Rappel de votre demande:


Format de téléchargement: : Texte

Vues 1 à 1 sur 4

Nombre de pages: 1

Notice complète:

Titre : Journal des débats politiques et littéraires

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1846-02-21

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 200316

Description : 21 février 1846

Description : 1846/02/21.

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique

Description : Collection numérique : Histoire diplomatique : généralités

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k447203f

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 100 %.
En savoir plus sur l'OCR


J lonàtrw, 18 février.

Ily a toujours dépréciation à la Bourse et dans la Cité. Les Consolidés pour compte ont ouvert à 96 ils ont fléchi ensuite 95 3/4 7/8, pais ils ont remonté fils sont actuellement à 96. Actions de' la Banque Trois pour 100, 96 3/8; Trois un quart pour 100, 98 1/8 Fonds indien 260. Le courtier du .gouvernement vient d'acheter du Trois pour 100 ré<*duit à et du Trois un quart à 98. Bons de il'Echiquier, 37 39. Les valeurs étrangères sont languissantes: Brésiliens, 82 1/2; Mexicains 301/2; «Portugais 59 Hollandais Deux et demi, 59 3/4. Les .Actions des chemins de fer se soutiennent. Qn lit dans le Morning-Post du 18 février « S. Exc. l'ambassadeur de France a donné hier soir, à Manchester-House, son premier -grand di•ner. Parmi les èonvives, on remarquait le comte et la 4comtess8 Dietrichtein, le très honorable sir Robert 'Cordon, le marquis et la marquise d'Aitesbury, le 'comte de Wilton, lord Brougham, le comte et la com'fesse de Jarnac, le comte et la comtesse de Shelburne, ̃•'•M. Henry Greville, le baron Eolier, le marquis de, Saiiite-Aulaire, le comte Palhsn, le comte Louis de Noailles, etc. »

Ou écrit de Dublin, le 10 février

« Le meeting de l'Association du Rappel, qui se tient chaque semaine, a eu lieu aujourd'hui à ConciliafionHall. M. J. Fitzgerald, esq. le présidait. Le secrétaire a ;donné lecture d'une lettre de M. O'Connell que l'on .a déposée aux archives. M. Smith OU rien a présenté un Mémoire qui contient un résumé de tous les rapporta faits à l'association, et qui doit être distribué aux membres des deux Chambffs du Parlement. M. Smith "O'Brjcn a ensuite passé en revue la discussion qui a eu lieu aux Communes sur la législation des céréales, et, après s'être plaint do l'inutilité des mesures prises par le gouvernement pour roulsgér les maux qu'amènera la disette qui approche, il a terminé par proposer des mesures de sa façon. Il a proposé, entre autres choses, l'adoption d'une loi pour régler les rapports entre le tenancier et le propriétaire foncier en Irlande. La rente du Rappel s'est'élevée cette semaine à 325 iiv. st.

chambre DES COMMUNES. Séance du 17 février. LORD JOHN maivners Sir Robert Peel nous a dit que Mous ne pouvions marcher sans une révolution tous les six mois. Il prétend <jU3 la Prusse s'est trouvée dans un grand embarras. Je le défle de prouver que la question de la liberté du commerce en ait été la cause. En France, les chefs dcs parties sont opposés à la liberté du commerce; MU. Thiers çt Berryer la combattent. A mou avis, un droit fixe mndéré aurait satisfait tout le monde. Je psbso que là Chambre ne 'doit point adopter la proposition de l'honorable baronnet sans qu'un appel ait été fait au pays.

-̃1E c&piTAiNB layard appuie la proposition de sir Robert Peel. Il pense que les lois des céréales actuellement en vigueur ont fait leur temps, et que l'adoption de la proposi'(onde l'honorable baronnet sera un exemple que les autres Ballons suivront.

1 m. bri c. ht se prononce également en faveur de ta proposition. il pense que dans la Chambre des Lords les évè,ques appuieront de Leurs votes le plan financier et commercial de sir Robert Peel. Comment oseraient-ils repousser h libre entrée des subsistances destinées à une population mourant de faim ? La mesure du gouvernement est grande et noble; cependant j'aurais mieux aime urne abrogation Immédiate que graduelle des lois des céréales. C'est le vœu -du pays. Aussitôt que la loi dts céréaies aura abrogée, la Ligue se dissoudra. SI nos adversaires, en repoussant la mesures proposée, renversaient la ministère, pourraient-ils .vraiment s'applaudir «'être parvenus, par leur opposition faclleuse, à augmenter les misères da peuple ? Il ne faut pas se méprendre sur la véritable question agitée en ce mement c'est une question de principe et non de parlf. Je puis vous donner l'assurance que la masse du peuple se soucie fort peu de la grande querelle engagée dans les rangs du grand parti conservateur. (Appisudissemens de l'Opposition.) Je passais dernièrement devant la porte du grand bureau central de la Société de protection; a la porte brillait on magnifique écusson où se Usaient ces mols Sociétés centràk pour la protecllon do l'agriculture ci de 1 industrie nationale! mais les membres de la Société de protection brillaient par leur absence, c'est ce qu'il y avait de plus remarquable. iQnrlt.)

L'honorable membre fe moque de l'exagération avec laquelle le parti protectiontste représente l'affluence de blé qui doit résulter de t'adoption des mesures ministérielles. il n'est pas de pays produisant assez de blé pour pouvoir en Monder l'Angleterre. Quant à la condition des malheureux protégés par le système actuel elle se résume dans ce peu ile mots d'un pauvre fei mier qui présidait dernièrement an meeting pur et sans tache (car celui-là ne pouvait pas être réputé provoqué par la fameuse Ligue). Ce président agricole disait en ouvrant la séance, c Je suis protégé et je meurs de faim. b (Oaiit.) Ces simples paroles contiennent toute la condamnation du système -d« protection qui ne protège rien, qui no conserve pas, mais qui ruine et détruit. SI l'on vou).iit bleu laver un peu les masques, on trouver; beauroup tie gens en colère contre le gouvernement, mais p.is fâches de voir la protection abolie. (Hilarité.) La presse pér;odique. c'est-a-diro les journaux qui ont le plus de publicité sont presque sans exception favorables aux mesures rninlslèrielles: Cela t'empêche p-s les protecticr-.ii.tfs furibonds d'appeler sir Robert t'çel ut traître. Il ne m'appattie pas, a.irès son bcaü discours dVler, d'on'reprendre sa défense. Le très honorable baronnet sait parfaitement te défendre lui-même, et il n'y a pas minqnô. Il fait un dessus remarquables discours que de 'mémoire d'homme on ait entenias dans cette enceinte. (Applaurtissemehs.) R.ippelez-vous donc que vous l'aviez choisi pourquoi ? parce qua c'était un homme capable un homme d'expérience et de talent, et de plus dévoué aux Intérêts de sa patrie. Voilà pourquoi vous,-l'avez appelé au pouvoir. esl maintenant, vous ne la voyez plus du même œil; la p.ns-ion honorable; ne voulant plus, ne pouvant plus être votre ministre, il donné sa démission, et il est rentre la direc«où des affaires le ministre delà souveraine et du peuple, er

Vculllcton du «Tournai des Débats LA QUITTANCE DE MINUIT PREHIÈBE PARTIE.

MAC-BIAHMID. ̃'̃"•'̃ "1. voir le3 Nos des 2l, 22, 23, 2t, 25,29,31 janvier, 4, 5, 6, 7, li, 12, 13. 14, 15, 19 et 20 février:) Chapitre XIV. Landlord.

Le château de M mtrath que les gens du pays appelaient plus volontiers le Château Neuf, s'élevait à deux cents pas environ des ruines de DLarmid. Ses cheminées étaient à peu près de niveau avec la base des tours du vieux manoir. Ce dernier occupait complètement le plateau étroit qui forme le sommet du Ranach, et, à partir de ses dernières constructions le terrain, cédant brusquement, ne laissait nulle place des constructions nouvelles.

La château de Montrath avait été bâti par l'aïeul du lord actnel, Mitès Fulton, baron Montrath. C'était un édifice tout anglais et dans le style de ces charmans manoirs modernes qui abondent dans presque tous les comtés de la riche Angleterre. seulement il y avait ici quelque chose de plus gracieux, de moins convenu un peu d'invention et de fantaisie une physionomie propre et des lignes qui n'élaient point la reproduction trop exacte de ce plan unique auquel se sont tenus les architectes anglais depuis cent cinquante ans.

La position magnifique avait aidé l'art. Les fenétrès de Montrath voyaient d'un côté, à revers le vaste et beau paysage aperçu de la farme des Mamturks de l'autre côté, la baie de Kilkerran et les innombrables Iles.

(I) La reproduction de cet ouvrage est formeûemenl in- terdite.. -̃̃̃ ̃'̃ '•/• •̃̃̃̃̃̃

non l'avocat d'une classe qui ne l'avait d'abord élevé sur le pavois que pour faire ses proprés affaires. (Applaudissemens. ) Sir Robert Peel ne s'est pas opposé à ce que vous prissiez la direction des affûiies. Le premier homme de votre administration eût été lord Stanley.

Il est vrai que vous le renforceriez avec le duc de Richmond mais tout le monde sait qu'on tel ministère ne pourrait pas tenir huit jours. (Applaudissemens de l'Opposition.) Je laisse les hommes et Je reviens aux choses. La mesure soumise au Parlement est une grande mesure qui fait beaucoup d'honneur au gouvernement; mais les 'grandes mesures ont souvent le sort des grandes toiles le coloris laisse quelquefois à désirer; on y trouve des défauts, et le plus l'abolition immédiate des lois des céréales. Il est fâcheux que beaucoup de gens se refusent à croire à la famine avant qu'elle ne vienne hurler dans Belgrave-Square. (Sensation.) Cette Ligue, dont on fait un épouvantail, n'est établie que pour arriver à l'abolition des lois des céréales. Une fois ce but atteint, elle sera dissoute imméi-aiement. Eu terminant, j'invite les adversaires du ministère à bien réfléchir, avant de voter, que le pays a les yeux sur yeux, et que la satisfaction d'un sentiment de'vengeance personnelle est bien peu de chose comparativement aux intérêts nallonaux. (Applandlssemens.) Le commencement de la séance de la Chambre des Communes du 18 février n'a pas offert un grand intérêt, Il a été donné lecture d'une pétition signée par des habitans de Leeds qui demandent que la Chambre adopte des mesures pacifiques pour la solution de la question concernant le territoire de l'Orégon. Plusieurs bills ont été lus pour la première fois.

Nous recevons le Courrier d'Afrique et VÀkhbar d'Alger à la date du 12 février. Ces journaux ne parlent aucunement de la prétendue incursion d'Abd-el-Kader dans la Mitidja. Le Fondouk, où on. le disait arrivé, est d'ailleurs situé à dix lieues d'Alger, et non pas à trois lieues seulement comme le portait une correspondance de Marseille qui a répandu hier ce bruit dans Paris. Près du Fondouk, qui se trouve.sur la route de Constantine par Hamza, deux camps avaient été établis, celui Khamis et celui de Karà-Mustapha. Ces camps couvraient la partie orientale de la Mitidja. Mais ils étaient fort insalubres, et d'ailleurs leur éloignement obligea de les supprimer en 1839 lorsque Ben-Salem et Abd-el-Kader étaient maîtres de la Mitidja, qu'ils ravagèrent alors dans tous les sens. Depuis l'occupation de Dellys, on a établi sur la route qui mène à cette ville le camp de l'Oued-Corso, au pied du Ténia ou col Ben-Aïssa et l'on a de plus construit à travers la montagne une route carrossable qui mène à la vallée de l'Isser et de là à Dellys. Cette route est très fréquentée par les Kabyles qui viennent vendre leurs denrées à Alger. La brigade du général Gentil avait été installée dernièrement à l'Oued-Corso pour garder ce passage et couvrir l'est de la plaine.

Voici maintenant ce qui résulte de plus probable des informations un peu confuses que nous trouvons' dans les feuilles de la colonie sur le mouvement d'Abd-el-Kader. Rappelons d'abord que Ben-Sâlem kbalifa des Kabyles du Jurjura poûr'Abd-el-Kader, fit le 5 une irruption imprévue contre nos tribus alliées, sur la rive droite de l'Isser qu'il fut battu le 6 par le colonel Blangini, et surpris' le' 7, dans son camp par le général Gentil, qui avait franchi le col et traversé Pisser à la nouvelle de l'attaque de Ben-Salem.

Deux jours après, Abd-el-Kader, arrivant du désert par Hamza, traversait l'Isser au-dessous du pont de Ben-Hini, à dix lieues du Fondouk et à vingt lieues d'Alger, mais au lieu de pousser en avant sur la route dü Fondouk, il descendait le cours de la rivière, suivait un défile très resserré qui longe sa rive gauche, et venait tomber comme la foudre sur les tribus qui habitent les belles plaiaes. de l'Isser, au pied du versant oriental des montagnes de Ben-Aïssa. Les tribus de l'une et de l'aulre rive nous sont très dévouées; elles se sont soumises en 1841 sans coup férir, elles ont toujours été bien traitées, elles ont gagné beaucoup d'argent dans leurs relations de commerce avec nous, enfin ces tribus laborieuses et paisibles jouissaient d'une prospérité remarquable. Abd-el-Kader et Ben-Salem les ont ravagées de la plus cruelle façon, incendiant les douars et les villages, coupant les arbres fruitiers, emmenant tout le bétail, et en outre faisant trancher la tête à tous les principaux chefs.

On a lieu de s'étonner qu'Abd el-Kader se soit ainsi avancé dans la plaine de l'Isser malgré le désastre tout récent de Ben-Salem. On ne conçoit pas non plus que le général Gentil ne se soit pas trouvé à portée de protéger ces malheureuses tribus. Peut-être était-il occupé à poursuivre les débris du camp de Ben-Salem dans les montagnes de la rive droite, ce dont Abd.el-Kadera profité aussitôt pour venir exécuter sa terrible razzia dans la plaine de la.rive gauche. Dans ce cas, il aurait laissé le général Gentil derrière lui avec une colonne très fatiguée, et rien n'empêcherait l'émir

Le p-.rc s'étendait, à l'est et au midi, jusqu'au territoire do Conremara et la mer; à l'ouest, Irs murs do l'enclos montaient la pointe du cap et allaient rejoindre les ruines ds Diarmid.

A 1 heure oû les gens de Molly-Maguire se hâtaient vers le rendez-vous de ta galerie du Géant, le nnîlra de ce beau domaine, lord G*orge Montrath, avait réuni dans la bibliothèque une demi-douzaine de personnages qui la tête courbée et le sourire aux lèvres semblaient en être encore aux complimens de bienvenue.

Lord George était un homme de quarante ans grand, fort, et marqué au plus haut degré de ce cachet britannique qui fait reconnaître les Anglais dans les cinq parties du monda.

Il était mis Il la dernière mode de Londres, sous son macintosh de voyage. Sa cravate blanche, nouée. avec une précision merveilleuse, supportait carré.ment une face large et pleine, dont la peau transparente laissait voir des chairs d'un rouge uniforme. Les joues, le menton, le n<z, le front, les oreilles, tout était rouge, non pis précisément de ce rouge foncé que donne l'ivresse ou l'apoplexie menaçante, mais d'un beau rouge anglais, carminé, luisant, égal et tirant sur la cerise à demi mûre.

Les traits de, lord George étaient assez beaux, mais trop petits pour l'ampleur charnue de son visage. Le caractère leur manquait, et ils étaient comme écrasés par deux grosses touffes de favoris blonds qui descendaient seulement un peu au dessous de l'oreille, pour s'étaler à droite et à gauche en éventail.

Les cheveux étaient courts et bouclés. Les sourcils blonds à reflets blanchâtres ne jetaient point d'ombre sur des yeux clairs et transparens comme s'ils eussent été de porcelaine.

La taille était, comme le visage, bien proportionnée, mais lourde et molle.

Il y avait d'aileurs au milieu de cet extérieur épais une dasa fort suffisante de distinction fashionable. Nul ne pouvait s'y méprendre; le nobleman perçait dans toute la personne de Montrath.

Lord George, malgré ses quarante ans, était encore un de? lions de la mode londonnienne. Ce n'était point du reste un de ces lords irlandais flétris du sobriquet de lords de l'Union, nobles d'hier, qui conquirent leurs sièges au Parlement en vendant leur

de porter maintenant la guerre et la dévastation sur quelque autre point où on ne l'attend pas plus qu'on ne t'attendait sur Tisser.

Ces événemens, qui s'accomplissaient à une vingtaine de lieues d'Alger et qui laissaient la plaine de la Mitidja exposée aux entreprises de l'ennemi, ne pouvaient manquer de jeter l'alarme dans la ville et de donner lieu à des bruits de toute nature d'autant que l'on ne savait pas encore quelle direction avait prise Abd-el-Kader à la suite de sa razzia. Dans ces circonstances on a mobilisé deux bataillons de la milice urbaine, on a armé cinq cents hommes du dépôt des condamnés militaires,, enfin le général Jusuf est parti pour le Fondouk avec cinq ou six cents chevaux. Cette cavalerie avait été renvoyée tout récemment à Alger par le maréchal pour se refaire à la suite des trois mois de fatigues excessives qui l'avaient ruinée. Ces ressources dernières sont les seules dont on puisse disposer contre Abd-eJ-Kader dans le cas où il lui prendrait fantaisie de traverser la plaine entre BouQarik et Blidah et de s'en retourner dans le midi par la route de Médéah et de Berouaghia. Toutes les colonnes sont encore à d'assez grandes 1 distances. L'émir les avait attirées vers le désert quand il se porta chez les Ouled-Naïls, feignant de vouloir s'avancer dans le sud de la province de Constantine par Bouçada et Msila. Le maréchalgouverneur, te lieutenant-général Bedeau, le général Marey, le général- d'Arbouville manaeuvraient" simultanément pour s'y opposer, l'émir passe en quelque sorte au milieu d'eux et les laisse tous les quatre bien loin en arrière. Le général Gentil, qu'une sage disposition avait établi à l'Oued-Corso, ne s'y trouve pas au moment même ôd se réalise la prévision qui lui assignait ce poste, et l'avantage qu'il remporte sur Ben-Salem tourne fatalement contre nous et contre nos alliés. Il y avait aussi une.réserve à Blidah au commencement de là campagne, prévision encore très sage. Mais le général Comman avait reçu depuis peu l'ordre de quitter Blidah avec cette réserve, pour se porter sur Médéah. On vient de lui expédier l'ordre de revenir en toute hâte à Blidah. Le colonel Eynard, qui commande à Orléansville, a été aussi appelé dans la province d'Alger, à Milianah, d'où il descendra dans la plaine au besoin. Le cercle d'Alger, qui se trouvait tout à fait dégarni, doit donc se trouver maintenant suffisamment couvert pour que l'ennemi n'y pénètre pas. Ces grandes perturbations causées par un chef de partisans qui ne mène avec lui qu'une force de six ou huit cents cavaliers, font penser à beaucoup de personnes qu'il vaudrait mieux s'appliquer à ne couvrir, à ne dominer pour le moment que certaines régions les plus importantes autour de nos places quitte à châtier plus tard les tribus lointaines, au lieu d'user les hommes, les chevaux, le matériel à courir après Abd-el-Kader dans toutes les directions où il lui plait de nous attirer et où nous le suivons: péniblement, sans aucune probabilité de pouvoir jamais l'atteindre et le combattre. Les districts intérieurs bien gardés, deux colonnes très mobiles sur la ligne de nos forts du désert, et une expédition sur la Malouïa, dans le Maroc, pour renverser l'établissement politique qu'il essaie d'y fonder, voilà dit-on, le plan qui aurait été proposé pour cette année.

Où n'avait point de nouvelles d'Abd-el-Kader le 12 à Alger, depuis sa razzia de l'Isser, exécutée le 10, à la pointe du jour; mais on disait le général Gentil revenu au col de Ben-Aïssa dans la soirée du même jour.

Le Messager, dans l'article qu'on lirâ plus bas suppose que c'est l'expédition de Ben-Salem qui a fait croire à l'apparition d'Abd-el-Kader dans l'est d'Alger. Cependant les dates bien distinctes et les détails que nous avons résumés d'après les journaux d'Alger établissent parfaitement qu'il s'agit de deux attaques différentes et sur deux points diflërens. En effet, la razzia de Ben-Salem est exécutée le 5 sur la rive droite de Tisser, et celle. d'Abd-el-Kader est exécutée le sur la rive opposée. Le Cozcrrier d'Afrique cite d'ailleurs une lettre de Dallys qni signale positivement l'arrivée d'Abd-el-Kader dans la contrée.

Quoi qu"il en soit, nous nous référons à ce que nous avons dit plus haut sur les mesures qui ont été prises avec beaucoup d'activité pour mettre la Mitidja à l'abri et nous nous joignons au Messager pour démentir les nouvelles alarmantes qui s'étaient répandues tout d'abord. La situation est laborieuse et difficile mais elle n'a rien d'inquiétant pour l'avenir de notre domination. Abd-elKader, dans ses courses aventureuses, ne fonde rien, ne pouvant s'établir nulle part, et il ne fait de mal réel qu'aux Arabes. Avec de la patience, et en ménageant mieux nos troupes, nos transports et nos ressources nous ramènerons en temps opportun sous le joug de la paix toutes ces

pays; c'était un vrai seigneur, baron depuis Guillaume, et possédant de père en fils une immmense fortune territoriale.

Ses revenus allaient à quarante mille livres sterling. Il était propriétaire de tout le pays entre les lacs et la mer, et ses fermes couyraient les versans fertiles des Mamturks.

Les personnages appelés ce soir auprès de lui étaient ses agens d'affaires.

Le premier en grade l'intendant de milord avait nom Robert Crakenwell.

Il était du même age que Sa Seigneurie et avait vraiment fort bon air. Avec quelques milliers de livres de revenus, cet intendant eût fait à Londres une excellente Hgure.

Il avait vécu dans la grande ville. It y avait mangé comme it faut le petit héritage paternel. En Ca temps il fréquentait noble compagnie, et vous l'eus..siez pris pour un lord. Il tenait tous les paris, jouait à Brighton et à Bath,, courait à Epsom, et possédait sur le turf un nom recommandable. Ces choses lui avalant valu l'estime de lord George, qui l'avait fait son intendant. Après avoir jeté follement aon argent par les fenêtres, RobertïCrakemvell, devenu sage, écorchait de pauvres gens qui mouraient de faim.

De la prodigalité à l'usure, il n'y a qu'un tout petit pas, et ces bons vivans qui ont dévoré une fortune savent mieux que personne assassiner pour quelques pence.

Crakenwell avait une tenue convenable, presque élégante; on voyait qu'il n'avait pu perdre complétement ses habitudes de dandy, et son gilet était la mode de l'année précédente.

Parmi les autres agens, qui étaient tous irlandais, trois ou quatre se tenaient timidement à l'écart. On ne voyait que ieurs grosses têtes chevelues et les pèlerines frangées de leurs carricks. Deux seulement se montraient hardiment; c'étaient Dirck Mellyn, le successeur de Luke Neàté sur les bords de la Moyne, et Noll Noose, da Connemara.

Ils portaient tous les deux le carrick fauve des fermiers du Connaught.

Dirck était uh petit homme d'aspect vif et inquiet, dont lés traits pointus disparaissaient presque sous la grande chevelyre oeltîque. Noll avait un air en-

tribus qu'une recrudescence de fanatisme agite aujourd'hui si fort.

On lit ce soir dans le Messager: « Hier et aujourd'hui, on a fait circuler dans Paris, à la Bourse, des nouvelles qui pouvaient jeter de l'inr quiétude sur l'Algérie. Nous sommes autorisés à \e$ démentir. Le gouvernement n'a reçu aucune autre dépêche d'Oran.et d'Alger que celles qui ont été insérées dans les journaux, et loin da concevoir quelques alarmes pour les environs de cette dernière vilie, il y a tout lieu de croire, au contraire, que la présence de Ben-Salcm sur l'lsser est ce qui a fait supposer qu'Ab-el-Kader, trompant toutes les colonnes à sa poursuite, s'était rapproché du Fondouk.

» Un seul rapport est arrivé depuis ceux qui ont été publiés, et ce rappert rassure complétement sur la province de Constantine, dont on représente la population comme disposée à fort mal accueil Texémir, s'il osait se porter de ce côté., »

La Chambre des Pairs a terminé dans la séance d'aujourd'hui la discussion du projet de loi relatif aux modèles et desseins de fabriques. La suite de la délibération sur les articles n'a point soulevé de question importante. L'ensemble du projet a été voté par 103 voix contre

Deux incjdens ont signalé le cours de cette séance. C'est d'abord M. le comte de Tascher qui est venu lire une espèce de protestation contre le vots de la Chambre, qui, dans une séance précédente, avait écarté la pétition de M. le comte de Sapinaud par la question préalable. Le comité des pétitions, dont »J. de Tascher était l'organe, a signalé le recours à la question préalable, en pareil cas, comme un procédé insolite, un précédent dangereux, une atteinte au droit de pétition. A notre avis, il n'y avait ici rien d'insolite ni d'irrégùljer que l'étrange démarche faite par M. de Tascher au npm du comité des pétitions. Que deviendrait l'autorité de la Chambre si chaque com. mission pouvait venir après le vote remettre en question ce qui a été décidé? La Chambre aurait, sans aucun doute, manifesté son opinion en ce sens, si elle avait été consultée. Mais M. lo président a heureusement coupé court à la discussion, en invoquant l'article du règlement qui interdit toute protestation contre les décisions de la Chambre. Le second incident a occupé plus longtemps la Chambre. Il s'est élevé sur la demande de M. le marquis de Boissy tendant à obtenir l'autorisation d'interpeller le cabinet sur les événemens de l'Algérie. Parce qu'il s'était trouvé deux membres pour appuyer sa demande aux termes du règlement, M. de Boissy et M. Pelet (de la Lozère) tenaient la question pour jugée, et s'opposaient à ce qu'elle fut mise aux voix et décidée par la Chambre tout entière. De là un débat assez long qui a porté sur le texte du règlement, et qui a été marqué par les luttes habituelles dé M. de Boissy contre M. le. chancelier. Cependant la prétention de l'honorable pair ne résistait pas à l'examen. Croirait-on, en effet, que la volonté de deux membres suffit pour engager la Chambre dans une question étrangère à l'ordre du jour? L'esprit comme la 1,-tire du règlement repoussait une pareille interprétation. C'est ce qui a été parfaitement éclairci par M. le président, M. Girod (de l'Ain) et M. Cousiu. Vaincu sur ce point, M. de Boissy, et après lui M. de La Moskowa ont voulu traiter la question d'opportunité. Les courtes observations de M. le président et de M. le duc de Broglic ont suffi pour montrer que la question d'opportunité porterait nécessairement le débat sur la question essentiellé, c'est-à-dire sur celle qui était l'objet des interpellations demandées. Finalement la question a été mise aux voix, et la Chambre a décidé à une grande majorité que les interpellations n'auraient pas lieu.

Les bureaux de la Chambre des Députés ont eu à examiner aujourd'hui deux projets de loi et une proposition, et à nommer trois commissions. Le projet de loi relatif au traité belge et aux modifications à introduire dans notre tarif des douanes donné lieu dans quelques bureaux une longue et assez vive discussion. On sait que le gouvernement propose le maintien du traité conclu en 1842, mais avec des changemens notables obtenus en faveur de noms produits industriels et agricoles, notamment les soieries et les vins, Nous avons publié du reste en totalité l'exposé des motifs présenté par le ministre du commerce à l'approbation des Chambres. Les bureaux ont approuvé en général le projet de loi sous le point de vue politique. Plusieurs membres ont félicité le ministère d'être entré, quoique timidement, dans le système de la liberté des échanges, qui doit dans l'avenir prendre une plus grande extension,

dormi et niaisement malicieux; vous l'eussiez pris pour un maquignon normand, ferré à neuf pour la foire prochaine.

George Montrath était assis sur un divan et mettait ses deux pieds sur une bergère; la fatigue du voyagé récent avait dessiné un cercle plus rouge autour de ses yeux transparents.

Crakenwell avait une chaise les agens inférieurs se tenaient debout, et c'était à qui né pénétrerait point trop avant dans le cercle lumineux qui entourait Sa Seigneurie.

Dépêchons dit lord George en étouffant un bâillement. Maître Crakenwell, je vous prie d'ap.prendre à ces digues gens les motifs qui m'ont fait les appeler auprès da moi.

Milord, répliqua l'intendant avec une affectation de respect sous laquelle perçait une parfaite aisance, je serais coupable si j'avais attendu jusqu'! ce moment, après les lettres si pressantes de Votre Seigneurie. J'ai déjà parlé bien des fois et de mon mieux. Montrath regarda tour à tour les deux fermiers irlandais qui se tenaient en avant de leurs collègues et ramena son œil vers Crakenwell.

Il y avait une sorte de prière dans cette œillade. Mais l'intendant ne l'exauça point; il demeura froid et muet.

Les deux middlemea soutinrent vaillamment, chacun à sa manière, le regard du landiord. DirckMellyn roula ses petits yeux brillans, et Nbll-Noose tourna son chapeau à bords étroits dans ses mains, en souriant tout doucement.

Darrière eux il se fit un murmure timide, Les autres middlemea s'agitaient sur le tapis et avaient la fièvre du respect.

S'il m'était permis de risquer un mot, murmura Noose avec un salut gauche,– je dirais à SaSsigneurie que je ne suis pas fâché de me trouver face a face avec elle. outre l'honneur de lui présenter mon respect. Les temps ne valent rien; n'est-ce pas, ilellyn? Oh! s'écria Dirck, depuis que la monde est monde, on ne vit jamais misère pareille.

Au grand jamais! appuya le chœur des middiemen.

C'est bien vrai! reprit Non, et je présume que c'est le moment de demander A notre bon lord une petite diminution de redevance..

etnous offrir des conditions de concurrence meilleures et de plus vastes débouchés. La durée du traité, portée de quatre à six ans, a soulevé quelque:; réclamations et sur ce point beaucoup de membres ont réservé leurs opinions. Des objections nombreuses ont été failes sur les modifications du tarif des douanes d'après le pouveau traité.

Le'débata étéanimé, surtout entre lesrëprésentans des départemens agricoles et les représentants des contrées vinicoles. Ainsi MM. Ltstiboudois, Delespaul, Corne, de Beaumont (de la Somme) et Peltèreau Villeneuve, ont prétendu que la France reçoit beaucoup plus de produits de la Belgique qu'elle ne lui fournit de produits français, et que la limite des droits pour les fils et les tissus de laine n'offre qu'un avantage apparent et illusoire. L'industrie linière aurait désiré que la limitation des droits eût été réglée sur la moyenne des importations pendant les quatre années, et qu'on évalue à :1' million 500,000 kilogrammes pour les fils et à 2 millions pour les toiles.

Les députés de Bordeaux, notamment Wustemberg etDucos, ont donné une pleine et entière adhésion au projet de loi. Ils ont déclaré qu'ils avaient reçu avec plaisir et reconnaissance les concessions que le gouvernement a obtenues pour les vins, En effet aucune puissance étrangère ne consomme plus de vins français que la Belgique. Sur 84,000 hectolitres que la Belgique reçoit, 80,000 sont fournis par la France.

Nous ne croyons pas devoir reproduire en détail cette controverse entre les intérêts des diverses localités. Ces intérêts ont été recommandés dans les bureaux à l'examen sérieux des commissaires. Nous donnerons seulement le résumé succinct de la discussion qui a eu lieu dans le 7e bureau, où se trouvaient réunis MM. Gauthier de Rumilly et Saglio, rapporteurs des lois importantes sur les douanes et M. Lesliboudois défenseur des intérêts industriels des départemens du Nord

M. GAUTIIIER DE iUjHiLLY pense que le traité signé avec la Belgique serait désastreux' pour l'industrie llnière: On lui permet de faire entrer en France une Quuntllé pltss grande que celle qui a Jamals été introduite et cependant l'an dernier on trouvait que les quantités importées déjà élalent telles que la Chambre devait repousser le traité qui devait consacrer un tel état de choses.

L'honorable membre Invoquole témoignage des députés de tontes les opinions ils diront Que les malheureux tisserands de l'ouest et du nord sont dans la plus grande misère; que le gouvernement leur doit aide et protection, etqn'on ne peut les ssxriuor aux intérêts d'une nation étrangère.

M. sagt.io déclare que les traités commerciaux qui lient la France et la Belgique doivent donner aux deux pays des avantages réciproques. Il pense de plus que industrie Ilnière doit ôtr« protégée en France. Ce sont ces deux pensées qui ont falt repousser le traité r'an dernier mais 11 croit qua le traité nouveau change suffisamment les' faits pour qu'on puisse l'adopter. Ce qui engageait la commission à déclarer mauvais le traité de ce n'était pas le présent, mais l'avenir ce n'était pas la chiffre des fils introduits, m-tisca qa'il pouvait devealr. Or maintenant il est limité, et eu présence de cette Importation la production fran.çaise grandit elle travaillait avec 90,000 broch;s, elle en emploie maintenant 150,000.

Al. Saglio croit cependant qu'il y aura lion d'inirndul' e dans la loi la disposition que Ni. I.os'inoaduis a proposée l'an dernier, c'est-à-dire de limiter ia durée du tanf pro posé; sans cela, à l'expiration du tnitâ, le gouver/ieratut pourrait le renouveler saus l'assentiment des Chambres. M. LtSTinouDOis admet les deux principes qu'a posés M. Sagll-j Il 11 déclare que, lui, le traité fait avec li Belgique ne noas donno pas des avantages réciproques et ne protège pis surnommant l'industrie linière. Que d^vonsnoos m la Belgique ? Lui conserver les faveurs que nous lui avions concedées ;ans les années qui ont précédé l'Invasion des (Ils anglais. Combien ia Belgique introduisait-Hls aUi.s de fils en France ? En moyenne 796,000 kllog, Voilà ce qa'il faut lui assurer. Eh bien! nous lui concédons une importalion de 2 milünna de kilogrammes. Ce n'est pas toul quand la Belgique a Introduit cette quantité, nous lui ro; cédons jusqu'à 3 millions de kilogrammes, (weur miuvcUe non aossi grande, m.is encore considérable. A a millions nons loi concédons encore un avantage alors il est i-tde.fl il. En vérité cependant, lorsque la Belgique Introduit la quantité de fils qu'elle a Introduits dans les années la plas htuieusçs avant I84î, vous celui devons p!us rii a.

Pour les toiies, nous la traitons au.«»i favorablement. Le chiffre que nous lui accordons ne par. ît pes plus considérab !e mais on propose une nouvelle manière de compter les fils, qui lui sera plus favorable et qui équivaudra à une diminution. Il y a entre les gouvernemens des conventions qui modifieront les types des toiles blanchies, ce qui sera encore une diminution. Eofln on ne tient pas compte que les toiles introduites de Belgique en France n'étaient pas autrefois en totalité pour la consommation française. Les toiles belges ne se vendant que sur les marchés, les négocians français achetaient pour les assortir dit les expédier en Espagne, et maintenant h Belgique, fabricant en grand, expédie directement, de sorte que bien que le chiffre da ("In- troductlon soit le même à peu près, l'industrie nationale reçoit en réalité un plus grand échec, et cela sans compensation; car ce que dopne la Belgique n'est qne le retrait d'ordonnances qui étaient une sorte de violation àta conventions antérieures. En résumé, NI. Içstiboudois pause que le traité actuel est une amélioration, et il s'estima heureux d'avoir proposé rVmsndemenl qui a fait détruire l'ancien traité. Mais celui de 1845 ferait éprouver encore, s'il était adopté, de graves lésions Il l'industrie franchise. M. MICHEL CHEVAXIEA a soutenu que le nouveau traité ne stipulait pas assez bien la réciprocité d'avantJgfs entre les deux pays. L'orateur a fait remarquer que sans doute il fallalt que la Belgique nous rendit bon procéié 'pour bon procédé et qu'il avait été nécessaire de le faire sentir à ce jeune royaume mais qu'après tout; les

Dirck Meilyn toussa ot regarda tout au fond de son chapeau, pour ne pas voir Tefftt de ces paroles hardies.

Les agens subalternes soupirèrent à l'unisson et sofirent petits dans l'ombre.

Noll au contraire, continua de fixer sur le lord ses prunelles ternes et niaises.

L'intendant Crakenwel s'étudiait à réprimer un sourire. Lord George bailla.

combien êtes-vous de middlamen sur le domaine de Montrath 1 deoianda-t-il.

Huit, pour le compte do Votre Seigneurie, répondit Noil, depuis la mort du pauvre Luke Neale. Quant à la partie de vos terres qui est gérée par !es banquiers do Londres, je crois bien qu'il y a dessus une demi-douzaine d'agens pour le moins.M. CrakenwôU sait mieux cela que nous.

Et combien vous faudrait-il de diminution ? dit encore lord George. r

Dirck-Mellyn fit un geste de surprise et cessa dé contempler le fond de son petit chapeau.

Le front étroit de Noll Noose eut comme un rayonnement d'espoir,

Que Dieu bénisse Votre Seigneurie murmurat-il d'un, accent dévot je ne sais pas ce qu'il faudrait à Olivier Turner, notre confrère qui est riche rïche! et qui pourrait bien faire un petit sacrifice à son landlord. Il n'est pas ici, le bon garçon! mais Dirck Mellyn et les autres. et moi surtout, par mon salut! nous sommes plus pauvres que Job. une centaine de guinées me forait grand bien pour ma part, Je n'en demanderais ni plus ni moins, dit Meîlyn avec un sourire inquiet.

Les autres dirent:

Il ne nous en faudrait pss davantage!

Toutes ces bonnes gens, qui avaient le costume ordinaire des fermiers d'Irlande, faisaient tout douce- ment leur fortune en pressurant sans pitié l'Hidigence de leurs voisins. Ils tenaient à bail une partie cou- sirjérable du domaine de Montrath, qa'iis sou'«louaient, subdivisée en microscopiques teuancts, à des centaines de malheureux.

En cela consiste le métier «le mtddlema; ou d'à-, gent intermédiaire ektre le seigneur et son fermier La plupart du temps, il existe entre le lord et le