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En vue des déplacements, nous rappelons que le JOURNAL DES DÉBATS tait des sefwtoea &u numéro à raison de

10 centimes par jour pour les départements 20 l'étranger.

SOMMAIRE

L'ÂBMEË ET LA. DEMOCRATIE.

Au JOUR LE JOUR. 7.M « cAsuaMert /ranpatt. Maurice Demaison.

NÈGOCfATioNs pRËUMMAiRES. Alcido Ebray. LES AFFAIRES DE CHINE.

t)A CUERRE DU TRANSVAAL.

L'ExrosiTioK UNIVERSELLE. Gustave Babin. LE CONCOURS mppiQUE DE 1900. S.-F. Touchstone.

HopB DE FRANCE. Emile Gebhart.

GcoRiA. Perez Galdos.

MRMEE ET M DEMOCRATIE A propos d'un article paru dans !e dernier numéro de la /?e!~M<? jM~t~MC pa:?'/<?Hïe7~a:rc, so.us la signature d'un professeur de droit a Montpellier, M. Charment, on revientsur une ancienne question qui est redevenue actuelle, celle de la prétendue incompatibilité de la de-.mocratie, ou, si l'on veut, de la République et do. t'armée. Cette incompatibilité cxiste-t-elle réellement? Est-on en présence d'une antinomie irréductible? Faut-il que ceci finisse par tuer cela, ou réciproquement? Vieille question, ainsi que nous venons de le dire. Il y a déjà plusieurs années M. le comte de Mun l'a traitée avec éclat, à la tribune de la Chambre. Il a essayé de démontrer que les principes de la démocratie, qui trouvent leur expression la plus radicale et la plus outrée dans le régime républicain, étaient en contradiction absolue avec ceux qui forment la base et le lien des institutions militaires. Autorité, discipline, hiérarchie, subordination, autant de mots qui sonnent mal dans une démocratie et dans une République, où il est toujours beaucoup plus question de la revendication des droits de l'homme que de l'enseignement de ses devoirs, où la recherche de l'indépendance et du bien-être de l'individu semble l'objet de toutes les pensées, et où le sacrifice de la personnalité, le retranchement du sens et de l'intérêt propres, loin d'être considérés commodes vertus civiques, passent généralement pour une sorte d'abjection indigne d'un homme libre et d'une âme vraiment républicaine. M. de Mun poussait a fond, avec son talent et son éloquence accoutumés, cette argumentation, qui ne semblait pas de tous points paradoxale, pour en arriver à cette conclusion, sous la forme d'une alternative ou la République ou l'armée car i) y a entre l'une et t'autre une telle incompatibilité, non pas seulement d'humeur, mais de nature et de principe, que la vie commune est impossible et que le divorce doit s'imposer tôt ou tard.

On se refusa à cette option. Les républicains qui écoutaient M. de Mun protestèrent. Ce n'est pas qu'il n'y eût dans l'histoire des idées du parti républicain quelque chose qui vmt à l'appui de la thèse soutenue par l'orateur monarchiste. On n'avait pas tout à fait perdu le souvenir des campagnes faites contre les armées permanentes au nom des principes démocratiques et républicajns. Mais de grands, de douloureux événements, survenus depuis, avaient apporté avec eux de cruels enseignements que l'on n'avait pas encore oubliés. Et la République française voulait avoir une armée, parce que c'était pour la France une question de vie ou de mort d'en avoir une, et, au surplus, que cette armée fût démocratique ou non, que les principes de son organisation fussent plus ou moins conformes à ceux de notre établissement politique, ce n'était pas là une objection à laquelle on consentît à s'arrêter. Il fallait, avant tout, que cette armée fût forte, capable de garder nos frontières, de faire respecter le territoire, l'honneur et le drapeau de la France. C'était toute la question, en dépit des doctrinaires, des théoriciens et des logiciens. Quelques années se sont écoulées, et, à la suite de certains épisodes sur lesquels il est

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS .1~ du i2 septembre 1900

HORS DE FRANCE

Je Ccsar byzantin de rsmnnUe~

SECOND ARTICLE

L'asservissement de la. Bulgarie, !a Géorgie réduite en province vassale, l'islamisme tenu enrespectsurles frontières asiatiques de l'empire ne sont en quelque sorte que la page purement orienta!e de l'histoire militaire et politique de Basile H le Massacreur. Tout une face de son long règne est tournée vers l'Italie méridionale, vers Rome et l'Eglise romaine, par conséquent vers l'empire germanique. Le rêve des empereurs byzantins était toujours de représenter la tradition ininterrompue de César, d'Auguste, de Constantin. Us se croyaient toujours empereurs romains. L'empereur allemand, Otton I, Otton II, n'était, à leurs yeux, que roi des Romains. A l'époque mérovingienne, le maître de Constantinople parut au monde, sans conteste, le continuateur des césars. Nos rois barbares le révéraient comme leur légitime suzerain. Charlemagnc modifia profondément cette situation historique et FEglise romaine consacra, dans la dynastie carolingienne, la restauration du vieil empire d'Occident. Le conflit pour une suprématie idéale aurait pu se perpétuer longtemps d'une façon théorique et pactfique si les deux empires n'avaient été fatalement contraints de se heurter l'un contre l'autre en li-alie. Les Ottons prétendaient dominer sur la péninsule (t) Z,Epopee 6'<t?t<t~e A /!M dt< t~i'c~e .H'cc!c. par G~tavcSchInmberger; membre de rinsUtut.– Psu-ts, jSaehette;1900. Voi['te~OMrK~t!MDe<«:~dui5a.oût. w

~~w!tMrtp)t&!(er<K<e.

inutile de revenir, le.thème de M. deMun a été repris, mais dans un camp tout opposé, et l'on s'est plu à affirmer encore une fois que l'armée et la démocratie ne pouvaient aller ensemble. On a proposé le même dilemme, on a prétendu. imposer la même option ou l'armée ou la République. Mais cette fois, c'était l'armée qu'il fallait sacrifier. Ainsi les opinions extrêmes se rejoignaient dans les prémisses, sinon dans la conclusion. Un certain nombre dej"épublicains, les plus violents, les plus sectaires, ont voulu donner raison a M. de Mun. Ils se sont approprié sa thèse qui, au fond, était aussi la leur. Ils ont dit, eux aussi « Il faut choisir, et notre choix est fait. Il

Là-dessus, on voit pourquoi une opinion intermédiaire, qui repousse également la conclusion de M. de Mun et celle des antimilitaristes d'extrême gauche, et qui, niant qu'il y ait une incompatibilité essentielle et nécessaire entre l'armée et la démocratie, –d'autant plus qu'il est manifestement impossible que notre démocratie se passe d'une armée, est prête a accorder qu'il y a tout de même quelque chose de difficilement conciliable entre l'armée telle qu'elle est actuellement et l'esprit, les mœurs démocratiques, de sorte que le problème actuel se réduirait à démocratiser l'armée, pourda mettre complètement d'accord avec les institutions politiques. L'antinomie, dénoncée par M. deMun et par ceux de l'autre côté, existerait bien, mais elle ne serait pas irréductible. I) ne s'agirait que d'accommoder l'armée à un certain idéal qui ne s'éloignerait pas trop de celui que nous voyons dès a présent réalisé dans l'ordre civil, laïque, politique et parlementaire. On nous trompait. Il serait question .de faire pour l'armée, qui, jusqu'à présent, avait échappé à cette étrange disgrâce, ce qui a été fait depuis quelque vingt, ans, et avec quel succès! 1 pour la magistrature et pour l'administration. On réorganiserait l'armée, comme on a déjà réorganisé mille choses, et cette opération risquerait fort d'aboutir, encore une fois, à ce qui, en bon français, s'appelle désorganisation et anarchie.

Nous préférons infiniment, pour notre part, nous en tenir à l'antinomie, si antinomie il y a. A supposer qu'il y ait une part de vérité dans les contradictions signalées par M. de Mun et par d'autres après lui, nous nous résignerions bien plus volontiers a ces défaillances de logique qu'à d'autres défaillances qui se traduiraient bien plus brutalement par des faits. La réponse qui a été faite a M. de Mun, aune époque déjà assez éloignée de nous, est encore la meilleure que l'on puisse faire. Antinomique ou non, plus ou moins démocratique et plus ou moins exactement en harmonie avec les beautés de nos institutions et de nos mœurs politiques~ nous voûtons garder notre armée, nous la voulons forte, disciplinée, prête a tous ses devoirs, et nous lui pardonnerons si elle n'est pas l'image tout a fait fidèle de nos gouvernants, de nos législateurs et de nos politiciens. S'il y a une antinomie, c'est notre patriotisme qui se chargera de la résoudre. Tel est bien le sentiment général dans les masses populaires et démocratiques. Malgré les théories doctrinaires, les passions sectaires, les diatribes des clubs et les dissertations des professeurs, elles persistent à acclamer l'armée, non pas telle qu'elle devrait être selon c&ux-ia, mais tout simplement telle qu'elle est. Elles ne voient aucune opposition entre cette armée et la nation. Elles acceptent, elles adoptent, elles aiment l'armée~sans arrière-pensée.Et leur seule préoccupation, c'est d'empêcher qu'on y touche.

L'acHon poMttque des Syndicats ouvriers. Les Syndicats ouvriers ne s'occupent pas assez des problèmes politiques au gré des amis deM. MtHerand et le journal, à la tête duquel se trouvait tout récemment encore le ministre actuel du commerce, recommande aujourd'hui aux organisations syndicales de ne point s'abstenir de toute participation au mouvement socialiste. « Les Syndicats ouvriers, lit-on dans ]a Z,an<e?'ne, ne sauraient borner leur action a de simples efforts corporatifs, sans renoncer a la réalisation de leur programme commun, sans faire faillite aux. plus hautes espérances du prolétariat. Si, a ia rigueur, un Syndicat, pris isolement, peut se cantonner dans des revendications strictement professionnelles, comme une augmentation do salaires ou une limitation do la durée de la journée de travail, oji ne saurait plus entendre ainsi le

entiers, jusqu'au détroit de Messine, jusqu'aux plus lointaines possessions des chefs lombards auxquels ils avaient succédé. Mais ils rencontraient, dans l'ancienne Grande-Grèce, les Thèmes ou gouvernements byzantins de Calabre, de la terre d'Otrante, d'Apulie. Ces deux premières provinces étaient absolument byzantines d'institutions, de langue, de mœurs et de religion. Les évechés de Crotone, de SquiUace, de Reggion, de Rossano, d'Otrante, de Tarente, de Gallipoli, jadis latins, avaient adopté le rite grec et relevaient du patriarcat de Constantinop!e. Nicéphore Phocas avait interdit dans les églises l'usage liturgique du pain azyme. Des nuées de moines basiliens s'en allaient prêchant par monts et par vaux l'obédience du Pontificat grec. Les principautés de Capoue et de Salerne, le duché de Naples, la République marchande d'Amain, tout en conservant leurs libertés nationales, se rattachaient néanmoins à Byzance par un lien étroit de vasselage et de fidélité. C'est ainsi que, vers la nn du dixième siècle, l'empire de Basile II, dépossédé jadis, par les Lombards et les Carolingiens de la vénérable Ravenne et de la Pentapole, reprenaitpeu a peu la péninsule par le Midi, appuyé d'ailleurs par ses alliés les Sarrazins de Sicile. Mais n'oublions pas que l'hellénisation de l'Italie méridionale se compliquait d'une menace de plus en plus pressante de schisme religieux. Des événements singuliers rompirent brusquement l'équilibre entre les deux empires et,, pour quelques jours, entre les deux Eglises, offrant a.Basile H le mirage d'une œuvre extraordinaire, d'un changement inouï dans l'ordre du monde chrétien. En 982, Otton II le Sanguinaire avait été battu à Stilo, non loin de Squillace, par l'armés byzantine unie aux Arabes de Sicile. Otton était mort l'année suivante, laissant unfjls de trois ans à la tutelle maternelle de sa veuve, Tbéophano, sœurdes deux césars de Constantinople, Basile et Constantin. Les premiers temps de la minorité d'Otton III furent douloureux l'empire semblait ruiné en'Italie; l'empereur, tout enfant, se trouvait eh butte aux entreprises du parti hostile à la régente byzantine et qui tendait de transférer la couronne a. son cousin

rôle de l'enseable des Syndicats, delà confédération de toutes les forces ouvrières organisées. Cette confédération doit s'occuper de la grosse question du salaire intégral; et, « celle-là, continue la lanterne, il n'est p)us possible de la résoudre par dos moyens ordinaires. De l'aveu de toutes les organisations corporatives, la solution comporte un eOort général, révolutionnaire on ne la peut concevoir, sans envisager, en même temps, la socialisation des moyens de production, c'est-à-dire une transformation complète, radicale de la société actuelle Nos Syndicats, en Un mot, ne doivent point modeler leur conduite sur celle de ces Trades-Unions anglaises dont l'action étriquée et strictement corporative n'a eu que de bien médiocres résultats au point de vue soda). Voilà les conseils qu'on prodigue aux. Syndicats ouvriers français. On les éloigne do l'imitation d'institutions où tout, certes, n'est pas à louer, mais qui doivent précisément au caractère pratique qui les anime leurs plus utiles conquêtes et on tes lance dans des luttes qui ne peuvent apporter que désordre et que ruine, sant procurer un gain certain, parce qu'elles ont un but aussi vaste qu'indéterminé. Les Trados-Unions n'ont pas compris ainsi leur action et, en mettant en parallèle leur bilan et celui des Syndicats français, tout compte tenu do l'ancienneté si différente d'origine des uns et dos autres, on verrait de quel côté est la meilleure tactique.

Si les Syndicats ouvriers se rapprochaient de l'exemple qui leur est donné par les Trades-Unions anglaises, ils répondraient mieux. qu'Us ne le font aujourd'hui à ce qu'on attendait d'eux quand on a voté la loi do 1884 et surtout ils serviraient plus efficacement les intérêts do leurs membres que plus de modestie dans le but, c'est-a-diro plus de sens pratique et moins de déclamation, accommoderait mieux.

AU JOUR LE JOUR

LES <( CHEVALIERS t FRANÇAIS

Dans un article, paru il y a quelques jours, un de nos collaborateurs vous racontait les fastes des corporations belges qui, maintenant encore comme en plein moyen âge, pratiquent et honorent le tir de l'arc et <:elui de l'arbalète. Cet article nous a valu le plaisir de recevoir une lettre où M. Jay, président de la Fédération des compagnies d'arc de l'Ile-de-Françe, tient à nous affirmer que la Belgique n'est point, comme on le croit souvent, la patrie des derniers archers et que ce noble sport garde toujours en notre pays de nombreux et de brillants adeptes. Cette affirmation est presque superflue au lendemain de l'éclatante victoire que M. Hérouin, de Couilly, le champion de ]a France, vient de remporter sur M. van Innius, le champion de la Belgique. Mais la lettre de notre correspondant nous apporte, sur les corporations françaises, dés renseignements curieux et peu connus; nous sommes heureux de les transmettre à nos lecteurs. Avant le récent concours de Vincennes, concours qui n'a pas duré moins de trois mois et qui a mis aux prises 4,700 rivaux, bien peu. de gens savaient que, en dehors de nos provinces naman" des, il y eût parmi nos compatriotes tant de virtuoses de l'arc, tant d'amateurs de l'arbalète. Soupçonniez-vous qu'on ne. compte pas chez nous moins de 800 compagnies d'archers et que, si les plus anciennes et les plus florissantes appartiennent au Nord et au Pas-de-Calais, il y en a à Lyon, à Saint-Etienne et même jusqu'à Alger? Saviez-vous que la seule Ile-deFrance peut nommer ~6 Sociétés et aligner près de y,ooo tireurs ? Que Paris, Montmartre et leur banlieue s'enorgueillissent de 38 compagnies? Chacune de ces corporations a son stand, ses réunions régulières, ses exercices pnvés, ses tirs au berceau et à la perche, ses ~'c/MK, ses concours auxquels elle invite les Sociétés rivales; à défaut des costumes d'autrefois, chacune a ses insignes, sa musique, sa bannière, ses parades. Et c'est un beau spectacle, dans les communes restées fidèles aux vieux usages, que de voir entrer à l'église, au jour de la fête patronale, le cortège des tireurs de l'arc, annoncé par le suisse « Messieurs les chevaliers Archers et arbalétriers, toutes les compagnies de l'Ile-de-Françe sont groupées en Fédération. Cette Fédération a son moniteur qui paraît chaque semaine et qui s'appelle le V/'a< C/:C!M//cy elle a un président, un bureau, qui s'occupent des intérêts communs, instituent des concours entre départements dits ~M~MC~f ~'op/M~MM', et distribuent dés prix. C'est la Fédération qui a pris la plus large part à l'organisation du grand concours international de Vincennes.

Dans ce concours, les tireurs de l'He-de-France

Henri de Bavière. L'énergie de Théophano, la fidélité de l'Eglise allemande forcèrent le prétendant a. reconnaître le maître légitime. Malheureusement, presque aussitôt, l'Eglise de Rome était bouleversée par les plus étranges aventures, et, l'Eglise romaine en péril de mort, c'était l'empire d'Occident, dont la plus haute fonction était le patronage temporel de la Papauté, qui recevait une blessure profonde. Au printemps de 984, reparaissait tout a coup a Rome un antipape, Boniface VII, homme effroyable, irrégulièrement élu en 974, après avoir fait assassiner Benoit VI, chasse de la chaire apostolique en cette même année et qui s'était enfui àGonstantinople, emportant, dans ses bagages, le trésor du Saint-Siège. Il avait vécu dix ans sous les ombrages du Bosphore, travaillant sans relâche a l'union des Grecs et des Sarrazins contre les Allemands et contre Rome. Le jour de Pâques on vit cet Antéchrist monter à l'autel des Saints-Apôtres. Le Pape légitime, Jean XIV, ancien évêque de Pavie, fut, par son ordre, jeté dans les caves du château Saint-Ange on lui creva les yeux; le 20 août, le malheureux mourait de faim ou par le poison. Boniface VII ne tint que onze mois les sceaux de l'Eglise. Abandonné par le parti national ou communal, livré a la fureur de populace sauvage des MtOM~.il fut égorgé, le 20 juillet 985, traîné par les rues de Rome, outragé sur le Capitole, aux pieds de la statue de Marc-Aurële. La commune républicaine se remit aux mains du second Crescentius, Jean, un tribun de haute allure, qui commençait la lignée des Arnauld de Brescia, des Rienzi, des Porcaro. Crescentius nt élire un prêtre obscur, Jean XV, qui, pendant dix ans, méprisé par les clercs, ne songea qu'à grossir sa fortune. Il s'humilia devant Théophano qui réussit à rétablir à Rome, m6me contre Crescentius, le prestige moral de l'empire. En mai 996,0ctoh 111, âgé de quinze ans, était couronné solennellement dans Saint-Pierret empereur, patrice, protecteur de l'Eglise. Le tribun, d'abord condamné au bannissement, prêta serment de fidélité sur la demande de .Grégoire V, le nouveau Pape germanique. Mais à peine t'e'mpereurcut-il franchi les monts pour rentrer en AUema.g'ne, Crescentius se prononça

ont remporte de beaux succès. Non seulement c'est un dos leurs, M. Hërouin, déjà nomme, de Couilly (Seine-et-Marne), qui a vaincu le leader belge et conquis le « Championnat "du monde mais les Sociétés de Paris et de la Seine éclipsent, sur le palmarès, la vieille renommée des Sociétés du Nord et.de la .Picardie. Elles y ont d'autant plus de mérite, que, accoutumées au tir à 50 mètres, elles n'ont point hésité à laisser aux archers de Flandre et de Belgique l'avantage du tir, réglé à mètres, auxquels ceux-ci sont habitués. D'aucuns trouveront peut-être cette victoire .un peu vaine et se demanderont à quoi peuvent bien servir, en ce siècle ôh canons et fusils tuent à plusieurs kilomètres, ce sport mythologique et l'exercice d'une arme devenue pacifique a force d'être surannée. M. Jay, dans un récent discours, a prévu l'objection et y a répondu. Si les archers ne sont plus, comme au temps de Commines, « la souveraine chose du monde pour les batailles M, il n'est point nécessaire qu'une arme soit homicide pour qu'elle développe la force, l'émulation, l'adresse, le sang-froid, toutes qualités qui trouvent leur emploi dans la paix et la guerre. Ce n'est pas tout la pratique de ce sport détourne ses adeptes du cabaret, du jeu, des courses, de cent plaisirs funestes elle entretient chez eux une camaraderie, une courtoisie, une droiture, dont leur fait un devoir leur beau titre de «chevaliers ?. MA.umcE DEMA[SOM.

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Voici un discours véritablement afnigeant. On peut'penser qu'il est excessif et exagéré; mais c'est un discours tout à fait afnigeant. Il a été prononcé, il y a quelques jours, par Mrs M. L. Lake, vice-présidente d'une Société américaine de tempérance, à la réunion solennelle de cette Société. Mrs Lake a mêlé à ses exhortations des plaintes et des reproches. Elle a dénoncé les plus jolies femmes de l'Amérique comme la proie du démon, qui se nomme Manhattan Cochtail. Les « Quatre Cents non contentes de conduire des locomotives et de se livrer aux jeux les plus saugrenus, absorbent des apéritifs sans nombre et sans mesure. La manie de l'alcool sévit avec une telle fureur, s'il faut en croire Mrs Lake, qu'une dame à sa toilette, si elle aperçoit un flacon d'eau de Cologne sur la table, en avale immédiatement le contenu. L'âcre et irritante liqueur que l'on tire de la menthe poivrée a un pareil succès. Le thé n~est plus qu'un parfum ajouté au rhum qu'on y verse. Et les plus rudes essences que l'on concentre pour la mouchoir se dégustent comme du petit lait. Nous avons une peine infinie à ajouter foi à ces sinistres révélations. Et nous aimons à penser que Mrs Lake a été emportée plus loin que sa pensée par le démon de la vertu, qui n'est pas moins redoutable que le démon de l'alcool.

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Il existe en Europe une ville chinoise, qui se trouve a Londres. Dans East-End, les alentours de Limehouse Causeway sont peuplés d'une colonie compacte de ~,000 Fils du Ciel. Un collaborateur de l'H~A M~KC, M. Georges A. Made, comprenant que les circonstances nécessitaient une interview de Chinois, est allé interroger ceux-là, qu'il a trouvés moins éloignés que les indigènes de Pékin ou d'Hankéou. Il les a trouvés fort tranquilles. L'écho des événements expire au pied des petites maisons propres de ces Chinois londoniens, qui sont d'ailleurs fort pressés de devenir tout à fait anglais. Ils usent de la langue anglaise, même entre eux. Ils modifient leurs noms Lùm-Yat-Wah s'appelle John. Chance; Wong-Echun-Weih s'appelle Charles King. Leur extrême scepticisme leur a permis de recevoir !e baptême. Beaucoup ont épousé des Anglaises. M. Made a interviewé une Irlandaise, encore jeune et jolie qui lui a dit « Monsieur, j'ai épousé d'abord un compatriote qui me battait quand il était gris, et qui était gris tous les jours. Quand le ciel me l'eut repris, j'ai épousé un Chinois. Quelle différence de mon mari jaune à mon mari blanc! Loin de me battre, mon présent époux me fait mille tendresses; il est timide devant moi, et il travaille comme, une bête de somme. "–Les petits jaunes grouillent dans la rue avec les petits blancs; les représentants des deux races font bon ménage, et jouent dans le même ruisseau. Enfin, les deux peuples ont échangé tout ce qu'ils pouvaient échanger: les Chinois ont pris le goût du whisky, et les Anglais ont installé'pour leur propre compte huit fumeries d'opium..

contre Grégoire, qui s'enfuit à Pavie; le tribun fit monter sur ic trône pontifical l'ancien favori de Théophano, un moine de Calabre, Jean, archevêque de Plaisance. Il revenait alors de Constantinople, a la suite d'une mission matrimoniale pour Otton, charge des présents de Basile II, portant en son âme la tentation terrible que lui souffla certainement l'empereur byzantin. Cet homme, plus Grec qu'Italien, se laissa facilement séduire par le maître révolutionnaire de Rome. I[ paya entre ses mains, et fort cher, le prix de la dignité suprême de l'Eglise. Ce fut l'antipape Philagathos, le faux Jean XVI. Crescentius se décora du titre de consul. La République de Tite-Live sortait de son tombeau. L'Eglise romaine, déshonorée par une scandaleuse simonie, tombait a l'état de diocèse byzantin.

Mais Grégoire et tous les évêques d'Italie, d'Allemagne et de France lançaient l'excommunication contre le moine sacrilège. Otton accourait par Crémone, Ferrare et Rayonne. En plein hiver de 998 le césar adolescent frappait aux portes de Rome. L'empereur saxon, le Pape légitime et les bandes de Germanie entraient sans coup fénr,dans la ViHcJEternelle épouvantée.

Le châtiment des deux rebelles fut terrible. Tandis que Crescentius s'enfermait presque seul au château Saint-Ange, l'antipape se cachait dans une tour de la campagne. Arraché de son asile par les cavaliers allemands, il fut aussitôt, sur l'ordre de Grégoire V, non de l'empereur, cruellement mutilé: on lui coupa les oreilles, le nez, peut-être aussi la langue et les mains; on lui creva les yeux, puis on le ramena tout sanglant a Rome, hideux cadavre encore vivant. On le jeta dans une cellule d'un monastère, où il demeura gisant, véritable comble des misères humaines..

A ce moment parut à Rome un personnage que personne n'attendait et qui venait à la cité tragique,-l'Evangile entre ses bras, parler de miséricorde et de pardon. C'était le plus illustre anachorète de l'Italie, saint Nil, presque nonagénaire, malade, épuisé par !c jeûne dû-présent carême, qui se tramait à cheval depuis sa lointaine' solitude de Gaëte et demandait grâce ,pour son aum Philagathos. Le Pape et rempe-

NEGOCIATIONS PRELIMINAIRES

L'action militaire étant provisoirementsuspenducen Chine, ce n'est que sous son aspect diplomatique que le problème chinois est envisagé en ce moment par les gouvernements allies. Mais, à ce point de vue -spécial, il se présente sous deux faces assez différentes. D'une part, les puissances continuent de négocier entre elles au sujet de ta proposition de la Russie tendante à l'évacuation de Pékin; de l'autre, leurs ministres en Chine sont en train d'agir pour arriver à s'aboucher avec les représentants du gouvernement chinois dans l'intention d'ouvrir des négociations préliminaires, en vue soit de la conclusion de la paix, soit des conditions qui doivent être mises au retrait des troupes internationales de !a capitale. Ainsi, l'action diplomatique se poursuit dans deux directions bien différentes, quoiqu'il y ait, cependant, une corrélation étroite entre les efforts tentés de part et d'autre. Il semble, en effet, que les négociations entre les diplomates des puissances alliées et ceux de la Chine doivent être poussées avec d'autant plus d'activité que l'entente entre ces puissances est d'une réalisation plus difficile. Un arrangement conclu sur place, en Chine, rendrait sans doute sans objet les pourparlers des puissances sur le point qui les divise, de marne que l'action militaire qui s'est terminée par la prise de Pékin aura peut-être pour résultat de réduire à un rôle passif les renforts qui sont en route et le généralissime

lui-même.

En ce qui concerne l'attitude des puissances à ''égard de la proposition russe, un seul fait nouveau, mais de nature purement négative, est à signaler; c'est qu'il n'y a pas eu de contre-proposition de là part de l'Allemagne. On avait dit que le gouvernement de Berlin, dans l'intention de concilier sa manière de voir avec celle: de la Russie, avait suggéré un compromis qui, a première vue, paraissait assez bizarre. Il aurait consisté a faire sortir de Pékin le gros des forces internationales, sans doute pour rendre confiance aux gouvernants chinois, mais à y laisser quelques faibles détachements destinés a marquer la présence des vainqueurs et à rappeler au Tsong-li-Yamen qu'ils étaient encore prêts a agir. Le sens de cette combinaison n'apparaissait pas clairement; car, si la présence des troupes étrangères empêche lacour de rentrer a Pékin, c'est que cette dernière est dominée moins par la crainte que par un sentiment de fierté et d'amour-propre, auquel cas il lui importerait peu que le nombre des envahisseurs étrangers fût plus ou moins réduit. Aussi bien vient-on d'apprendre, par un communiqué de la G'<Me~e e~c Co/o</Mc. que l'Allemagne n'a jamais fait cette proposition, en dépit des allures officieuses qu'on avait affectées pour l'annoncer. Nous nous trouvons donc dans la même situation qu'il y a huit jours, l'Angleterre, l'Allemagne et les alliés de cett&derniÈre témoignant beaucoup de froideur, pour ne pas dire plus, à l'égard de la proposition du gouvernement du tsar. C'est pourquoi nous devons nous tourner du côté de la Chine, dans l'espoir que ce qui- va s'y passer tirera peut-être les puissances alliées de l'impasse dans laquelle elles se sont engagées.

Deux nouvelles importantes nous arrivent, en effet. Le prince Tching, qui s'était enfui, avec la cour, avant l'entrée des alliés à Pékin, vient de rentrer dans la capitale sous la protection d'un escadron japonais d'autre part, on annonce officiellement que Li-Hong-Tchang a transmis aux gouvernements des puissances alliées, par l'intermédiaire des ministres de Chine accrédités auprus d'eux, les lettres de créance .qui le désignent, ainsi que d'autres négociateurs chinois, pour conduire les négociations de paix au nom de la Chine. Ce double événement peut être d'un très heureux effet. Une des principales objections qu'on pûtfaireà la proposition russe, consistait à dire que l'évacuation de Pékin ne scrviraità rien si elle n'était pas suivie de la rentrée de la cour, et que, d'autre part,'on ne pouvait avoir aucune certitude que celle-ci rentrerait. Dans ce cas, les puissances se seraient mises elles-mêmes dans une situation ridicule et dangereuse. Or, le prince Tching étant à Pékin, il va sans doute pouvoir prendre

reur marchèrent a la rencontre de l'antique higoumène revêtu de haillons, lui baisèrent les mains et le firent asseoir entre eux sur un siège plus élevé. L'ascète promettait d'emmener l'antipape, de l'ensevelir au fond d'un cloître, de l'aider à l'expiation. Otton, ému, lui donna le Pontife vaincu. Mais l'implacable Grégoire, « rassemblant en hâte un Concile improvisé, eut le triste courage de faire comparaître devant lui te lamentable mutilé. tiré tout exprès de sa prison. Par une sorte de def! à saint Nil, il le Ht, en présence de tous, dépouiller honteusement de ses vêtements pontiucaux. Lui-même, de ses mains, il ne craignit pas dedechirerlarobeépiscopale du moribond, puis il le ut asseoir, ainsi dévêtu, à rebours sur un âne et promener par les rues, au milieu des injures et des coups affreux de cette brutale popuiace romaine. Les bourreaux forçaient le malheureux à tenir de ses moignons sanglants la queue de l'animal immonde et à chanter sans cesse ces paroles « Voici le châtiment de celui qui a voulu chasser le Pape romain de son siège

Vainement l'empereur dépêcha près de saint Nil un évêque afin d'apaiser 1 indignation du vieil ermite. Nil invoqua Dieu à témoin du parjure impérial, de la cruauté du Pape, feignit de s'endormir et, quand l'ambassadeur fut parti, remonta précipitamment a cheval et reprit le chemin de Serpieri. L'histoire n'a pas garde le souvenir des derniers jours de Jean XVI. Quant à son complice Crescentius, âpres s'être défendu héroïquement quelques semaines dans le tombeau d'Adrien, il fut forcé de se rendre, le 20 avrH.aux capitaines allemands. Otton le Ht périr de la mort des traîtres. On le décapita sur la plate-forme. Son cadavre, précipité dans les fosses, fut plus tard pendu par les pieds à un gibet au sommet du Monte-Mario avec ceux de douze de ses compagnons crucifies, capitaines des douze régions de la cité. Sà~ veuve obtint d'cnseveiir ses restes misérables dans la petite église de SaintPancrace au Janicuic. Deux siècles plus tard, Frédéric Barberousse brûlera, sur le même champ maudit, le cadavre d'Arnauld de Brescia, « l'ecuyër d'Abelard Voilà'bien dés horjreufs. Etneyons semMe-t-Upa.sque BasHeH.

.avec tes représentants des puissances !ës d!s~ positions nécessaires en vue du retour de t em~ pereur, de l'in.pératrice-douairiôreet du Tseng. ti-Yamen. La dépêche de M. Pichon, que noua avons reproduite hier, indique clairement que ce haut personnage, qu'on sait être favorable~ aux Européens, désire causer avec les ministres étrangers. D'autre part, s'il faut en croire une autre dépêche, sa mission ne serait pas exclusivement diplomatique, puisqu'il serait chargé d'exercer un certain contrôle sur l'administration de Pékin. Il y a ta peut-être un euphémisme pour indiquer que les commandants étrangers lui remettront cette administration. Comme, d'autre part, le ministre de Chine à Saint-Pétersbourg a fait savoir à Li-Hong-Tchang que l'évacuation de Pékin, dans l'esprit du gouvernement russe, comportait le retour immédiat de ia cour, il y a lieu de croire que ce tangage sera compris des intéressés. Ainsi, un état de choses nouveau rendant possible le retour du gouvernement chinois et les puissances recevant, en outre, l'assurance qu'il s'effectuera, la question de l'évacuation, qui divise en ce moment les puissances, ne paraîtrait plusaussi insoluble.

Quant à !a désignation-de Li-Hong-Tchang comme plénipotentiaire, etie est de nature, si elle parait suffisamment authentique aux puissances, à faire avancer les négociations. On sait, en effet, que tes gouvernements aitiés.sur la proposition du nôtre, avaient exigé que Li teur prouvât avant tout que te gouvernement chinois existait encore en fait, et, en outre, qu'il était tui-môme régulièrement accrédité comme plénipotentiaire. Or, cette doub!e condition.se trouverait aujourd'hui remplie. D'autre part, si l'on parvient à ramener la cour à Pékin, immédiatement après l'évacuation,, la mission de Li-Hong-Tchang inspirera d'autant plus de confiance qu'il pourra communiquer plus tacitement avec ses mandants et leur donner les conseils que la situation lui suggérera, Dans ces conditions, un accord finat serait d'autant moins impossible que te gouvernement chinois est dès maintenant fixé sur les conditions qui lui seront imposées par les puissances et sur les compensations que cellesci comptent lui demander en sorte que, s'il entre dans ta voie des négociations, c'est qu'il doit être des maintenant disposé à se soumettre à t'inévitabte. Pour nous résumer, il semble donc qu'il y ait une amélioration dans la situation diplomatique. Mais elle ne paraîtra définitive que lorsque nous serons fixés, d'une manière authentique, sur ces deux points importants la rentrée de ia cour à Pékin, et la reconnaissance, par les puissances, du caractère de Li comme plénipotentiaire. Or, nous ne tarderons pas, sans doute, à être renseignés à ce double point de vue.

ALGIDE EBRAY.

LES AFFA!RES DE CH!NE

LA. PROPOStT[(M RUSSE

Nous recevons les dépêches suivantes sur l'attitude des diverses puissances en présence do la proposition russe d'évacuer Pékin.

jRoma, le 10 septembre.

M. Visconti-Venosta vient d'adresser une nota aux puissances relative aux affaires de Chine. Le gouvernement italien proposa

1° L'évacuation de Pékin des que les préliminaires de paix auront été signes

La participation et l'appui des puissances pour permettre a la Chine de contracter un emprunt destiné à payer les indemnités que réclament les puissances

3° Le maintien, par un engagement collectif, do l'intégrité de l'empire chinois.

Londres, le 11 septembre..

On mande de Tokio au 7'!MM que le Japon a répondu qu'iLno voyait aucun inconvénient a ce quo le ministre japonais fût rappelé de Pékin il ne voit pas non plus d'inconvénient a prendre tes autres mesures qui seront recommandées pai' le concert dos puissances.

De plus. comme sa position géographique lui permet de prendre promptement les mesures militaires nécessaires, te Japon consentirait volontiers à rappeler la fraction de ses troupes qui serait jugée,supcrMue.

New-York, Je 10 septembre.

On mande de Washington a ta ?'W6M~e que, si M. Conger ne fournit pas de raisons meilleures que

tout inondé de sang bulgare, a la mine moins funèbre que ces deux grands justiciers, Otton1H et Grégoire V? Ces deux jeunes hommes étaient cousins. La pitié n'était point une vertu de la race impériale de Saxe. Grégoire mourut te premier, en février 999, à peine âgé de trente ans. La tradition veut qu'il ait été empoisonné. Dans le même temps, le mystique Otton 111, poursuivait, pieds nus, à travers l'Italie méridionate, un long pèlerinage. Du mont Cassin, où la règle de saint Benoît périclitait, l'empereur se rendit au mont Gargano, afin d'y vénérer saint Michel, « archistratège des milices célestes Puis il alla chercher, près de Gaëte, saint Nil. Le vieux thaumaturge, suivi de tous ses moines, vint en chantant a la rencontre du mélancolique empereur. Otton essaya en vain d'obtenir du saint qu'il vînt vivre sur les terres de l'empire. Peut-être, lame troublée par le remords, voulait-il s'attacher un ami de Dieu. Nil refusa. « Je ne désire qu'une chose, dit-il, c'est que tu songes au salut de ton âme car toi aussi tu mourras,et tu auras rendre compte a Dieu de toutes tes actions. Otton fondit cnlarmes, remit son diadème aux mains de l'ascètect s'agenouilla sous une bénédiction qui fut sans doute une absolution. Rentré à Rome, il donna à l'Eglise un Pape savant et vertueux, son ancien maître, le Pape de l'an mille, Silvestre II. Mais le césar allemand et le Pape français n'étaient toujours que des étrangers, des intrus, dans cette Rome indomptable et méchante. Ils se lassèrent vite des émeutes et de la sauvagerie romaines..Le 16févrierl00i, "ccsdcux moitiés de Dieu quittaient clandestinement, la Ville Eternelle et ne s'arrêtaient qu'au monastère de Classe, près de Ravenne. Ottontenta inutitcmen! dès lors, de pacifier l'Italie, de reprendre Rome, de relever dans la pénins~e ruine de

l'empire.

Il mourait. le 23 janvier 1002, sur le chemin de Rome, entre les bras de Silvestre 11. 11 n'avait pas vingt-deux ans. Sa dépouille fut rapportée a Aix-la-Chapelle, jusqu'au tombeau do Charlemagne. Le Pape Gerbert, que son Eglise croyait magicien, accablé de tristesse, ferma son «Virgile "et rendit l'âme le 12 mai de l'am 1003.. Ea~ta G~t~~ `

EMIM (itEBHART.