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assuré ]c succès de la stabilisation mo Un ensemble de mesures comme oei*les-ci. comme celles qu'a préconisées le Parti Communiste, permettrait d'ef· fectuer la réforme monétaire sans qu'il en coûtât 'la cl-asse ouvrière, et au contraire à son bénéfice.

Ainsi, ce serait la classe adverse, le, capitalisme enrichi par douze ans de guerre, de spéculatiun sur la misère du prolétariat qui paierait les frais de la réforme monétaire.

On voit qu'il y a deux systèmes de solutions celles de la bourgeoisie et celles de la classe ouvrière.

Ainsi le problème de la réforme monétaire perd son aspect exclusivement technique, pour prendre sa véritable fiffurç- c'est avant tout un problème POLITIQUE.

Oui. la classe ouvrière est, en ̃principe" pour la stabilisation monétaire. D'abord, parce qu'en régime d'instabilité monétaire, elle est sans cesse volée n, frustrée d'une partie du prix de son travail. La dépréciation .de la monnaie entraîne la dépréciation des revenus fixes salaires, traitements. pensions, retraites, rentes, etc. L'expérience, allemande et même l'expérience russe montrent que quel que soit le système employé, salaire-or ou ^échelle mobile, en période d'instabilité monétairë, les travailleurs sont tou- jours victimes des''conséquences de l'avilissement de la monnaie.

Ensuite, 'parce que continuer le révgimc actuel d'instabilité monétaire, ^cst. préparer de nouvelles inflations. Est-il utile de rappeler ce que nous avons ici dit maintes et maintes fois que l'inflation c'est en réalité un prélèvement sur les pauvres ? Est-il utile de répéter ce que nous n'avons cesse de redire depuis trois ans, que l'infla-j lion et l'instabilité monétaire équivn-i lent a un véritable transfert des ri-j «liesses des classes les plus pauvres,! prolétariat et classes moyennes, aux classes les plus riches, à celles qui détiennent les valeurs réelles ? Enfin, comme l'a dit M. Gaston Lé vy, parce que la lutte de la classe ou-pour défendre ses intérêts est en. régime d'instabilité plus difficile, .en raison de la plus grande complexité des phénomènes.

Poûr ces raisons, pour d'autres en- core, les travailleurs sont partisans de la stabilisation monétaire, adversaires d'un, régime continu d'instabilité. Seulement, comme nous l'avons vu, stabiliser, cela pose un certain nombre de problèmes dont les solutions sont Exclusivement politiques. Dans les conditions politiques ac- tuelles, après deux ans d'exercice du! pouvoir, de faillite du Cartel des gau-j rhes, peut-on espérer que des solutions compatibles avec les intérêts vitaux des travailleurs pourront être accep- tées ? La réponse n'est pas douteuse :j c'est non. D'Hcriot à Painlevé, dej Paitilevé Briand première manière,; ct il Briand seconde ou troisième édi- j tion, la régression a été continue, ton-j Et c'est maintenant qu'on demande nu prolétariat de choisir entre la peste! cle l'infiiation et le choléra de la sta- biiisation Entre les deux fléaux, les travail- leurs n'ont pas à choisir. Ils ont à lut- 1er également contre les conséquences. néfastes de l'un et de l'autre système. Quoi Après avoir pendant douze; ans, pillé, volé l'Etat, spéculé sur laj misère publique, après s'être enrichi? aux dépens de la collectivité et plus spécialement des travailleurs et des classes moyennes, Mil. les capitalistes1 viennent et nous disent « L'heure dé' la grande pénitence est arrivée. Ou])lions le passé, Unissons tous les et- forts pour stabiliser, le franc » C'est-à-dire Que les travailleur!5; consentent de nom-eaux saciifu.es. j Nous, nous consentons tout au plus a abandonner l'espoir de nouveaux vols. à condition qu'on légalise nos vols pas, ses

Car, c'est'à cela qu'aboutirait une; stabilisation sans conditions, sans ga-;ranties pour ta classe ouvrière. Les milliards de bénéfices illicite des profiteurs de guerre, des meican-j tis d'après-guerre, le pillage de l'épar-j et des petits rentiers au piofit des; détenteurs de valeurs réelles, les su- per-bénéfices, xccatmulés pendant la pc-i riode d'instabilité par les expoitatoms. j industriels et commerçants, les milliards volés à l'Etat par les banque sous- forme de commissions pour l'é-i mission des emprunts successifs, tout cela resterait 'acquis, 'On passerait l'é-i ponge et une fois la réforme monétai-i rc accomplie, il ne serait plus possible: de faire rendre gorge à cette armée de, voleurs et âe pillards,

Des même resteront acquises les per-[les subies par les épargnants, par les, rentiers, la masse des pensionnes de même resterait acquis aux dépens des travailleurs l'écart entre le pouvoir; d'achat actuel des salaires et le pou-j voir d'achat en

Au contraire, à ces catégories deià; victimes de l'instabilité monétaire, on demanderait de nouveaux sacrifices. Eh bien, les prolétaires n'ont pas, pour sauver le régime bourgeois, à consentir de sacrifices. Ils n'acceptent ni la « trêve du franc », ni l' union sa- crée », ni la cc grande pénitence ». Ils la font la « pénitence » depuis, douze ans. Au tour des autres aujour- d'hui Ce que les travailleurs ont à faire.! ce n'est, pas s'enrôler sous .J'étendard trompcur des stabilisateur, côte à cô-i te avec l'ennemi de classe,- pour abou- j ti.r une réforme monétaire qui ne leur apporterait que désillusions et de"- ceptions. Ce qu'ils doivent faire, c'est former leur bloc de classe, le front uni des ouvriers et des paysans qui leur per- mettra d'arracher au capital, pour cha-i cun des problèmes qui se posent avant, pendant et après la stabilisation, des! solutions conformes à leurs intérêts. Le mot d'ordre des travailleurs ne: peut pas être la stabilisation à lout\ Il ne doit et ne peut clie que stabili-I V. GAYMAN.

.CONSCRITS

Pour les revendications immédiules des conseils et des soldais

Pour l'application immc- > diate du service d'un an Pour la fin immédiate des yiidiTcs du /Maroc "ci de Syrie. Assistez, le 2 Mai 192G*

.\L COXGISES DES CONSCRITS DE LA REGION PARISIENNNE il la Uellevilloisc, 23. rue de ÀlcnJiinotitant. Ouverture du Congrès à \'i h. 30.

(a AFFfC.HEP, DANS LES USINES) Camarades du, l'aiii, suini'il.liisants, diffuse-; les brochures des conscrits, iL la disposition do tous, ÏZQ.çl 100, rue La-

Les manœuvres malhonnêtes de l'accusation

(SUITE DE LA PREMIERE PAÛË)

On pense en Un tj ut*, l'on Vu maihtcnunl entendre les premiers témoins de la de- ftiiSB. 11 n'en est encore rien: 11 y a, pa- l'uîMI. un lémoiu qui n'a pas Ole cit»> grande importance.

Ou introduit à In, bai'fe un petit liotnm.-jl noiraud, courtaud, boutii, uiuitt d'une conrlre moustache, le regard fuyant, C'est, .VI. Delnvenne. le lils'du conseiller municipal réactionnaire bien connu. 1! donne eomniu pi-ofession clerc d'avoué Ce singulier témoin do dernière heure n pourtant lotit vu. tonl enlenUu de la bagarre do la rue Dami-émont. Bien entendu, il est membre de lu ligue univer- Delavenne. Je me trouvais rue du Poteau .cl t'étais venu pur un lari du: •('Arque de Paris quand je via arriver un )ci reconnus parmi eux des membres ries' Jeunesses Patriotes. J'ai vu alors autour ̃ d'eux des ouvriers, ilonl eenuins brun-i dissaienl tics revolvers. Au moment nu la colonne s'engaqeail rue- numrcmopl.\ l'ai vu s,, déploner une. liqne de lirai!- leurs /• vn roulourner par der-\ smmit' par ces emips de feu pâtée, qve.l uinorunl le Jonrtinnncmcni, ,ios armes à j 'eu. je ne pouvais soupçonner ri'in des j ̃'̃'rancais Viraient iluns'lr dos d'autres; l'raucais. Je vis alors les lireurs s'enfuir el. remaniant dans la. rite qui était main-

L'AGENT BREXOT

qni a recouvré suWtemcnt la .mémoire un an après le drame de la rue DamîtMiumt. au lendfiiiiaiu d'une audience lâcheuse liour -racousatlon. I tenant descric, j'upereus Us corps de mes camarades étendus. De toute évidence, ce témoin de derniéio heure ne cherche qu'un seul but: recréer ratmosphère de mensonges des premières audiences. Un moment après.il ira jusqu'à afiirniur que remontant lu rue Daniréinonl. il a reconnu Chasseigne j ralliant 'les Jeunesses Communistes. Mais Torres ne va pas tarder à /ai! apparaître' le véritable1 caractère d'une pareille déposition. Le témoin en effet partis en remontant vers l<i«fue BcttiuvJ. Torrès. Le témoin a pourtant décla- ré l'instruction devant M. Barnaiid que j /̃̃sjireuvs elaienl nariis du côté de Montmartre. Or ce, point est. d'une ̃ tn-irènie importance étant donné que. s Ha al- laienl 'lu eôh' de Montmartre. Hn ne remontaient pas vers les lorliliealhina j comme .l'affirme lu défense. M' Gaulr.V:. •– Le jinje d'instruction j Barnaud a pu se tromper, el écrire Mont' martre au lieu dp Porte M/ml m a. rire. ment abusive, l.e, iu(lc d'instruction Barnaud suit en général ce qu'il écrit et n'a. pas besoin de M' Gaulrat pour inlcrp'ré- 1er les mots tpr il emploie dans une ins-\ irvcl-'um aussi importante. M. Barnaud., s'il avait clé question de. la norle Monl- j martre, aurait écnl porte Monttrmrire. }'oiei un icinoin nui prétend uvoir assisté à tout,, la scène, c'est le seul ni- moin, des faits cirer. M. Oufirlnot. Or ce j dernier, novs savons quel eus il faut en faire, 'et un y este souverainement méprisant1. Reste .M, T)rtavni)e.. Ce Moment de 'ht fusillade. Or Vaecnsalion n'a. pus .voulu le faire citer comme lé- main. Pourquoi l Parer, nue. dans sa dé- nosilion. M. Dclnrone- n di) nu' il axait, ru les lireur;. partir dans deu.r. direelions soulicnl l'accusation. ̃

̃ \Vvocat .£ré.n,éi'.il Râteau. C'est sim- tdement pur suite d'-un otditi veuvcllable cité. Ton-ès. Les- jurés apprécieront à leur valeur, l'OR rct/rcls nt vos oublis.

Le premier témoin à décharge M. Sourcier vient enfin à l'audition des léinuiiis cités par la défense.

Le premier cité est M. Emmanuel Bour- ciei' .rédacteur au journal VOiiuvve. 'J'orré. lui demande si..ayant été le. iiioin deliens, alliés aux Fascistes, français, ont doiuii la mesure do leur amitié pour la Franco, il peut apporter cet égard des cerne l'inlroduclion en France 'd'urines de guerre M. lïmiimnuei comment il a été amené suivre diffé.l'Cii'lus affaires de trafic d'annes. Une première fuis, le. G octobre dernier, il Iî> j frcKilicr-e belge, une camionnette fut ar- j rêléc. il an? l;ic|i:ellc an trouva 0 fusils de swp.iTo alle.aiands et des équipements militaires. Ln caniionni'tto appartenait ,'i un indiislriel (le Lille. Ce dernier, mande d'urgence. offrit ju.-qu'a 200.0IjO Francs aux douiniei'- pour obtenir leur si'encn M. Knimamiel Bourcier s'élonne d'ailleurs (|tie l'iiiÈfruclion ait été si rapide- j ment close. La seconde affaire e-t celle qui se dé-j roula dans l'Aisno. h Lnndrecies, où on yrréln une automobile dans lacpiclle se. trouvaient deux carabines de guerre et' un fu.-ii belge. Ces a raie.* étaient, paraît- il..deMinée- au prince «le Caraman-Chimay et ou duc de Rotum-Cli'ib" qui pré- tendirent i[u'elles étaient deMinccs -l la cli,a??c au chamois. Or ces armes é.toient toutes difl'ércn.'cs de celles qui sont utilisées pour la chasse ail chamois, c'étaient, des fusils de guertc. L'affaire d'ailleurs a donné lie. il l'ouverture. d'une 0 instruction judiciaire qui (raine en loîngiicur. niant le proririmme politique du fascisme italien, n'a-l-it pas l'impression, que le fascisme constitue actuellement dans le' monde, un facteur de guerre ? Le président Laugier et l'avocat g6néral protestent et déclarent que la nuestion pn^ée par Berthon est une question <!c politique extérieure et qu'elle n'a rien. il voir avec le procès actuel. Mai? Berthou l'oit observer ces mes- Ficurs que, à l'audience d'hier ils ont qui'se pissait en Hu-ssic; Etait-ce, oui, ou. pan ds. la politique

Le président Laugier se fâche, tout rouge et déclare qu'il ne veut pas poser une telle question

Torrès. /( est vraiment inouï qu'on ne puisse inlcrrotjer. ici un témoin iur à M. le président que, Li propos de t'alfairc MaltcoUi, la' magistrature française a clé traitée de maqisli-alure pourrie :;nlr Ici se-erélairc, rjénéral du parti fasciste, M. FariniKU.

M. Emmanuel. Bourcier. pour ne. pas j du président, uédarc qu'il ne répondra pus ;i la question do Bcilhon, mais que pour revenir a. l'affaire d'introduction en l'rance d'armes de miewe, it est avère <|u ii y avait ou plus de quinze voyages j d'accomplis, ce qui prouve qu'il existe il différents- coins du territoire de vérita- Déposition de Victor Basch Voici venir M. Victor tëiiieh. vice-président de la Ligne des Droits de l'Homme et professeur iu la Sorbonne.

> Torrès. Le témoin pourrait-il nous dire quel a clé le caractère des violences fascistes exercées eu France dans la rue M. Victor Baseh tient à. déclarer, au début de sa déposition, qu'il ne connaît rien de l'affaire de la rue Danirémont que ce qui en acte relaté dans les journaux. Mais cependant, il pense (s-1 adressaut aux jurés) que tout juge a le devoir de reconstituer les circonstances au milieu desquelles un acte a été commis. M. Victor Basch. Ces! depuis 1007 que la violence a été introduite dans la vie publique en l'rance el érigée en si/stème. El plus précisément depuis le mo- ment où f Action française a été fondée. Il retrace la longue série des exploits des décervelours ̃ île V.lclion française pour en arriver, après une longue série! de méfaits, il russussiuat- prémédita de .taures. Depuis !a guerre, les méthodes Il., ta hauteur d'un dogme, ont fait leur che- min, d'autant plus qu'aucun des crimes ̃jeunes ijens (('Action française aient tou- de braves el. honnêtes yarcons qui je- taient leur gourme, Et. le résultat tî été que peu à pen l'opinion s'est établie en j France que l'Action française jouissait d'esprit réactionnaire el disposées à 'user' des mêmes méthodes que camelots du roî se sont formées les Jeunesses pa- d\tul.res encore. Ces jeunes gens se sonl enrégimentés dans des centuries aveu un vocable riiililairc. Puis, M. Victor Hasch parle des assassinats innombrables qui se sont multipliés en Italie, en Espagne, en Roumanie, en Hongrie.

nI. Victor Baseh. Et devant l'abon(lance de crimes semblables, de crimes fascistes, l'ai le devoir de me demander si de pareils crimes ne justifient pas d'autres crimes, ou tout au moins s'ils ne les expliquent pas. Pour nous, Ligue que toute dc humaine est inviolable et sacrée. Je m'incline devant les corps des hommes lombes au milieu des passions sociales déchaînées, et je souhaite que de cc.s douloureux débats sortent une leçon force à la disposition, d'un idéal. M" Missoffe, montrant au témoin un ordre du jour de :a Ligue des Droits des l'Homme au lendemain de l'affaire de la rue Damrémont, et flétrissant les « crimes demande iL M. Victor Basch s'il approuve cet ordre du jour.

M. Victor Basch déclare que cet ordre du jour a cle rédigé par lui-même et qu'il n'a pas1 changé d'opinion iL son sujet. Pour lui, un crime reste toujours un crime.

M. Ferdinand Buisson C'n passe ensuite it l'audition du président de la Ligue des Droits de l'Homme, M. Ferdihaucl Buisson lui-même. M. Ferdinand.Buisson se fait le défenseur do l'idée républicaine intégrale et de l'idée de liberté, i'our lui, la République n'est pas l'affairé d'un parti, mais elle est l'œuvre de tous les Français. Quant la liberté, il la réclame également pour ses adversaires et pour luimême.

M. Ferdinand Buisson. Mais aujourd'hui, lorsqu'on vient nous vanter les qu-ïlilé-s d'un homme, ses vertus d'organisaieur militaire et de dictateur, je'ne\ puis m'cmpéchcr, ù une telle conception, d'opposer le grand, principe démocratique et celui du régime -des libertés répu- blicaines auquel nous sommes tous si pro-

M° .Missoffe demande alors au témoin s'il approuve une déclaration dans laquelle la Ligue des Droits de l'Homme « flétrit avec indignation l'attentai de la rue Damrémont ». Mais Borthon s'indi;;ne: car .Me Missoffe ne lit que quelques mots de ce texte.

Berthon. Voilà voire procédé. Vous tronquez un texte. IJsez-îe donc en en-\ lier.. Ms .Missoffe. Je n'ai pas le lire en entier.

M. Ferdinand Buisson. ,le ne voutirais pas pourtant qu'on me fasse clin ce que je n'ai pu.s dit. Bien entendu, l'accepte la dêclnralion, mais je ¡'accepte dans son. ensemble. Berlhon. Allons, M« Missoffe. un peu de courage. Lisez-nous donc celle déclaration.

:'IL Ferdinand Buisson. Ce serait en effet, manquer dr, loyauté que de lire seulement une partie- de cette déclaration cl d'en faire étal devant jurés.

Terres. scruil intolérable, que vous lassiez état ici d'un texte tronqué. Et pour sa •̃courte bond', l'avocat malhonnête est oblige de donner lecture de la déclaration tout entière de la Ligue des Droits de l'Homme, laquelle constitue finalement, dans son ensemble, unj protestation contre tes menées fascistes. M. Ferdinand Buisson quitte la barre et Terres le remercie.

Pour ne pas nvler en reste. M° Gautrat vent s'associer il son hommage, mais déjà M., Ferdinand Buisson lui a tourné le dos.

L'évocation de la grève du Havre

On entend maintenant M. Dcscheerder1. ndjoint au maire du Havre. Ce vieux militant, qui depuis vingt ans, a élé à 'u mairie du Havre le représentant de ,îa classe ouvrière, <jst qualifia mieux que quiconque pour venir parler aux juré- du danger fasciste.

M. Descheerder déclare tout d'abord qu'il .est parfaitement exact, qu'un stand (le tir exista an Havre où les jeunes gens' appartenant, aux partis fascistes'exercent tous les jours au tir la carabine et au revolver.

Puis il relate un certain nombre <~li faits qui se sont. produits pendant l'es grèves du Havre:

M. Descheerder. Depuis deux mois, parlait, et tout alla bien tant que le maire occupa les fonctions de. police, mais à la suite d'un incident il fut oblige de se démettre, de ses pouvoirs entre Ici mains du préfet do police do la: Seine-Inférieure. A partir de ce moment, tout alla très mal. Des individus, que personne do nous ne connaissaient, débarquèrent un beau jour au Havre pi se livrèrent tout, les sortes de provocations contre les gréil Il cul des bagurres sanglantes, des coups connaître les coupables. On arrêta des ouvriers .mais 011 fut, obligé de les reuic-li.er, car il fui avéré que ces hommes étaient innocents. Quant, aux véritables coapuJl/lçs. aux: véritables çinçulicis, ils dispa.-

M. GUSTAVE DESCliEERDER

ancien nu.ioint au maire du Havre. y a, deux ans, ont tire sur les ouvriers en grève au Havre. Leurs tonnations, aujourd'hui encore, s'entraînent régulièrement au tir à. la carabine et au re- volver ilaiii un stand rrue je peux vous désigner. Il

SI* l'HARLES-MATiKICE CHENU

On.Détonnerait bien.si on lui -disait Qu'il est, sans le vonloir, iui des meilleurs avocats de la défense.

Surnom « l'homme au parapluie » ou « l'Homme aux onze questions Il se levé.1 Il va peut-être accoucher d'une montagne. aut sait ? ou, c'est pour la solxanto-trelztèniB fois, doncr lecture de l'article du Code. Type d'adjudant ljornc faisant .au 2" classe les sommations réglementaires.

iQue la partie civile n'a-t-cile mis à sa place un phonographe

EMMANUEL BOUECIEÈ

1 Le collaborateur de l' a tEuvro a enquêté sur les importations d'armes par l'îs fascistes contrebandiers sur la frontière belge. « Quand ils ont été pris, dit-il, ils en étaient iL leur quinzième voyage. Cela n'a pas empoché tes juges de correctionnaliser l'affaire, et les coupables n'ont été condamnés que pour fraude fiscale. «

rurent et personne ne voulut jamais les chercher.

¡Puis M. Descheerder relate tin certain nombre d'incidents qui se sont Misses depuis au Havre 11 y a environ trois mois, une réunion qu'il devait présider était organisée par la Ligue des Droits de l'Homme, Il apprit alors que les organisations fascistes du Havre .avaient déclaré «̃ qu'elles empêcheraient la réunion par tous tes moyens, même avec des revolvers ".Pourtant ta réunion eut lieu et les fascistes qui, effectivement, avaient tenté de la saboter furent jetés -i Na ports par les travailleurs indignés de leur' attitude.

.M. Descheerder. El ce jour-là, les I ouvriers du Havre ont donné une leçon 'sévère il, ces perturbateurs. D'ailleurs. \dès que les ouvriers intervinrent dans lu: I bagarra, les chefs fascistes prirent la\ tuile, suivis de leurs, petites Jeunesses. Car ce sont des lâe-lies qui n'attaquent qu'à 10 contre L 1 M. Descheerder continue sa déposition en relatant que les organisations fascisi tes françaises sont en liaison avec une! 1 organisation de fascistes italiens qui s'est récemment constituée au, Havre. Et il conclut, en se tournant vers les ju- rés -o Je. n'ai tragique et aussi immédiat que le danger'. fasciste. » Le fascisme à Nice On entend ensuite -M. Bacchiuloni. Des qu'il est introduit il la barre, le présidu, déclaré que, étant donné qu'un tel témoin va parler des fascistes italiens, il est. inutile de l'interroger.

Torrès. Vous êtes dans l'erreur, M. le. président, le témoin est Français. Il préside même yice une association] d'anciens combattants tes Libérés. El' c'est en cette qualité qu'il va pouvoir] Vous apporter sur l'activité des fascistes italiens dans tes Alpes-Maritimes des précisions qui nous paraissent singulièrement importantes.

M. Bacchiuloni. A Nice, je puis vous déclarer que nous vivons sur un véritable volcan. Les [ascisli's s'organisent' mi- litairement et no dissimulent nullement leurs intentions..Vous sommes même quelques-uns qui sommes particulière- ment visêjs àl menacés.

Et. .tomme derrière te téinuin des; avocats, réactionnaires font mine de s'es-^ claffer.

̃M. Bacchialciri.. S'il, y a ici des fas- solini ei qu'ils naus laissent tranquilles en France.

El il reprend sa déposition. Il montre le danger que représentent -simplement, au point de vue national les fascistes italien.1-- ¡\'[ce,.

Ils réclament A'ï'cb comme ̃une dcrre « irredenlc ». il ne se passe pas de jour où leurs provocation^ ne se produisent. Si un jour, dit-il, la population ni- eoise se, révolte, si lu sang coule, eu:r,\ seuls en seront responsables. Berlhon. Des fascistes en. armc$'nc.\ jusqu'en teenloi.i-1; français pour s'emparer d'Italiens antifascistes ?

Baccliialoni.– C'est ̃parfaitement exact et novs n'en sommes plus à compter te nombre de pareilles expéditions en territoire français.

Berthon. Les fascistes italiens n'a.f[ivmenl-ils pas couramment qu'ils veulent faire la loi dans la. Méditerranée. ? Ne parlent-ils pus ouvertement d'annexer Mec, la, Corse, la Tunisie ?

Baccliialoni.– C'est' parfaitement exact. Aussi la ppuulafiqo. niçoise, &HM_ Vl&z^

moi, qui suis un pacifiste, je suis prêt s'il le Paul Louis

parle contre le fascisme Voici maintenant) Paul-Louis. Terres lui pose une question précise l'uurcluoi les travailleurs de ce pays ont-ils unej telle haine à l'égard du fascisme Paul-Louis. On, ne pourrait en effet comprendre In fusillade de la rue Dam- j rémont si on omettait de faire état àc, ce que représente le fascisme international. La fascisme, en effet, sévit dans tous les JJOJ/S.- cl si jusqu'à présent, il. n'a pu prendre pied en France, c'est à cause de l'ulliliid.c énergique de la, classe, ouvrière. Paul-Louis entreprend devant tes jur0s un véritable cours sur les raisons profondes du fascisme italien, sur son évolution, sur le danger qu'il représent'] gouvernement chef de. bmidc. Mais si en 192:2 le fascisme a, pu prendre, Jlomc, c'esl parce que le de.i camions. C'est alors qu'a, commencé poiir la. malhe.ureuse Italie une des pé- his- toire. De loulcs les libertés c[iic cunua-i'| sait jadis la dêmoi-ratie italienne, une seule a subsisté celle d'assassiner. Paul-L-ouis montre alors lu montée internationale- du fascisme travers le monde. Il relaie un certain nombre de crimes qu'il a mis h son actif et il conclut « Comment s'étonner que, la, clas- se, ouvrière, lorsqu'elle a vu que. 0' clo.il le fascisme qui a aballu ses chefs, se dresse violemment clans tous les pai/s contre, le, fascisme, et en. vérité, dans une telle, action, la classe nuvriè.re ne se. défend, pas seulement, elle-même, elle, défend, encore les principes de i-ivilisaiinn les plus élémentaires de nos démocraties républicaines. »

Nous avons vu tout il l'heuru un avocat qui tronquait îles textes. Nous allons maintenant eu voir un autre qui utilise des faux. Cet avocat faussaire n'est autre, d'ailleurs, que M8 Gautrat, dont nous avons, il différentes reprises, montré le triste rôle dans tout ce procès.

Me Gaufrât. Le témoin est-il au courant du discours .prononcé :par V; dépuié; socialiste Spinasse le 27 janvier H)23 ?

Paul-Lùuiis. Je connais ce discours cl je, dois vous déclarer que je ne suis I nullement d'accord, avec M. Spinasse. Et comme je crois comprendre d'après votre question que vous cherchez à établir un parallèle 'entre l'Italie fasciste cl la Russie des Soviets, je -vous déclare que ce parallèle, pour lo-u.i les gens de bonne foi, est impossible à établir.

j Ma Gautrat bat. alors en retraite sur ce point, mais c'est pour revenir à la charge.

Où le faux apparâît Me Gaulrat. Je voudrais savoir si M. l'aul'Louis sa solidarise avec la rédac- lcur de {'Humanité qui écrivait le 2U janvier que «. Avec des hommes comme M. Spinasse, on ne discute pas, on les abat les armes à H main. » Or. comme nous le démontrons par article que nous donnons d'autre part, M0 Gautrat a odieusement uélormé le texte qu'il incrimine. Cela donne une mesure de sa loyauté

Mais de son côté, Paul-Louis ne se prête pas il la manœuvre malhonnête de l'avocat de la partie civile, et iil déclare qu'il lui est impossible de se prononcer sur une seule phrase, mais' qu'il attend que M° Gaufrât lise l'article en entier. Ce dernier hésite, ergote, mais, somme de s'exécuter, il donne lecture d'une partie du contexte. Or, une telle lecture l6urne forcément à, sa confusion v car lavérité transparaît. Si bien 'que,: îi-énonçant même à donner lecture de l'article, il s'arrête tout court, rouge d.e .honte et de confusion. Et comme Torrès. d'un ton narquois, lui demande de continuer et d'aller jusqu'au bout, Mo Gaufrât croit utile de piquer sa crise. Il se lance avec fureur dans un long galimatias où il patauge de la façon la plus p-rotesi-pie. Le voici historien, le voici moraliste! c'est un comble !) En- définitive il se montre tel qu'il est.

Le président Laugier vient il la rescousseet d'un ton sec

Président- Laugier. ̃ Voyons, témoin, cle que vous n cité M° Gaulrat. Paul-Louis. Mais, monsieur le Président, U m'esl impossible de me pronon- cer, élant donné que d'après ce que j'ai entendu cet article comporte deux pas- sages absolument contradictoires.

Le faussaire en: est pour son faux. C'est, au tour de Berthon de questionner te témoin.

Berthon. Monsieur Paid-Louis, dont i personne ici ne déniera les compétences ,1'/ les capacités d'historien et de ihèori- j cien socialiste, peut-il me dire si à l'he.u- i ve. actuelle le fascisme ne lui ̃paraît pas I constituer un clément certain de guerre. Paul-Lo'uis. Mais, c'esl de toute évidence.

L'avocat général Hateau qui, selon! la définition donnée l'autre jour pnr i Torrès, manie merveille et mélange le j ;pathétique et ]e pathos, pose alors au j témoin la question suivante: Avocat général Bateau. Le témoin i qui est effectivement un théoricien éclai- dire si le gcslc de ces hommes (mon- | trnnt Clerc' et Bernardon) ne pourrait pas être, e-epliqué par le concept de, la lutte, de. classe, pur cette, déchéance de j l'idée (sic1; dans des' cerveaux chatnbardés par les 'ioptûsmv.s vébu'<eu.i: (le- ̃ l'Evangile de Karl Marx (sic). Paul-Louis. H. y a plus de 60 ans, j Monsieur Va-voccU général, que Karl j i Mar.r a formulé fe concept, de la Utile île ̃ classe. Mais dois-je vous rappeler que ce même principe de la lutte des classes a et a dressé l'un contre .l'autre le Tiers- Etal el la | révolutionnaire n'esf que l'élève, de la, \au point de vue révolutionnaire. Berlhon. Le témoin ne, pensc-l-il pas contraire, que, dans les milieux j oi(i:nVr.<t <tux s'instruisent cu.r-mêmes et parmi lesquels Clerc, a travaillé, el où l'on suit si attentivement les événements inlcrnalionau.r, des ouvriers ne pou- vaient vas avoir devant le fascisme, international, conscience de se défendre, con- tre un danger terrible.

Paul-Louis. C'est évident. El à rc proléliariat qu'on accuse cl'f.he. inle.r- national, son (wnne.iir est justement d'être inlrrnaliànal. D'ailleurs le. tase.i.jnc, lui aussi, est international. M. Mu»so-\ Uni n'invile-l-il pus cher des mélhodes ? Four Ernest Lafont, on est en cas de légitime défense devant les fascistes Le dernier témoin entendu est Ernest Latent. Ace témoin Torres pose la question suivante ̃< Kst-il au courant, des liaisons entre fascistes [rancais et f,s- listes italiens ».

'es frontières. » ̃' Puis il donne de longs, et minutieux détails sur les mélh'odes- et. l'Organisation des fascistes italiens en l'rance". Il relaie commis en ierritoires français pas les fascistes italiens; montre l'activité deiiK'.reinent, les viola lions de frontières sont innombrables, des incidents, multiples ao.nl DrqvQqués ijar las incursions des

Chemises noires, des nssommades sont c(i!Viinises par eux, non- seulement sur des Italiens anfiUiscisics réfugiés vu l-'rîiriee, ninis encore .sur des citoyens français. Et pour conclure, il al firme italien organise en l-'ruuec une véritable puliec d'espionnage.

leçon d'honnêteté que .iui a donnée le témoin precéilenl, croit pouvoir prendre il tombe cette fois- la encore bien mal. précédente, M. Ernest Lufont avait produii de semblables affirmations. Or il a nest Lu font étaient inexactes.

à M' CSantrul. d'outrance un témoin. (Et comme le président Laugier proteste) M" Gaulrat. m'a dit e.rpn.'ssémcnt que j'avais lail -un faux témoignage, Ce ne remarque, d'ailleurs que, vous êtes ¡OUjours ù, celle, barre, soit par aptitudes-, soit, par profession, lorsqu'il s'ugil de o.é-

porte, ici les cléments de ccrtiluae. F.l comme Berlhon lui demande s'il pense, que le fascisme représente un clari- fier

Ernest LaXonV. Le fascisme est un danger déjà proche. C'est volontaire-

M. DELAVENNE GUSTAVE

masque de prognathe, penche agressivement sur la barre, a oublié d'apporter la matraque qu'il maniait avec tant de dextérité aux Sociétés Savantes contre Sarloul c-t ses amis. Il vient, à la demande de l'avocat général Qui n'en voulait pas tout d'aJjoi-d, « interpréter la déposition qu'il a faite i l'instruction devant M. Earnaud. M. Delavenne appartient à une famille de militants: sus ueux frères sont camelots du roi lui-même est jeune patriote Le père, conseiller municipal, est un militant de la S.Ï.C.K.P., si nous osons dire.

ment que les autorités n'ont pas [ail toute la lumière sur les menées fuseisles en l'1'ancc cause du chantage exercé par certains groulKcmenlSjvemement dansf-nn montant où -la s'iiùalion financière est,- 1res compromise; Mais je sai; que le danger fasciste préoccupe, vivement le ministère de l'intérieur. Et en ce, qui me concerne, si je me trouvais en face de fascistes, dans certaines conditions, à certaines heures^ dans certaines rues, je me considérerais en étal de légitime défense. »

En vain, les robes rouges s'agitent et les avocats de la défense, 'dont Me Chenu, de plus en plus carotte. L'impression profonde produite par les dernières paroles d'Ernest Lafont ne peut-être effacée, et le président Laugier n'a d'nutres ressources que de renvoyer il demain la suite de l'audience.

Marcel FOURRIER.

AUTOUR DU PROCÈS au banc de la partie civile

Depuis le, premier jour du procès, un avocat de la partie- civile, M« aGutral, s'efforce, pour excuser les violences: des Jeunesses .'par-iules, de prouver que le Parti co'inmunisic .emploie s-ystciiialiquement contrôles adversaires les pires violences.

Po'iiii- cela, entre au'trcs taux fournis par tes officines d'émit;Té,s, il brandit devaut chaque témoin un exemplaire do l'Humanité du 2'J janvier 1925, dans lequel, commeiiit-a-nl le discours prononce la veille1 n la Chambre par Bpinasse, nous aurions éenit que l;i mort était la seule sanction que méritait le détracteur de la Russie des -Soviets. On voit d'ici les eil'ets de manches que l'avocat du fnscis'ine a pu tirer de cet'c lecture. Par malheur pour lui, nous allons prouver qu'il est un individu malhonnête, el que non contenj, de se servir des faux fabriqués par un c->loricl liiaza'iiof. M" Gaufrât a tenu montrer qu'il n'étai' pas inlcrieuir dnns ce, senre aux ma'.fajleiM-s des officines de Riga et d'Helsing- l'oi-s.

nité cité chaque jour pur M° Gautral Las gouvernements bourgeois qui ont du reconnaître la Htissie révolutionnaire n'ont point renoncé à l'abattre. Pour Il sion militaire avec la manœuvre diploma- tique et les tentatives de décomposiion du pouvoir prolétarien. 'Xous ne. répondrons dus au discours du colistier âe M. Queuilic. On ne, polémique pas avec tes gardes-blancs de la bourgeoisie, on les abat les armes à la main.

On ne discute pas avec un Spinasse On organise, pour renverser la classe qu'ii représente, le régime qu'il incarne, les larges niasses de la classe, ouvrière. (Au service de la bourgeoisie, les « socialistes » veulent imposer à la Russie rouge « l'ordre » capitaliste.) Humanité, i'J janvier 1925.

M' Gaulrat, né malin, dit seulement Spinas'sa ou l'abat les armes à la main.

On conviendra que pour une malhonnêteté, elle est dé -taille.

Qu'avons-nous écrit

1" Que la Russie révolutlonnùire, alla.quée par les armées blanches, u le droit de se défendre par les armes

i° De même, dans les:, autres pays, et en Franco notamment, on ne discute pas avec les agresseurs perfides de la ['.évolution russe, alliés la bourgeoisie: contre eux. on organise les masses ouvrières pour abattre le régime. Et c'est la meilleure réponse il leur faire. A 'cela, nous n'avons- rien à reprendre. La défense pourra il son gré interpréter les textes et en laireie commentaire. Ici, nous 'voulons seulement marquer qu'un avocat, n'a pas craint., pour faire condamner, deux hommes, deux innocents, dc falsifier lionteu-ement des textes et de commettre un véritable faux. Méprenant une expression de l'avocat général qui lui va comme un gantnous lui disons aujourd'hui «"Quelle irai, vous soiiii'cz d'ici déshonoré. » F. M. -̃

Le procès en cours et la presse

M. Georges Claretie, du Figaro, qui est peut-être le chroniqueur judiciaire le plus documenté de l'heure actuelle, e|, dont l'expérience des assises est déjà longue, rédige l'un des comptes rendus les plus substantiels de la presse parisienne. Celui d'hier met bien en relief la déposi- tion capitale de notre camarade ̃Chasseigne. La partie civile s'efforçait de démontrer que le communisme est prêt réaliser son programme de guerre civile.

« Mais les jeunesses patriotes, répliquait M0 Tot-rès, ont leurs centuries. Elles vont même dans les stands s'exercer au tir.

Préparation militaire. Sport, répnndait M» Misoiffe.

Danger pour les citoyens, continuait IIe 'I-orrès.

Voilà- en quelques mots. le résumé de l'audience d'hier. A la barre un militaire. II a l'air énergique sous cet uniforme qui lui va fort bien. Mais il ne doit cependant pas l'aimer, car le témoin n'est autre que M. QiasseigiïG, qui fut secrétaire des Jeuicsses commimistes. Il vint ie 2o avril à ta réunion de M. Sabatier, réunion contradictoire dans laquelle il prit la parole. Les Jeunesses patriotes, dit-il, semblaient venir ainsi nous combattre dans les quartiers ouvriers et s'y conduire en inailres. Plusieurs centuries, nous le sal'ions, avaient été mobilisées.

Ghasseignc parla à cette réunion On a prétendu que j'avais r-té violent. Or, j'ai simplement dit que les Jc-u- ncsses patriotes organisées militairement, patrouillant et niarcliaiil par quatre, étaient une provocation. Semant le veut, elles ont récolté la tempête.. En résinné, notre parti n'a aucunc responsabilité dan.s les bagarres de la rue Damrcnionl, toute la responsabilité retombe sur le lias de M. ï'adltingcr.

!IL i'ayocat général Râteau V devant lui uji chef du parti communiste. Un jeune homme y>r-dcn.t, énergique, intelligent, M. Georges Clarelie. narre le dialo- gué vif des deux hommes. L'avocat généra! lout arrive oppose, comme le font habituellement les anarchistes, la liberté a la dictature du prolétariat. Il s'appuie sur un discours de Jaurès,.

« En Russie, riposte Chassoigne. toutes les. libertés qu'on pouvait maintenir on.6 été conservées. Mais il y a eu guerre et agression contre les Soviets. Alors, on a pris des mesures de rigueur. Il y communiste:? récure- actuelle dans les prisons du monde entier. Lu Ilus-sie, elle, veut la liberté pour tous. » Dans le Gaulois, M. Félix Belle a fnit hier un compte rendu objectif dans lequel rien n'est omis de ce qui peut être favorable à la défense. Nous ne saurions en dire autant de plusieurs feuilles qui se recomman- dent des Droits du l'homme et de la démocratie. Celles-ci, au, surplus, semblent nourrir à l'égard du communisme, depuis qu'il rallie, à ses mots d'ordre un nombre de plus en plus grand d'exploités, une hostilité croissante. Les luttes sociales futu, res se dérouleront entre fascistes et communistes. La confusion centriste, qui s'appuie à la fois sur la conservation sociale et la démagogie verbale s'effondrera ianiëritàblèmerif! '.bu" ne saurait concilier deux'causes exclusives l'une de l'autre. Il vous faudra choisir entre les mussoliniens et les bolcheviks, 0 prétendus démocrates Ce choix, le. Quotidien voudrait bien l'éluder. On n'est pas pour rien l'organe du clan de Wendel.

Vh'ro Nouvelle ne peut nier l'évi- dence.

« .Nous entendons ensuite, écrit son rédacteur, M. LouisGas'ton Vicier de Soligny.

H commandait une centurie le 23 avril c'est un tacticien. 1'1 forma dovan-l la tribune sa troupe en demi-cercle, dirigea le service dans la salie. Ce jeune duir-à-cuii-re a la peau dure il a reçu des coups de matraque, de marteau, des coups de pied, do poing et de canne. Il doiit avouer ensuite qu'il existe dans les centuries .un groupe athlétique, des stands de th' pour~Jesqueis Me Mcsoffe a déjà donné un challenge. « On continue donc préparer la guerre ? » constate un défenseur. Passons

Le Temps, Inen qu'organe de la grande bourgeoisie, accorde il la déposition essentielle de Chasseigne la place qu'elle merl,') dans ce procès, où s'affrontent communiâtes et fas- cistes. L'Action Française, aimée, juge sans aucune sympathie les communistes. Le ton toutefois ne depasse pas celui de Y Avenir? de M. Emile Bure. Mais ces feaiUes sont presque aussi négligeables que la Victoire, d'Hervé.

Dans le Nouveau Siècle, M. René Johannet, historien fantaisiste, s'efforce de montrer ..que les a gens d'aujourd'hui ressemblent connue êtes frères à ceux du passe alors que la France efait divisée en Armagnacs et Bourguignons.

a Hue Dainrémonl, dit-il, l'histoire apparait sous son véritable jour. Il n'y a plus de Bourguignons, créatures du roi d'Ang!c!crrc, mais il y a des socialiste» plus ou moins unifiés, des communistes qui, inlassab'einent, font le jeu de l'Allemaignc, le jeu de la Russie contre -la société française.

Aujourd'hui comme il ysa des ccnlai- ne- ct des centaines d'années, les patriotes trouvent en face d'eux des Français qui pen-soiil (1 étranger »,'qui, consciem- ment ou nu'onsc.icnuu.c-nt, s'appuient sUr l'étranger, l'ennemi, parfois, afin de sa- lisfairo leurs rancunes, dût la patrie en éclater. » Zl. Toujours la burlesque, histoire de ̃– P « Antifrance » (sic). Ces écrivains" fascistes prennent décidément leurs lecteurs pour des imbeeiles qui s'ef- forcent d'identifier les intérêts de la Grande Industrie, du Haut .Négoce et de la Finance internationale avec ceux de la France tout entière. Certes, il y a deux France celle des ouvriers et des paysans, exploitée i1 merci comme aux temps de ia Féodalité celle des riches, qui voudraient assurer la pérennité de leur inique domination par le fer et par le feu, comme les bandits fascistes d'Italie, leurs modèle».

La fête de solidarité

des Métallurgistes de la R.P. Rappelons que c'est vendredi, prochain que sera donnée- au profit des victimes du Comité des Forgea la dernière représentation de Quand les gueux vou- d-n-nl. avec le concours de l'Harmonie Ouvrière, à -la Grringe-aux-Bellcs.

Les communistes se doivent do réjioiidre nombreux au devoir de solidarité au- quel ils sont conviés.

Ainsi, ils s'éduqueront, s'amuseront et! j>és, ̃̃: ̃̃–̃- .̃'