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Title : Figaro : journal non politique

Publisher : Figaro (Paris)

Publication date : 1882-07-05

Contributor : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication

Contributor : Jouvin, Benoît. Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 164718

Description : 05 juillet 1882

Description : 1882/07/05 (Numéro 186).

Description : Collection numérique : Arts de la marionnette

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k278253r

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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SOMMAIRE

À Boni» Ignolus.:

Echos de Paris Le Masque de Fer.

Crispj, Nigra ET Nice, en 1870 -.Auguste Brachet, La Chambré Albert Millaud.

Le Sénat-: Paul H-emery.

Coulisses uir Parlement-: Paul Hèmery. Notre Sodscription.

LA derrière Conspiration de Barras Paul Boscq, Correspondance Anglaise T. Johnson. ̃• Lettre DE Biioxelles,: Éerliéo. Fjgaiio A ROME Félix.

Les Fottes devant Alexandrie Sidi. LES Agents SECRETS': F. Hogier. G. Grison, ïjs Vie en PLEIN Air Florian Pharaon. .LE Guide DE l'Assuré Franklin.

Paris AU Jour LE Jour Adolphe Racot, Nouvelles Diverses :.Jean de Paris. LA Propriété foncière Maisonneuve.' GAZETTE des Tribunaux Albert Bataille. TÉLÉGRAMMES ET CORRESPONDANCES ArgllS, La Bour.se La Financière.

Revue Bibliographique Philippe Gille. Courrier des Théâtres Jules Prével. Sport Robert Alillon.

FEUILLETON Iseult Gustave Claudin.

ABORD!

A ce' moment solennel où la France appelle ses marins aux « dangers du feu et de l'eau »' la Chambre des députés doit regretter amèrement son dernier vote contre -la marine.

Le lecteur qui; en définitive, est notre principal maître;, saura; dans le courant de cette étude, pour quels motifs personnels j'aurais pu hésiter à la faire. Mais j'ai reconnu qu'il y avait ici un devoir inéluctable.

Il s'agit non d'attaquer avec une violence vaine, mais d'exposer avec une-\érité exacte. Il faut procéder utilement, comme nous l'avons déjà fait, par exemple, au sujet des Cent mille veuves mililaires,etc. Peut-être aurons-nous le même bon résultat.

Le budget de l'armée navale est, depuis 1870, le mouton sur lequel tous les autres budgets particuliers tondent sans mesure. Au lendemain de l'Année terrible, on avait pris 33 millions aux 147 millions de la flotte. Aujourd'hui, le .ministère de l'instruction publique enlève à nos vaisseaux et à nos officiers, au matériel et au personnel de la marine une somme de quinze millions pour les donner aux lycees de jeunes filles et autres nouveautés révolutionnaires. Cependant je ne viens pas seulement parler de cela. La -Chambre des députés a tout à l'heure causé une douleur mortelle à ce qu'on appelait autrefois le gvand corps le corps des officiers de vaisseau. Malgré deux excellents discours du duc de laRochefoucauld-Bisaccia etde M.Farcy, conformémentàdeux discours du ministre de la marine et de M. La Vieille nos députés ont voté la suppression des deuxderniers privilèges des officiers combattants, en faveur des corps accessoires de la marine, les noncombattants.

M. Parcy, ancien officier de marine, dont les opinions politiques sont -plus que différentes, contraires des nôtres, s'est écrié avec raison du haut de la tribune « Personne ne voudra plus être officier de vaisseau. » Aujourd'hui, l'appel de la Patrie va encore trouver une marine puissante mais après-demain, il serait trop tard.

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ïî ne s'agit plus, comme l'autre année, du matériel qu'on ne renouvelle pas. Il ne s'agit point d'appointements. Il s'agit d'une question plus délicate. J'estime que les deux honorables défenseurs de la marine, MM. de la Rochefoucauld et Farcy, n'ont pas assez, dans leur éloquente protestation, exposé qu'tl ne s'agissait en aucune façon d'établir une supériorité de valeur personnelle en faveur des officiers de vaisseau, contre les ingénieurs, les commissaires, les mécaniciens, les médecins. 11 y a dans ces différents corps de non-combattants des esprits aussi élevés que dans le grand _corps. Leur situation actuelle à tous n'est point en rapport avec les services rendus au pays.

Mais de là à créer pour les non-combattants une situation au détriment des combattants, il y a un abtme, où bien des choses superbes vont s'effondrer. Jusqu'à ce jour, l'officier de vaisseau avait sur les corps accessoires une sorte de supériorité de grade à laquelle les officiers tenaient avec un amoùr-propre légitime, si haut qu'il en devient comme un point d'honneur.

M~

Tous les officiers de vaisseau sans exception, ont vu dans cette loi votée d'urgence, avant la loi des cadres, l'achèvement suprême d'un système.

M. l'amiral Jauréguiberry ne sait plus ce qui se passe à bord. Ce n'est point la première fois qu'un esprit d'ordinaire clairvoyant, cesse de bien voir en montant au pouvoir. Le ministère est comme ces pics élevés d'où on voit mal, à cause du brouillard! 1

Le ministre a soutenu la loi, malgré tous les amiraux composant le conseil de l'amirauté. Malheureusement M. Farcy ignorait ce détail presque décisif f Le ministre pourrait faire une enquête dans les préfectures maritimes. Le Sénat devant qui la question va venir tout entière s'il est réellement la Cour d'appel et- si laChambre des députés n'est qu'un tribunal légiférant de première instance -pourrait demander cette enquête. On saura alors la profondeur de la blessure faite par les députés. Le Sénat peut éviter à la France des désastres qui égaleraient ceux d'une destruction de la flotte par une défaite navale. Sinon, nous avons eu, l'autre jour, un second Trafalgar

1iI;

Mon dessein n'est point ici de donner des détails techniques qui diminueraient ma force vulgarisatrice. Il y a une Cour encore plus suprême que le Sénat, c'est I'Opinion publique. Nous nous levons à sa barre, je le répète, avec toutes sortes de managements pour les hommes et les idées..̃• Pourtant quel article on aurait pu

faire, en montrant la Révolution déchirer les pavillons de la marine militaire pour faire avec leurs bandes rouges des jupons à ces malheureuses petites filles des lycées dont on prépare l'avenir de cocottes 1,

1 Mais les adversaires de ma thèse seraient trop heureux de me la voir soutenir violemment.

L'amiral Jauréguiberry a été incontestablement un des meilleurs généraux de la guerre de 1870. Il a été le plus remarquable des sous-ordres du général Chanzy. Le pays lui doit une vraie reconnaissance pour la tenacité admirable avec laquelle il a résisté pas à pas à l'ennemi, dans l'arméé de la Loire, Le corps qu'il commandait directement n'a subi, dans cette glorieuse retraite, qu'un seul échec particulier.

D'autre part, l'amiral Jauréguiberry a été un de nos meilleurs marins. Ilamontré dernièrement dans son commandement de l'escadre, lesqualitésde l'amiral en chef, aussi rares que celles du général en chef.

Mais l'amiral Jauréguiberry a subi la loi fatale qui semble gouverner la plupart des ministres de la marine, marins et non simples bourgeois il ne sait pas défendre la marine contre des influencescontraires, des partis-pris etdes haines.

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Même M. Gougeard, le ministre de la marine de feu le grand ministère, avait su mieux résister aux projets de lois destructives de la flotte.

Il n'avait pas voulu submerger dans l'assimilation générale le grand corps des officiers de vaisseau.

Je dis plus.

Un amiral avait dit, en 1880, du haut de la tribune, en parlant de ce projet de loi Cette loi aurait inévitablement pour résultat d'empêcher un bon recrutement des officiers de vaisseau, c'est-à-dire du corps qui navigue, qui combat, qui commande. »

Et ce vice-amiral se nommait Jauréguiberry. Il est le même* que celui qui, tout à l'heure, vient de faire voter cette loi.

C'est à baisser la tête, en mettant les deux mains à plat sur la face 1

Quoi depuis 1870, nous avons eu en moins 320 officiers de vaisseau sur un millier d'officiers. Cette statistique devrait être écrite ici en aussi grosses lettres que le titre le Figaro qui est audessus de cette étude 1,

Nous avons, en moins, un nombre de navires, tel que mon patriotisme m'empêche de l'écrire

Pendant un certain temps, on a supprimé ou les grands navires ou les petits navires -'selon que le minislre n'aimait point ceux-ci ou ceux-là. La flotte s'est trouvée'bientôt comme l'homme de la fable, à qui les deux femmes enlevaient, qui, les cheveux gris, qui, les cheveux noirs I

On dirait que, malgré eux, les ministres de la marine, fussent-ils conservateurs, subissaient l'influence de la Révolution sociale, qui, pas plus qu'au général de Cissey, ne pardonne point à la a marine, son énergie contre la Commune de 18711 1

Personne, parmi les profanes, ne comprend mieux que moi l'émotion soulevée par cette loi dans le cœur des initiés aux solennels sacrifices de la vie militaire marine J'ai besoin de dire que, simple écrivain, attaché au plancher des vaches, comme on dit j'ai cependant quelque peu vécu, de cette question marine. De mes deux frères soldats, l'un, qui a depasséà peinela trentaine, estlieutenant de vaisseau à bord de la frégate-amiral la Pallas, qui fait une sorte de tour du monde, et se trouve aujourd'hui à quinze cent lieues de France.

Lelecteur voit que la question de la marine ne m'est point aussi étrangère qu'il le croyait. Donc, je sais comment jadis en France se formait un officier de marine. Hélas! les députés ont brisé ce moule superbe 1

̃̃̃̃ •*» '-̃̃. '•

Quand l'enfant avait douze ans, le père, ou bien la mère,parfois veuve d'un soldat mort au service du pays- disait « que veux-tu être? Le fils ne pouvait guère devenir que soldat comme le père. Il préférait, l'enfant, être un soldat avec joli uniforme, devant aller bien loin sur la mer. Il voyait dans la car- rière de la marine le côté brillant qui lui cachait le côté sombre.

Ces temps ne sont plus. Les fils, même des officiers de marine, ne veulent plus être marins. Le ministre de la marine a avoué qu'on avait été obligé d'abaisser le niveau des examens ou du concours, et d'élever le maximum de l'âge, pour l'entrée au Borda, vaisseau-école. Malgré cela le nombre des concurrents a diminué de plus de moitié.

Il y a de ces aveux faits à la tribune qui me font regretter que l'étranger comprenne la langue française 1

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Donc, l'enfant travaillait, à l'âge où l'on s'amuse encore. C'était comme le travail effrayant du petit clown 1

Le voici reçu. Joyeux ou triste il ne sait il entre au Borda. Ce vaisseauécole est plus terrible que l'école de SaintCyr. L'enfant entre dans la cage- comme un petit oiseau enlevé trop tôt du nid. Un bien drôle de bateau que ce Ba~^da 1 Je me souviens que beaucoup de ces petits matelots imberbes et aux traits délicats, me rappelaient les danseuses d'un ballet de la Muette d'Auber costumées en matelots 1

Voici les vacances. Voici le premier uniforme. L'enfant le met avec émotion, comme la jeune fille- sa première robe de bal. Voici l'aiguillette. L'aiguillette, bouquet de marié, mais aux fleurs d'or. C'en est fait. l'enfant pubère a épousé la Mer. comme un Dogel

Alors c'est le départ vers l'horizon sans fin, là-bas, dans la brume. Le grand vaisseau diminue peu à peu. Il n'est plus qu'un point noir. à peine de la grosseur d'un oiseau, dont le pauvre petit aspirant n'est qu'une plume de duvet. L'enfant grandit sur l'Océan. Il devient homme. Il a vingt ans. Et puis, un soir, la mère meurt. Le fils est à bord,, bien

loin. On. dit, en Bretagne, qu'alors le fils entend le glas lointain sur les flots.

#

Vers l'âge de quarante ans, après plus de vingt-quatre-ans de service, l'officier devient capitaine de frégate, s'il a résisté à tous les dangers qu'on sait.

L'officier qui meurt en pleine mer n'est point le plus malheureux. J'ai assisté à cette cérémonie mortuaire. Le mort semble, bien plus que dans le trou du cimetière en entrant dans la mer. entrer dans l'Infini! 1

Jusqu'à l'âge de quarante ans, l'officier de marine mène un métier d'une dureté sans égale. Je vois encore cette cabine d'aspirant de 1" classe, sur un cuirassé. Le jeune officier était obligé, le matin, de mettre debout son pantalon. S'il s'était assis, il eût été obligé, pour passer les jambes, d'ouvrir la porte.

Nous autres, avons-nous eu cette jeunesse dure? Certes, notre vie, a eu le roulis et le tangage. Nous avons eu nos naufrages, nos tempêtes. Mais à Paris bien des bourgeois ont des salaires d'amiraux qui n'ont pas rendu au pays les services d'un simple lieutenant de vaisseau.

Jusqu'à ce jour, l'officier de vaisseau avait une place particulière à bord. On distingue d'ordinaire les combattants des non-combattants -parce qu'ils sont devant.

Maintenant l'assimilation va être complète. Or, la vie de l'officier s'usant plus vite que celle des autres, la retraite lui est donnée avec raison bien avant les autres. Donc, il a ce point principal d'infériorité.

Ensuite, il aura les cinq galons après son camarade d'âge qui est entré dans les corps accessoires.

Résultat général de la loi l'abaissement de l'ancien grand corps de marine, sous les corps accessoires

D-epuis quelque temps les députés frappent par des lois nouvelles, à tort et à travers. On dirait vraiment qu'ils jouent à colin-maillard.

Malheureusement le coup semble prémédité. Je ne répéterai pas ce qu'on dit tout haut à bord. Je reste calme, ainsi qu'il convient à quelqu'un qui parle pour des gens graves comme les Sénateurs. Chacun comprend, en effet, que cette étude est dédiée aux Sénateurs. Ah laissez-le moi dire bien haut 3, notre pays? Où allons-nous?

L'officier de marine était la machine qui coûtait le plus cher et qu'on ne peut réparer et nous brisons cette machine qui avait une âme éprouvée par tant de

tempêtes.

Depuis que nous avons ces colosses qu'on appelle les cuirassés, une seule erreur du commandant, pendant une seconde, peut détruire des millions. Avec les bâtiments à voile, le commandant d'un navire, avait le temps de réparer cette erreur. Maintenant un commandement faux a un résultat instantané. Il est l'éclair comme il ne peut ni être retiré ni être modifié. Il faut trente ans d'épreuves pour former un cerveau apte à l'effroyable responsabilité de ce moment psychologique 1 Et vous brisez pour toujours la fabrique sublime, -ou l'on façonnait peu à peu ces cerveaux Sur la mer, sous le ciel 1 au dessous de Dieu

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Ah laissez-moi dire Queïle faute a donc commise l'offfieier de la flotte. Ne conservait-il point les plus ancien-. nes traditions de l'honneur militaire? Pour l'officier de vaisseau, la patrie est encore plus visible que pour nous dans l'image du drapeau car le drapeau est souvent tout seul à la lui rappeler.

Les députés ne savent donc point que la France était la deuxième puissance maritime militaire du monde entier. Les Allemands ont là-bas, à Berlin, nos drapeaux, et ils n'ont pas no» pavillons 1

Alors que la France, puissance africaine, sera sans aucun doute appelée sur lé champ de bataille, aux vagues bleues, de la Méditerranée on brise matériel et personnel de la marine 1

Bientôt, le voyageur ang^is pourra sans outrecuidance répéter sa fameuse phrase perdu qu'il était au milieu des déserts « Quelle est cette eau que j'aperçqis là-bas ? Goutez-la 1. Elle est salée, donc cette eau est à l'Angleterre » J'ai dit que l'armée de terre -était par discipline la grande muette. Mais l'armée de mer est la muette de l'Océan. Il faut comprendre la douleur mortelle que ressentent ces officiers. Là, même le détail de l'uniforme fait partie de l'honneur! Rappelez-vous cet équipage de la Sémillante trouvé nu sur la rive, alors que les officiers, morts aussi, étaient seuls en uniforme. Ils avaient pris leur uniforme de gala comme si la mort qu'ils voyaient venir était une reine montant à bord 1

O~t

L'oificier de vaisseau va partir, peutêtre mourir demain et l'Assemblée l'a blessé au cœur, avant-hier. Quant au recrutement futur de l'état-major des combattants de la flotte, chacun sait déjà qu'il sera nul. En effet, on pourra crier au jeune homme qui se dirige vers le vaisseau-école, le fameux « jeune homme, où vas-tu de Lamennais.

Les ennemis de la marine militaire ne seront point satisfaits de cet article. Je jette tout mon encrier sur le rapport étrange de M. La Vieille. Il a dit « pas d'aristocratie.» Si fait, monsieur,-mais toujours une aristocratie «ouverte!» » C'est dit. J'ai montré au grand public, non pas les assassins j'ai expliqué pourquoi mais la sublime victime. Tous comprendront que cette étude est en définitive une affiche qui annonce la prochaine représentation donnée à la tribune du Sénat. Le public est prévenu. Le Sénat ne votera pas la mort de la marine militaire française, qui, Dieu merci, va prouver demain qu'elle est encore vivante. Le Sénat se souviendra que Dieu avait favorisé en 1870 nos vaisseaux. Jamais l'ennemi Allemand n'est monté. à bord I.

îgnotns.

Échos de Paris

LA Température. La baisse barométrique s'est accentuée au nord-ouest de l'Europe et se .propageait hier sur tout le versant océanien. En France le ciel était couvert sur les côtes, des pluies étaient à craindre. Dans les autres régions, le temps restait au* beau et au chaud. Des orages sont toutefois probables dans l'ouest t et le centre.

La température est en hausse sur la France; elle a monté principalement dans les stations élevées. A Paris, ciel nuageux et temps orageux; le thermomètre a marqué hier, à sept heures du matin, ij° à midi 25°, et à trois heures 26°5. Soirée très chaude.

A TRAVERS PARIS

Aujourd'hui. à2 h. -iO.courses auVésinet. Départs, S'-Lazare, 12ii35,lh35. Spéc.,ii>30.

Voici quelques promotions dans la Légion d'honneur

M. la vice-amiral Peyron, chef d'étatmajor, est élevé à la dignité de grandofficier.

MM. Lefèvre, capitaine de vaisseau, Dard-Laurent, général d'artilleria de mariné, et Le Myre de Villierssont prôîïius commandeurs.- .'̃••) )

AU

Le Journal officiel doit contenir ce matin le décret ouvrant au ministère des Beaux-Arts un crédit de 50,000 francs, destiné à faire disparaître les ruines des Tuileries.

Le prochain mouvement administratif contiendra, entr'autres, quelques mutations dans les préfectures,

M. Lagrange de Langre, préfet du Finistère, est nommé préfet des AlpesMaritimes, en remplacement de M. de Brancion, qui passe dans l'Ille-etVilaine..

M. Gragnon, préfet de la Corse, est nommé préfet du Finistère.

M. Demangeat est nommé préfet de la Corse.

M. André, qui était préfet d'Ille-et- Vilaine, est mis en disponibilité.

La possibilité d'une demande de crédit de dix millions, pour le cas d'une intervention en Egypte, n'est point un bruit si dénué de fondement que semblent le .dire certains journaux.

Une circonstance à rapprocher de ce bruit, c'est L'ordre donné par le ministre de la guerre de tenir prêts à s'embarquer au premier signal les bataillons de Tunisie qui ont été désignés, il y a quelques mois, pour rentrer en France. Ces bataillons sont déjà en marche sur Sfax, La Goulette et les dernières stations maritimes, où des transports iraient les chercher s'il en était besoin.

Grand dîner hier soir, au ministère de l'Intérieur.

Les invités de M. René Goblet étaient: MM. les ambassadeurs de Russie, d'Angleterre et d'Espagne, Mme la duchesse de Fernan-Nunez, le ministre de Perse, Mme Nazare-Aga, le ministre du Salvador, Mme Torrès-Caïcedo, le président du conseil, Mme et Mlle de Freycinet, le ministre et le soussecrétaire d'Etat aux travaux publics, le sous-secrétaire d'Etat à la justice et Mme Varambon, les sous-secrétaires d'Etat à l'instruction publique, aux colonies et à l'intérieur, Mme Develle, MM. Henri Martin, Dauphinot, Massiet du Biest, sénateurs, Malézieux, Villain, Thomas, Riotteau députés, l'amiral Peyron et Mme Peyron, M. et Mme Pittié, CotteUe, président de chambre, Barboux, .bâtonnier de l'ordre des avocats,M. etMme MarthijFournier, Herbette, du Grosriez, Schnerb, Delabarre, Tardieu, M., Mme et Mlle Massicault, M. et Mme Cauvin, Foubert, chef du secrétariat particulier, Delpech, ancien maire d'Amiens, Delpech, chef adjoint du cabinet, Filippini, préfet de la Manche. L'étendard américain a flotté hier à beaucoup de fenêtres, dans les rues de Paris.

Le 4 juillet est, on le sait, l'anniversaire de l'Indépendance américaine, qui remonte à 1776. Le soir, plusieurs réceptions ont eu lieu chez les familles américaines établies à Paris.

On sait que, dans une des dernières séances du Conseil municipal, le citoyen Jobbé-Duval, artiste à ses moments perdus, a annoncé à ses collègues que l'on pouvait facilement retirer la fresque de Delacroix de l'église Saint-Denis du Saiat-Sacrement.

Pourquoi, par la même occasion, le même citoyen Jobbé-Duval ne proposet-il pas d'appliquer son système aux fresques qui décorent l'église SaintGervais (Hôtel-de-Ville)?

Ces fresques ne sont pas sansavoir une certaine valeur; elles sont signées JobbéDuval et datent d'une époque qui pourrait faire croire que l'Empire avait du bon dans ce temps-là.

Nous nous faisons un devoir d'informer les nombreux amis laissés par notre éminent et sympathique confrère, Paul de Saint-Victor, que le lundi, 17 juillet prochain, après une messe de bout de l'an, qui sera dite à midi précis, à la chapelle du Père-Lachaise, aura lieu l'inauguration du monument élevé à la mémoire du regretté défunt par sa fille. Le monument a été exécu-té sur les dessins de M, Bailly, architecte diocésain, membre de l'Institut, et le buste qui le surmonte est l'œuvre de M. Guillaume. Un changement:

Monaco qui tout récemment encore était une station d'hiver, rien qu'une station d'hiver, est cette aimSe a l'époque

où nous soiaÊm.eB, aussi animé qu'au mois de janvier.

La température est en ce moment aussi agréable qu'on peut la désirer, et ceux qui sont à Monaco n'ont pas le. soleil torride dont nous jouissons depuis trois jours à Paris; aussi la grande terrasse du bord de la mer, oà l'orchèstre du Casino donne le jour et le soir deux forts beaux concerts, est-elle le rendez-vous des nombreux touristes qui arrivent d'Iltalie et de tout le littoral.

L'établissement des bains,, installé avec uh grand confortable, regorge de monde, et pour peu que cela continue, il n'y aura aucune interruption entre, la saison d'été et la saison d'hiver. De nombreux préparatifs sont déjà faits en vue de cette dernière, le nouveau directeur presse, dès à présent, les engagements d'artistes, les réparations, les améliorations de toute espèce qu'il rêve de réaliser et qu'il réalisera entre autres, citons-en une l'ouverture de salons absolument réservés à la société d'élite qui retrouvera cette année à Monaco, grâce à M. Dupressoir, l'ancien et si aristocratique Cercle russe du Bade d'autrefois.

Une question que l'on nous prie dé poser à l'administration de la guerre Comment se fait-il que l'on ait donné, à la musique d'un bataillon de chasseurs à pied, l'autorisation de venir tous lès soirs servir d'orchestre aux représentations de l'un des théâtres de la foire de Neuilly?

Ce n'est peut-être pas tout à fait la place d'une musique de l'armée française.

Après avoir renié Gambetta, les radicaux sont maintenant en train de renier Clémenceau.

C'est la loi.

Il y a longtemps que, parodiant un vers célèbre, Ernest Picard a dit

Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure.

Une double rencontre doit avoir lieu ce matin à la frontière entre MM. T. C. i O'B. et deux officiers de cavalerie MM. B. L. et A. de K. dont le premier appartient à l'une de nos écoles militaires. La cause est la publication récente d'un volume illustré Nos farces à Saumur, où MM. B. L. et A. de K. ont cru se reconnaître. L'arme choisie est l'épée de combat.

Que Leconte de Lisle nous le pardonne 1 On sait qu'on avait un peu papodié sa manière peut-êtçe trop exacte de reproduire en français les mots grecs -et latins qu'il avait à traduire. On avait imaginé une traduction de la première églogue de Virgile qui commençait ainsi Tityre reeubantsous le tegment d'un fage. On nous assure qu'au livret du dernier Salon un sculpteur delamême école, qui avait exposé un Enfant jouant avec un chat, avait fait imprimer

Pède ludant avec un fêle

NOUVELLES A LA MAIN On raillait devant Berryer l'habitude qu'ont certains orateurs de se servir à tous propos de lieux communs. Ne dites pas de mal des lieux communs, riposta Berryer, c'est avec ça que j'ai toujours le mieux réussi.

Un gendarme a usé de tous les moyens connus pour faire marcher son cheval, qui s'obstine à piétiner sur place. Ah I ça, s'écrie-t-il enfin, pour «avancer», il te faut donc aussi une décision ministérielle ? 2

Orientalisme.

Nous trouvons dans une traduction bien entendu une fable indienne assez bizarre.

Le tigre ne naît pas avec l'instinct de manger l'homme. Mais ses parents, qui veulent la destruction de notre race, ne l'entendent pas ainsi.

Dès qu'il est devenu un peu grand, sa mère lui dit Mon fils, je suismalade. Un seul remède peut me soulager, c'est de manger un peu d'Hindou.

En bon fils, le jeune tigre va attendre un Hindou, et sans égard même pour la caste la plus haute, le rapporte à sa mère.

Celle-ci en goûte et dit Mon fils, je ne saurais bien manger si tu ne manges pas avec moi. Le fils ob 'it, d'abord avec répugnance. Puis, cette nourriture lui plaît. A partir de cette heure,il est mangeur d'hommes.

On dissertait sur le livre de SaintPaul devant le marquis de Calinaux, qui résuma ainsi la question

L'auteur lui-même a si bien reconnu que son livre était obscur, qu'il l'a appelé L'Apocalypse f

Un sportsman traversait le PalaisRoyal.

Un distributeur va pour lui donner le prospectus de, dîners à 1 fr. 10 c, et s'arrête tout à coup.

Pourquoi ne me donnez-vous pas ce papier? lui demande le sportsman. Oh dit le distributeur, je vois bien que ce ne sont pas des dîners dans vos prix. Monsieur représente un dîneur à au moins 2 fr. 25 1

Taupin jette aon cigare avec colère Sales cigares! Ils ne valent pas « deux sous M

Et combien les payez-vous?

«Un sou! ».

,Le Masque de fer.

CRISPI, NIGRA

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3STIGE E1ST 18'70 F Comme nous l'avions annoncé hier, nous offrons à nos lecteurs la primeur du nouveau livre d'Auguste Brachet sur l'Italie qu'on ne voit pas en beau.

Quoique l'auteur ne se soit proposé qu'un but purement scientifique, celui de renseigner la France sur la haine et la jalousie de nos voisins, il a obtenu un résultat pratique en créant dans ce pays un courant de méfiance éj l'endroit des Italiens, qui s'est traduit, l'an dernier, par l'échec de l'emprunt du Cabinet Depretis, et cette année par les difficultés, qu'éprouve le gouvernement italien à faire accepter M. Nigra par le Cabinet français. Le récit de la tentative avortée des Italiens sur Nice en 1870, que nous empruntons à Auguste Bvachet(RèponsealmisogatloSignor Crispi) nous fait toucher du doigt le rôle de MM. Crispi et Nigra dans cette affaire, et le; danger que nous n'avons évité que par la prompte conclusion de l'armistice à la fin de janvier 1871.

C'est (comme aurait dit Pierre Gringotré) une sotie à deux personnaiges c'est à sça~! voyr Crispi sur le devant de la scène, et 1? commandeur Nigra dans la coulisse.

Si l'Italie nous refuse son concours, s'écriait naïvement Ief 5 septembre M. Jules Favre, 'elle est déshonorée. C'était, au contraire, pour les hommes d'Etat italiens une obligation. impérieuse de nous refuser tout secours armé. On ne met point en péril l'avenir de sa patrie et son exis> tence nationale pour tirer d'embarras un imprudent voisin. Peut-être était-il excessif d'aller au delà et de servir aussi bien M. de Bismarck en enlaçant les neutres dans le filet d'une ligne de nonintervention. Si vos sympathies pour lai France ont sur ce point dépassé la mesure, elles n'étaient point en désaccord avec le sentiment unanime de la nation italienne, comme en témoignent les récits que font de la guerre de 1870 vos, livres d'enseignement « Lorsque éclata la guerre de 1870, le peuple italien comprit, avec une ar/fUirable intuition, tous les avantages qu'il pourrait en, tirer, et par un sentiment unanime et vigoureusement exprimé, traça au gouvernement la seule ligne de conduite qui pouvait être utile à l'Italie, la ne2ctrcclité. Ce mot fut le cri général, car c'était pour nous un dévoir d'honneur et de justice dc ne point venir au secours de la France. (Neutralità fu: il grido di tutti, perché era un dovere verso la giustisia e verso il nostro onore il non cornbattere per la Francia. (L'itulia esposta: agli Iialiani, L'Italie expliquée aux Ita- liens, p. 22.) » ̃• Un mois après que l'Italie eût soudé la ligue des neutres, je retrouve un écho de -cette négociation dans les procèsverbaux de l'Hôtel-de- Ville, alors que M. Jules Favre ignorait nécessairement les arrangements intervenus, à nos dépens, entre M. Nigra et lord Lyons. (Procèdverbaux des séances du gouvernement, de la Défense nationale, p. 31) i

Séance du 29 septembre 1870. -Les offres des pasteurs protestants qui veulent se rendre au quartier général prussien sont repoussées.

M. Jules Favre communique les dépêches de l'extérieur. Le Ministre d'Italie fait des offres de services, peut-être peu sincères. Si c'était pour l'Italie un devoir d'honneur et de justice de ne point venir au secours de la France, il lui était difficile de garder entre les belligérants une neutralité complète, à cause de cette ancienne maxime des princes de Savoie qui est toujours restée la règle de conduite de leur maison), que les neutres sont le plus souvent sacrifiés et que la paix se fait d'ordinaire à leurs dépens.

Tandis que les Parisiens, sûrs de M. Nigra, attendaient d'heure en heure l'armée de secours da- leurs frères latins, que M, Rochefort proposait de rétrocéder a. nos voisins l'île que les Italiens appellent un pistolet chargé au cœur de l'Italie, M. le général Leflô communiquait au Conseil, six jours après Sedan, ses raisons de douter d'une intervention militaire de l'Italie en notre faveur Pro~cès-verbaux du gouvernement de la Défense nationale, p. 17.

« Séance du 11 septembre 1870. Le Ministre de la guerre est inquiet des dispositions du gouvernement Italien, qui vient de mas ser des troupes sur la frontière des Alpes. Plus épris des réalités que soucieux de respecter le plébiscite de 1860. oude vous attarder au souvenir de Solférino, vous déclarez nettement dans la., Riforma que « la rétrocession de Nice et de la Savoie est la condition non pas d'une alliance, mais simplement de la neutralité de l'Italie. » Dans une lettre publique (19 septembre 1870), vousannoncez que vous avez obtenu de notre ministre à Florence, M. Sénart, le précieux aveu « que la République française ne pouvait vouloir garde'" le comté de Nice par la violence. » On peut voir dans l'Enquête Parlemenlaire de l'Assemblée Nationale (iv, 417487, et v, 187-195) le parti que le gouvernement italien sut tirer de la diplomatie ingénue de M. Sénart.

Le 20 octobre, le gouvernement de Tours avait appelé à la direction du département des Alpes-Maritimes un publiciste éminent, l'auteur de l'Histoire du Droit de guerre et de paix, M. Marc Dufraisse, que nous n'avons point à juger ici comme administrateur, mais dont la déposition sincère et modérée devant la commission d'enquête de l'Assemblée constitue le document officiel le plus précieux que nous possédions pour l'histoire du comté de Nice pendant les cinq mois qui vont de Sedan aux préliminaires de paix.

Dès son arrivée, le préfet n'est pas sans concevoir quelques appréhensions. Ses rapports de police et les communications des consuls français de la côte ligurienne ne tardent point à lui révéler l'existence de comités séparatistes qui agissent tant à Florencequ'à Nice même, en vue d'obtenir la rétrocession du Comté:

« Je m'interdis de répéter les noms .des

rùembres de ces comités. Il me faudrait ÇrfffF

membres de ces comités. H me faudratt 9!îqy

outre M. Crispi etses amis, de hautes.rioW- ·

bilités parlementaires et dynastiques du royaume d'Italie. Je m'en abstiendrai aone. (Première déposition, p. 467.) »


Le comité de Florence, que vous insiiriez, ayait appelé -de Nice une déléga_ion indigène pour rendre plus active l'agitation séparatiste dans la capitale « Mon prédécesseur avait livré au gouvernement de Tours la preuve qu'une ambassade était allée de Nice en Italie avec une mission dont il est facile de deviner le but, et que pendant le séjour des envoyés niçois à Florence on y entendait tous les jours le cri de Vive Nice italienne I (Id., p. 459.) »

En même temps, les comités donnaient pour mot d'ordre aux -Niçois de se dérober au service militaire, et de franchir la Roja, en prévision d'une éventualité qu'il est aisé de deviner.

Ces réfractaires, que les chiffres officiels fixent au nombre d'un millier, formaient en plusieurs rassemblements voisins de la frontière, à San-Remo, Vintimiglia, Oneglia, Bordighera, une troupe qui pouvait, dans une circonstance a prévoir et à craindre, devenir une force dangereuse pour la sûreté de Nice. (Id., p. 468.) « En même temps je recevais un parquetde la Cour d'appel d'Aix l'avis officiel qu'il existait des dépôts d'armes dans la principauté de Monaco. On me dénonçait aussi d'autres dépôts d'armes sur le littoral voisin d'Italie et dans l'ile d'Elbe où je n'avais plus d'action diplomatique comme sur la principauté de Monaco. » {Id., p. 472.)

Le préfet note, en passant, un trait de couleur locale: la plupart de ces réfractaires, comme la souris de la fable qui ne se laisse pas prendre au piège, mais a toujours soin d'emporter le lard, « se laissèrent d'abord très bien habiller, avec l'arrière-pensée de passer la frontière une fois vêtus, ce qui fut exécuté. » (id., p. 466).

A l'intérieur, les Comités séparatistes n'agissaient pas moins vivement, d'abord dans l'élection des officiers de la garde nationale qui eut lieu le 22 septembre: Puis, deux mois plus tard, quand il ,fut question de la mobilisation

« Les décrets ordonnant la mobilisation des .gardes nationales causèrent dans le Comté iine émotion considérable, et dès le premier ̃jour, il me fut annonce et signifié que les mobilisés de Nice ne partiraient pas. Pén- ïlàiat que les patriotiques populations de l'arroHdissement de Grasse se préparaient à en- trer en campagne, je rencontrais dans Nice une force d'inertie et une résistance passive i~~sur nz~nlublcs. u (Id., p. 466.)

Les comités occultes et l'agent officiel du gouvernement italien (placé sous les ordres directs de M. Nigra) paralysaient à. tPenvl les efforts de l'administration française, tantôt en poussant les mobilisés

« à ee prévaloir, pour ne pas partir, d'une prétendue nationalité étrangère; si j'avais "-voulu les en croire et surtout le consul d'Italie, il n'y aurait plus eu que des sujets du Roi dans son comté d'outre-monts, » (Id., p. 466).

Tantôt en conseillant à leurs compatriotes une résistance passive:

« Convoqués deux ou trois fois pour élire leurs officiers, les mobi isés nese présentèrent point. Sur plus de 3,000 hommes convoqués, il ne s'en présenta jamais que trois. Enfin dams l'impossibilité où j'étais de les faire partir de Nice (pour le théâtre de la guerre), j' btins du ministre de la guerre que les mobilisés niçois seraient envoyés en Algérie. » (Id., p. 466.)

En même tempsque les comités italiens annulaient tous les efforts de notre administration militaire dans le Comté, ils excitaientl'opînioQpubJiquepar le moyen de ce que M. Marc Dufraisse appelle la dépêché mensongère bien maniée « .Un grave inconvénient de ma situation, c'était que tes mauvaises dépûclies, fausses os exagérées, arrivaient d'Italie à Nice, aux chefs du parti séparatiste avant celles qui devaient me venir de Bordeaux; et ils tiraient avantage de cette avance de temps pour se saisir de l'opinion.

» Des nouvelles d'origine italienne annonçaient tantôt que la Corse et Nice seraient rendues à l'Italie par l'empereur d'Allemagne tantôt qu'un congrès ratifierait ia restitution du Comté'; mais que pour le plus sûr les Niçois devaient prendre l'initiative de la revendication et de ta reprise de leur ville, afin que la diplomatie n'eût plus qu'à sanctiunner le fait accompli, » (Id., p. 470.) Ces excitations venues d'Italie devaient

geaiUcKm du FIGARO da S Juillet m% Ï2

ISEULT

TROISIÈME PARTIE

'Y

Lorsque les couturiers, les couturières et Ifts modistes cuisent achevé les quinze bclîes toilettes qui leur avaient été commandées, Iseult partit pour Trouville avec toute sa maison. Dans cette nouexcursion elle accompagnée de Mme d'Avenel laquelle appartenait ainsi que sa compagne à cette catégorie de gens qui, tout en aimant Paris à l'excès, sont toujours prêts à lui faire des infidélités.

On était à la 'fin de juin, alors qu'il n'y a presque pas de nuit, et que tout est en fleur. Paris, quoi qu'en disent ceux qui le fuient, est exceptionnellement beau à co moment-là. Le soir, il offre aux prodes Champs-Elysées des couchers de soleil tout à fait prodigieux. Tandis qu'il disparaît dans des nuages pr ès desquels de l'or en fusion semblerait pins vil que du cuivre, une brume se répand au sommetdes arbres et des monuments. On dirait, à cet instant qui dure à peine un quart d'heure, que la nature, à l'exemple de ceux tjui enveloppent des cristaux dans du papier, veut envelopper toute la création dans des îlots de mousseline tissée avec les fus de la vierge. Ceux qui au mois de juin dînent en plein air dans les Champs-Elysées jouissent de ce splendide spectacle qui dépnsseen magnificence celui qu'on observe au bord de la mer alors que l'astre du jour va se plonger, comme disent les poètes, dans le sein de Thétis. Mais cela se passe à Paris, et maintenant, avec le délire de villégiature qui s'est emparé des oisifs de ce monde, il n'est pas distingué d'y rester à cette époque de l'année. On fuit la grande ville en juin parce que le thermomètre marque vingt degrés, et par une inexplicable contradiction, les gens qui l'ont quittée pour cela, la fuient aussi au mois de novembre pour s'en aller retrouver à Monaco quoi ? P Ces vingt dearès de chaleur. Eh bien, malgré ces infidélités inexplicables, natgré ces injustes abandons, Paris reste, dans toutes les saisons, le séjour le plus agréable 'du monde.C'est là qu'on

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amener graduellement la population niçoise h passer de la parole à l'action: «. Un jour, je me trouvai à Nice avec 17 hommes de garnison". Ce fait était su du parti séparatiste ouï suivait avec vigilance le mouvement de la place. Je fus prévenu que le comité avait le dessein de faire sauter le pont du Var « pour établir la séparation », c'est-àdire couper la ville de tout secours de l'intérieur. Je fis garder le pont sans m'alarmer de la situation militaire de la ville, ni de la menace. » (Id., p. 468.)

Devant cette agitation chaque jour croissante, le préfet était désarmé. Dans l'impossibilité de juger à distance, le gouvernement de Bordeaux s'en rapportait sur les mesures à prendre à « l'excellent esprit juridique de M. Marc-Dufraisse »

« .Aussitôt que j'expulsais un des meneurs, soit italien, soit séparatiste, je recevais du u quartier-général de Garibaldi un billet comme celui que voici

̃ «t Autun, le 10 décembre 1870,

» Citoyen Préfet,

a »J'ai su l'expulsion de Charles G. et je » vous prierai d'autoriser son retour. Avec » reconnaissance anticipée, je suis votre tout » dévoué,

» Général GARIBALDI. »

« J'expulsai trois de ces agitateurs italiens, comme la loi du 4 décembre 1849 m'en donnait le droit. Aussitôt le Consul d'Italie, auquel les désastres de la France avaient fait .oublier les services rendus à son pays, vint réclamer en faveur des sujets du Roi, son maître. Le souvenir de cette entrevue m'est resté particulièrement désagréable. Le Consul italien resta dans les limites d'une certaine convenance mais je sentais au ton difficilement contenu de son langage quela France n'était plus le pays craint et respecté. Je maintins néanmoins les arrêtés d'expulsion 'qni furent exécutés. Mais la mémoire de cet incident ne m'en est pas moins demeurée pénible. » (Id., p. 4G4.)

Il vous était nécessaire, en effet, monsieur le député, de conserver dans Nice les chefs les plus remuants du séparatisme pour l'heure des élections. Le plan de votre comité deFlorence était simple: faire passer à Nice une liste de candidats séparatistes, et demander de gré ou de force au gouvernement français la révision dû-plébiscite dp 1860 « Nous touchons au 8 février, aux élections. » II y avait des listes où à côté du général Garibaldi figuraient ses deux fils Menotti et Ricciotti..

» Sur 6,000 votants de la ville de Nice, la liste séparatiste recueillit plus de 5,000 suffrages, la liste française 920. A l'heure où les résultats furent proclamés à l'hôtel de ville, vers minuit, au milieu d'une foule surexcitée, le nom de Garibaldi fut acclamé avec enthousiasme, le mien couvert d'injures, aux cris répétés de Vive l'Italie Vive Nice libre! La foule, je devrais diie l'émeute, parcourant les rues, se rendit devant la demeure du consul d'Italie, où elle salua le drapeau étranger et proclama avec frénésie le retour de Nice à l'Italie.

» La tentative que je dus réprimer était si bien le résultat d'un concert entre le parti séparatiste de Nice et celui de Florence, qu'un journal de cette dernière ville y annonçait avant même que cette tentative eut deJaté: « Nice est à feu et à sang. » » Durant cette nuit du 8 au 9 février, dans l'ivresse du succès, la foule parcourant les rues populeuses de la vieille ville, y poussa des vociférations menaçantes « Hors les Français! Mort aux Français! » Ces cris arrivant jusqu'à la préfecture, voisine de ce s quartiers, je pus croire que j'allais me trouver à Nice comme les commissaires de l'Assemblée législative à Avignow» en 1791 et 1792, au moment où furent réunis à la France la ville papale et le comtat Venaissin. « Toute la faction séparatiste était menée de Florence par M. Crispi et son journal La Riforma.-D (l'a·eoai'cre dGposition, p. 468.) La suppression du Dirillo di Nizza fut le prétexte de l'émeute que le parti séparatiste préparait depuis si longtemps. Elle éclata dans la nuit du 9 au 10 février, et on peutvoir dans l'Enquête parlementaire comment ce mouvement avorta par le prompt débarquement des fusiliers marins de l'amiral Jurien de la Gravière. En exposant devant la commission d'enquête la nécessité où il se trouvait de réprimer cette insurrection dès le début, M. Marc Dufraisse a eu raison d'ajouter

a Si cette émeute du 10 février, dont le but patent était d'expulser de Nice l'autorité fran-

apporte les produits les plus rares et les plus délicats des latitudes les plus différentes. Les campagnes sont sans œufs, les ports de mer sans poisson, les vergers sans fruits et les jardins sans fleurs, alors que tout cela abonde à Paris. C'est de, Paris que viennent les menus des t'ao/es-d 'dotes et des villas de Trouville, de Villers, du Havre et de Dieppe. Iseult et Mme d'Avenel s'iristallèrent à Trouville, à l'hôtel des Roches-Noires, situé au bout de la plage. On sait ce qu'est cette plage dénudée que la nature semble avoir faite pour offrir des coups de soleil aux promeneurs, et toute sécurité aux baigneurs. Je n'irai pas jusqu'à nier que Trouville soit au bord de la mer, mais la mer qu'on voit là est d'une espèce toute particulière, et la statistique n'a pu encore déterminer, s'il y a, en cet endroit de la côte, plus d'eau que de sable. A marée basse, il faut un télescope puissant pour découvrir les Dots. A marée haute, c'est différent, on aperçoit quelque chose de liquide qui barbote agréablement. Les mères peuvent sans avoir rien à craindre, permettre à leurs petits enfants de s'ébattre sur ce rivage. Bienmalin serait celui qui parviendrait à s'y noyer. Aussi, est-ce sans crainte que les baigneuses se plongent dans l'onde amère qui sait si bien les modeler, et faire voir à ceux qui les lorgnent, les réalités formidables de celles-ci, et les déficits affligeants de celles-là. Il n'y aquela mer pour déshabiller. les femmes avec autant d'impertinence et de sans façon.

Iseult avait amené avec elle ses chevaux et ses équipages, et chaque jour, accompagnée de sa fidèle amie Mme d'Avenel, faisait une promenade aux alentours de Trouville. On s'en allait sur la route de Villers, ou sur les bords de la Toucque, cette rivière qui sépare Trouville de Deauville, et dans ces excursions on était sûr de rencontrer les mêmes personnes toujours à la même place.

On rentrait pour se promener, avant le dîner, sur cette plage en bois qui longe la mer. Pendant la semaine, les dames étaient presque toujours seules, leurs époux étant à Paris retenus par leurs affaires. Ils n'arrivaient que le samedi soir. Le. dimanches elles n'étaient plus veuves et semblaient montrer avec fierté leurs époux. Pour Iseult, il n'en était pas ainsi, mais elle n'était pas envieuse et se montrait au contraire enchantée de voir M. d'Avenel.

Sur les plages, depuis Biarritz jusqu'à Boulogne, les personnes qui se promènent ainsi, au bord de la mer, sont, d'après le programme, censées rêver-* Le

(Id., p. 484.)

çaise, avait réussi, qui sait si le fait accompli n'aurait pas été ratifié à la paix dont nous allions nécessairement subir les plus dures «auditions? » (Id., p. 478.)

Le préfet rappelle (p. -458) que' Cavour avait publiquement désavoué l'Expédition des Mille (tout en fournissant au général Garibaldi les canons et les fusils de l'arsenal de Gênes), mais qu'il n'en avait pas moins fait occuper la Sicile au nom "du Roi, après la conquête de l'île par les Garibaldiens. M. Marc Dufraisse ajoute qu'il suivait avec inquiétude le mouvement autour du comté de Nice. Nous avons vu (p. 15) qu'à Paris le général Leflô n'était guère plus rassuré sur le .sens de cette concentration inexplicable

« II y eut d'abord' une concentration' de forces au camp de Fossano, sur le chemin de fer de Turin à Coni, et les réserves des provinces voisines furent rappelées à cette fin. Puis des forces considérables furent échelonnées de Sarî-Remo et de Vintimiglia jiïsqrf au col de Tende, toyt le 'long des passages de la chaîne, à Coni, Limone, Vinadio, Isola,etc.. Le gouvernement italien commença par donner pour raison de ces mouvements de troupes l'évasion de quelques voleurs échappés le 6 septembre de la prison de Nice, puis (changeant de système) il déclara que Garibaldi étant trés populaire dans le comté, on pouvait craindre que les républicains ne cherchassent à exciter les populations du Piémont contre le gouvernement royal (!). C'était là une explication peu acceptable. » (Première déposition, p. 459).

A la veille de l'occupation de Rome par l'Italie, M. Nigra écrivait à M. Visconti-Venosta

« J'ai annoncé au Ministre français des affaires étrangères que les troupes royales avaient reçu l'ordre de passer la frontière de l'Etat pontifical pour assurer la sécurité du Saint-Siège. «(Dépêche du 12 septembre 1870.) La capitulation de Paris et la prompte conclusion des préliminaires de paixsurvinrent à temps pour vous empêcher, Monsieur le Député, d'assurer plus efficacement la sécurité du Comté. Auguste Brachet

(Réponse al Misogallo Signor Crispi.)

Gâze'tto "Parlementaire

LA CHAMBRE

4 juillet

M. Ballue est enfin parvenu à placer son interpellation sur l'indemnité aux Espagnols de Saïda. Je dois dire avant tout que la discussion a été pâle et des plus inodores. Ce qu'on en a surtout éprouvé, c'est un grand sentiment de chaleur.

M. Ballue a d'abord rappelé que le ministre des affaires étrangères a demandé un crédit de deux millions pour les Espagnols, victimes des événements de Saïda. Cette demande rie plaît pas à M. Ballue.

Quand des indemnités sont accordées en pareil cas, c'est à titre gracieux. Or, l'Espagne qui réclame cette indemnité pour ses colons refuse d'en accorder pour les colons, Français qui ont été victimes de faits du mime genre dans ses possessions.

La commission du budget a ajourné le vote du crédit jusqu'au jour où l'Espagne consen-. tirait à allouer, de son côté, une indemnité pour les événements du Cuba.

On a discuté la question aux Cortès, ajoute M. Ballue, et sans qu'elles nous aient été hostiles, il résulte du débat que le gouvernement espagnol n'admet pas l'assimilation entre les événements de Cuba et ceux de Saïda.

Quelle est la pensée du gouvernement sur ce point? A-t-il pris des engagements et quels engagements? Si l'on s'en tient à la théorie qui veut faire attendre l'indemnité de Saïda jusqu'au règlement de l'indemnité de Cuba, les victimes de Bou-Hamama n'auront pas, avant bien des années peut-être, le dédommagement auquel elles ont droit. Le gouvernement ne croit-il pas que cette situation mérite un intérêt particulier? (Très bien! très bien! sur divers baucs.)

A cela que répond le pharamineux M. de Freycinet? Son boniment ordinaire,

soir les étoiles se mettant de la partie, la rêverie atteint son apogée. C'est ce moment là que les messieurs choisissent pour marivauder avec les dames et causer avec cette mièvrerie que les romances seules ont parlée jusqu'à présent. Figurez-vous des variations galantes sur ce thème Ce que l'étoile dit à la vague. il ne îaut pas oublier les enfants qui jouent un grand rôle aux bains de mer. A midi vous les voyez paraître avec des robes roses ou blanches, irais et pimpants et escortés de leurs mères, de leurs bonnes ou de leurs nourrices. Aussitôt ils saisissent des pelles et creusent des trous dans le sable ou élèvent des pyramides. Partout c'est le môme trou, la même pyramide. Surviennent ensuite les disputes, les robes sont mouillées, salies, les femmes de chambre grondent, on ne les écoute pas. Alors les mères interviennent pour mettre le holà et faire rentrer ces mioches qu'il faut changer.

Quant aux grandes personnes, elles entrent au Casino, et dans une grande salle se trouvent en face d'un professeur qui apprend la valse et la polka aux petites demoiselles, Les mères lisent et tricotent pendant la durée de la leçon, ou bien s'en vont jouer aux petits chevaux sur ces mécaniques parodiant les vraies courses, qui viennent de Nuremberg comme les accordéons.

Le âoir, il y abat ou concert. Si c'est un bal, les dames sont forcées, pendant les premiers jours, de danser avec des messieurs qu'elles connaissent à peine. Mais on fait vite connaissance. La salle est remplie de monde, et l'assistance divisée en petits groupes qui se toisent et généralement ne se momrent pas très bienveillants les uns pour les autres. Quant aux hommes, ils jouent à l'écarté, quelquefois au baccarat, et l'or roule sur les tables.

S'il ya concert, vous pouvez être' sûr d'entendre ou le premier violon du roi de Serbie, ou la pianiste en titre du roi de Grèce. Le violon est grand, maigre, avec des cheveux blonds qui graissent son collet d'habit. La pianiste est brune, ornée d'un fichu à la paysanne, qui tempère un peu l'échancrage de. son corsage. On sort ravi, vers onze heures, d'avoir entendu le Carnaval de Venise, ou des variations sur la Traviala. Et puis le lendemain on recommence. La monotonie n'est rompue que par les nouveaux visages arrivés de la veille pour remplacer ceux qui sont partis. Il y a un jour de la semaine, où l'usage a décidé que les femmes.doivent se mettre en grande toilette. On fait, de quatre à six heunà? de l'après-midi, assaut d'é-

nuageux et platonique. Il envisage la question à deux points de vue, ce qui l'embrouille d'avantage. Au point de vue du fond et au point de vue international, c'est limpide.

Au point de vue du fond, la question n'est pas douteuse; le gouvernement, dans des cas comme celui de Saïda, vient en aide aux victimes, non en vertu de leur droit, mais par an sentiment de générosité et d'humanité. (Bruits dvers).

C'est une tradition ancienne, et toutes les indemnités ont été accordées à titre gracieux, non seulement aux Français, mais aussi aux étrangers résidant sur le territoire.

Le crédit aurait donc été voté si le gouvernement espagnol, sous l'influence d'un sentiment que l'orateur ne cherchera pas à expliquer, n'avait adressé une réclamation à la France.

En présence decette réclamation, legouvernement français a dû. rappeler au gouvernement espagnol qu'un certain nombre de nos nationaux avaient été victimes de i'insurrection de Cuha ou de l'insurrection carliste et qu'aucune indemnité n'avait été accordée â la suite de négociations, un arrangement est intervenu entre l'ambassadeur d'Espagne et M. Barthélémy Saint-Hilaire.

Cet arrangement contient des engagements simultanés datés du même jour; les deux gouvernements se sont engagés à accorder des indemnités à titre gracieux dans des délais moralement égaux; de part et d'autre on promit de demanderdes crédits aux Chambres. L'orateur ajoute que, les termes de cet arrangement ne lui paraissant pas suffisamment précis, il demanda que le gouvernement espagnol s'engageât à présenter le crédit à bref délai.

Lé gouvernement français 'a présenté son projet sans retard le gouvernement espagnol n'a pas imité cet empressement; la commission du budget a donc décidé qu'elle ajournerait. Cet ajournement pur et simple a pour but de permettre de nouvelles négociations. Le gouvernement ne peut laisser cependant les victimes do Saïda indéfiniment sans secours. Il demandera donc à la commission de voter le crédit sous cette réserve que la distribution n'aura lieu que quand le cabinet espagnol se sera mis en mesure de distribuer de son côte des indemnités dues à nos nationaux.

Une autre solution consisterait à scinder le projet et à n'indemniser que nos nationaux mais ce serait la première fois que cette division serait opérée la commission du budget choisira entre ces deux Solutions. La politique du gouvernement a été parfaitement correcte et on ne peut lui reprocher aucune concession contraire aux intérêts ou à la dignité de la France. (Très bien très bien 1)

M. Dessoliers monte alors à, la tribune et fait entendre un langage sévère. Avec cette politique, nous nous affaiblissons en Algérie, nous perdons notre force, notre prestige s'efface

Le débat est de nature à compromettre notre situation en Algèrie où les indigènes seront portés à croire que notre puissance est bien affaiblie puisque nous nous protons à de pareilles exigences. (Bruit.)

M# Thomson fait une dernière réflexion sur cette question, saturée de brouillard et d'ennui. Puis M. Ballue dépose, en guise d'ordre du jour, une proposition qu'il développe en ces termes un peu prolixes

Il y a deux catégories de colons espagnols, ceux qui sont fixés en Algérie sans esprit de retour et ceux qui n'y sont que dans des conditions passagères ondoit untrait ment différent à l'une et à l'autre de ces catégories. La proposition de loi demande qu'il soit fait droit aux réclamations de la première catégorie, lesquelles sont d'ailleurs appuyées de pièces justificatives.

Quant à la seconde catégorie, dont les réclamations ont été produites par le consul d'Espagne sans aucune piéce à l'appui, elle serait éliminée.

Ainsi s'est terminée cette escarmouche dont on faisait grand tapage. Puis on s'est remis à liquider l'ordre du jour. On a voté une bonne loi de M. Cunéo d'Ornano contrelesloups! Pauvres loups! I On s'est occupé du cadastre et l'on s'est arrête longuement sur la proposition de M. Farcy, tendant à accorder des pensions aux veuves des citoyens morts où gravement blessés pour la cause publique.

Après une forte harangue de M. Farcy et un discours économico-philanthropique de M. Léon Say, la loi est votée. La séance s'est terminée par une question de M. Haentjens au sujet du sous-préfet de Saint-Calais, qui a commis des malversations et qui est en ce moment l'objet d'une poursuite judiciaire. Ce fonc-

légance sur la plage. Iseult qu'on avait prévenue avait apporté de Paris quatre ou cinq toilettes destinés à faire époque dans J'existence du Casino.

Il y avait déjà beaucoup de dames élégantes sur la plage, autour desquelles les messieurs flirtaient avec curiosité, et on avait remarqué par ci par là de très briUârites toUettes, mais quand Iseult parut, on ne regarda plus qu'elle. Elle s'était fait habiller par le grand Pertinax, le couturier à la mode de la place Vendôme. C'est, comme on sait, un artiste assez fantasque de caractère, et qui croit avoir reçu du ciel une mission. Il choisit ses clientes, les lorgne, les examine, les analyse, les fait marcher, s'asseoir, et ne consent à les habiller qu'après qu'il leur a fait subir ces épreuves. On se soumet à ses exigences parce qu'il a du goût et du talent. Généralement, il prouve par ses factures qu'il ne doit pas perdre sur ses fournitures. Lorsqu'on l'interroge sur ses prix, il se contente de répondre qu'une femme est habillée quand elle sort de ses mains, tandis que partout ailleurs elle est fagotée. A force de répéter ce mot, on avait fini par y croire, et il en est, parmi nos reines de la mode, qui se croiraient déshonorées en se faisant habiller par un autre. Lui seul prétendait savoir donner encore à la belle qui lui confiait ses attraits, ce qu'au dixhuitième siècle on appelait le « coup perfide. ».

Voici la toilette de plage qu'il avait composée tout exprès pour Iseult. La robe était en foulard caroubier semé de caractères japonais vieil or. La polonaise à petits paniers se fronçait tout autour d'un lambrequin bordé de vieille guipure. Le jupon était en moire grenat, à balayeuses alternées vieil or et caroubieriout uni. Le chapeau Clarisse Harloweenrnanille doublée de velours caroubier, était traversé par une écharpè arabe vieil or, avec gros bouquets de, pavots sombres sur l'auvent du chapeau. Son amie, Mme d'Avenel, qui avait pour couturier le Pertinax d'en face, portait avec sa grâce et sa nonchalance de créoie, un costume de casino, en batisie crevette ouvert sur une nuée de petits volants nuancés comme le cœur d'une rose, chaque, volant bordé d'une petite dentelle diaphans. La polonaise; garnie d'entre-deux appliqués sur la baliste, se relevait au-dessus de la taille par deux nœuds jumeaux en moire teintée; avec cela un chapeau kroumir couvert de batiste crevette, et entouré d'une épaisse guirlande de géraniums rose mèlancolium.

Ces deux toilettes eurent un succès

tionnaire a été cependant protégé par le secrétaire général de la Sarthe, qui s'est tu, ators qu'il connaissait, tes faits graves reproclïés. au sous-préfet, de Saint-Calais. M. Haentjens s'étonne que ce secrétaire général n'ait pas été révoqué. M. Goblet répond avec cette autorité et cette crânerie qu'il a toujours vis-à-vis de la mmorité « Je suis content de ce secrétaire général, et je le garde. » Et voilà 1

-••̃ Albert Millaud.

31Œ3 SE3STJLT

La séance ne s'est ouverte qu'à quatre heures, le Sénat ayant nommé dans les bureaux la Commission du divorce. D'ailleurs l'ordre du jour est peu chargé adoptions de crédits, prises en considération de projets de loi d'intérêt local.

M. Jules Simon a déposé son rapport, tant attendu, sur la proposition de M. Dut'aure relative au droit d'association. Enfin la Chambre haute valide M. Jacques Hébrard, frère de l'aimable directeur du Temps, qui fut dernièrement élu sénateur de l'Inde en remplacement de M. de Freycinet.

COULISSES DU PARLEMENT

Pauvre M. Naquet Malheureux partisans du divorce,, qu'allez-vous devenir? Le Sénat n'a pas l'air disposé à ratifier le vote de la Chambre, si j'en juge du moins par la façon dont se compose la commission nommée hier et qui est chargée d'examiner le projet de loi du député de Vaucluse.

Neuf membres forment cette commission, dont l'élection empêchait depuis plusieurs jours M. Naquet de dormir. Sur les neuf commissai- res, trois sont favorables au rétablissement du divorce, M. Alfred Naquet doit dès à présent' chérir leurs noms, ce sont MM. Pelletan, Ed. Millaud et Henri Martin. Les six autres élus sont en principe hostiles à la dissolubilitë du; mariage.: ils se nomment MM. Eymard-Du- vernay, Testelin, Barthélémy Saint-Hilaire, de Larcy, Victor Lefranc et Michel. H'est bon d'ajouter que messieurs les séna- teurs n'ont mis qu'un empressement relatif à se rendre dans les bureaux. En effet, 190 environ ont pris part au vote, il y a donc plus de cent abstentions. Mais en tenant compte de façon égale des sénateurs qui se sont abstenus, c'est-àdire en divisant par moitié les abstentionnistes et en les plaçant en quantité semblable pour ou contre le divorce, il est permis de tirer comme conclusion de l'élection de la commission des neuf que la proposition de M. Naquet pourrait bien échouer au Sénat.

Quel dommage que la Chambre haute n'ait pas lu avec soin les noms des membres qui la composent. Quelle jolie commission du divorce ils auraient pu composer en choisissant M. Corne comme président et M. Jobard, comme sénateur, par exemple? `?

Au Palais-Bourbon, rien de palpitant en dehors de l'interpellation Ballue.

Cependant, l'avenir doit, nous ménager quelque surprise, car Coquelin, retour de Londres, circulait fiévreux dans les couloirs. Voilà bien longtemps que nous avons été privé du plaisir d'apercevoir Coquelin le vieux, comme on disait dans je ne sais quelle spirituelle petite pièce de Jacques Normand. Enfin, il est revenu, je l'ai vu causer avec des hommes politiques influents, principalement avec les gros bonnets de l'opportunisme.

Que diable a-t-il pu se passer ï

C'est hier soir qu'a été donnée, à Londres, la première représentation de Velleda, grand opéra de la composition de notre compatriote M. Charles Lenepveu.

Nous sommes heureux de pouvoir offrir dès aujourd'hui, aux lecteurs du Figaro, une des inspirations les p!us élevées de la partition de M. Charles Lenepveu et assurément un des grands succès de la représentation l'andante du duo chanté au troisième acte par Mme Adelina Patti et M. Nicolini paraît, avec les paroles françaises et la version italienne, à la huitième page de notre numéro de ce jour.

qui décida plusieurs dames à venir demandercomme une faveur à Iseult et à Mme d'Avenel, de vouloir bien les conserver, le soir, au Casino, pour la petite sauterie qui devait suivre un intermède musical dans lequel la pianiste du roi do Grèce et de plusieurs autres têtes couronnées devait exécuter la Dernière Pensée de Weber. Elles y consentirent de très bonne grâce. La semaine suivante, Pertinax, qui joignait la modestie au talent, fit annoncer dans divers journaux de modes ce grand triomphe de ses produits, ce qui lui valut des commandes faites par les baigneuses de Dieppe et de Biarritz, et il va sans dire que, dans cette réclame, il n'était fait mention que de la toilette d'Iseult.

Ainsi qu'on le devine, ces dames ne manquaient point d'adorateurs, et ne savaient à quel cavalier répondre. Parmi les plus empressés figurait un général russe presque jeune encore, mais perclus de douleurs; qui, après s'être infructueusement plongé dans toutes les eaux ferrugineuses, alcalines et sulfureuses de l'Europe, était venu échouer à Trouville. On voyait briller sur sa poitrine presqu'autant de décorations qu'il y avait de rhumatismes en garnison dans ses jambes, ses côtes et ses bras. Il avait de l'esprit et de très grandes manières. Il disait à Iseult que, s'il avait eu l'honneur de la connaître plus tôt, il lui aurait offert sa main, ses mines de Sibérie et les millions qu'il avait en dépôt à la banque d'Amsterdam. Elle le laissait s'enflammer, et comme elle n'avait rien à redouter de ce lion presqu'empaillé, elle lui offrait son bras, ce qui permettait à ce général endolori de remettre une de ses cannes au domestique qui ne le quittait jamais.

J'ai visité, lui disait-il, toutes les cours de l'Europe. Dans aucune je n'ai vu une princesse digne de vous être comparée.

Il avait conçu pour elle un amour purement platonique, ses rhumatismes, autant que sa sagesse, ne permettant pas qu'il en fût autrement. Il la considérait comme sa fille, ce qui l'autorisait à être très assidu auprès d'elle sans la compromettre. Comme il était fort distingué de sa personne, Iseult n'avait vu aucun inconvénient à accepter sa protection, et à jouer auprès de lui le rôle d'Antigone. A partir de cet instant, l'intimité devint très grande, et le général les accompagna dans toutes leurs excursions.

Mme d'Avenel le présenta à son mari qui,. rassuré par les bons rhumatismes de ce Céladon", ne prit aucun ombrage, et ne vit en lui qu'un gardien rassurant It

1~ ~1~ï~

Qulnzû&me Usta

Le Comité do dames, pour la roinstal- lation do l'école Saint-Christophe à

la Grande-Villettetê" liste) 3 640 w G. L 100 » L. Goguet .•, 5 » Albert-Paul Litton. 100 » Mme Bréat.<. 50 » Famille E. B 50 > Petite Bourse, pour Saint-Germain-des-

Prés 40 » Le colonel Pérot. 100 » Mme veuve Fournier 300 » Mme Pau (Ecoles Saint-Roch et la Ma-

deleine 20 » Deux amies du Berry (pour les écoles

dos sœurs de la ruo do Crimée et rue

de Meaux à la Villctto) 20 » Marcelin Jacquet 3 » Anonyme 25» N Anonymo do » Une famille de Levallois. 5 » A. B 10 » X ..̃̃• 1 » Mme François 5 » Une domestique. 2 » Une domestique ̃ 2 » Jacques ou. Hélène ,;̃̃»̃ 20 » M. et Mme Racine 20 » Mme A. M. 10 » Mlle L. B 2 Un élùvo 2 50 Une abonnée du Figaro 20 » Mme CL. 10 b René Latchère, à Montmorency 20 » Jules Masurior La Genesto,CU;"îtoaufort par Versailles 100 Bezine 20 •>' Un avocat 50 » Anonyme s? 5 » Beraiiger Vistor 5 » Lucien Picquet 4 » Eugène Minard, élève des Frères..Eugé-

nie, élève des Sœurs et Joseph Minard.

à Vanves. 6 » Le célèbre Victor 2 » Charenton 2 » Anonyme 100 ̃ Chartes Guyot, dont moitié pour los

sœurs de Bercy. 300 » Une obole pour ïo bien 10 » Mme veuye Léon Cornudet.. 20 » L. G. D., écoles de Belle ville. 10 » Mme J. A. E 50 V. Letellior 20 » Mme veuve Escudier 100 » Mme Nelly de C. 5 » Edméo et Pierre 10 » Une abonnée du Figaro de la Nouvo-

Lyre. «00 •• Mme Joub. 5 » M. Laug. 5 •> "Des amis Anglais. 3 » "Cocotte et Loulou 25 » Joliette 25 » M.M. 200 V. L 50 » Mlle T. F. 5 » Kiki et Cocotte 20 » E. G. D. M. J. (3° versement) 5 » Emilie-Alico P. de Saint-Mandô 20 » Marquomont 25 » Un soldat, pr Notrc-Darne-des-Champs 10 Un retardataire 20 Luce. 20 » Marie Malivoir 2 » Cotisation anonyme 70 » Mme Bcroudiaux 1 » F.PutoisjCrctte,éditeur,00,r. de Rennes 30 » M. et Mme Trap (Tous les aus. la môme

somme). 100 » II. A. J. 0. (Comité diocésain.). 10 » Albert Ca-rtel, à Hyères (Var) 20 » Mme Cluzet 10 » 3 Juillet 100- » Anonyme 4 50 Un aÊonné du Figaro, deSeine-et-Oise 200 » F. B., anniversaire du 3 juillet. 500 » Anonyme 20 » Anonyme 40 » Mnie'Vuillaume 10 » Un groupe d'anciens élèves des- Frères

de Passy 100 » Papillon, un ami des Frères 20 » Chappottoau Edmond, ancien élève des

Frères de Passy. 5 ̃ Cartier, Nourry," Montloup, anciens

élùvea des frères 17 » Un groupe d'clôvos do l'Ecole Centrale 200 » Un groupe d'émdinnts 50 » Anselme Pillard Blanchet, Tridon, Bonvallet, Diuûer, do Lancclin, an- cions élèves des Frères.. 39 » Dupont, Maillet anciens élèves des ̃ écoles communales des Frères 15 » Fontemoing et un anonyme, deux amis

des Frères 12 » Ch Petit, Riquet, Portijoie, Delorme,

Charonnat, Corrèze, Paecare, dévoués

aux Frères 37 » Loir N Forbin 8 » Laurent et un anonyme, anciens élèves

de Passy 15 « E. Broquin, L. Broquin, Gérard, Lau-

rin, Saramayna, P. Germain, Loraille,

David, Laurin, Barbier, Dostailjeurs,

Marcia, anciens élèves de l'école

[des Francs-Bourgeois 41 ̃ C. P. 20 » Un converti sérieux, écoles St-Pierre

Montmartre 1 50 E. L., à Anot 10 » 0. S. G., à Sealis i 05 André et Geneviève, retour de Bourbon 10 » Un père de famille, à Vichy 10 » Une mère chrétienne ̃ 5 fc Total do la quinzième liste. 7 788 5;» Listes précédentes 1 039 289 15 Total général 1.047.077 70

P. H.

Paul Hémery.

pour veiller sur la comtesse alors qu'il n'était point là.

Vers cinq heures du soir, tandis qu Iseult, Mme d'Avenel et Mme Desdémone étaient assises sous une des tentes de la plage, Clémentine, toute essoufflée, vint prévenir sa maîtresse que le comte Herman était arrivé à Trouville, On eût dit à son air un peu elfaré qu'elle venait signaler à Iseult la présence du loup qui devait la dévorer.

Cette nouvelle la laissa très calme. EUe se contenta de dire qu'elle ne pensait déjà plus à ce soupirant hongrois. Clémentine ne s'était pas trompée. Le comte Herman parut presque aussitôt sur la plage et vint s'incliner respectueusement devant Iseult, qui le présenta à Mme d'Avenel.

Ap "es quelques phrases banales comme savent en dire ceux qui n'ont rien à faire quand ils veulent nous renseigner'sur leuroisiyeté,illui apprit qu'avant d'arriver à Trouville il avaitexploréCabourg, Beuzeval, Houlgate et Villers au'il ne connaissait pas, et qu'il avait trouvé toutes ces stations charmantes. Jusqu'à l'heure du dîner, il resta égaré dans ces riens dont se compose si souvent la conversation.

Mais le soir, au concert, il reprit sans plus tarder son rôle de soupirant auprès d'Iseultetl'inondade regards encore plus tendres que ceux qu'il lui avait prodigués à Monaco. Celle-ci, loin de s'en fâcher, l'encourageait au contraire, afin de prolonger son supplice, et, comme elle l'avait dit, de le retourner sur son gril. On serait tenté de croire que plus les mauvais sujets sont endurcis, plus ils sont naïfs. Le comte Herman sortit du concert persuadé qu'Iseult l'aimait et était enfin résolue à mettre fin au deuil do son cœur. Mais il était fort contrarié dans ses desseins par le général russe qui était toujours là, et qui pouvait y être toujours sans la compromettre grâce à ses pénibles infirmités.

Un soir, après le dîner, Iseult ayant rencontré le comte, voulut bien consentira s'éloigner un instant de son ami, et à se trouver seule avec lui. N'y tenant plus, il risqua une déclaration des plus vives. Elle l'écouta et eut assez d'empire sur elle-même pour ne pas éclater de rire. Elle poussa même la coquetterie jnsqu'à l'effronterie, lui répondant par des mots à double entente, qu'elle appelait à dessuin à son secours pour le mieuxabuser, etl'autoriser à croire à des intentions qui n'étaient pas du tout les siennes.

GUSTAVE CLAUDE^

{La suite à demain .J/


CTA.IRXÉrïVâS

w LA DERNIÈRÉ

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CONSPIRATION I -BARBAS.

«. suite.- [

Les dp.'dze coups de minuit venaient do soijser et, comme si cette heure reV dout&ble eût évoqué des spectres, des \omKres surgirent des ruines et s'éloignèt®fnl dansdiverses directions. Dans l'une djelles, il reconnut son rival et, après Jiui avoir laissé prendre quelque avance /il se lança sur sa piste.

i Mais, cette fois, la poursuite était plus 'difficile, car l'officier anglais avait à côté j de lui Auphan dont les yeux vigilants sondaient les ténèbres et .qui se retournait à chaque instantpours'assurerqu'orf ne les suivait pas. Il en résulta que Laget-Tempête laissa insensiblement s'accroître la distance qui le séparait de son rival, si bien qu'il finit par ne plus l'apercevoir et qu'il n'osa pas chercher à le rejoindre de crainte de tomber au pouvoir des deux bandits. Au surplus, il connaissait leur repaire, et il ne serait pas bien difficile de les faire arrêter tous ensemble lorsqu'ils reprendraient leur fabrication de fausse monnaie.

Pendant que Laget-Tempête regagnait son domicile en savourant par avance les douceurs de la vengeance, l'officier et Auphan atteignaient lePharo et se dirigeaient en droite ligne sur la petite anse où les soldats attendaient cachés derrière les rochers. Ils ne pouvaient manquer de tomber entre leurs mains lorsque la lune se dégageant tout à coup des nuages qui la voilaient fit briller le canon d'un fusil. Auphan s'arrêta et, après avoir indiqué du geste à son compagnon un rocher qui devait l'abriter contre tout regard indiscret, il se glissade roche en roche, rampant, étouffant le bruit de ses pas, et parvint, sans être aperçu, ni entendu, à une faible distance des soldats qui guettaient son arrivée. Il comprit qu'on avait dû découvrir ses fréquentes expéditions nocturnes et qu'on voulait s'emparer de lui. ·

Retournant aussitôt auprès de son compagnon, en prenant les mêmes précautions pour ne pas trahir sa présence, il lui fit part en peu de mots de sa découverte et lui apprit l'impossibilité de se servir de sa barque. Il fallait donc essayer de gagner, sans être vu des soldats, le point voisin de la côte où la chaloupe anglaise avait dû venir s'embosser, lui donner l'ordre d'accoster ou, s'il le fallait, se jeter à l'eau et s'en approcher à la nage.

Ils réussirent à atteindre le rivage et, sans, donner l'éveil, ils découvrirent la barque qui setenait immobileàquelques encablures. Les nuages couvraient de nouveau le ciel, la nuit était sombre, leurs signaux ne furent pas aperçus des matelots anglais. L'officier se décida alors à donner un coup de sifflet pour appeler ses marins; mais si cet appel fut entendu de lachaloupe, il le fut aussi des soldats à qui il révéla la présence d'Auphan et de son compagnon. Ils se | précipitèrent sur eux au pas de course. en leur criant de se rendre -ou qu'ils liaient morts. La barque était encore à quelque distance du rivage et les soldats tillaient les atteindre; se croyant perdus, ils se jetèrent à l'eau et nagèrent vigourcusementvers le bateau. Quelques coups de feu, mal dirigés dans l'obscurité, éclatèrent, les balles ricochèrent sur les vagues sans atteindre personne. Quelques secondes plus tard, les matelots anglais hissaient à bord leur officier et Auphan.

Le lieutenant français qui dirigeait l'expédition, voyant que sa double capture allait lui échapper, ordonna à ses hommes de monter dans les barques où les attendaient les marins. Mais, tandis que la chaloupe anglaise filait rapidement, enlevée par de robustes rameurs, on perdit du temps à mettre en mouveruent les deux lourdes barques, à hisser la voile, à prendre le vent; lorsqu'elles commencèrent à s'incliner sous l'effort de la brise en faisant rejaillir la blanche écume des vagues et à gagner le large, chaloupe était déjà loin; il eût été inutile et dangereux de la poursuivre. Le lieutenant, après avoir constaté l'impossibilité de rejoindre les fugitifs, donna l'ordre de virer de bord et de regagner la côte.

Le préfet fut immédiatement avisé du peu de. succès de la tentative faite pour s'emparerd'Auphan, et le rapport qui lui fut adressé par l'officier qui dirigeait l'expédition ne lui permit pas de douter 1 que le patron-pêcheur entretenait des relations suivies avecl'escadre anglaise. D'autre part, la dénonciation de Laget- 1 Tempête lui fut communiquée et il lui < fut facile de comprendre qu'il s'agissait non point de faux monnayeurs mais de J conspirateurs. L'homme que Laget-Tem- 1 pêie avait suivi était vraisemblablement L < ce compagnon d'Auphan dont on n'avait pu réussir à s'emparer. t En conséquence, ordre fut donné à la police de surveiller rigoureusement Cha- s rabot, de façon à savoir quelles étaient 1 ses relations et à connaître heure par < heure l'emploi ûeson temps. « Les conjurés se tenaient sur leurs gar- ` des, un canot de l'escadre avait, la nuit' -même de sa fuite, débarqué près des Aygalades le pêcheur Auphan et celui-ci avait raconté à Courtot ce qui venait! de se passer. On décida de suspendre les réunions du château Payan et d'attendre le retour du général Guidai, qui parcourait en ce moment le Var où il organisait les forces s de la révolte, pour tenir un dernier conseil dans lequel on prendrait les mesures nécessaires en vue d'une action imméiiale.

Guidai revint peu de jours après à Marseille, mais, quelques heures après son arrivée, il était mis en état d'arrestation, en même temps que la police r s'emparait de Charabot. s Contre ce dernier, orf n'avait encore n que des soupçons, mais l'autorité était v convaincue et avaïl des preuves que le p général conspirait contre l'Empire. On s fut porté à penser que des relatïoivs-de- g vaient exister entre lui et Auphan et, a a par conséquent, avec Charabot qui avait p été signalé comme ayant reçu de fré- j quentes visites de ce dernier. Le préfet v fut d'autant plus confiruié dans ses soup- A çons que le rapport qui lui avait été q adressé, accusait le général Guidal v d'avoir fomenté des troubles à Grasse, j b d'avoir ourdi un complot contre, le gou- ii ̃vernement et d'entretenir une correspon- i fi dance avec l'escadre anglaise.

Ce fut, en somme, le soulèvement pré- d «pâturé de Grasse qui perdit tout. t ̃̃ Pendant son excursion dans le dépar- 1 n

tement du Yar, Guidal était allé passer quarante huit heures à Grasse, et des rapports de police établirent qu'il y avait va les personnes qui passaient pour être hostiles au gouvernement. Quelques jours après son départ, des troubles d'une certaine gravité éclatèrent dans la ville; les ouvriers se soulevèrent en demandant du travail et du pain. Cette émeute ne se rattachait en rien au plan de Barras; loin de là, elle était de nature à en retarder la, réalisation. Guidal était donc fondé à dire qu'il n'était pour rien t dans ce mouvement, bien qu'il eût, dans une large mesure, contribué à enflam3 mer les esprits déjà fort montés, en partant d'une action prochaine et décisive. Des arrestations furent opérées et, parmi les prisonniers, se trouvaient quelques personnes plus ou moins affiliées à la conspiration. On trouva chez l'uned'elles quelques papiers compromettants; en lui promettant sa grâce, on en obtint des révélations qui parurent assez graves au baron Leroy, préfet du Var, pour nécesf siter l'arrestation de Guidal et son transfert à la Force.

On opéra d'autres arrestations assez nombreuses, tant dans le Var que dans les Bouches-du-Rhône, et les mises au secret furent prodiguées. Le neveu de Guidal, qui l'avait accompagné à Grasse, où il était allé voir sa famille, fut également emprisonné.

Dès que le bruit de ces mesures se répandit, Barras s'enferma plus rigoureusement dans son château des Aygalades, rompit tout rapport avec ses complices et éloigna de lui Courtot, qui avait été mêlé à la conspiration et pouvait être dénoncé. Une fois son intendant passé à l'étranger, .il pouvait nier à son aise toute participation au complot, n'ayant jamais assisté à aucune réunton, ni rien écrit à personne.

Paban et plusieurs de ses amis se réfugièrent à Toulon, où ils se tinrent cachés.

Ceux des conspirateurs qui n'auraient: pas été immédiatement arrêtés purent espérer qu'ils ne seraient pas découverts, le général Guidai n'étant point homme à les trahir, et Charabot persistant à af- firmer qu'il n'avait été mêlé à aucune conspiration et qu'il ne savait ce qu'on voulait lui dire lorsqu'on lui parlait de complices et d'attentat contre l'Empire. Guidai avait chargé de sa défense le célèbre avocat Berryer, père du grand orateur. Son plan de défense consistait à dire qu'il était victime d'une machination du préfet du Var, le baron Leroy. Berryer rédigea de sa main un mémoire dans ce sens qu'il conseilla à son client d'adresser à la section des pétitions du Conseil d'Etat « Observez, je vous prie, lui écrivait-il dans les premiers jours d'octobre 1812, qu'il ne s'agit pas d'énumérer à Sa Majesté les procédés odieux de votrg persécuteur, par détail, ni en nommant les auteurs subalternes. C'est une connaissance générale de l'affaire qu'il faut lui donner. Je vais être absent pour une quinzaine; à mon retour, j'aurai l'honneur de vous voir. »

Lorsque Berryer revint, Guidal était mort.

Détenu à la Force, le complice de Barras s'attendait à partir au premier jour pour Marseille et à y être jugé, avec Charabot, par une commission militaire, lorsque le général Malet tenta son hardi coup de main. On sait le rôle qu'il joua dans cette entreprise. Délivré par Malet, il alla occuper le ministère de la police générale, fit prisonnier le ministre duc de Rovigo et leconduisit à la Force prit ensuite possession du ministère de la guerre, donna quelques- ordres, puis alla déjeuner dans un restaurant où il ne tarda pas à être arrêté et reconduit à la Force par le commandant Laborde et l'inspecteur de police Saulnier.

On a souvent discuté la question de savoir si Guidai était au courant des projets du général Malet ou s'il fut trompé tout le premier par ce hardi conspirateur et s'il crut à la réalité du sénatusconsulte que celui-ciavait fabriqué. Nous inclinons à croire que Guidai fut réellement complice et non point dupe. Il ne faut pas oublier, en effet, qu'à la maison de santé du docteur Dubuisson où Malet organisa sa conspiration, il y avait les deux frères Armand et Jules de Polignac et le marquis de Puyvert, lequel avait activemcntcoopéré à la dernière conspiration de Georges Cadoudal. Le général Malet s'était lié étroitement avec eux, ainsi qu'avec l'abbé Lafon, détenu pour avoir, au mépris des décrets impériaux, propagé les bulles fulminées contre l'Empereur. Il est hors de doute qu'ils étaient au courant des projets de Malet, dont la veuve trouva, sous la Restauration, les princes de Polignac toujours prêts à défendre ses intérêts. Enfin, il est à noter que Malet s'évada en compagnie de l'abbé Lafon. Si l'on tient compte des relations déjà anciennes que Guidai avait avec le parti royaliste,onseranaturellementame- né à conclure que, dans le cas où son an- cien compagnon d'armes, le général Malet ne l'aurait pas mis au courant de ses pro- 1 jets, ilcnaura.it été certainement informé par quelque émissaire de l'abbé Lafon ou j des Polignac. Devant la commission militaire insti- ] tués pour juger le général Malet et ses ( vingt-trois complices, le général Guidai < se renferma dans un mutisme absolu, et ] lorsque le président, comte Dejean, lui < demanda ce qu'il avait à dire pour sa défense, il répondit, sans se lever: « Qu'on me fusille le plus tôt possible. » 1 Paul Bosq,

(La fin à mercredi prochain.) ]

CORRESPONDANCE ANGLAISE

Séance de trente heures à la Chambre des communes. Seize membres expulsés. Assassî- nat de M. Blacke et de son domestique. L'enquôte et le verdict du coroner. -Les armements pour l'Egypte. Condamnation du directeur du FreiheU, organe radical allemand. La soirée du prince de Galles. Théâtre-Français et Covent-Gardeu. Avis aux lecteurs du Figaro à Londres.

Séance de plus de trente heures à la Chambre des communes, expulsion de seize membres irlandais tel est l'événement parlementaire de samedi. Le gouvernement a voulu vaincre une fois de plus l'obstruction, c'est-à-dire avoir raison d'un système qui consiste à prolonger les débats outre mesure; niaiserie absurde que cette obstruction d'ailleurs, puisque les lois n'en sont pas moins toujours votées, et qu'elle amène des scènes violentes qui sont une honte pour une Assemblée législative. On pense bien qu'il s'agissait de ce bill auquel on travaille depuis de longues semaines, de ce bill qui doit mettre un terme aux crimes irlandais et que le gouvernement tient à faire passer dans un délai "rapproché. Sans manquer de re^ect à la Chambre des Communes, od pourrait dire que la tolérance de Cette tactique obstraetiorosie est ridicule au plus haut point et

r qu'il en est des débats parlementaires ens través à chaque instant par une infime mif norité, comme de l'Irlande cause de l'obsr truction. A toutes les sessions on recon3 naît la nécessité de faire cesser un état 3 de choses dont l'existence ne tient qu'à i la pratique de vieilles coutumes qu'il serait facile de détruire, et l'on prend à } cet égard des mesures provisoires qui i n'amènent aucun résultat; à ces mêmes î sessions, les lois votées pour le rétablist sement de l'ordre en Irlande, sont ret connues inutiles, et il faut recommencer s à la session suivante. Il n'y a pas de raison sérieuse pour que cela finisse. Battus, expulsés aujourd'hui, les députés irlandais auxquels nous devons l'obstruction rentreront demain pour recommencer à donner ce spectacle affligeant auquel nous assistons régulièrement et presque hebdomadairement. Le bill de la Prévention du crime en Irlande une fois voté, il est à craindre que les meurtres continuent à prendre en ce paysune extension que n'a pu arrêter le Coercion aet sur lequel on avait fondé l'an passé tant de si fausses espérances.

Si le sang humain ne coulait pas, on rirait volontiers des affaires irlandaises, et de la façon dont elles sont conduites. Les gens qui n'aiment point les actes de cruauté, interpellent à chaque séance du Parlement le nouveau secrétaire-général, et n'était la gravité du sujei, on pourrait se croire aux Folies-Dramatiques ou à la Renaissance. Est-il vrai, s'écrie un député sensible, que dans le comté de Cork, quatre hommes armés se sont présentés au domicile d'un gardechasse, nommé Mac-Carthy,, et que ces courageux citoyens, n'ayant trouvé chez Mac-Carthy que sa fille âgée de seize ans, ont fait mettre l'enfant à genoux, lui ont coupé les cheveux, puis les deux bras, et l'ont portée devant la maison à laquelle ils ont mis le feu. Après quoi, la maison brûlée, l'enfant morte, ils se sont retirés sans avoir été inquiétés par aucun des 15,000 constables, par aucun des 50,000 soldats chargés de veiller à la sécurité des habitants loyaux sujets de Sa Majesté la reine Victoria? C'est vrai, répond M. Trevelyan, et de tous ces' députés, dont quelques-uns ont des enfants, aucun ne songe à manifester ni indignation, ni dégoût, en présence de I semblables forfaits.

En ce moment on attribue tous les assassinats irlandais à des étrangers, fantômes mystérieux autant qu'insaisissables, car la police qui, avec une énergie incroyable poursuit les malfaiteurs, ne peut jamais en arrêter un seul. L'unique consolation pour les familles dont leschefstoinbent spus les balles de messieurs les membres de la Ligue agraire, se réduit à une lettre de condoléance que le général Ponsonby leur adresse au nom de la-Reine. Je suppose que le général Ponsonby a fait tirer une certaine quantité de circulaires afin de s'éviter un travail fastidieux, et comme la Reine jouit de la franchise postale, le Trésor public n'est point grevé par l'expression de la royale sympathie. Si les malheureux qui pleurent un père ou un mari ne sont pas contents, c'est qu'ils sont trop difficiles, car ils ont encore, pour adou- cir leurs chagrins, le verdict du jury d'enquête. Ainsi par exemple, vendredi dernier, M. Blacke, propriétaire du comté de Galway, était assassiné avec son domestique à cent mètres de la ville de Longhrea, d'où l'on entendait distinctement les cinq coups de fusil tirés sur ces infortunés; la police accourait et trouvait les deux cadavres, qu'elle transportait à Longhrea.

Le coroner immédiatement prévenu réunissait en toute hâte douze habitants do la ville, il leur faisait constater que M. Blacke avait reçu dans la tête deux balles dont l'une lui avait enlevé la cervelle et que son domestique avait' été gratifié de trois balles dans la poitrine. Deux médecins, avec le plus grand sérieux du monde, expliquaient aux jurés que d'ordinaire, quand la cervelle sort de la tête, cet accident entraîne la mort, et que le cœur cesse de battre quand il est traversé par une balle, autre accident auquel on pouvaitattribuer le décès prématuré du domestique de M. Blacke. Là-dessus, le jury entrait en délibération et rapportait ce verdict assez logique que M. John Henry Blacke, magistrat, âgé de soixante-sept ans, et ThaddheusRuane, domestique, âgé de trentedeux ans, étaient morts de blessures causées par des coups de fusil, et qui leur avaient été faites avec méchanceté et préméditation par une ou plusieurs personnes inconnues.

J'admire ce verdict en sa rigoureuse simplicité; cependant je lui reproche d'être obscur dans ses conclusions. Sans se compromettre, les jurés auraient pu déclarer que M. Blacke et son domestique avaient été frappés par plusieurs personnes inconnues. Un individu peut malaisément tirer à la fois cinq coups de fusil, d'autant que l'enquête avait encore fait découvrir dans le mur derrière lequel les meurtriers prudents s'étaient cachés, trois meurtrières pratiquées afin d'assurer la justesse du tir. Dans ce dernier crime on a remarqué que la police, sachant que les jours de M. Blacke étaient menacés, exerçait une sur-reillance de protection sur ce magistrat. Il n'y a donc rien à lui reprocher, puisqu'elle a ramassé les cadavres moins de cinq minutes après la catastrophe et que sur le lieu de la scène sanglante elle a recueilli dix bouteilles ayant contenu du wiskey ainsi' qu'un flacon de soda-water. En écrivant à la veuve de M. Blacke, le général Ponsonby sera obligé de modifier sa formule ordinaire, parce que tout en déplorant la mort du mari, il pourra féliciter la veuve d'avoir échappé aux assassins, car Mme Blacke était assise aux côtésde son mari lors de ^accident.

Je me promets toujours de ne plus raconter les atrocités irlandaises, mais cependant il importe de dénoncer à l'opinion publique la faiblesse coupable du gouvernement anglais ou son incapacité étrange ce qu'il y a de bizarre c'est qu'aucune émotion n'est produite par cette multiplicité de crimes si variés. La force de l'habitude est devenue telle que le, public est indifférent et que ces misères ne le touchent pas on s'occupe beaucoup plus de ce qui se passe au parlement que de ce qui se passe en Irlande, des effets plutôt que de la cause. En outre la question égyptienne et les armements à Woolwich paraissent bien autrement intéressants qu'un nombre indéfini de propriétaires supprimés. Je ne pense pas, en réalité, que l'on soit en haut lieu très disposé à la guerre, et ce n'est pas la première fois que l'on aura fait des préparatifs formidables avec la conviction qu'ils seront sans objet. Néanmonis il faut noter que les officiers de marine en congé sont rappelés, qu'un matériel de siège très considérable est préparé et que les soldats de la réserve ont reçu l'ordre de se tenir prôts partir au premier avis, Du côté égyptien i horizon se rembrunit; le canal de Suez

sera très rigoureusement défendu s'il est attaqué, mais on espère encore que tout se bornera à une démonstration de la puissance anglaise. N

*lu*

Les derniers exploits des' fenians, la saisie des armes à Clerkenwell alarment la population dans une certaine mesure, et le doux M. Frederick Schwalm, celui qui dans le journal allemand le FreiheU prêchait avec tant de conviction la nécessité de tuer tous les souverains du monde, a ressenti le contre coup de ces craintes assez justifiées. Reconnu coupable par le jury, il a été condamné à dix-huit mois d'emprisonnement et comme, non sans terreur, il demandait au juge Denman qui venait de prononcer la sentence, si les travaux forcés lui étaient appliqués, il a très joyeusement entendu le magistrat exprimer le regret de ne pouvoir lui offrir ce léger supplément de peine. Aussi a-t-il repris assu- rance, et s'est-il écrié en quittant le dock «Maintenant, à la révolution sociale I »

Son collègue, ami et successeur William Mertens poursuivi à peu près pour les mêmes faits, n'a pas été jugé à cette session, et il a été mis en liberté sous une caution de 5,000 francs. Le pis, pour les amateurs de cette littérature allemande et révolutionnaire, est que le FreiheU ne paraît plus que sous forme de circulaire annonçant qu'il attend des temps meilleurs meilleurs pour les assassins s'entend.

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II m'a pris fantaisie, mercredi, de suivre le prince de Galles pendant toute une soirée pour juger du degré de vigueur que possède le futur souverain d'Angleturre. Je ne sais où Son Altesse Royale avait dîné, mais, à huit heures trente, il était au Gaiety Théâtre, et il assistait a la complète représentation des Rantzau. A onze heures, il rentrait à Marlborough-house d'où il repartait pour Buckingham-Palace. Il y avait concert de gala, et au premier rang, on remarquait à côté de la princesse de Galles, le duc d'Aumale en grand uniforme de général français, ce qui donnait lieu à quelques petits cancans politiques.

Après avoir applaudi M. Nicolini dans la cavatine de Vellecla, le nouvel opéra de Lenepveu, Mme Trebelli dans un morceau de Dinorah, M. de Reszké dans une romance de Y Etoile du Nord et Mme A. Patti dans un duo de Velleda avec M. Nicolini, le prince, à deux heures du matin, se rendait dans les bureaux du Daily Telegraph, où avait lieu une inauguration. Tout le Londres des fêtes importantes était ce soir-là au Daily Telegraph, et le prince, mêlé à la foule des invités, a parcouru les bureaux installés sur le modèle de ceux du Figaro. Il visitait, examinait les puissantes machines dévorant les rouleaux de papier sans fin et tirant chacune 20,000 numéros à l'heure. A trois heures il se mettait à table,.d'où il ne se levait qu'à cinq, observant que s'il ne voulait pas demander un lit dans la maison, il était obligé de se retirer. Cette existence, que peu de personnes pourraient supporter, est celle de tous les jours, et le prince n'est jamais fatigué. Affable, souriant, il ne se repose que le dimanche, repos relatif, car il reçoit alors en petit comité, à Malbourough house. Dimanche dernier, c'est M. Diaz de Soria, accompagné par M. P. Tosti, qui a littéralement charmé les hôtes de la princesse de Galles, au nombre desquels se trouvait M. C. Tissot, ambassadeur de France.

Messieurs les artistes de la ComédieFrançaise ont terminé samedi leurs représentations au Gaiety-Théâtre. Malgré les Rantzau, et contre mon attente, les recettes ne se sont pas relevées. Ala première des Rantzau les frais seulement ont été couverts, et si M. Mayer n'avait fait un service de faveur exceptionnel, la salle eût été déserte.

Ayons le courage de dire la vérité à part M. Coquelin aîné, Mlle Bartet, M. Febvre et M. Mounet-Sully, tout le monde a été d'une infériorité notoire.' Le Mari à la campagne, toujours à l'exception de M. Coquelin aîné, plein d'entrain dans son rôle de Colombet, et de Mlle Bartet, charmante Ursule, a été joué d'une façon déplorable. M. Prudhon, venu de Paris pour remplir un rôle unique, celui de César, n'ensavait pas une ligne, pas un mot.

Il y aeu là pour le public un manque d'égards, très vertement et très justement relevé par la presse anglaise. On dit que MM. les Sociétaires de la Comédie-Française ont juré de ne plus revenir a Londres m'est avis qu'ils feront sagement hors du cadre de la rue de Richelieu ils ne sont plus que des artistes ordinaires, et ils perdent une grande partie de leur prestige dans ces expéditions lointaines.

Si M. Mayer n'avait sauvé la saison avec Mme Sarah Bernhardt, grâce au premier coup porté à son entreprise par M. l'administrateur du Théâtre-Français, grâce à l'incurie des artistes en représentation, remplaçant Mlle Reichemberg par Mlle Manvel, il eût subi une perte énorme. 11 lui reste encore comme atout Mme Chaumont, qui commence ce soir ses représentations de Divorçons, et je crois qu'il en a besoin.

M. Ernest Gye, directeur de CoventGarden, m'écrit pour me prier de rectifier une erreur commise par moi, à propos de la résiliation de M. Bouhy. Ma première versionétait labonne,etcomme je l'avais écrit tout d'abord, M. Bouhy n'a reçu que la moitié de ses appointements du jour de sa résiliation, et aucune indemnité. En m'efforçant d'êtro agréable aux artistes de passage à Londres, je mériterais de ne pas être induit en erreur par eux-mêmes. M. Bouhy est venu chez moi me dire qu'il avait touché la totalité de ses appointements, plus 5,000 francs d'indemnité. M Bouhv m'a donné sa parole d'honneur d'un fait démenti ensuite par son directeur j'ai le droit d'affirmer que M. Bouhy a mal agi.

Je n'ai pas à entrer dans les motifs de discussions entre un baryton et son directeur ce n'est pas mon affaire de savoir si la résiliation de M. Bouhy est amenée pour cause d'insuffisance, si M. Gye l'a reconnu in capable de chanter le rôle de Mephisto qu'il a cru devoir con•fier à M. Gailhard; mais lorsque je donne une information puisée à des sources sûres et que, par complaisance, je rectifie cette information sur une parole d'honneur, j'ai quelque droit de me plaindre quand, à mon tour, 'on me prouve que l'on a abusé de la bonne foi que j'avais en la parole de celui que je croyais un galant homme.

Au cas où M. Bouhy voudrait, par un subterfuge quelconque, rectifier ma rectification, je le préviens que je m'en tiens à talettre très nette, très simple, de M. Ernest Gye. D'ailleurs, comme le

soulier de l'Auvergnat, ce n'est pas que ça soit sale, mais cela tient de la place, et j'en ai besoin.

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Important à retenir pourles nombreux lecteurs du Figaro en Angleterre. Depuis le 1" juillet, ils peuvent se procurer le journal sur les bateaux de Calais à Douvres, de Boulogne à Folkestone et vice versa. Ils le trouveront aussi aux gares de Douvres et de Folkestone. Enfin, notre agent, M. Barjau, qui a pris ces utiles dispositions, a organisé deux nouveaux dépôts à Londres l'un, dans la cité, chez MM. Davies et C°, n° 1, Finch lane, Cornhill, à côté du StockExchange et de Mansion House; l'autre, dans le West-end, chez M. Thomas Carne, 53, Greai Windmill street, Haymarket. L'avantage de ce dernier dépôt est qu'il ne ferme qu'à une heure du matin, en sorte que les personnes qui n'ont pu acheter le journal avant d'aller au théâtre, sont sûres de le trouver avant de rentrer chez elles.Ce sont là des innovations utiles qu'il est essentiel de signaler quand ce ne serait que pour démontrer que l'on s'occupe sans cesse de satisfaire les désirs de ceux pour lesquels la lecture d'un journal parisien est une nécessité à l'étranger aussi bien qu'en France.

T. Johnson.

LETTRE DE BRUXELLES

Feu la kermesse. Les Bruxellois et leur bourgmestre. Les prochaines courses de Boitsfort. Une semaine f.mébre.– Les (idiles Montois.–Maldonne en justice.– La Salle des déjKSclies de la Chronique. Mme Favart dans Serge Panine. Les Bruxellois sont très préoccupés pour le quart d'heure, et il faut reconnaître qu'il y a de quoi. L'année dernière, sous prétexte de célébrer avec une cer- 1 taine solennité le cinquantième anniversaire de l'avènement des Cobourg au trône, on a supprimé les fêtes qui se donnaient tous les ans au milieu de juillet. On a réuni en 'une seule festivité officielle les fêtes de septembre supprimées en 1880 et les divertissements de la kermesse, et le tout a été célébré dans le courant du mois d'août.

C'était dur, pour les Bruxellois, de ne pas fêter leur kermesse traditionnelle mais comme il s'agissait de faire honneur au roi Léopold Ior, ils se turent sans murmurer. Mais cette année-ci, il n'y a plus de pareil anniversaire, ni de prétexle, et le Bruxellois s'impatiente de ne pas voir paraître, sur les murs de sa bonne ville, les affiches annonçant le programme des fêtes de la kermesse ces tirs à l'arc, ces concours d'harmonie, ces joutes sur l'eau et le reste, auquel de temps immémorial les bourgeois de la capitale étaient habitués.

II paraît que, comme l'année dernière, il serait question de fusionner encore une fois les deux festivités la fête nationale et la kermesse. Cette fois, par exemple, les choses ne se passeront plus aussi tranquillement, et le Bruxellois est tout disposé à murmurer, sans se taire, si on lui supprime sa kermesse.

Notre nouveau.bourgmestre, M. Buis, homme austère et philosophe de l'école morose, a, personnellement, les divertissements publics en horreur. Il est, à cet égard, tout l'opposé de son prédécesseur Anspach qui, lui, ne rêvait que fêtes, joyeusetés et banquets. Mais ce n'est pas une raison pour imposer à toute une po pulation habituée à festoyer pendant la kermesse, ces goûts spéciaux d'austérité et de recueillement.

Il faudra, si c'est un'parli-pris de sup- primer la kermesse, qu'un des deux cède le bourgmestre ou le public. Et le public est bien décidé à ne pas céder, malgré sa très sincère sympathie pour le caractère j du nouveau bourgmestre.

La question, pour le moment, est à l'état de problème; dans huit jours au plus tard, elle sera à l'état de crise.

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Déjà on travaille au programme des fêtes d'août. Ainsi on a décidé qu'il y au- rait, le 20, des courses de cbevauxàl'hippodrome du bois de la Cambre, à Boits- fort. A ce propos, la Société des courses a adressé à la Ville une réclamation dont < tous ceux qui ont assisté aux courses de 1 Bruxelles, depuis deux ans, ont pu ap- précier le bien-fondé. Elle demande qu'on i établisse une nouvelle voie de communication entre le champ de courses et la grande avenue du bois de la Cambre. Le j J chemin qu'il faut traverser en ce moment depuis la sortie du bois jusqu'aux tri- £ bu nés, est un véritable casse-çou pour s les gens qui sont en voiture. f

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Il a été beaucoup question d'enterrements cette semaine à Bruxelles un sujet gai. Nous avons eu d'abord la délibération du conseil communal qui a décidé en principe l'établissement d'un tramway qui ira de la porte de Louvain au nouveau cimetière d'Evere. On ira se faire enterrer en train, au bruit des sifflets d'appel des conducteurs. On s'arrêtera en route pour prendre ou déposer des voyageurs. Au retour, on pourra prendre une correspondance et aller finir la partie au bois ou à Laeken. Ce sera charmant.

Puis, nous avons eu une circulaire du ministre de l'intérieur sur, ou plutôt contre la crémation des morts.

Des conseils communaux avaient demandé l'autorisation de prendre des règlements de police pour organiser la crémation facultative des morts. Le ministre s'y est opposé, se fondant sur ceci que le décret du 23 prairial an XII, relatif au service des funérailles ne prévoit que l'inhumation des corps et des actes qui s'y rattachent.

Si donc les partisans de la crémation s'obstinent dans leur idée une drôle d'idée à mon avis il faudra recourir à la législature pour combler la lacune qui existe à cet égard dans la loi.

La crémation reste donc pour le moment, en Belgique, à l'état d'espérance 1 Il est vrai que le décret du 23 prairial an XII vient de recevoir, de la Cour de cassation, une atteinte violente, dans un arrêt qui a constitué le troisième incident funéraire de la semaine. Cet arrêt de la Cour de cassation, qui a été, judiciairement, le grand événement de la semaine, décide que les fabriques d'église seront dépossédées du droit de se charger des funérailles. Le décret du 23 prairial stipulait le contraire. On vient de découvrir qu'il est incompatible avec la Constitution de 1831. On a mis cinquante et un ans à faire cette découverte. Le décret de prairial n'étant plus bon pour les fabriques d'église, il serait étonnant qu'il restât bon longtemps pour la crémation des corps. Les amateurs de ce genre de funérailles feront donc bien de continuée à espérer.

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Vous avez l'occasion souvent trop souvent de vous étonner des bizarres

fantaisies du Conseil municipal de Pari* dans ses rapports, avec les choses de la religion. Nous avons à Mons un Conseil communal qui ne le cède pas de beaucoup en drôlerie anti-religieuse aux édiles parisiens. 0

Dans sa dernière séance, ce Conseil, à qui on proposait d'instituer un cours d'orgue au Conservatoire de la ville, a repoussé la proposition par la raison que l'orgue est un instrument qui rappelle « les plus mauvais temps de la théocratie », et que si on se laissait entraîner à instituer un cours d'orgue, il n'y aurait pas de raison plausible pour ne pas instituer aussi un cours de plainchant ou de serpent 1

Les Jocrisses de la libre-pensée, f.

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Dans une partie de cartes, quand un des partenaires se trompe en donnant des caries, on dit qu'il y a maldonne, le donnant perd sa donne et on recommence. Ce système vient d'être introduit ici dans la pratique des choses judiciaires. Il y a quelques semaines, dans une rixe nocturne dans la rue aux Choux, une ruelle mal hantée, un jeune vaurien, nommé Kerckx, tua d'un coup de couteau un de ses camarades. On l'arrête, on l'envoie en police correctionnelle, où il est condamné à quelques mois de prison puis, sur l'appel du ministère public, on l'amène devant la Cour.

Ce n'est que là qu'on s'aperçoit que dès le début, les juges s'étaient trompés sur sa personne. Ce n'était pas contre le véritable coupable qu'ils avaient instruit, mais contre son père, mort depuis longtemps. C'est le mort qu'on avait poursuivi et condamné dans la°personne du vivant.

Les juges, beaux joueurs, ont déclaré qu'ils perdaient la donne, et le jeune Kerckx, acquitté en appel à sa grande surprise, a dû être rendu, provisoirement, à la liberté.

Ce n'est pas, bien entendu, pour faire l'éloge de nos magistrats instructeurs que je note ici cette étonnante aventure, c'est pour la bizarrerie du fait. C'est l'instruction de l'affaire Peltzer, bien sur, qui les trouble. Il est vrai qu'il y a de quoi On vient encore de trouver dans la gare de Strasbourg une malle abandonnée par Léon Peltzer, au cours de ses pérégrinations après l'assassinat de M. Bernays. C'est la sixième malle qu'on trouve ainsi égarée ou abandonnée dans les gares de chemins de fer belges ou dans des hôtels le système « des six malles» appliqué à l'assassinat J

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II y a deux ans, un arrêté royal autorisait les comtes Ferdinand, Philippe et Gérard de Marnix, à ajouter à leur nom patronymique celui de Sainte-Aldegonde, illustré au seizième siècle par un de leurs ancêtres, le célèbre chef confédéré Philippe de Marnix. Deux gentilshommes parisiens, les comtes Gaëtan et Gérard de Sainte-Aldegonde, ont adressé l'an dernier une requête au ministre de la justice pour faire opposition à cet arrêté royal.

Le 24 juin dernier, le Moniteur a publié un nouvel arrêté royal, longuement motivé, qui repousse la réclamation intervenue.

Je.trouve à ce propos, dans YEurope, des détails assez curieux sur l'origine des Sainte-Aldegonde de France. Le premier de la race était un hôtelier nommé Jehan qui, parce qu'il demeurait en face d'un couvent dédié à Sainte-Aldegonde, donna le nom de cette sainte pour enseigne son hôtellerie. Cela se passait vers ie onzième siècle.

L'hôtelier s'étant enrichi il en était déjà ainsi à cette époque et étant parti en guerre contre les Sarrasins, revint avec des lettres de noblesse et le ti-^ tre de comte de Sainte-Aldegonde qvfe ses descendants ont loyalement pt5rté depuis. Les Sainte-Aldegond'e de Belgique ne datent que du quatorzième siècle, et de puis Philippe de Marnix la race en était éteinte.

D'aucuns sont d'avis, malgré. l'arrêté royal dû 24 juin, que la réclamation des comtes de Sainte-Aldegonde de France était parfaitement fondée et que les tribunaux, s'ils en appelaient, pourraient fort bien leur donner raison. Je me borne à enregistrer le fait et l'impression. Je vous annonçais, l'autre jour, que le journal la Chronique allait, à l'instar du Figaro, enrichir ses installations d'une salle d'exposition et de dépêches. Cette salle, vraiment fort belle, très vaste et éclairée à la lumière électrique, a été inaugurée samedi par une conférence donnée par M. Robert, député de Bruxelles.

Le même soir, pour inaugurer son service d'information, la Chronique lançait un énorme canard relatif à l'affaire Peltzer. Tous les journaux y ont été pris. en flagrant délit de démarquage.

La salle de la Chronique établie au milieu du passage Saint-Hubert deviendra un des centres principaux d'attraction de la capitale. Le Figaro faitécole. et bonne école.

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Décidément, le théâtre des Galeries Saint-Hubert ne fermera pas ses portes, cet été, et luttera résolument contre les chaleurs qui paraissent décidées à prendre la place des pluies devenues trop périodiques depuis quelque temps. Pour cette lutte, un excellent renfort lui a été apporté par Mme Marie Favart qui est venue, avec une excellente troupe, jouer Serge Panine. La première représentation de la pièce de M. Ohnet, donnée vendredi devant une salle comble, a été un véritable triomphe pour la vaillante artiste et ses compagnons. M. Marais a été d'une grande élégance dans le rôle de Serge, et M. Landrol d'un comique attendrissant dans celui de Cayrol, l'infortuné mari de l'odieuse Jeanne. D'ordinaire les troupes de comédie qui viennent nous jouer les succès à la mode sont composées d'artistes de pacotille, qui obtiennent pour resultat de faire siffler des pièces de haute valeur, commecelaleurestarrivé l'autre jour pour les Rantzau à LaLouvière. La troupe de MmeFavart est exceptionnellement composée. Les rôles de femmes ne sont pas moins bien tenus que les rôles d'ho.nmes, et c'est très franchement que, ven dredi, la salle a rappelé après la chute du rideau Mmes Lemercier et Mary Jullien avec Mme Favart.

Cette représentation de Serge Panine avait, pour le public bruxellois, une autre attraction, en dehors de celle de la scène. M. Lambert, qui a épousé récemment Mlle de Rothschild, y assistait, dans une. avant-scène, avec sa jeune femme. C'était la première apparition dans le monde bruxellois de la gracieusa Parisienne. Elle aussi a réuni, d'emblée, tous les suffrages. Perkéo.

pepkëe.


FIGARO A ROME

Le représentant delà ville de Rome à Paris.- Le marquis de Reverseaux et M. de Bacourt. Le cardinal Lavigerie, le Consistoire de demain et l'allocution du Saint-Père. Mgr Czackl* Hauts faits de la jeunesse des écoles. Touchante réciprocité 1 Le jeune duc Torlonia qui, décidément, n'a point gardé rancune aux délégués de votre Conseil municipal de n'avoir pas voulu boire à la santé du roi Humbert fait ses préparatifs de départ pour Paris. Le neveu du richissime banquier n'a pas Oku devoir décliner une invitation qui lui fournissait une si belle occasion de se retrouver auprès de MM. Songeon, Yves Guyot, Desmoulins et autres démagogues venus ici pour grimacer derrière le char qui portait au Capitole le buste en plâtre de Garibaldi.

Donc, le duc Torlonia ira représenter la municipalité de Rome à l'inauguration du nouvel Hôtel-de-Ville de Paris. A ce sujet on a agité une bien grave question

Celui qui, malgré son jeune âge, a l'honneur de représenter pour le moment l'édilité romaine, devait-il se contenter de figurer en habit noir et en cravate blanche auxfêtes de l'inauguration ,) Ainsi vêtu et sans apparat, le duc Torlonia resterait-il confondu dans la masse des conseillers municipaux et des invités?.

Quelques personnes étaient d'avis de transporter du même coup, à Paris, 1rs fameux carrosses que recouvre une noble poussière dans les remises du Capitole. Pour compléter la masearade,'il va sans dire qu'on eût expédié aussi tout le personnel indispensable de cochers et de laquais poudrés, avec perruques à marteau, sans oublier les traditionnels tedeli et leur pittoresque costume jaune et rouge dont Michel-Ange donna le dessin. En vérité, dans l'intérêt des Parisiens aimant à rire, c'était une bien excellente idée, et le convoi de gala du syndic de Rome eût obtenu partout, sur son passage, un rude succès I

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M» le marquis de Reverseaùx, nôtre chargé d'affaires à Rome, depuis le départ de M. de Noailles, vient d'être plus gravement malade qu'on ne voulait en convenir.

L'état du sympathique malade n'inspire plus aujourd'hui, assure-t-on, aucune inquiétude, mais la convalescence sera longue et je crois donc qu'on a bien fait, au quai d'Orsay, à tous les points de vue, de donner un remplaçant momentané à M. le marquis de Reverscaux.

Je m'empresse d'ajouter que cette impérieuse nécessité une fois reconnue, le ministère ne pouvait faire un meilleur choix que celui de M. de Bacourt. Ce diplomate de carrière a,dans un moment difficile, où la politique italienne est singulièrement active, le mérite de bien l, connaître les hommes et les affaires du gouvernement près duquel il est accrédité. Par ses manières aimables et son esprit conciliant, M. de Bacourt s'est fait, d'ailleurs, à Rome, de nombreux amis. Sa nomination a été accueillie ivec une grande faveur.

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Vous savez que le cardinal Lavigerie est parmi nous depuis quelques jours. Son Eminence s'occupe beaucoup des affaires de la Tunisie, et plus généralement, de l'Algérie. Sa compétence en ces questions est tellement notoire qu'on se garderait bien, à la Propagande, de rien faire sans s'éclairer de ses précieux conseils.

Peut-être pourrait-on reprocher au nouveau cardinal de pécher par un excès de zèle et d'ardeur, ce qui a pu récem^^oient compromettre la vie de quelques missionnaires. Mais le catholicisme n'en est p~Jus à compter ses martyrs sur une terre $éjà arrosée de tant de sang généreux I

On avait dit que le cardinal Lavigerie devait prendre le titre cardinalice de la Trinité-çles-Monts: c'est de Sainte-Agnèshors-les-Murs qu'il faut dire.

Cette intéressante basilique a été entièrement réparée à la suite d'un accident qui faillit coûter la vie à Pie IX, en 1855. Le plancher d'une salle du premier étage, dans laquelle se trouvait le SaintPère, s'effondra tout à coup, occasionnant la chute du Pape et des personnes qui accompagnaient le Saint-Père. Une fresque assez médiocre, placée à l'endroit même où eut lieu l'accident, rappelle que Pie IX ne se fit aucun mal. C'est à Sainte-Agnès qu'on a coutume, chaque année, le 21 janvier, de bénir solennellement deux agneaux dont la laine doit servir plus tard à faire le fajaeux pallium dont l'usage remonte, tour les pontifes romains, aux premiers jmps du catholicisme. Un de ces agneaux bénîs est servi, à Pâques, sur la table du Saint-Père.

A propos de table on me dit que M. Desprez donne, demain soir, un grand dîner à l'ambassade de France près le Vatican, en l'honneur du cardinal Lavisrerie.

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A l'occasion du Consistoire de demain, Léon XIII doit prononcer une allocution appelée à avoir un grand retentissement. C'est le Pape lui-même, suivant son habitude, qui a rédigé ce document important dont le Sacré-Collège attend la communication avec une impatience facile à comprendre.

Des confidences particulières me permettent de dire quelques mots de cette allocution.

Il y sera d'abord question du rétablissement des rapports officiels avec la Russie. Le Saint-Père parlera ensuite des premiers résultats obtenus dans les négociations avec la Russie, savoir l'entente sur le rappel des évèques exilés et sur la provision de quelques-uns des sièges vacants de la Pologne russe. A moins qu'il ne soit fait des changements à la dernière heure, l'allocution de Léon XIII renfermera un passage re• latif à la guerre de plus en plus violente qui est faite à l'Eglise dans d'autres pays, surtout en France et en Italie. Comme une preuve nouvelle du manque de liberté dans l'exercice de son ministère et de l'impunité assurée à ses insulteurs, le pape signalera les faits qui se sont passés à l'occasion de « l'apothéose » de Garibaldi et les violents discours prononcés par les révolutionnaires. La lutte anti-religieuse "engagée en France donnera aussi lieu à quelques plaintes; mais on m'assure que, cette fois encore, le Saint-Siège veut user d'indulgence. Les cardinaux consultés à cet égard ont été d'avis qu'il fallait persévérer dans cette attitude expectante, afin d'avoir le droit le jour où les négociations avec la France seraient rompuesd'en appeler à l'univers catholique et de ,le prendre à témoin de la bonté et de la longanimité du Pape.

Mais que les révolutionnaires français ne prennent pas pour un parti pris d'inaction cette réserve voulue du SaintPère dans les documents devant être livrés à la publicité. Je sais, au contraire, de bonne source que par voie diplomatique, le Saint-Siège continuera de défendre jusqu'au bout les derniers b.mbeaux de la liberté de l'Eglise.

Il est même décidé que,pourpermettre dans ce sens une plus grande initiative, et pour atténuer en même temps la responsabilité du représentant du SaintSiège à Paris, il y aura, dès que Mgr Czacki pourra prendre un congé, un assez long intérim pendant lequel l'auditeur de la nonciature, Mgr Ferrata, sera autorisé à parler plus clairement et à protester d'une manière de plus en plus accentuée. Il ne semble giîère possible de faire davantage pour le moment. Tel a été au fond le programme politique de Mgr Czacki, et ceux qui le critiquent à la légère peuvent être bien sûrs que ce programme a reçu, nonseulement à l'origine, l'approbation du Saint-Siège, mais en outre qu'il a été tracé à Rome dans toutes ses lignes principales au fur et à mesure que les circonstances l'exigeaient. C'est 1 d'ailleurs, une vérité tout aussi élémentaire que cette autre considération à laquelle ne s'arrêtent pas volontiers les esprits trop ardents, à savoir: qu'un Nonce apostolique a pour mission, avant tout, d'entretenir de bons rapports avec le gouvernement auprès duquel il est accrédité et, lorsqu'il y a péril de conIlit, d'essayer par tous les moyens de faire accepter en tout ou en partie- les observations et les avertissements du Saint-Siège.

Ce n'est pas l'affaire du Nonce de prendre fait et cause pourtel parti politique. Il n'estpas même de son ressort de tracer aux catholiques du pays où il réside la .ligne de conduite à suivre. Il y a pour cela les évoques et ceux qui ont charge d'âmes. Au reste, à qui ne voit qu'un pont de l'horizon, a qui n'embrasse pas l'ensemble de toute une situation on ne peut plus douloureuse pour l'Eglise, il est aisé de critiquer tel acte spécial et de faire la leçon, en théorie, à l'auteur de cet acte, qui, de son côté, est en position d'envisager les choses au véritable point de vue et d'après les exigences et les intérêts généraux de questions universelles auxquelles se rattache l'action de l'JSglise.

Ces considérations, vous pouvez les retenir non pas comme le fruit d'une opinion personnelle, mais comme le fidèle écho de ce qui se dit ici dans tous les cercles de la haute prélature et de la diplomatie.

Ce que je peux affirmer encore, c'est que, après avoirépuisé jusqu'àl'extrême limite tous les moyens de conciliation et d'apaisement, Léon XIII saurait montrer, à l'heure des résolutions viriles, de quelle indomptable énergie il est doué. Je fais allusion àl'éventua\nè toujours possible d'un départ du Pape. Et vous voudrez bien remarquer à ce propos que tout en approuvant la plupart des idées contenues dans le récent ouvrage de M. Emile Ollivier, les quelques journaux qui reçoivent réellement des inspirations du Vatican se sont inscrits en faux contre les intentions prêtées à Léon XIII au sujet du séjour à Rome. Les notes remises à ces journaux par les prélats attachés au secrétariat pontifical sont destinée's à faire savoir que, le cas échéant, le SaintPère est toujours fermement résolu à quitter Rome.

II s'y passe, d'ailleurs, des drames étranges dans cette ville de Rome, depuis que l'irréligion et l'impiété y tiennent le haut du pavé.

La jeunesse des écoles, notamment, enhardie par la presque assurance de l'impunité, en est venue, d'excès en excès, à ne plus connaître aucun frein. Elle a commencé par des injures à d'inoffensifs pélerins, par d'odieux outrages à la religion; puis, l'autre jour, elle brisait les presses d'un journal catholique, causant un dommage, encore non réparé, évalué à plusieurs milliers de francs; et maintenant la voilà qui commet des homicides volontaires dans lesconditions les plus odieuses.

Toute la ville a été mise en émoi par le crime d'un jeune étudiant de dix-sept ans, dont le frère est rédacteur d'une feuille répandue et le père est sénateur. Sous de futiles prétextes et après une querelle qui semblait terminée, cet énergumène est venu assassiner à brûlepourpoint le garçon de service qui occupait le comptoir de la brasserie Morteo, l'une des plus fréquentées de la ville, en plein Corso 1

Où allons-nous et quelles générations nous préparent les révolutionnaires et les aihées avec leurs abominables doctrines I.

LES

FLOTTES IMT ALEU1R1I

(PAR dépêche) «

Alexandrie, 3 juillet, 5 h. 10.

La vie est tout entière dans le port. Les paquebots se succèdent sans interruption emmenant le restant de la population européenne. Les navires servent de demeures flottantes et, lors des départs, les transbordements s'effectuent. Le Peluse sert de stationnaire en attendant l'arrivée du Copernic'. L'agence des Messageries maritimes y a transporté ses bureaux. Là, loge M. Lacrèze, agent principal, en compagnie de M. Brédif, contrôleur général et de quelques notabilités françaises. Un vapeur, des Messageries, réquisitionné par l'amiral et le consul, se tient à poste fixe à la disposition des membres de la colonie qui n'ont pu encore partir, au cas où ils seraient obligés de s'embarquer tout à coup. Toutes les banques* sont installées également à bord des navires. Les agences principales, de même, jusqu'à l'administration du télégraphe, qui a posé ses fils à bord de l'Hélicon. M. Lemesurier, administrateur des chemins de fer égyptiens, est à bord du Behera, avec M. Caillard, le directeur des douanes. La ville est déserte et silencieuse. Tous les magasins sont fermés. Rue des Sœurs, il n'est pas resté une vitrine debout. Ça n'empêche pas Arabi-Pacha de faire jouer tous les jours la musique militaire sur la place des Consuls, comme au Caire, du reste, dans le jardin de l'Esbekieh. Curieux contraste. Quelques rares Européens d'un côté, et de l'autre une foule d'Arabes et de Barbarins qui forment la haie sur le passage des officiers, les seuls amateurs de musique. Arabi-Pacha se promène en souverain au milieu de ses soldats, qui le vénèrent comme un saint. M NeU\

Les prédications continuent. Les ulé-. mas de El-Azhar vont dans les campagnes prêcher la guerre sainte. Leurs paroles sont mal reçues. Les fellahs' se répandent en plaintes amères. Les produits se vendent au quart de leur valeur. Interrogeant les fellahs, sur le compte d'Arabi-Pacha, ils répondent invariablement

Arabi ? Mascara.

Néanmoins, il y a une grande surexcitation qui se démontre par de nombreux faits. Lors de l'enterrement de la bellesœur de M, Larose. les Arabes ont osé jeter de l'eau sur le cercueil. Les soldats ne craignent pas de croiser la baïonnette devant des passants inoffensifs; mais plus d'un avoue qu'il jettera son fusil et retournera dans son village quand les lions arriveront. Les lions sont les Français et les Anglais. Arabi-Pacha sait qu'il ne peut compter sur ses troupes. Il pense se retirer sur le Caire après un simulacre de combat. En cas de débarquement, ce sont Tolba-pacha et Abdellal-pacha qui défendront les côtes. Arabi-pacha battra en retraite et coupera les ponts de Kafr-Zaïah et de Benha, en se retirant sur la ligne du chemin de fer de la Haute-Egypte, rive gauche, àEmbabeh.

De nombreux faits imputés à Arabipacha lui ont été conseillés par des Français.

Un nommé Charles Linaut possède sur lui une influence funeste. Le nommé Mouillard, qui proposait à Arabi-pacha les moyens (sic) de faire sauter la flotte, vient d'être expulsé par le consul de France. Quelques communards sont les meilleurs amis Je l'agitateur, C'est à eux que l'on doit la liste d'otages français dont Arabi s'emparera, dit-on, lors du débarquement. Figurent sur cette liste MM. Brodif, contrôleur-général, Bijart, directeur de la C° du Gaz, M. Pierre, directeur de la C° des Eaux, Gay-Lussac, Lechevalier, Rousseau, Legaudin, Grand, Borelli, etc.

Ces -personnes sont encore au Caire, sauf M. Bredif.

Si Arabi-Pacha tombe entre les mains des Anglais, il lui sera fait un mauvais parti. Officiers et marins de l'escadre sont exaspérés contre lui. Des matelots anglais ont dû être consignés et mis au fer pour indiscipline ils voulaient descendre à terre. J'ai vu des officiersbriser leurs verres contre les panneaux du carré, entre deux blasphèmes, l'un à l'adresse d'Arabi-Pacha qu'ils voulaient voir pendu, l'autre à l'adresse de M. Gladstone qui les condamnait à rester inactifs devant une pareille anarchie. La flotte est nombreuse, et deux escadres cuirassées sont encore attendues. Le port offre un curieux coup d'œil. Les bâtiments de guerre forment quatre groupes distincts. La première escadre de gauche est seule embossée devant les nouveaux forts élevés par Arabi sur la butte des Moulins, près du Gabbari. Le La Galissonnière, ayant à bord l'amiral Conrad, tient la tête du groupe des navires faisant face à Ras-el-Tin i après lui, vient Va {régate autrichienne. De l'autre côté, près du mÇ>le qui termine la jetée, le premier bâtiment est la Mahroussa, puis vient VEellas, frégate grecque, Y Aima, le Monarch, etc. Les navires anglais sont massés plus nombreux à l'entrée du port. Les bâtiments de guerre des autres pavillons sont tous '1. dans l'avant-port. Il ya des russes, italiens,américains, espagnols, etc. Les équipagessont consignés. De grands canots se tiennent constamment sous vapeur.. J La ville est en état de siège. ArabiPacha y vient et se promène, entouré, d'une garde composée de Mustafezins, dans lesquels sont incorporés tous les individus compromis lors des massacres. Ce sont les gendarmes du pays. Il est prouvé aujourd'hui quecesontMahmoudPacha, Samy et Abd-el-Nedim qui sont lés instigateurs des troubles du 11 juin. Ce sont eux qui encouragent les Arabes à commettre tous les méfaits. En attendant le moment de s'y livrer, ceux-ci jouent au pendu de cette façon. Des Arabes s'emparent d'un chien ces bêtes pullulent dans les rues. Il s'agit de le juger. Un tribunal se forme. Un gamin figure le khédive, un autre plus martial représente Arabi-Pacha, un troisième Ragheb-Pacha. Celui-ci interroge le chien.

Qu'est-ce que tu es? Inti mine. Anglais. Ingliss, souffle un compère. -Ah, tu es Anglais Et des coups s'abattent sur le malheureux chien, qui pousse d'affreux hurlements.

L'interrogatoire continue.

De quelle religion es-tu?

Chrétien.

Ah! l Nosrani 1 Et les coups recommencent à pleuvoir.

Bref, la pauvre bète est condamnée à. être pendue.

C'est un spectacle auquel se livrent à tous les coins de rues les barbarins d'Alexandrie, que le départ des Européens a laissés désœuvrés.

Ce sont toujours les Anglais qui sont pris ainsi à partie.

Et pendant ce temps la crue du Nil suit son cours sans que personne ne s'en préoccupé, ce qui pourrait bien amener une inondation générale au mois d'août et par là faciliter la défense du pays. Arabi-Pacha compte peut-être làdessus.

Félix.

LES AGENTS SECRETS

(NOTES DE POLICE)

Nous arrivons ici à un point scabreux, à un moment difficile.

Ah 1 si nous voulions faire du tapage, du scandale, quelle belle occasion 1 Mais non. Ce que nous voulons, ce n'est pas démolir la Préfecture de police, c'est lui montrer, lui faire comprendre, si c'est possible, dans quel état de désorganisation elle se trouve; lui mettre le doigt sur les plaies qui la rongent et finiront par la tuer, lui donner les moyens de réparer le mal si elle en a le courage.

Mais l'aura-t-elle 1 ̃

Il serait temps, grandement temps, qu'un préfet en arrivant à ce poste élevé, cherchât à en comprendre sérieu-ement les devoirs et les charges et ne se contentât pas de palper ses émoluments, en se disant

Peuh vivons bien. Après nous le déluge!

C'est de l'égoïsme, cela. Ce n'est pas de l'administration.

Oui, nous le savons bien; nos articles exaspèrent toute cette bande de « hauts fonctionnaires » et d' « importants employés » qui sont cramponnés à leur poste, comme des polypes à leur rocher et qui arriveront à faifô tout crouler plutôt que de se départir de iéars errements passés.

Quant un nouveau préfet arrive, ils lui disent 1

Voilà. C'est comme cela que ça mar- s che. C'est ainsi qu'il faut faire. Ne chan- e gez rien. Ne touchez à rien. Au nom de « la Routine, guide-âne des administra- q tions, laissez-nous continuer, comme par le passé, ou tout est perdu. F Le préfet les écoute, marche, va à l'or- a nière, verse et se démolit. Un autre le a remplace et tout est dit. & Et les bons mollusques restent là, en- p chantés de leur sort. p Nous pourrions les nommer, et dévoi- j {: ter leurs faits et gestes. Nous pourrions dire comment chacun d'eux, ayant en d dehors de laPréfecture sa petite branche c d'industrie, excite le préfet nouveau r. contre les concurrents et lui fait faire boulettes sur boulettes. 1 Mais non, qu'ils se rassurent. Pour le f moment du moins, nous nous renferme- c rons dans les généralités. La dénoncia- 1 tion nous répugne.

Pourtant, qu'ils ne se targuent pas trop de cette impunité. Le jour où cela l nous serait nécessaire, nous ne nous c gênerions pas pour casser les vitres. Ah! mais, pas le moins du monde. r Donc, parlons de la police politique. c Vous vous imaginiez qu'après le 4 c Septembre, après les grandes protesta- c tions, après la scandaleuse publication t des Papiers des Tuileries, on avait re- s noncé à cette institution maudite et surannée.

Allons donc 1 > t Plus ça change, plus c'est la même s chose. £ La police politique existe toujours, i plus que jamais et montée exactement s sur les mêmes bases, marchant toujours s suivant les mêmes errements qu'il y a ( cent ans.

Vous avez peut-être lu, dans les Mo- > hicans de Paris, la façon dont, par l'ordre de M. Jackal, le savant policier, les 1 agents de confiance, l'ex-forçatGibassier, l'assassin Carmagnole, les réclusion- s naires Brin-d'Acier et Papillon, orga- < nisaient une émeute. J'ai, dit Brin-d'Acier, transporté rue Saint-Denis autant de charrettes, de pavés, de solives qu'on m'a fait l'honneur de m'en con- fier. Bien, dit M. Jackal; et vous, Papillon? Moi, répondit l'effronté Papillon, j'ai cassé, selon la recommandation de Votre 1 Excellence, la majeure partie des carreaux de ladite rue. Ensuite, Brin-d'Acier? continua M. Jac- kal. Ensuite, à l'aide de quelques amis dé- voués, j'ai construit toutes les barricades qui sillonnaient le quartier des Halles.

Et vous. Papillon?

Moi, répondit le personnage interpellé, j'ai fait partir au nez des bourgeois qui passaient toutes les pièces d'artifice que Votre Excellence m'avait fait l'honneur de me remettre.

Est-ce tout? demanda M. Jackal

J'ai crié: « A bas le ministère! » dit Brind'Acier.

Moi « A bas les Jésuites! » ajouta Papillon.

«– Et après?

Nous nous sommes retirés paisiblementT.. Cela paraît exagéré et pourtant il y a du vrai, beaucoup de vrai, beaucoup trop (devrai.

Nous prouverons quand .on voudra, pièces juridiques en main, que certaines émeutes ont été faites par la police politique, désireuse de montrer son utilité. Les agents provocateurs remplissent le rôle des employés secondaires qui irritent le taureau, pour qu'il soit plus beau à vaincre.

Malheureusement quelquefois le taureau est tellement irrité qu'il tue le toréador.

Eh bien, à l'heure actuelle, on en est encore aux mêmes principes. /• On entretient à la Préfecture

Des agents secrets à l'étranger.

Des agents à l'intérieur.

Des espions dans les journaux! Des provocateurs dans les usines, dans les ateliers, dans les réunions publiques. Oui, citoyens,oui, sachez-le bien.Beaucoup de ces orateurs fougueux qui vont sans frein, sans crainte. clabaudant dans vos clubs, demandant l'abolition de l'infâme capital, la pendaison du patron, les revolvers d'honneur pour les assassins, etc., etc.

CE SONT DES MOUCHARDS l.

Et, vous imbéciles, qui les acclamez, qui les suivez, ils prennent vos noms. pour leur rapport, et à la première occasion, ils vous feront « piger » par leurs collègues en uniforme.

Rappelez-vous Georges P. l'enragé, le révolutionnaire incorruptible, qui dénonça et fit arrêter dans sa retraite de Meudon, son ami Francis Eane. Eh bien, dans vos société ouvrières, à la tête devos comités, dans l'état-major de vos grèves, ces gens exaltés qui vous excitent, que vous préconisez.

Ce sont des mouchards t

̃Ft vous les acclamez, et vous les nommez conseillers municipaux ou généraux, et vous les nommerez députés. Pauvres dupes*

̃ Faudra-t-il donc vous dire les noms tout au long pour vous ouvrir les yeux? 2

Ces gens-là sont des misérables, des infâmes. Mais que dire de .ceux qui les emploient?

Que dire de ces moyens d'action, où l'on risque tous les jours une nouvelle Gommune, pour se donner la gloire et le profit de la réprimer ? 7

Et si on n'arrive pas à temps?. Si le mouvement, une fois commencé, ne peut plus être arrêté ? Vous vous sauverez encore à Versailles, n'est-ce pas ? 2

C'est honteux et c'est ignoble, et notez, par-dessus le marché, qu'on lésine encore dans le choix des hommes employés à cette sale besogne et qu'on prend ceux qui demandent le moins.

M. Piétri, l'ex-préfet de l'empire qui, s'il ne fut pas sans reproche, montra du moins; en certaines occasions, qu'il était administrateur intelligent et policier habile, est l'auteur des deux maximes suivantes

On naît « policier », mais on ne le devient pas.

La bonne police ne se fait qu'à grands coups d'argent.

La première maximeestune leçon don née à ces fonctionnaires qui, aussitôt leur nomination parue à Y Officiel, s'imaginent qu'ils ont la science infuse et qui agissent, taillent et rognent comme des écervelés.

La seconde vise les fonctionnaires économes qui disent « Moins j'en donnerai, plus il en restera. à l'Etat! » N.-B. Et ils connaissent le mot fameux « l'Etat, c'est moi 1 »

Ils ont commencé par restreindre les gratifications mensuelles accordées aux agents officiels qui, certes sont très méritants, pour reverser ces« économies forcées» sur la meute des agents secrets 1

Ils ont, pour distribuer leur poi'cè, l délaissé leurs agent*, connus, commis-

Sidi.

sionnés, qui ont le devoir de calmer les esprits, de défendre les citoyens pour les «agents occultes qui, eux, ne savent qu'envenimer, irriter et attaquer. Il y a quelques années, il y avait à la Préfecture, deux agents officiels qui avaient pour spécialité de « lever » les agents secrets. On les a mis à la retraite. Mais leurs fonctions ont été continuées par des chefs de service.-Nous n'avons pas besoin dedonner leurs noms, n'est-ce pas?

Eh bien combien ces chefs de service donnent-ils aux agents secrets ? M. Camescasse serait bien embarrassé, si on le priait de le dire.

Et cependant il devrait le savoir, car, lorsque les émoluments arrivent à mille francs par mois, c'est lui ou son chef de cabinet qui est en relation directe avec les « renseignateurs. »

Nous venons de dire à quoi servaient les agents politiques. Passons auxagents de finance et de jeux.

Ceux-là pourraient être très utiles, 1 mais on les laisse au second plan. Leurs rapports sont souvent et pour cause laissés de côté, oubliés dans les cartons. C'est pour cela que nous voyons certaines Sociétés véreuses, marcher tranquillement à pieds-joints sur le Code, sans qu'on leur fasse même une observation.

Pour les jeux, c'est pis encore. Il se oasse dans certains cercles des choses stupéfiantes, Mais présidents, gérants et croupiers, lorsqu'on leur parle de la police se contentent de sourire malicieusement en haussant les épaules, ce qui signirie pour les gens qui savent lire entre les lignes:

« La police? Pas de danger. Elle est » avec moi et je suis avec elle. » Voilà ce que vous ignorez, Monsieur le Préfet. Certains fonctionnaires de votre entourage ont bien présenté à votre signature la fermeture de plusieurs petits cercles mal tenus, mais, quant aux grands, ilsn'y toucheront pas, parce qu'ils savent bien qu'ils joueraient leur place Passons maintenant aux agents secrets du monde galant Ce sont des femmes, des comtesses en ruolz et des baronnes en plaqué qui donnent les noms des maîtresses de tel ministre, tel sénateur, tel député, tel ambassadeur, ainsi queles noms des amants supposés des femmes du grand monde. Elles font aussi un peu de politique et quelques-unes ne sont point payées.

On les récompense de diverses façons. Les plus usitées sont celles-ci

Elles sont propriétaires de tout ou partié d'un « claque-dent» et elles évitent, par leurs services, qu'on y regarde de trop près; ou bien elles ont un intérêt dans une brasserie à filles, ou dans une agence de proxénétisme secret.

Aussi, quel remue-ménage quand un naïf touche à l'un de ces établissements.

Vous en avez eu récemment un exemple.

Eh 1 bien, franchement, croyez-vous que l'argent de la « caisse noire » ne pourrait pas être plus utilement em- ployé ?

Croyez-vous qu'il ne vaudrait pas mieuxconsacrer 4. la police criminelle, absolument négligée, les sommes énormes que coûte la police politique? ° A quoi servent les farceurs que vous entretenez dans les journaux? '1

Mais, monsieur le préfet, ils se moquent de vous, s'ils vous font des rapports sérieux et s'ils n'en font pas, pourquoi les payez-vous?

A quoi servent vos « excitateurs » de réunions publiques? A faire assassiner Ieà gardiens de la paix dans la rue, par les pauvres diables auxquels ils tournent la tête. A faire durer cinq ou six mois une grève qlli serait finie en huit jours. Et vous croyez qu'en agissant ainsi vous faites œuvre utile?

C'est un jeu dangereux que vous jouez là; il a déjà été joué, nous le savons, et par des policiers de preaiier ordre. Et ils s;y sont cassé le cou. Or, ils avaient des hommes faits et de l'argent et vous n'a.voz que des « apprentis » que vous êtes inc pables d'inst /uire. Quant à l'argent, vous eu possédez, mais on l'économise. pour «l'Etat.» H

Un vieux routier de la police nons dis iit « On verrait moins de postulants » auxemplois élevés de la Préfecture de » police, s'il n'y avait pas les chapitres » des agents secrets, des gratifications, » des budgets « noirs », des missions » secrètes. »

Car, en effet, par quels moyens, à l'aide de quelle multiplication aussi désordonnée que discrète, des émoluments annuels de f>,000 fr. montent-ils à 14,000 tr. ? Ceux de 8,000 fr. à 20,000 fr. ? Ceux de 11,000 à 50,00) fr. ? Ceux de 20.000 fr. à 83,000 fr ? Et, enfin, ceux de 60,000 fr. à 150,000 fr. ? 9

Il serait utile, pour les contribuables, d'être renseignés à cet égard et d'apprendre à quels fonctionnaires leur argent a servi à faire de bonnes rentes. Nous n'en avons pas fini avec les agents secrets. Nous y reviendrons. F. Hogier G. Grison.

LA VIE EN PLEIN AIR

Tandis que la bienveillance divine n'en déplaise aux libres-penseurs prépare une année grasse aux disciples de saint Hubert, tandis que nos champs dévastés se repeuplent miraculeusement cette année, des hommes graves discutent gravement les moyens de rendre vains ces effets de la nature. M. Desmons est de ceux-là. Grâce au ciel, il existe encore parmi nos législateurs, des hommes de bqi sens, et ce digne émule de feu le docteur Chavoix en a été pour son échec la commission législative de la chasse a repoussé par sept voix contre quatre, la création de permis de chasse trimestriels, mensuels et quotidiens. Ce projet éminemment démocratique eût jeté des armées de chasseurs à quarante sous à travers nos champs, et en quelques séances dominicales eût exterminé le. gibier qui nous reste. Nous n'osons pas nous réjouir du répit de cette proposition marquée au bon coin révolutionnaire, car il nous revient que M. Desmons ne se déclare pas battu, et que cet honorable député a l'intention de représenter plus tard sa proposition sous forme d'amendement.

Les républicains français ne sauraient être plus républicains que tes républicains suisses. Ces derniers, animés aussi de sentiment ultra-démocratiqiifle, ont également, à une certaine époque, rendu la chasse libre et en peu de temps tout a été détruit.

M. ld duc de Trévise, président de la Société centre des chasseurs, a constaté dans un renï3«iuabl.e. discours prononcé l'an dernier, qu'aujourd'hui ce peuple républicain mais intelligent et pratiqua, a reconnu qu'il âvatt suivi une

fausse route et que les pouvoirs publics s'ingénient à revenir sur ce qui a été fait des lois nouvelles sont promulguées*, des dépenses élevées sont en cours pour amener un repeuplement re- connu nécessaire. Bien plus la 4iploma^tie, à plusieurs reprises, a été saisie de la question cynégétique l'Italie et l'Autriche sont tombées^ d'accord avec la Suisse pour la conservation du gibier. La commission législative de la chasse a la devoir d'étudier les législations si-»; milaires et surtout de ne pâte tenter des expériences condamnées déjàVEUe peut se dispenser d'adopter les affrètes lois > monarchiques, mais elle ne doiKavoir f aucune répugnance à emprunter uni peuple républicain la réglementatioSKtÉ la chasse. Le beau temps a pris le dessus et tou nous promet un été magnifique. Saint Pierre et saint Paul ont droit à toute notre reconnaissance pour avoir arrêté la série des jours pluvieux que nous avons S si tristement traversés. .A Les déplacements sont nombreux déjà et les villesdeaux se peuplent. Sur toutes les côtes de l'Océan la vie élégante i reprend son cours estival, les villas se parent et les plages se couvrent de cette gracieuse population enfantine qui prend ses ébats sous l'œil vigilant des jeunes mbres. L'aflluence est déjà grande à Trouville. Cette ravissante station avec sa couronne de verdure qui se mire comme la Vénus Astarté dans le gigantesque miroir océanien, a pris un air coquet qu'elle n'avait pas jusqu'ici et qu'elle doit à une municipalité intelligente. C'est bien le cadre qui convient aux élégances qu'y affluent. Les journées y, sont courtes, et si les distractions vespé-: rines n'y sont pas aussi attrayantes qu'on pourrait le désirer, les dilettanti n'ont qu'à traverser le bac pour assister aux concerts que dirige à Deauville, avec sa maestriabien connue notre amiColblain. Villiers,Villers, Houlgate, Beuzeval, tous ces satellites de Trouville-Deauville, ont leurs hôtes, et les touristes affluent à Dives pour y visiter l'Hostellerie de Guillaume le Conquérant dont Le Rémois a fait un musée.

La saison promet donc d'être brillante partout.

Les chasseurs ne sont plus oisifs, ils s'occupentde leurarmement etdu chenil. Les arquebusiers sont dans leur coup de feu et dans les grandes fabriques," telles que celle de Galand, l'activité est extrême. La mode est décidément au choke-bored, et chacun veut posséder ce fusil anglais dont l'excellence est re- connue. Galand est arrivé à perfectionner cette arme et à pouvoir la livrer, toutes qualités égales, sinon supérieures, avec un rabais de quarante pour cent au moins sur les fabricants de Londres. Gela est un joli résultat.

Dans les déplacements qui se font actueliement, le villégialeur ne doit pas oublier d'emporter son fusil, il aura mille occasions de s'en servir.

A ce propos plusieurs de nos lecteurs me demandent de leur indiquer qu'elle est la législation qui régit la chasse sur le bord de la mer. Nous pourrions lui répondre qu'il n'y en a aucune etqu'il faut s'en rapporter aux arrêtés des préfets. Ainsi celui d'Ille-et-Vilaine autorise la chasse,pendant toute l'année,des oiseaux suivants grèbe, guillemot, pingouin, plongeon, pétrel, goéland, hirondelle de mer, mouette, cormoran, oie, cygne. L'arrêté réglementaire en autorise le trans- port et la vente, mais comme tous les arrêtés préfectoraux il néglige de dire dans quelles conditionslachasse doit s'exercer. Nous ne saurions mieux faire, non pour éclairer nos lecteurs, mais pour leur faire apprécier le gâchis administratif dans lequel nous errons, que de leur citer un commentaire analytique des lois que M. Viel, avocat publie chez Dentu, sous ce titre Nouveau Code du chasseur

« Faut-il comprendre parmi lesoiseaux » d'eaux, dit M. Viel, les oiseaux de » mer?

» Cet article nedésignant que lâchasse » dans les marais, sur les étangs, les » fleuves et les rivières, il paraît évident » que la législation n'a pas en vue les » oiseaux de mer et que, par suite, lu » chasse de ces oiseaux n'ayant été 6 » l'objet d'aucune disposition spéciale » dans la loi, rien ne s'opposerait à ce » que la chasse pût en avoir lieu libre» mont et en tout temps.

» C'est dans ce sens que la cour de » Rennes rendait un arrêt le 15 novem» bre 1859. coufirmatif d'un jugement du » tribunal de Saint-Brieuc, du 4 octo» bre 1859 qui avait acquitté deux chas» sellrs d'alouettes de mer, l'un sur la » grève de Paimpol, l'autre non loin de » cette grève dans un bateau. Mais la » Cour de cassation par arrêt du 20 jan» vier 1800 a repoussé le système du » jugement et de l'arrêt précité en vi» sant l'article 1er de la loi du 3 mai 18 H » aux termes duquel: « Nul ne pourra. » chasser si la chassen'est pas ouvert;1. » » Le système de la Cour de cassation, » ajoute M. Viel, est d'ailleurs en oppo» sition avec l'énumération que la loi » elle-même a faite (art. 22) des agents » divers appelés à constater les délits do » chasse. On n'y voit, en effet, figurer ni » les gardes côtiers ni aucunautre agent » de la marine. Comment admettre alors » que le législateur eût eu en vue les oi» seaux de mer ? Encore une fois cela ne » se trouve nulle part dans la loi, et nou^ » sommes portés à penser que l'arrêt » précité de la Cour de cassation à col » égard, n'est pas plus fondé que celui » qui contestait aux préfets le droit » d'énumérer les espèces d'oiseaux do » passage. »

Tel est l'avis d'un jurisconsulte éminent ajoutons que la loi n'a point prévu l'espace dan lequel le chasseur pourrait agir c'est l'acte qui consistera à chasse) sur des terres assez éloignées de l'eau pour constituer le chasseur en délit qui sera poursuivi et puni.

Ce manque de prescriptions précises est gênant pour le chasseur qui peut être en butte à l'ignorance d'un garde ou à sa mauvaise humeur. Disons de suite que les tribunaux sont indulgents et que l'usage a établi que l'action de chasse peut s'exercer en tous temps dans un espace* de cinquante mètres, à partir du point des plus» hautes eaux. Il est bien entendu que cette tolérance ne vous auturise pas à tirer un lièvre égaré dans les ajoncs et bouillées qui se trouvent souvent sur les plages.

Le lièvre maritime n'est pas reconnu. Depuis samedi dernier, la chasse au gibier d'eau est ouverte un de nos amis a commencé la campagne en abattant deux hérons et une judelle il a vu deux compagnies de halbrans qui voletaient et il a respecté ce morceau de roi auquel il ne faudra faire l'honneur du coup de fusil que dans une quinzaine. Les chasseurs qui savent respecter le gibier et qui ont la force d'âme de ii. laisser passer sont rares, etnousnesau-


fions trop -féliciter notre correspondant de son stoïcisme. Tous les porteurs de fusils n'ont pas ces scrupules et nous recevons de tous côtés des lettres qui nous signalent des abus qu'il est difficile de faire disparaître sous le régime actuel. La destruction commence deux mois avant l'ouverture 1 m'écrit l'un. Criez bien haut, puisque vous avez une tribune, me dit l'autre, que les chasses exceptionnelles au fusil sont ridicules. Un troisième nous écrit On va tuer notre vieille vénerie en fermant en février la chasse à courre qui n'ouvre réellement qu'en novembre et que l'on ne peut faire que rarement en décembre, tandis qu'on permet aux braconniers de dépeupler jusqu'au 30 avril, sous prétexte de bécasses, et à partir du 1" juillet, sous prétexte de gibier d'eau 1 Nous ne pouvons qu'enregistrer ces cris d'alarme sans grand espoir qu'ils soient entendus par nos législateurs absorbés par la grande politique.

Les nouvelles de mer n'offrent pas grand intérêt cette semaines les yachts- men sont à la descente et vont se rallier au Havre et dans les ports de Bretagne. Le- premier yacht français qui ait visité cette année le Soient est la goëlette de M. Damrémont, le Bayard, qui, à la date du 25 juin, était mouillé à Cowes. Il est en ce moment au Havre où il vient d'arriver après une intéressante excursion sur les côtes de Bretagne.

Nous ne serons qu'à moitié indiscret.

Il y a en ce moment, ancré dans une anse déserte de l'Océan, un ravissant petit yacht à vapeur où se sont réfugiés (un gentleman bien connu, et une jeune fille appartenant à une famille du meilleur monde. Ils n'ont pas encore entamé leur lune de miel?Us négocient leur mariage avec leurs parents respectifs. Ce nouveau, mode d'enlèvement a un côté assez original et fait grand bruit dans le monde du yachting.

'L'ami qui m'apporte cette petite aventure galante me dit que M. H. de Z.t t est sur le point d'accorder son consentement, et il me prie d'enregistrer ceUo espérance pour calmer les impatiences des jeunes amoureux.

C'est fait.

Florian Pharaon.

P.S. Régates de la semaine Yachting, dimanche 9 juillet: La Pie, Société des voiliers de la Marne; Roue^n, Cercle de la voile de Rouen. Rowiny, dimanche 9 juillet Bordeaux, Sport nautique de la Gironde; Namur, RoySjJ-Nautique Sambre-ei-Meuse. Le mercredi 12 Douai, Sport nautique.

F. P.

LE GUIDE DE L'ASSURE

Dans une crise financière, ceux qu'il faut plaindre ayant tout, ce sont les gens -à-pefetefevenus, qui ne peuvent- ftrUe^ ment refaire leur épargne, emportée brusquement. Aussi le Guide de l'Assuré manquerait son but, s'il ne fournissait pas à cette catégorie de personnes très dignes d'intérêt des conseils pratiques et tout à fait faciles à suivre.

Tous les jours nous recommandons des grandes Sociétés d'assurances sur la vie, administrations discrètes qui ne vont pas crier sur les toits -et elles ont tort les sommes qu'elles paient aux assurés. Donc, notre recommandation se ressemble fatalement toutes les semaines. Nous répétons «Assurez-vous! 1 » assuréz-vous 1 Au lieu d'acheter des >; valeurs pleines de promesses, mais » vides de réalités, assurez-vous 1 Assu» rez-vous sur la vie, contre l'incendie, » contre les accidents! » A cela, on nous répond souvent que l'assurance sur les. iccidents est encore bien informe chez aous; que l'assurance contre l'incendie sst obligatoire pour beaucoup, mais que malgré la propagande faite par les Compagnies sur la vie, les livrets, les prospectus, les petits manuels qu'elles distribuent par millions, bien des personnes ne sont pas encore familiarisées avec les procédés Jes plus simples d'assurances sur la vie.

Cela ne nous surprend guère. Nous avons le tort en France de déchirer ou de ne lire qu'à moitié les prospectus que nous recevons. Les femmes seules ont la patience d'examiner avec soin les livrets ̃ illustrés des grands magasins, de nouveautés. Pour remédier au vice que nous signalons, nous rappelons que nous répondrons à toutes les lettres qui nous seront adressées sur ce sujet; et qu'en outre les lundis et vendredis de chaque semaine, de 2 heures à 4 heures de l'après-midi, toutes les personnes qui auraient quelques questions à nous soumettre peuvent se présenter 9, rue Louisle-Grand elles trouveront chez nous un accueil empressé et le désir de leur être utile.

En outre, nous indiquerons de temps en temps, à cette place, les solutions des problèmes les plus généraux de la vie. En voici une qui, bien qu'élémentaire, est très intéressante.

Un enfant naît dans un ménage qui n'a pas de fortune en capital, mais où l'industrie et les talents du père de famille subviennent aux besoins quotidiens. Dès ce premier jour, il faut songer à l'établissement futur de l'enfant, si l'on ne veut pas que le temps, gagnant de vitesse, l'amené à l'âge de vingt et de vingt-cinq ans saus qu'il soit possible de le marier faute d'un peu d'argent comptant.

Nous avons, pour satisfaire à cette éventualité, calculé le total du capital différé qu'une compagnie paiera à une époque fixe, moyennant une somme déterminée, versée annuellement sur la tête d'un enfant- depuis sa naissance

ÏILLE A. VINOT ANS

Revenu annuel Versement Capital de la famille annuel capital 3~Ô00 100 3*620

6 000 200 7 328

10 000 500 18 150

20000 1.000 36 300

GARÇON A VINGT-CINQ ANS

3 000 100 5 207

000 200 10 414

10 000 500 26 035

20 000 1 000 52 070

Le cniure au revenu a^vf,re de famille a été placé en premier, pour q^g notre exemple saisisse individuellement chacun de ceux qui cherchent a faire à leurs enfants une dot certaine.

à TRAVERS LES COMPAGNIES

LE Phénix (Vie). Les affaires de cette jompagnie bénéficient largement, et à juste .itre de l'aotive propagande qui est faite sur ies Assurances-Vie.

La moitié de l'exercice en cours a déjà donné de brillants résultats qui ne feront que s'accroître d'ici la fin de l'année.

C"' RECOMMANDÉES PAR LE « GUIDE DE L'ASSURÉ » Nous répondons le plus activement possible à toutes demandes de renseignements sur les Compagnies- d'assurances. Mais nos correspondants deviennent si nombreux que nous ne pouvons les satisfaire avec toute la célérité désirable, C'est pourquoi nous publions nne liste des Compagnies qui nous paraissent avoir le plus droit à la confiance de tous, comme honorabilité et comme solvabilité. VIE INCENDIE

C" d'Assurances G*" C" d'Assurances G1" L'Union Le Phénix La Nationale L'Union

L'Urbaine La Natior.;ale Le Phénix L'Urbaine La Provirlente La Paternelle Franklin

PARIS AU JOULE JOUR

Nous avons vu proposer successivement l'impôt sur les pianos, l'impôt sur les célibataires, et autres impôts plus ou moins fantaisistes. En voici un, des plus sérieux, dû à l'initiative de MM. Girault (du Cher) et Bellot, députés. Il se présente un-éffet sous la forme on ne peut I plus grave de proposition de loi, et aveg l'intention nettement formulée de«cpé"er une patente d'oisif et d'en attribuer le produit à la caisse des invalides du travail ».

L'exposé des motifs de cette proposition d'impôt surles oisifs ne manque pas de nouveauté. Parlant de ce principe que le produit de ]a vente des diamants de la Couronne doit être affecté à la caisse des invalides du travail, MM. Giratult et Bellot exposent d'abord que, de cette façon « on fera servir au relèvement du peuple des objets qui ont été les causes et les témoins de son écrasement. » Les diamants de la Couronne cause de l'écrasement du peuple 1 C'est un comble.

Mais passons, et arrivons au paragraphe essentiel

Nul n'ignore que l'oisiveté est le fléau corrupteur qui ronge les sociétés, les dégrade, réduit les peuples à l'impuissance et les conduit à la décadence et à l'asservissement. L'industrie), le commerçant concourent au bien-être général, et cependant ils payent une patente pour avoir le droit de travailler. L'oisif consomme sans produire et reste Wndemne. Ne pas une compensation à fteu.\ quit;availlent et produisent-pour lui? 'Dès lors, la patente imposée à l'oisif au bénéfice de l'invalide du travail n'est que l'application d'un droit compensateur.

Cette patente n'estdonc pas seulement juste et nécessaire: dans une société democracratique elle est indispensable.

En conséquence MM. Girault et Bellot concluent au projet de loi ci-après. Article 1". Nul n'a le droit de s'exempter du travail sans payer un droit compensateur désigné sous le nom de patente d'oisif. Àrî. ̃£-̃ Estj, réputé oisif cclrJ qui ne se

trouve pas dans lesv£oiiùitions déterminées

ci-après,. daus l~~ns déterminées, ,1

ci-après

1° Ouvrier dans un travail quelconque. 2° Employé de commerce, d'industrie ou d'administration.

3° Homme de lettres, fonctionnaire, patentable, agriculteur, et enfin infirme ou âgé de soixante ans.

Art. 3. -Ne sont pas compris dans les motifs d'exemption

1" La surveillance du propriétaire faisant valoir par régisseurs ou métayers.

2° Les petits travaux mécaniques agricoles, littéraires ou autres ayant un caractère d'agrément.

Art. 4. -La patente d'oisif est soumise aux droits annuels suivants:

1° Droit fixe Cent francs.

2° Droit proportionnels Cinquante pour cent sur le principal des contributions directes à la charge des patentables.

L'article 3 nous paraît excessif. Car enfin en ce qui touche les propriétaires, surveiller n'est pas l'acte d'un oisif. Et en ce qui touche les petits travaux mécaniques », MM. Girault et Bellot ne sauraient nier que ce soit une occupation. Mais que peut bien être « un petit travail agricole d'agrément »? 7

ft*# M. le vicomte de Mayol de Lupé, rédacteur en chef de l'Union, annonce en tête de ce journal qu'il en abandonne la direction, et qu'il se retire.

Nous détachons d'une lettre reproduite par M. de Lupé, et adressée par lui, le 29 juin à M. le comte de Blacas, président du Conseil d'administration de la Société du journal l'Union, les paragraphes suivants qui expliquent la détermination prise par notre confrère. Au lendemain du désastre de l'Union générale, voulant mettre le journal que je dirigeais en dehors des attaques que je pouvais subir, je vous ai, à plusieurs reprises, donné cette démission; vous l'avez refusée, obéissant à une pensée qui ne m'avait point convaincu, mais qui m'a vivement touché.

Depuis cette époque, il a été dit, je le sais, dans certains groupes, que ma présence à l'Union pourrait nuire aux int rôts de notre cause. Vous approuverez, j'en suis sûr, vous dont le conseil et l'appui ne m'ont jamais fait défaut, que je me refuse à discuter la valeur de cette opinion. Il suffit qu'elle existe pour dicter ma résolution.

Je ne saurais permettre, en effet, que ma juste fierté pût, un seul instant, fut-ce au yeux d'un seul homme, paraître atteinte par une préoccupation personnelle qui prévaudrait contre les intérêts de mon parti.

Je vojs demande donc d'accepter ma démission. S'il m'est pénible de quitter l'Union, dont les amis m'ont souvent donné le précieux témoignage de leurs sympathies et de leur confiance, vous savez que j'ai, du moins, la consolation d'y laisser des collaborateurs éprouvés, dignes des mêmes sympathies et de la même confiance.

En me séparant d'eux et des lecteurs de l'Union, je leur reste lié par une commune fidélité.

M. Mayol de Lupé était un journaliste distingué, dont toute la presse a pu apprécier depuis longtemps le talent de polémique et la courtoisie. L'Union est muette sur le nom de son successeur.

M. Jules Claretie donne, d'après les anciens registres de la ComédieFrançaise deschiffresassez intéressants, à propos des représentations gratuites. Il s'agit de la recette que fit notre premier théâtre aux dates les plus fameuses de la période révolutionnaire.

Le 14 juillet 1790, fête de la Fédération, par exemple, la recette n'est que de 1,365 livres 3 sols. Il paraît que la foule aima mieux jouir de la fête au dehors. Cependant il pleuvait. Le 17 juillet 1791, jour de la manifestation au Cbamp-de-Mars pour la déposition de Louis XVi, et de la première et unique application de la loi martiale par Bailly et Lafayette, la Comédie-Française jouait Œdipe de Voltaire. La recette dépassa 3,552 livres. II y avait eu des blessés et des tués au Champde-Mars il faut penser que les eineutiors étaient surtout des faubouriens,'ne tenant point au cœur de la vraie population parisienne, puisque celle-ci se porta le soir au théâtre. 3,500 livres, c'est un gros chiffre pour le temps I

**£ A ajouter aux refus d'acceptation des invitations au banquet du 13 juillet,

la réponse de M. E. Guyon, directeur de 1 la Patrie:

Je m'empresse, dit M. Guyon, tout en vous exprimant mes remerciements, de décliner l'honneur que vous voulez bien me faire. La coïncidence de l'inauguration de l'Hôtelle-Ville monument inachevé et qui, penlant longtemps encore, ne sera pas occupé, avec la Fête nationale de la République, îe me permet pas d'accepter votre invitation. Cette fête rappelle, en effet, par sa date, un ii fait lamentable de notre histoire, que j'ai toujours considéré comme l'un des plus douloureux souvenirs de la grande Révolution de 1789.

Toujours à propos du banquet, mentionnons une note officieuse, publiée par, l'Agence Havas et par laquelle lajfttrîu^ cipalité s'excuse de certainesj.bstentio:i3, lues uniquement, assure-t-eHe, au manque de place,

Les exïgeneésTpoÏÏr une solennité semblable itaient grandes, et l'espace limité. En donnant 50 centimètres par couvert, ce qui est un minimum, on arrivait à 450 places; on est arrivé cependant, grâce à diverses combinaisons, à assurer 500 places.

'Dans ces conditions, le préfet de la Seine et iebureau du Conseil municipal n'ont pas songé à inviter des personnalités, si importantes qu'elles puissent être. Ils ont cherché à faire représenter à ce banquet des collectivités, résumant la pensée qui pouvait présider à cette 1 cérémonie. Les invitations ne sont pas person• nelles, elles sont collectives.

C'est ainsi que, malgré leur désir d'inviter ies adjoints de chaque arrondissement, ils ont «lu se borner à inviter le mair qui le résume, ou, à son défaut, un adjoint; qu'ils n'ont adressé qu'une invitation aux maires des municipalités étrangères et des grandes villes de France; que les grands corps judiciaires ne seront représentés que par leur président et le ministère publie; que les chambres syndic des, patronales'et ouvrières, qu'on n'a pu inviter qu'en nombre limité, ne seront représentées que par leur président, etc.

£** Le chroniqueur de l'Univers illustré s'est livré à de bien amusantes fouilles dans un vieux livret du Salon de 1803 à 1808. En ce temps-là, les artistes ne se bornaient pas à donner le numéro et le titre de leurs tableaux ils y ajoutaient un commentaire. Voici quelques descriptions charmantes.

276. Archim'ede sortant du bain, Il trace sur sa cuisse des figures de géométrie, les esclaves qui le servent en témoignent, leur étonnement.

Il y a de quoil

354. Un jeune homme écrit des vers [ sur le volet de la chambre à coucher de son amie.

458. Un jeune homme préférant la sensibilité à la frivolité.

Mon Dieu que ce tableau devait être curieux I

471. Métabus, poursuivi, suspend sa t fille à son javelot et la lance au delà du fleuve.

N" 262. Un ex-voto. Un jeune homme étant affligé d'une maladie cutanée qui avait résisté au secours de la médecine, est conduit à l'église où il invoque les bienfaits de SainteGeneviève et il obtient une guérison parfaite.

""tes commentaires suivants sont encore plus singuli&rs^^ J^«^. N* 310. Une jeune femme n'ayant pir continuer d'allaiter son enfant, le regarde téter la chèvre qui la supplée, et s'abandonne aux réflexions que sa situation fait naître. N°231. Indigence et honneur Une jeune personne repousse les offres séductrices qu'un jockey vient lui faire de la part de son maître. Auprès de son frère malade et de sa mère-dont l'infortune réclame également sa tendresse, son travail et ses soins, entourée de ses deux jeunes frères dont l'aîné serait son protecteur s'il avait plus de force, elle jouit avec ses parents du premier de tous les biens, l'honneur, que l'infortune n'a pu lui ôter.

Cette déclaration d'amour par l'entremise d'un jockey est un renseignement précieux sur la société françaiseen 1808. Adolphe Racot.

Nouvelles Diverses

Ainsi que nous l'avons dit, les Tuileries vont disparaître. On en a fait la dernière photographie. Rappelons brièvement leur histoire. Sous François I", l'endroit où devaient être créés le château et le jardin, était une plaine nommée les Sablonnières, et dans laquelle Nicolas de Neuville, sieur de Villeroi, possédait une propriété Comme cette propriété était entourée de plusieurs fabriques de tuiles, on l'appela le château des Tuileries-SaintHonoré.

Elle fut achetée en 1518 par le Roi pour sa mère, Louise de Savoie,qui voulaitaban'donner le château des Tournelles, qu'elle trouvait malsain.

Les Tuileries restèrent maison de campagne pendant les deux règnes suivants. Mais le 26 janvier 1564, Charles IX ayant ordonné la démolition du château des Touruelles, Catherine de Médicis, qui ne voulait pas venir habiter au Louvre, choisit l'emplacement des Tuileries et chargea Philibert Delorme de lui construire un palais. Les fondations en furent jetées au mois de mai suivant, et en même temps on procéda au tracé des jardins qui furent séparés du palais par une rue nommée rue des Tuileries.

Le savant architecte ne put malheureusement terminer l'exécution de son projet; il ne construisit que la partie du corps de bâtiment du côté du jardin, comprise entre les deux pavillons d'avant-corps. En mourant, en 1570, il laissa à Jean Bullant le soin de continuer son œuvre.

Cet architecte exécuta en entier un des pavillons en avant-corps, et commença l'autre mais, en conservant l'ordonnance de l'architecture de Delorme, il en altéra le caractère, en changeant les détails; ce dont on peut se convaincre, en comparant son ordre ionique avec celui des Galeries.

En 1572, Bullant avait achevé le pavillon qui termine lecorps de bâtiment de Delorme, du côté de la Seine et commencé à élever les colonnes de celui del'autre extrémité; lorsque Catherine de Médicis, assez crédule pour ajouter foi à l'astrologie, abandonna presque les Tuileries pour faire construire, sur l'emplacement actuel de la Halle au blé, l'hôtel nommé depuis Hôtel de Soissong. Sous Henri III, laconstruction resta doncstationnaire. Puis sous Henri IV, Jacques Androuet du Cerceau fut chargé de continuer les travaux, abandonnés par Catherine de Médicis. Il construisit le pavillon de Flore et le corps de logis qui s'y joignait jusqu'au pavillon de Jean Bullant; c'est celui qui, le premier, s'est le plus éloigné du projet de Delorme, ce qu'on ne put assez regretter, en voyant substituer à son élégante décoration cette lourde ordonnance de pilastres composites, comprenant deux étages et terminés par des tourelles saillantes, décorées de deux ordres tout à fait hors de proportion avec ces énormes pilastres.

Du Cerceau ne put terminer ces travaux, forcé de s'expatrier pour son attachement à la religion réformée il laissa à Du Férac le soin de les achever.

Vers 1624, Jacques Lemercier fut chargé par le cardinal de Richelieu de continuer les travaux du Louvre, et c'est probablement vers la même époque qu'il fut aussi chargé de ceux des Tuileries. Il termina le pavillon du côté de la rue Saint-Honoré, commencé par Jean Bullant, et construisit, presque en entier, le corps de bâtiment qui le suit du même côté.

Après sa mort, en 1664, Leveau et d'Orbay furent chargés de terminer et réparer le palais des Tuileries. C'est alors que l'on vit

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disparaître la plus grande parUe des constructions de Delorme et de Du.Cereeaiï et élever la façade qui existe encore. Les£mblèmes s de Louis XIV remplacèrent partout les basreliefs et les armes sculptés sans les rois précédents. `

On substitua au pavillon du, milieu le pavillon actuel, en saillie sur ttfute la terrasse, et plus large "d'uni; arcade 'de chaque côté ainsi l'ordre du rez-de-£haussêe seulement est de Delorme tout le reste appartient à Leveau et à d'Orbay. jjn changea le premier étage des corps de logis de Delorme; il fut surmonté d'un auife composé de fausses croisées et terminerai1 une balustrade.

Les changements s'étendirent aussi sur les deux pr-ejniers pavillons, de chaque côté des galefies on changea la décoration des nĩf^îes l'attique fut remplacé par celui qu'on voit encore et qui fut aussi terminé par une balustrade. Quant au corps de bâtiment décoré de grands pilastres, les façades furent entièrement démolies et on construisit celles aptueljes, qui se trouvent en avant des anciennes de toute l'épaisseur des tourellessaillantes.

La décoration du pavillon de Flore subit peu de changements on supprima seulement deux lucarnes et qu ^lques corps d<s cheminée. Enfin, c'est alors que l'on exécuta entièrement le pavillon de l'autre extrémité qui fut nommé pavillon neuf, et depuis, pavillon de Marsan.

Dans l'intérieur, le grand escalier de Delorme étant abattu, on en construisit un autre, décoré d'une balustrade portant les emblèmes de Louis XIV; en face de l'escuïier, on disposa une chapelle et Vignarini, gentilhomme italien, fut chargé de distribuer et de décorer la salle de spectacle, qui comprenait les deux étages.

En 1665, Le Nôtre fut chargé de donner un nouveau plan de la disposition des jardins. Sous Louis XV, on ajouta les petites lucar- nes revêtues de plomb qui éclairaient les lo- gements dans les combles.

La Première République détruisit la salle de spectacle de Louis XIV, pour construire sur son emplacement une salle d'assemblée, où d'abord la Convention et plus tard le Conseil desxAuciens tinrent leurs séances. C'est vers la même époque que l'on construisit, au-dessus du pavillon du milieu, une ̃espèce de belvédère, surmonté d'une terrasse qui a été snpprimèe depuis.

Le 8 février 180G, Napoléon I" fit installer une salle de spectacle; la même année MM. Pirner et Fontaine construisirent la chapelle impériale. En 1811, on termina les embellissements du palais.

Louis XVIII, à son tour, fit des changements dans la décoration intérieure. On éleva sur la galerie de Philibert Delorme, du côté de la rue Saint-Honoré, une construction légère pour couvrir un passage.de la Salle des Maréchaux à la chapelle.

Sous Louis-Philippe, M. Fontaine éleva au-dessus des galeries un étage ou il conserva la décoration du mur du fond en y ajoutant les pilastres corinthiens entre les croisées. L'escalier de Louis XIV fut supprimé et remplacé par un autre, construit d ms la galerie de Delorme, du côté de la rue Saint-Honoré. Une salle de bal occupa l'emplacement de l'ancien escalier. Un jardin particulier fut créé sur la façade du côté des Champs-Elysées et séparé du jardin par un fossé et une grille. Enfin. sous Napoléon III la jonction fut faite avec le Louvre et la place actuelle du Carrousel fut créée.

Nous n'avons pas à revenir sur les circonstances dans lesquelles ce palais, si long à construire, fut détruit en un jour. C'est de l'histoire contemporaine. Espérons qu'on ne l'oubliera pas.

1 A l'occasion du«fourîh July », jour anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis, de nombreux établissements américains, banjqofts et maisons de commerce, avaient hier dS-bréiettr -façade^ de drapeaux de l'Union. Les brspeks aufèirgj] lenj^en ce moment dans Paris étaient «gal^nélu pavoises d'étendards aux raies rouges et blanches. Nous avoijis même vu, près des Tuileries, plusieurs Yankees, gentlemen et ladies à mise irréprochable, portant à. ta boutonnière et au corsage de minuscules drapeaux en soie au chainp d'azur étoile d'argent.

préfet de police a fait parvenir hier, à tous; les commissaires de police de Paris, une circulaire pour leur faire connaître qu'ils ne doivent s'opposer en aucune manière à ce que des comités particuliers établissent des malts, des arcs de triomphe, des estrades, etc., etc., sur la voie pubhque, à partir du 10 juillet, à l'occasion de la fête du 14.

Le préfet désire cependant connaître quels sont les divertissements organisés dans les différents quartiers par les particuliers M< Camescasse engage les commissaires à ne pas s'occuper de l'organisation de la fèle, et à laisser ce soin aux municipalités qui recevront des fonds pour cet objst.

Lamission des commissaires de police est de veiller. spécialement au maintien de l'ordre. Ils doivent cependant donner à leurs administrés les renseignements qui leur seront demandés, et les engager à pavoiser leur rue et à illutainer leur maison.

Le§ commissaires ont été prévenus que, comine les autres années, ils resteront consignés dans leur bureau, le jour de la fète, jusqu'à une heure du matin. Ils veilleront surtout à ce qu'aucun feu d'artifice ni pétard ne soit tiré sur la voie publique ou par les croisées.

On sait qu'en apprenant l'enquête dont il était Ifobjet à propos de l'affaire de Chatou, M. Lcimbinet, juge d'instruction à Versailles,_ a purement et simplement don é sa démis" sion, etque M.Fôron, juge au même parquet, a dû immédiatement prendre la dossier, afin que l'instruction ne restât pas en souffrance;

Cetlesituafion est aujourd'hui officiellement régularisée. Par décret publié hier matin M. Fôron, juge à Versailles, est chargé de l'instruction, en remplacement de M. Lambinet. M. Rabaroust, juge d'instruction à Nogentle-Rotrou, est nommé juge au tribunal de Versailles, en remplacement du même M. Lambinet.

Une bonne nouvelle pour les goutteux. L'établi ssementDermo-Musculaire restera ouvert tout l'été.

Dans la longue liste des personnes guéries par ce nouveau traitement, signalons le cas d'une dame fort âgée qui, ankylosée depuis trois ans, était dans l'impossibilité de se mouvoir. Grâce aux applications dermo musculaires, aujourd'hui cette dame a recouvré l'usage de ses jambes et marche sans ressentir la moindre douleur ni fatigue. Cette guérison, presque miraculeuse, est connue de tout un quartier de Paris et pour éviter toute réclame brutale, nous conseillons aux personnes qui douteraient, d'aller demander l'adresse de cette dame à l'établissement dermo-musculaire, 165, boulevard Haussmann, où tous les renseignements sont donnés gratuitement de neuf heures du matin àquatre heures du soir.

Une explosion s'est produite, hier matin, dans un couloir de l'Hôtel-de-Ville attenant à la salle des Fêtes.

Cette explosion aurait été produite par de l'air comprimé renfermé dans des tuyaux. Il n'y a pas eu d'accident.

Les dégâts insignifiants ont été réparés aussitôt.

M. le comte de la Beaume, demeurant, 18, rue de Miromesnil, et dont le nom est bien connu dans le grand monde parisien, traversait hier matin, vers onze heures, la place de l'Opéra, quand il fit un faux-pas et roula sur la chaussée. Avant qu'il pût se relever, une voiture qui arrivait à grand train le culbuta, et M. de la Beaume disparut sous les roue Les témoins de cette scène le croyaient dangereusement blessé; mais à leur grande surprise, quand la voiture eut passe, le comte de la Beaume se releva sain et sauf par un hasard providentiel, il n'avait été nullement blessé, ni par les roues, ni par les sabots du cheval.

On parle de nouveau dÀdêmoIir ta prison de Saint-Lazare, située en* haut du faubourg Saint-Denis, et de la reconstruire. dans des

conditions plus hygiéniques sur un autre point de Paris.

Les terrains seraient vendus à une société qui y établirait des maisons de rapport. La nouvelle prison que l'on rebâtirait dans une des parties du Paris annexé, ne coûterait presque rien, attendu que l'espace où se trouve la prison actuelle est immense et que la vente du terrain produira une somme considérable.

Il existe à Saint-Lazare trois sections parfaitement distinctes:

1° Celle des prévenues et des condamnées; 2° Celle des filles de débauche inscrites sur les contrôles de la prostitution. 3" Celle des jeunes filles détenues par voie de correction paternelle.

La maison de Saint-Lazare renferme environ 1,100 détenues; pendant la durée de leur séjour à Saint-Lazare, les filles publiques sont occupées à des travaux de couture et à leur sortie, elies reçoivent intégralement leur pécule de travail.

Depuis 1850 le service de surveillance de cette prison est confié à quarante religieuses de l'ordre do Marie-Joseph. Ces religieuses, indépendamment de leur mission de surveillance, s'occupent avec dévouement de la moralisation des femmes de débauche et notamment des jeunes filles.

Depuis quelque temps, plusieurs crémiers de la rive gauche se plaignaient de la mauvaise qualité du lait que leur livraient leurs fournisseurs, et accusaient les garçons de frelater la marchandise qui.leur était destinée. La nuit dernière, les agents de la Sûreté ont exercé une surveillance sur différents garçons soupçonnés de falsifications et, à quatre heures du matin. ils ont surpris un nommé Léopold B. au moment où, à l'aide d'un couteau, dont il faisait chauffer la lame a la flamme de la lanterne de sa voiture, il décachetait les pots de lait qu'il avait à livrer, additionnant ensuite le contenu avec l'eau dont il s'était nanti au préalable, et y mélangeant une certaine quantit.é de carbonate, matière qui a la propriété de conserver la marchandise frelatée. On a trouvé sur lui une botte en ferblanc remplie de cette matière, et qui a été saisie.

Des commissaires experts, attachés au laboratoire de chimie, ont prélevé aux fins d'analyse une certaine quantité de lait altéré. Procès-verbal a été dressé.

Petite chronique de la charité..

Nous ne pouvons mieux l'entamer qu'en adressant, tant en notre nom qu'en celui des béuéficiaires, les remerciements lesplusèmus et les plus sincères aux personnes bienfaisantes qui ne se lassent jamais de répondre aux fréquents appels que nous leur faisons. Al'exposô que nous avions fait, il y a huit jours, de la situation navrante dans laquelle se trouvait un vénérable professeur, M. Sagnier, nos lecteurs ont répondu immédiatement, presque toujours sous le voile discret de l'anonymat, par l'envoi de nombreux dons. Hier, le total des sommes ainsi remises en nos bureaux à l'adresse de M. Sagnier était de trois cent cinquante-deux francs. De son côte, M. Sagnier,auquel il a été fait un premier versement de trois cent vingtdeux francs, nous écrit, d'abord pour nous prier de transmettre à ses bienfaiteurs inconnus l'expression de sa gratitude infinie, puis pour nous dire que des offrandes ont été remises à son domicile, de telle sorte que notre protégé est dès maintenant sauvé de l'atroce détresse que nous avons dépeinte. Deplus, un peu de travail lui a été procuré et comme le courageux vieillard est capable encore de bien des efforts et qu'il appelle de tous ses vœux une occupation quelconque, toiit nous fait supposer que de ce côté-là aussi M. Sagnier réussira à améliorer et à régulariser sa position.

Nous devons, également de la reconnaisse.? ««.vf.arisr>na<és qui ont-bien voulu penser à la pauvre veuve, îvirflt; aiwni»n (]ont; nous avons raconté l'infortune, il y a vingt jours environ, er à laquelle nous avons pu transmettre une centaine do francs. Une petite somme d dix francs nous estencore parvenue pour elle il y a deux jours.

En terminant cette première partie de notre petite chronique de la charité, il nous faut meutiouner que divers dons, formant un total de 30 francs, nous ont été adressés un peu tardivement pour M. et Mme Boutard, ces pauvres vieillards qui, on doit se le rappeler, ont été ruinés (le mois dernier) par l'incendie de larueSecrôtan.

M. et Mme Boutard avaient trouvé un asile provisoire rue Bouret, mais ils t'ont quitte peu après et nous avons perdu leurs traces. Il ne nous reste qu'à tenir l'argent à leur disposition.

S'étonnera-t-on qu'après avoir ainsi constaté les nouvelles et nombreuses preuves de l'esprit de charité de nos lecteurs, nous nous permettions de consacrer les dernières lignes de cette note à une autre infortune qui ne nous semble pas moins digne d'intérêt que les précédentes? 9

Nous ne le croyons pas, et c'est avec confiance que nous appelons l'attention sur la situalion pénible d'un brave homme, M. Faugier, qui, veuf depuis longtemps, et sans autres ressources que les gains plus que modestes de son état de tailleur, ss trouve en ce moment dans une bien cruelle alternative, comme on va le voir.

M. Faugier a deux jeunes filles, qui ont 6tè élevées jusqu'à présent à l'Orphelinat de Montpellier, mais qui ne peuvent y rest r plus longtemps, à cause d teur âge. Le père les reprend et veut, comme on le pense bien, les garder près de lui. Seulement, tout lui manque, l'argent pour le voyage, les quelques meubles indispensables à l'installation de ses enfants à Paris, etc., etc. C'est, on le voit, la misère à bref délai. Seul, M. Faugier la supporte cou.rageusement-; il craint de l'envisager si ses enfants doivent souffrir de ses ati'einle.-i. Ce pauvre homme a d'ailleurs perdu déjà quatre enfants, dont trois garçons, pendant la guerre. Sas angoisses paternelles sont donc

bien compréhensibles.

M. Faugier demeure rue de Seine, 57. Il nous a fourni, nous tenons à le dire en terminant, les meilleures recommandations.

UN CONSEIL PAR JOUR

Nous sommes menacés d'une invasion de moustiques qui passera bientôt à l'état de calamité.

Au Caucase, pendant les chaleurs, on lave complétenient les maisons de bo;s, extérieurement et intérieurement, avec de l'eai dans laquelle on a 'ait bouillir une botte de fie ;rs de lavande, et. t'on est complètement débarrassé de cesviiaines petites bestioles. En ce mome it on vend dans to;is les marchés des fleurs de lavande à très bas prix ne pourrait-on faire en petit ce que les Teherkesses font en grand?

Jean de Paris.

LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE CAUSERIE HEBDOMADAIRE LE QUARTIER NEUF OLIGNANOOURX 5 juillét 1882.

Les terrains appartenant à la Société anonyme immobilière de Montmartre, sur lesquels sont élevées leurs constructions occupent une superficie de trente-cinq mille mètres; ils sont bornés au su par la rue Ordener, à l'ouest la rue des Ecoles, à l'est la rue de Clignancourt, au sud la rue Marcadet.

Ce vaste quadrilatère, placé au centre du XVIII* arrondissement, quartier dit quartier de Clignancourt, forme quatre grands îlots coupés en croix par deux artères principales, l'une la rue Simart prolongée, l'autre qui n'est pas encore classée; l'intersection de ces deux voies constitue un carrefour destiné à devenir la place publique de la petite ville la largeur minimum des rues est de douze métres.

Ces quatre îlots comprennent ensemble quatre-vingt-huit maisons, vingt-neuf dans le premier, dix-sept dans le deuxième, vingt

dans le troisième et vingt-deux dans le dernier.

Les maisons ont six étages, les façades sont en pierre de taille et stuc, il n'y en a pasdeux qui se ressemblent plusieurs ont des balcons, quelques-unes affectent même une certaine allure architecturale, agrémentée de motifs en mosaïque, qui- donnent à l'ensemble un aspect riant et varié.

Mais ce qui mérite de fixer l'attention, et ce qui surtout importe au point de vue pratique, ce sont les intérieurs ils se ressemblent tous, les distributions ont été combinées avec une rare intelligence des besoins des locataires, sous la direction de M. Fou !uiau, l'architecte et le promoteur de l'opération on ne pouvait pas tirer meilleur parti du terrain qu'il il» l'a fait, et ses plans sont des modèles à étud'er.

Des cours intérieures, vastes, bien aérées, desservent plusieurs corps de bâtiments à la fois, des dégagements faciles, des escaliers nombreux; et enfin pour tous les logements sans exception, depuis le rez-de-chaussée jusqu'au sixième, depuis l'appartement de mille francs, ce qui est l'exception, jusqu'au logement de quatre cents francs, l'eau et le gaz à di crétion pour chaque locataire, dans son logis avec son robinet et son compteur. C'est là une véritable révolution dans l'habitation, et j'avais bien raisun de le dire au début, un des raresspècimensqu'on aitencore vus.

Ce n'est pas une réclame que je fais, l'affaire n'en a pas besoiu, car à l'heure qu'il est il ne doit pas rester beaucoup de locaux disponibles on louait avant l'achèvement des maisons. J'ai vu des tombereaux de moellons se croiser avec des voitures d'emménagement, et sur les fouilles mêmes, des amateurs arrêter des maisons en principale location, avant que les fondations ne fussent sorties de terre. Les travaux, commencés en février 1881, doivent être complètement achevés pour la terme de juillet 1882, et ils le seront, car je ne connais pas de chantier plus animé, plus vivant, plus discipliné; ila certainement passé là plus de six mille ouvriers, on en compte encore au moins quinze cents aujourd'hui. Et ce n'e t pas étonnant sur les trente cinq mille mètres de terrain il y en a vingt-sept mille construits; chaque maison contenant trente appartements, c'e;t près de trois cents locaux qui peuvent abriter plus de quinze cents personnes.

Je ne parle pas des boutiques, qui sont très nombreuses; elles ne manquent pas d'élégance et pourraient certainement rivaliser avec celles des grands quartiers. Quand ou s'occupe de fonder un centre d'habitations, ce que l'on cherche avant tout, c'est à y attirer les industriels, dont l'usage est indispensable à la vie: boulangers, bouchers, marchan,ls de vins, épiciers, pharmaciens, etc. Eh bien, ce qu'il y a de curieux dans l'affaire en question, c'est que précisément ce sont ces industriels qui, les premiers, sont venus s'installer dans ces lieux, comme dans leur terre promise, se disputant les boutiques et venant même y étaler leur produits avant ceux qui doivent en faire usage signe ovulent de la confiance qu'ils avaient dans la prospérité dt; la ville nouvelle.

Si je m'étends aussi longuement sur cette opération, qui n'a l'air que toute simple en apparence, c'est qu'elle vient à son heure et répond à ua besoin réel, comme je l'expliquerai prochainement. Maisonneuve.

GAZETTE DES TRIBUNAUX

NOUVELLES JUDIOIAIRES

La 11" Chambre a rendu, hier marai, son jugement dans le procès intenté pour infraction aux lois sur les Société aiiy Ovnrtateurs du Cercle de la Concordé et du Parivinvns, u<i M. 1p. députAJl"!?.- conte, de l'Indre, était nourri, logé et même blanchi.

M. le baron de Serret est acquitté i M. Trapet, tapissier, est condamné à 200 francs d'amende; M. Léonard Brisson, banquier, à 50 francs d'amende et trois mois de prison., C'est ce dernier qui est en fuite, et non M. de Serret, comme je l'avais dit par erreur.

<t~

Hier, au nombre des procès en falsification de liquides intentés à des maslroquets parisiens, figurait la poursuite dirigée contre une débitante de vieille noblesse, Mme la comtesse de Boislaurent, dont le père était officier aux gardes sous Charles X.

Par suite d<! quelles vicissitudes M-nc deBoislaurentest.elle descendue jusqu'à l'humble industrie de marchande de boissons, c'est ce qu'il nous est impossible de dire, car elle a fait défaut. Toujours est-il qu'elle tenait, eh dernier heu, un débit rue des Ursulines, et qu'elle avait pour principaux clients les infirmiers du Val-de-Grâce.

Ceux-ci se sont plaints de la qualité du vin, nui était, paralt,il, trop baptisé, el l'analyse chimique ayant prouvé que la. réclamation avait sa raison d'être, Mm» la comtesse de Boislaurent, qui a fait vainement demander une remise pur son avocat, M0 Fourcaulx, a été condamnée à 50 fr. d'amende.

J'ai rendu compte, il y quelques mois, d'un procès assez ridicule intenté à M. Courtois de Viçose, banquier à Toulouse, qui avait refusé de répondre aux questions vraiment trop indiscrètes de la dernière feuille de recensement. Un juge de paix avait cru pouvoir le condamner de ce chef à un franc d'amende.

La cour de cassation vient de déclarer que le refus de M. Courtois de Viçose ne constituait ni crime, ni délit, et l'a, eu conséquence, relaxé de poursuites abso lument grotesaues.

Albert Bataille.

TELE6BAHES & CORRESPONDANCES

Affaires d'Egypte

Alexandrie, 4 juillet

Arabi-Pacha a déclaré consentir h aller à Conslantdnople, si les consuls allemand et autrichien garantissent les conditions qu'il met à son départ. MM. Brédif et Colvin ont refusé d'as- A sisler aux séances du conseil des ministres, vu les restrictions mises à leurs fonctions de contrôleurs généraux. Il est inexact que les ministres aient déclaré qu'ils résisteraient à une intervention armée de la Porte.

Hier, illuminations à l'occasion de la fêt;> du Sultan. Les navires européens étaient pavoisés. Dervisch-Pacha a reçu de nombreuses protestations de fidélité. La Conférence

Constantinople, 4 juillet.

La Porte a décidé d'entrer en négociations avec les ambassadeurs. Elle met comme condition à son intervention ea Egypte le retrait de la flotte anglo-française devant Alexandrie.

UNE ÉMEUTE A LA CIOTAT

Marseille, 4 juillet

Dans la nuit d'hier, un Italien ayaiïJ vonla pénétrer, dans une maison. mai famée a. l'entrée lui était refusée, sorlti son revolveiveï essaya de.forcer la porte qu'on s^stinait


îe pas lui ouvrir. Cet homme, sous l'influence alcoolique et de plus doué d'une force musculaire considérable, résista comme un forcené aux agents que l'on était allé quérir. Mais trois cents Italiens voulurent prendre fait et cause pour leur compatriote et la mêlée allait devenir terrible, lorsqu'un détachement de gendarmerie arriva.

Alors les assaillants, loin de prendre la fuite, se sentant en force, sortirent leurs cou teaux, et les agents de l'autorité eurent mille peines à se garer de leurs coups. La gendarmerie dut faire usage de ses revolvers. Mais ces agents tirèrent en l'air, ce que voyant les Piémontais, qui criaient « A bas la police Vive l'Italie 1. A bas la France e se ruèrent sur les représentants de l'autorité. Enfin, grâce à l'arrivée d'un détachement de douaniers et aussi grâce à la courageuse attitude des gendarmes et de la police, on put conduire au poste cinq des plus turbulents meneurs. Dans la bagarre, un nommé Barrionne a reçu une balle dans l'épaule et un au.re Italien un coup de couteau.

M. Rousset, juge d'instruction, et M. Blanchard, substitut, sont partis pour faire une enquête.

~>w~ Roubaix, 4 juillet. Ce matin, le nommé Bruneloch, ex-sous-brigadier des douanes, s'est placé debout sur la voie ferrée, près d'Armentiéres, au passage du train de marchandises. Le mécanicien a en vain essayé d'arrêter le train, la machine a broyé la tête et les pieds de Bruneloch.

Le malheureux brigadier avait depuis quelque temps l'esprit dérangé.

Dans la même commune, une femme a essayé de se pendre; des voisins l'ont décrochée avant que l'asphyxie fût complète. Depuis plusieurs jours, des vols nombreux, commis dans les chapelles funéraires du cimetière de Roubaix, causaient une vive émotion parmi la population. Hier la police a arrêté la femme Quivy au moment où, ayant cassé les carreaux d'une chapelle, elle volait les candélabres. On a trouvé sur elle plusieurs objets volés sur les tombes. «~v~ Dublin, 4 juillet. Un autre assassinat, attribué aux fenians, a eu lieu aujourd'hui, de grand matin, à Dublin. Un jeune homme inconnu a été tué à coups de revolver et à coups de poignard sur la placedeSôville. ,)n a trouvé sur lui des papiers indiquant une trahison. Il n'y a pas eu d'arrestation. MEAUX, 4 juillet. Un exemple te résistance intelligente à la loi sur l'enseignement. Le conseil municipal de Villemareuil a dê,idé, à l'unanimité de ses membres présents, que le crucifix, faisant partie du mobilierscoaire, ne saurait être enlevé, sans son autoriation, et qu'il devait être immédiatement replacé.

Cette décision a été exécutée séance tenante par M. le baron d'Avène, maire. Plusieurs communes ont pris des résolutions analogues. Laroche, 4 juillet. Le sieur Dapoigny, sous-chef d'équipe à la gare, a été victime hier soir d'un accident terrible. Ce malheureux s'étant introduit entre deux wagons en marche pour les accrocher, a été rejeté entre les tampons qui lui ont broyé la poitrine et le bras droit. Les blessures qu'il a reçues étaient horribles à voir, les intestins s'échappaient par une effrayante ouverture. Dapoigny a succombé ce matin après une longue agonie; il laisse une femme et deux. enfants en bas âge.

̃ Nimjjs, 3 juillet. Par suite de certains faits constituant des attentats aux mœurs, plusieurs personnes de notre ville sont compromises. Une instruction judiciaire est ouverte sur cette scandaleuse affaire, qui produit la plus vive et la plus fâcheuse impression.

Sur six personnes interrogées, quatre ont été maintenues en état d'arrestation. Des filles -.«' -»s de & à 12 ans également interpellées, ont répondu avec un aplomb écœurant aux questions- posées avec '»•£•̃- "*< par M. "om« · ̃!>j'?i?aicft cfintro.i. <•̃ ̃ ̃ "»»o aonnê, assnre-t-on, des ^notant chez elles la plus complète corruption.

On les voyait d'ailleurs presquetousles soirs mendiant devant les cafés et les brasseries de notre ville, tenant des propos obscènes et provoquant les passants à la débauche. L'enquête sur cette importante affaire se continue avec activité.

•«~>> Un terrible accident vient d'avoir lieu à Terrière, hameau de Vialas.

Un nommé Geim conduirait une ânesse nourricière chargée de bois et il avait laissé l'ânon, aux soins de sa petite nièce âgée de dix ans. A une certaine distance de là, la bête se mit à braire et l'ânon prit aussitôt la course.

Malheureusement, la pauvre enfant avait eu l'imprudence d'attacher à sa ceinture la corde qui le retenait, et elle fut traînée de rocher en rocher, laissant à chaque aspérité un lambeau de chair.

Aux cris poussés par la malheureuse petite victime; son oncle accourut mais il ne trouva que son cadavre ensanglanté, défiguré, le orâne fracturé. La mort avait été presque instantanée.

Brestv 4 juillet.– Le nommé Carboulec, musicien aux équipages de la flotte, se figurait depuis longtemps que sa femme entretenait des relations criminelles avec un sieur Leroux.

Hier, ayant amené ce dernier à son domicile, il lui.fit ainsi qu'à sa femme une scène violente. Au paroxysme de la colère, il saisit un revolver et le déchargea sur eux. Liroux fut atteint à la poitrine. Quant à la femme Carbonise, elle reçut une balle dans le côté droit. L'état des deux blessés est des plus graves.

Carboulec est allé de lui-même se constituer prisonnier au commissariat de police. Il a été remis aussitôt entre les mains de l'autorité maritime.

COMCEFITS MILITAIRES

Mercredi juillet, de 4h. 3/4 à 5 h 3/4. Palais-Royal. 74' de ligne. Chef. M J. Reynaud Ouverture, D. Daniel. Rigoietto, fantai sie, Verdi. Akl vous dirai-je maman .'air varié pour piston, J. Reynaud. Le Tribut de Zamara,.Qomiod. Dynamite, polka pour piston, J. Reynaud.

Luxembourg. 129* de ligne. Chef, M. Sévénei-y. Les at Baillons scutaires, Corbin. Air varié pour piston, Merle et pinson, Reynaud. Carmen, fantaisie, Bizet.La Diligence, galop, Pessard.

Vaileiies. 8' dragons. Ciiel,, M. Vilain. Allegro militaire, Le Domino noir, fantaisie, Autoer. Blanche, valse, Ziégler. Brasseur de Prestan, mosaïque, Adam. Feriez et Roses, mazurka, Tilliard.

LA BOURSE

Journée calme, plus qu'insignifiante. On n'a aucune dépêche à discuter, ce qui n'empêche pas cependant de parler politique. La quesïion à résoudre est aujourd'hui celle-ci •. Une intervention mixte immédiate, est-elle de natu ù faire de la hausse ou de la.baisse sur ses rentes?

Les opinions sont absolument partagées, si bien, qu'à notre avis, la nouvelle qui d'ailteurs peut encore se faire attendre plusieurs j .urs n'aura peut être aucun effet sur le marehe.

vn discute là-dessus avec une certaine viJVacite; les vieux boursiers ne peuvent admettre qu'une expédition quelconque ait lieu sans provoquer un mouvement de baisse, ne fût-ce que sur la demande d'un crédit quelque modeste qu'il soit.

La jeune spéculation raisonne àutrenientet dit avec quelque vraisemblance qu'une intérvention anglo-française autorisée. par la Con•erencene peut amener aucune complication, qu elle met En ù cet état d'incertitude funeste aux affaires et que si nos flottes n'ont pas occasion de se couvrir de gloire en allant en guerre contre Arabi, elles ne courent pas da moins grand danger ̃

Enfin, îl y a une question et quelle qu'en soit la solution, elle sera bien accueillie. A dire vrai, les deux opinions »e s'affirment pas par des opérations d'une importance à' troubler le marché.

Les uns achètent des primes, les autres cherchent à vendre ferme contre primes. Ce qui indique que les convictions ne sont pas bien profondes et qu'on tient à limiter l'enjeu.

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Le marché a été très étroit, les engagements reportés sont très diminués, et nous le répétons, on ne semble pas chercher encore à en contracter de nouveaux.

Nous mettons bien notre espérance dans les achats du comptant qui sont généralement considérables en juillet, mais il ne faut guère compter sur une manifestation sérieuse de l'épargne tant que la politique sera à l'ordre du jour. L'effet, eu tous cas, ne s'en ferait sentir que dans la seconde quinzaine de juillet. La tendance aujourd'hui était plutôt faible, et nous avons à enregistrer une légère réaction sur l'ensemble de la cote sans que le mouvement cependant ait une grande signification.

On est en clôture à 80 i5 sur le 3 0/0, à 80 90 sur l'Amortissable à 114 20 sur le 5 0/0. La Banque de France lait 5,190. La Banque de Paris 1,145. Le Crédit Foncier 1,452. On a encore coté aujourd'hui sur cette valeur un gros report de 12 50. On dit qu'un spéculateur est gros porteur d'actions du Foncier, mais s'il ne peut lever le titre, il est obligé de payer un report cher, il a du moins les moyens d'attendre le moment où il reverra ses cours. Le Crédit Lyonnais est toujours lourd à 672. La Société générale à C07.

Beaucoup de transactions au comptant sur la Banque Parisienne, qui s'est relevée de 510 à 523.

Fermeté sur les chemins français. Le Lyon cote 1,625. Le Midi 1,212. Le Norct 2,025. VOrléane 1,275.

Il y a eu en fin de Bourse un mouvement de réaction sur l'action Sues qui a reculé de 2,370 à 2,325. Pour cette valeur aussi, on discute l'effet de l'intervention et les opinions sont à peu près celles que nous avons déjà indiquées, mais les cours de 2,300 se prêtent à des mouvements étendus et dangereux. La dernière recette a été de 190,000 fr. En banque, calme mais lourdeur le Turc fait 11,05. La Banque Ottomane 747, d'après l'étude qu'en fait le Capitaliste de ce jour ces prix seraient encore bien élevés. L'obligation égyptienne est 270. La liquidation est faite et ne paraît pas donner d'inquiétudes pour l'échéance.

c La Financière,

Société d'éludés économiques et de publications financières 4, Faubourg-Montmartro.

Informations. Les charbonnages français seraient menacés do grèves prochaines. Ces grèves seraient d'autant plus redoutables qu'elles serviraient à point certains intérêts voisins assez disposés à les entretenir après avoir contribué peut-être à les faire naître. Le Capitaliste de ce jour publie, sur ce sujet, un article bien informé. Dix heures du soir.

PETITE Bourse DU SOIR. 5 0/0 114, 114 02, 115 75. Italien 8930, 22. Turc 11 05, 11. Egyptienne 267, 68, 75, 67, 50. Banque Ottomane: 746 44, Panama »»».

U SEiMHE GÂSÏRÛMiflUE

OTJNZOUN-KEBAB

La question d'Orient, dont tout le monde s'occupe, nous autorise à signaler, à titre d'actualité, ce succulent rôti turc dont le Sultan raffole.

Coupez un morceau de filet debœulen gvos carrés, assaisonnez avec sel, poivre et jus de citron, enfilez à une brochette en alternant Roit avec des tranches ùô graisse <*«• «ïù^ue de mouton. pnH «"ï>u-r«u-u SI vous êtes- un 3,-o~«/ de distance en distance, enfilez aussi une feuille de laurier. Fixez cette brochette en la ficelant, et faites cuire à bon feu de braise, soit sur le gril, soit à la broche. Quand ta viande est cuite à point, dressez la brochette sur un plat et servez brûlant.

̃̃̃̃ ̃- ̃. F. P.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

Tout d'abord répondons à plusieurs de nos lecteurs, qui nous demandent d'ajouter aux noms des libraires que nous désignons leur adressé et les prix des ouvrages cités.

A notre grand regret, nous ne pouvons leur donner cette petite satisfaction; la présenterevueadéjàfaitlesacrifice de ce qu'on appelle la critique littéraire, c'està-dire de cette façon de procéder qui consiste à dire « ceci est bon » de ce qu'on aune et « ceci est mauvais », de ce qu'on n'aime pas. Nous avons trouvé plus révérencieux pour le lecteur de mettre autant que possible sous ses yeux les pièces du procès, c'est-àdire de lui soumettre des extraits des principaux ouvrages de la quinzaine; à lui de goûter, de juger sur l'échantillon que nous lui donnons.

Mangez de l'ours! C'est délicieux! 1 Je l'adorel disait un jour à quelques invités, un de nos amis, grand chasseur, qui nous faisait servir un gros morceau de cet animal. Nous manifestâmes quelque répugnance, notre ami insista, nous nous mîmes à l'œuvre; presque tous nous trouvâmes le plat exécrable.– C'est pourtant excellent I répétait avec étonnement le chasseur en se coupant un nouvelle tranche du filet. Jamais nous n'avons pu lui faire comprendre que ce qui pouvait être exquis pour lui ne l'était point pour nous et que le goût ne saurait s'imposer.

L'apologue est assez transparent pour que je n'y insiste pas. « Le devoir de Ja critique est de guider le goût du public! » Cela a été écrit, mais c'est le contraire qu'il faut lire. Quelque prétention qu'on ait, il faut reconnaître que le public se charge lui-même de se conduire et sait aussi revenir sur ses pas quand il lui arrive de se tromper de chemin.

En voilà, je crois, assez pour expliquer que nous n'avons nulle prétention à la critique que nous croyons inutile, mais que nous faisons tous nos efforts pour satisfaire le plus possible aux exigences de nos lecteurs.

Là cependant s'arrête notre modestie, et nous avouons que nous ne pouvons nous transformer en Bottin littéraire. ni encombrer nos Revues d'adresses, de chiffres, de francs et de centimes. C'est l'affaire de l'annonce, et nous n'avons pas le droit de marcher dans ses platesbandes.

Après ce prononciamento, fait pour être éloquent, nous nous excusons et nous commençons uotre Revue de la semaine.

'Sç ̃ ̃

M. Herluison, éditeur à Orléans, vient de nous donner dans le format Janet, les Douze derniers chants de La Pucelle de Chapelain; c'est la première foi* qu'on publie cette fin d'après les manuscrits de la Bibliothèque nationale. M. Herluison a fait précéder ces douze chants d'une préface de Chapelain et d'une étude sur le poème de la Pucelle par M. René

Kerviler; l'éditeur dit justement que !es

jugements de Boileau, ce régent du Parnasse au dix-septième siècle.ne sont pas sans appel; la postérité, qui en a réformé plus d'un, n'a pas maintenu intégrale-

Argus.

menTL'arrêf du satirique à l'égard de La Pucelle. Les appréciations des critiques modernes^ les plus autorisés, des Théophile Gautier, des Saint-Marc Girardin, concordent £ ce sujet avec l'opinion raisonnée des contemporains que l'esprit de coterie n'aveuglait pas.

Recommandons aux chercheurs d'anciennes et belles ppésies les Sonnets des vieux maîtres français (1520-1670) parus chez Pion en un lr£s élégant petit volume.

Parmi les ouvrages d'intérêt historique, signalons tout particulièrement ÙTK grand et beau volume paru chez BergerLevrault et intitulé Correspondance politique adressée aumagistrat de Strasbourg par des agents à Metz (1594-1683) tirée des archives municipales de Strasbourg et publiée pour la première fois avec notes explicatives et tables, par MM. E. de Bouteiller et Eugène Hepp. A l'aide des lettres de Jean de Flavigny et celles de Jalon, les deux principaux correspondants du magistrat, on peut suivre, jour par jour, toutes les phases de notre histoire, depuis la reddition de Paris, en mars 159-i, jusqu'en 1683, deux ans après la réunion de Strasbourg à la France. Tous les événements, grands et petits, qui se sont produits à la cour, au Parlement, aux armées, même sur la place de Grève de sinistre mémoire, y sont consignés, et cet ensemble forme un véritable journal. Par les faits qui y sont accumulés, par les nombreux personnages qui s'y meuvent, ces lettres sont pour nous comme un écho fidèle de tous les bruits qui ont surgi dans l'espace de près d'un siècle. On y trouvera d'intéressants rapports sur l'assassinat de Ravaillac, son exécution, celle de la maréchale d'Ancre, etc. Livre indispensable dans une bibliothèque de Mémoires.

Chez Charavay (bibliothèque d'éducalion moderne), un livre contenant des Morceaux choisis de Mirabeau avec préface et notes par E. D. Milliet et une très curieuse plaquette intitulée Les secrets des Bourbons, par Charles Nauroy il s'agit de quelques-uns des faux Louis XVII et de faits qui se rattachent à leurs tentatives auprès des Bourbons afin de se faire passer pour le pauvre petit Dauphin, dont la mort au Temple ne nous paraît pas discutable.

A la librairie de jurisprudence, Marchal Billard vient de paraître un livre des plus intéressants Les avocats au conseil du Roi, par M. EmileBos, ancien avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation; c'est une étude anecdotique très sérieuse et très attachante, sur l'ancien régime judiciaire en France.

Je signalerai, avant de terminer, chez Dentu, un nouveau livre humoristique de Philibert Audebrand, titre Ceux qui mangent la Po?nme. Ce sont des tableaux de mœurs, des portraits, des révélations du genre le plus piquant.

Chez Rouveyre la Confession de Sainte-Beuve par Louis Nicolardot; sérj£. de très curieuses indiscréliOïlsqmTèront le succès du Jivfi^.

Chez Jouaust une délicate plaquette de M.Alexandre Huré intitulée ̃: Marguerite etyrécêdêe d'une ravissante eau-forte de Léopold Flameng; c'est une courte nouvelle, une histoire de jeunesse. Enfin un livre charmant à tous égards etpar le style et par l'observation les Légendes des plantes et des oiseaux par M. Xavier Marmier. Un académicien qui aime la nature, qui la comprend, qui la fait aimer et comprendre, mérite bien un grand coup de chapeau.

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Les grandes publications comme celles des Contes de Lafontaine, de Lemonnyer continuent leur cours l'Art est particulièrement intéressant en ce moment il publie la reproduction des plus beaux objets de cette vente qui affole en ce moment les amateurs de tous les pays, de la vente Hamilton, dontles merveilles effacent, dit-on, celles de la vente de San Donato.

Signalons chez Jouaust une fine édition des Œuvres de Gilbert avec une excellente et très juste notice de M. de Lescure; on ne connaît généralement pas Gilbert et on étonnerait bien des gens en leur disant qu'il est mort des suites d'une chute de cheval; c'est un des moindres points relevés par M. de Lescure, dont l'étude littéraire mérite d'être lue.

Chez Lemerre, une nouvelle édition des Contes du Lundi, d'Alphonse Daudet.

Chez M. Ed. Monnier, un livre de vers magnifiquement édité il est intitulé Poèmes fantastiques par Jean Rameau l'auteur est encore inconnu; il a le sentiment de l'effet, trop peut-être, mais son livre n'est poiiït écrit pour les jeunes filles, loin de là, et les illustrations de M. H. Gambard sont des plus réussies #

Nous venons de parler d'Alphonse Daudet; revenons à ce conteur, à ce charmeur exquis, à ce romancier si intéressants qui sans avoir écrit jamais le mot naturalisme, a toujours travaillé d'après nature. La preuve en est dans la grande et nouvelle édition que Charpentier et Dentu publient en ce moment de son œuvre chacun de ses romans est précédé d'un «en-tête » qui explique dans quelles conditions il a été écrit; voici, par exemple, plusieurs paragraphes extraits des quelques pages qui précèdent Robert-Helmont que nos lecteurs doivent se rappeler encore.

Un jour, à la campagne, luttant avec un ami dans une de ces jolies îles vertes qui .'espacent en bouquets sur la S°ine entre Champrosay et Soisy, je glissai sur l'herbe grasse et je me cassai la jambe. Mon goût malheureux pour la vie physique et les exercices violents m'a joué tant de méchants tours que j'eusse oublié celui-là comme les autres, sans sa date précise et très significative: 14 juillet 1870 Et je me vois, à la lin de cette cruelle journée, couchésurledivande t'ancien atelier d'Eugène Delacroix, dont nous habitions alors la petite maison, à la lisière des bois de Sénart. Ma jambe allongée, je ne souffrais pastrop, déjà lia ns la vague agitation d'une lièvre commençante qui doublait pour moi la chaleur orageuse de l'atmosphère et enveloppait les objets et les êtres présents, comme les lambeaux, d'une gaze frissonnante. On chantait les chœurs d'Orphée au piano; personne, pas même moi, ne soupçonnant la gravité de mon éfat. Par la baie de l'atelier large ouverte, entraient des haleines de jasmins et de rosés, des rondes de papillons de nuit, et de courts battements d'éclairs, montrant par-dessus le mur bas du jardin les vignes en pente, la Seine, le coteau vis-à-vis. Tout à coup la sonnette du facteur résonna dans ce calmé. Les journaux du soir reçus et

dépliés « Nous avons la guerre, » firent des voix émues, colères ou enthousiastes. A partir de ce moment, il ne me reste que le souvenir fiévreux d'un abattement de six semaines, six semaines de lit, d'éclisses, de gouttière, d'appareil en plâtre où ma jambe semblait enfermée avec des milliers d'insectes dévorants. Dans cet été lourd, exceptionnellement brûlé et orageux, cette immobilité pleine d'agitation était atroce et d'une inquiétude accrue par les désastres publics dont les journaux épars sur mon lit entretenaient mon inaction et mes insomnies. La nuit, le roulement des trains sur l'horizon me troublait comme la marche de bataillons interminables. Le jour, les visages tristes et défaits, des bouts de conversation sur la route ou chez le voisin, entendus par ma fenêtre ouverte, « Les sPrussiens sont à Chàlons, mère Jean, » et les vôTttiCîs de déménagement, soulevant à toute heurs là""poussière du calme petit pays, me donnaient Tëcnd. humain et sinistre de ma lecture des « noui'eites de la guerre ». Bientôt, dans Champrosayv-il n'y eut plus que nous do Parisiens, seuls parmi 4es paysans entêtés à la terre, se refusant encoïe à l'idée de l'invasion; et sitôt que je pus iriS lever, être transportable, le départ fut tout de suite arrêté.

Inoubliable, cette première sortie dans notre jardin de curé, tout odorant de pêches mûres et de roses finissantes. Autour de moi, pauvre impotent assis sur un barreau d'échelle contre les espaliers, on se hâtait, au départ, on chargeait les voitures, on cueillait les fruits et les fleurs avec une préoccupation inconsciente do ne rien laisser à l'ennemi; et l'enfant,. les bras pleins de jouets, ramassait encore une petite pelle oubliée dans le gazon. Moi, j'aspirais l'air avec délices et dans l'attendrissement de ma faiblesse et de mon retour à la vie, je regardais la maison grise, le jasmin de Virginie croulant de fleurs rouges autou'1 de la baie vitrée de l'atelier. Je songeais aux belles heures tranquilles et douces vécues là depuis trois ans, aux rires fous, aux discussions d'esthétique bien à leur place dans cet étroit logis où restaient les souvenirs d'un grand artiste. La reverrait-on jamais cette allée au midi tant de fois parcourue à petits pas discourants, ce perron où l'on s'asseyait, les beaux soirs de juin, à la clarté d'un genêt d'Espagne, fleuri, tout en boule, comme un énorme lustre qui s'allumait au jour tombant, augmentant l'intensité de sa couleur d'or à mesure que la lumière diminuait?

L'ommbus de famille rempli et chargé,tous les êtres chers serrés les uns aux autres, et les jouets de l'entant à côté de la cage de la perruche qu'effarouchaient les oreilles pointues d'une levrette favorite, nous partîmes traversant d'abord le petit village aux villas closes et silencieuses. Les paysans tenaient bon encore, ébranlés par ces départs qu'ils regardaient du pas des portes avec des larmes au bord des yeux, une certaine inquiétude dans l'impassibilité cupide de leurs vi- sages. Quelle rentrée à Paris par la grande route encombrée de gens et da bêtes, les troupeaux filant entre les roues, les voitures des maraîchers mêlant leurs verdures aux meubles entassés des déménagements. Au remblai du chemin de fer que nous suivions en contre-bas, des wagons, encore des wa-' gons, sans fin déroulés dans des haltes coupées de sifflets qui s'appelaient, se répondaient au lointain de la voie. Enfin l'octroi où s'entassaient troupeaux et gens et véhicules attardés aux portes trop étroites, et spectacle nouveau pour moi des gardes nationaux mêlés ta douane, une milice parisienne, zélée, bonne enfant, dont les baïonnettes luisaient parmi la foule et dans l'air sur les talus des fortifications, exhaussés, hérissés de gabions, de caronades

Quelques joursplustard, je faisais encore uns fois le voyage de Champ rUSày" mais la route n'était plus la mêm/a. L'approche de ï'enrven>!7tau'l ̃ansefl-eéer^nflii imminente, se "SSirtait au désert de la banlieue, au sérieux de nos grand'gardes. Il fallait des formalités interminables pour passer. Mêlées aux paysans retardataires, des figures de rôdeurs, d'espions vagues, faisaient déjà songer au sinistre dépouillement des champs de bataille; et la solitude, l'angoisse d'attente des pays que Je traversai, Villeneuve-Saint-Georges, Drave'l, abandonnés et muets, donnaient un mystère aux tournants du chemin où l'on s'attendait à trouver une silhouette de uhlan en avant-garde et guetteur. Champrosay, son unique rue bordée de villas, s'agrandissait d'un silence de mort. Vasta, silentia, a dit Tacite.

Derrière les grilles, les parcs entrevus, la perspective enfoncée des charmilles, les corbeilles fleuries dans un jour lumineux de septembre, de ci de des chaises de jardin en rond sur une terrasse, oubliées comme la causerie évaporée dans l'air, des outils de jardinage adossés à la palissade marquaient la villégiature tout à coup arrêtée, une précipitation de fuite, la surprise en pleine vie d'une petite Pompéi fixée dans sa dernière heure. Et la nature, toujours pareille, subissait pourtant un changement la rupture du pnnt de Ris qu'on avait fait sauter, et qui, trempant dans l'eau ses cables ldcnes, transformait le paysage, isolait de chaque côté de la rivière les deux petits pays que relient a toute heure les allées et venues devant le guichet de péage. De tout cela se dégageait l'angoisse d'une grande catastrophe, plus saisissante dans le magnifique soleil de cette saison exceptionnelle.

Au moment où je refermais derrière moi la porte de notre logis définitivement abandonné, d'une maison- voisine sortit un vieux paysan, le père Casaquet. Quand tous les autresavaient pris peur et lâché pied, lui seul s'entêtait à ne pas rentrer a Paris où ses enfants venaient de s'installer tant bien que mal. « J'sis ben trop vieux répétait-il et puis il avait des pommes déterre, un peu de vin, quelques poules, sans compter le porc grognant sous le toit. Je lui proposai de l'envoyer rejoindre son monde. Mais il s'obstinait à son idée u J'sis ben trop vieux. »

Le souvenir de ce vieux Robinson, dernière figure vivante aperçue à Champrosay, me revint souvent pendant le froid horrible et la famine du siège. Qu'était-il devenu? Et le village entier que je me figurais flambant, pillé, nota; maison, mes livres, le piano, tout, souillé, cassé, dévasté par l'invasion, comme cette campagne suburbaine, Nogent, Champigny, Petit-Bry, la Courneuve, dont Je parçouraistous les joursles tristes ruines, villas aux escaliers effondrés, aux persiennes pendantes.

Eh bien non. Lorsque, après la guerre et vers les derniers jours de la Commune, Paris devenant intenable, nous vînmes nous réfugier à Champrosay, j'eus la s irprise de retrouver les choses presque en leur état de calme, à part quelques châteaux visités par ta ma<raude, les boiseries écorniflées, tous les carreaux cassés dans une rage de facile destruction. L'armée allemande avait passé lu, jamais séjourné Derrière un bouquet d'acacias, la maison Delacroix s'éta:t trouvée encore mieux abritée que les autres, et j'y respirai bien, dans le jardin s'éveilla nt déjà au printemps, la double délivrance du siè^e et de l'hiver. J'allais le long des plates-bandes, quand la tête du vieux Casaquet m'apparut au-dessus du mur mitoyen et me sourit île ses mille rides crevassées. Sur lui aussi l'invasion avait glissé sans le moindre dégât. « J'ons pas trop souffert. » disait-il en clignant de l'œil, debout sur son échelle, les deux coudes appuyés au treillage, et it me racontait comment il avait supporté ce temps d'exil et de solit ide. Vrai temps de bumbance. Pas de gardes dans la forêt; il coupait tout à son aise le bois, cette richesse tant convoitée du paysan, il panneautait chevreuils et faisans en compagnie de quelques braconniers réfugiés à l'Ermitage; et quand un Prussien isolé, esiafette ou maraudeur, traînait du côté des carrières, on lui faisait son affaire sans bruit et vivement. 11 avait ainsi vécu quatre mois sans autres nouvelles de Paris que la canonnade lointaine et, de temps en temps, un ballon gonflé sous le ciel noir.

C'était extraordinaire, cette existence de fourmi au ras déterre, au milieu du bouleversement d'un monde. J'en restai d'autant plus frappé qu'avec ma jambe blessée j'aurais pu vivre là, moiaussi, comme tevieuxpaysan, réduit aux mêmes ressources de primitive existence et cet envers de ta guerre me tenta comme un cadre excellent à un mélancolique paysage d'invasion. Dès le soir môme, je pris les notes de Robert Helmont, journal d'un solitaire, dans le grand atelier, pendant que défilaient sous mes fenêtres des eat?ouilles<le

cavalerie allemande campées encore à l'autre bout du pays, et que le, cliquetis des sabres, les gourmettes secouées, les rauques voix saxonnes duresau commandement se mêlaient au canon qui tonnait. Tout cela faisait bien partie de mon étude. Mes impressions s'accrurent, le lendemain, des tristesses de l'occupation militaire les routes toutesnoiresdetroupes, les haltes, les bivouacs au revers des fossés.

Pour échapper à cette humiliation de vaincu, je me jetais dans les bois, délicieux par ce mois d'avril, une cendre verte aux branches, l'herbe semée de jacinthes fleuries, et dps roulades d'oiseaux, des trilles de rossignols, coupés parle lointain déchirement des mitrailleuses. Quelquefois, au détour d'une allée tranquille, je voyais s'avancer sous les branches quelque sentimental colonel saxon parcourant au pas de son cheval de guerre les sent;ers chers aux rendez-vous de Louis XV et de Mme de Pompadour. Alors je m'enfonçais au plus profond des taillis, car ces rencontres me causaient une révolte nerveuse que je ne saurais expliquer. C'est ainsi que je vivais le journal de Robert Helmont en même temps que je l'écrivais.

A ces pages, pleines de simplicité et de vérité, on comprend le nouvel intérêt que'prend la lecture de ces beaux romans dont le succès n'est plus à constater ce sont presque de nouveaux livres, comme qui dirait des éditions plus complètes puisque grâce à ces/additions on vit de la vie même de l'auteur, au assiste à la production de ces charmaTnts chefs-d'œuvre.

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Parmi les rouans les plus intéressants de la quinzaine, enregistrons Isoline, de Mme Judith Gautier, qui vient de paraître à ta librairie Charavay. C'est un recueil de six nouvelles très' variées, d'études, pour ainsi dire, sur la Bretagne,. l'Italie, la Chine, le Japon.. Le premier de ces résils, celui qui donne son titre au velu me, est de grand intérêtxt de la forme exquise qu'on sait à la fille' du grand écrivain.

Signalons chez Dentu une bibliothèque choisie à i franc le volume, composée des chefs-d'œuvre français et étrangers quatre volumes ont déjà ;paru André e Chénier, Ovide, les Contes de Voltaire, et l'Histoire amoureuse de la cour d'Ail- gleterre du chevalier de Grammont. A la même libraire la Fantaisie de Camille par Robert Hait, Mousseline de Louis Beysson et chez Pion les Révoltes de Simone par André Mouézy. Chez Havard Commœ ùila --fleur dej Mme Rhoda Broughton dont nousavonu donné à nos lecteurs la charmante et dé\ licate préface écrite par Gustave Droz'i 'i! qui a bien voulu ainsi patronner le livre; disons que ce parrain a porté bonheur à l'œuvre, qui en est déjà à sa cinquième édition.

Au nombre des nouveautés de cette se- maine, nous recommanderons tout particulièrement Rosa Valentin par Henry Cauvain (Calmann-Lévy, éditeur). C'est une œuvre attachante et forte_qui Jifltien-- dra, nous ensoiumescopvai'îîEu.unvif succès. L'autj3iyn.O".si*eporte aux* douloureux "souvenirs"de la dernière guerre. ,Il raconte un épisode très simple et très dramatique de cette lutte terrible où nous avions contre nous, non seulement les soldats allemands, mais encore leurs espions installés à nos foyers. C'estl'histoire d'un de ces espions que M. Cauvain met en scène et il le fait avec son talent habituel qui sait tenir le lecteur sous le charme jusqu'à la dernière page.

Terminons en conseillant aux amateurs de ces scènes vraies, de ces petits procès verbaux de choses vues, un livre très amusant écrit par un homme d'esprit qui signe Raoul Nest. Le volume a paru chez Calmann-Lévy et est intitulé les mains dans mes poches, promenades parisiennes.

Qu'on no demande pas à ce livre une forme romanesque, une recherche de mots, l'auteur n'a voulu que reproduire, avec esprit, une suite de scènes copiées sur le vif c'est en agrandissant le cadre quelquechosccommelelrès curieux livre de Vivier Très peu de çe qu'an dit tous les jours, M-. Raoul Nest, nous montre par petits chapitres ce qu'il a vu en allant au Club des patineurs, au bal de l'Opéra, à l'hôtel des Ventes, à la fête de Neuilly, au Concours hippique, à la chasse il intitule un chapitre: Bouffées de cigares, notes d'un valet de chambre, etc. etc., autant de photographies sans prétention, sans recherche d'effet. En battue est un de ces récits j j'y coupe les quelques lignes suivantes

On entend des coups de cornet.

UN RABATTEUR. Lapin 1 Lapin!

Deuxième rabatteur. Au lièvre au lièvre 1

UN garde.– En ligne! En ligne! 1

La fusillade est nourrie.

Troisième rabatteur. Coq! coq! Quaîrième rabatteur. Au lièvre au liôvrel

UN uarde. Au chevreuil

XXX. Bit!! Bit

Ce dialogue intéressant se prolonge jusqu'à la fin de la battue, pendant que les coups de fusil partent de tous cotés.

Un rabatteur ramasse un lièvre qu'il cache sous sa blouse. Vlà ma poule au pot 1 UN GARDE. Tapez! tapez 1

Le rabatteur qui crie au lièvre s'assoit au bord du fossé. Pus souvent que j'vas me fourrer dans les e-ronces! 1

UN GARDE. En ligne! què que tu fais là? LE rabatteur. Je m'frotte, y vient du plomb i

LE gaede. Va donc mélasse les bourgeois, ça n'tire qu'avec du six 1

Et plus loin

LE PROPRIÉTAIRE. Mon cher X. vous êtes le dernier.

X. Ali parfait dites donc.

LE propriétaire. Quoi? X. Voilà que je n'ai plus de cartouches. LE propriétaire. En voici.

X. Ah 1

LE propriétaire. Etpuis?

X. J'a perdu ma clef à cartouches. LE propriétaire. Prenez la mienne. X. Bon. Voilà que mon fusil est cabossé 1

LE propriétaire. Veulez-vous le mien ? X. Non, ça ira comme ça, j'espère, mais donnez-moi donc'des cigares.j'ai oublié les miens.

LE PROPRIÉTAIRE. Voilà. Vous ne voulez pas autre chose?

X. Non, je ne crois pas, pour le moment.

Les vingt-cinq nouvelles qui composent cet ouvrage ou plutôt cet album ne sont pas moins curieuses de fidélité, de mise en scène et de vérité dans le récit Un petit livre comme celui-là renseigne plus sur les mœurs vraies d'une époque que bien des gros volumes prétentieux écrits par des pililooopnes qui n'ont jamais vu que leur plume et leur papier. Philippe Gille.

PETITE G-AZETTE

Café instantané* Essence de café Robertet, 11, faub. St-Martin et chejs tous les énieiers.

fnnRRt~n npc

COURRIER DES THEATRES

Le spectacle gratuit à l'Opéra privant lea abonnés du vendredi 14, juillet de leur représentation, nous sommes priés de les informer que cette représentation leur sera rendue lé lendemain samedi 15 juillet.

Enfin, M. Emile Pessard aurait trouvé l poème en deux actes que l'administration d'. l'Opéra demandait pour lui à MM. Coppée, Silvestre, Gallet, et autres librettistes. Il a^ dit-on, accepté le Tabari'n que M. Paul Ferrier, a fait jouer au Théâtre-Français.

Bien entendu M. Ferrier mettrait au point lyrique son poème de la rue Richel'eu M. Vaucorbeil est, de tous les directeurs dt théâtre, le seul invité au banquet de l'Hôtel- de-Ville.

M. Jules Cohen, chef des chœurs de l'Opé^ l; ra, est également invité. M. Victor Souchon, agent général de la So- ciété des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, nous prie de rappeler au public que, conformément à la loi de 1791 et pour éviter toute contravention, les organisateurs des séances musicales qui seront données à l'oc- •' casion de la fête nationale du 14 juillet, doivent se munir de son autorisation, au siège de la Société, 17, rue du Faubourg-Montmartre, de neuf heures à six heures, °

A propos des droits d'auteurs que l'on ne va pas toucher à cette agence de perception, on nous raconte que le motif de ces abstentions vient des nombreuses formalités légales que l'on impose aux héritiers.

Il ne suffit pas, paraît-il, de justifier sa parenté avec un auteur mort par des actes de naissance, par des témoignages certains il faut encore aller chez des notaires et faire attester par un acte notarié l'authenticité des filiations. Or, tout cela coûte de l'argent, beaucoup d'argent, et, souvent, pour une faible somme qu'ils auraient à recevoir de M. Victor Souchon, les héritiers reculent devant une dépense plus forte.

Il nous semble que, si M. Souchon veut y mettre un peu de bonne volonté, il pourra tout en prenant des garanties indispensables simplifier la procédure et éviter bien des frais aux familles des auteurs.

Avant-hier, M. Carvalho a engagé pour trois ans le ténor Stéphanne.

5,000 francs par mois.

} La rentrée de M. Stéphanne à l'Opéva-Co-^ mique aura lieu, dès le commencement de la saison prochaine, soit dans Carmen, soitdans

Zarnpa,,

Mauvaise journée..• >,

Qn ne signale à l'horizon aucun nouveau

1,,r~,dnaida't à la direction-de au~un nouveau<

earididat à la direction de l'Ambigu.

y Le ténor Delaquerriôre, ex-pensiôii..aire da l'Opéra-Comique, vient de signer aveeja théâtre de la Monnaie, à Bruxelles.

Un détail de la vie privée: Mme -Delaquerrière vient d'accoucher d'une jolie petite fille.

La maman se porte à merveille; le baby aussi.

M. Georges Boyer,qui rédige en chef ParisDieppe pendant la saison des bains de mer, raconte dans son journal d'été qu'il est allé ^'autre jour, déjeuner àvPourville, chez Pnul. Qui neconnatt Paul et SQHxestUli'ant, dont l.à^Ue-ï8SÏ\ger est ornée de son ^portftttt-- > par l'impressionniste Claude Monet ?.. En arrivant chez lui, Georges Boyer y trouva, déjà déjeunant, Berthelier et sa famille, M. André Michel, Mlle Julia Depoix et Mlle Blanche Pierson, qui venait de pivn^c dre, dans la salle à manger de Paul, la mesure d'un panneau qu'elle veut lui offrir.

•"̃"̃.

Mlle Pierson a fait bâtir à Pourville un chalet charmant, entouré d'arbres, tapissé do» verdure, où elle passe tout le temps que k- Vaudeville ne lui prend pas.

Cette maison, construite au bord de la, 7 route, adossée à la colline, est toute pleine des souvenirs des pièces que sa propriétaire a jouées à Paris. Mlle Pierson a, avec beaucoup de goût et d'adresse, utilisé pour les tentures les toilettes dont elle a revêtu ses personna < ges dramatiques.

C'est ainsi que, pendu au lustre de son ate lier, on aperçoit un perroquet qui ornait son chapeau dans le Père prodigue.

Une portière en cachemire de l'Inde gris soutaché a été prise dans la robe du deuxième acte de la Dame aux camélias.

Une autre portière, non loin d'un hamac blanc qui vien;, lui, du Paraguay, est tirée de la Veuve.

Cette étoffe rouge, c'est un manteau de la Barucci, acheté à sa vente. Ce tapis est l'œuvre d'Alice Lody.

Ce coussin a été brodé par Céline Chaumont.

Dans la salle à manger, voici une robe des Scandales d'hier dans la chambre a coucher, une robe de l'Ami des femmes.

La cheminée du cabinet de toilette est garnie avec un magnifique manteau hongrois. Dans une chambre d'ami, est drapé le sa perbe manteau de la Princesse Georges. Le tout est disposé avec une élégance artistique qui fait de cette maison de campagneun petit nid délicieux.

Des travaux viennent d'être entrepris à. l'Opéra de Berlin, pour assurer la sécurité de spectateurs en cas d'incendie.

On s'est décidé à réserver une allée snacieuse au milieu des fauteuils d'orchestro* aboutissant à une sortie pratiquée sous lo balcon, comme cela existait jadis à la salle · Venta four.

Il serait à souhaiter que cette disposition fût adoptée dans nos théâtres parisiens. Jules Prével.

SPORT

COURSES A NAMUR.

Dimanche 2 juillet

Le Prix de la Ville (Handicapa a été rem porté par Mon Prince et Boraine, dead-heat, Consternation, troisième.

Fatiuitza a gagné facilement le Prix du Château U'Ardenne, battant Savaen, seconde. Dans le Prix de la Même, Barde est arrivé premier; Nuageux, second, et Selred, troisième.

Bolski a enlevé le Prix de Belgrade Alphabet, second; et Florence, troisième. Le Prix de Saint-Aubin a été gagné par King Frost; Amulette, seconde et Actor, troisième.

COURSES DE NEWMARKET

Maeheath (13/8), a gagné le July Stakes Fulmen, 2; Tyudium, 3. Huit partants. Alcindor, au comte de Lagrange et 'Risette, ù M. Lefèvre n'ont pas été placés.

Dans le Maiden plate, la pouliche de Cou1leur de Rose est arrivée première. Salade, à M. Lefèvre, n'a pas été placée.

Castillon, au comte de Lagrange, n'a pas é)é placé dans le Visitor's plate gagné par Mowerina.

WW

RECETTES DE LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE OE LAITERIE Du 1" janvier au 1" juillet 6 629 559 f. 35 LA MÂGNOUNE i^SKS la chevelure, </e la barbe, leur donne une s'oupl et u» brillant remarqb'Mf50 le fl.4,r.Meyerbeur LÂRÂHrOlï DES FOUS PUBLICS ET DK6 VALEURS INDUSTRIELLES Société anonyme au capital ds 3,000,003?. SIÈGE SOCIAL A PARtS, 16, ME JU QUATRE-S£?f£ii!a.l£

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Faits Paris Avis utiles Par décisions présidentielles ont été nommés M. le capitaine de vaisseau Ribell, au commandement du cuirassé d'escadre, l'Héroïne, à Toulon; M. le capitaine de vaisseau Rallier au commandement du cuirassé d'escadre, la Dévastation, à Brest

M. le capitaine de vaisseau Desnouy, au commandement du cuirassé de station, l'&lalante, à Lorient;

M. le capitaine de vaisseau Marcq de Blond de Saint-Hilairo, au commandement du cuirassé d'escadre, la Savoie, à Lorient;

M. le capitaine de vaisseau Albigot, au commandement du cuirassé d'escadre, la Revanche, à Toulon;

M. le capitaine de vaisseau Besnard, au commandement du cuirassé d'escadre, la Surveillante, à Brest;

M. le capitaine de frégate Fournier, au commandement du croiseur a barbette, le Châteaulienaud, à Lorient;

M. le capitaine de frégate Conneau au commandement du croiseur à barbette, XInfernet, à Cherbourg;

M. le capitaine do" fréga'e Michelin, au commandement du grand transport, VAveyrnn, à Toulon; M. le capitaine de Reyniers, au commandement du croiseur à barbette, le Dupclit-Thouars, à

Brest.

DÉCÈS

M. Bella, ancien directeur de Grignon, est décédé hier. Le service aura lieu jeudi G courant à Gri- ( gnon. Train Montparnasse midi et demi. PETITB CORRESPONDA.NOB

I>OSIA, Oui.

AIM 0115 6125 317 23 1013 328a23 317a5 349 10. JENNY demande à HENRIETTE son adresse. 1VILM. Fais moi sav. nouv. Inq. do ta santé et proj. DÉPLACEMENTS

Le marquis de la Châtaigneraie, à Royat M. et Mme du Château, à Aulus; la baronne Bro de Comères, au château de Bertèches (Oise); M. de Chabaud La Tour, à Bourbonne-les-Bains M. Deinidolr, prince de San Donato, à Kissingen1? le comte de Marcillac, à Kaiserhof la comtesse de Lancey, à Louveciennes; la.vicomtessede Kervequen, à Uriage-los-Bains; M. Toulmouche, à Blanche-Couronno M. Loclercq de Lannoy, à Trouville M. Luigini, à Aulus; M. do Semalle, à Loeche (Valais); M. de Bricourt, à Vichy; M. Maire, villa Denise, à Paramé.

A.RRIVMES ET DÉPARTS DE TRANSATLANTIQUES Le paquebot-poste Lafayetle est parti de Colon le le» juillet, pour Saint-Nazaire et escales.

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