragiques furent accumulées. La voix, chargée de les exprimer, devint l'accent qui prend aux entrailles, le cri de douleur ou de désespoir qui vrille les nerfs, conquiert par la violence. Souvent, sur le thème angoissé, la mélodie plane. Elle est la halte d'espoir ou de sérénité.

Les héros S. Murger, transportés dans le drame, restent eux-mêmes, aspirants artistes, bohèmes passionnés, que la vie, suivant la légende, ou la petite histoire, embourgeoisera. Avec Puccini comme avec Murger, ils respirent en plein romantisme.

Rodolphe, M. Necqueçaur, a la jeunesse et l'enthousiasme du poète. Son coeur aime et son coeur pleure. Sa belle voix en traduit l'émoi tendre et l'émoi triste.

Mlle Bellan est une belle cantatrice. Elle conféra à Mimi sa grâce prenante et sa séduisante virtuosité.

La Veuve Joyeuse

Missia Palmiéri, la petite fille au banjo devenue la milliardaire convoitée, garde son charme esthétique et musical.

Somptueusement habillée, très en verve et très en voix, Mme Balazy nous a ressuscité une veuve capiteuse. La légende de «Wiloya» et «l'Heure Exquise» lui ont valu une ovation.

M. Fréjaville campa un Prince Danilo agréablement lyrique.

M. Bardollet faisait sa rentrée. Il fut applaudi, mais lui et les comiques poussèrent trop à la charge.

Mention à Mmes Deligny et Carpentier, à MM. Dides et Smith.

Danses aimables. Décors fastueux.

Sous la baguette de M. Loubier, les musiciens se

distinguèrent. La valse célèbre fut mélodieusement et voluptueusement enlevée.

Cinémas d'Oran

Régent

A partir de lundi, aux Valpas, présentation de Bach dans LE TRAIN DE 8 HEURES 47, avec Fernandel et Charpin.

Le TRAIN DE 8 HEURES 47 titre (qui ne laisse personne indifférent), de l'immortel chef-d'oeuvre de Georges Courteline, est interprtêé par deux étoiles du rire : Bach et Fernandel.

Réunir dans un film ces deux artistes c'est assurer

le public d'une soirée amusante, gaie dont on garde le

meilleur souvenir. Les voir et les entendre dans LE

TRAIN DE 8 HEURES 47, est un véritable plaisir que

ne manqueront pas d'aller goûter les Oranais.

* **

Rialto

Vendredi prochain, un film remarquable PRIMEROSE, avec Madeleine Renaud, Henri Rollan, Marguerite Moréno.

PRIMEROSE ! un titre et quel titre plus frais, plus ravissant, plus évocateur du grand succès.

Photos liissault. Al.GKli. — Une vue du Haïu/ncl de clôture du IV' Salon XonLAfricain îles Arts Ménagers.


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L'Association Féminine d'Aviation Sanitaire d'Algérie a baptisé son premier avion

Madame Carde en est la marraine

De plus en plus, la femme se passionne pour l'aviation et nous avons, un peu partout en Afrique du Nord, dans chaque centre aéronautique un nombre important de femmes-pilotes.

Mais, à côté de l'incomparable joie procurée par la course en plein ciel, la femme a voulu continuer le rôle qui lui est dévolu par la nature : la charité humaine. C'est ainsi que l'avion a été mis à la disposition de ceux qui souffrent et ont besoin d'un prompt secours.

L'Association Féminine d'Aviation Sanitaire d'Algérie a donc fait, l'acquisition de son premier avion sanitaire et une fête intime a permis à Mme Carde de baptiser son filleul : Le « Charles-de-Foucauld ».

Ce nom est encore un symbole, symbole de charité. M. Pourcher le rappela en une délicate allocution dont nous reproduisons ici un passage caractéristique :

M. Pourcher remercia, au nom de l'Association, Mme Jules Carde d'avoir accepté le marrainage du premier avion sanitaire... « Votre présence ici, dit-il, après votre acceptation de la présidence d'honneur, est un encouragement éloquent et nous prouve que vous attribuez une valeur réelle à notre oeuvre. Avec ce baptême, c'est le premier acte de la mise en pratique de l'aviation sanitaire qui assure le moyen d'apporter un secours rapide à ceux qui souffrent dans les régions lointaines et les plus déshéritées. Sous la protection de R. P. Charles de Foucauld qui apporta l'apaisement moral... nous apporterons l'apaisement physique. »

Nous avons noté, au hasard, Mmes Jules Carde et Atger ; M. le Directeur des S. N. A. et Mme Pourcher ; M. l'officier d'ordonnance du général Noguès et Mme Pique-Aubran ; Mme Lucolley ; M. le commandant de Brion, représentant le général Armengaud ; M. le président de TAéro-Club d'Algérie et Mme Billion du Plan ; le capitaine représentant le colonel Lacolley et Mme Letourneur ; Gérard, ingénieur des S. N. A. ; Mme Ardaillon, présidente de l'Association des Dames Françaises ; MM. le docteur Lasney, directeur de la Santé publique ; le docteur Lemaire ; le docteur Josse ; le docteur Colonieu ; le docteur Laffont ; le docteur Aucaigne ; le docteur Lavalée ; Mmes Prohom de Romeu, Laffont, Henri-Germain, Brunel ; Mlles Boutry et Lamotte-d'lncant ; MM. Faucon, président, et Fossati, des Croix de Feu ; Robert Bielle et Mme ; le commandant Delcroix, du 1er G.A.A. ; le capitaine Saubion, de l'E. M. de la 5'' région aérienne ; le lieutenant Levrey ; Bernard et Mme ; Lefebvre des Noettes et Mme ; Robert Germain, Jean Germain, Marcel Germain ; Duchêne-Marullaz, commandant l'aérodrome d'HusseinDey ; Blachette ; Descamps, Cazeaux, Heinzelmann, Dutheriez, Ferraris, Roidot, Mariano, etc.

Une démonstration au Maroc des avions « Marcel Bloch »

Trois monoplans d'un nouveau type, accomplissant

Madame Carde baptise le premier avion similaire de l'A.F.A.S.A.

Photo Dcssniill.

au Maroc un voyage de démonstrations, atterrissaient la semaine dernière, successivement, à Rabat, Casablanca, Marrakech, Meknès, Fès.

Ce voyage à travers l'Empire Chérifien de ces trois unités de combat n'est pas sans opportunité et sans signification.

On a tendance à décrier les progrès de l'aviation française, et à croire que, parce qu'elle travaille en silence, elle ne fait rien de bien utile.

La création des « Marcel Bloch » est une réplique aux pessimistes.

Grands, élancés, les hélices étincelantes, ces trois monoplans donnent une forte impression de puissance.

Entièrement métalliques, ils sont munis de 2 moteurs de 850 CV. Entraînés par deux hélices tripales, ces appareils peuvent filer à une vitesse moyenne de 250 kilomètres à l'heure et atteindre 285 kilomètres.

Chaque appareil peut recevoir six mitrailleuses jumelées, placées dans trois tourelles, situées l'une à l'avant, l'autre au centre, la dernière dans un berceau situé audessous de l'appareil. Il n'existe aucun angle mort dans le champ de tir de l'avion.

Chacun d'eux peut enlever sept membres d'équipage : le commandant, le navigateur, deux pilotes et trois servants de pièce.

— Cette démonstration, nous disait un des principaux notables indigènes du Maroc, vient à propos. Il est opportun que nos jeunes illusionistes de Fès ou d'ailleurs sachent que la France est forte. Il est opportun qu'ils sachent que sur un télégramme parti de Rabat, une escadrille de « Marcel Bloch » peut partir aussitôt de Toulouse ou d'ailleurs et 6 heures après venir bombarder les amateurs d'émeutes ou de révolution.

— La venue des trois monoplans n'avait pas pour but l'intimidation des jeunes marocains qui ...

— Non, mais cette venue est utile... On parle de guerre. On la craint. Et nos jeunes coreligionnaires de Fès ou de Marrakech laissent entendre que dès que la France sera en guerre, l'heure aura sonné pour elle d'évacuer le Maroc... Il faut que ces jeunes gens sachent qu'il ne sera plus besoin d'une ormée pour maintenir l'ordre dans notre pays pendant la guerre : quelques avions suffiront...

Voilà la leçon que la venue des monoplans Bloch doit donner aux esprits en fermentation. »

Nous avons laissé parler ce notable, il a peut-être raison.

Aviation

Nous sommes heureux de reproduire ici les photos de Mme et le docteur Filippi, photos prises après leur atterrissage à Bougie. Terminant ainsi une voyage par les airs de 13.000 kilomètres environ sur leur appareil " Phalène ".

Une deuxième photo les représente, fêtés au bar de l'Aéro-Club de Bougie.

L'itinéraire du voyage de M. et Mme Filippi est le suivant :

Bougie, Païenne, Athènes, Salonique, Sofia, Bucarest, Belgrade, Budapest, Vienne, Prague, Dresde, Berlin, Hambourg, Amsterdam, Bruxelles, Ostende, Paris, Lyon, Turin, Milan, Venise, Florence, Rome, Naples, Tunis, Bougie.

Voyage sans histoire, effectué avec une régularité parfaite.

Mme et le docteur Filippi, fêlés au bar de l'Aéro-Club de Bougie

Mme el le docteur Filippi au retour de leur voyage des capitales.


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L'AFRIQUE DO NORD ILLUSTREE

L'inaugural ion du stade scolaire de la rue Fontaine-Bleue.

Pour nos enfants

Nous avons vu se créer un peu partout des colonies de vacances, des garderies, organiser des sorties à la campagne.

Maintenant, voici que de nouveaux projets prennent corps et ce sont des parcs de sports que nous voyons surgir au sein même de la grande capitale algérienne.

L'inauguration de celui de la rue Fontaine-Bleue ayant eu lieu il y a quelques jours, nous en donnons le compte-rendu malheureusement restreint, faute de place. Toutes les personnalités ayant à coeur de donner à la jeunesse santé et force y étaient présentes. C'est ainsi qu'au milieu de beaucoup d'autres, nous y avons vu MM Hardy, Audran, Redon, Lecarre, Miraton, Sauvage, Benaïm des Groupes Laïques et aussi M. Ferrier, secrétaire général du Comité de propagande qui, après avoir été à la peine fut justement mis à l'honneur.

Une autre inauguration eut lieu trois jours plus tard, à Ben-Aknoun. Cette fois encore, le but poursuivi est celui de donner la.santé à nos enfants. Un immense parc va être aménagé pour que puissent y vivre au grand air les petits villageois déprimés par l'air vicié de notre grande agglomération.

Cette question est trop prenante pour que nous essayons de la traiter ici. Il faudrait beaucoup de place et ce n'est pas le cas. Plus tard nous y reviendrons en détail. Qu'il nous soit cependant permis de féliciter tous ceux qui, dans leur sphère, ont travaillé pour nos enfants.

G. B.

Le domaine de la Madeleine qui va élre transformé en « Cité des Enfants

La séance de rentrée de l'Université d'Alger

Comme chaque année, la séance de rentrée de l'Université a révêtu un caractère de grandeur imposante. Tant de robes, tant de bandes d'hermine font sur le public choisi autant d'impression qu'elles troublent aux jours de distributions de prix le potache anxieux de connaître ses succès et impatient de lâcher le « bahut » pour quelques mois.

M. le professeur O. Giraud, professeur de médecine légale prononça le discours d'usage. Le sujet choisi était : « Le médecin de demain ».

« Il y a pléthore médicale » dit le professeur Giraud. « Il y a, si vous voulez, surproduction et sousconsommation. Que doit-on faire, en pareil cas ? Appliquer cette formule" qui sera celle de demain : la sélection ».

M. Hardy succéda au professeur Giraud pour oarler du problème de la formation de l'élite, « l'un d^s plus graves sinon des plus apparents ». L'Université assume cette tâche et aussi, en dehors de ses rnurs il doit exister « une atmosphère, un climat de l'élite » Et c'est alors le rôle des Amis de l'Université dont M. Hardy définit le but et fait un appel à ceux qui veulent y atteindre.

« Cela vout bien, Mesdames, Messieurs, qu'on se range à nos côtés. Or, notre Société des Amis de l'Université brille jusqu'ici par la qualité plutôt que par la quantité. L'une et l'autre se confondront, si vous tous, qui êtes déjà, dans le secret de votre âme, nos amis, consentez à prendre officiellement ce titre ».

La séance solennelle de la rentrée, de l'Université d'Alger

Photos DossiUilt.


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

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André Maurois cl reçu par les Abd-el-Tif.

Autour ou R. P. supérieur général Voillard et des R. P. Marchai, Clément Cuch, Perinet, Marail, du frère Plecalmus et de la famille Vanoni grâce au dévouement et à la générosité de laquelle l'Abbaye a été en grande partie édifiée, nous avons noté io présence de MM. Deshaires, délégué financier ; J. Torrès, conseiller général de la région ; Picinbono maire de Rivet ; le professeur Lombard ; le docteur Schembri, ainsi que de nombreuses personnalités venues d'Alger, des conseillers municipaux de Rivet et des habitants de Rivet et des communes environnantes.

La messe d'inauguration a été célébrée dans une des grandes salles de l'Abbaye où l'on avait installé un autel provisoire, car la chapelle des Pères Blancs était beaucoup trop petite pour recevoir l'assistance.

Après l'office un vin d'honneur réunit les invités dans une dépendance de l'Abbaye. M. Alexandre Vanoni prit la parole pour excuser Monseigneur l'Archevêque qui, empêché, n'avait pu à son grand regret, assister à cette cérémonie. Après avoir rendu un vibrant hommage à la mission des Pères Blancs qui sont partout les apôtres de la charité et adressé un pieux et émouvant souvenir à la mémoire de sa mère, M. Vanoni remercia MM. Deshaires, Torrès et Picinbono, représentants des populations de la région, d'être venus honorer de leur présence cette cérémonie. Il complimenta ensuite MM. Gracis et Seigle architectes de l'édifice ainsi, que les entrepreneurs et remercia enfin l'assistance du témoignage de sympathie et d'encouragement qu'elle apportait par sa présence à l'oeuvre d'apostolat et de bienChez

bienChez Abd-el-Tif

Il y a quelques jours, profitant de la venue à Alger d'André Maurois, les Abd-el-Tif, ont convié à leur couscous mensuel le grand écrivain moderne.

A la table avaient pris place, en plus des pensionnaires de la célèbre villa, M. Hardy et quelques amis des arts. Ce fut un déjeuner intime, sans histoire, qui eut cependant le grand privilège de réunir une partie de l'élite algérienne autour de l'un de nos meilleurs et de nos plus sympathiques romanciers contemporains.

G. B.

L'inauguration de l'Abbaye du Mont à Rivet.

Dimanche dernier, par une magnifique matinée d'automne toute ensoleillée nous avons été invité à la messe d'inauguration de la Chapelle des Pères Blancs, édifiée dans la nouvelle Abbaye du Mont, au sommet du djebel Zerouala qui domine la coquette petite ville de Rivet.

Une route sinueuse et pittoresque, bordée de frondaisons, accessible aux automobiles, conduit directement à ce nouveau monastère d'où l'on a un admirable panorama sur le cap Matifou, la baie d'Alger les collines de la Bouzaréa, d'EI-Biar et de Kouba ainsi que sur l'immense et majestueuse plaine de la Mitidja.

On est agréablement surpris de trouver aux portes d'Alger, à une demi-heure de la capitale, un site aussi merveilleux en enchanteur. Malgré l'heure matina'e

Après la cérémonie. MM. Vanoni père et fih entourés par le li. P. Voillard. de de l'abhayc cl des personnalités ayant assisté à Vinauguration.

Pères Blancs

l'affluence était grande auprès de ce monastère érigé en quelques mois à peine, en pleine montagne, à l'orée d'une forêt de chênes-lièges.

faits que vont commencer les Pères Blancs dans cette région.

M. Maurice Picinbono, en répondant au discours de M. Vanoni fait l'éloge des Pères Blancs, les dignes continuateurs de cette oeuvre forte et tellement bienfaisante que le grand cardinal Lovigerie fondait en Afrique en 186S, oeuvre c,ui a gagné l'admiration du monde entier. Après l'historique de ces vaillants missionnaires qui payèrent souvent de leur vie l'apostolat qu'ils s'étaient tracé, M. Picinbono rendit un public et affectueux hommage à la famille Vanoni dont la bonté, la générosité et le dévouement pour les oeuvres sociales sont appréciés dans toute la région.

Le R. P. Supérieur Voillard remercia tous ceux c;ui venaient de signaler l'oeuvre bienfaisante des Pères Blancs, oeuvre qui ne se résume pas à faire simplement du bien mais qui a aussi pour but d'aller chez les peuplades les plus arriérées et les plus éloignées des centres de civilisation, leur apporter, avec la foi, l'amour de la France.

M. Deshaire, délégué financier, félicita le R. P. Voillard de son oeuvre accomplie en Afrique, il félicita également toute la famille Vanoni ainsi que M. Picinbono l'actif maire de Rivet dont les rcolisations heureuses sont appréciées de tous.

F. B. . .

Une vue de la nouvelle abbaye

Photos lii'deil.


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Les cachettes monétaires des Turcs avant la conquête dans la ville d'Alger.

Mouni la sorcière et le Trésor du Raïs Haùidou

Il n'est pas de ruines en Algérie où n'existe la légende de trésors enfouis. Il est évident que cette chose peut exister vu le grand nombre de turcs, de juifs exilés au moment de la conquête et même avant, qui ne sont jamais revenus et qui ont laissé, enfouis dans

Sous-sol. cachette monétaire avec colonne parlant une inscription grecque.

(Palais de Mustapha Pacha)

Palais d'Hayayaba'i : Cachet le monétaire de

sc)>l mètres de profondeur dont l'enlréc se trouve

au fond de la grande jarre scellée par une dalle

en ardoise. La jarre est an fond.

leurs habitations avec l'espoir du retour la plus grande partie de leur fortune, en laissant des repères pour la retrouver. Il y a déjà quelques années nous avons eu un témoignage de ce fait, dans l'un des plus importants palais d'Alger, dans le palais de Mustapha-Pacha, rue de l'Etat-Major. Dans une cave indépendante de celles du Palais surmontée d'une voûte en berceau sous laquelle se remarquait une colonne surmontée de son chapiteau, mais non placée dans l'axe même de la voûte et ne supportant absolument rien qu'une vulgaire planchette de bois. Ce n'était qu'un repère. Sur le fût de la colonne se trouvait tracée au couteau

couteau caractères grecs l'inscription suivante : Elpiz et Anake dont la traduction est la suivante : Espérance et nécessité, signifiant probablement la nécessité de l'enfouir et l'espérance de le retrouver. Il est évident qu'il ne pouvait être question dans ce lieu retiré que de la cachette d'un trésor. Après quelques fouilles, nous eûmes là preuve que nous ne nous étions pas trompés et que notre hypothèse était juste, car nous découvrîmes, à peu de profondeur, des murs formant la cachette monétaire mais malheureusement vide. A quelle époque remontait cette cachette ? Epoque grecque, d'après l'inscription peut-être ? romaine, arabe, berbère ou turque. Mystère. Ce qu'il y a de certain c'est que l'on avait là pour l'étude de la question des cachettes monétaires de l'Afrique septentrionale un type caractéristique pour des trésors importants ; car, les murs entourant la cachette avaient plus d'un mètre de long sur 80 centimètres de large.

Nous avons pu auprès d'anciens turcs et d'autres indigènes connaître la manière dont ils cachaient leur fortune ; car il n'existait dans l'antiquité comme de nos jours, ni banques, ni de coffres-forts où l'argent pouvait être mis en sûreté. Il existait donc certaines coutumes qui étaient suivies d'une manière assez générale par les habitants des villes et des campagnes pour cacher leur avoir.

Dans les palais, les cachettes n'étaient pas très compliquées ainsi que nous nous en sommes rendu compte lorsque, pendant la guerre, nous fûmes chargés du service d'entretien des palais dépendant du Gouvernement général. Dans certains palais, dans les harems en particulier, la cachette des femmes pour ce qui concernait leurs bijoux se trouvait presque toujours sous la dernière planche étagère de leur chambre à coucher ; cette dernière recouverte d'une planchette laquelle tendue d'une étoffe précieuse cachait leur avoir à tous les regards.

Les maîtres de la maison confiaient ce qu'ils possédaient au secret du plancher sous les faïences émaillées, très souvent soit à la tête ou au pied du lit ; ces faïences émaillées de sujets divers étaient toujours recouvertes de tapis précieux qui masquaient à la vue ce qui était dessous.

Au début de la conquête, un assez grand nombre de découvertes de trésors a été fait dans les appuis des petites fenêtres de certains palais, et c'est pour cela, que l'on remarque que presque tous les carreaux de faïences plaqués à ces endroits ont été levés sans avoir été remis en place et replâtrés.

Il y a eu aussi des cachettes placées non dans des puits, où dans des caves ; mais, dans la maison même ou le palais dans des placards situés au-dessus du lit même de la favorite, comme au Palais d'Hiver par exemple, ou quelquefois dans des armoires secrètes, comme celle existant dans le palais d'Hassan-Pacha. Il existe au premier étage de ce palais une armoire secrète très curieuse dont voici la description : Lorsque l'on est arrivé au premier étage, là où se trouvait la chambre de la Sultane l'on aperçoit dans cette pièce une armoire, avec des ornementations arabes dont le panneau du milieu est une simple glace, fermée par un simple verrou et lorsqu'elle est ouverte l'on aperçoit qu'un fond en planches muni d'étagères.

Jusqu'ici il ne présente rien de bien extraordinaire,

l'on a devant soi qu'une simple armoire. Mais, lorsque l'on examine tant soit peu l'intérieur, l'on aperçoit un petit crochet presque invisible que l'on soulève et, alors en poussant même très légèrement sur le fond, l'on sent que le fond du placard s'enfonce pour aller s'appuyer sur un mur intérieur et, alors apparaît une chambre assez grande pouvant receler un trésor très important que la simple porte munie d'une simple glace n'uurait jamais laisser soupçonner.

Il existe en plus dans cette chambre qui servit dans la suite des temps, à bien des sultanes depuis le XVIe siècle jusqu'en 1830, une autre cachette qui se trouvait placée immédiatement au-dessus du lit de la favorite. C'est un enfoncement masqué par des panneaux moulurés.

Nous ne citons ces cachettes que comme exemples, il y en a bien d'autres de divers genres, surtout dans les palais de corsaires.

Celles-ci sont d'un autre modèle, beaucoup n'ont pas encore été éventées mais sont connues par la Raïschimie la science du pendule, comme celle dont nous allons nous entretenir. C'est celle du célèbre et fameux corsaire algérien Raïs Hamidou qui vécut et écuma les mers à partir de l'année de 1797 jusqu'en 1815. Il fit pendant ce temps plus de trois millions de prises, en ne comptant que celles qui furent enregistrées sur le livre des prises maritimes d'Alger.

Ce raïs avait sur l'un des sommets de la Bouzaréa une villa ou plutôt un palais dont les ruines se profilent dans l'un des plus grands ravins de la Bouzaréa. Comme tous les raïs de cette époque, ils avaient placé leur villa avec une sortie sur le rivage. La villa de Raïs Hamidou donnait dans le ravin de Villalba ayant accès à la mer où se trouve actuellement la gare des « Deux Moulins ». C'est par là qu'il amenait clandestinement les prises qu'il ne voulait pas déclarer au fisc turc.

Il fit dans ce ravin des travaux immenses tant pour l'adduction des eaux pour l'arrosage de ses propriétés, qui montaient de la mer au sommet de ce contrefort de la Bouzaréa, où se trouvait placé un de ses palais, lequel était surmonté d'une tour de guet d'une vigie, observatoire spécial peu éloigné de l'Observatoire actuel et d'où l'on pouvait apercevoir la mer de tous les points de l'horizon.

Presque aussi riche que le Dey d'Alger alors régnant, il avait accumulé presque toutes ses richesses dans son palais de la Bouzaréa.

Un jour, en 1815 dans une croisière sur la Méditerranée assis sur son banc de quart, il reçut en pleine poitrine un boulet d'une frégate américaine qui le coupa en deux, fidèle à la recommandation que lui avait faite son commandant Hamidou, son second jeta immédiatement son corps à la mer.

Comme c'était la coutume dans ce temps là, le Beitel-Mal s'empara de ses biens et les vendit. Sa villa de la Bouzaréa, fut achetée par le roi de la Nation juive de l'époque Bacri, et devint alors la villa Ben Zaheut. Bacri n'était pas ignorant des trésors qui y étaient accumulés.

Mais, malgré de multiples recherches les trésors accumulés par le Raïs Hamidou ne furent jamais découverts.

Parmi les domestiques, esclaves, favorites et autres qui s'y trouvaient en grand nombre, seule une kabyle

Les ruines de la villa du liais Hamidou, à la Bouzaréa, photographiées en ^'.)^2^2 par M. Henri Mural.


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

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qui avait été la favorite du Maître de céans. Cette femme avait eu une fille qui, ainsi que sa mère, ne quitta jamais les lieux après la mort d'Hamidou. La fille après la mort de sa mère devint une diseuse de bonne aventure, jetant des sorts par-çi, par-là. Demifolle comme le sont presque tous ces gens là, elle se promenait sans cesse dans les ruines qui lui étaient famillières, voyant petit à petit tomber murs et murailles après la mort de Ben Zaheut, et elle assistait impuissante au pillage de ce qui fut jadis le palais de son père. Un jour dans un de ses moments de lucidité, elle prit par la main un visiteur pour lequel ces lieux abandonnés et presque déserts avaient un certain charme. Elle l'entraîna dans une de ces cours de marbre encore non effondrées ; et, à un certain endroit en frappant le pavage en marbre intact de ses pieds nus, lui dit : Vois bien ici, là est le trésor d'Hamidou.

Un matin l'on trouva Mouni, la fille du Raïs Hamidou, morte aux pieds d'un mur. Cette pauvresse morte

Porte de la cachette de la chambre de la sultane,

femme d'Hassan Pacha en 1588, se trouvant dans

son palais de la rue du Soudan, 3.

repose à l'abri du marabout de Sidi-Bennour. « Dieu lui soit miséricordieux » disent les arabes. Depuis ce temps les pierres ont remblayé petit à petit l'endroit où existe, suivant Mouni la sorcière, le trésor d'Hamidou.

Possédait-elle le secret du maître transmis par sa mère ; d'où le besoin de le dévoiler un jour, mystère.

L'endroit indiqué par Mouni, paraît correspondre avec l'emplacement de l'une des plus belles pièces qu'occupa le Raïs Hamidou dans son palais ; c'est déjà un point d'acquis pour la possibilité de la découverte du trésor.

Un jour ou l'autre la spéculation viendra prendre possession de l'ancienne villa Ben Zaheut et alors, par suite de démolitions forcées, le trésor du Raïs Hamidou apparaîtra au jour, à moins que certains sourciers renommés de nos jours ne viennent en devancer la découverte par la Radiesténie.

A ALGER INCONNU

Les cimetières d'Alger d'autrefois

La Nécropole de Barchichat

La sépulcrologie est l'étude de la vie des peuples, ce sont dans les tombeaux que l'on retrouve leur histoire. Alger eut d'abord des grottes préhistoriques où les hommes des premiers âges de l'humanité inhumèrent leurs morts. L'on vient de découvrir deux de ces cavernes préhistoriques dans les environs de Guyotville, dont nous reparlerons dans un prochain article. Après les temps préhistoriques, vinrent les temps helléniques. De cette époque, Alger posséda pendant plusieurs siècles une tombe remarquable dans la Forteresse de la Kasba. Puis vint l'opoque romaine, dont la Cité des morts s'étendit là où se trouve actuellement le square Nelson-Chérico et même au-delà.

C'est sur ce vaste emplacement que se firent à partir du XIV siècle les inhumations des Juifs, sur un

terrain qui leur fut concédé par un roi de Tlemcen, Abou-Tachefin, le même qui fit élever le minaret de la Grande Mosquée de la rue de la Marine. Ce terrain était d'une étendue de près de 15.000 mètres de superficie, il exista presque intact jusqu'en 1844.

Les Juifs qui habitèrent Alger très anciennement étaient originaires soit des îles Baléares, soit d'Espagne, refoulés par les persécutions des rois d'Espagne ou des Maures. Au XIIe et au XIVe siècle, nous dit le Grand Rabbin Isaac Bloch dans son intéressant ouvrage sur les Inscriptions tumulaires des anciens cimetières d'Alger, il y avait deux communautés juives. Une communauté indigène très ancienne connue sous le nom de « Porteurs de turbans » et une autre sous le nom de « Porteurs de capuces ou de bérets ». Les Chekliïnes étaient des expulsés de Majorque. Les Porteurs de turbans ou Kibousïnes venaient d'Espagne, arrivés au moment des persécutions de 1391 et de 1492. Ces deux communautés finirent à la longue par fusionner. Actuellement il n'y en a plus de trace. Cependant l'on sait par la tradition locale, que certaines familles israélites d'Alger telles que les Stora, descendants d'une fille du célèbre rabbin Ribasch, les Duran, les Seror, les Benhaïm, descendants en ligne directe ou collatérale de Raschbatz, et également les Oualid et les Ayache sont d'origine espagnole.

L'on croit que le premier cimetière israélite reconnu en 1287 fut ouvert par les juifs mayorquins cette même année. En même temps que ce terrain servait de nécropole, il était aussi le théâtre des exécutions capitales. C'est là que l'on lapidait et que l'on brûlait vifs les Juifs condamnés par les Turcs.

Ce fut dans ce cimetière que furent enterrés les rabbins célèbres du XVe siècle Ribasch et Raschbatz, qui donnèrent leur nom au cimetière, nom qui par corruption devînt Barchichat, ainsi que les Français le dénommèrent après la conquête de la ville d'Alger. Le nom véritable de Ribasch est une abréviation hébraïque des quatre mots : Rabbi Isaac Bar Chechet soit Ribch, en hébreu Ribasch.

Quelques années déjà avant l'occupation française, cette nécropole ne servait plus et était presque abandonnée. Les tombes étaient à demi-ouvertes, telles que nous les avons vues en 1896, époque à laquelle nous avons pris la photographie ci-dessus ainsi que celle du tombeau d'un grand rabbin nommé Simon Duran, tombeau qui avait été recouvert par le mur des fortifications. En 1862, au moyen d'une souscription cultuelle l'on éleva un édicule en style mauresque sur la tombe de Barchichat que l'on aperçoit sous le pont dans le lointain sur le dessin de 1 866 de Berbrugger.

Sur le mur des glacis qui avait renfermé le tombeau de Simon Duran, fut apposée en 1866 une plaque commémorative, en marbre blanc sur laquelle fut reproduite en trois langues : arabe, hébreu et française, l'inscription suivante : « Ce munument a été restauré par la Communauté israélite d'Alger, en l'honneur du rabbin Isaac Bar Chichat, né en Espagne, décédé à Alger en 1408, dans sa 82e année. - Alger le 1 1 avril 1862 ». Devant cette plaque tous les jours de Sabbat (le samedi) quantité d'israélites venaient se lamenter et prier comme le font à Jérusalem leurs coreligionnaires devant les fondations du temple de Salomon.

En l'année 1896, nous relevâmes la pierre du tombeau de Simon Duran pour la porter au Musée des Antiquités de Mustapha-Supérieur alors en création, où elle se trouve encore aujourd'hui avec diverses inscriptions hébraïques.

Depuis cette époque le cimetière de Barchichat fut désaffecté et transféré à côté du cimetière européen près de Saint-Eugène. C'est là qu'a été reconstruit le mausolée des Rabbis du XV siècle sous la direction de M. Soucy, architecte du Consistoire, ainsi que celui des Morts de la Grande Guerre. *

L'ALGER D'AUTREFOIS

Le quartier de l'Ancienne Préfecture en l'année 1575

D'après un plan de l'époque : Le Quartier des Raïs. - Le Palais de Hayayabaï.

Avant la disparition de ce quartier il nous a semblé intéressant de dire quelques mots sur son passé.

Dès la fondation d'Alger, bien des siècles avant que les Corsaires occupassent cette partie de la ville dans leurs somptueuses maisons bâties à la mauresque, suivant des fouilles entreprises au début de la conquête qui nous ont appris que toute cette zone avait été, elle aussi, habitée par les maîtres du monde ; des trouvailles de mosaïques, des fûts de colonnes, des chapiteaux ont été les indices que de nouvelles découvertes possibles pourraient être faites lors de la démolition de ce quartier.

L'histoire romaine d'Icosium gît en grande partie sous les fondations des maisons et des rues datant de la Conquête, malgré tout le zèle, des Herbrugger et des Devoulx, bien des pierres avec des inscriptions latines ont été réemployées lesquelles vont enfin revoir le jour et nous livrer à nouveau les inscriptions des puissants et des humbles de l'âge romain d'Icosium.

Dans les palais de la première époque du début du XIe siècle, par exemple, jusqu'au XVI 1' l'on ne voit que l'emploi de la pierre sur laquelle se remarquent des dessins copiés d'après l'architecture byzantine, comme par exemple la torsade cintrée, dans les ornements de portes. A côté de cela, ce sont des marches et des appuis en ardoise, des plafonds simplement établis sur des rondins, les faïences sont d'aspect plutôt archaïque, c'est la faïence du pays. Ni les Italiens, ni les Hollandais n'ont pas encore apporté à cette époque leur tribu à l'ornementation des palais des premiers Raïs,, c'est le confortable dans toute sa simplicité.

Mais il y avait à peine cinquante années que Barberousse était devenu le maître d'EI Djezaïr que de nouveaux palais s'élevèrent, nous voyons dans le quartier de l'Ancienne Préfecture s'élever dès l'année 1 575, le nouveau Palais de Yaya Raïs dans la rue Socgéma, actuellement le palais occupé par le Premier Président, lequel très heureusement ne se trouve pas dans la démolition future du quartier. Un Raïs célèbre construisit un magnifique palais qui était situé entre la rue d'Orléans et la rue des Consuls mais qui ne trouva pas grâce devant la pioche.des démolisseurs de 1840. Mami Corso choisit les hauteurs de. la Casba pour élever son palais entre la rue de Staouéli et la rue Bleue. Mais, à côté de ces nouveaux palais d'autres furent réédifiés et embellis.

Il y avait à cette époque d'abord le vieux palais des Sultans de l'époque romaine et berbère' où logèrent les Rois Mérinides, Hafsïtes, Almohaves et autres conquérants d'EI Djedzaïr avec toutes leurs annexes se trouvant situés tout à l'entour dans les rues du Soudan, du Divan et Socgéma. Tout à côté de ce que l'on appelait la Vieille Maison des Sultans, il y avait le Palais des Ecuyers de la Maison du Roi qui est le Palais d'Hiver. Dans la rue Bruce existe encore là un très vieux palais signalé sur le plan de 1575, c'est le palais de Chiobali qui est destiné suivant le plan de démolissement à disparaître sous la pioche des démolisseurs, c'est où se trouve l'école des filles à l'extrémité de la rue Bruce. Cet ancien palais est peut être le seul spécimen bien conservé du type des palais construits bien avant l'occupation des Turcs, en sous-sol existent de nombreux bagnes qui étaient la propriété d'Ali Bitchini lequel fit élever la mosquée à laquelle succéda sans transformation l'église de Notre-Dame-des-Victoires en 1844. Cette ancienne mosquée devenue église catholique est aussi appelée à disparaître sous peu.

Dans le quartier de l'Ancienne Préfecture existait le Palais de Hayayabaï, situé entre la rue de la Charte et la rue Duquesne, c'était l'ancienne Médersa, maison mauresque de style ayant un encadrement de porte de roses et de tulipes en fronton du plus bel effet, l'intérieur est du plus pur style mauresque. Cette belle maison, cet ancien palais disparaîtra comme malheureusement quantité d'autres.

Presqu'en face du numéro 1 0 de la rue de la Charte au numéro 5 se voyait, en 1575, le palais de l'un des rois de la course celui de Ali Amat. C'était avant la guerre un merveilleux palais où se montraient dans toute leur beauté près de quatre cents mille faïences de Gênes et de Delft qui ont été pillées par le vandalisme moderne et dont plus de la moitié furent brisées et inutilisées.

Il existait aussi dans le quartier de l'Ancienne Préfecture plusieurs bagnes voisinant avec des palais, tels que le bagne de Djaloche Raïs entre la rue des Consuls et la rue d'Orléans et celui de Mami Raïs, vers le numéro 22 de la rue de la Casba. A l'extrémité de la rue Bab-el-Oued se trouvait un bagne sans nom ; mais, le plus important du quartier était celui de Chiobali où étaient parqués comme des animaux plus de quatre cents esclaves chrétiens ; l'entrée de ce bagne était situé dans la rue Charles-Quint et devant l'église de Notre-Dame des Victoires, ce bagne existe encore de nos jours et appartient à la ville d'Alger.

Il y a deux étages souterrains en parfait étdt de conservation, tout le sous-sol est de l'époque romaine avec l'appareillage en briques assemblé en opus spicotum imitant l'arête de poisson comme le faisaient les romains. Nous avons trouvé dans une fouille que nous y avons fait et découvert des blocs de marbre blanc de Carrare, dans des déblais jetés dans cette parlie de ce bagne, l'on y trouvera lors de la démolition de ce monument des choses très intéressantes, car des souterrains se poursuivent dans la direction de la rue Bruce sous le palais même de

Chi°bQli- Henri MURAT.


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L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

En marge des " Journées du Mouton "

Une interview du Docteur Veyre

Le Maroc peut et doit produire de l'Astrakan

Les récentes " Journées du Mouton " qui ont eu lieu à Casablanca ont obtenu un succès sans précédent, parfaitement explicable par l'importance du troupeau marocain. Les sujets bien nourris ne manquèrent pas pour témoigner de l'excellence du cheptel local. Cependant, un exposant fut entre tous distingué pour l'originalit et la valeur de ses spécimens, et cet exposant fut évidemment le docteur Veyre dont l'esprit créateur a conçu depuis sept ans la possibilité, d'acclimater au Maroc le précieux mouton caracul dont l'agneau fournit la fourrure d'astrakan.

L'idée originale a fait son chemin. L'innovateur a déjà prouvé que ces ovins de luxe s'accommodaient de notre climat. Il reste à persuader les éleveurs du Maroc et de l'Afrique du Nord en général que cet élevage peut constituer pour eux une source facile et sûre de revenus.

Le docteur Veyre consacre beaucoup de lui-même à cette oeuvre de vulgarisation qu'il serait si désirable de voir aboutir, à cette oeuvre désintéressées dont il est le mécène passionnée. Il nous a permis de visiter son extraordinaire ferme de Dar Bouazza qui est située à 25 kilomètres de Casablanca, aux abords de la route de Mazagan. Les animaux précieux y pullulent, depuis les autruches jusqu'aux rarissimes pintades de Zanzibc, C'est là que sont parqués les cent vingt moutons Bo; khara ou moutons caraculs du Docteur. Quelques

Agneau astrakan de l'élevage du docteur G. Veyre (Casablanca). On remarque les ondulations soigneuses qui font la valeur de la fourrure.

Agneau astrakan de l'élevage du docteur Veyre, iigé de trois jours.

agneaux nouveaux-nés gambadent sous nos yeux, vêtus de la somptueuse fourrure noire et bouclée que les fourreurs vendent des prix fous à nos femmes. Ce sont vraiment les « montons en manteaux » dont il est question dans le beau voyage de Ciboulette. Nous nous permettons de poser quelques questions au souriant ami des bêtes de luxe :

—- Quelles sont les origines du mouton caracul que vous avez eu le bonheur d'acclimater au Maroc ?

-■— Le caracul, ou mouton de Boukhara est originaire de Boukharie, région de la Russie du Sud, située au Nord de la mer Caspienne. Les troupeaux y étaient nombreux avant-guerre. Mais la révolution est venue et les nécessités du ravitaillement s'étant faites impérieuses, les bêtes à fourrures furent anéanties. Depuis quelques années, désireux de reconstituer le cheptel décimé, l'Emir de Boukharie en a interdit l'exportation. Mais des élevages s'étant constitués avant la guerre en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie, Il m'a été possible, il y a sept ans, de me procurer quelques sujets. '«.

—— La preuve est faite que le caracul s'accommode élevage a-t-il tenté les colons marocains ? de nos pays. Mais depuis les premières expériences son

— J'ai eu la satisfaction de faire quelques émules : Le marquis de la Tourette, colon à Marrakech et M. Rabut, colon à Fez qui ont d'ailleurs exposé aux " Journées

Journées Mouton » ; M. Paguon, colon à Meknès et M. Peloux, colon à Marrakech. Ce dernier se consacre à ce passionnant élevage depuis cinq ans.

— Est-il facile, pour un colon marocain de se livrer à l'élevage du Boukhara ?

— Extrêmement facile et peu coûteux. La tentative est surtout sans aucun risque. Le colon se procure simplement un bélier de race pure que, désireux de vulgariser, nous lui cédons au prix extrêmement avantageux de mille francs. Il n'aura plus qu'à faire couvrir ses brebis ordinaires par ce bélier pour obtenir les agneauxastrakan que l'on tue trois jours après leur naissance pour recueillir leur toison.

— Les profanes croient que l'astrakan provient des agneaux mort-nés. Certains prétendent même que l'on tue la mère pour avoir la peau du petit qu'elle porte...

— Tuer la mère ! mais y pense-t-on ? C'est une erreur trop commune qu'il faut combattre. Quant au mort-né qui est un résultat involontaire et accidentel, il donne les rarissimes fourrures de Breichwantz que l'éleveur vend au bas mot 1.000 francs pièce.

— Vous m'avez dit que l'élevage du mouton de Boukharie ne présentait aucun aléa. N'est-ce pas le point de vue optimiste du créateur ?

— Mais pas le moins du monde. J'ajoute, et je vais vous le prouver, que cet élevage ne peut présenter que des avantages en marge de la production de fourrure.

La présence du bélier Boukhara dans un troupeau l'améliore en renouvelant son sang qui risque de s'appauvrir par la consanguinité. Les animaux provenant du croisement donnent une viande améliorée qui se rapproche de celle du chevreuil et fournissent deux fois plus de laine que les moutons ordinaires. Cette laine est bien plus résistante que l'autre à la traction. Ce sont d'ailleurs ces qualités qui ont fait la réputation des fameux tapis de Boukharie.

Enfin, avantage appréciable, comme l'agneau est tué au troisième jour, la mère ne nourrit plus et reprend le bélier quelques jours après sa mise à bas. Elle fait ainsi deux portées par an de chacune un agneau, quelquefois deux...

Le docteur Veyre nous fait toucher quelques spécimens de peaux d'astrakan brutes. Elles sont identiques à nos yeux. Mais nous apprenons vite à distinguer l'ondulation merveilleuse du poil qui distingue les plus rares et les plus riches. Cette fourrure bouclée mais laineuse ne vaut pas cent francs. Mais cette peau au poil soyeux roulé en bouclettes luisantes est une réplique de la toison d'or. Elle vaut mille francs. Habituellement, ces fourrures sont noires ; mais il y a des astrakans gris, marrons. Ce sont les plus précieux et le docteur les accouple spécialement. Les résultats obtenus sont merveilleux. Ils sont la preuve indéniable que le Maroc

Plîoto C.nssuto. Le docteur Veyre pratique aussi " l'art d'èlre grand père ».


I 'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

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peut produire normalement de l'astrakan de la meilleure qualité. Mais cependant une question brûle mes lèvres :

— L'élevage du Boukhara est, en vérité, une entreprise bien séduisante pour nos colons. Assez attirante pour qu'ils y viennent tous dans un avenir prochain. Mais les fourrures que le Maroc produira, pourra-t-il les exporter ?

— Très aisément. Les marchés européens nous seront ouverts. Ils sont loin d'être saturés par les producteurs actuels qui sont peu nombreux. D'ailleurs la France seule importe annuellement trois cent mille peaux d'agneau astrakan qu'elle achète en Russie, en Pologne, en Tchécoslovaquie. Cela représente environ un achat de deux cent millions de francs que le Maroc pourrait se faire pratiquement réserver par la Métropole. Notre production concurrencerait ; d'autre part, sans grande difficulté, la production polonaise ou russe sur les autres places d'Europe. L'Amérique enfin, qui est la plus considérable importatrice d'astrakan nous ouvrirait ses marchés...

Nous prenons congé du docteur Veyre.

Nous sommes séduits par la bonhommie, par la simplicité avec laquelle il nous a résumé sept ans de persévérant effort. Son sourire apaisant nous dit mieux que ses paroles la certitude d'avoir encore une fois réussi dans une oeuvre lourde d'espérances pour la colonisation locale. Nous devons faire 'confiance au docteur, en nous souvenant de son passé.

Cet homme prodigieux se passionna pour le Maroc d'Abd-el-Aziz et servit celui de Lyautey, son ami. Il se passionna pour la T.S.F. à ses premiers balbutiements et fut sacré Père de la Radiophonie marocaine, actuellement si florissante... Il s'est passionné enfin pour l'élevage du mouton caracul et, après des années d'expérience, il nous dit que de là doit naître la prospérité du colon marocain. Nous devons cette fois encore écouter les conseils du docteur Veyre, le trop modeste savant qui, dans sa retraite du boulevard Moinier, se pencha affectueusement sur les destinées de ce Maroc qu'il a vu naître.

C. S. H.

L'activité du Service des Habous à Oujda

Un des principaux édifices religieux d'Oujda (la mosquée Djemaa-el-Kébir), qui aurait été construite sous le règne du sultan mérinide Abbou Youssef, aux environs de l'an 1295, est actuellement en pleine transformation.

Depuis un certain temps déjà apparaissait la nécessité de doter la grande ville de l'Oriental d'un lieu de prières beaucoup plus en rapport avec l'importance prise par la cité et le développement de sa population musulmane.

En étroite liaison avec les éléments et les notabilités indigènes, une étude de cette question fut entreprise. Elle a heureusement abouti et dans quelques semaines,

Le minaret de la mosquée Djemaa-el-Kcbir

L'élal actuel du Tribunal du Pacha

Photo BenlKuiiou.

ce temple de la prière, entièrement rénové, offrira à ses fidèles, des espaces plus dégagées, de l'air et de la lumière à profusion.

On a d'abord voulu libérer la mosquée Djamaa-elKébir des servitudes qui l'étouffaient. Pour ce faire, les bureaux du Cadi et de ses adouls d'une part et la Médersa qui s'y trouvait enclose, d'autre part, vont pouvoir, grâce à des acquisitions de terrains effectuées

Un aspect des travaux il la mosquée Djcmaa-el-Kebir

à bon compte aux environs, être transférés à proximité et procurer par voie de conséquence, au sanctuaire proprement dit, une superficie largement accrue.

Sur cette surface ainsi dégagée, on élève actuellement 56 piliers supplémentaires qui vont permettre de porter à plus de 50 mètres la longueur et, en un certain point, à près de 30 mètres la largeur de la salle de prières.

Deux superbes vasques, entièrement en marbre dans lesquelles une eau abondante et claire sera renouvelée en permanence, compléteront l'ensemble harmonieux d'une cour intérieure dont le pavage en mosaïque est effectué par des artisans indigènes de talent, venus spécialement de Fez à cet effet.

Les moyens d'accès et les dégagements ont été augmentés. Une nouvelle entrée a été percée sur la rue Ouled-Aïssa dans la rangée des boutiques adossées à la mosquée. Dans l'axe, et en face de cette porte, a été prévu l'emplacement du Mihrab, légèrement décalé.

Une autre porte va également être ouverte au pied du minaret et au droit des deux sanctuaires vénérés de Sidi-Chaïd et de Sidi-Abdesslem qui, séparés de l'édifice principal par un mur mitoyen, conserveront une indépendance à laquelle certains milieux indigènes se montrent très attachés.

La mahakma du Cadi sera réinstallée dans des locaux adossés à la mosquée où ses importants services se trouveront désormais à l'aise. Une grande salle d'attente, largement aérée et dotée d'une fontaine arabe aux revêtements riches de coloris et variés de tons, servira de dégagement spacieux aux bureaux du Cadi et de ses adouls.

En s'évadant de la mosquée, dont elle ne sera d'ailleurs séparée que par un mur, la nouvelle Médersa acquiert, elle aussi, une surface et une indépendance qui lui faisaient totalement défaut dons l'ancienne organisation. Une distribution heureuse dans des bâtiments neufs a placé les chambres d'étudiants autour d'un patio artistiquement décoré. Une chambre des prières, une salle des morts, une cour et des commodités

complètent l'installation du rez-de-chaussée. Les chambres prévues au premier étage permettront d'accueillir d'autres étudiants.

Malgré le gros effort ainsi réalisé auquel l'administration régionale et son chef, M. Lavondès, consul • général de France, ont grandement contribué, cet ensemble de travaux ne constitue pas la limite des efforts que se sont imposés les services des Habous qui, sous le haute direction de M. Torre et l'active et inlassable impulsion locale de M. Antona, commissaire du Gouvernement chérifien, poursuivent encore la réalisation d'autres intéressants projets.

Parmi ceux-ci, tous importants à différents titres et qui ont reçu ou vont incessamment recevoir un commencement d'exécution, on doit citer le déplacement et la reconstruction de la mosquée du Dar-el-Maghzen, l'édification des bureaux et du logement du Nadir des Habous et l'aménagement en boutiques destinées au commerce, de l'ancien hospice du dar Cheikh Ali.

La transformation du Tribunal du Pacha qui est également décidée, demandera un effort financier particulièrement sérieux, réalisé en quatre tranches.

La mosquée du Dar-el-Magzen, relevée de ses ruines, fera également partie de ce groupe de travaux.

En ce qui concerne la Nidara des Habous, évincée de la mosquée Djamaa-el-Kébir, on peut prévoir l'installation rapide du Nadir et de ses adouls dans un immeuble neuf, en dehors de l'enceinte de la ville.

Enfin, on récupérera pour le commerce, les locaux de l'hospice du dar cheikh Ali ou des boutiques, très voisines du marché indigène d'alimentation, bénéficieront d'un emplacement de choix.

Le cadre de cet article est trop restreint pour mettre en lumière l'effort accompli et poursuivi sans arrêt.

Il n'est toutefois pas sans intérêt de souligner à cette occasion le souci qui n'a cessé d'animer l'Administration à l'égard des indigènes.

Jean de SIVRY.

Pholos IU-ty. L'emplacement de la nouvelle sidle îles prières


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L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Une scène de « Au bout du Monde

CINEMAS

Au bout du Monde

Nous sommes en 1928, à Kharbine, en Mandchourie, pendant la guerre des généraux qui opposait alors les armées du Sud aux armées du Nord.

Plus de discipline, seule la force, la force armée compte. Un groupe d'une vingtaine de réfugiés politiques européens venant de Russie, sous la conduite d'un ingénieur, Laudy, et de sa soeur, Christine, essaie de passer à travers les mailles du gigantesque filet qui se resserre autour d'eux.

Partout on oppose à leurs demandes de secours une apathie qui les exaspère : les concessions internationales leur refusent l'entrée, les commissions se désintéressent de leur sort et, finalement, réduits à leurs seuls moyens, les malheureux se réfugient dans la gare de Kharbine

qup les Chinois bombardent sans répit.

Un Français, Arnaud, dont la tisanthropie s'exhale en propos cyniques paraît leur venir en aide. Il prétend avoir rompu depuis longtemps avec l'Europe et en être bien aise. Mais, au contact de ces fugitifs, il est repris par l'amour de son pays. Il se joint à la petite troupe dont il prend en quelque sorte le commandement, tandis que Laudy s'écroule en proie à un accès de paludisme.

Sous l'autorité clairvoyante de ce chef jeune et énergique, les fugitifs se ressaisissent et profitent de la nuit pour mettre une locomotive sous pression et réparer la voie, qui a été coupée sur plusieurs mètres. La nuit s'écoule après de nombreux incidents dramatiques. Au lever du soleil le train se met en marche sous une salve de coups de feu, en direction de Tschangtschun, Moukden, Dairen, Shanghaï, Colombo, vers Marseille, l'Europe et la liberté.

On dut constater qu'il n'existait pas de guerriers pourvus de « bacchantes ».

Il fallut se résigner à recourir aux ser/ices du Département du maquillage qui ut obligé d'employer un important métrage de « crêpé » pour fournir aux figurants cet ornement destiné à leur donnei une allure martiale.

Un Club placé sous le signe de " Cendrillon "

Un club, de création toute récente, réunit chaque jeudi • et chaque dimanche de jeunes spectateurs férus de cinéma qui, à l'exemple de leurs aînés, savent, à l'issue du spectacle, exprimer leur opinion et la motiver au cours de débats marqués au coin du bon sens.

Car la raison et la^ sagesse ne sont pas toujours l'apanage exclusif des gens dits « sérieux »...

Ce club, dont les membres ne doivent pas avoir plus de quinze ans, s'est placé, en choisissant son titre, sous l'égide de Cendrillon. C'est le " Club Cendrillon ": Ses premières réunions, organisées par Madame Sonika-Bo, ont connu un succès de bon aloi qui permet de lui prédire une longue et heureuse existence.

Pourquoi avoir choisi pour nom " Cendrillon " ? N'est-ce pas un hommage à la fois à la plus séduisante héroïne des Contes de fées qui bercèrent notre enfance et au délicieux dessin animé en couleurs, qui vient, en coup de foudre, de conquérir Paris et qui a fait apparaître ... mignonne et amusante Betty Boop sous un aspect nouveau et charmant ?

Les membres du " Club Cendrillon ", après avoir applaudi, pour leur séance d'inauguration, " Le Petit Roi ", se disposent à applaudir... et à " juger ", au cours de la saison, tous les films " de leur âge ". Gageons qu'ils n'oublient pas leur amie Betty-Boop-Cendrillcn !

La Critique

Fedora

La critique n'est certes pas infaillibe et il peut arriver à certains chroniqueurs d'émettre un avis qui soit, sinon partial, tout au moins arbitraire, mais de là à classer parmi les productions médiocres un film qui présente, précisément, tous les éléments d'attraction susceptibles d'intéresser les foules, il y a une marge que nous devons respecter.

Pour tout avouer, nous croyons sincèrement que la mauvaise presse dont on a gratifié FEDORA à sa sortie sur les écrans de Paris, est le résultat normal d'une cabale bien menée, ayant pour origine des circonstances que nous voulons ignorer. La cabale « se porte » d'ailleurs de plus en plus dans les milieux cinématographiques de la Métropole. Tout ré-emment, la présentation en exclusivité de PAQUEBOT TENACITY nous a donné

un nouvel exemple de ce que peuvent la jalousie et la veulerie lorsqu'elles s'allient contre l'intelligence. Mais nous reparlerons de tout cela au moment opportun.

Pour en revenir à FEDORA, disons seulement que c'est le type même du « film public », avec un scénario solidement construit, un rythme toujours soutenu tant dans les dialogues que dans l'image, et une interprétation fort bien comprise où Marie Bell réussit l'une de ses meilleures créations à l'écran aux côtés d'Ernest Ferny, d'Edith Mera, de Jean Toulout et du petit Alexandre de Scriabine dont on aurait tort de ne pas utiliser plus souvent les jolies qualités de comédien.

Louis Gusnier, qui signa jadis les inoubliables MYSTERES DE NEW-YORK n'a jamais eu, que nous sachions, la prétention de faire de. FEDORA une oeuvre d'exception susceptible de figurer dans une anthologie du cinéma. Il a voulu, seulement, nous proposer un film largement attrayant : à ce point de vue, il a parfaitement réussi.

André SARROUY.

Dernières Nouvelles

A Berlin

Sous la supervision de Raoul Ploquin, on réalise actuellement à Neubabelsberg, dans les studios de la UFA, trois grands films qui seront les premiers de la production 1935-1936 de l'A.C.E.

1° LE DIABLE EN BOUTEILLE tiré de la nouvelle-de Stevenson, est une production C. Ritter, mise en scène par H. Hilpert et R. Steinbicker. Les principaux rôles sont tenus par Pierre Blanchard, Kate de Nagy, Azaïs, Gina Manès, Gabriel Gabrio, Roger Karl, Marco, Malkine, Daniel Mendaille et Henry Bosc. Collaboration française et dialogues de Serge Véber.

2" LE BARON TZIGANE, production Bruno Duday, réalisée par K. Hartl, est interprété par Adolph Wohlbruck, le jeune premier de « Georges et Georgette », Jacqueline Francell, Danièle Parola, Gabriel Gabrio, José Noguerro, Henry Bosc, Maximilienne, Bill Bockets. Dialogues français d'André Mauprey. Collaboration française de Henry Chomette.

3" Les prises de vues du prochain film de la production Bruno Duday, dont le titre n'est pas encore choisi, vont commencer incessamment, sous la direction de Serge de Poligny.

Par ailleurs, on prépare très activement deux films de la nouvelle production 1935-1936 de la UFA : BARCAROLLE, une superproduction Stapenhorst, accompagnée, comme son nom l'indique, par la célèbre musique d'Offenbach et mise en scène par Gérard Lamprecht, le metteur en scène de TURANDOT, PRINCESSE DE CHINE et AMPHYTRION, que Reinhold Schùnzel réalisera également pour la production Stapenhorst.

La Semaine Cinématographique

L'Algérie, premier studio du monde

Julien Duvivier a commencé la réalisation de GOLGOTHA

Retardée par la démolition accidentelle d'une partie des décors construits sur le terrain de Fort-de-l'Eau, la réalisation des extérieurs de GOLGOTHA vient enfin d'être entamée par Julien Duvivier, dont le séjour parmi nous doit se prolonger jusqu'au 15 janvier.

Le travail de plein-air constitue, en effet, les trois quarts du film et va nécessiter la présence d'une figuration monstre tant indigène qu'européenne. Trois mille personnes ont déjà été pressenties.

Nous publierons bientôt un important reportage sur les prises de vues de cette oeuvre grandiose qui pourra avantageusement rivaliser avec les productions à

grande mise en scène issues des studios californiens.

« On demande des figurants portant la moustache »...

Hollywood manque de figurants portant la moustache !

La capitale du film possède, on le sait, la réputation de pouvoir fournir, à toute demande des grands studios californiens, les artistes où les figurants les plus variés : depuis les Hindous enturbannés jusqu'aux Tyroliens ou aux naturels des îles Fidji. Tous les échantillons d'humanité y sont représentés.

On vient cependant de constater qu'il est impossible de trouver à Hollyowood 200 gaillards solides et bien plantés, portant crânement la moustache ! La plupart des « extras » sont glabres.

Paramount avait besoin récemment de ces 200 soldats pour « THE PURSUIT OF HAPPINESS » (La Course au Bonheur).

Marie Bell, l'émouvante interprète de « Fédora ».


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