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Full notice

Title : Figaro : journal non politique

Publisher : Figaro (Paris)

Publication date : 1894-05-09

Contributor : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication

Contributor : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Format : Nombre total de vues : 164718

Description : 09 mai 1894

Description : 1894/05/09 (Numéro 129).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Description : Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine commune

Description : Collection numérique : La Commune de Paris

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k282900n

Source : Bibliothèque nationale de France

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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LALDCEiW

Le nouveau projet- de-M. Bérenger. contient deux parties bien distinctes c'est à la foi f. une loi sur la,presse et une loi de/police.'

La loi sur la presse,, telle qu'elle est aujourd'hui, ne punit que les écrits obscènes; M. Bérenger propose qu'elle punisse, comme autrefois, les outrages à la morale.

Je ne le suivrai pas sur cette première partie de son projet.

Il pense que le mot obscène limite à l'excès les droits de la répression et qu'il y a des paroles et des doctrines essentiellement dangereuses pour les mœurs auxquelles le mot d'obscénité ne s'applique pas il a raison.

Il dit que la presse fait souvent beaucoup de mal à la morale, à la société, aux gouvernements il a raison. Il affirme qu'elle n'a jamais été plus dépravée, ce qui prouve qu'il ne connaît que les livres et les journaux d'aujourd'hui.

Et il compte sur l'aetion des tribunaux pour ramener le torrent en arrière. Jordanus conversus est retrorsem. Je crois pour ma part que la presse est plus forte que la justice; que les juges sont plus forts que la loi, et que le droit d'interprétation en' matière de presse rend les juges plus puissants et ne les rend pas plus intelligents. Je sais bien que l'opinion est de moins en moins favorable à la liberté de la presse. Mais, sur ce point, je ne romprai pas d'une semelle. Je ne dis pas, comme Emile de Girardin, qu'elle ne peut faire ni bien ni mal. Je crois, je sais, je vois qu'elle peut faire l'un et l'autre. Le remède est dans le droit de réponse. Je réclame pour moi, et pour tout ce qui m'est cher, le droit d'être discuté. Un délit d'outrage est un délit d'opinion je n'y crois pas je n'en veux pas je ne crois pas qu'il soit utile ni équitable de préférer le jugement des trois juges du tribunal l'opinion d'un homme de génie.

Il en est tout autrement du mensonge. L'imputation d'un fait calomnieux ou réputé tel par l'absence ou l'impossibilité de la preuve constitue un fait facile à constater, et dont on peut déterminer les conséquences avec précision. Je de- mande hautement que le calomniateur soit, par l'action de la loi, rendu semblable à ces bêtes immondes dont on dit que leur propre venin les étouffe. M. Bérenger rendrait un grand service à la société si la diffamation devenait plus redoutable aux diffamateurs qu'aux diffamés. Je n'accepte les procès de presse que sur ce point et dans ces limites.

Maïs je suis complètement et ardemment d'accord avec M. Bérenger en tout ce qui touche à la police des mœurs. Vous voyez la différence pour lire un livre, un journal, il faut aller le chercher mais le racoleur vous cherche. Il entre chez vous, malgré vous, par voie de prospectus. Il s'étale sous vos yeux aux vitrines des magasins, sur les colonnes destinées aux annonces, par des prospectus distribués à la main, par des livres mystérieusement tirés de quelque poche secrète. La racoleuse est plus hardie, plus entreprenante, et à tous égards plus dangereuse que son compagnon. D'ailleurs elle n'opère pas sans lui. Il est là, à distance, prêt à tout, et même au meurtre. Elle s'adresse aux enfants et aux vieillards pour leur proposer et leur expliquer de honteux marchés car elle a des leçons à donner, même aux vieux débauchés. Elle prodigue les trésors de son expérience aux adolescents. Elle se tient aux abords de leurs collèges; elle les escorte, elle les entraîne par le bras ou par les habits; elle emploierait au besoin la force Quoi t le traître sur voua porte sa main hardie 1 II y en a pour tous les mondes le monde des collèges, celui des écoles, celui du jeu, où elles figurent de deux façons, comme compagnes à la table, et comme harpies à la porte. Elles infesj tent les estaminets et les brasseries; elles montent la garde devant les casernes, vis-à-vis du factionnaire. Leur poste de combat préféré est dans les brasseries. Vous dites au chef de l'établissement «Ce n'est pas un café que vous tenez, c'est un lupanar. Cela sent la geôle et l'hôpital.» Il vous répond « Attendez le flagrant délit. Jusque-là, je .1. suis un honnête commerçant, qui vend de la bière à découvert, et des filles si vous m'y prenez.*» Elles sont là tout autour et vous rient au nez pendant ce dialogue.

La police n'est pas moins embarrassée avec l'autre espèce de négociants dont je parlais tout à l'heure et qui travaillent dans nos rues et nos promenades. Ce sont les souteneurs. On les lui reproche. Votre premier devoir est de nous délivrer de ce danger et de cette honte. Elle répond Donnez-m'en le moyen. Elle fait quelquefois des razzias de filles et de galants. Savez-vous que c'est un jeu hasardeux, condamné par la loi, et que l'arrestation d'une personnne honnête n'est pas un de ces accidents qu'on répare avec des excuses ? Encore si ces expéditions produisaient l'effet attendu Mais la bande se reforme cent pas plus loin. Elle en est quitte pour un temps de galop.

Il faudrait pouvoir arrêter individuellement les souteneurs quand ils sont dans l'exercice de leurs fonctions. On les connaît parfaitement, elle .et lui. On les voit. Ohl si le souteneur en vient à des voies de fait, vous avez barre sur lui de toutes les façons mais quand il ne fait que flâner les mains dans les poches, qu'avez-vous à dire ? Il est bien clair qu'il accompagne cette fille, et que cette fille racole. Il l'aide dans son métier. Il est son complice. Complice de quoi? Le racolage n'est pas un délit. Il faut qu'il le soit. De là le projet de M. Bérenger. Il nous armera contre ces associations de souteneurs et de prostituées, dont l'homme, quoique voleur ou assassin, _n'est pas l'élém,e,ot le plus dangereux,,

Il a raison, M. Bérenger. Il aura pour lui tous les gens- de coeur. Plus les galants le houspilleront, et plus nous lui saurons gré de son courage.11 lui en a fallu pour déposer sa proposition il lui en faudra pour la 'développer à la-tribune. Il lui'faudra aussi de l'habileté. Nous sommes de singulières gens. Un auteur comique fait une pièce plus que décolletée..U nous y montre des «danseuses rtôûtes nues efcx^drôièîŒés dans l'exercice de leur profession. Tout le monde y court. Ori>y irièae sa femme, et même quelquefois sa fille si on n'a pas de préjugé. On appelle cela, je crois, être moderne, un drôle de mot appliqué à ces drôles de choses. On raconte ces plaisanteries dans les salons les dames se pâment de rire. Ces mêmes dames sont très collet monté à d'autres heures. Il y a les heures d'être égrillards et les heures d'être quakers. Un mot hasardé les choquerait. N'allez pas vous aviser de décrire à la tribune les mœurs qui les amusent tant au théâtre. M. Bérenger n'a qu'à en dire la moitié pour faire déserter les galeries.

C'est une pudeur intermittente, mais farouche, et-qui ne les empêchera pas de crier contre les violences de M. Bérenger et son puritanisme. Nous ne vivons, voyez-vous, que d'inconséquences. Le pire est que M. Bérenger sera obligé de se vaincre lui-même pour parler. Et pour celui-là, ce n'est pas une pudeur affectée. Il n'en fera pas moins son devoir jusqu'au ,bout..Il croira être à l'audience. Il plaidera pour la jeunesse flétrie, pour la classe laborieuse détournée de son travail, pour la patrie humiliée au dehors. Il donnera du cœur au ventre aux policiers qui ont peur de faire leur métier. On leur reprochera, comme à lui, de protéger la vertu. Oui, vraiment, M. Bérenger protège la vertu, ou disons plus modestement qu'il protège la décence. 11 nous rend ce ser- vice; il nous fait cet honneur. Il pense qu'il peut y avoir quelque différence entre les mœurs de la République et celles du bas-Empire. Il est ami de la gaîté, gratise decentes, mais il nous débarrasse de l'orgie.

Jules Simon.

Au Jour le Jour

LE NOUVEAU TIMBRE-POSTE

Hier, à la salle Melpomène, ouverture d'un Salon d'un nouveau genre, le Salon des Timbres. le Salon des timbrés, ai-je entendu chuchoter devant telles vignettes plutôt fantaisistes, et dont la place semblait tout indiquée. à une exposition des arts incohérents. Généralisée toutefois, cette appréciation serait injuste, car certains modèles dénotent un effort sérieux de la part des exécutants et sont en réalité bien plus avenants que notre timbre actuel. Répondent-ils absolument à toutes les conditions du concours en ce qui concerne l'oblitération, la falsification ? C'est ce que le jury, plus compétent, appréciera le 11 mai. Nous nous bornons ici à une revue rapide des modèles qui nous paraissent devoir être signalés, soit pour leur bonne venue, soit pour leur originalité.

Le souci de l'originalité semble avoir ravagé la majorité des artistes.

Tels ont voulu faire grand et compliqué qui ont fini par se noyer dans le symbolisme le plus obscur. D'autres, qui n'avaient pas fait la part de la réduction, ont vu leurs personnages disparaitre dans le cadre imposé, devenir des pygmées confus, à demi éclipsés d'ailleurs par un chiffre de dimensions relativement géantes. Il y a eu aussi superfétation de gestes, beaux ou laids, nobles ou' vilains, de ces gestes qui, réduits à quelques millimètres, perdent toute portée et toute signification.

Enfin, on a abusé du roi des animaux. Le lion, en effet, a été mis à toutes les sauces, à toutes les couleurs, veux-je dire, et je ne sais pourquoi tant d'artistes se sont obstinés à lui donner les traits et la physionomie d'un vieux sénateur moustachu dont je tairai le nom. Après le lion, c'est le coq qui remporte la palme; on en a mis jusqu'à deux et trois dans une même vignette, mais ce sont là bagatelles de la porte; passons l

Le no 408 représente une jolie tête de République laurée à bonnet phrygien, signée A. Sandier. C'est une des meilleures, et je dois dire qu'il y en a pas mal de bonnes.

Voilà six modèles pleins de coqs aux ailes éperdues, une impression de poulailler plane en dépit d'un dessin ayant pour légende: «La République française protège la Justice et maintient la Fortune. »

Curieux, le modèle qui nous montre la République donnant la main à un moujik ou à un boyard, on ne sait trop. L'alliance francorusse est d'ailleurs représentée un peu plus loin d'une façon plus explicite encore par deux marins, un Russe et un Français se serrant la main au-dessus-d'un cartouche qui porte les mots: « Cronstadt-Toulon. »

Par-ci par-là quelques cartes de France à la géographie très simplifiée, sujet vraiment trop aride alors même qu'il est égayé par un train passant dans le fond, comme dans les réclames illustrées du Righi ou de la Turbie. Au reste, les deux ou trois locomotives présentées en liberté par certains exposants ne sont pas plus réjouissantes à l'œil; on dirait les planches d'un manuel de physique élémentaire. Le 1 1 7 représente un profil aveugle, la République sans doute 1 profil de médaille antique dont on retrouve quelques échantillons plus loin, avec tous le même défaut manque de modernité.

Voici la Kabale, représentée par un triangle maçonnique se détachant sur une rosace tricolore Puis quelque chose d'une allégorie plus parlante, mais non moins obscure un diptyque composé de deux panneaux à cadre d'or. L'un des côtés montre la République tendant la main à tous les peuples de la terre, une théorie de bonshommes qui dansent une farandole dans un des angles du timbre, le tout vu à la loupe ou au microscope. L'autre côté, qui évoque une vision de petits Amours folâtrant autour d'une femme nue, porte cette légende explicative que je cite textuellement avec son orthographe « La corporéité, les modalités, la vie, la lu» mière, l'intelligence s'unissent pour assurer » le bonheur du genre humain, Lanfance étu» diant notre globe, la poste rapide comme » l'oiseau portant nos missives. » C'est dé l'abracadabra tout pur.

Nous arrivons à tout un lot testes illus-

tre? Thietst Grévy, Victor Hugo, Garobetta/,

J. Ferry, Déroulède J mines plus ou moins patibulaires qui semblent refléter l'ahurissement que leur cause leur voisinage inopiné. Un exposant qui "n'obtiendra* certainement pas le premier prix, ni même le second, c'estle fumiste qui a imaginé d'envoyer, en guise de modèle, le portrait de M. Carnot, découpé dans un journal à images. D'ailleurs, je crois qu'ils sont deux qui ont eu la même idée sobre et demandant un minimum d'efforts' et de talent les beau* esprits se rencontrent; L'actualité d'hier et d'aujourd'hui est comme de juste largement représentée dans ce petit Salon. Ce sont une dizaine de Jeanne d'Are à pied, à cheval, en buste. La meilleure est, sans contredit, un buste de Jeanne en gars breton (?) portant le n<>3i6.

Voici quelques vaisseaux antiques sommeillant dans un port qui malheureusement n'a rien de commun non plus avec celui d'une lettre. Meilleurs sont les paquebots de M. Schindeler, avec le défaut cependant de trop rappeler les illustrations des romans de Jules Verne.

Les nés 67, 68, 69 nous présentent deux fort jolies têtes et une femme demi-nue appuyant sa main sur la tête d'un lion endormi. Joli modèle, d'une exécution parfaite et offrant le meilleur lion de tout le Salon.

Point mauvais non plus les n<" 8oet 81, une tête de République laurée et un ballon, ce dernier un peu prématuré peut-être comme symbole exclusif du service postal.

Un projet fort original et très admiré, signé Wéga, a été inspiré par deux idées qui semblent ftrès justes.. D'abord adapter au timbreposte l'effigie de la République qui se trouve sur la monnaie française et qui a été composée par Oudiné, de façon à obtenir une sorte d'unification du type pour les monnaies et les timbres-poste enfin, teinter aux couleurs nationales le timbre de 25 centimes, c'est-à-dire celui qui doit servir à l'affranchissement des lettres pour l'étranger.

Très belle vignette aussi et d'une touche délicate que celle du sculpteur P. Ferrier le génie de la R. F. offrant à tous les peuples le rameau de la paix. Je goûte moins les motifs polychromes de l'artiste qui a pris pour devise Timbre, timbrons, timbre^. Seul le sujet imitant un bas-relief antique est joli à l'oeil. Mais impossible de citer les sept cents modèles. Le jury lui-même en éliminera beaucoup à première vue pour ne retenir sans doute que les deux ou trois compositions que nous avons signalées en passant, et surtout les têtes de femmes, celles du moins qui n'ont pas l'air de sortir d'un musée tératologique.

G. Davenay.

ÉCHOS

LA POLITIQUE

On pouvait craindre que le ministère se. fût engagé, un peu à la légère, dans l'idée, de poser la question de confiance au sujet des poursuites contre M. Toussaint. A vrai dire, le point de départ du débat était mince, mais il s'est trouvé élargi par les circonstances, M. Toussaint ayant disparu derrière la question de savoir si la politique de résistance devait céder la place à la politique de laisser aller.

La Chambre a répondu négativement. Nous espérons maintenant qu'on va laisser le ministère marcher tranquillement dans la voie qu'il a choisie. Cette victoire, assez facile en somme, correspond, en définitive, à un besoin évident d'être gouvernés; il existe si bien dans l'esprit du pays que la Chambre, malgré ses divisions et ses indécisions, n'a pu se refuser à le comprendre et à le satisfaire.

La troisième République, on l'a répété souvent, est à un tournant décisif de son histoire elle n'a plus en face d'elle qu'une opposition platonique, toute de sentiment, aussi respectable qu'impuissante. C'est en elle-même, désormais, qu'elle doit chercher des moyens de pondération elle les trouvera dans ce qu'on appelait, sous la Monarchie, l'opposition dynastique.

Il faut qu'elle se dégage des fatalités, des nécessités, si vous voulez, de ses origines qu'elle cesse d'être un parti, puis- qu'on ne la discute plus, pour devenir un gouvernement.

Ce titre lui impose des devoirs, dont le premier est de résister au désordre, de refréner l'esprit du mal dans les formes nouvelles et prodigieusement inquiétantes qu'il a revêtues.;

M. Casimir-Perier et ses col lègues semblent avoir compris ce devoir et vouloir le mettre en pratique c'est pourquoi, malgré les reproches de détail qu'on peut leur faire, malgré l'imprudence avec laquelle ils ont risqué, seulement pour la satisfaction de quelques personnages sans importance réelle et sans autorité, de réveiller la querelle assoupie de l'Eglise et de l'Etat, nous ne nous défendons pas de quelque sympathie pour eux. Les ministères n'avaient plus, 'depuis longtemps, cette attitude indépendante. Elle soulage la conscience publique, trop habituée à voir les détenteurs du pouvoir soumis aux caprices d'une majorité variable,et plus absorbés par les combinaisons de coulisses, par la chimie des groupes, que préoccupés du bien du pays, et de la nécessité dly réveiller et d'y maintenir le sentiment de l'autorité. F. M.

la température:

Une nouvelle dépression se manifeste à l'ouest de l'Irlande le baromètre s'est abaissé; dans nos régions il est au contraire en hausse; à Paris, hier, il marquait 764mm les vents sont modérés sur la Manche et sur l'Océan la mer est très belle. Des orages ont éclaté, hier, à Lyon.

La température est en hausse.; hier, g" audessus le matin; 130 à dix heures; 150 à midi; 170 à deux heures.

Quelques pluies sont toujours probables dans le nord de la France. La journée a été très belle; dans la soirée thermomètre, 16o; baromètre, 762mm.

LES COURSES

A deux heures, courses à Colombes. Gagnants de Robert Milton

Prix du Pavillon Jouvencelle.

Prix des Fleurs Loudunais.

4° Prix de la Société des Steeple-Chases de France Pesquetaire.

Prix de Saint-Germain Hordago.

Pm ie P (tris RjgaMis.

A TRAVERS PARIS

^JtexomtedePaHs, embarqué avant-

hiép a Gibraltar avec son fils, M, le duc d'Qrléàns, et M. le docteur Récamier, arrivera Demain soir à Plymouth,où il rencontfem M. Camille Dupuy, son secrétaire, qui va reprendre son service à Sheen House.

Mme la comtesse, de Paris, accompagnée du marquis d'Hâreôiirt et de Mlle Appert, arrivera ce soir à Madrid avec ses enfants, tes princesses Hélène, Isabelle et Louise et le prince Ferdinand. L'illustre voyageuse, après trois jours passés à la cour madrilène, arrivera lundi prochain. à Paris et descendra à l'hôtel Campbell, avenue Friedland. Elle ne sera notre hôte qu'un ou deux jours et ira rejoindre son mari à Sheen House.

A propos des événements du Soudan et des difficultés survenues entre le commandant des troupes et le commandant de laflottille du Niger, un journal écrit ceci:

N'oublions pas ce dernier trait le lieutenant Boiteux, convaincu d'avoir désobéi à ses chefs et par entraîné le désastre de Kabara, a été immédiatement élevé au grade de capitaine de frégate par le département de la marine. Toujours la lutte entre marins et terriens. Le gâchis n'est pas seulement en Afrique, il est aussi chez nous.

Cette pauvre administration de la marine est si peu en odeur de sainteté qu'on la charge dés méfaits qu'elle n'a jamais commis.

Le lieutenant de vaisseau Boiteux n'a pas été promu au grade de capitaine de frégate. Il a, au contraire, été relevé de son commandement, remplacé par un autre officier et rappelé en France. Et voilà comment on écrit l'histoire 1

Dans le monde

La marquise de Dufferin et Ava, retour de Londres, est arrivée hier soir à Paris, avec ses filles, lady Victoria et lady Hermione Blackwood.

Sont également arrivés à Paris La duchesse de La Rochefoucauld, née Mitchell, et la baronne Alice de Rothschild, sœur de la baronne Adolphe de Rothschild, venant de sa villa de Grasse.

Raout des plus élégants, lundi soir, chez la comtesse de Meffray, dans ses beaux salons de la rue de la VUle-1'Evêque. Reconnu

Comtesse de Montebello, comtesse PilletWill, marquis et marquise de La Grange, duc et duchesse d'A-lbufêra, marquis et marquise de Rambures; comte et comtesse de Partz, marquis et marquise de Massa, baron et baronne.de Sartiges, comte et comtesse de Sainte-Croix, marquise de Bérenger, vicomte et vicomtesse de Chazeltes, baron de Ravignan, vioomte et vicomtesse de Quènétaii\, M. et Mme de La Haye-Jousselin, baronne de Saint-Martin, vicomte et vicomtesse de SaintLéon, comte et comtesse Henri de Saussine; baron et baronne Merlin, comte de Chabrol, baron et baronne de Précourt, comte et comtesse de Sonia, comte et comtesse de Wallon, marquis de La Tour-on-Voivre, etc. Un excellent orchestre n'a cessé de jouer pendant le cours de la réception.

#*#

La comtesse de Lastours faisait danser dimanche soir, dans son hôtel de la rue la Boétie, les jeunes amies de sa fille, Mlle de Lastours.

Il y avait là presque toutes les jeunes filles et les jeunes gens qui étaient réunis, la veille, chez la marquise de Barbentane.

#*#

Très brillante réunion, avant-hier, chez Mme de Fontarce, qui avait ouvert ses superbes salons de l'avenue des Champs-Elysées, pour une grande soirée musicale et littéraire qui a valu un véritable succès à Mmes Bartet et Amel, de la Comédie-Française à Mlle Delna et M. Clément, de l'Opéra-Comique.

,¡r,iIt,;to

Demain jeudi, soirée chez le commendator César Trezza de Musella, en son hôtel de la rue Beaujon.

On y entendra, outre M. Cooper et Mlle Auguez, dans.leur répertoire de 1830, le trio espagnol, dirigé par M. Jose Tobaso. C'est de ce trio que nous avons parlé il y a quelques jours, après une séance des plus intéressantes donnée au Figaro. **#

Mme Henri Schneider donnera une grande soirée dansante le samedi 19 mai en son bel hôtel du faubourg Saint-Honoré.

M. l'abbé Callen a béni hier, à SaintPhilippe du Roule, le mariage du vicomte Hubert de Guippeville, fils du comte et de la comtesse de Guippeville, née de Chevreuse, avec Mlle Adèle Fontan-Vela.

Les témoins étaient, pour le marié le comte Charles de Guippeville, son frère, et M. René Vétillard du Troché, son neveu; pour la mariée M. Charles Petit, conseiller à la Cour de cassation, son oncle, et M. Pierre Fontan, son frère.

Parmi les assistants

Marquis et marquise de Dampierre, comte et comtesse Geoffroy de Ruillé, marquis et marquise de Panebeuf, M. et Mme DuteyHsmspo, baron Pierre de Montesquieu, etc.

La cérémonie religieuse. a été suivie d'unir éception chez Mme Fontan-Vela, mère de la charmante mariée, dans ses salons de l'avenue Friedland.

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A la même heure, a été célébré à SaintHonoré-d'Eylau, devant une assistance nombreuse et des plus élégantes, le mariage de Mlle Marie-Louise Rigault, fille de MC Paul Rigault, le notaire parisien bien connu, avec M. Henri Brugnon, avocat à la Cour d'appel. Témoins de la mariée MM. Léon André et Get; témoins du marié MM. Sabatier, président de l'Ordre des avocats- au Conseil d'Etat, fet Emmanuel Brugnon.

Une nombreuse et byilîM _£? sjs-

tance s'était donné rendez-vous, hier, à; l'église Saint-François-de-Sales, pour le mariage de M. Auguste Defauconpret,ingénieur, attaché au chemin de ter du Nord, avec Mlle Elisabeth Legay, fille de M. Ernest Legay, le sympathique notaire parisien.

Dans la foule

Duo et duchesse de Conegliano, baron et baronne pelaunayïGoguel,irégent de la Banque de France; Fourrier de Bacourt, ministre plénipotentiaire baron et baronne des Chapelles, du Candamo, Sevin, Danet.Carraby, Bellet, avocats; comte et comtesse de Carmoy, Mme et Mlle Péan, Mme et Nille de Saint-Germain, M. Chauchat, de la Cour des Comptes; M. de l'Escaille, baron et baronne de Saint-Vel, comtesse de Bragelongue, vicomte et vicomtesse de Bardonnet, MM. Paul Christophle, Bailliére, Roland Gosselin, Sardou fils, Bouvard, etc., etc., MM. Champetier de Ribes, et toutes les notabilités du notariat parisien.

Les témoins étaient pour la mariée: M. Victor Legay, son oncle, un des viticulteurs les plus distingués de la Gironde, et M. Bourbon, grand propriétaire de la Nouvelle-Orléans. Pour le marié M. du Bousquet, l'éminent ingénieur en chef du chemin de fer du Nord, et M. Gaston Bonnier, professeur à la Faculté des sciences de Paris. Le marié, M. Defauconpret, est le petit-fils du traducteur de Walter Scott. Détail touchant M. et Mme Legay, qui recevaient hier tant de félicitations et de témoignages de sympathies à l'occasion du mariage de leur fille, fêtaient précisément, ce même jour, leurs noces d'argent.

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Lundi prochain, le comte et la comtesse Hoyos donneront à l'ambassade d'Autriche-Hongrie un grand dîner suivi de réception au monde officiel et diplomatique.

Dans les cercles.

Hier, scrutin de ballottage au Cercle agricole où l'on a reçu comme membre permanent le vicomte A. de La Salle, présenté par le marquis de Lévis et le baron de Senevas.

Le Grand Bazar de la charité a fermé hier ses portes à sept heures du soir. La recette des 26 jours de vente a été de 712,375 fr. 20, dépassant la recette de l'année précédente de 100,595 fr. 70. Il est entré pendant la durée du Bazar 35,000 personnes.

Pas de commentaires à ce brillant résultat qui honore la charité parisienne.

Les présidentes des 147 œuvres qui ont tenu des comptoirs se réuniront vendredi prochain, à trois heures de l'après-midi, dans le hall du Grand Bazar, sous la présidence du baron de Mackau, pour entendre le rapport de la gestion de cette année.

Il sera remis à chacune d'elles un chèque de 25 francs pour chaque jour de vente, en remboursement de la moitié de la location journalière des comptoirs.

Cette remise a pu être obtenue par le produit de la tombola, du lingot, du ballon, etc., qui a été de 10,424 fr. 10.

M. Georges Rivaud, préfet du Rhône, qui était depuis quelques jours à Paris, rentre ce matin même à Lyon.

Il était venu pour s'entendre avec le ministre de l'intérieur au sujet du prochain voyage gouvernemental à l'Exposition de Lyon.

M. Raynal, accompagné du chef adjoint de son cabinet, M. André Regnault, partira dimanche soir et assistera lundi à la grande fête de la Société de gymnastique. Il prononcera un discours et sera de retour à Paris mardi matin.

Le costume féminin depuis là Gauloise jusqu'à nos iours, par Montaillé, tel est le titre d'un curieux ouvrage dont l'éditeur G. de Malherbe vient de mettre en vente le premier volume. Luxueusement imprimé sur vélin, illustré par SaintElme Gautier, avec une couverture en couleurs par Grasset, ce premier volume, qui traite du costume depuis l'époque gauloise jusqu'à la fin du règne, de Louis XVI, a sa place marquée dans tous les salons, dans toutes les bibliothèques.

Hier, à l'hôtel Drouot, grande affluence à l'exposition particulière de la collection de M. Edgar de Pommereau, où s'était donné rendez-vous l'élite des amateurs.

Aujourd'hui, exposition publique, et demain vente par le ministère de Me P. Chevallier, commissaire-priseur, assisté de M. Ch. Mannheim, expert.

Ce soir, si le temps le permet, le Jardin de Paris fera son ouverture annuelle.

HORS PARIS

Heureux Vichy 1 le printemps avait à peine fait son entrée pourtant si hâtive, cette année que déjà le Nouvel Hôtel Guilliermen abritait des baigneurs et que de nombreuses locations lui assuraient pour la prochaine saison la même vogue que les années précédentes. On connaît la confortable hospitalité que le Nouvel Hôtel offre à ses habitués.

Sur la dernière liste des baigneurs aux Grands Thermes de Dax de Sennencourt, de Noailles, Weiskof, deLahens, de Grandsaignes, de Chasteigner, abbé de Lauriston, Etchauw, Fournier, directeur de la Sûreté générale, et dans la colonie étrangère, toujours de mieux en mieux représentée, MM. Murray etBarnum. Mouvement très sensible en faveur des boues minérales si bien administrées .dans cet Etablissement.

v Une des plus belles traversées de l'année est celle qui vient d'être faite par la Touraine. Le magnifique paquebot de la Compagnie transatlantique, en effet, âMÇonipU so» d^SBitr voyage de New-

York au Havre en sept jours et une heure.

La Touraine avait à son bord une pléiade de grands artistes. Ceux-ci ont donné le 4 mai, en pleine mer, un magnifique, concert qui a produit 7,000 francs au profit de la Société centrale de sauvetage des naufragés. Au programme figuraient Mme Melba, Mlles Calvé et Domeriech;MM.Goquelin aîné, Edouard et Jeande Reszké, Lassalle, Plançon, de Lucia et Yignas.

Les passagers n'avaient pas à se plain.drè!

De Londres

La reine Victoria, accompagnée de la princesse Alix de Hesse et de la princesse Béatrice de Battenberg, quitte aujourd'hui le château de Windsor pour aller passer quelques jours à Londres, où elle présidera en personne au prochain drawing-room.

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La duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha et les deux plus jeunes de ses filles, les princesses Alexandrine et Béatrice, sont arrivées avant-hier à Londres.

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Le prince Henri de Battenberg et sa. femme la princesse Béatrice, fille de la reine Victoria,iront passer les fêtes de la Pentecôte à Portsmouth, où ils seront les hôtes du comte et de la comtesse de Clanwilliam,

NOUVELLES A LA MAIN

Pour faire suite au rapport lu par M7"Paul Ferrier à l'assemblée générale de la Société des auteurs et compositeurs. On sait que B. le directeur du théâtre légendaire, était parvenu à se payer un château sur ses économies, où les « primes » prélevées sur les débutants figuraient pour un chiffre respectable. Un jour, un jeune dramaturge dépose chez le concierge dudit directeur un drame en trois actes.

Dans le premier acte, il avait glissé quatre billets de cent francs deux dans le second un seul dans le troisième. « Votre pièce est adorable, lui répondit B. Le premier acte, étonnant. Le second faiblit. Quant au troisième, il est d'un creux! Voyez donc à le corser! » Le Masque de Fer.

FIGARO ILLUSTRE

Le fascicule de mai (n° 50) vient de paraître. En voici le sommaire Dans les Lilas, tableau de A. Aublet. La Vie artistique l'Exposition de Marie- Antoinette et son temps; l'Exposition des œuvres de Steinlen A travers les deuxSalons, par Armand DAYOT.

An Musée de Versailles, par A. D. Portraits de Madame Victoire et de Madame Marie-Adélaïde, fille de Louis XV, par Nattibr.

Les Livres, par T. G.

Grande Question, Petit Roman, par JULES SIMON, de l'Académie française; illustrations en couleurs de G. Récipon.

Un Peintre de Figures ait XVIIIe siècle, J.-E. Liotard, par ARMANDDAYOT; illustrations en sanguine de Liotard.

Etude de Slave, par EDOUARD RoD; illustrations en couleurs de Georges AMIGUES. Tendres Pensées, poésie, par Jéromk Doucet illustration en couleurs de Arthur W. HEAD.

L'Aventure de Casimir, par Ch.dk Coynart; Illustrations de E. Cottin.

FAC-SIMILE DE TABLEAUX HORS TEXTE EN COULEURS. Le dernier tournant, par Pierre Gavarhi. L'arrivée du Favori, par G. Wertheimbr. COUVERTURE

Fleurs de Mai, par Madame Madeleine LEi maire.

L'EXIL DEJEHAHZIH RÉCIT D'UN OFFICIER DU « SEQOND »

Un officier-marinier du croiseur Le Segond, à bord duquel Behanzin a été transporté de Kotonou a Dakar, puis à la Martinique, nous envoie le très curieux récit du voyage du prisonnier. Ce n'est pas un article destiné à la publicité, ce sont des « notes de bord » adressées à un ami, et nous leur laissons la forme toute cordiale et tout intime qui n'ert augmente d'ailleurs que l'intérêt.

Mon cher ami,

Voici un petit compte-rendu de notre voyage de Kotonou à Dakar avec Behanzin, ou pour mieux dire avec le prince Kondo, nomsouslequel il seradésormais désigné, son nom croulant avec son trône. En effet, les paperasses adminis. tratives ne lui reconnaissent plus que le titre de prince Kondo. Cependant, si tu le veux bien, quand j'aurai l'occasion de parler- de cet ex-roi, je continuerai à l'appeler Behanzin. Je commence.

9 Février. Le 9 février au matin nous embarquons à notre bord Behanzin, ses quatre femmes, ses trois filles, son fils Waniloo, un interprète, Pierre Fanon, la femme de celui-ci, le capitaine Privé, de l'infanterie de marine, chargé de conduire Behanzin à Dakar ou à la Martinique. Au dernier moment, un prince de la famille royale, le prince Andamjégan, nous vient à bord avec femme et bagages. Andamjégan était expulsé du Dahomey pour avoir frappé un officier français. Sa femme et lui de. valent prendre place sous la vaste tente installée à l'arrière du Segond, sur le pont. Il est bon de te dire que la principale fonction du prince Andamjégan était de veillerà la garde du tombeau de Glé-Glé, l'ex-roi du Dahomey et père de Behanzin.

Averti de l'arrivée d'un de ses anciens sujets, Behanzin accourt, suivi de son sérail, s'asseoir sur des matelas, à l'entrée de la coupée. Quand le prisonnier eut mis les pieds à bord, il se jeta à ge><, noux, le front touchant le pont, en prononçant des paroles respectueuses à l'adresse de Behanain. Sur un geste;de