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Title : La Pédiatrie pratique : journal de clinique et de thérapeutique infantiles / rédacteur en chef Dr E. Ausset,...

Publisher : (Lille)

Publisher : [s.n.] (Étampes)

Publisher : Maloine (Paris)

Publication date : 1904-12-01

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 22499

Description : 01 décembre 1904

Description : 1904/12/01 (A2,N39).

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5541190c

Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 4-T37-173

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32834751f

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 01/12/2010

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39. — 2e ANNÉE. — N° 23. LE NUMÉRO : 15 CENTIMES 1er DÉCEMBRE 1904.

SOMMAIRE :

TIUVAUX OU'GINAUX : Traitement des gastro-enloritos aiguës et chroniques chez les enfants par le Babeurre, par le Dr E. Decherf, de Tourcoing. — Forme respiratoire îles réactions encéphalo-méningées au cours des infections diirestives de l'enfance, par le docteur P. Nobécourt. — Traitement des teignes tondantes par la radiothérapie, par le docteur B Auché. —A propos du laildestinoaux classes ouvrières, par le docteur A. Hauser (de Paris). — ANALYSES. - VAIUÉTKS ET NOUVELLES. — HIIILHIGIIAPIHK.

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Nos abonnements partent toujours du 1er Mai. Les souscriptions reçues dans l'intervalle sont reportées à cette date et nos nouveaux abonnés reçoivent les numéros parus depuis le 1er Mai précédent.

La première année de la Pédiatrie pratique est en vente aux Bureaux du Journal, au prix de 6 fr. pour la France, 7 fr. pour l'étranger <franco).

TRAVAUX ORIGINAUX

TRAITEMENT DES GASTRO-ENTÉRITES AIGUËS ET CHRONIQUES CHEZ LES ENFANTS PAR LE BABEURRE

Par le docteur E. DECHERF, de Tourcoing (I).

Bibliographie. — Lors de la récente épidémie de gastro-entérite aiguë qui a sévi avec tant d'intensité à Tourcoing et dans tout le nord de la France, j'ai remarqué que, malgré la diète hydrique, imposée dès

(1) Communication faite au Congrès de Médecine de Paris dans la séance du 20 octobre, 1904.

le début de la maladie, les accidents d'intoxication, au lieu de diminuer d'intensité, allaient souvent en s'aggravanl. Que de fois n'ai-je pas assisté, impuissant et malgré tous mes efforts, à un dénouement fatal !

Durant les trois mois de juillet, août et septembre 1904, il est mort à Tourcoing, ville de 80.000 habitants, 103 enfants,, de 0 à 1 an de gastro-entérite ; or on y enregistre chaque année environ 1.800 à 2.000 naissances.

J'étais frappé aussi de voir combien la diète hydrique avait eu peu d'action chez les survivants, alors qu'elle avait donné des résultats si remarquables dans les épidémies précédentes. En voici un exemple typique : je donnais mes soins depuis 5 semaines à un enfant de 4 mois, atteint de gastro-entérite aiguë, il prenait de l'eau bouillie légèrement sucrée, on lui faisait chaque jour de grands lavages d'intestin, on avait essayé aussi le bismuth, malgré tout cela, la diarrhée persistait comme au 1er jour. L'enfant dépérissait à vue d'oeil, les parents s'inquiétaient. Voyant les cas de ce genre se multiplier, j'ai essayé le babeurre d'abord chez quelques enfants atteints de gastro-entérite et quel ne fut pas mon étonnement de voir mes tentatives couronnées d'.un plein succès. Ainsi, l'enfant dont il est question plus haut fut guéri en 6 jours et reprit très vile ses forces. Et pourtant, il avait de la diarrhée jaune-verdàtre depuis 5 semaines, malgré la diète hydrique,et était soignée par des parents très intelligents.

Encouragé par ces premiers résultats, je résolus


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LA PÉDIATRIE PRATIQUE

d'employer le même traitement chez tous mes autres petits malades, très nombreux à cette époque et qui ne retiraient aucun bénéfice de la diète hydrique. A tous ces enfants fébriles ou non, atteints soit de gastroentérite aiguë plus ou moins grave, soit même de choléra infantile bien caractérisé, soit de gastro entérite chronique, j'ai ordonné le babeurre. Grâce à ce traitement, j'ai obtenu des résultats bien supérieurs à ceux que m'avaient donnés les autres méthodes de traitement dans les épidémies précédentes. Et je ne crois pas imprudent d'avancer que le babeurre frais, sans falsifications, doit être considéré comme un spécifique dans le traitement des gastro - entérites aiguës et chroniques des enfants.

J'ai essayé le même traitement dans trois cas d'entéro-colite muco-membraneuse chez l'adulte pendant une crise aiguë et j'ai été surpris des excellents résultats obtenus dans ces trois cas.

Cette méthode de traitement n'est pas neuve ; depuis de longues années déjà, certains médecins hollandais en avaient fait le sujet de leurs études ; les travaux de BALLOT en 1865 et de JAGER en 1895 témoignent de ce fait.

En 1900, HOUWING fait paraître une monographie sur le sujet.

Vers 1900 aussi, le babeurre commence à être expérimenté par les médecins allemands, SOLSMANN, HEUBNER et SCHLOSSMANN obtiennent d'excellents résultats dans le traitement des affections gastro-intestinales chroniques.

En janvier 1902,TEIXEIRA DE MATros,de Rotterdam, relate dans une brochure très intéressante le résultat de ses observations.

SALGE et CARO en 1902 aussi font paraître chacun un travail indiquant les bons résultats obtenus par le babeurre dans la clinique de HEUBNER et dans le service de BAGINSKY.

En 1903, le docteur jAConsois,de Bucarest,et le docteur ARRAGA,de Buenos-Ayres ; en 1904 le docteur de JAGHER, de Liège, et le docteur CARDAMATIS, d'Athènes, publient le résultat de leurs observations sur le même sujet.

Malgré toutes mes recherches bibliographiques, je n'ai trouvé trace nulle part de l'emploi du babeurre en France dans les aiïections gastro - intestinales des enfants. A l'étranger, CARO seul a employé le babeurre dans les entérites aiguës,, je crois que ce mode de licitement

licitement pas encore élé employé dans le choléra infantile.

J'ai fait partager mes idées à mon confrère et ami le docteur FLOUQUET de Malo-les-Bains, nous avons employé le babeurre chez deux enfants que nous avons vus ensemble, l'excellent résultat obtenu,après l'échec de la diète hydrique, l'a fait persévérer dans cette voie el,à son tour, il a employé le babeurre chez ses petits malades atteints de gastro-entérite.

Composition du Babeurre. — Le babeurre ou lait de beurre ou lait battu est le résidu du barattage de la crème ou du lait après que le beurre a été recueilli. Dans les fermes, on ne trouve, en général, que^du babeurre préparé avec de la crème légèrement aigrie, on peut aussi le préparer facilement à domicile avec du lait aigri, sa composition serait presque identique au précédent. Il est d'ailleurs préférable de préparer le babeurre soi-même avec du lait aigri, on obtient ainsi un produit irréprochable comme qualité. Dans les grands centres, comme Paris, où il serait presque impossible d'obtenir du babeurre frais, provenant directement du barattage de la crème, je conseille vivement cette façon de faire, en temps d'épidémie; avec du lait aigri, il est toujours facile d'avoir du babeurre bien frais.

Le babeurre est un aliment dont les qualités nutritives ne sont pas à négliger, j'ai pu en juger par sa composition chimique. Il contient une assez forte proportion de matières grasses, 4 à 7 grammes par litre, presque toutes les matières albuminoïdes du lait frais, 35 à 38 grammes, une assez grande quantité de lactose,.10 à 22 grammes, des quantités notables de sels, en particulier des phosphates et des chlorures, et enfin de l'acide lactique, environ 75 centigrammes, quand le babeurre est frais. Cette acidité du babeurre augmente d'heure en heure à mesure qu'il vieillit.

Administration du Babeurre. — Je donne aux enfants atteints de gastro entérite aiguë ou chronique, toutes les 3 heures un biberon de babeurre cuit et additionné de sucre de betterave (75 gr.), j'ai adopté les mêmes doses que pour le lait. Pendant le traitement au babeurre, j'ai abandonné tous les moyens thérapeutiques employés jusqu'ici : calomel, bismuth, benzonaphtol, etc., je ne donne plus aux enfants de lavage d'intestin. Je ne parle pas, bien entendu, des injections de sérum artificiel qu'il est toujours indiqué de faire dans les cas graves de choléra infantile


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Indications. — 1° Dans le choléra infantile, il peut paraître téméraire de donner du babeurre comme seul traitement à un enfant atteint de choléra infantile, aussi n'est ce pas sans appréhension que je l'ai essayé pour la première fois. C'était chez un enfant dont la situation était très grave, malgré la diète hydrique il dépérissait chaque jour. Devant l'insuccès du traitement classique, et ayant constaté les bons effets du babeurre dans des cas de gastro-entérite aiguë. Je lui ai donné du babeurre. J'ai essayé ce traitement chez trois enfants atteints de choléra infantile, un seul est mort. 36 heures après le début du traitement. Dans ces 3 cas, le traitement fut commencé au moment où les phénomènes infectieux semblaient devoir amener une mort certaine à bref délai ; deux enfants ont survécu, je crois pouvoir dire qu'ils ont été sauvés grâce au babeurre, l'un d'eux dépérissait malgré la diète hydrique.

2° Dans les gastro-entérites aiguës, graves, fébriles ou non Je savais que CARO avait employé le babeurre dans l'entérite aiguë et en avait obtenu d'excellents résultats, là où la diète hydrique ne réussissait pas. il n'y avait pas à hésiter, je résolus d'essayer le babeurre. Il fit merveille, car sur 22 enfants traités, aucun n'a succombé, 8 pourtant étaient très gravement atteints et quelques uns ont eu des maladies intercurrentes, telles que la rougeole et la pneumonie.

Le babeurre semble être le spécifique dans les cas de ce genre il modifie en quelques heures les selles des enfants, et plus souvent en 48 heures, la diarrhée est sinon guérie, du moins très améliorée. L'amélioration de l'état général est encore plus rapide et plus surprenante, l'enfant a encore de la diarrhéa et déjà il est gai, rit, ne pousse plus de cris plaintifs et dort d'un sommeil calme et réparateur.

3° Dans les gastro-entérites chroniques. Tous les médecins Hollandais et Allemands qui ont essayé le babeurre, en ont toujours obtenu des résultats remarquables dans les traitements des gastro-entérites chroniques ; TEIXEIRA DE MATTOS, SALGE, CARO"onl publié à ce sujet des observations très intéressantes ; elles démontrent que le babeurre est pour l'enfant atteint de gastro-entérite chronique non seulement un aliment de tout premier ordre mais aussi un médicament spécifique qui amène ta guérison en quelques jours. J'ai constaté les excellents effets du babeurre dans plusieurs cas de ce genre et notamment chez 4 enfants qui ont été guéris en quelques jours, bien que l'un

d'eux fût malade depuis plus d'un an et qu'un autre âgé de 8 mois fût un dyspeptique de naissance chez qui le lait, de femme et les autres laits n'avaient donné aucun résultat.

Action du Babeurre: — Le fait le plus remarquable dans l'action du babeurre, c'est l'amélioration presque instantanée de l'état général de l'enfant ; si l'enfant est chagrin, pousse des cris plaintifs, ne dort pas, a le faciès caractéristique de la gastro-entérite, en 24 heures, le changement est opéré, on apprend que l'enfant a passé une bonne nuit, qu'il est plus gai, et qu'il paraît souffrir beaucoup moins.

Cette métamorphose apparaît en général bien avant qu'une modification ne se produise du côté des selles. A sa vue, on peut porter un pronostic favorable et annoncer une guérison prochaine. Grâce au babeurre les selles de l'enfant se modifient très vite, elles deviennent moins abondantes, l'enfant ne va plus en jet, de vertes elles sont jaunes, la fétidité disparaît. Puis, les selles sont plus consistantes, pour devenir bientôt tout à fait moulées.

Conclusions. — J'adopte volontiers les conclusions que m'envoyait le Dr FLOUQUET à la suite des essais qu'il a bien voulu entreprendre d'après mes conseils avec le babeurre :

.1° Généralement, le babeurre est très bien accepté des enfants qui le prennent plus volontiers que l'eau bouillie sucrée, malgré les quelques vomissements qu'il occasionne parfois.

2° Là, où les régimes et les médicaments employés en pareil cas, n'avaient rien donné, le babeurre seul a amené un changement radical tant au point de vue local qu'au point de vue général.

3° En même temps qu'un médicament qui, pour certaines formes de diarrhée, paraît être un spécifique, le babeurre est un aliment qui permet aux enfants de faire les frais de la maladie et même d'augmenter de poids.

4U A ceci, j'ajouterai que le babeurre trouve ses indications aussi bien dans les formes chroniques que dans les formes aiguës, graves ou non, de la gastro-entérite et même qu'il doit être essayé dans le choléra infantile.

5" Il y a grand intérêt à propager dans notre pays, où il meurt chaque année tant d'enfants de gastroentérite, un traitement aussi simple, aussi efficace et i qui se trouve à la portée de lous les médecins, grâce à


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la facilité de la préparation du babeurre à domicile. La France en retirerait chaque année un bénéfice considérable par le grand nombre d'enfants conservés à la vie. —

[A la dernière séance de la Société de Pédiatrie de Paris, M. le docteur Guillemot, chef de clinique, a fait sur ce même sujet une très intéressante communication. Nous la donnerons dans notre prochain numéro, ainsi que les résultats de notre expérience personnelle].

Dr E. A.

FORME RESPIRATOIRE DES RÉACTIONS ENCÉPHALO-MÉNINGÉES AU COURS DES INFECTIONS DIGESTiVES DE L'ENFANCE

Par le Dr P. NOBÉCOURT,

Chef du laboratoire de l'Hospice des Entants-Assistés (1).

Les symptômes méningés que l'on observe au cours des infections gastro-intestinales de l'enfance consistent le plus souvent dans des convulsions généralisées ou localisées aux yeux, à la face, aux membres, dans de la raideur des membres et de la nuque, dans le signe de KERNIG, dans du strabisme. A ces symptômes s'ajoute, dans certains, cas, de l'irrégularité du pouls et de la respiration ; celle-ci est profonde,xsuspirieuse, ralentie, inégale avec des pauses et des arrêts. Mais d'une façon générale, ces troubles respiratoires sont minimes en comparaison des autres phénomènes, et l'on peut dire, avec le professeur HUTINEL (2) que « le pouls se modifie peu, de même que la respiration, dans les méningites séreuses au cours des gastro-entérites D.

Il est cependant des cas, dans lesquels les convulsions et les contractures sont très atténuées ou même manquent, et dans lesquels par contre, les troubles respiratoires prennent une place prédominante. Ces faits sont relativement rares et il semble que l'attention n'ait pas été suffisamment attirée sur cette forme clinique. Aussi croyons-nous intéressant de publier les deux observations suivantes, recueillies à l'Hospice des Enfants Assistés, dans le service du professeur HUTINEL que nous suppléions.

(1) Communication à la Société de Pédiatrie de Paris.

(2) HUTI.NEI., Méningites aiguës non suppurces, in Traité de médecine, de BnouAnDBL-GiLiiBivr, IX, p. 386, 1902.

OBSERVATION I

L'enfant Man... Marcel, né le 17 octobre 1903, entre à l'hôpital le 14 août 1904, avec 39° et de la diarrhée jaune abondante. Il est soumis à la diète hydrique, aux bains et aux lavages d'intestins. Le lendemain, la température est de 38° et 38°4, et le surlendemain (16 août) de 36°8; mais la diarrhée persiste, et à ce moment apparaissent des vomissements provoqués par l'ingestion des liquides.

L'enfant est pâle, très abattu ; le rythme respiratoire est altéré, et rappelle plus ou moins complètement le rythme de Cheyne-Stokes; il y a des pauses respiratoires et des reprises pendant lesquelles la respiration s'accélère progressivement ; il y a un léger strabisme sans trouble_s pupillaires ; mais le pouls est régulier, à 134, il n'y a ni raideur de la nuque et des membres ni signe de KERNIG; les réflexes rotuliens sont normaux ; à l'auscultation on note quelques râles sous-crèpitants dans la région du hile.

17 août. — Les symptômes sont les mêmes, et le soir la température remonte à 39°.

18. — La température est de 37°7 le matin, de39u5 le soir; il y a toujours des vomissements, de la diarrhée, les mêmes troubles respiratoires ; le strabisme est plus accentué ; le pouls est à 120, régulier.

19. — H y a toujours de la fièvre, à grandes oscillations (37°8-39°l), de la diarrhée, de temps en temps des vomissements et du strabisme; mais la respiralion est plus régulière, et il n'y a plus les alternatives de pauses et de reprises ; elle est fréquente (40 par minutei. L'auscultation décèle des râles sous-crépitants disséminés dans les deux poumons avec prédominance aux sommets, et une respiration soufflante au sommet gauche.

20.. — La fièvre, les signes d'auscultation, la diarrhée et quelques vomissements, le strabisme persistent. De nouveau il y a des pauses et des irrégularités respiratoires ; on note de plus de la dissociation des respirations diaphragmatique et thoracique.

21, 22 et 23. — L'étal est le même; cependant la diarrhée diminue.

25. — L'enfant est plus éveillé et joue sur son lit. Mais il y a toujours de la fièvre (38°5 le matin, 40°2 le soir) et des râles sous-crépitants dans les deux poumons ; le pouls est à 135. Les troubles respiratoires sont moins marqués.

26. — La température reste élevée (39°7-40°5) ; de même le 27 et jusqu'à la mort. Il y a de l'otite gauche, de l'agitation,, du mâchonnement, de la raideur de la nuque et des membres, du signe de KERNIG, des irrégularités de rythme respiratoire. Le 29, apparaît de l'otite droite. Finalement, l'enfant tombe dans le coma et meurt le 3 août à 6 heures du soir.

L'autopsie n'a pu être faite.

Pendant la durée de la maladie, l'enfant a été mis d'abord à la diète hydrique, puis soumis à des tentatives de réalimentation par le lait et le kéfir. On a de plus donné des bains sinapisés, fait des applications de glace sur la tète, injecté de l'huile camphrée.


LÀ PÉDIATRIE PRATIQUE

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La ponction lombaire a été pratiquée les 17, 22 et 26 août. On a retiré chaque fois 4-6 centimètres cubes de liquide clair, limpide, contenant des traces d'albumine, mais dans lequel l'examen histologique, pratique suivant la méthode de WIDAL SICARD et RAVAUT, n'a pas décelé la présence de leucocytes.

Les urines examinées le 17 et le 18 ne contenaient ni albumine, ni sucre ; elles ne donnaient pas de coloration rouge par le perchlorure de fer (réaction de GERHARDT) ; elles 'contenaient un peu d'indiean.

OBSERVATION II

L'enfant M... André, né le 1er février 1901, entre à l'hôpital le 29 août 1904, avec une température de 38°6 et de la diarrhée jaune abondante. On prescrit la diète hydrique et des lavages d'intestins. Le lendemain la température baisse à 37°7-38°.

Le 31 août au matin, la température est à 37°6 et la diarrhée a diminué. Mais l'enfant est très abattu et présente des pauses respiratoires en même temps qu'un très léger strabisme sans contractures ni signe de KERNIG, ni troubles pupillaires, ni troubles du pouls. L'auscultation ne révèle qu'une respiration un peu soufflante au niveau du hile à droite. Le soir, la température est à 38°4.

1er septembre. — La température est de 37°6-38°6, et le pouls à 130 régulier. Les troubles du rythme respiratoire sont plus marqués ; il y a des pauses assez longues revenant assez régulièrement après deux ou trois respirations. Il n'y a toujours ni raideur de la nuque, ni signe de KERNIG.

2. — La température est de 38°-39° et le pouls à 120. L'enfant est très abattu. La respiration est inégale, irrégulière ; il y a dissociation des respirations abdominale et thoracique supérieures; le strabisme a disparu. L'auscultation décèle quelques râles sous-crépitants aux bases des poumons. La diarrhée est plus forte.

3. — La température s'abaisse à 37°5-38°l, le pouls restant à 116. L'enfant est plus éveillé Mais les pauses respiratoires sont plus longues et la dissociation des mouvements respiratoires est plus marquée. Il n'y a pas de contractures; mais on note, pour la première fois, une ébauche du signe de KERNIG, dont la recherche est douloureuse, et de nouveau un peu de strabisme ; les réflexes rotuliens sont normaux. Les signes d'auscultation ont disparu. La diarrhée est toujours abondante.

4. — La température et le pouls sont restés les mêmes. La diarrhée diminue, l'état général est meilleur, l'enfant est moins abattu et cause un peu. Le strabisme a disparu, les pauses respiratoires persistent ; elles ont une durée de trois ou quatre secondes et sont séparées par deux à quatre respirations.

5. — La température est de 37°6-37°4 et depuis elle est restée normale. La diarrhée diminue et l'état général s'améliore. Cependant les troubles respiratoires persistent et le 9 septembre on note encore une respiration inégale, mais sans pauses,et la dissociation des respirations thoracique et abdominale. Le pouls

est à 80 et un peu irrégulier ; il y a des ralentissements et des accélérations successives. Il n'y a pas de contractures, pas de signe de KERNIG, pas de strabisme.

Les jours suivants, la respiration redevient de plus en plus normale; le 14, elle est normale.

21. — L'enfant est complètement guéri.

Le traitement a été le traitement classique: on a prescrit d'abord la diète hydrique, puis, à partir du 21 août, on a commencé à donner du bouillon de légumes, à partir du 3 septembre, du kêfir, et à partir dû 9 septembre, des potages et des panades.

L'examen des urines pratiqué à plusieurs reprises les t, 2, 3, septembre a décelé des traces d?albumihe; mais il n'y avait pas de sucre, pas de pigments biliaires, pas de réaction de Gerhardt.

La ponction lombaire, faite le 31 août, a donné 7 centimètres cubes d'un liquide clair, sans albumine et sans leucocytes. Le 2 septembre on a retiré 6 centimètres cubes d'un liquide clair, contenant des traces d'albumine sans leucocytes ; h = j— 0> 44.

En résumé, chez le premier de nos petits malades, âgé de 10 mois, atteint d'une infection intestinale accompagnée de diarrhée et de fièvre, on voit apparaître, trois jours après l'entrée à l'hôpital, alors que la température était redevenue normale, de l'abattement, des vomissements, du strabisme, et surtout des troubles très manifestes du rythme respiratoire, rappelant le rythme de Cheyne-Stokes ; il n'y a ni convulsions, ni contractures, ni signe de KERNIG, ni troubles des réflexes, ni modifications des pupilles, ni troubles du rythme cardiaque. Ces phénomènes ainsi que la diarrhée persistent, en même temps que la fièvre réapparaît et que l'on note des signes d'infection bronchopulmonaire ; à un certain moment même on constate, en plus des troubles respiratoires précédents, de la dissociation des respirations diaphragmatique et thoracique. Le neuvième jour après leur apparition ils s'atténuent. Mais alors apparaît une otite double ; en même temps se montrent de l'agitation, du mâchonnement, de la raideur de la nuque et des membres, du signe de KERNIG, des irrégularités du rythme respiratoire, et l'enfant meurt quatre jours après dans le coma.

Le second malade, âgé de 2 ans et demi, entre également à l'hôpital pour une diarrhée fébrile. Le troisième jour, alors que la fièvre et la diarrhée ont diminué, l'enfant est abattu et présente dès pauses respiratoires en. même temps qu'un léger strabisme, sans convulsions, sans contractures, sans signe de KERNIG, sans troubles des pupilles ni du rythme circulatoire. Le lendemain, les troubles du rythme


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respiratoire s'accentuent ; les pauses sont longues, séparées par deux ou trois respirations; il y a dissociation des respirations abdominale et diaphragmalique ; la diarrhée persiste et la fièvre augmente. Le troisième soir, les mêmes symptômes persistent et de plus, on note une ébauche de signe de Kernig. Puis, peu à peu, les symptômes s'atténuent, la fièvre et la diarrhée disparaissent ; 14 jours après l'apparition des troubles de la respiration, celle-ci est redevenue normale et l'enfant est guéri.

Ces deux observations, que le hasard nous a offertes à quelques jours d'intervalle, sont donc pour ainsi dire calquées l'une sur l'autre : au cours d'une infection intestinale aiguë, apparaissent au troisième jour, alors que la fièvre diminue, des troubles très marquées du rythme respiratoire, de l'abattement et un léger strabisme, qui persistent pendant une semaine et demie à deux semaines environ, et ne s'accompagnent que tardivement d'autres phénomènes de réaction méningée^ très atténués chez le second malade, plus marqués chez le premier, maisattribuables chez lui à l'otite qui apparaît à ce moment.

En présence de ces symptômes, l'attention est aussitôt attirée sur les méninges, et on pense avant avant tout à la possibilité d'une méningite tuberculeuse. Autant, en effet, ces troubles du rythme respiratoire sont peu marqués et passagers dans les cas décrits sous le nom de méningisme, de méningite séreuse ou atténuée, autant ils sont fréquente et manifeste dans cette dernière. Chez nos malades l'abattement.les troubles respiratoires,le strabisme,la courbe thermique elle-même qui accusait une rémission de la fièvre créaient des présomptions en sa faveur ; chez notre premier malade on pouvait en trouver une de plus dans l'existence d'une respiration soufflante et de râles sous-crépitants au niveau du hile pulmonaire. Mais la ponction lombaire a permis d'éliminer ce diagnostic et d'affirmer que ces troubles relevaient bien de l'infection gastro-intestinale, en donnant à plusieurs reprises un liquide céphalorachidien limpide et dépourvu de leucocytes. D'ailleurs, l'évolution a confirmé le diagnostic : notre second malade a complètement guéri ; quant au premier, il est mort de son infection broncho-pulmonaire compliquée d'otite double.

La pathogénie de ces troubles respiratoires est difficile à préciser. Dans nos observations, comme dans la plupart des observations de troubles cérébroméningés

cérébroméningés les infections digestives, le liquide céphalo-rachidien ne contenait pas de leucocytes ; c'est tout au plus si nous avons noté des traces d'albumine, qui peuvent aussi bien exister à l'état normal, et une diminution du point cryoscopique (A — — 0°44, au lieu de — 0°536, chiffre normal d'après ROGER et VOISIN). Cette constatation négative plaide en faveur d'une imprégnation toxique des cellules nerveuses, et en particulier des cellules des centres respiratoires, comparable à celle qui peut survenir au cours des auto-intoxications de l'urémie et du diabète. L'analogie a d'ailleurs frappé certains médecins, et la dyspnée dans les infections digestives des enfants a été attribuée à l'intoxication acide par CZERNY, et d'une façon plus générale à l'urémie.

Chez nos malades, l'urémie ne peut guère être invoquée; si nous n'avons pas étudier les fonctions rénales à l'aide des techniques récentes, nous avons cependant noté l'absence d'albumine chez le premier et seulement une albuminurie très minime chez le second. Il en est de même pour l'intoxication acide, dont l'existence est encore discutée; d'ailleurs nos malades ne présentaient pas le type respiratoire décrit par CZERNY; de plus, pour éliminer l'assimilation avec l'intoxication acide du diabète, j'ajoute que l'urine ne contenait pas de sucre, ne donnait pas la réaction de GERHARDT, et que nous n'avons pas constaté l'odeur acétonique de l'haleine ni de l'urine.

Il est donc impossible de préciser à l'heure actuelle la nature de l'intoxication ; il est probable qu'il s'agit de produits complexes fabriqués dans l'intestin ou peut-être dans l'intimité des organes eux-mêmes.

Quoi qu'il en soit, cette forme clinique des réactions encéphalo-méningées au cours des infections intestinales, caractérisée par des troubles très marqués du rythme respiratoire, accompagnés d'abattement et d'un léger strabisme, mérite d'attirer l'attention. Elle peut faire penser à la méningite tuberculeuse, et entraîner par suite un pronostic erroné et une thérapeutique nuisible; mais l'évolution et les renseignements fournis par la ponction lombaire feront reconnaître la vraie nature des accidents. S'il ne survient pas d'infection des voies "respiratoires comme chez notre premier malade, le traitement persévérant de l'infection intestinale amènera, en effet, la guérison de cette dernière et en même temps des accidents cérébro-méningés qui la compliquent.


LA PÉDIATRIE PRATIQUE

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TRAITEMENT DES TEIGNES TONDANTES

par la Radiothérapie (1)

Par le Dr B. AUCHÉ

Professeur agrégé. Médecin de l'Hôpital des Enfants de Bordeaux.

Le traitement des teignes a été jusqu'à ces derniers temps difficile, douloureux et peu efficace. Cette difficulté et cette inefficacité ne tiennent pas à la résistance des parasites, car, in vitro, ils sont détruits par tous les antiseptiques. Elles tiennent à l'impossibilité d'atteindre les parasites qui habitent la racine des cheveux jusqu'au bulbe, c'est-à-dire dans une longueur d'environ 4 millimètres, alors qu'aucun antiseptique ne peut pénétrer dans le follicule pileux à plus de 1 millimètre de profondeur : la racine des cheveux est inaccessible aux antiseptiques externes. I D'où l'impuissance presque absolue des topiques employés et la nécessité de l'épilation. Mais ce procédé, applicable dans la teigne faveuse, où les cheveux restent solides, est impossible dans la teigne tondante où les cheveux se cassent près de la surface cutanée, laissant les spores dans les follicules.

Le problème paraît être résolu actuellement grâce à l'emploi de la radiothérapie. Presque aussitôt après la découverte de ROENTGEN, FREUND employa les rayons X dans le traitement des teignes comme dans celui de toutes les autres dermatoses. En 1900, au Congrès de Paris, SCHIFF disait que la radiothérapie était le véritable traitement de la teigne tondante. Depuis lors, ce traitement a été essayé de tous côtés. Mais quelques accidents arrivés aux premiers expérimentateurs et l'absence d'instruments de mesure des radiations employées rendaient les auteurs très timorés. Il en résultait que les séances de radiothérapie, généralement trop courtes, restaient inefficaces et devaient être renouvelées un très grand nombre de fois. Dans ces derniers temps la technique s'est consirablement précisée, si bien qu'à l'heure actuelle la radiothérapie constitue le vrai traitement, actif et inoffensif à la fois, de la teigne tondante.

Nous avons passé par les mêmes inquiétudes MM. DUBREDILH, DEBÉDAT et moi.Quandil y a dix-huit mois environ, je pris le service de l'Hôpital des Enfants, mon collègue et ami M. DUBREVJILH voulut bien m'apporter l'appui de ses connaissances derma(1)

derma(1) des Mémoire!! et Bulletins de, la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux, séance du 17 juin 1904.

lologiques et s'occuper de mes teigneuses. Le traitement radiothérapique fut institué avec . le concours de M. DEBÉDAT. Les premiers essais furent très timides ; aussi n'avons-nous pas eu de bien gros accidents à enregistrer. Deux malades qui, par erreur, furent traitées à des époques un peu rapprochées, eurent une radio-dermite assez intense et elles ont conservé chacune une petite plaque d'alopécie. Une troisième, traitée à peu près à la même époque, et de la même façon que ses camarades restées indemnes, eut aussi de la radio-dermite et, comme conséquence, une plaque d'alopécie peu étendue sur laquelle, il est vrai, sortent encore constamment des cheveux. Toutes les autres malades ont été soumises, à plusieurs reprises et toujours sans accident, aux applications des rayons X. Actuellement M. DEBÉDAT paraît être en possession de sa technique et une seule séance suffit souvent à amener la chute des cheveux.

Voici comment nous procédons et les résultats que nous obtenons :

Lorsqu'une malade se présente à nous, avant tout traitement, nous délimitons à l'aide d'un trait coloré les îlots de teigne et nous les dessinons sur un schéma du cuir chevelu.Si les îlots sont peu nombreux et espacés, chacun est soumis à son tour à l'action des rayons X. S'ils sont très nombreux, petits et disséminés un peu partout, il faut épiler toute la surface du cuir chevelu. Plusieurs séances sont alors indispensables, car chaque fois on ne peut électriser qu'une aire assez limitée du cuir chevelu. Nous divisons généralement le cuir chevelu et notre schéma en huit ou dix îlots que nous numérotons et qu'on soumet à des époques différentes à la radiothérapie.

Au bout de quelques jours, le plus souvent six à huit, après l'application des rayons X, apparaît un érythème léger qui dure un temps variable suivant son degré d'intensité. Vers le quinzième jour, les cheveux commencent à tomber spontanément. On favorise leur chute à l'aide de savonnages quotidiens à l'eau boriquée. Lorsque les cheveux sont tombés, dans les cas où le traitement a été exactement dosé, le cuir chevelu présente l'aspect normal cuir chevelu chauve. Si la séance a été un peu trop longue ou la radiation un peu trop intense et qu'il ait existé de l'érythème accentué, la peau est plus lisse et prend un léger aspect cicatriciel. La repousse des cheveux dans ces cas s'effectue plus difficilement el plus lentement.


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LA PÉDIATRIE PRATIQUE

Celle-ci est d'ailleurs toujours lente à se produire. Elle ne devient visible qu'un mois et demi ou deux mois après l'application du traitement, quelquefois même plus tard.

Dès que la repousse est faite, si l'épilation a été complète, la guérison est obtenue. Mais, comme l'a déjà fait remarquer M. SABODRAUD, la durée du traitement peut être allongée dans quelques cas et cela pour des causes diverses. Tantôt un petit îlot de cheveux malades aura échappé au premier examen et nécessitera une nouvelle radiographie. Tantôt un petit bouquet de cheveux persistera au milieu 'de la plaque épilée. Tantôt enfin quelques réinoculations se produiront au moment de la chute des cheveux malades. Pour éviter ce dernier accident, il sera bon de faire sur les régions saines des frictions quodidiennes avec de la teinture d'iode étendue de trois à quatre fois son volume d'alcool.

Quoi qu'il en soit, le traitement radiothérapique de la teigne tondante est infiniment moins long que les traitements antérieurs. A l'hôpital Saint-Louis, où ces malades étaient soignés par des médecins essentiellement compétents, la durée moyenne du traitement était de dix-huit à vingt mois. Je ne crois rien exager en disant qu'à l'hôpital des Enfants de Bordeaux la durée était au moins aussi longue. Avec la radiothérapie, le traitement ne durera pas plus de trois à quatre mois. C'est donc pour chaque malade hospitalisé un séjour de quinze à dix-huit mois de moins à l'hôpital et pour l'Administration une économie de 400 à 500 journées d'hôpital pour chaque teigneux.

Les quatre petites malades que voici ont été soumises à ce mode de traitement. Chez l'une, la repousse commence à peine et les cheveux ne se voient qu'à jour frisant. Chez les trois autres, la repousse est très accusée et les cheveux sont d'autant plus longs que le traitement a été appliqué plus tôt.

A PROPOS DU LAIT DESTINÉ AUX CLASSES OUVRIÈRES

Par le docteur A. HAUSER (de Paris;.

Pendant longtemps, le bon lait a été un aliment que seules pouvaient se procurer les personnes jouissant d'une situation aisée. En effet, du lait absolument pur,' non mouillé, non écrémé, se vendait en llacons cachetés ne permettant pas aux intermédiaires

d'en modifier la qualité d'une façon frauduleuse. Ce lait était mis en vente à raison de 0 fr. 50 et 0 fr. 60 centimes le litre ; inutile de dire qu'à ce prix il ne pouvait être consommé que dans la clientèle riche, ou exceptionnellement chez le travailleur,lorsqu'il s'agissait d'enfants ou de malades. Le lait vendu à Paris à des prix inférieurs à 0 fr. 40 centimes était mouillé dans des proportions de 30 à 40 %• (Voy. H. de Rothschild, Allaitement mixte et allaitement artificiel), bien que le lait pur soit vendu à la campagne de 0 fr.lOà 0 fr.15 centimes le litre. Le lait vendu à Paris par les • laitiers de gros, titre 36, ou 37 gr. de beurre par litre ; à l'examen cryoscopique, il ne décèle qu'un mouillage de 5 à 10 %, ce qui en fait un produit relativement hygiénique et suffisamment alimentaire. En gros, le prix de vente du lait varie, suivant les saisons de 0 fr. 19 à 0 fr. 22 centimes le litre. Les adjudications de l'assistance publique, qui constituent pour ainsi dire une base pour le prix minimum du lait, ne descendent jamais au-dessous de 0 fr.18 à 0 fr. 19 centimes, et le détaillant, obligé de couvrir ses frais, ne peut le vendre à moins de 0,25 centimes.

Il suffit d'examiner les prix d'achat et de vente de ce produit pour se rendre compte qu'un crémier qui vend 100 litres de lait achetés au prix de 0 fr. 19 centimes le litre et revendus 0 fr. 25 centimes ne peut gagner que 6 francs par jour, et le nombre des crémiers qui vendent à Paris 100 litres de lait par jour est extrêmement restreint. De plus, la manipulation de 100 litres de lait nécessite des frais qui absorbent pour ainsi dire le bénéfice Donc, pour que le débitant puisse couvrir ses frais, il faut qu'il débite un nombre considérable de litres de lait par jour.

C'est en considération de ces faits que nous a vons créé, en 1899, avec le docteur Henri DE ROTHSCHILD et grâce à sa générosité, l'OEuvre Philanthropique du lait, qui fournit à la population ouvrière de la capitale un lait parfaitement pur, ni mouillé ni écrémé, à un prix minimum de 0,25 centimes ; à l'aide du léger bénéfice retiré de cette vente, l'oeuvre distribue gratuitement aux familles pauvres du lait frais ou du lait stérilisé, selon qu'il s'agit d'adultes ou de nourris sons. Pour que celte organisation fût viable, il fallait que le débit journalier du lait fût considérable, car, outre la distribution du lait gratuit, notre OEuvre avait un autre but. C'était de montrer au commerce parisien qu'il était possible de vendre du bon lait à


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un prix modique tout en retirant un léger bénéfice. 50 % des bénéfices réalisés par l'OEuvre Philanthropique sont employés à la distribution gratuite de bons de lait. Actuellement notre oeuvre distribue gratuitement pour plus de douze mille francs de lait par an, et à mesure que notre débit augmente, notre distribution gratuite augmente également. Les résultats obtenus ont été tels que les crémiers de Paris se sont vus obligés de mettre en vente du lait de meilleure qualité/ En effet, l'enquête à laquelle s'est adonné le Laboratoire Municipal a prouvé que la qualité du lait était supérieure à celle des années précédentes. En 1896, la moyenne des analyses était de 22 gr. de beurre par litre, alors qu'en 1903 elle s'est trouvée portée à 35 grammes.

D'autres philanthropes ont voulu faire mieux que nous. Ils ont créé une oeuvre qui, bien que similaire à la nôtre, est établie sur des bases différentes : le prix du litre de lait n'est plus de 0,25 centimes, mais de 0,20 centimes. Or, nous avons dit que le prix de gros du lait était en été de 0,18 centimes et, en hiver de 0,21 centimes ou 0,22 centimes le litre. Dans ces conditions, pour couvrir ses frais, l'OEuvre dont nous parlons est obligée d'avoir recours à des subventions.

D'un autre côté, l'industriel se trouve dans la nécessité de lutter contre cette oeuvre; aussi, ne pouvant ' vendre à prix coûtant ou à perte a-t-il recours à des sophistications du lait. La lutte n'est alors plus égale et c'est aller au-devant de grands dangers que de vendre du lait à un prix inférieur au prix commercial. Il né suffit pas de fournir de très grandes quantités de lait à un prix minime, il faut encore permettre à l'industriel de vendre une bonne marchandise dans des conditions raisonnables.

Ces considérations nous ont été dictées parce que nous avons constaté que dans l'entourage des dépôts de lait (oeuvre de bienfaisance) les crémiers affichent leur lait à prix coûtant et l'analyse du lait vendu dans ces conditions prouve surabondamment que si le client de l'oeuvre y trouve son avantage, le client du crémier ne l'y trouve pas.

Loin de nous la pensée de combattre toutes les ten tatives qui ont pour but d'améliorer le sort et les conditions d'existence des enfants malheureux, mais nous nous faisons un devoir de démontrer les dangers qui peuvent en être la conséquence bien involontaire; nous travaillons ainsi à l'amélioration de l'hygiène et de l'alimentation des enfants du premier âge.

ANALYSES

Statistique de la Consultation des Nourrissons de l'hospice des Enfants Assistés de Bruxelles; par les docteurs NAUWELAERS et BRECX (La Clinique, de Bruxelles, 19 novembre 1904).

Les auteurs commencent d'abord par expliquer comment ils ont été amenés à créer cette consultation de nourrissons ; ils déplorent avec raison l'inertie des Pouvoirs publics, surtout des Bureaux de bienfaisance. C'estdoncen BelgiquecommeenFrance ; ces Administrations lil faudrait mettre plusieurs A), sont donc aussi ridicules que chez nous ; je pensais cependant qu'il n'y avait qu'en France où l'étroitesse du jugement de nos Administrateurs était passée à l'état proverbial. Aussi nos confrères belges pour alimenter leur consultation ont dû distribuer du lait de vache de source inconnue, simplement bouilli, lorsque les mères ne pouvaient nourrir au sein.

Afin de comparer leurs résultats à ceux d'autres auteurs MM. NAUWELAERS et BRECX donnent les statistiques fournies avant eux ; et nous trouvons ici mes premiers résultats de St PoI-sur-Mer. Mes confrères n'ont sans doute pas lu mon second rapport, reproduit pourtant antérieurement au leur dans leur même journal, d'après La Pédiatrie Pratique, ils y auraient vu que notre statistique mortuaire est de 4.28 % et le nombre de nos allaités au sein de 77%-

Ils nous proposent ensuite un tableau pour classer uniformément les renseignements et établir des statistiques comparables. Indiquer le nombre d'enfants admis et sortis d'une façon quelconque, c'est très bien; mais il manque un point capital, c'est le nombre de journées passées par chaque enfant à la consultation. C'est là un point d'une telle importance que toute statistique qui ne donne pas le nombre de journées de ses nourrissons peut être taxée d'erronée ou contestée. En effet, pour que la mortalité des enfants appartenant à une oeuvre quelconque puisse être comparée à celle habituelle des enfants de 0 à 1 an de la ville il faut qu'ils passent un an à cette oeuvre ou bien que l'on multiplie le nombre des décès survenus par le chiffre qui représente la différence entre le nombre de journées de présence et 365 jours. Prenons pour exemple ma dernière statistique de St-Pol-sur-Mer. On y lira que nous avons vu 280


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enfants ayant passé en moyenne 183 journées à l'oeuvre, Pour que notre mortalité puisse être comparée à ceux des enfants de 0 à 1 an d'une ville quelconque il faudrait 365 journées de présence, c'est-àdire exactement le double. Par conséquent notre mortalité de 4.28 doit être doublée, elle devient de 8.56. Voilà la seule faconde fournir des statistiques incontestables.

Il faut aussi, comme l'ont fait MM. NAUWELAERS et BRECX, diviser les enfants entre eux : nourris au sein, allaitement mixte, nourris artificiellement. C'est ce que nous avons fait dans notre statistique personnelle.

Dans notre premier rapport nous avons répondu par avance aux desiderata de nos confrères, en ce qui concerne l'âge d'admission, l'état de santé antérieure, et la situation matérielle des parents. Nous avons toujours opéré ensuite de la même façon et dans le même milieu.

Eii dehors de ces quelques remarques, je n'ai qu'à applaudir sincèrement aux superbes efforts de nos deux confrères belges dont le dévouement dans cette circonstance, n'a eu d'égal que leur science. Il est à désirer que les Pouvoirs publics leur viennent en aide. Il n'est que temps que les idées de solidarité sociale, que les nobles sentiments de fraternité et d'assislance mutuelle se fassent une place dans tous les esprits et dans tous les coeurs. Ce sera la gloire et l'honneur du Corps Médical de tous les pays d'avoir en maintes circonstances montré la voie aux autres

membres de la Société.

D' E. A.

Notions nouvelles et pratiques d'allaitement, de sevrage et de traitement des maladies du nouveau-né, par le Dr LEVRAUD, fondateur de la « Goutte de Lait » de Saumur, avec une préface de M. le professeur BUDIN. I vol. in-16 de 144 pages (Petite Bibliothèque Médicale à 2 fr. le volume. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris).

Le but du livre de M. LEVRAUD est de donner une technique, raison-née de l'hygiène du tout jeune enfant, en basant sur les observations scientifiques cette élude d'utilité pratique.

Voici un aperçu des matières traitées :

I. Phénomènes physiologiques du nouveau-né. —

II. Hygiène du nouveau-né.— III. Des diverses sortes

d'allaitement. — IV. Allaitement par la mère : hygiène

des tétées ; variations de la sécrétion lactée; difficultés

de l'allaitement. — V. Allaitement par la nourrice. — VI. Faiblesse congénitale. — VIL Allaitement mixte : obligation, direction, utilité. — VIII. Allaitement artificiel. — ÏX. Dentition. — X. Sevrage. — XI. Mortalité infantile : causes, remèdes. — XII. Maladies du nouveau-né.

« M. le Dr LEVRAUD, par la lecture des travaux publiés depuis douze ans, par ses observations personnelles, qui lui ont permis de contrôler tout ce qui a été dit de nouveau, se trouvait donc très qualifié pour écrire un ouvrage de vulgarisation. Un semblable volume, simple et clair, est appelé à rendre de grands services à toutes les personnes : médecins, sagesfemmes et mères de famille qui voudront bien l'étudier » (Professeur BUDIN).

VARIÉTÉS ET NOUVELLES

L'ordre des Médecins

Le journal Le Temps, vient de publier une lettre d'un confrère de province, adressée à M. J. CLARETIE, au sujet de la question des honoraires des chirurgiens, du partage de ces honoraires, disons le mot, de la dichotomie. Nous croyons intéressant de reproduire ici celte lettre, à titre purement documentaire :

Monsieur,

Vous avez raison de vous élever contre ce partage clandestin qu'on appelle dichotomie. Mais laissez-moi vous dire que parfois c'est le malade lui-même qui fait naître la tentation de s'écarter du bon chemin et d'avoir recours à une thérapeutique douteuse ou illusoire. Vulgus mit decipi. Quand la lutte pour la vie est si rude, comme vous le faites ressortir, faut-il se refuser obstinément aux exigences du public ? Privera-l-on son client dé la satisfaction consolatrice, se privera-t-on soi-même du bénéfice (on sait qu'il peut être très grand) des opothérapies et sérothérapies plus ou moins efficaces où le malade croit puiser la guérison de ses maux incurables, à l'instar de Mme de La Fayette qui, écrivait Mmc de Sévigné, « prend des bouillons de vipère qui lui redonnent des forces à vue

d'atU- » ?

L'anxiété morale du chirurgien peut avoir une autre origine : elle naît de ses rapports avec le praticien qui l'a appelé pour pratiquer une opération reconnue nécessaire. Devra-t-il se montrer intransigeant envers son confrère auquel le malade ne doit accorder que des honoraires parfois dérisoires, et qui


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sollicite ouvertement ou tacitement un partage, une dichotomie, puisqu'il faut l'appeler par son nom ?

Certes, il est pénible de toucher à un sujet brûlant et périlleux ; mais ne faut il pas avoir le courage d'aborder ces problèmes pour les résoudre ? N'y point penser, n'en point parler, est assurément une conduite commode et qui peut paraître prudente ; mais, ne l'oublions pas, on permet à tous les abus de s'établir en feignant de les ignorer. « C'est une consolatiou bien misérable, dirai-je avec Pascal, puisqu'elle va non pas à guérir le mal, mais à le cacher simplement pour un peu de temps, et qu'en le cachant elle fait qu'on ne pense pas à le guérir véritablement. »

Pour moi, il me semble, avec vous, que le problème des rapports à établir entre les médecins praticiens et les chirurgiens est trop plein d'actualité, qu'il est d'ailleurs déjà l'objet de trop de discussions individuelles, pour qu'il n'y ait pas avantage à poser franchement la question devant l'opinion médicale tout entière et devant le public.

Mais, j'ai hâte de le dire : on devra, pour la résoudre, alors envisager également les deux côtés de la difficulté. On tiendra grand compte des intérêts légitimes du médecin, qui s'efface et abdique, pour ainsi dire, devant celui dont il a sollicité l'intervention, sans que le malade reconnaisse'le service signalé que ce médecin lui a ainsi rendu sans qu'il songea lui donner de ce fait une légitime rémunération, D'autre part, ou n'oubliera pas qu'une transaction secrète entre le médecin et le chirurgien porte atteinte à la fois à la dignité de l'un et de l'autre; on songera que si cette pratique venait à se généraliser, elle aurait bien vite abaissé le niveau moral de la profession médicale, car elle ferait prédominer l'intérêt du médecin traitant là où l'intérêt du malade doit avant tout être considéré, et le conduirait à choisir le chirurgien le plus généreux à la place du plus habile.

Certes, Monsieur, je ne saurais avoir la prétention de résoudre le grave problème dont j'indique seulement ici les termes. Mais je trouve qu'il est de notre devoir, quelque risque que cela comporte, d'élever la voix pour rompre un silence de convention sur ce sujet dont l'étude s'impose ; je serai satisfait, si je puis hâter une solution qui concilie certains intérêts respectables et la dignité de notre art.

Quelques points me paraissent hors de doute. Il est nécessaire de faire au médecin, dans la rémunération de l'oeuvre thérapeutique qu'il poursuit de concert avec le chirurgien, une part plus grande que celle qu'il reçoit jusqu'ici de son malade. Pour que cette rémunération soit fixée sur des bases équitables,

il faut que cette question ait été mûrement éludiée et publiquement débattue; ensuite, il suffira de l'exemple des maîtres pour la faire rapidement passer dans nos moeurs. Quoi qu'il en soit, un point serait mis d'abord hors de discussion : rien ne serait caché au malade dans ce règlement des honoraires ; il comprendrait bien dans la suite qu'un pareil état de choses serait pour lui une garantie précieuse et toute nouvelle.

Objectera-t-on que la porte restera encore ouverte à d'autres abus ? Je répondrai que, du moins, ils n'auront pas pour excuse l'injustice que consacre la situation actuelle et qui est l'occasion de tant de défaillances. Et dans la pratique il y a bien, certes, théoriquement, le recours légal contre les fautes graves de l'opérateur, l'indemnité, la prison même. De loin en loin on en cite des exemples; mais, je vous le dis tout bas, oserait-on soutenir qu'ils sont en rapport avec le nombre des erreurs ou des légèretés du bistouri ? En Amérique, où de pareilles revendications sont assez fréquentes (et plus souvent justifiées, vu l'insuffisance des études et des diplômes dans certains territoires éloignés), il existe un moyen fort simple de protéger.,, la chirurgie !

Je me souviens que lors d'un voyage en Californie, il y a une douzaine d'années, un confrère fort répandu me montra une sorte de cahier que je pris d'abord pour un carnet de chèque, mais dont il m'expliqua bientôt en souriant l'ingénieux usage. Sur un talon était inscrit le nom de chaque opéré et un numéro d?ordre ; sur la feuille en regard, portant un numéro identique, se trouvait rédigé en quelques lignes un acte où le client reconnaissait « que c'était de son plein gré qu'il se soumettait à l'opération indiquée, et que lui et sa famille renonçaient à réclamer aucune indemnité quel qu'en fût le résultat ». Cette feuille était détachée, signée, paraphée, légalisée, et demeurait entre les mains du praticien comme une rassurante garantie.

Notez, monsieur, que, dans ce cas particulier, il s'agissait d'un chirurgien parfaitement honnête, très distingué et très considéré, qui se mettait ainsi, simplement, me dit-il, à l'abri contre des tentatives de chantage. Je suis persuadé qu'il disait vrai : l'arme défensive dont il se servait ne m'en parut pas moins pouvoir être dangereuse entre d'autres mains que les siennes.

A la vérité, pour ceux qui restent sourds aux appels ou aux remontrances de cette voix intérieure, de Y impératif catégorique comme l'appelait Kant, il serait à désirer qu'une autorité morale du dehors vint se surajouter à celle du dedans qui peut être méconnue. C'est pour cela que serait précieux l'établissement


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LA PÉDIATRIE PRATIQUE

d'un Conseil de l'Ordre des médecins {et chirurgiens) dont vous parliez et que nous appelons de tous nos voeux.

A l'instar du Conseil de l'Ordre des avocats, il pourrait élever paternellement la voix quand il faudrait réprimer certains écarts susceptibles de compromettre la dignité professionnelle, ou fixer certaines règles de conduite dans les rapports avec le public ou entre confrères. Et je vous prie de croire que nous comprenons tons, ou presque tous, l'utilité et l'opportunité de la question soulevée.

Agréez, etc. Dr X...

La Consultation de Nourrissons de Chartres. — Sur l'initiative de M. Brelet, préfet d'Eureet-Loir, un bureau d'examen des nourrissons a été créé à Chartres par les soins de M. Paulin, inspecteur des Enfants assistés, et de M. le docteur Chesiiel. Cette création s'est faite après entente entre le Conseil municipal de Charlres et le Conseil d'Eure-et-Loir. En vertu d'une décision du Conseil général, tous les enfants assistés, tous les enfants secourus sont obligaloiremenl apportés deux fois par mois au bureau d'examen des nourrissons, également ouvert aux enfants placés en nourrice hors du domicile de leurs parents. Une fiche individuelle est remise à chaque mère ou nourrice à sa première visite et reste en sa possession pour qu'on y inscrive les indications que fournit la pesée et, s'il y a lieu, l'examen du médecin. Un registre reçoit, en même temps que les indications de la fiche, des renseignements plus étendus sur la dentition, les sorties de l'enfant au grand air, etc.

Le Service Médical des Mutualités. — Au

Congrès des OEuvres Sociales tenu dernièrement à Feyt-les-Manage, M. l'abbé MALHERBE a traité avec beaucoup de compétence la question si importante du service médical et pharmaceutique dans les Sociétés de secours mutuels. Il a signalé l'augmentation considérable et presque générale dans la plupart des Mutuelles des frais résultant de ses services. Cela est de nature à causer un grand préjudice aux sociétaires mutualistes. L'orateur estime que l'organisation telle qu'elle existe actuellement présente des difficultés et des inconvénients tels qu'il est préférable de supprimer le serrice. médical et pharmaceutique et d'augmenter plutôt l'indemnité journalière. Au point de vue du corps médical, celle dernière solution est la seule à souhaiter : liberté complète de l'intéressé

dans le choix de son médecin et considération plus grande pour le praticien qui n'est plus regardé comme un simple employé que l'on casse aux gages sur la simple dénonciation d'un mutualiste grincheux. Un autre l'ait que l'on noterait également c'est la diminution des petites affections pour lesquelles la clientèle bourgeoise ne dérange pas le médecin, mais pour lesquelles, puisqu'il est quand même payé, on fait venir le malheureux praticien harassé par une journée de dur labeur.

Il s'ensuivra une diminution notable des frais pharmaceutiques qui ne seront plus réclamés qu'à bon escient, attendu que le malade devra en supporter le coût. L'éducation mutuelle belge est encore à faire, il ne comprend pas en général le pourquoi des versements dont il ne relire pas un profit immédiat et il veut en avoir pour son argent. Sans nécessité aucune, il demandera un médicament dont il n'a aucun besoin pour avoir le plaisir de garnir son armoire. Il est nécessaire d'aller un peu à l'encontre de ces idées et d'inculquer un peu plus aux générations actuelles que les mutualités sont surtout des oeuvres de prévoyance.

(Hall. méd. chir. de Bruxelles). Dr SOLE.

Ces paroles sont tout à fait applicables aux OEuvres françaises de Mutualité.

BIBLIOGRAPHIE

Publications arrivées au Journal Î

La l'édiâirîe moderne (lu rôle du médecin d'enfantsj. Leçon d"ouverture par M. lu professeur IÎÉZV, de Toulouse.

Paralysie et fièvre typhoïde (du même].

Destruction progressive et complète de la iuetle, par le processus ulcéreux de l'angine de Vincent, par M. le professeur agrégé AUCHK. de Bordeaux.

DU S1I3IE AI1TKU11 ÈUALKMENT :

De la persistance des bacilles de Klebs-l.oe/llcr dans la gorqe des enfants atteints d'angine diphtérique ;

Sur la bactériologie, cl la pathogénie de la gangrène infectieuse disséminée de la peau- chez les enfants;

Note sur les lésions hislologiques des ganglions mésentêrignés et de la rate dans la dysenterie sporadique aiguë infantile ;

Gangrène infectieuse disséminée de la peau consécutive â une fièvre typhoïde chez un enfant de treize ans ;

Elude hislologigue des lésions du gros intestin dans un cas de dysenterie sporadique aiguë de l'enfance.

OUATAPLASME DU Dr LANGLEBERT

Anthrax, l'hicf/vion, Kczrma, I-mpêtùjo, Phlébites, l'Urijsipèles, Urûlurcs, Gerçures du sein.

Lille. — Imp. Le Uigot Frères, 25, rue Nicolas-Leblanc.

Le Gérant : Th. CLERQUIN.