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Full notice

Title : Journal des débats politiques et littéraires

Publisher : (Paris)

Publication date : 1915-07-07

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 200316

Description : 07 juillet 1915

Description : 1915/07/07 (Numéro 188).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique

Description : Collection numérique : Histoire diplomatique : généralités

Description : Collection numérique : La Grande Collecte

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k4857021

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 23/11/2007

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SOMMAIRE

Fraternité franco-américaine.

Pour les Mutilés.

Les Obligations militaires des Sénégalais des communes de plein exercice. Prophéties ALEXANDRE MASSERON. La Situation militaire.

La Guerre européenne.

La Fête de l'Indépendance des Etats-Unis. A travers l'Italie. EoouARD LAZONE. Autour de la Guerre.

Le Baiser héroïque.– M"" ALEXANDRA GR:MANELLI.

~mte prMM-MMtM

Le banquet annuel offert par la Chambre ~e commerce américaine à l'occasion de la Fête nationale des Etats-Unis a emprunté n.ux circeastances un intérêt particulier. L'assistance et les orateurs ont souligné tes sentiments de fraternité qui règnent entre les deux républiques sœurs, dont la plus jeune se fait gloire de témoigner une gratitude impérissable à ceux qui l'aidèrent jadis à conquérir son indépendance. Le pèlerinage au tombeau de La Fayette n'est pas un rite sans portée, un geste archéologique, c'est bien la manifestation imposante d'une sorte de piété filiale chez un grand peuple qui aime à songer à son berceau.

Tout le monde devra lire avec l'attention qu'ils méritent les discours qui ont été prononcés. Le président de la Chambre de commerce américaine a trouve des paroles magnifiques pour traduire l'état d'esprit de la grande majorité de ses compatriotes au cours de la crise qui ravage le vieux monde. L'amitié américaine a éprouvé tout d'abord une fraternelle « inquiétude B dont elle n'a pas à s'excuser. Nous n'avions pas nous-mêmes la présomption de nous croire au-dessus du danger. Il nous a fallu faire « des miracles d'improvisation )), dit M. Peixotto, et la façon dont nous avons paré le coup fourré qui nous était porté « a forcé l'admiratioQ)'des bons connaisseurs en énergie humaine que sont les Américains. Souhaitons, avec l'éminent président de la Chambre de commerce américaine, que nous sachions déployer après la paix les mêmes qualités pour reconstituer notre puissance industrielle et commerciale. En tout cas, nous sommes heureux de constater que nos amisd'Aménque s'engagent à. nous prêter sur ce terrain leur actif concours.

M. William G. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis, avec l'autorité de sa parole et de sa fonction, a insisté sur le caractère particulier des préoccupations américaines cette année. Il ne s'agit plus seulement, comme d'ordinaire, du développement des relations commerciales franco-américai- ,1 nes « ce sujet n'est pas la note dominante dans nos pensées, ce soir '). Et sans sortir de la réserve commandée par sa situation ofncielle, le représentant du gouverne- ment américain a laissé parler « les douées voix de la sympathie et de l'encourage- ment a. « Au milieu de la détresse qui nous entoure, devant les épreuves que supporte te noble peuple français, nous n'avons qu'à suivre les sentiments de notre cœur pour être réunis dans une même pensée. Et cette pensée n'est pas la pensée des bé-~ nénces économiques immédiats à recueillir tte telle ou telle attitude, mais quelque chose de plus haut et de plus désintéressé. L'immense et admirable eSbrt accompli par la générosité américaine en faveur des blessés, des victimes de la ruine~etla'famine, tant en France qu'en Belgi- que, ne saurait être trop célébré ce que la délicatesse de J'ambassadeur l'a em- péché de dire sur ce point, il nous plaît d'y insister. Ce serait une grande faute que de vou- loir résumer la pénétrante analyse psycho- logique et historique de M. J. Mark Bald* win, un de ces illustres membres corres- pohdants de l'Institut, qui ajoutent à ce grand corps autant de lustre qu'ils en re- çoivent. Il faudrait pouvoir lire et retenir cette page maîtresse où est mise en belle lumière cette transformation idéale de jtout un peuple, ce qu'on a appelé le miracle français, '< magnifique poussée de ca- ractère faite de l'or le plus pur, venant des profondeurs intimes de la personnalité ~nationale et individuelle ». Ce serait affaiblir de telles déclarations que de les commenter. M. Mark Baldwin ne biaise pas avec la vérité. Il juge les atrocités, il les condamne « publiquement et sans restriction », il estime que pour un r Américain ce serait manquer à son propre patriotisme que d'agir autrement. M. Baldwin ne croit pas permise une :< neutralité morale H en présence de cer- tains actes, il ne croit même pas sufSsant de panser les maux de la guerre telle que nous la voyons « II vaut mieux se débarrasser des bandits que de soigner leurs 'victimes, x Et, pour ceux qui aG'ectent de dire que les Américains ne songent dans une telle crise qu'à gagner de l'argent en profitant des circonstances, il ajoute que pas un des grands négociants qui sont à

la tête des plus grandes entreprises n'hésiterait à « préférer une diminution de ses affaires au silence ou à une indigne indifférence officielle N.

La tâche des orateurs français était rendue presque plus difficile par l'atmosphère sympathique qui les entourait. M. Thomson ne pouvait que traiter le côté commercial, mais il en a profité pour saluer M. Pierpont Morgan, frappé par un Allemand parce qu'il entendait comprendre son rôle de neutre et d'Américain autrement que le pangermanisme ne voulait le lui permettre. Quant à M. Viviani, il a prononcé une courte et brillante allocution où il a montré le rôle de la France dans le drame actuel, les raisons qui l'ont amenée a le jouer et la manière dont elle entend le jouer jusqu'au bout. Ceux qui nous estimaient capables d'un emportement héroïque, mais escomptaient à la suite un abattement soudain, ne nous connaissaient pas ou, en tout cas, ne nous reconnaissent plus. Nous subirons tout, nous ferons tout pour la victoire, sauf les monstruosités dont le spectacle est donné au monde par l'ennemi., « Nous:Re mé.prisons pas le jugement de l'humanité et le verdict de l'Histoire. Et c'est parce que nous n'avons pas oublié qui nous sommes, ce que nous représentons et ce que nous défendons, que notre civilisation se distingue de la .Ku/~u/'et que le monde est~ intéressé à ce qu'elle en triomphe. Pour les Mutilés

Le service de santé militaire vient d'être mis sous les ordres d'un sous-secrétaire d'Etat. Nous voudrions signaler l'une des questions qui vont sans doute attirer l'attention de celui-ci. On sait quo l'Etat s'est réservé tous les membres arttScieIs produits en France ou importés pour les blessés de la guerre. II paraît juste qu'il donne~ en effet, à chacun de ces malheureux un appareil qui atténue les conséquences de son infirmité. Seulement il y a une appropriation nécessaire, et elle est parfois difficile à une administration immense et par suite rigide comme celle du ministère de la guerre. Par suite d'une entente avec les œuvres privées, l'administration vient déjà de leur reconnaître le droit de faire travailler directement pour des appareils plus perfectionnés ou plus complexes, destinés à s'adapter à une activité professionnelle résultant de la rééducation dans des écoles spéciales. Mais pour les instruments de première urgence et de modelé quasi uniforme que l'Etat continue à donner, il reste certains dangers à conjurer. Il a tendance, en particulier, à faire trop vite. Soit pour soulager plus tût les blessés, soit pour terminer r sans délai une procédure administrative, soit enfin pour ne pas garder dans les centres de fabrication, qui sont peu nombreux, les hommes sortant de l'hôpital et rappelés par leur dépôt, on se hâte de prendre les mesures et de délivrer les appareils. Or, il faut plusieurs mois pour qu'un membre amputé ait pris sa forme et ses conditions définitives. Un matériel trop hâtivement délivré risque d'être inutilisable. S'il est en outre peu résistant, comme c'est trop souvent le cas, on s'expose à de prochaines et coûteuses réparations ou remises au point. Est-ce encore* l'Etat qui en supportera les frais? H semble, en tout cas, préférable de faire le meilleur emploi possible des crédits affectés au soulagement des amputés militaires, en prenant tout le temps et tout le soin nécessaires pour qu'ils puissent profiter de ce qu'on leur donne. Leur sort est trop digne d'intérêt pour qu'on hésite à bousculer un peu, si besoin est, les habitudes administratives.

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bM UuUgdnUuù lililiLdiiM tiM ijHII~didt!) m ccwfcm p~jv EXERCICE

A la séance du l" juillet dernier, M. Diagne, député du Sénégal, a énergiquement et éloquemment plaidé la thèse suivant laquelle les Sénégalais des communes de plein exercice du Sénégal devraient être soumis aux obligations militaires prévues par les lois de 1905 et de 1913, et servir dans les mêmes conditions que les Français de la métropole. L'orateur a résumé sa proposition en cette question « Est-il admissible que des hommes qui bénéucient de droits politiques et électoraux puissent continuer à bénéficier du scandaleux privilège de ne pas faire de service militaire ? » Il est de toute évidence qu'une Assemblée comme la Chambre ne pouvait que répondre non à cette question. D'ailleurs, le ministre des colonies, qui est intervenu dans le débat, a déclaré que sur le principe le gouvernement était d'accord avec M. Diagne, mais que l'application de ce principe comportait des modalités que la proposition de M. Diagne ne prévoyait pas et que le gouvernement allait préciser en un projet qui serait soumis promptement au Parlement. Pour s'assurer que le gouvernement ne manquerait t pas à sa promesse, la Chambre a passé immédiatement à la discussion des articles de la proposition Diagne, puis elle a remis la suite de la discussion au 8 juillet. C'était sage. La proposition de l'honorable représentant du Sénégal soulève en effet des problèmes assez délicats. Elle revient à faire entrer dans le corps des troupes coloniales les Sénégalais des communes de plein exercice. Or à cette entrée en masse il y a des inconvénients qui disparaîtraient, semblet-i!, si on n'admettait au service militaire comme les citoyens français, c'est-à-dire dans les troupes coloniales, que ceux d'entre eux qui parlent et écrivent le français, les autres allant aux tirailleurs sénégalais.

On éviterait ainsi l'inconvénient grave d'avoir dans la même unit'é des soldats comprenant le français, d'autres ne le comprenant pas. D'autre part, on peut se demander quelle influence pourrait avoir ce traitement particulier des indigènes des communes de plein exercice sur tous ceux de l'Afrique occidentale française qui se battent si bravement sur tout le front trancais parmi les tirailleurs sénégalais. Il y a, pour amender la proposition de M. Diagne, d'excellents arguments des arguments d'ordre moral comme celui que nous venons d'indiquer il ne faut pas mettre en opposition les indigènes de l'Afrique occidentale en donnant aux uns des avantages matériels que les autres n'auraient pas des arguments d'ordre pratique parce qu'aux difficultés d'instruction s'ajouterait le manque de cohésion. Nous avons d'admirables troupes noires qui donnent, chaque jour, avec un dévouement que tout le monde reconnaît, leur sang pour la France. II y a' parmi elles'le fils de Samory qui est adjudant de tirailleurs, le fils du fama de Sansanding qui a fait la campagne du Nord, a été promu sergent sur le champ de bataille et blessé aux Dardanelles. Ce sergent a fait ses études au lycée d'Alger; on en pourrait. cijtCrbea.ucouji d'autres. 11 ne.peut pas y avoir de déchéance pour les Indigènes des communes de plein exercice à être versés dans les tirailleurs sénégalais.

P~OP/f~77~S/

M. Giuseppe Ciuffa avait recueilli des prophéties, beaucoup'de prophéties. Il allait t~s réunir en volume, lorsque précisément la guerre éclata. Sa publication en fut retardée. Mais elle gagna à ce retard un titre sensationel L~ g'Mer?'a eM/'ope~ e le /o/e:c. Rome, Desclée, iQ!5. Ce n'est pas une de ces maigres brochures comme il en a tant circulé en France, mais bien un livre d& près de deux cents pages. Cette épaisseur rassure. Si le secret de demain n'est pas là, où serait-il? Le lecteur feuillette avec une hâte fébrile. Le nombre des prophéties il y. en a plus de cent vingt-cinq ne l'étonné pas moins que la suite de leurs auteurs l'~l/'oca~se voisine avec Nostradamus, et Amos avec Mme de Thèbes; des communications spirites précèdent la prophétie d'une négresse et l'horoscope de Guillaume II; dësfeuil- les* légères ont été rassemblées ott, suivant Virgile et Dante, la Sibylle écrivait ses oracles

.a!t)M/o/teHe/b~e<eM

St perdea ~a se/!<en.:a df St'M/a. Il y a ennn un très bref recueil de tradi- tions européennes, asiatiques et américaines les Péruviens se font remarquer par leur laconisme A la fin des siècles, il y aura de grands tumultes &; ce n'est pas 1 compromettant.

Toutes ces prophéties se rapportent bien à une guerre européenne. Mais on ne conçoit pas toujours très exactement comment beaucoup d'entre elles concerneraient la guerre d'aujourd'hui. Le titre du livre de M. G. Ciuffa serait-il donc habilement trompeur? On risque ça et là d'éprouver d'amëres déceptions. Un prophète du on- zième siècle dit que la France, l'Autriche et C la Bretagne seront unies contre le czar du 1 Nord qui, désireux de posséder la cité de ` Constantin, aura dompté les fils de Maho- 1 met. Une religieuse, morte à Taggiaen 18~7, voit marcher de concert, contre l'Italie, les Autrichiens, les Prussiens et les Russes. Et ] ces renversements des alliances font présa- ger de beaux jours à la diplomatie euro- ` péenne. Un autre propre n'afiirme-t-il ] pas, d'ailleurs, qu'il y aura entre les puis- sances alliées de graves sujets de désunion? 1 Mais le contexte nous rassure il s'agit cette fois de l'empereur d'Allemagne, qui devra combattre ses propres alliés. Sur la ruine du Grand-Turc, il y a com- ( plète unanimité. L'empire de Constant!- I nople sera détruit et la puissance otto- 1 mane s'écroulera. Ceci est particulière- t ment encourageant pour le corps expédi- 1 tionnaire des Dardanelles. La Me.KK~ I sera lâchée par tout le monde. Les pro- ( phètes, sur ce dernier point, sont d'accord ( avec les journalistes. <x L'homme du Nord et <: le prince du Î septentrion & jouent dans ce livre un rôle } considérable, mais obscur. Car suivant que 1 ce personnage est Guillaume ou Nicolas, I les résultats se renversent du pour au ( contre. Cependant, un tailleur anonyme a ;1 apporté des précisions nouvelles. II a vu l'est de la France en nammes et le kaiser, à ( la tête de ses troupes, envahissant ce terri- toire. Un calcul complexe, ou les jours du carême comptent chacun pour une année, 1 permet.de placer l'événement entre iai3 et ( 101~7. Comme M. G. Ciu&a reconnaît avoir fait une fois une multiplication au lieu 1 d'une addition, l'approximation paraît très f suffisante. Voici toutefois qui est plus précis. Un ( ermite suisse, mort en 1760, annonce ce 1 qui se passera en ioi5 « Disette, famine massacres; la mortalité sera si considéra- 1 ble qu'il restera seulement un petit nom- ( bre de vivants quand deux d'entré eux se rencontreront, ils s'embrasseront de joie là moitié des hommes ne dépasseront pas < l'âge de quarante ans. Tous ces fléaux se- ) ront précédés par une telle confusion des ¡ esprits qu'elle sera beaucoup plus funeste < que la confusion des langues de la tour de a Babel.~ L'ermite ajoute qu'en 1060 la Si- cile sera engloutie dans la mer, la France et l'Espagne détruites par des tremble- <

ments de terre en iQoç aura lieu la fin du monde un nouvel an mille.

Napoléon i" daigna faire connaître par un médium que l'Autriche serait frappée dans les premiers jours de 101.). et qu'un attentat serait commis; il coulerait du sang royal. La France aurait pour alliées la Russie et l'Angleterre. Elle triompherait. La Russie et l'Italie voudraient leur part du démembrement de l'Autriche Hongrie. L'Allemagne serait démembrée en ioi5 et l'empereur Guillaume ne serait plus qu'un petit chef d'Etat. L'ombre impériale ajouta que l'Espagne serait l'alliée de la France, ce que l'Allemagne ne verrait pas sans dépit. Cet oracle spirite fut imprimé en lois dans larevue IW/~t, qui paraît à Rome.

Les prophètes s'occupent aussi beaucoup de la succession des Papes. Quatre ans avant le Conclave de ioo3 il fut imprimé une prophétie qui donnait le nom du successeur de Léon XIII Pie X. Mais malheureusement elle ajoutait le nom du successeur de Pie X Paul VI. Le cardinal Della Chiesa a mis la phophétie en dér~u~ M. G. CiuS'a tâche de se consoler par un commentaire <x Il Morne HOK dice' HK//a. »

Enfin, le livre de l'auteur italien avec beaucoup d'autres prophéties intéressantes qu'il serait trop long de rapporter ici réserve sur sa dernière page une dernière surprise à ses lecteurs. On y lit l'MK~~ma;~'donné à l'ouvrage par un Dominicain. Sous cet ~M~'ma~H~, une petite bande de papier blanc intrigue les curieux. On décolle ou on regarde par transparence c'est un autre !7K/'r:/H~Kr du Ftc. L~M ~.dsessor qu'il a fallu canceller. La ~Ke~-rcï eKro~M e /e ~t-o/este n'a. donc en, somme qu'un demi !na<H~. Ce qui signifie évidemment que cet ouvrage ne mérite qu'.une demi-confiance.

Et cela est très bien ainsi.

ALEXANDRE MASSERON.

LAS!TBATMNHIL!TA!RE

Eu Pologne orientale, les Austro-Allemands ont continue dans les premiers jours de juillet à avancer face au Nord entréhBug et Vistule. La gauche, que nous avons vu se déployer pour la forcer sur une première transversale ZakIykov-Frampol,' s'est portée de là sur une seconde transversale Krasnik-Turobin, à une quinzaine de kilomètres en avant. Cette nouvelle ligne de défense est formée dans la droite par le Por, dans la gauche par la Wyjnitsa. Apres des combats acharnés, les Austro-Allemands ont réussi à forcer le Por et à s'avancer vers Bychava; mais ils sont arrêtés sur la Wyjnitsa.

Par le centre, on sait que leur ligne d'opérations est la route Rava Russka-Tomazov-Zamoscz-Krasnostav et qu'elle suit d'une manière générale le cours de la.. Wieprz. Ils ont .atteint Zamosczet marchent: sur Krasnostav. Mais les afftuents qui viennent se jeter presque à angle droit dans la Wieprz forment autant de coupures à franchir. C'est sur un de ces anuents, la Voliza, que les Austro-Allemands ont été arrêtés le 3, avec des pertes sévères.

Les colonnes de gauche et du centre ont pour objectif Lublin. La colonne de droite marchait par le Bug, avec Cholm pour objectif. On n'a pas de ses nouvelles depuis qu'elle a atteint Sokal. Les Russes n'en parlent pas et les Autrichiens se contentent de déclarer que la situation sur le Bug n'est pas changée.

Au sujet de cette colonne de droite, il nous faut. mentionner l'opinion selon laquelle les Allemands essayeraient de dessiner un mouvement dans cette direction sur Kovel. Voici ce qu'il faut entendre par là. On sait que leur objectif actuel est le front Lublin-Cholm. Kovel se trouve à 80 kilomètres dans l'est de Cholm. Il faudrait donc que l'armée Mackensen prolonge sa droite de quatre jours de marche. Quel serait le but d'un étirement d'autant plus pérjjleux que les ravitaillements des Allemands se font par leur gauche, et que leur~roite est précisément l'épaule tournée.' vers les renforts ennemis? C'est qu'à Kovel 1 passe une ligne de chejnin de fer par laquelle les deux groupes russes communiquent; au Nord, cette voie passe à Brest; au Sud, elle se rend en Voihynie. On comprend qu'il soittentant pour les Allemands de l'intercepter. On conçoit moins facilement qu'ils puissent risquer une opération si excentrique. EnSn on remarque que, pour le moment, ils manœuvrent précisément à l'opposé. Ils avancent par leur gauche qui est & Josefov sur la Vistule et par leur centre qui est en avant de Zamosc– mais non point par leur droite qui reste sur le Bug à la hauteur de Soka!, et qui paraît bien plus constituée en échelon dénnitif qu'en aile marchante.

Sur le front français, la caractéristique des opérations qui ont succédé à la bataille de Lens a été une série d'ou'ensives alLemandes, de caractère partiel, mais d'exécution très énergique, sur des points assez divers. Nous n'avons naturellement pas les moyens de les interpréter encore. Rappelons seulement à quel point la contre-ouensive immédiate, la ténacité à

maintenir les positions et à les reprendre, font partie des principes essentiels de l'art militaire 'allemand. Ajoutez que des attaques de cette sorte, poussées avec un ou deux corps d'armée, peuvent avoir aussi le dessein de troubler les préparatifs de l'adversaire dans le cas où il monterait lui-même une grande attaque, opération toujours délicate et qui, dans la guerre présente, dépasse en précision et en complexité tout ce qui se connaissait. Ces offensives, en Argonne, en Lorraine, vers Arras, se sont brisées partout aux secondes lignes françaises et souvent aux premières. La plus grande partie du terrain perdu a été elle-même reconquise aussitôt presque entièrement.

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Les Communiqués

Voici le ~ea:~ du eo~yHH/tt~M~ o/cM du 5 y'mV/e~ ~9~5 C23 Aeures~ Journée relativement calme sur l'ensemble du front, sans aucune action d'infanterie.

On ne peut signaler que l'activité particulière de l'artillerie ennemie entre Meuse et Moselle~ La région du bois Le Prêtre a subi notamment un bombardement très violent d~obus de gros calibres.

Communiqués du Mystère d6 iamarme Le paquebot français Gay~Aaye a été torpillé et coulé par un sous-marin sous le cap Hellès, dans la journée du 4 juillet; 66 hommes de l'équipage ont été sauvés, 6 ont disparu.

Le 4 juillet, deux sous-marins allemands ont été canonnés dans la Manche par des bâtiments de la flottille de la escadre légère française.

Les deux sous-marins ont disparu en plongeant, mais l'un d'entre eux a été atteint par plusieurs obus avant de disparaître.

M. Mîllerand sur !e front (0/7?c:'e/)

Le ministre la guerre a quitté Paris hier matin pour se rendre aux armées.

Dans la journée, M. Mitlerand a conféré avec plusieurs généraux de la région du Nord et, après s'être rendu au milieu des troupes dans leurs cantonnements, il a tenu à voir par lui-même les différentes lignes de défense du front de l'Yser.

Les Opérations

LES ALUESCOMTRE LES TURCS Los opérations aux Dardanelles

Comm:MtgHe o/y!cte~ &~<Mn:~Hg. Vers deux heures du matin, dans la nuit. du 29 au 30 juin, les projecteurs du contre-torpilleur britannique Scorpfoy! ont découvertun demi-bataillon turc s'avançant près de la mer. au nord-ouest de Krithia.

Le Scorpion ayant ouvert le feu, peu de Turcs ont échappé.

En môme temps, les Turcs, sortant d'un ravin et s'avançant en rangs serrés sur plusieurs lignes, pnt attaqué un tertre pris par nous à l'ouest de Krithia. Notre artillerie et notre mousqueterie, les prenant en enfilade, leur ont infligé de fortes pertes les Turcs qui étaient en avant sont arrivés jusqu'à 40 yards du parapet britannique, mais peu en sont revenus.

Au cours de la nuit, les Turcs, livrant plusieurs violentes attaques à l'aide de bombes, ont repoussé par~deux fois les Anglais à un faible distance, mais les Anglais ont reconquis bientôt leurs~tranchëes à labaïonnette les ont fortifiées ensuite.

A 5. h. 1/2 du matin, les mitrailleuses anglaises ont dispersé 2,000 Turcs venant de Krithia et allant dans un, ravin. Les pertes turques sont évaluées à 1,500 ou 2,000 morts.

Le 30 juin, vers 10 h. 1/2 du matin, les Turcs ont attaqué de nouveau à l'aide de bombes un élément de tranchées plus au nord qui avait été pris par nous le 28 juin; furieux de voir un de leurs oCiciers blessé, les Gourkhas ont lancé toutes leurs bombes contre l'ennemi, puis l'ont attaqué avec succès à coups de coutelas.

Vers l'aube, un demi-bataillon turc, qui essayait de traverser en terrain découvert, a été presque anéanti et une dernière attaque faite avec des bombes a échoué complètement.

Du côté des troupes australasiennes, sur notre front droit, les Turcs, dans la nuit du 29 au 30, ont ouvert un feu violent de minuit à une heure et demie.

Les Australasiens s'étant bornés à répondre par des applaudissements, les Turcs se sont élancés en se servant de bombes et de la baïonnette; ceux qui sont parvenus jusqu'aux sapes britanniques ont été tués; nos cavaliers out poursuivi à coups de fusil et de bombes les autres qui se retiraient en déroute, vers deux heures du matin, et qui, au cours de cette retraite, ont perdu beaucoup de monde.

L'attaque turque a été plus forte à la droite de l'ennemi.

Une sape dissimulée établie bien en avant

de notre ligne principale a surpris complê< tement l'ennemi qui y a laissé une grande quantité de morts.

Quelques soldats turcs ont pénétré dans la cavité produite par l'explosion, d'autres l'ont franchie; mais tous ont été balayés par le feu venant du parapet principal situ6 plus en arrière.

A trois heures du matin, les Turcs ont attaqué ensuite sur notre gauche. Trente d'entre eux ont franchi le parapet en face du poste; ils ont été tués.

Les prisonniers rapportent que trois nou" veaux bataillons ont participé à l'attaque principale qui a été menée sous le commandement d'Enver Pacha lui-même ce dernier était, disent-ils, dans les tranchées !t 29 juin.

Un prisonnier arménien, à l'intelligence duquel on peut se fier, a confirmé la présence d'Enver Pacha au milieu des troupes~ Suivant cet Arménien, défense avait été faite récemment aux Turcs d'attaquer afin d'obliger les Anglais à attaquer eux-mêmes et à s'exposer à des pertes aussi fortes que celles subies par les Turcs jusqu'à présent. Mais Enver Pacha, en arrivant dans le secteur Nord, a dérogé .a cette interdic. tion et a donné l'ordre de jeter à la merlea Australiens.

Le 2 juillet, après une demi-heure d'un violent bombardement contre notre position avancée. avec des shrapnells et des obus puissants, l'infanterie turqne s'est avancée. Mais grâce au feu extrêmement pcéeis du coutre-torpilleur Scorpton et da nos mitrailleuses, auquel s'ajoutait un feo. de mousqueteriè, elle a été refoulée jos"qu'au ravin principal, à un mille enviran. de notre front.

Vers sept heures du matin, deux bataN~ Ions turcs protégés par une canonnade SM& sortis du ravin au nord-est de notre tranchée la plus avancée et se sont avancés on. terrain découvert sur deux lignes.

Tout de suite, le tir de shrapnells t!t) notre artillerie a causé parmi eux de graTMts vides.

Les réserves des Gourkhasse sont alors avancées et comme la place manquait poor elles dans les tranchées, elles se sont postées en arrière, sur un monticule d'où elles ont tiré sur l'infanterie turque qui, en dépit des exhortations des officiers, s'est mise enretraite en désordre en subissant de grosses pertes.

Partout, en face de nos tranchées, le sol est couvert de cadavres turcs. Les patrouilles envoyées pendant la nuit disent que tes vallées et les ravins sont également remplis cadavres..

11 est absolument certain que les perdes turques ont été considérables du 28 jum au 2 juillet, l'ennemi a dû perdre 5,150 morts et on peut évaluer le nombre de ses Messes à 15,000.

Depuis le 29 juin, nous avons recaeitR 516 fusils, 51 baïonnettes, 200 équipements complets, 126,400 cartouches et 100 bombes.

On a saisi sur un prisonnier un ordtro turc dont voici un extrait

« Rien ne nous cause plus de peine, rien n'augmente davantage le courage de l'ennemi et ne le pousse à attaquer phis hardiment en nous infligeant de grandes pertes, que de perdre des tranchées.

Désormais, nous punirons comme s'Ha avaient fui les commandants qui rendtomt 'leurs tranchées avant que leur den~a* homme soit tué. »

Cet ordre est signe du colonel RffaatatBL prescrit en outre aux ofGciersgde tuer~ coups de revolver tous les soldats qui te<&' teraient de quitter les tranchées sons <;oet-'que prétexte que ce soit.

A cet ordre de service est annexée* une formule dans laquelle les oËEcier~~enga-* gent à exécuter l'ordre jusqu'à la deme'Bza goutte de leur sang, et cette formule <~ revêtue de la signature de tous-les ofBtiBetS auxquels il est adressé.

A Smyrno

On mande de Mitylène qu'un-aéropl&n'e ~anglais a lancé récemment des bombes-'saf lefortdeVourla; on ignore Fétendne~des dommages causés. Le même aéroplane a bombardé les forts de Smyrne où trois~s&ldats ont été tués. Une grande partie'de~ta garnison de Smyrne et des environs a~ëM rappelée. On pense que ces troupes, évaluées à 20,000 hommes, ont étë-en~oyées aux Dardanelles. Smyrne n'est occap&qae par des troupes irréguliëres.

A L'ARMÉE DU CAUCASE Contmu/<~e de fermée <fM CaMcasc. Dans la région du littoral, fusillade. Dans la région de Karaderbent, à l'ouest du village d'Albazik, une de nos patrouïHes de cavalerie a attaqué deux escadrons de souwaris, qui, pris de panique, sesoh&enfuis, entraînant avec eux l'infanterie. Aucun changement sur le reste du fronts EN ALCAN!E

L'occupation monténégrine

ComnttM!gt<ë nt<M~e/:eg't/: du ;3S jtH/t (re" tardé dans la transmission). Les troupes monténégrines ont occupé, avec Scutari, tout le district comprenant cette ville jusqu'au Drin blanc.

Partout les Albanais se sont rendus, déposant les armes à l'arrivée des troupes monténégrines.

L'ACT!OM ITALIENNE Nouvelles ofncîeUes

ContnuMfgue du grand eM-mq/or tf<ï/<en.–Rome, le 5 juillet. Le tir de l'artillerie contre les ouvrages de Malborghetto et de Predil continue avec une grande efficacité. Notre offensive sur le plateau de Carso se développe avec succès. Dans les combats d'hier, quatre cents soldats ennemis ont été faits prisonniers.

La nuit dernière, nos dirigeables ont bombardé avec succès des campements ennemis aux environs de Dôberdo et l'embranchement de la ligne du chemin de fer Dornberg-Proacina, endommaceant la hi-

.t.. ,t~' <~ t tU<);tt' ',t«.tt;M)S~iMl.


furcation et la gare de Proacina. Nos dirigeables, qui ont été l'objet d'un feu d'artillerie, sont rentres indemnes.

C?omn!M:<jfu<{ du c/ie/' cf'~a~-ma/o;' de la moy'Me. Rome, te 5 juillet. Un de nos dirigeables a bombardé et endommage sérieusement, la nuit dernière, les établissements mititaires de Trieste il est revenu indemne.

~Vo~ o/y!cte//< Remède G juillet. Le Correspondenz Bureau, dans une note du 29 juin, a prétendu que le personnel brancardier italien abusait de !a convention de .Genève et transportait des mitrailleuses en utilisant les brancards. Cette information est dénuée de tout fondement.

Au contraire, on peut anirmer que de fréquentes violations do la susdite convention sont accomplies par l'ennemi.

C'est ainsi que le 29.juin, près de Clava, un de nos détachements sanitaires, protégé cependant par des drapeaux de la CroixRouge très visibles, a été l'objet d'un feu violent d'artillerie: deux brancardiers ont été tués; un troisième a été blessé.

Le~jùHtet, près de Monfalcone, un médecin-major appartenant au 2" grenadiers recueillait des blessés dans les environs des réseaux de l'ennemi, sous la protection du drapeau international et après une entente préalable avec les Autrichiens, il a été traîtreusement fait prisonnier avec 13 brancardiers.

11 convient de signaler également le fréquent emploi par l'ennemi de bombes & main et d'obus contenant dés ~az asphyxiants.

Crosutés autrichiennes

Suivant l'jMeo ~Vas:ona/e une dizaine d'Italiens, qui avaient été emprisonnés à Trente au début de la guerre, sous le prétexte qu'ils favorisaient des désertions, ont été fusillés par des soldats autrichiens. La semaine dernière, des exécutions en niasse ont eu lieu à trois reprises différentes.

t-'AC'nOM RUSSE

La. situation

H n'y a pas eu ce matin de communique da grand état-major russe.

D'après le correspondant du Times à Petrograd, le terrain sur lequel l'armée russe résiste depuis plusieurs jours aurait été déterminé d'avance et choisi comme ligne de défense.

Derrière les Austro-AHemands~ le sol est Marécageux et les communications mauvaises, eti'ennemi ne dispose plus maintenant du soutien immédiat de ses chemins de fer.

Les Russes, au contraire, se trouvent dans une position beaucoup plus forte, étant en contact plus étroit avec leurs chemins do i«r stratégiques. Depuis jeudi dernier, l'ennemi n'a pas avancé, ou n'a avancé que légèrement, en Pologne méridionale, et les troupes russes, luttant avec acharnement et succès, y ont arrêté son ofTensive.

Le correspondant du Dat/f/ JVetus à Petrograd télégraphie, d'autre part, en date do lundi, que la marche des troupes de Mackensen contre Choim et les opérations de l'archiduc Joseph entre la Vistule et le Bug sont gravement mises en échec par la briilante défensive des Russes.

Toute la région est coupée par de nombreuses rivières, par des coUines, et el)e est j aiUonnëe de tramways et de moyens do ) communication modernes dont peut pron- ter la tactique russe. L'ennemi subit chaque jour de fortes pertes.

LA GUERRE AÉRIENNE Sûr côte orientale britannique ) C'ontmtiyitgue o/c; &n~an'ngue. Lon- dres, le 6 juUtet. Samedi matin, un avion et un hydravion allemands ont fait leur ap- ( oarition au larse de Harwich, volant à une )'

très grande hauteur.

Des aviateurs britanniques se sont élances aussitôt à leur poursuite. Les AHemands, jetant leurs bombes dans ta mer, ont pris !a fuite, toujours à une grande hauteur.

Tel est, en reattté, l'jncident qu'un communiqué aUemand signale comme une attaque dirigée Contre la fort dé Landguard. En Flandre

Selon !e correspondant du Da</t/ B'a'pres~ alafrontiëre be!ge, un certain nombre de soldats aHemands travaiiïant à la gare do Staden, ta ptua importante des bases d'approvisionnements en munitions pour les troupes aUemandes opérant sur te front de t'Yser, ent été soit tués. soit blessés par des bombes qu'avaient lancées des aviateurs aUiés.

~GUERRE MARtTtME

L'engagement naval de la Baltique. Les explications de la Russie a la Suède De Petrograd on communique !a note off!cieUe suivante reiathe aux explications adressées par !e gouvcrneraent russe au gouvernenient suédois après 'MtaiUe navale du 2 juiUet.

,Le ministre de Ss<;de a Petrograd a fait connaître au gouvernement impérial que, le 2 juillet, penGtr~t <a bataiUe navale qui a.eu.tieuprës des ites Gothiand, au moment où les navires russes poursuivaient un navire aHemand, un obus a vole au-dessus de l'Hot suédois d'Ostgarn (o/t'os Ostergam), venant tomber ensuite dans l'eau à une distance d'environ 200 mitres du rivage.

A ce propos, te ministre, au nom de son gouvernement, a protesté contre une pareilte violation de la neutralité de la Suéde. Le ministre de Suéde a, en même temps, informé te gouvernement impérial des mesures prises par le gouvern.ement suédois eh v~uë du désarmement du navire de guerre attemand qui s'est jeté a ta côte de l'e Goth!and, ainsi que de l'ihterpement de son équipage en Suëde.

Ayant pris connaissance de cette communication, le gouvernement impéria! a exprimé au gouvernement suédois son sincère regret de la chute açcidente!te d'un obus dans les eaux territoriales de la Suéde U a expliqué .que, d'après le rapport de }'amirat commandant la f!otte de la Baltique, cet incident na pu se produire qu'en raison de t'épais brouiUard qui couvrait ia mer sur le lieu du combat et qui gûnatt la préctSton du tir.

Le ministre de Suède a reçu en m~ma temps les assurances les plus positives de l'intention de la Russie de respecter la neutratité de !a Suède..

Les données ci-dessous sur les circonstances du combat attestent que la chute d'un obus dans les eaux territoriales de !a Suède n'a pu être que le résultat d'un fâcheux accident, indépendant de toute volonté humaine.

Le combat nava!, engagé entre nos croiseurs et un détachement de navires aHemands, composé d'un croiseur du type

~u~6~ry, du croiseur léger ~~a~ros et de { trois torpilleurs d'escadre, prësdellle Gothiand, a commencé le 2 juillet à 7 h. 35 du matin, à une distance de 23 lieues delà côte.

En raison du brouillard qui couvrait la mer, la visibitité pendant le combat était très restreinte. Une forte brume cachait parfois les silhouettes des navires ennemis et g-ênait la précision du tir.

Quahd, une demi-heure âpres le commencement du combat, le croiseur du type ~H~&~y, mettant à profit sa vitesse supérieure, est parti vers le sud, tes torpilleurs allemands, en vue de soulager la position de l'~47&Q~'os, ont fait usage d'un ~oite de fumée qui a caché le navire servant de cibleanotretir.

Ayant reçu de graves avaries, I'/l/&a/os a exécuté, vers neuf heures du matin, plusieurs évolutions, a baissé son pavillon et s'estdirigéversiacôte.

Le feu de nos navires a alors cessé immédiatement.

Vers ce montent, brouillard sur !a mer s'est quelque peu fondu, en même temps que se dispersait l'épais voile 'de fumée produit artificiellement par l'ennemi au moyen d'appareils spéciaux et. qui avait C supprimé toute possibilité do préciser la position de nos navires àsix lieues du phare d'OEstergarn. j Nos croiseurs ne se sont pas approchés £ davantage de la cote pendant !o combat. Si, 1 au cours de la lutte, un obus est tombé à 1 proximité du rivage, ce ne peut être que par suite d'un ricochet accidentel, aoit { de notre artillerie, soit de celle des Alle- t mands.. Il

Vapeurs torpilles et coulés

Lessous-marina allemands ont coulé hier a et avant-hier les bateaux norvégiens J~'er~- j: C;'OM et .P/'eA-, au large de Harwich, le va- v peur anglais 5iM&eam, au large de Wick, et p le cargo anglais T~e~ou~, a 80 milles de g Bristol. Le vapeur anglais ~1/i~~o-Ca/f/orn<c;n, de 5,000 tonnes, est arrivé hier à d Queenstown après avoir été canonné par s un sous-marin allemand et avoir perdu c 12 hommes de son équipage,.dont le capitaine.

L' « Annam M et le « Carthage ') Le vapeur ~In~a/H, revenant des Darda- I< nelles, est arrivé hier a Marseille. Dans les g derniers jours de mai, l'~n/iamétaitmouillé a près du cap Hellës, pour débarquer sa car- q gaison, quand une batterie turque ouvrit 1'~ lefeu sur lui. Quatre obus atteignirent le n navire, le premier projectile démolit la pas- d serelle, deux autres tombèrent dans la cale, n: le quatrième creva la coque sous la ligne de flottaison, mais la voie d'eau put être obstruée. L'/innam leva l'ancré et se mit hors de portée du tir. Les avaries furent ré- parées. Aucun homme do 1 équipage ne ë' soufi'ritde cette action, c' La nouveUe du torpillage du Cay'Mos'e a produit hier soir à Marseille une vive émotion. Le Ca~/io~e appartenait & la Com- P' pagnie transatlantique; réquisitionné par l'Etat pour le transport des troupes et du matériel du corps, expéditionnaire du Le- vaht, il avait quitté Marseilto le 24 juin, avec une importante cargaison. in

Bateaux suédois et norvégiens saisis }" On mande do Copenhague au .Mo'ni'ny ~*Mf que cinq bateaux suédois ont été sai- m sis dimanche, dans la mer Baltique, par des j.a torpilleurs allemands et conduits à Swine- ur munde. Ce sont les vapeurs Z.~t<y;a, ~<erme/<Mdct/7ewtA:-W;c<M~er et les voiliers n. Oj''uaret.Hojope~. On mande de Stockholm au même journal que le vaisseau norvégien J7a7Mo, qui trans- portait 30 tonnes de cuivre destinées à une ur maison de Lubeek et s'était réfugié à Gra- gg blestad à la suite d'avaries, a été saisi ainsi pj. que sa cargaison, sur la demande des auto- so rites norvégiennes. 1

Chez tes BeHigérants EN GRANDE-BRETAGNE A la Chambre des Communes

Répondant à une question qui lui est posée, M. Lloyd George dit que 67,650yolontaires sont déjà enrôles pour la fabrication des munitions.

On ne prend, ajouie-t-il, que des ouvriers compétents; la main-d'œuvre disponible varie au jour le jour. Les ouvriers yolentaires, ceux de l'armée qui sont libérés et d'autres venus des colonies, assureront la fabrication. Le recrutement continuera. Un député demande & M. Asquith s'i! peut assurer & la Chambre, relativement au grand registre de recensement nationa), que le gouvernement n'a nullement l'intention d'établir le service obligatoire. M. Asquith répond que le gouvernement n'a nullement cette intention.

M. Walter Long ouvre le débat dans la seconde lecture du bill du recensement; ce recensement, dit-il, coûtera moins cher que le recensement décennal habituel.

M. Whittaker objecte que le bilt est une pomme de discorde qui divisera le pays. Le président du Local Government Board répond que le recensement fournira des renseignements utiles; il permettra, par exemple, à lord Kitchener d'éviter d'envoyer aux armées des hommes dont les services sont plus utiles ailleurs ou qui ne doivent pas être envoyés aux armées. M. Long estime que 80 0/0 du pays est prêt a faire tout ce que le bill demande. Le recensement a pour seul objet d'éclairer le gouvernement.

M. Whittaker insiste et propose le rejet du bi!l; les pouvoirs dont dispose le gouvernement sqnt, selon l'orateur, amplement suffisants. Le bill suscite de grandes controverses d'aiUeurs les volontaires se présentent d'eux-mêmes toutes les fois que le gouvernement le demande. v

La Chambre des Communes a adopté, en seconde lecture, par 253 voix contre 30, lé bit! instituant le recensement.

Evasion do deux ofooiers allemands Deux officiers allemands, nommés Treppitz et Plushow, se sont évadés hier matin de Donington Hait, ils étaient internés. Le premier a été repris hier soir, à Millwall.

EN BELGtQUE

Fermeture de la frontière

Un télégramme de Maastricht annonce que la frontière entre le Limbourg hollandais et la Belgique est fermée depuis samedi et le demeurera probablement jusqu'à mercredi.

Les habitants des villages de la frontière belge ont reçu l'ordre de placer des seaux d'eau devant leurs maisons, apparemment en vue du passage de troupes de cava-

lerie.

s

EN ALLEMAGNE

La politique socialiste

Le Foyœeer~ conclut ainsi un article intitule < Contre la desorganisation du parti '< Apres la fin de la guerre, la politique intérieure nous imposera des tâches plus lourdes qu'il ne. s'en est jamais vu depuis que l'empire d'Allemagne existe. Nous pensons que la répartition des charges terribles que la guerre va faire peser sur le peuple principalement rencontrera des difficultés dans la politique sociale et dans la lutte économique. C'est pourquoi, dans l'avenir, ta, classe des travailleurs a besoin d'une social-démocratie toujours plus forte etplusunie.') »

On mande de Berlin que la commission du parti socialiste, réunie le 30 juin et le 1~ juillet, a décidé d'approuver l'attitude du Comité du parti, et a condamné les menées occultes de certains socialistes, et notamment l'attitude de M. Haase.

Les industries de guerre

On mancfe de Berlin que le ministre de !a guerre recevra, mercredi, une députation des corporations des industries de guerre, qui lui présentera l'ordre du jour suivant <' Renvoyer aux usines les soldats nécessaires à l'industrie; compléter l'instruction professionnelle des ouvriers~ instruire professionnellement les jeunes filles, les prisonniers de guerre étrangers, les mutilés de la guerre. M

La maison Krupp a encore étendu le terrain qu'elle occupe près de la frontière, par l'achat, au prix de 24,000 marks, de tous lés terrains communaux d'Engdën, pr&s d'Elsenborn.

Une dépêche de Berne au Afor/ity)~ .Posf annonce qu'une grande fabrique, située près de Dresde et travaillant pour l'armée, vient d'être détruite par un incendie huit personnes, femmes et enfants, ont reçu de graves brûlures et ont succombé.

La môme dépêche signale que le ministre de !a guerre allemand a nommé un Comité spécial chargé dé surveiller l'industrie il coton dans l'empire.

Les biens étrangers en AHomagnë Le Conseil fëdédéral allemand s'occupe du recensement des biens étrangers eu Allemagne et des biens allemands à l'étranger. Ce travail sera probablement confié aux Chambres de commerce. On estime qu'il y a beaucoup plus d'argent allemand à l'étranger que d'argent étranger en Allemagne. Le recensement serait fait en vue du règlement de compte final avec les enne-

mie

L'union douanière austro-allemande La revue socialiste allemande la A~eHe ?ef7 publie un article du socialiste hongrois E. Varga sur l'accueil qui a été fait :n Hongrie au projet d'union douanière entre l'Allemagne et la monarchie dualiste. Selon M. Varga, les agrariens hongrois jnt été pendant longtemps partisans d'une j union. Dans ces derniers temps, ils ont changé d'avis. Leur volte-face est si récente ) ju'on ne s'en est pas encore aperçu en AI- .emagne. Ce sont surtout des raisons politiquosqui ( niluent sur leur attitude. Pour le moment, es tarifs des produits agricoles sont aussi ;Ievés en Allemagne qu'en Autriche-Hongrie. Mais on peut se demander si les libé- t 'aux allemands n'obtiendront pas de force t me réduction des tarifs agraires. 1 En Autriche-Hongrie, au contraire, la s )uissanco politique des agrariens est assez i grande pour ne pas avoir à redouter une Codification des tarifs existants. Leur do- s oination pourrait donc être ébranlée par ( me union douanière avec l'Allemagne, qui (. st si fortement industrialisée. On com- c trend dès lors que les agrariens hongrois oient contraires au projet d'union..

Les industriels hongrois ne se montrent pas plus favorables. L'industrie allemande produit en général à meilleur marché. Bien quêtes tarifs soient élevés les produits do l'industrie allemande se vendent chaque jour davantage dans la monarchie dualiste. Il ne faut pas s'étonner si les industriels hongrois repoussent le projet d'union douanière. Quant aux ouvriers hongrois, ils savent fort bien que, affranchie par une union douanière, !a concurrence allemande .paralyserait de nombreuses industries hpngrp)ses et autrichiennes, et avant tout celtas'du fer, des machines et des produits chimiques. La situation des ouvriers s'en ressentirait nécessairement.

« H n'y a qu'un cas où ce projet d'umon, conclut M. Varga, pourrait se réaliser ce serait si, à la (m de la guerre, la situation était telle que tes considérations politiques devaient absolument primer tes considérations économiques.

EN SERB!E

E.a Skouptchina. `I

ConimHntgMë ser~e du jO~'Kt' (retardé dans la transmission). La Skoupchtina, convoquée pour le 3 juillet, a été ajournée au 15 août.

Les journaux attachent une grande importance aux prochaines séances du' Parlement serbe.

Chez tes Neutres LA NEUTRALtTÈ DANOtSE Oh mandé de Copenhague que le ministre des travaux publics, M. Hassing.-Jorgensen, dans un discours qu'il a prononcé à l'assemblée dé la gauche radicale, a déclaré «La neutralité danoise n'est pas comme celjc des I~tats balkaniques, une neutralité expectante. Notre volonté inébranlable est de rester neutre, non seulement pendant la crise actuelle, mais toujours, et queiic que soit Fissùe de cette guerre. Les hommes politiques de notre pays qui pourraient douter encore de notre neutralité seraient de véritables traîtres a Ja patrie. »

EN SUtSSE

L'exportation des fromages

Le département suisse de l'économie publique communique, au sujet de l'exportation des produits laitiers, que la production du lait étant considérablement inférieure a celles des mois correspondants des années précédentes, l'exportation des produits laitiers, tels que fromage, lait condensé, doit etra sensiblement restreinte, afin d'assurer, à des prix équitabtes l'approvisionnement do pays en lait de consommation et en fromage.

L'exportation du fromage à pâte molle, du iromage maigre, et de tout autre fromage à p&te dure de deuxième qualité'ne pourra se faire dans l'automne et l'hiver prochains, ann de garantir le contrôle et satisfaire les besoins indigènes. L'exporta-

tion du fromage de première qualité (Emmenthal gruyère) sera de nouveau confiée à l'Union suisse des exportateurs de fromage.

L'autorité fëdërate n'accordera plus d'autorisations pour l'exportation individuelle: e!le met donc en garde contre l'achat des frqmages en vue d'exportation et déconseille vivement d'offrir pour le lait des prix trop éjevës, attendu que !es acheteurs pourraient facilement en éprouver des pertes, par suite des prix futurs des fromages.

Depuis le printemps déjà, l'exportation du fromage a été, sensiblement réduite, et l'Unioh des exportateurs continuera à livrer, en Suisse, le fromage a prix réduits. Le fromage étant un des principaux articles d'exportation de la Suisse, il est facile de~ comprendre l'importance que le pays attache à tout ce qui touche à la fabrication et au commerce de ce produit.'

MFBTEBEM~PEmNCE êtes Etats-Unis

H:er soir a eu lieu, au Palais d'Orsay, le banquet organisé chaque année par la Chambre de commerce américaine a l'occasion de l'anniversaire de l'Indépendance. Assistaient à ce banquet, entre autres M. Peixotto, président de )a Chambre de commerce amerif'aine à Paris MM. Viviani, président du Conseil; Matvy, ministre de t'intërteur; Augagneur, ministre de la marine; Thomson, ministre du commerce; Ribot, ministre des finances Sombat, ministre des travaux pubUcs Bienvenu-Martin, ministre du tt'avai) David, ministre de t'agricuiture~ Sharp, ambassadeur des Etats-Unis Doumergue, Gabriet Hanotaux. Ambroise Rendu, Joseph Reinach, )o professeur Ba!d\v:n, Tirman, ie docteur Watson, ]e capitaine Mason MM. R. Bacon, H. W. Blin, Pau) Gautiuer, Angis, etc.

Au dessert, M. Peixbtto se levé et, âpres avoir salué )es représentants du gouvernement, rappelis les souvenirs historiques qui lient les deux pays. Il parle do l'appui prêté par la France a l'Amérique naissante "Nous ne sommes pas de ceux, dit-il, qui payent, d'ingratitude les services rendus. Puis M. Viviani, président du Conseil, prend la parole.;

DtSCOURQ DE M. VIVIANI

/MMe/ du Conseil

Messieurs,

En ce jour éclatant où vous avez coutume de vous rassembler afin de mieux rappro- cher vos cœurs, vous avez convié à vos côtés le gouvernement de la Répubtique. H a répondu avec empressement à votre appet, touché de ia délicate pensée qui a dicté votre invitation. Je traduirai, certes, cette pensée sans la travestir. Vous avez voulu rappeler qu'une gloire .commune nous sourit, que les héros américains et les héros français ont scellé autreibis un pacte fraterneL Vous avez voulu rendre hommage à [a noble nation qui, Më!e à ses traditions, défend sur son so!, avec ses foyers et son indépendance, l'indépendance du monde iont, tant de fois, elle fut je champion; ~ous avez voulu, vous qui la connaissez ;i bien, lui apporter le témoignage émou.'ant do votre respect.

Ce n'est pas vous qui l'avez crue une naion frivole et légère et vous n'êtes pas surDris dé la trouver grave et forte. Ce n'est ~as vous qui, aveuglés paria poussière que ioutevaient nos luttes intérieures, avez )ens6 que nos discussions d'homme libres nterdiraient l'union des cœurs et la con:orde des volontés. Ce n'est pas vous qui tvcz cru qu'elle était seulement capable l'un emportement héroïque bientôt suivi l'un abattementsoudain,vous qui savez ce [ue cachent les qualités brillantes de notre aco et que la résistance à l'épreuve la plus

j tragtque nuse m son corps ni son âme. Et si cette épreuve se prolonge, si des jours de combats se lèvent après d'autres, vous savez que la France n'est ni lasse ni résignée, qu'elle est debout, armée, organisée, ardente, redoutable, sûre de vaincre, avec les indomptables alliés qui défendent la môme cause.

D'ailleurs vous n'avez pas attendu l'occasion que vous offrait cet anniversaire pour faire connaître a notre pays vos sentiments affectueux. Des que fut déchaîné par l'Allemagne sur le monde cet abominable fléau, c'est vers la France que vous avez tourné votre cœur. Vous avez fondé des hôpitaux, vos médecins ont rivalisé do zë)e avec les nôtres~ et répudiant devant ce malheur public, comme si de ce malheur elles portaient le deuil, toutes les joies que peut donner la fortune, des femmes américaines ont soigné des malades, pansé les blessures, enveloppant d'une grâce suprême leur charité. Oue par ma voix tant de générosités, qui ~)nt trouvé un écho profond dans notre urne, soient remerciées et bénies

Cet admirable élan, certes, portait vers nos enfants les fils et les nlles de votre race. Est-ce trop dire ou le mal comprendre que de lui donner une autre portée? C'est votre cœur qui vous a inspirés. C'est aussi votre conscience. Le sang de nos deux peuples a coulé sur la même terre à l'ombre d étendards communs. Vos ancètres ont fondé la plus grande démocratie du monde et érige en principe l'indépendance des nations. Les nôtres ont proclamé les droits de l'homme et annoncé les droits des peuples. Comment une sympathie vibrante n'unirait-elle pas, quand le Droit est déchiré, la liberté violée, la conscience et le cœur des héritiers de ceux qui leur ont légué ce formidable héritage? Ce n'est pas devant vous, devant votre paysque je plaiderai la. cause de la France et do ses alliés. Votre sympathie nous est acquise. Notre iierté vous est un sûr garant que nous la saurons conserver.

Nous luttons, nous lutterons, nous briserons la lourde épéoqui a tant dé fois menacé et meurtri la justice. Nous n'avons pas recours pour cela et les loyales et rapides explications fournies par l'Angleterre et la France au gouvernement américain qui défendait les droits légitimes des neutres vous le prouvent nous n'avons pas recours à des procédés monstrueux, nous ne nous disposons pas à couler des navires chargés d'innocentes victimes, a assassiner des femmes et des enfants. La civilisation a une supériorité sur la Kultur: 1 c'est qu'elle se respecte, ne méprise pas le jugement de l'humanité et le verdictde l'Histpire.

Mais détournons-nous du présent. Je bois a l'avenir, a l'indépendance des nations, à leur liberté de disposer d'elles-mêmes, aux générattons affranchies par la vaillance de tant de héros, a la grande République qui symbolise la force, la force servante et non maitresso-du droit.

Messieurs, je lève mon verre en l'honneur de l'émineht président de la République des Etats-Unis

M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis, se lève à son tour et prononce en anglais un discours ou il rend hommage à la Francs, à son peuple qui, dit-il, « a conquis l'admiration non seulement de ses amis, mais de ses ennemis H ajoute

« Au milieu de la détresse qui nous entoure, devant les épreuves que supporte le noble peuple français, nous n'avons qu'à suivre les sentiments de notre cœur et à

prêter l'oreille à la douce voix de la sympathie et de l'encouragement. H

M. Thomson, ministre du commerce, parla des nouveaux débouchés qui s'ouvriront âpres la guerre, alors que nous ne serons plus dans ia vassalité de traités «volontairement déchirés ;). H trouva une preuve de notre vitalité dans notre participation à l'exposition de San-Francisco, en dépit des événements présents. H adressa un salut, auquel tous s'associèrent par leurs applaudissements, à M. Pierpont Morgan, victime de la plus tâche agression germanique.

Enfin, M. le professeur J. Mark Baldwin, membre correspondant de l'Institut, a prononcé de belles paroles exprimant le sentiment de l'Amérique qui pense. Tout d'abord il a fait justice de l'odieux mensonge allemand. La violation de la Belgique fut un crime. L'Angleterre fut noble en protégeant un Etat plus faible. Il ajoute Quelles que soient tes forces occultes qui s'agitent pour avoir ta'hautc main dans !a direction et le libellé des communications officielles a Washington, je suis assure que je parle pour toutes tes Chambres de commerce américaines quand je dis que les considérations commerciales ne peuvent pas, ne doivent pas dominer. Notre pays sent )a différence qu'i) y a entre humanité et patronage, entre devoir et prudence, et malheur à t'homme au pouvoir qui glisserait sur ces distinctions é)ëmen(aires de moralité sociate. Y a'-t-il un homme ici ce soir, parmi ceux dont Ja vie est consacrée surtout aux affaires, qui ne place pas l'honneur national plus haut que son profit personnel et qui ne préfère pas une perte personneDe à un eitenee ou une indifférence ofncieHe indigne ? Dans votre réponse nous trouverons celte do Fidëa*lisme américain en gênerai.

A ~vers /Y~a//e

Rome, !e 30 juin.

On s'imagine trop souvent dans les pays épargnés par la crise européenne que la guerre doit nécessairement entraîner chez les peuples qui en supportent le poids une perturbation manifeste et apparente de la vie. C'est une de ces erreurs où l'on persiste tant qu'on n'a pas acquis par soi-même la preuve du contraire.

Or, l'Italie, après plus d'un mois de !utte, est demeurée semblable à ce qu'ëtte était. Rien n'a changé, ni dans !es champs, ni dans tes vittes.

A ta campagne les travaux se poursuivent comme par te passé. Paysans et paysannes cuëittent leurs fruits et commencent à faucher !eurs blés avec une trahqmttite satisfaite, car jamais les récoltes n'auront été aussi bettes, aussi abondantes. On croirait vraiment que la nature vouitte.pour adoucir tant de deuils et de douleurs répandus dans le monde, dispenser ses bienfaits à prçfu- sion. Parfois te traçait s'interrompt, !es mouchoirs s'agitent un train de militaires passe au travers de la plaine fertile.. C'est en vain qu'on cherche dans te~ grands centres ce qui aurait pu changer. Venise et j Florence exceptées, l'absence des étran- gers se fait vivement sentir, tes autres cités de t'ttatie.Rome, Mitân, Turin– plus spé- I cialement ont toutes conservé leur mouvement et leur animation. Lorsqu'on a vécu en France tes graves journées d'août et du début de septembre, où il semblait que f l'existence avait subi un temps d'arrêt, on f est étonné par la musique joyeuse que l'on entend à la terrasse des cafés et dans tes t restaurants a ta mode, on est surpris par tes r théâtres et tes établissements de huit qui  n'ont jamais fermé leurs portos. Point de blessés montrant leur jeune gloire dans tes rues. Chose plus surprenante qui, certes, S contribue & conserver intact le cachet du ?

pays nulle part. encore ces voiles funèbres si tristes à voir.

Tout parait au contraire avoir un air de fête. Les drapeaux flottent & profusion aux fenêtres et aux devantures de magasins. Partout des toilettes claires accompagnées d'ombrelles aux couleurs vives. Des équipages somptueux sillonnent les chaussées. Les tramways ont une circulation intensive. Les trottoirs sont encombres de flâneurs. A chaque pas, des groupes de soldats dans leur nouvelle tenue gris-vert promènent, en attendant le moment du départ, leur belle et rieuse insouciance. La foule regarde avec une légitime fierté et une affectueuse sympathie ces Sis d'Italie robustes, bien bâtis, dans les yeux desquels se reftë- tent tous les espoirs de la patrie.

A côté de cette jeunesse généreuse,prôte au combat, se remue une teUe masse d'hommes vigoureux et de tous âges que le vide laissé par lès milliers de citoyens qui sont déjà sur la ligne de feu passe presque inaperçu.

L'atmosphère de calme où se meut tout ce monde atmosphère dont on est enveloppé des qu'on débarque en Italie Surprend et déroute un esprit mal averti. Un état d'âme aussi flegmatique, ou plutôt d'apparence si flegmatique, paraît incompatible avec cette race au tempérament prompt, a l'enthousiasme ardent. On cause des choses de la guerre avec placidité; Aux heures où les journaux font paraître leurs éditions supplémentaires, il n'y a pas cette hâte fébrile a se procurer le communiqué qui a régné sur les boulevards-

Dix mois de luttes et d'endurance chez les peuples voisins ont instruit l'Italien. Les leçons d'autrui l'ont assagi. Son expérience est faite. Son intelligence s'est adaptée aux conceptions nouvelles de la stratégie. Il sait que de nos jours les armées n'avancent que pas à pas. H n'attend donc pas de surprise sensationnelle. 11 lui sufRt que chaque progrès soit consolidé. Et puis il ne lui déplaît pas d'opposer à la fureur teutonne, à l'exaltation germanique, le bon sens latin.

Un des facteurs de ce calme admirable est sans contredit la fortune qui sourit aux armes italiennes. Jusqu'à ce jour, malgré de durs combats, la i bataille a lieu partout en territoire autrichien. Partout continue l'avance. Il n'y a pas eu d'insuccès. Aussi le pays entier, confiant dans la valeur doses chefs et doses soldats, sûr de son bon droit et décidé à le soutenir jusqu'au bout, attend avec une sérénité parfaite le jour glorieux de la victoire.

Ce serait une erreur que dp prendre cette apparence réservée, j'allais dire presque froide, pour de l'indifférence, voire pour de l'insouciance. Rien ne tient p}us au coeur de l'Italie que cette guerre, que le peuple appelle /a Hos/ra ~ey'ra. ~Vo~fo parce qu'elle est dirigée contre l'ennemi héréditaire, contre l'oppresseur de jadis et l'illégitime détenteur des provinces irrédentistes, no~ra parce qu'elle poursuit la réalisation des aspirations et des rêves italiens; no~fa parce qu'elle a été voulue par la na- tion et imposée à ses gouvernants. Cette guerre née de l'immense mouvement d'en- j thousiasme que l'on connait ne pouvait pas ne pas être populaire.

H est également un autre fait remarquable et qui ne saurait échapper à la critique de 1 observateur. Les Italiens n'ont pas à proprement parier de haine contre leurs ennemis. Certes, dans les revues, dans les feuilles illustrées, dans :es chansons qu'on vend au coin des rues, Guitiaume II devenu Gut//e~!<Me, François-Joseph devenu frMCMe/!Mo ou C/~co-~pe sont l'occasion de réHextonS cinglantes ou de bons mots amu. sants. Dans les conversations, on s'aperçoit Ytte qu Autrichiens ou A!!etnandssont gêna fort peu sympathiques et fort peu aimés. Mais de la a ce ressentiment vigoureux et profond aussi beau que l'amour, car it y prend sa source et qui anime !a France, il y a loin.

La chose se conçoit facilement. Les fa. mutes n'ont pas encore été frappées dans leur affection, la Heur de Ja jeunesse n'a pas encore été fauchée, le sol national n'a pas été baigné du sang de ses enfants et !a ruine et le pitlage n'ont pas éprouvé 'les nches contrées. Ici, il n'y a pas cette vont qui s étëve des plaines ravagées et qui crie vengeance.

Sans doute l'Italien a une vieille rancune, jamais éteinte, contre la maison des Habsbourg. Lui aussi a des' comptes à régler des frères à libérer, mais n'ayant pas souf. fert ce qu'ont souffert !es Français, il < conservé une âme p!us sereine.

Et pourtant c'est en quelque sorte d< cette rancune qu'est née l'union du pays. Le jour où l'on sut qu'il fallait marcher contre l'Autriche, les mi!!e souvenirs douidu* reux do l'oppression et des humiliations d'autrefois remontèrent vivaces à la mémoire. A Milan comme à Rome, à Vérone comme à Naples, à Venise comme à Florence, partout on ne sentit p!us vibrer qu'une âme, et battre qu'un seul cœur, l'âme et le cœur de i'Itane

EDOUARD LAZONE.

ÉCHOS

Le secrétaire perpétue! de FAcadénne de Médecine est autorisé à accepter, au nom de cet établissement, le legs fait en sa faveur par M. MaximiHen-Auguste Sigaut et consistant en une somme de 8,000 fr., dont !es arrérages seront employés à fonder un prix qui portera te nom de < t~rix du docteur Max Sigaut et qui sera destiné à récompenser, tous les deux ans, le meilleur mémoire sur le diagnostic précoce et le meilleur traitement du cancer des voies digestives..

Le prince Chartes Murât, nls de LL. AA. la prince et la princesse Murât, vient d'accompur aux Dardanelles de beaux actes de bravoure. Ce jeune lieutenant de vingt-quatre ans, qui était déjà décoré de !a médaiïïe militaire pour faits de guerre au Maroc, fut blessé ces jours derniers dans une tranchée, refusa de se laisser conduire à !'ambu!ance et resta à son poste de combat. Il vient d'être fait chevalier de la Légion-d'Honneur. On sait que S. A. le prince Murât a repris du service et que cinq ds ses fils se battent bravement pour !eur payt.

pay..

L'horlogerie suisse est toujours norissante :Ue a même trouvé dans la guerre une magrti!iquc occasion de développer son commerce :iie fabrique des montres Joffre et des mon:res Hindenburg, ainsi nommées parce qu'eites tortent sur leur couvercle les portraits estampés de ces hommes de guerre. Les unes et;!és mtres sont faites dans le Jura par )a nië)M naison, qui témoigne ainsi de sa neutratit~. \.yant les mêmes rouages, les mêmes reë:orts. les mêmes dents, elles ne diffèrent ou'à

l'extérieur. Un correspondant de la Go~/e <<e Co~o~KE les déclare exceUentes. <: J'ai acheté, dit-il, une montre de chaque sorte, et, le soir, je les mets cote à cote sur ma table de Nuit. Je pourrais faire un jeu de mots facile en racontant qu'Hindenburg < marche et que Joffre, non. La vérité m'obligea dire qu'elles marchent du même pas, sans se montrer les dents. Chacune d'elles vaut cinq francs, en sorte que, pour cent sous, un Français pourrait mettre Hindenhurgdanssa poche, à la condition de l'acheter ici car les montres Hindenburg ne s'expédient qu'en Allemagne, tandis que tes montres JoNre sont seules admises en France. < Qu& ferez-vous des laissés pour compte ? demanda le reporter au digne horloger suisse. Ma foi, Monsieur, je repolirai le vaincu et j'estamperai par-dessus l'image du vainqueur. N'est-ce point là !e comble de la neutralité ?

Un procès qui intéresse les descendants de Blucher est en instance devant le tribunal de Breslau. Le 81s aîné du prince, chef actuel de la famille, !e comte Gerhardt Blucher, s'était brouillé vers 1890 avec son père et, moyennant une certaine somme, avait renoncé à ses droits patrimoniaux puis il était venu s'établir en Angleterre ce qui lui restait de fortune fut bientôt dissipé. H dût chercher des moyens d'existence et les trouva comme conseiller technique, dans une société par actions qui s'occupait d'entreprises maritimes. Quand la guerre éclata, il se vit remercié comme beaucoup de ses compatriotes et oblige de retourner en Allemagne. C'est alors que, se trouvant sans ressources, il demanda une pension alimentaire que son père s'empressa. de lui refuser. Devant le tribunal, le comte sollicite une rente annuelle de 5o,ooo marks. Les premières audiences ont été employées a dénombrer les revenus de la famille Blucher.

Dans sa séance d'hier, le Comité de la Société des gens de lettres a reçu les nouveaux membres de soa Conseil judiciaire qui ont été présentés par le bâtonnier Henri Robert. A l'unanimité, M. Edmond Perrier, membre de l'Institut, a été ensuite nommé sociétaire. Enfin le poète Théodore Mercadier, en ce moment au front, s'est vu attribuer le prix de poésie. Jacques Normand pour son ouvrage Z/.4Me CK~tKe.

Un nouveau confrère. –H s'appelle l'JTc~p ~!< j6o~M, un nom à souhait pour un journal de ti-anchée. Organe des poilus du 2! il se compose en effet dans les tranchées de première ligne; la villa du Labyrinthe est le siéga de son administration. Satinque, littéraire, artistique et humoristique, il a, comme on voit, toutes les cordes à sa lyre. Il publie des sonnets, des chroniques, voire des articles de sport. < Ce que nous voulons ? dit-il répandre dans le boyau une bonne humeur dont, après dix mois de campagne, nous possédons des réserves considérables. Ce que nous voMlons ? montrer une fois de !p)us que le soldat français sait se battre enchantant et qu'aux heures les plus graves il ne perd rien de sa franche et saine gaieté. Cette bonne humeur anime toutes les rubriques jusqu'à celle des annonces où l'on demande des chasseurs pour le dressage des chiens do fusil, des cavistes pour embouteiller la notte boche, des camionneurs pour transports au cerveau et de petites mains pour confectionner des saucisses avec les boyaux des tranchées.


ÏL Y A CENT ANS

'h.

/eem< fjË'm~t're du vendredi ? juillet t8t5 Londres, 29 juin.–On a pris le parti de faire consumer par le feu !ës cadavres qui couvrent les champs de bataille dans la Belgique pour empêcher l'infection dans ce pays. Paris, 6 juillet. M. de Blacas est. parti pMr l'Angleterre où il va chercher sa femme. Il doit ensuite se rendre à Naplespour y complimenter le roi Ferdinand IV sur son retour dans ses Etats.

Il est question de réunir les collèges électoraux pour procéder à de nouvelles élections et déjà on s'occupe de quelques changements à la Charte dont l'expérience a fait sentir la 'convenance ou le besoin.

Le quartier-général du duc de Wellington est à Neuilly dans la maison de plaisance de Mme Pauline Borghesè celui du maréchal Blucher est au château de Saint-CIoud. Le duc d'Otrantea dîné aujourd'hui avec le duc de Wellington àNeuilly ils avaient eu ensemble, la nuit dernière, une conférence qui a duré jusqu'à quatre heures du matin. M.' le maréchal Augereau, que Bonaparte ~vait exilé, est de retour à Paris.

Le maréchal Ney est parti de Paris pour se retirer, dit-on, aux Etats-Unis.

Les dernières troupes de l'armée française 'ont quitté, ce matin, la capitale pour se ren'dre derrière la Loire. Les barrières de Paris ont été occupées, entre quatre et cinq heures après-midi, par des troupes anglaises. Plusieurs généraux anglais et prussiens ont paru aujourd'hui dans les rues de Paris.

On a fait la remarque que le drapeau tri'colore placé sur le palais do la Chambre des pairs est presque devenu blanc par l'action du soleil qui en a fait singulièrement pâlir la couleur bleue et la couleur rouge.

CHAMBRE DES .REPRÉSENTANTS. &KCe ~K 6 ~Mt//e~. A l'ouverture de la séance, on remarque avec plaisir qu'une statue placée derrière le fauteuil de M. le président a été enleTée. Un membre demande qu'elle soit remplacée par une écharpe tricolore. Adopté. M. Manuel, rapporteur de la commission de constitution, établit, ce dont personne ne doute, qu'il faut une constitution à la France. Une constitution n'est qu'une transaction entre la démocratie et la monarchie.

Cours de la Bourse. Cinq pour cent .68 fr., 67 fr. 5o.

in'punn nr i n pnpnnr

&UiUuniJi!tLAbUJ&

Le duo de Connaught an front Leduc de Connaught, oncle du roi d'Angleterre, qui se trouvait il y a quelques semaines encore au Canada, et dont la venue en France ne fut pas signalée, était tout récemment sur le front anglo-français, où il & procédé solenneMement à la remise de diverses décorations à des ofnciers et soldats d'une des .armées françaises.

Dans la ville où la cérémonie eut lieu, deux régiments d'infanterie et un escadron de chasseurs à cheval étaient massés sur la p!ace de l'Hôtel-dë-Ville, entourés d'une f<tute frémissante d'émotion. A deux heures précises, le gênera! X. arrivait, suivi de son état-major et ayant à ses côtés le duc de Connaught, tandis que retentissaient l'hymne anglais puis la jVo/c:MaMe. .Dans les formes habituelles, le général .ëp~ngta sur la poitrine de chacun de nos héros la décoration méritée. Un denté ma6'oiSque succéda a cotte cérémonie, dont il est difSeiïe d'exprimer l'émouvantegrandeur, car elle se déroula sous te grondement ininterrompu d'une terrible canonnade qui rappelait !a bataUle toute proche. Le duc de Connaught s'est rendu ensuite à Châtons-sur-Marne,i! a été reçu a ta préfecture. Assisté du général commandant d'armée, il a remis très simplement un certain nombre de décorations anglaises à plusieurs ouiciers.

Le raid de Gilbert sur Friedrichshafea On sait comment le lieutenant aviateur GUbert fut contraint d'atterrir en Suisse, le 27 juin dernier, après être allé Jancer des ~bus sur les hangars à zeppelins de Friedrichshafen. Il fut aussitôt fait prisonnier et son avion FMgrew, à bord duquel il avait abattu, à lui seul, sept tauben ou aviatiks, fut saisi parles autorités helvétiques. Gilbert a fait le récit de son raid auda-

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS du?juHiett9I5

te Baiser Mroï()uc NOUVELLE

Pa~M~Alexandra GRIMANELU

Dans !e petit village bombardé, une seu!e maison demeurait tout à fait intacte. Elle ressortait étonnamment avenante et claire, rosé avec son perron de bois, ses contrevents verts, au milieu des pans de murs noircis et des vieilles bâtisses craquelées. On était au commencement de .novembre. Il faisait froid, mais beau. Sous le ciel Meu qu'il semblait trouer de sa pointe aiguë, le clocher de l'église gothique montrait fièrement ses Nessures. Dans le lointain, le Honeck arrondissait son dos neigeux.

Presque tous les habitants avaient fui, mais les Rezal n'avaient pu se résoudre à partir, 41s aimaient trop leur maison rose, et puis ils étaient vieux, souffrants et fatalistes. Ils auraient bien voulu éloigner Margréde!, leur peute-nlle, que des voisines avaient offert d'emmener il n'y avait pas eu moyen Margrédel était obstinée. comma toutes les Vosgiennes. Elle était donc restée malgré les obus et les bombes d'abord, malgré l'occupation allemande ensuite. Elle avait vu dénier dans la Grand'Rue le .bataillon prussien, musique en tête eue avait entendu les chants de triomphe, tes plaisanteries brutales des soldats ennepus. Le.urs exigences l'avaient révo!tée. Hélas ta profanation crue!Ie durait toujours Comme il paraissait loin !e temps où les ménagères bavardaient sur la place Bep~McKcM ~!<ef~<&

cieux & la Ga?e//s de ZLoMan~e, qui le reproduiten ces termes:

Gilbert avait reçu, le 27 juin, l'orde d'aller bombarder up certain point des usines Zeppelin, àFriedrichshafen. H quitta X. montant seul un monoplan Morane, porteur de bombes. Comme cet appareil n'était pas armé d'une mitrailleuse, un des plus célèbres aviateurs français escorta le pilote pendantia première partie du trajet, avec un avion de combat. Gilbert longea la Rhin en prenantsoin d'éviter ta rive suisse et en se maintenant, à une assez grande hauteur. H suivit la vallée de la Wutach jusqu'à Blumberg, puis de là piqua directement sur Radofzel), Constance et Friedrichshafen. I! s'éleva à 3,600 mètres au-dessus de nuages en flocons qui lui dérobaient une partie du champ visuel.

Une canonnade intense l'accueillit, et les shrapnells montèrent plus haut que l'appareil, alors qu'en générât la zone de vulnérabilité pour un avion est d'environ 2,500 mètres. Gilbert prit posément quelques instantanés des shi'apneHs éclatant autour de lui. La hauteur qu'ils atteignaientlui a fait conjecturer que les usines Zeppelin sont maintenant pourvues de canons spéciaux à très longue portée verticale. Ayant pu viser l'endroit qui lui avait été désigné, le pilote laissa tomber quatre bombes. Les nuages l'empêchèrent de constater exactement le résultat obtenu, mais il croit avoir réussi dans sa tâche.

Son devoir accompli, Gilbert mit le cap vers l'Ouest, mais il s'aperçut que les trépidations avaient dévissé la pompe à pression qui permettait do faire arriver l'essence du réservoir inférieur. Le réservoir supérieur, sur lequel il pouvait seul compter, était presque vide. Pour économiser le précieux liquide, Gilbert mit son moteur au ralenti et descendit jusqu'à 2,000 mètres. Mais malgré cette précaution, le réservoir s< tarit au moment où l'aviateur touchait au but et se préparait à regagner les lignes françaises. L'atterrissage était inévitable. Les larmes aux yeux, Gilbert se laissa descendre et prit terre près de Rheinfelden. Son monoplan capota, les roues ayant heurté une petite borne cachée dans l'herbe.

Le lieutenant Gilbert fut conduit a Baie, puis à Berne, il passa la nuit. Le lendemain matin, & la première heure, on lé dirigeait sur HospenthaJ, près Andermatt, à 1,500 mètres d'altitude dans le massif,.du Gothard.

C'est là qu'est interné actuellement le valeureux pilote, navré d'avoir rendre son épée et de ne pouvoir plus, jusqu'à la fin de la guerre, servir sa patrie, pour laquelle il a depuis onze mois vaillamment combattu.

Désireux de lui apporter le témoignage de leur amicale sympathie, Parmolin et Audemars sont accourus, l'un, de Genève, l'autre de Paris. Leur venue a apporté un rayon de consolation au pauvre aviateur exilé dans ce village qu'entourent nos blanches Alpes.

Il est à supposer que, comme les autres officiers français internés en Suisse, le lieutenant Gilbert sera transféré dans une ville de l'intérieur.

Gli bersaglieri

C'est en 1838 que le général La Marmora, mort en Crimée en 1855, créa le corps des ~eysagr/tert et lui donna la garde de la frontière italienne depuis les Alpes de Vénitie jusqu'aux montagnes de France.

Avec sa vareuse bleu foncé ornée de boutons en cuivre jaune, son pantalon gris clair au passepôil cramoisi, son petit manteau bleu et son chapeau en cuir bouilli noir garni de plumes de coq et, sur le devant, d'une cocarde avec grenade, le <wMp/teye est un des types les plus populaires et les plus pittoresques de l'armée italienne. Vers'1888, à l'occasion d'un voyage qu'il fit à Rome, Guillaume H passa une revue des troupes à Centocelli. Les 6e/-safy/M/ dénièrent au pas accéléré et avec un remarquable entrain. En leâ voyant passer, l'empereur, et c'est un ouicier d'état-major italien qui me rapporte ces paroles, ne put t contenir son admiration et s'écria <' Voilà les héros de la journée » Puis, se tournant vers ses oiuciers, il leur dit <' Si, en Allemagne, j'avais d'aussi hardis soldats, j'aurais tôt fait de mettre ma botte sur l'Europe. Déjà, à cette époque, l'empereur manifestait hautement les intentions belliqueuses qu'aujourd'hui il se défend d'avoir. Les &e~og'/My! constituent véritablement une troupe d'élite et sont à la fois les zouaves et les chasseurs à pied de l'armée italienne. Ils ont le culte du drapeau, de la tradition et de l'histoire glorieuse de leur régiment. Ils éprouvent aussi un sentiment de fierté, de vanité même pour leur uniforme. Le gé-

du marché et oh les jeunes filles s'attardaient au lavoir! Maintenant, le pavé pointu des ruelles en escaliers retentissait sous !es lourdes bottes teutonnes les soudards accomplissaient leur besogne, pil!ant les boutiques, dëvastantles fermes, menaçant !es villageois, s'attachant enfin à ce que, dans l'immense tableau de désolation, ce modeste coin qui leur était confié participât à l'aspect gênera!.

Otto von Liebreich, l'unique officier de la troupe, logeait chez les Rezal. Ce lieutenant, orgueiUeux de sa haute stature et de son titre, aftichait une sorte de bonhomie hautaine, houspillait la vieiUe grand'mcre, déclarait infecte sa cuisine, à laquelle, cependant il faisait honneur, se plaisait a tenir devant le vieux Gaspard, un médaillé de 1870, des propos insolents sur les Français. A Margrédel, dont les )oues lisses et fraîches, les yeux dorés, les cheveux noirs excitaient peut-être son admiration, il se contentait d'adresser de plates galanteries accompagnées d'oeillades audacieuses. La jeune fille se contraignait avec peine a supporter ces hommages elle avait pour l'ofncier plus de haine encore que pour ses soldats, devinant qu'il masquai~d'hypocrisie une barbarie ptus raffinée que la leur, sentant vaguement que, d'un tel homme, elle pouvait tout redouter. Une espérance chaque jour reconstruite la soutenait. Elle était sûre que les Français ne tarderaient pas a venir délivrer !e village. Etie les attendait. Malgré les avis de défaite et de ruine que répandait l'ennemi, elle les « voyait » vainqueurs., Une silhouette résolue repassait dans ses rêves celle de Jean Duroch, son fiancé il était parti dans l'armée des Vosges tout au début on l'avait fait sergent, il se battait bien. Margrédel se le répétait souvent avec une fierté toujours nouvelle, mais toujours un sursaut d'enroi interrompait son exaltation naïve « Qui sait? se bat-il encore?.B b

Un après-midi, Otto Liebreich quitta de bonne heure la maison des Reza!. t)epuis le matin il avait l'air soucieux et se montrait plus rogue et plus maussade qu'à

néral Berto!e Yiale raconte que pendant la guerre de Crimée ceux qui n'avaient pas de capote étaient fort éprouves par le froid. Leur petit manteau soulevé par le vent ne les protégeait point contre les, rigueurs de l'hiver. On décida alors de remplacer le manteau par une capote d'infanterie. Mais l'application de cette mesure excita parmi eux de si violents murmures et donna iieu à des actes d'indiscipline si marqués qu'on dut y renoncer.

Le mot &~a~<*ye vient de &e/'s<0 (cible) et non de notre vieux mot berser, synonyme de chasser.

Et en rivëre 6 les faucons aler

Et en forêt pour chacier et berser.

Si on veut le traduire en français, il faut dire ctMeur ou ~')'etH' a la C!&/e.

EMILE FABRE.

L* « Œuvre des vacances des enfants de nos soldats

Cette œuvre, due à l'initiative de quelques comédiens,, a été fondée en novembre dernier, sous le patronage de l'Assistance publique et de plusieurs associations d'artistes. Elle prend sous son attentive protection, pendant les vacances que leur donne l'école, des enfants de soldats tués à la guerre, ou blessés, ou prisonniers. Une centaine d'entre eux sont emmenés sur une plage normande, où on leur assure, dans des conditions très familiales de confort et do surveillance, un séjour aussi favorable à leur santé morale qu'à leur santé physique. A peine créée, l'ceuvre des vacances a donné, eh vue de la réalisation la plus rapide de son dessein, des représentations qui lui rapportèrent un premier budget, bientôt augmenté d'une somme importante grâce a la générosité de Mme Yvette Guilbert l'exquise artiste est membre du Comité d'honneur de l'oeuvre, avec M. Deslandres, conseiller municipal, M. Benjamin Rabier et M. Henri Prévost, administrateur général du théâtre du Châtelet.

Nous ne saurions trop recommander cotte oeuvre à nos lecteurs. Elle a pour présidente Mme Andrée Berthy et pour administrateur général M. Laurent Bruna, qui ont mérité déjà tant de gratitude pour leur dévouement au « Buffet théâtral x. Dons en espèces, dons en nature (vêtements, joujoux, gourmandises) doivent être adressés à Mme Andrée Berthy, 54, avenue du Maine. N'envoyât-on- qu'une obole de 1 fr.25, on procurerait à l'un de ces petits, si dignes tous de la plus aHectueuse sollicitude, une journée d'air pur et de bienfaisante distraction.

MORTS AU CHAMP D'HONNEUR

C'est près d'Aix-NouIette que le lieutenant-colonel Louis Hutteau d'Origny a été tué la t&te deson régiment. Son fils, souslieutenant d'artiUerie, cité à rordre du jour, a disparu depuis le 14 octobre.

Parmi les autres morts on cite

Le soldat Maurice Locquin, du213° de ligne, frôre M. Jean Locquin, député de la Nièvre et sous-lieutenant au 38° régiment d'infanterie.

Le sous-lieutenant Jean Chavànd. Les deux fi'ëres Chartes et Marcel Johann, le premier lieutenant commandant' une compagnie et le second sergent dans la même unité.

Le lieutenant de dragons Germain Bratef. Le.commandant Gesbron-Lavau. LecapitaineBabie.

Lesoùs-tieutenantOnvierde Noblens. Le sous-licutenant Guy de Moismont.

CONSEtL MUN)C!PAL DE PARIS En séance privée le Conseil municipal a voté une somme de 40 millions qui sera mise à la disposition du préfet de la Seine pour constituer un stock de charbon destiné à remédier en partie à la pénurie de combustible qu'on redoute pour l'hiver prochain.

En séance de clôture, le Conseil a voté une majoration pour les~pensions des mutilés et des veuves des travailleurs municipaux une motion en faveur de la modification de la loi sur les allocations dans le sens de la proposition Renaudet et un vœu pour le rétablissement des classes du lycée Voltaire a la rentrée après les vacances.

l'ordinaire. Un pli creuse entre ses sourcils et une contraction du menton durcissaient encore son visage carré avant de sortir il avait murmuré dans son français haché et guttural des phrases mystérieuses qu'il voulait ironiques « Nous nous .retrouverons bientôt sans doute, avait-il dit à Margrédel avec un sourire grimaçant, J9 ne M durerai pas long )' dehors H Des qu'il fut parti, le père Gaspard hocha la tête

Ce vilain oiseau a recevoir un ordre urgent. Croyez-moi, ses Boches et lui vont nous débarrasser de leur présence un peu vivement.

En effet, moins d'une heure après, on put voir le bataillon allemand conduit par Otto se diriger d'un pas accéléré vers l'ex- trémité du village. En s'en allant, les Prussiens criaient des insultes à pleine gorge ils regrettaient de n'avoir pu, faute de temps, inuiger aux malheureux civils des supplices d'adieu. « A piendôt on se referra! hurlaient ceux qui croyaient avoir appris quelques mots de français. Quand ils eurent tout à fait disparu, les bonnes gens qui se cachaient au fond de leurs demeures des vieux pour la plupart se montrèrent sur le devant de leurs portes. Alors ce furent des exclamations de joie, des soupirs de délivrance, des récitsontremêlés d'interjections d'horreur « Chez moi, ils n'ont rien laissé Si vous saviez ce qu'ils ont fait à la ferme du Grand-Chêne Et chez m& bell.e-sœùr donc Ils ont brûlé la grange et rétable, et le bétail avec M

Cependant une inquiétude subsistait le curé, un vieillard aux cheveux blancs et aux paupières clignotantes, ~a formula Je serais tout de même plus tranquille si les nôtres étaient ici. Dieu nous préserve d'un retour de ces barbares Ah oui, Monsieur le curé, appuya ie maire, un long paysan rasé dont les yeux se relevaient en vrille. Ah oui, Dieu nous en préserve, car s'ils revenaient ce serait notre fin à tous.

A ce moment un bruit sec retentit, puis un autre, puis plusieurs autres à la fois;

MPATMEMEOT StmTAXE

DE

t*Mn~P ~OPfOC ffaï)P!))P Ot ~PMMfic

uIdiiU!) DHJMM ildil~dto Ot diioMUo

.A !a suite de pourparlers qui ont été assez. longs et difficiles, les gouvernements français et allemand viennent de décider une nouvelle opération de rapatriement simultané d'invalides de guerre.

Aux termes de l'arrangemetit qui vient d'être conclu, seront libères de plein droit 1° Les soldats atteints de l'une des lésions, infirmités ou maladies ci-après Perte totale ou partielle d'un ou plusieurs membres (au moins le pied ou la main). Perte de l'usage d'un membre par ankylose, paratysie définitive, atrophie pu rétraction musculaire, pscudarthrose, lésions de la, colonne vertébrale .'produisant une grande .~ene dss mouvements. Paralysfe définitive et importante par son siège ou son étendue. Lésions cérébrales avec suites graves (hémiplégie ou altération des fonctions cérébrales). Lésions médullaires avec suites graves (paraplégie ou paralysies diverses). Perte de la vue des deux yeux. Mutilation importante de la face et tésions graves dé la cavité buccale. Etat cachectique durable, consécutif à des blessures.– Tubercutose pulmonaire avancée.–Etat cachectique produit par d'autres affections internes. Maladies mentales incurables. Les officiers et sous-officiers atteints de l'une des lésions, mHrmites ou maladies ci après

.perte totale, ou partielle de plusieurs membres. Lésions cérébrales avec suites graves (hémiplégie ou altération des fonctions cérébrales).–Lésions médullaires avec suites graves (paraplégie ou paralysies diverses). Perte de la vue dhs deux yeux. Etat cachectique durable, consécutif à des blessures. Tuberculose pulmonaire avancée. Etat cachectique produit par d'autres affections internes. Ma)adies mentales incurables. Mutilation importante de la face et'lésions graves de la cavité buecate.

Les blesses et malades u rapatrier vont être réunis à Constance et n Lyon. où ils seront examinés par des commissions médicales de rapatriement. Deux médecins suisses assisteront a l'examen do ces commissions.. Les premiers convois de rapatriement seront mis en marche de part. et d'autre les lu et 11 juillet courant.

La presse allemande en Allemagne et & l'étranger a maintes fois prétendu que le gouvernement français cherchait par tous les moyens à isoler de teur famille, et même, du publie, les grands blesses français revenus d'Allemagne. Ces assertions répétées sont absolument fausses.

Dès le mois de février, une circulaire du ministre de la guerre prescrivait aux généraux commandant les régions de régler le plus rapidement possible le cas de chacun des blessés revenant d'Allemagne, en envoyant dans leurs foyers tous ceux dont les familles: seraient prêtes a les recevoir, en hospitalisant, s'ils }e souhaitaient, tous ceux qui auraient encore besoin de soins .dans les établissements les mieux appropriés au traitement voulu.

Les instructions de la circulaire o~t été observées, et tous les blessés, qui ont demandé u être hospitalisés, ont été répartis dans de grands centres choisis de manière a les placer le plus près possible de leur famille, qui a été avertie de leur retour, Si des lettres sont arrivées dans les for- mations sanitaires allemandes a l'adresse de quelques-uns de ces blessés, âpres leur dé- part pour la France, le fait s'expliqua par le temps que met la correspondance à parvenir de France en Allemagne.

11 a pu se produire également que les familles n'aient pas été retrouvées tout de suite, soit parce qu'elles s'étaient déplacées, soit parce qu'elles sont demeurées dans la zone du territoire encore occupé par l'ennemi. Mais il est absurde de prétendre que le gouvernement français a cherché àisoler les grands blessés; il a, au contraire, donné dés ordres formels pour qu'ils fussent, le plus rapidement possible, rendus à l'affection inquiète des leurs.

e e

~u rs~a sr~s~~ 4

Des coups de feu très distincts se répondaient, se confondaient. Les villageois tressaillirent.

On se bat là tout près! articula une voix étranglée.

Jésus, 'Sainte-Vierge balbutia la mère Reza! en joignant les mains. Tout à coup on vit accourir un jeune garçon d'une quinzaine d'années qui agitait les bras pour montrer de loin qu'il savait des nouvelles. On le reconnut, c'était te neveu du curé qui arrivait du bourg voisin:

Le village est cerné par les troupes~ c'est un miracle que j'aie réussi à passer, cria-t-it haletant, ~t des qu'il put s'expliquer « Les Allemands sont ~ur ta défensive. appuyés à la petite colline derrière l'égUse, tes Français sont moins nombreux, mais ils cognent dur. »

Les Français entreront dit Margrédet avec ferveur.

Us entreront, oui, fit te gars, mais tes autres aussi peut-être. Qui sait s'il ne ~faudra pas lutter maison par maison ? Tout te monde aux caves, vite cria ternaire.

La nuit était venue, une nuit froide. Dans te réduit étroit la vieille Rexat, après avoir récité ses prières et ses litanies, après avoir égrené dix fois son chapelet; s'était à demi évanouie, terrifiée par le bruit de la bataille qui se rapprochait en grondant sou mari évoquait tout haut des souvenirs de l'autre guerre et frappait d'un mouvement continu ses semelles contre te sot pour se réchauucr. Margrédc! restait muette, immobile, tes veux .fixes. Son esprit lui renvoyait sans cesse deux questions: « Ousont-its a présent? Qui avance ? )) L'aube pointait, l'obscurité dans la cave devenait moins opaque. Un temps encore très long s'écoula; une minute paraissait une heure. Ce devait être te matin. Los coups de feu étaient assourdissants et presque ininterrompus on entendait aussi des claquements de bottes .sur le pavé, des cris, des rates, t'hateine horrible de la bataille. D'après le bruit, te père Gaspard devinait tes phases de cette

GUERRE Et MARINE

M. Massé (Daniel), juge de paix de Nog-ent-sur-Marne, lieutenant commandant la 8* compagnie du régiment ton'itoriat d'infanterie, sur le front aux conSns de. l'Oise et de l'Aisne, a été blessé d'un éclat d'obus au bras gauche, pendant qu'en terrain découvert et sous un feu violent d'artitleric il repérait !o tir et observait la chute des projectiles de tous calibres des batteries allemandes. II a refusé de cesser son service.

NOUVELLES POLmQUES Les sous-secrétaîres d'Etat à la guerre Les nouveaux sous-secrétaires d'Etat a la guerre ont constitué leurs cabinets M. Joseph Thierry a désigné comme chef de cabinet M. Denis, contrûleurde 1'" classe de l'administration de l'armée, et comme sous-chef M. Henri LiHaz.

M. Justin Godart a nomme chef de cabinet M. Joseph Bergeron, sous-chef de bureau au ministère de la guerre; comme sous-chef M. Gabriel Audinet, rédacteur principal au ministère de la guerre comme chef du secrétariat particulier, M. Charles François, docteur en di'oit.

Les ouvriers des usines de guerre La commission de t'armée a chargé M. Eugène Treignier, vice-président, de soumettre au président du ConseU diverses observations sur l'effet de la circulaire ministérielle relative au rappel d'ouvriers mobilisés dans les établissements travaillant pour l'armée et sur l'msufGsànce du personnel de contrôle dans ces établissements. La commission a entendu et approuvé le rapport de M. d'Àubigny, accompagné d'une étude détaillée de M. Flandin, sur l'aviation. De son côté, la sous-commission des armements de la commission de l'armée s'est réunie sous la présidence de M. Eugène Tréignier.

MM. Eugène TreigMer et Lucien Voilin ont rendu compte (~s visites qu'ils ont faites dans plusieurs régions pour examiner l'organisation du recrutement des ouvriers des industries de la guerre, en vertu de la mission qui leur a été confiée par M. Milterand.

Apres ces explications/la sous-commission a chargé M. Eugène Troignier d'appeler d'urgence l'attention du ministre sur la nécessité de préciser les conditions d'application de la circulaire du 11 juin 1915 et d'organiser un contrôle rigoureux tant sur le personnel mis a la disposition des industries que sur la fabrication elle-même, et de ne pas hésiter à prendre des sanctions sévères pour réprimer les abus qui seront constatés. La permanence du Parlement

La censure

Le groupe socialiste unifié a confirmé à l'unanimité son approbation à la motion Mouttet, que nous avons mentionnée déjà et qui est ainsi conçue

Considérant que dans une période de crise pendant iaquette se joue l'existence de !a France et de la HepuMique, le Parlement, responsable de leurs destinées comme dépositaire de la souveraineté nationale, doit pouvoir a tout moment être prêt à prendre tes décisions nécessaires Qu'it doit exercer sans cesse son pouvoir d,e contrùte et d'initiative;

Que, d'ailleurs, il n'est pas admissible que le travail parlementaire puisse otre suspendu par une période de vacances H l'heure où l'activité de chaque citoyen s'exerce jusqu'à )a mort pour ta défense du pays Le groupe socialiste délibère

fendant toute la durée de la guerre, la permanence du Parlement doit être assurée en maintenant l'activité des groupes, des commissions et des séances publiques.

Le groupe prend acte de l'engagement du gouvernement. de ne pas user do ses prérogatives ConstitutionncMes pour clôturer )a session, décide de s'opposer devant le Parlement à toute proposition d'ajournement de la session, de même qu'à tout espacement des séances publiques qui cons.tituerait de véritables vacances.

Le groupe a, d'autre part, décidé d'attirer une fois de plus l'attention du g~uvernetnent sur la façon choquante et souventincompréhensible dont s'exerce la censure, tant a Paris qu'en province.

Il demande que les journaux puissent librement discuter sur les buts de la guerre,

lutte enragée « I!s se battent dans la Grand'Rue. ils sont devant chez nous; les Boches tiennent encore bon, mais les nôtres pour les avoir repoussés jusqu'ici ont sûrement le dessus. S'ils réussissent dans l'assaut de la côte, la place est à eux

Margrédet, frissonnante, se leva et alla appliquer son oreille au mur du soupirai!. Maintenant que le danger était là, elle n'avait plus peur; ette ne se disait plus que chaque instant pouvait lui prendre la vie. Sa pensée s'était détachée d'elle et de son sort entièrement pour suivre le combat avec un intérêt passionné, tout objectif. Elle écoutait il lui semblait que le tir s'était un peu ralenti et elle percevait mieux les ordres, les appels dans le vacarme eUe distinguait l'organe rauqué et dur d'Otto. Soudain elle pâlit et renversa sa tête en arrière cette voix française, cette voie hardie, sonore, ette croyait bien la reconnaître~ c'était.oh! quelle illusion, mais non,'elle t'entendait encore, elle était bien sûre de ne paé se tromper, c'était cette de. Dans son émotion elle se glissa jusqu'à la porte sans se rendre compte que te tumulte grandissait et que des pas s'approchaient, rapides. Où vas-tu Grédet ? `'

Eite n'eut pas te loisir de répondre; une main de fer s'abattait sur son épaule et t'entraînait. Ette tenta de se dégager, mais Otto von Liebreich la tenait fermement rivée à lui.. Voyez, disait-it, voyez, nous nous sommes retrouvés

Cette fois un rictus de haine tordait sa bouche.

Eblouie d'abord par la lumière brusque de l'escalier, Margrédet reprit'vite conscience des choses. Dans la petite salle à manger des soldats allemands étaient accroupis derrière l'une des fenêtres prêts à bondir au moindre signât. Otto se dirigea, sans desserrer son étreinte, d'un pas tranquiite vers l'autre croisée et bientôt son buste et celui de Grédct s'encadrèrent dans la baie. La rue pleine de soteit, les arrncs brittanteSj tes uniformes, tes cada-

la politique de la France repubhcaine, qui poursuit une guerre de libération devant se dresser en face des affirmations d'hégémonie pangermanistes des impériaMstes allemands.

~'Allemand Geissier

Par question écrite à ta présidence de t& Chambre, M. EmUe Constant, député de la Gironde, demande au mmistre de la guerre de rechercher et de faire connaître à la suite de quelles inuuences l'Allemand Geissler, directeur de l'hôtel Astoria, a pu tout a la fois faire admettre que les installations de télégraphie sans HI établies sur son hôtel étaient destinées à « distraire sa clientèle )', et ne tenir aucun compte des décisions de justice qui ont Ordonné la tranformation des étages supérieurs de son bûtel, en conformité avec le plan dp la place de l'Etoile.

A LÏNSTÏTUT <

Académie des Sciences

La séance est ouverte à trois heures et demie par M. le président assisté des deux secrétaires perpétuels.

M. Darboux énumère les pièces de la correspondance. Il commence par donner lecture d'une lettre de l'ambassadeur de Russie transmettant les remerciements de l'Académie des sciences de Pétrograd pour le télégramme de condoléances dont l'envoi a été décidé par l'Académie des sciences de Paris a l'occasion de la mort du grand-duc Constantin, le 21 juin dernier.

M. Darboux donne ensuite connaissance d'une note d'un fonctionnaire des postes et télégraphes relatant diverses particularités d'une chute de la foudre sur l'hôtel des postes et télégraphes d'Angoulême. M. Jungfleisch adresse un mémoire de MM. Bourquelot et Aubry sur la glucosidincation de la glycérine par la g)ucosidase. M. Deprat décrit deux centres volcaniques anciens du Japon et relevé leur analogie avec un centre volcanique situé en Sardaigne. M. HaIIer envoie un travail do M. Petit sur l'amylase de pialt.

M. Bigourdan résume un mémoire de M. Eginitis, d'Athènes, sur les phénomènes géologiques qui ont accompagné le dernier tremblement de terre (1914-1915) qui s'est manifesté sur la côte ouest de la Grëce. Les. crevasses sont nombreuses. Sur une route, on en a relevé une de 3 kilomètres de longueur, dont )a largeur atteignait Om. 30, avec une différence de niveau des deux bords de 0 m. 60. En d'autres endroits, des effondrements se sont produits; les plantes qui recouvraient le sol ont disparu; un quai s'est affaisse de 2 m. 80. Des phénomènes analogues se sont produits antérieurement et même dans l'antiquité. On connaît des ruines de maisons couvertes par une épaisse couche d'eau que l'on aperçoit par les temps calmes.

M. Gard déposé une note dans laquelle M. Gard, de Bordeaux, mentionne un nouvel exemple de plante productrice d'acide. cyanhydrique. Cette plante appartient à la famille des légumineuses papilionacëes, comme le haricot de Java, également vénéneux pour la même raison.

M. le président analyse une étude ds M. Roule sur un poisson des grandes profondeurs.

La séance est levée à trois heures cinquante-cinq minutes.

Comité secret.

Tribunaux

Le cas de M. Mathieu Ulmann

M. le substitut Legris a donné hier, devant la première Chambre, ses conclusions dans l'atiaire Mathieu Ulmann.

M. Mathieu Ulmann, originaire de Seppois-le-Bas (ancien département du BasRhin), a demandé au tribunal

Un jugement déclarant qu'il est de nationalité brésilienne

2" Un jugement pronongant ia mainlevée du séquestre mis sur ses biens.

M. le substitut Legris a émis l'avis que le tribunal était incompétent pour statuer sur la demande relative à la mainiovée de séquestre. Cette mainlevée a été sollicitée par voie de requête au président qui,a sursis à statuer jusqu'au moment où la nationalité de M.. Mathieu Ulmanu aura été

vres, tout cela la jeune fille le vit ô peine; ce n'était qu'un fond sur lequel pour elle un seul être se détachait. Hétait'Ia; elle ne tétait pas trompée, il était la, Jean Duroch, son fiancé, si pareil et pourtant si nouveau avec son ardeur grave; il se retourna vers .ses hommes pour un commandement; il avait bien l'air d'un chef. Subitement il chancela et porta la main à son front il venait d'apercevoir MargrédeL Leurs deux regards se rencontrèrent. Alors dans l'esprit de la jeune fille, par un afflux d'idées précises, la situation se dessina Otto, sentant sans doute la partie perdue, recourait à une ruse honteuse pour retarder l'action~ pour tuer impunément. Avant de donner aux siens l'ordre de charger, il attendait afin de jouir de la garantie momentanée qu'il s'était assurée en maintenant unefemme près de lui, il attendaitun sourire ironique aux lèvres, certain de son invulnérabitité. En effet, les soldats français, surpris de l'apparition soudaine, semblaient par leur attitude hésitante consulter leur sergent. Duroch restait comme pétrifié il devait l'avoir crue si loin sa Grédel et à présent, s'il ne tirait pas, il allait être abattu, s'ijt tirait il risquait de l'atteindre, elle si proche. Et cependant elle avait un tel désir qu'Otto fût tué par les mains de Jean, cela symboliserait pour elle la victoire e!le pensa à crier « Va donc, cela ne fait rien » Mais elle se dit que le son de sa voix augmenterait l'émoi de son fiancé. Et alors eile eut une inspiration. Ce fut très bref; d'ailleurs toute la scène n'avait, duré qu'un court moment. Le visage livide, eu'aré de Margrédel, on le vit se transformer, se couvrir d'une teinte rosée, devenir hardi, provoquant même; elle le tourna vers celui d'Otto et délibérément elle embrassa l'officier; elle prolongeait son baiser avec une sorte de rage. Un double coup retentit. Et les deux corps enlacés de l'officier prussien et de la petite Vosgienne tombèrent lourdement sur le sol. Fou d'indignation et de jalousie, Jean Duroch avait tiré.

F!N


judiciairement et nettement affirmée par le tribunal. C'est la juridiction du président qui est et qui reste saisie du maintien ou de la mainlevée du séquestre.

D'après la loi allemande, M. Mathieu Ulmann a perdu la nationalité allemande par un séjour non discontinu de dix ans à l'étranger. Est-il Français ?

Et M. le substitut Legris a posé la question suivante

Peut-on dire qu'aujourd'hui par l'effet de !a guerre .actuelle le traité de Francfort est déchiré et que tous les Alsaciens-Lorrains sont rendus à leurs ancienne patrie, heureuse de les presser dans ses bras ? Certes, cette solution serait douce et chère à nos âmes de Français, mais, si simpliste et si profondément attrayante soit-elle, ne répandrait pas à une saine conception juridique. Il est évidemment inutile d'insister sur ce qui, aux yeux des juristes, est indiscutable.

M. Ulmann qui n'est plus Allemand, qui c'est pas Français, n'est pas non plus Brésilien. La nationalité brésilienne. <{ui en 1889 lui a été attribuée d'oiuçe, est inacceptable au regard des puissances étrangères. La loi allemande ne connaît pas, sauf une exception en faveur des Etats-Unis, la perte de la nationalité par l'effet d'une naturalisation acquise en pays étranger. M. Mathieu Ulmann n'est pas, par application du décret de 1889 et de la loi constitutionnelle brésilienne de 1891, devenu Brésilien.

M. Mathieu Ulmann est sans nationalité. H est Ae:'maMos.

Quelle sera, dit M. le substitut Legris, quant au maintien ou à la levée du séquestre, la conséquence d'un jugement décidant que M. Mathieu Ulmann est sans nationalité ? Nous n'avons ni à le rechercher, ni à le prévoir. Après ce jugement, il sera loisible à M. Mathieu Ulmann de sortir enfin des hésitations que sa vie révèle. II lui appartiendra de se faire naturaliser ce qu'il Ji voudra, en choisissant la nationalité vers laquelle le dirigeront soit son égoîsme et ses intérêts, soit les suggestions de son cœur.

Le tribunal, présidé par M. Lesueur, a renvoyé à huitaine le prononcé de son ju-gement.

FAITS ~IVERS Le Temps. (Bureau central météorologique.) Mardi 6 juillet. Le temps a été beau sur l'ouest et le sud du continent; les pluies reprennent sur les Iles-Britanniques, en France, le ciel est généralement nuageux on signale de la brume dans quelques stations de l'Est et dans le Midi.

DERNIÈRE HEURE

La Guerre Européenne COMMUNIQUÉ

~Of'Ct Ze ~ea:~ du eom/HHn~M~ o/y!c<e/ ~e ce~ ojp/'és'/nMt

La nuit a été très mouvementée sur plusieurs pointsdufront.

En Belgique, les troupes britanniques, appuyées par notre artillerie, se sont emparées de quelques tranchées allemandes au sud-ouest de Pilken, sur la rive est du canal.

Une lutte très vive s'est engagée autour de la station, de Souchez.qui est restée entre nos mains malgré les efforts répétés do l'ennemi.

La ville d'Arras a été bombardée toute la nuit.

En Argonne, combats incessants à coups de grenades et de pétards. Notre artillerie a déclenché à plusieurs reprises des tirs de barrage qui ont arrêté net les tentatives d'attaques de l'ennemi.

Sur les Hauts de Meuse, les Allemands ont attaqué par deux fois nos positions de la croupe sud du ravin de Sonvaux, à l'est de la Tranchée de Calonne; ils ont été complètement repoussés.

Dans la région du bois Le Prêtre, l'ennemi a également repris l'oll'ensive deux attaques, dont l'une s'est étendue peu à peu de la partie occidentale du bois jusqu'à Fey-en-Haye, tandis que l'autre était particulièrement dirigée contre la partie du bois qui s'étend à l'ouest de la Croixdes-Carmes, ont été toutes deux enrayées par nos feux d'artillerie et d'infanterie qui ont infligé à l'ennemi de très lourdes pertes.

NS~EL mEMTAfm ElATS-UNtS Les bureaux de police dynamités New-York, le 6 juillet. Un individu a tenté de faire sauter hier soir les bureaux principaux de la police de New-York. La bombe de dynamite qu'il avait déposée dans cette intention, a endommagé fortement, en éclatant, tout l'édifice. L'auteur de cet attentat a réussi à disparaître après avoir déposé son engin, actionné sans doute par un mécanisme d'horlogerie, ou tout simplement à renversement. (Four/er.)

New-York, le 6 juillet. Une bombe a fait explosion, dans le sous-sol du bureau central de la police et a détruit une partie des services de la Sûreté.

Personne n'a été blessé. On suppose que l'attentat est dû à la vengeance d'anarchistes récemment condamnés. (Rauas.)

-t~ë

LES OPÉRATIONS

L'Action russe f

Communiqué du grand état-major du généralissime

Rétrograda le 6 juillet. Dans la région d'Edva.no, le 3 juiUet, les Allemands ont fait ex~ lo~er sans succès deux fourneaux de mine us ont ouvert ensuite, sur l'endroit avait eu lieu l'explosion, un feu très violent.

Le lendemain, nos sapeurs ont miné avec succès une galerie allemande, ce qui a provoqué un nouveau feu violent de l'ennemi.

La, température a baissé légèrement dans nos régions du Nord-Est, ainsi qu'en Provence elle a monté dans ie Sud-Ouest. Ce matin, le thermomètre marquait 14° à Shie!ds, 15° à Brest et Calais, 17'' à Paris et CIermont-Ferrand, 18° à Nantes, 19° a Biarritz et Belfort, 20° à Perpignan et Nancy, 23° à Marseille et Madrid~ 24° à Alger, Rome, 29° à Biskra.

On notait 15° au Puy de Dôme et au fort de Servanco, 5° au mont Mounier. A Paris, hier, nuageux.

Au Parc Saint-Maur, !a température moyenne, 19°7, a été supérieure de 1«7 à la normale (18°0).

Depuis hier, température maximum, 26°; minimum, 14".

A la tour EiS'eI, tempëratura maximum, 20°9; minimum, 14°4.

Dates critiques pour juillet (tirées de !a C<M « natssance des ~Mps par application de la formule d Henri de ParviHe). 3, 10-11, 17-18. 23-24, 30. Pas de marée atteignant le coeMcient 100 durant le mois,

Panne d'étectrîeHe. Une nouvelle interruption de courant électrique s'est produite, hier soir, au secteur de Clichy~rue des Dames. Cette interruption circonscrite à la zone Nord serait due à une perte du courant en sous-sot.

Prêtre noyë. Un jeune prêtre, M. l'abbé Marguerite, vicaire de SuIIy-surLoire, voyant un baigneur sur le point de se noyer en Loire, s'est courageusement porté à son secours mais, gêné par ses vêtements, il n~a pas tardé à disparaître dans le neuve.

Arrêté par te frère de sa victime. Dimanche, à Chambly, près de Meaux, les frères Gaston et Maurice Druelle, ce dernier mécanicien à Paris, étaient interpellés grossièrement par un individu en état d'ivresse, nommé Leclerc, terrasssier, un réfugié du Nord, originaire de Lille. A un moment donné, celui-ci tira un couteau et en porta quatre coups à M. Maurice. DrueMe qui fut atteint au poignet, au côté droit, à la tête et~eut, en outre, une oreille coupée en deux. Tandis que M. Gaston Druelle se portait au secours de son irëre, Leclerc prit la fuite.

Or, hier matin, M. Gaston Druelle, passant derrière le théâtre de l'Ambigu, rue de Bondy, se trouva nez à nez avec Leclerc. Il le fit aussitôt arrêter.

Leclerc, amené devant M. Pois, commissaire du quartier, a fait des aveux. Il a été envoyé au Dépôt.

Les auteurs de régression de SaintDenis. La première brigade mobile de la Sûreté générale a arrêté, hier, Fernand

15 heures

Dans la région de Lublin, l'ennemi, après des combats opiniâtres, a progressé, le 4 juillet, sur le front entre Krasnik et la rivièr.e Wieprz.

Toutes les attaques allemandes, entre le Wieprz et le Bug occidental, ainsi que sur cette dernière rivière, entre le vtllage de Krylofet la vHIe de Sokai, le 3 juiHet et le matin-dû 4, ont été repoussëes.

Nous avons, sur ce point, fait plusieurs centaines de prisonniers.

Sur le Bug, en amont de Sokal, sur la Zlot-Laipa, et sur le Dniester aucun changement.

Genève, le 6 juillet. La Tribune de Ge/:eue annonce qu'entre la Wieprz et la Labunka, les Russes ont infligé de fortes pertes à l'ennemi et repoussé toutes ses attaques près d'Obrocz; une charge des cosaques a été couronnée de succès et plus de 15 kilomètres de terrain ont été repris par les Russes, qui ont fait un grand nombre de prisonniers.

L'activité allemande s'est beaucoup ralentie entre Lemberg'et Sokai; près de la Vistule, les Allemands cherchent à refouler les Russes à l'Ouest vers l'armée austro-hongroise qui occupe la Pologne russe. Les Russes ont remporté plusieurs petits succès sur la Wysnica et fait quelques centaines de prisonniers.

La garde russe s'est admirablement comportée et tient toujours les routes par lesquelles l'ennemi voudrait avancer au delà du Dniester.

L'échec du kronprinz en Argônne Londres, le 6 juillet. Le correspondant des Cen~-a/ A~tfs télégraphie du Nord de la France que la première tentative d~ kronprinz en vue de réaliser sa fanfaronnade de percer les lignes françaises en Argônne e avant le 4 août, a piteusement échoué jusqu'à présent, entraînant des pertes considérables pour les troupes wurtembergeoises. Pendant dix jours, une tentative formidable a été faite entre le Four de Paris et le bois de la Grurie pour rompre les lignes françaises.

Le kronprinz avait concentré 45,000 hommes sur un front de 4 kilomètres, et après un bombardement ininterrompu comprenant une prodigieuse dépense d'explosifs et de bombes asphyxiantes, il lança jour et nuit ses forces contre les tranchées françaises. Leur seul succès fut de prendre pied dans quelques éléments de tranchées de première ligne.

Les Allemands attaquant en formations serrées, l'artillerie française leur inuigea des pertes terribles. L'eftortdu kronprinz a coûté aux Allemands au moins 10,000 hommes.

Le silence de Berlin cancernant la bataille dans cette région est un aveu de l'échec du kronprinz.

Les pertes aMemandez

Londres, le 6 juillet. Le Dat/y Mo!/ reçoit de Copenhague la dépêche suivante « Les seize dernières listes des pertes prussiennes, portant les numéros de 248 à 268, comprennent 94,744 noms d'officiers ou soldats tués et blessés.

» Cela fait, avec les manquants, pour les pertes prussiennes jusqu'au 1" juillet, un total de 1,504,233.

» Dans ce total ne sont pas comprises 164 listes de Saxe, 198 de Bavière, 211 de Wurtemberg et 36 de la marine.

» Les dernières listes publiées comprennent les noms de 24 aviateurs tués, de 6 blessés, de 8 manquants et de 4 faits prisonniers par l'ennemi. M

Les A!!iés contre les Turcs

L'OFFEKStVE DES ALUËS A GALLIPOLI Athènes, le 6 juillet. –On mande de Mytilèno

« Selon des informations sérieuses, le nouveau plan des opérations dans la presqu'île de Gallipoli donne de bons résultats. Les attaques alliées se généralisent depuis hier. Les Turcs sont dans l'impossibilité de résister aux avant-postes en raison de. la violence du feu de la Hotte et de l'armée de terre. M (~Mce des Balkans.)

Les membres du gouvernement n'ont pas tenu aujourd'hui leur Conseil du mardi. Le prochain Conseil aura Jieu jeudi.

Bardon, dit Jaquette, âgé de dix-huit ans, charretier, 10, passage Lacombe, à Oichy, et Henriette Bourgeois, une jeune fille de dix-neuf ans, demeurant à Asnières, qui de complicité avec Jean Chevaux, arrêté it y a quelques jours, avaient, dans la soirée' du 27 juin dernier, à' Argenteuil, attaqué' et blessé, à coups de couteau, deux commislivreurs, MM. Kerdant et Cohen.

COURS ET CONFÉRENCES M. Archag Tchobancian fera le 8 juiUet.à quatre heures, à la Sorbonne (amphithéâtre RicheUeu), une conférence sur rArménie.

ISjEiCE~OLOGUE:

Un service en mémoire de Gérard d'Eichtha), adjudant au.cbata~ion de chasseurs alpins, tué à l'ennemi le 21 juin, en Alsace, aura lieu à l'église de l'Etoile, 54, avenue de la GrandeArmée, demain mercredi 7 juillet, à dix heures et demie très précises.

M. Danie) Robert, Sis de l'ingénieur en chef, a été tué glorieusement à l'ennemi le 8 juin. Hier après-midi, à quatre heures, a été célébré, à la synagogue de la rue de la Victoire, un service religieux pour le repos de l'âme de M. Guastalla, fils de l'agent de change parisien, glorieusement tué à l'ennemi.

Le grand-rabbin Israël Lévi présidait la cérémonie. Le deuil était représenté par Mme CuastaUa, mère du défunt; Mme Georges Leven, sa stieur; le capitaine Georges Leven, son beau-frère,et les autres proches parents.

On annonce !a mort de M. Berthelier, professeur de violon au Conservatoire. M..Berthelier avait cinquante-neuf ans; il avait obtenu brillamment 'te premier prix en 1877. ~1 avait été engagé comme violon a l'orchestre de l'Opéra, puis y devint violon solo en 1885, et tint aussi te premier pupitre à la Société des Concerts. Il était professeur au Conservatoire depuis 1894, où il avait succédé à Maurin. ti a formé de nombreux et excellents ëièves. Malade depuis le commencement de l'année, il avait pour suppléant de sa classe M. Capet.

TA~r~

Las concours du Conservatoire

Interrompus dimanche, les concours du Conservatoire ont repris hier le matin, par les épreuves de piano (pour hommes)' et l'après-midi par celles de harpe chromatique et de harpe. Voici quelles ont été les décisions du jury:

Piano. Premiers prix MM. Dennery, La-

CHEZ LES NEUTRES

Aux Etats-Unis

LA CAMPAGNE PANGERMAINE

Londres, le. 6 ju.i)let. On télégraphie de' Toronto au ?H7:es

« On annonce que, sur l'initiative du Deutscher-Bund, une réunion vient d'être tenue dans un hôtel de Betroit, à laquelle assistaient plusieurs centaines de délégués des Etats-Unis, parmi.lesquels-M. Hermanh Ridder, de New-York, de nombreux professeurs et des chefs des églises évangélique et luthérienne.

» Répondant à des interviews collectives, les délégués ont déclaré que la réunion n~avait pas eu d'autre but que de faire établir l'embargo sur l'exportation des munitions de guerre. r H Une résolution a été votée, ont-ils dit, demandant une session spéciale du Congres pour l'établissement de cet embargo. Et ils ont ajouté que leur organisation est si puissante que les autorités auraient à compter avec eux dans tous les Etats et dans toutes les parties du pays.

» Interrogés individuellement, les délégués ont exprimé de la pitié pour le Canada, « obligé par la Grande-Bretagne à faire la guerre." »

» Selon eux, les Américains allemands auraient le drait de détruire tes fabriques et les ponts de chemins de fer au Canada, aGn de retarder les préparatifs militaires. » Ils ont déclaré enfin qu'après la guerre, « le Canada aurait l'indépendance sous la garantie et le protectorat mutuel des EtatsUnis et de l'Allemagne. M

En Roumanie

LES ARMÉNIENS DE ROUMANIE PROTESTENT CONTRE LES ATROCITES TURQUES

On écrit de Bucarest aux 7!oHS~'a Ffedomos/<que le comité arménien de la Liberté et du Progrès vient de publier dans les journaux roumains un appel à tous les intellectuels du monde civilisé, dans lequel il proteste contre les atrocités dont les Arméniens sont l'objet de la part des Turcs. Il cite des faits révoltants d'injustice et de barbarie.

Il proteste contre l'emprisonnement de~ notables arméniens qui sont, depuis des mois, détenus dans les prisons turques, sans que les autorités ottomanes puissent donner une raison plausible de leur arrestation.

Le comité fait appel à l'union des Arméniens qui habitent en territoire roumain. 11 déclare que tous ils sont prêts à s'enrôler dans l'armée roumaine pour lutter contre les barbares ennemis du progrès et de la

civilisation.

.En Grèce

RESILIATION DU CONTRAT ~CONCERNANT UN CUIRASSE GREC

Athènes, le 6 juillet.–Le Conseil des amiraux vient de se prononcer définitivement pour la résiliation du contrat de construction d'un cuirassé type /.o/oMe par les Chantiers de Saint-Nazaire. (~ence des Balkans.)

En Suède

PROHIBITIONS A L'EXPORTATION

Stockholm, le 6 juillet. Le gouvernement suédois a émis un décret prohibant l'exportation, à partir du 2 juillet, du,phosphate brut, des phosphates Thomas, des scories Thomas non moulus et des superphosphates.

CHEZ LES BELLIGÉRANTS I'

L'énorme contrebande de guerre trouvée à Nap!es sur te « Bayern )) DuCo/'rM/'ede//a.S'e/'a:

« On vient d'achever ces jours-ci à Naples le déchargement du vapeur allemand .Sayem, qui avait été séquestré au mois d'août 1914, dés le début de la guerre. Le Bo;/er/! portait exclusivement du matériel de guerre ce matériel, débarqué par ordre du gouvernement italien., occupe un espace d'environ 800 mètres carrés et a une valeur approximative de six millions. M Le GM/'na/e tfet Z.<tt)o/* .Pu6Mct donne à ce sujet lesdétaiissuivants; 'l

)' Ce matériel comprend environ 500,000 revolvers de gros calibre, 100,000 fusils, 200,000 caisses de munitions, deux hangars démontables, quatre aéroplanes biplaces complets, avec télégraphie sans ni, dès 1 mitrailleuses, 10 caisses de ftéchettes, 1,000 bombes pour aéroplanes, plusieurs tonnes

zarus, Duhem seconds prix MM. Bédouin, Gaiitard, Renschei; premiers accessits: MM. Franck, Gentil, de Gontaut-Biron seconds accessits MM. d'Ortoli, Aroca.

Harpe c/omah(jt~e. Premier prix, M)!e Jeanne Lhôte; deuxième prix, MHe Menu; premiers accessits Mties Houx et Fourmcnt; seconds accessits Miles Lafond, Saint-Ga), Hamrys. ·

Farpe.– Premier prix MHesVeyron-Lacroix, Godeau~Mion, Schiesinge.r; second prix, MHe Amalou; premiers accessits: MUes Rousse), Dolne; deuxième accessit, Mlle Speiiers. Le 'vendredi 9 juiilet, en matinée, au théâtre Marigny, l'œuvre la Chanson aux Blessés donnera une revue de la Chanson française a travers les âges ~en costume de l'époque. Cette représentation au bénéfice de l'oeuvre présentera un intérêt artistique tout à fait exceptionnel.

Le programme, c'est la chanson du seizième au vingtième siècle, c'est-à-dire depuis Uonsard jusqu'à Maurice Boukay et Zamacois en passant par Vadé, FIorian, Méhu), Désaugiers, Béranger, Victor Hugo, Dupont, Darcier, Nadaud, Dérouiède, etc. avec, pour interprètes, Jeanne Provost (de la Comédie française), Germaine Bailac (de l'Opéra), Edmee-Midos etMUy-Meyer, Mlle Eugénie BuSet, etc. M. De)mas, SéverinMara, Maurel, etc. On ne peut les citer tous et toutes.

Parmi !es clous de cette matinée, nous signalerons particulièrement tes chansons en crinoline n, par M)!e Mily Meyer la 7)7arse;7~:Me chantée par Houget de FIsIe' (MHo Baiiac) dans le salon du maire de Strasbourg et accompagnée par Mme Diétrich (Mme Roger-Micios) te tableau <' tes Poilus et une causerie de M. Maurice Donnay (de l'Académie française). Pourtaiocation, s'adressera Marigny (Champs~ Elysées).

INFORMATIONS FINANCIÈRES

Les Bons et Obligations

de la. Défense nationale

Pendant la première quinzaine de juillet, le prix net des Obligations de la Défense nationale est de 96 fr.'09. Mais des le 16 août, c'est-à-dire dans six semaines, ua coupon de 2 fr. 50 sera acquis aux souscripteurs. Les caractéristiques de ces Obligations sont connues de nos lecteurs.

Plus avantageuses que les Bons en ce qui concerne le taux de l'intérêt et, comme eux, exemptes d'impôt, ces Obligations peuvent être demandées chez tous les comptables. On a fait observer notamment, en ce qui concerne.les Bons, que le public souscrivait plus aisément les valeurs ot;j90f~eu/ s'il pouvait échanger son argent contre des valeurs sans être obligé de donner un nom et une adresse. Une note du ministre des finances fait connaître que, dans ce cas, l'indication d'un nom ou d'une adresse n'est nullement obligatoire l'accomplissement de cette formalité est facultative:; les comp-

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de ciment, des postes de radiotélégraphie complets, avec antennes, appareils, dynamos, etc., 1,000 caisses environ de verres dépolis pour constructions en ciment, 800 dames-jeannes vides de .diverses grandeurs, des centaines de tonnes de fonte brute, des tôles en fer de toutes dimensions pour constructions, des filets en fil de fer et des fers spéciaux pour les constructions en ciment armé.

On a trouvé également des documents et des plans très importants, x

La reprise de ta vie économique MM. Briand, ministre de la justice, Ribot, ministre des finances. Thomson, ministre du commerce, Fernand David, ministre de l'agriculture, et Joseph Thierry, sous-secrétaire d'Etat au ministère de la guerre, se sqnfréunis ce matinau ministère de la justice.

Cette réunion avait pour objet, croyonsnous savoir, l'étude des mesures propres à assurer la reprise, aussi large que possible, de la vie éco)Mmique du pays.

D'autres réunions suivront dans lesquelles sera poursuivie l'étude de cette importante question.

La mission de M. Pierre Baudin Buenos-Aires. le 6 juillet. Sur l'invitation du doyen de la Faculté de Médecine, M. Pierre Baudin a assisté à la distribution solennelle des prix et diplômes de la Faculté.

L'ancien ministre s'est ensuite rendu à une réunion organisée-en son honneur par l'Association des étudiants de l'Université, réunionàlaquelle assistaient M. Viltanueva, président du Sénat, M. Cabred, doyen de la Faculté de Médecine, et de nombreuses personnalités.

Le président de l'Association a prononcé une chaleureuse allocution puis M. Pierre Baudin a fait une conférence sur la guerre, dont le succès a été très grand.

Pour les départements envahis Le groupe parlementaire des représentants des' départements envahis s'est réuni ce matin au Sénat, sous la présidence de M. Léon Bourgeois.

M a demandé que les ministres des finances et de l'intérieur prennent les mesures législatives nécessaires afin d'assurer le payement des pensions des retraités habitant les régions envahies.

A la demande de M. Lugol, le groupe a décidé qu'une démarche serait faite auprès du ministre du, commerce pour obtenir que tous les blés réquisitionnés chez les cultivateurs soient immédiatement pris en livraison par les commissions de réception.

SENAT

La commission de l'armée, réunie sous la présidence de M. Boudenoot, entend cet après-midi la lecture d'un rapport de M. 'Debierre sur le personnel et le matériel du service de santé.

La commission de~ finances, réunie sous la présidence de M. Peytral, poursuit l'examen des divers textes concernant les vian- des frigorifiées. Elle entend; à ce sujet, M. Fernand David, ministre de l'agriculture, M. Thierry, sous-secrétaire d'Etat à la guerre,et M. Mauclëre, directeur du contrôle au ministère de la guerre.

Au Maroc

Rabat, le 6 juillet. Conformément à .l'information relative ù la répression d'un mouvement insurrectionnel dans la région de rOucrra et au rétablissement de la tranquillité dans cette zone, les opérations ordonnées par le général Henrys à la colonne Simon et à la colonne Derigoine, ont. eu lie" les 25, 96 et 27 juin; elles ont été couronnées de succès.

Au cours de la journée du 28, le colonel Simon et le groupe du colonel Courbière ont franchi la rivière Ouerra et se scmt portés sur la casbah de l'agitateur Ali.ben Abdesiam, ancien protégé'allemand de la tribu des Béni Ourriaghel, où subsistaient encore des rassemblements hostiles. L'adversaire fortement retranché a opposé une grande résistance. Après une vio- lente canonnade, nos troupes ont enlevé d'assaut les hauteurs occupées par l'ennemi et l'ont forcé d'abandonner ses positions, laissant sur le terrain de la lutte de nombreux cadavres.

Ces opérations nous-ont coûté six tués,

tables qui délivrent les valeurs du Trésor a 1 guichet ouvert ont reçu des instructions en conséquence.

AVSS DIVERS

UNIVERSITE DE BERNE La chaire de PhUo!ogie rom:me-ntgne et Littérature (f~mc~ises modernes de f Université de Berne, vacante par suite de démission, est mise au concours. Les cours se font en français.– Entrée en fonction pour le semestre d'hiver prochain. Traitement selon décret du 18 novembre 19t3.

S'inscrire, d'ici au I" août prochain, a ]a D)RECT)ON DE L'iNSTRUCTJON PUBUQUE DU CANTON DE BERNE. (H. 4041 y.). C'EÊNEmETMKSmm!~E C'~ Sud-At!ant!que

SE~V/C~S ~7!/7Y~.E.S su/-

t.'AMÉRtQUE DU NORD

L'aMÈRtQUE CENTRALE

LES ANTILLES

ETL'amÈRtQUEDUSUD

L'ALGÉRtE

LA TUNISIE

ET LE mAROO

~jrjro~ jfpjf~ ViCMY

~~r~ & r~aF ~'OKf !OMs 7!ense[~rteme7t<s, s'adresser o[M SYND!CAT D'tNtTtATtVE, & VICHY

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dont un officier, et vingt-deux blessés, dont trois oHiciersj; elles ont été vigoureusement menées, et les troupes qui y ont pris part ont fait preuve d'un entrain admirable, malgré 'les fatigues imposëestpar la chaleur et les marches très dures dans ce pays difficile.

Les conséquences de ces opérations sont très importantes; elles ont ramené le calme parmi les populations de la rive gauche de l'Ouerra.

Les groupes ennemis de la rive droite, étonnés de la vigueur et de la rapidité de notre action, paraissent peu disposés à continuer la lutte. Leur chef et les notables rebelles ont sollicité l'aman.

La colonne Simon reste sur les bords de l'Ouerra pour surveiller la région. Obsèques du président PorRrio Diaz Ce matin, à onze heures, ont été célébrées, à Saint-Honoré d'EyIau, les obsèques du général Porfirio Diaz, ancien président de la République du Mexique/Le deuil était conduit par M. Porurio Diaz, fils du défunt, et par son gendre.

La messe a été dite par M. l'abbé Suriret et l'absoute donnée par M. l'abbé Cosson, premier vicaire. La maîtrise, sous la direction de M. Deck, maître de chapelle, a exécuté une messe de plain-chant harmonisée, sans solo.

Parmi la nombreuse assistance, on remarquait MM. de La Barra, de Mier et de Eustagni, anciens ministres du Mexique le ministre'de l'Equateur; Manheim. président de la Ligue de défense des intérêts français au Mexique Boissy d'AngIas, ancien ministre plénipotentiaire au Mexique le général Niox, commandant des Invalides, et son officier d'ordonnance, le commandant

A L.A380'UX=~ Pay'/s,/e'6~'m7~.

Le marche est toujours aussi calme. Le 30/0 fléchit à 69 95, ie 3 1/2 0/0 reste a 91 4. Les tonds russes sont lourds. Le Hio-Tinto se maintient ai 565

RENTES ET AC-nONS FONDS ËTRANGERJ

RENTES, ET ·ACTIONS clôture cours FONDS,ÉTRANGER.. ctblüra -coui';

-Mmpta.6 Au comptai C/0 perpétuel. Jonlss.,juuiet. 70 6995 ArgeMtn 40/0 1900. 7825 3?20"0~o-r~s: 9:42 'epr~~ ?~"

f! t; 2 0; 0 amortiss 16 5tai. 91 42 91 42 Dette privilégiée 77 77 50

&M~ ~"3~2~ g~ 84.75

Maroc 4 p/0 1914, 34 433 italieu 3 1/2 0/0. 74 75 76 05

Obfig.Tunisiennes30/01892. e!a750 d57. Japonais40/n)Qm" 70 7? œ 367~.364- pusse ~i~~r'~

Ipdo-Cidne 3 Or0 1909 367 364 Russe consolidé 4 0/0 t901. 74

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Comptotrnationa) d'escompte. 724. Ottomans ObiiaCon~ '~n

CréditFoncierde France. 6~0.. tiSu.. ObSuoSaues 2~" ·

CréditLyonnais. '029 1025 "S-uaues. 295. ·

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SocieteGënerate. 500. ViHe de paris tSM K');; en.) Banquetranca~ ~t. ~5;; ~23 Snn ~75 4 0/0. 497 493

~-M.d~anee: 10'tU 1020 H ~30~ 222:; 223~ Nord:360 ..)305~ Foncières !87930/0 476 476

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Transattanttque(ord.). '0?'- 'C2.. !9133~26/o' 4~" i! Metropotitain. ~a 43a.. Communaiest892260o/0" 356"

Nord-Sud. '03 50 ]00.. 1S992.6000' 354M ~î~n

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( Parisienne Distrib. d'électr. 4u5 390 Est 3 0/0, 367 365

~°. 4t?0 ~3~nouv- ~'de~ ~9" ~ïon: 35650 356'? Gaz de padi. ~49. nonv. 360.. 359.. OntonetPhëmxespaano! 295. -300'nMv: ~6u 37050 ~BanqueduMexique. 320. KordaO/O.sërieÉ" ~R~n ?~~ 50 BanqueOttomane. 460.. 450.. -40,'Osër~n" B~ 306:: 306:: Cr~'3'0– ~50

Briansk 3D6 ~O6 Ori~ans 30/0. 394 50 395

~i..Tint.565..<565.. 378~0 37850 Ac)ëriesde!aMarine.703..t703.. OuestSo/a. ~~n ~a~ ,Creusât. 1824 ~0/Ououv. eARCHË EH BANQU3 1 BOURSE DE LONDRES (5 juillet)

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Cape Copner: 81 SO 8050 Mcedento VALEURS ET FOND~ De-atM

Chartered. 450 37a ctotura internationaux c~

CrownMines. 114.. 118.. 1 neEeers(Préférenee). 31050 31250 f:</ic A.. r. 2 t 2. 65 1 16

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Spassky. 56.. 5675 J~?~ 438

SpiesPetrotèum. )750 1825 ~'Dutch. 45. · Taganrog. 350. SheU. 47/32 Tharsts !5050 149.. !ItTAUX(ComptMt) Tou)a. 1142.. 1190.. 791/]6Cuivre. 7qt/4 UtahCopper. 382.. 38550 !7). htain. j5;'5 ~UaaeMatnReef. 4350 43.. 25. Ptomi).

PMMJ~E SES IMBIBES du 6 Juillet 1915

PR/t~V~7.? (8 h.).– Gringoire. La Princesse Georges.

OPëR~.CO~M~Oiy~(. h.). Retâche. O~T~I~Qt/B (8 h.). Le Contrôleur des Wagons-Lits.

?~t7'~6 ~~R~/f-BB~TV~f~~Dr (. h.). Rctache.

~BA~tA~C~ (8 h. ]/4). Monsieur chasse. V~U~BV~~B (8 h. 1/2). Un Divorce. P~Z,~7~0V~~ (. h.). Reluche. T~~r~B ~ATO/A~ (8 h. 1/2). La Poika .de M'°°\'andcrbuk. CR~WD-CMC~OL (8 h. 3/4). Une Lecture. Un Frère. Aveugle. La Petite-Dame en blanc.

J~D/A~ des TUJ~BR/BS (15 h. 3/4).– Concert symphonique et vocal. Orchestre symph. de'40 exec.dirigé parM.S.-M.Bovy. PI.: 1.10,0.55,0.30. PO.L.fB.S-BB~C~RB (8 h. 1/2). Sous les Drapeaux, Revue. ",¡

CINÉMA des A~Ot/VBAt/7'B~, 24, B'' des Italiens. Tous les jours, de 2 h. à 11 h., actuatitës, programme varie Orchestre symphoniqua<M,HPM.–La REVUE.

r7VOjE,C/A~AL4, 14, rue de la Douane: Les plus beaux programmes. Actualités de la guerre. Tous les jours à 2 h. 30 et à 8 heures.. ~eye'faK:H. TERRIER.

H. TERRIER. Imprimerie du JoMT'Ka! (~M De&ats 17, rue des Prêtr~-Saint-Germain-l'AuxMroM.

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v a 11 à'

Picquet-PeIterie Laurent, préfet de police A. Mithouard, président du Conseil municipal le commandant Maruyama, attaché naval à la légation du Japon; Jean Béraud, James Ma'rk-Baidwin, correspondant de l'Institut, etc.

Après la cérémonie, le corps a été déposé dans un caveau provisoire, à ~Saint-Honoré d'EyIau, en attendant son transport au Mexique.

Aujourd'hui, à dix heures et demie, au milieu de l'assistance ia plus douloureusement émue et recueitlio, a été célébrée une messe pour le repos de l'âme de Henry Brémard, glorieusement tombé au bois Le Prêtre, à l'âge de vingt ans.

Le deuil était conduit par son père, M. Maurice Brémard, avoué honoraire M. Maurice Le Coq et M. Paul Cottin, ses oncles.

Nous apprenons la mort du docteur Auguste Riga!, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin honoraire des hôpitaux, décédé à Moza& (Puy-deDôme).

COURS OES CHANQE3 Gjui)Ietl915

Londres. 2G821/2& 27021/3 New-York. Ml 1/2 à 5711/2 Sutsse. 102 1/2 à 1051/2 Itahe. 91. à 94 Hollande. 2241/2 à 229 1/2 Espagne. 519 à 529 Rouble. 200. à 215 bcandmav.ie. 145. à 149. Rio-de-Janeiro, le 5 juUtot.

Change sur Londres. 12 23/32 contre 12 3/4

1903 3 0/0. 410 4t0