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SOMMAIRE

PREMIER CONTACT. R. C.

Au JouR LE JouR. Le Bon Vt~:r. Z. 'LAMORTDUCOMTELAMSDORF. v:

LETTHE D'ALGÉRLE, Paul Bluysen.

LA CATASTROPHE DU < IÈNA

NOUVELLES DU JOUR.

LE CARACTÈRE IMPÉRIALISTE DE LA BONTE NATURELLE DANS L'ŒuvRE DE RoussEAU. E. Soillièro. REVUE DES SciENCES. Henri de Parvillo.

PREMIER CONTACT

Le gouvernement da M. Stolypine' a pris contact avec la Douma si cette première rencontre ne permet pap encore do prévoir ça ~t<i sera l'avenir elle ne repond pas aux craintes, d'ailleurs naturelles, des pessimistes. Le ministère'Stolypipe a au moins un mérite, celui de ne pas tomber dans l'erreur du Cabinet Goremykine qui, dédain ou impuissance, ne soumit aucun projet sérieux à la Douma et lui permit de s'aubler en travaillant avide. Le programme dont les grandes lignes ont été dessinées hier, donnerait fort à faire auzcle do l'Assemblée la plus remplie de bonne volonté. Il a été écouté en silence par la majorité de la Douma, et c'est déjà quelque chose qu'il se trouve au milieu- de cotte Assemblée une mass&de députés qoi.sans avoir renoncé encore à combattrais ministère, montrent l'intention de le faire sur le terrain du, travail législatif ordonné et en discutant ses projets de loi.

Si les détails du programme Stolypine répondent a-l'esprit qui parait en avoir dessiné l'ensemble, les < Cadets x. et autres partis raisonnables de la Douma contre lesquels le ministre usa vigoureusement de la pression administrative pendant les élections devront beaucoup lui pardonner. M. Stolypine s'est montré depuis qu'il est au pouvoir un homme courageux et sincère, qui prenait sérieusement en mains la tâche assumée. Ce sont dos vertus que ne dément pas son programme. Ce dernier est immense comme la réforme & opérer en Russie pour en faire, ainsi que M. Stolypine l'a dit en commençant son exposé, un Etat constitutionnel. Et il a le grand mérite de vouloir donner des fondements solides à un régime de liberté. C'est là l'essentiel à l'heure actuelle. Si, en enet, on peut en réalisant les mesures déjà décidées et en arrêtant celles que le programme ministériel promet cncor.e, émanciper les paysans et leur donner des terres, on aura résolu le problème le plus urgent par les besoins actuels et les passions naïves qui réclament sa solution, mais on n'aura pas établi et consolidé en Russie les libertés nécessaires. Ces dernières ne peuvent être assurées que par des garanties données aux individus qui en ont manqué jusqu'ici dans l'empire russe où l'administration n'a sans doute pas montré habituellement la férocité que la légende lui prête, mais où l'arbitraire administratif était sans frein. Or, le programme de M. Stolypine promet avec précision dele limiter. Apres avoir posé comme principe l'inviolabilité de la personne, il abroge l'exil par mesura administrative soumet au seul pouvoir judiciaire les. atteintes aux droits des personnes, déclare-que; les défenseurs des accusés devront ctrcadmi~ aux instructions criminelles. Tout cela n'est pas très nouveau pour les pays plus avancés de 1,'Occident mais constituera pour la Russie une nouveauté très grande et assurément plus appréciable pour la vie de tous et de tous les jours que l'existence même d'un Parlement. C'est sur les droits des particuliers, respectés selon une tradition très ferme et défendus par une magistrature indépendante que repose la liberté et la conscience qu'on a l'esprit public dans les pays qui la connaissent vraiment. Les membres do la Douma qui ne se sont pas contentés de se laisser bercer

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS da %N m<tM N907

REVUE DES SCIENCES

Hi.~rr ~.t~ .i,ai ~a 3

Physiologie. Machine humahKR– La plus extraordi'naife des machines. Régulateur de température. MiUeu !i tëmpërature Bxc. Résistance a la chaleur et au froid. Calorifère humain.– Production énorme de calorique. Pour lutter contre les températures extrêmes. Dans l'eau froide. Traversée de la Manche. SyYiculture. La question du papier et des forets. Gaspillage des arbres. L'industrie de la p&te de bois. Journaux et pins. La foret s'épuise. Opinions diverses. Le reboisement.–Combien peut-on faire pousser do pins par hectare En Corse. Ruine et famine. Disparition des châtaigneraies. Cri d'alarme. Variétés. A propos de la disparition du /~a. A la recherche des sources.– ConSdenoes d'un sourcier.–La baguette, la montre et !a clef.

L'organisme humain est une merveille. Nous sommes si habitués à son fonctionnement régulier que nous ne consacrons môme pas une seconde à admirer cotte machine unique dans le monde. Petite usine prodige de puissance mécanique canalisation sans pareille~ laboratoire de chimie complexe, production indéfinie d'énergie, etc. Et c'est un mécanisme bien ajusté qu'on ne remonte jamais, qui marche tout seul, sans graissage, sans grève, etc. On n'y songe pas assez. Quoi de plus curieux, par exemple, que cette température constante du corps humain? Quelle que soit la température extérieure, il se maintient toujours a. une température constante, comme si un ca~rifêro .b;engouYernôlui apportait sans cesse lachaleur qu'il lui faut et comme si un régulateur puissant lui enlevaitlachalourdontiln'a plusbesom pour conserver son état thermique. L'homme peut supporter dans le? pays chauds 35°, ~O", 45" et même 50° de température. Au Hammam de Paris, je suis resté près d'un quart d'heure dans l'air sec a 135", j'ai même fait cuire un ceuf dans mes mains et brusquement j'ai plongé dans une piscine d'eau refroidie à 12 degrés. Dinsrenec en une seconde de 12~. Dans les régions polaires, on supporte couramment 40, 45 degrés do froid et même 50 degrés. Quel est le

.tïepro~tfc~'fMt <M<ë)*dt<e.

par un rêve de mysticisme politique et qui-ont veulu se représenter d'une manière quelque pou concrète la liberté dont la Russie est capable et que l'on doit désirer pour elle, ne peuvent manquer de savoir gré & M: Stolypine d'avoir tant insisté dans son programme sur ce point fondamental.

Les organes élémentaires et pour ainsi dire les écoles de la Liberté sont ou doivent être les assemblées locales. Le programme de M. Sto!ypine leur montre-beaucoup do sollicitude. II se préoccupe d'assurer l'indépendance et l'autonomie des Zemstvos, des municipalités et des Volosts. M. Stolypïne donne un gage de la sincérité de cette sollicitude en faisant Cgurer ces assemblées locales, dont les attributions et en même temps les besoins doivent être étendus, parmi les bénéficiaires des ressources nouvelles dont dans son exposé financier, qui est comme le revers de MH programme, il fait prévoir la nëcessj~ô.à la Douma..

On M saurait après un examen sommaire 36 l'exposé ministériel, qui n'est lui-même qu'un résumé, juger le programme du ministère Stolypine. Mais par son étendue il touche. & toutes les questions qui s'imposent aux peuples modernes–et par ses marques de sincérité il commande sinon encore la sympathie, du moins la patience et la tolérance de tous les membres do la Douma qui veulent réellement et pratiquement travaitler au bien de leur pays. Des raisons extérieures & ce programme le recommandent elles aussi a leur bienveillant examen si dans le premier contact avec le gouverncmentia masse centrale de l'assemblée a eu une bonne attitude, les extrêmes se sont touchés par leur yi&Ience, leur verbiage euréné et leur incompréhension absolue des nécessités de l'heure. M. Stolypine a répondu vigoureusement et montré qu'il n'avait aucune intention de se soumettre aux fantaisies révolutionnaires ni do se démettre devant elfes. Rien ne doit plus engager le centre de l'assemblée & s'aSermir dans cette politique correcte et prudente que semble vouloir faire triompher le président Golovine. II faut même espérer que le Centre se formera, se précisera en un parti de gouvernement qui collaborera avec M. Stolypine, après avoir reconnu qu'en présence de partis extrêmes afïblés, d'un pays sans la moindre éducation politique et d'une faction hostile & la Cour, il n'y a pas d'autre moyen de faire vivre la Douma et de commencer en Russie la fondation d'une liberté ordonnée. C'est ce que souhaitent tous les amis de la Russie. Et il est impossible .que, malgré toutes les réserves qu'une situation si confuse impose encore a leur désir d'osp6rer,ils n'aient pas considéré comme de bon augure le vote de cet ordre du jour pur et simple, l'emportant sur les ordres du jour de défiance proposés par l'extrëme-gauche, et laissant subsister la possibilité d'un accommodement entre le gouvernement et lés Centres de la Douma.

R.C.

]tL'CMqMé<e par!cmcmtatre. Dans sa séance d'hier, le ConscM des.ministrcs s'est occupa de la proposition que M. Jaurès va soumettre aujourd'hui à la Chambre et qui tend à la nomination d'une commission d'enquête chargée d'examiner les papiers saisis au mois de décembre à l'ancien hôtel delà; nonciature. L'attitude du gouvernement, en présence de cette motion, était toute tracée. Il n'avait qu'à répondre à M. Jaurès « Les pièces dont vous me parlez ont été saisies au cours d'une instruction judicia~K*. Celles d'cntre~ellcs qui 'ocrent de l'intérêt &~our*fë~h'Icës'cori~cnSnncl'scront'pr~d~ à au.- dicnco. Celles qui h'ou'rent pas d'intérêt pour le procès correctionnel doivent être rendues à leur propriétaire. Ni le gouvernement ni une commission de la Chambre n'ont le droit de s'en cm? parer ou d'y jeter les yeux Ce langage eût été le seul correct et légal il eût été en même temps fort politique, car ceux-là seuls peuvent trouver quelque avantage, à. la publication des correspondances saisies qui entendent en faire un moyen d'agitation et. empêcher~ l'apaisemen). des passions excitées par Ja séparation de rEgliso et de l'Etat. Pourtant, le Conseil des ministres a décide de ne pas s'opposer à la proposition de M. Jaurès. Tout ce qu'il demandera, et encore sans y insister beaucoup, c'est un répit de quelques semaines. II priera la Chambre

mécanisme combiné par l'homme qui présente- rait pareille souplesse dans des écarts thermiques de plus de 100 degrés, au sein de l'air sec! t

Il y a longtemps que les physiologistes ont montré comment l'organisme humain parvenait à résister au froid et au chaud. Le système nerveux est un régulateur incomparable de la température du corps. Les hautes températures sont combattues par la transpiration nous perspirons do la vapeur d'eau et des gouttelettes liquides en abondance. Le liquide s'évapore et emprunte au corps des quantités de chaleur considérables. Ainsi, dans une étuve sèche chauûee à 100 degrés, après un quart d'heure, nous ne gagnons guère que deux ou trois dixièmes de degré. Nous ne pouvons supporter quelques instants de séjour dans de l'air très humide à 45 degrés, parce que la perspiration est entravée par la présence de la vapeur d'eau. C'est pourquoi nous considérons comme dangereux les bains de vapeur même à 40 degrés. La vapeur tient la place de l'air, diminue son volume disponible pour la respiration et elle gène la défense du corps contre la chaleur, parce que la volatilisation de la sueur est rendue très difncilo par la présence de l'eau. On étouue dans un bain de vapeur.

La résistance au froid est obtenue par un autre mécanisme physiologique. Notre peau est très mauvaise conductrice de la chaleur. Sous l'innuence du froid, nos petits vaisseaux superncieisse contractent, le sang est refoulé dans les organes profonds où il s'échauïl'e et, sous l'inSucnco du système nerveux, nous nous mettons à fabriquer du calorique. La production de calorique est d'autant plus énergique que le froid externe devient plus intense. Tous ceux qui sont habitués à rhydrothérapie savent Men jusqu'à quel point ils ont.chaud après la douche au moment de la réaction.

Tout cela est bien connu aujourd'hui. Mais M. le docteur Jules Lefèvre qui, depuis de longues années, poursuit des recherches sur la résistance de l'homme au froid, a mis en évidence quelques faits intéressants qui montrent bien jusqu'à quel point notre organisme est capable de lutter contre les refroidissements. L'étude physique de la peau a conduit M. Lefèvre à constater pour elle un cofûcient de conductibitité intérieure au moins égal à celui du bois, du liège, de la gutta-percha, un peu plus faible que celui de la laine ou de l'édre[ don, etc._ Elle protège 2,000 fois plus que l'ar-

d'attendre que le procès engage contré M. l'abM Jouin soit termine. Admirable scrupule La commu'nicatidn des pièces à une commission de !a Chambre et leur publication sont absolument inutiles en ce qui touche les documents utilises au cours du procès. Pour les autres, elles seront aussi illégalea après qu'avant le jugement de l'auaire. Peut-être le ministère, songeant à une fable célèbre, se dit-il que, d'ici au jour où les poursuites contre M, l'abbô Jouia auront pris nn, quelqu'un sera mort. Quoi qu'il en soit, il aurait agi avec plus de dignité, décourage et de respect de la légalité s'il avait oppose à la sommation socialiste une fin de non recevoir énergique, au lieu d'une demande de sursis qui n'est qu'une capitulation à peine déguisée..

Le rachat de t<~mes< aM Sénat. La commission sénatoriale des chemins de fer avait à <Hire hier son rapporteur. Par ii voix, elle a nomme M. Prevet, qui s'était prononcé très nettement contre le rachat; M. Lintilhac, partisan de cette aventureuse opération, n'en a reeuaim que 5. L'opinion déjà commission s'afnrme donc d'une façon éclatante, Men que M. Bat~cn ~tt ~Mafc qu'il 'poserait !a question de connanco. L& gouvernement veut faire d'une question purement financière et économique une question politique. C'est la seuto attitude qu'il puisse prendre. On se souvient de la rapidité avec laquelle il a fait voter le rachat par la Chambre des .Députes. Ceux-ci n'ont même pas eu lotcmps de souffler. En un tour de main, ils ontdécidédeprocederàcetteruincuseopération. C'était une des prétendues reformes inscrites dans lo programme du ministère donc il fallait l'accomplir, les yeux fermes, sans plus tarder. Il n'en fut pas ainsi au Sénat. La Chambre Haute refusa Ue se' laisser brusquer. Elle voulut voir, entendre les intéressés avant de se prononcer. Apres examen,'ces temps derniers, elle avait résolu d'inviter le gouvernement à reprendre des pourparlers engages avec les Compagnies do l'Ouest et d'Orléans,'en vue d'un remanie~ ment des réseaux de l'Etat et de ces deux Compagnies~ Lorsqu'il apprit cette intention de'la commission, M. Barthou repoussa cette solution et s'en tint à son projet de rachat. La commission, en présence de cette déclaration, n'a pas maintenu sa première proposition. Elle a préféré une solution nette.

Elle vient de le montrer, en se prononçant catégoriquement contre le rachat par la nomination de M. Prévôt comme rapporteur. Celui-ci, orateur trôs écouté, est chargé d'exposer à la Haute Assemblée le péril nnancier de cette opération. La majorée est, au Sénat, manifestement hostile au rachat. Le gouvernement croit pouvoir modiner cette opinion, en posant la question do confiance. Or ici, l'on ne se trouve pas en face d'une situation comme il arrive parfois en matiër& de questions politiques, où l'on donne au gouvernement une sorte de blanc-seing pour lui permettre de régler une anaire courante. Cette aQ'aire de rachat est d'une tout autre nature. Elle comporte de gros risques; son étude a révélé les dangers qu'elle ferait courir à'nos nnànccs:'L'Etat, en se chargeant de l'exploitation de ce réseau, ajouté à~cclui qu'il possède déjà, prendrait une charge fort lourde. Or, nos budgets ne sont pas en équilibre. Ils se soldent en réalité, et malgré les apparences trompeuses, en dënoit depuis plusieurs années. On veut, de plus; procéder à des rcmanienrentsnscaux dont les résultats, si l'on n'adopte même qu'une partie de ces projets, sont fort incertains. Le moment est assurément mal choisi pour parler de connanee, lorsqu'une opération s'annonce si aléatoire et entourée de circonstances si défavorables. En suivant sa commission, le Sénat fera œuvre sage et se montrera plus soucieux de l'intérêt général que le gouvernement dont l'amour propre est en jeu et qui donne tetn baissée dans une aventure pour paraître Mêle à un programme trop légèrement conçu.

AU JOUR LE JOUR LE BON VIZIR

î)ànsJ.'ave!de&.Ch~mp8-EIy&6es,,q~stJa~

plus belle de Bagdad, un nacre allait trottinant. Le soleil, au haut de sa course, marquait l'heure sympathique où, du petit au grand, tout Bagdad s'en va déjeuner. La voiture s'engagea dans l'avenue d'Antin, que borde un caravansérail construit par le bon architecte Thomas et tourna vers Passy, célèbre par ses jardins de palmiers. Tout en fredonnant une mélopée orientale, le: cocher, mis en bonne humeur par la douceur de l'air, caressait d'un fouet paternel les Hases de~ son vieux cheval qui se h&talt volontiers vers l'avoine et l'eau fraîche.

Le nacre roulait gaiement,quand un grand bruit se fit entendre, précurseur d'une automobile. De

gent, mais 750 fois Tnoms qu'une, couche d'air immobile de même épaisseur. Fait curieux, la ï peau protège deux fois mieux le corps & 5 degrés qu'à 30 degrés.

Mais ce qui est plus étonnant encore, c'est la puissance de production de chaleur. Ainsi un homme robuste, plongé douze minutes y dans de l'eau à 6°, sort du bain avec une température égale celle qu'il avait à son entrée dans l'eau; la peau seule s'est refroidie. Et cependant la perte a été énorme. L'organisme a produit, dans ce court intervalle de temps, un supplément d'au moins 200 calories, pour résister au froid. C'est ainsi que cet hiver les nageurs qui ont traversé la Seine alors à ont pu sortir de l'eau ayant leur température normale.

M. Lefèvre a eu*ectué sur l'homme des expériences de longue durée, une heure de séjour dans l'eau à sept degrés, trois heures dans l'eau à 15 degrés ou 24 degrés. Au début, la pro-' duction de chaleur est si forte, que la température centrale s'élève très nettement. Apresvingt minutes, la température nëchit et des" cend de quelques dixièmes de degré. Mais à la trente-cinquième minute, une réaction s'accuse et la production équilibre la perte. Au bout d'une heure, le corps est a la température de 36°80. La chaleur générée faisant face & la perte énorme de 550 calories. Si l'eau est à 15 degrés, le phénomène est sensiblement le même pendant trois heures petite chute et nouvelle période d'accommodation. A la fin de l'expé- rience, très longue, la température est encore à 36''o0, bien que la perte atteigne 800 calories. Il va de soi que les chiures varient un peu selon les sujets examinés.

Bien entendu, il y a une Hmite &Ia résistance,. Les nageurs qui, cet été, ont voulu franchir ? Manche ont dû s'arrêter en route~ parce que l'immersion fût trop prolongée et qu'il y eût dépense de travail aussi bien qu'ils s'alimentassent un peu pendant la' traversée. II y a natureMement limite à tout. Mais il n'en est pas moins bien remarquable de voir notre organisme en état de résister pendant des heures dans l'eau froide et des journées et des mois dans l'air & des refroidissements considérables. Le mécanisme humain peut, do lui-même, pendant un certain temps, par ses réactions intimes générer des. centaines de calories et maintenir a peu près constante sa température vitale. Ce sont là des résultats bien dignes de Sxer l'attention. r Il nous fau~revenir encore une fois sur cette

~a poussière, de la fumée, des cris, et !a voiture se trouva sens dessus dessous. Le conducteur, éclopé dans sa chute, eut cependant la force d'appeler à son secours un gardien de la paix publique, et le somma de dresser procès-verbal. Les lois de Bagdad étant particulièrement sévères pour les automobilistes tueurs de pauvres gens, cocher et sergent de ville s'apprêtaient à accabler le chauffeur des plus violents reproches, lorsqu'une même stupeur nt pâlir leurs visages. Derrière la vitre de l'automobile, ils avaient reconnu le regard impérieux et la moustache tartare du vizir Clemenceau qui, après le Conseil tenu chez le Ithalife Fallières, allait en toute hâte prendre son frugal .repas sous les palmeraies de Passy. Bien que les lois, dans Bagdad, soient égales pour tout le monde, il y eut un moment où.la force publique demeura incertaine, se demandant si c'était bien contre l'écraseur qu'il convenait de' verbaliser. Un sentiment pareil envahit l'écrasé: < Hélas! s'écriait-il comme 's'ir'était~eh'faute, :c'en est fait de 'moi i iquë vais-je devenir'?eGU-fuir~ comment me disculper ? jamais, jamais, je ne trouverai un témoin v

Pendant ces lamentations, le grand-vizir était descendu de son automobile. < Cessez vos pleurs, dit-il d'une voix douce je serai moimême votre témoin. a Prenant avec précaution le bras du pauvre diable, il le tâta d'une main délicate et experte, car il avait étudié la médecine avant la politique « Vous êtes blessé, continua-t-il, mais ce ne sera rien allez vous faiye panser et n'ayez point d'inquiétude votre voiture vous sera payée au poids de l'or. a Puis, tandis que la foule amassée autour de l'accident célébrait la générosité du grand-vizir, celui-ci remonta dans son automobile et nia vers Passy avec l'air assuré d'une conscience tranquille et la conscience tranquille d'un chaun'eur assuré. Z.

Idylle ~e~. Malgré les efforts des namingants qui ont créé toute une littérature

et traduit en .S/nMf/ les noms de rues, le français fait en Belgique des progrès incessants. Malheureusement, à côté du flamand qui passe, Ïe bruxellois, demeure. Bazoef n'a pas cessé de parler, d'écrire et même d'écrire en vers. L'/Ht~en~Kce &e~e publie un de- ses derniers poèmes, une idylle, dont voici des extraits La ce)I' dont je suis divenue amoureuse,

Tu faux pas croir' que c'est un' ull' de rien de tout, Un' crapill' de Maroil', un' qui fait ramasseuse Descramouil', un'servante, ofquett'chos'dans ce g-oût: Non, sais-tu, godferdpemm 1 Ça serait pas la peine De fair' de zëmbarras et de stoefferie avec, Et de dir' Sapersti comm' moi j'ai du la veine J'ai zun' connaissance mo da' s geen spek veur a bek t

.<*<*<t*.

Dedans le Parc, est-c' pas, y n'a jujte un' semaine, Je vas un' fois comm' çà wandetei sans soucis, Du côtei de l'allé!toullmond' se promené. Et ousque pour cinq cents tu peui' vous mette assis. Le soleil y Ninkait sur les postuurs en marBE Et les petits ioiseaux t'chiffiaient un air moqueur, Stampei 1& tout en haut sur les takke d'un arBE, Et on sentait venir l'amour dedans vott' cœur. Béatrice paraît et Dante continue

Je vas m'asseoir tout près je crache une fois parterre Et je .dis Choukelief, y fait douf a présent. Tu peu!' pas restei' Ià~ tout' seul' et solitaire Viens, fréquente avec moi. Och ça sera piizant Je veui' bien, s'tu qu'ell' dit, mo tu faux ett' fidèle. Sûr çà, que je lui dis, mo tu faux l'e~' aussi. –Je le seras, si vrai comm' je m'appelle Adèle, ~u'.eil' dif.' Et moi jë'dis~ v'raTque'j'suis'ici.

La poésie populaire a toujours une saveur !nconnue dàn~ la Muse pédante. Ne respire-t-on point dans ces vers de Bazoef un soufne d'Anacréon,d'unAnacréon deMaroMes~

t~

P~K/e !')t/i?n~. Ouvrier dans une fabrique des .w environs de Dresde, Kriescheck n'était pas heureux et déclarait à qui voulait l'entendre que pour devenir riche, il vendrait bien son âme au diable. Un de ses camarades, Dressler, s'offrit comme négociateur, car

4 question du papier et des forêts, qui parait t. préoccuper avec raison beaucoup depersonhes. Nos forêts disparaissent lentement; les forêts décroissent sensiblement dans les pays du nord et du centre de l'Europe. Les statistiques ne sont que trop~ démontrativës. En France, nous sommes obligés d'importer chaque année pour des millions de bois de construction. Il y a déjà des années que l'on a jeté le cri d'alarme. Or, aujourd'hui, non seulement on coupe les arbres pour la construction, mais encore pour les transformer en pâte pour le papier. Le journal et les livres menacent l'arbre. Il faut en'ectivementune quantité énorme de bois pourproduire tous lès papiers à bon marché qui servent à l'impression des livres, revues, journaux quotidiens dans tous les pays du monde. Les 30,000 journaux quotidiens d'Europe, d'Amérique, d'Asie, etc., qui se tirent a des millions d'exemplaires consomment par jour environ 1,000 tonnes de pâte de bois, et comme il paraît en moyenne 200 livres journellement, on atteint une consommation annuelle de plus de 375,000 tonnes de pâte & papier d'impression, sans compter les prospectus, les papiers & écrire, les papiers d'emballage, etc. (i). Chaque année, il disparaît donc un milliard et quart de mètres cubes de bois pour la nourriture intellectuelle de l'homme 900 millions aux Etats-Unis, 250 millions en Europe, dont la France fournit environ 6 millions et demi.

En présence de cettesituation, on a bien quelque droit de se préoccuper de l'avenir des arbres. M. Pierre Grancher a bien voulu nous rassurer un peu en nous citant le cas d'un propriétaire du Canada, qui possède une vaste forêt de 900,000 pins. La forêt est divisée en trentecoupes.Chaque. année, on coupe 30,000 pins, et chaque année on en plante autant. Et t on ne ccaint pas -de' manquer de bois. Clest un procédé d'ailleurs adopte par tous les syviculteurs éclairés.

Oui, mais on ne replante pas partout méthodiquement puis la question se complique du prix des terrains. Si la terre est coûteuse, comme dans le vieux monde, on arrive & des prix de vente exagérés. Nous avons estimé & i,800 hectares la surface moyenne nécessaire à la plantation de 900,000 pins. C'est un chiure. A propos do ces remarques, nous avons reçu plusieurs lettres, dont quelques-unes venant de spécialistes, nous semblent utiles & analyser.

(i) J!&M<e ~eM<~«~ 2 mars. –< Le papiar pHa fQrêt.

il éta!ten relations avec un dëmondehaùt grade, l'empereur Lucifuge. Avec. l'aide du typographe Reissner, faisant fonctions de médium, il évoqua l'empereur qui se montra bon diable et promit aussitôt de payer trois millions de marks cette pauvre âme d'ouvrier; il exigeait seulement, pour n'être pas dupé, que le. vendeur disposât sous un pavé, dans le chemin de Kaditz, la faible somme de 3,ooo marks à titre de cautionnement. Kriescheck ne s'étonna point d'une précaution si naturelle et, comme il était 'bon chrétien, il fit bénir un cierge afin d'obtenir de Dieu les 3,ooo marks réclamés par le diable. Il n'en trouva que trois, qu'il ~déposa sous le pavé., en à-compte, pour prouver sa bonne vos lonté. Lucifuge ayant fait savoir que ce n'était ~pas assez, l'ouvrier se remit en quête toujours stimulé par des lettres infernales écrites à l'encre rouge, il apporta successivement 5o marks, puis 20, puis3oo. Les lettres devenaient sans cesse plus impérieuses l'empereur se fâchait et menaçait Krieseheck d'une.éternité effroyable, si l'on se moquait de .lui p~us longtemps. Un rendez-vous, eut lieu dans le cimetière, où un fantôme, qui se disait l'intendant de l'Enfer, obtint de l'ouvrier la promesse d'un dernier versement. La justice, avertie de ces menées diaboliques, a condamné Dressier à six mois de prison; le typographe-médium Reissner a pris la fuite. Quant à Kriescheck, dit l'Express cfe MM/Ao!Me, ce pauvre diable a juré dé ne plus avoir affaire au démon qu'il tient maintenant pour un escroc~

Li MORT DU COMTE LAMSDORF Le comte Lamsdorf qui vient de mourir à San-Remo, âgé de soixante-deux ans, avait consciencieusement servi son pays et ses souverains pendant quarante années consécutives. Entré aux aQ'aires étrangères de Russie en 1806, il accompagnait, en 1878 le prince Gortchakof au Congres de Berlin, prenait part ensuite aux célèbres entrevues impériales d'Axexandrowo, Dantzig, Skiernievice et Kremsier, était nommé directeur en 1882, adjoint au ministre en 1897. En 1900, il succédait enfin au comte' Mouravief, tout d'abord .en qualité de gérant; du département; puis, partir du 7 janvier 1901, comme ministre titulaire. < Successeur du comte Mouravief au ministère russe des affaires étrangères, le comte Lamsdorf continua également la politique suivie par cet homme d'Etat. En Europe, cette politique était cssentiellementconservatrice. L'alliance francorusse assurait, d'une part, l'équilibre européen. L'entente avec l'Autriche, remontant à 1897, était propre, d'autre part, & maintenir la paix dans la péninsule balkanique. Ce furent là les deux pivots essentiels de la politique du comte Lamsdorf sur le continent européen. Il avait eu d'ailleurs, avant son élévation au ministore, l'occasion d'agir dans les Balkans. En 1902, il avait fait le voyage de Belgrade et de Sofia tout exprès pour inviter la Bulgarie et la Serbie au calme. Puis en octobre 1903, il avait accompagné le tsar dans ce voyage qui se termina par l'entrevue de Mürzstog et d'où sortit un nouveau programme visant au règlement amical de la question macédonienne. Pour ce qui est de l'alliance francorusse, il convient, au moment où disparaît le comte Lamsdorf, de rappeler la valeur qu'il attribuait & ce pacte et la fidélité qu'il garda toujours & c~ traité. Bien que 1~ Russie se trouvât au moment de là Conférence d'AIgêsiras dans une situation difficile, meurtrie par une guerre malheureuse, agitée par les troubles intérieurs, le comte Lamsdorf nous a très franchement soutenus pendant toute la durée de la crise marocaine.

II faut reconnaître, d'autre part, qu'en poursuivant en Extrême Orient comme en Europe la politique héritée du comte Mouravief, le comte Lamsdorf se montra moins bien inspiré. Assurément, ce n'est pas au comte Lamsdorf qu'on doit-la malencontreusa politiqua extrême orientale inaugurée en 1898. Alors qu'il eût été sage à la Russie de se contenter de construire

M. Fortunet, conservatenr des forêts en retraite, nous écrit, en ce qui concerna le nombre de pins que l'on peut logerpar hectare < Pour loger 900,000 pins, il faut environ 2,000 hectares, car un hectare peut renfermer 400 & 500 pins. H ajoute «Voûtez-vous me permettre de vous dire un mot au sujet dos craintes que vous manifestez de voir détruire nos forêts par suite de la consommation croissante de la p&te a papier.- ~y.a évidemment! quelques craintes à avoir mais il no faut pas les exagérer. En France et dans tous les pays civilisés où les forêts occupent' une étendue relativement faible duterritoire, et l'on a reconnu la nécessité de maintenir en bon état celles qui restent, les forêts sont aménagées de telle façon que l'on n'y exploite chaque année j que la quantité de bois correspondant & l'accroissement ligneux annuel, ce que l'on exprime en disant qu'on ne prend chaque année dans une forêt queIa~o~'M~. C'est ainsi que sont exploitées les forêts de l'Etat et celles des communes gérées par l'administration des Eaux et Forêts. C'est ainsi que sont également traitées les forêts appartenant aux nombreux propriétaires soucieux de ne pas ruiner leurs bois et de ne pas perdre pour lougtemps les revenus de leur propriété. Seuls, les imprévoyants peuvent se laisser tenter de raser leurs bois, et, comme du reste toutes les essences ne sont pas propres &!a fabrication du papier, la destruction se trouverait réduite à peu de chose.

< II est à remarquer enfin que d'une façon générale, nes forêts ne donnent pas tout le bois nécessaire aux besoins de la France; l'importation du bois a été en 1905 supérieure de 109 miHions à l'exportation. Ce manque dé bois jl'antraîne pa&cependahtla destruction de nos forets (m acheta &-l'êtra:nger ce que nos' forêts ne pourraient donner sans dépasser leur possibilité. Pourquoi n'en seraiMl pas de même lorsqu'il s'agit du bois pour fabriquer du papier, boisque l'on peut trouver dans des régions où les forêts occupent de vastes étendues.

M. Albert Poisson, membre du Conseil général des Landes et président de la Chambre de commerce, veut bien uxer nos idées sur le nombre des pins que l'on cultive par hectare dans les Landes < Nos forêts des Landes, dit-il, donnent à l'âge adulte 200 arbres à l'hectare. Il ressort de la dernière statistique (Rendement des forêts domaniales de pins maritimes, par _de Lapasse, inspecteur des Eaux et Forêts,. &

le chem!n de fer oHenu en 1896 à travers la Mandchourie septentrionale, il se trouva vers 1898 des esprits ambitieux et imprudents pour inaugurer parallèlement à lapoUtique Est-Ouest cette politique Nord-Sud, dont on se rappelle les manifestations téméraires et qui mena les Russes à Port-Arthur. Or, si le comte Lamsdorf ne fut en aucune façon un partisan de cette politique, il faut bien convenir qu'il n'a pas su l'enrayer. Il ne s'est pas opposé davantage en 1903 aux intrigues décisives fomentées dans la coterie alors toute puissante du vice-roi d'Extrême Orient. Des entreprises coréennes vinrent à cette date se grener sur l'entreprise mandchourienne. Ce fut la goutte d'eau qui Qt déborder le vase et déchaîna la guerre russo-japonaise. Personnellement, le comte Lamsdorf redoutait cette connagration et aurait voulu l'éviter. L'événement montra que ses appréhensions étaient justifiées. Mais on regrette qu'il n'ait pas exprimé sa façon 'de voir plus haut/comme avait fait le comte Witte, par exemple, au moment où la guerre pouvait être encore évitée. Son rôle politique en paraîtrait sous un jour plus glorieux. Depuis le mois de mai 189G, le comte Lamsdorf, aussi bien, n'occupait plus que des charges purement honorinques, quoiqu'il ne fût pas très âgé. Il était évident que les circonstances ne permettraient plus son retour au pouvoir.

LETTRE D~ALGËRIE La Session das Délégations nnanci&res Alger, le 14 mars. En débarquant du paquebot dont les bonds, sur une mer assez dure, n'avaient guère épargné que l'estomac d'une soixantaine d'Anglais et Anglaises, ces touristes-nés, qui résistent à tout et qui viennent ici, maintcnant.de plus en plusnombreux,–l'Algérie étant <: selected pour eux, depuis le séjour d'Edouard Vil, je suis arrivô tout droit au Palais d'Hiver, siège des Délégations nnanciëres, au moment la commission chargée du projet d'emprunt de 150 millions émettait un vote qui sera l'un des actes les plus importants de la session elle concluait à retenir par devers eue le projet, pour en commencer l'examen, au lieu d'accepter, tels où tels moyens dilatoires qui lui étaient proposes, je dirai plus loin dans quel esprit.

Ce premier vote est mieux qu'un heufeux symptôme du succès do Tadministration c'est, presque, déjà sa victoire même l'adoption de l'ensemble du projet ne fait pas de doute; or, ce projet est à lui seul tout l'intérêt de l'année politique ici, voire des années suivantes qu'il engage. J'ai été très frappe de la tranquillité et du bon sens pratique avec lequel il a été accueilli. Du Palais d'Hiver, les nouvettcs se répandent vite dans les nombreux cafés et brasseries où se donnent rendez-vous les employés, les nâneurs, les commerçants, les hiverneurs, les politiciens cnûn, qui sont composés de tous ces éléments de la population, et d'autres encore. Il s'y accole, en cet instant, des silhouettes de messieurs un peu endimanchés, un peu solennels, qui ont des jaquettes ou des redingotes piquées de violet ou de rouge à la boutonnière ce sont les Délégués, colons, non-colons, qui 'l'on reconnaît facilement à leur air faraud ou « exotique (Alger se considérant comme la capitale). A côté d'eux, flottent au vent, qui est aigre, ces joursci, malgré le plus joli soleil de printemps, les pans des bournous blanc-neigeux et des manteaux rouges de leurs collègues, les délégués indigènes, des chcicks trop beaux, d'un noir trop soigné, ou vénérables, avec de longues barbes passées au henué sur leur poitrine brille une collection de croix, bien gagnées d'ailleurs, le plus souvent, par une fidélité très sincère et utile. Devant eux, est un verre de lait, car en public, tout au moins, ces musulmans observent strictement !a loi coranique.

Ceux-ci, indigènes magninques, dont les allées et venues majestueuses et écarlates tranchent si pittorcsqucment sur le fonds bis ou noirâtre que forme le grouillement de la foule .tout autour, grouillement incroyable, sans cesse s'accroissant, car la population indigène a presque doublé depuis trente ans, ces délégués indigènes sont perpétuellement silencieux, mais les autres, les notables des trois départements qui ont l'amour-propre très développé autant que la langue agile, en usent abondamment. L' < éloquence qu'ils n'ont pu employer durant leurs périodes électorales ou chez e~x, dans leurs cercles, ils la dépensent ici, en un mois, dans les rendez-vous de cafés, aux déjeuners et diners dans les hôtcis où ils ont pris pension pour tout ce mois. Ils an'ectionncnt,

Mont-de-Marsan, i906) que la densité moyenne des peuplements actuels est de 328 arbres par hectare. J'ajoute que pour les forêts devant fournir des bois pour la pâte à papier, en pourrait ensemencer 400 arbres & l'hectare. Pour les 900,000 pins dont il a été question, il sufnrait donc de 3,000 hectares. »

M. Cardot inspecteur des eaux et forêts, secrétaire do la Société forestiers française des Anus des arbres, Tidijs envoie de sou côté quelques chiffres cnc'ore plus bas. Pour lui, une pinerie de 1 hectare peut très bien renfermer l.OOOpins à l'âge de trente ans. Pour 30,000 pins à produire annuellement, il sufurait donc do 30 hectares et pour les trente coupes annuelles la surface nécessaire serait de 900 hectares. L'aménagement signalé par M. P. Oranger et appliqué & une forêt de 900 hectares peut ainsi assurer très bien son approvisionnement pour ses pâtes à papier et cela indéfiniment si l'on prend soin de replanter chaque coupe après l'exploitation.. < Malheureusement il arrive trop souvent que l'on néglige d'aménager les forêts et qu'on les exploite en bloc d'un seul coup MMS ~e~a~r, de telle sorte que vos craintes sont trèsjustiûéesis. >

Nous avons reçu également une intéressante lettre de M. Reuss, inspecteur des eaux et forêts à Fontainebleau. M. Reuss admet pour la plantation une distance moyenne des arbres do quatre mètres, distance qui pourrait être encore diminuée, ce qui le conduit pour contenir les 900,000 pins & une surface dé 1,440 hectares. < Je reconnais, dit-il, qu'en matière forestière, il y a loin aussi de la théorie à la pratiqué et que la forêt do pins qui serait destinée à .livrer chaque année aux bûcherons ,30.,OQO; tiges de trente .ans .pourrait.cxigor .une surface .sensiblement din'érente te de ,1,440 .hectares. Ne serait-ce qu'à cause des variations de fertilité que présente tout domaine d'une certaine étendue et des aléas auxquels est exposé un massif boisé quelconque entre l'époque de sa création et celle de son exploitabilité. » M. Reuss fait remarquer que les risques sont d'autant plus grands que les arbres sont plus petits et que leur nombre doit compenser leur jeunesse. Il faudrait avoir sur chaque hectaro plusieurs milliers de petits arbres à raison de 1 par mètre carré, on en aurait 10,000. « En dénnitive, la forêt théorique qui permettrait d'exploiter chaque année & perpétuité 30,000 pins de trente ans pourrait ne couvrir que