Reminder of your request:


Downloading format: : Text

View 1 to 488 on 488

Number of pages: 488

Full notice

Title : Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube

Author : Société académique de l'Aube. Auteur du texte

Publisher : (Troyes)

Publisher : Ath. Payn (Troyes)

Publisher : Bouquot (Troyes)

Publisher : Dufour-Bouquot (Troyes)

Publisher : Imprimeries Paton (Troyes)

Publication date : 1879

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 44107

Description : 1879

Description : 1879 (T16,SER3)-1879.

Description : Collection numérique : Fonds régional : Champagne-Ardenne

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k55304613

Source : Société académique de l'Aube

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32813267s

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 30/11/2010

The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition (OCR) program. The estimated recognition rate for this document is 100 %.
For more information on OCR


SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE

DU

DÉPARTEMENT DE L'AUBE



MÉMOIRES

DE LA

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE

D'AGRICULTURE

DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DU DEPARTEMENT DE L'AUBE

TOME XLIII DE LA COLLECTION TOME XVI. — TROISIÈME SÉRIE

ANNÉE 1879

TROYES

LIBRAIRIE L. LACROIX

83, BUE NOTRE-DAME



ARMORIAL

DU

DEPARTEMENT DE L'AUBE

PAR

M. ALPHONSE ROSEROT

ARCHIVISTE-ADJOINT DU DEPARTEMENT DE L'AUBE

PREFACE

La science des armoiries n'est pas une vaine science, comme on pourrait le croire : c'est un très-utile et souvent un indispensable auxiliaire pour la connaissance de l'histoire; aussi n'est-il pas étonnant qu'après avoir été complètement négligée à la suite des désastres révolutionnaires elle ait repris aujourd'hui l'importance qu'elle mérite. Les armoiries qui sont sculptées, peintes ou gravées sur les constructions et sur les objets mobiliers, loin d'être des figures muettes pour l'archéologue, lui fournissent de précieux renseignements. A la première inspection d'un écusson, il découvre le nom de famille qui l'a porté, et cette découverte, insignifiante en apparence, lui donne l'explication d'un fait considéré jusque-là comme énigmatique.

Le travail que nous avons entrepris est restreint aux parties de la Champagne méridionale et du comté de Barsur-Seine dont la réunion a formé le département de l'Aube, et il renferme la description des armoiries des personnes qui ont possédé des terres dans l'étendue de ce département


6 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'ADBE.

ou qui l'ont habité. Nous n'avons cependant pas admis, dans cette dernière catégorie, les personnages qui n'ont demeuré qu'en passant dans notre pays, c'est-à-dire les fonctionnaires. Une exception a été faite pour les évêques de Troyes, ces dignitaires ecclésiastiques ayant généralement passé tout le temps de leur épiscopat dans le diocèse qu'ils étaient chargés d'administrer.

Nous avons également décrit les armoiries des villes et celles des communautés religieuses et laïques.

Il était impossible de donner les prénoms des personnages non plus que les dates de possession des terres, un très-grand nombre des familles mentionnées dans ce recueil ayant eu plusieurs représentants dans le pays, et l'indication des dates appartenant plutôt à un nobiliaire qu'à un armoriai. Nous avons seulement dérogé à cette règle quand il s'agissait de personnages isolés ayant fait enregistrer leurs armoiries par d'Hozier, et nous y avons joint la date de cet enregistrement.

On sait que des armoiries tout à fait semblables appartiennent à des familles différentes. Il est utile de les noter dès à présent, afin de mettre en garde les érudits contre de trop faciles erreurs. Voici, groupés par chiffres, les noms que nous avons relevés dans cet armoriai :

1. Bazin, Mauroy (bien que certains auteurs donnent les couronnes des Mauroy comme étant ducales). — 2. Chereau, Guyon, Mauroy. — 3. Dorigny, Largentier. (Nous les signalons bien que différents, la similitude étant presque parfaite; les Dorigny portent simplement une étoile, en chef, que n'ont pas les Largentier.) — 4. Camusat, de Saint-Belin. — 5. Le Mercier, de Saint-Omer. — 6. De Beaufort, de Pons-de Rennepont. — 7. La Ferté, Geoffroy de Coiffy.

Troyes, le 27 février 1878.


INTRODUCTION

DE L'ORIGINE DES ARMOIRIES

L'usage adopté par les hommes de se distinguer entre eux par des signes extérieurs remonte à la plus haute antiquité, mais les emblèmes héraldiques ne furent adoptés que vers la fin du XIe siècle ou le commencement du XIIe, entre la première et la seconde croisade (1096-1147) (1), et ils ne commencèrent à devenir d'un usage commun qu'au XII 8 siècle (2). Il ne faudrait pas croire que dès lors la science du blason fut constituée : suivant le Père Ménestrier, au XIIIe siècle elle était encore soumise à l'incertitude et aux règles les plus arbitraires (3) ; mais les armoiries étaient alors devenues héréditaires.

DU DROIT DE PORTER DES ARMOIRIES

On aurait tort de croire que le droit de porter des armoiries soit inhérent à la noblesse.

Sans doute, à l'origine, les nobles seuls avaient adopté cet usage ; mais leur exemple fut suivi par les bourgeois, les villes, les corporations et les communautés. Il est vrai, il y eut toujours une distinction fondamentale entre les armes des nobles et celles des roturiers : les premiers avaient le privilège de les timbrer, c'est-à-dire de les sur(1)

sur(1) de Jubainville : Armoiries des Comtes de Champagne d'après leurs sceaux. (Extrait de la Revue archéologique.)

(2) Baron de Reiffenberg : Du blason (Revue historique de la noblesse, t. II, pag. 111-122).

(3) De l'origine des armoiries, pag. 87 et 89.


8 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

monter d'un casque ou d'une couronne qui affectaient des formes différentes suivant la qualité des ayants droit.

Ce privilège de la noblesse a été maintenu par de nombreuses ordonnances royales; on peut citer comme exception l'ordonnance de Charles V, du 9 août 1371 (1), qui confirme aux bourgeois de Paris le droit de porter des armoiries timbrées.

Si le droit de porter des armoiries n'appartenait pas exclusivement à la noblesse, il ne paraît pas qu'il fût possible au premier venu d'en avoir. Les familles n'osaient pas s'en parer si elles ne tenaient un rang honorable dans la bourgeoisie; d'autre part, il semble résulter de l'article VII de l'édit de 1696 (dont il sera parlé ci-après, à propos de l'armorial général) que cette distinction n'était pas accordée à qui la voulait. Il y est dit : « Les officiers tant de notre Maison et de celles des princes et princesses de notre sang, que ceux d'espée, de robe, de finance et des villes ; les ecclésiastiques, les gens du clergé, les bourgeois de nos villes franches, et autres qui jouissent, à cause, de leurs charges, estats et emplois, de quelques exemptions, privilèges et droits publics, jouiront aussi du droit d'avoir et de porter des armes, à la charge de les présenter, dans le temps fixé, aux bureaux des maîtrises particulières. »

DE L'ARMORIAL GÉNÉRAL

La description des armes qui figurent dans cet ouvrage a été puisée à différentes sources ; mais il importe de donner quelques détails sur l'Armoriai général de France, auquel nous avons emprunté la description d'un grand nombre d'armoiries.

Louis XIV, ayant grand besoin d'argent pour faire face

(1) Ghérin : Abrégé chronologique d'édits... concernant le fait de noblesse, p. 20.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 9

aux nombreuses dépenses de son gouvernement, imagina de rendre, au mois de novembre 1696, un édit qui ordonnait la confection d'un armoriai général où seraient enregistrées, moyennant finance, les armes de toutes les personnes, maisons et communautés du royaume. La charge de juge d'armes du royaume, qui appartenait alors à Charles-René d'Hozier, fut supprimée, et l'on créa dans chaque généralité des maîtrises particulières qui relevaient toutes d'une maîtrise générale établie à Paris; d'Hozier fut nommé garde-général de l'armorial par un édit du 18 décembre 1696. On afferma l'enregistrement des armoiries à Adrien Vanier, bourgeois de Paris, qui fut chargé des frais tant de peinture, blason, papier, parchemin ou vélin, que de l'expédition et signature de chaque brevet d'enregistrement.

Voici quelle était la procédure : les armoiries devaient d'abord être vues et vérifiées par les officiers des maîtrises particulières de chaque généralité, puis elles étaient envoyées avec l'avis de ces officiers, à la maîtrise générale qui les vérifiait de nouveau et les enregistrait définitivement. Le garde-général de l'armorial délivrait alors les expéditions ou brevets de cet enregistrement et en envoyait les titres aux officiers des maîtrises particulières qui les remettaient aux parties intéressées contre le paiement des droits.

Comme cette mesure était toute financière, les officiers des maîtrises particulières ne se firent pas faute d'imposer l'enregistrement des armoiries à ceux qui n'en avaient pas ou qui ne voulaient plus en avoir.

Cette institution n'eut pas de durée ; l'office de la grande maîtrise, et ceux qui avaient été créés pour les maîtrises particulières, n'ayant pas été levés, du moins pour la majeure partie, les maîtrises furent supprimées, ainsi que la charge de garde-général de l'armoriai, par un édit du mois d'août 1700. Un autre édit, du mois d'avril 1701, rétablit la charge


10 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

de juge d'armes qui fut rendue à d'Hozier par lettres-patentes du 23 août suivant. Enfin, un arrêt du Conseil du 9 mars 1706 l'autorisa, lorsqu'il en serait requis par les particuliers, à réformer les armoiries qui, ayant été registrées, auraient été mal prises, mal données ou mal expliquées dans l'armoriai, et il fut décidé qu'à l'avenir toutes les armoiries devraient être certifiées véritables par le juge d'armes.

L'opération, commencée en 1697, fut déclarée close en 1709.

"L'Armorial général se compose de trente-quatre volumes in-folio de texte, et de trente-cinq volumes contenant les armoiries peintes ; il fait partie du cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale ; ces volumes sont divisés par généralités. Il y a un volume unique pour la généralité de Champagne : il renferme, entre autres, les armoiries présentées aux bureaux de Troyes et de Bar-surAube ; celles du bureau de Bar-sur-Seine sont comprises dans le premier volume de la Bourgogne, et celles du bureau de Nogent-sur-Seine dans le quatrième volume de la généralité de Paris.

On imagine facilement que bien des armoiries ont dû être inexactement décrites, puisque leur enregistrement avait un but financier : on rencontre assez souvent les armoiries d'une même famille décrites avec des différences notables sous les noms des divers membres de cette famille. Nous avons noté ces divergences. Tel qu'il est cependant, et malgré ses imperfections, l'armoriai général est le recueil le plus précieux que l'on puisse consulter en matière d'armoiries, parce qu'il est revêtu d'un caractère officiel. Aussi, nous n'avons pas hésité à lui emprunter toutes les armoiries qui ont été vérifiées au bureau de Troyes, et toutes celles des bureaux de Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine et Nogent-surSeine qui intéressent le département de l'Aube.

Un dernier mot sur l'armorial général : il faut se garder de confondre ce recueil manuscrit d'armoiries avec un


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 11

autre ouvrage du même nom, en dix volumes in-folio, imprimé de 1738 à 1768, sous les noms de Louis-Pierre d'Hozier, neveu de Charles-René, et d'Antoine-Marie d'Hozier de Sérigny, fils de Louis-Pierre. C'est un travail d'un caractère essentiellement privé, contenant des généalogies dressées sur pièces probantes par ces deux juges d'armes de France.

DES NOMS DE FAMILLE

On trouvera dans ce travail beaucoup de noms de familles, tant nobles que roturières, affectant les formes les plus diverses ; il a semblé utile de terminer ces indications préliminaires par quelques explications sur la formation de ces noms.

Les noms de famille dérivent de quatre sources principales :

1° Du prénom d'un ancêtre : Jean, fils de Durand (Joannes Durandi) ; et les descendants ont continué de s'appeler Durand. Il en est de même des noms de Guillaume, Gautier, Garnier, Hugues, Jean, etc., que l'on trouve encore aujourd'hui;

2° D'un nom de localité ( seigneurie, lieu de naissance ou d'habitation) : Pierre de Chappes, Garnier de Traînel, Guy de Dampierre, Haïce de Plancy, Chrestien de Troyes, Pierre de Villiers ;

3° D'une profession: Fabre, Favre, Febvre, Lefebvre, Fèvre, Lefèvre (Faber), Boulanger, Maréchal, Couturier;

4° D'une particularité physique ou morale : Legrand, Lebeau, Lebon, Lebrun, Lenoir, Leblanc, Lerouge, Petit, Lepetit, Borgne, Leborgne, Noble, Lenoble.

Nous ne saurions mieux faire que d'emprunter à M. Natalis de Wailly l'exposé de la formation du nom de famille en France :

« Chez les français qui habitaient au nord de la Loire,


12 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

» et sur lesquels l'influence romaine n'agissait pas puis» samment, on ne portait en général qu'un nom. A la fin » du Xe siècle ou au commencement du XIe les surnoms se » multiplièrent peu à peu ; mais cet usage qui, pour les » rois, remontait à Pépin-le-Bref, ne devint général pour » les particuliers qu'au XIIIe siècle. Il ne s'est pas d'ailleurs » introduit à la même époque dans toutesles provinces.

» En Languedoc, Guillaume III prit pour la première » fois, vers l'an 1030, le surnom de Montpellier, dont il » était seigneur

» Ce sont en général les nobles qui, dans les différentes » provinces de la France, ont les premiers adopté cet » usage ; mais il ne se répandit guère parmi les ecclésias» tiques et les moines, quoiqu'on puisse opposer à cette rè» gle des exceptions assez anciennes. (1) »

Dans la suite, les roturiers adoptèrent l'usage de modifier leurs noms en y ajoutant un nom de localité. D'autre part, les vassaux empruntèrent le nom de leur suzerain ; c'était peut-être alors une façon de reconnaître leur dépendance, mais la vanité fit chercher plus tard dans cette similitude de noms une apparence de parenté. M. Edouard de Barthélémy (2) cite le pays de Rohan, où grand nombre de paysans et de manouvriers portent le nom de Rohan ; il fait observer qu'en Champagne les surnoms se sont surtout répandus dans la partie non noble de la population.

Nous avons dit, qu'à l'exemple des nobles, les roturiers joignirent à leur nom celui des terres qu'ils possédaient ; à la faveur du temps, on laissa tomber dans l'oubli le nom patronymique qui rappelait souvent une origine médiocre ou quelqu'épithète mal sonnante donnée à un ancêtre.

Un autre moyen employé pour donner du lustre à un nom

(1) Eléments de Paléographie, t.I, p. 188.

(2) La noblesse en France avant et depuis 1789, p. 36.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 13

resté obscur consistait à faire une substitution. Le dernier représentant mâle d'une famille pouvait en perpétuer le nom en obligeant ses héritiers, ou celui qui épouserait l'héritière du nom, à ajouter au sien le nom, et à son écusson les armes de sa femme. Dans le principe, cette substitution était valablement faite par un acte authentique : mais bientôt les abus furent tels que les rois durent entourer les substitutions de garanties sérieuses. Henri II, par un édit daté d'Amboise, du 26 mars 1555 (art. 9), prescrivit l'obtention de lettres de dispense. Une déclaration du 20 mars 1572 réserva au roi le droit de substitution. De nouvelles déclarations des 22 décembre 1599 et 19 janvier 1629 confirmèrent ces prescriptions ; la dernière défendait en outre aux bâtards de prendre, sans le consentement des parties intéressées, le nom des familles dont ils étaient sortis.

La modification la plus recherchée, celle qui flattait le plus la vanité, consistait dans l'addition ou dans la séparation des particules de, du, le, la, de la, des. Les riches bourgeois s'en affublèrent à l'envi en y joignant le nom de leurs terres, et comme une fois en train de prendre des noms ou n'en saurait trop prendre, ils distinguèrent leurs enfants en donnant à chacun d'eux le nom d'un domaine.

« Certaines gens, dit La Bruyère (1), portent trois noms de peur d'en manquer : ils en ont pour la campagne et pour la ville, pour les lieux de leur service ou de leur emploi. D'autres ont un seul nom disyllabe qu'ils annoblissent par des particules dès que leur fortune devient meilleure. Celui-ci, par la suppression d'une syllabe, fait de son nom obscur un nom illustre : celui-là, par le changement d'une lettre en une autre, se travestit, et de Syrus devient Cyrus. Plusieurs suppriment leurs noms, qu'ils pourraient conserver sans honte, pour en adopter de plus beaux, où ils n'ont qu'à perdre par la comparaison que l'on fait toujours d'eux,

(1) Caractères : De quelques usages.


14 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

qui les portent, avec les grands hommes qui les ont portés...

» Il y a peu de familles dans le monde qui ne touchent aux plus grands princes par une extrémité, et par l'autre au simple peuple. »

Ce que disait La Bruyère il y a deux cents ans est encore vrai aujourd'hui, plus que jamais peut-être, grâce à l'absence de lois efficaces, et grâce surtout à l'accord tacite de tous les intéressés pour acclimater rapidement des noms d'emprunt.

La loi du 28 mai 1858, qui a modifié l'article 259 du Code pénal, loin de réprimer les abus, leur a ouvert une large porte, c'est-à-dire qu'elle a manqué son but. Méconnaissant l'ancien adage : Pas de noblesse sans litre, elle frappe des mêmes peines « ceux qui sans droit et en vue de s'attribuer une distinction honorifique prendraient publiquement un titre, et ceux qui changeraient, altéreraient ou modifieraient les noms que leur assignent les actes de l'état civil. » On le voit, la loi semble reconnaître un caractère nobiliaire à cette fameuse particule, et pourtant rien n'est plus opposé à l'esprit même de cette loi. Loin d'admettre cette apparence nobiliaire de la particule, elle attribue aux tribunaux civils la connaissance des demandes en rectification et addition de noms, et, d'autre part, se conformant en cela à la législation antérieure, elle a réservé au Conseil du sceau des titres la connaissance des demandes en reconnaissance de noblesse (1).

La plupart des arrêts rendus en cette matière refusent

(1) Les attributions du Conseil du Sceau des titres ont été déterminées par un décret du 8 janvier 1859. Ses dispositions sont complétées par un décret du 1er mai 1808 et les ordonnances des 15 juillet 1814 et 12 mars 1817. Voir, du reste, pour tout ce qui concerne le Conseil du Sceau et le Conseil d'administration qui le remplace depuis le 10 janvier 1872, les intéressants articles de M. Borel d'Hauterive dans ses Annuaires de la noblesse, notamment dans ceux de 1860, 1873 et 1874.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 15

d'ailleurs à la particule la qualification de nobiliaire ; mais la rédaction obscure du nouvel article 259 du Code pénal permet aux vaniteux de s'attribuer avec la particule une apparence de noblesse.

Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet; nous n'expliquerons pas par quels subterfuges les intrigants se font décorer ou plus souvent se décorent de la bienheureuse particule : les limites de cette introduction nous interdisent de plus longs développements. (1)

(1 ) On consultera avec intérêt, sur la particule et les distinctions honorifiques : Des distinctions honorifiques et de la particule, par H. Beaune ; La particule nobiliaire, par Dangeau (M. Louis Vian, référendaire au Sceau de France).


16 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

INDICATION

SOURCES CITEES D'UNE FAÇON SOMMAIRE DANS LE COURS DE L'OUVRAGE

A. A. Annuaire de l'Aube, 2e partie.

P. Anselme. Histoire de la maison de France, des Pairs, grands officiers de la Couronne, etc., par le P. Anselme, continuée par M. du Fourny, revue et augmentée par les P. P. Ange et Simplicien, 1726-1733, 9 vol. in-fol.

Arbaumont. La noblesse aux Etats de Bourgogne, par MM. Henri Beaune et Jules d'Arbaumont, 1864, in-4°.

B. T. ms. 2601. Bibliothèque de la ville de Troyes, manuscrits,

n° 2601 : Généalogie de la famille Hennequin et des familles alliées. Ce travail a été composé vers les premières années du dix-septième siècle.

Berry. Armoriai de France, etc., composé vers 1450 par Gilles le Bouvier, dit Berry, premier roi d'armes de Charles VII, publié par M. Vallet de Viriville, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale. 1866, in-8°.

Blanchard. Les Présidents au mortier du Parlement de Paris, etc., par François Blanchard, 1647, in-fol.

Caumartin. Procès-verbal de la recherche de la noblesse de Champagne, fait par M. de Caumartin, 1673, in-8°.

Chastellux. Histoire généalogique de la maison de Çhastellux, par le comte de Chastellux, 1869. in-4°.

Chevillard. Nobiliaire de Champagne ou catalogue des nobles de la province de Champagne, maintenus par les jugements

de MM. de Caumartin et Larcher, intendants en la

province de Champagne et de Brie, en conséquence des déclarations du Roy du 22 mars 1666 (par Jacques Chevillard). Paris (1758). Deux feuilles grand in-folio piano.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 17

— Planches contenant les noms, qualités et armes des familles, et la date de leurs maintenues.

Courcelles. Dictionnaire universel de la noblesse de France, par M. de Courcelles. 1820-1821. 5 vol. in-8°.

P. de Courcy. Nobiliaire et armoriai de Bretagne, par M. P. Potier de Courcy, 2e édition. 1861. 3 vol. in-4°.

Courtalon. Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, par Courtalon-Delaistre, 1783-1784, 3 vol. in-8°.

Denys. Armoriai de la chambre des comtes de Paris, par Mlle Denys. Paris, Chamerot et Lawrens, puis (1869) Dumoulin, éditeurs, in-folio.

Douè't d'Arcq, Inventaire des sceaux conservés aux archives de l'Empire, 3 vol. in-4°.

Dubuisson. Armoriai des principales maisons et familles du royaume et particulièrement de celles de Paris et de l'Isle de France, par M. Dubuisson. 1757-1760, 2 vol. in-12.

Gén. des Hennequin. Voyez B. T. ms. 2601.

Gén. de Mauroy. Généalogie manuscrite de la famille de Mauroy, ornée de blasons coloriés (XVIIIe s.), appartenant à M. Adrien de Mauroy.

Hozier (d'). Armoriai général, 34 vol. in-fol. manuscrits, Bibliothèque nationale. (Voyez la notice ci-dessus, page 8.)

Hozier (d'), reg.... Armorial général de la France, par LouisPierre d'Hozier et Antoine-Marie d'Hozier de Sérigny. 1738-1768. 10 vol. ou registres, in-folio.

Inv. Nevers. Inventaire des titres de la maison de Nevers, par l'abbé de Marolles. (Bib. nat. ms. Cinq-cents de Colbert, n°s 281-286.)

La Chesnaye. Dictionnaire de la noblesse, par M. de La Chesnaye des Bois, 1770-1786. 12 vol. in-fol. avec la continuation (3 vol.), par M. Badier.

Laine. Nobiliaire de Champagne. (Tome VI des Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, par M. Laine. 1839. In-8°.) Ce nobiliaire est précédé d'une . introduction très-intéressante.

Palliot. La vraye et parfaicte science des armoiries ou l'Indice

armoriai de feu M. Louvan Géliot , augmenté par Pierre

Palliot, 1660. In-fol.

T. XLIII. 2


18 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Rouget. Recherches historiques, générales et particulières sur la

ville et comté de Bar-sur-Seine, par M. Rouget,

maître particulier de la maîtrise des Eaux-et-Forêts, maire de la ville de Bar-sur-Seine 1772.

Saint-Allais. Nobiliaire universel de France, par M. de SaintAllais... et par M. de La Chabeaussière. 1814-1843. 24 vol. in-8°.

Société Académique. Mémoires de la Société Académique de l'Aube.

Tableau généalogique des Marisy. Tableau généalogique de la famille de Marisy et des familles alliées, manuscrit sur parchemin de la fin du XVIe siècle, orné de blasons peints. (Appartient à l'auteur.)


ARMORIAL

DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE (1)

1. ABONDES (D'), seigneur de Vulaines.

D'azur, à trois étoiles d'or; parti : échiqueté d'or et d'azur, au chef d'argent chargé d'une aigle éployée de sable. (Saint-Allais.)

2. ACARIE, originaire de Paris, seigneur de Montberault

(commune de Piney.) D'azur, au chevron d'or accompagné de trois étoiles du même. (Palliot.)

3. ACIER (D'). Bar-sur-Aube, Troyes.

De gueules, à une épée d'argent, la pointe en haut, couronnée d'une branche de laurier d'or. (Charpy.)

4. AGEVILLE (D'), seigneur de la Ville-au-Bois, 1701.

D'or, à trois tours de gueules. (d'Hozier.)

5. AIGLE (DE L'), seigneur d'Epothémout. 1701.

De gueules, à une aigle à deux têtes d'argent. (d'Hozier.)

6. AIGREMONT (D'), seigneur en partie du Petit-Mesnil, de

Chaumesnil, d'Epothémont. D'argent, au lion de gueules. (Caumartin.)

7. ALICHAMP (D'), seigneur de Briel, Epagne, Villevoque

(c. de Piney.)

(1) La Commission de publication de la Société Académique de l'Aube a regretté que la méthode alphabétique adoptée par l'auteur de l'Armoriai ne soit pas entièrement conforme à l'usage suivi généralement dans les répertoires de noms d'hommes et de familles. Ainsi, les noms commençant par Le ou par La ne figurent pas, comme d'ordinaire, à la lettre L, mais à la lettre qui vient après Le ou La. Cependant, en présence du long travail qu'auraient exigé les remaniements qu'elle réclamait, la Commission a décidé que l'Aimorial serait inséré sans modifications dans ses Mémoires, tout en laissant à l'auteur la responsabilité de son classement. (Note de lu Commission de publication.)


20 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois roses de quatre feuilles, du même. (d'Hozier.—Caumartin.)

8. ALLAUMONT (D'), seigneur de Balignicourt.

D'azur, à deux lambeaux d'or de trois pièces, posés l'un sur l'autre, avec deux étoiles de même sous le second lambeau, et une rose d'argent à la pointe de l'écu. (Généalogie de Beauveau produite devant Caumartin.)

9. ALLEN. Troyes.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux croissants d'argent et en pointe d'une gerbe d'or. (B.T.ms. 2601.)

— ALLIBAUDIÈRES (D'). Voir Libaudières.

10. ALLONVILLE (D'), seigneur de Fuligny, Morvilliers, La

Chaise. D'argent, à deux fasces de sable. (Caumartin.)

— AMBLY (D'). Voir Peschart.

11. AMBOISE (D'), seigneur de Vendeuvre, des Riceys.

Paie d'or et de gueules de six pièces. (P. Anselme.)

12. AMBOISE (D'), seigneur de Fuligny. Voir Mosseron.

13. AMBOUVILLE (D'), seigneur de La Chaise en partie. 1698.

D'argent, à deux fasces de sable. (d'Hozier.)

14. AMILLY (Marie D'), dame de Traînel et de Tilly. (c. de La

Motte-Tilly). Elle portait en 1389, sur son sceau, un parti : à dextre, de quatre fasces; à senestre, de trois bandes. (Douët d'Arcq.)

15. AMONCOURT (D'), originaire du Bassigny, seigneur de Briel

en partie, de la Ville-au-Bois (c. d'Amance) et de Lantages. De gueules, au sautoir d'or. (Arbaumont.)

16. ANDRY DE MONTSEUVE. Troyes.

D'azur, à une aigle regardant d'or surmontée de deux aiglons, aussi regardants, du même. (d'Hozier.)

17. ANGENOUST, originaire de Paris, seigneur d'Avant-lès-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 21

Marcilly, du Tremblay (c. d'Avant), du Mesnil (idem), des Ormeaux (idem), Rozières (idem), du fief de Bezançon, relevant du château de Pont-surSeine, Ferreux, Trancault, Charmesseaux (c. de Trancault).

Branche fixée à Nogent-sur-Seine : Seigneur d'Avantlès-Marcilly, de Miry (fief sis à Montpothier), des Barres (c. d'Avant-lès-Marcilly), des Ormeaux (idem), Bouy-sur-Orvin, Cervet (c. de SaintLéger-lès-Troyes ), Bréviande en partie, BasseFontaine (c. de Montaulin).

Branche établie à Troyes : Seigneur du Bailly (c. de Chaource), de Villechétif, Assencières, du MesnilScellières, de Saint-Parre-aux-Tertres.

D'azur, à deux épées d'argent en sautoir, les pointes en haut, les gardes et les poignées d'or. (d'Hozier.)

Nicolas Angenoust, conseiller au bailliage de Troyes, auteur du Paranymphe des dames et du Traité de la viduité, ajoutait en chef une étoile. (Fr ontispice du Paranymphe). On trouve aussi quelquefois cette étoile dans l'armoriai manuscrit des Hennequin (Bibl. de Troyes); mais il ne paraît pas que la branche cadette des Angenoust de Villechétif ait adopté cette brisure.

18. ANGLETERRE (Edmond D'), comte de Lancastre, comte de

Champagne par sa femme Blanche d'Artois. De gueules, à trois léopards d'or l'un sur l'autre, lampassés et armés d'azur; au lambel de trois pendants d' (d'Arbois de Jubainville, Hist. des

Comtes de Champagne, IV, 877.)

19. ANGLURE (D'), seigneur de Chennegy, Bucey-en-Othe,

Chacenay, pour moitié de Nogent-sur-Aube, et de Longe ville. D'or, semé de sonnettes d'argent soutenues de croissants de gueules. (Berry).

20. ANNEVILLE (D'), seigneur d'Eclance.

D'hermine, à une fasce de gueules. (d'Hozier, reg. I.)


22 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

21. ANTESSANTY (D'), seigneur de Colombé-la-Fosse en partie.

D'azur, à deux chevrons d'argent surmontés de deux lions affrontés et supportant une aigle de même. (d'Hozier.)

22. ANTOINE, seigneur en partie du Magnifouchard.

D'or à trois écrevisses de gueules. (Caumartin. — Chevillard.) D'Hozier donne le fond de l'écu comme étant d'argent et ajoute un chevron d'azur.

— ANTONINS DE TROYES. Voir Saint Antoine.

23. APREMONT (D'), originaire de Lorraine, seigneur d'Eclance,

Arlète (c. d'Arsonval). De gueules, à la croix d'argent. (d'Hozier.)

24. ARAGON (D'), baron d'Ervy, comte de Beaufort (aujourd'hui

(aujourd'hui seigneur de Soulainès, Nogent-sur-Seine, Pont-sur-Seine. Ecartelé en sautoir : aux 1 et 4, d'or, à quatre pals de gueules (qui est Aragon) ; au 2, de gueules, à un château donjonné de trois tours d'or ; au 3, d'argent au lion de gueules. (P. Anselme.)

— ARANCEY (D'). Voir Aubry.

25. ARBALESTE, seigneur de La Rivière-de-Corps.

D'or, au sautoir engrêlé de sable accompagné de quatre arbalètes de gueules. (Blanchard).

26. ARCIS-SUR-AUBE. Ville.

D'azur, à sixbesants d'argent posés 3, 2 et 1 ; au chef d'or; à la bordure de gueules. (Saint-Allais.) Ce sont les armes de la maison de Poitiers qui a possédé la seigneurie d'Arcis.

27. ARCIS-SUR-AUBE (anciens comtes D'), seigneurs de Pougy,

Ramerupt, Premierfait. La maison des comtes de Montdidier et de Roucy, qui a possédé les seigneuries d'Arcis-sur-Aube et de Ramerupt, portait, suivant Courtalon (Top. hist.) : D'azur, au canton dextre d'or. Alain de Roucy portait, en effet, sur son sceau, en 1243, un burelé, au franc-canton dextre. (Douët d'Arcq.) Cependant, le Père Anselme donne pour armes aux comtes de Roucy : D'or au lion d'azur.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 23

28. ARCIS (Marguerite D'), dame de Chacenay.

Elle portait en 1199, sur son sceau, un écu à deux léopards. (Douët d'Arcq.)

— ARGENTIER (L'). Voir Largentier.

29. ARGILLIÈRES (D'), originaire de Picardie, seigneur de

Blives (c. de Savières), La Cour-Saint-Phal (idem), Fresnoy, Courgerennes (c. de Bûchères), Villetard (c. de Bûchères et Moussey) ; en partie, de Rhèges et Morembert. D'or, à la fasce de gueules accompagnée de trois trèfles du même. (Caumartin.)

29bis. ARMAGNAC (comte D'), seigneur de Nogent et Pont-surSeine.

D'argent, au lion de gueules; écartelé : de gueules, au léopard lionne d'or, qui est de Rhodez. (P. Anselme.)

Bernard VII, comte d'Armagnac, portait : Ecartelé, aux 1 et 4, de Pardiac (Armagnac, brisé d'un lambel de trois pendants d'azur) ; aux 2 et 3 de Bourbon-La Marche. (France, brisé d'une bande de gueules chargée de trois lionceaux d'argent.) (Berry.)

Jean d'Armagnac portait sur son contre-sceau en 1491 : Ecartelé : aux 1 et 4, d'Armagnac; au 2 d'Anjou (France ancien, à la bordure de gueules) ; au 3, de Bourbon-La Marche. (Douët d'Arcq.)

30. ARMYNOT DU CHATELET, originaire de Bretagne, seigneur

de Vougré, Cussangy, Maison-Rouge (c. de Polisot). D'argent, à trois mouchetures de sable. (SaintAllais.)

31. ÀRNOUL (D') OU ARNOULT, seigneur de Salon.

D'argent, au chevron de gueules accompagné de trois coeurs de même. (Saint-Allais.)

32. ARRAS (D'). Troyes.

D'argent, au chevron d'azur accompagné en chef de


24 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

deux oies affrontées de sable, becquées et onglées de gueules. (Saint-Allais.)

33. ARRENTIÈRES (le seigneur D'). 1450.

D'argent, à deux fasces de sable. (Berry.)

34. AHSONVAL (D').

Tranché d'azur sur or; à une étoile à huit rais de l'un en l'autre, chargée d'une croisette de gueule. (d'Hozier, reg. I, p. 29).

35. ARTOIS (Blanche D'), femme d'Henri III, comte de Champagne

Champagne roi de Navarre, puis d'Edmond d'Angleterre, dame de Nogent-sur-Seine, Pont-sur-Seine et Beaufort (aujourd'hui Montmorency).

En mai 1275, c'est-à-dire à une époque où elle possédait les terres sus-indiquées, elle portait sur son sceau un écu parti de Navarre et de Champagne ; dans le champ, des rinceaux. (Douët d'Arcq.) Avant de monter sur le trône de Navarre, elle portait les armes d'Artois et de Rosnay.

Après son mariage avec Edmond d'Angleterre, on trouve son contre-sceau quadrilobé et portant quatre écus opposés par la base : celui d'en haut, d'Angleterre; celui de droite, d'Artois; celui d'en bas, de Navarre ; celui de gauche, de Champagne. (d'Arbois de Jubainville : Histoire des Comtes de Champagne, t. IV, p. 876.)

Artois porte : Semé de France ; au lambel, de trois pendants, de gueules.

Pour les armes d'Angleterre, Champagne, Navarre et Rosnay, voyez ces mots.

— ASPREMONT (D'). Voir Apremont.

36. AUBETERRE (D'), seigneur du lieu, de Villechétif, Jullysur-Sarce,

Jullysur-Sarce, Fouchères, Vaux (c. de Fouchères), Vougré en partie. D'azur, à trois fasces accompagnées en chef de trois étoiles et en pointe d'une rose, le tout d'or. (d'Hozier, reg. I.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 25

37. AUBIGNY (Jean D'), évêque de Troyes.

D'Argent, à une fasce de gueules. (Courtalon, I, 371.)

38. AUBRY (Jacques), huissier de la Chambre de son Altesse

Madame. Troyes, 1701. D'argent, à cinq fasces de gueules. (d'Hozier.)

39. AUBRY. Troyes.

D'azur, à un coq d'or, le pied dextre levé et le senestre posé sur un tronc écoté mis en fasce, abaissé, alaise et surmonté en chef d'une étoile de même. (d'Hozier. — B. T., ms. 2601.)

40. AUBRY D'ARANCEY, seigneur en partie de Chassericourt

et d'Arembécourt. Il faut peut-être attribuer à cette famille l'une des deux armoiries ci-dessus décrites.

— AUCOUR (D'). Voir Godard.

41. AULNAY (D'). Branche aînée : seigneur de Mathaux, Morambert,

Morambert, et pour un tiers de Trouan-lePetit.

Trouan-lePetit. branche : seigneur en partie de Balignicourt,

Rhèges, Bailly, Viâpres-le-Petit. Autre branche : seigneur en partie de Mathaux, du

Petit-Mesnil, Chaumesnil, Fuligny. D'azur au coq d'or. (d'Hozier.)

— AULTRUY (D') . Voir Autruy.

42. AUMONT (duc D'), baron de Chappes, seigneur d'IsIe-Aumont,

d'IsIe-Aumont, Saint-Jean-de-Bonneval, les Loges-Margueron, Virloup (anciennement Villeloup), pour les trois cinquièmes de Villemoyenne. D'argent, à un chevron de gueules accompagné de sept merlettes du même, posées quatre en chef 2 et 2, et trois en pointe 1 et 2. (d'Hozier, reg. I.)

— AURILLOT. Voir Avrillot.

— AUSSERROIS (DE L'). Voir Lauxerrois.

— AUTIER DE VILLEMONTÉE. Voir Villemontée.

43. AUTRUY (D'), Troyes, seigneur de Bucey-en-Othe.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois croix


26 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

d'argent trèflées et à pieds de trois pointes. (B. T., ms. 2601.)

44. AUXERRE (D'), Troyes, seigneur de Champgrillet (c. de

Semoine). D'azur, au chevron d'or accompagné de trois roses d'argent. (B. T., ms. 2601.)

45. AUXERROIS OU AUSSERROIS (DE L'). Voir Lauxerrois.

46. Auxois (D'). Deux évoques de Troyes, portant le prénom

prénom Jean. De gueules, à trois tours crénelées d'or. (P. Anselme.)

— AUZON (D'). Voir Marchand de Christon.

47. AVALUS (D'), seigneur d'Argentolles (c. de Creney).

D'azur, à trois casques d'argent, de profil. (B. T., ms. 2601.)

48. AVANNES (D') , originaire de Bourgogne, seigneur de

Villiers-le-Brûlé (c. de Piney), Villevoque (idem), Bétignicourt, Unienville. De gueules à trois quintefeuilles d'or; ecartelé, de sable, au sautoir d'or aecompagné de quatre grillons de même. (Caumartin.)

— AVELLUY (D'). Voir Danelli.

49. AVOGADRE (D'), originaire de Piémont, Sieur de La Motte

(c. de Marcilly-le-Hayer), du Mothois (idem). Echiqueté de gueules et d'or; coupé, de gueules à trois fasces ondées d'or. (Caumartin.)

— AVOUST (D'). Voir Davoust.

50. AVRILLOT ou AURILLOT (D'), originaire de Bar-sur-Seine,

ayant demeuré à Eclance.

D'azur, à trois étoiles d'or, et une tête de maure de sable, bandée d'argent, posée en abîme. (Caumartin.) 50bis. BADY (DE), COMTE DE NORMOND, originaire de Hainaut, seigneur de Chauffour, Bailly (c. de Chauffour), Bidan (c. de Montceaux), Marolles-lès-Bailly.

De gueules, à un renard d'or. (D'Hozier, Armoriai de Flandre, édité par M. Borel d'Hauterive.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 27

51. BAILLOT, Troyes, seigneur de La Renouillère (c. de La

Villeneuve-au-Chêne ?) et de La Mothe. D'azur, à trois colonnes toscanes d'argent, deux et une, en pal, celle du milieu surmontée d'un croissant du même ; au chef aussi d'argent chargé d'une aigle de sable. (d'Hozier.)

52. BAILLY (François), receveur des tailles au comté de Barsur-Seine,

Barsur-Seine, D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une pomme de pin, le tout d'or. (d'Hozier.)

53. BAILLY, baron de Bourdenay, seigneur de Charmoy,

Trancault, Charmesseaux (c. de Trancault). D'or, à une fasce d'azur chargée d'une croisette ancrée du champ, et accompagnée en chef de deux glands appointés, et en pointe d'un arbre terrassé, le tout de sinople. (Courcelles. — Duleau, Revue nobiliaire, tome II.)

54. BAJOT, Troyes, seigneur d'Epagne.

D'azur, à une fasce d'or accompagnée de trois écus d'argent. (d'Hozier.)

55. BALATHIER DE LANTAGES (DE), originaire de Dauphiné,

seigneur de Lantages, Praslin, Villiers-le-Merdrel

(Villiers-sous-Praslin), Avirey-le-Bois (c. d'AvireyLingey),

d'AvireyLingey), Autre branche : Seigneur de Lantages,Villemorien en

partie, des Bordes (c. de Lantages), de Vougré,

Bragelogne. De sable, à une fasce d'or. (d'Hozier.)

56. BALEINE (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Bercenay-le-Hayer, Lannerey (c. de Bercenay), Arrentières, Suzemont (c. de Balignicourt). D'argent, au lion de sable lampassé et couronné de gueules. (d'Hozier.)

57. BALIDART (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Fuligny en partie, .d'Ailleville, Arrentières, Montier-en-1'Ile ou Mothé et Chalette.


28 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'argent, à la fasce de sinople accompagné de sept merlettes de sable posées 4 et 3. (d'Hozier.)

58. BALZAC D'ENTRAGUES (DE), seigneur de Gyé-sur-Seine.

D'azur, à trois sautoirs d'argent; au chef d'or chargé de trois sautoirs d'azur. (P. Anselme.)

59. BAN DE LA FEUILLÉE (DU), seigneur de Maizières, Valentigny,

Valentigny, D'azur, à trois feuilles de chêne d'or. (d'Hozier, reg. I.) — BANGE (DE). Voir Ragon.

60. BAR-SUR-AUBE. Ville.

D'azur, à une bande d'argent, côtoyée de deux cotices potencées et contrepotencées d'or. (d'Hozier).

61. BAR-SUR-SEINE. Ville.

De gueules, à deux bars d'argent adossés. (Palliot). M. Lucien Coûtant (Histoire de Bar-sur-Seine, p. 275) dit que ces armes furent parties de différentes autres, ainsi qu'il va être expliqué.

Lors de la cession du comté à la maison de Champagne, l'écu fut parti à senestre des armes de Champagne.

Les rois de Navarre firent cette partie senestre mipartie des armes de Champagne et de Navarre. (Navarre : de gueules, à la chaîne rangée selon toutes les partitions et en double orle.)

Lors de la réunion à la couronne (1285), le quartier de Navarre fut remplacé par les armes de France : d'azur à trois fleurs de lys d'or, posées 2 et 1.

Le traité d'Arras (1435) ayant fait entrer Bar-surSeine dans le duché de Bourgogne, les armes de France et de Champagne furent remplacées par les armes de Bourgogne : d'azur, à trois bandes d'or; à la bordure de gueules.

Les princes d'Orléans coupèrent le parti senestre et placèrent, en chef, les armes de Bourgogne, et en pointe celles d'Orléans qui sont : De France, au lanibel d'argent de trois pendants.

Le comte de Faudoas, comte usufruitier de Bar-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 29

sur-Seine (1720), remplaça les armes de Bourgogne par celles de Champagne, et celles d'Orléans par les armes de France. Dans les armoiries actuelles, la partie senestre est restée coupée, mais elle porte en chef les armes de Bourgogne et en pointe celles de Champagne.

62. BAR-SUR-SEINE (Chapitre de l'église collégiale de).

De gueules, à un dragon d'or. (d'Hozier.)

63. BAR-SUR-SEINE (Comté de).

D'azur, à trois bars d'argent, rangés en fasces, l'un sur l'autre, en demi-cercle; à la bordure componée d'or et de sable. (Palliot).

64. BAR-SUR-SEINE (Anciens comtes de).

Première race : d'azur, au lion d'or. (A. Duchesne, Histoire de la maison de Bar-le-Duc, p. 29.)

Manassès, fils de Gui, portait sur son sceau, en 1168, une aigle. (Douët d'Arcq.)

Les Galeries historiques de Versailles, par Ch. Gavard (t. I, Armoiries de la salle des croisades, p. 36), donnent pour armes à Milon III, comte de Bar-sur-Seine, de la maison de Brienne, celles du comté de Bar-sur-Seine ci-dessus, et indiquent les bars comme étant d'or.

65. BARAT (François), doyen de l'église collégiale de SaintUrbain

SaintUrbain Troyes, 1700. D'azur, à un chevron accompagné de trois étoiles, deux en chef et une en coeur, et en pointe d'une perdrix sur une motte, le tout d'or. (d'Hozier.)

66. BARBETTE (Paul), chanoine de l'église cathédrale de

Troyes, 1701. D'or, à cinq trèfles d'azur posés en sautoir. (d'Hozier.)

67. BARBETTE, Troyes, seigneur d'Epothémont et d'Assencières.

d'Assencières.

D'azur, à un lévrier courant (barbet, suivant l'armoriai de la Ville de Paris, de Beaumont) d'argent, colleté de gueules, surmonté d'une étoile d'or. (d'Hozier.)

L'armoriai manuscrit des Hennequin et l'armoriai de


30 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

la Ville n'indiquent pas l'étoile, mais ils ajoutent : un chef d'or (Hennequin) ou d'argent (arm. de la Ville) chargé d'un rameau de chêne de sinople couché en fasce.

68. BARETON, Troyes, seigneur de Bouranton.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois raisins de même. (d'Hozier.)

69. BARGE (DE LA), originaire de Champagne, ayant demeuré

à Lantages, seigneur de Vougré, Chalette. D'argent, à la bande de sable, accompagnée en chef d'une couronne de même. (Caumartin.)

— BARMONT (DE). Voir Perrotin.

70. BARRAL (DE), originaire de Dauphiné; deux évêques de

Troyes, Claude-Mathias-Joseph et Louis-MathiasJoseph, oncle et neveu. De gueules, à trois bandes d'argent; au chef aussi d'argent, chargé de trois cloches d'azur, bataillées d'or. (Courtalon, I, 482.)

71. BARSIN (François), greffier au bailliage de Bar-sur-Seine,

1703. D'or, à une barre bretessée de gueules. (d'Hozier.)

— BARTON. Voir Bareton.

72. BASCLE D'ARGENTEUIL (LE), originaire de Touraine, seigneur

seigneur Pouy, Loches et Mailly. De gueules, à trois mâcles d'argent (Arbaumont. — Laine.)

— BAUFFREMONT (DE). Voir Beauffremont.

— BAUME (DE LA). Voir Labaume.

— BAUSSANCOURT (DE). Voir Bossancourt.

73. BAVIÈRE (comte de), marquis de Villacerf et Montgueux,

seigneur de Saint-Mesmin, Chauchigny, Mergey. Ecartelé : aux 1 et 4, losange (ou mieux : fuselé) d'argent et d'azur en bande, sans nombre, qui est de Bavière; aux 2 et 3, de sable, au lion d'or, couronné, armé et lampassé de gueules, qui est des comtes palatins du Rhin. (La Roque : Blasons de la royale maison de Bourbon, p. 29.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 31

74. BAZIN, Troyes, seigneur de Bercenay-le-Hayer en partie,

Lannerey (c. de Bercenay), et Bouilly. D'azur, à trois couronnes d'or. (Caumartin.)

75. BÉ (LE). Troyes.

D'azur, à trois compas d'argent (B. T., ms. 2601), ou encore : d'azur, à un chevron d'or accompagné de trois compas couronnés de même ; au chef de gueules chargé d'un lion passant d'argent. (d'Hozier. — Tombe en l'église de Saint-Pantaléon.)

76. BEAUFFREMONT (Claude DE), évêque de Troyes.

Vairé d'or et de gueules (Berry) ; ecartelé : de gueules, à l'aigle d'or (qui est de Vienne, armes de la mère du prélat).

77. BEAUFORT (DE), seigneur de Blignicourt et Epothémont

en partie, du Metz (c. de Rosnay), de Crespy, Ville-sur-Terre, Chaumesnil et Petit-Mesnil. De sable, à la bande d'argent chargée d'un lion de gueules, et accompagnée de deux étoiles aussi d'argent. (Laine.)

78. BEAUJEU (DE), baron de Traînel, Lignières, Marigny-leChâtel,

Marigny-leChâtel, de Villemerèuil, Bierne (c. de Villemereuil), Savoie (c. de Moussey), Villery; de Saint-Sépulcre (Villacerf) et dépendances, comprenant : Mergey, Froide-Rive (c. de Mergey), Feuge et Chauchigny. D'or, au lion de sable armé et lampassé de gueules, brisé d'un lambel de gueules de trois pendants. (P. Anselme.)

79. BEAULIEU (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Lagesse en partie, ayant demeuré à Vaudron (c. de Balnot-la-Grange). D'azur, à un vol d'argent surmonté de deux étoiles d'or. (Caumartin.)

80. BEAULIEU (Abbaye de), sur la commune deTrannes.

D'azur, à un château d'argent sur une terrasse de sinople. (d'Hozier.)

81. BEAUVEAU (DE), seigneur de Balignicourt, Donnement.


32 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'argent, à quatre lionceaux cantonnés de gueules, couronnés, armés et lampassés d'or. (Caumartin.)

82. BÉGAT (LE), originaire de Bourgogne, seigneur de Landreville,

Landreville, Lagesse, en partie

de Balnot-le-Châtel, Chalette. De sable, à la croix engrêlée d'argent, cantonnée aux

1 et 4 d'une étoile du même. (Caumartin.) Suivant Laine, la branche des seigneurs de Chalette

portait : d'argent, à la croix denchée de sable

chargée d'une étoile d'argent.

83. BÉLANGER, originaire de Poitou, seigneur de Fontenay

(c. de Chavanges), et en partie de Courgerennes (c. de Bûchères). D'azur, au chevron d'or. (Caumartin.)

84. BELIN (Nicolas), élu en l'élection de Bar-sur-Seine, 1698.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois rencontres de bélier de même. (d'Hozier).

85. BELLEVUE (Jacques), greffier-commis des eaux-et-forêts

en la maîtrise de Bar-sur-Seine, 1703. D'argent, à une lunette d'approche de sable posée en bande. (d'Hozier.)

86. BELLOY, originaire de Picardie, seigneur de Villenauxe.

D'argent, à trois fasces de gueules. (Caumartin.)

87. BELOT de FERREUX, originaire de Piémont, seigneur de

Ferreux, Quincey, Saint-Loup-de-Buffigny, La Motte (c. de Saint-Loup), du Petit-Mesnil et Chaumesnil. D'azur, au chevron d'argent accompagné en chef de deux étoiles d'or, et en pointe d'une tête de Licorne du même. (Saint-Allais.)

88. BÉON-LUXEMROURG (DE), seigneur de Brienne.

De gueules, à quatre amandes d'argent ; ecartelé des armes des premiers souverains de Béarn, qui sont : d'or, à deux vaches passantes de gueules, accornées, accolées, clarinées et onglées d'azur. (La Chesnaye.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 33

89. BERBIER DU METZ, comte de Rosnay, seigneur du Metz

(c. de Rosnay), en partie de Chalette et Epothémont, Courcelle, Jasseines, Rance, La Norroye (c. de Pars-lès-Chavanges), Beauregard (idem), du Grand-Poirier (idem), de Verseuil (c. d'Arembécourt), partie de Blignicourt et Crespy. D'azur, à trois colombes d'argent. (D'Hozier, reg. I.)

90. BÉREY (DE), originaire d'Ecosse, seigneur en partie de

Cussangy, Vaudes, et moitié de Morembert. D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois molettes du même. (Caumartin.)

91. BERLES (DE), originaire de Champagne, ayant demeuré à

Thieffrain. D'azur, au sautoir d'or accompagné de quatre lionceaux du même, armés et lampassés de gueules. (Caumartin.)

92. BERRUYER (DE OU LE), originaire de Touraine, seigneur

de La Grand-Cour, près Sommefontaine-SaintLupien. D'azur, à trois pots ou coupes d'or, couvertes. (Caumartin.)

93. BERTHELIN, Troyes, seigneur de Rosières, Viélaines (c.

de Rosières). D'or, à deux fasces d'azur chargées chacune d'une coquille d'argent accostée de deux étoiles du même. (d'Hozier.)

94. BERTHIER, Troyes.

De gueules, à deux épées d'argent en sautoir, les pointes en haut, les gardes et les poignées d'or ; au chef d'or chargé de deux hures de sanglier de sable, affrontées, allumées d'argent. (B. T., ms. 2601).

95. BERTRAND (Remy), marchand à Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois colombes d'argent. (d'Hozier.)

96. BÉRULLES (DE), seigneur de Bérulles, Villemoiron.

T. XLIII. 3


34 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

De gueules, au chevron d'or accompagné de trois molettes du même. (La Chesnaye.) 96**». BESANÇON (Guillaume DE), seigneur de Chemin (c. de Vaudes) et de Luyères. Il portait sur son sceau, en 1372, un écusson à une bande. (Inv. Nevers.)

— BEY (LE). Voir Bé (Le).

— BEZANÇON (DE). Voir Besançon.

97. BIENCOURT (DE), originaire de Picardie, seigneur deGumery,

deGumery, (c. de Saint-Mesmin). De sable, au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or. (La Chesnaye.)

98. BIGAULT (Claude DE), chanoine de l'église de Saint-Etienne

de Troyes, 1700. D'azur, à trois agneaux passants d'argent, les deux du chef adossés et ayant les queues passées en sautoir, accompagnés de quatre étoiles d'or, une en chef, deux en fasce et une en pointe. (d'Hozier.)

99. BIGNON DE BLANZY (Mme), marquise de Plancy.

Bignon de Blanzy porte : d'azur, à la croix haute ou de calvaire d'argent, posée sur une terrasse de sinople d'où sort un ceps de vigne qui accole et entoure ladite croix, laquelle est cantonnée de quatre flammes d'argent. (La Chesnaye.)

100. BIZET, Troyes, seigneur de Charley (c. de Sainte-Maure).

D'azur, au sautoir d'or cantonné de quatre bizets du même. (B. T., ms. 2601).

— BLAIGNY (le marquis DE). Voir Genevois.

100to. BLAISY (Alexandre et Huguenin DE), seigneurs de Villiers-le-Bois. Ils portaient sur leur sceau, en 1405, un écusson à une fasce accompagnée de six coquilles, trois en chef et trois en pointe. (Inv. Nevers.)

101. BLAMPIGNON (Antoine), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'une rose du même; au


ARMORIAL DE DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 35

chef d'argent chargé de trois pies de sable. (d'Hozier.) 101bis. BLANC (LE), seigneur de Vitry-Ie-Croisé, Eguilly.

D'azur, au chef d'argent (ou d'or) chargé d'une aigle éployée, de sable, hissante. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, pag. 127 et 291). C'est peutêtre la même famille que celle des Leblanc, seigneurs de Vulaines, Aix-en-Othe et Engente.

102. BLANCHARD (Etienne), chanoine de Saint-Etienne de

Troyes, 1700.

D'azur, à trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

— BLANZY (DE). Voir Bignon.

102bis. BLED (Jean DU), chanoine de l'église de Troyes, 1701.

De sable, à un lion d'or. (d'Hozier.) 102ter BLOIS (Henri DE), chanoine de l'église de Troyes, 1701.

Echiqueté d'or et d'azur. (d'Hozier.)

103. BLOIS (DE), originaire de Picardie, seigneur de La Saulsotte,

Saulsotte, Cour (c. de La Saulsotte), Frécul (idem), Lévigny. D'argent, à deux fasces de gueules chargées chacune de trois annelets d'or. (d'Hozier.)

— BLOIS (DE), comtes de Champagne. Voir Champagne

(comtes de.) 103bis BLUGET DE VALDENUIT, curé des Riceys, député du bailliage de Bar-sur-Seine à l'Assemblée nationale de 1789. D'or, à un oiseau d'azur posé sur une terrasse de sinople. (Portrait gravé par Courbe.)

104. BOHTER, originaire d'Auvergne, seigneur de Trouan-leGrand

Trouan-leGrand partie. D'or, au lion d'azur; au chef de gueules. (Caumartin.)

105. BOILLETOT (Jacques), marchand et conseiller en l'échevinage

l'échevinage Troyes, 1697, et Jean Boilletot, marchand à Troyes, 1700. D'azur, à un chevron d'or (alias : d'argent) accompagné de trois besants d'argent. (d'Hozier.)


36 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

105bis. BONAMY DE VILLEMEREUIL, seigneur de Villemereuil. D'azur, au chevron accompagné en chef de deux

étoiles et en pointe d'une tête de bon arrachée, le

tout d'argent. (Communication de M. Arthur de Villemereuil).

106. BONNEMAIN (Pierre), receveur des gabelles au grenier à

sel de Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à un coeur d'or, enflammé degueules, supporté par deux bras d'argent mouvants des deux angles de la pointe. (d'Hozier.)

107. BONNET (Antoine), lieutenant en l'élection de Nogentsur-Seine.

Nogentsur-Seine. : denché d'argent et de gueules, à une tour de l'un en l'autre, et un chef d'azur chargé de trois besants-tourteaux d'or et de pourpre. (d'Hozier.)

108. BONNILLE (DE), originaire de Bourbonnais, seigneur de

Bernon, ayant demeuré à Beaufort (Montmorency), Arrentières et Villeret. D'azur, au chevron d'or accompagné de trois étoiles de même. (Caumartin.)

109. BOSSANCOURT (DE). Branche aînée : seigneur du PetitMesnil,

PetitMesnil, Ferrière (c. de La Chaise) ; en partie de Chaumesnil; féodal de Fresnay.

Branche cadette : seigneur de Balignicourt, Chassericourt, Bétignicourt ; en partie de Jasseines.

Cette famille a encore possédé les terres de Villiers-leBrûlé (c. de Piney), Crespy, le Magnifouchard, Le Valsuzenay (c. de Vendeuvre), La Maison-desChamps, Vauchonvilliers, Jessains, Bossancourt, Dolancourt, Trannes, La Ville-au-Bois-lès-Vendeuvre (c. d'Amance).

D'argent, au lion de sable, la queue fourchée et passée en sautoir, chargé d'une étoile d'or sur l'épaule senestre. (d'Hozier.)

110. BOSSUET (Jacques-Bénigne), évêque de Troyes.

D'azur, à trois roues d'or. (Palliot.)

111. BOUCHER, orignaire de Paris, seigneur du Plessis-sous-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 37

Barbuise, de Marcilly-le-Hayer, de Lignières, de Doches, de Cornillon (c. de Marcilly-le-Hayer), du Mothois, autrefois Montoy (idem). De gueules, semé de croisettes d'argent; au bon, du même (d'or, suivant Chevillard), armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout. (d'Hozier.)

112. BOUCHER, Troyes, seigneur de Pâlis.

D'argent, à trois écrevisses de gueules. (Caumartin.)

113. BOUGHERAT et LE BOUCHERAT, originaire de Champagne,

Troyes, seigneur de La Rocatelle (c. de Rumillyles-Vaudes), La Forge-Volcon (c. d'Estissac), Avon (c. d'Avon-la-Pèze), La Coste-au-Bois (c. de SaintPouange), Chalette. D'azur, au coq d'or, crête, becqué et ongle d'azur. (Caumartin.)

114. BOUCHERS DE LA VILLE DE TROYES (Communauté des).

D'azur, à un couperet d'argent posé en fasce, accompagné de trois fleurs de lys d'or. (d'Hozier.)

115. BOUDEER DE LA GRANGE (Edme), lieutenant criminel à

Troyes, 1697. De sinople, à trois croissants contournés d'argent; ecartelé : de gueules à une bande d'or côtoyée de sept besants du même posés, 2 et 1 en chef, 2 et 1 en pointe. (d'Hozier. )

116. BOUHTERDES FENESTRAUX (Etienne), chanoine de l'église

de Troyes, 1700. D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux croissants et en pointe d'un rencontre de boeuf, le tout d'or. (d'Hozier.)

117. BOUILLEROT. Troyes.

Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à deux épées d'argent en sautoir, enmanchées d'or, les pointes en bas; aux 2 et 3 de gueules à trois lionceaux d'or. (B. T., ms. 2601.)

118. BOULANCOURT (abbaye de), Haute-Marne, sur les confins

du département de l'Aube. D'azur, à une croix de calvaire d'or. (d'Hozier.)


38 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

111. BOULANGERS DE LA VILLE DE TROYES (Communauté des). D'azur, à un saint Honoré vêtu en évêque, d'or, tenant d'une main une pelle de four de même chargée de trois pains de gueules. (d'Hozier.)

— BOULLOGNE (DE). Voir Boulogne.

— BOULLONGNE (DE). Voir Boulogne.

120. BOULOGNE (DE), comte de Nogent-sur-Seine, seigneur de

La Chapelle-Godefroy (c. de Saint-Aubin), Maçon, Saint-Loup-de-Buffigny, Faux-Villecerf, Marnay, Marigny-le-Châtel, Prunay, Echemines, Basson (c. de Marcilly-le-Hayer), Saint-Flavit.

D'argent, à la bande de sable accompagnée de trois lionceaux de sinople, langues et ongles de gueules, et couronnés d'or à l'antique.

La Chesnaye (II, 750) donne ces armoiries comme ayant été réglées par le juge d'armes de France, le 27 janvier 1753, et il les attribue à Jean de Boulogne, contrôleur général des finances, acquéreur de la terre de La Chapelle-Godefroy, et à ses descendants. D'autre part, d'Hozier (reg. I, 88) donne pour armoiries à Louis de Boulogne, peintre, père de Jean : de gueules à une tour d'argent, et au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. II est croyable que d'Hozier ne s'est pas non plus trompé en attribuant ces armoiries à Louis de Boulogne qui vivait encore au moment où parut la notice qui le concerne dans l'Armoriai général. D'ailleurs, d'Hozier dit que ces dernières armes ont été réglées par le juge d'armes de France. Or, ce juge d'armes c'était lui.

D. faut en conclure que le contrôleur général a pris des armoiries différentes de celles que portait son père.

121. BOURBON (Marguerite DE), dame de Méry, Nogent et

Pont-sur-Seine. Une bande accompagnée de deux cotices. (D'Arbois


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 39

de Jubainville : Histoire des Comtes de Champagne, IV, 874.)

122. BOUBBON-CONDÉ (DE), marquis d'Isles, baron d'Ervy,

seigneur de Jully-sur-Sarce. De France, au bâton de gueules, péri en bande; ecartelé d'Alençon, qui est : semé de France, à la bordure de gueules chargée de huit besants d'argent. (P. Anselme.)

— BOURBON-PENTHIÈVRE. Voir Penthièvre.

123. BOURBON-VENDÔME (DE), duc de Beaufort (Montmorency.)

(Montmorency.) portait : de France, au bâton de

gueules, péri en bande, chargé de trois lionceaux

d'argent. (P. Anselme.) FRANÇOIS DE VENDÔME, son second fils, chargeait le

chef d'un lambel de trois pendants d'argent (idem).

124. BOURBONNE. Deux personnages portant le prénom

d'Etienne, l'un procureur, l'autre conseiller en l'élection de Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à un chevron d'or surmonté d'un croissant de gueules accompagné en chef de deux croix (à dextre d'une étoile, et à senestre d'une croix, poulie procureur) d'or, et en pointe d'une coquille d'argent. (d'Hozier.)

125. BOURBONNE (Etienne), procureur du roi au bailliage de

Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à deux palmes d'or passées en sautoir, surmontées de deux coquilles d'argent, et un chef cousu de gueules chargé à dextre d'un sautoir d'or, et à senestre d'un croissant d'argent. (d'Hozier.)

126. BOURG (DU), originaire d'Auvergne, seigneur de Blives

(c. de Savières.) D'azur, à trois tiges d'épines d'argent. (Caumartin.)

127. BOURGEOIS (Gabriel), chantre en dignité de l'église de

Saint-Urbain de Troyes, 1700.


40 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'azur, à un chevron d'or surmonté d'une croix ancrée d'argent accostée à dextre d'une perdrix d'or perchée sur une motte de même, et à senestre d'une palme aussi d'or ; le chevron accompagné en pointe d'une tête de léopard d'or. (d'Hozier.)

128. BOURG-L'ABBÉ (DU), seigneur de Thurey (c. de SaintBenoît-sur-Seine)

SaintBenoît-sur-Seine)

D' à trois fleurs de chardon (?) feuillées et tigées.

(Eglise de Saint-Benoît-sur-Seine.)

129. BOURGOGNE (ducs de).

Ducs de la première race : seigneurs d'isles, Villemaur, Mâraye, Chaource, Gyé-sur-Seine, Payns, Jaucourt, Jully-sur-Sarce.

Bandé d'or et d'azur de six pièces; à la bordure de gueules. (Berry.)

Ducs de la seconde race : seigneurs d'isle, Villemaur, Maraye, Chaource, Jaucourt, Jully-sur-Sarce, La Grève (c. 'de Saint-Hilaire), Beaufort (Montmorency), Soulaines, Lassicourt, La Rothière, Proverville, Bossancourt, Dolancourt, Argançon.

Philippe-le-Hardi écartelait de Bourgogne ancien ses ses armes qui sont : d'azur, semé de fleurs de lys d'or; à la bordure componée d'argent et de gueules. (P. Anselme.)

Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, son troisième fils, écartelait ses armes de celles de sa mère, Marguerite de Flandre, qui sont : d'or, au lion de sable, armé et Iampassé de gueules (idem).

Charles de Bourgogne, comte de Nevers, fils du précédent, portait comme son père (idem).

129bis. BOURGOGNE (Jean-René), grènetier au grenier à sel de Bar-sur-Aube, 1700. D'azur, à deux épées d'argent garnies d'or, passées en sautoir, les pointes en bas, posées à dextre, et un lion d'or Iampassé et armé de gueules, posé à senestre, le tout accompagné en chef de deux étoiles d'or. (d'Hozier.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 41

— BOUTHEILLIER (LE). Voir Bouthillier.

130. BOUTHILLIER DE CHAVIGNY, comte de Pont-sur-Seine,

seigneur des Caves (c. de Pont), Foujon (idem), Crancey, Pars-lès-Romilly, Mesnil-lès-Pars (c. de Pars), Saint-Aubin, Périgny-la-Rose, des Vignes (c. de Saint-Hilaire), Nogent-sur-Seine, Villecerf (c. de Faux-Villecerf, Aubeterre (idem), de Quincey, Vendeuvre et la Villeneuve-Mesgrigny.

Deux évêques de Troyes, portant les prénoms de Denis-François.

D'azur, à trois fusées d'or posées en fasce. (d'Hozier.) 1308,s. BOUTIGNY (DE), seigneur de Morembert.

D'azur, à six besants d'or posés 3, 2 et 1. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, p. 288.) 130ter. BOUTTEVILLE (DE), seigneur en partie de Bereenay-leHayer et Lannerey (c. de Bercenay).

D'azur, à un senestrochère d'argent tenant une épée du même, enmanchée d'or, accostée de deux coeurs aussi d'or. (Chevillard.)

131. BOVES-COUTENANT (DE), seigneur de Remy-Ménil (c.

d'Epothémont, pour moitié de Valentigny et Maizières en partie; de Juzanvigny, des Hayes-laDemoiselle (c. de Maizières), Humesnil (c. de Juzanvigny). D'azur, à trois losanges d'argent mis en bande. (Saint-Allais.)

— BOYER. Voir Bohier.

132. BRABAN ou BREBAN (Pierre, dit Clignet DE), seigneur de

Landreville. Fascé d'argent et de sable de huit pièces; à la bande de gueules chargée de trois coquilles d'or dans le sens de la bande. (P. Anselme.)

133. BRAGELOGNE (DE), seigneur de Pars-lès-Romilly, Mesnillès-Pars

Mesnillès-Pars de Pars), des Caves (c. de Pont-surSeine), de Basse-Fontaine (c. de Montaulin). De gueules, à la fasce d'argent chargée d'une coquille


42 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

de sable et accompagnée de trois molettes d'éperon d'or. (Saint-Allais.)

134. BRAQUE (Jean), évêque de Troyes.

D'azur, à une gerbe d'or. (Berry.) — BRAU (DE LA). Voir Douault.

135. BRESLAY (René DE), évêque de Troyes.

D'argent, au lion de gueules cantonné à dextre d'un

croissant d'azur. (Courtalon.) 135bis. BRETAGNE (DE), seigneur en partie d'Avirey (c. d'Avirey-Lingey.)

d'Avirey-Lingey.) à une fasce ondée d'or accompagnée en chef

de trois grelots de même. (Rouget.)

136. BRETEL (DE), originaire de Suisse, seigneur de SaintEtienne-sur-Barbuise,

SaintEtienne-sur-Barbuise, partie, de Valentigny, d'Aulnay. D'argent, à trois merlettes de gueules ; au chef d'azur chargé d'une étoile d'or. (Caumartin.)

137. BRETON (Richard), maire perpétuel de la ville de Barsur-Seine,

Barsur-Seine, De sable, chargé d'hermine. (d'Hozier.)

138. BREUZE (DE), ayant demeuré à Villy-en-Trode.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois abeilles de même. (d'Hozier.)

139. BREYER (Remy), trésorier de l'église de Saint-Urbain de

Troyes, 1700. D'azur, un chevron d'or accompagné de trois couronnes de même, celle de la pointe surmontée d'une étoile aussi d'or. (d'Hozier.)

140. BRICON (Guyot DE), seigneur en partie d'Avirey-le-Bois

(c. d'Avirey-Lingey). D'argent, à trois roses ou quinte feuilles de sable. (Berry.)

141. BRIÇONNET, seigneur de Payns.

D'azur, à une bande componée d'or et de gueules, le premier compon chargé d'une étoile d'or, et accompagnée d'une autre étoile d'or au quartier senestre de l'écu. (Blanchard.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE LAUBE. 43

142. BRIE (Nicolas DE), évêque de Troyes.

De gueules, à six fleurs de lys d'or, 3, 2 et 1. (Courtalon, I, 363.)

143. BHIEL, Troyes, sieur de Basse-Fontaine (c. de Montaulin).

Montaulin). à un chevron d'or sommé d'un croissant de même et accompagné en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'une gerbe d'or. (d'Hozier.)

144. BRTENNE (anciens comtes de), comtes de Brienneet de

Bar-sur-Seine, seigneurs de Ramerupt, Arcis-surAube, Chacenay, Bragelogne, Essoyes; en partie de Villeneuve-au-Chemin. D'azur, semé debillettes d'or; au lion du même brochant. (Berry.) On trouve ces armes écartelées de celles de Champagne, et sur le tout : de Jérusalem.

145. BRUÎNNE (Charles DE), lieutenant criminel en l'élection

de Bar-sur-Aube, 1701. D'argent, à un lion de gueules, et un chef d'azur chargé de trois roses d'or. (d'Hozier.)

146. BRIFFE (DE LA), originaire d'Armagnac, baron d'Arcissur-Aube,

d'Arcissur-Aube, de Voué, Mesnil-la-Comtesse, Nozay, Torcy-le-Grand et Torcy-le-Petit, Villette, Le Chêne, Saint-Etienne et Saint-Remy-sousBarbuise. D'argent, au lion de gueules ; à la bordure d'argent chargée de six merlettes de sable, trois en chef, une à chaque flanc, et la dernière en pointe. (La Chesnaye.)

147. BRION (DE), seigneur de Brantigny (c. de Piney),

d'Arembécourt), Aulnay-sur-Ravel, Yèvres. Vairé d'or et de gueules. (Saint-Allais.)

148. BRISEUR ou BRISEUX (DE), seigneur de Ravarille, fief sis

àVilIe-sur-Terre, et d'un fief sis au Magnifouchard. D'azur, à deux têtes de bélier d'or en chef, et une tête de maure au naturel, bandée d'argent, en pointe. (d'Hozier.)


44 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

149. BROSSE (DE LA), seigneur de Polisy.

D'..., au lion léopardé d'... (Arch. dép. Aube, D. 83.)

150. BROYÉS (DE), originaire de Brie, seigneur de Beaufort

(Montmorency), Vendeuvre, et en partie de Ramerupt. D'azur, à trois broyés d'or posées en fasces. (Duchesne, Histoire de la maison de Broyés.)

151. BRUNET DE NEUILLY, seigneur de Verpillières.

De gueules, à deux chevrons alaises d'or accompagnés de trois étoiles d'argent. (Saint-Allais.)

152. BRUNETEAU DE SAINTE-SUZANNE, seigneur de SainteSuzanne

SainteSuzanne de Mailly), du Mothé ou la Motte (c. de Poivre), du Mesnil, de Braux-le-Comte. D'azur, au lion d'or couronné de même, accosté de deux colonnes d'argent surmontées chacune d'une étoile du même (Lame), ou : d'azur, au lion d'or accompagné en chef d'une étoile d'or et accosté de deux colonnes d'argent surmontées chacune d'une couronne d'or. (Chevillard.)

153. BUDÉ, Troyes, seigneur de La Motte (c. de Saint-Loupde

Saint-Loupde en partie de Villemoiron. D'argent, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin de pourpre. (Caumartin.)

154. BULLION (DE), seigneur de Maraye-en-Othe, Saint-Sépulcre

Saint-Sépulcre et dépendances comprenant Mergey, Froide-Rive (c. de Mergey), Feuge et Chauchigny. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, au lion d'or hissant de trois fasces ondées d'argent, qui est de Bullion ; aux 2 et 3, d'argent, à une bande de gueules accostée de six coquilles du même, mises en orle, qui est de Vincent. (La Chesnaye).

154bis. BUREAU DE LA RIVIÈRE, premier chambellan de Charles VI, seigneur de Vaucemain (c. de Sommeval). D'azur, au chevron vidé d'or et rempli de sable, potence et contre-potencé de treize pièces, accom-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 45

pagné de trois buires aussi d'or. (Blanchard, Conseillers, p. 16.) — BURIE (DE LA). Voir Julliot.

155. BURY (DE), seigneur de Lhuître, et en partie de Romaine

Romaine La Chaise. C'est peut-être la même famille que la famille bourgeoise de Troyes de Bury ou Bury, qui portait : d'azur, au chef d'argent chargé de trois merlettes de sable. (Tab. gén. des Marisy.)

156. BUSSY-LAMETH (DE), seigneur d'Ocey-les-Trois-Maisons,

Faux (c. deFaux-Villecerf). De gueules, à une bande d'argent accompagnée de six croisettes recroisettées, au pied fiché, du même, mises en orle. (La Chesnaye.)

157. BUTOR (DE), seigneur de Buxières, Montigny; ayant

demeuré à Lusigny.

De sable, à une montagne de six coupeaux d'or. (d'Hozier.)

Chevillard et Caumartin donnent : d'argent, à trois coquilles de gueules; au franc quartier d'azur. Suivant Laine, ces armes sont celles de l'ancienne maison de Butor, en Poitou, et il ajoute que rien n'autorise à cette usurpation les Butor dont il est ici question. 157bis. CABTER (DE), originaire d'Anjou, seigneur d'Argentolles (c. de Creney).

D'argent, à la fasce de gueules chargée d'un croissant d'or et accompagnée en chef de trois fusées de sable et en pointe d'un lion léopardé de même, Iampassé de gueules. (Caumartin).

158. CAILLET (Philippe), receveur du grenier à sel de Villemaur,

Villemaur, D'azur, à trois molettes d'or. 'dHozier).

159. CAMUS (LE). Troyes.

De gueules, au pélican d'argent ensanglanté de gueules, dans son aire; au chef cousu d'azur chargé d'une fleur de lys d'or. (La Chesnaye.)


46 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

160. CAMUSAT, Troyes, seigneur de Riancey (c. de SaintLyé),

SaintLyé), (idem), Rilly-SainteSyre, Saint-Germain, Lépine (c. de Saint-Germain), Sainte-Savine, Chicherey (c. de Sainte-Savine), La Rivière-de-Corps, Messon. D'azur, à trois têtes de bélier d'argent. (B. T., ms. 2601). On trouve en outre un chevron d'or (d'Hozier), qui doit figurer ici comme brisure.

1606bis. CAPPÉ (Jean), prêtre de l'Oratoire, curé de SaintJean de Troyes, 1700. D'azur, à un agneau pascal d'or. (d'Hozier.)

161. CAQUET (Louis), bailli de Saint-Liébault (Estissac).

De gueules, à un chevron d'argent accompagné de trois étoiles du même. (Gén. de Mauroy).

162. CARCLOS (Jean), chanoine de Saint-Etienne de Troyes,

1700. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur à une couronne d'or ; aux 2 et 3, d'argent, à une rose de gueules. (d'Hozier.)

163. CARMÉLITES DE TROYES.

De sable, mantelé arrondi d'argent, la pointe de sable terminée en une croix pattée de même accompagnée de trois étoiles à huit rais de l'un en l'autre. (d'Hozier.)

164. CARACCIOLE (Antoine), évêque de Troyes.

D'or, au lion d'azur, Iampassé de gueules. (Courtalon, I, 422.) Suivant La Chesnaye, ces armes étaient particulières à la branche del Leone; quant à la branche de Rossi et celle des princes de Melphe, elles auraient eu pour armes : d'or, à trois bandes de gueules; au chef d'azur.

165. CARTERON (Pierre), avocat à Ricey, 1703.

D'argent; ecartelé de gueules. (d'Hozier.)

166. CASPOIX (Pierre), officier de la maison du roi, à Troyes,

1700. D'azur, à un chevron d'or surmonté d'une étoile de


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 47

même, accompagné de trois compas d'argent ouverts en chevron. (d'Hozier.)

167. CÉARD (Jean), procureur du roi en la prévôté de Barsur-Aube,

Barsur-Aube, D'azur, à un croissant d'argent surmonté d'une flamme d'or. (d'Hozier.)

168. CHALON (DE), seigneur de Ville-sur-Arce en partie, de

Landreville, Vougrey, Lantages. De même que les comtes de Chalon-sur-Saône : de gueules à la bande d'or. (Arbaumont.)

169. CHALONS-SUR-MARNE (chapitre de Saint-Etienne de), seigneur

seigneur Villeneuve-aux-Riches-Hommes (c. de Trancault). D'azur à un saint Etienne d'or. (E. de Barthélémy, Armoriai de la généralité de Châlons). Voir aussi Douët d'Arcq, n° 7143.

169bis. CHALUS (Robert DE), seigneur d'Etourvy, à cause de Jeanne de Tanlay, sa femme. Il portait sur son sceau, en 1404, un écusson à une croix engrêlée. (Inv. Nevers.)

170. CHAMBE (DE), seigneur en partie de Balnot.

D'azur, semé de fleurs de lys d'argent; au lion de gueules brochant. (Coûtant, Histoire de Bar-surSeine, p. 436.)

171. CHAMPAGNE (Comtes de), de la maison de Blois, comtes

de Troyes, seigneurs de Bar-sur-Aube, Isles (Aumont), Rosnay, Chaource, Ervy, Nogent-sur-Seine, Saint-Mards-en-Othe, Vauchassis, Bar-sur-Seine, Beaufort (Montmorency), Coursan, Essoyes, Etourvy, Méry-sur-Seine, Payns, Pont-sur-Seine, Rumilly-les-Vaudes, Séant-en-Othe (Bérulles), Soulaines, Villemaur, Villeneuve-au-Chemin. Nous résumons ici ce qui a été dit par M. d'Arbois de Jubainville, dans un article intitulé : Les Armoiries des Comtes de Champagne d'après leurs sceaux, publié dans la Revue archéologique (LXe année, 1852, première partie, p. 178).


48 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Les comtes de Champagne qui ont le plus anciennement porté des armoiries sont les comtes de la maison de Blois.

Xhibault III (1197) est le premier comte de Champagne qui ait placé des armoiries sur son sceau. Ces armoiries consistent en deux cotices.

Blanche de Navarre, régente après la mort de Thibault III (1201), remplaça les deux cotices par une bande.

Thibault IV reprit les deux cotices.

On voit figurer pour la première fois, sur un sceau appendu à une charte émanée de Thibault V (1253-1270), une bande accompagnée de deux cotices. La bande est quadrillée et les cotices sont ornées de rinceaux. Ces armes ainsi modifiées figurent sur les contre-sceaux des successeurs de Thibault IV.

Les armoiries de Champagne, parties de celles de Navarre, qui figurent sur le sceau d'Henri HI (1270-1274), ont la bande décorée de rinceaux, et les cotices d'entrelacs.

Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le-Bel (1274), porte sur son écu la bande également chargée de rinceaux; mais ces rinceaux sont contenus entre deux bordures, et les deux cotices ne sont pas chargées d'ornements.

On le voit, Jeanne de Navarre n'avait pas de potences sur ses sceaux; cependant, M. Louis Courajod, dans un travail intitulé : Les Armoiries des Comtes de Champagne au XIIIe siècle (1), dit qu'elles figuraient dans ses armoiries. Bien plus, si l'on admet les preuves fournies par M. Courajod, il faudrait conclure : « que tous les éléments du blason » actuel de la Champagne, représenté par l'écu » commun aux diverses branches de la famille

(1) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome

XXIV


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 49

» comtale de Blois, remontent probablement à la » fin du XIIe siècle, certainement au premier quart » du XIIIe; que les fameuses potences figuraient » dans ces armoiries avant d'apparaître sur les » sceaux des comtes de Troyes ; » or, suivant M. d'Arbois, Edmond d'Angleterre aurait le premier adopté la bande accompagnée de quatre cotices potencées.

Quant au nombre de potences fixé à sept par les uns, à treize par les autres, il n'est fondé sur aucun document.

En conséquence de ce qui vient d'être expliqué, et en adoptant les émaux consacrés par l'usage (1), il faut blasonner ainsi les armoiries des comtes de Champagne : d'azur, à une bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contrepotencées d'or. 172. CHAMPAGNE (COMTÉ, PUIS PROVINCE DE).

Comme les comtes de Champagne. 17 3. CHAMPAGNE (DE), originaire de Champagne, ayant demeuré à La Forestière, élection de Troyes.

D'azur, à la bande d'argent côtoyée de deux cotices potencées et contrepotencées d'or. (Caumartin.)

174. CHAMPAN (Claude DE), prévôt de Villemaur.

De gueules, à une cloche d'or. (Gén. de Mauroy.)

175. CHAMPIGNY (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Balignicourt, Briel, du Magnifouchard. D'azur, à la croix d'argent cantonnée au premier canton d'un croissant de même. (Caumartin).

176. CHAMPION DE CICÉ (Jean-Baptiste-Marie), évêque de

Troyes. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à trois écussons d'ar(1)

d'ar(1) d'Arbois (Portefeuille archéologique du département de l'Aube, Sigillographie, p. 43) pense que les émaux adoptés aujourd'hui pour les armoiries des comtes de Champagne sont semblables à ceux qui étaient admis au moyen-âge.

T. XLIII. 4


50 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

gent chargés chacun de trois bandes de gueules (qui est de Cicé) ; aux 2 et 3, de gueules, à la fasce d'hermine. (Douët d'Arcq.)

— CHAMPS (DES). Voir Deschamps.

177. CHANTALOE (DE), Troyes, seigneur de Baire (c. de SaintParre-les-Tertres),

SaintParre-les-Tertres), D' , à deux fasces crénelées d' (Tombe de marbre noir au Musée de la ville de Troyes.)

178. CHANTECLAIR (Edme), chanoine de l'église de Saint-Urbain

Saint-Urbain Troyes, 1700. D'or, à trois fasces ondées d'azur. (d'Hozier.)

178bis. CHANTEPRUNE (Jean DE), seigneur de Saint-Mards-enOthe, et en partie de Villemoiron. Il portait sur son sceau, en 1401, un écusson à une bande brisée d'une coquille en chef et accompagnée de trois têtes de loups, deux en chef et une en pointe. (Inv. Nevers).

179. CHANTREAU (François DE), seigneur en partie de la justice

justice Balnot, 1703. D'argent, à une sauterelle de sinople. (d'Hozier.)

180. CHAOURCE. Ville.

D'azur, à la bande d'or accompagnée de sept billettes du même, quatre en chef et trois en pointe. (Coûtant, Histoire de Bar-sur-Seine, carte de l'arrondisment.) — Ce sont les mêmes armes que celles des Chastellux.

181. CHAOURCE (anciens seigneurs de).

Payen de Chaource portait sur son sceau, en 1246, un écu burelé, à l'orle de merlettes et au franc canton; et Hervé de Chaource, chevalier, portait sur son sceau, en 1269, un écu burelé. (Douët d'Arcq.)

— CHAPELLE (DE LA). Voir Quinot.

181bis. CHAPELLE (DE LA), seigneur de Saint-Parres-lesVaudes, en partie. D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 51

étoiles, et en pointe d'une montagne de dix coupeaux, le tout d'argent. (Chevillard.)

182. CHAPPELAIN, Troyes, seigneur de Vermoise (c. de SainteMaure)

SainteMaure) D'azur, au lion d'or ; au chef d'argent chargé de trois coquilles de sable. (Tab. gén. des Marisy.)

— CHAPPELAINES (DE). Voir Largentier.

183. CHAPPES (François DE), seigneur en partie de La Saulsolte,

Saulsolte, De sable à une fasce d'argent. (d'Hozier.)

184. CHAPPES (anciens baron de).

Dreux de Chappes portait sur son sceau, en 1314, une croix recercelée, et Guiart de Sainte-Mariesous-Bourg, sire de Chappes, portait, en 1345, sur son sceau, une croix ancrée chargée de cinq besants : au sommet et sur les flancs, de légers rinceaux. (Douët d'Arcq.)

M. Coûtant (Histoire de Bar-sur-Seine, p. 387) donne les armes suivantes :

D'azur, à la croix recercelée d'or.

Enfin, suivant l'abbé de Marolles (inv. Nevers), Dreux, sire de Chappes, portait sur son sceau, en 1369, un écusson à une croix ancrée.

185. CHARLOT (André), élu en l'Election de Bar-sur-Seine,

1703.

De gueules, à un grillet d'argent. (d'Hozier.)

186. CHARLOT (Jean et Jacques), conseillers au bailliage de

Bar-sur-Seine, 1698. D'argent, à un chevron de gueules accompagné de trois étoiles d'azur. (d'Hozier.)

187. CHARLOT (N.), prieur de Bar-sur-Seine, 1700.

D'azur, à douze étoiles d'or rangées en losange, et une rose de même en abîme. (d'Hozier.)

— CHARMOTTE (DE LA). Voir Chèvre.

188. CHARNY (Geoffroy DE), seigneur de Lirey.

De gueules, à trois écussons d'argent. (Berry.— Inv. Nevers).


52 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

189. CHARPY (Edme), marchand à Troyes, 1697.

D'argent, à une pie de sable perchée sur une branche feuillée de deux feuilles de sinople ; à un chef de gueules soutenu d'un filet (ou burèle) potence de trois pièces renversées de sable et chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles du même. (d'Hozier.)

190. CHARTREUSE DE TROYES.

D'azur, à une Notre-Dame de carnation, les mains jointes, vêtue d'or, sur un croissant d'argent. (d'Hozier.)

191. CHASSE (Nicolas DE LA), chanoine de l'église cathédrale

de Troyes, 1701. D'azur, à trois pommes de pin d'or. (d'Hozier.)

192. CHASSE (Gabriel DE LA), avocat du roi au bailliage de

Troyes, 1700. D'azur, à une chasse d'or. (d'Hozier.)

193. CHASTELLUX (DE), seigneur du Magnifouchard, de Bossancourt,

Bossancourt, Tranne, Jessains. D'azur, à la bande d'or accompagnée de sept billettes du même, quatre en chef et trois en pointe. (Chastellux.)

194. CHASTENAY (DE), originaire de Bourgogne, seigneur de

Bétignicourt, Lagesse, des Minots (c. de Pargues), de Maisons, Polisy, Polisot, et partie de Cussangy. D'argent, au coq de sinople, crête, becqué, barbé, membre et couronné de gueules (Caumartin), accompagné de trois roses du même. (Arbaumont.)

195. CHATEAUVILLAIN (DE), ancienne maison, seigneur de

Basse-Fontaine (c. deMontaulin), Barberey-SaintSulpice. De gueules, semé de billettes d'or; au lion du même brochant sur le tout. (Berry). — Voir aussi Thil. — CHATELET (DU). Voir Armynot.

196. CHATELET (DU), originaire de Lorraine, seigneur de Chacenay,

Chacenay, (c. de Faux-Villecerf), Basson (c. de Marcilly-le-Hayer), Bertignolles, Marigny-le-Chàtel


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 53

en partie, Ocey-les-Trois-Maisons, Prunay-le-Sec, Saint-Loup-de-Buffigny, Saint-Flavit, Lévigny. D'or, à la bande de gueules chargée de trois fleurs de lys d'argent dans le sens de la bande. (La Chesnaye.)

— CHATELLUX (DE). Voir Chastellux.

— CHATENAY (DE). Voir Chastenay.

197. CHATILLON (DE), seigneur de Dampierre, Marigny-leChâtel,

Marigny-leChâtel, Trouan-le-Grand, Villemoiron,

Château-Hutton (c. de Saint-Mards-en-Othe). De gueules, à trois pals de vair; au chef d'or.

(P. Anselme.) On trouve le chef chargé d'une merlette de sable ; elle

doit être spéciale aux armoiries d'une branche.

198. CHATTONRU (DE), Troyes, seigneur de Chaudrey.

D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de deux roses d'argent, et en pointe d'une coquille du même. (B. T. ms., 2601.)

199. CHAUMONT-QUITRY (DE), originaire de Vexin, seigneur

de Rigny-le-Ferron, Chacenay, Chaumesnil, en partie du Petit-Mesnil.

Fascé d'argent et de gueules de huit pièces. (P. Anselme).

La tombe de Galas de Chaumont, en l'église de Rignyle-Ferron, porte un écu fascé de onze pièces, et la fasce du chef chargée d'un lambel de trois pendants ; ce lambel doit indiquer une branche puînée.

200. CHAUVIREY (DE), originaire de Franche-Comté, seigneur

de Chacenay. D'azur, à une bande d'or accompagnée de sept billettes du même, quatre au-dessus, 1 et 3, et trois au-dessous. (La Chesnaye.) Ce sont les mêmes armes que celles des Chastellux.

— CHAVAUDON (DE) . Voir Guillaume.

— CHAVIGNY (DE). Voir Bouthillier.


54 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

200*". CHEMIN (Pierre), seigneur en partie de Thuisy (c. d'Estissac). Il portait sur son sceau, en 1401, un écusson à six étoiles posées 3, 2 et 1. (Inv. Nevers.)

201. CHERCHEMONT (Jean DE), évêque de Troyes.

Paie d'argent et de sinople de six pièces ; à la bande Iosangée de gueules brochant sur le tout. (Grandmaison, Dict. héraldique.)

202. CHEREAU (Claude), marchand à Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois couronnes de même. (d'Hozier.)

— CHERISEY (DE). Voir Humes.

203. CHEVALIER, Nogent-sur-Seine, seigneur de Courtavant

(c. de Barbuise). D'azur, à la tête de licorne d'argent ; au chef de même

chargé de trois demi-vols de sable. (Dubuisson.) Suivant Aufauvre (Hist. de Nogent-sur-Seine, p. 188),

les armes de cette famille seraient : de gueules, à

trois clefs d'or, les deux du chef adossées.

204. CHEVILLARD. Troyes.

D'azur, à une rose d'or; au chef d'or chargé de trois perdrix au naturel. (B. T., ms. 2601.) 204*". CHÈVRE DE LA CHARMOTTE (François), curé de Villemaur.

D'azur, à trois trèfles d'argent. (Bib. de Troyes, ms. n° 2254.)

205. CHEVRY. Troyes.

D'azur, au chevron accompagné de trois chandeliers, le tout d'or. (B. T., ms. 2601.) — CHIENS (DES). Voir Deschiens.

206. CHIFFALOT, Troyes, seigneur de Bouy (-Luxembourg.)

D'azur, à trois besants d'argent. (B. T., ms. 2601.)

207. CHIFFLET (Charles), président en l'élection de Bar-surAube,

Bar-surAube, Claude, maire perpétuel de Bar-surAube, 1700. D'or (alias : d'argent), à un sautoir de gueules ac-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 55

compagne en chef d'une couleuvre, mordant sa queue, d'azur. (d'Hozier.)

208. CHOBERT, Villemaur, seigneur de Cosdon (c. de PaisyCosdon).

PaisyCosdon). à trois rats passants de sable. (Courtalon.)

209. CHOISEUL (DE), seigneur de Praslin, Chaource, Jully-surSarce,

Jully-surSarce, Pargues, Villiers-sous-Praslin, Jusanvigny, Lantages, Maisons, Metz-Robert, Bouilly, Payns, Barberey-Saint-Sulpice ; du Haut-Guet (c. de Jusanvigny), et en partie de Balnot-sur-Laignes et Buxeuil.

D'azur, à la croix d'or cantonnée de dix-huit billettes du même (vingt pour la branche aînée). (Caumartin.) 209bis. CHOISY, seigneur des Grands-Jardins (c. de Chavanges).

Emmanché d'or et d'azur, en fasce, de deux pièces. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, p. 514.)

210. CHOPPIN, Troyes, seigneur de Chassey (c. d'Herbisse).

D'azur, à un cerf ailé d'or, passant sur un épieu du même, hissant de la pointe. (Arcisien, 1867, p. 105.)

— CRISTON (DE). Voir Marchand.

— CICÉ (DE). Voir Champion.

212. CLAIRVAUX (abbaye de).

De sable, à une crosse d'or, et une bande, échiquetée

d'argent et de gueules de deux tiers, brochant

sur le tout. (d'Hozier). Sur le frontispice de l'Antiphonaire à l'usage de Cîteaux,

Cîteaux, en 1545 par Nicole Paris, figurent

ces mêmes armes sans la crosse.

213. CLÉMENT (Charles), bailly de Ricey, et Claude, avocat à

Ricey, 1703. D'or, à un pal de gueules chargé d'une clef d'argent. (d'Hozier).

214. CLÉMENT (Jean-Baptiste), élu en l'élection de Bar-sur-


56 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Aube, 1701, seigneur des Hauts-Jardins (c. de Chavanges). D'argent, à une bande de sable côtoyée de deux cotices de même. (d'Hozier.)

215. CLERC (Joachim LE), prévôt de Méry-sur-Seine.

D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un oeillet, le tout d'or. (Gén. de Mauroy.)

216. CLERC (LE), Nogent-sur-Seine, Troyes.

D'azur, au lion d'or, placé à dextre; à deux épées d'argent en sautoir, à senestre, les pointes en bas, les gardes et les poignées d'or, accompagnées de deux étoiles d'or, l'une en chef et l'autre en pointe. (d'Hozier.)

217. CLERC DE FLEURIGNY (LE), seigneur de Saint-Etiennesous-Barbuise,

Saint-Etiennesous-Barbuise, De sable, à trois roses d'argent; au pal de gueules brochant sur la rose de la pointe (qui est de Le Clerc) ; ecartelé : de sinople, au chef d'or ; au lion de gueules brochant sur le tout (qui est de Fleurigny). (P. Anselme).

218. CLÉREY, Troyes, seigneur en partie de Vaubercey (c. de

Blaincourt. Paie de gueules et d'azur de huit pièces ; au lion d'or brochant sur le tout. (B. T., ms. 2601.)

219. CLERGET, Troyes.

D'azur, à deux faux (ou houlettes) (Gén. de Mauroy) en sautoir, la partie recourbée en haut, cantonnées de quatre étoiles, le tout d'argent. (B. T., ms. 2601.)

220. CLERGET et LE CLERGET, seigneur de Bûchères, Courgerennes

Courgerennes de Bûchères), Villetard (c. de Bûchères et Moussey). D'azur, à un chevron brisé, accompagné en chef de deux roses, et en pointe d'une aigle, le tout d'or. (Courtalon, III, 137.) — CLERMONT (comte DE). Voir Bourbon-Condé.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 57

221. CLERMONT D'Amboise (DE), originaire d'Anjou, seigneur

de Dienville. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à trois chevrons d'or (celui du chef brisé) (Chevillard), qui est de Clermont (Caumartin); aux 2 et 3, paie d'or et de gueules de six pièces, qui est d'Amboise. (Lachesnaye.)

222. CLERMONT (DE), duc de Luxembourg et de Piney, comte

de Rosnay, baron de Ramerupt et Pougy; seigneur de Riceys, Laines-aux-B ois, Donnement, Sainte-Thuise (c. de Dommartin-le-Coq), Jasseines. De gueules, à deux clefs adossées d'argent, en sautoir. (Arbaumont.)

223. CLÉRY (DE), seigneur de Champgrillet (c. de Semoine),

ayant demeuré à Torvilliers. D'Hermine ; au franc-quartier de gueules chargé de trois boucles d'or, 2 et 1. (d'Hozier, reg. I.)

224. CLÈVES (DE), duc de Nevers, comte de Beaufort (Montmorency),

(Montmorency), baron d'Ervy, seigneur de Villemaur, Maraye-en-Othe, Chaource, Jaucourt, Crancey, Paisy-Cosdon, Bourdenay, Jully-sur-Sarce. De gueules, au rais d'escarboucle fleurdelysé d'or.

225. CLIVIER (DE), seigneur de Viâpres-le-Petit.

D'azur, à trois rencontres de boeuf d'or. (Laine.) — CLÔTURE (DE LA). Voir Héroult.

226. COCHOT, Troyes, seigneur de Villacerf.

Ecartelé : aux 1 et 4, de gueules, à la bande d'argent soutenant un oiseau d'or, qui est Cochot; aux 2 et 3, de Mesgrigny. (B. T., ms. 2601.)

227. COCKBORN (DE), originaire d'Ecosse, baron de Villeneuve-au-Chemin,

Villeneuve-au-Chemin, de Courcenay (c. de Montfey), Puiseaux (c. d'Eaux-Puiseaux), CourteIon (c. d'Àuxon). D'argent, à trois coqs de gueules. (Caumartin.)

228. COETLOGON (DE), seigneur de Romilly-sur-Seine.


58 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

De gueules, à trois écussons d'hermine. (Dubuisson.)

229. COETLOSQUET (DE), originaire de Bretagne, seigneur de

Balnot-le-Châtel. De sable, semé de billettes d'argent; au lion morné de même sur le tout. (P. de Courcy.)

230. CODJFART, Troyes, seigneur de Saint-Benoît-sur-Seine,

Vermoise (c. de Sainte-Maure), Marcilly-le-Hayer, Menois (c. de Rouilly-Saint-Loup), Allibaudières, Ormes. De gueules, à trois coiffes ardentes d'or. (Caumartin.)

231. COIFFY (Geoffroy DE), Bar-sur-Aube, seigneur deNozay

et de Saint-Etienne-sous-Barbuise. D'azur, à trois massacres (ou rencontres, suivant Chevillard) de cerf d'or. (d'Hozier.)

— COIGNIASSE-DESJARDINS. Voir Congniasse-Desjardins.

— COISSY (DE). Voir Coiffy.

— COKBORNE (DE), Voir Cockborn.

232. COLBERT, originaire de Champagne (Reims et Troyes),

marquis de Payns, baron du Grand-Villacerf (Villacerf), seigneur de Chauchigny, Savières, La Cour-Saint-Phal (c. de Savières), Mergey, SaintPouange, Feuges, Fontaine-Saint-Georges, du Pavillon, de Saint-Mesmin, Courlanges (c. de SaintMesmin), Riancey (c. de Saint-Lyé), Turgy, La Motte-Merrey (c. de Merrey), Drosnay (fief, paroisse de Moussey), Basse-Fontaine (c. de Montaulin). D'or, à la couleuvre d'azur, lampassée de gueules, posée en pal. 232bis. COLET (Jean), officiai de Troyes, curé de Rumilly-lesVaudes. D'or, à un chevron d'azur chargé en chef d'une étoile aussi d'or, et accompagné de trois oeillets de gueules tiges et feuilles de sinople. (Vitrail de 1548 et bas-relief de 1523, à Rumilly.) Voir aussi Collet,


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 59

233. COLIGNON (DE), originaire de Champagne, seigneur de

La Grand-Cour (c. de Bailly-lès-Chauflbur), Chalette; en partie de Blignicourt. Coupé d'or et de gueules, l'or chargé d'un lion naissant de sable. (d'Hozier). Chevillard et Caumartin chargent la partie de gueules d'un dextrochère d'argent habillé d'azur, mouvant à senestre, la main de carnation, tenant une foudre de sable accompagnée à dextre d'un trèfle qui est de même, suivant Caumartin, et de sable, suivant Chevillard.

— COLINET. Voir Collinet.

234. COLLET (Nicolas), curé de Saint-Jacques de Troyes,

1701. D'azur, à trois lions d'or. (d'Hozier.) Voir aussi Colet.

235. COLLIGNON (Jean-Baptiste), procureur du roi en l'Election

l'Election Bar-sur-Aube, 1701. D'azur, à une croix d'argent frettée de gueules. (d'Hozier.) Voir aussi Colignon.

236. COLLINET. Troyes.

D'azur, à trois melons d'or. (d'Hozier.) On trouve aussi un chevron d'or, qui doit être une brisure. (B. T., ms. 2601.)

237. COLLOT. Bar-sur-Seine.

D'azur, à trois poissons d'or l'un sur l'autre. (Gén. de Mauroy.

— COLOMBIER (DU). Voir Choson.

— COMMERCY (prince de). Voir Lorraine.

238. COMPAROT, Troyes, seigneur de Longsols, en partie de

Bercenay-en-Othe. D'azur, à trois roses d'argent pointées de sinople. (d'Hozier.)

239. COMPAROT (François), chanoine de l'église de Troyes,

1701. De gueules, à un sautoir d'or. (d'Hozier).

240. GOMPASSEUR et LE COMPASSEUR, originaire de Bourgogne.

Bar-sur-Seine.


60 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'azur, à trois compas d'or.

— COMPIÈGNE (DE). Voir Dupont.

241. CONDÉ (DE), originaire de Picardie, seigneur de Dosnon,

Dosnon, (c. de Dosnon), Boulages. D'or, à trois manches mal taillés de gueules. (Caumartin.)

— CONDÉ (DE). Voir Bourbon-Condé.

242. CONFLANS (DE), branche de la maison de Brienne, seigneur

seigneur Villebertin (c. de Moussey). Porte comme les Brienne.

— CONIGAN. Voir Conygham.

243. CONGNIASSE-DESJARDINS , seigneur d'Yèvres, Messon,

Errey (c. de Messon).

D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux roses, et en pointe d'une croix (potencée sur le buste), cantonnée aux 1 et 4 d'une étoile à six rais (croissant sur le buste), et aux 2 et 3 d'un croissant (étoile sur le buste), le tout d'or. (Vitrail en l'église de Saint-Gilles, à Troyes. — Buste en terre cuite en l'église de Messon.)

Les émaux de cet écusson ne se trouvent indiqués que dans le vitrail de Saint-Gilles.

Ces armes sont celles des Le Page, dont descendait un Congniasse-Desjardins, que l'on voit également dans un vitrail de l'église Saint-Gilles, à Troyes.

244. CONGRÉGATION DE TROYES (les religieuses de la).

D'azur, à un nom de Jésus-Maria d'or surmonté d'une croisette (ou croix de Calvaire) potencée de même, et soutenu de trois clous de la Passion, appointés, aussi d'or. (d'Hozier.)

245. CONYGHAM (DE), originaire d'Ecosse, seigneur d'Avirey

(c. d'Avirey-Lingey), Lingey en partie (idem), Landreville, Messey (c. de Ville-sur-Terre), La Chapelle (idem). Ayant demeuré aux Riceys. De sable, à un pairie d'argent surmonté d'une étoile du même (d'Hozier), ou 'd'argent, au pairie de


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AURE. 61

sable surmonté d'une étoile du même. (Chevillard.)

— COQUEBORNE (DE). Voir Cockborn.

245bis. COQUELEY, dont un Coqueley de Chaussepierre. Barsur-Seine. Ecartelé : aux 1 et 4, de sable à une croix dentelée d'argent; aux 2 et 3, d'azur, à un chevron d'or accompagné de trois besants d'argent. (d'Hozier.)

246. CORBERON (DE), Troyes, seigneur de Saint-Aventin (c.

de Verrières), Villemereuil.

D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois

tours d'or. (d'Hozier).

247. CORDIER (Henri), cellerier de l'église de Saint-Etienne de

Troyes, 1701. D'argent, à deux chevrons de gueules. (d'Hozier.)

248. CORNUAT(Le). Troyes.

D'azur, au lion d'or; au chef d'.... chargé de trois coquilles d'or. (B. T., ms. 2601.)

249. CORNUEL. Troyes.

D'azur, à une croix d'argent chargée en coeur d'une levrette passante de sable. (Dubuisson.)

250. CORPS, Troyes, seigneur de Renault (c. de Fresnoy),

Courcelles (c. de Clérey), Saint-Phal, Crésantignes, Villemoyenne, Beaulieu (c. de DrouptSainte-Marie). D'or, à un chevron d'azur accompagné en chef de deux étoiles d'.... et en pointe d'une feuille d'.... (Gén. de Mauroy.)

251. CORRARD. Troyes.

D'argent, à trois têtes de faucons arrachées de sable (d'Hozier). Ces armes sont les anciennes armes des Huyard que les Corrard auraient adoptées à la suite d'une alliance avec cette famille qui eut lieu au XVIe siècle. (Communication de Mme Thiesset). Peut-être que les anciennes armes étaient celles ciaprès. Quoi qu'il en soit, M. Guigard (Armorial du Bibliophile) semble avoir fait erreur en donnant


62 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

pour armes à M. Corrard de Breban, c ancien président honoraire à Troyes : » D'argent, à trois merlettes de gueules, et une étoile de même posée en coeur.

252-253. CORRARD. Troyes.

De gueules, à cinq fusées d'or posées en fasce. (d'Hozier.— B. T., ms. 2601.)

254. COUCY (DE), anciennement COUSSY, seigneur de Crespy

et en partie de Balignicourt. D'argent, semé de six mouchetures d'hermine posées 3, 2 et 1 ; à la bordure de gueules côtoyée d'un rebord de sable. (Caumartin.)

255. COUDRE (René DE LA), seigneur du Plessis-Fontvannes,

1700. D'azur, à deux chevrons d'or. (d'Hozier.)

256. CouÉ (Charlotte DE), demoiselle, demeurant à Troyes,

1701.

De gueules, à un chevron d'or. (d'Hozier.)

257. COURCELLES (DE), marquis de Montgueux, seigneur de

Saint-Liébault (Estissac), Chennegy, Villemoiron, Dierrey-Saint-Julien, Moirey (c. de Dierrey-SaintJulien), Ervy. D'.... à trois croissants d'...., (église de Saint-Lyé).

258. COURCIER (Claude), conseiller au bailliage et présidial

de Troyes. 1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux roses d'argent, boutonnées d'or, et en pointe d'un croissant d'argent. (d'Hozier.) B. T., ms. 2601 (armoriai manuscrit des Hennequin), indique les roses comme étant d'or, et ajoute en chef une coquille du même.

259. COUBTENAY (prince DE), seigneur de Prunay-le-Sec.

D'or, à trois tourteaux de gueules.

260. COURTOIS (LE), Troyes, originaire de Bourgogne, seigneur

seigneur Blignicourt, Saint-Benoît-sur-Seine, Bucey-en-Othe, Fontvannes, en partie de Saint-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'ACBE. 63

Pouange, et du fief du Biat situé sur le territoire d'Yèvres. D'azur, à trois mûres d'or. (d'Hozier.)

261. COUSIN (Louis), lieutenant particulier au bailliage de

Nogent-sur-Seine, 1698. D'argent, à trois alérions éployés d'azur. (d'Hozier.)

262. CRENEY (DE), seigneur d'Arrentières, Engente, du PetitMesnil,

PetitMesnil, Vernonvilliers. D'azur, à un fer de moulin d'argent surmonté d'une étoile d'or (qui est de Crèney); parti : d'azur, au lion d'argent, la queue fourchée, Iampassé et armé de gueules. (d'Hozier.) — CRÉPY (DE). Voir Crespy.

263. CRÉQUY (DE), originaire d'Artois et Picardie, seigneur

des Riceys, Beauvoir, Bagneux, Epagne, SaintPhal, Chamoy, Blaincourt, Vaubercey (c. de Blaincourt), Crésantignes, Machy, Lesmont.

D'or, à un créquier de gueules. (P. Anselme.) 263bis. CRESPY (DE), seigneur de Poivre, du Mothé (c. de Poivre), de Sainte-Suzanne (idem), de Balignicourt.

D'argent, au chevron d'azur accompagné de trois têtes de levrettes, colletées de sable. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, p. 397.)

264. CRILLON (DE), seigneur de Bétignicourt, La Loge-Pbmblain,

Loge-Pbmblain, Saint-Etienne-sous-Barbuise. D'or, à cinq cotices d'azur. (Saint-Allais.)

265. CROIX DE CASTRIES (DE LA), originaire de Languedoc,

vicomte de Semoine, baron de Plancy, seigneur de Dosnon, Saint-Didier (c. de Dosnon), des Vignes (c. de Saint-Hilaire). D'azur, à la croix d'or chargée d'un croissant de gueules. (Caumartin.)

266. CRUSSOL D'UZÈS (DE), seigneur de Bailly-lès-Chauffour,

Villiers-le-Brûlé (c. de Piney), Villevoque (idem), Géraudot, Mesnil-Sellières, Creney, Assencières. Ecartelé : aux 1 et 4, parti : fascé d'or et de sinople


64 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

de six pièces (qui est de Crussol) ; d'or à trois chevrons de sable (qui est de Lévis); aux 2 et 3, contre-écartelé d'azur à trois étoiles d'or rangées en pal (qui est de Gourdon), et d'or, à trois bandes de gueules (qui est de Genouillac). Sur le tout : de gueules, à trois bandes d'or (qui est d'Uzès). (Arbaumont.)

267. CUGNAC (MmeDE), comtesse de Dampierre, née Haumont,

Haumont, engagiste de Torvilliers, Sainte-Savine, etc. Cugnac porte : gironné d'argent et de gueules. (SaintAllais.)

— CUNINGHAM (DE). Voir Conygham.

268. DAILLENCOURT , seigneur de Presle-Vieux en partie (c.

de Rosnay.

D'azur, à une bande coupée d'or et d'argent, chargée en chef d'une étoile de gueules, et accompagnée de deux croix fleuronnées d'or. (P. Vignier, De quelques familles anciennes de Langres, Rev. de Champ, et Brie, I, 53.)

269. DAMPIERRE (anciens barons DE), seigneurs de Trouan-leGrand,

Trouan-leGrand, Gui de Dampierre, seigneur de Coursan, portait, en 1249, sur son sceau, un écu au lion rampant, à l'orle de fleurs de lys. D'autres membres de cette famille ont porté ces armes, mais quelques-uns les ont remplacées par le lion de Flandre. (Douët d'Arcq.)

— DAMPIERRE (DE). Voir Picot.

269bis. DANELLI et DANELLY (Geoffroy DE), seigneur de SaintBenoît-sur-Vanne. Il portait sur son sceau, en 1451, un écusson à une croix pommelée et ancrée. (Inv. Nevers.)

270. DANIEL, seigneur de Torvilliers.

D'azur, au chevron d'or, accompagné de trois pommes de pin du même. (B. T., ms. 2601.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 65

271. DANNEAU (DE), seigneur de Chalette, Saint-Remy (fief

sis au territoire de Chalette). D'azur, au chevron d'or accompagné de trois annelets du même. (Dubuisson.)

272. DARE, Troyes, seigneur de Vaudes, Galilée (c. deLainesaux-Bois),

deLainesaux-Bois), Mothe (c. de Rumilly-lès-Vaudes, du Bailly (c. de Chaource). D'or, à trois fers de moulin de gueules ; au franc quartier d'or chargé d'un lion léopardé de gueules soutenu d'une fasce d'azur. (Plan gravé de Troyes, 1679.

273. DAVOUST, anciennement Davoud et Davot, duc d'Auerstoedt

d'Auerstoedt prince d'Eckmùhl, seigneur de Vernonvilliers en partie. De gueules, à une croix d'or chargée de cinq molettes d'éperon de sable. (d'Hozier, reg. I.)

— DEHEURLES. Voir Heurles.

274. DENIS, Troyes, seigneur de Riancey (c. de Saint-Lyé).

De gueules, à une bande d'or chargée de trois roses du champ pointées de sinople. (d'Hozier.)

275. DENISE, Troyes.

D'azur, à trois compas d'argent; à l'engrêlure d'or. (d'Hozier.)

— DES BOVES. Voir Boves-Contenant.

276. DESCHAMPS, originaire de Champagne, seigneur de Fuligny

Fuligny partie.

D'azur, à trois chardons d'or. (Caumartin.)

276bis DESCHIENS, seigneur de Viviers, Maison-Rouge (c. de Polisot); en partie de Villemorien. D'azur, au lion d'or Iampassé de gueules ; au chef de même chargé de trois têtes de lévrier d'argent, colletées de gueules. (Dubuisson.)

— DES FENESTRAUX. Voir Bouhier.

— DES JARDINS. Voir Congniasse.

— DESMARETS OU DESMARETZ. Voir Goujal.

— DES MASSUES. Voir Massues.

T. ILIII. 5


66 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

— DES RÉAULX. Voir Réaulx.

277. DESRIEUX et DES RIEUX, Troyes.

Fascé de gueules et d'argent de sept pièces. (B. T., ms. 2601.)

— DES SALLES. Voir Salles.

278. DESTRÉE, seigneur de Landreville.

D'....; au chef d'.... chargé de trois étoiles d'— (Coûtant, d'après Vignier. A. A., 1857.)

— DES URSINS. Voir Ursins.

279. DEU DE MONTIGNY, ayant demeuré à Chavanges.

D'argent, au chevron d'azur accompagné de trois pattes de griffons de sable. (E. de Barthélémy, Armoriai de Châlons-sur-Marne.)

280. DINTEVILLE (DE), branche de la famille de Jaucourt,

comte usufruitier de Bar-sur-Seine, seigneur de Chacenay, Polisy, Chappes, Payns, Dommartin-leCoq, Thennelières, Spoy. Porte comme Jaucourt : de sable, à deux léopards d'or courants l'un sur l'autre, armés et lampassés de gueules. (Berry.)

281. DOCEY (Eustache), chanoine de la collégiale de SaintEtienne

SaintEtienne Troyes, 1697. D'azur, à un chevon d'or, accompagné en chef de deux glands tiges et feuilles de même, et en pointe d'un laurier courant d'argent. (d'Hozier.)

282. DoÉ, Troyes, seigneur deLuyères, Craney; en partie de

Villemoiron. D'azur, au chevron d'or, accompagné de trois roses du même. (d'Hozier.)

283. DOMPMART (Michel DE), receveur et grènetier du bailliage

bailliage Troyes. Il portait sur son sceau, en 1365, un écu chargé de deux marottes en sautoir, cantonnées de quatre croissants. (Douët d'Arcq.)

284. DOREY, Troyes.

D'azur, à une fasce d'or accompagnée de trois étoiles d'argent. (B. T., ms. 2601.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AURE. 67

285. DORIA (comte), originaire de Gênes, marquis de Payns,

seigneur de Savières, du Pavillon. Coupé d'or et d'argent; à l'aigle d'azur, languée et membrée de gueules, brochant sur le tout. (Palliot.)

286. DORIEU, Troyes, seigneur de Presles-Neuf (c. de Rost

Rost D'azur à une bande d'or chargée de trois molettes

d'éperon de gueules dans le sens de la bande.

(Courcelles.) Une pierre tombale, en l'église de Sainte-Madeleine

de Troyes, donne une fasce.

287. DORIGNY, Troyes, seigneur de Saint-Parre-aux-Tertres,

des Minots (c. de Pargues), de Vauchassis, et pour moitié de Fouchères et Rosson (c. de Doches). D'azur, à trois chandeliers d'or accompagnés en chef d'une étoile du même. (B. T., ms. 2601.)

288. DORIGNY, Châlons-sur-Marne, seigneur de Chalette.

D'argent, à une croix de sable chargée en coeur d'un losange du champ. (d'Hozier.)

289. DORMANS (DE), seigneur de Nozay, Saint-Remy-sousBarbuise,

Saint-Remy-sousBarbuise, (c. de Saint-Remy-sousBarbuise). D'azur, à trois têtes de léopard d'or, lampassées de gueules. (Palliot.)

290. DOSNON, marquis DE GALLIFFET, originaire de Dauphiné,

seigneur de Lavau, Culoison (c. de Sainte-Maure), Marnay (idem). De gueules, au chevron d'argent accompagné de trois trèfles d'or. (d'Hozier, reg. V.)

291. DOUAULT DE LA BRAU, archidiacre et chanoine de

Troyes, 1701.

D'argent, à trois fasces de sable. (d'Hozier.)

292. DREUX (comte DE), seigneur de Bagneux.

Echiqueté d'or et d'azur. (Berry.)

293. DROUOT, Troyes.

D'azur, à une fasce bretessée d'or accompagnée de


68 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

trois croissants d'argent, et en outre d'une rose de même posée en chef. (B. T., ms. 2601).

— Du BAN DE LA FEUILLÉE. Voir BAN.

294. DUBOIS (l'abbé), curé de Sainte-Madeleine de Troyes,

député du bailliage de Troyes à l'assemblée nationale en 1789. D'...., à trois arbres d'.... (Portrait gravé par Courbe.)

— DUBOURG. Voir Bourg (du).

— Du BOURG-L'ABBÉ. Voir Bourg-l'Abbé.

295. DUCHAT et LE DUCHAT, Troyes, seigneur de Saint-Aventin

Saint-Aventin de Verrières), Chassoy, aujourd'hui Chassois (c. d'Herbisse). D'argent, à cinq fusées de gueules posées en fasce. (d'Hozier, reg. I.)

— Du CHATELET. Voir Armynot et Chatelet.

296. DUCHESNE (Pierre-Henry), avocat en Parlement, capitaine-major

capitaine-major la bourgeoisie de Bar-sur-Aube, 1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux glands tiges et feuilles de même, et en pointe d'un croissant d'argent. (d'Hozier.)

— Du COLOMBIER. Voir Choson.

— Du FAY DE VILLABON. Voir Fay.

297. DUFOUR, Troyes, seigneur de Rosières, Viélaines (c. de

Rosières). D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même. (d'Hozier.)

— Du GRETZ. Voir Gretz.

— Du MESNIL. Voir Mesnil.

— Du MONCEAU. Voir Monceau.

298. Du MONTIER (Marie), abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains.

Notre-Dame-aux-Nonnains. à trois tours d'argent. (Lalore, Documents sur Notre-Dame-aux-Nonnains.)

— Du PARC Voir Parc.

— Du PIN DE LA VALLÉE. Voir Pin.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 69

299. DUPONT DE COMPIÈGNE, originaire de Béarn, seigneur

de Fuligny en partie, de Fontaines. De sable, au lévrier courant d'argent, bouclé et colleté de gueules; au chef d'or, à une aigle naissante, éployée, d'azur. (La Chesnaye).

— Du PONT. Voir Pont.

299bis. DUPUIS DE MONTBRUN, seigneur de Poivre.

De gueules, au lion d'or. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François.)

— Du PHISET. Voir Puiset.

— DURNAY (DE) . Voir Valéry.

— Du THYSAC Voir Thysac.

— Du TROUSSET. VoirTrousset.

— Du VAL. Voir Val.

— Du VIVIER. Voir Vivier.

— Du VOULDY. Voir Vouldy.

— EGUISÉ (L'). Voir Léguisé.

— ELBEUF (S. A. M1Ie D'). Voir Lorraine.

— ENFERNAT (DEL'). Voir Lenfernat.

300. ENGHIEN (D'), seigneur de Brienne, Ramerupt, Piney.

Gironné d'argent et de sable de dix pièces, chaque giron dé sable chargé de trois croisettes recroisettées, au pied fiché, d'or. (Berry. — A. Duchesne, Histoire de la maison de Dreux.)

— ENTRAGUES (D'). Voir Balsac, Illiers.

301. EPINETTE-LE MAIRAT (L'), seigneur de Nogent-sur-Aube.

D'or, au chevron d'azur, accompagné de trois têtes de paon du même (qui est de Le Mairat) ; le sommet du chevron chargé d'un écusson d'or, à l'arbre de sinople (qui est de l'Epinette). (La Chesnaye.)

302. ERVY (Miles D'), portait sur son sceau, en 1212, une

croix recercelée brisée d'un bâton. (Douët d'Arcq.)

303. ESCARLATTE, Troyes, seigneur d'Argentolle (c. de Creney).

Creney).


70 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

De gueules, à trois bandes ondées d'argent. (B. T., ms. 2601.)

— ESCORDAL (D'). Voir Serpes.

304. ESTAING (comte D'), originaire de Rouergue, seigneur de

Spoy. De France; au chef d'or. (Caumartin.)

— ESTERNAY (D'). Voir Raguier.

305. ESTRAC (D'), originaire de Guyenne, seigneur d'Essoyes,

Verpillières, Ville-sur-Arce. Ecartelé d'or et de gueules. (Caumartin.)

306. ESTRÉES (Gabrielle D'), duchesse de Beaufort (Montmorency).

(Montmorency). d'argent et de sable de six pièces ; au chef d'or chargé de trois merlettes de sable : ecartelé d'or, au lion d'azur, couronné et Iampassé de gueules (qui est La Caulchie). (P. Anselme.)

307. EURA (Edme), chanoine de Saint-Urbain de Troyes,

1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois poires de même. (d'Hozier.)

308. EVREUX (comte D'), roi de Navarre, baron d'Ervy,

comte de Beaufort (Montmorency), seigneur de Séant-en-Othe (Bérulles), Pont-sur-Seine, Nogentsur-Seine, Soulaines. Semé de France; au bâton componé d'argent et de gueules. (P. Anselme.)

309. FABRY, seigneur de Paisy (c. de Paisy-Cosdon).

D'azur, à une fasce d'argent accompagnée de trois roses d'or. (Blanchard.)

310. FADATE DE SAINT-GEORGES (DE), originaire d'Italie,

Troyes, seigneur de La Motte-Philippe (c. de Saint-Phal), La Motte-Bonneval (paroisse de Saint-Jean-de-Bonneval), du Pommereau, autrefois Pommeroy (c. de Machy). D'or, au chevron de gueules accompagné de trois tourteaux du même; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or. (Courcelles.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 71

311. FAILLY (DE), originaire de Lorraine, seigneur du Magnifouchard.

Magnifouchard. gueules, à une fasce d'argent accompagnée de trois haches d'armes (couchées, suiv. Laine) du même. (d'Hozier.)

312. FARGÈS (comte DE), seigneur de Polisy, du fief de La

Cour (à Polisy), de Polisot, Buxeuil, Bourguignons, Foolz (c. de Bourguignons), du fief de Charmoy. Ecartelé : au 1, d'or, à l'if de sinople ; au 2, d'azur, à un agneau d'argent attaché à une colonne du même; au 3, d'azur, au lion d'argent; au 4, de gueules, à une cloche d'argent. (Arbaumont.)

313. FAUDOAS (DE), originaire de Gascogne, seigneur de

Bar-sur-Seine. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à une croix d'or (qui est de Faudoas) ; aux 2 et 3, de France, sans brisure. (Arbaumont.)

314. FAULTREY (Jacques), grènetier à Bar-sur-Aube.

D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'une rose, le tout d'or; au chef aussi d'or chargé de trois oiseaux de gueules. (Gén. de Mauroy.)

315. FAVIER, Troyes.

D'azur, à un croissant d'argent en abîme, accompagné de trois étoiles d'or posées 2 et 1. (Blanchard.)

316. FAY DE VILLABON (DU), seigneur de Saint-Liébault

(Estissac), Fuligny. Au XVIe siècle, cette famille, en s'alliant avec la dernière héritière des anciens seigneurs de Fuligny, releva leur nom et leurs armes qui sont : D'or, à la croix ancrée de sable chargée de cinq écussons d'argent. (Caumartin, Généalogie de Feligny.)

317. FEBVRE (LE), Troyes, seigneur de La Planche (c. de

Saint-Léger-lès-Troyes), Villacerf, Saint-Benoît-


72 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

sur-Seine, La Chapelle-Saint-Luc, La Chaise, La Rothière, Bouy (-Luxembourg?) D'azur, à trois pals d'or, celui du milieu chargé de trois roses de gueules. (d'Hozier.)

318. FEBVRE DU QUESNOY (LE), seigneur de Bourdenay,

Charmesseaux (c. de Trancault), Charmoy. D'azur, à une fasce d'or accompagnée en chef de deux croisettes trèflées d'argent, et en pointe d'une rose du même. (Tableau généalogique des Rousseau de Chamoy, à la Bibliothèque de Troyes.) — Voir aussi Fèvre (Le) et Lefebvre.

— FELIGNY (DE). Voir Fuligny.

318bis. FÉLIX (DE), marquis DE MUY et DE MUY DE CRÉQUY, seigneur d'Epagne, Blaincourt, Crésantignes, Saint-Phal. Ecartelé : aux 1 et 4, de gueules, à la bande d'argent ; aux 2 et 3, de gueules, au lion d'or, à une bande d'azur brochant. (La Chesnaye.) Dans un tableau de l'église de Blaincourt, la bande est chargée de trois F de sable.

319. FELOIX, Troyes, seigneur de Beaulieu (c. de DrouptSainte-Marie).

DrouptSainte-Marie). au chevron de gueules accompagné de trois trèfles de sinople. (B. T., ms. 2601.)

320. FENARD (Jean), conseiller en l'hôtel de ville de Troyes,

1697. D'azur, à une aigle d'or volant en bande et portant dans son bec un coeur du même, enflammé de gueules. (d'Hozier.)

— FENESTRAUX (DES). Voir Bouhier.

321. FERTÉ (DE LA), Troyes, seigneur de Saint-Parres

(-aux-Tertres?), Rouilly-Saint-Loup, Montgueux, Sommeval, du Haut-Guet (c. de Juzanvigny). D'azur, à trois rencontres de cerf d'or. (Laine. — Chevillard.) On trouve aussi quelquefois : un chevron d'or.

— FERTEY (DE LA). Voir Ferté.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 73

322. FESTUOT. Troyes.

D'azur, à trois oiseaux d'or accompagnés en abîme d'un besant du même. (Gén. de Mauroy.)

323. FEU DE LA MOTTE (DE), seigneur de La Motte (fief situé

situé Coursan), Lignières. De gueules, à un chevron d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable et accompagné de trois mâcles d'or; et un chef cousu d'azur chargé d'un lion léopardé d'or, Iampassé de gueules. (d'Hozier.) — FEUILLÉE (DE LA). Voir Ban.

324. FÈVRE (LE), seigneur d'Etrelles.

D'azur, à trois lys de jardin d'argent, fleures d'or, tiges et feuilles de sinople. (d'Hozier, reg, I.) — Voir aussi Febvre (Le) et Lefebvre.

325. FEYDEAU, Paris, baron de Bourdenay, seigneur de

Barberey-Saint-Sulpice, Trancault, Charmesseaux (c. de Trancault), Charmoy. D'azur, au chevron d'or accompagné de trois coquilles oreillées du même. (Segoing, Mercure Armoriai.)

326. FIENNES (Robert DE), dit Moreau, connétable de France,

seigneur de Vendeuvre. D'argent, au lion de sable. (P. Anselme.)

327. FIEUBET-LAUNAC (DE), seigneur de Montpothier, de

Jaillac (c. du Mériot), et du Plessis-Mériot (idem). D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de deux croissants d'argent et en pointe d'une montagne de même. (Dubuisson.)

328. FILLIASTRE (Antoine), chanoine de la chapelle NotreDame,

NotreDame, l'église cathédrale de Troyes, 1701. D'or, à cinq étoiles de gueules posées en sautoir. (d'Hozier.)

329. FLEURIAU DE MORVILLE et D'ARMENÔNVILLE, Bar-sur-Seine,

seigneur de Creney, Précy-Saint-Martin et PrécyNotre-Dame. D'azur, à un épervier d'argent, membre, longé et


74 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AURE.

grilleté de même, perché sur un bâton de gueules ; au chef d'or chargé de trois glands feuilles et tiges de sinople. (La Chesnaye.)

— FLEURIGNY (DE). Voir Clerc (Le).

— FLIGNY (DE). Voir Fuligny.

330. FLOBERT (Nicolas), procureur du Roi en l'hôtel de ville

de Troyes, 1697 ; et François, marchand à Troyes, 1692. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux flammes du même, et en pointe d'un lys de jardin aussi d'or, soutenu d'un croissant du même; au chef de gueules chargé de deux étoiles d'or. (d'Hozier.)

331. FOISSY (DE), seigneur de Villemereuil, Creney.

D'azur, à un cygne d'argent membre et becqué de sable. (La Chesnaye.)

332. FOISSY-LÈS-TROYES (Couvent de).

D'azur, à une Sainte-Vierge tenant l'Enfant-Jésus entre ses bras, le tout d'or. (d'Hozier.)

333. Foix (Comte DE), comte de Beaufort (Montmorency),

baron d'Ervy, seigneur de Soulaines, Pont-surSeine, Nogent-sur-Seine.

Ecartelé : aux 1 et 4, d'or, à trois pals de gueules (qui est de Foix) ; aux 2 et 3, d'or, à deux vaches de gueules, accornées, accollées et clarinées d'azur (qui est de Béarn). (P. Anselme.)

Odet de Foix, comte de Beaufort, portait ecartelé aux 1 et 4, de Foix; au 2 de Béarn; au 3, de Comminge, qui est : de gueules, à la croix pattée d'argent. (Idem.)

334. FONDRILLON (Nicolas), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. D'argent, à trois lions de gueules. (d'Hozier.)

335. FONTETTE (DE), seigneur du lieu.

Fascé d'or et d'azur de six pièces. (Coûtant, Hist. de Bar-sur-Seine, p. 437.) Suivant M. d'Arbaumont,


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 75

ces armes seraient celles d'une famille du même nom tirant son nom de Fontette-en-Auxois.

336. FOREST, FORÊT ou FOURET, Troyes.

D'or, semé de trèfles de sable, au lion du même ; au chef d'azur, chargé de trois glands de chêne d'or, feuilles et tiges de même. (B. T., ms. 2601.)

337. FOREST (Comte DE), seigneur de Chacenay.

De gueules, au dauphin d'or. (Coûtant, A. A. 1852, p. 106.)

338. FORET (Jean), officier chez le Roi, Troyes, 1697.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois forêts de même. (d'Hozier.)

339. FORJOT (Nicolas), abbé de Saint-Loup de Troyes.

D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois fers à cheval d'or. (A. A. 1867.)

— FOURET. Voir Forest.

340. FRANCE (Le Roi de), seigneur de Nogent-sur-Seine,

Pont-sur-Seine, Beaufort (Montmorency), Ervy, Landreville, Merrey, Rosnay, Soulaines, Séanten-Othe (Bérulles), Troyes, Bar-sur-Aube. Les armoiries des Rois de France étaient à l'origine : D'azur, semé de fleurs de lys d'or ; Charles V les réduisit à trois.

341. FRAZANS (DE), seigneur d'Avirey et Lingey.

D'or, au cerf de gueules sommé sans nombre. (Arbaumont.)

342. FRIZON DE LA MOTTE (Nicolas), écuyer, Bar-sur-Aube,

1698. D'or, à une bande de gueules chargée d'un sabre d'argent, la poignée d'or. (d'Hozier.)

343. FULIGNY (DE), OU FELIGNY, ou encore : FLIGNY. Nom

des anciens seigneurs du lieu, relevé au xvie siècle par la famille Du Fay. Voir ce mot.

— FULVY (DE). Voir Orry.

344. GADOUOT (DE), originaire de Bourgogne, 'seigneur de

Planfort (c. de Brevonne).


76 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

De gueules, à deux épées d'argent passées en sautoir, les gardes et les poignées d'or, les pointes en haut ; au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. (Caumartin.)

345. GALANDOT (DE), originaire de Champagne, ayant demeuré

demeuré Donnement; seigneur en partie de Blignicourt. D'azur, à trois fleurs de lierre d'or. (Caumartin.)

346. GALARD (comte DE) , originaire de Guyenne et Gascogne,

Gascogne, engagiste de Torvilliers et SainteSavine. D'or, à trois corneilles de sable, becquées et membrées de gueules. (La Chesnaye.) La branche de Galard de Brassac de Béarn porte : ecartelé de Béarn.

347. GALLEREY (N.), chanoine de l'église de Saint-Etienne

de Troyes, 1701. Fascé d'or et de sinople de six pièces. (d'Hozier.)

348. GALLIEN, Troyes, seigneur du Haut-Chêne (c. de Fresnois);

Fresnois); maire de Troyes. D'argent, à une croix ancrée de sable. (d'Hozier.)

349. GALLIEN (Jacques), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. De gueules, à trois cornets d'or. (d'Hozier.)

— GALLIFFET (DE). Voir Dosnon.

350. GAND (DE), seigneur de Villemorien, Avirey.

D'azur, au chef d'argent chargé de trois merlettes de sable. (Arbaumont.) Les anciennes armes portaient un chef chargé à dextre d'un lion. (Idem.) Cependant, André Duchesne (Hist. de Guines, Gand, etc., p. 33) indique les armes des châtelains de Gand comme étant de sable au chef d'argent.

351. GAND (Denis DE), receveur du grenier à sel de Nogentsur-Seine,

Nogentsur-Seine, D'argent, à deux bandes d'azur et un chef échiqueté d'or et de gueules de trois traits. (d'Hozier.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 77

352. GARGAN, Châlons-sur-Marne, Troyes, seigneur de BasseFontaine

BasseFontaine de Montaulin). D'or, au chevron d'azur accompagné en chef de deux étoiles du même, et en pointe d'une rose d'or (sic). (B. T., ms. 2601.) M. Edouard de Barthélémy (Armoriai de la ville de Châlons-sur-Marne), dit : d'argent, au chevron d'azur, accompagné en chef de deux roses de gueules, et en pointe d'une merlette de sable.

353. GARMOISE (DE LA), seigneur de Saint-Mesmin, Savières.

De gueules, à une croix d'or, losangée d'azur, accompagnée au premier canton d'un lion d'or. (Tab. gén. des Marisy.)

354. GARNIER, Troyes.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois oiseaux d'argent tenant au bec un rameau d'or. (B. T. ms. 2601.) 354bis GAUCHER, sire de Saint-Sépulcre (Villacerf) et de Vallières. Il portait sur son sceau, en 1382, un écusson bandé de six pièces. (Inv. Nevers.)

355. GAUCHEROT (Nicolas), procureur fiscal aux Riceys,

1703. D'or; coupé : d'azur; à un trèfle d'argent brochant sur le tout. (d'Hozier.)

356. GAULARD (Jacques), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. D'azur, à la croix pattée de gueules. '(d'Hozier.)

357. GAULARD (Louis et Edme), marchands à Troyes, 1699.

D'azur, à deux gaules ou longs bâtons d'or passés en sautoir, accompagnés de quatre flammes du même. (d'Hozier.)

L'un de ces deux devait être seigneur de Champgrillet (c. de Semoine).

358. GAULT DE LA PLANCHE, chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. D'argent, à une bande de gueules. (d'Hozier.)


78 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

359. GEANSON (Edme), marchand à Troyes, 1700. Voir

aussi : Jeanson. De gueules, à un chevron d'or accompagné de trois cornes d'argent; et un chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

— GENDRE (LE). Voir Legendre.

360. GENEVOIS (LE), originaire de Champagne, baron puis

marquis de Bligny, seigneur de Bossancourt, Couvignon, Eurville. D'azur, à une fasce d'or accompagnée de trois coquilles du même. (Caumartin.)

— GEOFFROY DE COIFFY. Voir Coiffy.

361. GENNES (DE), seigneur de Montier-en-l'Isle.

D'hermine, à la fasce d'argent. (Caulin, Quelques Seigneuries.)

362. GILLOTTE (Daniel), élu en l'élection de Nogent-surSeine,

Nogent-surSeine, D'azur, à un trèfle d'or soutenu d'un chevron d'argent, accompagné de trois fuseaux de même. (d'Hozier.)

363. GIRARDIN, Troyes, seigneur des Bordes, en la baronnie

de Thieffrain. D'argent, à trois têtes de corbeaux de sable arrachées de gueules. (La Chesnaye.)

364. GIRARDON (Nicolas), chanoine de Saint-Urbain de

Troyes ; et Claude, chéferier de Saint-Etienne de Troyes, 1700. D'azur, à un chevron d'or. (d'Hozier.)

365. GIVRY (Etienne DE), évêque de Troyes.

D'argent, à trois têtes de lions arrachées de gueules ou d'azur, larapassées de gueules. (Courtalon, I, 383.)

365bis. GOBILLON (DE), seigneur de Chaast (c. de Bucey-enOthe). D'...., à .... ; au chef de ,... chargé de trois coquilles d.... (Pierre tombale en l'église de Savières.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 79

366. GOBIN (Jean), chanoine de Saint-Etienne de Troyes,

1701. D'argent, à trois fasces d'azur. (d'Hozier.)

367. GODARD D'AUCOUR, baron de Pla'ncy, vicomte de Semoine,

Semoine, de Longueville, Bertignolles, Chacenay, Chervey, Nogent-en-Othe, Etrelles, Champfleury. De gueules, à cinq fusées d'argent rangées en bande, et accompagnées de deux bars d'or posés en pal. (Saint-Allais.)

368. GODET, seigneur de Saint-Sépulcre (Villacerf).

D'azur, à un chevron d'argent accompagné de trois pommes de pin d'or. (Caumartin.)

369. GODIER, Troyes.

D'azur, à deux rameaux d'or en sautoir, soutenus d'un croissant d'argent; au chef de gueules chargé de trois roses ou quartefeuilles d'or. (B. T., ms. 2601.)

370. GOGUÉ (DE), originaire de Perche, ayant demeuré à

Villenauxe. D'azur, au cygne d'argent; au chef cousu de gueules chargé de trois croix d'or. (Caumartin.)

371. GOMBAULT, Troyes, seigneur de Vermoise (c. de SainteMaure).

SainteMaure). : aux 1 et 4, d'azur, à la tour crénelée d'argent (qui est de Gombault); aux 2 et 3, d'argent au lévrier passant de sable, colleté de gueules. (Chevillard. — Laine.) (Cf. Pierre tombale en l'église de Sainte-Madeleine, à Troyes.)

372. GONDRECOURT (DE), originaire de Champagne (Bassigny),

seigneur de Colombé-la-Fosse. De sable, au lion d'argent armé et Iampassé de gueules. (Caumartin.) — Ne pas confondre ces armoiries avec celles des Gondrecourt de Lorraine.

373. GONZAGUE (DE), duc de Nevers, baron d'Ervy, marquis

d'Isles (-Aumont), seigneur de Maraye-en-Othe.


80 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Fascé d'or et de sable de six pièces. (La Chesnaye.)

374. GORRON (DE), originaire de Normandie, ayant demeuré

à Virey-sous-Bar. D'argent, à la fasce de sable accompagnée de trois trèfles de gueules (Caumartin. — Chevillard), ou de sinople (Saint-Allais).

375. GOUAULT, Troyes.

D'argent, à trois grenades de gueules; à un chef de même chargé de trois roses d'or. (d'Hozier.)

376. GOUJAL (LE) ou LE GOUGAT dit DESMARETS, seigneur

de Luyères, Pâlis, Paisy-Cosdon. D'azur, à une gerbe d'or surmontée d'un soleil de

même et accompagnée de trois croissants d'argent.

(d'Hozier.) Alias : de gueules, à un demi-pal soutenu d'une fasce,

et accompagné en pointe d'un chevron, le tout

d'argent. (B. T. ms. 2601. — Chevillard.)

377. GOUJON (Jean), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un goujon d'argent posé en fasce, accompagné en chef de deux croissants de même et en pointe d'une étoile d'or. (d'Hozier.)

378. GOUREAU-DUMONT, seigneur d'Avirey.

D'or, à l'aigle éployée de sable, becquée etmembrée

de gueules. (Rouget.) 378bis. GOUTHIÈRE (François), procureur en la prévôté de

Brienne. De gueules, à deux losanges d'argent. (Communiqué

par M. Le Clert, d'Epagne, d'après des verrières

des églises de Brienne-le-Château et de PrécySaint-Martin.)

PrécySaint-Martin.)

379. GRANCEY (anciens comtes DE), seigneurs de Chacenay,

Ricey. D'or, au lion d'azur, armé, Iampassé et couronné, de

gueules. (Berry.) Guillaume de Grancey, seigneur de Villy-le-Maréchal,

portait sur son sceau, en 1362, un écusson à un

lion non couronné. (Inv. Nevers.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 81

380. GRAND (LE), originaire de Champagne, seigneur d'Epothémont.

d'Epothémont. à trois fusées d'or posées en fasce (Caumartin), ou 2 et 1 (Chevillard). Le Grand, seigneur de Planfort (c. de Brevonne), était peutêtre de la même famille.

381. GRAND (Louis LE), lieutenant criminel au bailliage de

Troyes, 1697. D'azur, à deux épées d'or posées en sautoir, les pointes en haut, accompagnées en pointe d'une rose de même. (d'Hozier.)

382. GRAND (DE), Bar-sur-Aube et Troyes.

D'azur, à la fasce d'or accompagnée de trois étoiles du même. (Caumartin.)

383. GRANDPRÉ (comte DE), seigneur de Dienville, Coursan.

Burelé d'or et de gueules de dix pièces. (La Chesnaye). Henri V, comte de Grandpré, porte sur son contresceau, en 1213, un écu fascé de huit pièces, et en 1217, un écu burelé de douze pièces. (Douët d'Arcq.)

— GRANGE (DE LA) . Voir Boudier.

384. GRAS DE VAUBERCEY (LE), originaire de Champagne,

seigneur de Vaubercey (c. de Blaincourt), Argentolle. D'azur, à trois roseaux d'or surmontés chacun d'un besant du même ; au chef vairé d'or et d'azur. (Chevillard.— Caumartin). Alias : d'argent, à un pied de trois roseaux au naturel; au chef de gueules chargé de trois besants d'or. (B. T., ms. 2601.) (Cf. vitraux du choeur de Saint-Pantaléon, à Troyes.)

385. GRAS (LE), seigneur de Nuisement.

D'argent, au chevron d'azur accompagné en chef de deux étoiles du même, et en pointe d'une tête de maure de sable tortillée d'argent. (Laine.)

386. GRASSIN, originaire de Sens, seigneur d'Arcis-sur-Aube,


82 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUDE.

Dienville, Gigny (c. de La Rothière), Vauchonvilliers, Saint-Didier (c. de Dosnon). De gueules, à trois lys au naturel.

— GRAVILLE (DE). Voir Malet.

— GREIL (DE). Voir Grey.

387. GRETZ (DU), seigneur du fief du Clauzet, à Vaucogne.

D'or, au chevrùn d'azur accompagné de trois besants de même (Chevillard. — Caumartin) ou : d'azur, au chevron d'or accompagné de trois besants du même. (Laine.)

Nota : Dans le premier cas il faut lire tourteaux, car les besants sont de métal.

388. GREY (DU), seigneur de Marcilly-le-Hayer, Basson (c.

de Marcilly). Peut-être la même famille que la précédente.

389. GRILLARD (Charles), lieutenant en l'Election de Bar-surSeine,

Bar-surSeine, D'azur, à un arc d'or posé en fasce et accompagné de deux lézards de même, rampants, aussi en fasce, celui de la pointe contourné. (d'Hozier.)

390. GRIVEAU, Troyes, seigneur de Souleaux (c. de SaintPouange).

SaintPouange). à trois palmes d'or. (B. T., ms. 2601.)

391. GRUY (DE), originaire de Champagne, seigneur du Magnifouchard.

Magnifouchard. à trois pals d'or; parti : d'azur, à une étoile d'argent soutenue d'un croissant du même; au chef d'or chargé de trois pals de gueules. (Caumartin.)

392. GRUYER (LE), seigneur d'Eclance, Fontaines, Arentières,

Arentières, en partie de Vaudes. De sable, au château sommé de deux tours d'or. (Palliot, Parlement de Bourgogne, p. 296.)

393. GUÉNÉGAUD (DE), marquis de Plancy, seigneur de

Champfleury, Grandville, Longueville. De gueules, au lion d'or. (La Chesnaye.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 83

394. GUENICHON, Bar-sur-Aube, seigneur de Ville-sur-Arce,

Epolhémont, Arentières, Beurville. D'azur, au pont d'argent, maçonné de sable, posé sur une rivière courante d'argent. (d'Hozier.)

395. GUÉRARD (Edme), receveur général des gabelles au département

département Langres, Troyes, 1701. D'argent, à trois cors de chasse de sable. (d'Hozier.) Peut-être est-ce la même famille que celle des Guérard, seigneurs du Chemin (c. de Vaudes) et de la Vacherie (c. de Clérey), et de Brillecourt.

396. GUÉRIN, Troyes.

D'azur, au sautoir engreslé d'or, accompagné de quatre têtes de femmes d'argent, coiffées d'or. (B. T., nu. 2601.)

397. GUÉRIN DES ESSARTS, originaire de Bretagne, seigneur

de Lirey, Chappes. D'or, à trois lionceaux de sable, armés, lampassés et couronnés de gueules. (Caumartin.)

398. GUERRY, Troyes, seigneur d'Avirey-au-Bois (c. d'AvireyLingey),

d'AvireyLingey), De gueules, semé de fers de lance d'or. (B. T.,ms. 2601.)

399. GUICHARD, baron du Vouldy (c. de Troyes), seigneur de

Montsuzain, Voué, Baire (c. de Saint-Parres-lesTertres), Saint-Remy-sous-Barbuise. D'azur, à un oranger arraché d'or, fruité de même, et un lévrier d'argent, accolé de sable, bordé et bouclé d'or, courant devant le fût de l'oranger. (d'Hozier.)

400. GUICHARD DE BEURVILLE, seigneur de Beurville, Longeville.

Longeville. à trois fasces ondées d'argent; au chef aussi d'azur, soutenu d'or, chargé de trois fleurs de lys d'argent étincelantes d'or. (d'Hozier.)

401. GUICHON (Nicolas), receveur de la seigneurie de Romilly-sur-Seine,

Romilly-sur-Seine,


84 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois couronnes d'argent. (d'Hozier.)

402. GUIGNE (DE), originaire de Picardie, seigneur de Blaincourt,

Blaincourt, D'argent, à trois maillets de gueules. (Caumartin.)

403. GUILLAUME DE CHAVAUDON, seigneur de Chavaudon (c.

de Marcilly et Bercenay-le-Hayer), Saint-Mardsen-Othe, Bourdenay, Doches , Sainte-Maure , Droupt-Saint-Bâle, du Ruez (c. de Droupt-SaintBâle), de La Grange-Rouge (c. de Droupt-SainteMarie), et en partie de Blignicourt. D'azur, au chevron d'or accompagné de trois besants du même. (d'Hozier.)

404. GUILLEMIN (Antoine), écuyer, bailli du comté de Brienne,

mort avant 1700. De la même famille que celle des Guillemin, seigneurs de Longsols. (Chevillard.) D'azur, à un lion d'or Iampassé de gueules, chargé de trois molettes de sable. (d'Hozier.) Chevillard supprime les trois molettes.

405. GUMERY (DE), seigneur du Chemin (c. de Vaudes), de

La Vacherie (c. de Clérey), de La Tuilerie (c. de Saint-Parres-les-Vaudes). D'azur, au chevron accompagné en chef de deux étoiles, et en pointe d'une gerbe, le tout d'or. (d'Hozier.)

406. GUYON (Armand-Léon), bailli de Nogent-sur-Seine, seigneur

seigneur Port (c. de Saint-Nicolas), 1698. D'azur à un chevron d'or accompagné de trois couronnes du même. (d'Hozier.)

407. GUYON (Pierre-Simon), président en l'Election de Nogent-sur-Seine,

Nogent-sur-Seine, D'azur, à un coeur d'or percé d'une flèche d'argent périe en bande, la pointe en bas, accompagné de trois couronnes d'or. (d'Hozier.)

408. GYÉ (DE), Troyes.

D'or, semé de trèfles de sable ; au lion du même, armé


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 85

et Iampassé de gueules, brochant sur le tout ; au chef de gueules chargé de trois croissants d'or. (B. T., nu. 2601.)

409. HANGEST (DE), originaire de Picardie, seigneur de Dienville,

Dienville, D'argent, à une croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or. (P. Anselme.)

410. HARANGUIER (DE), seigneur de Villemoiron en partie.

D'azur, à la fasce d'or accompagnée en chef de trois croix de chevalier avec leurs anneaux d'argent, et en pointe de trois fers de dard renversés, aussi d'argent. Alias : de gueules, à la fasce d'or accompagnée en chef de trois croisettes pattées d'argent et de deux besants d'or, et en pointe de trois fers de dard renversés de même. (Arbaumont.)

411. HARCOURT (D'), marquis de Beuvron, baron de Méry.

De gueules, à deux fasces d'or. (P. Anselme.)

412. HARLUS DEVERTILLY (DE), originaire de Valois, seigneur

d'Avon-la-Pèze, des Ormeaux (c. d'Avant-lèsMarcilly. De sable, au lion d'argent, Iampassé et armé de gueules, et couronné d'or. (Caumartin.)

413. HARVILLE DES URSINS (DE), marquis de Traînel, substitué

aux nom et armes des Ursins.

De gueules, à la croix d'argent, chargé de cinq coquilles de sable. (La Chesnaye.)

Pour les armes des Ursins, voir Jouvenel des Ursins.

414. HAUDOUIN (DE), seigneur en partie d'Aulnay et Trouanle-Grand.

Trouanle-Grand. gueules, au chevron d'or accompagné de trois têtes humaines à longs cheveux de sable, les faces contournées à droite, serrées d'un bandeau de même. (Caumartin.)

415. HAULT (DE), Troyes, seigneur de Courcelles, Lignol.

D'azur, au vase d'or rempli de trois lys au naturel. (B. T., ms. 2601.)

416. HAUTEFORT (comte D'), seigneur de la Cour-Saint-Phal


86 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

(c. de Savières), Fontaine-Saint-Georges (Fontaine-les-Grès), Feuges, Chauchigny , Mergey, Riancey (c. de Saint-Lyé). D'or, à trois forces de sable. (P. Anselme).

— HAUTEVILLE (D'). Voir Michaudière.

— HAUTIER. Voir Villemontée.

417. HECTOR DE MARLE DE VERSIGNY, seigneur de BasseFontaine

BasseFontaine de Montaulin), Turgy. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur à trois tours d'or (qui est d'Hector) ; aux 2 et 3, d'argent, à la bande de sable chargée de trois molettes d'argent (qui est de Marie). (Blanchard, Conseillers au Parlement).

418. HÉNIN-LIÉTARD (DE), originaire de Flandre, seigneur de

Blaincourt, Vaubercey (c. de Blaincourt), marquis de Saint-Phal, baron de Dienville. De gueules, à la bande d'or (d'Hozier, Chevillard), brisée en chef d'un lion d'azur. (Saint-Allais).

419. HENNEQUIN, originaire de Flandre, Troyes, un évêque

de Troyes, seigneur de Mâchy, Lantages, Mathaux,

Savières, Blives (c. de Savières,), la Cour-SaintPhal

Cour-SaintPhal de Savières). Branche des seigneurs de Vaubercey (c. de Blaincourt). Branche des seigneurs de Lantages. Branche des seigneurs de Charmont, Fontaine-Luyères,

Fontaine-Luyères, de Chacenay. Branche des seigneurs d'Onjon, en partie de Précy(Notre-Dame

Précy(Notre-Dame Saint-Martin). Vairé d'or et d'azur; au chef de gueules chargé d'un

lion léopardé d'argent. (d'Hozier, reg. V.) Odard Hennequin, évêque de Troyes, écartelait ses

armes de celles de sa mère, Catherine Baillet, qui

sont : d'azur, à la bande d'argent accostée de deux

amphictères ou dragons ailés d'or. (Eglise de Saint-Merry, à Paris, cathédrale de Troyes,

couvent de Saint-Martin-ès-Aires, à Troyes.) Les Hennequin de Vaubercey ont remplacé le lion du

chef par trois aiglons d'argent. (d'Hozier.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 87

420. HENRY, le jeune, marchand à Troyes, 1697.

D'or, à un chevron d'azur, accompagné en pointe d'une ancre de sable ; à un chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

421. HÉRAULT (N.), receveur des tailles en l'Election de

Troyes, 1697. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois soleils du même. (d'Hozier.)

422. HÉRISSON (DE), originaire de Brie, seigneur du Magnifouchard.

Magnifouchard. à trois roses d'argent. (Caumartin.)

423. HÉROULT DE LA CLÔTURE (Laurent), assesseur, élu en

l'Election de Bar-sur-Seine, 1698. De gueules, à un héron d'argent. (d'Hozier.)

424. HEURLES (DE) et DEHEURLES, Troyes.

D'argent, à trois hures de sable. (B. T., ms. 2601.)

425. HÔPITAL (DE L'), comte, puis duc de Rosnay, seigneur

de Chavanges, Donnement, Chassericourt, Arambécourt, Joncreuil, Bailly-le-Franc, Dienville. De gueules, au coq d'argent, crête, membre et becqué d'or, ayant au col un écusson d'azur chargé d'une fleur de lys d'or. (La Chesnaye).— Ne pas confondre ces armes, qui sont celles du maréchal de l'Hôpital, avec celles du chancelier.

426. HOUPROIE (Jean DE LA), chanoine de l'église de Troyes,

1701. De sinople, à trois lions d'argent. (d'Hozier.) 426bis. HUET (Jean), grenier aux bailliage et prévôté de Brienne, 1536. D'azur au chevron d'or chargé de trois besants d'or et accompagné de trois oiseaux du même. (Communication de M. Le Clert, d'Epagne, d'après une verrière de l'église de Brienne-la-Vieille.)

427. HUEY (D'), originaire de Champagne, seigneur de Villemorien,

Villemorien, D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois tourterelles du même. (Caumartin.)


88 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

428. HUEZ, Troyes, seigneur de Vermoise (c. de SainteMaure),

SainteMaure), Char ne (c. de Troyes), Pouilly (idem), des Marots (idem), de Villebarot (c. de Troyes et de La Chapelle-Saint-Luc), Chassoy (aujourd'hui Chassois, c. d'Herbisse).

Claude, conseiller au bailliage et présidial de Troyes, 1697 : D'azur, à un oiseau sur une terrasse accompagné de trois étoiles, le tout d'or. (d'Hozier.)

Henri, seigneur de Vougré, en.partie, 1701, portait les trois étoiles en chef, rangées en fasce. (d'Hozier.) — HUILLIER (L'). Voir Luillier.

429. HUMES DE CHERISEY (Pierre DE), seigneur de SaintParre-aux-Tertres,

SaintParre-aux-Tertres, De sinople, à un lion d'argent, Iampassé et armé de gueules. (d'Hozier.)

430. HUOT, originaire de Champagne, seigneur de Courgerennes

Courgerennes de Bûchères), ayant demeuré à Vaudes. De gueules, à cinq bandes d'or. (Caumartin.) Alias : de gueules, à quatre cotices d'or; au chef de même chargé de trois roses de gueules. (Laine.— Courtalon.) Chevillard donne ces dernières armoiries en ajoutant une cinquième cotice en bande.

431. HUPPROYE (DE LA), Troyes, seigneur d'Aubeterre, Fontaine-Luyères.

Fontaine-Luyères. au chevron d'or, accompagné de trois huppes de même, les deux du chef affrontées. (d'Hozier.)

432. HURE (D') , originaire de Normandie, seigneur d'Eclance.

D'argent, à trois hures de sanglier de sable. (SaintAllais.)

433. HUYARD, Troyes.

D'argent, à trois têtes de faucons au naturel, arrachées; à la bordure engrêlée de gueules. (B. T., ms. 2601.) Voir Corrard.

434. ILLIERS D'ENTRAGUES (D'), seigneur de Gyé-sur-Seine.

D'or, à six annelets de gueules posés 2, 3 et 1. (La Chesnaye.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 89

— ISLE (Notre-Dame en L'), abbaye. Voir Notre-Dame.

— ISLE-ADAM (DE L'). Voir Villiers.

434bis. JACQUET, seigneur de Trouan-Ie-Petit.

D'azur, au chevron d'or chargé de trois coquilles de sable et accompagné de trois besants d'argent. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, p. 528.)

— JACQUINOT. Voir Jaquinot.

435. JACOBÉ, Vitry-le-François, seigneur d'Arambécourt,

Chassericourt, Trannes. D'azur, à un fer de moulin d'argent surmonté d'un lambel d'or et accosté de deux épis de même dont les tiges sont passées en sautoir à la pointe de l'écu. (d'Hozier.)

436. JAILLANT et JAILLANT-DESCHAINETS, Troyes, seigneur de

Neuville-sur-Vanne, Bourgpartie (c. de Neuville). D..., à une fontaine jaillissante d'..., (Armoriai troyen, de M. Jaquot, ms., appartenant à M. le baron de Vendeuvre.)

436bis. JAMYN (Amadis), poète, Chaource.

D'..., à une fasce d'..., chargée d'un lion passant d'..., et accompagnée en chef de trois quin tefeuilles (jasmin?) d'..., et en pointe d'un cygne d' nageant dans une onde d'.... (Soc. Acad., 1859.)

— JANSON. Voir Jeanson.

436ter. JAQUINOT, seigneur de Chavanges, Tanières (c. de Chavanges), Surmont (idem), Joncreuil, Baillyle-Franc. De gueules, à la fasce d'or accompagnée de trois oiseaux (merlettes?) d'argent. (Vaveray, l'Election de Vitry, p. 113.

437. JAUCOURT (ancienne maison de), seigneur du lieu, de

Plancy. De sable, à deux léopards d'or l'un sur l'autre. (Berry.) En ce qui concerne les terres possédées par ceux de

cette famille du nom de Dinteville, voir ce mot.

438. JEANNOL (Nicolas), bailli de Crancey, 1698.


90 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'or, à un chevron d'azur accompagné de trois étoiles de même. (d'Hozier.)

439. JEANSON, seigneur de Saint-Parre-aux-Tertres, BarbereySaint-Sulpice,

BarbereySaint-Sulpice, (c. de Verrières). C'est peut-être la même famille que celle des Geanson. Voir ce mot. — JOIGNY (comtes de). Voir Noyers.

440. JOINVILLE (DE) ancienne maison, seigneur dé Jully-surSarce,

Jully-surSarce, Etrelles. D'azur, à trois broyés d'or mises en fasces : au chef d'argent. (P. Anselme.)

441. JOSSIER, Troyes.

D'azur, à une tour d'argent, maçonné de sable, côtoyée de deux lézards d'or affrontés, la tête renversée (B. T., ms. 2601), et une rose aussi d'or en chef. (Eglise de Saint-Martin-ès-Vignes, à Troyes.)

442. JOURDAIN (Jacques), marchanda Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en pointe d'un croissant d'argent, et un chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

443. JOUVENEL DES URSINS, seigneur de Traînel, Vulaines,

Gumery, Marigny-le-Châtel, Bierne (c. de Villemereuil), Allibaudières, Saint-Sépulcre (Villacerf) et dépendances, comprenant Mergey, Froide-Rive (c. de Mergey), Feuges et Chauchigny. Bandé d'argent et de gueules de six pièces. (P. Anselme.) On trouve aussi un chef d'argent chargé d'une rose de gueules, boutonnée d'or, soutenu du même. (P. Anselme.)

444. JOYEUSE (DE), comte de Grandpré, originaire de Languedoc,

Languedoc, de Mathaux, Lirey, Villery. Paie d'or et d'azur de six pièces, au chef de gueules chargé de trois hydres d'or (qui est de Joyeuse) ; ecartelé : d'azur, au lion d'argent; à la bordure de gueules chargée de huit fleurs de lys d'or (qui est de Saint-Didier). (Caumartin.)

445. JUBERT DU THIL, seigneur foncier de Bourguignons,


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 91

Foolz (c. de Bourguignons), La Chevalière (idem), Magnant. Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à la croix abaissée d'or (qui est de Jubert); aux 2 et 3, d'azur, à cinq fers de lance (ou rocs d'échiquier, suivant La Chesnaye) d'argent, posés 3 et 2. (Chastellux.)

445bis. JULLIOT (Pierre), prévôt de Bailly (c. de Chauffour) et de Marolles, mort en 1687. D'...., au chevron d'.... accompagné en chef, au canton dextre d'une rose d'...., et au canton senestre d'une étoile d'..., et en pointe d'un lion d'.... (Pierre tombale en l'église de Montreuil.)

446. JULLIOT DE LA BURIE, sieur de Rhèges.

D'azur, à la croix denchée d'or. (Chevillard.—Laine.)

— JUVÉNAL ou JUVENEL DES URSINS. Voir Jouvenel.

447. KLOPSTEIN (baron DE), seigneur de Colombé-la-Fosse.

D'or, à une fasce d'azur surmontée de deux lions hissants et affrontés de sable, et accompagnée en pointe de deux dextrochères affrontés de carnation, parés de gueules, tenant chacun un caillou qu'ils frappent et dont il sort de la flamme de gueules. (Courcelles.)

— LA BARGE (DE). Voir Barge.

448. LABBÉ (Jacques), intéressé et directeur des aydes, à

Troyes, 1700. D'or, à un chevron de sable accompagné en pointe

d'un serpent tortillé en pal de même, et un chef

d'azur chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.) Peut-être la même famille que celle des seigneurs de

Précy-Notre-Dame et Chalette.

— LA BRAU (DE). Voir Brau.

— LA BRDTFE (DE) . Voir Briffe.

— LA BROSSE (DE). Voir Brosse.

— LA BURIE (DE) . Voir Julliot.

— LA CHAPELLE (DE). Voir Chapelle et Quinot.

— LA CIIARMOTTE (DE). Voir Chèvre.


92 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

— LA CHASSE (DE). Voir Chasse.

— LA CLÔTURE (DE). Voir Héroult.

— LA COUDRE (DE). Voir Coudre. ■— LA CROIX (DE). Voir Croix.

— LA FERTÉ (DE). Voir Ferté.

— LA FEUILLÉE (DE). Voir Feuillée.

— LAFFERTEY (DE). Voir Ferté.

— LA GARMOISE (DE). Voir Garmoise.

— LAGNON (DE). Voir Lannion.

— LA GRANGE (DE). Voir Grange.

— LA HOUPROIE (DE) . Voir Houproie.

— LA HUPPROIE (DE). Voir Hupproye.

— LAIGLE (DE). Voir Aigle.

— LA MADELEINE (DE). Voir Madeleine.

— LAMETH (DE). Voir Bussy-Lameth.

— LA MICHAUDIÈRE et LA MICHODIÈRE (DE). Voir Michaudière.

Michaudière.

— LA MISSION (Couvent DE). Voir Mission.

— LA MOTTE (DE). Voir Feu, Frizon, Mouchot et Motte.

— LA MOTTE-TILLY (DE). Voir Motte-Tilly.

448bis. LAIGNES (Jean DE), seigneur de Lagesse et en partie de Cussangy. Il portait sur son sceau, en 1456, un écusson à trois fasces. (Inv. Nevers.)

— LAISTRE (DE). Voir Lestre.

449. LANCASTRE (Jean DE), baron de Beaufort (aujourd'hui

Montmorency). Il portait sur son sceau, en 1304, un écu à trois léopards brisés d'une bande. (Douët d'Arcq.)

— LANFERNAT (DE). Voir Lenfernat.

450. LANGLOIS (Jacques), chanoine de l'Eglise de Troves,

1701. D'or, à une bande fuselée de gueules. (d'Hozier.)

451. LANGLOIS (Nicolas, Henry et Jean), marchands à Troyes,

1700.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 93

D'argent, à une fasce de sinople accompagnée en chef de deux roses de gueules, feuillées et tigées de sinople, passées en sautoir, et en pointe d'une croix pattée de gueules accostée de deux étoiles d'azur. (d'Hozier.)

452. LANNION (comte DE), originaire de Bretagne, seigneur

de Laines-aux-Bois, Prugny, Vannes (c. de SainteMaure; . D'argent, à trois merlettes de sable; au chef de gueules chargé de trois quintefeuilles d'argent. (La Chesnaye.)

453. LANNOY (DE), originaire de Flandre, seigneur de Dampierre,

Dampierre, Chaudrey, Piney, Monberault (c. de Piney). D'argent, à trois lionceaux de sinople, armés et lampassés de gueules, et couronnés d'or. (P. Anselme.) On trouve aussi une bordure engreslée (tombeau en l'église de Dampierre), qui devait être une brisure.

454. LANTAGES (DE), originaire de Bourgogne. Bar-sur-Seine,

seigneur de Fuligny, Polisot. De gueules, à la croix d'or (qui est de Lantages) ; ecartelé : d'azur, au fer de moulin d'argent (qui est de Feligny, suivant Arbaumont.) (d'Hozier.) — LA PLACE (DE). Voir Place.

455. LARGENTIER, Troyes, marquis de Chappelaines (Marne),

seigneur de La Loge-Pontblin, Virloup, du Ruez (c. de Droupt-Saint-Bâle), de Chamoy, Vaucemain (c. de Sommeval), Roncenay, Auxon, Vauchassis, Laines-aux-Bois. D'azur, à trois chandeliers d'église d'or. (d'Hozier,) Claude Largentier, abbé de Clairvaux, portait sur son sceau et son contre-sceau, en 1565, un ecartelé : aux 1 et 4, d'un écusson en coeur portant une bande, à l'orle de fleurs de lys; aux 2 et 3, de trois chandeliers accompagnés en chef d'un croissant; sur le tout un écu fretté. (Douët d'Arcq.)


94 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

— LA RIVIÈRE (DE). Voir Rivière.

— LA ROCHEFOUCAULD (DE). Voir Rochefoucauld.

— LA ROÈRE ou La ROUÈRE (DE). Voir Roère.

— LA ROTHIÈRE (DE). Voir Rothière.

456. LARRIVOUR et LA RIVOUR (abbaye DE).

D'argent, à une niche d'azur, bordée d'or, avec des ornements de même, dans laquelle est une NotreDame de carnation, vêtue et couronnée d'or, tenant sur son bras senestre l'Enfant Jésus de carnation, la niche côtoyée de deux branches de rosier de sinople, fleuries de gueules, celle à dextre chargée d'une crosse d'or, et un écusson d'azur brochant par dessus, chargé d'une croix ancrée d'or cantonnée au second d'une fleur de lys de même. (d'Hozier.)

— LA SERRE (DE). Voir Serre.

— LA TRAMERIE (DE). Voir Tramerie.

— LA TRINITÉ (couvent DE). Voir Trinité.

— LAUNAC (DE). Voir Fieubet.

456bis. LAUDES (Edme DE), seigneur de Souleaux (c. de Saint-Pouange). Il portait sur son sceau, en 1397, une bande. (Inv.

Nevers.)

457. LAURENCEAU (Claude), receveur des tailles en l'Election

de Nogent-sur-Seine, et Henry-Léon, greffier du bailliage de Nogent-sur-Seine et de la subdélégation de l'Intendance de Paris audit Nogent, 1698. D'or, à un massacre de cerf de gueules surmonté d'une étoile et accosté en pointe de deux autres étoiles du même. (d'Hozier.)

458. LAURENT, Troyes.

D'azur, à deux barbeaux d'or affrontés et posés en pal. (d'Hozier.) Suivant un procès-verbal du XVIIIe siècle, appartenant à M. de La Rupelle, contenant la description des armoiries qui se voyaient en l'église de Saint-Léger-Iès-Troyes, et suivant le


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 95

plan de Troyes de 1679, les deux barbeaux seraient d'argent et amorcés de tête en queue.

459. LAURENT, Troyes.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en pointe d'une gerbe de même ; au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

— LAUSSERROIS (DE). Voir Lauxerrois.

460. LAUXERROIS (DE), Bar-sur-Seine, seigneur de Chamblain

Chamblain d'Ervy). D'azur, à une tête de léopard d'or, surmontée de deux croissants d'argent, et un chef d'or. (d'Hozier.)

— LA VALLÉE (DE). Voir Pin.

461. LAVAU (Michel DE), contrôleur général de la monnaie

de Troyes, 1700. De sinople, à une montagne de plusieurs coupeaux d'or, accompagnée de trois colombes d'argent, une en chef et deux affrontées aux flancs. (d'Hozier.)

— LAVAUX (DE). Voir Petit.

— LA VRILLIÈRE (DE). Voir Phelyppeaux.

— LE BASCLE. Voir Bascle.

— LEBÉ et LEBEY. Voir Bé.

— LE BÉGAT. Voir Bégat.

— LE BERRUYER. Voir Berruyer.

— LE BLANC Voir Blanc.

— LE BOUCHERAT. Voir Boucherat.

— LE CAMUS. Voir Camus.

— LE CLERC Voir Clerc.

— LE CLERGET. Voir Clerget.

— LE COMPASSEUR. Voir Compasseur.

— LE COURTOIS. Voir Courtois.

— LE DUCHAT. Voir Duchat.

462. LEFEBVRE (Nicolas), docteur en théologie, chanoine de

l'Eglise de Troyes, 1701. De gueules, à trois croix recroisettéesd'or. (d'Hozier.) Voir aussi : Febvre, Fèvre.


96 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AURE.

463. LEFER (François), avocat du Roi, puis conseiller au

bailliage, et prévôt de Troyes. Echiqueté d'argent et d'azur. (Gén. de Mauroy.)

— LEFÈVRE. Voir Febvre, Fèvre et Lefebvre.

464. LEGENDRE, seigneur de Villemorien, Bagneux, Beauvoir;

Beauvoir; partie d'Avirey et Lingey. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles du même et en pointe d'un lévrier courant d'argent colleté de gueules. (Dubuisson.) Rouget donne pour armes à cette famille : fascé d'azur et d'argent; à trois têtes de filles d'argent, échevelées d'or.

— LE GENEVOIS. Voir Genevois.

465. LÉGER, Troyes, peut-être le même que DE LÉGER, seigneur

seigneur Chevillèle (c. de Saint-Germain), SaintPouange et autres lieux. D'azur, à une bande d'or chargée de trois têtes d'oiseaux de sinople, accostée de deux trèfles aussi d'or. (B. T.,ms. 2601.)

— LE GOUJAL. Voir Goujal.

— LEGRAND. Voir Grand.

— LEGRAS. Voir Gras.

466. LEGRIN, Troyes.

D'azur, à deux coquilles d'argent en chef et un croissant de même en pointe; au chef de gueules chargé d'une croix ancrée d'argent accostée de deux roses d'or. (d'Hozier.)

— LE GRUYER. Voir Gruyer. *

467. LÉGUISÉ, Troyes, originaire de Picardie, seigneur de

Villechétif. Un évêque de Troyes. D'azur, à une tête de léopard d'or, posée de face, lampassée- de gueules; à la bordure engrêlée de gueules. (B. T. ms. 2601.) La Chesnaye dit : d'azur, à trois têtes de léopard d'or.

— LE LIEUR. Voir Lieur.

— LE LIÈVRE. Voir Lièvre.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 97

— LEMAHIAT. Voir Mairat.

— LEMAIRE. Voir Maire.

— LE MAISTRE. Voir Maistre.

— LE MARGUENAT. Voir Marguenat.

— LE MARLORLAT. Voir Marlorat.

— LE MÉRAT. Voir Mairat.

— LE MERCIER. Voir Mercier.

— LE MIRE. Voir Mire.

— LE MOINE. Voir Moyne.

— LEMUET. Voir Muet.

468. LENFERNAT (DE), originaire de Brie, suivant La Chesnaye, de Normandie, suivant Saint-Allais, de Bourgogne, suivant Chevillard et Laine; seigneur de Montfey, en partie. D'azur, à trois losanges d'or. (Chevillard. — Arbaumont.

— LENOBLE. Voir Noble.

469 et 470. LENONCOURT (DE), originaire de Lorraine, seigneur de Chacenay, Merrey, Landreville, Loches, Chauffour, Marolles-lès-Bailly, Poligny, Chervey, Bertignolles, Magnant, Beaufort (Montmorency), Soulaines ; de Montaulin pour un tiers, puis de Basse-Fontaine (c. de Montaulin). D'argent, à la croix engrêlée de gueules. (P. Anselme).

— LEPAGE. Voir Page.

— LE PARACLET. Voir Paraclet.

— LE PELÉ et LE PELEY. Voir Peley.

— LE PELETIER DE ROSAMBEAU. Voir Peletier.

— LE PELLETERAT. Voir Peleterat.

— LE PELLETIER. Voir Peletier.

— LE PERRY. Voir Perry.

— LE PETIT DE LAVAUX. Voir Petit.

— LÉPINETTE-LE-MAIRAT. Voir Epinette.

— LE ROBERT. Voir Robert.

— LEROY DE LONGEVILLE. Voir Roy.

T. XMIi. 7


98 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

471. LESCOT, Troyes et Dijon.

D'azur, à trois étoiles d'argent accompagnées en pointe d'un croissant d'or; au chef de gueules chargé d'une burèle chevronnée d'or. (B. T. ms. 2601.)

— LE SEURRE. Voir Seurre.

— LESGUISÉ. Voir Léguisé.

— LE SOUIN. Voir Souin.

472. LESPINASSE (DE), seigneur de Landreville, Chessy, des

Croûtes, de La Forêt (c. de Courtaoult), ayant demeuré à Concise (c. de Bercenay-en-Othe).

D'argent, au pin de sinople posé sur une terrasse du même; au chef de gueules chargé d'une croix d'argent. (Dubuisson.)

Nota. Les armes du chef pourraient bien n'être autre chose que les armes de la religion de Saint-Jeande-Jérusalem, que les membres de l'ordre mettaient au chef de leurs armoiries.

— LE TARTIER ou LE TARTRIER. Voir Tartier.

— LE TELLIER. Voir Tellier.

— LE TEXIER. Voir Texier.

472*". LESTRE (DE), seigneur de Cussangy en partie.

D'argent, à l'orle de huit merlettes de sable. (Généalogie de Saulx, produite devant Caumartin.

473. LÉVESQUE (Denis), chanoine de l'Eglise de Troyes, et

Pierre, greffier en l'Election de Troyes, 1700. D'azur, à un lion d'or Iampassé et armé de gueules, tenant de sa patte dextre une épée d'argent surmontée d'une étoile d'or, le lion accompagné d'une rose de même posée en chef à senestre. (d'Hozier.)

474. LÉVIS (DE), comte de Charlus, seigneur de Soligny-lesEtangs.

Soligny-lesEtangs. à trois chevrons de sable. (P. Anselme.)

— L'HUILLIER. Voir Luillier.

475. LIANDRAS (DE), seigneur de Bouy. (Lequel?)

D'argent, à trois merlettes de sable. (Dubuisson.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 99

476. LIBAUDIÈRES (DE), originaire de Champagne, ayant demeuré

demeuré Ramerupt, seigneur de Rougemont (c. de Vaucogne), Sainte-Thuise (c. de Dommartin-leCoq). D'azur, à trois têtes d'aigle arrachées d'or. (d'Hozier.)

477. LIBORON, Troyes, seigneur de Viâpres-'le-Petit pour

moitié. D'azur, au chevron d'or accompagné de trois gerbes du même. (Chevillard.— Laine.)

478. LIEUR (LE), originaire de Normandie, seigneur de Chaast

Chaast de Bucey-en-Othe), Villecerf, Messon, Errey (c. de Messon), en partie de Ville-sur-Arce. D'or, à la croix denchée partie d'argent et de gueules, cantonnée de quatre têtes de léopards (ou de femmes, suivant Saint-Allais), d'azur, lampassées de gueules.. (d'Hozier.)

479. LIÈVRE (LE), seigneur des Fossés (peut-être les Fosses,

c. de Saint-Usage), en partie de Ville-sur-Arce. De sinople, à un lièvre courant d'or. (d'Hozier.)

480. LIGOT (DE), originaire de Touraine, seigneur de Fuligny,

du Petit-Mesnil, Chaumesnil; ayant demeuré à La Chaise. D'azur, à deux chevrons d'or, accompagnés de trois trèfles d'argent. (Caumartin.)

481. LEVAGE (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Nozay. De gueules, au sautoir engrêlé d'or cantonné de quatre fleurs de lys du même. (d'Hozier). — LION. Voir Lyon.

482. LOCCART, originaire d'Ecosse, seigneur de Trancault;

ayant demeuré à Charmoy. De sable, à deux éperons d'argent l'un sur l'autre, le second contourné (Caumartin), ou mieux : contreposé (Laine).

483. LOMBARD (N.), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1701.

De gueules, à un sautoir d'argent. (d'Hozier.)

484. LOMÉNIE (DE), comte de Brienne, seigneur de Brienne-


100 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

la-Vieille, Saint-Léger-sous-Brienne, Pougy, Chaudrey, Ville-sur-Terre, Dienville, Petit-Mesnil, Chaumesnil, Unienville, Radonvilliers, Lesmont, Précy-Saint-Martin et Notre-Dame, Maizières, Valentigny, Champigny, Morvilliers, Isle-sousRamerupt, Magnicourt, etc. D'or, à l'arbre de sinople sur un tourteau de sable ; au chef d'azur chargé de trois losanges d'argent. (P. Anselme.)

— LONGEAUX (DE) . Voir Longueau.

485. LONGEVILLE (DE), seigneur de Viâpres-le-Petit.

D'azur, à deux chaînes d'or en sautoir; au centre un écusson de gueules chargé de deux fasces d'or. (Laine.)

486. LONGEVILLE OU LONGUEVTLLE DE VILLE-SUR-ARCE (DE),

seigneur de Ville-sur-Arce. D'argent, à l'aigle de sable. (Arbaumont.)

487. LONGUEAU (DE) , originaire de Gâtinais, seigneur de

Saint-Benoît-sur-Vanne. D'azur, fretté d'argent. (d'Hozier.)

488. LONGUEIL (DE), originaire de Normandie, seigneur de

Trouan-le-Petit. D'azur, à trois roses d'argent; au chef d'or chargé de trois roses de gueules. (La Chesnaye.)

— LONGUEVILLE (DE). Voir Longeville, Roy.

489. LORMEAU (DE), seigneur de Falourdet (c. de Longsols),

Magnicourt. D'azur, à une aigle d'argent becquée et onglée d'or, et un bâton alaise de même, péri en bande, brochant sur l'aigle, accompagné d'une étoile aussi d'or posée au premier canton. (d'Hozier.)

490. LORRAINE (DE) , maison souveraine. Duc d'Elbeuf, prince

de Commercy, seigneur de Rosnay, Dienville, Courcelle, Lesmont, Chassericourt. Un évêque de Troyes, connu ensuite sous le nom de : Cardinal de Guise.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 101

D'or, à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent dans le sens de la bande.

491. LOUVEMONT (DE), seigneur de Cervet (c. de Saint-Légerlès-Troyes),

Saint-Légerlès-Troyes), (c. de Saint-Parre-les-Tertres), Laines-Bourreuses (Rosières), Briel. De sable, à trois châteaux (ou tours crénelées) d'argent maçonnés de sable ; au chef d'argent chargé d'un lion hissant de gueules. (Tab. gén. des Marisy).

— Louvois (DE). Voir Tellier.

492. LOYNES (DE), Troyes, seigneur de La Rivière-de-Corps.

Coupé : de gueules, à une fasce appointée d'or et d'azur de six pièces et accostée de deux vivres (ou bisses) d'argent en fasce; d'azur, à sept besants d'or posés 4 et 3. (La Chesnaye.)

493. LUDOT, Troyes, seigneur de Chevillèle (c. de SaintGermain),

SaintGermain), la Forge-Volcon (c. d'Estissac). D'azur, à trois glands d'or tiges et feuilles de même ; au chef d'or chargé de trois roses de gueules pointées de sinople. (d'Hozier.)

494. LUILLIER, seigneur de Saint-Mesmin, Courlanges (c. de

Saint-Mesmin), Villebertin (c. deMoussey). D'azur, à trois coquilles d'or. (Caumartin.) Eustache Luillier, seigneur de Boulancourt et de SaintMesmin, reçu président en la Chambre des comptes de Paris, le 16 décembre 1549, brisait ses armoiries d'un lion d'or placé au coeur de l'écu. (Duleau, d'après un jeton de cuivre, Revue nobiliaire, tom II.)

— LUSACE(DE). Voir Saxe.

495. LUXEMBOURG (DE), maison souveraine, comte de Brienne,

duc de Piney, baron dé Ramerupt, seigneur de Pougy, Vendeuvre, Aubigny, Avon-la-Pèze, Bouy, Magnicourt, Onjon, Rosson (c. de Doches), Vinets, Vaupoisson, etc. D'argent, au lion de gueules, à la queue fourchée, couronné d'or. (A. Du Chesne, Hist. de la mai-


102 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

son de Luxembourg). Suivant La Chesnaye, les Luxembourg, comtes de Brienne, écartelaient : de gueules, à une comète à seize rais d'argent, qui est de Baux.

496. LYON (Nicolas), maire perpétuel de la ville de Troyes,

procureur du roi en la prévôté de cette ville, 1697. D'azur, à un lion rampant d'or surmonté de deux étoiles du même. (d'Hozier.)

496bis. MADEIL (DE), seigneur de Bucey-en-Othe.

D'or, au lion d'..., accompagné de six coquilles de sable, 3 en chef et 3 en pointe, posées en fasce. (A. A., 1858, p. 39.)

497. MADELEINE-RAGNY (DE LA), originaire de Charollais, seigneur

seigneur Villiers-Ie-Bois, Etourvy, Cussangy, des Granges (c. de Cussangy). Ecartelé : au premier, d'hermine, à trois bandes de gueules, celle du milieu chargée de cinq coquilles d'or, et les deux autres de trois (qui est de la Madeleine) ; au 2, d'or, à la croix ancrée de gueules (qui est de Damas) ; au 3, de gueules, à trois bandes d'argent (qui est de Cluny) : au 4, bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules (qui est de Bourgogne ancien). (La Chesnaye.)

498. MAILLART (DE), originaire de Liège, seigneur de Landreville.

Landreville. à l'écusson d'argent sommé d'un lion hissant du même. (Caumartin.)

499. MAILLET (Antoine), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un chevron surmonté d'une étoile, accompagné en chef de deux chandeliers d'église, et en pointe d'un maillet, le tout d'or. (d'Hozier.)

On trouve ces armoiries sans le chevron qui doit être une brisure. (Plan de Troyes, de 1679.)

500. MAILLET (Jérôme), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un chevron d'or surmonté d'un croissant d'argent, et accompagné en chef de deux maillets


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 103

d'or, et en pointe d'un chandelier d'argent. (d'Hozier.)

501. MAUAET, Troyes.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et en pointe d'un maillet d'or. (B.T.ms. 2601.)

502. MAILLET DE BATILLY, Troyes, seigneur de Batilly (c. de

Villy-le-Bois).

D'azur, à trois maillets mal ordonnés d'or, surmontés d'un croissant d'argent. (d'Hozier).

503. MAILLET (Claude), officier de la maison du roi, à Troyes,

1701. De gueules à six billettes d'or posées 3, 2 et 1. (d'Hozier.)

— MAINVILLE (DE). Voir Mommerel.

504. MAIRAT (LE), Troyes, Seigneur de Droupt-Saint-Bâle,

Barberey-Saint-Sulpice, Lavau, La Vallotte (c. de Lavau), Culoison (c. de Sainte-Maure), Trancault, Charmesseaux (c. de Trancault), Bourdenay, Charmoy. D'or, au chevron d'azur accompagné de trois têtes de paon du même. (Mlle Denys, Armoriai de la Chambre des comptes.)

505. MADJE (Nicolas LE), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un rocher d'or sur la pointe duquel est perchée une pie au naturel, accostée de deux étoiles d'or. (d'Hozier.)

— MAISIÈRES (DE). Voir Maizières.

506. Maistre (Le), Troyes.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois besants d'argent. (B. T. ms. 2601).

507. MAIZHÎRES (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Charmont, Fontaine-Luyères, Véricourt, Vernonvilliers, Frenoy, La Motte (fief sis à Aulnay) ; ayant demeuré à Jasseine. De gueules, au chef d'argent chargé de trois losanges du premier. (Caumartin.)


104 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Alias : de gueules, à trois losanges d'argent; à un chef de même. (d'Hozier. — Généalogie produite devant Caumartin. — Chevillard.) 507bis. MALET DE GRAVILLE (Louis), amiral de France, seigneur de Beaufort (Montmorency) et Soulaines.

De gueules, à trois fermeaux ou boucles d'or. (P. Anselme.)

508. MALIER DU HOUSSAY (François), évêque de Troyes.

D'argent, à une fasce d'azur accompagnée de trois roses de gueules. (Caumartin, qui écrit : Mallier.)

509. MALLEROIS (DE), Georges, chanoine en l'Eglise de Troyes,

1697, et Jean-Baptiste, président en l'Election de Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois tourterelles d'argent couronnées d'or. (d'Hozier).

— MALLEROYE (DE). Voir Mallerois.

— MALLIER. Voir Malier.

510. MANDAT (DE), seigneur de Mathaux.

D'azur, au lion d'or; au chef d'argent chargé d'une hure de sanglier de sable accompagnée de deux roses de gueules. (Dubuisson.)

511. MANDONNET, Troyes.

De sinople, à l'ancre d'or accompagnée en chef de deux étoiles du même. (A. A. 1858.)

512. MANTON (Oudart), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. De gueules, à un taureau passant d'or. (d'Hozier.)

— MANTOUE (duc DE). Voir Gonzague.

513. MARCHAND DE ÇHRISTON D'AUZON, seigneur d'Auzon,

Saint-Léger-sous-Margerie, Montaulin. De sable, au lion d'argent Iampassé et couronné d'or tenant de la patte dextre une hache d'argent (Caumartin) ; aliàs : .... tenant de ses deux pattes (d'Hozier. — Chevillard) une croix haussée d'argent. (d'Hozier.) 513bis. MARCILLY-LE-HAYER (Geoffroy DE), seigneur en partie dudit Marcilly.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 105

Il portait sur son sceau, en 1330, un écusson burelé et trois lionceaux sur le tout. (Inv. Nevers.)

514. MARE (N.), avocat du Roi à Bar-sur-Seine, 1703.

D'argent, à une mer de sinople mouvante de la pointe. (d'Hozier.)

515. MARET, Troyes.

D'azur, au chevron d'argent accompagné en chef de deux roues endentées d'or, et en pointe d'une ancre d'argent. (B. T., ms. 2601.)

516. MARGUENAT et LE MARGUENAT, Troyes, seigneur de

Saint-Parre-lès-Vaudes pour moitié, de Villemoiron en partie, Vaubercey (c. de Blaincourt), Prugny, Laubressel. D'azur, à trois bandes d'or ; au chef d'or chargé de trois roses de gueules. (Caumartin.)

517. MARISY (DE), Troyes, seigneur de Charley(c. de SainteMaure),

SainteMaure), Valentigny, Champigny, Racines, Bligny, Bavon (c. de Bligny), Cervet (c. de Saint-Léger-lès-Troyes), La Viéville (idem), de Bréviande pour moitié, des Hayes-à-la-Demoiselle (c. de Maizières), de Machy, Bouy-sur-Orvin, pour un quart de Blignicourt. D'azur, à six mâcles d'or posés 3, 2 et 1. (d'Hozier.) — MARLE (DE). Voir Hector.

518. MARLORAT (Pierre LE), chanoine de la chapelle royale

de Saint-Georges, à Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à une croix recroisettée d'or. (d'Hozier.)

519. MAROIS (Claude), lieutenant criminel en l'élection de

Nogent-sur-Seine, 1698. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef d'un soleil à dextre et d'une étoile à senestre de même, et en pointe d'une rose d'argent. (d'Hozier.)

520. MAROLLES (DE), seigneur de Coclois, Chardonnet, Ortillon.

Ortillon. â une croix de gueules ; à une bQrdure engrêlée du second. (A. A. 1858.)


106 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

521. MASSÉ (Nicolas), chanoine de la chapelle de Notre-Dame

en l'Eglise de Troyes, 1701. D'argent, à une croix engrêlée de sable. (d'Hozier.)

522. MASSÉ (Etienne), lieutenant des Eaux-et-Forêts de la

maîtrise de Nogent-sur-Seine, 1700. D'argent, à une bordure componée d'or et de sable. (d'Hozier.)

523. MASSON (Nicolas), bailli du comté de Brienne; Nicolas,

contrôleur au grenier à sel de Bar-sur-Aube; Jacques, bailli et gruyer du comté de Brienne, assesseur en l'hôtel de ville de Chaumont, et grènetier garde des sceaux au grenier à sel de Montmorency, 1700. De sinople, à un chevron d'argent, surmonté d'une croix du même, accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une tour de même. (d'Hozier.)

524. MASSUES (Alexandre DES), écuyer à Nogent-sur-Seine,

1698. D'azur, à trois massues d'or posées en pal, 2 et 1. (d'Hozier.)

525. MATAGRIN (Antoine et Claude), marchands à Troyes,

1701. D'or, à une fasce de sable chargée de trois montagnes d'or. (d'Hozier.)

526. MATHURINS DE BAR-SUR-SEINE.

De gueules (sic) à une croix pattée, le montant d'azur et la traverse de gueules. (d'Hozier.)

527. MAUBEUGE (DE), originaire de Picardie, seigneur de

Fuligny. Vairé d'or et de gueules. (Caumartin.)

528. MAUCLERC (Etienne), sieur de l'Epine, à Nogent-surSeine,

Nogent-surSeine, D'azur à une fasce d'or accompagnée de trois trèfles

de même, deux en chef et un en pointe. (d'Hozier.) Félix Mauclerc, lieutenant général au bailliage de

Nogent-sur-Seine (1699) portait dans ses armes


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 107

une bande au lieu d'une fasce. (d'Hozier.) Peutêtre y a-t-il ici erreur.

529. MAUGENET, Troyes.

D'azur, au chevron alaise d'or. (B. T., ms. 2601.)

530. MAUJON (DE), originaire de Champagne, seigneur de

La Rothière, Batilly (c. de Villy-le-Bois). D'argent, à trois merlettes de sable. (d'Hozier.)

531. MAULET (N.), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1701.

D'azur, à trois tours d'argent. (d'Hozier.)

532. MAUROY et DE MAUROY, originaire d'Artois, Troyes,

seigneur de Colaverdey (Charmont), Montsuzain, Saint-Etienne-sous - Barbuise, Fontaine-Luyères, Courcelles (c. de Saint-Germain), Nozay, de Villemoyenne pour un cinquième.

Branche des seigneurs de Verrières, Saint-Martin (c. de Verrières), Plivôt, Batilly (c. de Villy-leBois).

D'azur, à trois couronnes d'or.

La branche des seigneurs de Verrières ajouta un chevron d'or et une coquille d'argent en pointe, audessous de la troisième couronne. (d'Hozier.)

Une autre branche, également établie en la ville de Troyes, remplaça la coquille des seigneurs de Verrières par un trèfle d'argent. (B. T.,ms. 2601.)

533. MÉDICIS (Julien DE), seigneur de Nogent et Pont-surSeine.

Pont-surSeine. à cinq tourteaux de gueules, 2, 2 et 1, et un tourteau d'azur mis en chef, chargé de trois fleurs de lys d'or. (P. Anselme.)

534. MELLO (DE), seigneur de Chacenay, Sainte-Parisse

(c. de Chacenay), Chauffour, Bligny, Vendeuvre.

D'or, à deux fasces de gueules et un orle de neuf

merlettes du même posées 4, 2 et 3. (P. Anselme.)

535. MELUN (vicomte DE), seigneur de Chacenay, Sommefontaine-Saint-Lupien.

Sommefontaine-Saint-Lupien. à sept besants d'or posés 3, 3 et 1., (La Chesnaye.)


108 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

536. MENESTBJER DE LIBOIS (Jacques-François), notaire royal

et procureur aux juridictions royales de Bar-surSeine, 1698. D'or, à trois croix jointes ensemble de gueules; coupé, d'azur, à un dragon d'or sur un mont ou tertre d'argent. (d'Hozier.)

537. MENGIN-SALABERT (DE), seigneur de La Planche (c. de

Saint-Léger-lès-Troyes). D'azur, à une fasce d'or ; au griffon naissant de même en chef. (La Chesnaye.)

538. MENISSON et DE MENISSON, Troyes, seigneur de SaintPouange,

SaintPouange, Charley (c. de SainteMaure), Vauchonvilliers, Chassoy (auj. Chassois, c. d'Herbisse), Saint-Aventin (c. de Verrières), Doches. D'or, à une croix ancrée de sable. (d'Hozier.) On trouve la croix chargée en abîme d'un croissant d'argent.

—■ MENONVILLE (DE). Voir Vaverey.

— MÉRAT. Voir Mairat.

539. MERCIER (LE), Troyes, seigneur de Saint-Parre-auxTertres,

Saint-Parre-auxTertres, La Renouillière (c. de Saint-Julien), de Baire (c. de Saint-Parre-aux-Tertres). D'or, à trois aiglons de sable. (Tab. gén. des Marisy.) On trouve aussi une étoile de gueules en chef. (B. T., ms. 2601.) Ce doit être une brisure.

540. MERGEY (DE), seigneur de Vendeuvre, des Forges

(c. de Vendeuvre), Urville, Bayel-sur-Aube. D'azur, à une croix potencée d'or cantonnée de quatre croisettes pommetées ou besantées du même. (Laine.)

541. MÉRILLE, Troyes.

D'azur, à trois .... (oiseaux) d'or. (B. T., ms. 2601.)

542. MERLOUD (Antoine DE), seigneur de Ville-au-Bois en

partie, 1701. D'azur, à deux aigles affrontées s'essorant sur un


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 109

rocher d'or, mouvant de la pointe, et surmontées d'un soleil de même. (d'Hozier.)

543. MERTRUS (DE), originaire de Champagne, seigneur de

La Ville-aux-Bois, Saint-Léger-sous-Margerie, Eclance, Romaine, Jessaint. D'azur, au lion d'or. (d'Hozier.)

544. MESGRIGNY (DE), originaire de Troyes, vicomte héréditaire

héréditaire Troyes, seigneur de Mesgrigny, La Logeaux-Chèvres,

Logeaux-Chèvres, des Grandes et Petites-Epoisses

(c. de Vendeuvre), baron de Poussey (c. de Maizières-la-Grande-Paroisse),

Maizières-la-Grande-Paroisse), puis marquis

de La Villeneuve-Mesgrigny (Villéneuve-au-Chêne)

et de Vendeuvre. Branche des seigneurs de Villebertin (c. de Moussey),

Moussey, Marcilly-le-Hayer, Saint-Pouange, Souleaux

Souleaux de Saint-Pouange). Autre branche des seigneurs de Saint-Pouange, Souleaux

Souleaux de Saint-Pouange), Basse-Fontaine (c. de

Montaulin). Branche des seigneurs de Savoye-Villebertin (c. de

Moussey), Briel. D'argent, au lion de sable. (d'Hozier.)m On trouve ces armes écartelées et parties de celles des

Cochot qui sont : de gueules, à une bande d'argent

soutenant un oiseau d'or.

545. MESNIL (DU), seigneur du lieu, du Petit-Mesnil, Chaumesnil,

Chaumesnil, Engente, Unienville, Marcilly-le-Hayer. D'argent, à trois bandes d'azur. (d'Hozier.)

546. MESNIL (DU), sieur du Petit-Mesnil.

De gueules, à trois colonnes d'or posées en pal. (Caumartin.)

547. MICHAUDIÈRE (DE LA), comte d'Hauteville, seigneur de

Roncenay, Villy-le-Bois, Villy-le-Maréchal. De sable, à une fasce d'or chargée d'un lévrier courant de sable colleté de gueules. (Dubuisson.)

548. MICHELIN (Joseph), lieutenant particulier auxEaux-et-


110 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Forêts de Troyes, et Nicolas, conseiller en l'échevinage de l'hôtel de ville de Troyes, 1697; Edmond, chanoine de Saint-Etienne de Troyes, 1700.

D'azur, à une tête de Léopard d'or lampassée de gueules ; à un chef du même chargée d'une croix pattée d'argent accostée de deux coquilles du même. (d'Hozier.)

Les mêmes armes, sauf la croix du chef, sont attribuées à Edmond Michelin l'aîné et à Edmond Michelin le jeune, conseillers au bailliage et présidial de Troyes, 1700. (d'Hozier.)

549. MICHELIN (Jean), écuyer, sieur du Val, officier de la maison

maison Roi, à Troyes, 1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux coquilles d'argent et en pointe d'une tête de léopard d'or. (d'Hozier.)

— MICHODIÈRE (DE LA). Voir Michaudière.

550. MIGNARD, Troyes.

D'azur, au lion d'argent, au chef de gueules chargé de trois trèfles d'argent. (Portrait de Pierre Mignard, gravé par Edelinck.)

551. MILLOT, Troyes.

De gueules, au chevron d'or accompagné de trois têtes de cerf du même. (B. T., ms. 2601.)

— MILOT. Voir Millot.

552. MINETTE (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Viâpres, Romaine.

D'or, fretté de gueules, au lion du même dans le premier losange du chef. (d'Hozier.)

Chevillard et la généalogie produite devant Caumartin, disent : D'or, fretté de gueules, à la losange d'or chargée d'un lion de gueules. Enfin, Caumartin, dans son procès-verbal de 1674, donne la description suivante : D'or, au lion de gueules vestu de fretté de mesme.

553. MIRE (LE), originaire de Bourgogne, seigneur du Plessis-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 111

Puiseaux (c. d'Eaux-Puiseaux), ayant demeuré à Champignolle. D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois pommes de pin d'or. (d'Hozier.)

554. MISSION (couvent de la), à Troyes.

D'azur, à un nom de Jésus d'or. .(d'Hozier.) — MOINE(LE). Voir Moyne.

555. MOLE, Troyes, seigneur de Villy-le-Maréchal, Villemereuil,

Villemereuil, (c. de Villemereuil), Roncenay, Montabert (c. de Montaulin), Brantigny (c. de Piney).

Branche des seigneurs de Jusanvigny.

De gueules à deux étoiles d'or en chef et un croissant d'argent en pointe. (d'Hozier.)

La branche des seigneurs de Jusanvigny, et celle de Champlatreux qui en est issue, ajoutèrent un chevron d'or, comme brisure, et écartelèrent des armes des Mesgrigny pour rappeler leur alliance avec cette famille.

556. MOLET (Gaston-Jean-Baptiste), écuyer, procureur du roi

au bailliage, présidial et autresjuridictions royales de Troyes, 1697. Ecartelé : au 1, d'argent, à un lion à queue de renard et contourné de gueules, tenant de sa patte dextre une hallebarde en pal de même, et de sa gauche un rameau d'olivier de sinople, et senestre d'un coq chantant de sable; au 2, d'or, à un pont de gueules maçonné de sable sur une rivière d'azur, supportant une tour aussi- de gueules adextrée d'une montagne d'azur, l'une et l'autre enflammée de gueules ; au 3, de gueules, à un senestrochère habillé et ganté d'un gant de fauconnier d'argent mouvant du flanc et portant un épervier d'or longé et accolé d'azur ; au 4, d'azur, à un chai' de triomphe sur lequel est posé une aigle s'essorant de sable, qui regarde un soleil d'or mouvant du canton dextre, et sur le derrière du char sont plantés deux guidons de gueules dont


112 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

l'un est chargé d'un éléphant d'or, et l'autre d'une croix d'argent. (d'Hozier.)

557. MOLESME (abbaye de) (Côte-d'or), seigneur de Rumillyles-Vaudes,

Rumillyles-Vaudes, D'azur, à deux crosses d'or en sautoir, et un écusson d'azur brochant sur le tout, chargé de trois fleurs de lys d'or, 2 et 1, et accompagné en chef et en pointe, de deux églises d'argent, et aux flancs, de deux mitres d'or doublées de gueules. (Communication de M. Max. Quantin.)

558. MOMMEREL (DE), marquis de Mainville, originaire de

Béarn, seigneur de Villeneuve-au-Châtelot, Périgny-la-Rose, Marigny-le-Châtel, Echemines, Faux (c. de Faux-Villecerf), Ocey-les-Trois-Maisons, Prunay-le-Sec, Saint-Flavit, Saint-Loup-de-Buffigny, Basson (c. de Marcilly-le-Hayer), Cornillon (idem). De gueules, à un chevron d'argent chargé d'un lion de sable et accompagné de trois harpes d'or posées 2 et 1. (La Chesnaye. Cachet de cire rouge, arch. départ., carton E 55 provisoire.)

558bis. MONCEAUX (DE), seigneur de Villemoyenne, Courgerennes (c. de Bûchères). De gueules, à une fasce d'argent accompagnée de six annelets d'or. (Généalogie de la famille de Mertrus produite devant Caumartin.)

559. MONCEAU (DU), originaire de Champagne, seigneur de

Cussangy. D'azur, à un chevron d'argent accompagné de trois étoiles du même. (Caumartin.)

560. MONCRIF (DE), originaire d'Ecosse, seigneur de BouyLuxembourg

BouyLuxembourg Fuligny en partie. D'or, au lion de gueules, armé et Iampassé d'azur ; au chef d'hermine. (d'Hozier.) 560*". MONGIN (Edme), de l'Académie française, natif de Baroville, évêque de Bazas. D'azur, à trois épis de blé d'...., au chef d'or chargé


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 113

de trois étoiles d'argent (sic). (Portrait gravé par Petit.) 560Ur. MONNOT (François), dit Greslé, marchand charbonnier à Troyes, 1675.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef, au premier canton, d'une croisette d'argent, au second canton et en pointe, de deux roses tigées et feuillées d'or. (Vitrail à Saint-Pantaléon de Troyes.) 561. MONTANGON (DE) originaire de Champagne, seigieur de Montangon, Crespy, Jusanvigny, Dienville, Epagne, Chassericourt.

Gironné d'or et d'azur de six pièces. (d'Hozier.)

562. MONTBÉLIARD (DE), seigneur de Lantages, en partie

d'Avirey-le-Bois (c. d'Avirey-Lingey) ; Chalette, pour un quart, Humesnil (c. de Jusanvigny). De gueules, à la croix ancrée d'or. (Histoire de la maison des Salles, Nancy, 1716, in-4°.)

— MONTBRUN (DE). Voir Dupuis.

— MONTCRIF (DE). Voir Moncrif.

563. MONTIER-LA-CELLE (abbaye de), seigneur de SaintLéger-lès-Troyes.

SaintLéger-lès-Troyes. gueules, à une crosse d'or accostée de deux clefs d'argent adossées et brochantes sur un chef d'azur chargé de deux fleurs de lys d'or. (d'Hozier.)

564. MONTIÉRAMEY (abbaye de), seigneur du lieu, de Courterangé,

Courterangé, Chaource, Pargues, Piney, Saint-Martin-ès-Vignes (c. de Troyes), Montreuil, Villyen-Trodes. D'azur, à une épée d'argent à dextre et une clef de même à senestre, et une fleur de lys d'or posée en chef. (d'Hozier.)

— MONTIGNY (DE). Voir Deu.

— MONTMAUR (marquis de). Voir Rémond.

565. MONTMEAU (Jean DE), marchand à Troyes, 1C97.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de ti ois glandes tigées et feuillées du même. (d'Hozier.)

t. XL1II. 8


114 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

566. MONTMORENCY (DE), seigneur de Chennegy, Saint-Liébault

Saint-Liébault Thuisy (c. d'Estissac), DierreySaint-Pierre, Dierrey-Saint-Julien, Moirey (c. de Dierrey-Saint-Julien), Villemuiron, en partie. D'or, à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur. (Berry.)

567. MONTMORENCY-LUXEMBOURG (DE), duc de Piney, de Montmorency

Montmorency Beaufort), baron de Ramerupt, seigneur de Jaucourt, Longpré, Onjon, Proverville, du Puits, de la paroisse de Hampigny, de La Rothière, du Petit-Mesnil, Isle-sous-Ramerupt, Rosson (c. de Doches), Rouilly-Sacey, Villehardouin, Arembécourt. D'or, à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur (qui est de Montmorency), la croix chargée en coeur d'un écusson d'argent au lion de gueules, la queue fourchée et passée en sautoir, armé, Iampassé et couronné d'or (qui est de Luxembourg) . (Saint-A liais. )

— MONTMORT (marquis DE). Voir Rémond.

— MONTSERON (DE). Voir Mosseron.

— MONTSERVE (DE). Voir Andry.

568. MOREL (Pierre), marchand à Troyes, 1700.

D'argent, à un chevron d'azur potence et contrepotencé d'or, accompagné de trois têtes de Maures de sable, bandées d'argent. (d'Hozier.)

569. MOREL DE VINDÉ, seigneur de Barbuise.

De gueules, à trois têtes d'aigles d'or, posées 2 et 1 ; au chef d'argent chargé d'une aigle éployée de sable. (La Chesnaye.)

570. MORES (abbaye de) (c. de Celles).

D'argent, à trois têtes de Maures de sable, tortillées d'argent. (Rouget. — Chartes de l'abbaye de Mores, par M. l'abbé Lalore.) Dom Guyton a constaté, au XVIII 6 siècle, que les armes de cette abbaye, figurant au-dessus de la porte d'entrée,


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 115

consistaient également en trois têtes de Maures. (Revue de Champagne et Brie, t. IV, p. 438.) Alias : D'argent, à une tête de Maure de sable posée de profil. (d'Hozier, 7 septembre 1703.) Voir Villemaur.

571. MORNAY (DE), originaire de Berry, seigneur de Traînel

et La Motte-Tilly. Fascelé d'argent et de gueules de huit pièces; au lion marné de sable brochant sur le tout. (La Chesnaye.)

— MORVILLE (DE). Voir Fleuriau.

572. MOSSERON (DE), originaire de Brie, seigneur de Fuligny,

Montier-en-l'Ile, Amboise (c. de La Chaise), Chaumesnil. D'argent, à une fasce accompagnée en chef de trois trèfles posés en fasce, et en pointe de cinq ancres posés en sautoir (ou en fasce, suiv. Chevillard), le tout de sable. (d'Hozier.)

573. MOTET (Victor-Armand), bailli de Pont-sur-Seine,

1699. D'argent, à un chevron de gueules accompagné en chef de trois barillets de sable joints ensemble, à dextre, et d'une colombe d'azur à senestre, surmontés d'une grenade de même, et en pointe d'un chariot d'artillerie ardent de gueules. (d'Hozier.)

574. MOTTE (DE LA), originaire de Champagne, seigneur de

Braux-le-Comte, Arrentières, Crépy, Engente; ayant demeuré à Aulnay. D'azur, à un bâton noueux d'or posé en bande (d'Hozier), accompagné au 2° quartier d'une étoile aussi d'or. (Chevillard.)

— MOTTE (DE LA). Voir Feu, Frizon, Mouchot.

575. MOTTE-TILLY (Jean DE LA), portait sur son sceau, en

1261, un parti : d'une croix cantonnée de quatre coquilles, et d'un plein. (Douët d'Arcj.)

576. MOUCHOT DE LA MOTTE, Troyes, seigneur de La Rivièrede-Corps

Rivièrede-Corps autres lieux.


116 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBB.

D'azur, à un sabre d'argent posé en barre ; et un chef de gueules chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

577. MOUCHOTTE (Antoine), notaire royal et procureur au

bailliage de Bar-sur-Seirie, 1698. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois mouches du même. (d'Hozier.)

578. MOUSTIER (DE), Chaource, seigneur de Chesley, Fontaine

Fontaine Cussangy en partie. C'est peut-être à cette famille qu'il faut attribuer les

armes de Jean de Moustier, capitaine de Bar-surAube,

Bar-surAube, sur sa tombe en l'église de SaintMaclou

SaintMaclou cette ville : D'...., à trois tours d'

579. MOUTON (Edme), docteur en médecine, médecin du

Roi, à Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à deux épées en sautoir, les pointes en bas, accompagnées d'un croissant en pointe et d'une étoile en chef, le tout d'or. (d'Hozier.)

580. MOYNE (Anne LE), femme de Louis Courtois, écuyer,

lieutenant particulier au bailliage et présidial de Troyes, 1709. D'argent, à un moineau de gueules. (d'Hozier.)

581. MUET (LE), Troyes, seigneur de Pâlis, Vaubercey (c. de

Blaincourt), Pouilly (c. de Troyes), Brantigny (c. de Piney). De gueules, à une licorne assise d'argent, accompagnée de trois étoiles d'or, deux en chef et une en pointe. (B. T.ms., 2601.)

582. MUSSY-SUR-SEINE OU L'EVÉQUE (ville de).

D'azur (sic), à un sautoir de gueules cantonné de quatre fleurs de lys d'argent. (Coûtant, Carte de l'arrondissement de Bar-sur-Seine, à la suite de l'histoire de Bar-sur-Seine.)

583. MUSSY-SUR-SEINE ou L'EVÉQUE (chapitre de).

De gueules, à une mitre d'or. (d'Hozier.) — MUY (marquis DE). Voir Félix.

584. NANTEUIL (Jean DE), évêque de Troyes.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 117

De gueules, à six fleurs de lys d'or posées 3, 2 et 1. (Palliot.)

584bis. NASSAU-SIEGHEN (princesse DE), née de Mailly de Nesle, dame de Cussangy. Mailly porte : d'or, à trois maillets de gueules. (P. Anselme.)

585. NAVARRE (Blanche DE), femme de Thibault III, comte

de Champagne, dame de Méry, Nogent-sur-Seine, Pont-sur-Seine, Vauchassis, Villemaur. Une bande. (D'Arbois de Jubainville, Histoire des Comtes de Champagne, IV, 898).

586. NAVARRE (Blanche DE), veuve du roi Philippe de Valois,

dame de Gyé-sur-Seine. Navarre porte : de gueules, à la chaîne d'.... rangée

selon toutes les partitions de l'écu et en double

orle. Voir aussi : Evreux.

587. NEUFCHATEL (DE), seigneur de Plancy.

De gueules à la bande d'argent. (Berry.)

— NEUFVILLE (DE). Voir Neuville.

— NEUILLY (DE). Voir Brunet.

588. NEUVILLE (DE), duc de Villeroy, seigneur de SaintMards-en-Othe,

SaintMards-en-Othe, Villemaur, PaisyCosdon. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois croix ancrées du même. (P. Anselme.)

589. NEVELET et DE NEVELET, Troyes, seigneur de Doches,

de Montceaux. D'argent (d'or, suivant d'Hozier), à un chevron d'azur accompagné de trois roses de gueules boutonnées du champ, et un chef aussi de gueules chargé d'un lion léopardé (ou léopard, suivant d'Hozier) d'or. (B. T. ms., 2601, Blanchard, Chevillard et vitrail du choeur de Saint-Pantaléon, à Troyes.)

— NEVERS (comtes et ducs de). Voir Bourgogne (ducs de),

Clèves (de).


118 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

590. NICOLAÏ (DE), originaire d'Italie, seigneur d'Arcis-surAube,

d'Arcis-surAube, D'azur, à une levrette courante d'argent colletée de gueules. (Denys.)

591. NIVELLE, Troyes, seigneur de La Motte (c. de PaisyCosdon).

PaisyCosdon). à un massacre de cerf d'or posé de front et supportant une croix haussée du même. (d'Hozier.)

592. NOAILLES (DE), seigneur de Villiers-le-Bois, Nogent-surSeine.

Nogent-surSeine. gueules, à une bande d'or.

593. NOBLE (LE), Troyes, seigneur de Thennelières, Laubressel,

Laubressel, (c. de Villechétif).

D'azur, à trois molettes d'or; au chef d'or. (Caumartin. — Chevillard.)

D'Hozier charge le chef d'un lambel de gueules brochant sur le champ. Ce doit être une brisure.

594. NOÉ (Marc-Antoine DE), évêque de Troyes.

Losange d'or et de gueules. (La Chesnaye.)

595. NOËL (Simon), prêtre, chanoine de l'Eglise de Troyes,

1700. D'azur, à un chevron abaissé, surmonté d'un coeur duquel sortent trois roses, leurs tiges appointées, le chevron accompagné en chef de deux autres roses sans tiges, et en pointe d'une pomme de pin, le tout d'or. (d'Hozier.)

596. NOËL (Simon DE), écuyer, Troyes, 1701.

De gueules, à trois fasces d'or. (d'Hozier.)

597. NOËL DE BÛCHÈRES (DE), seigneur de Bûchères, Courgerennes

Courgerennes de Bûchères), Verrières, Saint-Martin-lès-Daudes (c. de Verrières), Villetard (c. de Bûch'.res et Moussey). D'azur, à une colo nbe d'argent volant en bande, becquée et membrée d'or; à la bordure componée d'or et de gueules. (d'Hozier.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 119

598. NOGENT-SUR-SEINE, ville.

D'azur, à une fasce potencée et contrepotencée d'or, accompagnée en chef d'un soleil aussi d'or, et en pointe de trois fleurs de lys du même, posées 2 et 1. (d'Hozier.) 598bis. NOGENT (DE), originaire d'Italie, seigneur d'Eclance, Ville-sur-Arce, Bréviande; ayant demeuré à Cunfin.

D'azur (suivant Caumartin) ou de gueules (suivant Caumartin et Chevillard), à un chevron d'argent. (d'Hozier).

599. NOGENT CDE), seigneur de Marcilly-le-Hayer et Basson

(c. de Marcilly), au XVIe siècle. Peut-être la même famille que la précédente. — NORMOND (DE). Voir Bady.

600. NORTAS (Edme), marchand à Troyes, 1700.

D'azur, à une croix d'or chargée de cinq coquilles d'azur. (d'Hozier.)

601. NOTRE-DAME-AUX-NONNAINS (abbaye de), à Troyes.

D'azur, à un pupitre d'or sur lequel est un livre ouvert d'argent, où se lisent ces mots : AVE MARIA. (Coûtant, A. A. 1857.)

602. NOTRE-DAME DU PLEZ (des Prés) (couvent de), près

Troyes, commune de Saint-André. D'Azur, à une Notre-Dame d'or. (d'Hozier.)

603. NOTRE-DAME-EN-L'ILE (prieuré de), à Troyes.

D'azur, à une Notre-Dame de carnation, vêtue d'or, couronnée de même, la tête contournée et regardant l'Enfant Jésus de carnation qu'elle tient sur son bras senestre, et posant ses pieds sur un marchepied d'argent bordé d'or et chargé du mot : Liste, en caractères de sable. (d'Hozier.)

604. NOUE (DE LA), originaire de Brie, seigneur de Pouilly

(c. de Troyes), Engente; ayant demeuré à Beurville. Losange d'argent et d'azur. (Caumartin.)

605. NOYERS (DE), comte deJoigny, seigneur de Vendeuvre,


120 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Villebertin' (c. de Moussey, Bourdenay, Payns,

Cervet (c. de Saint-Léger-lès-Troyes). D'azur, à l'aigle d'or (Berry). 605bis. OISELET (Marie D'), dame de LaMotte-d'Oiselet (c. de

Neuville-sur-Vanne). Elle portait sur son sceau, en 1385, un écusson à une

bande. (Inv. Nevers.)

606. OLIVE (Vincent), conseiller du roi au bailliage et siège

présidial de Troyes, 1697. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois olives tigées et feuillées de même. (d'Hozier.)

607. ORATOIRE DE TROYES (les prêtres de 1').

D'azur, aux deux noms de Jésus et Marie d'or, posés l'un sur l'autre, enfermés dans une couronne d'épines du même. (d'Hozier.)

608. ORFÈVRES (communauté des), Troyes.

De gueules, à une croix engreslée, cantonnée aux 1 et 4 d'un ciboire, et aux 2 et 3 d'une couronne fermée, le tout d'or; chef d'azur semé de fleurs de lys d'or. (Statuts et règlements des maistres orfèvres de la ville de Troyes. Jean Oudot, 1737.) — ORIGNY (D'). Voir Dorigny.

608bis. ORLÉANS (D'), branche de la maison royale de Bourbon, seigneur de Nogent et Pont-sur-Seine, en qualité de duc de Nemours; seigneur usufruitier de Bar-sur-Seine.

De France; au lambel d'argent, de trois pendants.

609. ORRY DE FULVY, seigneur de la Chapelle-Godefroy (c.

de Saint-Aubin», Nogent-sur-Seine, Marnay. De pourpre, à un lion d'or rampant et grimpant sur un rocher d'argent mouvait du côté droit de l'écu. (d'Hozier, reg. L)

610. ORSEAU, seigneur de Fontette.

D'azur, à une licorne d'argent. (La Chesnaye.)

611. PAGE (LE), seigneur de Messon, Errey (c. de Messon).

D'azur, au chevron accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une croisette cantonnée aux 1 et 4


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 121

d'une étoile et aux 2 et 3 d'un croissant, le tout d'or. (Vitrail de l'église de Saint-Gilles, à Troyes.) La Généalogie de Mauroy et le dessin qui est au bas du buste de M. Congniasse-Desjardins (voir ce mot), dans les églises de Messon et de Fontvanne, donnent la croisette comme étant potencée et cantonnée aux 1 et 4 d'un croissant, et aux 2 et 3 d'une étoile. En outre, la Généalogie de Mauroy indique seulement les deux roses comme étant d'or; elle donne les autres pièces comme étant d'argent.

612. PAGET (Jacques), élu en l'Election de Bar-sur-Aube,

1701. D'azur, à trois glands d'or. (d'Hozier.)

613. PAILLOT, Troyes, seigneur de La Chapelle-Saint-Luc,

Barberey-Saint-Sulpice, Thennelières, Laubressel, La Vacherie (c. de Clérey), Rouillerot (c. de Rouilly-Saint-Loup), Fralignes, Fouchères, Courtenot, Belley (c. de Villechétif), du Port, de Nozeaux (c. de Saint-Nicolas) et de Montaulin.

D'azur, à un chevron d'argent surmonté d'une étoile d'or, et accompagné de trois feuilles de chêne du même; au chef de gueules chargé de trois couronnes de marquis d'or. (d'Hozier.)

La Chesnaye, Courlalon et Saint-Allais disent : les feuilles d'orme et les couronnes ducales.

614. PAJOT, Pont-sur-Seine, seigneur de La Chapelle-SaintNicolas

Chapelle-SaintNicolas Saint-Nicolas), Saint-Aubin. D'argent, au chevron d'azur, accompagné de trois têtes d'aigles de sable, becquées et arrachées de gueules. (Saint-Allais.)

615. PALLUAU (DE), Paris, seigneur de Palluau (c. des LogesMargueron),

LogesMargueron), Fays, Avant-lès-Marcilly, Rozières (c. d'Avant-lès-Marcilly), des Ormeaux (idem) ; ayant demeuré à Troyes. D'or, au chevron de gueules accompagne de trois au-


122 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

bifoins d'azur, la queue de sinople. (Caumartin.)

616. PAMPELUNE (DK), originaire de Champagne, seignenr

d'Assencières, Epotémont. D'argent, à trois étoiles de gueules; au croissant d'azur en coeur. (Caumartin.)

617. PARACLET (abbaye royale du).

D'azur, à une sainte Trinité d'or. (d'Hozier).

618. PARC (CharlesDU), écuyer, seigneur du Plessis-Puiseaux

(c. d'Eaux-Puiseaux), 1698. D'azur, à trois têtes et cols de cerf coupés d'or et contournés, posés 2 et 1. (d'Hozier.)

619. PARCHAPPE (Louis), chanoine de l'Eglise de Troyes.

1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois colo nbes d'argent. (d'Hozier.)

620. PARISOT, Troyes.

D'azur, au lion d'argent accompagné au premier canton d'une étoile du même. (d'Hozier, reg. V.)

620bis. PARTICELLI, seigneur de Bernon, Lignières.

D'...., à un arbre d'...., posé sur une traverse de...., au chef d'...., chargé de trois molettes d.... (Portrait de Michel Particelli, gravé par Montcornet.)

621. PARVI (Guillaume), évêque de Troyes.

De gueules, au lion d'or; au chef d'azur (sic) chargé de trois étoiles d'or mises en fasce. (Coffinet, armoriai des évéques de Troyes.) — PÂTISSIERS DE LA VILLE DE TROYES (communauté des maîtres).

D'argent, à une pelle de four de gueules posée en fasce, chargée de trois petits pâtés ronds d'or. d'Hozier).

622. PATRIS (François), chanoine de Saint-Etienne de Troyes,

1700. De gueules, à deux léopards d'or. (d'Hozier.)

623. PAVÉE DE PROVENCHÈRES et de VENDEUVRE, seigneur

de Vendeuvre, La Loge-Mesgrigny (Loge-aux-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 123

Chèvres), La Villeneuve-Mesgrigny (Villeneuveau-Chêne), Amance, du Champ-au-Roy (Champsur-Barse), Montmartin. D'or, au paon rouant au naturel; au chef d'azur chargé d'une croisette d'argent accompagnée de deux étoiles du même. (A. A. 1859.)

624. PELÉ (LE), Troyes, seigneur de Saint-Parre (lès-Tertres?),

Rosières. D'azur, à deux colombes d'argent affrontées, se becquetant, membrées et becquées de gueules; au chef de gueules chargé d'un lambel d'argent soutenu à dextre d'une étoile d'or. (Tab. gén. des Marisy.) Ce chef doit être une brisure ; il ne figure pas dans la généalogie des Hennequin. (B. T., ms. 2601.)

625. PELETIER DE ROSAMBO (LE), OU ROSAMBEAU, originaire

du Mans, seigneur de Méry en partie, Marcillyle-Hayer, Origny-le-Sec, Orvilliers, Maizières-laGrande-Paroisse; baron de Poussey (c. de Maizières). D'azur, à la croix pattée d'argent, chargée en coeur d'un chevron de gueules, en pointe d'une rose du même boutonnée d'or, et de deux molettes d'éperon de sable sur la traverse, de chaque côté du chevron. (La Chesnaye.)

— PELEY (LE). Voir Pelé.

626. PELLETERAT (LE), Troyes, seigneur des fiefs des Bordes

etdeMiry, sis à Montpothier ; de Saint-Parre-lèsVaudes. D'azur, à deux potences d'or en sautoir, les traverses en chef, accompagnées de quatre roses d'argent. (B.T.,ms. 2601.)

— PELLETIER (LE). Voir Peletier.

626*". PENTHIÈVRE (Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc DE), seigneur de Polisy et Buxeuil. De France; au bâton de gueules péri en barre. (Chevillard, Les Ducs-Pairs de France, etc., 4° carte.)


124 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

627. PÉRICARD et LE PÉRICARD, originaire de Normandie,

Troyes, seigneur de Bierne, Chassoy (auj. Chassois, c. d'Herbisse). D'or, à un chevron d'azur accompagné en pointe d'une ancre de sable ; au chef aussi d'azur chargé de trois molettes d'or. (d'Hozier.)

628. PÉRIGNON, Troyes.

D'argent, à l'aigle de sable chargée en coeur d'une tour d'or. (B. T.,ms. 2601.)

629. PERRAULT, seigneur de Romilly-sur-Seine, des Granges

(c ), des Barres (c. d'Avant-Iès-Marcilly).

D'azur, à la croix de Lorraine d'or élevée sur trois annelets du même; parti d'azur à trois bandes d'or. (La Chesnaye.)

— PERRICARD et PERRICART. Voir Péricard.

— PERROT. Voir Perrault.

630. PERROTIN DE BARMONT (Pierre-Denis), chanoine de

Saint-Etienne de Troyes, 1697. D'argent, à trois coeurs de gueules. (d'Hozier.)

631. PERROTTE (Edme), lieutenant de robe courte en la

maréchaussée de Bar-sur-Aube, 1701.

D'azur, à trois têtes de lion arrachées d'or, lampassées de gueules, et couronnées d'argent. (d'Hozier.)

C'est peut-être la même famille que celle de ce nom qui posséda partie du fief des Aires, sis au territoire de Jasseines.

632. PERRY (LE), originaire de Champagne, seigneur du

Magnifouchard; ayant demeuré à La Pisserotte (c. de Vendeuvre), et au Bailly (c. de Chaource?) D'argent, à la bande de sable accompagnée de deux lions de gueules. (Caumartin.)

633. PERSON (Louis), sous-chantre de l'Eglise de Troyes,

1701. D'or, à cinq aiglettes d'azur posées en sautoir. (d'Hozier.)

634. PESCHART D'AMBLY, originaire de Maine et de Lorraine,


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 125

seigneur de Saint-Benoit-sur-Vanne, Courmononcle (c. de Saint-Benoit). Coupé d'argent et de sable; au lion de l'un en l'autre. (Saint-Allais.) 635. PETIT DE LAVAUX (LE), baron de Mathaux.

Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur, à trois glands d'or (qui est de Lavaux) ; aux 2 et 3, d'or, semé de trèfles de sable, au lion du même armé et Iampassé de gueules, brochant; et un chef de gueules chargé de trois croissants d'or (qui est de Gyé).(Généalogie produite au Conseil du Roi ; maintenue du 3 juin 1609.)

636. PETITPIED, Troyes, seigneur de Chalette, Brillecourt,

Viâpres-le-Grand. D'azur, à un bâton noueux mis en bande, cantonné aux 2 et 3 d'une rose, le tout d'or. (d'Hozier.)

637. PÉTREMOL et DE PÉTREMOL, seigneur de Rosières.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux coquilles d'argent, et en pointe d'un lion du même. (Tab. gén. des Marisy.)

638. PHELYPPEAUX DE LA VRILLIÈRE, baron d'Ervy.

D'azur, semé de quintefeuilles d'or; au franc-quartier d'hermine. (La Chesnaye.)

639. PHELIPPE et PHILIPPE, seigneur de Saint-Mesmin, Landreville,

Landreville, Champigny, Bligny, Meurville.

Meurville. gueules, à trois lionceaux accroupis d'or. (Tab.

gén. des Marisy et tourelle de l'hôtel de Marisy) à

Troyes. Dans un vitrail de la cathédrale de Troyes, les lions

sont grimpants.

640. PHILIPPE (Guillaume), écuyer, seigneur d'Arrentière et

d'Engente, 1698. D'argent, à un chevron de gueules accompagné de trois glands et de trois olives de sinople accouplés et liés de gueules, et un chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)


126 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'ATJBE.

641. PICOT DE DAMPIERRE, originaire de Poitou et de Brie,

baron, puis marquis de Dampierre, vicomte de Rosnay, seigneur de Sainte-Thuise (c. de Dommartin-le-Coq), Vaucogne, Allibaudières, Grandville, Ormes, Salon, Véricourt, Pars-lès-Ghavanges, Trouan-le-Grand, Dommartin-le-Goq. D'or, au chevron d'azur accompagné de trois falots de sable allumés de gueules ; au chef de gueules. (d'Hozier.)

642. PICTORY (DE), Troyes, seigneur de Rouillerot en partie

(c. de Rouilly-Saint-Loup). D'or, à un arbre de sinople; à un chef de gueules chargé de trois étoiles d'or. (d'Hozier.)

643. PICTORY (Edouard), conseiller du Roi en l'Election de

Troyes, 1701. Fascé d'argent et de gueules de six pièces. (d'Hozier.)

644-645. PDÏDEFER (DE), originaire de Beauvoisis, seigneur de Saint-Mards-en-Othe, Montgueux, Villemoiron. Echiqueté d'or et d'azur. (Caumartin.)

646. PILLOVS (DE), originaire de Vexin, seigneur de Viâpresle-Petit.

Viâpresle-Petit. gueules, à une croix ancrée d'argent, cantonnée de quatre molettes du même. (Caumartin.)

647. PIN DE LA VALLÉE (DU), originaire de Bourgogne, seigneur

seigneur Petit-Mesnil en partie. De sable, à une fasce d'or; à l'orle de six roses du même. (Caumartin.)

648. PINETTE, Troyes.

D'argent, à une croix recercelée de sable chargée en coeur d'un compon d'argent et accompagnée de trois roses de gueules posées 2 et 1. (B. T., ms. 2061.)

On trouve la croix chargée en coeur d'un croissant d'argent.

649. PINOT, seigneur de Rhèges en partie.

D'argent, à trois grappes de pineau d'azur. (Tableau


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 127

généalogique des Pinot, ms. appartenant à l'auteur.) — PION. Voir Pyon.

650. PIOT DE COURCELLES, Arcis-sur-Aube, seigneur de Courcelles

Courcelles de Clérey), Fresnoy, Lirey, Villery, Aubeterre (c. de Villery), Villy-le-Bois. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois glands tiges et feuilles du même. (Chevillard. — Laine.)

651. PITHOU, Troyes, seigneur de Luyères, Bierne (c. de Villemereuil),

Villemereuil), (c. de Moussey), La Rivière-deCorps, La Grange (c. de La Rivière-de-Corps), Boulage (c. de Sainte-Savine), Chicherey (idem), L'Epine (c. de Saint-Germain), Assencières, Mesnil-Sellières ; en partie de Vauchassis. De vair; à une bande d'argent accompagnée de deux cotices du même. (Caumartin.)

652. PLACE (DE LA), originaire de Dauphiné, ayant demeuré

à Villehardouin. D'azur, à trois fers de lance d'or. (Caumartin.)

653. PLANCY (anciens seigneurs DE), seigneurs du lieu, de

Pâlis, Rigny-le-Féron, Bragelogne. Un évêque de Troyes du nom d'Haïce. De vair ; à une cotice de gueules en bande. (Palliot.) — PLEURRE (DE). Voir Pleurs.

654. PLEURS (DE), Troyes, seigneur deVirloup (c. desBordesd'Isle-Aumont

desBordesd'Isle-Aumont de Maraye-en-Othe), La Chapelle (c. de Ville-sur-Terre), Rhèges, Lhuître. D'azur, à un chevron d'argent accompagné de trois griffons d'or, les deux du chef affrontés. (La Cliesnaye.) — POILLOT. Voir Poilot.

655. POILOT, seigneur de MaroIles-lès-Bailly, Chauffour.

D'argent, à sept larmes de sable. (Dubuisson.)

656. POIRESSON (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Crépy. D'azur, à trois pals d'or. (Caumartin.)


128 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'ACBE.

— POIRRESSON (DE). Voir Poiresson.

657. POITIERS (DE), seigneur d'Arcis-sur-Aube, Mailly, Montsuzain,

Montsuzain, Le Marlroy (c. de Villette), Longeville,

Longeville, Un évêque de Troyes. D'azur, à six besants d'argent posés 3, 2 et 1 ; au chef

d'or; à la bordure de gueules. (Berry.)

— POITRINCOURT (DE). Voir Biencourt.

658. POMMEREU (DE), marquis des Riceys.

D'azur, à un chevron d'argent accompagné de trois pommes d'or tigées et feuillées du même. (La Chesnaye.)

659. PONCET DE LA RIVIÈRE (Mathias), évêque de Troyes.

D'azur, à une gerbe de blé d'or, liée de même, sur laquelle sont posés deux oiseaux affrontés du même becquetant cette gerbe, et une étoile en chef aussi d'or.

Nous indiquons les émaux d'après Courtalon; suivant La Chesnaye, l'étoile serait d'argent. Quant aux pièces mêmes de l'écu, elles sont conformes à la description qu'en donne M. Dou'ët d'Arcq d'après une empreinte conservée aux Archives nationales.

660. PONCHER (DE), seigneur de Chacenay.

D'or, à un chevron de gueules chargé au sommet d'une tête de maure de sable et accompagné de trois coquilles du même. (Rouget.)

661. PONS (marquis DE), seigneur de Laines-aux-Bois, Vauchassis.

Vauchassis. à une fasce coticée de gueules et d'or de six pièces. (La Chesnaye.)

— PONS-PRASLIN (DE). Voir Pons de Rennepont.

662. PONS DE RENNEPONT (DE), originaire de Champagne,

marquis de Praslin, baron de Chaource, seigneur de La Ville-au-Bois, Eclance, Chalette, An-entières, Valsuzenay (c. de Vendeuvre). De sable, à une bande d'argent chargée d'un lion de


ARM0R1AL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 129

gueules dans le sens de la bande et accompagnée de deux étoiles du second émail. (Caumartin.)

663. PONT (DU), originaire de Brabant, seigneur de Nuisement

Nuisement Villiers, en l'Election de Troyes. D'azur, à une aigle d'or, au chef du même. (Caumartin.) 663bis. PONT DE BOURNEUP (DE), seigneur de Fresnayetdu fief des Ursins (c. de Ville-sur-Terre). Fascé d'argent et de gueules, de six pièces ; à la bande d'argent brochant. (Chevillard).

— PONT DE COMPIÈGNE (DU). Voir Dupont.

664. PONT-SUR-SEINE. Ville.

D'argent, à trois grils de sable posés 2 et 1. (d'Hozier.)

665. PORTEBIZE (DE), originaire d'Anjou, ayant demeuré à

Saint-Phal. D'azur, à cinq besants d'or posés 2, 2 et 1. (Caumartin.)

666. POT, puissante famille de Bourgogne, seigneur de

Bourguignons, Foolz (c. de Bourguignons). D'or, à une fasce d'azur. (Arbaumont.)

667. POTERAT et DE POTERAT, originaire de Champagne, seigneur

seigneur Batilly (c. de Villy-le-Bois), La MotheThurey (c. de Saint-Benoit-sur-Seine), La ForgeVolcon (c. d'Estissac), Chevillèle (c. de SaintGermain), Assenay. De gueules, à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même. (d'Hozier).

— POTRINCOURT (DE) . Voir Biencourt.

668. POUGEOISE, Nogent-sur-Seine, Troyes, seigneur de Montpothier,

Montpothier, partie, et des fiefs des Bordes et de

Miry, sis à Montpothier. De gueules, à un chevron d'or accompagné de trois

croisettes d'argent. (B. T., ms. 2601). Cf. une pierre tombale de marbre noir, en l'église

de Nogent-sur-Seine, reproduite dans le. PorteT.

PorteT. 9


130 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

feuille archéologique de la Champagne, par Gaussen.

669. POUPAULT (N.), marchand à Troyes, 1701.

De sinople, à un chevron d'argent. (d'Hozier.)

670. POUPOT (Jean), avocat en parlement, à Bar-sur-Seine,

1703. De gueules, à une poupée d'enfant d'argent. (d'Hozier) .

671. POUPOT (Etienne), commis au greffe de l'Election de

Bar-sur-Seine, 1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné de deux poupées ou poignées de filasse d'argent mises en pal, et en pointe d'un marc d'or. (d'Hozier.)

672. POUPOT (Georges), marchand à Bar-sur-Seine, 1698.

D'argent, à un chevron de gueules sur lequel pose une huppe s'essorant au naturel, accompagné en chef de deux étoiles de gueules et en pointe d'un croissant de sable. (d'Hozier.)

673. POUPOT (François), maître particulier des Eaux et Forêts

du comté de Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à un lièvre d'or s'élançant entre deux lévriers affrontés d'argent s'élançant contre le lièvre. (d'Hozier.)

674. POUQUIÈRES (DE), seigneur de Polisot.

D'... à une fasce losangée d'... (Arch. dép. de l'Aube, D. 83.

675. PROSPE (DE), originaire de Franche-Comté, seigneur

de Fresnay, ayant demeuré à Ville-sur-Terre. De sable, à deux casques affrontés d'argent posés aux 1 et 4, et deux mains de carnation aux 2 et 3, mouvantes du chef et de la pointe de l'écu, tenant chacune une palme de sinople. (Caumartin.)

676. PROVINS (DE), seigneur de Viâpres, Rosières.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois roses d'argent. (B. T.,ms. 2601.)

677. PUGET DE MONTHAURON, Troyes, seigneur de La Planche

Planche de Saint-Léger-lès-Troyes).


ARM0RIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 131

D'argent, à une vache de gueules ayant la tête surmontée d'une étoile d'or (!) (Dubuisson.)

678. PUISET (DU), comte de Bar-sur-Seine.

D'azur, à un lion d'or. (Coûtant, Hist. de Bar-surSeine.)

679. PUISSANT (Jean-Baptiste), procureur du Roi au grenier

à sel de Bar-sur-Aube, 1700. D'azur, à une tour d'argent sommée d'un coq d'or, et accompagnée de deux étoiles du même. (d'Hozier.)

680. PYON, seigneur de Rumilly-les-Vaudes.

D'argent, à un demi-vol de sable. (B. T., ms. 2601.)

— QUESNOY (DU). Voir Febvre.

681. QUINOT, Troyes, seigneur de La Chapelle-Saint-Luc,

Saint-Mesmin, Courlanges (c. de Saint-Mesmin), Longsols. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même et surmonté d'un croissant d'argent (d'Hozier), ou : chaque étoile surmontée d'un croissant d'argent. (Généalogie produite devant Caumartin. — Chevillard.)

682. RACINE (DE), originaire de Beauce, ayant demeuré à

Chaource. D'azur, à trois mains senestres d'or. (Caumartin.)

— RAGNY DE LA MADELEINE. Voir Madeleine-Ragny (de

La).

683. RAGON DE BANGE, seigneur de Balignicourt.

D'azur, à un dragon d'or sans tête; au chef cousu de gueules chargé de trois croissants d'argent. (Communication de M. de Bange, de Rosnay.)

684. RAGUIER, originaire d'Allemagne, baron de Poussey

(c. de Maizières-la-Grande-Paroisse), seigneur de Bourdenay, Soligny-les-Etangs, Charmesseaux (c. de Trancault), Villeneuve-aux-Riches-Hommes (idem,), Marcilly-Ie-Hayer, Payns. Deux évêques de Troyes, oncle et neveu, portant les prénoms de Louis et Jacques.


132 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'argent, à un sautoir de sable cantonné de quatre perdrix au naturel. (Caumartin.)

685. RASLE (Pierre-Nicolas), notaire royal à Bar-sur-Seine,

1703. D'argent, à un rat de sablé. (d'Hozier.)

686. RAULET, originaire de Champagne (Caumartin) ou de

Beauce (Laine), seigneur d'Yèvres. D'azur, à un lys naturel d'argent ; au chef d'or chargé de trois tafs (ou tans, suivant Laine) de sable. (Caumartin.)

687. RAVAULT, originaire de Bourgogne, seigneur de Bercenay-le-Hayer,

Bercenay-le-Hayer, Lasnerey, La Moline.

D'azur, à trois cygnes d'argent. (Caumartin.) 688-689. RAVENEL (DE), originaire de Beauvoisis, seigneur de Juzanvigny.

De gueules, à six croissants montants posés parallèlement en deux pals ou trois fasces, surmontés chacun d'une étoile, et une étoile en pointe, le tout d'or. (La Chesnaye.) — RAVINEL (DE). Voir Ravenel.

690. RÉAULX (DES), marquis des Réaulx (1690), baron de

Lirey, seigneur de Coclois, Nogent-sur-Àube, La Roche (c. de Nogent), Chardomiet, Avant-lèsRamerupt, Ortillon, Brantigny (c. de Piney), Brillecourt, Véricourt, Jasseines, Sainte-Thuise (c. de Dommartin-le-Coq), Bucey-en-Othe, Souligny, Villery, Donnement. D'or, au lion de sable à tête humaine de carnation posée de face. (d'Hozier.)

691. REFUGE (DE), originaire de Paris, Troyes.

D'argent, à deux fasces de gueules; à deux givres ou couleuvres d'azur, posées en pal et affrontées, brochant sur le tout. (Denys.)

692. RÉGNIER (François), conseiller du Roi en la prévôté de

Troyes, 1700. D'azur, à un chevron accompagné en chef de deux


ARM0RIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 133

étoiles et en pointe d'un coeur surmonté d'une couronne, le tout d'or. (d'Hozier.)

693. RÉGNIER (Edme), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. D'azur, à une croix pattée d'argent. (d'Hozier.)

694. RELONGUE (DE), seigneur de La Louptière.

D'azur, à une sommée de trois étoiles d'argent

mises en fasce. (Portrait gravé par Beauvarlet.)

695. RÉMOND ou REYMOND, originaire de Champagne (d'Hozier,

(d'Hozier, V) ou de Bourgogne (Laine), seigneur de Croncels (c. de Troyes), Sancey (auj. SaintJulien), des Cours (c. de Saint-Julien), de La Renouillère (idem), Breviandes pour moitié, du Petit-Mesnil, Chaumesnil, Bercenay (lequel?), Courteron, Fouchères, Gyé-sur-Seine, Neuvillesur-Seine, Virey-sous-Bar, Jully-sur-Sarce. De gueules, à trois roses d'argent. (d'Hozier.)

696. RENAULT (Pierre), prévôt de Troyes.

D'azur, au lion d'or; au chef aussi d'or chargé de trois croix pattées de gueules. (Gén. de Mauroy.) — RENNEPONT (DE). Voir Pons. ,

697. RETHEL (comte DE), seigneur de Beaufort (auj. Montmorency).

Montmorency). II, comte de Rethel, portait en 1201 sur son contre-sceau un écu à deux râteaux sans manche. (Douët d'Arcq.)

698. RICEYS (LES). Ville.

D'or, au chef de gueules; à la bande componée d'argent et de sable de six pièces brochant sur le tout; et une bordure d'azur semée de fleurs de lys d'or sans nombre. (Coûtant, carte de l'arrondissement de Bar-sur-Seine, à la suite de son Hist. de Barsur-Seine.)

Mêmes armes que celles de la famille Vignier, seigneur des Riceys.

699. RICHEBOURG (DE), originaire de Champagne, seigneur


134 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

de Pouan, Vougré, Mesnil-lès-Pars (c. de Pars-lèsRomilly), Courcelles (c. de Clérey?). D'argent, à une bande de gueules (Caumartin et Chevillard), et une bordure du même. (d'Hozier.)

700. RICHER, Troyes.

D'azur, à trois étoiles d'argent, celle de la pointe soutenue d'un croissant d'or. (B. T. ms. 2601.)

701. RICHER (Daniel), écuyer, seigneur de Blignicourt, en

partie, 1700. D'azur, à une aigle d'argent, becquée et membrée de gueules, et une bande d'or brochant sur le tout. (d'Hozier.)

— Rncux (DES). Voir Desrieux.

701bis. RIGAUD (Jean), seigneur de Craney (c. de Villemoiron), et de Château-Hutton (c. de Saint-Mards-enOthe). Il portait sur son sceau, en 1465, un écusson à une fasce et une bande brochant. (Inv. Nevers.)

702. RIGLET, seigneur de Montgueux.

D'azur, à trois pals alaises d'argent; au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'argent. (Revue historique de la noblesse publiée par MM. de Martres et Borel d'Hauterive).

703. RIVIÈRE (DE LA), seigneur de Pars-lès-Romilly, Mesnil

lès-Pars (c. de Pars). D'argent, à trois tourteaux de sable. (La Chesnaye).

— RIVIÈRE (PONCET DE LA). Voir Poncet.

— RIVOUR (abbaye de LA). Voir Larrivour.

704. ROBERT (LE), originaire de Bourbonnais, seigneur de

Lantage, des Bordes (c. de Lantage), Paney. De gueules, à une fasce d'argent accompagnée de trois roses du même. (Caumartin.)

705. ROCHEFOUCAULD (DE LA), seigneur d'Estissac, Thuisy

(c. d'Estissac), Chennegy, Villemaur, des DeuxDierrey, Paisy-Cosdon, Vendeuvre, Pâlis, SainteSavine ou La Rivière-de-Corps. Burelé d'argent et d'azur, de dix pièces ; à trois che-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 135

vrons de gueules, le premier écimé, brochant sur le tout. (d'Hozier). La Rochefoucault de Barbezieux, lieutenant-général au gouvernement de Champagne, écartelait : d'or, à l'écu d'azur posé en abîme; sur le tout : d'or, à deux vaches passantes de gueules, clarinées d'azur (qui est de Béarn). (P. Anselme.)

706. ROCHETAILLÉE (DE), seigneur de la Ville-au-Bois.

De gueules, à six burelles d'or rapprochées deux à deux. (Bourguignat : Notice sur une pierre tombale conservée dans l'église de la Ville-au-Bois.)

707. ROERE (DE LA), originaire d'Italie, seigneur de Chamoy,

Sommeval, Vaucemain (c. de Sommeval), SaintSépulcre (auj. Villacerf), et dépendances, comprenant Mergey, Froide-Rive (c. de Mergey) , Feuge et Chauchigny ; ayant demeuré à Fuligny. D'argent, à une croix de sable ancrée et losangée (Caumartin), ou : d'argent à la croix ancrée de sable, chargée en abîme d'un losange d'argent. (Chevillard.) Voir Dorigny.

708. ROHAN-GUÉMÉNÉE et ROHAN-GYÉ (DE), seigneur de Gyésur-Seine.

Gyésur-Seine. gueules, à neuf mâcles d'or posés 3, 3 et 3. (P. Anselme.)

— Roi DE FRANCE (le). Voir France.

709. ROLIN, originaire de Bourgogne, seigneur de Polisot,

Gyé-sur-Seine, des Riceys, de Bagneux-la-Fosse. De gueules, à trois clefs d'or posées en pal. (Tapisseries de l'hôpital de Beaune.— Comte de Soultrait : Inventaire des titres de Nevers, par l'abbé de Marolles, p. 4.)

— ROLLIN. Voir Rolin et Roslin. 709bis RONDOT, Troyes, Bar-sur-Seine.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois annelets du même. (Tableau généalogique. Imprimerie Claye, Paris, 1884, in-folio piano.)

— ROSAMBEAU et ROSAMBO (DE). Voir Pelletier.


136 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

— ROSIÈRES (DE). Voir Rozières.

710. ROSLIN (François), ancien notaire de la ville de Troyes,

1698, et Pierre, marchanda Troyes, 1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois roses du même en chef, et d'une gerbe d'or en pointe. (d'Hozier).

711. ROSNAY (anciens seigneurs de).

Henri III, comte de Champagne et roi de 'Navarre, d'abord comte de Rosnay, portait : de Champagne, avec un lambel de cinq pendants comme brisure. (D'Arbois de Jubainville, Histoire des comtes de Champagne, IV, 875, note a.)

712. ROTHIÈRE (Nicolas DE LA) , chanoine de l'Eglise de

Troyes, 1700. D'azur, à un lion d'argent et un chef de même chargé d'une étoile de gueules accostée de deux roses du même. (d'Hozier.) 713-714. ROUDIN (Nicolas), élu en l'Election de Bar-surAube, et Charles-Anne Roudin de Crépy, grènetier au grenier à sel de cette ville, 1700. D'azur, à un clievron d'argent. (d'Hozier.)

— ROUÈRE (DE LA). Voir Roère.

715. ROUSSEAU DE CHAMOY, marquis de Chamoy, seigneur

de Sommeval, baron de Vaucemain (c. de Sommeval), seigneur d'Auxon, Trancault. D'azur, à trois bandes d'or. (La Chesnaye.)

716. ROUVOIRE (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Lantages, des Bordes (c. de Lantages), Vougré en partie; ayant demeuré à Charmoy (c. de Villemorien).

De sable, au lion d'or lampassé et couronné de gueules. (Caumartin.) 716*'*. ROY (LE), seigneur de Barberey-Saint-Sulpice.

Ecartelé : aux 1 et 4, d'.... à une croix potencée d'or accompagnée de 4 croisettes du même ; aux 2 et 3 de sinople, à la bordure d'or, et un écu de gueules en coeur, à la bordure d'or, chargé d'une


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 137

feuille de chêne (?) d'argent. (Beaumont, Armoriai de la ville de Paris, planche 84.)

717. ROY DE LONGEVILLE (LE), seigneur de Longeville, Châtres,

Châtres, des deux Trouan. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois merlettes du même ; au chef d'argent chargé de trois gerbes de sinople. (Caumartin.)

718. ROZIÈRES (Jean-Baptiste DE), marchand et adjudicataire

des bois du Roi dépendant de la maîtrise particulière de Troyes, 1700. D'argent, à un chevron de gueules chargé de cinq roses d'argent et accompagné de trois croissants de sable. (d'Hozier.)

719. RUE (DE LA), originaire de Limousin, seigneur de Fresnay,

Fresnay, Bouy-Luxembourg en partie, Montfey. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois losanges d'argent. (d'Hozier.) 719bis. RUMILLY (-lès-Vaudes) (Jean DE), seigneur de Chemin (c. de Vaudes). Il portait sur son sceau, en 1384, un écusson à une fasce. (Inv. Nevers.)

720. SAIGEOT, seigneur d'Avon (c. d'Avon-la-Pèze).

Ecartelé : aux 1 et 4, d'azur à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même ; aux 2 et 3, de gueules, à une croix engrêlée d'argent. (B. T. ms. 2601.)

721. SAIN (Anne), à Troyes, 1697.

De sable, à une fasce d'or chargée d'une tête de maure de sable et accompagnée de trois coquilles d'argent. (d'Hozier.)

722. SAINT-ANTOINE (Abbaye de), à Saint-Martin-lès-Troyes.

D'azur, à un saint Antoine d'or (d'Hozier), tenant un livre ouvert, et suivi par son pourceau, le tout d'or. (Coûtant, A. A., 1857.)

723. SALNT-BELIN (comte DE), seigneur de Chesley, Cussangy,

Cussangy, Etourvy, Lignol.


138 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

D'azur, à trois têtes de béliers d'argent. (Caumartin.) 723bis. SAINT-BLAISE (DE), seigneur de Pouy.

D'azur, à la pointe de giron d'argent. (Caumartin.)

724. SAINT-CHAMANT (marquis DE), seigneur de Villenauxe,

Montpothier. De sinople, à trois fasces d'argent; au chef engreslé du même. (La Chesnaye.)

— SAINTE-SUZANNE (DE). Voir Bruneteau.

725. SAINT-ETIENNE (chapitre de), Troyes, seigneur de Lassicourt,

Lassicourt, (c. de Paisy-Cosdon) ; en partie de Balnot-le-Châtel, Bercenay-en-Othe. D'azur, à une bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices d'or potencées et contrepotencées de treize pièces du même. (d'Hozier.)

— SAINT-ETIENNE (chapitre cathédral dé), Châlons-surMarne.

Châlons-surMarne. Châlons-sur-Marne.

— SAINT-FAL OU SAINT-FALE. Voir Saint-Phal.

726. SAINT-GERMAIN (abbaye de), à Auxerre, seigneur de

Bercenay-en-Othe, Vauchassis. De gueules, à trois clefs d'argent en pal, les pennons en haut. (Communication de M. Max Quantin.)

727. SAINT-LIÉBAULT, auj. Estissac (un seigneur de), en

1371. D'...., à 3 mains d'.... (Sceau de cire brune; arch. dép. Aube, carton 33 E, n° 13.)

728. SAINT-LOUP (abbaye de), Troyes, seigneur de BaireSaint-Loup

BaireSaint-Loup de Saint-Parre-lès-Tertres), Lusigny, Molins, Rouilly-Saint-Loup, Villepart (c. de Bréviande). D'azur, à une bande d'argent côtoyée de deux cotices potencées et contrepotencées de treize pièces d'or. (d'Hozier.)

729. SAINT-MACLOU (chapitre de), Bar-sur-Aube.

D'azur, à un bras d'argent, vêtu d'or, posé en pal, accosté de deux fleurs de lys aussi d'or. (d'Hozier.)

730. SAINT-MARTIN-ÈS-AIRES (couvent de), Troyes.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 139

D'azur, à un saint Martin à cheval, coupant la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre, le tout d'or. (d'Hozier.)

731. SAINT-OMER (Jean DE), chanoine de Troyes, 1701.

D'or, à trois aigles de sable. (d'Hozier.)

731bis. SAINT-PARRE (Guyot DE), seigneur de Saint-Parrelès-Vaudes.

Saint-Parrelès-Vaudes. portait sur son sceau, en 1384, un écusson à une fasce chargée d'un lézard « ou serpenteau. » (Inv. Nevers.)

732. SAINT-PHAL OU SAINT-PHALLE (DE), seigneur du lieu,

originaire d'Auvergne. D'or, à la croix ancrée de sinople. (Essai généalogique

sur la maison de Saint-Phalle, par le chevalier

Gougenot des Mousseaux.) On trouve ces armes brisées d'un franc quartier de

gueules à une étoile ou molette d'éperon d'or.

(Evangéliaire de Notre-Dame-auoc-Nonnains, à la

Bibliothèque de Troyes.)

732. SAINT-PIERRE (chapitre de l'église cathédrale de), Troyes, seigneur de Longeville, Vanne, SainteSyre (c. de Rilly-Sainte-Syre), des Noës.

De gueules, à une crosse accostée de deux clefs adossées et de quatre fleurs de lys, deux en chef et deux en pointe, le tout d'argent. (d'Hozier, 1700.)

Dès 1402 on constate les armes du Chapitre qui sont : de gueules, à deux clefs d'argent adossées et mises en pal, cantonnées de quatre fleurs de lys d'or.

Un document de 1426 indique l'addition d'une crosse d'argent entre les deux clefs, et donne les fleurs de lys comme étant aussi d'argent.

Au XVIIIe siècle, les Chapitres de la ville de Troyes, pour se ménager la faveur du Roi, successeur des comtes de Champagne, adoptèrent les armes de ces comtes afin de faire croire qu'ils avaient été fondés par eux. C'est ainsi qu'on voit, en 1758, les armoiries de Champagne employées par le


140 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Chapitre de la cathédrale pour sceller ses actes. A la suite de la Révolution, les quatre fleurs de lys

furent supprimées. Enfin, dans les premières années de l'épiscopat de

Mgr de Seguin des Hons, on introduisit deux

étoiles en chef. (Communication de M. l'abbé

Lalore.) — SAINT-REMY (DE) . Voir Valois.

733. SAINT-SIMON (DE), seigneur de Périgny-Ia-Rose.

Losange d'or et de gueules; au chef du premier. (Haudicquier de Blancourt, Nobiliaire de Picardie.)

734. SAINT-URBAIN (chapitre de), Troyes.

D'azur, à un saint Urbain pape, de carnation, vêtu pontificalement d'or, la tiare en tête, de même, tenant de sa main dextre, élevée, un goupillon d'argent, et de sa senestre, une croix haussée et fleuronnée d'or; accosté de deux anges de carnation, affrontés, à genoux, vêtus d'argent, ailés d'or, tenant chacun un encensoir de même avec lequel ils encensent le saint, le tout posé sur une terrasse d'or. (d'Hozier.)

Ces armoiries ont été enregistrées à l'Armoriai général, le 21 décembre 1700. Il est bien possible qu'antérieurement les chanoines de Saint-Urbain eussent des armoiries différentes. L'écusson répété dans les vitraux de cette ancienne collégiale (avec les armoiries de France ancien, Navarre et Champagne), qui est : de gueules, à une croix d'argent cantonnée de quatre clefs adossées, aussi d'argent, est peut-être l'ancien blason des chanoines de Saint-Urbain. Nous croyons que nonseulement le Chapitre de Saint-Urbain a porté ces armes avant 1700, mais aussi que les chanoines, après avoir cédé en 1700 à une pensée de reconnaissance pour Urbain IV, leur fondateur, ont repris les anciennes armes de leur Chapitre, qui


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 141

avaient reçu la consécration du temps. Ainsi, nous retrouvons la croix cantonnée dequatre clefs, sur une pierre placée au centre du choeur, avec la date de 1732. En 1766, ces mêmes armoiries apparaissent sur le frontispice d'une thèse de théologie dédiée au Chapitre de Saint-Urbain. (Archives de l'Aube, reg. E. 363, p. 146.)

735. SAINT-VINCENT (DE), originaire du pays basque, seigneur

seigneur Colombey, ayant demeuré à la Ville-auBois, élection de Bar-sur-Aube. D'or, à une vache de gueules accolée et clarinée de sable; au canton senestre d'azur, chargé d'une croix patlée et alaisée d'or. (d'Hozier.) Suivant Caumartin et Chevillard, la croix serait potencée.

— SAJOT. Voir Saigeot.

— SALABERT (DE). Voir Mengin.

736. SALOMON (Edme), notaire royal à Bar-sur-Seine, 1703.

De gueules, à un serpent d'or posé en pal. (d'Hozier.)

737. SALLE (Pierre), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et en pointe d'un serpent de même en rond, mordant sa queue. (d'Hozier.)

737*". SALLES (DES), Lorraine, seigneur d'Huménil (c. d'Epothémont). D'argent, à une tour donjonnée de sable, posée sur une motte de sinople. (Hist. de la maison des Salles, Nancy, 1716.)

738. SALLEZARD (DE), seigneur de Chacenay.

Coupé d'argent et de sable ; à une bande engrêlée de l'un en l'autre. (Coûtant, Hist. de Bar-sur-Seine.)

739. SALZAR (DE), seigneur de Vignes (c. de Saint-Hilaire).

Peut-être la même famille que la précédente.

740. SANGLIER (DE), originaire de Poitou, ayant demeuré à

Labraux (c. de Chavanges); seigneur de Cléreuil (c. de Pars-lès-Chavangcs). D'argent, au sanglier de sable; au chef d'azur chargé


142 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

d'un croissant du champ accosté de deux étoiles d'or. (Caumartin.)

741. SANNAIRE ou SAUNAIRE (N.), directeur de la Monnaie

de Troyes, 1701. D'azur, à trois bandes d'or. (d'Hozier.)

742. SARREBRUCK (DE), seigneur des Riceys, de Polisot,

d'Etrelles.

D'azur, semé de croisettes recroisettées au pied fiché d'or ; au lion d'argent couronné d'or, sur le tout. (Salle des Croisades, au palais de Versailles.) Les mêmes signes héraldiques figurent sur le contresceau de Jean, comte de Sarrebruck, seigneur de Commercy, en 1375. (Douët d'Arcq.) 743-744. SAULX (DE), originaire de Bourgogne, seigneur de Merrey, Arrentières, Engente.

D'azur, au lion d'or, couronné de même, armé et lampassé de gueules. (P. Anselme.)

— SAUNADÎE. Voir Sannaire.

— SAUX (DE). Voir Saulx.

745. SAVINE (Charles), curé de Saint-Denis, à Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or surmonté d'une croisette d'argent et accompagné en pointe d'un lévrier du même. (d'Hozier.)

746. SAVOIE (DE), maison souveraine, comte de Beaufort

(auj. Montmorency), baron d'Ervy, seigneur de Soulaines, Pont-sur-Seine et Nogent-sur-Seine. De gueules, à une croix d'argent.

747. SAXE (prince DE), comte de Lusace, seigneur de Pontsur-Seine,

Pontsur-Seine, Quincey, Saint-Hilaire, Crancey, Saint-Aubin, Pars-lèsRomilly. De gueules, au destrier d'argent. (A. Thévenot, Hist. de Pont-sur-Seine.)

— SCELLIÈRES (abbaye de). Voir Sellières.

748. SÉGUIER, originaire de Bourbonnais, seigneur de SaintLiébault

SaintLiébault Estissac), Dierrey-Saint-Julien, Dierrey-Saint-Pierre; duc de Villemaur.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 143

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles du même, et en pointe d'un mouton passant d'argent. (d'Hozier, reg. I.)

749. SELLIÈRES (abbaye de) (c. de Mesnil-Sellières).

D'azur, à une croix d'argent chargée de dix bourdons de gueules passés en sautoir deux à deux. (d'Hozier.)

750. SEMILLIARD, Troyes.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux branches feuillées du même et en pointe d'une larme d'argent. (B. T., ms. 2601.)

751. SENS (chapitre de l'église cathédrale de), seigneur de

Sommefontaine-Saint-Lupien, La Pèze (c. d'Avonla-Pèze). D'azur, à une croix d'argent cantonnée de huit crosses d'or, deux par canton, adossées. (Communication de M. Max. Quantin.)

752. SERPES D'ESCORDAL (DE), seigneur d'Epothémont, du

Magnifouchard. D'argent, à un pal de gueules chargé de trois chevrons d'or. (Caumartin.)

752bis. SERRE (DE LA), seigneur de Bercenay-le Hayer en partie, de Lannerey (c. de Bercenay). D'azur, à une croix d'or. (Généalogie de Champagne produite devant Caumartin.)

753. SEURRE (Joseph-Nicolas LE), assesseur en la maréchaussée

maréchaussée Bar-sur-Aube, 1700. D'azur, à trois fusées d'or; et un chef d'or chargé d'une chouette de sable. (d'Hozier.)

754. SIMON (Jacques), procureur fiscal de la seigneurie de

Loches, 1703. D'argent, à une montagne de six coupeaux d'azur. (d'Hozier.)

755. SIMONNOT (Pierre), seigneur d'Arrentières en partie;

lieutenant de la fauconnerie de France, 1701. D'argent, à trois roses de gueules pointées de sinople, boutonnées d'or. (d'Hozier.)


144 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

756. SOMMIÈVRE (DE), seigneur en partie d'Essoyes et Verpillières.

Verpillières. à deux massacres (ou rencontres, suivant Chevillard) de cerf d'or, posés l'un sur l'autre.

(Caumartin.)

757. SOMPSOIS (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Montceaux. D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois têtes de gerfaut du même. (Caumartin.)

758. SOUIN (Guillaume LE), gruyer du duché de Piney,

1700. D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux trèfles de même, et en pointe d'une molette aussi d'or ; et un chef de même chargé d'un lion passant de gueules. (d'Hozier.)

759. SOURDAT, Troyes.

D'azur, à deux épées d'argent en sautoir, les gardes et les poignées d'or, les pointes en haut, accompagnées en chef d'une étoile, en pointe d'un croissant, et à chacun des flancs d'une rose, le tout d'argent. (Communication de M. Albert de Mauroy.)

759li*. SULLY (DE), seigneur d'Ervy, Plancy, Viâpres.

D'argent, à la croix alaisée et fleurdelysée de gueules. (Berry.)

760. TAFFIGNON, Troyes, 1697.

D'azur, à une fasce d'argent, chargée d'une rose de gueules accostée de deux coquilles d'azur, et accompagnée de trois besants d'or. (d'Hozier.)

761. TAIX (DE), Troyes.

D'argent, à deux fasces d'azur, celle du chef chargée d'un croissant de gueules. (E. Defer, Soc. Acad., 1875.)

762. TALLEYRAND (DE), seigneur d'Arembécourt.

De gueules, à trois lions d'or, armés, lampassés et couronnés d'azur. (La Chesnaye.)

763. TANCE (DE), originaire d'Italie, seigneur de La Ville-au-


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 145

Bois-lès-Soulaines, Remy-Ménil (c. d'Epothémont), La Motte (c. de La Ville-au-Bois). D'azur, à trois épis de blé d'or. (d'Hozier.) — TANLAY (marquis DE) . Voir Thévenin.

764. TARTIER ou TARTRIER (LE), Troyes.

De gueules, à un besant d'or; au chef d'or chargé de trois molettes d'éperon de sable. (d'Hozier.)

765. TASSIN (Jacques), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1701.

D'argent, à un lion de sable, couronné d'or (d'Hozier).

766. TASSIN (Jean), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et en pointe d'une tasse de même. (d'Hozier.)

767. TASSIN (feu Nicolas), bourgeois de Troyes, 1700.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux ancres de même, et en pointe d'un lion aussi d'or ; à un chef cousu de gueules chargé de cinq croissants d'argent. (d'Hozier.)

768. TELLIER (LE), baron de Maraye-en-Othe, seigneur de

Saint-Mards. D'azur, à trois lézards d'argent posés en pal (la tête en haut) ; au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or. (P. Anselme.)

769. TEMPLE (ordre du), seigneur d'Aillefol (Gérosdot), Sancey

Sancey etc. De gueules, à une croix d'argent.

770. TERRAY DE ROZIÈRES, seigneur de Rozières' (c. d'Avantlès-Marcilly),

d'Avantlès-Marcilly), , Avant-lès-Marcilly, Soligny-les-Etangs, Fays, Saint-Pierre-deBossenay, Ressôn (c. de La Saulsbtte), Charmesseaux (c. de Trancault), La Saulsotte, La MotteTilly, La Chapelle-Saint-Nicolas (Saint-Nicolas), Traînel, Courceroy, Fontenay-de-Bossery, Gumery; du Plessis-Mériot (c. du Mériot.) D'azur, à une fasce d'argent chargée de cinq hermines de sable et accompagnée de trois croix trèflées

T. XLIII. 10


146 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

d'or; au chef du même chargé d'un lion hissant de gueules. (Dubuisson.)

771. TETEL (Louis), conseiller au bailliage et présidial de

Troyes, 1697, et Pierre, l'aîné, avocat en Parlement, 1700. D'argent, à une fasce de gueules chargée de trois croissants d'argent. (d'Hozier.)

772. TEXIER (Nicolas LE), greffier en chef de l'Election de

Bar-sur-Seine, 1698. D'azur, à un chevron d'or accompagné de deux étoiles d'argent et en pointe d'un dauphin d'or surmonté d'un croissant d'argent. (d'Hozier.)

773. THÉVENIN, marquis de Tanlay, seigneur d'Avreuil, Bernon.

Bernon. gueules, au chevron d'argent, accompagné de trois lionceaux d'or, les deux du chef affrontés. (Arbaumont.)

774. THIBOUST DE BÉRY et DES AULNOIS, seigneur de Beaulieu

(c. du Mériot), de Pouy. De gueules, à un sautoir d'argent chargé en coeur d'un écusson bandé d'or et de sable de six pièces. (d'Hozier.)

775. THIERRY (DE), seigneur de Vougrey en partie.

D'azur, à trois lions naissants d'or, à demi-corps. (d'Hozier, reg. VI.)

776. THIEUX (Nicolas), chanoine de l'Eglise de Troyes, 1701.

D'azur, à un cygne d'argent. (d'Hozier.)

777. THIL (DE) (Auxois), ancienne maison, seigneur de

Marigny-le-Châtel.

D'or, à trois lions de gueules.

Guillaume de Thil, seigneur de Marigny, portait sur son son sceau, en 1314, un écu à trois lions 2 et 1. (Douët d'Arcq.)

La famille de Châteauvillain s'étant éteinte par suite du mariage de la dernière du nom avec un membre de la famille de Thil, leur postérité prit le nom et les armes des Châteauvillain. (Voir ce mot.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 147

778. THOINARD, baron d'Arcis, seigneur de Dosnon, SaintDidier

SaintDidier de Dosnon), Pouan, Montsuzain, Voué, Villette, Plancy; du Chêne. D'argent, à un coeur de gueules accosté de deux demivols du même, et accompagné en chef de trois étoiles d'azur (posées en fasce), et en pointe d'un croissant du même. (Dubuisson.)

779. THOMASSIN, seigneur de Balignicourt, Donnement; ayant

demeuré à Troyes. D'argent, au pin de sinople sommé d'une merlette de sable. (Caumartin.)

780. THOCROTTE (DE), seigneur d'Allibaudières.

De gueules, au lion d'argent. (André Duchesne, Hist. de la maison de Dreux.) — THOYNARD. Voir Thoinard.

781. THYSAC (DU), seigneur de La Rothière.

D'azur, à trois glands versés d'or. (Caumartin). — TOROTTE (DE). Voir Thourotte.

782. TRAINEL (maison de), seigneur du lieu, de Pont-surSeine,

Pont-surSeine, Villeneuve-aux-RichesHommes (c. de Trancault), Soligny-les-Etangs, Sacey (c. de Rouilly-Sacey), Pâlis, Saint-Mardsen-Othe, Maraye-en-Othe, Pouy, Resson (c. de La Saussotte), Vauchassis.

De vair plein. (Berry.)

Dès 1211 on voit apparaître l'écu vairé sur les sceaux des seigneurs de Traînel, mais ces armes n'étaient pas encore uniformément adoptées par les seigneurs de cette maison ; ainsi, l'on trouve sur leurs sceaux soit un lion (1221 et 1245) ; soit une fasce frettée (1233) ; soit un écu à deux fasces, chargé en chef d'un lambel de cinq pendants (1237) ; soit un fascé de six pièces (1258 et 1299), brisé d'un bâton (1291). (Voir dans Douët d'Arcq.)

Erard de Traînel, sire de Foissy-sur-Vanne (Yonne), portait sur son sceau, en 1237, un écu à deux


148 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

fasces et à un chef chargé d'un lambel de cinq pendants. (Douët d'Arcq).

783. TRAMERIE (DE LA), seigneur en partie de Balnot-leChâtel.

Balnot-leChâtel. sable, à un chevon d'or accompagné de trois merlettes du même. (d'Hozier, armoriai d'Artois et Picardie. Cf. Arch. dép. de l'Aube, D. 83.)

784. TRASSE (Pierre), économe de l'évêché de Troyes, 1697.

D'azur, à trois croissants d'argent posés 1 et 2, entrelacés au premier ; à un chef de gueules chargé de trois étoiles d'argent. (d'Hozier.)

784bis. TRÉMISOT, Mussy-l'Évêque.

D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux roses de gueules (sic), et en pointe d'un épi d'avoine d'or, accosté de deux épis d'orge, aussi d'or ; ces trois épis appointés et soutenus d'une étoile d'argent. (Dessins et notes manuscrites sur la famille, appartenant à l'auteur.)

785. TRINITÉ (Couvent de la), du faubourg Saint-Jacques,

à Troyes. D'argent, à une croix pattée et alaisée, le montant de gueules et la traverse d'azur, cantonnée de quatre fleurs de lys d'azur. (d'Hozier.)

786. TROTANT (Jean), trésorier de Saint-Etienne de Troyes,

1700. De gueules, à un cheval passant d'argent sur une terrasse de sinople. (d'Hozier.)

787. TROUSSET (DU), originaire de Cambrésis, seigneur de

Gevrolles (c. de Dienville). De sinople, au lion d'or armé et lampassé de gueules. (d'Hozier.)

788. TROYES (Ville).

D'azur, à une bande d'argent côtoyée d'une double cotice potencée et contrepotencée de treize pièces d'or, et un chef aussi d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or. (d'Hozier).

Sous le premier Empire, l'ancien chef de France fut


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 149

remplacé par un chef qu'on pouvait appeler impérial : de gueules, chargé de trois abeilles d'or.

Les anciennes armes furent reprises sous la Restauration.

En 1830, on substitua trois étoiles d'or aux trois fleurs de lys.

En ce qui concerne le chiffre de treize appliqué aux potences et contrepotences, voir au mot Champagne ce que nous en avons dit.

On ne saurait trop protester contre cette habitude de soumettre les armoiries d'une ville aux variations des formes de gouvernement. Les armoiries prises à l'origine par la ville de Troyes ont un caractère historique, et elle n'a pas plus le droit qu'un particulier de les changer (1).

— TROYES (Bouchers, boulangers de). Voir-ces mots.

— TROYES (chapitre de l'église cathédrale de). Voir SaintPierre.

SaintPierre.

788bis. TRUELLE (Jacques), marchand à Troyes, 1663.

D'azur à un chevron accompagné en chef de trois étoiles posées en fasce et en pointe d'une orange ou pomme, feuillée et tigée, le tout d'or. (Vitrail du choeur en l'église de Saint-Pantaléon, à Troyes.)

789-790. TUUTAT, Troyes.

D'azur, à un cygne d'argent; au chef de gueules (sic) chargé de trois étoiles d'argent (sic). (B. T. ms. 2601.)

— URSINS (DES). Voir Harville, Jouvenel.

791. URSULINES DE BAR-SUR-AUBE.

D'argent, à un nom de Jésus de gueules enfermé dans une couronne d'épines de sinople. (d'Hozier.)

792. URSULINES DE BAR-SUR-SEINE.

D'azur, à une croix haussée d'or. (d'Hozier.)

(1) Pour plus de détails, voir un travail de M. Jules Ray (Soc. Acad., 1851).


150 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

792bis. URSULINES DE TROYES.

D'azur, à un nom de Jésus Maria d'or. (d'Hozier.)

793. VAIVRE (DE), seigneur de Fontaines, Eclance.

D'argent, au sautoir de sable chargé de cinq màcles d'or. (Caumartin.)

794. VAL (DU), seigneur de Charmesseaux (c. de Trancault),

du Fays, de Sainte-Colombe (c. de Rigny-la-Nonneuse), des Bois-de-Pompée (idem). D'azur, à une fasce d'argent. (Caumartin.) 794 bis VAL (DU), seigneur de Villemoiron.

D'azur, à une bande d'argent. (Caumartin.)

795. VALENTIGNY (DE). Troyes.

De gueules, au rais d'escarboucle d'or. (Tab. gen. des Mansy.)

— VALDENUIT (DE). Voir Bluget.

796. VALÉRY DE DURNAY (DE), seigneur de Vendeuvre, Landreville,

Landreville, (c. de Saint-Léger-lès-Troyes,) du

Magnifouchard. Le sceau d'Erard de Valéry, chambellan de France,

connétable de Champagne, portait, en 1275, un

écu à une croix. (Douët d'Arcq). Dès 1221, on trouve la croix sur le sceau d'un membre

de cette famille (idem).

— VALLÉE (DE LA). Voir Pin.

797. VALLOT (Gabriel), prévôt et chanoine de Saint-Etienne

de Troyes, 1701. D'azur, à une bande d'argent chargée de trois roses de gueules. (d'Hozier.)

798. VALLOT, seigneur de Magnant.

Peut être faut-il lui attribuer les mêmes armoiries qu'au précédent.

799. VALOIS DE SAINT-REMY (DE), baron de Fontette, seigneur

seigneur Beauvoir (c. de Fontette), Noé (les Mallet?),

Mallet?), du Châtelier (c. de ).

D'argent, à une fasce d'azur chargée de trois fleurs de lys d'or. (E. Socard, Soc. Acad., 1867.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 151

800. VALPIN (Charles), prévôt d'Essoyes et président au grenier

grenier sel de Mussy-l'Evêqne, 1703. D'or, à deux pins de sinople posés chacun sur un monticule de même. (d'Hozier.)

801. VANDENESSE (baron DE), seigneur de Montsuzain, Aubeterre,

Aubeterre, Saint-Remy-sous-Barbuise, SaintMartin (c. de Saint-Remy-sous-Barbuise). D'or, à quatre pals de gueules ; au chef d'or (?) chargé d'une aigle éployée de sable. (Dubuisson.)

802. VARISQUE (DE), seigneur de Vernonvilliers.

D'azur, à deux chevrons d'or accompagnés de trois étoiles du même. (d'Hozier.)

803. VASSAN (DE), originaire du Soissonnais, seigneur de

Blignicourt, Crespy, du fief du Biat situé sur le territoire d'Yèvres, de Remy-Ménil (c. d'Epothémont). D'azur, à un chevron d'or accompagné en chef de deux roses d'argent, et en pointe d'une coquille du même. (d'Hozier.)

— VAUDRAY (DE). Voir Vaudrey.

804. VAUDREY (DE), originaire de Bourgogne, marquis de

Saint-Phal, baron de Saint-Mesmin, seigneur de Blaincourt; en partie d'Avreuil, Vanlay, Bercenayen-Othe. Emmanché de gueules et d'argent. (Caumartin.)

805. VAULUISANT (abbaye de), au diocèse de Sens, sur les

confins du département de l'Aube. D'azur, à deux léopards d'argent l'un sur l'autre. (d'Hozier).

806. VAUX (DE), seigneur de La Routelle, fief relevant de

Vendeuvre. D'azur, à deux licornes, saillantes et affrontées, d'argent, supportant un chevron alaise de même. (d'Hozier.)

807. VAVERAY (DE), seigneur de Presles-Vieux (c. de Rosnay),

Presles-Neuf (idem), du fief des Arrêts sis à Bali-


152 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

gnicourt, de Blignicourt pour un quart ; de Donnement, et en partie de Jasseines. De sinople, au lévrier d'argent qui soutient une tour d'or du pied senestre. (d'Hozier.)

808. VAVEREY DE MENONVILLE, seigneur d'Avirey et Lingey

en partie. Peut-être la même famille que la précédente.

809. VEILLART (DE), originaire de Normandie, seigneur de

Doches; ayant demeuré à Troyes. D'azur, à un sautoir d'or accompagné d'une hure de sanglier du même en chef, et de trois besants d'argent, deux au flanc et un en pointe. (d'Hozier.)

810. VELUISAT (François), chanoine de l'Eglise de Troyes,

1701. D'or, à deux fasces de gueules. (d'Hozier.)

— VENDÔME (DE). Voir Bourbon-Vendôme. 810bis. VERGY (DE), seigneur de Lirey.

De gueules, à trois roses ou quintefeuilles d'or. (Arbaumont.)

— VERMANDOIS (comtes DE), comtes de Champagne. Voir

Champagne (comtes de).

811. VERNEUIL (DE), originaire de Champagne, ayant demeuré

demeuré Saint-Nabord, seigneur de Nuisement, en partie de Trouan-le-Grand. D'azur, à un lion d'or couronné et armé de gueules (Caumartin et d'Hozier), accompagné au canton senestre de trois étoiles du même. (d'Hozier, La Chesnaye, la Généalogie produite devant Caumartin, et Chevillard.)

— VÉRON. Voir Verron.

812. VERPILLAT (Etienne)^ lieutenant particulier en l'Election

l'Election Bar-sur-Aube, 1701. D'or, à deux fasces d'azur accompagnées de neuf merlettes de sable posées 4, 3 et 2. (d'Hozier.)

813. VERRIÈRES (DE), seigneur de Vauchonvilliers, Valsuzenay

Valsuzenay de Vendeuvre).


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 153

De gueules, à un chef d'argent chargé de trois annelets de gueules accostés de quatre mouchetures d'hermine. (Caumartin.)

814. VERRINES (DE), originaire de Champagne, seigneur de

Rhèges. Bouy-Luxembourg en partie. D'azur, à un chevron d'argent accompagné en chef de deux perdrix (affrontées, suivant Laine), d'or (les pieds posés sur le chevron, suivant la généalogie produite devant Caumartin), et en pointe d'un mouton d'argent. (Caumartin.)

815. VERRON (feu Louis), marchand à Troyes, 1697.

D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois trèfles de même, celui de la pointe soutenu d'un véron d'argent. (d'Hozier.)

816. VESTIER, Troyes.

D'azur, à un chevron d'argent accompagné en chef de deux glands d'or tiges et feuilles du même, et en pointe d'une rose d'argent. (B. T. ms. 2601.) — VESVRE (DE). Voir Vaivre.

817. VIARD (Edme), greffier des Riceys, et Jean, notaire royal

aux Riceys, 1703. D'azur, à un violon d'or. (d'Hozier.)

818. VIENNE (DE), originaire de Bourgogne, seigneur de

Saint-Benoit-sur-Vanne, Courmononcle (c. de Saint-Benoit), Soligny-les-Etangs, Villacerf, Barberey-aux-Moines (c. de Saint-Lyé). D'argent, à un chevron de gueules accompagné en chef de deux pins de sinople, et en pointe d'une aiglette de sable. (B. T. ms. 2601;.

819. VIENNE (DE), originaire de Bourgogne.

Branche aînée, dont étaient les Vienne-Busserolles : seigneur de Plancy, Rhèges, Torvilliers, Lagesse, Landreville, Creney, Sainte-Savine, Gevrole (c. de Dienville), Fouchères, Saint-Benoit-sur-Vanne, Sacey (c. de Rouilly-Sacey).

Branche cadette dont étaient les Vienne-Gérosdot : seigneur de Gérosdot, La Tuilerie (c. de ),


154 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

des deux Presles (c. de Rosnay), Rhèges, Creney, Sommeval, Torvilliers, du Haut-Guet (c. de Jusanvigny), Bailly, Fontenay (c. de Chavanges), Lesmont, Précy-Notre-Dame, Précy-Saint-Martin. D'argent, à l'aigle de sable. (d'Hozier.) La grande maison de Vienne, en Bourgogne, dont ces derniers étaient issus, portait : de gueules, à l'aigle éployée d'or. (Arbaumont.)

820. VIESSE (DE), seigneur d'Avirey, en partie. Famille qui a

donné à la France le maréchal de Mannont. D'azur, à une croix double, pattée, d'or ; parti : de gueules, à une main senestre de carnation, sortant d'une nuée d'argent, mouvante d'apparition et tenant une épée flamboyante aussi d'argent. (Coûtant, Hist. de Bar-sur-Seine.)

821. VIGNEAU (DE), seigneur en partie de Balnot-le-Châtel.

D'..., à trois chevrons d'.... (Arch. départ, de l'Aube, D. 83.)

822. VIGNERON (Claude), conseiller en l'échevinage de Troyes,

1697. D'or, à trois perroquets de sinople. (d'Hozier.) On trouve dans les vitraux de l'église de Saint-Pantaléon

Saint-Pantaléon Troyes le chevron chargé à la pointe

d'une étoile de gueules.

823. VIGNIER, Bar-sur-Seine, baron de Villemaur, marquis

(1659) de Biceys, seigneur de Bagneux, Beauvoir, Hauterive (c. de Riceys), de Saint-Usage, Chamblain (c. d'Ervy), Saint-Liébault (aujourd'hui Estissac), An-entières, Juilly-sur-Sarce, Epothémont, Avirey.

D'or, à un chef de gueules ; à une bande componée d'argent et de sable de six pièces, brochant sur le tout; à la bordure de France ancien. (Caumartin.)

La bordure de France ne date que de 1650, époque où elle fut accordée par concession royale.

N. B. On trouve souvent ces armoiries écartelées de


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 155

celles des Boudault, qui sont : d'azur à un trèfle d'or. (Paillot, le Parlement de Bourgogne.)

— VILLABON (DE). Voir Fay.

824. VILLEBÉON (DE), seigneur de Bagneux.

De sinople, à trois jumelles d'argent. (Coûtant, Hist. de Bar-sur-Seine.)

825. VILLEHARDOUEV (DE). Ancienne maison.

Seigneur du lieu, de Villy-le-Maréchal.

De gueules, à la croix d'or recercelée (Natalis de Vailly, Conquête de Constantinople, par Villehardouin), ou ancrée (Grandmaison, Dictionnaire héraldique).

825bis. VILLEMAUR, localité autrefois importante.

Courtalon, d'après Chèvre de La Charmotte, curédoyen de Villemaur, rapporte que les armes de ce bourg sont : d'argent à trois têtes de maures au naturel, tortillées d'argent. (B. T. ms. 2254, p. 2.)

Voir Mores (abbaye de),

826. VILLEMAUR (DE), seigneur du lieu, de Nogent-sur-Aube,

Moirey, Bercenay-en-Othe, Craney, Fontvanne, Villemoiron, du Plessis (c. de Fontvanne ou de Bucey).

D'azur, à une ramure de cerf d'or soutenant une molette du même. (Caumartin.)

On trouve ces armes écartelées : de gueules à une bande d'argent chargée d'un lion passant de sable dans le sens de la bande. (B. T. ms. 2601.) — VILLEMEREUIL (DE). Voir Bonamy.

827. VILLEMONTÉE (Autier et Hautier DE), seigneur de SaintSépulcre

SaintSépulcre Villacerf ). D'azur, au chef denché d'or chargé d'un lion passant de sable armé et lampassé de gueules. (La Chesnaye.)

— VILLEMOR (DE). Voir Villemaur.

828. VILLEPROUVÉE (DE), originaire d'Anjou, Troyes, seigneur

seigneur Villette, du Martroy (c. de Villette).


156 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

De gueules, à une bande d'argent côtoyée de deux cotices d'or. (d'Hozier.) — VILLEROY (DE). Voir Neuville.

829. VILLE-SUR-ARCE (anciens seigneurs de).

Burelé de quatorze pièces. (Arbaimont). Le sceau d'une Ysabeau de Ville-sur-Arce porte : trois besants surmontés d'un oiseau, au franc quartier chargé de deux faucilles. (Idem).

830. VILLETTE (DE), Bar-sur-Aube. Peut-être seigneur de

Villette. D'azur, à une tour crénelée, et couverte en dôme, d'argent. (d'Hozier.)

831. VILLIERS (Pierre DE), évêque de Troyes.

D'argent, à une bande de sable chargée de trois fleurs de lys d'or. (Courtalon, I, 379.)

832. VILLIERS (DE), seigneur de Laines-aux-Bois, Galilée (c.

de Laines-aux-Bois), Bouy-sur-Orvin, Soligny-lesEtangs, Traînel. D'azur, à trois croissants d'argent. (Caumartin.)

833. VILLIERS DE L'ISLE ADAM (DE), ayant demeuré à Charnyle-Bachot;

Charnyle-Bachot; de Rhèges en partie.

D'azur, au chef cousu d'or ; à un dextrochère emmanché d'hermine, revêtu d'un manipule du même, brochant sur le tout. (Berry.)

Philippe de Villiers de l'Isle-Adam, commandeur de Troyes, portait sur son sceau, en 1517, un écu écartelé aux 1 et 4 de l'Isle-Adam, et aux 2 et 3, de deux bars adossés, sur champ semé de trèfles. (Douët d'Arcq.)

834. VINAT (François), docteur en théologie, doyen du chapitre

chapitre l'Eglise de Troyes, 1700. D'argent, à un chevron de gueules accompagné de trois raisins de pourpre. (d'Hozier.)

835. VINCENNES (chapitre de), seigneur de Méry-sur-Seine,

Châtres, Villacerf, Droupt-Saint-Bâle, Mesgrigny.

En 1403, ce chapitre porte sur son sceau le donjon

de Vincennes à l'intérieur duquel on aperçoit la


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 157

chapelle. (Arch. départementales de l'Aube, G. Fonds Saint-Urbain.)

— VINDÉ (DE). Voir Morel.

836. VIRLOIS (LE), Propriétaire du fief de Regnault (paroisse

de Clérey), seigneur d'An-entières. De gueules, à deux épées d'argent, les poignées en haut, les pointes passées en sautoir dans le centre d'un croissant du même. (d'Hozier.)

837. VIRY (Manassès DE), de la famille des Viry, seigneurs

de Villemereuil en partie. Il portait sur son sceau, en 1383, un écusson à sept, besants posés 3, 3 et 1. (Inv. Nevers.)

838. VISITATION (couvent de la), faubourg Croncels, à Troyes.

D'or, à un coeur de gueules percé de deux flèches d'or empennées d'argent, passées en sautoir au travers du coeur qui est chargé d'un nom de Jésus d'or et sommé d'une croix de sable au pied fiché, le tout enfermé dans une couronne d'épines de sinople, les pointes ensanglantées de gueules. (d'Hozier.)

839. VITEL (DE), Troyes, seigneur de Villemoyenne, PrécyNotre-Dame,

PrécyNotre-Dame, Fresnoy, La Cour-Bureau (c. de Fresnoy), de La Roche en partie (c. de Jasseines). D'azur, à un chevron d'or accompagné de trois roses du même. (Caumartin.)

840. VIVIER (feu François DU), capitaine de cavalerie au régiment

régiment Blanchefort, Troyes, 1700. D'or, à trois merlettes de sable, les deux du chef affrontées. (d'Hozier.)

— VOULDY (DU). Voir Guichard.

— VRILLIÈRE (DE LA). Voir Phelyppeaux.

841. YARDIN (D'), seigneur du Petit-Mesnil, d'Ailleville.

De gueules, à une croix composée de sept mâcles d'argent et cantonnée de quatre quintefeuilles d'or. (d'Hozier.)


158 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

842. ZEDDES (DE), seigneur de Crespy, Beurey, Thieffrain, Thors, en partie de Villemoiron. D'azur à un Z en lettre capitale d'or. (d'Hozier), ou : d'or à un Z de gueules. (d'Hozier, reg. I.)

Additions et corrections.

843. ADAM, seigneur de Chassericourt, du Chatelier (même

commune), d'Arembécourt. D'azur, au chevron d'or (ou d'argent) accompagné de trois étoiles d'argent. (Vaveray, l'Election de Vitry-le-François, pag. 102 et 411).

(177.) CHANTALOE (DE).

Les couleurs de I'écu sont d'argent et de gueules. (Vitrail en l'église de Saint-Parre-aux-Tertres.) Mais le dessin de ce vitrail et celui qui figure au bas des portraits de Pierre et François Pilhou, gravés par Edelinck et Van Schuppen, donnent un fascé de quatre pièces, en sorte qu'il faudrait Masonner : fascé d'argent et de gueules de quatre pièces, les fasces de gueules crénelées. — Si, au contraire, on considère comme exact le dessin de la pierre tumulaire, il faut blasonner : d'argent, à deux fasces crénelées de gueules. Cependant, le manuscrit 2601 de la Bibliothèque de Troyes donne : de gueules, à deux fasces crénelées d'argent.

844. COHORN (DE), marquis de La Palun, seigneur de Charmont

Charmont Fontaine-Luyères, Saint-Pierre-de-Bossenay, Rigny-la-Nonneuse. Ecartelé : aux 1 et 4, d'or, à quatre pals d'azur; aux 2 et 3, de sable, à un cor de chasse lié de gueules. (La Chesnaye.)


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE. 159

(257.) COURCELLES (DE), seigneur de Saint-Liébault (Estissac), etc.

Beaumont donne les émaux des armoiries de cette famille qui sont : d'argent, à trois croissants de gueules. (Armoriai de la ville de Paris, planche 1.)

845. GUICHON, seigneur de Rosières et de Viélaines (c. de Rosières). D'azur, aune licorne saillante d'argent. (Communication de M. Guichon de Grandpont, commisssaire général de la marine en retraite).

(384.) GRAS DE VAUBERCEY (LE). Les trois besants du chef sont d'argent.

— PALUN (marquis DE LA). Voir Cohorn.

(702.) RIGLET.

Dans les vitraux de l'église de Saint-Pantaléon, à Troyes, les pals et le chef sont d'or et les étoiles de sable.


160 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

NOTE CONCERNANT LES PLANCHES

La Société Académique de l'Aube ayant autorisé l'addition de deux planches à cet armoriai, nous y avons fait figurer, conformément au désir exprimé par la Commission de publication, celles des armoiries décrites dans ce recueil, qui réunissent les deux conditions de paraître inédites et d'être représentées dans des monuments du département.

Nous devons le dessin de ces écussons à l'amitié de M. Louis Le Clert, d'Epagne.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L'AUBE.

161

TABLE DES NOMS DE LIEUX

Ailleville. 57, 409, 840.

Aires (Les), c. de Jasseines. 631.

Aix-en-Othe. loi bis.

Allibaudières. 230, 443, fi41, 780.

Amance. 623.

Amboise, c. de La Chaise. 572.

Arambécourt. 40, 425, 435, 567, 762, 843.

Arcis-sur-Aube. 27,144, 146, 386, 590,650,

657, 778. Argançon. 129. Argentolle, c. de Creney. 47, 157bis, 303,

384. Arlète, c. d'Arsonval. 23. Arrentières. 33, 56, 57, 108, 262, 392, 545,

394, 574, 662, 719, 743, 755, 820, 836. Arrêts (Les), c. de Balignicourt. 807. Arsonval. 34. Assenay. 667.

Assencières. 17, 67, 266, 616, 651. Atibeterre. 36, 431, 801. Aubeterre, c. de Faux-Villecerf. 130. Aubeterre, e. de Villery. 650. Aubigny. 495. Aulnay. 136, 147, 414, 574. Auxon. 715. Auzon. 513.

Avant-lès-Marcilly. 17, 615, 770. Avant-lès-Ramenipt. 690. Avirey-Lingey. 341, 464. Avirey ou Avirey-le-Bois, c. d'AvireyLingey. 55, 135 bis, 140, 245, 350,

378, 398, 562, 820, 823. Avon, e. d'Avon-la-Pèze. 113,720. Avon-la-Pèze. 112, 412, 495, 687. Avreuil. 773, 804. Bagneox-la-Fosse. 263, 292, 464, 709, 823,

824. Bailly (lequel ? ). 41, 632, 819. Bailly (Le), c. de Cbaonrce. 17, 272. Bailly, c. de Chaufibur. 50 bis, 266, 445

bis. Bailly-le-Franc. 425, 436 ter. Baire et Baire-Saint-Loup, c. de SaintParres-aux-Tertres.

SaintParres-aux-Tertres. 491, 539,

728. Baligniconrt. 8, 41, 81, 109, 175, 263 bis,

683, 779. Balnot (lequel ? ). 170, 179. Balnot-sur-Laigne ou Balnot-le-Cbàtel.

55, 82, 209, 229, 725, 783, 821.

T. XLIII.

Bar-snr-Aube. 3, 167, 207, 214, 231, 235,

296, 314, 340, 342, 382, 394, 523, 612,

631, 679, 713, 729, 753, 812, 830. Bar-snr-Seine. 50, 52, 71, 84, 85,106, 124,

125, 144, 185, 186, 187, 237, 240, 245

bis, 280, 313, 389, 423, 454, 400, 514,

518, 536, 579, 608 bis, 670, 671, 672,

673, 678, 685, 709 bis, 736, 819, 823. Barberey-aux-Moines, c. de Saint-Lyé.

160, 818. Barberey-Saint-Sulpice. 195, 209,325,439,

504, 613. Barbuise. 569. Barres (Les), c. d'Avant-lès-Marcilly. 17,

629. Basse-Fontaine, c. de Montanlin. 17,133,

143, 195, 232, 352, 417, 469, 544. Basson c. de Marcilly-le-Hayer). 120, 196,

558, 599. Batilly, c. de Villy-le-Bois. 530, 532,

667, Bavon, c. deBligny. 517. Bayel. 540.

Beanfort. Voir Montmorency. Beaulien, c. de Droupt- Sainte-Marie.

250, 319. Beanlieu, c. du Méiiot. 774. Beauregard, c. de Pars-lès-Chavanges. 89. Beauvoir. 263, 464, 799. Belley, c. de Villechétif. 593, 613. Bercenay (lequel ? ). 695. Bercenay-en-Othe. 238, 725,804, 826. Bercenay-le-Hayer. 56, 74, 130 ter, 687,

752 bis. Bernon. 108, 620 bis, 773. Bertignolles. 196, 367, 469. Bérulles. 96, 129, 308, 340. Bétigniconrt. 48,109, 194, 264. Beurey. 842, Beurville. 394, 400, 604. Bezançon, fief, c. de Pont-sur-Seine. 17. Biat (Le), c. d'Yèvres. 260, 803. Bidan, c. de Montceaux. 50 bis. Bierne, c. de Villemereuil. 443, 555, 627,

651. Blaincourt. 263, 318 bis, 402, 418, 804. Blignicourt. 77, 89, 233, 260, 345, 403,

453, 517, 639, 701, 803, 807. Bligny. 360, 517, 534, 639. Blives, c. de Savières. 29,126, 419.

11


162

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

Bois-de-Pompée (Les), c. de Rigny-laNonneuse.

Rigny-laNonneuse. Bordes (Les), c. de Lantages. 65,704, 716. Bordes (Les), c. de Montpothier. 626,

668. Bossancourt. 109, 129, 193, 360. Bouilly. 74, 209.

Bonlage, c. de Sainte-Savine. 241, 651. Bouranton. 68. Bourdenay. 53, 224, 318, 325, 403, 604,

605, 684. Bourg-Partie, c. de Neuville-sur-Vanne.

436. Bourguignons. 312, 445, 666. Bouy (lequel ? ). 317, 475. Bony-Luxembourg. 206, 495, 560, 719,

814. Bouy-sur-Orvin. 17, 517, 770, 832. Bragelogne. 55, 144, 853. Brantigny, c. de Piney. 147, 555, 581,

690. Braux-le-Comte. 152, 574. Breviande. 17, 517, 598, 695. Briel. 7, 15, 175, 491, 544. Brienne. 88, 144, 300, 378 bis, 404, 426 bis,

484, 495, 523. Brillecourt. 395, 636, 690. Bucey-en-Othe. 19, 43, 200, 496 bis, 690. Buchères. 220, 597. Buxenil. 209, 312, 626 bis. Buxières. 157. Caves (Les), c. de Pont-sur-Seine. 130,

133. Cervet, c. de Saint-Léger-lès-Troyes. 17,

491, 617, 605, 796. Chaast, c. de Bucey-en-Othe. 365 bis,

478. Chacenay. 19, 28, 144, 196, 199, 200, 280,

337, 367, 379, 419, 469, 534, 535, 660,

738. Chaise (La). 10, 13, 156, 317, 480. Chalette. 67, 69, 82, 89, 113, 233, 271, 288,

448, 562, 636, 662. Chamblain, c. d'Ervy. 823, 460. Chamoy. 263, 455, 707, 715. Chaource. 129, 181, 209, 224, 436 bis, 564,

67S, 662, 682. Champ-au-Roy. Voir Champ-sur-Barse. Champfleury. 367, 393. Champgrillet, c. de Semoine. 44, 223,

357. Champignolle. 553. Champigny. 484, 517, 639. Champ-sur-Barse. 623. Chappes. 42, 280, 397. Chapelle (La), c. de Yille-sur-Terre. 245,

654. Chapelle-Godefroy (La), c. de Saint-Aubin. 120,609.

Chapelle-Saint-Luc (La;. 317, 613, 681. Chapelle-Saint-Nicolas (La). Voir SaintNicolas. Chardonnet. 520 690. Charley, c. de Sainte-Maure. 400, 517.

538. Charme (La), c. de Troyes. 428. Cbarmesseaux, c. de Trancaull. 17, 53,

318, 325, 504, 684, 770, 794. Charmont. 419, 507, 532, 844. Charmoy. 53, 318, 325, 482, 504. Charmoy, c. de Villemorien. 716. Charny-le-Bachot. 833. Chassenay. Voir Chacenay. Chassericourt. 40, 109, 425, 435, 490, 561,

843. Chassois, c. d'Herbisse. 210,295, 428, 538,

627. Château-Hntton, c. de Saint-Mards-enOthe.

Saint-Mards-enOthe. 701 bis. Chàtelier (Le), c. de Chassericonrt. 843. Châtres. 717, 835.

Chauclligny. 73, 78, 154, 232, 416, 443, 707. Chandrey. 198, 463, 4S4. Chauffour. 60 bis, 469, 634, 655. Chanmesnil. 6, 41, 77, 199,262, 480,484,

645, 672, 609, 695. Chaussepierrc, c. de Rumilly-lès-Vaudes.

245 bis. Chavanges. 279, 425, ',36 ter Chavaudon, c. de Marcilly-le-Hayer. 403. Chemin (Le), c. de Vaudes. 96 bis, 395,

405, 719 bis. Chêne (Le). 146. 778. Chennegy. 19, 257, 566, 705. Chervey. 367, 469. Chesley. 578, 723. Chessy. 472.

Chevalière (La), c. de Bourguignons. 445. Chevillèle, c. de Saint-Germain. 465, 493,

667. Chicherey, c. de Sainte-Savine. 160,651. Clairvaux. 818.

Cléreuil, c. de Pars-lès-Chavanges. 740. Clauzet (Le), c. de Vancogne. 387. Coclois. 520, 690. Colaverdey. Voir Charmont. Colombé-la-Fosse. 21, 372, 447, 735. Concise, c. de Bercenay-en-Othe. 472. Cornillon, c. de Marcilly-le-Hayer. 558. Cosdon, c. de Paisy-Cosdon. 208, 725. Coste-aux-Bois (La), c. de St-Pouange ?.

113. Cour (La), c. de Polisy. 312. Conr (La), c. de la Sanlsotte. 103. Cour-Bureau (La), c. de Fresnoy. 839. Courcelle. 89, 415, 699. Courcelles, c. de Clérey. 260, 650. Conrcelles, c. de Saint-Germain. 632.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

163

Courcenay, c. de Monlfey. '227.

Courceroy. 770.

Courgerennes, c. de Buchères. 29, 83,

220, 430, 558 bis, 597. Conrlanges, c. de Saint-Mesmin. 232,494,

681. Courmononcle, c. de Saint-Benoit-surYanne.

Saint-Benoit-surYanne. 818. Cours (Les), c. de Saint-Julien. 695. Cour-Saint-Phal (La), c. de Savières. 29,

232, 416,419. Coursan. 269, 383. Courtavant, c. de Barbuise. 203. Courtelon, c. d'Auxon. 227. Courtenot. 613. Courteranges. 564. Courterou. 695. Couvignons. 360. Crancey. 130. 224, 438, 747. Craney, c. de Villemoiron et d'Aix-enOthe.

d'Aix-enOthe. 701 bis, 826. Creney. 266, 329, 331, 819. Crépy. 77, 89, 109, 254, 501, 574, 656, 803,

842. Crésantignes. 250, 263, 318 bis. Crespy. Voir Crcpy. Croncels, c. de Troyes. 695. Croûtes (Les). 472.

Culoison, c. de Sainte-Maure. 290, 504. Cunfin. 598.

Cussangy. 30,90, 194, 448 bis, 472 bis, 497, 659, 578 bis, 584 bis, 723.

Dampierre. 197, 269, 453, 641. Dienville. 383, 386, 409, 418, 425, 484, 490,

561. Dierrey-Saint-Julien. 257, 506, 705, 748. Dierrey-Saint-l'ierre. 566, 705, 748. Doches. 111, 538, 589, 403, 809. Dolanconrt. 109, 129, 193. Dommartin-le-Coq. 641. Donnement. 81, 222, 345, 425, 690, 779. Dosnon. 241, 265, 590. Drosnay, ancienne paroisse de Monssey.

232. Droupl-Saint-Bàle. 403, 504, 835.

Echemines. 120, 558.

Eclance. 20, 23, 60, 392, 432, 543, 598, 662,

793. Eguilly. 101 bis.

Engente. 101 bis, 262, 545, 574, 604, 743. Epagne. 7, 54, 203, 318 bis, 561. Epine (L'), c. de Saint-Germain. 160,

651. Epoisses (Les Grandes et Petites), c. de

Vendeuvre. 544. Epothémont. 5, 6, 67, 77, 89, 217, 380,

394, 616, 752, 823. Errey, c. de Messon. 243, 478, 6U.

Ervy. 24, 224, 257, 308, 333, 340, 373, 638,

740, 759 bis. Essoyes. 144, 305, 756, 799, 800. Estissac. 101, 257, 316, 343, 606, 705, 727,

748, 823. Etourvy. 169 bis, 497, 723. Etrelles. 324, 367, 440, 742. Eurville. 360.

Falourdet, c. de Longsols. 489. Faux, c. de Faux-Villecerf. 156, 196, 558. Faux-Villecerf. 120. Fays. 616, 770, 794. Ferreux. 17, 87. Ferrière, c. de La Chaise. 109. Feuge. 78, 154, 232, 416, 443, 707. Fontaines. 299, 392, 578, 793. Fontaine-lès-Grés. 232, 416. Fontaine-Luyères. 419, 431, 607, 632, 844. Fontaine-Saint-Georges, auj. FontaineIes-Grès.

FontaineIes-Grès. c. de Chavanges. 83,819. Fontenay-de-Bossery. 770. Fontette. 335, 610, 799. Fontvanne. 225, 200, 826. Foolz, c. de Bourguignons. 312. 446, CC6. Forestière (La), élection de Troyes. 173. Forêt (La), c. de Courtaoult. 473. Forges (Les), c. de Vendeuvre. 640. Forge-Volcon (La), c. d'Estissac. 113, 493,

007. Fosses (Les), c. de Saint-Usage. 479. Foucllères. 36, 287, 613, 095, 819. Foujon, c. de Pont-sur-Seine. 130. Fralignes. 197, 013. Frécul, c. de la Saulsolte. 103. Fresnay. 109, 063 bis, 675, 719. Fresnoy. 29, 607, 650, 839. Froide-Rive, c. de Mergey. 78, 154, 443,

707. Fuligny. 10, 41, 57,276, 299, 316, 343,

454, 480, 527, 500, 672, 707. Galilée, c. de Laines-au-Bois. 272, 832. Géraudot ou Gérosdot. 200, 819. Gevrole, c. de Dienville. 787, S19. Gigny, commune de La Rothière. 380. Grand-Poirier (Le), c. de Pars-lès-Chavanges.

Pars-lès-Chavanges. (La), près SommefontaiueSaint-Lupien.

SommefontaiueSaint-Lupien. Grand-Cour (La), c. de Bailly-lès-Chauffour.

Bailly-lès-Chauffour. Grand-Mailly (Le). 72. Grands-Jardins (Les), c. de Chavanges.

209 bis. Grandville. 393, 641. Grange (La), c. de La Rivière-de Corps.

651.

Granges (Les), c 629.

Granges (Les), c. de Cussangy. 497


164

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

Grange-Rouge (La], c. de Droup-SainteMarie.

Droup-SainteMarie. Grève (La), c. de Saint-Hilaire. 129. Gumery. 443, 770.

Gyé-sur-Seine. 58, 434, 586,695, 708, 709. Hampigny. 507.

Haut-Chêne (Le), c. de Fresnoy. 348. Hauterive, c. de Ricey. 823. Haut-Guet (Le), c. de Jnsanvigny. 209,

321, 819. Hauts-Jardins (Les), c. de Chavanges. 214. Hayes-la-Demoiselle (Les), c. de Maizières.

Maizières. 517. Humesnil, c. de Jnsanvigny. 131, 562,

737 bis. Isles-Aumont. 42, 129, 224, 373. Isles-sous-Ramerupt. 484, 567. Jaillac, c. du Mcriot. 327. Jasseines. 82, 89, 109, 222, 507, 690. Jancourt. 129, 224, 437, 567. Jessaint. 109, 193, 543. Joncreuil. 425, 436 ter, 689. Jully-sur-Sarce. 36, 65, 209, 224, 440, 695,

823. Jusanvigny. 131, 209, 517, 555, 561,688. Labraux, c. de Chavanges. 740. Lagesse. 79, 82, 194, 448 bis, 819. Laines-au-Bois. 222, 462, 661, 832. Laines-Bourreuses, auj. Rosières. Landreville. 82, 132, 168, 245, 278, 340,

469, 472, 498, 639, 796, 819. Lannerey, c. de Bercenay-le-Hayér. 50,

74, 130 ter, 687, 752 bis. Lantage. 15, 55, 69, 168, 209, 419, 562, 704,

716. Lasnerey. Voir Lannerey. Lassicourt. 129,725. Laubressel. 516, 593, 613. Lavau. 290, 604. Lesmont. 263, 484, 490, 819. Lévigny. 103, 196. Lhuitre. 155, 654. Lignières. 78, 111, 323, 620 bis, 744. Lignol. 415, 723.

Lingey, c. d'Avirey-Lingey. 245. Lirey. 188, 397, 398, 444, 650, 690, 810 bis, Loches. 72, 469, 754. Loge-anx-Chèvres (La), 544, 623. Loge-Mesgrigny (La), auj. Loge-auxChèvres.

Loge-auxChèvres. (La). 264, 455. Loges-Margueron.(Les). 42. Longeville. 19, 400, 667, 747, 732. Longpré. 667. Longsols. 238, 404, 681. Longueville. 367, 393. Louptière (La). 694. Lusiguy. 157. Lnyères. 96 bis, 282, 376, 651.

Màchy. 263, 419, 517. Mâcon. 120. Magnant. 445, 469, 798. Magnicourt. 484, 489, 495. Magnifouchard (Le). 22, 109, 148, 175,

193, 311, 391, 422, 632, 752,796. Mailly. 72, 657. Mailly (Le Grand). 72 Mailly (Le Petit). 72. Maison-Rouge, c. de Polisot. 330. Maison-des-Champs (La). 109. Maisons. 194, 209. Maizières. 59, 131, 484. Maizières-la-Grande-Paroisse. 625. Maraye-en-Othe. 129, 154, 224, 373, 588,

768, 782. Marcilly-le-Hayer. lit, 230, 513 bis, 544,

645, 599, 625, 684. Marigny-Ie-Châtel. 78,120, 196,197, 443,

558, 777, 782. Marnay. 120, 290, 009. Marolles-lès-Bailly. 60 bis, 72, 445 bis,

469, 655.. Marots (Les), c. de Troyes. 428. Martroy (Le), c. de Villette. 657, 828. Martiaux. 41, 419, 444, 510, 635. Mcix-Robert. Voir Metz-Robert. Menois, c. de Rouilly-Saint-Loup. 230. Mergey. 73, 78, 154, 232, 416, 443, 707. Merrey. 340, 469, 743. Méry-sur-Seine. 92, 97, 120, 126, 215, 411,

440, 585, 625, 835. Mesgrigny. 544, 835. Mesnil (Le). 152, 545. Mesnil (Le), c. d'Avant-lès-Mareilly. 17. Mesnil-la-Comtesse. 146. Mesnil-lès-Pars, c. de Pars-lès-Romilly.

130,133,699,703. Mesnil-Sellières. 17, 266, 65i. Messey, c. de Yille-sur-Terre. 245. Messon. 160, 243, 478, 611. Metz (Le), c. de Rosnay. 77, 89. Metz-Robert. 209. Menrville. 639.

Minois (Les), c. de Pargues. 194, 287. Miry, c. de Montpothier. 17, 626, 668. Moirey. 257, 566, 820. Montabert, c. de Montaulin. 555. Montangon. 561. Montaulin. 469, 513, 613. Montberault, c. de Piney. 2, 453. Montceaux. 589, 757. Montl'ey. 468, 7i9. Montgueux. 73, 257, 321, 644,702. Montiéramey. 564. Montier-en-1'Isle ou Mothé. 57, 572. Montigny. 157. Montmartin. 623. Montmorency. 24, 108, 123,129,150, 224,


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

165

306, 30S, 333, 340, 449, 507 bis, 567,

697, 746. Montpothier. 327, 668, 724. Montreoil. 564.

Montsuzain. 399, 532, 657, 778, 801. Morembert. 29, 41, 90, 130 bis. Morvilliers. 10, 59, 484. Mothe (La), c. de Rnmilly-lès-Vaudes.

272. Mothé (Le), c. de Poivre. 152,263 bis. Mothé. Voir Montier-en-l'Isle. Mothe-Thurey (La), c. de Saint-Benoitsnr-Seine.

Saint-Benoitsnr-Seine. Mothois (Le), c. de Marcilly-le-Hayer. 49,

m.

Motte (La). Voir Mothé (Le).

Motte (La), c. d'Aulnay. 507.

Motte (La), c. de Coursan. 323.

Motte (La), c. de Maicilly-le-Hayer. 49.

Motte (La , c. de Paisy-Cosdon. 591.

Motte (La), c. de Saint-Loup-de-Bufligny.

87, 153. Motte (La), c. de la Ville-au-Bois-lès-Soulaines.

Ville-au-Bois-lès-Soulaines. Motte-Bonneval (La), c. de Saint-Jeande-Bonneval.

Saint-Jeande-Bonneval. Motte-d'Oiselet (La), c. de Neuvilïe-surVanne.

Neuvilïe-surVanne. bis. Motte-Merrey (La), c. de Merrey. 232. Motte-Philippe (La), c. de Saint-Phal.

310. Motte-Tilly (La). 571, 575, 770. Monssey. 544.

Mussy-l'Evêque ou sur-Seine. 784 bis, 800. Neuville-sur-Seine. 695. Neuville-sur-Vanne. 436. Noé-Ies-Mallets. 799. Nogent-en-Othe. 367. Nogent-sur-Aube. 19, 301, 090, 826. Nogent-sur-Seine. 17, 24, 29 bis, 35, 107,

120, 121, 130, 203, 216, 261, 333, 340,

351, 362, -106, 407, 457, 519, 522, 524,

528, 533, 5S5, 592, 609, 608, 740. Norroye (La), c. de Pars-lès-Chavanges.

89. Nozay. 146, 231, 264, 289, 481, 532. Nozeaux, c. de Saint-Nicolas. 613. Nuisemsnt, c. de Puits-et-Nuisement.

385, 663. Ocey-les-trois-Maisons. 156,196, 558. Onjon. 419, 495, 567. Origny-Le-Sec. 625. Ormeaux (Les), c. d'Avant-lès-Marcilly.

17, 412, 615. Ormes. 230, 641. Ortillon. 520, 690. Orvilliers. 625.

Paisy, c. de Paisy-Cosdon. 309. Paisy-Cosdon. 224, 376, 588, 705.

Pâlis. 112, 376, 581, 653, 705, 782.

Palluau, c. des Loges-Margueron. 615.

Paney. 704.

Pargues. 209, 564.

Pars-lès-Chavanges. 641.

Pars-lès-Romilly. 130, 133, 703, 747.

Pavillon (Le). 232, 285.

Payns. 129, 141, 209, 232, 280,285, 605,684.

Pel-et-Der. 839.

Périgny-la-Rose. 130, 558, 733.

Petit-Mesnil (Le). 6, 41, 77, 87, 109, 199,

202, 480, 484, 545, 507, 647, 695,840. Pèze (La), c. d'Avou-la-Pèze. 751. Piney. 222, 300. 453, 495, 567, 758. Pisserotte (La), c. de Vendeuvre. 632. Planche (La), c. de Saint-Léger-lès-Troyes.

317, 537, 677. Plancy. 99, 265, 307, 393, 437, 587, 653,

759 bis, 778, 819. Planfort, c. de Brevonne. 344, 380. Plessis (Le), c. de Fontvanne. 255, 826. Plessis-Mériot (Le), c. du Mériot. 327,

770. Plessis-Puiseaux (Le), c. d'Eaux-Pniseaux.

d'Eaux-Pniseaux. 618. Plessis-Barbuise (Le). 111. Plivot (Marne). 532. Poivre. 299 bis, 203 bis. Poligny. 469.

Polisot. 194, 209, 312, 454, 674, 709, 742. Polisy. 149,194, 280, 312, 620 bis. Pommeroy, olim Pommereau (Le), c. de

Màchy. 310. Pont-sur-Seine. 24, 29 bis, 35, 121, 130,

333, 340, 533, 573, 585, 014, 746, 747,

782. Port (Le), c. de Saint-Nicolas. 406, 613. Pouan. 699, 778. Pougy. 222, 484, 495. Ponilly, c. de Troyes. 428, 581, 604. Poussey, c. de Maizières-la-Graude-Paroisse.

Maizières-la-Graude-Paroisse. 625, 684. Pouy. 72, 723 bis, 774, 782. Praslin. 55, 209, 662. Précy. 419. Précy-Notre-Dame. 329, 448, 484, 819,

839. Précy-Saint-Martin. 329, 484, 819. Presles, c. de Rosnay. 819. Presles-Neuf, c. de Rosnay. 286, 807. Presles-Vieux, c. de Rosnay. 268, 807. Proverville. 129, 567. Prugny. 452, 516. Prunay-le-Sec. 120, 196, 259, 558. Puiseaux, c. d'Eaux-Puiseaox. 227. Puits (Le), c. de Puits-et-Nuisement.

567. Quincey. 87,130, 747. Racines. 517.


166

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

Radonvilliers. 484.

Ramerupt. 144, 150, 222, 300, 476, 495,

567. Rance. 89.

Ravarille, fief sis à Ville-sur-Terre. 148. Règes. 29, 41, 446, 649, 654, 814, 819, 833. Regnault, c. de Clérey. 836. Voir Renault. Remy-Ménil, c. d'Epothémont. 131, 803,

703. Renault, c. de Fresnoy. 250. Y. Regnault. Renonillère (La), c. de Saint-Julien. 539,

095. Renonillère (La), c. de La Villeneuve-auChêne?51.

Villeneuve-auChêne?51. c. de La Sanlsotte. 770, 782. Riancey, c. de Saint-Lyé. 160, 232, 274,

416. Riceys (Les). 11,103 bis, 165,213,222,245,

263, 355, 379, 658, 709, 742, 817, 823. Rigny-le-Féron. 96,199, 053. Rilly-Sainte-Syre. 100. Rivière-de-Corps (La). 23, 160, 492, 576,

651, 705. Rocatelle (La), c. de Rumilly-lès-Yandes.

113. Roche (La), c. de Jasseines. 690, 839. Romaines. 41, 155. 402, 543, 552, 657. Romilly-sur-Seine. 228, 401, 629. Roncenay. 455, 547, 555. Rosières. 93, 297, 491, 624, 637, 676, 845. Rosnay. 89, 222, 340, 425, 490, 041. Rosson, c. de Doches. 287, 495, 567. Rothière (La). 129, 317, 530, 567, 781. Rougemont, c. de Vaucogne. 476. Rouillerot, c. de Rouilly-Saint-Loup.

613, 642. ' Rouilly-Sacey. 567. Rouilly-Saint-Loup. 321. Routelle (La), c. de Vendeuvre. 800. Rozières, c. d'Avant-lès-Maicilly. 17, 616,

770. Ruez (Le), c. de Droupt-Saint-Bàle. 403,

455. *

Rnmilly lès-Vaudes. 680. Sacey, c. de Rouilly-Sacey. 782, 819. Saint-André. 602. Saint-Aubin. 130, 614, 747. Saint-Aventin, c. de Verrières. 240, 295,

439, 538. Saint-Benoit-sur-Seine. 230, 200, 317. Saint-Benoit-sur-Vannc. 269 bis, 487,

634, 818, 819. Saint-Didier, c. de Dosnon. 241, 265, 386,

778. Sainte-Colombe, c. de Rigny-la-Nonneuse.

Rigny-la-Nonneuse. Sainte-Maure. 403, 538. Sainte-Parisse, c-de Chacenay. 534. Sainte-Savine. 160, 267, 346, 705, 819.

Sainte-Suzanne, c. de Mailly. 152, 263 bis. Sainte-Syre, c. de Rilly-Salnte-Syre. 732. Sainte-Thuise, c. de Dommartin-le-Coq.

222, 476, 641, 690. Saint-Etienne - sur - Barbuise. 136, 146,

217, 231, 264, 532. Saint-Flavit. 120, 196, 558. Saint-Germain. 16O. Saint-Hilaire. 747. Saint-Jean-de-Bonneval. 42. Saint-Julien. 695. Saint-Léger-lès-Troyes. 563. Saint-Léger-sous-Margerie. 484, 513, 643. Saint-Liébault. Voir Estissac. Saint-Loup-de-Buffigny. 87, 120, 196,

558. Saint-Mards-en-Othe. 403, 588, 644, 768,

782. Saint-Martin, c. de Saint Rcmy-snr-Barbuise.

Rcmy-snr-Barbuise. 801. Saint-Martin-de-Bossenay. 747. Saint-Martin-ès-Vignes, c. de Troyes.

664. Saint-Martin-lès-Daudes, c. de Verrières.

532, 597. Saint-Mesmin. 73, 232, 353, 494, 639, 681,

804. Saint-Nabord. 811. Saint-Nicolas. 614, 770. Saint-Parre. 321, 624. Saint-Parre-lès-Tertres. 17, 287,429,439,

539. Saint-Parre-lès-Vaudes. 181 bis, 516, 620. Sainl-Phal. 250, 203, 318 bis, 418, 665, 731

bis, 732, 804. Saint-Pierre-de-Bossenay. 615, 770, 844. Saint-Pouange. 232, 200, 465, 538, 544. Saint-Remy, c. de Chalette. 271. Saint-Remy-sur-Barbuise. 146, 289, 399,

801. Saint-Sépulcre. Voir Villacerf. Saint-Thibault. 42. Saint-Usage. 823. Salon. 31,641. Sancey. Voir Saint-Julien.' Saulsotte (La). 103, 120,183, 770. Savières. 232,285, 353, 419. Savoie, c. de Moussey. 78, 544, 651. Séant-en-Othe. Voir Bérulles. Semoine. 265, 307. Soligny-lès-Etangs. 474, 684, 770, 782,818,

832. Sommefontaine-Saint-Lupien. 535,751. Sommeval. 321,707, 715, 819. Soulaines. 24, 129, 333, 340, 507 bis, 746. Sonleaux, c. de Saint-Pouange. 390, 456

bis, 544. Souligny. 690. Spoy. 280, 304.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

167

Surmont, c. de Chavanges. 430 ter.

Suzemont, c. de Balignicourt. 56.

Tanières, c. de Chavanges. 436 ter.

Thennelières. 593,613.

Thieffrain. 91, 842.

Thors. 842.

Thnisy, c. d'Estissac. 200 bis, 566, 705.

Thurey, c. de Saint-Benoit-sur-Seine. 128.

Tilly, c. de La Motte-Tilly. 14.

Torcy-le-Grand. 146.

Torcy-le-Petit. 146.

Torvilliers. 223, 267, 270, 346, 819.

Traiuel. 14, 78, 413, 443, 571, 770, 782, 832.

Trancault. 17, 53, 325, 482, 504, 715.

Trannes. 80, 109, 193, 435.

Tremblay (Le), c. d'Avant-lès-Marcilly. 17.

Trouan-le-Grand. 41, 104, 197, 269, 414, 641,717, 811.

Tronan-le-Petit. 41, 434 bis, 488, 717.

Troyes.3,9, 16, 17, 32,38,39,43, 44,51,65, 68, 74, 75, 93, 94, 95, 98, 100, 101, 102, 102b., 102 ter, 105,112,113, 115,116,117, 127, 159, 160, 162, 160, 182, 189.' 191, 192, 198, 202, 204, 205, 200, 210, 216, 218,219,226, 230, 232, 234, 236, 238, 239, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 352, 256, 258, 260, 272, 274, 275, 281, 282, 284, 280, 287,291, 293,294, 295, 303, 307, 310, 315, 319, 320, 321, 322, 328, 330, 334, 336, 338, 340, 347, 348, 349, 352. 354, 356, 357, 358, 359, 303, 364, 3,66, 369, 371, 375, 377, 381, 382, 390, 395,390, 398, 408,415, 419, 420, 421, 424, 426, 428, 431, 433, 441, 442, 448, 450, 451, 455, 458, 459, 461, 462, 463, 465, 460, 407, 471, 473, 477, 483, 492, 493, 496, 499, 500, 501, 602, 503, 6S5, 506,511, 512, 515,510, 517, 321, 525, 529, 531, 538, 539, 541, 544, 548, 549, 550, 551, 555, 556, 560 ter, 505, 568, 670, 580,581, 589, 591, 593,595, 596, 600, 003, 000, 613, 619, 020, 622, 624, 620, 627, 628, 630, 635, 636, 642, 643, 648, 651, 654, 668, 669, 677, 891, 692, 693, 700, 709 bis, 710, 712, 718, 721, 731, 737,741, 745, 750,759, 700, 761, 764, 705, 700, 767, 771, 776, 779, 784, 786, 788 bis, 789,792 bis, 795, 797, 809, 810,815, 816,822,828, 834, 838, 839,840.

Tuilerie (La), c 819.

Tuilerie (La), c. de Saint-Parre-lès-Vaudes. 405.

Turgy. 232, 417.

Unienville. 36,48, 484, 545.

Ursins (Les), fief à Ville-snr-Terre. 663 bis.

Urville. 540.

Vacherie (La), c. de Clérey. 395, 613. Valentigny. 59, 131, 136, 484, 517. Vallières. 354 bis. Vallotte(La), c. de Lavau. 604. Valsuzenay, c. de Vendeuvre. 109, 662,

813. Vannes, c. de Sainte-Maure. 452, 732. Vaulay. 804. Yaubercey, c. de Blaincourt. 218, 263,

384, 418, 419, 5l6, 581. Vaucemain, c. de Sommerai. 154 bis,

455, 707, 715. Vauchassis. 287, 585, 651, 661, 782. Vauchonvilliers. 109, 386, 538, 813. Vaucogne 641. Vaudes. 90, 272, 392, 430. Vaupoisson. 495. , Vaux, c. de Fouchères. 36. Vendeuvre. 11, 326, 495, 534, 540, 644,

605, 023, 705, 790. Véricourt. 507, 041, 690. Vermoise, c. de Sainte-Maure. 182, 230,

371,428. Vernonvilliers. 262, 273. 507, 802. Verpillières. 151, 305, 756. Verrières. 532, 597. Verseuil, c. d'Arembécourt. 89. Yiàpres. 552, 670, 759 bis. Viàpres-le-Grand. 636. Viâpres-le-Petit. 44, 225, 477, 485, 646,

717. Viélaines, c. de Rosières. 93, 297, 845. Yiéville (La), c. deSaint-Léger-lès-Troyes.

517. Vignes, c. de Saint-Hilaire. 130, 265, 739. Villacerf. 73, 78, 154, 226,232,317, 354bis,

368, 443, 707, 818, 827, 835. Ville-au-Bois (La). 4, 542, 543, 662, 706. Ville-au-Bois (La), c. d'Amance. 15,109. Ville-au-Bois (La), c. de Vendeuvre ou

d'Amance. 735. Ville- an-Bois-lès-Soulaines. 763. Villebavot, c. de Troyes et de la ChapelleSaint Luc. 428. Villebertin, c. de Moussey. 242, 494, 544,

605, Villecerf, c. de Faux-Villecerf. 130, 478. Villechétif. 17, 30, 467. Villehardouin. 567, 652, 825. Villemaur. 129, 158, 174, 204 bis, 208,

289, 224, 585, 588, 705, 748, 823, 826. Villemereuil. 78, 105 bis, 246, 331, 837, Villemoiron. 55, 96, 153, 178 bis, 197,

257, 282, 516, 566, 644, 794 bis, 826,

842. Villemorien. 55, 82, 550, 427,464. Villemoyenne. 42, 250, 632, 668 bis, 839. Villenauxe. 86, 370. 724. Villeneuve-au-Châtelot (La). 558.


168

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L'AUBE.

Villeneuve-au-Chemin. 144, 227. Villeneuve-au-Chène. 130, 544, 623. Villeneuve-aux-riches-Hommes, c. de

Trancault. 782. Villeneuve-Mesgrigny (La). Auj. Villeneuve-au-Chêne.

Villeneuve-au-Chêne. 108. Villery. 78, 444, 650, 690. Ville-sur-Arce. 168, 305, 394, 478, 479,

486, 598, 829. Ville-sur-Terre. 77, 484, 675. Villetard, c. de Buchères et Moussey. 29,

220, 697. Villette. 146, 657, 778, 828, 830. Villevoque, eue Piney. 7, 48, 266. Villiers. 663. Villiers-le-Bois. 100 bis, 497, 592, 723.

Villiers-le-Brùlé, c. de Piney. 48, 109,

266. Villiers-sous-Praslin. 55, 209. Villy-en-Trode. 138, 664. Villy-le-Bois. 647, 650. Villy-le-Maréchal. 547, 555, 825. Vinets. 495.

Virey-sous-Bar. 394, 695. Virloup, c. des Bordes ou de Maraye-enOlhe.

Maraye-enOlhe. 455, 654. Vitry-le-Croisé. 101 bis. Voué. 146, 399, 778. 801. Vougré. 30,36,55,69,427, 428,699, 716,

774. Vouldy (Le), c. de Troyes. 399. Vulaines. 1,101 bis, 443. Yèvres. 147, 243, 686.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L' AUBE.

169

TABLE MÉTHODIQUE DES COMMUNAUTÉS & CORPORATIONS

Abbayes. Voyez : Beaulieu, Boulancourt, Clairvaux, Foissy-lès-Troyes, Larrivour, Molesme, Montiéramey, Montier-la-Celle, Mores, Notre-Dameanx-Nonnains, Notre-Darae-du-Plez (des Près), Paraclet, Saint-Germaind'Auxerre, Saint-Loup, Saint-Martinès-Aires, Sellières, Vaulnisant.

Chapitres. Voyez : Bar-sur-Seine, Châlous-sur-Marne, Mussy-sur-Seine, Saint-Etienne, Saint-Maclou, SaintPierre, Saint-Urbain, Sens, Vincennes.

Communautés laïques. Voyez : Bouchers, boulangers, orfèvres, pâtissiers.

Communautés religieuses. Voyez : Carmélites, Chartreuse, Congrégation, Mathurins, Mission, Oratoire, SaintAntoine, Temple, Trinité, Ursulines, Visitation.

Prieurés. Voyez : Notre-Dame-en-1'Isle.

failles. Voyez : Arcis-sur-Aube, Bar-surAube, Bar-sur-Seine, Chaource, Mussy-sur-Seine, Nogent-sur-Seine, Pontsur-Seine, Riceys, Troyes, Villemaur.


170

ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

TABLE METHODIQUE DES PIECES HERALDIQUES

Figures héraldiques.

Bande, bandé, bâton péri en bande, besant, billette, burèle, burelé, canton, chef, chevron, compon, contrécartelé, cotice, coupé, croisette, croix, denché, écartelé, échiqueté, écu, écusson, emmanché, fasce, fascé, franc-canton, franc-quartier, fretté, fuseau, fusée, fuselé, gironné, hermine, jumelle, iambel, losange, losange, màcle, mantelé, moucheture d'hermine, orle, pairie, pal, paie, parti, potence, potence, sautoir, tourteau, tranché, vair, vairé.

Figures naturelles.

Astres. Croissant, étoile, soleil.

Corps humain. Bras, dextrochère, main, senestrochère, tête humaine, tête de femme, tête de maure.

Fruits. Amande, gland, grappe de raisin, grenade, melon, mûre, olive, poire, pomme, pomme de pin, raisin.

Insectes. Abeille, grillon, sauterelle.

Oiseaux. Aigle, aiglette, aiglon, alérion, bizet, chouette, colombe, coq, corneille, cygne, demi-vol. épervier, griffon, héron, huppe, merlette, moineau, oie, oiseau, paon, patte de griffon, pélican, perdrix, perroquet, pie ; tête de corbeau, d'épervier, de faucon, de gerfaut, de paon; tourterelle.

Plantes. Arbre, aubifoiu, branche, créquier, épine (tige d'), feuille, fleur de lierre, gerbe, lys au naturel, oeillet, oranger, palme, plant, qnartefeuiile,

quintefeoille, rameau, rose, roseau.

Poissons. Bar, barbeau, dauphin, goujon, poisson, véron.

Quadrupèdes. Agneau, boeuf, cerf, cheval, hure, léopard, levrette, lévrier, lézard, licorne, lièvre, lion, lionceau, massacre de cerf, mouton, ramure, rat ; rencontre de bélier, de boeuf; sanglier, taureau; tête d'aigle, de bélier, de cerf, de léopard, de licorne, de lion ; vache.

Reptiles. Bisse, couleuvre, givre, serpent, vive.

Figures artificielles.

Ancre, annelet, arbalète, arc, barillets, bâton, boucle, bourdon, broyé, casque, chaîne, chandelier, char de triomphe, chariot, château, ciboire, clef, cloche, clou, coeur, coiffe, colonne, comète, compas, coquille, cor de chasse, corne, cornet, coupe couverte, couperet, couronne, crosse, donjon, église, épée, éperon, épi, épieu, falot, faucille, faux, fer à cheval, fer de dard, fer de lance, fer de moulin, fermeau, flamme, flèche, fleur de lys, fontaine, force, gaule, gril, grillet, hache, hallebarde, harpe, houlette, larme, livre, lunette d'approche, maillet, marotte, massue, mitre, molette, niche, pelle à four, pont, pot, poupée, pupitre, râteau, roue, sabre, tasse, tour, trèfle, vase, violon, Z.

Figures de fantaisie. Dragon, griffon, hydre.


ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

171

TABLE ALPHABÉTIQUE DES PIÈCES HERALDIQUES

Abeilles (trois). 138, 788.

Agneau pascal (un). 160 bis.

Agneaux (trois). 98.

Voyez aussi : mouton.

Aigle (une). 21, 51, 04, 76, 220, 378, 480, 489, 509, 605, 663, 701, 801,818.

Aigle (une) à deux têtes.

Aigle (une) brochant. 285.

Aigle (une) issante. 101 bis.

Aigle (une) naissante. 299.

Aigle (une) regardant. 16.

Aigle (une) s'essorant. 556.

Aigle (une) volant en bande. 320.

Aigles (deux). 542.

Aigles (trois). 731.

Aiglettp (une). 818.

Aiglettes (cinq). 633.

Aiglons (deux) regardants. 16.

Aiglons (trois). 419, 539.

Aile. Voyez : vol, demi-vol.

Alérions (trois). 261,490.

Alérions (seize). 566, 567.

Amandes (quatre). 88.

Amphictères (deux). 419.

Ancre (une). 420, 511, 515, 627.

Ancres (deux!. 767.

Ancres (cinq). 12, 672.

Annelets (trois). 271, 629, 709 bis, 813.

Annelets (six). 434, 558 bis.

Annelets (neuf). 103.

Arbalètes (quatre). 25.

Arbre (un). 53, 294, 30i, 312, 484, 620 bis, 642.

Arc (un). 389.

Aubifoins (trois). 615.

Bande (une). 35, 60,69, 96 bis, 115, 120, 121, 132, 154, 156, 108, 171, 178 bis, 180, 193, 196, 200, 214, 226, 275, 286, 318 bis, 342, 358, 417, 418, 419, 458 bis, 465, 490, 528, 585, 687, 592, 605 bis, 608,632, 651, 662, 699, 725, 728, 788, 794 bis, 797, 826, 828, 831.

Bande (une) brochant. 201, 318 bis, 663 bis, 698, 701, 701 bis.

Bande (une) componée. 141, 823.

Bande (une) componée de six pièces, brochant. 698.

Bande (une) coupée. 268.

Bande (une) engrêlée. 738.

Bande (une) fuselée. 450.

Bande (une) losangée, brochant. 201.

Bandes (deux). 351.

Bandes (trois). 14, 70, 129, 164, 176, 266,

497, 516, 545, 629, 715, 741. Bandes (trois) ondées. 303. Bandes (cinq). 430. Bandé de six pièces. 129, 354 bis, 443,497,

774. Bars (deux). 61,367. Bars (deux) adossés. 833. Bars (trois). 63.

Barbeaux (deux) affrontés, en pal. 458. Barbeaux (deux) amorcés de tête en

queue et en pal. 458. Barrillets (trois) joints ensemble. 573. Barre (une) bretessée. 71. Bâton (un) componé. 308. Bâton (un) noueux. 574. Bâton (un) noueux, en bande. 636. Bâton (nn) péri en bande. 123, 489. Bâton (un) péri en barre. 626 bis. Bâtons (deux) en sautoir. 357. Besant (un). 322, 764. Besants (trois). 105, 107, 200, 245 bis, 384,

387, 403, 410, 420 bis, 434 bis, 506,

700, 809, 829. Besants (cinq). 184,665. Besants (six). 20, 130 bis, 657. Besants (sept). 115, 492, 635, 837.

Voyez aussi : tourteau. Billettes (six). 503. Billettes (sept). 180, 193, 200. Billettes (dix-huit). 209.

Voyez : semé de billettes. Bisses (deux). 492.

Voyez aussi : couleuvre, givre, serpent, vive. Bizets (quatre). 100. Boeuf (un). 512.

Voyez aussi : vache. Bordure chargée de six merlettes. 146. Bordure componée. 522, 597. Boucles (trois). 223, 507 bis.

Voyez aussi : fermeaux. Bourdons (dix). 749. Branche de laurier (une) courant. 281. Branche (une) feuillée. 189. Branches (deux) feuillées. 760.

Voyez aussi : rameau. Bras (un). 729. Bras (deux). 106. Broyés (trois). 440.


172

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L'AUBE.

Broyés (trois) en fasce. 150.

Buires (trois), 154 £«.

Burèle (une). 189.

Burèle (une) chevronnée. 471.

Burèles (six) accouplées. 700.

Burelé. 181, 513 bis.

Bnrelé de dix pièces. 383, 705.

Burelé de douze pièces. 383.

Burelé de quatorze pièces. 829.

Canton (un). 27.

Canton (an) senestre. 735.

Casques (deux). 675.

Casques (trois). 47.

Cerf (un). 341.

Cerf (un), ailé. 210.

Chaîne (une). 35, 586.

Chaînes (deux) en sautoir. 485.

Chandelier (un). 500.

Chandeliers (deux). 499.

Chandeliers (trois). 205, 287, 455.

Char de triomphe (un). 556.

Chardons (trois). 276.

Chariot. 573.

Chasse (une). 192.

Château (un). 24, 80.

Château (un) sommé de deux tours. 392.

Châteaux (trois). 491.

Voyez aussi: donjon, tour.

Chef (un) denché. 827.

Cheval (nu). 786.

Chevron (un). 2, 7, 9, 22, 31, 32, 42,43, 44, 62, 65, 68, 76, 83, 84, 87, 90, 95, 96, 101, 105, 105 bis, 116, 124, 127, 138, 139, 143, 153, 160, 161, 166, 181 bis, 186, 198, 202, 215, 236, 243, 245 bis, 246, 260, 250, 258, 263 bis, 270, 271, 279, 281, 282, 290, 296, 297, 301, 307, 310, 314, 319, 321, 323, 325, 327, 330, 339, 352, 354, 359, 362, 304, 368, 376, 385, 387, 401, 403, 405,400, 414, 420, 421, 420 bis, 427, 431, 434 bis, 438, 442, 445 bis, 448, 459, 464, 477, 499, 500, 501, 504, 506, 509, 516, 519, 523, 549, 551, 553, 558, 559, 560 ter, 565, 573, 577,588, 589, 598, 606,611, 613,614, 615, 619, 625, 627, 637, 640, 641, 650, 664, 658, 660, 667, 668, 669, 071, 672, 676, 681, 692, 709 bis, 710, 713, 771, 718, 719, 720, 737, 745, 748, 750, 757, 768, 766, 767, 772, 783, 784 bis, 788 bis, 803, 814, 815, 810, 818, 834, 839, 843.

Chevron (un) abaissé. 595.

Chevron (un) alaise. 529.

Chevrou (un) brisé. 220.

Chevron (un) potence et contre-poteneé. 154 bis, 508.

Chevrons (deux). 21, 247, 255, 480, 802.

Chevrons (deux) alaises. 151.

Chevrons (trois). 221, 266, 474, 752, 821.

Chevrons (trois) brochant, dont le premier écimé. 705.

Chouette (une). 753.

Ciboire (un). 608.

Clef (une). 213, 564.

Clefs (deux) adossées. 732.

Clefs (deux) brochant. 503.

Clefs (deux) en sautoir. 222.

Clefs (trois). 203. 709.

Clefs (trois) en pal. 726.

Clefs (quatre). 734.

Cloche (une). 474, 312.

Cloches (trois). 70.

Clous (trois) appointés. 244.

Coeur (un). 106, 320, 407, 595, 092, 778.

Coeur (un) percé de deux flèches en sautoir. 838.

Coeurs (deux). 130 ter.

Coeurs (trois). 31, 030.

Coiffes (trois). 230.

Colombe (une). 573.

Colombe lune) volant en bande. 597.

Colombes (deux). 624.

Colombes (trois). 89, 95, 461, 619.

Colonne (une). 312.

Colonnes (deux). 152.

Colonnes (trois). 546.

Colonnes (trois) toscanes. 51.

Comète (une) de seize rais. 495.

Compas (trois). 75, 166, 240, 275.

Compon (un). 648.

Voir aussi : bordure componée.

Contre-écartelé. 206.

Coq (un). 39, 41, 425, 556, 679.

Coq (un) couronné. 494.

Coqs (trois). 227.

Coquille (une). 433,178 bis, 198,532,803.

Coquilles (deux). 93, 125, 466, 548, 549, 637, 759.

Coquilles (trois). 132, 157, 482, 248, 325, 300, 305 bis, 434 bis, 494, 660, 721.

Coquilles (quatre). 574.

Coquilles (cinq). 409, 413, 600.

Coquilles (six). 100 bis, 154, 496 bis.

Coquilles (onze). 497.

Cor de chasse (un). 844. (Trois). 396.

Cornes (trois). 359.

Corneilles (trois). 346.

Cornets (trois). 349.

Cotice (une) en bande. 653.

Cotices (deux). 35, 60, 121, 171, 172, 173, 214, 651, 828.

Cotices (deux) potencées et contre-potencées. 171, 172, 173, 608, 725, 728, 788.

Cotices (quatre). 430.

Cotices (cinq). 264.

Couleuvre (une). 232.

Couleuvre (une) mordant sa queue. 207.

Couleuvres (deux). 691.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

173

Voyez aussi : serpent, givre, bisse, vire. Coupé. 49, 233, 285, 355, 492, 536,608, 634,

738. Coupes (trois) couvertes. 92. Couperet (un). 114. Couronne (une). 69, 162, 092. Couronne (une) de laurier. 3. Couronne (une) d'épines. 607, 791, 838. Couronne (une) ducale. 608. Couronnes (trois). 74, 139, 202, 401, 406,

632, 613. Créquier (un). 203. Croisette (une). 124, 523, 560 ter, OU, 623,

745. Croisette (une) ancrée. 53. Croisette (une) potencée. 611. Croisettes (deux). 124. Croisettes (deux) tréflées. 318. Croisettes (trois). 608. Croisettes (quatre). 716 bis. Croisettes (quatre; pommetées. 540. Croisettes (six) recroisettées. 156. Croisettes (quinze) recroisettées. 300.

Voyez : Semé de croisettes. Croissant (un). 51, 124, 125, 135, 143, 157

bis, 167, 175, 189, 258, 205, 290, 315,

330, 391, 442, 466, 471, 500, 502, 538,

555, 579, 616, 648, 072, 081, 099, 740,

761,772,778,836. Croissants (deux). 9, 45, 116, 243, 327,

377, 460, 611. Croissants (trois). 257,293,376, 408,683,

718, 771, 784, 832. Croissants (trois) contournés. 115. Croissants (quatre). 283. Croissants (cinq). 707. Croissants (six). 688. Croix (une). 23, 175,209, 249, 265,273,

288, 313, 409, 413, 454, 520, 500, 567,

675, 600, 734, 746, 749, 751, 752 bis,

769, 790. Croix (une) abaissée. 445 Croix (une) alaisée et fleurdelysée. 759

bis. Croix (unei ancrée. 127, 184, 269 bis, 316,

348, 456, 466, 497, 538, 502, 640, 732,

825. Croix (une) ancrée et losangée. 707. Croix (une) au pied fiché. 838. Croix (une) de calvaire. 99, 118,244. Croix (unei de Lorraine. 629. Croix (une) denchée. 82, 440, 478. Croix (une) dentelée. 245 bis. Croix (une) de sept mâcles. 841. Croix (une) double pattée. 820. Croix (une) engrêlée. 82, 169 bis, 469,

521, 608, 720,

Croix (une) fleurdelysée. Voyez : croix

alaisée. Croix (une) frettée. 235. Croix (une) haussée. 513, 591, 792. Croix lune) losangée. 353, Croix (une) pattée. 163, 356, 451, 626,

548, 625, 693. Croix (une) pattée et alaisée. 735, 785. Croix (une) pommelée et ancrée. 269 bis. Croix (une) potencée. 243, 540,716 bis,

735. Croix (une) recercelée. 184, 302, 648, 825. Croix (une) recroisettée. Croix (deux) fleuronnées. 268. Croix (trois). 370. Croix (trois) ancrées. .588. Croix (trois)de chevalier. 4(0. Croix (trois) jointes ensemble. 536. Croix (trois) pattées. 410,696. Croix (trois) recroisettées. 462. Croix (trois) trcllées. 43, 550, 770. Crosse (une). 563, 732. Crosses (deux) en sautoir. 557. Crosses (huit). 751. Cygne (un). 331, 370, 436 bis, 770, 789. Cygnes (trois). 087. Dauphin (un). 337, 772. Demi-pal (un). 370 Demi-vol (un). 680. Demi-vols (deux).778. Demi-vols (trois). 203. Denché. 107. Destrier (un). 747. Dextrochère (un) mouvant à dextre et

tenant un foudre. 233, Dextrochère (un) revêtu d'un manipule

d'hermine, brochant. 833. Dextrochères (deux). 447. Donjon (un). 835.

Voyez aussi : château, tour. Dragon (un). 02, 530. Dragon (un) sans tête. 683. Dragons (deux) ailés. 419. Ecartelé. 48, 73, 70, 88, 115, 117, 122, 129,

102, 105, 176, 217, 221, 226, 245 bis,

260, 305, 312. 313, 318 bis, 333, 371,

417, 444, 445, 454, 455, 497, 644, 655,

656, 635,705,710 bis,790, 820, 833,844. Ecartelé en sautoir. 24. Echiqueté. 1, 49,102 ter, 10, 292, 463, 644. Echiqueté de trois traits. 351. Ecrevisses (trois). 22, 112. Ecu (un). 716 bis. Ecus (trois). 54.

Ecusson (un). 486, 498, 705, 774. Ecusson (un) brochant. 456, 557. Ecusson (un) en coeur. 455. Ecussons (trois). 176,188,228. Ecussons (cinq). 316,


174

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

Eglises (deux). 557.

Emmanché. 209 bis, 804.

Epée (une). 3, 139 ter, 473, 564, 820.

Epées (deux) en sautoir, les pointes en haut. 17, 94, 344, 381, 759, 836.

Epées (deux) en sautoir, les pointes en bas. 117, 129 bis, 216, 679, 689.

Eperons (deux). 482.

Epervier (un). 556.

Epi (un) d'avoine. 784 bis.

Epis (deux) en sautoir. 435.

Epis (deux) d'orge. 784 bis.

Epis (trois) de blé. 560 bis, 763.

Epieu (un). 210.

Epines (trois tiges d'). 126.

Etoile (une). 39, 67. 82,124, 136,139,141, 166, 245, 262, 268, 287, 377, 391, 489, 499, 519, 539, 579, 613, 620, 059, 677, 712, 732, 784 bis.

Etoile (une) à buit rais. 34.

Etoiles (deux). 77, 79, 82, 87, 93, 101, 105 bis, 129 bis, 143,181 bis, 189, 216, 216, 243, 250, 314, 330, 352, 385, 405, 445 bis, 451, 464, 496, 501, 505,611,523, 555, 611,623, 662,672, 679,692, 737, 740, 748, 766. 772.

Etoiles (trois). 1, 2, 36, 50, 65, 102, 151, 161, 186, 278, 284, 297, 315, 344, 359, 382, 420, 428, 438, 442, 448, 457, 459, 471, 569, 570, 581,010, 621, 640,642, 667, 081, 694, 700, 702, 720, 768, 778, 784, 788, 788 bis, 811, 843.

Etoiles (trois). 560 bis.

Etoiles (trois) à huit rais. 163.

Etoiles (trois) en pal. 266.

Etoiles (quatre). 98, 219.

Etoiles (cinq). 328.

Etoiles (six). 200 bis.

Etoiles (sept). 688.

Etoiles (douze). 187.

Evêque (un). 119.

F (trois). 318 bis.

Falots (trois). 641.

Fasce (une). 12, 20. 29, 37, 63, 54, 55, 57, 100 bis, 133, 157 bis, 183, 284, 286, 309, 311, 318, 360, 361, 374, 376, 382, 410, 436 bis, 436 ter, 447, 451, 508, 525, 528, 537, 547, 558 bis, 572, 647, 666, 701 bis, 719 bis, 721,731 bis ,759, 770, 771, 794, 799.

Fasce (une) appointée. 492.

Fasce (une) bretessée. 293.

Fasce (une) colicée de six pièces. 661.

Fasce (une) losangée. 674.

Fasce (une) ondée. 135 bis.

Fasce (une) potencée et contre-potencée. 597.

Fasces (deux). 10, 13,93, 103,411,534,691, 761,782,810,812.

Fasces (deux) crénelées. 177.

Fasces (trois). 36, 86, 291, 366,448 bis, 596,

724. Fasces (trois) ondées. 49, 154, 178, 400. Fasces (quatre). 14. Fasces (cinq). 38. Fascé. 464. Fascé de six pièces. 266, 335, 347, 643, 663

bis, 782. Fascé de sept pièces. 277. Fascé de huit pièces. 132,199, 383. Fascé de onze pièces. 199. Faucilles (deux). 829. Faux (deux) en sautoir. 219. Fers à cheval (trois). 339. Fers de dard (trois) renversés. 410. Fers de lance (trois). 662. Fers de lance (cinq). 445. Fer de moulin (un). 262,435, 464. Fers de moulin (trois). 272. Fermeaux (trois). 507 bis.

Voy. boucle. Feuille (une). 250, 716 bis. Feuilles (quatre). 7. Feuilles de chêne (trois). 59, 613. Feuilles d'orme (trois). 613. Flamme (une). 167. Flammes (deux). 330. Flammes (quatre). 99, 357. Flèche (une). 407. Fleurs de lierre (trois). 345. Fleur de lys (une). 159, 564. Fleurs de lys (deux). 563, 729. Fleurs de lys (trois). 29 bis, 114, 122, 123,

304, 310, 313, 340, 400, 557, 597, 008,

608 bis, 626 bis, 788, 799, 831. Fleurs de lys (trois) en bande. 196. Fleurs de lys (quatre). 481, 582, 732, 785. Fleurs de lys (six). 142,584.

Voy. aussi : orle de fleurs de lys. Fontaine (une). 436. Forces (trois). 416. Forets (trois). 338. Franc-canton. 181. Franc-quartier. 157, 223, 272, 732, 829. Franc-quartier d'hermine. 638. Fretté. 455, 487, 552. Fretté de six pièces. 306. Fuseaux (trois). 362. Fusées (trois). 759.

Fusées (trois) en fasce. 130, 157 bis, 380. Fusées (cinq) en bande. 367. Fusées (cinq) en fasce. 252, 295. Fuselé en bande. 73. Gaules (deux) en sautoir. 357. Gerbe (une). 9, 134,143, 376,405, 459, 659.

710. Gerbes (trois). 477, 717. Gironné. 267.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

175

Gironné de six pièces. 561. Gironné de dix pièces.

Voy. aussi pointe de giron. Givres (deux). 091.

Voy. aussi : bisse, couleuvre, serpent, vive. Glands (deux). 53, 281, 296, 810. Glands (trois). 336, 493, 565, 612,635,640,

650. Glands (trois) versés. 781. Goujon (un). 377. Grappes de raisin (trois). 68, 153, 049.

Voy. aussi : raisin. Grelots (trois). 135 bis. Grenade (une). 573. Grenades (trois). 375. Griffon (un) naissant. 537. Griffons (trois). 654. Grils (trois). 664. Grillet(un). 185. Grillons (quatre). 48. Guidons (deux). 556. Hache (une). 513. Haches d'armes (trois). 311. Hallebarde (une). 556. Harpes (trois). 558. Hermine. 20, 137, 223, 361, 497. Hermines (cinq). 770.

Voy. aussi : mouchetures. Héron (un). 423.

Houlettes (deux) en sautoir. 219. Huppe (une) s'essorant. 672. Huppes (trois). 431. Hure (une;. 510, 809. Hures (deux) affrontées. 94. Hures (trois). 424, 432. Hydres. 444. If (un). 312.

Jésus (nom de). 554, 791, 838. Jésus-Maria (nom de). 244, 607, 722 bis. Jumelles (trois). 824. Lambeaux (deux). 8. Lambel (un). 435, 608 bis. Larme (une). 750. Larmes (sept). 655. Léopard (un). 589. Léopards (deux). 280, 437, 622, 805. Léopards (trois). 18, 449. Levrette (une). 249, 590. Lévrier (un). 67, 299, 371, 399, 464, 547,

745, 807. Lévriers (deux) affrontés. 673. Lézard (un). 731 bis. Lézards (deux). 389. 441. Lézards (trois). 768. Licorne (une). 610. Licorne (une) assise. 581. Licorne (une) saillante. 845.

Licornes (deux) saillantes et affrontées.

800. Lièvre (un) courant. 479, 673. Lion (un). 6, 24, 27, 29 bis, 64, 78, 102 bis,

104, 109, 129, 129 bis, 135, 145,146, 157

bis, 164, 182, 216. 248, 262, 269, 299 bis,

318 bis, 326, 353, 372, 379,393, 404,418,

429, 445 bis, 473, 495, 496 bis, 510, 543,

544, 550, 552, 556, 558, 609, 620, 621,

637, 662, 678, 090, 712, 767, 780, 782,

787. Lion (un) à tête humaine. 690. Lion (un) brochant. 111, 144, 170, 195,

217, 218, 229. 336, 408, 035, 742. Lion (un) couronné. 56, 73, 97, 152, 379,

412, 495, 513, 567, 716, 743, 765, 811. Lion (un) issant. 154,233,491,498,770. Lion (un) léopardé. 149, 323, 419, 589.

Voy. : Lion (un) passant. Lion (un) naissant. 233. Lion (un) passant. 430 bis, 758, 820, 827.

Voy. : Lion (un) léopardé. Lions (deux). 21, 632. Lions (deux) issants. 447. Lions (trois) naissants, à mi-corps. 775. Lionceaux (trois). 117, 234, 334, 426, 613

bis, 639, 773, 777. Lionceaux (trois), brochant. 513 bis. Lionceaux (trois) couronnés. 120, 397,

463, 762. Lionceaux (quatre). 91. Lionceaux (quatre) couronnés. 81. Livre (un). 601. Losange (un). 288. Losanges (deux). 378 bis. Losanges (trois). 408, 484, 507,719. Losanges (trois) en bande. 131. Losange. 594, 604, 733. Lunette d'approche (une). 85. L'un en l'autre. 34, 107, 634, 738. Lys (un) au naturel. 686. Lys (trois) au naturel. 324, 386. Lys (un) de jardin.

Voy. : plant, fleur. Mâcles (trois). 72, 323. Mâcles (cinq). 793. Mâcles (six). 517. Mâcles (sept) en croix. 841. Mâcles (neuf). 708. Maillet (un). 499, 601. 7, Maillets (trois). 402, 502, 684 bis.

Main (une) senestre, sortant d'une nuée.

820. Mains (deux) tenant chacune une palme.

075. Mains (trois). 727. Mains (trois) senestres. 682. Manches (trois) mal taillées. 241. Mantelé. 163.


176

ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

Mare (une). 671. Marottes (deux) en sautoir. 283. Massacre de cerf (un). 457, 591. Massacres de cerf (deux). 756. Massacres de cerf (trois). 231.

Voy. aussi : ramure. Massues (trois). 524. Melons (trois). 236. Mer. 514.

Merlette (une). 197, 352, 779. Merlettes (trois). 130, 155, 306, 350, 436 rer,

452, 475, 530, 717, 783, 840. Merlettes (six). Voy. : bordure. Merlettes (sept). 42, 57. Merlettes (huit) en orle. 472 bis. Merlettes (neuf). 534, 812. Mitre (une). 583. Mitres (deux). 557. Moineau (un). 680. Molette (une). 732, 758, 826. Molettes (deux). 625. Molettes (trois). 90,96,133, 158, 286,404,

417, 593, 620 bis, 627, 764. Molettes (quatre). 646. Molettes (cinq). 273. Montagne (une). 327,461, 556, 754. Montagne (une) de six coupeaux. 157. Montagne (une) de dix coupeaux. 181 bis. Montagnes (trois). 525. Mouches (trois). 577. Mouchetures d'hermine (quatre). 813. Mouchetures d'hermine (cinq). 323. Mouchetures d'bermiue (six). 254.

Voy. aussi : hermine. Mouton (un). 312, 748, 814.

Voy. aussi : agneau. Mures (trois). 260. Niche (une). 456. Notre-Dame. 190.

Voy. aussi : Sainte-Vierge. OEillet (un). 215. Oies (deux). 32. Oiseau (un). 103 bis, 428, 829. Oiseaux (deux). 669. Oiseaux (trois). 314, 322, 354, 426 bis, 436

ter, 541. Olives (trois). 606, 640. Orange (une) tigée et feuillée. 788 bis. Oranger (un). 399. Orle de fleurs de lys. 269, 455. Orle de six roses. 647. Pairie (un). 245. Pal (un). 213, 217. 752.

Voy. demi-pal. Pals (trois). 317, 333, 391, 656. Pals (trois) alaisés. 702. Pals (trois) de vair. 197. Pals (quatre). 24, 801,844.

Paie de six pièces. 11, 201,221, 444.

Paie de huit pièces. 218.

Palme (une). 127.

Palmes (deux) en sautoir. 125.

Palmes (trois). 390.

Paon (un) rouant. 623.

Pape (un). Voy. saint Urbain.

Parti. 1,14, 35, 107, 262, 391, 544, 575, 629,

820. Pattes de griffons (trois). 279. Pélican (un). 169. Pelle à four (une). 119. Perdrix (nne). 65, 127. Perdrix (deux) affrontées. 814. Perdrix (trois). 204. Perdrix (quatre) au naturel. 684. Perroquets (trois). 822. Pie (une). 189, 505. Pies (trois), loi. Pin (un). 472, 779. Pins (deux). 800, 818. Plant de lys (un). 415. Plant de trois roseaux (un). 384. Pointe de giron (une). 723 bis. Poires (trois). 307. Poissons (trois). 237. Pomme (une) tigée et feuillée. 788 bis. Pommes (trois) tigées et feuillées. 658. Pomme de pin (une). 52,-595. Pommes de pin (trois). 191, 270, 368, 653. Pont (un). 394.

Pont (un) supportant une tour. 656. Potences. 35, 60, 171, 172,173. Potences (deux) en sautoir. 626. Potence de trois pièces. 189. Pots (trois). 92. Poupée (une). 670. Poupées (deux). 671. Pupitre (un). 601. Quartefeuilles (trois). 369. Quintefeuilles (trois). 48,140, 436 bis, 452,

810 bis. Quintefeuilles (quatre). 841. Rais d'escarboucle (un). 224, 795. Raisins (trois). 834.

Voy. aussi : grappes. Rameau (un) de chêne. 67. Rameau (un) d'olivier. 556. Rameaux (deux) en sautoir. 369.

Voy. aussi : branche. Ramure (une) de cerf. 826.

Voy. aussi : massacre. Rat (un). 685. Rats (trois). 208.

Râteaux (deux) sans manches. 697. Renard (un). 50 bis. Rencontre (un) de boeuf. 116. Rencontres (deux) de cerfs. 766. Rencontres (trois) de béliers. 84.


ARMORIAL DU DEPARTEMENT DE L AUBE.

177

Rencontres (trois) de boeufs. 225. Rencontres (trois) de cerfs. 231, 321.

Voy. aussi : tête. Rivière (une). 394. Rocher (un). 505, 542, 609. Rocs d'échiquier (cinq). 445. Rose (une). 8, 30, 101, 102, 187, 204, 293,

314, 318, 352, 381, 473, 519, 625, 816. Roses (deux). 52, 198, 220, 243, 258, 352,

466, 510, 595, 611, 030, 712, 759, 784

bis, 803. Roses (deux) feuillées et tigées. 451, 560

ter. Roses (trois). 7, 44, 140,145,194, 217, 282,

309, 369, 375, 422.430,508, 516,589,

648, 676, 695, 710, 797, 810 bis, 839. Roses (trois) pointées de sinople. 238,493,

755. Roses (trois), tigées et appointées. 595. Roses (quatre). 026. Roses (cinq). 718. Roses (six). 488, 647. Roseaux (trois). 384. Roues (deux) endentées. 515. Roues (trois), 110.

Sabre (un). 342, 576.

Saint-Antoine. 722.

Saint-Etienne. 169.

Sainte-Trinité. 617.

Sainte-Vierge. 332, 456, 602, 603.

Saint-Honoré. 119

Saint-Martin, à cheval. 730.

Saint-Urbain, pape. 734.

Sanglier (un). 740.

Sauterelle (une). 179.

Sautoir (un). 15, 48, 91, 100, 125, 207, 239,

483, 582, 684, 774, 793, 809. Sautoir (un) engrélé. 25,396,481. Sautoirs (trois). 58. Semé de billettes. 144, 195, 229. Semé de croisettes. 111. Semé de croisettes recroisettées. 742. Semé de fers de lance. 398. Semé de fleurs delys. 29 bis, 122,129,170,

308, 340, 608, 698. Semé de quintefeuilles. 638. Semé de sonnettes. 19. Semé de trèfles. 336, 408, 635, 833. Senestrochère (un). 130 ter, 556. Serpent (un). 730. Serpent (un) eu pal. 448. Serpent (un) en rond, mordant sa queue.

737.

Serpenteau (un). 731 bis.

Vay. aussi : bisse, couleuvre, givre, vive. Soleil (un). 376, 519, 542, 556, 597. Soleils (trois). 421. Sur le tout. 705.

Tafs ou Tans (trois). 686.

Tasse (une). 766.

Taureau (un). 512.

Tête. Voy. aussi rencontre.

Tête (une) de léopard. 45, 127, 460, 467,

548, 519. Tête (une) de licorne. 87, 203, Tête (une) de lion. 105 bis. Tête (une) de maure. 50,148, 385, 570,660,

721. Tètes (deux) de béliers. 148. Tètes (trois) d'aigles. 476, 509, 614. Têtes (trois) de béliers. 160, 723.

Voy. aussi : rencontres. Têtes (trois) de cerfs. 551, 618.

Voy. aussi : rencontres. Têtes (trois) de corbeaux. 303. Têtes (trois) de faucons. 251, 433. Tètes (trois) de filles. 404. Têtes (trois) de gerfauts. 757. Têtes (trois) humaines. 414. Têtes (trois) de léopards. 289, 467. Têtes (trois) de levrettes. 263 bis. Tètes (trois) de lions. 365. Tètes (trois) de lions couronnées. 631. Têtes (trois) de loupst 178 bis. Tètes (trois) de maures. 508, 570. Têtes (trois) d'oiseaux. 465. Têtes (trois; de paons. 301, 604. Tètes (quatre) de femmes. 396, 478. Têtes (quatre) de léopards. 478. Tour (une). 107, 441, 523, 628, 679, 807. Tour (une) crénelée. 371. Tour (une) crénelée et couverte en dôme.

830. Tour (une) donjonnée. 737 bis. Tours (trois). 4, 46, 246, 298, 417, 531,

578. Tours (trois) crénelées. 491.

Voy. aussi : château, donjon. Tourteaux (trois). 259, 310, 387, 703. Tourteaux (six). 533.

Voy. aussi : besant. Tourterelles (trois). 427. Tourterelles (trois) couronnées. 509. Tranché. 34.

Trèfle (un). 233, 362, 532, 823. Trèfle (un) brochant. 355. Trèfles (deux). 465, 758.

T. XLIII.

12


178 ARMORIAL DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE.

Trèfles (trois). 12, 29, 204 bis, 290, 319,

374, 480, 528, 672, 815. Trèfles (cinq). 66.

Vache (une). 677,735.

Voy. aussi : boeuf. Vaches (deux). 88,333,705. Vair. 651,663, 782. Vairé. 76, 147, 384,419, 527.

Vase (un). 415. Véron (un). 815. Violon (un). 817. Vives (deux). 492.

Voy. aussi : bisse, couleuvre, givre, serpent. Vol (un). 79.

Z (un). 842.


Mém. de la Soc. Acad. de l'Aube Tome XLIII -1873.

ARMORIAL DE L' AUBE

( PLANCHE I )



Mem.delaSoc.Acad.de lAube. Tome XLIII.-1879.

ARMORIAL DE L' AUBE.

( PLANCHE II )



LES PIERRES TOMBALES

DE

L'ÉGLISE SAINT-URBAIN

PAR

L'ABBÉ MÉCHIN.

I.

Les travaux de restauration que l'Etat fait exécuter à l'église de Saint-Urbain ont nécessité l'enlèvement provisoire de plusieurs pierres tombales qui, sans cette sage précaution, auraient pu être détériorées au passage des ouvriers ou sous la pesanteur des chariots.

Cette circonstance nous a permis d'examiner plus attentivement cette oeuvre magnifique; et l'étude que nous en avons faite nous a paru fort intéressante au triple point de vue de l'art, de l'esthétique chrétienne et de l'histoire locale.

Les tombes existant aujourd'hui dans l'église de SaintUrbain sont au nombre d'une trentaine environ. Toutes sont plates, c'est-à-dire placées au niveau du pavé. Leur époque varie du XIIIe au XVIIe siècle.

Une quinzaine au moins sont dignes d'une attention particulière. Quatre ou cinq sont d'une dimension considérable, mesurant jusqu'à 3m 25 de longueur sur 1m 70 de


180 PIERRES TOMBALES DE l'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

largeur ; elles recouvraient la dépouille mortelle d'un personnage éminent dans l'Eglise, ou celle de deux époux notables en la cité et généralement bienfaiteurs de la collégiale ; aussi sont-elles remarquablement riches d'ornementation. Dix à douze sont de moindre proportion et par conséquent moins chargées de détails ; mais on y trouve la même netteté de plan et la même finesse d'exécution. Les autres enfin n'offrent aucune trace ni de figures ni de dessins; ce sont, ici des pierres de grandeur ordinaire, là des espèces de plaques commémoratives, avec une simple inscription, en bande sur les premières, en plein sur les secondes, portant le nom du personnage, sa qualité ou sa profession ainsi que le jour, le mois et l'année de son décès.

La plupart de ces tombes sont en pierre de Tonnerre; trois ou quatre ont des incrustations de marbre blanc pour les nus, les vêtements ou les inscriptions. Quelques-unes, cinq au plus, sont tout en marbre noir, d'une nature tendre, très-friable et partant moins résistante aux frottements des pieds et à l'intempérie des saisons. L'une d'elles, qui porte le cachet du XVe siècle, n'a plus ni inscription, ni armoiries, mais elle est particulièrement remarquable sous le rapport des costumes; nous en reparlerons plus loin.

De toutes ces pierres tumulaires, les plus riches assurément sont celles de Renaus de Columbier (1336), de Etienne Morce (1396), tous deux doyens de la collégiale; de Pierre Derbice (1348), et de Jehan Maulery, bourgeois de Troyes (1384) : les dessins en sont reproduits dans le Voyage archéologique de M. Arnaud.

Il en est d'autres fort belles aussi que l'enlèvement des bancs a mises depuis peu à découvert; les plus intéressantes sont celles de Gui de Bosco (1371), de Milo Berthier (1375), de Felis Li Gras (1398), de Pierre Le Breton (1497), et de Jehan Bompas (1563). Nous y reviendrons plus tard.


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 181

IL

Si quelques-unes de ces tombes sont parfaitement conservées, d'autres et en plus grand nombre malheureusement ont été fort endommagées. Cela tient, suivant nous, à plusieurs causes; au temps d'abord. Rongeur des choses, même les plus dures, il n'est pas étonnant que sa lime ait mordu sur ces vieux monuments. Mais ce n'est pas lui le plus coupable. Brisés qu'ils sont plutôt qu'oblitérés, nous devons en conclure que ce n'est point tant la vieillesse qui les a déformés que la force brutale, sinon la sottise qui les a mutilés. 93 a passé là, c'est évident, et l'on peut y voir encore les traces de sa folie. Comme il a décapité, en la piscine du choeur, les deux fondateurs de la collégiale, le pape Urbain IV et le cardinal Ancher, il a martelé sur les tombeaux le visage des morts, brisé leurs armoiries et enlevé les inscriptions qui rappelaient leurs noms, leur dignité et peut-être leurs bienfaits. Et si quelques-unes de ces tombes, comme celle du doyen Renaus de Columbier, par exemple, sont cassées en plusieurs parts, de façon à ne plus présenter que des fragments rajustés, n'a-t-on pas le droit d'imputer ce fait à l'un de ces misérables qui saccageaient l'église, à celui-là peut-être dont parle le chanoine Tremet dans une note écrite de sa main, et qui brisait à coups de marteau la pierre du maître-autel.

Toutefois, soyons juste. S'il paraît impossible d'expliquer autrement le genre de mutilation subie par certaines tombes, il n'est pas difficile d'attribuer à des causes moins déplorables le triste état des autres. Nous croyons pouvoir en assigner deux : un déplacement précipité, et ensuite un replacement inintelligent.

Et d'abord, il n'est pas douteux que ces pierres tumulaires n'aient été enlevées de leur place primitive, et cela sans


182 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

aucun doute, pendant la période révolutionnaire. En ces tristes jours où la lie du peuple, traduisant en licence la liberté conquise, se jouait de ce qu'il y avait de plus sacré, on vit des citoyens, maîtres de nos églises, passer du pillage des trésors à la violation des sépultures. Les cercueils étaient ouverts; et la cupidité, après avoir dépouillé les morts de leurs richesses, livrait à l'impiété leurs ossements déshonorés : c'est de l'histoire. Ne peut-on pas supposer que le déplacement de ces tombes, opéré dans un moment d'émeute, au milieu du désordre et de l'empressement des foules, n'ait occasionné, en grande partie, ces dégradations, et que le long abandon dans lequel elles furent probablement laissées ne les ait augmentées encore? Puis, quand vint plus tard le moment de les remettre en place, prit-on bien toutes les précautions exigées par la fragilité de ces monuments? Non, certainement. Car, si nous nous reportons à l'époque où nous jugeâmes à propos de commencer le nouveau dallage de l'église (1870), nous nous souvenons des tristes conditions dans lesquelles ces belles tombes avaient été rcassises. Une grande partie de celles qui se trouvaient brisées s'enfonçaient dans le sol, de façon à faire ressortir leurs fragments au-dehors et à reproduire un dallage effondré de toutes parts. Evidemment cela provenait de la négligence qu'on avait mise, les cercueils enlevés, à masser les terres fraîchement remuées; de sorte qu'après un certain laps de temps, ces terres se tassant sous les tombes produisirent des vides à la surface, et la moindre charge pesant sur les centres dut amener ces cassures que nous déplorons aujourd'hui.

Cette explication nous semble d'autant plus juste que nous savons nous-même, par expérience, combien grande est la fragilité de ces pierres. Posées à même sur le sol, elles s'y imprègnent d'une telle humidité, qu'elles résistent à peine au moindre poids comme au plus petit choc. Nous avons vu la tombe de Jehan Bompas au repos sur deux


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 183

rouleaux depuis quelques heures seulement, se rompre tout-à-coup sans avoir subi d'autre pression que celle de la colonne d'air.

Toutefois, nous le répétons, nous avons le bonheur de posséder encore quelques pierres entièrement intactes ; et même les fragments des plus maltraitées, ayant été rajustés avec intelligence, nous donnent une reproduction aussi fidèle que possible des beautés primitives de ce magnifique travail. Incapable qu'est notre plume de les décrire comme elles le méritent, nous renvoyons nos lecteurs au Voyage archéologique de M. Arnaud, où l'habile crayon de M. Charles Fichot en a dessiné quelques-unes, ou mieux encore à l'Album de l'Aube, bientôt sous presse, dans lequel notre célèbre artiste troyen se promet de reproduire la plupart d'entre elles.

III.

« De tous les monuments, les tombeaux sont ceux qui présentent peut-être le sujet le plus vaste aux études de l'archéologue, de l'ethnologue, de l'historien, de l'artiste et voire du philosophe (1). »

Cette pensée de M. Viollet-le-Duc, l'un de nos plus célèbres architectes, nous l'avons trouvée justifiée, du moins pour quelques parties, dans l'oeuvre de nos pierres tombales.

Ce moyen-âge, qu'une honteuse ignorance appelle parfois encore l'époque des ténèbres, ne produisit pas seulement de grands saints et de grands savants, mais encore des artistes de premier ordre.

Et, en effet, sans parler des églises elles-mêmes qu'il nous a données, toutes si belles de proportions, si pures de

(1) Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, art. Tombeau.


184 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

lignes, si gracieuses de détails, si magnifiques d'harmonie, il suffit seulement de jeter un regard attentif sur les moindres joyaux dont elles sont remplies pour y constater autant de chefs-d'oeuvre. Quelques-unes de nos tombes sont de ce genre. Prenons comme type de toutes celles de la même époque (XIVe siècle) la tombe de Renaus de Columbier, deuxième doyen de la collégiale. C'est la plus belle et malheureusement la plus mutilée.

Le défunt est au centre, revêtu de ses ornements sacerdotaux, debout et tenant à la main le calice, symbole de sa dignité. On le dirait vivant, tant il y a de naturel dans la pose et l'attitude. L'artiste l'a placé comme en face du peuple sous le portique de la collégiale dont les détails extérieurs, enrichis encore et enjolivés par son imagination, encadrent le personnage et se développent tout autour de lui. De chaque côté du porlique se dressent, en effet, de légers contreforts surmontés de petits clochetons dont la flèche s'élance dans les airs et domine tout l'édifice. Ces contreforts sont entrecoupés de niches ornementées, au centre desquelles figurent avec leurs attributs les saints patrons du défunt (1).

A l'étage supérieur apparaît en miniature toute la partie haute du choeur avec sa toiture et ses belles fenêtres composées dé sveltes colonnettes au sommet desquelles s'épanouissent, comme des fleurs sur leurs tiges, les trèfles et les roses. Enfin, au-dessus du personnage, dans le fronton surmontant l'arcade du porche, le Christ assis sous un dais magnifique reçoit l'âme du défunt, et de chaque côté de lui se tient debout un ange avec un flambeau à la main.

Tous ces détails sont groupés avec une intelligence qui n'a d'égal que le fini avec lequel ils sont traités. Evidem(1)

Evidem(1) d'autres, les saints patrons sont remplacés par des clercs portant les instruments sacrés qui servent pour l'absoute.


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 185

ment ce tombier était un grand maître; nous regrettons de ne pas connaître son nom.

Les autres tombes sont toutes taillées dans le même style avec des variantes qui dénotent une merveilleuse fécondité d'imagination.

IV.

Mais ce qui ressort principalement de cet admirable ensemble, c'est l'idée chrétienne. On sent, en effet, comme un grand souffle de foi qui passe sur toutes ces pierres et vous saisit. Tout y parle d'espérance, de vie et dïmmortalité. Ce défunt, la légende dit bien, n'est point simplement un mort, mais un trespassé. « Ce n'est que depuis le XIVe siècle, remarque M. Viollet-le-Duc, que l'on a imaginé de donner aux sépultures un cachet funèbre, de les entourer d'emblèmes, d'attributs ou d'allégories qui rappellent la fin, la décomposition, la douleur sans retour, l'anéantissement, la nuit, l'oubli, le néant (1). »

Cette époque qui, sous le nom de Renaissance, rompait avec les moeurs chrétiennes pour revenir aux traditions du paganisme, n'en avait emprunté que la forme artistique sans prendre souci de l'idée religieuse cachée sous le Voile des symboles.Ces copistes malavisés auraient dû le comprendre, alors surtout qu'il s'agissait des tombeaux : aussi bien les payens eux-mêmes donnaient à leurs monuments funéraires un caractère plutôt triomphal que désolé.

« Le moyen-âge, lui, que plusieurs nous représentent comme maladif, ascétique, mélancolique, ne prenait pas ainsi les choses de la mort (2). » Ici, en effet, rien ne rappelle le temps; tout monte vers l'éternité. Point de louan(1)

louan(1) d'architecture, art. Tombeau. (2) Ibid.


186 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

ges qui sentent les vanités de ce monde : on laisse le jugement à Dieu seul dont on sollicite la grâce, le pardon, la merci. Rien ne provoque la tristesse par le souvenir de la mort; au contraire, tout encourage, élève et fortifie l'âme par la pensée de la vie. C'est le dies nalalis de la liturgie traduit sur cette dalle de pierre par le ciseau de la Foi. Le plus souvent, en effet, vous verrez au-dessus de l'effigie du défunt, en haut, tout au sommet comme à l'entrée du ciel, le Christ assis sur un trône; dans un linge qui rappelle sans doute le linceul de la tombe, et qu'il tient ouvert devant sa poitrine, apparaît un petit corps comme celui d'un nouveau-né, debout, face à face avec Dieu, les mains jointes et les bras allongés vers lui. C'est la représentation naïve de l'âme sortie de ce monde et reçue par son juge à la porte du paradis. Cette âme est sainte et digne de la gloire céleste ; c'est pourquoi de chaque côté d'elle, un ange éployé, quelquefois deux portent un cierge allumé, symbole de la foi vive et de l'ardente charité du défunt. Sur quelques tombes, le Christ et l'âme n'apparaissent point; mais les anges y sont tout de même, les uns le regard tourné vers le ciel et sonnant de la trompette, les autres la tête penchée vers le défunt et lui donnant l'encens.

La tombe de Felis Li Gras de Chauchigni et de Jehanne, sa femme, nous offre sur ce point une particularité digne de remarque. Non-seulement l'apothéose n'existe pas, mais les anges, au heu d'encenser les deux défunts suivant la coutume ordinaire, versent à terre le contenu de l'encensoir, comme en détournant la tête. Quelques interprètes, plus malicieux sans doute que les critiques du temps, croient remarquer dans cette attitude une intention malveillante du ciseleur ou de ses commettants à l'endroit d'une personne peu digne de respect ou d'affection. Nous aimons mieux y voir la représentation d'une cérémonie religieuse qui a lieu encore de nos jours, à savoir, un dernier hommage rendu au défunt par le versement


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 187

en sa fosse, après le dernier encensement, de ce qui reste de feu et de parfum dans la cassolette du clerc.

Il est vrai que dame Jehanne a sous les pieds un griffon. La représentation d'un animal fantastique est assez rare; il se voit quelquefois sous les pieds d'un chevalier ou sous la crosse d'un évêque comme symbole d'un animal vaincu ou du vice terrassé, mais presque jamais sous les pieds d'une femme (1). Nous ne saurions donner l'explication de ce fait.

En dehors de ces siècles (XIIIe, XIVe et XVe), où le génie de l'art s'unit si étroitement avec le génie de la foi, nous rencontrons d'autres tombes qui, bien que belles encore, quelques-unes du moins, n'offrent plus le même intérêt : peu ou point de dessin. Ici les personnages figurent encore, mais en traits rares, et à peine gravés; là, nous ne trouvons plus qu'une simple inscription encadrant une pierre nue, avec un ecusson aux quatre angles (2). Le sentiment chrétien y fait défaut presque totalement. Si ce n'est pas encore la froideur de la Réforme, c'est au moins la sécheresse de la Renaissance.

Ces tombes portent la date des XVIe et XVIIe siècles. Elles sont rares, car à ces époques on préférait appliquer de simples lames commémoratives aux parois du mur; à moins que, faute de place, les inhumations à l'intérieur de l'église fussent devenues moins fréquentes.

V.

Ces pierres sépulcrales, qu'on pourrait dire historiées, ne nous donnent pas seulement un type parfait du style archi(1)

archi(1) mari, lui, a sous les pieds un petit chien, comme tous les laïques et même quelques clercs sur les autres tombes.

(2) Comme sur la tombe de Simon Hennequin.


188 PIERRES TOMBALES DE LEGLISE SAINT-URBAIN.

tectural du temps et un spécimen exact dès objets servant au culte, tels que croix et chandeliers, bénitiers et goupillons, encensoirs et navettes, calices et ciboires, etc. ; mais encore un modèle varié des costumes tant ecclésiastiques que civils usités à cette époque.

Sur la tombe du chanoine Milo Berthier, le défunt, qui y est représenté dans les fonctions du diaconat, porte une longue dalmatique n'ayant point comme les nôtres d'ouverture aux côtés, mais des manches fermées. Le col est entouré de l'amict appareillé, dont nous parlerons tout à l'heure.

Sur celles de Renaus de Columbier, de Etienne Morce, de Odard Hennequin, de Nicolas de Mérobert, nous avons l'ample chasuble du moyen-âge, sans autre ouverture que celle du centre, destinée à laisser passer la tête (1). Relevé de chaque côté sur le bras, elle retombe par devant et par derrière, en formant autour du corps des plis variés d'un effet charmant. Une bande appareillée l'entoure vers les épaules et redescend du haut de la poitrine à l'extrémité du vêtement, coupant ainsi la chasuble en deux parts ; c'est l'auriclave ou l'orfroi ressemblant au pallium que les archevêques portaient en mémoire du superhuméral et du rational d'Aaron (2). L'étole et le manipule, tous deux de forme étroite, sont également remarquables par la richesse de leurs ornements. Le manipule se portait alors à l'extrémité de la manche et quelquefois même à la main. L'aube est flottante sur les pieds; elle est parée, c'est-à-dire qu'à l'extrémité antérieure elle porte une pièce d'étoffe carrée, très-richement brodée. Cet appareil, comme celui de l'amict entourant le collet de la chasuble ont, l'un et l'autre, la

(1) De là le nom de casula, petite maison ; parce qu'elle couvrait le corps tout entier.

(2) Casula... phrygio palmam habente, superhumeralis et rationalis effigiem, ad modum pallii archiepiscopalis honorabiliter praetendebat. (Ducange, Histoire des évéques d'Auxerre.)


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 189

même broderie (I). Les manches sont étroites, et ses parements devaient être, d'après Guillaume Durand (2), également brodés d'or. Suivant le même auteur, cette aube ne se portait qu'aux grandes fêtes, et son usage était réservé aux personnes éminentes.

Quant au costume laïque, il est le même à peu de chose près pour tous les bourgeois de Troies. Il consiste en une simple robe, légèrement rétrécie à la ceinture et descendant à mi-genoux du personnage. Les manches sont étroites et serrées aux poignets : celle du bras droit est ornée d'une longue série de boutons. Un capuchon rabattu sur les épaules et une espèce de tunique recouvrent la robe. Ce costume se rapproche beaucoup de celui des frères Prêcheurs.

Celui des femmes varie davantage. La robe descend jusqu'à terre, couvrant entièrement les pieds. La tunique n'existe pas, et le capuchon est remplacé par une sorte de guimpe qui, après avoir enveloppé le cou, remonte en bandeau de chaque côté des joues et forme sur la tête de quelques-unes comme un véritable casque à pointe. D'autres ont le voile rabattu derrière la tête ou la cornette, comme nos religieuses.

Les costumes les plus jolis et les plus riches sont assurément ceux des deux personnages ensevelis sous cette tombe noire mutilée que nous avons signalée plus haut. Le mari porte une longue robe, serrée à la ceinture, boutonnée du haut en bas et terminée tout autour par une

(1) Au moyen-âge, on ornait l'amict de franges et de broderies, et à la partie destinée à entourer le cou, on mettait une espèce d'appareil, comme on le faisait au bas des aubes. Il suffit pour s'en convaincre de regarder les belles pierres tombales portant l'effigie gravée des ecclésiastiques dont elles recouvrent les restes mortels et qui subsistent encore à Rouen, à Châlons, à Troyes, etc. (Migne. — Dictionnaire d'archéologie sacrée.

(2) Rational des divers offices.


190 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

frange des plus élégantes. Cette robe est recouverte d'un pardessus dont les manches larges et très-ouvertes à l'avantbras laissent apercevoir un poignet de chemise orné d'une fine dentelle. Le cou du personnage est entouré d'une fraise à godrons soigneusement apprêtée; une large aumônière est suspendue à son bras. La femme, elle, est coiffée d'une cornette semblable à celles de nos Soeurs Grises. Sa robe est ample et bien taillée; coquettement relevée à la hanche, sous le bras qui la presse, elle retombe en formant de chaque côté des plis fort gracieux. Les manches sont étroites, très-serrées aux poignets et ornées d'un grand nombre de petits boutons ronds courant tout le long de l'avant-bras. Les mains sont jointes sur la poitrine et tiennent un long chapelet composé de petits grains inégalement divisés par un plus gros. Comme son mari, la pieuse défunte porte une aumônière, ce qui indique assez que si l'or abondait au palais, la charité savait l'en faire sortir.

Tout nous fait présumer que nous sommes ici en présence de deux personnages éminents; mais malheureusement, ils resteront à jamais des inconnus pour nous, car la haine, excitée sans doute par la cupidité, semble s'être attachée à perdre plus particulièrement leur mémoire : les figures, les armoiries et les inscriptions qui étaient toutes en plomb, comme quelques restes l'attestent encore, ont été complètement enlevées (1).

VI.

Mais comment expliquer toutes ces inhumations de per(1)

per(1) de Mesgrigny et Guillemette, sa femme, morts vers la fin du XVIe siècle, ont été d'insignes bienfaiteurs de la collégiale. Cette tombe pourrait bien être la leur. (Voir au tome XLII des Mémoires de la Société académique de l'Aube, « Documents inédits pour servir à l'histoire de la collégiale de Saint-Urbain, » p. 74.)


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 191

sonnes laïques dans une église collégiale comme était celle de Saint-Urbain? Ne semblerait-il pas qu'on ne dût y constater que des sépultures d'ecclésiastiques ?

La réponse à cette question se trouve dans la bulle même de fondation où nous voyons, entre autres privilèges accordés au doyen, celui d'exercer une pleine et entière juridiction non-seulement sur les chanoines, mais encore sur tous les officiers de l'église, clercs ou laïques, et même sur toutes les personnes domiciliées chez eux et vivant à leur service. En sorte que l'église, toute collégiale qu'elle fût, était d'une certaine façon toute paroissiale aussi au regard du doyen, qui avait véritable charge d'âmes. C'est pourquoi Saint-Urbain possédait un cimetière particulier que l'on connaît assez par les actes de violence qu'y exercèrent les religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains sur l'archevêque de Tyr, commis à sa bénédiction. C'était là que se faisaient ordinairement les inhumations; elles n'avaient lieu dans l'intérieur de l'église qu'en de certains cas prévus par le droit ou déterminés par un mérite exceptionnel.

Or, les chanoines, en vertu même de leur dignité, jouissaient du droit d'inhumation à l'intérieur de la collégiale. Ils avaient une place réservée dans une cave (caveau) établie devant le choeur entre les grosses piles du transept (1).

Nous possédons quatre tombes de chanoines titulaires, très-anciennes et fort intéressantes.

La première est celle de Renaus de Columbier, la plus belle assurément, mais aussi la plus fragmentée. L'inscription est ouverte par une fleur de lys et divisée aux quatre angles par un quatrefeuilles renfermant l'attribut d'un évangéliste. Elle porte :

(1) Sur un Ordo manuscrit (1711), vu et approuvé par le doyen du Chapitre, on indique le lieu où se doit mettre la représentation, à l'anniversaire d'un chanoine, par ces mots : Sur la cave des chanoines... Sur la cave où on inhume Messieurs...


192 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

ICI - GIST - MESSIRES - RENAUS - DE - COLUMBIER - JADIS - DEYENS - DE - CEANS - QUI - TRESPASSA - LAN - DE - GRACE - M - CCC - ET - XXXVI - LE - VANREDI - VIGILE - DE - SAINT - ANDRIEN - PRIES - POUR - LAME - DE - LI - QUE - DIEX - DONNE - MERCI - IN - PACE.

Il écrase un griffon sous ses pieds, ce qui dénote une grande puissance de doctrine.

La seconde, celle à'Etienne Morce, est entre toutes la mieux conservée. Les détails en sont fort riches. Le personnage, revêtu de ses vêtements sacerdotaux, tenant le calice en ses mains, est debout sous un portique au-dessus duquel se trouvent cinq arcades couvertes d'un toit. Dans celle du milieu est le Christ assis, recevant l'âme du défunt, et les quatre autres sont occupées par un ange portant un flambeau à la main. L'inscription est celle-ci :

CY - GIST - PEU - MESSIRE - ESTIENNE - MORCE - JADIS - QUART - DEAN - DE - CESTE - EGLISE - ET - CHANOINE - DE - SAINT - ESTIENNE - DE - TROIES - QUI - TRESPASSA - LAN - DE - GRACE - MIL - CCC - IIIl" - ET - XVI - LE - XXVII - JOUR - DE - NOVEMBRE - PRIEZ - POUR - LUI - QUE - DIEUX - EN - AIT - LAME - AMEN.

La troisième, celle de Gui de Bosco, n'a rien de plus remarquable. L'inscription est en latin :

HIC - JACET - DOMINUS - GUIDO - DE - BOSCO - HUJUS - ECCLESLE - CANONICUS - ET - THESAURARIUS - AC - ECCLESIAE - SANCTI - STEPHANI - TRECEN - CANONICUS - QUI - OBHT - ANNO - DNI - M - CCC - LXI - DIE - NONA - MENSIS - MARTII - ANLMA - EJUS - REQUIESCAT - IN - PACE - AMEN.

La quatrième, celle de Milo Berlhier, a un cachet tout particulier. D'abord, le défunt porte la dalmatique et tient sur sa poitrine le texte des Evangiles, ce qui indiquerait que ce chanoine n'était que diacre. Ensuite, chaque mot de l'inscription qui se trouve à la bordure est séparé, non pas comme ailleurs par un simple point, mais par des em-


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 193

blêmes qu'on s'étonne de rencontrer là. Ce sont ici des feuilles et des fleurs, petites branches de lierre et boutons de roses; ce sont là des papillons, des limaçons et des poissons; ce sont, enfin, des têtes de morts nues et décharnées, et des têtes vivantes encadrées dans un feuillage : symboles, dirait-on, de la jeunesse et de la beauté, des servitudes du corps et de la liberté de l'âme, du néant de la mort et des gloires de l'immortalité. On lit :

CY GIST MILO BERTHIER JADIS CHANOINE DE CETTE EGLISE QUI TREPASSA DE CEST SIECLE LAN MIL TROIS CENS SOIXANTE QUINZE LE XIU° JOUR DOU MOIS PRIEZ POUR LY QUE DIEX LI FACE PAIX.

Une autre tombe, en marbre noir, représente un prêtre revêtu de ses habits sacerdotaux et les mains jointes sur la poitrine. Le masque, les mains, l'aube (1) et l'inscription de la bande sont en marbre blanc. Comme tant d'autres, cette pierre a souffert des chocs et du frottement. Quelques lettres encore lisibles nous révèlent le nom de messire Odard :

CI - GIST - VENERABLE - ET - DISCRETE - PERSONNE - MAISTRE - ODARD.

Ce qui donnerait lieu de croire que nous sommes en face de la tombe de Odard Hennequin I, doyen de la collégiale, mort en l'année 1508.

Le style de la tombe est bien de cette époque.

Les chapelains étaient généralement inhumés vers les autels qu'ils desservaient. A l'endroit où se trouvait la chapelle de Sainte-Croix, nous lisons sur une tombe :

CY - GIST - NICOLAS - DORIGNY - PRESTRE - BENEFICIER - A - LAUTEL - SAINTE - CROIX - EN - CESTE - EGLISE - QUI - TRESPASSA -

(1) Cette aube porte le parement ou l'appareil, comme celle des autres doyens cités plus haut.

t. XLIII. 13


194 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

XX

LAN - DE - GRACE - M - CCC - IIII - PRIEZ - DIEU - POUR - LAME - DE - LUI - AMEN.

Sur une autre :

CY - GIST - MESSIRE - NICOLE - DE - METROBERT - PRESTRE - JADIS - BENEFICIER - A - LAUTEL - SAINTE - CROIX - EN - CESTE - EGLISE - LEQUEL - TRESPASSA - LE - XXVIII - JOUR - DAOUT - LAN - DE - GRACE - M - CCC - IIIIxx - XII - PRIEZ - POUR - LAME - DE - LUI -

AMEN.

Cette dernière tombe est fort intéressante; les dessins sont aussi apparents qu'au premier jour. Malheureusement, la partie inférieure, attaquée par l'humidité et la gelée, est restée presqu'en poussière entre les mains des ouvriers qui ont essayé de l'enlever pour la sauvegarder.

Les fondateurs ou principaux donateurs des chapelles avaient aussi leur sépulture dans le voisinage de ces chapelles.

Adeline, qui avait fondé, en l'an 1299, la chapelle de Saint-Jean-l'Evangéliste, y avait été inhumée devant l'autel. L'inscription de la tombe porte :

CY - GIST - ADELINE - DITE - CASTELIANE - DE- FOULISSURE - QUI - TRESPASSA - LAN - M - CCC - ET - DIX - LE - LENDEMAIN - DE - LA - FESTE - DE - SAINT - NICOLAS - DIVER....

Une vieille pierre, déplacée comme bien d'autres, et dont la bordure est tellement endommagée qu'on n'y voit plus que le nom du défunt, nous révèle la sépulture de deux des plus anciens bienfaiteurs de la collégiale : celle dEstienne Le Diablal et de son épouse, fondateurs de la chapelle de Saint-Léonard, en 1315. Leur effigie, particulièrement celle de la femme, est encore très-visible, et leur costume digne d'attention.

Le Gras de Chauchigny et sa femme (dont nous avons déjà parlé plus haut) avaient été inhumés à la chapelle de


PIERRES TOMBALES DE L ÉGLISE SAINT-URBAIN. 195

l'Annonciation, à titre de bienfaiteurs. Leur tombe le constate :

CY - GISENT - FELIS - LI - GRAS - DE - CHAUCHIGNI - BORIOIS - DE - TROIS - ET - JEHANNE - SA - FEMME - LI- QUELS - FELIS - TRESPASSA - LAN - DE - GRACE - M - CCC - IIIIxx - ET - XVIII - ET - LA - DITE - JEHANNE - LAN - DE - GRACE - M - CCC - LXXIV - LESQUELS - ONT - FONDE - EN - CESTE - EGLISE - LA - MESSE - QUE - LEN - CHANTE - LE - DIMANCHE - A - CE - PRESENT - AUTEL - DE - LANNONCIATION - A - LAQUELLE - MESSE - DOIT - TOUS - LES - DIMANCHES - CHAPITRES - DE - SEANS - HUIT - PAINS - DE - PROVANDE - A - HUIT - VICAIRES - PRIEZ - P - EULX.

Nous voyons également une tombe où le nom du défunt est effacé, mais dont l'inscription annonce un bienfaiteur, peut-être même un chapelain bénéficier. On lit :

CY - GIST - VENERABLE A - LA - CHAPELLE - SAINT - LUC -

QUI - TRESPASSA - LE - JOUR - DE - SAINT - FROUBERT - VING - DE - JANVIER-LAN - MIL-QUATRE - CENTS - QUATRE - VINGS.

L'autel érigé à saint Luc se trouvait dans la chapelle de Sainte-Croix.

Le titre de marguillier emportait aussi le privilège d'inhumation sous voûte, non-seulement, paraîtrait-il, pour le dignitaire, mais encore pour ses parents les plus proches. Celte fonction établie par le cardinal Ancher lui-même était d'ailleurs des plus honorables, et conférée aux personnes les plus distinguées de la ville.

Les tombes des marguilliers encore existantes sont :

1° Celle de Le Breton, belle, intacte et l'une des plus grandes. On y lit :

CY - DESSOUS - GISENT - PIERRE - LE - BRETON - A - SON - VIVANT - NOTAIRE - DES -FOIRES - ET - MARREGUIER - DE - CETTE - EGLE - QUI - TRESPASSA - LE - TROISIEME - JOUR - DE - DECEMBRE - LAN - MIL - CCCC - QUATRE - VINTS - ET - DOUZE - ET - LAURETTE - MERILLE - SA - FEMME - LAQUELLE - TRESPASSA - LE XIIIII - JOUR - DAVRIL - LAN - M - CCCC - QUATRE - VINTS - DIX - SEPT - PRIEZ - DIEU - QUE - PARDON - LEURS - FACE.


196 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

2° Celle de Simon Eennequin. Elle est en marbre noir, et sans effigies. Les armoiries placées aux quatre angles et l'inscription sont en relief. Nous lisons :

CY GISENT FEUS NOBLE HOMME SYMON HENNEQUIN MARGUILLIER DE LEGLISE DE CEANS ET DAMOISELLE LIENART GORNOT SA FEMME AVEC DEULX DE LEURS ENFANTS LAQUELLE TRESPASSA LE XX 0 JOUR DE JUIN M - VXVII ET LEDIT HENNEQUIN TRESPASSA LE XVIII NOVEMBRE M V XIX - PRIEZ DIEU POUR EULX.

3° Celle de Jacques Juliot. Cet artiste avait fait l'offre au chapitre de faire le retable du maître-autel, à la condition d'être inhumé devant le choeur, à l'endroit même où chaque dimanche on faisait le prône. Sa tombe est, en effet, devant l'entrée du choeur. C'est une pierre noire de quatre pieds et demi carrés, portant cette inscription :

CY GIST NOBLE HOMME JACQUE JULIOT MAISTRE SCULPTEUR ET MARIGL - DE CEANS LEQUEL A DONNÉ LA TABLE DU GRAND HOSTEL. IL DECEDA LE XII JOR DE NOVEBRE 1576 - PRIEZ POR LES TRESPASSEZ.

Signalons ici en passant la tombe de dame Jacote, la femme d'un marguillier. Quant au marguillier lui-même, nous ne savons ce qu'il est devenu. Unis sans doute dans la vie, ils sont séparés dans la mort. Cette tombe est sans figure. Dans le cadre, sont huit quatrefeuilles renfermant l'écu des armes de Jacote et celui mi-parti de celles de son mari. L'inscription dit :

CY GIST JACOTE JADIS FEMME ROBERT DAMANCE BOURGEOIS DE TROYES ET MARREGLIER DE CESTE EGLISE LAQUELLE TRESPASSA LE IXe JOUR DU MOIS DOCTOBRE LAN DE GRACE MIL CCC QUATRE VINS. DIEX AIT MERCI DE LAME DELLE. AMEN.

On rencontre encore çà et là quelques tombes dont les personnages paraissent, de prime abord, n'avoir aucun titre à la sépulture dans l'intérieur de l'église. Mais si l'on se reporte aux Documents imprimés aux Mémoires de la Société


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 197

Académique (1), on retrouve les noms de la plupart d'entre eux parmi les bienfaiteurs de la collégiale.

La plus belle de toutes est celle de Pierre d'Erbice. Elle peut aller de pair avec celle de Renaus de Columbier et de Etienne Morce; c'est la même richesse de style et la même pureté de dessins ; l'ensemble est peut-être même plus correct encore. Nous remarquons surtout autour du personnage un encadrement formé de branches de lierre, lequel produit un très-gracieux effet. Les armes du défunt sont suspendues de chaque côté de sa tête à une branche de l'arbuste. Voici l'inscription :

■j- CI - GIST - PIERRE - DERBICE - JADIS - BOURGOYS - DE - TR0YS - QUI- TRESPASSA - LAN - M - CCC - XLVIII - LE - LUNDI - AVANT - NOUEL - PRIEZ - POUR - SAME.

Or, Pierre d'Erbice était inscrit aux prières du prône comme l'un des principaux bienfaiteurs de l'église (2).

Jehan Mauléry et Jacquette de sur les arcs, sa femme, ne paraissent nulle part comme bienfaiteurs de la collégiale ; mais on peut facilement présumer du fait de leur inhumation dans l'Eglise, joint à la haute position occupée par eux dans la cité, qu'ils ont dû bien mériter du chapitre. Leur tombe, quelque peu effacée sous le pied des passants, nous représente les deux époux, à côté l'un de l'autre, placés chacun sous un arc trilobé que surmonte un pignon renfermant une jolie rosace : sur les rampants du pignon sont deux anges agenouillés qui encensent les défunts. Ces détails, d'ajlleurs, se retrouvent sur une grande partie des autres pierres tombales.

Cette inscription se lit sur la bande :

ICY - GITE - JEHAN - MAULERY - JADIS - BOURGEOIS - DE - TROYES - ET - NOTAIRE - DES - FOIRES - DE - CHAMPAGNE - ET - DE BRIE - QUI - TREPASSA - LAN - DE - GRACE - MIL - CCC LX - LE XVIe JOUR - DU MOYS -

(1) Tome XLII. - 1878.

(2) Documents inédits, page 101.


198 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

DE - JUING - PRI - P - LAME - DE - LI - ICI - GITE - JAQUETTE - DE - SURS - LES - ARS - JADIS - BOURGEOISE - DE - TROYES - ET - FEMME - DE - FEU - JEHAN - MAULERY - LAQUELLE - TREPASSA - LAN - DE - GRACE - MIL - CCC - IIIIxx - ET - IIII - LE XIII -JOUR - DAYRIL.

La place manque sur la bordure pour la recommandation de l'âme.

La tombe de Jacques Deri est une des plus anciennes. Elle est mutilée en grande partie ; mais les premiers mots de l'inscription sont intacts et nous donnent le nom du défunt :

CI - GIST - JAQUE - DERI - JADIS - CHANGEUR -ET - BOURGEOIS -DETROYES - LEQUEL

On pourrait ajouter : lequel trespassa vers l'an de grâce 1356, après avoir fait de grandes donations à la collégiale (1).

Maintenant il nous faut descendre jusqu'au xvie siècle pour retrouver la tombe d'un autre bienfaiteur de l'église. C'est une pierre en marbre noir, sans ornements, représentant deux personnages, l'homme et la femme, conservés, dirait-on, dans leur linceul. L'écu de leurs armes placé aux quatre angles et l'inscription sont en relief. On lit sur la bande :

CY - GISENT - FEUS - NOBLE- HOE - MAISTRE - JEHAN -BOMPAS-EN - SON - VIVANT - DOCTEUR - EN - MEDECINE - QUI - DECEDA - LE - XXIVeJOR - DE - FEVRIER - M - Ve XXIIII- ET -DAME - ANNE- SAULNIER - SA - FËME - QUI - DECEDA - AUSSI - LE - XXIe JOR - DOCTOBRE - M- Vc - LXIII.

Et au-dessous des pieds, sur le milieu de la tombe :

PRIEZ - DIEX - POUR - EULX.

Jehan Bompas et sa femme avaient établi plusieurs fon(1) Documents inédits, p. 66.


PIERRES TOMBALES DE L ÉGLISE SAINT-URBAIN. 199

dations et fait de riches et nombreux présents à la collégiale. C'est pourquoi leurs noms étaient inscrits au Livre du Prosne (1).

Au reste, quand on examine attentivement la condition de ces différentes tombes, il est facile de se convaincre qu'on n'en permettait la pose en l'église que sur la dépouille mortelle des plus grands dignitaires ou des plus insignes bienfaiteurs. Comment autrement les dimensions de l'édifice auraient-elles pu y suffire?

Nous l'entendons ainsi, même pour les chanoines de la collégiale. Ils avaient, il est vrai, leur caveau commun, dans lequel on rangeait, sans doute, l'une à côté de l'autre la bière de ceux qui ne se recommandaient guère autrement que parleur titre. Quant aux autres dont le rang, le mérite, la fortune peut-être ressortait davantage, ils avaient leur place à part dans l'église; ou, du moins, si leurs restes mortels prenaient rang dans le caveau commun, on ne se contentait pas pour eux d'une plaque commémorative fixée sans doute au-dessus du sarcophage, mais on leur permettait, comme honneur spécial, d'avoir au grand jour de l'église une pierre historiée retraçant leur image, leur ecusson et parfois le souvenir de leurs bienfaits (2).

Parmi ces tombes, il en est une que nous n'avons pu classer, parce que le nom du défunt, sa profession ou sa dignité manquent complètement. C'est la plus ancienne de toutes, peut-être la première posée dans la nef de la collégiale. L'inscription tronquée ne nous donne que ces quelques mots :

C XX

CI GIST QUI - TRESPASSA - LAN - DE - GRACE - M - II - IIII -

(1) Documents inédits, page 92.

(2) Dans VOrdo déjà cité, il est dit quela tombe de Odard(Edouard) Hennequin, doyen, était placée entre le choeur et la chapelle de SaintLaurent.


200 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

IX - LE - LUNDI -DE LUI - DITES - PATER - NOSTER - POR -

S AME.

Au milieu, se lit une autre inscription indiquant la présence d'un second personnage. Elle est écrite en latin.

ANNO DNI NOSTRI [MCCC] IN FESTO BEATI JOHIS POST FESTUM NATIVITATIS DNI OBIIT DNUS NICOLAUS [ARMURARIUS] PBR OLIM HUJUS ECCLESIAE [MAREGLIARIS] HIC JACENS. REQUIESCAT IN PACE. AMEN.

Dans le cas où nous aurions bien lu I'ARMURARIUS de cette dernière inscription, nous serions porté à croire que la première se rapporterait à Henry l'Armurier, bourgeois de Troyes, l'un des premiers bienfaiteurs de la collégiale, mort vers cette époque (1300). Nicolas l'Armurier serait alors l'un de ses parents, peut-être son propre fils.

Cette tombe est nue, sans figure, sans dessins ni ornements.

Il en est une autre qui, elle aussi, remonte aux premiers jours de la collégiale et présente un caractère d'intérêt tout particulier. Comme la précédente, elle n'a ni dessins ni figures. Mais ce qui nous reste de l'inscription nous indique qu'elle recouvrait le corps de trois défunts, le père, la mère et l'enfant.

Dans le haut de la bande, on lit :

CY - GIST - JACQUINAUS - LI - BECGUES - CORDOUANIERS - QUI - TRESPASSA - LAN - MIL (Le reste est effacé).

Dans le bas :

ET-MARGOT - SA - FEMME - QUI - TRESPASSA - LAN - MIL

(Le reste est également illisible.)

Et dans le milieu, à la partie supérieure de la pierre :

CY - GIST - JOHANNIS - TERRIBLE - FILS - DE - LADITE - MARGOT - QUI - TRESPASSA - EN - LAN - MIL - CCC - L - ET - II - LE - MERCREDI - JOUR - DE - FESTE - SAINT - PERE - EN - AOUST - PEZ - POR - LI.

Au-dessous de cette dernière légende sont trois signes la-


PIERRES T0MRALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 201

pidaires qui nous paraissent être les insignes de leurs professions : un couteau, une hachette et une semelle taillée.

Mais quelle est cette Margot ? ou plutôt quel est ce terrible fils, et quels faits si extraordinaires lui ont valu que la Terreur le suivît ainsi jusqu'à la mort et se fixât sur sa tombe? Nous n'avons rien trouvé jusqu'ici qui nous renseignât sur ce point. Espérons que l'un de nos infatigables chercheurs rencontrera quelque jour une note, un mot peut-être, qui éclairera ce petit coin noir de notre histoire locale.

Enfin, il nous reste à constater l'existence de deux petites pierres qu'on dirait être des plaques enlevées à la muraille plutôt que des tombes placées sur des cercueils. L'une mesure 1 mètre de largeur sur 0,50 c. de hauteur; l'autre, 0,68 c. de largeur sur 0,40 de hauteur.

Voici l'inscription de la plus petite :

CI - GIST - JOHANNE - JADIS - FEME - DE -

FEU - PEIREBON - LANNEMAT - QUI - TRESPASSA -

LE - XXIIIe - JOUR - DE - MAY - MIL -

CCCC - ET - QUATRE - PRIES - A - DIEU - POUR - ELLE.

L'inscription de la plus grande est celle-ci :

CI - GIST - FEU - MARGUERITE - LA - CAILLATE - DE - GELANNES - JADIS - COUSINE - DU - QUART - DEAN - DE - CESTE - EGLISE - LAQUELLE - TRESPASSA - LAN - DE - GCE - MIL - CCCC - ET - XI - LE - XXIe - JOUR - DE - NOVEMBRE - PRIEZ - POUR - ELLE - QUE - DIEUX - EN -AIT - LAME - AMEN.

Toutes les lignes de ces deux inscriptions sont séparées par un trait horizontal. Grâce à un mastic rouge qui remplissait les creux et qu'on a fait disparaître ces dernières années, le texte est parfaitement conservé.


202 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

VII.

Mais toutes ces tombes recouvrent-elles la dépouille mortelle des personnages dont elles portent le nom? — Hélas ! on peut affirmer sans crainte d'erreur que le cy gist de la plupart d'entre elles, sinon de toutes, n'est plus une complète vérité. La preuve est tout entière en ce fait, qu'on ne retrouve ni cercueil ni ossements sous certaines tombes, même des plus parlantes, tandis qu'on constate parfois la présence d'un corps sous la pierre muette d'un dallage ordinaire.

D'ailleurs, l'orientation même de ces tombes n'atteste-telle pas un remaniement total? Chacun sait que, d'après les prescriptions canoniques, les prêtres sont inhumés la tête placée à l'orient, c'est-à-dire du côté de l'autel, tandis qu'au contraire les laïques ont la tête tournée vers l'occident. Or, leurs tombes doivent évidemment subir la même disposition, et cependant nous nous trouvons ici en face de tombes toutes placées indistinctement la tête au couchant, excepté — ce qui confirme notre sentiment — celle de Pierre d'Erbice qui, contrairement à tout usage comme à toute règle, se trouve orientée du sud au nord.

Au surplus, nous possédons aujourd'hui un témoignage qui ne laisse subsister aucun doute à ce sujet; c'est celui de la Commission nommée ad hoc, en 1870, époque où se fit le nouveau dallage de la grande nef. Nous le citons en entier.

« L'an mil huit cent soixante-onze, le 22 du mois de novembre, à deux heures du soir, une Commission spéciale, composée de membres nommés par l'autorité ecclésiastique et par l'autorité civile, s'est réunie au presbytère de SaintUrbain, à l'effet de délibérer sur l'emplacement à donner aux pierres tombales de cette église.


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 203

Etaient présents :

Monseigneur Robin, protonotaire apostolique, vicairegénéral de Monseigneur l'évêque, président.

MM. Coffinet, chanoine titulaire, membre de la Société Académique de l'Aube; Méchin, chanoine honoraire, curé de Saint-Urbain ; Le Brun-Dalbanne, président de la Société Académique; Gérard-Boilletot, chef de division à la préfecture; Boulanger, architecte diocésain; Bailly, architecte de la ville; Berlhier-Roblot, membre du Conseil municipal, délégué de M. le maire au Conseil de fabrique; Michault-Vincent, membre du Conseil de fabrique, et Blanchet-Chamcroy, secrétaire dudit Conseil.

M. le président, ayant ouvert la séance, expose à la Commission que le Conseil de fabrique de Saint-Urbain, désirant faire un nouveau dallage dans l'église, voudrait s'entourer des lumières d'hommes compétents pour assurer aux magnifiques pierres tombales existant dans la nef principale, une destination en rapport avec leur valeur; que, en conséquence, chacun des membres présents est prié de vouloir bien donner son avis sur les deux questions suivantes :

1° S'il est prouvé que les tombes recouvrent encore les ossements de ceux dont les noms y sont inscrits, convientil de les déplacer?

2° Dans le cas où rien n'établirait cette preuve, serait-il bon de leur réserver un autre emplacement, et lequel?

A la première question, la Commission répond unanimement : que, par respect pour la mémoire des morts, il ne convient nullement de déplacer leurs tombes, si les corps sont encore dessous; et elle décide que, en pareil cas, lesdites pierres devront être conservées au même lieu qu'elles occupent.

La seconde question est résolue en faveur du déplacement. Mais de longs débats s'élèvent au sujet de la place qu'il serait opportun de donner à ces tombes.


204 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

Les uns proposent de les mettre dans la nef latérale, où elles seront moins foulées sous les pieds des fidèles. — Cette opinion est rejetée comme ne sauvegardant pas assez leur conservation.

Les autres émettent le voeu de les voir dressées contre le mur intérieur de l'église. — Cette idée, très-appréciée d'ailleurs comme moyen de conservation, n'est pas adoptée davantage. Outre que l'église ne saurait être un musée, cette application au mur de dalles inégales de hauteur et d'épaisseur, couperait désagréablement les lignes harmonieuses de l'édifice.

Enfin surgit une troisième opinion qui réunit la majorité des suffrages, c'est de placer ces pierres tombales dans le choeur ; là, elles devront moins s'oblitérer, et les amateurs pourront les admirer plus à l'aise et les mieux comparer ensemble. Toutefois, M. le curé propose de faire inscrire, sur les nouvelles dalles, à l'endroit même où se trouvait la tombe enlevée, le nom du défunt et l'année de son décès.

Cette décision prise, les membres de la Commission se transportent à l'église pour se rendre compte de visu de l'état des tombes.

Toutes celles de la nef principale, au nombre de seize, sont soulevées en leur présence. Contrairement à l'attente générale, on ne constate l'existence que de trois caveaux.

Le premier, placé du côté septentrional, au-dedans de la grande nef, à quelques pas en avant des gros piliers du transept, mesure deux mètres de longueur sur une largeur de soixante-dix centimètres environ. Un ciment rouge appliqué sur les pierres murales, plus un monogramme du Sauveur, de forme moderne, accusent une époque peu reculée. La cave est comblée à la hauteur de moins d'un mètre de l'ouverture; plusieurs pierres de différents modules s'y trouvent accumulées et mêlées à des débris de cercueils et d'ossements provenant de plusieurs corps. Sur


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 205

ces débris apparaissent trois têtes, placées sans ordre; deux sont encore parfaitement intactes.

Le second caveau, placé au centre même de la nef, à un mètre en avant du précédent, offre à peu près le même caractère. On y remarque qu'un mur construit vers une époque postérieure sépare la cave en deux compartiments, à une hauteur de quatre-vingt-dix centimètres.

Le troisième caveau, placé entre les deux grosses piles, du côté, méridional, est de même forme que les deux autres. Seulement, on remarque qu'il était primitivement voûté; la voûte a disparu. On y découvre également quelques fragments d'ossements et de cercueils mêlés au mortier et à la pierre.

Inspection faite de ces caveaux, la Commission, considérant :

1° Que l'état de dégradation dans lequel ils se trouvent, est la preuve de fouilles déjà faites dans ces dits caveaux ;

2° Que leur genre de construction semble accuser une époque de beaucoup postérieure à celle indiquée sur les tombes;

3° Enfin, que les débris de cercueil et les ossements nombreux qui s'y trouvent mêlés révèlent le fait de plusieurs sépultures dans les mêmes caveaux ;

Vu l'avis émis par elle avant son transport sur place,

Décide que les pierres tombales les mieux conservées seront replacées dans le choeur, aussitôt que les circonstances le permettront, et que les ressources nécessaires rendront ce travail possible.

Lecture faite de ce procès-verbal, qu'on veuille bien nous permettre d'en combattre la conclusion.

Mettre dans le choeur ces dalles funéraires, nous semble impraticable. Comment, en effet, harmoniser symétriquement des pierres si différentes de forme et de dimension? D'ailleurs, elles ne sont pas toutes absolument intactes; et


206 PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN.

celles-là même qui le sont davantage, ont été plus ou moins ébréchées aux contours, de façon à ne pouvoir s'encadrer avec les dalles voisines sans le secours d'un mastic d'une solidité douteuse et d'un effet assurément peu gracieux. Aussi bien ne faut-il point songer à les entailler; on n'obtiendrait l'accord des lignes droites qu'en entamant la pierre aux dépens des légendes et souvent même des dessins.

Et puis, même placées dans le choeur, ces tombes échapperaient-elles à l'inconvénient que l'on veut éviter? Non, évidemment; car le choeur, à cause des exigences habituelles du service divin, est peut-être plus fréquemment traversé et foulé aux pieds que la nef principale elle-même.

Mais alors quelle solution proposerons-nous?

Quelques voix, rares il est vrai, ont timidement parlé et parlent encore de faire transporter ces tombes au musée de la ville. Nous n'avons point à redouter une mesure pareille qui serait, suivant nous, un outrage fait au respect des morts et au droit de propriété.

Conseillerons-nous donc leur application aux parois des murs intérieurs? — Et pourquoi pas? Etant donnée la certitude que ces tombes ne recouvrent même plus l'endroit où se trouvait le corps des défunts, elles n'ont plus l'attache en quelque sorte sacrée qu'elles tenaient de leur destination primitive. Et en les appliquant aux murs, elles restent au moins à l'intérieur de l'église : le Ci-gist alors ne perd pas toute sa signification, et l'oeuvre artistique et le sentiment chrétien sont tous deux sauvegardés.

Toutefois, ce voeu n'est point formulé sans quelque restriction.

Outre qu'on ne devrait pas songer à donner à toutes nos pierres cette place d'honneur, mais seulement aux plus intactes parmi les plus belles, il nous semble encore qu'on ne pourrait guère les y mettre en relief. Car non-seulement ces pierres, par leurs saillies, seraient disgracieuses à l'oeil,


PIERRES TOMBALES DE L'ÉGLISE SAINT-URBAIN. 207

mais leur différence de forme et leur inégalité de proportion ajouteraient encore à ce mauvais effet celui de couper malencontreusement les lignes si harmonieuses de ces belles travées.

Que faire alors? — Il faudrait, selon nous, se décider à tailler dans le trumeau pour y encastrer les tombes à fleur du mur. Cette opération est grave, sans doute; mais elle n'est peut-être pas sans exemple. Autrement, il ne reste plus qu'à trouver au sol de l'église un endroit où elles seraient moins exposées au danger de périr. Dans ce cas suprême, nous proposerions les chapelles latérales pour les plus belles, et pour les moins intéressantes le voisinage des piliers de la nef, où la foule ne circule presque jamais.

Troyes, le 18 janvier 1878.



UN SOUPER -

CHEZ MOLIÈRE

SCENE EN VERS

PAS

M. ALFRED NANOEY

MEMBRE RÉSIDANT

AVERTISSEMENT

Le travail que l'on va lire n'a pas la prétention d'être une comédie. En effet, les conditions essentielles du genre y font à peu près défaut. Avec la meilleure volonté du monde, je suis forcé de m'avouer que je n'ai enfanté qu'une interminable conversation qui s'en va, chevauchant péniblement sur de longues tirades, depuis minuit jusqu'au lever de l'aurore.

En rendant visite à Molière, j'ai retrouvé dans l'histoire de sa vie un épisode bien connu que je demande la permission de relater ici :

« La santé de Molière commençait à s'affaiblir, et, le » plus souvent qu'il pouvait, il faisait des retraites dans sa » maison d'Auteuil. Ce fut là que se passa une scène sin» gulière, dont Voltaire a regardé le récit comme un conte, » mais qu'on peut donner comme vraie, puisqu'elle est ra» contée dans tous ses détails par Louis Racine, qui la te» nait de Despréaux et de son père.

» Boileau, Chapelle et La Fontaine vinrent demander à » souper à Molière; il fit ce qu'il put pour les régaler;

T. XLIII. 14


210 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

» mais il observa qu'il ne pouvait être que témoin de leur » repas, parce qu'il était au régime. Les convives se mi» rent à table, et, suivant la coutume du temps, burent » beaucoup. Le vin les ayant jetés dans la morale la plus » sérieuse, leurs réflexions sur les misères de la vie et sur » cette maxime des anciens que le premier bonheur est de » ne pas naître, et le second, de mourir promptement, » leur fit prendre l'héroïque résolution d'aller sur-le-champ » se jeter dans la rivière. Ils y allaient et elle n'était pas » loin. Molière leur représenta avec beaucoup de sang» froid qu'une si belle action ne pouvait être ensevelie dans » les ténèbres de la nuit et qu'elle méritait d'être faite en » plein jour. Ils s'arrêtèrent et se dirent en se regardant » les uns les autres : « Il a raison! » — « Oui, Messieurs, » ajouta Chapelle, ne nous noyons que demain matin, et » en attendant allons boire le vin qui nous reste! » Le jour » suivant, comme l'avait attendu Molière, leurs idées chan» gèrent. Ils jugèrent à propos de supporter les misères de » la vie. » (PETITOT, Vie de Molière.)

C'est simplement cette aventure que j'ai tenté de raconter, en y ajoutant quelques traits de l'existence de notre grand comique. Mais je crains bien, eh voulant apporter à mon tour ma pierre à l'édifice de l'admiration universelle, d'avoir un peu imité l'ours de La Fontaine avec son pavé.

Que les mânes des poètes que je fais parler me pardonnent les vers que je leur ai mis dans la bouche ! Pour me réconforter, je me rappelle que l'un de mes personnages, Chapelle, a dit autrefois, peut-être pas, par exemple, en attachant à ses paroles la signification que je leur prête :

« Tout hon hahitant du Marais » Fait des vers qui ne coûtent guère. » Moi, c'est ainsi que je les fais, » Et si je voulais les mieux faire, » Je les ferais bien plus mauvais. »

Troyes, le. 21 juin 1878.


UN SOUPER CHEZ MOLIERE

PERSONNAGES

MOLIÈRE.

CHAPELLE.

BOILEAU.

LA FONTAINE.

LAFORÊT, servante de Molière.

La chambre de Molière dans sa maison d'Auteuil en 1672

SCÈNE PREMIÈRE. MOLIÈRE, seul, assis près de la cheminée.

Que je souffre, mon Dieu ! Je sens dans la poitrine

Un feu qui sourdement me consume et me mine.

Déjà, depuis huit jours, dans ma maison d'Aateuil

Je me suis exilé; cloué sur ce fauteuil,

En vain je fais appel à mon ancien courage ;

Je me répète en vain qu'après le sombre orage

Le soleil reparaît; qu'il étale souvent

Sur les champs dévastés par la grêle et le vent

Son brillant manteau d'or; qu'aussitôt la nature

Ne semble pas avoir dépouillé sa parure ;

Et que l'homme, comme elle, à peine a-t-il jeté

Loin de lui le fardeau de son adversité,

Du martyre passé peut perdre souvenance.

Qu'est devenu le temps, consolante Espérance,

Où tu me protégeais? Pourquoi m'as-tu quitté?

Je m'étais figuré, qu'avec la Charité,

Ta soeur, devant mes pas tu marchais souriante;

Je croyais que, partout, où se dressait ma tente,

Sans te lasser jamais, tu veillais sur le seuil ;

Que tu devais couvrir mon berceau, mon cercueil,


212 CN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

D'une aile tutélaire, et que tes lèvres pures

Etancheraient toujours le sang de ces blessures

Que creusaient dans ma chair les ronces du chemin.

Pourtant, autour de moi, j'ai beau tendre la main,

Je ne rencontre plus, comme jadis, la tienne,

Et n'ai plus aujourd'hui d'étai qui me soutienne.

Ah t si mon corps tout seul subissait ce tourment !

L'approche de la mort, avec son râlement,

Ses hoquets convulsifs, son voile de tristesse,

Ne saurait m'arracher l'aveu de ma faiblesse,

Et, bien que jeune encor, je la verrais venir

Sans crainte, confiant du moins dans l'Avenir;

En songeant que mon oeuvre, elle, sera vivante,

Que la Postérité sera pour moi clémente,

Et peut-être voudra détacher un rameau

De l'immortel laurier pour orner mon tombeau,

J'aurais pu comprimer mes sanglots inutiles,

Et ne point m'épuiser dans des regrets stériles;

J'aurais pu, sous le joug de l'âpre volonté,

Faire plier le mal, et, l'esclave dompté,

Profiter des instants qui me restent à vivre

Pour enfanter dans l'ombre encore un nouveau livre,

Pour marcher en avant, les yeux sur l'horizon.

Mais non! jusqu'en mon âme existe le poison !

Sa funeste action maîtrisant ma pensée,

Je n'achève jamais la phrase commencée;

Ma plume tombe là, désertant l'encrier !

Plus avance le temps, moins je puis oublier !

Tantôt, pris d'un accès indicible de rage,

Je crie : « Eloigne-toi, va-t-en, perfide image !

» Que ton nom, dans mon rêve, un instant caressé,

» Soit de mon souvenir à jamais effacé !

» Puisse le juste ciel te rendre avec usure

» Le supplice infernal, la sanglante torture,

» Qu'en te jouant, tu n'as pas craint de m'infliger !

» Puisse un jour le remords t'étreindre et me venger !

» Puisse se prolonger assez mon existence

» Pour que j'aie à mon tour l'amère jouissance,

» Alors que tu viendras implorer ma pitié,

» De détourner la tête et te pousser du pied!

» Je te hais maintenant! Sois maudite, adultère! »

— Et puis soudain les pleurs montent à ma paupière;


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 213

Tout mon courroux s'éteint ; ma voix, s'adoucissant, Ne sait plus menacer, et, par degrés, descend Jusqu'à l'humble prière : « Ah ! tu m'es toujours chère!

» Reviens prendre ta place au foyer solitaire !

» Tout à l'heure j'eus tort ! En proie à la fureur, » Je n'ai pas su comprendre, excuse mon erreur, » Que ta beauté sereine avait besoin d'hommages; » Qu'il me fallait combler l'abîme de nos âges, » Par la douceur et non par la sévérité.

» Je l'avoue, oui, j'ai pris pour la réalité

» Un mirage trompeur; ma jalouse nature

» Sur un frêle soupçon t'a déversé l'injure.

» A crime j'imputai dans mon égarement

» Le galant madrigal, le juste compliment

» Que chacun à l'envi jetait sur ton passage !

» De toi, pour toi, c'est vrai! tout me portait ombrage!

» Mais, va, si j'ai failli, j'en suis cruellement

» Puni, car mon amour, avec mon châtiment,

» Grandit. Si la douleur m'a dicté le blasphème,

» Pardon! je me repens ! Crois en mon amour même! »

Entre ces sentiments, tenaces et rivaux,

J'hésite, et, comme un mât submergé, que les eaux

Rapprochent, puis après, repoussent de la terre,

Entre l'ardente haine et la basse prière,

Je reste ballotté, sans trouver jour ni nuit

Le calme bienfaisant.

Il reste un instant absorbé, puis regarde l'heure à la pendule.

Déjà plus de minuit ! Le spectacle est fini ! La toile s'est baissée Sur la scène que j'ai, malgré moi, délaissée ! Mon théâtre a payé son tribut pour ce soir. Quand je ferme les yeux, il me semble entrevoir Les derniers spectateurs abandonnant leur stalle, Les flambeaux, lentement, s'éteignant dans la salle, Le silence profond, la morne obscurité, Remplaçant le fracas, la joyeuse clarté. Que jouait-on? La pièce est-elle mon-ouvrage ? Des auditeurs a-t-elle entraîné le suffrage ? Celui, par qui mon rôle était interprété, A-t-il rendu l'effet sur lequel j'ai compté?


214 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Fait ressortir le vers, souligné la nuance?

Eh ! qui sait si la foule, en son indifférence,

A même remarqué l'absence de l'auteur?

De mes succès qui sait si quelque détracteur,

En se voilant la face, et criant au scandale,

Contre mon nom n'a pas ameuté la cabale?

Mes ennemis, ceux qui, dans mes faibles portraits,

Comme dans un miroir, ont reconnu leurs traits,

Tandis que j'essayais de peindre un caractère

Sans personnalités, fatigués de se taire,

Et ne comprenant pas, que, par leurs cris stridents,

Ils mettaient leur souillure à nu, les imprudents!

Ceux-là, dis-je, sans doute, à la bonne nouvelle

D'une crise pour moi qui peut être mortelle,

A la hâte ont choisi ce propice moment

Pour lancer dans les airs leur aigu sifflement,

Et répandre sur moi leur bave venimeuse !

Trop heureux, si quelqu'un, d'une voix généreuse.

De l'absent attaqué se portant le garant,

Osa tenter alors d'endiguer le torrent!

Pourquoi pas, après tout? N'ai-je pas conscience

D'avoir conquis des droits à la reconnaissance?

Ces bateleurs, couverts de sales oripeaux

Qu'aux foires on voyait, perchés sur des tréteaux,

Donner pour quelques sous de burlesques parades,

Ne les ai-je donc pas nommés mes camarades ?

Et, leur donnant la part la plus large à mon gain,

Ai-je épargné pour eux mes labeurs et mon pain?

C'est grâce à mes conseils, mes leçons, mon exemple,

Que l'Art ouvrit pour eux les portes de son temple,

Etala ses trésors, son pouvoir créateur !

Bah ! qu'importe? je suis leur maître et protecteur;

Deux titres suffisants à leur ingratitude.

Oui... mais j'avais d'amis toute une multitude...

Des amis ? Allons donc ! De simple courtisans,

Des favoris du jour, de fades complaisants,

Pétris d'ambition, qui prenaient l'air aimable

Parce qu'un roi m'admit à l'honneur de sa table,

Et qu'ils croyaient user d'un habile détour,

Pour sentir le soleil et lui faire leur cour.

Voyez ! Parmi ces gens qui m'est resté fidèle?

Qui vient me visiter? Pas un, même Chapelle?


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 215

A quoi bon se gêner pour un agonisant? Ah ! le faix de la vie à porter est pesant, Quand tout autour de vous croûle et vous abandonne!...

On entend du bruit dans la coulisse.

SCENE II.

MOLIÈRE, CHAPELLE.

CHAPELLE, ouvrant la porte et entrant. Molière, ne crains rien ! Ce n'est que moi !

MOLIÈRE, se levant et allant avec effusion serrer la main de Chapelle.

Pardonne !

CHAPELLE.

Te pardonner ? Et quoi?

MOLIÈRE.

Je t'ai calomnié! Pour ami, j'en rougis, oui, je t'ai renié !

CHAPELLE, riant.

Diable ! L'affaire est grave et de grande importance ! Ton aveu cependant est une circonstance Atténuante, et puis, à te parler bien franc, Ace doute odieux j'ai pu prêter le flanc, Puisque j'ai déserté trop longtemps ta demeure. C'est un compte à régler entre nous tout-à-1'heure; Mais ton juge, sentant lui-même le roussi, Ne se montrera pas bien méchant, Dieu merci ! Comme on dit au palais, nous remettons la cause. Pour l'instant, s'il te plaît, il s'agit d'autre chose. Regarde mon habit, dans le dos, vers le bas; N'y vois-tu pas, dis-moi, la trace de dégâts ?

MOLIÈRE, inquiet.

Ces plâtras, cette boue... Es-tu blessé?

CHAPELLE.

Rassure


216 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Tes esprits alarmés. Pas une égratignure ! Le drap seul a souffert.

MOLIÈRE.

Aurais-tu rencontré Des malfaiteurs cachés dans l'ombre du fourré? Le chemin n'est pas sûr.

CHAPELLE.

Je n'eus pas cette chance Qui m'eût du moins permis de montrer ma vaillance, Et m'eût donné demain un air intéressant. Par malheur, je n'ai vu ni brigand menaçant, Ni chatte au rendez-vous, pas même un clair de lune, Car sans doute Phoebé que le blond importune, A voulu du châtain essayer pour ce soir, Et sur ses cheveux d'or a mis un éteignoir.

MOLIÈRE.

Si tu n'es pas victime alors d'un sortilège

Tu t'es laissé tomber bonnement dans un piège,

Quelque large fossé, quelque profond déblai?

CHAPELLE.

Nullement!... J'ai reçu... l'empreinte du balai De Laforêt!

MOLIÈRE. Comment? Elle osa...

CHAPELLE.

Dam! Cerbère Défend, comme il le peut, l'accès de sa tanière. Elle était dans son droit. Pourquoi n'ai-je pas pris, Comme Orphée, une lyre et par mes chants surpris De tes lares sacrés l'incorruptible garde? Après maints pourparlers, la robuste gaillarde Me fermait poliment la porte sur le nez. Ma foi ! je fis alors des bonds désordonnés, Et bousculai l'écueil, mais sans être assez leste D'un stigmate infamant pour garantir ma veste. Ecoute ! l'on s'avance ! on monte l'escalier !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 217

Armé jusques aux dents, le chasseur du gibier A découvert la piste et se fait une joie, Cette fois, à loisir, de disséquer sa proie. Où me dissimuler? Derrière le rideau? Il est trop transparent. Sous le lit? le bureau? Mauvais moyens ! La chambre est au premier étage. Pas d'échelle ! L'oiseau ne peut forcer la cage ! C'est fini ! j'en frémis ! Mon dernier jour a lui ! Molière, à mon secours ! Prête-moi ton appui t !

SCÈNE III. MOLIÈRE, CHAPELLE, LAFORÈT.

LAFORÊT, paraissant, son balai à la main, furieuse.

Corbleu ! je vous retrouve enfin, monsieur Chapelle ! Vous allez décamper au plus vite, ou j'appelle Les voisins.

CHAPELLE, suppliant.

Par pitié!

MOLIÈRE.

Laforêt, calme-toi!

CHAPELLE. Entendez la raison, madame, épargnez-moi !

LAFORÊT.

Entendre la raison ! Vous me la baillez belle.

Eh ! me prenez-vous donc pour une péronnelle

Que par leurs biaux discours enjôlent les railleurs?

A d'autres ! cher monsieur, vous vous croyez ailleurs.

Vous n'êtes pas ici dans l'immonde ruelle

Des faciles beautés, dont la triste séquelle

De vos dignes pareils compose l'ornement !

Il me faut, quant à moi, du solide... Vraiment

MOLIÈRE, l'interrompant.

Ma bonne, je t'en prie... arrête... tu divagues! Tu t'emportes à tort !


218 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

CHAPELLE, bas à Molière.

Laissons passer les vagues !

LAFORÈT, continuant

Vraiment, il vous sied bien de parler de raison ! Venir, après minuit, d'une honnête maison Troubler les habitants ! Se pendre à la sonnette ! Dans mon premier sommeil!

CHAPELLE.

Vous dormiez? je regrette....

LAFORÈT.

Quelle audace ! il demande encor si je dormais !

Oui, monsieur, je dormais ! oui, monsieur, je ronflais!

Un songe me berçait, et votre belle image

Ne m'accompagnait pas dans ce charmant voyage !

Mais ce n'est pas assez de réveiller les gens,

A l'heure où sont couchés même les indigents;

Le monstre, du duvet qui garnit ma couchette,

Me tira brusquement, en jupons, sans cornette,

Et j'ai bravé le froid, la pudeur et la peur,

Pour l'entendre, riant, avec la bouche en coeur,

Me débiter ces mots : « Votre maître est visible ? »

Comme je répondais : « Bonsoir, c'est impossible ! »

Sur ma personne, horreur ! il a porté la main !

Ce que n'a jamais fait avant un être humain !

CHAPELLE.

Mon but était bien pur.

LAFORÈT.

Faire telle algarade ! Tel esclandre honteux ! surtout chez un malade, Un moribond, qui crache, abattu sur le flanc, Sans trêve, par lambeaux, son âme avec son sang ! Et dont le moindre choc, un zéphyr, un coup d'aile, Peut, d'un moment à l'autre, éteindre la chandelle !

MOLIÈRE, tristement.

Eh bien! ma fille, alors, si je suis aussi bas Que tu viens de le dire, et si le triste glas


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 219

Sonne pour moi bientôt, au moins ouvre la porte Maintenant toute grande à quiconque m'apporte Une douce parole et l'adieu du départ. Peut-être, qui le sait? demain serait trop tard! Et le dernier passage à franchir est bien rude, Quand règne autour de vous l'affreuse solitude ! Le médecin et loi, tous les deux, oui, pourtant, Hier, vous prétendiez que j'étais mieux portant. Vous m'avez donc menti? Tu pleures?

LAFORÈT, éclatant en sanglots et se jetant aux genoux de Molière.

Vieille bête! Triple brute! pendarde ! As-tu perdu la tête? N'aurais-tu pas mieux fait de te jeter à l'eau, T'arracher langue et dents, te coudre le museau, Que de venir ici, sans aucune vergogne, Tailler, par tes propos, d'aussi propre besogne? Va, pleure, il est bien temps ! inonde le plancher ! Le ruisseau de tes yeux pourra se dessécher, Et creuser des ravins sur ton ignoble face, Avant que de ton crime ait disparu la trace! L'on ne vous trompa point, mon maître; avec raison, Le docteur vous promit prochaine guérison. Et c'est moi seule qui, j'ai droit d'en être fière, Ai pris sous mon bonnet cette ruse grossière De vous mettre à la mort, ô mon Dieu ! simplement, Pour donner plus d'essor à mon emportement, Sans songer que par là j'augmentais vos alarmes!

Présentant son balai.

Oh ! le superbe exploit ! Tenez, prenez ces armes. Battez-moi ! tuez-moi ! je l'ai bien mérité.

MOLIÈRE.

Mais, console-toi donc, enfant!

LAFORÈT, continuant.

En vérité, La méthode est étrange, et la mode est à suivre De poignarder les gens pour les aider à vivre, Et dès que, sous vos pieds, ils tombent tout perclus, De dire : « J'ai péché, je ne le ferai plus ! »


220 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Vous, mourir? Allons donc! Est-ce que c'est possible? Est-ce que Dieu voudrait? Peut-il être admissible Qu'il vienne vous frapper, quand, sous le firmament, Il n'a qu'à faire choix de quelque garnement,

Montrant Chapelle.

De Monsieur, par exemple, ou de moi la première? Pour les méchants il doit réserver sa colère. Oh ! ne me chassez pas ! Pardon ! Que votre arrêt N'éloigne pas de vous la pauvre Laforêt ! !

MOLIÈRE, la relevant.

Assez! Relève-toi! Voyons, c'est bien la peine De larmoyer ainsi, gémir à perdre haleine, Nous barbouiller le coeur, car je finis, ma foi ! Par avoir à mon tour l'oeil humide ! Pour quoi ? Pour un mot imprudent? Sois tranquille, ma chère; Tous, nous devons quitter à notre heure la terre. Le seul point capital, du sage le secret, Est d'être toujours prêt à partir sans regret; Et d'avoir, de la vie en traversant la plaine, Autant que l'on a pu, jeté du bien la graine, Fruit qu'on sème ici-bas et qu'on récolte aux cieux ! Ni docteurs, ni savants, ni les pleurs de tes yeux, Ne pourraient, crois-le bien, ni changer, ni suspendre L'heure fatale, et fou qui l'oserait prétendre ! Mes jours étaient comptés, même avant le moment Où ma lèvre essaya son premier bégaiement. Jusque-là, cependant, d'une futile crainte Il faut te garantir, et. réserver ta plainte. Penses-tu que je puisse avoir l'insanité De mépriser tes soins et ta fidélité?

LAFORÈT.

Ah ! que vous êtes bon!

MOLIÈRE.

S'il advient que je meure Sans que tu sois encore, ici, dans ma demeure, Laforêt, ce sera contre ma volonté, Et bien contre mon gré, que tu m'auras quitté!


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 221

LAFORÊT. Par exemple, jamais!

MOLIÈRE.

C'est toi, qui, la dernière, Resteras près de moi, pour fermer ma paupière. J'y compte.

CHAPELLE, interrompant avec éclat.

Sapristi! Quand donc vous tairez-vous? Par le Styx ! Je préfère à vos discours les coups. Le manche du balai me paraissait plus drôle. Tout au moins, lorsqu'il tombe à plat sur mon épaule, Ou vient me caresser un peu trop près les reins, Si je pousse des cris, des hélas ! si je geins, C'est que du sentiment j'ai conservé l'usage; Et, plus on frappe fort, plus j'ai cet avantage De savoir que mon âme est encore en prison, Que la propriétaire habite la maison, Que j'existe, en un mot, je parle et je respire. Tandis que tout à l'heure un étrange délire Me mil en désarroi ; ma cervelle, grand train, Allait déménageant, et de serrer le frein, Il n'était que bien temps.

MOLIÈRE.

Qu'est-ce que cette histoire?

CHAPELLE.

Je ne plaisante pas. Certes, il est notoire

Qu'à force d'écouter vos récits effrayants,

Où venaient se croiser les mots très-attrayants,

De trépas, de cercueil, de linceul, d'agonie,

Le tout agrémenté comme une litanie,

De soupirs, de sanglots, de pleurs, et caetera,

Un frisson sous ma peau glissant, m'accapara ;

Je vis trouble, et je crus que, sur les rives sombres,

J'étais allé grossir le pâle essaim des ombres.

Les hôtes de l'endroit, de notables seigneurs,

Se disputaient à qui m'en ferait les honneurs;

Et Caton m'entraînait du côté de l'Averne,

Pendant que Diogène allumait sa lanterne


2 UN SOUPER CHEZ MOLIERE.

Pour éclairer mes pas, quand je revins à moi, Rattrapai mes esprits tout palpitants d'émoi, Retrouvai par bonheur mon pauvre corps palpable; Or, bien que ce dernier ne soit pas admirable, Tel qu'il est, je prétends ne pas m'en séparer; Il m'est bien suffisant d'avoir à réparer De mon mieux les dégats, les brèches, les injures Que lui font la vieillesse et les mésaventures. Je crois qu'un empereur, lorsqu'il est enterré, Ne vaut pas un vilain, même un peu délabré !

MOLIÈRE.

Tu railles? mais au fond j'approuve ta prudence.

Il n'est ni bon, ni sain, d'évoquer par avance

Un avenir cruel, d'anticiper la mort,

De regarder la tombe où nous pousse le sort.

Laissons donc de côté ces funèbres images

Dont les blafards reflets pâliraient nos visages;

Et, puisque le sommeil a refusé ce soir

De répandre sur moi ses pavots, viens l'asseoir,

En face, auprès du feu flambant, les pieds dans l'âtre,

Et nous allons causer de lettres, de théâtre.

Tu me diras tes vers; je te dirai les miens.

De ces frêles bouquets détachant les liens,

Nous pourrons échanger les fleurs à peine éeloses ;

Et loin des indiscrets, les portes étant closes,

Pour nous tout seuls brûler un petit grain d'encens,

En humer le parfum, sans sortir de céans.

Ce programme, dis-moi, n'est-il point à ta guise?

Hésites-tu ?

CHAPELLE, indécis.

Non, mais....

MOLIÈRE.

Laforêt t'autorise.

*

LAFORÊT, résignée. Puisque vous le voulez.

MOLIÈRE. Voyons, signez la paix I


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 223

CHAPELLE, tendant la main.

Volontiers; sans rancune!

LAFORÊT, donnant la main à Chapelle, avec un soupir. Enfin !

MOLIÈRE.

Et, quant aux frais, L'habit les soldera.

(à Laforêt.)

Ma bonne, va reprendre Ton rêve interrompu.

CHAPELLE, la retenant timidement.

Ne pourrait-elle attendre Quelques instants encore ? La Fontaine et Boileau Que j'aperçus après la chute du rideau, Et, bras dessus dessous, quittant la comédie, M'ont juré leurs grands Dieux, non pas à l'étourdie, Qu'ils viendraient me rejoindre !

LAFORÊT, éclatant malgré elle.

Ah ! ça, mais, Lucifer A, bien sûr, celte nuit, abandonné l'Enfer, Pour tenir le sabbat, dans ce logis !

MOLIÈRE, grondant.

Arrête !

LAFORÊT. C'est malgré moi !

MOLIÈRE.

Tant mieux ! Ils manquaient à la fête ! Parbleu ! la cheminée est large en mon palais; En nous serrant un peu, nous tiendrons.

CHAPELLE, hésitant toujours.

J'oubliais ! Ces Messieurs m'ont chargé.... Remarque, dans l'affaire Qu'en somme je ne suis rien qu'un bouc émissaire,


224 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Rien qu'un ambassadeur remplissant son mandat, Une simple machine, à l'instar du soldat Que ses chefs ont placé, le jour de la bataille, En vedette, bravant l'obus et la mitraille.

MOLIÈRE.

Parleras-tu ? Pourquoi ces circuits?

CHAPELLE.

Ah ! permets ! Je tiens à constater qu'ici je ne transmets Que le désir d'autrui.

MOLIÈRE.

C'est chose convenue. Et ta délicatesse est d'ailleurs bien connue.

CHAPELLE.

Donc, ces messieurs, disais-je, avaient conçu l'espoir Que tu leur offrirais peut-être en ton manoir Quelque os à grignoter... Ils en ont l'habitude, Et, sur l'honneur, t'auraient beaucoup de gratitude S'ils trouvaient à souper....

LAFORÊT.

Vlan! le mot est lâché!

Je l'attendais.

MOLIÈRE, riant.

C'est tout! mignon est le péché. Et, pour le confesser, point n'était nécessaire D'être méticuleux plus même qu'un notaire. A mon dîner j'avais un pâté de gibier, Si j'ai bonne mémoire ; il est presque en entier, Bien qu'il réalisât de l'art la quintessence, Mon estomac prêchant le jeûne et l'abstinence... Vous en profiterez.

CHAPELLE.

Quelle aubaine ! un pâté ! De gibier, qui plus est! Avec soin apprêté Par la savante main d'une artiste d'élite ! Je savoure déjà....


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 225

LAFORÊT, à part.

Vil donneur d'eau bénite !

CHAPELLE, toujours embarrassé.

Mais, pour apprécier un morceau si divin, Il faut....

MOLIÈRE.

Ah ! Laforêt ! Monte un panier de vin, Bien rempli...

CHAPELLE.

C'est cela. Surtout, pas d'ordinaire ! Dans le coin, sur la gauche, au fond et par derrière Un gros tas de fagots ! Je vois d'ici l'endroit ; Un bandeau sur les yeux, j'irais même tout droit.

LAFORÊT, ne pouvant se contenir. Vous connaissez ma cave !

CHAPELLE, timidement.

Un jour avec Molière, J'y descendis. C'est moi qui tenais la lumière !

LAFORÊT.

Hum ! De cacher la clef il est intéressant !

CHAPELLE.

Vous savez? c'est pour trois!

LAFORÊT, violemment.

Et vous en valez cent !

MOLIÈRE.

Paix! mon enfant, veux-tu prolonger la querelle,

Pour un flacon de plus ou de moins? Bagatelle !

Ignores-tu les lois de l'hospitalité?

Aux autres si mon vin prête un peu de gaîté,

Si le rire qui dort au fond de la bouteille,

Sur leurs lèvres éclate, eh bien ! c'est à merveille !

Mes oreilles, mes yeux prendront part au festin.

Des amis le bonheur réchauffe, et le matin,

T. XLIII. 15


226 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Ranimé de la nuit par la douce débauche, J'aurai l'esprit dispos pour corriger l'ébauche, L'essai qui languit là, triste, sur le chantier, Depuis que l'ouvrier délaisse son métier. Oui, je te le promets, de mes Femmes savantes Je te lirai demain le plan, car des servantes L'honneur, on le sait bien, s'appelle Laforêt ; Mais de plus son bon sens, naturel, sans apprêt, Collabore à mon oeuvre.

CHAPELLE.

Ah! quelle calomnie!

MOLIÈRE.

Du tout. Ce qu'on se plaît à nommer mon génie Souvent à cette source a puisé. Je lui dois L'éclair dans mes écrits qui brille quelquefois.

LAFORÊT, modestement. Oh ! vous exagérez !

MOLIÈRE.

Non. De plus d'une page Me parant comme un geai du paon sous le plumage.

CHAPELLE.

Oui, sic vos....

MOLIÈRE.

Bien à tort je fus félicité.

LAFORÊT. Vous vous gaussez de moi; je pars!

(Elle sort.)

CHAPELLE.

0 vanité!!


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 227

SCÈNE IV. MOLIÈRE, CHAPELLE.

CHAPELLE.

Evohé ! La victoire enfin est remportée ! Nous avons triomphé ! La tigresse est matée, Et sous peu reviendra nous payer son tribut. Mais l'action fut chaude, indécise au début. Si le corps de réserve, avec son capitaine, L'amour-propre, ne fût descendu dans l'arêne, C'en était fait ! Il eût fallu capituler ! Gosier sec, ventre vide, aussitôt s'en aller I J'en ai la chair de poule, alors que j'envisage Ce dénouement.

MOLIÈRE.

Tu perds, avec ton bavardage, Des instants précieux. Réponds-moi? Tu sortais Du théâtre, en venant me trouver ?

CHAPELLE.

Je croyais Te l'avoir dit.

MOLIÈRE. Et l'on représentait?

CHAPELLE.

L'Avare Avec Amphytrion !

MOLIÈRE.

La salle?

CHAPELLE.

Je déclare Que, dans mes souvenirs, j'aurais beau rechercher; D'un tel spectacle rien ne saurait approcher. Une épingle, en tombant, d'aventure, du faîte, Eût, pour sûr, rencontré dans sa chute une tête,


228 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Et n'aurait pu jamais arriver au plancher. Bien grâce à ma maigreur, j'avais pu me cacher En un modeste coin. De mon observatoire, Là haut, j'entrevoyais l'or, le satin, la moire, Les dentelles, les croix, les feux des diamants, Les perruques, les noeuds et les ajustements, Les épaules, les bras, les seins, les profils d'ange, Tout cela se fondant dans un divin mélange, Scintillant, miroitant, versant fleurs et parfum; Condé près de Conti, Guiche auprès de Lauzun ; Ninon, de ses féaux dominant le cortége ; Deux princesses du sang, des roses dans la neige; Des marquises, que sais-je ? Et puis, quand mon regard, Ebloui, descendait un moment par hasard, Je voyais onduler la foule du parterre, Ce bon parterre, qui paraît un peu vulgaire, Et peut faire l'effet d'un enfant turbulent, Mais dont les arrêts seuls confirment le talent ; Car il dit ce qu'il sent dans son brutal langage, Et des sots préjugés ignore l'esclavage. Tout Versailles, mon cher, tout Paris était là ! Fors le roi, cependant, qui manquait au gala. Pour ma part, entre nous, j'aimais mieux son absence; Car je ne puis souffrir ce lugubre silence Qu'une froide étiquette impose aux sentiments, Ce respect qui proscrit les applaudissements. Le plaisir de l'esprit dégénère en fatigue, A son épanchement si l'on met une digue. Et, par bonheur, ce soir, le joyeux bataillon De tes amis n'avait ni carcan, ni bâillon. Le noble enthousiasme, illuminant les âmes, A son aise épandait des laves et des flammes. Si ton écho d'Auteuil se fut couché plus tard, Et n'avait le travers, comme un franc campagnard, De dormir dans la nuit, il t'aurait pu redire Les chaleureux bravos d'un public en délire; Malgré l'éloignement, il t'aurait répété . Ton nom par des milliers de bouches colporté, Les désirs de te voir bientôt réapparaître; Et, de ta chambre, rien qu'en ouvrant la fenêtre, Tu te serais donné, vivant, la volupté, D'avoir un avant-goût de l'Immortalité !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 229

MOLIÈRE, souriant.

Mais j'aurais respiré l'éloge avec la brume,

Et je suis moins friand de la gloire posthume,

En songeant qu'on s'en sert pour embaumer les morts.

Tu ne m'as pas parlé des acteurs? Leurs efforts

Furent à la hauteur d'une telle assistance?

CHAPELLE.

Trop souvent tu les vis lutter en ta présence,

Pour penser qu'ils aient pu, celte fois, reculer.

Un aiguillon secret semblait les stimuler,

Et pousser à l'assaut l'invincible phalange.

Chacun fut plein d'entrain comme un soldat qui venge

Son général la veille au champ d'honneur blessé.

Lagrange était parfait ! Baron s'est surpassé !

MOLIÈRE, embarrassé et hésitant. Armande?... Non... ma femme?.. Ah ! Madame Molière ' ?

CHAPELLE. Sublime ! ! Plus charmante encor qu'à l'ordinaire !

MOLIÈRE, avec amertume.

Oui, je n'étais pas là! L'esclave avait enfin

Pu secouer son joug ! Son surveillant chagrin

Ne la poursuivait plus, dardant son regard louche,

Le blâme sur le front et l'injure à la bouche!

Oui, je n'étais pas là! Les mailles des réseaux

Que serraient chaque jour quelques soupçons nouveaux

Ne l'enveloppaient plus ! En débitant son rôle,

Elle ne sentait plus, ardent, sur son épaule,

Mon souffle la brûler ! Arrière le censeur !

Le maître menaçant, le farouche oppresseur,

Qui trop longtemps voulut faire aux autres mystère

Du trésor dont il n'est que le dépositaire,

Et qui, partout cherchant noirceur et trahison,

Dans son propre logis bâtit une prison !

Mais les fers sont brisés ! Plus d'étau! Plus de gênes!

Plus de voile importun! Plus de frein! plus de rênes !

De la coquetterie en avant les ressorts!

Ce n'est pas sur la scène, oh ! non, c'est au dehors


230 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Que la pièce se joue ! En avant le sourire ! En avant la furtive oeillade où l'on peut lire Mieux que sur le papier, confident indiscret, D'un amour frais éclos l'aveu tendre et secret! En avant le baiser, du bout des doigts, promesse Qui va droit à son but sans se tromper d'adresse ! En avant l'éventail, ce fragile jouet, Dont le tissu léger et transparent permet De mieux voir en cachant la rougeur du visage ! Et la fleur que l'on niche en un coin du corsage, Pour donner à la gorge un éclat provoquant ! La fleur, muet complice, interprète éloquent, Des seuls initiés symbolique langage, Qui d'un bonheur prochain leur porte témoignage ! Tous ces moyens pervers, tirés de l'arsenal De Vénus Impudique et forgés par le mal, Comme je les connais ! Tous ces détours, ces ruses, Comme je les ai vu pratiquer !

CHAPELLE.

Tu t'abuses! Rentre en toi-même, ami, car on dirait vraiment Que d'un petit caillou tu fais un monument. A fouetter même un chat, je ne vois pas matière. Eh quoi! Ta femme est jeune; elle est un peu légère Peut-être, pour tout dire, et sait ce qu'elle vaut. Après? Sommes-nous donc, nous aussi, sans défaut? A-t-elle mérité qu'on la réduise en poudre, Et de Jupin faut-il aller chercher la foudre, Parce que d'un enfant, folâtre simplement, Le caprice est la loi, le luxe Pélément ; Que des plaisirs du monde elle semble ravie, Et qu'elle veut, surtout, sois-en sûr, qu'on t'envie; Que chacun, contemplant sa grâce et sa beauté, Mesure la grandeur de ta félicité? Si je te rappelais tes paroles amères Demain, tu m'en voudrais. Ecarte ces chimères ! Serais-tu donc jaloux?

MOLIÈRE, avec exaltation.

Jaloux? Oui, je le suis! Et cette passion que j'abhorre et je fuis


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 231

M'entraîne malgré moi jusqu'à la frénésie. Le sais-tu, seulement, ce qu'est la jalousie? As-tu jamais trempé ta lèvre dans ce fiel Qui de toute ma vie a corrompu le miel ? N'as-tu pas, par hasard, rencontré sur ta route Ce fantôme odieux qui s'appelle le Doute? Entendu les éclats de ses cris discordants? A-t-il un jour broyé ton âme entre ses dents ? Comme un tigre au désert, caressant sa victime, Ce pâle tourmenteur, habile dans le crime, T'a-t-il fait entrevoir l'azur brillant des cieux, Une minute avant de te crever les yeux? Pour venir me parler du dernier des supplices, Tout d'abord montre moi, montre tes cicatrices! Mais ce feu jusqu'alors ne t'a point animé. Pour se dire jaloux, il faut avoir aimé ! Et tu n'as pas aimé !

CHAPELLE.

Je prétends le contraire ; Même plus d'une fois. Cependant ma manière Est autre, voilà tout ! Un homme de bon sens Doit savoir éviter toujours les guet-à-pens Que lui dresse le coeur, en demeurer le maître. L'amour est le premier des besoins de notre être, La loi de la nature et le plus doux des biens ; Je ne le nierai pas, certes, mais je soutiens Que, lorsqu'en tyrannie, il change, dégénère; Qu'en se développant, il devient un ulcère, Coûte que coûte, il faut vite s'en détacher ; Comme un chirurgien, sans hésiter, trancher-; Dût après, bien longtemps la chair rester saignante. Que de fois j'aurais pu glisser sur cette pente, Dans le gouffre tomber, si de la volonté Le noble appel au bord ne m'avait arrêté !

MOLIÈRE.

Non, tu n'as pas aimé!

CHAPELLE.

Comment? toi, le comique, Le créateur de l'art de la fine critique;


232 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Toi qui sus disséquer, le scalpel à la main, Les multiples travers du pauvre genre humain, Qui nous en fis toucher d'un doigt sûr les bassesses, Les lâches compromis, les honteuses faiblesses, En un style émondé de ces mots orduriers, Dont Plaute, Aristophane et tous tes devanciers Avaient fait autrefois un trop fréquent usage; Comment, toi qui reçus de Dieu comme apanage L'inestimable don d'engendrer ces tableaux Où la société, sous tes hardis pinceaux, Chaque jour, en passant, contemple son image, Et peut, en découvrant les traits de son visage, Prise d'horreur soudain, chercher la guérison; Toi qu'on cite partout, comme de la raison Le plus pur champion, le premier des apôtres, Tu n'aurais tant de fois prêché la force aux autres, Que, pour ensuite aller prendre rang dans les fous, Confesser ta défaite et plier les genoux? Non, je ne puis pas croire à cette défaillance ! Celui qui sut forger et le glaive et la lance Au combat ne doit point arriver désarmé!

MOLIÈRE, dont l'exaltation est toujours croissante.

Je te le disais bien, tu n'as jamais aimé !

Ce que tu crus l'Amour n'élait que sa figure.

Plus j'ai voulu fouiller dans l'humaine nature,

Plus j'ai voulu sonder tous les replis du coeur,

Plus j'ai tenté de fois, par le rire moqueur,

De mettre au pilori sottise et turpitude ;

Plus j'ai, me consacrant à cette ingrate étude,

Signalé le péril, affiché le danger;

Mieux aussi j'ai compris combien est mensonger

L'espoir qui de l'Amour prétend rompre la chaîne,

Conjurer les chagrins qu'à sa suite il entraîne !

J'ai compris que je suis et serai son vassal,

Jusqu'au dernier soupir, du vulgaire l'égal !

Pour vous, Georges Dandin, Arnolphe et Sganarelle,

L'heure de la revanche a sonné, bien cruelle !

La loi du Talion ! OEil pour oeil ! Dent pour dent !

Votre tour est venu de railler l'impudent

Qui vous traîna jadis à plaisir sur, la claie.

Si j'ai signé la dette, il faut que je la paie!


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 233

Me plaindrai-je ? Et de quoi? N'ai-je donc pas alors Contre vous épuisé mon carquois, sans remords? N'étais-je pas heureux quand ma flèche aiguisée Portait coup, des badauds que la lâche risée Torturait sans pitié vos membres déchirés? Aujourd'hui, c'est bien fait ! De ces traits acérés Dont j'osais être fier la pointe empoisonnée Contre leur propre auteur, hélas ! s'est retournée. La vengeance est complète! Il ne lui manque rien! Et vos noms bafoués iront avec le mien De pair à l'avenir. Ils seront synonymes Pour désigner d'Hymen les grotesques victimes ! Mais vous, vous étiez Fable, et moi, Réalité !

CHAPELLE.

Non ! Molière à jamais restera respecté ! Peut-être bien pourtant sur tes écrits l'Envie, Se brisant la mâchoire, épluchera ta vie. Tous ceux que ta baguette en plein aura touchés, Ces zoïles rageurs que ta plume a fauchés, Des pédants, faux zélés, cette meute hypocrite, Ne pouvant du poète abaisser le mérite, Et, réduite aux abois, te prenant corps à corps, Sur l'homme portera ses suprêmes efforts. Parbleu ! J'entends d'ici toutes leurs calomnies. Ils diront, qu'enfoncé dans les ignominies, Jusqu'au cou, tu roulas, depuis tes premiers ans, Parmi le vil troupeau des farceurs ambulants; Qu'aux gages de la foule, avide mercenaire, Tu ne dédaignais pas de gagner ton salaire En grimaçant le soir sous l'habit d'histrion; Que l'argent compensait pour toi maint horion; Que la faveur du prince était la récompense De services honteux, de basse complaisance ! Puis une fois lancés sur ce glissant terrain, Leur rage ne saura plus connaître de frein ! Les objets les plus chers, les sentiments intimes A la fin serviront de dépouilles opimes. De ton alcôve même, entr'ouvrant les rideaux, Sans pudeur, ils voudront déchirer en lambeaux Ton honneur qui les gène; au nom de la morale Couvrir de leur venin ta couche nuptiale,


234 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Ravir à ton cadavre, affolés par l'orgueil,

Sa prière à l'Eglise et son droit au cercueil !

Bah t Laisse les en paix remuer cette fange.

Qui les croira d'ailleurs ? Leurs pareils? En échange

Regarde en haut ! Regarde à l'horizon là bas,

Bien loin dans l'avenir ! Dis-moi, n'y vois-tu pas

De tous les gens de bien grandir pour toi l'estime ?

Cette estime qui seule est vraiment légitime,

Car la source en est pure et n'a jamais tari!

Ne vois-tu pas l'élan de ce culte attendri

Qui vient de ta couronne, en pleurant, chaque année,

Renouveler la fleur que l'hiver a fanée ?

MOLIÈRE.

Ma couronne ! Ma gloire ! Ami, tous ces hochets

Que j'adorais jadis, ces jolis feux follets

Qu'un souffle vaniteux a lancés dans l'espace

Pour sur terre amuser le voyageur qui passe,

Et qu'encore à présent tu fais étinceler

Devant mes yeux, pensant ainsi me consoler,

Ah ! mon Dieu, d'arrêter un jour leur course folle,

Et d'en parer mon front comme d'une auréole,

Je n'ai plus ni l'espoir, ni même le désir,

Car si j'ai souhaité de pouvoir les saisir,

C'était bien moins pour moi que pour en faire hommage !

Du courage !

CHAPELLE.

MOLIÈRE.

Tu sais comment mon mariage S'est accompli. Je t'ai vingt fois conté comment 2, Celle qui fut ma femme, en mon appartement, Une nuit, demi-nue, et fuyant la colère Et la brutalité de son indigne mère, Vint chercher un asile ! A travers les sanglots Qui déchiraient sa voix et martelaient les mots, J'entrevis le tableau de ses longues tortures, Et j'en compris l'horreur ! Ses larmes, perles pures, Diamants précieux, qu'un féroce chagrin Avait osé ravir de ses yeux à l'écrin, Goutte à goutte roulaient. La marque de l'outrage,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 235

Sanguinolente encor, sillonnait son visage, Et faisait ressortir la blancheur de sa peau. De même que l'on voit, sous son aile, un oiseau S'abriter quand rugit au dehors la tempête, Palpitante, en mon sein, elle cachait sa tête, Sans oser regarder. Quel parfum énervant Dégageaient ses cheveux, dénoués par le vent? Quel invincible aimant sut m'altirer vers elle? Quel vertige me prit? Quelle ivresse nouvelle Envahit mon cerveau? Tout d'abord, la pitié Dans mon égarement fut-elle de moitié? Puis, insensiblement, sans que je le prévoie, A l'amour qui guettait, ouvrit-elle la voie? Dans mes bras, comme mus par de secrets ressorts J'enlaçai, je pressai sur moi ce frêle corps; Le même air s'imprégna de nos chaudes haleines ; Le contact de la chair mit le feu dans mes veines, Nos deux coeurs rapprochés sentirent se mêler Leurs battements. Ces pleurs, que je voyais couler, Je voulus les sécher plus vite avec ma lèvre, Et je bus du baiser l'inextinguible fièvre. Dès-lors, je fus vaincu. C'était un protecteur Contre l'oppression, simplement un tuteur Que cherchait en venant près de moi la faiblesse; De serments en serments, de promesse en promesse, Perdant pied, je devins suppliant à mon tour, Et quand le lendemain réapparut le jour, J'étais époux ! J'avais donné mon âme entière A l'enfant dont j'aurais pu passer pour le père !

CHAPELLE.

Tais-toi donc ! Ce récit ravive tes douleurs. Au fond des souvenirs on rencontre les pleurs. Dans le bonheur lui-même on trouve de la lie.

MOLIÈRE.

Je veux continuer, tu jugeras ma vie. Combien fragile était ma pauvre illusion! Ce débile lien, tissu de passion, Qu'une heure de folie un soir avait fait naître, Devait-il donc sitôt se rompre et disparaître? Et pourtant, un instant, j'osai me figurer


236 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Que je touchais le port ! Je voulus espérer Que désormais pour moi le cours de l'existence D'un jardin enchanté garderait l'apparence; Que j'en traverserais les méandres fleuris Sans fouler sous mes pieds des arbustes flétris ! N'as-tu pas vu parfois, aux soucis faisant trève, S'asseoir à ton chevet l'ange de ce beau rêve : Vivre à deux pour toujours, respirer le même air, Ne posséder qu'une âme et n'avoir qu'une chair, Puiser dans ce mélange une force indomptable, De tous les dévouements une vertu capable, Et, la main dans la main, escalader les cieux ! Comme à l'étude, alors, je me livrais joyeux ! Comme je travaillais avec ardeur pour elle ! Ses traits, si délicats, me servaient de modèle, Quand j'avais d'une femme à peindre la beauté. Par ma bouche, son nom, sans cesse répété Me paraissait l'écho d'une harpe divine, Et je prêtai sa grâce à plus d'une héroïne !

CHAPELLE.

Assez, te dis-je, assez !

MOLIÈRE, poursuivant sans l'écouter.

Hélas ! pas même un an Suffit pour renverser l'ineffable roman Que j'avais voulu lire ! Il n'avait qu'une page ! Avec acharnement je cherchais le passage Epelé par nous deux. Entre mes doigts crispés J'essayais d'arrêter les feuillets échappés, Qu'au lointain entraînait un vent du nord rapace ! Comme sur un cadavre, où, pas à pas la glace Succède de la vie éteinte à la chaleur, Et des extrémités pénètre jusqu'au coeur; C'est ainsi que je pus, en frémissant de rage, Constater les progrès du mal et son ravage; Sans voile contempler l'horrible vérité. Lasse, non d'un amour qui n'a point existé, Mais lasse tout au moins de la reconnaissance, Armande me montra d'abord l'indifférence; Puis derrière apparut l'invincible dégoût, L'aversion, la haine ! Encor, si c'était tout !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 237

J'espérais que l'orgueil pourtant de la souillure

Saurait la préserver, que devant le parjure

Elle reculerait, ne voudrait me tromper.

J'allais voir cette épave à la fin m'échapper.

Il m'était réservé de sentir cette boue,

Ce stigmate infamant s'étaler sur ma jouet

Ah! je m'en souviens bien! C'est, pendant un séjour,

Tu sais? une visite, aux fêtes de la Cour 3

Où nous donnions, je crois, la Princesse d'Elide,

Pour la première fois, que, soudain, la perfide

Jetant au loin le masque, afficha sous mes yeux,

Pour un jeune seigneur, son penchant odieux.

Devant un tel scandale, une semblable offense,

Il m'était défendu de garder le silence.

En reproches sanglants j'éclatai, malgré moi.

Elle osa soutenir n'avoir rompu sa foi;

Prétendit seulement que l'inexpérience,

La jeunesse, en un mot, la laissaient sans défense,

Au milieu des plaisirs, de la séduction;

Et même confessant son inclination,

La traita de caprice ou bien d'étourderie,

Indigne d'exciter à ce point ma furie!

Elle pria, pleura, me parla d'abandon.

Et bientôt ce fût moi qui demandai pardon !

Je m'excusai ! ! Depuis, bien souvent cette scène

Se répéta, rivant d'un peu plus près ma chaîne.

Sous ces chocs incessants, avec ma dignité,

Sombrèrent les débris de mon autorité.

Chose étrange ! Plus bas s'il me fallait descendre,

S'il me fallait rayer le passé pour reprendre

Tous mes droits méconnus, j'en suis sur, j'oublierais!

Ce serait encor moi qui la remercierais!

CHAPELLE, après un silence.

Puisque tu n'obtiens rien par l'extrême indulgence, Pourquoi ne point alors user de la vengeance? Pour me guérir, il m'eût suffi de mépriser. Mais, dès que le dédain ne peut cicatriser Ta blessure, il te reste un moyen énergique Qu'exige ton repos et que la loi t'indique. Fais enfermer ta femme.


238 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

MOLIÈRE.

Ah ! ne me parle pas D'employer la rigueur. Je ne saurais, hélas ! Quand je l'en menaçai, ma menace était vaine; Car, bien loin de jouir à mon tour de sa peine, J'augmenterais la mienne en la voyant souffrir. Au contraire, j'irais de mon corps la couvrir, Si le poignard un jour était levé sur elle. Cesse de m'accuser de faiblesse, Chapelle ! L'on ne peut se venger, quand on a trop aimé ! L'on ne peut plus haïr ce qui vous a charmé ! Et plus on a souvent pardonné, plus encore On aime!

CHAPELLE.

C'est possible. En tout cas, je déplore Les malheurs qui sur toi se sont appesantis. Et bien sincèrement, mon cher, j'y compatis. Ma nature me met hors de leur rude atteinte; Mais, je le reconnais, tu mérites la plainte Beaucoup plus que le blâme, et pour te soulager Mon amitié voudrait avec toi partager. Ne désespère pas. Peut-être l'influence Salutaire du temps...

MOLIÈRE.

J'entends des voix. Silence ! Il est de ces douleurs qu'on ne peut enrayer; Que recouvre longtemps la cendre du foyer; Et qu'enfin avec soi pour toujours on enterre !

Changeant de ton, et gaîment à La Fontaine et à Boileau qui entrent.

A mes hôtes, salut!

SCÈNE V.

MOLIÈRE, CHAPELLE, BOILEAU, LA FONTAINE, LAFORÈT.

Pendant toute la première partie de cette scène, Laforêt, qui est entrée à la suite de Boileau et de La Fontaine, en portant des provisions, fait en silence les apprêts du souper.


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 239

BOILEAU, de mauvaise humeur, se laissant tomber sur un fauteuil.

Ouf ! Ouf ! Je n'en puis plus ! Nous voilà! C'est heureux ! Je suis moulu, perclus, Brisé, cassé, rompu ! Comment vas-tu, Molière ? De mal en pis? Parbleu ! Tout va mal sur la terre ! Le temps, l'âme et le corps, les animaux, les gens, Les bateaux, les coucous et les gouvernements!... Tout s'en va de travers ! Tout marche à la dérive ! Tout s'agite, se meut, se presse et rien n'arrive ! L'on s'essoufle à chercher un plaisir décevant; L'on s'embarque joyeux, en poupe ayant le vent; L'on croit pouvoir dormir au branle de la roue, Et lorsque l'on s'éveille, il souffle dans la proue! Aussi, je le soutiens, l'homme n'est qu'un pantin, Qui, guidé par un fil que tient un Dieu mutin, Sur notre boule informe, attrape des torgnoles, Couvert de boue ou d'or, s'épuise en cabrioles, Et, son rôle rempli, va crever dans un coin !

MOLIÈRE.

Tu parais bien maussade?

BOILEAU.

Auteuil n'est pas si loin Que Pékin, de Paris. Eh bien, pour nous y rendre, Nous mîmes presque autant! Y peux-tu rien comprendre?

MOLIÈRE.

Explique-moi comment?

BOILEAU, avec emphase.

Nous sommes des héros ! Hercule n'est qu'un pleutre avec tous ses travaux ! Pour te voir nous avons accompli des miracles, Bravé mille dangers, surmonté mille obstacles ! Quand je dis nous, j'ai tort ; je devrais dire, moi ! La Fontaine, en effet, ne compte....

LA FONTAINE, protestant.

Mais!... BOILEAU, l'interrompant brusquement.

Tais-toi (


240 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Tu n'es, tu le sais bien, dans les choses du monde, Propre à rien, si quelqu'un n'est là qui te seconde. Comme un marmot, il faut te prendre par la main, Te conduire au bercail, t'indiquer ton chemin. Je ne jurerais pas qu'il ne faille à ton âge Te faire encor manger ton pain et ton potage, Et qu'en pressant ton nez il n'en sorte du lait. Tu dois, sous ton chapeau, cacher un bourrelet Abondamment pourvu d'étoupe ou bien de paille, Pour ne point te cogner le front sur la muraille? Es-tu capable au moins de te déshabiller Tout seul, te mettre au lit et te débarbouiller ? Confesse ton amour pour les gâteaux d'épice ; Peau-d'Ane te ravit, n'est-ce pas? Ta nourrice Pour t'endormir le soir te berce avec ses chants? Es-tu sevré? j'en doute. As-tu toutes tes dents?

LA FONTAINE, riant.

Ajoute donc aussi que, cruel pour mes fautes, Souvent le martinet me laboure' les côtes.

MOLIÈRE.

Vous riez du Bonhomme, il vivra plus que nous 4 !

BOILEAU.

Eh, mon Dieu ! je le sais. Il nous éclipse tous ! Ce n'est pas étonnant, puisqu'il reste à l'enfance, Et ne peut pas vieillir. Aux sources de Jouvence, Sa marraine, une fée, alla, dit-on, puiser Un peu d'eau dans laquelle elle fit infuser Des fleurs de sa couronne, et le bon La Fontaine De ce breuvage garde une coupe encore pleine, Où, chaque jour, il n'a, tout seul, en tapinois, Rien qu'à tremper sa lèvre ou le bout de ses doigts, Pour effacer les ans. La fée enchanteresse, A pour nom Poésie, et l'eau, c'est la Jeunesse !

LA FONTAINE. Pourquoi n'est-ce qu'un conte? BOILEAU.

Egoïste! Suffit!


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 241

De ton secret pour toi conserve le profit !

Je reprends mon récit. Nous sortions du théâtre,

Abasourdis des cris d'un public idolâtre...

LAFORÊT, interrompant.

Voilà, gourmands ! L'autel est prêt ! Gobergez-vous ! Si demain d'aventure on vous trouve dessous, Je m'en lave les mains. Que celui-là se mouche Qui se sent morveux ! Moi, je regagne ma couche !

BOILEAU, se retournant et apercevant la table servie, furieux.

Qu'est-ce que tout cela? Pour qui donc nous prend-on? Est-ce ici le logis d'un Balthazar glouton ? Aurions-nous pris à droite au lieu de prendre à gauche, Et fourvoyé nos pas au seuil de la Débauche ? Trimalcion est-il ce soir ressuscité Pour nous scandaliser par sa lubricité ? Mais non! Je suis naïf ! A la fin je devine Le problême. Je flaire à sa piteuse mine Le coupable. Chapelle, oui, je le parierais, C'est toi l'instigateur de ces pompeux apprêts! Il te faut les banquets, l'orgie, et pour un verre Plein de Bourgogne vieux, tu vendrais bien ton père !

CHAPELLE, protestant. Je suis bien innocent !

MOLIÈRE.

S'il eût manifesté Ce désir, il n'eût fait, certes, en vérité, Rien que me rappeler les stricts devoirs qu'entraîne La simple urbanité. Quoi? vous prenez la peine De venir jusqu'ici? Vous désertez Paris ? Vous délaissez pour moi les boudoirs où les ris Et les jeux vont pleurer cette nuit votre absence? Et, pour prix de l'effort, pour toute récompense, Je vous imposerais ce régime malsain Qu'à moi, malade, ordonne un fâcheux médecin? Vous ne le croyez pas? Videz, videz ma cave; Partagez-vous jusqu'à la plus modeste épave. J'en serai fier !

T. XLIII. 16


242 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

BOILEAU.

Pour moi, je n'ai ni soif ni faim !

MOLIÈRE.

Ce n'est pas un motif pour priver ton prochain !

LAFORÊT, s'approchant de Chapelle, à mi-voix.

Ces messieurs m'ont chargé... Tu sais leur habitude. S'ils trouvaient à souper... ils t'auraient gratitude...

CHAPELLE, balbutiant.

Hum! Je... J'avais pensé...

LAFORÊT.

Truc connu !

. (Haut.) Bon repas ! Bonsoir, messieurs.

Désignant Molière.

Surtout ne le fatiguez pas !

(Elle sort.)

SCÈNE VI.

MOLIÈRE, CHAPELLE, BOILEAU, LA FONTAINE.

MOLIÈRE, s'asseyant à la table et remplissant les verres.

Allons, amis, à table ! Au moins par politesse, Venez à mes côtés. Sentinelle en détresse, Pauvre vieil invalide, écloppé par le sort, Lorsque pour le combat j'appelle du renfort, Me délaisserez-vous ? Tenez, puisque je n'ose Plus affronter le feu, de mon mieux je dispose Les armes, le champ clos, où par vos coups d'estoc Et de taille étourdi, chancelant sous le choc, Tout à l'heure Bacchus criera miséricorde ! Les mousquets sont chargés. Dans les coupes déborde La liqueur écumante. Hérauts, sonnez l'appel! Qui viendra le premier répondre à mon cartel?


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 243

Quel est celui de vous dont la mâle vaillance Aura l'honneur de rompre une première lance? Quel sera ce preux ?

CHAPELLE, s'avançant. Moi!

BOILEAU, ironique.

Tout naturellement ! Je prévoyais l'élan de ce beau dévouement. Nul ne saurait pousser l'esprit du sacrifice Plus loin que lui d'ailleurs, avaler le calice, Si le jus de la treille en humecte les bords, Avec plus de sans gène, avec moins de remords. Reconnaissante, un jour, sur sa tombe, l'histoire Ira graver ces mots : « A voguer vers la gloire » Il fut, matin et soir, en tout temps, préparé I » De l'abnégation ci-gît l'ange altéré ! »

CHAPELLE.

Sur la tienne, mon bon, il faudra, j'imagine, Se borner à tracer une farouche épine, L'on y reconnaîtra ta douce aménité.

Levant son verre et buvant.

Molière, au prompt retour de ta...

Mouvement de Molière.

De ta santé !

LA FONTAINE, s'approchant de la table et prenant un verre. A ce souhait permets que mon coeur s'associe !

MOLIÈRE, tristement.

Dois-je le désirer?... Mais je vous remercie. Toi seul restes muet? Tu m'affliges, Boileau! Tu peux, si tu le veux, noyer ton vin dans l'eau, Même n'y pas toucher, mais, ce n'est pas, je pense, Le moment de garder un funèbre silence, Lorsque d'autres ici, qui savent mieux m'aimer, Par leurs voeux empressés tentent de ranimer Mon courage... Pourtant, je croyais...


244 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

BOILEAU, se précipitant vers la table, avec colère.

Qu'est-ce à dire? Quoi? Je ne t'aime pas? Tes douleurs, ton martyre, Me laissent insensible? Et de les voir cesser Je n'ai pas le désir? Et tu l'as pu penser ! De l'intérêt on doit, pour te donner la preuve, S'enivrer? Eh bien, soit! Je tarirais un fleuve !

Prenant un verre et buvant.

Tiens, je ne t'aime pas?

Tendant son verre.

De nouveau remplissez Mon verre !

Buvant et retendant son verre.

Tiens encore, et si ce n'est assez, Si l'un de vous répète une injure pareille, Alors, ingrat, je bois à même la bouteille.

(Ils s'installent tous les quatre autour de la table.)

MOLIÈRE, riant.

A la bonne heure ! Enfin ! Comment l'as-tu trouvé?

BOILEAU.

Trouvé? qui donc?

MOLIÈRE.

Mon vin? Est-il bien conservé?

BOILEAU.

Je ne l'ai pas goûté.

MOLIÈRE.

C'est une grande faute ! Il a droit au respect, car il vient d'une côte Appartenant en propre au Roi. Sa majesté M'octroya cent flacons, riches de vétusté, Certain soir que Scapin sut la faire sourire.

CHAPELLE. Je m'en contente et crains d'en rencontrer un pire.


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 245

LA FONTAINE, buvant. Des larmes du soleil !

BOILEAU, buvant. Oui, c'est un bon poison !

MOLIÈRE, servant du pâté à la ronde. Vous offrirai-je un peu de cette venaison?

(Ils mangent. Silence.)

Et maintenant, Boileau, reprends ton Odyssée, A l'endroit lamentable où tu l'avais laissée.

BOILEAU.

Tu le veux? Infandum jubes... Il était tard, Et malgré nos projets, cet infernal bavard De La Fontaine, auprès d'élégantes marquises, Roucoulait, caquetait, débitait cent sottises, Pendant que je tirais sa manche et je jurais...

LA FONTAINE.

C'est toi qui bavardais, et c'est moi qui tirais.

BOILEAU.

Tu crois? Ça peut bien être, après tout. Ma cervelle

Dans mon crâne paraît danser la tarentelle.

Toujours est-il que, pas un char numéroté.

Quand nous mîmes le nez au vent, n'était resté,

Et que nous dûmes même, au milieu de la rue,

Dans la crotte, longtemps faire le pied de grue.

Dépités, nous allions tristement nous coucher;

Tout à coup j'aperçus sur son siége un cocher

Haranguant doucement une maigre haridelle ;

Je bondis, et mettant la main à l'escarcelle :

« Tout cet or est à toi ! Conduis-nous vers Auteuil !

» Ta bête le pourra? » — « Ma bête, un vrai chevreuil !

» N'ayez crainte, montez ! Va, mon bon Bucéphale ! »

Nous traversons cahin, caha, la Capitale !

Voilà-t-il pas qu'après les murs, cet animal,

A La Fontaine.

( C'est de toi qu'il s'agit et non pas du cheval)


246 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Vocifère qu'il faut retourner en arrière, Afin de prévenir maman La Sablière 5, Que son terrible enfant, pendant toute la nuit, Courait la pretantaine. Il fit tant, tant de bruit, Que je dus respecter cette humeur versatile, Ordonner, maugréant, de revenir en ville Pour avoir la paix.

LA FONTAINE.

Dam ! Elle m'eut cru perdu ! Succombant à l'angoisse, elle m'eut attendu ! Et je voulais, craignant d'exciter son alarme, Epargner à ses yeux, fût-ce même une larme !

BOILEAU.

Parfait! Quoi qu'il en soit de ce beau sentiment,

Nous repartons enfin ! Mais, vraisemblablement,

Notre coursier avait moins de délicatesse,

Car son allure, au lieu de doubler de vitesse

Pour rattraper le temps, se ralentit, hélas !

Et d'un trot débonnaire en vient au petit pas.

D'abord je me contiens. Puis, du fond du carrosse,

N'y tenant plus, je crie : « Allons donc vieille rosse ! »

La voiture s'arrête en plein dans un fossé !

« Qu'avez-vous fait, Monsieur ? Bucéphale est froissé!

» Me dit l'automédon; savez-vous bien qu'en somme

» Il a raison, car c'est un ancien gentilhomme!

» A Bocroi, sur son dos, il a porté Condé,

» Et ne peut plus souffrir un mauvais procédé !

» Demandez-lui pardon ! Ou bien, demain encore,

» Au même endroit, pourra nous retrouver l'Aurore ! ■

Furieux, je descends. Je m'empare du fouet,

Et sur ce damoiseau, comme sur un baudet,

Je frappe à tour de bras, mais, plus je gesticule,

Plus j'y mets d'action, plus le monstre recule !

Sur la route, à cette heure, et dans l'obscurité

Que faire? J'en rougis ! J'usai d'humilité;

Je flattai de la main un reste de crinière;

Bucéphale daigna poursuivre sa carrière,

Et je fus trop heureux qu'en arrivant ici

Il n'ait pas exigé que je dise : « Merci ! »


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 247

CHAPELLE.

Ne rougis pas, mon cher, car devant une bête Bien d'autres avant toi durent courber la tête !

BOILEAU.

Si du moins j'avais pu, quand je rongeais mon frein, Fût-ce même à voix basse, épancher dans le sein D'un ami tout le fiel dont mon âme était pleine, Passe encore ! En causant vient s'émousser la peine. Mais nullement! morbleu! Ce qui m'exaspéra Fût de voir La Fontaine, oui, comme un angora Qui digère au soleil, ou bien un Turc qui nage Dans le neuvième ciel, tout le long du voyage, Sur les coussins graisseux, sans pudeur s'étaler, Les yeux mi-clos, la bouche ouverte, sans parler, Et malgré cris et coups, bourrades et secousses, Ne faire un mouvement que pour tourner ses pouces 1

A La Fontaine.

N'est-ce pas?Tu dormais? Tu rêvais de houris ?

LA FONTAINE.

Non! j'étais sur la terre et point en Paradis! Je rimais simplement, et lorsque je compose, Si tu veux le savoir, je n'ai pas d'autre pose. Chacun a sa manière !

BOILEAU.

Au moins dis-nous tes vers !

LA FONTAINE.

Bien volontiers ! Tant pis s'ils marchent de travers,

S'ils offensent le goût avec la prosodie,

Mes amis, tels qu'ils sont, à vous je les dédie !

A Boileau.

A toi surtout, bourru, qu'ils soient ton châtiment ! Mais de n'en souffler mot, faites-moi le serment, Et de les divulguer n'ayez pas l'infamie 6 ! Jamais je n'entrerais dans une Académie ! C'est bien assez d'avoir mérité le bâton, En cherchant de Boccace à retrouver le ton !


248 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

CHAPELLE, buvant.

Jurons de dédaigner les plaisirs de la table, Si nous le trahissons !

LA FONTAINE.

C'est trop t Voici ma fable :

Le Roi des animaux, un jour ayant chassé, Et de force gibier dépeuplé son domaine, S'en revint au logis, de fatigue harassé. Tout plaisir, ici-bas, traîne après lui sa peine ! Aussi s'empressa-t-il d'engloutir un mouton, Simplement pour tromper la faim trop tracâssière, D'embrasser à la hâte épouse et rejeton, Puis alla se coucher sur la fraîche litière. Suivant un ordre exprès, Rustaud, un digne chien, Chargé de protéger le repos de son maître, Devait, de la maison, demeurer le gardien, Et, dès que le soleil daignerait apparaître, Remplir l'utile emploi d'un réveille-matin : « La belle occasion de faire mon chemin, » Pensa Rustaud tout fier ! Quelle éclatante marque » De faveur aujourd'hui me donne le monarque !

» Me voilà lancé ! quel honneur ! » Demain je deviendrai chambellan, grand seigneur ! » Rêvant de gloire, il va se mettre en sentinelle, Et bien qu'on n'entendît pas même Philomèle,

Et pas même un croassement; Que la terre dormît avec le firmament ; Qu'on ne vît pas briller une seule étincelle ;

Afin de mieux prouver son zèle,

Il ne cessa pas d'aboyer,

A pleine gueule de crier : « Manants, vous tairez-vous ? Au large! Prenez garde! » De passer par ici que nul ne se hasarde

» S'il ne veut encourir la mort !

» Notre roi dort ! notre roi dort ! »

Quand l'aurore empourprant la nue, Apprit au pauvre chien qui n'avait plus de voix,

Que l'heure enfin était venue De récolter le prix de ses bruyants exploits : « Sire, murmura-t-il, en frappant à la porte,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 249

» De votre Majesté le plus fidèle ami,

» Ose lui demander comment elle se porte ?

» Pendant la nuit dernière avez-vous bien dormi ? »

Il n'avait pas fini que la griffe princière,

A vingt pas l'envoyait rouler sur la poussière !

De ce robuste compliment,

Sans attendre le supplément, L'infortuné s'enfuit, en léchant sa blessure, Baissant la queue et tout penaud ! Comme au sage Raton, il narrait l'aventure, Ce dernier, souriant, lui dit : « Vois-tu, Rustaud,

» Nous autres bêtes, nous ne sommes, » Ni meilleures, crois-moi, ni pires que les hommes;

» Il n'est pas suffisant d'avoir

» La bonne volonté de rendre

» Service aux gens, il faut savoir

» Surtout le moyen de s'y prendre! »

Rustaud n'a pas compris !

BOILEAU.

Rustaud n'est pas si sot, Mon cher, qu'on l'imagine, et sait à demi-mot Comprendre une leçon. Bien que, ne t'en déplaise, Entre nous, sans façon, ta fable soit mauvaise....

MOLIÈRE. Mais non, pas trop, pas trop !

BOILEAU.

Elle a droit au panier !

MOLIÈRE. Ce n'est pas mon avis.

CHAPELLE.

Le dogue est rancunier ! La griffe, dans sa chair, s'est très-fort enfoncée, Et la trace de sang ne peut être effacée, Sans que l'on administre au piteux patient, Malgré son grand dégoût, un bon émollient.


250 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Remplissant le verre de Boileau qui boit sans faire attention.

Bois-moi ce rouge bord I Je réponds de ta cure ! Te sens-tu déjà mieux? Le divin Epicure, Mon maître vénéré, conseille en pareil cas D'agir ainsi.

BOILEAU, dont croît la mauvaise humeur.

C'est faux ! Epicure n'est pas 7 De nos sens dépravés l'indigne apologiste, Comme tu le prétends, mais leur antagoniste ! Tu ne le connais pas ! Car son réel désir Etait de propager l'étude ; son plaisir Etait de cultiver l'esprit, l'intelligence, En y associant toujours la tempérance !

CHAPELLE.

Cependant Gassendi, son plus ferme soutien, Gassendi qui l'aimait et le respectait bien, Ne pensait pas ainsi que toi sur la matière. Au cours de ce dernier, j'en appelle à Molière, Que de fois tous les deux nous avons assisté ! Parmi ses préférés j'étais par lui cité, Aux autres proposé comme un rare modèle !

MOLIÈRE.

J'en suis témoin. Alors l'adolescent Chapelle Des élèves passait pour être un des meilleurs.

BOILEAU, furieux.

Si son corps était là, son âme était ailleurs !

Vous moquez-vous de moi ? Vaugirard n'est pas Rome !

Je ne saurais confondre un singe avec un homme.

Un lièvre est exigé pour faire un bon civet,

Et pour un édredon des oiseaux le duvet.

L'on ne peut pas tailler un habit sans étoffe.

A plus forte raison, pour être un philosophe,

Il faut avoir, mon bon, tout ce que tu n'as pas.

Ou bientôt les roseaux indiscrets, crient : « Midas,

» Le roi Midas à l'âne emprunta ses oreilles ! »

Tu ne seras jamais rien qu'un vide-bouteilles;

Petit-fils de Villon, vivant au jour le jour,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 251

Chantant, sacrant, buvant, mangeant, faisant l'amour, Quand la Fortune aveugle en passant te cajole, Et laisse dans ton sac tomber quelque pistole ! Tu t'en iras, traînant dans tous les mauvais lieux Ta muse, enfant prodigue, oublieuse des cieux, Qui, comme son amant, titube et se débraillé, Et puis un soir, usé, tu viendras, sur la paille Mourir impénitent, peut-être à Montfaucon !

CHAPELLE, riant. L'horoscope est flatteur !

BOILEAU, parvenu au paroxysme de l'exaltation.

Passez-moi ce flacon ! Car ma gorge est à sec, et ma langue est massive ! A force de parler je n'ai plus de salive !

Il se verse un plein verre et boit.

Être ivrogne ! Sais-tu de quelques tristes débris,

De quel reste d'égout ces deux mots sont pétris?

N'as-tu jamais senti l'odeur nauséabonde

Qu'exhalait dans les airs leur assemblage immonde?

Être ivrogne, mon Dieu ! c'est avoir rejeté,

Comme un haillon infect, toute sa dignité,

Son honneur, les laisser pourrir à la voirie!

C'est avoir abdiqué ses droits dans sa patrie,

Ses droits dans sa maison ! C'est avoir abjuré

Le respect des égaux et cet amour sacré

Du mari pour l'épouse et du fils pour le père !

C'est avoir dégradé, roulé dans la poussière,

Ce chef-d'oeuvre sorti des mains du Créateur,

C'est-à-dire soi-même, et du rang de l'acteur

Avoir dégringolé jusqu'au rang des machines!

C'est avoir au salon préféré les latrines !

Mais je te vois venir! Tu crois te disculper

Et te berces déjà de l'espoir d'échapper

A mon reproche amer, en me dressant les listes

Des poètes connus, des habiles artistes

Qui prônèrent jadis tous les charmes du vint

Horace, Anacréon, Catulle, Ovide... En vain

Leur talent a tenté d'ennoblir la folie !

Ils ont eu beau jeter sur les taches de lie


252 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Le voile séduisant de leur style enchanteur,

Le prisme de leurs vers ! Bientôt pour le lecteur

Le voile disparaît; mais la lie est restée!

L'ivresse, dépouillant sa parure empruntée,

A nos yeux révoltés montre sa nudité !

Il nous importe peu que, dans l'antiquité,

Se soient trouvés des gens dont l'âme pervertie

En faveur de ce vice ait voté l'amnistie,

Que la débauche alors eut aussi son autel,

Et d'hommages reçut un tribut criminel !

Le temps n'est plus d'aller, en frappant les cymbales,

De pampres couronné, fêter les Bacchanales !

La Raison, se levant, a du pied renversé

Le char où chevauchait sur un fût défoncé

Le rubicond Silène, escorté des Bacchantes,

Dont les corps se tordant en poses délirantes,

Les regards égarés et les trépignements,

Les gestes provoquants, les lascifs hurlements,

Horreur ! ont prétendu longtemps servir d'emblème

Au bonheur idéal, à la volupté même,

Tandis qu'ils n'enfantaient que le délabrement

De l'âme et la guidaient à l'abrutissement !

Aujourd'hui d'un pas sûr, de son destin plus fière,

L'humanité, messieurs, marche vers la lumière !

Elle sait qu'elle doit constamment aspirer

A la perfection, avec soin s'épurer,

Et se fortifier au creuset de la vie !

Il ne faut plus jamais qu'elle soit ralentie

Par le débordement, l'étalement grossier

Des passions. Malheur à qui, dans le bourbier

Tombe ! Malheur à qui, demeurant en arrière,

Esclave de ses sens, se vautre dans l'ornière !

Nous autres, en avant ! nous fallut-il briser

L'obstacle sans pitié, sous nos pieds écraser

Cette hydre de son sang sans cesse renaissante !

Le phare est allumé ! Sa lueur consolante,

Aurore d'un beau jour qui ne doit pas finir,

Nous indique le port où brille l'avenir !

C'est pourquoi je répète : « Un homme qui s'enivre,

Quel qu'il soit, serf ou roi, n'est pas digne de vivre !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 253

Tendant son verre.

A boire ! Versez donc ! Plus encor ! sacrebleu ! Je suis exténué ! Mon palais est en feu !

Il boit avec avidité, retombe épuisé sur sa chaise et paraît s'assoupir.

MOLIÈRE.

Ah ! bravo ! Quelle fougue ! Oui, Juvénal l'inspire ! Par ce souffle animés, les traits de sa satire Volent droit vers le but !

CHAPELLE.

Jamais l'abbé Cottin N'en eût pu dire autant, fût-ce même en latin !

LA FONTAINE.

Le plat est sain ! La sauce est bien accommodée ! Je n'en disconviens pas. Pourtant, à mon idée, Peut-être faudrait-il la relever d'un grain Ou deux de sel gaulois pour activer la faim?

MOLIÈRE.

Que nous racontes-tu ?

LA FONTAINE.

J'ai lu, qu'au bon vieil âge, Vénus avec Bacchus fit excellent ménage; De leur parfait accord la chronique a cité, Si je n'erre, un témoin, laid, mais incontesté; Et maintenant, messieurs, voilà la différence ! Ces amants ne sont plus du tout d'intelligence !

MOLIÈRE.

Comment?

LA FONTAINE.

Vous savez tous que la maman d'Eros Que sculpta Praxitèle en un bloc de Paros S'est mise de nos jours à la mode nouvelle, Ce qui n'enlève rien à sa grâce immortelle; Qu'en venant à Paris, elle a changé de nom, Pour le public Lenclos, pour ses amis, Ninon 8 !


254 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

De plus, vous n'ignorez que la bonne Déesse,

Généreuse toujours, dans son salon professe

Les dogmes de Platon, corrigés par l'Amour,!

Aussi la foule ardente abonde en son séjour,

Car ainsi que son coeur est ouverte sa porte !

Et chacun, en partant de ehez elle, rapporte

Quelque cher souvenir, quelque secret trésor,

Le sot, un peu d'esprit, le malheureux, de l'or,

L'enfant, une leçon, le savant, un problème,

L'amoureux, de l'espoir, le rêveur, un poème ;

Mais, tous, petits ou grands, un sourire... Eh bien, non!

Pendant une seconde au moins, hier, Ninon

N'a pas souri I Soudain, son oeil devint farouche !

Son front se rembrunit ! Sur le coin de sa bouche,

Parut un pli creusé par l'horreur, le souci !

Elle cria : « Laquais, ôtez-moi ça d'ici ! »

Or, ça, devinez-vous ce que ce pouvait être?

En y regardant bien, j'ai cru le reconnaître.

Ce tas visqueux, gluant, informe, ce paquet,

Cet inerte monceau, gisant sur le parquet,

Qui de notre maîtresse alluma la colère,

C'était un homme, hélas ! gris comme un mousquetaire !

L'ordre, fut, sans broncher, de suite exécuté;

Le plancher, nettoyé. D'un reflet enchanté

S'éclaira de nouveau le front de Cythérée.

Comme'un rêve pour nous, s'écoula la soirée ! !

MOLIÈRE.

Dit-on ce qu'il advint du corps du délinquant ?

LA FONTAINE.

J'ignore...

CHAPELLE.

Moi, je sais ! Lorsque le froid piquant Le réveilla, qu'il vit son lit, non pas de roses, De pierres rembourré, qu'il en connut les causes, Furieux, il jura que, pendant tout un mois, Il ne manquerait pas, fût-ce même une fois, D'oublier, chaque soir, sa raison dans son verre, Et de plus, en l'honneur de la belle de faire Quelques couplets !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 255

LA FONTAINE.

Tant pis ! C'est un rustre ! Il a tort, Et ne mérite pas que l'on plaigne son sort. Au lieu de désirer platement la vengeance, Il devait d'abord faire acte de repentance, Promettre, confesser, quitte à ne pas tenir, Quitte, en cas de rechute, à bientôt revenir ! Pécher, près d'une femme, en somme est peu de chose, Si l'on en fait l'aveu. Rien mieux ne la dispose Que d'avoir une faute à pardonner. Souvent Même c'est un moyen d'obtenir plus qu'avant !

CHAPELLE.

Je tiendrai mon serment!

LA FONTAINE, feignant I'étonnement.

C'était toi !

CHAPELLE.

Bon apôtre ! Tu me démentirais si j'en nommais un autre ! J'ai donné ma parole, et n'y veux pas mentir ! Déjà, je m'y connais, je commence à sentir Le signe précurseur de l'aimable folie ! Et, quant à ma chanson, pendant cette homélie, Que nous psalmodia le Révérend Boileau, Effet inespéré ! jaillit de mon cerveau, De l'Inspiration la sublime étincelle. Ecoutez ma première à Ninon, la cruelle !

C'est vrai, je l'avoue humblement, Vous avez, belle demoiselle, Hors de chez vous, très-durement, Fait jeter l'amoureux Chapelle ! Le lendemain, sur l'escalier, Où, malgré le vent, la froidure, Je ronflais, votre vieux portier M'a balayé comme une ordure !

De ce coup j'ai failli mourir, Et vous en eussiez été cause;


256 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

Pourtant, loin de vous attendrir, Lorsqu'on vous raconta la chose, Vous dîtes, en montrant vos dents :

« La perte eût été bien légère !

» Nous aurions, en cas d'accidents, » Un ivrogne de moins sur terre ! »

De plus, vous avez ajouté :

« Quant à moi, j'ai fait l'impossible

» Pour corriger cet entêté ;

» Hélas I il est incorrigible !

» J'usai du grec et du latin,

» De la logique à forte dose;

» Qu'en enfer il cuve son vin;

» Pour lui ma porte sera close ! »

Oui, j'étais ivre, assurément. Quand je vous vois, je ne puis faire, Malgré mes efforts, autrement. Vous fûtes pour moi bien sévère ! Ai-je commis crime ou délit, En vous aimant comme une bête ? Je croyais avoir de l'esprit Près de vous en perdant la tête !

Puis, mignonne, entre nous, comment, Vous, experte dans la matière, Osez-vous prétendre un moment Que vous ignoriez la manière De me rendre un peu la raison? Sans que personne ne vous aide, Si vous vouliez ma guérison, Vous connaissiez bien le remède.

Il fallait, jusqu'au lendemain, Me permettre, comme à tant d'autres, De serrer très-fort votre main, De joindre mes lèvres aux vôtres ! Je n'aurais pu, dans mon gosier, Vider le trop plein de mon verre. Ninon, il fallait essayer ! Cela ne vous eût coûté guère !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 257

LA FONTAINE.

Coûté guère? Permets ! Ninon n'est pas Laïs ! Ne confonds pas les deux ! Pour gagner l'oasis, Le voyageur d'abord doit passer sans se plaindre A travers le désert. Tous n'y peuvent atteindre ! Le boudoir de Ninon n'est pas un cabaret. Sous ton dépit je vois percer plus d'un regret. Tu reviendras bientôt.

CHAPELLE.

Non. Foin des mijaurées ! Foin des pudeurs d'emprunt, grimaces, simagrées ! Foin des femmes enfin, dont le suprême ton Consiste à leurs amants à parler de Platon, Et qui, du reste ont pu, peut-être, vu leur âge, Jadis avoir connu de près ce personnage !

LA FONTAINE. Tu te repentiras !

CHAPELLE.

Quand je boirai de l'eau, Ou bien quand cessera de bougonner Boileau !

Tirant violemment Boileau endormi par la manche.

Entends-tu, vieux morose?

BOILEAU, s'agitant sans ouvrir les yeux.

Hein! Quoi donc? Qui m'appelle ?

CHAPELLE, continuant à le secouer. Un joyeux compagnon! un bon vivant, Chapelle !

BOILEAU. Va-t'en, démon, va-t'en ! Je suis mort, je suis mort !

CHAPELLE. Il est ivre !

LA FONTAINE, Il est fou! T. XLIII. 17


258 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

MOLIÈRE. Laissez-le donc ! Il dort !

BOILEAU, toujours les yeux fermés.

Eloigne-toi, Satan, éloigne-toi, vampire ! Je suis bien mort!.. Sur moi tu n'auras plus d'empire. J'échappe à ton pouvoir, et ton règne est passé. Je ne veux plus rentrer dans ce cercle insensé Dans lequel j'ai roulé durant mon existence; Recommencer la lutte où, depuis ma naissance, J'ai dû voir la sottise et la méchanceté, La basse convoitise et la voracité, L'orgueil inassouvi, l'impudence et la feinte Se heurter, se mêler dans une ardente étreinte. De ces monstres pervers, implacables vautours, J'ai subi le contact pendant bien trop de jours. Ils firent trop longtemps, affamés de carnage, De ma chair et mon sang leur pâture et breuvage. Va-t'en porter ailleurs tes mensonges dorés, Tes rêves séduisants, tes serments abhorrés ! Va recruter ailleurs des victimes nouvelles ! Laisse-moi dans la paix des ombres éternelles Savourer les douceurs du sommeil non troublé ! Qu'à jamais par l'oubli mon tombeau soit scellé ! Que fièvres et tourments, vains désirs de la terre, Ne puissent rencontrer de fissure en la pierre ! Que nul écho du monde et nul bruissement N'entravent de mes sens l'anéantissement !

CHAPELLE.

» Ah ça ! pour tout de bon, le traître se figure Que l'aveugle Destin a signé la clôture De son compte ici-bas ; qu'Atropos a tranché Le fil qui le tenait sur le globe accroché; Qu'à l'abri du rideau, la pièce étant finie, Il n'a plus qu'à fausser aux autres compagnie.

Secouant Boileau de plus belle.

Au combat! A l'assaut! Du courage, peureux! N'entends-tu pas sortir de ces flacons poudreux, Comme une plainte amère, une voix qui te raille,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 259

Et dit : « Nous restions trois sur le champ de bataille, » Et, sans nous déboucher, un lâche a déserté ! »

BOILEAU, ouvrant les yeux, avec découragement.

Les infâmes ! hélas ! Ils m'ont ressuscité !

J'étais si bien pourtant quand j'ignorais mon être,

Quand je ne pouvais plus ni sentir, ni connaître;

Que le vide partout, en moi, comme au dehors,

Avait annihilé mon âme avec mon corps ;

Qu'affranchi de l'étau, du joug de la souffrance,

J'avais enfin conquis la pure jouissance

Du repos absolu, du calme illimité!

Et maintenant il faut, après avoir goûté

Ces délices, descendre à nouveau dans l'arène,

Reporter de nouveau l'inexorable chaîne

Qui meurtrissait mes os, en m'attachant au sol !

Oh! s'il m'était permis de reprendre mon vol.

Comme je bénirais ce moment là, car, vivre

N'est qu'un mal, après tout, dont la mort nous délivre !

LA FONTAINE, à moitié ivre.

Dirait-il vrai? Ma foi, si la mort seulement Est la perte de l'être et de tout sentiment, Un sommeil que jamais ne traverse un nuage, Mourir jeune est alors un suprême avantage !

BOILEAU, continuant.

Certes ! que l'un de vous cherche en son souvenir

Une nuit toute entière, où rien n'a pu ternir

Sa douce quiétude; où, privilège rare,

Il n'eût ni cauchemar, ni songe; qu'il compare

Aux autres cette nuit, mette en regard les jours

Qui de son existence ont sillonné le cours ;

Qu'il descende en lui-même, et puis, qu'avec franchise,

Des préjugés menteurs se dégageant, il dise

Si nul jour, nulle nuit valait cette nuit-là,

Si de la volupté la borne est au-delà !

CHAPELLE, qui commence aussi à divaguer. C'est palpable, en effet !


260 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

MOLIÈRE.

C'est très-bien ! mais derrière Le terme du parcours, la fatale barrière, Es-tu sûr en plongeant dans le gouffre béant De rencontrer toujours le vide, le néant? Pourtant mon âme, où couve une ardente étincelle, Mon âme a la fierté de se croire immortelle, Et je ne serais pas surpris qu'elle eût raison. Lorsqu'elle aura quitté sa terrestre prison, Lui faudra-t-il encore entreprendre un voyage Sur de nouvelles mers, cette fois sans rivage; Recevoir la couronne ou bien le châtiment; Jouir ou bien souffrir, en tout cas autrement Qu'au milieu des humains? Sur ce je m'abandonne A la bonté divine, et j'attends, car, personne Du sépulcre aujourd'hui, n'est, dit-on, revenu, Et devant nous, muet, se dresse l'inconnu !

CHAPELLE, montrant Boileau.

Puisqu'il en sort !

MOLIÈRE, souriant.

Ah ! oui ! J'oubliais !

BOILEAU.

Bah ! Qu'importe Sur les Cieux ou l'Enfer, si du trépas la porte Doit s'entr'ouvrir ? Je sais que le monde est pervers; Je sais qu'en haut, qu'en bas, partout dans l'univers, L'homme peine, gémit, se débat, se lamente, Et que plus il grandit, plus il se désenchante ; Que le torrent des pleurs inondant son berceau, Va, se creusant de plus en plus, jusqu'au tombeau; Que le bonheur n'a pas de stades sur sa route, Et je préfère encore au mal certain, le doute. J'enviai tour-à-tour les petits et les grands, Les faibles, les puissants, les fous, les ignorants; J'ai compris que le mieux était de ne pas naître ; Si l'on eût ce malheur, de bientôt disparaître; Puisqu'on est toujours las, avant d'être arrivé ! Archimède disait : « Eurèka, j'ai trouvé!


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 261

Je pense avoir aussi découvert le remède

A notre état précaire, et le mot d'Archimède,

Il me semble, pour l'homme, est le mot de la mort !

CHAPELLE. Buvons donc à la Mort !

LA FONTAINE.

Despréaux n'a pas tort. Ses arguments sont bons, et sans ma couardise Qui me fait hésiter à boucler ma valise, De brusquer le départ, vrai, je serais tenté.

MOLIÈRE.

Réfléchis que le but s'appelle : Eternité !

CHAPELLE.

Eh bien ! tant mieux ! Ici, de l'un à l'autre pôle, Il faut bien l'avouer, ce qu'on voit n'est pas drôle.

MOLIÈRE.

Un instant ! Pardonnez ! Tout n'est pas importun. Tout n'est pas malfaisant. Ce triste lieu commun Qui, depuis trois mille ans, va traînant sur la terre, Et prétend que du mal le souffle délétère Empoisonne notre air est par trop ressassé ; Je m'étonne par vous de le voir ramassé. Si tout n'est pas parfait sur la ronde machine, Et si, même souvent la douleur prédomine, Peut-être! Pourtant Dieu n'a pas déshérité Aussi complètement la pauvre humanité. Il est de bons moments ! Il est de douces choses ! La nature et le coeur ont leurs métamorphoses. La peine suit la joie, et l'hiver, le printemps; Le sourire, les pleurs ; la brise, les autans !

LA FONTAINE. De bons moments? Lesquels ?

MOLIÈRE.

Mais, d'abord la Jeunesse !


262 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

CHAPELLE.

La Jeunesse ! Bien sot qui croit à sa promesse !

Par un matin d'avril, je parle de longtemps,

Car j'atteignais alors à peine mes vingt ans,

M'apparut une enfant, à la bouche vermeille,

Aux blonds cheveux, portant une fleur sur l'oreille;

Qui, d'une tendre voix, me murmura tout bas,

En effleurant mon front : « Pourquoi ne viens-tu pas?

« Je suis Hébé ! C'est moi qui donne le délire

» Des amours, des plaisirs ! Aux accords de ma lyre,

» Réveillant les échos de leurs hymnes joyeux,

» Les couples enlacés s'envolent vers les cieux.

» Je verse, avec le suc divin de l'ambroisie,

» L'enthousiasme ardent, l'éclat, la poésie,

» De la félicité je t'ouvre le chemin !

» Viens donc! ne tarde pas ! » Et moi, je pris sa main;

Affolé, je suivis sa course vagabonde ;

Avec elle j'entrai dans l'infernale ronde;

Je tournai ! Je tournai ! Mais bientôt abattu,

Je tombai sur le sol : « Déjà faiblirais-tu?

» Du courage! Dansons! disait ma charmeresse! »

Hélas ! je n'avais plus ni force ni souplesse.

Je ne pus. Je la vis, aussi fraîche qu'avant,

Partir entre les bras d'un nouvel arrivant.

Il ne m'était resté de ces courtes journées

Que des illusions et des roses fanées !

Le charme était rompu, pour toujours... Quand parfois

Je regarde à présent devant moi, j'aperçois,

M'épiant sans relâche, une femme au teint pâle,

Dont la bouche grimace et dont le gosier râle;

Dont les os desséchés sont collés à la peau,

Et qui cherche à cacher, sous un sombre manteau,

Le spectacle écoeurant de sa décrépitude,

De ses infirmités l'horrible multitude.

Vous la connaissez bien. Vous l'avez, comme moi,

Entrevu ce fantôme, et, palpitants d'effroi,

Vous avez vainement, sur le terrain qui penche,

Essayé d'accrocher au passage une branche;

Comme moi, vous avez, au vertige voulu

Résister un instant; mais l'arbre est vermoulu!

Il fléchit, avec nous roule vers la Vieillesse !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 263

N'était-ce pas assez d'avoir par la Jeunesse Eté déjà trompés ? Nous faudra-t-il tomber De Charybde en Scylla, sans pouvoir dérober A l'un de ces écueils la nef qui nous emporte? Si, pour nous préserver, seule, la mort est forte, Alors, vive la mort !

MOLIÈRE.

Tu ne veux pas vieillir, Et sous le poids des ans tu te sens défaillir? Cependant, l'âge mûr, a, comme tous les âges, Peut-être même plus, ses nombreux avantages. De rares cheveux blancs sur un front respecté Ont aussi, crois-le bien, leur charme et leur beauté. La brutale vigueur fait place à la prudence. Le feu des passions, de l'amour la démence, Ne venant plus du coeur disputer la moitié, Laissent le champ plus libre à la chaude amitié !

CHAPELLE, ricanant.

L'amitié ! Quoi ! naïf, à ce dangereux leurre Tu vas te cramponner? L'amitié la meilleure A toujours l'intérêt pour guide et pour soutien. Ce sont deux fiers rivaux que le tien et le mien. Vois Racine ! Il était ou se croyait sincère 9, Alors qu'il prétendait te chérir comme un frère. Contre Andromaque, un jour, un manant, un valet Se masquant le visage, ose faire un pamphlet. Quelqu'un te dit l'auteur de ce méchant ouvrage. Ça suffit ! Sans douter, sans chercher davantage, Le poète, blessé, n'écoutant que l'orgueil, Malgré ton désaveu, donne au faux bruit accueil; Et, soudain, sur ton seuil, le voilà qui secoue De ses pieds la poussière, et brusquement dénoue Un lien réputé l'égal du noeud gordien ! Nous tous, ici présents, nous t'adorons... Eh bien! Pour désunir, disjoindre un sentiment si tendre, Point ne serait besoin du glaive d'Alexandre. Qu'on vienne simplement nous proposer le lot Qui caresse nos goûts, la matière d'un mot Piquant à Despréaux, à don Juan La Fontaine, La faveur d'un baiser au bout d'une mitaine,


264 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

A moi-même un souper... et nous t'écharperons! Pour peu qu'on le désire, après, nous jurerons Ne t'avoir pas connu ! Car, à son gré, l'on change Celui qu'on sait gratter où cela le démange. L'égoïsme nous tient enchaînés. C'est un roi Sur l'écusson duquel on lit : « Chacun pour soi! »

MOLIÈRE, se récriant.

Vous n'êtes pas si noirs que tu veux le prétendre. L'amitié peut faiblir, mais couve sous la cendre, Et, plus vivace, doit renaître tôt ou tard. Lui fit-elle défaut, il est pour le vieillard, Des adoucissements même à l'ingratitude. Le baume qui guérit se trouve dans l'étude. L'art est du moins fidèle, et ce magicien Donne à l'âme gratis son pain quotidien.

LA FONTAINE. Travailler? Pour qui donc?

MOLIÈRE.

Pour soi, la renommée !

BOILEAU.

Travailler? Pour gagner une once de fumée!

Se torturer l'esprit et suer sang et eau

Pour semer des bijoux devant ce vieux pourceau

Qui s'appelle public ! C'est assez de la truffe !

As-tu donc oublié qu'il a sifflé Tartufe 10 ;

Qu'à ton chef-d'oeuvre on a, cinq ans, fermé l'accès

Du théâtre, et qu'on lui marchanda le succès,

Parce qu'aux faux dévots toucher c'est être athée?

Ne sais-tu pas qu'il faut préparer sa pâtée

En se sacrifiant à l'humeur du moment?

Qu'aujourd'hui le talent n'est plus que l'engouement;

La nouveauté frivole, omelette soufflée,

Outre brillante à l'oeil, d'air empesté gonflée,

Que l'on voit un instant se dorer, s'arrondir,

Jusqu'au jour fatal où, la laissant refroidir,

La mode porte ailleurs son caprice et sa braise ?

A d'autres! A présent, quand la critique pèse

Le mérite d'une oeuvre en prose ou bien en vers,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 265

Comme un marchand trompeur elle a des poids divers ; Elle peut, à son gré, suivant sa convenance, En chargeant le plateau, corriger la balance, Et vendre au plus offrant satire ou compliment. Qui cherche à séparer l'ivraie et le froment? Le profit avant tout, c'est le point nécessaire! Si Montfleury rapporte un peu plus que Molière, Il faut saper Molière, exalter Montfleury ! Tu subis cette épreuve et tu n'es pas guéri ; Et tu parles encor de prodiguer tes veilles, D'entasser chaque jour merveilles sur merveilles, D'abandonner ton coeur au venin de l'aspic? Combien faut-il de sots pour faire un bon public? Mieux vaut rester oisif et lorsqu'on déménage, Ne pas laisser derrière un énorme bagage ! Heureux les pauvres gens qui s'en vont au trépas, Nus, sans avoir mordu jamais à ces appâts, Qui cachent l'hameçon aiguisé par la gloire ! Heureux ceux dont les noms sont omis par l'histoire !

MOLIÈRE, découragé.

Ainsi rien devant nous ne trouve grâce, rien ! La gloire, l'amitié, la jeunesse, le bien, L'âme, enfin, sont des mots créés pour le vulgaire. Vous plaiderez la thèse absolument contraire, Peut-être demain soir. Aujourd'hui, c'est en vain Que je discuterais. Tout vous déplaît, le vin Excepté cependant ! Là s'arrête ta haine, Chapelle, n'est-ce pas?

CHAPELLE.

Peuh ! Je crains la migraine !

MOLIÈRE. Oh ! renier tes Dieux !

CHAPELLE, tout à fait ivre.

Messeigneurs, par Pluton, Ecoutez mon projet. Ce stupide hoqueton, Ce burlesque haillon, notre corps, notre vie Depuis long-temps nous gêne. Eh bien, je vous convie A nous en dépouiller, sans trembler, ni broncher. Jusqu'ici, ce qui seul a pu nous empêcher


266 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

A notre déplaisir de donner l'allégeance, C'est notre pauvre chair, rétive à la souffrance. L'épouvante nous mit des ailes aux talons Et nous fit, pour sauter, marcher à reculons. Mais, ensemble, par Dieu, nous aurons du courage, Et nous nous soutiendrons au moment du passage. Lorsqu'elle vient s'offrir, voulez-vous embrasser L'occasion présente, et nous débarrasser Des entraves du monde? Alors, mourons sur l'heure !

BOILEAU. Oui, mourons !

LA FONTAINE. Des vivants délaissons la demeure !

CHAPELLE, à Molière.

Et toi, nous suivras-tu ?

MOLIÈRE, souriant.

Comment donc? sans mentir, Je n'étais, il est vrai, pas pressé de partir. Volontiers j'attendrais. Mais, de vous faire escorte, Mes amis, le plaisir sur tout autre l'emporte. Et, de quelle manière allons-nous voyager ? Avez-vous fait un choix? Il est bon d'abréger, De se mettre d'accord, si la chose est possible, Pour prendre le plus court, car la route est pénible. Est-ce le feu, le fer, la corde ou le poison ?

CHAPELLE.

Comme Sardanapale embraser la maison... C'est tentant t Toutefois, si le guet, d'aventure Venait nous tracasser ?

LA FONTAINE.

La dague vous torture ! Puis le sang s'échappant d'un membre pantelant, Répugne...

BOILEAU.

Le poison, pow agir, est bien lent ! D'ailleurs il paraîtrait qu'on souffre le martyre !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 267

CHAPELLE.

La corde défigure! Une langue qu'on tire,

Horreur ! et qui vous sort entre les dents, d'un pied !

LA FONTAINE. Mourir est bien ! Mais non mourir estropié !

BOILEAU.

Nous voulons nous tuer ! Mais il est inutile Que de notre trépas l'instrument nous mutile !

MOLIÈRE.

Alors, trouvez-nous donc un moyen de transport Qui nous fasse franchir le terme sans effort. Moi, je n'en connais point.

CHAPELLE, avec éclat.

Eh ! n'avons-nous pas l'onde? La Seine près d'ici coule claire et profonde. Au milieu des roseaux, la Naïade aux yeux verts Nous invite en tendant vers nous ses bras ouverts. Ecoutons son appel!

BOILEAU et LA FONTAINE, se levant avec enthousiasme.

Vite, allons la rejoindre !

MOLIÈRE, allant ouvrir toute grande la fenêtre du fond.

( On aperçoit la teinte incertaine de l'aube qui commence.)

Fort bien ! Mais, regardez ! L'aube commence à poindre.

La douteuse clarté qui précède le jour

Là-bas blanchit déjà les coteaux d'alentour

Et le faîte des toits. L'ombre va disparaître.

Le soleil se devine et va bientôt renaître.

Patientez un peu. Modérez votre élan.

Cette belle action, dont vous sourit le plan,

Que réclament vos voeux, ne doit être accomplie

Sans témoins, et ne peut rester ensevelie

Comme un méfait honteux, dans le secret, la nuit.

N'est-ce pas? Nous voulons la lumière et le bruit.

C'est un devoir pour nous que de prêcher d'exemple.

Il importe beaucoup que chacun nous contemple,

Et de notre vertu que les admirateurs

Convaincus, entraînés, soient nos imitateurs !


268 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

LA FONTAINE. C'est bien dit.

BOILEAU.

Ce retard est de toute justice. Non, ne refusons pas encor ce sacrifice, Dût-il nous en coûter? Servons l'humanité, Et pour guide en partant prenons la Charité. Hélas ! d'infortunés quelle masse attristante Nous laissons !

CHAPELLE.

Puis enfin, pour tromper notre attente, Par bonheur, j'aperçois, tout ou fond du panier, Un flacon oublié, le meilleur, le dernier! De le perdre il serait fâcheux, mes camarades ! De l'étrier buvons les suprêmes rasades !

Il verse à boire à la ronde, et levant son verre : Au succès de notre oeuvre !

LA FONTAINE, buvant.

A l'oubli de nos maux ! BOILEAU, de même. A la fin du combat !

CHAPELLE.

A l'éternel repos ! Quelle scène, messieurs, digne de l'âge antique ! Quel superbe tableau ! Quel spectacle magique Il nous est aujourd'hui, tout-à-l'heure, donné D'offrir à l'univers stupéfait, étonné ! Voyez t Le fleuve est là, majestueux, splendide, Entre deux bords fleuris roulant son eau limpide; L'oeil peut suivre son cours qui s'en va serpentant, A l'horizon lointain, vers la mer qui l'attend; Comme un miroir mouvant, sa surface se dore Des reflets du nuage empourpré par l'aurore ; Par un secret instinct les habitants poussés Sortent de leurs logis, forment leurs rangs pressés Sur la berge voisine; on sent qu'il se prépare Un mystère, une fête, une chose bizarre. Mais nous voici ! Soudain un passage se fait,


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 269

Et tout, jusqu'à l'oiseau, se recueille et se tait.

Nous approchons; nos pieds sont baignés par la Seine.

Calmes et souriants, la figure sereine,

Nous crions, nous tenant tous quatre par la main :

« Terre, adieu ! Mort, reçois tes enfants dans ton sein ! »

L'eau s'entr'ouvre, bouillonne un instant, puis la foule,

Respectueuse, émue, en silence s'écoule ! !

BOILEAU.

Nos cadavres, demain, à Saint-CIoud arrêtés, Seront en grande pompe à Paris transportés. Alors, de la douleur l'explosion immense Montrera ce que perd, en nous perdant, la France ! Un long voile de deuil sur elle planera ! Partout cris et sanglots! Honni soit qui rira!

LA FONTAINE.

Qui l'oserait?

MOLIÈRE, ironique.

Que sais-je? un héritier cynique, Un rival, candidat au siège académique?

CHAPELLE.

Hum ! Tu crois?

MOLIÈRE. J'en serais, entre nous, peu surpris. BOILEAU. Ils seront écrasés sous le flot du mépris.

MOLIÈRE, montrant le jour qui s'accentue de plus en plus.

Sans doute ! Partons-nous? D'une teinte vermeille La plaine se colore ! Il est temps !

CHAPELLE, hésitant.

La bouteille N'est vide qu'à moitié.

(On entend sonner la cloche du hameau.) BOILEAU, avec effroi.

Quel est ce tintement Lugubre? Est-ce le glas?


270 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

MOLIÈRE.

Non pas, c'est simplement h'Angélus.

Des chants se font entendre dans le lointain et deviennent peu à peu distincts.

CHAPELLE.

Sommes-nous tout près d'un cimetière ? C'est le De profundis ?

MOLIÈRE.

Du tout! c'est la prière Que font les travailleurs en regagnant les champs. L'airain de sa voix mâle accompagne leurs chants.

CHOEUR DE PAYSANS dans la rue.

Gais compagnons ! la cloche sonne ! Réveillez-vous ! Voici le jour ! Béni soit Celui qui nous donne La Foi, l'Espérance et l'Amour !

De notre maître, notre père, Ce matin implorons l'appui ; Que l'encens de notre prière Monte et parvienne jusqu'à lui !

Seigneur, sème sur nous la joie ! Nous sommes faibles, fais-nous forts; Au repentir ouvre la voie, Eloigne de nous le remords !

Répands ta lumière féconde Sur le sol où nous travaillons ; Fais germer la paix dans le monde Et le froment dans les sillons !

Si parmi nous il est un frère Ingrat, qui se soit révolté; Qui, fléchissant sous la misère, De s'en affranchir ait tenté;

S'il n'a pas compris dans sa rage, Que toi seul avais droit d'ôter La vie, épreuve du courage, Fardeau souvent lourd à porter;

Pitié, pitié ! pour sa détresse !


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 271

Ne livre pas à l'abandon

Ce désespéré; pour lui, laisse

Briller l'étoile du pardon!

Que ta douce miséricorde Le cherche et qu'à ce coeur blessé, En montrant le ciel, elle accorde Le rachat d'un triste passé !

Gais compagnons ! La cloche sonne ! Réveillez-vous ! Voici le jour ! Béni soit Celui qui nous donne La Foi, l'Espérance et l'Amour !

Les voix se perdent dans l'éloignement. Chapelle, Boileau et La Fontaine se regardent sans rien dire.

MOLIÈRE, après un long silence.

Le vin est épuisé ! L'instant est favorable ! Qu'en pensez-vous?

CHAPELLE, vivement.

C'est vrai! La fatigue t'accable! Par la veille ton mal est peut-être augmenté ! Nous eussions dû songer plus tôt à ta santé ! Je me sauve, messieurs, ce matin une affaire M'appelle en mon logis.

BOILEAU.

Et moi, chez mon libraire J'ai pris un rendez-vous.

LA FONTAINE.

J'ai promis au lever D'un de mes protecteurs, un duc, de me trouver. Je n'y saurais manquer sans lui faire un outrage.

MOLIÈRE, souriant.

Ainsi vous regagnez?...

CHAPELLE.

Paris.

MOLIÈRE.

Sans équipage ?


272 UN SOUPER CHEZ MOLIERE.

LA FONTAINE, gaiement.

Bah! Nous irons très-bien à pied sans nous presser. A petits pas comptés pour ne pas nous lasser. Le trajet semble court alors que l'on devise Gaiement en cheminant; qu'on respire la brise Fraîche encor de la nuit; que l'on cueille les fleurs Où la douce rosée a répandu ses pleurs. Nous verrons, quel régal ! le réveil de la ville, Et quand nous rentrerons dans notre domicile, L'appétit par la marche excité, le cerveau Dégagé, nous pourrons croire qu'un sang nouveau Chez nous s'est infusé, dans nos veines circule.

Ils se disposent à s'en aller et se dirigent vers la porte.

BOILEAU, revenant sur ses pas, à Molière. Dis-donc ? ce soir, je fus tant soit peu ridicule !

CHAPELLE. Moi de même! -

LA FONTAINE. Et moi donc !

BOILEAU.

Nous avons plaisanté. N'en parle pas. Tout est si mal interprété ! Adieu !

CHAPELLE.

Soigne-toi bien!

LA FONTAINE. Au revoir ! MOLIÈRE, leur serrant la main.

Bon voyage !

Ils sortent. Après leur départ, Molière va à la fenêtre qui est restée ouverte, fait encore quelques signes d'adieu à ses amis, puis fermant brusquement la fenêtre, revient s'asseoir dans son fauteuil, et dit lentement après un silence :

Tous les hommes sont fous et chacun se croit sage !! 11


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 273

NOTES JUSTIFICATIVES

1 Molière, heureux par ses succès et par ses protecteurs, par ses amis et par sa fortune, ne le fut pas dans sa maison. Il avait épousé, en 1662, une jeune fille, Armande Grésinde Béjard, soeur, selon les uns, fille, selon les autres, de Madeleine Béjard, et d'un gentilhomme nommé Modène. On disait que Molière en était le père; le soin avec lequel on avait répandu cette calomnie fit que plusieurs personnes prirent le soin de la réfuter. On prouva que Molière n'avait connu la mère qu'après la naissance de la fille. La disproportion d'âge (16 ans), et les dangers auxquels une comédienne, jeune et belle, est exposée, rendirent ce mariage malheureux, et Molière, tout philosophe qu'il était, éprouva dans son domestique, les dégoûts, les amertumes et les ridicules qu'il avait souvent joués sur le théâtre. Tant il est vrai que les hommes qui sont au-dessus des autres par leurs talents, s'en rapprochent presque toujours par les faiblesses! car, pourquoi les talents nous mettraient-ils au-dessus de l'humanité ?

VOLTAIRE, (Fie de Molière.)

L'acte de mariage de Molière, du 20 février 16B2, constate qu'Armande Grésinde (Glaire-Elisabeth) Béjard, est fille de Joseph Béjard et de Marie Hervé, sa femme. Sur le même acte est la signature de Madeleine, qui y est qualifiée soeur de la mariée. Voici bien prouvé que cette Madeleine, qui resta dans la troupe de Molière depuis 1645 jusqu'à sa mort, arrivée le 16 février 1672, un an, jour pour jour avant celle de Molière, était sa belle-soeur et non la mère de sa femme.

(Extrait d'un écrit de M. Beffara, publié en 1821, et mis à la suite de la Fie de Molière, par VOLTAIRE.)

2 Un jour que mademoiselle Béjard avait été maltraitée par sa mère, elle se réfugia dans l'appartement de Molière, déclara qu'elle le voulait pour époux et le somma de la prendre sous sa protection. Il s'y décida volontiers, et cet éclat, qui ne pouvait être réparé, décida Madame Béjard à consentir au mariage.

( PETITOT, Vie de Molière.)

3 Madame Molière parut avec beaucoup d'éclat dans la princesse d'Elide. Elle était naturellement légère et coquette; le spectacle de la Coar qui n'avait jamais été si brillante qu'à cette fête, les suffrages flatteurs qu'elle obtint, l'enivrèrent, et quoique sa conduite ne fut pas

T. XLIII. 18


274 EN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

entièrement irrépréhensible, il est à présumer qu'elle eut plutôt à se reprocher de l'étourderie et de l'inconséquence qu'une infidélité complète. On assure que, pendant ces fêtes, madame Molière devint amoureuse du comte de Guiche, et qu'elle souffrit les hommages de Lauzun. Cette double intrigue ne fut pas longtemps inconnue à son époux, qui lui fit les reproches les plus vifs Elle avoua sans détour son inclination pour le comte de Guiche, soutint qu'elle s'était moquée de Lauzun, et assura qu'elle n'avait pas manqué à ses devoirs. Après avoir affaibli les soupçons de son mari, elle le pria d'excuser son inexpérience, versa beaucoup de larmes, et parvint à le rendre plus amoureux que jamais. Molière, persuadé de sa vertu, lui fit mille excuses ; on voit que ce grand homme, Ayant eu la faiblesse d'épouser une jeune fille, dont il aurait pu être le père, différait peu des Arnolpbe et des Sganarelle, dont il avait si bien peint les amours et la jalousie.

( PETITOT, Fie de Molière.)

4 La Fontaine se lia avec Molière, qui l'amusait de toutes les façons; leur âge était pareil; leurs réputations grandirent en même temps. Tous deux s'appréciaient mutuellement. Ce fut Molière qui, lors de la gloire naissante des Boileau et des. Racine, dit confidentiellement à l'oreille d'un ami, en lui montrant La Fontaine : Nos « beaux esprits ont beau se trémousser, ils n'effaceront pas le Bonhomme! »

( WALCKENAER, Vie de La Fontaine.)

5 Madame de La Sablière retira chez elle le fabuliste qui y resta tant qu'elle vécut et, tant qu'elle vécut, elle pourvut à tous ses besoins, sans qu'il eut la peine d'y songer.

(WALCKENAER, Fie de La Fontaine.)

6 Le recueil des contes était une arme terrible pntre les mains de ceux qui voulaient fermer à La Foniaine les portes de l'Académie. Le président Rose, secrétaire intime du Roi, jeta ce livre sur la table le jour de l'élection et demanda si l'Académie oserait proposer, à l'approbation du Roi, l'auteur d'un livre flétri par une sentence de police.

(WALCKENAER, Fie de La Fontaine.)

7 Chapelle, fils naturel d'un homme très-riche, avait eu pour précepteur le célèbre Gassendi, qui fit des travaux d'une érudition remarquable pour restaurer et réhabiliter la doctrine d'Epicure, si longtemps oubliée et condamnée. On a regardé Epicure comme l'apologiste de la débauche, alors qu'il a été prouvé que sa vie entière avait été une pratique de toutes les vertus. Cependant sa doctrine, méconnue et dénaturée par la suite, ne proposait d'autre but à l'homme


UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE. 275

que le bonheur et les plaisirs honnêtes, et ces bonheurs et ce plaisir, selon lui, on ne pouvait les trouver que dans la culture de l'esprit, ainsi que dans la pratique de la tempérance et du savoir vivre.

(Dictionnaire universel).

8 Mademoiselle de Lenclos ne pouvait pas souffrir les ivrognes qui étaient encore un peu à la mode de son temps. Chaielle qui l'était, et qu'elle ne put corriger, fut exclus de sa maison et devint son ennemi. Il jura que, pendant un mois entier, il ne se coucherait jamais sans être ivre et sans avoir fait une chanson contre elle. Il tint parole. Voici une de ces chansons dont je me souviens :

Il ne faut pas qu'on s'étonne Si parfois elle raisonne De la sublime vertu Dont Platon fut revêtu! Car, à bien com lier son âge, Elle doit avoir vécu Avec ce grand personnage.

(Correspondance de Voltaire sur Mlle de Lenclos.)

9 Molière engagea le jeune Racine, qui sortait de Port-Royal, à travailler pour le théâtre, dès l'âge de dix-neuf ans. Il lui fit composer sa pièce de théagène et Chariclée, fit présent au jeune auteur de cent louis, et lui donna le plan des Frères ennemis.

Il est triste pour l'honneur des lettres que Molière et Racine aient été brouillés depuis De si grands génies, dont l'un avait été le bienfaiteur de l'autre, devaient rester amis.

(VOLTAIRE, Fie de Molière.)

Andromaque avait obtenu le plus grand succès, et ce triomphe avait suscité beaucoup d'ennemis à son auteur. Une satire contre cette pièce, intitulée la Folle querelle, réussit parce qu'elle était remplie de méchancetés. On sait combien Racine était sensible à la moindre critique. Il partagea l'opinion qui attribuait à Molière ce mauvais ouvrage, et ne lui pardonna jamais d'avoir cherché à déprécier un de ses chefs-d'oeuvre. Le fait est que cette s dire était du comédien Subligni, également ennemi de Molière et de Racine.

(PETITOT, Vie de Molière.)

40 Les trois premiers actes du Tartufe avaient été représentés à Versailles, devant le Roi, le 12 mai 1664. La première représentation eut lieu à Paris le 5 août 1667. Le lendemain on allait jouer la deuxième, lorsqu'arriva un ordre du premier président du Parlement portant défense de jouer la pièce. Ce n'est que le 5 février 1639 que Molière obtint du Roi un ordre par écrit de jouer la pièce.

Qui croirait que le succès de Tartufe fut balancé par celui d'une;


276 UN SOUPER CHEZ MOLIÈRE.

comédie intitulée : « La Femme juge et partie, » qui fut jouée à l'hôtel de Bourgogne aussi longtemps que le Tartufe au Palais-Royal? Montfleury, comédien de l'hôtel de Bourgogne, auteur de la Femme juge et partie, se croyait l'égal de Molière. On représenta sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, à la suite de la Femme juge et partie, la critique du Tartufe, où se trouvaient ces vers :

Molière plaît assez : c'est un bouffon plaisant,

Qui divertit le monde en le contrefaisant.

Ses grimaces souvent causent quelques surprises;

Toutes ses pièces sont d'agréa les sottises.

Il est mauvais poète et bon comédien ;

Il fait rire et de vrai, c'est tout ce qu'il fait bien !

(Passim.)

11 Un jour que Boileau vint voir Molière à Auteuil, la conversation s'engagea sur les travers des hommes. Molière, qui était en fonds sur cette matière, soutint et prouva par plusieurs exemples que tous les hommes sont fous et que, néanmoins, chacun croit être sage tout seul ; ce sujet fournit à Boileau l'idée de la IVe satire.

(PETITOT, Vie de Molière.)


FLORE

DE

PONT-SUR-SEINE

PAS

M. PAUL HARIOT

MEMBRE CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ.

Nous nous décidons à donner aujourd'hui, après plusieurs années de recherches, la liste des plantes de Pontsur-Seine : ce travail, tout incomplet qu'il est, présentera certainement quelque intérêt.

La constitution géologique de ce pays diffère notablement de celle des cantons circonvoisins. Nous trouvons en effet, dans cette localité, des terrains d'assise secondaire (craie) et des lambeaux de terre de formation tertiaire (bassin parisien), composés de sable et d'argile plastique.

M. Leymerie a bien indiqué, dans sa Statistique géologique du département de l'Aube, les différentes formations que caractérisent le sol de Pont-sur-Seine; nous ne pouvions mieux faire que de recourir à ses indications.

La commune de Pont-sur-Seine fait partie du canton de Nogenl-sur-Seine. Ce canton est composé topographiquement de trois parties : au sud de la Seine, une porlion du plateau crayeux, accidenté par le vallon de l'Orvin, qui passe par Soligny, Traînel, et par la partie inférieure du vallon de l'Ardusson qui traverse le territoire de SaintAubin; la colline boisée dite parc de Pont-sur-Seine, située au sud et en face de cette ville, forme le point culminant de cette région (209 mètres).

La ville de Pont-sur-Seine se trouve dans la vallée de la


278 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Seine, située sur la rive gauche ; le sol est graveleux dans la vallée, et crayeux dans les parties élevées du finage; la colline du parc de Pont est recouverte de sable tertiaire, d'argile plastique avec blocs de grès. En face du château, dans la colline crayeuse, passe un aqueduc d'environ deux kilomètres, qui amène l'eau au château; cette eau résulte de plusieurs filets qui existent dans la masse du calcaire. Des infiltrations pluviales donnent lieu à de magnifiques stalactites appendues à la voûte.

A quelque distance de Pont, et au dehors du mail boisé du parc, existent encore les ruines du château fort de Fougeon, maintenant transformé en ferme. Là, nous avons rencontré quelques plantes peu remarquables, mais cependant peu communes aux environs.

La flore de Pont a trois divisions caractéristiques : la flore de la prairie au sol graveleux entremêlé de dépôts tourbeux analogues aux marais de Pars (canton de Romillysur-Seine), la flore des terrains calcaires, la base de la colline ; et celle plus intéressante du terrain tertiaire (point culminant du coteau, sommet et versant de la Belle-Allée).

Avant de commencer le classement des espèces végétales qui habitent ces trois régions, nous devons dire quelques mots des premières excursions faites jusqu'à ce jour dans le parc. Vers 1840, M. Des Etangs fut le premier qui explora cette région ; il y découvrit digitalis purpurea, cerastium brachypetalum, etc.; puis les excursions cessent pour longtemps. En 1872 (23 juin), la Société horticole, vigneronne et forestière de l'Aube y entreprit une herborisation dont le compte-rendu a été publié dans ses bulletins. — En mai 1876, la même Société fit une seconde herborisation.

Depuis cette époque, nous n'avons cessé, chaque année et à diverses saisons, de parcourir cette intéressante localité; toujours de nouvelles trouvailles ont récompensé nos recherches. — Nous demandons aujourd'hui à la Société Académique la permission de les lui énumérer.


VEGETAUX VASCULAIRES

on

COTYLÉDONÉS

DICOTYLÉDONÉES

Renonculacées (Juss.) CLEMATIS VITALBA (L.). — Clématite des haies. A. C. — Bois, haies.

THALICTRUM FLAVUM (L.). — Pigamon jaune. C. — Prairie de Pont.

THALICTRUM MONTANUM (Walr.)? — Pigamon des montagnes.

C'est avec doute que nous rapportons à cette espèce un thalictrum que nous avons rencontré sur les bords d'une allée du parc. Nous avons soumis la plante à la culture, et ce n'est que l'an prochain que nous pourrons l'étudier suffisamment pour lui assigner un nom moins risqué.

La forme des parties souterraines le rapproche également dn thalictrum sylvaticum (Koch.). — La largeur des folioles l'éloigné du T. collinum (Walr.).

ANEMONE PULSATILLA (L.). — Anémone pulsatille.

A. C. — Berges crayeuses des chemins, pelouses du parc. ANÉMONE NEMOROSA (L.). — Anémone sylvie.

C. C. C. — Bois.

ADONIS AUTUMNALIS (L.). — Adonide d'automne.

R. — Champs près la ferme de Fougeon! Cette plante, qui porte le nom d'autumnalis, fleurit au premier printemps avec les Ad. oestivalis et flammea qui se trouveront probablement avec elle.

RANUNCULUS TRICOPHYLLUS (Chaix in Vill.). — Renoncule à feuilles capillaires. C. — Ruisseaux de la prairie.


280 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Le nom Tricophyllus devra probablement être remplacé par celui de Capillaceus (Thuill.). La plante de Chaix n'existant dans aucun herbier et n'ayant pu être contrôlée.

RANCNCULUS FLUITANS (Lam.). — Renoncule flottante. C. — Ruisseaux, dans la Seine.

RANUNCULUS DIVARICATUS (Schrk.). — Renoncule divariquée.

C. — Ruisseaux, dans la Seine.

Ces trois dernières espèces à fleurs blanches et à capelles ridées transversalement ont été rangées dans le genre Batrachium.

RANUNCULUS FLAMMULA (L.). —Renoncule petite flamme. C. C. — Lieux humides.

RANUNCULUS LINGUA (L.). Renoncule langue.

R. R. — Bords d'un fossé dans un petit marais près Pontsur-Seine ! (Briard.)

RANUNCULUS AURICOMUS (L.). — Renoncule tête d'or. C. C. — Bois.

RANUNCULUS ACRIS (L.). — Renoncule acre.

C. C. C. — Bois, prairies, pelouses.

Les échantillons que nous avons examinés nous ont paru se rapporter au R. vulgatus (Jordan.)

Nous avons rencontré aussi quelques échantillons plus velus que l'on pourrait peut-être assimiler au R. sylvaticus (Th.), ils sont caractérisés par leur petite dimension et la villosité assez abondante des feuilles et de la base de la tige.

RANUNCULUS REPENS (L.). —Renoncule rampante. C. C. C. — Bois, champs, jardins.

RANUNCULUS BULBOSUS (L.). — Renoncule bulbeuse. C.C. — Bois, champs. Une forme fréquente caractérisée par les macules blanches

de la face supérieure des feuilles doit être rapportée au

R. albonoevus (Jord.).

RANUNCULUS ARVENSIS (L.). — Renoncule des champs. C. — Champs.


FLORE DE PONT-SCR-SEINE. 281

FICJUUA RANUNCULOÏDES (Moench). — Ficaire. Bois ombragés, bords des fossés.

CALTHA PALUSTRIS (L.). — Populage des marais. C.C. — Prairies inondées, fossés.

HELLEBORUS FOETIDUS (L.). — Hellébore fétide. C. — Berges crayeuses du parc.

A quelque distance de Pont, dans la vallée de la Nesle, se trouve l'Helleborus occidentalis (Reuter) (H. viridis L.?).

NIGELLA ARVENSIS (L.). — Nigelle des champs. C. — Champs, moissons.

DELPHINIUM CONSOLIDA (L.). — Dauphinelle consoude. C. — Champs, moissons.

AQUILEGIA VULGARIS (L.). — Ancolie vulgaire. A. R. — Bois du parc.

Nymphéacées (D. C).

NUPHAR LUTEUM (Smith.). — Nénuphar jaune. C. — Mares de la prairie, Seine.

NYMPHOEA ALBA (L.). — Nénuphar blanc. R. — Mares de la prairie.

Papavéracées (Juss.).

PAPAVER RHOEAS (L.). — Pavot coquelicot. C. C. C. — Champs, moissons.

PAPAVER ARGEMONE (L.). — Pavot argémone. C. — Champs, jardins.

PAPAVER HYBRIDUM (L.). — Pavot hybride. A. R. — Moissons.

PAPAVER DUBIUM (L.). — Pavot douteux.

R. — Déblais de la voie ferrée, à Pont : forme à suc jaune (Papaver Lecoquii (Lmtte)?

CHELIDONIUM MAJUS (L.). — Grande éclaire. C. C. C. — Murs, jardins, décombres.


282 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Fumariées (Juss.).

FUMARIA OFFICINALIS(L.).— Fumeterre officinale. C. C. C. — Champs, moissons.

FUMARIA MICRANTHA (Lag.). — Fumeterre à petites fleurs.

R. R. — Voie ferrée, près de Pont ! grande allée ! Un seul pied à chacune des localités.

Crucifères (Juss.).

NASTURTIUM OFFICINALE (R. Br.). — Cresson de fontaine. C. — Fossés de la prairie.

NASTURTIUM AMPHIBIUM (R. Br.). — Cresson amphibie. A. C. — Fossés, bords de la Seine.

NASTURTIUM SVLVESTRE (R. Br.). — Cresson des bois. C. — Lieux humides, chemins des prés.

NASTURTIUM ASPEBUM (COSS. et Germ. — Cresson rude.

R. R. — Bords d'un champ à proximité d'un petit marais voisin du canal.

BARBAREA VULGARIS (R. Br.). — Herbe à Sainte-Barbe. C. C. — Bois, prairies.

BARBAREA STRICTA (Andrez)? — Barbarée raide.

C. — Lieux humides, bords des fossés.

Espèce qui n'est probablement qu'une forme de la précédente et presque aussi commune qu'elle. La Barbarea arcuata que l'on rencontre à Méry en est probablement une autre forme due à l'influence de la végétation.

ARABIS SAGITTATA (D. G.). — Arabette sagittée. C. — Bois. Les Arabis sagittata et hirsuta longtemps séparés comme

espèces, doivent être réunis. (Cf. Grenier, Flore de la

chaîne jurassique.)

CARDAMINE PRATENSIS (L.). — Cardamine des prés. C. C. C. — Prairies.

HESPERIS MATRONALIS (L.). — Julienne.

R. R. — Parc de Pont où cette plante paraît spontanée !


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 283

SISYMBRIUM OFFICINALE (Scop.). — Herbe aux chantres. C. C. — Bords des chemins.

SISYMBRIUM ALLIARIA (Scop.). — Alliaire. C. C. — Bois, sentiers ombragés. Plante remarquable par son odeur alliacée et contenant du

sulfure d'allyle : les autres crucifères contiennent du sulfocyanate.

sulfocyanate.

BRAYA SUPINA (Koch). — Braye couchée.

A. C. — Lieux graveleux humides de la prairie.

ERYSIMUM CHEIRANTOÏDES (L.).— Vélar, fausse giroflée. C. C. — Lieux cultivés, bois, prairies.

SINAPIS ARVENSIS (L.). — Moutarde des champs. C. C. — Champs, moissons.

SINAPIS ALBA (L.). — Moutarde blanche.

Subspontané ! fréquemment cultivé comme fourrage.

ERUCASTRUMPOLLICHII (Sch. et Spnn.). — Erucastre de Pollich. C. C. — Voie ferrée, bords des chemins.

DIPLOTAXIS MURALIS (D. C.) — Diplotaxe des murs.

Plante nouvelle pour le département, découverte par M. Briard et par moi. Nous l'avons retrouvée depuis sur la voie ferrée, à Mesgrigny, Troyes, Maisons-Blanches, Clérey, etc.

Abonde sur la voie ferrée à Pont-sur-Seine !

CALEPINA CORVINI (Desv.). — Calepine de Corvinus. C. C. C. — Champs, prés, moissons.

ISATIS TINCTORIA (L.). — Pastel. C. C. — Champs secs, arides. Variété hirsuta, I. alpina (Thuill.) R. — Voie ferrée près de Pont-sur-Seine !

SENEBIERA COBONOPUS (Poir.). — Sénébière pied de Corneille. C. — Jardin, lieux cultivés.

CAPSELLA BURSA-PASTORIS (Manch.). — Bourse de pasteur. C. C. C. — Partout.

Varie beaucoup par la taille, par la forme et les découpures des feuilles.


284 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

LEPIDIUM CAMPESTRE (BrowN). — Passerage des champs. C. C. — Bords des chemins.

Dans le parc on rencontre une forme unicaule d'aspect bizarre.

IBERIS AMARA (L.). — Ibéride amère. C. — Champs, lieux pierreux.

Notre plante se rapporte à l' Iberis arvatica (Jord.); c'est d'ailleurs la forme la plus fréquente.

THLASPI PERFOLIATUM (L.). — Thlaspi perfolié. C. — Champs, allées des bois.

EROPHILA VULGARIS (D. C). — Drave vulgaire. C. C. C. — Partout. Une des nombreuses formes élevées au rang d'espèces se

rencontre assez fréquemment, c'est l' Erophila majuscula

majuscula

ALYSSUM CALICINUM (L.). — Alysse Calicina. C. C. — Champs, lieux secs.

RAPHANISTRUM ARVENSE (Walr.). — Radis ravenelle. C. — Champs, lieux cultivés.

Cistinées (D. C).

HELIANTHEMUM VULGARE (Gaertner). — Helianthème vulgaire. C. — Parc, pelouses crayeuses.

Violariées (D. C).

VIOLA HIRTA (L.). — Violette hérissée. C. C. C. — Bois, friches. Varie à fleurs blanches.

VIOLA ODORATA (L.). — Violette odorante. C. C. — Bois. Varie à fleurs blanches. L'espèce des jardins avec laquelle

on confond souvent la V. odorata est la Viola suavis

(Jordan.)

VIOLA RIVINIANA (Reich). — Violette de Rivin. C. — Bois du parc.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 285

VIOLA REICHENBACHIANA (Jord.). Violette de Reichenbach.

C. — Mêlée à la précédente.

Ces deux espèces sont très-affines; mais elles se distinguent cependant assez facilement à la dimension de la corolle, à la forme et à la couleur de l'éperon.

On trouve quelquefois une forme de Viola reichenbachiana. rapportée à la V. nemoralis (Jordan) : la Viola nemoralis (Jord.) est une plante toute différente appartenant aux Violoe caninoe. (Lettre de Jordan à M. Briard.)

VIOLA ELATIOR (Fries). — Violette élevée.

A. C. — Prairie de Pont, marais tourbeux.

VIOLA ARVENSIS (Murray). — Pensée sauvage. C. — Champs.

Un grand nombre de formes de la Viola arvensis peuvent se rencontrer : nous avons remarqué les espèces suivantes : Viola segetalis (Jordan). — Violette des moissons. Viola ruralis (Jordan). — Violette de la campagne. Viola agrestis (Jordan). — Violette des champs. Ces formes sont très-voisines, les deux dernières surtout : on les dislingue par la distance des bractéoles à la courbure du pédoncule floral ; la forme des stipules, principalement du lobe médian, fournit également des caractères différentiels.

Résédacées (D. C).

RESEDA PHYTEUMA (L.). — Réséda raipance.

R. R. — Champs à proximité de la Belle-Allée!

RESEDA LUTEA (L.). — Réséda jaune. C. C. — Champs, décombres.

RESEDA LUTEOLA (L.). — Réséda gaude.

C. — Champs, bords des chemins, bois.

Polygalées (Jussieu).

POLYGALA VCLGARIS (L.). — Polygala commun. C. C. — Pelouses, tertres herbeux.


286 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

POLYGALA COMOSA (Schrk.). — Polygala chevelu. A. C. — Parc, pelouses.

Espèce bien distincte et facilement reconnaissable aux bractécs plus longues que les boutons floraux et donnant au sommet de l'inflorescence un aspect plumeux.

POLYGALA AUSTRIACA (Crantz). — Polygala d'Autriche.

R. R. R. — Un seul échantillon au bas de la montée de la Belle-Allée.

Silenées (D. C).

DIANTHUS PROLIFER. (L.).— OEillet prolifère. C. C. — Champs secs, friches.

SAPONARIA OFFICINALIS (L.). — Saponaire officinale. Abondant aux ruines de Fougeon.

SILÈNE CONICA (L.). — Silène conique. Voie ferrée près de Pont ! (Briard.)

SILEÇE INFLATA (Smith). — Silène enflé. C. C. C. — Partout.

La forme la plus fréquente dans notre région est la Silène brachiata (Jordan).

MELANDRIUM DIOICUM (Coss. et Germ.). — Mélandre dioïque. C. C. C. — Bois, haies, prairies.

LYCHNIS FLOSCUCULI (L.). — Lychnide fleur de coucou. C. — Marais, prairies.

AGROSTEMMA GITHAGO (L.). — Nielle des blés. C. C. — Moissons.

Alsinées (D. C).

SAGINA PROCUMBENS (L.). — Sagine couchée. A. C. — Bois du parc.

ALSINE TENUIFOLIA (Crantz). — Alsine à feuilles menues. C. — Champs, moissons.

HOLESTEUM UMBELLATUM (L.). — Holostée à Ombelles. C. C. — Bords des chemins, champs.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 287

ARENARIA SERPYLLIFOLIA (L.). — Sabline à feuilles de Serpolet. C. C. — Pieds des murs, champs.

ARENARIA LEPTOCLADOS (Gussone). — Sabline à rameaux grêles. A. C. — Mêlé au précédent.

On l'en distingue à la forme de la capsule conique non renflée, globuleuse à la base.

ARENARIA TRINERVIA (L.). — Sabline trinervée. A. C. — Bois du parc, sentiers ombragés.

STELLARIA MÉDIA (Vill.). — Stellaire moyenne. C. C. C. — Partout.

STELLARIA GRAMEVEA (L.). — Stellaire à feuilles graminées. C. — Bois ombragés.

MALACHIUM AQUATICUM (Fries). — Ceraiste aquatique. C. — Lieux humides, fossés.

CERASTIUM TRIVIALE (LINK). — Ceraiste triviale. C. C. C. — Champs, chemins.

CERASTIUM GLOMERATUM (Thuill.). — Ceraiste conglomérée. C. — Bords des sentiers sablonneux.

CERASTIUM BRACHYPETALUM (Desportes). — Ceraistes à courts pétales. R. — A l'extrémité du parc, le long des murs. Trouvé par M. Des Etangs, en 1843 ; retrouvé par nous en 1877.

CERASTIUM SEMIDECANDRUM (L.). — Ceraiste à cinq étamines. A. R. — Bords de la Belle-Allée, mêlé au suivant.

CERASTIUM GLUTINOSUM (Fries). — Ceraiste glutineux. C. — Champs, etc.

CERASTIUM ARVENSE (L.). — Ceraiste des champs. C. — Bords des chemins, champs.


288 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Linées (D. C).

LINUM TENUIFOLIUM (L.). — Lin à feuilles ténues.

A. R. — Pelouses crayeuses. LINUM CATHARTICUM (L.). — Lin purgatif.

C. — Prés, bords des bois.

Malvacées (R. Br.).

MALVA ALCEA (L.). — Mauve alcée.

A. C. — Bois du parc. MALVA SYLVESTRIS (L.). — Mauve des bois.

C. C. — Bois, champs, haies. MALVA ROTUNDIFOLIA (L.). — Mauve à feuilles rondes.

C. C. C. — Champs, bords des chemins.

Hypéricinées (D. C).

HYPÉRICUM PERFORATUM (L.). — Millepertuis perforé.

C. G. C. — Bois, champs, prairies. HYPÉRICUM LINEOLATUM (Jord.). — Millepertuis linéolé.

Aussi fréquent que le précédent, dont il diffère par les pétales marqués de lignes noires.

HYPÉRICUM PULCHRUM (L.). — Millepertuis élégant.

R. — Bois, près des petites mares. HYPÉRICUM TETRAPTERUM (Fries). — Millepertuis à quatre ailes.

C. — Prés humides, bois. HYPÉRICUM DES ETANGsn(Lmtte).—Millepertuis de Des Etangs. A. C. — Marais, prairies humides. Espèce longtemps confondue avec le H. quadrangulum L. qui habite les montagnes et en diffère par des sépales largement obtus. Espèce distinguée depuis longtemps par M. Des Etangs. Peut être le nom princeps de cette plante est-il Hypéricum intermedium (Bellynck). Nous avons vu cette espèce dans le riche herbier de M. Gaudefroy, à Paris, et nous y rapportons la plante de M. Lamotte.

HYPÉRICUM HIRSUTUM (L.). — Millepertuis velu. C. — Bois, bords des sentiers.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 289

Tiliacées (D. C).

TILIA PLAHYPHILLOS (Scop.) — Tilleul à larges feuilles. Spontané? planté dans les bois, les avenues.

Acérinées (D. C).

ACER PSEUDO-PLATANUS. (L.). — Erable sycomore. Planté dans les bois.

ACER PLATANOÏDES (L.). — Erable plane. Planté avec le précédent.

ACER CAMPESTRE (L.). — Erable champêtre. A. C. — Bois du parc. La variété à coques velues (hebecarpum) y existe seule.

Géraniacées (Juss.).

GÉRANIUM ROBERTIANUM (L.) — Géranion herbe à Robert. C. C. — Lieux frais, bois ombragés. Plante prenant une teinte rouge foncée quand elle croît dans des lieux secs.

GERANIUM ROTUNDIFOLIUM (L.).— Géranion à feuilles rondes. C. — Bords des chemins, champs.

GERANIUM DISSECTUM (L.). — Géranion disséqué. A. R. — Prairies, terres remuées.

GÉRANIUM COLUMBINUM (L.). — Géranion colombin. C. C. — Jardins, champs.

GERANIUM MOLLE (L.). — Géranion mou. C. C. — Champs, bords des chemins.

GÉRANIUM PUSSILLUM (L.). — Géranion petit.

C. C. — Mêlé souvent au précédent qui s'en distingue à ses carpelles ridés, glabres, et à l'odeur d'encre de Chine (légè. rement musquée) qu'il exale quand on le froisse.

ERODIUM CICUTARIUM (L'Hérit.). — Erodium cicutaire. C. C. — Partout. Un assez grand nombre de formes existent dans cette planta;

T. XLIII. 19


290 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

la plus commune chez nous est Erodium triviale (Jordan); l' Erodium proecox (Cav.) n'est que la plante encore non développée.

Célastrinées (R. Br.).

EVONYMUS EUROPJEUS (L.). — Fusain d'Europe. C. C. — Bois.

Le charbon de cet arbrisseau et celui du Rhamnus frangula (bourdaine) sont employés pour la fabrication de la poudre à canon.

Rhamnées (R. Br).

RHAMNUS CATHARTICUS (L.). — Nerprun purgatif. C. — Bois.

RHAMNUS FRANGULA (L.). — Nerprun bourdaine. C. C. — Haies, jeunes taillis.

Papilionacées (L.).

GENISTA TINCTORIA (L.). — Genêt des teinturiers. C. C. — Bois, prairies.

CYTISUS LABURNUM (L.). — Cytise faux ébénier. Spontané ? planté dans le parc.

ONONIS CAMPESTRIS (Koch et Lit.). — Bugrane champêtre. A. C. — Bords des chemins des prés.

ONONIS REPENS (L.). — Bugrane rampante. CC. — Champs, bords des chemins.

ANTHYLLIS VULNERARIA (L.). — Anthyllide vulnéraire. C. C. — Champs, friches.

MEDICAGO SATIVA (L.). — Luzerne cultivée. C. C. — Semée partout, spontanée?

MEDICAGO FALCATA. (L.). —Luzerne en faucilles. C. — Bords des champs et des chemins.

MEDICAGO LUPULINA (L.). — Luzerne lupuline. C. — Bords des chemins.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 291

MELILOTUS ARVENSIS (Walr.) — Mélilot des champs. A. C. — Champs, bords des prés.

MELILOTUS ALTISSIMA (THUILL.).— Mélilot élevé. A. C. — Lieux frais, bois.

Sous ce nom on a souvent confondu trois espèces : Melilotus palustris (Kit.), M. Macrorhiza (Wet. K.) et M. altissima (Thuill.). Nous sommes indécis sur la dénomination exacte de l'espèce qui nous occupe et nous nous proposons de l'étudier.

TRIFOLIUM pratense (L.). — Trèfle des prés. C. C. — Bois, prés, bords des chemins. Le trèfle cultivé est le T. salivum (Reich.); il est plus robuste à tige sillonnée, fistuleuse.

TRIFOLIUM FRAGIFERUM (L.). — Trèfle fraisier. C. — Bords des chemins.

TRIFOLIUM REPENS (L.). —Trèfle rampant. C. C. — Partout.

TRIFOLIUM CAMPESTRE (Schrb.). — Trèfle des champs. C. — Bords des chemins du bois.

Une forme voisine se trouve quelquefois mêlée, c'est le T. pseudo-procumbens (Gmel.), reconnaissable à ses fleurs pâles, à capitules dont le pédoncule dépasse la feuille.

TRFFOLIUM MINUS (Helhan). — Trèfle petit. C. — Prés, bords des chemins herbeux.

LOTUS CORNICULATUS (L.). — Lotier corniculé. C. C. C. — Partout. Plante polymorphe.

LOTUS TENUIFOLIUS (Rchb.). — Lotier à feuilles ténues. A. C. — Prairies humides.

COLUTEA ARBORESCENS (L.). —Baguenaudier.

Planté dans le parc ; peut être spontané en certains points restreints.

ASTRAGALUS GLYCYPHYLLOS (L.). Astragale réglisse, A. R. — Bois ombragés du parc.


292 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

CORONILLA VARIA (L.). — Coronille variée. C. C. — Sentiers, bois.

HIPPOCREPIS COMOSA (L.). — Hippocrépide en tête. C. — Friches calcaires.

ONOBRYCHIS SATIVA (Lam.). — Sainfoin cultivé.

C. C. — Spontané le long des chemins et cultivé.

ERVUM LENS (L.). — Lentille. Cultivé fréquemment.

ERVUM HIRSUTUM (L.).— Ers hérissé. C. — Bois, buissons.

VICIA TETBASPERMA (Moench.). — Vesce à quatre graines. C. — Bois, buissons.

VICIA CRACCA (L.). — Vesce cracca. C. C. — Bois, prés, champs. La forme à feuilles argentées est la V. incana (Th.), V. Gerardi (Saint-Hilaire.)

VICIA SATIVA (L.). — Vesce cultivée.

C. C. — Cultivée, spontanée le long des chemins.

VICIA ANGUSTIFOLIA (Host.). — Vesce à feuilles étroites.

Parmi les nombreuses formes, nous avons remarqué les suivantes qui croissent à Pont : Vicia Forsteri (Jord.). Vicia uncinata (Desv.).

Godron a proposé (avec raison) de réunir toutes ces formes sous le nom de Vicia polymorpha (God.).

VICIA SEPIUM (L.). — Vesce des buissons. C. C. — Bois.

LATHYRUS SATIVUS (L.). — Gesse cultivée. Souvent semée.

LATHYRUS PRATENSIS (L.). — Gesse des prés. C. C. — Prairies, buissons.

LATHYRUS SYLVESTRIS (L.). — Gesse sauvage.

R. — Montée de la Belle-Allée, vers le sommet.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 293

LATHYRUS PALUSTRIS (L.). — Gesse des marais.

R. — Petit marais le long de la voie ferrée ! (Briard.)

OROBUS TUBEROSUS (L.). — Orobe tubéreux. C. C. — Bois, buissons.

Amygdalées (Juss.).

PRUNUS SPINOSA. (L.). — Prunier prunellier. C. C. C. — Bords des bois, taillis.

PRUNUS DOMESTICA (L.). — Prunier domestique. Naturalisé dans les taillis du parc.

PRUNUS INSITITIA (L.). — Prunier sauvage. R. — Bois du parc.

M. Lamotte a récemment démembré la P. insititia. Peutêtre avons-nous ici la Prunus rustica (Lmtte) ?

CERASUS AVIUM (Moench). — Merisier. Planté dans les bois.

CERASUS VULGARIS (Mill.). — Cerisier. Naturalisé dans les bois.

CERASUS MAHALEB (L.). — Cerisier de Sainte-Lucie. C.— Coteaux et friches calcaires du parc. Peut-être trouverons-nous le Prunus fruticans (Weche) qui diffère du Prunus spinosa par la grosseur de la Prunelle?

Rosacées (Jussieu).

SPIR.EA ULMARIA (L.). — Spirée ulmaire. C, C. — Prairies humides.

GEUM URBANUM (L.). — Benoîte. C. — Bois, buissons.

RUBUS CESIUS (L.). —Ronce bleuâtre. C. — Bois, buissons, prairies.

RUBUS FRUTICOSUS (L.). — Ronce frutescente. C. — Bois, buissons.

RUBUS DISCOLOR (Weihe et Nees). — Ronce discolore. C. — Bois, buissons.


294 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Ces deux espèces sont devenues le point de départ d'un nombre considérable d'espèces dont quelques-unes se trouvent certainement dans notre région : ces formes sont très-affines et la distinction en est très-difficile.

FRAGARIA VESCA (L.). — Fraisier. C. C. — Bois.

FRAGARIA ELATIOR (Ehrht.). — Fraisier élevé.

R. — Bords des allées dans le parc de Pont !

FRAGARIA COLLINA (Ehrht.). — Fraisier des collines. R. — Collines calcaires à l'extrémité du parc!

POTENTILLA FRAGARIASTRUM (Ehrht.). — Potentille fraisier. R. — Taillis, bords des allées du parc!

POTENTILLA VERNA (L.). — Potentille printannière. C. — Bords des chemins, lieux arides.

POTENTILLA REPTANS (L.). —Potentille quintefeuille. C. C. — Bords des chemins.

POTENTILLA TORMENTILLA (Nestl.). — Tormentille. C. — Prairies, marais.

POTENTILLA ARGENTEA (L.). — Potentille argentée.

R. — Bords des allées qui aboutissent au sommet de la Belle-Allée.

Espèce subdivisée en un certain nombre d'autres, par Jordan; la nôtre est probablement P. argentata (Jordan).

POTENTILLA ANSERINA (L.). — Ansérine.

C. C. — Fossés des routes, bords des chemins.

AGRIMONIA EUPATORIUM (L.). — Aigremoine. C. — Prairies, bois ombragés.

ROSA CANINA (L.). — Rose des chiens. C. — Buissons, bois.

Parmi les espèces qui en ont été tirées, nous avons distingué : Rosa lutetiana (Lehman). C.—Feuilles simplement dentées. Rosa dumalis (Borsk). C. C. — Feuilles sur-dentées. Rosa andegavensis (Desv.). R. R. — Pédoncules glanduleux.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 295

ROSA DUMETORUM (Thuillier). — Rose des buissons. C. — Buissons, haies. Formes principales : Rosa obtusifolia A. C. Rosa urbica A. C.

ROSA SEPIUM (Thuillier). — Rose des haies. C. — Haies, bois.

Formes principales : Rosa agrestis (Savi) C. C. C'est probablement le type mal développé.

ROSA RUBIGINOSA (L.). — Rosier rouillé. C. — Bois, haies, coteaux, calcaires. Formes principales : Rosa umbellata (Leen) C. C. Rosa comosa (Ripart) C.

ROSA TOMENTOSA (Smith). — Rose tomenteuse. R. R. — Bois, taillis.

La forme que nous avons trouvée a été soumise au savant monographe des Roses, le Dr Ripart, qui y a reconnu son Rosa pellita.

Pomacées (Lindley).

CRATAEGUS MONOGYNA (Jacq.). — Aubépine monogyne. C. C. — Haies, buissons, bois.

CRATJEGUS OXYACANTHOÏDES (Thuill.). — Aubépine digyne.

Plus rare que l'espèce précédente dont elle se distingue par ses feuilles vert sombre, moins découpées; ses fruits plus gros, à deux noyaux ; par la présence de deux styles.

PYRUS PYRASTER (L.). — Poirier sauvage. R. Bois du parc.

SORBUS ARIA (Crantz). — Sorbier allouchier. C. — Coteaux calcaires, bois. Le fruit arrivé à maturité est comestible. Cette espèce est devenue le type du genre Aria qui comprend les Aria nivea (Sorbus aria), latifolia, Hostii, etc.

Onagrariées (Jussieu).

EPILOBIUM HIRSUTUM (L.). — Epilobe velu. C. C. — Bords des fossés humides, bois.


296 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

EPILOBIUM PARVIFLORUM (Schr.). — Epilobe à petites fleurs. C. C. — Avec le précédent.

EPILOBIUM MONTANUM (L.). — Epilobe des montagnes. R. R. — Bois.

EPILOBIUM TETRAGONUM. (L.). — Epilobe tétragone. C. — Bois, bords des allées.

Haloragées (R. Br.).

MYRIOPHYLLUM VERTICILLATUM (L.). Myriophille verticillé. C. — Marais, pièces d'eau du château,

MYRIOPHYLLUM SPICATUM (L.). Myriophille à épis. A. C. — Avec le précédent.

Hippuridées (Link.).

HIPPURIS VULGARIS (L.). — Pesse commune. C. — Fossés de la prairie, lieux fangeux.

Callitrichinées (Link.).

CALLITRICHE STAGNALIS (Scop.). Callitriche aquatique. C. C. — Fossés, mares.

Grenier réunit avec raison à cette espèce le Callitriche platycarpa (Kutz.), qui n'en diffère que par des caractères insignifiants.

Lytiirariées (Jussieu).

LYTHRUM SALICARIA (L.).— Salicaire. C. C. — Bords des fossés.

PEPLIS PORTULA (L.). Péplide pourpier.

R. R. — Mares et chemins humides du bois de Pont!

Cucurbitacées (Jussieu).

BRYONIA DIOÏCA (Jacq.). — Bryone dioïque. C. C. — Haies, bois.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 297

Paronychiées (A. de Saint-Hilaire).

HERNIARIA GLABRA (L.). — Turquette. C. — Bords des chemins.

Crassulacées (D. C).

SEDUM TELEPHIUM (L.).— Orpin reprise. R. — Bois ombragés, parc de Pont !

SEDUM ALBUM (L.). — Orpin blanc. C. — Lieux arides, vieux murs.

SEDUM ACRE (L.). — Orpin brûlant. C. C. C. — Lieux secs, murs.

SEDUM SEXANGULARE (L.). — Orpin à six angles.

R. R. — Champs à proximité du canal et des marais !

Espèce voisine de la précédente, mais bien distincte par la forme des feuilles cylindriques, non épaissies, prolongées à la base en un éperon obtus. La plante fleurit plus tard et les fleurs sont d'un jaune plus foncé.

Grossulariées (D. C).

RIBES RUBRUM (L.). — Groseillier rouge. Naturalisé dans les bois du parc !

RIBES UVA-CRISPA (L.). — Groseillier épineux.

Naturalisé sur les ruines du château de Fougeon !

Saxifragées (Ventenat).

SAXIFRAGA TRIDACTYLITES (L.). — Saxifrage tridactyle. C. C. — Lieux secs, murs.

Ombellifères (Jussieu).

HYDROCOTYLE VULGARIS. (L.). — Hydrocotyle vulgaire. C. — Marais, prairies humides.

ERYNGIUM CAMPESTRE (L.). — Panicaut.

C. C. — Lieux secs, bords des chemins.


298 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

HELOSCIADIUM NODIFLORUM (Coch.). — Helosciadie nodiflore. C. — Fossés aquatiques, marais.

Dans les marais de Pars, entre Romilly et Pont, croît le Helosciadium repens en compagnie du Peucedamm palustre.

PIMPINELLA MAGNA (L.). — Boucage grand. A. C. — Bois ombragés, prairies.

PIMPINELLA SAXIFRAGA (L.). — Boucage saxifrage. C. C. — Bords des chemins, friches arides.

SIUM LATIFOLIUM (L.). — Berle à larges feuilles. R. —Marais de Pont-sur-Seine ! (Briard.)

SIUM ANGUSTIFOLIUM (L.). — Berle à feuilles étroites.

R. — Bords des rivières, fossés dans la prairie! (1872!)

BUPLEVRUM FALCATUM (L.). —Buplèvre en faux. C. — Lieux secs, haies, bords des chemins.

OENANTHE PHELLANDRIUM (Lam.). — Phellandrie aquatique. C. — Fossés submergés, Seine, canal.

OENANTHE FISTULOSA (L.). — OEnante fistuleuse. C. — Fossés, marais.

OENANTHE PEUCEDANIFOLLA (Pollich.). — OEnanthe peucédan. A. C. — Prairies humides.

OENANTHE LACHENALII (Gmelin). — OEnanthe de Lachenal. A. C. — Prairies. Fleurit plus tard que l'espèce précédente.

OETHUSA CYNAPIUM (L.). — OEthuse des chiens. C. C. — Champs, jardins.

FOENICULUM OFFICINALE (All.). — Fenouil.

R. — Naturalisé : parc de Pont, Fougeon.

SESELI MONTANUM (L.) — Seseli de montagne. C. — Friches, bords des chemins.

SILAUS PRATENSIS (Bessen). — Silaûs des prés. C. — Prairies humides.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 299

ANGELICA SYLVESTIUS (L.). — Angélique sauvage. A. C. — Bois, prairies fraîches.

PEUCEDANUM ALSATICUM (L.). — Peucedan d'Alsace. R. — Abondant dans le parc de Pont !

PASTINACA PRATENSIS (Jordan). — Panais des prés. C. — Bords des sentiers, prairies, bois.

HERACLEUM SPONDYLIUM (L.). — Berce. C. — Prés, bois.

DAUCUS CAROTA (L.). — Carotte commune. C. — Bords des chemins, prés, champs.

TORILIS ANTHRISCUS (Gmel.). — Tordis des haies. C. — Haies, bords des bois. .

TORILIS HELVETICA (Gmel.). — Torilis de Suisse. C. C. — Champs, haies.

Dans les haies se trouve une forme développée, c'est la forme anthriscoîdes.

SCANDIX PECTEN-VENERIS (L.). — Scandix peigne-de-Vénus. C. C. — Moissons, champs.

ANTRISCUS VULGARIS (Vens.). — Anthrisque vulgaire. C. — Bords des haies, murs.

CHOEROPHYLLUM TEMULUM. (L.). — Cerfeuil enivrant. C. — Bois, haies, murs.

CONIUM MACULATUM (L.). — Ciguë tachetée.

C. C. — Jardins, bois, haies, cours des habitations.

Araliacées (Jussieu).

HEDERA HELIX (L.). Lierre.

C. C. — Bois, vieux murs.

Cornées (D. C).

CORNUS SANGUINEA(L.). — Cornouiller sanguin. C. C. — Bois, haies.


300 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Loranthées (Don.).

VISCUM ALBUM (L.). — Gui de chêne.

C. C. — Sur un grand nombre d'arbres. Malgré toutes nos recherches nous n'avons pu découvrir sa présence sur le chêne.

Caprifoliacées (Rich.).

SAMBUCUS EBULUS (L.). —Sureau yèble. C. — Bords des chemins du parc.

SAMBUCUS NIGRA. (L.). — Sureau. C. C. — Haies.

VIBURNUM LANTANA. (L.). — Viorne lantane. A. C. — Bois, taillis.

VIBURNUM OPULUS (L.). — Viorne obier. C. C. — Bois, taillis.

LONICERA CAPRIFOLIUM (L.). — Chèvrefeuille. C. — Bois, taillis.

LONICERA XYLOSTEUM (L.). — Chèvrefeuille des buissons. C. — Bois, taillis.

Rubiacées (Rich.).

SHERARDIA ARVENSIS (L.). — Shérarde des champs. C. C. — Champs, moissons.

ASPERUTA CYNANCHICA (L.). —Aspérule à l'esquinancie. C — Pelouses sèches, friches.

GALIUM CRUCIATUM (Scop.). — Croisette. C. C. — Haies, prairies.

GALIUM APARINE (With.). — Gaillet grateron. C. C. — Haies, buissons.

GALIUM PARISFENSE (L.). — Gaillet de Paris. A. C. — Champs, moissons.

GALIUM PALUSTRE (L.). — Gaillet des marais. C. — Marais, prairies humides.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 301

GALIUM ELONGATUM (Presl.). — Gaillet allongé. A. C. — Marais de Pont-sur-Seine ! (Briard.)

GALIUM VERUM (L.). — Gaillet vrai. C. C. — Prairies, bois.

GALIUM ERECTUM (Hudson). — Gaillet dressé.

C. C. C. — Prairies, bords des chemins, buissons. Cette espèce comprend probablement le Galium album (Lam.).

GALIUM LAEVE (Thuill.). — Gaillet lisse.

A. R. — Bords des chemins calcaires du parc ! Forme glabre du Galium sylvestre (Pollich.). — La forme velue est le Galium Bocconi (All.).

Valérianées (D. C).

VALERIANA OFFICINALIS (L.). — Valériane officinale. C. C. — Prairies humides.

VALERIANA DIOÏCA. (L.). — Valériane dioïque. A. C. — Marais, prés humides.

VALERIANELLA OLITARIA (Pollich.). — Valérianelle potagère. C. C. — Champs, jardins.

VALERIANELLA MORISONII (D. C). — Valérianelle de Morison. C. C. — Champs, jardins.

La forme à fruits hispides, V. mixta (Dufr.) est aussi commune que le type.

Dipsacées (D. C).

DIPSACUS SYLVESTRIS (Miller). — Cardère sauvage. C. — Bois, bords des chemins.

KNAUTIA ARVENSIS (Coulter). — Knautie des champs. C — Champs, pelouses.

KNAUTIA INDIVISA (Bor.). — Knautie indivise.

R, — Pelouses du parc, en montant à la Belle-Allée I


302 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

SUCCISA PRATENSIS (Mcench). — Scabieuse des prés. C. — Prés, marais.

SCABIOSA COLUMBARIA (L.). — Scabieuse colombaire. C. — Pelouses sèches. Notre plante correspond au Scabiosa permixta (Jord.).

Composées (Adanson).

EUPATORIUM CANNABINUM (L.). — Eupatoire chauvrin. C. C. — Bords des eaux.

TUSSILAGO FARFARA (L.). — Tussillage pas-d'âne. C. — Lieux humides.

ERIGERON ACRE (L.) — Erigéron acre.

C. — Lieux secs, bords des chemins.

SOLIDAGO VIRGA-AUREA (L.). — Verge d'or. C. — Bois du parc de Pont.

INULA CONYZA (D. C). — Aunée conyse. A. C. — Bois, bords des chemins.

INULA SAUCINA (L.). — Aunée à feuilles de saule. C. C. — Prairies.

INULA BRITANICA (L.). — Aunée britanique.

A. R. — Prairies des bords de la Seine.

Le mot britanica ne signifie point britannique ; c'est la traduction du mot ^oiTct-jam qui signifie aunée dans Dioscoride.

INULA DYSSENTERICA. (L.) — Aunée dyssentérique. C. C. — Prairies.

PULICARIA VULGARIS (Gaert.). — Pulicaire.

R. — Pont-sur-Seine, promenades près le moulin !

BELLIS PERENNIS (L.). — Pâquerette vivace.

C. C. C. — Prairies, bois, bords des chemins.

BIDENS TRIPARTITA (L.). — Bident trifide. C. C. — Fossés, bords des eaux.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 303

ANTHÉMIS COTULA (L.). — Camomille puante. C. — Champs, bords des chemins.

ANTHÉMIS ARVENSIS (L.). — Camomille des champs. C. — Champs, moissons.

ACHILLEA MILLEFOLIUM (L.). — Millefeuille. C. C. — Bords des chemins.

ACHILLEA PTARMICA(L.). — Ptarmique. C. C. — Prairies.

LEUCANTHEMUM VULGARE (Lam.). — Leucanthème commun. C. C. — Prairies, bois.

MATRICARIA CHAMOMILLA (L.). — Matricaire camomille. C. — Champs.

MATRICARIA INODORA (L.). — Matricaire inodore. C. — Champs.

ARTEMISIA VULGARIS (L.). — Armoise.

C. C. — Bords des chemins, bois, prairies.

GNAPHALIUM ULIGINOSUM. (L.).— Gnaphale des fanges. C. — Lieux humides.

FILAGO SPATHULATA (Presl.). — Cotonnière spathulée. C. — Champs, moissons.

SENECIO VULGARIS. (L.).— Seneçon commun. C C. C. — Lieux cultivés, champs.

SENECIO ERUCIFOLIUS (L.). — Seneçon à feuille de roquette. A. C. — Bois, haies, prairies.

SENECIO JACOB.«A (L.). — Seneçon Jacobée. C. C. C. — Prairies, bois.

SENECIO PALUDOSUS. (L.). — Seneçon des marais. A. C. — Marais, bords de la Seine.

CARLINA VULGARIS (L.). — Carline commune. C. — Bords des chemins.

CENTAUREA JACEA (L.).— Jacée. C. C. — Prairies, bois.


304 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Une forme automnale à écailles blanchâtres est peut-être Centaurea Duboisii (Bor.).

CENTAUREA CYANUS (L.). — Bleuet. C.C. — Moissons.

CENTAUREA SCABIOSA (L.). — Centaurée scabieuse. C. — Moissons, champs.

CENTAUREA CALCITRAPA (L.). — Centaurée chausse-trape. C. C. — Champs, bords des chemins.

ONOPORDON ACANTHIUM (L.).— Onoporde acanthe. C. — Bords des chemins.

CARDUUS CRISPUS (L.). — Chardon crépu.

A. C. — Lieux incultes, bords des haies.

CARDUUS NUTANS (L.). — Chardon penché. C. C. — Champs, bords des chemins.

CIRSIUM PALUSTRE (Scop.). — Cirse des marais. C. — Marais.

CIRSIUM LANCEOLATUM (Scop.). — Cirse lancéolé. C. C. — Haies, bois, prairies.

CIRSIUM ACAULE (All). — Cirse acaule. C. — Pelouses, bords des chemins. La forme à tige développée est le Carduus Roseni (Villars).

CIRSIUM BULBOSUM (D. C). — Cirse bulbeux. A. C. — Marais, prairies humides.

CIRSIUM ANGLICUM (HUOS). — Cirse d'Angleterre. C. — Prairies humides, marais.

CIRSIUM ARVENSE (Lam.). — Cirse des champs. C. C. C. — Champs, bords des chemins.

LAPPA MINOR (D. C). — Bardane petite. C. C. — Bords des chemins, bois.

SERRATULA TINCTORIA (L.). — Sarrète des teinturiers. R. — Bois du parc de Pont-sur-Seine !


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 305

LAMPSANA COMMUNIS (L.). — Lampsane commune. C. C. — Lieux cultivés, champs, haies.

CICHORIUM INTYBUS(L.). — Chicorée sauvage. C. C. — Bords des chemins.

THRLNCLA HIRTA (Roth.). — Thrincie hérissée. C. C. — Bords des chemins, pelouses.

LEOTODON AUTUMNALIS (L.). Liondent d'automne. C. — Bords des chemins, prairies.

LEOTODON HISPIDUS (L.) — Liondent hispide. C. — Prés, pâturage, bois.

TRAGOPOGON PRATENSIS (L.). — Tragopogon des prés. A. C. — Prairies.

TRAGOPOGON ORIEMTALIS (L.). — Tragopogon d'Orient. Mêlé au précédent et plus commun, que lui.

SCORZONERA PLANTAGINEA (Schl.). — Scorzonère à feuilles de plantain. A. C. — Marais, prairies.

PICRIS HIERACIOÏDES (L.). — Picride épervière. C. — Bords des chemins, champs arides.

LACTUCA PERENNIS (L.). — Laitue vivace. C. — Moissons, champs d'avoine.

LACTUCA SCARIOLA (L.). — Laitue scariole. C. — Lieux arides, bords des chemins.

LACTUCA VIROSA. (L.). — Laitue vireuse.

R. R. — Trouvé par M. Des Etangs, à Pont-sur-Seine (1833).

LACTUCA SALIGNA (L.). — Laitue saulière. A. C. — Lieux arides, champs secs.

TARAXACUM OFFICINALE (Wigg.). — Pissenlit officinal. C. C. — Champs, prairies.

TARAXACUM LOEVIGATUM (D. C). — Pissenlit lisse. C. — Bords des chemins.

r. ILIII. 20


306 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Le Taraxacum erythrospermum (Andrz.) n'en est qu'une forme à fruits de couleur rouge brique.

BARKHAUSIA FOETIDA (D. C). — Barkhausie fétide. C. C. — Champs.

BARKHAUSIA TARAXACIFOLIA (D. C). — Barkhausie à feuilles de taraxacum. C. — Prairies, bords des chemins.

CRÉPIS VIRENS (D. C). — Crépide verdâtre. C. C. — Prairies, jardins.

CRÉPI D PINNATIFIDA (Will.). — Crépide pinnatifide.

C. — N'est probablement qu'une forme diffuse du précédent.

CRÉPIS BIENNIS (L.) — Crépide bisannuelle. A. C. — Prairies humides.

SONCHUS OLERACEUS (L.). — Laitron des cultures. C. C. — Champs, lieux cultivés.

Une forme à feuilles profondément pinnatipartites est le Sonchus lacerus (Will.).

SONCHUS ASPER (Vill.). — Laitron épineux. C. — Lieux cultivés, champs.

SONCHUS ARVENSIS (L.). — Laitron des champs. C. — Champs, jardins, prairies.

Sur le bord des eaux, la plante acquiert une grande dimension et a été souvent prise pour le Sonchus palustris que l'on rencontre aux environs de Paris.

HIERACIUM PILOSELLA (L.). — Piloselle.

C. C. C. — Champs secs, bords des chemins.

HIERACIUM MURORUM (L.). — Epervière des murailles. A. C. — Bois.

HIERACIUM SVLVATICUM (L.). — Epervière des forêts.

A. C. — Bois.

Ces deux plantes sont devenues la souche d'un nombre considérable d'espèces entre les mains de Jordan et de Bureau. — Les caractères de ces plantes sont parfois insaisissables et peu faciles à exprimer.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 307

HIERACIUM UMBELLATUM (L.). — Epervière ombellée. C. — Bois, bords des sentiers.

Campanulacées (Jussieu).

CAMPANULA GLOMERATA (L.). —Campanule agglomérée. C. — Friches, lieux arides.

CAMPANULA TRACHELIUM (L.). — Campanule gantelée. R. — Bois du parc de Pont !

CAMPANULA RAPUNCULUS (L.). — Campanule Raiponce. R. — Bois du parc de Pont !

CAMPANULA ROTUNDIFOLIA (L.). — Campanule à feuilles rondes. C. C. — Lieux secs, pelouses herbeuses.

SPECULARIA SPÉCULUM (Al. D. C). — Spéculaire miroir. C. C. — Champs, moissons.

SPECULARIA HYBRIDA (AI. D. C). — Spéculaire hybride. A. C. — Champs, moissons.

Ericinées (D. C).

CALLUNA VULGARIS (Salis.). — Bruyère commune. C. — Bois de Pont !

Monotropées (Nuttal).

MONOTROPA HYPOPITYS (L.).— Sucepin.

A. C. — Au pied des sapins, dans le parc !

Oléacées (Lindley).

LIGUSTRUM VULGARE (L.). — Troëne commun. C. C. C. — Bois, taillis.

FRAXINUS EXCELSIOR (L.). — Frêne élevé.

C. — Bois, taillis.

Le Syringa vulgaris, le Lilas, est naturalisé sur les vieux murs de Fougeon : il en existe des pieds assez volumineux.


308 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Asclépiadées (R. Br.).

VINCETOXICUM OFFICINALE (Moench.). — Dompte-venin. C. — Bois du parc de Pont!

Apocynées (R. Br.).

VINCA MINOR (L.). —Petite pervenche. A. C. — Bois du parc de Pont!

Gentianées (Jussieu).

ERYTHRAEA CENTAURIUM (Pers.). — Grande centaurée. C. — Bois du parc de Pont !

ERYTHRAEA PULCHELLA (Fries). — Petite centaurée. A. C. — Lieux humides, prairies.

GENTIANA CRUCIATA (L.). — Gentiane croisette. R. — En montant à la Belle-Allée !

GENTIANA PNEUMONANTHE (L.). — Gentiane pneumonanthe. R. — Prairies, marais de Pont !

GENTIANA GERMANICA (Wild.). — Gentiane d'Allemagne. R. — Pelouses sèches du parc de Pont !

MENYANTUES TRIFOLIATA (L.). — Trèfle d'eau.

R. R.— Lieux humides submergés dans la prairie de Pont !

Convolvulacées (Jussieu).

CONVOLVULUS ARVENSIS (L.). — Liseron des champs. C. C. — Champs, bois.

CALYSTEGIA SEPTOM (R. Br.). — Calystégie des haies. C. — Haies, bois.

CUSCUTA MINOR (D. C.). — Cuscute petite.

C. — Sur les bruyères et sur beaucoup d'autres plantes.

Borraginées (Jussieu).

HELIOTROPIUM EUROPaeUM (L.).— Héliotrope d'Europe. C. — Champs, jardins.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 309

CYNOGLOSSUM OFFICINALE (L.). — Cynoglosse officinale. R. — Bois du parc !

SYMPHYTUM OFFICINALE (L.). — Grande consoude. C. C. — Prairies humides.

ECHIUM VULGARE (L.). — Vipérine commune. C. C. — Champs, lieux secs. L'Echium Wierzbickii (Rchb) n'est qu'une forme parviflore à étamines incluses. — On la trouve mêlée au type dans les lieux arides.

LITHOSPERMUM ARVENSE (L.). — Grémil des champs. C. C. — Champs, murs.

LITHOSPERMUM OFFICINALE. (L.). — Grémil officinal. A. C. — Bois du parc !

LITHOSPERMUM PURPUREO-COERULEUM (L.). — Grémil violet. R. R. — Bois du parc! à proximité du château.

PULMONARIA TUBEROSA (Schrk.). — Pulmonaire tubéreuse.

A. C. — Bois du parc !

La Pulmonaria tuberosa doit rentrer dans le P. angustifolia, au même rang que les Pulmonaria ovalis et longifolia.

MYOSOTIS PALUSTRIS (With.). — Scorpione des marais. C. C. — Lieux humides, bords des eaux.

MYOSOTIS INTERMEDLV (Link.). — Scorpione intermédiaire. C. C. — Champs, bois.

Dans les champs, la plante est diffuse ; dans les bois, elle prend de grandes dimensions (M. umbrata).

MYOSOTIS HISPIDA (Schtt). — Scorpione hispide. R. — Bois du parc !

MYOSOTIS VERSICOLOR (Pers). — Scorpione changeante. A. C. — Bois du parc ! Mêlé au précédent.

Solanées (Jussieu).

SOLANUM NIGRUM (L.). — Morelle noire. R. — Places à charbon dans le bois !


310 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

SOLANUM DULCAMARA. (L.). — Douce amère. C. C. — Bois, bords des eaux.

HYOSCYAMUS NIGER (L.). — Jusquiame noire.

A. C. — Bords des chemins, en allant à Fougeon !

ATROPA BELLADONA (L.). — Belladone.

R. — Coteaux calcaires ombragés du parc !

Verbascées (Bartling).

VERBASCUM SCHRADERI (Meyer). — Molène de Schrader. A. C. — Bois, bords des chemins.

VERBASCUM THAPSIFORME (Schrader).—Molène faux-thapsus. C. — Champs, bords des chemins, bois.

VERBASCUM THAPSO-NIGRUM (Schied.). — Molène des collines. Un seul pied au milieu des parents, le long du canal qui entoure le potager du château de Pont ! (1877).

VERBASCUM LYCHNITIS (L.).— Molène lychnite. A. C. — Bois du parc!

VERBASCUM NIGRUM (L.)— Molène noire.

R. — Potager du château ! bords des eaux.

VERBASCUM BLATTARIA (L.). — Molène blattaire. A. C. — Prairies.

Scrophularinées (R. Br.).

VERONICA SCUTELLATA (L.). — Véronique à écussons. A. C. — Marais, lieux humides.

VERONICA ANAGALLIS (L.).— Véronique mouron. C. — Marais, bords de la Seine.

VERONICA BECCABUNGA (L.). — Véronique Beccabunga. C. — Marais, bords de la Seine.

VERONICA CHAMAEDRYS (L.). — Véronique petit-chêne. C. C. — Bois, prairies.

VERONICA OFFICEVALIS (L.). — Véronique officinale. A. C. —Bois du parc!


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 311

VERONICA PROSTRATA (L.). — Véronique couchée. A. C. — Bois, pelouses sèches.

VERONICASERPYLLIFOLIA (L.). Véronique serpollet. C. — Champs, allées. Une forme grêle, à feuilles arrondies, appliquées contre la

terre, se trouve dans les allées du parc : c'est le Veronica

tenella (All.).

VERONICA ARVENSIS (L.). — Véronique des champs. C. C. — Champs, jardins.

VERONICA PRAECOX (All.). — Véronique précoce. C. — Champs.

VERONICA AGRESTIS (L.). — Véronique agreste. C. C. — Champs, jardins.

VERONICA POLITA (Fries). Véronique des cultures.

Mêlée à la précédente et plus commune qu'elle. Elle s'en distingue facilement à ses capsules plus épaisses, contenant un nombre double de graines (8-10).

VERONICA HEDERAEFOLIA (L.). — Véronique à feuilles de lierre. C. C. C. — Champs, jardins, lieux cultivés.

SCROPHULARIA NODOSA (L.). — Scrofulaire noueuse. C. — Bois.

SCROPHULARIA AQUATICA(L.). — Scrofulaire aquatique. C. C. — Fossés, lieux humides.

GRATIOLA OFFICINALIS (L.). — Gratiole officinale. R. — Marais de Pont ! (Briard).

DIGITALIS PURPUREA (L.). — Digitale pourprée.

R. R. — Partie sablonneuse du bois de Pont ! découverte

par M. Des Etangs, en 1833. Seule localité dans le département.

DIGITALIS LUTEA (L.). — Digitale jaune.

R. — Collines calcaires du parc de Pont !

LINARIA SPURIA (Miller). — Linaire bâtarde. C. C. — Champs.


312 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

LINARIA ELATINE (Miller). — Linaire Elatine. C. — Champs.

LINARIA MINOR (Desf.). — Linaire petite. C. — Champs, voie ferrée.

LINARIA PRAETERMISSA (Delastre). — Linaire oubliée.

C. — Champs ; mêlée à la précédente dont elle diffère par la glabriété complète de toutes ses parties.

LINARIA SUPINA (Desf.). — Linaire couchée. A. C. — Voie ferrée, champs.

Le Linaria pyrendica (D. C.) ne me paraît qu'une forme plus robuste à éperon chargé de stries bleuâtres.

LINARIA STRIATA (D. C). — Linaire striée. A. C. — Bois, haies.

LINARIA VULGARIS (Mill.). — Linaire commune. C. C. — Bois, haies, champs.

ANTIRRHINUM ORONTIUM (L.). — Muflier rubicond, A. C. — Champs secs.

ODONTITES VERNA (Rchb.). — Odontite vernale. A. C. — Bords des chemins, prairies.

ODONTITES SEROTINA (Rchb.). — Odontite tardive.

C. C. — Bords des chemins, prairies.

Ces deux espèces, très-voisines, ne doivent peut-être être considérées que comme des formes extrêmes d'un même type. Quant à YOdontites divergens (Jord.), c'est tout au plus une sous-variété de l'Odontites serotina.

EUPHRASIA ERICETORUM (Jordan). — Euphraise des bruyères. C. — Bords des allées des bois.

Espèce ou forme suffisamment distincte de l'Euphrasia nemorosa (Persoon).

RHINANTHUS HIRSUTA (Lam.). — Rhinanthe velu. C. C. — Prairies.

RHINANTHUS MINOR (Ehrh.). — Rhinanthe petit. C. C. — Prairies.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 313

MELAMPYRUM ARVENSE (L.). — Mélampyre des champs. C. — Champs, moissons.

MELAMPYRUM PRATENSE (L.). — Mélampyre des prés. R. — Bois du parc de Pont !

Orobancbées (Jussieu).

OROBANCHE EPITHYMUM (L.). — Orobanche du thym. C. — Sur les racines du thym serpolet, etc.

Labiées (Jussieu).

MENTHA ROTUNDIFOLIA (L.).— Menthe à feuilles rondes. C. — Bords des champs, fossés.

MENTHA AQUATICA (L.). — Menthe aquatique. C. C. — Bords des fossés humides, prairies.

MENTHA ARVENSIS (L.). — Menthe des champs. C. — Champs, prairies.

MENTHA PULEGIUM (L.). — Menthe pouliot. C. — Prairies.

LYCOPUS EUROPJEUS (L.).— Lycope d'Europe. C. — Bords des eaux.

ORIGANUM VULGARE (L.). — Origan commun. C. C. — Bords des chemin, bois.

THYMUS SERPYLLUM (L.). — Thym Serpolet.

C. C. — Pelouses calcaires, bords des chemins.

THYMUS CHAMADRYS (Fries). — Thym petit-chêne.

C. — Mêlé au précédent, s'en distingue assez facilement à la largeur des feuilles, aux tiges dressées, radicantes à la base, aux verticilles axillaires le long de la tige.

CALAMINTHA ACINOS (Gand). — Calament acinos. C. C. — Champs secs.

CALAMINTHA SYLVATICA (Bromfield). — Calament des bois. A. C. — Bois du parc de Pont !


314 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

On trouve une forme à fleurs blanches un peu différente et conservant ses caractères (C. sylvatica, U : leucantha. Nob.).

CLINOPODIUM VULGARE (L.). — Clinopode. C. — Bois du parc !

SALVIA PRATENSIS (L.). — Sauge des prés. C. C. — Pelouses, bois, prairies.

NEPETA CATARIA (L.).— Népète chataire. R. — A proximité du château !

GLECHOMA HEDERACEA (L.). — Lierre terrestre. C. C. C. — Bois, prairies.

MELLITIS GRANDIFLORA (Smith). — Mellite à grandes fleurs. R. — Bois du parc !

Plante différente du M. melissophyllum par ses fleurs blanches tachées de rouge.

LAMIUM AMPLEXICAULE (L.). — Lamier amplexicaule. C. C. — Bords des chemins, murs.

LAMIUM PURPUREUM (L.). — Lamier pourpre.

C. C. — Champs, cultures, pieds des murs.

LAMIUM ALBUM (L.). — Ortie blanche. C. — Lieux cultivés, jardins.

GALEOBDOLON LUTEUM (Huds.). — Galéobdolon jaune. R. — Bois du parc !

GALEOPSIS LADANUM (L.). — Galéope ladanum. C. C. — Champs, bois, jardins.

GALEOPSIS TETRAHIT (L.). — Galéope tétrahit. C. C. — Bois, haies.

STACHYS GERMANICA (L.). — Epiaire d'Allemagne. R. — Parc de Pont, bords des chemins.

STACHYS SYLVATICA (L.). — Epiaire des bois. C. C. — Bois, haies.

STACHYS PALUSTRIS. (L.). — Epiaire des marais. C. — Bords des eaux, fossés.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 315

STACHYS ANNUA (L.). — Epiaire annuelle. C. — Champs, cultures.

STACHYS RECTA (L.). — Epiaire dressée.

C. C. — Bords des chemins, pelouses sèches.

BETONICA OFFICINALIS (L.). — Bétoine officinale. R. — Bois du parc !

MARRUBIUM VULGARE (L.). — Marrube vulgaire.

A. C. — Bords des chemins, ruines de Fougeon !

BALLOTA FOETIDA (Lam.). — Ballote fétide.

C. C. — Bords des chemins, pieds des murs.

SCUTTELLARIA GALERICULATA (L.). Scutellaire toque.

C. C. — Lieux humides.

BRUNELLA VULGARIS (L.). — Brunelle commune. C. C. — Bords des chemins, prairies.

BRUNELLA GRANDIFLORA (Jacq.). — Brunelle à grandes fleurs. A. C. — Pelouses sèches, allées du parc !

AJUGA REPTANS (L.). — Bugle rampant. C. C. — Prés, fossés, bois.

AJUGA GENEVENSIS (L.).— Bugle de Genève. C. — Pelouses, bois. Varie à fleurs violettes.

AJUGA CHAMAEPITYS (Schreb.). — Bugle faux-pin. C. — Champs.

TEUCRIUM SCORODONIA (L.). — Germandrée des bois. A. C. — Bois du parc de Pont !

TEUCRIUM SCORDIUM (L.).— Scordium. C. — Marais, prairies humides.

TEUCRIUM BOTRYS (L.). — Germandrée botride. C. C. — Champs, bois.

TEUCRIUM CHAMAEDRYS. (L.). — Petit-chêne. C. — Pelouses, allées.


316 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

TEUCRIUM MONTANUM (L.). — Germandrée de montagne. A. C. — Allées, Coteaux calcaires du parc.

Verbénacées (Jussieu).

VERBENA OFFICINALIS (L.). — Verveine officinale. C. C. C. — Bords des chemins, bois.

Primulacées (Ventenat).

LYSIMACHIA VULGARIS (L.).— Lysimaque vulgaire. C. — Bords des eaux, fossés humides.

LYSIMACHIA NUMMULARIA (L.).— Nummulaire. C. C. — Prés, bois.

ANAGALLIS ARVENSIS (L.). — Mouron des champs. C. C. — Champs, lieux cultivés.

On trouve deux variétés : l'une à fleurs rouges (phoenicea), l'autre à fleurs bleues (coeruleà).

ANAGALLIS TENELLA (L.). — Mouron délicat.

R. R. — Bords des fossés dans la prairie de Pont! (1872).

PRIMULA OFFICINALIS (Jacq.). — Primevère officinale. C. C. C. — Bois.

SAMOLUS VALERANDI (L.). — Samole de Valérand. R. — Marais de Pont ! (Briard).

Globulariées (D. C).

GLOBULARIA VULGARIS (L.).— Globulaire commune. R. R. — Coteaux calcaires du parc !

Plantaginées (Jussieu).

PLANTAGO MAJOR (L.).— Grand plantain. C. C. C. — Bords des chemins, prairies.

PLANTAGO MEDIA (L.). — Plantain moyen. C. — Avec le précédent.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 317

PLANTAGO LANCEOLATA (L.). — Plantain lancéolé. C. — Mêlé aux deux précédents.

Amarantacées (Jussieu).

AMARANTUS RETROFLEXUS (L.). — Amarante réfléchie. R. — Champs, lieux cultivés, jardins.

AMARANTUS SYLVESTRIS (Desf.). — Amarante des bois. A. C. — Potager du château !

AMARANTUS ASCENDENS (Lois.). — Amarante dressée. A. C. — Potager du château !

Chénopodées (Ventenat).

CHENOPODIUM POLYSPERMUM (L.). — Ansérine polysperme. C. — Lieux sablonneux, lieux cultivés.

CHENOPODIUM VULVARIA. (L.) — Vulvaire. 'C. C. — Pieds des murs, jardins.

CHENOPODIUM ALBUM (L.). — Ansérine blanche. C. C. — Champs, lieux cultivés.

CHENOPODIUM VIRIDE (L.). — Ansérine verte. C. C. — Mêlé au précédent. Ces deux plantes sont souvent confondues et sont très-affines

très-affines elles ont été longtemps réunies sous le nom de

Chenopodium leiospermum (D. C).

CHENOPODIUM MURALE (L.). — Ansérine des murailles. C. C. — Jardins, pieds des murs.

ATRIPLEX PATULA (L.). — Arroche étalée. C. C. — Bords des murs, jardins.

ATRIPLEX HASTATA (L.). — Arroche hastée. C. — Bords des fossés, jardins.

Polygonées (Jussieu).

RCMEX CONGLOMERATUS (Murray). — Patience agglomérée. C. — Bois, bords des eaux.


318 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

RUMEX NEMOROSUS (Schrader).— Patience des bois. C. — Bois, bords des eaux.

RUMEX OBTUSIFOLIUS (L.). — Patience à feuilles obtuses. C. — Bords des chemins, lieux frais.

RUMEX CRISPUS (L.). — Patience crépue. C. C. — Bords des chemins.

RUMEX HYDROLAPATHUM (Huds.). — Patience des rivières. A. C. — Bords des eaux, bords de la Seine!

RUMEX ACETOSA (L.). — Oseille. C. C. — Bois, prés.

RUMEX ACETOSELLA (L.). — Petite oseille. C. — Bois du parc, allées.

POLYGONUM AMPHIBIUM (L.).— Renouée amphibie. A. C. — Pièces d'eau du parc ! etc.

POLYGANUM LAPATHIFOLIUM (L.). — Renouée patience. A. C. — Lieux humides.

Le Polygonum nodosum (Pers.) n'en est qu'une forme à noeuds de la tige très-développés.

POLYGONUM PERSICARIA (L.). — Renouée persicaire. C. C. — Lieux humides, bords des chemins.

POLYGONUM HYDROPIPER (L.). — Renouée poivre-d'eau. R. — Lieux humides, prairies.

POLYGONUM AVICULARE (L.). — Renouée des oiseaux.

C. C. — Partout.

Plante des plus polymorphes, d'où on a tiré un grand nombre d'espèces : peut-être possédons-nous les P. agrestinum (Jordan), P. humifusum (Jordan).

Le long des murs croît une forme dressée U. erectum : Polygonum monspeliense (Pers.).

POLYGONUM CONVOLVULUS (L.). — Renouée liseron. C. C. — Champs.

POLYGONUM DUMETORUM (L.). — Renouée des buissons. R. R. — Bois du parc !


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 319

POLYGONUM FAGOPYRUM (L.). — Sarrazin. Cultivé dans quelques champs.

Thymelées (Jussieu).

PASSERINA ANNUA (Wickst.). — Passérine annuelle. R. — Champs qui bordent le parc!

Euphorbiacées (Jussieu).

EUPHORBIA HELIOSCOPIA (L.). — Euphorbe réveil-matin. C. — Lieux cultivés.

EUPHORBIA PLATYPHYLLOS (L.). — Euphorbe à larges feuilles. C. — Bois, prairies.

EUPHORBIA VERRUCOSA (L.). — Euphorbe verruqueux. C.C. — Prés, bois, bords des eaux.

EUPHORBIA PALUSTRIS (L.). — Euphorbe des marais. C. C. — Prairies humides, bords de la Seine !

EUPHORBLA GERARDIANA (Jacq.). — Euphorbe de Gérard. A. C. — Pelouses sèches, allées du parc!

EUPHORBIA CYPARISSIAS (L.). — Euphorbe cyprès. C. C. C. — Bords des chemins, pelouses.

EUPHORBIA EXIGUA (L.). — Euphorbe fluet. CC. — Champs, lieux cultivés.

EUPHORBIA FALCATA (L.). — Euphorbe en faux. R. — Champs qui bordent le parc !

EUPHORBIA PEPLUS (L.).— Euphorbe peplus.

C. C. — Lieux cultivés. EUPHORBIA AMYGDALOÏDES (L.). — Euphorbe amandier.

A. R. — Bois du parc de Pont !

MERCUTUALIS ANNUA (L.).— Mercuriale annuelle. C. C. C. — Lieux cultivés, champs.

MERCURIALIS PERENNIS (L.).— Mercuriale vivace. »

A. R. — Bois du parc de Pont !


320 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Urticées (D. C).

URTICA DIOÏCA (L.). — Ortie dioïque.

C. C. C. — Bords des murs, lieux cultivés.

URTICA URENS (L.). — Ortie brùlante. C. C. — Lieux cultivés.

PARIETARIA OFFICINALIS (L.). — Pariétaire. A. C. — Vieux murs : Pont ! Fougeon ! Les P. Erecta et diffusa ne sont probablement que des formes dues à l'habitat de la plante.

HUMULUS LUPULUS (L.). — Houblon. C. C. — Taillis, bords des eaux.

ULMUS CAMPESTRIS (L.). — Orme champêtre. C. — Bois.

U. suberosa (Ulmus suberosa) (Ehrh.),

U. nuda (Ulmus campestris) (L.).

U. minor (Ulmus minor) (Mill.).

Ces trois formes, élevées au rang d'espèces, se distinguent facilement au port des arbres : la dernière forme porte le nom de Tortillard; c'est une variété de taille peu élevée, buissonnante.

Sanguisorbées (Jussieu).

APHANES ARVENSIS (L.). — Aphanes des champs. C. — Champs, friches.

POTERIUM DICTYOCARPUM (Spach). — Pimprenelle réticulée. C. — Champs. Cultivée quelquefois.

POTERIUM GUESTPHALICUM (Bcenngh.). —Pimprenelle de Westphalie. C. — Coteaux calcaires, lieux arides. Diffère du précédent par la glaucescence des feuilles hérissées.

SANGUISORBA SEROTINA (Jordan). — Sanguisorbe tardive. A. C. — Prairies, marais.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 321

Cupulifères (Richard).

FAGUS SYLVATICA (L.). — Hêtre. C. — Bois du parc.

QUERCUS PEDUNCCLATA (Ehrh.). — Chêne pédoncule. C. — Bois du parc.

QUERCUS SESSILIFLORA (Smith). — Chêne à fruits sessiles. C. — Avec le précédent.

QUERCUS PUBESCENS (Wild.).— Chêne pubescent.

A. C. — Bois du parc, — espèce probablement importée. C'est le chêne blanc, le chêne Truffler.

CORYLUS AVELLANA (L.). — Noisetier. C. C. — Bois du parc.

CARPINUS BETULUS (L.). — Charme. A. C. — Bois du parc.

Juglandées (D. C).

JUGLANS REGIA (L.). — Noyer. Fréquemment cultivé.

Platanées.

PLATANUS ORIENTALIS (L.). — Platane d'Orient. Planté dans le parc !

Betulinées (Richard).

ALNUS GLUTINOSA (Goerth.). — Aulnelle. C. — Bords des eaux, bois humides.

BETULA VERRUCOSA (Ehrh.). — Bouleau.

C. — Bois du parc, petites garennes de Pont !

Salicinées (Richard).

SALIX ALBA (L.). — Saule blanc. C. C. — Bords des eaux.

T XIIII 21


322 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

SALIX FRAGILIS (L.). — Saule fragile.

C. C. — Bois humides, bords des eaux. Le Salix russelliana (Sm.) en est très-voisin : la face inférieure des feuilles est glauque.

SALIX AMYGDALINA(L.). — Saule amandier. C. C. — Bords des eaux.

SALIX PURPUREA (L.). — Saule pourpre. C. C. — Bords des eaux.

SALIX RUBRA (Huds.). — Saule rouge.

C. — Mêlé au précédent : bords des eaux.

SALIX VIMINALIS (L.). — Saule des vanniers. C. C. — Bois, lieux humides.

SALIX CINEREA (L.).— Saule cendré. C. C. — Marais, bords des eaux.

SALIX AURITA (L.). — Saule à oreillettes.

C. — Mêlé au précédent, mais plus rare.

SALIX CAPRAEA (L.). — Saule marsault.

C. C. — Friches, bois, garennes.

A cette famille appartiennent les Populus dont les principales espèces cultivées sont : Populus tremula (tremble), Populus alba (peuplier de Hollande), Populus virginiana (peuplier Suisse), Populus pyramidalis ( peuplier d'Italie).

Conifères (Jussieu).

JUNIPERUS COMMUNIS (L.).,— Genévrier.

A. C. — Parc, coteaux calcaires.

Parmi les conifères cultivés nous pouvons citer : Pinus sylvestris, — Pinus Laricio, — Pinus nigra (Pin d'Autriche), — Pinus Strobus (Pin du lord Weymouth), — Abies excelsa (Epicéa), — Juniperus Virginiana (Cèdre de Virginie).


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 323

MONOCOTYLÉDONÉES

Alismacées (Jussieu).

ALISMA PLANTAGO (L.). — Plantain d'eau.

C. C. — Bords des eaux, bords de la Seine.

ALISMA LANCEOLATUM (WITII.). — Plantain d'eau lancéolé. Mêlé au précédent.

ALISMA RANUNCULOÏDES (L.). — Plantain d'eau renoncule. R. — Marais de Pont-sur-Seine !

SAGITTARIA SAGITTAEFOLIA (L.).— Sagittaire flèche-d'eau. C. C. — Eaux profondes : Seine ! etc.

Butomées (Richard).

BUTOMUS UMBELLATUS (L.). — Butome ombelle.

C. — Bords des eaux, fossés.

C'est à une famille voisine, celle des Hydrocharidées, qu'appartient l'Elodea Canadensis que l'on trouvera certainement dans le canal et dans la Seine.

Potamées (Jussieu).

POTAMOGETON NATANS (L.). — Potamot nageant. C. C. — Fossés, Seine, canal.

POTAMOGETON LUCENS (L.). — Potamot luisant. C. — Dans la Seine.

POTAMOGETON PERFOLIATUS. (L.). — Potamot perfolié. C. C. — Dans la Seine, le canal.

POTAMOGETON DENSUS (L.). — Potamot dense. C. — Fossés; dans la Seine, le canal.

POTAMOGETON PUSILLUS (L.) — Potamot fluet. C. — Dans la Seine !

POTAMOGETON PECTINATUS (L.). — Potamot pectine. A. C. — Dans la Seine !


324 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Lemnacées (Link.).

LEMNA TRISULCA (L.). — Lentille d'eau à 3 pointes. C. — Fossés.

LEMNA MINOR (L.). — Lentille d'eau petite.

C. — Fossés.

Typhacées (Jussieu).

TYPHA LATIFOLIA (L.).— Massette à larges feuilles. C. — Marais, bords des eaux.

SPARGANIUM RAMOSUM (Huds.). — Rubanier rameux. C. — Fossés, bords des eaux.

Aroïdées (Jussieu).

ARUM VULGARE (Lmk). — Arum pied-de-veau. C. C. — Bois du parc !

Orchidées (Jussieu).

ACERAS ANTROPOPHORA (R. Br.). — Acéras homme-pendu. A. C. — Bois du parc !

ACERAS PYRAMIDALIS (Rchb). — Acéras pyramidal. R. R. — Bois du parc! en face Quincey.

ORCHIS MILITARIS (L.).— Orchis militaire. C. — Bois du parc !

ORCHIS PURPUREA (Huds.). — Orchis pourpre. A. R. — Bois du parc!

ORCHIS PALUSTRIS (Jacq.). — Orchis des marais. R. — Marais de Pont-sur-Seine! (Briard). Espèce ou forme très-voisine de l'Orchis laxiflora.

ORCHIS INCARNATA (L.). — Orchis incarnat. C. — Marais, prés humides.

PLATANTHERA MONTANA (Rich.). — Orchis des montagnes. A. C. — Allées herbeuses du bois !


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 325

Diffère du P. bifolia, par la position des lobes de l'anthère divergents : ils sont parallèles, rapprochés à la base dans le P. bifolia qui, en outre, fleurit plus tard.

OPHRYS MUSCIFERA (Huds.). — Ophrys mouche. C. — Bois du parc !

OPHRYS ARANIFERA (Sm.). — Ophrys araignée. C. — Mêlé au précédent.

OPHRYS ARACHNITES (Reich.). — Ophrys frelon. R. — Bois du parc ! bords des allées !

LIMODORUM ABORTIVUM (SWARTZ). — Limodore avorté.

R. R. R. — Un seul échantillon dans le parc du château ! Découvert par M. Briard.

CÉPHALANTHERA GRANDIFLORA (Babgt.). — Céphalenthère à grandes fleurs. R. R. — Bois du parc, allées.

EPIPACTIS LATIFOLIA (AII). — Epipactis à larges feuilles. C. C. — Bois, lieux secs, bords des sentiers.

EPIPACTIS ATRORUBENS (Rchb.). — Epipactis brun. A. C. — Lieux secs, coteaux calcaires.

NEOTTIA NIDUS-AVIS (Rich.). Néottie nid-d'oiseau. A. R. — Bois du parc!

NEOTTIA OVATA (Rich.). — Neottie ovale.

C. — Bois, garenne.

Iridées (Jussieu).

IRIS PSEUDO-ACORUS. (L.). — Iris faux-acore. C. C. — Bords des eaux.

IRIS FOETIDISSIMA (L.). — Iris fétide.

R. — Bois du parc ! Coteaux calcaires près de la Faisanderie ! Une des plantes les plus rares du département.


326 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Asparaginées (Rich.).

POLYGONATUM MULTIFLORUM (Desf.). — Polygonier multiflore. C. — Bois du parc !

POLYGONATUM VULGARE (Desf.). — Poligonier vulgaire. A. C. — Mêlé au précédent, mais plus rare!

CONVALLARIA MAÏALIS (L.). — Muguet de mai. C.C. — Bois du parc !

Dioscorées (R. Br.).

TAMUS COMMUNIS (L.). — Tamier commun. A. C. — Bois, coteaux calcaires.

Liliacées (D. C).

MUSCARI RACEMOSUM (L.). — Muscari à grappes. C. — Lieux secs.

MUSCARI COMOSUM (L.). — Muscari à toupet. C. C. — Champs.

ALLIUM VINEALE (L.). — Ail des vignes. C. C. — Champs, jardins.

ALLIUM OLERACEUM (L.). — Ail potager.

C. — Lieux cultivés, prairies, jardins.

ALLIUM ACUTANGULUM (Schrd.) — Ail à angles aigus. R. — Marais de Pont-sur-Seine ! (Briard.)

Colchicacées (D. C,).

COLCHICUM AUTUMNALE (L.). — Colchique d'automne. C. C. — Prairies.

Joncées (D. C).

JUNCUS CONGLOMERATUS (L.). — Jonc aggloméré. C. — Lieux humides.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 327

JUNCUS EFFUSUS (L.).— Jonc épars. A. C. — Mêlé au précédent.

JUNCUS GLAUCUS (Ehrh.). — Jonc glauque. C. C. — Lieux humides.

JUNCUS BUFONIUS (L.). — Jonc des crapauds. C. C. — Lieux sablonneux, prairies.

JUNCUS COMPRESSUS (Jacq.). Jonc comprimé. C. — Lieux humides, prairies.

JUNCUS ACUTIFLORUS (Ehrh.). — Jonc à fleurs aiguës. A. C. — Prairies, bords des fossés.

JUNCUS LAMPOCARPUS (Ehrh.). — Jonc brillant.

C. — Avec le précédent.

JUNCUS OBTUSIFLORUS (Ehrh). — Jonc à fleurs obtuses. A. C. — Bords des fossés !

LUZULA FORSTERI (D. C). — Luzule de Forster. A. R. — Bois du parc !

LUZULA CAMPESTRIS (D. C). — Luzule des champs. C. — Bois du parc !

LUZULA MULTIFLORA (Lej.). — Luzule multiflore. C. — Bois du parc ! avec le précédent.

Cypéracées.

HELEOCHARIS PALUSTRIS (R. Br.). — Eléocharis des marais. C. C. — Lieux inondés, marais.

HELEOCHARIS UNIGLUMIS (Koch.).— Eléocharis à large écaille. R. — Marais de Pont ! (Briard.)

SCIRPUS LACUSTRIS (L.). — Scirpe Lacustre. C. C. — Bords des eaux : Seine, canal.

SCIRPUS MARITIMUS (L.). — Scirpe maritime. A. C. — Bords des fossés.


328 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

CAREX DISTICHA (Huds.). — Laiche distique. C. — Prairies humides.

CAREX VULPINA (L.). — Laiche vulpin. C. C. — Bords des eaux.

CAREX MURICATA (L.). — Laiche muriquée. C. — Prairies, bords des fossés.

CAREX DIVULSA (Good.). — Laiche écartée.

A. R. — Bois du parc!

Nous avons rencontré une forme que nous avons rapportée au Carex Pairoei (F. Schultz), qui d'après M. DuvalJouve ne serait rien autre que le Carex divulsa.

CAREX LEPORINA. (L.). — Laiche des lièvres. R. — Petites mares du parc !

Une forme à écailles blanchâtres argentées y a été trouvée par M. Briard : Carex argyroglochin. (Schultz.)

CAREX STRICTA (Good.). — Laiche raide. C. C. — Prairies, marais.

CAREX ACUTA (L.). — Laiche aiguë. A. C. — Bords des eaux.

CAREX TOMENTOSA (L.). — Laiche tomenteuse. A. C. — Prairies.

CAREX PRAECOX (Jacq.). — Laiche précoce. R. — Bois du parc!

CAREX GLAUCA (Scop.). — Laiche glauque. C. C. C. — Bois, prairies.

CAREX HIRTA (L.). — Laiche hérissée. C. C. — Bois, prairies.

CAREX FLAVA (L.).— Laiche jaune. A. G. — Prairies, marais.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 329

CAREX OEDERI (Ehrh.). — Laiche d'OEder. A. C. — Lieux sablonneux humides.

CAREX PANICEA (L.). — Laiche panic. C.C. — Prairies.

CAREX SYLVATICA (Huds.). — Laiche des forêts. R. — Bords des petites mares du parc!

CAREX PALUDOSA (Good). — Laiche des marécages. C. — Marais, bords des eaux.

CAREX RIPARIA (Curtis). — Carex des rivages. C. C. — Bords des eaux, fossés.

Graminées.

AGROSTIS ALBA (L.). — Agrostide blanche. C. — Prairies, champs.

AGROSTIS VULGARIS (With.). — Agrostide commune. C. C. — Prairies, champs, lieux incultes.

SETARIA VERTICILLATA (P. B.). — Sétaire verticillée. C. — Lieux cultivés, jardins.

SETARIA VIRIDIS (P. B.). Sétaire verte. C. C. — Lieux cultivés, champs.

PANICUM CRUS-GALLI (L.).— Panic pied-de-coq. C. — Prairies, lieux sablonneux.

PHLEUM PRATENSE (L.). — Fléole des prés. C. C. — Prairies.

PHLEUM NODOSUM (L.). — Fléole noueux.

C. — Mêlé au précédent dont il n'est probablement qu'une forme.

PHALARIS ARUNDINACEA (L.).— Phalaride roseau. C. — Lieux humides, bords des eaux.

ALOPECURUS PRATENSIS (L.). — Vulpin des prés. A. R. — Prairies, bois de Pont. (Jules Benoit.)


330 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

ALOPECURUS AGRESTIS (L.). — Vulpin agreste. C. C. — Lieux secs, champs, prés.

ALOPECURUS GENICCLATUS (L.). — Vulpin genouillé. A. C. — Lieux frais, prairies.

ANTHOXANTUM ODORATUM (L.). — Flouve odorante. C. — Bois de Pont ! prairies.

MELICA UNIFLORA (Retz.). — Mélïque uniflore. C. — Bois du parc !

AIRA CAESPITOSA (L.). — Canche gazonnante. C — Prairies, bois.

AIRA FLEXUOSA (L.). — Canche flexueuse.

C — Bois du parc ! parties sablonneuses.

AIRA MULTICULMIS (Dumort). — Canche multicaule. R. — Bois du parc!

HOLCUS LANATUS (L.). — Houlque laineuse. C. C. — Prairies, bords des chemins.

HOLCUS MOLLIS. (L.). — Houlque molle. A. R. — Bois du parc §

ARRHENATHERUM ELATIUS (Gaud.).— Fromental. C. C. — Prairies, bois, bords des chemins.

AVENA SATIVA (L.). — Avoine cultivée. Cultivée.

AVENA ORIENTALIS (Schrb.). — Avoine d'Orient.

Cultivée avec la précédente dont on la distingue par sa panicule serrée, droite, unilatérale.

BROMUS COMMUTATUS (Schrad.). Brome controversé. C. C. — Bords des chemins, prairies.

BROMUS MOLLIS (L.). — Brome mollet.

C. C. — Champs, prairies, bords des chemins.

BROMUS ARVENSIS (L.). — Brome des champs. R. — Moissons!


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 331

BROMUS ERECTUS (Huds.). — Brome dressé. C. C. — Bords des chemins, prairies.

BROMUS STERILIS (L.). — Brome stérile.

C. C. — Lieux secs, bords des chemins.

BRACHYPODIUM SYLVATICUM (P. B.). — Brachypode des bois. C. — Bois, lieux couverts.

BRACHYPODIUM PINNATUM (P. B.).— Brachipode pinné. C. — Bords des chemins.

FESTUCA TENUIFLORA (Schrad). — Fétuque à fleurs ténues. A. R. — Bois du parc!

FESTUCA TENUIFOLIA (Sibth.). — Fétuque à feuilles ténues. C. — Bois, bords des chemins.

FESTUCA DURIUSCULA (L.). — Fétuque dure. C. C. C. — Bords des chemins, pelouses. Une forme à feuilles glauques coustitue le F. Glauca ( Lvak.).

FESTUCA PRATENSIS (Huds). — Fétuque des prés. C. — Prairies. V : loliacea! (Briard.)

MOLINIA CERULEA (Moench.). — Molinie bleue. C. C. — Marais, prairies humides.

PHRAGMITES COMMUNIS (Trin.). — Roseau commun. C. C. — Bords des eaux.

DACTYLIS GLOMERATA (L.). — Dactyle aggloméré. C. C. — Lieux secs, bords des chemins.

KOELERIA CRISTATA (Pers.). — Koelérie à crète. G. — Lieux secs, coteaux calcaires.

GLYCERIA SPECTABILIS (M. et K.). — Glycérie remarquable. C. — Marais, bords des eaux.

GLYCERIA FLUITANS (R. Br.). — Glycérie flottante. G. — Marais, fossés.


332 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

Le Glyceria plicata (Fr.) n'en est probablement qu'une forme que l'on trouve mêlée au type.

POA COMPRESSA (L.). — Paturin comprimé. C. — Lieux arides, murs.

POA PRATENSIS (L.). — Paturin des prés. C. C. — Prairies, bois.

Une forme à feuilles étroites (Poa angustifolia L.) se trouve mêlée au type.

POA TRIVIALIS (L.). — Paturin commun.

C. C. — Jardins, prairies, bords des chemins.

POA NEMORALIS (L.). — Paturin des bois. A. G. — Bois du parc !

POA BULBOSA (L.). — Paturin bulbeux.

A. G. — Bords des chemins, coteaux calcaires.

POA ANNUA (L.). Paturin annuel. C. C. C. — Partout.

BRIZA MEDIA (L.). — Brize moyenne. C. G. — Prairies, bois.

CYNOSURUS CRISTATUS (L.). Cynosure Crételle. C. — Bords des chemins, coteaux.

TRITICUM SATIVUM (L.). — Froment cultivé. Cultivé abondamment.

AGROPYRUM REPENS (P. B.). — Chiendent. C. G. C. — Partout.

Plante des plus polymorphes, variant quant à la forme des glumelles.

SECALE CÉRÉALE (L.). — Seigle. Cultivé.

HORDEUM VULGARE (L.). — Orge commun. Cultivé.


FLORE DE PONT-SUR-SEINE. 333

HORDEUM HEXASTICHON (L.). — Orge à six rangs. Cultivé.

HORDEUM MURINUM (L.). — Orge queue de rat. C. C. — Lieux cultivés, pieds des murs.

HORDEUM SECALINUM (L.). — Orge faux-seigle. C. — Prairies.

LOLIUM PERENNE (L.). — Ivraie vivace.

C. C. C. — Bords des chemins, champs.

LOLIUM ITALICUM (A. Br.). — Ivraie d'Italie. A. C. — Prairies.

ACOTYLÉDONÉES VASCULAIRES

Equisetacées (D. C).

EQUISETUM ARVENSE (L.). — Prêle des champs. C. C — Champs, lieux humides.

EQUISETUM PALUSTRE (L.). — Prêle des marais. C. — Marais, prairies humides.

EQUISETUM LIMOSUM (L.). — Prêle des bourbiers. C. C. — Fossés, marais.

Fougères (Jussieu).

POLYPODIUM VULGARE (L.). — Polypode de chêne. R. — Bois du parc !

POLYSTICHUM FILIX-MAS (Roth.).— Fougère mâle. C. C. — Bois du parc !

ASPLENIUM RUTA-MURARIA (L.). — Doradille Rue des murailles. R. — Murs de l'aqueduc souterrain !


334 FLORE DE PONT-SUR-SEINE.

ASPLENIUM TRICHOMANES (L.). — Doradille polytric R. — Murs de l'aqueduc souterrain !

SCOLOPENDRIUM OFFICINALE (Smith). — Scolopendre officinale. R.— Puits de la maison située en face l'entrée du parc !

PTERIS AQUILINA (L.). — Grande fougère. C. C. — Bois du parc !

Cbaracées (Richard).

CHARA HISPIDA (L.). — Charagne hispide.

C. C. C. — Fossés, cours d'eau, canal, Seine.

CHARA FOETIDA (Al. Br.). — Charagne fétide.

C. — Fossés, cours d'eau.

Cette plante est très-polymorphe; la variété lougibracteata (Chara lougibracteata Kutz.) se rencontre assez fréquemment.

Paris, le 1er juillet 1878.


ESSAI HISTORIQUE

SUR LA

PAROISSE DE GYÉ-SUR-SEINE

PAR

M. L'ABBE CHAUVET

MEMBRE ASSOCIE.

A l'origine, Gyé 1 s'appelait Gaiacum, Giacum. C'est le nom qu'il porte dans une vieille charte de dom Martène 2. Dans la suite, par corruption du mot, se forma Gieium, Gieum 3, et enfin Gyé-sur-Soigne et Gyé-sur-Seine 4. Je laisse aux érudits le soin de déterminer l'étymologie du mot.

Si l'on en croit la tradition, Gyé-sur-Seine serait antérieur à la conquête des Gaules par Jules-César. Il aurait été bâti en même temps que Courteron (Curterio), village à

1 Voir les Mémoires de la Société académique, t. XLII, p. 363 à 388.

2 DOM MARTÈNE. Veter. Script, et Mon. ampl. collectio, t. VI, col. 687.

3 PÉRARD. Recueil de plusieurs pièces... p. 585 et passim.

4 Fonds du prieuré de la Gloire-Dieu. Il faut bien se garder de confondre Gyé-sur-Seine avec Gyé-sur-Aujon. Toutes les pièces qui se trouvent dans Pérard, au sujet de Gyé, doivent s'entendre de ce dernier qui, au XIIe siècle, relevait, pour le spirituel, de Vabbaye de Saint-Etienne de Dijon, et pour le temporel, du Comté du Barrois.


336 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

deux kilomètres de Gyé, connu alors sous le nom de Cité (Civitas). Ce dernier pays fut, dit-on, complètement rasé, puis reconstruit par les Romains, qui lui ont donné le nom qu'il porte aujourd'hui. Ce qui imprime quelque vraisemblance à ce récit, c'est qu'on trouve çà et là, dans la vallée qui s'étend entre Gyé et Courteron, des puits très-anciens et des restes de fortifications, et dans les collines environnantes, des cercueils en pierre de l'époque gallo-romaine.

Avant le IVe siècle, notre pays était païen. Il se trouvait, comme le reste de la Gaule, sous la domination des druides. Ce ne fut guère que vers l'an 350 qu'il fut converti à la foi. Par qui? L'histoire reste muette à ce sujet. Les archives de l'évêché de Langres furent brûlées. vers l'an 814, par une main criminelle, perperàm, dit Vignier 1, et par conséquent l'on ne trouve rien dans ses titres qui soit antérieur à cette époque. Mais il y a toute apparence que saint Urbain, sixième évèque de Langres 2, eut la gloire de retirer notre pays des ténèbres de l'infidélité : 1° parce que ce fut un de ceux qui, après les premiers prédicateurs de la foi, dans le diocèse de Langres 3, contribua le plus puissamment à la propager; 2° parce qu'étant de la Montagne, de laquelle dépendait la paroisse de Gyé, il n'aura pas négligé son propre pays, tandis que son zèle s'étendait jusqu'aux étrangers. Quoiqu'il en soit, il est certain que, bien avant la première moitié du sixième siècle, l'Evangile avait pénétré dans nos contrées, puisque le nombre des chrétiens s'y était tellement accru qu'il fallut, même dans les villages,

1 VIGNIER. Chron. Ling., p. 18.

2 S. Urbain était fils du seigneur de Coulmier et de Grancey. Il naquit à Marcenay, à quatre lieues est de Ghâtillon, dans la première moitié du IVe siècle. Il mourut en 375. (DELAMOTTË, bibl. de Châtillon.)

3 S. Sénateur et S. Juste étaient évêques de Langres, l'un à la fin du second siècle, et l'autre au commencement du troisième. Ce sont les deux premiers évêques connus dans le diocèse de Langres.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 337

des pasteurs pour les conduire. En effet, S. Vorle était curé de Marcenay en 567 l , et S. Valentin curé de Griselles 2, à la même époque; or, ces deux paroisses ne sont distantes de Gyé que de trois ou quatre lieues : ce qui prouve qu'à cette époque notre pays aussi était chrétien.

Avant la conquête des Gaules, Gyé-sur-Seine était compris parmi les peuples appelés Mandubiens (Mandubiï) par Jules-César 3. Alise en était la capitale.

Du temps de Jules-César, cette partie de la Gaule que nous habitons fut divisée en trois cantons ou pagi : l'un d'eux relevait de la cité de Langres, civitas Lingonensis; un autre, de la cité d'Autun, Augustodunum; enfin, le troisième, du pays de la Montagne 4. Gyé-sur-Seine appartenait à ce dernier canton.

La Montagne eut successivement trois chefs-lieux : 1° Laonsuine, 2° Latiscon, 3° Châtillon.

Laonsuine 5, ville du second rang, d'après l'abbé Lebeuf 6, n'était qu'à quelques lieues du territoire des Eduens. On la place généralement à Laon-sur-Soigne, sur une colline, à une lieue et demie de Molesme, au couchant. Elle commence, dit Vignier, par être un camp romain. Elle fut détruite vers l'an 269 ou 270, par les tyrans Victorin et Tétrée, qui dévastèrent le pays langrois sous l'empire de Gallien 7.

1 II y a à Châtillon une très-belle église de S. Vorle, près du château des comtes de Roussillon.

2 Nous possédons une légende de S. Valentin. Elle se trouve en original aux archives de l'évêché et du chapitre de Langres.

3 GAESAR. De Bel. gai., lib. vu.

4 La Montagne porte ce nom de toute ancienneté. Ce n'est guère que vers la fin du XVIIe ou au commencement du XVIIIe siècle que le nom de la Montagne tomba totalement en oubli ; car, avant cette époque, toutes les histoires en parlent, et plus de la moitié des actes publics et privés portent en tête : Comitatus de Montana.

5 Laonsuine vient de Latiniacum, qui lui-même dérive de Lseti, nom imposé à cette ville par les Lètes ou Germains, soldats à la solde de l'empire romain, qui y avaient établi un camp.

6 Dissert., t.1, p. 79, imp. 1738.

7 VIGNIER. Ibid.

T. XLIII. 22


338 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

C'est une conjecture appuyée principalement sur des restes d'édifices et des médailles romaines qu'on avait trouvés de son temps à Laonsuine. Cette ville fut rebâtie dans le IVe siècle, et détruite de nouveau par les Sarrasins et les Normands qui dévastèrent ce pays.

Après la ruine de Ladiniacum, Latiniacum ou Laonsuine, le chef-lieu de notre pays fut transféré à Latiscon l, appelé aussi Rossillum 2, ou Vix 3. De là, la Montagne prit le nom de pagus Laticensis : pays du Laçois 4.

Latiscon se trouvait à une lieue et demie de Molesme, au levant, sur le mont Laçois, où l'on voit l'église Saint-Marcel. Celte ville ne fut d'abord qu'un château, d'après Vignier 5; mais, dans la suite, elle devint considérable, si l'on en croit ces expressions d'un manuscrit de Pothières : « Vestigia » murorum et parietum testantur magnam et fortem habi» tationem hominum inibi fuisse 6. » Elle fut sinon détruite, au moins fort endommagée, soit par les tyrans qui désolèrent les Gaules sous l'empire de Gallien, soit par d'autres Romains de la pari desquels elle eut à souffrir en différents temps, soit enfin par les Barbares. Ce territoire, en particulier, avait été si maltraité que la plupart des villes étaient désertes et les campagnes incultes. Il fut repeuplé, ses villes

1 Latiscon vient aussi de Lseti. Ce nom lui a été donné par ces mêmes Lètes ou Germains, dont le camp était près de Molesme, et qui avaient la garde des châteaux circonvoisins. De Laeti on a fait Lsetiscus, Laiscum, Latsco, et enfin pagus Laticensis.

2 Ce nom de Rossillum lui vient de ce que les comtes de Roussillon ont habité le château du mont Laçois. (Ms. de Pothières.)

3 Il y en a qui prétendent que Vix, petit village dont on voit encore les ruines sur le penchant du mont Laçois, n'était autre chose qu'un reste de l'antique Latiscon.

4 C'est un fait prouvé par des manuscrits de l'abbaye de Pothières et par des chartes dont les originaux sont aux archives de l'évêché et du chapitre de Langres.

5 VIGNIER. Ibid.

6 Ms. de Poth. cité par Delamotte, ch. vu.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 339

rétablies et les campagnes cultivées par les soins de Constance Chlore, digne fils du grand Constantin. A cet effet, l'empereur y plaça une colonie de Germains qui furent chargés de défendre les frontières des Lingons 1.

La ville de Latiscon a subi bien d'autres révolutions depuis que les Barbares s'y furent établis. Les Vandales dévastèrent les Gaules, et après qu'ils eurent pour ainsi dire ruiné la ville de Langres, vers l'an 406 ou 407, ils détruisirent Latiscon et le château de Roussillon, où un grand nombre s'étaient réfugiés. A ce sujet, un vieux manuscrit de l'abbaye de Pothières raconte un stratagème qui paraît plutôt de la fable qu'une histoire réelle : nous le passons sous silence.

Latiscon fut rebâtie dans la suite ; mais ce ne fut plus une ville forte. Elle appartint par droit de naissance, patriojure, au comte Gérard, qui l'habitait, et qui de là fut nommé Gérard de Roussillon. Ce Gérard est regardé par les religieux de Pothières comme le fondateur de leur abbaye. Il fit la guerre à Charles Martel; mais celui-ci le battit dans les plaines de Latrecey, au pied du mont Roussillon, et détruisit son château et la ville qui l'entourait. Le souvenir de la bataille de Latrecey s'est conservé dans le pays, où l'on voit encore des piques, des lances, des casques et autres armures de l'époque mérovingienne.

C'est à Latiscon que se retira saint Loup, évêque le Troyes, en 451. Un manuscrit de Pothières, qui a plus de sept cents ans d'existence, et qui cite un protocole en vers

1 On sait que, sur le déclin de l'empire, les Barbares se présentèrent en foule pour être admis dans les provinces romaines. Ils n'avaient d'autre solde que les revenus des terres prises sur l'ennemi, qui leur étaient abandonnées à titre de bénéfice. On les appelait, comme nous l'avons dit, Laeti, et les terres dont ils jouissaient, terres létiques. Et en effet, on lit dans la Notice de l'Empire : Prxfectus Lxtorum Lingonensium. Ces Lètes avaient la garde des frontières, des châteaux forts et par conséquent du mont Laçois.


340 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

qui lui est antérieur au moins de quatre cents ans, en parle en ces termes : « Le vulgaire prétend que la forêt qui se trouve au bas du mont Laçois fut plantée par le comte Gérard; mais c'est une erreur, car il est écrit que saint Loup, évêque de Troyes, bien plus ancien que Gérard, y a mené une vie solitaire. » « Similiter et jam vulgus nostrorum » autumat nemus quod monti eidem (Latisco) subjacet a » Giraldo comite olim fuisse glande satum, sed omninô fic» tiosum est, quoniam invenitur scriptum Beatum Lupum » Trecensem Episcopum, antiquiorem valdè Giraldo, in eo» dem loco solitariam vitam duxisse. » Le manuscrit ajoute que ce digne prélat, après avoir sauvé sa ville épiscopale des fureurs d'Attila, fut accusé par les Troyens eux-mêmes d'intelligence avec le roi des Huns. Obligé d'abandonner son poste pour ne pas irriter par sa présence les esprits séditieux, il se réfugia, pendant deux années entières, tantôt sur un heu élevé appelé Latiscon, tantôt dans une forêt voisine qu'on appelle la Vesvre 1.

Après la chute de Latiscon, Châtillon, qui était une des localités les plus consiférables de la contrée et le plus rapprochées du chef-lieu, devint le centre de toute la Montagne. Les comtes et les prévôts y furent transférés, sans y perdre toutefois le nom de comtes et de prévôts du Laçois 2.

Dans l'origine, Châtillon n'était qu'un simple château : son nom l'indique assez 3. On en voit encore les ruines près l'église Saint-Vorle. La garde de ce château fut confiée aux Barbares appelés Loeti, et il a dû porter aussi le nom de létique. Toutes nos villes de la Gaule et le pays des environs ont pris le nom de la légion qui y avait été établie 4.

1 Manuscrit de Pothières, intitulé : De Latisco et Castro ipsius, cité par Delamotte, ch. iv, à la fin.

2 DELAMOTTE, ch. v, à la fin.

3 Châtillon vient de Castellum, Castellio, 4 Cf. les notes précédentes.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 341

Avant que Châtillon fût réuni au duché de Bourgogne, il était possédé par des seigneurs particuliers dont quelquesuns, paraît-il, étaient ancêtres de S. Bernard 1. Ces seigneurs étaient en même temps comtes du Laçois et comtes de Bourgogne. Ils étaient de la maison de Vergy et de Grancey ~.

Après l'invasion des Burgondes et l'établissement de la monarchie française, le pays de la Montagne, et par conséquent Gyé-sur-Seine, fit partie de l'ancien royaume de Bourgogne, duquel dépendaient aussi les villes de Sens, Langres et Troyes ; mais ce royaume ayant été démembré par les enfants de Louis-le-Débonnaire, en 842, notre pays fut compris dans la Basse-Bourgogne appelée le Duché, qui fut uni au royaume de France, et que Charles-le-Chauve eut en partage 3.

Sous Charles-le-Chauve, la Montagne forma trois comtés : 1° le comté de Duesmois, comitatus Dusmensis; 2° le comté de Mesmont; 3° le comté du Laussois ou Laçois, comitatus Laticensis. Gyé-sur-Seine fut rattaché à ce dernier 4.

Le Laussois alors était borné au nord par le pays de Barsur-Seine, qui en dépendait 5 ; au nord-est, par le pays de

1 Dict. France anc. et mod.

2 DUCHESNE. Histoire de la maison de Vergy, p. 13 et 41. — MANSIN. Histoire du diocèse de Langres, t. III, p. 2 et 3.

3 DELAMOTTE, p. 6 et 7. 4 Ibid.

8 Bar-sur-Seine, jusqu'au XIIe siècle, a toujours fait partie du Laussois. Et en effet :

1°. Un très-vieux manuscrit de l'abbaye de Pothières dit : in villa Burgundione et Ausâ in pago Laticensi ; or, Bourguignon et la chapelle d'Oze sont entre Bar-sur-Seine et Troyes.

2°. Dans ce même manuscrit, Fontette, Essoyes, Giey, les Riceys, Baigneux-la-Fosse, Molesme, Villedieu, Griselles, etc., sont aussi placés in pago Laticensi; où donc aurait été situé le pagus de Barsur-Seine ?

3°. « Avant le XIIe siècle, » dit M. Delamotte, « le Laussois était très-


342 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

Bar-sur-Aube, pagus Barrensis super albam ; au midi, par le pays de Duesmois ; à l'est, par le pays de Duesmois, le pays d'Autun, pagus Althouarensis, et le pays de Langres, pagus Lingonensis; enfin, au couchant, par le pays de Tonnerre, pagus Tornodorensis, et le pays de Sens, pagus Alsensis 1.

Il comprenait, outre Châtillon et Bar-sur-Seine, 57 villages avec leurs dépendances. Les villages limitrophes sont : Fouchères, Briel, Vendeuvre, Longpré, Vitry-le-Croisé, Fontette, Cunfin, Lanly, Gevrolles, Boudreville, Buxerolles, Coulmier, Ravières, Ancy-le-Franc, Arthonnay, Lagesse et Lantages 2.

Plus tard, les comtés de Mesmont, de Duesmois et du Barrois ont été réunis en partie au comté du Laussois.

Quant à la partie du Barrois, il paraît que cette réunion fut la suite d'un échange fait dans le XIIIe siècle entre un duc de Bourgogne et un comte de Bar. On a prétendu que c'était

étendu. Mais alors le Tonnerrois s'agrandit aux dépens du Laussois, et le comté de Bar-sur-Seine fut formé du Tonnerrois. Les comtes du Laussois étaient de la même maison que ceux de Tonnerre, et ceux de Tonnerre de la même maison que ceux de Bar-sur-Seine. » Il ajoute : « L'abbaye de Molesme, quoique actuellement réputée dans le Tonnerrois, fut originairement fondée, en 1075, par S. Robert, dans le Laussois. Jully-les-Nonnains, monastère de femmes, qui en dépendait, fondé en 1114, était aussi dans le Laussois. Il en est de même de l'abbaye de Mores, fondée en 1152, de la commanderie d'Avaleurs, fondée en 1172, par Manassès, évêque de Langres, pour des chevaliers du Temple, auxquels ceux dé Saint-Jean de Jérusalem ont succédé. Outre les prieurés de Merey, de Viviers, de Bar-surSeine, de Lantage ou Chapelle-d'Oze, de la Gloire-Dieu, de Vanvoevre, de Faux où de l'Isle, à Ricey, qui sont au bailliage de Barsur-Seine, il y avait encore au bailliage de la Montagne le grand prieuré chef d'ordre du Val-des-Choux. »

Ainsi donc, Bar-sur-Seine, avant le XIIe siècle, n'a jamais été le chef-lieu d'un comté : il est inutile d'insister sur ce point. (DELAMOTTE, bibl. de Châtillon, p. 365 et 431.)

1 DELAMOTTE, chap. XIII et passim.

2 Ibid.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 343

Bar-su?-Aube; mais les mieux instruits de la ville d'Arcen-Barrois, fondés sur une tradition constante, sont persuadés que c'est Bar-le-Duc l.

Cette petite partie du Barrois avait sept lieues de long sur autant de large. Elle était comprise entre les villes de Langres, Chaumont en Bassigny et Châtillon.

La ville et le marquisat d'Arc-en-Barrois ressortirent au bailliage de la Montagne jusqu'en 1703, époque où ils en furent distraits pour former le duché-pairie de Châteauvillain, en faveur du comte de Toulouse 2.

En même temps que Gyé relevait du comté du Laussois, il relevait aussi de l'archidiaconé du même nom, qui avait les mêmes limites. Car, remarque la Gallia Christiana 3, dans l'évêché de Langres, tous les anciens comtés ont formé autant d'archidiaconés, et le motif de cette disposition, dit M. Delamotte, semble se trouver dans les Capitulaires (lib. v, fol. HO, éd. de Pithou, an 138) 4.

L'archidiaconé du Laussois est très-ancien. Sous ce rapport, il n'a jamais cédé à aucun de la contrée, si ce n'est à celui de Langres; car il n'y avait tout d'abord qu'un seul archidiacre dans chaque diocèse. De plus, avant le milieu du VIIIe siècle, on se plaignait déjà des abus et de l'avidité des archidiacres dans leurs fonctions de juge. C'est une preuve, à nos yeux, que l'archidiaconé du Laussois existait depuis longtemps, et, partant, qu'il remonte au IVe ou au Ve siècle, époque où la conversion de nos pays au christianisme rendit nécessaire la présence d'un archidiacre 5.

1 Un commissaire à terrier, dit M. Delamotte, qui fil des recherches à la chambre des comptes de Dijon, m'a assuré y avoir vu les preuves de cet échange (p. 1, 2 et suiv.).

2 La ville d'Arc n'est pas dite en Barrois, du mot Embarons, Ambarri, peuples de la Gaule des environs du Charollais, mais du pagus Barrensis ad Albam dont elle faisait partie. (DELAMOTTE, p. 3.)

3 T. I, p. 508.

4 DELAMOTTE, p. 275-276. 5 Ibid.


344 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

L'archidiacre du Laussois était un des neuf dignitaires de la cathédrale de Langres. Il exerçait la juridiction de l'évêque comme ses officiaux : quasi officiales ; cette juridiction est connue dans les capitulaires sous le nom « d'audience de l'archidiacre, » audientia archidiaconi l. Vers l'an 1000, les archidiacres du Laussois furent regardés comme juges ordinaires, ayant juridiction de leur chef. Ils eurent un officiai, comme tous les autres archidiacres du diocèse, jusqu'en 1263. Ils subsistèrent jusqu'à la Révolution 2.

Au VIIIe et au IXe siècle, plusieurs bourgs comme Gyé, Plaines 3, Mussy 4, Essoyes 5, les Riceys, etc., dépendaient du Laussois ; ils en ont été distraits depuis pour former le comté de Bar-sur-Seine. A quelle époque eut lieu ce démembrement? Le vieux manuscrit de Pothières nous renseigne sur cette question. Il nous dit, à l'occasion de divers procès, que le ruisseau Augustine, c'est-à-dire le ruisseau qui se trouve entre Mussy et le prieuré de la Gloire-Dieu, et qu'on appelle plus communément le Goulot, servait encore de limite entre le duché de Bourgogne et le comté de Champagne, au XIIe siècle. Il ajoute qu'à partir de ce moment les comtes de Champagne commen1

commen1 lib. v, p. 171.

2 Gall. Christ., 1.1, p. 508. — DELAMOTTE, ch. XIII, p. 273 et suiv.

3 Au XIIe siècle, la seigneurie de Plaines appartenait à l'évêque de Langres et aux religieux de Pothières. Gérard de Roussillon avait denné à ces derniers toute la terre depuis Augustine ou le Goulot jusqu'au pont d'Etrochey. (Ms. de Pothières, cité par Delamotte, chap. XVII.)

4 Au XIIe siècle, Mussy appartenait à différents seigneurs, et notamment à la maison de Châtillon. Dans la suite, les religieux de Pothières en eurent la seigneurie avec l'évêque de Langres jusqu'à ce qu'ils l'eussent échangée avec ce que cet évêque possédait à Bouix. (DELAMOTTE. Ibid.)

5 Essoyes et Vitry, au XIIe siècle, appartenaient au comte de Champagne, et relevaient directement du seigneur de Chappes. (DELAMOTTE. Ibid.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 345

cèrent à reculer les bornes de leur territoire aux dépens des ducs de Bourgogne. Par suite de diverses concessions que leur firent ces derniers, et en particulier Eudes III, gendre de Thibaut-le-Grand, en 1143 et 1189 4, ils prirent pied dans le Laussois, et devinrent possesseurs de toutes les terres et seigneuries depuis Bar-sur-Seine jusqu'à Mussy inclusivement. Les monuments de l'histoire sont d'accord avec le manuscrit de Pothières 2. On peut en conclure le démembrement du Laussois, au profit des comtes de Champagne, et la création, dans cette province, d'un nouveau comté dont Bar-sur-Seine fut le chef-lieu, parce que c'était la ville la plus populeuse et la plus centrale. Ce comté s'étendait au sud jusqu'à Mussy, en passant par Vendeuvre, Longpré, Fontette, Vitry-le-Croisé, Cunfin, Bagneux-la-Fosse, Lantages, Jully et Villemorien. Ce sont précisément les limites que le Père Vignier assigne au comté de Bar-sur-Seine 3.

Il est probable que le doyenné de Bar-sur-Seine fut formé peu de temps après le comté, et qu'il eut les mêmes limites. Toutefois, le premier doyen que nous connaissions ne remonte qu'à l'an 1277. C'est Hugue qui approuve une vente faite par Prinet d'Arrelles et son épouse, à l'abbaye de Châtillon. Il est très-probable que c'est le même Hugue qui signait auparavant « doyen de Gyé, » decanus de Gyeio; car le style est tout à fait le même. On pourra en juger plus loin par les actes signés de sa main, que nous reproduisons textuellement.

Mais, en faisant partie du doyenné de Bar, la paroisse de

1 Ces traités furent renouvelés en 1245 et 1247. Toutefois, les pays concédés n'en restèrent pas moins des arrière-fiefs du duché de Bourgogne, et les ducs se firent rendre hommage pour ces fiefs jusqu'en 1313, époque où le mariage du fils de Philippe-le-Bel avec la duchesse douairière de Bourgogne les fit rentrer de plein droit à la couronne de France. (DELAMOTTE, chap. Alién. — PÉRARD. Recueil de diverses pièces... p. 585.)

2 DOM PLANCHER, t.1, p. 334. — BRUSSEL, 1.1, p. 344.

3 VIGNTER. Chr. Ling. cité.


346 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

Gyé et les autres n'en continuèrent pas moins d'appartenir à l'archidiaconé du Laussois, parce que, comme le dit fort bien l'auteur des anciens pouillés, jusqu'à la Révolution, les deux doyennés de Châtillon et de Bar-sur-Seine furent constamment unis pour former ensemble l'archidiaconé du Laussois.

A l'époque où nous sommes arrivés, et pendant toute la durée du moyen-âge, la paroisse de Gyé et la plupart de celles du Laussois furent possédées par les évoques ainsi que par les ducs de Bourgogne, soit par héritage, patrio jure, soit par acquisition ou donation. Et en effet, les évêques de Langres sortaient des premières familles de France; ils étaient le plus souvent proches parents des ducs de Bourgogne, et par conséquent ils partageaient avec eux les terres ou seigneuries ; d'ailleurs, au moyen-âge, les évêques achetaient ou faisaient des échanges; enfin, les donations aux évêchés et aux abbayes étaient fréquentes dans ces siècles de foi : autant de causes qui enrichirent les églises et firent qu'il y eut dans chaque pays trois seigneurs à la fois, à savoir : le pays lui-même, les évêques et les ducs de Bourgogne. Ces faits ont été ignorés par Duchesne, Dom Plancher et le Gallia Christiana. Un historien moderne va même jusqu'à dire que les évêques obtinrent la seigneurie temporelle de tout leur diocèse. C'est une erreur. Car, s'ils l'ont obtenue, à quelle époque? Est-ce des ducs de Bourgogne ou des rois de France ? Dans quelle charte figure cette prétendue concession ? Les archives de Langres furent brûlées, comme nous l'avons dit, en 814 ; il est par conséquent impossible d'y rien trouver à cet égard. Louis-le-Débonnairé, dans une charte postérieure, confirme les évêques dans tous les droits et possessions énumérés dans les titres qui ont été la proie des flammes en 814; ces titres sont même reproduits et longuement détaillés dans cette charte, et pourtant le diplôme de cet empereur ne parle point de la prétendue seigneurie des évêques. Les chartes subséquentes, et en


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 347

particulier celle du roi Eudes, n'en disent mot non plus. Concluons donc que les évêques de Langres devinrent possesseurs de la terre de Gyé comme de beaucoup d'autres, par droit de naissance, d'achat ou de donation, et non par une concession des rois de France qui n'a jamais existé.

S. Géran, 41e évêque d'Auxerre, est le premier évêque, que nous sachions, qui partage les revenus de la terre de Gyé avec les ducs de Bourgogne. C'est l'abbé Lebeuf qui nous l'apprend. Il nous cite à ce propos un nécrologe de la cathédrale d'Auxerre où il est dit « que S. Géran donne aux chanoines de sa cathédrale, le jour de son ordination, qui arriva le 14 janvier 910, et en mémoire de cette solennité, la terre de Giey, située dans le comté du Laussois, comitatu Laticensi. Ce Laussois était, ajoute l'historien, une contrée particulière entre Châtillon et Bar-sur-Seine l. »

Un autre nécrologe de la cathédrale d'Autun nous dit la même chose. On y lit ces mots : « Ordination de Géran, qui donna à ses frères la terre de Giey, située dans le comté du Laussois, avec toutes ses dépendances 2. »

Ce sont les deux plus anciens textes que nous ayons trouvés sur la paroisse de Gyé.

Gauthier, évêque de Langres, après avoir été archidiacre du Laussois 3, possédait la terre de Gyé en 1169. Cette même année, il la donna à l'abbaye de Notre-Dame de Châtillon, aujourd'hui l'hôpital. L'acte de donation se trouve à la bibliothèque de Châtillon, dans un manuscrit de Hocmelle, qui nous assure l'avoir pris dans un vieux cartulaire de l'abbaye.

Dans un autre acte que Hocmelle a copié sur l'original lui-même, Gauthier nous apprend qu'il a donné tout d'abord

1 LEBEUF. Mém., t. I, p. 223.

2 Ordinatio Gerranui Episcopi qui dédit fratribus in comitatu Laticensi Gaiacum cum omnibus appenditiis suis. (DOM MART. Mon. ampl. coll., t. VI, col. 687.

3 HOCMELLE. Biblioth. de Châtillon. Cartulaire.


348 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

à l'église de Châtillon 60 sols à percevoir annuellement et à perpétuité sur l'église de Gyé; et, ensuite, toute l'église de Gyé.

Par une bulle en date de 1185, Urbain III, souverain pontife, confirme cette donation de l'église de Gyé [ecclesiam de Gieio) à l'abbaye de Châtillon 1. Eugène III, par une bulle de 1147, lui avait déjà garanti la possession de l'église de Courteron (ecclesiam de Curterione) 2.

En 1234, le curé de Gyé, l'abbé de Châtillon et les frères de la Gloire-Dieu, pour éviter à l'avenir tout conteste au sujet des dîmes, oblations ou sépultures, firent une transaction, consentie par le grand-maître de l'Ordre de la Trinité.

En 1236, le curé de Gyé, qui s'appelait Hugue, prend le titre de doyen. Il nous a laissé une pièce écrite de sa main, où il énumère les droits de l'abbaye de Châtillon sur son église.

En 1240, un nommé Odon, chevalier, de Gyé, laisse à l'abbé et au couvent de Châtillon 9 deniers de cens annuel. Le fait est constaté par l'acte copié par Hocmelle sur l'original rédigé par Hugue, doyen de Gyé.

En 1260, Isabelle de Neuville vend à l'abbé de Châtillon sa part dans les moulins de Neuville.

En 1277, Prinet et son épouse donnent à l'abbé de Châtillon tout ce qu'ils possèdent sur le finage de Courteron.

En 1291, il y eut un différend entre le curé de Gyé, les frères de la Gloire-Dieu et l'abbé de Châtillon, au sujet des offrandes et du droit de sépulture. Il se termina par une transaction dont le texte fait partie des pièces justificatives.

Dans le principe, la paroisse de Gyé n'avait point d'église, mais seulement trois petites chapelles consacrées au

1 PÉRARD. Recueil...

2 Ibid.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 349

culte 1. Deux étaient aux extrémités du pays; la troisième au milieu ou à peu près. L'une au couchant, du côté des Riceys, s'appelait la chapelle Saint-Léon ; un cimetière l'entourait de toutes parts. Elle a entièrement disparu, et voici comment. En 1768, la commune de Gyé n'avait point de logement pour l'instituteur. Elle offrit au sieur Pierre Favier, vigneron, et à sa femme, Maguerite Cinget, de leur donner la chapelle Saint-Léon, qui tombait en ruines, à la condition qu'ils fourniraient de leur côté une maison convenable pour le maître d'école. Pierre Favier y consentit. Aussitôt il se mit en devoir de démolir la chapelle, vendit les matériaux qui en provenaient et ensemença le terrain 2. La seconde, la chapelle de Notre-Dame-de-l'Orme, située presque au centre du bourg, existe encore; mais elle a été horriblement mutilée, lors du nouveau tracé de la route de Bar-sur-Seine à Châtillon. Elle est devenue une propriété particulière, et sert maintenant à des usages profanes. On conserve dans l'église de Gyé une statue de la Sainte-Vierge qui n'est pas sans mérite et qui provient de cette chapelle. La troisième, à l'est, du côté de Courteron, est la chapelle de Saint-Nicolas. C'était probablement la principale : car 1° elle est très-bien orientée; 2° le cimetière à l'entour a toujours été le cimetière de la paroisse; 3° S. Nicolas, dans les plus vieux registres, est appelé l' ancien patron du pays; 4° on voit encore dans l'église de Gyé une vieille statue de S. Nicolas. Elle rappelle la légende des trois petits enfants ressuscites par son intercession. Cette chapelle existe aussi. Dans le cours des temps, elle a été réparée bien des fois; mais, si l'on excepte le vieux clocher à flèche qui n'existe plus et qui a fait place à une espèce de tourelle hexagone, le

1 C'est peut-être pour cette raison que Gauthier, évêque de Langres, écrivant en 1169, au curé de Gyé, lui donne le nom de capellanus, chapelain.

2 Arch. de la maison commune, pièce du 12 mars 1771 ; reproduc tion d'un acte du 28 novembre 1768.


350 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

corps proprement dit du bâtiment a conservé ses dimensions et sa forme primitive. C'est un rectangle; il mesure à peu près 10 mètres de large sur 26 ou 27 mètres de long. On y dit la messe tous les mois pour les défunts de la paroisse.

Dans la suite des temps, on s'aperçut de l'insuffisance de tous ces petits temples, de leur incommodité, des inconvénients de tous genres qu'ils offraient et aux fidèles et aux pasteurs; on les remplaça par un autre plus vaste et plus au centre du bourg : c'est l'église actuelle de Saint-Germain. Comme la plupart de nos monuments religieux, elle a été construite à plusieurs reprises. Le sanctuaire est la partie la plus ancienne. On ne sait pas au juste à quelle époque il remonte; on n'a aucun titre là-dessus. Toutefois, d'après les archéologues, et en particulier d'après M. d'Arbois de Jubainville, il date du XIIe siècle. Il a dû être construit par le seigneur de ce temps-là, car la chapelle attenante a toujours porté le nom de chapelle du château. Il demeura intact jusqu'à la fin du XVIe siècle 1.

Alors surviennent les guerres de religion. Les calvinistes sont nombreux à Gyé. On le voit par les actes d'abjuration qui ont suivi 2. Ils se livrent à toutes sortes d'excès. Comme partout ailleurs, ils occupent et profanent les lieux saints. La chapelle Saint-Nicolas est envahie par eux. Aussi, plus tard, quand la tourmente fut passée, quand l'hérésie fut éteinte, elle fut de nouveau bénite et réconciliée. Voici l'acte de réconciliation 3 :

« L'an 1714, le dimanche 9 septembre, par permission » et de l'authorilé de Mgr l'évêquede Langres, pair de France, » la chapelle Saint-Nicolas et le cimetière joignant, situés à

1 Arch. du presbytère et de la maison commune.

2 Voici la formule d'abjuration : « Je, soussigné, curé de Gyé, » certifie que.... N.... âgé .... a fait entre mes mains abjuration de » l'hérésie de Calvin et profession de la religion catholique, aposto» lique et romaine, de pleine et libre volonté, en présence...... »

3 Arch. du presbytère et de la maison commune.


ESSAI HISTORIQUE SDR LA PAROISSE DE GYÉ. 351

» la porte du costé de Courteron, ont esté solemnellement » réconciliés et bénis par nous prestre docteur en théologie, » curé de ce lieu de Giey-s.-Seine soussigné, assisté de V. P. » Simon Auger, Trinitaire de la Gloire-Dieu.

» Bereul, curé de Giey,

» Docteur en théologie. »

Après la chapelle-, vint le tour de l'église.- Les calvinistes l'assiégent, ils l'attaquent à main armée, y font des brèches, y mettent le feu, et c'est ainsi qu'après 400 ans à peu près d'existence arriva la destruction, la ruine totale du sanctuaire et de toute l'église.

On la reconstruisit en 1719. Le monument ci-dessous l'atteste l :

« Au nom de la T. S. Trinité, l'an 1719, le 30 mars, » la lre pierre de la nef de l'église paroissiale de l'église de » Saint-Germain de ce bourg de Gyé-s.-Seine, a esté bénite » par le curé soussigné et posée par Me J. B. Verdin, advo» cat au parlement, bailly dudit Gyé, assisté de Me Jacques » Milley, procureur fiscal, et de M8 Jacques Michelot, rece» veur pour et au nom de haut et puissant seigneur messire » Alexandre de Balsac d'Illiers, marquis d'Entragues, an» cien baron et seigneur, chastelain dudit Gyé, en pré»

pré»

» Bereul, curé de Giey, » Docteur en théologie. »

L'édifice fut achevé en 1754. Le fait est ainsi relaté dans les registres 2 :

« Le dimanche vingt-deux descembre 1754, après le » rétablissement et la reconstruction de l'église paroissiale » de Gyé-s.-Seine, faite par arrêt du conseil de l'année » précédente, avec la permission de Mgr de Montmorin de » S. Gérem, évêque-duc de Langres, pair de France, par

4 Arch. du presbytère et de la maison commune. 2 Ibid.


352 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

» moi Augustin Delange, prestre baschelier de Sorbonne, » curé de cette paroisse, a esté faite la bénédiction solem» nelle de l'hostel de l'église dudit Gyé, en présence

» Augustin Delange,

» Bachelier de Sorbonne. »

Dès 1734, le sanctuaire était debout, le clocher était refait, on y suspendait une cloche. Témoin l'acte de baptême 1 :

« Aujourd'huy dix-huit, jour du mois d'avril mil sept » cent trente-quatre, jour des Rameaux, à l'issu des vespres » a esté faite solemnellement par moy curé soussigné, ac» compagné du R. P. Guizelin, prestre Récollet, demeu» rant à Châteauvillain, la bénédiction d'une cloche refon» due et appartenante à la communauté de Gié, en l'hon» neur de saint Henry, qui a esté nommée par haut et puis» sant seigneur messire Henry, marquis d'IUiers d'Entra» gués, seigneur de ce lieu, et par Mme Louise-Philberte » Poton de Xaintrailles, épouse de haut et puissant seigneur » messire Alexandre de Balsac, sire d'IUiers, marquis d'En» tragues, seigneur de Marcoussys, représentés, sçavoir :

» ledit seigneur de Gié par et laditte dame d'Entragues

» par en présence des deux tiers des personnes de Gié,

» Neuville et Courteron.

» Bereul, curé,

» Docteur en théologie. »

Moins de trois ans plus tard, une personne généreuse faisait don d'une petite cloche à la chapelle Saint-Nicolas. L'acte suivant en fait foi 2 :

« Le quinze septembre mil sept cent trente-sept, la céré» monie et bénédiction de la cloche de la chapelle de Saint» Nicolas, ancien patron de ce lieu, a esté faite par moy

4 Arch. du presbytère et de la maison commune. 2 Ibid.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 353

» curé soussigné, et a esté nommée Marie-Anne par » Me Laurent Lenfent, receveur des aydes dudit Gié, et par » demoiselle Marie-Anne Gauthier, fille de défunt Me Jac» ques Gauthier, bailly et notaire à Gémeaux en Bourgo» gne, tenant heu de parein et mareine qui ont siegnez

» avec nous, en présence

» Bereul, curé,

» Docteur en théologie. »

En 1770, l'église de Saint-Germain recevait une nouvelle cloche l :

« Le dix septembre 1770 par moy curé soussigné a esté » faite la bénédiction d'une cloche de 3600 sous l'invoca» tion de S. Germain, laquelle a esté nommée par messire » François Rémond, marquis de Montmort, lieutenant » général des armées du Roy, major général de la maison » de Sa Majesté, gouverneur des deux Givets, et Charle» mond, seigneur de cette paroisse et autres lieux, et par » Mme Marie-René Joly de Fleury de Montmort, repré»

repré»

» Terrillon Duprez, » Curé. »

Enfin, la grosse cloche fut montée en 1772 2 : « Le vingt-six novembre 1772, je soussigné curé de » Gié, ai fait la bénédiction de la principale cloche de celte » église sous l'invocation de S. Germain, patron de ce lieu, » elle a esté ainsi nommée par messire François Rémond, » et Mme Marie-Geneviève du Doignon, son épouse, mar» quise de Montmort, représentés.... laquelle cloche s'est » trouvée peser 4100 livres.

» Terrillon Duprez, » Curé. »

A la Révolution, deux cloches furent enlevées. Avec la

4 Arch. du presbytère et de la maison commune. 2 Ibid.

T, XLIII. 23


354 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

grosse qui restait, on essaya, en 1817, d'en faire trois; mais deux seulement réussirentl. Une troisième fut donnée, il n'y a pas bien longtemps, par MUe Marie-Sophie Delongchamps. C'était une personne distinguée qui appartenait à l'ancienne noblesse. Son père, messire Juliot Delongchamps, était écuyer du Roi et faisait partie du corps de la noblesse de la vallée d'Argonne. Mais elle était plus digne d'estime par sa foi et par sa charité. Pendant sa longue vie qui dura plus de 90 ans, elle fut la providence des pauvres, elle consolait les malheureux, elle se dévouait pour le soulagement des malades, elle se constitua l'appui de la veuve, de l'orphelin ; enfin, il n'y eut point de souffrance qu'elle ne cherchât à adoucir, point de misère qu'elle ne voulût atténuer. Les ennemis les plus acharnés de la religion l'aimaient, la respectaient. J'en connais qui n'ont jamais laissé passer le premier jour de l'an sans venir lui présenter leurs hommages. Elle mourut, regrettée de tout le monde, nous léguant l'exemple de ses vertus, et laissant l'Eglise et la paroisse enrichies des trésors de sa libéralité.

Je suis heureux, en passant, de rendre à sa mémoire ce témoignage de ma reconnaissance.

Après les cloches de Gyé, parlons des croix.

Anciennement, il y en avait cinq. Quatre étaient placées aux quatre coins du pays ; une en occupait le centre.

La plus vieille, ou du moins la première dont il est question dans les actes religieux, est la croix de S. Léon, à l'ouest, sur l'ancien chemin des Riceys. Elle est en pierre, le piédestal est carré; le montant et les bras sont formés de petits cylindres superposés et cimentés les uns aux autres. Elle fut restaurée en 1818. Elle a dû être posée en même temps ou peu après que la chapelle du même nom a été bâtie. De cette chapelle, nous l'avons dit, il ne reste plus aucun vestige ; on voit seulement la place où elle s'élevait.

4 Arch. du presbytère. Séance du Conseil, 26 juillet 1817,


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 355

C'est une propriété entourée de murs et qui appartient à Mme Delacroix.

Ensuite, vient la croix de S. Nicolas, à l'est, près de la chapelle du saint. Elle est aussi en pierre, faite à peu près dans le même genre que celle de S. Léon, et enclavée dans le mur du cimetière. Elle fut placée en 1719, à la suite d'une mission 1 :

« L'an mil sept cent dix-neuf, le sixième janvier, après » que les R. P. Saleur, Tribolet et Notta, de la Compagnie » de Jésus, missionnaires apostoliques, eurent faits une » solemnelle et zeslée mission dans cette paroisse de Gyé» s.-Seine, pendant le temps de six semaines, ils en firent » la clôture cejourd'huy, et firent poser une croix à la » porte de S. Nicolas, qui a esté le même jour bénite par » le curé soussigné assisté des R. P. missionnaires et des » officiers et principaux habitants du pays.

» Bereul, docteur en théologie, » Curé de Gyé. »

La troisième n'existe plus. Elle se trouvait au nord, du côté de Neuville, au bord du chemin de traverse qui conduit maintenant à Notre-Dame-des-Vignes. C'était une croix de bois. Elle fut érigée en 1754 2 :

« L'an mil sept cent cinquante-quatre, le trente-un mars, » par la permission de M. Néret, vicaire général de ce dio» cèse, a esté solemnellement bénite par moi prêtre bache» lier de Sorbonne, curé de Gyé soussigné, une croix éri» gée par les soins et bienfaits de Me François Henriet, size » à l'entrée du bourg, du costé de Neuville, en présence » des principaux habitants de cette paroisse dont plusieurs » ont signé avec moi curé susdit.

» Delange,. curé de Gié,

» Bachelier en Sorbonne. »

1 Arch. du presbytère et de la commune. 2 Ibid.


356 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

La quatrième, c'est le Calvaire: on l'appelait jadis la Croix de Mission. Elle a été restaurée, repeinte et changée de place. Du coin de l'église, près du mur du château où elle se trouvait, on l'a transportée au milieu de la grande place, en face de la porte de l'église, qu'elle partage à peu près par le milieu 4. Elle fut bénite en 1757, par Mgr de Montmorin, évêque de Langres, dans une grande et solennelle mission qu'il présida en personne 2 :

« Le vingt-sept descembre mil sept cent cinquante-sept, » a été faite la clôture de la mission solemnelle accordée » par Mgr Gilbert de Montmorin, évêque-duc de Lan» grès, pair de France, commandeur de l'Ordre du

» S. Esprit, etc , l'ouverture de laquelle mission a été

» faite par mon dit Sr l'évêque , aux exercices de la»

la» mission Sa Grandeur a bien voulu présider elle— » même.... La Croix de Mission, située sur la grande » place, à côté du mur extérieur du château, a été érigée, » bénite et plantée le quatorze descembre par mon dit » Sr l'évêque, pendant le cours de ladite mission....

» Delange, curé de Gié,

» Bachelier en Sorbonne. »

Reste la croix du sud, dite Croix de S. Marc. Elle était en fonte, avec un piédestal en pierre. Ayant été cassée d'un coup de vent, elle fut remplacée par une autre et sur un nouveau terrain donné par une personne généreuse du pays. Elle fut bénite par le curé de Gyé, M. l'abbé Déguilly.

Disons, en passant, un mot du Père Lejeune, le fameux prédicateur qui fut curé de Gyé pendant quelques années. Tout le monde sait qu'il naquit dans la Franche-Comté, qu'il entra tout jeune à l'Oratoire, qu'il eut pour directeur

1 Arch. du presb. et de la comm.

2 Arch. du presb. Séance du Conseil, 6 janvier 1828. — Id. lettre de M. de Bellaing au Conseil, 5 juillet 1829.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 357

le pieux et savant cardinal de Bérulle, et qu'il consacra sa vie à évangéliser les classes pauvres. Mais ce qu'on ignore généralement, ce qu'on n'a jamais dit, c'est qu'il fut curé de Gyé-s.-Seine. Il serait difficile de préciser au juste l'époque, mais il est très-probable que ce fut aussitôt ou peu après son entrée à l'Oratoire, c'est-à-dire vers 1620. Alors la congrégation n'était qu'à son début; elle venait de naître, elle n'avait point de ressources, il fallait lui en créer; on y pourvut en donnant à chacun de ses membres une prébende ou cure à titre fictif. Quoi qu'il en soit, le P. Lejeune, depuis 1626 jusqu'en 1629, fut curé de la paroisse de Gyé, à laquelle se rattachaient les deux vicariats ou succursales de Neuville et de Courteron. On ne peut en douter, puisque son nom figure dans les archives du presbytère.

Le P. Lejeune n'a point fait d'actes à Gyé, il a seulement approuvé, dans trois pages différentes, les actes de baptême de trois années successives, à savoir : 1626, 1627 et 1628, en apposant sa signature à la fin de chacune d'elles, avec la formule suivante :

« Je soussigné, prebstre de l'Oratoire de Jésus, certifie » le contenu de cette page très vrai.

» Jean le Jeusne. »

Quant aux actes contenus dans les trois pages en question, ils sont d'une autre main, de la main du prêtrecommis. Ce prêtre-commis, comme il s'appelle lui-même, administrait la paroisse pour et au nom du P. Lejeune. Il transcrivait les actes religieux sur un livre ad hoc, il présentait le livre au P. Lejeune quand celui-ci, en tournée de prédication, passait dans le pays ou non loin, et l'Oratorien apposait sa signature au bas de chaque feuille.

Le couvent des Ursulines de Gyé est de date récente. Il remonte seulement à quelques années avant la Révolution. C'est M6 Jean-François Bouchotte, prêtre et docteur


358 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

en théologie, ancien curé de Molesme, qui en dota la paroisse de Gyé. A. cet effet, il donna, par testament, à la fabrique, une maison et une rente assez considérable, à la condition qu'elle formerait un établissement d'instruction gratuite et de charité pour les malades. L'acte testamentaire est du 10 décembre 1785 ; il fut renouvelé à Paris le 26 mai 1787, homologué le 30 novembre de la même année et insinué le 26 juin 1789 1.

La chapelle du couvent est encore plus récente ; elle ne fut érigée qu'en 1815. On le voit par un acte de vente du sieur J.-B. Millot-Belorgeot aux dames Ursulines. Dans cet acte, il est dit que le sieur Millot cède une partie de sa maison adjacente au couvent des Ursulines, pour l'érection d'une chapelle autorisée par Mgr l'Evêque, en date du 17 octobre 1815, moyennant la somme d'un millier de francs 2. Cette somme fut réduite à 800 francs, parce que les dames Ursulines donnèrent au sieur Millot, avec l'assentiment du Conseil de fabrique, une portion de terrain de huit pieds carrés, près de son bâtiment 3.

Revenons à l'église de Gyé que nous avons laissée à sa reconstruction, en 1754.

Nous l'avons vu, la bénédiction solennelle du sanctuaire et du maître-autel de l'église de Gyé fut faite en 1754, après sa reconstruction totale, par Me Augustin Delange.

Voici maintenant quelques détails sur ce sanctuaire. Avant la Révolution, il était entouré de boiseries. Elles se composaient de planches de chêne, peintes en bleu et ajustées les unes aux autres; néanmoins, pour les poser, on brisa, on défigura quatre belles petites colonnettes du style corinthien. Cet acte n'est pas le seul de ce genre ; on pour4

pour4 de donation, à la maison commune. — Arch. du presb. Délib. du Conseil de fabrique, 4 août 1816.

2 Arch. du presb. Délib. du 24 juin 1816.

3 Id. Séance du Conseil de fabrique, 24 juin 1816.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 359

rait en citer mille autres. C'était le goût d'une certaine époque de remplacer la pierre par du bois.

Quoi qu'il en soit, ces boiseries étant tombées de vétusté furent restaurées en 1825, en même temps que le maîtreautel. Et en effet, le Conseil de fabrique de cette année-là, dit entre autres choses « qu'il éprouve le besoin d'exprimer à Mlle Delongchamps sa reconnaissance pour la restauration du maître-autel et des boiseries de l'église, pour laquelle restauration elle a employé la somme de 600 francs l. »

Vingt-cinq ou trente ans plus tard, ces boiseries nécessitaient de nouvelles dépenses. La fabrique n'avait point d'argent. M. l'abbé Déguilly eut la bonne idée de les faire disparaître et de rétablir les colonnettes dans leur état primitif.

Avec une somme de 1,000 francs, due à la générosité de MUe Delongchamps, M. Déguilly débarrassa le sanctuaire, fit refaire les ciselures et les chapiteaux des colonnettes, et le coup-d'oeil redevint gracieux.

Avant la Révolution, le maître-autel de l'église de Gyé, au heu d'être adossé contre le mur, occupait le milieu du sanctuaire. Il était, comme aujourd'hui, en bois et surmonté de quatre colonnes surmontées d'un dôme. Audessous du dôme, une Gloire remplissait le vide entre les colonnes. Elle a été supprimée parce qu'elle masquait trois vitraux peints dont l'un, celui du milieu, représente S. Germain d'Auxerre, patron actuel de la paroisse. Ces vitraux ont été posés par M. l'abbé Déguilly.

Derrière le maître-autel se dressait le Lutrin, et, de chaque côté, des bancs d'enfants et de jeunes gens.

M. Lefebvre, en 1813, supprima les bancs en question, recula le maître-autel jusque contre le mur, rapprocha la balustrade et plaça le lutrin entre les deux piliers assez

4 Arch. presb. Séance du Cons. de fab., 2 janvier 1825. — Délib. du 19 août 1827.


360 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

resserrés du choeur, où il est encore maintenant. C'est ce qui appert de la séance du 14 juillet 1813, où il est dit « que le Conseil de fabrique considérant : 1° que les chantres placés derrière le maître-autel n'étaient pas suffisamment entendus du peuple, tant à cause de l'éloignement que parce que leurs voix étaient interceptées par l'autel, et qu'il en résultait une dissonnance pour le chant ; 2° que la réunion des jeunes gens de différents âges, derrière et à côté du maître-autel, blessait souvent la décence et nuisait au recueillement du célébrant, décida : 1° que le déplacement du maître-autel était devenu nécessaire; 2° qu'il serait exhaussé de 16 à 18 centimètres; 3° que la vraie place était contre le mur pignon au levant; 4° que le lutrin serait transféré sous la lampe du maître-autel, de manière que les banquettes des chantres ne dépassassent pas les marche-pieds des autels de la Ste Vierge et de S. Vincent; 5° que les jeunes garçons qui n'avaient pas encore fait leur première communion, seraient placés à l'endroit où étaient les deux confessionnaux (c'est-à-dire près de l'autel de la Ste Vierge et de S. Vincent); 6° que les deux confessionnaux seraient reportés, l'un à la sacristie, l'autre à la place du banc des religieuses (au fond de l'église, du côté de S. Vincent). »

Le même jour le Conseil fut d'avis :

« 1° Que la balustrade en bois servant d'appui à la communion serait fixée à l'extrémité du pilier, près de la porte de la sacristie d'un bout, et de l'autre bout au pilier parallèle; 2° que sa distance d'avec le dernier degré de l'autel serait d'environ deux mètres 2. »

Telles furent les décisions prises par le Conseil de fabrique, en 1813.

Le Conseil avait décidé que le lutrin serait placé au milieu du choeur. Mais pour cela, il fallut supprimer deux

4 Arch. presb. Séance du 14 juillet 1813.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 361

bancs vendus à vie en 1801. Ces bancs s'avançaient en largeur entre les deux piliers du choeur, et par là même gênaient singulièrement l'approche du sanctuaire et le développement des processions dans l'église. De plus, ils avaient été, contre l'ordre établi généralement et les règlements de la paroisse, adjugés à des femmes. Double motif pour les faire disparaître. Le Conseil de fabrique n'hésita pas un instant. Dans la séance du 14 juillet 1813, il fut convenu unanimement : 1° qu'à l'avenir il n'y aurait plus dans le sanctuaire que les bancs des marguilliers en charge; 2° que les deux bancs du choeur, près de la balustrade, seraient enlevés, que le prix de vente serait rendu aux personnes dépossédées, et qu'enfin d'autres places équivalentes leur seraient offertes en échange 1. Mais les demoiselles Guyot, jusques-là propriétaires et en possession, prétendirent y rester malgré le curé et malgré le Conseil de fabrique. On fit des démarches, des instances réitérées auprès d'elles; on leur représenta que le Conseil, dans cette suppression, n'avait eu en vue que le bien, que l'ordre, que la pompe des cérémonies et du culte divin; on leur offrit les premières places derrière le choeur ou bien dans la chapelle du Seigneur, à leur choix; tout fut inutile. Elles ne voulurent rien entendre et s'obstinèrent jusqu'à intenter un procès à la fabrique. Et comme elles ne pouvaient se présente» ni au tribunal de Mussy, ni à celui de Bar-surSeine, parce que leur oncle et leur beau-frère étaient juges dans ces pays, elles portèrent l'affaire au parquet des Rieeys. Devant le juge de paix, les demoiselles Guyot furent déboutées de leur demande et condamnées aux frais et dépens 2.

La tribune actuelle de l'église de Gyé, qui se trouve

4 Arch. presb. Séance du 14 juillet 1813.

2 Id. Procès des demoiselles Guyot, 14 novembre et 2 décembre 1813.


362 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

au-dessus du grand portail, fut construite en 1828, par M. de Bellaing l et à ses frais. Tout d'abord, il avait demandé qu'il lui fût permis d'en bâtir une, sur son terrain, derrière le grand vitrail, à droite du maître-autel, et de l'accoler à l'église de telle façon qu'il n'intercepterait pas la lumière. Il offrait, si sa proposition était agréée, de donner à la fabrique une rente annuelle et perpétuelle de 25 francs; bien plus, de reculer le mur de son châtean de manière à ce qu'il fît une ligne droite avec l'angle rentrant du Calvaire, et enfin de reporter le Calvaire lui-même au centre de la place qui mène à l'église 2. M. Lefebvre, qui était alors curé de Gyé, transmit immédiatement à l'évêché le voeu de M. de Bellaing, en faisant observer que le Conseil municipal et le Conseil de fabrique étaient disposés à accéder à sa demande 3. Mgr de Boulogne accorda la permission. Toutefois, il se réserva le droit de la révoquer et d'interdire l'usage de la tribune, si de graves motifs l'y déterminaient dans la suite 4.

Mais bientôt le Conseil de fabrique revint sur sa détermination. Il vit des inconvénients au projet de M. de Bellaing, et il lui proposa d'y renoncer et de placer la tribune au-dessus de la sacristie de l'église. Cette nouvelle combinaison fut acceptée par M. de Bellaing et soumise à l'approbation de l'Evêque 5. Cette fois, l'Evêque refusa pour des motifs de haute convenance, et pendant deux ans il ne fut plus question de ladite tribune 6.

On y revint, le 6 janvier 1828. M. de Bellaing, profitant

4 M. de Bellaing était parent, par sa femme, et l'héritier du marquis de Montmort. Il habitait le château de Gyé. Il disparut à la révolution de 1830.

2 Arch. presb. Lettre de M. de Bellaing, 19 mai 1824.

3 Ibid.

4 Arch. presb. Lettre de Mgr de Boulogne, 10 juin 1824.

5 Id. Délibération du Conseil, 1er janvier 1826.

6 Ibid.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 363

de l'intention manifestée par le Conseil de transporter les orgues au-dessus du grand portail, réitéra son désir d'avoir à l'église une place réservée pour lui et pour sa famille. Il promit à la fabrique une somme de 600 francs pour l'établissement d'une tribune, moyennant qu'elle lui céderait, ainsi qu'à ses héritiers ou ayants-cause, la jouissance et l'emplacement des orgues devenu libre 1, Le Conseil, à l'unanimité, entra dans les vues de M. de Bellaing; la tribune fut construite. Le bas des orgues fut fermé par une cloison, et ainsi l'on para à un double inconvénient : au froid qui pénétrait par la porte du clocher et gênait beaucoup le prêtre à l'autel, et aussi au rassemblement de jeunes gens qui faisaient du bruit et du scandale dans cette chapelle, sous les cloches. Dès lors, elle fut interdite au public, et M. de Bellaing seul y eut accès 2.

Nous arrêtons à cette époque notre Essai historique sur Gyé-sur-Seine. Rien de très-important, du reste, ne saurait être signalé depuis, et d'ailleurs nous laissons cette tâche à ceux qui viendront après nous.

Vailly, le 15 juin 1877.

4 Ces orgues n'ont guère été achetées avant 1825. Car, dans la séance du 2 janvier 1825, il est dit « que le Conseil exprime sa gratitude à Mlle Delongchamps de ce qu'elle a bien voulu contribuer, pour une somme de 100 fr. pour parfaire le paiement des orgues, satisfaisant en cela le voeu de M. Prodhon, son oncle. »

2 Arch. presb., 6 janvier 1828.


PIÈCES JUSTIFICATIVES

DON PAR GAUTHIER, EVEQUE DE LANGRES, DE LA TERRE DE GYÉ A L'ABBAYE DE CHATILLON.

Ex Cartulario. Galterus, Dei gratià Lingonensis Episcopus, R. Capellano de Gye, salutem. Mandamus vobis et proecipimus ut de totà Ecclesiâ de Gye Abbati Castellionis et Ecelesioe amodù respondeatis ; concessimus enim eam praefatae Castellionis Ecclesiae et donavimus eam.

CONFIRMATION DU DON PRECEDENT PAR LE PAPE URBAIN III.

Ex Autographo. Ego Galterus, Dei gratiâ Lingonensis Episcopus, notum facio tàm futuris quàm praesentibus, quôd pro Crucibus quas Ecclesia Castellionis ab antiquo in bonâ pace tenuerat, tàm à venerabili Anselmo Abbate ejusdem Ecclesiae et à fratribus inibi Deo servientibus quàm à me Lingonensi Ecclesioe spontè bonâque voluntate datis et concessis, praefatae Ecclesiae Castellionis LX solidos in Ecclesiâ de Gye annuatim perpetuo habendos dedi et concessi. Postbac verô placuit mihi divino instinctu summonito, ut totam proedictam Ecclesiam Ecclesiae Castellionis darem; quod effectui mancipavi benignè et in perpetuum possidendam salvo presbyteratu et jure episcopali concessi, et ut hoc ratum et inconcussum habeatur, sigilli mei authoritate munio et testium annotatione confirmo. Testes sunt Hugo de Riveriâ, Girardus de Monlissalione Archidiaconi. Arnaudus decanus de Chasneiio. (HOCMELLE, Bib. Chat..)

Actum anno ab Incarnàtione Domini, M° C° LX° nono.

ACCORD ENTRE L'ABBÉ DE CHATILLON, LES FRÈRES DE LA GLOIREDIEU

GLOIREDIEU LE CURÉ DE GYÉ AU SUJET DES DIMES,

OBLATIONS ET SÉPULTURES.

Ex Autographo. (HOCMELLE, Bibl. de Châtillon.) Ego frater Nicholaus, major Minisler Ordinis S. Trinitatis et Captivorum licet indignus, coeterique ministri et fratres in generali Capitulo apud


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 365

Cervum frigidum congregati, notum facimus universis, quôd ad instantiam Ministri et fratrum Domus Dei de Novavillâ, dedimus et concessimus dominis et amicis nostris Religiosis viris Abbati et Conventui S. Mariae Castellionis et presbytero de Gyeio super Sequanam, duos modios vini in decimâ nostrâ de Gieio annuatim in tempore vindemiarum percipiendos. Recognovimus et concessimus eisdem quôd ipsi percipiant omnes oblationes parrochianorum de Gyeio et Novavillâ et Curterione, quandocumque contigerit eas offerri dùm missa celebrabitur sive pro vivis, sive pro defunctis. Si verô aliquis de parrochianis dictarum villarum sibi in cimeterio dictée Domus nostrae de Novavillâ sepulturam elegerit, nullum recipere possumus sine presbyteri illius loci assensu. Ad proedicta autem adimplenda tenetur juramento interposito Minister dictae Domus, quicumque fuerit. Quod ut ratum habeatur, sigilli nostri generalis Capituli munimine praesentes litteras fecimus roborari. Actum anno graliae M° CC° XXX° quarto.

HUGUES, DOYEN DE GYE, RECONNAIT LES DROITS DE L ABBAYE DE CHATILLON SUR SON ÉGLISE.

Ex Autographo. Ego Hugo decanus Gyeii praesemtibus et futuris notum facio quôd sicut ego à bonae memoriae praedecessoribus meis audivi et didici et ad tempus meum vidi, Ecclesia B. Mariae de Castellione in parrochiâ meâ de Gyeio talem habet portionem, videlicet : in decimâ bladi et vini sextam partem, in minuta verô decimâ medietatem, in oblationibus et testamentis et caritatibus si redemptae fnerint, medietatem. Apud Novamvillam, verô in decimâ bladi partem decimam octavam, in decimâ vini sextam, in minutis decimis, oblationibus et legatis medietatem. Apud Curterrannum, à parte Allodii, in decimâ bladi duas partes, in decimâ vini sextam partem, in legatis et oblationibus medietatem, in minutâ verô decimâ totum : praeterque duodecim denarios quos Curatus in annaciâ pro sede suâ percipere consuevit. Apud Curterrannum, à parte monasterii, in decimâ bladi et vini et minutâ decimâ duas partes. In Nativitate Domini et festo Pentecostes et in festo Omnium Sanctorum, in oblationibus tertiam partem ; in reliquis verô oblationibus per totum annum factis nihil omninô recipit Ecclesiâ Castellionis. In legatis à duodecim denariis et suprà tertiam partem; sed in duodecim denariis et in legato facto à XII denariis et infrà, dicta Ecclesia nihil omninô recipere consuevit. Haec autem omnia dictam Ecclesiam de Castellione ad tempus meum pacificè cepisse profiteor


366 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

et protestor, et ut in posterum sicut ibi continetur per meî testimonium sine contradictione successorum recipiat, sigillum meum in dictas rei testimonium praesentibus litteris apposui.

Datum apud Gyeium, anno Domini M° CC° XXX° VI°, mense februario.

DONS ET VENTES FAITS PAR DES HABITANTS DE GYE, NEUVILLE ET COURTERON A L'ABBAYE DE CHATILLON.

Ex Autographo. Universis prsesentem paginam inspecturis, C. Dominus caparum salutem. Noveritis quôd Dominus Odo miles de Gieio in nostrâ proesentiâ constitutus, quitavit Abbati et Conventui Castellionis novem denarios censuales annuatim persolvendos quos habebat super quamdam terram sitam propè Domum Ordinis S. Trinitatis et Captivorum quae dicitur Gloria Dei... In cujus rei testimonium praesentes litteras ad petitionem dicti Ministri et dicti Militis sigilli mei munimine roboravi.

Datum apud Gyeium die dominicà ante festum B. Matthaei Apost. Anno Dom. M° CC° XL°.

ISABELLE DE NEUVILLE VEND A L ABBE DE CHATILLON SA PART DANS LES MOULINS DE NEUVILLE.

Ex Autographo. Nos Magister Johannes de Tavellis Arch. Laticensis, Nosque frater Nicholaus Minister Domus quae dicitur Gloria Dei Ordinis S. Trinitatis et Captivorum, notum facimus universis praesentibus et futuris quôd in prasentiâ nostrâ propter hoc specialiter constituti, Isabella de Novavillâ relicta Thomoe dicti Rosti et Guillelmus Clericus ejus filius recognoverunt spontanei se vendidisse et in perpetuum quilavisse Abbati et Convent. B. Mariae de Castellione super Sequanam et successoribus eorumdem totam partem quam habebant vel habere poterant vel debebant in molendinis de jàm dictâ Novavillâ pro decem et octo libris Pruvinensium fortium, de cujus summâ pecuniae praedicti Hysabella et Guillelnius se tenuerunt coràm nobis pro pagatis ad plenum, et promiserunt suo praestito juramento de dictâ venditione dictae Ecclesiae contrà omnes gentes portare garantiam, et etiam quod contra dictam venditionem nec se per nec per alium venient in futurum. In cujus rei testimonium ad petitionem supradictorum Hysabellis et Guillelmi sigilla nostra praesentibus litteris duximus apponenda,

Actum anno Dom. M° CC° LX° mense februario.


ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ. 367

PRINET D'ARRELLES ET SON ÉPOUSE DONNENT A L'ABBÉ DE CHATILLON TOUT CE QU'ILS POSSÈDENT SUR LE FINAGE DE COURTERON.

Ex Autographo. Universis praesentibus litteras inspecturis frater Robertus, humilis Abbas Monasterii Arremarensis et Nos Magister Hugo Decanus de Barro super Sequanam, salutem in Domino. Noveritis quod in nostrà praesentiâ propter hoc personnaliter constituti, Prinetus de Arreele Domicellus et Marguareta ejus uxor non vi non dolo neque motu inducti nec in aliquo circumventi, sed sanâ mente et ex certâ scientiâ, de laude, consensu et ex pressa voluntate Dominas Adelinae matris dicti Domicelli, recognoverunt et confessi sunt se vendidisse, concessisse et quitavisse in perpetuum viris religiosis Abbati et Conventui B. Mariae de Castellione super Sequanam, quidquid juris, possessionis et proprietatis habebant vel habere poterant et debebant in villa et finagio Curterionis in Tertiis, in Censibus et in omnibus aliis quibuscumque quae habere poterant et debebant in dicta villa et in finagio praedicto, pretio videlicet quatuordecim librarum et decem solidorum Turonensium, quam quidem totalem pecuniae summam praedicti Prinetus et Marguareta confessi sunt coràm nobis habuisse et recepisse à praedicto Abbate Castellionis in bonà pecuniâ numeratâ, et de eâdem se tenuerunt coràm nobis plenarie pro pagatis.... In cujus rei testimonium nos ad preces et requisitionem praedictorum Prineti et Marguaretae et Dominoe Adelinae matris dicti Prineti, sigilla nostra his praesentibus litteris duximus apponenda.

Actum anno Dom. M° CC° LXX° VIIe mense Julio.

DIFFEREND ENTRE L ABBE DE CHATILLON, LES FRERES DE LA GLOIREDIEU ET LE CURÉ DE GYÉ AU SUJET DES OFFRANDES ET DES DROITS DE SÉPULTURE.

Ex Autographo. Universis praesentes litteras inspecturis frater Nicholaus Minister humilis et fratres Domus Gloriae Dei, Lingonensis dioecesis, Ordinis S. Trinitatis et Captivorum, salutem in Domino. Noveritis quod cum discordia verteretur inter Religiosos viros Abbatem et Conventum Ecclesiae B. Mariae de Castellione super seq. ac Curatum de Gyeio super seq. ex unâ parte, et Nos Ministrum et fratres ex alterâ, super jure funerandi corpora in domo seu cimeteriis parochianorum Ecclesiarum de Gieio, de Cur-


368 ESSAI HISTORIQUE SUR LA PAROISSE DE GYÉ.

terone et de Novavillâ in quibus dicti Abbas et Coaventus jus obtinuerunt patronatûs, et super oblationibus quae fiunt in Domo seu cimeteriis nostris quando dicti parochiani in cimeteriis nostris sepeliuntur. Tandem inter Nos Ministrum et fratres ex parte unâ et Abbatem, Conventum et Curatum praedictos super his concordatum, transactum et pacificatum extitit in hune modum : videlicet quod nos Minister et fratres aliquem de parochianis dictarum villarum non possumus sepelire in Domibus et cimeteriis nostris nisi specialiter ibidem elegerit sepulturam, et quousquè in Ecclesiâ parochiali corpus fuerit praesentatum et ibidem Missa celebrata, nisi de ipsorum Abbatis Conventus et Curati vel eorum mandati processerit voluntate : et quod illâ die quâ corpus vel corpora parrochianorum dictarum villarum tradentur ecclesiasticae sepulturae, omnes oblationes quae fient in Ecclesiis nostris ad manum Sacerdotis in celebratione Missarum, erunt Abbatis, Conventus et Curati praedictorum. In cujus rei testimonium Nos proedictus Minister pro nobis et dictis fratibus nostris sigillum nostrum praesentibus litteris duximus apponendum. Et sigillum V. viri Magistri Lamberti Archidiaconi Laticensis in Ecclesiâ Lingonensi rogavimus nomine quo suprà apponi. Et nos praedictus Archidiaconus sigillum nostrum una cum sigillo praedicti Ministri ad supplicationem dictorum Ministri et fratrum praesentibus litteris duximus apponendum.

Actum die Jovis post Octavas Apost. Petri et Pauli, anno Dom. M0 CC° nonagesimo primo.


ESSAI

SDR

COLBERT ET TURGOT

PAR

M. VICTOR DEHEURLE

MEMBRE RÉSIDANT

Le moindre événement social ou politique est le résultat de forces complexes qui s'entrecroisent en un réseau inextricable et qui combinent leurs actions en tout sens et en toutes proportions. Trop longtemps, dans les hautes spéculations sur les origines de la société moderne, les historiens n'ont rattaché les effets bienfaisants ou terribles de la grande commotion de 1789 qu'à des causes secondaires, aux intrigues ou aux passions des personnages célèbres ; mais ni les grandes guerres de Louis XIV, ni les splendeurs de Versailles et de Trianon, ni les fautes de la diplomatie, ni les hasards malheureux des luttes du XVIIIe siècle ne suffisent à expliquer l'évolution sociale accomplie à notre époque ; c'est le régime auquel étaient soumises les classes industrielles et agricoles, c'est la centralisation administrative, c'est le besoin urgent et impérieux des réformes qui nous

T. mil. 24


370 ESSAI SUR GOLBERT ET TURGOT.

révéleront les causes du monde contemporain. Au commencement et à la fin du siècle qui a précédé la Révolution française, nous apercevons deux noms illustres : Colbert et Turgot. A l'histoire de ces deux grands ministres se rattachent les antécédents économiques et administratifs du mouvement politique et social de 89.

Le premier a organisé la puissante centralisation qui a substitué aux pouvoirs locaux l'autorité des intendants; il a inauguré la réforme des finances publiques qui n'a été définitivement réalisée que de nos jours; au nom de la royauté parvenue à son apogée, il a soumis à une réglementation étroite et minutieuse le travail national, tout en lui donnant une liberté nouvelle par l'abolition des douanes intérieures; après Colbert, l'organisation intérieure, instituée par lui, subsiste, mais l'ordre disparaît des finances publiques, ses erreurs économiques et le régime auquel restent soumises les campagnes produisent des effets funestes devenus intolérables ; et quand Turgot arrive au ministère, la société française tout entière reconnaît la nécessité de grandes réformes, le ministre de Louis XVI essaie de reprendre en main l'oeuvre de Colbert dans ce qu'elle avait de bon et de la réformer dans ce qu'elle avait d'erroné. L'échec des réformes financières de Colbert et des édits de Turgot, l'administration royale substituée dans les provinces aux autorités féodales doivent compter parmi les causes qui préparèrent non moins que les désordres de la cour et les fautes de la politique internationale, la révolution de 1789.


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 371

I.

Ministère de Colbert.

Né à Reims, d'un père drapier, à l'enseigne du « long vêtu, » Colbert avait fait à Troyes son premier apprentissage des grandes affaires chez son oncle Odart, à la fois marchand de grains, de vins et d'étoffes. Colbert fut la personnification de la bourgeoisie laborieuse dont il était issu : « il en eut toutes les qualités, dit M. Neymark, l'un de ses historiens, il en eut aussi toutes les passions : l'amour du travail, la volonté tenace, l'ambition latente et d'autant plus vive qu'elle était toujours contenue, la sobriété, l'économie et par-dessus tout le patriotisme. »

La carrière publique de Colbert commença dans les bureaux du contrôle général des finances. Simple commis d'abord, il ne tarda pas à devenir le confident de Mazarin, puis celui du roi. A cette école des postes subalternes, Colbert apprit à être le ministre qui embrasse d'un coup d'oeil les grandes affaires, mais qui sait par quels moyens on les exécute. Grâce à ce début modeste qui manque trop souvent aux hommes rapidement élevés par le caprice de la fortune, l'administration n'eut pas de secrets pour lui; cette expérience des affaires lui mit entre les mains les armes impitoyables qui lui servirent à démasquer et à perdre le surintendant Fouquet. Au grand regret de Madame de Se vigne et du monde aristocratique dont elle est l'expression, le ministre bourgeois qu'on appelait le nord, l'homme de marbre, voulut purifier l'administration des finances, et Fouquet, presque aussi puissant que le roi, dut être sacrifié. Traitants, fermiers généraux, rentiers furent soumis à restitution ou tout au moins réduits à ne plus dilapider les finances de l'Etat.


372 ESSAI SUR COLBERT ET TCRGOT.

Colbert devança par ses intentions et ses essais l'époque où pour débrouiller le cahos financier de la vieille monarchie, on entreprit d'unifier la dette. Assurément, il n'est pas de principe financier plus évident que ces règles formulées par lui : « Il faut rendre la matière des finances si simple qu'elle puisse être facilement entendue par toute sorte de personnes et conduite par peu de personnes. Il est certain que tant plus elle sera facilement entendue et conduite par moindre nombre de personnes, tant plus elle approchera de la perfection. » Paroles bien sages et qui devraient inspirer les législateurs quand ils s'occupent de notre droit administratif. Il suffit d'avoir assisté à la délibération du moindre budget d'une commune rurale pour comprendre la portée du précepte. Quel travail est nécessaire à l'esprit peu préparé des magistrats municipaux, pour débrouiller le cahos des centimes additionnels, ordinaires, extraordinaires, pour insuffisance de revenus, pour salaire du garde-champêtre, etc., sans parler du budget spécial de l'instruction primaire ni de celui des chemins vicinaux avec leurs complications étranges ! Simplifier, c'est le but suprême de toute loi sur l'administration ; mais il semble qu'on ne veuille pas entreprendre une telle réforme, tant il y a rude besogne.

Colbert donne donc un exemple digne d'être repris quand il s'agit de diminuer les rouages financiers et de régulariser une comptabilité trop peu claire. Il faut peut-être voir en Colbert le premier ministre qui ait eu l'idée d'un budget. Il fit établir ce qu'il appela « état de prévoyance. » Cette comptabilité anticipée fut répartie en trois livres : un registrejournal pour les dépenses, un registre-journal pour les recettes, un registre des fonds, véritable livre de caisse, offrant l'état des sommes disponibles. Si le contrôle est indispensable, il n'est facile que si la comptabilité est simplifiée.

Aussi, Colbert, en peu d'années, avait rétabli les finances publiques, et, en même temps, il assurait le crédit de l'Etat par la confiance qu'il savait inspirer.


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 373

A diverses reprises, sous Mazarin surtout, on avait eu recours à la banqueroute avouée ou non, mais pratiquée sans scrupule, sous prétexte de réviser les titres des rentiers. Les abus étaient tels dans le service des rentes publiques qu'une révision était devenue nécessaire dans un but plus honnête. Grâce à des cessions imaginaires, à des transports fictifs, inscrits frauduleusement sur les états de finances, les rentes remboursées régulièrement continuaient à être touchées; les coupables achetaient le silence des comptables et des commis. Colbert brava les menaces des traitants et des créanciers de l'Etat et fit régner l'ordre dans tous les services, mais, en même temps, les engagements bien fondés furent rigoureusement observés.

Dans la longue gestion financière de Colbert, un seul reproche peut être formulé : il voulait asseoir le crédit de l'Etat sur la fixité des monnaies, rompant ainsi avec les traditions du passé ; mais, une seule fois, il manqua à son programme : le loyal ministre mérita qu'on lui reprochât l'opération des pièces de 4 sols. C'était une émission de monnaie altérée à un titre qui n'était pas tout à fait égal à celui des pièces normales.

L'affaire produisit beaucoup pour certains manieurs d'argent, peu pour le trésor ; mais en cette circonstance regrettable, Colbert est couvert jusqu'à un certain point par le roi lui-même. La guerre de Hollande réduisait le grand financier à de tels expédients. La politique la plus funeste seule faisait les plus déplorables finances.

A cette même époque, il fallut emprunter. Ici encore, nous relevons une réforme introduite par Colbert : des greffiers furent installés à l'hôtel-de-ville pour inscrire les noms des possesseurs des nouvelles rentes émises et acceptées avec confiance ; quand elles changeaient de mains, les rentes transférées y étaient inscrites sous les noms des acquéreurs. C'était l'origine du grand-livre et des certificats au porteurs ou nominatifs.


374 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

Les fermiers des contributions eurent à compter avec le sévère contrôleur général. Au renouvellement des baux, il inaugura le système des adjudications publiques. C'était fermer la porte à de bien nombreux abus. On proclama qu'on ne demanderait plus aux fermiers ni avances, ni pots-de-vin, qu'on ne leur permettrait plus d'exploiter les populations.

Les détenteurs du Domaine, à quelque titre que ce fût, durent restituer les biens et l'on mit en adjudication la ferme du Domaine. En même temps, on mettait l'ordre dans cette matière en faisant achever les papiers terriers, dont l'établissement avait été déjà décidé sous Mazarin. On afferma les postes améliorées et le produit des tabacs.

Les réformes s'étendirent sur les revenus dits casuels. On découvrit qu'il y avait en France 45,780 offices pour des fonctions auxquelles 6,000 auraient suffi. On en réduisit le nombre : deux cent quinze charges de secrétaires du roi furent remboursées.

En matière d'impôt, Colbert avait pour principe de dimknuer les tailles, les contributions directes, et d'augmenter les contributions indirectes. Là encore, il porta la lumière en préférant la taille réelle à l'arbitraire de la taille personnelle, en projetant l'établissement d'un cadastre général et en simplifiant le système des taxes indirectes.

Il entrevit une vérité économique aujourd'hui bien démontrée par l'expérience : certains dégrèvements du taux des taxes, diminuent en même temps les fraudes et produisent un rendement définitif plus grand; mais ses plans de réforme, ses projets d'atténuer certains impôts, tels que les gabelles, furent dérangés par la politique royale.

Le résultat de toutes ces réformes, de tous ces perfectionnements du mécanisme administratif et financier fut admirable pendant la première partie de son ministère; le trésor entra dans une voie de prospérité qu'il n'avait jamais connue, mais ce qui ne contribua pas moins à faire pro-


ESSAI SDR COLBERT ET TURGOT. 375

duire de plus grands subsides à l'impôt indirect, ce fut l'élan donné à l'industrie. Il est temps d'étudier Colbert, économiste, dans son action sur l'industrie et le commerce.

L'économie politique n'existait pas. Science d'observation, elle n'avait pu se constituer, parce que les faits sur lesquels elle s'appuie n'étaient encore ni assez nombreux, ni assez bien étudiés pour permettre de faire le travail d'induction qui sert à formuler les lois générales et à fonder la science. On en était à la période de tâtonnement. Aussi, Colbert ne fut-il systématiquement ni protectionniste, ni libre-échangiste ; il fut simplement de son temps, selon l'expression de M. Neymark. Le premier tarif général des douanes qu'il dressa en 1664 fut trouvé trop libéral et il tint compte des réclamations du commerce dans le tarif définitif de 1669. Les clauses restrictives de ces documents étaient bien loin de porter une aussi grave atteinte à la liberté de transactions que le régime qui a été en vigueur dans la première moitié du dix-neuvième siècle.

Aujourd'hui encore les intérêts du fisc et du commerce réclament un tarif général bien étudié, simple et définitif, et en ce point encore le ministre de Louis XIV a montré la voie aux législateurs de notre époque.

A l'intérieur, Colbert comprit combien est funeste toute entrave à la circulation des produits ; il y fut libre-échangiste. On sait ce qu'était le régime de ce qu'on appelait les traites foraines, c'est-à-dire les droits qu'avait à acquitter toute marchandise circulant en France. On eût dit que le commerçant était un être criminel ou nuisible qui devait payer une rançon à chaque rivière, à chaque ville traversée, à la frontière de chaque province, devant la poterne de tout grand seigneur. Un mémoire de 1659 nous apprend qu'une balle de camelot de Lille, pesant deux cent trente-deux livres payait pour arriver à Lyon 203 livres 15 sous 3 deniers, sans compter les deux droits de la douane de Valence et les six deniers par livre. Une balle de soie venant d'Italie


376 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

acquittait un premier droit au pont de Beauvoisin, un deuxième au bureau de Montluel, en allant de Lyon à Nantua pour être ouverte, puis un troisième en revenant à Lyon pour être manufacturée.

Colbert eut voulu abaisser toutes ces barrières intérieures, mais il rencontra de grandes résistances en certaines régions. Parmi les provinces qui se soumirent à cette unification douanière, on compta la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, le Bourbonnais, le Poitou, l'Anjou, le Maine, l'Ile-de-France, etc. On désigna sous le nom de provinces étrangères celles qui s'y refusèrent ; et on appela provinces réputées étrangères celles qui recevaient les importations de l'étranger en franchise et n'acquittaient les droits de douane que sur ce qui venait de France. Les provinces unifiées formèrent la circonscription des cinq grosses fermes. Mais, dans les autres provinces, Colbert fit examiner les titres sur lesquels reposaient les péages et les traites foraines; un grand nombre furent supprimés, et défense fut faite à qui que ce fut d'établir aucun droit nouveau.

Si l'on en croit les admirateurs du grand ministre, le commerce et l'industrie n'existaient pas avant lui. Il y a là une exagération qui doit être condamnée. Sans doute, Colbert eut raison de profiter du bon état des finances publiques pour encourager le développement des anciennes industries et pour en faire naître de nouvelles sur le sol de la France; mais ce n'est pas en dix années que tout le personnel industriel, que les ateliers, les usines, les comptoirs de commerce et les capitaux eussent pu s'improviser dans tout le royaume. Il est juste d'attribuer au ministre de Louis XIV l'introduction de certaines industries de luxe, la création autoritaire de quelques fabriques, mais l'immense développement de l'industrie française préexistait et parmi les fondations artificielles de cette époque, combien n'eurent qu'une existence précaire et une courte durée ! Colbert eut le mérite de comprendre le génie national en suscitant


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 377

l'association de l'art et de l'industrie; il fut l'un des.principaux instigateurs de ce que l'on a appelé de nos jours les arts industriels. A partir de cette époque, les productions dont l'élégance et le bon goût constituent la principale valeur ont conquis en France une supériorité incontestée sur les produits similaires du monde civilisé.

Soixante-dix ans plus tard, Frédéric II écrivait : le goût des Français règle nos cuisines, nos meubles, nos habillements et toutes ces bagatelles sur lesquelles la tyrannie de la mode exerce son empire.

Protégés par Henri IV, les établissements des Gobelins et de la Savonnerie languissaient, Colbert leur rendit l'activité et la vie; les Gobelins devinrent manufacture royale des meubles de la couronne. Les artistes et les ouvriers les plus habiles y furent attirés et généreusement rémunérés. La fabrique de tapisserie de Beauvais fut créée par le ministre, mais elle était déjà en décadence à la fin du règne de Louis XIV.

Les agents diplomatiques de la France étaient chargés d'arracher à l'industrie étrangère le secret de ses chefsd'oeuvre. La grande fabrique de glaces de Saint-Gobain date de cette époque. L'ambassadeur, M. de Bonzy, évêque de Béziers, avait désespéré de pouvoir embaucher des ouvriers. Le tenter, selon son expression, c'était risquer d'être jeté à la mer. Colbert essaya de fonder un établissement à Paris avec des ouvriers nationaux, mais le succès tardait à venir, quand enfin l'ambassadeur put envoyer en France quelques hommes de Murano. Dès lors l'élan fut donné et aujourd'hui encore Saint-Gobain est une des usines dont s'enorgueillit le plus la France industrielle.

Dès le quatorzième siècle, sous Charles V, les dentelles étaient déjà de mode. Au seizième et au dix-septième siècles, rabats, jabots, manchettes, chapeaux étaient ornés de dentelles. Les bottes même, les carrosses et les chevaux en portaient; les ornements d'église les faisaient contribuera


378 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

la splendeur des fêtes religieuses ; la fabrication était déjà considérable, mais Bruxelles, Bruges et Venise fournissaient les articles les plus recherchés. Colbert engagea au service du roi une dame du nom de Gilbert, qui savait faire le point de Venise, il l'établit dans un de ses châteaux près d'Alençon. Les premiers efforts de Madame Gilbert, pour enseigner le point de Venise, réussirent peu, mais elle inventa le point de France, depuis point d'AIençon, et la manufacture royale, en peu de temps, produisit de beaux résultats. A Reims, à Bourges, à Auxerre et dans d'autres villes, des établissements privilégiés furent fondés, grâce aux subventions du ministre.

En Normandie, il avait trouvé un terrain favorable, une population habituée à cette fabrication, mais ailleurs et, à Auxerre même, où un de ses frères était évêque, il échoua malgré ses efforts persistants.

Des industries plus modestes furent introduites en France. L'art du ferblantier était presque exclusivement allemand ; il fallut trois années de négociations pour attirer des ouvriers de Bohême. Une manufacture royale fut l'objet d'une concession, mais elle fut peu prospère. Les ouvriers étrangers imposaient des conditions onéreuses; on était obligé d'en faire venir de nouveaux. La Suède perdit le monopole de l'industrie du goudron, et cette production enrichit les habitants des Landes, de l'Auvergne et de la Provence.

Colbert avait surtout pour but de combattre l'oisiveté et de stimuler le goût du travail. De là, ses idées sur l'assistance : il voulait imposer aux abbayes l'obligation de ne donner des secours que moyennant travail. Il écrivit à un intendant à Rouen : « Vous ne pouvez rien faire de mieux que d'obliger les religieux qui font des aumônes publiques d'acheter des laines et de les faire filer, parce qu'il n'y a rien qui entretienne plus la fainéantise que ces aumônes publiques qui se font presque sans cause et sans aucune connaissance de nécessité. »


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 379

A l'instigation du ministre bourgeois, le roi permet à la noblesse de pratiquer le commerce maritime sans déroger. Une marine fut créée de toutes pièces en quelques années ; mais s'il est possible d'improviser une industrie artificiellement, la faire vivre est d'une plus grande difficulté. En faisant d'aussi grands efforts pour donner une marine au roi qui n'y. songeait guère, le ministre voulait que la France se lançât, sur une simple invitation du prince, dans les plus hardies spéculations, semblables à celles des compagnies d'Angleterre et de Hollande ; il fonda la compagnie des Indes, ses intendants recueillirent les souscriptions, mais l'entreprise tomba misérablement malgré les dividendes fictifs qu'elle avait distribués et malgré son privilége royal. On finit comme on aurait dû commencer : deux arrêts du 26 janvier 1682 déclarèrent le commerce des Indes libre à ceux qui voulaient l'entreprendre; les seules conditions imposées furent de se servir des vaisseaux de la Compagnie, de payer le prix des transports et de faire vendre les marchandises dans les magasins établis précédemment par la Compagnie. Tout en reconnaissant l'éclat durable que fit jaillir sur l'industrie française l'influence de Colbert, nous tomberions dans une grave erreur, bien commune, si nous le proclamions le créateur unique du travail national, si nous ne savions discerner les productions artificielles obtenues en serre chaude pour ainsi dire au prix de sacrifices énormes et au moyen du monopole ; nous expliquerions mal l'action de Colbert si nous ne savions reconnaître que les meilleurs et les plus sérieux encouragements qui développèrent la prospérité publique pendant la première partie de son ministère furent les voies de communication ouvertes ou perfectionnées, la sécurité d'une bonne police intérieure, l'honnêteté professée dans l'administration, la simplification des droits de circulation. Non-seulement il réforma les douanes intérieures et les péages de toutes sortes, nonseulement il introduisit l'ordre et la justice dans la perception


380 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

des taxes indirectes des cinq grosses fermes et des Aides, mais il en allégea le poids par les acquits à caution et les facilités d'entrepôt. Parmi les véritables causes de prospérité, nous compterons encore l'établissement d'un conseil de commerce, où les diverses zones de la France étaient représentées et qui conduisit à l'organisation des Chambres de Commerce. N'oublions pas non plus le perfectionnemeut des postes, Dunkerque et Marseille déclarés ports francs, le canal de Languedoc avec le port de Cette où il verse ses eaux, les canaux de Bourgogne et d'Orléans décidés, l'abolition de dix-sept fêtes religieuses et enfin un véritable chefd'oeuvre législatif : la fameuse ordonnance de 1673 sur le commerce, à laquelle le code de 1807 a emprunté ses divisions, ses classifications et ses expressions même; on a dit du code actuel qu'il n'est qu'une nouvelle édition de l'oeuvre de Colbert. Voilà bien le véritable secret de la plus grande partie des progrès réalisés tout d'abord par le commerce et l'industrie !

L'idéal économique de Colbert peut être résumé par quatre points caractéristiques. En premier lieu, selon le grand ministre, l'État a pour devoir d'encourager le développement et le progrès du travail, et en cela la science économique n'a rien à reprendre si l'intervention de l'Etat ne porte atteinte ni la justice, ni à la liberté du travail et des transactions, et si l'initiative privée est impuissante; mais on peut formuler ainsi les trois autres points : la France doit se suffire à ellemême, c'est le numéraire qui constitue la richesse d'une nation, l'industrie doit être rigoureusement réglementée pour qu'elle ne s'écarte pas des bons procédés ; triple erreur cent fois réfutée et que la plupart des biographes atténuent avec une complaisance exagérée.

Il est insensé de vouloir assurer la prospérité d'un- pays en l'entourant d'une muraille de Chine qui intercepte toute relation commerciale avec l'étranger; or, c'est ce que l'on veut quand on demande qu'un pays se suffise à lui-même,


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 381

c'est le résultat dernier auquel on aboutirait si l'on réussissait à monopoliser tous les métaux précieux existants.

La France produit-elle le coton, le café, l'ivoire, le bois des îles, les fruits des tropiques ? D'autre part, n'est-ce pas folie de vouloir attirer à soi tout le numéraire du monde ? Les masses métalliques possédées par l'humanité entière sont comptées, et en supposant qu'un pays nous paie d'abord tous ses achats en espèces, n'est-il pas évident qu'il sera bien vite épuisé et qu'il devrait cesser d'acheter s'il n'avait d'autres moyens d'échange? Pourrait-on continuer à tirer de l'eau d'un réservoir épuisé? Fatalement c'est là un rêve irréalisable. Mais une telle affluence de numéraire serait loin de produire tout le bien attendu ; n'est-il pas évident que les prix des denrées augmenteraient à l'intérieur et qu'on finirait par n'être pas plus riche après avoir décuplé, centuplé les métaux précieux monnayés qui circulent dans un Etat ?

La réglementation à outrance de Colbert arrêtait les moindres détails de la fabrication, le nombre des fils, la longueur et la largeur des étoffes et le tout sous des peines excessives. Il voulait faire de la France industrielle une immense usine, dont le roi ou son ministre eut été le chef absolu. Erreur funeste qui explique comment, même sous Colbert, le commerce faisait entendre les plaintes les plus vives et prétendait être ruiné. C'était là une doctrine autoritaire, une organisation factice analogue à celle du phalanstère. La liberté seule permet au commerce et à l'industrie de se développer. Colbert enserra le travail national dans les liens d'une réglementation si étroite qu'il ne put se mouvoir et se laissa devancer, après un début brillant, par celui des nations rivales. La grande erreur de Colbert doit être condamnée sans ménagement. Il est assez grand pour que sa gloire n'ait pas besoin d'être flattée par une atténuation de ses fautes.

Henri III, Sully et Richelieu avaient cherché dans une


382 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

révision des lois qui régissaient les corporations un moyen de donner une impulsion nouvelle à l'industrie; ils n'avaient pas même aperçu que le véritable régime réclamé par le commerce pour prospérer, c'est la suppression même de toute loi qui l'opprime sous prétexte de le protéger, c'est l'abolition de toute corporation constituée avec privilége et monopole.

Sous le régime de la réglementation institué par Colbert, à toute heure de son travail, l'industriel devait craindre d'être en délit : le tissage et la teinture devaient êire exécutés selon la formule et les pièces portées au bureau de la communauté pour être visitées et marquées. C'était une félonie d'avoir manqué la longueur ou la largeur de l'étoffe; un fil de moins dans la trame était une grave faute. A Aurillac, l'intendant d'Auvergne avait défendu qu'on fît des dentelles sur d'autres dessins que ceux de la manufacture. Qu'importait la perte de temps nécessaire pour déposer les marchandises soumises à l'examen ; qu'importait la nécessité de payer un droit qui retombait sur le consommateur si bien protégé ? C'était le roi qui l'ordonnait et qui seul savait le composé chimique le plus convenable, le point de dentelle que chacun devait trouver le plus beau, la largeur de lisière qui devait faire le bonheur des hommes !

Il fallut instituer de nombreux fonctionnaires, des inspecteurs de manufactures, édicter des peines rigoureuses : le pilori pour l'étoffe et le nom du délinquant ; à la première récidive, le blâme des maistres-esguards ou jurés ; à la troisième faute, le coupable devait être attaché au carcan pendant deux heures avec des échantillons des marchandises confisquées. Toute cette pénalité pouvait être infligée parfois en récompense d'une innovation agréable ou utile au public, ou pour les détails les plus indifférents au consommateur.

La révision des réglements ne semble pas seulement poursuivie pour restaurer un ancien ordre de choses, mais pour le plaisir de réglementer. Colbert ordonna des réunions de mai-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 383

très afin d'avoir leur avis. Les projets de règlements rencontrèrent une sérieuse résistance. A Reims, on reçut très-mal les deux drapiers de Paris, envoyés pour préparer ce qu'on appelait l'octroi gracieux d'une bonne règle. Dans cette ville industrielle, on n'avait jamais eu qu'un régime très-peu sévère et on ne ressentait nullement le besoin d'être gêné dans son travail. Les commissaires menacés renoncèrent à soumettre leur travail à la corporation ; ils contremandèrent la réunion projetée, déclarant que leur opinion était faite sur le peu de disposition des ouvriers à se rendre à « ce qu'ils leur avaient proposé pour le bien des manufactures. » Ils firent signer par les magistrats municipaux les articles du règlement arrêtés en conseil de ville et les adressèrent au ministre. C'était une oeuvre de violence, et déjà nous apercevons les effets de la centralisation administrative des intendants ; elle enlevait toute indépendance aux conseils de ville.

C'est cette fureur de réglementation qui a empêché Colbert de conclure un traité de commerce avec l'Angleterre. Dans un mémoire demandé par Mazarin sur le commerce avec l'Angleterre, Colbert avait dit : « Les Anglais nous causent de grands dommages, il faut traiter avec eux. Pour remettre le commerce, il y a deux choses nécessaires :

la seureté et la liberté Nous avons raison de demander

sur ce point (des relations commerciales) des conditions égales. » Ces sages paroles signifiaient qu'un traité doit surtout avoir pour but de s'assurer la réciprocité ; mais en 1670, des négociations étaient entamées avec l'Angleterre, Colbert exigea le droit de visite sur les importations anglaises ; il ne pouvait se décider à exempter les produits étrangers d'être soumis à ses règlements ; il ne pouvait « trouver bon venant des Anglais, ce qu'il trouvait mauvais venant des Français » et les négociations furent rompues.

La prospérité commerciale fut entravée par les guerres malheureuses qui se succédèrent pendant la fin du règne,


384 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

mais, assurément, la réglementation draconnienne de l'industrie précipita l'abaissement de notre commerce national.

L'agriculture fut peu favorisée sous l'administration de Colbert. Un petit nombre de mesures utiles aux agriculteurs furent édictées ou rappelées; la défense de saisir les bestiaux pour paiement des impôts, l'établissement des haras, des encouragements à la plantation des vignes, au perfectionnement des races de bétail ; mais ce que l'on doit admirer à côté des ordonnances sur le commerce, c'est le code des eaux et forêts qui subsiste en grande partie dans le code de 1827.

Il y eut une disette affreuse en 1661 et en 1662, mais le ministre de Louis XIV partagea l'erreur du temps en regardant le commerce des grains comme une cause de disette. Sully en jugeait autrement, et l'expérience a prouvé de notre temps que Sully avait raison contre Colbert.

En temps d'abondance, Colbert ne donnait des permissions d'exporter que pour trois ou six mois. La spéculation était découragée, on négligea la culture des terres médiocres et les famines furent plus désastreuses. Un tel résultat était facile à expliquer sous un régime qui forçait à vendre à bas prix ou à détruire les réserves. En 1664, le Parlement poursuivit un habitant de Paris comme accapareur, pour avoir acheté dix setiers de blé pour sa consommation. On n'avait pas même la faculté de retirer du marché une denrée invendue ! Loin d'excuser de telles erreurs, il faut les condamner sévèrement; il ne faut pas permettre qu'elles circulent en se couvrant du nom de Colbert.

Ce sont surtout les sages mesures de police intérieure qui favorisèrent le commerce et l'industrie; mais les progrès furent réalisés malgré la réglementation.

Colbert appliqua le principe autoritaire à l'administration intérieure de la France ; mais ce serait une erreur de croire que la centralisation administrative organisée ou développée par lui n'eut pour but que l'abolition des franchises locales.


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 388

Dans les villes, il fut appelé à intervenir par le désordre financier dans lequel elles se débattaient tout autant que par le désir d'appesantir le joug du pouvoir royal sur les provinces ; les empiètements de ses intendants achevèrent d'annuler l'influence des grandes puissances féodales, et en même temps dans les campagnes, ce furent non pas les franchises communales qu'il diminua mais l'autorité des seigneurs.

A l'époque de Colbert, la commune rurale n'existait pas; il n'y avait encore que la communauté naturelle des habitants agglomérés à laquelle un petit nombre d'attributions et de droits avaient été reconnus peu à peu ; les villes, au contraire, avaient une organisation plus avancée; mais l'administration n'y était soumise à aucune règle fixe ni pour la bonne police, ni pour les travaux d'utilité publique; les finances étaient dans la situation la plus mauvaise; les malversations, une répartition vicieuse des charges, des privilèges abusifs, des procès ruineux privaient les villes des ressources indispensables. Des maîtres des requêtes furent envoyés dans toutes les provinces. Colbert ordonna la vérification des dettes communales, réprima les abus et soumit les administrations locales au régime de la tutelle des intendants; mais, malheureusement, le ministre ne se contenta pas d'accomplir certaines réformes nécessaires ; il institua un régime qui devait aboutir à la suppression des franchises municipales dans les villes.

A Paris, qu'il aimait et qu'il embellit, le ministre de Louis XIV organisa une bonne police en la centralisant entre les mains d'un homme de haut mérite, de la Reynie, le premier lieutenant de police; mais, inspiré par l'esprit de réglementation, il avait assigné des limites à la grande cité : défense fut faite de les franchir et de bâtir en dehors du cercle tracé ! En général, dans le ministère de Colbert, tout ce qui ne rentre pas sous le régime de la réglementation si cher à son génie autoritaire, appelle l'approbation de l'hisT

l'hisT 25


386 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

toire ; elle applaudit ainsi à tout ce qu'il fit pour les lettres, les arts et les sciences. On lui doit la fondation de la « petite académie » qui, d'abord destinée à rédiger les inscriptions à la louange du Grand Roi devint ensuite l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres; on lui doit la réorganisation de l'académie de peinture et de sculpture, l'académie française de Rome, la première exposition des artistes vivants. Il sut attirer d'illustres étrangers en France, et parmi eux le célèbre Huyghens ; esprit tolérant en matière philosophique et religieuse, il fit offrir une pension au juif Spinoza.

L'esprit autoritaire de Colbert voulait maintenir dans toute sa rigueur les réglementations anciennes de l'université et de l'enseignement en général; il interdit aux simples maîtres d'école d'enseigner le grec, le latin et la littérature, mais il pensait à propager l'usage de la langue française dans les provinces conquises à notre frontière du nord-est ; évidemment, il ne pressentait pas que, deux siècles plus tard, la Prusse invoquerait la persistance de la langue allemande en ces contrées comme consistant le droit de les conquérir et de les séparer de la France.

La fin de Colbert fut attristée par de nombreuses causes. Comme surintendant des bâtiments, il fut obligé de faire construire Versailles au préjudice de son Louvre et de son Paris qu'il préférait; il dut faire rendre à l'impôt les subsides qui étaient nécessaires pour les folles dépenses; il eut à lutter contre les premiers actes d'intolérance religieuse, contre les premières persécutions dont souffrirent les juifs et les protestants ; enfin dans toutes les nombreuses directions où il donnait essor à son génie administratif et à son infatigable activité, il fut arrêté par un événement fatal qui sonne comme un glas funèbre pour lui comme pour la France, par la guerre de Hollande.

Colbert eut la main dans tout ce qui se fit de grand à son époque, si l'on excepte les affaires de la guerre où Louvois voulait régner en maître jaloux. Un entraînement sympa-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 387

thique, une force naturelle l'attirait vers le roi dans lequel il aimait et l'homme et la France que Louis représentait magnifiquement. Mais peut-on répondre à cette question si souvent posée : qu'aurait été Louis XIV sans Colbert? Il est certain que le cardinal de Mazarin mourant eut raison de dire : « Sire, je vous dois tout, mais je crois m'acquitter envers votre majesté en vous donnant Colbert. »

En général, les historiens de cette époque se partagent entre deux erreurs : les uns attribuent tout l'éclat du règne à Louis XIV et les autres à Colbert. Pour un des récents biographes, ce siècle, c'est le temps de Colbert, c'est à son influence qu'est dû tout ce qui existait de grand et de beau, même les riches hôtels de la noblesse à Paris ! Mais trop souvent aussi les historiens, fascinés par l'éclat d'un grand règne, se laissent entraîner à de complaisantes exagérations quand ils vantent les mérites du prince : toute entreprise glorieuse lui est rapportée et c'est ainsi que les réformes financières et les créations de Colbext, les édits, les plans et la pose de la moindre pierre de Versailles sont l'oeuvre du Grand Roi ; c'est ainsi que Robert Fleury, dans un tableau justement remarqué à l'Exposition universelle au pavillon de Paris, représente Louis XIV dictant à Colbert les ordonnances sur le commerce. L'immense correspondance du grand ministre peut seule donner une idée du labeur incessantau quel il se livra quand il arriva au pouvoir. C'est dans nos archives que l'on a pu de nos jours retrouver les titres qui permettent de juger un tel homme; mais si un volume est consacré par le Continuateur de Mézeray aux guerres de Louis XIV, à peine sur Colbert pourrait-on découvrir en deux endroits de cette longue histoire une ligne ou deux; tant l'histoire, avant notre époque, préférait à la grande oeuvre de l'administrateur les marches et contre-marches des hommes d'armes, les pillages et les siéges de la Fronde ou des grandes guerres qui ont ruiné la France, mais que l'habitude nous fait trouver si merveilleuses ! Mais si Louis XIV


388 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

n'a pas dicté les célèbres ordonnances, il eut le mérite de comprendre Colbert ; malheureusement, il ne sut pas le suivre jusqu'au bout; il sembla se lasser de lui, il fut ingrat, le découragea et, de faute en faute, ruina presque entièrement l'oeuvre du grand ministre. On connaît la fin désespérée de Colbert : le roi avait comparé si durement devant lui ce que coûtaient les travaux militaires de Louvois et le prix de la grande grille de Versailles que Colbert, blessé au coeur, tomba malade et mourut après peu de jours en disant : « Si j'avais fait pour Dieu ce que j'ai fait pour cet homme-là, je serais sauvé deux fois et je ne sais pas ce que je vais devenir. » L'ingratitude de cet homme-là le faisait mourir; l'impopularité la plus étrange l'attendait après sa mort : une escorte fut nécessaire pour protéger le convoi funèbre. Mais le peuple se trompait; c'est au roi, c'est à ses autres conseillers qu'auraient dû s'adresser ses colères. Ce que l'on pouvait reprocher au ministre, c'était surtout la réglementation du travail, gêne intolérable pour les anciennes industries, impuissante à sauver les industries nouvelles qui n'avaient pas leur raison d'être; c'était pour le commerce extérieur ce que l'on a appelé l'erreur mercantile; c'était enfin pour toute la province une centralisation excessive; mais ces erreurs n'empêchaient pas les bienfaits de la gestion financière et des utiles mesures de l'infatigable administrateur ; et d'ailleurs le correctif était facile à découvrir et à expliquer, tandis que la vraie responsabilité du ralentissement des affaires, du poids écrasant des charges publiques et de la misère des campagnes ne retombent pas sur le contrôleur général des finances. Etrange rapprochement : c'est au roi que la vieille histoire de l'école rapporte la gloire des grandes choses ou des hauts faits préparés ou exécutés par Colbert, et c'est Colbert seul que le peuple maudit pour les fautes et pour les folies ambitieuses du Roi.

L'administration de Colbert fut une oeuvre d'ensemble dictée par un principe unique : l'autorité. Il conçut la bonne


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 389

ordonnance des finances de l'Etat comme celle d'une grande maison de banque ou de commerce; mais il n'eut pas de théorie fixe en ce qui regarde les matières économiques; tantôt il paraît reconnaître que l'on doit importer pour exporter, tantôt il conçoit le projet insensé de prohiber l'exportation du numéraire et retombe dans l'erreur mercantile; on n'aperçoit aucun rapport intime entre ses mesures relatives au commerce extérieur et ses encouragements à l'industrie nationale ; il n'y a de même aucun lien d'origine dans l'idée qui l'inspirait quand il attirait les artisans et les artistes de l'étranger et celle qui le portait à accabler le travail sous le poids de son écrasante réglementation qui réprimait par le carcan les plus inoffensives des infractions. La science économique était encore à la période de tâtonnement, ce qui explique le bien et le mal qui se mêlent dans l'oeuvre de Colbert.

La pensée maîtresse de ses actes, la conception autoritaire de l'Etat, le conduisaient à voir dans la royauté le seul personnage dont tous les hommes étaient les membres subordonnés ; pour lui, c'était là le commencement et là fin de tout; mais évidemment, il supposait une vertu surhumaine dans le prince et une clairvoyance infaillible. Son patriotisme se confondait avec son amour pour son maître glorieux; il se dévoua à ce double culte du roi et de la patrie.

Ame de la grandeur royale, il mit son bon sens souvent bien éclairé et surtout sa grande honnêteté au service d'un prince aimé, transportant les qualités laborieuses propres à la bourgeoisie et la vigilance perspicace d'un industriel hors ligne du comptoir au ministère, de la maison du « long vêtu» au palais du Louvre ; continuant avec fermeté l'oeuvre de la centralisation déjà commencée au profit de la royauté et aux dépens de la féodalité, achevée par l'institution des intendants. Heureux, s'il n'eût pas compromis le succès de ses utiles réformes en sacrifiant sans nécessité le ressort


390 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

indispensable de l'initiative privée et les franchises locales.

Son chef-d'oeuvre fut la réforme financière, mais il s'élève au-dessus d'un simple financier réformateur quand il crée une marine et rédige le code de commerce, ou assure la sécurité et des facilités nouvelles à la circulation des produits; quand, protecteur des lettres et des arts, il contribue pour une si grande part à l'illustration du siècle de Louis XIV; quand son patriotisme lui fait prendre la défense des calvinistes contre Madame de Maintenon et contre le Roi lui-même. Ministre dirigeant pendant près d'un quart de siècle, il mérite que l'histoire pose cette question si glorieuse pour lui, et qu'on n'ose résoudre : sans Colbert qu'eût été le Grand Roi ?

II.

Les réformes de Turgot.

Détournant les yeux des champs de bataille, du sac des villes ou des campagnes et des chroniques de la Cour, nous avons essayé de définir l'action d'un grand Ministre sur le régime financier, sur l'industrie et le commerce, sur le mouvement des affaires à la fin du dix-septième siècle, où le nom de Colbert symbolise l'état social des hommes de finance et de négoce à cette époque; à un siècle de distance nous rencontrons un nom qui est le symbole d'idées et de principes tout différents en administration et en législation industrielle, le nom d'un Ministre non moins illustre : Turgot.

Qu'était devenue l'oeuvre de Colbert au moment où le roi Louis XVI appelait Turgot au contrôle général des finances? Les réformes et les créations les plus fécondes du Ministre de Louis XIV avaient cessé de porter leurs fruits sous la main de ses successeurs, et ses erreurs systématiques


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 391

avaient aggravé leurs conséquences funestes. Le bien s'était effacé, le mal était devenu le pire.

Après le règne de Louis XIV l'ordre continua à régner à l'extérieur et la France fut le plus souvent en paix avec l'Europe; aussi, le peuple des villes et des campagnes connut-il une prospérité relative au milieu du dix-huitième siècle ; il répara en partie les revers du grand règne et les désastreux effets de l'émigration des protestants, mais le désordre financier le plus complet fit oublier les réformes de Colbert; l'industrie se soutint malgré la réglementation mais sans élan puissant ; les populations rurales ressentirent cruellement le contre-coup du désarroi des finances publiques : écrasées d'impôts et asservies à la corvée royale, décimées périodiquement par la famine, elles supportaient avec une impatience croissante les restes du régime féodal; l'ancienne société française, en proie à un malaise mal défini, semblait ne pouvoir ni vivre ni mourir; chaque jour elle aspirait avec plus de force à sortir de cet état transitoire, et déjà apparaissait, aux yeux de tous, une double issue, la réforme ou la révolution.

Nous avons fait deux parts dans ce qu'à entrepris Colbert : nous l'avons approuvé sans réserve toutes les fois qu'il a appliqué ses principes autoritaires là ou l'autorité à un rôle rationnel à jouer ; nous avons jugé sévèrement son action dans toutes les matières d'où le principe autoritaire est repoussé par l'expérience, par la raison et par la science sociale; un siècle après lui, lorsque ses successeurs eurent laissé ses utiles réformes dépérir et ses théories autoritaires produire toutes leurs conséquences, ses erreurs ont été corrigées, son oeuvre a été reprise et refaite par le Ministre de Louis XVI, par Turgot.

Turgot complète et rectifie Colbert.

Une page du contrôleur général du roi Louis XVI, tirée de son éloge de Gournay, intendant du commerce, établira le contraste qui existe entre les deux hommes d'Etat, et ce


392 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

que Turgot, économiste, ajoute à Colbert, administrateur et financier : Turgot pensait ainsi que M. de Gournay, que tout homme qui travaille mérite la reconnaissance du public; il fut étonné de voir qu'un citoyen ne pouvait rien fabriquer ni rien vendre sans en avoir acheté le droit en se faisant recevoir, à grands frais, dans une communauté ; il ne pouvait imaginer qu'une étoffe, faute d'être conforme à certains règlements, dût être coupée de trois aunes en trois aunes, et le malheureux qui l'avait faite condamné à une amende, tandis que le produit de qualité inférieure pouvait précisément convenir à quelque consommateur, et que l'homme oisif était exempt de tous ces frais et de tous ces risques. Il ne s'expliquait pas qu'on eût consacré quatre volumes in-4° à déterminer longueur et largeur de chaque pièce d'étoffe, le nombre des fils et d'autres détails aussi importants. Il ne s'expliquait ni les entraves qui ralentissaient la circulation des denrées de province à province, ni le spectacle des villes qui se traitaient mutuellemeut comme ennemies et fermaient leurs portes aux ouvriers et aux produits étrangers. Pour Turgot comme pour Gournay, la liberté générale d'acheter et de vendre est le seul moyen d'assurer, d'un côté, au vendeur un prix capable d'encourager la production, de l'autre, au consommateur, la meilleure marchandise au plus bas prix. Vouloir que le Gouvernement prévienne les fraudes, c'est vouloir l'obliger à fournir des bourrelets à tous les enfants, qui pourraient tomber ; s'imaginer qu'il y a des denrées que l'Etat doit s'attacher à faire produire à la terre plutôt que d'autres, qu'il doit établir certaines manufactures plutôt que d'autres ou soutenir l'industrie aux dépens de l'agriculture en tenant de force les prix des vivres au-dessous de ce qu'ils seraient naturellement, c'est se méprendre grossièrement sur les vrais avantages du commerce ; c'est oublier que nulle opération de commerce ne pouvant être que réciproque, vouloir tout vendre aux étrangers et ne rien acheter d'eux est absurde. M. de Gournay


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 393

avait passé une partie de sa vie à traiter de grandes affaires commerciales, et il ne pouvait être regardé comme un vain théoricien quand il posait les vraies lois du commerce; avec lui, Turgot conclut que, lorsque l'intérêt des particuliers est précisément le même que l'intérêt général, ce qu'on peut faire de mieux est de laisser chaque homme libre de faire ce qu'il veut, et que le seul but que devait se proposer l'administration était : 1° de rendre à toutes les branches du commerce cette liberté précieuse que les préjugés des siècles d'ignorance, la facilité du Gouvernement à se prêter à des intérêts particuliers lui ont fait perdre; 2° de faciliter le travail à tous les membres de l'Etat, afin d'exciter la plus grande concurrence dans la vente. Comme moyen d'atteindre le but visé, il était essentiel de délivrer l'industrie de cette multitude de taxes que la nécessité de subvenir aux besoins de l'Etat a fait imposer sur tous les genres de travail, de remédier à l'arbitraire de la taille, à la variété des tarifs, à l'inégalité des droits dans les différentes provinces, à la multiplicité des visites, à l'importunité des recherches nécessaires pour aller au-devant des fraudes et des délits imaginaires, enfin aux contestations interminables si funestes au commerce et suscitées par l'application de règlements et de tarifs absurdes.

Turgot est tout entier dans l'oeuvre que nous venons d'analyser, et Turgot, administrateur, s'inspira toujours de ces principes. On lui a parfois contesté l'esprit pratique des affaires, ou bien on l'a représenté comme un homme rigide, au coeur sec; on ne peut regarder comme un vain théoricien l'homme qui, d'abord magistrat distingué, puis intendant de la généralité de Limoges, avait fait ses preuves avec éclat. Le fils du prévôt des marchands de Paris avait souffert de la froideur de sa mère et de l'internement scolaire auquel il avait été condamné longtemps, mais il n'avait nullement l'âme froide et le coeur insensible : il eut la passion de la vérité et de la justice, du bien public et de l'humanité.


394 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

« Que je veux de mal, disait-il, à Montaigne d'avoir en quelques endroits blâmé les caresses que les mères font aux enfants ! »

Turgot avait refusé d'entrer dans les ordres, mais il ne fut jamais un homme du monde, quoi qu'il eut fréquenté les salons célèbres de l'époque, ceux de Mme de Graffigny et de Mme Geoffrin, et même les fameuses réunions de l' Entresol. Il est vrai, on lui reprochait une certaine démarche gauche et embarrassée, une naïveté craintive qui paralysait l'expression parlée de ses pensées et de ses sentiments ; néanmoins, ce n'était ni un savant absorbé dans les abstractions, ni un misanthrope ridicule ou odieux, l'homme dont M. Sénac de Meilhan a pu dire : « Il a vécu au milieu d'un petit cercle d'amis dont l'attachement était un culte; c'était être ami de la vertu que d'être ami de Turgot. »

L'intendant de Limoges préluda aux grandes réformes de l'Etat en remplaçant dans sa généralité les corvées par des travaux payés au moyen d'impôts qui ne frappaient ni sur les nobles ni sur le clergé, en établissant au lieu de la taille arbitraire la taille tarifiée d'après une évaluation cadastrale. Il avait refusé l'intendance de Lyon pour mener à bonne fin ces grandes entreprises.

Un fait nous servira à juger l'administration de l'intendant de Limoges : A la nouvelle de la nomination de Turgot au ministère, la joie fut grande dans le Limousin, les paysans allèrent à des messes d'actions de grâce; à Limoges, à la suite d'une fête publique, dans un feu d'artifice, on lisait écrit en traits de feu : Vive Turgot! Mais les regrets de son départ de la généralité étaient aussi vifs que les applaudissements qui accueillaient son entrée au ministère.

A Paris, on ne parlait que du bon Turgot, et le peuple ne se trompait pas sur les sentiments du nouveau ministre; nul, plus que lui, n'eut pour but constant l'intérêt des malheureux et l'amélioration du sort du peuple.

Au mois d'août 1774, le roi Louis XVI nomme successi-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 395

vement Turgot contrôleur général et ministre d'Etat; il avait été un peu plus d'un mois ministre de la marine.

Un des premiers actes de Turgot fut l'édit sur les blés.

La question des blés provoqua une double action de Turgot : il liquida le reste des affaires du pacte de famine et fit passer dans les faits le principe du libre commerce des grains.

Il importe de bien définir l'agence des blés. En dehors des bureaux des intendants des finances et du commerce, plusieurs administrations particulières se rattachaient à l'administration centrale : telle était la « Commission pour les blés » composée de quatre conseillers d'Etat et d'un intendant de commerce pour rapporteur. On peut dire de l'agence des blés qu'elle servait beaucoup plus à couvrir des malversations qu'à assurer les approvisionnements. Brochet de Saint-Prest, intendant-rapporteur de la Commission, ruinait, avant l'arrivée de Turgot, tous les marchands de blé, en achetant plus cher qu'eux et en revendant à meilleur marché au moyen de l'argent du roi. Il s'efforçait de multiplier les affaires parce qu'il avait pour lui et les siens 40 0/0 de commission sur toutes les ventes. C'était un digne suppôt de l'abbé Terray. Cet odieux agiotage sur les blés avait causé des émeutes dans plusieurs villes du midi, Bordeaux, Albi, Montauban, etc. ; mais l'abbé Terray avait payé d'audace; il avait attribué ce soulèvement à ses ennemis personnels et, ce qui est plus grave et qui porte en soi un grand enseignement, par ses ordres l'intendant de la Guienne avait réuni les membres de la Chambre de Commerce de Bordeaux, et obtenu de leur complaisance un certificat constatant que, sans le secours de l'agence des blés, leur ville eût été à la veille de périr de misère !

Une année, on lut dans l'almanach royal, et on peut y lire encore qu'il existait un M. de Mirlavaud, rue SaintMartin, trésorier des grains au compte du roi. L'indignation fut grande à Paris, et l'abbé Terray avait trouvé moyen


396 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

de tout arranger en sacrifiant l'imprimeur et en lui infligeant une interdiction de trois mois. Le public ne put tirer de cette révélation cynique de Terray que l'occasion de se venger par une épigramme :

Ce qu'on disait tout bas est aujourd'hui public. Des présents de Cérès le maître fait trafic,

Et le bon roi, bien qu'il s'en cache,

Pour que tout le monde le sache, Par son grand almanach sans façon nous apprend Et l'adresse et le nom de son heureux agent.

La joie du peuple fut très-vive quand il apprit qu'il n'y avait plus à la place de l'agence des blés qu'un simple bureau des subsistances destiné à assurer les approvisionnements sans détruire la liberté.

La législation du commerce des blés à cette époque paraît tellement éloignée de la pratique de nos jours, que nous devons en rapporter ici les principales dispositions. Il y avait d'abord obligation pour tout négociant en grains de se faire immatriculer sur les registres de police et de déclarer le mode d'opérer; puis obligation de vendre dans les marchés seulement, à jours et à heures fixes ; enfin, on avait à supporter des droits innombrables de hallage, de magasinage, de mesurage, etc., ensemble de formalités et de charges qui décourageaient l'esprit d'entreprise, entraînaient des frais de transports bien inutiles et de grandes pertes de temps. D'autre part, cette obligation de tout transporter dans les lieux déterminés et le danger même d'acheter des quantités importantes sur les marchés publics contribuaient à enchérir une denrée aussi indispensable.

L'arrêt du 13 septembre 1774 établit la libre circulation des blés dans l'intérieur, le roi déclarant qu'à l'avenir il ne serait plus fait aucun achat de grains ni de farine pour son compte; l'importation était libre, mais Turgot, homme prudent, ajournait la liberté d'exportation ; seulement les


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 397

grains importés pouvaient être réexportés s'ils n'avaient pas trouvé d'acheteur.

Dès les premiers mois du règne de Louis XVI, la Compagnie des blés fil banqueroute, vendit à perte, et le prix du pain diminua. La popularité de Turgot fut très-grande. La vieille ennemie des nouveautés et des économistes, Mme du Deffand, écrivait à l'abbé Barthélemy : « Vous allez tous devenir encyclopédistes : il faut souhaiter que les gens des marchés et des halles le deviennent aussi. » Malgré la prédiction de Mme du Deffand, il n'y a pas nombreuses années que les gens des halles et des marchés sont convertis ou réduits au silence : pendant trop longtemps on a sacrifié l'intérêt primordial de la libre circulation des blés à des préjugés et à de minces intérêts de localité. Il ne faut pas remonter bien loin dans nos archives locales pour trouver des condamnations encourues pour avoir vendu du blé sur une montre en dehors de la halle, ou bien sans avoir eu recours au déchargeur ou au mesureur juré. Moi-même, à Troyes, j'ai encouru un procès-verbal pour avoir aidé un cultivateur voisin à charger un sac sur ses épaules.

Malheureusement, la nouvelle récolte de 1774 fut mauvaise et il fallut avoir recours à de nombreux expédients pour prévenir la famine. La liberté était de date trop récente pour qu'elle eût porté ses fruits : le commerce n'avait pas encore pu en profiter pour s'organiser. Vainement encourageait-t-on par des primes l'introduction des blés étrangers, vainement par l'allégement des taxes et par des mesures de détail favorisa-t-on la circulation des céréales ; on ne put empêcher la Guerre des farines d'éclater.

Dès le début, à Ervy, au milieu de la Champagne, une émeute éclata, mais fut facilement réprimée ; puis le mal, tout-à-coup, apparut sur cent points divers à la fois. A Dijon, on démolit les moulins; au centre même du gouvernement l'émeute se promène de ville en ville, de Pontoise à Versailles, de Versailles à Paris. Des paysans égarés, des vagabonds se


398 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

réunissent en bandes, pillent les convois, brûlent les granges et les fermes, coulent à fond les bateaux et envahissent les marchés et les magasins. On paraissait obéir à un mot d'ordre secret, et l'histoire a le devoir de demander qui fomentait un tel désordre et troublait ainsi des malheureux égarés. Y avait-il complot combiné par une seule main, ou bien ces désordres étaient-ils seulement le résultat de haines accumulées et causées par de longues souffrances qui trouvaient l'occasion de se manifester par ces actes de folie?

Les rancunes de ceux qui avaient perdu les profits du pacte de famine, les ennemis des réformes et de Turgot, les privilégiés menacés jouèrent assurément un rôle dans la guerre des farines. Des écrits du temps attestent que les émeutiers paraissaient avoir de l'argent et chantaient sans souci, que la force publique laissa faire d'abord et que l'existence d'un mot d'ordre paraît attestée par la simultanéité des mouvements qui éclatèrent le même jour à Lille, à Amiens et à Auxerre.

La révolte était d'autant plus étonnante qu'on payait le pain de quatre livres 13 sols, mais qu'on l'avait payé jusqu'à 16 sols du temps de l'abbé Terray.

Turgot ne resta pas inactif. Il organisa des ateliers de charité en province et à Paris. Des bureaux furent chargés de faire donner de l'ouvrage dans les établissements industriels. Un crédit fut ouvert à cet effet; mais en même temps le ministre prit des mesures de répression énergiques ; deux malheureux furent pendus en place de Grève, mais les vrais coupables échappaient au supplice. On menaça de mort ceux qui persévèreraient ; on promit le pardon à ceux qui rentreraient sur le champ dans leurs paroisses. Les paysans égarés ne tardèrent pas à rentrer dans leurs foyers, la paix ne fut plus troublée dans les villes et cette étrange guerre des farines fut terminée.

Les véritables auteurs de ces troubles resteront peut-être


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 399

toujours inconnus, mais il y a des complices que l'on peut nommer, et le plus engagé dans cette complicité est le Parlement qui, en pleine émeute, fit placarder un arrêt dans lequel il suppliait le roi de diminuer le prix du pain. Le Parlement qui comptait parmi les privilégiés et contre la rentrée duquel Turgot s'était prononcé contribuait à entretenir les erreurs populaires sur la loi des valeurs. D'ailleurs, un mot historique exprime mieux encore l'erreur du temps en cette matière et la nécessité où l'on était de propager les enseignements de la science économique : à l'avènement de Louis XVI, le jour même de la mort de Louis XV, l'ambassadeur de Vienne, le comte de Mercy, conseille « de prendre des mesures pour que dans deux fois vingtquatre heures le prix du pain soit diminué... Le peuple disait hautement qu'il attendait cette faveur de la reine qui est adorée. » Contrairement à l'opinion dominante à cette époque, les lois de l'économie politique, le taux des valeurs ne dépendent pas de la faveur d'une reine.

Les satires et les chansons circulaient dans les salons contre le vertueux et sage ministre qui devançait l'avenir. Une estampe représentait Turgot et la duchesse d'Eurville tombés d'un cabriolet que les économistes traînaient et faisaient verser sur un tas de blé : la duchesse jetée à terre montrait, d'une manière fort indécente, une légende avec ces mots : liberté, liberté, liberté tout entière.

Mais Voltaire et les esprits éclairés rendaient justice à Turgot, et Malesherbes, premier président de la Cour des Aides, présentait au roi d'admirables remontrances où étaient approuvées les idées de Turgot sur l'administration française et sur les impôts.

Ainsi que Colbert, Turgot trouva les finances publiques dans le plus grand désordre : le déficit était la règle; chaque année, le poids des arriérés était écrasant, les anticipations ne pouvaient suffire à masquer le déficit croissant ; les abus dans l'assiette et la perception des taxes étaient de


400 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

plus en plus intolérables ; mais si le ministre de Louis XVI se mit résolûment à l'oeuvre, il n'eut pas, comme Colbert, un long ministère pour accomplir tout le bien qu'il inaugurait. Là où le principe autoritaire de Colbert devait régner, il y avait anarchie complète ; là ou Turgot appelait la liberté, il trouvait la servitude et la réglementation arbitraire.

Contrairement à ce qu'avaient fait ses prédécesseurs, le contrôleur général adopta un programme négatif dont les termes étaient : point de banqueroute avouée ou déguisée, point d'augmentation d'impôts, point d'emprunts.

Comme moyen, il annonçait son intention de réduire les dépenses au-dessous de la recette, et de ne point dissimuler au roi la situation des finances annuelles par des expédients mensongers. Il dressa un budget qui promettait l'ordre dans la gestion, la vérité dans les chiffres, un allégement des charges du contribuable, une réduction dans les dépenses, une atténuation du déficit.

En septembre 1774, dans un mémoire au roi, il exposa ses observations sur la ferme générale. Il établissait que les réformes principales devaient porter sur le personnel des fermiers généraux et de leurs adjoints, sur les croupes et sur les pensions.

Une lettre aux fermiers généraux leur fit part des visées réformatrices du contrôleur général. Des personnages absolument étrangers à l'administration de la ferme participaient à ses profits sous le nom de croupiers ou de croupières. Parmi ces personnages placés par la faveur capricieuse ou par la corruption en croupe derrière les titulaires principaux, on aperçoit à côté du médecin de Mme du Barry et de son intendant, des courtisans, d'anciennes maîtresses royales, des favorites dont il avait fallu acheter le concours pour traiter avantageusement ou pour perpétuer les abus.

Sans parler des réformes de détail, nous signalerons un acte de justice de Turgot : les contribuables étaient con-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 401

damnés sans examen quand un doute était élevé sur l'application d'une loi fiscale; désormais, le doute dut faire pencher la balance en faveur du contribuable. Malgré les réformes, le profil du bail des fermes qui avait été avant le renouvellement de dix millions cinq cent cinquante mille livres, dont trois millions soixante-cinq mille livres revenant au trésor royal et sept millions trois cent quatre-vingt cinq mille livres à la ferme, produisit soixante millions dont quatorze millions quatre cent mille livres pour le roi et quarante-cinq millions six cent mille livres pour les fermiers généraux. Le profit du roi était quintuplé et celui des fermiers sextuplé.

Turgot refusa, en renouvelant le bail, toute espèce de pot-de-vin. Il ne tarda pas à jeter les yeux sur les abus de la perception des droits d'octroi : le privilège fut menacé sous toutes les formes qu'il revêtait. Par un arrêt du 15 février 1775, Turgot ordonna à tous les postillons ou cochers de s'arrêter aux portes de Paris ; ceux des équipages du roi étaient soumis à la même loi ; mais si un tel arrêt était nécessaire, c'est que les grands savaient échapper à l'octroi « en poussant leurs chevaux avec tant de rapidité qu'ils menaçaient d'écraser les commis. »

On a trop oublié, de nos jours, que les bourgeois des villes et de trop nombreux privilégiés jouissaient de l'exemption des droits d'octroi sur les denrées provenant de leurs terres et destinées à la consommation de leurs maisons. Turgot essaya de restreindre un tel abus qui permettait à de nombreux propriétaires d'introduire en fraude, dans les villes, des denrées qu'ils vendaient; mais ceux qui profitaient de tels abus avait fini par les regarder comme des droits et criaient à la spoliation ! si on les menaçait.

Turgot aspirait à faire disparaître l'arbitraire et l'inégalité dans la levée des taxes; il fit prononcer l'abolition de la contrainte solidaire qui datait de Sully et qui permettait aux receveurs des tailles de choisir plusieurs habitants parmi

T. XLIII. 26


402 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

les plus riches pour les contraindre à payer, par voie d'emprisonnement, ce que la paroisse devait sur ses impositions.

Peu à peu, Turgot voulait ramener le budget à un état normal; néanmoins, il ne crut pas devoir essayer de supprimer tout d'un coup tout déficit, et encore moins de cacher le déficit au moyen d'anticipations ou de dettes arriérées. Il mit de l'ordre dans le budget, il remboursa des dettes, et, pour couvrir le déficit atténué et loyalement avoué, il emprunta, mais à un taux inconnu en France. La Hollande lui prêta à 4 0/0 !

Turgot avait préparé un tel résultat par la confiance inspirée par son honnêteté et par diverses mesures destinées à rétablir l'ordre dans les finances. En même temps il appliquait dans les relations avec l'étranger le principe libéral : il avait entamé le droit d'aubaine, et il voulut que les étrangers pussent être porteurs de titres de rente française : il admit les étrangers à la souscription à un emprunt négocié par les Etats du Languedoc.

Turgot, financier, procédait comme Colbert, financier ; mais de combien Turgot, économiste, dépassa Colbert !

Nous ne suivrons pas le Ministre dans tous les détails de son administration : sa correspondance nous est restée, elle nous le montre en toute circonstance d'une pureté absolue d'intention et toujours s'inspirant du principe de la liberté industrielle et commerciale. A considérer ce qu'il a fait ou entrepris pendant son passage aux affaires, on croirait assister au tableau d'un long règne, et c'est l'oeuvre de vingt mois de ministère. La réforme financière avait été entravée dès le début par la disette dont nous avons parlé et par une terrible épizootie qui éclata dans le midi. Il prescrivit l'abattage des animaux atteints et posa le principe d'une indemnité consistant dans le remboursement du tiers de la valeur des bêtes sacrifiées, vaches ou boeufs.

Le retour de l'ancien Parlement fut décidé malgré le


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 403

contrôleur général. L'étrange mouvement d'opinion qui se déclara en faveur de ceux que Voltaire appelait les assassins de Calas et de Labarre s'explique par les aspirations libérales vagues et peu raisonnées qui surgissaient partout : on confondait les deux Parlements, celui de l'Angleterre et de la France, on oubliait que le Parlement français était plus hostile par esprit de corps aux voeux de la nation que le roi lui-même. « Il était condamné fatalement, dit M. Jobez, à irriter le peuple, étant un obstacle à ses aspirations, et à le pousser contre la royauté, lorsqu'elle s'opposerait aux volontés de la magistrature. » D'ailleurs, on voyait dans les anciens parlementaires exilés des victimes de l'arbitraire. Au grand chagrin de Turgot, le rappel de l'ancienne magistrature fut accompagné d'abus financiers nouveaux. On distribua des pensions aux membres des parlements organisés par Maupeou.

Les hypothèques, les droits de visite, les marques et contrôles appelèrent son attention.

Des mesures furent prises pour préparer l'uniformité des poids et mesures.

Divers projets étaient étudiés pour l'avancement des sciences : on fonda une chaire d'anatomie humaine comparée, une chaire d'hydrodynamique. Une Commission médicale fut instituée pour recueillir tous les renseignements utiles à l'hygiène publique, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. Des ouvrages économiques ou autres précédemment interdits furent rendus à la liberté.

Turgot prit des décisions importantes pour le progrès de la navigation. Il fit opérer pour les voies publiques un classement analogue à celui qui existe encore aujourd'hui en diminuant les largeurs excessives rendues à l'agriculture.

Le premier, il fit défendre d'intercepter les lettres et posa le principe du secret des correspondances privées. Les moyens de correspondre et de voyager attirèrent sérieusement son attention. A l'époque de Turgot, les voyages


404 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

étaient encore très-difficiles et très-longs : il fallait dix jours pour aller à Strasbourg, huit jours pour Rennes, quatorze jours pour Bordeaux ; les prix étaient écrasants : 15 livres pour aller à Rouen, 18 livres à Orléans, 40 à Rennes, etc., à une époque où la monnaie avait une puissance d'échange bien plus grande que de nos jours. C'est l'almanach royal qui donne tous ces détails. Turgot réforma la ferme des messageries; son sens pratique des affaires ne lui permit pas d'établir subitement la liberté complète, mais il remplaça les monopoles privés par un monopole de l'Etat. C'est la régie instituée par lui qui permit de diminuer les prix, d'assurer un service plus régulier et plus rapide. On lui doit les premières diligences telles que nous les avons vues jusqu'à la construction des chemins de fer. On les appela les Turgotines. On alla à Bordeaux en cinq jours et demi, on fit économie de temps et d'argent; néanmoins, le parti Choiseul et les ennemis des réformes recrutèrent des mécontents et parmi eux on compta le ministre Bertin. Selon la coutume du temps, on ne manqua pas de mettre en vers ce mécontentement, et d'aiguiser des épigrammes contre le ministre bienfaisant.

Une importante décision fut celle qui rendit la liberté au commerce des vins. On ne saurait croire aujourd'hui à quelles entraves ce commerce était soumis.

A Bordeaux, il était interdit de vendre et de consommer tout autre vin que celui du crû de la Sénéchaussée. Il fallait être bourgeois de la ville pour vendre en détail ; les vins du Languedoc ne pouvaient descendre dans la Garonne avant la Saint-Martin ; ceux du Périgord, de l'Agenois, du Quercy et de la Haute-Garonne avant la Noël. Dans la ville même, l'entrepôt ne devait durer que jusqu'au 8 septembre; il avait lieu dans des celliers déterminés.

Telle était, en résumé, la police des vins à Bordeaux, mais la plupart des autres villes du Midi n'avaient pas une police moins restrictive. Un règlement de 1610 ordonnait


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 405

le fouet contre les voituriers qui amèneraient du vin étranger à Marseille. Le vin ne pouvait sortir du port s'il n'avait été acheté à Marseille.

Dans le préambule de l'édit sur les vins, Turgot attribue de tels abus à l'anarchie féodale du moyen âge ; avec un tel régime, la contrebande devenait un bienfait. L'abolition de tels priviléges locaux était en principe le droit de l'Etat. Le droit de vendre, d'acheter et de consommer librement, qui est un démembrement du droit de vivre, prime, en effet, tous ces monopoles et ces privilèges. Tout au plus peut-on tenir un certain compte des droits de ceux qui les ont payés de bonne foi. Malheureusement, Turgot devait tomber avant l'application entière de l'édit.

Si Colbert reste fidèle dans tous les actes de son administration à son principe autoritaire, Turgot ne poursuit pas avec moins de persistance l'application du principe de la liberté économique. C'est l'Hôtel-Dieu auquel est enlevé le privilége singulier de vendre seul de la viande pendant le carême; c'est le titre de manufacture royale qu'il refuse aux frères La Forêt, fabricants de cotonnades à Limoges, ainsi que des exemptions d'impôts réclamées pour leurs veuves et leurs enfants, des lettres de noblesse, des honneurs, etc. Mais il leur accorde des facilités pour le transit de leurs marchandises. La ville de Rochefort demande la liberté de commerce avec les colonies, La Rochelle s'y oppose, mais les prétentions de La Rochelle sont réduites à néant.

Tantôt Turgot rend aux maîtres-verriers de Normandie la liberté de vendre et de ne pas vendre où ils voudraient, tantôt il reconnaît à la Corse le droit de planter des châtaigniers, tantôt il accorde de simples encouragements à l'industrie sans créer de monopole; c'est ainsi que, tout en étendant les libertés industrielles, il ne craint pas d'accorder certaines faveurs nouvelles, certains honneurs à des industriels; c'est ainsi qu'il encouragea la culture de la garance. Des commandes étaient venues d'Allemagne à la fabrique


406 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

de Lyon : on demandait des pièces de satin en 5/12mes de largeur, à l'imitation de celui de Florence, tramé d'un bout de lin, ainsi que quelques pièces des Angleterres légères, à 7/12mes de largeur, sans marque à la lisière, à l'imitation de celles fabriquées en Italie; maîtres-gardes des fabriques, intendant de la province, s'opposaient à celte fabrication, il fallait sauver la réglementation instituée par Colbert : Turgot dut intervenir deux fois pour faire trancher la question selon le principe de liberté, c'est-à-dire selon le simple bon sens.

Une caisse d'escompte fut fondée à Paris sous les auspices de Turgot ; elle n'était pas constituée en monopole, elle devait déposer un cautionnement de 10 millions, remboursables en treize années avec une plus-value de 3 millions de livres; ce n'était ni une banque d'Etat ni une banque d'émission. Le souvenir de l'affaire de Law était trop vivant pour qu'on songeât à réaliser une imitation de la banque d'Angleterre. Quand Turgot tomba, le crédit disparut, les actionnaires refurèrent de payer le cautionnement, et l'entreprise réussit sans attache oficielle.

A propos d'une question de transit commercial, Turgot formula devant le roi ses idées sur le commerce extérieur. Colbert avait voulu abolir les douanes provinciales et avait réussi dans une partie importante de la France, Turgot songeait à affranchir les échanges avec l'étranger. « Ce sont là, sire, disait-il, des questions dignes d'occuper votre Majesté. » Mais Louis XVI l'écouta avec impatience, puis il lui dit subitement : est-ce tout?— Oui, sire. — Tant mieux ! et il lui tourna le dos. C'était à une époque où le renvoi du ministre était déjà résolu. Colbert, plus heureux, avait rencontré un roi qui l'avait compris et qui savait vouloir.

La dernière grande entreprise de Turgot est célèbre dans l'histoire sous le nom des six édits.

Le premier abolit la corvée en janvier 1776; le second


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 407

supprima les droits et offices relatifs aux grains à Paris, suppression déjà commencée en province où le ministre s'opposait à la perception de tous droits quand on fondait un marché public; le troisième édit ordonnait la suppression des offices sur les ports, quais, halles et marchés de Paris, offices qui étaient une si grande charge pour le commerce en général; le quatrième supprimait les jurandes à Paris et à Lyon, réservant les droits acquis et les dettes des corporations, mesure qui devait être étendue à toute la province, aux termes de la lettre qu'il préparait pour les intendants; le cinquième édit abolissait la caisse de Poissy et de nombreux priviléges relatifs au commerce de la viande ; le sixième, sous forme de lettres-patentes, abolissait une réglementation barbare sur les suifs, que les bouchers ne pouvaient ni garder ni fondre chez eux librement, qui étaient exposés en vente à jours fixes, lotés entre les maîtres chandeliers et payés à un prix uniforme, à peine d'amende, et qui étaient de plus frappés de droits considérables.

Un admirable mémoire, sorte d'exposé des motifs, justifiait ces grandes réformes. Ce document est trop connu pour que nous l'analysions. D'ailleurs, aujourd'hui, l'expérience a prononcé et le procès est gagné en dernier ressort en faveur de la liberté commerciale. Il suffit de considérer combien il nous est impossible de bâtir même, en imagination, une restauration de ces lois funestes à l'agriculture et à l'industrie.

Les deux points saillants des édits étaient : l'abolition des jurandes et de la corvée royale.

L'industrie ne pouvait profiter des encouragements officiels et de la paix générale tant qu'elle serait liée par l'antique servitude des jurandes.

Dès le XVIe siècle elle avait été la chaîne la plus gênante pour l'industrie et elle était devenue un instrument de fiscalité ruineuse.

On avait imaginé des raffinements de réglementation que


408 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

rien ne justifie : on avait été jusqu'à introduire, au XVIe siècle, une hiérarchie parmi les maîtres divisés en jeunes, en modernes et en anciens, jouissant de droits différents selon la catégorie et tarifés de mille manières. Un édit de Henri III avait mis la main royale sur les corporations et et avait déclaré que le droit de travailler était un droit domanial et royal que concédait le prince ; c'était la corporation autoritaire mise à la place des associations indépendantes à l'origine. On avait semblé donner quelque soulagement à l'industrie : on n'exigeait plus des ouvriers qu'ils eussent fait leur apprentissage dans la ville choisie pour résidence, on supprima d'abord certaines tracasseries et certains frais, mais le fisc, depuis cet époque, rendit les jurandes de plus en plus onéreuses, l'asservissement de l'industrie en arrêta de plus en plus les progrès, et les interminables procès soulevés par l'interprétation des lois spéciales continuèrent à la ruiner. Une partie des recettes dites du casuel était due aux offices et aux maîtrises. Les corporations épuisaient leur pécule à racheter les offices et les titres de maîtrise de création récente, mais aussitôt qu'un nouveau besoin se faisait sentir, on créait de nouveaux titres qu'il fallait racheter encore. Une réforme profonde était urgente.

Turgot comprenait que l'heure des réformes était également venues pour les classes rurales et pour le régime administratif de la province.

L'une des taches du XVIIIe siècle fut la corvée royale, si douloureuse pour le menu peuple des campagnes.

Dans les grandes villes, la bourgeoisie était affranchie de l'autorité féodale; à peine commençait-elle à protester contre l'omnipotence des intendants et à désirer des franchises municipales; là, l'opinion se préoccupait surtout des intérêts commerciaux, des réformes générales de l'Etat et des questions philosophiques ou religieuses ; il en était autrement dans les villages. Ici, le régime féodal, quoique déjà fortement entamé, subsistait encore dans ses éléments es-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 409

sentiels et était impatiemment supporté par les populations. En édictant l'abolition des corvées, Turgot attestait qu'il s'était ému des souffrances populaires; en projetant d'instituer une hiérarchie de municipalités qui eussent défendu les intérêts locaux du village, de la ville et de la province, il réagissait à la fois contre les restes de la féodalité et contre la centralisation excessive de l'administration à laquelle avait abouti le régime des intendants de Colbert. Il ne voulait pas seulement corriger la prédominance des intendants, mais en même temps l'incohérence et l'arbitraire de pouvoirs mal définis, l'absence de règle dans l'exercice de l'autorité.

« La cause du mal, se disait-il, vient de ce que votre nation n'a point de constitution... Votre Majesté est obligée de tout décider par elle-même ou par ses mandataires. On attend vos ordres spéciaux pour contribuer au bien public, pour respecter les droits d'autrui et quelquefois même pour user des siens propres. Vous êtes forcé de statuer sur tout, et le plus souvent par des volontés particulières; tandis que vous pourriez gouverner comme Dieu, par des lois générales, si les parties intégrantes de votre empire avaient une organisation régulière et des rapports connus. » Le manque de temps et la maladie lui empêchèrent de soumettre son mémoire sur les municipalités au roi qui ne le connut que plus tard ; mais il est certain que tout en respectant le principe de l'autorité royale il eut ainsi constitué une rénovation profonde de l'administration et eut préparé la suppression des restes de la féodalité. C'eut été une transition pour se raprocher du principe de la souveraineté nationale. Le vertueux Turgot plaçait au-dessus de toute puissance publique les droits de la raison et de la justice; dans sa lettre au roi sur la tolérance, il s'exprime ainsi : « On peut être opprimé par un seul tyran ; mais on peut l'être tout autant et aussi injustement par une multitude. » Comme Colbert, il professa le principe de la tolérance religieuse. A la cérémonie du sacre, le roi avait prononcé quelques paroles


410 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

inintelligibles au moment de prêter le serment d'exterminer les hérétiques; Turgot lui adressa le remarquable mémoire sur la tolérance pour calmer la conscience du roi, pour lui rappeler qu'un monarque ne peut avoir de droits sur la foi de ses sujets et à quelles conséquences entraîne l'intolérance : « C'est la même doctrine, dit-il, qui a produit l'infernale Saint-Barthélemy et la détestable Ligue, mettant tour-à-tour le poignard dans la main des rois pour égorger les peuples, et dans la main des peuples pour assassiner les rois. »

L'auteur d'une nouvelle élude sur Turgot, M. Foncin, juge en termes très-expressifs cette époque, et attribue à chacun la responsabilité de ses actes et de ses intentions quand il peint l'opposition violente qui se déchaîna dans certains rangs de la société contre le ministre ; il fait remarquer que l'on n'attendit pas la moindre expérience avant de se soulever, et cette remarque, dit-il, « prouve que quatorze ans avant la Révolution française, la seule annonce des réformes suffit à unir en faisceau hostile tous les privilégiés, avant même qu'aucune réforme sérieuse eût été essayée. »

Mais vainement le peuple applaudissait; il n'intervenait pas dans les hautes sphères gouvernementales : quand on invoquait l'opinion publique à la Cour ou au Parlement, c'était de l'opinion du petit nombre des privilégiés que l'on parlait.

Quel partisan des réformes pouvait-on espérer découvrir dans le monde officiel? —Les courtisans? Turgot avait réduit leurs pensions, réformé des charges inutiles, menacé les favoris et les favorites. — Les traitants? Turgot avait simplifié la comptabilité, introduit l'ordre et la lumière partout, et mis au jour leurs rapines. — Le clergé? Le ministre était philosophe, tolérant et hostile à ses immunités. — La noblesse? Les corvées étaient supprimées et remplacées par une charge qui allait peser également sur


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 411

ceux mêmes qui profitaient le plus des travaux publics ; les banalités et les droits féodaux étaient menacés. — Les Parlements? Leur résistance avait été brisée dans le lit de justice du 12 mars, et d'ailleurs la magistrature redoutait les réformes qui compromettaient les priviléges dont jouissaient ces propriétés et ces jurandes, source si féconde de procès et d'épices. — La bourgeoisie des maîtres-jurés? Ils ne pouvaient se résigner au sacrifice du monopole. — Les actionnaires du pacte de famine? On ne pouvait exiger d'eux qu'ils fussent joyeux de voir le gouvernail de l'Etat en des mains honnêtes. — La reine ? Pour elle Turgot était un obstacle à ses caprices, à la distribution aveugle et ruineuse des faveurs.

Que pouvaient le peuple de cette époque, quelques amis, quelques hommes de bien éclairés et désintéressés qui comprenaient le rôle bienfaisant du ministre ? Que pouvait le roi?

Il est vrai, le roi avait dit : « Il n'y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple, » vaine pensée échappée aux lèvres et au coeur, mais sans racines dans la tête du faible époux de Marie-Antoinette.

Le ministre Maurepas, qui tenait au pouvoir et qui était toujours parfait courtisan, sut effrayer l'esprit du roi en lui faisant remarquer le nombre et la puissance des personnages qui avaient intérêt à la persistance des abus ; Necker, selon son habitude, parlait beaucoup sans qu'on ait jamais su clairement ce qu'il voulait; il attaquait Turgot, piétinait sans avancer, se donnant le mérite et l'apparence de se remuer beaucoup.

La haine des privilégiés alla jusqu'à supposer une correspondance que l'on faisait partir de Vienne et échanger avec Turgot et où l'on insérait des outrages à la reine pour indisposer le roi.

Le Parlement avait répondu d'abord aux édits en condamnant un livre intitulé : les inconvénients des droits


412 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

féodaux, publié par le commis principal du contrôleur général. C'était contre ce dernier que le coup était porté. Des remontrances furent adressées au roi. A entendre le langage du Parlement, c'est la cause du peuple qu'il prétend servir, mais il s'oppose à la répartition équitable sur tous d'une charge qui, jusque-là, ne pesait que sur quelques-uns. La conclusion de ce document suffit pour en apprécier la valeur : il affirme que le peuple seul doit à la société les tributs, l'industrie et les travaux corporels.

Malgré les remontrances, le lit de justice du 12 mars 1776 força le Parlement à enregistrer les édits.

Mais la coalition des ordres privilégiés, des anciens bénéficiaires de l'agence des blés, du parti Choiseul, du courtisan Maurepas, du vain et remuant Necker, et des favoris de la reine était trop puissante contre un homme seul, même aimé du roi Louis XVI. Tous disaient en eux-mêmes ce mot d'une grande dame qui traduisait ainsi la pensée des coalisés avec une bonhomie apparente et cynique : « Pourquoi donc innover? Est-ce que nous ne sommes pas bien ? »

Turgot était l'obstacle à ce bien étrangement compris, il fallait le briser à tout prix.

Les derniers incidents que l'on raconte sur la chute du ministre ne l'expliquent nullement ; ils fournissent simplement l'occasion de congédier le contrôleur général, mais ils ne furent pas la vraie cause du renvoi.

Avant la découverte de documents nouveaux, on a longtemps présenté ainsi le dernier antécédent de la retraite du Ministre : le roi avait promis à Turgot de ne délivrer pendant un certain temps aucune ordonnance de comptant; peu de jours après, un bon de cinq cent mille livres, au nom d'une personne de la Cour, est présenté au Trésor. Turgot rappelle au roi sa parole : on m'a surpris, dit le roi. — Sire, que dois-je faire? — Ne payez pas. Le ministre ne se fit pas prier pour obéir, mais sa démission suivit de trois jours le


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 413

refus de paiement. D'après une tradition accréditée à la Cour et dans le monde diplomatique, la personne de la Cour était la reine.

Mais Turgot avait mérité à d'autres titres le ressentiment croissant de Marie-Antoinette. Le contrôleur général avait demandé, au nom du Conseil, le rappel de l'ambassadeur de France en Angleterre, le comte de Guines, personnage médiocre et compromettant pour la France. L'intérêt porté par la reine à ce triste représentant de la diplomatie française est expliqué par Mercy dans une lettre à Marie-Thérèse : « Le mot de cette énigme consiste dans les entours de la reine qui se réunissent tous en faveur du comte de Guines. Sa Majesté est obsédée, elle veut se débarrasser; on parvient à piquer son amour-propre, à l'irriter, à noircir ceux qui, pour le bien de la chose, peuvent résister à ses volontés; tout cela s'opère pendant des courses ou autres parties de plaisir, dans les conversations de la soirée chez la princesse de Guéménée; enfin, on réussit tellement à tenir la reine hors d'elle-même, à l'énivrer de dissipations que, cela joint à l'extrême condescendance du roi, il n'y a, dans certains moments, aucun moyen de faire percer la raison.... »

Que pouvaient contre tant de puissances ennemies, l'honnêteté et la simplicité du ministre toujours malade de Louis XVI? Il devait être vaincu par les entours de la reine !

Un instant, Marie-Antoinette avait obtenu que le titre de duc donné en compensation à l'ambassadeur révoqué, le comte de Guines, coïnciderait avec l'emprisonnement du contrôleur général à la Bastille. C'est l'ambassadeur de Marie-Thérèse qui empêcha cet acte de folie ; c'est le comte de Mercy qui écrit encore : « Le contrôleur général jouissait d'une grande réputation d'honnêteté et était aimé du peuple. »

Après vingt mois de ministère, le contrôleur général se


414 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

retirait donc refusant une pension et adressant au roi, dans une lettre, ses dernières et admirables paroles.

Le vertueux ministre de la maison du roi, Malesherbes, fatigué des vains efforts qu'il faisait pour administrer honnêtement et utilement s'était retiré presque à la même heure que le contrôleur général. Malesherbes et Turgot écartés du ministère laissaient le champ libre aux funestes cabales des courtisans et des corps priviligiés. L'effet de la chute des deux amis fut, à la Cour et à la ville officielle, un véritable débordement de joie : mais c'est un homme de lettres, Marmontel, qui porte le jugement vrai sur cette allégresse : « Je me représente, dit-il, l'image d'une troupe de brigands à qui l'on vient d'apprendre que le grand prévôt est renvoyé. » Avec Cligny, le nouveau contrôleur général, si l'on ose reproduire le langage d'un haut personnage de l'époque, Augeard, le contrôle général devint immédiatement « un mauvais lieu et le rassemblement des fripons et des catins. »

Les amis de Turgot furent disgraciés, quelques-uns exilés, mais le poète Roucher rima sur lui une louange des plus délicates et Voltaire lui adressa l'épître à un homme.

Turgot se livra à des travaux littéraires et scientifiques, parmi lesquels nous citerons la lettre restée célèbre, adressée au docteur Price sur les constitutions américaines; il mourut le 20 mars 1781.

Deux erreurs capitales peuvent être reprochées à Turgot économiste. 1° Il avait adopté la fausse théorie des physiocrates sur l'impôt territorial unique. Il méconnaissait les effets de la répercussion de l'impôt en matière d'impôt indirect; mais en même temps il exagérait les effets de la répercussion quand il voulait faire porter tout le poids de l'impôt à la terre. Il n'avait pas su apercevoir que les ressources imposables sont le capital ou les revenus que tout capital produit et que chacun emploie pour ses jouissances


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 415

ou ses besoins. 2° En abolissant les jurandes, il défendait toute association; c'était dépasser le but.

Mais il y a une telle mesure dans les actes administratifs du ministre, une telle expression de bon sens dans ses oeuvres que l'on est autorisé à croire qu'il eut corrigé sa double erreur dans la pratique.

Après lui, la réaction ne connut pas de frein ; le commerce des blés fut soumis à de nouvelles entraves, la corvée reparut, toujours aussi douloureuse pour les habitants des campagnes ; les métiers retombèrent dans le régime des ordonnances qui remontaient à 1402, 1575 et 1669. Le déficit creusa son gouffre chaque jour plus effrayant sous les pieds du roi.

Néanmoins, on ne peut dire que l'oeuvre de Turgot ait disparu sans laisser de traces : l'esprit de Turgot vit dans les moindres détails de la vie actuelle. Le principe de l'égalité devant la loi n'est plus contesté, l'ordre règne dans les finances, le droit de travailler et de commercer n'est plus une concession puisée dans un droit domanial par le prince ; comme le proclama Turgot, c'est une propriété sacrée et inaliénable.

Nous nous sommes demandé : sans Colbert, qu'eut été Louis XIV. Nous nous demandons : avec un roi aussi bon que Louis XVI, mais aussi grand que Henri IV ou Louis XIV, que n'eût pas accompli Turgot? Si les ordres privilégiés l'eussent voulu, la France aurait eu la paix et la prospérité intérieure assurées par les réformes de 1776; à quinze ans de distance elle a eu la lutte sanglante et la révolution.


416 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

III.

Réforme ou Révolution.

Quand une tentative de réforme a échoué, une nation retombe plus bas qu'auparavant et toute résistance aux abus paraît brisée ; mais ce découragement ne dure pas : dans les classes qui souffrent, les haines s'accumulent sourdement, les forces comprimées se tendent de plus en plus, il semble que sous l'édifice social et politique, des matières explosibles s'amassent peu à peu et le moment arrive où un simple frottement, où la moindre étincelle détermine l'explosion. Après Turgot, la royauté fut de plus en plus impuissante à tirer la France du gouffre financier dans lequel elle se débattait, et, comme une entreprise industrielle sans capitaux et sans crédit, à la veille de déposer son bilan, le Gouvernement devenait impossible, tandis que les populations devenaient de plus en plus impatientes des charges fiscales et administratives et du joug féodal qu'elles supportaient. Cependant, depuis un certain nombre d'années des écrivains nombreux ont tenté de contester ces souffrances et de réhabiliter l'ancien régime; sur un seul point capital ils n'ont pas même tenté d'atténuer la gravité de la situation à la fin du règne de Louis XVI : ils ont été obligés de reconnaître l'intensité de la crise financière; mais sur d'autres points on a nié énergiquement la gravité des maux, on a exalté les heureux effets des corporations pour l'industrie, les franchises locales, la vie administrative et sociale des populations rurales au XVIIIe siècle. Notre étude sur Colbert et Turgot ne serait pas complète si, avant de conclure, nous n'examinions pas encore cette triple question.

Aujourd'hui, la liberté industrielle et commerciale a pro-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 417

duit un tel développement de la richesse générale que nous n'avons nul besoin d'établir une longue comparaison entre la réglementation de Colbert et l'état actuel. Il est vrai qu'il y a des ombres au tableau : pendant la première période de l'ère nouvelle, l'inauguration de la grande industrie a engendré ce que l'on a appelé le paupérisme, mais est-ce là un fait nouveau, n'est-ce pas plutôt une nouvelle forme de misères sociales qui ont existé dans les siècles précédents? Pouvons-nous oublier tout ce monde de mendiants que les édits des rois étaient impuissants à réprimer en les menaçant des galères ou du gibet? D'ailleurs, le travail dans les grandes usines n'est pas une innovation de notre siècle. A la fin du XVIIe siècle la manufacture royale de draps d'or, d'argent et de soie de Saint-Maure-des-Fossés, près de Paris, entretenait plusieurs centaines d'artisans ; la manufacture de draps des Van Robais, à Abbeville, employait 1,692 ouvriers. Colbert lui-même était hostile au travail à domicile ou dans les petits ateliers. Les directeurs des fabriques de dentelles, exécutant une consigne reçue de lui, refusaient de l'ouvrage aux ouvrières qui voulaient travailler chez elles tout en soignant leur famille; le monopole empêchait la concurrence, il fallut obéir ou se révolter : plus de mille femmes se réunissent un jour à Alençon, poursuivent le directeur de la manufacture officielle jusqu'à la maison de l'intendant qui lui sauve la vie. Ailleurs, la contrefaçon ou des ateliers clandestins s'organisèrent malgré les inspecteurs de Colbert et donnèrent aux ouvrières un point de dentelles qu'elles trouvaient plus avantageux que le fameux point de France; à Bourges, sur 900 jeunes ouvrières, cent quarante seulement restèrent fidèles à la fabrique, et cependant on ne leur épargnait ni les défenses, ni les menaces, toutes conséquences auxquelles conduit inévitablement le monopole de l'état manufacturier.

Les splendeurs industrielles du nouveau régime ne doivent pas nous éblouir au point de nous empêcher d'aperT.

d'aperT. 27


418 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

cevoir les misères du paupérisme; mais le mal n'était pas sans remède. L'organisation des grandes manufactures s'est faite librement, et si elle a été accompagnée de quelques résultats regrettables, c'est la liberté elle-même qui a suffi pour les réformer. Il ne faut pas attribuer à la corporation ancienne une portée qu'elle n'avait pas. C'est une erreur fort répandue d'y comprendre tous les ouvriers. Elle était surtout l'association des maîtres, et en dehors nous apercevons le compagnon. C'était la charité et non le droit que ce dernier invoquait aux heures de misères. Il restait bien au simple ouvrier l'antique institution du compagnonnage, mais elle était la guerre permanente et sourde de l'ouvrier contre la corporation des maîtres qui lui était fermée; elle était cause de certains désordres et de dépenses qui contrebalançaient quelques avantages. Aujourd'hui, il n'est pas possible de mettre en parallèle les bienfaits si restreints du compagnonage et la sécurité que la vie du travailleur puise dans les modernes sociétés de secours mutuels. L'épargne trouve cent voies nouvelles qui s'ouvrent devant l'ouvrier pour lui offrir les assurances les plus précieuses contre les risques de l'avenir. Qu'était le bilan des anciennes corporations, la plupart ruinés par le fisc ou les procès, qu'étaient les ressources du compagnonnage en comparaison du budget des Sociétés mutuelles, des Caisses d'épargne, des Caisses d'assurances sur la vie et de retraite pour la vieillesse? Chaque jour les conditions de l'hygiène publique sont améliorées, les salles d'asile, les écoles, les cours d'adultes, les classes de dessin se multiplient : le ma! diminue et les créations de la grande industrie jettent chaque jour sur nos marchés de nouvelles merveilles. L'industrie, plus encore que l'agriculture, est la gloire de notre époque : c'est l'âge du fer; mais le fer qui court sur nos grandes voies de communication, qui meut ses bras puissants dans nos ateliers, de combien n'est-il pas un don de la nature plus précieux que l'or et l'argent pour la civilisation moderne? L'huma-


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 419

nité toute entière réduite en esclavage n'aurait pas assez de bras pour suffire à une telle oeuvre et elle est accomplie par des esclaves qui ne souffrent ni se plaignent, et c'est là le produit évident du régime de la liberté industrielle secondé par les progrès de la science.

La décentralisation administrative réclamée avec raison, sous le second Empire, par un manifeste célèbre de l'opinion légitimiste, daté de Nancy, eût été à bien plus juste titre réclamée par les cités du dernier siècle. Les intendants de Colbert n'avaient pas seulement annihilé les gouverneurs féodaux, mais encore les magistrats municipaux des villes : les fonctions de ces derniers étaient précaires, et l'autorité qu'ils exerçaient n'était qu'une ombre. La vie se retirait peu à peu des villes de la province. Nous reconnaissons que la paix régna à l'intérieur au XVIIIe siècle, fut une compensation aux inconvénients du régime, et permit de réparer en partie les ruines du passé, causées par une politique funeste, et les pertes infligées par une réglementation et une centralisation exagérées. Colbert s'était élevé à un moment où la royauté personnifiait les intérêts du peuple, du tiersétat, de la bourgeoisie légiste et industrielle. Il suivit et précipita l'impulsion qui faisait réagir contre la féodalité, mais il dépasse le but, centralisant l'administration non seulement aux dépens des seigneurs féodaux, mais aussi de toute liberté, exaltant la personne de Louis XIV en une sorte de monarchie orientale où ne manqua ni le harem, ni les satrapes serviles, ni le prestige de l'homme déifié ou tout au moins considéré comme ayant été touché de Dieu. Une idée exagérée de la puissance royale entraîna Colbert dans les fautes qu'il commit en réglementant l'industrie et en organisant l'administration des intendants; après lui, ses erreurs furent poussées à l'extrême, et le moment allait venir où le peuple devait abandonner la royauté à mesure qu'elle serait moins indispensable dans la lutte soutenue contre la féodalité affaiblie, et que, décidément impuis-


420 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

sante à réprimer les abus d'une cour vaine et corrompue et à réparer le désordre financier, elle apparaîtrait comme un obstacle à de nouveaux progrès. Dès le ministère de Colbert, la bourgeoisie n'avait pas senti le poids des chaînes sans murmurer, mais à cette époque elle confondait encore son propre intérêt avec le bon plaisir du grand roi, tandis qu'au milieu du XVIIIe siècle la féodalité était abaissée, l'attention du tiers-état commençait à se porter sur les vices du Gouvernement, sur les nouveaux droits qu'il aspirait à conquérir, en même temps que la royauté perdait son prestige aux champs de bataille de Rosbach ou dans les boudoirs de Trianon. Le désir des réformes n'apparaît pas moins vif dans les campagnes. Depuis Colbert, le paysan était devenu de plus en plus propriétaire de la terre qu'il cultivait, mais il était soumis à la corvée, à des impôts écrasants et au reste des droits féodaux. A la vérité, les communautés rurales jouissaient de certaines attributions administratives; mais si les intendants avaient annulé de plus en plus l'autorité seigneuriale, ils avaient entendu la remplacer par une tutelle étroite exercée par eux-mêmes.

Vainement peindra-t-on comme une idylle gracieuse le tableau des assemblées communales et les fidèles réunis au sortir de la messe, à l'ombre des vieux arbres, assis sur les murs du cimetière ou sur le gazon, pour délibérer sur les intérêts communs, sur le choix d'un recteur d'école, sur des procès à soutenir contre le seigneur, et surtout sur la nomination des collecteurs d'impôts; les franchises locales ne s'exerçaient que dans un cercle bien limité et étaient plus apparentes que réelles, car le village avait glissé peu à peu des mains des seigneurs sous le joug des subdélégués et des intendants. Ce n'était pas pour affranchir la communauté de village que l'on appela les habitants à délibérer sur certains objets ; ces attributions dérivaient simplement de la nécessité. Il est vrai que l'on préféra être soumis aux fonctionnaires du roi, mais si la féodalité succombait,


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 421

l'autorité royale prenait sa place et grandissait d'autant. De nombreux documents nous permettent de nous faire une idée exacte de l'autonomie des communautés. Malesherbes, président de la Cour des Aides, adresse au roi des représentations sur les charges écrasantes et sur les abus dont la nation souffrait; il y relève la déplorable répartition des impôts et ajoute : « Depuis que les ministres puissants se sont fait un principe politique de ne point convoquer d'assemblées nationales, on en est venu, de conséquence en conséquence, jusqu'à déclarer nulles les déclarations des habitants d'un village, lorsqu'elles ne sont pas autorisées par l'intendant.... Si la communauté a un procès à soutenir, il faut aussi qu'elle se fasse autoriser.... Si l'avis de l'intendant est contraire aux habitants, ou si leur adversaire a du crédit à l'intendance, la communauté est déchue de la faculté de défendre ses droits. Voilà, Sire, par quels moyens on a travaillé à étouffer en France tout esprit municipal, à éteindre jusqu'aux sentiments des citoyens; on a, pour ainsi dire, interdit la nation entière. » Il y avait ce qu'il appelait « l'administration clandestine, » qui invoquait faussement des « ordres royaux; » la seule volonté de l'intendant ou d'un commissaire choisi par lui répartissait arbitrairement la taille. « Il faut, ajoutait-il, que le temps de votre règne soit employé à donner au peuple des préservatifs contre le despotisme, et surtout contre la clandestinité... » — « Il existe, nécessairement, deux partis dans un royaume : d'un côté, tous ceux qui approchent du souverain; de l'autre, tout le reste de la nation.... Comment établir une relation entre le roi et la nation, qui ne soit pas interceptée par tous ceux dont le roi est entouré. » Et il conclut à la réunion des Etats généraux, ou tout au moins des Etats provinciaux. Il fait admirablement ressortir les abus indiscutables de la monarchie absolue, et en attendant la convocation des Etats, il propose une sorte de représentation de chaque province par des députés qui recevraient


422 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

les requêtes de tous les sujets : sans ce remède, il demande quelle est la ressource de ceux qui languissent dans les prisons, et qu'on se garde bien d'en laisser sortir. Malesherbes s'accordait avec Turgot projetant d'instituer des municipalités de provinces, et une assemblée générale qui eût été comme la grande municipalité nationale.

Ces remontrances de la Cour des Aides jettent une grande lumière sur l'ancien régime au dernier siècle. L'indépendance des communes était plus apparente que réelle; toute initiative était subordonnée au bon vouloir du subdélégué ou de son chef hiérarchique; toute décision pouvait être cassée, et ces arbitres souverains étaient circonvenus par des influences occultes hostiles aux revendications de la population.

L'envahissement des pouvoirs locaux par les fonctionnaires et les justiciers royaux n'était guère du goût des familles parlementaires. L'opinion de Montesquieu n'est guère douteuse à ce sujet. Son idéal monarchique comprenait une aristocratie effective et indépendante, et non une administration de la province par des fonctionnaires subordonnés au ministère. Les parlementaires et les seigneurs essayaient parfois de réagir contre l'administration des intendants de Colbert qui les annulaient de plus en plus; mais ils réclamaient ce que nous appelons aujourd'hui la décentralisation, non pas pour le profit du peuple seul, mais pour leur propre profit, pour obtenir un retour favorable à l'influence des hautes classes dans les provinces.

Malgré tous les excès signalés par les remontrances de la Cour des Aides, ce n'est pas l'oppression administrative qui fait le sujet des plaintes des communautés rurales, dans les cahiers rédigés pour le» Etats généraux; ce sont surtout les charges fiscales si mal réparties et les droits féodaux. Malgré les thèses si vivement soutenues de nos jours en faveur de l'ancien régime, les droits seigneuriaux n'avaient pas cessé d'être à charge aux populations. Nous avons vu que peu de


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 423

temps avant la chute de Turgot, le premier commis du Contrôle général, M. de Boncerf, avait publié un livre intitulé : Les inconvénients des droits féodaux; la main du bourreau l'avait brûlé au bas du grand escalier du Parlement, et c'était Turgot que visait le Parlement en condamnant le livre; mais les restes de la féodalité n'en constituaient pas moins, à celte époque, une chaîne devenue intolérable pour le travail agricole qui voulait s'affranchir et prendre un essor inconnu au temps passé. La nuit du 4 août 1789 réalisa cet affranchissement par une série de décrets votés d'enthousiasme par ceux mêmes qui profitaient de ces droits : c'était le livre de Boncerf que la Constituante arrachait aux flammes du bûcher. L'heure de l'ancien régime avait sonné; l'Assemblée nationale proclamait solennellement l'avènement de l'âge contemporain. C'était le sacrifice du privilège par le privilégié, c'était la réforme pacifique qui ne coûtait ni une larme ni une goutte de sang. Malheureusement, elle n'était plus aussi facilement réalisable qu'à l'époque des édits de Turgot.

En assistant à la longue et pénible élaboration de la civilisation, nous apprenons à découvrir les lois de l'humanité qui va au progrès d'une marche lente et inexpérimentée, par tâtonnement pour ainsi dire ; aussi la philosophie de l'histoire défend toute expression d'un dénigrement haineux et systématique contre l'ancien régime, elle reste juste envers des hommes dont les actions mériteraient peut-être d'être maudites si elles se produisaient à l'heure présente, mais qui étaient de leur temps et à qui il était difficile et impossible d'agir autrement. C'est en plaçant les hommes et les époques antérieures dans leur milieu que nous pouvons les comprendre et expliquer leurs oeuvres avec impartialité; c'est ainsi que nous jugeons Colbert et Turgot, et l'ancien régime pendant le siècle qui a précédé la Révolution. A ce moment de notre histoire, l'autorité des seigneurs était


424 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

devenue moins oppressive, la justice du roi se substituait peu à peu à la justice féodale, de nombreuses écoles s'ouvraient en certaines provinces, les populations trouvaient dans la paix qui régnait à l'intérieur une compensation à la corvée royale et à la levée arbitraire des impôts les plus écrasants, les commumunautés se constituaient peu à peu sous la tutelle des intendants qui les protégeaient au besoin contre les violences des seigneurs ; par moment même, la France connaît une prospérité relative et semble respirer après les maux des guerres de la succession d'Espagne ; mais si tout n'est pas odieux sous l'ancien régime, il ne faut pas retomber dans l'exagération contraire. Assurément, chaque paysan de l'ancien régime n'était pas la brute dépeinte par Labruyère ou le pauvre hère se faisant misérable devant Jean-Jacques Rousseau qu'il prenait pour un commis des tailles, mais combien y avait-il de paysannes à comparer à la belle petite fermière du Bogédat dont parle Madame de Sévigné, avec sa robe de drap de Hollande découpée sur du tabis et ses manches tailladées? Combien y avait-il de villages ou Horace Walpole pouvait écrire en 1765 : je trouve ce pays-ci prodigieusement enrichi depuis vingt ans que je ne l'ai vu les

moindres villages ont un air de prospérité, et les sabots ont disparu? Eut-on pu voir en 1781, même dans le Roussillon, ainsi que le raconte un intendant dans une pièce administrative, un habitant de la campagne n'ayant que ses journées pour vivre et faire vivre sa famille, faisant six à sept repas quand il travaillait et quatre quand il restait chez lui; et à tous ses repas de la viande et du vin? On sait que les sabots sont encore portés et on se demande quel temps restait au travail et quel estomac devait avoir ce paysan fortuné !

Si elle se garde de ces exagérations pittoresques, la philosophie de l'histoire aperçoit avec toute évidence combien il est insensé de lutter contre la nécessité des réformes qui


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 425

sont arrivées à leur heure. Ce qu'il y a de bien dans un régime nous devons le regarder comme un progrès sur le passé et un acheminement à un progrès futur ; ce qu'il y a de mal comme la justification de revendications nouvelles. Il arrive un moment de la vie des peuples où rien n'est plus funeste que de méconnaître les besoins nouveaux d'une génération et de vouloir soit enrayer une évolution naturelle et légitime, soit ramener la société à un régime déchu qui n'est plus approprié aux idées, aux sentiments, au tempérament d'une époque. Alors les améliorations déjà réalisées, loin de satisfaire une nation, la rendent plus sensible aux souffrances que d'autres générations supportaient sans se plaindre.

L'esclavage oriental résigné à une souffrance sans remède, écrasé par une fatalité contre laquelle il ne songe pas même à réagir, est moins à plaindre que l'homme qui a déjà respiré l'air de la liberté ou qui n'a pas cessé de l'espérer. Là est l'explication de deux faits qui semblent se contredire et qui se produisent parallèlement de Colbert à Turgot : d'une part la réalisation de certains progrès, d'un bien relatif et irrégulier dans la masse profonde de la population, d'autre part l'impatience incessamment accrue avec laquelle le peuple souffrait de certaines plaies sociales et de certains désordres politiques : l'espoir d'une guérison trop lente à venir rend le mal plus douloureux ; la persistance de l'obstacle irrite celui qui se sent appelé à le franchir.

L'ancien régime avec son mélange de biens et de maux relatifs n'était qu'un moment de la grande évolution de cette race indo-européenne dont les premiers vagissements remontent à l'âge préhistorique, dont rien ne fait présager la décadence et dont les aspirations indéfinies font prévoir les progrès nouveaux fomentés par la science.

Il serait inique de rendre les hommes du passé responsables de tout le mal dont ils furent témoins et de les condamner pour n'avoir pas réalisé un bien impossible à leur


426 ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT.

époque, mais il ne serait pas moins insensé de vouloir refaire le passé avec des éléments différents, le moyen âge avec l'homme moderne.

Si nous voulons porter un dernier jugement sur la période qui s'est écoulée de Colbert à Turgot et qui a eu pour dénoûment la Révolution française, nous reconnaîtrons que toutes les causes qui rendaient les réformes inévitables se ramènent à deux : le mauvais état des finances publiques et les aspirations libérales, égalitaires et progressives du peuple.

Mais ces deux causes immédiates étaient elles-même causées par d'autres faits. Les erreurs de la politique extérieure, les largesses prodiguées aux favoris et à l'entourage des maîtresses royales, les immunités dont jouissaient les ordres privilégiés et qui faisaient retomber les charges fiscales sur le peuple rendaient de bonnes finances impossibles; d'autre part, l'abaissement politique des grands poursuivi avec tant de persistance par la monarchie et consommé par l'organisation administrative de Colbert, certaines améliorations déjà obtenues avaient mis au sein du peuple une soif de justice et un besoin de progrès qui ne pouvaient être satisfaits que par des réformes profondes. Louis XI et Richelieu en faisant tomber tant de têtes illustres, François Ier, Louis XIV et Louis XV en cherchant la gloire dans l'éclat d'une cour élégante et vouée au culte des arts, dans les intrigues de la diplomatie ou dans des guerres trop souvent funestes, la noblesse en se pressant sur les marches du trône ou aux fêtes de Versailles, le roi Louis XVI en donnant congé au génie réformateur de l'austère Turgot préparèrent la Révolution où l'ancien régime et la royauté elle-même devait périr : étonnante complication des choses de ce monde, fatal enchaînement des faits et de leurs conséquences les plus lointaines !

Vainement, Colbert avait rétabli les finances et avait essayé de les fonder sur des bases solides et bien ordonnées,


ESSAI SUR COLBERT ET TURGOT. 427

tout en réprimant les restes de l'anarchie féodale par sa puissante administration; vainement, Turgot avait entrepris de donner satisfaction aux aspirations justes et libérales des populations industrielles ou agricoles; l'oeuvre financière de Colbert ne lui a pas longtemps survécu, ses institutions administratives devinrent des instruments de tyrannie, et l'entreprise de Turgot laissée inachevée par sa retraite a disparu dès le lendemain de sa chute. Les traitants et les courtisans qui détruisirent les réformes de Colbert et les ordres privilégiés qui résistèrent aux édits de Turgot sont les véritables auteurs de la Révolution française.

La Révolution, c'est la réforme opérée violemment et suivie de soubresauts et de réactions qui devaient durer jusqu'à ce que les temps l'ait consacrée et lui ait donné sa forme définitive et indiscutée ; mais c'est la réalisation devenue urgente et inévitable du programme de Colbert pour les finances et de Turgot pour le régime économique, politique et social.

Troyes, le 15 mars 1878.



LA VILLE DE SÉZANNE

ET

L'ABBAYE DU RECLUS

NOTES HISTORIQUES

PAR

LE Cte EDOUARD DE BARTHÉLEMY

MEMBRE CORRESPONDANT

MEMBRE TITULAIRE DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES ET DES SOCIÉTÉS SAVANTES

NOTE SUR LA VILLE DE SEZANNE

(Ancien Diocèse de Troyes).

L'histoire de la ville de Sézanne n'a pas été sérieusement étudiée jusqu'ici; nous ne connaissons guère qu'un travail très-sommaire, publié à Sézanne même en 1837, et quelques pages plus sommaires encore insérées dans les divers ouvrages consacrés aux statistiques du département de la Marne, depuis un certain nombre d'années.

Nous n'avons pas la prétention d'écrire ici cette histoire ; nous voulons seulement réunir quelques notes qui pourront peut-être servir à ceux qui voudront un jour, comme nous l'espérons, entreprendre cet utile travail. Nous les avons recueillies soit dans les archives de la Marne, soit dans la


430 LA VILLE DE SÉZANNE.

collection intitulée Topographie de Champagne, à l'article Sézanne, à la Bibliothèque nationale.

Quelques lignes suffiront pour résumer les principaux traits de l'histoire de cette ville.

Sézanne est un lieu évidemment ancien, car, dès le XIe siècle, son château était le chef-lieu de l'un des principaux fiefs du diocèse de Troyes et même de la Champagne, possédé par les puissants seigneurs de Broyes. Le comte Henri le réunit à son domaine en 1102, et en 1155 la ville figure parmi les dix-sept châtellenies assignées en douaire à Blanche de Navarre, lors de son mariage avec le comte Thibaut III.

En 1228, Thibaut IV la démantela pour empêcher les seigneurs ligués contre lui de s'y établir, et, en 1232, il comprit Sézanne, portant dès lors le titre de comté, dans le domaine de sa femme, Marguerite de Bourbon.

Sézanne fut pris et brûlé en 1240 par les troupes royales.

En 1284, le comté fut réuni avec toute la province à la couronne de France, et Philippe de Valois, en 1335, rendit à la ville ses fortifications.

Depuis le roi Jean, Sézanne fit ordinairement partie de l'apanage des ducs d'Orléans; elle revint à la couronne au XVIe siècle, et fut cédée en 1581 au duc d'Anjou, puis au duc d'Angoulême, qui y vint assez souvent, et au duc de Joyeuse; depuis, elle fut successivement engagée à Fabert, au marquis de Beuvron, son gendre, et vendue par celui-ci au marquis de Plancy, qui la légua, en 1727, au duc de Caderousse.

En 1423, la ville fut prise par les anglais ; en 1566, le prince de Condé, avec ses protestants, la brûla. Un terrible incendie, accidentel cette fois, la détruisit presque complètement avec ses faubourgs, le 20 mai 1632. Ce malheureux événement a été raconté avec beaucoup de détails dans un petit livre excessivement rare, intitulé : « Sezanioe urbis » incendium Ascensionis domini die coeptum xx maij, anno " salutis integratoe suprà M. sex centesimo tricesimo


LA VILLE DE SÉZANNE. 431

» secundo, per Jo. Bachot, de Sens, curatum de Mor» mant, et Sezaniensis collegii moderatorem. Paris, Jean » Tempere,propecollegium Grassinoeum, via Amigdalina, » 1633. » (in-4° de 39 pages). Ce livre est dédié à l'archevêque de Sens, et nous y trouvons des pièces de vers, rimées à la plus grande gloire de l'auteur par Pierre Bachot, professeur, et Jean Elvart, précepteur du collége de Sézanne, Jacob, cordelier, Charles Couvent, Prudent Brusley, Emile Fautrez, tous disciples de l'auteur. Nous pensons intéressant de reproduire la page, qui donne quelques détails précis sur l'incendie, tandis que la plupart des autres ne présentent que des dissertations plus ou moins inutiles, mais également solennelles.

Benedictinae moniales quae secum semper habitaut videntes e speculis (ubi pro salute publica excubant utilius, quam priscae vestales) dum manus ad astra votis flammarum globos decades globulosque precum volvere non destituunt. Piorum votis id tandem concipit Deus est et aliquot edes futura civibus réfugia extra urbis pomeria conservavit et nostrae dominae templum flammis ab omni parte occupatum terno columbae nonnullis visoe volatu circumdatum non sine miraculi fide innoxium perseveret; sed in urbem redeo in quam elementa conjurasse credideris. Terra nolle turres ultérius aut domicilia sustinere videtur : aer calore ferventissimo vires ignis adjuvat ventorumque vertigine agitari se passus : aqua vicos urbis alluere solita, longo canali deducta, sistitnr in superiori suburbio ruina domus ruderibus oppleta. Denique cum ignis insatiabilis edacitate omnia se solo oequaturum minatur in vota miseras ultimus cogit terror : sed irrita venti celeres abripiunt in mare creticum discerpenda, M. Jacob Boule pastor civitatis, habitu reorum supplia, collo fune revincto, per augustissimum sacramentum quod manu gestabat omnium nomine parem veniamque orabat et flammas Mariae filium populi fletibus exstigui poscebat 1.

A la suite de cet incendie, le gouvernement intervint généreusement : le roi donna à la communauté des habitants une coupe dans la forêt pour fournir des bois de cons1

cons1 y a un exemplaire à la Bibliothèque nationale, L7. k, 9342.


432 LA VILLE DE SÉZANNE.

truction, il autorisa des quêtes et il imposa un jour de corvée spéciale par semaine à tous les habitants des villages du ressort du bailliage de Sézanne pour rebâtir la ville suivant un plan nouveau. Les remparts avaient échappé au désastre : on commença seulement leur démolition en 1777, et les dernières portes disparurent en 1792 l.

Sézanne était autrefois un centre administratif considérable. Il y avait un baillage royal 2 et une prévôté qui fut réunie au bailliage par arrêt du mois de novembre 1738, une maîtrise des eaux et forêts, une élection comprenant soixante-quinze paroisses 3 ; un grenier à sel s'étendant à quatre-vingt-quinze paroisses ; une brigade la maréchaussée, un corps de ville et une compagnie de chevaliers de l'Arquebuse. Au point de vue religieux, Sézanne était le cheflieu d'un archidiaconné du diocèse de Troyes et d'nn doyenné comprenant, d'après Courtalon, soixante-quatorze paroisses et huit succursales : on y comptait, avant la

1 Les portes avaient nom : Gohier ou de Paris, de Broyes, de la Juiverie, Notre-Dame.

2 Du bailliage relevaient les prévôtés royales de Chantemerle et de Trefols.

3 *Sézanne, *Vindey, Sauldoy, *Barbonne, *Fontaine-Denis, *Minoy, *Saint-Quentin, *Villeneuve, la Saussotte, *Marcilly, *Baudement, Sarron, *Soyes, *Anglure, *la Chapelle-Lasson, *Marsangy, *Allemanche et *Launay, Saint-Just, *Bagueux, *Granges, *Vouarce, *SaintSaturnin, *Thaas, Marigny, *Pleurs, *Linthe, *Gaye, *Linthelles et *Saint-Loup, Saint-Remy, *Chichey, *Broyés, *Péas, *Reuves, *Alternant, *les deux Broussy, *Mondement, Saint-Prix, *Oyes, *Montgivrost, *Suisy, Villeneuve-les-Charleville, Treynel, *le Thoult, *Corfelis, *Bannes, *Charleville, Boissy, *Soignis, *Bergères, *le Gault, *Courbetost, *Maclaunay, *Mécringes, *Rieux, *la Celle-Montmirail, *Montdauphin, *Montollivet, Reuillon, *Villeneuve-la-Lionne, *Courgivost, *Escardes, *Esternay, *Neufvy, *Joyselle, *Morsins, *Champguyon, *la Noue, *les Essarts, *le Meix, *Sachy, *Verdey, *Meure et les Bordes.

Nous avons marqué d'un astérique les paroisses comprises dans l'élection et dans le doyenné : il y avait en outre celles de Fayel, Le Vezier, Meilleraye, Montaiguillon, Queudes, Saint-Bon, Villeneuve-Saint-Visre, Villotte, Saint-Gond.


LA VILLE DE SÉZANNE. 433

Révolution, deux paroisses et huit succursales, une collégiale royale, un prieuré de Saint-Benoit dépendant directement de Cluny, des couvents de Cordeliers et de Recollets, un abbaye de Bénédictines, un Hôtel-Dieu, un collége et une confrérie de dames de charité.

La compagnie de l'Arquebuse était l'une des plus anciennes de France : elle existait dès la fin du XVIe siècle, et c'est à elle que semble appartenir l'initiative de ces assemblées qui réunissaient, à tour de rôle, dans l'une des villes de la région, les compagnies pour un concours de tir. Les arbalétriers de Sézanne adressèrent une convocation générale le 30 mai 1415, « à leur confrères de la province » et leur offrirent deux petits joyaulx. » Cette pièce est très-ancienne ; les confrères de Sézanne exposent que cette réunion a pour but « de soutenir ledit jeu de mieux en » mieux et iceluy réveiller qui longuement a dormy. » L'un des « joyaulx » était un cerf d'argent ayant le bois doré, l'autre une biche également d'argent, le tout valant trois à cinq livres tournois : la circulaire énumère les conditions du tir et se termine ainsi : « Là ferons bonne chière et lie ensemble. Et aussi nous pardonne ce que mieux et plus sagement ne vous rescrivons, et ainsi comme le jeu le requiert et au plaisir de Dieu : une autre fois nous ferons mieux, car ce n'est ici que commencement.1" Une nouvelle assemblée générale eût lieu à Sézanne en 1688 : en 1687, la compagnie de Sézanne envoya un détachement au prix général de Reims, composé de deux brigades, commandées par MM. Chauveau, capitaine, et Blanchot, enseigne : y figuraient MM. Huguet, Rivot, Galien, Durieux, Allart, Houtier, Rivot jeune, Louvart et Petit.

La collégiale de Saint-Nicolas fut établie dans le ChampBenoit, en 1164, par Henri, comte de Champagne. Il se

1 Un exemplaire est conservé aux archives de Reims, liasse de l'Arquebuse.

T. XLIII. 28


434 LA VILLE DE SÉZANNE.

montra très-libéral envers elle et règla par une charte de l'année 1179, sa dotation, savoir : à Tréfols, moitié du minage et de tonlieu avec 20 s. de rente sur l'autre moitié de celui-ci; un muids de blé de rente ; — à Champguyon, dix maisons avec les familles y demeurant; justice totale, sauf pour la connaissance des vols ; dîmes de porcs et des agneaux; produit des amendes, « vin de Noël; » — au Gault; rente de 40 sols sur les fresanges (droit sur les porcs) ; — moitié du péage de Vertus; part du comte au moulin Cochenel; rouage de Barbonne; famille Renaud Bohème ; recette perçue à la toire de Provins sur la maison d'Herbet Trépin et de Huguet de la Chambre; deux parts des produits de la foire Saint-Nicolas de Sézanne ; moitié de ceux du péage et des étallages, les serfs ne pouvant vendre auxdits étaux de Sézanne sans le congé des chanoines, lesquels toucheront les trois quarts des produits ; la dîme du revenu du marché hebdomadaire de la même ville; le comte donnait encore cinq familles de serfs à Tréfols, deux autres pour la fondation de l'obit de son père et deux pour fournir l'huile nécessaire au luminaire de l'autel de la Vierge dans la collégiale. Il accordait encore l'exemption de tous droits, sauf de la taille, aux six boulangers du moulin des chanoines ; les dispensant du service militaire quand les comtes ne seraient pas présents à l'armée; enfin il attribuait à la collégiale les aubains venant se fixer à Sézanne et à Tréfols auprès d'eux; dispensait de droit les mariages entre les hommes et les femmes de la collégiale et les siens ; les exemptant de la juridiction de ses sergents sauf dans le cas de trouble sur le marché ou de refus de paiement du tonlieu ; il exemptait aussi de cens et de service militaire sept serfs à Beaumont, acquis de Sima de Lachy ; 53 « grands et petits » à Moeurs, acquis de Jean de Lachy ; il accordait l'usage de ses forêts pour le chauffage et les constructions des chanoines ; confirmait leurs rentes en grains à Moeurs, au moulin Binal, à Vertus, au moulin Cocheny à


LA VILLE DE SÉZANNE. 435

Rigny, à Bergères, au grand moulin de Sézanne; celle des étaux des cordonniers à Vaudois ; un bien acheté moyennant 1040 sols à Sauldoy de l'Evêque et de l'archidiacre de Troyes; un cens de 40 sols au même lieu avec quelques autres droits ; quatre arpents de vigne et sept étaux francs à Sézanne ; 20 sols de cens à Sancy du grand chantre de Saint-Etienne de Troyes ; le tiers des dîmes de Granges ; le trait et le labour de tous les domaines ; deux fauchées de prés à Queudes, avec un cens de 2 sols, un autre de 3 septiers de grains sur le moulin, trois autres sur les ferrages, le tiers des dîmes et dix septiers de rente sur le moulin d'Acles ; le tiers des grosses dîmes et des biens acquis à Lachy, aux Essarts et Charleville, moyennant sept livres de Girard. Le comte termine cette longue énumération en donnant encore trois serfs pour l'entretien de l'huile de deux lampes dans l'église ; en concédant la franchise absolue du cloître, des maisons des chanoines y demeurant, en accordant aux officiers de la collégiale les mêmes franchises qu'à ceux du chapitre Saint-Etienne de Troyes. Celte importante Charte est datée de Provins et souscrite par Eudes de Sens, doyen de Saint-Nicolas de Sézanne; Nicolas, chapelain du comte, Philippe Thibaut de Gien, Guillaume, maréchal du comte, Ertaud, chambellan, Etienne, chancelier : elle est revêtue de l'approbation de la comtesse Marie. Nous la croyons inédite. Cette collégiale compta d'abord un nombre considérable de chanoines, jusqu'à cinquante, dit-on, lequel fut successivement réduit et fixé définitivement à douze dont six dignitaires, tous à la nomination du roi et du seigneur engagiste, sauf une prébende concédée à l'évêque de Troyes, et une réunie au prieuré de Saint-Julien. Au XVIIIe siècle, le curé-vicaire perpétuel de Saint-Denis, Ant. Colot, voulut se soustraire aux droits de la collégiage : un arrêt de la grand'Chambre le débouta en 1712 de toutes ses prétentions.

L'église paroissiale de Sézanne était dédiée à saint Julien,


436 LA VILLE DE SÉZANNE.

Barthélemy de Broyes « miles famosissimus », dit la charte que nous allons citer, s'en empara ainsi que de ses biens, et la conserva jusqu'à sa mort; il laissa un fils orphelin et tout jeune, dont le comte Etienne-Henri de Champagne fut le tuteur ; ce prince voulut réparer les fautes de son père, et quand Hugues de Broyes eût atteint sa majorité, il le détermina à confirmer cette réparation que le comte avait déjà faite provisoirement; Hugues se rendit donc solennellement dans l'église, s'agenouilla devant l'autel en se revêtant du manteau de moine, et en présence de la femme du comte Etienne-Henri et d'un grand nombre de chevaliers, approuva la donation faite en son nom de la paroisse au prieuré de la Charité dont les moines avaient déjà constitué le prieuré de saint Julien. La concession provisoire datait de l'année 1081 et cette cérémonie eut lieu en 1084 1. La dédicace de la nouvelle église fut célébrée en 1114, par Philippe, évêque de Troyes, qui l'avait approuvé l'acte précédent, en 1081, en stipulant que si dans l'avenir on bâtissait d'autres églises à Sézanne, elles seraient toutes sous la dépendance du prieuré, et en faisant don d'Esclavolles, le tout en présence de Isambert, prieur du lieu, de Manassès, évêque de Meaux,

1 Voir cette charte dans le Gallia, tome XII, p. 254. Les auteurs de ce travail donnent les noms suivants de prieurs : Isambert, 1114. Alboin, 1131.

Henri, fils du comte de Sancerre, 1140. Robert, 1179. Guillaume, 1193. Hugue de Bourbon, 1216. Philippe d'Ancilley, 1340. Jean de Beaujeu, 1363. Guillaume Chrinel, 1405. Guillaume Chevreau, 1446. Evrard Roland, 1475. Pierre Enguerrand, 1480. Henri de Rocher, 1504. Robert Girard, 1511.


LA VILLE DE SÉZANNE. 437

du prieur de la Charité, de Raymond, prieur de Gaye, d'Adèle, veuve du comte Etienne-Henri, laquelle à cette occasion donna la dîme de Champguyon; l'évêque de Troyes céda en même temps la cure de ce village. Le pape Anastase confirma les biens du prieuré par une bulle de l'année 1153, laquelle contient l'énumération suivante :

Dans le château de Sézanne, l'église dédiée à NotreDame, à saint Pierre, à saint Nicolas et ses dépendances;

La dîme du château ;

Le don provenant du comte Etienne et d'Elise, sa femme ;

L'église du Gault (de Waldo comitis) ;

La dîme de Champguyon ;

L'église d'Esclavolles, moitié des dîmes de Bourcenay, de Saint-Remy, d'Anglure, Lachy, Tréfols, Verdey, Châtillon-sur-Morin ;

Pêche de Marcilly ;

Cimetière à Provins;

Villa de Seux(?);

Domaine de Grangiis;

Aleu de Maesneio;

Moulin de Saint-Julien ;

Ant. Geoffroy, 1512.

Ant. de Bar, 1521.

Pr. de Poncher, 1524.

Et. de Poncher, 1551.

Jean Hurault, 1551.

Jean Miron, 1567.

Ph. de Marnac, 1571.

P. de Lépine, 1572.

P. de Posselières, 1576.

Cl. de Posselières, 1555.

Edmond Lordereau, 1620.

Louis de Baye, 1636.

Albert Belin, 1652.

Louis de Godron, 1654.

Charles de Godron, 1660-1671.

Cl. de Bellay, 1671.


438 LA VILLE DE SÉZANNE.

Moulins Bernard, du Pré, de Fleto, de Chesles, de Vouarce, de Croole.

Cet instrument vise une bulle précédente du pape Urbain et le pape Alexandre en octroya une nouvelle en 1178; une dernière, du mois de mai 1184, rappelle avec une confirmation analogue l'accord intervenu entre Hatton, évêque de Troyes, et Henri, comte de Champagne, au sujet du prieuré et de la collégiale ; celle-ci céda aux moines deux prébendes avec leurs revenus en échange de deux semaines de messe dites par an à saint Nicolas pour eux ; il était en outre stipulé que le prieur assisterait au règlement annuel des comptes des chanoines, cèderait tous les droits sur la cure de saint Julien et ensevelirait dans son cimetière « in habitu clerici » les chanoines mourant à Sézanne ; le prieur devait encore gouverner l'école « in terminum parrochiae; » si l'état des chanoines changeait, tous les biens du prieuré devaient faire retour à la Charité. La prieuré percevait un cens sur toutes les maisons de la rue de la Juiverie, par concession, dit-on, des comtes de Champagne, quand fut prononcée l'expulsion des Juifs de ses états.

En 1216, Hugues de Bourbon, prieur, obtint la concession de la cure de Verdey; en 1364, l'un de ses successeurs, Jean de Beaujeu, abandonna à la collégiale le cimetière du Champ-Benoit, et en établit un autre sur l'emplacement duquel fut installé, en 1520, le marché, par le consentement coupable du prieur Etienne de Bar, qui cèda à la paroisse, pour en établir un autre, la moitié de son jardin. En 1443, Guillaume Chauveau, prieur, abandonna à la paroisse les trois quarts des droits du prieuré en ville, ce qui lui attira une menace d'excommunication de l'abbé de Cluny s'il consentait de nouvelles aliénations. Guillaume Chauveau, cependant, en 1407, céda encore à la paroisse la nef du prieuré avec les deux tiers des droits de sépulture, afin d'être déchargé de toute contribution pour l'entretien des remparts de la ville. Le prieur P. Enguer-


LA VILLE DE SÉZANNE. 439

rand racheta, moyennant une rente de 10 livres, le droit de l'évêque de Troyes à visiter son monastère, lequel devait venir dire, quand il serait à Sézanne, un De profundis pour les fondateurs, à l'autel de l'église du prieuré 1.

Les Cordeliers furent établis à Sézanne, par les comtes Henri et Thibaut, en 1224, comme le constatait une inscription placée dans le cloître. Les bâtiments furent reconstruits au XVIIe siècle, et la première pierre posée le 18 octobre 1668, au Champ-le-Roy : auparavant, le couvent était au Champ-Benoit.

Les Récollets furent appelés à Sézanne en 1628 et y arrivèrent le 16 décembre, grâce à la donation d'un terrain par Jean Giffey, notaire du lieu, et Jeanne Boulay, sa femme : l'église fut consacrée le 15 novembre 1643, par l'évêque de Troyes.

L'abbaye de Notre-Dame de Sézanne porta d'abord le nom de Notre-Dame de Bricot, ayant été fondée primitivement sur cette paroisse, entre Sézanne et Esternay, dans une contrée de bois et de marais, très-mal hantée jusqu'à l'arrivée des bénédictines qui y furent installées. Les auteurs de la Gallia déclarent ne pouvoir donner une date précise à cette fondation que, plus tard cependant, Louis XIII devait déclarer d'origine royale. Un manuscrit d'un « Monsieur Serqueil, » cité dans les manuscrits de la Topographie de Champagne, et qui écrivait ses notes en 1691, propose l'année 1104, et Des Guerrois se rencontre avec lui : il affirme, en outre, avoir vu dans les ruines du monastère la pierre tombale, à moitié rompue, de la prin4

prin4 les documents où nous avons recueillis ces renseignements, à la Bibliothèque nationale, nous trouvons cette note en écriture du XVIIe siècle : « C'est un titre ancien ; depuis vingt ans le titre de fon» dation est perdu; il a été imprimé dans une histoire de Cham" pagne, et il ne reste plus qu'un cahier informe. » Le prieuré possédait, dans l'un des faubourgs de Sézanne, l'office de sacriste et la chapelle de Crodon, citée en 1454, et valant 120 liv. de rente.


440 LA VILLE DE SÉZANNE.

cesse fondatrice. Le plus ancien titre est cité dans ces notes comme daté de l'année 1118 et mentionne l'abbesse Ida. Mais pour nous, le premier article vraiment authentique est la charte de juin 1196, par laquelle Garnier, évêque de Troyes, donne aux religieuses la cure de Châtillon-surMorin. Mais cet instrument semble précisément prouver que le monastère est beaucoup moins ancien, car on y ht que cette concession est faite à l'abbesse Ida et à ses compagnes quoe sub ipsius regimine in novella ecclesia beatoe Marioe de Bosco de Déco sacrificium abtulerunt 1. Cette charte constate également que plusieurs religieux étaient attachés à l'abbaye, car l'évêqne stipule que cette église sera confiée à l'un des frères remplissant les fonctions du saint ministère en ce lieu 2. Une bulle du pape Innocent, en 1208, consacra l'existence du couvent, et, le 26 mars 1270, le comte de Champagne accorda une charte générale d'amortissement. En 1276, l'officianté de Troyes repoussa les prétentions d'indépendance du curé de Châtillon, et le condamna à porter l'habit de saint Benoit et à obéir à l'abbesse.

Le monastère ne prit jamais un grand développement : les guerres religieuses vinrent ensuite le menacer et les protestants lui causèrent de tels dégâts qu'à la fin du XVIe siècle les bâtiments tombaient complètement en ruines et les revenus achevèrent d'être dissipés par l'abbesse Charlotte le Boulanger (1607-1617), qui mena une vie excessivement mondaine, mais mourut en faisant une sévère pénitence ; le culte dut même y être suspendu ; le 18 septembre 1622, le saint-sacrement fut réintégré dans le tabernacle de l'église et l'on recommença, le 25, à y célébrer la messe. La

1 Gallia, XII, pr. 281.

2 Une charte de 1254 mentionne la fondation de l'obit de Guillaume, chevalier de Blicot, par sa parente, l'abbesse Emmeline, non citée dans la Gallia.


LA VILLE DE SÉZANNE. 441

situation du lieu ne parut pas assez sûre pour autoriser une reconstruction, reconnue dès lors indispensable, et l'abbesse Paule de Guedon entama avec la ville de Sézanne des négociations pour venir s'installer dans ses murs, qui réussirent pleinement. Les religieux achetèrent à grand prix un vaste terrain : l'autorisation du conseil de ville fut accordée le 25 novembre 1627, celle de l'évêque de Troyes le 21 décembre suivant et la confirmation royale le 30 février 1625. Les travaux avaient été menés rapidement et le 1er juillet de la même année l'abbesse s'y installa avec trente religieuses. Elles quittèrent les ruines de Bricot le malin après la messe et se réunirent dans l'église Saint-Denis sous la présidence de mademoiselle de la Rochefoucauld, abbesse du Paraclet : elles y entendirent les vêpres et se rendirent en procession ensuite dans le nouveau monastère, situé rue Saint-Pierre. Les constructions n'étaient pas cependant encore terminées : la première pierre du dortoir fut posée seulement le 29 juin 1633 par M. de Chavigny qui donna 2000 livres pour le bâtir, le roi fournissant le bois nécessaire. En 1638, l'évêque de Troyes vint bénir la place où on allait élever l'église : madame de Chavigny en posa aussitôt après la première pierre avec son petit-fils : le roi offrit encore une somme de 4000 livres et le bois de construction. Pendant les années 1653 et 1654, on procéda à la démolition de Bricot : les décombres utilisables furent apportés à Sézanne ; on laissa seulement debout une chapelle où les abbesses continuèrent de faire célébrer la messe le jour de la fête de saint Benoît, à l'Ascension, et le 2 novembre.

Il existe dans la chapelle de l'hospice de Sézanne une série de tableaux originaux qui sont à peine connus et qui méritent cependant une mention spéciale. Leur auteur n'est même pas cité dans le Dictionnaire des artistes français, publié en 1872 par M. Bérard : il avait nom le frère Luc et était religieux-diacre au couvent des Recollets de Sézanne. Le frère Luc étudia sous Lebrun et l'accompagna à Rome :


442 LA VILLE DE SÉZANNE.

il a laissé d'assez nombreux tableaux : quelques-uns ornaient l'église de son ordre à Paris ; il eut lui-même des élèves, notamment Roger de Piles (1635-1700) qui a écrit quelques études intéressantes sur les arts, et a peint les portraits de Despréaux et de madame Darcier. Frère Luc a exécuté neuf tableaux pour son couvent : le premier est le portrait de M. Poulet, l'un des bienfaiteurs de la maison : il est représenté assis dans un fauteuil, la main gauche tenant un crucifix est posée sur une table. Les autres sont des sujets religieux : la descente du Saint-Esprit, la descente de la croix, l'apparition du Christ à saint François-d'Assises, les stigmates du saint, l'ange apportant le calice à saint François dans le désert, la fuite du saint de la maison paternelle en dépit des efforts de ses parents pour le retenir, la visite de son sépulcre par des cardinaux ; les toiles furent horriblement maltraitées pendant la révolution ; on en jugera par ces détails : on coiffa M. Poulet d'un bonnet phrygien et on remplaça la croix qu'il tenait par une lance. Depuis une vingtaine d'années, ces tableaux ont été convenablement restaurés.

Telles sont les notes que nous avons réunies sur le cheflieu de l'un des archidiaconés de l'ancien diocèse de Troyes. Nous avons pensé qu'elles ne paraîtraient ni inutiles, ni dénuées d'intérêt.


NOTE SUR L'ABBAYE DU RECLUS

(Diocèse ancien de Troyes).

L'abbaye du Reclus eut pour origine l'établissement fondé dans un endroit très-aride de la paroisse de Saint-Prix, dit donum comitis seu fons Balinii, par un moine nommé Hugo Reclusus, qui s'y retira avec plusieurs compagnons. Une tradition voudrait que ce moine ait été envoyé là en pénitence, d'où son surnom de « Reclus » et le nom imposé au monastère. Nous rapportons ce bruit auquel nous déclarons ne trouver aucun fondement, et que les auteurs de la Gallia Christiana n'ont aucunement accueilli. Au mois de janvier 1141 ou 1142, saint Bernard et Hatton, évêque de Troyes, fondèrent définitivement l'abbaye sous la filiation de celle de Vauclair (ordre de Cîteaux). Hugues Reclus est cité dans une charte de 1144, dont nous allons parler, mais il mourut probablement cette même année et l'un des instruments que nous faisons connaître prouve qu'il laissa une réputation de sainteté qui s'accorderait mal avec les débuts fâcheux qu'on voudrait lui prêter : en 1145, l'abbé est Richard qui fit confirmer par Hugues de Broyes, partant pour la croisade, la donation de Simon, son père « ad fenestram domini Hugoni Reclusi 1. » Frappé de la mauvaise situation de l'abbaye, au bout de peu d'années, le comte de Champagne se décida comme oeuvre pie à la transférer dans un endroit plus fertile : la charte qu'il octroya à cette occasion est datée de Troyes, en 1164 : elle porte que le comte, ayant compassion (compassus sum) de l'excessive pauvreté du monastère, décidait son transfert dans un em1

em1 XII, col. 602.


444 L'ABBAYE DU RECLUS.

placement moins aride : en même temps il lui donnait ses bois sis dans ces parages avec deux forestiers pour les garder, tout ce qu'il tenait d'Ingelmar de Sanceio, en y joignant l'usage de la forêt de Wassy et des pâturages, et la libre circulation sur ses terres pour les moines et leurs hommes 1

Mais c'est en réalité aux libéralités des seigneurs de Broyes que le Reclus doit son existence. En 1144, Simon de Broyes donne à Hugues Reclusus, omnes aisancias nemoris mei de Talus proeter exsartiare 2. En 1168, Hugues de Broyes, pour se rendre aux conseils de Henri, évêque de Troyes, et constatant la pauvreté persistante de l'abbaye, lui fit d'assez larges aumônes, en revendiquant soigneusement dans l'acte confirmatif, souscrit immédiatement par le prélat, le double titre de « institutor et edificator abbatioe. » Les aumônes comprenaient l'aunaie (alnetum) de Morin, et les deux rives du ruisseau, la carrière voisine avec un champ de terre à poterie et le chemin pour y aller ; la partie de ses bois sis entre la terre de Roncheria, le gué du ruisseau de Bagneux et le Morin, sous la réserve de ne pouvoir défricher : enfin, ut proefatoe ecclesioe edificatur, il accordait aux religieux le libre parcours sur ses domaines et le pâturage dans ses prés ; donnait à prendre sur les moulins de Baye de quoi entretenir toute la nuit une lampe allumée sur le tombeau de Hugues Reclusus ; plus encore vingt arpents de terrain sur le côté méridional de Avoldo pour planter en vignes 3.

Nous avons retrouvé, dans le dépôt des archives départementales de la Marne, un certain nombre de titres anciens concernant le monastère de Reclus, qui nous ont paru intéressants à recueillir et à faire connaître : ils sont inédits.

1 Gallia, XII, pr. col. 264. 2 Gallia, XII, pr. col. 264. 3 Gallia, XII, col. 252.


L'ABBAYE DU RECLUS. 445

I. 1187. Accord par l'intervention de l'abbé de Toussaint, entre l'abbé du Reclus et Roger de Saint-Gibrien, au sujet d'une vigne sise au mont Regnault, laquelle demeurera à l'abbaye.

II. 1189. Hugues, seigneur de Pleurre, fait savoir que Philippe, fils de Nicolas de Connantre, a donné à l'abbaye du Reclus une terre sise à la Fontaine de Noeres ; et

que Gauthier, chevalier de P , a aumôné toute la terre

qu'il tenait de Hubert Cherruel, de Connantre. Témoins : Hugo de Fer... ; Girardus, Herbertus, Teudoricus, David, curé de Pleurre; Radulfus, Varnerus, Aubertus, clercs; Galterus, miles de Pu... ; Johannes, curé de Correio; Remigius, prévot; Johannes Ruffus, Rogerus Albin, Hugo et frater ejus Rogerus Cherruel, Girardus, Ernondus et plures alii.

III. 1195. Jean, seigneur de Montmirail, fait savoir qu'à l'avenir l'abbaye du Reclus possédera en paix les biens qu'elle a à Corfélix « in fundo abbatiae de Farâ » (Faremoustiers). Témoins : Johannes, abbé du Reclus ; Petrus, cellerier; Geoffridus, moine; Haimericus, convers; Herbertus, curé de Bussy; Raynaldus, chevalier de Bergères; Renaldus de Vauchamp; Abelinus de Tors; Ivo de Lescheriis; Ansardus et Herbertus de Daucival ; Nicolaus de Bussy. — A cette charte append un sceau rond, à moitié brisé, représentant un cavalier armé, dont on ne peut distinguer l'écusson ; au contre-sceau : SECRETVM. JOHANNIS : écusson également fruste.

IV. 1195. Acte par lequel l'abbé Jean du Reclus reconnaît la justice de l'abbaye de Faremoutiers pour la terre que son abbaye possède sous sa juridiction. Témoins : Jean, abbé de Sainl-Faron ; Jocelin, abbé de Rebais ; Jeoffroy, abbé de Chézy ; Gervais, abbé d'Orbais; Jean, abbé du Reclus ; Jocelin, abbé de la Charmoye ; Hugus, moine du Reclus ; Richer, moine de la Charmoye ; Lambert, chancelier de l'abbesse de Faremoustiers ; Gauthier d'Esternay ;


446 L ABBAYE DU RECLUS.

Renaud, doyen ; Hatton, prévôt de Broyes; Nicolas de Bussy.

V. 1205. Charte confirmative de celle de Jean de Montmirail, susdite, par le même.

VI. 1210. Don d'une rente de un demi muid de blé sur le terrage de Waudo, par Philippe de Mecringes, du consentement d'Arsericus, son frère et de Flandrine sa femme. — A cet acte append un sceau oval, brisé : la légende est illisible : on y voit une chatelaine, le faucon sur le poing.

VII. 1226. Mars. Charte de Blanche, comtesse de Champagne, portant que Jean Taat a donné à l'abbaye une rente de six septiers de blé, trois de seigle et trois d'avoine, sur le moulin de Coligny.

VIII. 1228. Bulle du pape Grégoire IX énumérant et confirmant les propriétés du monastère.

IX. 1232. Janvier. Don par Jean, damoiseau de Joches, an tiers du terrage de Chenevrier.

X. 1275. Accord devant l'official de Troyes, par lequel Gauthier de Oigne, seigneur de Normer, Jeanne, sa femme, et Isabelle, fille de celle-ci, reconnaissent l'abbaye quitte de toute réclamation pour les terrages de Normer.

XI. 1295. Main-levée accordée par Jean, sire de Chateauvilain, pour la maison que l'abbaye possédait près du château de Pleurre. (Charte française).

XII. 1292. Vidimus par Guillaume du Chastelet, bailli de Sézanne et de Beaufort, de trois chartes à lui représentées en originaux, savoir : l'une de 1175, par laquelle Hugue, seigneur de Broyes, reconnaît à l'abbaye les droits de pêche depuis Saint-Prix jusqu'au monastère ; l'autre de 1270, de Hue de Broyes, chanoine de Provins, et de Jean, son frère, relative à la pêche; la troisième de l'année 1168, de Hue de Broyes, fondateur de ladite église, concernant également la pêche.

L'abbaye ne prit jamais un grand développement : la commande y fut introduite au commencement du XVIe siè-


L'ABBAYE DU RECLUS. 447

cle, et le premier titulaire fut un des représentants les plus célèbres de la littérature française à cette époque, poeta haud ignobilis, disent les hauteurs de la Gallia, Melin de Saint-Gelais, nommé en 1532 en remplacement de Nicolas Boucherat. Sous Jacques de Fay, son second successeur, le monastère fut complètement incendié par les bandes protestantes, en 1567; il fut rebâti, mais dans des proportions modestes. Claude de Bellac y introduisit au mois d'octobre 1661 la stricte observance.

Les chartes que nous venons d'analyser sont, à l'exception de celle de 1255, dans un état déplorable de dégradation, ce qui donne à notre modeste note un intérêt sérieux de conservation ; elles furent probablement enfouies sous terre lors de l'attaque des Protestants : on reconnaît l'influence de l'humidité dans l'altération du parchemin.

Paris, 21 novembre 1874.



NOTICE

SUR

M. BOULANGEE

LUE A LA SÉANCE DU 20 JUIN 1879

PAR M. TRUELLE

PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ

Messieurs,

Je viens répondre à la demande qui m'a été faite, et rendre, devant vous, un dernier hommage à la mémoire de notre regretté collègue Boulanger.

Louis-Henri Boulanger naquit en 1810 à Rumilly, commune de la banlieue de Cambrai (Nord). — Son père, cultivateur, chargé d'une nombreuse famille, ne craignit point de s'imposer privations et sacrifices pour envoyer au collège de Cambrai son fils Henri. Dès son jeune âge, l'enfant se faisait remarquer par son intelligence et son assiduité au travail. Aussi, en peu de temps occupa-t-il le premier rang dans sa classe et obtint-il toujours de nombreux succès.

A 17 ans il était reçu bachelier ès-lettres, puis élève de l'Ecole des Arts-et-Manufactures, lors de la première année de sa fondation, en 1832. A cette école, il se fit encore remarquer par son travail, son intelligence, et mérita, avec distinction, le diplôme d'ingénieur civil.

Recommandé à M. d'Anthenay, ingénieur des Ponts-etChaussées, il vint habiter Troyes, qui devait bientôt devenir sa ville d'adoption.

En 1836, M. Boulanger fut conducteur attaché au bureau de l'arrondissement chef-lieu.

T. XLIII. 29


450 NOTICE SUR M. BOULANGER.

En 1837, il est nommé agent-voyer des arrondissements d'Arcis et de Nogent.

Deux ans après, comme conducteur des Ponts-et-Chaussées, à St-Mards-en-Othe, il est chargé des routes départementales et des chemins vicinaux de la région.

En 1840, sous la direction de MM. Lhoste et Lebasteur, ingénieurs, il s'occupe de la construction du canal de la Haute-Seine.

Enfin, ne trouvant dans l'administration ni l'avancement auquel il s'attendait, ni le développement de ses goûts artistiques, notre collègue s'associa, vers 1845, à M. Habert, architecte à Troyes.

Peu après, resté seul, il s'adonna complètement à l'architecture et sut bien vite se faire une position honorable, position dont il avait lieu d'être fier,' puisqu'il ne la devait qu'aux mérites acquis par son travail persévérant.

Tous ceux qui eurent recours à ses lumières peuvent attester que ses projets étaient étudiés avec soin et exécutés avec intelligence.

Apprécié alors comme il le méritait, M. Boulanger fut nommé inspecteur des travaux diocésains. Là, il seconda avec zèle M. Millet, l'éminent architecte chargé de la restauration de la cathédrale, homme si sympathique, qui, lui aussi, devait être bien prématurément enlevé au monde des Arts, et dont je suis heureux de rappeler ici la mémoire.

Dans ces derniers temps, notre collègue prêta son concours à M. Selmersheim dans la restauration de l'église St-Urbain, monument qu'il appréciait à sa juste valeur et qu'il voyait, avec bonheur, préservé de la ruine.

Dans le sein du Conseil municipal, il plaida avec chaleur la cause de ce bijou d'architecture, et contribua à faire voter les fonds nécessaires au dégagement de l'église qui devait amener la restauration intelligente qu'on exécute en ce moment.


NOTICE SUR M. BOULANGER. 451

Il espérait aussi, avec tous les amis des beaux-arts, concourir aux projets d'achèvement de cette collégiale, digne rivale de la Sainte-Chapelle de Paris.

Outre les restaurations des monuments historiques du département qui lui font honneur, combien ne lui doit-on pas d'églises modernes, de presbytères, de maisons d'école, de maisons particulières, toutes marquées au coin du bon goût. Ainsi, qui ne connaît l'élégante chapelle de Notre-Damedu-Chêne, près Bar-sur-Seine, celle qui a été élevée tout récemment rue du Palais-de-Justice, l'église d'Eaux-Puiseaux, l'hôtel de Mauroy, l'hôtel Marisy rétabli, restauré avec un soin montrant l'artiste amoureux de restituer à chaque époque son caractère architectural.

M. Boulanger sut ainsi se faire aimer et apprécier de ses concitoyens. Sa place était marquée au milieu de vous, Messieurs. Aussi, en 1866, fut-il élu membre de la Société Académique de l'Aube, section des arts. Ses nombreuses occupations ne lui permirent pas toujours de se livrer à vos travaux comme il l'aurait voulu, mais il était assidu à vos séances et chaque fois que la discussion s'engageait sur un terrain qui lui était familier, il savait l'éclairer avec netteté et précision.

Trois fois de suite il fut nommé membre du Conseil municipal. Au sein de ce conseil, son zèle se manifesta encore. On l'y vit toujours prêt à partager les travaux des commissions que ses lumières spéciales pouvaient éclairer. Il fut chargé de la construction de la caserne de l'Oratoire, bâtiment remarquable par ses lignes sévères et ses aménagements bien entendus. Rien n'y a été épargné pour le bienêtre du soldat, et cette construction, élevée si vivement, peut être citée comme un modèle du genre.

J'ajouterai, Messieurs, qu'à l'homme de savoir notre ancien collègue joignait l'homme de coeur. Aussi, est-ce avec élan qu'il abandonnait sur ses honoraires une somme de 1200 fr., due parla ville, à charge par elle d'en consacrer


452 NOTICE SUR M. BOULANGER.

le montant en achat d'objets nécessaires aux cours professionnels annexes de l'école de dessin. Il voulait ainsi aider les jeunes gens studieux et travailleurs à acquérir les notions si nécessaires du dessin et de l'architecture. J'aime à vous dire encore avec quelle bienveillance, quel bonheur et quel désintéressement je le vis s'occuper des travaux d'installation de l'asile des vieillards. Combien il seconda le zèle admirable des petites soeurs des pauvres, en cherchant à faire bien, tout en ménageant les ressources si exigues mises à sa disposition. En quelques mois il trouva moyen d'abriter plus de quatre-vingts vieillards des deux sexes qui, chaque jour, bénissent les personnes charitables dont ils ont reçu l'abri si précieux et si nécessaire à leurs vieux jours.

N'est-il pas vrai, messieurs, que l'existence de notre regretté collègue était déjà utilement remplie? Mais que de services il pouvait rendre encore à notre pays, lorsque la mort l'a enlevé à son persevérant travail, à ses amis et à ceux de toutes conditions qui partageaient ses labeurs et auxquels il ne cessait de distribuer, de si bonne grâce, ses intelligents conseils.

Malgré les avertissements d'un docteur ami, il n'accepta aucun repos. Deux ou trois jours avant sa mort, il vérifiait, signait, contrôlait encore les nombreuses pièces relatives à la restauration de l'église St-Urbain.

M. Saussier, au nom du Conseil municipal, M. Leclerc, architecte, au nom de ses confrères, se joignirent à nous le 23 juillet 1878, pour rendre un juste hommage au mérite de notre cher collègue dont le vide se fera longtemps encore sentir au milieu de nous.


LISTE

DES

DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES

AVEC LES NOMS DES DONATEURS Pendant l'année 1879 (1)

Article 34 du règlement de la Société Académique de l'Aube :

« Chacun des Membres de la Société doit contribuer, autant " qu'il est en lui, à l'augmentation du Musée.

» Les dons faits a la Société par ses Membres, ou par des per» sonnes étrangères, sont inscrits sur un registre spécial, et " publiés en outre dans les journaux de Troyes et dans I'ANNUAIRE " du Département, avec les noms des donateurs. »

MM.

LE MINISTRE DES BEAUX-ARTS, à Paris : — Un buste, bronze et marbre, par M. Cordier, représentant une juive d'Alger; — une statue en bronze, par M. Beylard, représentant un chasseur; — un grand tableau, par M. Rodot, représentant les aumônes de sainte Elisabeth de Hongrie.

DUBOIS (Paul 1, O. *, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, à Paris : — Les modèles en plâtre qui ont servi à ériger, dans la cathédrale d'Angers, le tombeau du général Lamoricière.

LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR ET DES CULTES, par l'entremise de

(1) Pour les publications précédentes, voir les Mémoires de la Société des années 1849 à 1879.


454 LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES.

l'architecte diocésain : — Un grand nombre de sculptures sur pierre, du XVIIIe au XVIe siècles, provenant de la cathédrale de Troyes, consistant en chapiteaux, gargouilles, fûts, clefs de voûtes, clochetons, etc.

HABERT, ancien notaire, à Troyes, au nom de l'Administration des ponts-et-chaussées de Bar-sur-Seine : — Divers outils et instruments en silex de l'époque préhistorique, trouvés près de Bourguignons.

GERBE *, membre correspondant de la Société Académique de l'Aube, à Paris : — Une collection d'arachnides, recueillies dans le Var, conservées dans l'alcool; — deux poussins en duvet, le scops, la perdrix-rouge; — deux espèces de cigales de la Provence.

GRAVELLE fils, cultivateur, à Villechétif : — Quelques silex taillés de l'époque néolitique, recueillis à Villechétif, parmi lesquels se trouve une pointe de flèche.

Duc (Pierre), tireur de tourbe, a Villechétif : — Des outils et des instruments en silex ; — un petit vase en terre fait à la main ; — des pilotis provenant des habitations lacustres du Petit-Marais.

COTTINI (Mlles), propriétaires, à Paris : — Sept peintures à l'huile, provenant de la galerie de M. Cottini, leur père : — Loth et ses filles; — Chasse au sanglier; — Nature morte (Poissons); — Saint Roch; — Saint Sébastien; — Cléopâtre; — Tête d'homme.

DORÉ (Ernest), directeur d'assurances, à Troyes : — Un oiseau palmipède, le Harle Piette.

DUGRENIER, épicier à Troyes : — Une monnaie romaine, en argent, de l'an 53 avant Jésus-Christ; — deux haches en silex de l'époque néolitique, trouvées à Tremblay, commune d'Avantlès-Marcilly.

VAROCLEY-DEVANLAY, cultivateur, à Villy-en-Trodes : — Une hache, en roche étrangère, de l'époque néolitique, trouvée à Villyen-Trodes.

CHANTRIOT, négociant à Troyes : — Un instrument en bois sculpté, du siècle dernier.


LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES. 455

DUMONT-DECHANNES, vigneron, à Ricey-Haut : — Deux lames en fer, en forme de couteaux ; — Un fragment d'agrafe ; — une monnaie romaine, trouvés avec de nombreux fragments de poterie, dans une sépulture, près du bois de Landourot.

BUXTORF (Charles), négociant à Troyes : — Un faisan Lady-Amherst, femelle.

SAINTHÉRAULT-SIMON, propriétaire, à Saint-Honoré-les-Bains (Nièvre) : — Spécimen de grès recouvert de dendrites de la carrière de Roussillon, près d'Arleuf (Saône-et-Loire).

FRÉROT (Paul), propriétaire à Troyes : — Un cygne sauvage, monté.

LECOMTE, commissaire-priseur, à Troyes : — Une belemnite, avec sa gangue de craie, trouvée à Villenauxe.

RAMPANT, membre correspondant de la Société Académique de l'Aube, à Paris : — Deux espèces de Scorpions de Cochinchine.

DE COSSIGNY (Jules), membre de la Société Académique et de la Société de géologie, au château de Courcelles-Clérey : — Plusieurs échantillons de géologie de diverses localités de l'Aube; — Un spécimen de grande taille d'ostrea aquila, provenant des argiles de Chaource.

BERTHELIN (Georges), membre de la Société de géologie, à Courtenot : — Une hache polie, en roche verte, trouvée dans la grotte de Bize (Aude).

HARIOT (Paul), étudiant en médecine, à Paris : — Dix échantillons de corps simples (métaux et métalloïdes); — une couleuvre lisse, coronella laevis; — quelques insectes.

MAITRE-CHAUCHEFOIN, vigneron, à Ricey-Haute-Rive : — Des oursins et des coquilles fossiles du terrain jurassique des Riceys.

CASIMIR-PERIER (Mme), au château de Pont-sur-Seine : — Une statuette en terre cuite, représentant un faucheur, par M. Ramus.

MARTINOT (François), cultivateur à Villy-en-Trodes : —Une vertèbre fossile de Saurien, trouvée à Villy-en-Trodes.

HÉNON (l'abbé), curé, à Aussonce (Ardennes) : — Plusieurs spécimens de travaux d'insectes.


456 LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES.

POUPELIER (Amand), capitaine chef d'annexe, à Béni-Mansour (Algérie) : — Seize monnaies en argent du Ier ou du IIe siècle de l'hégire, nommées Drachmes par les Arabes, trouvées près de Béni-Mansour.

FINOT-COQUET, cultivateur, à Belley-Villechétif: — Divers objets trouvés dans la tourbe du marais : des dents de mammifères; — des épingles a cheveux en bronze.

PARIGOT (Adolphe), membre correspondant de la Société Académique de l'Aube, à Epernay : — Plusieurs anatifs, recueillis dans la Manche, conservés dans l'alcool.

COEFFET-OLIVIER, négociant, à Villeneuve-l'Archevêque : — Deux outils préhistoriques en silex; — cinq oursins fossiles de la craie; — trois clés anciennes en fer: — un oeuf de poule d'une forme anormale.

LEQUENNE, propriétaire, à Breteuil (Oise) : — Un choix de silex préhistoriques; — des oursins et des coquilles fossiles.

THIÉBLEMONT, cultivateur, à Villy-en-Trodes : — De nombreux échantillons d'outils et d'armes préhistoriques, recueillis à Villy-en-Trodes; — des coquilles et des oursins fossiles.

ROY-GALLOIS, négociant, à Estissac : — Des outils préhistoriques en silex, comprenant des haches, des nuclei, des lames, trouvés dans l'emplacement d'un atelier néolithique.

BLUGET (Nicolas), manouvrier, à Villy-en-Trodes : — Des silex taillés de l'époque néolithique ; — quelques fossiles.

THIÉBLIN (Antoine), charpentier, à Bouilly : — Un sabre ancien, à poignée de corne.

SOCARD-DROUILLY, cultivateur, à Villy-en-Trodes : — Une hache polie en silex rubané. Ce bel instrument préhistorique a été trouvé dans le rû du Der, près de la ferme de la Bécassière.

PILLOT (Emile), chez M. Jules Ray, à Troyes : — Une panoplie d'armes et d'outils en silex de l'époque néolithique, reconstitués ou imités, par le donateur, d'après les modèles figurés dans les ouvrages relatifs aux sciences préhistoriques. Ces instruments, au nombre de vingt-et-un, proviennent du dé-


LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES. 457

parlement de l'Aube. Plusieurs des manches ont été travaillés et percés avec des instruments en silex, et sans le secours d'outils en métal.

GRISIER-GAURIER, peintre, à Troyes : —Un panneau de peinture et de dorure sur ciment romain, enduit d'un préservatif breveté.

DORMONT, propriétaire, à : — Une petite monnaie en argent, de Louis XIV, datée de 1675.

LATASTE (Fernand), membre de la Société de zoologie, à Paris : — Un chéiroptère de France fort rare, le Rhinolophiis Euryale.

BALTET (Gaston), à Troyes : — Plusieurs fossiles provenant de la collection du Dr Nicolas Jacquier : deux fragments d'os de mammouth; — un polypier;— une roche percée par des mollusques; — deux ammonites; — une incrustation de végétaux.

MILLARD (Auguste), ancien Représentant, à Paris : — Les instruments de physique qui composaient son cabinet, fort complet au point de vue de l'électricité statique; — de nombreux objets d'histoire naturelle;— plusieurs ouvrages de sciences physiques et naturelles; — une grande armoire vitrée, etc.

GRUAT-LIONNEL, à Troyes : — Un fer de cheval ancien et une clef ancienne trouvés à Belley-Villechétif.

DREVON, propriétaire, à Paisy-Cosdon : — quatre monnaies romaines en bronze; — une agrafe; — une plaque de ceinturon; — une boucle en bronze, le tout trouvé à Paisy-Cosdon, dans la contrée des Chapelles.

RENARD (Emile), vigneron, à Loches : — Quatorze coquilles et deux oursins fossiles; — vingt-quatre pièces de monnaies en bronze et en argent; — une agrafe en bronze. Le tout trouvé à Loches.

DREPTIN (Mme), propriétaire, Troyes : — Un fragment d'une belle tapisserie du XVIe siècle, représentant le Christ célébrant la Cène.

LE GRAND (Antoine), agent-voyer en chef, à Bourges : — Un fascicule de cent cinquante espèces de mousses d'Europe, avec les déterminations.


458 LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES.

LA SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE L'AUBE : — Un dessin au fusain, par M. Schitz, représentant le jardin du Musée.

TABARD, entrepreneur, à Troyes : — Un carreau en terre émaillée, provenant d'une maison de la rue du Cloître-Saint-Etienne.

LUCINGE (le prince de), au château de Sainte-Maure : — Une statue en plâtre, de sainte Barbe, moulée sur l'original du XVIe siècle, conservée dans l'église de Sainte-Maure.

BURET DE LONCHAMPS, membre associé de la Société Académique de l'Aube, à Saint-Léger-sous-Brienne : — Cinq clefs en fer trouvées dans des fouilles faites sous le château de Briennele-Château.

MÉCHIN (l'abbé), curé de Saint-Urbain, à Troyes : — Deux boulets trouvés sur le territoire de Brienne-le-Château, provenant des guerres de 1814.

BRUCHEY (Gustave), à Troyes : — Une coquille fossile du genre ostrea, trouvée à Montiéramey.

BRISSON, à Maizières-lès-Brienne : — Une clef en fer ancienne trouvée dans un gravier, à Maizières.

HANIER (l'abbé), curé, à Villemaur : — Un jeton ancien, de Nuremberg, en cuivre, trouvé à Villemaur.

GOULEY (Ernest), cultivateur à Laubressel : — Un oeuf de poule de forme particulière.

VARLET, employé au chemin de fer, à Troyes : — Trois éclats d'obus prussien et un boulet, provenant de la guerre de 1870.

MALGRAS (Victor), couvreur, à Troyes : — Un jeton en cuivre, du règne de Louis XIV.

PESTRE-COURTOIS , à Sainte-Savine-lès-Troyes : — Deux pièces de monnaies anciennes, en bronze.

CHOLLOT (Mme), à Troyes : — Plusieurs coquilles fossiles.

BAILLOT-BEUGNON, tanneur à Troyes : — Les cornes d'un boeuf, montées sur un plateau, provenant du premier animal qui a été tué à l'abattoir de Troyes, le 8 mars 1858.

GRISIER (Gabriel), propriétaire, à Paris : — Un crâne d'arabe de la tribu des Ouled-Daout ; — un mammifère, la mangouste ;—


LISTE DES DONS FAITS AU MUSÉE DE TROYES. 459

huit espèces d'oiseaux en peaux ; — des ophidiens et des sauriens des environs de Biskra ; — des flacons contenant des arachnides, des scorpions, des insectes de divers ordres; — des coquilles et des rayonnés fossiles. Le tout rapporté d'une excursion en Algérie.

LEBON, cultivateur, à Eguilly : — Un petit vase romain, en bronze, trouvé dans les vignes, à Eguilly.

CUVELET, instituteur, à Balignicourt ; — un ancien fer de cheval, avec traverse, trouvé à Balignicourt.

PAJOT, agent d'assurances, à Saint-Léger-sous-Margerie : — Un sceau en bronze, du XVIIe siècle, trouvé à Vaupoisson; — Deux fers de chevaux anciens.

GRÉGOIRE (Arsène), à Auxon : — Une monnaie en bronze, de Louis XIII, trouvée à Auxon.

BERTRAND-PETITJEAN, cultivateur, à Mesnil-la-Comtesse : — Un bracelet en bronze ; — un fragment d'anneau en fer ; — un ornement en pâte blanche; — une fusaille en pâte grise. Le tout trouvé sur le territoire de Saint-Nabord.

Pour copie conforme au registre destine à inscrire les Dons faits au Musée de Troyes.

Troyes, le 31 décembre 1879.

JULES RAY,

L'un des conservateurs.



MERCURIALES

DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE Pendant l'année 1878

La Société Académique de l'Aube publie, tous les ans, depuis l'année 1838, les Mercuriales du département de l'Aube, dressées par M. le Préfet, conformément aux circulaires ministérielles du 24 octobre 1824, et du 5 mai 1859.

Pour les Mercuriales de l'année 1818, qui n'ont pas paru dans le volume de cette année-là, elles ont été imprimées séparément sur des feuillets qui doivent être ajoutés à la fin du volume de 1848. — Les personnes qui désirent se procurer ces Mercuriales, peuvent les demander à l'Archiviste de la Société.


Mercuriales de l'Année 1878.

Quantités d'hectolitres et de quintaux de Grains vendus sur les principaux Marchés du département de l'Aube, et Prix moyen de l'hectolitre et du quintal par quinzaine.

MOIS. FROMENT. MÉTEIL. SEIGLE.

Quantités. Prix moyen. Quantités. Prix moyen. Quantités. Prix moyen.

Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal. Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal. Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal.

f. c. f. c. f. c. f. c. f- c. f. c.

Janvier.. 1re 333 260 21 82 27 95 » , » , 30 22 13 » 17 72 2e 245 192 21 73 27 72 » " " " 61 45 12 85 17 41

Février.. 1re 219 178 21 19 26 07 " " " " 24 17 12 50 17 65 2e 206 159 20 48 26 53 » » " " 20 16 12 35 15 43

Mars 1re 438 333 21 20 27 89 " ». 21 16 12 26 16 09

2e 202 127 21 17 23 68 » » » , 22 16 12 65 17 39

Avril 1re 206 166 22 08 27 40 » " " " 28 21 13 65 18 20

2e 246 196 21 93 27 52 " » " » 31 23 13 34 17 98]

Mai 1re 140 109 22 22 28 54 » » » » 32 24 13 » 17 33

2e 264 212 22 31 27 78 » » " " 28 21 13 15 17 53


Juin 1re 260 208 21 29 26 61 " " " " 35 26 11 79 15 87

2e 183 44 22 15 28 15 » " 09 06 11 67 17 50

Juillet... 1re 168 133 21 82 27 57 » » » " 11 08 11 53 16 26

2e 126 97 21 01 27 29 » " " " 04 03 11 65 15 55

Août 1re 85 67 22 32 28 32 » » " » 11 08 21 20 16 77

2e 274 233 22 73 26 73 » », » 88 63 14 04 19 61

Septemb. 1re 272 246 22 41 24 78 » " » 411 304 15 27 20 65

2e 274 219 21 62 27 05 » » " " 259 188 15 21 20 95

Octobre. 1re 316 234 21 82 29 47 » » " » 34 25 10 67 14 51

2e 396 316 20 93 26 23 » » " " 10 07 11 17 15 95

Novemb. 1re 327 262 20 90 26 09 » " 02 02 11 67 11 67

2e 357 287 20 17 25 09 " » " " 24 17 11 56 16 32

Décemb.. 1re 236 188 20 02 25 13 " " " " 04 03 11 » 14 66

2e 181 140 19 37 24 02 », » 08 06 11 17 14 89

TOTAUX.... 5954 4712 " " 1207 885

Prix moyen de

l'année 21 41 27 05 " 1£ 10 19 19


Suite des Mercuriales de l'année 1878.

Quantités d'hectolitres et de quintaux de Grains vendus sur les principaux Marchés du département

de l'Aube, et Prix moyen de l'hectolitre et du quintal par quinzaine.

MOIS. ORGE. AVOINE. SARRAZIN.

S. Quantités. Prix moyen. Quantités. Prix moyen. Quantités. Prix moyen.

Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal. Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal. Hectolitr. Quintaux. Hectolitre Quintal.

f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c.

Janvier 1re 84 53 13 40 21 24 408 186 10 09 22 13 » » » » » »

2e 142 92 12 78 19 74 488 222 10 28 22 61 » » » » » »

Février 1re 138 97 13 25 18 85 456 199 10 27 23 54 » » » » » »

2e 162 102 12 90 20 49 703 332 10 75 22 77 " » " » » »

Mars 1re 324 202 12 95 20 77 1286 590 10 88 23 71 » » " " " »

2e 253 155 13 20 21 55 1158 476 10 97 24 40 » » » » » »

Avril 1re 275 171 14 25 22 91 585 270 10 83 23 48 » » ...» 2e 316 200 14 02 22 16 534 247 10 59 22 90 » » » » » »

Mai 1re 142 89 16 89 26 95 493 226 11 05 24 10 " » »... 2e 136 84 14 04 22 73 549 251 11 07 24 23 » » »...


Juin 1re 229 138 12 87 21 36 876 401 10 85 23 70 » " » » " »

2e 150 91 13 40 22 10 460 214 10 88 23 39 » » » » » »

Juillet.... 1re 161 97 13 17 21 86 598 259 10 93 25 23 »

2e 109 68 12 73 20 41 435 194 11 33 25 41 » » » » » »

Août. . . 1re 80 45 12 60 22 40 347 157 11 52 25 46 » » » ». »

2e 156 99 12 56 19 80 869 400 11 01 23 92 » » > » » »

Septemb. 1re 117 75 12 35 19 28 740 343 9 83 21 21 » " " » » ,

1e 94 60 12 23 19 17 712 327 9 06 19 74 » " " » » »

Octobre. 1re 48 31 13 02 20 17 450 210 9 50 20 37 " " » » » "

2e 99 64 12 68 19 62 502 230 9 48 20 70 » " ». » »

Novemb.. 1re 105 65 12 61 20 37 568 261 9 60 20 90 " " " " » »

2e 182 116 12 20 19 14 821 377 9 06 19 74 " " " » » >

Décemb.. 1re 74 48 11 50 17 73 430 197 9 » 19 64 » » » » »

2e 79 52 12 13 18 43 523 236 8 87 19 66 » » » » » »

TOTAUX... 3655 2294 14891 6805 » »

Prix moyen de l'année 13 22 21 06 10 35 22 66


8

Suite des Mercuriales de l'année 1878.

Comestibles divers. Fourra- Combustibles.

i

MOIS FARINES PAIN POMMES VIANDE (le quintal BOIS CHARBON

FROMENT (le kilogram.) TERRE (le kilogramme). métrique). (le stère). (l'hectol.)

Prix Blanc. Bis-blanc Prix Boeuf. Vache. Veau. Mouton Porc. Foin. Paille. Chêne, Autres de Fossile

moyen. moyen essences Bois.

f. c. c. » c. » f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c. f. c.

1re 41 75 39 » 33 » 6 89 1 60 1 54 1 84 1 90 1 76 7 83 5 83 11 40 11 60 4 70 7 » Janvier 2e 41 62 39 " 33 " 7 27 1 70 1 61 1 85 1 86 1 88 7 83 5 83 11 75 11 75 4 » 7 "

1re 40 60 38 » 32 » 8 37 1 70 1 58 1 87 1 87 1 81 7 83 5 83 11 40 11 60 3 70 7 » Février 2e 40 50 39 " 32 " 8 " 1 70 1 55 1 85 1 85 1 81 7 83 5 83 11 40 11 60 3 70 7 »

1re 40 » 38 » 32 » 7 75 1 70 1 58 1 87 1 84 1 81 7 83 5 83 11 40 11 40 3 70 7 » Mars... 2. 40 , 38 " 21 " 8 17 1 70 1 60 1 86 1 83 1 85 7 83 6 16 11 75 11 50 4 » 7 »

1re 41 25 39 » 33 » 8 17 1 70 1 62 1 71 1 87 1 85 7 83 5 83 11 30 11 50 4 10 7 Avril... 2. 41 25 39 " 33 " 8 26 1 70 1 67 1 78 1 92 1 84 7 83 5 83 11 30 11 50 4 10 7 »

1re 41 25 39 » 33 » 7 70 1 70 1 67 1 92 1 90 1 84 7 83 5 83 11 40 11 60 3 70 7 » Mai 2' 40 75 39 » 33 > 7 26 1 70 1 94 1 92 1 85 1 91 6 26 5 » 11 25 11 25 3 70 7 »


Juin.... 1re 40 75 38 » 31 » 7 05 1 76 1 70 1 98 1 95 1 72 7 83 5 83 11 30 11 50 3 70 7 »

2e 40 47 38 » 31 » 8 47 1 76 1 70 2 » 1 96 1 80 7 83 5 83 11 30 11 50 3 70 7 »

Juillet. 1re 40 25 37 » 31 » 8 94 1 76 1 70 1 98 1 96 1 80 7 83 5 83 11 40 11 60 3 50 7 »

2e 38 87 38 » 32 » 8 75 1 76 1 70 1 98 1 96 1 82 7 83 5 83 14 40 11 50 3 70 7 "

Août 1re 40 75 39 " 32 » 8 80 1 76 1 70 1 98 1 96 1 83 6 83 5 50 11 30 11 50 3 70 7 »

2e 40 25 39 » 33 » 8 25 1 76 1 70 2 01 2 1 83 6 50 5 50 11 40 11 50 3 70 7 »

Sept 1re 60 25 39 » 33 » 6 55 1 80 1 71 2 01 2 01 1 85 6 50 5 50 11 60 11 80 3 70 7 »

2e 40 » 39 » 33 » 6 60 1 80 1 71 2 01 1 99 1 85 6 50 5 33 11 60 11 80 3 70 7 »

Octob 1re 38 50 38 » 33 » 7 47 1 80 1 71 2 01 1 99 1 85 6 50 5 33 11 60 11 80 3 70 7 »

2e 37 25 38 » 32 » 7 18 1 80 1 71 2 01 1 99 1 85 6 50 5 33 11 60 11 80 3 70 7 »

Nov 1re 36 75 38 32 » 7 21 1 82 1 72 2 01 1 99 1 83 6 50 5 33 11 80 11 80 3 70 7 » 2 e 37 25 38 » 32 » 7 23 1 80 1 72 2 01 1 99 1 83 6 50 5 33 11 60 11 80 3 70 7 »

Déc 1re 37 25 38 » 33 » 7 60 1 80 1 72 2 01 1 99 1 83 6 50 5 33 11 60 11 80 3 70 7 » 2e 36 75 36 » 31 » 7 82 1 80 1 71 2 » 1 99 1 85 6 50 5 50 11 60 11 80 3 70 7 "

Prix moyen de l'année 39 75 38 » 32 » 7 56 1 74 1 67 1 93 1 93 1 82 7 22 5 62 11 47 11 61 3 79 6 93


ÉTAT des Récoltes en Grains et autres Farinen

PRODUIT.

ESPECES

de

GRAINS

et de

FARINEUX.

hectol. hectol.

Froment ... 84134 » 2 50 6 » 5 70 14 23 1197790 742210

Méteil. .... 1006 » 2 40 5 50 3 87 9 31 9370 9241

Seigle. .... 37287 » 2 50 5 80 3 36 8 42 314215 144291

Orge . . . . . 27958 » 2 60 7 80 2 42 17 81 498190 12741

Sarrasin. . . . 1610 » 1 10 6 50 5 63 6 20 9984

Maïs et millet. » » » » » » » » » » » »

Avoine. . . . 80881 » 2 70 6 80 2 62 17 83 1571146

Légumes secs. » » » » » » » »

Autres grains. 449 » 2 90 5 » 4 07 1182 5310 >

TOTAUX. . . 233325 » » » » » » » »» 3606005 90840

Pom. de terre. 7738 » 14 50 6 80 6 40 92 83 718260 12800


ites en 1878, dans le Département de l'Aube.

CONSOMMATION.

COMPARAISON

oximative d'hectolitres

e farineux annuelle- PRODUIT

ssaire. TOTAL

avec la consommation.

des

ture distillepour

distillepour BESOINS

les maux les brassé-ries annuels. Excédant. Déficit.

et tous

Desti- SEMENCES. autres

hectol. kilog.

» 195510 » 3030 940756 » 257034 » » 27240 75

» 2261 » » 11501 » » " 2131 160 73

413 " 91860 » 250 249814 » 64401 » » 4150 72

212 » 75182 » 22950 282992 » 215198 » » 2845 62

5790 1217 » » 7007 » 2977 » » 25 50

» » » » " » » » » » »

217 > 209044 » 1120 1168481 » 402665 » > 11660 45

» " » » » » » » » » »

373 » 930 » » 2803 » 2507 » » 15 67

1505 » 576004 » 27350 2663354 » 944782 » 2131 46095 »

132 » 118465 » » 601973 " 116287 » » 30 72



SOMMAIRE

DES

SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ PENDANT L'ANNÉE 1879

Séance du 17 Janvier 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et approbation du procès-verbal de la séance du 27 décembre 1878. — Allocution du président. — Lettre du maire de Troyes annonçant l'envoi par le Gouvernement de plusieurs objets d'art destinés au Musée. — Proposition de M. Le BrunDalbanne, relative à l'agrandissement du Musée. — Autorisation de tirer à 450 exemplaires au lieu de 400 les Mémoires de la Société. — Dons au Musée et à la Bibliothèque. — Rapport sur une brochure de M. Vignes, intitulée : l'Usure et le Crédit agricole. Observations à ce sujet, présentées par MM. Gustave Huot, de Cossigny, Bouquet de La Grye. — Voeu exprimé par M. Bouquet de La Grye, pour la rédaction de manuels d'agriculture pratique, à l'occasion du Traité d'agriculture usuelle, publié dans le Bulletin agricole de la Côte-d'Or. — M. Drouot est délégué à la prochaine réunion de la Société des Agriculteurs de France. — Rapport de M. Ed. Vignes sur différents ouvrages de M. Mannequin. — Note de M. l'abbé d'Antessanty sur un insecte nouveau découvert dans le département, l'Odontoeus mobilicornis.— Lecture, par M. d'Arbois de Jubainville, d'un mémoire intitulé : Le Dieu de la Mort, ou les Premières origines de la race celtique. — Proposition de M. Ch. Baltet pour la création d'un prix à décerner à un élève de l'école de dessin. — M. Le Brun-Dalbanne annonce que la Société d'Horticulture, qui a été créée sous les auspices de la Société académique, a cessé d'exister et que sa bibliothèque a été donnée à l'Ecole normale primaire, sauf quelques volumes de luxe qui ont été attribués à la Bibliothèque de la ville. — Renvoi au Comité de publication du mémoire de M. d'Arbois de Jubainville.


472 SOMMAIRE DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ

Séance du 24 Février 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et approbation du procès-verbal de la séance précédente. — Décès de M. Dumesnil, membre correspondant, à Nemours. — Lettre de M. J. Gréau sur les dégâts causés par le verglas dans les forêts de Seine-et-Marne. — Dons à la Bibliothèque et au Musée. — Grande médaille annuelle accordée par la Société de pomologie de France à M. Ch. Baltet. — Rapport de M. V. Deheurle sur les mémoires de statistique communale envoyés à la Société. Attribution de médailles. Renvoi du rapport de M. Deheurle à la Commission de l'Annuaire. — Note de M. Le BrunDalbanne sur les dons faits par le ministère au Musée. Renvoi à la Commission de publication. — Lecture, par M. d'Arbois de Jubainville, d'un travail intitulé : Senchan Torpeist, prêtre en chef d'Irlande. — Dépôt d'une pièce de vers intitulée : Puis-je oublier? pour le Concours de 1879. — Prix décerné par la Société au Concours d'animaux gras. — Discussion sur la question du libreéchange, à laquelle prennent part MM. Dosseur, Bouquet de La Grye et Vignes. Nomination, pour l'examen des voeux à formuler sur cette question, d'une Commission composée des membres de la section d'Agriculture et de MM. Vignes, Petit, Fontaine et Buxtorf. — Communication de M. Le Brun-Dalbanne sur un tableau de Mignard, découvert dans l'Oise, et dont l'authenticité est douteuse.

Séance spéciale du 21 Mars 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture du procès-ver bal du Conseil d'administration, en date du 17 janvier, concluant au rejet de la proposition de modification à l'article 21 du règlement, formulée par MM. Bacquias, Petit, Vauthier, Briard et d'Antessanty. — Adoption par la Société des conclusions du Conseil d'administration.


PENDANT L'ANNÉE 1879. 473

Séance du 24 Mars 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance du 21 février.

— Lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique, annonçant à la Société que, sur la proposition du Comité des Travaux historiques, un prix de 1,000 francs lui sera décerné à la prochaine réunion des délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne. — Prix de l'Académie des Sciences obtenu par M. Tanret, pharmacien à Troyes. —» Election de M. le comte Adolphe de Launay, agriculteur à Courcelles-Clérey, comme membre résidant dans la section d'Agriculture, en remplacement de M. Jules Benoit, décédé. — Dépôt sur le bureau d'une Histoire de Spoix, d'une Histoire de Méry-sur-Seine, et d'une pièce de vers intitulée : Strophes au Poignard, envoyée avant le 1er mars, pour le Concours de 1879.

— Lecture, par M: Le Brun-Dalbanne, d'un mémoire, accompagné de dessins, sur les Pierres gravées du Trésor de la Cathédrale de Troyes. — Sont délégués à la Sorbonne, pour la réunion des Sociétés savantes : MM. Truelle, Socard, Baltet, Truelle SaintEvron et Albert Babeau; pour la réunion des Sociétés de beauxarts : MM. Gréau, Le Brun-Dalbanne, Alfred Nancey et Chanoine.

— Renvoi du mémoire de M. Le Brun-Dalbanne à la Commission de publication.

Séance du 25 Avril 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — — Décès de M. Bourquin, ancien principal de collège, membre honoraire à Aï. — M. Drouot est délégué au Concours régional de Charleville. — Dons à la Bibliothèque et au Musée. — Lecture, faite par M. Charles Baltet, d'une notice nécrologique sur M. Bourquin, rédigée par M. Plonquet. — Rapport de M. Hippeau, à l'occasion du prix décerné à la Société académique de l'Aube. — Lecture, par M. d'Arbois de Jubainville, de l'Introduction du livre qu'il se prépare à publier sur l'Administration des Intendants. —


474 SOMMAIRE DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ

Présentation par M. Albert Babeau, au nom de MM. de Barberey et de Saint-Mauris, d'un Journal inédit de Nicolas Dare, bourgeois de Troyes, sur quelques événements de la seconde moitié du XVe siècle. Renvoi de ce travail à la Commission de publication, pour la collection des Documents inédits. — Discussion sur la question du libre-échange et du protectorat agricole, à laquelle prennent part MM. Dosseur, Ed. Vignes, Bouquet de La Grye et Gustave Huot. Renvoi de la suite de la discussion, après le dépôt du rapport.

Séance du 16 Mai 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Décès de M. Raudot, ancien député de l'Yonne, membre correspondant, à Avallon. — Dons au Musée et à la Bibliothèque. — Lecture, par M. Emile Socard, du texte du Traité définitif de donation de la bibliothèque de Jacques Hennequin. — Lecture, par M. Albert Babeau, d'un chapitre intitulé l'Hôtel-de-Ville, extrait du livre qu'il prépare sur la Ville sous l'ancien régime. — Renvoi du travail de M. Socard à la Commission de publication. — Nomination de M. Plonquet, médecin à Aï, comme membre correspondant.

Séance du 20 Juin 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Lettre de M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce qui accorde 400 francs à la Société, pour primes aux espèces bovine, ovine et porcine, et propagation de machines agricoles perfectionnées. — Lettre de M. le Conservateur du musée de peinture, sur l'emploi des 2,000 francs alloués par le Conseil général, — Dons au Musée. — Communication de M. Drouot sur le Concours régio-


PENDANT L'ANNÉE 1879. 475

nal de Charleville. — Communication de M. l'abbé d'Antessanty sur un fragment de pierre tombale que l'on pourrait acquérir, par voie d'échange, pour le Musée. — Sur la proposition de M. Le Brun-Dalbanne, une nouvelle démarche sera faite auprès de M. Selmersheim, directeur des travaux de la Cathédrale, afin d'obtenir pour le Musée de nombreux fragments de sculpture qui sont dans la cour de l'Evêché. — Démarches de M. Socard auprès de Mlles Cottini, afin d'obtenir pour le Musée des tableaux provenant de la collectiou de leur père. — Lecture, par M. Truelle, d'une Notice sur M. Boulanger. — Renvoi de ce travail à la Commission de publication.

Séance du 18 Juillet 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Dons au Musée. — Remerciements adressés à M. Selmersheim, pour la cession des sculptures de la cour de l'Evêché. — Rapport de M. Le Brun-Dalbanne sur les sept tableaux donnés par Mlles Cottini. — Envoi, par M. Truelle Saint-Evron, d'autographes de Grosley, de dom Bouquet, de d'Alembert et de Lebeau. — Dons â la Bibliothèque. — Expériences de machines à moissonner, organisées par le Comice de l'Aube. — Rapports de M: le Dr Vauthier sur un travail sur le sang de M. Hayem et l'influence de la chaleur sur les écrevisses. — Rapport de M. l'abbé d'Antessanty sur l'Histoire naturelle des Merles, de M. Xavier Raspail. — Communication de M. Charles Baltet sur l'Attacus yama-maï. — Lecture, par M. Albert Babeau, d'une notice destinée à l'Annuaire de l'Aube, et qui est intitulée : Henri IV à Troyes. — Communication de M. Gréau sur les ventes récente d'objets d'art à Paris. — Nomination de M. Louis Leclert, propriétaire à Epagne, comme membre associé.


476 SOMMAIRE DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ.

Séance du 8 Août 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Allocation de 500 francs accordée à la Société par M. le Ministre de l'Instruction publique. — Acquisition du bas-relief présenté cette année au concours, pour les prix de Rome, par M. Boucher. — Dons à la Bibliothèque et au Musée. — Lecture, par M. Truelle, de deux notices de M. Lenoir sur un fragment d'architecture du XVIe siècle, provenant du château de la Chapelle-Godefroy, et sur une statue de Vénus qui a subi diverses transformations. Renvoi de ces notices à la Commission de publication. — Article de M. Nicaise sur le Tumulus d'Hancourt, analysé par M. Gréau. — Lecture, par M. Briard, de l'introduction de son Catalogue des Plantes de l'Aube, dont il dépose la première partie sur le bureau.

— Communication de M. Charles Baltet, sur le Chalef à fruit doux.

— Lecture, par M. Des Guerrois, de pièces de vers intitulées : Grisailles, et renvoi de ces pièces de vers à la Commission de publication.

Séance du 17 Octobre 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Mort de M. Carnandet, membre correspondant à Saint-Dizier. — Dons à la Bibliothèque. — Rapport de M. Anatole de Barthélemy, dans la Revue des Sociétés savantes, sur le XLIe volume des Mémoires de la Société. — Dépôt, par M. Briard, de la seconde partie de son Catalogue des Plantes de l'Aube. — Lecture, par M. l'abbé Lalore, de l'introduction de son Obituaire de l'Eglise de Troyes, et présentation de cet Obituaire. — Communication de M. Charles Baltet, sur la Reine des reinettes. — Dépôt de l'Histoire générale de Montsuzain, par M. J.-E. Pingat, curé de Montsuzain; renvoi de ce travail à l'examen de M. Léon Pigeotte. — Nomination de deux Commissions pour examiner les travaux envoyés aux concours de


PENDANT L'ANNÉE 1879. 477

poésie et d'histoire d'une commune. — Remerciements adressés à M. Paul Dubois, pour l'envoi des deux dernières statues décoratives du tombeau du général de La Moricière. — Sur la proposition de M. Albert Babeau, nomination d'une Commission pour obtenir la restauration ou le don au Musée d'une copie, du XVIe siècle, de la Cène de Léonard de Vinci, qui se trouve dans la chapelle des Fonts baptismaux de la Cathédrale; cette Commission demandera également des mesures de préservation pour certains tableaux que MM. Pron et Baltet signalent comme étant exposés à être dégradés par l'humidité. — M. de Cossigny signale l'insuffisance de l'emplacement réservé pour les collections minéralogiques du Musée. — Renvoi à la Commission de publication du Catalogue des Plantes de l'Aube, de M. Briard, et de l'Obituaire, de M. l'abbé Lalore.

Séance du 21 Novembre 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Compte-rendu du Président. — Rapport de M. Desnoyers au Comité des Sociétés savantes, sur le tome XLIe des Mémoires de la Société. — MM. Huot, de La Grye et Baltet, délégués aux séances préparatoires de la session de la Société des Agriculteurs de France. — Remerciements à M. Millard, membre correspondant, pour le don de son cabinet de physique au Musée. — Décision prise, sur la proposition de la Commission du Musée, de remplacer le nom de Salle Simart par celui de Musée de Sculpture, et de mettre sur chacune des cinq fenêtres de ce Musée les noms des grands sculpteurs troyens et champenois : Jacques Julyot, François Gentil, Girardon, Simart et Paul Dubois. — Rapport de M. Pigeotte sur l'Histoire générale de Montsuzain, par M. Pingat. Renvoi de ce travail à la Commission de publication. — Communication de M. l'abbé d'Antessanty sur un insecte très-rare trouvé dans l'Aube, le Licinus cassideus. — Lecture, par M. Alfred Nancey, d'une préface à la traduction des Satires de Perse, et de la traduction en vers de la première de ces satires.


478 SOMMAIRE DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ

Séance du 19 Décembre 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Démission de M. Bouquet de La Grye, membre résidant, nommé conservateur des forêts à Dijon. M. Bouquet de La Grye est nommé membre honoraire. — Lettre de M. Thévenot demandant la création d'un Livre d'or de la Société, où les noms de tous les membres seraient inscrits avec de courtes indications biographiques, et la nomination d'une Commission pour examiner une statistique intellectuelle du département qu'il prépare. Renvoi au Bureau de la lettre de M. Thévenot. — Compte-rendu du Président. — Fixation du jour de la séance réglementaire. — Lecture, par M. d'Antessanty, d'une Note sur les effets de la neige au Lycée. — Communication de M. Charles Baltet sur les effets du froid. — Lecture, par M. Truelle, d'un travail de M. Montachet sur les Brienne de Venisy. Renvoi de ce travail à M. d'Arbois de Jubainville. — Rapport de M. Albert Babeau sur la Société d'Agriculture du Limousin, de 1763 à 1791, par M. Ed. Taillebois.

Séance réglementaire du 26 Décembre 1879.

Présidence de M. TRUELLE.

Lecture et adoption du procès-verbal de la séance précédente. — Renouvellement des bureaux des sections. Agriculture. Président : M. Charles Baltet; vice-président : M. de Cossigny; secrétaire : M. le comte Adolphe de Launay. Sciences. Président : M. le Dr Vauthier; vice-président : M. Fontaine; secrétaire : M. d'Ambly. Arts. Président : M. Vaudé; vice-président : M. Truelle; secrétaire : M. Alfred Nancey. Lettres. Président : M. Vignes; viceprésident : M. Petit; secrétaire : M. Socard. — M. le Dr Vauthier est nommé vice-président pour l'année 1880. — Nomination des autres membres du Bureau, pour cinq ans. Secrétaire : M. Albert Babeau; secrétaire-adjoint : M. Alfred Nancey; trésorier : M. Emile


PENDANT L'ANNÉE 1879. 479

Socard; archiviste : M. Jules Ray. — MM. Vignes, Gustave Huot, d'Antessanty et Truelle sont nommés membres de la Commission de publication. — Lecture de la séance tenue la veille par le Bureau. — Lecture par le Trésorier, et adoption par la Société des comptes de recettes et de dépenses de l'exercice 1879. — Approbation du compte des jetons pour le même exercice. 217 jetons ont été remis aux membres résidants. — Approbation du budget de 1880, dont les recettes sont portées à 11,283 fr. 40 c, et les dépenses à 11,874 fr. 75 c. — Proposition, par le Président, de déposer dans une caisse, où ils seront productifs d'intérêts, une partie des reliquats des recettes; renvoi au Bureau. — Propositions de la section d'Agriculture, pour l'emploi de l'allocation de 400 fr. du Ministre : Livre sur l'Agriculture, à M. Adam, instituteur à Maraye-en-Othe, pour avoir fait admettre plusieurs jeunes gens à des écoles d'Agriculture et d'Horticulture; médaille d'or à M. Bellanger, directeur de l'Agence agricole, pour l'introduction dans le département de la moissonneuse Mac-Cornick; trois médailles de vermeil à d'autres introducteurs de cette moissonneuse; primes pour encouragement aux pépinières forestières créées dans les mauvaises terres de l'arrondissement d'Arcis. Un prix d'honneur, de la valeur de 100 fr., a été décerné par la Société au Concours des animaux gras. Les propositions de la Section sont adoptées par la Société. — Allocution de M. Truelle, président sortant.

Ponr extrait conforme :

Le Secrétaire de la Société, ALBERT BABEAU.



TABLE DES MATIERES

CONTENUES

Dans le Tome XLIIIe de la collection des Mémoires de la Société Académique de l'Aube.

ANNÉE 1879.

Pages.

Armoriai du département de l'Aube, — par M. ALPHONSE ROSEROT, archiviste-adjoint du département de l'Aube.... 5

Les Pierres tombales de l'église Saint-Urbain, — par l'abbé MÉCHIN 179

Un souper chez Molière, scène en vers, — par M. ALFRED NANCEY, membre résidant 209

Flore de Pont-sur-Seine, — par M. PAUL HARIOT, membre correspondant 277

Essai historique sur la paroisse de Gyé-sur-Seine, — par M. l'abbé CHAUVET, membre associé 335

Essai sur Colbert et Turgot, — par M. VICTOR DEHEURLE, membre résidant 369

La ville de Sézanne et l'abbaye du Reclus, notes historiques,

— par M. le Cte EDOUARD DE BARTHÉLEMY, membre correspondant 429

Notice sur M. Boulanger, lue à la séance du 20 juin 1879,

— par M. TRUELLE, membre résidant 449

Liste des dons faits au Musée de Troyes, avec les noms des donateurs, pendant l'année 1879 453


482 TABLE.

Pages.

Mercuriales du département de l'Aube pendant l'année 1878. 461

Quantités de grains vendus, et prix moyen par quinzaine 462-465

Comestibles divers, fourrages et combustibles 466

Etat des récoltes en grains et autres farineux, faites en 1878, dans le département de l'Aube 468

Sommaire des séances de la Société pendant l'année 1879, — par M. ALBERT BABEAU, secrétaire de la Société 471

Table des matières du tome quarante-troisième des Mémoires de la Société 481


AVIS AU RELIEUR

Pour le placement des Planches dans le 43e volume des Mémoires de la Société Académique de l'Aube.

Pages.

Armoriai de l'Aube, — par M. Louis Le Clert :

Planche I 178

Planche II 178