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Title : Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot

Author : Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot. Auteur du texte

Publisher : (Cahors)

Publication date : 1909

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 12361

Description : 1909

Description : 1909 (T34).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Midi-Pyrénées

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5535510p

Source : Société des études du Lot

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343873149

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 17/01/2011

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BULLETIN TRIMESTRIEL

DE LA

SOCIÉTE ES TUDES

LITÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES

DU LOT

TOME TRENTE-QUATRIEME PREMIER FASCICULE

« JANVIER FÉVRIER MARS»

CAHORS IMPRIMERIE F. DELPÉRIER, G. ROUGIER Sr, 4, RUE DES ÉCOLES

1969

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par tes auteurs des articles insérés dans son BULLETIN.

Le gérant : L. DELPÉRIER.



BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT



BULLETIN TRIMESTRIEL

DE LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES

LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES OU LOT

TOME TRENTE-QUATRIEME PREMIER FASCICULE

« JANVIER FEVRIER MARS »

CAHORS IMPRIMERIE F. DELPÉRIER, G. ROUGIER Sr, 4, RUE DES ÉCOLES

1909

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises

par les auteurs des articles insérés dans son BULLETIN.

Le gérant : L. DÉLPÉRIER.



Analyse des Rentres Municipaux de la commune de Cahors

(Suite)

6 novembre 1792.— LE CONSEIL GÉNÉRAL, pour exécuter la loi du 20 septembre dernier, sur la tenue des registres de l'état-civil, arrête qu'il va être nommé au scrutin deux membres du Conseil, qui seront chargés de ce service ; après quoi le présent arrêté sera imprimé, lu, publié et affiché. En cas d'empêchement, les officiers publics qui vont être nommés seront remplacés par le maire, ou un officier municipal, ou un autre membre du Conseil, selon l'ordre des suffrages. On réclamera au District trois registres en double, cotés et paraphés, où seront inscrits les actes de l'état-civil.

Le Conseil élit ensuite au scrutin les citoyens Monziès et Bro, qui sont proclamés officiers publics pour la tenue des registres de l'étatcivil.

Le citoyen Portier, régent troisième à la ci-devant école des Frères, étant parti comme volontaire, la loi lui conserve sa place, mais il doit être remplacé provisoirement ; le citoyen Bouzerand fils, régent second, est employé dans les bureaux du Département,et est aussi dans le cas d'être remplacé, â moins qu'il n'opte pour les fonctions de régent. Le Conseil présente, pour chacune de ces deux places, trois sujets, pour le remplacement des susnommés.

Le Conseil arrête que les meubles et effets qui se trouvent dans ladite école et ne sont point à l'usage des régents, puisque aucun d'eux n'y habite, seront mis en lieu sûr ; que le jardin et les locaux non occupés seront donnés à ferme, à l'exception de la chapelle ; que ce bail sera résiliable à la volonté du Conseil, le fermier ayant un délai de huit jours pour vider les lieux.

8 novembre 1792. — COMITÉ DU CHEF DE LÉGION DE LA GARDE NATIONALE. — Le Comité, après avoir entendu le citoyen Souques, chef du 3e bataillon du canton et district de Cahors, au sujet d'accusations lancées contre lui par divers citoyens placés sous ses ordres, nomme des commissaires qui se rendront dimanche prochain à Laroque, où ledit bataillon sera assemblé, et tâcheront de remettre l'union dans les esprits.

Le Comité décide qu'un détachement de cent hommes ira au-devant des volontaires parisiens qui doivent arriver à Cahors le 14 du courant. Il est décidé en outre qu'on en fera autant désormais pour toutes les troupes qui passeront par Cahors.


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18 novembre 1792. — LE CONSEIL GÉNÉRAL requiert le chef de légion de la garde nationale d'envoyer 6 hommes et un caporal garder les détenus à la prison nationale, le geôlier étant mort, ce qui occasionne de la fermentation parmi les prisonniers.

18 novembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — La commune de Cahors étant comprise pour 8.240 livres 6 sols 3 deniers dans l'état de répartition des assignats de 10 et 15 sols destinés à être échangés contre des assignats de plus forte valeur, le citoyen Laval, officier municipal, est chargé de recevoir lesdits petits assignats, de remettre en échange au receveur pareille somme de gros assignats, et de distribuer les petits aux citoyens qui voudront en échanger de gros. Ledit échange sera annoncé à son de trompe. Les biens des hôpitaux ayant été confiés au citoyen Gàttereau oncle, représentant du receveur des droits réservés, un grand nombre de citoyens se plaignent de la gestion de Gàttereau, qui a fait vendre les cochons et une partie des vaches de l'hôpital général, a affermé le jardin, et se propose de vendre les bois de Fournou, appartenant audit hôpital. Tous ces objets étant indispensables pour le service de l'établissement, le Conseil arrête que le citoyen Gàttereau suspendra la vente des cabaux de l'hôpital ; qu'il lui sera ordonné par le directoire du département de remettre la régie du jardin, de racheter autant de cochons et de vaches qu'il en a fait vendre : que la vente des bois et du domaine de Fournou sera suspendue ; que le tout sera remis à un syndic nommé pour les hôpitaux: et que le présent arrêté sera envoyé de suite au directoire du département, pour qu'il veuille bien l'approuver.

22 novembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Réquisition à la garde nationale de placer un piquet aux prisons nationales pendant deux nuits, à cause du grand nombre des prisonniers et du nombre encore plus grand de criminels qui doivent y être conduits ce soir, pour être ensuite transférés aux galères.

25 novembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Réquisition au chef de légion de mettre sur pied toute la garde nationale à 2 heures et demie, pour assister au Te Deum qui doit être chanté à la Cathédrale pour le succès des armes de la République.

Autre réquisition, du même jour, tendant à ce qu'un piquet de gardes nationaux passe la nuit à la maison de justice et fasse la visite des prisons d e ladite maison,


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30 novembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Les citoyens Souquet, Gombault et Laval, officiers municipaux, présentent le compte-rendu, approuvé par le District, des grains reçus par la municipalité, qui fut déléguée l'année dernière pour les faire vendre dans la commune, et du montant de la vente en assignats desdits grains nationaux. Il en résulte qu'ils ont été vendus 101.181 livres 10 sols 9 deniers, et que le District reconnaît avoir reçu cette somme.

Copie de ce compte sera adressée aux citoyens Sallèles et Albouys, députés à la Convention, qui sont priés de le présenter au ministre de l'Intérieur, pour justifier la conduite de la municipalité à cet égard ; ils voudront bien aussi réclamer les subsistances absolument nécessaires pour 1793, que le Conseil ne croit pas avoir exagérées en les évaluant précédemment à 50.000 quartes de grains.

2 décembre 7792.— CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection d'un juge de paix (1).— 486 votants dans les 4 sections. — Personne n'a la majorité absolue; les citoyens Ramel père et Boudrès étant ceux qui ont réuni le plus de suffrages, c'est l'un d'eux qui doit être élu au 2e tour.

Le Conseil règle l'ordre dans lequel doivent être élus les deux juges de paix, ainsi que les 4 assesseurs de chacun d'eux et les 2 greffiers.

2 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL.— Le procureur syndic du district a prévenu par lettre les quatre sections de vote que les opérations déjà faites pour l'élection de deux juges de paix sont nulles et dans le cas d'être cassées, attendu que deux sections seulement doivent concourir à l'élection d'un juge, les deux autres devant élire l'autre juge.

Le Conseil reconnaissant que les juges de paix actuellement en exercice ont été élus d'une façon contraire à la loi, arrête que les sections de Labarre et du Pont-neuf nommeront un juge de paix, 4 assesseurs et un greffier, et que celles du Pont-vieux et de Valendres

(1) Le décret de la Convention en date du 17 octobre ordonnait le renouvellement de tous les corps administratifs et judic lires et des municipalités, à l'exception des membres de ces corps élus depuis le 10 août. Les anciens membres étaient rééligibles. Le décret supprimait pour les juges l'obligation d'avoir exercé la profession d'homme de loi. Tous les hommes majeurs de 25 ans étaient éligibles à toutes les places, pourvu qu'ils ne fussent ni domestiques ni mendiants.


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en feront autant. Le recensement des voix aura lieu à la maison commune. Les électeurs sont convoqués pour demain à 8 heures du matin. (Suit l'approbation de cette délibération par le directoire du district).

4 décembre 7792.— CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection des juges de paix.

Sections de Labarre et du Pont-neuf. — 202 votants.— Le citoyen Boudrès, greffier, a eu 136 voix et est élu.

Sections du Pont-vieux et de Valendres.— 264 votants.— Le citoyen Ramel père a eu 206 voix et est élu.

Recensement des votes pour l'élection des assesseurs.

Sections de Labarre et du Pont-neuf.— 100 votants.— Sont élus les citoyens Graniou aîné, Burgère aîné, Claret, avoués, et Rueyres, notaire, ce dernier à la place du citoyen Sers père, d'abord élu, mais qui est beau-frère du juge de paix, et qui a d'ailleurs déclaré ne pouvoir guère sortir de chez lui, à cause de son grand âge.

Sections du Pont-vieux et de Valendres.— 61 votants. — Sont élus les citoyens Combarieu père, Heilles père, Brives aîné, Laval aîné, Bonnemort et Guilhou aîné(I).

5 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection des greffiers.

Sections de la Labarre et du Pont-neuf.— 1er tour de scrutin. — 514 votants.— Aucun candidat n'obtient la majorité absolue. Les citoyens Parra et Lagarrigue sont ceux qui ont le plus de voix et peuvent seuls concourir pour le second tour de scrutin. — A ce 2e tour, le citoyen Parra est élu par 401 voix sur 500 votants.

Sections du Pont-vieux et de Valendres.— 327 votants.— Le citoyen Albrespie cadet est élu par 293 voix.

6 décembre 1792.— LE CONSEIL GÉNÉRAL arrête qu'un service solennel sera célébré, demain à 11 heures, en l'église épiscopale, à l'intention de « tous nos frères d'armes décèdes, dans l'affaire de Mons et autres, pour la défense de la patrie et de la liberté ». Le citoyen évèque et son conseil seront priés de célébrer ledit service, auquel seront invités les corps constitués, la garde nationale et « les Amis et défenseurs de la liberté et de l'égalité », en la personne de leur président. La cérémonie sera annoncée à 6 heures du matin par la sonnerie des cloches, et ensuite à son de trompe.

7 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL.— Réquisition au chef de

(1) Nous ignorons pourquoi ont élut 6 assesseurs ; la délibération du 3 décembre ne parlait que de quatre.


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légion de la garde nationale d'assembler demain, à I0 heures du matin, I00 hommes armés pour assister à l'installation des juges du tribunal du district et des juges de paix.

7 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Le citoyen Conduché remet dans le coffre-fort de la commune 15.000 livres en petits assignats de la 4s émission.

7 décembre I792.— LE CONSEIL GÉNÉRAL arrête que le citoyen Ramel, capitaine de chasseurs de la légion des Pyrénées, se présentera lundi à 4 heures du soir pour recevoir la somme de 40 livres et son billet de pareille somme (1).

8 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Les deux nouveaux juges de paix, leurs assesseurs et leurs greffiers, prêtent serment selon la formule habituelle.

Le citoyen Pierre Ramel, l'un des juges, a fait précéder son serment d'une allocution, qui sera transcrite à la suite du présent. Suit le texte de l'allocution, qui est courte et sans grand intérêt.

8 décembre 1792. — LE CONSEIL GÉNÉRAL procède à l'installation des juges du tribunal du district, élus le 27 novembre dernier. La cérémonie a lieu dans la grande salle du ci-devant collège, lieu où le tribunal tient ses audiences. Le Conseil-général prend place sur les sièges du tribunal et les nouveaux juges élus, dans le parquet. Le citoyen Bel, notable faisant fonctions de procureur de la commune, requiert l'installation. Après lecture du procès-verbal d'élection, le citoyen Lapergue, premier élu, prononce le serment « d'être fidèle à la nation, de maintenir de tout son pouvoir la liberté et l'égalité républicaine ou de mourir à son poste en les défendant, comme de remplir avec zèle, courage et fidélité les devoirs de sa place » ; après quoi, il est installé à la place de président. Le citoyen Cayla, second juge élu, étant retenu chez lui par la maladie, les. citoyens Duc, troisième juge, Sers, quatrième juge, et Baudus cadet, cinquième juge, ainsi que le citoyen Gransault-Fontenilles, commissaire national, sont installés l'un après l'autre, avec les mêmes formalités que le président.

Les membres du Conseil général étant alors dans le parquet, leur président prête, au nom du peuple, le serment « de porter fidélité et respect aux juges et à leurs jugements ».

9 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Recensement des votes pour l'élection du maire.— 311 votants. Aucun candidat n'a la majorité

(1) Sans signatures.


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a bsolue. Les citoyens Lavernhe-Ribens et Olivié sont ceux qui ont le plus de voix, et doivent seuls concourir au 2e tour.

10 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement du 2e tour de scrutin pour l'élection du maire.— 357 votants. Le citoyen LavernheRibens est élu par 207 suffrages.

11 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection de onze officiers municipaux. — 233 votants. — Le citoyen Lagairde, négociant, est seul élu au premier tour, par 117 voix.

12 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes du 2e tour de scrutin pour l'élection des officiers municipaux.— 420 votants. Sont élus à la majorité relative les citoyens Gensac aîné, Roques fils, officier de santé, Panefieux, apothicaire, Lafage (de Cabessut), Heilles, régent, Tailhade aîné, Gombault, Souquet, marchand, Amadieu (de Cabessut), et Mailhes, homme de loi. Mais les citoyens Gombault et Amadieu étant beaux-frères, l'un d'eux doit se démettre, faute de quoi le citoyen Gombault, ayant plus de voix que le citoyen Amadieu, sera proclamé. La 10e place d'officier municipal est d'ores et déjà attribuée au citoyen Vidal, feudiste, qui vient immédiatement après les susnommés.

Le citoyen Gombault se présente et déclare qu'ayant déjà été élu deux fois officier municipal, « en ayant rempli les fonctions avec toute l'intégrité, le zèle et le courage possibles », étant d'ailleurs juge suppléant du tribunal du district, il « abdique » la place d'officier municipal en faveur du citoyen Amadieu.

12 décembre 1792. — Le citoyen Vendol, homme de loi, officier municipal, déclare par écrit qu'ayant été élu membie du directoire du département, il opte pour cette dernière place. Il remercie la commune des bontés dont elle l'a honoré et dont il ne perdra jamais le souvenir. (1)

12 décembre 1792. — LE CONSEIL GÉNÉRAL installe comme officier municipal, jusqu'à l'installation de la nouvelle municipalité, en remplacement du citoyen Vendol, le citoyen Monziès, premier notable, après que celui-ci a prêté le serment ordinaire.

12 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection du procureur de la commune.— 375 votants.— Aucun candidat n'a la majorité absolue. Les citoyens Ausset cadet et Théron

(1) Registre du Conseil général.


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étant ceux qui ont réuni le plus grand nombre de suffrages, doivent seuls concourir au 2' tour de scrutin.

13 décembre 1792. — 2e tour de scrutin. — 371 votants. — Le citoyen Ausset cadet, homme de loi, est élu par 214 suffrages.

13 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Réquisition au chef de légion de faire assembler la garde nationale dimanche matin, à 9 heures, sur la grande place, pour l'exécution de l'arrêté du département du 21 novembre et de celui du district en date du 30 novembre.— Il enverra aussi demain matin, à 9 heures, 50 hommes armés à la maison commune, pour l'installation des juges du tribunal criminel.

13 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection du substitut du procureur de la commune.— 243 votants.— Le citoyen Oliviè fils. homme de loi, est élu par 122 voix.

14 décembre 1792. — LE CONSEIL GÉNÉRAL se rend au ci-devant Chàteau-du-Roi, où le tribunal criminel tient ses audiences, et procède à l'installation des citoyens Judicis, président dudit tribunal, Deloncle, accusateur public, et Delbos, secrétaire-greffier, élus le 18 novembre dernier. (Pour les détails, voir ci-dessus les cérémonies de ce genre). Les citoyens Bel, suppléant du procureur de la commune, et Judicis, président, prononcent des discours qui seront transcrits au registre du Conseil général (1).

14 décembre 1792.— Le citoyen Jacques Oulié père, notable, déclare par écrit qu'ayant été nommé, « par l'indulgence des électeurs », membre du conseil du département, il opte pour cette dernière place, et exprime sa reconnaissance et son dévouement aux habitants de la commune (2).

14 décembre 1792. — LE CONSEIL GÉNÉRAL, vu les arrêtés du département et du district,endate,l'undu 2I novembre, l'autre du 30 novembre, relatifs à la formation d'un 5e bataillon de volontaires, et fixant le contingent de la commune à 15 hommes, arrête que les citoyens qui se sont volontairement inscrits pour la défense de la patrie, et ne sont pas encore partis, seront invités et, en tant que de besoin, sommés de se rendre le 20 du courant, à 9 heures du matin, sur la place d'armes, « pour prendre place audit bataillon ou y déduire leurs raisons, qui seront entendues en présence de leurs camarades ».

(1) Ces discours n'y s'y trouvent pas. (3) Registre du Conseil général.


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I6 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection des 24 notables. (Voir la liste à la séance du 18).

17 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Recensement des votes pour l'élection de 2 officiers municipaux en remplacement des citoyens Gombault et Mailhes. — 340 votants. — Les citoyens Vidal, feudiste, et Laval, sont élus.

18 décembre 1792.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Installation de la nouvelle municipalité, composée comme suit:

Maire : Le citoyen Pierre Lavergne, homme de loi.

Officiers municipaux : Les citoyens Lagarde, négociant, Pierre Gensac aîné, négociant, Antoine Roques fils, officier de santé, Dominique Panefieux, apothicaire, Pierre Lafage, propriétaire, Antoine Heilles, régent, Jean-Pierre Tailhade aîné, négociant, Antoine Souquet, marchand, Jean-Joseph Amadieu, homme de loi. Jean Vidal, feudiste, Antoine Laval, vitrier.

Procureur de la commune: Le citoyen François Ausset cadet, homme de loi.

Substitut du procureur de la commune : Le citoyen Guillaume-Vincent Olivier, homme de loi.

Notables: Les citoyens Jean-Pierre Deloncle, accusateur public, Pierre Bouzerand cadet, feudiste, Jean-Marc Bel, notaire, Jean Cossé, marchand, Judicis, président du tribunal criminel, Filsac, secrétaire-général du département, Antoine Bouyssou aîné, huissier, Louis Lacroix aîné, cordonnier, Jean Sers père, homme de loi, Joseph Berrié, sellier, Michel Nadal, marchand,


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Antoine Borredon, huissier,

Baptiste Queyras, aubergiste,

Antoine Soulié aîné, aubergiste,

Jean Duchoquet, horloger,

Paul Constans, marchand,

Alexis Monziès, tapissier,

Augustin Vitrac, aubergiste,

Jacques Lagarde, officier de santé,

Jean Guilhou aîné, marchand,

Pillât, homme de loi,

Antoine Denugues, maréchal-des-logis de la gendarmerie,

Bro, perruquier,

Guillaune Garric, cultivateur.

Sur réquisitoire du suppléant du procureur de la commune, tous les susnommés sont installés, après qu'ils ont prêté le serment civique, à l'exception des citoyens Lagarde, Sers, Nadal et Lacroix, absents.

19 décembre 1792. — CORPS MUNICIPAL. — Sur la proposition du Maire, on élit le bureau, composé des citoyens Lagarde, Gensac et Amadieu, outre le maire. On compose ensuite le bureau de la police municipale avec les citoyens Tailhade, Lafage et Panefieux.

Le citoyen Roques est chargé de la correspondance avec nos représentants, correspondance dont on a reconnu la grande utilité. — Le citoyen Heilles surveillera les fournitures de bureau ; les citoyens Laval et Panefieux, le bois et le luminaire. — Les lettres reçues seront conservées en liasses par ordre de dates.

20 décembre 1792. — Le CONSEIL GÉNÉRAL arrête :

I° Le citoyen Floiras, secrétaire-greffier de la commune, continuera à occuper sa place, à la charge par lui de remplir avec honneur et probité les fonctions civiles et politiques de ladite place, et après avoir prêté le'serment civique, ce qu'il fait immédiatement ;

2e Les citoyens Duchoquet et Barthes, horlogers, sont chargés de dresser un devis estimatif détaillé des réparations à faire à l'horloge de la ville, afin qu'il soit procédé à ces réparations aussitôt que le devis aura été autorisé par le directoire du département ;

3e Il sera nommé dans chaque section quatre commissaires pour surveiller les accapareurs de grains et autres comestibles ; ceux de La barre feront leur service aux avenues du Pont-Vieux, et réciproquement': ceux du Pont-Neuf le feront aux avenues de Valendres et


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réciproquement. Un commissaire de chaque section se rendra à' la halle les jours de marché. Les commissaires seront nommés tous les mois. Le marché aux grains sera ouvert à midi, les boulangers y entreront à I heure, les revendeuses à 2 heures.

4° Afin de prévenir l'accaparement du bois, il est défendu aux revendeurs d'acheter du bois au port après 7 heures du soir et avant 7 heures du matin.

5° II est défendu aux revendeurs et revendeuses de rien acheter sur la place ni à la poissonnerie avant neuf heures du matin, heure à laquelle la grande cloche de la cathédrale donnera le signal de leurs achats.

6° Tous les jours, avant 8 heures du matin, les rues et places seront balayées et on enlèvera tous les fumiers, ordures et décombres. Les revendeuses de « jardinages » emporteront tous les soirs les débris de leurs marchandises.

21 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Procès-verbal de la vérification de la caisse des billets de confiance, faite par le citoyen Henry, commissaire nommé par le district pour vérifier toutes les caisses similaires du canton. La commune avait été autorisée par le département, en plusieurs fois, à émettre une somme totale de 140.000 livres- de billets de confiance en échange d'assignats. De la vérification faite en présence des citoyens Gensac, Heilles et Laval, officiers municipaux, et Conduchè, trésorier de la dite caisse de confiance, il résulte qu'on a exhibé des valeurs ou justifié de dépenses pour une somme de 140.468 livres 11 sols, savoir (1) :

Livres Sols

En assignats 116.140

En billets rentrés 486 15

En billets non encore émis ....... 164499

Frais d'impression et de couleurs 3.6I5 I0

Gages de près de deux ans au citoyen Caria,

ancien secrétaire de la commune 1.500

Au citoyen Ramel, député extraordinaire à

Paris 2.227

140.468 II

(1) Résumé du compte.


I5

Sur l'excédent de 468 livres 11 sols dont cette somme dépasse celle qui avait été autorisée, on explique que l'imprimeur peut l'avoir livrée en compensation des feuilles qui se trouvaient cassées.

Le citoyen Gombault, ancien trésorier, fait observer que la municipalité lui a tenu compte de 65 livres en billets reconnus faux et de 37 livres perdues en faisant la distribution.

Sur ladite caisse, il doit être pris 144 livres pour achat de couleurs employées à l'impression des billets.

Il est convenu que, conformément à l'article22 de la loi du 8 novembre dernier, aucun desdits billets de confiance ne rentrera dans la circulation.

22 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Prestation de serment et installation des citoyens Lagarde, élu premier officier municipal et Lacroix aîné, élu huitième notable, qui n'avaieut pu se rendre le 18 décembre à la cérémonie de l'installation de la municipalité.

On nomme deux commissaires pour faire exécuter la rentrée des billets de confiance.

Le Conseil général arrête que l'ancienne municipalité fera remettre sous trois jours dans le coffre-fort les sommes dont la vérification faite hier par le citoyen Henry a fait connaître qu'elle avait disposé contrairement à la loi.

Elle sera en outre invitée à rendre ses comptes dans le délai de 24 heures, ne les ayant pas rendus dans les trois jours que la loi lui accorde pour cela.

24 décembre I792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Réquisition au chef de légion de la garde nationale d'envoyer deux compagnies au corps-degarde de la Maison commune jusqu'à demain à 6 heures du matin.

26 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Prestation de serment et installation du citoyen Nadal, élu II° notable, qui n'avait pu encore se présenter.

On établit deux nouveaux bureaux pour l'échange des billets de confiance, les deux qui existent déjà étant insuffisants.

Pour se conformer à la loi sur les renouvellements, on procède à la réélection des « officiers publics » chargés de tenir les registres de l'état-civil. Sont élus les citoyens Bel et Bouzerand, notables, qui prêtent le serment prescrit.

Les citoyens Nadal et Souquet sont chargés de la rentrée des billets


- 16 - de confiance de la commune de Cahors, et les citoyens Laval et Pillât de la rentrée de ceux des autres communes du département.

27 décembre 1792. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE. — Un membre se plaint de ce que le service est négligé à ce point, que le corps-dede garde est resté vide pendant deux nuits, au même temps qu'il se produisait des désordres nocturnes et des excès contre les personnes. On décide que le corps municipal sera prié de publier une proclamation pour rappeler les citoyens-soldats au respect de la loi ; il sera aussi prié de prendre les mesures nécessaires pour que certains jeunes volontaires, qui ont déserté leurs drapeaux, et dégoûtent les gardes nationaux du service, soient contraints de rejoindre leurs corps.

Le Comité demande aussi que le procureur de la commune soit chargé de faire payer les amendes de la garde nationale; que les citoyens sans armes soient munis de piques et qu'il soit formé un corps de « piqueurs », conformément à la loi. Il proteste de son dévouement à l'intérêt public et de sa confiance dans la nouvelle municipalité.

Il est arrêté que le citoyen Albrand convoquera dimanche prochain la 4e compagnie du Ier bataillon, dont il est capitaine, dans la salle du Comité, et que, en présence de quatre commissaires du comité et d'un officier municipal, il demandera à ses hommes les raisons qu'ils ont de ne pas faire leur service.

28 décembre 1792. — CONSEIL GÉNÉRAL. — La directrice de l'hôpital Notre-Dame-Saint-Projet ayant adressé aux corps administratifs une pétition pour demander un secours dont ledit hôpital a un besoin urgent, et cette pétition ayant été renvoyée au Conseil général, celui-ci demande au directoire du département d'avancer une somme de 1500 livres pour cet objet, et offre en garantie les capitaux des rentes et les biens-fonds dont ledit hôpital jouit.

(Suit la pétition relative à cette affaire, dont il ne reste que le commencement, une lacune, qui paraît être de quelques feuillets, se trouvant ici dans le registre).

3 janvier 1793.- (1) CONSEIL GÉNÉRAL.-- Procès-verbal de la «brûlure» des billets de confiance, qui a eu lieu aujourd'hui dans la cour de la Maison commune, à 11 heures, en présence du Corps municipal et des

(I) Cette pièce et la suivante sont placées, clans le registre du Conseil général, entre les délibérations des 28 janvier et 14 février.


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citoyens, invités à son de trompe. Les billets, dont la valeur totale s'élevait à 17953 livres, étaient renfermés dans 5 « saches », dont le contenu a été jeté successivement dans un feu de sarments et de paille, et le Corps municipal ne s'est retiré qu'après l'incinération de tous les billets.

6 janvier 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Ordonnance de police, précédée d'une allocution du procureur de la commune, où il est dit en substance que les lois existantes, quoique très volumineuses, n'atteignent pas tous les coupables ; en attendant une législation complète, il est nécessaire de faire des « lois subsidiaires », principalement contre les individus « qui, sous le masque trompeur de la probité, abusent méchamment des besoins du peuple » et « ne connaissent d'autre déité que leur égoïsme ».

Analyse de l'ordonnance (I).

i° Les aubergistes et cabaretiers devront avoir des pots et bouteilles de mesure juste, sous peine de confiscation et bris desdites mesures, de 100 livres d'amende au moins et de détention à la police municipale ; en cas de récidive, de la police correctionnelle.

2° Il leur est défendu de mettre dans leur vin aucune drogue, sous peine de confiscation du vin et de 3 livres d'amende au moins.

3° II leur est défendu sous la même peine de donner du vin à des gens ivres et de servir à boire après 9 h. du soir en hiver et 10 h. en été.

4e Les maîtres d'hôtels gernis, logeurs, etc., inscriront, sur un registre en papier timbré et paraphé, les noms, qualités, domiciles habituels, dates d'entrée et de sortie de tous ceux qui coucheront chez eux, même une seule nuit ; ils présenteront ce registre tous les 15 jours et toutes les fois qu'ils en seront requis ; le tout sous peine d'une amende égale au quart de leur patente.

5° II est défendu aux bouchers de tuer aucune bête malade, sous peine de confiscation et d'amende ; ils devront tenir leurs boucheries balayées et nettes en toute saison ; il leur est défendu de tuer les bêtes ailleurs que dans « l'écorcherie » à ce destinée, sous peine de confiscation pour la première fois, de confiscation et de 50 livres

(1) Dans un bon nombre d'articles de cette ordonnance, on se réfère au décret sur la police municipale. 2


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d'amende en cas de récidive: il leur est défendu de donner du surpoids.

Sont déclarés surpoids : les tètes de boeufs, veaux et moutons, les foies, « foies blancs (I) », pieds et bouts de jarrets de boeuf; ces morceaux ne pourront être vendus qu'à la place des Petites-Boucheries et non dans les boutiques. La taxe de la viande est fixée, pour la livre de 48 onces, à 14 sols le boeuf, 18 sols le veau et le mouton ; ceux qui vendront au-dessus de ces prix seront poursuivis comme concussionnaires.

Il est défendu aux bouchers de débiter des chairs maigres, telles que vache et brebis ; ces sortes de viandes ne peuvent se vendre que dans des boucheries spéciales qui sont établies pour cela dans les faubourgs, et où la viande de vache doit être vendues 12 sols, celle de brebis, 14 sols. Les bouchers sont tenus de détailler la viande jusqu'au quart de livre. Ils devront avoir dans leurs boutiques un tableau portant en gros caractères le prix de la viande.

6° Les boulangers ne pourront faire que trois sortes de pain : du pain mouflet, du pain blanc et du gros pain bis, bien cuit et rassis. Ils ne pourront vendre au-dessus de la taxe, sous peine de confiscation et de 100 livres d'amende. Ils pèseront le pain avec des balances, non avec des romaines ou des crochets. Ils ne pourront cesser de faire et débiter du pain qu'après avoir prévenu la municipalité quinze jours à l'avance, sous peine de 100 livres d'amende et de responsabilité des événements qui pourraient survenir à la suite d'une cessation subite de fabrication.

7° Les cheminées devront être ramonées tous les quatre mois, sous peine pour les contrevenants d'amende et de responsabilité. Les entrepreneurs qui construiront des cheminées sont tenus de se conformer aux règlements sur la matière. En cas d'incendie, tous les maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, et autres ouvriers, sont tenus de se transporter à l'instant sur le lieu du sinistre, avec les outils propres à éteindre le feu, sous peine de 3 livres d'amende.

8° Il est défendu de galoper à cheval dans les rues et promenades, comme aussi de laisser les animaux vaguer et manger par la ville,

(1) Poumons.


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sous peine d'une amende de 2 livres à 50 livres et de réparation du dommage causé.

9° II est défendu d'encombrer les rues de matériaux, sous peine d'une amende de 2 à 50 livres. En cas de réparations, on devra placer une lanterne aux tas de décombres qui embarrasseraient les rues.

I0° Il est défendu aux marchands et autres d'avoir plus de 4 livres de poudre, sous peine de confiscation, d'amende de 50 livres et de réparation du dommage, en cas d'explosion. Les marchands ne pourront délivrer plus d'un quart de livre de poudre que sur un ordre du Corps municipal.

II° Chacun devra balayer la rue devant sa maison tous les jours, à 7 heures du matin en été et à 8 heures en hiver, heures qui seront annoncées par le son de la cloche. Défense de jeter dans les rues les ordures et immondices, qui devront être placées en tas à côté du ruisseau, où les boueurs les prendront.

Ceux-ci devront les ramasser exactement tous les jours et les porter sous les remparts, non sur les « sables », ports, promenades, ni sur les bords du Lot. Les décombres des réparations ne devront pas non plus être portés à ces endroits, ni mêlés aux balayures. Défense expresse de mettre des fumiers dans les rues et promenades, ni dans les cours des maisons ; les boueurs les enlèveront à leur profit. Défense de mettre aucun objet sur les fenêtres dominant la rue, de jeter de l'eau dans la rue avant 10 heures du soir ; défense d'y jeter des bêtes mortes, des teintures, des os ou viandes gâtées. Les tanneries et amidonneries ne pourront être établies que dans les endroits désignés par le Corps municipal. Les préposés à l'allumage des lanternes devront les allumer à l'entrée de la nuit ; défense très-expresse de détériorer ou enlever les lanternes. Les bouchers, tripiers et autres emporteront hors de la ville les fientes des bestiaux égorgés.

12° Défense aux revendeurs et revendeuses d'acheter ailleurs que sur les places à ce destinées les comestibles tels que truffes, oeufs, fromages, gibier, etc., et aussi d'acheter avant 9 heures en hiver et 8 heures en été, sous peine de confiscation et d'amende.

13° Le marché au blé sera ouvert à onze heures et demie pour les acheteurs ordinaires, à 2 heures pour les boulangers ; défense à ces derniers d'acheter sur les avenues ou dans les rues, sous peine de confiscation et d'amende. Il est défendu sous les mêmes peines aux


revendeurs de grains de paraître à la halle jusqu'à nouvel ordre et d'acheter sur les avenues ou dans les rues.

14° Défense aux revendeurs de bois d'en acheter sur le port du Pont-Neuf, l'hiver, avant 8 heures du matin et après 6 heures du soir, l'été, avant 7 heures du matin et après 7 heures du soir.

15° Défense aux revendeurs et revendeuses de se charger de vendre des étoffes, etc., sans une permission signée d'un officier municipal, et aussi de rien acheter des enfants de famille et des domestiques.

16° II est enjoint aux revendeuses d'herbes potagères et autres de balayer la place qu'elles occupent et d'emporter chaque jour les débris de leurs marchandises.

17° Défense aux apothicaires, droguistes, etc., de vendre aux femmes, filles, enfants, et même aux chefs de famille dont la réputation serait douteuse, des substances toxiques ; ils tiendront un registre timbré, coté et paraphé, des substances de cette sorte qu'ils auront en magasin et de celles qu'ils distribueront.

18° Les propriétaires de bateaux devront, au premier cri, se transporter à l'endroit où une personne est en danger de se noyer, et à cet effet, ils sont tenus de laisser chez eux les clefs de leurs bateaux.

Le noyé retiré de l'eau, on appellera sur-le-champ les officiers de santé les plus rapproché, qui sont tenus de se rendre de suite à son secours. Le premier qui secourra une personne en danger de se noyer recevra 12 livres ; celui qui la sauvera, 24 livres.

19° Défense aux tonneliers de fabriquer et de laisser séjourner des barriques dans les rues.

20° Défense à tous de heurter aux portes, de faire « du trin », et de chanter dans les rues après 10 heures du soir en été et 9 heures en hiver.

21° Défense aux propriétaires et locataires de permettre qu'on joue chez eux des jeux de hasard ; les propriétaires et principaux locataires, s'ils habitent la maison et n'avertissent pas la police, seront condamnés, pour la première fois à 300 livres d'amende, et, en cas de récidive, à 1000 livres, solidairement avec les tenanciers des jeux de hasard.

22° Les commissaires et agents de police assermentés dresseront les procès-verbaux des contraventions en présence de deux voisins qui les signeront, et des experts en chaque partie, si la municipalité en a désignés.


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23° Défense à tous d'enlever, salir et déchirer les affiches et proclamations.

24° Toute contravention « dans les cas non prévus » est défendue et les bons citoyens sont invités à dénoncer les contrevenants.

25° Défense de commettre des délits de police rurale, sous les peines portées par la loi.

26° La présente ordonnance sera présentée à l'autorisation des directoires du district et du département, et ensuite imprimée, lue, publiée et affichée aux lieux accoutumés.

(A suivre). A. COMBES

BALLADE DES CHÊNES DU QUERCY.

Sur les flancs des coteaux pierreux Où mord rarement la charrue, Le vent, tout à l'aise, se rue ; Rien ne brise ses rudes jeux... Il est, aux vallons, dans les plaines, Maître aussi du sol quercinois... Pour l'arrêter, il faut des bois : Quercy, qu'as-tu fait de tes chênes ?

Quand août fait flamboyer des cieux Que jamais ne voile une nue, Le soleil sur la lande nue Frappe plus fort et brûle mieux ! Rêvant d'arbres et de fontaines, Le passant défaille parfois ; Pâtres, troupeaux, sont aux abois... Quercy, qu'as-tu fait de tes chênes ?

Quand les Cadurques, nos aïeux, Vinrent peupler ces étendues, Elles n'étaient point ras tondues ; Des frondaisons charmaient les yeux... Harcelant les aigles romaines, Aux forêts campaient autrefois Luctérius et ses Gaulois... Quercy, qu'as-tu fait de tes chênes ?

ENVOI :

Quercy, tes grâces souveraines Feront, sans conteste, de toi Le plus beau des pays, leur roi. Quand te couronneront tes chênes !

EUGÈNE GRANGIÉ.


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ESSAI D'UN ARMORIAL QUERCINOIS

ADDITIONS ET CORRECTIONS

— Albin (d'). — Seigneurs de Valzergues, Serez, le Vigan ; co-seigneurs de Sénaillac, Domenac.

Ecartelè aux I et 4, de sable au lion d'or, qui est d'Albin ; aux 2 et 3 d'argent, à 3 tourteaux de gueules, qui est de Naussac.

(Généal. et notes aux Arch. du Lot : F. 296. Cte de Brémond d'Ars : Les sgrs. d'Albin, issus des anciens comtes de Rouergue, in Rev. des quest, hérold. et hist. 1902 et suiv.)

— Amadieu. — Bourgeois de Roquemadour.

D'azur à un chevron d'or, chargé en chef d'une croiselle de gueules.

(Arm. Général de France. Montauban Bau.de Figeac, f° 1050, n° 72).

— Anglars (Mgr. d'). — Né à Sarlat (Périgord), il était archiprêtre de Cajarc (Quercy) en 1789. Il fut nommé évêque constitutionnel du diocèse de Cahors et se fit sacrer à Tulle le 29 avril 1792. Démissionnaire le 8 fructidor an X ; nomme chanoine titulaire de la cathédrale de Cahors, il mourut le 15 septembre 1814.

D'argent, à trois fasces de gueules, surmontées en chef d'un léopard d'azur.

(Froidefond : Arm. du Périgord).

- Antin (d'). — Famille originaire de Bigorre, fixée en Bazadais. Sa filiation remonte à 1582. — Seigneurs de Hon, Saint-Pée, Habos, Vaillac. Les d'Antin de Vaillac héritèrent des droits des GourdonVaillac.

Maint, en 1668.

Ecartelè : aux 1 et 4 : d'or, à trois têtes de lion coupées de gueules 2 et I ; aux 2 et 3, d'azur, à trois besants d'argent, 2 et 1 ; sur le tout d'argent à une clef de sable en pal.

Arm. général I696.)


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— Arch (d').— Rectifier : Famille d'origine bourgeoise. Bernard d'Arche, qualifié à tort chevalier par le Bulletin héraldique de France, était notaire, il fit son testament en 1582. Son frère Jean était bourgeois et marchand à Beaulieu ; un de ses fils fut greffier à la Bourse commune des marchands de Bordeaux et son troisième fils, procureur en la cour. Son fils aine, seigneur de la Salle d'Argadens, eut un fils qui fut conseiller au Parlement de Bordeaux et mourut en 1674. Ce n'est donc qu'à partir du XVIIe siècle que les d'Arche portent la qualification de nobles.

Assemblée de la noblesse à Cahors en 1789.

— Arliguie de Lon (d'). — Et de nos jours par corruption : Darlcguy de Lon.

Famille originaire du Limousin.

Jean-Louis de Certain, seigneur de Lacoste, auteur de la branche des Certain Canrobert, avocat, né le 30 mars 1171, épousa le 18 avril 1746, à Laval-de-Cère, paroisse de Cahus, canton de Bretenoux (Lot), Marie-Louise de Verdal.

Rose de Certain, décédée veuve au repaire de Lon, paroisse de Noaillac, à 70 ans, le 14 octobre 1785, avait épousé le 25 juillet 1740, à Noaillac, noble François d'Arliguie, écuyer, seigneur de Lon.

Un Darleguy de Lon a été fonctionnaire de l'Université à Montauban.

D'azur, au chevron rompu, accompagné en chef d'un croissant accosté de deux étoiles et en pointe d'un lion, le tout d'or.

(L. de Saint-Germain : La famille de Certain-Canrobert, in : Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze, à Brive, T. XXVI, 4e livr. oct, déc. 1904,)

— Aspremont (d'). — Le sur le tout a été omis dans le dessin du blason de cette famille.

— Audin (d'). —Ajouter : bourgeois de Rocamadour.

— Auguié {d'). — François Auguié, avocat au Parlement, eut ses armes inscrites à l' Armoriai général en 1696.

Taillé d'or et d'azur ; à une fasce aussi taillée de gueules sur l'or et d'argent sur l'azur.

Pierre-César Auguié, marié le 5 avril 1735 à Marie de Guary, était avocat au Parlement et conseiller en la sénéchaussée de Figeac. Il était fils de César Auguié et de Rose de Maire.


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Pierre-César Auguié, né en 1738, fils du précèdent, fut régisseur général des vivres du royaume sous Louis XVI, puis receveur général des Duchés de Bar et de Lorraine. Il épousa le 11 juillet 1779, Adélaïde Henriette Genêt, première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette. Il portait le titre d'écuyer.

Ils eurent pour enfants : Mme Gamot, comtesse de la Ville de Villastellonne; la maréchale Ney, duchesse d'Elchingen, princesse de la Moskowa, et la baronne de Broc.

Antoine-Benoît-Auguié de Lascans, né à Figeac, le 24 décembre 1740 (mort au Brésil) s'établit à Saint-Domingue où il possédait de grandes propriétés. Il était fils du précédent.

— Auzac de la Martinie (d'). — Cette famille ne se rattache pas d'une façon certaine aux Auzac de Campagnac. On nons fait remarquer que Bourrousse de Laffore s'est trompé en la donnant comme noble d'extraction et l'une des plus anciennes de la Guyenne. Elle n'aurait pas été convoquée à l'assemblée de 1789.

Nous y voyons un d'Aùzac de la Pannonie porteur d'une procuration.

— Axtrez (Piale.s d'). — Famille originaire d'Auvergne. — Seigneurs d'Axtrez.

Une branche s'est fixée en Quercy au XVIIIe siècle.

Alliances ; de Venries, Dubois de Marcenac, de Falvelly, de Molettede-Morangiès, de la Rousilhe, Calmels d'Artinsac, de Lavayssière de Lavergne. de Bonnefon, Rolland de Ravel.

D'azur au chevron d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et en pointe d'un croissant d'or surmonté de trois pommes de pin du même.

Timbre : un casque de chevalier.

(Papiers de famille).

— Aydie (d'). — Ancienne famille du Béarn, répandue en Périgord, Bordelais, Gascogne, qui remonte sa filiation à 1348. — Marquis et comtes de Riberac (ér. 1527), Comminges, Benauges, Montfort, Rions ; Vicomtes de Fronsac, Espeluchc, Turenne, Cailus, Castillon, Gontumières, barons de Lamarque et Saussac, etc.

Ecartelè : aux 1 et 4, de gueules, à quatre lièvres courants l'un sur l'autre d'argent ; aux 2 et 3, d'or, à cinq pals de gueules, contr'ecartelè


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aussi d'or, à deux vaches passantes l'une sur l'autre d'azur, couronnées, colletées et clarissées du même.

(P. Meller : Armoriai du Bordelais.)

— Aymard ou Adhémar d'Anglars (d'). — Seigneurs d'Anglars et de Salignac ; Cornil ; Laroche-du-Pont, en Quercy.

D'or, à trois Jasces abaissées de gueules, accompagnées en chef d'un lion léopardè du même,

(Bibl. Nat. mus. Clairambault, I181, 282,— id. carrés de d'Hozier, vol. 27. Common de M. le Vte de Gérard )

— Aymerique (d'). — Famille originaire de Sarlat. — Messire Gabriel d'Aymerique. écuyer, seigneur de Calviac (sén. de Sarlat, dioc. de Cahors), conseiller du roi, lieutenant général de Police à Gourdon, épousa Marie-Thérèse de Saint-Clar, dont Galiotte qui épousa par contrat du 14 décembre 1755, noble Jean de Chaunac, écuyer, seigneur de Montbette en Sarladais.

Ecartelè : aux 1 et 4, d'or, à un arbre de sinople, adexlré d'une montagne du même ; au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'argent (ou d'or) ; aux 2 et 3, d'azur, en dextrochère de carnation tenant une épée haute d'argent, garnie d'or.

Communication de M. le Vte de Gérard),

— Aynac (d). — Gilibert d'Aynac, dont le sceau se trouve apposé au bas d'une quittance de 1359 (Bibl. nat. pièces originales n° 158) appartenait à la famille de Lavergne, co-seigneurs de Lavergne et d'Aynac. Au commencement du XIVe siècle, cette maison se divisa en deux branches : Les Lavergne, qui se sont fondus dans les Laroque-Toirac (fin XIVe siècle) et les Aynac dont les possessions sont entrées, dans la maison de Turenne d'Aynac au début du XVe siècle.

Les Lavergne et les Valon aussi anciens les uns que les autres et originaires du même lieu, devaient avoir une origine commune. G. Lacoste dans son histoire du Quercy (T. 1, p. 443) dit que les seigneurs de Lavergne-Valon paraissent descendre de Guiraud-de-Valon et l'abbé de Fouilhac dans ses notes manuscrites (bibliothèque de la ville de Cahors, fonds Fouilhac liasse 59) ajoute : « (les Lavergne) erant exantiqua Familia dicta de Valon. »

Lacabane dans un autographe conservé dans les archives de la Mostonie blasonne les armes de la maison d'Aynac :

Parti d'or et de gueules.


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Ce sont précisément les armes de la famille de Valon, originaire de Lavergne-Valon, qui a porté au moyen-âge (comme d'autres familles) indifféremment le « parti » ou « l'écartelure ».

Il en résulte que les armes de Gilbert-d'Aynac dont le sceau représente un « parti » devaient être :

Parti d'or et de gueules.

— Balmary. — Famille originaire d'Ecosse où elle aurait porté le nom de Balmerind. — François Balmary, bourgeois de Cahors, épouse de Marie de Maury, eut pour fils : Jean Balmary, conseiller du roi au Présidial de Cahors, avocat au Parlement de Toulouse, qui épousa Gabrielle de Roche d'Aiguillon, le 8 octobre 1739, dont entr'autres : François-Henry Balmary de Lonbejac, conseiller au présidial et Sénéchal de Cahors.

D'argent, à une plante de baume de sinople : à la bordure de gueules. (Armoriai général de France, 1 696,Toulouse-Montauban, p. 1024, n° 230).

— Balza. — André Balza, conseiller du roi, Président en la cour des Aides de Montauban.

D'argent, à une plante de baume de sinople, terrassée du même ; au chef de gueules.

(Arch. du Lot : F. 317).

— Bar (de). — En Limousin.

Le château et la terre de La Roque, près Montvalent (Lot), appartiennent à cette famille.

De gueules, à une bande d'or ; au chef cousu d'azur, chargé de trois étoiles d'or.

Couronne : de marquis.

Supports : deux lions issants au naturel, armés et lampassés de génles.

La terre de La Roque fut apportée en dot par Mademoiselle Louise de la Serre de la Roque qui épousa Louis de Lambertie, député du Lot, en 1831. Leur fille, Marie-Julia de Lamberterie épousa le 22 juillet 1863 Joseph-Maurice de Bar.

(Armoriai général, de la noblesse, par d'Hozier, Reg. 2 d, 1er liv. p. 349 c. seq. — Bergues-Lagarde : Nobil. du Bas-Limousin, p. 20 )

— Beaumond (de). — Ajouter : I1 n'existait que deux branches de Touchebceuf : Les Clermont-Touchebceuf éteints depuis une quin-


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zaine d'années étaient fixés dans le département de la Dordogne ; la branche de Toucheboeuf-Beaumond existe encore en Périgord.

— Beaurepaire (de), — Ancienne famille de Bourgogne dont une famille vint s'établir en Quercy, au commencement du XVIIe siècle, à l'occasion des guerres de religion.

A l'époque de la Révolution, les Beaurepaire possédaient encore un castel à côté de La Capelette, non loin de Moissac. D'argent, au chevron d'azur. Couronne : de marquis.

— Beauville (de). — Ajouter : très ancienne famille de l'Agenais. D'or, à deux vaches de gueules.

Bérail et Béràl. — (N° 69). — Rectifier : Barons de Cazillac ; (èr. 1465), vicomtes et comtes de Cessac.

Ajouter les seigneuries de Laroche, Cels, Crayssac, Bayssac, Sarezac, Strenquels, Cavagnac et Condat, ces cinq dernières dépendant de la baronnie de Cazillac.

La Chesnaye des Bois a fait erreur au sujet du nom de Cazillac.

Les armes que nous avons données à la famille Bérail d'après cet auteur sont celles des Cazillac.

Les Bérail et les Cazillac étaient deux familles absolument distinctes ; elles furent alliées en 1350 et 1373. En 1443, par suite de l'héritage de Jean Bérail, laissé à l'un de ses neveux, Raymond de Cazillac, au détriment des branches cadettes de la famille Bérail, les Cazillac ajoutèrent à leur nom celui de Bérail et le portèrent pendant plusieurs générations.

(E. Rupin : Cadillac, in Bull, de la Soc. arch. de la Coirèze, à Brive, 1905 ; 4e fasc.p. 487, note.)

— Bérail (de). — (N° 70). — Rectifier : Le fief de Cessac passa au XIIIe siècle aux Bérail, qui prirent dès lors le nom de Cessac.

Les Bérail étaient originaires du Quercy ; ils ont formé plusieurs branches.

La branche des seigneurs de Pauliao de laquelle sont issus les seigneurs de Mazerolles en Rouergue subsiste encore. Celle des barons de Belcastel, seigneurs de Merville, établie à Toulouse, s'est éteinte de


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nos jours. Elles ont l'une et l'autre donné des chevaliers de St-Jean de Jérusalem.

(E. Rupin : Cadillac in Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze. ut supra.)

— Bessières (Jean-Baptiste). — Rectifier : Le Lion est d'or.

— Bessières (Pierre-Henri-Jérôme). — Rectifier : N'est pas le trère du Maréchal.

— Boysson (de). — Rectifier : Cette famille est un rameau séparé au commencement du XVIe siècle de l'illustre maison de Boysson de Mirabel de Beauteville, d'Aussonne et de Bournazel. Elle s'y rattachait par Bernard, fils de Pierre, qui lui-même était frère de Jean II qui construisit le château de Bournazel.

Pierre de Boysson était, en 1520, seigneur de Sayrinhac et bourgeois de Figeac. — Antoine de B. fils de Bernard, seigneur de Mazerat était, en 1620, Président au Présidial du Quercy : il épousa Pierrette d'Abzac. De lui descendait Jean-Isaac qui épousa, le 18 janvier 1796, MarieAnne de Lavergne, d'où naquit Bernard de B., seigneur des Gardes, près Cazals, avocat général à la Cour des Aides de Montauban ; celuici épousa Jacquette de Cadolle en Languedoc. Ils eurent trois fils qui émigrèrent. — Le plus jeune des trois : Achille, épousa Judith de La Verrie de Vivans et fut père d'Amédée qui lui-même épousa Marie de Chaunac-Lanzac, d'où naquirent 17 enfants.

(Papiers de famille).

— Briançon et avant le XVIIIe siècle Brianson et Briansson (de) ; (I). — du latin Brigantis.

Chevaliers, Barons.— Barons de Briançon de Montcuq et du Pierrail. — Seigneurs de la Mothe, St-Martial de Dronne, Mauzac, Perrou, Pessieaux, Margueron, la Viguerie, Rival, les Lamberts, Revaux, Prigonrieux, la Monzie, la Tapie, la Bouiguède, la Mohtille, Louvincourt, le Castang, Lcspaze, le Camdel, la Toffaine, Mendigo, Montayral, Fromassac, Arquiè, la Morle, Salounères, les Clèdes, Cahusses, la

(I) C'est à Geoffroy Tori,réformateur de l'orthographe, qui vivait au XVIe siècle que l'on doit d'avoir établi le ç à la. place de l's. .


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Rouquette, Sègadènes. — En Périgord, Bordelais, Agenais, Picardie, Quercy.

Armes De gueules à trois Jasces ondées d'or.

Timbre : Couronne de comte ; supports : deux griffons. On voit aussi dans la branche cadette : (le haume de chevalerie, d'argent, taré de tiers, à cinq grilles d'or, orné de ses lambrequins.)

Devise : Semper sanguine fluctu. (alias semper sanguine per fusus). Maison d'ancienne chevalerie, originaire du Dauphiné.

On trouve vers I I00, un noble Laurent de Brianson, recteur de l'Université de Valence en 1156, un Aymond de Brianson, évêque de Tarentaise en 1178, qui assiste, en 1179, au concile de Latran et obtient en 1186, étant à Pavie, de l'Empereur Frédéric I des privilèges pour son diocèse qui sont confirmés par Henri VI en 1196, il existait encore en 1210. En 1231 vivait Eymeric de Brianson,chevalier, père de Eudes, Guillaume et Aymond de Brianson, lesquels échangèrent, l'an 1291, leur château de Bellecombe appelé « la clef et la garde du Dauphiné » avec le Dauphin Humbert I contre son château de Varces. La même année 1291, Guillaume de Brianson est élu archevêque d'Embrun.

On trouve aussi en Normandie, en 1271, sur le rôle du ban des chevaliers du baillage de Caux, un Guillaume de Brianson, chevalier ; sur le rôle du ban d'Evreux, dans le baillage de Gisors, un Foulque de Brianson ou Besenson, chevalier.

Un Olivier de Brianson, également chevalier, figure, en 1296, sur le rôle de l'armée de Gascogne, sous le commandement du comte d'Artois ; mais on ne voit clairement des Brianson s'établir en Guienne et donner leur nom à un château du nord du Périgord, de la paroisse de Verteillac, juridiction de Riberac, que vers l'époque où le Dauphin de Vienne Humbert II assure par un contrat, signé au château de Vincennes, le 23 avril 1343, la province du Dauphiné au roi de France et lui promet le concours de ses armes contre les Anglais.

La filiation suivie de la branche guiennoise, s'établit sur titres authentiques depuis Arnaud de Brianson, chevalier, qui vivait en 1380, mort avec la vieille chevalerie à la bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415, seigneur hommageant de François de Salignac, baron de Verteillac ; cette branche s'est elle-même subdivisée en deux branches encore existantes en Agenais et Quercy.

I° Branche aînée maintenue en noblesse en 1696 : des barons de Briançon, de Montcuq et du Pierrail, chefs de noms et d'armes, divisée


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actuellement en deux rameaux : elle a fourni plusieurs officiers et capitaines dont J. de Briançon, écuyer, capitaine au régiment de Condé, tué à Parme le 19 juin 1734.

2° Branche cadette divisée dès sa formation en trois rameaux :

Ier rameau maintenu en noblesse en 1666 : des seigneurs de la Tapie, la Montille, Ségadénes : a fourni entr'autres : un gentilhomme « en compagnie de chevau- légers » un capitaine au régiment de Normandie, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, un capitaine au régiment d'Orguel, un cornette au régiment de Bretagne-cavalerie qui quitte l'armée, ses ressources ne lui permettant pas de soutenir le service. A différentes époques, du reste, ce rameau, soutint difficilement son état de noble ayant beaucoup à souffrir de la pauvreté, surtout pendant le XVIIIe siècle, et perdit la particule nobiliaire : Louis de Brianson, écuyer, seigneur de la Tapie et de la Montille, vendit la plupart de ses terres et ne garda que des droits féodaux que ses héritiers vendirent à leur tour dès que la bourgeoisie fut autorisée « à tenir fief noble ».

C'est pourquoi le tribunal de Villeneuve-sur-Lot ne considérant que les origines de ce rameau, vu ses preuves sur titres, remontant par filiation non interrompue, à ses premiers ancêtres qui étaient tous nobles et jusqu'à la réunion à la branche ainée, lui rendit la particule nobiliaire devant son nom patronymique tant pour le passé que pour l'avenir, par un arrêt enregistre, le 29 janvier 1902.

2e rameau éteint peu après sa formation.

3° rameau éteint au XVIIIe siècle.

Le second et le troisième rameau, qui étaient protestants, furent probablement ruinés pendant les guerres de religion. Ils vinrent dès leur formation se réfugier à Tournon d'Agenais où ils furent réduits pour vivre â faire du négoce et prirent jusqu'à leur extinction le qualificatif de bourgeois. C'est ainsi, du reste que les auteurs de ces deux rameaux sont qualifiés dans le jugement du Tribunal de Villeneuvesur-Lot. Un de leur membre fut Ier consul de Tournon.

En Bourgogne, il existait également en l'an 1000, les barons de Bransion ou Brancion. Josserand de Brancion dont Join ville a raconté la mort à la première croisade de Saint-Louis appartient à cette maison qui porte :

D'azur à trois fasces ondées d'or.

Le voisinage des deux provinces, l'analogie du nom et celle des armes qui ne diffèrent que par l'émail du champ sont trop frappantes


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pour ne pas faire supposer que ces deux maisons ont une commune origine et que la légère différence du nom n'est due qu'à une altération subordonnée au changement de l'idiome des deux provinces, altération qui aurait pu se produire dès les temps les plus reculés.

Moréri-Chorier : Hist. du Dauphiné.— De la Roque : traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces 1735.— O.Gilvy : Nobil. de Guienne et de Gascogne. — Bénézit-Saint-Marc : Généal. man. à la Bibl. mun. d'Agen Armoriai général de 1696. Salle des Croisades, à Versailles, Histoire de France d'Henri Martin T. IV,V et IX. — Arch du Tribunal de Villeneuve-sur-Lot—Soc. Hist. et arch. du Périgord T. XXXI.—Arch. départementales du Lot-et-Garonne, série B. — Bibliothèque nationale, manuscrits. —Arch. départementales de la Somme.— Anciennes études Duval et Ricard à Amiens. — Etude Tournayre à Montaigut-du-Quercy Tarn-et-Garonne. — Collection de M. l'abbé J.Dubois.— Dictionnaire Lalanne 1877. — Armoriai de la noblesse du Périgord par A. de Froidefond. — Armoriai du Bordelais par Meller. — Papiers de famille.)

— Brons (de). — Et non Brous. —Ajouter : vicomtes de Brons; seigneurs du Cluzel, Cézerac, Libos, Virelles, etc.

Famille que l'on croit issue de la maison de Broon, en Normandie, répandue en Périgord, Quercy, Agenais et Bordelais. Elle remonte sa filiation au XVe siècle et a été maintenue en noblesse en 1667.

(Arch. du Tarn-et-Garonne. — Papiers Delmas de Gramont).

— Buisson (de et du). — N°s II4 et 232. Les du Buisson de La Bastide-Beauvoir ou de Varagnes et les du Buisson d'Aussonne appartiennent à la même maison. Les deux branches se sont séparées de la branche aînée, Buisson Beauteville, la première au début, la seconde au milieu du XVIe siècle. La croix de Toulouse, chargée de trois tourteaux d'azur que portaient les de Buisson de Beauvoir provenait d'une concession faite par François Ier en 1518 pour cause de proche parenté avec les comtes de Toulouse.

Cette branche subsiste encore par substitution. Son dernier représentant imposa, en effet, en 1623, lors du mariage de sa fille unique Jeanne de Buisson avec François de Roquette l'obligation de substituer aux nom et armes de Roquette les noms et armes de la maison de Buisson pour le premier enfant mâle qui naîtrait de cette union.

Ce fut Antoine de.Roquette-Buisson, seigneurs de Magrins, Varagnes, Caillavel, Boussenac, etc., capitaine dans le régiment de Piémont, et dont le troisième fut Bernard de Roquette-Buisson, che-


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valier de Malte, page du Grand maître, balli de Manosque, grand croix de l'Ordre, commandeur de Bayens et d'Argentin.

Les Roquette-Buisson portent :

Ecartelè : aux I et 4, coupé en chej : d'or, au buisson de sinople et d'argent, au lion issant de sable, qui est de Buisson, en pointe : d'azur, à trois coquilles d'or, 2 et 1, qui est de Massip ; aux 2 et 3, d'or, à ta croix de Toulouse, chargée de trois tourteaux d'azur, qui est de Buisson de Labastide-Beauvoir ; sur le tout : ecartelè : aux I et 4, d'azur au roc d'échiquier d'or, qui est de Rquette ; aux 2 et 3 d'or, à deux fasces de gueules, qui est de Magrins.

— Campmas (de). — Ajouter : famille anoblie en 1630.

— Caors (de). — Ajouter : quelques auteurs prétendent à tort qu'il n'y avait pas de famille de ce nom au XIVe siècle. Il suffit pour se convaincre du contraire de lire les savants ouvrages de notre érudit collègue M. le chanoine Ed. Albe.

Chanoine Ed Albe : Autour de Jean XXII, p. — Prélats originaires du Quercy, p. 39).

— Careto (de). — Ajouter :

Ecartelè : aux 1 et 4, d'or, à trois bandes de gueules ; aux 2 et 3, de gueules à un griffon d'or.

(L. de Vallon : Prieuré de Catus, p. 124. — Eglise de Catus.

Voir sur les Carretto : De quelques erreurs dans la liste épiscopale du diocèse de Cahors au XIVe et au XVIe siècle, par le chanoine Ed. Albe. (Extrait du Bulletin historique et philologique, 1909.)

— Carmaing (de). — Au lieu de : à la bande d'azur, lire : à la bordure d'azur.

— Castaigner, Chasteigner (de). — Les numéros 143, 144, 164 de l'Armoriai, concernent la même famille. Ces articles doivent être modifiés comme suit :

Chevaliers ; Marquis de St-Foy ; vicomtes d'Auvillars, barons de Loubejac ; Donzels de Lauzerte. ; marquis ou comtes de Castaignes (courtoisie) ; seigneurs de Haut-Çastel, Moissac, Cassemartin, Grenadette, la Chasteigneraye, Réaumur, la Meilleraye, Saint-Georges de Raxe, la Rocheposay, Bougon, la Berlaire, le Breuilh de Challans, Grisay, la Motte deChâteau-Gaillard, la Mothe-d'Ursad, Fauré, Mont-


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cuq, la Valette. Sauveterre, Monderiard, Montesquiou-Durfort, Cas telsagrat, la Monjoi, Campagnac, la Motte-Durfort, Montbrun, Aussac, Saint-Urcisse, Saint-Avit, etc., en Poitou, Quercy, Gascogne, Comminges, Astarac, Périgord, Angoumois, Bordelais.

Ecartelè : aux I et 4, d'or, au lion passant de sinople, armé et lampassé de gneules, qui est de Chasteigner : aux 2 et 3, d'argent à trois fasces de gueules, qui est de Loubejac. Couronne : de marquis.

Tenants : deux sauvages de carnation, armés de massues, ceints de feuillages de sinople.

Devise : Orbefracto, spes itlozsa.

La maison de Chasteigner, originaire du Poitou, vers 1060, est une des plus anciennes connues. Elle a fourni nombre de notables personnages ; elle a eu les meilleures alliances et plusieurs bonnes maisons virent de leurs branches s'éteindre en elle.

L'orthographe de son nom a fort varié dans les actes anciens. Une branche passée en Quercy et Astarac a graphie : Castagnier, Castanher, Castaigner, etc, formes méridionales de Chasteigner, en latin Castanes. C'est la forme Castaigner qui a prédominé.

La branche du Quercy a pour auteur Arnaud Gasbert de C. qui vint se fixer en cette province, près Lauzerte, au temps de la guerre des Albigeois. Il épousa en 1230 Alix de Loubejac, dame de Haut-Castel, avec obligation de prendre les armes de Loubejac. Il appartenait à la branche des Chasteing de la Rocheposay.

On voit encore sur une haute colline en face de la ville de Lauzerte, un vieux donjon à demi ruiné, dénommé ; Métairie de la Tour ; c'est, le dernier vestige de l'ancien château des seigneurs de HautCastel.

La branche de Grenadette, en Astarac (Gers), fut maintenue en noblesse par jugement rendu à Montauban le 2 août 1698 par Le Pelletier de La Houssaye, intendant de la généralité de Montauban, sur titres produits par les frères Arnaud et Erard de C. et remontant à Bertrand de C. marié avec Antoinette del Bréil, par contrat du 6 février 1489.

Cet Arnaud fut seigneur de Cassemartin et Erard fut l'auteur des seigneurs de Grenadette. Quelques alliances de la maison de Castaigner : du Rozet, Pella-


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grue, Pechpeyrou, Fénelon, Gaulejàc, Condemine, Saint-Pastou, Roquefeuil, Escayrac, Gourdon, Durfort, la Boissière, Grézels, etc.

(Revue Herald : avril 1905. — Bibl. nat. Cab. des Titres. — A. Duchesne : Généal. imp.en 1634. — Clabault : Gènéal. hist. de lamaison de C. 17711778. — La Chesnaye des Bois : Dictionnaire de la nob, franc. — BeauchetFilleau : Diction, des fam. du Poitou. — Bull, herald, de France : 1901, col. 83.— Armor. du XXe siècle, oct. 1904. — L. de la Roque : Notice généal. concernant la maison de C. — Bon. Trigant de Latour, Dr du l'Encyclopédie univ. ill, debiog et. d'hist : fasc. VIII, p. 63 : Maison de Chasteigner-Castaigner de Haut-Castel.)

— Castres, Chastres et Castel (de). — Ajouter ; seigneurs de Rassiols.

De gueules, au château d'or, senestré d'un lion du même.

(Chanoine Ed. Albe : La maison d'Hébrard)

Sceaux de Mathurin de Chastres, seigneur dudit lieu, gentilhomme du pays de Quercy, sur deux quittances de 1578 et 1585.

De... an chevron de... accompagné en chef de deux mer tel tes de... et en pointe (d'une pièce illisible) au chef de... chargé de 3 étoiles de...

(Archives nat. Pièces orig, vol 618.— Communication de M. le chanoine Ed. Albe).

—Cavaignac. — Barons héréditaires, le 14 août 1818 : vicomtes héréditaires, le 11 janvier 1823.

La famille Cavaignac est originaire du Lot. En 1696, François Cavaignac fit enregistrer ses armes à l'Armoriai général de Fiance :

De gueules, à lafasce d'or, chargée d'une tête de cheval d'azur.

Jean-Baptiste Cavaignac, qui se fixa à Brive, vers 1790, était né à Montbazens (Aveyron). Il était avocat au Parlemen et maire de Gourdon ; il épousa fort jeune Anne Condamine, de Payrac (Lot) et décéda à Brive le 29 juin 1804.

Jacques Marie C, un de ses fils, né à Gourdon le 11 février 1773, devint premier Aide de camp du roi de Naples, Murât, et général de brigade en 1812, grade avec lequel il fit la campagne de Russie. Louis XVIII le fit commandeur de Saint-Louis, puis le titra baron par ordonnance du 6 août 1817 et plus tard, vicomte de Baragne. Il mourut sans postérité le 23 janvier 1855.

Le frère du précédent, Pierre, fut directeur de l'Enregistrement â Cahors de 1811 à 1830.

Il laissa un fils, Pierre-Anne-Firmin-Edmond, né à Cahors le 3 juillet 1823, décédé propriétaire du château de la Grézette, près Mercuès.


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Jean-Baptiste, fils aîné de Jean-Baptiste et d'Anne Condamine, né à Gourdon le 10 janvier 1765, fut député du Lot à la Convention, membre du Conseil des Cinq-Cents et se rallia ensuite à l'Empire qui le créa baron par décision du 14 février 1811. Il mourut en exil à Bruxelles, le 24 mars 1829.

Son second fils, Louis-Eugène, né à Paris le 15 octobre 1802 fut député du Lot à l'Assemblée nationale. Il devint ministre de la guerre le 25 mai 1848, puis chef du Pouvoir exécutif il dut réprimer l'insurrection de juin. Il obtint un cinquième des voix pour la Présidence de la République et se retira avec dignité. Elu député en 1852, il refusa de prêter serment et fut député démissionnaire. Il mourut en son château d'Ourne (Sarthe), le 28 octobre 1857.

Son fils unique : Jacques-Marie-Eugène,néle 22 mai 1852, ingénieur, député de Saint-Calais (Sarthe), fut Ministre de la Guerre.

(Borel d'Hauterive : Armoriai de la nobl. 1893, p. 340. — Bull, de la soc. arch. de la Corrèze, à Brive, T. XXV, p. 430.

— Cazillac (de). — Suivant une erreur commune, La Chesnaye des Bois a confondu les familles Cazillac et Bérail. Elles étaient parfaitement distinctes et s'allièrent en 1350 et 1473. En 1343, par suite de l'héritage de Jean de Bérail, laissé à l'un de ses neveux, Raymond de Cazillac, au détriment des branches cadettes de la famille de Bérail, les Cazillac ajoutèrent à leur nom celui de cette famille et le portèrent pendant plusieurs générations.

Les armes données dans l'Armoriai aux Bérail sont celles des Cazillac.

D'or, à deux lions (alias lionceaux), passants de gueules; à la bordure de sinople, chargée de 8 besants d'argent, (alias d'or).

La même attribution erronnée a été reproduita Planche IV de notre Album.

Voy : Guénégaud (de).

— Coldefy (Mgr. Joseph). — Né à Montfaucon (Lot), le 10 décembre 1826. Evêque de Saint-Denis de la Réunion, le 3 juillet 1881 ; décédé à Marseille le 18 janvier 1887.

Coupé : au I d'azur, au Pélican en sa piété; au 2, d'azur à la nef gréée et mêlée en forme de croix, sur une mer d'argent, senestrée en chef d'une étoile d'argent.

Devise : Sta et nés. — Stella maris.

(Cte de Saint-Sand : Armoriai des prélats françsis du XIXe siècle.)


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« — Combarieu du Grès. — Rectifier : Famille de robe originaire de Montcu selon toute apparence, n'a paru qu'au milieu du XVIe siè cle. A fourni des lieutenants du Sénéchal à partir dé 1574. N'est en Grès que depuis le commencement du XVIIe siècle.

— Combetes (de). — Jean de Combetes, trésorier-général de France en la généralité de Montauban :

Bandé d'aziir et d'or de... pièces ; au chef de gueules, chargé d'un croissant d'argent, entre deux étoiles du même.

(Armoriai Général de France, 1696, Bau d'Alby. f° 59, n° 48.)

— Comborn (vicomtes de). — La vicomte de Comborn, située entre Limoges, Tulle, Turenne et Uzerche. était un des fiefs les plus considérables du Limousin. A la fin du Xe siècle, il était en la possession d'une famille qui descendait des premiers comtes héréditaires du Rouergue et du Quercy.

Raimond I, comte du Quercy (en 852), du Rouergue et de Toulouse, et Duc d'Aquitaine, mort en 865, fut la souche des comtes du Quercy et du Rouergue.

D'argent, au lion de gueules, lampassé et armé de sable, et courounè d'azur.

Couronne : de vicomte.

— Comignan (de). — Chanoine de Moissac :

Ecartelè, aux 1 et 4, d'azur, à un lion d'or ; aux 2 et 3, d'or, à trois pals de gueules.

(Armoriai général, de France, 1696. Bau de Montauban, f° 226, n° 173 f° 239, n° 229 )

— Comtes de Quercy. — Voy : Comborn (de).

— Commarque et Comarque (de). — Du latin : Comarca —

Chevaliers, Barons, Marquis. — Barons et Marquis de Commarque Barons de Sigognac et de Camparnaud. — Seigneurs de Laussel, Castanier, Laval, Corbières, Moissac, Beyssac, la Genèbre, la Valade, Signac, Monzac, Peyrat, la Bourgonie, las Fargues, Paleyrac, Allas, Roques, Cuquet, la Vayssière, la Bourlie, Pechgaudou, Molières, Monlau, Pechalvet, Concots, la Devèze, Goulles, Viellane, Beaulieu, Leyride, Chevalier, la Barde, Marival, St-Julien, Couys, Vilas, Beaumanoir, Commarque (Agenais), Raven, Lavau, la Vansole, la Marque, Fitte, Sauternes, Barrau, Landrion, Mondinet, Bosredon,


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Balgny, Tumejus. — En Périgord, Quercy, Limousin, Auvergne, Velay, Provence, Agenais, Bazadais, Blayais, Lorraine.

D'azur à une arche d'alliance d'argent, surmontée de deux étoiles d'or.

Timbre : Gouronne de Marquis, supports : deux lions.

Devise : Cum Arca.

Aliàs : D'azur à l'arche d'alliance d'or supportant deux têtes de chérubins du même et accompagnée de deux étoiles d'or, l'une en chef et l'autre en pointe.

Maison d'ancienne chevalerie, qui possédait de temps immémorial en Sarladais, un château de son nom, considérable, chef-lieu d'une chatellenie, dont dépendait la paroisse de Sireuil, d'après les lettres royaux de Charles VII du 29 janvier 1466, de Louis XII de 1509 et d'un monitoire de 1600.

Il paraîtrait qu'un des premiers auteurs de cette maison, un Buénon de Comarque, s'illustra dans les temps de la chevalerie et que ses faits d'armes, ainsi que ceux d'Ogier le Danois, ont, été célébrés par un ménestrel français, du treizième siècle, nommé « le roi Adans » roi d'armes du duc de Brabant. Il paraîtrait aussi, d'après une charte de l'abbaye de Notre-Dame de Saintes, qu'il existait dans cette ville, sous le gouvernement du comte Foulque Nerra (987-1040) un seigneur du nom de Comarcus, qualifié homme très noble.

On trouve en 1116, un Géraud ou Gérard de Comarque, chevalier, hospitalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui donne à ce dit ordre ce même château de Comarque, dont dépendait la paroisse de Sireuil ; en 1854, un Elie de Comarque, abbé de Tourtoirac, en Périgord, qui vivait encore en 1190 ; En 1169 un Guérin ou Garin de Comarque, abbé de Sarlat, qui obtient, en faveur de son couvent le 8 des ides de mai 1170, une bulle du pape Alexandre III ; le roi PhilippeAuguste, confirme en sa faveur, les privilèges de l'Abbaye de Sarlat, en 1181. Ses armes se voyaient autrefois sur d'anciens vitraux des cloîtres de cette abbaye ainsi figurées : De gueules à l'arche d'alliance d'argent.

La filiation suivie s'établit depuis Géraud ou Gérard de Comarque, chevalier, qui vivait en 1250. Elle aformédix branches dont une seule existe encore :

I° de Comarque et de Laussel, etc., en Périgord, Quercy et Limousin, éteintes dans les famillss du Pouget et de Montardit.

2° deCastanier, etc., en Velay et Auvergne, éteinte.

3° de Corbière, etc., en Provence, éteinte.


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4° de Beyssac, etc., en Périgord, formée par la Ire branche, probablement passée en Angleterre.

5° de Signac etc., en Périgord et Auvergne, formée par la précédente, éteinte dans la famille de Foucauld, Marquis de Lardimalie.

6° des marquis de Commarque, seigneurs de la Bourgonie, la Bourlie, etc., en Périgord, formée par la précédente, seule branche existante, chefs de nom et d'armes.

7° des Barons de Sigognac,seigneursde Pechgandou, etc, enQuercy, Limousin, Auvergne, formée par la 4e branche, éteinte sans alliance.

8° de la Barde, de Couys etc, en Agenais, formée par la précédente. Le dernier représentant épouse en 1865 Marguerite Julia de Briançon (branche de la Montille et de Ségadènes) et meurt sans postérité.

90 de Beaumanoir, Commarque, etc., en Agenais et Lorraine, formée par la Ire branche. Le dernier représentant épouse en 1830, MarieEmma Delzolliès (de Tournon d'Agenais) et meurt sans postérité.

I0° des barons de Camparnaud, seigneurs de Lavau, etc. en Bazadais et Blayais, formée par la précédente, éteinte sans alliance.

Les Commarques ont été maintenus dans leur noblesse de race, dans les diverses branches. A différentes époques, ils ont eu le droit de justice haute, moyenne, basse et ont été seigneurs hommageants de Robert, roi de Sicile et comte de Provence, des sires de Beynac, premiers barons du Périgord, du cardinal de Sourdis, de Charles Godefroy de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, d'Archambaud VI, comte du Périgord, du duc d'Orléans, comte du Périgord et du Roi.

(A suivre). L. ESQUIEU.


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LE

GOLLÈGE ROYAL DE CAHORS

sous LA RESTAURATION

LES ÉTUDES (1)

La préoccupation franchement déclarée du Gouvernement de la Restauration fut de répandre dans la jeunesse la connaissance et la pratique des doctrines religieuses et « l'amour du Roi et de la légitimité ». C'est dans cette intention qu'il voulut travailler au perfectionnement des études afin que leur excellence manifestât « la bonté du régime ». « Si nous contribuons à faire au Roi des sujets dévoués d'une jeunesse sur laquelle nous avons la haute police, nous aurons rempli une tâche aussi douce qu'honorable ». Ainsi s'exprimait le Recteur Béraud (2) devant les membres du Conseil Académique (3),au début de I82I C'était l'idée plus hardiment affirmée de l'abbé Eliçagaray, membre du Conseil Royal de l'Instruction publique, chargé cette année d'une mission officielle dans notre région. « L'ordre, la discipline, le progrès des études, la propagation des bonnes doctrines, la conservation des moeurs, tout, dans les établissements de votre ressort, vous regarde essentiellement. Mais il n'est rien qui doive appeler plus particulièrement votre attention que le soin de veiller à ce que les maîtres fassent tous leurs efforts pour inspirer à leurs élèves des sentiments vraiment religieux et vraiment monarchiques. Il faut que les uns et les autres sachent que l'Université ne reconnaît comme siens que ceux qui professent hautement un grand attachement pour la religion et un dévouement sans bornes pour la légitimité (juillet 1821).

(1) Je donne ici la suite de l'histoire du Lycée de Cahors.

(2) Béraud recteur le 6 mai 1818 remplaçait Payen qui de Proviseur au collège avait succédé à l'abbé Dr Regel. Béraud avait enseigné à Agen.

(3) Le Conseil Académique comprenait : Président : Le Recteur ; les deux inspecteurs d'Académie Delarue et Jourdan, le Proviseur Lacoste, le vicaire général Latapie de Tournier, un conseiller de préfecture Reygasse, 2 professeurs Desaux et Monville, un ex-proviseur de Limoges, l'abbé Dissez qui vivait sa retraite à Cahors.


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L'avertissement était formel et la menace point déguisée. Il fallai s'incliner et le Conseiller royal impatient ne voulait point entendre que l'adhésion sincère et affectueuse pour le régime fût la conséquence de la sage intelligente et bienfaisante administration du gouvernement. Peut-être suivait-il sa ferveur trop pressée, et nous comprenons que l'intempérant abbé ait été rappelé, en pleine mission, par le ministre Richelieu qui se méfiait des emportements ultra-royalistes. L'abbé Eliçagaray avait seulement péché par excès de zèle. Car tous les actes précédents pouvaient l'encourager et ceux qu'il ne put pas voir, puisqu'il mourut bientôt, l'auraient absous.

En effet, dès 1816, le Gouvernement qui conserve l'Université, ses rouages, et même Fontanes qui les avait montés, veut effacer tout ce qui pourrait rappeler le créateur responsable et conscient de ce grand instrument si utile. On cartonnera dans les Paroissiens « le Chapitre tout entier » consacré aux devoirs envers Napoléon (janvier). Le Préfet Lezai-Marnésia, enverra ses agents et ses maires perquisitionner chez les libraires et les chefs d'établissements afin d'y saisir les catéchismes dits d'Empire. Et le Recteur, qui au nom de ses devoirs protestera contre cette mesure illégale, prendra les devants. Il s'entendra avec l'Evèque, Mgr. Cousin de Grainville, pour mettre à la place de ces catéchismes séditieux ceux qui autrefois étaient en usage dans les diocèses qu'administrait à ce moment l'Evèque de Cahors (1).

La même année, à l'approche de « l'anniversaire de l'époque fatale » on veille, mais avec discrétion, sans le faire paraître, à ce qu'il ne s'élève, au collège aucun désordre. Enfin, quelques mois après, le 31 août, jour de la Distribution des prix qui se fait dans la chapelle, devant une « assemblée aussi nombreuse que choisie » le Recteur, qui préside, soulève « l'enthousiasme des auditeurs et surtout celui des élèves » en exposant « ce qu'a fait la dynastie des Bourbons pour la gloire et le bonheur de la France dans tous les temps ». Et le Proviseur Payen qui, celte fois, est le secrétaire du Conseil Académique se réjouit de que cet enthousiasme de tous les assistants « ait donné la mesure de l'excellent esprit qui animait les uns et les autres ».

Ce sera plus tard le même sentiment chez un autre Recteur, le comte de Chavanat (2). Le 16 juin 1823, il installait le Conseil Acadé(1)

Acadé(1)

(2) Le 6 novembre 1769 Docteur ès-lettres.lnstallé le 11 décembre 1822 Il avait été

De Chavanat Alexandre-Léonard-François, né au château de Mongour (Creuse)' inspecteur d'Académie à Bordeaux où il revint ensuite comme Recteur (mai 1830).


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mique où Mgr. de Frayssinous avait fait entrer le Préfet,comte de StLuc et le Maire, le chevalier Regourd de Vaxis « deux colonnes de l'autel et du trône ». « Nous devons, dira-t-il, faire aimer la famille, la patrie, le souverain, la religion et les porter jusqu'à l'enthousiasme qui inspire les plus héroïques dévouements. Par la bonté des études, nous ferons connaître la bonté du régime ».

Et en effet la religion, on ne perdait aucune occasion de la faire connaître. Les Inspecteurs généraux Daburon,et Raynal (15 juin 1820) recommandent aux professeurs de « donner des devoirs relatifs aux mystères dont l'Eglise célèbre la mémoire ». Le 22 février 1819. on supprime le congé du Carnaval et on décide de partager ce jour-là entre le travail et des exercices religieux.

Le régime, on est heureux de l'exalter. Le jeudi 25 novembre 1824 on inaugure dans le réfectoire un buste de Charles X. Tous les fonctionnaires de l'Académie et du collège, tous les élèves s'alignèrent dans la cour d'Honneur en une longue procession. En tète « une musique brillante » puis « dans une niche élégante enrichie de fleurs et de guirlandes », le buste de Sa Majesté que portaient sur un brancard quatre pensionnaires. Les jeunes gens firent éclater, pendant la marche, leur amour pour le Roi. L'air retentit des « Vive le Roi, Vive Charles X». La musique «répétait tous les airs chéris des bons français » et tous les coeurs étaient pénétrés de reconnaissance pour « tous les bienfaits que nos écoles devaient à l'auguste famille de nos rois légitimes ».

Le soir, maîtres et élèves se retrouvèrent dans un banquet tout amical. On porta des toasts au Roi, aux Bourbons, à la légitimité. Et le Recteur profita de la joie générale « pour rappeler les bienfaits de l'antique race de nos rois, la reconnaissance que nous lui devons pour nous avoir arrachés aux horreurs de l'ambition la plus effrénée et aux rêves mensongers et destructeurs de l'anarchie et des conquêtes ». Il ajouta que l'on devait avoir des sentiments d'amour et de dêvoùment pour le « Roi qui ne meurt jamais en France ». Les élèves poussèrent des cris « enthousiastes de Vive le Roi, Vive Charles X, Vivent les Bourbons. Vive le duc de Bordeaux ». Un congé extraordinaire fut la récompense de cette explosion. Mais il devait être employé « à bénir Dieu d'avoir accordé, dans sa miséricorde, un Roi qui a su captiver et enchaîner tous les coeurs par ses éclatantes vertus, ses grâces, son aménité, son amour pour ses peuples, pour un Roi si digne de succé-


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der à ses deux Augustes frères, objets éternels des regrets de la France ». (I).

Ainsi écrivait un Recteur de ce temps à son ministre Mgr. l'Evèque d'Hermopolis.

Ce style n'est plus à la mode et nous demandons maintenant un ton moins haut, plus de simplicité, plus aussi de prudence. On se méfie peut-être de l'enthousiasme, il est pris pour de la naïveté. Il faut donc être plus mesuré. L'hyperbole dernière nous inquiète. On était, il est vrai, au temps de l'exaltation romantique et alors ces élans extatiques ne choquaient point.

(1) Ces banquets idylliques étaient du goût de nos compatriotes. Et ils étaient à la mode dans tout le pays. Les autorités les provoquaient. Elles ne rougissaient pas de composer à leur occasion des chansons et de les chanter au dessert Les Préfets, le Maire de Cahors avaient la rime facile, l'expression aisée, mais l'idée était bien pauvre, l'imagination quelquefois imprévue le style peu distingué. Heureusement la musique enflait la parole et aussi l'ardeur des convives.

J'ai trouvé quelques-unes de ces chansons.

24 août 1817, jour de la Saint-Louis, le Préfet fait et chante « sur l'air du Troubadour » a couplets dont voici le plus heureux :

Vous redirez au sein de vos camuagnes Que des Français bien pensant, bien unis, Ont fait sauter le bouchon de Champagne Pour célébrer la fête de Louis.

Sans y mettre d'emphase Ils n'ont pas fait de phrase Ils ont bu tous à la santé du Roi Jurant de vivre et mourir sous sa Loi.

Le 24 août 1818, nouvelle chanson du Préfet sur l'air du « Petit Matelot ».

En 1820, véritable folie lyrique. Le comte de Chamisso, préfet, tire de son crû et chante une Romance sur l'air de « Pierre le Grand ». Le chevalier de Regourd, maire de Cahors chante, sur l'air a de la Paille » les miracles de Saint-Louis.

Et vraiment ces miracles sont inattendus :

Flore par toi sème les lis, Bacchus s'entoure de bouteilles, Apollon fait des vers charmants, L'Harmonie éteint nos querelles, Vénus couronne ses amants Jupiter fête les Immortelles.

Enfin, M. Vaissière « premier commis du magasin des tabacs en feuilles de Cahors », lance la plus folle et la plus entrainante. «ll est là,sur l'air de R lintin tin». Le refrain se chantait en tantôt désignant le buste du Roi et tantôt en portant la main à son coeur.


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Les élèves gardèrent-ils de cette fête une impression profonde ? J'imagine que le souvenir s'en effaça surtout quand vint l'âge de l'action, celui des pensées ou des ambitions personnelles. Le loyalisme enthousiaste et tout désintéressé de l'enfant peut-être tourna-t-il vers l'intérêt ou la raison du citoyen. Il y avait là présents des jeunes gens qui plus tard, tout en gardant leur idéalisme religieux, manifestèrent d'autres sentiments politiques. Parmi tant d'autres, je peux citer Cassagne de Peyronencq, Ambert-Jean-Gustave, frère du général Ambert et fils de l'ancien volontaire des guerres d'Amérique et de la Révolution qui fut un compagnon de Hoche et de Marceau. Il y avait De Vei ninac Saint-Maur,fils du maire de Souillac,Garrigues de Flaujac fils du colonel des gardes royalistes organisées après les Cent jours, Coymès, Jean-Baptiste Béral, Guilhou. Tous ces enfants devaient devenir des personnages considérables dans leur petit pays. De Peyronencq, Coymès, Béral, sont candidats en mai 1848, à la Constituante. Coymès, si l'on en juge par sa profession de foi riche de projets fut le plus généreux et le plus illuminé de la foi en la bonté et en la justice des hommes et des peuples (1). Béral présidera le club républicain (12 mars), deviendra commissaire du gouvernement provisoire prés le tribdnal civil de Cahors, sera proscrit en décembre 1851. Guilhou,futur médecin, sera vice-président de ce même club. Enfin Garrigues de Flaujac toujours fidèle à ses traditions et à son éducation première soulèvera la sympathie des cadurciens qui, au 4 septembre 1870, le porteront par acclamation à la préfecture du département.

Le 1er mai 1821, la Société des Amis du Roi fêtait le baptême du duc de BordeauxBurgère, un avocat dont 2 frères étaient morts sur l'échafaud pendant la Terreur, chanta sa chanson. Celle-ci est d'une grâce un peu frêle, et on y trouve quelque tendresse. C'est un air de rondeau à l'allure un peu lourde il est vrai :

Pour ce berceau si je monte ma lyre Un si doux chant réchauffe mon cerveau ; Mon coeur brûlant cède au Dieu qui l'inspire Et d'un seul trait je vole à mon caveau Pour le vider, dans mon heureux délire, Pour ce berceau.

On voit que les fêtes officielles n'étaient pas gourmées. Les administrateurs en s'abandonnant ainsi à leur bonne humeur ne craignaient point pour leur autorité ni pour leur dignité. Ils savaient, être gais. Et l'on se figure malaisément que les convives pussent être divisés par de profondes animosités.

(1) Cahors Plantade 23 mars 1848 : « Les idées philosophiques épurées commencent à trouver un point de contact avec les idées éternelles du divin crucifié ».


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Venons-en aux études.

Du 30 septembre 1815 au 30 avril 1830, il n'y a pas moins de trente arrêtés concernant l'Enseignement secondaire, sans parler des circulaires explicatives. Le statut du 4 septembre 1821 est le plus considérable et celui qui caractérise l'esprit du régime. C'est la restauration de l'ancien enseignement des Humanités. Les Sciences sont séparées des Lettres qui étaient réunies depuis 1802. Elles étaient reléguées dans la Philosophie sauf toutefois pour les élèves qui songeaient aux écoles spéciales. Ceux-ci devaient les commencer dès la Quatrième (1). La Philosophie (2) comprenait deux années. Dans la première on étudiai} la Logique et la Métaphysique, l'Arithmétique complète, la Géométrie, la Trigonométrie rectiligne et les premières leçons d'Algèbre. On pouvait se présenter au baccalauréat au sortir de cette première année. Seuls ceux qui se destinaient aux Ecoles spéciales suivaient la deuxième année, c'est-à-dire la Morale et le Droit de la nature et des gens, la Statistique, les éléments de l'Algèbre et l'application de l'Algèbre à la Géométrie, la Physique proprement dite, la Chimie et les éléments de l'Astronomie physique. On permettait à ceux qui n'aspiraient pas aux grades devant les Facultés de passer, dès après la Troisième, aux cours de Philosophie et de Sciences physiques et mathématiques.

Cette dernière mesure visait particulièrement les futurs ecclésiastiques.

Ceux-ci arrivaient tard dans les classes et le clergé avait hâte de se recruter, car beaucoup de paroisses n'avaient point de prêtres.

On revint sur ces décisions en octobre 1826. Les bacheliers quittaient le collège avec un bagage scientifique léger et la deuxième année de Philosophie était désertée.

L'Histoire, par arrêté du 15 mai I8I8, devait être confiée à un professeur spécial. Mais ici ce professeur ne fut nommé qu'en octobre 1836.

(l) D.cision du 6 octobre 1819.

(2) L'arrêté du 31 octobre 1819 considérait la philosophie comme le complément de la rhétorique. Les élèves devaient être exercés à écrire et à argumenter sur les principales questions de la logique, de la métaphysique et de la morale. Les théories étaient réservées pour les Facultés. Le professeur à Cahors-suivait le cours de philosophie de Lyon, un auteur de manuels scolaires du temps. La « France littéraire» ne cite point ce cours.


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En attendant, le professeur de la classe s'en chargea. Dès 1819 il fut établi un prix d'Histoire, à partir de la Quatrième (1).

Le programme fut distribué diversement (2). A partir de septembre 1826, on le relégua dans les classes de 6e, 5e 4e, 3e. C'était réduire l'histoire à une sèche chronologie. C'est que l'on craignait d'exposer les jeunes élèves à être menés sur le terrain dangereux des comparaisons et des jugements politiques. « Le professeur, recommandait-on, doit éviter d'attirer les élèves dans le champ de la politique et de servir ainsi d'aliment aux discussions des partis (3) ». Il ne doit pas sortir de la simple exposition des faits et de la liaison naturelle qu'ils ont entre eux. II ne doit dérober à la jeunesse aucun fait, mais tout commentaire lui est défendu : « C'est par la simplicité et la gravité du récit qu'il éloignera les allusions et les fausses conséquences que l'inexpérience de la jeunesse pourrait en tirer ». On avait donc voulu éviter que les classes d'histoire ne devinssent un prétexte à dissertations tendancieuses.

Car l'Université d'alors avait aussi ses esprits indociles ou réfraclaires qui oubliant qu'ils doivent surtout préparer des intelligences et former des esprits ne songent qu'à les façonner à une idée ou à un parti. Or il en était alors qui chantaient Béranger, et on ne voulait point qu'ils en répandissent parmi les jeunes les sentiments antimonarchiques (4). C'est pourquoi l'Histoire fut enlevée à la Rhétorique et à la Philosophie, les deux classes où l'influence du professeur peut être plus profonde et où se présentent plus nombreuses les occasions de sortir de la réserve et de la mesure nécessaires.

(1) En 6e Histoire sainte et Histoire ancienne jusqu'à la mort d'Alexandre.

— 5° Histoire romaine et continuation de l'histoire ancienne jusqu'à la naissance de Jésus-Christ.

— 4e Histoire de l'Eglise, des empereurs, du bas empire et d'autres Etats 3e Continuation des mêmes histoires depuis la mort de Charlemagne jusqu'à nos jours. (Arrêtés 1879-1826).

(2) Gluck fut le premier professeur. Dès octobre 1829, le professeur de Philosophie Delmas Raymond, fut chargé, par surcroît, du cours d'Histoire.

(3) Circulaire du 11 août 1820.

(4) Le Recteur demande la fermeture d'une école établie à Layrac où collaborait un prêtre marié, oncle du Directeur, Celui-ci s'était trouvé dans une réunion où l'on avait chanté quelques chansons de Béranger (30 ;uin 1823). Le personnage n'était point d'ailleurs de moeurs très recommandables. Sa pension fut fermée (12 juillet 1823).


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La Géographie n'était apprise que dans les classes, élémentaires. Cependant on exerçait les élèves à trouver sur les cartes murales la place des lieux et des accidents terrestres. Toute rédaction écrite était interdite. Le professeur « lisait » et expliquait la leçon du jour. Il en dictait ensuite un résumé qui devait être appris par coeur. Puis venaient les interrogations qui portaient sur la leçon précédente d'abord et même sur d'autres antérieures.

L'étude du grec fut généralisée. On l'établit dans les collèges communaux à partir du Ier novembre 1820. Et ici même, les inspecteurs généraux étant présents (15 juin 1820), le Conseil Académique décida de confier à un professeur le soin de donner des leçons particulières, une fois par jour, aux élèves en retard. Borredon fut ce professeur et il reçut pour cela une indemnité de 300 francs. Plus tard, en 1822, sans doute sur l'insistance de Courtaud qui était un hellénisant remarquable, on exclut du concours, pour les prix de fin d'année, les élèves de Seconde et de Rhétorique qui n'avaient pas suivi ce cours.

C'était un retour complet à l'enseignement des Humanités. Et l'on reprit les méthodes d'autrefois. Ainsi, en Philosophie on argumenta en latin jusqu'en 1830. Et le prix de dissertation latine fut le prix d'Honneur.

Quand, en 1828 (22 novembre), le ministre de l'Instruction Publique ordonna une enquête afin de s'assurer des moyens employés pour l'enseignement, le Proviseur répondit: « C'est la méthode adoptée pour l'enseignement du latin et du grec par l'ancienne et nouvelle Université ».

Ces études anciennes étaient du goût des professeurs qui avaient presque tous suivi l'ancienne discipline. Tous s'attachaient à l'étude des anciens et particulièrement aux poètes lyriques ou satiriques dont ils éditaient les oeuvres, dont ils aimaient à paraphraser les malices ou les élans. Pindare, Juvénal, Perse, Martial étaient les préférés. C'est à ce moment que nos professeurs, l'un d'eux au moins, Courtaud, fut mis du courant d'un projet étrange et qui est la preuve la plus frappante de cet engoûment pour les études latines. Il s'agit de la fondation d'une ville latine dont tous les habitants parleraient la langue de Cicéron. L'idée était sortie de la tête d'un curé de la petite ville de Bessières au département de la Haute-Garonne. Il s'appelait Olmo et avait été chanoine de Séville. Il connaissait à peu près le français, mais savait fort bien le latin. Il avait confié son projet aux professeurs du collège


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de Toulouse, Lafon, Carrière, Pujol, Daribéri. Il avait cherché des partisans dans toutes les villes de France, dans toutes les Universités étrangères ; enfin il avait voulu présenter son projet au Roi. Notre Courtaud était mis au courant par Muzac, principal de Brives, et peutêtre que cet Olmo passant par Cahors, un jour de mai 1821, s'entretint avec lui. L'idée était au moins ingénieuse. C'était une entreprise organisée par actions et la ville latine projetée, aurait pu devenir non pas une nouvelle Rome où l'on n'aurait parlé que latin, mais un grand établissement d'Instruction Publique, une sorte d'Université latine (1).

Dès la rentrée, qui se faisait à la fin d'octobre, ou, le lendemain de la Toussaint, les élèves nouveaux et anciens étaient examinés, souvent en présence du Recteur. Cet examen, à partir de 1820, se réduisit à des compositions, de l'avis du Proviseur. Chaque trois mois, un inspecteur ou le Recteur lui-même, passait un nouvel examen des élèves. Le plus sérieux était celui du 5e mois, aux environs de Pâques. A la suite de celui-ci on distribuait des prix, mais discrètement sans inviter les étrangers. Nouvel examen encore, à la fin de l'année. En plein mois d'août, et l'on en connaît l'ardeur, à Cahors, nos vieux collègues s'imposaient et imposaient à leur élèves un surcroît d'efforts comme pour leur apprendre à dédaigner l'étouffante canicule. Il est vrai que les salles du vieux bâtiment étaient moins étincelantes. La lumière y entrait plus discrète et le maître plus à l'aise sous son ample robe (2), juché là haut sur sa tour haute qui était la chaire, pouvait, sans manquer à son devoir,respecter le sommeil de quelques-uns de ses disciples ceux du moins qui occupaient les premiers bancs et qu'il ne pouvait voir sans se dresser. Peut-être y cédait-il lui-même. Les élèves faisaient alors les compositions finales.

Celles-ci étaient corrigées par un jury fait de professeurs des autres classes auxquels étaient adjoints des universitaires en retraite et même des étrangers à l'Université dont on connaissait les talents. Ainsi, en juillet 1816, Disses ex-proviseur de Limoges et Doussot ex-professeur de la Faculté des Lettres ; ainsi, jusqu'à sa mort, le vieux Galy, le

(1) Je conterai toute cette histoire dans une étude prochaine sur le Recteur Grancher qui administra l'Académie de Cahors dj mai 1830 à janvier I836.

(2) Les professeuis furent mis en demeure de se pourvoir d'une robe et l'administration leur promit de faire l'avance des frais nécessaires (23 octobre 1820).


premier bibliothécaire de la ville qui logeait au collège, tout à côté de sa bibliothèque. Et c'était humain, intelligent, généreux. Les vieux maîtres que l'on console d'une retraite et d'un titre honoraire souffrent cruellement, surtout quand ils ne quittent point le lieu de leur collège, de l'indifférence et quelquefois du dédain des jeunes. Pourquoi ne point les appeler à nos conseils? Leur expérience serait souvent profitable, et leur présence une leçon de modestie et souvent une occasion de reconnaissance.

Ces compositions corrigées, on examinait les classes une à une (I), en présence du Conseil Académique. Quiconque partait avant la date réglementaire ne pouvait recevoir des professeurs une attestation d'études (19 août 1824). Quiconque rentrait après le jour fixé était menacé de rétrograder dans la classe qu'il avait quittée (30 août 1824). Si c'était un externe, il était assujetti à un double devoir chaque jour de congé, pendant un mois. (9 août 1827). Menace peut-être point toujours efficace. Mais tous les externes de ce temps n'avaient point leurs parents en ville. Ils étaient de bien loin,et souvent, à peine arrivés de leur village pour se soumettre à la surveillance fuyante de leurs logeurs, au lieu de rentrer au collège ils dépensaient dans les « billards » ou les auberges, l'argent que leurs parents destinaient à payer leurs études. Et puis ils suivaient les cours qui leur plaisaient. En décembre 1820, le Proviseur se plaint du peu d'élèves qui suivent les Mathématiques spéciales. « Cette pénurie, dit-il, tient à l'ancienne insouciance des élèves externes de Rhétorique et de Seconde.

Aucun élève n'assistait autrefois aux leçons de mathématiques » (2). C'est pourquoi et pour aviver leur zèle, cette même année, Lacoste toujours plein de sollicitude, ouvrit les portes du collège avant l'heure des classes. Les externes entraient directement dans leurs salles respectives. Là,surveillés par le Censeur en permanence dans la cour et par un camarade désigné, ils « repassaient les leçons, se recueillaient pour mieux profiter des explications et des conseils des professeurs ». On. délivrait ainsi la voie publique « d'une troupe de jeunes gens que

(1) Les classes du matin dîneront deux heures. Celles du soir 2 heures, depuis la rentrée jusqu'au 1er avril ; deux heures et demie depuis le 1er avril jusqu'aux vacances. La demi-heure de plus sera consacrée à l'Histoire et à la Géographie (28 sept. 1814 (statut).

(2) Rapport au Conseil Académique.


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l'oisiveté peut entraîner à des excès soit entr'eux, soit contre les passants. Et on les mettait à l'abri des intempéries des saisons ».

Les prix étaient la plus éclatante récompense du travail. On ne pensait pas encore que la remise solennelle d'un beau livré à un élève qui l'avait mérité par un emploi ingénieux de son intelligence ou par un travail appliqué et sans cesse renouvelé eut pour triste conséquence d'exalter sa vanité et d'humilier les autres.

La grande distribution des prix se donnait à la fin du mois d'août; dans la chapelle du collège, en 1816, et les années suivantes, dans la salle des actes qui était, croyons-nous l'ancienne chapelle des Ecoliers. On y conviait toutes les autorités civiles, militaires, ecclésiastiques, les parents, les amis. Le Recteur toujours présidait. Le Préfet s'y rendait quelquefois. Le Ier septembre 1818, il apporta,de la part du Ministre de l'Intérieur « la collection des médailles des rois de France » pour le premier élève qui serait couronné. Ce fut cette fois un élève de mathématiques spéciales, Lenoir Louis-Joseph, neveu de l'ancien proviseur Lefebvre (1). Ce jour-là il prononça un discours « qui fut écouté avec intérêt et qui excita l'enthousiasme général ». Le professeur de Rhétorique Clerc ou Leclerc, (je trouve les deux noms), avait insisté sur la nécessité du concours des parents et de leur accord avec les maîtres. Ainsi la coopération des familles et du Lycée n'est pas souci d'aujourd'hui. Le Recteur félicitait la jeunesse française d'être venue au monde à une époque où les plus beaux exemples en tout genre lui était offerts dans tous les rangs et dans tous les emplois ». Ce n'était pas louanger le passé. Le Recteur songeait au contraire à l'avenir car il souhaitait « que le meilleur des monarques pût consommer le grand ouvrage du bonheur public et en recueillir les fruits avec cette génération naissante qui doit, sous un tel chef, un tel modèle, fournir à l'histoire de la nation, l'âge par excellence de la bonne foi, de l'honneur et de la vertu. »

Le 31 août 1820, Doui, professeur de Rhétorique fut moins pompeux. Il développa la nécessité et l'avantage des études anciennes et principalement de la langue grecque. On ne pouvait pas lui reprocher de manquer d'à-propos puisque, cette même année, l'administration

(l) En 1824, le Préfet, marquis de Saint-Félix-Miremont, donna un prix d'application et de bonne conduite. 4


- 50 - ordonnait d'encourager l'étude du Grec. C'était toutefois montrer beaucoup de docilité, peut-être pas assez d'imprévu. Mais nos anciens collègues étaient respectueux et fidèles. Ils n'étaient point irrévérencieux à l'égard du discours de distribution des prix ni non plus ne le considéraient comme une occasion heureuse de paraître ou d'étonner. Il faut voir leur joie naïve quand, comme Courtaud, ils apprennent que le Conseil Académique se chargera des frais d'impression. Courtaud en informe aussitôt son correspondant, le principal de Brive, et celui-ci s'en réjouit, mais avec quelque dépit, car il ne veut pas croire à pareille aubaine chez un collègue. « Cet excellent M. Courtaud se délecte à me conter comme quoi il a fait un discours pour la fin de l'année, comme quoi ce discours sera imprimé aux frais du collège ou aux siens et comme quoi j'en aurai un exemplaire (I) ». C'étaient on le voit, de bonnes âmes que nos prédécesseurs à Cahors. Ils aimaient les lettres, ne détestaient point l'épigramme. Mais leur envie était légère et leur haine bien courte.

A côté des prix et pour ceux que la peur seule stimule, il avait fallu maintenir les punitions. Le statut du 4 septembre 1821 les avait sagement graduées. La retenue pendant la récréation ou fa promenade, la table de pénitence avec privation du second plat », ce n'était pas tout à fait le pain sec ; la défense de paraître au parloir même si les parents s'y présentaient. J'imagine que le bon Lacoste ou ses divers censeurs inclinèrent leur rigidité bien souvent surtout quand le père ou la mère, les jours de foire, par exemple, étaient venus de loin pour voir leur fils. — Puis c'était « la prison » le terrible et odieux séquestre, enfin la privation de porter l'habit du collège, une véritable dégradation, la privation totale ou partielle des vacances et l'exclusion. Celle-ci ne pouvait être définitive qu'après avis du Recteur. Et les trois qui la précèdent dépendaient du Proviseur. Ainsi donc, en ce temps lointain qu'on nous représente toujours comme une époque de gène et d'arbi(1)

d'arbi(1) du C. A. 22 août 1822. — Lettre de Muzac à Cl. Grancher principal à Périgueux, sans date. Dans une autre lettre du 8 décembre 1821 : « J'ai eu le plai - sir de voir, M. Courtaud à son retour de Paris. Il m'a envoyé son discours qui, suivant mes petites lumières vaut bien mieux que son Perse. Il y a des pages d'un style très original, avec d'excellentes idées... » Cf. ce discours à la B. M. Pièces diverses. On y verra le goût de nos anciens collègues. Muzac était un obstiné classique. Il estimait que le style en était « Châteaubrianté » disait-il, et il trouvait Byron détestable.


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traire scolastique, le droit de punir n'était point abandonné à la libre disposition d'un juge unique.

Nos vieux professeurs furent-ils féroces ? Je croirais plutôt qu'ils furent débonnaires. La fermeté n'était point leur manière et les élèves de ce temps plus âgés, moins inquiets de leur avenir, étaient plus rebelles, plus intempérants. Nous savons qu'il fallut beaucoup de temps aux « Philosophes » pour se plier à la règle : « Enfin l'ordre règne dans cette classe » dira Lacoste en décembre 1820. Le 8 mars 1821, il nous dit encore que la classe élémentaire a 42 élèves. Elle est divisée en 3 sections. Le professeur qui la garde de 8 à 11 heures et de 2 à 5 h. 1/4 peut à peine maintenir l'attention des enfants. Et on la dédouble. Depuis, la 7e et la 8e forment deux classes distinctes. La 7e reste au vénérable Teilhac et la 8e est donnée à un maître d'étude le plus sincère et le plusintruit, Isambert.

On redoutait aussi le contre-coup des agitations scolaires. En février 1819, le collège Louis-le-Grand se soulève pour une « cause comique ». Je n'ai pu savoir pourquoi. Quelques élèves boursiers furent frappés On commenta leur sort à nos élèves. Mais c'était peine inutile. « Je fréquente beaucoup le Collège Royal, écrivait le Recteur, et je vois constamment régner parmi ses élèves internes, un certain air de satisfaction qui éloigne l'idée de tout sinistre pressentiment. Il n'est pas même, j'ose le dire, jusqu'à cette joie bruyante, à cette disposition trop habituelle dont je ne manque pas de me plaindre et qu'on doit après tout regarder en partie comme des fruits du climat, qui ne décèlent, au moins dans leur esprit, d'innocentes pensées » 4 avril 1819. L. au G. M. (1).

Je donne ici pour 1820, 1821, 1822, 1823, l'état moral du collège. On y remarquera que l'esprit y était excellent. Notre collège avait aussi alors une véritable honnêteté intellectuelle et morale qui est restée la marque essentielle de notre Lycée. Et cette satisfaction nous la trouvons exprimée en plusieurs places des documents officiels.

Le 27 juillet 1820. — Le Recteur félicite les maîtres de leur esprit

d'ordre et de zèle et de tous les bons sentiments qui régnent entre eux.

Le 10 mars 1821. — Le Proviseur se réjouit du bon esprit de son

(1) 27 septembre. " Le collège n'a pas d'élèves boursiers tombés dans cet état de désoeuvrement et de dégradation qui nécessiterait leur exclusion. » Le Recteur à la C. I. P.


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collège. II signale particulièrement les « 50 ecclésiastiques indigents, que la bonne réputation de nos études et de notre discipline a portés à abandonner, par le conseil de leur supérieur, soit le petit séminaire de Montfaucon, soit les campagnes voisines où ils suivaient les leçons incomplètes de leurs pasteurs » (1).

Avril 1822. — On a du renvoyer 2 externes et 1 interne.

Un an après: « La très grande majorité des élèves s'acquitte avec exactitude de ses devoirs. On n'en trouve point parmi eux dont l'esprit soit porté à l'insubordination. Ils sont en général dociles, pleins de respect pour leurs maîtres, assidus aux offices religieux, exacts à s'approcher du tribunal de la pénitence. Une vive émulation excite les externes et les internes. Mais les pensionnaires l'emportent. Ils ont mérité tous les prix de supériorité, dans les classes de Rhétorique, de 2e, 3e, 4e et les deuxièmes en 5e et 7e ».

En 1828— « Les examens du premier semestre ont été en général satisfaisants. On a noté une amélioration sensible pour la récitation. Les classes sont bien tenues, les élèves sont attentifs et appliqués. »

Aussi les éloges ne sont-ils pas ménagés. Le Préfet signale au Conseil générai l'excellente administration du Lycée. Dans sa séance de 1825, il disait : «Je n'ai que des éloges adonner au collège qui continue à bien mériter du gouvernement et des familles. »

(1) Le C. A. « apprenant avec le plus vif intérêt que les jeunes lévites sont partout des modèles de piété, de subordination, de travail et qu'ils sont d'un bon exemple », demande pour eux la gratuité qui leur est accordée. (5 juin 1821).

L'Evèque de Cahors, Mgr. Cousin de Grainville se montra toujours disposé à seconder les vues de l'Université. Ainsi, en novembre 1818, le maire de Martel avait eu le projet d'attirer dans sa petite ville le petit séminaire de Montfaucon, ce qui aurait ruiné le collège. L'Evèque ne voulut pas déposséder l'Université. Et Delluc le Principal, qui avait été envoyé à Villeneuve n'y ayant pas réussi, revint à Martel. C'était un excellent latiniste. Le Recteur se félicitait de l'avoir. « Il y a des principaux mieux rétribués, disait-il, qui sont loin d'écrire aussi bien que lui ».


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ÉTAT MORAL DES ÉLÈVES DU COLLÈGE PENDANT Les années 1820, 1821, 1822. 1823

27 juil. 1820 9 août 1821 I8 avril 1822 26 avril l823

Internes-Externes Internes-Externes Intemes-Externes Internes-Externe

Régulière 86 105 86 113 115 168 72 144

Passable 9 3 6 10 » » » »

Légère 10 12 22 11 4 15 41 30

Equivoque » 7 » 18 » 1 » »

Répréhensible 4 2 » » 1 2 » »

Mauvaise » 1 2 » » » » 1

Heureuses 39 30 27 39 33 35 25 47

Ordinaires 46 69 » » " 8 » »

Médiocres 7 4 73 85 78 133 12 41

Faibles 14 23 16 28 7 8 6 7

Nulles 3 4 » » 3 2 4 2

Soutenu 49 38 64 75 79 106 53 95

Passable 29 28 » » » » 21 21

Médiocre 10 13 30 48 27 58 29 29

Faible 21 33 22 29 15 20 9 24

Nul » 18 » » », 2 1.6

Satisfaisants.... 45 41 57 61 70 74 53 91

Passables 22 15 » » » » 15 18

3 Médiocres 14 22 36 74 24 27 32 29

Faibles 21 31 20 16 » » 9 25

Nuls 7 21 3 1 3 12 4 12

Populat. scolaire 109 130 116 152 121 186 113 175

239 268 307 288

(A suivre)

B. PAUMES


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BIBLIOGRAPHIE

Une des plus belles pages de notre histoire nationale est certainement celle qui parle des cahiers de doléances pour les Etats généraux de 1789.

Plusieurs fois, déjà, le gouvernement royal, en présence surtout de grandes difficultés financières avait convoqué une sorte de Parlement d'Etat, comprenant des délégués des trois ordres, pour lui demander son avis et surtout la sanction des mesures fiscales qu'il allait prendre.

Mais, à la fin du XVIIIe siècle, le malaise était plus profond et plus général que jamais. Le roi Louis XVI, cédant à l'impulsion réformatrice de son ministre des finances, Necker, ordonna, par un règlement du 24 janvier 1789, que toutes les communautés du royaume se réuniraient en Assemblée, dans les premiers jours du mois de mars, pour dresser, chacune, un cahier de leurs doléances.

On a peine à comprendre aujourd'hui l'émotion que cette ordonnance proToqua dans le pays. C'était la première fois que le vrai peuple, la masse de la nation, pouvait faire entendre sa voix librement, sincèrement et complètement.

La lecture de ces cahiers nous montre, non seulement, la situation économique de chaque communauté, mais aussi les idées de justice et de réformes financières, administratives, économiques, qui germaient dans la pensée du peuple, si obscure, si muette jusqu'alors.

En 1904, le ministre de l'instruction publique a provoqué la conslitution, dans chaque département, d'un comité chargé de réunir et de préparer la publication des documents relatifs à la vie économique et sociale de la Révolution française, et il a invité les Comités à porter leurs premiers soins sur les cahiers des doléances qui sont, en quelque sorte, la préface de l'année de la Révolution.

Le très zélé et très compétent archiviste départemental, M. V. Fourastié, notre collègue, s'est mis immédiatement à l'oeuvre. Il nous présente, aujourd'hui, le résultat de son travail, dans un fort volume de 400 pages, qui est le 10e de la « Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, publiés par le Ministère de l'Instruction publique » et qui a pour titre : Cahiers de doléances de


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la sénéchaussée de Cahors pour les États généraux de

1789, publiés par Victor Fourastié, archiviste du département du Lot » (1).

Le nombre des communautés ou paroisses convoquées était de 112 ; nous avons les cahiers de 106. C'est un magnifique résultat. Mais, M. Fourastié ne s'est pas contenté de reproduire fidèlement le texte de tous ces cahiers,il l'a fait précéder d'un avant-propos,l'a assorti de nombreuses notes très documentées et, surtout, il l'a fait suivre d'un index alphabétique de noms de lieux, de personnes et de matières des plus complets. Cet index, résultante d'un grand et minutieux labeur, permet de faire facilement dans le volume toute recherche utile.

Nous sommes très reconnaissants à M. Fourastié d'avoir évoqué ces pages si intéressantes que nos grands pères écrivirent avec tant d'ardeur et tant de conviction. Nous n'essaierons pas de les analyser, il y faudrait un traité d'économie politique. Nous nous bornerons à dire qu'un de ces cahiers prime tous les autres par son importance et son allure générale. C'est celui de Frayssinet-le-Gélat, rédigé par M. Delord, le grand père du sénateur du Lot.

Mais, afin de donner, cependant, une idée générale de l'esprit dans lequel la plupart sont rédigés, nous reproduisons quelques extraits :

— CABRERETS : « Cette communauté située dans le coin du monde le plus affreux et le plus abominable, n'a pour ainsi dire, d'autres possessions que des rochers escarpés et des montagnes presque inaccessibles. »

— CATUS : « Sire, les citoyens d'une ville dont vous ignorez, sans doute, l'existence, voient, enfin, lever les barrières qui depuis près de deux siècles, leur défendaient l'approche du trône ; jusqu'à ce jour, ce peuple infortuné n'avait connu que les larmes de la douleur; par votre bonté, Sire, il apprend, enfin, qu'on peut verser des larmes d'amour et de joie... »

— FARGUES : « Les cris d'allégresse publique retentissent jusques dans nos hameaux. Ils semblent vouloir en bannir pour jamais, ceux de l'indigence et de la douleur... »

(1) Le secrétaire général de notre Société, M. Paumés, avait écrit, également pour cet ouvrage une introduction. Elle a paru dans le Bulletin trimestriel que publie la Commission Centrale (juillet 1907). M. Pauoiès a d'ailleurs collaboré à la préparation de la publication de M. Fourastié.


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— FONTANES LUNEGARDE : « Il est enfin, arrivé ce moment fortuné et tant désiré, où il doit être libre à chaque particulier d'élever sa voix vers Sa Majesté et de porter ses plaintes et ses doléances au pied du trône... »

— FRAYSSINET-LE-GÉLAT : « Dans l'extase ravissante et inexprimable, Sire, où vos très fidèles et soumis sujets... »

— SAINT-MÉDARD : « Sire, la consternation était générale dans votre royaume, le cri de la douleur et de la misère se faisait entendre de toutes parts ; le Tiers-Etat, cette partie de votre peuple, si chère à votre coeur, le soutien de votre couronne et le défenseur de votre Empire, n'avaient, jusqu'ici mangé qu'un pain de larmes ; mais, Votre Majesté vient de lui annoncer que ses malheurs sont finis et qu'un avenir heureux lui est préparé... »

— SALVEZOU : « Jusqu'à ce jour, une partie de votre peuple, appelée le Tiers-Etat n'avait connu que la douleur et l'infortune, en dévorant un pain arrosé par des larmes ; mais, votre Majesté, vient, enfin, par sa clémence, de lui donner le grand témoignage de sa bonté... »

J. DAYMARD.


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT

PENDANT LE 4e TRIMESTRE DE 1908

Séance du 11 janvier 1909

Présidence de M. COMBES, président

Présents : MM. Billères, Crudy, Daymard, Depeyre, Dois, Girma, Grangié, Paumes, Rames, Albe.

M. le Secrétaire-général rend compte des publications reçues.

Il signale notamment dans le Bulletin de Brive un article de noire compatriote M. Espéretsurla vicomte de Turenne ; il fait connaître que le prochain congrès des Sociétés savantes se tiendra cette année à Rennes, au mois d'avril ; il lit l'adresse en vers latins que nous a envoyée la Société Archéologique de Montauban pour nous offrir ses voeux de bonne année, et la double réponse que la Société des Etudes fait à cette adresse, en vers latins, par la plume de M. le chanoine Labarthe, en vers français, pour être plus moderne par la plume de M. Grangié. Les membres de la Société des Etudes remercient les deux aimables poètes.

M. Girma dépose un exemplaire d'une Histoire de l'Art, parue chez Delalain, dont l'auteur, M. Roux, un compatriote, fait gracieusement hommage à la Société. On charge M. Girma de remercier et de féliciter l'auteur.

M. Daymard fait connaître qu'on a retrouvé dans les tranchées creusées pour construire l'Avenue du Nord, des restes gallo-romains très intéressants : murs épais, dallages en ciment, fragments de mosaïques, parties d'aqueduc servant sans doute d'écoulement aux piscines des Thermes. Il est dommage que l'on ne puisse pas faire par là des fouilles méthodiques considérables qui permettraient sans doute de retrouver en partie le plan des anciens Thermes.


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M. Albe communique deux pièces qui se rapportent aux Maltaises de L'Hôpital-Beaulieu et de ses annexes. 1° Une bulle d'Alexandre VI (27 mars 1500) ratifiant l'accord passé entre la grande-prieure Anne de Castelnau et Catherine Mier, prieure commandataire du prieuré de Barbaroux et Sainte-Croix, près de Martel, qui relevait de l'Hôpital-Beaulieu et qui lui fut plus tard définitivement uni ; 2e le testament de cette même Anne de Castelnau, soeur du baron de Castelnau-Bretenoux, où elle fait héritière universelle sa nièce Gabrielle de Laqueuille, qui lui succède comme grande-prieure, et entre autres légataires particuliers son neveu François de Ricard de Ginouillac, fils du grand maître de l'artillerie (1528),

M. Combes continue la lecture de ses extraits relatifs à la période révolutionnaire ; il a pu reprendre les registres municipaux dont la lacune s'arrête au 22 avril 1794.

Séance du 25 janvier 1909 Présidence de M. COMBES, Président

Présents : MM. le comte d'Armagnac, Billières, Combes, Crudy, Daymard, commandant Saint-Éloi, Girma, Rames, Paumes, Albe.

M. Girma dépose, de la part de M. le sénateur E. Rey, un exemplaire de la deuxième édition de son livre si intéressant.' « L'Agriculture progressive dans le Lot » (Cahors, 1909). La société remercie l'éminent donateur et charge M. Rames de faire de cet ouvrage un compte-rendu pour le Bulletin.

MM. Daymard et Albe donnent également quelques brochures, le premier : une biographie de Francis Maratuech suivie d'une étude critique de ses oeuvres, le second : le texte de La vie et les miracles de S, Amator, qui fournit une donnée nouvelle au problème des origines de Rocamadour.

M. le secrétaire général entretient la Société des démarches qu'il a faites au sujet des découvertes archéologiques opérées dans les travaux de l'avenue du nord. M. Jullian, professeur au Collège de France, auquel il a écrit pour qu'il voulût bien s'intéresser à ces découvertes a répondu par une lettre qui donne l'espérance fondée que le Comité archéologique s'occupera de cette affaire, soit pour continuer les fouil-


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les, soit pour la conservation des quelques ruines qui nous restent notamment de la partie des anciens thermes romains connue sous le nom de « Portail de Diane » M. le comte Bernard d'Armagnac rappelle qu'en 1865 il avait fait déjà observer aux membres du congrès archéologique qui tenaient leur session à Cahors que ce précieux débris, miné peu à peu par la base finirait par s'écrouler; il demandait qu'on prît «soin de sa conservation en réparant et en soutenant la partie menacée» : il ajoutait que « le propriétaire voisin serait très disposé à le conserver à la conditionqu'on lui donnerait les moyens de le faire en payant les frais que cela lui occasionnerait ». M. d'Armagnac et M. A. Calmels furent nommés pour s'aboucher avec ce propriétaire afin de connaître ses prétentions. Le propriétaire, M. Carrié, fit les honneurs de son enclos aux membres du congrès. Il dit avoir trouvé des piscines, des traces d'aqueduc etc. Le congrès vota à l'unanimité un voeu en faveur de la conservation de cette belle ruine (Congrès archéologique - XXXIIe session,passim).

Il est probable que si l'on avait profité alors des bonnes dispositions de la commission archéologique et des avances qui furent faites, on aurait pu dégager une portion importante des anciens thermes, du moins en retrouver le plan en partie. C'est ce que l'on espère obtenir aujourd'hui. Notre confrère, M. Lagarde, ingénieur des Ponts et chaussées, a promis de procurer les dessins qu'il faut envoyer à Paris.

La société remercie et félicite M. Paumes de ses heureuses démarches : elle le prie de vouloir bien continuer d'agir dans le même sens et d'écrire aussi à M. le sénateur Rey dont on sait avec quel succès s'est exercée l'influence à propos du portail nord de la cathédrale.

M. Paumes nous lit ensuite quelques-unes des lettres les plus intéressantes du second volume de la correspondance du roi Murât dont l'éditeur M. Lebrethon a fait hommage à la société. M. Depeyre fera pour le Bulletin un compte-rendu des deux volumes parus.

M. Daymard signale dans le 3e volume des Rôles gascons, publié par M. Bémont les lettres qui se rapportent à la fondation par le roi d'Angleterre de la bastide de Montfaucon. M. Albe fait observer qu'il a publié dans la Revue Religieuse (Tome XVI) tout ce qui e rapporte à cette fondation, d'après les volumes 2 et 3 de M. Bémont et d'après des documents inédits. La Société des Etudes la. publié en 1895 la charte des libertés accordées à la nouvelle bastide par le sénéchal du roi d'Angleterre, d'après un manuscrit retrouvé et traduit par M. l'abbé Gala-


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bert curé d'Aucamville. Les lettres signalées par M. Daymard se rapportent, à un accord entre le sénéchal, Elie de Caupène, et les seigneurs de Rassiols et de Verneil, qui se trouvaient lésés par la nouvelle fondation, au paiement des frais occasionnés par l'achat des terrains et les constructions nécessaires ou à la confirmation de la charte des privilèges. (nos 2148, 2167-8, 2172),

M. Albe lit les premières pages d'un travail sur les possessions de l'abbaye d'Aubasine en Quercy, dont la partie la plus neuve se rapporte à l'existence d'une abbaye de femmes, inconnue de tous nos auteurs locaux, et qui existait, avant la guerre de Cent ans, sur les confins des paroisses de Thédirac et de La vercantière au lieu dit actuellement Mourailles. M. le curé de Rampoux a constaté à cet endroit des restes assez considérables d'anciens murs dont on ne savait commeut expliquer la présence.

Séance du 8 février 1909

Présidence de M. COMBES, président

Etaient présents : MM. Daymard, Billières, Calcas, Crudy, Gisbert, l'abbé Gary, l'abbé Albe, Rames, Girma, Paumes.

M. le Secrétaire Général signale dans la « Revue de l'Agenais un article sur le doyenné de Moycras, dont le maître-autel fut donné à faire en 1698 à un menuisier de Gourdon, du nom de Tournié.

Il rend compte de ses nouvelles et intéressantes démarches au sujet des fouilles à continuer et des ruines à conserver dans les alentours de la porte de Diane. Il lit la lettre très détaillée et très documentée qu'il a envoyée non seulement à Monsieur le sous-secrétaire d'Etat des BeauxArts et à Monsieur le Ministre de l'instruction publique, mais aussi à M. Jullian et à M. Rey ; il lit également les réponses qu'il a reçues de ces deux derniers personnages et qui sont remplies de promesses encourageantes.

M. Girma dépose au nom de M. Esquieu un exemplaire du supplément de l'Armoriai Quercynois. Remerciements à l'auteur.

M. Albe donne communication de quelques extraits d'un registre paroissial de Rocamadour qui pour n'être en réalité que de « graves faits divers » sont très intéressants par le fond et par la forme du récit. Deux de ces extraits se rapportent au temps où la province était vivement agitée parles troubles de la Fronde.


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M. Combes continue la lecture de ses extraits des registres municipaux de Cahors pendant la période révolutionnaire, et nous intéresse vivement en nous analysant ce qui s'est passé du 26 mai à la fin de juin 1794.

Séance du 22 février 1909

Présidence de M. COMBES, président

M. le Président fait, en quelques mots, l'éloge funèbre de M. le chanoine Labarthe. Un article biographique sera fait pour le bulletin.

M. Paumes, donne lecture, dans le Bulletin historique de la société des Antiquaires de la Morinie, d'un passage de l'ouvrage de M. le chamoine Bled rectifiant un trait de l'histoire de Fénelon rapporté par le cardinal de Beausset. Il lit ensuite une curieuse lettre du vicomte de Gourdon intéressant l'histoire locale et la cathédrale en particulier qui précise les mutilations, les déprédations faites à ce monument par les soldats du Béarnais. Cette lettre figure dans l'ouvrage de M. Edmond Cabiésur les guerres de religion dans le sud-Ouest de la France, au sujet duquel M. Depeyre fera un compte-rendu pour le Bulletin.

M. Daymard attire l'attention de la Société des Etudes sur les trois points suivants :

1°) Les démarches faites pour le dégagement de l'arc de Diane n'ont pas de chance «l'aboutir : le terrain occupé par le monument appartenant à des mineures ;

2°) M. de Roaldès va effectuer, de moitié avec l'Etat, la réparation de sa maison (maison Henri IV) et affecter à ces travaux une somme de 16000 frs ;

3°) On s'occupe activement de la question du dégagement de la Barbacane.

Sur la proposition du même membre des remerciements au Conseil municipal de Cahors sont votées au sujet de la décision prise récemment pour la continuation des travaux du portail nord de la Cathédrale.

M. Grangiélit une poésie, « Ballade des chênes du Quercy », qui paraîtra au prochain Bulletin.

M. Combes continue la lecture de ses extraits des registres du Corps municipal, pendant une période particulièrement intéressante puisqu'elle est celle qui avoisine le 9 thermidor (22 juin — 28 juillet 1794).

if. D'Armagnac lit une critique vive et spirituelle de la doctrine transformiste


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Séance du 8 mars 1909 Présidence de M. Combes, Président

Etaieut présents : MM. Rillères, Calcas, Combes, Crudy, Fourastié, Gisbert, Girma, Gary, Paumes, Saint-Eloi, Albe.

M. le Secrétaire général dépose diverses publications reçues, notamment un Calendrier touristique pour 1909, de la Compagnie d'Orléans, et une brochure reçue de la même Compagnie l'Orléans à toute vapeur, qui résume l'historique du réseau de 1838 à 1908, ainsi qu'un travail dont M. Esquieu fait hommage à la Société : Brest pendant la Révolution, documents inédits publiés par M. Esquieu et M. Delourmel. Il nous fait connaître ensuite que le Congrès des Sociétés savantes qui doit se tenir à Rennes cette année est avancé d'une semaine (5 avril au lieu du 12).

M. Fourastié, archiviste départemental fait hommage à la Société d'un exemplaire de son livre sur les Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Cahors dont il a été déjà rendu compte. Il donne ensuite communication d'une lettre de M. Cavalié, de Figeac, ancien principal de collège, qui veut soumettre à la Société un mémoire sur la ville et l'abbaye, de Figeac. Le secrétaire des séances est chargé d'examiner le manuscrit et de faire un rapport à la Société.

M. Calcas lit une poésie française, sur un sujet bien souvent traité et où il trouve le moyen de n'être par banal : « L'arrivée du printemps ».

M. Albe communique un article de M. le Docteur Franz Arens, de Prague, où, à l'occasion d'un ouvrage récent « Warenhoendler and Geldhoendler im miltelalter» de M. J. Kulischer, il parle des différents commerces que faisaient les marchands de Cahors (Revue de synthèse historique, année 1908)

Le même membre fait connaître ensuite qu'il a reçu de M. le Docteur J. Coelho, de Porto, une réponse aux observations qu'il lui avait adressées au sujet de son travail sur Notre Dame de Rocamadour en Portugal, de laquelle il résulte qu'il reconnaît justes les conclusions de la critique sur l'origine du pèlerinage et accepte les rapprochements qu'on lui a signalés entre les donations faites par les rois du Portugal et les donations faites par les rois d'Espagne.


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M. Paumes donne lecture d'un travail de M. l'abbé Taillefer sur les Protestants à Bélaye en mai et juin 1579, composé surtout d'après le gros recueil, si plein de choses, des lettres de la famille d'Hébrard de Saint-Sulpice que M. Cabié à publié sous le titre un peu vague peut, être de « Guerres de religion dans le Sud-Ouest de la France et principalement dans le Quercy ». Le travail de M. Taillefer est une preuve de tout ce qu'on peut tirer de cet inépuisable trésor.

Enfin M. Combes continue la lecture de ses extraits des registres municipaux de la période révolutionnaire, toujours aussi intéressants 30 juillet à 5 septembre 1794).

Séance du 21 Mars 1909 Président: M. le Chanoine GARY

Etaient présents: MM. Billières, Calcas, Combarieu, Daymard, Dois, Combes, Saint-Eloi, Fourastié, Chanoine Gary, Girma, Gisbert, Paumes, Rames, Abbé Viguié, Albe.

M. le Secrétaire général, après avoir déposé les publications reçues, donne de nouveaux renseignements sur la question des fouilles à exécuter au portique des Thermes pour lesquelles il a reçu promesse ferme d'une certaine somme. Il analyse ensuite un travail paru dans la Revue Historique (mars-avril 1909). Il y est question d'un Baudus envoyé par Talleyrand en Allemagne, au moment des négociations qui, après la paix de Lunéville, devaient régler la question des indemnités dues aux princes dépossédés de la rive gauche du Rhin. Ce Baudus était notre 1er procureur-syndic du département. Ainsi un cadurcien fut mêlé aux délibérations qui devaient, par la protection du ler consul, mener l'Allemagne féodale vers l'unité.

L'abbé Albe annonce l'apparition du XIIe fascicule des Lettres communes de Jean XXIl que fait paraître l'abbé G. Mollat. Ce fascicule termine la 9e année du pontificat et pousse jusqu'au n° 23.400 des documents analysés. Un pareil travail, régulièrement et activement mené depuis les débuts, fait grand honneur à l'éditeur patient et érudit ; quand il sera terminé, il sera une mine inépuisable de renseignements pour l'histoire de notre compatriote etdeson régne (Paris, Fontemoing-1909). Du même abbé Mollat, toujours infatigable, M. Albe fait connaître un article paru dans la Revue numismatique de 1908, sous le titre: Les Papes d'Avignon et leur


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hôtel des monnaies à Sorgues. Outre ce qui est dit des monnaies de Jean XXII, on y trouve mention de plusieurs quercynois et notamment de Pierre Barreau, custode des monnaies blanche et noire des papes, à qui est adressée une ordonnance de Clément VI, le 15 juillet 1344.

M. Albe donne ensuite lecture de la conclusion d'un article de M. de Vayssière paru dans la Revue des Etudes historiques sur le gros livre de M. Ed. Cabié « Les guerres de religion dans le sud-ouest de la France et notamment dans le Quercy d'après la correspondance des Hébrard de SaintSulpice. » Le compte-rendu consacré surtout à l'étude de la famille d'Hébrard amène à cette conclusion qu'il faut réformer la plupart des jugements rendus par les historiens sur les familles du XVIe siècle ; au contraire de ce qui est dit trop souvent, il ne manquait pas à cette époque de familles catholiques où le sentiment religieux et patriotique le plus sincère, le loyalisme le plus dévoué s'alliaient parfaitement à l'esprit de famille le plus affectueux et à la plus grande pureté de moeurs.

M. l'abbé Viguié offre à la société au nom de M. le curé des Récollets de Saint-Céré, une copie sur parchemin, vidimée en 1463 par le sénéchal P. de Raymond de Folmont, du texte des anciennes coutumes de Montcuq. Cette copie avait été faite pour la paroisse Saint-Hilaire.

Il commence ensuite la lecture d'un travail qu'il a composé sur l'état religieux moral et social de la paroisse de Saint-Jean Les pinasse, d'après les registres paroissiaux de la deuxième moitié de XVIIIe siècle (1749 à la Révolution). Ce travail où l'érudition impeccable ne fait nullement tort à l'esprit le plus pétillant montre quelles ressources offrant de pareils documents pour qui sait les mettre en oeuvre. Mais tout le monde n'est pas en état, sur des pièces de première main, d'évoquer, comme a fait notre confrère, la vie même de nos anciens.


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Analyse les Registres Municipaux de la commune De Cahors

(Suite)

8 janvier 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Pétition du citoyen Franhiac, réclamant contre une erreur commise à son préjudice dans l'imposition de la cote mobilière. Le Conseil lui donne raison et réduit sa taxe.

Le Conseil approuve le devis des citoyens Barthes et Duchoquet pour la réparation de l'horloge ; accorde 10 livres au citoyen Duchoquet pour un premier devis et 60 livres aux citoyens Barthes et Duchoquet pour les journées passées à examiner l'horloge et à faire le second devis.

Le Conseil arrête que les gardes-champêtres sont supprimés et que le service qu'ils ont fait leur sera payé.

Il est arrêté que la rue qui était située entre le séminaire et l'enclos des ci-devant Augustins sera rouverte ;

— que les gages du concierge de la Maison commune sont supprimés en entier ;

— que les effets des ci-devant Frères ignorantins seront vendus ;

— que le capitaine du guet, le trompette, le tambour et les 5 soldats seront habillés à neuf ;

— qu'il sera nommé un bureau de 12 membres pour régir les biens des hôpitaux, et un trésorier. Le citoyen Lassagne est élu trésorier à l'unanimité. Sont ensuite élus membres du bureau :

Le citoyen évêque du département,

— Lavergne, maire,

— Roques, officier municipal,

— Judicis,

— Deloncle,

— Amadieu, officier municipal,

— Lagarde, id.,

— Pillât, notable,

— Gensac aîné, officier municipal,

— Amadieu, juge,


-66Le

-66Le Chotard, — Delvincourt.

Le Conseil général charge le procureur de la commune de réclamer une somme de iooo livres, léguée au Mont-de-Piétè par le citoyen Albiquié, ancien curé de Saint-Urcisse, et, s'il y a lieu, de se faire autoriser par le département à poursuivre le payement de cette créance ;

— autorise le Corps municipal à demander des fonds provisoires en faveur des hôpitaux des orphelins et des orphelines ;

— charge le citoyen Amadieu de dresser l'inventaire des registres des naissances, mariages et décès dans les paroisses Saint-Étienne, Saint-Géry et Saint-Barthélémy ;

— charge le citoyen Roques fils de percevoir les fonds destinés aux prêtres détenus au séminaire et de les leur distribuer quatre fois par mois ;

— fixe les honoraires du citoyen Floirac, secrétaire-greffier en chef, à I 000 livres par an, vu l'augmentation du prix des denrées ; le citoyen Cabessut, secrétaire adjoint, aura 800 livres ; le citoyen Cagnac, commis, 500 livres avec le bureau de conciliation, et le citoyen Soulié, 400 livres. Ils devront se trouver au bureau tous les jours, de 8 heures à midi et de 2 heures à 7 heures, et même plus tard, si les officiers municipaux l'exigent.

Le Conseil charge le maire et un notable de demander si l'entretien des Fossés incombe aux entrepreneurs des routes et, dans le cas contraire, demande que la partie des Fossés qui sert de route soit entretenue par la nation ;

— nomme 4 commissaires pour recevoir le serment du citoyen Hybert, ci-devant religieux de la Merci ;

— arrête que les quartons qui ont servi à la distribution du blé national, et qu'un membre du Conseil dit être de fausse mesure, seront mis en lieu de sûreté dans la maison commune, ce qui est immédiatement exécuté.

11 janvier 1793. —COMITÉDE LA GARDE NATIONALE (I) (réunion extraordinaire en séance publique). — Le directoire du district ayant requis

(1) A partir de ce moment, les procès-verbaux donnent à ce Comité différents noms : tantôt Conseil militaire de la garde nationale, tantôt Conseil de discipline militaire, etc. Nous lui conservons toujours dans ce travail l'appellation primitive


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les cavaliers nationaux sans adresser cette réquisition aux chefs médiats de la garde nationale,le Comité décide que le district sera dénoncé au directoire du département pour violation de la loi ; en outre, que la municipalité sera priée de poursuivre le citoyen Moles pour être sorti des murs de la cité sans réquisition du commandant de la garde nationale.

Le citoyen Bel fils ayant emporté, quand il entra dans les volontaires, nationaux, une clarinette appartenant à la commune, son père devra en fournir une de même valeur.

14 janvier 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL, vu la réclamation des soldats du guet, qui demandent une augmentation de salaire à cause de « l'augmentation excessive des denrées », arrête qu'il leur sera payé par jour 15 sols, sur lesquels on retiendra un sol pour l'entretien des souliers.

Sur la demande du substitut du procureur de la commune, qui rappelle qu'une foule de citoyens sont venus à une séance du Conseil exprimer leurs inquiétudes au sujet des subsistances, le Conseil arrête qu'il sera demandé au département 15000 quintaux de blé, « dont l'arrivée prochaine est de la plus grande nécessité et peut seule préserver cette commune des maux infaillibles qu'il est difficile de calculer ».

Si on demande une quantité de grains aussi forte, c'est parceque les communes voisines et même les districts voisins s'approvisionnent aux marchés de Cahors.

Lecture d'une ordonnance de police (voir le 6 janvier).

Le Conseil demande aux corps administratifs de l'approuver, après quoi elle sera lue, publiée et affichée. Quatre citoyens par section sont désignés pour en surveiller l'exécution.

Un officier municipal est chargé, à la demande du district, de se rendre au siège du ci-devant tribunal de l'élection, pour y procéder à la levée des scellés et à l'inventaire des pièces.

Le Conseil général arrête que, conformément à la loi du 20 décembre dernier, les demandes de certificat de résidence (I) présentées par un certain nombre de personnes des deux sexes qui sont désignées nominativement, resteront affichées pendant quinze jours. (Le premier de ces pétitionnaires est Floiras, secrétaire-greffier de la commune).

(1) Ces certificats avaient pour objet d'établir que ceux qui en étaient porteurs n'avaient pas émigré ; la production en était exigée pour le payement des pensions et des traitements.


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-682i 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Réquisitoire du procureur de la commune, dénonçant, dans l'administration du collège, des abus qui en opèrent tous les jours la désorganisation, et demandant qu'on en recherche les causes. Le Conseil charge une commission de 9 membres, prise dans son sein, de faire cette recherche et d'examiner si le règlement fait par le directoire du département est observé dans le collège.

Le Conseil arrête l'état des non-valeurs de la capitation à 404 livres 16 sols 7 deniers pour 1788 et à 885 livres 3 sols 8 deniers pour 1789 ; celui des non-valeurs de l'octroi pour ces deux années est arrêté, à 154 livres 16 sols. Une rémunération totale de 25 livres 10 sols est allouée aux deux commissaires qui ont fait le rapport.

Sur la demande du bureau d'administration des hôpitaux, constatant que ceux-ci « sont dans un dénuement total de toute espèce de provisions », le Conseil autorise ledit bureau à réclamer de qui de droit les secours nécessaires, et offre en garantie les biens possédés par les hôpitaux.

27 janvier 1793.— COMITÉDELA GARDE NATIONALE (séance publique). — Vu le ralentissement qui a été constaté dans le service de nuit de la garde nationale, et attendu « les circonstances critiques où nous nous trouvons », il est arrêté que les règlements devront être exécutés à la lettre et les contrevenants punis conformément aux lois.

Le commandant du poste de la commune ayant été dénoncé à la municipalité, à cause de dégradations commises dans ce poste, le citoyen président est chargé de faire une enquête sur cette affaire, de concert avec la municipalité, et de faire son rapport au Comité, afin que le commandant, ou le dénonciateur, soit puni.

28 janvier 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL nomme une commission, dont le maire fait partie, pour vérifier les billets de confiance retirés de la circulation, et les faire brûler sur la place, en présence du Corps municipal et du peuple assemblé à son de trompe ;

— charge le maire et un officier municipal de demander au Département le remplacement des quelques sujets reconnus incapables d'enseigner aux « écoles chrétiennes appelées des ci-devant Frères ignorantins », et de présenter les sujets qui seront désignés par le Conseil général ;

— demande au Département l'autorisation de faire des réparations urgentes aux prisons, au pavé, à la Maison commune et à la Halle ;


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— charge deux commissaires de recevoir l'état des non-valeurs de l'octroi pour 1790, concernant les cabaretiers ; sur leur rapport, il sera statué ce qu'il appartiendra.

14 février 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Le citoyen Guilhou, vicaire épiscopal, demande de la part du citoyen Senilh, de Réalville, le payement d'une somme de 6800 et quelques livres qui lui est due par la commune et arrive à échéance. Le Conseil, n'ayant aucun moyen de s'acquitter actuellement, demande au citoyen Senilh quatre mois de délai.

Le Conseil accorde des certificats de civisme (1) aux citoyens Charles Amadieu, notaire, et Lafage Mostolac : ce dernier devra justifier qu'il a un fils au service de la République ;

— charge, sur la demande du ministre, les commissaires de quartier de dresser l'état des citoyens de 16 à 50 ans en état de porter les armes ;

— charge deux de ses membres de constater la présence en ville de la citoyenne Durfort, pour, sur leur rapport, lui être délivré un certificat de résidence ;

— met en demeure le citoyen Larpigne de fournir, sans délai, les 6 habits pour les soldats du guet, dont il a déjà reçu le prix, et le renvoie à se pourvoir devant qui de droit pour le payement de fournitures qu'il dit avoir faites sur l'ordre de membres de l'ancienne municipalité, mais que le Conseil général, seul compétent, n'a pas autorisées ;

— charge deux de ses membres de réclamer au District le modèle des piques à fabriquer et la somme destinée à cette fabrication ;

— autorise le citoyen Filsac à prendre le tableau qui est sur la cheminée de la grande salle, à la charge par lui d'y mettre un autre tableau où seront gravés « les droits de l'homme avec les emblèmes de la liberté » ;

— charge quatre de ses membres de voir en vertu de quels titres le citoyen Larroque possède le dessous des remparts, le long de la plaine de Saint-Mary ;

— nomme 5 commissaires pour apurer les comptes des anciennes municipalités ;

(1) Certificats constatant que ceux à qui ils étaient accordés s'étaient toujours conduits en bons citoyens. Le décret du 5 février 1793 les rendait obligatoires seulement pour les fonctionnaires non élus par le peuple, mais beaucoup d'autres personnes en demandèrent.


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— demande une imposition de 2000 livres pour habiller et entretenir le guet.

Le Conseil général, considérant qu'il a pu être accordé des certificats de civisme non mérités, dont les titulaires pourraient se servir pour percevoir des pensions ; que ces pensions n'ont été accordées ou conservées qu'à « ceux que la nation a cru devoir être les défenseurs et les sentinelles perpétuelles et vigilantes de la République » ; que les places ne doivent point être données à des « hommes ennemis ou indifférents pour la chose publique » ; arrête :

Les certificats de civisme délivrés jusqu'à ce jour sont déclarés nuls, ils devront être représentés au Conseil général, qui les ratifiera ou les rejettera ; il n'en sera accordé à l'avenir que par appel nominal et à la pluralité absolue des suffrages.

17 Jèvrier 1793. — CORPS MUNICIPAL. — Sur le rapport des deux commissaires du quartier du Pont-Neuf, ,duquel il résulte que le citoyen Labiche, sabotier, en faisant galoper un cheval dans la rue, a renversé et blessé une femme qui est obligée de garder le lit, et l'inculpé ayant avoué le fait, le corps municipal, après avoir entendu le procureur de la commune, condamne Labiche à 3 jours d'arrêt dans la maison commune et 6 livres d'amende ; renvoie les parties devant qui de droit pour les dommages-intérêts.

17 février 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Adjudication de la réparation à faire à l'horloge de l'église épiscopale, aux conditions suivantes. L'adjudicataire devra fournir caution ; il devra mettre l'horloge en place dans 3 mois, sous peine de perdre un tiers du prix ; le travail sera agréé par des gens de l'art nommés par le Conseil ; il sera retenu sur le prix 70 livres pour frais du devis ; l'entrepreneur garantira l'horloge pendant 2 ans. — Le travail est adjugé pour 900 livres au citoyen Falguières, horloger de Moissac, qui donne pour cautions les citoyens Orliac, commis de l'administration de la marine, et Gensac aîné.

17 février 1793. CONSEIL GÉNÉRAL. — Tous les bouchers ayant fermé leurs étaux depuis le commencement du carême (1), le Conseil les fait comparaître. Ils disent que la taxe met la viande à un prix de vente inférieur au prix de revient. Bien qu'ils n'aient pas le droit de fermer leurs boucheries sans prévenir la municipalité, le Conseil fixe une

(1) En 1793, le mercredi des Cendres était le 13 février.


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nouvelle taxe : veau et mouton, 22 sols ; boeuf, 18 sols. Les bouchers déclarent ne pouvoir accepter ces conditions et offrent de vendre la viande à 20 sols et 16 sols, pourvu qu'on leur permette de débiter les surpoids dans leurs boutiques. — Le Conseil enjoint aux bouchers de fournir la viande pendant un mois aux prix ci-dessus fixés, sous peine d'être dénoncés à la police correctionnelle, et de demeurer responsables personnellement des événements que la persistance de leur refus de vente pourrait occasionner, et, pour qu'ils ne prétendent cause d'ignorance, arrête que le présent leur sera notifié de suite.

18 février 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Vu la mésintelligence qui règne dans le collège et qui est très nuisible à l'éducation des élèves, le Conseil mande les professeurs de cet établissement et le commissaire préposé par le département. Les premiers attribuent unanimement le désordre au plan d'études ordonné par le département, tandis que le commissaire déclare ce plan très exécutable. — Le Conseil charge une commission de 8 membres de recevoir les observations écrites des uns et de l'autre et de faire un rapport. Cette commission priera en outre le directoire du département de s'occuper de l'enseignement public, toute affaire cessante, vu l'urgence.

Le Conseil accorde des certificats de civisme,sur leur demande, à 17 personnes dont une femme.

21 février 1793. — Le CONSEIL GÉNÉRAL forme quatre bureaux, composé de deux membres chacun, pour échanger les billets de confiance émis par les municipalités du département.

Rapport de la commission nommée pour les affaires du collège. Elle annonce que la concorde règne maintenant, mais elle a vu avec regret, dans le délibéré des professeurs, que « la vanité ou l'intérêt avaient trouvé place » dans ce document. Si les citoyens Oulié, Ricard et Serres avaient été maintenus dans leurs places de principal, de préfet et d'instituteur des Humanités, proscrites par le département, la paix eût toujours régné au collège. Sur la proposition de la commission, le Conseil arrête :

Le Département sera prié de supprimer toutes places de commissaire, principal et préfet du collège ; il sera prié de s'occuper d'urgence de l'enseignement public et d'autoriser le Conseil général à réorganiser un bureau d'administration et de surveillance du collège ; les classes auront lieu de 8 heures à 10 heures et demie du matin et de 1 heure et demie à 4 heures et demie du soir ; les grandes va-


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cances auront lieu du 14 août au 15 octobre ; — il y aura vacances de . la veille des Rameaux jusqu'au lundi de Quasimodo, leslundi et mardi gras et tous les jeudis ; — le bureau d'administration déterminera les exercices et les récompenses ; — le directoire du département sera prié d'examiner s'il ne conviendrait pas de réorganiser le collège, pour n'avoir que des professeurs « tranquilles, instruits, aimant leur devoir et la République » ; — les professeurs sont invités à se procurer de suite les livres élémentaires nécessaires ; — il sera fait appel à ceux qui croiront pouvoir se présenter pour remplir la place de suppléant de sixième, vacante par l'absence du citoyen Oulié fils, qui est sur les frontières.

Le Conseil général charge deux de ses membres de vérifier les nonvaleurs du citoyen Lustrât, collecteur.

22 février 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. —Le citoyen Cayla, élu second juge du tribunal civil du district, et qui n'avait encore pu se présenter, pour cause de maladie, est installé avec le cérémonial ordinaire, après lecture de certificats délivrés par les citoyens Rives, officier de santé, et Alayrac, chirurgien, et aussi de la commune de Fages, constatant que le citoyen Cayla a été malade depuis le commencement d'octobre j usqu'au 8 février.

23 février 1793. — LE CORPS MUNICIPAL, sur une réquisition du procureur de la commune, convoque le Conseil général pour demain.

24 février 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 24 citoyens sur leur demande ;

— ajourne au 3 mars la discussion de la demande du citoyen Senilh, de Réalville ;

— arrête que l'ancienne municipalité sera tenue d'apurer les comptes du blé acheté et vendu par les citoyens Lassagne, Gensac aîné et Lezeret, afin que le Conseil puisse connaître l'emploi des fonds prêtés par le citoyen Senilh ;

— arrête que les anciennes municipalités, qui ont présenté leurs comptes d'une manière irrégulière, seront invitées à les présenter sous une forme légale, afin que la Commission chargée de les vérifier puisse le faire utilement.

3 mars 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Adjudication de la fabrication des piques, qui doivent être payées un prix total de 3.300 livres. L'adjudicataire devra fournir un tiers des piques dans 20 jours, le second tiers dans 40 jours, le reste dans deux mois. Il lui sera payé 1100 livres


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présentement, I I00 à moitié ouvrage, I I00 à la réception du dernier tiers. Si le travail n'est pas fait au temps prescrit, il sera retenu un tiers du prix ci-dessus. La mise à prix est de 10 livres par pique. — Joseph Carriol, charpentier, est adjudicataire à 7 livres 15 sols. Le citoyen Bès, charpentier, lui sert de caution (1).

3 mars 1793.— COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique).— Le Comité décide d'envoyer au Directoire du département une adresse d'adhésion à un arrêté rendu par ledit directoire sur les contestations qui s'étaient élevées à propos de l'envoi d'une force armée destinée a faire cesser les dévastations qui se commettaient dans les bois du citoyen Biron (2).

Le procureur général syndic du département avait requis 4 cavaliers nationaux pour la protection d'un huissier chargé de faire exécuter, dans les communes de Cabrerets et de Blars, un jugement de contumace rendu par le tribunal criminel du département. Les 4 cavaliers désignés ayant refusé ce service, le comité juge que le nombre de ces hommes était insuffisant pour la mission qui leur avait été confiée ; il décide qu'il leur en sera adjoint d'autres et que, conformément à la loi, il leur sera fourni des provisions de bouche et des munitions.

Les citoyens Gourry et Roques sont nommés chirurgiens-majors de la garde nationale.

Vu une supplique présentée par un certain nombre de citoyens, le Comité envoie dix commissaires demander à la municipalité l'élargissement de trois citoyens détenus dans les prisons de la commune, lesquels sont très utiles à leurs familles.

Le Comité nomme deux commissaires pour accélérer la fabrication des piques dont les gardes nationaux devront être armés à défaut de fusils.

3 mars 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme, sur leur demande, à 44 citoyens ; les pétitions de 3 autres sont ajournées.

(I) On voit que l'adjudication portait, non sur le prix de la fourniture, mais sur le nombre de piques à fournirpour 3.300 livres. A 7 livres 1 5 sols, ce nombre était de 425.

(2) Dans cet arrêté, le directoire du département disait que le directoire du district n'avait pas violé la loi en requérant la garde nationale sans en référera la municipalité, mais qu'il avait eu tort de ne pas adresser la réquisition au commandant de la garde nationale.


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Une commission est nommée pour vérifier l'état de deux consoles à l'horloge de l'église épiscopale et les faire remplacer, s'il y a lieu, ce travail n'étant pas compris dans les réparations à faire à l'horloge.

Sur la demande de la garde nationale, le Conseil charge quatre de ses membres de se rendre auprès du juge de paix Boudrès, pour le prier de modérer autant que possible la peine méritée parles citoyens R..., R..., et P... détenus dans les prisons de la commune.

Le Conseil arrête qu'il sera fait une adresse à la Convention pour demander une amnistie en faveur des volontaires déserteurs ;

— arrête qu'il sera fait une visite domiciliaire chez les personnes suspectes nouvellement arrivées ;

— charge 6 de ses membres de recevoir les promesses de dons pour les volontaires ;

— présente au choix du directoire du département, pour remplacer provisoirement le citoyen Oulié fils, professeur, actuellement au service de la République, les 3 sujets suivants : Ausset, procureur de la commune, Lafage fils, Bouzerand fils ;

— arrête que les anciennes municipalités seront tenues de remettre sous huitaine leurs comptes, avec pièces justificatives ; il leur sera notifié qu'elles seront responsables de tout ce qui pourrait arriver par leur négligence, notamment des frais résultant des poursuites du citoyen Senilh ou du cessionnaire du billet de 6.800 livres à lui consenti par l'ancienne municipalité ; faute par elles de se conformer à la présente invitation dans le délai fixé, le procureur de la commune les poursuivra devant qui de droit.

Le citoyen Périé, ingénieur en chef, est invité à dresser un état des réparations à faire à la Maison commune et à la Halle.

Sur les plaintes réitérées de plusieurs citoyens, le citoyen Capdeville est invité à fournir du papier timbré les dimanches et fêtes à ceux qui en réclameront.

6 mars 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Réquisition au commandant de la gendarmerie de faire surveiller pendant six mois les bois de l'hôpital et d'arrêter ceux qui voleraient ou dégraderaient le bois.

8 mars 1793 (1). — CORPS MUNICIPAL. — Le Maire annonce qu'on a reçu un cahier contenant divers décrets de la Convention nationale

(1) Dans le registre, cette délibération est datée, par erreur, du 8 février.


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I° Adresse au peuple français; 2° Décret relatif à l'organisation de l'armée, aux pensions de retraite et aux traitements des militaires ; 3° Décret sur le recrutement de l'armée. — Vu l'urgence, le Corps municipal arrête : que ces décrets seront proclamés demain ; que tous les citoyens de 18 à 40 ans, seront invités à venir se faire inscrire à la maison commune pour servir volontairement ; que le registre d'inscription restera ouvert 3 jours, après lesquels le décret sur le recrutement sera exécuté.

Les citoyens Lavergne, maire, et Roques sont chargés de rédiger une pétition tendant à réclamer les sommes dues à la municipalité par le Département.

10 mars I793. — LE CORPS MUNICIPAL, instruit que des malintentionnés s'efforcent d'exciter les esprits pour les porter à une insurrection, arrête :

Deux officiers municipaux et quatre notables resteront en permanence à la maison commune ; il sera fait, une réquisition au colonel de la gendarmerie ; il en sera adressé une autre au chef de légion de la garde nationale d'envoyer à la maison commune la garde à cheval et 50 hommes de la garde à pied, pris parmi ceux qui sont exemptés par la loi du recrutement; copie de la présente délibération sera envoyée de suite aux directoires du district et du département.

10 mars 1793. — CORPS MUNICIPAL. — Réquisition au commandant de la gendarmerie de mettre sa troupe en permanence, de faire faire des patrouilles pour prévenir une insurrection annoncée, et de faire arrêter les délinquants, s'il y en a.

10 mars 1793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique). — Le projet d'adresse au directoire du département, fait suivant la dernière délibération, est adopté.

Une demande des commissaires de police nommés par. la municipalité, tendant à être dispensés du service de la garde nationale, est rejetée.

Il est décidé que tous les gardes nationaux seront tenus désormais de faire leur service en personne : aucun ne pourra s'absenter qu'avec la permission de son capitaine, et à la condition de fournir à son retour des pièces prouvant que son absence était nécessaire.

En outre, il ne sera plus accordé de congé jusqu'à ce que le recrutement demandé soit au complet.

Les tambours battront la retraite tous les soirs à l'heure ordinaire,


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et l'un d'eux, désigné par le tambour-major, devra rester au corps-degarde, sous peine de punition.

II mars 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 18 personnes, dont une femme, et ajourne les demandes de deux autres citoyens ;

— charge 3 de ses membres d'assister à l'assemblée convoquée dans l'église du collège pour l'exécution de la loi sur le recrutement (I) ;

— charge deux autres de ses membres de vérifier sur place le devis des réparations à faire au chemin de Laroque.

I2 mars 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL.— Réquisition au lieutenant-colonel de la gendarmerie de faire transporter les gendarmes, avec chevaux et armements, à la maison commune, où ils resteront en permanence et où est le point de ralliement jusqu'à nouvel ordre.

14 mars 1793. — CORPS MUNICIPAL.— Réquisition au commandant de la gendarmerie d'arrêter les citoyens Bessou cadet, Labasse, Cornède eadet et Gatereau fils, suspectés d'avoir attenté à la sûreté générale.

15 mars 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Le citoyen Roques, qui faisait partie d'une commission nommée par le Département pour aller, à la maison d'arrêt des prêtres insermentés, rechercher les papiers du citoyen Taluc, prêtre, qui y est détenu, demande à ouvrir le paquet renfermant ces papiers et à les lire. Cette lecture faite, le Conseil, « considérant que le contenu peut alarmer les esprits faibles, qu'il y a, en outre, des relations incendiaires », arrête que lesdits papiers seront envoyés à l'accusateur public.

Mais le Conseil arrête ensuite que la présente délibération,non signée, sera rapportée en tout son contenu, comme contraire à la loi.

75 mars 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Certificats de civisme accordés à 64 personnes, parmi lesquelles nous relevons le nom de DurfortLéobard et celui d'une femme.

17 mars 1793.— CONSEIL MUNICIPAL en surveillance permanente.— Lecture d'un arrêté du Département enjoignant à la municipalité de se transporter par commissaires à la maison de détention des prêtres

(1) Par un décret du 25 février 1793, la Convention avait ordonné une levée de 300,000 hommes. Dans chaque commune, un registre devait être ouvert pendant trois jours pour recevoir les engagements volontaires ; si le nombre de ceux-ci n'atteignait pas le contingent que devait fournir la commune, il devait être complété, à la pluralité des voix, par l'assemblée des hommes sujets au recrutement, c'est-à-dire des célibataires et veufs sans enfants de 18 à 40 ans.


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insermentés, pour rechercher et vérifier, en présence d'un administrateur du département et d'un administrateur du district, les papiers et pièces suspectes qui pourraient être au pouvoir du citoyen Taluc, prêtre insermenté, détenu dans cette maison.— Le Conseil arrête qu'il sera donné un mandat d'amener contre le citoyen Taluc, pour, sur son interrogatoire, être procédé conformément à la loi.

Suivent, sous la même date, le mandat d'amener contre le citoyen Taluc, prêtre insermenté, « demeurant au séminaire de la présente ville », et le mandat d'arrêt ordonnant son incarcération dans la maison d'arrêt du district, sous la prévention d'attentat à la sûreté générale de l'Etat.

18 mars 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Mandat d'amener contre les citoyen Aymard, Vayssières et Delport, prêtres, suivi d'un arrêté renvoyant lesdits citoyens au séminaire, attendu qu'il n'y a aucune charge contre eux.

18 mars 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Mandat d'amener contre le citoyen Issa la fils aîné.

Contrairement aux conclusions du réquisitoire du procureur de la commune, qui suit cette pièce, Issa la fils est relaxé, à la charge de se tenir à la disposition du Conseil municipal.

Le même jour, mandat d'amener contre le citoyen Calméjane, fils aîné, prévenu de complicité d'attentat à la sûreté générale de la République.

Réquisitoire du substitut du procureur de la commune, concluant à un mandat d'arrêt contre le citoyen Calméjane, et demandant: 1° qu'il soit décerné un mandat d'amener contre la citoyenne Regourd mère et le citoyen Regourd père, prévenus de complicité d'attentat à la sûreté générale ; 2° que deux officiers municipaux aillent de suite chez ledit citoyen Regourd père, pour faire la recherche des papiers suspects.

Le Conseil municipal, n'adoptant qu'une partie de ces conclusions, relaxe le citoyen Calméjane, qui devra se tenir à sa disposition, et décerne un mandat d'amener contre la citoyenne Regourd mère.

18 mars 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Deux officiers municipaux sont chargés de délivrer les billets d'entrée aux personnes qui désireront voir les prêtres détenus au séminaire ; ces billets ne seront délivrés qu'à des gens non suspects.— Les femmes et filles ne pourront communiquer avec les prêtres insermentés qu'à la grille établie près de la porte.— Il sera fait un tableau des personnes qui apportent journelle-


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ment des vivres aux détenus, lesquelles pourront entrer sans billets.

La liste des permissions d'entrée sera communiquée, au moins chaque quinzaine, au corps municipal assemblé.

19 mars 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Réquisitoire du substitut du procureur de la commune, concluant au mandat d'arrêt contre la citoyenne Regourd. Subsidiairement, si on ne juge pas à propos de prendre cette mesure, le substitut demande que la servante de ladite citoyenne soit citée et interrogée sur les points suivants : I° Si la citoyenne Regourd n'est pas en correspondance avec un député à la Convention ou un autre citoyen habitant Paris; 2" Si elle ne connaît pas l'envoyeur du paquet qu'elle chargea le fils Calméjane d'aller chercher à la poste.

Le Conseil relaxe purement et simplement la citoyenne Regourd.

Le substitut du procureur requiert qu'il soit envoyé, dansles 24heures, au directoire du district, conformément à la loi du 11 août 1792, extrait collationné des pièces de là procédure criminelle intentée contre le citoyen Taluc et autres, prévenus d'attentat à la sûreté générale de l'Etat par des écrits incendiaires, sur la dénonce faite par le directoire du département.

20 mars 1793. — LE CONSEIL MUNICIPAL arrête que l'envoi de pièces dont il est question dans le réquisitoire ci-dessus, sera fait dans les 24 heures.

27 mars 1793.— Déclaration du citoyen Roques fils, officier municipal, qui se récusa dans le jugement relatif à la citoyenne Regourd. Il prit cette attitude parce que deux de ses collègues le suspectaient de prévention, et, après le jugement rendu, il le déclara injuste, puisqu'on avait décerné un mandat d'arrêt contre le prêtre Taluc, détenu pour la même cause, et qui n'était qu'un instrument passif.

21 mars 1793.— LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 41 citoyens, ajourne 2 demandes et en rejette 12, parmi lesquelles celle d'une femme.

Pétition de plusieurs citoyens demandant « qu'il soit permis de faire une rue traversant sur les Fossés, passant dans le jardin du Bon-Pasteur, aboutissant sur la grande rue ». Le Conseil nomme une commission pour vérifier l'utilité de la rue projetée.

Le Conseil prie le Département d'autoriser la réparation du chemin de Laroque et d'indiquer les fonds sur lequels cette dépense sera payée.


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Les bouchers sont convoqués pour jeudi, à 8 heures du matin, pour fixer le prix de la viande.

Sans date (2I ou 22 mars 1793).— Proclamation des officiers municipaux, invitant les citoyens à dénoncer ceux qui, dans l'assemblée tenue pour le recrutement, le 12 du courant, ont chanté « la complainte du ci-devant roi » et excité les citoyens à crier « Tout ou rien », espérant ainsi entraver le recrutement. « Il est temps que ces êtres vils et pervers soient connus et livrés au glaive de la loi. »

22 mars 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Mandat d'amener contre les citoyens Labarre fils aîné, Cornède cadet, Gatereau fils et Bessou cadet.

24 mars 1793. — Le CONSEIL MUNICIPAL défend à la citoyenne veuve Guiches, maîtresse de poste, de délivrer des chevaux aux voyageurs dont les passeports n'auraient pas été visés a la commune, les courriers exceptés.

24 mars 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. —Le citoyen Amadieu, officier municipal, est nommé commissaire pour interroger les citoyens prévenus d'être les auteurs ou complices des troubles survenus les 12 et 13 du courant, à propos du recrutement, lesquels seront traduits devant le corps municipal ; il recevra aussi les dépositions des citoyens qui se présenteront, suivant l'invitation à eux faite dans la proclamation du Conseil municipal.

24 mars 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Mandat d'amener contre les nommés Cazes fils aîné, Fournier cadet, serrurier, Petit dit Contou, tonnelier, Noyrit, serger (1), et Annès dits (2), frères, menuisiers.

25 mars 1793. — Le CONSEIL MUNICIPAL, sur le réquisitoire du procureur de la commune, vu les dépositions des citoyens Pierre Carriol, tailleur pour femmes, Henri Barthes, tailleur d'habits, et Jean Langes, musicien, relaxe les citoyens Joseph Fournier, serrurier, François Annès fils cadet, menuisier, Pierre Annès fils aîné, menuisier, Pierre Petit, tonnelier, et Jean Noyrit fils, serger.

Le Conseil arrête qu'il sera décerné des mandats d'amener contre les citoyens Bessières, ci-devant frère récollet, sacristain à Saint-Barthélémy, Reygasse petit-fils, Calméjane fils aîné, Baptiste Marconnié,

(1) Ouvrier qui fabriquait l'étoffe appelée serge. (2) Illisible.


musicien, Labarre, étudiant, demeurant tous à Cahors, et Guichard fils aîné, négociant, demeurant à Bordeaux.

Suivent les mandats d'amener contre les susnommés.

26 mars 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Réquisitoire du procureur de la commune et mandat d'arrêt contre Reygasse petit-fils et Marconnié, musicien, prévenus d'attentat à la sûreté générale de l'Etat.

Réquisitoire dû substitut du procureur de la commune et arrêté conforme du conseil municipal, ordonnant l'envoi des pièces au directoire du district dans les 24 heures.

28 mars 1793. — Le CONSEIL GÉNÉRAL, VU une pétition des bouchers, fixe provisoirement le prix de la viande ainsi qu'il suit : boeuf, 25 sols la livre; veau et mouton, 30 sols ; brebis, 26 sols ; vache, 20 sols. Défense de tuer des chèvres. Les viandes considérées comme surpoids pourront être vendues avec la bonne viande, mais seulement jusqu'à la proportion d'un huitième par livre. Ces viandes, c'est-à-dire les tètes de veau, foies blancs, foies, cols, jarrets de veau et de boeuf, devront être tenues à part dans un coin de la boucherie. Les commissaires sont invités à redoubler de .zèle pour la surveillance des bouchers. Ceux-ci ne pourront tuer aucune bête qu'en présence d'un commissaire de police, qui tiendra état des bêtes égorgées et du nom du boucher; le tout, sous peine d'amende et de confiscation. Le présent arrêté sera publié et affiché ; chaque boucher devra en placarder un exemplaire dans sa boutique.

Des certificats de civisme sont accordés à 6 citoyens ; les demandes de deux autres sont rejetées.

28 mars 1793. — CORPS MUNICIPAL. — Conformément aux conclusions du procureur de la commune, le corps municipal relaxe le citoyen Cazes fils, tambour-major de la garde nationale ; arrête qu'il sera décerné un mandat d'arrêt contre le nommé Bessières (ou Vaissières),ci-devant frère récollet, et un mandat d'amener contre le nommé Andral, officier de santé.

Suivent les textes de ces deux mandats.

29 mars 7793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Réquisitoire du substitut du procureur de la commune, et arrêté conforme ordonnant mandat d'arrêt contre le citoyen Andral, officier de santé, natif d'Espédaillac.

Suit le texte du mandat d'arrêt.

30 mars 1793. — Le CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 7 citoyens ; il en accorde un autre au citoyen Durroc-Laca-


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pelle, pour lui permettre d'obtenir un passeport afin d'aller à Toulouse seulement.

Le citoyen Labié, homme de loi, expose que deux de ses enfants ont été choisis pour « voler à la défense de la patrie » ; l'un d'eux ne pouvant partir, pour raison de santé, il a dû le faire remplacer. Il demande que l'équipement qu'il est tenu de fournir au remplaçant, serve à son autre fils. — Accordé.

Sur la demande du corps municipal, le Conseil décide le remplacement des secrétaires du bureau de la commune, pour inexactitude et négligence. Sont élus, par scrutins séparés, les citoyens Vaysset, secrétaire en chef ; Cabessut, secrétaire en second ; Ausset, 3e secrétaire ; Vitrac, 4e secrétaire.

31 mars 1793 (1). — Procès-verbal du citoyen Souquet, officier municipal, relatant que, sur la dénonciation de deux citoyens, il a fait appeler un particulier qui, se trouvant dans une auberge, n'avait pas de cocarde à son chapeau, et disait se moquer de la cocarde et ne vouloir pas en porter. Cependant, sur les représentations qui lui furent faites, il en mit une. Ce délinquant, appelé à l'Hôtel de la commune, a dit être domestique du citoyen Tournier, homme de loi, et être fâché de s'être trouvé sans cocarde.

Réquisitoire du procureur de la commune et arrêté du Conseil municipal renvoyant le susnommé devant le juge de paix, pour être poursuivi.

(Copie de l'arrêté du directoire du département en date du 1er avril, qui renvoie les accusés des troubles du 12 mars devant le tribunal criminel et suspend de leurs fonctions le maire et le procureur de la commune de Cahors. Dans les considérants, il est dit que les officiers municipaux ont mis une négligence coupable dans la poursuite de - cette affaire, puisque ce n'est que le 21, et après une lettre du procureur général syndic, qu'ils ont fait une proclamation invitant les citoyens à dénoncer les coupables ; qu'ils ont agi avec partialité, relaxant les plus compromis, et ne lançant pas de mandat d'amener contre Cornède cadet, qui est un des chefs de l'émeute et qui a chanté « la chanson en faveur du tyran » ; que la plupart des officiers municipaux, bien qu'ils soient dans les meilleurs principes, ne peuvent, par faiblesse de carac(I)

carac(I) pièce se trouve dans le registre entre les deux qui portent la date du 2 avril, et est datée, par erreur, du 31 mai. 6


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tère, « résistera un maire dont les intentions sont douteuses et à un procureur de commune justement soupçonné d'incivisme ».)

2 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Il est donné lecture d'un arrêté pris par le directoire du département le 27 mars, sur la réquisition des commissaires de la Convention, et qui vient d'être envoyé avec injonction de le lire, publier et afficher dans toute la ville. Cet ordre est exécuté immédiatement par le Conseil municipal, suivi du substitut du procureur de la commune, du juge de paix Ramel et de la garde nationale, tant à pied qu'à cheval, « avec la fanfare, au son de trompe et au bruit des tambours » (1).

2 avril 1793. — Le CONSEIL GÉNÉRAL prie le District de mettre en vente le plus tôt possible le local du ci-devant Bon-Pasteur, que la commune désire acquérir pour y faire passer une rue ; il charge deux de ses membres d'assister aux enchères et d'acheter ce local.

Deux autres membres sont chargés de s'informer du sort de la pétition tendant à faire ouvrir une rue près de l'église des ci-devant Augustin s.

Le Conseil, en raison des services que le citoyen Bel père a rendus et rend à la chose publique, appuie à l'unanimité la pétition par laquelle ce citoyen réclame le plus jeune de ses fils, qui porte actuellement les armes et dont la présence lui est nécessaire.

Le Conseil révoque le certificat de civisme accordé le 30 mars au citoyen Duroc-Lacapelle ; si ce citoyen est déjà parti pour Toulouse, la municipalité de cette ville sera engagée à le surveiller de la façon la plus active.

L'arrêté pris le 30 mars pour l'exclusion du secrétaire-greffier de la commune est rapporté ; mais la municipalité fera à cet agent une vive remontrance.

La municipalité est chargée de l'organisation du bureau du secrétariat et du choix des commis.

Le Conseil approuve les comptes de 1790, présentés par le citoyen Lézeret, trésorier, et vérifiés par le citoyen Amadieu.

Le Conseil accorde des certificats de civisme à 13 citoyens et rejette la demande d'un autre.

Le citoyen Vaysset est nommé secrétaire à la place du citoyen C

(1) Voir ci-dessous, le 7 avril.

(A suivre). A. COMBES


ESSAI D'UN ARMORIAL QUERCINOIS

ADDITIONS ET CORRECTIONS

(Suite)

Ils ont fourni anciennement des chevaliers et, comme nous l'avons vu, un chevalier de St-Jean de Jérusalem, en 1116; un évêquede Fréjus, Bertrand detomarque, à la fin du XIIIe siècle ; dans les temps modernes : un chevalier de l'Ordre du Roi, avant l'institution de celui du St-Esprit, collier de l'ordre de Saint-Michel en 1573 ; des chevaliers de Saint-Louis, un chevalier de Malte en 1785, un Page du Maréchal de Richelieu et un lieutenant-colonel, au XVIIIe siècle ; de nombreux capitaines dont : un capitaine d'une compagnie de gentishommes à pied, et un capitaine aux gardes lorraines, chambellan de sa majesté le Roi de Pologne, puis gouverneur de Belvès ; un garde du corps, officier d'Etat-Major dans l'armée des Princes, en 1792 ; un mousquetaire, un gendarme du roi, plusieurs morts sur le champ de bataille avant la Révolution ou pendant la campagne de 1792, en Vendée et dans l'armée de Condé.

(Arm. Général de 1696. — Arch. du Périgord. — Armoriai général de France, Registre IV, art. Guiscard. preuves n° XXIV. — Glossaire de du Cange.

III col. S34. — Mabillon : Au Tom. IV p. 358, — Carlulaire de Dalon, fol 33 et 59. — Gallia Christ. T. I col. 382 et T. II col 1496. — Manus de Gaignières, vol. 200 fol. 99. — Fonds de Gaignières, vol. 773 p. 7 à la Bibl. natio. — Cartulaire d'Uzerche fol. 44. — Arch. de Pau : reg. des hommages, fnl. 82 ^Inventaire de Montignac fol. 54 à la bibl. nat. — MM. de Saint-Germain à la bibl. nat. vol. 451. fol. 244, verso. — Daniel : Hist. de France, T. IX p. 16. — Revue Religieuse de Cahors et de Roc-Amadour, 1903, numéro 44. — Autour de Jean XXII. p. 50, par l'abbé Ed. Albe. — Anciens poètes français, par Fauchet, chap. 116. — Bibl. française de la Croix du Maine et de du Verdier T. I, p. 6 et T.

IV p. 237. — Abbé Delille : Poème sur la piété, — P. Meller : Armoriai Bordelais. — Généalogie imprimée Archives des châteaux de Beynac, de Pauliac, de la Force, de Fénelon. — Registre de Pilaparia, notaire. — Extrait d'un petit rouleau en parchemin, conservé autrefois dans les archives de l'abbays de Cadoin — Revue héraldique, Janvier 1905.

— Delfau. — Ajouter : Un page de Napoléon Ier.


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— Dellard. — Le général baron Galisque Dellard portait : Coupé : au I, parti d'azur, à la maison d'or ouverte et ajourée de sable,

et de gueules au signe des barons militaires ; au 2 d'or, à la rivière d'argent, coulant entre deux chaînes de montagnes de sable.

— Des Homs. — Ajouter : seigneurs de Favals. D'argent, à l'ormeau terrassé de sinople, chargé d'un lanier d'or. Entr'autres alliances : de Montpezat, de Foyssac de Carbonnac.

(Bourousse de Laffore : Nobil. de Guyenne et Gascogne, T. IV, p. 323).

— Domme (de). — Ajouter : Gausbert de Domnie vendit ses seigneuries de Rampoux, Lavercantière et Saint-Martin,à N... del Colombier en 1325.

(Lacoste : Histoire du Quercy, T. III p. 124).

Guibert de D. capitaine de Gourdon, capitaine du Mont-de-Domme, sénéchal du Périgord, etc., 1353-1370. De... à un besant de... au coeur de l'ècu ;

(Ph. de Bosredon : Sigill du Périgord nos 328 à 331).

— Doumerc. (Mgr. Antoine). — Né à Montfaucon (Lot), le 13 février 1806. Evêque titulaire de Juliopolis, le 27 août 1848 ; décédé à Cahors, le 25 décembre 1878.

D'azur, à la gerbe de blé d'or, liée de gueules.

(Cte de Saint-Sand : Armoriai des prélats français du XIXe siècle).

— Du Bouscot. ,— Ajouter : Famille originaire du Sarladais (Sarlat et la Roque-Gajac) où on la trouve aux XIIIe et XIVe siècles. Revenue en Sarladais à la fin du XVIIIe siècle.

De... à unebande de... accompagnée de deux trilobés de... 1 en chef et 1 en pointe.

(Communication de M. le vicomte de Gérard).

— Dupeiron. — Seigneurs de la Coste (avant 1744) ; le Pin (avant 1766) etc. Famille originaire de Lauzerte qui remonte à 1580 environ. Elle est éteinte. Jean III Dupeiron est qualifié « noble homme » en 1768 ; il avait été anobli vers 1731 par la charge de conseiller secrétaire du roi, audiehcier près le Parlement de Toulouse. Jean IV fut


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Directeur de la Monnaie de Lille (1741), puis de celle de Paris (1757). Il fit régler ses armes par d'Hozier en 1773.

De sinople au héron les ailes levées, la patte droite aussi levée et tenant une pierre, la patte gauche posée sur une dalle de pierre, surmonté de trois étoiles rangées enfasce, le tout, d'argent.

Timbre : un casque taré de trois quarts, orné de ses lambrequins. (Nouveau d'Hozier. — M. E. Lecomte : Généalogie.)

— Dupré ou Delpéré de Saint-Pal. — Alias, Saint Paul, seigneur de Belfort, Loupiac, etc. ; Conseiller du roi, avocat et procureur du roi aux requêtes du Palais, près le Parlement de Toulouse.

Ecartelé : aux 1 et 4, d'or, à un arbre de sinople ; au chef d'azur ; aux 2 et 3 : d'or, à trois fasces de gueules ; sur le tout : d'or fretté de sable, au franc-quartier du même, papelonné d'argent.

(Armoriai général de France, 1696. Toulouse-Montauban f° I34,n° 133).

— Durfort. — Ajouter : p. 96 : seigneurs de la Roque-Montamel. — Id. page 97 : branche de Lorge : un lambel à trois pendants. — Id. fin de la même page : Aliàs : D'argent, à la bande de gueules. — Id. p. 98, Durfort-Deyme : Alias : D'azur, à la bande d'or. — Id. fin de la même page : ... au lion d'argent, couronné d'or, à l'orbe de 13 besants d'argent, qui est de Cardaillac.

Une généalogie manuscrite qui nous a été communiquée par M. Gras, de Floressas, (Lot), donne ainsi la suite des diverses branches :

I° Durfort-Duras, aînée.

Ecartelè : aux 1 et 4 : d'argent à la bande d'azur, qui est de Durfort, aux 2 et 3 : de gueules, au lion d'argent, qui est de Lomagne.

2° Durfort de Lorge.

Comme ci-dessus, plus un lambel à trois pendants de gueules en chef.

3° Durfort-Civrac.

Comme Duras.

3° Durfort de Lamothe, dite de Civrac, séparée de la branche de Civrac.

Comme Duras.

5° Durfort-Castelbajac, connu sous le nom de Durfort-Sabarros, séparée de la branche de Civrac vers 1640.

D'argent, à la bande de gueules.

7° Durfort-Léobard, séparée de la branche de Duras vers 1200.


Ecartelè aux I et 4: d'argent à la bande d'azur qui est de Durfort ; aux 2 et 3 : de gueules, au lion d'argent, couronné d'or, accompagné de treize besants d'argenl en orbe, qui est de Cardaillac.

7° Durfort-Boissières, séparée de la branche de Léobard en 1539. Comme Castelbajac.

8° Durfort-Clairmont-Pille, séparée de la branche de Boissières. Ecartelè aux 1 et 4, d'argent à la bande de gueules ; aux 2 ei 3, colicé d'or et de gueules, qui est de Turenne.

9° Durfort-Goujounac et Montradier, séparée de la branche de Léobard en 1468. Comme Castelbajac.

10e Durfort-Deyme, séparée de la branche de Léobard vers 1300. D'azur, à la bande d'or.

II° Durfort-Rozines, séparée de la branche de Deyme vers 1500 Ecartelè : aux 1 et 4, de Durfort ; aux 2 et 3, de Toulouse.

12° Durfort-Perpignan, séparée de la branche de Rozines.

D'argent, à la bande d'azur.

Autres branches :

Durfort-Flaujac, formée en 1450, éteinte en 1640.

Durfort de Born, formée en 1478, éteinte en 1640.

Durfort-Proulhac et Roquenadel formée en 1541, éteinte en 1648.

Durfort-Cousseran, formée en 1560, éteinte en 1700.

Ire branche de D. Pille, formée en 1670, éteinte en 1755, Ire branche de D. Léobard, formée en 1295, éteinte en 1745.

du Bieu. — Ajouter : Dieudonné Du Rieu était l'un des représentants de la noblesse aux Etats assemblés à Rinhac en 1382.

(Bosc : Hist. du Rouergue, T. III, p. 243-244. — Arch. du Comtéde Rodez.)

— Du Solier. — En Quercy.

D'azur, à la bande d'argent, chargé de trois roses de gueules accompagnée de deux étoiles d'or, 1 en chef et 1 enpointe ; au chef d'argent.

(P. Meller : Armoriai du Bordelais).

— Escandeca et Escodeca (d'). — Marquis de Mirambeau, Boisse ; barons de Pardaillan ; seigneurs de Pineuil, Mauvoisin, Aile-


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man, Laville, Haut-Castel, Seyches, Saussignac, Mabromé. Villebeau, la Rue, Théobon.

Très ancienne famille du Périgord, répandue en Agenais, Bordelais et Quercy.

Maintenue en noblesse en 1666.

Assemblée de la noblesse à Cahors, en 1789.

D'azur, à trois chiens courants d'argent superposés.

Aliàs : De gueules à trois chiens courants d'argent (aliàs : d'or), superposés, (aliàs : les chiens écourtés, mis en pal).

(P. Meller : Armoriât du Bordelais).

— Fenouil (Mgr. Jean-Joseph). — Né à Rudelle (Lot), le 18 novembre 1821 ; élu le 29 juillet 1881, Evêque titulaire de Ténèdos et Vicaire apostolique du Yun-Nan (Chine).

D'azur, au monogramme des M. E. d'or. (Missions étrangères).

(Cte de Saint-Sand : Armoriai des prélats français du XIXe siècle)-

— Foulhiac (de). — Rectifier : Une note de la Collection Lacabane, reproduite dans le Tome I (seul paru) d'un ouvrage portant ce titre, publié en 1886 par MM. Bertrandy-LacabaneetG. Pages du Port, nous a fait donner à la famille de Foulhiac une origine bourgeoise suivie d'anoblissement au XVIII° siècle. Cette note, qui est, disent ces auteurs, « un essai généalogique sur cette famille, écrit entièrement de la main de l'abbé (de Foulhiac) et peut-être rédigé par lui-même » ne s'applique en réalité (et avec des erreurs) qu'à une branche bâtarde de Foulhiac, seigneurs barons de Vorti, en Limousin.

Cette branche eut pour auteur Antoine Fouilhac, qui, en l'année 1104, reçut de son père, Robert de Foulhiac, baron de Vorti, certains biens situés dans la province de Quercy, notamment àGramat, sous la condition que ces biens seraient frappés d'un droit de réversion au profit des descendants dudit baron, en cas d'extinction de la famille dudit Antoine.

Or, la famille fondée à Gramat par Antoine finit en 1680. A cette époque, Antoine de Fouilhac, avocat à Gramat et sa femme Marguerite Moisen étant sans enfants, léguèrent, par testament du 20 janvier 1680, tous leurs biens à noble Antoine de Foulhiac, chef de la famille noble de ce nom, descendant reconnu des barons de Vorti.

Antoine, testateur et dernier représentant de la branche bâtarde,


avait acheté au Comte de Clermont, seigneur baron de Gramat et de Thégra, par acte du 7 décembre 1679, une partie de la terre de Mordesson et de Thégra, dont noble Antoine de Fouilhac, légataire, était coseigneur pour la plus grande part ; c'est ainsi que la totalité de la terre de Mordesson se trouva entre les mains de la famille de Foulhiac qui en est restée propriétaire jusqu'au commencement du siècle dernier.

(D'après des actes authentiques vus par Chérin).

Comme preuve de l'erreur commise par les auteurs mentionnés plus haut, nous ne pouvons mieux faire que de donner ci-dessus une analyse de la généalogie de la famille de Foulhiac, dressée en 1787 par Chérin, généalogiste des Ordres du roi. sur des titres originaux.

Maison de Foulhiac, en Limousin. — Cette très ancienne famille peut remonter sa filiation à l'an 1034, époque à laquelle elle possédait, depuis longtemps déjà, la terre et baronnie de Vorti.

Elle en fut dépossédée, vers la fin de 1466, au moment de la guerre dite du « Bien Public », par le prince Charles, frère de Louis XI, qui fit assiéger le château de Vorti, l'incendia et attribua tous les biens et terres qui en dépendaient au favori du roi, Ollivier le Daim ou le Diable.

Robert de Foulhiac, dernier baron de Vorti, ayant péri dans le siège, ses enfants, Arnaud et Robert, devenus très pauvres, se retirèrent en Quercy où ils avaient quelques biens qu'ils partagèrent en I473. C'est de Robert (Arnand étant mort quelques années plus tard), que descend la famille qui se soutenait encore à Gramat et dans les environs, en 1787.

Les barons de Vorti eurent pour principales alliances, jusqu'à l'établissement dans le Quercy les familles : de Comborin, de Courland, de Roufiniac, de Grimonard, de Bonneval, de Blacas, de Luzech, de Marcillac, de Rassials, de Bessac, etc.

Maison de Foulhiac, en Quercy. — En se fixant à Gramat, Robert trouva dans cette ville, établie plusieurs siècles avant 1473, une famille Fouilhac, qui ne prenait pas la qualité de noble, famille dont nous avons parlé plus haut, et que Lacabane avaitfondue avec l'autre.

Les principales alliances citées par Chérin, sont, de 1478 à 1685 : de Burton, de Luquet du Charlas (ou Chaylar), Donmaiset, de Bar, du Valon, de Moisen, de Pouzergues.

Du mariage (le 14 mars 1685), d'Arnand de Foulhiac, sgr. de Mordesson et de Gramat avec Jeanne de Pouzargues naquirent plusieurs


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enfants dont trois se marièrent et formèrent trois branches qui furent représentées à l'assemblée de la noblesse à Cahors, en 1789 :

I° de Mordesson, éteinte au commencement du siècle dernier.

Ses biens passèrent à la famille alliée des de Folmont.

2° de Seniergues, éteinte.

30 de Padirac, seule existante de nos jours.

Alliances depuis 1685 : de Raynal, de Guiscard, de Cavaignac, de Tannes de Plas, d'Arligny de Boutières, du Greil de Missilhac, de Montmaur, de Salvagnac, de Senalhat de Fontalard, de Gacqueray, Grossetti-Colonna.

Les armes sont celles que nous avons indiquées déjà :

D'azur, à la bande d'or, accompagnée d'une étoile du même en chej. Couronne : de comte.

— Foyssac, Foissat, Fouissat (de). — Seigneurs de Corbonnac, la Montille, Fonlanon, le Tiers, Belessat, Mirepoix, Lestelle, Gaudusson, Caussade, Bressols, la Tour, en Agenais, Quercy, Languedoc et Alsace.

Parti : au 1, d'azur, à une rose d'argent accostée de deux molettes du même, l'en chef et 1 en pointe ; au 2, d'or, à la croix de sable.

Devise : Fais ce que dois, advienne que pourra.

Ancienne maison noble, originaire du Rouergue. En 1387, noble Pierre de Foyssac ou Fouyssat, du lieu de Morlhon, rend hommage à l'Evèque de Rodez. Divisée en deux branches :

Ire restée en Rouergue, figure dans l'ordre de la noblesse sur le rôle des trois Etats du Rouergue assemblée le 27 août 1651 à Villefranche.

2e établie en Agenais, dite de Carbonnac.

3e de la Tour, établie en Alsace.

La filiation de la branche de Carbonnac s'établit avec Peyre de Foyssac, donzel, natif de Morlhon, qui épousa en I44I , Proesse dels Homs, fille de feu Bernard, de Tournon, en Agenais.

En 1676, les Foyssac figurent pour leur maison noble de Carbonnac, juridiction de Tournon d'Agenais, au dénombrement des biens seigneuriaux relevant du roi en son duché de Guyenne. Ils furent maintenus dans leur noblesse de race lors des recherches.

Alliances de la branche du Carbonnac : de Raffin, 1510 ; Durand de Carabelles, 1525 ; de Saunhac, 1560; de Royssac, 1584 ; deThéoras, I590 ; de Bap, 1599; de Briançon, branche de la Montille, 1613 ; de


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Lard, 1615 ; Couderc, 1655 ; d'Hébrard, 1660 ; de Rabos, de Raymond d'Aliès de Caumont, de Saint-Etienne, de Bonnafoux. Maison éteinte au cours du XIXe siècle.

(Bosc : Hist. du Rouergue, T. III, p. 258-259-265-266. — De Barrau . Doc. sur le Rouerçgue : T. IV, p. 500. — Rietstap Moulenq : Doc. sur le Tarnet-Garonne, T. IV. — Fonds de Raymond : n° 42. — Arch. de l'Evêché de Rodez.— Arch. du Lot-et-Garonne. —Arch. de Villeneuve-sur-Lot, reg. par. de Sainte-Catherine.— Etat-civil de Tournon d'Agenais, etc. — Etude Tournayre, à Montaigut de Quercy. — Coll. de l'abbé J. Dubois, curé de Roquefort, par Agen, Lot-et-Garonne.)

— Fumel (de). — Ajouter : Seigneurs de Ségadènes, la Rouquette, en Quercy.

— Gary. — Rectifier : Pierre Gary, avocat au Parlement de Toulouse en 1755. — Plus loin, lire Président du Tribunal, au lieu de Président du Comité du Code civil.

— Gastebois (de). — Seigneurs de Gastebois, Ley marie,Ta Monde Cassaignon, le Cauze, Papoille, Bardouly, les Mouniers, Moulis. Morignac, Marcillac.

Famille originaire du Périgord, dont la filiation remonte à 1477.

Preuves faites en 1666, 1696, 1775.

Assemblées de la noblesse du Périgord et du Quercy, en 1789.

Les Gastebois ont fourni des officiers de tous grades et 7 chevaliers de Saint-Louis.

De gueules, à la tour d'argent, maçonnée de sable et cantonnée de quatre arbres arrachés de sinople.

(P. Meller. Armoriai du Bordelais.).

— Gautru (de). — On voyait à Martel il y a quelques années, un sarcophage sur lequel se trouvait gravée en lettres gothiques très délicates l'inscription suivante : Hic Jacent Pelrus dominus Gautrude qui obût anno domini MCCCXI, domina Geralda uxor ejus que obût anno domini MCCCXI, quorum animae in pace requiescanl.

Cette inscription était accompagnée, de chaque côté, des armes suivantes finement gravées :

Ecartelè : aux 1 et 4, de... à un levrier de... ; aux 2 et 3, de... à une fleur de lys de...


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Le même écusson se répétait sur chacun des petits côtés du sarcophage.

Communication de M. le baron de Maynard.)

— Godailh et Godaille (de). — Seigneurs de Vaylats, Cieurac, Saint-Martin de Las Tours.

Pr. depuis 1503. Maint, le 19 juillet 1715, par Langeois. D'or, à la bande d'azur.

(Laîné : Nobil. de la Gté de Montauban. — Moulenq : Doc. sur le Tarn-et-Garonne : T. II, p. 229-)

— Gontaut. Biron (de). — Ajouter : Seigneurs de Laroque-desArcs, Vairoles, Vialales, Bouziès-les-Masséries, Roqueblanc, le Cas, Mordagne, Carbonials. — La seigneurie de Cabrerets fut érigée en comté en février 1611.

— Goudin-de-Pauliac (de). — Au lieu de : vicomte de Turenne, lisez : vicomte de Turenne.

— Gourdon (de). — Ajouter : Seigneurs de Rampoux, Saint-Martin-le Dézarnat, Saint-Cirq-de-Belarbre, Uzech-des-Oulles.

— Grammont (Dalmas, Delmas, del Mas de). — Seigneurs de Grammont, Feys, Veyssières, la Robière, la Landesque. En Limousin et Agenais.

D'argent, à la croix ancrée de gueules.

Timbre : Un casque taré de profil sommé d'une couronne murale de sinople ; ou simplement une couronne murale de sinople.

Une des plus anciennes familles militaires de France, originaire d'Auvergne et du Bas-Limousin, successivement transplantée en Quercy, Rouergue et Agenais.

Son premier Auteur connu, Guillaume Dalmas ou Delmas, natif de Cahors et habitant de Rodez, officier de Jacques de Bourbon, prince du sang, comte de la Marche et de Castres fut anobli avec sa femme et toute sa postérité, en juin 1443, pour être monté le premier sur les murailles de Pontoise, lors de l'assaut et de la reprise de cette place sur les Anglais par le roi Charles VII en personne, qui voulut de plus que, sur l'écu de ses armes, le héros de Pontoise et sa descendante portas-


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sent à perpétuité, une couronne murale telle que la République Romaine endonnait à ceux qui avaient fait une pareille action.

La charte de confirmation est en date du mois de juin I443, registrée en la Chambre des Comptes de Paris le 18 novembre suivant. Les lettres d'anoblissement du Roi sont de 1444 et conservées à la Bibliothèque nationale.

De Guillaume Dalmas, descendent deux branches principales connues sous le nom de Grammont, maintenue dans leur noblesse d'épée, en 1671, 1719, 1758, 1773.

I° Branche d'Ussel en Limousin, seigneurs de Grammont, Feys, Veyssières, la Rebière.

2° Branche des seigneurs de Grammont qui vint s'établir à Castillonès, en Agenais, vers 1530 et se consacra presque exclusivement à la carrière des armes.

Les Grammont ont fourni de 1443 à 1789 : deux ohevaliers des ordres du Roi, un Maréchal de camp un mestre de camp, un grand exempt des gardes du Corps du Roi, deux capitaines de compagnie de gens de pied, plusieurs écuyers des princes du sang, un conseiller d'Etat, un Maître d'hôtel ordinaire du Roi, deux abbés commendataires de Sauve, un lieutenant général de la police, un major au régiment de Bourbon, un colonel au régiment d'Enghien et une pléiade d'autres officiers dans les armées, chevaliers de Saint-Louis et commensaux de la Maison du Roi qui, dignes de leur auteur, sedistinguèrent toujours, par leur superbe et joyeuse bravoure, insouciante de la mort, dont plusieurs tués héroïquement à l'ennemi.

Sous la Révolution : deux frères colonels, celui du régiment d'Enghien, resté fidèle au Roi et passé à l'armée de Condé, l'autre, colonel dans les armées de la Républiques, surnommé « le héros de Wissembourg » mort de ses blessures : En 1793, à la tête de la 169e demi-brigade, il défend, contre un ennemi très supérieur en nombre la redoute de Wissembourg et couvre la retraite sur Strasbourg avec six balles dans le corps, comprimant d'une main ses entrailles qui sortaient, tandis que de l'autre il tenait son épée. (Voir rapport du général Desaix qui dit : « Grammont fit une résistance prodigieuse » ; et les historiens : Maréchal Gouvion Saint-Cyr, Abel Hugo, Chuquet, etc).

Dans la descendance du « héros de Wissembourg » on trouve :

Le général de Grammont (1796-1862), divisionnaire, inspecteur général de la cavalerie, grand officier de la Légion d'honneur, Grand


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Croix d'Isabelle la Catholique, député de la droite et auteur de la loi qui porte son nom. Il a sa statue à Miramont en Agenais ;

Un garde du Corps du roi Charles; un commandant; un écuyer de l'empereur Napoléon III, uu officier de zouaves, monté à la tête d'une colonne d'assaut sur les remparts de Sébastopol, qui reprend du service comme colonel en 1870; un lieutenant-colonel blessé sous Metzen 1870, deux autres officiers tués en 1870, dont l'un dans la charge dite lies Braves Gens, des chasseurs d'Afrique à Sedan.

A citer encore une fille du Héros de Wissembourg et soeur du général : Pauline de Grammont, mère de J. Ph. Tamisey de Larroque, chevalier de la Légion d'honneur, membre correspondant de l'Institut, un des érudits de France les plus marquants, petit-fils de Jean-Pierre Tamisey de Larroque, gendarme rouge de la Garde du roi et officier de cavalerie avant la Révolution.

Lacoste : Hist. du Quercy, T. III p. 397. — Archives du Lot : F. 384 — Arch. du Ministère de la Guerre. — Arch. départementales de la Gironde. — Arch. Tamizey de Larroque. — Galette de France, 28 octobre 1758, n° 43. Etat de la noblesse de la sénéchaussée d'Agenais 17 I 7, par M. de Lafforre; Revue de l'A gênais, année 1885 et suivantes, — Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, par l'abbé Joseph Nadaud, publié par l'abbé A. Leclerc, T. II, p. 12. — Champeval ; Impôt du sang. — Notes de Bouyssy. — Notes subtantielles de Brassier : Bibliographie des hommages rendus à la mémoire de J. Ph. Tamizey de Larroque : Revue de l'Agenais I899 numéro 5. — Extrait du Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis : Juillet 1898 ; Notice bibliographique sur J. Ph Tamisey de Larroque, par Louis Audiat.

— Guénégaud (de). — Roger de Guénégaud, marquis de Planchy, neveu à la mode de Bretagne de François de Cazillac, celui-ci sans enfants mâles, reçut le 17 septembre 1665, la baronnie, terres et seigneurie de Cazillac, à charge par lui de prendre et porter le nom de Cazillac et les armes de cette famille. Elles étaient :

D'or, à deux lions, passants de gueules ; à la bordure de sinople chargée de huit (aliàs six), besants d'argent.

(Justel : Histoire de la maison de Turenne. — E. Rupin ; Cadillac, in : Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze, à Brive, 1905, 4° fasc , p. 503).

— Guenet (de). Dont un capitaine au Régiment de Quercy.

De sable, à un chevron d'argent, accompagné en pointe d'un trèfle d'or ; en chef couzu d'azur, chargé de deux étoiles d'or.

(P. Meller: Armoriai du Bordelais).


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-94— et d'Hugonis. — Sieurs de la Roquette, de la Molère, etc., en Agenais.

Armes : D'azur, à un arbre d'argent terrassé du même, accoslé de deux lions affrontés d'or rampant contre son fût.

Cette famille paraîtrait descendre d'une puissante maison italienne et être venue s'établir dans des temps très reculés en Rouergue, en Gascogne et à Montcuq en Quercy ; un quartier de cette ville portait encore son nom au XVIIIe siècle.

Il existait anciennement de ce nom, un cardinal et un évêque canonisé; en 1271, un sénéchal de Gascogne, en 1275 deux nobles de Hugonis qui portaient tous deux le nom de Bernard et qui habitaient le territoire d'Aubin, en Rouergue.

Mais on ne peut, faute de documents, faire remonter les origines de cette famille au-delà du régime de Henri IV. Nous voyons à cette époque :

1° Anthoine Hugonis, licencié et avocat, docteur en décret qui décède à l'âge de 80 ans. le 4 octobre 1592 et est enseveli le lendemain à Saint-Urcisse de Vaux, près Lauzerte.

2° Une demoiselle d'Hugonis, de Cahors, qui épousa vers 1600-1630 un Jacques du Mas, seigneur de Valgondou (près de Prayssac).

30 Quatre officiers du nom d'Hugonis, tous frères, qui furent anoblis dans les plaines du Roussillon, par le roi en personne, en considération de leurs actions de grande valeur.

L'un d'eux, noble Marc d'Hugonis, épouse Guillaumette de Pradal et en a quatre fils : Rolland, Hugues, un autre Hugues et Germain.

Le premier Hugues est prêtre et chapelain de la ville de Lauzerte où il meurt. Les prêtres de Lauzerte portèrent son corps à Montcuq et l'ensevelirent dans l'église Saint-Hilaire (fin XVIIe siècle.

Le second, Hugues, s'allie à la maison de Flary ; Germain à celle de Lustrac en Agenais. Rolland épouse noble Jeanne de Séguy et en a deux fils dont : Pierre qui se marie quatre fois ; sa première, sa seconde et sa quatrième femme sortaient des Maisons d'Exloup de Coulanges, de Moli de Castelnau et de Dumau.

Les diverses branches de cette famille se répandirent d'abord en

Quercy et Agenais, puis en Périgord, Bordelais et à la Rochelle ;

alliées au de Bial, de Sabaros. de Boyer des Roches, de Lacan, des

Portes, etc.

Outre les quatre officiers anoblis par Henri IV, cette famille a fourni,


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sous Louis XIV : un lieutenant de vaisseau du Roi, un conseiller au siège présidial et sénéchaussée d'Agen, des juges, des conseillers du Roi sous Louis XV : un sénéchal et plusieurs autres magistrats et avocats. Un de ses membres habitant la paroisse de Mouliets, juridiction de Rigaud en Bordelais, figure à l'assemblée des Trois Ordres réunis à Libourne en 1789 pour l'élection des députés aux Etats généraux. Son fils, né en 1787, soldat en 1807, puis officier au Ier grenadier de la vieille garde, chevalier de la Légion d'honneur et décoré de la médaille militaire, fit les campagnes de Pologne, d'Espagne, d'Allemagne, de France et des Cent Jours; âgé de 28 ans, il allait être nommé capitaine lorsque survint la chute de l'empire. Il fut mis en demi-solde sous la Restauration. Maire de Mouliets depuis 1848, il fut révoqué à la chute-du second empire. Sa descendance s'est éteinte dans la famille Cramaix de Sainte-Foy-la-Grande.

Bosc : Histoire du Rouergue, T. III, pages 119 et 120. - Dictionnaire géographique et universel du la France, T. II p. 1090 : Verbo de Pelagru. — Bibliothèque nationale : Armoria général de 1696. — Archives Histoire de la Gironde XVII, p. 199. — Archives départementales du Lot-et-Garonne : B 112 fol. 203 et 399, B 260. B 1 7 fol 179, B 25 fol. 138. — Archives Tamisey de Larroque. — Collection de l'abbé Jean Dubois ; Etude Grenier, minute Vignal, à Villeréal, Lot-et-Garonne. — Notes de Monsieur l'abbé Foissac, professeur au grand séminaire de Cahors. — Papiers de famille» — Papiers de la famille de Laval à Bonneville, Dordogne.

- Jas et Gias (de). — Seigneurs de Ségadènes, Faure, la Rouquette, le Romal, le Pech-del-Trel, le Brugal, la Vallière, Guiral, le Cavagniac, le Pradal, Cazabons, la Combette, Boutgecubert, Salsac, Cayrel, le Vignal, les Clauzels, Camp-Long, les Vedelles, Tourondel, Verdette, Monsenga, Valette, Terre-Rouge, en Quercy.

Maison noble, connue en Quercy, dès le début du XVe siècle, hommageante d'un simple fer de lance à l'avènement de chaque seigneur de Bonaguil avant 1490 et, après cette époque, à l'avènement de chaque seigneur de Fumel.

Noble Arnaud de Jas était seigneur en 1450, du manoir de Ségadènes du repaire de Faure et des terres de la Rouquette, dans la juridiction de Montcabrier, diocèse de Cahors ; il possédait en outre un grand bois de châtaigniers, dans la juridiction de Fumel.

Son fils, noble Jean de Jas, eut : un autre Arnaud et François de Jas. François, seigneur du Cayrel épousa noble Catherine d'Hébrard du Rocal, branche des Hêbrard de Saint-Sulpice.


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Arnaud se maria le 29 novembre 1535 avec noble Jeanne de Beauville, de l'illustre maison de ce nom. Etaient présents et ont signé au contrat de mariage : haut et puissant seigneur noble Pons de Beauville, seigneur du Romal, sa femme, noble Antoinette de Montagut et haut et puissant baron noble Jacques de Fumel. De ce mariage trois filles :

I° Marie, qualifiée comtesse Marie de Jas ou de Gias, dame de Ségadènes, qui épousa en premières noces, le 26 avril 1579, noble Antoine de Viguier, écuyer du Roi dans la Grande Ecurie. Antoine de Vigûier meurt en 1586 laissant trois enfants :

Henria de Viguier alliée en 1602 à Mestre Thomasi de Bavelay, professeur et docteur régent à Toulouse.

Pierre-Paul et Jehan-Antoine de Viguier.

En 1589, Marie de Jas épouse, en secondes noces, noble Jehan du Rieu, écuyer, seigneur de Rives de la branche des seigneurs de la Lantairie et de Najac, dont elle eut deux fils : Paul et Henri du Rieu.

C'est de ce mariage que date l'établissement des du Rieu à Ségadènes. Dans son testament de 1629, Marie de Jas, divise ses biens entre ses enfants et assure le domaine de Ségadènes à son seul fils survivant du second lit, Henri du Rieu.

2e Paule de Jas ou de Gias, dame du Romal, veuve avant 1603 de noble Jean d'Albuet de Bicaud ou Rieucan (branche de la maison d'Albert de Laval ; la maison d'Albert se divisait en : d'Albert de Ricâud et d'Albert de Laval) dont elle eut entr'autres enfants : Jeanne d'Albert de Ricaud, qui épousa, le 5 mai 1515, Pierre du Rieu de Séverac, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, qui a continué la descendance des du Rieu de Séverac.

30 Catherine de Jas ou de Gias morte avant 1603.

Cette maison était également alliée aux de Luppé de Castillonetaux d'Arvieu ou d'Arbieu. Elle s'éteignit en descendance mâle au XVIe siècle.

(De Barrau : documents sur le Rouergue ; T. III, article du Rieu. — Collection de M. l'abbé J. Dubois. — Papiers de la famille du Rieu de Séverac, à Genthial, par Creysse. — Mouleydier, Dordogne. — Papiers de famille à Ségadènes, actes notariés et factums relatifs à plusieurs procès, entre la maison de Ségadènes et la maison de Fumel, instruits, devant le Sénéchal de Cahors, en la cour du parlement de Toulouse et en la chancellerie de Toulouse de 1577 à 1760. —Collection de M. l'abbé Dubois, dossier d'Hébrard.)


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— Jouvenel (de). — Ajouter : En 1756, Messire Antoine de la chapelle de Caramon, écuyer, épouse à Martel : Antoinette-Marthe de Jouvenel.

— La Boulie (de). — Rectifier : distingués ; — Picardie, — celles — Au lieu demaison lisez : famille. — C'est par erreur de dessin que le blason de la Boulie qui figure à l'album de planches porte 2 étais, il faut lire 2 Chevrons.

Ajouter : Les principales alliances sont avec les familles de Ségur, d'Astugue de Sérampuy, d'Hugon,d'Amalvy,deSouchond'Espréaux, d'Audiffret de Beauchamp, de Pisani de Saint-Laurent, du Wicquet de Rodelinghen de Landrethun, de Perrin de Pelissanne, de Stegnern (Lombardie), de Julien, d'Anjou, d'Abel de la Duranne, de GravierSaint-Antonin, Didelot, de Roux-Ruffi. Giraud de la Cadiére, etc.

— Lacoste-Fontenilles (de). — Compléter ainsi les armes : Au 2, d'or, à l'arbre de sinople, soutenu d'un croissant de gueules.

— Lacroix (Mgr. Lucien-Léon). — Evèque de Tarentaise. Né à Redhaguet (Lot), le 8 janvier I855. Premier aumônier au Lycée Michelet ; nommé Evêque de Tarentaise par décret du 6 avril 1902, préconisé le 18 du même mois, sacré le 7 juillet suivant. Démissionnaire en octobre 1907.

D'azur à la croix alaisée d'or.

L'écu posé sur une crosse épiscopale posée en pol, et une épée en barré, à cause du titre de Prince de Conflans et de Saint-Sigismond, attaché à ce siège.

(Armoriai général héraldique 1902.— Le Journal du 29 octobre 1907. Article de Jean de Bonnefon, avec un portrait.)

— Lafore (de). - - Les cinq arbres des armes seraient plutôt d'argent, mais l'empreinte du cachet qui nous a été communiqué ne permet pas de préciser. D'après les règles du blason ils doivent être en un métal.

— Lapérarède (de). — Ajouter : Dont un évêque de Montauban, Arnaud de Peirarède, 1361. — Les armes d'Arnaud-Bernard de Pireto (que Baluze croit être le même qu'Arnaud-Bernard de Peirarède, né


-98à

-98à archevêque d'Aix (1348-1360 environ), sont, d'après la Gallia Christiania.

De gueules, à la bande d'or, chargée de trois étoiles du champ.

Aliàs : D'argent à trois fasces d'azur.

Arnaud-Bernard de la Pérarède fut Archevêque d'Aix, patriarche d'Alexandrie et administrateur de Montauban ; il était parent de Pierre de Piret, évêque de Mirepoix (1327-1348).

Nous avons vu, à l'article du Pouget de Nadaillac, que le cardinal Bertrand du Pouget, cadet de la branche des Rozet de la Pérarède, portait :

D'or, à la bande de gueules ; au chef d'azur.

— La Roque-Bouillac (de). — Ajouter : Branche de la maison de Gourdon, qui remonte sa filiation au XIVe siècle.

Assemblée de la noblesse à Cahors, en 1789.

— La Roussilhe (de). — Rectifier : la canette des armes est de sable.

Aux alliances, lire : de Grandchamps de Cueille.

— Latapie de Ligonie de Balaguier. — Ajouter : co-seigneûrs de Balaguier, en Rouergue.

(Champeval : Figeac et ses institutions religieuses).

— Laurans (Mgr. Victor-Onésime). — Evêque de Cahors, nommé en juillet 1906.

Coupé : au 1, d'or, à un coeur de gueules ceint d'une couronne d'épines et surmonté d'une croix du même ; au 2, de gueules, au laurier d'or, terrassé de sinople.

L'écu posé sur une croix trèflée et fichée, posée en pal, et accompagné du chapeau èpiscopal muni de ses pendants.

Devise : Non nobis, sed nomini tuo.

— Lauzières (de). — Ajouter : Le Maréchal Pons de Lauzières avait épousé, par contrat du 4 février 1587, Catherine d'Hébrard, fille de Jean d'Hébrard, seigneur, baron et Marquis de Saint-Sulpice, chevalier du Saint-Esprit, capitaine d'une compagnie d'ordonnance, et de Claude de Gontaut-Biron, dame d'honneur de Catherine de Médicis.


— 99 — LE

COLLÈGE ROYAL DE CAHORS

sous LA RESTAURATION

LES ETUDES

(Suite)

Et, en effet, l'Administration dont nous avons vu la sollicitude pour le bien-être des élèves ne négligeait aucun moyen de faciliter le travail. Le collège faisait alors des bénéfices malgré la concurrence dangereuse que lui faisait l'abbé Launay (I). Au lieu de thésauriser et

(1) Je n'ai pas à conter l'histoire de la pension connue à Cahors. sous le nom de Petits Carmes. Dès sa naissance, elle inquiéta l'Administration Académique. Et sa lutte contre l'Université est une page de l'histoire de la Liberté de l'Enseignement.

La pension avait pour origine une Ecole établie en l'an XII par un prêtre, le citoyen Astier, dans l'immeuble occupé, jusqu'en 1791, par les Frères de la Doctrine chrétienne. En 1818, elle était dirigée par l'abbé Launay. Elle recevait «des enfants pauvres pour leur donner l'instruction primaire et en faire surtout de bons chrétiens ». Elle admettait aussi des enfants de toutes les classes; elle offrait un pensionnat, des maîtres de latin et faisait payer aux familles aisées et même à la plupart des parents une rétribution dont elle vivait. Le Conseil académique reconnaissait ses services envers la classe indigente. Mais « elle privait le Collège Royal d'un grand nombre d'externes ». L'Université devait donc la surveiller. Le 21 décembre 1817, la Commission de l'Instruction publique, l'autorisait en même temps que les séminaires de Montfaucon et d'Agen. Mais le Recteur réclama des explications. L'abbé Launay pourrait-il continuer à recevoir des élèves pensionnaires et externes payants, car c'était avec leurs rétributions qu'il payait ses professeurs ? Il était affligeant de voir « préférer à notre Collège royal une misérable école dont l'enseignement ne peut lui être comparé en aucune manière, par la seule raison qu'on y est exempt d'une rétribution envers l'Instruction Publique, à laquelle sont soumis tous les élèves du collège ». L'abbé Launay fut sommé d'envoyer les élèves latinistes au collège. Il en envoie 16 (mai 1818) et il déclare qu'il paiera la rétribution. Mais il veut s'entretenir avec les Inspecteurs généraux et réclamer une réduction de cette rétribution. Il est « protégé par le Maire et le clergé » ; aussi le Recteur use du tact et de la douceur nécessaires. Pourtant on ne peut lui accor-


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d'acheter des rentes, ce qu'il fera plus tard, il achète des livres et aménage de façon plus convenable le cabinet de Physique. Celui-ci était jusque-là très resserré dans l'ancienne sacristie de l'église, au rezder

rezder privilège qui nuirait à d'autres'. Déjà dans Cahors, Valmary et Gélis ne peuvent point payer le diplôme de bachelier qui leur est nécessaire. Ils ont 3 ou 4 élèves de latin et 7 ou 8 primaires. Carrère « s'est vu forcé d'abandonner sa maison, sa femme, ses enfants, pour prendre dans le Collège Royal, un emploi de maître d'études ». Et les professeurs du Collège ? Leur traitement fixe est médiocre, l'éventuel modique. Et celui-ci qui est fait de la rétribution, est diminué par le fait de la dispense accordée à l'abbé Launay La lutte se poursuit ainsi.

En 1820, la pension fut établie dans l'immeuble des Petits Carmes. L'abbé Régis la dirigea dès 1822. En 1823 il avait 166 élèves. Il refusait la rétribution. L'Inspecteur d'Académie Bonnafous se rendit chez lui pour s'assurer q u'il ne dissimulait rien. 11 en revint « extrêmement mécontent ». On menaça l'abbé de lui retirer son brevet de maître de pension. Le Recteur lui reconnaissait « un caractère absolu, un esprit incapable de se plier au Gouvernement de l'Université et un jugement faux qui le détourne de se soumettre aux lois qui régissent le corps enseignant » (7 mars 1825). L'abbé cédait, mais ne se libérait pas complètement espérant toujours une exemption nouvelle. Enfin l'Acadénie sollicita son déplacement. Et sa congrégation qui avait son siège à Paris, à Picpus, le fit aller à Mende. L'abbé Carré, dit Césaire,Ie remplaça. Celui-ci fut suspendu pour ne s'être pas soumis aux ordonnances de M. de Martignac. Très peu de personnes, disait le Recteur, l'approuvaient. Les autorités ne revenaient pas « sur sa résistance et sur son obstination ». Par arrêt du 6 décembre, le Conseil Royal lui retira son brevet. Et il fut poursuivi en correctionnelle (26 janvier 1829).

Cette rétribution, véritable impôt qui s'ajoutait aux frais d'études gênait à la fois les parents et les maîtres de pension. Ceux-ci qui étaient presque tous des ecclésiastiques ne pouvaient point s'y soumettre, car ils se souvenaient que, sous l'ancien régime, l'enseignement était gratuit. Ce fut le gros grief soulevé contre l'Université et, dès le début de la Restauration. Il parut alors contre Fontanes un pamphlet où la fiscalité de l'Université était vivement prise à partie (1). A Audi, même opposition de la part du principal, l'abbé Bonnassies. Celui-ci ne voulait pas payer pour les 50 élèves de l'Ecole ecclésiastique qui suiiraient les cours de Grammaire et d'Humanités. Il répondait au Recteur « avec le ton de la malveillance et je pourrai dire de la brutalité » (4 février 1816). Celui-ci qui était pourtant un ecclésiastique, l'abbé Dr Regel (2) ajoutait : « Il n'est que l'agent d'un certain abbé de Lagrange exjésuite, homme violent et impérieux, accoutumé à gouverner à sa fantaisie le collège d'Auch et qui, pendant longtemps, a été véritablement grand-maître, reconnaissant l'autorité de l'Université quand ses décisions lui étaient favorables, les rejetant lorsqu'on ne faisait pas ce qu'il voulait et, dans tous les cas, refusant opiniâtrement de se soumettre à tout ce qui venait de la part de l'Académie. Je ne conçois rien au crédit dont jouit à Aueh cet homme qui a été un des plus éhontés prôneurs de Bonaparte et qui aujourd'hui, comme de raison, est royaliste â outrance ».

[1] Le grand Maître Fontanes et son Université par un père de famille ; sans nom d'auteurs ni d'éditeurs, sans date. -B. M. Affaires diverses II.

[2] Dr Regel Pierre-Denis, né à Plenoy [Haute-Marne] vers 1765, Docteur de Sorbonne. Recteur de Nancy en 1808. Suspendu le 28 mai 1810. Doyen de la Faculté das Lettres et professeur de Philosophie. Recteur de Cahors en octobre 1816. Puis Recteur de Lyon [6 février 1817].


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de-chaussée. L'endroit était humide, les instruments s'y chargeaient de rouille. On les porta dans le vieux bâtiment perpendiculaire à la rue Valandrès, à l'endroit où est encore le cabinet de Chimie (i).

La bibliothèque s'enrichit de livres. On dépense à cet effet, en 1820, 1.000 francs. On choisit parmi les livres que recommande le GrandMaitre (2). C'est, le 28 novembre 1825, le Tableau Chronologique de l'Histoire moderne de Michelet. Le 7 janvier 1823 on avait par contre retiré un livre pourtant précédemment recommandé par le Conseil Royal (6 décembre 1821). C'était l'Abrégé chronologique de l'Histoire de France du président Hénault publié par Walkenaër. (3)

Il nous faut maintenant signaler quelques élèves qui firent alors honneur au Collège. Les noms ne manquent point de ceux qui s'y montrèrent excellents. Mais une mention sur un Palmarès n'est point suffisante. Je voudrais pouvoir fixer quelques-uns de leurs traits et surtout les suivre dans la vie, afin de pouvoir dire s'ils tinrent les promesses de leur vie scolaire et de quelle manière ils remplirent les devoirs de leurs conditions diverses. J'avoue être pauvre de renseignements. Et c'est pourquoi je m'en tiens à peu près à ce que me donnent les documents officiels.

Dès son origine, notre Lycée eut ses bons élèves. J'en ai cité quelques-uns qui,en 1815, commençaient leurs études. C'est parmi eux que je retrouve Caria Jean-Pierre-Victor. En 1818 il a le deuxième accessit de Discours Latin en Rhétorique. Il fut maire de Cahors en 1847 et député à la Constituante ; Roland Hippolyte élu lui aussi à la même Assemblée, puis à l'Assemblée Nationale,en 1871. Ilfut longtemps maire

(2) La ville de Cahors ouvrit, le 7 déeempre 1826, un cours public de Mécanique et de Géométrie appliquée aux Arts. Il s'adressait surtout aux ouvriers. Pontus s'en chargea à titre gracieux.

(1) L'ordonnance du 26 août 1824 confiait à un ministre « les affaires ecclésiastiques et l'Instruction Publique ». Le 4 janvier 1828, les deux attributions étaient séparées. De là date l'existence du ministère de l'I. P.

(2) Le livre avait paru en 1821. — Je ne peux donner la liste de tous les ouvrages recommandés. Ce sont tous des livres de sciences ou d'Histoire, mais je n'y trouve aucun des auteurs contemporains qui auront, cependant une influence considérable sur les générations suivantes. Chateaubriand n'est pas cité, ni Lamartine, ni Casimir Delavigne. Je trouve cependant la Henriade. C'était le seul livre autorisé de Voltaire. Je dois signaler un Précis d'Histoire de Poisson et de Caïx. Ce dernier alors professeur au collège Charlemagne sortait de notre Lycée, quand en 1812, il fut reçu à l'Ecole Normale.


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de Cajarc; Combes dont j'ai dit la carrière brillante et le témoignage éclatant de sa reconnaissance envers notre Lycée ; Tyeis son camarade, qui, après être sorti de l'Ecole Normale, professa longtemps la Rhétorique et la philosophie au Collège de Montauban. C'était un « sujet précieux pour l'Instruction Publique encore plus sous le rapport du caractère et de la conduite que sous celui des talents ». Au sortir du Lycée,en I8I5, il était allé faire une classe d'Humanités au sèminaire de Montauban. Il n'avait pu se présenter, parce que trop pauvre, il n'avait pu faireles frais du voyage de Montauban à Cahors (L. R. janvier 1815).

Cette Ecole Normale fut toujours désirée par nos élèves, peut-être parce que les succès de leurs aines les tentaient. Nous savions, en effet, que, dès l'origine, notre Lycée eut des élèves reçus à cette école. J'en ai trouvé quelques noms depuis mes premières recherches.

C'est, de Fontmartin Jean-Louis (1) qui fut professeur au Lycée de Toulouse et fut nommé ici même à la place de son maître de Rhétorique, l'estimable M. Couanne. (21 mars I8I6). Mais il n'accepta point. C'est aussi Soulacroix Joseph, un cadurcien celui-ci (2) ; Devès (3): Il était de cette famille dont les représentants actuels ouverts à tous les progrès encouragent par leurs exemples et leur générosité les efforts si méritoires de nos agriculteurs. C'est Julia, un Albigeois de Najac, de qui j'ai pu lire un cahier de souvenirs scolaires,grâce à l'obligeance de son petit-fils. Il enseigna quelque temps à Limoges puis quitta l'Université (4). C'est encore Monal de Prendeignes près de Figeac (5).

(1) Né à Ussel 24 juin 1791. En 1813, professeur suppléant de « la classe élémentaire » à Toulouse.

Le 4 avril 1816. « Une dame do Cahors » avait reçu une lettre du Proviseur de Toulouse, M. Batbie, la priant d'annoncer au Recteur de Cahors que M. Fontmartin était retenu à Paris. L'abbé D' Regel ne put s'empêcher de témoigner un certain étonnement du sans-gêne de M. de Fontmartin.

(2) Né à Cahors 22 décembre 1790. Il fut envoyé à Avignon. C'est un futur Recteur de Lyon.

(3) Bernard Nicolas René Hyacinthe né à Saint-Médard Lot (5 décembre 1793), professeur à Auxerre.

(4) Julia était né à Najac. Il était fils d'un «homme de loi». Il commença ses études dans une pension à Albi, fut un des 150 premiers boursiers nommés à Cahors en 1807. Dans son carnet, il note qu'il fit dans notre Lycée sa première communion, en 1807, qu'il fut reçu à l'Ecole en 1810, Il donne la liste des élèves qu'il y connut, et un recueil assez complet des expressions incohérentes ou « cuirs » qui étaient le langage ordinaire d'un surveillant à l'Ecole Normale. M. l'Intendant Julia a bien voulu me le confier, et je l'en remercie très vivement. Ce carnet intéresserait un historien de l'Ecole Normale.

(5) Né le 28 février 1793,


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C'est enfin Caix (I) dont la carrière fut plus éclatante. Il fut professeur d'Histoire au collège Charlemagne. Il écrivit les premiers Manuels qui furent alors mis entre les mains des élèves. Il refusa la place de censeur royal que lui offrit le gouvernement de la Restauration. Ce refus lui donna une réputation de libéralisme. Ses compatriotes le nommèrent député en 1839, et avec Calmon, le grand homme quercinois de ce temps, il fut le protecteur bienfaisant du Lot et de ses habitants. Caix, depuis 1837, était inspecteur de l'Académie de Paris. En 1842, il devint administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal; en 1845, membre du Conseil supérieur de l'Instruction Publique et Inspecteur général de l'Université. En 1850, il fut fait Recteur départemental de la Seine. Il mourut le 5 septembre 1858. Il avait été, à l'Ecole Normale, le camarade de Patin. Il y avait aussi connu Delestre. Celui-ci sera un de nos professeurs de Seconde, entre 1838 et 1843. C'était une âme candide, un esprit singulier que l'on prenait ici pour une sorte de « fou littéraire », Il nous a laissé un livre étrange de réflexions morales et théologiques « l'Etoile polaire de la France ou Rêveries d'un solitaire catholique sur l'énigme providentielle du Présent et de l'Avenir ». (2)

En 1823, sept élèves se présentèrent à l'Ecole Normale partielle : Monziès, Ayma, Sers, Garrepuy, Descac, Gérard et Labrousse. Tous étaient de très bons élèves. Le dernier dont le Proviseur avait eu rarement à se plaindre mérite une mention spéciale. Il avait eu des prix dans toutes ses classes et notamment en Rhétorique où il avait touché de très près l'Excellence. Il « avait fait des études de la manière la plus distinguée ». Mais son père, ancien prêtre,avait « des opinions politiques très mauvaises. Nul doute que le fils ne fût imbu de ses principes ». Lui-même avait été signalé pour un de ceux qui troublèrent, M. de Janson,pendant qu'il prêchait la mission. Il se produisit en effet, pendant une de ces prédications du missionnaire impétueux « un grand scandale qui aurait eu des suites funestes sans la fermeté des autorités locales ». Le jeune élève avait eu le malheur d'être trop près des manifestants et, pour ce qui n'était peut-être que légèreté de son âge,on risquait de lui fermer une carrière vers laquelle il se sentait

(1) Caix, Remi-Jean-Baptiste-Charles, né à Montcuq, 5 juillet 1795.

(2) Paris, Dentu — Lyon, Pélagaud— Toulouse, Ansas.— Cahors, Brassac.— Avent 1849.-^- Delestre Pierre-François, né à Neufchàtel, 21 mai 1793.


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attiré et dans laquelle peut-être il eut assagi son esprit. Le Recteur en effet déclarait « qu'il serait dangereux pour le collège de Cahors de l'y introduire, comme élève Normal. » Le jeune Labrousse resta sans doute, du moins, pour quelque temps, précepteur dans une famille « du côté de Villeneuve ». (I)

Monziès et Ayma furent nommés. Le premier était maître d'études au collège d'Agen. Il pouvait « avec de l'application devenir capable de professer les Humanités ». Ayma qui finissait sa Rhétorique pouvait devenir professeur de troisième.

Tous deux « cadurciens » étaient de familles modestes. Je ne sais ce que devint Monziès. La vie d'Ayma est pi us connue (2). Il fut successivement professeur à Marmande et à Mézin, inspecteur primaire, régent de nouveau à Aubusson, à Brive, à Aix, au Lycée de Périgueux, censeur à Bourges, puis à Angoulème. En 1849, il ne voulut pas accepter la direction du Lycée de sa ville natale, car, disait-il, il ne se croyait pas de force à faire mentir le proverbe : « Nul n'est prophète dans son pays ».

Il futproviseur à« Napoléon-Vendée »,à Pau,puisinspecteur d'académie à Foix, à Montauban, enfin àAuch. Ayma fut un laborieux. Il s'attacha particulièrement aux études locales. If en avait sans doute reçu le goût de son proviseur Lacoste.

Les quelques années qu'il vécut sa retraite, à Cahors, avant d'aller mourir dans l'Ariège, en 1893, il les occupa par la traduction de l'Histoire des Evêques de Cahors de l'érudit Lacroix (3). Ce fut surtout un

(1) Son père était, à cette date, maire du Raysse près de Souillac. Barthélémy Albouys, fils du Conventionnel et à ce moment juge à Cahors nous a laissé une relation très complète de cette mission qui, nous dit-il, ramena beaucoup de Cadurciens à la religion et au roi.

D'après lui, ces troubles avaient eu pour cause l'interdiction par l'Evèque d'unvicaire de la cathédrale. Quelques adversaires de la mission avaient répandu le bruit « parmi le bas peuple » que M. Janson était la cause de cette mesure. Pendant le sermon, une voix partit du côté d'une des portes réclamant la réhabilitation du prêtre interdit. D'où un désordre qui fut vite calmé par la présence d'esprit du maire et du Préfet présents. Celui-ci demanda le silence au «nom du Roi». On a perrut quelques individus qui essayaient d'éteindre les réverbères du choeur. Alors la foule entonna des cantiques et les troubles cessèrent. Le prédicateur reprit la parole appelant les assistants au calme « au nom de Dieu ». (décembre 1822). (Manuscrit de la bibliothèque municipale).

(2) Notice bibliographique sur M. Louis Ayma B. S. E. T. XVIII, 1893.

(3) Séries et acta Episcoporum Cadurcensium : Guillaume Lacroix. — Histoire des Evêques de Cahors : Ayma. — Plantade 1878-1879.


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travail de traduction et non point une oeuvre vraiment critique précisée ou corrigée par les découvertes de la science contemporaine. Il avait été le maître d'Emile Zola, avait reçu en 1866 une lettre très élogieuse de Victor-Hugo. Celui-ci trouvait dans sa traduction de Pindare «tous les mérites réunis, évidente fidélité, élégance, couleur, vive physionomie de l'original ». M. de Salvandy lui avait proposé de le prendre pour secrétaire (1).

Sers qui était un prix de dissertation française de 1820, ne fut pas

reçu. Il était jugé lui aussi capable de faire un professeur de troisième.

Sa conduite et ses sentiments étaient dignes d'éloges et, comme les

-deux camarades, il montrait « beaucoup de goût pour l'enseignement. »

Il était le fils du Procureur du Roi de Cahors.

En I825, Lamoure, Bergounioux, Paulmier, Ravaisson (2), Marcassé se présentent au concours. Mais ils n'avaient pas tous vu les questions qui étaient proposées pour les sciences : La question de l'électricité par influence n'avait pas été traitée. Le Recteur les recommandait au ministre excusant leur insuffisance par l'état des études scientifiques qui étaient bien négligées depuis qu'on ne les exigeait plus qu'en Philosophie.

En 1827, c'est Méric de Bellefond, Sébastien-Charles. Il avait bien répondu au baccalauréat. « Il était d'une belle taille. » Note importante, car, en ce temps, on savait le mérite et la séduction de la prestance. Les qualités du corps étaient comme l'image de la valeur de l'esprit. L'on pensait qu'une haute taille, un visage harmonieux imposeraient le respect et feraient aimer l'étude. Nous ne savons plus maintenant avoir de pareilles exigences. Et je ne crois pas qu'un Recteur d'aujourd'hui soit porté à transmettre cette remarque que le nôtre d'alors envoyait sur un autre candidat. « Il a un physique posé et grave. Il est d'une taille très ordinaire, mais il est d'un âge à grandir encore... » Réflexion qui parait amusante, mais qui révèle cependant une véritable bienveillance.

(1) Comment Ayma con ut M. de Salvandy, je ne puis le dire. Mais il n'est pas impossible que M. de Salvandy qui était de Condom eut entendu parler d'Ayma, professeur à Mezin. Ayma fut d'ailleurs inquiété et eut ses détracteurs à Mezin, mais le Recteur le défendit.

(2) Ravaisson était le fils d'un percepteur de Caylus. En septembre 1825,1e Proviseur disait : «Aucun élève ne me parait plus digne sous le rapport de la conduite,des progrès et de la pureté des principes. Il avait eu le prix de Discours latin, en 1825»,


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L' année suivante ce sont Pelras et Jouffreau. Ils étaient anciens élèves, et à ce moment, maîtres d'études au collège. Le dernier avait eu le prix d'honneur de Rhétorique en 1827. Le premier, en 1829, eut celui de Mathématiques spéciales. Car tous deux ayant été refusés, ils firent une deuxième année de Philosophie et suivirent le cours de Mathématiques spéciales.

C'est cette même année que le jeune Faurie de Monflanquin répétait la Rhétorique en qualité de vétéran. Il sera professeur de Rhétorique et de Seconde de 1856 à 1858 et plus tard Inspecteur Général (1).

On pense bien que d'autres goûts incitaient nos élèves. Le plus grand nombre songeait aux fonctions judiciaires ou médicales. D'autres devinrent des ecclésiastiques; d'autres enfin reprirent le chemin de leurs villages et firent valoir le bien de leurs familles. Je voudrais citer des noms. Mais je suis pauvre de renseignements. Je veux qu'on n'oublie point cependant Carbonnel, un avocat, fils lui-même d'un juriste renommé ; Besse de Laromiguière, fils du Président du tribunal civil, magistrat très élevé et très distingué lui-même (2), JeanBaptiste Béral dont nous avons indiqué le rôle et le sort politique, Lachièze Marcelin, Bouzou-Lacomté, Roques-Zénon le futur sénateur, du Lot (3) ; Emile Dufour, un avocat très recherché et un érudit très curieux du passé de sa ville natale.

J'aurais voulu retrouver ceux que séduisit le charme périlleux du service militaire. Mais je n'ai retrouvé quelenom de Mortarieu de Montauban. Il fut reçu à Saint-Cyr en 1816. lien fut pourtant d'autres. Cahors avait des élèves considérés comme appartenant aux anciennes écoles militaires. De ceux-ci était le jeune Ribeyrolles, en 1819. Leur pension était payée sur la caisse des Invalides.

La Révolution de 1830 jeta le trouble dans notre vieux collège. Il fallut hâter la sortie des élèves. Et il n'y eut pas cette année de distri(1)

distri(1) élève de cette génération, Baudel, dirigea une pension privée très prospère à Cahors. Il fonda la société de Saint-Vincent-de-Paule et la société de Secours Mutuel. Il fut le père de Baudet ancien proviseur du Lycée, et auteur d'une série d'études sur le passé de Cahors et du Querci.

(2) Carbonnel et Besse de Laromiguière remplacèrent, comme boursiers de Cahors, Garrigues do Flaujac et Caria. (10 décembre 1827).

(3) Né à Laburgade en 1806 - 1882,


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bution des prix ni d'examens de fin d'année. Les événements politiques avaient agité le personnel des professeurs et même l'administration. Le 2 août 1830,1e recteur Grancher écrivait au Gouvernement provisoire: « Aujourd'hui, jour de foire, nombre de parents effrayés des événements dont la capitale est le théâtre et du contre-coup que les provinces en peuvent ressentir sont venus réclamer leurs enfants internes. Les plus âgés des externes, d'une autre part, font partie de la garde nationale qui vient de se former. Dans un temps de trouble et d'effervescence dont on ne peut prévoir la durée, M. le Proviseur, voyant les classes réduites, les compositions pour les prix abandonnées par les meilleurs élèves, les études sans intérêt pour les autres, la discipline altérée peut-être à l'annonce des nouvelles postérieures,a cru prudent de donner les vacances dès ce moment et d'indiquer la rentrée au 1er octobre.

Témoin moi-même de l'exaspération suscitée depuis deux mois par les actes d'une administration, il faut le dire, soupçonneuse et tracassière envers les hommes les plus paisibles et les plus honorables, j'ai cru devoir me ranger à l'avis du Proviseur, afin de ne donner à la malveillance de ceux qui se sont déclarés avec acharnement les ennemis du collège, aucun prétexte d'aggraver leurs accusations contre le corps enseignant en particulier et l'Université en général. Des classes en aussi grand nombre que l'exigeront les besoins de l'enseignement resteront ouvertes en faveur des intéressés qui ne quitteront point le collège et des externes qui résident dans la ville. Les prix seront distribués le 30 octobre. »

Dans cet affolement nous comprenons que les élèves n'eurent point ni le goût, ni le temps de chanter en vers latins la prise d'Alger (1). L'agitation du pays et de la ville gagnait le collège. Et nous verrons que celui-ci était l'objet de vives animosités, car le parti ultra-royaliste de Cahors rendait l'administration universitaire et les professeurs responsables des ordonnances de M. de Martignac réglementant les écoles ecclésiastiques. Des représailles même avait commencé dont avait été la première victime, le médecin du collège, le docteur Caviole.

(1) On se souvient que ce fait glorieux avait été donné comme sujet de devoirs.

B. PAUMES,


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LOUABLES COUTUMES

DE LEBREL ET DE CAMINEL

30 mai 1463

Nous ne répéterons pas ici ce que nous disions dernièrement en traitant des louables coutumes du Boulvé et de Creyssens. Ces notes préliminaires s'appliquent, en effet, à toutes les transactions du même genre. Nous ferons seulement observer avec quel soin nos devanciers consignaient par écrit droits et usages pour éviter toutes les contestations possibles.

Nous présentons donc aujourd'hui l'accord qui eut lieu entre le recteur et les paroissiens de Lebrel et de Caminel, en la juridiction de Montcuq. L'acte est passé dans le cimetière de Lebrel, et reçu, le 30 mai 1463, par Jean Natalis, notaire à Montcuq. Jusqu'ici il s'agissait d'usages traditionnels ; désormais il y aura un droit écrit.

Voici l'analyse des différents points traités entre les parties. Nous la ferons suivre du texte en roman.

Nous disons qu'il s'agissait jusqu'ici d'usages traditionnels. Ce n'est point tout à fait exact. Il y avait bien un acte authentique reçu autrefois par Gasbert Canel, notaire de Montcuq ; mais cet acte ne pouvait être invoqué en témoignage, en cas de conflit, car il ne portait point de date et était incomplet, era la maje part gastal e manjat per las ardas o per autra vermina. Et, en effet, au moment de la rédaction de l'acte, les paroissiens répondent à la demande de leur recteur que les choses ne sont pas ce qu'il affirme, et ils citent, à l'appui, l'exemple du voisinage où il existe des usages en vigueur mais non de la même manière, no ho fasio pas en aquela maniera.

Il faut donc transiger, et il est arrêté : 1° que tout procès prendra fin sur ce point, et cette obligation embrasse le présent et l'avenir ;

2° Que de dix gerbes de blé le recteur en aura une, les neuf autres restant aux paroissiens; il en est de même pour le seigle, baillarge, avoine, orge, épautre, rau (?), panis, maïs, milhoca, (paille de maïs), fèves, pois, lentilles, pois chiches, vesces, dont le recteur aura la douzième mesure,


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tandis que les paroissiens en garderont onze, avec celle réserve que les paroissiens, au moment voulu, devront prévenir le recteur et celui-ci sera tenu d'aller prendre sa part sur le champ où sera la récolte:

3° Pour la vendange ; s'il y a dix charges, saumadas, le recteur en aura une. Si on se sert d'autre mesure, de même de dix mesures, le recteur en aura une proportionnellement et le fera prendre sur place, c'est-à-dire, à la vigne même ;

4° Chanvre et lin : le recteur aura une poignée sur dix, prise clans le champ, du chanvre mâle et du lin ;

5° Carnelage : Le recteur aura la dixième portion des cochons (mâles ou femelles), agneaux et chevreaux, à la condition que la levée des agneaux se fera à la fête de la Pentecôte, celle des cochons sept semaines après leur naissance, et celle des chevreaux, quand bon lui semblera, cani playra ;

6° Laine : de dix toisons, aulz de lana, le recteur en aura une ;

7° Baptême : pour tout baptême d'enfant, le recteur percevra 12 deniers tournois, monnaiecourante. — Item, autres 12 deniers-tournois pour la messe des relevailles.

8° Mariage : les époux devront indistinctement payer 2 sous tournois, qu'ils restent dans la paroisse ou aillent ailleurs.

9° Oblations : tout chef de maison, homme ou femme payera annuellement au recteur un denier-tournois àchacune des fêtes suivantes, savoir : Noël, Pâques, Pentecôte, la Toussaint, Saint-Etienne, fête patronale de Lebrel et Sainte Marie-Madeleine, fête patronale de Caminel. De même toute personne, apte à communier, payera au recteur, à Pâques, un denier tournois pour la confession.

10° Dorénavant les paroissiens devront pourvoir aux besoins des deux églises pour le service du culte ; ils seront tenus de fournir le cierge pascal et la cire nécessaire pour l'office de ténèbres, tandis que, de son côté, le recteur devra fournir les cierges nécessaires pour la célébration de la messe ;

11° Sépulture : de tout chef de maison homme ou femme, le lecteur aura, pour droit de sépulture, 4 sols caorsins ; de tout autre personne adulte, 3 sols caorsins ; des enfants, o deniers tournois.

A ces conditions le recteur s'engage de bien remplir la charge de son ministère dans les deux paroisses, par lui-même ou par tout autre prêtre idoine et capable, tandis que les paroissiens promettent de se conduire à son égard « bien et honnêtement comme par le temps passé ».


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Il fut dressé deux copies de cet acte, l'une pour le recteur et l'autre pour les paroissiens, en présence de Guillaume Cancer, clerc de Montcuq, Toussaint Falchet, tisserand; Antoine Marlhac de Saint-Jean-d'Olmières; Guillaume Pages, aîné, de Saint-Hilaire de Montcuq ; Guillaume Montagnac ; Antoine Hugues, de Saint-Amans de Cabremorte. (Mémoire de Jean Natalis, k. n° 74-1463, folio 27 et ss aux archives départementales de Tarn-et-Garonne).

TEXTE

Consuetudines rectoris et parrochianorum de Lebrello et de

Caminello annexe

Anno Domini millesimo quadringentesimo sexagesimo tertio et die lune crastine festivitatis Pentecostes tricesima sive perultima mensis Maii serenissimo ac illustrissimo principe et domino nostro domino Ludovico, Dei gratia, Francorum rege, régnante, apud locum de Lebrello, honoris et juridictionis Montiscuci Vallium, dicecesis et senescalliae Caturcensis et in cemeterio ecclesie parrochialis dicti loci. Cum segon que aqui fo dich tant de temps ha que no es memoria del contrari, et no sen troba profechament an ni jorn inscrich en instrumen ni en autre loc que las costumas, drechs et devers tant de deyniers que autres deus degutz e acostumats de pagar per cadan per los perroquias de las agleyas parroquialas de San-Estefîe de Lebrel e de Sancta Maria Magdalena de Caminel e dels habitants de aquelas, foro fâchas e en public instrumen registradas entre lo discret homme Mestre Raynier, rector de la dichas agleyas de Lebrel e de Caminel, que per aquel temps era, d'una part, e los perroquias que per aquel temps ero e habitarioen las dichas perroquias de Lebrel e de Caminel e de cascuna daquelas que ero Guillaumes Calvet et Bernât de la Cumba, Gasbert Fornier, perroquias de Lebrel, Guilhem del Brezeguet, Peyre de Roilhac, Guilhem de Roilhac, Bernat de Grata Cumba e Querci de Lalbareda, Bernât Pic, Guilhem Galart, Ramon Pic, Guilhem del Boys, Johan de la Roqueta, Guilhaumes de Romegos, Peyre Ramon, frayre de Guilhaumes, e Guilhem de Roilhac, filh den Arnaut, e Johan Ramon, habitans en la dicha perroquia de Caminel.

Coma disïero que aparia per hun public instrumen près e recebut, grossat et senhat del senhal auctantit del discret home Mestre Gasbert Canel, notari public de Moncuc de las Vais habitador. E en lo dich ins-


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trumen public de la dichas costumas per causa de mal governâr, no Se aparegues, ni no se pogues vere per huelh de home, ni conoysse lan ni lo jorn cora avia estât fach, près et recebut, e no remenitz deguna causa en que se pogues trobar ni conoysse alcuna substancia, ni alcun bon e perfeich entendemen sobre lofach de las dichas costumas e usatges que per aquel temps que foro fâchas entre lo sobre dich'rector de las dichas agleyas de Lebrel e de Caminel e los sobre dichs perrochias per causa e per razoque lo dich instrumen de las dichas costumas erala maje part gastat et mangat per las ardas o per autra vermina, débat, questio, discussio, e controversia fosso e mages speresso de esser entre lo discret home mossen Guilhem Castainh, capela et rector de las dichas agleyas de Lebrel e de Caminel de la dicha honor et juridictio de Moncuc de las Vais habitor d'una part, e los perroquias de las agleyas dessus dichas de Lebrel e de Caminel, so es assaber : Johan de la Cumba als Gaufie, Arnaut del Castanhier als [de Caumon, Guilhaulma de Caumon, molhe del dich Arnaut el dich loc de Lebrel habitadors, e Estorglde Baco, habitant en la dicha perrochia de Caminel, e Gasbert del Boys, e Bernât del Boys filh de Johan, habitadors en la dicha pcrroquia e loc de Lebrel, que en la perroquia de Caminel, e Johan de Lacosta, e Guilhem de la Poiada als de la Nogueyreda, et Bernât Dauta Faïa, e Bernât de la Barta del dich loc de Lebrel, e Johan del Boysso del mas de Cavalié, Peyre Chaula del mas de la Brugada e Antoni Séquier del mas de la Guirauda, e Vidal Racoada, Estene Merle, Guilhem Caumon, gendre de Hue Marlhac, del boria sive repayre de Val Maria als de Pena en la sobre dicha perroquia de Lebrel habitadors, d'autra part. Sobre aisso que lo dichs sobre Mossen Guilhem Castainh, rector de las dichas gleyas de Lebrel e de Caminel disïa e metia en fach que si el dévia aver à causa de sas dichas rectorias de Lebrel e de Caminel e levar et recebre la drecha e justa décima de tots los fruchs que salho e naysso, sailhiran e naysseran per lo temps advenidor dedins las metas e limitacios de sas dichas perroquias de Lebrel e de Caminel coma so : fromen, mixtura, seguel, balhart, ordi, sivada, favas, ceses, becudels, milhs, milhocas, panis et d'autres blats e leguns cals que sio, de vi, de carnalache, de li, de carbe et de fe, e généralement de tots autres fruchs dedins sas dichas perrochias de las dichas egleyas de Lebrel e de Caminel que per lo presen so. Lo contra disio e allegesio que no se dévia ayssi far per causa que no ho avio aytar fat acostumat e que lors circumvesis no ho fasio pas en aquela maniera. — A la perfi las dictas partidas, so es


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assaber : lo sobre dich discret home Mossen Guilhem Castainh, rector de las sobre dichas agleyas de Lebrel e de Caminel d'una part, e los dichs Johan de la Cumba als Gautier, Arnaut del Castanhier als de Caumon, Guilhalma de Caumont, molhe del dich Arnaut del Castanhier, Estorc de Baco, Gasbert e Bernât del Boys, Johan de la Costa, Guilhem de la Poiada als de la Nogueyreda, Bernât Dauta Faia, Bernât de la Barta, Johan del Boysso als de Cavalié, Peyre Chaula, Anthoni Sequie, Vidal Racoada, Stene Merle, Guilhem Caumon, gendre de Huc Marlhac perrochias de las dichas agleyas de Lebrel ede Caminel d'autrapart,entrevenense tractans a fi que las dichas partidas no aguesso. mage débat e no vecesso lima lautra questios, débats, controversias e discussio entre lor cessesso dels dichs débats, litiges, questios e controversias et de tots autres drechs e devers a las dichas agleyas per luna el'autra de las dichas partidas, deguts de far las dichas partidas, e cascuna delas, so es assaber: lo dict Mossen Guilhem Castainh, capela e rector dessus dich de las dichas agleyas de Lebrel e de Caminel per se e per totssos successors en las dichas agleyas e los sobre dichs perroquia de las dichas agleyas so es assaber: lo dich Johan de la Cumba als Gautier, Arnaut del Castanhier als de Caumon, Guilhalma de Caumon molhe del dich Arnaut del Castanhier, Estorc de Baco, Gasbert e Bernât del Boys, Johan de la Costa, Guilhem de la Poiada, als de la Nogueyreda, Bernât Dauta Faia, Bernât de la Barta, Johan del Boysso, Peyre Chaula, Anthoni Sequier, Vidal Racoada, Stene Merle, Guilhem Caumon gendre de Hue Marlhac per lor et per tots autres perroquias de las dichas perroquias de Lebrel et de Caminel e per tots lors heretiers e successors, en presencia de mi notari e dels testimonis déjots scrits, de lor bon grat deveguero del dichs débats a pats, Iransactio e accord en la maniera e forma que sen sec dejots scriha.

E premieramen fo dich, accordât e tractât entre las dichas partidas que daras en avant sio bos amis e que débat e discussio cesse e accord, amor e dilectio règne e sia per aras e per tots temps entre lor. —Itemfo tractât, quebrat e accordât entre las dictas partidas que lo dichs perroquias que so de las dichas perroquias perlopresen e per lo temps advenir seran, e los que pocessios teno e tendran dedins las dichas perrochias de Lebrel et de Caminel, sio tenguts de pagar al dich rector que es a presen e sera per lo temps advenidor, de totz blatz, coma de fromen, seguel; balhart, de sivada, ordi, espeuta, rau. panis, milh, milhoca, favas, ceses, lentilhas, bé.cudel.3, lo dèze, so es assaher : de tôt blat que


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se lia en garba, que de des garbas lo dich rector e sos successsors en las dichas agleyas naia una, e las nau sio dels dichs perroquias ; é de tôt blat que se pren en gavela lo rector naia la dezena gavela e los perroquias las nau.—Ede milh, milhoca, de ceses, geissas.becudels et de tots autres légums que se predo e se deymo a mesura, la douzena mesura sia deldich rector e de sos successors,e las unzedas dels dichsperroquias ; Item fo may accordât et ordonat entre los dichs perroquias et lo dich rector que tôt blat que se deyma e per lo temps advenidor sedeymara en garba en gavela, que se deu deymaro en la terra ont sera estât semenat ecegat, ho culhit, e que cant sera temps de deymar que los dichs perroquias que so de presen e per lo temps advenidor seran en las dichas parroquias de Lebrel e de Caminel e los que aura terras e pocessios dins las metas de las dichas perroquias en que sia blats ho legum per deymar devo e sio tenguts de dire ho mandar el dich rector o autre per lhy comesque ane deymar, e deymat que sio lo dich rector fassa carrazar sas part à sos propropres despens la ont voira. — Item may fo acordat et ordenat entre los dichs rector e perroquias de las dichas perrochias que de detz saumadas de vendemhia, ho de detz autras mesuras mendres que de saumada que se-culhira daras en avan en las vinhas que so e per lo temps advenir seran dins las apertenensas e metas de las dichas perroquias que lo dich rector et suos successors naio una saumada ho una aulra mesura mendre de saumada, si saumada ny avia et deu prendre lo dich reclor à la vinha hount sera vendenhada e carrejar ho far carrejar a sos despens del dich rector. — Item de carbe mascle ede li,lo dich rector deu prendre de detz punhacts hun an lo canabo ho la lino que portara. — Item may fo ordenat et acordat entre lo dich rector c los dichs perroquias de las dichas agleyas de Lebrel e de Camidel que de tôt lo carnent, so es assaber : anhels, cabrits e teyssos, tam mascles que femes, lo dich rector en deu prendre de des hun e que los nau sio dels dichs perroquias, e los devo deymar los dichs rector e perroquias en la maniera que sen sec, so es assaber : los dichs teyssos que hy so e per lo temps advenidor seran,cant auran septsamas que seran estats nats, e los anhels a Pentacosta, e los cabrits cant playra al dich rector ho a sos successors.— Itemdedetz auts de lana, lo dich rector en deu prendre hun, e los nau demoro els perrochias.

Item, per bateiar hun enfan ho una enfanta,lo dich rector de las dichas agleyas deu aver doze deniers tornes delà dicha moneda coren,eper dire la messo à la jasen cant la levara auser, lo dich rector ho sos successors

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deuaver autres doze deniers tornes de la dicha moneda coren. — Item, fo may dich, ordenat e acordat que tôt home ho tota femnaquesemaridara daras en avan, habitans en las dichas perroquias de Lebrel et de Caminel marida se foras de las dichas perroquias ho demore dedins, deu balhar e pagar al dich rector e a sos successors dos sols tornes de la moneda coren per una vegada ; — Item, may que tôt home ho tota femna cap dostal, habitador en las dichas perroquias de Lebrel e deCaminal,darasen avan, pague de profeia al dich rector ho a sos successors per caduna festa annual de lan, so es assaber : per la festa de Nadal, de Pasquas, de Pentacosta et de Tots Sants, e de San Esteffe que es cap e de que es fundada la gleya de Lebrel e de Santa Maria Magdelena que as cap et de que es fundada la gleya de Caminel per cadan hun denier tornes de moneda corren. — Item lo jorn de Pasquas, cadan, tota persona de cumenge, habitan en las dichas perroquias, pagara al dich rector e as sos successors hun denier tornes de moneda corren de coffessio. — Item fo may ordenat e acordat entre los dichs rector e los perroquias de las dichas perroquias de las dichas perroquias que los dichs perroquias devo tener, daras en avan, provisidas las dichas agleyas de Lebrel et de Caminel de torchas per servir e fa honor a nostre Redemptor, Domino Jesu Christo e as sancts e sanctas de Paradis e per totas autras causas e servisses acostumats e nécessaris de far en las dichas agleyas de Lebrel et de Caminel ; — e may devo far los dichs perroquias cadan lo siri pascal e las candelas per dire tenebras, e lo dich rector deu e es tengut de servir las candelas que seran nécessaris à dire las messas en las dichas agleyas Item, fo may accordât e ordonat entre las dichas partidas que tôt home e tota femna, cap dostal daras en avan, e per tots temps, deya e sia tengut de pagar aï die rector e a sos successors en las dichas agleyas per sepultura quatre sols de caorcens ; — e tola autra persona de cumenge que sera sebelida els cementeris de las dichas agleyas ho dins las agleyas dessus dichas de Lebrel et de Caminel, pague très sols de caorcens al dich rector ho a sos successors de sepultura ; et tôt autra personna que no sera de cumenge pagua per sepultura cinq deniers tornes de moneda coren. — Item fo may tractât, accordât e ordenat entre lo dich rector et los sobredichs perroquias de las dichas agleyas de Lebrel et de Caminel que en las causas dessus scrichas e ordenadas en la maniera que dessus es scrich lo dich rector deu e es tengut de servir ho fa servir las dichas agleyas, e los perroquias de aquelas que de presen so e per lo temps advenir seran be e honestamen en la forma et maniera que he


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acostumat per lo temps que passât es. E totas las causas dessus dichas e cascuna delas las dichas partidas e cascuna delas, so es assaber, : lo dich mossen Gasbert Castainh, rector dessus dich, per si e per tots sos successors en las dichas agleyas de Lebrel ede Caminel, e los dichs Johan de la Cumba als Gautié, Arnaut del Castanhier e Guilhalma de Caumon, molhe del dich Arnaut, Estorc de Baco, Gasbert e Bernât del Boys, Johan de la Costa, Guilhem de la Poiada als de la Nogueyreda, Bernât Dauta Faia, Bernât de la Barta, Johan del Boysso, Peyre Chaula, Anthoni Seguier, Vidal Racoada. Stene Merle, Guilhem Caumon, gendre de Hue Marlhac, perroquias de las dichas agleyas de Lebrel et de Caminel per lor et per tots los autres perroquias de las dichas agleyas e per tots los heretiers e successors, promesero de tener e sen obliguero, e tots lo dich rector los bes de las dichas rectorias, e los dichs perroquias los lors moables e no moables presens e advenidors, e renunciero e volguero esser compellis perlas rigors e compulsios de las corts de messoslo senescal e officiai de Caorts, dels bayles real del ressort de Cautz, de Moncuc e de Lauzerta e per cascuna delas e per totas autres corts — Juraverunt e de quibus petierunt fieri duo instrumenta, cuilibet parti una, expensis utriusque partis. — In prsesentia Guilhermi Cancerini, clerici Montiscuci, Omnium Sanctorùm Falchetlectoris, Antoni Marlhac mansi de las lobres, parrochie santi Johannis Dolmeras, Guilhelmi Pages senioris parrochie Sancti Hilaii, Guilhermi Montagnac, Anthoni Hugo mansi de Camino, parrochie Sancti Amantii de Cabra morta, habitatorum, testium ad premissa vocatorum et mei JohannisNatalis notarii regii Montiscuci.


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DE GÉNIES

SEIGNEURS DE GÉNIES, SOULHOLS, PAYRI, MOSCASVAYRAS, ANGLANAT, DE LAXGLE,

COMBRET, LAPAULINARIE ; DE NAUVALS, CONTAT, SUQUET, LAGARRIGUE, CANTEPERDRIX, LAPOUJADE, LE CAYROU, SAINT-MAURICE, VALRUS, LE PIN, LATAPIE ; DE LADEVÈZE, LACOSTE, LABARTHE ; DE CANTECOR, LA VALADE, LA MARINIE, MANIAGUES ; DU SAP, ETC. EN QUERCY, ROUERGUE, AGENAIS.

« La maison de Génies est une maison noble et ancienne exempte de toutes tailles et autres charges, avec toute justice qui a été battue de diverses fois du canon pour le service du roi et a résisté aux incursions des ennemis de l'Etat. Les aïeux du produisant en étaient seigneurs et d'une si longue étendue de temps qu'ils en ont tiré leur nom ». Passage tiré des preuves de noblesse de noble François de Génies, sieurs de Nauvals en 1G6G. (d'Arch. Brugalières). — Maison et famille existent encore. Mais dès le XVIe siècle les de Génies ont quitté la place de ce nom, sise sur les bords du Celé. Ils ont changé depuis si souvent de place, que les représentants actuels de la famille ne connaissaient déjà plus le lieu de leur origine, les documents de famille ayant été dispersés, et du reste pillés, comme il est dit dans les mêmes preuves de noblesse. Il reste cependant assez de documents pour suivre l'histoire de cetteantique maison àpartirde 1250. Le castrum de Génies peut n'être pas beaucoup plus ancien que 1250,comme aussi il peut remonter beaucoup plus haut. Quoiqu'il en soit ce castrum fut confié, à son origine, par les barons de Saint-Cirq, les Gourdon ou les Cardaillac, à la famille de Génies, qui leur en devait l'hommage, et ce lien de vassalité subsista jusqu'à la Révolution. On verra que les de Génies hommageaient aussi leurs terres de Sauliac à l'abbé de Marcillac, et qu'ils avaient leur tombeau et leur chapelle dans ce monastère. Il est présumable qu'ils ont du fournir divers moines à celte maison mais nous n'en avons pas la preuve.

Le 1er degré est posé par En. G. Génie en 1234 qui sert de témoin dans l'acte où En. Bertrand de Cardaillac (son suzerain) reçoit d'En Guibert de Montpezat tout le droit de ce dernier sur la terre de Falguières (note Albe).

Le 2e degré est posé en 1253 par Bertrand de Génies qui hommage à


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Guillaume abbé de Marcillac tout ce qu'il possède au lieu de Sauliac avec le serment de fidélité (pap. Lacoste).

A la même époque paraît, en 1259,Gérald Génies, chevalierqui sert de témoin,à Caylus,à Déodat Barasq qui hommage au roi la place de Larnagol et celle de Cabrerets (note Albe) (1).

Le 5e degré serait posé, s'il fallait en croire la copie des hommages aux evêques de Cahors, par Pierre de Génies, qui en 1301, hommage ce qu'il a à Bélaie, Luzech, Castelfranc, et Rouffiac. Mais cette transcription est évidemment fautive : il s'agit là de Pierre de SaintGénies (de même que dans l'hommage de 1331 il s'agira d'Esclarmonde, non de Génies mais de Saint-Génies) les Saint-Génies en effet sont très souvent nommés dans l'histoire de Bélaie aux XIIIe et XIVe siècles. Par contre nous sommes inclinés à lire, en 1305, le nom de Guillaume de Génies et non pas de Saint-Génies dans une mention de reconnaissance faite par des gens de Nougueyrat près Saint-Cirq-Lapopie à noble Bertrand de Lapopie et Guillaume de (Saint) Génies (2) : les Saint-Génies en effet ne paraissent jamais dans cette région de Saint-Cirq d'où les de Génies tirent leur origine.

— Un peu avant, en 1280, à Figeac, Me Guillaume Génies se trouve dans un acte de reconnaissance passé par un Bourgeois de Figeac, Hugo de Vidaillac, à noble Pierre Béduer; damoiseau (note Albe).

Le 4e degré est posé par Gérald de Génies, damoiseau,qui sert encore de témoin au fameux Hugues de Cardaillac Saint-Cirq dans l'hommage que celui-ci prête au chapitre de Cahors en 1340 pour ses terres de Concots, Cieurac, Aujols (note Albe).

Le 5e degré est fourni à la fois par : 1° Pierre Génies, 2e et par Géraud Guiniès qui font partie de la montre, l'un de noble Marques de Cardaillac officier banneret, et l'autre de Bertrand de Cardaillac, seigneur de Biouls, chevalier banneret, en 1368, c'est-à-dire l'année où les Cardaillac donnèrent le signal de la révolte du Quercy contre les Anglais.

(Archives du Lot, série F. casier Cardaillac).

A côté de ces deux vaillants personnages, en 1374 se trouve noble Gaillard de Génies, doyen des Arques pap. Montai.

(I) En Gérald Génie cavalier, paraît aussi en 1255. Dans un acte passé à Cajarc (Arch. du Lot, dossiers Cajarc non classés). (2) Note Albe : dossier Cénevières.


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Le 6e degré est posé en 1396 par noble Bégon de Génies de Foissac, qui vend à noble Bertrand Dalbos de Lagarinie le village de Lagarinie. — L'année suivante, noble Ramond de Cardaillac, héritier de Ramond de Génésérii damoiseau, donne à noble Pierre Gasq, fils de noble Ogier, la somme de 300 livres due à feu Ramond Génésérii par noble Astorg (Delbos) d'Assier de Lagarinie, sans doute en vertu de la ventesusdite (1).

Après la guerre de Cent ans les actes relatifs aux de Génies deviennent plus nombreux (bien que les archives du château de Génies aient été brûlées par les protestants maîtres de cette place en 1573) et nous permettent d'établir la filiation suivante.

7e degré — Jean de Génies connu par un seul acte en 1442 où il sert de témoin aux de Cardaillac dans la transaction qu'ils passent pour la seigneurie de Saint-Cirq avec les Hébrard de Saint Sulpice (arch. du Lot F Cardaillac) (noteAlbe).

8° degré. — Le fils présumé de Jean est noble Antoine de Génies, seigneur de Génies, Soulhols, le Payri, Noscavayra, Antenac et autres places qui est connu par divers actes de 1440 à 1447 qui mentionnent, à Saint-Cirq 1) le jardin de noble Antoine de Génies à la Peyrolière 2) une terre du même de Faillal avoisinant les terres des Faure de la tour de Faure 3) enfin la maison de Génies dans le fort de Saint-Cirq à côté de la maison de Conduché et du château du baron (arch. M. Dois).

En 1447 noble Antoine de Génies arrente la borie de Génies à divers paysans qui la déguerpissent en 1452 ; dans cet acte sont marquées des terres vacantes et indivises entre le seigneur de Génies et le seigneur de Cabrerets ; cette division est une preuve non équivoque de la parenté des deux maisons (arch. de Langle).

9° degré. — En 1486 noble Antoine II de Génies, écuyer, ayant été excommunié à la requête de Pierre Ganil et Olivier de Fabre reçoit des lettres d'absolution, (it.). En 1498 Antoine de Génies ayant fait son testament transige avec son fils aîné noble Bégon de Génies qui se contentera pour sa part des cens et rentes de Sauliac, avec la faculté de faire paître 2 chevaux, une chaoume, un boeuf et six porcs, dans les herbages de Génies.

Les fils d'Antoine II sont

(I) Arch. du Lot, série F. art. Gasq.


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1) le susdit noble Bégon qui s'établit à Sauliac. En 1503 il transige avec son frère Antoine au sujet de l'acte de donation de 1498 (arch. M. Brugalières de Saint-Denis). Après la mort de son père, Bégon renonce encore une fois à son droit d'aînesse. Antoine lui abandonne, mais pour la vie seulement 1) les biens et rentes de Sauliac 2), les fruits du pesquier del Gorc Daspié 3), et vingt-sept livves en argent. — Il semble que noble Bégon se maria et eut pour lille noble Jacquette

Jacquette Génies mariée plus tard à noble Olivier de Radas de Najac. Celle-ci du moins est qualifiée de nièce du suivant. (Arch. de Langle).

2) noble Antoine de Génies, seigneur de Génies qui suit

3) noble Catherine de Génies, mariée après la mort de son frère Antoine à noble Barthélémy de Manjuste, avec 1400 livres de dot (archives de Langle).

4) Agnès de Génies, fille naturelle, qui épousa, avec 150 livres de dot, Antoine de Faure, de La Tour de Faure (arch. de Langle).

10e degré. — Noble Antoine III de Génies marié avec l'héritière de la maison de Langle, noble Jeanne de Luzech, fille de noble Dordé et de demoiselle Catherine de Lholmie (1).

Antoine de Génies dénombre au roi en 1503, 15 cetiers de rente (mesures de Saint-Cirq) 138 livres d'argent, 2 livres de cire, 19 manoeuvres plus un droit de servitude et de pèche en certaines fontaines. Il a desherbages pour 70 livres de revenu, 16 journaux de prés, 36 journaux de vigne. — A Sauliac, où il n'a aucune juridiction, il tient 16 cetiers froment de rente (mesures de Figeac), sept parels gélines, des anguilles pour quinze livres ; il a engagé de ses biens la valeur de 800 livres pour le mariage de ses soeurs (pop. Greil).

Antoine de Génies, écuyer, teste en 1511. révoquant le testament qu'il avait fait à Dax en allant servir le roi à Bayonne ; il codicille en 1525. Il fut enterré solennellement au monastère de Marcilhac dans la chapelle de sa maison, par les soins de sa veuve. Celle-ci lui survécut longtemps.

(I) La seigneurie de Langle par de Caillac avait été détachée de la baronie de Luzech, en faveur de noble Gasbert de Luzech, au siècle précédent : elle appartint par héritage d'abord aux cadets de Luzech (XVe-XVI siècle; puis, aux de Génies (XVIe-XVIIe siècle), aux de Latour (XVIIe-XVIIIc siècle) enfin aux du Bois de Gaudusson (XVIIIe siècle) qui habitent encore le château de Langle excellemment restauré.

C'est à l'obligeance de AV. de Gaudusson que sont dus la plupart des détails de cette Ire partie.


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Un compte de gestion montre que le train de la maison de Génies était très considérable. Il porte à 20 le nombre des personnes que la. veuve devait nourrir dans le petit château (arch. de Langle) ; et ayant eu des démêlés avec son fils aîné, elle quitta Génies pour venir habiter le château de Langle avec sa mère après la mort de François de Luzech son unique frère. Les enfants d'Antoine de Génies sont :

1) noble Guillaume de Génies qui suit :

2) noble Bringon ou Bringuier nommé au testament de Catherine de Lholmie, sa grand'mére ;

3) noble Gilbert qui suivra ;

4) Catherine de Génies, id.

5) noble Bégon de Génies, curé de Caillac par dispense, à l'âge de 13 ans à cause de la noblesse de sa race. Il fut envoyé 3 ans au collège à Paris; il fut recteur de Molières en 1557, protonotaire apostolique et recteur de Bagat de 1559 à 1569. En 1540 il reçut de l'Université et du sénéchal de Cahors, Galiot de Genouillac des lettres attestant la noblesse de sa race tant paternelle que maternelle.

6) Noble Jean de Génies, fils naturel. Il reçoit 200 livres aucodicille de son père en 1525.

11e degré. — Noble Guillaume I de Génies, écuyer, héritier de son père et seigneur de Génies. Destiné d'abord à l'Eglise il fut nommé curé de Caillac et résigna cette cure en 1525 en faveur de son frère cadet. Il fut élevé en gentilhomme à la Cour de Paris. En 1531 il affranchit diverses terres du fief de Peyri appartenant à sescousins de la Tour de Faure et qui lui rapportaient 12 cartes de froment de rente (Arch. de Langle).

Il épousa noble Catherine d'Olvy de Saint-Martin de Vers.

Il vendit en 1543 diverses terres pour 2.000 livres à Me Michel Lagrange, de Roc-Amadour, seigneur de Rouffilhac. Il testa en faveur de son fils aîné, lui substituant son fils cadet et, à leur défaut, noble Gilbert, son frère cadet.

Ses enfants sont :

1) Guillaume II et.

2) François, qui suivent.

3) Gabrielle qui épousa Me Antoine Julian licencié de Cahors. Elle vivait encore en 1596. (Arch. de Langle). Par arrêt du sénéchal en 1573 elle-fut privée de la terre de Génies et celle-ci fut accordée à son cousin Gilbert (généalogie de Lacabane, série F).


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4) Antoinette, qui épousa Antoine Cavelle, bourgeois de Cahors. Elle reçut, en 1576, 500 livres supplémentaires pour ses droits sur Génies. (Arch. Langle).

12e degré. Noble Guillaume de Génies II, seigneur de Génies, qui eut pour curateur son oncle noble Etienne d'Olvy de Saint-Martin, et noble Bégon de Luzech. Il mourut jeune et sans alliance. Laissant Génies à son frère que son père lui substituait, noble François de Génies.

12e degré (bis). — Noble François de Génies paya à ses deux soeurs DUes Gabrielle et Antoinette leur légitime de droit sur les biens paternels. Par contrat de 1572 il fut fiancé à Dlle Brunette de Lautrec fille de feu Antoine de Lautrec et de dame Marguerite du Maine. Il constitue à sa fiancée 2.400 livres qui doivent lui être payées après sa mort s'il meurt avant la célébration du mariage, ce qui eut lieu. — (En 1576 cette demoiselle reçut cet argent, provenant de la vente de Génies, des mains de l'acheteur (noble P. del Peyronenc, seigneur de Saint-Amarand). Noble François de Génies était mort avant 1576. La terre de Génies passa a son cousin Gilbert II fils de Gilbert 1er, fils d'Antoine, desquels il faut à présent poser les degrés.

11e degré (bis). — Noble Gilbert 1er, fils cadet d'Antoine, héritier de sa grand'mère Catherine de Lholmie en 1531, puis de sa mère, seigneur de Langle en Quercy et de Combret en Rouergue, marié en 1534 avec demoiselle Marguerite de Gourdon, fille de Jean, seigneur de Lavercantière, Rampoux, St-Cirq, Saint-Martin, etc. Elle eut 1500 livres. Il meurt avant 1573, Sa veuve teste en 1575 (Hortola nobe.)

Ses enfants furent :

1° Noble Gilbert II qui suit ;

2° Noble Flotard chef de la branche de Nauvals ;

3° Noble Antoine chef de la branche du Pin ;

4° Noble François, sieur du Suquet, chef de la branche de Labarthe ;

5° Noble Begon de Génies ou Brengon, dit de Langle, qui abandonne ses droits sur la Paulinerie en Rouergue (1), à son frère aîné, en 1572, moyennant 150 francs (arch. de Langle).

6e Dlle Quitterie de Génies, mariée en 1570 à noble Jean de Lustrac en Agenais morte avant 1613.

(1) La Paulinerie, comme Camburet avaient dû venir au XVe siècle aux de Luzech de Langle par mariage avec les de Lentillaç et les Castelmari (Cf. Arch. de Langle, arch. de l'Avcyron.


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7° Noble Jean de Génies, mariée à demoiselle Florette de Durieu de Villefranche, mort sans enfant. Sa veuve se remarie à M. Besombes de Villefranche.

8° Demoiselle Anne de Génies qui épousa noble François de Ferrand sieur de Larode, d'une famille alliée à cette date, avec les de Gaulejac de Puicalvel.

12e degré (bis). — Noble Gilbert II de Génies marié 1) en 1547 à demoiselle Françoise de Vilars de Montaigut 2) (généalogie de Lacabane), en 1578 à demoiselle Anne de Gautier de Savignac qui lui apporta la terre de Saint-Maurice près Lafrançaise (arch. de Langle). Il recueillit la substitution d'Antoine de Génies son aïeul : Il transigea avec ses deux tantes au sujet de cet héritage et fut seigneur de Langle et de Génies. En 1576 il vendit la place de Géniès qui venait d'ètre ruinée par lesprotestants(l). Il avait même été question de démolir le vieux Castrum, qui était d'une prise trop facile pour les protestants. (Lettre de Saint-Suplice) à noble P. de Peyronnene de Saint Amarand (Taillade notre). En 1690 il achète 68 livres de rente au chapitre de Cahors. Il transige en 1581 avec noble Jean de Parasols parent de sa seconde femme (arch. de Langle). Il teste aussi et meurt en 1600.

Il était aux côtés de l'Evèque de Cahors lors de la prise de Mercuès par les protestants et lui resta fidèle, à la différence, de Maffre de Camburat, seigneur de la Gresette qui le trahit (Lacoste III).

Ses enfants furent :

1) noble François qui suit

2) noble Flottard sieur de Cabarroque qui vécut à Crayssac et testa en 1657 en faisant héritier noble Gratien, son neveu. (Arch. de Langle).

3) Noble Guillaume de Génies, (fils naturel, sieur de Canteperdrix qui épousa demoiselle Marguerite ds Vilaris de Catus laquelle se remaria au sieur Pierre Cajarc de Gourdon (étude Cambornac).

Leur fille, Françoise de Génies épousa Cosme Bonafous d'Espère, écuyersieur de Canteperdrix qui reçut un legs de Flotard, sieur de Cavarroc en 1657 (arch. de Lang le).

4) Dlle Jeanne de Génies, léguée en 1644 par son frère aîné.

12e degré. Noble François de Génies, écuyer, seigneur de Langle et de

(I) Génies passa ainsi aux de Peyronenc, qui le vendirent aux Viguiers de Souillol et d'Anglenat, et ceux-ci, aux de Salgues de Génies qui l'ont encore.


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Caillac. Il épousa le 24 novembre 1604 noble Antoinette de Beaumont, fille de Laurent seigneur de Payrac et de Marguerite de Pélegri du Vigan. En l639, il est dispensé du ban pour a voir 2 enfants au service du roi. (Lacabane). Il fut longtemps l'agent de Monsieur de Losse à Calamane. Il jouit quelque temps la place du Payrac dont il fit même réparer le château. (A. de Langle). Il est qualifié de ci-devant capitaine en 1621. Il testa en 1644, laissant:

1° Noble Gratien qui suit ;

2° Noble François de Génies baron d'Orgueil, grand capitaine, employé par Louis XIII et Richelieu, fut gouverneur de Sarlat. Les archives de Langle gardent plusieurs brevets à lui adressés par le roi. Il épousa en 1633 demoiselle Marguerite de la Valette Cornusson, parente de l'Evèque de Vabres, de la famille illustre de ce nom, avec quinze mille livres de dot. Il mourut sans enfants en 1044. (arch. de Langle).

3° Noble Alexandre de Génies chef de la -branche de Cantecor qui suivra.

4° Antoine de Génies, sieur de la Poujade, capitaine au régiment du baron de Langle qui épousa en 1646, demoiselle Françoise de Lézir, fille de noble Jacques de Lézir, sieur de Salvezou et de demoiselle Blanche Françoise de Saint-Géry. Il eut 14000 livres sur la terre de Langle. Son fils aîné Jean de Génies, vivait en 1687 et se qualifiait de Seigneur du Sap (près de Castelsarrasin) et de la Poujade en Agenais. Cette branche était encore représentée en 1789 par Messire Jean de Génies, seigneur du Sap.

Celte famille avait au XIXe siècle des représentants propriétaires à Saint-Urcisse, canton de Puymirol, et à Saint-Maurin, canton de Beauville. Elle est apparentée aux du Sorbier de La Tourasse qui existent encore et qui ont quelques archives intéressantes.

A l'heure actuelle, cette famille, doit être éteinte. Deux fils naquirent en effet d'un capitaine de Génies de Langle du Sap, né lui-même dans ce château le 7 février 1787. Le jeune habitait Agen en 1866, il n'était pas marié. L'autre l'était à cette époque, mais n'avait pas d'enfants. (Communiqué de M. l'archiviste du Lot-et-Garonne).

5° Demoiselle Suzanne de Génies mariée avant 1644 avec noble N. de Vignes de Lastours, seigneurs de Lastours et Gayrac. Elle reçut en 1657 1000 livres de son oncle, le sieur de Cabarroque (arch. de Langle).


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6° Demoiselle Jeanne de Génies de Langle religieuse Bénédictine au couvent de la Daurade ; elle vivait en 1685.

13e degré. Noble Gratien de Génies, seigneur de la Boissière puis de Langle, lieutenant en 1639. Il épousa en 1654 dame Suzanne de Cugnac de Giberzac. Il fit visiter l'église de Caillacen 1665 où sa maison avait une chapelle, bâtie en 1515 après la mort du dernier de Luzech (1). Il mourut en 1686. Sa veuve lui survécut quelques années : elle teste en 1688. (Arch. Langle).

Ils n'eurent que des filles.

1° Suzanne de Génies qui transmet la terre de Langle à noble Louis de Latour, d'une très ancienne et très illustre famille du Rouergue.

2° demoiselle Paule Thérèse de Génies, mariée à noble Antoine de Prudhomme, seigneur du Causse, habitant le Roc, paroisse de Fons. Elle avait été fiancée en 1689, à noble François Ignace de Blanche parent de son beau-frère Louis de Latour. Les de Prudhomme du Causse se sont éteints au XIXe siècle.

3° Noble dame Marie de Génies, mariée en. 1691, à noble Jean de Lanzac de Chaunac et Sermet. Elle était veuve dès 1710. (Arch. de Langle).

4° Demoiselle Françoise de Génies ursuline de Cahors : elle texte en 1694.

5° Demoiselle Marie-Denise de Génies, Clarisse à Cahors : obligée de quitter ce couvent, lors des troubles qui survinrent en cette maison, elle entra aux Urbanistes de Villefranche en 1680.

6° Demoiselle Catherine de Génies, novice à Pomaréde en 1685.

(A suivre) A. F.

(1) Vis-à-vis de la chapelle de droite, il y a une autre chapelle à main gauche, hors la nef, boutée, éclairée par une seule fenêtre qui est au-dessus de l'autel, grillée de fer. Au bas de la chapelle un prie-Dieu de 4 pieds sans dossier. Sur l'autel un tableau de l'Annonciation, avec son cadre. C'est la chapelle de Langle. Dans le coeur, à gauche, 2 prie-Dieu, le premier du seigneur de Cessac sans doute, le deuxième du seigneur de Langle. (Etude Sourdrille).


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PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT

PENDANT LE 2e TRIMESTRE DE 1909

Séance du 5 avril 1909

Présidence de M. COMBES, président semestriel

Etaient présents : MM. Albe, Viguié, Girma, Ct St-Eloi, Rames, Daymard, Billères, Paumes.

M. Combes continue la lecture de ses analyses si précieuses des registres municipaux de Cahors pendant la période révolutionnaire,analyses singulièrement suggestives dans leur forme de simples procès-verbaux. Nous sommes allés cette fois du 14 septembre au 15 novembre 1794.

M. l'abbé Viguié donne la suite de son travail sur la commune de Sainl-Jean-Lespinasse. Bien que s'appuyant sur de simples registres paroissiaux de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il déborde, souvent avec, bonheur hors de son cadre, pour mieux camper les hommes et les choses. C'est ainsi que nous avons une rapide monographie, très nouvelle, du château de Montai, une description assez complète de l'église de Saint-Jean, et de petits portraits, en quelques traits de plume très réussis, de nombreux hobereaux de la région.

Séance du 19 avril 1909 Présidence de M. COMBES, président ssmestriel

Etaient présents : MM. Albe, Billières, Combes, Daymar, Gary, Rames,

commandant Saint-Eloi, Girma, Paumes.

M. le secrétaire général dépose les publications reçues :

Il signale dans le bulletin de la Société d'Archéologie du Midi une note

concernant une édition d'Horace, propriété actuelle de l'Académie

toulousaine des jeux floraux, qui aurait appartenue à l'évêque de Cahors.


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Le Jay. Cet évèque (9 mai 1680-22 avril 1693) fit construire l'Evèché qui est aujourd'hui la Préfecture. Sur le claveau supérieur de la grande porte du bâtiment central est sculpté un soleil. Or les armes de la famille de cet évèque portaient un soleil. Il fit des embellissements à sa cathédrale. Il y fit notamment élever, au-dessus du maître autel, un retable de marbre. Le sculpteur en fut Gervais Drouet, auteur du groupe de la lapidation de St-Etienne qui est au retable du grand autel de la cathédrale de Toulouse. Le retable de notre cathédrale a été détruit par Mgr Grimadias.

Il signale aussi le nouveau livre de M. S. Rupin sur Notre-Dame de Rocamadour. C'est une réponse courtoise mais précise et serrée aux critiques que lui avaient adressées, dans son « Mois de Marie historique » notre confrère l'abbé Layral, curé du Bourg et M. Bourrières dans sa préface.

Le Secrétaire Général communique une lettre de nos confrères de Pau demandant à la Société d'émettre le voeu que les pouvoirs publics s'appliquent à conserver soigneusement les archives locales dont quelques-unes ont disparu par l'incendie, et récemment celles de Pau, le 21 octobre 1908.

La Société adhère pleinement à ce voeu.

M. Combes poursuit son analyse des registres révolutionnaires. Nous sommes maintenant en pleine réaction thermidorienne. Les délibérations intéressent particulièrement les difficultés économiques dans lesquelles se débattait Cahors au milieu de la disette (16 novembre 1794 - 31 janvier 1795.

M. l'abbé Viguié achève son tableau très vivant de la vie morale à St-Jean de Lespinasse à la veille de 1789. Il nous révèle des détails bien curieux et tout-à-fait singuliers sur le comte de Plas de Tanes, châtelain de Montai qui devint député de la noblesse du Querci aux Etats gé. raux. Il nous lit un document précieux sur le château lui-même, qui, en l'absence de son maître fut exposé aux injures « des gens de rapine » mutilé, confisqué, puis rendu au retour de l'émigré. Il s'arrête sur la physionomie intéressante du curé Battutqui, négligeant ses fidèles un peu réfractaires à la vertu avant la Révolution, sut, à l'époque de la persécution des prêtres non jureurs, retrouver toute sa foi et son courage. — L'étude de M. Viguié paraîtra dans un de nos prochains bulletins.


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M. Cavalié, de Figeac, ancien principal, présenté à la dernière séance a été admis membre correspondant de la Société. Séance du 3 mai 1909

Présidence de M. COMBES, président semestriel

Etaient présents : MM. Daymard, Girma, Albe, Gary, St-Eloi, Billières, Martin, Dois, Depeyre.

M. Paumes résume un article de la revue des Deux Mondes du ler mars 1906 dû à M. Paul Gautier et consacré à Ch. Villers, gentilhomme émigré en Allemagne pendant la Révolution qui fut très attaché aux théories des Philosophes. Dans cet article, il est fait mention de Baudus dont il a été parti précédemment à propos d'un article plus récent de la Revue historique. En 1797, il vivait à Altona et à Hambourg. Il étudiait la langue du pays et la littérature de l'Allemagne. Il avait fondé deux ' journaux, la Gazette d'Altona et le Spectateur du Nord, journal mensuel, politique, littéraire, moral, rédigé en français. Il eut pour collaborateurs des gens de lettres émigrés comme lui et qui, comme lui aussi, avaient le désir de s'initier aux idées et à la littérature de l'étranger. Les plus remarquables de ceux-ci furent MM. de Mesmon, Chénedollé, de Pradt, Rivarol, Jaubert, Charles Villiers. C'est celui-ci qui traça un programme des services que le séjour à l'étranger des émigrés pouvait rendre à l'esprit français. Il voulait qu'ils fissent connaître l'esprit, le goût des ouvrages allemands. Lui-même, donnant l'exemple, exposa la philosophie de Kant, dans le journal de Baudus. Il devint le correspondant de Mme de Staël et fut, en quelque sorte, le préparateur du fameux ouvrage que cette grande dame de lettres consacra à l'Allemagne. Villiers, en 1807, présenta une requête à Murât dès que notre grand compatriote fut entré en vainqueur dans Lubeck

Ainsi donc un de nos compatriotes a été mêlé au mouvement littéraire qui devait amener le renouveau romantique, et c'est de l'émigration si néfaste à certains égards que sont venues la connaissance et aussi le goût des français pour la littérature et la science germanique. C'est une influence qui n'a point été assez remarquée.

Séance du 17 mai 1909

Présidence de M. COMBES, président semestriel

Etaient présents : MM. Combarieu, Gary, Girma, Daymard, Crudy, Rames, Saint-Eloi, abbé Viguié, Paumes.


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M. le Président donne lecture de la lettre d'invitation adressée par l'Union Littéraire et Artistique de Cahors pour que notre société soit représentée à la distribution des fleurs qui doit se faire prochainement aux lauréats du concours qu'elle a organisé. La Société des Etudes du Lot accepte la gracieuse invitation de sa jeune soeur.

Elle accepte de même avec reconnaissance l'offre d'un lot de vieux papiers et parchemins concernant l'histoire du pays faite par Mademoiselle Duc, au nom de son frère, qui fut autrefois des nôtres et ne nous a pas oubliés.

M. Daymard dépose sur le bureau de la société un exemplaire de la conférence faite à la Société Normande de Géographie par notre confrère M. Jean Fourgous. Celui-ci, sous ce titre « De Rocamadour en Quercy aux vieux logis de Toulouse » a promené ses auditeurs successivement à Rocamadour, à Padirac, à Lacave, sur la Dordogne et sur le Lot à Cahors, àtniaS -Cirq-Lapopie, à Cénevières, à Capdenac etc.

M. Grangié envoie un exemplaire de sa jolie plaquette de poésies parues sous ce titre Notre Quercy et dont nous avons eu à diverses reprises l'agréable primeur, ainsi qu'un article trop juste que lui a suggéré le projet de la municipalité de Gourdon d'abattre les beaux arbres qui font l'ornement du Tour-de-ville.

M. le Chanoine Gary remet un exemplaire de la troisième édition du livre de M. Layral, curé du Bourg, noire confrère, sur l'histoire de NotreDame de Hocamadour. La société remercie les aimables donateurs.

On reçoit à l'unanimité M. Rey étudiant à Paris, présenté à la dernière séance par MM. Paumes et Daymard.

M. Albe lit une sentence intéressante concernant les gens de l'évèque de Cahors, Guillaume de Labroue, et inconnue de nos auteurs locaux.

Le pariage n'avait pas complètement aplani les difficultés entre l'évèque et les consuls (il faudra attendre jusqu'à l'arrangement de 1351). En 1320, sans doute avec l'approbation du roi, mais sans avoir celle de l'évèque, les consuls avaient renouvelé les poids et mesures de la ville. L'Evoque en fut très mécontent. Son sénéchal, accompagné d'une troupe armée, enfonça la porte du local où se trouvaient les poids et mesures, malgré les bâtons aux fleurs de lis qui indiquaient la sauvegarde royale et s'emparèrent des dits poids ainsi que de la trompette du guet. Le sénéchal du roi se montra sévère ; il suspendit la juridiction temporelle de l'évèque, sa vie durant, et lui infligea une amende de 1,500 livres tournois sans compter 20 livres pour les frais. Sur appel, la cour du


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Parlement conserva à l'évèque sa juridiction et réduisit l'amende à 1.000 livres, plus les 20 1ivres de frais. Les officiers épiscopaux avaient été condamnés à 60 livres d'amende ; l'arrêt fut maintenu.

M. Combes continue la lecture de ses analyses des registres de Cahors du 12 février 1793 au 3 avril 1796. On remarque entre autres détails tout ce qui se rapporte à la démolition d'une montagne élevée sur la grande place de Cahors.

Enfin M. Daymard signale l'église romane de Blars, qu'il a vue dernièrement. Elle est du XIIIe siècle et en bon état de conservation.

Elle a la forme d'une croix latine, orientée de l'Ouest à l'Est. Elle a une abside centrale et une absidiole sur chaque bras.

Cette forme est celle de la grande église abbatiale voisine de Marcillac. Le transept est couvert par une coupole polyédrique, construite dans un clocher carré assez massif, auquel on peut accéder par un escalier pratiqué dans l'épaisseur des murs du bras droit (côté nord). La nef et chaque bras sont divisés en deux travées. Les chapiteaux-des colonnes sont tous ornés de feuillages, à l'exception des deux chapiteaux qui sont àl'entréede l'absidiolede gauche. L'un d'eux représente des animaux apocalyptiques entrelacés et l'autre représente un homme barbu, vêtu d'une robeet dont les bras sont tirés en sens inverse l'un par un ange etl'autre parun diable; aux deux bases del'arcextérieur de la porte du bras de croix gauche sont également deux petits morceaux de sculpture bien fouillés et bien soignés ; l'un, à deux personnages, représente le Christ devant Pilate l'autre, à trois personnages, représente le Christ attaché à la colonne. Le Bulletin de la Société en a publié une photographie (Tome XXVI, p. 35).

Il a signalé cet intéressant édifice à l'inspection des monuments historiques afin d'obtenir son classement, si c'est possible. Séance du 7 juin 1909

Présidence de M. COMBES, président

Le secrétaire général rendcompte desdémarches faites, conformément à la loi du 1er Juillet 1901 sur les Associations, pour la déclaration officielle de la Société. Cette formalité a occasionné divers changements dans la Composition du bureau.

M. Girma, dépose sur le bureau un manuscrit concernant St-Sulpice qui avait été prêté à M. Fourgous et que ce dernier nous rend.


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M. Paumes, fait l'analyse des publications reçues et signale :

1°) dans la Revue de la Hte Auvergne. (1908-4e fascicule) : une note au sujet du prieuré d'Escaumels.

2°) dans la Revue de l'Agenais, une note au sujet de M. de la Laurencie, ancien officier de marine, qui, après diverses aventures pendant la Révolution, devint le 1er inspecteur de l'Académie du Lot, à Cahors.

3°) dans la Revue du département du Tarn, une étude sur la vicomte de Paulin où il est question du marquis de la Tour de Gouvernet dont la famille posséda la seigneurerie de Cénevières.

Le même membre donne lecture d'une note de M. Lamarche, professeur au Lycée, relative à un article paru dans la « revue des Langues modernes » (Marbourg-librairie Ehvert). Cet article a trait à un voyage effectué en 1907-1908, en France, par M. le docteur Hermann Brener ; quelques lignes élogieuses y figurent en l'honneur de Cahors.

Le même membre donne lecture d'un travail de M. Taillefer qui sera inséré au bulletin et qui s'intitule : Louables coutumes de Lebreil et Caminel.

M. Paumes, lit encore d'intéressantes notes recueillies récemment par lui aux archives de Bordeaux, dans le dossier soumis au tribunal révolutionnaire pour le procès du citoyen Pagès-Labouissette, d'Albas, compromis dans le mouvement girondin, arrêté en novembre 1793, à Cahors, et conduit à Bordeaux, enfin exécuté, en dépit des supplications de sa famille soutenues par la municipalité d'Albas.

Enfin, le même membre, donne avis :

Ie) de la réception du mandat de 400 fr. représentant la subvention accordée par les Beaux-Arts en vue des fouilles des Thermes ;

2°) d'une demande d'inscription comme membre correspondant présentée par M. Ernest Amadieu, de Verteillac (Dordogne).

Séance du 21 juin Présidence de M. COMBES, président semestriel

Etaient présents MM. Billières, Combes, Crudy, Depeyre, Daymard, J. de Fontenilles, Gary, Rames, Paumés, Commandant Saint-Eloi, Viguié, Albe.

M. Ernest Amadieu, de Verteilhac, qui avait été présenté à la dernière séance, est reçu à l'unanimité des voix. M. Carbonnel, avocat à Figeac,


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est présenté par MM. Georges Martin etle Commandant Saint-Eloi. Usera statué sur son admission à la prochaine séance.

M. Paumes signale, dans la Revue de Paris du 1er juin, l'article du comte de Mosbourg sur le rôle de Murât dans l'affaire du duc d'Enghien, publié, par M. le prince Murât. Ce travail dont M. le comte Murât avait déjà donné une partie, soit dans l'Introduction, soit dans les pièces justificatives (n° V) de son livre sur Murât en Espagne, semble bien démontrer, de façon définitive, que le gouverneur de Paris n'eut dans cette affaire qu'une responsabilité très mitigée, puisqu'il se contenta de signer, après bien des atermoiements, la liste des membres de la commission militaire choisis par le premier consul pour juger le duc d'Enghien.

M. le chanoine Gary remet, au nom de l'auteur, une fort intéressante monographie de Bélaye et ses environs, par M. l'abbé Lacoste, curé d'Anglars. Le volume qui n'a pas seulement bonne apparence, mais dont le fond mérite les plus grands éloges, sera analysé dans le Bulletin par un de nos collègues, M. Foissac.

M. l'abbé Viguié donne communication de deux notes envoyées par M. Vèzes de Gourdon, toutes deux du XIVe siècle, l'une relative au vin de Cahors qui fut offert parles consuls de Gourdon à un de leurs visiteurs, le chevalier Bos de Comarque qui venait de défendre Baumat contre les bandes; l'autre concernant de l'artillerie que le comte Jean d'Armagnac envoyait la même année (1376) de Toulouse aux gens de Gourdon et dont une partie fut retenue à Cahors.

M. Combes continue la lecture de ses analyses des registres municipaux de Cahors, du 5 avril au 7 juin 1795. La partie la plus intéressante a trait à la fête funéraire qui fut célébrée, à Cahors, en l'honneur du député Féraud tué à la Convention.

M. Albe donne lecture de fragments d'une enquête faite en 1409, au sujet des déprédations commises à Saint-Céré, Bio, Aynac, Molières, etc., par les Anglais qui tenaient garnison à Castelnaud-de-Berbiguiéres, en Périgord (1408).


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Observations Météoroloiips in premier Semestre 1909

Faites à Cahors

MOIS TEMPERATURE

MOYENNE MOYENNE ABSOLUE

m. 1 s. 9 h. s Maxima Minium Maxim. Date Minimum. Date

Janvier 0° 01 4° 69 -1°96 6° 69 1° 077 13° 9 13 -7° 2 27

Février 0 965 6 83 -2 63 8 78 2 16 15 4 4-9 7 15

Mars 4 08 9 68 6 019 1153 3 06 23 4 28 -7 1 1

Avril 7 28 18 92 12 45 20 94 5 83 29 5 15 -2 4 5

Mai 16 06 2137 15 7 24 03 8 9 33 12124 14 3

Juin 12 9 20 2 15 5 22 7 11 3 29 5 20 6 1 14

1

MOIS PRESSION BAROMÉTRIQUE Accidents

MOYENNE ABSOLUE en hygro- mars

metrique

6. h. m. 1 h. s. 9 s Maxim. Paie Miuim. Date neige

Janvier 757m8 757m3 757 4 767m7 1744m6 8 43m9 86 66

Février 75382 75315 75378 762 4 3 739 7 11 23 05 74 86

Mars 74389 74653 74482 756 8 24 735 8 7 108 7 77 63

Avril 75279 75213 75264 759 4 28 745 7 19 80 07 62 34

Mai 753 175237 75234 759 8 2 745 2 10 24 8 65 77

Juin 751 6 751 1751 8 760 5 19 744 5 3 130 8 68 90

Les indications barométriques sont ramenées à zéro. Or la correction s'élève à 0mm 10, car la cuvette barométrique est à 122 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le pluviomètre est à lm 70 au-dessus du sol.


Analyse les Registres Municipaux 9e la commune de Cabors

(Suite)

2 avril 1793. — Le CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 6 citoyens ;

— nomme 9 commissaires pour la vérification des billets de confiance;

— déclare qu'il est en permanence et arrête qu'un officier municipal et deux notables passeront la nuit à la Maison commune jusqu'à nouvel ordre.

2 avril 1793. — CORFS MUNICIPAL. — Les citoyens Labarre, fils aîné, étudiant ; Cornède fils cadet, étudiant ; Gatereau fils du receveur ; Bessou cadet ; et Calméjane fils aîné, ne s'étant point présentés malgré les mandats d'amener décernés contre eux, le Corps municipal, sur le réquisitoire du substitut du procureur de la commune, arrête qu'il sera décerné mandat d'arrêt contre les susnommés et que copie collationnée des diverses pièces sera adressée au président du tribunal criminel.

2 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Il est donné lecture d'un arrêté du directoire du département qui blâme le Conseil de n'avoir point lancé de mandat d'amener contre le citoyen Cornède fils cadet, et qui suspend de leurs fonctions le maire et le procureur de la commune. Or le mandat a été décerné, et s'il a disparu de la procédure, il faut en accuser seulement.« la funeste prévoyance des coupables ». Le Conseil, pour se justifier et donner l'exemple de l'obéissance à la loi, arrête : I° que copie collationnée du mandat d'amener décerné le 22 mars contre Cornède et autres sera envoyé dans les 24 heures au directoire du département, avec le verbal du gendarme chargé de l'exécution du mandat et le récépissé du directoire du district ; 2° que l'arrêté du directoire du département sera adressé au maire et au procureur de la commune suspendus.

3 avril 1793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique).— Après lecture d'un arrêté du directoire du département relatif aux mesures à prendre « pour la chose publique », le Comité y adhère pleinement et décide que cette adhésion sera portée à la connaissance dudit directoire.

Les capitaines sont chargés de recouvrer et de remettre à la municipalité tous les fusils appartenant à la commune.

Ils sont aussi chargés de rechercher les individus qui ont des fusils de calibre à eux appartenant. Ces fusils seront remisa la municipalité qui


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les payera à leurs propriétaires suivant estimation d'hommes du métier.

Le service sera fait désormais jour et nuit dans les quatre postes de la ville par une compagnie entière.— Les gens reconnus suspects ne seront pas admis à faire le service, mais devront se faire remplacer. — La somme à payer par ceux qui se feront remplacer, volontairement ou non, est fixée à trois livres chaque fois.

Les citoyens Lescale et Bastide sont dénoncés comme manifestant leur incivisme et comme ne s'étant pas rendus hier à la lecture de l'arrêté du Département. Ils sont déclarés suspects et quatre commissaires sont désignés pour aller de suite, avec le dénonciateur, désarmer ces deux citoyens.

Les vétérans de Cahors ne s'étant pas encore formés en compagnie, conformément à la loi du 14 octobre 1791, le Comité les invite à le faire et, en attendant, à servir dans la garde nationale.

Quatre commissaires sont envoyés au directoire du département pour lui signaler 4 canons qui sont au château du citoyen Beaumont, à Montamel, et prier cette assemblée de les faire transporter à Cahors, ainsi que tous les canons que pourraient posséder les diverses municipalités du département.

La municipalité sera priée de se procurer 8 pièces de canon pour en munir la garde nationale ; elle pourrait donner celles dont elle dispose en ce moment, et les remplacer, s'il est nécessaire, au moyen des cloches qui sont à sa disposition.

Retour de la première commission qui, après avoir perquisitionné chez les citoyens Bastide et Lescale, n'a trouvé aucune arme. La femme Lescale a déclaré que son mari avait un fusil à la campagne, mais qu'il s'empresserait de le remettre. On a trouvé chez le citoyen Bastide des pièces inciviques, que le Comité décide de faire remettre à la municipalité, en la priant de faire punir ces deux citoyens pour n'avoir pas assisté hier au rassemblement de la garde nationale.

Retour de la 2e commission. Le directoire du département a promis de faire rentrer à Cahors toutes les pièces de canon qui sont dans les diverses communes, et félicite le Comité de son zèle.

La municipalité est priée de se procurer 2 barils de poudre à fusil et 4 à canon, avec les balles et mitrailles nécessaires.

Le Comité se réunira chaque dimanche à 4 heures du soir pour recevoir les dénonciations contre les citoyens suspects ou traîtres à lapatrie.

Le Comité se déclare en permanence.


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4 avril 1193. — Le CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 5 citoyens et en ajourne un.

4 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Mandat d'arrêt contre Cornède cadet, .Gatereau fils, Calmejane fils aîné, Labarre et Bessou cadet, prévenus d'être les auteurs des troubles du 12 mars, jour du recrutement (1).

4 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Vu un rapport du chef de légion de la garde nationale, constatant que, lors de sa visite, le commandant du poste de la Commune était absent, et que trois gardes nationaux, parmi lesquels le factionnaire du pont de Valendre, avaient abandonné leur poste en armes, le Conseil municipal condamne le citoyen Pierre Dellard, dit Galisgue, à 8 jours de prison (2), les citoyens Jean Coste et Jean Bouyssou à 4 jours, et le citoyen Lagarrigue, commandant du poste, à 2 jours.

4 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Procès-verbal relatant que ce jour, à 4 heures après-midi, les billets de confiance retirés de la circulation, et formant un total de 36,965 livres, ont été brûlés, conformément à la loi du 8 novembre 1792, sur la grande place, en présence des officiers municipaux et des citoyens convoqués à son de trompe (3).

4avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Jugement du citoyen Denestève, domestique chez le citoyen Tournier, homme de loi, inculpé de mauvais propos au sujet de la cocarde (voir le 31 mars). Le Conseil, considérant que le délinquant a tenu ces propos par légèreté et non par mépris pour la cocarde nationale ; mais que les propos, même les plus inconsidérés, relatifs à « ce signe caractéristique de notre résurrection », méritent punition exemplaire, condamne le citoyen Denestève à 8 jours de prison, par voie de police municipale.

4 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Réquisition du substitut du

(1) Par deux jugements, l'un du 12 avril, l'autre du 7 juin, le tribunal criminel décida que les accusés dans cette affaire ne pouvaient être jugés qu'après un décret de la Convention, leur cas rentrant dans une exception prévue par la loi ; mais il ordonna que, en attendant, ils resteraient sous les verrous. (Archives départementales : L, 395).

(2) Il ne faut pas confondre ce Dellard avec Jean-Pierre Dellard, qui, paraît-il, portait aussi le surnom de Galisque et qui, né à Cahors en 1774, devint général et baron de l'Empire. Ce deinier, engagé en 1792, était, au mois d'avril 1793, lieutenant dans l'armée de Dumouriez, au moment de la trahison de ce général.

(3) Un procès-verbal relatif à la même opération se trouve dans le registre du Conseil général.


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procureur de la commune et arrêté du conseil municipal décernant mandat d'arrêt contre les nommées Lauzerte et Barthes, prévenues de fabrication ou distribution de faux billets de confiance.

5 avril 1793. — LE CONSEIL MUNICIPAL élit le citoyen Florac secrétairegreffier en chef, le citoyen Cabessut secrétaire-adjoint, le citoyen, Vaisset troisième secrétaire et les citoyens Ausset et Soulié commis.

5 avril I793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Mandat d'arrêt contre les nommées Lauzerte et Barthes soeurs.

5 avril 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL accepte le citoyen Valette, marchand tanneur, comme caution du citoyen Jérôme Mostolac, négociant, qui, le 12 mars dernier, a été déclaré adjudicataire de la levée des contributions foncière et mobilière de 1792, avec un rabais de 6 deniers par livre.

5 avril 1793.— LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 8 citoyens, et rejette les demandes de 2 autres.

7 avril 1797. — CONSEIL MUNICIPAL. — Deux réquisitions adressées au commandant de la garde nationale et au lieutenant-colonel de la gendarmerie, de mettre sur pied toutes leurs troupes, pour assister à la publication du décret de la Convention, en date du 3 avril, qui doit avoir lieu à 11 heures.

7 avril 1793. — LE CONSEIL MUNICIPAL, après avoir entendu de nouveau lecture d'un arrêté pris par le directoire du département le 27 mars dernier; vu le moment de crise où se trouve la République, arrête :

I° Les pères, mères, femmes, enfants, des émigrés ou présumés tels, et les prêtres insermentés, consignés dans la ville, seront tenus de se présenter à la Maison commune tous les jours, à 11 heures du matin, pour qu'on puisse s'assurer de leur présence.

2° Il sera fait des visites dans les maisons pour arrêter les émigrés et les prêtres insermentés sujets à la réclusion. Toutes autres personnes suspectes seront désarmées, sauf à prendre des mesures plus rigoureuses, s'il y a lieu.

3° Les procès-verbaux qui seront dressés à cette occasion seront adressés au directoire du département, pour le convaincre du zèle de la municipalité.

7 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Arrêté relatif à la publication du décret de la Convention du 3 avril. 7 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Procès-verbal constatant que


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le Conseil municipal, accompagné de toute la garde nationale et de la gendarmerie, au son de la musique, des tambour et des trompettes, s'est rendu sur la place d'armes, où il a proclamé le décret de la Convention déclarant le général Dumouriez traître à la patrie. Ensuite le Conseil, avec le même cortège, a fait lire et publier le décret clans toute la ville.

7 avril 1793.— COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique).— Le président rappelle que, le matin de ce jour, les gardes nationaux ont été rassemblés pour entendre la lecture du décret de la Convention, du 3 avril courant, qui met Dumouriez hors la loi pour trahison, enjoint à tout bon citoyen de lui courir sus et promet une récompense de 300 mille livres et une couronne civique à celui qui l'arrêtera mort ou vif.

Sur la demande du président, il est fait une nouvelle lecture de ce décret, lecture qui « porte à la fois l'indignation et l'enthousiasme dans le coeur de tous les délibérants ». On décide d'envoyer à la Convention une adresse, dont la rédaction est confiée aux citoyens Delpech, Filsac, Bel, Bonnemort, Brives et Cagniac.

Il est décidé que tout citoyen-soldat qui ne se rendra pas à son poste quand la générale battra, sera puni de 3 jours de prison ; — que ceux qui ont des armes, et ne les porteront pas en service ou à la parade, seront désarmés ; — que les officiers et sous-officiers qui ont des fusils les prêteront aux soldats, pour le service seulement.

On décide que l'adresse dont il a été question plus haut, sera imprimée, et envoyée à la Convention, au pouvoir exécutif, aux départements et aux bataillons du département.

Sur la proposition d'un membre de dénoncer et arrêter les suspects, tous les membres se lèvent et jurent, sur le faisceau de leurs armes, de dénoncer, chercher et arrêter toutes personnes suspectes et de les conduire dans les prisons de la municipalité.

Le Comité décide que ses membres sont chargé de rendre compte à leurs camarades des décisions qui auront été prises et que des extraits de ces décisions seront affichés dans les corps-de-garde.

8 avril 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 36 personnes, dont 3 femmes, et rejette deux demandes. Au nombre de ceux à qui il en est délivré, se trouve « Laurens Gambettes, marchand fayancier ». (1).

(1) C'était le grand-père de Léon Gambetta.


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Le Conseil nomme une commission chargée de faire le rôle des impositions locales;

— renvoie à l'agent militaire la pétition du citoyen Sabrié, dit Tourrette ;

— charge deux de ses membres de recevoir les non-valeurs de la capitation de 1790;

— arrête « qu'il sera fait une adresse à la Convention nationale dans laquelle respirera l'amour du Conseil pour la République et sa haine contre les tyrans, les dictateurs, les triumvirs, les régulateurs, en un mot contre tout pouvoir attentatoire à la souveraineté du peuple ». Cette adresse a aussi pour but « d'applaudir aux mesures grandes et énergiques que la Convention a déployées dans son décret du 3 avril courant contre le traître Dumouriez ». Une commission est nommée pour rédiger cette adresse.

Le Conseil fixe provisoirement la taxe de la viande à 22 sols la livre pour le veau et le mouton, 16 sols pour le boeuf, 16 sols pour la brebis, 14 sols pour la vache. Les bouchers sont tenus de se conformer à l'arrêté du 28 mars dernier en ce qui concerne les surpoids.

9 avril 1793.— CORPS MUNICIPAL.— Réquisition au commandant de la garde nationale de mettre de suite sur pied toute la cavalerie et 100 hommes à pied.

9 avril 7793. — CONSEIL MUNICIPAL.— Réquisition au chef de légion de la garde nationale d'envoyer demain matin, sur la place d'armes, à 7 heures, 20 hommes par compagnie et toute la cavalerie montée ou non, pour recevoir les ordres du Conseil municipal. Il est autorisé à prévenir les hommes appelés qu'ils seront rendus responsables des événements que leur défaut de présence pourra occasionner.

Réquisition analogue au commandant de la gendarmerie; toute la gendarmerie à cheval doit être présente.

Réquisition au commandant du poste de la maison commune d'envoyer 12 fusiliers et un caporal au Palais national, pour empêcher que personne n'entre ni ne sorte, et de faire faire des patrouilles ininterrompues auprès de la maison de justice, le tout sous sa responsabilité.

11 avril 1793.— LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 44 personnes, dont une femme, rejette trois demandes et ajourne 9 pétitionnaires, la plupart comme n'étant pas connus ;

— fîxe ainsi qu'il suit le prix de la viande : veau et mouton, 24 sols la livre ; boeuf, 30 sols; vache et brebis, 16 sols. Les bouchers devront


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se conformera l'ordonnance de police du 6 janvier dernier. Ils devront aussi tenir tous les jours leurs boucheries fournies de viande, sous peine de I00 livres d'amende et 8 jours de prison.

11 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Réquisitoire du substitut du procureur de la commune contre le citoyen Cagnac, étapier, pour n'avoir pas fourni la ration de viande à 22 volontaires autrichiens qui se rendent à l'armée du Midi, et ce, sous prétexte que pas un boucher n'a de viande dans sa boutique.

Le Conseil autorise lesdits volontaires à se faire nourrir dans les auberges aux dépens du citoyen Cagnac, sauf recours de celui-ci contre qui de droit. Cagnac se présente, prouve qu'il a payé l'étape en argent aux volontaires, et est acquitté.

11 avril 1793. — LE CONSEIL MUNICIPAL, vu un réquisitoire du substitut du procureur de la commune, arrête:

I° Le chef de légion est requis de consigner à tous les postes : Louis Beaumont, les ci-devant nobles, les ci-devant privilégiés, les prêtres insermentés, les pères, mères, enfants ou autres parents des émigrés, et autres gens suspects.

2° Quand même ces personnes se présenteraient avec un passeport ou un permis de voyage, elles seraient consignées jusqu'à ce que la municipalité, au nombre de sept membres au moins, ait statué sur leur sort.

3° A l'avenir, les passeports ne seront délivrés aux habitants que sur les conclusions du procureur de la commune et devront être signés de sept membres de la municipalité.

14 avril 1793.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Le citoyen Henry, président du directoire du district, se présente pour mettre à exécution l'arrêté du Conseil du département en date du 13 du courant, portant que le Conseil général de la commune de Cahors est suspendu et remplacé provisoirement par une commission composée des citoyens :

d'Hillebard, maire ; Lagarde, négociant ; Mailhes homme de loi, Roques fils, Souquet, Laval, Tailhadeaînè, Lafage, Pillât, Lantuéjoul, Burgère aîné, Disses, officiers municipaux ; Olivier fils, procureur de la commune; Roques, chirurgien, substitut; Filsac, Judicis, Deloncle, Bouissou, Borredon, Duchoquet, Albrespie, Benoît, Soulié aîné, Vitrac, Lacroix, Amadieu cadet, Lagarrigue, Bonnemort, Lagarde, officier de santé, Guilhou aîné, Dazemard aîné, Pauty, Courthiadé aîné, Combebias, Rueyres, notaire, Vertut aîné, Cossé aîné, Cagnac père,


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notables. Tous les membres de cette commission prêtent le serment « de maintenir la liberté et l'égalité, de défendre la République, et de mourir à leur poste en la défendant ». (I)

Le nouveau Conseil nomme une commission pour désigner les personnes qui doivent être mises en état d'arrestation et une autre pour visiter les locaux destinés à les recevoir, le tout conformément à l'arrêté du Département en date du II avril (2).

Même jour, 14 avril 1793.— CONSEIL GÉNÉRAL.— Sur la proposition de la commission nommée dans la précédente séance, sont désignés pour être mis en état d'arrestation les citoyens Lescalle aîné, Bastide, Gasc, chirurgien, Lagrèze, propriétaire d'Auzolle (3), une religieuse restant chez Théron, homme de loi, la fille aînée de Pons dit Bouissou, et sa fille cadette, ci-devant soeur grise, la nommée Bourrissonne, cidevant soeur à la Daurade, la citoyenne Pomarède, religieuse chez Hauteserre, le citoyen Regourd, sa femme, sa fille et la tante, la citoyenne Cousserans et sa fille, Mercié tailleur, et sa femme, St-Géry, propriétaire de Lascabanes, Calmejane, père et fils résidant avec lui, Roualdès père, et fils cadet, excepté le médecin, Hébrard, gendre de Reygasse Goudouli, Ausset cadet, la veuve Gondalma, la mère de l'abbé Lagard, Verdie, apothicaire, la religieuse Linon, Courtois fils, les deux religieuses Montagne (de Cremps), deux filles demeurant à la maison des héritiers de Lacroze, derrière la Maison commune, la de Dubert, restant au faubourg de Cabessut, la veuve Jouanain et la nommée Margouttou, la citoyenne Papon et la citoyenne Belly

(1) Le Département avait pris cet arrêté sur la dénonciation de la Société populaire, qui accusait la municipalité de négligence dans la surveillance des prêtres détenus, de mollesse dans la poursuite des individus qui avaient occasionné des troubles lors du recrutement, enfin de trop de facilité à accorder des certificats de civisme.— L'arrêté conserve en fonctions, comme n"ayant pas pris part « aux écarts de la majorité », les citoyens Lagarde, Roques, Tailhade, Souquet, Laval, Taillade aîné, Lafage, officiers municipaux, Filsac, Judicis, Deloncle, Bouyssou, Borredon, Duchoquet, Soulié aîné, Vitrât, Lacroix aine, Lagarde, officier de santé, Guilhou aîné et Cossé, notables.— La municipalité de Gourdon fut suspendue à la même époque, pour des motifs analogues.

(2) Cet arrêté ordonnait l'arrestation des parents des émigrés, de leurs agents ou domestiques, de tous les prêtres insermentés et de toutes les personnes soupçonnées d'incivisme. Le civisme ou la suspicion devaient être jugés par les conseils généraux des communes, à la majorité des voix.

(3) Sans doute Auzole, commune de Maxou.


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Meraudines, la citoyenne Jaubert, Gaspard, agent du ci-devant Floirac, les citoyennes Aldebert soeurs, Henriette Desplats et la religieuse sa soeur, Mostolac Lafage aîné et son épouse, Mostolac Lafage cadet, Baudus père, ci-devant conseiller, Gaulejac père, l'abbé Lalbenque, Folmont oncle, Favols, la femme de Folmont émigré, les citoyennes Lunegarde, les citoyens Lassagne, sa femme et sa fille, Faydel, homme de loi, Faydel jeune, la citoyenne veuve Barrau, Cornède, gendre d'Issala et sa femme, Molenier et sa famille, la citoyenne d'Haumont, femme de l'émigré, Franhiac et sa famille, les religieuses qui sont aux Augustins, Guyot Lalane, ancien receveur, toute la maison d'Arnis, Blanc Saint-Fleurien, propriétaire de Rassiels, son épouse et son domestique, Cariés, au Portail-au-Vent, Louis Beaumont, Elise Fumel, Laroche-Lambert et sa servante, la boiteuse de Cambres, les citoyennes Labouysse, Bessou aîné, Laroche soi-disant Lambert fils, la citoyenne Sauriat Garroufet, ci-devant religieuse, Marmiesse, ci-devant chartreux, toute la maison de Labondie, le père, le fils et la femme du fils, Chotard père et sa fille, toute la maison d'Hèbray, Labié père, son fils aîné et son épouse, Raygasse fils, entreposeur, Gatterau oncle, père et fils, Germain Labarthe, les citoyens Savary, Izarn fils aîné, homme de loi, Tournié, homme de loi, Issala fils, homme de loi, Saint-Fleurien cadet et sa famille, la fille de Monville, tapissier, la soeur Roze, la veuve Manas, la femme de Lamothe, la veuve Castan et sa fille, Laporte, propriétaire de Larnagol.et son épouse, Mailhes, major, et son épouse, deux religieuses chez la veuve Guilhou, la femme de Flaujac et sa famille.

En outre, sont désignées pour êtres mises en surveillance les personnes suivantes, « à l'exception de Monziès, qui reste ajourné pour l'arrestation jusqu'à nouvel ordre », savoir : Théron, homme de loi, Barrau, homme de loi, la citoyenne Gasc, la vieille servante de Regourd (I),Conté père et fils, Ramond, traiteur, Couailhac, huissier, Lafage, entrepreneur, Besse Laromiguière, la veuve Rucapel, Boudrès, vitrier. Chansarel, Labiche, sabotier chez Guischard, Gourry, chirurgien, Delord, homme de loi, et sa famille, Montagnes cadet, la veuve Roques et sa famille, Soulacroix, apothicaire, Valés, notaire, la veuve Pons mère, veuve Boisson, Capuan Amadieu,

(i) Peut-être faut-il lire « Lavielhe, servante de Regpurd ».


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homme de loi, et sa femme, Lapeyrière, le domestique de Laroche, près le Palais-Royal, Laroche boiteux, les deux Martin Massabie frères, Fouilhac Mordesson, Duc père, ex-président, et son fils, Alaux, pâtissier, Lavergne, ci-devant maire (I), Bru, commis, Marmiesse fille, la soeur de Labondie, Bouloumié aîné, l'abbé Capelle, la veuve Labié, armurier, et sa fille, veuve Sabrié et sa fille, veuve Jolybois et ses filles, Lévêque, perruquier, et sa femme, Latapie père, Thiber Duroc aîné, veuve Lacroix boutonnier, la veuve Gausserès et sa fille, le fils aîné du citoyen Jean-Pierre-Vincens Tourniè, maître de poste à Las Plasses, Delteil fils de Delteil homme de loi, Monville, tapissier, la femme de Monville, tapissier, le fils de Monville, le citoyen Laroze, régent, natif de Saint-Chamarand, Ambroise Bouloumié cadet, Galdemar père, commis chez Dolique, André Thomas, marchand, ancien domestique de l'abbé Courtade, la femme de Thomas, Boudousquié, gendre de Saintour, Jean Saintour cadet, la veuve Laurens, née Rigal, Amadieu cadet, vitrier, la femme d'Albran, marchand, Gignioux fils aîné, facteur, Petit Cocus, marchand, Jeanne Bismes, à Saint-Laurent, Louise Laburguière, la veuve Guillen, Martin aîné, tapissier, Iffernet, perruquier et sa femme, Lacapelle Mauroux, Mercié père, Lombiac et sa femme.

Tous les susnommés devront se présenter tous les jours à la Maison commune, pour faire constater leur présence.

15 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Olivier fils, «procureur de la commune de Cahors, commissaire nommé par le Conseil du département », requiert le chef de légion de la garde nationale d'arrêter les personnes déclarées suspectes par l'arrêté du Conseil général en date d'hier, et de les conduire, savoir : les femmes dans la maison appelée ci-devant la Daurade, et les hommes dans celle appelée ci-devant BonPasteur.

75 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Le citoyen Raynal, membre du « Conseil d'administration du département du Lot », vient donner connaissance d'un arrêté de ce Conseil, dont le Conseil municipal ordonne la transcription sur le registre.

Suit la copie de l'arrêté, en date du 14, par lequel le Conseil du département, sur la réquisition des commissaires de la Convention, ordonne de rechercher dans chaque commune tous les dépôts ou amas

(1) Suspendu le même jour.


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de tous genres de subsistances, de quelque nature qu'ils soient, et nomme des commissaires chargés de cette opération.

75 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Le procureur de la commune requiert le chef de légion de la garde nationale de faire sortir du BonPasteur le citoyen Lalanne, et de le faire garder à vue jusqu'à ce qu'il y rentrera sur une nouvelle réquisition. Les citoyens chargés de le garder devront veiller avec le plus grand.soin à ce qu'il n'emporte de chez lui ni papiers, ni effets quelconques. .

16 avril 1793. — CONSEIL GÉNÉRAL. — Prestation de serment du citoyen Dazemard, un des nouveaux notables.

Lecture de pétitions présentées par divers suspects qui réclament contre leur incarcération".— Le Conseil rejette 14 de ces demandes et en ajourne 3 autres, jusqu'à ce que les pétitionnaires aient produit certaines justifications. En ce qui concerne le citoyen Gasc, chirurgien, il sera gardé à vue pendant le temps de sa maladie, par deux hommes qu'il payera 3 livres par jour chacun. Le citoyen Mailhes est autorisé à partir pour Paris en donnant caution, et son épouse restera détenue jusqu'à ce qu'il revienne après s'être justifié. La demande de la citoyenne Darnis, née Desplats, est rejetée, et sa chaise à porteurs sera remise à l'hôpital pour le service des malades (1). Il est accordé un sursis de huit jours au citoyen Labié, pour qu'il puisse rendre compte du dépôt des billets de confiance qui ont été remis entre ses mains. Enfin l'un des pétitionnaires est élargi, mais mis en surveillance. -

Après lecture d'une réquisition faite par le représentant délégué par la Convention, il est arrêté que cette pièce sera publiée, affichée et exécutée rigoureusement, et en outre qu'elle sera transcrite au registre.

Un comité de surveillance, choisi dans le sein du Conseil général, est chargé de compléter la liste des suspects.

Suit le texe de la réquisition adressée par Jean-Bon-Saint-André, représentant délégué par la Convention dans le département du Lot, de faire imprimer, publier, afficher et exécuter les disposition suivantes :

Les citoyens propriétaires, aubergistes, etc., feront placarder sur la porte de leurs maisons les noms, prénoms, lieux de naissance, pro(1)

pro(1) chaise à porteurs est aujourd'hui au musée de Cahors.


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fession, âge et sexe des personnes logées chez eux, indépendamment de l'exécution des lois de police.

Il est défendu, sous peine de quinze jours de prison, de loger des personnes qui n'auraient pas un passeport ou un certificat de civisme.

Le maître de poste et les loueurs de chevaux ne pourront en délivrer qu'aux personnes munies d'une permission signée de trois officiers municipaux, ou d'un passeport, sous peine de trois mois de prison.

Une liste de tous les habitants aosents de la commune sans passeport sera dressée par la municipalité et remise au procureur général syndic du département.

Il sera imprimé des cartes civiques destinées à être remises aux personnes des deux sexes. Chaque carte portera le nom du titulaire et la signature d'un officier municipal.

Un bureau, composé de deux officiers municipaux, de deux notables et de quatre membres de la société populaire, sera chargé de la distribution des cartes civiques. Il ne devra en donner qu'aux personnes dont le civisme est notoirement connu.

Ceux qui n'auront point de cartes civiques seront tenus de se renfermer dans leurs maisons à l'heure où finit la journée de travail. Ils ne pourront vaguer dans les rues les dimanches et jours de fête ni s'assembler dans les cabarets.

Des patrouilles veilleront à la sûreté publique toutes les nuits, depuis l'heure où finit la journée de travail, ainsi que les dimanches et fêtes, et arrêteront ceux qui n'auraient pas de carte civique. Ces derniers seront condamnés, pour la première fois, à deux jours de détention ; en cas de récidive, à huit jours ; à la troisième fois, ils seront mis en réclusion définitive.

Les patrouilles dissiperont les rassemblements et arrêteront les personnes des deux sexes qui refuseraient de se disperser.

Les dispositions ci-dessus devront être rigoureusement exécutées: elles pourront être étendues à toutes les communes du Lot, par une délibération du Conseil du département.

16 avril 1793.— LE CORPS MUNICIPAL requiert Labié père, « condamné à la réclusion par arrêté du Conseil de la commune », de se rendre dans la maison ci-devant dite du Bon Pasteur, sous peine de payer deux sentinelles qui sont déjà établies sur sa porte, à raison de six livres chacune par journée,


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ib avril 1793. — CORPS MUNICIPAL.— Réquisition à Gaspard Bergues, pareille à celle qui concerne Labié père.

17 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Le citoyen Caria, notaire, donne sa démission de la place de greffier de la police correctionnelle, une loi du mois de mars dernier déclarant ces fonctions incompatibles avec l'exercice du notariat. Le Conseil le remplace séance tenante, au scrutin, par le citoyen Mayzen.

Le citoyen Mailhe, détenu au Bon Pasteur, autorisé à aller à Paris en fournissant une caution, offre comme caution le citoyen Pierre Sabrié, qui est accepté par le Conseil.

Le citoyen Raymond Bessières, «nomme volontaire », demande à ne pas être compris dans le rôle des volontaires, prétendant habiter Bordeaux.

Le Conseil passe à l'ordre du jour.

Sur un arrêté du Conseil du département, le citoyen Thibert aîné, détenu à la maison commune, est transféré au Bon Pasteur.

Le citoyen Mayzen, nommé greffier de la police correctionnelle, se présente pour prêter serment. Il jure « de défendre la liberté, l'égalité et la République, et d'exécuter avec fidélité les fonctions civiles et politiques qui lui seront confiées ».

18 avril 1793.— LE CONSEIL GÉNÉRAL, vu une lettre du curé de Bêgous qui atteste que le citoyen Courtois fils est un bon citoyen, arrête que la garde de deux hommes qui a été placée à la porte dudit Courtois sera levée, mais que Courtois sera tenu, jusqu'à nouvel ordre, de se présenter chaque matin à la Maison commune.

Les citoyens Bel et Bouzerand, notables suspendus, étaient chargés de tenir les registres de l'état-civil ; le Conseil les remplace dans cette fonction par les citoyens Rueyres, notaire, et Courthiade, homme de loi, et requiert les citoyens Bel et Bouzerand de remettre les papiers en leur possession (1).

Le citoyen Jeanbon-Saint-André, député à la Convention, délégué dans les départements du Lot et de la Dordogne, se présente et prend séance. Après avoir loué le zèle du Conseil général, il dit que les circonstances exigent sans doute de la vigueur, mais qu'il ne faut pas « se

(1) Ici un feuillet déchiré. La suite n'appartient pas à la même délibération, mais à une autre prise le même jour ou le lendemain.


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montrer avec aigreur contre des personnes infirmes et hors d'état de nuire à la société ». Il invite donc le Conseil à élargir les suspects qui sont dans ce cas. Le Conseil, prenant ces réflexions en considération, nomme une commission chargée d'examiner la situation des personnes en réclusion et de faire un rapport.

Les nommés Soulès et Miquel, fournisseurs de la chandelle de la ville, réclament le montant de mandats en retard ; de plus, vu le renchérissement des matières premières, ils demandent une indemnité pour le passé et une augmentation pour l'avenir. — Le Conseil décide que l'arriéré leur sera payé par le collecteur de 1792, et renvoie le surplus de leur pétition à l'examen du citoyen Lagarde.

Le Conseil arrête que les cartes civiques seront payées double par les citoyens reconnus riches, et données gratuitement aux nécessiteux.

19 avril 1793.— LE CONSEIL GÉNÉRAL accorde des certificats de civisme à 82 citoyens, dont 3 femmes, rejette 6 demandes, en ajourne 8 ;

— lève la surveillance ordonnée contre Antoine Lafage, entrepreneur :

— autorise Joseph-Victor d'Haumont à aller à Lauzerte, où il doit recevoir une somme d'argent.

Lecture d'une lettre du procureur-général syndic du département, qui annonce que, n'ayant pas acquis la preuve du délit dont le citoyen Germain Labarthe est accusé, il a décidé son élargissement ; néanmoins, la conduite de ce citoyen n'étant pas exempte de soupçons, il invite la municipalité à le consigner dans la ville. — Le Conseil prend un arrêté dans ce sens.

19 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Les citoyens Laval, fayencier, et Latourmente, dit La Terreur, charpentier, sont nommés concierges, le premier de la maison de réclusion du ci-devant Bon Pasteur, le second de celle de la ci-devant Daurade, aux appointements de cinq livres par jour chacun ; ce traitement sera payé par les personnes suspectes détenues dans,ces maisons.

Le citoyen Disses est nommé commissaire pour reconnaître le blé arrivé par Montauban et en faire la vente.

Le Conseil nomme des commissaires pour la vérification des billets de confiance retirés par l'ancienne municipalité.

20 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Rapport des citoyens Brives


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aîné et Lafage sur la pétition du citoyen Henri Ramel (I), qui demande la concession d'un logement et d'un jardin dans la ci-devant maison des demoiselles de l'Ecole chrétienne. Le Conseil, vu que cette concession ne peut nuire à la vente de l'immeuble, et que d'ailleurs il n'y a pas dans la paroisse d'autre endroit où on puisse loger le curé, accorde au citoyen Ramel l'objet de sa demande.

20 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Réquisition du procureur de la commune demandant qu'il soit procédé à la levée des scellés apposés sur les effets du citoyen Beaumont, le 12 avril, jour de l'arrestation de ce dernier. Le Conseil municipal commet le citoyen Burgère pour faire cette opération, et examiner s'il n'y a rien de suspect dans les effets non inventoriés, auquel cas ces effets seront remis au citoyen Beaumont ou à tous autres qu'il appartiendra, moyennant décharge.

21 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Le maire de Saint-PierreLafeuille, et plusieurs officiers municipaux et habitants de ladite commune, viennent réclamer un citoyen de leur commune, actuellement détenu dans la maison de réclusion de Cahors. Le Conseil municipal n'ayant pas le droit d'accueillir ou de rejeter la demande d'une autre commune, les renvoie à se pourvoir devant le directoire du district. — Le maire et les officiers municipaux de Saint-PierreLafeuille ne signent pas ce procès-verbal, « pour ne savoir ».

21 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL.— Réquisition au chef de légion de la garde nationale de commander, pour demain matin, à 7 heures, 200 hommes à pied et toute la garde à cheval, et d'envoyer ce soir 12 hommes de garde à la maison de justice.

22 avril 1793. — LE CONSEIL GÉNÉRAL, sur le rapport du citoyen Lagarde, arrête que la livre de chandelle, qui était payée aux citoyens Soulès et Miquel 12 sols 9 deniers, leur sera payée provisoirement 16 sols, moyennant l'autorisation du directoire du département.

Le Conseil demande au directoire du département de payer le compte présenté par le citoyen Lagarrigue Casimir, les dépenses qui y figurent ayant été faites pour le département, et les effets des casernes ayant été délaissés au commissaire de guerre.

Sur le rapport du « comité secret » chargé d'examiner la situation des suspects, le Conseil décide l'élargissement des suivants : MarieJeanne Souriat, ci-devant religieuse, Martial Calmejane fils, Mailhes,

(1) Curé de Saint-Barthélémy.


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ci-devant major, Calmejane père, la Dubert, Rosalie Chotard, les filles Franhiac, la fille Linon, ci-devant religieuse, Marie Cambres, Savary père et fils, la mère Labié, Verdie, apothicaire, la veuve Aldebert, Vassal Pomarède, ci-devant religieuse, Soinac (I) la mère, les filles Molenier, Marie Lalbenque Folmont, Cornède, Hélène Lassagne fille, Marie-Anne et Elisabeth Pàraire soeurs, ci-devant religieuses, Perrette Sarrut, Françoise et Charlotte Montagne., ci-devant religieuses, MarieAnne Serres, Marie Vincent, Laroze, soeur laie, Roaldès père, Jacques Soyris Saint-Géry, Izarn fils aîné, Labié fils aîné, Boudrès, volontaire, Catherine Albert, Jeanne Delpech, Catherine Croisette, Laporte et sa femme.

Les susnommés resteront, quoique en liberté, sous la surveillance médiate de la municipalité. La citoyenne Belly Meraudines sera également mise en liberté (2)

22 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Le citoyen Lagarde horloger, président des commissaires de quartier, est requis de faire rendre compte à la municipalité de tous les déserteurs, tant des troupes de ligne que des corps de volontaires, qui résident dans la ville.

23 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Sur la proposition du maire, attendu que les gardes nationaux qui vont être chargés de garder les suspects n'ont d'autre ressource que leur travail journalier, et vu le prix exorbitant des denrées, le Conseil arrête de la manière suivante la composition des piquets qui seront placés aux maisons de réclusion : Au séminaire, 8 hommes, un officier, un sergent et un caporal ; au Bon-Pasteur, 6 hommes et un caporal ; à la Daurade, 8 hommes, un sergent et un caporal ; à la maison de Beaumont, 4 fusiliers et un caporai ; aux Chanoines réguliers, 4 fusiliers et un caporal ; à la maison de Guyot-Lalane, 2 fusiliers ; à la Maison commune, servant de lieu de réclusion, 8 hommes, un sergent et un caporal. Chaque garde national recevra 3 livres par jour, et chacun des concierges, 5 livres, le tout payé par les personnes recluses, les indigents exceptés.

(1) Ce nom est incertain.

(2) Les feuillets qui terminaient le registre sont lacérés. On voit seulement, par quelques fragments qui en restent, qu'il y était beaucoup question des suspects.— Ici se termine d'ailleurs tout ce que nous possédons des délibérations du Conseil général de la commune.


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Il sera placé, pour le service des reclus, 2 domestiques au Bon-Pasteur et 3 filles de service à la Daurade ; ces domestiques seront payés 3 livres par jour, aux frais des reclus, les indigents exceptés.

Les locaux de réclusion de la Maison commune ne pouvant plus contenir les suspects qu'on y amène journellement, on demandera au directoire du département l'autorisation de transférer au Bon-Pasteur et à la Daurade ceux qui y sont actuellement détenus.

En cas de nécessité, la maison de Sainte-Ursule servira de lieu de réclusion supplémentaire.

24 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Réquisition au chef de légion de la garde nationale d'envoyer à la halle au blé 4 ou 6 dragons à cheval et un brigadier, pour le maintien du bon ordre.

25 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Réquisition au chef de légion de la garde nationale de mettre deux sentinelles au poste de Sainte-Ursule, nouvelle maison de réclusion.

25 avril 1793. — CONSEIL MUNICIPAL. — Certains fourniers de la ville se plaignent de ce qu'un de leurs confrères emmagasine chez lui une grande quantité de bois propre au chauffage des fours, et demandent qu'il soit obligé de leur en céder une partie. Le Conseil passe à l'ordre du jour.

Vu une lettre du procureur-syndic du district, il est arrêté qu'on fournira le pain des prisonniers à trois des recluses de la Maison commune.

Il est permis au citoyen Ausset cadet d'aller à sa campagne avec sa servante, ses pensionnaires et le reste de sa famille, à condition de se représenter toutes les fois qu'il en sera requis.

Le Conseil arrête qu'il sera pris des renseignements sur une demande du citoyen Roberty, facteur d'instruments à Bordeaux, qui poursuit par le ministère du citoyen Magnés, avoué, le recouvrement d'une somme de 240 livres, prix de quatre clarinettes fournies par lui à l'état-major de la garde nationale.

Lecture d'une pétition du citoyen Beziau, relieur ; « sur la sage motion faite par un membre », le Conseil passe à l'ordre du jour.

Le chef de légion de la garde nationale demande qu'il soit fait une livraison de piques pour dimanche prochain. Le Conseil décide qu'on fera vérifier auparavant si les piques sont conformes au modèle. Il est arrêté ensuite que le nombre des fusils des corps-de-garde sera complété ; qu'on fera incessamment auxdits corps-de-garde les réparations

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nécessaires; qu'il sera délivré une chandelle de plus pour la ronde de nuit ; qu'on continuera à fournir du bois aux corps-de-garde jusqu'à nouvel ordre.

Les 16 commissaires délégués par l'ancienne municipalité pour la contribution mobilière sont invités à remettre le travail dans le délai de huitaine au plus tard.

Le citoyen Soulages « commissaire pour le complètement de l'armée », demande qu'il lui soit remis 24 fusils pour compléter le nombre de 175 dont la municipalité est tenue. Le Conseil arrête que ces fusils lui seront délivrés de suite.

Le Conseil arrête que le bureau préexistant rendra compte, dans le délai de 8 jours, de son administration et de la gestion des fonds qui lui étaient confiés.

28 avril 1793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique). — Le projet d'adresse à la Convention est approuvé.

Lecture d'une pétition du citoyen Ysarn, vice-président du directoire du département, qui se plaint de ce que deux hommes de garde ont voulu lui faire payer 3 livres pour le remplacer dans son service (1), lorsqu'il ne devait que le montant de deux journées de travail, fixé à 30 sous, en vertu de la loi. — On envoie 4 commissaires communiquer cette pétition à la municipalité, et lui demander si elle a statué sur la taxe de 3 livres, arrêtée par le Comité. — A son retour, la commission annonce que la municipalité a envoyé deux de ses membres au directoire du département pour lui soumettre le cas et qu'elle fera connaître au Comité la réponse de cette assemblée.

Après une nouvelle lecture de l'adresse à la Convention, on y ajoute, sur la proposition d'un membre, que « les citoyens composant la garde nationale sont unis et qu'ils exigent que les membres de la Convention le soient. »

Complétant la décision du 7 avril, le Comité décide d'envoyer l'adresse à la Convention, aux conseils militaires des 83 départements, aux administrations de département et de district, et aux chefs de la garde nationale.

Les citoyens suspects ou portés sur la liste des personnes en surveillance ne pourront faire de service personnel ; en conséquence, ceux

(1) C'était le tarif fixé par le Comité dans sa séance du 3 avril.


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qui ont obtenu des grades sont suspendus de leurs fonctions et seront remplacés jusqu'à nouvel ordre.

Il est décidé que les notables ne feront point de service tout le temps qu'ils resteront en permanence en vertu de la loi.

Le citoyen Richard offre d'imprimer l'adresse gratuitement. Mention honorable de son offre sera insérée au registre.

La municipalité annonce qu'elle n'a pas reçu de réponse du directoire du département au sujet de la taxe de remplacement, et qu'elle va faire une nouvelle démarche (I).

29 avril 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Sur la demande du citoyen Dutour, agent militaire du département, le Conseil arrête qu'il sera fourni 200 paires de bas aux volontaires « qui sont au moment de voler à la défense de la patrie ". Il est nommé 4 commissaires pour se transporter chez les citoyens qui ont des bas à vendre et en faire l'achat. En cas d'insuffisance de ce moyen, les citoyens seront requis de remettre les bas qui leur seront demandés. La plus grande activité est recommandée aux commissaires.

Un militaire de passage est logé à l'auberge, le citoyen Caniac, étapier, n'étant pas à son poste.

Le logement de l'exécuteur du département est fixé dans un appartement de la maison de Castanède.

La Société républicaine demande que plusieurs cloches soient fondues pour en faire des canons. Cette demande sera communiquée au Conseil général.

« Il sera fait lecture au Conseil général de la réquisition du citoyen commissaire de la Convention, relative aux cartes civiques, pour qu'elle soit exécutée.

Le citoyen Mailhes et nommé trésorier général de la commune.

Le citoyen Roques est nommé commissaire au Comité de salut public de la Société populaire.

Le citoyen Bès, gendarme, recevra 25 livres pour les frais de l'arrestation de Louis Beaumont, Louis Tournié et Elise Fumel ; ce seront les susnommés qui payeront ladite somme.

(1) Le 6 mai 1793, le directoire du département rendit un arrêté annulant la délibération du Comité de la garde nationale qui fixait à 3 livres le prix d'une journée de remplacement : l'arrêté fixait ce prix à 2 livres et édictait une amende de 20 sols contre ceux qui, pouvant faire eux-mêmes leur service, s'en dispenseraient sans raison légitime. (Arch. dép.; K, reg. 16.


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Le procureur de la commune ayant adressé une réquisition à un officier municipal, le Conseil, considérant que la loi n'autorise le procureur qu'à adresser des réquisitions collectives au Conseil municipal, improuve ladite réquisition et invite le procureur à ne plus en faire de semblables.

Vu une pétition du Conseil de discipline de la garde nationale ; attendu que les dangers où se trouve la République exigent une grande surveillance ; attendu que les citoyens peuvent se dispenser du service de jour et de nuit en payant deux journées de travail, estimées 15 sols l'une, valeur qu'avait la journée de travail en 1791 ; attendu qu'aujourd'hui l'ouvrier le moins actif est payé à raison de 40 sols, de sorte que les gardes nationaux ont avantage à payer 30 sols pour être dispensés du service, ce qui leur permet en outre de se reposer la nuit ; attendu que, dans ces circonstances, les postes seront déserts ; attendu que les indifférents ou les suspects sont les seuls à ne pas faire leur service ; le Conseil estime que, pendant la durée des circonstances actuelles, les citoyens qui manqueront à leur service devront payer 3 livres.

Les citoyens Roques, substitut, et Tailhade, sont chargés de faire le catalogue des personnes recluses, « et distinguer par note les riches ». Les citoyens Laval et Tailhade sont chargés de surveiller les travaux des écluses de la commune.

Le Conseil rejette une pétition de Louis Beaumont, qui demande à être autorisé à aller chercher des provisions avec ses mules et chevaux, lesdits animaux devant avoir été pris par le Département pour le service de la nation. Le citoyen Roques fils est chargé des soins médicaux à donner aux personnes recluses.

2 mai 1793.— CONSEIL MUNICIPAL.— Le procureur de la commune, vu la lettre en date du icr mai, par laquelle l'agent militaire Soulages invite la municipalité à exécuter, du 1er au 3 mai, certains articles de la loi sur le recrutement ; attendu que les mesures prescrites n'ont pu être prises, « par la faute du citoyen Dillebard, maire », qui n'a donné connaissance de cette lettre à la municipalité que ce soir à 5 heures; requiert le Conseil de faire connaître à l'agent militaire les faits qui


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ont causé le retard et de lui demander un délai pour l'exécution de la loi (I).

3 mai I793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique).— Le chef de légion ayant reçu une Adresse de la société Républicaine de Cahors à ses frères les habitants des campagnes, ainsi qu'une Adresse du corps électoral du district de Cahors à la Convention, il est donné lecture de ces pièces et on décide qu'il en sera fait mention honorable au procès-verbal.

On lit aussi un arrêté du Conseil général de la commune, relatif à la distribution des cartes civiques ; les capitaines et les autres chefs en recevront chacun un exemplaire.

Il est décidé que le Comité correspondra avec les conseils militaires des chefs-lieux de district, et ceux-ci avec les conseils des chefs-lieux de canton. Il est nommé, pour faire la correspondance, un comité composé de 6 membres, 6 adjoints, et 2 secrétaires, outre le secrétaire du Comité.

Le citoyen Picot, garçon imprimeur, dont le travail l'occupe de jour et de nuit, est dispensé du service de la garde nationale.

Le citoyen Galtié, adjudant du 1er bataillon, est adjoint au citoyen Malique, sous-adjudant général de la 2e légion.

Attendu que beaucoup de membres du comité omettent de signer le procès-verbal, celui-ci ne sera signé à l'avenir que par le président et le secrétaire.

4 mai 1793. — LE CONSEIL MUNICIPAL arrête que la citoyenne MarbotinMolinier est élargie provisoirement et consignée dans sa maison, où elle sera gardée à vue par-un soldat qui répondra d'elle et sera payée par elle à raison de 3 livres par jour; en outre, le citoyen Roques, officier de santé, rendra compte tous les huit jours de l'état de santé de ladite citoyenne.

(1) Le 4 mai, d'Hillebard adresse au procureur général syndic du Département sa démission de maiie, motivée par les scènes pénibles qui se sont passées au Conseil général e par la coalition qu'ont formée contre lui la plupart des membres de la municipalité. (Archives départementales: L, 130).— Néanmoins, nous trouvons encore d'Hillebard à !a mairie au moment de l'épuration de la municipalité, le 9 nivôse an II (29 décembre 1793).— (Voir plus loin, à cette date).

(A suivre). A. COMBES


ESSAI D'UN ARMORIAL QUERCINOIS

ADDITIONS ET CORRECTIONS

(Suite et fin)

— Laval-Loubrerie (de). — Comtes de Laval.—Seigneurs de Laval, Loubrerie, la Roque, Gombeist Beroy, Canelle, Faure, Lagnar, le Conté, Salles, Bonneville, Ladoue, Breuil, La Bonnetié, Puy-laFourche, Campadou, Néguebio, Bariat, en Quercy, Limousin, Périgord et Agenais.

D'argent à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'or et cantonnée de quatre alérions de sable.

Timbre : Couronne de marquis ou le casque de front.

(Armoriai général de 1696).

Aliàs : Ecartelé aux I et 4 de gueules à un loup passant d'or, réputé de Loubrerie ; aux 2 et 3 d'argent, à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or et cantonnée de quatrealérions de sable.

Maison plus particulièrement connue en Quercy, sous le nom de Loubrerie ou Loubruyrie, originaire de Montvalent où elle existait en 1348 et y a possédé la seigneurie de La Roque. Elle a formé plusieurs branches répandues en Quercy, Limousin et Périgordetfut maintenue dans sa noblesse d'ancienne extraction en 1666 par jugement de d'Aguessau sur preuves remontant à 1430, époque à laquelle vivait noble Antoine de Laval-Loubrerie. seigneur du château et place de Laval dans le diocèse et sénéchaussée de Cahors, (actuellement dans le canton de Payrac) auteur de la branche périgourdine divisée en deux rameaux :

1 er rameau : dit de Bonneville, établi en Sarladais où il existe encore, n'a pas eu d'interruption dans ses services militaires, depuis Etienne de Laval, exempt des Gardes du Roi Henri IV, jusqu'aux trois Laval, chasseurs nobles de l'armée de Condé en 1792 dont l'un mourut pour le Roi, le 13 Août 1796 au combat d'Oberkemblac. Il a particulièrement


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servi dans le régiment Dauphin, compagnie de Laval,et tous ses membres se sont retirés chevaliers de St-Louis depuis l'institution de l'ordre ou ont été tués à l'ennemi.

Ce rameau a constamment contracté ses alliances depuis son auteur Antoine de Laval, avec les familles nobles : de Malroux, de Pclvezy, de Canolle, du Fau, de Fargues, de Pourquercy, de Bêchon, d'EscayracLauture, de Constantin, de La Croix-Vagnias, de Commarque, des Estangs, de Briançon-la Montille, de Rance, Crenier de Cardenal, de Laborie-St-Sulpice.

2me rameau, fut convoqué au ban et arrière ban de la noblesse de la sénéchaussée de Montauban, le 19 avril 1689 et eut ses armes enregistrées en 1696. Il tomba en roture et perdit la particule au XVIIIe siècle. Un de ses membres fut banquier à Montauban, un autre à Marseille et à Paris. Un troisième, né à Marseille en 1761, officier aux hussards de Bescheny en 1785, émigré attaché à l'armée de Condé en 1792, capitaine au service de la Russie le 8 Mai 1795, étant devenu conseiller privé, chambellan de l'Empereur de Russie et chevalier de St-Louis, fut créé comte par un ukase en date du 28 juin 1817 et confirmé dans son titre par ordonnance royale de Louis XVIII du 24 décembre 1823. Mort à St-Pêtersbourg en 1846. Ce rameau s'est éteint dans diverses maisons de la haute noblesse russe, polonaise et autrichienne.

(Preuves pour St-Cyr en 1687, fonds d'Hozier.— Notes généal. (1348 1679) aux archives du Lot: F. 463. — Armoriai général de 1696.— Archives du Périgord.— Vicomte A. Révérend: Titres, anoblissements et pairies de la Restauration, tome 4, page 225 .—Arch. Tamizey de Larroque, papiers Grammont. — Papiers de famille à Bonneville.)

— Lestrade (de).— Ajouter: barons de Taillefer, seigneurs de Copeyre, Gluges.

— Lom (de). — Voir l'article à la première partie de cet ouvrage. S'est écrit également: del Hom, de Lolm, de Delon. — Outre les seigneuries déjà énumérées, à citer encore en Quercy : St-Martin de Grandéne (fin XVIe siècle), la Barthe (XVIIIe siècle) et Monteils (XVIIIe siècle).

La noblesse de cette famille remonte à 1530 avec noble J. Antoine de Lom, seigneur del Lart ou du Lard ; mais ses origines bourgeoises sont beaucoup plus anciennes: En 1206 elle était déjà connue dans le Montalbanais, sous le nom de Ulmo : Arnaud Ulmo était, à cette époque, bourgeois de Montauban et possédait avec sa femme, une


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dame Gaisinde, une maison dans cette même ville située près la porte du Fossat.

Etablie à Caylux avant la guerre de cent ans, cette famille acquit par ses alliances nobles, des fiefs et des rentes qui lui donnèrent bientôt une situation prépondérante et relevèrent progressivement à la noblesse.

Nous avons dit à tort qu'une sous-branche de Félines, s'était éteinte dans la famille de Godailh. Il y eut simplement une alliance en 1634 de noble Bernard de Godailh, avec Marguerite de Lom de la branche del Lart.

La branche de Félines ne s'éteignit qu'en 1724. C'est noble Joseph de Lom de la branche del Lart, qui en hérita et en prit le nom. Voila pourquoi on trouve à l'assemblée de la noblesse, à Cahors, en 1789, de Lom de Félines et de Lom de Coustetet nom de Lom del Lart.

La branche del Lart ou du Lard se fit remarquer pendant les guerres de religion dans le parti catholique ; elle fournit entr'autres, au XVIIe siècle: Arnaud de Lom, chanoine de Rabastens, en 1661 ; au XVIIIe siècle : le Révérend Père de Lom, provincial des Grands Carmes de Toulouse, qui vivait en 1780 et messire Antoine de Lom, écuyer, seigneur de Coustet, auteur du rameau de ce nom, officier aux Gardes de la Maison du Roi, qui épouse,en 1777, noble Marguerite du Gravier, dont le petit-fils Jean-François de Lom de Coustet, le dernier représentant mâle de cette famille s'éteignit en 1883 à Fumel, Lot-etGaronne.

Moulenq : Doc. sur le Tarn-et-Garonne T. IV.— Arcli. du Tarn-et-Garonne: reconnaissance d'héritage du 11 février 1546 et dénombrement du 5 février 1580 du 4 septembre 1724 et du 11 Mars 1745.— Noulens : Maisons de Gascogne, T. II. p. 333. — Hist. de la Gascogne, par l'abbé J. J. Monlezun, Auch, Brun, Libraire-Editeur 1849.— Revue Religieuse de Cahors et du Roc-Amadour du 30 Novembre 1902 : Les protestants en Quercy au XVIe siècle, et du 6 juillet 1907 : Pages d'Histoire locale : le premier grand séminaire de Cahors (1638-1791) par M. l'abbé Foissac.— Communications de M. l'abbé Foissac: archives Dépêtra, Caviole, et de Valon — A. Corda, Catalogue des factums. Bibliothèque Nationale, Tome II, p. 28 : Précis pour Antoine de Lom, officier aux Gardes du Corps, signé Moriceau ; Paris P G. Simon, 1777, in 4° ; 4° Fm 9233.— Collection de M. l'abbé Dubois : Etude Tournayre à Montaigu, minutes : Cabrit, Garrigues et Albert. — Actes de la catholicité de Catus.— Etat civil de Catus.— Taillable de Catus.— Livre des charges et décharges de Catus page 102 n° 171 et page 304.— Cadastre du taillable de Moussac, feuillet 6 — Etat civil de Moussac.— Registres de Moussac : actes mortuaires. — Registres des nuances de la commune de Moussac,


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n° 24.— Etat civil de Cambayrac. — Registre de la paroisse de Rouffiac— Etat civil de la commune de Carnac-RoufHac. — Vicomte de Bonald : Doc, gènèal. sur des familles dit Rouergae (article Roquefeuil.)

— Loubejac (de).— Ajouter: Cette maison s'est éteinte en 1230, dans celle de Castaigner, par le mariage d'Alix de Loubejac, dame de Haut-Castel, avec Arnaud-Gasbert de Chasteigner.

Voy. : Castaigner (de).

— Loupiac (de).— Ajouter: Famille qui remonte sa filiation à 1466; maintenue en 1663 et 1666.

François de Loupiac, seigneur de la Devèze, acheta le marquisat de la Capelle-Marival en 1732.

— Malartic (de). — Famille d'origine bourgeoise de ClermontDessous, dont une branche commerçante à Bordeaux, aux XVIIe siècle.

Elle a donné : un greffier à Clermont-Dessous ; un notaire en 1591 ; un commandeur de Saint-Louis en 1718, etc.

— Maynard de Chaussenège (de). — Ajouter: Seigneurs du Pouget, Mézels.

La seigneurie de Saint-Michel appartenait à la branche de la Queille à laquelle il ne serait peut-être pas impossible que puisse se rattacher la famille suivante.

— Maynard (de). — Si réellement cette famille des seigneurs del Py se rattache à la précédente, ce dont nous n'avons pu obtenir aucune preuve, elle n'aurait eu besoin d'aucun anoblissement...

Une bague ancienne en cuivre qui nous à jadis été communiquée par feu notre confrère M. de Maynard, de Cahors, porte gravées en creux pour servir de cachet, les armes suivantes

Ecartelé: aux 1 et4, une tour; aux 2 et 3, un lion couronné; sur le tout : d'azur à une main appaumée.

L'écartelé est de Calvimont. Or, c'est Pierre de Maynard, (fils de noble Joseph Maynard, seigneur de Chauzenejoulx, Clarafage, etc, et de Marie de Beaupoil de Saint-Aulaire.), seigneur de Chauzenejoulx (Chaussenège), qui épousa Jeanne de Calvimont. (Preuves de Cour devant Chérin). Pierre mourut en février 1654. (Reg. paroiss. de Cressensac). La ville de Tulle l'avait envoyé au siège de la Rochelle, à la tête de 300 hommes.


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L'examen des papiers des Maynard établis à Saint-Cérè pourrait probablement faire cesser les doutes qui subsistent sur le rattachement des deux familles. Nous n'avons pu en obtenir communication.

— Mila. — Bernard Mila, Conseiller du roi, au Présidial de Montauban :

De sinople, à un rocher de trois coupeaux d'argent, accompagné en chef d'un milan du même.

(Armoriai généal. de France, 1696. Bon de Montauban). Mila de Cabarieu, à Montauban :

De sinople, à un milan d'argent, posé sur un rocher de trois pics du même, mouvant de la pointe de Vécu.

(Ann. général herald 1902).

— Montfavez (de). — Compléter :

De gueules, à la bande de vair et un lambel à trois pendants d'or en chef.

Les émaux de cet écusson nous ont été indiqués par notre excellent collègue du Conseil héraldique de France, M. H. G. de la Boulie, qui habite précisément Montfavet, près Avignon.

— Montignac (de). — Compléter :

De gueules,-à un lion de... et une bande d'argent brochante.

— Mouly (Mgr. Joseph-Martial). — Né à Figeac 1807 ; Evèque titulaire de Fussola, vicaire apostolique de Mongolie,le 25 juillet 1842, puis vicaire apostolique du Tchê-Ly et de Pékin le 3 juin 1856; décédé à Pékin le 4 décembre 1868.

D'azur, à la croix rayonnante d'or, accostée dans le bas des lettres S. V. (Saint-Vincent).

(Cte de Saint-Sand : Armortxl des Prélats français, du XIXe siècle)

— Nucé et Nupcé (de). — Famille originaire du Quercy, fixée à Bordeaux à la fin du XVIIIe siècle. Elle a fourni des avocats, un chanoine de la cathédrale de Bordeaux, des médecins distingués, etc.

Une branche des Nupcé, maintenue en 1669, convoquée en 1789 à l'assemblée de la noblesse à donné trois présidents et trois conseillers au Parlement de Toulouse.

D'azur, à deux chevrons d'or, accompagnés en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'un croissant du même.

(P Meller : Armoriai du Bordelais).


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Assemblée de la noblesse à Cahors en 1789 : de Nucè, sgr. de Lamothe et de Nucè, de Lissac, sgr. de Rignac.

— Pascal (de). — Aux alliances, lire Dujon, au lieu de Dupin.

— Ponchiet. — Lisez Punhiet (de) et voyez ce nom dans la première partie ci-dessous à son ordre alphabétique. Une note des archives du Lot où le nom est orthographié Ponchiet a causé l'erreur rectifiée ici.

— Pourtens (de). — En Quercy.

D'or, à trois fasces de gueules ; au chef du même chargé de trois fleurs de lys d'argent.

(P. Meller : Armoriai du Bordelais).

— Punhiet, Pugnet, Puniet (de). — Seigneurs de Puylavoir. Les autographes donnent l'orthographe : Puniet.

Pierre de Puniet, sieur de Puylausier, curé de Saint-Projet et Auzac, de 1690 à 1742 eut de nombreux démêlés avec ses paroissiens. (Communication de M. l'abbé Lacout, curé de Bannes). D'azur, au lion d'or, surmonté d'un croissant d'argent.

(Arm.rial général de France 1696). Jean de Puniet, seigneur de Gayrac et non Payrac.

— Puyjallon (de). — seigneurs dudit.

Famille du Limousin, passée en Quercy et en Bordelais, dont la filiation remonte à 1080. Elle a donné : des gouverneurs du château de Montvalent, un député à l'assemblée provinciale du Quercy, des Gardes du Corps, des premiers consuls de Martel, un Trésorier de France.

D'argent, à la bande d'azur, accompagnée en chef d'une étoile de gueules surmontée de trois billeltes du même,et en pointe d'une montagne de 6 coupeaux de sinople, mouvante de lapointe de Vécu.

(P. Meller : Arm rial du Bordelais).

— Rieu (du). — Ajouter : Ire branche éteinte en 1599,

2e branche éteinte au XVIIe siècle dans la famille de Montels et non Monteils.

— Salviac (de). — Ajouter : Comtes de Vielcastel ; barons dudit (1810).


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Une des plus anciennes familles du Quercy, probablement issue de l'illustre maison de Gourdon ; qualifiée damoiseau au XIIIe siècle.

Elle remonte sa filiation à 1461, et a donné des chevaliers croisés, un membre de l'Académie française.

— Serech (de). — Seigneurs de Saint-Avit, Aurimont, Famille du Quercy, répandue en Bordelais. Assemblée de la noblesse à Cahors, en 1789.

D'azur, à trois soleils d'or, 2 et 1. Devise : Familia illustre sale,

— Taillefer (de). — Les actes anciens portent également : Talhafer, Tailhefer. — Le château, repaire et fief noble est désigné

aussi sous le nom de Taillefer-Vieux sur l'état des fiefs les plus distingués de la vicomte de Turenne (titres domaniaux : Corrèze, Bibl. Nat. carton A 143), par opposition au château de Taillefer, près Gintrac.

Le premier était bâti à mi-hauteur dans les falaises de Gluges, en une esplanade peu étendue et devant une grotte assez vaste. On y accédait par un escalier taillé dans le roc. Cette imprenable mais peu commode résidence paraît avoir été abandonnée de bonne heure par ses seigneurs, qui datent leurs actes du château de Copeyre en 1297 et 1304 : elle ne devait être occupée que pendant les troubles et les guerres.

En 1314, le Ier dimanche après la fête de St-Luc, évangéliste, Pierre et Bernard Talhofer de Martel, achètent de N. et de Gaubert de Grenier de la Fon, le manoir de La Fon qui est devenu le château de Taillefer. du nom de ses nouveaux propriétaires), plus le port, bac ou passage d'eau de Gluges.

La maison de Taillefer s'éteignit dans la maison de Lanzac au XVIe siècle.

(D'après une communication de M. le baron de Maynard).

— Verdal (de). — Famille originaire du midi, qui possédait le fief noble de Verdal, près Sousceyrac ; le château a été brûlé par les Anglais en 1387.

En 1590, par suite d'un mariage avec une fille du seigneur de Macip, elle devint possession de la seigneurie de Grugnac avec droit de haute, moyenne et basse justice.


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Elle est essentiellement militaire et comptait 18 chevaliers de SaintLouis avant 1789.

Pendant plus de cent ans la compagnie colonelle du régiment de Penthièvre, ancien Toulouse, a été commandée par un officier de ce nom.

Cinq frères furent tués ou moururent de blessures reçues au siège de Landau en 1704.

Un membre de la famille de Verdal, lieutenant-colonel, à la suite d'une action d'éclat reçut le titre de comte.

Le chef de la famille a été convoqué à l'Assemblée de la noblesse pour les Etats généraux de 1789, dans la province d'Aunis où il tenait garnison.

Ecartelè : aux 1 et 4, de gueules ; aux 2 et 3, d'azur au léopard d'argent ; à la bande d'azur, chargée de sept fleurs de lys d'argent, brochant sur le tout.

(Communication de M. de Laroussilhe).

— Vilaris ou Villar (de). — Vicomtes de Villar, seigneurs de Grand, la Bastidette et autres lieux, en Quercy.

On trouve à Catus,dès 1542, un noble Henri de Vilaris ou de Villar; en 1549, un noble Gêrôme de Vilaris ou Villar, qui reçoit ses terres nobles, de Guy, seigneur de Luzech.

On voit également pendant les guerres de religion, le Ier mars 1575, le vicomte de Villar, chevalier des Ordres du Roi, seigneur de Granel, accompagné de noble Jehan de Roquefeuil, seigneur de Granéjouls, de noble Antoine de Lom, seigneur del Lart, et de quelques autres seigneurs, témoigner devant le sénéchal, en faveur de noble Jehan de Balaguier, évèque et comte de Cahors.

Cette famille s'éteignit au XVIIe siècle dans les de Lhom del Lart par le mariage du 20 février 1610 de noble Jeanne de Vilaris ou Villar avec noble Pierre de Lom seigneur del Lart et dans les Calmeille de Larroque qui héritèrent du château de Vilaris.

(Notes de M. l'abbé Foissac. — Reçue Religieuse de Cahors et de RocAmadour, du 30 novembre 1902 : Les protestants en Quercy, au XVIe siècle).

L. ESQUIEU.


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LES PROTESTANTS A BÉLAYE

Mai-Juin 1579

Dans son Histoire du Quercy, Lacoste se borne à dire ceci : « les Huguenots de Tournon se saisirent de Bèlaye et des églises fortifiées de cette contrée, Ségos, Sèrignac, etc. Vezins les en chassa et fit démolir ces fortifications afin qu'elles ne servissent plus de retraite aux réformés. Il en fut remercié par l'évèque de Cahors, parce que ces biens faisaient partie de son èvêché. Sa lettre est datée de Paris, 4 août 1579 ». ( t. IV, p. 247).

Bien qu'il ne s'agisse pas ici d'un fait de grande importance, il nous a semblé bon cependant de compléter,au moyen de nouvelles notes, ce qui a trait à la prise et à la reprise de Bélaye.

Donc la paix avait été signée à Nérac et promulguée à Agen par la reine Catherine de Mèdicis, le 3 mars 1579. Il était de ce chef « commandé par le roi, notre souverain seigneur, de vivre désormais en paix, union et concorde les uns avec les autres, sans qu'il soit plus fait, ni commis aucun acte de guerre et hostilité, mais que un chacun ait à garder et à abuser ledit êdit sur peine de la vie. à ceux qui y contreviendront ». Il était d'autre part marqué aux commissaires, le 20 mars, à Agen, « que les lieux qui ont été naguères surpris seront restitués et rendus sous peine de rébellion, et, pour éviter de nouvelles entreprises, les commissaires feront venir les gentilshommes voisins des villes et leur feront promettre de ne rien entreprendre, ni souffrir au préjudice de la paix. »

Les commissaires mentionnés étaient, pour le roi de France et les catholiques, J. de Saint-Sulpice et M. de Vezins, pour le roi de Navarre et les protestants, le vicomte de Gourdon et M. de Scorbiac.

En même temps la reine mère écrivait sept lettres aux villes plus particulièrement visées dans l'édit de pacification.

Pour remplir leur mandat, les commissaires royaux se hâtèrent d'aller à Cahors où ils donnaient rendez-vous à leurs collègues. Le vicomte de Gourdon répondit à leur appel, mais le sieur de Scorbiac se récusa


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d'abord ponr raison de santé, ensuite sous prétexte qu'il devait aller rejoindre la reine à Castelnaudary, puis le roi de Navarre à Mazères, enfin parce qu'il attendait le résultat de la conférence qui se tenait à Langon. En attendant. J. de Saint-Sulpice se plaint à différentes reprises d'être immobilisé à Cahors, et cela aux dépens de la paix. La promulgation, en effet, n'en ayant pas été faite, comme il était convenu, à la date du II avril, nous voyons déjà une attaque tentée d'ailleurs sans résultat, sur Lauzerte. Les habitants s'en plaignent à M. de Mondurand qu'ils appellent à leur aide et celui-ci put alors signaler que « la nuit passée, deux étrangers étaient venus en cette ville et avaient voulu tirer la sentinelle, que n'ayant pas réussi, ils avaient sauté par « dessus les murs ; qu'alors on aperçut une troupe d'arquebuziers qui vinrent jusqu'au pied des murailles et tiraient forsse harquebuzades à ceux du dedans, mais qu'ayant conçu que ceulx de la ville estoynt en défansse, s'en retornarent sans rien fère ». Ensuite de quoi, J. de SaintSulpice écrivait à la reine mère : « voilà comme ils se disposent à l'exécution de la paix et donnent aux catholiques occasion d'entreprendre sur eux et n'obéir comme le devoir leur commande et votre majesté le désire. »

Il y eut également, au début du mois de mai, à Gourdon, un peu de tumulte, qui n'eut pas de suite. Ce fut ensuite à Langon, où il y eut attentats et excès, ce qui a cuidé altérer toutes choses ». Il fut arrêté qu'une punition exemplaire serait faite. Le maréchal de Biron s'y rendit avec trois conseillers de la chambre d'Agen, deux catholiques et un protestant, 10 mai.

Ces retards successifs nuisaient singulièrement à l'établissement de la paix. Si l'on ajoute que les troupes des deux partis n'avaient point touché leur solde, on aura une idée du mécontentement général et du danger de révolte.

C'est ce qui explique, croyons-nous, l'attaque et la prise du fort de Bélaye parla troupe du capitaine huguenot Treps (I). A cette nouvelle, J. de Saint-Sulpice écrivit aussitôt au vicomte de Turenne que le roi de Navarre avait, entre temps, également nommé commissaire de la paix et qui avait déjà agi en conséquence dans plusieurs occasions.

(I) D'après une note subséquente, il paraîtrait que la place fut livrée aux huguenots par quelques habitants demandant à J. de Saint-Sulpice d'arrenter le bien de Belaye, sachant bien qu'il dépendait de l'évéché (Lettre sans date).


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Celui-ci répond qu'il a envoyé immédiatement un homme à Bélaye « pour voir ce que c'est et le lui rapporter, afin d'y donner tout le remède qu'il pourra, n'étant pas trop marri de cela pour ce qu'il faut que quelques fous donnent exemple aux autres par la punition qui en sera faite de ne plus rien attenter contre le repos ». Il adressait en même temps l'appel suivant aux capitaine et soldats de Bélaye, 22 mai : « Ayant entendu que vous étiez emparés de ces jours de Bêlay, place qui est à Monseigneur de Cahors, je n'ai peu penser à quelle occasion vous ayez fait cela, qui a été cause que je vous ai envoyé incontinent ce porteur, l'un de mes secrétaires, afin d'en savoir l'occasion, et, l'ayant sue, aviser comme j'en devrai procéder. Cependant avisez bien de vous comporter sagement sans, courre ne ravager ni faire chose dont vous puissiez être en peine, jusques à ce que vous ayez de mes nouvelles. Tels attentats ne pourront estre que fort apprement reprins, quelque occasion que vous en puissiez avoir ; toutefois je ne veux procéder que je n'aye entendu vos raisons, lesquelles ne peuvent être guères bonnes ». (de Turenne).

L'envoyé était le sieur de Montmaiheau. De passage à Cahors, à son retour, il fit part du résultat de sa démarche à J. de Saint-Sulpice. L'explication donnée ne dut point le satisfaire, car il profite de ce même porteur pour déclarer par lettre à M. de Turenne « qu'il a entendu la réponse de ceux qui se sont emparés de Belaie et espère qu'il jugera assez de leurs intentions. Et puisque, ajoute-t-il, les chefs sont si avisés de s'en rapporter à vous, je vous supplie y vouloir envoyer quelque personnage « qui fasse remettre ledit bien de Belaie, comme ils offrent de le faire, et le plus diligentement que vous pourrez ce sera le meilleur, car je prévois bien qu'encores que nous soyons à Cahors vendredi prochain pour continuer l'exécution de la paix, que nous n'y avancerons guère que cette contravention ne soit réparée comme doit, trouvant bien étrange qu'au lieu que ces gens se pourraient mettre hors d'intérêt pour les choses passées, suivant la conférence, ils s'y plongent davantage. Or, puisque le tout gît en vous, je vous supplie treis humblement y mettre le remède convenable et garder que ceci n'engendre plus grande altération, étant d'aucuns, comme vous savez, prompts à prendre l'occasion à mal faire». — 23 mai.

Il ne parait pas que le vicomte de Turenne ait mis grande hâte à réduire les rebelles, dont l'exemple est devenu cependant contagieux, puisqu'à quelques jours de là, 26 mai, ils ont arrêté « Madame de


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Caillac et sa suite et ont tué fort misérablement devant elle un gentilhomme.., sans nulle occasion, sinon leur méchanceté «. Aussi J. de Saint-Sulpice lui écrivait-il,à la date du 30 mai : « Monseigneur.estans venus en cette ville, pour continuer notre commission, mess, le vicomte de Gourdon, de Scorbiac et moi, je m'attendais de heure à autre que vous enverriez quelque personnage de qualité pour faire déloger ceux de Belaie, que vous ont mandé qu'ils feront ce que vous leur commanderiez, suivant l'instante prière que je vous en ai faite ; mais, n'ayant eu aucune nouvelle de vous, « MM. le vicomte de Gourdon et de Scorbiac ont voulu parler à eux, lesquels se veulent couvrir de ce que vous leur avez mandé qu'ils regardassent à se comporter jusqu'à ce qu'ils auraient de vos nouvelles, combien que votre intention soit qu'ils délogent ; toutefois ils ont fait réponse telle que MM. le vicomte de Gourdon et de Scorbiac vous écrivent et veulent abuser de votre nom et autorité, remettant à vous. Par quoy je vous supplie bien humblement de faire en sorte qu'ils délogent, puisque le tout dépend de vous, car, outre le retardement que je crois que cette contravention apporte à l'exécution de la paix, je crains encore qu'il n'advienne pis ». D'ailleurs les rebelles prétendaient, pour rester en place, qu'ils s'étaient retirés à Bélaye « pour éviter la fureur de la justice, parce que l'on les faisait poursuivre par les prévôts, et qu'ils ne voulaient point s'en aller qu'ils n'eussent assurances pour pouvoir demeurer en leurs maisons sans être recherchés, et aussi qu'ils voulaient avoir le commandement de M. de Turenne ». Et en attendaint « ne vuidaient point le fort ». Cependant que M. de Turenne écrivait à M. J. de Saint-Sulpice, 2 juin: « j'ai été extrêmement marri que ceux qui sont dans Bélaye se soient couverts de mon nom pour autoriser leur forfait, et continuent encore à s'en couvrir pour ne vouloir point obéir sous l'ombre de la lettre que je leur avais écrite, laquelle je pense que vous avez vue et pu connaître par icelle, avec ce que je vous en écrivais aussi, combien rien n'était plus éloigné de mon intention que de conniver au mal et voir régner ceux qui ne désirent que troubler le repos que tant de gens de bien ont pourchassé avec tant de travail et peine. Vous assurant que, comme je m'en suis toujours vanté très désireux, aussi donnerai-je à connaître par toutes mes actions que rien ne m'estplus cher que de voir la paix bien établie, sachant que la guerre ne peut-être que très préjudiciable à ceux qui ont à perdre et matière d'entretènement à ceux qui se veulent maintenir et agrandir par ces divisions d'autrui. Pour ce faire, je

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suis prêt, toutes les fois et quantes que j'en serai requis, de monter à cheval et courre sus à telles gens que cela, leur envoyant au reste un de mes gens pour leur faire entendre combien ils se sont trompés de se faire forts de mon autorité et que, s'ils n'obéissent, qu'ils n'auront pas un plus grand ennemi que moi, ainsi que je leur montrerai par effet, et, non seulement en leur endroit, mais de tous ceux qui les voudront ensuivre et enfreindre le repos public ».

En effet, il envoya deux gentilshommes avec pouvoir et ordre de les déloger, assurant que « au cas où ils ne voudraient sortir, qu'il viendrait en personne. » De son côté, J. de Saint-Sulpice leur faisait savoir que, « sur le doute qu'ils font de leur vie, il les remettrait à leur maison en toute sûreté ». Mais ils craignent les menaces de M. de Turenne et il y a désaccord entre eux: les uns se repentent de n'avoir pas obéi à la première fois, et les autres attendent, pour se résoudre, la réponse à la lettre qu'ils lui ont adressée, 7 juin.

Le fait qui nous occupe nous parait, à distance, n'avoir pas grande importance ; cependant Henri III y pensait, lui, et écrivait à ce sujet à J. de Saint-Sulpice : Je suis marri de la longueur de laquelle on use journellement à l'établissement de la paix. Cela est cause des entreprises qui se font, lesquelles rendent cette exécution toujours de plus en plus difficile aux dépens de mon pauvre peuple. Vous avez très bien fait d'avoir soudainement averti le vicomte de Turenne de la prise du bien de Bêlai (Bélaye), dont je me veux promettre qu'il fera faire restitution et punition des auteurs d'icelle, ce dont je vous prie continuer de le solliciter, et, quand vous aurez en réponse de la dépêche qui a été sur cela faite au roi de Navarre, tenir main que les choses s'exécutent promptement et ainsi qu'il appartiendra, faisant de votre part effectuer ce qui a été promis par la conférence de Nérac ». (De Paris, 12 juin).

De son côté, P. de Tuscan, grand vicaire de l'évèque de Cahors, écrivait aux commissaires ordonnés par le roi pour l'exécution de l'Edit en Quercy, 13 juin : « suivant votre ordonnance, ayant été assemblés dans Cahors, pour aviser des moyens que le pays pourrait avoir pour la reprise de Bélaye, où M, le sénéchal est pour y assembler les forces qui sont nécessaires, les députés du pays ont avisé vous écrire la présente pour vous avertir de ladite assemblée et de ce que a été résolu et arrêté, savoir : que le pays est en bonne volonté de faire tout ce qu'il conviendra pour l'exécution de votre ordonnance, et toute


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autre chose que plaira ordonner pour le fait et exécution dudit Bélaye... ». J. de Saint-Sulpice déclarait lui-même à la reine mère, le 16 juin « qu'il avait été retardé dans l'exécution de la paix pour avoir été pris par ceux du parti contraire un bien bien fort, nommé Bélaye, appartenant à lévèque de Cahors et qui importe grandement pour la sûreté de ce pays ». Il est vrai, le vicomte de Turenne, ainsi qu'il l'avait promis, « y avait envoyé par deux fois sans rien avancer ». 11 ne lui restait donc plus qu'à monter à cheval pour venir châtier les rebelles. Mais dans l'intervalle, avons-nous dit, les commissaires, de leur côté, étaient allés les trouver, « leur remontrant la faute qu'ils faisaient, le malheur où ils se précipitaient, et, sans espérance de rémission, le châtiment qui les attendait ; mais, ne les pouvant aucunement persuader ni divertir de leur mauvaise intention, l'on a été d'avis d'essayer par la force ce que n'avait pas été obtenu de bonne volonté, de sorte que le sénéchal de Quercy a preste déjà des forces et fait état de mener le canon pour les déloger de là ».

Le roi de Navarre averti donna enfin sa réponse, 17 juin : « Capitaine Treps, écrit-il de Nérac, ayant entendu le refus que vous avez fait aux commissaires députés pour l'établissement de la paix, de rendre le fort de Bélaye que vous détenez, quelques remonstrances qui vous ayent été faites par lesdits commissaires et par les sieurs vie. de Gourdon et Scorbiac, vous ayant aussi M. le vie. de Turenne amplement écrit et envoyé l'un des siens exprès vers vous pour cet effet, je vous ai bien voulu dire que je l'ai trouvé très mauvais, vous enjoignant et commandant très expressémeut que vous ayez, incontinent la présente reçue, à sortir dud. fort, ensemble ceux qui y sont entrés avec vous, et icelui fort quitter et abandonner, sans y faire aucun dégât, car, où vous y ferez faute, vous pouvez vous assurer qu'il ne peut vous en venir et à ceux qui y sont qu'un très grand malheur, et ne pourrai faire moins que d'en faire telle punition que tout autre particulier n'entreprendra jamais de interrompre la paix qu'il n'y prenne exemple, sans que vous ni les autres puissiez espérer pouvoir obtenir aucun aveu, grâce ni faveur. L'assurance que j'ai que suivrez ma volonté m'empêchera de vous en faire plus longue lettre ».

Cette lettre lui fut transmise aussitôt par les soins du vicomte de Turenne et amena la solution si longtemps attendue ; et à la date du 17 juin, M. de Vezins écrivait aux commissaires « qu'il était après à


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faire démanteler le fort de Bélaye, et est fort avancé, dit-il, et espère clans 2 ou 3 jours y avoir mis fin ».

Cet incident terminé, J. de Saint-Sulpice pouvait déclarer, le 22 juin, au roi Henri III « qu'il avait parachevé d'exécuter l'édit de pacification et les résolutions de la conférence de Nérac par toutes les villes et lieux du pays de Quercy ».

Ces notes nous ont été fournies par la lecture de l'ouvrage de M. E. Cabiè sur les guerres de Religion dans le sud-ouest et principalement dans le Quercy (passim).

Abbé TAILLEFER.

DE GENIES

(Suite)

BRANCHE DE LAVERCANTIÈRE ET SAINT-MÉDARD DE GÉNIES,SIEURS DE NAUVALS, LAGARRIGUE, LATAPIE, CAYROU, COMTAT

IIe degré. — Noble Flolard de Génies, frère puiné de Gilbert II, épousa Demoiselle Jeanne de Lausières de Thémines, fille légitimée de M. de Thémines et de sa petite femme, Marguerite Thémines de Gourdon.

Il fut héritier du prolonolaire Jean de Gourdon, prieur de Villeneuve, son oncle, et s'établit dans les biens de celui-ci à Lavercanlière.

Il fit les guerres d'Italie et il s'y qualifie de « Vir Magnificus ».

Il fut au siège de la Mirandole, le roi le reçut à Venise, et l'invita à le venir voir à Paris (preuves de noblesse). Il guerroya aussi en Périgord contre les religionnaires et fut gouverneur de Dôme. Il reçut diverses lettres du Maréchal de Thémines qui l'appelle « son cher cousin ». Il fit hommage au roi pour ses terres en 1607 (pap. Greil). Il lesta la même année.

Ses enfants furent :

Ie Noble Gilbert de Génies, sieur de la Garrigue, héritier de son père, au testament de 1607, brillant capitaine mort aux armées du roi, sans alliance.


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2e Noble François de Génies, sieur du Contât, puis de Nauvals qui suit.

3° Demoiselle Anne de Génies, léguée par son oncle le sieur du Suquet en 1607 ; elle épousa le sieur de Marsis,avocatdePuyrac et mourut veuve à un âge avancé, à Lavercantière, enterrée dans l'Eglise, (reg. par.).

4° Demoiselle Marguerite de Génies, morte à un âge avancé à Lavercantière.

4° Demoiselle Claude de Génies, léguée par le sieur du Suquet, en 1607 mariée avant 1607 au licencié Me Pierre Soulages de Mongesty, juge de Thédirac (arch. Brugalières).

6° Noble Charles de Génies, prêtre et recteur de Rouillac en 1627 puis de Lavercantière et Rampoux, mort à la maison de Comtat paroisse de Lavercantière, âgé de 74 ans en 1669, enterré dans l'église (reg. parois. sial).

7° Demoiselle Anne de Génies, mariée à Guillaume Maury, laboureur, de Lavercantière morte à un âge avancé (reg. par.).

8° Noble François de Génies, prêtre recteur de Lherm, connu par divers actes (arch. Péchaurie), mort en 1670, à Saint-Médard dans la maison du Cayrou (reg. par. de Lavercantière), enterré clans l'église de StMédard.

12e degré. — Noble François de Génies, héritier substitué de son père Flolard, marié en 1611, à demoiselle Jeanne de Combarel, fille de noble Jean, seigneur de Gibanel et veuve de noble Héracle ou Hercule de Loubreyrie, seigneur de Laroque Monlvalent, où ils demeurèrent quelque temps, après que les protestants eurent pillé leurs biens de Lavercantière. Noble François de Génies fut employé aux sièges de Montauban, de Saint-Antonin, Caussade, Nègrepelisse, la Rochelle, il fit aussi la guerre, au pays de Béarn et « y consuma la plus belle saison de sa jeunesse et la plupart de ses biens. Il s'employa aussi en 1636 à poursuivre les croquants et «chassacette vermine du château de Mercuès » dont il fut établi gouverneur pendant 15 mois. Il vécut jusqu'à un âge très avancé, à Lavercantière et à Saint-Médard.

Ses enfants furent :

1° Noble Jean de Génies, sieur du Comtat, fils aîné, mort à la guerre de Flandres sans laisser aucunes nouvelles. Auparavant il avait servi en Piémont où il commandait 15 compagnies (pr. de noblesse).

2° Noble Gilbert de Génies, sieur du Cayrou qui suit.

3° Noble François de Génies, sieur de Latapie, terre située dans la pa-


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roisse de Thédirac II suivit son cousin le baron d'Orgueil à la guerre, puis il vécut au Cayrou, où il paraît en 1657. (Etude Cambornac). Il ne semble pas avoir contracté d'alliance.

4° Noble N. de Génies, mort aux guerres en Picardie (preuves de noblesse).

5° Demoiselle Claude de Génies, dile de Nauvals — qui habile le Cayrou en 1669— et en 1675 — puis la maison de Comtat en 1691. Elle y meurt en 1694, âgée de 80 ans — enterrée dans l'Eglise (reg. paroissial).

6° Demoiselle Jeanne de Génies, morte au Comtat en 1697.

7° Demoiselle Anne de Génies, mentionnée au Cayrou en 1669, et au Comtat 1679 (Etude Cambornac).

8° Demoiselle Louise de Génies, héritière, à Albas, de la demoiselle du Cayrou, fille du Maréchal de Thémines, et fondatrice, avec cette demoiselle, de la maison des Mirepoises d'Albas, morte à Albas en 1699, enterrée dans l'Eglise. (Arch. de la mairie d'Albas).

9° Demoiselle Marguerite de Nauvals, religieuse à la Daurade mentionnée en 1664.

10° Demoiselle Marie de Génies, qui habite le Cayrou en 1667,1e Comtat en 1678-91,

11° Demoiselle Gabrielle de Génies, la seule qui paraisse s'être mariée. Elle épousa noble François de Vielcaslel, sieur de Roquecave, près Marminiac et mourut sans enfants en 1691. (Etude Brug. généal. Vielcastel).

12° Noble Gilbert de Génies, sieur du Cayrou, (2e fils et héritier de sa branche; héritier de sa mère en 1664.

Il avait été collégial au collège Pélegri de Caors en 1635.

Il avait épousé demoiselle Charlotle de St-Gily de Péchaurié. Gilbert de Génies habita avec son père, tantôt au Cayrou, tantôt au Comtat. Il vivait à Lavercantière en 1691. N'ayant pas eu d'entanls de sa femme, il choisit pour ses héritiers et appela à Lavercantière, son cousin maternel M. Dubo.squet de Surgés (1), fils lui aussi d'une de Combarel de Gibanel. Gilbert mourut à 84 ans, en 1700 et fut enterré dans l'Eglise de Lavercantière. Sa veuve lui survécut encore 10 ans, en 1710. Elle mourut et fit héritier son proche parent M. de Vassal de Saint-Gily de Péchaurié. (Etude Cambornac).

(I) Surges, paroisse de Thédirac.


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III. — BRANCHE D'ESPÈRE : DE GÉNIES, SIEURS DU SUQUET, DE LABARTHE, DE LADEVÈZE, DE LACOSTE

Celte branche est formée par :

11e degré. François de Génies sieur del Suquet, petit village à 200 mètres de Langle où est encore le château du Suquet, à côté du village de La Poujade. Frère de Gilbert II, et de Flolard de Nauvals, qui embrassa lui aussi l'état militaire et resta sans alliance. Il testa en 1607 et fit héritiers son frère Flotard de Génies,.sieur de Nauvals et son neveu François de Génies, seigneur de Langle, en faisant des legs à diverses demoiselles de Génies, par exemple à Demoiselles Anne et Marguerite de Génies de Nauvals et à Demoiselle Françoise de Génies, de la maison du Pin, ses nièces. Ce testament donna lieu à un procès entre les 2 héritiers. Le sieur du Suquet avait eu d'une femme libre nommée Jeanne Bongrelette un fils, noble Jean de d niés, qui mérita par ses exploits et obtint des lettres de légitimation, avant la mort de son père. Il continue la postérité de celte branche.

12e degré. Noble Jean de Génies, écuyer, sieur del Suquet, légitimé par le roi, sur la demande du père 1603 1606, (Arch. Brugalières). Il obtint eir 1628, de l'Evèque de Cahors en récompense, de cesservices,l'affranchissement, ou anoblissement de deux quarterées de terreaulour de la maison, de Labarthe, paroisse d'Espère (min. Soudrille) à la charge par lui d'en fendre hommage à l'Evèque. Jean de Génies épousa en 1611, demoiselle Anne de Brons de La Romiguière, fille de feu noble Jean de Brons, sieur de La Romiguière (l), et de demoiselle Jeanne de Bergon, qui lui apporta 2,800 livres de dot. Il fit son testament en 1642. 11 vivait au Cayrou en 1648 et tenait en 1649, au même Saint-Médard le Boriage d'Arlan. Il mourut avant 1651 (Arch. Brugalières).

Ses enfanls furent :

Ie Noble François de Génies, fils aîné, sieur de Lacoste. Il servit le roi à ses armées, et se distingua dans les guerres d'Espagne, et ses exploits lui valurent d'obtenir du roi,ainsi que son frère le sieur de La barthe des lettres de grâce pour une affaire où ils se trouvèrent impliqués. Le sieur de Lacoste est connu par divers actes conservés aux archives de maître Cambornac, Sourdrille, Agar, etc. Il mourut sans alliance.

2° autre noble François de Génies, fils cadet, sieur de Labarthe, qui suivi.

(I) Par. de Marmignac.


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3° Noble Malhurin de Génies sieur de Ladevèze ; celui-ci eut pour sa part d'héritage diverses terres du côté du Mas de Coste de Crayssac, et Saint-Médard. Il épousa en 1647 demoiselle Marthe de Lacontat, fille du sieur de Lacontat et de demoiselle Bessot.(Etude Cambornac).Il habita avec sa femme, à Brassac en Périgord, où il fit souche. En 1647 il donne en ferme à St-Médard le pré du Martinet ; en 1656, il vend diverses terres du Pousat près Crayssac (Feyt, not). Il meurt avant 1681.

Ses fils connus sont :

A .. Noble Arnaud de Génies, qualifié en 1681 de fils de feu noble Malhurin de Génies, habitant Brassac, p. de la Bougarie en Périgord. (Etude Cambornac).

B... Noble Joseph de Génies de Brassac,fils aussi de Malhurin. Celui-ci en 1684 vend une terre de Crayssac (Etude Cambornac).

4° Demoiselle Louise de Génies, mariée avant 1640 à noble Jean de Lom, sieur Dellart habitant Vilaris, paroisse de Catus. Elle est connue par de nombreux actes.

13e degré. — Noble François III de Génies, sieur de Labarthe, fils puiné et héritier du sieur du Suquet. Il dote son 3e frère Malhurin, en 1650. La même année il afferme l'herbe du préde Martinet à noble David de Bagès de Saint-Médard. Il épousa demoiselle Anne de Marsis, fille de Monsieur de Marsis et de Mademoiselle de Beaumont de Payrac. Il mourut en 1695, laissant pour fils unique.

14e degré.— Noble François de Génies, écuyer, sieur de Lacoste. Celuici était né en 1675 et avait eu pour parrain noble François de Génies, sieur de Nauvals et, pour marraine, noble Elisabeth de Beaumont, sa grand'mère (reg. paroissial d'Espère. En 1699 il obtint quittance de 1833 livres que son père devait à feu Madame Gme Escalié de Saint-Denis. Noble François de Génies épousa en 1698 Demoiselle Jeanne de Franhac, fille de M. Me Jean-Paul de Franhac, procureur du roi à Cahors, et de Demoiselle Isabeau Dupuy, de Mechmont et Cahors. Il habitait Cahors en 1725, 11 testa en 1733. Ses enfant connus sont :

1° Noble Joseph de Génies qui suit.

2° Demoiselle Jeanne Marie de Génies, née à Cahors en 1702, tenue par M. Jean-Pol de Franhac, son grand'père et par demoiselle Jeanne de Marsis, sa grand'mère. Elle épousa en 1728 M. Jean de Vignals de Lacombe, qui vivait à Cahors et Pradines.

15° degré. — Noble Joseph de Génies, sieur de Labarlhe et de Lacoste. Il obtint en 1734, en récompense de ses services militaires, des lettres


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du roi, pour empêcher la saisie de ses biens. A la suite d'une maladie, le sieur de Labarthe tomba dans un état de grande faiblesse, il dut être mis en tutelle en 1765. 11 avait épousé, avant 1734, demoiselle Jeanne de Bories d'Espère. Il mourut en 1776, âgé de 70 ans.

Ses enfants furent.

1° Noble Bonaventure de Génies de Lacoste qui suit.

2° Noble Jean-Paul de Génies dit de Lacoste, nommé dans l'acte de Baptême de sa nièce, en 1775 et dans la transaction qu'il passa en 1792 avec son frère Bonaventure, Il vivait encore en l'an X et habitait le Bordelais (Archives Brugalières). Il ne paraît pas avoir contracté d'alliance.

16e degré. — Noble Bonaventure de Génies de Labarthe,né à Cahors en 1757; il eut pour parrain Me Bonaventure Bories d'Espère et demoiselle Toinette Belvèze, tante par alliance, ferame de M. de Franhac. Il épousa, avant 1775, dame Magdeleine de Génies de Belcayré, fille de noble Jean Damascène de Génies de Belcayré et de dame Magdeleine de Latour de Langle. Bonaventure de Génies n'émigra pas. Il fut maire d'Espère au commencement de la Révolution, mais bientôt il dut donner sa démission (Mémoires de Marmiesse). Sa femme vivait encore en l'anX à Espère

17e degré. — Ses enfants furent :

1° Demoiselle Madeleine de Génies de Labarthe, née à Espère en 1775, mariée dès l'an X avec le citoyen Malaret d'Espère.

2° demoiselle Jeanne Rose née en 1778, tenue par Messire Jean Damascène de Génies son grand'père.

3° demoiselle Julie-Sophie de Génies née en 1784, tenue par M. François Bories et demoiselle Jeanne d'Aldebert de Favols.

L'une de ces deux demoiselles épousa M. Frayssé de la Condamine de Réalville ; l'autre, demoiselle Marie de Génies mariée avec le docteur Brugalières, médecin de Saint-Denis, aïeul de M. Louis Brugalières, juge de paix actuel de Catus (1909) à l'obligeance duquel sont dus la plupart des renseignements sur cette Branche.

BRANCHE DE SAINT-DENIS. — DE GÉNIES, SIEURS DU PIN, DE VARLUS,

DE PÉCHAULÉJA.

Elle est formée par :

11e degré(quinto). — Noble Antoine de Génies dit de Langle, écuyer, fils ausssi de Gilbert Ier seigneur de Langle et de Marguerite de Gourdon. Il épousa, en 1574, à St-Denis, au repaire du Pin (l), noble Jeanne de

(I) Par. de Saint-Denis


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Durfort, fille puinée de noble Jacques de Durfort écuyer,sieur du Pin, et de delle Ballhezare de Lapierre (Coutrix notaire). Furent présents au contrat noble Gilbert de Génies,seigneur de Langle et noble Patris de Calmeilles seigneur de Laroque (Montamel). Les deux époux habitèrent au Pin, en l'absence du frère aîné de la demoiselle de Durfort. Puis ils reçurent par dot le repaire de Varlus et noble Antoine s'intitula dès lors sieur de Varlus. Après la mort d'Antoine de Génies arrivée avant 1592, sa veuve revint habiter le Pin dont elle fut la seule héritière en 1603. Dès lors elle prend constamment le titre de demoiselle du Pin jusqu'à sa mort, c'est-à-dire jusque vers 1624.

Ses enfants furent :

1 Noble François qui suit.

2 Noble Marguerite de Génies, mariée avant 1613, à Monlgesty avec noble Pierre (de Socirac), sieur de la Rode. Ayant veuve, elle hérita en 1632 de son fils Antoine de la Rode, sieur de Sales. Elle assiste en 1638 au mariage de sa fille Françoise de Larode, avec M. Guillaume Duteil de Margesty (Salgues notaire). Elle fit héritier son fils Charles de Larode (Etude Cambornac).

3 Noble Gilbert de Génies, sieur de Valrus qui habita audit village, avec sa soeur Françoise de Génies et qui ne paraît pas s'être marié. En 1624 il reçut l'héritage d'une tante maternelle, demoiselle Marie de Durfort (Brugalières notaire).

4 Demoiselle Françoise de Génies, Laguée en 1607 par noble François de Génies, sieur del Suquet, mariée, avant 1630, avec noble François de Charry, sieur de Tréjouls (Elude Brug. reg. par. de Lolmie).

12e degré. — Noble François de Génies, sieur de Varlus d'abord, puis seigneur du Pin et co-seigneur direct de Péchauléja. Il épousa en 1608, à Saint-Etienne des Landes, demoiselle Catherine de Brons, veuve de noble Jean de Lherm, sieur d'Auricoste, assistée de noble Jean de Lerm, sieur de Saint-Cernin. Il hérila en 1635 de sa cousine Jeanne de Berthoumieu fille de Jeanne de Durfort. Il avait transigé en 1603 avec Messire Jean Bruguières, prieur de Dégagnazès, à qui il abandonne ses arrérages de la rente de Péchauléja, moyennant un équipement complet pour aller à la guerre. Noble François de Génies périt d'une manière tragique assassiné en 1633. Sa veuve, en 1638, reçoit une indemnité des inculpés François de Clermont dit le Cadet et Philippe Delom, Jean de Villaris et Bernade de Guingal (arch. Dépêtra).

Ses enfants furent :


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1. Noble Jean de Génies qui suit.

2. Noble N. de G. de Génies, fils naturel, confié aux soins de M. Jean Boisse, praticien de Saint-Denis.

13e degré. — Noble Jean de Génies, seigneur du Pin.

Il avait épousé à Catus, avant 1633, demoiselle Françoise Delom, fille de noble Pierre Delom sieur Dellart, niècede noble Ramond de Lom, sieur de Vaylats et du Frayssé, qui lui constitua sa dot. (Etude Cambornac). En 1653, noble Jean de Génies fort appauvri abandonne à son cousin Gary, marchand de Cahors, l'usufruit de ses biens, moyennant un équipement complet et il part pour la guerre (Dépêtra). De retour et déjà vieux, il fait plusieurs testaments, l'un en 1670, l'autre en 1682. Finalement il laisse ses biens à Me Gisberl notaire de Saint-Denis, dont descend M. Brugalières, de St-Denis et de Catus, propriétaire actuel du moulin et de la tour du Pin.

La veuve de noble Jean de Génies fit héritierau contraire noble Joseph Delom son neveu qui s'intitula quelque temps, sieur du Pin et habita ce repaire, puis le vendit à l'héritier de son oncle, Me François Gisbert.

BRANCHE DE CANTECOR.— DE GÉNIES DE SAINT-MAURICE CANTECOR, ALVIGNAD, MANIAGUES,BELCAYRÉ,LAVALADE, LAGORSE, LAMAURINIE, LA VITARELLE, ETC.

Cette branche est formée par :

13e degré. — Noble Alexandre de Génies, écuyer, sieur de Saint-Maurice, 3e fils de noble François de Génies, seigneur de Langle,et d'Antoinette de Beaumont, qui épousa en 1644, au repaire de Belcayré, demoiselle Gabrielle de Céré, fille et héritière de M. Pierre de Céré, seigneur de Cantecor, et de demoiselle Jeanne de Lachièze (Lachièze notaire). Noble Alexandre fit longtemps la guerre. En 1674 il ordonne sur testament, avant de partir de nouveau pour l'armée. Il achète en 1685 dé MeJean de Lavaur, seigneur de Lavaur, la seigneurie de Maniagues (arch. Langle). Il vend en 1686 aux chanoines réguliers de Cahors 25 quartes de froment de rente à lui dues sur le village de Lorguel, paroisse de Caillac (arch. Langle). Il mourut le 14 novembre 1689 et fut enterré dans sa chapelle d'Alvignac.

Ses enfants furent :

1. Noble Louis de Génies qui suit.

2. Noble Joseph de Génies, sieur de Lagorse, nommé en 1670 dans


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l'acte de la procuration que lui fait son père pour poursuivre le chirurgien Ygrand (arch. Lot B. Martel) et légataire de son père, dans le testament de 1674, ponr 1000 livres.

3. Noble Jean de Génies, sieur de La Maurinie, nommé au testament de 1674. Capitaine en 1679 au régiment Ichomberg. En 1689 il habile Combetles et signe un acte pour Messire Claude Desplas, seigneur de Salgues contre Reveillac (arch. Lot B. Martel). On ne sait, s'il faut l'identifier avec noble Jean de Génies, marié avec une demoiselle d'Ambert (arch. Lot B. Martel, 1715).

4. Demoiselle Jeanne de Génies, fille aînée, née à Alvignac en 1648, tenue par noble Madelon de Lagrange, seigneur de La Panonie et par demoiselle Jeanne de Javanel, mariée, dès avant 1674, avec Me Jean de Gouneau, sieur de la Genebrière en Limousin, nommée au testament de 1674.

5. Autre demoiselle Jeanne de Génies, qui reçoit 1.200 liv au testament paternel de 1674.

6. Demoiselle Louise de Génies, qui reçoit 1.200 livres au testament paternel de 1674.

7. Demoiselle Marie de Génies, née en 1657, tenue par noble Pierre de Génies son frère,qui reçoit 1.200 livres au testament paternel. (Elle épousa en 1682 Messire Joseph de Nicolas, sieur de Lacoste en Limousin (d'Hozier).

8. Noble Jeanneton de Génies qui reçoit 800 livres.

9. Noble Joseph de Génies, sieur de la Vitarelle nommé au testament de son père en 1674.

10. Noble Pierre de Génies, parrain en 1647, de Marie de Génies et en 16G0 de Gabrielle de Génies ses soeurs — mort sans doute avant 1674.

11. Demoiselle Gabrielle de Génies, né en 1660, tenue par noble Pierre de Génies, et par autre demoiselle Gabrielle de Génies, sa soeur.

12. Cette autre demoiselle Gabrielle de Génies.

13. Noble Jean de Génies, né en 1675, tenu par M. Larbelly (?) et par Jeanne de Bouygues (reg. par. d'Alvignac).

14e degré. — Noble Louis de Génies écuyer, sieur de Saint-Maurice et de Maniagues, seigneur de Cantecor, héritier de son père au testament de 1674, qui épousa en premières noces en 1673, demoiselle Louise de Lagrange de Lapanonie, fille de feu noble François Lagrange et de Demoiselle Hélène de Lascazes de Roquefort, celle-ci remariée en ce temps avec le seigneur (de Lestrade de) Contye. Les deux époux habi-


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tèrent Gramat (généalogie Lacabane). En 1690, noble Louis de Génies épouse en 2e noces, demoiselle Jeanne de Lestrade, fille de Me.FrançoisLouis Lestrade de Floirac et de demoiselle Marie de Lagrange. Noble Louis de Génies était possesseur à la fin du XVIIe siècle, de la fontaine minérale de Miers, pour laquelle il fut en procès en 1688 avec son frère, le sieur de la Maurinie (Lacabane). En 1690 il échange plusieurs héritages à Miers avec le notaire J. Bargues. En 1700 il assiste ses cousins de Latour de Langle dans leur transaction finale avec les de Viguier de Souillac, touchant l'ancienne vente de la terre de Génies (arch. de Langle). Noble Louis de Génies mourut en 1723 ; sa deuxième femme vivait encore en 1728, ses enfants du 1er lit sont :

1er Demoiselle Jacqueline de Génies, née en 1674 et léguée cette année par son grand-pére Alexandre.

2e Autre Jacqueline de Génies, née à Gramat en 1679, tenue sur les fonds par Messire Alexandre de Génies, seigneur de Saint-Maurice,et par Jacqueline de Lascazes, femme du seigneur de Contye, en présence de Me Fouillac, avocat de Gramat (reg. de Gramat).

3e Noble Marc de Génies, né à Belcayré en 1685, tenu par noble Marc de Lagrange de Floyrac et par demoiselle Jeanne de Génies.

4e Noble Jean-Louis de Génies, né à Gramat en 1680, tenu par Messire de Lascases, seigneur de Roquefort, et par sa tante la demoiselle de Genebrière (reg. de Gramat) ; mort à Alvignac en 1687, enterré dans la chapelle de M. de Saint-maurice.

5e Demoiselle Anne de Génies de Cantecor, née à Gramat en 1681,tenue par noble J. Jacques Desplas de Veyrazet, remplaçant noble Jean de Génies, sieur de la Maurinie, et par noble Anne de Clermont, dame de Boissière. Celle-ci fit ses preuves de noblesse en 1691 pour être reçue à Saint-Cyr (Lacabane). Elle est sans doute la même que demoiselle Anne de Génies, religieuse à Beaulieu en 1705.

6e Demoiselle Jeanne de Génies, religieuse de Malte en 1735.

Du 2e lit :

7e Noble Jean-Baptiste de Génies, seigneur de Canlecor, écuyer, né en 1695, tenu par Jean de Génies, sieur de la Maurinie et par dame Jeanne de Lestrade, héritier de son père par testament de 1723, actionné bientôt après, par la veuve du père en 1724 au sujet de la légitime des frères du deuxième lit (arch. Lot B. Martel). Il vendit en 1723 le château de Cantecor à Messire Antoine de Fontanges, seigneur de Chambon et vint habiter sans doute Maniagues, ou Alvignac. On ignore s'ilfut jamais marié.


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8e Noble Philippe de Génies, gendarme en 1735. Il élait né à Alvignac en 1700. Son parrain fut noble Philippe de Longueval, sieur de Nicourby et sa marraine Demoiselle Suzanne de Génies de Fons (c'est la femme de M. de Prudhomme sieur du Roc).

9e Noble Louis de Génies, gendarme en 1735. Il était né en 1699. Son parrain avait été : Noble Louis Paul de Latour de Langle, sa marraine, Dame Marie de Lestrade de Floyrac.

10° Noble Jean de Génies, gendarme en 1735, le même sans doute que Jean Damascène qui suivra. Il était né en 1704, son parrain avait été noble Jean de Lagrange seigneur de Rouffillac et sa marraine, Demoiselle Louise de Bouchât.

11e Demoiselle Louise de Génies, née à Alvignac en 1691, tenue par noble Louis de Lagrange sieur de Canleloube, et par Demoiselle Louise de Génies soeur à la Baptisée — elle fut mariée avec le sieur de Narbonnes (de Puylaunes), capitaine de cavalerie. (Lacabane).

12° Demoiselle Anne de Génies, née en 1702, tenue par noble Baptiste de Génies qui ne sait pas (encore) signer et par Demoiselle Anne de Génies. Elle épousa N de Lavaur, écuyer.

13e Demoiselle Catherine de Génies, née en 1697, tenue par Messire Joseph de Lacoste (de Nicolas), de Nespouls en Limousin, et par demoiselle Catherine de Montmirail de St-Céré.

14e Demoiselle Gabrielle de Génies, née en 1693, tenue par Pierre Renaut, marchand de Maniagues et par demoiselle Gabrielle de Génies.

15e degré.— Noble Jean Louis de Génies, seigneur de Maniagues, marié en 1712, d'après une note du château de Langle, avec demoiselle Charlotte (de Lagrange de Rouffillac. Il laissa 4 enfants mâles dont l'ainé s'identifie facilement, semble-t-il, avec Guillaume de Génies, et plusieurs filles. Ses enfants sont donc :

1° Noble Guillaume de Génies qui suit.

2° Demoiselle Henriette de Céniès de Maniagues, marraine en 1754 de sa nièce, Henriette, fille de Guillaume (voir plus bas).

3° Demoiselle Jeanne Toinette de Génies, marraine en 1741 de noble Jean Louis de Génies, fils également de Guillaume.

4° Demoiselle Marie de Génies, mariée à Saint-Cernin du Causse, avec le Sr Guillaume Liauzeu. Elle meurt sans enfants avant 1767 et fait héritier son frère Guillaume, (insinuations de Cahors). Son époux se remarie en 1767 avec demoiselle Marguerite Delluc à Carennac où il ineurt en 1786, âgé de 70 ans (reg.).


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5e Demoiselle Anne de Génies, mariée avec le sieur Vidal de Boneviole, mère du sieur Ant. Vidal, Bourgeois de Bonneviole qui assiste en 1778, en sa qualité de cousin germain, au mariage de Louise de Génies, fille de Guillaume (reg).

6e Demoiselle Marie de Génies, mariée avant 1732 au sieur Joseph Bourdarou, bourgeois de Vayrac, mère des suivants :

À. Marie Bourdarou, née en 1732, tenue par messire Guillaume de Génies, écuyer, seigneur de Maniagues, et par demoiselle Marie Bourdarou ;

B. Jeanne B., née en 1733, tenue par noble Nicolas de Vayrac, écuyer, sieur de Latour et par Demoiselle Jeanne d'Ambert de la Maurinie de Maniagues, remplaçant demoiselle Jeanne Toinette de Génies de Maniague.

C. Catherine B., né en 1735, tenue par le sieur Jean-Baptiste d'Ambert sieur de Latourette, et par Demoiselle Catherine Bourdarou.

D. Philippe B., née en 1737, tenue par Messire Philippe de Génies de Nice et Demoiselle Jeanne de Vayrac de Saint-Félix.

E. Léger B., né en 1738, tenu par M. Léger Montmaur, bourgeois de Curemonte et par dame Victoire de Lagrange de Maniagues.

F. Pélronille B., née en 1730, tenue par Messire Jean Damascène de Génies,écuyer, sieur de Belcayrel,et par demoiselle Pétronille Bourdarou.

G. Guillaume B., né en 1749, tenu par Messire Guillaume de Génies, seigneur de Maniagues, et par demoiselle M. Bourdarou.

H. Françoise B., née en 1743, tenue par M. Jean Bourdarou son frère et par Françoise de Latour de Bétaille.

1. Jean Bourdarou, né en 1644, tenue par le sieur Mazeyrie, notaire de Bétaille et par sa soeur M. Bourdarou.

16e degré. — Messire Guillaume de Génies, écuyer, seigneur de Maniagues marié avant 1736, avec dame Victoire de Lagrange, qui meurt en 1766 le 11 octobre, âgée de 60 ans et est enterrée dans l'Eglise de Maniagues, son mari, meurt à son tour en 1777, le 11 janvier, âgé de 78 ans, et est aussi enterré dans l'Eglise de Maniagues.

Leurs enfants furent :

1er Noble Philippe de Génies qui suit :

2e Noble Jean Louis de Génies, né à Maniagues en 1741, tenu par Messire Jean Damascène de Génies, remplacé par messire Louis Longueval, capitaine au régiment Dauphin et par demoiselle Jeanne Toinette de Génies, remplacée par Marie de Génies épouse du sieur Bourdarou. Il est


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parrain en 1752 à Carrennac de demoiselle Françoise de Lagrange, fille de Messire Philippe, et en 1781 de son neveu Jean-Louis de Génies, fils de Philippe (V. infra). Il meurt célibataire à Carennac en l'an VIII, âgé de 59 ans. (Beg. de Maniagues).

3e Demoiselle Toinelte de Génies, morte à Maniague en 1755, âgée de Il ans (reg).

4e Demoiselle Catherine de Génies, morte à Maniague, en 1777, âgée de 30 ans (reg).

5e Demoiselle Henriette de Génies de Maniague, mariée à Carennac avant 1780 avec le sieur Faral, bourgeois de Carennac (reg.).

6e Demoiselle Louise de Génies, mariée après la mort de son père en 1778, avec le sieur Ignace Vérnéjouls, fils du sieur Guillaume Bourgeois et de demoiselle Catherine Labria, du repaire de Plaignes, paroisse de Queyssac en Limousin. Furent présents : Messire Louis de Lavalade de Génies, cousin de l'épouse, M. Jean Bourdarou, cousin germain, M. Antoine Vidal, bourgeois de Bonneviole, cousin-germain.

17e degré. — Messire Philippe de Génies, écuyer, seigneur de Maniague, né à Maniague, en 1756, tenu par Messire Philippe de Lagrange qui signe Rouffillac, et par demoiselle Jeanne d'Ambert, marié en 1779 à l'Eglise de Gramat avec demoiselle Marguerite d'Amadieu, fille de Bertrand Amadieu, avocat ou de demoiselle Marguerite de Solignac, dont le frère messire d'Amadieu, émigra et s'allia avec les de Caors ; leurs descendants vivent aujourd'hui (1909) à Verteillac, Dordogne. Noble Philippe de Génies dénombra ses terres au roi en 1783 (arch. du Lot série C. 1215 et suivants). Il assista en 1689 à l'Assemblée des Etats du Quercy à Gahors ; il se cacha pendant le Terreur. Ses enfants furent :

1° Nnble Jean-Louis de Génies, né en 1781, tenu par son oncle messire Jean-Louis de Génies, habitant Carennac, et par sa grand'mère, demoiselle Marguerite de Solignac (reg.).

2e Demoiselle Marguerite de Génies, née en 1782, tenue par le sieur Antoine Amadieu, étudiant au collège, et par Demoiselle Bonnassie veuve du sieur Bacquier de Commende paroisse de Gramat.

3e Noble Antoine de Génies, né en 1784, tenue par son oncle M. Antoine Faral, Bourgeois et par Demoiselle Marie-Jeanne d'Amadieu épouse de M. Barat Bourgeois de Gramat.

4e Demoiselle Henriette de Génies, née en 1786, tenue par M. Bertrand Amadieu, avocat, et par Demoiselle Henriette de Génies épouse du sieur Antoine Faral, sa tante.


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5e Sébastien de Génies, né en Thermidor, an II.

6e François de Génies, né le 29 décembre 1796, présenté par Jacques Faure et P. Audubert (reg.).

18e degré. — M. Louis de Génies, marié après la Révolution avec Demoiselle Veyries de Prudhomat.

Père de :

1° Monsieur Frédéric de Génies, qui suit ;

2e M. Hippolite de Génies, mort sans alliance à Maniagues en 1989.

3° M. Urbain de Génies, marié avec demoiselle Souladié.

4e M. François de Génies, mort à 22 ans.

5° Demoiselle Angèle de Génies, mariée avec M. Laplace.

6e Demoiselle Augustine de Génies, mariée avec M. Ayroles.

7* Demoiselle Claire de Génies, mariée avec M. Cayré.

19e degré. — M. Frédéric de Génies, marié avec demoiselle Jeanne Pern de Tegra.

Ses enfants ont été :

1° M. Pierre Elie de Génies qui suit :

2e Demoiselle Adélaïde de Génies, mariée avec M. Moles de Lafrasquie, de Carennac.

20e degré. — M. Pierre Elie de Génies, marié avec demoiselle Euphrasie Martin de Pechfumat, paroisse de Loubressac, soeur du célèbre orientaliste abbé Paulin Martin, M. de Génies est mort en 1898, laissant les enfants suivants qui forment le 21e et dernier degré.

Ie M. Joseph Marie de Génies, non marié en 1909.

2e Demoiselle Marie Jeanne de Génies non mariée en 1909.

BRANCHE DE MIER. — SEIGNEUR DE BELCAYRÉ ET LAVALADE

15e degré. — Noble Jean Damascène de Génies, 3e fils de noble Louis et de Jeanne Lestrade, épousa, âgé de 54 ans, en 1755, demoiselle Madeleine de Latour de Langle, fille de feu noble Paul-Louis de Latour de Langle et de la demoiselle de Vaquier (Guillou notaire). Furent présents au contrat, Messire Joseph de Latour de Langle, oncle de la future qui lui donna 400 livres, Messire Joseph de Latour de Langle, prêtre et frère de la fiancée qui lui donna 300 livres,et autre Messire Joseph de Latour de Langle, frère aîné de la fiancée qui lui donna 2,300 livres et 200 livres de pension viagère. Noble Jean Damascène dit de Lavalade était seigneur de Belcayré.


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Leurs enfants furent :

1. Noble Louis de Génies, sieur de Lavalade ; il dénombre ses biens au roi en 1783, et assiste à la réunion des nobles du Quercy, tenue à Cahors en 1789. En 1784 il paie 400 livres à sa soeur Suzanne. (Insinuation, Martel).

2. Demoiselle Suzanne de Génies.

3. Demoiselle Madeleine de Génies, mariée, avant 1774, à Espère, avec son cousin noble Bonaventure de Génies de Labarthe (voir plus haut).

Armes : De gueules à un chevron d'argent à la bordure d'or. (F. 426, arch. du Lot). — Esquieu : Armoriai du Quercy.

Au 43e degré de la branche d'Espère :

En 1674, à Gourdon, naissance de noble Raymond de Génies, fils de noble François de Génies sieur de Labarthe et de demoiselle A. de Marsis, tenu par Me Ramond Fouillac, docteur en Sorbonne — c'est l'auteur des Chroniques du Quercy — remplacé par son frère M. Me Antoine de Fouillac avocat, et par demoiselle Jeanne de Beaumont de la Comté (reg. Gourdon).

Au 15e degré de la branche de Cantecor :

En 1661, naissance de demoiselle Jeanne de Génies, fille du noble Alexandre sieur de Saint-Maurice, tenue par nobles Jean et Marie de Céniès.

En 1682, décès des demoiselles Louise et Gabrielle de Génies.

En 1685, mariage de demoiselle Jeanne de Génies, âgée de 30 ans, avec noble Louis de Bouchat sieur de Lavalade, habitant Rouffiniac près de Montvalent.

A. FOISSAC.


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LE

COLLÈGE ROYAL DE CAHORS

sous LA RESTAURATION

II. — LES PROFESSEURS

J'aurais voulu retrouver la physionomie particulière de nos prédécesseurs lointains. Mais je n'ai sur eux que des rapports administratifs. Ceux-ci suffisent, il est vrai, pour connaître leurs qualités professionnelles, leur excellence morale. J'aurais voulu des traits plus vivants. Or il ne reste d'eux que des anecdotes révélatrices de manies innocentes ; encore ont-elles été embellies, transformées par des générations d'espiègles. C'est une douleur de notre condition que de ne laisser dans l'esprit de nos élèves que des rancunes ou des ridicules. Il semble que l'on nous en veuille d'avoir quelque temps exercé une autorité. Bien rares sont les disciples affectueux et reconnaissants.

Disons d'abord que nos maîtres d'autrefois furent tous d'honnêtes gens. Quelques-uns eurent des convictions solides tous aimèrent leur métier au point d'en faire l'unique souci de leur existence. Jen'ai trouvé contre leurs moeurs, contre leur conduite, aucune critique. Ils furent sans exception attachés au devoir. A Cahors tous furent estimés. Beaucoup s'y fixèrent. D'autres s'y enracinèrent en s'alliant à des familles honorables du pays. Beaucoup, il est vrai, étaient Cadurciens ou Quercinois. C'est alors que naît ce goût de la permanence qui semble être la marque distinctive de notre Lycée et qui est loin de nuire à sa renommée. Car c'est par elle que s'assure l'expérience du maître, que se façonne et se règle l'esprit de la maison. Les familles sont heureuses de retrouver des maîtres dont elles ont elles-mêmes goûté l'intelligence et supporté l'humeur. Les élèves s'abandonnent plus aisément à des figures qu'ils ont vues des années successives, et les professeurs eux-mêmes qui ont besoin de confiance et de liberté, peuvent, en toute sécurité, prolonger des relations d'amitié qui font la vie heureuse, qui favorisent aussi leur labeur quotidien. On sait en


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effet qu'aujourd'hui plus que jamais, avec la division indéfinie des classes et des programmes, les professeurs ont besoin de solidarité. Et la solidarité n'est possible qu'avec la sympathie. Nos anciens qui ne connaissaient peut-être pas le mot en connurent et en pratiquèrent l'idée.

Ils étaient d'abord de même condition, peu riches pour la plupart et très humbles d'origine. Ils vivaient, du moins les célibataires, au collège. Ils y avaient leurs chambres qui étaient situées où sont aujourd'hui l'infirmerie et la partie orientale de l'appartement du Proviseur et aussi le vieux bâtiment perpendiculaire à la rue Valandrés. Pauvres chambres, les dernières surtout que l'on aménagea cependant pour retenir à Cahors les bons maîtres. Ceux-ci en effet se plaignaient de leurs logis modestes (avril 1817). Ils mangeaient à la table commune à la même heure que les élèves et dans le même réfectoire. On leur retenait 25 fr. par mois. Mais,le premier janvier I8i6, on leur demanda jusqu'à la fin de 1819, 40 fr. C'est que les vivres furent chers ces trois années. Cependant ils devaient être bien traités, ou peut-être leur appétit était-il ardent, car le Conseil académique en 1818 constatait que cette table commune « ne donnait aucun avantage » lisez bénéfice (I).

Cette coutume paraîtrait singulièrement gênante aujourd'hui, et peut-être, si même elle était possible, causerait-elle des conflits désagréables. Elle avait de sérieux avantages pédagogiques autrefois, et n'est-ce pas comme un retour à elle que l'on rêve quand on veut que le professeur devienne aussi un répétiteur. Il l'était autrefois, car le professeur surveillait aussi la récréation et l'étude ; il pouvait continuer ainsi la direction de l'élève. C'était aussi pour lui un moyen d'amélioration matérielle. Le traitement variait de neuf cents à quinze cents francs. Il fallait y ajouter quelques indemnités pour examens du baccalauréat ou certificats primaires, quelques leçons (on les payait de 4 à 12 francs par mois), et leur part de la rétribution des externes : c'était l'éventuel'qui allait à 2 ou 300 francs. Et ce traitement, les premières années de la Restauration, n'était point payé à jour fixe. Car la

(1) Prix du pain : 1815 - 35 c.

1816 - 47 c.

1817 - 52 c.

1818 - 50 c.

En 1816, la journée de nourriture à cette table était :

Pain — 76 décagr. Viande — 25 Vin — 33 —


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caisse du Collège ne recevait pas tout ce qui lui devait revenir. Nous savons en effet qu'elle concentrait les redevances des maîtres de pension et notamment la rétribution universitaire. Elle devait payer aussi les dépenses de l'Académie. Or toutes ces sommes ne rentraient pas. La circonscription académique était délimitée de façon déraisonnable. Un maître de pension de Lombez ou de Mézin préférait payer au percepteur de sa région plutôt que d'envoyer directement à Cahors. Entre ces régions lointaines « il n'y avait de communications que par des piétons qui changent trois ou quatre fois dans un espace de 12 à 15 heures ». Alors le Proviseur et le Recteur devaient demander à la C. I. P. des ordonnances spéciales pour que leur revinssent les sommes versées auxautres agents comptables. Et pendant ce temps, que seraient devenus nos maîtres s'ils n'avaient pas trouvé au collège bon souper et bon gîte ?(I)

Le Censeur pouvait profiter de la table commune en payant la même redevance, et aussi l'Econome. Le Conseil Académique demanda souvent que celui-ci y fut admis gratuitement, pour le récompenser de sa bonne gestion. Mais il l'obtint difficilement. L'aumônier ne payait point, ni non plus le prêtre qui, à peu près tous les ans, venait, autour de Noël, prêcher la retraite. Ainsi l'abbé Escorbiac, (7 jan. II janvier 1823). Et l'aumônier avait un traitement égal au traitement fixé du censeur, soit ici 1500 fr.

Les professeurs mariés étaient logés en ville avec leur famille. L'un d'eux Migneret n'était point riche. Il devint très malade, mourut et pendant quelque temps sa veuve et ses enfants furent soutenus par des secours que le collège donna généreusement. L4Université n'était pas une marâtre. Elle se chargea des funérailles de son malheureux serviteur.

Disons maintenant ce que nous avons recueilli sur chacun des fonctionnaires du collège :

(I) A propos de la difficulté des relations dans l'Académie, le Recteur au G. M 29 mars 1819 : « Les chemins communaux des bords de la Garonne et du Gers sont impraticables avant mai. L'an dernier, le 22 mars, le sous-préfet de Marmande m'a voulu empêcher de poursuivre ma tournée vers Duras, Miramont. Lauzun, et je courus plus de dangers dans le territoire de ces communes quoique j'eusse avec moi outre mon domestique un guide du pays ».


186 —

LE PROVISEUR

Astoud fut remplacé par le Proviseur de Limoges, Payen (novembre 1815). Celui-ci dut supporter toutes les difficultés matérielles, conséquence de l'état politique du temps. Les créances arriérées ne rentraient point ; les élèves pensionnaires, en 1810, nefurent que 71. Les vivres étaient chers. Il y eut un surcroît de dépenses, par suite un déficit. Mais il fut réduit, grâce « au talent, au zèle et à l'infatigable activité du Proviseur bien soutenu par l'économe, Bessières Jean-Baptiste ». On avait renoncé, il est vrai, à « l'usage abusif » de payer le cours que faisaient les maîtres d'études aux élèves qui restaient pendant les vacances (1).

Payen, au début dei8i7, fut chargé du Rectorat. Sa nomination fut. définitive le 6 novembre. En avril 18-18 il était envoyé Recteur à Nancy.

Lacoste qui était censeur prit sa place. Mais non pas officiellement tout de suite. Il fut remplacé comme censeur et, le Recteur répétant pour lui ses sollicitations, il ne fut nommé qu'en janvier 1818 (le 22). Il prit sa retraite en septembre 1828.

C'est le plus long provisorat qu'ait eu notre Lycée (2). Ces dix années furent bien employées. Le collège prit son élan et gagna sa réputation. Nous avons vu ce que Lacoste fit pour les études. C'est lui qui continua l'embellissement des bâtiments, qui fonda la bibliothèque. Il fit planter des arbres dans les cours et le long du mur qui soutient la muraille du jardin. Nous avons pu jouir quelque temps de leur feuillage touffu qui jetait une ombre apaisante sur nos classes brûlantes maintenant aux jours étouffants de juin. Il reste de ce temps cette épaisse muraille de buis qui longe la façade méridionale.

A toutes les pages des rapports administratifs nous ne trouvons sur lui que des éloges. Son administration économique fut pourtant discutée. En I8I8 « la nourriture des élèves n'avait été ni abondante ni variée, ni bien apprêtée ». On en accusa l'économe qui. « logé trop loin des cuisines » ne pouvait surveiller les domestiques. Le Proviseur

(I) 27 septembre 1824. Il ne reste pendant les vacances que 8 ou 10 élèves.

(2) Viennent après : Clément du Mez 29 avril 1834 - 2 octobre 1843 Richaud 9 janv. 1865 - 30 sept. 1873

Fournier 9 janv. 1895 - 30 sept. 1901


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avait remplacé le censeur pendant la maladie de celui-ci. Mais dès octobre, le régime changea « grâce au zèle mieux entendu et à la situation des finances qui s'améliorait, grâce aux bienfaits de Sa Majesté ». C'était tout-à-fait bien en 1823 : « Les élèves ne pouvaient plus se plaindre de la quantité ni de la qualité des mets » (1). On put faire des bénéfices ; on les dépensa en achat de livres.

La gêne revint en 1828. Les élèves diminuaient. Les familles peu riches préféraient des pensions moins chères. « Il était naturel que le besoin fit sacrifier le mieux pour le bien et souvent même pour un enseignement imparfait ». Et toutefois l'on voulait fonder une chaire d'Histoire et une chaire d'Anglais.

Il fallut un Proviseur actif. Or Lacoste avait 63 ans. Ses facultés diminuaient. Il avait mené une vie peu heureuse et, à ses travaux de professeur et de Proviseur, il avait ajouté la fatigue de longues et minutieuses recherches historiques. Cet « homme honorable et malheureux » dit un rapport, fut mis à la retraite. Il était officier de l'Université depuis juillet 1825.

Cette décision, justifiée pourtant par l'âge, émut ses amis. Le Conseil général manifesta « ses regrets unanimes en faveur de cet officier de l'Université qui contribua puissamment à conserver dans nos contrées, pendant le temps de proscription et de terreur, les doctrines religieuses et monarchiques, ainsi que le goût des saines études» (2). Et l'éloge n'était pas outré. Lacoste était toujours resté fidèle à ses convictions. Le Préfet Bailly l'avait constaté, en 1812, dans son rapport à Savary. Mais on ne pouvait en vouloir à un homme loyal qui avait en effet rendu tant de services à l'instruction publique, alors que les Ecoles officielles n'avaient point de méthode ni de régularité. Le Conseil Général supplia le Ministre de revenir sur sa décision. Démarche inutile. Les auteurs méritent d'être connus. C'étaient le chevalier de Folmon, maire très populaire de Montcuq, l'avocat Maysen et Delpon, l'auteur si estimé de cet ouvrage remarquable très précieux pour l'his(1)

l'his(1) dépensait par élève et par jour o fr. 75 à o fr. 85.

(2) Guilhaume Lacoste était a Alarcilhac « instituteur » le 15 février an III, depuis trois ans. Il avait alors 28 ans. Il fut nommé par le district de Figeac élève de l'Ecole normale de Paris en remplacement du citoyen Puniet qui n'avait pas accepté pour cause de maladie. Ce détail de la vie de notre grand érudit quercinois était jusqu'ici inconnu (L 346). Arch. Dép.


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toire du Querci, la Statistique du Département du Lot. J'ai dit que Lacoste mourut le Ier juin 1844, à Sainte-Marguerite, un petit hameau tout voisin de Cahors (1).

Pougin de Maisonneuve (2) arrivait à un moment de crise économique et politique. Cette année même la grêle avait ravagé les récoltes. Le Proviseur craignit que les familles ne pussent continuer les sacrifices commencés. On ne pouvait pas pourtant réduire le personnel. On l'augmenta même par un professeur d'anglais, car il fallait soutenir la concurrence des grands collèges de Bordeaux et de Toulouse où les langues vivantes étaient enseignées. Il proposa donc de prélever 3 francs par mois sur chaque externe qui suivrait le nouveau cours.

C'est aussi le moment de l'application des ordonnances de M. de Martigtiac sur les écoles ecclésiastiques (juin 1828) et plus tard des ordonnances de M. de Polignac. Le Proviseur fut quelquefois embarrassé. A Cahors la lutte prit quelque àpreté. Il y avait un parti ultra très remuant et un parti libéral très agité. L'affaire de l'abbé Césaire avait exaspéré le premier contre l'Université. De plus l'abbé Ortal, l'aumônier, n'avait pas voulu signer la déclaration qu'exigeait M. de Martignac de tout prêtre enseignant dans l'Université. Les professeurs semblent n'avoir pas tous déguisé leurs sentiments. Le censeur,Chadrin de Belval, qui malheureusement manquait d'autorité, approuvait ouvertement les ordonnances de juillet. L'Econome les désapprouvait. Du moins il en fut soupçonné, s'il faut en croire le Recteur Grancher qui, le 12 février 1831, parle « d'une inquisition dont ses moindres propos et ses fréquentations étaient l'objet ». Quelles difficultés pour un Proviseur et surtout dans une petite ville où chaque parti veut soumettre à ses exigences tous les chefs de service, et où est accusé de traîtrise quiconque ne veut connaître que son devoir administratif. Le proviseur « gémissait en secret ».

L'affaire du docteur Caviole acheva sa disgrâce. Celui-ci était médecin du collège. Il appartenait au parti libéral. Le Préfet, M. de Lantivy, le releva de ses fonctions (6 juillet) « pour des causes étrangères au service de santé » qu'il faisait d'ailleurs avec zèle et succès. A ce

(I) Registre du Conseil Général 1828.

(2) Louis-Raoul-Hippolyte, né à Paris, 26 janvier 1792. Bachelier, es lettres depuis 1813.


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même moment, un élève était gravement malade et « il n'était pas hors de danger ». Le Proviseur demanda que le docteur Caviole put continuer à lui donner ses soins, et, pour manifester à l'autorité qu'il respectait ses ordres,il proposa pour remplaçant le docteur Bonhomme. Le Préfet répondit que ce dernier était « un interposé ». Et il nomma Murât. Je ne sais pas si M. Caviole fut autorisé à retourner au collège voir son malade. Mais il reprit ses fonctions après l'avènement de Louis-Philippe.

Quant au Proviseur il fut blessé de cette imputation gratuite. Il en référa au Recteur. Mais les Inspecteurs Généraux avaient demandé son changement. Il obtint un congé,en août, pour se rendre à Paris. Il fut envoyé à Amiens, en octobre.

LE CENSEUR

Il devait bien ses ennuis au Censeur et peut-être aussi sa disgrâce. Ce malheureux Chadrin de Belval (I), au dire du Recteur qui, depuis mai 1830, l'avait vu à l'oeuvre « n'était plus qu'un hors-d'oeuvre pour la discipline et un contre-sens pour l'Académie et les professeurs dont il a perdu la confiance et l'estime. Ailleurs peut-être où ses antécédents sont ignorés, il se rendra utile, bien que l'étroitesse de ses vues et la servilité de ses habitudes ne me paraissent propres à lui attirer nulle part l'influence que doit avoir un censeur sur les maîtres et sur les élèves ». Le jugement est daté de fin août 1830. Nous ne voulons pas croire que Grancher ait voulu accabler un fonctionnaire que la police nouvelle signalait comme un adversaire politique. Mais la recommandation n'était pas bienveillante.

Entre Lacoste et cet infortuné nous citons ■

André (26 décembre 1818) « un bon esprit, qui avait des connaissances distinguées » ; un certain Lesage-Dieu (17 octobre 1822) qui, je crois, ne vint pas ; Beaulieu, Delpy de la Cipière (26 octobre 1825) (2), ancien principal de Sarlat et bientôt inspecteur de notre Académie ;

(1) Antoine-Léon, né à Paris 22 frimaire, à 2. (12 décembre 1793). Licencié ès-lettres 1817. Maître d'études à Amiens, à Versailles 1814 sous-directeur à Louis le Grand 18 1 5.

(2) Principal de Sarlat et professeur de Philosophie, 26 septembre 1821 et 19 novembre 1822 ; officier de l'Université, 5 juillet 1 825; Inspecteur d'Académie 9 novembre 1825.


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un certain Darassus dont je n'ai que le nom (I) ; enfin l'abbé Guégan (2). Ce dernier venait de Versailles. Il fut ensuite appelé au provisorat du collège de Clermont.

L'ÉCONOME

Bessières qui avait succédé à son oncle, le vénérable Bessières, le maître de pension de l'ancien collège, sollicitait une charge de notaire. Il fut remplacé par Traversiê, 28 mars 1819 (3). Celui-ci avait été commis à l'Académie puis maître d'études. Il avait eu pour concurrent un certain Couderc Pierre,marchand de serges et de cadis.On lui donna un « écrivain » qui était aussi « dépensier » et qui recevait 400 francs,mais pas de nourriture. L'économe était logé et l'on demanda souvent pour lui la gratuité de la table commune.Celui-ci ne paraît pas avoir eu un excellent caractère. Il supportait mal la plaisanterie, se croyait toujours menacé dans sa dignité. Il se plaignit au Proviseur d'avoir été une fois insulté par un de ses collègues (18 décembre 1819). Le Recteur prévenu eut l'esprit de prier le Proviseur d'arranger l'affaire à l'amiable « cette affaire ne devant pas être portée au Tribunal des supérieurs ».

L'AUMONIER

L'abbé de Lapanonnie se retira dès les premiers mois de 1817 (4). L'abbé Ortal, vicaire de la Cathédrale lui succéda (5). La tâche de l'aumônier était lourde en ce temps où la religion tenait la plus grande place dans nos maisons d'instruction. Il avait ses instructions journalières, la surveillance de la prière, matin et soir, et surtout la préparation dts professeurs et des élèves à la pratique fréquente des sacrements. Il était, il est vrai, aidé par le professeur de philosophie et quand, en 1827, celui-ci fut un laïque, le Conseil Académique dont il faisait partie lui donna, pour le seconder, un prêtre de la ville. C'était

(1) Nommé à Pau, 1er novembre 1826.

(2) Né à Quiberon, 6 novembre 1789.

(3) Né à Cahors, 14 juillet 1793. Jean-Raymond Bonaventure. Bachelier èsLettres. Il cessera ses fonctions, 11 mars 1836.

(4) Il n'avait pas voulu prêter serment à Napoléon aux Cents Jours.

(5) Jean-Julien-Joseph, né à Montvalent, le 8 juin 1890


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aussi un prêtre étranger qui prêchait la retraite annuelle. C'est l'abbé Escorbiac qui en 1824 « emporta la plus grande consolation et la certitude d'avoir opéré au collège beaucoup de bien » (1). Mais lui-même, en cas de besoin, prêtait volontiers ses offices au clergé des paroisses. Lors de la mission que dirigea le fougueux Forbin-Janson et qui dura deux mois, il fut un des prêtres les plus occupés (2).

Je ne sais point si son rôle n'y fut pas trop entreprenant, car cette mission avait soulevé une vive opposition qui se manifesta surtoutdeux ans après quand l'enthousiasme des fervents eut été éteint ; toujours est-il qu'il fut envoyé à Moulins le 28 octobre 1826. Il obtint, il est vrai, d'être maintenu à Cahors. Il ne voulut pas deux ans après se soumettre à l'ordonnance de M. de Martignac. Celui-ci ordonnait à tout membre de l'Université de déclarer par écrit, qu'il n'appartenait à aucune des congrégations non reconnues en France. Notre aumônier ne signa point. Il fut remplacé par l'abbé Certes de Montauban qui n'accepta pas. On nomma l'abbé Dommergue, vicaire de la cathédrale (3). Ce dernier restera jusqu'en 1847.

LES MATHÉMATIQUES TRANSCENDANTES

Cette chaire relevait plutôt de la Faculté des Sciences. Elle fut supprimée. Son titulaire,le vieux Ricard,cessa ses fonctions le Ier septembre 1816. Il avait employé l'année à répéter des leçons de mathématiques dans les diverses classes (4). On sait qu'il mourut le 16 décembre 1825 dans sa maison de la Chartreuse à Cahors.

(I) Lettre du Recteur au G. M.

(2) Récit inédit de Barthélémy Albouys, juge au tribunal de Cihors. B. M.

(3) Alexandre, né à Murât, le 9 mars I800.

(4) J'ai trouvé sur son compte une charade composée en 1803 par un de ses élèves, Albouys Barthélémy, celui-là même qui, royaliste impénitent, a laissé une volumineuse correspondance concernant la survivance de Louis XVII.

Cette correspondance est un des fondements les plus précieux de la théorie des Naundorff. Albouys avait alors 16 ans. (Il est mort en 1861).

Mon premier avec S est très bon, un jour maigre.

Mon second, en patois, fait rire les gourmands ;

Et mon tout, professeur, traite comme des nègres, Tous les élèves fainéants.

Ri-Card. Car en patois signifie chair, viande.

Ricard fut, parait-il très piqué de cette malice point méchante. Il dit aux autres élèves : « Ne faites rien a M. Albouys : il mettrait votre nom en charade.


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LES MATHEMATIQUES SPECIALES

Elle n'eut point d'élèves en 1816, ni en 1817. Pontus qui la dirigeait en fut dépossédé. Fût-ce une disgrâce? Peut-être. « S'il y a eu des raisons suffisantes pour que M. Pontus ne fût plus attaché au Collège Royal, ses talents et les succès qu'il a obtenus dans l'Enseignement le mettent dans le cas d'être employé utilement partout ailleurs. Son état de fortune et son état de père de famille lui font une loi de ne négliger aucune de ses ressources. » C'est ainsi que l'abbé D'Regel recommandait Pontus au Grand-Maître. Mais Pontus ne fut réintégré que le 25 octobre 1823 et, cette fois, dans la chaire de Physique, car c'est à cette date que le Professeur de Mathématiques spéciales se confine uniquement dans ses attributions.

Pontus prendra sa retraite en août 1845. C'est un de ceux dont nos aînés se souviennent encore. Il s'allia d'ailleurs à une famille du pays. Pontus épousa Sophie-Antoinette Labouissequi, par sa mère, Emilie Fournie, était parente de Antoinette Agar dite Rosalie, la fondatrice de la Miséricorde de Cahors, et par celle-ci, parent du comte de Mosbourg. C'était un professeur très savant pour le temps, mais sensiblement naïf. Il avait une haute taille qui, au repos, derrière sa large table de physicien en imposait tout d'abord aux nouveau-venus. Mais s'approchait-il du tableau, les rires fusaient. Notre homme était boiteux et immodérément. Et ceci dissipait le prestige qu'auraient pu lui donner sa belle stature et son beau visage imposant. On se répète encore les malices de toute trempe dont on l'accablait. Virgile, lui disaiton, avait annoncé sa venue quand il avaitécrit ses finales sonores oequora ponti ou pontumque profundum et notre vieux collègue, dit-on, se laissait persuader. D'autres fois, c'était un élève qui entrant en coup de vent dans la classe sautait sur le cornet acoustique, et quand le professeur entrait, il sonnait par la fenêtre qui ouvrait sur la promenade : « Vive Pontus, le maître d'Arago ! » Pontus avait connu le grand astronome et peut-être l'avait-il conté trop souvent avec cette innocente fierté des esprits simples qui ont eu souvent l'intelligence des grandes choses, mais qui,par modestie, inexpérience du monde ou infortune, se sont laissés prendre leurs secrets par de plus entreprenants ou de plus audacieux.

La chaire de Physique fut abandonnée par Plessis, le Ier octobre 1816.


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Comme les élèves n'étaient point en état de suivre le cours de Physique et que ceux de Philosophie pouvaient comprendre à peine des leçons d'arithmétique, on ne nomma qu'un professeur qui, avec le professeur d'Elémentaires, occupa ce double service.

Le nouveau venu, Conscience était « un mathématicien distingué, un professeur habile, un excellent homme. Il débuta d'une manière brillante », mais il tomba malade. On lui donna un secours de 400 fr., et il mourutà Paris, le I2 décembre 1818. Pontus, qui était resté à Cahors, l'avait remplacé quelques mois.

Durrande fut d'abord suppléant puis titulaire. « Il avait du zèle et du talent. Il employait un heureux mélange d'explications, d'analyses, de dictées. Il parlait avec âme et chaleur et ne fatiguait pas ses élèves. » Il travaillait beaucoup en dehors de son service. En août 1823, il soumettait à l'administration deux ouvrages de Physique et sollicitait le diplôme de Docteur ès-Sciences par collation. Quelques mois après il passait au Collège de Marseille. (3 novembre 1823). (1)

C'est alors que Pontus rentre au collège. Il ne tarda pas à ressaisir sa vieille répulation. Le 11 juillet 1826,,le Recteur demandait pour lui le Doctorat ès-sciences par collation. Il était depuis longtemps officier de l'Université. Il fut membre de la Commission d'examen du Baccalauréat et du Conseil Académique. Il s'intéressait beaucoup au pays. Il fit une série d'observations météorologiques, instruisit plusieurs générations d'aspirants aux arts et métiers et aux services des travaux publics. Il mourut le 29 avril 1849. Mais il s'occupa seulement d'enseigner la Physique.

Les mathématiques furent données à un nouveau venu. Il ne reste de lui que son nom. Il s'appelait Midi.

Après celui-ci vint Mèrilhou (2) (30 oct. 1826). Il avait été instruit à Montignac par Grancher, qui, en mai 1830, deviendra son Recteur, ici même. Et j'ai la bonne fortune d'avoir trouvé dans les papiers de ce Recteur qui était l'ordre même, un paquet de devoirs parmi lesquels sont quelques copies de l'élève Mèrilhou. On verra quelle était l'habileté de ces

(1) Emmanuel Joseph né à Douai, 29 décembre 1782

(2) Élie Joseph, né à Montignac, 17 janvier 1796, bachelier ès-Iettres. Elève de l'institution de Montignac ; 1817 Professeur, dans cette institution ; Régent de maîhématiques à Agde ; Professeur de mathématiques élémentaires à Rodez, laïque.


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anciens élèves, la tournure de leur esprit, le genre d'imagination auquel on les pliait. Ce sont des vers latins, une pièce de distiques pour vanter les bienfaits de l'agriculture, une imitation en vers français de l'ode d'Horace « solvitur acris hiems » et une série de fables. Ces exercices devaient être lus à la distribution des prix d'apût 1813 et 1814. Voici l'une des fables :

L'AIGLE ET LE SERPENT

Contre un aigle jadis un serpent insensé Se livrait aux transports d'une aveugle colère. De son cou dans les airs dressé Il menaçait son adversaire, Et sa gueule dardait d'horribles sifflements. L'oiseau du Dieu qui lance le tonnerre Daigna supporter fort longtemps Les vains affronts d'un reptile en démence ; Mais enfin perdant patience, Il vous saisit ce furieux, Et, s'élevant soudain jusqu'au plus haut descieux,

En le lâchant il en tire vengeance. Tout fracassé, le malheureux serpent Perdit tout à fait son orgueil et sa vie.

Petits, gardez-vous bien de provoquer un grand De peur de payer cher cette fatale envie. Le récit a bien quelque sécheresse, l'expression est parfois maladroite et surtout impropre. Mais il révèle de la facilité, une certaine souplesse. On est loin de l'imagination puissante, de la sensibilité si profonde qui caractérisera bientôt le mouvement romantique.

Nous ne nous étonnerons point que notre ancien collègue ait choisi les Mathématiques. Il réussira dans cette chaire. En décembre 1828, il sera membre du Conseil Académique et, après juillet 1830, il deviendra, par l'appui de son ancien maître de Montignac, le Recteur Grancher, inspecteur d'Académie ici même.


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LES MATHÉMATIQUES ELEMENTAIRES

Ruelle les enseigna jusqu'à sa retraite qu'il prit en novembre 1829. Il fut alors remplacé par Chauvet (1). Cet ancien oratorien eut, sur le tard, le désir de se marier. Il épousa une fille de son ancien Recteur, Rémi Paulin (2). C'est de cette union qu'est sortie une vaillante lignée d'officiers de mérite qui ont suivi l'exemple de leurs oncles Louis, Gustave et Charles Paulin. Gustave fut un héros de la Bérézina. Officier de génie, il dirigea la construction du pont de pilotis. Ce pont tint bon pendant que s'engloutissait celui qu'avaient lancé au milieu des glaçons les pontonniers du général Eblé. Louis, officier de Génie lui-même, était colonel à 32 ans. Il fut un des constructeurs des ponts sur le Danube où devaient passer les héros de Wagram. Il a laissé des mémoires très curieux, d'une précision serrée sur la période impériale (3). Charles se distingua au siège d'Anvers en 1832, et il se retira du service à la révolution de 1848.

LA PHILOSOPHIE

L'abbé Desaux enseignait encore. Ses connaissances ne s'étaient guère renouvelées et ses cahiers vieux étaient toujours sa matière. Il suivait cependant un manuel du temps d'un certain Lion. Il faisait, sauf en 1816 où il n'eut pas d'élèves, 10 heures dé classe. Tous les jours il donnait un devoir écrit puis argumentait sur la leçon du jour et les précédentes, en latin. Nous savons qu'il manquait d'autorité. C'est qu'il était bien vieux et son exil en Espagne (1792-1802) avait brisé ses forces. On lui donna quelque temps un remplaçant tout en le conservant au collège avec une pension de 1.000 francs et la nourriture. Mais il fallut le conduire à Lauzerte dans sa famille. Il y mourut bientôt après d'une

(1) Né à Saint-Prince (Manche) 5 septembre 1795. Ex régent du collège de Mortain.

(2) A ce mariage signèrent Remi Paulin,l'ex recteur, Jean-Zaoharie de la Rue, inspecteur d'académie, 54 ans, Pierre Borredon professeur, 29 ans, Joseph Corrèze, capitaine de génie, 29 ans, François Verdier médecin, Lacoste proviseur.

(3) Mémoires du général Paulin, publiés par son petit neveu Paulin Ruelle Pion 1895.


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attaque d'apoplexie. Il avait été « toute sa vie un modèle des vertus chrétiennes et sociales et avait mérité l'estime générale (I) ».

Alazard (2) lui succède, après Floiras qui resta quelques mois. C'était un ancien élève du collège, et alors, directeur et professeur de Philosophie au séminaire de Cahors. «Il était d'une insigne honnêteté, avait des talents reconnus ». Cependant il ne voulait pas se présenter au concours d'agrégation parce que « il n'était point digne d'un prêtre, d'un directeur et professeur d'une première maison ecclésiastique de descendre sur les bancs scolaires peur y concourir avec de-jeunes élèves dont plusieurs peut-être auraient été les siens ». C'était de la prudence rie bon prêtre craignait qu'un échec lui enlevât le respect des élèves. L'évèque et son premier grand vicaire qui « aimaient l'Université » et, pour ce sentiment, n'avaient pas établi de petit séminaire à Cahors, voulaient supprimer la Philosophie dans leur grand séminaire. Ils recommandèrent l'abbé au Recteur. Et l'abbé fut nommé suppléant d'abord, puis titulaire (13 juillet 1825). En octobre 1827, il sera Proviseur du collège de Limoges.

Puis viendra Delmas, déjà professeur de Rhétorique. Ce fut le premier laïque dans la chaire de Philosophie. Il était licencié en droit et en lettres. On l'avait,en même temps,nommé,en Rhétorique, à Cahors et,en Philosophie,à Bordeaux. Il préféra notre ville plus voisine de son Albigeois (2). Il demanda par collation le Doctorat ès-lettres. « Il remplissait bien tous ses devoirs et obtenait des succès ». Il fit aussi l'His-- toire à partir d'octobre 1829, mais s'en délivra en juin 1830. C'est qu'il s'était alourdi de 9 heures supplémentaires car, d'après un décret récent l'Histoire devait être enseignée jusqu'à la fin de la Rhétorique : Delmas fera quelque temps le service de Proviseur puis on l'enverra à Lyon. Il sera remplacé par Vacherot (12 novembre 1830). Celui-ci nous restera jusqu'en juillet 1832 (3): c'est le fameux philosophe.

(I) 1er avril 1826. — (2) Antoine Alazard. né à Cahors, 23 juin 1797.

(2) Raymond Joseph Delmas né le 21 janvier 1793 à Albi, régent de 4e au

collège d'Albi, 1811 ; d'Humanités au collège de Lavaur, 1816 ; de Philosophie au collège de Lavaur, 18 17; de Rhétorique à Cahors, 1824.

(3) Vacherot Etienne, né le 29 juillet 1809 à Langres ; Licencié ès-lettres, bachelier ès-sciences; Elève de l'École Normale supérieure, promotion du 3 novembre 1827, chargé de la philosophie au collège depuis le 26 octobre 1830, date de la nomination.

Il prit un congé,en août 1832, car les bibliothèques de Cahors ne lui offraient pas les secours nécessaires pour étudier, entr'autres questions, celles qui se rattachent au moyen âge. Il voulait concourir pour l'agrégation.


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LA RHÉTORIQUE

Couanne (I) prend sa retraite le 9 janvier 1816. Mais il continue ses fonctions jusqu'à Pâques. Dans l'intervalle fut nommé Fontmartin, un ancien élève de l'École Normale supérieure et du Lycée, qui, en 1814, était chargé de la première élémentaire au Lycée de Toulouse. Il n'accepta pas. On nomma Guillaume, ex-professeur de Rhétorique de Montpellier (7 mai 1816). Je ne sais s'il fut installé. Puis Cabantous qui ne resta qu'un an. Le 2 octobre 1817 celui-ci passait à Bordeaux. (11 novembre 1817).C'était un fonctionnaire des plus distingués et le collège éprouva une perte sensible.

Puis vint Leclerc qui occupait la Troisième à Bordeaux (11 novembre 1817. Je ne puis dire si celui-ci était le parent du fameux érudit, collaborateur de Lemaire et plus tard auteur de l'Histoire Littéraire de la France. Doui dont nous avons cité le discours à l'éloge des langues anciennes et du grec, en 1825.

Courtaud. On sonnait sa réputation et ses ouvrages d'helléniste. « Il était plein d'acquit et de goût. Il promettait pour la capitale un fonctionnaire éminemment distingué » disait le Recteur, (1 avril 1822). Il fut envoyé en Avignon. Il avait fait de Perse « une traduction estimée », en préparait une de Juvénal; il s'occupait enfin d'un dictionnaire français-grec « qui méritât ce titre ». Il voulut obtenir lui aussi, par collation, le grade de docteur ès-lettres,

Vincent (8 octobre 1822) demeura deux ans, puis fut nommé à Bordeaux (2). La classe resta quelque temps sans maître. Elle avait 50 élèves en décembre 1824. L'inspecteur Lecomte en faisait l'intérim « avec empressement, mais sans aucune espèce de préparation et à l'improviste ». (3)

On envoya Delmas et quand celui-ci pritla Philosophie, ce fut Boyer, sur qui je n'ai qu'un nom (4) (8 octobre 1827).

(1) N'avait pas prêté serment aux Cent jours.

(2) Né à Versailles le 17 janvier 1791. Licenciées-lettres.

(3) Pierre Louis Lecomte, né le 2 octobre 1796 à Amiens ; élève de l'École normale; Inspecteur, 27 novembre 1823; installé, 16 décembre 1823.

(4) Boyer Austrirrioine (!) né au Mondor (sic) le 8 décembre 1798; Ecole Nor. maie 1819 ; Licencié ès-lettres ; Régent de Sarlut 1822 ; Censeur à Angers 18 octobre 1823, à Poitiers 1825, à Reims 1826.

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LA SECONDE OU « HUMANITES »

Nous connaissons celui qui la dirigea jusqu'en novembre 1831. L'abbé Monville était sous-diacre. Il avait remplacé Thiercelin qui était allé à Strasbourg. C'était le plus zélé, le plus recommandable des fonctionnaires, la vertu même, disait Grancher en septembre 1830. En avril 1822, à la suite des examens semestriels, il est signalé avec Courtaud et le professeur de quatrième, Bouillier, comme un des meilleurs maîtres. Il était resté toute sa vie fidèle à ses sentiments royalistes. En mars 1815 il n'avait pas voulu prêter serment à Napoléon, et il vit avec peine l'avènement de Louis-Philippe. C'est pourquoi il demanda sa retraite, en septembre 1830, pour ne pas prêter serment. On la lui fit attendre une année pendant laquelle il continua sa classe. Il fut longtemps membre du Conseil Académique.

LA TROISIÈME

Fraissinet y avait remplacé Monville en décembre 1815. On reconnaissait « sa ponctualité et son habileté ». Il passe à Bordeaux.

Révol (1) venait de Nîmes (8 octobre 1816). Il prendra la Sixième en novembre 1826. Le 22 août 1829, une augmentation de traitement fut accordée à Clément du Mez et à Monville, en vertu de l'ordonnance du 26 mars 1829. Ruelle, Baudus, Pontus et lui avaient les cinq ans de services exigés. Ils protestèrent et le Recteur les soutint. Révol « ne pouvait tenir sa classe ». Il demanda le secrétariat de l'Académie (10 décembre 1830). Il prit sa retraite quelques mois après.

Anot fut son suppléant, pendant ses trois ans de congé. C'était un ancien élève de l'école Normale. Il venait du Collège de Condom. Il passa l'examen d'agrégation à Cahors et le concours fut présidé par

(1) Révol Charles Catherine, né le 1 1 septembre 1766 â St-Jean-sur-Vesle (Ain). Bachelier: Employé des postes, 1796-99 ; Principal du collège de Pont-surVesle 1792 ; du Collège de Bourg; Ecole Centrale du Gard ; 181 1, 4e à Nîmes Pendant son congé il jouit de son. traitement fixe et Anot eut l'éventuel et son traitement d'agrégé qui était de. 400 fr. Les agrégés étaient en somme des professeurs adjoints, ils pouvaient être tenus à un service de maître d étu les.


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Monville « qui seul de tous les professetrs présents à Cahors », (en était encore en vacances, 20 octobre), savait le grec. Il fut reçu.

Après lui Clément du Mez (14 novembre 1827) (I). Il quittait la sixième et il suivra tout les degrés de la hiérarchie académique, proviseur, censeur, inspecteur d'Académip, puis Recteur départrmental. C'était « l'un des plus recommandables ». Nous le retrouverons, car c'est lui qui dirigea l'application de la loi de 1850 clans le département. Il montra une grande bienveillance et un esprit singulièrement tolérant. C'était le fils d'une famille de haute noblesse, qui était apparentée aux Montmorency. Son père avait émigré, et il avait étudié au Lycéede Mayence. Il avait une figure très avenante, un regard très doux et un sourire très fin.. Il mourut à Cahors le 16 juillet 1855, à 60 ans.

LA QUATRIÈME

Borredon (2) avait remplacé le malheureux Migneret dont j'ai dit la misère. Lui-même, bien que jeune, il avait trente ans, dut se retirer avec un secours de 500 francs, dont il avait grand besoin pour soutenir sa famille. Il avait à plusieurs reprises suppléé le censeur. Il fut la cause d'un incident qui n'est point certes à l'honneur d'un certain inspecteur, l'abbe Mazel, qui en ce moment (11 novembre 1822) suppléait le Recteur absent. Borredon était malade et le Proviseur l'avait autorisé à rester au collège : il le faisait servir dans sa chambre. Or il avait cessé son service. Y eut-il plainte en haut lieu ? Je ne sais. Bref, l'inspecteur d'Académie fut soupçonné de ne pas appliquer les règlements. Ce susceptible personnage piqué d'être taxé de tiédeur enjoignit au malade de « sortir sur le champ de l'établissement ». Et pour montrer son zèle,il envoya cette épître enflammée au Grand Maître. « Je ne me suis jamais permis de blâmer des mesures adoptées par son Excellence. J'ai toujours accompli mes devoirs avec exactitude et j'ai mérité l'estime de mes chefs. Les lettres nombreuses que je garde dans mon portefeuille en sont le témoignage. Aujourd'hui qu'un des apôtres de la

(1) Alexandre, Jérôme, Nicolas né à Beauvais, 1 2 mars I795,bachelier ès-lettres ; maître d'études à Dijon , professeur de 6e à Dijon 1817, à Rouen 1821, à Cahors 1823 ; de 3e à Cahors, décembre 1827 ; censeur 2 octobre 1833 ; proviseur, 29 avril 1834 ; inspecteur d'académie, 23 septembre 1843; recteur 10 avril 1850.

(2) Né a Salignac (Dordognc), en 1790.


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religion et de la légitimité, qu'un prince de l'Eglise est à la tète de l'Instruction Publique, prêtre moi-même depuis six années révolues, d'abord défenseur et ensuite confesseur des mêmes principes religieux et politiques, dans les fers et au pied des échafauds, pendant le quart de siècle de nos troubles révolutionnaires, je méconnaîtrais sa voix ! Si telle était ma démence, on devrait à l'instant m'assigner une place à Charenton... Je suis à la merci des calomniateurs ».

Boullier qui remplaça Borredon d'abord provisoirement puis, à titre définitif (février 1822), était un excellent maître.

Delmas (1) venait du collège de Figeac (octobre 1829). Il prit sa retraite en novembre 1831.

LA CINQUIÈME

Boysse qui l'occupait depuis 1810 y fut remplacé, en novembre 1820, par Baudus (2). C'était le fils aîné du premier Inspecteur d'Académie qui avait abandonné ses fonctions en 1815. Ancien élève du Lycée, il avait été régent à Mézin, à Marmande et à Lectoure où il avait mérité quelques reproches. Il fut maître d'études à Toulouse (1819). Il prendra là quatrième en octobre 1831, puis deviendra censeur. Et il le restera 18 ans. Il prit sa retraite en septembre 1853.

LA SIXIÈME

Elle ne devint la première classe secondaire qu'en 1819. Dugès (3) en fut le premier titulaire. Il se retira en 1823. « Il avait d'excellents principes politiques et religieux et une conduite régulière ». Sa retraite fut liquidée en octobre 1824. Clément du Mez lui succéda, puis Révol.

LES CLASSES ÉLÉMENTAIRES

L'enseignement comprenait, outre l'histoire sainte, la grammaire française, la grammaire latine, la géographie, l'arithmétique et l'écriture. Teilhac (4) un vieux maître d'études de l'ancien collège en était

(1) Jean-François Claude, né à Rodez, 29 mars 1768 ; maître de pension en 1804 sous-principal de Figeac; 1808 régent de troisième.

(2) Né à Cahors, 14 juillet 1794.

(3) Né à Concots.

(4) Antoine Éloi né â Carennac,3 décembre 1766.


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chargé. Peut-être Baudus l'occupa t-il quelques mois. Le bon Teilhac était un respectable vieillard qui avait conservé la culotte courte,l'habit vert à large col et la perruque à queue enrubannée de lustrine. En 1829, à 63 ans, il demandait un supplément de 400 francs. Le Recteur l'appuyait faisant valoir « ses bons principes, sa conduite très régulière et ses réels succès ». Il prit sa retraite, en mars 1831. En mars 1821, sa classe avait 42 élèves divisés en 3 sections. Le vénérable maître avait 6 h. 1/4 de classe par jour. Il lui était difficile et bien pénible de maintenir l'attention de ses élèves. On dédoubla la classe. On eut alors la huitième.

C'est Isambert un vieux maître d'études qui en hérita. Il la garda jusqu'en décembre 1831. « Il n'inspirait pas beaucoup de confiance» disait le Recteur, ce qui veut dire que ses élèves étaient bien indociles. Il mourut à Cahors le Ier janvier 1838.

LES LANGUES VIVANTES

Le cours fut établi par l'arrêté du 22 août 1829. On voulut enseigner d'abord l'Anglais réservant, pour le temps de plus grandes ressources, l'enseignement de l'allemand et de l'Espagnol. C'est Jourdan le secrétaire de l'Académie, qui en fut chargé. Il quitta ses fonctions et s'établit au collège où il suivit le régime de ses collègues célibataires. Il avait été directeur des hôpitaux militaires et il était entré dans les bureaux de l'Académie sur les instances et la recommandation de son frère qui fut inspecteur d'Académie en compagnie de l'abbé Mazel (1822). (1) Il mourut en décembre 1838.

LES MÉDECINS

Le collège avait un médecin et un chirurgien. On réduisit leurs honoraires en 1816. En décembre 1828, l'on proposa de n'en astreindre qu'un seul au service journalier. Celui-ci recevrait 400 fr., l'autre, qui serait seulement à titre de consultant, aurait 200 fr. Cette proposition ne fut pas acceptée, pour ne point humilier l'un ou l'autre, car on était très satisfait de tous les deux. En 1816, le chirurgien fut Durand-Lafage, et le médecin Labouysse, puis en novembre 1825, le Docteur* Jean-François Caviole (2) dont on connaît le conflit

(1) Jourdan Joseph né à G asse (Var, 21 janvier 1778.

(2) Né a Cahors, 1 3 mai 1790.


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avec le Préfet, M. de Lantivy. Il fut quelque temps remplacé par Murât. A ce moment exerçait aussi le Docteur Lacombe (I), qui, dès novembre 1831, se chargea gratuitement du cours d'Histoire Naturelle. Tous montrèrent un très grand dévoûment. Et, une année au moins,leur besogne ne fut point légère. En 1825, 60 élèves eurent la rougeole. Ils obtinrent en 1823 que l'infirmerie fut enlevée des Cordeliers et placée au local qu'elle occupe actuellement. On l'isolait ainsi du pensionnat, ce qui était une précaution heureuse. Et, même à cette époque l'isolement était bien effectif,car entre le pavillon du Proviseur et le cloître des Cordeliers s'étefidaient de vastes jardins plantés de beaux arbres (2),

Il ne se produisit aucun changement parmi les maîtres des cours secondaires. Le dessin fut enseigné longtemps encore par Linsac. Delpech d'abord, Coly ensuite furent maîtres d'écriture. Le vieux Couderc (3) et plus tard son fils, le trompette-major de la Grande armée se chargèrent des éléments du chant et de la musique. On n'enseigna point la gymnastique, mais elle devait être rétablie après 1860 et dirigée par « un brave de Moscou ».

LES MAITRES D'ÉTUDES

Il y eut quatre divisions en 1825. Et nous avons vu que quelques maîtres continuaient leurs études au collège pour atteindre plus aisément le professorat. A ces noms que j'ai donnés au chapitre précédent j'ajoute ceux de :

(1) Je répare ici une erreur que j'ai commise a la age 241 de mon histoire. J'y parle d'un Lacombe élève de 2e en 181 5, et je dis qu'il était le père de M Paul Lacombe, inspecteur général des bibliothèques. Je l'ai confondu avec son frère qui fut longtemps pharmacien à Cahors. Lacombe fut la Providence des humbles. Il les soignait gratuitement et.à sa mort, un long cortège de pauvres reconnaissants le suivie au cimetière. — Auguste Lacombe était né à Cahors le 24 février 1800.

(2) L'nn de ses arbres a été sagement conservé, grâce a la réclamation répétée de M. Fournier, dont on n'a pas oublié ici l'activité intclligence et éveillée, car en même temps qu'il devait parer aux complications infinias qu'imposait au service la construction nouvelle, il releva le renom de notre vieux Lycée et, lui donnant une discipline souple et cependant ferme, il accrut son effectif, assura ses succès et aviva la confiance des familles.

(3) Hippolyte-François Elisabeth, né le 22 septembre 1742.


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Bezodis, de Balzac (I), Lacam, Gisclard, Auzelly (2), Lacaze (3), Bru (4), Cêlarié (5), Gilles (6), Bonafous (7).

Je crois n'avoir oublié aucun des maîtres de ce temps. L'énumération en paraîtra peut-être trop sèche. Et je reconnais qu'il eût mieux valu dessiner des silhouettes plaisantes ou conter des aventures scolaires étranges. Mais l'historien ne peut inventer. J'ai voulu être exact. Il m'eut été difficile,pour cette génération lointaine, d'être pittoresque, tout en étant vrai. Les vieux élèves ne sont plus.

J'en ai pourtant assez dit pour faire voir que notre collège fut, sous la Restauration, l'objet de la plus vive sollicitude des pouvoirs de ce temps. On le traita comme une école importante. On le dota de professeurs de mérite. On ne négligea aucun moyen pour que Cahors ne perdit pas son vieux renom de ville universitaire.

B. PAUMES,

(I) Marie-Joseph Amour, né à Rodez, 31 août 1801. Bach lier-ès lettres. Maître élémentaire, 15 juillet 1827.

(2) Né à Vire, 2 décembre 1816, installé 15 novembre 1828.

(3) Joachim, né à Saint-Cernin, 14 octobre 1807, précédemment instituteur chez M. Dardy.

(4) Jean Baptiste né à Bouloc (Tarn et Garonne) 10 mars 1 798 ; maître de pension a Lauzerte.

(5) Louis, né à Saint-Céré. 20 février 1808.

(6) Joseph Pierre René, né à Villefranche (Rhône) 20 février 1811.

(7) Robert, né à Albi. 6 juin 1809.

Je n'ai pas trouvé les noms des principaux domestiques. Je cite cependant Valès un ancien concierge. On lui donnait « du pain » à titre de secours. En décembre 1816, il fut décidé qu'il valait mieux lui donner une indemnité de 5 ou 6 fr. par mois.


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PROCÉS-VERBAUX DES SÉANCES

DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT

PENDANT LE 3e TRIMESTRE DE 1909

Séance du lundi 5 juillet 1909 Présidence de M. GARY

Etaient présents : MM. Girma, Crudy, commandant St-Eloi, Billères, M. Paumes, secrétaire général dépose les publications reçues. Il signale parmi un rapport de tous les travaux chirurgicaux opérés à la Nouvelle-Orléans dans l'hôpital spécial que dirige notre confrère et compatriote M. le Docteur de Roaldès. Ce rapport rédigé en anglais commence par une préface de notre compatriote. La Société est heureuse de cet envoi et remercie son distingué correspondant du souvenir qu'il lui renouvelle chaque année.

On admet à l'unanimité des membres présents, M. Carbonnel avocat à Figeac, en qualité de membre correspondant.

M. le Secrétaire général déclare qu'il compte pouvoir diriger en septembre prochain des fouilles autour de l'arc de Diane avec la permission déjà demandée du propriétaire et le consentement des locataires. Le ministère a gracieusement accordé 400 fr. pour ces fouilles. Le Secrétaire demande à être autorisé à toucher cette somme à la Trésorerie générale. Il la remettra aussitôt entre les mains du Trésorier de la Société pour s'en servir en temps utile. Les membres acquiescent à ce désir et autorisent M. Paumes à présentera la Recette générale le mandat de 400 francs que M. le Ministre a fait envoyer par l'intermédiaire de M. le Préfet. — M. Paumes occupe le reste de la séance par la lecture:

1. De la liste des délégués du district de Cahors qui furent choisis pour aller à Paris assister à la Fédération de 1790. Chaque communauté élut 6 délégués par 100 gardes nationaux. Ces délégués se réunirent le 27 juin 1790 dans l'église des G. Carmes. 9 commissaires, 1 par canton, furent chargés de vérifier ces délégations. Puis, le 28 à 7 h. du matin, on décida de nommer définitivement 2 délégués par groupe de 400 gardes


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nationaux. Le district avait 9100 gardes. On élut donc 43 délégués. Nous donnerons plus tard cette liste entière dans le Bulletin.

2. D'un fragment de lettre échouée dans nos archives d'un prétendu officier prussien au général Lukner. Elle est sans date mais paraît être antérieure à Valmy.

M. Paumes donne enfin des détails sur des poursuites entamées par le lieutenant de la maréchaussée Roussel d'Henval contre des citoyens de Cahors qui, le 31 juillet 1789, jour de la Grande Peur s'étaient distingués par des violences, des injures et même des rapines aux dépens du comte Durfort maire de la ville de l'Evèque, de M. Baudus, capitaine de la garde nationale, des Chartreux, du Séminaire et des dames de St-Géry. Quelques pièces lues sont relatives à l'arrestation d'un prétendu voleur de chevaux faite à St-Céré, le même jour. Et ce personnage semble avoir été un de ces agitateurs secrets, cause peut-être ou provocateur de ce frisson d'épouvante qui secoua notre pays et toute la France quelques jours après la prise de la Bastille.

Enfin M. Paumes communique un questionnaire relatif aux monuments mégalithiques qu'envoie un de ses collègues du Lycée de Brest lequel prépare un travail sur les menhirs ou pierres levées. Il demande à ses collègues de l'aider à répondre à ce questionnaire très complet.

MM. Daymard et Gary présentent M. l'abbé Lacoste curé d'Anglais, qui a demandé son admission en qualité de membre correspondant.

Séance du 19 juillet Présidence de M. GARY.

Étaient présents : MM. Combes, Girma, Day mard, commandant St-Eloi, Rames, Viguié, Grangié, Paumes.

M. Lacoste présenté à la dernière séance est admis membre correspondant.

M. Paumes communique de la part de M. Rey, notre jeune confrère, une notice sommaire sur Duravel. Cette notice nous en annonce une plus complète où sera étudiée principalement l'origine présumée de la crypte sur laquelle a été bâtie postérieurement l'église romane de cette bien curieuse bourgade qui devait rester jusqu'à la Révolution un coin privilégié du Quercy. Le jeune auteur signale une des curiosités archéologiques de l'Eglise. C'est une belle cloche de 1596 offerte en ex-voto

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en l'honneur de Sl-.Ililnrion, patron de Duravel, à la suite d'une victoire remportée par les habitants sur une troupe de huguenots qui étaient venus les assiéger.

M. Girma nous fait part de l'insigne distinction qu'à reçue de la part de S. M. le roi d'Italie le docteur Roaldès. Notre éminent confrère,depuis longtemps officier de la Légion d'honneur pour ses soins donnés à nos compatriotes de la Nouvelle-Orléans, a reçu le cordon des St-Maurice et Lazare pour le récompenser du généreux traitement qu'il a rendu aux Italiens de celte même région américaine.

La Société est heureuse d'adresser à M. le docteur de Roaldès ses plus affectueuses félicitations.

M. Combes continue la lecture de son analyse des registres Révolutionnaires.

La séance est levée. Et l'on se donne rendez-vous au mois d'octobre, au retour des vacances.




Analyse des Registres Municipaux de la comme de Cahors

(Suite)

Le Conseil arrête de nommer clans son sein deux commissaires pour faire la police de chaque maison de réclusion. Sont désignés : pour la Daurade, les citoyens Lantuéjouls et Laval ; pour le Bon-Pasteur, Disses et Souquet; pour Sainte-Ursule, Roques et Tailhade. Ces commissaires visiteront les maisons de réclusion tous les jours. Les permis d'entrer devront être signés par eux, à moins qu'ils ne soient délivrés par le directoire du district ou par celui du département. Les concierges devront communiquer tout ce qui se passe dans leurs maisons respectives (I).

4mai 1793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (SÉANCE PUBLIQUE). — Le président expose que, la garde nationale étant actuellement dépourvue d'armes, il voudrait que les 400 piques dont la fabrication est terminée, fussent distribuées demain dimanche. — On envoie une commission faire part de ce désir à la municipalité, qui fixe l'heure de sept du matin pour la livraison de ces armes. — Il est arrêté que les commandants en prendront 100 chacun, qu'ils en donneront 20 à chaque capitaine, et que ceux-ci les distribueront à leurs hommes et garderont la liste de ceux à qui ils les auront données, lesquels devront en rendre compte à toute réquisition.

On décide que les citoyens de garde qui s'absenteront sans permission, seront punis et ne participeront pas à la distribution des 40 écus assignés à chaque compagnie pour la garde des maisons de réclusion, distribution qui doit être faite, sans distinction de grade, à ceux qui seront de garde.

6 mai 1793. —CONSEIL MUNICIPAL. — La gendarmerie est requise de se transporter de suite chez tous les individus compris au rôle du recrutement, et de les conduire devant l'agent militaire, pour y recevoir ses ordres.

Deux commissaires sont envoyés au district pour savoir à qui a été remis l'état de « ceux qui ont des bienfaits à attendre de la patrie ».

Deux autres commissaires iront chez la citoyenne Mailles pour lui demander de qui elle tient des papiers qu'elle doit avoir reçus aujourd'hui, qui lui en a fait la remise, et ce qu'elle en a fait.

La liste de personnes produite par l'agent militaire sera revisée ; on désigne deux officiers de santé, qui sont les citoyens Roques fils, médecin, et Roques, chirurgien.

(1) Nous n'avons pas la fin de cette délibération, il y a ici une lacune de six feuillets.


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Le Conseil municipal s'assemblera tous les jours à 10 heures du matin età 5 heures du soir (1).

6 mai 1793. — CONSEIL MUNICIPAL (2).— Le citoyen Bernard Boudrès neveu, que l'assemblée électorale du district de Cahors a élu greffier du tribunal civil, en remplacement du citoyen Jean Marc Bel, démissionnaire, vient prêter son serment civique. Il jure « de maintenir de tout son pouvoir la liberté et l'égalité républicaines ou de mourir à son poste en les défendant, et de remplir avec zèle, courage et fidélité les devoirs de sa place » (3).

Analyse de pièces tirées des archives départementales (Du 7 mai 1793 au 2I avril 1794)

Comme nous l'avons déjà dit, les délibérations municipales nous manquent pendant une année presque entière, du 7 mai 1793 au 2I avril 1794.

Celle lacune, importante par son étendue, est d'autant plus fâcheuse qu'elle s'étend sur la plus grande partie de l'époque, curieuse et tragique entre toutes, qu'on a si bien nommée la Terreur. Pour combler ce vide en quelque manière, nous avons cherché, dans les archives du département, les pièces relatives à la commune de Cahors pendant la période indiquée ci-dessus, et nous donnons ici l'analyse de tous ceux de ces documents qui nous ont paiu présenter quelque intérêt. Nous y avons joint, à leurs dates, les délibérations du Comité de la garde nationale et plusieurs renseignements intéressants que nous avons trouvés aux archives du tribunal civil. Le tout donne une idée assez nette de ce que dut être la vie à Cahors pendant la Terreur.

A chaque article, nous donnons les références ; pour les extraits des archives départementales, nous indiquons la lettre de série et le numéro de la liasse.

7 mai 1793. — Le procureur général syndic du département annonce à Jeanbon (Saint-André), représentant du peuple, que 67 prêtres insermentés ont été dirigés sur la Guyane et que 60 autres vont partir, « au moyen de quoi le sol de notre département sera entièrement purgé de ces êtres pervers et fanatiques ». (L, 112.)

(1) Sans signatures.

(2) Dix-huit notables assistaient à la séance ; il semble donc bien que c'étiit une réunion du Conseil général, malgré le litre donné par le rédacteur.

(3) Sans signatures.


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II mai 1793. — Le capitaine dé la gendarmerie demande au procureur général syndic de faire délivrer des passeports à un détachement de gendarmes qui sont appelés à Cahors et qui, faute de cette pièce, sont sans cesse arrêtés par les gardes nationaux des endroits où ils passent (L, 130).

13 mai 1793. — Le directoire du département autorise la vente du mobilier des ci-devant Frères de l'Ecole chrétienne, vente demandée par la commune de Cahors. (L, 39.)

14 mai 1793. — Le Conseil du département autorise l'élargissement provisoire du citoyen Franhiac, suspect, à raison de différentes fonctions dont il est chargé ; mais il sera gardé à vue par une sentinelle payée à sesfrais, qui le suivra partout.

Une plainte du citoyen d'Hillebard, maire de Cahors, contre la municipalité, est communiquée à ladite municipalité. (L, 2.)

là mai 1793. — La Société populaire de Cahors envoie une députation pour féliciter le Conseil du département sur son arrêté relatif au mode de la levée de 2.400 volontaires. Le président remercie la dêputation et l'invite à assister à la séance. (L, 2.)

16 mai 1793. — Le citoyen Disses donne sa démission d'officier municipal, motivée par la faiblesse de la municipalité qui a fait élargir de nombreux reclus, notamment Franhiac et Baudus. Ces derniers étaient à la tête de la coalition qui demandait l'église des ci-devant chanoines réguliers pour célébrer le culte des insermentés ; il rappelle que cette affaire causa beaucoup de trouble clans la ville et fit même courir à la municipalité les plus grands dangers. Quant à lui, il est « un vrai républicain, et qui a juré la mort de tous les tyrans ». (L, 253.)

17 mai 1793. — Le directoire du département fixe à 4842 livre (1) la somme àpayer au citoyen Blanc, maître debateaux,pouravoirconduit à Bordeaux 67 prêtres réfractaires condamnés à la déportation. (K, reg. 16.)

17 mai 1793. — Les élèves de rhétorique invitent le Conseil du département à assister à un excercice littéraire dont ils présentent le programme. Le président les remercie, et les invite à la séance ; le Conseil arrête qu'il se rendra à l'exercice littéraire le 21 à 4 heures du soir.

(1) Environ 2900 livres en numéraire.


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Le district et la commune de Cahors demandent qu'on établisse à Cahors une fonderie, sous l'administration du département, pour convertir les cloches en canons, et aussi qu'on fabrique des piques avec le fer des maisons nationales. Le Conseil du département approuve ce projet et nomme une commission chargée d'étudier les moyens d'exécution. (L, 2).

23 mai 1793. — Sur la demande du citoyen Franhiac, le Conseil du département supprime la sentinelle qui lui avait été imposée. (L, 2).

23 mai 1793.— Le directoire du département fixe à 3434 livres 4 sols (1 ) la somme qui doit être remboursée à l'hôpital de Cahors pour la dépense des enfants trouvés pendant les six derniers mois de 1792. (L. 39).

23 mai 1793. — Le directoire du district, vu la réclamation des cordonniers, qui se sont rendus, accompagnés d'un officier municipal, dans la salle du directoire et ont déclaré ne pouvoir travailler à la chaussure des recrues sans une augmentation de prix ; attendu que le départ des recrues ne peut être retardé sous aucun prétexte ; fixe à 10 livres le prix de chaque paire de souliers. (L, 309).

24, 25 et 26 mai 1793. — Procès-verbaux dressés par le citoyen Labroue, vice-président du directoire du district de Cahors, délégué par ses collègues pour aller dans diverses communes activer l'envoi du bois nécessaire aux boulangers de Cahors. — A Vers, les maîtres de bateaux lui disent que presque tous leurs matelots ont été pris pour le service de l'Etat, et que les gens qui pourraient les remplacer ne veulent pas le faire, de crainte d'être requis également. Il les rassure en leur exhibant la loi du 3 mars dernier, et ils promettent de reprendre les expéditions de bois par bateaux.

En outre Labroue requiert les propriétaires de bois d'en vendre aux maîtres de bateaux. Il en est de même à St-Cirq, Bouziès-Haut et St-Géry. (L, 169).

25 mai 1793. — Le Conseil du département arrête que « le prêtre Bécave » (ancien vicaire général), sera reclus ou déporté, suivant son âge. (L, 2).

27 mai 1793. — Le Conseil du département, attendu que la plupart des femmes détenues comme suspectes à la Daurade et à Ste-Ursule,

(1) Environ 2060 livres en numéraire.


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ne peuvent être présumées en état d'attenter à l'ordre public, arrête que toutes ces recluses, habitantes de Cahors, seront élargies, sous la surveillance de la municipalité. — La même mesure est prise en faveur de quelques autres individus. (L, 2).

30 mai 1793. — Le procureur-général syndic du département requiert le citoyen Blanc, maître de bateaux à Cahors, de conduire à Bordeaux des prêtres condamnés à la déportation. (L, 112).

1er juin 1793. — Le procureur-général syndic du département prie le district de Cahors de lui envoyer, pour faire des gargousses, tous les vieux parchemins qu'on pourra trouver. (L, 112).

Ier juin 1793. — Devis des réparations à faire à la chapelle des ci-devant Mirepoises et à la cour attenante, pour la construction du presbytère de l'église St-Barthélemy, lequel devra être sans aucune communication avec le principal corps-de-logis des Mirepoises.

Détail estimatif des travaux a faire, s'élèvant à 3701 livres 5 sols 8 deniers (1). (L, sous-série O).

2 juin 1795. — Le procureur-général syndic du département prie le District de requérir les chevaux de luxe et de les mettre à sa disposition. (L, 112).

4 juin 1793. — Le procureur-syndic de Cahors demande au procureur-général syndic de lui envoyer au plus tôt les arrêtés relatifs a la descente des cloches. Il l'informe que la municipalité de Cahors était d'abord plrine de zèle pour cet objet, mais que son activité « s'est évanouie comme la fumée », et qu'elle a seulement fait jeter en bas du clocher deux petites cloches qui se sont brisées et qui pesaient 15 quintaux 15 livres. (L, 131).

5 juin I793. — Le Conseil du département, vu les réclamations des officiers municipaux de Cahors sur la disette qui règne dans la ville, arrête que 100 sacs de blé y seront transportés de Lauzerte sans délai. (L, 2).

6 juin 1793. —Le procureur-syndie de Cahors avertit le procureurgrénéral-syndic que, plusieurs dimanches de suite, on a vu des hommes avec des fusils aux environs de Bégous ; l'un de ces hommes est le fils de Feydel, l'ex-constituant. « Il faut toujours se méfier des gens qui se cachent ». (L, 131).

(1) Environ 1850 livres en numéraire.


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7 juin 1793. — Le directoire du département arrête à 987 livres 6 sols 6 deniers (1) le prix de la construction d'un échafaud stable appartenant au département, destiné à remplacer les échafauds provisoires, qu'on était obligé de construire toutes les fois qu'il y avait une exécution ; travail coûteux et qui soulevait la répugnance des ouvriers. (K, reg. 16).

9 juin I793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique). — Présidence du citoyen Malique, adjudant-général. — Le président annonce qu'il a entre ses mains une somme d'environ 1.400 livres, provenant des personnes en réclusion et destinée à indemniser lagarde nationale du temps qu'elle a employée à les garder.

La proposition d'un membre, d'employer cette somme à la réparation des corps-de-garde et au paiement des tambours, est rejetée, et on décide qu'elle sera répartie entre tous les gardes nationaux.

On nomme des commissaires pour informer la municipalité des réparations urgentes à faire aux corps-de-garde.

On décide que la garde nationale ira en corps au-devant de nos frères d'armes qui sont allés à Villefranche et qui rentrent le 11. Les capitaines adresseront des réquisitions à tous les citoyens de leur compagnie, et rapporteront les bonnes raisons que pourraient avoir certains d'entre eux de s'abstenir.

Une commission est nommée pour s'informer si les habitants des villages dépendant de la commune font leur service degarde nationale et sont organisés.

10 juin 1793. — Le district, le Conseil général et la Société populaire de Cahors demandent l'autorisation de convoquer les sections pour délibérer sur l'arrestation de 32 membres de la Convention (2). Le Conseil du département passe à l'ordre du jour, les pétitionnaires n'ayant besoin pour cela que de l'autorisation de leurs officiers municipaux. (L, 2).

13 juin 1793. — Le Conseil du département, sur la demande de la Société républicaine de Cahors, arrête : qu'il sera écrit aux comités révolutionnaires pour les inviter à faire partir sans délai les citoyens requis ; que les citoyens seront engagés à voler au secours de la Répu(1)

Répu(1) 500 livres en numéraire.

(2) Les Girondins, arrêtés à la suite de l'affaire du 51 mai. C'est â ce moment qu'on peut fixer le commencement du régime de la Terreur,


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blique, et que les districts donneront sans retard l'état des citoyens en état de porter les armes.

Le Conseil applaudit au zèle du Comité révolutionnaire de Cahors et l'invite à accélérer les opérations de l'emprunt libre. (L, 2).

13 juin 1793. — Le directoire du district remplace provisoirement, et jusqu'à la prochaine réunion des électeurs, le directeur de la poste aux lettres, qui a cessé ses fonctions, par le citoyen Cagniac père. (L, 309.)

14 juin 1793. — Le directoire du district accepte comme caution dudit Cagniac le citoyen Jean-Pierre Vincens ; le cautionnement à fournir par Cagniac s'élevant à 3.600 livres environ (I), ledit Vincens affecte et hypothèque pour cet objet le quart d'un pré lui appartenant et qui est d'une valeur reconnue de 20.000 livres. (L, 309).

14 juin 1793. — Le citoyen Hébray, obligé d'aller à Paris à cause de son certificat de résidence, demande qu'on lui laisse sa voiture que « des députés » veulent prendre. (L, 114).

15 juin 1793. — Le Conseil du département fixe le maximum du prix du blé pour Cahors à 23 livres la quarte pour le mois de juin, à 21 livres 2 sols 6 deniers pour le mois de juillet, à 20 livres 12 sols pour le mois d'août et à 20 livres 3 sols 9 deniers pour le mois de septembre.

Le citoyen Baudus, député de la Société républicaine de Cahors à Figeac, dénonce le citoyen Lagasquie, commissaire délégué dans le district de Figeac, comme ayant commis des actes arbitraires et vexatoires, et comme l'ayant fait mal accueillir. (L, 2).

19 juin 1793. — Le Conseil du département accorde à la veuve Guiches, maîtresse de la poste aux chevaux de Cahors une indemnité de de 5.200 livres (2) pour perte de chevaux causée par le mauvais état des chemins, et pour les difficultés de service qu'occasionne la guerre avec l'Espagne. (L, 2).

79 Juin 1793. — Le procureur-général syndic du département informe Jeanbon Saint-André que les troubles excités à Cahors par « la clique feuillantine et contre-révolutionnaire » sont calmés (3).

(1) Un peu moins de 1800 livres en numéraire.

(2) 2500 livres en numéraire.

(3) Ces troubles étaient sans doute rausés, comme dans beaucoup d'autres endroits, par la proscription des Girondins,


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Il se plaint vivement de l'administration du département de la Gironde. Sur les 67 prêtres insermentés conduits à Rordeaux, il y en avait 36 que leur âge exemptait de la déportation ; on crut bon quand même de les dépayser pour éviter le mal qu'ils faisaient dans le lieu de leur réclusion. Or le département de la Gironde vient de renvoyer ces 36 prêtres à Cahors, où ils faillirent, à leur arrivée, être massacrés par le peuple. Il serait bon qu'on pût envoyer tous les prêtres insermentés, de tout âge, dans une ville maritime ou dans quelque fort, afin d'en être délivrés pour toujours. (L, 112).

2/ juin 1793. — Le Conseil du département arrête que si on installe dans le Lot une fonderie pour convertir les cloches en artillerie, elle sera établie à Cahors.

Une députation de la société populaire de Cahors vient demander quelles sont les dernières déterminations que le Conseil a prises sur les mesures de circonstance. Le président les lui fait connaître et l'assure « que ses principes tendent à sauver la République une et indivisible et qu'il ne s'écartera jamais des moyens sûrs de la maintenir ». (L, 2).

20 juin 1793. — Pétition de plusieurs ci-devant capucins, reclus au séminaire, qui, étant sans aucune ressource, manquent totalement de subsistances. Le directoire du district décide qu'ils seront nourris aux frais du Trésor public. (L, 96).

27 juin 1793. — Les officiers municipaux informent le directoire du district, sur la plainte de deux boulangers, que le citoyen Baldy, maire de Catus, a refusé de livrer auxdits boulangers 50 quartes de blé qu'ils lui avaient achetées, à moins qu'ils les lui payassent 32 livres la quarte, quoique le maximum soit fixé à 23 livres, ils ont voulu lui en donner 31. Le directoire ordonne la comparution de ces deux boulangers (L, 309).

28 juin 1793. — Interrogatoire des deux boulangers dont il est question ci-dessus. Ils disent que le 11 juin ils n'avaient pu se mettre d'accord avec le citoyen Baldy au sujet du prix de son blé, et que, hier, ledit citoyen Baldy leur a dit s'être défait de tout le blé qu'il possédait. Le Directoire arrête que l'affaire sera communiquée au Département, et ne voit d'ailleurs aucune raison d'inculper le citoyen Baldy. (L, 309).

29 juin 1793. — COMITÉ DE LA GARDE NATIONALE (séance publique). — Le président dit que la moisson qui approche va réclamer les


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bras des citoyens ; qu'il serait nécessaire de faire cesser le service de jour ; que d'ailleurs il y a à Cahors une troupe de sans-culottes organisés en compagnies et qui ne demandent qu'à partager le service de la garde nationale ; enfin qu'il propose de soumettre le cas à la municipalité.

Ces observations ayant été appuyées par le citoyen Bel et d'autres, le Comité envoie une commission à la municipalité pour cet objet.

Il est décidé que la compagnie de canonniers nouvellement formée sera convoquée pour prêter serment, passer sous les drapeaux et être reconnue par toute la troupe.

L'exercice du maniement des armes aura lieu chaque dimanche à 6 heures du matin.

La municipalité ayant demandé des instructions pour les volontaires sans-culottes, ceux qui voudront l'être se présenteront pour se faire inscrire.

29 juin 1793. — Le Conseil du département arrête que le service aux postes de la ville de Cahors sera fait par les sans-culottes formés en compagnies (c'est-à-dire les volontaires nouvellement levés), et que celui de la maison commune sera gardé moitié par les sans-culottes, moitié par la garde nationale. (L, 2).

30 juin 1793. — CONSEIL DU DÉPARTEMENT. — Une députation de la Société républicaine de Cahors vient rétracter la dénonciation faite contre le citoyen Lagasquie par le citoyen Baudus, qui a reconnu luimême son erreur. — Le Conseil invite la députation aux honneurs de la séance, déclare Baudus calomniateur et arrête que les procès-verbaux du 16 et de ce jour seront envoyés aux municipalités et aux sociétés républicaines du département (L, 2).

2 juillet 1793. — Le Conseil du département fixe à 2.026 hommes la force de chacun des bataillons de sans-culottes qui vont être formés à Cahors et envoyés dans les Pyrénées.

Une députation du Conseil général de Cahors vient demander qu'on active l'affaire de la fonderie de canons projetée à Cahors. Le conseil, après avoir entendu le rapport de la commission nommée à cet effet, la charge de présenter les voies et moyens d exécution. (L, 2).

2 juillet 1793. — Le directoire du département prie le citoyen Labousière de prêter sa voiture pour le transport d'un membre du directoire qui doit se rendre au plus tôt à Paris ; il n'a pas été possible de trouver à Cahors d'autres voitures en état de faire ce voyage. (L,4I).


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3 juillet 1793. — Le procureur général syndic du département invite le comité révolutionnaire de Cahors à choisir 112 sans-culottes bien déterminés, qui partiront le 8 pour l'armée des Pyrénées. (L, 112).

3 juillet 7793. — Le Conseil du département accepte d'assister à un exercice littéraire au collège, auquel il est invité par un professeur, et fixe au 7 du courant, à 5 heures, la tenue de cette réunion.

Rapport de la commission de la fonderie de canons. Le Conseil arrête que cet établissement, pour lequel la ville de Cahors doit fournir un local, sera mis de suite en activité, et qu'on s'adressera au Comité du salut public, au pouvoir exécutif et à la Convention, pour obtenir des secours à cet effet. (L, 2).

6 juillet 1793. — Sur la demande de la municipalité de Cahors, annonçant que, à la suite d'une rixe entredeux soldats, une compagnie s'était portée en désordre à la Maison commune, le Conseil du département y envoie deux deses membres avec le procureur-général-syndie. La séance est suspendue, puis reprise au retour de ces commissaires qui déclarent que l'ordre est rétabli. (L, 2).

7 juillet 7797. — Le Conseil du département invite la municipalité de Cahors à remplacer dans les bataillons de sans-culottes un grand nombre de soldats qui sont hors d'état de servir. (L, 2).

9 juillet 1793. — Le Conseil du département arrête que la nouvelle Constitution (1), qui vient d'être envoyée, sera proclamée dans la ville de Cahors à son de trompe et avec des salves de canon ; elle sera aussi proclamée clans toutes les communes. (L, 2).

70 juillet 1793. — Le directoire du district, ayant reçu du ministre : I° l'acte constitutionnel : 2° le décret de la Convention qui ordonne la convocation des assemblées primaires pour la présentation de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et de l'acte constitutionnel ; 3° le décret contenant l'envoi d'une adresse aux Français et relatif aux chefs et instigateurs des troubles, arrête qu'il fera la publication de ces documents aujourd'hui à 6 heures du soir sur la place publique, avec un détachement de la garde nationale et la musique ; que le peuple sera convoqué à son de trompe ; et que le procureur syndic prendra tous les moyens que son patriotisme lui suggérera pour donner de l'éclat à cette cérémonie. (L, 309).

(I) C'était la Constitution de 1793, qui ne fut jamais appliquée


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II juillet 1793. — Le procureur-syndic du district de Cahors informe le procureur-général syndic que, contrairement aux ordres supérieurs et à l'esprit de la loi, la municipalité de Cahors se propose de ne promulguer l'acte constitutionnnel que dimanche prochain, au lieu de le faire immédiatement. Ce retard pourrait donner aux « méchants » le temps de former des cabales et de fomenter des troubles. (L, 132)

12 juillet 1793. — L'accusateur public insiste vivement pour que le département fasse assainir les prisons : il entend tous les jours « les cris lamentables, les plaintes et les justes murmures des prisonniers », dont les maladies et les évasions deviennent de jour en jour plus fréquentes. (L, 132).

12 juillet 1793. — Le directoire du disnict, attendu que la commune de Cahors est notoirement sans ressources, ayant été obligée, depuis la Révolution, de faire des dépenses au-dessus de ses facultés, pour maintenir le bon ordre et le patriotisme ; estime qu'il y a lieu de lui accorder les 400.000 livres qu'elle réclame sur le fonds de secours destiné à venir en aide aux communes sans ressources. (L, 311).

72 juillet 1793. — Le Conseil du département appuie une demande du Conseil général de la commune de Cahors à la Convention, tendant à obtenir un secours de 400.000 livres (1) pour les subsistances.

Le Conseil proteste contre un arrêté des représentants du peuple près l'armée des Pyrénées-Orientales qui suspend l'établissement d'une fonderie de canons à Cahors ; il leur envoie un commissaire pour leur demander de rapporter leur arrêté. La commune de Cahors sera invitée à envoyer, de son côté, un ou deux commissaires pour le même objet. (L, 2).

72 juillet 1793. — Le directoire du district, attendu que le marché de Cahors est dépourvu de grains, charge le citoyen Ducayla, l'un de ses membres, d'aller en chercher dans certaines communes du canton de Castelnau.où on sait qu'il s'en trouve une certaine quantité. (L,309).

13 juillet 1793. — Le Conseil du département, vu le grand besoin de subsistances qu'éprouve la ville de Cahors, et attendu que les mesures prises pour lui venir en aide ont été éludées, invite le district de Montauban à envoyer à Cahors 600 quintaux de grains.

Le Conseil invite en outre la municipalité de Cahors à ne faire que

(1) Le texte porte par erreur 400 livres.


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du pain de méteil, sauf pour les malades, à qui on donnera du pain blanc.

Deux commissaires sont nommés pour visiter les prisons, qui sont mal tenues, et où le sort des prisonniers est aggravé " d'une manière aussi cruelle que gratuite ». (L, 2).

là juillet 7793. — Le procureur-général-syndic du département invite l'ingénieur en chef à chercher un local pour les prisonniers, celui où ils sont étant malsain et « peu conforme aux lois actuelles ». (L, 112).

22 juillet 1793. — Les quatre sections en permanence de la ville de Cahors envoient une adresse au Conseil du département pour se plaindre de la disette de grains et demande r l'établissement d'un grenier public ainsi que le vote de fonds suffisants pour satisfaire aux besoins de la cité. — Le Conseil arrête que les districts et les municipalités sont autorisés à surseoir à l'exécution de la loi du 4 mai dernier (1), si la connaissance des besoins des localités le fait juger nécessaire. (L. 2).

22 juillet 1793. — Deux voisins de la maison du ci-devant Bon Pasteur avertissent que cette maison est prête à s'écrouler et rendent l'autorité responsable des dommages qu'ils pourraient subir de ce fait. (L, 114).

26 juillet 1793. — Le Conseil du département, vu que les contrerévolutionnaires montrent à Cahors une confiance alarmante et peuvent se livrer à des manoeuvres dangereuses, arrête : que les personnes suspectes d'aristocratie et d'incivisme seront arrêtées; que la municipalité lui transmettra la liste des personnes en réclusion ou en surveillance.

Le Conseil fixe à mardi prochain le départ du 8e bataillon. (L, 2).

27 juillet 1793. — Le Conseil du département, instruit que, dans la section de La Barre, « des hommes gangrenés d'aristocratie et d'incivisme » se permettent, dans les assemblées de la section, « des excès de malveillance et des propos séditieux, sous prétexte de discuter un de ses arrêtés », écrit au président de la section une longue lettre pour établir la différence qu'il y a entre des critiques justes et des insinuations perfides ; il termine en menaçant « les agitateurs, les hypocrites corrupteurs du peuple, irréconciliables ennemis de la République ». (L, 2).

29 juillet 1793. — Le directoire du département autorise l'ingénieur

(2) Loi du maximum.


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en chef à faire réparer le pont Notre-Dame, dégradé le 24 de ce mois. (K, reg. 16).

29 juillet 7793. — Le directoire du département, vu la pétition d'un grand nombre d'habitants de Cahors, tendant à ce qu'il soit percé, à travers les bâtiments du ci-devant Bon Pasteur, une rue qui y existait anciennement, ordonne que la façade desdits bâtiments, qui menace ruine, sera étayée, et qu'on examinera s'il est avantageux à la République et à la ville qu'il y soit pratiqué une rue (1). (K, reg. 16).

30 juillet 1793.— Le directoire du département ordonne la comparution devant lui de cinq volontaires du 8e bataillon, qui ont été arrêtés hier pour avoir refusé de prêter le serment ordonné par la loi. (K, reg. 16).

30 juillet 1793. — Le concierge de la Maison commune signale l'évasion de Moriac, prêtre, détenu, dont il avait la garde. (L, 261).

30 juillet 1793. — Le Conseil du département arrête que les nommés Ausset, ci-devant procureur de la commune et Feydel, huissier, frère de l'ex-constituant, lesquels ont été récemment élargis, seront de nouveau arrêtés, à cause de leurs menées inciviques. (L, 2).

31 juillet 1793.— Le directoire du département arrête à 323 livres, plus les intérêts, la somme due au citoyen Galdemard, pour réparations faites au jardin de la cure des Soubirous, jardin dont il est locataire par bail du 25 août 1775. (K. reg. 53).

Ier août 1793. — Le directoire du district, vu la pétition du citoyen Delfau, prêtre, aumônier du collège de Cahors, « considérant que le traitement d'un aumônier doit être regardé comme frais nécessaires à l'entretien qui est donné dans les collèges », estime que le traitement dudit citoyen Delfau doit lui être payé depuis le Ier novembre 1792 jusqu'au 15 avril 1793. (L, 312).

5 août 1793. — Le directoire du département demande à l'accusateur public de faire déplacer la guillotine qui se détériore dans la cour du département, où elle est placée. (L, 42).

5 août 1793. — Réunion extraordinaire de tous les corps constitués de la ville de Cahors : Conseil du département, Conseil du district, Conseil général de la commune, Tribunal criminel, Tribunal civil, Juges de paix. Cette réunion est motivée par les dangers que crée la disette, et par les nouvelles menées des contre-révolutionnaires qui ont été mis en liberté.

(1) C'est la rue Fénelon actuelle.


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Sur le premier point, l'assemblée décide qu'un secours de 150,000 livres sera demandé à la Convention pour former des greniers d'approvisionnement. — En ce qui concerne la ville de Cahors, les habitailts hors d'état de pourvoir à leur subsistance ne payeront le pain que 4 sols la livre au plus-; à cet effet, il leur sera donné des billets d'allégement, et le surplus du prix sera payé aux boulangers par la municipalité, au moyen d'une imposition extraordinaire.

Au sujet des suspects, l'Assemblée décide l'arrestation des personnes suivantes : Lagrèze, Feydel jeune, Lassagne, Blanc-St-Fleurien neveu, Ausset cadet, ci-devant procureur de la commune, LarocheLambert, Beaumont, Lavergne-Ribens, Favols, Franhac, Molinier, Regourd, Roaldès fils troisième, Lalane, Chotar père, Labié fils aîné, Issa la fils.

Les susnommés ne communiqueront qu'avec les personnes indispensables à leur service et ne pourront être élargis que par une décision de tous les corps constitués réunis en assemblée générale.

Un déserteur des compagnies de chasseurs du Lot sera reconduit à son corps de brigade en brigade.

La suite de la séance est renvoyée à demain. (L, 2).

6 août 1793. — L'assemblée décide d'appliquer la loi sur les émeutes populaires à certains particuliers qui sont dénoncés comme ayant dit « qu'on travaillait à les faire mourir de faim, mais qu'ils y mettraient bon ordre, qu'ils en prendraient, s'il le fallait, partout où ils en trouveraient ». (L, 2).

6 août 1793. — La municipalité de Cahors envoie au département un tableau faisant connaître les prix des denrées et de plusieurs autres objets en juin 1793 (1) et en juin 1790. Nous reproduisons ici la plupart des articles de ce tableau :

(1) Dans l'appréciation des chiffres de 1793, il faut tenir compte des effets produits par la circulation des assignats.


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Juin 1793 Juin 1790

Livres Sols Deniers Livres Sols Deniers

Livre de boeuf, poids de marc » 9 8 » 5 2

— veau, — » 12 » » 6 4

— mouton, — » 12 » » 6 4

— porc salé, — 2 8 » » 14 5

Quintal de froment 34 » » 10 » »

— de mèteil 27 » » 7 » »

— de seigle 27 » » 7 » »

— d'orge 24 » » 6 » »

— d'avoine 18 » » 4 » »

Livre de beurre 1 10 » » 15 »

Cent oeufs 5 » » 2 10 »

Quintal d'huile d'olive fine. 320 » » 90 » »

— de noix 250 » » 107 18 4

Pinte de vin, mesure de Paris » 9 » » 7 6

Quintal de foin, poids de marc 5 10 » 2 8 »

— paille, — 3 12 » 1 4 »

Quintal de fer 100 » » 60 » »

Toise cube de bois à brûler 60 » » 10 » »

Quintal de charbon de bois 10 » » 134

Cent fagots 30 » » 10 » »

Quintal de cuir de boeuf 480 » » 180 » »

— de veau 720 » » 250 » »

— de chèvre 720 » » 360 . » »

Livre de chandelle 1 5 » » 12 »

— de sucre 5 10 » 1 » »

— de café 3 » » 1 » »

Journée d'hommes dans les villes 2 10 » 1 » »

— — campagnes... 1 10 » » 15 » Journée de compagnon cordonnier 2 » » 1 » »

— tailleur 3 » » 1 » »

— chapelier 3 » » 1 » »

— tisseur de toile 2 10 » » 15 »

— tisseur de coton :.. 3 » » 1 » »

— tisseur de drap.. 4 » » 1 15 »

— maréchal 3 » » 1 10 »

— serrurier 3 » » 1 10 »


— 222 —

Juin 1793 Juin 1790

Livres Sols Deniers Livres Sols Deniers

Journée de menuisier .... 3 » » 1 » »

— charpentier 2 » » 1 » »

— maçon 2 10 » 1 » »

— boulanger 2 10 » 1 » »

— bourrelier 3 » » 1 15 »

— charron 3 » » 1 10 »

Journée d'un cheval 3 » » 1 10 »

(L, 88).

7 août 1793. -— (Suite de l'assemblée générale). On décide d'envoyer à la Société populaire, avec des explications, une lettre perdue par le citoyen Yzarn, président de l'assemblée, et trouvée par un particulier de la ville, de laquelle lettre on concluait, à tort, que le département avait fait un accaparement de grains qu'il voulait payer sur les fonds de l'emprunt forcé.

8 août 1793. — Plusieurs des suspects désignés plus haut ayant demandé à rester chez eux pour cause de maladie, l'assemblée décide que, à moins qu'il y ait danger de mort à les transporter, ils doivent être incarcérés.

On décide de dénoncer au Comité de salut public le nommé Capelle, attaché à la musique de la Cathédrale, et qui, malgré son incivisme bien connu, a été nommé conducteur des recrues et a même obtenu, à Pau, le grade de capitaine. (L, 2).

9 aoûlë 1793. — Le directoire du district accorde à Raymond Bès, charpentier, la somme de 185 livres 15 sols pour démolition d'une partie de la maison du ci-devant Bon-Pasteur. (L, 312).

9 août 1793. — Le procureur-syndic du district informe le directoire du département que l'évêqne, homme d'ailleurs respectable, semble chercher à éluder, par des moyens détournés, la loi qui le prive de la nomination aux cures de son diocèse. Il a plusieurs fois demandé l'approbation du dictrict pour des déplacements arbitraires. Enfin, le vicaire de Lavercantière ayant été choisi par les électeurs comme curé de Trébaïx, l'évèque a cherché à faire remettre en place l'ancien curé, « prêtre réfractaire et fanatique », et a refusé au curé élu son institution, qu'il n'a fini par accorder qu'après deux lettres assez vives du procureur-syndic du district. (L, 324).

(A suivre) A. COMBES.


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PRIVILÈGES D'ODE C01IOIAUTI RDRALE

AUX XIIIe-XIVe SIÈCLES

MAYRIGNAC-LENTOUR (I)

Nous publions un document qui nous a paru de quelque intérêt pour l'histoire des coutumes du moyen âge. Il ne s'agit pas d'une charte complète : mais d'une sorte de mémorial (le mot est clans le document) des privilèges et prérogatives accordés aux habitants d'une communauté rurale,dans la seigneurie de Lentour. (commune actuelle de Mayrignac). Cette seigneurie fit pendant longtemps partie de la chàtellenie de Gramat : elle est mentionnée en 2e ligne dans le dénombrement des fiefs pour lesquels le seigneur de Gramat, Guérin de Castelnau. hommageait en 1351 au vicomte de Turenne; de même dans les hommages des seigneurs qui succédèrent à Guérin, Bertrand de Tarride (3 février 1363, v. st.) et Adhémar d'Aigrefeuille 17 janvier 1365, v. st.l. Le petit-fils d'Adhémar venditen juin 1420 la terre, château et châtellenie de Lentour à Géraud ou Guillaume de Bonafous, chanoine de SaintMartin de Tours : celui-ci agissait au nom deson frère Jean de Bonafous, seigneur de Teyssieu. Le nouveau seigneur voulut faire l'hommage de sa terre au vicomte de Turenne, mais comme il avait caché dans son dénombrement le titre en vertu duquel il jouissait de Lentour, le vicomte n'accepta, parait-il, ni l'hommage ni la « dénommée » ; et de fait le Ier avril 1467, Hugues d'Aigrefeuille, faisant hommage pour la baronnie de Gramat,dénommait au vicomte, comme ses prédécesseurs,

(1) Mayrignac-Lentour, commune du canton de Saint-Céré. L'église de celte communauté était unie, avec celle de Notre-Dame de Lavergne, à l'archiprèlré de Thégra ; le service s'en faisait par un vicaire amovible ; en 1 76 1 le duc d'Ayen, seigneur de Lentour, obtint des Lazaristes de Cahors qui géraient alors l'archiprètré, de pouvoir faire de Mayrignac une église indépendante, ayant son propre curé (Archives du Lot, G. 23). D'après un état de 1630 il y avait dans la communauté de Mayrignac 80 feus ; le seigneur levait, en y comprenant le prieuré inféodé de Bonnefon dont il est question plus loin, une rente de 2.500 livres l'archiprétre y percevait la dîme (de onze l'un) qui lin apportait 120 charges de blé et i 10 de vin (Archives du Lot. F. 84, d'après Biblioth Nal. fonds fr. 24056-


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le château et la châtellenie de Lentour. Cependant les Bonafous de Teyssieu restèrent possesseurs de la seigneurie (i). Elle passa en 1514 aux Gontaud par mariage de l'héritière des Bonafous de Lentour Françoise B., fille de Léon, avec Raymond de Gontaud-Cabrerets, qui devint beau-frère du seigneur de Gramat, Jean d'Auriole, par son second mariage avec Anne d'Auriole. Il eut de son mariage avec Françoise de Bonafous une fille, Jeanne de Gontaud, qui porta la seigneurie de Lentour dans la famille des Noailles par son mariage avec Antoine de Noailles, fils de Louis (30 mai 1540). Les Noailles conservèrent Lentour jusqu'à la Révolution (2).

Le manuscrit renfermant le texte que nous publions n'est pas daté. L'écriture du parchemin paraît être du XIVe siècle ou du début du XVe; mais c'est une copie faite à l'occasion de quelque procès": plusieurs fois il est question des privilèges de Lentour dans les actes que signale l'inventaire des archives des Bonafous (loc. cit. liasse 131). Le nom de monseigneur Guillaume de Valon (3), mort en 1345, mentionné dans l'acte nous permet de dire que la pièce publiée et qui n'est pas la charte proprement dite, mais un extrait du « mémorial antic » fut composée avant 1345. Quant à ce mémorial ancien, il semble qu'il doit être attribué à Hugues de Castelnau de Gramat ; peu-être est-il contemporain des coutumes de Gramat, données en 1224 (4).

(1) Il y a plusieurs actes au sujet de la possession de Lentour passés entre les Bonafous et Hugues d'Aigrefeuille

(2) Beaucoup de papiers de la famille de Noailles sont aux Archives nationales série T. 193 ; on y trouve, principalement dans le carton 44-45. de nombreux documents sur la châtellenie de Lentour et les environs. C'est de là que sont tirés, avec le document que nous publions dans ce Bulletin, la plupart des renseignements réunis ici. On trouve copie de quelques uns de ces documents dans le fonds Lacabane aux archives du Lot, F. 334. On peut consulter pour ce qui concerne la baronnie de Gramat le Mémorial du Quercy dans le tirage à part publié sous le nom de Collection Lacabane. Cahors, 1886, p. 265.

(3) Guillaume de Valon,co-seigneur de Lavergne et de Thégra arrière-petit-fils de Guillemette de Valon et de Bernard Stéphani de Gigouzac laissa une fille unique, Guillemette, qui épousa Pierre Stéphani co-seigneur de Gigouzac.

(4) Balagayrie, Histoire de la Baronnie de Gramat dans le Bulletin de la Société, XXV, p. 165. Les coutumes furent confirmées par Hugues de Castelnau vers 1264. (Lacoste Histoire dn Quercy, 1 1. p. 509). Hugues de Castelnau, fils de Gisbert, personnage important pour son époque, car il est souvent pris comme arbitre pour des difficultés entre les seigneurs, il vivait dans les années 1250, 1264, 1265, I277, 1281, I286 ; (voir Lacoste, Histoire du Quercy, II, p. 291, 399, 339, 349, 356, 366, 375, 395). Il eut un fils du même nom que lui, qui était en 1308 arbitre entre les consuls de Gramat et son vassal Gmc de la Valette.


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Nous ne prenons pas la peine de détailler les privilèges de la communauté rurale de Mayrignac-Lentour. La pièce est assez courte pour que chacun en puisse remarquer les détails, dont quelques-uns sont curieux. Comme il y a peu de documents de ce genre pour cette époque, nous avons pensé qu'il était bon de la faire connaître. Jusqu'ici le Bulletin n'avait donné que des chartes de bourgades, ou d'une époque très postérieure. Nous la faisons suivre d'une traduction due à l'obligeance de notre collègue M. Combes.

LAS PREROGATIVAS

ET PERTENENSAS DEL CASTEL. ET C ASTELLANIA DA LUNTORX QUE LO SEXIIOR DE GRAMAT Y AVIA DANTIQUITAT.

Primo monss de Gramat a lo locet castelania da Lentorn susdit am senhoria et justissa auta bassa et meiana sens negunparcerie, en queso gran re de causas declaradas per la guisa que sensée.

Item el dich loc lo senhor a dadas libertatzals habitans del dich loc et de Mayrinhac et de la Castelania per la guisa que sensée.

Item que los habitans entre lor, sens appellar lo senhor, podo elegir quatre hommes bos que los aio a régir et segre lors faitz e egualar las talhas, lo jorn de la Assensio, et aquests iiii dessusdits devoteneraquel uffici l'an complit, masque tantost que els so d'accord, que an elegit, devo venir davant lod. senhor ho (ou) sas gens et prestar, losd. elegitz, sagramentde far be et leaiment talhadas e totas autras causas tocans la Comunitat.

Item que si els fan talhas de XXlievras, lo baile ho sirven deld.senor devo compellir los rebelles que paguo, et de lad. soma de talha lo baile pren ho lo sirven V solz. Et si la talha monta may, aytabe monta lo drech del bayle.

Item quant losd. juratz so a cap de lor armada, devo venir davant lod. senhor ho son loctenen per rendre los comptes de las causas levadas et despendudas et administradas et a rendre aquest compte devo esser appellatz la communitat de las gens.

Item losd. habitans podo cassar et pescar, et se prendo lebres ho peysso et ho volo a lor obs a retener, far ho podo, et si vendre ho volo


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devo ho presentar al senhor ho son loctenen, et si els ho volo, podo ho retener per VII den. là lebre, et lopeyssoapretzdegut, et quelopague. Et se lodich senhor non ho vol, los habitans ho podo vendre on que se vuelho, sal et protestât que cassa grossa ni conilh ni perditz, ni la guarena del senhor, ni pesca els estaucs deld.senhor, aquestas causas lor so inhibidas et deffendudas.

Item may losd. habitans de la castelania so tengutz ald. senhor en IV cas, so es a saber de la soma de XX lievr. de tornes et non plus, losquals cas soaquetz: di filha ho sor maridar, et viatge d'otramar, ho far se cavalier , hopresa de sa persona

Item losd. habitans, se per negun cas els avian guatges que lor fosso enguatgatz, que al cap de XV jours els los podo vendre e portar on que se vuelho.

îtem may podo far forn et cose lor pa on que se vuelho, salvat et retengut ald.senhor son drech et émolument degut.

Item lo ban et lo guadi ? els abeurados els erbatges sapparteno als dichs habitans de tota bestia estranha ; losquals erbatges so en la paroquia de Mayrinhac et de Saint Meard et confronta se am las terras dels gualabertz et daqui va al rieu de Merdaric de Trefferas (ou Tresseras) et daqui al rieu d'alzo et daqui tro a la fon major de Marsilhac (I).

Item may que tôt home, desdits habitans et libertatz avandichas, quetenha un beu tant solamen, es tengutde darbladadaaldich senhor, peran uncestierdeblatamesura de Gramat : la emina froment et l'autra emina sivada (2), et, se se devenia que ne tengues dos, es tengut de

(1) Saint-Médard de Presque, commune du canton de Saint-Céré. — Une branche des Bonafos avait depuis longtemps la coseigneurie de celte paroisse et occupait le château de Presque.

Les Gualaberts ontdonné leur nom au village de la Galabertie, en la commune d'Aynac, mais sur les limites de Mayrignac et de Saint-Médard.

Le ruisseau de Merdaric m'est inconnu.

L'AIzou est le ruisseau qui vient de l'étang de Mayrignac passe par Lavergne, Gramat, Rocamadour, pour s'unir (ou du moins sa vallée) à l'Ouysse au-dessous du moulin de Lapeyre.

Marcilhac est un écart de la commune d'Aynae, non loin du village de la Bonafoussie, au nom significatif.

(2) Nous voyons ainsi que le sétier se partageait en deux émines. La valeur même de la mesure était celle du setier à Gramat, c'est-à-dire environ 1 hectolitre 40 litres.


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dar lo doblo de blatcoma dit est, et aytabe si ero vaccas arans coma si ero beus cadans. Et se ne te otro la soma de doas bestias arans boynas, no es tengut de dar que per las doas.

Item se lo senhor fa deffensa derbas, et bestia deguna era presa delsditz homes, so quittes del ban per cascuna bestia per VII den ; et de la talha devo emendar a l'égard de dos prodomes.

Item losd. habitans devo de rencla per causa de talha ald. senhor per cascun an XXX livras de caorcens, mas que devo el podo paysse l'erbatge de negragarrigua (I).

Item may losd. hab. e gens avandichas devo et so tengutz portar lo blat de las rendas et bladadas a lor despens al castel da Lentorn en la festa de Saint Miquel.

Item lod. senhor es senhor del loc de Mayrinhac en sol, et sesparcerie, en tota juridictio qualche sia, salvat las rendas et lausimes an aquel que fieus nobles y an.

Item lo moli del estanc de Mayrinhac de sobres es cleld. senhor (2).

Item l'autre moli que es dejotz l'estanc esdeld. senhor (3) et del capela de Mayrinhac per megier, et tota reparatio et despens que fassa besonh ald. moli, se deu far a cominal despens et partirper metat lo be et proffiech.

Item de de say paucde temps lodichsenhor abaylat et arrendat, per tos temps, als homes de Mayrinhac et de Lentorn la meytat deldich molisoa, loqual avia am lad. capela per lo prêts de 100 sols turn. de renda a nadal.

Item lod. senhor a la boria de Guoutal (4) am sas aportenansas.

Item l'autra boria, al pé de la costa davan lo castel.

(1) Ncgregarrigue était situé probablement à l'endroit appelé aujourd'hui Le Bois, au nord de Lentour et à. l'est de Mayrignac. Un acte donnant les confronts du territo re de Bonnefo.n indique en effet « cum rivo qui labitur et fluit a nemore de Nigragarriga v.'rsus lo salhem... e'est-à-dire la cascade. .. (Ar. nat. Q 1148). E le devait se prolonger de là jusqu'aux limites d'Aynac. Diverses pièces se rapportent à cette forêt dans le carton 48-49 de la même série T. 193.

(2) Ce moulin s'appelle aujourdhui moulin de Lentour.

(3) Ce moulin s'appelle le moulin de Force (?)

(4) Village de Goûtai (appelée Goumtal en la carte de l'Etat-Major), commune de Mayrignac. On trouve dans les papiers de Noailles (T. 193, carton 48) une inféodation faite en 1469 par Jelian de Bonafous, seigneur de Teyssieu et de Lentour ; et des reconnaissances pour ce village faites en 1490.


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Item may a lod. senhor la vinha soa.

Item may a lod. senhor los bos appelât de Nigragarrigua et los bos appelats delà Garrigua.

Item losd. bos so deves que home no y a esplecha, fors que paysse de bestials per los homes avanditz.

Item may lodich senhor a sos prats els ditz locs et appartenensas.

Item eldich loc et Castelania a baille corne a Lobressac et la cort se governa par aquela guisa.

Item en ladicha castelania a piatges losquals se levo el loc principalmen.

Item may es acostumat de leva al gua de Donats (I) et als Salhens (2) d'Autoyre-d'avas la part de Presque del vescomtat (3).

Item es acostumat el Castel da Lentorn per lod. senhor que lo jorn de sanct Jolya d'estieu (4) se fa ung obit per a questa guisa, que so manda totz los capelas de la baronia de Gramat et dels autres locs de Lentorn. Et vengut que so,'celebro messas per tôt los Irespassas de l'ostal et linatge, et devo se dinar, et après, lor dona nom dos sols etfay hom l'armorna de paubres que y seran vengutz.

Item lo senhor es tengut de tener ung capela en son hostal, on que estanga, que cante per los morts de son linatge et el cas que lod. senhor no li plagues en son hostal, et no li volia far despens et sos hueps ? a sa persona, lod. capela es dotât et assietat sobre la castelania et emolumens da Lentorn de la soma de XV lievras, et aquesta layssa et légua laysset Messire Hug de Cxstelnou senhor de Gramat.

Item el loc de Lentorn ni en tota la castellariia, negun home noble ni autre no y a juridiction neguna, si no lodich senhor, se no aquels que y teno et an fieus nobles (5), que an, en lors fieux, laux. vendas, acaptes et vestizos, sens autra servitut ny autra conoyssensa.

(1) Donat, village au nord de Lentour, dans la commune de Saint-Médard de Presque.

(2) Le Saillant, c'est la Cascade dite Cascade d'Autoire, au sommet de laquelle passe un chemin rural, naguère aménagé par le Touringr Club.

(3) Le Château de Presque était en effet de la vicomte de Turenne, et même la partie de Mayrignac qui formait le terroir de la grange de Bonnefon, car on voit en 1461 le prieur d'Escaumels hommager au vicomte pour les terres de Bonnefon. (Arch. Nat.) Q 1.148.).

(4) Saint Julien de Brioude, ainsi appelé d'Estieu. car sa fête tombe le 28 août, pour le distinguer des autres Saint-Julien qui tombent en janvier, février ou mars.

(5) Parmi les seigneurs de la c'iatetlenie de Lentour, auxquels il en fait ic :


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Item tots homs nobles, que tenho fieu noble en la dicta castellania ni en tota la baronia de Gramat, deu far al dich senhor reconoyssensa et homenatge.

Item en la castelania de Lentorn es acostumat que los aspalges ? e trobas de abelhas se assesso per lod senhor, per an, al may oflren per los forastatges.

Item lo mas de la Pradela (M.-L.), item lo mas de Lolmieyra (I), item lo mas de la Cardonia (Bio) (2) no so ponh de las libertatz de Lentorn, ansso, per lor talhables, ald senhor en iiii cas degutzetacostumatz.

Item tôt los parroquias de M. so tengutz de anar estai* à Lentorn sus lo puech — de totz sanctztroa Pascas, — eaucasque no hofasso, so tengut de dar bladada : 1 cestier froment et 1 cestier sivada, a mesura deld loc, exceptât lo mas de Puech Castanh (M. L.) (3) et lo mas de Lolmïêre.

Item la castellania de Lentorn va en tro al gua de la Brossa (4).

Item los habitans de Lentorn et de Mairinhac et de la castelania so tengut ajudar a foyre la vinha del senhor de Lentorn, un journal a foyre, et tota ferma un autre a vindemiar ; mas que lodich senhor lor fa la despensa.

Item may devo adjuclar aldich senhor losdit homes ung jornal a far. los fes (foins), et un autre a far las lenhas.

allusion, on peut compter Bernard de Pons, damoiseau fils de Guérin de Pons chevalier, habitant de Lentour, qui hommage en 1366 à Jean Aigrefeuille, seigneur de Gramat. (Arch. Lot. F. 24t. f° 155).

(f) Ces deux mas font encore partie de la commune de Mayrinhac, le premier au N. E. sur les limites de celle de Saint-Médard, le second (aujourd'hui Laumière), au S. sur les limites de celles de Saignes. On trouve divers actes concernant ces deux mas au carton 44-45 de la série T. 193 des Arch. Nat. (date 1484, 1685, 1732).

(2) Le mas de la Cardonie, voisin de celui de Laumicie est indiqué comme appartenant à la commune de Bio, il appartient en réalité aux deux communes de Bio et de Saignes.

(3) Le Puech Caslan, commune de Mayrignac, à l'O. S. O. de Lentour. Il est question plusieurs fois d'arrangement au sujet des limites de ce mas avec ia famille de Valon (Arch. Nat. T. 193, 44-5, liasse 131 (1504, 1530, 1605).

(4) Probablement les Brousses, communes d'Autoire b'en que ce nom commun puisse bien être celui de quelque lieu plus près de Mayrignac que je n'ai pas retrouvé.


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Item l'archiprestre de Thégra (I) per los bens et terras et possessios que ha en la castellania de Lentorn et en la parroquia de Mairinhac devra de renda aldich senhor, cadan à Nadal, L sols.

Item lo mas de Prangieras (2) pausat en la parroquia de (Pradinas) es en la castellania de Lentorn, et en lodich mas a lodich senhor de renda per raso de captienh (3) très eminas de sivada mesura de Gramat.

Item lo mas de Sauzet (4) et lo mas de Mespelhol confronte am lo mas que teno los poiadas (5) et am la terra dels de Valons (6) et am la terra de Johan del Batut que te de la mayo de Bonaffon (7), d'autra part am la terra de Johan Vayssiera (8) et am la terra del prior de la

(1) Thégra, commune du canton de Gramat, jadis chef-lieu d'un archiprétré fort important et très vaste, comprenant plus de soixante paroisses, depuis Rocamadour jusqu'à l'Auvergne. A l'église de Thégra étaient annexées eelles de Mayrignac et de Lavergm'. Le bénéfice fut uni en 1731 au grand séminaire de Cahors tenu par les Lazaristes. Il y eut en 1486 une transaction entre l'archiprêtre et Pierre de Bonafous au sujet de quelques villages de M lyrignac.

(2) Je ne connais dans cette région que le mas de Prangères, jadis en la paroisse de Pradines, aujourd'hui chc-f-liiu de la paroisse rurale de la commnne de Gramat. L'église de Pradines, située non loin du hameau de Barrie-Haut, a été vers la fin du XVIIe siècle transférée à Prangères. Li façon dont l'article ci-dessus est rédigé semble bien indiquer une enclave.

(3) Captennium, cote personnelle, capitation.

(4) Le mas de Sauzet n'existe pas sur la carte de l'Etat major, il a sans doute changé de nom celui de Mespeil est à l'O. de Puech-Castan.

(5) Les Poujades ou La Poujade ont donné leur nom à un mas de la Poujade dans la commune d'Aynac, près du lieu de Marcilhac mentionné plus haut.

(6) La famille de Valon possédait, depuis le XI siècle au moins, la coseignerie de Lavergne. Il reste encore une tour du château de Valon, dans la vallée non loin du bourg.

(7) La maison de Bonnefont était un petit prieuré, de l'ordre des chanoines Réguliers de St-Augustin, fondée en 1297 ou 1298 par Aymeric de Bonafous, sous le vocable de St-Bonaventure. Il fut rattaché au pieuré d'Escaumels à la condition d'y entretenir 7 religieux qui devaient chaque jour chanter une messe et réciter les offices pour l'âme du seigneur et des siens. Après la guerre de cent ans la condition ne fut plus remplie : en 1568 Jeanne de Gontant fit casser l'ancien traité avec le prieur d'Escaumels et fonda une chapellenie pour deux prêtres pour laquelle elle restaura l'ancienne chapelle. Sous Mgr Antoin e de Noailles, évèque de Cahors, en 1680, la fondation fut transféré J dans l'église même de Mayrignac. (Doc. divers du même carton 44-45 de la série T. 193).

(8) Ce nom se retrouve au paragraphe suivant comme celui d'un lieu. La Vayssière est en effet un village de la commune de Mayrignac, un peu au nord de Mespeil.


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Vernha (I) et am la terra que es de Htig La faia (2): en lodich mas de Sauzet, so les confrontatios des susdichas.

ftem lo mas dessus dich de Mespelhol confronta am la terra que te Johan de Mejane (5) dels Guascos (4), et am lo mas que teno Pajadas

(I) Saint-Biaise de Lavergne, prieuré de Chanoines Réguliers, comme celui d Escaumels et le petit prieuré de Bonnefon, et dépendant directement de l'abbaye de la Couronne, comme plusieurs autres du diocèse (Scelles, près Livernon, Molières dans la commune de Francoulès, Espagnac sur les bords du Celé. La Ramière en Bas-Quercy). Il avait été fondé sur la paroisse de Notre-Dame près du château de Valon (d'où le double vocable : Notre-Dame de Valon resté dans le nom d'un moulin de notre-Dame, et de Notre-Dame de Lavergne. Le pouillé de M. Longnon met : Beata Maria Magdalena de Vernha, comme annexe de l'archiprétré de Thégra, mais identifie mal à propos le prieuré Saint-Blaie avec l'église de St Paul-de-Vern près Saint-Cérc. Lorsque l'église de Valon eut été détruite par les protestants, le service se fit dans l'église du prieuré, restée encore aujourd'hui paroissiale. Quan au prieuré même, il fut rattaché au monastère de chanoines réguliers fondé à Cahors par Alain de Solminihac, après arrangement avec le prieur el avec l'archiprétré de Thégra (Pouillé Dumas et arch. div.). C'est par erreur que certains auteurs rattachent notre Lavergne à la Chaise-Dieu. Ils confondent ce prieuré de chanoines réguliers avec un autre, de l'Ordre de Saint-Benoît, situé non loin de Montauban, mais dont il ne reste plus que le nom dans le nom du ruisseau de Lavergne. Saint Théodard de Montauban avait été en effet une abbaye dépendante de la Chaise-Dieu. En 1335 Géraud Clerici avait pour bénéfices la dignité de camérier dans l'église de Montauban et les dîmes de Lavergne. Il n'est plus question de ce prieuré après le xiv' siècle. (Arch. Vatic, Reg. Yat. 120,vol. 714, 226 fol. 81e Reg. Aven. Clem VI, 31 fol. 559. Supplie . 7 fol. 232 Mouleng. Doc. sur le Tarn-et-Garonne T. L. — Voir Poulbrières, dict. des paroisses du diocèse de Tulle au mol Egletons.

( 2) Hugues la Faye ou comme il est dit plus bas Hugues de Lafaye, chevalier, appartenait à une famille sur laquelle nous n'avons à peu près rien et qui devait demeurer au repaire de ce nom près de Thégra. En 1165 Géraud de Faia était témoin dans une donation que faisait Arnaud de Félenor sur des biens situés des deux côtés de l'Ouysse (Cartul. d'Aubasine, fol. 51 vo). En 1219 Hugues de Faia est nommé parmi hes dix chevailers qui jurent d'accepter la sentence arbitrale de l'abbé de Tulle dans le procès entre les seigneurs de Castelnau et le vicomte de Turenne (Arch. nat. K. 1167). En 1366 Me Guillaume de Faia (est-ce la même famille ?) coseigneur de Lachapelle Albareil au vicomte de Turenne (Arch. Nat. T. 193, carton 26). Lacoste mentionne en 1280 un prieur de Miers du même no n : Ebrard de Faia, (111, 25).

(3) Il y eut à Cahors une famille de Meychones (Ed. Albe : autour de Jean XXII, 3= partie, p. 126) ; en Roucrgue une famille de Mejanès (Barrau) ; près de Flaugnac (Castelnau-Montratier), on retrouve également ce nom. Il est difficile par suite d'identifier.

(4) S'agil-il de la famille des ':.asc de Mialet ?


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de messire Bernât Guillem de la Vernha (I), et d'autra part am la terra de mossenhor Hug de Faia, d'autra part confronta am lo mas que teno los homes de la Vaissiera de mossenhor Guillem de Valon.

Item d'autra part se te am lo mas, que compret mossenhor Hug de Castelnau de moss. Hug de Faia cavalier, et d'autra partamuna terra deldich cavalier.

Item es de costuma a la festa de Pascas que lo grangier, ho guovernador, de la Boria de Bonafon, per nom del prior d'Escalmelhs, (2) tramect ung anielh aldich senhor à Lentorn.

Et totas aquestas causas dessus ditchas so en la castelania de Lentorn, segon que se troba el mémorial antic.

(1) La famille de Lavergne signalée dans les documents dès le XIe siècle dut se fondre dans celle des Valon.

(2) Escaumels, que M. Longnon a confondu avec les Calmels, hameau de Viazac près Figeac, était situé dans la commune de St-Saury. canton le Saint-Mamel, Cantal. Ce prieuré fut fondé au XIIe siècle par Bernard de Giaffeuil puis donné à l'abbaye de la Couronne (Revue de la Haute Auvergne 1909).

Ce prieuré possédait en la seule vicomte de Turenne des possessions dans les paroisses de Belmont, Cornac, Frayssignes, Mayrignac, St-Jean Lesp., St-Laurent, St-Médard, Ste-Spérie, St-Vincent (Arch. Nat. Q I, 1481. Le petit prieuré de Scelles près Livernon relevait directement du prieur d'Escaumels (pouillés divers).


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TRADUCTION

LES PREROGATIVES ET APPARTENANCES DES CHATEAU ET CHATELLENIE DE LEXTOUR. QUE LE SEIGNEUR DE GRAMAT Y AVAIT « D'ANCIENNETÉ »

Primo, Monseigneur de Gramat a le lieu et la châtellenie du susdit Lentour, avec la seigneurie et la justice haute, basse et moyenne, sans co-partageant, et il y a de belles prérogatives énoncées comme il suit :

Item, le seigneur a donné des libertés aux habitants dudit lieu, et de Mayrinhac, et de la châtellenie, de la manière qui suit.

Item, les habitants entre eux, sans appeler le seigneur, peuvent élire, le jour de l'Ascension, quatre hommes probes pour les aider à gouverner et suivre leurs affaires, et répartir les tailles ; ces quatre hommes doivent remplir leur office l'année entière ; dès que leur élection est faite, ils doivent se présenter devant ledit seigneur, ou ses officiers, et prêter serment de faire bien et loyalement les tailles, ainsi que tout ce qui regarde la communauté.

Item, s'ils imposent une taille de vingt livres, le bayle ou sergent dudit seigneur doit obliger à payer ceux qui s'y refuseraient, et sur ladite somme il prendra cinq sous ; si la taille est plus forte, le droitdu bayle s'élève en proportion.

Item, quand lesdits jurats arrivent au terme de leur année, ils doivent se présenter devant ledit seigneur ou celui qui le remplace, pour rendre compte de ce qu'ils ont reçu, dépensé et administré ; les habitants de la communauté doivent être convoqués à cette reddition de comptes.

Item, lesdits habitants ont droit de chasser et de pêcher : s'ils prennent lièvres ou poissons, et qu'ils veuillent les garder pour eux, ils le peuvent: s'ils veulent les vendre, ils doivent les présenter au seigneur ou à celui qui le remplace, lesquels, s'il veulent, peuvent les garder en payant douze deniers pour un lièvre et le prix convenable


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pour le poisson. Si ledit seigneur n'en veut point, lesdits habitants peuvent les vendre où ils voudront. Ils ne peuvent prendre ni grosse bête, ni lapins, ni perdrix, ni ce qui est dans la garenne du seigneur, ni le poisson des étangs du dit seigneur ; tout cela leur est interdit et défendu.

Item, de plus lesdits habitants de la châtellenie sont tenus de payer au seigneur vingt livres tournois, et non davantage, pour quatre cas, savoir : quand sa fille ou sa soeur se marie, quand il fait le voyage outremer, quand il est fait chevalier, ou s'il est fait prisonnier.

Item, si par cas lesdits habitants ont des objets qu'on leur a donnés en gage, au bout de quinze jours ils peuvent les vendre et les porter où ils voudront.

Item, de plus les habitants peuvent faire four et cuire leur pain où ils voudront, sauf réserve des droits et émoluments dus audit seigneur.

Item, les habitants ont le ban et le pour toute bête

étrangère, sur les abreuvoirs et les herbages ; ces herbages sont dans les paroisses de Mayrignac et de Saint-Médard, et confrontent avec les terres des Galaberts, d'où la limite va jusqu'au ruisseau de Merdarie et de là jusqu'au ruisseau de l'Alzou et de là jusqu'à la grande fontaine de Marcilhac.

Item, de plus tout homme desdits habitants, jouissant des susdites libertés, qui travaille avec un boeuf seulement, est tenu de donner par an au seigneur un setier de grain, mesure de Gramat, savoir une émine de froment, l'autre d'avoine ; s'il arrive qu'il ait deux boeufs, il est tenu de donner le double de la quantité de grain susdite ; si ce sont des vaches de travail, il payera comme pour des boeufs ; s'il possède plus de deux bêtes de travail, il n'est tenu de payer que-pour deux.

Item, si le seigneur défend des pâturages et que quelque bête desdits habitants y soit prise, ils sont quittes du ban avec six deniers pour chaque bête ; mais pour le dommage ils devront payer suivant l'évaluation de deux prudhomes.

Item, lesdits habitants doivent pour la taille au seigneur une rente annuelle de trente livres caorsines, mais il doivent quelque chose de plus s'ils usent des herbages de Negregarrigue.

Item, de plus lesdits habitants sont tenus de porter le grain des rentes et « bladées », à leurs frais, au château de Lentour, à la fête de Saint-Michel.


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Item, ledit seigneur est seul seigneur du lieu de Mayrinhac, sans co-partageant, sauf les rentes et lods dus à ceux qui y possèdent des fiefs nobles.

Item, le moulin situé au-dessus de l'étang de Mayrinhac appartient audit seigneur.

Item, l'autre moulin, au dessous de l'étang, appartient par moitié audit seigneur el au curé de Mayrinhac : il doivent faire à frais communs les réparations et les dépenses nécessaires audit moulin et partager par moitié le revenu.

Item, depuis peu de temps, ledit seigneur a baillé et arrenté pour toujours, aux habitants de Mayrinhac et de Lentour, la moitié lui appartenant dudit moulin qu'il possédait avec le curé, moyennant le prix de cent sous tournois de rente, payable à Noël.

Item, ledit seigneur possède la métairie de Goûtai, avec ses dépendances.

Item, l'autre métairie, au pied de la côte, devant le château.

Item, ledit seigneur a de plus une vigne qui lui appartient.

Item, ledit seigneur a de plus les bois dits de Negregarrigue et ceux dits de la Garrigue.

Item, lesdits bois sont réservés, dé sorte que personne n'y peut exploiter, sauf pour les gens susdits le droit d'y faire paître le bétail.

Item, ledit seigneur a ses prés auxdits lieux et appartenances.

Item, ledit- lieu et la châtellenie ont un bayle comme à Loubressac, et la cour se conforme aux mêmes règles.

Item. en ladite châtellenie sont des péages qui se lèvent principalement dans l'endroit.

Item, la coutume est d'en lever aussi au gué de Donatz et à la cascade d'Autoire, en avant de la partie de Presque qui appartient à la vicomte.

Item, la coutume est que, le jour de la Saint-Julien d'été, il se fait un obit au château de Lentour, pour ledit seigneur, de la manière suivante. On convoque tous les curés de la baronnie de Gramat et des autres lieux de Lentour ; quand ils sont arrivés, ils disent des messes pour tous les morts de la maison et lignée ; on doit les faire dîner, après quoi on leur donne deux sous et on fait l'aumône aux pauvres qui sont venus.

Item, le seigneur est tenu d'avoir en son hôtel, en quelque endroit qu'il réside, un chapelain qui chante la messe pour les morts de sa


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famille : au cas où il ne plairait pas audit seigneur de le garder en son

hôtel, et où il ne voudrait pas faire la dépense et.: ledit

chapelain est doté et assigné sur la châtellenie et les revenus de Lentour, pour la somme de quinze livres tournois ; cela résulte d'un legs fait par Messire Hugues de Castelnau, seigneur de Gramat.

Item, aucun homme noble ou autre, à l'exception dudit seigneur, n'a de juridiction dans le lieu ni dans toute la châtellenie de Lentour, sauf ceux qui y tiennent et possèdent des fiefs nobles, lesquels ont, en leurs fiefs, les lods, ventes, acaptes et investiture, sans autre servitude ni autre

Item, tous hommes, nobles ou non nobles, qui tiennent un fief noble en ladite châtellenie, et en toute la baronnie de Gramat. doivent faire audit seigneur reconnaissance et hommage.

Item, il est de coutume, en la châtellenie de Lentour, que les

et les essaims d'abeilles sont affermés chaque année par ledit seigneur à ceux qui offrant le plus pour le droit de « forestage ».

Item, le mas de la Pradelle, celui de Laumière et celui de la Cardonie n'ont pas de part aux libertés de Lentour, mais ils sont tenus, pour leurs taillables, aux IV cas accoutumés.

Item, tous les paroissiens de Mayrinhac sont tenus d'aller ester à Lentour sur le puech, de Toussaint à Pâques ; faute de quoi, ils doivent donner un setier de froment et un setier d'avoine, mesure dudit lieu ; sont exceptés le mas de Puech-Castan et le mas de Laumière.

Item, la châtellenie de Lentour va jusqu'au gué de Labrousse.

Item, les habitants de Lentour et Mayrinhac et de la châtellenie sont tenus de faire une journée pour la façon de la vigne dudit seigneur de Lentour, et les femmes défaire une journée de vendanges, mais ledit seigneur doit les nourrir.

Item, de plus lesdits hommes doivent au seigneur une journée pour faire les foins et une autre pour faire le bois.

Item, l'archiprétré de Thégra doit au seigneur pour les biens, terres et possessions qu'il a dans la ehâtellenie de Lentour et dans la paroisse de Mayrinhac, une rente annuelle de cinquante sous, payable à Noël.

Item, le mas de Prangères, sis en la paroisse de « Pradines », fait partie de la châtellenie de Lentour, et le seigneur a dans ce mas, à titre de capitation, une rente de trois émines d'avoine, mesure de Gramat.


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Item, le mas de Sauzet et le nias de Mespelh confrontent avei. .celui que tiennent les Poujade, avec la terre des de Valon et avec celle que Jean del Batut tient de la maison de Bonnefon ; d'autre part, avec la terre de Jean Vayssière, avec celle du prieur de la Vernhe et avec celle de Hugues Lafage ; telle sont les confrontations pour le mas de Sauzet.

Item, le susdit mas de Mespelhol confronte avec la terre que tient Jean de Mejanès des Gasc, avec le mas que tiennent les Poujade de messire Bernard Guillem de la Vernhe, d'autre part avec la terre de monseigneur Hugues de Faye, ou La Paye, d'autre part avec le mas que tiennent les hommes de la Vayssière de monseigneur Guillaume de Valon.

Item, d'autre part, il est contigu au mas que monseigneur Hugues de Castelnau acquit de monseigneur Hugues de Faye, chevalier, et d'autre part avec une terre dudit chevalier.

Item, il est de coutume que, à la fête de Pâques, le .grangier ou administrateur de la métairie de Bonnefon au nom du prieur d'Escaumels, envoie un agneau audit seigneur à Lentour.

Et toutes les choses susdites sont en la châtellenie de Lentour, ainsi que cela se trouve dans le mémorial ancien.


ESSAI D'UN ARMORIAL QUERCYNOIS

APPENDICE

— Fumel (de). V. au Supplément. — Les Fumel, et, avant eux, les Roquefeuil, furent,' il est vrai, primitivement seigneurs de Ségadènes et de la Rouquette, mais vers 1450, noble Arnaud de Jas ayant acheté ces mêmes terres, puis les ayant reçues nobles du baron de Fumel, en devint dès cette époque le seul seigneur.

De nos jours, sa descendance possède encore Ségadènes. (V. art. de Jas, du Supplément et l'art, du Rieu, à la Ire partie de l'Armoriai).

— Gary (de). — V. l'Armoriail et le Supplément. — Rectifier : Pierre de Gary fut reçu Avocat au Parlement de Toulouse en 1755 et non en 1775.

Alexandre-Gaspard, baron de Gary, son fils, fut Président, non d'un Tribunal, mais du Tribunat (le corps célèbre qui a donné le Code civil à la France).

Le frère du précédent : François-Alphonse de Gary, ancien officier supérieur d'Etat-major, fut successivement trésorier et secrétairegénéral du Sénat conservateur.

Lom (de). —V. Ire partie de l' Armoriai. — C'est Bertrand de Lom, qui épouse en 1467 noble Antoinette de Pechduo (et non Puechria), qui est le premier qualifié noble et seigneur del Lart, et non son petit-fils J. Antoine de Lom.

V. au Supplément. — D'après ce qui précède, au lieu de : la noblesse de cette famille remonte à 1530, etc., il faut lire : la noblesse et la filiation suivie de cette famille remontent vers 1450 avec Bertrand de Lom, le premier qualifié noble et seigneur del Lart ou du Lard, qui épouse en 1467 noble Antoinette de Pechduo.

Vilaris ou Villar (de).— V. au Supplément.—Rectifier : la famille

noble de Vilaris qu'on trouve à Catus en 1542 (et avant cette époque)

et qui s'éteignit dans les familles de Lom et Calmeille de Larroque,

n'a aucun rapport avec le vicomte de Villar qui témoigne à Cahors

devant le Sénéchal,en faveur de l'Evèque, le 1er mars 1575. Ce vicomte

de Villar appartient à l'illustre maison de Montagut déjà citée dans la

Impartie de l' Armoriai.

L. ESQUIEU. FIN


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Le renom du Quercy

Cueillant les fleurs de sa province, à pleine main, Pour tresser les motifs changeants de sa guirlande, Nos voisins d'Agenais ont trouvé clans Jasmin Le chantre qu'il fallait pour narrer leur légende.

Le Rouergue a Fabié, Montauban, Pouvillon : Celui-ci flâne aux bois enchantés de Grésigne, Celui-là sur le Causse allonge son sillon ; Tous deux à leur terroir font un honneur insigne...

Vermenouze marie à la grâce l'humour ; Dans la neige des puys sa muse rit à l'aise ; Blonde abeille, elle va de Salers à Saint-Flour Et sait faire son miel jusque sur la Planèze...

Toi seul restes presqu'ignoré, mon vieux Quercy, Parmi tous tes voisins, et c'est à n'y pas croire... Plusieurs t'ont célébré, mais aucun jusqu'ici N'a trouvé les accents qu'il fallait pour ta gloire...

Nous sommes quelques-uns à le tenter parfois, En vers français, en vers romans, en simple prose, Mais c'est sujet trop grand pour nos petites voix Et l'imprudent échoue en cet effort qu'il ose.

Pour peindre ta grandeur que peuvent nos croquis,

Pour dire ta beauté que sont nos odelettes ?

A quoi sert un refrain de pipeaux même exquis ?

Au vent d'oubli s'en vont les chansons les mieux faites.

Il te faudrait, Quercy, un chant large et vainqueur Comme celui du grand Mistral à sa Provence, Un chant, où tout entier, palpite notre coeur Et qui fasse vibrer tout le coeur de la France...

Sans doute tu n'as pas les sommets du Cantal, Tes rivières sont moins larges que la Garonne, Tes causses sont moins hauts que le Causse Comtal, Mais pourtant nul pays n'a plus riche couronne


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Que celle dont on voit s'illuminer ton front... La province voisine en peut être jalouse ; Mais elle a contre toi, pour la garder d'affront Pouvillon et Fabié, Jasmin et Vermenouze...

Quand donc te plaira-t-il, Quercy, de susciter Des poètes enfin dignes de tes merveilles? A te connaître bien et te bien raconter, Tout homme de génie illustrerait ses veilles...

Il dirait les profils nobles de tes coteaux Qui cachent leurs blancheurs sous la pourpre des vignes ; Tant de dolmens encore debout, tant de châteaux Ruinés, dont les remparts jadis furent insignes...

La plaine incomparable où descend notre Lot, Dans les champs de tabac dessinant son méandre, Et celle, moins variée et plus vaste, où le flot De la Dordogne, en vif-argent, aime s'épandre...

Les vallons, les ravins, où mille ruisselets Font cascader sans fin leur eau qui jase et joue, Dont les détours s'en vont à travers prés et blés Vers les moulins dont leur courant tourne la roue...

Le Causse où le berger, en croquant son pain bis, Serre contre ses flancs sa vieille limousine, Et conduit clans le vent son troupeau de brebis, Tandis que son labri, sur ses talons, chemine...

Les villages tapis sous l'aplomb des rochers Et les bourgs répandus largement dans les plaines ; Les nids d'aigles par l'homme en plein ciel accrochés Et les nids de ramiers bâtis près des fontaines...

Les villes d'autrefois aux étranges abords Dont un midi brûlant fait rutiler les pierres ; Un coucher de soleil sur les murs de Cahors, L'aube, à Rocamadour, dorant les sanctuaires...

Lacave et Padirac offrant, sous les halliers, Aux regards éblouis leurs fantasmagories ; Tous les antres, les cloups, les igues égaillés Dans la falaise, au fond des bois, dans les prairies...


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Puis, de sa grande voix, il nous dirait aussi Que ta gloire n'est pas dans tes seuls paysages Mais que les actions de tes fils, o Quercy, Gardèrent de périr ton renom, d'âge en âges.

Chez toi Luctérius, le dernier résista

Quand le Romain régnait sur les Gaules entières ;

Quand la France tombait se leva Gambetta

Et l'histoire te doit son Murât, son Bessières...

Ces noms ont d'autres noms illustres auprès d'eux Clément Marot est tien, même quand il t'oublie ; Le Cantal a Gerbert, mais le Lot Jean vingt-deux ; Fénelon à ton sol par son berceau se lie...

Donc, quand tu le voudras, o notre cher pays. Tu pourras éclipser les autres à la ronde, Dominer de très haut tes voisins ébahis Et reprendre ton rang aux yeux du vaste monde,

Il suffit pour cela qu'il te plaise d'avoir Un deuxième Marot, qui point ne te renie, Un poète pieux, vrai maître en doux savoir, Qui te consacre enfin l'effort de son génie...

(E. GRANGIÉ).

Le Quercy blanc

C'est le pays des terres blanches : Lalbenque, Montcuq, Castelnau... Point de grands bois sur le coteau, Mais des arbres pressent leurs branches Dans le vallon, près du cours d'eau...

Par leur verdoyante couronne Des villages sont encadrés ; Entre des vergers et des prés, Le Lemboulas, la Barguelonne Déroulent leurs méandres frais...


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Parfois, au sommet d'une butte, Là-haut, sur le bord des rochers Où les corbeaux se sont nichés, Dominant le cours de la Lupte, Des anciens remparts sont accrochés...

Contre le vent ouvrant des ailes Sans toile, vrais râteaux en croix. Des moulins auxquels autrefois Don Quichotte eût cherché querelles, Dressent les pointes de leurs toits.

De métairie en métairie,

Des genêts, des genêts encor,

Des genêts sans-nombre aux fleurs d'or,

En resplendissante féerie,

S'emparent de tout le décor.

Ils couvrent les sommets, les pentes D'un manteau clair et somptueux... Tout cet or éblouit les yeux Du voyageur qui suit les sentes De ce parterre fabuleux !

Août ! Les fleurs ont quitté les branches... Les vallons sont frais près de l'eau ; Mais le soleil cuit le plateau Ou régnent sur les terres blanches : Montcuq, Lalbenque et Castelnau !

E. de SURGÈS.

E. GRANGIE.


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RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL

MES CIIERS CONFRÈRES,

Nous voici tout au bout du rouleau des jours de l'année qui finit. Il me revient à cette heure la charge de le dérouler une dernière fois. Je dois vous rappeler ce que, pendant cette dernière année, nous avons été, ce que nous avons fait, enfin si nous avons vécu.

Je rassemblerai nos souvenirs. C'est notre raison d'être, notre âge aussi pour la plupart. Cette fois la peine est toute pour moi. Puissiezvous en garder tout le plaisir qui accompagne toujours le rappel du passé qui est bien une jeunesse.

Et d'abord comptons nos pertes. Ceux d'abord qui sont partis par lassitude ou indifférence ou pour des soucis plus pressants. Ce sont : MM. Bessat, Delbreii, abbé Pascal, baron de Pontalba, Balagayrie. Nous regrettons leur décision qui réduit notre troupe, qui nous prive aussi de concours estimables. Ceux enfin que nous enleva l'impitoyable faucheuse. A ceux-ci vont nos regrets les plus émus. Nous avons perdu cette année : MM. Brassac et Calvet, les chanoines Labarthe et Rossignol. Comme nos statuts nous y obligent et suivant d'abord l'impulsion de notre sensibilité, nous les avons accompagnés dans leur dernier voyage avec une simple brassée de fleurs. C'était, il me semble, il y a quelque temps, votre coutume de laisser tomber sur la tombe de nos confrères de bonnes paroles, de sympathiques plaintes. Sans décision formelle et par un consentement tacite nous avons renoncé à cette respectable habitude. Aux yeux de beaucoup elle pouvait paraître outrecuidante. Nous risquions en outre de faire dire aux malveillants que, même aux moments pénibles de la séparation, quand il convient que les douleurs se taisent, nous ne voulons pas renoncer à la manie de tourner tout en occasion de babil laudatif. C'est enfin et aussi que la part de chacun à notre oeuvre de recherches est bien inégale.

C'était le cas de nos quatre disparus de cette année.

M. Brassac nous donnait sa part légitime de bénéfices dans les


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travaux bien maigres que nos ressources nous permettaient de lui confier. C'était un cadurcien de vieille roche. Il avait longtemps vécu et beaucoup retenu. J'ai puisé maintes fois dans sa mémoire, moi languedocien bordé de gascon qui ai eu l'indiscrétion de pénétrer dans l'histoire de votre Querci. Je garderai un souvenir profond de ses entretiens affectueux auquel il se prêta souvent de la façon la plus aimable.

M. Calvet était notre trésorier, au moins honoraire, car depuis longtemps il avait dû céder ses comptes, puisque tout d'un coup, sans signe avant-coureur, il était devenu aveugle. Ainsi affligé il a vécu deux ans, grâce aux soins dévoués de sa fille courageuse. Il demandait souvent de nos nouvelles, se faisait lire nos travaux. Lui-même s'y était exercé. Vous savez qu'il avait recueilli quelques notes d'héraldisme local. Il s'entendait à dessiner des blasons avec exactitude et élégance, et il était curieux d'en connaître l'origine et l'attribution.

Le chanoine Rossignol était un adhérent de la première heure. Il ne venait pas souvent à nos réunions, depuis surtout que le retenaient les devoirs délicats de son ministère et aussi les cuisants rhumatismes. Mais il approuvait et louait fort notre attachement à l'histoire du petit pays. Cet ancien élève du Lycée de Cahors se souvenait des leçons de son maître, le professeur Glùk que l'on pourrait appeler « l'illustrateur du Querci ». J'ai vu de lui un recueil de notes sur Mechmont, dont il fut le curé, sur le culte de saint Caprais et de sainte Foi qui sont, je crois, les patrons de cette bien ancienne paroisse. Elles ne sont pas d'une grande rigueur scientifique. L'abbé Rossignol ne pouvait pas alors pressentir les résultats de l'exégèse hagiographique de Mgr. Duchesne. Elles révèlent toutefois un vif désir de s'éclairer et de fortifier par l'histoire la vénération que sa foi lui conseillait.

Le chanoine Labarthe lui, était un assidu. S'il s'absentait c'est que le vent d'hiver ou la pluie froide balayaient, quand vivait, le Pont-Neuf, ou que depuis, le Lot enragé de dépit avait rompu la chaîne des bateaux frêles qui ont prétendu le dompter. Le bon chanoine gémissait de ces obstacles impertinents. S'il avait vécu au temps de « nos escholiers », lui qui savait si aisément manier le latin, il aurait trouvé là matière à satire ou à poème héroï-comique. Mais aujourd'hui qui l'aurait compris ? N'était-ce point assez pour quelques-uns d'entre nous de s'appliquer à saisir les souhaits pourtant bien simples qu'il rendait en notre nom à nos confrères de Montauban ? Cependant il


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aimait cette langue qu'il avait longtemps enseignée. C'est par affection pour elle qu'il s'était attaché à son enfant premier-né, je veux dire notre patois. Hélas ce premier-né s'est bien abâtardi. Et vous savez bien, vous qui suiviez ses remarques que notre aimable confrère n'était pas toujours sûr d'avoir trouvé la forme exacte. Il en convenait de bonne grâce, car il ne prétendait pas que sa distraction innocente fut l'origine d'une prochaine résurrection.

Heureusement nous avons fait aussi nombreuses recrues. Ce sont : MM. Cavalié, Rey, Amadieu, abbé Lacoste, Carbonnel, capitaine Soulages, Pierre Besse et Marre.

MM. Cavalié et Carbonnel sont tous deux de Figeac. Le premier, ancien universitaire, nous a présenté une étude très documentée des monuments élevés dans le cours des siècles autour de l'antique abbaye de Pépin. M. Carbonnel est du barreau de Figeac. Ces deux adhésions nous sont particulièrement agréables. Elles nous sont la preuve que l'on goûte là-bas nos efforts pour retracer les souvenirs du Querci, et que, pour cette oeuvre de patriotisme local, on sent le besoin de grouper en un faisceau serré et plus agissant toutes les bonnes volontés de notre département.

M. Rey de Duravel est à peine sorti du Lycée. Il s'est très vivement épris des curiosités de son vieux village. Duravel a une belle église romane, et, sous les voûtes basses de celle-ci,des reliques de tout ordre bien originales. Il nous en a présenté récemment une description minutieuse qui révèle du goût et un sens déjà bien averti de l'archéologie. Nous étudierons bientôt, si vous le voulez, son voeu de classement au rang des monuments historiques.

M. Amadieu habite en Dordogne. C'est un confrère de la Société archéologique de Pèrigueux. Il se souvient qu'il est originaire de Gramat Aussi a-t-il tenu à être des nôtres. M. l'abbé Lacoste, curé d'Anglars, a écrit une monographie intéressante de cet étrange repaire qui s'appelle Bélaye. Il a été, vous le savez, le fief d'une fière famille, les Guiscard dont le nom a des consonnances d'héroïques aventures. La rude forteresse subit les assauts des Anglais puis ceux des « religionnaires ». Elle s'écroule maintenant sous le ruissellement des orages ou les tristesses de la désertion rurale. Pourtant son donjon ruiné pique encore le ciel d'un de ses pans dressés. Les voûtes bizarres de sa vieille église pèsent encore de leurs robustes piliers sur le plateau rigide. Elle méritait bien le travail très personnel de l'abbé


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Lacoste. M. l'abbé Couderc de Pauliac est aussi un chercheur. Nous connaissons de lui un fragment d'histoire religieuse : la Pentecôte à Carennac au xe siècle; M. le capitaine Soulages a voulu se joindre à nous. Les rares loisirs que lui laissent ses fonctions fatigantes, il les emploie à étudier ce que furent les premiers volontaires du Lot pendant la Révolution. Je sais sa conscience, sa pénétrante curiosité. Je ne suis point étonné que ses recherches lui aient mérité de ses chefs un témoignage de satisfaction.

MM. Pierre Besse et Marre ne m'en voudront pas de vous les présenter ensemble. Ils sont tous deux avocats ; ils sont camarades de classe. Et je me souviens bien qu'ils ont été tous deux mes bons élèves. Peut-être leur ai-je fait aimer l'histoire. Je crois plutôt qu'il s'y sont attachés à cause de leurs études juridiques dont le fondement est peut-être la raison, mais certainement l'expérience des générations. Ils verront ici que la petite histoire qu'on nous reproche de faire est d'une leçon profitable, témoin, ce contrat que nous lut l'abbé Albe et qui était je crois de l'époque des légistes. Il était bien embrouillé et bien touffu au regard de tel autre d'origine plus ancienne qui était fait avec le simple bon sens et la clarté française que n'avait pas encore obscurcie le raisonnement de l'Ecole. Ce contraste était un excellent exemple de simplicité juridique.

Il n'est donc point inutile de fréquenter chez nous. Il n'y a pas il est vrai, des incidents d'audience. Nous n'avons ici aucune espèce de partis. Une grande cordialité nous y rassemble parce que nous n'y apportons qu'une même pensée : découvrir un nouveau trait de notre histoire provinciale. Aussi nous y venons nombreux. Nous étions 16 une fois. C'est un chiffre considérable et que même les « Quarante » atteignent, dit-on, rarement, quand ils se préoccupent du Dictionnaire. Il est vrai que chez eux la valeur fait plus que le nombre.

Nos procès-verbaux constatent cet empressement et l'abondance de nos travaux. Il me suffirait de les reprendre. Je veux seulement signaler les plus caractéristiques. M. l'abbé Albe est le mieux documenté. Tel jour il nous révèle l'existence d'une abbaye de femmes entre Thédirac et Lavercantière. Tel autre jour il nous conte un incident, des querelles entre les Consuls et l'Evèque de Cahors qui continuèrent même après le paréage de 1307 et malgré la venue chez nous du sévère Philippe le Bel. C'est la vie municipale d'alors. Il nous apprit le passage à Cahors, en 1196, du fameux Richard Coeur de Lion. Il est


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toujours attaché au pèlerinage de Rocamadour dont il a presque achevé de préciser la notoriété si lointaine et si recherchée. Et, à ce propos, nous regrettons tous avec lui que notre pauvreté nous ait empêchés de tenter la publication du livre si curieux que M. le Dr Coelho de Porto a consacré à Notre-Dame de Rocamadour en Portugal. Le manuscrit envoyé par cet érudit portugais est un chefd'oeuvre d'enluminure. On l'aurait dit écrit et enjolivé par la main patiente et pieuse d'un miniaturiste d'autrefois. Il était accompagné de gravures à la plume aussi précises, aussi fines qu'une eau-forte. Nos confrères de Brive plus riches se sont engagés à publier les plus originales.

M. Combes poursuit sans se lasser l'analyse des registres de la municipalité de Cahors pendant la Révolution. L'analyse est vivante claire et précise. Et les curieux pourront apprendre l'histoire locale de ce temps avec plus d'aisance et de profit que dans les registres verbeux.

C'est une page singulièrement savoureuse que nous a lue M. l'abbé Viguié. Il a ressuscité les préoccupations, presque les caquetages qui agitaient St-Jean-Lespinasse à la veille de la Révolution, à propos d'un accident fâcheux dans la vie d'une des domestiques du château de Montai qui était alors la propriété du comte de. Plas de Tanes, futur député de la noblesse aux Etals-Généraux.

Nos confrères lointains ont la bonne idée de se rappeler qu'ils suivent et partagent nos labeurs. M. l'abbé Taillefer nous envoya « les louables coutumes de Lebrel et de Caminel » et plus récemment une courte étude tirée du gros ouvrage du regretté M. Cabié. Plus récemment encore M. l'abbé Galabert, curé de Montpezat, nous envoyait deux documents qui concernent Jamblusse et Loze, deux petites communautés du Bas-Quercy. Enfin, M. l'abbé Sol, notre voisin de Bègoux, nous montra par deux fois qu'il s'intéresse aux agitations de l'époque révolutionnaire. Nous nous détournons parfois de ces études austères pour le plaisir d'écouter M. Grangié, qui sous la forme d'une ballade, reproche amèrement au Querci de se laisser arracher sa parure de chênes, armature pourtant protectrice de sa terre si fuyante. C'est aussi M. Daymard qui nous fait la surprise de vers savoureux de notre confrère M. Cazes de Martel. Celui-ci écrit une bonne et pure langue patoise et sait avec une rare délicatesse traduire les plus naïves émotions de la vie rurale,


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La plupart de ces lectures notre Bulletin les recueille. Il en est cependant qu'il nous faut laisser dans nos cartons, par faute de ressources. Nous ne pouvons pas non plus signaler dignement les quelques livres, rares il est vrai, que leurs auteurs nous offrent gracieusement. M. Daymard a, il est vrai, marqué avec justesse l'intérêt des Cahiers de la Sénéchaussée de Cahors que M. Fourastié à soigneusement publiés. Pour quelques-uns nous sommes tenus de renvoyer nos sentiments tout à la fin de l'année, à l'article Bibliographie du Lot. Ainsi ferons-nous pour le dernier livre du bien regretté M. Rupin. Ce sera ainsi pour le IIIe volume des Lettres de Murât. On verra bientôt par une étude complète combien cette correspondance est remarquable. Murât y apparaît avec des éclats inattendus d'esprit et de coeur. Le IIIe volume est précieux pour nous. Il nous apprend la cause de l'élévation de beaucoup de nos compatriotes. Il y a là comme une leçon de l'art de se pousser dans, le monde. Mais surtout Murât y montre que dans sa grandeur il n'a pas oublié ni son pays, ni ses amis. Ce grand arrivé trouvait dans sa puissance la joie de faire du bien. Et c'est peut-être cette sensibilité, cette tendresse pour les siens et pour le pays qui ont amené sa chute tragique.

Ne méritait-il pas aussi plus qu'une mention sommaire ce recueil si attendri d'Arsène Vernemouze : Jous la Chuchado. La rude et vaillante Auvergne y vit toute émue avec ses pics raidis, ses prairies ruisselantes et les solides volontés de ses paysans vigoureux.

J'arrive à un travail, qui s'il est de notre goût, ne nous est pas pourtant familier.

Nous avons cette année tenté quelques fouilles au pied de l'arc de Diane. Vous vous rappelez la percée d'un Boulevard nouveau, qui abattit un pan du vieux mur romain de l'ancien enclos des Clarisses. Deux bassins avaient été en partie découverts, et, dans les débris, les ouvriers avaient trouvé deux monnaies dont une de Nerva. M. Daymard nous signala ces travaux. Nous décidâmes de savoir enfin ce qui pouvait subsister des anciens Thermes. J'écrivis à M. Jullian. L'èminent historien de la Gaule romaine nous fit accorder un gros crédit de 400 fr. Les formalités nécessaires prirent du temps. Les travaux d'édilité continuèrent et l'on ferma la brèche ouverte. Il nous fallut obtenir des permissions, celle du propriétaire, celles des locataires. Ce furent des démarches longues et difficiles. J'en vins à bout grâce à l'appui de deux amis de la famille que je veux ici remercier pour vous


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tous. Les locataires demandèrent une forte indemnité. Nous dûmes limiter nos recherches. Je fis creuser une grande tranchée d'environ deux mètres de large en arrière de l'arc, du côté nord. Je,trouvai des débris de soubassement d'un bassin. C'était une croûte épaisse de béton fait de chaux mêlée de briques cassées d'une épaisseur de 20 centimètres. Cette croûte ne tenait au sol qu'en deux places. Dans les intervalles elle avait été brisée. Elle reposait sur un lit épais de cailloux qui eux-mêmes étaient posés sur une épaisse couche de mortier mélangé de pierres et de sable. On y rencontrait aussi des masses agglutinées d'un sable gréseux qui, sous la main s'effritait et qui, dans le mélange, avait l'aspect de cailloux roulés. Aux deux bouts de la tranchée étaient deux murailles épaisses d'environ i m. La partie supérieure en avait été rasée en section horizontale. Les parois étaient revêtues d'un parement de pierres cubiques de tout point semblable au revêtement extérieur de l'arc. Les murailles semblaient se continuer vers le nord et atteindre celles dont la tranchée du chemin avait coupé l'extrémité. Mais sur les parois intérieures de ces murailles, je n'ai trouvé aucune trace d'enduit cimenté, enduit que j'avais constaté sur les parois des bassins premièrement découverts. Peut-être ce que j'ai appelé soubassement d'un bassin était le support d'une mosaïque. Mais je n'ai trouvé aucun fragment de petits cubes employé dans ce genre de pavé. Parmi les débris j'ai recueilli des lambeaux de briques, mais pas une brique entière. Elles portent sur une des faces des dessins en spirales aplaties profondément gravés, mais aucune inscription.

Je n'ai pas poursuivi les recherches. Il aurait fallu donner des indemnités qui auraient diminué considérablement le crédit accordé. Les fouilles me semblent prouver suffisamment qu'il reste encore des vestiges imposants. Ce que nous avons fait sera porté à M. le Ministre de l'Instruction publique comme c'est notre devoir. Nous devons des remerciements à M. Lagarde notre confrère, a MM. Vezio et Contou. Ces Messieurs des Travaux publics se sont empressés de nous être utiles et leurs conseils nous ont été très précieux. C'est à ces deux derniers que je dois le dessin qui justifie nos fouilles. Nous en enverrons un à M. le Ministre; nous garderons l'autre pour le jour où l'on voudra définitivement dégager ce témoin aujourd'hui unique de l'antiquité lointaine de notre ville.

Nous serons alors plus riches peut-être et nous pourrons


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contribuer à l'embellissement de ce haut quartier. Nous avons en effet maintenant le pouvoir de posséder. Ce droit nous est acquis par la déclaration que nous fîmes, cet été, de notre existence déjà vieille, pour nous conformer à la loi de 1901 sur les Associations.

Ce droit est déjà une fortune puisque c'est une liberté. Mais ce n'est pas encore la force qui fait tout. Peut-être un Méeène viendra. Déjà M. d'Hébrard de St-Sulpice répète son appui de l'an passé. C'est un bon exemple dont nous lui sommes reconnaissants. Alors, quand nous . serons une puissance, l'on comprendra que si nous nous appliquons avec tant d'ardeur à retrouver le passé de notre province, ce n'est point certes pour le restaurer (qui y songe?) mais plutôt pour ne point le répéter.

B. PAUMES.


PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES

DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES DU LOT

PENDANT LE 4e TRIMESTRE 1909

Séance du 3 octobre 1909

Présidence de M. COMBES, président

Etaient présents : MM. Combes, président, Albe, Crudy, Daymard, Paumes, Rames, Rey.

M. le Secrétaire général rend compte de ce qui a été lait, en ces derniers temps, soit pour conserver à la rue des Boulevards la splendide fenêtre qui en fait la gloire, soit pour faire classer, parmi les monuments historiques, tout ce qui a quelque importance artistique ou archéologique dans les églises du diocèse, soit pour rechercher autour de l'arc de Diane les restes desanciens thermes gallo-romains. Après quelques découvertes sans grande importance, de nombreuses difficultés ont empêché de poursuivre plus avant les travaux commencés.

M. le Secrétaire général dépose sur le bureau le tirage à part du travail de M. Cahier sur la Vinification des vins du Lot paru dans le n° 8 du Bulletin de la Société agricole ; la Société remercie le donateur. Elle s'unit à son secrétaire pour envoyer des condoléances à la famille de M. Brassac, notre confrère récemment décédé, et pour adresser des félicitations à notre vieil appariteur, Bédué, au sujet de la médaille du travail qu'il vient de recevoir.

Pour remercier la Société de l'avoir reçu parmi ses membres, notre jeune confrère M. Rey, de Duravel, nous communique un essai intéressant de monographie auquel il a employé les loisirs de ses vacances. C'est l'étude archéologique et descriptive de la remarquable église de Duravel, à la crypte si ancienne, bâtie probablement sur des restes de constructions gallo-romaines. Le travail, qui sent peut être la jeunesse de son auteur, est très fouillé, bien documenté, soigneusement écrit. Il est à souhaiter qu'il nous vienne beaucoup de jeunes aussi épris du sol natal et aussi aptes à l'étudier que notre nouveau confrère.


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Séance du 18 octobre 1909 Présidence de M. GARY, président

Etaient présents M. Billières, Combes, Daymard, Dols, Gary, Girma, Grangié, Paumès, Rames, Rey, Albe.

M. le Secrétaire Général lit une lettre de M. Mansard de Sagonne, inspecteur des monuments historiques, donnant quelques renseignements intéressants sur sa tournée dans le département pour la recherche et l'étude des objets d'église qui mériteraient d'être classés; il signale notamment quelques retables et des vitraux. A l'occasion de cette lecture, la Société est amenée à proposer à qui de droit le classement de l'église de Duravel qui mérite à tant d'égards d'être au nombre des monuments historiques.

M. Paumes remet sur lebureau un exemplaire d'un ouvrage envoyé par l'auteur, M. Meller, archiviste de la Gironde, sur « l'Etat civil des familles bordelaises avant la Révolution, d'après les registres paroissiaux », travail qui mériterait d'être imité, et où l'on trouve d'ailleurs plusieurs noms de familles quercynoises.

M. Girma signale le 3e volume du grand ouvrage de M. le commandant Weil, sur Joachim Murat roi de Naples : La dernièreannée de règne, Tome III, Fontemoing. La Société émet le voeu que cet ouvrage tout entier, si important pour l'histoire de notre illustre compatriote (une première partie en 3 volumes a paru sous le litre de Murat et le prince Eugène) soit acquis par la Bibliothèque municipale.

Déjà l'on trouve à cette Bibliothèque les trois volumes parus de la Correspondance de Murat que publie M. Lebrethon. M. Paumes, qui a déjà fait connaître à la Société les deux premiers volumes,analyse aujourd'hui le troisième.

La lecture qu'il fait d'un grand nombre de ces lettres — quelquefois de simples billets de recommandation — montre tout l'intérêt qui s'attache, pour notre pays, à cette correspondance, où reviennent à chaque instant, des noms devenus familiers, comme ceux de Raniel, de Lagarde, de Galdemar, de Combarieu, d'Agar, de Marbot, de Sirieys, de Delpon, de Treneuil, de Montmaur, de Brunies, etc, sans compter de curieux détails sur Cahors, Gourdon, Labastide ou d'autres villes de la région ; et je ne. parle pas de l'intérêt tout spécial qui se dégage — par le fonds et la forme de ces lettres — de la personnalité même de Murat dont la délicatesse,


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la générosité, l'amour du pays, et aussi la bonne culture littéraire, se montrent dans un relief très marqué.

M. Gary dépose à la Bibliothèque de la Société un certain nombre de monuments et documents divers ayant appartenu à M. Félix Fontaine, cadurcien bien connu, mort depuis déjà quelques années, et qui sont pour la plupart des cahiers de notes d'histoire locale ancienne ou contemporaine colligées par cet amateur, dont la critique laisse souvent à désirer, mais qui a tout de même conservé des pièces qui ne manquent pas d'intérêt. A ces notes M. Gary joint le don d'un certain nombre de numéros d'une revue illustrée imprimée il y a un peu plus dedix ans à Montauban sous le titre de Le Quercy, et un recueil de quelques mandements des premières années de Monseigneur de Grainville.

La séance se termine par la lecture d'une petite poésie où notre collègue, M. Grangié, en peignant le Quercy blanc, c'est-à-dire la région de Lalbenque, Montcuq, Castelnau, ouvre une nouvelle série digne du délicieux petit volume qu'il a fait paraître cette année.

Séance du 8 novembre 1909

Présidence de M. le Chanoine GARY

La Société a appris avec une grande peine la mort de M. Ernest Rupin, l'un des fondateurs et longtemps le présidentde la Société archéologique de Brive. Bien qu'il ne fût pas desnôtres, le Quercy lui doit trop pour ses nombreux travaux, notamment sur Moissac et sur Roc-Amadour, et pour sa grande participation aux découvertes de Padirac, aussi notre Société doit apporter son juste tribut d'hommages à ce savant qui a su faire estimer la science modeste des chercheurs de la province.

M. le capitaine Soulages, ayant obtenu du ministère de la guerre l'autorisation de faire partie de notre Société, a été reçu à l'unanimité. MM. Pierre Besse et Marre, avocats, présentés par MM. Billières, Girma et Paumès, demandent à être des nôtres. Le vote aura lieu, à la prochaine séance.

M. le secrétaire général signale dans le Bulletin de la Société du

Périgord, n° de février 1909, un article où il est question de Fénelon pour

une chose assez inattendue tout d'abord, la statistique dans le Télémaque

ou dans les autres oeuvres politiques de l'archevêque de Cambrai. Il

donne lecture d'une lettre intéressante de M. Fenailles à propos des


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restaurations du château de Montai, et remet sur le bureau un article de M. Pierre Gary sur les imprimeurs à Gourdon, dans la première moitié du XIX° siècle et quelques exemplaires du programme du prochain Congrès des Sociétés savantes qui doit se tenir à Paris le 27 mars 1910.

M. l'abbé Viguié lit un article documentaire paru dans la Défense du 10 octobre 1909 sur les vins du Quercy au XVIe siècle, où il est question de la part prise par des vignerons de Cahors dans la plantation des vignobles de Fontainebleau, et de l'envoi de vins récoltés par Galiot de Genouillac dans les terres de sa seigneurie d'Assier (Reyrevignes ?)

M. Rey, notre jeune confrère, envoie la description du retable d'une absidiole de l'église de Duravel et deux photographies de cette église et du retable M. Daymard lit, au nom de M. de La Roussilhe, notre collègue, une nouvelle, relative au siège de Cahors par Chandos, en mai 1368 et qui a pour titre « Le juron de l'Archevêque » 1

M. Gary remet, de la part de notre collègue, l'abbé Sol, curé de Bégous, un document trouvé dans les archives d'une famille de sa paroisse et qu'il a fait précéder d'une petite introduction. C'est un appel aux habitants de Cahors contre le soulèvement des paysans en 1790. Il est signé du nom de plusieurs officiers municipaux : ce document paraît inédit.

Enfin M. Albe, après avoir signalé le nouveau Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques qui paraît depuis peu de temps et dont le premier fascicule renferme un assez long article de lui sur l'AbbayeNouvelle près Gourdon, montre, au moyen de quelques feuilles du dernier fascicule des Lettre communes de Jean XXII que publie M. Mollat avec une magnifique persévérance, tout l'intérêt qu'offre un tel recueil pour l'histoire de notre pays et combien il serait bon que notre bibliothèque municipale en possédât un exemplaire. Il serait utile aussi qu'elle eût le recueil des Lettres curiales et secrètes du même pape publié par M. Coulon. Jean XXII n'est-il pas une des gloires dont notre ville ait droit d'être le plus fière ?

Séance du 22 novembre 1909

Présidence de M. le Chanoine GARY

La Société des Etudes envoie tout d'abord ses compliments de condoléances à la famille de M. le chanoine Rossignol qui était des nôtres depuis la première année de la fondation de la Société. Elle reçoit ensuite, à


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l'unanimité des volants, MM. les avocats Pierre Besse et Marre. Elle statuera à sa prochaine séance sur la demande d'admission que lui envoie M. l'abbé Paul Couderc, curé de Pauliac (Loubressac), par l'entremise de MM. Gary et Albe.

M. le secrétaire général signale dansle Bulletin de la Haute-Auvergne un article sur la grande peur qui intéresse plusieurs communes de la région quercynoise, dansle N. E. du département ; dans le Bulletin de la Société historique des Basses-Pyrénées un fort curieux article sur le commerce des vins au XVIIIe siècle, qui montre les difficultés considérables que suscitait pour nos vins du Quercy la concurrence bordelaise et aussi les dangers que couraient les intendants de Guyenne à vouloir supprimer les privilèges des villes.

Il lit une fort intéressante correspondance empruntée à des archives privées concernant l'agitation populaire des premiers temps de la Révolution ; les lettres qu'il lit sont adressées à Moreau-Gorenflot, seigneur du Bousquet et de Coanac par son homme d'affaires (fin 1789, commencement de 1790). C'est une page vécue de l'histoire de ces temps troublés.

M. le chanoine Gary communique, de la part de M. Galabert, curé de Montpezat, auteur d'une excellente histoire de Caussade et à qui la Société doit la charte des coutumes de Montfaucon, deux documents tirés du fonds de Malte des archives de Toulouse, l'un relatif au partage du territoire de Jamblusse, commune de Saillac en 1497, lors d'un arrentement à nouveau fief fait par le commandeur de Lacapelle-Livron ; l'autre se rapportant à la ville de Loze, lorsque le prieur de Fons, qui en était le seigneur, l'eût cédée aux Templiers de Lacapelle, en 1236. L'acte de cession au Temple des églises de Loze et de Jamblusse avait été publié en appendice dans l'histoire du Grand-prieuré de Toulouse de Dom Dubourg (1883) ; l'acte communiqué pas M. Galabert en est la conséquence : il a pour but de préciser les droits qui sont dus au commandeur dans la ville de Loze en vertu de cette cession. La Société charge M. le chanoine Gary de remercier, en son nom, M. l'abbé Galabert.

M. l'abbé Albe donne l'analyse de deux enquêtes faites à Cahors vers 1246 et 1250. La première, publiée en grande partie dèjà par M. Boutaric, en ses Arrêts du Parlement, se rattache aux conflits, fort aigus à cette date, qui avaient lieu entre les évêques et les consuls et rappelle certaines choses ignorées de nos historiens locaux, notamment la venue de Richard Coeur de Lion à Cahors, vers 1196, le siège de Luzech qu'il alla faire avec l'aide de nos compatriotes ; la seconde est relative, à un subside levé du consen4

consen4


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tement de tous, villes et barons, par l'évêque de Cahors ou par les sénéchaux, pour avoir les moyens de payer des troupes destinées à sauvegarder la paix (pro pace servanda).

Enfin M. Daymard nous lit deux délicieuses poésies patoises de M. Cazes, instituteur à Martel, qui dénotent un sens poétique très profond et très délicat et aussi une parfaite connaissance du patois et de ses ressources.

1

Séance du 6 décembre 1909 Présidence de M. le Chanoine GARY

Après avoir procédé à l'élection de M. le curé de Pauliac près Bretenoux, l'abbé Paul Couderc, qui est élu à l'unanimité, membre correspondant, l'on discute certaines propositions présentées par le conseil d'administration ; il en sera statuée définitivement à la prochaine séance. M. Girma remet un exemplaire de son Annuaire du Lot pour l'année 1910, qui renferme en tète la biographie de notre vaillant compatriote, M. le commandant Jouinot-Gambetta.

M. le secrétaire général signale, dans le Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse, un article sur le savant entomologiste Jean-Auguste d'Aubuysson, qui demeura quelque temps à Cahors et dont notre musée possède une collection intéressante de papillons. Il communique une brochure de M. E. Forestié, de Montauban, sur la création du département du Tarn-et-Garonne.

M. le chanoine Gary remet, au nom de M. l'abbé Sol, curé de Bégoux, une étude sur le rapport (imprimé) qui concerne les évènements de Castelnau-Montratier, en mai 1791. M. Paumès avait trouvé une note se rapportant à l'enterrement de celui des frères de Belleud pendu à Cahors. Les deux têtes qu'on mit dans son cercueil étaient celles de son frère et de leur domestique tués à Castelnau ; on les avait portées à Cahors au bout de piques.

M. Albe lit, dans le livre peu connu deDom Du Bourg sur le grandprieuré de Toulouse l'acte d'accord entre le prieur et les moines de Fons, d'une part, le commandeur et les Templiers de Lacapelle-Livron, d'autre, au sujet de Loze et de Jamblusse (1248).

M. Paumes continue la lecture de la correspondance si intéressante


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de l'intendant de M. Moreau-Gorenflot, seigneur du Bousquet et de Coanac.

M. Albe remet, de la part de M. Armand Viré, quelques brochures concernant les dernières découvertes dans le Lot ou ailleurs de notre savant confrère, et la curieuse photographie du bénitier de l'église de Calès, lequel proviendrait, suivant la tradition, de l'ancienneéglisede la bastide disparue du Mont-Sainte-Marie.

Séance du 20 décembre 1909 Présidence de M. le chanoine J. Gary

Après avoir déposé sur le bureau quelques publications régionales, comme les Annales du Midi où sont analysés nos derniers bulletins et le Bulletin de la Société de pisciculture de Toulouse, M. le secrétaire général donne communication, au nom de M. le chanoine Gary, trésorier provisoire et bénévole, des comptes de l'année qui vient de s'écouler. Certaines propositions relatives à un changement dans quelques articles des statuts sont longuement discutées et finalement rejetées par l'Assemblée qui déclare vouloir conserver le statuquo.

M. Grangié nous lit une nouvelle poésie sur le Quercy, où il semble regretter que notre pays n'ait pas encore trouvé de talent assez sublime pour chanter dignement et ses paysages pittoresques et ses gloires littéraires et ses héros des champs de bataille ou de la tribune. Dans ses vers émus, le poète délicat nous fait la rapide évocation de tout ce qui pourrait, dans notre cher pays, servir de matière féconde au génie qui voudrait la mettre en oeuvre.

M. le secrétaire général donne ensuite lecture de son rapport de fin d'année ; il m'en voudrait de le louer et je n'en pourrais faire l'analyse sans lui adresser des compliments. Il vaut donc mieux renvoyer au Bulletin même où l'on trouvera le rapport tout entier.

Nous relèverons ce qui se rapporte aux nombreuses démarches faites par notre actif collègue pour la conservation ou l'étude plus complète de nos richesses archéologiques, notamment de ce qui reste des anciens thermes gallo-romains.

On procède ensuite à l'élection du bureau de la Société pour l'année 1910.


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Ont été élus :

Présidents semestriels : MM. Depeyre et Daymard.

Secrétaire général M. Paumès.

Secrétaire des séances : M. Albe.

Archiviste : M. Girma. Trésorier : M. Rames.

Conseil d'administration : Les membres du bureau, MM. le commandant Saint-Eloi, et Combes.

Commission du Bulletin : MM. Billières, Crudy, Fourastié, Gisbert, Grangié.


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BIBLIOGRAPHIE DU LOT

ANNÉE 1909

Annuaire-Almanach pour le département du Lot contenant les prévisions du temps par J. Bivès du Gers et les adresses commerciales et industrielles des cantons, illustré de 490 gravures, pour 1910. Cahors, J. Girma, Libraire-éditeur. (32e année). Baudel Libraire à St-Cérè.

Annuaire (Grand) pour le département du Lot, contenant le Calendrier et le grand Almanach, la Prévision du temps par Xaintrailles d'Issoire (Puy-de-Dôme). Cahors, E. Delsaud Libraire-éditeur, Veuve Plantade imprimeur, o fr. 60.

Armona Quercynol 1910 foundat à Paris en 1893 per l'amour dé lo terro maïralo de soun parlodi e de soun rire Galejaïre. Costo 4 sos. Cahors. Librairie Girma, Imp. G. Rougier.

AYROLES. — Les Diocèses de France et la Bienheureuse Jeanne d'Arc ; par le R. P. Ayroles. Notes précédées d'une lettre de Mgr. l'Evêque d'Orléans. Orléans, imp. P. Pigelet et ses fils ; libr. M. Marron, 1909. In-8, 29 p.

BERGOUNIOUX (J.). — Le Médecin inspecteur Chauvel (notice biographique) ; par le docteur J. Bergounioux, ancien médecin principal de l'armée. Poitiers, impr. Biais et Roy. Paris, libr. H. Champion 1909. In-8, 22 p. (Bibliothèque historique de la « France médicale ».

Bienheureux (le) J.-G. Perboyre, modèle de dévotion à Notre-Seigneur; par J.-M.-A., missionnaire apostolique. Abbeville, impr, et libr. F. Paillard, 1909. In-32, 110 p.

CABANES. — Moeurs intimes du passé (2e série). La Vie aux baine ; par le docteur Cabanes. Ouvrage illustré de 75 gr. Tours, imp. E. Arrault et Cle. Paris, libr. A. Michel (S. M.). In16 carré, 460 p.


— 260 -

CABANES. — Les Indiscrétions de l'histoire ; par le docteur Cabanes. 6e série (Louis XI jugé par l'histoire, expliqué par la médecine ; Où est inhumé Louis XI ? Comment est mort Luther ; Les Sources d'inspiration médicale de Molière ; Une consultation de Saint-Simon ; Comment se soignait Voltaire ; J.-J. Rousseau s'est-il suicidé? ; Bonaparte a-t-il fait étrangler Pichegru? ; Napoléon était-il malade à Waterloo? ; Une conversation avec Sardou sur Napoléon; Louis XVIII et les Femmes; La Prise de tabac de Louis XVIII ; le Roman d'un aventurier; un autre chevalier d'Eon). Tours, impr. Arrault et Cle. Paris, libr. Albin Michel (S. M.). In-16, XXV-412 p. avec grav.

CABANES. — Moeurs intimes du passé ; Comment nos aïeux se garantissaient du froid. Comment se mouchaient nos aïeules. Dieu vous bénisse! L'Origine du peigne. La Propreté de la bouche et l'Usage du cure-dents. La Propreté des mains et l'Antiquité de la fourchette. Quelques meubles intimes. L'Hygiène sexuelle au temps jadis. La Propreté de la maison. Le Règne de la chaise percée. La Propreté de la rue ; par le docteur Cabanès. Tours, impr. E. Arrault et Cle. Paris, libr. A. Michel. 1908. In-16 carré XII-464 p. avec 68 grav.

CAHIER. — La Vinification dans le Lot. broché in-8, 24 pages. — Extrait du Bulletin de la Société d'Agriculture du Lot (Août 1909). Cahors. Brassac.

J. CALVET, agrégé de l'Université, — La poésie de Jean Aicard ; Portrait littéraire et choix de poèmes. In-12 carré, orné d'un portrait de Jean Aicard du peintre E. Bordes, gravé par Dujardin, 3 fr. 50. A. Hatier, Paris.

Catéchisme pour le diocèse de Cahors avec l'approbation de Mgr. Laurans (Onésime), évêque de Cahors, petit in-12 cartonné. E. Delsaud, Cahors.

COMBARIEU (J.). — La Musique et la Magie. Etude sur les origines populaires de l'art musical, son influence et sa fonction dans les sociétés ; par Jules Combarieu, docteur et agrégé des lettres, lauréat de l'Institut, chargé de cours d'histoire de la musique au Collège de France. Poitiers, Société.


— 261 —

française d'impr. et de libr. Paris, A. Picard et fils,' édit. 1909. In-4, VIII-375 p. avec musique. Etudes de philologie musicale III.

COMBARIEU (J.). — La Musique, ses Lois, son Evolution. Paris, Flammarion, in-18, 350 p. imp. Hemmerlé, 3 fr. 50. Bibliothèque de philosophie scientifique.

DAYMARD (J.) — Le Vieux Cahors. 1 vol. g. in-8°, 264 p. 3 fr. (Extrait du Bulletin de la Société des Etudes du Lot).

« Enfant de la cité j'ai voulu connaître son histoire. J'ai donc lu, le crayon à la main, tout ce que j'ai trouvé dans nos archives et dans nos bibliothèques imprimés ou manuscrits pouvant intéresser le vieux Cahors. J'ai pris des notes et je les ai classées. Elles forment les uniques matériaux de l'oeuvre présente. » Cahors, mai 1905.

Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques publié sous la direction de Mgr. Alfred Baudrillart recteur de l'Institut catholique de Paris, etc., fascicule Ier AACHS-ACNOT. Paris, Letouzey et Ané. éditeurs, 1909, col. 33 a 37 Abbaye Nouvelle (l')par M. Ed. Albe, 5 fr. le fascicule,

DELPÉRIER (P.). — Manuel du maréchal-ferrant. Comment on forge le fer à cheval ; par Paul Delpérier, brigadier maître maréchal du train. Avec 5 planches et 54 fig. dans le texte. Poitiers, impr. Biais et Roy. Paris, libr. J. B. Baillière et fils, 1909. In-18 Jésus, 83 p.

Mgr E. Christophe Enard archevêque d'Auch. — Souvenirs de deuil. Paris (Poussielgue) et Auch (Cocharaux) 1907. 103 p.

A côté des discours prononcés à l'occasion de ses funérailles ou de son service de quarantaine se trouve une notice par un de ses anciens élèves devenu son ami, M. l'abbé Rajon, le savant hélléniste dont l'Institut catholique de Paris déplore la perte.

ESQUIEU (L.). — Assemblée de la noblesse à Cahors en 1789. Gentilshommes présents ou représentés; par L. Esquieu. Brest, imp. A. Kaigre, 1908. In-8, 27 p.

FOURASTIE (V.) — Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Cahors pour les états généraux de 1789, publiés par Victor Fourastié, archiviste du département du Lot. Cahors, impr. Coueslant. Paris, libr. Leroux. 1908. In-8, XIV-383 p. avec carte.


— 262

Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la

Révolution française publiés par le ministère de l'instruction publique, département du Lot.

FOISSAC (A.). — De Géniès, par l'abbé A. Foissac. Cahors impr. Rougier, 1909, In-8, 28 p.

GAMBETTA. — Gambetta par Gambetta. Lettres intimes et souvenirs de famille publiés par P.-B. Gheusi. Evreux, impr. Ch. Hérissey et fils.Paris, libr. P. Ollendorff 1908, In-18 Jésus, 411 p. avec grav. et fac-similé.

GRANGIÉ (Eugène) (E. de Surgès). — Notre Querci. Poésies. Brochure in-8°. Cahors. Impr. Rougier. Librairie Girma. o fr. 60.

LACASSAGNE (A.). — Du signalement. Mémoire présenté à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, dans la séance du 16 Juin 1908; par A. Lacassagne. Lyon, impr. A. Rey et Cie. 1909. Grand in-8, 23 p. et 2 planches.

LACOMBE (P.). — Taine historien et sociologue : par Paul Lacombe, inspecteur général honoraire des Bibliothèques et des Archives, membre de la société de sociologie de Paris. Saint-Amand (Cher), impr. Bussière, Paris, libr. V. Giard et E. Briére. 1909. In-8 278 p. 5 fr. Bibliothéque sociologique internationale, XXXVII.

LACOMBE (P.). — Toujours la guerre, l'affreuse guerre. Scènes historiques de tous les temps : par Paul Lacombe. Vercingétorix, drame en neuf tableaux. — Le Sac de Béziers, drame en prose en cinq actes et huit tableaux. — Une famille sous Napoléon Ier, drame en cinq actes. —C'est la guerre, drame en deux actes. Cahors, impr. Rougier. Paris, libr. A. Messein, 1908. In-8 carré à 2 col, 152 p. 2 fr. Théâtre contre la guerre.

LACOSTE (Abbé F.). — Bélaye et les environs. — Cahors Plantade. 1909. — Vol. in-12. 322 pages.

LAVAUR DE LABOISSE (de). — Causeries familières avec des jeunes filles de la campagne sur l'économie domestique, l'hygiène et l'éducation des enfants; par de Lavaur de Laboisse. Préface de Mme Henriette Brunhes. Châtillon-sur-Seine, impr. A. Pichat. Paris, libr. Bloud et Cie. 1909. In-18 jésus 178 p. avec fïg.


— 263 —

LAFFORGUE (Jules). — La Revanche de Paris. — Calman-Lévy,

Paris, in-18.

En un admirable roman conçu à la manière des chefs-d'oeuvre des Goncourt, l'auteur nous raconte l'émouvante déchéance morale, littéraire et physique des écrivains de province qui, ayant voulu goûter à la vie de Paris, se trouvent, une fois rentrés chez eux» incapables, impuissants, sans énergie ni talent. C'est la revanche de Paris abandonné, oeuvre douloureuse de lamentable vérité.

LARNAUDIE (R.). — Indications et contre-indications de l'opération césarienne conservatrice actuelle (thèse) ; par Robert Larnaudie, docteur en médecine. Toulouse, imprimerie J. Baylac. 1909, In-8 112 p.

Lettres de Jean XXII (1316-1334). Textes et analyses, publié par Arnold Fayen. Tome II, Ire partie, In-8, 448 pages. Volume III, 1, des Analecta vaticana belgica p. p. Institut hist. belge de Rome 5 fr.

LEMOZIN (Maurice). — Une âme sociale. Jean Gros (1881-1903). Sarlat. Michelet. 1908. Intéressante biographie d'un jeune homme, originaire d'Aynac, avec portrait. La devise « vivre pour les autres » qui est en tête du livre résume bien les nobles aspirations de celui que la mort a pris si jeune, avant qu'il ait pu complètement réaliser ce généreux programme.

MALGA (Paulin). — Contes de chez nous : Cantal, Lot, Corrèze. Aurillac, impr. Moderne. 1 fr. 50.

MALINVAUD (E.). — Renonculacées rares ou critiques de la flore du

Lot : par M. Ernest Malinvaud, président de la Société

botanique de France. Paris, Impr. nationale. 1908.

(10 décembre). In-8, 8 p.

Extrait des comptes rendus du congrès des Sociétés savantes en 1907, sciences.

MALINVAUD (E.). — Crucifères nouvelles pour la flore du Lot; par

M. Ernest Malinvaud. Paris, Impr. nationale. 1909.

(14 octobre). In-8, 7 p.

Extrait des comptes rendus du congrès des Sociétés savantes en 1 908, sciences.

MALVEZIN (P.). — Origines d'une cinquantaine de mots latins (Baiulus ; Bruina; Bulla; Bullire ; Burere ; Clitella ; Febris ;


— 264 -

Fiscus; Focus ; Furca; Graculus; Juncus; Laus; Macula; Maudits; Manus; Obscurus; Obturare; Prurire; Urtica, etc.) ; par Pierre Malvezin président de la Société nationale de linguistique, auteur du Glossaire de la langue d'oc et du Dictionnaire des racines celtiques. Paris, impr. Coudert ; 71, rue de Grenelle. 1909. (29 novembre). In-8, 7 p. o fr. 50.

MARTEL (E.-A.). — Padirac historique et description sommaires ; par E.-A. Martel. Cahors, impr. Coueslant. St-Céré (Lot), libr. Baudel. (S. M.). Petit in-8, 32 p. avec grav.

MOLLAT (Abbé G.). — Lettres communes de Jean XXII. 9e année (5 septembre 1324— 4 septembre 1325). 12e fascicule ou 2e partie du Tome V. — Paris Fontemoing.

MURAT (J.). — Lettres et Documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat (176-1815), publiés par S. A. le prince Murat. Avec une introduction et des notes par Paul Le Brethon, archiviste paléographe, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. III. Gouvernement de Paris (18041805). Paris, impr. et libr. Plon-Nourrit et Cie. 1909. (8 octobre). In-8 495 p. avec portrait et fac-similés. Voir pour l'intérêt de ce 3e volume de la correspondance de Murat les Procès-verbaux des séances et le rapport du secrétaire-héneral dans ce même fascicule.

Palmarès pour la distribution des prix du Lycée Gambetta. Discours d'usage par M. A. Chéry, professeur d'allemand. Brochure in-8°, Cahors, impr. Coueslant. 2 gravures.

PEZET (G.). — Contribution à l'étude de la démonomanie (thèse) ; par le docteur Charles Pezet, interne de la clinique des maladies mentales et nerveuses de Montpellier. Montpellier, Société anonyme de l'Impr. générale du Midi ; libr. Goulet et fils. 1909. In-8, VIII-224 p.

RAJADE (L.). — A travers les écoles de Londres ; par L. Rajade, instituteur au cours complémentaire de Cahors. Cahors, impr. A Coueslant. (S. M.). In-18, 24 p.

RUPIN (Ernest). — La légende de saint Amadour à propos d'un mois

de Marie historique sur Roc-Amadour.

M. Rupin, mettant à profit les nouveaux renseignements trouvés depuis sa première publication, a écrit d'une façon plus complète, l'histoire de la légende de saint Amadour et de Zachée,


— 265 —

légende qu'il appelle, avec Mgr Duchesne « des fantaisies conver« ties en tradition par un usage plusieurs fois séculaire ». Il examine ensuite rapidement le culte du même saint en d'autres localités : saint Amadour à Lucques, à Cordoue en Egypte, en Portugal. Puis il discute les arguments de la thèse contraire et exposés dans le récent ouvrage de notre collègue de la Société des Etudes. M. Layral, curé du Bourg : Notre Dame de Roc Amadour, Mois de Marie historique, précédé d'une notice sur l'apostolicité du pélerinage, par M Bourrières. Enfin il termine son ouvrage par une description archéologique de l'habitacle de s int Amadour, de la statue de la Vierge, de l'autel, de la cloche et de la broderie à l'aiguille. Quelle que soit l'opinion que l'on ait sur ce sujet, on ne peut que remercier et féliciter M. Rupin de la compétence, de l'urbanité et de la bonne foi avec lesquelles il a traité cette si importante question de notre histoire locale.

VERNINAC (Citoyen Préfet). Description physique et politique du département du Rhône. Paris, Le Clerc, an X, in-8, br.

WEIL (M. H.). — Joachim Murat, roi de Naples. La Dernière Année du règne (mai 1814, mai 1815) ; par le commandant M. H. Weil. T. Ier : les Préliminaires du Congrés de Vienne (mai-novembre 1814) ; t. 2 : le Congrès de Vienne (Ier novembre 1814— 27 février 1815). Les Ménagements de l'Autriche. Les Négociations secrètes. Le Revirement de la politique autrichienne: t. 3 : les Dernières Hésitations de Murat, 27 février — 26 mars 1815. La Guerre. L'Offensive napolitaine, 27 mars — 13 avril 1815. Avec I carte du théâtre des premières opérations. Châtillonsur-Seine, impr. Pichat. Paris, libr. A Fontemoing. 1909. 3 vol. in-8. T. Ier, 618 p. ; t. 2 668 p. ; t. 3, 620 p.

J. GIRMA.


266

BUREAU DE LA SOCIETE DES ETUDES

POUR L'ANNÉE 1910

Présidents semestriels MM. DEPEYRE, (1er semestre) ; DAYMARD, I. <||, (2e semestre).

Secrétaire général M. B. PAUMES, ^ A.

Secrétaire des séances M. le chanoine ALBE, $$.

Archiviste-Bibliothécaire M. GIRMA, I. <|JJ, libraire-éditeur.

Trésorier M. RAMES, rue des Hortes, Cahors.

Conseil d'administration Les membres du bureau, MM. Commandant SAINT-ELOI, ^, COMBES I.^Jk

Commission du Bulletin

Les membres du bureau, MM. CRUDY,BILLIÈRES, FOURASTIÉ ^, GISBERT ^JS, A. GRANGIÉ f|, A.


— 267 —

LISTE DES MEMBRES

COMPOSANT LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES DU LOT

MEMBRES-NES :

Mgr l'Evêque de Cahors ;

M. le Préfet du Lot ;

M. le Président du Tribunal civil ;

M. le Maire de Cahors ;

M. l'Inspecteur d'Académie.

MEMBRES RÉSIDANTS :

MM.

1896. Albe (le chanoine), |f, A., curé de Notre-Dame, à Cahors.

1873. Armagnac, (comte B. d'), à Cahors.

1889. Aymard, H I, ®, M. A. docteur-médecin, à Cahors.

1907. Besse (Pierre), avocat, rue Victor-Hugo, Cahors. 1893. Bessières (le chanoine), professeur à l'Ecole supérieure de Théologie à Cahors. 1907. Billières, avoué, boulevard Gambetta, à Cahors.

1872. Combarieu (L.), I 1|, $j&, M. A. archiviste honoraire, à Cahors.

1872. Combes, <yj, I., contrôleur de la Caisse d'épargne, à Cahors.

1874. Costes, $fe, I. ||S ancien sénateur, à Cahors.

1907. Crudy, agent d'assurances, boulevard Gambetta, à Cahors.

1878. Depeyre (Etienne), avocat, à Cahors.

1873. Daymard, I |fl, ingénieur des arts et manufactures, à Cahors.


- 268 -

1900. Fourastié, ff, A., archiviste départemental, à Cahors. 1900. Foissac (l'abbé Adrien), professeur à l'Ecole supérieure de Théologie, à Cahors.

1873. Gary (le chanoine), ff, A.,directeur de la Revue religieuse, à Cahors.

1884. Girma (J.) I. f|, libraire-éditeur, à Cahors.

1903. Girma (H)., rédacteur à la préfecture du Lot, à Cahors.

1905. Grangié (Eug.), ff, A. commis des ponts et chaussées, à Cahors.

1908. Gisbert, avocat, à Cahors.

1897. Lagarde, f|, A., ingénieur des ponts et chaussées, à Cahors.

1909. Marre, avocat, rue Feydel, à Cahors.

1902. Martin (Georges), avocat, boulevard Gambetta, à Cahors.

1905. Paumes, |f, A., professeur au Lycée Gambetta, à Cahors.

1885. Peyrissac, docteur-médecin, à Cahors.

1908. Rames, sous-ingénieur, rue Saint-Géry, à Cahors.

1906. Rougier, directeur du Réformateur du Lot, à Cahors.

1903. Roussel (Charles), ^, ancien conseiller d'Etat, ancien secrétaire

géneral de la chancellerie de la Légion d'Honneur, à Cahors.

1906. Saint-Eloi (le commandant) ^, à Cahors.

1909. Soulages, ^, capitaine au 7e de ligne à Cahors.

1900. Séguy (F.), avoué, à Cahors.

1898. Toulouse, i$, A., architecte, à Cahors.

1903. Valon (H. de), $, M. A., avocat, à Cahors.

1905. Vigourous, avocat, rue des Soubirous, Cahors.

MEMBRES CORRESPONDANTS :

MM.

1901. Allemand (l'abbé), curé de Cremps (Lot). 1875. Arnault, rue de la Madeleine, 6, Toulouse.

1906. Andrieu (Léopold), ff, A., capitaine, au 95e d'inf. à Bourges. 1909. Amadieu (Ernest), à Vesteilhac (Dordogne).

1903. Bar (Jos. de), à Argentat (Corrèze) et rue Martignac 5, à Paris.


— 269 -

1896. Bastide, ^, docteur-médecin, à Tunis.

1905. Bibliothèque de la ville de Moissac (Tarn-et-Garonne).

1897. Bladier, <||, A., receveur des postes et télégraphes, à Bordeauxles-Salinières.

Bordeauxles-Salinières. Blanc (Joseph), ff I., docteur en droit, receveur particulier des

finances, à Lombez (Gers). 1887. Bourrières, professeur, allées des Zéphyrs, 13, Toulouse.

1900. Bouygues,conserv. des hypothèques en retraite,à St-Jean-d'Angély,

chaussée du Calvaire, 17.

1904. Briançon (Fr. de), château de Segadènes, par Soturac (Lot).

1899. Cadiergues (Georges), Dr en méd., à Tunis, 1, rue Es-Sadikia.

1903. Cangardel (E.), notaire, maire de Marminiac (Lot).

1908. Calcas, à Neulet par Payrac.

1909. Cavalié (Lucien), principal de collège en retraite, quai Legendre, à

Figeac (Lot).

1906. Cazes, instituteur, à Martel.

1879. Cayla, conseiller à la cour de Poitiers (Vienne).

1899. Cayla, ^, Dr en médecine, 31, aven, de Neuilly (Porte-Maillot),Seine.

1901. Cayla, procureur de la République, à Nantes (Loire-Inférieure). 1873. Claret, avocat, à Salviac (Lot).

1897. Combarel (du Gibanel de), au château de Cénevières (Lot).

1885. Combarieu (Jules), $fë, professeur au Collège de France, inspecteur

d'Académie, 56, quai Passy, Paris. 1899. Combelles (l'abbé), aumônier de l'hospice, à Figeac. 1894. Cros, instituteur, à Aynac (Lot). 1909. Couderc (l'abbé), curé de Pauliac.

1901. Delard (René), à Floressas (Lot).

1875. Delpon, conseiller général, à Livernon (Lot).

1873. Dols, notaire honoraire, à Tour-de-Faure (Lot).

1904. Escayrac de Lauture (marquis d'), cours du Jardin public, Bordeaux. 1896. Esquieu (Louis), secrétaire de la Société historique, archéologique

et scientifique du Finistère, 2, rue de Rohun, Rennes.

1898. Faret, (l'abbé), ||t, A., curé de Divillac, par Castelnau-Montratier(Lot).

Castelnau-Montratier(Lot).

1907. Fenaille, $?, 17, rue de la Ferme, à Neuilly-sur-Seine.


- 270 -

1896. Filsac (l'abbé), $s curé de Peyrilles (Lot).

1900. Folmont (H. de Testas de) chat, des Albenquats, par Castelfranc

(Lot).

1876. Fontenille (Jean-Baptiste de), propriétaire à Soucirac (Lot).

1872. Fontenille (Paul de), |f, A., inspecteur de la Société française d'archéologie, au château d'Auriol, par Villemur (Haute-Garonne).

1901. Fourgous (J.), docteur en droit, 16, boulev. St-Marcel, Paris. 1905. Foulhiac de Padirac (comte de), *, commissaire principal de la

Marine, rue Jeanne d'Arc, 36, Cherbourg (Manche).

1904. Gary (baron Fernand de), hôtel de Gary, rue Ninau, 12, Toulouse.

1904. Gary (baron Armand de), — — —

1905. Gary, P. rue Julien, 70, Vanves, Seine.

1902. Goudal (G.), comptable à Fumel (Lot-et-Garonne). 1900. Guiral (l'abbé), curé de La Madeleine, près Cahors.

1888. Hébrard de Saint-Sulpice (marquis Fernand d'), avenue Bosquet,

4, Paris ; et au château de St-Sulpice, par Marcilhac (Lot). 1905. Karkowski, à Lacapelle-Marival.

1872. Lacombe ^ I., ff, inspect. général des arch., à Charenton(Seine).

1903. Lacout (l'abbé), curé de Lissac (Lot).

1877. Lagane (l'abbé), chanoine, à Arcambal (Lot).

1878. Lagarde, anc. présid. de tribunal civil, à Valence-sur-Baïse (Gers). 1880. Lalaurie, ||, I. directeur de l'Ecole normale de Montauban.

1873. Lamberterie (de) ^, ancien député, place d'Iéna, 3, à Paris. 1908. Lapanonnie (de), à Couzou.

1897. Larnaudie, (l'abbé), curé de Reyrevignes (Lot).

1879. Laroussilhe (de), ||,percepteur, à Brienon-sur-Armançon (Yonne). 1878. Lascombes, $$, trésorier général au Mans.

1897. Lavaur (Raymond de), château de Laboisse, par Saint-Céré (Lot).

1894. Layral (l'abbé), curé, au Rourg (Lot).

1900. Lespinet (l'abbé), curé de Montcuq(Lot).

1901. Leyge, rédacteur à l'administration centrale des postes, et télégraphes,

télégraphes, du Texel, 12. — Paris.

1901. Martel (E.-A.), rue Ménars, 8, Paris.

1878. Maynard (baron de), rue du Jardin Royal, Toulouse.

1887. Mazelié (Justin), industriel, à Toulouse, 12, place du Pont.


— 271 —

1876. Miran (Sylvain), à Albas (Lot).

1901. Murat de Montaï, maire d'Assier (Lot).

1897. Paulet-Cal, château de Ladevèze, près Labast-Mt (Lot) et à Cahors.

1901. Pechdo, docteur-médecin, à Villefranche-d'Aveyron. 1888. Périer de Ferals, place des Vosges, 13, à Paris. 1895. Planche, instituteur, à Léobard (Lot).

1902. Pousargues (général de), château du Fossat, par Soturac (Lot).

1908. Quenté, commis de section à la compagnie d'Orléans, à Etampes

(Seine-et-Oise).

1898. Rayeur, professeur agrégé d'histoire, villa du Parc, à Pau, 1872. Rey, contrôleur, aux Roques, par Luzech (Lot).

1872. Rey, ^, sénateur, à Saint-Denis-Catus.

1909. Rey, étudiant à Duravel (Lot).

1888. Roaldès (Arthur de), O. $?,docteur-médecin, chef de l'hôpital spécial, à la Nouvelle-Orléans.

1902. Roaldès (Fernand de), au château de Figeac, près Montcuq (Lot).

1878. Rouquié (l'abbé), curé à Camburat (Lot).

1902. Roux (A.), professeur de l'Université, rue des Capucins, 27, Dreux (Eure-et-Loire).

1902. Sarrut (J.), professeur, rue Pascal, 24, Clermont-Ferrand (Puy deDôme). 1906. Sol (Eugène l'abbé), curé de Bégoux, près Cahors. 1880. Soulié, ^jf, A., instituteur, à Puycalvel (Lot). 1906. Soulié, à Lafage (Dordogne).

1891. Taillefer (l'abbé), <&, I., curé de Cazillac (Tarn-et-Garonne).

1906. Valat (J.), station électrique de Laforge, par Souillac, Lot. 1891. Valon (Ludovic de), chef de section, à Brive. 1902. Vèze (Abel), négociant à Gourdon (Lot).

1895. Viguié (l'abbé J.-C.), curé de St-Jean-Lespinasse, près St-Céré,Lot. 1898. Viré, naturaliste, I. <|Jf, attaché au Muséum d'histoire naturelle de Paris, 2, rue Vauquelin ; et à la Cave, par Souillac (Lot).


272

SOCIETES CORRESPONDANTES

FRANCE

DÉSIGNATION DES SOCIÉTÉS des sociétés DEPARTEMENTS

Société d'agriculture, sciences et arts Agen. Lot-et-Gar.

Académie des sciences, agriculture, arts et

belles-lettres Aix. Bch.-d. R.

Société scientifique et littéraire Alais. Gard.

Société des sciences, arts et belles-lettres du

Tarn Albi. Tarn.

Société des antiquaires de Picardie Amiens. Somme.

Société des lettres, sciences et arts de la

Haute-Auvergne Aurillac. Cantal.

Société archéologique et scientifique Béziers. Hérault.

Société archéologique Bordeaux. Gironde.

Société académique de Brest Brest Finistère.

Société scientifique, artistique et archéologique de la Corrèze Brive. Corrèze.

Société des arts et sciences Carcassonne Aude.

Société d'études scientifiques de l'Aude.... id. id.

Académie des sciences, lettres et arts id. id.

Société de Borda Dax. Landes.

Société ariégeoise des sciences, lettres et

arts Foix. Ariège.

Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse Guéret. Creuse.

Société archéologique et historique du Limousin Limoges. Hte-Vienne.

Société historique et archéologique du Maine Le Mans. Sarthe.


— 273 —

DÉSIGNATION DES SOCIÉTÉS SIEGE des Sociétés DEPARTEMENTS

Société archéologique de Tarn-et-Garonne. Montauban. Tarn-et-Gar

Académie des sciences, belles-lettres et arts

de Tarn-et-Garonne id. id.

Société pour l'étude des langues romanes.. Montpellier Hérault.

Académie de Stanislas Nancy. Meurt.-et-M

Société archéologique de Nantes et de la

Loire-Inférieure Nantes. Loire-Infér.

Société historique et archéologique de l'Orléanais Orléans. Loiret.

Société des Antiquaires de l'Ouest Poitiers. Vienne.

Société de spéléologie Paris.

Musée Guimet id.

Comité des Sociétés des Beaux-Arts des

départements .... id.

Société des sciences, lettres et arts Pau. Basses-Pyr.

Société historique et archéologique du Périgord

Périgord Dordogne.

Société des amis des arts Rochechouart. Haute-Vien.

Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron

l'Aveyron Aveyron.

Société des archives historiques de la Saintonge

Saintonge de l'Aunis Saintes. Char.-Infér.

Société des antiquaires de la Morinie Saint-Omer Pas-de-Cal.

Académie des Jeux-Floraux Toulouse. Haute-Gar

Société archéologique du Midi de la France. id. id.

Académie des sciences, inscriptions et bel

les-lettres id. id.

Société d'Histoire Naturelle id. id.

Société des lettres, sciences et arts de la

Corrèze Tulle. Corrèze.


— 274 —

DÉSIGNATION DES SOCIÉTÉS SIEGE des Sociétés DEPARTEMENTS

ETRANGER

Smithsonian Institution Washington Etats-Unis.

Société Neuchâteloise de géographie | Neuchâtel. Suisse.

La Société des Etudes reçoit en outre, à titre d'échange :

Le Journal d'hygiène, 162, Boulevard Péreire, Paris.

Le Bulletin de la Société agricole et Industrielle du Lot.

Publications du « Missouri Botanical Garden », de Saint-Louis (EtatsUnis). La Revue du Traditionnisme français et étranger, Paris, quai des Orfèvres The American Muséum Journal, New-York.


275

Observations Météorologiques du deuxième Semestre 1909

Faites à Cahors

MOIS T EMPERATURE

MOYENNE MOYENNE ABSOLUE

6. h. m. 1 h. s. 9 h. s Maxima Minima Maxim. Date I Minim. I Date

Juillet 15° 22°93 18°29 25°52 12°76 33°8 27 9° I 1

Août 14 76 25 82 19 48 28 26 13 49 37 06 15 16 90 22,23

Septembre 1178 2104 14 97 23 43 111 28 7 21 513

Octobre 10 23 18 05 12 56 20 38 9 49 26 7 4 3 6 23

Novembre 3 12 9 07 4 39 10 89 2 2 216 2 -5 4 27

Décembre 5 30 9 12 7 18 10 66 4 26 17 5 23 -3 5 31

MOIS PRESSION RAROMÉTRIQUE

Pluie E at

Accidents

MOYENNE ABSOLUE en hygrométrique

hygrométrique

6. h. m. l h. s. 9 h. s Maxim. Date Minim. Date m/m

I 13

Juillet 75448 753 95 75431 758m 7 14 744m7 25 20 7 82 22

Août 75310 75234 75290 759 9 20 749 1 18 37 4 88 03 *

Septembre 75219 75151 75214 759 7 24 744 1 8 129 3 93

Octobre 752 6 75196 75229 760 8 22 763 5 27 77 95

Novembre 75122 75101 75454 765 24 738 2 18 15 6 92 2 *

Décembre 74931 74841 74942 764 3 9 737 3 22 113 3 90 5 *

Aoùt : 1, 8, orage, 12, 19, brouil.—Sept. : 13, 4,15, 6,18, 25, brouill.—Oct. : 4,7,9,15,16,20,93, b.—Novembre 4, 12,13 orag.,4,5,6,8,6,12,15,19, 20, 2 brouillards. — Décembre: 1, vent S. violent. — 11 brouillards.

Les indications barométriques sont ramenées à zéro. Or la correction s'élève à 0mm 10, car la cuvette barométrique est à 122 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le pluviomètre est à 1m 70 au-dessus du sol.


TABLE DES MATIERES

DU TOME XXXIV

ALBE (l'abbé E.) : Procès-verbaux des séances 57, 125, 204, 251

— Les Coutumes de Mayrinhac-Lentour.... 223 COMBES (A.) : Analyse des registres municipaux de la commune de Cahors tenus pendant la Révolution .. 5, 65, 133, 207

DAYMARD (J.) Ribliographie : Fourastié : Les cahiers de doléances des communautés de la sénéchaussée de Cahors. 54 ESQUIEU (L). Essai d'un Armorial Quercynois (additions et

corrections) 22, 83, 154, 238

FOISSAC (l'abbé A) : Généalogie de la famille de Géniès 116, 168

GIRMA : Bibliographie du Lot pour l'année 1910 259

GRANGIÉ (E) : Le renom du Quercy. — Le Quercy blanc 239, 241

PAUMES (B) : Le Collège Royal sous la Restauration 39,99,183

— Rapport sur les travaux de l'année 243

TAILLEFER (l'abbé) : Louables coutumes de Lebrel et de Caminel 108

— Les Protestants à Belaye (mai-juin 1579) . 162

Membres du bureau pour l'année 1910 266

Liste des membres honoraires résidants et correspondants de

la Société 267

Liste des Sociétés correspondantes 272




BULLETIN TRIMESTRIEL

DE LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES

LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES

DU LOT

TOME TRENTE-QUATRIEME DEUXIÈME FASCICULE

« AVRIL MAI JUIN »

CAHORS IMPRIMERIE F. DELPÉRIER, G. ROUGIER Sr, 4, RUE DES ÉCOLES

1909

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs des articles insérés dans son BULLETIN.

Le gérant : L. DELPÉRIER.



BULLETIN TRIMESTRIEL

DE LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES

LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES

DU LOT

TOME TRENTE-QUATRIEME TROISIÈME FASCICULE

« JUILLET AOUT SEPTEMBRE »

CAHORS IMPRIMERIE F. DELPÉRIER, G. ROUGIER Sr, 4, RUE DES ÉCOLES

1909

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs des articles insérés dans son BULLETIN.

Le gérant : L. DELPÉRIER.



BULLETIN TRIMESTRIEL

DE LA

SOCIÉTÉ DES ÉTUDES

LITTÉRAIRES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES

DU LOT

TOME TRENTE-QUATRIEME QUATRIÈME FASCICULE

« OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE »

CAHORS IMPRIMERIE F. DELPÉRIER, G. ROUGIER Sr, 4, RUE DES ÉCOLES

1909

La Société ne prend sous sa responsabilité aucune des opinions émises par les auteurs des articles insérés dans son BULLETIN.

Le gérant : L. DELPÉRIER.




TABLE DES MATIERES

Pages,

Analyse des registres municipaux de la commune de Cahors tenus

pendant la Révolution, par M. A. COMBES (Suite) 5

Ballade des chènes du Quercy, par M. E. GRANGIE 21

Essai d'un Armorial Quercinois (additions et corrections),par

M. L. ESQUIEU. ...... . 22

Le Collège Royal de Cahors sous la Restauration, par M. B. PAUMES 39 .

Bibliographie, par M. J. DAYMARD .. . .... 54

Procès-verbaux des séances, pendant le 1er trim. 1909 57

Présidents : MM. A. Combes, I. o, (1er semestre) ; Gary (2e semestre) Secrétaire général : M. Paumès, y. Secrétaire des séances : M. le chanoine Albe. Secrétaire-Archiviste : M. Girma, 0, libraire-éditeur

Trésorier : M. Ad. Calvet, avenue de lu gare, 7, Cahors.

Conseil d'administration : Les membres du bureau, M. E Depeyre.

Commission du Bulletin : Les membres du bureau MM. Crudy), Dols, Fourastie Grangie, Commandant St-Eloi.

Les Séances bi-mensuelles de la Société se tiennent, du mois d'octobre à Pâques à 5 h. 1/2 du soir. — De Pâques a fin juillet à 8 h. 1/2, à l'Hôtel de Ville.



TABLE DES MATIÈRES

Analyse des registres municipaux de la commune de Cahors tenus

pendant la Révolution, par M. A. COMBES (Suite).... ...... . 65

Essai d'un Armorial Quercinois (additions et corrections),par

M. L. ESQUIEU (Suite).. 83

Le Collège Royal de Cahors sous la Restauration, par M. B. PAUMES 99 Louables coutumes de Lebrel et de Caminel, par M. l'abbé

TAILLEFER... .. . ........ 108

De Géniès, par M. A. F............. ... ... ... 116

Procès-verbaux des séances, pendant le 2e trim. 1909 125

Présidents : MM. A. Combes, I. O, (1er semestre) ; Gary (2e semestre). Secrétaire général: M. Paumès, O.

Secrétaire des séances : M. le chanoine Albe. Secrétaire-Archiciste : M. Girma, o, libraire-éditeur. Trésorier : M. Ad. Calvet, avenue de la gare, 7, Cahors. Conseil d'administration : Les membres du bureau, M. E. Depeyre. Commission du Bulletin : Les membres du bureau : MM. Crudy, Dols, Fourastie Grangie, Commandant St-EIoi.

Les Séances bi-mensuelles de la Société se tiennent, du mois d'octobre à Pâques à 5 h. 1/2 du soir. — De Pâques à fin juillet à 8 h. 1/2, à l'Hôtel de Ville.



TABLE DES MATIÈRES

Analyse des registres municipaux de la commune de Cahors. tenus

pendant la Révolution, par M. A. COMBES (Suite) .. 133

Essai d'un Armorial Quercinois (additions et corrections), par

M. L. ESQUIEU (Fin) 154

Les Protestants à Bélaye (Mai-Juin 1579), par M. l'abbé

TAILLEFER 162

De Géniès, par M. A. FOISSAC — 168

Le Collège Royal de Cahors sous la Restauration, par M. B. PAUMES 183

Procès-verbaux des séances,pendant le 3e trim. 1909............. 204

Présidents : MM. A. Combes, I. y, (1er semestre); Gary (2e semestre). Secrétaire général : M. Paumès, y. Secrétaire des séances : M. le chanoine Albe. Secrétaire-Archiviste: M. Girma, o, libraire-éditeur. Trésorier : M. Ad. Calvet, avenue de la gare, 7, Cahors. Conseil d'administration: Les membres du bureau, M. E. Depeyre, Commission du Bulletin : Les membres du bureau : MM. Crudy, Dois, Fourastie Grangié, Commandant St-Eloi.

Les Séances bi-mensuelles de la Société se tiennent, du mois d'octobre à Pâques à 5 h. 1/2 du soir. — De Pâques à fin juillet à 8 h. 1/2, à l'Hôtel de Ville.



TABLE DES MATIÈRES

Pages

Analyse des registres municipaux de la commune de Cahors tenus

pendant la Révolution, par M. A. COMBES (Suite) 207

Privilèges d'une communauté rurale aux XIIIe et XIVe siècles

(Mayrignac-Lentour), par M. l'abbé Ed. ALBE ... 223

Essai d'un Armorial Quercinois (appendice), par M. L. ESQUIEU 238 Le renom du Quercy. — Le Quercy blanc, par M. E. GRANGIÉ. 239, 241

Rapport du secrétaire général, par M. B. PAUMES .... 243

Procès-verbaux des séances, pendant le 4e trim. 1909. 251

Bibliographie du Lot (année 1910), par M. J. GIRMA 259

Membres du bureau pour l'année 1910... . ... .. .. 266

Liste des membres honoraires résidants et correspondants ...... 267

Liste des Sociétés correspondantes....... 272

Présidents : MM. A. Combes, I. o, (1er semestre); Gary (2e semestre). Secrétaire général : M . Paumès, o.

Secrétaire des séances : M. le chanoine Albe. Secrétaire-Archiviste : M. Girma, o, libraire-éditeur.

Trésorier : M. Ad. Calvet, avenue de la gare, 7, Cahors. ....

Conseil d'administration : Les membres du bureau, M. E. Depeyre. Commission du Bulletin : Les membres du bureau : MM. Crudy, Dois. Fourastie Grangié, Commandant St-Eloi.

Les Séances bi-mensuelles de la Société se tiennent, du mois d'octobre à Pâques à 5 h. 1/2 du soir. .— De Pâques à fin juillet à 8 h. 1/2, à l'Hôtel de Ville.