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1/Êeole des snobs Mm Golf

parente d'Henri Heine, à dépenser une partie de sa fortune en faveur des soldats français blessés, et internés en Belgique (1), auxquels lui-môme prodiguait les plus tendres soins.

Ces gestes gallophiles étaient chez lui d'autant plus courageux et méritoires qu'avant i870, ses origines françaises lui avaient plus d'une fois valu.l'accusation d'être une « créature » de la Cour impériale. Il est vrai que, par compensation, lorsqu'il fit adopter le canon se chargeant par la culasse,un antimilitariste forcené, le député C. lui avait

Prié

Alors, vendu hier à la France, vous 'voilà aujourd'hui vendu à la Prusse? A quoi Chazal, aussi prompt de parole joue d'épée, de riposter

S'il est vrai que les grandes puissances m'attribuent assez de valeur pour m acheter, je certifie qu'aucune n'offrirait 4e $/, C. la somme de dix centimes!

Depuis longtemps, notre esprit public a changé. Il n'y a plus, en Belgique, que quelques pitoyables énergumenes pour ne pas comprendre qu'un grand cœur «st capable de loger l'amour de deux patries: celle de son passé ancestral et celle les hasards de la vie lui ont fait porter ses racines et qu'il a été conduit a aimer à l'égal de l'autre, par l'hospitalité qu'il en a reçue et par les services mêmes dont il l'a payée.

Ce qui n'empêche que sa mémoire soit encore victime de certaines vieilles rancunes de caractère local et mesquin. D'où le choix du camp de Beverloo pour l'érection de sa statue, alors que l'emplacement désigné pour pareil monument était Bruxelles, la capitale, au milieu de toutes les effigies des fondateurs de notre indépendance. II faut bien effleurer cet épisode pénible pour expliquer que les barons Chazal, les deux fils survivants du général (dont un autre fils mourut glorieusement au lexique, pour l'Empereur Maximilien), ont refusé d'assister à la cérémonie d'aujourd'hui, estimant que le lieu choisi pour l'apothéose paternelle est un lieu d'exil avec « mise en pénitence posthume ». En revanche, je puis vous annoncer que les deux barons Chazal sont décidés à élever à la mémoire de leur père un monument encore plus durable que la statue dé Beverloo par la publication (avec la collaboration possible de l'historien Ernest Discailles, l'éloquent biographe de Rogier) de sa volumineuse et puissamment révélatrice correspondance avec Léopold Ier et tous les dirigeànts de Belgique et fe Frarice, pendant une des périodes les plus troublées du dix-neuvièmë siècle. Devant ce monument-la, le défilé des admirateurs sera incessant et innombrable.

Le ministre de la guerre, le général Hellebaut, qui a prononcé le discours d'inauguration, a fait un éloge vibrant du général Chazal, mais se garda de toute allusion à la protestation de ses fils. On s'attendait à une déclaration sur le service personnel le ministre n'en a rien dit, et son silence indique que le gouvernement n'est pas encore décidé. à efl'ectuéï cçtfei réforme.

C'est par une coïncidence non-voulue, et pourtant curieuse qu'en même temps que la statue de Chazal à Beverloo, on a inauguré à 'Dînant celle de l'expressif et exubérant artiste et écrivain Antoine Wiertz qui fut plutôt contempteur de l'influence française. On peut considérer comme une manifestation d'antimilitarisme plutôt que de gallophobie la toile fameuse où Wiertz montre Napoléon Ier aux enfers, outragé et maudit par les femmes, aux poings nenacants, auxquelles son épopée sanglante a coûté leurs maris, pères, frères ou enfants.

Mais, dans les boutades de ses brochures où s'étale, comme dans sa colossale peinture, un génie parfois limitrophe de la folie, Wiertz exprima directement et furieusement ses préjugés gallophobes, ou tout au moins sa révolte contre la dictature magique du Paris artistique et littéraire sur les Belges.

Il dut être de ceux qui regardaient de travers le général Chazal. Mais ce n'est assurément pas cette tendance qu'ont honorée aujourd'hui en lui,. à grand renfortde musique, ses concitoyens de Dinant. Ils ne seraient pas wallons, autrement. Ils ont voulu saluer, en son effigie coiffée du provocant feutre a la Rubens qu'il portait comme un défi -la grandeur des aspirations esthétiques et humanitaires d'un artiste exceptionnel. Gérard Harry

LES DONS MAGNIFIQUES

L'ouverture du testament de M. Charles Drouet, le célèbre collectionneur, ménageait aux amis de nos musées d'agréables surprises.

Par ce testament olographe, M. Drouet lègue au musée du Louvre un des chefs-d'œuvre de Murillo, le Prisonnier cinq paysages de John Constable, « à choisir, écrit le donateur, parmi les tableaux de ce grand maitre que je possède » six tableaux de William Turner, dont M. Drouet laisse également le choix aux conservateurs • du Louvre; enfin, la fameuse Vue du Palais ducal et de la Piazzetta de Venise, qui passe pour l'une des toiles les plus caractéristiques du talent de Richard Parks Bonnigtoni

Ce n'est pas tout. Par codicille en date du 5 juillet 1907, M. Charles Drouet fait encore en faveur du Louvre les dispositions suivantes

Je lègue, pour la section réservée aux dessins originaux et estampes japonaises (dans les salles faisant suite à la collection Grandidier), les soixante kakémonos les meilleurs de ma collection japonaise. Ces kakémonos, peintures sur soie ou sur papier, sont roulés, ou, en assez grand nombre, sous verre.

Je lègue également les 150 ou 200 meilleures estampes japonaises de ma collection, ainsi que mes poncifs japonais, dont un assez grand nombre sont du plus grand intérêt artistique. Je charge M. Miseon, conservateur au Louvte, de choisir ces difl'érentes pièces.

M. Charles Drouet ne borne point là ses libéralités l

Au musée du Luxembourg, il lègue une peinture de James Whistler, et le portrait de son oncle Antoine Jecker par Carolus-Duraa, .daté 4e Rome, 1803; à la 'Bibliothèque

nationale, pour le cabinet des estampes, son portrait à l'eau-forte par James Whistler; à l'Ecole nationale des beaux-arts, sa collection de dessins des maitresdes écoles anciennes italienne, flamande et hollandaise; au musée des arts décoratifs, un médaillon en bronze de Jaluka Capri,1867, et au musée de l'armée une statue en marbre de Jeanne d'Arc, dont il est lui-même l'auteur.

D'autre part, un superbe portraitdefemme par Velasquez est offert au musée du Louvre par le peintre Loutrel, qui laisse à la Bibliothèque nationale ses gravures et lithographies, au musée d'artillerie une collection d'armes anciennes et modernes, et aumusée des' arts décoratifs des faïences, cuivres, verres, bois sculptés, coffret,et guipures. Quelques libéralités testamentaires intéresI sant des établissements scientifiques ou do bienfaisance sont encore à signaler M. Lanen, ministre plénipotentiaire, lègue 100,000 francs à la Société astronomique de France, 100,000 francs à la Société de géographie et 100,000 francs à la Société d'assistance par le travail M. Plaee-Cauton, sa maison de MézR'res à -la Société des artistes français; Mme Gradé, nùo Barbier, 200.000 francs' à la commune de Saint-Maur, pour la créationou l'extension d'un asile de vieillard».

PROCHAINS CONGRÈS

A Washington la Tinte Dans quelques jours, partiront pour les Etats-Unis deux ou trois cents Français, presque tous médecins, qu'attire là-bas un grand congrès scientifique ou plutôt un grand devoir social rappeler à l'opinion publique de tous les pays la nécessité de la lutte contre la lui .< ulose, étudier entre savants et hommes d'action les meilleurs moyens de prévenir la grande maladie populaire. Ne vous y trompez pas il faut qu'ils soient de très braves gens, ces médecins de tous pays, pour continuer ainsi la lutte malgré la nonchalance des gouvernements et les sauts de l'opinion publique, tour à tour-vous l'avez constaté ? '? enthousiaste et charitable, puis craintive et injuste à l'égard des nouveaux pestiférés, puis de nouveau insouciante et imprudente.

Leur chef d'aujourd'hui, le président de la Fédération française des œuvres antituberculeuses et de notre délégation aux Etats-Unis, le doyen Landouzy, définissait l'autre jour, à Clermont, à propos du centenaire de l'Ecole de médecine, le rôle de ces médecins modernes Aujourd'hui le praticien ne reste plus confiné dans l'étude et la guôrison des malades. Il entreprend la lutte contre les fléaux du temps présent: la tuberculose, l'alcoolisme et la syphilis.

N'est-ce pas le médecin, par l'éducation hygiénique donnée dans toutes les écoles,

par l'enseignement de la puériculture, par la

prévention des maladies évitables, par la codification de l'alimentation, de l'habitation, du travail et du repos; n'est-ce pas le médecin qui peut le mieux, fortifiant la société, améliorer le sort de l'individu et de l'espèce ? "Et l'ardent' propagandiste concluait,.

Gh. Dauzats.

réclamant pour les étudiants en médecine une forte éducation d'un long commerce avec les Humanités »

Aura-t-il jamais trop do pénétration d'analyse, de puissance do déduction, de vigueur clans te jugement, aura-t-il jamais trop de bon sens,trop de force morale,le médecin, homme de science et praticien, à qui les individus, les familles, comme les collectivités, viendront demander les règles de vie physique et morale, saie ?

Voilà bien pourquoi,. M. Landouzy en tète, ces médecins français, au lieu de chasser en France, iront travailler aux Etats-Unis, où les attire le congrès international de la tuberculose, successeur du congrès que Paris reçut en 1905.

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Les Américains ont vu grand. A real wovld's congress On y va en navire spécial les travaux dureront trois semaines trois villes recevront tour à tour les congressistes, et l'argent, l'argent abonde. « Ne pas savoir dépenser pour une cause, c'est avouer que cette cause ne peut pas faire recette et personne alors n'y croit », m'écrit un ami de là-bas. Des prix de 1,000 dollars sont donc promis à la Société privée qui aura le mieux lutté contre la tuberculose depuis 1005, au meilleur type de sanatorium, le meilleur modèle de maison ouvrière, etc., etc. Et que de médailles Une Exposition sera ouverte du 21 septembre au 12 octobre. Et surtout des visites sont organisées, qui montreront au congressiste Vautre Amérique, en probe travail scientifique, et son ingéniosité bienfaisante.

Les « barnums » seront les hommes de cette active association nationale contre la tuberculose, si jeune, si forte. Je feuillette son troisième rapport annuel.

Ce qu'il fallait avant tout, disent-ils, c'était une agressive campagne d'éducation. Notre peuple ne sait pas. Nous avons donc mis tout en œuvre pour faire créer dans chaque Etat une association autonome de prévention de la tuberculose. Déjà, tout l'Est est conquis quant au Far-West et au Sud, moins atteints peut-être, leur tour viendra. Les deux tiers des villes de plus de 100,000 habitants ont des comités spéciaux; les petites villes ne restent pas en arrière. Au total, soixante-quatorze associations et comités sont affiliés à l'association nationale.

Tout cela s'agite, écrit, conférencie, expose. L'exposition est le procédé d'éducation préférable et préféré. En quinze mois, les expositions circulantes d'objets, images, cartes, préparations, etc., ont attiré dans 16 villes, 372,000 visiteurs et déjà plusieurs villes ont des expositions permanentes. Le président Roosevelt a d'ailleurs mis tous les services d'Etat, les postes notamment, au service de la propagande.

D'autre part, seize Etats ont des sanatoria, presque tous nationaux, et le nombre des dispensaires est déjà considérable.

De l'enthousiasme partout, partout de l'énergie, s'écrie le Secrétaire de l'Association. Il y ena tanf(ajoute-t'il même),

que nous voudrions voir un peu plus d'ordre et de persévérance

On peut donc penser que le Congrès sera chaud, vibrant, exciting.

Les congressistes passeront d'abord trois jours à Philadelphie où, se réunira du 24 au 26, la septième conférence de notre association internationale contre la tuberculose, que présida Brouardel et que préside aujourd'hui Al. Léon Bourgeois. L'Institut Henry Phipps, qui fait de si belles recherches antituberculeuses, recevra les membres de l'association, puis l'on écoutera des propositions, on émettra des vœux, on s'adressera, une fois de plus, au gouvernement! Après quoi, du lundi 28 au 3 octobre, le congrès proprement dit siègera à Washington. Sept sections se partagent l'ordre du jour pathologie et bactériologie, étude clinique et thérapeutique, chirurgie et orthopédie, tuberculose infantile, tuberculose au point de vue social et économique, contrôle par l'Etat et les municipalités, tuberculose chez les animaux et ses effets sur l'homme tout y sera dit.

Et ce sera dit, en partie, par des Français. Les communications scientifiques françaises seront nombreuses. Le groupe lyonnais notamment, toujours si actif, envoie des travaux des professeurs Arloing, Lépine, Lacassagne, Nicolas, Courmont, etc.

Les communications plus « sociales » abondent aussi. Nos compatriotes parleront du traitement économique de la tuberculose (prof. Brunon, de Rouen), du sanatorium des instituteurs (M. Leune), de la tuberculose infantile (J. Comby, J. Teissier, Nobécourt et Tixier, Weill et Péhu), du danger des tuberculeux méconnus (J. Héricourt), du rôle de la loi (Boureille), du rôle des associatiGns de la propriété bâtie (communications, qu'il faut remarquer, du président de la chambre syndicale des propriétaires de la Seine) etc.

Enfin, des conférences publiques seront données par des Européens, et trois d'entre elles par des Français.

Le doyen Landouzy a pris pour titre « Cent ans de tuberculose (1808-1908)»,et je devine ses larges généralisations, les hardiesses de ses images et de sa syntaxe et sa confiante générosité.

M. A. Rey (un nom qu'il faut connaître) est l'architecte dela Fondation Rothschild, un enthousiaste lui encore, mais très pratique à ses heures, qui transforme à petits coups toutes les idées en cours sur les conditions de l'habitation populaire, rompant nos façades, insolant toutes les pièces, bouleversant l'usage et l'apect des escaliers et des toits. Il parlera précisément du « Rôle de l'habitation ».

Le 26 septembre, à Philadelphie, le docteur Albert Calmette entretiendra les Américains des « procédés de diagnostic précoce de.la tuberculose ». Ce sera l'une de ces lucides démonstrations d'expériences bien faites, l'un de ces exposés tout simples et français, d'une incomparable autorité, qui valent à Albert Calmette, dans nos Congrès, l'auditoire le j

Par FORAIN,

plus attentif. Il dira, j'imagine, le succès de son élégante solution du plus troublant problème médical, le dépistage de la tuberculose en chacun de nous; puis, montrant combien l'application du piori cédé aux tout petits, combien cette j goutte de tuberculine instillée sans i danger dans l'œil des enfants, peut révé1er de futures détresses à qui les peut encore prévenir, il décrira tout naturellement, avec l'œuvre française de préservation des enfants, ses propres sauvetages de pauvres mioches du Nord, au sanatorium de Montigny. Et j'ai bien idée qu'ainsi, discrètement, à la française, cette conférence scientifique deviendra très touchante.

Ces médecins laisseront là-bas une bonne idée du « pays », de là-bas ils rapporteront «au pays» plus d'enthousiasmé encore et des projets nouveaux. Vraiment, ne sont-ils pas de très braves gens? Edouard Fuster.

LA TOILETTE DE PARIS

Projets d'hier et d'aujourd'hui Paris n'a pas assez d'eau. Là est la grande cause de la saleté de Paris. La s;-i tuation est d:autant plus grave qu'en 1896, Paris ayant manqué complètement d'eau potable l'été, les ingénieurs soumirent au Conseil municipal un programme de nouvelles adductions qui devaient répondre aux besoins de la consommation, au moins jusqu'en 1920. Le directeur d'alors, M. Humblot, disait en octobre 1896 qu'il entendait mettre l'approvisionnement d'eau de source au niveau des besoins et l'y maintenir jusqu'à un avenir reculé. Il ajoutait que l'eau de rivière faisait également défaut, ce qui obligeait à réduire les lavages et les arrosages de la voie publique, et même à suspendre la marche des fontaines monumentales.

L'Exposition de 1900 approche, écrivait en- core M. Humblot. On ne voudrait certes pas montrer aux nombreux étrangers des rues boueuses, couvertes de poussière et salies par les détritus de la circulation, non plus que des fontaines taries.

Les intentions de l'administration étaient donc excellentes. Malheureusement le programme des travanx qu'elle fit entreprendre était pour le moins insuffisant, puisque lés rues boueuses, couvertes de poussière, nous les vîmes en 1900 et que nous les voyons encore et toujours, tout aussi sales et boueuses. Or, c'est le sytème de l'approvisionnement par petits paquets, qui nous vaut cette disette d'eau et, par répercussion, les fontaines taries et les boulevards, à certains jours, inabordables. Nui ne veut plus de la méthode qui, si on la continuait, laisserait sans cesse Paris au-dessous de ses besoins. Les conseillers municipaux se sont émus. Ils sont décidés à prier l'administration de ne plus retomber dans, ses derniers errements, dans ce qu'on appelle « l'erreur des ingénieurs », depuis que la municipalité de Nevf-York a fait exécuter des- travaux.