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Title : Le Gaulois : littéraire et politique

Publisher : (Paris)

Publication date : 1895-10-28

Contributor : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication

Contributor : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication

Contributor : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 94503

Description : 28 octobre 1895

Description : 1895/10/28 (Numéro 5645).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k529289r

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 06/03/2008

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MRS M FOM?

t~e point est encore obscur.

`' Noyé dans la tempête d'avant-hier, l'incident y jfM; englouti comme un fétu de paille en un tourjRUlon d'abîme. En d'autres circonstances plus ~jÈnsibles, il eût enlevé son petit succès de curioBité. La tribune des journalistes se fût, comme Car enchantement, vidée, chacun se. ruant aux nouvelles pour connaître l'auteur de l'acte qui, samedi, sema de choses encore imprécises et innomées l'hémicycle du palais Bourbon. Mais le souffle d'Adamastor-Jaurès avait creusé de tels sillons la surface de l'Océan parlementaire gué rien n'y pouvait surnager, hors l'écume de M. Fabérot. Et c'est pourquoi les gazettes d'hier, relatant le fait de cet inconnu se dressant à la même place que Vaillant, et, du même geste que lui, jetant à la tôte de nos députés un projectile escorté de paroles incohérentes, constatent que les paroles seules ont éclaté en forme de cris et négligent de rechercher exactement ce qu'était le pr~ectile.

Un bouquet de fleurs, disent les unes; une poignée de foin, affirment les autres.

Personnellement, j'incline pour les fleurs. Outre que l'hypothèse satisfait mieux mon sens esthétique, elle me semble d'un symbolisme plus Élégant et d'une plus piquante ironie.

Je me figure ce pauvre diable, arrivant de Lens & Paris, à pied, car le chemin de fer, même en troisième classe, représentait pour lui l'idéal d'un luxe inaccessible; je le vois, franchissant les barrières, pénétrant dans la grande ville ou il est Seul, ne connaissant personne, hanté seulement ~ar cette idée fixe d'attirer sur lui, sur sa misère, r&ttention décès hommes dont il coudoie l'indifférence, et se disant « Puisque la violence ne réussitpas, essayons du contraire, pour voir). a Sur quoi, il arrête un de ces marchands qui, en d'humbles charrettes, promènent dans les rues, endeuillées par l'hiver, un peu de sourire et de {oie, et, de ses derniers six sous, se paie un bouquet de fleurs.

Un instant après, il franchit la grille sacrée derrière laquelle s'élabore le bonheur du peuple, demande une carte à son député Lamendin, et, au moment où M. Leygues s'apprête à terrasser l'hydre du socialisme, il jette, au pied de la tribune, sa bombe de couleurs et de parfums. Vive la patrie t s'écrie-t-il, vive la France t Je suis infirme depuis cinq ans t Voilà mes certiRcats. On ne veut pas m'écouter t.

On l'écoute, cette fois, une minute à peine car déjà les gardes l'ont empoigné, enlevé, conduit à la questure. Et, tout comme si M. Dupuy eût été au fauteuil, la séance continue; et le ministre de l'intérieur, impassible, assène sur le museau de t'hydre son premier coup.

L'incident est clos, sans fracas et sans tragédie. Par les soins d'une questure indulgente, le naturel de Lens, pourvu de quelque argent, a été reconduit à la frontière législative, et, après un bref séjour au petit local où les agités du Parlement reçoivent leur douche, invité à réintégrer .te foyer dont il semble totalement dépourvu. Et c'est ainsi que la Chambre, non sans esprit, a. prouvé qu'elle entendait le langage des fleurs. Celui du foin l'eût sans doute trouvée d'humeur moins bénigne. Jeter du loin à nos honorables, c'eût été trop évidemment leur dire \<c Voici ce qu'un meurt-de-faim vous envoie pour te cas, d'ailleurs improbable, où vous n'auriez pas de quoi dîner, a L'impertinence eût paru un peu forte, et l'homme de Lens eût risqué de mancuer son but. q

t Mais que répondre à une pluie de fleurs, discrète et galante allusion à celles dont l'éloquence de nos leaders inonde quotidiennement la Chambre? Et comment se fâcher contre un pauvre hère qui, pour en faire l'emblème de sa détresse, a demandé à la nature, sa marâtre, le délicat et fragile symbole de la douceur et du pardon î

A parler franc, je doute que l'homme de Lens a.it mis dans son acte autant de subtile philosophie. Mais l'instinct a de ces trouvailles où l'égaierait à peine le raifmement d'une ingénieuse réilexion. A ce titre, le député Lamendin pourrait .oSrir son électeur en exemple à plus d'un de ses collègues, à qui l'âpreté des mots et la violence des idées semblent le plus sûr moyen de servir cp qu'ils pensent être la vérité.

Si sage que soit la leçon, nos honorables ne verraient pourtant pas sans terreur qu'elle fût, au pied de la lettre, suivie par tout le monde. Figurez-vous tous ceux qui ont à se plaindre de la vie se donnant rendez-vous au palais Bourbon pour y bombarder de bouquets les crânes de leurs .députés t Outre que tous les marchés de Paris déyalisés ne suturaient pas à fournir tant de munirions, les six cents représentants du peuple risqueraient: de périr étouffés sous cette odorante avalanche. Et j'entends d'ici leurs six cents voix, pareilles à celles de Calchas, répéter à l'unisson jta classique apostrophe du vieil augure « Trop <de fleurs Trop de fleura !)) »

Même au goût des modernes augures, qui se 'distinguent des anciens par cette étonnante spécialité de pouvoir se regarder sans rire, trop de .Ëeurs vaut pourtant encore mieux que trop de jCOups. Si l'on ne doit pas frapper une Chambre 'même avec une fleur, cette manifestation des imipatiences populaires est encore préférable à celles ~rui se traduisent, comme il advint, par des éclats )de bombe ou des balles de revolver. Le mieux setrait de couper court aux unes et aux autres, le ~plus vite possible, par une étude sérieuse et une solution rapide des questions qui, dans l'âme obscure des foules, restent des ferments de révolte aussi dangereux à méconnaître qu'à exaspérer.

Nous voici avec une vingtaine d'interpellations sur la planche. C'est un pain qui nous laissera le ventre creux. Mais, la provision étant épuisée, la remplacera-t-on par une fournée plus substantielle et moins désespérément illusoire? Si nos députés n'y avisent pas enfin, ce sera à se demander, une dernière fois, ce que viennent faire à Paris les cinq cents mitrons incapables qui, tous les quatre ans, lui arrivent, de tous les Gonesses de France, pour être boulangers. Et cette dernière fois pourrait être la bonne. 'i Nos députés, si peu qu'ils paraissent s'en douter, ont cependant le moyen de le savoir mieux que personne s'ils veulent marquer par quelque besogne utile les deux ans de législature qui leur restent, ils n'ont que l'embarras du choix. Certes, ce qu'on est convenu d'appeler la question sociale est une chose complexe. Mais sa complexitémême est uneinviteau travail qui peutseul en débrouillerledouloureuxécheveau. Le malheur, l'irréparable péril peut-être, est que, faute de pouvoir tout résoudre d'un coup, on ne résoud rien, et que ceux-là mêmes qui, par leurs exigences immédiates, créent cette impuissance, la retournent comme un grief légitime contre les abonnes volontés que paralysent leurs continuels

assauts.

L'antagonisme, apparent et non réel, entre le .capital et le travail, est évidemment un de ces .problèmes dont la solution ne s'improvise pas en huit jours. On pourrait s'estimer heureux d'y parvenir en huit années, à la condition que tout jie monde se m!t d'accord pour procéder à l'enquête, minutieuse autant que loyale, que des esprits superficiels ont la candeur de croire close. .Mais, en attendant que cette enquête aboutisse, il y a des réformes spéciales. et partielles qui permettraient d'espérer plus patiemment le bienfait suprême de sa conclusion.

Pour n'en citer que deux, je dirai que ce qu'on est en droit de réclamer tout de suite, c'est un

plus facile acc~s des' malheureux, ballottés et meurtris par les orages de la vie, au double port de la justice et de la charité.

Le client du député Lamendin, qui est venu de Lens à Paris dans des souliers sans semelles, ne s'est évidemment pas offert par pur dilettantisme cette partie de /boM~. Il est probable qu'à Lens même il avait tâché d'attirer sur son sort l'attention des autorités dont il croyait avoir le droit de solliciter la bienveillance. Et il est probable aussi que ce droit n'était pas absolument chimérique, puisque la questure de la Chambre, sur une enquête sommaire et le vu des certificats que le pacifique énergumëne brandissait sur la tête des députés, à cru devoir, au lieu de l'envoyer coucher au Dépôt, lui donner, avec quelques bonnes paroles, des subsides qui lui permettront sans doute de manger et de dormir pendant une huitaine de jours.

Mais tout porte à croire qu'à Lens comme à Paris, et comme à peu près partout en France, l'assistance publique est organisée de telle sorte qu'elle sert beaucoup moins à soulager la misère des pauvres qu'à engraisser l'indolence égoïste et béate d'une odieuse collection de ronds-decuir. Jusqu'à ce qu'une décision énergique et trop longtemps attendue ait porté la lumière et la répression nécessaires dans l'officine où se perdent stérilement les deux tiers des sommes considérables vouées par la charité à l'allégement de la détresse humaine, nous continuerons à voir des malheureux crever de faim faute du fameux <t bon de pain a détenu par l'arbitraire bureaucratique, et des malades agoniser sur les marches de nos hôpitaux fermés.

Que dire de l'autre forme de l'assistance sociale, l'assistance judiciaire ?.0n ne sait pas assez ce qu'il en faut penser.

Le principe actuel de notre justice ressemble fort à la pire des iniquités. Ce principe, en effet, c'est que la justice s'achète.

Ceci ne veut pas dire que les juges se vendent, mais que, pour arriver jusqu'à eux, les chemins ne sont pas libres. Ils sont obstrués, au contraire, d'un fatras d'exigences procédurières qui se traduisent par une interminable série de notes à payer. Tout se paie, en procédure, depuis l'avoué jusqu'à l'avocat, en passant par l'huissier. Et, comme la procédure est l'antichambre inévitable de la justice, pour s'entendre dire par un tribunal quelconque « Monsieur, c'est vous qui avez raison w, il faut s'être préalablement saigné aux quatre veines. Or, quand on n'y a pas de sang, l'opération n'est pas seulement pénible, elle est inutile.

C'est pour parer à cet inconvénient qu'a été inventée l'assistance judiciaire. Mais l'assistance judiciaire est comme l'assistance publique. Elle choisit ses clients. Il ne suffit pas de lui crier « Mais j'ai le droit pour moi))) II faut qu'elle veuille bien entendre ce cri. Et, pour qu'elle l'entende, il faut qu'il lui soit apporté par un tuyau acoustique spécial celui des « recommandations ». Le droit n'est rien sans l'apostille qui lui sert de passeport. Et, comme lebon de pain, c'est l'arbitraire d'un rond-de-cuir qui délivre cette apostille.

D'où, de temps en temps, le coup de revolver tiré à blanc dans un prétoire par une femme exaspérée.

En attendant que MM. Leygues et Jaurès se soient mis d'accord sur le tréfonds de la question sociale, il semble que noa honorables pourraient se mettre d'accord pour réformer de si flagrants abus.

Ils ont encore deux ans pour cela. Si, dans deux ans, ils n'ont rien fait, tu peux revenir, homme de Lens, et, comme avant-hier, leur jeter une poignée de tiges fleuries ) Pas de fleurs, elle? seraient imméritées. Pas de foin, ils s'en feraient litière. Concilions toutes choses Je te conseille un bouquet de chardons. Joseph Montet

Joseph Montât

Ce qui se passe GAULOtS-GUtDE

Aujourd'hui

Courses à Vincennes.

LA POUTtQUE

AUTRE CRISE

H se pourrait très bien que ce soir le cabinet fùt, sinon démantibulé, du moins désarticulé. Il ne s'agit plus de Carmaux; Dieu merci t Carmaux est enterré, archi-enterré, surtout après l'entrevue de M. Rességuier avec le ministre de l'intérieur. Ce patron sans entrailles, cet exploiteur des travailleurs, l'infâme Rességuier s'est laissé arracher la promesse d'allumer un quatrième four, qui doit occuper à peu près tous les ouvriers grévistes qui voudront rentrer. De sorte que la grève, en fait, se trouvera terminée par un sacrifice du patron.

Il s'agit de l'affaire des Chemins de fer du Sud. MM. Rouanet, Binder et Berry, munis, dit-on, de papiers terribles, doivent retourner sur le gril parlementaire l'infortuné Trarieux.

M. Rouanet doit lui reprocher les lenteurs de l'instruction. MM. Binder et Berry doiventl'enfermer dans un dilemme Ou le procureur de la république, M. Chenest, a fait son devoir et alors pourquoi l'avez-vous révoqué ? Ou il n'a pas fait son devoir et alors pourquoi l'avez-vous promu à des fonctions équivalentes?

Il est douteux que sur cette question des Chemins de fer du Sud, fertile en scandales, le ministère retrouve ses soixante-treize voix de majorité d'hier.

Et il n'est pas présomptueux de prévoir que le solennel: Trarieux terminera sur cet écueil la carrière ministérielle.

On le natterait si on lui disat qu'il sera beaucoup regretté. J. CoRNÉLY.

ÉCHOS DE PARIS

Le combat du Bourget.

C'est le 28 octobre 1870 que commença. l'anaire du Bourget, qui dura trois jours et qui, comme toutes les opérations du siège, débuta en victoire et finit en défaite. n

Ce jour-là, à trois heures du matin, trois cents francs-tireurs de la presse, conduits par le commandant Rolland, surprirent les Prussiens et s'emparèrent du village.

Ils s'y fortifièrent comme ils purent et reçurent quelques renforts des mobiles de la Seine. Puis, un demi-bataillon du 34~ de marche, un demi-bataillon du 38° de marche, le 16e bataillon des mobiles de la Seine et~ enfin, le bataillon du commandant Baroche se joignirent à eux. Le lendemain, le Bourget subissait un véritable bombardement.

Les Prussiens se gardaient bien d'approcher. Mais, pendantneufheures consécutives, ils ôrent, avec 40 bouches à feu, pleuvoir des projectiles sur les quelques maisons qui abritaient les 3,000 hommes chargés de les déMndre.

Le 30 octobre, c'était une armée qui menaçait le Bourget. Quinze millehommes, appuyés par de la cavalerie et ayant 48 pièces de canon, commencèrent l'attaque au point du jour.

Le combat fut terrible et meurtrier des deu~~ côtés. Mais l'issue n'en pouvait être douteuse. Entourés de toutes parts, fusillés par les fenêtres, les quelques héros encore vivants durent &e rendre.

La petite ville de Beaulieu, où a été inauguré hier le monument du général de Marbot, possède une fort belle église romane, construite su onzième siècle, à laquelle se rattache un souvenir historique peu connu.

Dans l'épaisseur du mur de l'escalier conduisant au clocher, on remarque une excavation assez profonde où, s'il faut en croire la tradition

locale, le maréchal Ney, poursuivi par Ïa police, se serait réfugié naguère.

On dit même que ce fut conduit par le général de Marbot que le « brave des braves a vint se cacher dans cet asile. Marbot, le maire de la ville, et le sacristain, étaient seuls dans le secret. Deux fois par jour, le sacristain portait dea aliments au maréchal. Mais, au bout d'une semaine, ce dernier, fatigué de cette claustration prolongée et ne voulant pas compromettre plus longtemps ses protecteurs, abandonna, une belle nuit, sa retraite, et s'enfuit vers les monts d'Auvergne, où il fut arrêté, comme l'on sait, au château de Bessonis, le 3 août 1815.

Le plus curieux, c'est que Ney, dans la précipitation de son départ,avait oublié dans le réduit son bicorne de grande tenue, lequel, par la suite, servit de couvre-chef au suisse de l'église pour les grandes cérémonies.

Ce bicorne combien défraîchi doit même exister encore, relégué, en compagnie d'autres vieilleries, dans les combles de l'église de Beaulieu.

Avis aux collectionneurs.

On a vu, hier, dans le CaM~, le trait plein d'atticisme lancé par le député-chapelier Fabérot t à M. Leygues

« Vous n'avez pas beaucoup de cheveux, mais vous ne manquez pas de toupet. »

M. Leygues a d'autant mieux fait de ne point se fâcher de cette aimable plaisanterie, qu'il se trouve en bonne compagnie dans notre histoire parlementaire avec les hommes d'Etat chauves. Le plus illustre orateur du parti légitimiste, Berryer, et son éminent adversaire de 1830 à 1848, M. Guizot, avaient perdu de bonne heure leurs cheveux. De même Morny, la personniûcT tion la plus éclatante du second Empire dans les assemblées délibérantes.

Chauves également ces orateurs de premier ordre qui se sont appelés ou s'appellent Baroche, Emile Ollivier, Jules Simon.

Parmi les chevelus restés tels jusqu'à la dernière heure, Thiers et Gambetta doivent être cités au premier rang des grands orateurs morts. Aujourd'hui parmi les parlementaires les plus écoutés, MM. Ribot, Poincaré, Jaurès, de Mun, ne mériteraient pas les gentillesses de M. Fabérot.

A noter que, sauf M. Grévy, tous les présidents de république qui se sont succédé en France depuis 1870 peuvent compter parmi les chevelus. Le plaisant de l'incident c'est que le citoyen Fabérot est lui-même chauve comme une pomme d'escalier.

CONTE EXPRESS

L'eau qui &M~e

Ceci est un conte absolument authentique. Il y avait une fois un ingénieur très distingué. La distinction est, d'ailleurs, la. marque distinctive des ingénieurs.

Cet ingénieur fabriquait de l'eau oygénée qu'il ven-_dait ensuite. Et il la fabriquait, de même qu'il la. vendait, de la manière la plus distinguée. Si distinguée que le ministère des travaux publics s'en émut et qu'un jour l'ingénieur reçut une petite note l'avisant que le tarif du transport de l'eau oxygénée sur les chemins de fer était augmenté. y L'ingénieur écrivit immédiatement une lettre au ministre des travaux publics pour se plaindre de la nouvelle mesure. Il lui représenta qu'il avait déjà beaucoup de mal à lutter contre la concurrence anglaise ot que la lutte devenait impossible pour lui, grâce a cette augmentation de tarif. Il terminait en demandant respectueusement au ministre s'il trouvait juste que l'industrie étrangère fût favorisée au détriment do l'industrie française.

Le ministre des travaux publics était, à cette époque, un homme très distingué. II ne resta pas indiffèrent à la lecture de la lettre de l'ingénieur, et fit immédiatement une enquête, personnellement. Quelques jours après, l'ingénieur reçut du ministre une lettre dans laquelle celui-ci lui faisait connaltre que l'augmentation du tarif était parfaitement justinée et qu'elle avait été décidée, en complète connaissance de cause, pur la commission technique du ministère des travaux publics, vu que ~'MM oa~e'~e'e est spo~~e'MM/t~ tM/~ïMMMMe.

Nos maîtres ès affiches, les Chéret, les Grasset, les Forain, les Guillaume, les Ghoubrac, ont fait école à l'étranger.

C'est ainsi que le comité d'organisation de l'exposition nationale de Genève pour 1896, en vue d'aider à la réussite de l'entreprise, s'est assuré le concours de deux artistes de grand mérite pour la confection d'une affiche de vastes proportions et d'une facture, dit-on, fort remarquable. 17,000 exemplaires sont déjà commandés; les inscriptions de l'affiche sont imprimées en français, en allemand, en italien et en anglais. On va en placer dans les stations hivernales, à Nice, à Cannes, à la Riviera, etc., et à Paris sans doute. Une autre afûche, portant en français et en allemand une inscription entourant l'aigle et la croix, armes de l'exposition, est destinée à être suspendue aux filets des wagons de chemins de fer elle fera bientôt son apparition dans les voitures de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée.

Nos voisins ont eu même l'intention de demander, à la même fin, l'émission d'un timbre-poste réclame.

Cette dernière idée ne pourrait-elle être reprise par les organisateurs de notre future exposition 9

Une nouvelle qui comblera d'aise lea philatélistes et les numismates.

Le chef des pavillons-noirs à Formose, LiœnJung-Fou, celui qui donne tant de fil à retordre aux Japonais, vient d'émettre des timbres-poste et des billets de banque.

Les timbres-poste sont de trois, cinq et dix caudarens, 2 et 5 centimes, et les billets de banque de cinq, dix~ vingt, trente, cinquante, cent et cinq cents dollars. Les lettres que l'on reçoit à Amoï de Tainaufou sont déjà affranchies au moyen des nouveaux timbres de Formose. Tainautou est le fort de Formose occupé par les pavillons-noirs.

Quant aux billets de banque~ ils sont déjà acceptés par les négociants d'Hanoi et de Hong-

Kong.

Les petits grands hommes.

On vient d'inaugurer le monument d'un grand homme tout petit. Le peintre français, Meissonnier, était aussi grand de talent que petit de taille et certes, ce n'est pas peu dire. La nature a quelquefois ainsi la fantaisie de procéder d'une façon bizarre à la distribution de ses dons. Elle mesure en avare quelques pouces de grandeur à celui qu'elle doue d'une intelligence supérieure. Et encore, quand ce n'est que la taille qu'elle mesure à quelqu'un ) Est-il nécessaire de rappeler qu'Esope, Pope, Oberkampf étaient bossus, que Tyrthée, Shakespeare, lord Byron, Tamerlan, Walter Scott, Benjamin Constant étaient boiteux et que Scarron était cul-de-jatte?

En 1786, un érudit compilateur de Berlin, nommé Guade, fit paraître, à Greiswalde, un ouvrage intitulé De viris statura jM~ e~M~t~OMe ~M~M!S, sur les hommes petits de taille et grands de science.

Parmi les hommes qu'il cite, nous relevons les grands noms suivants

David, le vainqueur de Goliath l'acteur Molone, qui dormait dans un hamac fait d'une peau de chat Alypius d'Alexandrie, qui remerciait le Créateur d'avoir si peu chargé son âme de matière corruptible Alexandre le Grand, appelé sans doute ainsi par antithèse Attila, le chef redouté des Huns Grégoire de Tours, Pépin le Bref, Philippe-Auguste, Albert le Grand, le roi de Pologne Vladislas IV, Erasme, Cujas, le pape Jean XXII, le prince Eugène, Hoffmann, MarieThérèse, Napoléon 1~ et celui qui fut son historien Thiers.

Cette liste est très incomplète, mais nous nous en consolerons facilement en songeant que l'on ne nous dit pas quels sont les grands hommes qui furent des géants, ce qui, du reste, ne prou-

verait rien encore. C'est une simple affaire de constatation et surtout de curiosité.

Au paya du soleil

Nice, Cannes, Monte-Carlo et les admirables villes qui ae suivent dans l'azur de la Méditerranée, voient revenir peu à peu leurs fidèles habitués.

Mentionnons parmi les dernières arrivées à Nice le grand-duc de Mecklembourg-Schwerin, la princesse Léon Kotchoubey, le marquis del Val'e del Tagio, le colonel Woodward, M. et Mme A. de Roquefort, sir Bart Johnson et lady Johnson, M. et Mme Talbot, le comte de Faverney. w

NOUVELLES A LA MAIN

Au foyer du théâtre de la Comédie. italienne

Vous avez lu le <3'CM~ de ce matin ? Mounet-Sully brigue un fauteuil à l'Académie française.

Eh bien son entrée à l'Institut comblerait une lacune le grand Sully, son homonyme, n'en était pas.

Comment, Sully? Mais il était mort avant la création de l'Académie 1

Ça ne fait rien, il aurait en être.

Aucafe:

Garçon, un journal t

–Lequel, Monsieur?

–Lepremiervenu.

Monsieur, nous ne le recevons paa. 'Un Domino LA MUSE ?1 TROTTE

Sous ce titre, emprunté à l'un de ses derniers et plus charmants volumes, M. Jacques Normand va donner au GaM~OM une Fuite de fantaisies en vers où dominera, avec une pointe de légère satire, la note élégante et mondaine.

Nous commençons des maintenant la série par · · Le thé de cinq heures

L'hiver vient. Parmi les fleurs,

Frileuses au fond de leurs

Coquettes demeures,

Nos belles dames, en rond,

Vont reprendre ou reprendront

Leur thé de cinq heures.

Chaque soir, quand sur Paris

La nuit tend ses voiles gris,

Heure des meilleures

Pour les sports les plus divers,

Elles se hâteront vers

Le thé de cinq heures.

Chez celle-ci, celle-là

Dont c'est le jour, les voila

0 Caton, tu pleures)–

Avec des clignements d'yeux,

Bavardant à qui mieux mieux

Au thé de cinq heures.

Pendant tout ce long été,

.Chacune de son côte,

Pour causes majeures,

N'a pu « potiner w un brin.

On va se remettre en train

Au thé de cinq heures.

Ruptures ou liaisons,

Piques, brouilles, pour raisons

Très supérieures,

On va tirer de son sac

Tout ce précieux mic-mac

Au thé de cinq heures.

En croquant le gâteau sec

Ou bien la tartine avec

De très savants beurres,

Que de cancans assortis

Avant peu seront sortis

Du thé de cinq heures t

<[ Les X.? )) « Divorce certain!

» X. a dit l'autre matin

« Il faut que tu meures) a »

» A sa femme. » « Le manant) »

.H bout, bout en chantonnant,

Le thé de cinq heures.

« Les Y.? ? « Tu ne sais pas?

» Coulés, tombés au plus bas. »

« Pauvres gens ) )) « Tu pleurea?a »

« Pleurer?. On y dînait mal ). a

.Il bout dans son clair métal

Le thé de cinq heures.

<t Les Z.? » « Biffés) Ratisses) I

» On dit des choses. )) « Assez t

» Chère, tu m'écœures). »

<( Une sandwich? ? « Volontiers! )) a

.Et ça bout des mois entiers

Le thé de cinq heures ) 1

Chères belles, potinez 1

Avec des airs étonnés

De jeunes mineures,

Avec des « ah ) )) négligents,

Ce qu'on va tuer de gens

Au thé de cinq heures!

Jacques Normand

LES tmms A mm n Comvera&tiom &vec M. Jmtes Claretie On a lu, ici même, uiM note ayant trait à la 'candidature possible de M. Mounet-SuUy, doyen de la Comédie-Française, à l'Institut de France. Nous nous en sommes entretenu quelques instants, hier, avec l'administrateur de la ComédieFrançaise, M. Jules Claretie, et voici les intéressantes déclarations que nous a faites l'aimable académicien

Vendredi dernier, le bureau de l'Institut s'étant rendu au foyer pour complimenter les artistes de la Comédie-Française qui avaient prêté leur concours à la matinée de gala, je rappelai, entr'autres choses, à M. Ambroise Thomas que les comédiens étaient autrefois admis à faire partie de l'Institut.

» II existait, en eSet, naguère, à l'Académie des beaux-arts, une section de « musique et de déclamation a, de même qu'il existait des sections de gravure, de peinture, etc.; ceHes-ci toujours en possession d'état.

» M. Mounet-Sully était présent au foyer avec ses camarades. De là évidemment est ne le bruit dont vous vous êtes fait l'écho.

–La chose ne peut elle se réaliser? 't

Dans l'état actuel, c'est bien difficile; la section de « déclamation )) n'existant plus à l'Institut, et ne pouvant être rétablie que par un décret. Il y a déjà longtemps, il fut question un instant de la candidature du grand comédien Régnier, que patronnaient MM. Legouvé et Jules Simon on n'y put donner suite, et une médaille d'or fut offerte à l'artiste à titre de compensation. M. Mounet-Sully ne pourrait-il entrer a l'Académie irançaise ? `t

Mais il faut avoir produit quelques œuvres pour y prétendre.

N'y a-t-il point des orateurs qui n'ont jamais publié un seul ouvrage?

Sans doute. Seulement les orateurs tirent leurs discours de leur propre fonds. Pour que M. Mounet-Sully, qui est un admirable artiste, pût poser sa candidature, il faudrait qn'il tirât de ses cartons des pièces qui s'y trouvent et que le succès les consacrât vous pensez bien que, pour ma part, je serais heureux de voir récompenser pleinement des hommes tels que Got, Delaunay, Worms et Mounet-Sully qui, a leur noble talent, joignent une si grande dignité de vie.

? Si .Molière vivait, il serait demain de l'Académie. Picard, qui fut comme lui un auteur dramatique et un comédien, n'y enira-t-il pas? ? »

Che* M. M<MMM:<rSmMy

De son côté, M. Mounet-Sully, que nous avons rencontré rue Gay-Lussac, nous a tenu un langage qui vaut d'être rapporté

J'ignore, nous a dit M. Mounet-Sully, ce qui a pu donner naissance à cette nouvelle de ma candidature qui, je me hâte de l'ajouter, n'est pas du domaine de l'impossible.

a II y a des précédents. En 1795, la classe de musique et de déclamation comprenait six titulaires trois musiciens, dont le célèbre Méhul, et trois artistes de Comédie, Molé, Préville et Monvel.

» Petit à petit, les comédiens ont été évincés par les musiciens. Voulez-vous que nous examinions la succession au fauteuil de chacun d'eux ? `? Molé, reçu, était remplacé, dans le courant de l'année 1815, par Chérubini. L'élection de celui-ci ayant été annulée fut confirmée cependant par ordonnance royale.-Ses successeurs ont été Anslow, Reber et Saint-Saëns, reçu en 188f. Préville ~'est vu remplacer, l'année suivante même desaiMmination, par Grandménil. Puis nous trouvonsBerton, Adolphe Adam, Berlioz,Félicien David et Reyer (élu en 1876). Le fauteuil de Monvel a été occupé depuis par Lesueur (1816), Caraia, Bazin et Massenet (1878) tous musiciens l

» D'où il s'ensuit que Saint-Saëns, Reyer et Massenet occupent à l'heure actuelle les fauteuils qui auraient dû légitimement nous revenir, à nous, les artistes du drame et de la tragédie ) 1 Dans quelle section de l'Institut pourriezvous bien entrer ? '1

A vrai dire, je ne le vois pas trop, et sans doute est-il dans la pensée des bienveillants personnages qui auraient patronné ï)t ~e/~o ma candidature de tenter le rétablissement de l'ancienne classe de « déclamation a ? 9

Chez M Jmles Simon

Le souvenir que rappelle M. Jules Claretie et quia trait à Régnier est exact, nous ditM. Jules Simon. J'ai pressenti, en effet, dans le temps, quelques-uns jde mes confrères sur les chances qu'offrait la candidature de Régnier a l'Académie française, sans en prévenir bien entendu l'éminent artiste qui, je le savais, m'eut arrêté a.ux premiers mots.

)) Mais j'estimais que Régnier était digne de faire partie de l'Académie, non* seulement par les services d'ordre très élevé qu'il avait rendus à la littérature dramatique comme interprète des chefs-d'œuvre de notre langue et comme professeur, mais aussi comme auteur, car il no faut point oublier qu il a collaboré d'une façon élective à quelques-unes des œuvres les plus distinguées du répertoire contemporain et notamment à .Ma~ewo~e~e de La <S'e~Mëre, que, malgré l'insistance de Jules Sandeau, il ne voulut jamais signer.

» Je parlai du projet à Legouvé, à Labiche, à Augier, qui tous étaient des intimes de Régnier. On promit de s'en occuper, puis, pour une raison ou pour une autre, le projet fut abandonné. Régnier eût été une parure pour l'Académie. Il était, en art dramatique, d'une érudition de premier ordre.

a Quand Jules Claretie dit que, au siècle dernier, des comédiens firent partie de l'Institut, il fait allusion à cette section dite, je crois, de littérature dramatique, et qui appartenait à la première classe de l'Institut.

» A la fondation de l'illustre corps, il y a juste un siècle, cette section comprenait six membres. Monvel en fut. Aux premières années du siècle, cette section fut supprimée. Elle relevait, ce me semble, plutôt de l'Académie française que de l'Académie des bsaux-arts. Et c'est même l'esprit plein de son souvenir que je songeai à Régnier. qui, à mes yeux, offrait des titres sérieux, non point pour une candidature à l'Académie des beaux-arts, mais à l'Académie française. »

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MARGES B)EM PARtStENNES

La mort de M. Allez, te fabricant parisien si connu dans le monde des affaires, et dont les obsèques ont lieu aujourdhui, ramène l'attention sur cette grande famille des industriels français qui est un des facteurs les plus puissants et les plus caractéristiques de la richesse nationale.

La maison Allez, qui est une sorte de Louvre ou de Bon Marché des besoins ménagers, a eu les débuts les ptus modestes, et ce n'est qu'à force de labeur et d'efforts continus qu'elle a acquis ce développement et cette importance qui la placent au premier rang. Constituée comme elle l'est, sur le principe des grands magasins parisiens, la maison Allez ne saurait se modifier en quoi que ce soit par la mort d'un de ses chefs. Tels le Bon Marché et le Louvre quand disparurent leurs fondateurs, M. Bducicaut et M. Hériot.

On se rappelle les débuts des grands magasins du Louvre. A ce moment, il n'y avait que trois magasins de nouveautés, qui paraîtraient bien humbles maintenant même auprès des maisons similaires .de second ordre c'étaient les DeM~M(!g-o~, le Coi'n de Rt<e et tes V:7/Mofe.F?-aNce. Avec une rare .intelligence des affaires, M. Hériot sut placer, en peu de temps, son nouveau magasin dans une situation si prospère qu'un groupe de capitalistes fut amené à s'associer au hardi industriel, et à la tête desquels se trouvait M. Pereire. Le Louvre s'agrandit et inventa les « expositions )> des saisons, amoncellement périodique d'une même sorte de marchandises telles que les soieries, le blanc, dont M. Zota a donné une si curieuse description dans ~t< &oM/tC!o- des a~MM, jusqu'aux articles les plus infimes de la nouveauté parisienne.

On sait que, à ta mort de M. Hériot, son frère !e commandant Hériot, lui succéda. Il est inutile de rappeler l'inépuisable charité du commandant et de Mme Hériot qui, à la Boissière comme au Vésinet et à Paris, sont la providence des pauvres.

Le nom des Boucicaut a été surtout rendu fameux par la noble et digne femme du fondateur du Bon Marche. Mme Marguerite Guérin n'avait eu de son mariage avec M. Aristide Boucicaut qu'un fils qui, à ta mort de son père, s'était mis à la direction des affaires. Lui-même étant mort en 1879 sans enfants de son mariage avec Mtte Ybert, sa mère prit alors la gérance de la maison. Douée d'une intelligence hors ligne, d'une activité incroyable, elle était t'âme de cet immense centre de commerce et d'industrie. Sa bonté est depuis longtemps connue de tous il n'est que juste de reconnaître que déjà M. Boucicaut, le 3; juittet !8y6, s'était préoccupé du sort de ses employés, que sa veuve devait si largement doter.

A quoi bon parler de cette ruche humaine qui étonne tout le monde par son parfait fonctionnement? Le meilleur étoge que l'on puisse faire de ses fondateurs, c'est que jamais un seul employé n'a fait entendre la moindre ptainte. La légende veut que, aux rayons de librairie du Bon Marché, comme à ceux du LoHM'c et du Pr;')i~MtjM, un mot ait été rayé des dictionnaires qui y sont en vente, et ce mot c'est le mot de « grèves. M. Jaurès est bien capable d'interpetter M. Raymond Poincaré, ministre de l'instruction publique. y Le Pr;eMjM, que nous venons de citer, a été fondé tout naturellement sur les mêmes bases que le BonMarché par M. Jaluzot, qui y avait fait ses débuts. Car il ne faut pas oublier que le député de la Nièvre a commencé chez M. Boucicaut comme petit emptoyé. C'est donc par une expérience acquise aux sources mêmes de la grande industrie que le directeur du Printemps est arrivé à placer son établissement au premier rang des magasins les ptus considérables de Paris.

Si nous considérons l'industrie parisienne à un autre point de vue, nous voyons la maison Potin nous offrir un exemple des plus typiques. Le fondateur, M. Potin, pouvait rappeler à l'origine le petit épicier de Montrouge célébré par M. François Coppée. Sa fortune commerciale est née d'une idée bien simple en apparence et qui consistait tout bonnement à remplir, à des époques déterminées, ses deux vitrines du même produit en très grande quantité et avec cette commune étiquette Prix unique. C'est ainsi qu'un jour Potin exposait des figues àa5 centimes et, trois jours après, des pruneaux, qui étaient remplacés par des jambons, et ainsi de suite.

Il arriva alors à Sxer l'attention sur ses denrées, et depuis tout Paris y courut. On sait que Potin fabrique tui-même ses confitures, ses conserves, ses petits-fours,

Ms biscuits, rivalisant ainsi avec ta célèbre maisoN Hnnttey et Palmer's, de Reading. Potin vient de monter une charcuterie modète dans taquette on débite d< à 5oo porcs par mois.

La fondation de )a maison Menier remonte & t8t6, époque à taquette t: grand-père des propriétaires ac* tuels s'étabtttàNoisiei. Après avoir fait accomplir & ta fabrication spécia)e du chocolat des progrès immenses, it fut remplacé, en t853, par son fits, M. Emite Menier, qui ne 6t que développer l'industrie paternelle et devint bientôt un des plus grands industriels de France. Nommé chevatier de ta Légion d'honneur en t86t,it il fut promu au grade d'officier en tS~S. Quatre ans an. paravant, te département de Seine-et-Marne t'avait éiu député. A sa mort, en i88t, ses trois fils, qu'it s'était associés, tui succédèrent. MM. Atbert, Gaston et Henri Menier ont poussé plus loin encore, si c'est possible, tes traditions d'innovateurs de teur père, et i)s ont créé un chemin de fer particulier de dix kilomètres, qui retie ta ligne de t'Est à t'usine de Noisiei dont its ont, d'ait. teurs, perfectionné te beau matériel. MM. Menier frères font, on te sait, œuvre de haute philanthropie non seulement envers teur personne!, mais envers tous tes déshérités d'ici bas.et on tes trouve toujours à ta tête de toutes tes bonnes oeuvres.

Les pâtes alimentaires de Groutt sont une des marques parisiennes tes plus connues. On sait que c'est à ta matson Groutt qu'on doit te tapioca-indigène qui ri< valise maintenant avec te tapioca du Brésil fait avec de ta farine de manioc. M. Groutt, qui a réalisé une grosse fortune, possède une collection d'art des ptus riches. C'est un amateur éclairé. On raconte à ce propos qu'it acheta naguère & M. Henri Rochefort un tabteau du peintre paysagiste anglais Turner, pour ta somme do 40,000 francs. Sait-on combien te grand pamphlétaire avait payé ce tabteau à Londres, où il t'avait dénicha avec son flair ordinaire i* Tout juste 200 francs. La fortune de ta maison Marquis est due en grande partie à son fondateur, qui eut, un des premiers, l'idée de ces objets formant bonbonnières sans que teur as" pect en indique ta destination, têts que tes bûches d9 Nos), tes petits chapeaux de soie, tes coffrets, etc. Un souvenir en amène un autre et nous nous rappelons Faut Siraudin dont tes confiseurs disaient qu'it était un auteur dramatique de premier ordre, tandis que ses confrères du théâtre vantaient volontiers ses marrons gtacés. tt n'y eut jamais unanimité, et it en fut très malheureux. C'est ce qui expHque tes A~HtO!rM afM au~-M, qu'ii avait commencés à ta fin de sa vie et qui étaient surtout, dit-on, des M~Mto/rM contre tes autres. La confiserie de Siraudin était située rue de ta Paix, dans te tocat occupé aujourd'hui par Marchais, te fleuriste.

On connaît tes origines de Pousset, dont ta marque de bière est devenue célèbre. Employé du Bon-Marché, qu'it quitte bientôt, it fonde ta brasserie des Ecoles. H vend cette-ci en plein succès pour créer une nouvelle brasserie au boulevard Sébastopot, qui précéda en ré" putation tes brasseries Pousset du faubourg Montmartre et du boulevard des Italiens. Cette dernière, fondée en !88g, coûta, comme installation, 3oo,ooo francs. H ta revendit un million. · Quand Pousset mourut, ity a vingt mois, i[ taissasa fortune à un de ses amis, à charge par tui de distribuer des tegs importants à têts de ses clients désignés dans son testament.

L'importance de ta maison Revitton est surtout due à un capital réparti dans te monde entier. En effet, cette maison entretient des comptoirs d'achats au Canada pour ta martre, dans te territoire d'Ataska peut tes loutres, en Sibérie pour tes astrakans, et jusque dans tes fins fonds de l'Afrique pour tes grandes fourrures. Détait curieux la plupart des employés sont Polonais ou Russes.

Worth avait débuté & Paris chez Auretty, mais it n'y resta que peu d'années. En i86o, it fondait sa grande maison de couture, t5, rue de ta Paix, avec M. Dobeyn. Celui-ci se retira après ta guerre et it vit depuis dans son pays, en Suède. Worth racontait volontiers qu'it dut ses premiers succès au patronage de ta princesse de Metternich. Le maitre couturier avait mis tant d'art à habiller l'ambassadrice que l'impératrice Eugénie te manda aux Tuileries. On sait te reste. A t'heure actuelle, ta direction de ta maison est entre tes mains do ses nls MM. Jean et Gaston Worth.

On se rappelle que, it y a bientôt un an, eut lieu l'inauguration du monument de F. Barbedienne, te célèbre fondeur du boulevard Poissonnière. C'est que Barbedienne n'était pas un homme ordinaire. On peut dire de tui qu'il arriva à Paris en sabots, si ce n'est nupieds it devait « faire ta conquête de ta capitale en une vingtaine d'années et révolutionner l'art du ton' deur, avec te concours d'Achille Coltas.

Quel chemin parcouru par le Normand solide et opiniâtre de Saint-Martin-de-Presnay, qui devait rendre son nom célèbre dans tes deux mondes 1 II était de ta forte race de ces industriels qui associent leur fortune à l'honneur de leur pays, et volontiers servent celui-ci avant celle-tà. C'est un système excellent, d'ailleurs, puisqu'il réussit presque toujours à qui te met en pratique. Aujourd'hui on dit couramment un Barbedienna quand on veut parler d'un bronze d'art inattaquable.

F. Barbedienne est mort commandeur de la Légion d'honneur c'est son neveu, M. Lebtanc-Barbedienne, qui a pris ta direction de sa maison pour te plus grand profit de fart industriel et de fart sans épithète. Citons également ta maison Susse, seule debout des grandei maisons d'autrefois, comme Giroux et Tahan. g Pour être tout à fait complet, it nous faudrait citer Boissier et Pihan, si justement réputés dans ta société pour leurs bonbons, Boucheron et Aucoe pour leurs riches bijoux, Cremnitz pour ses lithographies sur tôte, dontit --G~t~otx a fait son proSt au moment de sa transformation Bapst et Fatize pour leurs objets d'orfèvrerie Bourbonneux, Frascati, Julien et Quillet, tes survivant; parmi tes pâtissiers célèbres si nombreux autrefois; tes magasins de la Place-Clichy et du Petit-Saint-Thomas, si merveilleusement achalandés, et tant de maisons parisiennes qui, comme nous te disions au début, sont l'honneur et la fortune de l'industrie nationale. Tout-Paris

UN APRÈS-MIDI

CHEZ

N). JULES VERNE Dans quelques jours pa.ra.ttra le soixante-douzième volume de la mirifique et si instructive série des Fo~e~ e.r~aord~a~es. Je l'ai ap< pris, l'autre soir, d'nn collégien, qui achevait sous la lampe, tandis que les grands parents faisaient gravement un whist, le tome premier de l' a /ce.

Le deuxième volume ne tardera pas à pa* raltre, me dit l'ëcolier d'un air entendu, et c'est pourquoi j'ai commencé celui-ci, car je n'aime pas rester en suspens et dans l'incertitude, surtout avec Jules Verne.

Et cherchant le mot juste pour apprécier son auteur favori

–Il est passionnant t me dit-il.

Et je me rappelai que je m'étais servi du même mot pour caractériser le talent particulier de l'écrivain, au temps où, au jour le jour, en des feuilletons qui ne me paraissaient jamais asse~ longs, je faisais le tour du monde à la suite d~ Philéas Fogg.

Et la, tout de suite, remontant a mes premières joies intellectuelles, je pensai

Si j'allais voir ce Prince Charmant de l'ima< gination à qui nous devons tous tant de rêves délicieux et magniuques, qui a été le compagnon de notre jeunesse, une sorte de frère aîné à la belle parole, heureux de nous mettre au courant des découvertes et des conquêtes de la science et de nous donner, tout en nous divertissant, le goût des recherches, la curiosité de l'étude du progrès et de la marche en avant ? q

L'idée prit corps et s'empara de moi de tell~ façon que je n'eus de cesse qu'en écrivant à l'auteur de P! MH~e KeMM MMS ~s MMrs et Z)6 Ter~<j~a;LM?tepour lui demander rendezvous. Par retour du courrier, je recevais la let* tre suivante

Amiens~ octobre 1895.

Cher monsieur,

Je ne puia répondre à votre aimable demande qu'ea me mettant & votre disposition. Je suis toujours libre entre une heure et quatre heures de l'après-midi. Vous plairait-il de partir par le train do 11 h. 50 pouf arriver à 1 h.35,en express ? Voua plairMt-il.en outre, ou vous conviendrait-il de venir mardi ? Un petit mot de vous que je recevrais mardi matin me Sxerait t cet égard, et j'irais au devant de vous à la gare d'Â* miens. Nous ne nous connaissons pas, mais peut-$tM pourrons-nous nous reconnaître tout de m~o.

Saint-Réal