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Title : Figaro : journal non politique

Publisher : (Paris)

Publication date : 1888-05-06

Contributor : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication

Contributor : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 164718

Description : 06 mai 1888

Description : 1888/05/06 (Numéro 127).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k280387n

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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FRANCIS MAGNABD

Rédacteur en chef ? . *

A. PÉRIVIER

Secrétaire de la Rédaction

...

HÉDACTION

»E UIDI A MINUIT, RUE DROUOT, 23

ht? "*anmeriti tu sont pas rendus

fDBLÎClTs 4 DE ST OS 3« PA5S SO) ma Orauot.

LE FIGARO

1 H. DE VILLE M ES S AN T

Fondateur ,

FERNAND DE RODAYS

Administrateur r\\. .;

Paris : Trois Mois 16 fr.

Départements . Trois Mois ...... 19 ifr! 50

Union Postale : Trois Mois ...... 21 fr. 50

ANNONCES, RÉCLAMES ET PETITES GAZETTES Dolllngen Fils, Sëguy et C;'

Ï3, GSINOE-BÂ.XmÈRE El AU FLO.ARO, RUE DEOUOT, 26

SOMMAIRE

C&UEB&K i De l'Embêtement en l>ittôrfttur e .

PARISIS : Le Diner Meilhac.

JLaReyi^on chez les F. v M.*. \ .... i

5"RiBu.K^t|x :. Côadâiïmation de. l'ex-Tadjudant

Châtelain. - '\.i-;> - \f.' / ;j,

JLUGUSTE VITU: Premières Représentations : ? Une Gaffè ( Renaissance). ,

DE L'EMBETËMENT

EN LITTÉRATURE

Que la vie moderne soit gaie, non ! Je. suis le premier à le reconnaître. Elle est lugubre. Sur la terre, immeuble sphéri- qug, que le Créateur, notre gracieux pro- priétaire, nous loue au siècle, ce dernier terme de cent ans se sera distingué par la mélancolie de ses locataires. Si nous avons incommodé nos voisins de la lune, ce n'est pas par nos allégresses et nos ibris de bâtons de chaises. Les oeuvres complètes de Schopenhauer donneront à ïios neveux le ton exact de nos jubila- tions. C'est ça, .c'est parfaitement ça. La souffrance seule nous divertissait de notrè ennui, et les moins spleeniques furent ces heureux qui comptaient leurs jours par des cataclysmes. Au moins eurent-ils la distraction do pleurer. Ne croyez pas, malgré ses envolées hilares, que" Caliban s'abuse sur le caractère de son temps. Il n'est que malade de rire.

Cette immense hypocondrie, univer- selle, et si j'ose m'exprimer ainsi, cos- mologique, elle est magnifiquement ex- - ploitée par nos artistès, et elle rend des ?oeuvres. Tel un calebassier des calebas- ses; L'ensemble de ces oeuvres est irré- sistiblè. Il en émane une contagion d'em- betement à laquelle les singes les mieux doués ne résistent pas. Leurs mâchoires se décrochent d'elles-mêmes. Allez faire un tour au Salon, par exemple, et vous m'en direz des nouvelles. Il est heureux que les issues du palais de l'Industrie ne s'ouvrent pas du côté de la Seine. La] tentation d'en finir en sortant serait trop ] forte ! j

Quelle perspective en effet que celle de retrouver, en quittant les peintres, les poètes ! Si on professait le bâillement, nos poètes seraient docteurs. Je ne sais ( rien de plus navrant, après un tableau moderne, qu'un poème contemporain./ Est-il possible qu'on s'ennuie comme cela et qu'on se donne tant de mal pour le dire ! Il y a là upe dépense de talent for- midable l : " -

.Moins formidable pourtant que chez les romanciers. Le chagrin d'etre et de vivre a poussé son cri définitif dans le roman actuel. Et, ici, le marasme atteint ù un lel degré d'écrasement qu'il a fallu créer un mot pour en définir la volupté particulière. C'est Aurélien Scholl qui l'a trouvé, ce mot urgent, que je lui envie. Ah h il sait l'àllemand, lui, il a de la chance ! Scholl a dit du roman français: ?i( il est shopenhauerdant l »

Oh ! qu'il l'est, divin Balzac l Parfois .encore (c'est rare, mais cela arrive), dans un recueil de vers, déniche-t-on, à

rime, un petit mot sans crêpe, égaré parmi les ifs, les cyprès et les buis de la pensée. Mais dans les romans, jamais! Le deuil y est de rigueur tout le temps, de la préface à l'index. On laisserait plu- tôt entrer un chien dans un cimetière qu'un sourire dans un roman moderne, naturaliste, idéaliste ou russophile, car ils se divisent par écoles, les porteurs rie diable en terre, et les uns le portent par la queue, les autres par les ailes, mais tous le; portent à bras tendu. Oh ! le roman, divin Balzac, ton roman, ex- pression morne d'un siècle sinistre, qui prend l'âme au suicide et l'amène au nirvana, sorte .d'anéantissement, indien, qu'il est assommant et que. d'imbéciles al a donnés à la littérature !

Le théâtre, avait seul jusqu'à présent Échappé, à Paris du moins, au shopen- hauerdément universel, comme au dé- sespoir de la race. C'était dans cet art, qualifié de secondaire par les Saints- Médards de lettres, que s'étaient réfu- giés les vingt-sept hommes d'esprit qui restent en Europe. Ils s'y croyaient tran- quilles, protégés par le discrédit môme où sont tombées les chosès gaies, telles que le trait, le mot, la verve, l'ingénio- sité et la clarté, ex-qualités françaises tombées en désuétude et que personne ne prise plus. Il était entendu que ces vingt- sept représentants du vieux jeu seraient des exceptions et qu'on leur abandonne- rait les tréteaux pour vivre.Ils ne prou- vaient rien et ne tiraient pas à consé- quence.

Au milieu des embêtés sérieux, des shopenhauerdants de génie, ils étaient comme les mammouths antédiluviens d'un art, jadis national, aujourd'hui ar- chaïque, auquel le respect était dû, mais qui ne correspondait plus aux aspirations nouvelles des peuples. Aussi vivaient-ils entre eux, travaillant à leurs besognes stériles, composant des vaudevilles ba- dins, des comédies où il y avait le mot pour rire, sur des idées ingénieuses, iso- lé? et réduits à vingt-sept, ainsi que je l'ai dit. La grande critique n'en tenait aucun compte. Elle les traitait indulgem- ment d'amuseurs. Elle leur donnait de l'homme d'esprit qui prendra sa revan- che. Mais enfin, ils n'étaient pas trop malheureux, ils occupaient les scènes et parfois ils décrochaient, au moyen de quelques concessions à l'imbécillité ré- gnante, des timbales de cent représenta- tions. Ils s'en contentaient et laissaient la gloire aux grands romanciers, aux grands parnassiens, aux maîtres. Pour- quoi l'auteur de Germinal est-il venu les troubler dans leurs récréations mo- destes t " ,vt . '

. Ah! ce Zola, qu'il est ambitieux! Il veut tout, tout, tout! Le voilà mainte- nant qui jette le grappin sur le théâtre, un art inférieur!

- Le théâtre, s'écrie-t-il, sera embê- tant, ou il no sera pas! i Et il entre, tout botté, dans la place. Hélas ! que vient-il faire chez les pauvre? gens d'esprit ?

Quoi! dans ce monde où l'on s'ennuie >1 ps, reste que vingt-sept tardigrades qui s'amusent, vingt-sept déshérités qui

ne sont pas des fichues bêtes convain- cues et pratiquantes, vingt-sept miséra- ble? croyant à Molière, à Regnard, à Beaumarchais et essayant de reprendre leur, commerce, et_ vous voulez, vous, . l'Homère de l'embêtement, leur retirer le pain dç. la bouche ! 'Ah ! que cela est peu généreux. Est-ce que vous -«'avez i pas le reste du monde?

. Aussi inutile que ëoit l'esprit, aussi vulgaire que soit la gaîtë, quelque dis- créditée que soit la finesse, il leur en restait la modeste exploitation.De vagues séïdes du vieux goût français, laudatores temporis acli, dit Horace, des birbes à têtes de genoux, dites-vous, se risquaient encore dans les théâtres les soirs où Alexandre Dumas, Victorien Sardou,. Henri Meilhac tentaient de distraire ce peuple désolé, ivre d'ennui, épris de l'anéantissement final et succombant à la pluie du naturalisme, et vous rêvez de leur arracher ces derniers fidèles. Vous promulguez la doctrine du théâtre crevant et vous en donnez la révélation totale dans ce Germinal débusnachisé auprès duquel le déluge de quarante jours et de quarante nuits est une ker- messe flamande !

Alors il va falloir que le théâtre, comme le roman balzacien et comme le poème parnassien, dégage son spleen propre et pousse à sa bile particulière? Vous allez nous saisir, en pleine diges- tion, pour nous rappeler, par des ta- bleaux gradués, à la contemplation uni- que et permanente de nos seules misè- res? Entre neuf heures et minuit, les lé- preux vérront leur lèpre et les galeux gratteront leur gale ? A la porte de votre théâtre on laissera toute imagination comme on laisse toute espérance à la porte de la divine Comédie? Les faillis retrouveront leurs faillites, frappantes. Les victimes de l'injustice et de la fata- lité prendront chez vous une contremar- que de leurs douleurs. Les désespérés se mireront dans leur désespoir, mis en scène jusqu'à l'illusion. Nous remange- rons, sans en avoir faim, tout le pain noir de nos destinées incompréhensibles sans que vous en donniez la moindre ex- plication philosophique. Vous constate- rez, et l'on ira pleurer ! Des Anglais se suicideront pendant les entr'actes, dans les couloirs, et vous serez arrivé à ce ré- sultat artistique d'avoir fait vivre deux fois aux gens une vie qu'ils jugent déjà avoir trop vécu d'une.

Car enfin il y en a qui échappaient à vos romans. Oui, on en citait encore de ces Français entêtés de joie pour lesquels la série des Rougon-Macquart n'était pas le dernier mot de la facétie terrestre. Ils refusaient de s'embêter tant que ça, du moins à la fois. Ils se réfugiaient au Palais-Royal, les soirs de Labiche, ou aux Variétés; les soirs de Meilhac, et ils s'y faisaient des pintes de bon sang (ou dé bon sens, car l'un et l'autre se dit ou se disent) qu'ils rapportaient à domicile. Vous leur laissiez le théâtre. Le théâtre, espoir suprême et suprême pensée, carré de Waterloo du génie de la race, que forment les vingt-sept grenadiers dont il est traité plus haut. Et vous voulez le leur ravir, au nom de Schopenhauer.

Oh! non, dites. Ne faites pas ça. Lais- sez-nous, puissant accapareur, un lieu où la vieille monnaie, frappée par l'es-, prit de nos pères,ait cours. Abandonnez- nous cet asile. Ce n'est pas pour enten- dre la vérité que les femmes se dé- collètent, ce n'est pas pour la voir que nous braquons des lorgnettes. Le lus- tre éclaire mal les documents. Le doux mensonge est ce que nous cherchons en- tre les cartons de ces jardins, et plus la bêtise nous envahit,plus nous sentons le besoin d'un art où seuls les gens dégoût excellent, et qui met en jeu toutes les qualités de la race. Maître, ayez pitié, et," comme dirait Scholl, bornez-vous à nous schopenhauerder en chambre.

Caliban.

ÉCHOS

LA POLITIQUE

La presse parisienne ne pouvait exercer aucune influence sur les élections muni- cipales qui ont lieu aujourd'hui et qui, en dehors des villes importantes, échap- pent à tous les contrôles, obéissant à des impressions que nous ne devinons que par les résultats.

Dans les centres où il y a un fonction- nement politique et où les Comités peu- vent exercer une action, on est, paraît-il, arrivé à la mirifique solution de la concentration républicaine.

Il va sans dire que ce sont les oppor- tunistes qui ont fait les frais de cette concentration. A Bordeaux, par exemple, ils ont dû sacrifier deux des sièges qu'ils occupaient au Conseil municipal, mais ne croyez pas que cette perte les touche, ils sont uniquement sensibles à la joie de voir radicaux et modérés marcher « la main dans la main ».

Enfi n I nous avons fait faillite !... Ce cri de joied'un commerçant roublard, les op- portunistes le répètent avec une naïveté à laquelle il est impossible de trouver des excuses.

La concentration, cette chimère à la- quelle ils ont sacrifié la possibilité de former un parti de résistance contre l'anarchie avec tous les modérés, ne ser- vira même pas à la République puisqu'à la concentration répond fatalement l'u- nion de tous ceux qui trouvent la Répu- blique mal dirigée, puisque surtout cette concentration est la principale cause des progrès du boulangisme.

Plus vous vous concentrerez, plus vous creuserez le fossé entre la Répu- blique et les gens de bonne foi qui s'y fussent résignés d'ailleurs sans enthou- siasme; plus vous perpétuez le malen- tendu sans issue qui rend la vie politique si monotone et si fatigante.

Voir le bien et suivre le pire, c'est une vieille loi à laquelle on n'immole pas seulement ses préférences intimes, Xa dignité ..d'homme,raisonnable, mais aussi le repos du pays et la possibilité de faire une haltedans l'aventure.

Les opportunistes exècrent M. Cle- menceau, se défient de M. Floquet et ils n'ont pas le courage de rompre avec eux.

Cela donne leur mesure, et explique leur impuissance en même temps que leur impopularité. - F. M. >

-* ; La Température

L'ensemble de la situation a peu varié. Le. baromètre reste bas au nord et .au sud-est du continent et le maximum des pressions supé- rieures à 765mm se trouve actuellement Vsur le golfe de Gascogne. Quelques pluies sont êncore signalées à l'ouest des Iles-Britanniques, en Allemagne et en Finlande. Le vent du nord- ouest est fort sur la Méditerranée, il est mo- déré sur la Manche et l'Océan. La température baisse dans le nord et le centre de l'Europe ; elle monte un peu sur l'Angleterre et Ta rester au-dessous de la normale en France, où des averses sont encore à prévoir, surtou: dans le nord et l'ouest.

Après une matinée un peu nuageuse, hier, à Paris, le temps s'est éclairci et parait devoir se maintenir au beau, avec faible- vent du nord. Thermomètre maximum, 15° 5 ; baromètre sans changement à 769mm.

Monaco. - Ciel beau ; vent modéré. Barom. 766mm. Th. max. : 220 2.

Les Courses

Aujourd'hui, à 2 h., courses au Bois de Boulogne. Gagnants de Robert Milton :

Prix de l'Ecole Militaire : Néro,

Prix de l'Esplanade : Petite. ,

Prix Daru : Stuart. " -

Prix du Printemps : Firmin.

Prix de Viroflay : Solange.

Prix du Point du Jour .Sergent-Major.

A TRAVERS PARIS

Hier matin, conseil de cabinet, à la place Beauvau, sous la présidence de M. F loquet. - - '

M. de La Porte, sous-secrétaire d'Etat aux colonies, a entretenu le Conseil du nouveau budget de l'Indo-Chine.

Chacune des colonies composant ce gouvernement aura son budget propre. Le groupement de ces divers budgets partiels constituera le budget général de l'Indo-Chine.

Les ministres se réuniront mardi à l'Elysée, sous la présidence de M. Carnot.

Ils tiendront, le jeudi suivant, malgré le jour de l'Ascension, un conseil de ca- binet. ' ;

L'arrivée de l'empereur du Brésil à Paris sera retardée peut-être de quelques jours.

S. M. don Pedro était attendue mardi au Grand-Hôtel, mais une dépêche nous informe qu'elle est retenue à Milan par un accès de fièvre; .

Quelques journaux militaires s'éton- nent que les nouveaux tarifs de solde n'aient pas encore paru au Journal offi- ciel.

En voici la raison :

M. de Freycinet, justement ému des plaintes formulées par différentes direc- tions de son ministère, surtout en ce qui concerne les sous-officiers, a décidé que l'unification se fera en prenant comme base la solde de l'arme la plus favorisée.

En tout cas, aucun officier ni sous-offi- cier ne subira de diminution par le fait du nouvel état de choses.

Cette mesure sera applaudie par toute l'armée : le public ignore en effet que « l'unification », telle qu'elle a été propo- sée au Parlement, ne tend rien moins qu'à dépouiller une arme pour enrichir l'autre, et qu'elle supprime le quart de la solde des sous-officiers d'artillerie, du génie et du train des équipages, ce qui n'est pas fait pour hâter les rengage- ments. - V ., ".. .

M.de Freycinet sera donc unanimement approuvé pour cette première mesure.

On sait que les délégués de Dunkerque ont été les seuls à appuyer la candidature du général Boulanger au congrès de Lille. Le général veut sans doute leur en témoigner sa reconnaissance en consa- crant à Dunkerque sa première visite dans le Nord.

Il doit arriver vendredi prochain, à une heure. Pendant l'âprès-midi, on projette de lui faire visiter les travaux du port. ;

Le soir, dîner intime et réception de tous les boulangistes de la localité.

Le général quittera Dunkerque samedi matin pour se rendre à Lille, où aura lieu un grand banquet départemental.

Les grands mariages.

Le 9 de ce mois sera célébré, en l'é- glise Saint-Pierre de Chaillot, le mariage de Mlle Marguerite de Grenaud de Saint- Christophe avec M. Henry Tachet des Combes, sous-lieutenant de lanciers en Autriche.

La fiancée est la fille du comte de Gre- naud, maréchal de la cour du prince de Bulgarie, l'un de ses conseillers les plus distingués et les plus écoutés.

Nous apprenons le prochain mariage du comte Louis de Bizien du Lézard, fils du marquis et de la marquise née de Péan, avec Mlle Marguerite de Sapinaud.

Dans le monde :

Au bal blanc très brillant donné ven- dredi soir par Mme la vicomtesse de Trédern, le cotillon a été conduit par sa fille, Mlle de Trédern, et par le vicomte de Dampierre.

Bal blanc des plus réussis.

Dîner politique et brillant raout, hier soir, chez Mme de Royer. Nous avons remarqué : l'amiral Jurien de-La Gra- vière, le marquis de Forget, M- Jules Delafosse, député; M. Arnous", député de la Charente, et Mme Arnous ; M.-"èt Mme dé Montgôlfier, Mme Foûrehy, M, de -Cimier,' ancien préfet-; M. et Mme Albert Danct, M. Deville, conseiller municipal ; Mv-Mège, M. Gabriel Blân'elîét, ancien préfet; Benoist, ancien avocat géné- ral à la Cour de cassation; M. Chopin

^l'Arnouville, ancien avocat-général ; MM. Ménard, Marie, Bourgeois,Louiche- Desfontaines, Miron dAussy, Dufour, Chaude, etc„ etc.; beaucoup de membres de l'ancienne -magistrature et du bar- reàu. V ' ' - ??

Les généraux de brigade Fabre, Heintz et Charpentier de.Gossigny sont promus généraux de division.

Les colonels d'Estremont, Schneider, Condren, Noël, Avezard, du Chambge, Huberdeau, Gras, inspecteur des manu- factures d'armes, Fisson, Jaubert d'Au- brv de Puymorin et Brault, chef de ca- binet du ministre de la guerre, sont pro- mus généraux de brigade.

M. Chevreul a visité hier la Bastille reconstituée au Champ de Mars. Il était accompagné du docteur Huguet, son ami et son médecin.

Conduit par MM. Perrusson, proprié- taire-organisateur; Colibert, architecte, et Destrez, directeur de l'exploitation , M. Chevreul a paru s'intéresser vive- ment à tous les détails de l'oeuvre. Une foule respectueuse l'a conduit jusqu'à Sa voiture. ,

Il: a remercié les organisateurs et pro- mis de revenir pour voir les cachots n'a pu visiter dans cette journée.

Quelques personnes ont cru reconnaî- tre des noms à propos de l'anecdote ra- contée hier dans ce journal par M. Jac- ques Svell.

Tout te que l'on a pu trouver à ce su- jet est inexact.

Les initiales choisies par notre colla- borateur étaient de pure fantaisie.

Hôtel Drouot.

Hier a été terminée la vente de la re- marquable bibliothèque Lacarelle. Cette dernière vacation a produit 195,000 fr.

On a vendu un magnifique manuscrit sur vélin du XVe siècle, intitulé : Hore Bealoe Marioe Virginis, orné de trente- deux miniatures. Ce manuscrit, l'un des plus beaux que l'on connaisse en ce genre,: et qui mesure 105 millimètres de hauteur sur 78 de largeur, a été adjugé à 22,250 fr.; un autre manuscrit, Prières de la Messe, »'û chiffre couronné de la reine Marie Lèczinska, a été vendu 10,000 fr. ; Un livre de Prières, manuscrit composé de feuillets sur vélin, une des merveilles dé Jàrry, 9,800 fr. . - ' : .

Citons encore parmi les hauts prix de a veille. les OEuvres, de_ maître François villon * Cet "'exemplaire , qui.-a 129 millimètres de hauteur et.qui est d'une parfaite conservation, a été vendu 1,020 fr. . <

Enfin, la vente de cette collection, qui nt contenait que 540 numéros, a produit lt somme de cinq cent quarante-cinq nille francs.

Mardi prochain, mise en vente, à la librairie Ollendorff, de la troisième série de: Mémoires d Aujourd'hui, de Robert de Bonnières.

Lie public retrouvera dans ce nouveau voume la satire originale et les hautes qualités qui ont fait le succès de l'auteur d(s Monach et de Jeanne Avril.

Une matinée musicale et littéraire des plis intéressantes sera donnée aujour- d'hui, à une heure, au salon de l'Etoile, ai profit de la Société municipale de se- cours mutuels du dix-septième arrondis- sement.

Au programme : MM. Saint-Germain, barnolt; Mmes Thénard, Régis, J. Mor- lit, etc., etc.

Notre collaborateur Albert Wolff ren- dra compte, dans lés premiers jours de & semaine, du Salon de sculpture qu'une égère indisposition l'a forcé d'ajourner.

[' Le dîner des Bons Cosaques a vécu.

Tout l'Art jeune se réunissait depuis deux ans, chaque mois, au Lyon d'Or, en un banquet amical. Parmi les plus fidèles on comptait : MM. Richepin, Her- vieu, Rops, Helleu, Catulle Mendès, Gujr de Maupassant, Rodin, Robert de Bon- nières, Paul Bourget. Hennequin, Rosny, le poète Maurice Bouchor, Grosclaude, Octave Mirbeau, Vincent d'Indy, José de Heredia, Caran d'Ache, etc., etc.

On a décidé hier que, les bonnes choses ne durant jamais longtemps en ce monde, le dîner devait disparaître à la fin de sa seconde année. Et il s'est dissous.

Une autre réunion reparaîtra peut-être réunissant les mêmes éléments, sous un autre nom; elle ne sera jamais plus jeune et plus gaie.

Chez Dentu, nouvelle édition, annotée et augmentée, du livre d'Auguste Chirac: Les Rois de la République, qui fit éclater tant de colères... ;

Grand succès au Bazar de la Charité, dans le merveilleux hôtel Branicki.

L0S: recettes sont en grande augmen- tation sur celles de l'an dernier. Dans l'un des salons, le théâtre Dar- thenay-donne plusieurs représentations pâr jour. C'est le rendez-vous de tous lte enfants et de beaucoup de grandes personnes.

M. Chaplin a bien voulu envoyer un ravissant dessin que le Comité se pro- pose de mettre en tombola pour un franc le billet.

* M. Henry Blount fait appel à toutes les personnes charitables, en leur de- mandant de vouloir bien lui confier une ofrande, quelque modeste qu'elle soit, au profit des cinquante-sept oeuvres réu- nies au Bazar.

L'exposition des maîtres fiançais de li Caricature, dont le succès est considé- rible et qui vient de s'enrichir de nou- velles pièces du plus haut intérêt, sera désormais ouverte au public jusqu'à six heures du soir.

HORS PARIS

Les suites du voyage de la reine Vic- toria à Berlin :

, " Le prince Arthur, duc de Connaught,. vient d'être nommé chef du 3e régiment de hussards de Brandebourg. >> " '

On parle beaucoup à Rome d'un petit incident qui s'est produit au cours de la visite que le roi de Suède a faite au Pape. Le Roi, au lieu de baiser la main du Saint-Père, l'a embrassé sur les deux joues.

Pareille infraction à l'étiquette du Va- tican fut commise jadis par le général Grant qui, en entrant, serra la main de Pie IX en lui disant : « Venj glad to see y ou, Sir. »

Le comte de Pontevès-Sabran a entre- pris, comme nous l'avons déjà dit, un voyage dans le Turkestan.

Parti le 25 février de Paris, il est ar- rivé le 14 avril à Askabad, par la fa- meuse passe du Gaudan, qui se trouve à 1,870 mètres d'altitude. Il a reçu par- tout le plus excellent accueil. Deux jours après il arrivait à Merv, station du futur chemin de fer transcaspien. Le comte de Pontevès fut logé dans le palais du co- lonel Alikanoff, le vainqueur et le paci- ficateur dès Etats de Merv, qui porta un toast à la prospérité des deux pays, en terminant son discours par le? cris de : « Vive la France !... Vive la Russie ! »

Le chemin de fer transcaspien sera inauguré le 27 mai, grâce aux efforts per- sévérants et au dévouement du général Annenkoff, le constructeur de cette ligne colossale, qui n'a pas moins de seize cents kilomètres.

11 n'a fallu que cinq années pour ter- miner ce merveilleux travail au centre même de l'Asie.

NOUVELLES A LA MAIN

Cueillette chez les salonniers :

Au moment où tous les salonniers pro- duisent, tous les clichés convenus appa- raissent dans certains comptes rendus; quelques-uns sont heureusement modi- fiés : en voici quelques exemples :

"i

..." Bravo monsieur X..., vos canards sont très-bien enpàtés.

; ... Tout en reconnaissant les grandes qua- lités de peinture, je no puis m'empêcher de déclarer que ce cadavre manqué de vie et de mouvement. ' '< - ?

Fin de conversation entre deux mar- chandes de sourires : -

- Tu te plains toujours, ma chère, mais c'est de ta faute aussi ! Tu as du chic, tu es jolie, tu as même de l'esprit ; mais tu ne réussiras jamais !

- Pourquoi ça ?

- Parce que tu ne sais pas t'embêter avec les hommes !

Le Masqua de fer. -

Nous avons oublié, parmi les nouvelles que nous annoncions, colle que notre collaborateur, M. ALBERT DELPIT, a écrite pour le Figaro, et qui est intitulée :

LA CONSCIENCE D'OCTAVE

M. Albert Delpit nous donnera en plus, au mois d'octobre, une série d'études sur Florence, intitulées :

LA VILLE DES FLEURS

LA VIE PARISIENNE

LE DINER MEILHAC

5 mai 1888.

Je me suis bien des fois posé cette question :

- S'il m'arrivait un bonheur exceptionnel, trouverais-je autour de moi dix personnes pour s'associer à ce bonheur, pour y applaudir, pour en prendre leur part, sans arrière-pensée ja- louse ?

Et j'ai toujours évité de me répondre, de peur de perdre les illusions, délicieusement platoni- ques, que, j'ai gardées, en dépit de l'âge, à l'endroit de l'amitié.

Cette question, Henri Meilhac se l'est aussi posée sans doute. Et un ami, un de ces amis rares, moins rares pourtant qu'on ne se les figure dans cette sceptique atmosphère pari- sienne, s'est chargé d'y répondre selon son coeur.

Cet ami rare, c'est Raphaël Bischoffsheim, l'excellent Bisch, que tout Paris connaît sous tant d'aspects divers, sauf le plus intéressant peut-être : celui d'un homme de coeur, qui garde la fidélité du caniche dans ses affections.

C'est à Bischoffsheim qu'appartient l'initia- tive de la manifestation cordiale dont Henri Meilhac vient d'être l'objet dans les salons du Grand-Véfour. C'est à lui que l'idée est venue de réunir en un banquet fraternel les quarante Parisiens les plus sensibles à l'honneur que s'est fait l'Académie française en donnant à Meilhac le fauteuil de Labiche.

S'il eût convoqué tous ceux qui sympathisent à cet acte de justice tardive, c'est sur la place de la Concorde, et non au Palais-Royal, qu'il eût fallu dresser le couvert.

Je dis quarante, bien que nous ne fussions que trente-cinq : car c'est pour des raisons in- dépendantes de leur volonté que Victorien Sar- dou, l'illustre docteur Charcot, Adrien Hébrard, Antonin Proust et... le duc d'Aumale ne sont pas venus arroser ces palmes fraîches.

Il y avait là Jules Simon, Alexandre Dumas, Mézières, Ludovic Halévy, Joseph Bertrand, l'amiral Jurien de La Gravière, Jules Claretie, de l'Académie française ; Francis Magnard, Philippe Gille, Albert Wolff, Cernuschi, Fran- cisque Sarcey, Jules Lemaitre, Aurélien Scholl, Henry Fouquier, le docteur Labbé, Charles Garnier, de Blowitz, Ganderax, le colonel Lichtenstein, Emmanuel Arène, Dreyfus, Emile Blavet, Raoul Toché, Maurice Lippmann, Henri Lavoix, Charles Narrey, Jules Beer, le neveu de Meyerbeer, le sénateur belge Ferdi- nand Bischoffsheim,plus connu par sa très jolie femme que par la politique, et les habitués du cinq o'clock-billard de la place de la Madeleine, Chabot, Poirson, Perrier et Rebouleau. -

Ce chiffre de quarante avait séduit Bischoff- sheim. Il voulait constituer une sorte d'Acadé- mie où Meilhac était sûr de réunir tous les suf-

frages. Il y a réussi. Si l'on eût voté ce soir, pas une voix ne se serait égarée sur M. Thu- reau-Dangin.

L'amphitryon a pris place entre MM. Alexan- 4re Dumas et .l'amiral Jurien de . La Gravière, ; Meilhac lui faisait vis-à-vis " entre'MM. jùles Simon ot Joseph Bertrand. - Les autres se sont ' àssis par groupes sympathiques. .;.j 7.Î ? i Un proverbe dit : Qu'importe; le reste; quand le coeur y est. Le menu pourtant, én ces sortes de réunions, n'est pas une quantité négligeable» Celui qu'avait dressé notre ami" Bischoffsheim, en collaboration avec le chef du. Grand-Véfour, était digne de ces trente-cinq fourchettes dis- tinguées. Qu'on en juge ;

Crevettes, hors d'oeuvre variés

POTAGES - ' . '

Lucullus et consommé aux oeufs pochés

RELEVÉS

Truite saumonée au coulis d'écrevisses Solle de présalé aux petits pois nouveaux

ENTRÉES

Poulardo du Mans à la russe Cailles en caisses à' la Véfour Sorbets mousseux

'? , -, ROT .

Canetons de Nantes ~ Salade de romaine ' Homards sautés à l'américaine

ENTREMETS ? Asperges en branches

Haricots verts nouveaux a la maitre d'hôtel Dame blanche

Frou Frou glacée

. ' ? ' DESSERT ., . Corbeilles de fruits

VINS

Grand Xéres et grand Madère Màcon-Fleury en carafes, Saint-Julien Pichon-Longueville, Corton Champagne Moet frappé Tisane de Champagne en carafes Café et liqueurs

Il n'y a pas eu de toasts, sauf quelques pa- roles familières de Charles Garnier, qui n'appe- laient pour toute réponse qu'une cordiale poi- gnée de mains. On se les est serrées par-dessus la table. Et ç'a été tout. La timidité de Meilhac s'en est montrée fort reconnaissante. En- tre tant d'autres titrés à la succession de Labi- che, Meilhac a cette diablesse de timidité qui, les soirs de première, lui fait prendre l'express pour Rouen. Et j'imagine que si, ce soir, il avait dû prendre la parole, il aurait fait comme son illustre prédécesseur, un jour qu'il présidait la Commission des auteurs dramatiques... il se serait couvert.

On ne se doute pas, dans le public, des sa- crifices qu'impose ce titre d'académicien. Meilhac a dû, pour être â la hauteur, renoncer à ses plus chères habitudes. Il y a des mois qu'il ne se risque plus aux Folies-Bergère,. de peur d'y rencontrer le duc de Broglie.

Je dois dire pourtant qu'on l'a vu l'autre soir à l'Hippodrome. Il est vrai que c'était un .soir chic, un de cès soirs où le duc de Broglie lut- môme ne craint-pas d'y montrer son profil aris- tocratique. : -, . . ? ? On s'est séparé sur le coup de' minuit." Dumas prie un garçon de demander sa voiture.

- La voiture de M. Alexandre Dumas !

- Vous dites? fait le chasseur.

- Je dis la voiture de M. Alexandre Dumas.

- J'entends bien... mais le nom du cocher serait plus intéressant !

Soyez donc célèbre l

Parisis.

LA REVISION CHEZ LESF. i.

Bien que les délibérations des loges maçonniques doivent rester secrètes, on ne se faisait pas faute, il y a quelques jours, de révéler le rejet de la candida- ture de M. Combi, accusé d'être boulan- giste. Cela nous donne le droit de rendre compte de la très curieuse réunion qu'ont tenue vendredi soir, au Grand-Orient, les membres de la loge .'.le Progrès.

Lé programme annonçait une confé- férence sur ce thème peu sympathique: De l'exploitation de la démocratie.

Attiré néanmoins par le sujet, M. Ver- goin,qui fait partie, on le sait, du comité boulangiste, assistait à la réunion. Il a demandé la parole et n'a pas manqué de profiter de l'occasion pour tonner contre la presse antiboulangiste.

Selon lui, la révolution de 89 n'a été qu'une vaste fumisterie (sic). La noblesse a renoncé à ses privilèges, uniquement au profi t do la bourgeoisie qui,n'ayant pas l'éducation de la première,' n'a pas tardé à les rendre plus pesants, plus onéreux, Nous avons aujourd'hui les privilèges du rentier, protégé par l'Etat ; de l'avo- cat qui monopolise le droit de parler; du médecin qui a seul la permission de guérir ; du professeur, du journaliste, qui jouit de la liberté d'injurier; du prêtre, du commerçant, etc., qui ont tous des droits particuliers.

Quels sont les privilèges des innom- brables prolétaires qui constituent le quatrième état? Contre ces derniers - toujours d'après M. Vergoin - se sont ligués les divers privilégiés actuels, les seuls qui aient intérêt à soutenir le ré- gime parlementaire. Une nouvelle révolution est donc indispensable, une révo- lution faite dans l'intérêt exclusif du quatrième état. Qui fera pacifiquement cette révolution nécessaire ? Celui contre lequel se coalisent les journaux oppor- tunistes et conservateurs : le général Boulanger.

Par malheur pour l'ancien ami dû Mlle de Sombreuil, son éloquence n'a qu'à moitié convaincu l'assistance. Le nom de son héros a même jeté un froid. .

De ce discours, le Vénérable, M. Iré- née Blanc, n'a voulu retenir qu'une chose : « Le Parlement, en effet, ne se compose que d'incapables et d'ambi- tieux. Incapables, ceux qui, ayant tout en main, n'ont abouti à rien de sérieux. Ambitieux, ceux qui, dans un intérêt par- ticulier, suivent aujourd'hui un homme.»

Une discussion, très longue, s'est en- gagée. Elle durait encore à une heure et demie du matin. La loge, tout en re- poussant le boulangisme, a cependant reconnu la nécessité de la revision, qui compose tout le programme boulangiste.

Le Vénérable a été chargé d'organiser à Paris une réunion plénière du plus .grand nombre de loges possible. Ordre du jour :.Les moyens i employer pour préparer les élections prochaines en vue de la revision. Le.général Boulanger en .personne n'eût pas demandé autre chose.

Il a été décidé en outre que la loge

le Progrès, résolue à ne voter désor- mais « pour aucun des membres du Par¬