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Notice complète:

Titre : Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine

Auteur : Société archéologique, historique et géographique du département de Constantine. Auteur du texte

Éditeur : L. Arnolet (Constantine)

Éditeur : Bastide (Alger)

Éditeur : Challamel (Paris)

Date d'édition : 1905

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 21213

Description : 1905

Description : 1905 (SER4,VOL8).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5494978r

Source : Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, 2008-164341

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328496371

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 18/01/2011

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/ RECUEIL

/

DES

NOTICES ET MÉMOIRES

DE LA

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE

DU

DÉPARTEMENT DE CONSTANTNE 8e VOLUME DE LA QUATRIÈME SÉRIE

TRENTE-NEUVIÈME VOLUME DE LA COLLECTION

ANNÉE 1905

CONSTANT! NE

IMPBIMKHII-: D. BRAIIAM, 2, HUE DU PALAIS, 2

ALGER

JOt'RDAN, I.iBnAir.K-Ei.iTKi R

Place du Gouvernement

' PARIS

.1. ANDRÉ et (>

Librairie africaine et coloniale

-'7 et 31, rue Bonaparte

1906



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

PRESIDENTS D'HONNEUR

MM. JONNART, Gouverneur Général de l'Algérie.

DE TORGY, G. 0. %, I. ff, Général commandant la Division de Constantine.

PLANTIÉ, %:, l ||, Préfet du Département.

MORINAUD, Maire de Constantine.

Composition du Bureau pour 1905

Président : M. Ernest MERCIER.

leT Vice-Président : M. MAGUELONNE.

2e Vice-Président : M. HINGLAIS.

Secrétaire : M. Gustave MERCIER.

Trésorier : M. DESJARDINS.

Bibliothécaire : M. WILLIGENS.

Secrétaire-Adjoint : M. VEL.

Commission des Manuscrits

MM. MERCIER (Ernest), Président ;

MAGUELONNE, \

HINGLAIS, / „, ,

\ Membres. MERCIER (Gustave), i

GALASSANTI MOTYLINSKI (DE), /


IV

MEMBRES HONORAIRES

1904 MM. BABELON, . membre de l'Institut,

Conservateur à la Bibliothèque nationale, rue de Vermeuil, 30.

1904 BARBIER DE MEYNARD, , membre de

l'Institut, directeur de l'Ecole des langues orientales vivantes, rue de Lille, 2.

1393 BERGER (Philippe), O #, I f|, membre de

l'Institut, professeur au Collège de France, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, Quai Voltaire, 3.

1893 BOISSIER (Gaston), G. 0. &, I ff, professeur

au Collège de France, secrétaire perpétuel de l'Académie française, Palais de l'Institut, Paris.

189i BRÉAL (MICHEL). C $fc, I f|, professeur au

Collège de France, membre de l'Institut, 70, rue d'Assas, Paris.

1893 CAGNAT (René), O %, I ff, membre de l'Inslilut,

l'Inslilut, d'épigraphie au Collège de France, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques, rue Stanislas 10, Paris.

1885 HÉRON DE YILLEFOSSE, 0^,1 ||, membre de

l'Institut, conservateur des antiquités grecques et romaines au Musée du Louvre, président du Comité des travaux archéologiques. 16, rue Washington, Paris.

1904 MASPÉRO, , membre de l'Institut,

professeur au Collège de France.

1904 REI.VACII (Salomon), #, 0 I ||, membre de

de l'Institut, conservateur du Musée de Saint-Germain, rue de Traktir, 4, Paris, xvie ar.

1904 SAGLIO, (Edmond), membre de l'Institut, directeur

directeur Thermes de Cluny, rue de Sèvres. 85.

1904 SCHLL'MREIIGER (Gustave*, , membre

de l'Institut. Avenue d'Anlin, 37.

1904 BALLU, $Lt O I %§, inspecteur des Monuments

historiques de France, rue Blanche, 80.


MEMBRES TIT0TJ5JRES

1892 MM. ARRIPE, 0 I f|, conseiller de Préfecture, à Constantine.

1892 AuBRY(Dr), ^,0 A||,sénateur,maire de Sélif.

1903 BÉNOS, professeur à l'école primaire supérieure,

supérieure,

1903 BRAHAM (David), O A ||, éditeur, Constantine.

Constantine.

1896 BUSQUET, O I ||, proviseur du Lycée, Constantine.

Constantine.

1898 CALASSANTI MorvLiNSKi (DE), ^, O I ||, officier

officier principal, directeur de la Médersa, professeur à la Chaire publique d'arabe, Constantine.

1895 CAMBUZAT-ROY, propriétaire, Boulevard du

Temple, Auxerre (Yonne).

1876 CARBONNEL, O A ||, imprimeur, Constantine.

1883 CHARRIER, O A |f, sous-chef de bureau de

Préfecture, en retraite, S' Eugène (Alger).

1903 COLLENSON, propriétaire, conseiller municipal,

Mila.

1902 COUDRAY, professeur au Lycée, Constantine.

1902 DEBKUGE, O ||, employé des Postes, correspondant

correspondant Ministère, Bougie.

1903 DESJARDINS, directeur des Contributions diverses,

diverses, retraite, Constantine.

1892 ESCURRÉ, O I ||, directeur de l'école primaire

supérieure, Constantine.

1906 FLAMAND, jjft, O 11|, chargé de cours à l'école

supérieure des sciences d'Alger, directeuradjoint de la carte géologique, Alger-Mustapha.


VI

1874 GOYT, topographe principal en retraite, 31, rue

Saint André, Grenoble.

1891 MM. GSELL, #, O I II, professeur à l'Ecole supérieure

supérieure Lettres, directeur du Musée des antiquités algériennes, Alger-Mustapha.

1903 GUIBERT (DE), avocat, Constantine.

1874 HINGLAIS, O I ||, proviseur en retraite, conservateur

conservateur Musée, bibliothécaire de la ville, correspondant du Ministère, Constantine. -

1899 JAUBERT (l'abbé), O f|, chanoine honoraire,

secrétaire général de l'évêché, Constantine.

1901 LABORDE (Dr), médecin colonial.

1904 JOLY, architecte. Guelma.

1903 LEROY , % , O I |f, docteur en médecine.

conseiller municipal, Constantine.

1878 LUCIANI, ^,0 I ||, conseiller du Gouvernement.,

Gouvernement.,

1892 MAGUELONNE, O I ff, directeur des Domaines,

Constantine.

1891 MEJDOUB KALAFAT, O 11|, professeur d'arabe

au Lycée, Constantine.

1867 MERCIER (Ernest), &, O I |f, interprète-traducteur

interprète-traducteur membre associé de l'Ecole des Lettres d'Alger, correspondant honoraire du Ministère, à Constantine.

1896 MERCIER (Gustave), avocat au barreau de

Constantine, officier interprète de réserve, conseiller général de Constantine.

1904 MONTAGNON (l'abbé), A ||, curé de Zéraïa.

1890 MORINAUD (Emile), ancien député, maire de

Constantine, conseiller général.

1878 PAPIER, #, O I f|, chef du Service des tabacs

en retraite, président de l'Académie d'Hippone, Bone.


VII

1903 PIQUET, O A ||. docteur en médecine, Constantine.

Constantine.

1891 MM. PRÉVOST, O A ||, agrégé des Lettres, professeur de première au Lycée, Constantine.

1903 RIBET, O A II, administrateur de commune

mixte, chef de cabinet du Préfet, Constantine.

1881 ROBERT, O I ||, administrateur de commune

mixte, correspondant du Ministère, Bordjbou-Arréridj, (Constantine).

1903 SABATIER, conducteur des Ponts et Chaussées,

conservateur du Musée, Tébessa.

1903 VALLET, publiciste, Constantine.

1890 VARS, O I ||, professeur au Lycée, Digne.

1905 VEL, sous-inspecteur du service des enfants

assistés, Constantine.

1891 VILLA, avocat, bâtonnier de l'Ordre, Constantine.

Constantine.

1902 WILLIGENS (Dr), O $, médecin principal de

lre classe en retraite, Constantine.


VIII

MEMBRES CORRESPONDANTS

1900 MM. BARRY, O I H, inspecteurdes fouilles de Timgad, correspondant du Ministère, Timgad, (Constantine).

1889 BERNARD, architecte, 3, rue des Cordeliers,

Compiègne.

1891 BERTRAND (Louis), O I ||. conservateur du

Musée de Philippeville. correspondant du Ministère.

1898 BESNIRR (Maurice), O A f|, ancien membre

de l'Ecole française de Rome, chargé de cours à l'Université, rue Pesmagnie, 14, Caen (Calvados).

1903 BIGEARD, ^, capitaine d'infanterie hors cadres,

commandant supérieur, Khenchela.

1903 BHUNACUE, $£. O A ||, administrateur de commune

commune Aumale (département d'Alger).

1900 CARTON (Dr:, |, O I ||, médecin-major de

lre classe, président de l'Institut de Cartilage et de la Soeielc d'archéologie de Sousse, membre non résident du Comité, LaGoulette.

1903 CHERRONNEAU, O A ||, avoué, Sétif.

1888 DELATTRIÎ (le R. P.), |s, O I ||, prèlre missionnaire

missionnaire membre correspondant de l'Institut, conservateur du Musée de S' Louis de Cartilage, La Goulette (Tunisie 1.

1890 Do.MEiuii'E, topographe principal en retraite,

correspondant honoraire du Ministère, Saint-Geniès (Aveyron).

1890 EspÉiiAMiiF.u, %:, O I ||, capitaine d'Infanterie

d'Infanterie retraite, membre non résident du Comité, 37, rue de Bellechasse, Paris.

1894 I'AGNAN.O I ^|, professeur à l'Ecole supérieure

des Lellres, Alger.


IX

1878 MM. FARGES,0 #, 0 11|, commandant en retraite, correspondant du Ministère, Amplepuis (Rhône).

1905 FRANÇOIS (l'abbé), curé à Collo.

1894 GAUCKLER, 4fs, O 11|, correspondant de l'Institut,

l'Institut,

1892 GOETSCHY, O %, O I ||, général de brigade,

adjoint au Gouverneur de Nice, commandant la subdivision.

1893 GUÉRIN, O A ||, sous-directeur des Contributions

Contributions en retraite, avocat, 4, rue de Constantine, Alger.

1892 HANNEZO, %:, O 11|, commandant au 144"

d'Infanterie, correspondant du Ministère, Bordeaux.

1890 JACQUOT, O A|| , juge au tribunal de Thononles-Bains

Thononles-Bains

1897 LEROY (Louis), O I ||, explorateur, Biskra.

1901 LOIZILLON, administrateur-adjoint de la commune

commune des Maâdid".

1895 MÉNÉTRET, O A ||, administrateur de commune

commune El-Milia (Constantine).

1888 MILVOY, architecte, rue des Trois-Cailloux,

Amiens.

1902 OGER DU ROCHER, juge suppléant au Tribunal

civil.

1888 PALLU DE LESSERT, avocat, rue de Tournon,

17, Paris.

1892 PONTÉ, propriétaire à Mila (Constanline).

1902 ROUQLETTE (Dr), O A ||, médecin militaire,

au 31e d'Artillerie, Le Mans.

1875 ROY, O #, O I ||, secrétaire général du gouvernement

gouvernement Tunis.


1885 MM. SALADIN, #, 0 I ||, architecte, diplômé par le Gouvernement, 69bis, boulevard de Courcelles, Paris.

1904 SANREY, %, docteur en médecine, Batna.

1892 TOUTAIN, O I ||, professeur à l'Ecole des

Hautes Etudes, 25, rue du Four, Paris.

1893 VIRÉ (C), avocat à Bordj-Menaïel (Alger).


xt

SOCIETES CORRESPONDANTES

AGKN. — Société d'agriculture, sciences et arts.

Aix. — Académie des sciences, agriculture, arts et belleslettres.

— Société d'études provençales.

ALAIS. — Société scientifique et littéraire.

ALGER. — École supérieure des Lettres.

— Société historique algérienne.

— Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du

Nord.

AMIENS. — Société des antiquaires de Picardie.

ANGOULÊME. — Société archéologique et historique de la Charente.

AUTUN. — Société éduenne.

AVALLON. — Société d'études.

AVIGNON. — Académie de Vaucluse.

AUXERRE. — Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne.

BAR-LE-DUC. — Société des lettres, sciences et arts.

BEAUNE. — Société d'archéologie, d'histoire et de littérature.

BEAUVAIS. — Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise.

BÉZIERS. — Société archéologique, scientifique et littéraire.

BÔNE. — Académie d'Hippone.

BORDEAUX. — Société archéologique.

— Société de géographie commerciale.

BOURG. — Bulletin de la Société de géographie de l'Ain.

BOURGES. — Société historique, littéraire et artistique du Cher.

BREST. — Société académique.

CHAMBÉRY. — Société savoisienne d'histoire et d'archéologie.

DAX. — Société de Borda.

DOUAI. — Union géographique du nord de la France.


XII

ÉPINAL. — Société d'émulation des Vosges.

GAP. — Société d'études des Hautes-Alpes.

GRENOBLE. — Académie delphinale.

GUÉRET. — Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse.

LANGRES. — Société historique et archéologique.

LAON. — Société académique.

LIMOGES. —■ Société archéologique et historique du Limousin.

LYON. — Société littéraire, historique et archéologique.

— Académie des sciences, belles-lettres et arts.

— Bulletin historique du diocèse de Lyon.

LE MANS. — Société historique et archéologique du Maine. MARSEILLE. — Société de statistique.

— Société archéologique de Provence.

MONTAUBAN. — Société archéologique du Tarn-et-Garonne. MONTBÉLIARD. — Société d'émulation. MONTPELLIER. — Société languedocienne de géographie. NANCY. —Académie de Stanislas.

— Société d'archéologie lorraine et du musée historique

historique

— Société de géographie de l'Est. NANTES. — Société d'archéologie. NARBONNE. — Commission archéologique. NÎMES. — Académie du Gard.

ORAN. — Société de géographie et d'archéologie. ORLÉANS. — Société archéologique de l'Orléanais. PARIS. — Institut de France.

— Comité des travaux historiques et scientifiques.

— Bulletin de l'Ecole des Chartes.

— Société des antiquaires de France

— Société d'ethnographie.

— Société de géographie.

— Société d'anthropologie.

— Association pour l'encouragement des études

grecques.

— Société des études historiques.


Xltl

PARIS. — Reçue géographique internationale.

— Musée Guimet.

— Société académique indo-chinoise de France.

— Revue des Colonies et des Protectorats, ministère

des Colonies.

— Reçue de statistique.

— Société d'études algériennes, 12, galerie d'Orléans.

d'Orléans.

— Journal asiatique.

— Bulletin de la Société des études coloniales et

maritimes.

— Reçue archéologique.

PERPIGNAN. — Société agricole, scientifique et littéraire.

POITIERS. — Société des antiquaires de l'Ouest.

REIMS. — Académie nationale.

ROCHECHOUART. — Société des Amis des sciences et des arts.

RODEZ. — Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron.

ROUEN. — Commission des antiquités de la Seine-Inférieure.

SAINT-BRIEUC — Société d'émulation des Côtes-du-Nord.

SAINT-DIÉ. — Société philomathique.

SAINT-OMER. — Société des antiquaires de la Morinie.

SENS. — Société archéologique.

SOUSSE. — Bulletin de la Société archéologique.

TOULON. — Académie du Var.

TOULOUSE. — Académie des sciences, inscriptions et belleslettres.

— Bulletin de la Société de géographie.

TOURS. — Société d'archéologie de la Touraine.

— Société d'agriculture, sciences, arts et belleslettres

belleslettres département d'Indre-et-Loire.

— Société de géographie.

TUNIS. — Institut de Carthage. — Association tunisienne des lettres, sciences et arts, à Tunis.

VALOGNE. — Mémoires de la Société archéologique.

VANNES. — Société polymathique du Morbihan.

VERVINS. — Société archéologique.


XIV

SOCIETES ETRANGERES

ALSACE-LORRAINE. — Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, à Metz.

— Société pour la conservation des monuments

monuments de l'Alsace, à Strasbourg.

AMÉRIQUE DU SUD (LA PLATA). — Direction générale de statistique de la province de BuenosAyres.

ANGLETERRE. — Société des antiquaires de Londres.

— Écosso. — Société des Antiquaires, Edimbourg.

Edimbourg.

— Société des antiquaires de Cambridge.

— Institut canadien de Toronto (Canada).

— Société de numismatique et d'archéologie

de Montréal.

BELGIQUE. — Société des Bollandistes, Bruxelles.

— Société d'archéologie de Bruxelles. BRÉSIL. — Musée national de Rio-Janeiro. EGYPTE. — Institut égyptien, au Caire.

— Comité de conservation des monuments de l'art

arabe.

— Société khédivale de géographie, au Caire.

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. — Musée Paebody d'archéologie

et d'ethnographie américaine de Cambridge.

— Institut Smithsonien de Washington.

Washington.

— Commission d'inspection géologique

géologique Etats-Unis (Département de l'Intérieur), à Washington.

— Société d'anthropologie, à Washington

Washington

— Académie des sciences naturelles

naturelles Davenport, Iowa.


XV

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. — Musée américain d'histoire

naturelle.

— Association américaine pour

l'avancement des sciences, à Washington.

ITALIE. — Institut archéologique d'Allemagne, à Rome.

— École française de Rome.

— Société africaine d'Italie, à Naples.

— Société africaine d'Italie, à Florence. NORWÈGE. — Université royale, à Christiana.

PÉROU. — Bulletin de la Société de géographie de Lima. SUÈDE. — Académie royale archéologique de Stockholm.

— Institut géologique de l'Université d'Upsala. SUISSE. — Société d'histoire et d'archéologie de Genève.



MOSAÏQUE BOMAXHK

IDE SILA

La mosaïque reproduite sur une des planches de ce volume (pi. n° I), d'après un dessin de M. Ferrand, a été trouvée à Sila par M. Clerc, chef cantonnier habitant ce lieu. Elle est aujourd'hui placée dans la cour du musée des antiquités d'Alger-Mustapha.

On sait que le centre antique de Sila était à 32 kilomètres Sud-Sud-Est de Constantine et à 10 kilomètres Sud-Ouest de Sigus, comme le prouvent la découverte, au milieu de ruines étendues, d'une inscription mentionnant la res)(pub(lica) SilensiumW, et le nom de Fedj-Sila, que porte encore un col situé à peu de distance au Nord-Est (2).

Sila doit sans doute être rangée au nombre des castella qui dépendaient de Cirta. Elle était administrée par un magister, ou magistratusfi), assisté d'un conseil (4), dont les membres portaient le titre de

(1) C. I. L., vin, 19198.

(2) Cherbonneau, Recueil de Constantine, xn, 1868, p. 414. Tissot, Géographie de la proeince romaine d'Afrique, n, p. 400.

(3) C. I. L., 19199 : mag(istcr); ibid., 5S84: magislratus. (1) Ibid., 5884 : permisso ordinis.


- â -

décurion''1'. Cette sorte de commune (res publica SilensiumW) avait un territoire assez vaste, au moins dans la direction du NorcK3'. On ignore si, dans le cours du troisième siècle ou sous le Bas-Empire, elle fut érigée en commune romaine autonome; rien ne l'indique. Un episcopus Silensis est nommé dans la Notice ecclésiastique de l'année 484M.

Les ruines de Sila ont élé jusqu'à présent peu étudiées. Cependant, Cherbonneau et Poulie leur ont consacré quelques pages dans le Recueil de la Société de Constantine(r>); ces deux savants et Wilmanns ont publié un certain nombre d'inscriptions de ce lieiiv0); j'en ai moi-même copié quelques autres, découvertes récemment par M. Clerc.

Sila s'élevait sur la pente d'une colline inclinée vers le Sud-Est, entre deux ravins. Deux fortes sources fournissaient aux habitants l'eau nécessaire. Des traces d'un rempart se distinguent au Sud et au Sud-Ouest C'). On ne voit du reste à Sila aucun édifice digne d'attention, sauf un fort byzantin quadrangulaire, qui mesure cinquante mètres de côté, et qui paraît avoir été renforcé par un bastion au milieu de chaque face. Les murs, épais de lm40-2m10,

(1) C. /. L., 19198 : décréta decur(ionum). Pour cette organisation communale, conf. l'inscription de Sigus C. I. L., 19135,

(2) Ibid., 10295 et 19198.

(3) Borne de l'année 220. placée par la rc?\ publica Silensium. probablement sur une voie qui reliait Sila à Cirta, et indiquant une distance de treize milles ^depuis Sila); elle a été trouvée à 500 mètres au sud du Kroub : ibid., 10295 (conf. Rcc. de Constantine, xn, p. 112).

(4) Numidie, n° 92.

(51 Tome xn, 1868, p. 416-424 (Cherbonneau); tome xxvi, 1890-1891, p. 317-319 (Poulie).

(6) C. I. L., 5884-5920, 19198, 19199, 19208.

(7) Au Sud-Ouest, Poulie signale une tour d'angle.


— 3 —

sont, suivant l'usage, à double parement de pierres de taille, avec des moellons dans l'intervalle; des matériaux de démolition y ont été employés. Les' vestiges de constructions antiques abondent surtout au Sud et à l'Ouest de ce fort : on y rencontre quelques débris de colonnes W et de pierres moulurées, des restes de pressoirs, un bloc sur lequel est sculpté un niveau. Il y avait des cimetières au Midi et à l'Ouest. Poulie mentionne des sépultures circulaires, en pierres tantôt brutes, tantôt taillées; l'une d'elles présente un couloir.

Parmi les inscriptions, la plus intéressante est une dédicace au Genius numinis Caput AmsagaeW, découverte par Cherbonneau à Aïn-el-Tsaur, source située à l'Ouest et à deux cents pas du fort byzantin; à côté, Cherbonneau a cru reconnaître les vestiges d'un sanctuaire de forme circulaire^). On n'ignore pas que YAmsaga était le fleuve qui, sous le nom d'Oued-el-Kebir, se jette dans la Méditerranée entre Djidjelli et Collo(4\ et qui est formé de l'Oued-Endja et du Rimmel; cette dernière rivière reçoit un peu en amont de Constantine, l'Oued-bou-Merzoug. 11 semble bien que les anciens aient regardé l'Ouedbou-Merzoug comme la branche maîtresse de l'Amsaya&h L'Aïn-bou-Merzoug se trouve à environ dixsept kilomètres au Nord-Ouest de Sila. Cependant, ce voisinage ne suffit peut-être pas pour justifier la

(1) Cherbonneau (l. c, p. 419) indique trois chapiteaux à volutes.

(2) C. I. L., 5884.

(3) L. G., p. 423.

(4) Conf. Atlas archéolog. de l'Algérie, feuille 8 (Philippeville), n° 5.

(5) Conf. Cherbonneau, l. c, p. 455-456.


— 4 —

présence d'une dédicace au Genius numinis Caput Amsayae à côté d'une source située à Sila même. Il est bien possible que cette source d'Aïn-el-Tsaur ait été considérée, du moins par les gens de Sila, comme la véritable tête du fleuve. De là, part un ruisseau, le plus souvent à sec aujourd'hui, qui se dirige d'abord vers le Nord-Est (Oued-Tedrajine), puis vers le Nord-Ouest (Oued-el-Keleb), pour rejoindre l'Oued-bou-Merzoug, près de la station d'OuledRamoun.

La mosaïque de Sila, qui vient de servir de prétexte à ces observations historiques et archéologiques, formait le pavement d'une salle dans des thermes que M. Clerc a en partie déblayés, vers la partie inférieure des ruines, en conlre-bas de la route française et à environ deux cents mètres au NordEst de la maison cantonnière. Cette salle était le frigidarium, comme l'indique une piscine de 4 mètres sur 3m75, pavée en mosaïque blanche, dans laquelle on descendait par trois marches. Du côté opposé à la piscine, M. Clerc a mis au jour deux petites salles, destinées à être chauffées, dont les suspensurac portaient jadis un sol en mosaïque ornementale; au delà, il y avait un fourneau.

Il manque environ un tiers de notre mosaïque, sans parler des lacunes de la partie conservée. Les dimensions actuelles sont de 4mG5 sur Cm4o, y compris le cadre.

Selon une coutume fréquente dans les thermes romains'1', on a représenté sur ce pavement la mer,

'11 Voir Gauckler, La Mosaïque antique, p. 29, n° 3 tirage à part du Dictionnaire des antiquités, s. v. Mustcum opus).


— 5 —

indiquée par de petits traits symétriques, et des divinités marines. Quatre Néréides — il n'en reste plus que trois — sont assises ou couchées sur des monstres marins : deux sur un hippocampe, une autre sur un animal à tète et cou de cygne. Deux tiennent un voile, qui se recourbe au-dessus de leur tète. En avant de ces déesses, un Amour se tient debout sur un dauphin ; dans la main de l'un de ces enfants, encore bien conservé, on voit un fouet; l'autre main tient la bride du cheval d'une des Néréides. Ces diverses figures sont des images fort banales : il y en a, par exemple, d'analogues sur des mosaïques de Tébessa, d'Hippone, de Philippeville, d'OuedAlménia, de Sétif, de Bougie, de Sousse!1).

La figure qui occupe le centre du tableau est moins souvent représentée. C'est Scylla, personnification, comme on le sait, d'une roche, percée d'une caverne, du détroit de Messine, roche dangereuse pour la navigation antique! 2) et située en face du gouffre de Charybde.

Scylla apparaît ici sous les traits adoptés par l'art hellénistique et romain fi> : une jeune femme aux cheveux en désordre, dont le corps se termine par

(1) Pour les Néréides, voir Gsell, Musée de Tébessa. p. 65 et pi. vm (Tébessa) ; Pup'er, Lettres sur Hippone, pi. xx (Ilipponel ; planche jointe au Bulletin fie l'Académie d'ilippon", tome xxix {ibid. : Del.nuare, Explor. scientifique de l'Algérie, Archéologie, pi. 19 et 20 (Philippeville); planche jointe au tome xix (1878) du Recueil de Constantine (Oued-Atménia) ; Rcc. do Constantine, XXVII, 1892, pi. à 11 p. 244 (près de Sétif; aujourd'hui au musée d'Alger); pi. jointe au mêmp volume du Recueil, et ibid., p. 243-241 (Bougie). — Pour les Amours, voir Gsell, Musée de Tébessa, l. c. (1 ébessa) ; Reçue de l'Afrique française, 1887, pi. I à la p. 381 (Sousse).

(2) Conf. Bérard, Les Phéniciens et l'Odyssée, n, p. 359 seq.

(3) Voir, entre autres, Vinet, Annali dell'Instituto, xv, 1843, p. 195 (et Monumenti dell'Instituto, in, pi. LU et LUI); Baumeister, Denlcmoeler des /classcschen Allerlums, s. v. Skylla.


— Ci -

deux queues de poisson' 1) et dont le venlre es! entouré de chiens ou de loups. Ce n'est pas la description qu'Homère donne de Scylla'2/: « un

« monstre malfaisant dont la vue l'ait peur même « aux dieux. Elle a douze pieds difformes, six cous « d'une longueur démesurée et, sur chacun, une a télé effroyable, avec Irois rangées de dénis serrées, « qui porlenl la sombre mort. »

Les artistes grecs ne semblent pas avoir voulu représenter un être aussi monstrueux. Mais les images de Scylla qui nous sonl parvenues concordent assez bien avec des vers de Virgile el d'Ovide. « Elle a, dit Virgile1.-'* 1 un visage humain; sa poitrine « esl celle d'une belle vierge, mais, à partir de la (( ceinture, elle offre le corps hideux d'une baleine; « à son venlre, (pie des loups entourent, s'attachent « des (pteues.de dauphins ''. » El Ovide "' parle de Scylla au visage de vierge, dont le venlre est entouré de chiens féroces.

Scylla tient sur noire mosaïque un gouvernail1', qu'elle lève d'un gesle nienaçanl. Les autres icuvres

1 Sur d'autres innées le corps de Scylla Je termine par deux serpents ou dragons.

(2 Odyssée, xn. 87 scq.

.,3; lùiéidc. m, 12C) seq. :

Prima It'iininis ftries et /nilr/tro pertore rirg t Pube tenus, pttsîrcnta itnntani rorpure fiistri.c, hclpkiiuiin euudus utero roinmissa luporum.

(■i) Conf. Virgile, l'Iucoligues, vi. 71-75 : Scylla

quant fama scruta est

Candida sucrinetam latrttntibus inguina ntonslris....

J>; Métamor/j/ioses, xm, 732-3 :

llla f'ris titrant cttnibits succingitttr ulcum, Ytfginis orti grrens

(6; Je crois, en ellet, que c'est un gouvernail, plutôt qu'une raine.




KBOCBB

MOSAÏQUE de MERIKEB-THALA



qui nous la montrent lui mettent dans les mains soit un gouvernail, soit une rame, soit une ancre, soit des pierres ou un quartier de roc, soit des glaives. C'est avec ces diverses armes qu'elle s'apprête à attaquer les navigateurs assez imprudents pour trop s'approcher d'elle.

La mosaïque que nous venons de décrire est d'un bien mauvais art; le dessin en est incorrect,' la technique grossière et négligée, la couleur assez terne; les visages sont sans expression, les détails des corps et des draperies indiqués par des lignes raides et disgracieuses. Ce morceau doit être du troisième ou du quatrième siècle. C'est l'ouvrage d'artisans maladroits, à peine digne des thermes du chef-lieu de canton qu'était Sila. Cependant l'image de Scylla, figurée au milieu de ce pavement (n, lui donne un certain intérêt.

- Septembre 1904.

STÉPHANE GSELL.

(1) Pourquoi ce choix? Je l'ignore, car j'aime mieux ne pas croire à un jeu de mots, justifiant la présence de Scylla dans les thermes de Sila : la prononciation des deux mots différait assez.



L'AGE DE PIERRE

DANS LA. RÉGION DE B0RDJ-MENAÏEL ET SUR LA CÔTE

Dans ma notice sur l'archéologie du canton de Bordj-Menaïel, (vol. xxxn de la Société arc/i., 1898), j'avais signalé l'absence à peu près complète d'outils en silex dans la région. De silex, je n'avais recueilli qu'un burin, brun, jaunâtre, une pointe de flèche noire, à l'entrée d'un abri sous roche au lieu dit : La Cascade, à 15 centimètres de profondeur avec des débris d'ossements humains et une hache dans un autre abri. Tout récemment un boulet de même matière (quartz siliceux), ayant 0m23 de circonférence, a été trouvé au même endroit. Tous les autres outils étaient façonnés en des matières qui n'étaient pas le silex. Ces constatations n'ont été infirmées pour ainsi dire pas encore, en ce qui concerne l'intérieur des terres. Mais j'ai acquis la preuve que sur le bord de la mer, les hommes primitifs avaient taillé le silex en colossale abondance et s'en étaient servi en guise d'outils et d'armes. Dans la partie de la côte qui forme le canton actuel de Bordj-Menaïel, le point principal de taille a été vraisemblablement le point extrême vers la mer de l'étroite langue de chat


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entourée alors d'eau sur trois côtés que termine à côté du cap Djinel, en forme de falaise dominant la mer, l'énorme masse basaltique du Settara, exactement à l'angle nord-ouest du réduit de la ville postérieure qui s'appela à l'époque romaine Cissi municipium. El justement parce que sur l'emplacement même de cet atelier, ont été élevées depuis des constructions romaines, elles-mêmes faisant suite à un établissement carthagino-berbère, il y a grande chance pour qu'on n'y puisse jamais recueillir une quantité nombreuse d'échantillons intacts. Cependant, sur un secteur d'une trentaine demèlres, sur la face sud-ouest du Setlara, le long des rigoles légères que tracent les eaux de pluie dans la glaise grise, parmi l'infini des débris de basalte et des débris de poteries romaines, j'ai ramassé plusieurs centaines de petits éclats de silex noir, parmi lesquels des pièces manifestement travaillées et des nuclei, de dès petits galets de silex m'ont démontré l'existence d'un atelier de (aille à ce point extrême du plateau. Après chaque pluie, d'ailleurs, une recherche minutieuse sur les flancs de la montagne permet d'en découvrir de nouveaux échantillons appartenant tous à des outils de très petite dimension (les plus grands recueillis à ce jour oui 7 centimètres de longueur.

( Voir planche ci-contre )

S'il a existé en cet endroit des outils de grande ctaille, ils ont disparu dans les remaniements sucessifs du plateau qui, non-seulement, a été occupé par des constructions privées et publiques, mais a été le théâtre d'une dévastation complète.








— 11 — II.

A deux kilomètres à l'ouest du cap Djinet, à michemin entre ce cap et l'embouchure de l'Oued-Isser, au point extrême des terres cultivables, à peu près à la lisière des dunes et des sables, se trouve un vignoble dépendant de la propriété Barthélémy. La route de Bordj-Menaïel coupe ce vignoble en deux parties. Dans la partie à l'ouest de la route, j'ai ramassé une centaine de petits silex taillés, ainsi que quatre ou cinq pièces en granit (ce sont .les plus grandes) et une ou deux en quartz blanc.

(Voir planches ci-contre)

Peut-être s'en trouvait-il plus loin encore dans la direction de Port aux Poules, mais l'envahissement des sables et des dunes rend, pour le moment, toute recherche bien aléatoire. La physionomie de la côte s'est, en effet, profondément modifiée depuis une époque très récente. Il n'y a qu'à examiner la coupure très nette qui a fait engloutir une bonne partie des ruines de la ville romaine de Rusubbicari (Port aux Poules) et a détruit le port, décrit par El-Bekri, pour s'en rendre compte.

Quelques épaves, rari riantes, ont pu échapper. Je me propose de les rechercher en poussant aussi loin que possible dans les deux sens et d'essayer de dresser la carte préhistorique de tout ce littoral. Vers Alger, on connaît déjà les silex de Guyotville, trouvés soit sous abris, soit à l'air libre. On doit en rencontrer dans la presqu'île dont le cap Matifou forme le point extrême. Si les côtes des baies de l'Aima et du Corso sont envahies par les dunes et


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les sables, la région située derrière Sidi-Fredj et Ménerville est à fouiller. Il n'est pas possible que tout ce littoral entre Alger et l'embouchure de Tisser n'ait pas gardé des traces de son occupation par l'homme préhistorique, si l'on songe surtout que ces (races existent en quantités innombrables à partir de Djinel. Si, entre ce point et l'embouchure du Sebaou, je n'ai encore recueilli que quelques échantillons incomplets, mais néanmoins caractéristiques, après le Sebaou, le Djebel-bou-Karlou audessus de Takdempt, de la mi-côte au sommet est riche en silex et en grès siliceux taillés.

Depuis les découvertes de MM. H. Lacour et L. Turcal (TROUVAILLES D'OBJETS PRÉHISTORIQUES DANS LA KÉGION DE DEI.LYS Bulletin archéologique, 1900), j'ai recueilli moi-même pas mal de nouveaux échantillons, (don! quelques-uns sont au musée d'Alger), à Takdempt même (grès siliceux surtout), à l'atelier du 13° kilomètre (dans la Mizrana) où les éclats, en quantités innombrables, forment un talus d'éboulis au-dessus de la mer, et avant et après cet atelier.

Plus loin encore entre Tizzirt et Port-Gueydon, les travaux de construction de la route côtière ont révélé l'existence de nombreux ateliers et des pièces fort remarquables, en provenant, sont actuellement dans les collections de MM. Firbach, sous-préfet de Tizi-Ouzou, et Ricard, conducteur des Ponts et Chaussées à Tizi-Ouzou. Entre Port-Gueydon et Bougie, la côte est inexplorée à ce point de vue, mais il n'y a aucune raison de supposer qu'elle soit sans vestiges, puisque autour de Bougie même, M. Debruge a recueilli de nombreux et beaux échantillons.






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En reliant ces différents points à l'aide des chaînons intermédiaires, on dresserait ainsi un fragment assez étendu de la carte de l'âge de pierre sur les côtes du département d'Alger.

III.

Une région qui mériterait d'être étudiée au point de vue archéologique est celle de Ménerville. L'époque romaine y a laissé des vestiges de ferme dans les Issers-el-Ouidan, les ruines de Port aux Poules (Rusubbicari), qui était le point d'aboutissement d'une route venant de Bouïra.

« Peu de points ont, je pense, dit Vigneral (Ruines romaines de l'Algérie t. I. p. 101), subi une dévastation aussi complète que celui-ci. Aux causes habituelles de ruine, il faut joindre ici les envahissements de la mer qui, unis aux tremblements de terre dont parle l'histoire, comme ayant fait disparaître des cités entières sur ces rivages, ont ravagé et même enlevé jusqu'au sol rocheux, aujourd'hui à fleur d'eau sur un vaste espace, la plus grande partie de la presqu'île qu'occupait la ville antique. Je ne crois pas même ce bouleversement antérieur au moyen-âge, car, du temps des premiers auteurs arabes, Merça-dDaddjadj était encore un point considérable auquel venaient aboutir plusieurs routes que El-Bekri fait connaître.

Cet auteur donne même sur la topographie de ce point quelques détails curieux :

« De Hamza (Bouïra) l'on se rend, dit-il, à Belias, lieu situé sur une grande montagne et de là on arrive à Merça-d-Daddjadj (le Port aux Poules). La mer environne trois côtés de cette dernière localité,


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une muraille percée d'une seule porte, s'étend du rivage occidendal au rivage oriental et c'est là que se trouve l'entrée de la ville. Les bazars et la grande mosquée son! si!nés en dedans de cette enceinte. Le port, très étroit et peu profond, n'est nullement sûr. La ville possède quelques sources de bonne eau. Beni-Djenad (Djinef), ville siluée à l'orient de Merça-d-Daddjadj est plus petite (pie celle-ci.

« Cette dernière indication, ajoute de Yigneral qui s'applique à Benian Nita (Mers-el-Djinet), suffit pour affirmer la dévastation de Merça-d-Daddjadj par quelque grande révolution du sol. En effet, ce dernier point embrasse aujourd'hui à peine 7 à 8 hectares et .à Djinet les vestiges en couvrent une vingtaine. La ville arabe a été plus maltraitée encore que la cité romaine : bazars et mosquées n'ont laissés aucune Irace et les débris divers que l'on rencontre surtout aux bords de la falaise, angles de maisons, fragmenls de murs, belles pierres de (aille, mosaïques, tous accusent la main-d'ccuvre romaine. Les sources ont complètement disparu. Aujourd'hui, il n'exisle plus de Iraces de port ici, les bas-fonds semblent s'avancer très loin dans la mer. Quant à la muraille qui fermait la péninsule, il devrail èlre très facile d'en relrouver les fondations dans un sol aujourd'hui entièrement sablonneux et que viennent effleurer, en plusieurs poinls, sur le (racé probable de celle fortification, des masses confuses de blocage, de briques et de [tôleries. »

De Yigneral, écrivait en 1808 : actuellemenl plus rien n'est visible, les dunes de sable ont tout recouvert. Elles s'étendent, gagnant d'année en année, plusieurs kilomètres à l'intérieur des (erres.


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Sur la droite de cette route qui menait de Bouïra à Port aux Poules et la dominant, se trouvait le centre de Takitount avec son tombeau monumental et au-dessus de la ferme Herteman et le grand fort de Souma, en avant de Ménerville.

Takitount a été complètement dévasté lors de la construction de la voie ferrée de Ménerville à TiziOuzou, qui passe au pied. J'y ai, néanmoins, retrouvé dans les débris deux stèles païennes et déblayé le grand tombeau appelé El-ITabs par les indigènes : « Il (ce tombeau) présente un grand intérêt, dit M. Gsell, tant par son architecture générale que par sa décoration. »

« On y trouve des dispositions qui évoquent à l'esprit le vaste mausolée, appelé au jourd'hui le Tombeau de la Chrétienne, c'est la même entrée souterraine à l'est, la même plate-forme établie, en avant de l'édifice, à l'orient le même système de portes à coulisses, la même galerie circulaire à l'intérieur, le même décor de fausses portes et de demicolonnes à chapiteaux ioniques, appliquées contre les parois extérieures.

Il y a pourtant entre le mausolée de .Tuba II et celui de Blad-Guitoun d'importantes différences, celui-ci se rapproche beaucoup plus que l'autre des monuments funéraires greco-romain. Le Tombeau de la Chrétienne est une construction indigène, un tumulus recouvert d'une enveloppe classique. Le cône à gradins en est la partie essentielle, le cylindre orné de colonnes qui le supporte ne représente que la bordure du tumulus. Ici, les parois verticales prennent une importance beaucoup plus grande et se composent de deux étages superposés. Les de-


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grés qui devaient être placés au-dessus n'étaient plus qu'un simple couronnement. La forme arrondie du tumulus s'est perdue, le plan est devenu octogonal, à l'intérieur du tumulus primitif ; il n'y a qu'une simple case de pierre où est déposé le mort; les petits caveaux qui occupent le centre du Tombeau de la Chrétienne et d'un autre mausolée royal, le Médracen sont sans doute des imitations de celte case exiguë. Ici la chambre funéraire, quoiqu'elle n'occupe pas tout l'intérieur de l'édifice, a d'assez vastes dimensions. Ce n'est plus un réduit, c'est une véritable demeure.

«...La présence d'un mausolée aussi important à Blad-Guitoun est encore un fait intéressant à constater sur la côte de la partie occidentale de la Kabylie ; les Phéniciens avaient fondé plusieurs comptoirs et, à l'époque romaine, il y eut là des centres assez importants : à Mers-el-Hadjadje, au cap Djinet, à Dellys, à Tigzirt, à Taksebl. Mais l'intérieur était bien peu romanisé. Entre Ménerville et l'Oued-Sebaou, on n'a trouvé jusqu'à présent que trois inscriptions latines. L'une découverte à Guenana, près de BordjMenaïel, par M. Yiré, est une épitaphe de l'année 231, qui était placée sur un mausolée; les noms qu'on v lit prouvent qu'il s'agit d'indigènes. Deux autres recueillies près d'IIaussonvillers, nomment des princes maures, établis dans un lieu appelé Castellum Tulei; elles accompagnent des représentations fort grossières, imitations enfantines de motifs grecoromains. En revanche, deux inscriptions lybiques ont été copiées dans cette région. On y rencontre des ruines assez nombreuses. Ce sont seulement des fermes, des hameaux, quelques bourgs, des


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postes militaires. Rien ne montre que la civilisation du peuple conquérant s'y soit sérieusement implantée. Il n'y a donc pas lieu d'attribuer ce grand mausolée à un riche romain, il est plus vraisemblable qu'il a été élevé par les soins d'un seigneur indigène qui aura fait appel pour le construire à un architecte, à des ouvriers de quelque ville du littoral. Nous savons qu'il y avait à cette époque des chefs puissants en Kabylie. Sans parler des deux principes dont nous venons de mentionner les épitaphes et qui ne possédaient probablement qu'une autorité assez restreinte, c'était dans ce pays et peut-être même dans la région de Tisser que la famille de Firmus commandait à une grande tribu, quand il se révolta en 371 ou 372. Il se jeta d'abord sur Icosium et les villes voisines, ce qui indique qu'il n'habitait pas loin de là. Une inscription de l'époque chrétienneW, placée jadis au-dessus de la porte du fort, à Ménerville, nomme un Firmus, sans que Ton puisse dire, il est vrai, s'il s'agit bien du personnage historique.

Ce fort de Ménerville, de Souma, pour être plus exact, était encore intact à l'arrivée des Français dans le pays. Il a été détruit, parce qu'on a vu dans ses murailles une carrière facilement exploitable pour la construction des immeubles et monuments publics de Ménerville. Il présentait la particularité, assez rare, de la défense fixe d'un col en avant de ce col.

Antérieur sans doute à l'occupation romaine, peutêtre contemporain de la période carthaginoise devait

(IJ Le mausolée de Blad-Guitoun est, lui aussi, de l'époque chrétienne. Une pieire portant un calice flanqué de deux poissens, eu fai> foi. Les fondations d'une église sont d'ailleurs visibles à une centains de mètres du mausolée.


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être le curieux cimetière trouvé à 2 kilomètres nordouest de Ménerville, sur un petit plateau ayant vue sur la mer. Il mériterait une étude approfondie. A 40 ou 50 centimères du sol était un dallage en pierres plates et brutes, et sous ces pierres étaient rangées de grandes amphores fermées par des plats en terre vernissées. Une cinquantaine ont été découvertes et cassées par des ouvriers espagnols qui auraient recueilli,outre des cendres et des ossements, un certain nombre de bijoux. Il en reste encore en terre. J'ai pu en sauver une du naufrage. Elle contenait des ossements d'enfant, sans la tèle. Elle ne présentait aucune trace de recoupage. Dans ces conditions, il a fallu attendre que le cadavre fut réduit à l'état de squelette et le squelette désarticulé pour introduire les ossements. Le crâne manquait. Il serait intéressant d'étudier de près d'autres échantillons. Les usages que semblent révéler l'échantillon unique (pie j'ai, seraient à rapprocher de ceux constatés dans les sépultures du Coudiat-Ter à Camp-duMaréchal.

Ménerville, dont la position dans un col avec vue sur la plaine des Issers et la Kabylie d'un côté, sur la mer de l'autre, est si remarquable, a-t-elle été occupée à l'ùge de pierre ? Des trouvailles faites par M. Yinsonnoau, dans le jardin de la maison Porte, qu'il habite, sembleraient le démontrer. Dans les déblais de fouilles profondes, faites pour l'installation de fosses d'aisances, déblais éparpillés au hasard, il a ramassé sans chercher et seulement parce que son oeil a été attiré par leur forme spéciale, trois outils ou débris d'outils dont deux en silex et lin en granit. < Voir la planche ci-contre,.




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Le n° 1 est en granit de la région. Le travail en est remarquable à cause de la difficulté que présente la taille-régulière de la matière. Le n° 2 n'est pas entier- : la pointe seule existe. Taillé à éclats nets, sans retouches. Le n° 4, trouvé au même endroit, est un os, nettement appointé, mais son état de conservation me fait un peu douter de son âge.

Je dois ajouter qu'à Bordj-Menaïel même, dans la vigne du jardin de la maison Pernet, deux pointes très épaises, en même silex brun jaunâtre, taillées à éclats sans retouches ont été trouvées en piochant. Je les ai malheureusement égarées.

A Cissi municipium

Cissi municipium (Djinet), poste berbère, emporium carthaginois, cité romaine aurait pu faire» comme le fort de Ménerville, l'objet d'une étude intéressante vers 1871, lors de la création du hameau français, on a démoli à tort et à travers, par simple curiosité, par les nécessités de la culture, et des vestiges intéressants ont disparu irrémédiablement. Peut-être y aurait-il encore intérêt à déblayer la plate-forme du Settara, dont la face nord forme la belle carrière de basalte qu'on exploite depuis 25 ans. Là était le réduit defensif de la ville romaine.

La falaise basaltique tombait à pic sur la mer. Les destructeurs de la ville romaine se sont acharnés sur ce coin et y ont poussé, pour les précipiter dans la mer et sur les pentes, des débris de toutes sortes. L'an passé, un dégagement de l'extrême bord de la


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falaise fait par les carriers, m'a permis de trouver sous près de 4 mètres de déblais formés de blocs, de terre, de morceaux de poteries, les traces d'une construction de forme sensiblement ronde de 3 mètres de diamètre intérieur environ qui, du point culminant, où elle était, fut peut-être un signal ou un phare. Dans l'intérieur de cette construction, un grand vase ovale en plomb ayant 0m75 de long sur 0m60 de large avec rebords de 5 centimètres recouvert d'un couvercle de même métal en partie fondu et mêlé de terre et de pierrailles que le feu avait amalgamées à la masse du métal et tout à côté, vingt-cinq pièces d'argent toutes à l'effigie de Juba II, mais toutes différenciées par le millésime et la frappe du verso (ces pièces sont aujourd'hui au musée d'Alger). Collection d'un amateur de l'époque sans doute.

F.n dehors de la construction circulaire, entre deux blocs espacés de deux mètres, un squelette humain était engagé dans des scories de mâchefer et de glaise durcie par le feu. Des débris de vases en verre et de petits objets en bronze, complètement déformés, l'accompagnaient. Le tout était recouvert de grandes luiles plaies cassées par la pression des terres.

De nombreux clous de bronze de toutes dimensions gisaient dans les terres avec d'innombrables débris de grands vases et d'amphores portant des numéros d'ordre, un petit vase rond intact en (erre grossière ayant la forme d'un demi-cercle avec deux légères saillies à la place des anses, de fabrication indigène, et enfin le fragment ci-après d'une ins.


-ai -

cription funéraire ayant fait partie d'une stèle en marbre blanc.

Dans l'intérieur de la ville, sur la panse de grands vases, j'ai relevé les marques suivantes :

CAMILLE VIRÉ.



LA RACE BERBÈRE

Iféritable population de l'Afrique éeptentrionale

PAR

M. ERNEST MERCIER,

Président de la Société archéologique

I.

Quelle était la situation de l'Afrique du Nord, au point de vue de la population, à une époque que Ton peut faire remonter jusqu'au trentième ou quarantième siècle avant l'ère chrétienne?

Rien de précis n'existe, en fait de données historiques, mais il est certain que l'Afrique était peuplée; il paraît même établi qu'elle a pris part, durant de longues années, à des événements dont l'Egypte a été le théâtre. Mais cela est encore vague pour fournir à l'histoire des données certaines et nous ne possédons en fait de documents, qu'un renseignement précis indéniable, la façon dont ces indigènes enterraient leurs morts.

L'Algérie, la Tunisie et les hauts plateaux, le


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Maroc sans cloute et le Grand Désert, sont couverts de dolmens de toute espèce, depuis le plus simple jusqu'au plus compliqué; on rencontre également des tombeaux de chefs ou de personnages, entourés de plusieurs cercles de pierres ou formés d'un vaste terrain empierré; au centre, se trouve le tombeau, plus ou moins élevé, où le défunt repose dans la position accroupie. Enfin, nous avons de véritables monuments tels que le Tombeau de la Chrétienne, le Medracene, les Djedar, etc.

Tous ces travaux s'enchaînent et se lient ; ils forment une suite où il serait facile de les classer! 11.

Où retrouvons-nous, en Europe, des tombeaux de ce genre? En Espagne, dans certaines parties de la France, dans les îles de la Méditerranée, en Italie, en Irlande et autres lieux, c'est-à-dire dans les pays assignés à l'habitat des Ibères et des Celtes-Ibères.

Or, les objets trouvés dans ces tombes, en Algérie et en Tunisie ont corroboré les résultats des fouilles pratiquées en Europe : position des squelettes, objets laissés auprès du mort, armes, outils, (ont cela est voisin et pourrait être confondu.

Enfin, nous avons toute une collection de dessins relevés sur les fractions de rocs ou dans les caveaux et reproduisant toujours, el dans bien des cas avecun véritable talenl, des bubales, des chameaux, des éléphants, des boeufs, etc., avec des hommes peu vêtus les conduisant ou luttant à Tare. Nous avons encore des pierres, des os, des oeufs d'autruche, des outils de toules sortes se prêtant à des dessins

il; Voir Cité et h'érropolcs berbères de l'Enftda, par M. le Dr Hamy(Bulletin de Géographie deseri/itioe, 1904).


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divers, épousant même la forme de l'objet qui a servi à le fabriquera).

Cette population présente donc des caractères identiques aux Ibères et aux Celtes-Ibères. Etaitelle née en Afrique? Y est-elle venue d'une autre région ? Il est certain que de vastes terrains, tout le pays même, ont été occupés par elle, depuis une époque qu'il est impossible de fixer.

Reste la question du dialecte parlé par les uns et par les autres. La grande antiquité des Berbères en Afrique, leur a donné un langage qu'ils ont apporté jusqu'à nous, tandis que chez les Ibères et CeltesIbères, il a pu se perdre au milieu des invasions de toute sorte, se confondre, etc. Mais il a pu aussi se conserver en partie et subir des modifications qui rendent son étude intéressante.

Les Arabes ayant bien eu le temps de les voir, les ont jugés tout autrement que les Romains, par exemple; ils ont compris qu'ils avaient devant eux une immense nation, s'étendant de la Marmarique à l'Océan et de la Méditerranée au Soudan, un peuple qui parlait la même langue, sauf quelques dialectes. Aussi, ont-ils jugé nécessaire de la nommer. Un chef des anciens temps, le grand Ifricos(2\ ennuyé de les entendre répéter sans cesse " Ber Ber ", leur a donné ce nom, sous le prétexte qu'ils parlaient sans cesse et disaient la même chose, avec les mêmes mots : Qu'elle Berberia est la vôtre?

Il est donc établi que ce peuple occupait, depuis

(1) Voir les recherches si complètes, parues dans les derniers volumes de la Société archéologique de Constantine.

(2; Chef peu connu de nous et bien douteux.


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Une période qui ne peut être comptée, ce pays, et y est resté, subissant bien des remous, mais demeurant à peu près intact. Chaque tribu éteinte, était aussitôt remplacée par une autre de la même race.

En réalité, cette nation n'a cessé d'absorber les autres peuples ; souvent vaincue, mais attendant son heure et finissant toujours par la prendre et par renaître plus forte'1).

C'est ce que nous allons essayer d'établir.

II

Nous ne rechercherons pas clans les vieilles légendes homériques, des renseignements sur l'Afrique, nous ne relèverons pas davantage, les faits anciens de l'histoire de l'Egypte, ni les luttes prolongées de ses peuples avec les Libyens qu'ils appelaient Tamahou. M. Zaborowski a dit à ce sujet : « L'action « réciproque de l'Egypte et de l'Afrique, Tune sur « l'autre, a été si longue et si profonde, qu'il est « impossible de démêler ce que la première a émit prunté à la seconde et réciproquement'2). »

Nous ne nous attacherons pas davantage aux dires de l'historien Josephe, reproduits par tant d'auteurs et d'où il résulte que les Berbères ont été chassés de la Palestine par les Hébreux; que Djaloù*- (leur chef) essaya en vain de les défendre et se fit tuer en Afrique (3).

Les allégations du rabbin Maïmounide ne sont guère différentes.

fil Nous pourrions citer d'autres berbères : en Abyssinie, en Nubie, en Egypte, etc., cela nous éloignerait de notre but.

(2) Pjuples primitifs de l'Afrique. (Nouoellc Reçue, 1883).

(3 Josephe, Histoire ancienne.


- â? -

Chez les auteurs arabes, il est dit : « Les Berbères « descendent de Berber, fils de Temla, fils de Ma« zigh, fils de Canaan, fils de Cham, fils de Noé. » Il fallait bien trouver le moyen de les faire venir des plateaux de l'Asie.

Le livre d'Ibn Khaldounf 1) si complet, si précis, commence par l'exposé de tous les systèmes connus, à l'égard des origines berbères. Nous y voyons reparaître, entre autres Madghis ; le même nom, suivi d'El-Abter (lequel signifie, sans queue, en grec); Bernés Ifrikos, fils du roi Tobba de TYemen, envahi* le Magreb et THrikiya; ayant tué le roi El Djirdjir, il donne son propre nom à THrikia. Nous avons vu sous quelle forme il appliqua aux Berbères leur appelation. Les conditions difficiles à poser sont les prémisses ; Ibn Khaldonn ne veut pas procéder ainsi :

« Sachez maintenant, dit-il (2), que ces hypothèses « sont erronées et bien éloignées de la vérité. » « En effet, ajoute-t-il, les Berbères seraient les enfants d'Abraham; or, entre Abraham et Isaac, son fils, et David, qui tua le fameux Goliath, nous ne retrouvons qu'à peu près dix générations et dans ce court espace de temps, on ne pourrait guère supposer que les Berbères se fussent multipliés ainsi. »

Il continue et finit par dire : « Mais pourquoi

« nous arrêter aux sornettes que Ton a ainsi débitées,

« au sujet des origines berbères? Il nous faudrait

. « donc subir la nécessité d'en faire autant ? » Il

conclut comme suit : « Les Berbères sont les enfants

(1) Auteur de ['Histoire des Berbères, 4 volumes in-8°, ce qui suit peut-être pris à partir de la page 167 du premier volume.

(2) Livre 1, p. 182 etsuiv.


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« de Chanaan, fils de Cham, fils de Noé Leur

« aïeul se nommait Mazigh; leurs frères étaient les « Gergéséens (Agrikech); les Philistins, enfants de « Casluhiin, fils de Misraïm, fils de Cham, étaient « leurs parents, etc. »

Telle est la solution de l'auteur, pris entre la nécessité de faire venir les Berbères des plateaux de l'Asie et la réalité des faits.

Cette facilité, grâce à laquelle notre immense Berberie se trouve peuplée, n'est qu'une histoire enfantine, car ce n'est pas avec de petites poussées qu'on remplit une (elle mesure; il lui faut d'autres masses.

Uni Khaldoun, voulant à tout prix, donner à nos Berbères celte origine, ne pouvait s'en tirer autrement, ni éviter les conséquences de ces deux thèses : faire des Berbères, les enfants de Dieu et les amener de l'Asie centrale. Il a bien fallu en passer par là et rien ne dit qu'il n'ait pas saisi la faiblesse de son système.

Voyons maintenant un autre texte, apporté par un autre auteur, Sallusle. Il affirme avoir trouvé dans les livres du roi Hiempsal, les faits suivants : « L'hercule Tyrien aurait emmené jusqu'au détroit, des guerriers Perses, Mèdes et Arméniens et ceux-ci, abandonnés clans le pays à la suite de sa mort, auraient formé la souche des Maures et Numides. » Dans tous les cas, il est certain que le pays était alors très habile et que l'émigration n'y était pas facile!1). Ces fables d'Hercule ou de l'hercule Tyrien étaient alors très répandues et rien n'empêchait de s'en servir.

1,1) Bell. Jugurt, (Partie xvn à xx).


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Nous n'avons pas les mêmes raisons d'agir : que nous importent toutes ces histoires de gens accourant pour occuper ces pays de l'ouest ? Manquaientils alors d'habitants? Cela ne paraît pas exact pour l'Afrique du Nord. N'est-il pas de mieux en mieux démontré, que certaines populations se sont élevées dans diverses localités, et 'y sont restées ?

Les Romains, qui ont gardé, environ cinq siècles, en pleine puissance, cette même Afrique, lui ont-ils donné un seul jour leur nom? Le pays occupé était trop peu important, par rapport au reste, pour le mériter. Il gardait donc son nom pour lui.

A côté d'eux, n'en est-il pas venu d'autres? Les Phéniciens par exemple. Ils ont eu aussi, cinq ou six beaux siècles. Qu'en est-il resté? Rien. Les Vandales, les Grecs,, les Espagnols, les Italiens et, enfin, les Turcs : tout cela n'a fait que passer.

Seul le Berbère a résisté. Il se loge et vit partout, dans les plaines et sur le littoral, dans les montagnes les plus abruptes, sur les hauts plateaux, dans les vallées du désert. Tout lui est bon, partout il prospère; ses luttes seules, l'ont trop souvent perdu.

III

Autant qu'il nous sera possible, nous allons chercher le rôle de la population berbère vis-à-vis des étrangers et pour cela, nous remonterons — pour peu de temps, — jusqu'au xne siècle avant l'ère chrétienne.

C'est l'époque où les Phéniciens ont commencé leurs incursions dans la Méditerranée. Les ports de


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la Tunisie leur allaient fort bien; mais le pays était gardé et ce ne fut pas sans peine qu'ils obtinrent de rester dans le port, ou au-delà, en attendant qu'ils aient souscrit des engagements, des obligations de payer des droits de toute sorte, et en s'engageant à apporter des marchandises et à enlever les produits indigènes au moins en partie 111.

De là, les Phéniciens ont gagné des stations vers l'ouest et sont allés conquérir le midi de l'Espagne; puis, ils se sont lancés dans l'Océan et ont déposé des colonies des deux côtés de l'ouverture du Golfe. Carthage fondée, vers le commencement du dixième siècle, devint leur ville principale. On sait à quelles conditions ils l'avaient obtenue'. 2) .

A mesure que les siècles s'écoulaient, ces villes se développaient, s'étendaient, résultat de la civilisation apportée par ces étrangers ; ils avaient soin d'entretenir de bonnes relations avec les Berbères et d'offrir, même leurs filles, aux rois indigènes, car ceux-ci avaient de véritables rois.

Cependant, des luttes s'élevèrent entre eux et leurs hôtes les Carthaginois. On dit que ceux-ci essayèrent une conquête vers Tébessa. Ils avaient dans diverses contrées de l'intérieur des groupes établis, mais ne s'occupant que de commerce.

(11 Dans ses Procinces africaines (T. V. , Mommsen se trompe, en déclarant que le transport des Grecs dans la Méditerrannée, sur la parl'e nord, a été causée par la culture phénicienne déjà établie depuis longtemps en Afrique. Ils tenaient du reste l'entrée île la Sicile et de l'Italie et possédaient la Cyrénaïque, comme un véritable pays. Cela n'a pas été la vraie cause Les Phéniciens étaient pour employer une expression du temps dans la plus grande période de leur foi-lune. Ils auraient fait un rude to't à la Grèce. Ce que .Mommsen n'a pas connu, c'est qu'après la première conquête, les Arabes quittèrent le pays et les Berbères le gardèrent en totalité de 970 à à 1000 de l'ère chrétienne.

(2 Les Berbères leur avaient vendu la largeur d'une peau de bieuf; les Pli' niciens la découpèrent et obtinrent ainsi une part raisonnable.


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On se voyait, en cherchant à se tromper les uns, les autres. Quand la guerre fut portée de Carthage en Sicile (ve siècle av. J.-C), suivie de la campagne d'Agathocleen Afrique, les rois indigènes adressèrent de toute part, à ce dernier, des secours et des hommes.

En 265, Rome rompt avec Carthage., Les indigènes suivent cette guerre sans s'y mêler ostensiblement. Des Libyens fournissent leur concours et périssent misérablement, dans la guerre des Mercenaires.

Les guerres suivantes eurent pour résultat de faire sortir les Berbères de leur isolement; prenant tour à tour parti pour les Carthaginois, ou contre eux, ils aidèrent enfin les Romains à en triompher (146). La partie de la province gagnée par Rome équivalait à un tiers ou un quart de la Tunisie; c'était le territoire de Carthage, rien de plus.

Aussi ces Carthaginois, maîtres du littoral et depuis si longtemps, furent promptement oubliés. Ils se réunirent à Carthage et dans quelques autres villes, et essayèrent en vain, de tenir encore ; les uns partirent, d'autres restèrent, mais leur idiome ne tarda pas à s'éteindre et leur culte disparut en même temps. On trouve de cette époque des pierres aux inscriptions en langue berbère, ce qui prouve que les deux langues s'étaient parfaitement conservées'1).

Déjà les Romains avaient eu des renseignements sur ces indigènes, par leurs grands voyageurs. Hérodote,un grec, qui était allé en Egypte, fort loin du reste,n'avait appris, sur la Cyrénaïqueet la Tripolitaine,

(1) Ce fait de la conservation de la langue indigène a été très bien constaté par Mommsen. Histoire romaine t. v Trad. Pallu de Lessert et Walter.


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que des détails incomplets; il parle aussi de la frontière orientale de la province d'Afrique. Quoiqu'il en soit, ce sont ses théories qui seront admises, durant trois siècles^'.

Diodore ne dit rien de sérieux sur ce pays. Strabon, Pline ont pour révélateur Hérodote et ce qu'ils ajoutent, a été réuni assez habilement. Ce n'est guère qu'à partir de la fin du premier siècle et en continuant, que la liste des indigènes s'étend à Tinfini, Nous en donnons le tableau suivant :

Cjrénaïqne et Tripolitaine

Libyens (Lebathaï) (de Procope), Ilaguanten (de Corrippus) occupent des régions diverses de ces pays ;

Barcites et autres, au nord de la Cyrénaïque;

Nasamous, littoral tripolitain et oasis;

Psylles, la grande Syrte ; .

Makes, au-delà de la grande Syrte;

Troglodytes, occupent les montagnes, à l'angle inférieur de la petite Syrte;

Lolophages, dans l'île de Djerha1'2).

Afrique propre

Zaouekes, Arzugues (de Corrippus) paraissent avoir donné leur nom à la Zeutigane. Maxyes.

Ghyzantes ou Bizantes, ont dénommé la Bizacène, Province de Carthage

Lybo-phéniciens, peuplades mixtes de la province de Carthage;

il) Le Nord de l'Afrique dans l'antiquité, par M. Vivien ne SaintMartin, p. 77, note 1.

(2; On remarquera que bien des noms ne sont pas indigènes.


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Nnniidie

Numides (nom générique). Elle s'étendait à Test dans la Tunisie, jusque vers Sfax ou El-Djem et, à l'ouest, jusque vers Sétif.

Nabates, région nord-est;

Massessyliens (puis Massiles), remplacés par les tribus ci-dessous dénommées ;

Musulames et Zabuniï, dans le Hodna et le Zab ;

Nattabutes, au sud de Guelma;

Kedamousiens, près de Constantine, s'étendent vers TAurès et, à l'ouest, assez loin;

Barbares et Sabarbares, dans les montagnes, au nord des précédents.

niauE'étauie orientale

Nom générique des habitants : Maures('), on y a associé les Maziques.

Quinquegentiens, divisés en Isaflenses, Massinis-, sences, Fraxinenses, Jubalènes et Nabates, tout le massif de la grande Kabylie actuelle'2).

Massiles, puis Massessyliens, à l'ouest du Djerdjera. Remplacés par les Mouzonnes et autres tribus;

Makhourèbes et Baniures, au sud-ouest du Djerdjera;

Makhrusiens ; sur le littoral de la province d'Alger.

Nakmusiens, Tolotes ou Teladousiens, Elouliens, Musulames; dans la région des hauts plateaux.

(1) C'est à tort que les auteurs du bas-empire appellent Maures les gens du sud-est, qui n'ont rien du Maure.

(2) Nous ne rappelons pas la tradition par laquelle les Quinquegentiens auraient en vain cherché un séjour vers le IIIe siècle et seraient arrivés dans la grande Kabilie qu'ils auraient peuplée hic et munc.


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Alaiirétanie occidentale

Maures, nom générique.

Massessyliens, dans le bassin de la Moulouïa; Maziques, sur le littoral nord; Bacuates ou Beregouata, bassin du Sebou; Makenites, cours supérieur du Sebou; Autololes et Banioures, bassin de TOum-el-Rebia. Daradoe, Darathes ou Dares, bassin du Deraa.

Libye déserte

Occupent tous les déserts de l'Afrique du Nord : Gétulie, Gétules;

Garamantes et Gamphazantes, le Garama et la Phazanie; Blemyes, au sud des précédents ; Perorses, Pharusiens, au midi de TOuad-Deràa; Melano-Gétules, au sud des Gétules.

Tous ces peuples portent le costume kabyle.

Tels sont les noms principaux des tribus indigènes du nord de l'Afrique; nous les prenons à l'arrivée des Phéniciens, douze siècles avant l'ère chrétienne et nous les amenons à l'invasion arabe, en 616, après J.-C. Il est certain que si, parmi ces noms, certains s'éloignent absolument des vocables locaux, beaucoup peuvent, au contraire, être rapprochés d'eux.

Les latins, qui ont mené leur conquête si lentement, ne se sont pas aperçus qu'ils étaient en face d'une même race; ils trouvaient des indigènes latinisés partout; plus loin c'étaient les "Barbares", dont ils ne cherchaient pas à comprendre le langage. Dans les ports ils entendaient l'idiome punique ou même libyque; aussi crurent-ils qu'on parlait le


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punique partout. C'est pourquoi Saint Augustin demande à la fin du ive siècle, des interprètes puniques pour aller vers Guelma, soutenir ses principesO). Hélas! depuis bien longtemps on ne parlait plus le punique en Afrique et il est facile de s'en rendre compte en lisant les inscriptions funéraires de Carthage, la plus grande ville, et des lieux où le berbère était parlé <2).

IV

Examinons, maintenant, de quelle façon les Berbères furent traités par les Romains, durant la période qui commence en 126 avant J.-C, pour finir comme domination, au cinquième siècle. La colonisation latine ne s'effectua, en premier lieu, que par le déplacement successif des princes indigènes, abandonnant le terrain au peuple roi.

Lorsqu'un pays de quelque importance était conquis, les terres entourant les villes principales, passaient comme tout le reste, sous l'autorité du peuple romain; mais cette règle subissait des modifications. On prélevait, en général, de vastes latifundia, pour des particuliers ou pour l'Etat, on en réservait pour d'autres emplois; tout était cultivé, mais par les indigènes qui recevaient une faible part.

Dans les régions du sud, domaine de l'empereur, c'était l'armée qui percevait les fermages; partout ailleurs, ils étaient payés par les indigènes au procurator (3).

(1) Mommsen est d'avis qu'à partir du règne de Tibère, on ne parla plus phénicien en Afrique.Nous sommes heureux d'être de son avis (t. \\).

(2) La rareté des inscriptions puniques nous en donne la certitude.

(3) Cagnat. L'armée romaine d'Afrique, Passim. Tout est à retenir dans ce bel ouvrage.


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Aussi, les contrées voisines des centres furent employées à des cultures diverses et les indigènes y jouèrent un rôle actif, mais peu rémunérateur. Seulement, les siècles s'ajoutèrent aux siècles et il se trouva, que les anciens serfs ou serviteurs avaient changé lentement de position et étaient devenus des maîtres. C'est surtout après Ledit de Caracalla, que rien ne s'opposa plus à l'extension de la puissance de chacun. Du reste, dès la fin du Ier siècle, les souverains, dans leurs voyages, se plaisaient à conférer le droit de cité aux villes.

Les petites cités et les villages étaient remplis de Berbères romanisés. Il y eut peu d'importations d'émigrants. Caïus Gracchus avait amené 6,000^) colons-latins à Carthage, pour exécuter la loi Rubrïa, consistant à relever cette belle ville. Ils le quittèrent, en général, et se répandirent de tous les côtés, cherchant des affaires. César envoya des colons ; Auguste essaya d'en faire conduire, près de Cherchel, alors capitale de la Maurétanie. Leur sort fut assez misérable(2>.

Tibère et Claude expédient aussi des vétérans, pour coloniser sur le littoral et dans l'intérieur ; ainsi furent fondées des colonies de vieux soldats, en général sur les points les plus exposés. Ces localités recevaient le droit de cité romaine et de grands honneurs.

Or, il faut le répéter, les Berbères ont fait la force et la durée de la domination romaine. Ils ont abandonné leur nom et pris des appelations latines avec le rattachement à une tribu de Rome(3). Ils ont

(1) D'autres donnent un chiffre moindre.

;2) La population indigène de l'Afrique, par E. Mercier, p. 28 et suiv.

(3, Voir le Corpus n" 11821 et tant d'autres.


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accepté la religion de leurs maîtres, se prêtant à toutes les adaptations; plus tard, ils sont devenus chrétiens, en grande partie.

Mais, au-delà des limites habituelles des centres, on rencontrait des Berbères encore formés en tribus, à demi-civilisés et en général, ne cherchant qu'à se rapprocher. On traitait avec eux, on recevait leurs dieux dans l'Olympe, toujours si vaste et on plaçait à leur tête un pvinccps, sorte de contrôleur, de juge, de chef, avec des pouvoirs étendus.

Cependant, ces territoires étaient eux-mêmes limités; au-delà, on trouvait le Berbère pur, avec lequel on passait des contrats. Le roi signait et la tribu devenait une gens foederata. Cela durait jusqu'à la prochaine révolte.

En prenant possession du pays par lambeau, les Romains ont compromis leur conquête, bien qu'elle eut durée de cinq à six siècles. Ce procédé les a poussés à porter, de plus en plus en avant, leurs limites, et à les abandonner, plus tard, selon les nécessités. Ils ont fait, comme nous, en commençant, des expéditions, d'où Ton avait le tort de revenir, tandis qu'il fallait rester et prendre possession. La différence de situation que nous venons d'indiquer, entre les indigènes, était une cause de rivalités et de luttes permanentes.

A partir de Tannée 305, l'Afrique avait obtenu la paix religieuse; beaucoup de Berbères romanisés, car ils formaient le grand nombre, avaient été poursuivis, d'autres mis à mort 0). On allait, enfin, jouir

(1) Si l'on veut avoir une liste complète des évéchés d'Afrique, on peut se reporter au grand tableau dressé par de Mac-Latrie et publié dans le Bulletin de correspondance africaine. On trouvera la des noms de tribu de toute sorte.


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du bonheur domestique.... Malheureusement, éclata le Donatisme, qui divisa les chrétiens et les lança les uns contre les autres. La secte des Circoncellions le suivit et, durant tout le IVe siècle, ces malheureux luttèrent ensemble. Il est indubitable que la plus grande partie de Berbères romanisés y succomba ;1'.

Aussitôt les indigènes voisins s'approchaient et prenaient la place des précédents. En même temps, la poussée qui arrivait par derrière, remplissait les vides par de nouvelles tribus. Toute l'histoire de l'Afrique résulte, pour les indigènes, d'une loi de pénétration et de remplacement. Plus tard, nous verrons ces tribus devenir puissantes; prendre le commandement, puis tomber dans l'obscurité ou même disparaître tout à fait.

En 429 (2l, Boniface appelle les Vandales. Ils débarquent dans la Tingitane et s'avancent vers Test. Boniface, revenu de ses erreurs, essaye de les arrêter, puis leur offre le combat, près de Guelma. Il est battu et assiégé dans Bône, où Saint Augustin trouve la mort. La province de Constantine est vaincue ; mais bientôt Gélimer va attaquer Carthage, la prend et s'y installe.

Il offre à Valentinien III de reprendre le pays qu'il vient de quitter, et ce prince est effrayé des rapports que lui font ses agents. LaNumidie est ruinée ! Mais laissons les Vandales et arrivons à la

il) On sait que le Donatisme était la révolte des chrétiens ayant souffert, contre les autres chrétiens qui avaeint subi tout simplement la persécution en rentrant dans l'ancien culte; le nombre de ces lapsi était considérable (S'oir Histoire de l'Afriqw chrétienne, par M. Mouseau T. Il, p. 50 et suiv.).

(2) Nous savons que ce chiffre est sujet à des contradictions.


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conquête de Justinien (535). Il fait chasser les Vandales, par Belizaire, et bientôt, il ne restera rien de ces envahisseurs. C'est la race berbère qui reprend tout.

En effet, on voit arriver de tous côtés, les Berbères réunis en tribus et ayant des rois à leur tête; Yabdas, est le grand chef de TAurès ; Cutzinas, commande les gens de Test; Orthaïas, ceux de l'ouest; Massinas ou Mastegas, est le grand chef de la Maurétanie; Antalas, celui des Berbères de la Tripolitaine. Bientôt il sera impossible de résister; les indigènes accourent; la colonisation est détruite et nous n'allons pas tarder à voir disparaître, avec les Byzantins, ce qui restait de l'empire.

V

Nous arrivons au VIIe siècle; maintenant la race berbère aura, grâce aux auteurs arabes, surtout Ibn Khaldoum't1), une véritable histoire. Ainsi que nous le faisons dans notre Afrique (Berberie), nous diviserons les anciens Berbères en deux groupes : celui de Test et celui de l'ouest.

Le groupe des Zenata, établi au milieu, est arrivé plus récemment; il complétera ce tableau.

Berbères de l'Est ( 2)

Houara. — Très puissante tribu. A laissé des traces dans les régions de Test. Elle occupe la Tripolitaine et le Fezzan ; avec un groupe important

(1) Histoire des Berbères, par Ibn Khaldoum; lire les quatre volumes (Trad. de Slane); voir aussi tous les auteurs arabes.

(2) Rien n'aurait été plus facile que de donner ici des listes complètes nous préférons renvoyer à notre 1" volume.


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s'avançant, par le Djerid tunisien, vers le centre algérien.

Les Mclila, Ouergha, Mecellata, etc., aux environs de Constantine. Originaires des Ketama).

Louata, immense tribu; mêmes traces laissées dans Test que les Houara. Habitent l'Aourès et les régions aux environs de Gabès.

Nefouça. — Région montagneuse au sud de Tripoli ; là se sont réunis les Kharedjiles de cette région.

Nefzaoua. — Djerid intérieur et sud de la Tunisie et de la province de Constantine; ancienne tribu.

Oulhaça et Ourfeddjouma, dépendant des Nefzaoua, (Aourès). Des "Francs" sont restés avec eux depuis la conquête, jusque vers 1350.

Aoureba ; occupent l'Aourès antérieur.

Berbères de l'ouest

Ketama; occupent actuellement la province de Bougie et delà, laissant la capitale au nord, s'étendent jusqu'à l'Aourès. Ils étaient maîtres de Constantine et de partie des plaines à l'ouest et à Test.

Zoiiaoïia. tout le massif de la grande Kabylie. 11 commence vers le terrain de Bougie, et s'avance entre les Ketama et les Sanhadja.

Sanhadja, grande tribu à l'ouest des Zouaoua, jusqu'au Chelif; de la mer, elle rejoint les hauts plateaux.

Les Sanhadja nous représentent une grande tribu, maîtresse pour un instant du Magreb. Non seulement, en effet, on retrouve des Zenaga au Maroc et dans


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diverses localités, mais on voit, en plein sud, les Messoufa, Guedala, Mendaça, Beni-Ouareth, BeniSelit et Mediouna.

Les Telkata (et bien d'autres tribus) sont restées en Algérie, tandis que les Messoufa, Guedala, Chorfa vivaient dans les plaines du sud et portaient le nom de Sanhadja-au-Litham.

Faten, très forte tribu occupant le centre et la région, au-delà des Sanhadja, à l'ouest.

Matmata, Marila, etc., nombreuses tribus venant de la précédente, répandues un peu partout.

Aziadja (des Dariça), aux environs de la future place d'Oran.

Adjiça (des Dariça\ au sud des Zouaoua.

Romara (Ghomara), couvrent le pays du Rif (le littoral jusqu'à Tanger).

Mikuaça, Ourtandja et Augma (des Oursettif), région centrale du Magreb extrême.

Berg'ouata, aux nombreuses fractions, sur la ligne de l'Océan, au nord.

Zanaga, occupant les premiers contreforts de l'Atlas.

Masmou'la, le versant occidental de l'Atlas, les plaines et le littoral, à l'ouest.

Keskoura, les hautes-montagnes de l'Atlas.

Guezoula et Lamta, la rive gauche de TOuad-Sous et TOuad-Derâa.

Sanhadja-au-Lilham, toute la partie méridionale et occidentale du grand Désert.


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Zenètes (Zcnata) O1

Zeuèle, nom patronymique (2).

Zouar'a et Ourgma (des Demmer), à l'ouest de Tripoli, vers les montagnes.

If ri'ne, régions méridionales de la Tunisie.

Djeraoua, Djebel-Aourès.

Ifrènc cl Mitg'raoua (anciens); Itodiui-Zab, région méridionale de TAurès.

Ouargla, dans TOuad-Rir;

OucmuitnoH et Illoumi, à l'ouest du Iloclna.

Ouarmert, dans le Djebel-Rached.

Oitmid, à Touesl de cette montagne.

Inûane, au sud de Tlemcen.

Ouacine, formant les Mag'raoua de la troisième race, s'avancent par la vallée de TOuad-Rir'.

Les Zenètes ont donné leurs noms à une foule de

tribus à Test et au sud du Maroc.

Ils ont en tête les Abd-el-Ouad, les Beni-Merine, les Rac-hed, puis la masse des Beni-Badine.

Ces derniers Berbères ne se sont avancés que peu à peu, et ont fini par donner des empires, du XIII'' au XVI- siècle, à l'Algérie

VI

Il faudrait maintenant suivre l'histoire de ce pays; mais elle est beaucoup trop compliquée. Bornons-nous à reproduire certains faits se rapportante notre thèse.

(1) Parlent un langage qui s'éloigne le plus du berbère pur.

Ci) I es Zenètes sont dans tous les pays de dattiers se trouvant au coeur de l'Afrique. Ils eu forment la population. Mais on les rencontre aussi dans les villes, dans les mon aguts, particulièrement l'Aourès. En léalilé, ils sont partout et parussent être arrivés par la vallée de l'Ouedlîir et avoir traver-é et occupé le pays en maitres; puis avoir été vaincus et s'ét'e fondus, ce qui donnait aux au'res la force d'approcher.


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Vers 640, les Arabes ayant conquis l'Egypte, commencèrent leurs courses dans la Tripolitaine. C'est, en général, des cavaliers venus d'Orient ou d'Egypte et qui paraissent n'avoir cherché, d'abord, que du butin. L'idée de conquête et d'occupation ne leur vint qu'ensuite et ne fut achevée qu'en 705, par Mouça ben Noceïr.

Les Grecs et les Romains habitant le pays étaient expulsés, vaincus; leurs débris se retirèrent et il ne resta que quelques populations latines payant la double dîmeW.

Quant aux Berbères, ils se soumirent à l'islamisme ; mais ils étaient si nombreux, qu'on éleva sur bien des points, des ribate (sortes de couvents), où ils venaient s'enfermer quelques mois et d'où ils sortaient convertis et prêts à la lutte.

C'est alors qu'eût lieu la conquête de l'Espagne, due à Tarek ben Ziad, un berbère, qui conduisait avec quelques cavaliers arabes, 8,000 convertis!2), sortant des ribate. On sait que cette entreprise fut soutenue par un envoi continu de Berbères en Espagne et aussi par quelques troupes arabes, venant combattre à leur tête.

Bientôt on traversa les Pyrénées et Ton se répandit en France. La bataille de Poitiers arrêta cet essor et fit entrer des nuées de Berbères et d'Arabes en Espagne (733).

Les représentants du Kalife sont établis à Kairouane, avec une petite colonie arabe. Ailleurs, ils

(1) Les lois islamiques autorisaient les chrét'e is à résider sur le sol sacré de l'Islam en payant la double ditne C.ctle tolérance ne dara pas longtemps.

(2) Ce chiffre est encore sujet à des discussions nombreuses.


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détiennent des postes et surveillent, avec le plus grand soin, la guerre d'Espagne. L'affaire semblait admirable lorsqu'en 740, éclata la révolte de Meicera, près de Tanger. Les Berbères avaient accueilli des réfugiés d'Orient. C'étaient des KharedjitesO) et ils leur fournissaient le moyen de résister aux Arabes tout en demeurant musulmans. A peine Meicera eût-il écrasé les troupes venues d'Orient, pour le combattre, tous les Berbères se déclarent Kharedjites. Ils chassent de partout les Arabes; on envoie contre eux des armées de 40,000 hommes, pris dans les colonies du Khoraçan et de la Syrie. C'est en vain. Les Kharedjiles arrivent à Kairouane, venant de l'ouest, du sud et de Test, et s'en emparent. Cette révolte devait durer trois siècles et absorber le sang berbère et le sang arabe, d'une façon affreuse.

L'émigration en Espagne en fut arrêtée nette et l'Europe respira. Cependant, les Berbères d'Afrique ne surent pas tirer de cette révolte ce qu'elle promettait. Les chefs se disputèrent et après avoir lutté contre les Arabes, il fallut lutter entre soi. Aussi, les musulmans d'Orient reprirent-ils courage et conservèrent-ils l'Ifrikia; mais ce fut tout. Des dynasties berbères se partagèrent les pays de l'ouest.

A la fin du neuvième siècle, un Ismaïlien, Obeïd Allah, réfugié en Afrique, parvint, lui Arabe, à chasser les représentants Abassides. Il fit reconnaître à

;'l) Le Kharedjisme a pris naissance au moment ou Ali, gendre du prophète, a subi l'arbitrage a lui proposé par Moaouïa. On appelle ce schisme la cinquième secte, car il y en a que quatre orthodoxes. Nous ajouterons, à ce sujet, que quand Ibn Khaldoun préten i que les Berbères avaient apostasie jusqu'à do !ze fois, il n'entend parler que du retour aux sectes Kharedjites.


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El Mehdia, la dynastie Fatimide et s'entoura des berbères Ketama, qui avaient grandement contribué à son succès. Mais, il fut attaqué par la révolte de l'Homme à Tâne (Kharedjite nekkarien) et ce ne fut qu'en 972, que son arrière-petit-fils, El Moaz, fut en état de transporter l'empire en Egypte. Il laissait, à titre de vice-roi, pour le remplacer, un sanhadjien nommé Bologguine, car il avait dû se passer des Ketama et employer les Sanhadja, plus fidèles et moins turbulents.

Cette dynastie, transportée en partie dans la Tunisie ne tarda pas à se disjoindre, par la faute de ses princes, toujours en luttes ou disposés à se combattre.

En 1048, les Sanhadja formaient deux royaumes : l'un, celui des Zirides, resté à El-Mehdia et l'autre, celui des Hammadites, établi dans la Kalâa, au nord du Hodna.

Avant de reprendre cette date de 1048, voyons rapidement les modifications qui se sont produites chez les tribus berbères0'.

Les Louata et Haouara ont laissé des leurs, en Tripolitaine, mais à la suite des révoltes Kharedjites, ils sont venus en grand nombre, dans la Tunisie et ont occupé les vastes plateaux des deux côtés de la frontière; d'autres, enfin, ont suivi leur prince à Tiharet et sont restés dans les environs de cette ville.

Le Djebel-Nefouça, l'île de Djerba et !e pays des Beni-Mezab sont devenus le refuge des Kharedjites.

(1) Nous ne nommerons pas ceux qui n'ont subi aucun changement important.


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La Tunisie obéit toujours aux Zirides, mais la puissance du prince qui les commande est nulle. La province de Constantine et tout le pays des Sanhadja sont sous l'autorité du prince hammadite El Kaïd, plus sérieux que son cousin.

Les Aoureba et Djeraoua ont disparu et leurs débris se rencontrent au Magreb extrême.

Les Rir'a, fraction des Mag'raoua sont au sud de l'Aurès, avec les Ouargla.

Les Ouacin ont prononcé leur mouvement. Les Beni-Merine avancent maintenant par le sud, vers l'ouest; puis viendront les Abd-el-Ouad, qui sortent à peine de TAurès. La masse des Beni-Badine, marche en droite ligne, vers le mont Ouarensenis.

Les Sindjas et l'Aghouat occupent les hauts plateaux. Les Rached ont atteint la montagne à laquelle ils donneront leur nom.

Les Ketama occupent la région comprise entre Constantine, Sétif et la Kabilie.

Les Zouaoua n'ont pas bougé.

Les Sanhadja occupent tout le pays du littoral jusqu'à Tenès et partie des hauts plateaux.

Les Ouemannou et Illoumi sur les deux rives du Chelif, repoussent les Beni-Fatène.

Les Ouadjdidjen et Ouarmerf, près du Ilodna, non loin des Demmer.

Les Ifrène, commandés par les Beni-Yala, régnent à Tlemcen et ont refoulé vers le sud les Ourtiid et plus loin, encore, les Irniane.

Les Mag'raoua, Ifrène et Mikuaça se disputent le pouvoir clans la vallée jusqu'à Fès.

Tout le reste n'a pas subi de notables changements.


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VII

Nous arrivons maintenant à la deuxième invasion arabe, celle de 1048.

Quel pouvait être le nombre des envahisseurs? Question assez difficile à résoudre : nous les avons estimés à un maximum de deux cents mille et nous pensons être allé loin.

En tête, marchaient les Riah se composant de quatre tribus principales.

Puis les Zor'ba (cinq tribus).

Puis les Athbedj (cinq tribus).

Puis les Djochem, Acem et Mokaddem (trois tribus).

Puis les Makil et Adi (deux tribus).

Puis les Soleim (cinq grandes tribus).

Ce qui distingue cette émigration des autres, c'est que ces Arabes emmenaient avec eux leurs familles et tout ce qu'ils possédaient. Venant de la haute Egypte où ils avaient été retenus depuis cinquante ans, sans pouvoir vivre ni s'étendre, ils trouvèrent en Afrique un terrain très propice, qui leur fournit l'occasion de repeupler rapidement, en dépit des pertes qu'ils supportaient.

Mounès, chef des Riah, se trouvait au midi de la Tunisie, lorsque le Ziride el Moëzz, en guerre avec son cousin, le hammadite El Kaïd, vit dans l'arrivée de ces Arabes, un événement très heureux. Il fait venir le chef des Riah et conclut avec lui un traité, par lequel celui-ci fournirait ses hommes et recevrait quelques avantages. Mounès signe des deux mains; et aussitôt les Riah, Zor'ba et Djochem envahissent la Tunisie et mettent tout au pillage.


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Les Athbedj s'avançant à l'ouest, se tiennent sur la limite des hauts plateaux, touchant l'Aourès et ]es Mâkil continuent la marche, en passant au sud de cette montagne. Quant aux Soleïm, ils s'établissent dans la Tripolitaine.

El Moëzz se voyant perdu, appelle à l'aide El Kaïd et un Mag'raoui de Tripoli; ils accourent et Ton combat sur le plateau de Haïderane. Les Berbères sont vaincus, bien qu'ayant des forces beaucoup plus nombreuses que les Riah, Zor'ba et Djochem, leurs ennemis î1).

Les pillages recommencèrent; mais une sorte de partage fut effectué entre eux : les Riah et Djochem conserveront Badja, comme centre avec un vaste territoire. Les Zor'ba auront pour leur part Gabès et le terrain allant sur Tripoli. Ce seul fait indique le petit nombre de ces Arabes.

Les Athbedj ne tardèrent pas à se mettre en lutte contre les Harnmadites.

En même temps, une grande révolution se préparait clans l'extrême sud. Ce sont les Berbères voilés qui en étaient les auteurs. Entraînés par les marabouts, qui les soumettent au régime du ribate, ils en sortent guerriers, prêts à la mort; bientôt ils arrivent des bords du Niger, attaquent les rois du Mag'reb et de l'Espagne, les détruisent, ou les amènent à la soumission à leur maître Abou Tarhefine. Ce sont les Almoravides, marabouls de l'extrême sud, illétrés et violents (1062, "2i.

1; c Trois mille d'entre les noires ont tué treille mille des leurs, « a dit un poète ar,.be enflammé par son zèle.

i2) Ainsi, tandis que les Arabes s'avançaient par l'est, les Zenètes arrivaient par le milieu et les Almoravides par l'ouest.


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Cependant, le roi hammadite subsiste encore, il sait se faire craindre et passe tout son temps à lutter contre les Arabes, ou à envahir les régions du nordOuest, détruites par les guerres les plus terribles.

Moins d'un siècle après l'avènement des Almoravides, une autre tribu du Mag'reb, celle des Masmouda, obéissant à l'appel d'un marabout (le Mehdi), fonde une autre dynastie, celle des Almohades, dont Abd el Moumene prend le commandement. Rien ne lui résiste. En 1147 il s'empare du Maroc, puis conquiert toute l'Afrique et l'Espagne. L'immensité de son empire ne pouvait que nuire à sa durée.

En 1198, son petit-fils, El Mansour vint en Tunisie, appelé encore une fois par les sottises des Arabes ; après les avoir durement châtiés, il réunit les Riab (moins les Daouaouïda), les Djochem et les Acem et les fait partir par l'extrême sud, sous la conduite d'un émir des Toudjine, qui les amène jusqu'aux rives de l'Océan.

Les Djochem et Acem, avec leur fraction des Mokaddem, furent cantonnés dans leTamesna, vaste plaine, entre Salé et Maroc; quand aux Riah, ils les installa dans le Hébet, au sud de Tétouane'D. Ce fut ainsi que les Arabes en petit nombre pénétrèrent dans les régions du Maroc où rien ne paraissait les appeler.

L'empire Almohade ne tarda pas à se dissoudre et l'Afrique fut divisée entre trois dynasties berbères ; malgré les luttes qui les occupaient sans cesse, elles devaient résister près de trois siècles.

(1) Ibn Kaldoun, Berbères, t. I, p. 55-60, 69 et 71; t. II, p 95-162,


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En voici T'énumération :

Les Almohades-Hafsides, à Tunis (1224).

Les Abd-el-Ouadou Zeïanites, race Zenète, à Tlemcen (1240).

Et les Beni-Merin, également des Zenètes de la troisième race, à Fès. Ils s'emparent du Maroc en 1269 et mettent fin à l'empire almohade.

Toutes ces dynasties arrivant au pouvoir, après avoir lutté plus ou moins longtemps, ne savaient que ce qu'ils avaient pu apprendre en arabe. Ce n'est que par la pratique de l'autorité et la succession des princes qu'elles se formèrent; aussi leur fabriquait-on des notices les rattachant au Prophète.

Au xvr siècle, toute l'Afrique, moins le Maroc, passe sous la domination turque, curieuse histoire, dans laquelle les indigènes sont restés livrés à euxmême et sans cesse en révolte, en l'absence de tout sentiment national.

Quant au Magreb extrême, il se soumet à la dynastie des cherifs Sâadiens, de TOuad-Deràa et plus tard des cherifs de Tafîlala, qui y régnent encore, non sans peine.

Mil

Dans la longue période que nous venons de parcourir, (pie sont devenus les Arabes?

Les Debbab (des Soleïm) sont restés en Tripolilaine, où ils se sont mélangés avec les indigènes; les Mirdas sont dans le pays de Castiliya; les Allak occupent le centre de la Tunisie, ayant pour chefs les Kaoub; les Hakim sont entre Souça et El-Djem-


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Us ont fondé beaucoup de tribus et se sont alliés à d'autres.

Près de Bône, nous avons encore des Mirdas et des tribus de diverse origine.

Les Athbedj ont envahi, peu à peu, toute la province de Constantine et se sont alliés notamment avec des berbères Haoura et Louata, dont ils ont pris les habitudes et le langage; d'autres tribus ont agi de même avec d'autres indigènesU).

Ainsi, de part et d'autre, Ton se rapprochait. Les indigènes, dont nous venons de parler, ont pris les noms nouveaux de Nemamcha, Harakta et Henanecha, etc. ; un grand nombre d'autres ont fait de même.

Les Daouiouida, des Riah se sont définitivement casés dans le Zab Chergui.

Tout le groupe des Zor'ba s'étend sur les plateaux, depuis le Dira jusque dans la province d'Oran, coupés irrégulièrement, au nord et au sud, par les Berbères.

Les Mâkil ont gagné l'extrême sud marocain et sont campés sur TOuad-Derâa, et même plus bas. Une de leurs tribus s'est séparée d'eux et s'approche d'Alger (les Thâaleba).

Quant aux Arabes, amenés au Maroc par El Man" sour, ils se sont fondus au milieu d'autres tribus berbères et portent de nouveaux noms.

Tout le surplus du pays, les montagnes, le lit(11

lit(11 Khaldoun le constate, en 1375, par ces paroles : « Il s^ trouve des Haouara sur les plaienux depuis Tébessa jusqu'à Madja, ils y cirent en nomades et sont comi tés au nombre ds arab»s pasteus de la tiibu de Soleïm, auxquels du reste ils se sont assimilés par le langage et l'habillement. Ils ont oublié leur dialecte berbère, pour apprendre la langue plus élégante des Arabes, etc. » T. I , p. 278.


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toral, le désert, le Maroc, à peu près entier, est berbère.

Ces places, que tiennent les Arabes, sont entamées de divers côtés; mais leur nom s'est répandu dans le pays et ils le maintiennent en entraînant des Berbères avec eux.

On parle arabe, en Afrique, sur la ligne médiane du Nord; on parle arabe dans la plupart des villes; mais, en réalité, le pays n'est pas arabe, il ne Ta jamais été, car, depuis le dixième siècle, aucun chef arabe n'est arrivé au pouvoir, sauf peut-être à Touggourl ! Qu'on examine les physionomies, on ne trouvera que très rarement le type Arabe, dans des localités spéciales et peu étendues.

La première invasion arabe avait apporté la religion; la race indigène y est restée fidèle el a élé encouragée, surtout par celte nuée de marabouts, venus depuis six siècles, de TOuad-Deràa ou du Maroc et qui ont agi partout, en répandant leurs usages religieux. La langue arabe s'est répandue, en oulre, par les rapports avec eux et les usages des rois et des cours, bien que de race indigène.

Mais il ne faut pas s'y tromper, l'invasion arabe a manqué son but; elle est actuellement fondue dans la nation el cette race, c'est la race berbère.

Les Arabes, du resle, n'onl conservé aucun rapport avec leurs confrères orientaux; ils ne les connaissent pas.

Dans le dernier Bulletin de la Société de Géographie, M. Gautier s'exprime comme suit : « On admet « aujourd'hui que la proportion du sang arabe dans « l'Afrique Mineure est infinitésimale; elle est habi» tée par une race berbère homogène et ceux (pie


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« nous appelons des Arabes, ne le sont que de « langue. » C'est la première fois que j'entends émettre une idée aussi juste.

Est-il nécessaire de dire que les Turcs d'Algérie ont quitté le pays, depuis de longues années. En Tunisie, il existe encore de prétendus Turcs, très arabo-berberisés et ils ne tiennent plus que par un fil, confié aux soins de notre diplomatie.

Nous avions trouvé, en 1830, une autre race, née du croisement des Turcs avec les indigènes, celle des Koulour'lis. Elle a résisté quelque temps, mais depuis, elle s'est mêlée avec les autres indigènes et on ne la distingue plus. Il n'y a plus de Koulour'lis, car il n'y a plus de Turcs.

On sait qu'à la fin du xvc siècle et à partir surtout du xvie, les Espagnols ont attaqué l'Afrique. Ils ont conquis sucessivement le port de Rachegoun, Oran avec ses environs, Mostaganem, Bougie, Bône, Tunis, divers ports et enfin Tripoli. Avant la fin du xvi° siècle, ils étaient chassés de partout et il ne leur restait qu'Oran, qu'ils ont gardée, avec une interruption, jusqu'en 1792. Attaqués avec violence par les Turcs, écrasés par un tremblement de terre, ils ont fui ce pays : il n'y a plus d'Espagnols!1); c'est encore un pays auquel l'Afrique a coûté bien du sang et de l'or.

De même, les Portugais, maîtres au Maghreb, de la ligne de l'Océan, du xve au xvie siècle, l'ont complètement perdue et se sont vus forcés de l'abandonner. Les Espagnols ont su conserver deux places :

(1) Je ne parle pas de ceux qui croient y être revenus naturellement et se figurent qu'Oran et sa province sont à l'Espagne.


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Ceuta et Mellila; ils savent aussi ce qu'elles leur coûtent,

Ainsi, cette Afrique a exercé un véritable engouement chez une foule de nations : vaincues par les corsaires, exposées sans cesse à leurs descentes, il était naturel qu'on cherchât à les mater.

Les Italiens, les Français, les Anglais, les Hollandais l'ont essayé; jamais on n'avait pu réussir et il avait fallu supporter cette horrible chose : l'esclavage organisé par les Deys, C'est un grand honneur pour nous, d'avoir mis fin à foutes ces infamies.

IX

Résumons, maintenant, les faits exposés dans cette étude et concluons.

Nous avons commencé par rapprocher les Berbères des Ibères et des Celtes-Ibères; nous les avons trouvés, vers le xue siècle avant J.-C. et avons constaté leurs relations avec les Phéniciens.

Depuis lors, ils n'ont pas cessé de tenir la scène ; nous en avons vus arriver sans doute du sud el se remplacer tour à tour, si bien que les Zenata de la troisième race, après des luttes violentes, sont restés maîtres de royaumes importants, de 1350 à 1550 de notre ère. Il y avait donc, plus ou moins loin, dans cette vallée de TOuad-Rir', une race prête à envahir le Tell et c'était toujours des Berbères.

Après la chute des Phéniciens, nous avons examiné l'attitude des Berbères, vis-à-vis de leurs nouveaux maîtres. Ils acceptent ce qu'on veut bien leur donner et peu à peu arrivent à gérer les cultures, Ils sont même devenus chrétiens.


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Malheureusement ils en profitent, dès la cessation des persécutions, pour lutter entre eux et arriver à se détruire. Aussitôt, les Berbères restés intacts en arrière, prennent leur place, tandis que d'autres viennent occuper celle qu'ils ont quittée.

En vain les Vandales, puis les Byzantins cherchent à s'établir en Afrique : elle revient à ses maîtres, les Berbères.

Au vne siècle a lieu la première invasion arabe; après 60 années de luttes, la vaste région est conquise et les Berbères sont soumis à la loi coranique. La guerre d'Espagne, puis la réaction kharedjite écrasent ce malheureux pays et les derniers souverains Arabes finissent par disparaître.

Au xr siècle a lieu la vraie invasion arabe. Nous avons indiqué sa marche et fait comprendre qu'elle a importé sa langue, mais en se fondant dans le peuple berbère.

Le pays, soumis de nouveau aux Berbères depuis le xe siècle, date du départ des Obeidites, continue à s'administrer lui-même par les Zirides et les Hammadites, par les Almoravides, par les Almohades et enfin par les Almohades-Hafsides, les Abdel-Ouadites, les Merinides et tant d'autres. Ce sont des Berbères qui, une fois bien assis, ne font pas mal dans un trône.

Cela nous amène au xvie siècle où les Turcs prennent possession, plus ou moins effective de l'Algérie, de la Tunisie et de la Tripolitaine, et ou les Cherifs du sud s'emparent du Mag'reb-el-Akça.

A-t-on réfléchi en lisant ces notes, dans quelles fantastiques mesures le sang humain a été répandu ici, depuis les périodes les plus reculées? A-t-on


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fait le compte de ces prises de possession et des milliers de cadavres qui les ont scellées? Sait-on combien de gens sont morts dans ces révoltes? En vérité cela fait frémir et Ton se demande comment l'Afrique a pu supporter ces massacres?

Mais ce qu'il y a de plus étonnant, c'est de voir cette race antique, |toujours triompher cle ses maux et se représenter, faisant pour ainsi dire, peau neuve, après avoir absorbé les éléments qu'on lui avait apportait?

Essayons de bien comprendre notre situation ici.

Sommes-nous, comme tous les autres, destinés à abandonner pour une cause quelconque, ce pays et devons-nous servir, en quelque sorte, d'aliments à nos Berbères? Autrement dit clans un siècle, ou deux, ou dix, ne verra-t-on en Afrique, que de vastes sillons cultivés par des berbères francisés, venus à nous et incorporés dans notre race?

Ou bien, nous auront-ils chassés, ces gens si aptes à saisir les circonstances particulières au peuple qui les domine, mais incapables de se diriger eux-mêmes et prêts à retomber sous une autre domination?

Verrons-nous encore des empires berbères?

Grâce à nous, grâce à nos soins, grâce à la paix profonde qui règne, ces indigènes augmentent en nombre. Ils sont actuellement plus de quatre millions en Algérie, dix-huit cents en Tunisie, un ou deux millions en Tripolitaine et en Cyrénaïque.

Au Maroc, on estime à 5, 6 ou 7 millions le nombre des habitants. Dans le sud, de cinq cents mille à un million.


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Voilà bien des indigènes pour nous, même en ne comptant pas le Maroc. Peut-on espérer qu'ils se rapprocheront? Hélas! il est difficile d'y compter, car legrand inconvénient descend de la religion. Ils ne peuvent venir à nous, comme ils sont allés vers les Romains, car nous sommes des mécréants, des roumis, des gens voués au feu de l'enfer. Ils acceptent nos inventions, sans chercher à rien à les comprendre; ayant reconnu l'excellence de nos charrues fixes, ils les emploient ; ainsi font-ils pour une foule de choses. Mais c'est pour eux qu'ils travaillent. En réalité, aucune liaison n'est possible avec les idées actuelles, entre ces deux sociétés. 11 faudrait revoir le pays dans cinquante ans.

D'un autre côté, nous rendons à la terre d'Afrique sa prospérité d'autrefois; supposons une attaque? Saurons-nous défendre le pays et avoir, pour nous, la masse des indigènes ? Question 1res grave que nous livrons au patriotisme cle nos concitoyens.

Cependant, nous avons agi très habilement avec les indigènes, au moins sur un point. L'acte principal est la suppression de la tribu constituée et le remplacement du Caïd, par les Administrateurs établis, en général, chez eux. Il faudrait, maintenant, une chose dont nos agents, militaires et civils, ne paraissent pas se soucier; ils doivent s'occuper de faire venir des colons et de les placer dans leurs territoires. Il faut aussi que l'acquisition des terres soit rendue plus facile; en un mot, il esl à désirer que nos agents nous amènent du peuple français. D'autre part, nos traversées du Déserl, en dépit des pertes qu'elles nous ont coûtées, ont eu un effet excellent. L'occupation des postes du sud a été par-


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faite, parce qu'elle rompt les réunions nombreuses d'indigènes. Déjà nos officiers se sont rencontrés à moitié route, entre Tombouktou et le poste d'InSalah. Tout cela est bien et ne demande qu'à être continué.

Nous avons aussi notre Sénégal et la ligne de pénétration au nord du Soudan jusqu'au Tchad, de là, on surveille les Berbères, avec prudence et attention.

Ainsi, cle tous les côtés, nous entamons la race indigène, oeuvre immense, qui doit réclamer tous nos soins; nous l'entamons, en l'avertissant qu'elle ne peut lutter, mais nous ne l'amenons pas suffisamment à nous. Nous avons, en Algérie, des chemins de fer et du télégraphe; clans le sud, rien encore.

Or, voici le Maroc sur lequel un puissant empire a reconnu notre droit de protection. L'Angleterre nous l'abandonne, bien qu'elle ne le détienne pas. Ah ! ne nous hâtons pas et continuons d'y faire sentir habilement notre action; sinon gare la levée en masse et la nécessité d'y envoyer 200,000 hommes!1). Je me suis laissé entraîner, dans ces dernières pages, à indiquer, en peu de mois, ce que nous avons à faire. Si nous n'agissons pas en maîtres incontestés si nous n'augmentons pas la population franco-coloniale, si notre nation perd cle sa vigueur, qu'on retire des troupes et qu'on abandonne le sud, il n'y a pas d'illusions à se faire, notre belle tentative échouera, car nous croyons avoir démontré la ténacité de la race berbère.

(1) Comme on le voit, l'affaire allemande n'avait pas encore paru.


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En restant dans notre rôle, en évitant les conseils de gens qui ne connaissent rien au pays, en servant chacun avec honneur et probité, la République française pourra obtenir ici, de grandes choses, de belles choses. Mais il ne faut pas manquer son affaire.

Quant à nous, nous avons rendu à la Berbérie le rôle qui lui revient, comme nation ; c'était notre devoir et si, entraînés par le sujet, nous sommes allés un peu loin, qu'on veuille bien nous excuser ; c'est au nom de notre chère France que nous avons parlé.

E. MERCIER,

Président de la Société archéologique de Constantine.



DOUGGA

LE DAR-EL-ACHBB

La Société archéologique de Constantine a donné dans son recueil de 1898 W la description d'un monument que je venais de dégager. Il s'est trouvé que, par suite d'un retard dans l'envoi du graveur, une partie des planches qui devaient accompagner mon étude, n'a pas été publiée alors. Les autres planches, portant les nos I, II, III et IV, ajoutées au tirage à part, n'ont pas encore été distribuées aux lecteurs du recueil de notices et mémoires de la Société archéologique de Constantine.

M. le Président de cette Compagnie, voulant combler cette lacune m'a prié de rédiger une petite note pour rappeler ce que signifient ces planches. C'est ce que je fais bien volontiers.

Voici tout d'abord une rectification à mon premier travail. Ce n'est pas trois, mais seulement deux marches qui précèdent le palier situé en avant de la porte. Les figures ci-jointes montrent d'ailleurs très bien ce détail.

(1) Page 210. Les Fouilles du Dar~el-Acheb.


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Depuis l'époque à laquelle j'ai dégagé la façade du Dar-el-Acheb mes successeurs y ont entrepris différents aménagements. C'est cet édifice antique qui a servi de point de départ à tous les travaux exécutés à Dougga après moi.

On espérait en effet trouver ici le forum. L'hypothèse que j'ai émise clans ce recueil même a été adoptée par mes successeurs, qui l'ont prise pour base cle leurs fouilles jusqu'au jour où celles-ci ayant montré que le forum ne se trouvait pas en ce point, on se mit à dire — sans craindre dorénavant de se tromper — qu'il devait être ailleurs. C'est alors seulement, il faut le remarquer, qu'on voulut bien se rappeler que j'étais l'auteur de celle hypothèse.

Le Dar-el-Acheb me servit longtemps d'habitation. J'y ai passé les moments les plus émouvants et les plus paisibles en même temps des longues campagnes de fouilles que j'ai dirigées à Dougga. Il m'eut été bien facile, quelques jours avant mon départ, cle démolir les murs arabes adossés à la façade ou bâtis sur elle. Je ne l'ai pas fait par ce que je pensais que mes successeurs, auxquels on avait décidé de confier désormais les fouilles, pourraient y habiter, et aussi parce que la pénétration dans l'édifice était ainsi moins facile. On a, depuis, abattu ces murs. Il est à souhaiter qu'on en ferme la porte par une barrière différente cle l'affreuse claie de branchages qu'on y a mise, remplaçant ainsi quelque chose de disgracieux par un dispositif non inoins laid.

J'avais pris soin d'indiquer, dans la planche I cijointe, ce que serait la façade dégagée, de sorte que cette planche donne à des détails insignifiants près, une idée très exacte cle ce qu'est actuellement Je


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monument. On a, en effet, remis debout la grande colonne cannelée que j'ai trouvée devant la porte. La seule addition non indiquée dans le dessin est un chapiteau, trouvé au cours des fouilles, qu'on a posé sur la colonne cannelée, et une partie d'un des pilastres cannelés du mur qu'on a remise à sa place.

Je dois ajouter, qu'en revanche, des constructions appliquées contre la façade, et que j'ai indiquées dans mes dessins ont été détruites depuis, non pas, je pense par ceux qui ont exécuté des fouilles à Dougga mais par suite de ce manque de surveillance qul laisse exposé aux déprédations tous les édifices dégagés <l).

Au cours de fouilles plus récentes, on a trouvé ici, quelques tronçons d'entablement appartenant à l'inscription dont j'avais déjà publié un certain nombre de parties inédites. Aucun d'eux ne permet d'être renseigné sur la destination du monument.

(1) Je dois signaler notamment qu'au temple de Saturne, toutes les colonnes que j'avais mises debout ont été renversées, que le magnifique enduit en stuc représentant des grappes de raisins et des feuilles de vigne en un haut relief a été complètement enlevé. Au théâtre, j'avais, à l'aide d'une tranchée et d'un mur, empêché complètement les indigènes de passer sur la scène et le postscenium. Actuellemem, ces deux pièces sont de véritables chemins, sur lesquels vont tous les passants. Les Arabes enferment dans les couloirs adjacents leurs animaux doni le sabot fait sauter les mosaïques. Enfin, on fait que l'Administration a jugé à propos de transformer eu magasin, en le fermant à l'aide île murs, un des beaux vomitoria de l'édifice, dont la disposition est ainsi rendue méconnaissable aux touristes peu expérimentés en archéologie.

Les chambres qu'on a détruites au Dar-el-Acheb eussent constitué bien plus facilement des magasins, et sans déliguier l'un des plus gracieux monuments de Dougga.

J'ajouterai qu'on a, au temple de Celestis et en avant du Capitole, relevé et scellé des colonnes. Il eut été facile d'en faire autant dans les deux édifices en question. Ici, colonnes et bases se fussent ressemblées, et de profil et de proportion, restauration plus heureuse que celle qui a fait réunir, en avant du Capitole, pour figurer les colonnes d'un portique, les éléments les plus disparates, en sorte qu'un édifice certainement romain et de la bonne époque, est devenu par ce fait quelque chose d'innomable qui ne peut pas même être pris pour du byzantin.


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Voici maintenant l'explication des planches cijointes :

Planche I. — Vue perspective cle la façade du Darel-Acheb, complètement dégagée. Le dégagement a été fait plusieurs années après la publication de l'article et cle la planche. Celle-ci donne néanmoins une idée très exacte de l'aspect qu'offre actuellement cet édifice, un des plus gracieux et des mieux conservés cle Dougga.

Planche II. — Elévation et plan de la façade ; coupe passant en avant de la façade.

En A, curieux plan d'édifice tracé sans doute sur une dalle par un architecte romain. Il semble qu'il s'agisse d'un hippodrome dont le podium serait indiqué par une ellipse, et l'oppidum par une série d'arcades.

Ce que je désigne, dans cette planche, sous le nom de pilastre du portique de la cour, est une pierre sculptée qui se trouve clans le mur de la maison du cheikh et qui me semble, en effet, y avoir été transportée d'ici. On remarquera que la base de la colonne fait corps avec le stylobale, comme pour la colonne cannelée de la porte du monument.

Le détail G est une pierre située au bas des montants cle cette porte. Il représente une petite pierre destinée à loger les gonds.

Planche III. — Détails de sculpture de la porte et des colonnes qui la précédaient.

Planche IV. — Plan du monument. Y et Z sont des voûtes de soutènement dont on voit l'ouverture au sud cle l'édifice, dans le chemin descendant vers la source d'en bas. On voit ici aussi, en plus grand


PLI.

Dar - el- Acheb. Carton.

Façade déblajée .




PL. IL Dar - el- Acheb. Carton.


PL III. Dar-eb Acheb. Carton.



P L. IV. Dar- el-Acheb. Carton



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le plan A, dont il a été question à propos de la planche II.

On remarquera, dans le plan général, quatre aires rectangulaires entourées d'une cloison de pierres, soutenue de distance en distance par de petits piliers, et présentant chacune une porte d'entrée. Il y avait ici, à l'intérieur du portique entourant la cour, des séparations dans lesquelles on devait enfermer quelqu'un ou quelque chose. On pourrait rapprocher ce détail d'autres détails semblables existant notamment à Dougga, Carthage, Oudena ou Timgad. Mais on ne peut, ce me semble, qu'émettre des hypothèses sur ce dispositif.

En somme, la destination cle l'édifice constitué par le Dar-el-Acheb n'a pu être déterminée. On semble être en présence d'une espèce de macellum, c'est tout ce qu'on peut avancer. Je souhaite que des fouilles ultérieures permettent de préciser la nature de ce joli monument.

Dr CARTON,

Président de la Société archéologique de Sousse.



COMPTE RENDU

DES

FOUILLES FAITES EN 1904

PAR

M. A. DEBRUGE,

Membre de l'Association française pour l'aoanccment des sciences et de la Société Archéologique de Constantine

Abri sous roche;

Station de pêche de l'époque trarxsistoire de la pierre aux métaux ;

Tumulus berbère;

Petite grotte annexe de la station d© pêche.



BOUGIE

Dans le compte rendu que nous avons présenté en 1904 à la Société archéologique de Constantine, relativement au dégagement de divers abris sous roche, au lieu dit les Aiguades, près cle Bougie, nous avons donné un aperçu général de l'endroit; mais nous devons forcément y revenir aujourd'hui, tant pour les personnes qui n'en auraient pas eu connaissance, que pour les autres qui, quoique l'ayant lu, ne l'auraient plus présent à la mémoire.

Lorsqu'on arrive par mer dans l'immense golfe de Bougie et, au fur et à mesure que se dessinent les masses rocheuses, les criques profondes découpées sur la côte, puis enfin la coquette petite cité, on est émerveillé de la sauvagerie des sites; c'est qu'en effet, nous nous trouvons dans un des coins les plus pittoresques du littoral algérien. Aussi, toute blanche et construite un peu en amphithéâtre, l'ancienne Saldoe, la ville maraboutique, attire-t-elle chaque année un nombre important de touristes.

Toutefois, l'aspect grandiose perd une bonne partie de sa valeur, par le charme même qu'exerce la vaste nappe bleue sur les étrangers et, il est bien peu de personnes, pouvant évaluer même approxi-


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malivement la hauteur des sommets que Ton a devant les yeux, les divers et puissants pics du Gouraya.

L'impression est toute différente si, consentant à se fatiguer un peu en prenant une des voies de communication, on parvient à faire l'ascension de Tune ou l'autre des hauteurs entrevues à l'arrivée.

Réellement alors, on envisagera l'effet d'optique produit par la transparence de l'atmosphère et par la dislance, à tel point, qu'on sera à se demander sont-ce bien là, les montagnes entrevues? Le souvenir emporté d'une telle promenade sera vivace et se gravera profondément clans la mémoire.

Paître toutes ces promenades adoptées par les touristes et la population bougiotte, celle du grand phare Carbon est la plus courue, c'est qu'elle est aussi la plus pittoresque.

Situation

En sortant de Bougie par la porte est (des casernes), on longe le cimetière catholique et s'élevant graduellement, par un chemin fort accessible et même carrossable, on arrive à dominer de plus eu plus la mer à sa droite, à des distances plus ou moins variables, selon les lacets cle la route. A un certain endroit, celle-ci se bifurque; devant on continue vers le cap Bouak, petit phare, tandis que sur la gauche on gravite dans la direction de Carbon.

Plus on avance, plus la sauvagerie des lieux augmente et plus elle est imposante. Des rochers majestueux se succèdent continuellement et bientôt nous nous trouvons |à la base des crêtes importai!-


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tes du Djebel-Gouraya, lesquelles commençant au cap Noir, se dirigent vers l'ouest, tantôt assez loin, tantôt presque à pic sur les bords de la mer. Laissons le touriste s'engager sous le tunnel trouant le massif et s'éloigner vers le grand phare, et arrêtons-nous entre le cap Bouak et le cap Noir, c'est là que nous allons trouver les traces d'un passé, lesquelles vont faire l'objet de ce travail.

Abri sous roche. — Dégagement

A quelques centaines de mètres du Grand Abri, dégagé en. 19030), après avoir dépassé la hauteur du petit phare, aussitôt le deuxième tournant et, en bordure du chemin se dirigeant vers Carbon, sur la droite, existait un bel abri qui avait pu échapper jusque là à nos investigations.

Une coupe de broussailles pratiquée à cet endroit, dans le courant de l'hiver 1903-1904, Ta démasqué.

Nous l'avons partiellement dégagé et quelques jours ont pu nous suffire pour nous assurer que là, du moins, il n'y avait rien à faire. Nous avons eu tout lieu d'en être surpris, car la disposition en était merveilleuse.

La couche de surface nous offrait de rares charbons, des débris de poterie n'ayant rien de néoléthique, quelques briques tout comme dans nos diverses fouilles des Aiguades Tan dernier. D'après ce caractère particulier, nous pensions trouver en dessous une couche franchement archéologique.

(1) Recueil des Notices et]Mémoires de la Société archéologique de Constantine, 1903, page 146.


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A lm50, la nature du terrain offre le même aspect et nous tombons sur de véritables rochers paraissant former le sol; nous n'avons pas jugé à propos de poursuivre.

Station de pêche du Pic des Singes. Dégagement

Immédiatement après être passé à la hauteur du pic des Singes, nom bien mérité, car de nos jours encore on y rencontre de véritables bandes de ces intéressants animaux, la route fait un coude assez accentué. A 200 mètres environ avant de parvenir au tunnel et sur la gauche, une disposition accidentelle du terrain avait depuis longtemps retenu notre attention.

Il y a quelque chose comme 34 ans, lorsqu'on construisit le grand phare cle Carbon, il fallut bien, pour ravitailler les habitants isolés sur ce perchoir inaccessible par mer, toujours battu par les Ilots et à 220 mètres au-dessus de leur niveau, établir une route cle communication avec la ville.

A flanc de montagne, à cet effet et par places, de longues bandes de terres furent enlevées, cela toujours sur la gauche, car à notre droite c'est le vide qu'à maints endroits on a dû remblayer.

A l'emplacement cle la station que nous venons de dégager, on constatait une échancrure assez prononcée et nous estimons que quelques mètres cubes de déblais avaient été enlevés, soit pour le nivellement, soit pour l'entretien de la roule.

Il y avait là une coupe de terrain véritable et très facile à étudier. Par places, un schiste glaiseux


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jaunâtre et à côté un terrain noirâtre, cendreux, franchement archéologique, dans lequel nous avions pu aussitôt recueillir divers ossements, quelques fragments de poteries, paraissant néolithiques, et plusieurs petites perles d'une facture toute énigmatique.

Le 15 février 1904, aidé d'une subvention de la Société archéologique de Constantine, nous commencions le dégagement de cette curieuse station, entre route et rempart véritable de rochers.

Tant que le travail a pu s'opérer en bordure du chemin, le déversement des déblais était assez facile et le peu de largeur permettait de les précipiter par dessus la voie dans le ravin.

Ensuite, nous avons dû faire employer la brouette, puis enfin remblayer au fur et à mesure de façon à laisser le terrain en état, sans trop de dégradation, ce à quoi nous pensons être parvenu. Nous donnons d'autre part, comme guide, la carte préhistorique des Aiguades et une photographie de la fouille au moment des travaux (fig. 1 et 2).

Nos recherches n'ont donc plus qu'à suivre leur cours, peu favorisées toutefois par la période pluvieuse du commencement de 1904.

Comme stratification, nous nous trouvons en présence de Tune de ces curieuses études géologiques du début de la formation des terrains secondaires et nous sommes dans le lias.

Pour fond, le formidable massif de calcaire bleuâtre, aux déchiquetures bizarres, avec mélange de veines quartzeuses, parfois aussi des concrétions ferrugineuses assez riches, telles qu'on en observe un peu partout, dans ce chaos des chaînes de l'Atlas,


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ausssi bien du littoral que de l'intérieur. Rempart naturel de protection contre les vents du nord, mis à profit par les habitants de l'époque pour se fixer à la base. Par places, des affleurements d'un schiste jaune et terreux.

La partie dégagée entre le chemin et le fond rocheux est très irrégulière, selon la nature du sol. D'après les sinuosités de la montagne, tandis qu'à certains endroits, nous n'étions tenu de nous éloigner de la route que de quelques mètres, à d'autres, il nous a fallu nous en écarter de près de 8 mètres.

En profondeur, l'anomalie est identique et alors que, par places, la couche archéologique est très mince, tout à côté, elle est très épaisse.

La pente est assez accentuée et selon le sous-sol plus ou moins solide, les déchets ont dû en suivre les déclivités irrégulières, glissant ou s'amoncelant. Notre conviction est, que la route a pu enlever une portion importante de la station, de même que la couche archéologique paraît se poursuivre, pour une faible partie toutefois, en dessous.

Sur près de 14 mètres en bordure, respectant la rigole établie pour recevoir les eaux pluviales et, jusqu'au sol naturel qui semble d'alluvions anciennes, sur une obliquité variable, nous avons tenu à tamiser complètement toutes les terres de la couche archéologique.

En dessous d'une légère couche d'éboulis, sol superficiel, on rencontre un humus noirâtre avec une végétation extraordinaire de racines de plantes et d'arbustes. A 0m80 environ, la nature du terrain varie, le sol est plus compact; on commence à recueillir quelques ossements et des fragments de


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poterie; puis ensuite la couche devient franchement archéologique et par endroits, on constate comme une bande charbonneuse, d'épaisseur variable.

Les déchets amoncelés acquièrent une importance d'autant plus considérable qu'on arrive vers le chemin, phénomène dû, comme nous l'avons vu plus haut, à la déclivité du sol et au sous-sol schisteux. Aussi, est-ce un peu à la manière des mineurs que nous avons conduit notre fouille, dictée par le terrain lui-même.

Sur la droite, là ou nous avons été contraint de nous arrêter, il nous a fallu descendre jusque près de 4 mètres pour rencontrer le sol naturel et, sur cette partie, la fouille se trouve forcément incomplète. Là, en effet, existe un bloc gigantesque de rocher surplombant et formant abri, nous pouvions espérer y recueillir quelque chose : il n'en fut rien et nous devons être en présence d'un éboulement considérable, et probablement contemporain de l'époque d'occupation de la station.

Le massif de fond se divise et forme un angle très prononcé, dont le sommet devait autrefois constituer une grotte accidentée, à en juger par ce qu'il en subsiste encore; à la suite d'un tremblement de terre, fort vraisemblablement, toute cette partie d'angle s'est trouvée obstruée, et c'est dans ce recoin, un obstacle réel dont les mines seules auraient pu avoir raison.

Toutefois, nous avons tout lieu de croire, vu le peu cle produits obtenus là où nous nous sommes arrêtés, que la partie la plus importante cle la fouille a été effectuée; il n'y avait, du reste, guère moyen d'agir différemment, vu le voisinage immédiat de


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la route, assez fréquentée, et par crainte d'accidents.

Les matériaux archéologiques recueillis, se trouvant partout être les mêmes, nous estimons en avoir suffisamment pour permettre une orientation assez juste, quant à la période d'occupation.

Nous savions combien pouvait être profitable cette fouille, appelée à jeter un jour nouveau sur une époque peu connue en Afrique, aussi avonsnous tenu à retenir le plus possible des objets recueillis, que nous allons pouvoir passer en revue.

En raison de la nature accidentée du terrain et de l'irrégularité des couches, nous ne donnons pas le plan de la fouille, pas plus que la coupe du sol, estimant que les renseignements consignés au présent compte rendu seront suffisants.

Faune de la station de pêche. — Mollusques marins

Nous nous arrêterons peu sur les coquillages terrestres, ils sont en très petite quantité et paraissent se trouver dans la fouille accidentellement; ce sont toujours à peu de chose près ceux actuels, signalés par nous à diverses reprises et nous avons tout lieu de croire que même les plus grosses coquilles — Hélix aspersa MULLER — n'étaient pas comestibles à l'époque. Les mollusques marins, au contraire, entraient pour une notable part dans l'alimentation et ce nous sera une première preuve de l'occupation caractéristique des anciens habitants de la station.

De nos jours encore, la baie des Aiguades, avec ses eaux relativement plus calmes, profondes, ses


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rochers accidentés, refuges de maints poissons, est encore un lieu préféré des pêcheurs; rien donc que de très naturel de trouver les traces d'une tribu ayant pu se fixer clans ces parages.

Cardium édulc. Linné. Rares.

Ccrithium lividulum. V. Minor. Très rares.

Columbella rustica. Linné. Quelques spécimens.

Cgpraea spurea. Linné. Rares.

Donnax trunculus. Linné. Assez rares.

Monodonta turbinata. Boni. Variété assez commune.

Nassa mutabilis. Un seul échantillon.

Patclla lusitanica. Lamark. Nombreux.

l'atella fcrruginea. Lamark. En grande quantité, variés et généralement cle très forts sujets.

Patella sa/iana. Lamark. Cette catégorie de patelles existait sur la station de pèche en grande abondance. Nous en avons retenu quelques exemplaires offrant une particularité toute intentionnelle. Les aspérités rugueuses allant mourir vers le sommet ont été soigneusement abattues par raclage et polissage dans un but d'utilisation qui nous échappe.

Pectunculus pilosus. Linné. Un seul spécimen incomplet et perforé au sommet de la charnière.

l'ectunculus violacescois. Lamark. Variété rare. Une valve d'un jeune sujet a été perforée également côté de la charnière, par usure sur un corps dur, dans un but de suspension.

Purpura haemastoma. Linné. De nombreux échantillons, les pins gros sont presque toujours perforés vers la partie centrale de la coquille, sans doute pour faciliter la sortie de l'animal.

Simpulum olearium. Linné. Quelques types.

Cardium édule. Lamark. A côté de ces variétés


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marines, nous devons signaler aussi quelques échantillons de cette coquille d'eau saumâtre, (il faut aller assez loin à présent pour trouver des eaux de cette nature).

POISSONS

Nous avons pu nous convaincre qu'une quantité considérable de poissons avait été consommée sur place; malheureusement, par les arêtes et vertèbres subsistantes, il n'est guère possible de déterminer les espèces. Cependant, il n'y a aucun doute pour les variétés ci-après.

Astralium rugosum. — L. Un opercule.

Sargue. — Quelques ossements, de nombreuses molaires palatines, un fragment de mâchoire avec dents adhérentes.

Squale. — Fortes vertèbres.

Une certaine quantité d'otolithes de diverses grosseurs sont en notre possession et quelques arêtes seront décrites dans l'industrie de Tos.

REPTILES

Tortue. — Plusieurs ossements d'un faible individu.

OISEAUX

Nous n'avons pu reconnaître aucun ossement d'oiseau et, pas plus que dans nos autres fouilles, nous ne pouvons signaler le moindre fragment de coquille d'oeuf d'autruche.

PACHYDERMES ET RUMINANTS

Cheval. — Extrêmement rare, une seule molaire d'un individu paraissant robuste. Boeuf. Bos opithonomus. — Pomel. De nombreuses


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et diverses dents, ainsi que quelques ossements, dont un fort calcaneum droit, plusieurs portions de mâchoires avec dents.

Bos ibericus. — Beaucoup de dents, des phalanges onguéales, des astragales et plusieurs métatarsiens.

Cerf. — Sans que nous puissions préciser, différentes dents paraissent avoir appartenu à une variété cle cerf.

Chèvre ou mouton. — Nombreuses dents pouvant être rapportées à l'un de ces ruminants. On sait combien est difficile la distinction osléologique de ces espèces.

Sanglier. —• A côté des poissons, le sanglier devait occuper une bonne place pour la nourriture de la tribu, car nous avons recueilli une très grande quantité d'ossements divers, de dents surtout, dont il sera question dans un chapitre particulier. En général, les individus semblent avoir appartenu à une forte espèce.

Eléphant. — Nous verrons plus loin dans l'industrie de la parure que l'ivoire était assez commun à l'époque. Nous mentionnerons aussi une forte portion cle vertèbres cle forme cubique, ayant 0m 15 et 0m12 cle côté environ, dont nous ne pouvons indiquer l'emploi.

CARNASSIERS

Lion. — Nous possédons du terrible carnassier, pour ainsi dire disparu aujourd'hui des montagnes de l'Algérie, un troisième métatarsien.

Chacal. — Rare, quelques simples dents.


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RONGEURS

l'orc-épic. — Espèce caractérisée par une seule

dent molaire.

L'HOMME

Pour terminer avec la faune de la station, nous

dirons que très rares sont les ossements humains

recueillis. Nous ne possédons, en effet, qu'une

extrémité de fémur et quelques dents.

Mobilier. — Industrie

Poterie. — La poterie a déjà fait un progrès considérable à cette époque et nous avons pu recueillir une quantité fort variée de débris, tant au point de vue de la fabrication que des formes adoptées.

La pâte diffère à l'infini; tantôt grossière, elle est cependant quelquefois assez fine et c'est aussi la composition argileuse signalée maintes fois à l'époque néolithique, souvent avec beaucoup d'impuretés et plus ou moins cle cuisson.

Les cassures offrent parfois l'aspect d'une calcination prononcée; d'autres fois, elles sont exemptes de traces de feu, ce qui laisse supposer des affectations différentes. La forme calice et demi-sphérique subsiste toujours, mais on trouve également des fonds plats. Les bords des récipients sont fort variés, la figure 3, en montrera les principales dispositions.

Fig. 3. — Bords de vases de la station


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L'épaisseur est très irréguliôre, un fragment n'a guère que 0m003, c'est une rare exception, car tous les autres ont une résistance beaucoup plus grande, 1 à 2 centimètres.

Parfois le milieu cle la panse offre un évasement prononcé et anguleux, coupant le vase en deux parties

parties peu près égales (fig. 4), pour constituer une forme signalée plusieurs fois, à l'époque néolithique, principalement dans les Pyrénées.

Différents modes pour la suspension étaient en pratique. Sur plusieurs débris, nous avons reconnu le système par perforation.

Des trous à dislances calculées et en regard pouvaient recevoir le lien utile. Plus souvent, le principe adopté était le bourrelet

cle suspension (fig. 5), tantôt à peine saillant, par fois aussi fort prohéminent et pouvant facilement se prendre à pleine main.

Le mode de raccordement de ces bourrelets volumineux — nous en possédons un de 0m065 x 0m05 — était défectueux, car ceux recueillis se trouvent presque toujours nettement séparés de l'épaisseur proprement dite du vase.

Les anses, telles qu'on les fait encore de nos jours, commencent à se répandre, nous en avons

Fig. i. — Panse de vase

Fig. 5. — Différentes formes des bourrelets de suspension


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quelques-unes de diverses grosseurs, mais toutes incomplètes et il ne nous a pas été donné de relever le mode de jonction.

Sur divers débris on remarque un lissage particulier, interne et externe, déjà signalé par nous dans notre fouille du grand abri des Aiguades en 1903, obtenu probablement en promenant sur les parois et avant cuisson, un grossier bouchon fait de paille, de façon à enlever les aspérités et bavures.

L'ornementation est pour ainsi dire nulle, car, un seul fragment de bordure nous a donné un dessin assez singulier (fig. 6). C'est une simple ligne, fortement

fortement en creux, serpentant sur toute la circonférence, obtenue sans doute avec un burin dont il est facile de reconnaître le travail, cela après séchage et avant cuisson.

Avec l'industrie de la poterie, il convient de signaler une certaine quantités de cylindre en argile cuite, lesquels pourraient bien être des poids pour filets de pêche; ils sont réguliers et mesurent en moyenne 0m03X0m03.

Fig. C. — Dessin sur poterie. — Coupe


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Un autre plus grand cylindre de 0m075 de longueur sur 0m025 de diamètre, terre rouge et bien cuite, obtenu en roulant simplement l'argile entre les mains à la manière des enfants, se trouve perforé dans toute sa longueur.

A signaler aussi, à cette place, une rondelle régulière en poterie de 0m03 de diamètre.

Enfin, pour terminer, nous mentionnerons deux fragments curieux, de composition grossière et mal cuite. Nous ne sommes pas là en présence d'un vase ordinaire et adoptant une forme plus ou moins sphérique, mais au contraire, l'un des débris en notre possession est une amorce régulière, ornementée d'une moulure à pan anguleux et nettement

coupé (tîg. 7). Tandis que l'épaisseur de cette poterie, en bordure n'est que de 0m01G, à la cassure, soit à 0n08, nous obtenons déjà (PU25, ce qui nous donne une progression assez sensible. De même la moulure saillante formant rebord, n'a au début, ipie 0m013 de largeur, à la cassure, elle, a déjà 0m022, ce qui permet de supposer une

croissance beaucoup plus grande dans chaque sens, sur le développement de ce qu'a pu être la pièce totale.

Aucun débri n'offre la moindre trace de verni ou d'émail.

Fig. 7. - Coupe d'un freinent de poterie

Industrie de l'Os

L'os poli est bien représenté dans la fouille de la station du pic des Singes et nous diviserons cette


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industrie en trois parties : dents travaillées, ivoire et os.

Dents travaillée:;. — Eu 1903, nous avons déjà mentionné dans notre compte rendu sur la fouille du grand abri des Aiguades, une canine de jeune sanglier, longue de 0m0i et présentant une particularité curieuse. Tandis que le coté émail restait intact, celui opposé de la racine offrant une moins grande résistance, avait été soigneusement aminci en bec de tlùte, dans un but qui avait pu nous échapper. Aujourd'hui, ce n'est plus en présence d'une seule dent que nous nous trouvons, mais bien d'une quinzaine et toutes offrant le môme travail, la môme usure intentionnelle, toujours du côté de la racine.

Parfois, l'échancrure produite sans doute par raclage est si nettement caractéristique qu'elle ne laisse subsister de la racine que la moitié environ de son épaisseur.

La photographie ci-contre (fig. 8), nous montre

une série variée de ces dents préparées dans un but d'utilisation, mais lequel?

Fit:-. S. — f'aiiiiies de sanglier taillées en bec de flûte


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Nous verrons plus loin dans le chapitre que nous consacrerons à l'industrie du cuivre un hameçon fort curieux, lequel semblerait avoir beaucoup d'analogie avec les dents récoltées. Il paraît, en effet, n'être qu'une copie raisonnée et perfectionnée, une application au métal, de la forme d'un outil en os ayant son usage courant parmi les pêcheurs de la station. Nous pensons, en un mot, nous trouver en présence de très primitifs hameçons.

Quelques défenses ont pu être également utilisées dans un même but. Eclatées ou fendues dans le sens de la longueur, de façon à obtenir une moindre épaisseur, on devait savoir profiter de la disposition naturelle et recourbée de l'extrémité, ainsi que de l'usure observée sur les dents des sangliers adultes pour en tirer parti.

Sur quelques spécimens, l'intention est nettement évidente, car on relève encore les stries laissées par le silex ayant servi à les façonner. D'autres dents beaucoup plus petites ont été également fortement échancrées elles constituent comme des hameçons véritables.

Une autre catégorie de dents avait pu tout d'abord nous intriguer, car nous avions cru nous trouver en présence de diverses variétés de singes. Grâce à

un examen approfondi par notre collègue de Y Associationfranfranraise, le docteur Delisle, il a pu reconnaître desimpies petits ruminants.

Une certaine quantité de ces incisives (fig. 9),

Fig. 9. — Dents de petits ruminants préparées pour la suspension


portent au-dessus'de la couronne une encoche bien nette. Réunies au moyen d'un lien et nouées une à une, ces dents devaient constituer des colliers originaux et analogues à ceux que font encore, de nos jours, certaines peuplades sauvages.

Ivoire

Nous avons recueilli également une certaine quantité de fragments de bracelets en ivoire, mais malheureusement la disposition en lamelles concentriques de cet os et la grande humidité du sol sont causes de la mauvaise conservation de ces objets.

La forme cylindrique des défenses était utilisée à l'époque, il suffisait de débiter à l'épaisseur voulue, chose qui toutefois ne devait pas toujours être facile, car, à côté d'un débri ayant 0m05 de largeur, nous en possédons d'autres n'ayant guère que quelques millimètres.

; Sur toutes les tranches, on relève fortement accentuées les traces de la scie ayant servi au débitage, tandis (lue sur la surface on reconnaît un

raclage fort caractéristique dû, selon toute vraisemblance, à un outil de silex.

Fig. 10. — Quelques fragments de bracelets en ivoire


Une portion de défense laisse voir le trait anguleux laissé par la scie, simple amorce, puisque on a repris tout à côté où la coupure est nette. Pareille particularité s'observe sur un autre long morceau d'ivoire débité, dans le sens de la longueur, mais dans des conditions telles que l'emploi de la scie de silex, paraît un tour de force véritable.

Un fragment de bracelet de OHM de longueur sur 0m0I2 d'épaisseur, ayant ses deux côtés nettement sciés, montre sur le pourtour anguleux extérieur et d'un seul sens, un véritable équarrissage produit par un instrument contondant.

Deux autres portions sont travaillées avec un soin véritable et adoptent la forme demi-cylindrique; le polissage en est parfait. Sur la périphérie extérieure de l'un d'eux on remarque deux lignes creuses et parallèles d'une très grande régularité, à l'effet de filets décoratifs, ainsi qu'une perforation cylindrique de l'épaisseur.

L'objet le plus curieux recueilli est une mince plaquette polie et bombée de 0m002 dans sa plus grande épaisseur vers le milieu.

Dans le sens de la largeur, cette plaquette comporte deux encoches régulières pour applique ou suspension, elle constitue un objet vaguement représentatif d'un scarabé, ayant une certaine analogie avec divers objets de l'époque égyptienne (fig. 11).

Fig. 11. — Fragments de bracelets et plaquette d'ivoire


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Os poli g .

Sur tous les objets en os recueillis, il est extrêmement facile de suivre la trace laissée par l'outil ayant servi à les façonner; les stries sont nombreuses, très apparentes, mais au lieu d'être dirigées dans un même sens, elles s'entrecroissent à l'infini.

Des os longs et résistants ont servi à faire des lissoirs (fig. 12), à pointes soigneusement arrondies.

Parfois plus effilés, ils constituaient des poinçons et perçoirs (fig. 13).

Il ne nous a pas été donné de recueillir d'os avec chas, mais trois arêtes de poisson, effilées, perforées au sommet, ont pu remplir l'office d'aiguillesj(fig. 14) ; à signaler aussi deux curieuses ébauches de staFig.

staFig. — Lissoirs en os


-90tuettes,

-90tuettes, os, comparables à ce qui a été déjà signalé dans des fouilles pratiquées au sud de l'Espagne.

La figure 15 ci-dessus en donne une reproduction de grandeur naturelle. Tandis que celle de gauche

Fig. 13. — Perçoirs en os

Fig. 14. — Arêles à poisson perforées

Fig. 15. — Ebauches de statuettes


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à section nette, paraît avoir été débitée à la scie, l'autre préparée sans doute par le même procédé a été continuée avec un outil tranchant.

La parure, si largement représentée par les perles fabriquées que nous verrons par la suite, occupe sa place dans l'industrie de l'os. Dans notre compte rendu de nos fouilles en 1903, le grand abri des Aiguades nous avait procuré une série importante de minuscules disques en os poli, ,1a station du pic des Singes nous a procuré quelque chose d'analogue (fig. 16).

Tandis que de rares exceptions de ces perles sont nettement cylindriques extérieurement et intérieurement, les autres sont

irrégulières et moins finies. Les bords extérieurs sont soigneusement arrondis, plus rarement l'arête en reste vive. De petits os creux et résistants ont pu être débités à la scie, puis façonnés ensuite; l'épaisseur atteint en moyenne 0m 001, mais quelquesunes plus minces encore sont de véritables petits bijoux. Le système de perforation est celui maintes fois signalé : un burin manié à la façon d'une vrille d'un côté, puis repris de l'autre pour se rejoindre en cônes fortement tronqués.

Fig. 16. — Perles en os

Industrie du silex

On serait tenté de croire qu'à l'époque relativement récente à laquelle nous nous trouvons, le tra-


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vail du silex doit être arrivé a son apogée, par le système parfait de taille, les belles retouches, le choix et la présentation de la matière première ! Il n'en est absolument rien et nous assistons à une véritable décadence avant l'abandon final.

Dans des fouilles pratiquées au sud de l'Espagne' 1) et marquant la dernière étape du néolithique, on a recueilli des pièces de toute beauté en contact avec le cuivre, c'est la perfection même de la taille. Dans notre fouille de la station de pêche du pic des Singes, sauf les petits outils géométriques dont nous allons parler, aucun des silex recuillis ne comporte de retouches ; nulle pièce terminée, des éclats simples et tranchants auxquels sans doute l'artisan de l'époque ne demandait qu'un emploi, le raclage.

Une seule catégorie de silex a été utilisée d'une façon particulière comme ciseaux probablement (fig. 17).

L'arête dorsale et les deux côtés latéraux, souvent assez épais, ont été soigneusement retouchés, tandis

Fig. 17. — Silex géométriques

(1) L, Piret} Y Espagne préhistorique,


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que le quatrième côté reste toujours nettement tranchant. Généralement la forme est celle d'un rectangle, une seule fois, — deuxième type de droite (fig. 17) ; — nous avons reconnu l'outil si souvent rencontré en France et connu sous le nom de ciseau, tranchet, flèche à tranchant transversal. A

part, trois autres objets bien caractérisés, une scie et une pointe en silex translucide, ainsi qu'un genre de grattoir sans retouches; silex noir (fig. 18), tous les autres éclats recueillis ne sont pas dignes d'intérêt,

d'intérêt, sans doute, mais ne pouvant rentrer comme classement dans aucune des séries si caractéristiques de la belle époque néolithique.

Fig. 18. — Silex de la station

Industrie de la parure

Perles de fabrication. — Entre toutes les industries reconnues dans notre fouille de la station du pic des Singes, celle de la parure occupe la place la plus autorisée par la variété et la quantité des perles recueillies. Nous nous trouvons là en présence d'un fait curieux, unique sans doute jusqu'à présent sur le littoral de l'Afrique septentrionale; — une fabrique de perles à l'époque transitoire de la pierre aux métaux.

Si nous n'avions pas été contrarié ainsi que nous l'avons été, par la période pluvieuse du commencement de l'année 1904, il est probable que le chiffre, des perles récoltées, environ 800, aurait pu être


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doublé; mais en raison de leur perméabilité et de leur friabilité, dès que l'émail a disparu, une grande quantité de ces perles se sont écrasées au tamisage. En raison de leur petit volume, nous avons dû utiliser durant toute la fouille le tamis à main à mailles très serrées, ce qui est un travail long et fatiguant.

Examinées au microscope, toutes ces perles donnent l'impression d'une agglomération de sable très fin, par un procédé qui nous échappe. La surface formant croûte mince est résistante, tandis que l'intérieur est d'une excessive friabilité.

Au sortir de la fouille et conséquemment de l'humidité, beaucoup de ces perles rien qu'à la pression entre les doigts tombaient en poussière. Tentative de travail vers le grès, fort curieuse à étudier. De

petits cylindres ont dû d'abord être fabriqués puis ensuite débités

débités façon régulière; c'est la forme la plus commune (fig. 19).

D'autres fois, les mêmes cylindres comprimés sur une plaque dure, donnaient des perles d'une facture différente (fig. 20), plates d'un côté, gracieusement courbées de l'autre:

Fig. 19. — Perles cylindriques

Fig. 20. — Perles longues


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Une seule de ces perles nous donne la forme plusieurs fois signalées à l'époque du cuivre, bombée vers le milieu et effilée à ses deux extrémités (fig. 20 A). Une autre exception nous offre une perle cylindrique, d'une parfaite régularité beaucoup plus large que les autres et n'ayant guère que 0m001 d'épaisseur, les deux faces en sont nettes et à bordure anguleuse (fig. 20 B).

Mais ce qu'il convient de signaler par dessus tout c'est remaillage de toutes ces perles. Si on reste surpris en présence d'une des premières tentatives qui aient été faites vers l'industrie du grès et son application pour reproduire de si frêles objets, on ne l'est pas moins devant le complément obtenu ; l'émail brillant et de couleurs diverses.

Sur la plus grande partie des perles recueillies, cet émail a complètement disparu, ne laissant subsister qu'un mince enduit résistant, mais sur une certaine quantité, les observations peuvent être facilement faites, car elles sont pour ainsi dire intactes. Les oxydes de cuivre paraissent avoir rempli le rôle le plus important dans le jeu des coloris, car la teinte générale obtenue est le vert bleuté

Cependant, presque toutes les couleurs se trouvent uniformément représentées sur nos perles. Nous mentionnerons le blanc, le gris, le jaune gomme-gutte, le bleu pâle, le bleu ciel, le bleu foncé, le vert dans ses différentes teintes, le marron, la terre de sienne. Quelques exceptions donnent une teinte de plombagine, d'autres un reflet argenté ou doré; une seule, enfin, nous procure un rouge sombre à reflets métalliques d'un très joli effet.


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L'émail paraît avoir été obtenu par un procédé uniforme, selon la teinte à obtenir. Les perles devaient être disposées sur une plaque de calcaire ou de schiste, après cuisson préalable, puis l'émail était réparti sur la surface d'une façon assez régulière.

Parfois la base reposant sur la plaque ne se trouve que partiellement émaillée. Sur certains spécimens on relève les défauts occasionnés par ce procédé de fabrication, bulles, boursouflures, ou la perle se trouve comme rongée par l'émail, ou d'autre fois l'émail a bouché presque complètement la perforation en coulant le long des parois.

On peut admettre aussi qu'il y avait superposition, disposition par couches, car quelques rares échantillons se trouvent comme soudés dans le sens de l'épaisseur.

Sur un morceau plat de calcaire, une perle se

trouve comme incrustée et l'émail a laissé des traces de bavures; sur un autre, trois perles de teinte uniforme sont encore alignées et comme soudées au calcaire. Ces deux faits sont significatifs et donnent une preuve bien évidente de la fabrication sur place (fig. 21). Pour terminer enfin avec les perles, nous ajouterons que la perforation est toujours cylindrique.Une grosse perle longue, fendue par le milieu et reproduite ci-contre (fig. 22), nous en donne un exemple.

Fig. 21. — Telles sur un morceau de calcaire

Fig. i'2 - Mode de perforation


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Industrie du cuivre

Les rares objets recueillis dans notre fouille pour caractériser cette époque laissent supposer que nous nous trouvons à cette période de tâtonnements qui marque l'aurore du cuivre, et, de l'examen des divers débris, il ressort que ce métal se trouve là dans toute sa pureté, sans aucune trace d'alliage, pas même d'argent.

Après la fonte, le métal devait être martelé, car sur tous les objets trouvés au tamisage on relève quatre faces régulières.

La figure 23 nous montre (type n° 1), une tige

Fig. 23. — Indrstrie du cuivre


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allongée en losange, laquelle a pu nous servir pour faire déterminer la nature du métal. Dans le type n° 2, il nous a paru reconnaître un hameçon lequel ne serait qu'une copie, une perfection de l'ancien hameçon confectionné avec une simple denl de sanglier (fig. 8) et dont il a été parlé dans un chapitre précédent. Carré par la base, il se rétrécit en se recourbant pour se terminer en pointe.

Le troisième type représente le véritable hameçon ayant beaucoup d'analogie avec celui dont se servent encore les pêcheurs de notre époque. Très allongé, tige carrée de près de 0'"07 de longueur, disproportion marquée, la tète recourbée n'ayant guère que 0m0i de développement.

Immédiatement à coté, tout semble indiquer (pie nous nous trouvons encore en présence d'un autre hameçon très court cette fois. Nous y rencontrons toujours une pointe assez effilée, tandis que le côté d'attache se tort un peu sur lui-même et en dehors de sa ligne régulière. Le type 5 ne serait qu'un fragment d'une pointe aiguë.

Enfin, pour terminer de la grenaille de cuivre toujours de la même composition.

Minéraux

Nous avons recueilli dans notre fouille différents minéraux que nous allons passer en revue.

Aragonitc. — Quelques fragments de cette variété de carbonate de chaux.

Azurite. — Plusieurs morceaux de ce beau minéral.

Ilitinne. — Au tamisage, une substance noire avait pu nous intriguer, elle se présentait sous forme de petits pois et au serrement entre les


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doigts, elle donnait l'impression d'une résine. Quelques fragments plus importants ont pu faire reconnaître le bitume.

Cuivre. — Diverses scories avec charbon de bois encore adhérent ainsi que du minerai ayant subi la fusion.

Fer oligiste ècailleux. — Un assez fort morceau et plusieurs fragments à parcelles brillantes.

Granit. — De nombreux débris de cette roche, souvent avec mica noir et amphibole verdâtre.

Malachite. — Divers échantillons.

Ocre. — Plusieurs morceaux de couleur rouge foncé.

Quartz. — De nombreux éclats de quartz et de quartzite ont été trouvés dans la fouille; nous n'avons retenu que ceux paraissant avoir de l'intérêt. A signaler un fort joli broyeur de 0m08 de diamètre sur 0m04 d'épaisseur. Très aplati, l'une des surfaces est polie et conserve une teinte rougeâtre comme si on s'en était servi pour broyer de la sanguine; la périphérie se trouve usée un peu en dos d'âne.

Turquoise. — Plusieurs fragments de cette curieuse pierre alumineuse.

Divers débris de dents en contact sans doute avec des substances cuivreuses se trouvent avoir beaucoup d'analogîe avec la turquoise orientale.

Calcaire. — Nous ne citerons le calcaire qu'à titre de mémoire, le massif voisin se trouvant être de cette nature de roche ainsi qu'il a été dit au début de ce travail. Toutefois, nous mentionnerons un joli galet, il a servi de polissoir à main et le mouvement de va et vient l'a usé d'un côté et de l'autre en angle arrondi et prononcé.


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Petite grotte de la station

A une quinzaine de mètres, tout au plus, de la station que nous avons en grande partie dégagée, au-dessus et en longeant le massif rocheux, existait une petite grotte parfaitement cachée par les hautes broussailles. A peine profonde de im50, avec à peu près autant de largeur, c'était plutôt un réduit, une cachette pouvant avoir une très grande corrélation avec notre fouille, aussi en fîmes-nous effectuer le dégagement.

A la surface on pouvait constater des traces de feu, l'étanchéité semblait parfaite et un carnassier avait dû y établir son repaire à une époque assez reculée, car, à fleur de sol nous trouvions divers ossements de cheval et de sanglier, paraissant déjà anciens.

Deux journées à peine nous suffirent pour nous convaincre que nos recherches seraient vaines, car à 1 mètre de profondeur, la pioche découvrait une fissure entre deux rochers par où toutes les terres s'engageaient. Cette fissure, ainsi qu'un étroit boyau situé en regard de l'ouverture, paraissent avoir des ramifications avec l'intérieur du massif, dans la direction de l'endroit où nous avons signalé une grotte écroulée, au cours de notre fouille de la station. Nous n'avons pas cru devoir continuer le dégagement dans de pareilles conditions, estimant avoir un emploi plus sage des fonds restant à notre actif, ainsi qu'on pourra le reconnaître plus loin.

Tumulus du Pic des Singes

Situation. — A une cinquantaine de mètres de la station de pêche et du même côté, en bordure de


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route revenant vers Bougie, une particularité du terrain avait pu également attirer notre attention et nous n'avions pas été long à reconnaître des traces de foyers. Comme à la station, la route avait emprunté sur le talus de telle sorte qu'à différents endroits on pouvait constater la présence de terres rouges et comme calcinées. A la hauteur d'un de ces foyers présumés, on remarquait même encore enclavé dans le talus tout un côté de vase d'une poterie grossière.

Ici, nous devons relater dans toute sa simplicité, un incident assez fâcheux que nous ne pouvons, cependant, passer sous silence. Il pourra mettre en garde les chercheurs, en pareille circonstance.

Un de nos amis paraissait beaucoup s'intéresser à nos recherches, initié pour ainsi dire par nous, il connaissait nos dispositions futures et savait qu'aussitôt notre travail méticuleux terminé à la station de pêche, nous devions entreprendre le tumulus du dessous. Pressé, — sans doute de rendre un signalé service à la science — et pendant qu'occupé plus haut nous ne pouvions prévoir ce qui allait se passer, en compagnie de deux autres promeneurs, ce trop serviable ami trouvait moyen de pratiquer une fouille fortuite et hâtée à l'endroit que nous lui avions signalé comme devant être le plus intéressant. Avec l'aide de leurs cannes ferrées ils dégageaient le foyer situé en bordure du chemin, puis peu après, fiers de leur exploit et avec une légère pointe ironique à l'adresse de nos fouilles si lentes, mais si méthodiques, ils venaient nous soumettre à titre comparatif le produit de leur récolte. Nous devons, du reste, ajouter que ce produit a été soigneusement emporté par les auteurs.


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Il se composait de nombreux et forts fragments d'un grand vase à panse rebondie, à bords saillants, avec double bourrelet de suspension — nous pourrons en signaler d'autres par la suite — dans l'intérieur duquel deux superbes petits vases de facture néolithique et demi-sphérique, avaient pu être trouvés complets. Il ne nous a pas été donné dans les quinze foyers dégagés d'en retrouver un intact et de taille aussi faible.

Le peu que nous avions pu entrevoir ces divers objets avait cependant suffit pour nous convaincre de tout l'intérêt que devait présenter pareille fouille; aussi décidions-nous aussitôt de poursuivre les recherches commencées sous d'aussi fâcheux auspices.

Le dégagement immédiat s'imposait et le jour même nous ouvrions là un nouveau chantier. Il était assez facile, du reste, de terminer le dégagement de la station tout en surveillant le tumulus vu la faible distance.

Orientation. — Dégagement. — Adossé pour ainsi dire à la haute chaîne de montagnes partant de l'est et se dirigeant vers l'ouest, l'orientation du tumulus est identique à celle de la station de pêche dégagée, on regarde devant soi le sud avec une légère obliquité vers l'ouest (fig. 24).

Une végétation extraordinaire a pu croître là, malgré- l'amoncellement considérable de pierres dont le sol est formé et on ne peut guère avoir une idée bien nette quant à la forme et à l'étendue.

Nous donnerons plus loin notre appréciation sur le caractère de cette fouille fort curieuse, car nous ne nous souvenons pas avoir lu quoique ce soit




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d'analogue, ayant été signalé en Algérie, pour le moment nous allons passer une revue détaillée et méthodique du dégagement, foyer par foyer.


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Vers la partie gauche existait un mur très grossier en pierre sèche, lequel n'avait aucune solution de continuité et n'est apparu qu'à une certaine profondeur. Partout du reste et comme séparations intentionnelles des foyers, nous avons pu constater de véritables remparts protecteurs faits de pierres de toutes formes et de toutes dimensions, sans aucune intention de taille préalable. Mais c'est surtout dans le sens horizontal et au-dessus des foyers que cette particularité a pu être observée. Par suite du tassement artificiel, voulu sans doute par le rite de l'époque et du tassement naturel survenu ensuite sous l'amoncellement des terres qui ont pu descendre de la montagne, nous n'avons pu sauver aucun des vases de grandes dimensions toujours reconnus dans chaque foyer.


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Pour pouvoir nous suivre dans notre travail, le lecteur trouvera, (fig. 25), un plan où il lui sera facile de reconnaître les emplacements des divers objets recueillis au cours de notre fouille et nous donnons également, (fig. 26), une coupe du terrain tel qu'il existait à l'endroit des foyers, avec parfois une légère variante dans l'épaisseur des couches.

A la surface, un humus épais, terres d'apports ou d'éboulements, de 1 mètre à lm30 environ, dans lequel on ne trouve rien. En dessous, le terrain se teinte fortement et devient cendreux avec quelques charbons sur une épaisseur de 0m20 à 0m30.

Puis on rencontre une véritable bande de protection, formée parfois d'un cailloutis assez fin, plus souvent de pierres de fortes dimensions ainsi qu'il est facile d'en juger sur la photographie (fig. 24). Sans compter, en effet, tout ce qui a été précipité dans le ravin de l'autre côté de la route, nous avons fait établir un véritable mur de soutènement en bordure de la rigole d'écoulement des eaux, de façon à éviter les éboulements des terres extraites.

Par la base, cette bande de pierres, en contact plus direct avec la chaleur des foyers se trouve fortement calcinée, les calcaires sont réduits, les grès rougis. On trouve ensuite une ligne noire purement charbonneuse, d'une épaisseur assez variable de 0m05 à 0,n10 environ, directement attenante à la couche de terre d'un rouge tranchant, formant foyers. La calcination par places est tellement violente, que les deux couches supérieures se trouvent parfois comme crevées et que le tout forme un enduit compact de terres calcinées, de pierres cuites, de cendres et de carbonate de chaux.


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Dans cet amalgame, il est cependant facile de reconnaître une intention d'inhumation, l'urne funéraire, dans laquelle on recueille une cendre grasse et spongieuse, puis l'offrande se trouve garantie par un semblant de niche en pierres sèches — fait plusieurs fois observé, - adoptant un peu la forme de l'urne elle-même.

Plus souvent, quelques gros calcaires disposés d'une façon particulière avec un plus gros encore à l'effet de couverture. Généralement, plusieurs foyers se trouvent comme réunis et la bande rouge est commune, mais il arrive aussi que d'un foyer à l'autre, il n'y a aucune solution de continuité et la distinction est alors parfaite.

FoYl'.R 1.

Le premier foyer exploité par une main étrangère — ainsi qu'on a pu le voir précédemment — comportait un très grand vase brisé, et deux petits, demisphériques de facture néolithique. Autant que nous avons pu les entrevoir, ils ne devaient guère mesurer, l'un plus de 0m0G de diamètre et l'autre plus de 0"l08. Le premier était légèrement ébréché par la pointe d'une canne ferrée; le second était intact.

Poterie épaisse et rougeâtre.

FoYlilt N° 2.

En contact avec des débris menus d'un très grand récipient, comprimé entre des pierres, il nous a été possible de dégager complètement un vase curieux dont nous donnons une reproduction photographique i.flg. 27).

Il mesure exactement 0'"ii de hauteur, 0m15 d'ouverture et 0m127 de profondeur.


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Des morceaux de cassures anciennes en ont permis la reconstitution presque complète car il ne nous en manque qu'un fragment de bordure.

Poterie grossière, ne paraissant pas faite au tour et mal cuite, pied formant saillie assez prononcée. On relève sur la périphérie dans le plus grand diamètre quatre bourrelets de suspension placés à des distances variables les uns des autres, 0m09, 0m14, 0m10, 0m13 dans le sens vertical.

L'intérieur est calciné, l'.extérieur l'est moins, et par le haut seulement. A partir de la dépression de la panse, la couleur est rougeâtre et on relève sur toute la surface un dépôt terreux sous lequel cependant tranchent nettement des raclages verticaux nombreux, produits par un instrument tranchant. L'épaisseur en bordure n'est guère que de 0m005, mais elle croî't de plus en plus en allant vers la base.

Dans les cendres blanchâtres recueillies à l'intéFig.

l'intéFig. — Vase de foyer


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rieur de ce vase et comme cimenté avec elles, nous avons trouvé un joli polissoir ou broyeur, usé sur les côtés et fortement aplati sur les deux faces principales, mesurant 0m08 de diamètre et O^Oôô d'épaisseur. Fortement calciné, il se trouve comme éclaté par la chaleur.

FOYER N° 3.

Ecrasé sous le poids des terres et des pierres, le foyer 3 contenait un très grand vase qu'il nous a été possible de mesurer intérieurement et avant l'effondrement des morceaux encore en place au dégagement, en maintenant avec beaucoup de peine les parois de l'intérieur. Il avait à peu de chose près 0m45 de hauteur, 0m40 de largeur et autant que nous avons pu en juger, ce devait être le même que celui du premier foyer si obligeamment fouillé.

Le dessin de ta figure 28, en donnera une idée assez exacte et on remarquera un double bourrelet de suspension, lequel ne se trouvait répété qu'une seule fois et en regard sur le diamètre.

Poterie très grossière, comme rongée intérieurement par le

feu, avec dépôts calcaires extérieurement, d'une épaisseur moyenne de 0m015.

Parmi les débris, nous avons recueilli divers fragments d'un très petit vase analogue à la reproduction photographique de la figure 27, mais ne devant guère avoir que le quart environ des dimensions de celui-ci.

Fig. 28. — Vase des foyers


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Particularité digne d'intérêt, dans les cendres provenant du grand vase, nous avons constaté la présence d'une canine de sanglier, légèrement calcinée et taillée identiquement de la même façon que celles signalées dans notre fouille de la station de pêche et reproduites dans notre figure 8.

Formant rempart de face, se trouvaient superposés deux meules concaves, ainsi que deux broyeurs à main. La photographie 29 reproduit la plus parfaite de ces meules avec plusieurs des broyeurs polissoirs récoltés dans les foyers.

C'est, semble-t-il, un fort galet de granit, comme on en rencontre assez souvent au bord de la mer, ne pesant pas moins d'une vingtaine de kilos et mesurant 0m38 de longueur, 0m22 de largeur et 0ra18 d'épaisseur.

La ligne de concavité offre une dépression assez prononcée pouvant avoir près de 0m02 vers le milieu. La deuxième meule tout aussi forte que la première, est une déorite granulitique à reflet vert sombre; elle mesure 0m40 de longueur, 0m25 de largeur sur

Fig. 29. — Meule et broyeurs des foyers


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une épaisseur moyenne de 0m12. La ligne de concavité est beaucoup plus prononcée que dans la précédente et accuse près de 0m05 vers le milieu. Les deux broyeurs à main sonl deux jolis quartzites, l'un complètement rond, avec encroûtement de dépôts calcaires fort tenace, l'autre allongé et poli systématiquement sur les quatre faces.

FOYERS Nos 4 ET 5

Chaque foyer dégagé nous ménageait une surprise et il est réellement fâcheux que le but évident de protection, cherché primitivement, ait aussi mal rempli son office, car il nous a été impossible, malgré la plus excessive prudence, de sauver un seul des grands vases funéraires déposés dans les foyers. Le dégagement du loyer n° 4 nous offrait un sujet paraissant complet, aussi la petite truelle longue d'archéologue qui nous servait ne dislribuait-l-elle ses coups qu'avec la plus prudente réserve. Dans sa position naturelle, le vase en forme

de calotte (lig. 30) débarrassé des terres le comprimant audessus ef au-dessous en partie, a pu être relevé avant son effondrement.

effondrement. partie ouvert* 1 se trouvait par le haut et il avait très exactement 0"'25 de diamètre et 0m15 de hauteur. De très nombreuses cassures invisibles produites par le tassement se sont ouvertes à l'enlèvement et il nous a été tout à fait impossible de reconstituer ce vase.

La surface extérieure se trouve comme craquelée par un surelioulïage violent, tandis (pie les parois intérieures comportent de nombreuses boursouflures

Fig. '0. — Vase des foyers


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se cassant assez facilement, sous une forte pression de l'ongle. A l'emplacement de ces boursouflures on relève comme des scories brillantes et vitreuses. Le son des fragments, au lieu d'être mat comme dans presque tous les cas, est au contraire clair et donne l'impression d'une poterie recuite. Nous avons signalé, dans une fouille précédente W d'une première couche archéologique de grotte, quelque chose d'analogue comme poterie et restes d'ancien creuset.

Contigu au n° 4, le foyer n° 5 possédait un vase de grande dimension assez semblable à celui de la figure 28, avec cette particularité toutefois qu'il ne possédait qu'un seul bourrelet de suspension dans le sens horizontal et à quelques centimètres du rebord.

A l'intérieur, nous avons trouvé les fragments d'un petit vase demi-sphérique, dont la moitié environ a pu être reconstituée; il mesurait 0m10 de diamètre et 0m07 de hauteur. Poterie épaisse de 0m013 en moyenne, grossière et faite à la main, avec une argile impure et pétrie bien imparfaitement. Sur la surface extérieure, on relève un lissage encore apparent et la balte a laissé des traces nombreuses et visibles.

En dehors de la ligne de ce foyer et dans la terre non atteinte par la calcination, nous avons recueilli un lissoir en os poli, d'un travail analogue à ce que nous avons signalé précédemment, au cours de notre fouille de la station de pêche. Il mesure 0m08 de longueur, 0m012 de largeur et 0m008 d'épaisseur;

(1) Congrès deMontauban. 1902, Association grançaisepour l'cusaii" cernent des sciences — Fouille de la grotte Ali-Bacha.


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les stries laissées par l'outil ayant servi à le façonner sont encore très nettes. C'est le seul objet en os poli que nous possédions des foyers.

Fo\rER NUMÉRO 6

Le foyer n° 6 nous a procuré les débris d'un vase, lequel sans contredit, devait être le plus grand de ceux trouvés dans toute la fouille. Il est assez facile

par divers fragments retenus, de lui attribuer un diamètre de 0m50 à 0m55 et il devait avoir beaucoup de rapport avec la reconstitution de la figure 31. Pour un

vase de pareille dimension, il est curieux d'en constater le peu d'épaisseur, 0m01 environ, mais il faut ajouter aussi que des fendillements très significatifs se sont produits à la cuisson ainsi qu'on peut le constater sur les divers fragments retenus.

Dans l'intérieur se trouvaient les débris d'un vase de même facture que celui signalé, figure 27, ainsi qu'un beau broyeur-polissoir nettement usé sur quatre faces. C'est un quartzite de 0m09 de longueur, 0m07 de largeur et 0m0i5 d'épaisseur, il se trouve assez fortement calciné.

Tout proche de ce foyer, enclavé dans des pierres énormes, se trouvait un petit entonnoir, d'une argile assez bien cuite, lequel a malheureusement été brisé par la pioche alors qu'il fallait malgré tout le conserver. Reconstitué, nous en possédons la plus grande partie environ les deux tiers. Il mesure 0m063 de diamètre et 0,U0G3 de hauteur. La partie formant

Fig. 31. — Vase des Foyers


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goulot a, à elle seule la moitié de cette hauteur et le trou d'écoulement n'a guère que 0m01 de diamètre. Nous nous trouvons là en présence d'un objet fort curieux de cette époque reculée.

FOYER NUMÉRO 7

Les foyers 6, 7 et 8 étaient attenants et la couche de terre rouge, si nettement caractéristique offrait une solution de continuité.

*

Dans le foyer de droite, nous avons pu encore relever la présence d'un vase particulier, à bords évasés et gracieux, d'assez grande dimension, mais comme toujours complètement broyé. Quelques forts fragments ont pu être retenus ainsi que le fond en deux morceaux.

morceaux. très grossière de près de 0m03 d'épaisseur, le diamètre à la base est de 0m15 et le tout devait constituer un récipient assez semblable à la reproduction de la figure 32 ci-dessus.

L'intérieur renfermait de la cendre grasse et blanchâtre, les parois formaient corps avec ces résidus. Deux fragments osseux, calcinés, ayant toute l'apparence

l'apparence restes de côtes ? .ont été retenus. Un vase demisphérique, (fig. 33), a pu être dégagé .intact, les éclats sont de cassures anciennes et n'ont

Fig. 3-2. — Vase des fovers

Fig. 33. — Vase des foyers


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pas été retrouvés. Ce vase, lui-même, est enduit fortement de la cendre grasse signalée ci-dessus, le fond se trouve comme rongé à la base, les parois externes sont couvertes de dendrites produites par des racines de végétaux.

Le diamètre en est de 0,n 12 et la hauteur de 0m07, poterie grossière et rongeâtre.

Dans l'intérieur de ce deuxième vase, nous avons receulli un petit broyeur-polissoir en quarzite de 0m065 de diamètre et 0m04 d'épaisseur. Légèrement aplati sur une des faces, celle opposée est usée en angle très obtus, ce qui donne à cet objet un certain cachet d'originalité.

FOYER 8

Là encore nous avons reconnu la présence d'un grand vase un peu plus haut que large et dont le diamètre ne devait pas excéder 0,n35. Poterie un peu plus fine que celles signalées jusqu'à présent,

et devant avoir la forme reconstituée de la ligure 24. Parmi les débris, existaient de nombreux fragments d'un autre plus petit vase, lequel complet, avait beaucoup de rapport avec la photographie (fig. 27). Dans les cendres, nous avons recueilli quelques

quelques cuivreuses, ainsi que deux valves de pectoncle, perforées au sommet, côté de la charnière, l'une assez grande Periunculus violacesccus, l'autre plus petite, Pictunculus pilosus. Les bords en sont soigneusement arrondis.

Fig. 31. — Vase des foyers


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FOYER N° 9

L'entassement considérable de pierres, observé un peu partout dans la fouille, devient là plus important encore et adopte vaguement la forme d'un mur sans aucune symétrie, ni solution de continuité.

Nous devons voir là un but de garantie contre l'envahissement des terres et la construction ne paraît donner aucun rapport avec ce que pourrait être uue chambre sépulcrale par exemple.

Sur la gauche existait un foyer isolé dans lequel nous avons pu reconnaître la présence de trois grands vases de la forme calotte, plusieurs fois signalée, avec cette particularité qu'ils s'emboîtaient les uns dans les autres. Deux au moins ne devaient pas.être complets lors de l'enfouissement, ainsi qu'il résulte de l'examen des débris, aucune reconstitution n'était possible. A signaler la présence de deux broyeurs-polissoirs en quartzite, l'un absolument rond et le second aplati.

FOYER N° 10

En nous dirigeant vers le foyer portant, au plan, le n° 10 et à la profondeur de 2m80 environ, c'està-dire en dessous du niveau des foyers, sous une forte dalle de calcaire, nous avons recueilli deux fragments d'une lame de fer lesquels quoique séparés l'un de l'autre par une distance de 0m80 environ, paraissent avoir appartenu au même objet. Bout à bout, ces deux fragments constituent une lame de 0m30 de longueur et, bien que l'oxidation soit profonde, il est encore facile de reconnaître qu'un côté a pu être tranchant. A la cassure, le métal donne


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l'impression d'une industrie naissante, le travail laisse beaucoup à désirer, car à côlé de certains beaux reflets métalliques, on retrouve la couleur terne du minerai. Le martelage aussi est inégal, imparfait et il est assez facile de relever quelques fissures longitudinales. Cependant, le métal obtenu paraît très cassant et il rend un son clair caractéristique. La conservation relative de cette lame doit provenir de sa situation particulière sous la dalle plate décrite plus haut, formant cloison étanche; sa plus grande épaisseur atteint encore 0mC05 et la largeur moyenne est de0m03o.

Aucune disposition particulière permettant de reconnaître un système d'emmanchement. Au dégagement du foyer n° 10, nous avons encore constaté la présence de nombreux débris ayant appartenu à un vase analogue à celui reproduit (fig. 27), mais beaucoup plus grand. Recueillie dans les cendres, une belle défense de sanglier fendue par le milieu dans le sens de la plus grosse épaisseur et dont l'extrémité se trouve fortement teintée en vert. Particularité déjà signalée sur des dents de la station de pèche; cependant nulle trace de cuivre dans ce foyer. Signalons 'aussi deux broyeurs-polissoirs toujours en quartzite et semblables à d'autres décrits dans les précédents foyers.

FOYER NUMÉRO 11

Là, devait exister un grand vase assez conforme à ce que nous avons reproduit (fig. 28), avec double bourrelet de suspension, également très grand, mais comme toujours malheureusement broyé. A l'intérieur se trouvaient les fragments d'un petit vase


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demi-sphérique, ainsi qu'un polissoir ou broyeur paraissant être en diorite.

A environ 0m30 au-dessus de la couche altérée par le foyer, nous avons trouvé un fort morceau de granit rougeâtre à gros grains, affectant la forme irrégulière d'un quart de cercle, mesurant 0m22 dans sa plus grande largeur, 0m15 dans la seconde et 0m08 d'épaisseur moyenne. La surface unie à l'opposé de la base rugueuse comporte un dessin original, obtenu par une série de lignes assez régulières, en creux, et nettement tranchantes, disposées en évantail de chaque côté d'un rayon (fig. 35),

Peut-être nous trouvons-nous en présence d'une meule particulière, brisée, dont les lignes creuses pouvaient retenir le grain et l'empêcher de gliser.

C'est une simple hypothèse que nous émettons, nous basant toutefois sur cette particularité, que la portion centrale paraît offrir un semblant de grossière perforation, sur laquelle on relèverait aussi des lignes creusées intentionnellement.

Fig. 35. — Dessin re'evé sur un granit


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FOYERS NSO 12, 13 ET 14

Ces trois foyers, quoique assez éloignés les uns des autres offraient, quant aux lignes caractéristiques, cendreuse et terre rouge calcinée, une solution de continuité bien apparente.

Le premier contenait un grand vase broyé, de forme calotte avec de multiples débris paraissant provenir de deux autres vases beaucoup plus petits. Au dégagement, la pioche a brisé une grande meule, en grès rougi par le feu, ayant dû faire un très long usage, car alors que sur les bords l'épaisseur se trouvait être encore de 0m08, le milieu n'avait plus guère que 0m0i. Tout proche se trouvait un fort fragment de large broyeur, c'est-à-dire la partie concave se manoeuvrant sur la meule proprement dite, Recueilli aussi un important morceau de minerai de cuivre gris dont nous ignorons le gisement.

Dans le foyer n° 13, existaient de nombreux morceaux de grands et de petits vases de formes diverses, surtout demi-sphérique. Le rempart de protection toujours observé en dessus des foyers avait dû céder à une époque reculée, la calcination était plus violente, les cendres blanches en plus grande quantité. Le foyer numéro 14 ne nous ayant rien procuré, nous avons pensé que les nombreux débris observés avaient pu appartenir à ces deux derniers foyers.

Trouvé au milieu de la poterie brisée, deux broyeurs-polissoirs à main, l'un usé sur deux faces et l'autre sur une seule; un fragment de valve de pectoncle, partie du sommet avec perforation et


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enfin une assez grande quantité de graines calcinées, mais cependant nettement attribuables à une variété de féveroles.

FOYER 15

Avec ce foyer, le caractère de la fouille change totalement d'aspect. Par places, la cendre est veule, fine, noirâtre; à côté, elle est compacte comme de la chaux atteinte par l'eau et le tout forme une bande très épaisse, par dessus la couche de terres rouges calcinées, s'enfonçant dans la profondeur des terres. Nous nous trouvons là en présence d'une particularité toute différente de ce qui a été signalé jusqu'à présent.

Devons-nous admettre une réunion de multiples foyers affectés à une classe inférieure de la société de cette époque, comme tout paraît le laisser supposer? Ou, sommes-nous en présence d'un fond de cabane, dévastée par un incendie? Nous ne pensons pas devoir nous arrêter à cette seconde hypothèse, car la caractéristique de la fouille se poursuit à peu près dans les mêmes conditions que précédemment.

De ce, de là, un vase toujours grand, plus grossier encore peut-être, avec les débris d'autres vases plus petits, tout comme dans les autres foyers nettement séparés ; puis, sans doute, aussi des offrandes puisque nous avons pu recueillir un nouveau broyeur polissoir à main, un fort fragment de meule, un joli disque de poterie très régulier, de 0m03b de diamètre semblable à celui que nous avons décrit, de notre fouille de la station de pèche, puis enfin une belle défense de sanglier. Il semble certain que si


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nous nous trouvions en présence d'un fond de cabane, contigu aux foyers si nettement différents, même cette cabane aurait-elle été incendiée, il subsisterait des traces particulières et facilement reconnaissables.

Faune du tumulus. — Nous trouvons en l'absence, pour ainsi dire totale, de faune dans toute la fouille du tumulus, une des meilleures preuves que nous sommes assez loin du lieu d'habitat à l'époque.

A part les diverses dents de sanglier recueillies dans les foyers, nous n'avons à signaler, en effet, que deux incisives, une molaire et une portion de mâchoire d'un boeuf assez grand, un fragment osseux de corne d'un petit ruminant, indéterminé, puis enfin pour achever quelques ossements en partie calcinés.

Poterie. — On a vu que presque toutes les poteries, décrites, au fur et à mesure du dégagement des foyers, étaient d'une argile absolument grossière; il convient, cependant, de signaler à côté de cette particularité, plusieurs fragments de différents vases de pâtes fines et bien malaxées, entièrement comparables à ce que nous avons observé et dépeint au cours de notre travail sur la station de pêche.

Remarques et conclusions

De l'ensemble des remarques, des observations et des faits se rapportant aux deux importantes fouilles, aussi bien de la Station de pèche que du Tumulus du Pic des Singes, lesquelles viennent


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d'être longuement passées en revue, peut-on tirer une conclusion sensée, quant à l'époque d'occupation? Il semble qu'on peut répondre affirmativement et nous avons tout lieu de croire ne pas nous trom-' per, ainsi que nous allons essayer de le démontrer. Certes, d'après les ck ssifications admises pour différencier les diverses époques préhistoriques, nous n'avons pas la prétention de vouloir assigner une date, même approximative, mais nous pouvons du moins envisager la place de notre double travail, au milieu des différentes périodes si reculées de la préhistoire.

Il est d'abord un fait marquant et digne d'intérêt, du moins en ce qui concerne nos longues et patientes recherches en Algérie, c'est que, jusqu'à présent, nous n'avons pas pu reconnaître la présence du bronze dans nos fouilles, aussi bien de la région des hauts plateaux que du littoral.

Le cuivre paraît avoir été employé en Afrique, à l'état pur, bien avant que l'on ait songé à l'allier à un autre métal, le minerai étant assez riche dans les environs ; c'est donc un fait facilement admissible qu'il ait été tout d'abord purement et simplement réduit par la fusion.

Dans la première couche archéologique de surface de la grotte Ali-Bacha nous avons signalé le cuivre et nous avons même recueilli des fragments d'un creuset ayant servi à la fonte de ce métal. L'abri néolithique des Aiguades, dégagé en 1903, nous a procuré la belle boucle de cuivre dont l'ardillon simule un poignard; le grand abri également dans les Aiguades, nous donne aussi le cuivre et aujour-


— 122 -

d'Uni toujours dans les mêmes circonstances, c'est encore le cuivre que nous signalons.

Or, cette industrie a une relation directe avec les autres industries si caractéristiques de la pierre, de l'os, de la poterie et si nous établissons un parallèle entre ces diverses industries, aux époques néolithiques anciennes et récentes, nous arrivons à un rapprochement frappant et tout paraît bien s'enchaîner. F.nlro la disparition de la pierre et l'apparition du cuivre, il a dû s'écouler une longue période de tâtonnement; on s'est donc servi longtemps encore de la pierre à l'aurore des métaux.

La chose a, du reste, élé signalée par îles savants autorisés et cela un peu partout. Cependant, il existait une lacune pour pouvoir être suffisamment alhrmalif, sur les côtes africaines, quanta une époque île transition de la pierre aux métaux.

Noire station de pèche du Pic des singes, par sa faune, son industrie, la quantité et la diversité des objets recueillis, et surtout par la rareté du cuivre parait donc bien devoir se rattacher à celle période transitoire, pour ainsi dire inconnue en Afrique.

D'un autre coté, le tumulus partiellement dégagé, nous donne des indications suffisantes d'une civilisation plus avancée et cependant, l'affinité est très grande avec la fouille de la station de pèche : situation identique, voisinage immédiat, même orientation. Remarquons que les foyers, à côté d'une poterie grossière de facture berbère, nous ont procuré divers débris de vases plus fins, comparables à ceux de la station de pèche, des broyeurs semblables, des coquillages perforés, un lissoir en os poli, une


—e123

canine de sanglier, dont la parenté a été établie, avec les premières signalées, une rondelle en poterie et, enfin, quelques scories cuivreuses.

Mais le tumulus nous procure le fer, alors que la station ne nous en livre aucune trace. Il est assez probable que les premières peuplades berbères refoulant les pêcheurs de la côte, vivant peut-être même à leur contact, ont pu conserver quelques traditions de leurs devanciers, d'où très grande analogie entre les divers objets recueillis dans les deux fouilles. Il y a donc beaucoup de probabilité pour que les foyers dégagés soient de la première époque de l'occupation berbère très antique.

Avant de terminer ce compte rendu, nous ne pouvons moins faire que de remercier publiquement et bien sincèrement, M. l'Ingénieur des Ponts et Chaussées et M. l'Inspecteur des Forêts, pour le bienveillant accueil qu'ils nous ont prêté, au cours de nos divers travaux, les terrains empruntés appartenant à leurs services respectifs.

Nous ajouterons, enfin, que très heureux nous serons si, par nos modestes moyens, nous avons pu jeter un peu de lumière sur cette partie, si ignorée encore, de la vieille histoire de l'Afrique du Nord.



QUATRIÈME |IIMIP D'$PI&RAPIU

AFRICAINE

(19O4-10O5)

PAR

M. le Docteur CARTON ,

Médecin-Major de 1" Classe,

Membre non résidant du Comité des Travaux historiques et scientifiques,

Président de la Société archéologique de Sousse

et de l'Institut de Carlhage

Aucun fait épigraphique saillant intéressant l'Afrique ne s'est produit, à ma connaissance, depuis un an. Les travailleurs attendent toujours avec impatience la publication du nouveau supplément, au n° VIII du Corpus inscriptionum latinarum. J'essaie dans ma sphère très restreinte d'obvier aux inconvénients de cette longue temporisation. Je ne puis le faire que d'une manière incomplète, faute de ressources suffisantes pour être renseignéINDEX

renseignéINDEX 1)

1. Bail, soc. ai'di. Sotissc, 1904.

28. Icard. Estampille sur lampe30.

lampe30. Bir-Bou-Rekba.

Pro salute impp caess. .11. . et M. Aureli Antonini. .11... Dominoe Aug....

(1) Quand la nature d'une inscription n'est pas indiquée ou ne ressort pas de sa lecture, il s'agit d'uue funéraire,'et je ne donne pour celle-ci, à moins d'une formule sortant de la banalité, que les noms et l'âge, supprimant les sigles habituels.

Quand aucun passage d'un texte n'est reproduit c'est qu'on n'a rien pu y lire. Quand des parties d'une inscription sont passées, elles sont remplacées par une flèche ^>.

A moins d'indication contraire, le numéro placé en avant de chaque inscription est celui de la page de l'ouvrage.


— 126 -

32. Cordier. Zaouïa Djedidi.

Imp. caes diri M. Antonini 11 Magni dici

Sevcri pii\\ nepot.

33. Carton et Chevy. Sidi-el-Hani. Thermes.

34. a. Lieutenant Nogué. Sousse. Couvercle de

vase en terre. Alexander.

b. Deyrolle. Djebel-Gatlouna.

SaturnoW Augusto 11 I.ivini. .ius 11 . . rot 11 um red.. .11 lib. . <? ani]\\[mo.

c. Deyrolle. Soliman.

Pro sainte,.. .11 iphto 11 imp. coesar.. .

42. Carton. Monastir. Marque de pose sur une base.

iles.

G2. J. Renaulet. Sur un glaive romain.

s. p. (j. r. sur la poignée. leg. xxii sur la garde.

G8 à 79. Delattre. Carthage.

n° 4. L. 0 filins Fclix 11 proc. aug. 11 ara m consecravit 11 et votum reddidit. Le début manque.

n° 6. L. Granio.

n° 7. Canneia Sccunda (39).

n° 14. .. s. p. a. .11. Tulanius.Al.. L. Annius..

n° 14. a. ... Rufina.

n° 15. L. Ovinius Victor Titianus (18, 2 m., 8 j.).

n° 18. Concordia (18) Primigcnia mater fecit.

n° 19. Faustiis (65).

n° 21. Cornelia C. ..

n° 23. Funéraire grecque d'U^xYj.v.z':.

n° 24. ... imp. crt'.s-... Commod..

n° 25. Fragment d'une liste.


— 127 —

n° 27. .. .to kg. V .. .11... traja...

n° 29. ...i. Septim. A\.. max. iïritan. max.M ... P. divi AntoniniW

n° 32. > glad. v. I. s.

n° 33. subdial..

n° 35. > decur ;> colon, carthag. > pecun...

n° 40. P. Dominitius Fortunatus (38).

n° 41. ... pia vixit .... a. s, c. Lucania...

n° 42. Vix. an. (59) Prepentina (62).

n° 43. Sur un galet :

n° 44. Montant de charrue, xiiii.

n° 45. Porto Farina ...us Crecens (35) >

98. Deyrolle. Kourchine.

fratres fecerunt Septimioe .. .et filiorum

99. Carton. Sidi-bou-Ali. Marque de pose sur une base.

104. Carton. Hergla.

..m. Aug. Sacr ll..ruo M. Caecil.sa(cerdotis?).

105. ... Félix (65).

3. Comptes rendus Académie des Inscriptions,

1904.

156. Gauckler. Djebel-Mansour.

Templu Mercurio f(ecerunt) civitas Galesis sufetes Aris et Manius Céleris f(ilius) scripsit Satur Céleris f(ilius) structures C. Manium C. Aemiliiim.

180. Gauckler. Henchir-Tambra.

181. Imp. Caes. Flavio Va le 11 rio Constantino pioll

feliciinvicto aug. pon.W max. tribun, potes. II viiii cos iiï imp. vii. p. p. proll cos. municipium Félix 11 Thabbora nurnini 11 majestalique ejus 11 devotum.


— 128 —

182. Nom sur un bas-relief représentant la lutte

des Géants et de l'Olympe. Mercurio aug. s. 11 liogatianus memoriam f.

183. Veneri aug. .11. ,ti ....

184. n° 6. pont. max.. patri palrioe... trib. pat...

sacrum.

n° 7. Aulo Ammicaris f. (83).

n° 8. Datus Saturnins Giddinis (56) Saturnina Flaminiani (37).

185. Mutthun (52) (92).

185. n° 10. llogatus, Saturnina, Satumini Censoris

filia et filiits /rugalissimus Adq. Diligentissimus (22, 8).

186. Fortunata puella in pace (32).

187. n° 12. a. Aufma puella in pace.

h. Naborianus in pace r (?) lui. n. octob. n° 13. FI. Honorio Invicto Imp. semper aug.

189. Numerius Caesius, Felicis f(ilius) ex undecimprimis, Iiisicensis (71).

3. Bull. Soc. uat. des Antiquaires de France, 1904.

155. Cagnat. El-Djem.

Deo Mercurio, San(c)to genio co(lo)niae Thysdritanorum, Flavius V.. .nus Faustini filius votum promissum solvo. ..

172. Monceaux. Des poids de Carthage publiés par le P. Delattre doivent être lus : NT = N (ip:[i.[j.x-x)-p:x = solidi très

180. Monceaux. Djebebana.

Sur une drague : Quodbulus, quatvultdeus.

231. Carton. Kairouan.

a. Gentilicium Ulpi Sperati.

b. Ulpius Speratus juxta conjugem.


— 129 —

4. Bull, arcliéologique, 1904.

36. R. P. Germer-Durand, Bostra.

Siloani, Karthagine, mil kg iii Cyr. vix. an xl : mil(itavit).

154. Ungerer. Oued-Rhaba. Milliaire.

n° 7. Perpetuo Dom. Constantino Caesar. M. xx.

Henchir-Zraïa. n° 1. M. Aurelius Saturninus (30) > fratri mer. M. Aurelius Rogatus.

155. n° 2. Jul. Victor (90) se vivo fecit, sevivoconjugi

sevivoconjugi fec.

n° 3. I. 0. M. Conservatori. DD. N. N. Imp. C. Val. Diocletian... Augg.

n° 4. Aniolenus Servandus Minuci ei aram (95),

n° 5. Masinia Prima (80) Masinius Conductor patri Val. \ecit.

n° 6. C. I. Secundus (81).

n° 7. Claudia Maxima (95).

n° 8. Jul. Rogatianus (44) Fortunatus fratri merenti fecit.

n° 9. Junio. (i)C.Junius. tulus fratri piissimu.

n° 10. S B E

D

156. n° 11. Er Vannuciell.

n° 12. Junius Rogal'anus(45>).—Junius Rogatianus (80) pat. fecit et dd.

n° 13. Q. Acr.. ,o Forlunato (80) Namissia Coelina marlto suo amautissimo fecit.

n° 14. M. V. Estikta (51).

n° 15. Julia Dativa (80).

n° 17. Ranius Castus(80)Raniae Maxim et Esita patri piissimo fecerunt.

n° 18. Otolus Namphamo (75) Sameus patri carissimo.

10


— 130 -

n° 19. Julius Urbanus (90) P. Opt. par. mer. fecit.

n° 20. Volussinia.

n° 21. .. .Oscellia pollim vixit annis.

n° 22. ... D. m. s. ...um paulim vixit annis (75).

n' 1 23. S. Optata (45) .. .fi', pi. fe. — N. Numisius Gemelus Veteranus (50).

n° 24. Moulin Chagrat.

. ,no aug. Pro sainte Domin. n\\.. M. Aureli Severi Antonini aug\\...s et Juliae aug. matris ejusU.. .ror senatus pop. q. rom.

158. n° 25. Satumi...

n° 26. Trisuae Aeliosc (42).

n° 27. Gellia Spes (80).

n° 28. Luciuslius Fortis (90) .. Cevolusb. p. me. fi. ei. didic.

Snab-el-Abiod. Milliaires.

n° 29. Imp. caes C. Alerius Constantiuspius invictus felix Augustus.

n° 30. D. A'. Constanlio Coesar Aug.

n° 31. Imp. Coes. M. Aurelio Valerio Maximiano P. f. Aug.

n° 32. D. M. Imp. Coes. Maximinus invict. aug.

n° 33. Imp. C. V. Licionio invicto p. f. aug.

159. Kherbet-Ouarlel.

n° 34. Décime Gemellioee (40).

N'gaous.

n° 35. Milliaire.

Imp. Coes M. Aurelius Probus invictus pius felix aug. p. m. tr. p. pp. procons. x.

Ballu. Timgad.

173. Une mosaïque : Filadelfis vita.

174. Sur un moule.


— 131 —

175. a. Sur des lampes d'hypocaustes :

cf.

b. c. Autres inscriptions frustes.

Duhar. Sousse. Graflfites puniques sur vase.

181. Amilcat, fille de Baal.

182. Sillecbaal. Carcopino et Focillon. Announa.

190. n° 1. Spitia? P. f(ilia) Iulla templum Junoni

d. s. p. f. n° 2. Lunoe p. p. — Soli p. p.

191. n° 3. M. Avianus Theuda M. Aviani Novelli libertus.

libertus. Lucioe Coecilioi Lucii filioe qui et Restutoe conjugi.

n° 4. Aurélia T. f. Matrona (30).

192. n° 5. T. Axius M. fil. Quir. Maxilianus (25).

n° 6. L. Brussio Q. f. Quir. Hospiti fl. perp. Thibilitanorum rarissimoe pietatis in liberos patri Brussi Maxim.

n° 1. P. Coecihus P. f. Quir Spurrina ob adfectionem suorum sepulcr facund. (cur).

n° 8. Sex Cornélius L. f. Quir Novellus (14).

193. n° 9. F laça Flaci f. Julia (4). n° 10. Gargilia Hospita (10).

n° 11. C. Julius Optati f. qui Spiriclio (34) . n° 12. C. Julius C. fil Quirina Ruplnus (75). n° 13. Julia P. fil Rustica (71).

194. n° 14. Juventia Se(xte) ftlia Frontilla (25). n° 15. Marcia M. f. Galla (30).

n° 16. M. Marias M. f. Quir Mardalis (45). n° 17. Otacilia c. f. Victoria (50). n° 18. C. P. Restectus.


— 132 —

195. n° 19. Saturninus (60).

n° 20. C. Seius C. f. Rufinus (101).

n° 21. Valeria Maximina (41).

n° 22. Vibioe Vilali fil. rarissime Aurelius Olympus (1, 10).

196. n° 23. Q. Viranius Q. f. Q(uir) Urbànus (7). n° 24. Hon...

n° 25. ...pria (19). 26 et suiv. Khamissa.

n° 26. Imp. Coe-s. M. Aurelio Antonino pio aug. pio felici principijuvenlutis imp. coes, L Seplimi Severi pii pertinacis aug. arab. adiab. part, max. pons. max. fortissimi felicissimi pp. fil. tr. po.. cos. procos. L. Seplimi Gelas nobUissimi Coes. fratri.

197. n° 27. Aeierno et Nobilissimo Coesari C. Valerio

Constanlio inviclo resp. colonia Thuburcensium Numidarum.

n° 28 et suiv. Lambèse. n° 28. ... sacerdoti. .. staluam...

198. J. 0. M. et céleris disdeabusque. Tù Claudius

Vilalis pp. domo Interramni Proetuttis.

199. f-eg. iil aug. Gallienm Numisius Mutulus p(rimi)

p(ilus) ob apothecam consummalam aram Libero Patri posuit.

201. Marti Aug. Pro sainte Dominorum N. Imp Severi

et Antonini Aug. et Getce Coesaris.

202. n° 32. Gtnio leg. III. Antonius Flavianus.

n° 33. Imp. Coees. Divi Trajani Parthicifilio divi Nervoe nepoli Trajanu Hadriano aug. Pont', max. trib. pot... II cos. III dedicante P. Cassio Secundo leg. aug. pr.pra Caïus Julius Cai filius Fabia tribu Valens Roma.

n° 30. Ibid. L. Julius. Q. f. Pal. Sàhianus (23).


— 133 — .

n° 31. Henchir-es-Zid. C. Octavius Feslûs (18)

239. n° 32. Zraïa.

.. .Jamtarius... (47).

n°33. Moulin Gragnon. M. Fortunata (30).

n° 34. Lila Maslucaranis (filius) Musulanicus (90) dedicanlibus Justo Jovino.

5. c. r. Acàd. inscrip., 1904. 333. Cagnat. Henchir-Alouin.

Henchir-Alouin.

Q. Comio Armigero Crescenti c. v. aedili, curuli, ab actis senalus. quaestori, seviro, turmae secundae Arnequitum, decemviro stilitibus judicandis, patrono incomparabili. Municipes Sicilibbensium.

377. Cagnat. Milliaire de la route de Bône à Guelma.

Imp Caes T. Aelius Hadrianus Anloninus aug. pius pont. max. tribunicia potestate xo cos iiii. Viam per alpes numidicas velustale interruptam ponlibus denuo factis, paludibus siccalis, labibus confirmalis resliluit. Curante M. Valerio Elrusco Leg suo pr. pr.

6. ÎVonv. archiv. des missions scientifiques. XII.

Poinssot. Dougga.

413. Pielati aug. sacrum.II. Pompeius Rogatus testamenlo C. Pompei Nahani fralns sui ex lis. xxmn solo suoll exlruxil ilemque dedicavit curatoribus M. Morasio Donalo C. Pompeio Cossulo.

429. n° 1. Théodosii p... .11..vis débita.

n° 2. ..caesari.. aug..\\..o. p. /. arn. rw..Il . .viae. M. Licini.\\..s palronus pagi.AX. ornavit .. .us. inleslinus.

M. Poinssot rapproche avec raison ce


- 134 —

fragment d'un autre texte, que j'ai découvert dans le mur byzantin entourant le capitule.

Cette partie du mur n'a pas encore été dégagée et j'ai la conviction que ce fragment sera retrouvé où je l'ai vu.

430. n° 3. >» parenti ex > decurionun.. n° 4. . .Hon(eslo)\\... resp municipi.

La restitution du premier de ces mots mériterait, ce me semble, un point d'interrogation.

431. Incertain.

432. n° 8. Jusqu'au 26 {bis), funéraires.

204. Dédicace à Septime Sévère, Caracalla, Julia

Domna par la légion III Augusta.

205. Liste de .légionnaires :

Cerellius Florentinus. Marins L'ipianus. Julius Julianus. Numitorius Terlius. Valerius Liberalis. Julius Januarius. Aurelius Firmus. Julius Saturninus. Grunius Victor. Lucius Calpurnianus. Pompeus Celer. Julius Félix. Aurelius Optatus. \'ibius Âlbosus. Aurelius \ilalis. Gelasinius .\epos. Lucretius Thubunius. Perellius Lucius. Aurelius Romanus.

207. Autre liste sans doute :

Aldus Augustalis Pescennius Januarius.

>■ Ilospilalis.

208. Liste de mensores :

Mensores : Abbonius Mucrubius, Sallustius Januarius, Arruntius Maximus, Afranius Lucius, Cossulius Guduius, Uclavius Saturninus, Julius Bassinus, Julius Forlunalus, Julius Aemeritus, Aurelius Rusticus, Octavius Felix, Aurelius Rogatianus, Elius Victor, Successus Successianus, Julius Castricus, Julius Guzabius.


— 135 —

212 et suiv. Timgad. 212. n° 38. Divo Hadriano.

n' 39. Do.. sacrum. Pro salutem P. FI. Pomponiani Pudenlis et Coel. Procilloe...

214. n° 40. Julius Quieliams à militiis voto dédit.

n° 41. P. Cuculnius M. f. Arnensifiribu) Quadralianus p. v. anno mfensibus xi et biduo.

215. n° 42. Imp. L. Domitio Aureliano > respublica

col. Thamugadfensium).

n° 43. Pro salute Philippi > et Marcioe Olacilioe

Severoe aug toliusque domus divinoe

resp. col Thamugad.

216. Pompeioe Fortunatoe... et Q. Plolio Victor...

217. et suiv. Grenier. Tocqueville.

n° 1. A Constance Chlore la respublica Tamallensium « ex collatione...

220. Tocqueville.

n° 2. A Julia Mamea mère d'Alexandre Sévère, u respublica Thamallulensium posuit.

222. n° 3. Clodius Primus (30).

n° 4. Aelia Saturnina (80) et hic seppelta est. F(ilius) fecit dedicavit que.

223. Kherbet-bou-Derbala.

Milliaire relative à un empereur (Caracalla?).

225. Kherbet-Tabtba.

Milliaire relative à Constance IIj?.

226. Kherbet-el-Mdaouer.

A Constance Chlore.

227. n° 8. Kherbet-el-Mdaouer.

A Dioclétien et Maximius, Constance Chlore et Galère.

n° 9. Kherbet-el-Lebba.

Milliaire à Elagabal.


- 136 —

228. Ibid. Milliaire (fragment).

229. n° 11. Ibid. Milliaire à Licinius le jeune n° 12. Ibid. Milliaire.

230. Ibid. Commodus.

231. n° 14. Aïn-Moussa. A l'empereur Dèce.

n° 15. Enchir-R'mada.

Pro sainte imperatorum dom. nostrorum L. Septimi Seoeri Perl. Aug. et M. Âurelli Anloni Bassiani Coesaris. Imp. desiinati ttmplum Victorioe Auguslorum culores ejus nu(minis) fece. Julius Emeritus flamen perp. imp(en)sis suis fecit anno p. cl viii.

233. Kherba-ben-Glacem.

A Valentinien, Théodose et Arcadius.

233. n» 17. Navarin.

Arlinio vixit anos ocloginta, Octavia posuit.

n° 18. Bir-el-Arch.

a. luzmarla fecit sibi caru conjugeve (47).

234. n° 19. Bir-el-Arch.

a. Jugarta (66).

n° 20. Bordj-Redir. .. .Haeceri...

n° 21. M. Ânnius Hyginus (30). Clodia,

235. n° 22. TerentiusNamphamoEtepica(?) Ullorismarito

Ullorismarito dedicavit (60).

n° 23. Ponivus (?) Suruc (65).

236. n° 24. Kherbet-Aïn-Soltan.

Celia Cen...

n° 25. Aïn-el-Metouïa.

L. Pomponius L. f. Quir Juvenalis (73).

237. n° 26. Sidi-Slama.

Porcia Vilalis (115, 3, 7).


- 137 -

n° 27. Ibid.

L. Munatius Januarius (47, 7).

n° 28. Thuburnic.

Q. Oclavius... Quir... vel(eranus)...

238. n° 29. Ibid. Castis Blandani (27).

J'ai déjà publié cette inscription, un peu différemment W. M. Elius. n° 9. .,.ix Rogaiianus. n° 10. Hilara. n° 11. C. Julius Speratus. n° 11 (bis) Julia. Exitifatae'?

n° 12. Item Marlialis Julia Felici patri genitori oplimo feci qui vixit annis Ixxxo.

n° 13. Olacilia Primosa (41).

434. n° 14. C. Pasenius Arunnus (112, 25). n° 15. Pelius Felix (80).

n° 16. Plaulia Fortunala (111). n° 17. Primiliva.

435. n° 18. Secura [Pri]mosa.

n° 19. Zoccaea Napamena (90), sans doute pour Nampamma.

436. n° 25. Deo Soli aug.

437. n° 26(bîs). pspr.

437. n° 28 et les suiv. Funéraires.

T. Caelius T. /. Arn. Exlricatus (28).

437. n" 29. Félix (3).

Il ne me semble pas certain que comme le croit M. Poinssot, ce fragment soit celui que j'ai publié dans

(1) Voir Bull, archéol., 1894, p. 384.

11


— 138 —

mes découvertes épigraphiques et archéologiques en Tunisie, n° 340.

n° 30. Fortunatus Sergi f.

n° 31. Nampliainina Crispi Sileni filia (47;.

n1 32. L. Numisius M. fil. Arn. Honorants (81) solo suo s. p. f. viius.

n' 33. Sergi us. 440. n° 34. Afriranus.

7. Revue archéol., 1904, p. 354. M. Monceaux a

continué son « Enquête sur l'épigraphie chrétienne d'Afrique », par un chapitre où il traite des inscriptions juives(').

8. Revue tunisienne, 1904, p. 467. Delattre. Carthage.

Carthage. céramiques grecques et latines.

9. Bull, trini. de la Soc. de géogr. et d'arch.

d'Oran, juillet 1904. N° 305. Delattre, Tiaret.

.. .ariae posuii.. .11.. pro salule 11 sua et com 11mUitonum.. .11 libes a. v. s.

N° 306. George. Aïn-Temouchent.

D. M. L'ipio Veli(o) mil(ili) n. ex L(egione) P(rima) Germa(nica), slip(endiis) vi., vixtt an(nis) xxvii cui Fl(aoius) Victorinus sec(undus) he(res) sepul{turam) f. c.

10. Dépêche algérienne, du 9 décembre 1904.

Waille. Inscriptions entrées au Musée de Cherchell. La plupart sont déjà publiées.

(1) M. Gsell cite dans sa chronique d'archéologie africaine de 1904, un article que je n'ai pas lu, de M Fiebenger (Beiblatt des Jakreslicfte des osterreichischcn archaologis(.hen Institutas V, 1902, p. 42) relatives à des inicriptions copiées en Afrique au XV1I1* siècle.


— 139 —

il. Bull, archéol., 1904, 354. Donau. Sud-Tunisien.

355. a. Milliaire de la voie de Turris-Tamelleni à Capsa. Fragment.

leg. au(g. pr. pr. ci)vitas Cap(sensiu)m mil. p(ass) xxii.

b. .,ide,.. deo... 357. Funéraire sur un mausolée > lib(ertus) >.

1». C. r. Acad. inscrip., 1904. Cagnat. Khamissa.

479. Larciae Laetae, A. Larcij) Macrini, principis gentis Numidarum et flaminis perpetui uxori, cui ordo staluam publiée ponendam cum decrevisset, ipsa, honore contenta, sua pecunia posuit. d. d.

484. Genio Gentis Numidiae sacrum.

506. Delattre. Carthage. Epitaphes puniques.

a. Tombeau de Baalazor fils de Bah.

b. Tombeau de Baal Hannon, fils de BodAstaroth,

BodAstaroth, de Garmelqart, fils de Bod-Melqart, Makamelim.

508. a. .. .grand prêtre, Matanbaal, . ...melek fils d'Abdmelek, ...hamelek fils de Baalhillhès.

b. Tombeau de Saçafat, femme d'AbdElim,

d'AbdElim, de Baalsamar. Clermont-Ganneau. Tripolitaine.

553. Punique relative à Lucius Aelius Lamia, (proconsul).

Delattre. Khanguet.

555. a. Adoni Aug. sac. Pro saluleimp. Caes L. Seplimi Severi Perlinacis aug. et imp. Caes. M. Aureli Antonini PU Felicis aug. el Juliae Domine aug.

b. Très fruste.


- 140 -

556. a. C. Pisonius Victor Veteranus (70). b (24).

13. C. r. de la marche du service en 1903. Direction des antiquités tunisiennes.

p. 22. a. Bordj-el-Amri. Sur les quatre branches

d'une croix byzantine :

Forlunatus. Aulauri D(omus) D(ei) glor[ia in excelsis deo et in ler]ra pax.

b. Rades. Sur une balustrade :

7TSÏV£

14. Mémoires de la Soc. nat. des Antiquaires de

France, 1902.

p. 179. Godin. Zagouan.

p. 181. Leander allucocer (a)e uno tt. 11 esse barosaW.

p. 188 Gauckler. Note sur les mosaïstes antiques. Liste des mosaïques signées.

p. 202. Cagnat. Mausolée des Bem-Melek.

a. Grafrltes : Caxan. MM M — Johannès.

b. Fragment d'une inscription sur sarcophage

sarcophage gemii.. > Corne.. > Fronto >-.

15. Revue Tunisienne, 1905, p. 65. Thina.

Dis Manibus, Valeria Celerina Rustici Gergos Filia Sicerdos. col. Thaenilanae. vix. annis Ixxv.

ie. Bull. Soc. uat. Autiq., 1904, p. 241. Monceaux. Afrique.

a. Aïn-Mzigr. Mosaïque : Rufina pue 11 lia in pace.

(I) On ne voit pas du tout, par exemple, avec l'interprétation de M. Gauckler comment on aurait élevé un cippe en souvenir de cette légende pour s'en moquer ! Je croirais volontiers que les deux mots de la fiu, qui ne sont pas sur la moulure du cippe, ont été ajoutés par quelque incrédule, un chrétien peut-être.


— 141 —

b. Tabarka :

Resluta 11 dulcis 11 in pace.

c. Tabarka :

Puer innoWcens, Nocens 11 nomine, vitaWlis vicsil annis) 11 sex in pace et in 11 refrigeu.

d. Tabarka :

Campesis Domili 11 us dulcis anim 11 a in pace vicsit 11 annis (chrisme) cinquanta.

284. Delattre. Carthage. Sur un abraxas :

CABAQ — ABRACAS

300. El-Djem. Gauckler.

Lunae...\\ Pro saluie...\\ imp. caesaris Au[g{usti]\\ p. p. M. Gavius M. /.Il Gai. Tetricus aug.

17. Recueil de Constantine, 1904. Hinglais. Catalogue du Musée : p. 244 et suiv. Longue liste d'estampilles, p. 24 et suiv. Libyques. La planche V me paraîtrait offrir une néo-punique plutôt qu'une libyque.

p. 169. Robert. Ouled-Agla.

M. Fab Uemdrius (55). p. 170. Douar-Zemala.

Chrisme: Habitat semp.Al Rufina Fabri.Al ne Domini insu... 11... asus la sq.

171. Bordj-Redir.

4° Serg. SulpicioW Passenio patrill amantissimo M. fiili élus ForWlucius ProcuWlus et céleri p. p. d. d. o vixit an l^J ap c c \XSI .

Kherbet-oum-Snibate.

5° animos 11. .. .mque hos. .11 ap ne delere i\\t

urbis muros.. 11.. morum prin... II.. ngentium

ngentium ol memor.


- 142 —

172. Bordj-Redir.

iil sar... es 11.. patrono. .11. . praeslanlis... ordo Municipi Lemellef. ddo.

Robert. Sigus. Nomenclature de toutes les inscriptions de la ville antique. Les suivantes sont inédites :

187. a. Mussius Florentins v. a... Musia Casta v. a.

xxxx. Mussius Floritus v. a. xxx.

b. M. Ulbius R. veus v. a. Ixxx m... o t b q.

c. antaxi.

188. a. Q. Marcius Q. f. Quir. Rufinus v. a. Ixx

h. s. e. o. t. b. q. Helvia pacata v. a. cl. o. t. b. q.

b. Catsar. M. Antonio Gordiano pio feliciaug. patri patriae pontifia maximo tr{ibu)nici.. pot, cot. xxv.

Vars. Constantine.

190. D. M. Memoriae. Julia Sidonia Felix; denomine lantum. Cui nefas 1 anle diem ruperunt stemina Parcae, quam procus heu l nuptiis hymeneos contigit ignés. Jngemuereomnesdryades, doluere puellae et Lucina. facis demerso lumine, flevit. Virgo quod et solum pignus fueratque parentum. Memphidos haec fuerat dicae sistrata[e] sacerdos. Hic tu mulata silel aelerno muner. somm. V. a. xviiii., M. iiii, d xiiii. H. s. e.

197. ... ann... Primosa v. a. xxxv, II. s. e.

198. Funéraire indéchiffrable.

199. a. M. Titinius Pontesis v. a. Ixxxxi. H. s. e.

O. t. b. q.

b. Antoniae Cinsilae (80).

200. a. Julia Bassieia?.,.

h. L. Siltia Rustica (30).

201. a. Onesim... (31).

b. M. Arrunlius L. f. Q. Manilianus (75).


— 143 —

202. Dominitius Pocosus (20).

203. M. Furfanius M. libert(us). Caius (22).

204. a. Domina Urbanilla (de 5 à 9). b. Sitlia Monula.

205. Clodia L. f. Silvana (60).

206. a. Domitia Cn. f. Matrona (23). b. Cassia L. f. Rufina (60).

207. M. Licinius Chorelhus (90).

208. a. Matrona (18).

b. Julia Felicia (35).

209. a. .. .Aquilia ou Ovilia? (109;. b. Sallustia Saturnina (21).

210. ..Marrellus marilae kar... fecit.

211. Sillius Victor (14).

212. a. P. Propertia (27). b. Victorinae (36).

216. Chettabah.

a. T. Alo... Peremna (21).

b. Julia Gemella (80).

217. a. M. Mutina (105;.

b. Rogaïus (105).

c. Musa (105??).

219 et 220. El-Hanacher. Lecture trop douteuse.

222. Constantine.

Jovi Aug. Sais. f. quaestor aedem et simulacrum dd. q.

224. Souk-Ahras.

Pro salule Imp. Anlonini aug. pii liberorumque ejus Dalus africani f. sacerdos Saturni fanum feci l. et ded.


— 144 —

226. D. M. Anilia Casta p. ». a. Ixxv. m. viiii. d. xviii. P. Anilius Crescens Matri piis.

18. Bull. Soc. nat. Antiq. France, 1904, p. 312.

Delattre. Carthage. Bulle épiscopale en plomb grecque. D'un côté : I1Y0ONOC ; de l'autre : mjCKOITOY.

Ibid. p. 332. Cagnat. Utique. Mar[si] 11 anus filldelisll in pace.

333. Bou-Korneïn.

a. L. Aviani[us],. Al sac domi[ni Saturniv.s. La]

h. Salurno aug. sacr. L. Cossius Clemens sacerdos v. s. I. a.

842. Robin. Upenna.

Hec sunt nomina martirum : Petrus, Paulus, Saturninus presbiter, idem Saturninus, Bindemius, Saturninus, Donatus, Saturninus, Gududa, Paula, Clara, Lucilla, Fortun, Iader, Cecilius, Emilius, passi die nonas augustas; depositi VI idus nobembres. — Gloria in escelsis Deo, et in terra pacs omnibus.

19. Bull, de la Soc. archcol. de Soussc, 1904.

152. Carton. Thuburnic,

D. M. S. Q. Octavius Q. fil. Cornelia, Primus, optime indolis adules cens, aedilis designatus pius vixit annis xxiii. m. vi. diebus xvii. H. s. e.

153. C. Julius Saturninus pius. vix. an. Ixx. H. s. e.

210. Abbé Leynaud. Sousse.

Diis manibus. P. Pomponius Fortunatus H. s. e. vix. ann. xxxiii. Cornelia Maxima Conjugi piisimo fecit.

Carton. Thysdrus. 213. Estampille sur fond de lampe. M. Novi. Justi.


— 145 —

214. a. Sur un fond de plat rouge à bord orné

de mascarons et de pastilles, dans un pied de 22 milimètres : Caprim.

b. Fragment de marbre bleu.

215. .. .bonius n..

20. C. p. Acad. Insc. 1904.

578. Merlin. Aïn-Fourna.

(V)irio Lupo o. c. cos\\ ordinario. LegaWto prov. Lyciae.. .11 ri >■ patrono...

Gauckler. Carthage. Mosaïque, p. 697. Bide diote bide possas plurima bide ?? p. 699. Listes et autres documents militaires :

a. i. centuria Ael[i

.. .co(n)s(ulibus Matt[rno...

s C. Muni... u s L. Corn[elius...

s C. Cattiu[s...

s M. Ânicius.

s L. Liciniu[s...] s on x . . .Aemiliu[s...]

b. Ingenius, Felix, Secundus.

p. 700. Autres fragments parmi lesquels le suivant dont je respecte la disposition :

Modianu s

Barici o off(iciales) Luciu s

Vincentiu s n Januarias et Maximiano i

Texte datant d'un des premiers consulats de Maximien, 288-297.

p. 701. Cons[tantino 11 Constant... 11 (c)oh. i. urb. o 11 it.

SI. Revue archéologique, 1904, II, p. 296.

Cagnat et Besnier. Revue des publications


— 146 —

épigraphiques relatives à l'antiquité romaine renferme, les principales inscriptions africaines nouvellement découvertes.

22. La Nécropole des Rai» s de Carthage. Delattre.

p. 20. Texte très important, de sens discuté, porte les noms de Melecpalas, Badmelqart, Melqart-palas, Melec Hiran.

p. 23. Stèle du fils d'Eschmoun-Adoni, homme de Kitti (Kitti est la Larnaca moderne, en Chypre).

p. 23. a. Tombeau d'Arisat, fille de Palosir, fils d'Abdosir, femme d'Abdeschmoun, fils d'Hamilcat. b. Tombeau deBodastoret, fils d'Azmeleck, fils d'Abdmelqart, fils de Gersaken.

p. 24. a. De Jehavelon, fils de Samar, serviteur d'Abdelmelqart, fils de Hilleçbaal, fils de Baal-Hannon.

b. Hannibal, fils de Safat.

c. Bodmelqart, fils de Hilleçbaal.

d. Baal-Iten, fils de Baal-Hannon.

e. I- IIOKPATEVS (Estampille).

f. ACKAIini (Estampille).

p. 25. Fac-similé d'autres inscriptions puniques.

p. 29. Tombeau d'Amràn, fils de , fait par

Cabdastoreth l'Arouadite.

33. Nouvelle» explorations à Chcrchell. Waille.

p. 9. Au théâtre, sur un chapiteau : P. Antius Amphio.

p. 12. .. .ia 11.. duata. mu. .11. .que pios sus...\\ . .rentes un. .11.. aep.


— 147 —

p. 15. n° 1. Ampalus Camali f eques alae ejusdem turma Placidi. Hères exs testamento faciendun curavit. (H)i(c) e(st) p(ositus). S. t. t. I.

n° 2. Stipendiorum x. H. s. e. Heredes posuerunt.

posuerunt.

p. 16. n° 3. D. M. P. Manlius Rufus militavit anis xxvi vix. ami. lix. H. s. e. S. t. t. I.

n° 5. D. M. S. Agriou mil.n(umeri) Suro(rum) milita(vit). Annis xviiii. vix. an. xxxxviiii. B. e. Jul(ia) Silva fecit.

p. 17. n° 8. Gemellae filiae Philocalus pater fecit.

p. 18. n° 10. D. M. L. Val. Saturnus vixit menses v. dies xxi.

n° 11. .. .ypiadifil. fecit (1 an, 5 m., 19 ]'.).

n° 12. pâtre repentinum.

n° 13. D. M. Agathopo fil. vixit mens, ii, dieb v. Eutychiantis p(ater) ben. mer. fecit.

n° 14. D. M. L. Atisi Mascu(li) Caesariensis vixit.. Hic sepultus est Hygia mater desidera(tissimo).

p. 19. n° 16. Dis Manibus. Caecilius Saturninus vixit annis xvi.

p. 20. lau... mater filio piissimo. H. s. e. S. t. t. I.

p. 23. a. D. M. Ma[n]liae Corinthiae matri et Manlio Tabernario fil(io) et Manliae Eutactillae fil. H. s. e. S. v. t. I.

b. Ses[to] Cornelio Lucaerianus Municipium Hadrianum Drobetense ex Dacia.

24. C. P. de l'Acad. des Inscr., 1905.

p. 38. Delattre. Radamès. Inscription latine où on lit Julia.

p. 82. Delattre. Carthage. Inscription punique : Tombeau de Hanbi, la grande prêtresse, fille de Hannibal, fils de Baaljaton, fils de Perets.


- 148 —

25. nionuin. et Itlém. de l'Acad. des Inscrip. XII.

Althiburos (Medeïha). Gauckler. Mosaïque avec figurations de bateaux accompagnés de leur nom et d'une explication souvent versifiée en grec et en latin.

1. Apeona Liburni.

2. Sv.sî'.x 11 ratis sive ratiaria.

3. Xe.Xrt-s.; 11 hypereticosque celetas.

4. Celoces 11 Labitur uncta carina per aequora cana

celocis.

5. Corbila 11 Quam malus navi in corbita maximus

ullast.

6. Hippago. lr-.-wyiç. Noms des chevaux dans

la barque : Ferox, Icarus, Cupido.

7. Catascopicos.

8. Protisculus (maillet) Actuaria (Nom du bateau).

9. Tesserariae.

10. .. .atq. paro.

11. Myoparo.

12. Musculus, MTAION.

13. Prosumia 11 anua.. Celocem esse anilia II. .a..

[prjosumia ...

14. Horeia 11 Horeia P...alo..

15. Vegeia 11 Advenaquam lenis céleri vehit unda vegeia.

16. Placida 11 Placida la. .aomis...

17. PontoU I\'avigia pontones.

18. Celsa 11 Quae mesu.. .xis quondam portantia.

19. Sllatta II Hinc legio slaltis jam transpor 11 laverai

amne.

20. Cydarum.

21. Cladicaïa.

22. . . .ma 11 [Ca/]apù'a?[em 11 //«ne calapiralem puer

eodem] devorel unelum.


- 149 -

II. — Prénoms, noms et surnoms^ 1)

Abbonius Mucrubius 4, 208

Abd-elim. . . . 12, 508

Abdeschmoun . . 22

Abdmelek . . . 12,508

Abdmelqart. . . 22

Abdoair .... 22

Acr... Fortunalus. 4,156

Aelia Saturnina. . 4, 222 Trisua Aeliosa . Lucius Aelius Lamia. Julius Aemeritus.

Aemilius . 2, 156, 20. 699

Afranius.... 6, 440

Agathopus . . . 23, 18

Agrios .... 23, 16 Vibius Albosus.

Amilcat .... 4, 181 Aulus Ammicar.

Ampalus, Camalif . 23, 15

Amràn .... 22,29

Anicius .... 20, 699

Anilia Casla. . . 17, 226

Anilius Cresceus . 17, 226 AniolenusServandus. 4, 155

Annius .... 171, 14

Annius Hyginus . 4, 234

Antius Amphio . 23, 9

Antonia Cinsita. . 17, 199

Antonius Flavianus . 4, 202

Aquilia .... 17, 209

Aris 2, 156

Arisot .... 22 Cominius Armiger Cresceus .

M, Arruntius Manilianus

Manilianus

Arruntius Maximus. 4,204

C. Pasenius Arunnus .

Artinio .... 4, 233

L. Atisus Masculus . 23, 18

T. Ato... Perenina . 17, 216

Attius Augustalis . 4, 207

Aulus Ammicar. . 2, 184

Aurélia Matrona . 4, 191

Aurelius Firmus . 4, 205

— Olympus . 4, 195

— Optatus . 4, 205

— Rogatianus 4, 208

— Rogatus . 4, 154

— Roman us . 4, 205

— Rusticus . 4, 208

— Saturninus 4, 154

— Vitalis. . 4, 205 L. Avianus . . . .18,333 a M. Avianus Novellus . 4, 191 M. Avianus Theuda 4, 191 T. Axius Manilianus . 4, 192

Azmeleck ... 22

Baalazor. ... 12, 506

Baal Hammon . 12, 500, 22

Baal hillès ... 12, 508

Baal lien. ... 22

Baaljaton ... 24

Baalsamar . . . 12, 508

Baii 12, 506

Baricio .... 20, 70

) Le premier chiffre placé à la suite d'un mot renvoie au numéro d'ordre de l'index, econd à la pige de l'ouvrage.

uand un personnage a plusieurs noms, prénoms, etc., les références sont à la suite premier. C'est à celui-ci qu il faut se reporter quand un mot n'est suivi d'aucun re.

es noms des textes non lalius sont en italique, e signe 11 indique un alinéa.


— 150 —

Julia Bassieia . Julius Bassinus. Bindemius ... 18, 342 Blandanus ... 4, 238 Bod Astaroth . 12, 506 22 Bodmelqart . . 12, 506, 22 L. Brussius Hospes . 4, 192 Brussius Maxim . 4, 192

Cabdastoreth . . 22

Lucia Caecilia . Caecilius. ... 1, 104 Caecilius Saturninus. 23, 19

P. Caecilius Spurinna. 4, 192 Numissia Caelina .

T. Caelius Extricatus . 6, 438 Numerius Coesius . Caius Julius Valens. 4, 202

M. Furfanius Caius Lucius Calpurnius. Camalus .... 23, 15 Campesis Domitius. 16

Canneia Secunda . 1, 70. 7 Cassia L. f. Rufina. 17, 206

P. Cassius Secundus . 4, 202 Anilia Casta. Musia Casta. . .

Castis 4,238

Ranius Castus . Julius Castricus. . Cecilius .... 18, 342

Celer 2, 156

Pompeus Celer .

Valeria Celerma

Celia Cen. ... 4, 236

Saturninus Censor. 2, 185

Cerellius Flerentinus. 4, 205

Cevolus . . . 4, 158

M. Licenius Choretus. Autonia Cinsita.

Clara 18, 342

Claudia Maxima . 4, 155

Ti. Claudia Vitalis .

Clodia L. f. Silvana. 17, 205 Clodius Primus. . 4, 222 Coel Frocilla. . . 4, 212

Q. Cominius Armigerus

Cresceus ... 5,

Concordia . . .1,72,

Manlia Corinthia .

Corne 14,

Cornelia . . . .1,72,

Cornelia Maxima .

Cornélius Lucoerianus 23, L. Cornélius.

Sex Cornélius Novellus. ... 4, L. Cossius Clemens . 18,

Cossutius Gududus. 4, C. Pompeius Cossutus.

Crecens . . . . 1, 79 P. Anilius Crescens

Crispus Silenus. . 6, P. Cuculnius Quadratianus.

Quadratianus. 4,

Julia Dativa.

Datus Saturnini Giddinis . . . . 2, 18

Décima Gemellia . 4, M. Fab Demelrius

Domitia Cn. f. Matrona .... 17,

Domitia Urbanilla . 17,

Domilius l'ocosus . 17,

Campesis Domitius. P. Domitius Fortunatus 1, 7

Donatus .... 18, M. Morasius Donatus.

Elius Victor... 4.

M. Elius 6,

Julius Emeritus.

Emilius .... 18, Eschmoun-Adoni .

Esita 4,

Estika? .... 4,

Etepica .... 4, Manlia Eutactilla .

Eutychianus. . . 2


— 151 —

Julia Extricata . . Ceeelius Extricatus.

. Fab. Demetrius. . 17,169

Rufina Fabri. . .

Faustinus ... 2, 15b

Faustus. . . . 1,72,19

Julia Felicia.

Felix. 1,105.2,189.6.438. 5,699

Felix Rogatianus . 6, 432

Julia Sidonia Felix.

Julius Felix.

Petius Felix. .

Ofllius Felix. . .

Octavius Festus. .

Aurelius Firmus .

FI. Pomponianus

Pudens ... 4, 212

FI. Victorinus . . 9,306

Flacca Julia. . . 4,193

Flaccus . . . . 4, 193

Rogatus Flaminianus

Antoninus Flavianus

Flavianus . . . 4, 202

Cerellius Florentinus ....

Mussius Florentus.

Mussius Floritus .

Luciussius ? Fortis

Fortucius Procula. 17, 171

Fortun .... 18, 342

Fortunata ... 2, 186 . Fortunata . . 4, 239

Plautia Fortunata.

Pompeia Fortunata

Fortunatus. . .4. 155. 13

Fortunatus, Sergi. 6, 438

Julius. Fortunatus.

Pomponius Fortunatus ....

Acr. Fortunatus . 4, 156

Juvenlia Frontilla.

Fronto .... 14

. Furfanius Caius . 17, 203.

Marcia Galla . Garmelqart. . . 12, 506 Gargilia Hospita . 4, 193

M.Gavius M. fil. Tetricus.

Tetricus. 16

Gelasinius Nepos. 4, 205 GelliaSpes. . . 4,158 Gemella. ... 23, 17 Décima Gemellia . Julia Gemella . .

M. Numisius Gemelus Veteranus .

Gémi. 14

Gersaken ... 22

Saturninus Giddin.

L. Granius. . . . 1, 69, 6 Grunius Victor. . 4, 205 Gududu. ... 18,342 Cossutius Gududus Julius Guzabim

Haeceri. ... 4, 234

Hamilcal ... 22

Hanbi .... 24

Hannibaal ... 22. 24.

Helvia Pacata. . 17, 188

Hilara .... 6, 432

Hilleçbal ... 22

(H)ippocrateus. . 22

Hon 4,196

L. Numisius Honoratus

L. Brussius Hospes . Gargilia Hospita .

Hospitalis ... 4, 207

Hygia .... 23, 18

M. Annius Hyginus .

C. I. Secundus . . 4,155 Iader .... 18. 342 .. .Januarius . . 4, 239 Julius Januarius . 4,205

L. MunatiusJanuarius Pescennius Januarius ....


- 152 -

Sallustius Januarius ....

Jeheacelon ... 22

Ingénus. . . . 20,169

Joannes. ... 14 Justus Jovinus.

Jugarta.... 4, 234

Jul. Rogatianus . 4,156

Julia 24

Julia Bassieia . . 17, 200

Julia Dativa . . 4, 156

Julia Extricata . 6, 433

Julia Felicia . . 14, Li08

Julia Gemella . . 17, 216

Julia Rustica . . 4, 193

JuliaSidonia Felix. 17,190

Julia Silva ... 23, 16 Flaca Julia.

Julius .... 17, 219

Julius Aemeritus . 4, 208

Julius Bassinus . 4, 208

Julius Castricus . 4, 208

Julius Emeritus . 4, 231

Julius Felix. .4,205.6,433

Julius Fortunatus. 4,208

Julius Guzabim. . 4,208

Julius Julianus. . 4,205

Julius Quietianus . 4, 214

Julius Qrbanus. . 4, 157

Julius Victor . . 4, 155

C. Julius Rufinus. . 4, 193

L. Julius Salvianus . 4, 238

Julius Saturninus. 4,205

C. Julius Saturninus 19

C. Julius Speratus . 6, 432

C. Julius Spiriclio. . 4, 192

Caius Julius Valens .

Julia 4, 190

Junnius ... .tulus. 4,155 Junnius Rogatianus .... 4, 156 Justus Jovinus. . 4,239 L. PomponiusJuvenulis

PomponiusJuvenulis 236

Juventia Frontilla. 4, 194 Sextus Juventius .

Larcia Laeta . A. Larcius Macrinus. :

Lea rider. ... L. Licinius. . . . 20, &■ M. Licinius. ... 6, 4: M. Licinius Choretus. 17, 21

Lila Mastucaranis

Musulanius . . 4, 2

Livinius. ... 1, 34,

Cornélius Luccerianus ....

Lucania. ... 1, 78,

Lucia Ctucilia . . 4, 1

Lucilla .... 18, 3

Lucius .... 4, 1

Lucius Aelius Larnia

Larnia 5

Lucius Calpurnius. 4,2

Luciussius Fortis . 4, 1

Afranius Lucius .

Perellius Lucius . 4, 2

Lucretius Thubunius .... 4,

Larcius Macrinus.

M. Arruntius Manilianus

Manilianus

T. Axius Manilianus.

Manius .... 2, 1

Manlia Corinthia . 23,

Manlia Eulactilla . 23,

Manlius Tabernarius

Tabernarius 23,

P. Manlius Rufus. . 23,

...toriusMarcellus. 17,

Marcia Galla . . 4,

M. Marcius. ... 4,

Q. Marcius Rufinus . 17,

Marius Ulpianus . 4, '

M. Marius Martialis . 4,

Marsiunus . . . • 18, ' L. Atisus Masculus .

Masinia Prima. . 4,

Masinius Conductor

Conductor


— 153 —

Lila Mastucaranis. Matanbaal ... 12, 508 Maternus ... 20

M. Matina .... 17, 217 Matrona. ... 17, 208 Aurélia Matrona . Domitia Matrona . Cornelia Maxima . Rania Maxima. Valeria Maxima . Arruntius Maximus Melec-Hiram . . 22

Melec-palas. . . 22

Melqart-palas . . 22

Minucius ... 22

Modianus ... 20, 700 Sittia Monula . . Morasius Donatus. 6, 413 L. Munatius Januarius .... 4, 237 Abbonius Mucrubius ....

. Muni 20,699

Musa .... 17, 217 Mussia Casta . . 17, 187 Mussius Florentus. 17, 187 Mussius Floritus . 17, 187 Mutthun. ... 2, 185, 9

Numisius Mutulus.

Naborianus. . . 2, 187 . Pompeius Nahanius ....

Zoccaea Nampamena ....

Namphamina . . 6, 433

Otulus Namphamo.

Terentius Namphamo

Nartialus ... 6, 433

Gelasinius Nepos. . Avianus Noveltus. ex. Cornélius Noveltus

Numerius Ccesius. 2, 189

NumisiusMutulus. 4, 199

L. Numisius Honoratus

Honoratus 439

M. Numisius ... 6, 439

M. Numisius Gemelus

Veteranus . . 4, 157

Numissia Coelina . 4, 156

NumitoriusTertius 4, 205

Octavia .... 4, 233 Octavius Felix. . 4,208 Octavius Saturninus ... . 4, 208 C. Octavius Festus . 4, 238 Q. Octavius. ... 4, 238 Q. Octavius Primus . 19 L. Ofilius Felix . . 1, 69, 4 Aurelius Olympus. Onesim....' . . 17,201

P. Opt 4, 157

S. Optata .... 4, 157

Optatus .... 4,193 Aurelius Optatus .

Oscelia .... 4, 157

Otacilia Primosa . 6, 433

Otacilia Victoria . 4. 194

C. Otacilius. ... 4, 194

Otulus Namphamo. 4, 156

Ovilia .... 17, 209 L. Ovinius Victor Titianus.

Titianus. . . 1,72,15

C. P. Restectus . . 4, 194 Helvia Pacata .

C. Pasenius Arunnus. 6, 434

■Serg. Sulpicio Passenio ....

Palosir .... 22

Paula .... 18, 342

Paulus .... 18, 342

Perellius Lucius . 4, 205

T. Ato... Perennina.

Pereis .... 24 Pescennius Januarius .... 4, 207 Petius Felix . . 6, 434 Petrus .... 18, 342


— 154 —

Philocalus ... 23, 17

C. Pisonius Victor. . 12, 556 Placidus. ... 23, 15 Plaulia Fortunata. 6,434

Q. Plotio Victor . . 4, 216 Domitius Pocosus. Pompeia Fortunata 4,216 PompeiusRogatus. 6, 413

C. PompeiusCossutus. 6, 413

C. Pompeius Nahanius

Nahanius 6, 413 Pompeus Celer. . 4,205

L. Pomponius Juvenalis

Juvenalis 236

P. Pomponius Fortunatus .... 19

P. FI. Pomponius Pudens .... Ponivus ? Suruc . 4, 235

M. Titinius Pontesis .

Porcia Vitalis . . 4, 237 Masinia Prima. . 4, 155 Primigenia ... 1, 72, 18 Primitiva ... 6, 434 Primosa.... 17, 197 Otacilia Primosa . Secura Primosa ? . OlodiusPrimus.

Q. Octavius Primus .

P. FI. Pomponianus Pudens . Fortucuis Procula.

P. Propertia ... 17, 212

P. Cuculnius Quadratianus. Julius Quietianus. Quodbulus ... 3, 180

M. Ulpius R. . . .

Ronia Maxima. . 4, 156

Ranius Castus . . 4,156

Repenlina ... 1. 78, 42

C. P. Restectus .

Restuta . . . . 4,191,16

Rogatianus. . . 2, 183

Aurelius Rogatianus ....

Félix Rogatianus.

Junius Rogalianus.

Rogatus. . 2, 185. 17, 217

Rogatus Flamimasius . . .2, 184,

M. Aurelius Rogatus. 4, 15

Pompeius Rogatus.

Aurelius Roroanus.

Rufina. 1,71, 141 a. 2. 187.1

Rufîna Fabri... . 17,17

Cassia Rufina . C. Julius Rufinus. C. Seius Rufinus . Q. Marcius Rufinus . P. Man ius Rufus. L. Siltia Rustica .

Rusticus (Gergos). 15

P. Rusticus ... 4, 193,13

Saçafat . . . 12, 508 SallustiaSaturnina. 17,222 SallustiusJanuarius 4, 208 Sais 17, 209

L. Julius Salvianus .

Samar .... 22

Sameus ... 4, 156

Satur 2, 156

Salurni .... 4, 158 Saturnina ... 2, 185 Saturnina Rogati

Flaminiani . . 2, 184, 8 Saturninus. . 2,185. 4, 195. 18, 342 Saturninus Censor. 2, 185 Saturninus Giddiu. 2.184,8 Coecilius Saturninus. . Julius Saturninus.

M. Aurelius Saturninus .... 4, 154

C. Julius Saturninus . Octavius Saturninus ....

L. Val. Saturnus .


— 155 -

Gellia Spes ... Canneia Secunda . Secundus ... 20, 699 I. Secundus. . Cassius Secundus. Secura Primosa? . 6, 435 Seius Rufinus . . 4, 195 ■g. Sulpicius Passienus.

Passienus. 17, 171 Sergius ... 6, 438, 439 Aniolenus Servandus .... Sextus Juventius . 4, 194 fulia Sidonia Felix. Crispus Silenus. . 6, 439 SMecbaal ... 4, 182 Fulia Silva . Clodia Silvana. Silvanus. ... 4,36

Sittia Monula . . 17, 204 Sittia Rustica . Sittius Victor . . 17, 211 ulius Speratus. Jlpius Speratus . ulius Spiriclio. . ipitia .... 4, 190 ^oecilius Spurinna. uccessus Successianus. . . . 4,208 . Sulpicius Passenius . onivus? Suruc .

[anlius Tabernarius .... erentius Namphamo ... . 4, 235 umitoriusTertius. avius Tetricus . vianius Theuda. icretius Thubunius .... laudius Vitalis . 4, 198 pinius Victor Titianus.

M. Titinius Pontesis . 17, 199 Trisva Aeliosa ? . 4, 158 Tulanius. ... 1, 71, 14

M. V. Estika? ... 4, 156 L. Val Saturnus . . 23, 18

Caius J ulius Valens Roma.

Valeria Celerina . 15

Valeria Maxima . 4, 194

Valerius Liberalis. 4, 205 M. Valerius Etruscus. 5, 377 a

Vannuciell?. . . 4, 156 M. Numisius Gemelus Veteranus

Ulpius Vetius .

Vibia Vitalis . . 4, 195

Vibius Albosus. . 4, 205

Elius Victor. . .

Grunius Victor.

Julius Victor .

Q. Plotio Victor . .

C. Pisonius Victor. .

L. Ovinius Victo Titianus

Titianus

Victorina . . . 17, 212 FI. Victorinus .

VinCf-ntius ... 20

Q. Viranius Urbanus. 4, 196

Virius Lupus' . . 20, 578

Vitalis .... 16

Aurelius Vitalis .

Porcia Vitalis . Ti. Claudius Vitalis .

Vibia Vitalis .

Ulpius Speratus . 3, 231

Ulpius Vetun . . 9, 306

M. Ulpius R 17,187

Ultor .... 4, 235

Volussinia ... 4, 157

Domitia Urbanilla.

Julius Urbanus. Q. Viranius Urbanus.

ZoccaeaNapamena. 6, 435


— 156 -

III. — Estampilles

Quand il n'y a pas de lettres après l'estampille c'est qu'elle est sur une hmpe. les autres cas : a = amphores; b= briques; p = poteries, vases divers; t = t (1) La lettre V renvoie à l'initiale du nom.

A 8, 470 (a)

Aa 17, 281 (o)

A. Aug 17, 279 (o)

L. A 8, 477 (D)

Aban .... 17, 281 (v)

Ae (?) Ama . . 17, 279 (v)

Alei .... 17,315(6)

Alexsander . . 1, 34

Alexan . . 17,251 et 256

Juni Alex. . . 17, 250

Amao. ... 17. 245

Amur. . . . 17,279(6)

C. Amuri. ... 8, 477 (v)

C Jul Antimachi . 8, 476 (o)

L. Apis (?) ... 17, 279 (o)

Aqulli. ... 8, 477 (o)

A. S 8, 477 [a)

Asclepi ... 22 (v)

Asiac .... 17, 249 (o)

Asilia C . . . 17. 245

Aufi. Fron . . 17, 249

Avïlli .... 8, 470 o) Auzu.. enses. 17, 315 (conduite)

C 4, 175 (6)

Ca 8, 471

Calid Philo . . 8, 474 C. Amuri

Canuri ... 17, 279 (6) Canudi, V. Vicci.

Caprim ... 19, 214

Cas .... 8, 475 (v)

G. Cavi .... 17, 279 (6)

Cei 17, 279 (o)

Celer 11 Rasiii (?). 17,283(6)

Cei ... . 17. 279 (6)

C. f. a 17. 279(6)

T. Citu ....

C. Jul. Antimachi .

C. Jun. Drac . . 17,

C. L. M. Res. . . 17,

C. Clo. Suc. . 17, 249 et

Cl Pro 17, 279

C. m. b 17, 281

C. m. y 8,

Cn. aa 18, 281

Cn. a a 8, 47

Cn. At 8,

Cn. Domit. Luc.. ..

et Tul.... 8, 46

Coni .... 8, C. Oppi Res. . 17. 245 et P. Corn ....

Corneli . . . 17,282

C. Corur.... 17, C. p. p. .8,471. 17, 27.9, 28

28'

M. Cri

C. V 17, 27

Chrisme . 17, 262, 267 et

C. Jun. Drac. . . 17,

Opus Doliare. Cn. Domit

Eb (ou p.) agm

(ou h.). . . 17,

Epach. .

..elifledu . . 8,47

ex. oficin 8, 15

C. f. a 17, 27o

Sex. M.f

Fa m .... 17, 278

Felix mater . . 17, 293

Flor .... 8, 471

(1) Un assez grand nombre d'estampilles ont été publiées dans le Recueil de Aw et Mémoires de la Société archéologique de Constantine (Catalogue du Jfuséi Constantine, p. 241- et suiv.).


- 157 —

Fortunatus . . 17, 281 (o)

Aufi Fron

PrimioG. Mem. 17, 279 (o)

L. Gel 17, 279 (>:)

L. Geli. . .

L. Geli Fortu . .

Gem .... 17, 279 (v)

M. Nov. Germ. . . 17, 261 (o) (Ge)mellenses. 17, 317 (conduite)

L. M. H 17, 277 (o)

...eli Hedu . .

Heifir(?). . . 17,258

HermeTitiu. . 8, 478 (o)

Iiunci? . . . 17,270

Ingénu ... 8, 471

Ippocrateus . . 22 C. Jul. Antimachus.

Juliani ... 17, 269

C. Jun. Droc. . . 17, 252

Jurao (?)... 8, 474

M. Novi Justi. .ii. 17, 244 et 258

JuvenalisMa. . 8, 472 (o)

L. A 8, 478 (o)

Lag ?. . . . 17, 254

L. Apis? .... 17, 279 (o)

Leg. iiiaug.. . 17,282(6)

Leg. viige... . 17,282(6)

L. Gel 17, 279 (o)

L. Geli .... 8, 472 (D)

L. Geli Fortis '. . 8, 472 (o)

Lincus ... 8, 477 (a)

L. M. H 17, 277 (D)

L. Minaphile. . . 8, 474

Cl. M. Res . ' . . 17, 255

L. Para Rasini . . 8, 472 (o)

C. L. Pro. ... 17, 279 (v)

L. P. Se 8, 472 (r)

L. tiii. (?). ... 17, 282 (o)

V. C. M 17,282(6)

C. M. B 17, 281 (o)

Sex. M. F . . . 8, 473 (o)

L. M. H.. '. . . 17, 277 (o)

M. P. R.. . . . 17, 277 (D)

C. L. M. Res. . . 17, 255

M. D. (?). ... 17, 227

Marenp. (?) . . 17, 244

Q. Marc .... 17, 255

M. Cri 8,472(6)

Mede .... 8, 473

Primo G. Mem. 17, 279 (o)

M. Nov. Germ.. . 17,261 M. Novi Justi. . 17, 244 et 258

M. Phioccai... 8, 478 (v) L. Munphili.

Murri. . . . 8,473

N. S 8, 473 (o)

Nei 8, 473 (o)

M. Nov. Gem. . . 17, 261 (o)

M. Novi Justi.. 17, 244 et 258.

19 213

OMLA 17,' 270

Op. L. T. ... 8, 473 (o) C. OppiRes. . 17, 253 et 256

Opus doliare. . 8, 470 (o)

P. Corn 8, 478 (c)

C. pp 17, 279 (6)

L. P. Se

M. P. R 17, 277 (6)

L. Para Rasim .

Pel 8, 472 (o)

Calid Phile . . L. Mun Phile . . L. R. Pi

PrimioG. Mem. 17,279(6)

CI. Pro 17, 279 (6|

( Q. Marc ... 17, 255

< i

( Q. Mise. ... 1, 28 (e)

Quarlus.. . . 17,271

R. R 8, 474 (o)

L. R. Pi. ...

Rasini ... 8, 474 (o)

Celer Rasi... L. Para Rasini . C. Oppi Res. . . C, L. M. Res . .

Rom .... 8, 474

S. M. F 17, 279 (D)

S. R. Pi

Op. L. T

L. P. Se

Sex. i 8, 470 (a)

Sex. M. F. . . . 8, 474 (D)

T. Cita .... 8, 474 [v)


- 158 -

Op. L. T

Tiditani. 17, 317 (conduile)

Ilerme Titiu. T. Tullus. Voir Cn. V. C. M 17, 292 {v)

L. V. F 17, 279 {v)

Va. e 8, 474 (o)

Vicci Ana de figulinis Canuli . Zoil .... 8, 474 (D)

IV. — Dieux, héros, etc.

Adonis 12, 555

Asclepius .... 22

Di deoeque .... 4,198

Do 4,212

Dryades 17, 190

Genius Colonioe . . 3, 155 Genius Gentis Numidico

Numidico

Genius leg. iii aug. . 4, 202

Isis 17, 190

J. O. M. . . 4, 155. 4, 198

Juno 4, 190

Jupiter 17, 222

Liber Pater ... 4, 199

Lucina 17, 190

Luna 16. 4, 190

Mars 4, 201

Mercure. . . 2, 183. 3, 155

Pietas 6, 413

Saturne. . . 1, 34, b. 18 333

Sal 4, 190

Venus 2, 183

Victoria Augustorum. 4, 231 ... .aug sac ... 1, 104 ... .no aug. ... 4, 157

V. — Empereurs et famille impériale

Auguste 16

Hadrien. . . 4, 202. 4, 212 Antonin le Pieux . . 5, 377 Antonin le Pieux et ses

fils 17, 224

Seplime Sévère. . . 1,76,29 Septime Sévère et

MarcAurèle . . 4,231 Septime Sévère, Marc

Aurèle et Julia Domna.

Domna. . . 1,30.12,555. Septime Sévère, Caracalla,

Caracalla, ... 4, 201 Septime Sévère, Caracalla,

Caracalla, Julia

Domna .... 4, 204 Caracalla et Julia Augusla

Augusla 157

Caracalla et Geta . . 4, 196 Caracalla .... 4, 223 Julia Mammaea . . 4, 220 Maximin .... 4, 158 Gordien 17, 250

M. Aurelius Probus. 4, 158 Dioclétien .... 4, 155 Maximien ... 4, 158. 20 Constance I Chlore. 2, 181. 4, 158. 4, 197. 4, 217. 4, 226 Constance ff (?) . . 4, 225 Commode .... 4, 230 Philippe l'ArabeetOtacilia

l'ArabeetOtacilia 215

Dèce 4, 231

Amelius 4, 215

Dioclétien, Maximien,

Constance. Galère.. 4,227 Licinius le père . . 4, 158 Licinius le jeune . . 4, 229 Constantin .... 2, 187 Constantin et Constan. 20

Théodose .... 6, 42 Valentinien, Théodose

et Arcadius ... 4, 233 Honorius .... Indéterminés . 1, 32. 1, 34. 5. 2, 184. 6. 6, 42


— 159 —

VI. — Religions

Aram consecravit et

votum reddit. . .1, 69, 4

Chrisme. .17,170.17,262.17,

267. 17, 274

Cultores 4, 231

Depositus .... 18, 342

Evoque 18, 333 a

Ex voto. 1, 34, b. 1. 76, 32. 2, 155. 4, 214. 3, 305. Fidelis in pace. . . 18, 332 F(lamen) .... 17, 292 FI. perp. . 4, 192. 4, 231, 12

Makam elim . . . 12, 506 Martyrs. .... 18, 342 Mercurio memoriam

fecit 2, 183

Passus 18, 342

Presbyter . . . . 18, 342

Prêtre 1, 104

Puella ~ religieuse . 16

Sacerdos. 4, 197. 15. 18, 333, a Sacerdos sistrata. . 17, 190 Templum . . 2, 156. 4, 231

II. — Fonctions, dignités, honneurs, professions administrations, castes

Aedilis eurulis... 5, 333 Aedilisdesignatus. . 19

Arnensis (tribus). 4, 214. 6, 429.

6, 438

2ensor 19

évitas . . . . 2, 156

^olonia. 1, 77,35.3, 155. 4,197 4, 215. 15 Consul ordinarius. . 20, 578 Cornelia (tribus) . . 19

^urator 6, 413

H(larissimus) v(ir). . 5, 333 Decemvir .... 5, 333 Decemvir stilitibus judicandis

judicandis 5, 333 Decurio. . . 1, 77, 35. 6, 430

jens 12

Legatus prov. Lyciae. 20, 578 Leg. aug. pr. pr. . . 5, 377 Libertus . . 2, 156. 17, 203 Vlunicipes .... 5, 336

Municipium. . 2. 181. 17, 172.

23,23

Natio 9, 308

Ordo municipii. . . 17,172 Pal(lia) tribus ... 4, 238 Patronus. 5, 333. 17,17 a. 20,78 Patronus pagi- . . 6,427 Princepsgentis Numidarum

Numidarum 12

Proc. aug 1, 69, 4

Provincia .... 20, 78 Respublica. . .4,217.4,220 Resp. Colonià ... 4, 215 Quaestor .... 5, 333 Quirina (tribus).4, 192, 193, 196 4, 236, 238. 17, 188, 201 Sévir turmae secundae

Arn. equitum . . 5,333

Sufetes 2, 156

Undecimprimi... 2, 189

VIII. — Armée

\. militiis .... \potheca ....

4, 214 Centuria 20

4, 199 Coh(ors) I. Urb(ana). 20


— 160 —

Eques alae .... 23, 15 Mules leg iii Cyr.. . 4,36

Leg. iii. Aug. . 4, 202. 4, 204.

17, 282 Leg. iii. Aug. Galliena. 4, 199 Leg.PrimaGermanica. 9, 306

Leg.v 1, 75, 27

Miles leg. vii Cvr. 436. i), 306 Leg. vii. Ge. . * . . 17, 282 Legatus aug. pr. pr... 4, 202

Mensores .... 4, 207 Liste militaire ... 20

Miles. . 4, 36. 9, 306. 23, 16 Numerus .... 23, 16 Olïiciales .... 20

Primipilus .... 4, 199 Slipendiorum x . . 23, 15

Turma 23, 15

Veteranus .... 4, 238.

12, 556

IX. — Architecture, constructions, villes, travaux publics

Aedem et simulacrum. 17, 222

Ara 4, 199

Architectes. ... 2, 156

Lapicide .... 2, 156

Muros urbis ... 17, 171

Paludibus siccatis. . 5, 377

Pontibus denuo factis. 5.377

Sepulcrumfacrendum. 4, 192 Statua . ... 4, 197. 12

Templum. . . 2, 156. 4, 190.

4, 131 Viam vetustste interruptam,labibus

interruptam,labibus

confirmatis . 5, 377

X. — Noms géographiques

Alpes numidice . . 5, 377

Arouadite .... 22

Bisicensis .... 2, 189

Ca-'sariensis. . . . 23, 18

Colonia Carthago . . 1, 77, 35 Municipium Hadrianum

Hadrianum ex

Dacia 23,23

Civitas Galesis. . . 2,156

Gergos 15

Natio Itala .... 9, 306

Karthago .... 4, 30

Kitti 22

Lemellef 17, 172

Liburnus .... 25

Provincia Lycia . . 20, 78

Musulamius ... 4, 239

Gens Numidarum. . 12

Interamnia Proetuttiorum

Proetuttiorum ... 4, 198

Municipes Sicillibbensium

Sicillibbensium 336

Suri 23, 16

Respublica Tamallulensium

Tamallulensium 4, 220 Respublica Tamellensium

Tamellensium 217

Municipium FelixThabora

FelixThabora 181

Colonia Thaenitana . 15

Resp. Col Thamugad(ensium)

Thamugad(ensium) 4, 215 Thibilitani .... 4, 192 Colonia Thiburcensium

Numidarum... 4, 197


— 161 —

XI. — Particularités épigraphiques

ctis senatus . . 5, 333

axas 16

10 provincise clviii

rvx 17, 171

>theca .... 4, 199

4, 155

hitecte .... 2, 156

ns de barques . . 26 e diote bide possas

urimabide. . . 20 demius rz: Vindeius

Vindeius 342

le épiscopale . . 18

hetsurunebarque. 3, 180

tique des anges . 13

un chancel. . . 178, 45

is de chevaux. . 25

juanta~cinquanle 16

conlatione ERPF. 4, 217

lsis =excelsis. . 18,342

îe rarissimae . . 4, 195 ius frugalissimus ;que diligentissius

diligentissius 186

;ri merenli, piismo

piismo 155

;res fecerunt . . 1, 79, 46

éraire en vers. . 17, 190

it avec inscription. 1, 78, 44

lilicium. ... 2, 232

l? 1, 76, 32

la in excelsis Deo

; 18, 342

Etes .... 14

îdes posuerunt . 25, 15 js exs testamenta

facieudum cura;

cura; 15

seppelta est Filius

;it dedicavitque . 4, 222

Dre contenta .

ice 16

cide 2,156

der alluco, etc... 14

Liste de noms et de

chiffres . . . . 1, 74, 25

Marito suo amantissimo

amantissimo 156

Marques de pose sur

une base. . . 1, 42. 1, 99

Marque sur un glaive. 1, 62

Militaires ... 4, 233 a. 231

Mosaïques à inscription 4, 173

Liste des mosaïques

signées .... 14

Nobembres zr novembres 18, 342

Obaffectionemsuorum

sepulchram fecit . 4, 192

Patri carissimo. . . 4, 156

Patri filius ejus et ceteri

ceteri 170

Patri Genitori feci-* . 6,433

Patri merenti filius . 4, 158

Patri piissimo ... 4, 156

Patri merenti fecit. . 4,157

Pacs = pax . . . 18, 342

Poids (?) .... 1,68.43

Puella zr religieuse . 16

Puella = in pace. 2, 186. 2, 187

Rarissimae pietatis in

liberos .... 4, 192

S. b. e. d 4, 155

Secundus hères sepul.

f. c. q 306

Se vivo fecit ... 4, 155

Signatures des mosaïques 14

Signature d'artiste. . 23,9

Solo suo s. f. p.

Subdial . . . . , 1, 76, 33

Templum d. s. p. f. . 4; 190

Templum impensispiis

fecit 4, 231

Testamento... ex. h. s. xxx in solo suo

extraxit .... 6, 413

Votumpromissumsolo. 2, 155


— 162 —

XII. — Inscriptions grecques

Estampilles :

ArA0OKAEVS 8,467

ANA 8,467

APISTOKPArEYS 8, 467

ELU APISTOMAXOY 5MIN0IOY . . 8, 468

APM 8, 468

AGKAHIII 8,468

ENIAAMAI NETOY KAPNEIOY. . . 8, 468

MAPSYA 6ES MOSOPisv 8, 468

121$ 8,469

ETX 8, 469

Etll X.... nEAA YS'. TYIIOY . . 8, 469

Bulle épiscopale :

nyeoxoc. - EIIICKOIIOY ... is

Noms de bateaux :

I-Tuyi;, 25

XeXïjTï; 25

MYAION 25

EJCSSU 25

Sur une balustrade :

IIpsvE 13 b.

Poids : T$(if'.:px-.x) T(pta) r: solidi très ....

XIII. — Inscriptions puniques

Graffites sur vases :

Amilcat. fille de Baal. 4,181

Sillecbaal .... 4, 182

...Baalazor 12,508

. . .Baal ITannon . . 12, ...Mattanbaal. . . 12, .. Saçafat .... 12, Lucius Aelius Lamia. 12. V. 17

XIV. — Inscription libyque

V 17, 24


- 163 - XV. - Localités

•Fourna. ... 20, 578 -Moussa . . . 4.231 .-Mzig .... 16, 241 -Temouchent . . 9, 306 îouna .... 4, 190 -el-Arch. ... 4, 18

bou-Rekba. . . 1, 30

i-Melek ... 14, 202 dj el-Amri ... 13, 22 •dj-Redir . . . 234,30

tra 4, 36

-Kornein ... 18. 333

thage. 1,68.3,172.8.12,

06. 16, 284, 18, 312. 20, 697.

22, 24, 82

rchell .... 10,23

stantine. . 17, 244. 17, 190

ebana .... 3, 180

el-Gattouna . . 1, 34 b.

bel-Mansour . . 2, 156

gga 5, 413

jem. . . 3, 155. 16, 300 Panacher ... 17, 219

-a 11

chir-Alouine . . 5, 333 chir-Chgarnia. . 18,342 chir-R'mada . . 4, 231 chir-Tembra . . 2, 180 chir-es-Zid . . 4, 238

gla 1, 104

ouan .... 3, 231 missa . . 4, 196. 12, 479 nguet .... 12,155 rba-ben-Glacem . 4, 233

Kherbet-Aïn-Sultan . 4, 236

Kherbet-bou-Derbala. 4,223

Kherbet-el Lebba. . 4,227

Kherbet-el-M'daour . 4, 226

Kherbet-Ouarlel . . 4, 159

Kherbet-el Tabtba. . 4, 225

Medeïna 25

Monastir .... 1.42

Moulin Ghagrat . . 4, 157

Moulin Gragnon . . 5, 239

Navarin 4, 233

Oued-Rhaba ... 4, 154

Porto Farina ... 1, 68, 45

Radamès .... 24

Sidi-bou-Ali ... 1,99

Sidi-el-Hani ... 1, 33

SidiSlama. . . . 4,237

Sigus 17, 172

Soliman 1, 34 c.

Souk-Ahras ... 17, 224

Sousse. . . 1, 34 a. 4, 181.

19, 218

Tabarka 16, 241

Thina 15

Thuburnic .... 19, 152

Thysdrus .... 19, 213

Tiaret 9, 305

Timgad ... 4, 173. 4, 212 Tocqueville. . 4, 217. 4, 220

Utique 18, 33

Zagouan .... 14

Zaouïa Djedidi. . . 1, 32

Douar Zemala. . . 17,170

Zraïa . * . . . 4,239



THUBURSICUM NUMIDARUM

(KHEMISSA)





Théâtre de Kheoiissa. — Façade **%' U)



THUBURSICUM NUMIDARUM

(KHEMISSA)

PAR

M. CH. AL. JOLY

Les ruines de Khemissa sont depuis longtemps connues pour leur importance, et le Recueil de la Société archéologique s'en est fréquemment occupé^1).

Tous les archéologues ont réclamé des fouilles en ces ruines très étendues et, depuis 1900, le Service des Monuments historiques, sous la haute direction de M. Ballu, a fait en cette ville des recherches méthodiques et mis au jour des vestiges d'un intérêt considérable.

Un plan très complet a été dressé en 1902, par M. Bévia.f 2) Il figurait à l'exposition d'Arras et le Gouvernement Général en fit l'acquisition.

Les fouilles ont porté tout naturellement, dès l'abord, sur les vestiges les plus apparents.

Théâtre

A l'heure actuelle, le théâtre a sa façade (fig. 1) et son aile gauche (fig. 2) complètement déblayées. La façade, très élevée, < 3) a été discrètement restaurée ou

(1) Voir années 1866, Chabassière; 1876, Masqueray; 1878, Farges; 1898, Gsell; 1899, Robert; 1903, Grenier.

(2) D'autres plans avaient été antérieurement dressés par Métrecé puis par Chabassière.

(3) La hauteur est de 7 mètres. Voir photographies dans Monument antiques de l'Algérie, S. Gsell. vol. I, p. 190.


- 160 —

plutôt consolidée. Elle était précédée d'un portique dont on a retrouvé le soubassement, mais non les colonnes.

Un escalier droit donnait accès directement de ce portique à la tribune, d'autres, tournant dans l'épaisseur de la muraille formant fond de scène, s'élevaient jusqu'en haut de celle-ci.

Deux inscriptions ont été découvertes :

L'une est sur la clef d'une plate-bande en voussoirs qui recouvrait, autrefois, l'une des portes ; elle ne se compose que d'un seul mot :

(N.iw EVNVCV

placé au-dessous d'un masque en relief. W

L'autre est dédiée à Junon Reine, i 2'

L'aile droite de l'édifice est encore obstruée par un amoncellement de terres et de pierres ; mais son déblai présentera un sérieux intérêt, car le vomitoire a conservé sa voûte absolument intacte et les fouilles, de ce côté, permettront de restituer définitivement le plan du monument.

(1 Gsell, Bulletin du Comité, 1901, p. 308, n« 2. (2)Junoni, Reqina, Melha, Innibalis, filius, sacrum libons mcrito statuit. Gsell, Bulletin du Comité, 1901, p, 308, n» 1.


Bas-in inférieur du Nymphée



Statue de Diane (fig. V)

Arc.de triomphe . Vue de côté (fig. XIII bis)



- 167 -

C'est, on le sait, un des théâtres antiques les mieux conservés, qui soit connue 1)

Nymphée

Touchant au théâtre (fig. 3), un vaste château d'eau était alimenté parles sources du Bagradast 2) captées dans deux chambres au sol soigneusement drainé.

Ces chambres, probablement des sanctuaires dédiés aux divinités propices, étaient, toutes deux, revêtues de marbres et décorées d'une niche. Les fouilles ont permis de retrouver un torse drapé de Diane (fig. 5), d'une facture excellente, l'arrière seulement dégrossi. ( 3) Divers autres fragments, un bras et une jambe ont aussi été recueillis.

L'eau vive, parcourant les drains, sous le sol des chambres, s'écoulait dans une première pièce d'eau (fig. 4) entourée de bâtiments encore mal définis, et retombant, par une large nappe, dans un bassin inférieur.

Ce dernier, presque entièrement fouillé, renfermait de nombreuses colonnes brisées ainsi qu'une quantité considérable de fragments de placages, en marbre de Simitu.W

Aucune inscription n'a été découverte au cours de ce travail. Mais, celui-ci n'est pas encore terminé,

(1) Masqueray, Recueil de la Société arch. de Constantine, 1876.

(2) Gsell, Les Monuments antiques de l'Algérie, vi, p. 118. D'après Julius Uonorius « Fluvius Vagrada nascitur in Tubursicu Numidarum. » Cette source s'appelle actuellement Aïn-Youdi.

(3) Bulletin archéologique, 1903, Ballu.

(4) Une restauration, peu coûteuse, permettrait de retenir les eaux dans le bassin inférieur qui reprendrait ainsi la partie la plus vivante de son ancien aspect. La ruine y gagnerait beaucoup, au point de vue pittoresque, comme aussi l'hygiène du douar environnant.


— 168 —

et l'importance de la ruine est telle, qu'on ne peut que désirer sa continuation.C)

Sortant du nymphée, le fleuve s'écoulait sous un ponceau supportant la voie conduisant à Thagaste (2), après avoir pris naissance au Forum novum.

Forum novum

Celte place se trouve précédée par un arc à trois baies' 3' s'élevant sur un perron de quatre marches et donnant accès dans une avenue dallée bordée de chaque côté par des boutiques ou des chambres de destinations diverses (fig. 6 et 7).

Sur un dé en pierre se trouvent deux inscriptions gravées sur les faces opposées.

N. in. PRO BAEATITVDIi

TEMPORVM SIGN VM TRAIANI DE R/ INIS ABLATVM PRO CONSVLATV CLODI HERMOGENIANI AMPLISSIMI ETC-VATILIVS THEODOTVS V- C- LEGATVS EIVS IN FORVM NOVV M TRANSFERRE CV

RAVIT (Palme)

Pro beatudine temporum signum Traiani de ruinis abla(1)

abla(1) de ce nymphép, au nord, sur la voie menant à Thapraste, huit inscriptions (uûéraires ont été recueillies. Ballu, Bulletin archéologique, 1903.

(21 Souk-Ahras.

(3) Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, volume I, p. 171.


Fig. VI Le foiuiii novum et le Ksar-el-Kebir

fig. Vit

■ Arc à trois baies du forum novum



- 169 -

tum proconsulatu Clodi Hermogeniani amplissimi et clarissimi viri Atilius Theodotus vir clarissimus legatus ejus in forum novum transferre curavitA 1)

N» ne HERCVLEM IN VIICTVM PRO SALVTE///////

///////////////////},

/////////////AVGG

ORDO ET POPV LVS HOC LOCO PONENDVM CEN SVIT CVRANTE C • VMBRIO TER TVLLOE'V-CVRR * P

Herculem invictum pro sainte Diocletiani et Maximiani Âugustorum ordo et populus hoc loco ponendum censuit curante Caio Umbrio Tertullo e(gregio) v(iro) c(uratore) r(eipublicae). W

Clodius Hermogenianus fut proconsul d'Afrique sous Constance II et Julien, et par conséquent la date de notre inscription (n° 117) est déterminée.

La statue de Trajan n'a pas encore été retrouvée; mais une autre épigraphe mérite d'être citée. Elle est gravée sur une autre plus ancienne, dont les lettres subsistantes très visibles, sont inverses de la première.

(1) La copie est de M. Gsell (Voir Bulletin archéologique, 1903). Ballu,


— 170 —

M 122. HORTARIS INVITA M

MISCENS ADVERSA SECV/ 1

DIS

CLODIVS HERMOGENA

PROCONSVLATV SALV

BRI

THEODOTICVRA LEGA

TI DEDICAT ARCEM d d

HOS EGOIANVARIVS

VERSVS FORMARECV

a a

RAVI

ILS A£)AV

Hortaris invitam m>scens adversa secundis Clodius Hermogenianus, proconsulati, salubri, Theodoti, curatore kgati, dedicat arcem ho s ego Januarius Versus formare curavi

Au point de vue architectural, la place neuve ne présente pas de disposition méritant une description particulière. Elle semble plutôt un marché, qu'un lieu de réunions publiques.

Les chapiteaux et les bases retrouvés dans son enceinte proviennent de monuments antérieurs, de l'arc triomphal, du vieux forum et des thermes dont nous parlerons plus loin.

Des statues l'embellissaient et, parmi celles retrouvées certaines sont traitées avec un talent qui fixe


Fis. vm

Slali.e de f-ni me

Tor5e d'Hermès Fig. X

Fi-. TX

Statut» de mnpr'sfrnt

Tète (fin du II» siècle)



— 171 —

leur origine à une meilleure époque. Elles auraient, par conséquent, comme celle de Trajanf 1' été transportées d'un autre endroit, sur la nouvelle place, lors de la création de celle-ci.

Citons d'abord un torse d'hermès drapé sur l'épaule et le bras gauche (fig. 10).

En haut du sternum, un graveur inhabile traça le monogramme chrétien. ( 2)

Puis, une grande statue de femme, entièrement drapée, la tête et les bras manquant (fig. 8).

Un magistrat en toge, relevant de la main droite les plis de son vêtement et dont la tête, ainsi qu'un bras, n'ont pas été retrouvés (fig. 9).

Enfin, un petit torse nu de femme ou de jeune fille.t 3)

Nous avons également remarqué une tête d'homme âgé, imberbe, bien traitée; mais nous ne pouvons affirmer qu'elle fut trouvée en cet endroit (fig. 11).

Le buste d'Hermès, la statue de femme drapée sont d'une bonne époque; le premier, dégrossi seulement à l'arrière, devait être adossé.

La statue du magistrat et le petit torse laissent à désirer.

(î)N'in.

(2) Ballu, Bulletin archéologique, 1903.

(3) id.


Thermes (fig. 13)

La place neuve (i) est dominée, à droite par un fortin byzantin, construit sur des soubassements plus anciens et contigus à des thermes dont les couloirs et le fourneau ont été déblayés.

A gauche, une grande salle (n), attenante à des murailles incurvées, semble également ne pouvoir appartenir qu'à des thermes.C)

Un rempart de basse époque traverse ces constructions, rejointl a triple arcade du Forum novum et le fort de droite.

Dans ses assises, une dédicace à Constance fût relevée.(2J

Une partie de ces ruines sont fondées sur des caveaux non encore déblayés.

La grande salle est constituée par quatre épaisses murailles évidées de grandes baies fermées, audessus, par des pleins cintres. Elle parait avoir servi d'écurie dans les derniers temps de son occupation, car on y retrouva des auges, en place.

Les cendres trouvées dans les terrassements témoignent de sa destruction par un incendie.( 3)

Le sol était revêtu de mosaïques.

Un chapiteau calciné, de basse époque, provenant des déblais, présente deux grandes volutes inversées encadrant une cupule fleurie (fig. 12).

(1) Plan de M. Chabassière. Recueil de la Société archéologique de Constantine 1886; lettre F du plan.

(2) Voir à la fin du Recueil : Inscriptions de Khemissa n" 3.

(3) H en est de même du Forum novum.


Chapiteau trouvé dans les thermes

I. Forum novum, - II. Th-rrr°r3. — III. Salles «outprraines voûtées considérées jusqu'ici comme des citrmes.— IV. Arc de triomphe de Septime Sévère. — V. Eglise chrétienne fortifiée. — VI.bd ifice avec inscription d'un prêtre de Liber (?).



— 173 —

Il reste beaucoup à faire dans ce monument et les travaux ultérieurs amèneront la découverte des relations de construction qui pouvaient exister entre la grande salle et d'autres, souterraines, voisines, en grande partie déblayées (m).

Ces salles souterraines forment ensemble un bâtiment rectangulaire avec hémicycle saillant extérieurement et leur alignement paraît les relier intimement avec les thermes.

Les vestiges à droite et à gauche du Forum novum appartenant les uns et les autres à des thermes, pourraient peut-être, constituer un seul édifice dont une partie aurait été utilisée, par la suite, pour former la place neuve.

Cette hypothèse a été envisagée par M. Ballu,^) mais sans conclusion affirmative. C'est la continuation des fouilles qui fixera définitivement ce point.

Les chambres souterraines avaient jusqu'alors été considérées comme des citer nés. ( 2)

Cette opinion ne peut plus être acceptée, car une porte située à la partie inférieure et découverte au cours des travaux est venue détruire cette hypothèse.

Aucune inscription à signaler en cet endroit où l'on a découvert de nombreux fragments de poterie ordinaire et une grande quantité d'objets en os, principalement des épingles, des aiguilles.( 3)

(1) Bulletin du Comité, décembre 1933, p. XIX.

(2) Chabassière. Recueil de Const. 1886, p. 108 et suiv. Lettre Vduplan.

(3) Tous les objets découverts ont été remis au musée de Guelma, comme étant le plus voisin et dans le but d'en assurer la conservation.


— 174 — Arc de triomphe de Septime Sévère

Un peu en arrière et au sud de ces ruines, on voit les deux piliers massifs d'un arc triomphal (fig. 14) sous lequel passait une voie romaine (iv). Dégageant complètement le monument, les recherches ont mis à jour de nombreux documents suffisants pour restituer l'ensemble de l'édifice ffig. 15).

Composé de deux ordres superposés, son aspect était très imposant bien que le style n'en fût pas très pur. Son originalité est déterminée par des colonnettes latérales, soutenues dans l'ordre supérieur par des consoles décorées de larges feuilles d'acanthe (fig. 16). L'entablement encastrait une inscription dédicatoireC) dont nous reproduisons le fragment le plus important.* 2'

ViNE[RYÀE] [8E]PTI[M]IO

La lecture attribue a fa construction la date du règne de Septime Sévère.

La voie passant sous la voûte se dirigeant vers une forteresse byzantine actuellement appelée le Ksar-el-Kebir et laissait à gauche une basilique chrétienne fortifiée. 1' 3) (v)

Le Service des Monuments historiques a pratiqué dans, le même sens une route d'accès qui contourne la colline en la gravissant pour atteindre la Platea Vêtus.

(1) Voir dans ce Recueil: Inscription-» de Khcmissa, n° 0.

(2) Copie et lecture de M. Gsjll vls poinille n'est pas visible : c'est l'interprétation.

(3) Gsell, Monuments antiques de V Alg)r'v:. vol. II. p. 211. Clubassière, Recueil de Constantine, X, 1866, p. 120; — Dielil, Nouvelles archives des missions, vi, 1893, p. 365.


Arc de triomphe : vue de face Fig. XIV

Restitution de lare de Septime Sévcie Fig. XV



Fig. XV! Aie île liiompne. — Cmi-nli- et chapiteau



— 175 -

Mais, avant de nous occuper de ce vieux forum, nous nous arrêterons un instant dans un petit édifice, avec abside, qui se trouve à gauche de cette route et non loin de la basilique chrétienne, dans la direction du théâtre (vi).

On y accédait en descendant quelques marches, dans un vestibule précédant la salle de l'abside. Au mur de cette salle, dans le vestibule, deux socles sont adossés. Entre eux, mais les devançant, un troisième paraît avoir servi de soubassement à un autel.

Le socle de gauche supportait une pierre gravée très fruste, avec inscription très détériorée et que nous reproduisons ci-dessous, W 89. t j T

Ï3PA RIE iv LGENIIASEVE^j ÛNINISTGSTÀE

EXORNATORVM II TVRMASADLECT RVM VS OADQVOMNIB -HO TB FVNCTO • SACERDOTI • 1l STATVAM • QVAM EIVS 1 CVRIAE • AERE • CPTV^ AERE • ///////////OBMERI TAEIVS IN SIN ^RS

ETIAMD CREVTSSF T

NI SfnvII

■'V MODES VO F

TIONEM EPVLANDVM■RT In TEDERVNT DOD

(1) Bull, afchéol. du Comité des Travaux historiques, 1903, Ballu; — BuUetin Comité, 1904. La oopio est de M. Gsell.


— 176 —

M. Gsell attribue cette inscription à un prêtre de Liber et nous devons ajouter que, plus loin, toujours dans la direction du théâtre, les fouilles ont mis au jour diverses substructions, au-dessus d'une voûte demi-effondrée, dans lesquelles un fragment de plaque en marbre donne les trois lettres.

N-125 L I B

Platea Vêtus

Si nous reprenons maintenant la route dont nous parlions plus haut et que le Service des Monuments historiques a pratiquée, nous arrivons à la vieille place dont les bâtiments sont édifiés sur deux plateformes étagées en un gradin (lig. 17 .

Celle du bas était composée de boutiques ou de chambres voûtées précédées d'une sorte de portique à piliers carrés (fig. 18). Deux ailes comprenant des salles ou des logements encadraient l'ensemble.

Plus loin, à gauche, une maison biaise, au sol garni de mosaïques, et une rue dallée conduisant à la plate-forme supérieure.

Sous cette rue circule un égout, et deux autres ont été reconnus sous les chambres comme sous le portique.

Tous trois écoulaient les eaux de la plate-forme supérieure, qui constitue la place proprement dite.

Creusée dans une colline rocheuse, elle se termine, au fond et à gauche, par des murs de soutènement au-dessus desquels des constructions encore imprécises dressaient leurs imposantes assises.

Si nous nous transportons au milieu de la place,


Fig. XVII Plan du vieux horum

Fig XVllI Plateforme inférieure du vieux boruu



FiV. X'X La Curie et le Temple

Fi?. XX Le Vieux Forum



— 177 —

tournant le dos à la plate-forme inférieure, nous avons à droite, le temple et la curie (fig. 19) ; à gauche, une basilique colossale, avec nef centrale, soutenue par vingt-six colonnes de un mètre de diamètre.

Au fond, des constructions diverses.

Citons, en allant de droite à gauche, deux tables de mesures, au pied de la curie; deux chambres dont une avec bassin; la tribune aux harangues ; une salle, voûtée autrefois, plaquée de marbre et pratiquée dans la roche (fig. 20), sous la colline (peutêtre le trésor public?) ; enfin, trois autres salles, dont les deux dernières à gauche ont subi des remaniements profonds.

Elles contiennent trois socles de statue et celui du milieu, adossé au mur du fond, est surmonté d'une niche rectangulaire, comme pour adosser l'image d'un dieu, ou d'un personnage important.

Derrière le spectateur, surmontant les constructions de la plate-forme inférieure, se trouvaient des salles ou des portiques. Cette partie de la place a totalement disparu et ne permet que des hypothèses.

La platea vêtus était dallée; la partie gauche et le fond de la place étaient exhaussés de deux marches qui paraissent avoir supporté les colonnes d'un portique.

De même semble-t-il pour la partie détruite.

Quant au côté droit, il était fortement exhaussé. Le temple élevait ses colonnes sur un soubassement de 2m80 environ (fig. 2L, tandis que, ce que nous croyons être la curie voyait ses bases prendre place à 4 mètres au-dessus du dallage général (fig. 22).

Dans son ensemble, ce forum rappelle celui de Timgad.


- 178 —

Ces indications générales, jointes au plan que nous donnons ci-contre, permettent de comprendre les dispositions principales de la place et nous allons, maintenant, examiner en détail les monuments qui l'entouraient.

Temple (fig. 21)

C'est en arrière de ce monument que furent pratiquées, en 1866, les fouilles dirigées par Masqueray ; et l'escalier dont il parle dans sa relation t 1) est celui qui donne accès dans la place, entre le temple et la curie.

Jusqu'alors, on considérait cet édifice comme un monument punique, par suite de la présence, sur le soubassement, de lourdes colonnes en marbre de Schemtou, ayant 0m90 de diamètre.

Pourtant, la moulure du socle et celle couronnant le soubassement étaient traitées avec un soin dénotant une bonne époque.

Les recherches ont amené la découverte d'une base de pilastre engagé qui ne peut guère, maintenant, laisser subsister de doutes. La base est classique et entraînait, par son style, des colonnes d'ordre corinthien d'environ 0m80 de diamètre.

La cella avait 5 mètres de largeur et 7 mètres de longueur.

Sur trois côtés elle était entourée d'un péristyle qui comportait vraisemblablement douze colonnes, dont six sur la façade y compris celles des angles.

Le diamètre des grosses colonnes dont nous

(1) Recueil de la Société archéologique de Constantine, 1876, p. 631. Le forum de Thubursicum, par Masqueray.




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avons parlé ne permet pas de les considérer comme appartenant au monument.

D'autre part, les fouilles n'ont amené la découverte d'aucune colonne, d'aucune base, d'aucun chapiteau pouvant s'harmoniser avec la base du pilastre dont nous avons parlé.

Puis les grosses colonnes sont irrégulières, taillées grossièrement; les unes ont des bagues de hauteur variable à chaque extrémité, les autres n'en ont pas ; enfin, presque toutes sont rangées, avec régularité, les unes à côté des autres, absolument comme sur un chantier où l'on se disposerait à les ouvrer dans un temps plus ou moins éloigné.

A ces observations, une autre se joint, sur le dallage de la place et prolongeant le mur de gauche du soubassement, se trouve un tracé à l'aiguille excessivement net paraissant indiquer l'intention d'un agrandissement.

On voit maintenant que l'ensemble de ces observations permet une hypothèse :

Le temple antique ayant été détruit dans des circonstances que nous ignorons encore, il fût débarrassé de ses débris et des dispositions furent prises pour le reconstruire; mais cette tâche ne pût être achevée. (?)

Les grosses colonnes provenaient-elles d'un temple punique antérieur, ou simplement de la carrière? Nous ne savons; toutefois, elles ne portent aucune trace de mortier.

Aucune inscription, aucun débris de statue, ni de marbre ne furent trouvés dans cet endroit.

Enfin, nous ignorons complètement à quelle divinité cet édifice avait été dédié.


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Sur le côté droit du temple se trouve une petite chambre avec abside et au milieu un bassin circulaire. En avant, une autre salle ou cour et à droite une pièce de 6 mètres, sur 3 mètres, aux murs relativement épais. Cette pièce, bâtie sur les substructions de la plate-forme inférieure dominait celle-ci.

Ces substructions sont, d'ailleurs, d'une épaisseur considérable (certains murs atteignent lm50 de largeur). Leur destination est encore inconnue et, d'ailleurs, elles sont incomplètement découvertes et encore engagées sous le remblai provenant des fouilles de Masqueray.

Curie (fig. 22)

Quittant le temple pour nous diriger vers le fond de la place, en suivant le côté droit, nous trouvons la curie, avec un péristyle à quatre colonnes élevé de sept marches au-dessus d'une première terrasse placée à hauteur du soubassement du temple que nous venons de décrire.

Les colonnes sont d'ordre ionique; leur hauteur est de 6m45 y compris la base et le chapiteau; tous les tronçons ont été retrouvés, une de ces colonnes a été réédifiée.

Ce qui frappe, au premier abord, c'est la direction oblique de ce bâtiment par rapport au plan général de la place. Une autre remarque, c'est que la salle principale est également irrégulière. Toute la façade se trouve en quelque sorte ramenée en avant pour corriger l'aspect d'obliquité, sans nuire exagérément à la régularité de la construction. On est alors con-


~\. XXIII Bras et picd de Minerve

Rs XXIV

Tables de mesures au pied de la Curie



Tête de Minerve trouvée par M.£Masquerayî Fig. XXV

Buste de Jupiter Fit; XXVI



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duit à penser que ce bâtiment est antérieur à la création de la vieille place et que sa façade a été modifiée, dans le but de l'associer plus régulièrement à la forme de celle-ci.

D'ailleurs, toutes les constructions placées derrière le temple et la curie, participent à la même obliquité.

C'est dans le pronaos de la curie que fût trouvée (M la tête de Minerve qui figure au musée d'Alger (iig. 25).

C'est aussi sur la terrasse, en bas du perron, que fût relevé le torse de Jupiter que nous reproduisons, ci-contre (fig. 26).D'unegrandebeauté, il est taillé dans du marbre de Paros; le dos, seulement ébauché, indique une position adossée. L'épaule gauche, assez fruste, était probablement revêtue d'une draperie de bronze. L'extrémité d'un pied, très bien travaillée ainsi qu'un morceau du bras droit ont été recueillis. Des fragments nombreux de ce métal ont été retrouvés dans le bassin circulaire du bâtiment à abside, adossé le long du temple. Ils paraissent représenter des plis d'étoffe. Le bassin, dont les parois semblent détériorées par un incendie, contenait aussi des morceaux fondus de la même matière.

L'attitude de la statue rappelle celle du Jupiter Verospi. (2>

La présence de ces marbres, de Jupiter et de Minerve pourrait donner à penser que l'on se trouve dans un Capitole et non dans une curie; mais, l'hypothèse n'est pas encore suffisamment justifiée, car d'autres débris de ces statues ont été recueilis dans divers endroits.

(1) Par Masqueray.

(2) Musée du Vatican


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Des doigts, une main proviennent de l'étage inférieur; un bras se trouvait devant la porte de la voûte que nous avons supposée recouvrir le trésor public; (fig. 23) un cou, des draperies gisaient dans l'angle gauche du forum.

On peut admettre que le Capitole dominait la place, sur le sommet de la colline, là où les fouilles n'ont pas encore été pratiquées el que des débris jonchaient la place entière.

Quoi qu'il en soit, et en attendant des renseignements plus complets, nous admettrons que ce bâtiment représente la curie, par suite des similitudes du plan avec ceux des forums déjà connus. :1En

:1En endroit, Masqueray avait trouvé une inscription de l'époque de Constantin relatant une restauration de la place, faite par les soins deNouius Marcellus. ■-■

Quelques années plus tard, sous le gouvernement de Clodius Hermogenianus, on installait le forum novum. ■■ 3)

La vieille place avait eu néanmoins une longue existence car on y a trouvé de nombreuses dédicaces.

"•2- DEO • AVRELI A N 0 j R P C

TV ■■*'

(11 Voir Théâtre et forum de Tlmcjad par Ballu, également le forum de Rusucuru.

(2) Recueil de Const., 1876, p. 0:j8; Gsell, liecueilclc Const. f.m-2. p.53-'; C. I. L., -1878 (N- 71 de Khemissa'.

(3) N- tl~, p. 4.

(4) Recueil de Vonst., 1870, Masqueray N° 2),


Le Trésor [public (Actuellement l'Agence des travaux) Fis XX VU



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D'autres à Commode W à Géta (2)

aux Antonins ( 3) à Gordien W à Dioctétien ( 5)

Puis l'arc élevé à Septime Sévère, sur la voie qui conduisait à la Platea Vêtus paraît prouver qu'à cette époque, Thubursicum était dans toute sa plendeur, et que, vraisemblablement la vieille place publique brillait d'un vif éclat.

L'inscription de Nonius Marcellus, l'hypothèse que nous avons émise sur le temple inachevé, la création du nouveau forum sous Constance II, présentent un enchaînement que nous signalons, en passant, comme susceptible d'appuyer cette hypothèse.

Tribune aux harangues

Devant la curie, on voit un socle adossé au soubassement et qui devait recevoir une statue. Entre ce socle et l'angle de la place, on remarque des tables de mesures; et, dans l'angle même, se trouvait un petit réservoir revêtu de marbre (frg. 24).

Un banc de pierre, également plaqué, formait le retour, s'adossant à une chambre, suivie d'une autre dont l'entrée est placée derrière l'escalier de la tribune aux harangues.

(1) Voir à la fin du Recueil, inscriptions de Khemissa, n» 5.

(2) - id. - 8.

(3) — id. — 12.

(4) — id. - 13.

(5) - id. - 15


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Les baies de ces pierres présentent des traces de scellement de barreaux. Des grilles défendaient donc l'accès ou la sortie? Serait-ce la prison provisoire?

Ces deux pièces ont été remaniées ; l'une présente dans le fond une sorte de soubassement haut de lm80 et large de 1 mètre. L'autre, celle de l'angle, voit son sol exhaussé de la même façon puis évidé par une sorte de baignoire carrée.

Le tout était revêtu de placages en marbre.

On a découvert en ces endroits différents objets, entre autres, la moitié antérieure d'une statuette en bronze, représentant un personnage vêtu d'une courte tunique et d'un manteau; peut-être un camille.

La tribune et, d'ailleurs, tout le fond de la place avait ses murailles garnies de marbres et de moulures dont quelques fragments sont encore en place.

Cette tribune se trouvait entre deux des colonnes qui garnissaient le fond de la place et soutenaient probablement le portique. Sa plate-forme était à deux mètres au-dessus du sol, surélevé lui-même de deux marches au-dessus du dallage général.

L'orateur avait à sa gauche, la curie et le temple, à sa droite la basilique, et, devant lui, la place où se massaient ses concitoyens.

Le Trésor public (?) (fig. 27)

Aussitôt après, en suivant le fond de la place, on rencontre une voûte creusée dans le roc et, néanmoins construite ou revêtue de blocs en pierre de taille. Elle est fermée par une épaisse muraille donnant passage à une porte étroite; des corbeaux à la naissance de la voûte paraissent avoir soutenu un


Fig XXV" Busle de Magiiirnl



Fur XXIX

Chapiteau et tête (Vieux Forum)



Le tombeau des Vertidii fig. XXX

La porte de Tipaza fig_ jvyi



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plancher. Les parois étaient garnies de placages. En avant, une sorte de vestibule notablement plus large, plaqué de marbres et muni, à l'entrée, de deux colonnes donnant sous le portique général. Adossés au mur, deux socles de statues.

Au même endroit, on a trouvé le bas d'une statue de magistrat, d'un travail vulgaire ; plus le bras attribué à Minerve, ainsi que d'autres fragments (fig. 23).

Entre la voûte et l'angle gauche de la place, on trouve trois pièces qui ont été profondément remaniées, à des époques différentes. Les deux dernières n'en faisaient qu'une, à l'origine, et contenaient trois piédestaux dont nous avons déjà parlé en décrivant l'aspect général de la place.

C'est là que fût trouvée l'inscription de Larcius Macrinius à son épouse Larcia LaetaO et celle au génie de la gens de Numidie. ( 2)

On y trouva également le buste remarquable, en marbre, d'un magistrat inconnu (fig. 28), et, non loin, une tête aux traits accentués qui s'éloigne du type romain (fig. 29).

Des bases, des colonnes, chapiteaux, débris de toute espèce, étaient entassés dans ce coin, et nous devons particulièrement citer des chapiteaux, d'un travail très fini et très complexe, enjolivés de feuillages, enchevêtrés et divers, vigne, laurier, acanthe dont nous donnons la photographie (fig. 29).

(1) Voir à la page suivante l'inscription de Khemissa n1 10. (2 — id. — 14.


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10.

LÂRCIÂE LAETAE

P RIN CIPI S G E N TI S N Y M I DARVM-ET-FLAMINIS-PERPETVI VXORI-CVIORBO-STATVAM-PVBLI CE PONENDAM-CVM-DECREVISSET IPSA • HONORE • CONTENTA- SVA- PECVN POSVIT-D'D

Découverte en 1901. — Vieux forum. — Sur un dé en calcaire : hauteur 0m76; largeur 0m62 ; épaisseur 0m5G 'l\

(1 Cf. Bulletin du Comité, 1'.il)">, p. 81. A. Iîallu.


— 187 — Basilique

Tout le côté gauche de la place est fermé par le mur de la basilique, le long duquel courait un portique couvert. Ce mur est peu épais, ce qui ne concorde pas avec sa destination; mais les matériaux qui le composent indiquent une reconstruction. Il est percé de portes communiquant avec l'intérieur du monument, qui n'est qu'en partie déblayé. Les travaux ont permis, toutefois, de reconnaître l'emplacement de bases qui supportaient de hautes colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens.

Des statues, dont les socles sont encore en place, décoraient l'édifice, dont les grandioses proportions attestent l'importance.

La façade dominait la vallée, en haut de la voie descendant à la plate-forme inférieure.

L'entablement comportait une dédicace dont on a retrouvé de nombreux fragments sans pouvoir encore les interpréter convenablement. C)

Ici, encore, on a retrouvé un torse de femme drapé, parfaitement travaillé.

Seule, la suite des travaux permettra de compléter ces découvertes.

Inscriptions

Terminons cet examen de la vieille place de Thubursicum en citant les inscriptions diverses recueillies dans les fouilles de la plate-forme inférieure. Ce sont :

La dédicace d'un monument à Minerve, par Quin(1)

Quin(1) à la fin du Recueil inscriptions de Khemissa, n° 88.


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tus A^etidius Juvenalis. Elle est gravée sur une stèle hexagonale avec socle et chapiteau, que l'on voit, maintenant, réédifié sur la place même;i')

Une autre inscription est dédiée à Sallustia, prêtresse, par les curiales; <2>

Une troisième rappelle Postumius Romulus le premier citoyen de Thubursicum qui obtint la dignité sénatoriale ; (3>

Enfin, une dernière est dédiée à Lucius Calpurnius, magistrat municipal, mais elle est fort incomplète. ("

D'autres, en nombreux fragments, étaient gravées sur des plaques en marbre; mais leur recomposition exigeant des soins attentifs et des études ultérieures, assureront leur lecture, encore difficile.

Elles rappellent l'époque des Antonins et les noms de Pomponius Marcellus, légat; Coelius Sparsus, Rufus Acilius qui occupaient des fonctions importantes dans la cité ou dans l'empire. ( 5)

Comme on le voit, cette partie de la ville était des plus intéressantes, et la continuation des travaux, sur ce point, est de nature à donner beaucoup d'espérance.

Les Vetidii

Si nous redescendons sur la plate-forme inférieure, nous reprendrons, pour la continuer, la route qui nous y a conduit, et qui, après avoir passé devant

(1) Voir à la fin, inscriptions de Khemissa n" 4

(2) — id. 10

(3) (primo lato claao exornato} id. H

(4) — id. 9

(">) Voir à la fin du Recueil, inscriptions de KheniUsa n ■ 373, 121, 374, 370.


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le vieux forum, redescend la colline, en se dirigeant vers le nymphée.

Nous arriverons alors à une autre ruine située sur un rocher et contenant des citernes et des couloirs au sol en mosaïque. Ce sont probablement des thermes particuliers, encore insuffisamment dégagés.

C'est au pied de ce rocher que se trouvent les tombeaux des Vetidii W (fig. 30)

Une description avec un très intéressant commentaire en a été faite par M. Merlin. < 2)

C'est là que l'on voit la sépulture de Quintus Vetidius Juvenalis, qui avait élevé à Minerve, le monument dont nous avons parlé plus haut.

Nous avons terminé la description rapide des fouilles exécutées à Khemissa depuis quatre années.

Elles présentent, comme on le voit, et comme nous l'avons déjà dit, un très grand intérêt et justifient pleinement les espérances que l'archéologie pouvait fonder sur elles.

L'oeuvre entreprise est considérable; il faudra de nombreuses années et de grandes ressources pour la terminer ; mais elle est parmi celles qui s'imposent, en Algérie, pour le développement de la science, et pour la connaissance de l'histoire de ces régions. < 3)

CH. AL. JOLY.

(1) Les inscriptions en ont été recueillies dans le Recueil de la Société arch. en 1903, p. 277.

(2) A. Merlin. Inscriptions inédites Me Khamissa (Extraits des mélanges d'archéologie et d'hisioire, publiés par l'Ecole française de Rome, T. xxm).

(3) La plus grande partie do ces clichés est due à deux habiles amateurs, MM. Chevassu et Bachotet, que je remercie bien cordialement à ce propos.


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Khemissa (n° 88). — Dédicace de la grande basilique de la Platea Vêtus (elle se trouvait gravée sur l'entablement et on n'en a retrouvé que des fragments), en 1905


- 191 - l/SVLARISVIRILEC x*v

EDICA\ *™ ASETT

Khemissa (n° 126). — Deux fragments découverts en 1904 et 1905.

AIr ESI v^AE

HONOR «o RHCI 49

-ATI^ co To 45

Calcaire Marbre : 40 millimètres.

Khemissa (n° 500). — Découverte en 1905 dans la basilique chrétienne, derrière le temple de la Platea

Vêtus :

i M P \3.

DIVI-NE

TRAIÂNO • AVG P M TRB ' P' f.

N° 501. — Vers le même endroit il y a une inscription de chaque côté de la plaque :

avers revers

AL HA

INI-/ POT

BYRrI Thubursi.. vv

= F


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N° 503. —Au pied du Guelat (Damous-el-Gouleah) derrière l'exèdre :

GORNELIV QFILIVS PI VIXIT AN LXXXXIII

N° 504. — Dans les gourbis de la médita, entre la porte de Tipaza et l'Aïn-Khemissa :

D • M ■ S F E L I C I A AQVILERIO SER ■ PVAV XI H-S-E

Nous supprimons une grande paitie des inscriptions reçues, lesquelles se bornent à des fragments informes de lettres ,'A". (/. C).


fûiiiiin | IKSCWPIIOM LIBYQUES

RELEVÉS

DANS LES RUINES DE TIR-KABBINE

situées sur le territoire de la Commune mixte d'Aïn-M'Ula

PAR

M. AUGUSTE VEL

Note sm» la peuplade berbère des Siguitanoi'nm

La commune mixte d'Aïn-M'lila, située à quarante kilomètres au sud de Constantine, contient une superficie de 234,683 hectares. Ce vaste territoire renferme diverses stations préhistoriques et comprenait, à l'époque romaine, des villes populeuses et florissantes, dont les ruines sont actuellement éparses sur le sol.

Les emplacements de trois de ces villes appelées Sigus, Ticisi et Sila ont attiré de nos jours l'attention d'explorateurs qui en ont retiré, maintes fois, des documents épigraphiques précieux pour l'Archéologie. Aux environs de ces trois villes, d'autres localités, moins importantes, existaient également. Mais, leurs ruines n'ont pas encore été explorées et ont gardé jusqu'ici leurs secrets.


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Or, au cours d'une excursion récente que j'ai faite dans la région, j'ai eu l'occasion de visiter les ruines d'une ancienne cité berbère, qui m'ont paru intéressantes et je crois bien faire d'en donner la description.

Je dois dire, tout d'abord, que mon excursion a été facilitée, grâce à l'obligeance de M. Ribet, administrateur, chef du cabinet de M. le Préfet et de M. Olivier, administrateur d'A'in-M'lila, qui avaient bien voulu me recommander à Sidi Mohamed ben Boudiaf, adjoint indigène de Sigus. Ce dernier se fit un plaisir de m'accompagner lui-même et mit à ma disposition quatre hommes dont l'un, son neveu, Mohamed lien Noui, parlait français et connaissait bien le pays, ce qui favorisa mes recherches. C'est donc à ces fonctionnaires que je dois le résultat de ' mes observations et je suis heureux de leur en témoigner ici ma reconnaissance.

Les ruines de la cité berbère en question se trouvent près du village indigène actuel de Bou-Chen, qui est situé, à vol d'oiseau, à quinze kilomètres à l'est d'A'ïn-M'lila et à dix kilomètres au sud de Sigus. Elles couvrent une éminence isolée appelée " Tir-KaltbitiL'", nom que l'on peut traduire, je pense, en français, par l'expression : Mont aux escaliers ou aux deux crêtes escarpées.

Pour s'y rendre facilement, on peut aller en chemin de fer jusqu'à la gare de Taxas et prendre ensuite le chemin vicinal n° 2, qui se dirige vers AïnM'iila. On traverse alors une suite de vallées riantes, entrecoupées de collines et de crêtes abruptes, On rencontre partout les ruines de fermes isolées et, à certains endroits, celles de pagi importants. Après


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un parcours de huit kilomètres, on arrive au village indigène de Bou-Chen, situé au pied du DjebelFortas.

Le voyageur qui aurait vu ce pays il y a quelques années éprouverait aujourd'hui une agréable surprise. Il ne s'y reconnaîtrait pas. A la place des tentes et des gourbis enfumés, dans lesquels s'entassaient, pêle-mêle, hommes et animaux, s'élèvent maintenant, à côté d'une multitude de dolmens, souvenirs de générations disparues, trente maisons neuves, belles et coquettes, construites en pierre et couvertes de tuiles, avec des écuries attenantes pour les animaux. De loin, on dirait des habitations européennes; mais, lorsqu'on est auprès, le manque de fenêtres ou les minuscules lucarnes qui en tiennent lieu, font deviner que ces maisons sont habitées par des indigènes.

Dans les plaines commence à apparaître la charrue française. J'en ai vu une, attelée de dix boeufs, qui labourait une montagne à pente très rapide. Actuellement, les chaouïas, habitants de la contrée, cultivent entièrement leurs terres et ne laissent aucun endroit improductif. Ils possèdent tous des troupeaux et des volailles. Quelques-uns élèvent même des lapins, des canards et des oies. Enfin, une population enfantine nombreuse apparaît à chaque maison. Aussi, l'on sent partout la richesse, l'animation et la vie.

La transformation de ce bled, qui a eu lieu récemment, provient, je suppose, de l'attribution, à titre privé, des terres aux indigènes, à la suite des opérations topographiques qui ont été homologuées seulement en 1890. Les dernières années ont donné, il est vrai, d'abondantes récoltes qui ont apporté un


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peu de prospérité. Mais, il est probable aussi que la satisfaction de se savoir propriétaires définitifs des terrains qu'ils cultivaient précédemment à titre précaire, a agi fortement sur l'esprit de nos chaouïas, pour les déterminer à déterrer leurs louisas et leurs douros, en vue de se construire les habitations confortables que nous voyons aujourd'hui. Cette amélioration était indispensable car, en hiver, il fait très froid dans la région et en été, après de chaudes journées, les nuits y sont parfois très fraîches. Les habitants, mieux abrités, peuvent ainsi supporter plus facilement les brusques changements qui surviennent dans la température.

De Bou-Chen, on voit s'élever, à 500 mètres à l'est du chemin, l'éminence de Tir-Kabbine. Cette éminence se prolonge du nord au sud et forme, à son sommet, un plateau long de 800 mètres et large de 200. Ces mesures lui donnent une superficie de seize hectares. Les versants est, sud et ouest de ce plateau sont élevés et abrupts. Au nord, l'escarpement est moins sensible; il monte cependant par une suite d'élévations semblables à des gradins qui ont fait donner, je crois, à la montagne son nom actuel. De plus, ce côté du plateau se termine en pointe, à une gorge encaissée appelée Foum-elKhanga, dans laquelle passe un ruisseau, l'OuedKhanga, formé de la réunion de plusieurs sources nommées Aïoun-R'arsa. Des restes de murailles maçonnées font supposer qu'il y avait dans cette gorge un barrage retenant l'eau du ruisseau, afin de former un étang qui baignait, à cet endroit, le pied du plateau. La cité édifiée sur ce plateau était ainsi fortifiée


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naturellement, par sa seule position. Malgré cela, elle avait été entourée de remparts. On voit encore quelques assises de leurs fondations. Les autres matériaux ont été précipités de tous côtés dans la plaine, au moment de la destruction de la ville. Le plateau présente, dans le milieu de sa longueur, une légère dépression, puis se relève, sur les côtés est et ouest, en deux crêtes sur lesquelles étaient construits les remparts. La crête est, moins élevée que l'autre, comportait deux remparts parallèles distants de six mètres et épais, chacun, d'environ trois mètres. En dehors de ces remparts, sur l'extrême bord de la crête, se trouvent les vestiges de sépultures antiques, composées de cercles de pierres, mesurant chacun environ six mètres de diamètre. Actuellement, on ne voit plus que la dernière assise de leur muraille qui était formée de blocs parfaitement arrondis. Plusieurs affectent cependant la forme de chambres carrées ou rectangulaires. Vers le centre de ces sépultures, des pierres posées en rectangle, indiquent l'endroit où les corps étaient déposés. Ces pierres devaient supporter primitivement des tables de dolmens, car on en voit quelques-unes qui gisent éparses sur le sol environnant.

La crête ouest est jalonnée, sur plus de 200 mètres de longueur, de pierres carrées, posées chacune à deux mètres d'intervalle, sur trois lignes parallèles. On peut considérer ces pierres comme les assises des piliers d'une construction allongée, qui pouvait être une caserne ou un vaste abri.

Quant au plateau, il est couvert de moellons équarris et de pierres taillées. Plusieurs monceaux de pierres, mieux travaillées que les autres et où


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sont mélangés des morceaux de colonnes et de corniches brisées, occupent les emplacements de divers édifices au centre de la ville, parmi lesquels deux devaient être des temples et trois autres les tombeaux de familles riches de l'endroit.

Les Romains avaient aménagé la source principale en forme de bassin, au moyen de blocs superposés. Ils avaient placé autour trois vases en pierre, mesurant chacun 0m75 de hauteur. Les indigènes y ont apporté, des ruines voisines, pour laver leur linge, une table de pierre longue de 1. mi0 et large de un mètre.

On remarque aux alentours, dans la plaine, de nombreux amas de ruines de fermes, dont les seuls vestiges intéressants sont des morceaux de moulins à farine et des pierres de pressoirs. Certaines fermes avaient deux pressoirs, l'un à rigole ronde, l'autre allongée en forme de poire. La vue de ces pierres fait penser à l'époque lointaine où le pays était couvert de vigne et d'oliviers. Mais, actuellement, tout est détruit. La vigne parait avoir disparu depuis plusieurs siècles. Quant aux oliviers, plus vivaces, ils s'étaient conservés jusque vers l'année 1820. A cette date, le bey de Constantine, Braham, fit dit-on incendier les arbres alors très touffus de la région, afin de châtier les habitants qui s'étaient révoltés. On voit encore quelques troncs réduits en charbon. Les rares oliviers, échappés au désastre, font regretter la richesse perdue par le pays. L'un de ces arbres, situé à Sila, mesure environ cinq mètres de circonférence. Il doit avoir plus de quinze cents ans d'existence et produit toujours en quantité de petites olives. Enfin, un mamelon voisin, appelé " Coudiat-el-


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Louze ", (le mont des amandiers), est aujourd'hui entièrement dénudé.

Les indigènes sont convaincus que de grands trésors sont cachés à Tir-Kabbine. De temps en temps, ils retournent quelques pierres et creusent des trous par-ci, par-là. Aussi, depuis douze siècles au moins que cela dure, les ruines ont été fouillées, de fond en comble, plusieurs fois.

D'autre part, si j'ai bien compris ce que disaient entre eux ceux qui m'accompagnaient, des fouilles y ont été faites depuis l'occupation française, par un capitaine et quinze soldats, qui auraient renversé notamment un menhir resté debout jusqu'à notre époque. Ce fait est regrettable car le menhir en question est un chef-d'oeuvre de l'art berbère. Les résultats de ces recherches n'ont cependant pas dû être satisfaisants, car aucune relation n'en a été publiée.

La coupe élégante et la taille de certaines pierres révèlent un genre spécial d'architecture qui sortait de la vulgarité des constructions berbères ordinaires.

Aussi, l'on dirait qu'une attraction mystérieuse qui charme à première vue, se dégage de ces ruines et invite le passant à s'arrêter, pour admirer ces souvenirs artistiques d'une civilisation aujourd'hui disparue.

Telles étaient mes impressions, lorsque je parcourais ces ruines et telles ont dû être également, je pense, celles des personnes qui les ont visitées avant moi. J'ai cité les fouilles effectuées par des militaires. Plus tard, ces ruines ont attiré l'attention du géomètre qui a dressé le plan topographique du pays, car il a tracé sur la carte, à leur place, un


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dessin représentant des murailles, à côté duquel il a écrit, en grosses lettres, les mots : RUINES DE TIR-KABBINE.

Enfin, en 1886, M. Chabassière a fait fouiller pour la Société une trentaine de dolmens à Bou-Chen. Ces monuments lui ont paru plus perfectionnés que ceux des autres stations mégalithiques et il a donné, à leur sujet, ses impressions qu'il est intéressant de reproduire :

« A Bou-Chen, nous avons des dalles équarries aussi « belles que celles trouvées par M. Girard de Rialle à « Ellez, sur la route du Kef à Kairouan. Nous avons ou« vert des constructions régulières comme coupe et comme (( assises. Il y a des dolmens dont le cercle extérieur est « parfait de régularité et les assises des pierres employées « ont été, elles aussi, l'objet de beaucoup de soins. Les « constatations possibles du progrès, dans la construction « des monuments funéraires sont encore plus certaines ici « que sur les autres points que nous avons visités. Il nous « semble acquis que les tombeaux ont été en se perfection« nant, sans cependant rien perdre de leur cachet pri« mitif. »

Il remarqua également plusieurs menhirs, dont l'un situé près de Tir-Kabbine, celui qui a été renversé par les quinze soldats, lui suggéra l'observation suivante :

« Le plus beau de tous ces monuments est, sans con« tredit, celui de l'Oued Khanga (Bou-Chen).

« Splendide menhir en calcaire coquiller, méplat bien « découpé, bien taillé. Actuellement, il n'a que 4,n10 de « de hauteur, dont 3m50 ont été travaillés et dressés à « vives arêtes sur une largeur de l'"15 et une épaisseur « de 0m50. »

Mais, ce menhir étant couché sur le flanc d'un talus, sa face principale tournée vers le sol, M. Cha-


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bassière négligea de le faire retourner et se contenta d'en prendre les mesures. Celles qu'il a données ne sont cependant pas exactes. J'ai mesuré moi-même le monument et lui ai trouvé les dimensions ci-après :

/ Côté droit (encore entier, moins la

HnnrPiir cime brisée) 4m48

rLdUieui) Côté gauche (la base et la cime

( brisées) 3m88

( Au sommet, au ras de la cassure . 0m80

Largeur] Vers le milieu de la pierre lm16

( A la base du monument, très élargie. lm30

Epaisseur : 0m39 seulement.

Dans un premier voyage, j'avais surpris un berger qui creusait un trou sous ce monolithe. Ayant regardé par ce trou, je vis que la pierre était sculptée et représentait un homme. J'en pris, tant bien que mal une copie qui, sans être exacte, donnait un aperçu de cette sculpture. Mais, je résolus de revenir et de soulever la pierre, afin de la voir dans son intégralité. Ses mesures donnaient un cube d'environ lm950. Or, à la densité moyenne de 2 kilogr. 800 par décimètre cube, j'évaluai son poids à 5,500 kilos. Lors de mon second voyage, j'emportai donc un cric solide, capable de soulever ce poids. A mon arrivée, je fus entouré par une vingtaine d'indigènes qui me disaient : cette pierre est trop lourde, jamais ta machine ne la soulèvera. Cependant les hommes que m'avait donnés le cheick apportèrent trois pioches et une pelle et creusèrent un large fossé autour de la pierre qui, après deux heures de travail, était entièrement dégagée. Plaçant alors le cric, je la fis remuer, mais il fallut ensuite l'effort de trois hommes pour tourner la manivelle d'engrenage. Bientôt après, la pierre était debout sur sa largeur.


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La figure sculptée qu'elle comporte, (fig. 1) est un personnage qui mesure 2m14 de hauteur et qui est représenté debout à la porte d'un temple, dont on voit le fronton au-dessus de sa tête. Il tient de la main droite une lance, longue de lm67 et croise la main gauche sur sa poitrine. Des lettres libyques sont gravées de chaque côté de la figure. Ce monument ressemble au cippe de Julia Paula, placé au Musée du square à Constantine, avec les différences toutefois, qu'il est de moitié plus élevé et plus large et produit, par son ampleur, un effet plus imposant. Personnellement, je le compare, bien qu'il soit plus grossier, aux sculptures conservées au Musée du Louvre, à Paris, qui représentent les Pharaons d'Egypte ou tout au moins les archers Assyriens du palais de Darius. Peut-être le personnage auquel il a été dédié était-il contemporain de leur époque ? On pourrait également supposer que ce guerrier était l'un de ces géants qui habitèrent le continent africain.

Je vais donner ici quelques indications relativement à l'inscription. La ligne gravée à droite du personnage est certaine. Celle de gauche est peut-être incomplète, car, de ce côté, la pierre est écaillée dans le prolongement de l'inscription à partir de la sixième lettre. Il y a également, entre les 6mo et 7m" lettres, un espace suffisant pour avoir pu contenir une lettre. Je n'ai pu y découvrir cependant l'amorce d'aucune, même avec l'aide d'une bonne loupe dont je me servais.

Quant à la traduction elle est actuellement impossible. Les documents existants n'ont pas encore permis de définir exactement l'écriture libyque qui


Vue du menhir de l'Our d-Khanga et des lettres I byques gravées de chaque coté du personnage



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est toujours à l'étude. Les principaux auteurs, Halévy, Faidherbe, Letourneux, Judas et Reboud, différent d'opinion sur la valeur de plusieurs caractères.

J'ai donc suivi, à titre de renseignement, l'alphabet publié en 1890, par le Comité des travaux historiques, d'après lequel notre inscription se traduirait de la façon suivante :

Ligne droite :

Ligne gauche :

La lecture paraît devoir commencer par la ligne placée à droite du personnage, en lisant de bas en haut et en remontant également ensuite la ligne gauche.

En ajoutant, dans la prononciation, des voyelles

aux consonnes indiquées, on pourrait obtenir les

mots suivants :

RTTN OU ISSDS QMGI MIQL\

Retaten ou isasidas qamaqi maiaqila I ou d'autres mots 3 ' \ semblables,

MSKR SG ZNI OU GH' \ selon les voyelles

1 employées

Misikir Seguezani ou gh'W J

Mais, cette traduction n'est qu'une simple supposition, car il ne m'est pas possible d'établir la valeur et la prononciation de certains caractères.

(1) Par suite de l'écaillement de la pierre, la seconde ligne pourrait être lue également : Misikir Segueni Masiva.


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Les Romains, qui avaient latinisé le nom des habitants de l'endroit, les nommaient " SIGUITANI " (respublica Siguttanorum). D'autre part, ces derniers s'appellent aujourd'hui " SE-GUE-NI-A ". Peut-être le mot seguezaiu ou segucdharu. était-il le nom de la population berbère du pays, à l'époque de l'édification du monument qui nous occupe ?

On pourrait dès lors supposer, d'après les indications qui précèdent, que le monument fut élevé en l'honneur d'un chef de la tribu des Sogue-ni a, nommé RETATEN.

* La figure II est gravée en relief sur un menhir, situé à 500 mètres à l'ouest du précédent et à l'entrée de la gorge de Foum-el-Khanga, déjà citée. Il avait été élevé au milieu d'un chemin qui côtoyait la rive gauche de l'Oued-Khanga aménagée en voie carrossable. Ce monument était couché, à moitié enfoncé dans la terre et la face tournée vers le sol. J'ai dû le déterrer pour le photographier. Il a subi de nombreuses mutilations. Sa cime a été brisée au sommet de la tête du personnage. Les deux côtés et la base de la pierre ont été également brisés. Tel qu'il est maintenant, il mesure 2m02 de hauteur, 0m66 de largeur et 0m35 d'épaisseur. Son dessin, comme celui du menhir précédent représente un guerrier qui tient, de la main droite, une lance. Mais en plus, celui-ci tient de sa main gauche, à hauteur de sa poitrine, un glaive, long de 0m80. Quelques lettres libyques sont gravées à droite, dans la rainure creusée entre la lance et le corps du personnage. La plupart sont illisibles.

La figure III est la moitié d'un autre menhir brisé qui se trouve à l'angle sud-ouest du plateau de Tir-


Deuxième menhir mesurant ai ti el.ement 2™02 de hauteur et représentant un gneirier qui l ent < e lu n ain droite une lance et un glaive de la main gauche.



Troisième menhir brisé représentant les jambes d'un homme

Inscriptions libyques en partie effacées



(PI. VI) — Double monument de Tir-Kabbine Perspective de la moitié de In chambre sud restante

1 . Première architrave, longueur, 2m25, largeur, 0m62, épaisseur 0m33.

2. Seconde architrave, id. id. id.|

3, 4 et 5. Dalles de couverture. Longueur 1"°80, largeur0ln90, épaisseur, 0*35.

6. forte de communication entre les deux chambres 7 et 8. Piliers carrés mesurant 0m50 sur chaque côté. Distance ■ nie les piliers l"75. Distance entre les piliers et la muraille elliplique 1™10.



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Kabbine. Cette moitié représente le bas du corps et les jambes d'un homme et une inscription composée de huit lettres est gravée à droite du personnage, dans la bordure, au-dessous d'un trou rond creusé dans la pierre. Ce monument mesure lm15 de hauteur, 0m50 de largeur et 0m37 d'épaisseur. Son sommet manque.

Les figures IV et V représentent deux inscriptions libyques gravées sur deux pierres qui se trouvent près des sépultures antiques signalées. La plupart de leurs lettres ont été effacées par le temps. J'ai pu déchiffrer seulement celles reproduites ci-contre.

Enfin, j'ai remarqué un autre monument qui paraît se rapporter également à la période berbère. Peutêtre avait-il quelque rapport avec les personnages représentés dans les figures précédentes ? En tout cas, il ressemble aux nuraghes souterraines de Sardaigne, constructions pélasgiques, que l'on suppose avoir été les sépultures de géants (fig. 6, 7, 8, 9.).

Il est situé vers le milieu et au sommet de la crête ouest et en dehors du rempart qui défendait la ville. Il domine toute la plaine qui s'étend de ce côté et se voit du chemin qui passe à Bou-Chen. Il était formé de deux chambres elliptiques semblables, réunies par une porte et mesurant chacune 8m50 de longueur, 2m70 de largeur et environ lm80 de hauteur. Chaque chambre était couverte par deux rangées parallèles de larges dalles, pareilles à celles qui recouvrent les dolmens. Ces dalles, longues de lm80 et larges de 0m90, en moyenne, s'appuyaient, vers le centre de la chambre, sur une architrave supportée par trois piliers.


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Fig. 7. — Plan du double monument de Tir-Kabbine

Fig. 8. — Double monument de Tir-Kabbine : Coupe de la chambre sud et vue des dalles de toiture restantes

Fig. 9. — Vue supposée que présentait la toiture, lorsque le monument était intact, Les chiÀres 1, 2, 3 indiquent les dalles restantes.


Tir-Kabbine. — Ruines d'un double monument. — Etat actuel de la chambre sud



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Les murailles, la porte, les piliers et l'architrave ont été construits avec des blocs de pierre taillés avec élégance et les blocs placés au contour et celui qui forme la voûte de la porte sont gracieusement arrondis en cintre. Seules, les dalles formant toiture sont frustes et ne présentent aucune trace de travail.

Actuellement, la toiture et les murs supérieurs de la chambre nord sont effondrés et les matériaux ont comblé l'excavation. Seules, les assises des fondations subsistent jusqu'à un mètre de hauteur. La chambre sud a conservé la moitié de sa muraille, la porte de communication et ses trois piliers. Deux de ces piliers supportent encore une partie de l'architrave et trois dalles qui restent de la toiture.

L'ensemble de ce double monument devait présenter, lorsqu'il était intact, un aspect très harmonieux. C'était sans doute un tombeau ou un temple. Peut-être aussi un dépôt de vivres ou une citerne, bien que les murailles n'en étaient pas cimentées.

L'examen des autres ruines, très nombreuses, de Tir-Kabbine, démontre qu'à une époque reculée, une cité s'élevait là. J'ai donc cherché à la reconnaître, mais je n'ai rien trouvé.

Elle n'avait, sans doute, qu'une importance secondaire, car les auteurs anciens n'en font pas mention. Du moins, on n'y a encore trouvé aucune inscription qui permette de l'identifier à l'un des évêchés ou des villes cités par les écrivains latins. Les auteurs musulmans n'en parlent pas non plus. Quant à son nom actuel, il ne fournit aucune indication.

Malgré cette lacune, j'ai recueilli quelques renseignements que je crois utile de signaler.


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Je dois indiquer, en premier lieu, que l'origine des habitants de l'endroit remonte aux temps dits préhistoriques. Ce fait a été établi par M. Robert, administrateur d'Aïn-M'lila, qui a démontré, dans une étude remarquable, publiée en 1901, sur les découvertes qu'il a faites dans les stations préhistoriques de la commune, que le pays a été habité dès les premiers âges de l'humanité.

D'autre part, Reboud, Féraud, Thomas, Henri Martin et Chabassière ont signalé la présence dans la contrée de divers genres de sépultures mégalithiques. (Menhirs, galgalls, cromlechs, tumulus, allées couvertes et dolmens). M. Chabassière, notamment, a évalué que 1,200 de ces sépultures existent dans les différents groupes de Ras-el-Aïn, Sila, Sigus et Bou-Chen, parmi lesquelles il en a fait fouiller une centaine. Or, ce chiffre est inférieur à la réalité. Les groupes précités, peu éloignés les uns des autres, étaient habités assurément par la même population aborigène. On peut donc les considérer comme formant ensemble une seule station mégalithique, mais ils comprennent certainement plus de 6,000 sépultures. A Bou-Chen, il y en a plus de mille, à Ras-el-Aïn également. A Sigus on en trouve davantage et le groupe de Sila, que l'on a pas encore étudié, en renferme, à lui seul, plus de deux mille. Ces indices prouvent qu'une population très dense a vécu dans la région.

Après les temps anciens, nous arrivons à l'époque romaine. Il est nécessaire ici d'examiner d'abord ce qu'étaient les populations qui occupaient alors le pays. A ce sujet, je ne puis mieux faire que de résumer l'étude publiée, en 1896, par M. Mercier,


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président de la Société archéologique, qui a fait ressortir nettement la situation des peuplades qui habitaient alors la Numidie.

D'après cet auteur, « la Numidie a été habitée, dès les « premiers temps, par des populations de race berbère, « fractionnées en communautés, sous l'autorité de chefs « particuliers, souvent réunies en confédérations et qui « obéissaient, dans certaines occasions, â un chef suprême, « sorte de roi des rois. Deux de ces rois, Massinissa et « Micipsa, hommes instruits et de grand mérite, qui ré« gnèrent au deuxième siècle avant notre ère, s'appliquè« rent à doter leurs sujets d'institutions fixes et à déve_ « lopper chez eux les industries, les arts et l'agriculture, « Sous leurs règnes, Cirta, leur capitale était devenue un « foyer de lumières et les populations des plaines, région^ « les plus fertiles de la Numidie, avaient acquis une réelle « civilisation.

« Mais les montagnes étaient habitées par des peuplades « belliqueuses qui vivaient dans une certaine indépendance <i en conservant intactes leurs coutumes à demi-sauvages « et sans faire aucun progrès. Ces peuplades, bien que « pauvres, étaient cependant très prolifiques et formaient « pour ainsi dire des réservoirs d'hommes. Elles regar« daient avec envie les riches plaines du Tell qu'elles en« serraient de toute part, guettant l'occasion d'y faire une a razzia ou de s'y établir, au profit de circonstances favo« râbles et en refoulant ou écrasant les occupants, dont « l'état même de civilisation avait diminué ou éteint la va« leur guerrière.

« Quelques-unes de ces peuplades étaient juives. Les « autres professaient l'idolâtrie, le magisme et le culte du « feu. Presque toutes conservaient des traditions à la fois « poétiques et religieuses qui confiaient la défense du « pays à des dieux nationaux et plaçaient sous la protec« tion de génies topiques les villes et bourgades, la fécon« dite de la terre, les antres, les bois sacrés, les montagnes « et enfin le foyer domestique.

« Lorsque les Romains eurent conquis la Numidie, ils


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« s'appliquèrent à ménager ces populations et respectèrent « leurs usages, se bornant à supprimer ce qui était en con« tradiction trop absolue avec les lois de la Métropole. Les « cités berbères conservèrent ainsi leur organisation et les « habitants leurs propriétés, sous la condition de payer un « tribut.

« Pour mieux attirer ces populations, les conquérants « admirent dans leur panthéon officiel, leurs divinités to« piques qui turent honorées, même par les Romains d'ori« gine, sous les noms de Bacax, Eruc, Baldir ou Ifru. « Baal, protecteur des récoltes et des fruits de la terre u fut, sous le nom de Saturne, le plus populaire, le plus « célèbre des dieux indigènes. Pour n'en pas oublier, on (( les désignait en bloc, telle l'invocation : aux dieux maures.

'< Au contact des colons latins, les populations berbères (( déjà civilisées qui occupaient les plaines se romanisèrent « de bonne heure; bientôt leurs habitants firent partie de « la commune de l'administration de laquelle ils relevaient i< et bénéficièrent de ses droits.

« Mais, dans les montagnes moins accessibles, les peu« plades numides se maintinrent plus ou moins groupées « sans rien changer à leur situation antérieure et eu conser« vant leurs traditions, leur langue et leurs moeurs. « Elles étaient en général soumises, mais la colonisation d latine ne les avait pas pénétrées et elles continuaient à « former des groupes ethniques, gentes, ce que nous appe« Ions maintenant des tribus. Après les avoir laissées un « certain temps livrées à elles-mêmes on leur donna une « administration spéciale. Chacune fut placée sous la surit vaillance d'un délégué qui reçut le titre de princeps, « sorte de contrôleur et de juge, qui représentait le pou« voir central et veillait à la rentrée du tribut. Parfois, « cependant, quelques-unes de ces tribus se montrèrent trop « belliqueuses et furent l'objet de répressions, de déporta» lions même, en châtiment de leur turbulence. D'autres « paraissaient réfraclaires à toute civilisation, car elles ne « comprirent jamais la langue latine que les Romains « parlaient à côté d'elles depuis cinq cents ans. »


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Or, les cantonnements aujourd'hui déterminés, de plusieurs de ces peuplades, notamment ceux des Nattabutum, Suburburum, Numidarum, et Rotariensium, les placent précisément dans les régions voisines de la contrée qui nous occupe. On peut donc admettre qu'au milieu des gentes susnommées, il pouvait en exister une autre, cantonnée au nord du Guerioun et qui avait pour chef-lieu la cité élevée sur le plateau de Tir-Kabbine.

En outre, les bornes délimitatives trouvées à Sigus, en plus grand nombre qu'ailleurs, prouvent que la terre était recherchée.

Enfin, le refoulement des indigènes de Sigus a été entrevu par Cherbonneau qui a émis, en 1868, l'opinion suivante :

« Les inscriptions découvertes à Sigus forment un en« semble d'épitaphes latines où l'on chercherait en vain « une trace de l'élément africain. De ce fait qui, par lui« même a une grande valeur, comme de l'existence en ce « lieu d'une confrérie vouée au culte de la Victoire. ( Vieil toriae Augustae sacrum cultores qui Sigus consistunt), « on pourrait inférer que les habitants du municipe, en« traînés par les nécessités de la politique à repousser une « population essentiellement belliqueuse, avaient fini par « s'approprier tout le territoire environnant. »

Si l'on admet ce refoulement, on en déduit que ce fut la gens des Siguilanorum qui peupla la cité de Tir-Kabbine et lui donna alors le nom de Castellum Siguitanum (le château-fort Siguitain).

Et cette tribu dut être l'une des plus turbulentes et difficiles à gouverner. Aussi, pour la mieux surveiller et tenir en respect, les Romains l'environnèrent de postes militaires, de villes et de forteresses dont on voit actuellement les ruines de tous


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côtés. On peut citer Sigus, qui se trouvait au nord, Ticisi, au nord-est, Buduxi et Sila, à l'ouest. Au sud, se rencontraient d'autres villes dont les emplacements se voient aux ruines considérables d'Henchir Keliout, d'Henchir Oulagrih et de Tattubt. Mais le poste principal de surveillance de la région était, sans doute, la forteresse de Turris-Caesaris W, point militaire important, qui devait se trouver à cinq milles seulement de distance de Tir-Kabbine.

Cette gens avait donné au pays son nom primitif, qui fut conservé parles Romains, lorsqu'ils fondèrent la ville de Sigus et par les habitants qui, comme je l'ai dit plus haut, s'appellent aujourd'hui Se-gue-ni-a. Quoi qu'il en soit, la cité de Tir-Kabbine paraît avoir été peuplée autant que la ville de Sigus, sa voisine, et avoir atteint l'apogée de sa prospérité au commencement de la période romaine. Puis, pendant cette période, elle continua à être le chef-lieu d'une peuplade d'agriculteurs berbères, qui vécurent en conservant leurs traditions primitives et en se tenant à l'écart de l'influence latine.

Mais, comme toutes les villes africaines, elle connut bientôt de mauvais jours, à la suite des révoltes de ses habitants. Elle paraît avoir été en partie détruite par les Berbères eux-mêmes qui renversèrent seulement les habitations et les remparts, mais ne touchèrent pas aux monuments funéraires ou religieux, souvenirs de leurs ancêtres, encore en place aujourd'hui.

Les Séguenia actuels parlent le dialecte chaouïa de l'Aurès et sont presque tous d'origine berbère.

(1) Voir ci-après notre hypothèse sur Turris Caesaris.


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Ils ont habité de tout temps la contrée et quelquesuns prétendent descendre de l'ancienne population romaine de Sigus. Des migrations récentes venues de l'Aurès, de la Tunisie et d'autres lieux et la pénétration de quelque tribu arabe, leur ont apporté des éléments nouveaux, mais ces éléments presque tous sortis de la même origine berbère, se sont plutôt fondus dans la population aborigène primitive, sans apporter de changements notables à l'entité de la race.

En 1869, Féraud a soumis à la Commission du Sénatus-Consulte une notice intéressante qui contient sur cette population les renseignements suivants :

« A la suite de guerres et de bouleversements politiques, « les Berbères Haouara, habitants de la contrée, se divi« sôrent au commencement du quatorzième siècle., croit-on, « en plusieurs groupes, Hanencha, Nememcha, Haracta, « Seguenia qui tout en ayant leur existence propre, cons« tituèrent une sorte de confédération dite des Kherareb, « les fractions.

« C'est alors que la tribu des Seguenia se forma (ou plu« tôt se reforma) et adopta pour nom patronymique celui « de l'ancienne ville romaine de Sigus, autour de laquelle « se dressaient ses campements, nom antique qui s'est « transmis de père en fils dans la tradition locale.

« Sous les Turcs, les Seguenia étaient administrés par « un Kaïd. Après la prise de Constantine, ils entrèrent « immédiatement en relations avec nous.

« Ilssontgénéralementpasleursetcultivateurs. Quelques« uns sont des gens paisibles, de bons cavaliers, souvent « employés pour le service du makhzen.

« Cependant leurs instincts de rapine les ont mainteuus « dans un état d'hostilité presque continuel avec tous leurs « voisins avec lesquels ils eurent de fréquentes guerres. En « outre, ils continuaient à vivre en vagabonds et à sesous« traire à toute autorité.


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« On ne pouvait rien obtenir d'eux sans des châtiments « fréquents et ce fut par une série de mesures rigoureuses « que les beys arrivèrent à établir sur cette tribu une espèce « de prépondérance qui. chaque fois, était remise en ques« lion par de nouveaux soulèvements. »

Le bey Hasseïn Azereg-Aïnou serait décédé à Aïn-Gouça, près de Sigus, en 1756, de la lèpre, au moment où il poursuivait à outrance les Seguenia qui avaient pillé les douars Zemoul, pendant l'absence des guerriers de cette tribu qui se trouvaient alors à Tunis.

Voici, enfin, les derniers événements survenus aux Seguenia et qui furent racontés à Féraud par les anciens du pays. J'abrège sa narration, me contentant de dire que les beys employèrent souvent, pour réduire ces montagnards, des moyens violents et féroces, tels que combats sanglants, massacres de douars entiers, hommes, femmes et enfants, incendies de forêts, destruction des récoltes, razzias et pillages par les tribus voisines coalisées.

1801. Les Seguenia dévastent le bordj beylical de Fesguia.

1808. Toubbal bey, les châtie à cause de leurs brigandages.

1811. Révolte des Seguenia contre le bey Nàman, qui ne put leur faire payer l'impôt, ni en 1812 et 1813.

1811. Pillage des Seguenia par les Zemoul, les Telarma et les Abd-en-Nour, conduits par le bey Tchakeur.

1818. Combat des Seguenia contre les Beni-Oudjana.

1818. Combat des Seguenia contre les Sahari.

1819. Combat des Seguenia contre les Sahari.


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1819. Braham-bey, les châtie à cause de leurs brigandages.

brigandages.

1820. Braham-bey, lance contre eux les tribus

voisines et fait incendier les bois, alors très

touffus, du Guerioun. 1822. Combats successifs des Seguenia contre les

Haracta, les Amer-Cheraga et les BeniOudjana.

BeniOudjana. Ahmed-bey, les poursuit pour avoir refusé

l'impôt.

1830. Après la chute d'Alger, les Seguenia nomment

un des leurs, Ben Djaber, bey du peuple; puis ils combattent à Méhiris les AmerCheraga.

1831. Ahmed bey, les poursuit pour refus d'impôt. 1831. Ils pillent un douar Zemoul. Ahmed-bey, les

réprime sévèrement.

1841. Ils pillent la tribu Behira-Touila. Une expédition française est envoyée pour lès châtier.

1846. Deuxième expédition française pour châfier

leurs brigandages. 1852. Troisième expédition française qui leur enlève

7,000 moutons et 1,200 chameaux.

Les Seguenia échappèrent à ces désastres en se réfugiant dans les sommets escarpés du Guerioun ou des montagnes environnantes, où il était difficile de les atteindre et d'où ils firent éprouver, parfois, des revers sérieux à leurs adversaires. Cependant, ils subirent chaque fois des dégâts considérables et perdirent beaucoup de guerriers. Mais, leur race est tellement vivace, que leur nombre était vite reconstitué. Ils continuaient alors à guerroyer de plus belle.


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En 1852, ils se sont soumis définitivement à l'autorité française et, depuis cette date, se sont toujours tenus tranquilles. J'ai parcouru plusieurs fois leurs montagnes, seul et sans armes, sans avoir jamais été inquiété.

Il y a cependant des exceptions car, de nos jours encore, des crimes et brigandages sont commis par des gens qui ont conservé les moeurs pillardes des anciennes tribus berbères. C'est ainsi qu'en 1903, une néfra a eu lieu sur le marché d'Aïn-Fakroun ; qu'en 1904, une attaque armée contre les gendarmes a eu lieu près d'Aïn-Kercha et qu'en décembre 1905, la diligence d'Aïn-Beïda a été pillée près de Taxas.

Pour démontrer la fécondité de cette tribu, je vais indiquer le nombre de ses habitants, fixé par le décret de délimitation du 11 juillet 1870 et le chiffre de cette même population d'après le recensement de 1901,

DOUARS i HOITL.U'ION l'UPLL.V I IOX

composant la tribu I fi\ée par le décret d'après le recensement

des Seguenia . du 11 juillet 1*70 de l!i il

i Ouled Sekhar ! 820 513

I Id. Khaled.. ..! 1.237 3.092

I Id. Djehich 1.708 2.017

I Id. Gassem 1.308 1.970

! Id. Msaad .. . l.OiO 3.27i

; Id. Achottr 1.311- 2.098

! Id. Sebah t.013 2.924

Id. Si-Ounis... 1.537 3.078

j

Totaux 10.577 20.772

Le plateau de Tir-Kabbine est situé dans le douar


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des Ouled-Khaled. Il résulte des chiffres ci-dessus que la population de ce douar a presque triplé dans l'espace de trente ans, malgré qu'elle ait été éprouvée par diverses épidémies, comme le choléra en 1893 et la variole en 1899.

Enfin, l'inscription latine ci-après fournit, je crois, un nouvel indice que la cité de Tir-Kabbine a pu être le centre de la tribu berbère des Siguitains.

u i

D M S TADIA HO NORATA V A X11 H S K

II I

v>(iis) u(anibus) s(acrum)

TADIA HO NORATA Vfixit)

A(nnis) DVODECIM u(ic) s(ita) R(st)

' Consacré aux Dieux Mânes. Monument élevé à Tadia Honorata qui a vécu douze ans. Elle repose ici.

La pierre qui contient cette inscription se trouve au milieu du plateau de Tir-Kabbine, près d'un tombeau qui a été fouillé. Elle est brisée et son sommet manque. Elle comportait une première épitaphe dont on voit seulement les deux dernières lettres. La partie restante mesure lm20 de hauteur et 0m50 de largeur. Les lettres sont finement gravées et ont 0m04 de hauteur.

Le nom de la jeune Honorata nous était déjà connu. Il figure sur une inscription trouvée à Sigus, en 1886, (24e volume du Recueil de la Société archéologique, page 174). C'était la dédicace d'une statue d'airain élevée en l'honneur du dieu indigène Baliddir, par les enfants d'un certain Quintus Tadius Victor, nommé fia mine au temps de l'empereur Sévère. Honorata est citée la troisième enfant.

Son épitaphe m'a suggéré les suppositions ci-


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après : elle démontrerait que sa famille n'habitait pas la ville romaine de Sigus, mais plutôt la cité berbère où se trouve sa sépulture et oti son père devait exercer ses fonctions. Or, comme Tadius Victor est désigné flamine du Castellum SîguUanum, il est possible que ce nom s'appliquait spécialement à la cité de Tir-Kabbine qui, bien qu'éloignée de quinze kilomètres de la ville de Sigus, pouvait cependant faire partie de son territoire.

En admettant cette hypothèse, on comprend mieux la promesse faite par Tadius d'élever une statue au dieu Baliddir. Exerçant ses fonctions au centre d'une peuplade berbère, il ne pouvait mieux faire, pour bien établir son influence et s'attirer l'estime de ces indigènes, que d'honorer leur principale divinité.

Quant à l'érection de la statue à Sigus, elle n'a rien d'anormal. Elle devait, au contraire, rehausser l'action des donateurs et flatter davantage les sentiments religieux du peuple berbère. Placée sur le Forum de Sigus, oit aboutissaient plusieurs voies romaines, cette statue pouvait être admirée par beaucoup de monde et acquérir ainsi de la célébrité, tandis qu'édifiée au château retiré de la montagne, elle aurait été vue seulement par les habitants de l'endroit.

Autres inscriptions latines trouvées à Tir-Kabbine

D M S

Pierre à fronton M l: M ° R[E M

arrondi MARI FRONTO

MS VIX ANIS XV M M F FRA11R IIR

D(is) yi'anibus) s(acrum). MÉMORISE M(arcii)


— 219 —

MARI FRONTONIS Vix(il) ANfwJlS QV1NDECIM. M(arcia)

u(aria) F(ecil) FRATRI R(arissimo).

Consacré aux Dieux Mânes. A la mémoire de Marcius Marius Frontonis qui a vécu quinze ans. Marcia Maria a élevé ce monument à son frère chéri.

D M s n(is) Wanibus) s(acrum). TADIVS

IQNATVS (vixit annis) OCTOGINTA

TADIVS QVINQVE. Ufic) S(itlli) ElstJ.

IQNATVS . _. _.A

LXXXV H Aux Dieux Mânes. Monument

s E élevé à Tadius Iqnatus qui a vécu

quatre-vingt-cinq ans. Il repose ici.

D M s T>(is) M'anibus) s(acram). T(adius)

VOCVSVONIS v(ixil) A(nnis) VIGINTI

VONIS ^ QVINQVE. Hfic) s(itUS E(st).

v A xxv Aux Dieux Mânes. Monument

H s E élevé à Tadius Vocusuonis qui a vécu

vingt-cinq ans. Il repose ici.

M S

x Sur un piédestal rongé par le temps,

o

En terminant, je signalerai que la région de TirKabbine renferme une grande quantité de blocs pétrifiés formés d'ammonites et d'escargots (hélix). J'ai apporté un échantillon de ces escargots et l'ai déposé au musée.


- 220 —

Inscriptions romaines inédites de Sila (Rcspnblica Silcnsiuni)

A mon retour de Tir-Kabbine, je suis passé aux ruines de Sila, où j'ai relevé les inscriptions ciaprès :

BONfajE DEAE AYGVS(tae) SACRVM

Monument élevé à la Bonne Déesse Auguste

Inscription gravée dans un cercle de 0m40 de diamètre, su r une pierre en forme de piédestal , située à c i n q u a n t e mètres de l'angle sudouest du fort byzantin de Sila.

La collection des Recueils de la Société archéologique renferme déjà une dédicace se rapportant à la Bonne Déesse, qui a été trouvée à Zaraï (région sélifienne), en 1873, et publiée par M. Poulie, dans le 16" volume, page 430.

Le surnom de Bona Dea était donné à une divinité romaine. On l'a appliqué, en Afrique, à Tanit.

Fig. 11.


— 221 —

Notre inscription est la première trouvée à Sila, qui se rapporte à une déesse. On en a déjà trouvé quatre autres concernant les divinités ci-après :

1° Un génie protecteur de la source del'Ampsaga. GENIO NVMINIS CAPVT AMSAGAE. (12e Recueil, page 422);

2° Le dieu des forêts, Sylvain, SILVANO AUGVSTO SACRVM (188 Recueil, page 545) ;

3° La troisième, relative à un monument dédié par la ville de Sila à Jupiter, le meilleur, le plus grand, est la plus intéressante, car elle a donné le nom ancien de la localité, iovi OPTIMO MAXIMO RES PUB SILENSIVM (26e Recueil, page 320) ;

4° Enfin, la quatrième est la dédicace d'un autel élevé à Jupiter Silvain, par le magister L. Herennius Urbanus. IOVI SILVANO AVGVSTO SACRVM (26e Recueil, page 320).

D'autres divinités étaient également honorées dans la région. J'ai remarqué au sommet d'une montagne, située à quatre kilomètres au nord-est de Sila, une pierre taillée, de forme ronde, qui mesure environ 0m40 d'épaisseur et 0m70 de diamètre, dont la face supérieure semble comporter des flammes partant du centre de la pierre. C'était un autel dédié sans doute à quelque divinité champêtre. Peut-être doiton y reconnaître Cybèle, qui était précisément invoquée dans les montagnes et dans les lieux sauvages et qui, dans les premiers temps, était représentée, paraît-il, par une pierre conique ou pyramidale? Dans une prochaine excursion, j'examinerai spécialement ce monument.

Les autres inscriptions inédites de Sila sont les suivantes, toutes funéraires :


- 222 —

MEMORIE

IVLIAE IANV MEMORISE IVLIAE IANVAE SIOSAE.

ASIOSAE VICTORIA FILIA SV(d) FECIT.

VICTORIA j^ ja memojre ^e juija Januasiosa.

FILIA ESVE g flT1 -Victoria a élevé ce monument.

FECIT

CORNELIA CORNELIA CLEMENTIS F (Ma)

CLEMENT! NOVELL A V(ixit) A{ll1lis) SEXDECIM.

s F NOVE ïi(ic) s(ita) E(SÎ).

LLA V A xvi Cornelia Novella, fille de Clément,

H s E a vécu seize ans. Elle repose ici.

POMPE I A POMPEIA QVINTILA VIXIT AN(îU's)

Q VINT! LA CENTVM ET QVINQVE. HIC S1TA EST.

VIXIT. AN-C-V. Pompeïa Quintila a vécu cent cinq

HIC-SITA-EST ans. Elle repose ici.

D M n{is) u(anibus). c(aïus) SALLVS

C SALLVSTl TIVS SATVRNINVS. V'jxit) A(nnis)

VS SATVR NONAGINTA VNO. tt(ic) Si^itUSj li(st].

NINVS Aux Dieux Mânes. Caïus Sallusv

Sallusv LXXXXI tius Saturninus a vécu quatre-vingtH

quatre-vingtH E onze ans. Il repose ici.

(vis) T\i(anibus) Tiftius) Ch(auD

Ch(auD dius) SVCESOR viixit) A^nnis) SE

XAGINTA QVINQVE. H(ic) S(itlis). TI CL SVCE

SOR v A LXV Aux Dieux Mânes. Titius Claudius

H s Sucesor a vécu soixante-cinq ans. Il repose ici.

VICTOR VICTOR v(ixit) A(nnis) OCTOGINTA VNO.

V A LXXXI Victor a vécu quatre-vingt-un ans.


- 223 -

IVLIA IVLIVS IVLIA VRBANA v{ixit) A(mm)

VRBANA DATVS 0CT0GINTA VNO.

VA VA IVLIVS DATVS V(ixit)

LXXXI LXII A(nnis) SEXAGINTA BY OBV s. n(ic)s(unt).

H s Julia Urbana a vécu quatre-vingtun

quatre-vingtun

Julius Datus a vécu soixante-deux ans. Ils reposent ici.

' Pierre en forme de double caisson aya n t

D M S sur les côtés deux dessins

SITT1A D(IS) u(anibus) s(acrum).

VICTO SITTIA VICTORIA v(ixit)

R, v AN(nis) oc TOGIN r .

AN LX Aux Dieux Mânes. Monuxx ment élevé à Sittia Victoria qui a vécu quatre-vingts ans.

Rien n'est écrit à droite.

D(ÎS) vi(anibus). c(aelia) ROGATA \(ixit)

D M A(îMlis) QV1NQVAGINTA QVINQVE.

TA v A LV -A-UX Dieux Mânes. Caelia Rogata

a vécu cinquante-cinq ans.

D M T>(k) u(anibus). FLAVIA HESRTICATA

FI AVIA V{ixit) AN(niSj QVINQVAGINTA QVINQVE.

HESRTICATA Aux Dieux Mânes Flavia Extriv

Extriv LV cata a vécu cinquante-cinq ans.


— 224 —

Hypothèse sur Tnri'is Caesaris

L'itinéraire d'Antonin place Turris Caesaris à quinze milles de Sigus, soit 22 kilomètres. Or, comme Tir-Kabbine est éloigné, par la route, de 15 kilomètres de Sigus, la distance qui séparait notre cité berbère de Turris Caesaris était donc de 7 kilomètres.

Ayant examiné les environs, j'ai pensé que l'emplacement de celle forteresse pouvait être fixé au sommet d'un piton montagneux qui forme le contrefort est du Djebel-Guerioun actuel et qui est situé au sud de Tir-Kabbine, à la distance indiquée. Il a près de 1,500 mètres d'altitude. Aussi, se voit-il de très loin et, fait curieux, son extrême cime, formée d'une pointe dominante de rocher, ressemble à un châteaufort. Les voyageurs de la ligne d'Aïn-Beïda ont cette illusion depuis la gare de Sigus jusqu'à celle d'AïnFakroun.

D'après la carte forestière, ce piton du Guerioun s'appelle Kef-el-Menia (le rocher du refuge). Le piton en question mérite à juste titre cette appellation. A l'est et au sud, il est à pic, à peu près comme le rocher de Constantine, à l'endroit qui domine le Rimmel, vers l'Arsenal militaire. Ses versants nord et ouest sont seuls accessibles, mais leur inclinaison est très rapide et ils sont formés d'une suite de gradins escarpés.

En ayant tenté l'ascension, j'ai mis deux heures pour gravir, ou mieux dire grimper les 1,000 mètres à peine qui séparent la base de la montagne de son sommet. En arrivant en haut, je n'en pouvais plus, mais le panorama grandiose qui se déroula à mes yeux me fit vite oublier ma fatigue. De ce point


— 225 -

élevé, le regard domine tous les environs et embrasse sans obstacles une étendue de 30 kilomètres de longueur sur 20 de largeur, soit une surface de 60,000 hectares.

A l'ouest, le massif central du Guerioun se détache, majestueux et imposant, ressemblant à un coin de nos Alpes françaises. J'en ai pris une photographie.

Au nord, la vue s'étend à 20 kilomètres et fouille toute la plaine des Ouled-Khaled, celle de BehiraTouila, avec au centre la gare de Taxas. Puis, la plaine des Dreïd, située en face d'Aïn-el-Bordj, où s'élevait jadis la forteresse de Ticisi. Enfin, au nordest, une partie de la plaine de Temlouka.

A l'est, on voit le village d'Aïn-Fakroun, sa plaine et celle des Ouled-Msaad.

Au sud, la plaine d'Aïn-Kercha, avec ce village au centre, puis les plaines des Ouled-Achour, des Ouled-Sebah et des Ouled-Si-Ounis. Enfin, une grande partie du lac Mzouri et des petit et grand lacs Ank-el-Djemel. Pour compléter le tableau, au fond, la crête rocheuse du Fedjoudj et les sommets plus éloignés des montagnes de Batna et de l'Aurès.

Si ce spectacle me récompensa de ma peine, je fus intéressé davantage par la vue des restes d'une muraille romaine épaisse de 2 mètres, qui couronnait le Kef-el-Ménia. Ce sommet avait donc été aménagé en véritable forteresse. Il mesure environ 60 mètres de longueur et 30 mètres de largeur. Deux déchirures du rocher, larges d'un mètre, s'enfoncent obliquement et pouvaient permettre aux défenseurs de s'échapper par le précipice sud, en cas d'invasion du fort par le côté nord.


- 220 —

J'ai photographié la façade nord, où se trouvait l'entrée de la forteresse. On y distingue bien quelques restes de la muraille et, vers le milieu, des pierres encore debout qui formaient les montants d'une porte large de lm15 seulement. Des fouilles ont été pratiquées an pied de cette porte. Je n'y ai vu aucune pierre écrite. ;lîg. 12 .

Une autre considération justifie que Tutris Caesaris devait se trouver à cet endroit. Pour aller à cette tour, l'itinéraire d'Antonin mentionne une voie spéciale qui partait de Sigus.

Or, une voie romaine allant de Cirta à Carthage, passait à Sigus, puis à Macomatibus (Mrikeb Talha) et à Marcimeni fAïn-Beïda). Une autre, allant de Cirta à Musti, passait à Sigus, Ticisi et Gadiaufala. Une troisième allait à Lambèse, en passant près d'Aïn-M'lila.

La talile de Peutinger reproduit la voie de Gadiaufala à Sigus et la prolonge à l'ouest, par Buduxi et Visalta, simples pagi, situés près de Sila et d'AïnHaddada. Elle nous donne également une autre voie qui allait de Cirta à Thibilis, par Castellum Fabatianum, en contournant une montagne que l'on peut assimiler, je pense, au Djebel-oum-Settas actuel, situé à l'est du Khroub. La carte de l'état-major, imprimée récemment, nous donne le tracé de cette voie qui longeait la base de cette montagne et passait à quatre kilomètres au nord des villages actuels de Bou-Nouara et d'Aïn-Abid.

En étudiant la direction de toutes ces voies, on est amené à conclure :

Que Turris Caesaris ne pouvait se trouver à l'est de Sigus. Elle aurait été trop rapprochée des voies


Façade nord du Kef-el-Menia (PI. XII)

Supposé avoir été la forteresse de Turris-Caesaris. 1 Eirplacfmfnt de la po'te 2, 3, 4 et 5 Rentes de la muraille. 6. Endroit où des fouilles ont été faites.



- 22? —

se dirigeant sur Aïn-Beïda et Musti par Ticisi et sa voie spéciale aurait fait double emploi.

Elle ne peut non plus être placée à l'ouest, car les quinze milles de distance nous conduiraient auprès de Visalta (Aïn-Haddada), sur la voie qui allait de Cirta à Lambèse.

Quant à la placer au nord, il n'y faut pas songer. Elle aurait été alors à proximité de la voie qui allait de Cirta à Thibilis et les Romains n'étaient pas gens à faire inutilement le trajet de Cirta à Sigus, pour retourner ensuite sur leurs pas dans la direction du nord, alors que la voie précédente, plus courte, pouvait les conduire rapidement à destination.

Turris Caesaris ne pouvait donc se trouver qu'au sud de Sigus et le Kef-el-Menia, par sa distance exacte de cette ville et sa position dominante, qui répond bien à la situation d'une forteresse, paraît tout indiqué pour avoir pu être son emplacement.

AUGUSTE VEL.



COMMUNICATION FAITE

AU

CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES (Alger 1905)

LANTERNE DE BRONZE

PROVENANT

du Cimetière païen d'Aïn-el-Hout

(douar des Aîcida. — Environs de Souk-Ahras )

PAR

M. ROUQUETTE,

Médecin-Chef à IfHôpital militaire de Souk-Ahras

Dans le Bulletin de la Société archéologique de Sousse (2e semestre 1903), nous avions consacré quelques notes à la description d'un cimetière païen que nous avons découvert aux environs de Souk-Ahras et qui présente la particularité de ne renfermer que des tombes à incinération.

Nous avions décrit, dans cette étude, la constitution des quelques tombes mises à jour l'an dernier, en faisant ressortir surtout qu'aucun signe n'en révélait la moindre trace à la surface du sol et que les recherches devaient être faites un peu au hasard.

Si la pioche, disions-nous, rencontrait à une profondeur de 40. centimètres environ une couche de


— 230 —

charbon assez finement pulvérisé, il fallait pousser plus avant les investigations et l'on était certain de trouver épars dans cette couche des ossements, des débris de poteries, des lampes d'argile, des monnaies. C'est ainsi que, dans deux séances de quelques heures à peine, nous avions pu recueillir une quinzaine de lampes, toutes de la période païenne, quelques Utigucntaria de terre et même de verre irrisé, des débris de miroirs de bronze et de fibules, enfin quelques monnaies de Numidie assez frustes.

Cette année, continuant nos recherches, nous avons découvert de nouvelles tombes, toutes présentant la même disposition que celles fouillées en 1903, et renfermant le même mobilier funéraire.

Une seule, cependant, nous a ménagé l'agréable surprise d'exhumer la lanterne de bronze dont nous donnons la reproduction ci-après.

Cette tombe, ou plutôt son emplacement, ne présentait aucun signe extérieur susceptible, de fixer plus spécialement notre attention, et c'est purement au hasard que nous sommes redevables de notre trouvaille.

La seule particularité à signaler dans la constitution de cette tombe, est que la couche de charbon paraissait s'étendre sur une plus large surface et descendre plus profondément ; ce n'est, en effet, qu'à 90 centimètres au lieu de 40 habituellement, que nous avons rencontré, celle fois, quelques ossements calcinés; un peu plus bas et entièrement recouverte de charbon, la lanterne de bronze que n'accompagnait aucun autre objet de mobilier funéraire, aucun bijou, aucune monnaie, tous documents qui nous auraient aussitôt permis de déterminer une époque.


.— 231 —

Commençons par décrire ce spécimen peu répandu du luminaire antique, et après en avoir étudié le fonctionnement, nous donnerons quelques citations d'auteurs anciens, où il est fait mention de lanterne semblable.

Cette lanterne comprend : un corps proprement dit, ou armature, un couvercle et un appareil de suspension. ••-

Corps de la lanterne. — Il est formé par :

1° Un plateau circulaire inférieur ou plaque de fond, de 12,5 centimètres de diamètre, au centre duquel est fixé un petit récipient métalliques à double compartiment destiné à contenir la mèche et l'huile de combusion. Sur sa face inférieure, ce plateau présente

présente petitsupport isolateur qui, avec les pieds

t%-1)


— 232 -

des montants de la lanterne, l'exhaussait ainsi du sol sur lequel on la plaçait et en facilitait le tirage ;

2° Deux montants en bronze coulé, parallèles et verticaux, hauts deOm13'/8, réunissant ce plateau inférieur à un cercle de même diamètre, formant en quelque sorte le plateau supérieur de la lanterne.

Sur le côté interne de chacun de ces montants, est disposé, formant saillie, un petit anneau fixe destiné à maintenir une goupille ou petite clavette cylindrique.

L'extrémité supérieure de ces montants est découpée et se termine par un anneau fermé;

3' Le cercle supérieur de la lanterne, de même diamètre que le plateau inférieur et présentant une épaisseur d'un demi-centimètre environ, est fixé par des goupilles de bronze à l'extrémité des montants, verticaux et maintenu ainsi horizontal et parallèle au plateau inférieur.

Au-dessus de ce cercle est destiné à venir s'appliquer sur lui, un couvercle.

Couvercle. — Il est constitué par une calotte hémisphérique de bronze, présentant deux petites ouvertures en forme de 8, taillées h l'emporte-pièce et placées symétriquement. Le bord libre de cette calotte est légèrement évasé en dehors, de façon à s'appliquer exactement sur une surface correspondante et assurer ainsi une fermeture à peu près hermétique.

Trois anneaux sont fixés à ce couvercle, l'un au pôle même de la calotte, les deux autres à égale distance du premier et aux extrémités d'une ligne transversale. Le premier servant d'anneau suspenseur, les deux anneaux latéraux servant au glissement du couvercle, le long des chaînes de suspension.

Appareil de suspansion. — Il comprend deux traverses d'écartement, servant de poignées et un


— 233 —

système de chaînette reliant ces deux traverses, soit entre elles, soit avec le corps de la lanterne.

La traverse ou. poignée supérieure, dont les extrémités se recourbent gracieusement en crochets, porte rivée à sa face inférieure et en son milieu, une petite tige cylindrique.

La traverse ou poignée inférieure, dont les extrémités sont aussi recourbées, mais en sens inverse, est perforée d'un trou rond en son milieu et dans toute son épaisseur.

Ce trou est destiné à livrer passage, librement, à la tige cylindrique de la poignée supérieure dont nous avons parlé.

En outre de cette tige rendant solidaires l'une de l'autre ces deux poignées, celles-ci sont encore reliées entre elles par deux petites chaînes s'attachant à leurs extrémités respectives.

Des extrémités de la poignée ou traverse inférieure, partent deux chaînes allant se fixer à l'extrémité supérieure des montants de la lanterne, après être passé par l'anneau latéral que nous avons indiqué sur le couvercle.

Une troisième chaîne, de moitié moins longue que les chaînes latérales, part du centre de cette même poignée inférieure, mais à travers le trou que nous y avons mentionné en son point central, elle fait suite à la tige cylindrique de la poignée supérieure. L'extrémité libre de cette troisième chaîne, que nous appellerons chaîne centrale, se termine en bas par un crochet assez fort, ouvert et que l'on peut à volonté engager ou non dans l'anneau fixé au sommet du couvercle de la lanterne.

Le système de suspension se compose donc comme on peut voir, de deux poignées et de trois chaînes; la chaîne centrale, nous le répétons, étant formée de deux éléments liés entre eux : une tige cylindrique, sorte de goupille, et un petit bout de chaîne lui fai-


— 234 —

sant suite, le tout pouvant circuler librement à travers le trou central de la poignée inférieure, Ce détail a son importance pour l'explication du fonctionnement de la lanterne.

Quant aux parois de la lanterne, nous n'en avons retrouvé aucun débris, mais nous supposerons plus volontiers qu'elles étaient soit en parchemin, soit en lamelles de corne, plutôt qu'en verre, en raison du dispositif spécial que nous avons mentionné sur le côté interne des montants et qui, avons-nous dit, consiste en un petit anneau fixe en saillie.

On peut dès lors facilement reconstituer la lanterne dans son entier, en la supposant formée de deux demi-cylindres de corne ou de parchemin, empiétant légèrement l'un sur l'autre.

Dans ces demi-cylindres une petite fente était pratiquée au niveau des anneaux en saillie, leur donnant passage, et une clavette ou petite goupille introduite ensuite verticalement dans l'anneau, maintenait appliqué contre les armatures de métal, le demi-cylindre de substance flexible qui constituait la paroi de la lanterne.

Avec des parois de verre, il n'eût pas été nécessaire d'avoir un pareil dispositif. Supposons la lanterne allumée et étudions-en maintenant le fonctionnement.

Suivant la violence du vent et suivant qu'on ne voulût avoir qu'une lumière tamisée de lanterne sourde ou au contraire une lumière vive, on maintenait le couvercle élevé ou abaissé; la fumée s'échappait librement dans ce premier cas, passant au contraire dans l'autre cas, par les deux trous en forme de S du couvercle.

Pour abaisser ce couvercle, il suffisait de le dégager du crochet suspenseur et, en glissant le long des chaînes latérales, il venait s'appliquer de luimême sur le couvercle supérieur.


- 235 —

Mais, voulait-on le relever ensuite, soit par l'anneau central, soit par les anneaux de coté, on devait fatalement se brûler les doigts, étant donné la carcasse

carcasse de la lanterne. Il fallut donc mûdificer ce type primitif et y apporter le dispositif suivant (i). ' - - Au lieu de décrochera la main le couvercle,-on

(Fig. II)

(1) Cette remarque ne peut s'appliquer, croyons-nous, qu'au modèle ci-contre et |non aux spécimens décrits dans Rich ou Daremberg, qui présentent à l'extrémité delà chaîne centrale, non pas un anneau ouvert, mais un anneau absolument fermé.


- 236 -

imagina de l'abaiser jusqu'au contact de la lanterne à l'aide d'une chaîne plus longue.

Il suffit pour cela de percer en son milieu la poignée inférieure et de la faire traverser librement par cette chaîne plus longue; et pour faciliter le glissement, au lieu de maillons on se servit d'une tige cylindrique qui fut rivée à une deuxième traverse.

De cette façon, il suffisait pour abaisser le couvercle de prendre la lanterne par la poignée inférieure et de son propre poids le couvercle venait se mettre en place sur la lanterne, tandis que les deux poignées, inférieure et supérieure venaient se superposer.

Il fallait, au contraire, saisir la poignée supérieure, pour soulever le couver le qui était entraîné par l'intermédiaire

l'intermédiaire la chaîne centrale.


— 237 —

Pour éteindre la lanterne on devait probablement agir ainsi, ou souffler par les trous d'aération, car elle ne comportait pas d'ouverture de côté comme les ustensiles modernes similaires.

Quant à indiquer les usages particuliers de ce genre de lanterne cela nous paraît difficile en môme temps que bien spécieux.

Les diverses citations des auteurs anciens ne nous ont guère appris grand chose à ce sujet.

Plutarque parle de lanternes portatives à couvercle mobile que l'on couvrait ou découvrait à volonté, suivant l'état de l'atmosphère.

Plaute, dans le prologue de l'Amphitryon, parle d'un personnage qui arrive avec une lanterne.

Martial, dans ses Epigramrnes, parle d'une lanterne aux parois de corne transparente qui semble être d'or, grâce à la flamme qu'elle renferme (Epig. 61). Plus loin (Epig. 62), il parle d'une lanterne dont les parois étaient faites de vessie.

Enfin, Isidore de Séville, dans sa vaste encyclopédie des Origines (livre xx) parle de lanterne renfermant une lampe intérieure et dont les parois sont en verre, pour que le vent ne puisse l'éteindre et qu'on puisse facilement porter la lumière de tous côtés.

Dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, de Daremberg et Saglio, ainsi que dans celui de Rich, on décrit deux lanternes de bronze, presque semblables, surmontées aussi d'un couvercle hémisphérique pouvant s'abaisser ou se relever.

Une de ces lanternes a été trouvée à Herculanum (Dictionnaire de Rich). En outre de la petite lampe à huile, elle contenait un éteignoir à l'intérieur ;


— 238 —

l'autre, représentée dans le Dictionnaire de Daremberg et Saglio, est celle trouvée à Pompeï.

Il est à remarquer que pas une de ces lanternes, qui ressemblent beaucoup à celle-ci, ne possède comme elle les deux chaînettes supplémentaires qui réunissent les deux tiges transversales.

Enfin, on retrouve une reproduction en sculpture d'une lanterne semblable sur la colonne Trajane, dans une scène de navigation nocturne.

Serait-ce donc une lanterne marine qu'on aurait placée clans le tombeau d'un navigateur?

Nous ne le pensons pas, car dans le cas présent, le cimetière où nous l'avons découverte est un petit cimetière de colons romains, situé à plus de 100 kilomètres de la côte et dans une région où l'on retrouve encore de nombreuses traces de fermes.

Il est permis, cependant, de croire que dans nos dernières recherches, nous avons eu la bonne fortune de fouiller la tombe d'un personnage de la colonie plus important ou plus riche, puisqu'au lieu des lampes d'argile, si communément employées, on avait placé sur son bûcher cet objet de plus grande valeur dont nous avons voulu faire une description spéciale, en raison du petit nombre d'exemplaires parvenus jusqu'à notre époque.

Souk-Ahras, 1er octobre 1904.

Dr ROUQUETTE,

Médecin-major.


NOTES

SUR

QUELQUES VESTIGES ANTIQUES

DÉCOUVERTS

DANS LA COMMUNE MIXTE DES MAADID

Douar Ghrazela

Inscription tumulaire trouvée devant la demeure

du nommé Guenfoud Cherif ben Si Ali, de la mechta

El-Aouinat, à environ 42 kilomètres de Bordj-bouArréridj.

Bordj-bouArréridj.

DM s

c IVLIA

V ANNI

V

Inscription qui se trouve à 500 mètres environ du moulin Saint-Rames, actuellement la propriété de M. Maurice Robert, sur la route d'Alger à Constantine, à 41 kilomètres de Bordj-bou-Arréridj environ.

PRO SALVTE IMP CAESARIS

Cette inscription a été gravée sur une pierre quadrangulaire dont la partie inférieure, plus grande et à moulures, forme base. Cette base a 0m40 de hauteur et la partie sur laquelle se trouve l'inscription 0m90, ce qui donne une hauteur totale de lm30.


— 240 — Douar Ksour

(Ancienne tribu des Oulad-Kellouf)

Inscription gravée sur une roche affectant la forme d'une dalle, au lieu dit Bou-Tafza, à environ 15 kilomètres de Bordj-bou-Arréridj.

M INLIP MAS II

Bordj-Redir

(Centre français)

Fragment d'inscription trouvée dans la propriété Fritschy, à 26 kilomètres de Bordj-bou-Arréridj.

A M A RIT A

SKCVND/ D

Les caractères ont 0m07 de hauteur et sont d'une régularité et d'une gravure parfaites. L'inscription était dans un cadre dont on voit la ligne à la partie supérieure.

Le caractère indiquant deux lettres liées de la troisième ligne est incomplet en raison de la cassure. Il est bien regrettable que le complément de cette inscription n'ait pu être retrouvé.

Gérez

(Centre français)

Sur le chemin qui passe auprès du mur de la maison de M. Magne, on a découvert les débris d'une mosaïque. Malheureusement, les travaux d'ouverture de ce chemin, effectués il y a déjà longtemps, ont détruit la plus grande partie de cette mosaïque. Il ne reste plus que quelques enroulements sans grand intérêt.


— 241 -

Cette mosaïque devait se trouver dans une maison de campagne d'un habitant de la ville romaine, dont les ruines se trouvent à une petite distance de Cérez, à Kherbet-Zembia (colonie de Lemeleff).

Galbois

(Centre français)

Il a été trouvé dans les ruines romaines qui se trouvent près de la source d'El-Anasser, un vase en terre rougeâtre avec anse, ayant la forme d'un pot à eau actuel.

Il a 0m26 de hauteur, 0m14 dans son plus tort diamètre et 0mll de diamètre à l'ouverture.

Cette ouverture est pourvue d'un bec pour faciliter l'écoulement du liquide. Autour de ladite ouverture, un simple filet comme ornement.

Dans ce vase, il a été trouvé :

1° des rondelles de résine rougeâtre, translucide; elles sont très régulières et ont 1 centimètre '/,, 2 centimètres '/, et 3 centimètres de diamètre, leur épaisseur est de 5, 8 et 10 millimètres.

Un trou de suspension se trouve au centre des rondelles ce qui indiquerait qu'elles ont pu servir d'ornement (perles, ;

2° Une bague en cuivre avec chaton sur lequel est gravé une petite croix dans un cercle. Autour de ce cercle, on voit des traces de caractères.

ACHILLE ROBERT,

Administrateur principal, Correspondait du Ministère de l'Instruction publique



INSCRIPTIONS INÉDITES

DE LA

PROVINCE DE CONSTANTINE

PENDANT L'ANNÉE 1905

Notre bulletin épigraphique est abondamment fourni cette année, malheureusement son principal intérêt se borne aux noms qu'il présente. En effet, presque toutes les inscriphons sont tumulaires. Notre laborieux et sagace confrère, M. Joly, nous en a fait un envoi considérable provenant des ruines d'Announa (Thibilis) dont il dirige les fouilles avec tant de succès.

Cet envoi comprend plusieurs textes déjà publiés dans le Bulletin archéologigue du Comité des travaux historiques et scientifiques de 1904 et 1905. Nous ne les reproduirons pas. Le grand nombre des autres nous oblige même à laisser de côté ceux qui sont trop mutilés pour laisser lire un nom ou dégager un sens.

En nous les adressant, notre confrère nous écrit la lettre suivante :

La presque totalité de ces inscriptions provient d'un rempart écroulé, à l'est de la ville, et qui s'est trouvé déblayé


— 244 —

par les fouilles. Ce rempart est rasé jusqu'aux fondations, ou plutôt il se trouvait écroulé, et tellement, que c'est à peine si, par endroits, il en reste encore une élévation d'un mètre.

Nous ne l'avons donc point démoli, mais seulement, dans le talus d'éboulement, d'écroulemeut plutôt, recouvert par la terre des siècles, nous avons recueilli, numéroté, rangé les inscriptions dont il était presque entièrement composé.

Nous avons respecté ce qui était encore debout pour que le tracé soit toujours indiqué.

C'est donc un rempart hâtif, construit principalement avec des matériaux de fortune pour protéger la ville contre une attaque éventuelle et imminente.

Je crois même que ce rempart ne fut jamais terminé de manière à devenir une protection efficace, et que seule la citadelle, certainement plus ancienne, était destinée à protéger la ville ouverte.

On doit conclure de la lettre de notre confrère que les parties de murs qui subsistent recèlent, comme celles qui se sont écroulées, quantité d'inscriptions qu'une complète démolition pourrait seule mettre au jour. On verra sans doute quand les fouilles, plus avancées, auront permis de relever entièrement le plan de la ville romaine, si l'intérêt de conserver des restants de bâtisses byzantines, prime celui qu'offrirait la découverte d'inscriptions qui fourniraient peutêtre des données à l'histoire.

A côté des numéros de nos inscriptions d'Announa nous mettons entre parenthèse ceux qui correspondent à l'album particulier de M. Joly, afin de faciliter les recherches et contrôle auxquels voudraient se livrer certains de nos lecteurs.

ANNOUNA (Tldbilis)

1 (56)

EGRILIA- M-L OPTATA ' V. A LXXX.H- S-E

2 (805)

CAECILIA

C- F SATVH

NWA VAL

H S E

3 (712)

L- AVRELIVS L FIL QVIR


— 245 —

4 (712) AVRELIA FAVSTILLA VA XXC H S E

5 (897)

D M S AVFIDIA VRBANA I F MARCELA VA LX H. S- E

0 (891) MVSIC VS V-A.XXXV

H- S- E

7 (463)

D M

P SITTIV

CRESCEN

TAN

8 (746)

D M S P.PVBLICI VS FIDVS VA LU

9 (890)

D M

Q POMPO

NIVS DA

TVLEVS

VA XVI

10 (696) D M S L CECILI VS HILAR PI IVS QVI MF ICF" VAL

VA LX

11 (893) /////V1L1VS VIR

12 (726) P. CARVILIVS P- F- QV1RINA STERCEIVS V. A- XXXV H- S. E13

E13 D M S M VMBRIV

S VMBRI F Q

VIAIVNIVS

14 (698)

SITTIA VRBA NA CIRTES1S (D VIXIT-A. LXX H. S- E

15 (330)

SEXTVS GA VIVS M F PVDENS VA XXXX H S E

16 (889)

D M S iK/LIA C F QVIRIN RVFINA VA LXXXI H S E

17 (896)

IVLIA NANjJI PHAMA F VA XXXXV H S E

(1) Sauf erreur du lacipide, il y a peut-être ici C1RTENSIS ou C1RTESIS Nous n'avons pas eu sous les yeux d'estampage pour nous permettre de contrôler la copie.


- 246 —

18 (599)

IVLIA MA C MOD

X1MA IVS

VA LXX IANV

USE VS

19 (448)

///// LICIA N A M P A M VA XXXXVI

20 (665)

DMS EGRI ANA ANV VA NVNIS

21 (662)

CORNE

LIA MA

TRONA

VA

XXX

H S E

22 (763)

C HERENIVS PRIM1GEN IVS-V-ALV H-S-E

23 (596)

IVLIA C F LVLLAE VA CV USE

24 (707)

DMS DMS HEL VI AEMI BIA M rVS FC SO

25 (693)

D M

FVRNIA ARBVSCLA VA XL H- S- E

26 (722)

DMS LVCCEIA T FIL QVI TERTVLII A V A LXV S E

27 (622)

D M

L IVLIVS L

F-Q-MART

IS VA LXXX

H S E

28 (891)

RIVS FIL ////// PEA QV1R FIR M FILIA MVS SE LIBOSA VIVO PO CONIVG VA CARISS

M E M A R I ///////////

29 (661) PENTATIA Q. F.ROGA

30 (895) Q OPPIVS S A T V R N I NVS VA XX

H S E

31 (695)

1>

M V S TIA

V A

XXXXI

USE

32 (892) Q • MINV CHRYSIP V. A-XC H- S. E


- 247 —

33 (600) D- M.B {sic)

C MELLITA PFQ VA LUI

34 (761) SEX MAECI LIVS SENE ÇA. VA LXX H- S. E

35 (714) MARIA MI SECVNDILLA

V A LX H. S- E

36 (710)

•QVI POMPO NIVS C

ESVS A NNIS V *XMIX

37 (898)

POMPO NIA.L-FIL MAXIMA V A XI H S E

38 (806)

OPPIA MAXI

MA

VA XXXI

H S E

X

39 (807)

DIS- M- S ANTISTIA ;PRI MA VA XXXIII B Q

40 (808;

C- IVLIVS C F QVIR

FRO//////

41 (809)

////RONI GALLA

41 csio;

FVRI VRBA A -V

43 (811;

CORNE LIA MF ABBAL VA XXX H S E

44 (813;

DMS VALERIA ./MELETINE VA CXX HSE

45 (814;

DMS

EGRILLA MFL

INGENIOSA

VA XVII

HSE

46 (819; AVRELI SEXT1 FIL

47 (817;

DMS DMS AEMILIA DOM1C1VS QF MATRO L FIL QVIR NA VA LXX SECVNDVS VA LXX HV

48 (818;

Q. HOMV S SATVRN VS V F SATVR

V

49 (820; DMS TEVDA

HSE VA XLIII

50 (821;

M S DMS

Q CAE MAN CILIVS LIA RVS

F Q TICA


— 248 —

51 (822j

Q. SITTIVS M- F- QVIR QVETVS VA XXXI HSE

52 (823; Ce>IVLIVSc>Cc>FC> QVIR c*} RVFVS VA<J>III<J)HC>SC>E<i>

53 (827; VALERIA

FIL M 0 N N V L VA XXXV HSE

54 (829;

C- S1LIVS

Q • F . QVIR

VRBAN

VS VA

XXXI

II E S (sic)

55 (830)

IVS LIA

CATER DOMl

VARIVS TI A

56 (831;

FORTV NATVS VALXXX A LXXXI

57 (833;

A R E L LI A

SPES VA XX

HC) se) E

58 (837;

EGRILIA L-F-SECV NDA•V• A ■ XXI H- S- E

59 (812;

DMS DMS

IVLIVS IVLIVS MARTI S VRBA

QVIRI NVS IV NA VA LI FILIV

XXXV S QVIR

HSE VA XXX HSE

60 (Sis;

DMS C FVFIC1 QVR1

V//////

61 (846;

C IVLIVS NATVS

62 (818; DM DM

N

//////// MLICIVS (sic)

63 (819;

D M S PLAN -I A CAEC ILIA VI

61 (852;

C- CALPVRNI VS VRBANVS V-A.LXXXXV H.

65 (852;

JVS VAL HSE AVRELIA HONOR ATA MARITO OBSE QVENTISSIMO


— 249 —

66 (854;

C AEMILIV3 M F QVIR FELIX VA XIII H. S. E

67 (855)

M. IVLIVS L C>FIL C> Q V [ H I N A OPTATVS VA

68 (856;

DMS DMS

L S E X PETRO

T1VS T NIA M

F QVR FIL IN

NIVAIS GENVA

VAXXXV VA H S E

69 (857;

D M SEIA AD LECTA Q FIL VA LXV HSE

70 (858;

DMS Q. POKCIVS Q-F-QIANV AHIVS. V.A XV-H-S-EST

71 (859;

C FVFIC1VS M FIL QVIR C R E S C E N S VA XIII HSE

72 (862;

////CORANIVS

QVIR

1VS

73 (861; IVL///// A DVL

vo>e>L

H^SC) E

74 (873;

Q. FVRIN////// FORTIS

VIXIIT • (sic) AN NIS-XX XXII

75 (882)

P VA LERI

VSC>PC>FC>Q ROGATVS V?>ALXC) II SC>EC>E <J>A I'I

70 (885)

uni s

C L O D IA

P FIL VRB A NOS A V A XXXV

HSE

77 (836)

M HERENNIA

GALLA PRIM

78 (850

DM DM

FVFICIA P S E b

SCFQ CSSQ

SATVRA SEV

79 (899)

DMS DMS

C VET G VET

TIVS TVS

M V R F E L I

E N TIV X V A

S V1X XXXV XXIII

80 (900)

LA EDA VA LX


- 250 —

81 (901) P CARVILIVS ASCLEPIADES

VA LXXV H S E

82 (902) P 0 M P E A POMPEI F

GALLA VA XLV USE

83 (903) CAECILIA T F CLARA VA XXXI

81 (904) Q PLOTIVS CHIISCIINS (cresccns?) ////Xll M IN SI

85 (908)

DMS DMS

M CAECI OOMI

LIVSMF TIA D

///QVIR FQVIM

//VANV AXIMA

//ALXX VA I JEU

///SE

86 (909)

SEX AVE/// VS SEXF//// COMM ////// DVSVAX//// HSE

87 (910) M VCIA

ATHANAIS SE V1VA SIBI MONIMENTV

POS VA

88 (911)

BASILIA-P.FII RVSTICINA VA•LXXV II S E

89 (912) SITTIA NO VELLA

VIIXIT(sic;AN NIS LXXXV HSE

90 (913;

DMS VliNTIU IA MATRO NA VA LXXI

91 ;911)

D M IVLIA

MF

SIS VA I 1"

SE

92 (915;

IVLL1A MATRO

NA VA L V

93 (916J

TERENTIA L F

RVFILLA VA LXXXV

H E S

91 .'917;

DMS IVLIA FLORI N A F Q VA XXXI II S E


— 251 —

95 (918)

D M VITRVVIA

L. FIL LVCILLA V- A-XVII H-S.E

96 (919)

IVLIA-Q. F

FELICIA V- A. LXXXI

97 (922

DMS DMS

///// AAEM

MAX ILIVS

NV ,ARA

98 (923)

L e) CORNELI

VS-LF QVR /VVFVS-FVA XXXV-HSE

99 (921)

CORNELIA FOBMOSA PAs'l'ORIS F VA XXXVII II S E

100 (925)

Q ANTONIVS M////AXIMVSMF //////■

101 (928J

DUS MANIBVS SEX-AEMILIVS

M F- FABIA MARTIALIS. VAXIV H-S. E

102 (929)

IVLIA- P F- PVB L ICIA VA VC IIS

103 (930)

DMS L POSTVMI VS L-F.QVI FELIX VA XL HSE

101 (930)

DMS DMS

MEGRILI AEMILIA VS M FIL LFL QVR QVIR IN VRBA GENVVS NA VAL VA HSE

HSE

105 (931)

C AVRELIVS

DMS DMS

C FIL QR VET1A MARTIS GFQVIR VA J^v VRBANA

VA|XXXy

106 (932;

LIC1NIVS VRBANVS VIX

X X

107 (934;

P EGRI LIVS L F VRBA NVS VA XXV HSE

108 (933;

L SITTIVS

PF QQVE

TVS VA XII

II S E


- 252 —

109 (935)

DMS DMS

LOLLI Q SILIC A IVCV IVS Q F NDA QVIR

VA XXX CASTVS

I VA XXXV

110 (936)

vLLlA Q LOLL

MVST IVS VI

/////// ////////

111 (937)

M LICINIV& SE xF QVIR VRBAN///// VA LX

112 (938)

IVLIA L F QVR ROG ATA VA VL HSE

113 (939)

D M

ANTO////// IA IVCVN//// A V/////////

114 v91l)

P VAI.IJUV

S FVFl////// V A CI

115 ,913)

D M S ATTIA LI BOSA QVAE ET DVDdNA VA L H S E

PSITTIVSFLORVS MAR1TVS EIVS

116 (911)

w- InS M ARTIALIS V A LXX HSE

117 (915; RVP1LIA /////////

118 ,946)

P FLVIVS r-F Q TERT1V S V AXXX USE

119 (918) D M S

//////////// SITTIA C- M A RI VXOR V.A. XG HSE

120 (919) D M S

M N VETIA NVN

VNIVS VRBA IAFEL FELIX NA Q ICIA QVA VALI NFQ

HSE VA XXX H S F,

121 (950)

DMS Q AVINTIAN V S C A T E R VAR1 F \V XI

II S E

122 (951)

//// SIDIA SA TVRA G FIL

VA/////

/////// vu HSE

123 (952)

D M S

VESIDIA M F

QVIR AAAAO

NA VA XV

S E


— 253 -

124 (953)

ANTIS TIA L FILIA ROGATA VIX A VII HSE

125 (954)

DMS AVRELIA GAIA V

126 (955

MILIVS M DOR VA LXX HSE

127 (957)

DMS ANTISTIA MAXIMA

128 (958)

ANTIS1A L-F

LIBOSA. V A . XXIII

129 (959)

DMS L IVLIVS M FIL QVIR FORTIS V LXV HSE

130 (960)

P TREBONI VS F FAV STVS VIX LXV HSE

1S1 (962;

C VPRONIA

FORTVNATA

VALIXHSE

132 (963)

D M

Q GEMlNvs

FAVSTVS FAV

STI FILIVS

VA XXXV

HSE

133 (964;

C LVCCEIVS L F QVIR HONORATVS V A XXXXV

////////////

! '• ': I '. 1 i

IVLIVS G F Q SATV RNINVS VA XVIII

135 (966

PVBLICIA VRBANA VA LXXXV H E S

130 (968;

D M VALERIA VICTORl////

VA XV

137 (970;

DIS M S

P CARVILIVS

N /////ITANIS VIX1- VN

138 (972;

Q ARN

ESI VS FELIX

139 (976;

C GEMINV S- MATIL VS //// VI A XXXV

140 (977;

VALERIVS ////RONTO

141 (978;

CAELIA Q F SPES VA XXI HSE


— 254 —

142 (979)

////' IVIVS

HONO RATVS VA LXX

143 (980)

D M OFELLIA M FIL VICTORI A VA LV H S

144 ' (981)

VALER1A C F IVLIA

VAL

HSE

145 (982;

DMS M LM VA LXX HSE

146 (983;

GEMINIA MAXIM A VA XXXX HS

147 (984)

C CARVIL1VS C FQ MAXI MVS VA XXX H

148 (985) S DMS

F Q MESSIO Q FIL QVIR

///ATVRNI

VA

149 (986)

M VALERIVS M FIL QVIR TERTIVS VA LXXV HSE

DMS P O M P O N I A VRBA NOS A. VA XXX HSE

C GEMINI VS C F Q M A XIM V S VALUS E

DMS C A V ILIA C FIL INGEN OSA SVMMAE PIETATISMA

////////////

153 (992)

<? <?

DMS DMS

Q HIRR GELIA IVS QF FEL1CIS //// QVIR SIMA CRESCE VIA NTIANVS XXX VI AN LI

154 (991)

P LIVIVS P F Q MAR TIAI.IS . VA LXXI


- 255 -

155 (995)

BLESIA P. F QVIR-MAR ~ CIA-V-A.LXXX V • H • S • F. •

156 (996)

MNMI IVLIA

////lVSLI FORTV BOSVS

157 (997)

L-ROGATV

S Q PRIMV

S VA LXV

HSE

158 (998)

TIGE T VLA V A LX II S E

159 (999)

HERENIA SEGVNDA VA XXV HSE

160 (891)

VICTORI

DEO HERGVLI

Cette dernière inscription provient de la basilique judiciaire de Thibilis.

KHEMISSA (Tubursicum Numidaram)

161 (12) /// LS D i v

DIVI HADR ////// VI TRAIA

//,7/TI

Inscription provenant du vieux forum.

162 (I21| MPONIO • MARCELLO • LEG.

en trois fragments : les deux premiers ont été découverts en 1904, sur le vieux forum. Le troisième (CELLO • LEG-) avait été trouvé précédemment par M. Masqueray et transporté au musée d'Alger-Mustapha.

163 (504)

D. M -S FELICIA AQVILERIO SER PVA// XI HSE


— 256 —

AÏN-EL-BORDJ

Le Secrétaire de notre Société, M. Vel, nous a donné l'inscription suivante relevée à Aïn-el-Bordj, dans le marabout construit au sommet des ruines de Ticisi :

164

ce

1S VA XII H Q CECILIA R V S T I C A

VA XVII II

Notre confrère accompagne sa communication de la note suivante :

Presque toutes les inscriptions relevées à Ticisi en 1857, 1878 et 1882 ont disparu. J'en ai vu seulement trois sur dix sept qui ont été publiées. Il est vrai que depuis peu de jemps on a reconstruit, au moyen de pierres tirées des ruines, la fontaine d'Aïn-el- Bordj, ainsi que plusieurs maisons.

L'Administration, avertie, a fait défense, depuis un an ou deux, aux entrepreneurs de la région d'extraire de nouvelles pierres des ruines.

Bien des fois déjà notre Société s'est élevée contre ces actes de vandalisme ; bien des fois aussi l'Administration a renouvelé sa défense de s'emparer des pierres sculptées ou gravées des ruines antiques ; aucun compte n'a jamais été tenu ni de cette défense ni de nos protestations.

En l'absence de toute sanction, ne serait-il pas naïf de notre part d'espérer voir céder l'intérêt des entrepreneurs devant celui de la science ?

CONSTANTINE (Cirta)

Les cinq inscriptions suivantes ont été découvertes, en juin et juillet 1905, dans les fouilles faites pour


— 257 —

les fondations de l'hôtel que la ville de Constantine fait construire à côté du théâtre et qui doit être occupé par le Crédit foncier de l'Algérie.

J'en ai envoyé aussitôt des estampages à Paris, au Comité des travaux historiques et scientifiques, qui les a publiées dans son Bulletin archéologique de juillet et de novembre 1905.

Bien que nous nous fassions une règle de n'insérer que des inscriptions inédites, on nous permettra de faire une exception pour celles-ci, à cause de l'endroit où elles ont été trouvées.

165

L

Très belle lettre, haute de 0m13, isolée sur un fragment de bandeau en calcaire blanchâtre, à cordons perlés ; devait faire partie d'une inscription à lettres très espacées.

166

//////IMO Pierre très fruste en calcaire gris, surface rugueuse; lettres hautes de 0m10, grossièrement gravées.

167

INIP///I

NNIG

Sur un fragment de calcaire bleu à surface très polie. Fort belles lettres, hautes de 0m065. Le creux porte des traces de peinture rouge.

168 ELICIS • AVG FILl///// VOPVBLICO EX TATVAM CVM MISSILIBVS QVOS TER Hi XX N QVAE EDICAVITQVE

D


- 258 —

Sur un fragment de calcaire bleu, à surface polie, cassé lui-même en quatre morceaux. Lettres régulières, d'une très belle gravure, hautes de 0m04. Ne représentent probablement que le tiers de l'inscription complète.

169 PYl VLI VSYPYF

QVIR

N O R I C V S EQVO PVB EXOR NATVS OB HONOREM A E DIL I T A T I S DEDIT

Sur un piédestal en calcaire blanchâtre, haut de lra10, large de 0m50. Lettres hautes de 0m05 dans la première ligne, de0m015 dans les suivantes. Gravure soignée.

Au dernier moment, notre distingué confrère, M. le chanoine Jaubert, nous apporte une fort belle inscription, assez endommagée cependant, qu'il a relevée et estampée lui-même à la ferme Mollon, située à cinq kilomètres au nord de Saint-Arnaud.

L'an passé, il l'avait déjà communiquée à notre confrère M. Vars qui se proposait de l'étudier dans le compte rendu épigraphique qu'il devait nous donner pour le présent volume. Son éloignement et probablement ses occupations ne lui ayant pas permis de tenir sa promesse, nous donnons l'inscription telle qu'elle nous est présentée.

Nous regrettons de n'en avoir pas l'estampage; il nous aurait peut-être permis de corriger les erreurs qui, de l'aveu même de M. l'abbé Jaubert, se sont évidemment glissées dans sa lecture.


— 259 —

Nous espérons qu'il sera possible de la contrôler plus tard par un nouvel examen de la pierre ellemême.

170

GENIO SVBTABARTI PRO SALVTE

IMPERATORVM

L SEPTIMI SEVEtU

PII PERTINACIS AVG E

IMP CES MAVRELI ANTON. . . . NI AVGVST

. . II

IVLIAE DOMINAE AV

GVST ATRl IMPE

RATORVM F CASTRO

RVM ET CASTRORVM

EMTORES DELESA/SIO (?)

A/A/M FVMIANES ABD (?)

MEPOETISIS CAMMESI (?)

S PRO SECVRI FELICITATE.. .

FECERVNT

CVRANTE

La pierre a 0m98 de hauteur sur 0m50 de largeur et 0m40 d'épaisseur.

Nous sommes obligé de renvoyer à notre prochain volume quelques inscriptions hébraïques, arabes et latines, qui nous sont envoyées par notre zélé et dévoué collaborateur, M. Joseph Bosco et qu'il a relevées à Constantine, dans leChettaba et aux environs de Roufïach.

U. HINGLAIS.



BIBLIOGRAPHIE

L'Ecole des Lettres d'Alger a publié, à l'occasion du XIV 6 Congrès des orientalistes, qui s'est tenu à Alger en avril 1905, un Recueil de Mémoires et de Textes présentant ainsi que le dit son savant directeur, M. René Basset, un aperçu des recherches de tout genre qui forment son domaine.

Ce domaine est vaste, et il en résulte la plus grande variété dans le choix et le sujet des mémoires composés par les collaborateurs du Recueil,qui forme un gros volume in-8° de 612 pages, et constituera un très considérable annexe des actes du Congrès, publiée avant ces actes euxmêmes.

En raison même de cette importance, il ne nous est pas possible de donner ici une analyse, même succinte, de tous les mémoires qui le composent, plusieurs seront suffisamment définis par leur titre seul.

M. Basset publie une étude méthodique et complète sur la bibliographie des sources de la Salouat-el-Anfas, de Mohammed ben Djafar ben fdris El Kettani, appartenant à une famille des Chérifs qui a fondé une confrérie religieuse au Maroc et qui prétend remonter jusqu'à Idris II, fondateur de Fâs.

Le Salouat-el-Anfas est une compilation moderne, précieuse, nous dit M. Basset, par la quantité de d >cuments que son auteur a consultés et dont nous ne possédonsqu'une partie. La liste des sources est donnée à la fin de l'ouvrage ; elle est sommaire et incomplète. Etudier cette liste en l'éclairant de tous les renseignements que peut nous fournir l'état actuel de nos connaissances; donner pour les


- 262 —

ouvrages connus toutes les indications, tous les renseignements que les chercheurs peuvent désirer et faire la bibliographie de ceux même que nous ne possédons pas encore; préparer ainsi les découvertes et faciliter les travaux de nos futurs explorateurs de Fâs et du Maroc; telle est la tâche ardue que M. Basset s'est assignée et que, mieux que tout autre, grâce à son immense érudition, il était à même de mener à bonne fin.

M. A. Bel fait une étude détaillée de quelques rites pour obtenir la pluie en temps de sécheresse, chez les musidmans maghribins. 11 voit, avec raison, dans les pratiques suivies par nos indigènes, des survivances du paganisme, dont l'Islamisme s'accommode d'ailleurs à merveille. Nous pensons qu'il ne faut pas en chercher la raison ailleurs que dans le caractère essentiellement pratique et utilitaire de cette religion.

A noter les études de M. Mohamed ben Cheneb, professeur à la médersa d'Alger, sur La transmission du Recueil des traditions de Bokhary aux habitants d'Alger ; de M. Saïd Boulifa sur le Kanoun de la confédération kabyle d'Adnt; un conte berbère de M. Destaing, professeur à la médersa de Tlemcen, avec sa traduction française ; une élude de M. Dotitté sur la Khotba burlesque de la fête des Tolba au Maroc; un texte arabico-malgache de M. Gabriel Ferraud.

M. Augustin Bernard fait oeuvre de littérateur dans sa Renie des Capitales de la Berbérie, et nous fait visiter successivement les jardins de Tlemcen, le nid d'aigle de Cirta. les plaines froides de Sétif et Kairouan, Bougie, Tiaret, Tanger, Sidjelmasse et bien d'autres métropoles, pour conclure que l'Afrique du Nord, au cours de son histoire, n'a pas eu de capitales proprement dite : l'orographie du pays, l'absence de grandes voies fluviales, le morcellement de ses cantons montagneux et de ses provinces littorales s'y opposent. Après cet examen du passé, M. Bernard conclut que l'avenir, transformé par la vapeur qui ne connait plus de montagnes ni de frontières, sera différent. Alger est la vraie capitale de toute l'Afrique du Nord, comme étant située à égale distance de Tunis et de Tanger,


— 263 —

d'où nécessite de relier à Alger tous les points du territoire pour donner enfin à cette contrée l'unité qu'elle n'a jamais connue.

Cette conclusion n'est sans doute pas dénuée d'un certain opportunisme, mais nous doutons de son caractère scientifique et, invoquant la théorie même de M. Bernard, tirée de la facilité plus grande des communications, nous nous demanderons s'il ne serait pas plus plausible à maints égards de soutenir que la vraie capitale de la Berbérie, dans l'avenir, c'est Paris?

Nous faisons encore de la géographie moderne et toute récente avec l'étude de M. Emile Gauthier sur les Oasis Sahariennes, la partie géologique de son travail, celle qui a trait surtout à l'étude des couches aquifères, présente un intérêt puissant et immédiat. De la géographie ancienne avec M. Gsell, qui détermine, avec la compétence qu'on lui connaît, l'élendue exacte de la domination carthaginoise en Afrique. Cette importante question est magistralement traitée dans une étude de quarante pages qui constitue la plus judicieuse interprétation des documents actuellement connus.

Une nouvelle contribution à l'étude de l'abadhisme qu'il poursuit avec un patient labeur et un succès remarquable, nous est donné par M. de Motylinski, dans l'agida des Abadhites, sorte de catéchisme en texte arabe, de la secte. Reprenant l'examen approfondi d'une question que Masqueray avait traitée brillamment, mais de façon un peu superficielle, M. de Motylinski ajoute chaque année de nouveaux documents à ceux qu'il a déjà amassés et interprétés de façon magistrale, et achève ainsi la mise en lumière complète de tout ce qui se rattache à cette question si intéressante du kharedgisme maghrébin.

M. Lefébure étudie avec sa compétence d'égyptologue les noms d'apparence sémitique ou indigène dans l>? Panthéon égyptien; M. Fournier, le caractère de Micipsa dans Salluste\; M. Jau, retraçant les travaux de la Commission d'Afrique (7 juillet-12 décembre 1833), évoque le souvenir des premières heures de la conquête, qui permet de mieux mesurer le chemin parcouru en trois quarts de siècle.


— 264 —

M. Marçais consacre cent pages à des judicieuses observations sur le Dictionnaire arabe-français de Beaussier, et prépare des éléments de première importance à la refonte et la mise à jour de ce bel ouvrage.

Ainsi s'affirme, dans toutes les questions scientifiques qui intéressent l'Afrique du Nord : histoire, archéologie, géologie, géographie, linguistique, l'activité féconde de cette Ecole des Lettres d'Alger et des collaborateurs qu'elle a su grouper autour d'elle : bel exemple de ce que peut l'activité d'un peuple qui a su mener à bien, dans ce pays, à travers mille obstacles, une tâche matérielle énorme et cultiver en même temps les hautes questions qui louchent aux intérêts les plus élevés de l'humanité.

GUSTAVE MERCIER.


CHRONIQUE DE L'ANNÉE 1905

L'année 1905 brillera dans les annales de notre Société. Convoquée à Alger pour la réunion des Sociétés savantes des départements, réunie en même temps que la Société asiatique, elle a profité d'une vaste assemblée de savants de tous les pays et de toutes les nations.

La réunion a été fort bien organisée. Chacun y a eu sa place et a pu faire connaître ses travaux. Pour nous, si éloignés d'Alger, nous avons tenu notre rang, et si quelque absence s'est produite, elle a été remplacée par des confrères.

L'importance des questions, traitées, un jour par les Sociétés savantes et le lendemain par les membres des Sociétés asiatiques, ont présenté un grand nombre de questions dont le mérite a été reconnu.

MM. de Calassanti Motylinski, Cambuzat-Roy, Debruge, Gsell, Hinglais, Guérin, Joly, Luciani, Maguelonne, Mercier (Gustave), Robert, ont soutenu sur place l'honneur de notre Société.

Dès que la réunion d'Alger a pris fin, MM. Berger, Cagnat, Héron de Villefosse et Toutain ont bien voulu, en renonçant à d'autres voyages, venir nous voir à Constantine, où nous avons fait notre possible pour les recevoir de notre mieux.


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Dans la réunion affectée aux récompenses, MM. Debruge et Medjdoub Kalafat, ont été nommés, le premier officier d'Académie et le second officier de l'Instruction publique (récompense de l'Administration).

Nous leur adressons toutes nos félicitations.

# *

Nous avons suivi jusqu'à présent la marche tracée par nos devanciers, et il en était résulté que, parmi nos présidents d'honneur, nous n'avions pas M. le Gouverneur Général de l'Algérie. Par suite d'une délibération prise par la Société, le titre de Président d'honneur a été attribué à M. Jonnart, Gouverneur général de l'Algérie.

La proposition que nous en avons faite à M. le Gouverneur a été accueillie par lui dans les termes les plus favorables et nous lui avons envoyé le diplôme qui lui confère ses droits.

Collo. — Des fouilles ont été entreprises sur place par M. l'abbé François, secondé par M. Bocquillon. Ils ont recherché les sources de la ville et trouvé une foule de choses. Voici, du reste, les lettres auxquelles j'ai répondu :

Coilo, lu juillet 1905.

MONSIEUR IE PRÉSIDENT,

J'ai l'honneur de vous adresser une photographie de quelques-uns des objets trouvés dans les fouilles que j'ai faites avec M. Bocquillon. Les nos 1 et 2 sont en plomb. Tous les objets placés sur le premier rang sont des vases en verre. Le n° 3 porte sur le fond l'inscription : LVCRIO.

La majeure partie de nos trouvailles était placée dans de


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petites chambres funéraires à lm50 de profondeur environ. Elles étaient formées par des briques généralement rouges de 0m07 d'épaisseur.

Ces chambres avaient 0m45 de hauteur, 0m30 de largeur et 0m45 de longueur. J'ai conservé deux chambres intactes que j'ai fait photographier, avec quelques grandes briques à rebord, malheureusement le cliché manque de netteté.

Depuis notre dernier entrelien, j'ai trouvé, près des sources qui alimentent Collo en eau potable, un assez beau morceau de mosaïque. Je crois être sur une bonne piste (je suis chasseur, pardonnez l'expression). C'est sur ce point que fut trouvé le fameux sarcophage.

Veuillez avoir la bonté de me dire à quelle époque appartiennent les objets dont la photographie est ci-incluse, afin que dans la description que je vais faire de la nécropole, je ne fasse pas un anachronisme.

Daignez agréer, je vous prie, Monsieur le Président, l'hommage de mes salutations les plus respectueuses.

FRANÇOIS,

Curé de Collo.

Collo, 3 décembre 1905.

MONSIEUR LE PRÉSIDENT,

J'avais terminé un petit travail sur la nécropole romaine, dont j'ai eu l'honneur de vous entretenir et me proposais de vous l'adresser dans les premiers jours du mois dernier.

Voici ce qui m'a empêché de le faire :

M. l'Administrateur de Collo reçut dernièrement une communication du Gouverneur Général le priant de vouloir bien indiquer les points que l'on pourrait avantageusement fouiller ici. Une subvention serait accordée à cet effet.

Nouveau dans le pays, M. l'Administrateur eut recours à mes modestes connaissances pour transmettre les renseignements demandés.

Je lui indiquais aussitôt, entre plusieurs poinls : 1° le cimetière romain; 2° un endroit situé à 1,500 mètres de Collo, dénommé Aïn-Zida, où j'ai rencontré, vous ai-je


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écrit, une mosaïque bysantine, mais en partie détruite par les bergers indigènes. C'est sur ce point qu'a été découvert un superbe sarcophage chrétien en marbre blanc. Il m'a été impossible de savoir ce qu'il est devenu.

Pour permettre à M. l'Administrateur d'étayer son rapport, je lui communiquai mon manuscrit intitulé : Fouilles d'un cimetière romain à Collo, 19(5.

Mon travail s'est égaré dans les bureaux de la commune mixte. Les recherches les plus minutieuses sont restées sans résultat jusqu'à ce jour. L'espérance d'une subvention me console un peu de cette perte, qui, d'ailleurs, n'est pas irréparable. Quelques not'-js me restent et les objets découverts sont là.

Dans ces derniers temps, j'ai été fatigué et occupé, ce qui ne m'a pas permis de faire beaucoup de fouilles.

J'ai, cependant, exploré un point de l'une des conduites d'eau qui sillonnent Collo. Ce canal, conslruit en briques, a lm25 de large et 2m50 de haut; il est plein de terre et il a fallu vider ce point pour me rendre compte de ses dimensions.

Je recueille quelques monnaies antiques et continue, en tenant compte de vos précieuses indications, ma monographie.

Avec mes sincères remerciements, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, Thommage de mes sentiments 1res respectueux.

FRANÇOIS.

Il en résulte qu'avec le système actuel, nous sommes souvent traversés par des prétentions imprévues et que dès que nous sommes prêts à nous mettre en train, on nous enlève notre affaire. Nous aurions pu dans tous les cas être consultés.

Pour les articles non signés :

Le Président, E. MERCIER.


NECROLOGIE

L'année 1905 nous a privé de deux membres décédés dans son cours.

I. M. SACHOT, Octave, # (102, rue de Rennes), appartenait à notre Société depuis l'année 1856, et était, par conséquent, notre doyen. Il était venu vers nous, à l'époque de ses travaux, car il a marqué, dans son temps, pour l'étude de la pré-histoire, et a travaillé à ouvrir d'anciens chemins.

Bien que très âgé, il suivait encore de près ce qui paraissait, et j'avais quelquefois le plaisir de lire ses notes. C'est surtout dans la première partie du Bulletin de la Société d'anthropologie qu'il a brillé.

Et maintenant, qui se rappelle de lui? Le temps passait ; mais rien ne rappelait son souvenir ; il a été oublié de la majeure partie.

Je lui adresse mes plus sincères éloges : sit tibi terra levis.

Je prends, avec l'an 1867, le titre de doyen.

*

* *

II. M. ZEBEU, avocat, bâtonnier de l'ordre, à Bougie. La mort nous a enlevé également M. Zebeu, alors

que son âge nous permettait de le compter parmi nos membres.

C'était un homme instruit, qui ne nous avait rien envoyé jusqu'à présent, mais qui s'occupait d'archéologie et n'aurait pas manqué de fournir d'intéressants travaux.

Je lui adresse, à lui aussi, mes plus sincères salutations.

Le Président,

E. MERCIER.



TABLE DES MATIÈRES

Pages PRÉSIDENTS HONORAIRES. — Composition du Bureau pour 1906 et Commission des manuscrits m

MEMBRES HONORAIRES iv

MEMBRES TITULAIRES v

MEMBRES CORRESPONDANTS vin

SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES xi

SOCIÉTÉS ÉTRANGÈRES xiv

Mosaïque romaine de Sila, par M. Stéphane

GSELL 1

L'âge de pierre dans la région de BordjMenaïel

et sur la côte, par M. Camille VIRÉ. ... 9

La race berbère, véritable population de l'Afrique septentrionale, par M. Ernest MERCIER . 23

Le Dar-el-Acheb (Dougga), par M. le docteur

CARTON 61

Bougie. — Compte rendu des fouilles faites

en 19C4, par M. A. DEBRUGE 67

Quatrième Annuaire d'Epigraphie africaine (1904-1905), par M. le docteur CARTON, médecin major de lre classe 125

Thubursicum Numidarum (Khemissa), par M. Ch. Al. JOLY 165

Monuments et inscriptions libyques relevés dans les ruines de Tir-Kabbine, situées sur le territoire de la commune mixte d'Atn-M'lila, par M. Auguste VEL 193


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Pages

Lanterne de bronze provenant du cimetière païen

d'Aïn-el Hout, par M. ROUQUETTE . . . . 229

Notes sur quelques vestiges antiques découverts dans la commune mixte des Maàdid, par M. Achille ROBERT 239

Inscriptions inédiles de la province de Constantine pendant l'année 1905, par M. Ulysse HLVGLAIS 243

Bibliographie. — Gustave MERCIER .... 261

Chronique 265

Nécrologie 269