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qui ambitionnent de courir ailleurs. Moi 7 J'estime que là où est le service à rendre, est la tâche, là est le devoir, et il faudrait d'autres injonctions pour me faire renoncer à | ce que je considère comme le mandat de ma conscience ec de mes électeurs. (Applaudis- sements.) ̃̃- r Eh bien, au moment où la France, convo- quée dans ses comices– pas toute la France, j ¡ malheureusement, mais une bonne partie de la France, une France qui ne démentira pas 1 les autres portions du territoire. (Vive approbation), au moment où le pays va être ` consulté et où il est permis de dire, à l'heure qu'il est, que le résultat des élections futures est acquis (Applaudissements), j'ai pensé {' que nous n'avions pas à nous préoccuper du Bsrutin du 5 janvier, car nous pouvons le con- 1 Bldérer comme certain i

Nous avons déjà dépassé les espérances que nous concevions il y a quelques ttroîs et que j'èyprimais non pour me targuer de faire d&s prophéties téméraires loin de moi cette pensée –mais parce que je trouve

que l'étude, l'examen, l'observation, les ren-

seignements, enfin ces mille a' impressions '1 qu'on recueille et qu'on note sur la vie politique, sur la marche ascendante d'une opi- nion dans le pays, sont autant d'éléments de' conviction que l'on doit transmettre à la1. France et à l'opinion. (Vive adhésion.) J'ai annoncé une majorité de vingt voix. Eh bien messieurs, à l'heure présente et puisqu'il y a des gens que cela amuse de me traiter de faux prophète, avant la réalisation des événements, je ne suis pas fâché d'augmenter leur aigreur et leur dépit je dis que ce n'est pas vingt voix, je vals plus loin, ce ne sera même pas vingt-cinq voix –non, nous aurons encore de3 surprises! (Vifs applaudissements et bravos prolongés.) i&Et qu'est-ce que prouvent ces résultats ? Ils prouvent, messieurs, que, si les épreuves traversées par la France ont été cruelles, imméritées, excessives, elles laisseront du moins derrière elles, comme le feu qui brûle les chairs corrompues, la vigueur, la vitalité et la renaissance. Ils prouvent que ce n'est pas en vain que nous aurons été mis en face du gouffre qui menaçait: de nous engloutir. C'est alors que la raison publique s'est affermie, ^que des habitudes politiques set sont formées, que la concorde a rallié les bons citoyens, que partout lès mains loyales se sont rapprochées et étreintes, que la France a parlé et qu'elle s'est débarrassée, que dis-je ̃?' qu'elle va définitivement se débarrasser de ceux qui, au mépris de ses volontés répétées, de ses intérêts les plus flagrants, de [ses exigences les plus légitimes,: de'ses droits- les plus sacrés, voulaient lui imDoser leurs petites personnes et leurs grandes pfëtentiôris.^Doul)le, salve d'applau-

dissements.)

Oui, messieurs, la France a compris la scène

qui s'est passée ici, au.dèssus de nos têtes, il

y a quinze à seize mois, quand, au mépris ` du verdict souverain qu'elle venait de rendre quelques mois avant, on. a tout à coup mis la mata sur tous les resserts l'Etat quand, bous le couvert de la Constitution républi- caine qu'on ayait eu tant peine à arracher aux plus coupables entreprises, on a vu de- hommes appartenant à des factions qui se dés

testent, se réunir, s'associe'r, s'abriter sous la

loi' et le pavillon national, pour détruire les institutions de.la République, pour menacer; les' volontés légitimes' de;la France et pour la précipiter aux genoux d'un maître. Et cela au nom de quoi ?'

Ah on le nie aujourd'hui, on le niera peut- être encore/quelque temps, jusqu'à ce que la; lumière éclatante;qu'on sîapprête à faire ail- leurs vienne jeter ses redoutables rayons surr la face dès conspirateurs mais', d'instinct,' la nàtioH, qui ne s'abuse pas, la nation ;qui: est conservatrice, elle, de son honneur et ûel sa stabilité,. Ja nation.ne s'y est pas trompée et,'soUs les'coùps redoublés d'une adminis-" ̃ tration hostile, corrompue et asservie, la) France, non pas .écrasée, et puisant en elle-' même sa force, et son salut, s'est débarràs-'i •sSé de ces coupables et de'çés, intrigants. (Longs- applàùdissemts. Ici l'orateur est^ interrompu pendant quelques minutespiar les acclamations -il reprend, àpr^s avoir fait signe' pour obtenir le silence.) Messieurs, nous ne sommes pas ici pour nous applaudir, mais pour échanger nos idées et nos sentiments^ Je vous' remercie vos témoignages de. sympathie,"mais je vous: demande seulement de la, régler, car il faut savoir régler, ses sentiments comme sa raison. (Approbation unanime.)

Je disais donc qu'il y a seize :mois, cette- enceinte,; pu. vous ayez eu l'esprit et Tà-propos de vous. réunir aujourd'hui, était témoin de l'alliance de tous les re présentants. :du pays, décidés à. fonder,; à maintenir la République, là. protéger contreioutesles factions, contre tous' les complots. ̃̃ Le pays a consacré, cette union/ C'est elle

ment, c'est qu'il, n'y aura plus que passedroits dans le monde.

Ainsi, se parlait, m petto, cet intrépide. fureteur; 'et, tout en se louan géant lui-1 même, il jetait de temps en temps.un regard sur la chambrière arrêtée.

A présent qu'elle est entre nos mains, il faudra voir à la faire condamner, pour-

Buivit-il.

A force de marcher, onfinit par arriver, mais comme l'itinéraire avait été changé, ce n'était plus au Verney, c'était à Châtil-; lon-sur-Indre, àla maison d'arrêt.

Il était nuit noire lorsque la voiture fit halte à la porte de la prison. Brigitte Lemonnier fut bientôt introduite dans ûnedes cellules, à quelques pas de celle où se trouvait Catherine Lemoine, la seconde femme de chambre inculpée. Brigitte était brisée tout à la fois de douleur, de surprise, de fatigue, d'ennui: et d'épouvanterQùand on procéda à la lecture de sonécrou, elle s'écria toute éperdue

Ces poucettes m'ont meurtri les mains ces menaces du. jugement m'ont épouvantée. Toute cette journée aura été; pourmoiun horrible; supplice. Cette acî cusation. dont on me poursuit,, d'ayoir aidé à tuer mon maître, achèvera de me rendre Iblle. ̃ ̃̃̃ Mais somme c'étaient les propos de tous les: accusés de l'un et de-l'autre sexe, on ne prêta .4' ab,ord que. peu. d'attention à ce qu'elle disait.

Il y a un, meurtre parfaitement carac:. tériséV puisqu'il- y, a des taches de; sang, des vêtements rapportés, et qu'on ne peut réussir à retrouver le corps du capitaine. Pour sûrj.M.: Louis, de La Pivardière est mort assassiné ou noyé.

Ici, avant, de sse;. retirer, un.-des deux, agents de police, le charmant .petit-maître qui s'était fait passer pour un .chevalier, se pencha à rçreillade M. JeanSigismond. Voisin^ .et lui dit [ Monsieur le juge,, permettez-moi de. vous donneruntion. conseil.

Que, youlez-vous dire, ̃ monsieur ? v Tenez,. vous. allez. iV.oir. ̃•' Eh ibieiij je. vous écoute,: monsieur. H ne s'agit que de fort- peu de chose, ï mais,voyez-vous, si Brigitte Lemonnier fait --e des difficultés pour avouer, faites comme <

[ul a vaincu, c'est elle encore qui vaincra lan? quelques jours, .-••' ,'c

Mais, quand cette majorité, fruit naturel de .a patience et de la sagesse de la France, sera installée régulièrement dans les. deu,x grands corps politiques dev la "nation, nous J ious trouverons, messieurs, en présence de ieux genres de devoirs un devoir pour le gouvernement, un devoir pour la majorité. Sur ces devoirs, je ne dis que deux' mots les uns devront gouverner, les autres devront. Bonsolider;les uns devront prendre en mains, résolument, la défense de l'Etat républicain, et les autres devront non moins résolument les assisterdans cette défense.

Les uns et les autres, je ne crains"pas de le dire, devront être d'humeur, et c'est ce qui se voit d'ailleurs dans d'autres pays, à subir les outrages, les injures, les calomnies, toutes les infamies qui roulent à plein torrent dans la presse immonde; oui, ils devront les subir, parce que tous ceux qui ne surnagant pas au-dessus de cette écume ne sont pas faits pour affronter les épreuves de la vie publique.

Mais, côté de cette licence qu'il faut savoir résolûment tolérer, il en est une autre que l'on ne peut pas, que l'on ne doit pas admettre c'est l'attaque au suffrage universel, qui est le souverain dans ce pays et la pierre angulaire de notre édifice politique et social, l'attaque à la République, qui est la Constitution et la loi du pays et surtout, ce qu'il ne faut pas qu'on tolère, ce sont ces appels coupables adressés à l'étranger, non pas que ceux qui présentent la France républi- caine comme une cause de désor3re et d'in- quiétude, comme une source de menaces pour l'ordre extérieur en Europe, le croient ou le pensent, ne le supposez pas, messieurs ils sont fixés sur. la. porlée de ces outrages et la valeur de ce raisonnement mais ils espèrent troubler, qui? Le dehors? Oh! non, le dehors les connaît et les méprise. Mais ils espèrent troubler et agiter au-dedans quelques hommes naïfs que des susceptibilités légitimes au sujet de la sûreté du pays et de l'intégrité de la patrie peuvent encore surprendre et égarer. Voilà leur calcul. Ce calcul odieux/messieurs, il ne faut pas le tolérer sous un gouvernement qui a le sentiment de sas devoirs et qui doit protéger avant tout l'honneur de la nation. (Salve d'applaudissements. )

Sauf cette réserve, dans tout le reste il; faudra pratiquer la liberté, car c'est l'arme véritable des gouvernements modernes, c'est à la fois le bouclier et l'épée de. la République, et les pouvoirs vraiment forts se sont toujours félicités de s'être placés sous sa protection-, On a beau annoncer sans cesse au pays la restauration d'un' gouvernement absolu, le retour dé la terreur monarchique, ce sont des déclarations vaines, et la France ne s'y trompe pas. Les électeurs, peu nombreux, je crois, qui lisent les feuilles où sont écrites ces menaces ridicules ne s'y trompent pas davantage.

Nous pouvons dédaigner .les fureurs épilep- tiques de cette presse indigne elles doivent vous laisser sans inquiétude. Et vous, mes- sieurs, qui sillonnez la France, vous qui la connaissez dans toutes ses parties, vous qui entrez de commuée à commune, et même dj hameau à hameau, en- conversation quotidienne avec les plus obscurs de nos concitoyens, avec ceux qui sont les plus éloignés des centres de la vie activerons savez- mieux: que moi que ces calomnies sont maintenant sans portée et qu'on en rit parce qu'il n'y a plus à s'en indigner.

Aussi, messieurs, c'est vous qui nous avez donné espoir -et confiance dans la lutte du: 16 mai. A cette époque où les journaux étaient supprimés ou entravés partout, vous étiez les messagers de la bonne nouvelle, les col-,porteurs de l'énergie dans l'action et de l'espérance en l'avenir; ertmême temps que vous" faisiez toucher du doigt les dangers d'une politique d'aventur8S,-vous montriez que le1 France ne faiblirait pas dans la lutte et qu'elle se défendrait elle même à force de résolution et de .volonté. (Applaudissements prolongés.)

̃ C'est de cette propagande individuelle, de, ce prosélytisme tête à tête, calme, confiant, pacifique, que j'ai voulu vous remercier. Ça n'est pas une corporation devant laquelle je .parle, ce n'est pas à des Français distincts d'autres Français que j'adresse en ce moment S :la parole, non, çjB$t à des jeunes gens, car. vous êtes presque tous plus jeunes que moi. j- (On rit.)

Messieurs, je suis convaincu que, quelles que soient votre jeunesse et votre ardeur, i mêlés crue vous êtes déjà à la pratique de3 affaires, vous avez appris et retenu lesr .dures; leçons de l'expérience et ,de la vie, vous connaissez la connexité intime, immé-: diate, instantanée qui existe entre une rnau-; ..vaise politique et les .crises commerciales, entre'urie détestable tyrahnie.ôt les désastres

on fait à Paris usez des grands moyens. Quels moyens ?

Les petits pots d'eau. ou le. supplice -des brodequins, la question, quoi! ainsi: qu'on a fait pour la "marquise de Brinvilliers. Ça réussit toujours.

Mille remerciements, monsieur. Je"prends bonne iiôte du conseil. ̃̃̃̃ ̃̃ xxiv ̃"̃̃̃̃̃. ̃̃

Mme de Grqndchamp,à Mme, des: Sand~°a~ Çhàtillon-surlndre,, 15, septembre 16.97.

«,Eh -bien,; cher amie,- en voilà, bien; d'une autre, à présent J!aià à te parler de la suite des événements du Vernay. Si tu; .as bonne mémoire. -tu. dois te .rappeler qu'au moment où l'on commençait à par-;1er. de cette aventure, je me suis miseà te dire qu'il, n'y /ayait rien d'horrible là-dedans, rien de noir ni de criminel. M. Louis "de, la Pivardière, un maître original, s'il; en fnt, s'était enfui de son château, sous; l',empire d'.on ne savait quelles idéesfolles. Un Ijour, il. était, revenu à l'improviste, tout à la fois galamment et froidement reçu /de. sa femme. Lé, lendemain, avant t que. le coq eût chanté, cette tête, à l'envers avait de nouveau disparu, mais avec' des circonstances qui avaient pu faire, supposer qu'il aurait été tué durant la nuit. Tuer un, ex-capitaine de chevau-lé-gersVJ dans -un des calmes châteaux des bords dei la Loire, la chose était cent i mille, fois invraisemblables. Mme.' de la' -Pivardière n'avait ;.pàs même! à se donner :1a peine dernier. Personne ne croyait que ison-mari, eût été assassiné par elle ou par ̃son ordre. IL n'y avait; que les gens de j us.tioe pour l'accuser, mais, comme dit le .duc de Saint-Simon; quineles aime pas, ces honorables magistrats, sont, bien forcés parleurs .fonctions d'accuser Pierre ou Paul, très- souvent-même Pierre et Paul; ̃ensemble.

» Pendantprèsde deux mois, on n'avaitJ en -guise de preuves Lque des propos en1 l'air,' une ou deux taches de sang sur les murs d'une chambre,- une défroque de ivoyageur trouvée par deux petits pâtres sur les. bords" de l'étang de Pressigny, et c'était.taut. Un président honoraire, vieil-"

généraux, qui, après avoir désolé une région s'étendent bientôt1 au pays tout entier, et I qui accumulent ainsi les sinistres avec plus I de rapidité que les fléaux de la nature. (Vive I sensation.)' 'C'est pour cela qu'on redoute tant votre "̃̃ concours, qu'on redoute tant vos services, qu'on a cherché, pendant le 16 mai, à rès- ï treiadre votre liberté d'action, à l'entraver et à vous menacer.

Vous avez fait' votre devoir vous devez en être satisfaits par la pensée même de l'avoir accompli, et à la vue des résultats acquis. (Vive adhésion.)

Quand vous retournerez au train ordinaire de votre existence, continuez, persévérez, instruisez-vous pour instruire les autres, et que/toujours on sache que vous avez deux grandes idées qui vous guident une pensée politique très claire, très rationnelle, et une pensée économique, qui en est la couséquen- ce, quand elle ne la devance pas. (Très bien très bien!) 1)

Et si je prends la liberté d'ajouter un conseil, c'est celui-ci: dites bien, dites-vous les uns aux autres, répétez' à ceux que vous visiterez que ce pays-ci n'a de ressources, n'a d'avenir qu'à deux conditions c'est d'abord qu'il conserve la forme de gouvernement qui est, pour ainsi dira, l'efflorescence naturelle '1 et nécessaire de la démocratie et c'est en- suite que ceux qui veulent fonder ce gouvernement ne se divisent ni ne sa désunissent jamais.

Les discussions, les controverses sur les questions qui relèvent du jugement propre, du libre arbitre des citoyens, ne peuvent pas entraver les résultats de la politique de la démocratie au contraire, la lutte dès personnalités, ceserait le désordre, ce serait la ruine. Si vous voulez la stabilité nécessaire à l'Etat, la stabilité dans les affaires, qui est la mère de la prospérité, la- prospérité, levier de l'affranchissement matériel et moral de ces couches profondes qui nous intéressent audessus de tout; si vous voulez tout cela, prêchez l'union, prêchez la discipline, prêchez la concorde! Et, puisque je suis en train de faire l'énumération des vertus théologales de la démocratie, prêchez aussi la patience! (Applaudissements).

Oh non pas cette patience qu'on pourrait confondre avec l'inertie Non pas cette patience qui ressemble à l'oisiveié, non pas cette patience qui engendre la désertion des devoirs civiques, non mais cette patience qui calcule, qui conduit, qui réfléchit, qui agit, qui attend le moment favorable. (Très bien très bien !) cette patience dont la France a donné l'exemple depuis dix ans car, songez, messieurs, d'où nous; venons considérez de quels périls le parti républicain est sorti, à quels foyers de désordre il a échappé, à travers quels ennemis coalisés il a pu porter sa fortune, pensez et réfléchissez. _h

Est-ce que c'est par la division, par l'impatience, par la discorde, est ce en attaquant de front toutes les questions à la fois que nous avons. atteint tant de résultats magnifiques ? Non, c'est en divisant les questions, en les sériant, en marchant prudemment pour mieux connaître l'obstacle, en l!abor- dant d'une façon pour ainsi dire, rationnelle et. scientifique, c'est par cette patience méditative, active et rationnelle que vous êtes parvenus à ces résultats, et il faut y perse- vérer, parce que ce qui est bon pour vaincre, est encore meilleur pour garder ce que l'on a conquis. (Applaudissements prolongés.) Et ici je m'adresse à tous ceux que ma parole pourra atteindre au dehors. H va va être temps d'y réfléchir définitivement. Dans quelques jours vous -allez avoir la majorité partout, et c'est la responsabilité qui va naître. Vous avez échappé, je l'affirme, aux périls et aux conspirations l'ère des dangers est close, celle des difficultés va commencer. (Vive adhésion.) '• On n'entendra plus parler d'un complot, ̃d'une cabale, -d'une,. intrigue, d'une alliaace- ;ténû.e secrète et pratiqués, tous, les jours,; pour, contre ou avec l'exécutif. Tout cela ya, disparaître sous le souffle de la nation, mais, en même temps que le pays, en les -brisant, vous a débarrassés de vos liens, enj même temps qu'il a expulsé et chassé de l'arène politique les traîtres et les indignes qui, .ont voulu l'asservir, il a- tracé la: ligne conduite à -suivre. ̃ .̃̃ ̃' ̃ ̃"̃ "̃•• r"- Ilifaudra,;dans nos futures réformes, considérer ce qui est mur, ce qui est urgent, ce qui doit attendre, ce qui doit .être écarté "et. ce qui doit être résolument condamné. C'est' ce qu'il faudra voir virilement, en face, sans jamais oublier que les partis ne tombent et ne se perdent que par les fautes qu'ils com-vmettent. (Applaudissements prolongés^) Donc maintenant, plus de périis, mais des difficultés et la responsabilité tout entière. Eh bien j'ai confiance, quant à moi, dans la sagesse affirmée,, démontrée, pratiqué», tous

lard plein de sens,,avec lequel je joue par fois aux échecs, me disait qu'il n'y avait réellement pas moyen. 4e faire ,un procès (avec de tels éléments. Mais c'était parler, sans cpmpter sur le zèledes jeunes procu-,reurs royaux qui ont à faire duzèle pour mériter .de 1 avancement. Deux de ces; messieurs ont été préposés à l'examen de ̃ "l'affaire.. Peut-être savez-vous ce que c'est qu'une enquête. Aussitôt que c'est commencé, ça ne finit plus, et, avec le temps, la cause la plus simple finit par trouver les ramifications -,lçs plus inattendues et les •plus redoutables.

>' » Après une descente au Vernay, on avait consigné Mme^de la Pivardière en maison amie, où elle devait se. tenir prête à toutes les réquisitions du pouvoir judiciaire. En même temps, à la suite de.; propos plus bizarres que compromettants, on mettait en, état d'arrestation les deux femmes de chambre de la. châtelaine. Le malheur est que l'une d'elles, un peu éventée, après ;-s'être déguisée en garçon, s'est éva = dée, a coi'ruJes champlet a finlpar être retrouvée au fond du Berri, dans un château de.la famille ^d'Aimery-Béthune^où1

elle, a été. arrêtée. -.̃•

» Vous ne sauriez croire, ma toute belle, quel parti les hommes de la judicature tirent de cette fugue contre Mme de la Pivardière.- Ne voulant' pas supposer que' cette fille n'a eu d'autres motifs de s'enfuir que 'la peur id'êtrëjetée en prison; ils parlent d'une complicité certaine avec sa maîtresse. Ce qu'il -'y a de certain c'est que"-.la fugitive aété ramenée ici en chaise de .poste, mais enchaînée. On l'a vite jetée en prison. -Mme de la Pivardière n'y est pas encore, mais on croit bien que cela ne.saù- rait tarder bien longtemps.

»"Ceux de, nos voisins qui ont été à même, de voir ou- d'entendre cette dame depuis tant d'aventures affirment que, pleine de calme et de sérénité, elle se contente de •sourire amèrement en disant que non-seulement elle n'a jamais assassiné son mari, 'mais que. ce dernier est toujours de. ce monde.A l'en croire, les taches de sang sur les murs proviennent de ce que,- pendant la nuit, M. dé la Pivardière s'est blessé à la mainau moyen d'un clou, d'un verrou ou d'un morceau de verre. Il s'agirait doncd'une chose seulement puérile. Quant

les jours par les élus du suffrage universel j'ai confiance dansla pression de cette- opinion publique isi sensible et siflne, si juste et si' ardente, sachant se passionner, se modérer et s'arrêter et; véritablement quand on l'étùdie et quand on cherche à régler ses pas sur les pas qu'elle accomplit elle-même, on tetdnnàît qu'éllô' est' la" véritab'le souveraine dans un gouvernement démocratique et que ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de s'en inspirer et de l'écouter. ° Si donc vous avez des difficultés, vous avez aussi des ressources, des forces, des auxiliaires, vous avez des trésors de patriotisme et d'intelligence pour terminer enfin l'installation d'une démocratie vraiment libre et instruite aux affaires, dans toutes les affaires. (Mouvement prolongé.)

Devant quel auditoire pourrais-je plus librement et, permettez-moi de vous le dire, plus allègrement exposer, je ne dirai pas le programme de la démocratie, vous le connaissez tous, mais les conditions de la démocratie, ses difficultés en même temps que ses moyens d'action, sinon devant ceux qui, sortis du peuple, lui appartenant, visitant, le pratiquant tous les jours,' peuvent être, au point de vue politique, ce qu'est l'instituteur au point de vue de l'éducation nationale, devant ceux qui peuvent être des agents primaires, des agents initiateurs sur les points du territoire pu ne pénètrent pas les journaux, où la voix publique ne se fait pas entendre ? Vous me comprenez, messieurs. Il vous reste, non pas à justifier ces espérances, car vous avez déjà prouvé, ce que vous pouvez faire, mais à les couronner, et nous aurons-éafiQ fondé dans ce pays un gouvernement. pour lui et non pas pour les autres. (Applaudissements unanimes.)

Oui, pour lui! Et je ne le dis pas à cause ` des circonstances passagères que nous traversons je le dis, parce que tel a toujours été le cri de ma conscience et, s'il m'est permis de le dire, tel a toujours été le dogme de mon attion républicaine c'est que nous.; n'avions à nous occuper qu'à faire la Repu- blique française.Aux autres d'aviser au gouvernement' qui leur plaît

.Quant nous, n'ayant plus désormais le souci de la propagande, mais en ayant l'a- version et l'antipathie, nous sommes maintenant au-dessus du reproche qu'on pouvait ,1 nous adresser: autrefois..Nous ne voulons pas permettez-moi ce mot famillier faire l'exportation de nos théories. '(Approba .tipn); nous avons notre tradition nationale, nous* ayons une Constitution à .part,:)des mœurs à part, une propriété constituée sur, des assises immuables et que le mondé peut1 nous envier, et ce mot n'est pas dans ma bouche une formule :banale.

Avec cette propriété, "ce génie, ce goût, cette aptitude au raffinement en toutes choses, à 'la grandeur arlistique et littéraire, iest-ce jjue nous sommes chargés de penser, d'agir pour le resté globe ? (Nouvelle approbation.) 1 1. 1

Faisons donc un gouvernement modèle qui' ne ressemble à aucun de ceux qui l'ont précédé, un«gouvernement qui soit bien aux Français et rien qu'à eux seuls 1, ~i

Vive la République française

(Salves d'applaudissements et cris répétés ` de: Vive la République Vive Gambetta.)

̃ "l r^~ *♦-

1101 SENATORIALES DU O JANVIER 1878

LISTE DES SENATEURS SORTANTS l ET DES CANDIDATS PAR DÉPARTEMENT [ =

l

l Élections par renouvellement

l

IIMITE-CAROftWE

3 sénateurs à élire.

̃•SÉNATEURS bORTANTS MM. Sacaze, .droite, <élu par 368 voix. Général Pourçet.id.. -339

_'4eaelcastel,ld." .278 i CAHDID'ATS; RÉPUBLICAINS

MM. Hébrard, ̃ directeur du. Temps' T ` de Rémusat,; député.t 1

Camparàn. r 1 '-Lj

aux habits rapportés par les. deux pâtres des bords de l'étang de Pressigny, elle .soutient que, passant Lde ce côté-là pour; s'enfuir, suivant son habitude,. son, mari; a jeté en cet endroit son chapeau, ses.bottes et son manteau, soit rpour revê-; tir un autre- habillement, "car, il change.; souvent de costume, feoit pourifaire naîtredes soupçons de .nature, à dérouter l'oeil- f de la magistiTature dont il serait-présente- j u ment justiciable à: cause d'une bien grosse affaire. Cette -grosse affaire, é'_est que le j susdit époux de cette charmante» femme: ̃; aurait contracté pilleurs et fnauduleuse- ment un second mariage..Tranchons /le.T motj il serait bigame; ̃•̃

» Bigame Voilà un élément ̃ qu'on ;ne croyait pas devoir exister dans cette Ms-ï toire déjà si compliquée. Jusqu'à ce jour Mme de La Pivardières-est' bornée à prononcer le mot, se. réservant, :dit-elle, ;de publier, tous les détails désirables quand- le moment opportun sera venu .Mais voyez d'ici tout ce qu'une telle assertion. a:dûcauser ;de mouvement dans ce pays le;. le crime de bigamie est, Bleu merci; tout ̃ à fait inconnu. Bigame! Pour le coup, .toutes les femmes se sont détournées du mari pour plaindre et défendre la fémige. Bigame! si M. de La Pivardière: reparais- J sait,; il courrait risque d'être écharpé par- /les deux sexes 1 •» Mais attendez^ et vous allez voir inain- tenant le plus étonnant 'des coups de théâtre. ̃- '• ̃̃̃- ̃;̃"̃- r » Sur la déposition des deux petits pâj.rës1 qui avaient rapporté la défroque de Tari-" cien capitaine, on s'était mis à faire des' recherches dans l'étang de Pressigny, où' quelques-uas prétendaient que devait se, trouver le cadavre de l'ancien chevau-lé-' ger.

'Tout ce qu'on a pu tenter à cet égard pendant .plusieurs semaines n'a amené aucun résultat. Eti fin de compte, on en était raisonnablement amené à conclure 1' qu'il n'y, avait eu de noyade d'aucun, genre. ~T Les partisans de Mme la Pivardière .WomV phaient. ̃? « Eh bien, ils n'auront, pas triomphé longtemps. » f ̃ Apprenez .donc qu'il y a six jours au -< susdit étang.de Çressigny, du, côté de, la ,i pointe des Perrières, le matin, deux hom-

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES

MM. Sacaze. 1

de Belcastel. ̃

Welj bonapartiste..

GERS ''̃

2 sénateurs élire. SÉNATEURS SORTANTS

MM. Batbie, droite, élu par 285 voix. Lacave-Laplagne, id. 272

CANDIDATS REPUBLICAINS..

MM. Maumus, avocat, ancien procureur gé néral

de Salvandy, ancien député.

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES

MM. Batbie,

Làcaye-Laplagne.

GIRONDE ̃ ,t

4 sénateurs à élire.

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Behic, droite, élu par 388 voix de Pelleport-Burète.ld. ̃ ;367 Hubert-Delisle, id. 365

Raoul Duval, père, id. 361

CANDIDAT3 RÉPUBLICAINS

MM. Dupouy, député.

̃ De Lur-Saluces, député.

Callén, conseiller général.

Issartier, ancien conseiller général.

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES

MM. de Pelleport-Bnrèfe.

Béhic.. ̃ ••••• ̃ ̃̃̃- '̃' ̃̃ ̃ '̃>

Hubert-Delisle.•̃•̃: .̃.̃'̃̃̃

Pascal, ancien secrétaire général

du ministère de l'intérieur.

̃ HÉRAtJLT '•;

3 sénateurs à élire..

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Pagézy, droite, élu par ,230 voix de Rôdez-Béiwvent, id. ->J– 221'

Bonafous; id.. L '217 (

CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM i Gaston Bazille, président de là Société d'agriculture; •'

Combescure, docteur en médecine

Griffe, président du tribunal civil de

Nîmes.

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES MM. de Rodez-Bénavent j'

Bouissin, ancien avoué

Teysonnièrè, négociant.

Bonafous, sénateur sortant.

lULE-ET-VILAINE

3 sénateurs à délire.

SÉNATEURS SORTANTS m .f

MM. Grivart, droite, élu par .287 voix

Général Loysel, id. 280

Kergariou (décédé), id. 261

CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM. Roger Marvaise, député.

Jouin, ancien député à l'Assemblée na- tionale.

Le Bastard, conseiller général, président de la chambre de commercede Rennes. CANDIDATS RÉACTIONNAIRES

MM. Grivart.

Loy»el.

Gouyon de Beaufort, maire de Plergan..

conseiller d'arrondissement du canton

1 de Châteauneuf. -i

I. INDRE

2 sénateurs à élire.

SÉNATEURS SORTANTS My. de Bondy, droite, élu par 166 voix.

•-̃' Clémënt;ïdi '̃v-- '1§3 -:k':

CANDIDATS,. RÉPUBLICAINS .DU CQMITÉ f ̃ MM. iPôrîgois, conseiller général de Château- r:TPUX: =:: •̃'̃ -̃'̃̃̃̃, :?:. "̃̃̃̃• ̃ Général Vergae, ançien.pffici.e.r;supérieur: de marine.

.mes, qui reyenaient: de .vendange., .ont aperçu tout-à-coup flotter .sûr l'eau une mas.se informe, jcouleur^ de btp.nze; G.'était une forme humaine,; un r corps ïde: .noyé qui, après avoir séjourné longtemps au .|ond;de l'eau et dans la vase, est dans un •tel état de décomposition qu'on ne peut plus, dire exactement quelle .est -la. forme râe son .\visagfe. Ji rfaut .ajouter un ^détail jhorrible. Cet étang de Pressigny, ainsi que -vous le savez peut-être, abonde eh gros ipoissons. et surtout en .brochets. ICes (reqiîins. d'fîau douce. ont, .paraît-il, rongé à demi le corps ea question, circonstance ,qui n'est pas faite pour qu'on puisse poser une; .affirmation, bien nette, r « Cependant il y a eu le plus tôt possible une descente de justice, avec accompagne-' ,ment d'experts-jurés, de médecins et de .chimistes. On a commencé par mesurer le ^cadavre et, bien entendu, on a trouvé qu'il" ;a^ait' justement la grandeur de l'ancien ".châtelain. Premier point qui a jeté un pre- mier ferment de conviction dans les es'iprits '•"•̃ ̃̃ '̃" ̃'̃ r:r '̃'̃ ̃"•' ̃̃ « Vous yoyQz, bien que c'est M..de la Pivardière s'est écrié un des jei|nes magistrats.' ̃/ ̃̃̃ ;r' .?. » Quelques-uns des hommes de science ..oit .appuyé sur ce dire, et aussitôt nous iivons pu remarquer un nouveau, revire^ment, dans l'opinion publique. Ceux et celles qui, la yeilie, demandaient.à-échar- .j>er_le bigame, s'emportaient ^majintenant, contre la femme, en criant qu'elle a, mérité lai corde. L'enquête va donc prejidre une autre tournure, plus animée, pj-us^ sérieuse. Tout paraît donner,,à penser, que.Mme, ;de la Pivardière ya., devenir l'objet .de la. plus sévère 'surveillance.

» Peut-être croyez-yous, que c'est fini et.

que j e n'ai plus ,gu'à clore ma lettre- eh

,,b|enj non, vous vous trpmperiez.Tout l'heure, en effet, j'ai, ententiu-dire par un;

garçon décidé qui. arrive des..bords ide.l'é-

,"Ttang;qu'pn se divise sur -,1a question dei. savoir, au.juste, quel est le noyé. Plusieurs^ .habitants du, .pays soutiennent..que cein'estpoint du tout.M.; Louis.de -la :Piyar-.dière mais bien un: jincorrigi^le, ivrogne,. ;un.tisseranddu nom. de Rabutin,, ruiné de ,*corps et de biens et qui, après avoir bu son .dernier -liard, ^'est.enleye »̃ l'envie de .boire en se jetant dans l'étang. A l'appui de cette

CANDIDAT RÉPUBLICAIN ISOLÉ

M. Grandhomnie, vice-président du concei

général.:

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES

MM. Clémeni

Charlemagne.

̃̃̃"̃ ISÈRE' '.̃"̃•

2 sénateurs à élire.

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Michal-Ladichère, gauche, élu par400voi Eymard-Duvernay, id. 396

CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM. Michal-Ladichère.

1 Eymard-Duvernay..

Rouja, maire de Vienne.

iVogeli, journaliste. ̃

JIURâ

2 sénateurs à élire.

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Tamisier, gauche, élu par 446 voix. Thurel, id, 445 CANDIDATS REPU BLICAINS

MM. Tamisier. Thufel

LANDES ̃

2 sénateurs à élire

SÉNATEURS SORTANTS

MM. de Ravignan, droite, élu par 203 voix. de Gavardie, id. 197 CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM, Victor Lefranc, ancien député. Boucau, ancien membre l'Assemblée ""•' nationale. •- ±< \.l.l.± :>_> » CANDIDATS RÉACTIONNAIRES MM. de Ràvighân. '=" » de Gavardie;

LOIRET-CHER

2 sénateurs à élire

SÉNATEURS SORTANTS MM. Bozérian, gauche, élu par 212 voix Général Riffaut, droite, 178 CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM. Bozérian. '̃"

Dufay, député, vice-président dii conseil général.

LOIRE

3 sénateurs à élire..

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Arbel, gauche, élu par 308 voix. De Montgolfier, droite^ -218

DeMeaûxyid. '••'̃; '205

CANDIDATS RÉPUBLICAINS

.MM." Arbel." '•'̃.

Chàvassieu, député de Montbrison. Cherpin, député de Roanne.

CANDIDATS RÉACTIONNAIRES '"̃ MM, De Mootgolfier. i\ •De Meaux r^ ."• LOIRE (HAUTE-)

2 sénateurs à élîre._

SÉNATEURS SORTANTS

MM. Edmond de Lafayette, gau-

che;ri iv'- VièTupar 172:v. ̃̃ Jacotin, gauche, ,,174y. CANDIDATS RÉPUBLICAINS

MM. Edmond de La Fayette.

:'Vissàgiiet^ancienidéputé.:V' j -.•• CANDIDATS ACTIONNAIRES. r' I MM. Philip, notaire. •• '<̃ l Calemard de Lafayette. °" ̃̃i,pmË-iM-FÊHiECHE ̃̃̃̃̃: 3 sénateurs à. élire. A

conjecture on invoque plusieurs preuves. D'abord il y a quinze jours qu'on n'a revu U 'ivrogne. Secondement, la veille de sa [mort supposée,, il disait tout. haut au cabairet qu'il était las de la vie et que, pour se punir d'avoir bu trop de vin le long de sa Me, il finirait par l'eau. Enfin, et ceci est plus dirimant, il manquait à ce Rabutin •*un doigt de la main gauehe, le médius. "C'est ce qui se voit aussi sur le cadavre. A la: vérité, il en est qui objectent que ce doigt a pu être mangé par les brochets. Et ceux-là insistent pour dire plus fort que jamais: '• ̃ Le noyé est M. Louis de la Pivar- dière.

'«Quoiqu'il en soit, voilà, en raison de ce nouvel épisode," le'1 pays" encore une fois tout en l'air. MM. les procureurs royaux, auxquels tant de belles choses donnent une soudaine importance, font écrire sur tout cela ses charretées de paperasses. On voit arriver ici des avocats de divers pays lesquels viennent par amour de l'art, afin d'étudier une matière si rare et si intéressante. Sous peu de jours, le tribunal criminel siégera, et c'est alors que la contrée va être le but d'un grand nombre de pèlerinages. Il y a longtemps qu'on n'a vu rien d'équivalent à tout ceîa.

*• Je viens de vous raconter tout ce qui se passe, mais je n'ai pas encore eu le loisir de vous exprimer mes propes sentiments. Dans l'origine, je^vous -l'aï dit, jetenais' hautement pour ,1a non-culpabilité de Mmeide la Pivardière. Tout ce qu'on< /lisait m'avait; l'air d'un, ponte bleu forgé.par /des imbéciles, des méchants ou :des: fous. Mais la découverte ;d'un; corps mort dans l'étang de Pressigny a quelque peu; j'en conviens, ébranlé ma première {manière de -voir. Il est possible que ce soit le .Rabutjin je veux même, l'espérer, mais ^j'avoue: qu'en une chose.de cette .délicatesse, "iljfaut .qu'il y ait une enquête, .des.débjits publics et :des plaidoiries pour et contre. Quand tout cela aura été. fait, je yous mettrai au courant. des nouvelles. » 'Jusque:là, ma toute, belle, "adieu et recevez mes meilleurs, compliments. -7- » Ursule de Granchamp, » » Philibert AUDEBRANTD

{A suivre.) ̃