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Titre : La Presse

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1891-01-05

Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication

Contributeur : Laguerre, Georges (Jean-Henri-Georges). Directeur de publication

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 124274

Description : 05 janvier 1891

Description : 1891/01/05 (Numéro 943).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5461592

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34448033b

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 14/04/2008

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SoiKY:n~st±r~ s

tA PROIE POUR L'OMBRE. Ca~Ott Zetp0f<e. ËCHOS.

LES EtJECTtO~S D'AUJOURD'BUt. ]LA LOI ÉLECTORALE DU SÉNAT.

BULLETIN POLITIQUE.

t,ES H!MOMOELMERS.

tES DÉPUTÉS IRLANDAIS.

ARRESTATION D'UN CONSEILLER.

~A TAXÉ MtUTAtRE.

KOTRE FLOTTE.

HORS FRONTIÈRES. `

JLES EMPRUNTS.

APRÈS MINUrr.

JHEVUE DES JOURNAUX DE CE MATiK.

LA PRO)E POUR L'OMBRE tes organes ministériels anectent d'attacher une très grande importance au résultat facile à prévoir d'avancedes élections sénatoriales d'aujourd'hui. A les entendre, la République ne pourra que grandir considérableïnest après cette consultation du suffrage restreint. Notre grave confrère du Te~/M en est tout guilleret. Il est persuadé que « l'esprit de concorde et d'activité paciSque, qui anime à l'heure présente le Parlement, ne manquera pas, en inspirant les élections de dimanche, d'avoir une force de plus et comm& une nouvelle consécration H. Nous respectons toutes les opinions quand elles sont sincères~ et les opinions « modérées du Temps sont trop connues pour que nous mettions en doute la bonne foi absolue de notre confrère. Mais nous avons grand'peur qu'il ne se fasse d'étranges illusions sur l'importance que le pays tout entier donnera demain à l'entrée au Sénat d'une majorité républicaine plus ou moins forte. A vrai dire, l'immense majorité des électeurs nous avons déjà eu l'occasion de le dire –se désintéressent absolument de la nomination d'une assemblée qui échappe à leur contrôle direct, et dont l'organisation est tout entière dressée contre eux.

Et cela est si vrai, que dans un grand nombre de collèges sénatoriaux des délégués, représentants directs du SuSrage universel, ont été invités formellement parleurs comités electoraux à s'abstenir de voter. Dans son grand bon sens pratique., le peuple comprend instinctivement, et sans ~u'il ait besoin pour cela d'étudier dans ses rouages les plus secrets, la Constitution de ~875~ que le Sénat est l'ennemi, l'adversaire systématique de toutes les réformes; le peuple sait depuis vingt ans, pourl'avoir entendu répéter tous les ans à ses représentants directs, quand ceux-ci viennent Im rendre compte de leurs mandats, que le Sénat constitue un obstacle insurmontable à l'élaboration définitive des lois de principes, qui font partie des bagages électoraux de le plupart des hôtes du Palais-Bourbon.

Dans cesConditions, que peut importer au pays un Sénat plus ou moins républicain, plus ou moins conservateur? Dans la pratique habituelle des choses, n'est-il pas arrivé parfois, d'ailleurs, que les conservateurs s& sont montrés plus vraiment libéraux que ïes républicains eux-mêmes

Lepeuple se rendbien compte aussi quepour conquérir un siège au Luxembourg, devant les électeurs triés sur le volet qui l'écoutent, le candidat fera volontiers une profession de foi républicaine. La plupart du temps on ne tui en demandera pas davantage les électeurs sénatoriaux, enchantés de cette condescendance~ lui donneront leurs voix, et. le tour sera joué; la République comptera à ?on actif un ?'epM6~'ca~ de plus 1

C'est bien en vain que les organes tels que le Temps s'enbrcent de faire risette aux royalistes, en les invitant à faire adhésion sans détour à la République.

Le Suffrage universel se désintéresse aussi bien de ces nouvelles recrues, empruntées MX régimes précédents, que .des républicains trop conservateurs qui affichent la prétention de créer une République restreinte, comme le milieu lui-même, dans lequel ils ont pris naissance, et qui affirment leur volonté d'installer la prépondérance absolue, du Sénat aux lieu et place de la souveraineté ~u peuple.

Oui-dà, c'est se livrer à une plaisanterie amère, que de s'emparer avec le Sénat du pouvoir qui n'appartient et ne peut appartenir qu'au seul Suffrage universel, et de s'efforcer, dans le même temps, de prouver à ce dernier que tout est bien dans la meilleure des Républiques, parce que cette usurpation s'est fortifiée encore!

Que le T~M et les autres organes ministériels applaudissent à la mutilation du Suffrage populaire, rien de plus naturel certainement. Les dirigeants actuels de la République parlementaire, en s'accommodant de ta Constitution monarchique de 1875, ont depuis longtemps démontré jusqu'à l'évidence qu'ils n'avaient des républicains que t'apparence et le nom Mais que le suffrage tHHversel s'imagine un seul instant que ~institution s~nat, plus ou moins im-

matériel, puisse avoir une influence prépondérante sur l'avenir de la vraie République, de la République démocratique de tous par tous, voilà ce que nous ne verrons jamais. Dans la République, il doit y avoir, en effet, un principe au-dessus de tous les autres. C'est celui de la souverainté réelle, effective du peuple. Dans la Constitution actuelle, ce principe n'est inscrit nulle part En revanche, Je Sénat est omnipotent, et son droit va jusqu'à dissoudre la Chambre issue du Suffrage universel, avec la complicité du président de la République. Si le peuple venait jamais à considérer l'institution du Sénat actuel comme un bienfait, c'est qu'alors il aurait abdiqué entre ses mains, il aurait abandonné la jM'Oife yoM?' ~o~c, il ne serait plus que le souverain fainéant d'un régime dont le Sénat serait le maire du palais.

GASTON LAPORTE.

Z~'eaM/oM/Mïa/a'M~e:

SEME AU MMDE! PAR

Alfred SIRVEN et A. SIËGEL

~b ~L~ -ETL SS

Hier, 3 janvier, le ihermometra du journal marquait:

A 7 heures du matin. l* au-dessus de Q A H heures du matin. 1/2

Al heure de l'après-midi..

Hauteur barométrique à 8 heures 767.

~)Hf

Le président la République a reçu hier matin le bureau de l'Orphelinat de la Seine, qui lui a été présente par M. Moutard: inspecteur général des mines.

M. Louis Goujon, secrétaire général du territoire de Belfort, est mort hier matin à cinq heures.

On commence a procéder à la toilette des jardins et des squares de Paris.

Ce matin, les jardiniers défonçaient les pelouses qui encadrent de leur verdure les noires murailles du Louvre et couvraient la terre remuée d'une épaisse couche de fumier.

Ce travail préparatoire s'exécute dans tous les jardins de Paris.

Ce n'est pas encore le printemps et sa verdure, mais c'en est au moins l'espoir.

Le Conseil municipal Paris a voté une pension annuelle et viagère de 2,400 francs à Mme Richard, veuve du président du Conseil municipal.

A

M. le duc de Cambridge, qui était descendu à l'hôtel Bristol aacompagnë de son aide de camp, le colonel Eitz-George, a quitté l'hôtel hier soir pour se rendre à Cannes, d'où il doit se rendre très prochainement à Naples.

Ce n'est pas seulement à Paris que le froid s'est fait sentir pendant le mois de décembre les autres capitales n'ont pas été plus favorisées.

Berlin est plongé dans l'obscurité, toutes les conduites de gaz étant gelées.

A Londres, on n'a pas vu le soleil depuis « trente-trois jours H le thermomètre est descendu à 3 degrés au-dessous de zéro, ce qui est assez rare en Angleterre, où la température est plutôt humide que froide.

Pareille chose ne s'était pas vue depuis l'hiver de 1813, et, depuiscinq semaines, tes Londoniens vivent dans une atmosphère de suie et de fumée.

Nous apprenons que M. Jules Roche, ministre du commerce, se trouve en ce moment dans un état de santé qui cause d'assez vives inquiétudes.

Déjà fatigué depuis quelque temps à la suite des pénibles travaux que lui avait imposée la préparation des tarifs douaniers, il a été obligé de s'aliter, il y a quelques jours, sous l'atteinte d'une attaque d'influenza.

On redouterait une congestion pulmonaire, dont les suites pourraient être graves, vu l'état général du malade.

On assure que M. Jules Ferry a l'intention de quitter la direction de l'B~a/e~e après les élections sénatoriales. q

w*~

On assure que les nominations d'officiers de l'instruction publique et d'officiers d'académie paraîtront mercredi prochain au JoM~aJ 0/~c~, là date de lundi, d'abord choisie, ayant été abandonnée.

On raconte dans certains cercles de la rive gauche que la propriété d'une publication bien connue, la .Re~<e d~< J~oM~e catholique, va passer entre les mains d'un haut et puissant personnage qui ne serait autre que le cardinal de Lavigerie.

Le succès retentissant de l'Exposition française à Moscou commencerait-il à inquiéter l'Allemagne, dont les commissionnaires détiennent encore la plus grande part du commerce en Russie ? 7

Après avoir empêché les chemins de fer de consentir aucune diminution des tarifs, le gouvernement allemand semble, en e~et ,~ou- t loir s'en prepL~fe aux artistes.

ïpc ~îppTïnMc n'ATTTnnon'nnï

LM mLiiUi~ iJAuJtJuMnul

AVANT LE SCRUTIN

Renseignements généraux. La situation dans le département de la Seine. La réunion d'hier à la salle Saint-Jean Le choix des candidats. Un

incident

C'est aujourd'hui dimanche- qu'a lieu, dans 30 départements, le renouvellement triennal du Sénat. Nous avons publié la liste des départements dans lesquels ont lieu les élections, le nom des candidats, leur origine et leur opinion, la situation des sénateurs sortants et le chiffre des électeurs inscri's. On se rappeUe que sur 79 sénateurs renouvelables, 63 appartiennent aux diverses nuances Ne la gauche et 16 à la droite.

Les départements ci-dessous présentent des candidats conservateurs aux élections sénatoriales. Ce sont les départements du Nord, de l'Orne, du Pasde-Calais, des Basses-Pyrénées, de Saône-et-Loire, de la Sarthe, de Seine-et-Marne, de la Seine-Inférieure, des Deux-Sèvres, de la Somme, du Tarn-etGaronne, de la Vendée, de la'Vienne et delà HauteVienne.

Les candidats républicains sont seuls en présence dans les départements de la Seine, du Puy-deDôme, des Pyrénées-Orientales, des Hautes-Pyrénées, de Belfort, du Rhône, de la Haute-Saône, de la Savoie, de la Haute-Savoie, de Seine-et-Oise, du Tarn, du Var, de Vaucluse, de l'Yonne et d'Oran. Les seuls départements où les conservateurs aient des chances de faire passer des candidats sont ceux de la Vienne, de' la Vendée et des Deux-Sèvres.

Le département de la Seine Le département de la Seine aura à élire cinq sénateurs.

C'est en 1882, le 8 janvier, qu'a eu lieu lader-jnière élection générale de la Seine, qui avait droit à cinq sénateurs.

Furent élus au premier tour Victor Hugo, 114 voix Peyrat, 103 voix; au second tour Tolain, 111 voix; Labordère, 103 voix, et de Freycinet, 102. Les électeurs sénatoriaux étaient au nombre de 202. Rappelons que M. de Freycinet avait élé élu dans quatre départements~ à la fois Âriege (M. de Freycinet est né à Foix), Inde française, Tarne-et-Garonne, Seine. Le président du conseil actuel opta pour la Seine.

Le 25 janvier 1885, M. Labordère démissionne; une élection a lieu avec trois concurrents MM. Georges Martin, Gatineau et Spuller. M. Georges Martin est élu au second tour par 344 voix contre M. Spuller.

Après la mort de Victor Hugo, nouvelle élection partielle M. Songeon est élu par 337 voix conire M.Daix.

M. Songeon lui-même meurt, et il est remplacé le 12 mai 1889 par M. Poirrier, avec 313 voix contre 308 données à M. Lefèvre qui se représente dimanche.

Cette fois, outre les cinq candidats que nous avons indiquéspjus haut, douze autres sollicitent les suffrages des électeurs, ce sont: MM. Ranc, Frédéric Passy, Jablon, Jacques, Levêque, Lefèvre, Pouillet, Camille Sëe, Donnat, Bailiy, Pouchet et Guillotin.

Les candidats

Les candidats qui se présentent aujourd'hui aux sucrages des électeurs dans le département delà Seine, sont au nombre de f<r-~ep<; en voici les noms:

MM. de Freycinet, sénateur sortant Tolain, sénateur sortant Georges Martin, sénateur sortant Poirrier, sénateur sortant; Sigismond Lacroix, Frédéric Passy, Camille Sëe, docteur Pouchet, Bailly, Lefèvre, Guillotin, Ranc, Jacques, Donnat, Levesque, Jallon, docteur Pouillet.

a La saLLE s~i-jEAN

La politique et les affaires. Le triomphe de la banlieue

Plusieurs conseillera généraux, MM. DarIot,Petrot, Deschamps, LaffontjPéan, vice-président du Conseil général; Rischmann,.maire de Saint-Mandé, avaient convoqué pour hier deux heures/à la salle Saint-Jean, les délégués sénatoriaux.. La lettre de convocation portait à l'ordre du jour CHOIX.DES CÀ~NDATS

Les délégués de. la Banlieue étaient venus en assez grand nombre eh revanche, les délégués parisiens avaient montré peu- d'empressement.

Parmi les délégués'présents, 'nous remarquons MM. Lockroy, Tony Révillon, Pichon, Paul Strauss, Deschamps, Pétrot, LaHbnt, Levrat, etc. Atroisheures moins, le quart seulement, :commen<:ela séance.

Le bureau élu est composé de M: Rischmann comme président et de MM. Darlot et Bimbel'comme assesseurs.

M. Deligny, conseiller général, a le premier la parole.

Il se déclare partisan du Sénat.

Puis il estime que l'élection sénatoriale d'aujourd'hui est, at;(M< <OM<,une élection politique, et il énumère en quelques phrases, les titres des canditats.

Il y a, dit-il, un nom qui réunira tous les suffrages, sur lequel tout le monde est d'accord. C'est celui du ministre qui représente la défense nationale.

Des acclamations éclatent pour acclamer le nom de M. de Freycinet.

Pour les deux autres sièges, l'orateur met en avant MM. Alexandre Lefèvre et Bailly.

L'incident de Belleval

M. de Belleval, qui a demandé la parole, monte sur l'estrade.

Aussitôt des cris "se font entendre A Jersey A bas les valets!

C'est en vain que le députe, de la. Seine tente do parler. De tous côtés on entend « Parlera pas Parlera pas!~)

M. Tony Révillon et quelques autres délègues demandent au contraire qu'on écoute l'orateur. Mais le bruit continue. On chante, sur l'air des Za~ptons.' « A Jersey à Jersey »

M. Rischmann cède la présidence au premier assesseur et, en quelques.mots, explique qu'en face de l'opposition presque unanime de l'assemblée, il va mettre aux voix fa question de savoir si la parolosera?'eHree(?)ounonàM. de Belleval. La très grande majorité se prononce pour qu'elle luisoitretirée.

A la contre-épreuve, quelques mains se lèvent; entre autres celle de M. Tony Révillon. Comme on lui reproche son vote

Je suis avant tout~our la, liberté, repond-il. M. de Belleval se proposait, parait-il, de faire une: déclaration contre l'institution du Sénat.

Successivement MM, Lafontan, conseiller municipal à Nogent-sur-Marne, de Gras, conseiller municipal de Puteaux, prononcent quelques paroles. Le premier de ces orateurs demande qu'on lève la séance. On n'a que faire ue beaux discours, dit-il nos

o~RlonssôiUdor~eî dëià fautes et bien f~es.

Tel n'est pas l'avis de M. Paul Strauss.

Sans doute, dit-il, la réunion n'est pas assez nombreuse pour qu'on puisse former une liste. Mais il est nécessaire que quelques idées soient échangées au dessus des intérêts de clocher, il y a dans cette élection sénatoriale de Paris, une question de politique générale.

Les délégués de la banlieue l'interrompent. Il nous faut des affaires, à nous.

M. Strauss reprend

Je suis d'avis que la République n'est qu'un instrument pour défendre nos droits, mais on ne doit pas ravaler la représentation nationale à n'être que le porte-drapeau de revendications mesquines. Ces déclarations ne sont pas du goût de la banlieue, qui envoie de nouveau M. Lafontan parler en son nom.

En deux mots, il réclame l'autonomie ~epa~emenMe.

Discours de M. Lockroy

A ce moment, M. Lockroy domanue la parole et prononce un discours très écouté et très applaudi

« Toute la France, dit-il, a les yeux fixés sur vous. Il ne serait pas digne du département de la Seine que vous vous quittiez sans échanger quelques idées sur les affaires de la politique de la France. <' Il me semble que les divisions sont plus apparentes que réelles. La banlieue demande la séparation des deux conseils.

« Nous l'avons votée à la Chambre, et elle est sur le programme de tous les candidats.

<' Ce n'est pas sur cette question que je désire appeler l'attention de l'assemblée.

« II me semble que_ certains dangers menacent encore la République.') n

M. Lockroy parle d'abord du danger clérical. Des applaudissements éclatent de toutes parts. L'orateur termine en disant que le désarmement serait pour la France un piège dans lequel sombrerait l'honneur national.

Tout l'intérêt de la séance est terminé après ce discours.

Les délégués Levrat, LaSbnt. Deschamps, Soulier, sont à peine écoutés.

A quatre heures un quart, tout est terminé. Nos pronostics

Et maintenant, quels seront les élus d'auiourd'hui ? -?

Etant donnée la force numérique des délégués de la banlieue, nous croyons que le scrutin pourrait donner lieu à des surprises.

Un nom toutefois sortira triomphent des urnes au premier tour, ce nom qui honore la France tout entièi'e, M. de Freycinet.

Apres lui, nous voyons MM. Georges Martin, Tolain, Poirrier, Lefèvre ou Bailly.

DANS LES DÉPARTEMENTS

Parmi les départements dont la situation inspire quelques craintes pour les résultats des élections sénatoriales d'aujourd'hui, nous pouvons citer le Tarn-et-Garonne, où le désistement de M. de Froycinet compromettrait les candidatures républicaines.

MM. Garrisson et Rolland se trouvent, en effet, en prcsanced'UBO coalition formoo sous les auspices deM.Prax-Paris.

On a également des inquiétudes pour l'Orne et pour la Vendée.

LS LO! ÉLECTORALE DU SÉNAT

Les articles de la Constitution

Voici les articles les importants de la Constitution, relatifs aux Élections sénatoriales

Nul ne peut Être sénateur s'il n'est Français, âgé de quarante ans au moins, et s'il ne jouit de ses droits civils et politiques;

« Les sénateurs des départements et des colonies sont élus pour neuf années et renouvelables par tiers tous les trois ans

'< Au début de la première session, les départements seront divisés on trois séries contenant chacune un égal nombre de sénateurs. Il sera procédé, par la voie du tirage au sort, à la désignation des séries qui devront être renouvelées à l'expiration .delà première et de la deuxième période triennale. « Les sénateurs. sont élus à la majorité absolue par un collège réuni au chef-lieu du département et composé des députés, conseillers généraux, conseillers d'arrondissement, et de délégués'élus par les conseils municipaux.

« Le premier scrutin est ouvert à huit heures du matin et fermé à midi. Le second est ouvert à deux heures et formé à quatre heures. Le troisième, s'il y a lieu, est ouvert à six heures et fermé à huit heures. « Les résultats des scrutins sont recensés par le' bureau~ et proclamés le même jour par le~ président" du collège électoral. « Nul n'est élu'sénateur à l'un des deux premiers tours de scrutin sll ne réunit «l" La majorités absolue des suffrages exprimés

« 2° Un nombre de voix égal au quart des~ électeurs inscrits.

« Au troisième tour de scrutin, la majorité relative suffit, et, en cas d'égalité de suffrages, le ~plus âgé est élu. M

BULLE TÏN_POLITIQUE LES ÉLECTIONS SÉNATORIALES

Nous avons été des premiers à applaudir aux patriotiques et fières paroles prononcées 1 dimanche dernier par M. de Freycinet devant les électeurs sénatoriaux du département de la Seine <' La France, a-t-il dit, est assez forte aujourd'hui pour mériter le respect de tous et pour l'imposer au besoin. »

On peut dire que le pays tout entier a approuvé cette énergique déclaration.

C'est qu'en effet si la France est pacifique, elle est avant tout soucieuse de son indépendance et de sa dignité.

II nous revient par ailleurs que l'Allemagne verrait d'un mauvais œil l'élection de notre ministre de la guerre. Ne serait-ce pas là une raison suffisante pour que des électeurs sénatoriaux, soucieux de relever le défi, fasse acte de patriotique fierté en le renvoyant au Sénat avec une écrasante majorité.

Mais il y a plus, il faut que l'oeuvre de" la défense nationale soit continuée sans interruption d'aucune sorte et soit complétée par celui qui s'y est attaché avec tant de dévouement.

M. de Freycinet a été à la peine en 1870, il faut qu'il continue à rester à l'honneur aujour- d'hui. Aussi, et malgré nos réserves sur l'institution du Sénat nous estimons que les électeurs sénatoriaux du département de la Seine qui prendront part au scrutin d'aujourd'hui, ont le grand de voir de mettre de côté leurs préférences personheHes ou politiques et de voter en masse pour M. de Freycinet. La France et !a République leur sauront gr~ de cet acte d'intelligeRt pa;ri.ptisme. _hC.

.1 LESH)RqMpELUER$ LES DÉBOIRES D'UN INVENTEUR Le drame de Roubaix. Heurs et malheurs d'un dresseur d'hirondelles. Une idée lumineuse. Au ministère de la guerre. Détail important. L&

colombophie militaire en

France

On lira plus loin les détails du drame;deRoubaÏx, dont le sieur Jean Desbouvrie a été le héros. II y a quelque temps, nous eûmes l'occasion de faire la connaissance de Desbouvrie. A cette époque il était très rangé et s'occupait exclusivement dé ses hirondelhers avec lesquels il espérait amasser une fortune.

Mais, comme la plupart des inventeurs passés, présents et à venir, Desbouvrie n'a pas été heureux et il a demandé des consolations au genièvre la liqueur favorite des gens du Nord.

Il s'est livré à la boisson, et, dans un accès do délire alcoolique, il a lancé à la tête de sa femme une lampe à pétrole allumée qui, en se brisant, a brûlé l'infortunée d'une horrible façon.

Desbouvrie a été arrêté et sa victime, dont l'état est, parait-il, désespéré, a etétransportêe à l'hôpital de Roubaix. Par bonheur, tous les inventeurs qui ne sont pas favorisés par la chance ne finissent pas ainsi. Pourtant dans le nombre il y en a eu qui se sont suicidés et d'autres, hantés du délire de la persécution, ont commis un attentat criminel sur un homme po< litique en vue. Tel Aubertin, par exemple, cet inventeur de vitraux de couleurs, qui a tiré un coup de revolver sur M. Jules Ferry.

Mais nous nous hâtons de dire que ce sont là de rares exceptions.

Dressage d'hirondelles

L'invention de Jean Desbouvrie n'était point banale du tout. Dans leNord et en Belgique le passetemps des ouvriers pendant leurs moments de loisirs est de s'occuper de l'élevage et du dressage des pigeons-voyageurs.

Des sociétés, qui ont de nombreux adhérents, sont constituées dans le but d'organiser des concours à longue distance pour les pigeons.

Souvent les prix anectés aux gagnants sont fort importants; ainsi le dernier concours de Rome à Bruxelles, auquel ont pris part plus de deux mille cinq cents concurrents ailés, a rapporté au premier vainqueur la jolie somme de cinq mille francs. Un jour, Desbouvrie, qui s'occupait beaucoup do colombophie, pensa que l'on obtiendrait des résuftata plus satisfaisants encore si l'on pouvait remplacer les pigeons par les hirondelles, dont le vol est de beaucoup plus rapide.

Et comme c'était un homme énergique, qui mettait immédiatement à exécution une idée qui lui semblait bonne, il rechercha des hirondelles. C'était en plein été, et il ne fut pas long à découvrir, sous le toit de sa maison même, un nid de ces charmants oiseaux.

Il s'occupa des petits, tout d'abord. Lorsqu'ils surent voleter, il les prit avec l'hirondelle mère, et il les transporta dans un panier jusqu'au seuil do sa porto, où il lâcha les prisonniers. In utile de dira que ceux-ci regagnèrent en un coup d'éclair, leur nid, autour duquel l'hirondelle mère tournait anxieusement.

Desbouvrie recommença cette expérience à diverses reprises, en ayant soin, chaque fois, de s'éloigner davantage de sa demeure. Enfin, une aprèsmidi, il se rendit à Lille, et donna la volée à~ ses hirondelles sur la place de la République. Les intelligents oiseaux furent de retour oM~'e M!tMM<M après. Dès lors ils étaient bien entrâmes et 1 inventeur était fier de son œuvre.

Cependant il ne voulut pas s'en tenir là. Toujours porteur de son panier renfermant ses petits voyageurs, il alla successivement à Libercourt, à Douai, àArras,àAmiens.JI vint jusqu'à Paris; c'est-àdire à plus de deux cent cinquante kilomètres da Tourcoing, et les hirondelles rentrèrent chaque fois à leur nid dans un espace de temps fort restreint

II tenta même un jour une comparaison sur Ja vitesse des hirondelles et des pigeons. Il les lâcha ensemble à Paris et les hirondelles gagnèrent troi~ quarts d'heure d'avance sur leurs concurrents. Le revers de la médaille.

Entre temps, Desbouvrie avait recueilli et dressa de nouveaux pensionnaires, de telle sorte qu'il se trouva un beau jour propriétaire d'un hirondellier fort important.

Alors, pratique, il songea à tirer un parti utile et productif de smi~.K invention)', en proposant l'établissement d'hirondelliers militaires.

Il "demanda une audience au ministre de la guerreauquelilexposa les résultats obtenus par le dressage et l'entraînement de ses pensionnaires. Il plaida sa cause avec'une telle chaleur que M. da. Freycinet accepta de Dèsbrouvrie des expérience& quasi ofncieUes. Tout marcha à souhait. L'inventeur était au. comble de ses vœux, quand une remarque qu'on lui fit refroidit considérablement son enthousiasme, Les hirondelles émigrent avec les premiers froids~ or, en admettant qu'on les puisse garder dans les hirondelliers durant l'hiver, il est impossible de leur faire faire le plus petit voyage. 1

Dèsbrouvrie n'avait pas pensé à ce détail, d'une grande importance cependant.

Désespéré, il rentra à Roubaix–et nous disons en commençant ce qui lui est arrivé.

Colombiers militaires

II est de fait que, en aucun cas, les hirondelles n'auraient pu rendre les mêmes services que les pigeons voyageurs, qui craignent moins le mauvais

temps.

Dmlleurs, la colombophie a pris ces dernières an* nées une grande extenjsion .en France où l'on s'es~ souvenu de l'Année terrible, pendant laquelle Ie~ messagers ailés furent bien utiles.

Et de nombreux colombiers militaires ont été installés. Un décret du président de la République lea a placés depuis trois ans sous la direction d~t génie..

Le service se divise en deux parties

La station centrale de Paris avec tous les co- lombiers où sont pratiqués Ie:s études, expériences et l'instruction du personnel spécial

Les colombiers des places fortes désignées par le ministre de la guerre.

Les mesures à prendre, en cas de mobilisation de l'armée, pour la réquisition, le transport et l'emploi des pigeons voyageurs appartenant à des eleveurs ou à des sociétés, incombent à l'état-major généra!. Les éleveurs et les sociétés sont encouragés et ap-< puyés par le gouvernement.

Actuellement les pigeons voyageurs émargent an budget de la guerre pour cent mille francs, et cette;' organisation ne peut cesser de prendre de l'extension.

M. DE BEAUREPAIRE

Le Procureur général envoie au « Matin e une note a insérer

Comme nous l'avons dit, M. Moro, rédacteur a% ~a<M!, a ~ëté condamné en première instance et ea:

~el a UB moJLS de Br~on pour te d~K d'