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Monsieur Piégois ALFRED Gapds.

La Vie de Paris: Le tournoi international d fleuret: Jehan SEPTIME.

Le roman du capitaine Tamburini: G. Davenay. Le roi et la reine d'Angleterre en France: THOMAS. e

Petit bleu de la Côte d'Azur: LE CHEVALIER PRINTEMPS.

A l'Etranger Champs, de barons Eugène LACTIER.

La guerre russo-japonaise DE Betre. Le Sénat: Le budget A.Wampse.

Autour de la politique André Nancey. Gazette des Tribunaux Tribunal de la Seine Le plaideur malgré lui: HENRI VARENNES. Dessin A La Renaissance Monsieur Piégois: DE LOSQUES.

Les Théâtres Renaissance Monsieur Piégois EMMANUEL ARÈNE.

La Vie artistique Absène ALEXANDRE.

Monsieur Piégois

Nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs un morceau charmant de l'œuvré nouvelle d'Alfred Capus. On sait le beau succès de Monsieur Piégois. Cette comédie si belle et si variée contient des scènes de puissante émotion; d'autres, comme celles que nous publions, sont d'une gaieté ravissante un tel mélange est bien la juste image de la vie. e

Piégois, le directeur du casino de Bagnèresd'Oron, vient'de retrouver son ancien camarade de collège, Lebrasier. Ils se souviennent du passé. Voici Emma, l'amie de Piégois, enchantée de la rencontre.

Ces admirables scènes ont été magnifiquement interprétées par Mlle Cheirel (Emma), MM. Guitry (fiégois) et Guy (Lebrasier).

AC-TEPREMIEE i

SCÈNE VII i

PIÉGOIS, LEBRASIER, EMMA

Lebrasier, apercevant Emma, stupéfait. Ah! bien.

Piégois, riant. Elle a un peu engraissé, n'est-ce pas?

EMMA, reconnaissant Lebrasier. Lebrasier L.. Ah quelle chance (Elle va à lui et lui serre la main.) Vous me regardez. Je me suis remplumée, croyezvous ?. Vous, vous n'avez pas changé. Lebrasier. Oh oh

EMMA. Mais non, vous êtes toujours le même. Que je suis contente! que je suis contente Tant pis il faut que je vous embrasse. Vous permette^ ? (Elle l'embrasse à trois ou quatre repnse'sjpn voilà une surprise Dites, Lebrasier, vous vous rappelez la petite chambre? Lebrasier. Rue Notre-Dame-deLorette.

Emma. Nous parlons souvent de vous. du temps où on dînait à vingtdeux sous. C'était' le bon temps tout de même. Vous n'ayez pas 'oublié ?..v Ce soir, j'espèr.e que je vais yous faire dîner un peu mieux. car vous dînez avec nous. Si vous refusiez, ce serait un crève-cœur' pour "moi. Vous. acceptez, n'est-ce pas?. Comment ça se fait qu'on ne vous a jamais revu?

Lebrasier.– -Ce n'est pas de ma faute? Emma. Oui.- c'est nous. Hein y en a-t-il du changement?. Mais vous voyez, on est toujours nous deux. On vous racontera ça ce soir. Qu'est-ce que vous allez faire jusqu'au diner?. Venezvous aux petits chevaux avec moi ? Lebrasier. Non. Je vous demande la permission. j'ai envie. Vous allez me trouver stupide.

Emma. Mais non, mais non.

Lebrasier. J'ai envie d'aller jouer centsous.aubaccara.Centsousquime sont rentres d'une façon providentielle. c'est peut-être une indication.

EMMA. .Ça .en est une sûrement. Lebrasier. Je n'ai pas joué au baccara depuis le quartier Latin.

Emma. Allez, allez, Lebrasier. Faites comme chez vous.

Lebrasier, à Piégois.' Si je te disais que je suis très ému à cette idée! C'est là-haut, le baccara?

Piégois. Tiens, là.

(Il lui indique l'escalier.)

Lebrasier. A tantôt, madame. EMMA. Comment, madame.

LEBRASIER.- A tantôt, chère amie. Emma. Appelez-moi Emma. Je parie qu'il ne se souvient plus de mon nom ?. Bonne chance i

Lebrasier, montant l'escalier. C'est stupide d'aller là dedans. Je me rends compte que c'est stupide.

̃-̃̃̃• (II disparaît.)

SCÈNE VIII,

PIÉGOIS, EMMA

Piégots. Avant d'entrer aux petits chevaux, tu ne sais pas ce que tu vas faire, ma petite Emma, si tu es bien gentille Tu vas enlever ce chapeau et en mettre un autre.

EMMA. Qu'est-ce qu'il a ce chapeau? Il n'est pas bien?

Piégois. II est superbe, mais il est deux fois trop haut. Porte donc des chapeaux plus simples! Et puis, cette robe ne va pas avec. Et puis prends l'habitude de mettre des gants blancset non des gants de couleur. Combien de fois t'ai-je dit tout ça?

EMMA, subitement navpée. Je vais changer, alors?

Piégois. Je t'assure. tu as une tendance à t'habiller d'une façon trop voyante. Et dès que tu t'habilles simplement, au contraire, tu deviens tout de suite très comme il faut. Allons, va 1 Emma. Ne me bouscule pas. D'ailleurs, j'étais sûre aujourd'hui que tu me bousculerais.

Piéoois. Quelle enfant Et pourquoi ? ? EMMA. C'est comme ça chaque fois que tu as rencontré une femme qui' te plaît- ̃

Piégois. Moi, j'ai rencontré une femme qui me plaît?

Emma. Oui, mon loup.

Piégois. Et où? Je serais curieux. EMMA. Dans le train.

Piégois. Dans le train ? 2

Emma. Ne fais pas celuï qui cherche. La dame qui est montée à l'embranchement d'Orthez. qui s'est assise à l'autre bout du wagon, et qui s'est mise à lire.

PiÉGOië. Je ne me la rappelle pas du tout.

EMMA. Malin, va!

Piégois, riant. Et elle me plaît, cette dame-là ?

Emma. –Ferme!

Piégois. Et à quoi l'as-tu deviné ? •Emma. A ton œil. et à ton nez, mon loup. Tu penses que je te connais! La dame est descendue en même temps que nous, et elle a oublié sdh livre sur la banquette. Et toi, en passant, tu l'as glissé tout doucement dans ta poche, le livre, ce qui fait que quand tu la rencontreras, tu pourras le lui rendre et ça vous fera un sujet de conversation. Veux-tu parierque tu l'as dans ta poche, le livre?. veux-tu parier? (Elle fouille dans la poche de son veston et en sort le livre.) Mais comme je ne suis pas méchante, je te le rends.

(Elle le remet dans la poche de Pié-

gois.)

Piégois. Et tu trouves ça extraordinaire ? >

Emma. Moi? je trouve ça tout naturel, mon chéri.

Piégois. Une dame que je ne reverrai probablement jamais!

Emma. Si, tu. la reverras. D'autant plus que tu sais qui elle est. et qu'il y a au moins huit jours que tu la suis partout. Oh! c'est une femme du monde, celle-là, il n'y a pas d'erreur. Elle est habillée mieux que moi. avec plus de goût. Si je l'avais connue plus tôt, j'aurais pu prendre modèle sur elle. Oh 1 je le sais, et tu n'as pas besoin de me le répéter; si souvent, je ne suis pas un type dans le genre de Mme de Maintenon.

Piégois. –Voyons, Emma, ce n'est pas sérieux cette scène-là?

Emma. Non, c'est pour rire.

Piégois, Tu as envie de pleurer. Emma. Ne t'en occupe pas.

Piégois. Tu sais bien que je ne t'ai jamais fait de la peine et que je ne t'en ferai jamais.

Emma. Ça, c'est vrai. Quand tu me trompes, jamais je ne le sais.

Piégois. Alors, si tu ne le sais pas, comment peux-tu croire?.

Emma. C'est mon' affaire. Enfin, quoi qu'il arrive plus tard, et il en arrivera des choses, forcément, tu pourras te vanter d'avoir eu une bonne fille qui n'aura pas eu un tort vis-à-vis de toi et, qui n'aura songé qu'à te faire plaisir. Piégois. Tu me feras encore plaisir tant que tu voudras.

Emma. Nous verrons. mais on ne discute pas avec des pressentiments. Piégois. –QuQue superstitieuse tu

fais; ̃̃̃̃̃

Emma, Dans toute fetnme: qui aime, il v a une tireuse de cartes.

Piégois, riant. Et qu'est-ce qu'elles te disent, les cartes?

EMMA. Ce que je savaisavantelles. que le jour où tu- t'emballerais sur une femme d'un certain genre etd'un certain monde, très différente de moi, sur une femme distinguée et fine, que ce jour-là je n'aurais plus qu'à disparaître! Penses-tu que je ne devine pas ce qui se passe dans ta tête?. Je n'ai aucune éducation, mais pour comprendre les choses qui menacent leur amour, toutes les femmes se valent. Je t'ai vu désirant des cocot- tes oudesbelles fillesqui passaientauprès de toi et qui t'aguichaient, mais j'avais beau être jalouse sur le.moment.au fond je n'étais pas inquiète et je ne souffrais pas trop. Je savais bien que tu me reviendrais vite parce qu'il y a tout de même entre nous ce qu'elles ne pouvaient pas te donner, et quant au reste, je te le donnais aussi bien qu'elles. Alors, j'étais tranquille. Mais aujourd'hui, ce n'est plus ça. Il n'y a plus de lutte possible. Elle a tout ce qui me manque. Piégois. Qui, elle? '?

Emma. Mme A.udry. (Mouvement de Piégois.) Elle s'appelle Mme Audry, Henriette, de son petitnom. Elle est veuve. C'est la sœur de ce banquier, M. Jantel. Je l'ai regardée beaucoup et je vais même te dire une chose très curieuse. Je ne la déteste pas. Il y a une telle différence entre nous! Ma seule chance, c'est qu'il v a aussi pas mal de distance entre vous deux. Seulement, ce n'est pas une chance, car si tu l'aimes et qu'elle ne veuille pas de toi, tu souffriras, et je ne serai pas plus avancée.

Piégois. Je t'assure que tout ça est fou Ma vie est arrangée avec toi. Nous sommes heureux autant que nous le pouvons et dans la forme d'existence que les événements nous ont imposée. Quand je t'ai fait la cour dans ta famille et que je t'ai prise avec moi.

EMMA. N'oublie pas de dire quej'étais sage.

Piégois. Inutile de me le rappeler. Oui, je savais ce que nous risquions tous les deux, les devoirs et les responsabilités que je me créais.

Emma. Ça, oui. On dira de toi ce qu'on voudra. mais avec les femmes, tu es un honnête homme.

Piégois. Ne te tourmente donc pas. Nous sommes pour longtemps ensemble tous les deux, et probablement pour toujours. Et un matin qu'on aura le temps on se mariera, comme je te l'ai promis. Emma. Oh ce n'est pas le temps qui manque. Bien vrai, tu n'aimes pas la dame?.

Piégois. Bien vrai.

Emma. Elle te plaît, tu ne peux pas dire le contraire, mais tu ne l'aimes pas, tu me le jures ?

Piégois. Je te le jure. Et même si j'avais la bêtise de l'aimer, n'aie donc pas peur. Elle n'est pas pour moi. EMMA. -=- Ça- n'est pas ça. -qui me ras-

surerait. Car si vous n'êtes pas du même monde, évidemment tu es plus près d'elle que de moi. Si tu crois qu'il est difficile de s'apercevoir que tu es bien au-dessus du métier que tu exerces! Des fois, je t'entends causer et je me dis que tu as dû recevoir une rude instruction. Et quand on dit des bêtises devant toi, tu as une façon de sourire. Tiens! comme en ce moment. Tu ne regrettes jamais rien ? PIÉGOIS. Jamais.

EMMA. Et si c'était à recommencer, tu le ferais?

Piégois. Je le ferais. Mais, je t'en supplie, va changer de chapeau. EMMA, se dépêchant en riant.- J'y vais, mon loup. (Elle sort à droite.) Alfred Capus.

LA VIE I>E PARIS

Le Tournoi international de fleuret

Le Tournoi international d'escrime au fleuret, pour professeurs, organisé par le Cercle de l'Escrime et des Arts, s'est terminé dans l'enthousiasme. C'est aux applaudissements répétés de la foule élégante qui garnissait les loges et les gradins du Nouveau-Cirque, hier, soir,, qùe M. Ad. Tavernier, président du jury et du Comité d'organisation, a proclamé la victoire éclatante du maitre français Kirch- hoffer.

Les épreuves avaient commencé vendredi et, chaque jour depuis lors, dans la salle d'armes du Cercle de l'Escrime, puis dans le cadre plus vaste du Nouveau-Cirque, les assauts succédaient aux assauts.

Quarante maîtres environ, d'une réputation consacrée par des succès nombreux et notoires, y représentaient l'Angleterre, l'Autriche, la Belgique, la Hollande, l'Italie, la Serbie, nos grandes villes de province, Paris. Huit d'entre eux devaient seuls, d'après le règlement, prendre part à la poule finale. C'est dire l'émulation qui, durant cinq journées, a présidé aux luttes des éliminatoires. Je tiens tout particulièrement à mentionner, parmi les tireurs de mérite que la fortune n'a point favorisés au cours de ces rencontres initiales, et dont le talent, cependant; s'est imposé à l'attention et à l'estime de tous, le professeur anglais Mac Pherson, le Serbe Néralic, les Belges Selderslagh et Verbrugge, escrimeurs d'une valeur incontestée, qui n'ont succombé que de peu, l'excellent maitre italien Galante, qui s'est classé très honorablement dans la demi-finale, les adjudants Haller, Pantin, Cléry, Anchetti, MM. Bergès, Lurbe, Filippi, Samiac, Denel, Bourdon, Borringes, Kùentz, enfin M. Bourdette, professeur à Saint Sébastien, élégant, savant et loyal.

MM-. Gasser, Kirchhoffer,' Molinié, Rabau, Ramus, Rossignol, de Smedt et Weysi, que je nomme ici par ordre alphabétique., composaient hier la finale, qui, devant mettre chacun d'eux successivement en présence des sept autres, comportait de la sorte vingt-huit assauts. Ceux-ci étaient de sept' minutes, %a. soirée n'y. eût point suffi, Aussi une partie des rencontres a-t-elle.étè disputée par avance au Cercle de "l'Escrime, l'après-midi, ̃ Sept victoires ont valu, la première .placeà a. M. Kirchhoffer qui, dans l'ensemble mème.,de,s épreuves, a triomphé de tous .ses .adversaires. Sa magnifique passe d'armes contre M. de Smedt a été la dernière de la séance, ? Très chaudement disputée, elle a passionné toute la salle.

L'adjudant Rossignol, du 12e escadron du train, vient ensuite. Gêné par une vive douleur à la hanche, il s'est assuré néanmoins la seconde place, après avoir lutté avec succès contre MM. Ramus, Gasser, Molinié, de Smedt, Weysi et Rabau. Tireur agile et fort, son âpre combativité, son jeu serré, les séries de contres dont il couvre ses préparations, et d'où l'attaque, de temps à autre, jaillit impérieuse et sévère, sa science approfondie des armes, en font un terrible adversaire c'est un maitre de la toute première valeur. Le troisième est M. Rabau, professeur au 7o de ligne, à Anvers. Je louerai son talent exercé, avisé, adroit; sa main ferme et subtile; sa tactique, qui sait être hardie ou prudente à propos. Il a pris successivement l'avantage sur MM. Weysi, de Smedt, Molinié, Ramus et Gasser.

M. de Smedt, maître d'armes de S. A. R. le prince Albert de Belgique, se classe, après lui, quatrième. Energie, souplesse et persévérance dans l'action, tempérament, clairvoyance et savoir sont les caractéristiques de son jeu. Il a d'ailleurs la réputation légitime d'un escrimeur de premier ordre. Il a soutenu, contre MM. Molinié, Ramus, Weysi et Gasser, des assauts victorieux.

M. Weysi, professeur de la Societa degli artisti et patriottica, à Milan, est cinquième. J'ai souvent applaudi, au cours de ces épreuves, la pureté et la science de sa méthode. Il tire dans un style remarquable, est un très difficile adversaire, et a fait preuve, durant tout le tournoi, d'une loyauté, d'une correction, d'une courtoisie qui lui ont valu d'unanimes sympathies.

Ce sont ensuite le maréchal des logis Gasser et l'adjudant Molinié, deux tireurs entraînés et redoutables, qui sont sixièmes ex œquo. avec le professeur Ramus; ce dernier a tiré quoiqu'il fût très souffrant.

La victoire de M. Kirchhoffer est certes parmi les plus brillantes dont un maître éminent puisse ambitionner le succès. Le sentiment qu'il a de l'instant propice à l'action, l'énergie de sa décision, son aptitude aux déplacements rapides, son étonnante vitesse, et de jambes, et de main, son jeu complet, sobre et précis où tous les mouvements sont utiles, où l'attaque de pied ferme et l'attaque en marchant, la riposte, la contre-riposte, le temps, atteignentune perfection également redoutable, son jugement exercé, pénétrant et sagace, la haute valeur de sa méthode, ne se sont jamais mieux manifestés qu'hier. Partout et con-, tre tous, sa supériorité s'est accusée avec éclat. Nul, au cours des épreuves, n'a réussi à l'égaler. Depuis le premier jour, tous ses assauts ont été des triomphes. Les escrimeurs français sont fiers d'un tel champion. Le jury, que MM. Chevilliard, Ad. Tavernier et Hébrard de Villeneuve ont ̃ présidé successivement, se composait en outre, de MM. Albert Fevericfc, Horià Rosetti, Everts, capi-

taine Sénat, Théophile Legrand, Dillon-Kavanagh. Il s'est acquitté de sa mission délicate avec une compétence, une impartialité et une autorité auxquelles nous sommes heureux de rendre hommage.

M. Berteaux, ministre de la guerre, M. Doumer, président de la Chambre des députés, M. Baudin, ancien ministre, assistaient à cette réunion.

Le Tournoi qui vient de, finir est triennal; une épreuve analogue, aura lieu dans trois :ans. Nous nous bornons à émettre le vœu que l'organisation en soit alors aussi parfaite, le résultat aussi fécond. M. Ad. Tavernier, le très .distingué président du Cercle de l'Escrime et du Comité du Tournoi, et M. Georges Breittmayer, secrétaire de ce Comité, ont apporté, dans la réalisation de leur projet, infiniment de .compétence- et l'esprit sportif le plus éclaiié. Ils y, ont' trouvé une occasion fort peureuse de propager le goût des armes, par le spectacle passionnant, qu'ils offraient à leurs invités; ils ont, en outre, irréfutablement prouvé, en expérimentant publiquement la nouvelle manière de compter les touches les coups étaient valables sur tout le torse jusqu'à la ligne des aines et sur le bras, entre l'épaule et la saignée que l'escrime au fleuret peut élargir le cercle de conventions qui l'enserre et se rapprocher de la réalité pratique sans rien perdre de sa pureté, de sa finesse ni de son harmonie; ils ont concouru de la sorte à la préparation d'un rapprochement possible entre deux armes .̃sœurs, faites très certainement pour s'entendre sur le terrain de la science, de la mé- thode et du. progrès.

'^Leur effort est couronné d'un plein succès. Outre l'émotion des luttes admirables auxquelles nous avons assisté, les escrimeurs lui doivent une expérience très significative, doublée d'un enseignement précieux.

Jehan Septime.

Echos

ç La Température

La dépression du nord-ouest s'est déplacée jvers- l'est. La pression barométrique s'est re(tfevée en Irlande où elle atteint 765mm; hier, à jj?aris, le baromètre, en baisse pendant la nuit, Stationnait à midi vers 760mm, par une jourjiftée nuageuse, fraîche et à grand vent.. i; Des pluies sont tombées sur le nord et l'ouest du continent; en France, il a plu à Besançon, à Dunkerque, à Brest, à Paris. Sur nos côtes, la mer est houleuse sur la Manche, agitée' vers la Bretagne, belle ailleurs.

La température a monté sur les Pays-Bas et l'Allemagne. Elle était hier à Paris 100 audessus de zéro à sept,heures;du matin, et 130 à trois heures de l'après-midi.

.Départements, le matin, à sept heures ̃ Au-dessus de \éro': à Dunkerque, 60 à Bou- logne, go à Cherbourg, 10° à Brest età^orient, 12°' à Biarritz, io» à Nantes, 120 a Rochefort, 100 à Bordeaux, 70 au Mans, .8o à Limoges, iioà à Clermont et à Toulouse, 40-. Nancy et à Besançon, 90 à Lyon, 130. à Perpignan, 120 à Cette, 130 à Marseille, il» à Nice, 140 à Oran, 20° à Alger, 14? à Tunis. Russie. A u-desso;us de \è,ro:. à Saint-Pétersbourg, 20 à Moscou. En France, des averses sont probable's avec abaissement de la température; le soir-' à-Pa-"ris, le baromètre était à-7&3i"nî "• Du New' York Herald -"̃ x :5 A Berlin Beau/Températureà midi, 100. A'New-York Nuageux, brumeux orages suivis de pluie. Température minima, 70, maxima, io°. Vents variables, assez' forts. Baromètre instable.

A Londres Beau. Température, ̃:• minima,, 80, maxima, 13°. Vent nord-ouest faible. Baromètre 757mm en baisse.

Les Courses

Aujourd'hui, à deux heures, Courses à Auteuil. -r Gagnants du Figaro Prix du Pré Catelàn Sans Culotte II, César II.

Prix Persono Charlotte II, Amaryllis II. Prix Saxifrage Alkestys, Loufoque. Prix Black-Rose Frosdorphe, Chochotte.

Prix du Chêne-Capitaine Chochotte, Lointaine.

Prix Chimère Glaucos, Jue.

LE CONSEIL MUNICIPAL ET LE BARON HAUSSMANN ^>y M. Quentin-Bauchart avait proposé <K au Conseil municipal de décider qu'un monument serait élevé au baron Haussmann. Cette proposition a paru scandaleuse au conseiller chargé du rapport, M. Lampué, socialiste. Et le motif de son indignation, c'est que le baron Haussmann fut préfet de la Seine sous Napoléon III et l'interprète des idées de l'Empereuren matière d'embellissement. Est-il possible, s'écrie M. Lampué, que l'on songe sérieusement à cette chose: la « glorification d'un impérialiste sous un régime républicain? »

Quel singulier état d'esprit Et com- ment peut-on être politicien à ce point? M. Lampué et ses pareils sont tellement obsédés par la politique, qu'ils la voient partout, la fourrent partout, et ne conçoivent même plus qu'il puisse exister des questions où elle n'ait que faire. Où M. Lampué prend-il que ce soit à cause des opinions politiques du baron Haussmann que l'on ait songé à lui dé,cerner les honneurs d'une statue ? Le baron Haussmann était impérialiste, en effet, et, à cette époque, il n'était pas le seul! La France l'était avec lui! Mais ce n'est pas en qualité d'impérialiste que l'on proposait de le glorifier.,

Le nom du baron Haussmann est inséparable de l'histoire de Paris. Il a transforiné l'aspect de la ville; il l'a embellie et adaptée aux nécessités de la vie moderne. On peut dire que le Paris d'aujourd'hui est l'œuvre du baron Haussmann..

Qu'y a-t-il de spécialement politique dans la tâche qui consiste à percer des rues et des boulevards, à détruire de vieux quartiers sordides et malsains, à augmenter la richesse, l'élégance et le confort d'une grande capitale, en donnant-de l'air aux habitants et en- taciîitant la cireulatio n ?.. L'administrateur- qixi a rendu de" tels

services à toute une population a droit à la reconnaissance publique, quelles qu'aient été ses opinions.

Plus que tout autre, quoi qu'en dise M. Lampué, un Conseil municipal républicain et libre penseur devrait être assez tolérant, assez exempt de préjugés pour rendre hommage à des mérites éclatants, sans s'inquiéter de savoir à quel parti appartenait l'homme qui en a fait preuve.

Personne assurément, si la majorité radicale-socialiste qui siège à l'Hôtel de Ville avait voté une.statue au baron Hausinann, ne l'aurait accusée de bonapartisme On l'aurait simplement soupçonnée de largeur de vues 'et de bon goût. Ce soupçon lui sera épargné.

r A Travers Paris

Le Président de la République et Mme Loubet, accompagnés du général et de Mme Dubois, de Mme Abel Combarieu, de M. et de Mme Henry Poulet et du capitàine de vaisseau Huguefc, sont allés hier après-midi visiter à la galerie Georges Petit l'exposition des pastellistes. Ils y ont été reçus par MM. BienvenuMartin, ministre de l'instruction publique Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts, Roger Ballu, président et des membres du Comité. M. Paul Doumer, président de la Chambre, était venu également saluer. M. et Mme Loubet, et il a suivi la visite ainsi que MM. de Selves, Lépine, Lichtenberber, etc.

Dès son entrée dans la salle d'exposition M. Loubet a été agréablement surpris en reconnaissantun très joli paysage de la Drôme, représentant le Rhône près de Montélimar, et il en a vivement félicité l'auteur, M. Nozal qui a su exprimer tout le charme de ce site pittoresque. Il s'est arrêté longuement devantl'admirable portrait de MmeSegond-Weber, par René Gilbert, dont l'acquisition par l'Etat a été immédiatement décidée; et devant les œuvres de Guirand de Scévola, Lévy-Dhurmer, Léandre, Billotte, Thévenot, Eliot, qu'il s'est fait présenter 'et qu'il a complimentés.

Le Président e't Mme Loubet ont visité ensuite, dans une,salle voisine, l'exposition du peintre Chigot, dont M. Loubet possède, au château de Mazenc, trois tableaux commémoratils de ses voyages en Russie et en Angleterre, et qui lui furent offerts l'an dernier, à Arras, par la Comité du Nord de la France. M. Dujardin-Beaumetz leur a montré là une œuvre de cet artiste, Château sous la neige, acquise le matin même par l'Etat, pour le Luxembourg, et qu'ils .onJLfort admirée'.

M. et Mme Loubet sont rentrés à; trois heures à l'Elysée. •-

LL. AA. RR. le duc et" la duchesse de Connaught,qui reviennentde Rome avec leurs filles, sont attendus ce soir à Paris. C'est également aujourd'hui que-doit arriver S. A. R. le prince Gustave-Adol-, phevfïls aînê'^u prince- hëritiei?' de Suède. ̃:• '̃̃ Le prince Gustave-Àctolphe des-cendra à l'hôtel Bristol.

"'IC'~

ATAcadémie française. La succession de M. Eugène Guillaume n'est pas encore ouverte, officiellement. Toutefois il semble. dès maintenant certain que deux candidats seulement se trouveront en présence:. M. Etienne Lamy, l'éminent directeur du Correspondant, sur le nom duquel un groupe d'académiciens serait disposé à affirmer ses protestations contre la politique religieuse du gouvernement, et M. Maurice Barrès,,le délicieux écrivain auquel on doit tant d'eeuvres dont quelquesunes sontdesmanières de chefs-d'œuvre. Notons néanmoinsqu'il estaussi question de M. Edmond Haraucourt, le charmant poète de l'Ame nue et de Seuls.

-oxa..

M. Oliveda vient de reprendre ses cours. Ce professeur du lycée Carnot fut, nos lecteurs le savent, l'objet d'une agression qui ne rappelait que de loin la bataille d'Arbelles.

Après quelques jours de convalescence, le maitre rentrant parmi. ses élèves a, parait-il, reçu d'eux le meilleur accueil. Voilà un incident clos un poing, c'est tout.

Depuis quand est-il d'usage, chaque fois que nous avons la grippe ou le mal de dents, de déclarer « C'est la faute au gouvernement »?

Nous aurions cru que ce refrain eût été de tous les temps. M. Brunetière nous apprenait hier qu'il date surtout du dixhuitième siècle. C'est depuis lors qu'au lieu de chercher en nous-mêmes la cause de tous nos maux, nous avons trouvé plus commode d'en accuser la société, et qu'il y a dans tout raté l'étoffe ou l'avorton d'un révolutionnaire.

L'orateur a fait ressortir avec beaucoup de force l'erreur, selon lui essentielle du siècle de Rousseau, et qui consiste à faire de la question morale une question sociale.

Emoi chez les peintres du dix-septième arrondissement de Paris. Ils ont reçu avant-hier les feuilles de con tri bution pour leurs ateliers. Les majorations sont énormes par rapport à l'année dernière. Dans une maison de la rue Bayen, un peintre qui en 1904 avait satisfait le percepteur avec 17 francs, se voit réclamer 78 francs pour un atelier d'un loyer de 550 francs! Sur le même .palier, une jeune femme peintre qui paye le même loyer que son voisin, esttaxéeà 76 francs. Un sculpteur qui verse 950 francs à son propriétaire, et à qui le percepteur ne réclamait que 80 francs, se voit invité à ̃en verser 179-. ̃ ̃̃ Il semble que fe percepteur du quartier, des Ternes ait voulu faire duzè'le au prd-

fit du Trésor et qu'il Fait fait désordonnément, car pourquoi deux loyers égaux sont-ils imposés inégalement, l'un à 76 et l'autre à 78 francs, alors que l'un d'eux ne l'était précédemment qu'à 17 francs ?

La préfecture de la Seine réduira sans aucun doute les demandes injustifiées du percepteur. Mais pourquoi, en réclamant ce qui ne lui est pas dû, l'administration des finances contraint-elle lés contribuables à faire des démarches ennuyeuses ? Le.plus beau c'est qu'il faut commen- cer par payer la somme inscrite sur le papier du percepteur. Ensuite on rembourse quelquefois quand elles l'ont bien humblement sollicité, les victimes des erreurs administratives.

Il: serait si simple de commencer par ne pas commettre ces erreurs

En présence de l'immense succès obtenu par le catalogue-prime de l'exposition de Soieries du lundi 3 avril dernier les Directeurs des grands magasins de Pygmalion, cédant aux sollicitations d'un grand nombre de clientes qui avaient trop tardé à demander cette œuvre. artistique, ont décidé de faire un deuxième tirage. Ces nouveaux exemplaires, avec leur bon-prime donnant droit à une dé-, licieuse estampe en couleurs du jeune maître Misti, seront adressés franco par la poste à toute personne qui en fera la demande au plus tard le 9 avril, date irrévocable cette fois pour l'envoi de ce catalogue d'art. Par suite de cette décision, l'exposition de Soieries qui devait se terminer. le lundi 10 avril, sera prolongée jusqu'au jeudi 13 avril, ainsi que la distribution des estampes. Prévoyant d'ailleurs l'affluence de monde, les Directeurs avaient, pour lundi prochain, fait mettre en réserve une certaine quantité de la plupart des assortiments, afin de donner satisfaction aux dames qui, en raison de la foule de ces jours derniers, n'auraient pu se faire servir.

Outre la; magnifique série de jupons de soie mi-confeclionnés, jupons élégants de marche, le clou de cette exposition sensationnelle, qui fera époque dans les annales commerciales, a été la splendide collection de tissus en cent dix centimètres de largeur, si appréciés des femmes élégantes, tant au point de vue de la qualité et du prix que de fa façon nouvelle ,et pratique dont ils sont présentés.

L'allégresse parisienne se concentre au Grand Café dont les « cinq à sept » sont devenus célèbres, à cause des danseuses éblouissantes qu'applaudit une foule animée sans répit par deux orchestres,; français et espagnol. -Elle revient, inlassable et ravie, à ces fameux soupers de la « Féria » illustrés d'élégantes attractions, qui font le bonheur- du ToutParis-que la bonne joie ne fatigue point.

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«VS.: A.'lè prince de Monaco vient de partir, à bord de son-yacht PrincesseAlice, se rendant sur l:esrcôte.s d'Italie à "la rencontre de l'empereur Guillaume. » Le service de luxe entre Marseille et .Alexandrie, avec escale à Naples, créé au début de la saison -d'hiver par le ,Norddeutscher Lloyd avec le' succès que l'on sait, restera en vigueur, pendant les mois d'été. La route de Marseille à Naples par mer présente en effet, surtout pendant les~ fortes chaleurs, des avantages indiscutables qu'apprécieront tous ceux que le plaisir ou les affaires appellent en Italie.

Nouvelles à la Main

En rhétorique

Citez-moi un exemple d'antithèse. M. Camille Pelletai! protégeant le général. Peigné

La Masque de Fer.

LE :ro Isa: -A-isr

du- s.

CAPITAINE TAMBURINI

Voici une histoire qui petit nous donner l'illusion que nous rajeunissons. Bien qu'elle se passe au commencement du mois d'avril de l'an 1905, elle nous reporte à cent ans en arrière, ou, si vous l'aimez mieux, à soixante-dix ans seulement.

Un officier, en non-activité temporaire pour motif de convalescence, est accusé d'avoir préparé un coup de main contre les autorités constituées de la République. Cet officier est le capitaine Tamburini (Antoine-Marie- Victor), que V Annuaire de l'armée pour 1904 indique comme chef de la 10a compagnie du 1298 d'infanterie en garnison à Saint-Lô. Le capitaine Tamburini avait rassemblé'des uniformes d'infanterie de ligne; il avait réuni 8,000 cartouches; il s'était procuré des fusils. Que voulait-il faire de ces armes? Les magistrats du Parquet ne veulent rien dire les commissaires de police sont muets les agents de la Sûreté sont taciturnes quand on les interroge.

Au ministère de la justice, un bien aimable fonctionnaire, qui jouit de l'intime confiance du garde des sceaux, a reçu hier soir un de nos collaborateurs. Dès que le nom du capitaine Tamburini eut été prononcé, l'aimable fonctionnaire interrompit

Je ne peux rien vous dire. Le ministre m'a donné des ordres formels. On ne saura* rien la chancellerie; on ne saurarien au Parquet. Si l'on sait.jamais :quelque chose, c'est que les avocats des prévenus parleront.

Ils parleront, soyez-en sûr. Alors il