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Title : La Semaine vétérinaire : revue des travaux français & étrangers / publiée sous la direction de MM. Gaston Percheron,... rédacteur en chef, P. Dubreuil, administrateur

Publisher : (Paris)

Publication date : 1905-02-12

Contributor : Percheron, Gaston. Fondateur de la publication. Éditeur scientifique

Contributor : Dubreuil, Paul (01). Directeur de publication

Contributor : Pion, Ernest (1847-1921). Éditeur scientifique

Contributor : Alix, Eugène. Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 35785

Description : 12 février 1905

Description : 1905/02/12 (A20,T20,N7).

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k5505093d

Source : Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, FOL T45 30

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328671487

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 06/12/2010

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LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

REVUE DES TRAVAUX FRANÇAIS ET ÉTRANGERS

20e Année 12 FÉVRIER 1905 N» 7

SOMMAIRE

Pages

Causerie .97

Etude sur la variété ovine poitevine 102

Cas de péricardite foetale par corps étranger . 105

L'immunisation contre la peste bovine en Russie (Suite). . . . 107

Organisation vétérinaire au Japon 110

Bibliographie 111

Echos et nouvelles 112

CAUSERIE

Falsifications, sophistications, trucs de l'automatisme; le bonhomme en zinc médecin, ou le médecin automatique. — Le Congrès international de la tuberculose, et les vétérinaires, naturellement oubliés. — Quelques alinéas d'Anatole France, concernant les superstitions bretonnes, et les miracles de saint Cornély, patron des boeufs.

Si l'existence n'était pas traversée par d'inévitables douleurs, non justiciables celles-ci de la cocaïne ou du chloroforme, on pourrait s'ébaudir du matin au soir et du soir au matin, rien qu'à considérer les mille et une améliorations (?) des choses, dans le sens du raffinement et de l'utilitarisme. Où s'arrêteront les inventions fantaisistes ? Il y a déjà longtemps que toutes les simplicités provinciales ont disparu à peu près. L'art des conserves poussé à ses limites extrêmes nous procure le lait en poudre, ô zootechniciens! Vous avez entendu? Ça se prendra comme le tabac, évidemm3ntveÇles (Citadins entre eux, dès la première heure du jour, ^'o^rront s'4pto des


98 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

prises de lait. Agréable perspective qui coïncidera avec la mince pastille d'azote pur assimilable que les chimistes, successeurs de Berthollet, mettront plus tard à notre disposition pour nous nourrir scientifiquement. Etape par étape, il semble, en effet, que nous allions vers les cuisines les plus anormales. Le respect des produits naturels n'est plus vingtième siècle du tout. Le progrès est venu. Lisez ceci du Journal agricole :

<< Quant un homme a pris le matin du lait conservé à » l'aide de l'aldéhyde l'orrnique, quand il a mangé à son » déjeuner du jambon conservé à l'aide du borax et des. » épinards verdis à l'aide du borax et de sulfures; quand » il a arrosé cette nourriture ayec des vins fuchsines ou » plâtrés, et qu'il a suivi un tel régime pendant vingt ans, » comment voulez-vous qu'il ait encore un estomac?

» Or, quoi de plus facile à falsifier qu'une poudre blanche, se bornât-on à y mélanger des substances inoffensives comme la farine ou la poudre d'amidon? D'après ce qu'on nous raconte, sous un petit volume, le lait en poudre aura une valeur relativement importante. Et il sera bien tentant de l'augmenter, ce volume. Agréable perspective pour les négociants peu scrupuleux. Les cultivateurs, eux, verront l'écoulement de leur lait — ou de leur poudre — devenir d'autant plus difficile que la falsification s'opérera sur une plus vaste échelle. Quant aux consommateurs, ils regretteront l'âge d'or où l'on se contentait de les flouer en baptisant le lait avec de l'eau claire.

» Et puis, qui sait ce que nous tient eu réserve l'avenir de la chimie ? Avec cette satanée science, il faut s'attendre à tout. Elle fabrique de l'alcool de synthèse. Rien ne l'empêchera un jour de fabriquer de la poudre de lait de synthèse, et ce sera le cas de s'écrier : Mort aux vaches! »

Si nos estomacs sont menacés, nos bras d'ouvriers le sont aussi par le développement d'un machinisme exagéré. Est-ce que les vaches bientôt, si nous en croyons quelques sérieux chroniqueurs, ne seront pas toutes traites au moyen d'appareils spéciaux qui auraient été considérés par nos anciens fermiers comme des oeuvres de sorcellerie? Le bonheur ou le malheur, au choix, c'est que ça existe, que ça se voit, que ça se palpe, que ça fonctionne. Encore la main de l'homme est-elle nécessaire ici et n'a-t-on pas pu la supprimer tout à fait malgré


CAUSERIE 99

le désir de simplification dont les inventeurs sont férus. Car j'ai l'idée que la vache automatique nous viendra, qui, sur l'appel d'un bouton mis à la disposition du client, donnera son lait selon la valeur des-sous glissés dans l'ingénieuse et fidèle tirelire. Plus de domestique! quel idéal! A peine des surveillants dont les doigts toujours propres et aseptiques seront une distinction que ne possède pas, bien à tort du reste, le marcaire actuel. En attendant, pénétrez-vous des détails de ce mécanisme.

« A l'étable, le long de chaque rangée de bêtes, on installe, de deux en deux vaches, un appareil à traire, destiné à desservir une couple de ces animaux. Cet appareil est un seau à lait dont le couvercle est surmonté d'un instrument appelé « pulsateur ». Ce pulsateur est relié, d'une part, à une conduite qui règne tout le long de l'étable et va aboutir à une pompe à vide actionnée par un moteur quelconque (à vapeur, à pétrole ou électrique). Deux autres tubes flexibles partent du pulsateur pour aller desservir chacun une des bêtes à traire. Chaque tube aboutit à quatre tuyaux en caoutchouc qui viennent coiffer les quatre trayons de la vache.

» Lorsque les robinets sont ouverts et que la machine est en fonction, il se produit, du fait du pulsateur, un mouvement alternatif de resserrement et de dilatation dont l'effet est identique à celui d'un veau qui tette. Une glace protégée par une toile métallique, permet de voir quand la traite est terminée et d'éviter le fonctionnement à vide.

» Le nettoyage antiseptique des appareils se fait très commodément, et, en sus de ses avantages hygiéniques, la machine à traire produit une très sérieuse économie de main d'oeuvre, ?

Mais voici mieux, les choses relatées plus haut ne nous coupent point les bras à nous guérisseurs ou essayeurs de guérisons ; or, nous ne pouvions, tôt ou tard, échapper aux ravages de l'automatisme, automatisme élargi jusqu'à la thérapeutique elle-même. Les médecins étant déjà victimes, pourquoi ne le serions-nous pas aussi 2 N'allez pas croire que j'invente.

Dans le pays de la reine à la tulipe — pour les scoliastes du Code rural, je veux dire dans la Hollande -— presque toutes les gares sont ornées d'un bonhomme en zinc dénommé


100 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

le médecin automatique, et qui, peinturluré et troué décemment, montre des étiquettes portant des noms de maladies. Si le lombago y figure dans le dos et les coliques au ventre, je me figure bien que la pudeur a défendu d'y mettre la syphilis à son endroit. C'est pourtant un article pour lequel il y aurait abondance de clients — vous n'en doutez pas — C«la supprime la visite, ô triomphe du mécanisme économique et rationnel ! Je touche le mannequin là où j'ai mal, le remède en sort, le miracle est fait aussitôt. La bêtise humaine étant infinie, il y a foule, et les médecins se plaignent, délaissés. Ah ! mes amis ! songez-vous à l'application de cette méthode chez nous dans chaque maréchalerie, n'allons-nous pas voir d'ici peu un cheval en zinc construit comme le médecin automatique et fonctionnant de la même manière ? Mais ne pouvons-nous rêver aussi d'un vétérinaire automatique dont le dessinateur Jack Tell nous donnerait la silhouette, avec des paysans empressés autour de la machine à distribuer les recettes. Ce serait d'un comique irrésistible..

Quels que soient les pronostics même favorables, le congrès international de la tuberculose donnera peu de résultats selon l'usage, car cette maladie à elle seule devrait faire démolir les trois quarts de nos maisons, les neuf dixièmes de nos étables, ce qui serait phénoménal; en outre, nos législateurs inspirés par Messieurs les médecins, devraient alléger tous nos impôts et s'arranger de façon à ce que la nourriture des peuples ne coûtât presque rien. Ce serait faire quelque chose. A mon sens, le reste est de la pure blague et du battage ! Il serait utile et loyal de déclarer notre impuissance absolue plutôt que de parader devant le public des imbéciles qui sont légion. Mais la plupart des congrès, j'en ai vu assez pour les juger, ne sont bons qu'à augmenter les présidences et vice-présidences et à forcer la chancellerie indulgente qui distribuera à foison les rubans et les insignes. Quant au stock des voeux, il sera accru considérablement, si bien que nos colonnes de journaux seront remplies par ces vains desiderata, dont le bacille de Koch se moque encore comme du premier microscope qui Ta vu en 1884, si j'ai bonne mémoire.


CAUSERIE 101

Les médecins semblent avoir un peu oublié les vétérinaires, en cette occasion, qui sera solennelle assurément. J'y ai vu le seul nom de M. Arloing qui sera rapporteur, sur cette question : l'étude comparative des diverses tuberculoses.

Mais M. Arloing sera plutôt regardé par ses collègues comme un docteur que comme un vétérinaire.

Les mânes de l'infortuné Butel ne doivent pas être satisfaites, ni celles de Verneuil non plus, je le suppose.

Et puis, 25 francs par tête pour faire partie de cette assemblée de parleurs purs, sans action possible, autant dire des hâbleurs, c'est très cher, c'est outrageant de cherté. Un savoureux banquet, où les dîneurs feraient de la suralimentation, serait préférable et bien plus dans la couleur locale.

* *

• J'ai autrefois parlé ici de St-Herbod et de St-Antoine, vénérés en Bretagne, et utilisés par les propriétaires de bétail, comme protecteurs de leurs animaux. J'ai décrit la pratique de Huelgoat, et la chapelle miraculeuse où on laisse, en cadeau, les fers neufs et les queues vierges des chevaux. St-Cornély, près de Oarnac, a inspiré à Anatole France, cette page que je vais transcrire, parceque la bonne prose, bien claire et bien française, ne se lit pas tous les jours ni partout: « On répand aussi l'eau de cette fontaine sur la tête des boeufs qui ont été guéris par l'intercession de St-Cornély. Ce saint-là est à ce point favorable aux troupeaux, qu'on lui amène parfois, la nuit, des boeufs en procession. Comme le dieu rustique dont il a pris la place, il reçoit des victimes : on lui offre des vaches, mais on ne les immole pas. Elles sont vendues au profit de l'église. La fabrique vend aussi les attaches qui ont servi à conduire les victimes à l'autel,, et c'est une croyance que les bestiaux mis à l'attache avec ces cordes, ne périssent pas de maladie. Aussi bien fallait-il, à ces bouviers avares et pauvres, un vétérinaire céleste. »

E. PION.


102 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

ÉTUDE SUR U VARIÉTÉ OVINE POITEVINE

Par M. L. MESNARD, inspecteur sanitaire.

Une décision de M. le ministre de l'agriculture, en date du 26 mars 1904, a institué un concours qui a eu lieu à Ruffec, le 16 octobre et a été ouvert à tous les animaux reproducteurs de la variété ovine poitevine, quelle que soit leur provenance.

Cette variété, pour l'amélioration de laquelle l'Etat, le Conseil général, la ville de R.uffec et la Société d'agriculture ont accordé de fortes subventions, appartient à la race flamande, désignée à l'étranger sous le nom de race danoise, Scandinave, russe, des polders, etc., et a été introduite en Poitou, en même temps que les chevaux poitevins, venant de Hollande.

Voici, en deux mots, l'histoire de son introduction dans le pays :

Au temps de Sully, un entrepreneur hollandais, Bradley, surnommé « le maître des digues », fut appelé en Poitou et en Saintonge « pour mettre un frein à la fureur des flots » de l'Océan qui submergeaient alors cette partie de notre littoral.

Pour creuser des canaux de dessèchement, Bradley dut amener avec lui, de son pays, les moyens d'exécution, notamment des chevaux, le Poitou s'en trouvant alors dépourvu. En même temps, de nombreuses familles venues des Pays-Bas s'établirent définitivement dans la région où ils importèrent également leurs moutons.

Bêtes et gens ne pouvaient manquer de se reproduire sur le sol conquis et c'est ainsi que se sont formées les variétés chevalines et ovines qualifiées de poitevines, tandis que les gens disparaissaient dans la population locale en se fusionnant avec elle.

La variété ovine poitevine, dont l'origine pouvait être ignorée d'un certain nombre d'éleveurs, est actuellement répandue non seulement en Poitou, mais encore dans le Maine-et-Loire, en Saintonge et dans l'Angoumois où elle se montre en petits troupeaux souvent réduits à 3 ou 4 sujets seulement dans les régions où la propriété est très divisée.

Dans l'arrondissement de Melle, où l'industrie mulassière est si prospère, se trouve une tribu de bêtes ovines dites de


ÉTUDE SUR LA VARIÉTÉ OVINE POITEVINE 103

Beaussay, parce que le commerce s'en fait surtout aux foires du village de ce nom. Il y a lieu de signaler aussi les moutons romagnols, tirant leur nom de Romagne, dans la Vienne, plus musclés et moins hauts sur jambes qite les poitevins purs.

La taille de la variété poitevine ne descend pas au-dessous de 70 centimètres et est due à la hauteur des membres qui sont forts et indiquent uhe race de parcours. Le squelette est toujours grossier, la tête est forte, légèrement busquée, sans cornes, à oreilles longues et tombantes, portée haut et à physionomie stupide. Le cou est long et mince, la poitrine étroite et peu profonde, le dos droit et peu large, les épaules peu musclées et le train postérieur insuffisamment développé, avec une croupe courte et inclinée.

La queue, toujours très courte, ne tombe jamais au-dessous du'jarret. Peut-être y a-t-il là une particularité acquise résultant d'une mutilation opérée depuis longtemps par leurs importateurs.

La toison laisse généralement à découvert le ventre, les membres et la partie inférieure du cou. A mèches pointues, formées de brins frisés, manquant d'homogénéité et de nerf, elle est généralement blanche et n'atteint jamais un poids supérieur à trois kilos. La tête est parfois marquée de taches rousses, ainsi que les membres.

Les moutons poitevins, dont la conformation est assez défectueuse, sont rustiques, grands marcheurs et gros mangeurs. Ils engraissent avec une certaine facilité et atteignent des poids vifs variant de 50 à 80 kilos, mais leur rendement en viande nette ne dépasse guère 52 0/0, en raison du développement du squelette.

La viande est souvent un peu fade quand elle n'a pas un goût de suif assez prononcé. Cependant, les sujets nourris sur les côtes de la Saintonge et de l'Aunis donnent de la viande d'un goût très agréable.

Tout en étant consommés en grand nombre dans la région de l'ouest, les moutons poitevins contribuent pour un fort contingent à l'approvisionnement de Paris, surtout en automne, après leur engraissement sur les chaumes herbeux que laisse la moisson.

Le mouton poitevin doit être amélioré non par le croisement avec certaines variétés étrangères, mais par une sélection


104 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

zootechnique judicieuse consistant en un choix éclairé des béliers et des brebis.

Les bases véritablement pratiques de sélection applicables à la variété poitevine, sont en réalité très simples comme tout ce qui est scientifiquement déterminé et n'ont rien de commun avec l'esthétique ou sentiment de la beauté artistique. La meilleure conformation est celle qui assure le plus fort rendement en viande nette.

Le corps du mouton charnu ne doit pas être parallélipipède comme celui du mouton anglais dit perfectionné dont la forme résulte d'une épaisse couche de graisse sous cutanée non comestible ; il est plutôt cylindrique.

La première condition, dit A. Sanson, est que les quatre points d'appui soient situés aux quatre angles d'un parallélogramme rectangle. Sans cela, il n'y a point de bonnes conformations. Si l'un des petits côtés de la base de sustentation est moins long que l'autre, ou bien la poitrine est étroite par rapport à la croupe, ou donne la mesure de l'ampleur de la poitrine et de l'écartement des hanches, par conséquent de la largeur du dos, des lombes et de la croupe, où se trouvent les meilleurs morceaux.

Après avoir considéré la figure de la base de sustentation, il convient d'examiner les autres parties du corps. La tête doit être petite par rapport à son volume moyen dans la race, le cou court, de même les membres ne peuvent être ni trop court ni trop peu volumineux. Plus la poitrine est près du sol, meilleure est la conformation.

Enfin, les muscles de la face interne des cuisses qui forment la meilleure partie des gigots, ne sont jamais trop développés.

En joignant à ces formes les signes de la précocité qui ne vont point sans la réduction du squelette à son moindre volume, on peut compter sur le plus haut rendement en viande comestible ; c'est par conséquent la meilleure conformation.

D'une conformation moins défectueuse, les animaux profiteront mieux des aliments qui leur seront distribués. Dans la plupart de nos régions, l'alimentation est d'ailleurs assez abondante, assez riche pour entraîner une aptitude digestive et une puissance d'assimilation qui amèneront les animaux à la précocité.

La précocité ou abréviation de la période de croissance, surtout caractérisée par la chute hâtive des dents de lait et leur


CAS DE PÉRICARDITE FOETALE PAR CORPS ÉTRANGER 105

remplacement prématuré, n'est, en effet, l'apanage exclusif d'aucune race en particulier. Elle est artificielle et peut être réalisée chez les représentants de la variété poitevine, aussi bien que chez ceux des autres races. • L'obtention de cette maturité précoce indiquant que les animaux ont les attributs, non pas de leur âge véritable, mais de l'âge marqué par leurs dents, dépend uniquement des éleveurs qui la trouveront dans une alimentation régulièrement riche des sujets depuis leur naissance, c'est-à-dire dans un allaitement copieux et prolongé, puis dans une ration toujours suffisante, soit au pâturage durant la belle saison, soit à l'habitation, en remplaçant, pendant l'hiver, les herbes vertes par du foin et les divers tourteaux de graines oléagineuses avec le mélange de betteraves et de menue paille.

(Extrait du Bulletin agricole de la Charente) (A Suivre)

Cas de péricardite foetale par corps étranger

Je suis appelé afin d'examiner une vache malade depuis quelques jours. On me met en présence d'une belle bordelaise âgée de 7 ans. Les renseignements sont les suivants :

Il y a une quinzaine de jours, l'animal a présenté quelques signes morbides semblant liés à une indisposition légère (quelques plaintes, de l'inappétence, de l'inrumination) ; ces troubles ont d'ailleurs disparu rapidement et sans aucun soin. Depuis trois jours, la vache est retombée malade ; elle ne mange pas à l'étable ; à la prairie, elle a constamment la tête en l'air, elle ne se couche jamais. Le propriétaire s'explique et m'explique d'ailleurs facilement tous ces symptômes par la présence d'un abcès au fanon. Il m'affirme que la bête n'est pas gravement malade, car elle a l'oeil bon (sic). L'abcès ouvert, la guérison doit suivre de près.

Je n'ai pas de peine à reconnaître qu'il n'existe aucun abcès du fanon mais seulement un volumineux oedème. Sur ma demande, on me répond que la vache s'essouffle rapidement et est


10<> I.A SEMAINE VÉTÉRINAIRE

parfois obligée de s'arrêter dans sa. marche en proie à une dyspnée intense. Un examen plus approfondi me permet de constater l'existence d'un pouls veineux fortement accentué, une accélération très marquée des mouvements respiratoires et une moyenne de 112 pulsations par minute. La percussion de la poitrine dénote une zone de matité à convexité supérieure. Elle est douloureuse.

A l'auscultation, on perçoit les bruits du coeur sourds et précipités, donnant l'impression nette que l'organe bat sans un épanchement de liquide considérable.

11 n'y a pas d'hésitation possible, je me trouve en présence d'un cas de péricardite par corps étranges.

Au grand ébahissement du propriétaire, je lui annonce qu'il n'existe pas d'abcès du fanon, et que, malgré son bon oeil, sa vache est irrémédiablement perdue. Je lui donne le conseil de ne pas la faire marcher et de la faire abattre dans le plus bref délai. Malgré mon affirmation, il se montre incrédule et paraît même fâché que je ne tente rien contre le mal. Malgré moi, il met immédiatement la bête au pré voisin de l'étable. Aussitôt le chien du gardien la poursuit, elle fait, en courant, une vingtaine de mètres, s'arrête, chancelle deux secondes et tombe. Moins d'une minute après, elle meurt.

Je ne pouvais souhaiter une meilleure preuve de ce que je venais de dire quelques instants auparavant. Pour convaincre tout à fait le propriétaire, je fais aussitôt une rapide autopsie qui me permet de lui montrer une volumineuse aiguille à repriser implantée dans le ventricule gauche et ayant traversé le myocarde de part en part.

De tout cela, il est possible de tirer une conclusion, surtout sur l'état mental du propriétaire optimiste. Cet optimisme lui venait peut-être de ce qu'il avait entendu dire que certains vétérinaires et médecins se font un plaisir d'établir les plus noirs pronostics dans des cas bénins afin de pouvoir sans peine obtenir des guérisons quasi-miraculeuses.

Heureusement pour moi, je pus démontrer ma sincérité sans quoi on n'aurait pas manqué d'affirmer que j'avais le mauvais oeil.

HÉBRAY.

(Progrès.)


1,'lMMUNISATION CONTRE LA PESTE BOVINE EN RUSSIE 10T

L'IMMUNISATION CONTRE LA PESTE BOVINE

eu Russie

Par M. JEAN KOWALEWSKT, de Stawropol.

[Suite.)

V. —■ RÉSULTATS DBS VACCINATIONS.

Nous donnons ci-après les statistiques sur la vaccination avec le sérum de deux stations, savoir :

a), avec le sérum de la station de Zournabad. I)), avec le sérum de la station de Zabajkalje.

D'après Dschounkowsky, dans le gouvernement de Zabajkalge, durant les années 1899,1900 et 1901, on a vacciné 18,983 pièces de gros bétail ; dans le gouvernement de Semiretschyje, dès 1901-1903 étaient vaccinées 4,000 pièces de bétail, et dans le gouvernement d'Amour, en 1901, on a vacciné 3,153 pièces de bétail, ce qui fait un total do 26,136 pièces de gros bétail A ce chiffre, il faut ajouter 20,000 pièces de gros bétail et buffles vaccinés avec le sérum de Tschyta, dans les gouvernements de Transcaucasie. En tout, avec le sérum de la station de Zabajkalje (Tschyta), on a vacciné 46,136 pièces de gros bétail et buffles.

Dans une note bien intéressante et détaillée du docteur vétérinaire A. Roudenko, on trouve décrits, non seulement la station de Tschyta et son excellent laboratoire, mais encore les données sur les résultats des premières vaccinations. La première partie du sérum préparé au laboratoire de Tschyta, en quantité de 295 litres, contrôlée au mois de mai, fut employée pour la vaccination de 6,021 pièces de gros bétail réparties dans huit villages. Tout ce bétail était sain, et l'on a injecté à chaque sujet, du côté gauche de l'encolure, 0 ce. 2 de sang virulent, et, sous la peau de l'aine du côté droit, 40 ce. de sérum.

Après la vaccination, aucun sujet, non seulement n'a pas succombé, mais n'a même pas manifesté de réaction visible. Outre les chiffres plus haut cités, la vaccination était faite à 537 bovidés fébricitants et à 30 pièces de bétail malade. Aux


108 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

fébricitants, on a inoculé seulement des doses doubles de sérum; pas une seule pièce n'a succombé. Des 30 sujets malades, on a inoculé trois doses de sérum à 19 d'entre eux, qui tous ont guéri, et les 11 qui n'ont pas été vaccinés ont succombé.

A la fin d'août, la station a préparé 280 litres do sérum, avec lequel on a vacciné 4,795 pièces de bétail réparties dans 9 localités (parmi lesquelles trois villes, notamment Tchyta, Sretensk et Nertschynsk). On suivait la méthode de vaccination suivante : tout le bétail, avant la vaccination, a subi une inspection sanitaire vétérinaire minutieuse ; la température prise, chaque pièce estampillée, on inoculait aux animaux sains le sérum et le sang virulent ; le bétail malade fébricitant fut estampillé avec d'autres timbres et on lui injectait seulement de triples doses de sérum, sans virus. Après 10 jours, tous les animaux vaccinés ont subi une nouvelle inspection, on a pris leur température et on a inoculé à chacun d'eux 0 ce. 2 de sang virulent (fixation de l'immunité).

Ont succombé, après la vaccination, seulement trois veaux. En tout, on a vacciné, en 1900, dans 17 localités, 11,383 pièces de gros bétail, avec une perte de 3 veaux. Les résultats sont bien encourageants.

La station de Zournabad, agencée au commencement de 1902, a vacciné jusqu'au mois de mars 1904, 378,656 pièces de gros bétail et de buffles, d'après les chiffres suivants :'

En 1902, on a vacciné. . . 82.377 bovidés et buffles.

— 1903 256.588 dans 311 localités.

— 1904 (jusqu'à mars) . . 39.491 dans 37 localités.

Total (bétail et buffles) . . 378.456 pièces.

D'après les données du directeur du service vétérinaire en Caucase, M. Zolatoroff, les résultats des vaccinations étaient bons, car, en général, la perte parmi les animaux vaccinés ne dépassait pas 2 0/0.

D'après M. Dschounkowsky, selon les données de 1902, les pertes parmi les animaux vaccinés, qui manifestaient les symptômes de la peste, ne surpassaient pas 1 0/0, et la perte générale pour diverses causes s'élevait à 2 0/0.

Plus haut, nous avons mentionné que les premières vaccinations en Caucase avaient eu lieu en 1901 et qu'on avait employé


L IMMUNISATION CONTRE LA PESTE BOVINE EN RUSSIE 109

le sérum du laboratoire de Tschyta. Sur ce sujet, un rapport détaillé d'une commission spéciale, qui faisait les vaccinations, est inséré dans les Archives vétérinaires.

D'après ce document, aux mois d'octobre et de novembre 1901, une commission, sous la présidence du directeur du service vétérinaire en Caucase, M. Zolatoroff, composée de huit vétérinaires d'Etat, y compris le personnel de la station de Zournabad et les représentants d'administration de l'arrondissement de Zakataly, a pratiqué la vaccination contre la-peste dans douze localités.

■ La première expérience a été faite dans un grand village : Tanatschy, autour duquel se trouvent dix petites campagnes avec 5,115 pièces du gros bétail et de buffles. La peste sévissait depuis peu de temps, et on a sacrifié seulement sept malades. Après un essai sur le dosage du sérum, suivant le poids des animaux, la commission établit les normes suivantes :

Aux boeufs, 70 ce. du sérum ; aux vaches, 60 ce ; aux jeunes bovidés, 50 ce. ; aux veaux, 30 ce. ; aux buffles, 100 ce. ; aux bufflesses, 80 ce. ; aux jeunes buffles, 60 ce. ; et aux bufflons, 40 ce.

D'après les indications du laboratoire de Tschyta sur la force du sérum envoyé, en rapport avec le poids des animaux, une injection de 2 ce. 5 de sérum par poud (40 livres russes ou 16 Ml. 38), produit une hyperthermie à 41°1, et la dose de 5 ce. de sérum, 40°2.

La méthode de Kolle, pour établir le poids des animaux, fut trouvée par la commission inapplicable pour le bétail du Caucase.

La vaccination était pratiquée d'après la méthode combinée (simultanée) aux animaux sains, aux fébricitants et dans le but thérapeutique. En tout, sur 5,115 pièces de bétail, on a constaté 133 malades, dont 80 étaient vaccinés dans un but thérapeutique et 55 que l'on a destinés à fournir le sang virulent. 1 Les résultats de ces expériences étaient les suivants :

a) On a vacciné 4,982 animaux sains, desquels ont succombé :

1° De causes occasionnelles 3 pièces

2° Après la première vaccination 12 —

3° Après la deuxième — 2 —■

Total : 14 pièces, ce qui fait 0,28 0/0.


110 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

b) Du bétail vacciné dans un but thérapeutique, ont succombé 14 veaux et 5 buffles, ce qui fait un total de 19 pièces.

Des 5,115 pièces de bétail du village de Tanatschy et de la banlieue, on en a sacrifié 8 ; 50 ont succombé, total 58 ; de sorte que la perte générale égale 1,15 0/0.

La durée de l'épizootie, y compris 21 jours de quarantaine, a été de un mois et 21 jours (51 jours).

La deuxième expérience de vaccination fut pratiquée dans le village Ouzoune-Kazmalar, où, avant la vaccination on a sacrifié 308 pièces de bétail et une pièce avait succombé. On a vacciné en tout 488 pièces de bétail le 1er octobre, la deuxième vaccination était faite le 12 octobre; pas de pertes. Parmi les vaccinés, après la première vaccination, 20 0/0 ont réagi et, après la deuxième, 1,6 0/0. La durée de l'épizootie a été de un mois et 6 jours (36 jours).

Les courbes de température, chez les animaux vaccinés, sont présentées dans les graphiques suivants (p. 741, 742 et 743); Ces expériences montrent, d'une part, que la durée de l'épizootie est bien plus courte, car, au lieu de 120-150 jours de durée ordinaire (sans vaccination), la maladie a été ter. minée eu 51 et 36 jours, et, d'autre part, qu'au point de vue économique, les vaccinations sont bien moins coûteuses, car les dépenses pour chaque tête de bétail, dans les deux villages, ne dépassaient pas 5 francs (1 r. 58 kop.), tandis que dans le village d'Ouzonne-Kazmalar, avant la vaccination, les pertes s'élevaient à 23 roubles par tête ! c'est-à-dire à peu près 20 fois plus.

(Journal de Lyon.) (A suivre)

ORGANISATION VÉTÉRINAIRE Ali JAPON

Au Japon, le commencement de l'organisation vétérinaire ne date que de l'année 1880, lorsque les affaires vétérinaires furent rattachées à l'Académie agricole.

En 1890, l'Institut vétérinaire fut réuni à l'Université et les étudiants vétérinaires furent soumis aux mêmes exigences que les autres étudiants.


BIBLIOGRAPHIE 111

A la fin de ses études, le vétérinaire reçoit le titre de docteur, de degré inférieur (gakushi) ; le degré supérieur (nakushi) n'est conféré par le ministre de l'Instruction qu'aux individus qui se distinguent par leurs travaux scientifiques.

Les deux plus anciens élèves do l'Institut vétérinaire du Japon y sont attachés avec le rang de 2e classe.

A la direction de l'administration vétérinaire du ministère de l'Intérieur et aussi de l'administration des haras, sont attachés des vétérinaires. Des vétérinaires sont directeurs de haras impériaux et territoriaux.

Dans l'armée japonaise, les vétérinaires constituent un corps d'officiers avec, à leur tête, un vétérinaire principal.

L'organisation de corps d'officiers vétérinaires est calqué sur celui des officiers médecins.

BIBLIOGRAPHIE

Pathologie chirurgicale des animaux domestiques, par C. CADÉAC, professeur à l'Ecole vétérinaire de Lyon. 1 vol. in-8 de 422 pages, avec figures, cart.: 5 fr. (Encyclopédie vétérinaire). Librairie J.-B. Baillière et Fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.

Le professeur Çadéac continue dans son Encyclopédie vétérinaire la publication de la Pathologie chirurgicale des animaux domestiques. Après avoir publié la Pathologie chirurgicale générale et la Chirurgie du pied, il vient de nous donner la Pathologie chirurgicale delà peau et des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Voici un aperçu des matières traitées dans cet intéressant volume :

PEAUET TISSU CONJONCTIF SOUS-CUTANÉ I. SoLIPÈDES. I. TraUmatismes

TraUmatismes Excoriations. Plaies. Tumeurs sanguines. OEdème chaud. Phlegmons et abcès. Durillons ou callosités. Cors. Mal de nuque. Mal d'encolure. Mal de garrot. Mal do rein. —> II. Eryllûmes. —■ III. Dermatoses microbiennes : Acné. Follieulites pilaires. Furoncle et anthrax. Botryomycose. Elcphant'asis. Papillom.es. — IV. Corps étrangers. — V. Productions épithéliales : Cornes cutanées. Kystes sébacés. Kystes dermoïdes et dentaires' — VI. Tumeurs : Fibromes, Osteomos. Myxomes. Epithéliomes et carcinomes. •—• VII. Dermatoses parasitaires. —- II. RUMINANTS. — I. Traumatismes : Plaies. Crevasses. Tumeurs


112 LA SEMAINE VÉTÉRINAIRE

sanguines, j OEdèmes. Abcès. Durillons ou callosités. Mal de nuque. Mal de garrot. — II. Dermatoses microbiennes : Dermite pustuleuse. Dermitte des extrémités. Gangrène de la queue. Botryo mycose. Actinomycose. Actinobacillose. Papillomes. — III. Dermatoses chroniques : Eléphantiasis. Séborrhée. Ichtyose. Sclérodermie. Productions cornées.

— IV. Corps étrangers : Emphysème? sous-cutanés. ■—■ V. Tumeurs : Kystes dermoïdes. Myxome. Fibromes. Chondromes. Ostéomes. Sarcomes. — VI. Parasites : Coccidiose du porc. Filariose hémorragique.

— III. CHIEN. — I. Traumatismes : Excoriations. Plaies, abcès. Durillons, Gangrène cutanée. Erythèmes. Acné. Purpura. — II Parasites : Papillomes. Cornes cutanées. Kystes. — III. Tumeurs. — IV. Parasites.

VAISSEAUX SANGUINS. — VEINES. :— Lésions traumatiques des veines : Plaies des veines. Complications des plaies des veines. Rupture des veines. Phlébites. Varices. B. ARTÈRES. — Lésions traumatiques.

— SYSTÈME LIMPHATIQUE. — Vaissemx lymphatiques : Dilations et varices. Lymphangites, tràumatique, épizootique. Farcin du boeuf. — Ganglions lymphatiques : Adénites.

ÊGHOS ET NOUVELLES

VÉTÉRINAIRES DÉTACHÉS A L'ARTILLERIE COLONIALE. Par décision ministérielle du 6 février 1905, M. le vétérinaire en second Mutin-Bondet, du 3e rég., à Nîmes, a été désigné pour servir au 5" rég, en Cochinchine (départ de Marseille le 5 mars 1905).

Fen Parisien résolutif fondant, vésicant, ne tarant jamais les animaux. Plus de frictions sans couper le poil, simple application au pinceau. — G. Fromage, 20, rue Lebrun, Paris.

L'administrateur-Gérant : PAUL DUBREUIL.

Paris. — Imp. P. DOBUEUIL, 18, rue Clauzel