Rappel de votre demande:


Format de téléchargement: : Texte

Vues 1 à 1 sur 4

Nombre de pages: 1

Notice complète:

Titre : Figaro : journal non politique

Éditeur : Figaro (Paris)

Date d'édition : 1874-03-10

Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication

Contributeur : Jouvin, Benoît. Directeur de publication

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 164718

Description : 10 mars 1874

Description : 1874/03/10 (Numéro 69).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k2751705

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 65 %.
En savoir plus sur l'OCR


SOMMAIRE

Leârn-Roilin en 1849 Georges Grispn. La- vérité sur le vasistas, ,• Echos de ParîS": "Ce Masqué fflTFèr.' *r"" Le ba;l des Artistes F, oii-Frou.

:A travers les salons Un Monsieur des Salons. Les Prédicateurs du Carame Célestin. Télégrammes et Correspondances Auguste Marcaffe."

Pariîr an Joai^ 16 jour F. M.

Informations Gaston Vassy. -r- Un nouveau genre dé vol. Comme quoi on a failli prendre l'assassin de la rue Blondel. Tribunaux Femahd de Bodays. Le procès Bauffremont.

Petite Revue financière Louis Ouvvart. Sport Robert Milton.– Steeple-chases d'Auteuil.

Premières représentations Auguste Vitu.Gymnase Le Cadeau du beau-père, comédie en on acte. ~i Bouffes-Parisiens Gustave La) 'argue. Brûlons Voltaire, comédie en un acte. Bouffé.

Courrier des Théâtres Jules Prével. Feuilleton: Mie d'Aghonne. Les Nuits SANGLANTES.

lÈDRU-ROLLIN EN 1849 LA VÉBITÉ SUR LE VASISTAS

Au nioment où M. Ledru-Rolliù, élu 'dans yâ'ucluse, va venir prendre place à l'Assemblée nationale, il nous a semblé "mté%s'SantHlë raconter de quelle façon le fougueux tribun sortit, il y a vingtcinq ans, de'la scène politique où il avait .jusqu'alors fait tant de tapage.

L'histoire du vasistas particulièrement, si connue et si populaire qu'elle est inséparable aujourd'hui du nom de LedruRollin, a ét6* traitée maintes fois 'de racoçtfir.malveillant par les journaux' républicains. Nous croyons donc faire plaisir à nos lecteurs en recherchant dans lés journaux1 de l'époque, tout ce qui Se rapporte au tour de force et d'agilitè que, malgré sa corpulence énorme, l'ex-membre du, gouvernement provisoire accomplit pour ses adieux à ses électeurs.

On se rappelle là situation. La France venait d'envoyer au secours du pape, ehassé de Rome par l'insurrection, une armée commandée par le général Oudinot. Les républicains rouges, en quête d'un prétexte d'émeute, criaient à l'as̃ sassinat de la République-sœur. M. Ledru-Rollin, appuyé par toute la Montagne, venait chaque jour lire à la tribune des lettres personnelles, annonçant, la défaite des Français, et demander le retour des troupes.

Le 2 juin, un membre de la commission des vingt-cinq, M. Aimé Bàuné", annonçait hautement dans un club l'insurrection prpchaine. Le 4 juin, là demande d'interpellation faite par M. Ledru-Rollin, correspondait avec la proposition de mise en accusation du président, avec les menaces de déchéance faites par les organes de comités. Le 7 juin, M. Delesçluze, secrétaire général de la Solidarité républicaine, dont le Comité central était composé de Ledru-Rollin, Fargin-Fayollë, Gambon, Félix Pyat, et dont le, président était Martin Bernard, disait dans son journal « Bientôt la Montagne aura l'occasion de parler au peuple au nom de la Constitution violée. Que tous les démocrates socialistes s'apprêtent à payer leur dette à la patrie et à l'humanité. »" ̃̃'̃'•

Dans lès réunions; dans les clubs, l'audace était la même.

Dans un banquet socialiste de -coiffeurs, lioàsdit^ la Patrie, on portait 'un toast « au choléra quia emporté le gen-

darme Bugëàud:»

Tous les journaux roiigès, la Réforme, la Peuple, la pémocratie pacifique, la Révoluiion de'mocpaUque il sociale,Vraie République', la Tnoûheaes peuples, annor)çaient, l'émeute prochaine'. Une active correspondance existait^entre les déma-

gogues 3é Rom«^ël ceux^d¥5iris.

On le voit, le ,jcnomen,t semblait admirablement choisi., M, .Ledçu-Rpllin le savait bjen, a'uàsi redoublàit-il de véhémence à l'Assemblée;

«. question n'est plus à Rome, disent les îtèbats du 12, elle e'st.ici,; elle est Paris. M. Ledru-Rollin a commencé par déposer sur le bureau de Mâseinblëô là mise en accusation dtf pi'ésident de la République et des ministres. C'est son drpit.lMais devant qui, devant quel tribunal porte-t-il. cette. accusation ? Voilà ce que M. Barrot lui a demandé. Il. Ledra-Rollin, pour toute réponse, a dit « La Constitution est violée, nous la défen» drons par tons les moyens possibles, mfyne » par les armes! ». i A ce signal de guerre, là Montagne se lève et crie avec fureur Vive la Ilëpubliquel bra-

vo! » V ̃'̃

Mais) après s'être .tant avancé, le chef du mouvement hésitait au moment suprême et; dans laséanee du 12 juin, il se fit durement cfôsser par M. Thters.' ° Sous peine de compromettre sa popularité, il fallait un coup d'éclat. Il fut décide pour ïè' lendemain.

Des proçlaniâtions1 brûlantes furent lântfées 'dans tôtis les journaux de la Montagne. Un rendez- votts général fut donné à la garde nationale pour une ma-

nifestation.

Le résultat fut lqiri de répondre à l'espérance.

On comptait, dit-le Moniteur du soir, sur l'assistance armée de l'artillerie tout entière de la gardé nationale, et on s'était empressé convoquer individuellement, tous ses .membres à. une réunion qui devait avoir lieu dans la cour du Palais-National.

Là légion dé Tartïllerie se composait dé 12 à -1SO0 hommes; 300 à peine sont venus au rendez-tûus. Une sorte de revue a été passée. M. Ledru-Rollin et quelques autres représentants y assistaient. Des harangue^ ont été proi noncées sur tous les tons, éléclaran^qçe, ]a Coastitution, avait été violée et qu'il fallait la défendc'e. Après cés préliminaires, les armes ont-été chargées, et le cortège s'est mis en' marche pour le1 Conservatoire des Arts-et-

Métiérs.

Le long de là route des cris ont été poussés, accueillis partout par le même silanee de la population et provoquant de temps à

autre ce cri de représailles;- A bas les fac- tieux! :̃̃

On sait ce qu'il advint de cette échauf.fourée. Les émeutiers entrèrent au conservatoire des àrts-ët-méliers et s'y établirent en Convention. Ils étaient en train de s'y partager fraternellement les ministères, quand deux ou trois' coups de feup éclatèrent dans une rue voisine. Le rat de ville détale,

Son camarade le suit.

M. Ledru-Rollin, qui avait demandé en entrant s'il existait une porte de derrière donnant sur le marché Saint-Martin, s'échappa, dit-on, par .cette issue avec le sergent Rattier; d'autres sortirent en escaladant les murs par les propriétés du côté opposé. (Moniteur du soir, 14 juin.)

Ils y étaient depuis peu de temps (au Conservatoire) lorsque survint la nouvelle que la manifestation des boulevards venait d'être dissipée par des charges de cavalerie. Bientôt trois détonations d'armes à feu qui se ûrent entendre, furent pour la réunion le signal dé retraite. Les carreaux de vitres furent brisés et représentants et artilleurs prirent la fuite. par les ouvertures qu'ils venaient de pratiquer. (Le Droit, 15 juin), Le lieutenant Castelbon arrive à la salle des filatures tons ceux qui s'y trouvent, représentants et artilleurs, se précipitent dans là jardin par les fenêtres, par les toits. M. Ledru-Rollin gagna le jardin en passant par un vasistas. (a. TFOtrQtnER. Annuà&& historique, 1849), Les journaux républicains, naturellement, se gardent bien de parler de cette fuite. Leurs numéros de la dernière quinzaine de juin cherchent à dégager lé parti du ridicule en désavouant les meneurs.

Dans les conciliabules qui ont précédé cette journée, pendant laquelle la Montagne est mortè dans le ridicule et le mépris, la résistance a été vive de la part de M. Ledru-Rbllin. Il a lutté contre ces impatiences téméraires: Menacé dans sa position de chef de parti, il a préféré se perdre qu'abdiquer pour un jour. Sans énergie, il s'est laissé aller aux fumées d'e son fol orgueil, entraînant avec lui Boichot et Rattier. (Journal du Peuple, 15 juin.)

En revanche, les journaux satiriques s'en donnaient à cœur-joie

Le citoyen Ledru-Rollin a passé par un vasistas pour se sauver.

Cela prouve, que les montagnards, surtout ceux du gouvernement provisoire, ont la faculté de's'aplatir et de s'étirer comme les sangsues. (Corsaire, 18 juin.)

Depuis la miraculeuse évasion de M.. Ledru-Rollin, lord Palmerston a varié le mot qu'il fit jadis. 11 ne dit plus « faire passer un chameau par le trou d'une aiguille, mais « faire passer un montagnard par un vasistas. »- (fd.)

On a remarqué comme une singularité des plus étranges que.la petite rue dans laquelle se sont sauvés MM. LedrUrRoilin, Considérant, Boichot et Rattier, après être sortis du Conservatoire des arts et métiers, se nomme U.rue des Quatre -Voleurs. (Id.)

Les montagnards restés fidèles à. la mémoire du citoyen Ledru-Rollin, parlent de créer un anniversaire du 13 juin, qu'ils appelleraient l'Ascension, en l'honneur de l'ascension- et de l'éruption de leur chef à travers un carreau de vitre des Arts et métiers. (Corsaire,- 21 juin.)

Ce malheureux vasistas empoisonnait l'existence, de Ledru-Rollin. Réfugié à Londres, où: riche, tranquille, à demi façonné à la vie anglaise par sa femmes il eût pu, pomme Victor Hugo; adoucir facilement le pain amer de l'exil il voyait crouler peu à peu sous les sarcasmes sa popularité déjà fort ébranlée. Ce fut alors que dans un opuscule répandu à pleines mains, il essaya de faire, un drame.desa farce funambules3ue_et_.de ciangex.s.on iCIe Pierrot en épopée. Dans la journée du 13 juin, dit-il, au Conservatoire, nous avons vu la :mprt d'assez près, quelques-ujis de mes amis et inoi

Le long aii.mùr, alignés sans armes,e,t sans

défense, nous étions'à-six pas sous le, feu du peloton qui nous tenait, ajustés 'et qui n'attendait plus que le dernier commandement. L'officier tVRE.de fureur et dé vin (disent plusieurs témoins) levait son épée pour donner cet ordre, de mort, quand un chef supérieur, accourant à touta bride, n'eut que lé temps de relever les fusils. Ils sont prisonniers, dit-il, s'ils bougent on lés fusillera tout à l'hédre. Oui, un instant de plus et nous tomMôns assassinés, sans provocation, sans explication, sans jugement, 'comme un trou.peau qu'on égorge l'abattoir! (Le 13 .juin, par Ledru-Rollin, Londres. Novembre 1849.) A ces paroles à effet, à ce discours d'avocat, écrit au bout de six mois seulement,, à l'étranger et pour les besoins de la cause, nous opposerons simplement une..autre brochure Le Conservatoire pendant la journée du IS juin, par M. Pouillet, alors administrateur- du Conservatoire, avec un plan qui explique Ventrée, le séjour et la sortie des représentants et de ceux qui les accompagnaient. –Paris, ï« juillet 1849.

Bans ce récit, M. Pouillet, révoqué de ses fonctions comme ayant favorisé la fuite des émeutiers, explique qu'il n'a pas cru mal faire, et qu'il s'était au contraire estimé fort heureux d'en être débarrassé, lui qui, depuis leur entrée, les suppliait de ..partir. Il ajoute, du reste, qu'il n'àvait pas empêché leur arrestation, puisqu'ils s.'êtaient enfuis par les fenêtres, une demi-heure avant l'arrivée des troupes, en entendant des coups de feu tirés par la compagnie G»ubaux, du 3° bataillon de la 0e légion, contre la barricade de la rue Saint-Martin, très loin dé la salle des filatures où se trouvaient i les représentants.

Le 62e de ligne qui passait dans la me n'entra même pâs au± Arts et Métiers qu'il croyait gardé par un poste, et ce ne fut que longtemps après que ceux: des insurgés qui, s'étaient égarés dans les

couloirs furent cueillis par un autre régiment; le 2.4e..

.On voit que cela ressemble peu à la version de M. Ledru-Rollin, qui au lieu

d!éfepfecafotg&i 4B*«!i^M»~ai»frrci d'un

officier ivre, était depuis longtemps i parti par son vasistas, tandis. que ses complices se sauvaient, les uns par la quatrième cour, les autres sur les toits, à l'aide d'une échelle, et descendaient au moyen d'une corde à nœuds par le réverbère de'la rue Breteuil, ainsi que l'expliqueleplan.

De tout cela, il ressort clairement que

PLAN DU CONSERVATOIRE DES ARTS-ET-MÉTIERS, LE 13 JUIN 1849 D'APRÈS LE MÉMOiaE BÈ M. POUILLET, CITÉ PLUS HAUT

LÉGENDE ̃

1. Point où M,. Pouillet a rencontré ••Ledru-Rollin et ses compagnons â leur "arrivée. 2. Ancien amphithéâtre ils voulurent d'abord se réunir. o. Arcades du cloître. 4. 5. Portes de la salle où eut lieu la réunion. 6. Les huit fenêtres qui ont servi à la fuite. M. Ledru-Rollin est sorti par la troisième, "marquée d'une croix. 7. Echelle qui à servi à la fuite des autres en rampant sur les toits jusqu'à iaTue de Breteuil. 8. Bec de gaz qui a servi à la descente. 9. Porte. 10. Antre porte par laquelle est sorti Ledru-Rollin.

Écîios de Parié L'Ordre a prétendu, contrairement, à notre assertion, que jamais- sous. l'Empire on n'avait prié M. de Loménie d'accepter la croix de la Légion d'honneur. Nous maintenons d'autant mieux notre dire que nous avons sous les yeux des lettres datées du 13 et du 15 juillet 186J5, dans lesquelles M. 'Stanislas Julien-, alors administrateur du Collège de France, et par conséquent représentant officiel du ministère, offre la croix, de chevalier à •M. de Loménie. Gelùi-ci ne crut pas pouvoir accepter cette distinction qui eût pu

-gênerson«a4titude-très ieaaejpable-de-pre-

fesse"ur indépendant, bien que nôifhôstiTe de parti pris. '̃.̃̃̃̃ Le plus singulier C'est que depuis 1865, malgré sofl refus, M. dé Loménie figurait comme chevalier sur l'annuaire de la Légion d'honneur. De plus, dans la dernière promotion il était désigné comme devant être officier, et c'est lui qui a dû rectifier- l'erreur commise involontairement par le ministère.

Le doctéurl Cruveilhîer, un de nos plus illustres médecins, est mort avant-hier, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Depuis le commencement de 1870, il n'exerçait plus la médecine et s'était retiré dans sa propriété des environs de Limoges.

Elève de Dijp'uytren, dont, en 1835, il occupa làehâireVlé docteur Cruveilhier est l'auteur de nombreux ouvràgès^scientifiques très .estimés. Il fut successivement médecin des hôpitaux de la Maternité, de la Salpétrière et de la Charité. Il était membre de l'Académie de médecine et commandeur de la Légion d'honneur. Il laisse une nombreuse famille. Son fils, qui marche brillamment sur ses traces, est professeur agrégé à la Faculté de Paris. Une de ses filles est mariée à M. de Peyramont, député à l'Assemblée nationale.

Les obsèques du docteur Cruveilhier auront lieu mardi, à Limoges.

Favorisée par un temps admirable, un de ces temps comme, on en ferait faire sur commande, la journée d'hier a été d'une animation extraordinaire. Sur toute la ligne des boulevards, dans les Champs-Elysées, au Bois, et surtout aux alentours du champ de coursés d'Àuteuil, leèvoiturés étaient sur quatre ou cinq rangs.

Les princes d'Orléans, au grand complet, ont plusieurs fois monté et descendu ràvenue'des Champs-Elysées.

Voici ce que nous lisons sur les tablettes â'un touriste, qui. revient Monaco;

le vasistas est historique, et le Diction? nciîre de la conversation lui-même conlsacre.

T,ennjjipns par un mot qui prouve

confMen,v*à-aètte époque déjâfïeïrcnefs

de la bande rouge étaient appréciés à leur juste valeur. En apprenant qu'un ,mandat d'amener avait été lancé contre Félix Pyat qui, dès le matin du 13 juin, s'était prudemment dissimulé, M. de Boissy ne put retenir cette exclamati-on Si M. Carlier parvient à. rejoindre .Pyat, je lui demanderai son procédé! GEORGES GRISON.

î «MM.'lès croupiers de la roulette sont •toujours partagés en deux catégories bien distinctes Les gracieux et les grincheux. Les premiers semblent n'avoir d'entrailles que pour le joueur et ils tâchent de lui faire atafër le zéro, comme une pilule, en articulant Zéro! d'une voix plaintive et désolée. Les seconds vous le décochent, comme un arrêt de mort, en disant d'une voix sourde et caverneuse Zéro a

•̃ v '•̃•:

.i« aux joueurs, ils continuent à être ce qu'ils ont toujours été des fétichetirs, des égoïstes et dès distraits, rapportant tout à passe ou manqué, à pair ou impair.

L'autre jour, un 9e ces. messieurs rencontre, dans les salons, un de ses amis, dont la figure était toute bouleversée. Qu'as-tu donc ? lui dit-il.

Ah! mon ami, on vient de me voler mon portefeuille, avec 13,000 francs. 13,000? s'écrie le joueur. Pardon, cher ami 1 Et s'élançant vivement vers la tablé de

roulette

V- Cinq louis au 13 »

̃̃̃ :«**

« C'est le même joueur qui eut ce mot, célèbre il y a quelques années.

Un dé ses amis lui disant

J'ai perdu mon père ?

A rouge ou- à noire ? demanda-t-il avec le plus vif intérêt. »

.#*•». ̃.

« Enfin, il y a cinq. ou six jours, un joueur, fortement étrillé; rencontre, à la sortie du casino, un mendiant qui lui demande: l'aumône.

Il lui donne un sou.

LE mexdiast. Dieu vous le rende, mon bon monsieur.

LE JOUEUR ÉïeiLLÉ. Ça me fera une belle jambe »

Lejlernier mot des réceptions académiques -I

II a été dit,. il y a « quelque temps, » par Piron qui faillit être académicien. Ajoutons que sa boutade compromit < son élection au point de la faire échouer. -r Mon Dieu, disait-il, à quoi bon tant de discours inutiles ? Voici ce que je veux pour ma réception. Je dirai au directeur Je vous remercie beaucoup de l'hon neur insigne que.

Et le directeur répondra

Monsieur, il n'y a pas de quoi 1

Nous connaissons un. journal- très en danger où les rédacteurs ne voient plus de feu dans les cheminées depuis le Pr mars, vu la douceur passagèrè de la

température.

.-r- Mais, dépendant, s'écrie l'un des infortunés collabprateurs, le feu administratif doit être allumé de la Toussaint jusqu'à Pâques

Cë'sTf rai fép&ïia gravenïSnrre" "ré-

dacteur en chef, qui doit s'en aller d'ici quinze jours- mais, en compensation, on. vous fera du feu à partir du 1er août!

Une appréciation bien juste des Anglais par Meyerbeer à l'époque où il faisait répéter le Pardon de Ploermel Ce ne sont pas, disait-il, des amateurs ce sont des consommateurs. Le banquier B. un viveur obèse bien connu dans les coulises des théâtres à femmes, est dans les meilleurs termes avec une demi-mondaine, mademoiselle Z. brouillée depuis longtemps avec l'orthographe pour cause de sévices et injures graves.

L'autre jour, pendant la Bourse, un commissionnaire lui remit ce petit billet

« Mon gros loulou, je réunis ce soir » quelques 'amis et nous comptons sur » vous. Si votre frère delaiè que vous » attendiez est arrivé de province, ame»nez-lô!» a

LE MASQUE DE FER.

LE BAL DES ARTISTES Vous souvient-il du bal des artistes d'autrefois ? C'était tellement lugubre, on savait si bien d'avance qu'on allait s'y ennuyer à l'excès, que l'annonce seule de cette fête de bienfaisance était devenue une sorte d'épouvantail. Quand les affiches vertes de" l'Opérâ-Comique apparaissaient sur nos murs, le boulevard prenait un aspect sombre et de, nombreuses familles quittaient Paris à la hâte. Cela n'empêchait pas quelques milliers d'imbéciles en habit noir d'aller à ce bal où ils rencontraient régulièrement, en fait d'artistes, quelques malheureuses figurantes des Délassements.

L'an dernier, quelques charmantes femmes s'étant dit qu'il ne dépendait que d'elles, en somme, de donner à la -fête tout l'éclat qui lui faisait si absolument défaut, se sont dévouées, ont tenté auprès de leurs camarades des démarches couronnées de succès, et sont parvenues à réunir dans les loges de l'Opéra la majeure partie des jolies actrices de Parisdont beaucoup en costume. Le succès fut si imprévu et si grand qu'il devait naturellement avoir sur le bal de'cette année une influence décisive. Malheureusement, l'Opéra n'était pius et l'OpéraComique a été trop petit pour la foule énorme qui l'a envahie.

•̃.

Depuis .huit jours, j.1 était impossible de serrer le bout des doigts d'une actrice sans être assailli aussitôt par cette proposition

Vous allez me prendre un billet pour le bal des artistes ? 1

-Mais, ma chère amie, j'en ai un. C'est cela. vous en prenez aux autres, et à moi, vous me refusez J

Non pas. donnez-m'en un second; je trouverai à le placer.

Bravo 1 En voici deux. Pendant que vous serez en train, vous en placerez aussi bien deux qu'un.

Je connais plus d'un gandin qui aurait pu se donner la satisfaction de monter une petite agence de billets de bal dans le voisinage de TOpéra-Çomique. C'est une bien grosse satisfaction d'avoir vendu pour quelques louis de billets de plus que telle ou telle camarade. Je 'ne sais qui est arrivée première dans cette course et il est probable que je ne le saurai jamais.

̃ £* 7"r

J'arrive ail bal vers une heure. A ce moment, les loges sont encore dégarnies, le dot des habits noirs déferle lé long de l'orchestre, qui joue une valse. Il, n'y a pas de danseurs. De nombreux huissiers à chaîne, pressés les uns contre les autres, se tiennent au milieu la salle. On dirait la valse des huissiers. Pàr-èi par,-là quelques coryphées des Variétés -et des -Bouffes. Au milieu du balcon, une inconnue se' Signale par un décolletage exagéré.

Monsieur, me dit un grotesque bonhomme que je connais à peine, il me paraît clair que'votre sacerdoce vous mettant quotidiennement en relation avec des femmes de théâtre, vous pourrez me nommer les célébrités qui ne manqueront pas de se donner rendez-vous ici. Ainsi cette personne qui ne craint pas d'étaler sa gorge, fort belle du reste. (il me montre l'inconnue du balcon) qui donc est-ce? Moi, furieux C'est mademoiselle Lia Félix! La créatrice de Jeanne d'Arc On ne le dirait vraiment pas. Après cela l'optique de la scène nous éxpose à des illusions si grandes!

**#

Le coup-d'œil change rapidement. Les dames commencent à arriver. L'une. des premières loges qui se, remplit à gauche est occupée par mesdemoiselles Beaugrand et Blanche Montaubry, de l'Opéra, l'esprit et la grâce. Ces dames ont de simples toilettes de bal çommoil convient à desdanseuses sérieuses. De temps en temps, sous prétexte de s'éventer, mademoiselle Beaugrand a l'air de danser le pas de l'éventail.

Autre loge en face: Mesdemoiselles ZélieReynold et Miette, du Palais-Royal. L'une en; diablesse de carnaval, l'autre (nom oblige)' en boulangère. Parfois, une jolie arabe, aux yeux noirs pleins de flamme, laisse voir sa gracieuse silhouette au ;fond de la loge c'est mademoiselle Lindâ, non moins du Palais-Royal.

Tout à côté, deux pensionnaires d'un théâtre voisin. Mesdemoiselles Croizette

1 et tloyd; de la Gomédië-Fràncaise. Sa-

luer! '̃'̃*̃

Très sérieuses, celles-là. Groizette en blanc, Lloyd on noir. La duchesse dans son salon, la femme "du préfet àsarécept tion n'ont pas plus de retenue ni plus d'é* légance. La porte de la loge ne" s'ouvre que pour Delaunay, ou pour Maubant, ou pour quelque autre sociétaire des Français.

Ces dames ne dansent pas.

Ah! mais non.

.̃'

La foule augmente. On necircule plu,s. Que je plains les malheureux qui n'ont pas de loge Si nous répandions le bruit qu*ojn va faire une quête ? me dit un confrère» a

Quelques critiques influents se promènent au foyer. Est-ce à leur présence qu'il faut attribuer le grand froid par lequel s'est distinguée toute la première partie de la fête ? C'est plutôt, je crois, à la difficulté de se mouvoir. Impossible de danser. Les messieurs passent leur temps à regarder les dames et les dames à se laisser regarder par les messieurs. Cependant quelques cavaliers de bonne volonté finissent par obtenir un peu de place. On peut apercevoir quelques c'ouples dansants mademoiselle Daram en mandarine, je crois avec iinè perruque. fildssei valse singulière coïncidence avec M^LéonAchard, le charmant monsieur Alphonse du Gymnase.

•-̃ ̃- -;̃̃ -•' #%̃- ̃ W-;

Pardon, cher monsieur, me .dit mon gêneur de tout à l'heure, vous avez bien voulu me montrer mademoiselle LiaFëlix, dites-moi donc, je vous prie, quelle est cette dame en costume Pompadour rosé et bleu, au visage aigrelet, au nçz pointu, et dont les deux petits yeux me paraissent lutter difficilement avec'ïè.clat des bougies ? (Il me montre mademoiselle Gôuvion du Palais-Royal). ̃ Moi, furieux

C'est madame Théo 1

A' ce moment, il se 'produit dans la salle comme un frémissement.

Mademoiselle Pierson vient de prendre place dans une loge de face. Blanche comme son nom, la sympathique artistè est habillée avec une adorable simplicité. Une couronne de lilas dans ses beaux cheveux blonds, quelques rares diamants ce n'est pas la toilette, mais la femme dont l'entrée a fait sensation. C'est elle qui a partagé avec madame Judic le succès de la soirée.

Cette dernière, entourée d'une véritable cour, n'est guère arrivée avant deux heures dans son avant-scène. Au sortir dé sa première des Bouffes, il lui a fallu le temps d'endosser l'adorable costume que Grévin lui a dessiné tout exprès pour le bal des artistes et que. je vais essayer de vous décrire. V ̃

C'est une arlequine de fantaisie.

Figurez-vous, sur une première jupe de soie vert lumière, une seconde jupe de velours noir beaucoup plus courte, Sur ces deux jupes, une tunique* à tablier fendue des deux côtés, tunique chatoyante composée de losanges orange et pônceau coupés par des ganses de soie noire. Un corsage décolleté en carré devant et derrière, à basquine" noire, et tout en losanges, comme la tunique. Ajoutez à cela des bas de soie noire brodés aux coins de toutes les nuances du costume, des souliers de chevreau noir à talons rouges et à boucles d'or, des gants de chevreau noir boutonnés jusqu'au coude et un merveilleux chapeau de feutre gris mou surmonté de deux plumes de' coq ponceau -le coup et la tête enveloppés d'une gaze de soie noire transparente •>–et vous aurez une faible idée de ce coquet et spirituel travestissement ,jqui méritait bien tous les murmures admiratifs qu'il a provoqués.̃•̃.•

lit':

J*"

lime resté encore be'aùcoiip' d'autres -getrfriBs a r Riter; Tffflijaamgy-iSffynfr et t Naptal Arnault d'abord, graves et tristes (elles n'étaient pas là pour s'amuser !); madame Marie Laurent, très remarquable en fermière de mélodrame Dica Petit dans son magnifique costume de fiancée de Libres! –-tout ce" qui \reâtë ;"de la pièce de Gondirièt, hélas j mademoiselle Priola en robe d'opéra-comique d'une entière blancheur, avec des mar-rguerites dans les cheveux m'aimet-il ? passionnément! la petite Lodi, en Romaine, et la grande Bianca^ eaJParisienné madame Hamon en robe î>Ieue garnie de dentelles blanches Réiçlïemberg, en blanc naturellement -.on est ingénue, que diantre Deveriâ, avec t couronne de lierre, guirlandésde lierre, garnitures de lierre: je meurs où je m'attache Grandville en charmante toilette robe de gaze de Chambéry, toute garnie de jais blanc; Jeanne Bernhardt avec mademoiselle Mélita' Clairette-Guillot de Géraudon en' mariée (encore ?) Glotilde Collas, en manôla yâlérie, Marie Grandet, Chapiiy, niljistre Boule de gomme elle-même en Vanneuse, pas du tout vannée rna^dèmoiselle Klein des Variétés ne pas confondre avec le Klein des Fraises au cMmpagne,; Réglna Biondeau de VQiijM Stitii, en toilette de flirtation; les sœ'ûï's~T)orlia en Russes retour de Russi,eU Delphine deLizy en aimée plus un Î6t'aff'rôsiel*ôs d'ici, de jolies parfumeuseSy de lûepreilleuses et de gommeuses.- v

̃̃̃• ̃

Dans une loge,– loge infernal^ j.|– MM. Ortéga, Georges Petit, Henrj;,Cartier,Brinquant,P6ndevésse et autres paembres du Sporting.. Rencontré un peu, partout, MM, .Adolphe de Rothschild, Aston Blount, gàrcey, Jollivet, de Rougé, le docteur Fauvel, etc.,etcf, etc..

Vers trois heures du matin, les danses prennent des proportions formidables. Tout le monde s'en mêle. La critiqué înet bas les armes en faisant vis-à-vis à ses justiciables.

Deux valseurs se rencoiitrént sans s'en apercevoir du resté-– sur les pieds de mademoiselle Rose Marie.