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Titre : Le Gaulois : littéraire et politique

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1894-02-20

Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication

Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication

Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 94503

Description : 20 février 1894

Description : 1894/02/20 (Numéro 5095).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k528654s

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 29/02/2008

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SOMMAIRE

Chasse aux anarchistes Perquisitions et arrestations à Paris et en province. Mondanités.

L'empereur Guillaume chez M. de Bismarck. La reprise de la session en Italie.

LES IDÉES

DE

M. JMRES II descend en ligne directe de Joseph, fils de Jacob et ministre de l'agriculture sous Pharaon. La chronique ne dit pas quelles furent ses relations avec Mme Putiphar. En sa qualité de professeur de philosophie, il est vraisemblable qu'il s'est soigneusement abstenu de courtiser cette belle et ~a~/MMe~e dame. Mais pour ce qui est du blé, oh pour ce qui est du blé, il est bien le petit-neveu de son grandoncle. Joseph comme lui, ou plutôt lui comme Joseph, est un faiseur de songes je crois bien que l'on pourrait ajouter aux siens l'épithète de creux, car il se contente de les exposer sans les expliquer.Et, gravement, il propose à Sa Majesté l'Etat de s'adjuger le monopole de la vente du blé et des farines. L'Etat est son Pharaon, et il pense probablement à épouser la iille de M. Carnot, à moins qu'il ne soit marié, ce que j'ignore, auquel cas il lui restera la ressource d'introduire une action en divorce, pour cause d'incompatibilité d'humeur avec la société qu'il aspire à détruire.

Or, voyez quelle est la magnifique conception de cet orateur distingué.

Demain, l'Etat est le grand distributeur du pain. L'Etat, également soucieux de la bourse du producteur et de celle du consommateur, achète l'hectolitre de blé vingt~cinq francs à ceux qui l'ont semé, I qui l'ont débarrassé des mauvaises herbes, qui l'ont arrosé de leurs sueurs, qui l'ont récolté et qui; finalement, l'ont porté à l'entrepôt général de l'alimentation publique. Arrive l'hiver, le froid, la neige, tout le monde souSre l'ouvrier est sans travail. Et cet hiver dure, dure éternellement. Alors une voix, timide d'abord, puis des cris, puis une clameur générale, s'élèvent de partout « Du pain, donneznous du pain. » Et l'Etat, qui le vendait quatre sous aux miséreux, le leur vend deux sous. puis un sou. puis deux liards. puis il le donne. Et qui rembourse à l'Etat le prix de sa marchandise ? Mais vous, mais moi, mais tout le monde, tous ceux qui payent l'impôt et nul n'ignore que nul n'en est dispensé. Voilà pour le premier point; voici maintenant pour le second.

Le prolétaire, une fois assuré de son pain, ne se trouve pas beaucoup plus heureux pour ceta. Il a même en moins ce sentiment do bel orgueil que l'on constate chez lui quelquefois, la fierté d'avoir gagné sa nourriture et celle de ses enfants pa~' son labeur il voit de beaux bœufs gras dans les pâturages et il tait ce raisonnement K Ces biitecks ne sont pas p)mr moi, ils sont pour les riches. Pourq:ioi? Parce que les bouchers me les vendraient trop chers. » Aussitôt il se retourne vers l'Etat et il lui dit <( Brave Etat, toi qui es si compatissant aux pauvres, prends donc le monopole de la boucherie et vends-moi du bœuf à dix sous la livre au lieu de dix-sept.)) L'Etat regimbe.

Un monopole passe, deux c'est trop. <f Mais, lui crie-t-on de toutes parts, la monarchie d'Henri IV nous promettait la poule au pot, la république, la vôtre, la nôtre, nous doit au moins le bœuf )) Et l'Etat, sous le coup de cette humiliante comparaison, se décide à accaparer le Dœuf comme il a-accaparé le pain. Mais, s'il achète le bœuf dix-sept sous et qu'il le revende huit, qui, encore une fois, paiera la différence? Toujours vous, toujours moi, tous ceux qui paient l'impôt et tout le monde le paye.

Et de deux. 1

Mais, maintenant, en voici bien. d'une autre. Les temps sont durs; les sept années d'abondance prédites par Joseph sont écoulées, voici venir les sept années de disette. Non seulement le prolétaire mange mal, mais encore il n'a plus l'argent nécessaire pour se vêtir.

Une fois de plus, il se retourne du côté 1 du Dieu-Etat, et il lui dit

Donne-moi des pantalons, donnemoi des chemises, donne-moi des bas. Je n'en ai pas.

Prends le monopole de la vente. Mais c'est impossible.

Pourquoi, alors, ta police nous interdit-elle de nous promener tout nus ? 2 Et l'Etat, après mûre réQexion, hypnotisé par cette interrogation subtile, se décide a devenir le grand fabricant de nouveautés de la France entière. 0 vous tous qui vous exclamez contre la rapacité des grands magasins, que direz-vous de cet omnipotent, de ce Crésus, de ce manufacturier-type, maître des hommes et des choses, de la laine, de la soie, du cuir, du ûl, du coton, de tout et du reste? Et, encore une fois, qui paiera la diSerence entre le prix d'achat et le prix de revient ? Mais encore vous, encore moi, tous ceux qui possèdent et même ceux qui n'ont rien car, ceux-là paieront l'im- pôt comme les autres, sur leur loyer, sur le sucre, sur les héritages, sur la transmission des valeurs mobilières, sur les transactions quelles qu'elles soient. Donc, voici ia. gradation: l'Etat boulanger, l'Etat boucher, l'Etat cordonnier, l'E'.atta.ilieur.

C'est ce qu'a trouvé de plus pratique, de plus intentent l'ancien professeur de philosophie devenu le chef des socialistes à la Chambre des députés. La phHosophie étant la science de la sagesse, je me demande si M. Jaurès était vraiment digne du titre que lui avait décerné l'Université de France. Il ne sufût pas de parler de « la vieille chanson' dont nous avaient bercés nos pères )) pour mériter le nom d'orateur; un peu de bon sens ne ferait aa mai, &Rn d'éditer !a réputation à la~

quelle semble aspirer ce prétendu profes- )seur de logique. En tous les cas, son pro- jet de monopole du pain attribué à l'Etat est la majeure du syllogisme qui aboutit à la conclusion de l'Etat nourricier. Je défie aucun philosophe de le nier. Cette conception qui, jadis, aurait suffi à classer un homme politique, sufnra, je l'espère, à « déclasser » celui qui nous en a fait part. Il avait la prétention de passer pour un chef d'école, il prendra place désormais dans la catégorie des beaux parleurs, qui ne connaissent de notre belle langue française que les sonorités. C'est quelque chose, par le temps qui court surtout, ce n'est pas assez. M. Jaurès possède ce qu'il faut pour conquérir l'estime de M. Brunetière, il n'a pas dans son cerveau ce qui serait nécessaire pour entraîner à sa suite le citoyen doué du plus élémentaire bon sens.

MARQUAS DE CASTELLANE

Ce qui se passe GAULCHS-SUtOE

~.U/Ottr~M!

A huit heures et demie, concert de MM. Raoul Pugno, P. Marsick et J. HoHman, à ia salle des Agriculteurs, 8, rue d'Athènes. LA POL!T!QUE

Le gouvernement a fait opérer, hier, par toute la France, des perquisitions chez les anarchistes. Il a même tait arrêter un de ces gros bonnets de la bande, auxquels il semble avoir peur de toucher, alors qu'il aurait fallu commencer par s'assurer d'eux Sébastien Faurë est sous les verrous.

Nous félicitons volontiers le gouvernement de cet acte d'énergie, en regrettant seulement de n'avoir pu le féliciter plus tôt.

Quelle raison, en eBet. d'arrêter aujourd'hui Sébastien Faure, qui n'existait pas le l" janvier, où, l'on s'en souvient, une première razzia a été faite et bien faite, mais a été insuffisante, puisqu'il a fallu procéder à une seconde, et qu'il faudra sans doute procéder à plusieurs autres encore?

N'ayant pas, dès le début, frappé un grand coup, le gouvernement ne sait plus comment enrayer 1'ana.ire. Les chefs ont pris leurs sûretés, la bande s'est dissoute, les archives et les engins sont à l'abri, le mot d'ordre est donné, les réponses sont toutes prêtes, et la préfecture de police a beau exécuter avec une ponctualité et une netteté dont nous la complimentons les ordres du gouvernement, ces ordres sont tardifs et ne sauraient produire ce qu'il attendait d'eux.

Pour n'avoir pas osé en bloc et d'un seul coup, le gouvernement en est réduit à oser sans cesse et en détail, et à nous inuiger le ridicule d'un pays qui, payant quatre milliards d'impôts, ayant une armée de deux millions d'hommes et six cent mille fonctionnaires, ne réussit pas à se débarrasser, rien qu'en se secouant, de ces quelques anarchistes qui lui jettent des bombes dans les ~ambes.– L. D. ËCHQS DE PARIS

L'infant don Antonio d'Orléans et l'infante dona Eulalie.saiemme, sont arrivés, hier, à Versailles, et sont ~descendus a l'hôtel des Réservoirs.

Le prince repart aujourd'hui pour Monte-Carlo.

La princesse compte demeurer quelque temps à Versailles avec ses enfants qui l'y ont précédée avec leurs gouvernantes. Le primat d'Afrique, Mgr Combes, vient de se concerter avec les évêques algériens, pour l'érection, dans la basilique de Carthage, d'un mausolée à la mémoire du cardinal Lavigerie.

Quelques difficultés se sont élevées entre les deux sociétés rivales d'artistes au sujet de l'exposition de Vienne. Les délégations de la Société des artistes français et de la Société nationale des beauxarts ont fini par s'entendre.

Bonnat et Carolus Duran représenteront les deux sociétés à l'inauguration. M. Puvis de Chavannes, président de la Société nationale, ne peut, à son grand regret, faire le voyage en ce moment. L'installation sera confiée aux soins de M. Georges Petit.

L'entente est donc faite, mais, dit-on, non sans mal.

Les armes de Mgr Gilbert, le nouvel évêque nommé du Mans, seront celles de la famille de Cous du Monteil, à laquelle Monseigneur appartient par sa mère et qui a donné deux évoques à l'Eglise de France avant la Révolution.

Ces armes sont d'azur à une fasce d'or. chargée de trois croisettes de gueules, accompagnées de deux colombes d'argent en chei et d'un lion léopardé d'or en pointe.

Mgr Gilbert a pris pour devise ces mots de saint Paul, dans l'épitre aux Colossiens « OM~ï'a et !? OWM!6MS C/:Ws<MS. »

Tout dans le Christ et le Christ en tous..

PARADOXES ET VÉRITÉS

Une femme perd son charme dés qu'elle cesse d'y croire. Henri LucENAY. L'excentncitô est la caricature de l'originalité. Ch. GuiNOT Le bonheur que donne la gloire sst une statue de bronze, vide en dedans.

Ph. GERFAUT.

A propos d'Emile Henry 1

Le Conseil municipal de Paris s'est occupé à deux reprises de Fortuné Henry, père de l'auteur de l'attentat du Terminus. La première fois le 30 décembre 1887. M.Cba.ssaing,a.unom de la deuxième commission, déposait un rapport tendant à rejeter la pétition de Mme veuve Fortuné Henry, laquelle réclamait une concession pour son mari, ancien membre de la Commune, mort en 1882.

Un an après, le 13 novembre 1888, la même pétition donna lieu à une séance extrêmement orageuse au Conseil municipal. Ce jour-là, M. Paulacd déposa une proposition ayant pour but d'obtenir la concession demandée. Les signa~ire~ da

projet étaient, avec M. Paulard, MM. Faillet, Soëns, Paul Brousse, Simon, Chabert, Dumay, JoBFrin, Réties et Lavy. Mais M. Paulard n'eut pas plutôt prononcé le nom de Fortuné Henry à la tribune, qu'un incident se produisit. Les amis de M. Vaillant, et par conséquent dp général Eudes, s'éleverent contre cet hommage qu'on voulait rendre à un homme « qui avait disparu juste au moment du danger )) ) i

M. Joffrin intervint dans le débat, ce qui réussit à faire redoubler le vacarme. Possibilistes et eudistes se jetèrent à la tête les injures les plus vives, et ce jourlà ce ne furent pas les gros mots qui manquèrent à nos édiles. D'ailleurs on fit 1 apologie de la Commune de part et d'autre, ce qui amena une protestation de M. Denys Cocbin, qui s'étonnait de voir le préfet de la Seine rester impassible. « Le gouvernement républicain, répondit M. Poubelle, est le gouvernement des opinions libres. ))

La gloriiication de la Commune se poursuivit donc, mais sur le dos de Fortuné Henry. Lorsqu'on passa au vote, la proposition Paulard fut renvoyée à la commission.

Une nouvelle épidémie de diphtérie sévit au 3" hussards, à Melun; il est probable que si une amélioration ne se produit pas, ce régiment viendra, à bref délai, camper dans des baraquements autour de Paris.

LE MONUMENT GOTJNOD

Le comité du monument Gounod s'est réuni, hier, après-midi, sous la présidence de M. Ambroise Thomas.

M. Arthur Meyer a donné lecture de la lettre du président du conseil municipal informant le comité que le conseil lui accorde un emplacement au parc Monceau

La sous-commission doit s'entendre avec MM. Antonin MerciéetFormigé pour décider du choix de la place qu'occupera le monument dans le parc.

La souscription publique est close au chiffre de 103,000 fr.

Il a été décidé, en outre, qu'une grande représentation serait donnée à l'Opéra, dans le courant du mois de mai, pour augmenter la souscription qu'on voudrait voir approcher de 150,000 fr.

Une sous-commission a été nommée afin de s'entendre avec MM. Bertrand, Gailhard et Carvalho, au sujet de cette représentation, pour laquelle on ferait revenir d'Amérique des artistes qui y-sont en tournée.

Au nombre des innombrables dîners de corps qui se donnent dans Paris, selon des périodicités plus ou moins régulières, il en manquait un qui a fait, hier, ses débuts. C'est le « dîner du Crayon a, qui réunira les dessinateurs parisiens. Les premiers qui se sont assemblés étaient Froipart, Gérardin, E. Le Mouël, Mars, Moulignié, Paillard, H. Pille, Rafaëlli, Steinlen, Tofani, VogeL Ceux-ci seront les fondateurs. Ils feront boule de neige. Les membres du Crayon sont nos confrères, artistes et journalistes à la fois. Et qui saurait évaluer ce qu'ils dépensent, sur des pages de revues ou de journaux, d'esprit, de verve et de grâce? Trouverait-on beaucoup, parmi des peintres pontifiants, d'artistes grands comme Daumier, élégants comme Gavarni, profonds comme Constantin Ghys, qui, s'ils étaient vivants, prendraientpart au dîner du Crayon ?

L'aSaire Mériel dont nous parlions hier ne sera appelée devant les assises du Calvados que jeudi prochain. Ses débats seront fort longs, car les chefs d'accusation sont au nombre de douze et il n'y aura pas moins de cent questions posées au jury, chacun des détournements reprochés au maire étant compliqué de cinq à six faux.

LES QUATRAINS DU JOUR

Les anarchistes sont des poseurs. odieux Ils m'ont qu'un rêve, qu'un seul rêve

Qu'ils poursuivent sans paix ni trêve Nous jeter de la poudre aux yeux ) 1

L'jf~er~e~MMre cherche querelle à M. Georges Ohnet.

S'il fallait en croire un des chercheurs de ce recueil, l'auteur du .Ma~re de /'or~es aurait trouvé l'idée de son livre dans la jBe~e au bois ~orMMïM~ d'Octave Feuillet, qui date de 1865.

Il y a, parait-il, des analogies happantes entre ces deux ouvrages, et le principal héros est, dans l'un et l'autre, un maître de iorges. Il est vrai que l'~e~~ta~e signale des antithèses et des dissemblances « qtti ont pour but, ajoute le curieux qui s'est chargé de la. question, de démarquer dans la mesure du possible les similitudes trop visibles du commencement)).

Peut-être pourrait-on faire remarquer que l'on s'est, en tout cas, aperçu bien tard de la chose. M. Georges. Ohnet n'aura pas de peine a. détruire cette enfantine légende. Il pourra se consoler, d'ailleurs, en pensant que le même 7~er~c!!a!re, décidément très querelleur aujourd'hui, cherche noise pour un cas identique à la mémoire de Chateaubriand

Les correspondants de M. Lucien Faucou deviennent vraiment bien dangereux t

Léon Haakman, le peintre-poète, vient de terminer le Chemin dans la /bré~, sous-bois d'une émotion rare et d'une facture charmante.

On parlera de cette toile, certainement.

j Courrier de Monte-Carlo

La saison est en ce moment fort brillante sur le littoral.

À Monte-Carlo, notamment, 'esdistractions succèdent aux distractions représentations théâtrales, concerts classiques, expositions artistiques. Après les concours de tir aux pigeons, ceux de lawn-tennis. La réunion d'hier, favorisée par un temps splendide, avait attiré une foule d'amateurs des deux sexes.

) Le match de parade entre MM. Ernest Reushaw, Hillyard et M. Marmara a été des plus intéressants.

f MM. Reushaw (champion de 1887-88) et ) Cazalei ont remporte la victoire sur MM. Hillyard et Marmara.

Au deuxième match, M.Ca~aletagagué un set ',6/3) contre M. E; Reushaw. Beaucoup d'adresse, d'élégance et d'agilité de part et d'autre. >

L'BSPMT D'AUTREFOIS

Le comte de Maurepas disait à Cham- fort, à propos des plaisirs qu'il se permet- tait et qui l'empêchaient seuls de recou- vrer la santé

–Sans moi, je me porterais a. mer-

veille.

NOUVELLES A LA MA!N

Monsieur, en s'habillant, s'aperçoit que ses devants de chemise commencent à s'user. Il s'en plaint à son valet de cham- bre, qui, prenant la chose gaiement Monsieur a bien raison, elles ne passeront pas l'hiver elles s'en vont de la poitrine 1

Entre parlementaires

On dit, mon cher collègue, que vous vous occupez beaucoup d'occultisme ? C'est vrai.

Alors, comment se fait-il que, depuis le temps qu'on parle d'apparitions surnaturelles et de maisons hantées, vous n'ayez pas encore songé à déposer un projet d'impôt sur le reven.ant ? Rencontre

Tiens, ce cher docteur t Comment va? `t

Pas mal, et vous ? q

Mais fort bien, docteur, comme vous voyez. J'ai une santé à toute épreuve. Faut soigner ça ) 1

UN DOMINO

UNE

"Jmee~rIemMtaire" AU THÈATRE-UBRE

C'est après-demain, à deux heures, que M. Antoine, directeur du Théâtre-Libre, se propose de donner la répétition générale, pour la presse, de C/Me./OMr~eep~lementaire, la pièce de M. Maurice Barrés, qui devait être jouée à la ComédieParisienne, et dont le Gaulois a donné un très exact scénario au moment de son interdiction par la censure.

Vendredi.à lamême heure, une deuxième répétition générale aura lieu pour les invités du Figaro, et enfin, vendredi et samedi soir, représentations ordinaires.

Nous avons vu, hier, M. Antoine, et comme nous lui faisions part des bruits d'interdiction qui couraient, voici les déclarations que nous a faites le directeur du Théâtre-Libre

–Ces bruits sont déjà venus jusqu'à moi. Pourtant laissez-moi vous dire que je ne puis ni ne veux leur attacher aucune espèce d'importance. Tout le monde sait pariaitement que mes représentations sont privées au premier chef, qu'on n'y vient que sur des invitations personnelles, comme en un salon ami, et que rien de ce que nous jouons n'est soumis au visa de la censure.

a Sans doute, un gouvernement peut, quand il lui plaît, interdire une pièce, et, dans la circonstance, il est certain que je serais bien obligé d'en passer parla.; mais, outre qu'il ne saurait y avoir matière, dans Une ~OM~M~e p~r~e/MCM~ïre, à provoquer un acte de cette nature, je pourrais, le cas échéant, m'arranger de iaçon que les amis du Théâtre-Libre ne puissent être privés de cette oeuvre. Et votre moyen ? 9

–II est d'une simplicité enfantine. Je suis ici chez moi, 96, rue Blanche, dans un appartement assez vaste pour'que, en quarante-huit heures, j'y puisse installer une scène et des stalles. Si donc ce que je ne crois pas, je le répète –on nous jouait le vilain tour de nous arrêter aux Menus-Plaisirs, il ne me resterait qu'à opérer cette transformation et, pendant un mois, tous les soirs, mes invités et mes amis défileraient dans ma propre maison, et y applaudiraient iT~s .Tourne parlementaire,

)) Au fond, il m'est surtout agréable qu'on sache bien que le Théâtre-Libre joue la pièce de M. Maurice Barrès au même titre que la jp'ï/~e Elisa, de M. Jean Ajalbert, et comme il aurait donné le Pater, de M. François Coppée, si nous n'avions été empêchés par une question d'interprétation, Mlle Tessandier, occupée ailleurs, ne pouvant alors nous prêter son concours.

a Ce qui m'intéressa, en dehors de la valeur littéraire de l'œuvre, qui n'est pas contestable, on m'en croira sur parole,– c'est qu'il s'agit du début au théâtre de M. Barrès, et c'est là une trop bonne fortune pour que je l'aie laissé échapper.

? L'auteur du ./<ïrd:M~e-B<e~ceestun écrivain trop original pour qu'une nouvelle maniiestatio'n de son esprit dans la forme du théâtre ne soit point chose piquante il s'est trouvé que M. Barrés, pour une raison que je n ai pas à apprécier, était arrêté par la censure quoi de plus naturel qu'il ait reçu, par contre, au Théâtre-Libre, l'accueil que les gens de lettres savent y trouver en pareille circonstance.?

Comment la pièce vous a-t-elle été préposée ? 2

C'était huit jours avant l'interdiction d' C~e./OMrM~e paWe~eM~fe. Deux personnes qui s'intéressent au Théâtre-Libre (une famme et un critique dramatique innuent) me demandèrent si, au cas où l'occasion se présenterait, je jouerais trois actes de M. Barrés. « Tout de suite, répondis-je, » et sans conditions. )) C'est ainsi que, lorsque se produisirent les incidents que vous savez, l'ancien député de Nancy ent!*a en rapports avec moi; deux jours après, il lut sa comédie aux interprètes et, sur-le-champ, elle entra en répétitions.

M. Maurice Barrès y a-t-il fait des corrections?

I Je ne sais pas, à dire vrai, comment était le manuscrit avant de m'être remis, mais je puis vous assurer que depuis'que je l'ai, il n'a été rien ajouté ni retranché. Vous avez assisté, disons-nous à M. Antoine, à une séance de la Chambre? Oui, et j'ai visité le salon de la Paix se déroule le deuxième acte. Vous verrez donc le J~ocooM au Théâtre-Libre et même l'arrivée du président, suivi du bureau de la Chambre; vous entendrez le roulement du tambour tandis qu'on lui présente les armes, et rien n'y manquera puisque le président saluera l'ofncier de service tout comme au palais Bourbon. Est-ce que l'auteur chargé du rôle se fera la tête de M. Dupuy ? 2

–En aucune façon. Ni M. Maurice

Barres ni moi n'avons voulu qu'on pût nous accuser de rechercher le succès dans le scandale. Je ne dis pas cela pour le président <)e la Chambre, bien entendu. Mais, d'une façon générale, nous tenons à ne faire aucune personnalité, et les députés qu'on verra défiler sur la scène ne pourront être désignés comme étant tel ou tel dans la vie réelle.

» Je serai complet quand )e vous aurai dit que ma nguration au second acte est d'environ trois cents personoes_~Ajussi cet acte-là sera-t-il le plus mouvementé. »

.Et maintenant, au rideau. La séance. continue ) l

BI~c-Notes Parisien DEtJX.MHStCtEBfS

Deux musiciens viennent de mourir qui ont occupe la renommée a des titres divers le célèbre violoniste Camille Sivori et te ~joe/~M<er de musique de danse, Philippe Fahrbach. Nous ne les comparons pas; nous ne les rapprochons même pas c'est Ja mort qui les réunit. D'auteurs, l'un et l'autre avaient leurs qualités et tous deux, chacun à sa manière, s'étaient tirés de pair. Rendons-leur ici la justice qui leur est due, sans les confondre. Camitie Sivori fut un virtuose éminent; on le compara plus d'une fois à Paganini, son compatriote, pour la puissance du son et la fantastique maîtrise de t'archet. Fahrbach fut un des plus féconds, un des plus endiablés inventeurs de mélodies dansantes. Us eurent leurs originalités et leurs succès à part. Jetons sur ta tombe du premier quelques roses, et sur la tombe du second, eSeuiltons quelques violettes.

C&mtHe Sivori

Le propre de ce violoniste, c'était l'audace et le caprice de la virtuosité. Il aimait son violon comme un amateur de courses aime ses chevaux, pour tout ce qu'il en peut attendre de prouesses. Tout lui était prétexte à faire pleurer ou rire ses cordes, à tirer de la boîte sonore des effets inattendus, des notes profondes et des rusées d'artifice. L'école musicale qu'il représentait parmi nous était, il faut en convenir, un peu passée de mode. On demande aujourd'hui, même à la musique des virtuoses, plus de substance et de forme sérieuse. Sivori en était resté au goût de la difficulté quand même, bien qu'il excellât à interpréter, lorsqu'il le voulait, la musique de chambre. Mais sa nature italienne le portait sans cesse à ce qui étonne, à ce qui éblouit, à ce qui déconcerte à force d'impossibilités vaincues. Du moins, à ce jeu, était-il extraordinaire.

Cet artiste a traversé la vie dans un tourbillon de notes inouïes. Tout ce qu'on peut obtenir d'un Stradivarius it t'obtint avec une certitude de technique invraisemblable. Un de ses admirateurs disait de lui

Il prend son violon et son violon se met à jouer tout seul, n'importe quoi, mais pittoresque-ment, éperdûment et à la perfection. Sivori était un petit homme, pas plus haut que son archet. Il portait des favoris noirs, assez courts, et ressemblait à M. Méline. Très doux, très bon, très bienveillant pour les jeunes artistes. Au dernier concours du Conservatoire, comme on lui faisait remarquer la médiocrité des concurrents, ils se récriait, faisant valoir les qualités qu'ils pouvaient avoir.

Sivori jouait du violon toute la journée, dans son lit, le matin dès son réveil, et en chemin de ter.

!t ne se servait presque jamais dévidons italiens, mais d'un violon qu'il avait fait fabriquer par un luthier français, sur le modèle d'un ancien violon italien.

Rossini l'aimait beaucoup et le tutoyait. 11 lui disait souvent

Allons! Sivori, viens nous râcler quelque chose.

Et Sivori râclait quelque chose, à la grande joie du maître.

Souvent Léonard l'accompagnait au piano, et c'était une merveille que ce duo des deux amis.

Sivori avait amassé une assez jolie fortune. Depuis un temps immémorial, il habitait une chambre dans un hôtel de la rue de Trévise, ne dépensait rien et gagnait de l'argent. Mais il avait aidé une personne de sa famille dans une entreprise commerciale qui n'avait pas réussi, et il y avait perdu une partie de sa fortune. Il lui restait, dit-on, une quinzaine de mille livres de rente.

Il est mort à Gênes, où il était né. en f8i5. Se sentant mourir, l'automne dernier, il avait voulu aller rendre son dernier soupir sur la terre natale, où, dès l'âge de six ans, il avait émerveillé ses compatriotes par son naissant talent de violoniste. Bien qu'il eût fait de Paris, sa patrie d'adoption et sa résidence, Sivori a parcouru l'ancien et le nouveau monde, en renouvelant les exploits de son maître Paganini. F&hrb&ch

Dans te monde où l'on danse, Philippe Fahrbach était presque aussi célèbre que Strauss le Strauss du Béat; DaHt<6e &/et<. Les Parisiens t'ont connu naguère, et n'ont pas oublié son entrain, le mouvement qu'il se donnait à la tête de son orchestre. H semblait que le rythme de ses valses et de ses polkas lui montât à la tête et le grisât. C'était, d'ailleurs, un tempérament très original, un type curieux et spirituel de Hongrois resté tzigane.

Philippe Fahrbach était né à Vienne au mois de juin 1843. Son père, compositeur d'arrang-eme~ et d'airs de danse pour toute sorte d'instruments, publiait, en ce temps-là, un recueil périodique de pots-pourris pour nûte, clarinette et basson sur des motifs d'opéra et sous ce titre alléchant le Télégraphe m!M:'ca/. Il fut, comme de raison, le premier maître de son fils.

A douze ans, celui-ci jouait de la nûte, du violon et du tambour. A dix-sept, il faisait exécuter des airs de danse par l'orchestre paternel. L'année suivante, il avait un orchestre à lui et il improvisait encore plus de pots-pourris, de mazurkas, de schottisches, de valses, de marches et de quadrilles que ses instrumentistes n'en pouvaient jouer. Son succès fut très vif, très populaire. Philippe Fahrbach devint promptement, dans son genre, une personnalité.

De 1870 à 1872, le musicien remplit les fonctions de chef de musique ou, pour parler plus correctement, de A~e//MeM~r, dans un des principaux régiments autrichiens. Nom ne savons s'il renouvela le répertoire de son orchestre militaire dans un sens bien rigoureusement symphonique, mais les soldats, au moins, ne durent pas chômer de pas redoublés et même de galops entraînants. Fahrbach, au bout de deux ans, s'en allait, tout compte fait, se fixer a Pesth. où on l'appelait depuis déjà longtemps et où il fit fureur. S'il voyagea, dès lors, ce ne fut qu'afin de répondre à des engagements. Buda-Pesth était son centre et il prétendait ne bien respirer que là.

Son œuvre se compose de quatre ou cinq cents pièces, la plupart dansantes. Il avait des rythmes caractéristiques, des brisures bizarres, des sonorités ingénieusement paradoxales et, somme toute, abondance d'idées. Si ces idées n'étaient pas toujours, à vrai dire, l'idéal de la distinction, au moins ne manquaient-elles ja- mais de mouvement. Sa musique est, comme on l'a dit, faite pour donner des jambes aux danseurs. Mais c'est bien quelque chose, après tout, quand il s'agit de morceaux à danser. Fahrbach s'était essayé aussi dans l'opérette. Au total, il restera surtout auteur du BfaH Ni'co/ax, oA~ a/ dA.' Tout ie monde n'est pas Beethoven, tout le monde n'est pas Fahrbach. TO~T-PAHO

M. L.

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m~&LMMDNM~~ La situation en Seine et Oise L'émotion causée dans le cierge français par la loi sur les fabriques est loin de s'apaiser au contraire, elle s'étend chaque jour davantage et, de tous les points, des protestations sont rédigées e< immédiatement couvertes de nombreuse; signatures.

Dans leurs lettres, les protestataires signalent la situation qui est faite aux fabriques, à la suite de cette loi. Et les raisons que donnent la plupart d'entre eux sont fort justes, dans leur extrême simplicité..

Ces protestations sont formulées sans acrimonie, sans idée de révolte contre les pouvoirs publics; elles constatent simplement l'impossibilité matérielle dans laquelle les petites fabriques se trouvent pour se mettre en règle vis-à-via de la loi malgré leur meilleure volonté de la respecter et de s'y conformer.

C'est ce que nous avons appris au cours d'une minutieuse enquête que nous avons faite, en Seine-et-Oise; les notes qua nous avons recueillies auprès du clergé de ce département montrent nettement la situation.

Mgr l'évoque de Versailles a reçu de nombreuses lettres des fabriciens de son diocèse; toutes demandent à Sa Grandeur des instructions, le prient de fournir aux signataires les explications que ne leur donne pas la note ministérielle. Ainsi l'une de ces lettres est particulièrement curieuse. Si elle était adressée au ministre, elle présenterait le plaidoyer le plus éloquent en faveur des fabriques. Elle vient d'une fort modeste paroisse d'un petit pays situé aux confins de Seine-et-Oise. dans la Beauce. La situation de la fabrique de ce village est des plus précaires, car ce point du département est habité par de pauvres cultivateurs, qui occupent de véritables bicoques.

Etant donnée la pauvreté des habitants, la fabrique ne dispose que de très faibles ressources; c'est le cantonnier, un brave homme du village, et peut-être le seul « lettré )', qui occupe les fonctions –non rétribuées de trésorier-comptable de la fabrique. C'est lui, également, qui, chaque année, rend visite aux paroissiens auprès desquels il ramasse les quelques sous pour la location des chaises et lea menus frais.

Les écritures de la fabrique de- ce petit pays sont assez sommaires; il n'y a pas un grand maniement de fonds; le cantonnier pouvait jusqu'ici accomplir son travail ponctuellement, mais aujourd'hui il n'en est plus de même, la comptabilité exigée par la loi de 1892 est très compliquée et le pauvre homme ne sait comment il s'en tirera.

Donc, voilà une fabrique dont les écritures ne seront jamais tenues selon les prescriptions, et cela sans que l'on montre de mauvaise volonté, sans que l'on tente de s'insurger contre le gouvernement. Et combien y a-t-il en France de villages dont la situation est identique à. celle de ce coin de la Beauce?

Que voulex-vous que l'on fasse ? nous disait-on. Il n'y a rien a faire. On se heurte à l'impossible.

Dans la lettre si remarquable que Mgr de Versailles a envoyée au ministre des cultes –lettre fortjuste etfort digne, Mgr Gouxa signalé ce côté fort important de la question, sur lequel il est utile d'insister, car on demande aux trésoriers des fabriques un travail considérable pour tenir leur modeste comptabilité.

Monseigneur a cité le cas du trésorier d'unegrandeiabrique de son diocèse, autrefois caissier àla succursale deIaBanquede France à Versailles, qui a assuré que, pour s'acquitter exactement de tout ce qui est prescrit, il aurait habituellement plus de travail que lorsqu'il était dans son ancienne situation.

« Et cependant, a écrit Mgr Goax, les fonctions de trésorier sont gratuites elles sont communément gérées par des hommes de bonne volonté, étrangers pour la plupart aux notions d'une comptabilité savante, et qui se perdront dans la multiplicité des écritures qu'on leur demande aujourd'hui. Tout ce luxe de mandats, d'ordonnancements~ de registres qui peuvent convenir à une comptabilité considérable, sauf de rares exceptions, est réclamé dans nos paroisses de province pour des sommes minimes par les achats qu'il impose, il chargera d'une dépense relativement excessive les modestes budgets de la majorité de nos fabriques. »

Voilà ce que Sa Grandeur a fait remarquer simplement au ministre; effectivement, en opposition comme en toutes choses, il faut avancer des faits, agir en douceur et non brusquement, parce que l'on risque de n'être pas écouté, en dépit de la pariaite j ustesse des réclamations présentées.

Cependant, Mgr Goux juge assez sévèrement la loi de 1892, qu'il trouve injuste. Monseigneur estime que la manière dont elle a été votée achève de lui ôter ce qui pouvait rassurer sur la valeur de ses motifs et la sages.-e de ses dispositions. Sa lettre au ministre des cultes place le débat sur son véritable terrain

« Un débat prévu, solennel, dans lequel toutes les opinions auraient pu aisément se produire, paraissait indispensable pour modifier un état de choses qui avait assuré la paix religieuse en France depuis près d'un siècle. Au lieu d'être présenté ainsi et discuté en pleine lumière, l'article en question s'est produit, pour ainsi dire, à la dérobée dans la loi de finances, à la suite de l'interminable discussion du budget, quand tous avaient hâte d'en iinir, au milieu de l'inattention générale, et il a fallu toute la vigilance inquiète du vaillant évêque d'Angers, pour que cette proposition si grave ne fût pa~ votée sans protestation. » En effet, puisque les intérêts du clergé étaient en jeu, il eut été convenable de consulter ceux que la proposition de loi visait avant de la faire voter hâtivement. Si une enquête avaitété ordonnée par l'administration compétente, si l'on avait réuni le dossier motivé que le minia-