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était beaucoup moins encombrante et moins dangereuse qu'un garçon. Les Nassau qui firent disparaître Anne de Saxe et, plus que probablement, se débarrassèrent dé Jean Rubens dix ans Élus tàrdi avaieht la conscience assez trge pour ne point reculer devant une substitution d'enfants. On m'objectera que mon système vieillit Rubens de six ans ?.Mais même son ëpitaphe laisse Siibsister des doutes sur son âge -véri-

jtablë.:

te. Ici tefibse

PP. Vierre-Paul Rubens, chevalier et. seigneur de Steen,

pis de Jean Rubens, sénateur de cette ville

Doué de talents merveilleux, très, docte et versé dans l'histoire ancienne, t Connaissant tous les arts libéraux e]t les secrets de la politesse..

fi mérita principalement d'être déclaré

,I'Ap~~Ie de'sg~~ siç~clé et de fous.Ies

i VA pelle de sgn siècle et.de tous les

Ages. "̃̃•

Ji se concilia les bonnes grâces des pionûrqiies et des hommes supérieurs. Philippe IV, roi d'Espagne et des Indes, le nomma secrétaire de son Conseil •privé et l'envoya dans la Grande-Bretagne en Ib29,miprès du roi Charles l", II eut le bonheur et la gloire de poser les bases d'une paix bientôt conclue entre les deux souverains.

Il mourut l'an de salut 1640

JLE 30 MAÏ, ÂGÉ DE SÔÏXANTE-QUATRÉ ANS. 1 On remarque que dans cette épita|phe il n'est question ni de la mère du défunt ni de son lieu de naissance. Enfin l'auteur, Gaspard Gevaerts, archiviste, neveu et ami de Rubens, vieillit •son oncle d'un an au moins. Est-ce une erreur Une distraction ? Peut-être bien. Mais ce sont précisément toutes ces erreurs, ces singularités, ces contradictions réunies qui nous autorisent à affirmer que le problème des origines et de la naissance de Pierre-Paul Ru|}ehs n'est point. résolu.

Horace van ©rf«L

LES MAÎNS

A Monsieur H, R.,

..r maître M chirblbgie, ̃Comme «ne flair offerte au baiser de la brise, 'Qui s'agite et frémit à la moindre surprise, Voici s'ouvrir la main.

Chacun de ses cinq doigts est un vivant peiaie. £ ière de sa beauté, sa corolle s'étale

Pour se fermer demain.

.voici t'index hautain qui châtie et commande,. I.e médius hardi qui s'avance cl demande

Le secret du devin.

l'annulaire paré d'çr et de perles roses,

]Le petit doigt malin qui connaît tant de cioaes Et le pouce divin.

Doigts ^fuselés perdus dans l'infini du reVet Doigts noueux du savant qui raisonne sans ̃trêve, El vous graciles doigts,

Qui semblez être faite de..grâce e1 de mystère, floigts ^mignons de l'enfant qui n'ites pas sut tiare Doigts yc&esles de vmttt

Mains que Tamour enfièvre et dont la moiteur grise, iMains tremblantes d'émoi que le Tnoin&rs efforl brise, Trop faibles pour oser.

JWams dontla^ paémiï ïïoù'ce et' 'tiède se SbstcHi f)è petits monts douillets. Paume, vous êtes celle Que guette le baiser.

jl/aîns qui Vous élevez ouvertes vers ïea nuea, jAl'e sentez-vous donc pas combien vous êtes nues? Et qu'au dedans de vous

Se gravent un à un et d'année en année

.l.es intimes secrets de Voire destinée,

Sous les regards de tous. j

LE CARNET DU BOUQUINISTE >• miiiurm.M .m, i

^Mémoires de la comtesse d'Agôult (1S33-1854) w

Marie-Catherine-Sophie de Flavigny naquit à Francfort-sur4e-Mein en 1805. Son père, qui avait été page de Marie-Antoinette, avait épousé pendant l'émigration la fille d'un banquier allemand. Celle qui deyait devenir la comtesse d'Agôult et se aire un nom dans les lettres sous le pseudonyme de Daniel Stern, portait en elle «ne hérédité double aux multiples contradictions. Comme l'a très finement dit M. Se Pourtalès dans sa belle étude sur Franz Liszt « Elle n'avait, jamais, très bien su nationalité de soH intelligence. » L'éducation catholique qu'elle reçut, d'abord au foyer, entre un'jjiére vbltâirtch et une mère protestante, puis au Sacré-Cœur, devait encore accroître l'instabilité de son esprit tout en développant ses sensibilités. Mariée en 1827 à un homme qu'elle n'aijnalt pas, elle ouyre, vers 1830, un salon littéraire à Paris. C'était le beau temps du romantisme dont tout'la prédispose à suivre avec ardeur les engouements. Sous une certaine froideur apparente, elle cache un cœur tumultueux (on avait dit d'elle Six pieds de neige sur vingt pieds de lave ») et ne tarde pas à s'ennuyer. Le k mal du siècle » a fait d'elle sa proie. Un homme paraît. C'est un artiste. il est tout jeune, beau, déjà presque célèbre, un peu dominateur. Dès la première rencontre elle est tout à lui par le cœur et la pensée. Après une courte résistance et des hésitations dues à la mort de sa fille aînée, elle quitte tout, famille, amis, situation mondaine, pour le suivre à l'étranger, Ce héros de roman, c'était Franz Liszt. Il avait vingt-quatre ans, elle en avait trente. Cette première partie de sa vie la com- tesse d'Agout l'a racontée dans le premier ,vp}ume de ses Mémoires, le seul qu'elle ait Achevé et qui a paru en 1877. Les manuscrits des tomes II et III, dont on possède le plan, ne nous sont pas parvenus intégralement. On eh a retrouvé, toutefois, dans ses papiers, d'importants morceaux ce sont eux que les fidèles exécuteurs de sa pensée publient aujourd'hui.

Pour fragmentaires qu'ils soient et un peu décousus, ces souvenirs n'en sont pas moins d'un très vif intérêt. Tout en nous aidant à mieux- Connaître cette femme de valeur, au cœur sincère, au caractère élevé, ils nous introduisent dans le monde où elle a vécu, parmi toutes les personnalités marquantes de son époque. Le livre débute par sa rencontre avec Franz Liszt, qu'elle dépeint ainsi « Il avait une taille haute, mince à l'excès, un visage pâle avec de grands yeux d'un vert de mer. une physionomie souffrante et puissante. » Puis elle conte l'éveil de leurs amours, les inévitables querelles et malentendus de'la passion naissante, enfin, après quelques hésitations devant une aussi grave décision, les circonstances du départ. Du mari pas un mot.

« Nous sommes jeunes, courageux, sincères et fiers, lui dit l'artiste. Il nous faut les grandes fautes et les grandes vertus. Il nous faut à la face du ciel confesser la sainteté ou la fatalité de notre amour. j_ (1) Calmaun-Lévy, éditeurs.

Pûames qui 4èvbÛet vos innombrables ïigtiea» Mà'm sètisSiVe et fotlt àà se perdent tes signes. Faite pour le frisson.

Mains sèches sans douceur, paumes calmes sans rides, Moires planes sans sillons, qui paraissez arides 'Comme' un champ sans moisson.

Mains, sans vous, le cerveau serait vaine puissance, Tous les bonheurs sont nés de votre obéissance, Mains, merveilleuses mains! f

©«tarières de l'art» semeuses de bien-être. Flambeau de l'avenir, dont la clarté pénètre Mu obscurs lendemains.

TVÎatid Lurcy.

lijy^ sur la mer grise

Sous ce titre, M. Auguste Villeroy va

faire paraître chez Mëssein ùii volume

où. le .lyrisme et l'esprit voisinent heureusement, et dont nous avons le plaisir de reproduire ces deux beaux sonnets

LA CHAISE A PORTEURS

Elle sommtille là, grise dans l'ombre grise, `

Tendre épave échouée au fond du salon clos, El sous le lustre rit comme un bruit de grelots, Douloureuse, elle songe à l'ancienne Marquise, Sylvia, qu'escortait à pied jusqu'à l'église

Léandre avec des mois tout mouillés de'sanglots c Amour lançait alors partout ses javelots,

Vénus croquait Un cœur comme une friandise. Doux temps qui reviendra peul-êirei Mais soudain, On ne sait quel orage échappé du jardin

Dhperee le parfum fané des •vieilles choses. Çesl qu'une autre Marquise est là. Dès son réveil, 7 été nue, elle fait manœuvrer au soleil

Sa torpédo, qui tremble entre ses deux poings roses, LES EGAUX DE CORNEILLE

Aux écrivains dramatiques morts

pendant la guerre.

Sous la iampe, parmi des litres et des fleurs, Comme on tressaille au 'bruit d'une robe connue, Vous, les dispensateurs des rires et des pleurs, Frères, vous attendiez la Cloire elle est venue. ''Non' id'Cteliè' aux hàisers'icn'dres et querelleurs'^

'^i'3ourilàu'ihéSlre'enjupc'd'ingéhuV,i[

Mais faétre, :la gaêrr&re aux tragiques"' pâléiir! · Qui' brandit une èpée immense dans nue. Poètes, vous rêviez de triomphes légers, Et Voici que, du fond de vos bois saccagés, V.ovs nous revenez dieux dans l'aube qui s'éveille. Car le devoir, dont la face vous apparut, [rôt! » En soupirant sur Vous dans Tombre ̃« Qu'il mouVous a faita tout à coup les égaux de Corneille. Auguste Villeroy.

EN BARQUE soleil sur les blés

Coule. Dans la rivière

Les saules accablés

Maigneni 'leur ombre entière,

Vn canbt, cygne noir,

"D'un Vol léger de rame

Raye le hlanc miroir

D'vn sillage de flamme,

i,a fille avec douceur ."̃

Sourit au paysage. A

En face, le passeur

Sourit nu fin visage.

.(••̃, «£*ur désir se rejoint '• ?, x lit ::<• ̃ ïBièntit, comme 'ieti'éiv'ts ^Mioîjuot i; .Qu^i réunit au loin < ?, rif-'l '-tle jeu des perspectives,

i£( laissant reposer

tyne rame inutile

L 'Amour cl$t d'un baiser

Les bouches et l'idylle.

Charles Dornier.

» Et les bras de Franz me saisissaient et Hi'é.treigaaient, tremblante.

» Grand Dieu! m'écrîaî-'je.

» Votre Dieu n'est pas mon Dieu, dit Franz, en mettant ma main sur ma bouche, il n'y en ipas d'autre que l'amour s> Tout cela est de bon romantisme, et de bon romantisme aussi le souci qu'elle a de se mettre toujours en belle posture. Elle plane au-dessus des contingences; elle ne fait aucune allusion aux trois enfants qu'elle a eus de Franz. Mais cette transposition sur un plan supérieur de tout ce qui la iouche pcrsonnelltment ne l'empêche pas de porter un jugement très net sur tous ceux, quelle fréquente au cours de ses nombreuses pérégrinations à Genève d'à-, bord, puis en, Italie. Eile se lie intimement avec George àSand en compagnie de qui elle fait cette expédition de Chamonix, dont il a été tant parlé. Puis, elle va la voir à Châlit -et le r-écit de ce séjour est un des plus amusants passages des Mémoires. Promenades à cheval, musique, causeries, alimentées par un perpétuel, enthousiasme « On voulait tout réformer, le théâtre, la poésie, musique, la religion, la société! s>

Puis ce. fut la fin de ces belles amours nées dans l'enthousiasme, et ,qui ne purent résister aux nécessités de l'existence, Franz Liszt étant de plus en plus accaparé par son art et ses triomphes. Rupture sans éclat, d'ailleurs, et, semble-t-il, sans déchirements. Elle est assagie. Elle rentre à -Paris, commence une carrière d'écriyain dont Emile de Girardin lui-facilite les débuts, ouvre un salon mi-littéraire mi-politique, dont elle est la reine très en- tourée, Il est fâcheux que ces Mémoires très vivants s'arrêtent là et n'évoquent pas à l'apogée de son succès cette femme ardente, complexe, imaginative et raisonneuse à la fois, qui fut parmi les plus origi.naîes de son temps.

Choix de poésies

de Fernand Gregh (1)

Trente ans d'une vie littéraire qui fut volontairement, obstinément une vie poétique six recueils qui en jalonnent le cours abondant et lyrique. L'heure était venue de résumer cette œuvre et cette vie en un volume accessible- à tous les, amis de la poésie. M. Fernand Gregh, sans doute, a préparé lui-même cette anthologie où chacun de ses livres est représenté à sa date par les pièces qui le caractérisent avec le plus de bonheur. On y retrouvera tous ces vers frissonnants de la Maison de l'Enfance qui, en 1896, dans leur fraîche nouveauté, parurent constituer le poème de l'âme adolescente, pleine de menues et profondes inquiétudes; ce Menuet, par exemple, qui passa plus d'une fpis pour être de Verlaine

La tristesse des menuets

Fait chanter mes rêves muets,

Et je pleure

D'entendre frémir celte voix

̃Qui vient de m loin, d'autrefois,

Et qui pleure*.

Mais bientôt le poète prend confiance dans la vie, qu'il aime à cause du mystère (1). Eugène Fasquelle, éditeur.

L'AUBERGE

Au bord du chemin l'auberge somnKfifie Et -ses Volets sont dos à demi"];;

II fait chaud et soif, entrons, mon ami, Nous désaltérer, au frais, sous la ireille. Nous y trouverons 'un aimable accueil 'r La treille est ombreuse, et l'hôtesse accorfc Entre les rosiers encadrant la porte Déjà nous sourit, debout sur le seuil.

Ici nous pourrons causer à notre aise, El pendant qu'ému je dirai des vers, ̃-̃•••

Tés regards distraits s'égareront Vers

L'hôtesse rieuse aux lèvres de fraise.

Nous demanderons dil-èe Ion vin girft ;.• Si doux àlamper quand la gorge est.rêche, e Et la belle ira, dans sa cave fraînhe, Querir le mctàr couleur' de rubis.. »'.

̃ ̃ <*̃ .̃̃

Mais nous ne boirons pas plus d'ûrie pinte Car. ce vin est iraUre,, cl traîtres aussi ̃̃̃ Les yeux de velours qui régnent ici;

Tu prendras bien garde à leur, douceur feinte,

Et tu me diras après, s! ju peux,

Quelle est la liqueur là plus enivrante t Le petit vin gris dont l'âme est ardente, Ou l'amour qui flambe au fond des beaux yeux. Jean Rebier.

Lectures françaises

n~i «f. .•̃̃̃ •̃!̃

QUELQUES REVUES

C'est La Bruyère qui l'a dit; mais combien d'autres l'avaient pensé, ou y songent encore la délicieuse amitié, celle que l'on réussirait à nouer avec une femme qui aurait l'esprit d'un honnête homme! Amitié pleine de ravissements subtils, de joies égales, et de sérénités tempérées; sentiment complexe et merveilleux, supérieur peutêtre à l'orageux amour parce qu'il est certain de lui demeurer tbùfoiii-s étranger. D?une telle amitié, cependant, connaît-on beaucoup d'ëxëtnpïés' ̃>• j

r*"1

̃' ;iv- '̃' COMME US! ROC DANS LES FLOTS. » C'est l'une de ces rares et exquises sympathies qui unit, pendant un demisiècle, à travers la différence des destinées, l'esprit inquiet et tourmenté de Pierre Loti à l'esprit tourmenté et incfuiet de la feue Reine de Roumanie qui, dans le domaine des lettres, voulait s'appeler seulement Carmen Sylva. A sa lointaine amie, Loti consacra tout un livre plein à la fois de vénération et d'humaine poésie L'Exige. Quand elle fut morte, il voua, pendant la guerre, une page magnifique à son souvenir. Mais de leur histoire, on ne connaissait guère davantage. Carmen Sylva ellemême a désiré d'en perpétuer la mémoire à l'un de ses confidents, M. Léopold Stern, elle a fait le récit de son amitié pour Loti. C'est pour se conformer son vœu que M. L. Stern le publie aujourd'hui dans la Revue de France. Loti n'était encore que l'auteur apprécié, mais discuté, de Pécheur > d!is lande, Ior8que,;ayant«di»^ un poèt m de Carmen; Sylva que Mlle Hélè/rie

Vacaresco avait traduit en français, il

pria la jeune poétesse de transmettre à la reine un exemplaire de son roman orné d'une « chaleureuse dédicace ». Bientôt, il était prié « de venir en Roumanie, en qualité d'hôte de la Reine « n accepta. I*ûrs de la première entre-»

même, de tous les mystères qu'elle recèle; il est obsédé par le plus grand de tous celui de l'âme humaine, qui cherche obscurément son accord avec les^ebloses.' Ge thème de l'inquiétude qui constitue en même temps notre npblcsse et notre tourment, ré&omic comme un chaut de- violon mélancolique et somptueux à travers ces recueils dont les titres seuls sont éloquents la Beauté de vivre, les Clartés humaines, l'Or des Minutes; c'est peut-être dans la belle Promenade â'Àalomne qu'on le troui va traduit avec plus d'intensité

J'ai marché longuement à travers la campagne, Sous le soleil rêveur que son ombre accompagne Comme la forme pôle, terre de son rcVc. Car tout ne trompe pas; car il n'est pas possible Que nos pleurs, devant ce beau soir, n'aient par.dà El ne répondent pas ailleurs à quelque chose, [causa, Que cette amplç bfîàulft'si douce et si sereine Ne couvre pas un. peu (If..bonté 5<?ulerrfljne, j El queamort $mii; wn/ifiM jdoulpi^c\s!s& çu joyeuse, Mais qui reste pour moi toujours' mystérieuse, Ne cache pas peut-être au plus secrel en elle Un mystère de plus qui la fasse éternelle! La primauté de l'homme sur la nature finit ainsi par s'affirmer; c'est elle que chante Fernand Gregh dans la Chaîne éteN nelle, qui rattache l'homme d'aujourd'hui à toute l'histoire de l'humanité. Poésie la fois éloquente et fine, douloureuse et optimiste! Elle traduit admirablement l'âme d'une génération celle qui eut vingt ans comme naissait notre siècle. Anatole France et Jean Racine ou la Clé de l'art francien

par Gabriel des Hons (1)

S'il fallait faire grief aux grands écrivains d'avoir emprunté ça et là à leurs devanciers une pensée ou une image, il n'en est pas qui pussent échapper à l'accusation de plagiat, Homère lui-même s'est probablement inspiré de chants populaires composés avant lui, et tous les poètes, tous les créateurs depuis ont fait de même. C'est ce que remarque spirituellement M. Charles Maurras dans la belle et judicieuse préface qu'il a écrite pour ce livre. Tous les génies sont tributaires du passé Sophocle construisait son HonVère confine! Anatole France a construit sur Racine c'est le droit strict de tous ceux qui écri- vent de « mêler lê; souvenir des livres au sentiment direct de la vie ». 'Telle est aussi"l'opinion de M. Gabriélj des Hons qui, dans cette nouvelle étude plus développée et plus approfondie que, a première, s'est attaché à montrer l'influence primordiale exercée par Racine sur Anatole France, à' mettre en lumière l'étroite parenté des deux écrivains, l'imprégnation de l'un par l'autre et la transsubstantation de l'un en l'autre qui en est résultée. Le travail entrepris par SI, Gabriel des Bous pour apporter la preuve de ses dires, témoigne dune connaissance peut-être unique de l'œuvre des deux écrivains. Avec autant de précision que d'ingéniosité, M. Gabriel des Hons met en ef- fet sous nos yeux une multitude d'exen> pies il rapproche les textes, les compare, les confronte. Après avoir retracé l'évo- lution racinienne d'Anatole France, il sou- ligne les traits de psychologie et de phy- siologie amoureuses communs à Racine et i à France il détermine les analogies de 1 leur langue, de leur art, de leur. poésie 1 (1) Armand Colin, éditeiy,

Vut?,* il apparut d'abord timide, contait la Reine, et assez semblable à « un escargot qui se renferme dans sa coquille ». Mais vite, entre ces deux êtres dont les âmes s'étaient devinées, rembarras disparut

II m'avoua plus tard, dit la Reine, que ma voix l'avait conquis. Ce qui m'avail attirée, c'étaient ses yeux, ses yeux qui contrastaient avec tout le reste de son être. Des yeux pleins de bonté, d'attachement, des yeux d'enfant dans lesquels on croyait voir toutes les douleurs qu'il avait rencontrées, toutes les larmes qu'il avait versées.

Elle parla de l'enfant qu'elle avait perdu; il parla de lui-même enfant, et de sa mère. Son hôtesse l'engagea à écrire tant de poétiques souvenirs; pour lui obéir, trois ans plus tard, il publiait Le Roinan d'un Enfant

La Reine prit ce volume dans sa biblio^ thèque et me lut cette dédicace ̃«. A Sa Majesté

la Reine Elisabeth de Roumanie. » Décembre 188.

» II se fait presque tard dans ma vie pour que j'entreprenne ce livre autour de moi déjà tombe une sorte de nuit; où trouverais-je, à présent, des mots assez frais, des mots assez jeunes? Je le commencerai demain eu mer; au moins essaie-

rai-je u y menre ce qu'il y a eu de meilleur en moi, a tme époque où il n'y avait rien de bien mauvais encore.

» Je l'arrêterai de bonne heure, afin que l'amour n'y apparaisse qu'à l'état de rêves imprécis.

» Et, à la Souveraine de qui me vient l'idée de l'écrire, je l'offrirai comme un humble hommage

de mon respect charmé. »

Bientôt, il revit la Reine, qui résumait ainsi les premières étapes radieuses de ce mutuel enchantement d'âmes « Une amitié basée sur une estime et une admiration réciproques nous unissait.

» Loti avait été notre hôte en 1887, au château Pélèche, à Sinaia, et, en 1890, dans notre palais, à Bucarest. Enfin nous nous revîmes Mipowr 'la dernière &>is»v<p«ndant t quelques jours, à Venise,, en 1891. C!est-.là seulement, aunirilieu de ce, cadre féerique!, que mon esprit, pourtant bien souffrant, mais toujours avide de tout ce qui est su. blime, eut l'occasion de reconnaître toute l'étendue, toute la profondeur cachée par Pierre Loti dans le tréfonds de son âme. Notre amitié était d'autant plus belle qu'elle avait été épurée par, l'alambic de deux consciences absolument sans taches et qu'elle ignorait toutes ces petitesses et toutes ces jalousies qui ternissent habituelleinent les relations entre deux écrivains. »

Mais un malentendu survint: dans l'Exilée, Loti, défenseur chevaleresque de la souveraine, avait ingénument provoqué plus d'un juste ressentiment; pendant près de vingt ans Carnien Sylva ne put « ni le revoir, ni lire une de ses lignes écrites ou imprimées », En 1908 seulement, Loti lui fit parvenir un exemplaire des Désenchanièes; elle lui envoya en retour une photographie où elle écrivit « Mille fois merci, et tout mon souvenir, comme un roc dans les flots. » Bientôt, elle offrit son roman Aliunde, et Loti répondit .Mon remerciement ému pour Aliunde que Votre Majesté a daigné m'envoyer et dont la lecture m'a laissé je ne sais quelle sérénité, hautq et en même itemps douce. ?Je l'avais lu, lentement à. mes, rares minutes de liberté; cela m'avait rappelé l'époque déjà si lointaine où, sur la gondole à Venise, Votre Majesté lisait des fragments du livre Livre de l'âme. Déjà plus d'un quart de siècle passé depuis ces soirs de gondole. Hélas! ma vie est presque entièrement derrière moi et la pensée qu'elle finira sans qu'il me soit donné de revoir

il nous fait voir enfin comment l'ironie de l'un procède du tragique de l'autre. Est-ce à dire que France ait plagié Racine ? Non, encore une fois. Ainsi que 1 écrit l'auteur dans sa conclusion, tous deux sont intimement reliés par les caractères essentiels de leurs tempéraments et de leurs talents. « Ils se rejoignent à travers les figes, dans la mesure et l'équilibre, li< raison harmonieuse, la grâce et la légèreté du génie attique, et dans la fusion intime qu'ils présentent de ce génie avçc le génie de notre race. France prolonge e R?cnie, le développe et l'épanouit. Ils 6 sont tous deux, éminemment, comme le dit Jules Lcmaîtrc de Racine Français de France, »

Les amants de Grenade J J' Par Manuel Acosta y Lara (1)

!;I^e nom'dc .Francis de, ^«.mandre

j 'qui nous devons la fidèle et élégante Ira-î duction de ce roman est'- d'un lioureux

'présage pour l'écrivain uruguayen Manuel

Aeosta y Lara dont le talent pittoresque méritait d'être connu en France. A la faveur d'une intrigue romanesque tout à fait captivante, ce. récit nous restitue la phy- siononiie du royaume de Grenade à l'époque où la domination mauresque s'étendait 1 encore sur le sud de l'Espagne. Il atteste chez son auteur un sens pénétrant de l'histoire et une riejiesse d'imagination qui excellent à faire revivre le passé.

Non loin de Grenade, au, milieu de la plaine, se dresse, comme une sentinelle avancée de l'Espagne chrétienne au seuil de l'Islamisme, le château de Castelmonte. (C'est là que demeure, entouré de sa famille .et de ses hommes d'armes, Don Gaspard de Nunez, comte de Rapida, descendant d'un des glorieux compagnons du roi Rodrigue, tandis que règne sur Grenade Youssef I*r, sultan magnanime et artiste. Un semblant de paix s'est établi entre les envahisseurs et, leurs voisins et ainsi s'explique que Don Gaspard ne craigne point de s'aventurer un jour dans la capitale musulmane. La description qu'en fait l'auteur, pleine de couleur et de vie, prélude à cette histoire. Toute une populace sordide faite de mendiants fanatiques et de truands se rue à la rencontre du gentilhomme espagnol et barre la route à sa voiture. C'est en vain que Don Gaspard tente d'échapper à ses assaillants. Des séides du Sultan lui donnent ordre de Je!s suivre et le conduisent au caïd Oyama, goiivernepr de l'Alhanibra. *'̃ Pour brève qu'elle ait été, cette arrestation a une cause secrète. Un drame, en effet, se joue dans l'ombre que nous commençons d'entrevoir au cours d'une fête magnifique chez le Sultan; Le comte de Rapida a deux filles, dont l'une, la belle Estrella, est aimée de Ualîd, le propre fils du caïd Oyama. Qlfun Maure ait osé lever les yeux sur son enfant, c'est ce que Don Gaspard ne saurait souffrir, et nous allons assister aux péripéties d'une lutte qui met aux prises deux religions et deux races. Victime de sa pitié et de sa tendresse, l'in- fortunée Estrella cède aux ardentes supplication de Uaîid et se rend à des rendez-vous clandestins. Elle disparaît, enlevée par des gens aux gages du Caïd et manque de périr au milieu de l'incendie

de la plaine allumé pour empêcher sa fui-

te. L'alid risque sa vie pour la sauver et, pendant qu'on la jette en prison, est en- 1 voyé en exil. Il abjure sa foi, se révolte et ii). librairie CewantèSi j

Votre Majesté, de réentendre sa voix, m'est cruelle à nies réveils.

Depuis Venise, que de choses orit changé en ma\ et autour de moi, que de chers visages sont morts! Et que de visages nouveaux ont surgi du néant.' '̃̃̃

Je me permets de mettre dans ma lettre ce portrait d'un sous-officier d'artillerie mon fils Samuel, le même qui, jadis, en tout petit enfant de six mois, eut l'honneur d'avoir son image posée sur la table de la Reine à Sinaîà. Je suis avec le plus profond respect, Madame, l'humble et affectueux serviteur de Votre Majesté.

PirrinE LOTI.

AulouïK de" là Reine, cependant, les mauvais souvenirs n'étaient pas effacés Pierre Loti ne revit jamais la lointaine amie dont sa lyrique maladresse l'avait, autrefois, séparé.

"̃̃̃•̃̃ i"i^ij-TA-i"r .̃;̃•̃ '-L:. ••'̃

'L

PETRARQUE ALPINISTE

Pétrarque, pareillement, ne fit qu'entrevoir celle qui, toute sa vie, lui remplit le cœur mais lui, c'est l'amour qui l'animait. Partout il emportait l'image vivante de Laure il la chantait aux flots, aux sources et aux bois se rappelait-on qu'il l'eût chantée sur la cime d'une de nos montagnes? Le 24 avril 1330 il accomplit, en compa-

gnie de son frère, l'ascension du mont Ventoux; c'est un souvenir qu'on a manqué de faire revivre récemment lorsqu'on commémora le poète du Canzone; M. Gabriel Faure, ému de cette omission, a décidé, magnifiquement, de la réparer, en montant, dans ces derniers jours du mois d'avril, au sommet du Ventoux et en y relisant la relation que, sur les lieux mêmes, Pétrarque avait écrite de son méritoire exploit. Dans le Mercure de France il rend compte de cette originale façon d'honorer un grand poète; son récit, par une ingénieuse attention, paraît en même temps aux pages de la Nuova Antologia, dans une excellente traduction de la comtesse Isoard-Savardo. Au quatorzième siècle,«les> montagnes étaient considérées avec une sortes d'effroi on 'ne les franchissait1 :qu^én irembiânt ou en pestant, et pour :les seules nécessités du voyage; Pétrarque, au contraire de ses contemporains, eut la curio-

sité de gravir le Ventoux « guidé uniquement, déclare-t-il, par le désir de voir la hauteur extraordinaire du mont ».

Le grand humaniste apparaît ainsi comme l'un des précurseurs de l'alpinisme moderne. Il y eut quelque mérite, atteste M. Gabriel Faure, car c'est à pied et par les sentiers les plus incommodes que, parti du village de Malaucène, il atteignit la cime du mont jusque vers laquelle aujourd'hui une route commode amène les automobilistes. Mais, auprès du Venteux, qui se souvient de Pétrarque?

Me voici à Malaucène, qui sommeille à l'ombre de ses immenses platanes, rejetons de ceux qui devaient déjà abriter le village, lorsque Pétrarque et son frère vinrent y coucher pour faire, le surlendemain, leur audacieuse ascension. Ce souvenir, qui me poursuit aujourd'hui, ne semble pas troubler beaucoup l'imagination des indigènes. Pas une auberge, pas un café à l'enseigne de Pétrarque. C'est 'poiirtaft*fd'ici que partit, avant le lever du Mîftrr^ei>$Jiis, illustre îles vfcj'ageurs qui SWlmvmt.au Ventouxj c'est ici que; le soir, fourbu, mais avec mie volonté de fer, il rédigea la lettre que j'ai .emportée dans la minuscule édition rareté bibliographique où Victor Dévelay donna, en loôt), la première traduction française. Pétrarque écrivit son récit tandis que l'aubergiste préparait un repas où, sans être sorcier, on peut supposer que figuraient

s'entend condamner à être muré dans le même cachot avec celle qu'il aime. Cependant, la générosité du Sultan les sauvera et ils finiront leurs jours heureux dans une retraite inconnue. Puis une légende se formera qui perpétuera au long des siècles les noms des deux amants de Grenade.

La Sculpture italienne

par Chartes Marceî-Reymond

La Peinture hollandaise

par Mme ClotSlde Brière-Misine (1) Avec La Sculpture Ualicnne et La Peinture Hollandaise,, 9a « Bibliothèque d'His- toire de l'Art vient de s'accroître de deux ouvrages fort, intéressants ,et pitto- resques, C'est à un érudit, M. Charles Marcel- •«eympn.d, fils de l'cminent et regretté historien qui u enrichi de vues si neuves et si justes notre coiSuaissaùce "de l'arf Ma- lien, qu'a été confié le soin de tracer un tableau d'ensemble de la sculpture en Italie depuis ses origines au douzième siècle, avec Antelami, jusqu'à Canova et à l'école actuelle. La science et la clarté avec lesquelles il s'est acquitté de cette tache, attentif à maintenir les proportions voulues entre les différentes périodes et les diverses écoles Je bonheur avec lequel il a su mettre en relief les caractéristiques de chacune, en particulier dv l'art de la contre-Réforme trop longtemps décrié, et les qualités de chaque maître, définissant, entre autres, ic génie dun Jacopo délia Quercîa, d'un Ghiberti d'un Donatello, d'mj Michel-Ange, l'élégance d'un Mino de Fiesole, la tendresse d'un Luca et d'un Andréa della Robbia la virtuosité passionnée d'un Bernin 1 heureux choix enfin et l'excellence des héliogravures qui reproduisent les chefsd œuvre commentés dans le texte, font de co livre un manuel parfait de la sculpture italienne.

Non moins savante et pénétrante est i'é. tude d'ensemble Mme Brière-Mismc familiarisée depuis longtemps avec l'art des Pays-Bas, a retracé l'histoire de la peinture hollandaise. A iuste titre on nVtt «<,«•

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ici par époques (tout le développement de cette peinture tenant en deux siècles) quelle en a classé les productions, mais par genres portraits et compositions dhistoire nationale (illustrés notamment par fh. de Keyser, M. van der Helst, Fraus nais), tableaux de mepurs (où «xceilent surtout Jah Steen, Brekelenkam, A, van Ostade, Terborch, Pieter de Hooch et l'exq«is \epneer), tableaux d'architecture (avec Dirck van Deelen, E.de Witte) peintures de nature morte et d'animaux (avec Heda, Sorgh, Metsu, Van Huysum, P. Potter, M. d'Hondacoeter, Asselyn, Fabritius) paysages (avec Van der Heyden, Venneer'

Van Everdingen, Wouwerman, Cuyp, Hob-

hema, Jacob et Salomon Buisdael, Tan de \*ldc, Van 'dei- Neer). Rembrandt, qui a touche à tous ces genres et les a portés au suprame degré de maîtrise, est montré ensuite dominant tout cet ensemble et l'illuminant du fulgurant éclat de son géni^ ayant la décadence finale de l'école au = c.ix-huitieme siècle. De nombreuses reproductions mettent en même temps sous nos jeux les principaux chefs-d'œuvre de ces maîtres et. comme dans le volume précé- ,I

dent, une bibliographie sommaire offre au

lecteur le moyen de compléter, s'il le défi) G, Vanoest, éditeur, 1

une omelette aux truffes et le ragoût de chevreau que comporte tout repas provençal de la saison.

Ainsi réconforté, sans doute, l'amant de Laure attaque les flancs du géant pierreux, la poche alourdie par un exemplaire de son livre de prédilection les Confessions de Saint Augustin. Installé sur le front chauve du monstre, il admira d'abord l'immensité de l'horizon n'est-ce point, en effet, pour la joie de ses yeux qu'il avait risqué l'escalade?

Se tournant d'abord vers l'Orient, Pétrarque contemple les Alpes et sa chère Italie qu'il revcrra, plus tard, du mont Genèvrè, quand il abandonnera définitivement Vaucluse, avec la- joie du patriote qui 'a puisé, dans les années d'exil, la netye conscience de sa nationalité.

Salve pulcra parens, ierrarum gloi-ia dojv'e! ¡, En ce jour d'avril 1336, il songe qu'il a quitté Bologne dix ans plus tôt et que ces dix années furent emplies de ses fautes et de ses péchés; -il se lamente sur ses imperfections jusqu'à ce que, averti par le soleil qui baisse et lui rappelle l'heure du départ, il regarde vers l'Occident. « On n'aperçoit pas de là, écrit-il, cime des Pyrénées, ces limites de la France et de l'Espagne, non qu'il y ait quelque obstacle, mais à cause de la faiblesse de la vue humaine. Je distinguais très bien, à droite, les montagnes de la province lyonnaise et, à gauche, la mer de Marseille et celle qui baigne Aiguesmortes, distantes de quelques jours de marche. Le Rhône était sous mes yeux. »

u esi la vue dont parie Mistral, quand il salue, dans Calendal, les collines du Dâùphi né, du Comtat et du Gard, pareilles à des vagues pétrifiées, et le Rhône menu comme un filet d'argent.

Devant ce merveilleux horizon, Pétrarque s'assied pour demander un conseil à son cher Saint Augustin. Hélas quelle ironique admonestation il reçoit!

« .Je tombai, conte-t-il, sur le dixième livre. Mon frère se tenait debout, l'oreille attentive. J'atteste Dieu et le témoin^ qui était près de moi, que mes yeux tombèrent sur ceci Les hommes vont admirer lès cimes des montagnes, les flots de la mer, les cours des fleuves, les évolutions de l'Océan, la marche des astres, et ils se délaissent pn-r-

memes. »

Stupeur et 'consternation! Pétrarque aussitôt, délaissant les merveilles qu'il avait sous les yeux, se replonge en sa conscience il y retrouve le tourment de son amour « irréprochable dans les actes, mais coupable dans les pensées »

Ce que favaîs coutume d'aimer, je ne l'aime plus. Je mens. Je l'aime toujours, mais moins. Je mens encore. Je l'aime, mais j'en rougis et j'en souffre. Je dis en.fin la vérité. Oui, j'aime! Mais j'a-imè ce que je voudrais ne pas aimer, Ce que je voudrais détester. J'aime, mais maigre moi, par force, et dans les larmes.

Des lors, c'est taciturne et méditatif qu'il redescendit du Venteux. Le 'soir meine, encore brisé de fatigue, il se hâta d'écrire la relation de son aventure. La paix et l'oubli qu'au prix .d'un si rude effort il avait demandés à la beauté des choses, il ne les avait goûtés, là-haut, qu'un moment par la faute de &&#Augustin^ par. la faute aussi de 1 amour et d'un trop cri'iè.1 souvenir, 4a naissance du româMîsme avortait en cette âme où feraienîaiî, eepeadant, tant d'avenir!

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i)E L'ESPRIT ;̃̃:

Ouverte avec une curiosité nns peu sceptique à tous ïes souffles de favèMr,

sire, par la consultalion d'ouvrages pJas détaiUes, l'enseigneinenl substantiel iBH| vient de lui être donné,

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Jamais Steudhal n'a été tant à rhoanieiir M ce nest pas ici qu'on Je regrettera jusUce est ?nfm rendue à un «ran-d écrivain qui, dAilIews, avait lui-njêiac prévu sa gloire iardîve. La belle c.t luxueuse édition établie par M. Henri Cyraî de ce cheM'œu- vre qu.esl Le Rouge et le Noir est d»n« «ss.ui-ee du meilleur accueil auprès des Jettrês comme auprès du grand public. Présentas avec .goût, imprimés en élégants £aracteres, ces deux valûmes sont ornés par lJanicl-Gu-ard d.c compositions ea couieurs .ou cet artiste de talent a évoqué, tes personnages célèbres du roman et Jes pavsages ou se déroulent &es principaux, épi- sodes. li suffit de feuilleter ces pages pomr que revive- flans notre mémoire la jeunesse ardente et tourmcnlée de ce Jançii/Sorel çn mc&stïn tragique conduit à l'échafaud et Us seront bien rares ceux qui pourront résister à ja joie de les relire

Jacques Patin.

PARMI LES AUTRES LIVRES ftojiANs. Nicolas Bdavoir, par le coin, te de Gobineau; les Colloques des Squares Roussquigui, Catherine de Médicis, par Maurice Beaubourg; V Alcôve, roman dC* .lourd hui, par Jacques Auburtin; la Charmeuse de 1 igres, romaa vécu au cirmie, par Alex Coutet; Frédéric Lecoq et ses six poules, roman montmartrois, par Charles ^uinel; Un Enfant qui demandait du pain par Rene-Gustave Nobécourt; On en prend a waves. par Ph. Fauré-Fremiet; la Chaste infidèle, par Louïs-Jeajti Final.

Poésies. Poésies, par Pierre têiijr*; f&TpiLlTvms 9arçm> poème' par*:

Jêi1e l>i.cal'd.

I4VIU5S divehs. Dostoïevski Lettre

â sa jeartnze L2 Y.), traduction de W. Biens-

l?ï il?iaVre^ Fr<mWi* Mauriac, a^ une biMiograplnc, par Samuel Silvestre de & (^œiwJaP°nais> par Félipien Chailave, les Borgia, par Giuseppe Portigliotti les Caractères de ce temps le Marin, par Maurice Larrouy; Tristan, par Thoam Mann, traduction de G. Vallèr^iîle- il Jiechn dune civilisation ou la Fin de la Grec* antique, par Corrado Barbasalto raduction de Georges Bourgin ;Maaufs cu'telles des Chinois, par, Arthur H. Smftfi D. D., traduction de B. Marva et du lieutenant-colDneî de Fonlongue"; le Duel des Sexes, par Jean Pain; Aperçus (le Corrélatwismei par Emile Bruni; Bernard Shaw Bréviaire du Révolutionnaire, par John îiïinr\mf?lbnt de la classe rïche ̃«««* (Aï. h. U. o.), version française, par Augustin et Henriette Hamon;* Etat présent des études rabelaisiennes, par Jean Plattard les Puritains du Désert, par André Chevrillon, de l'Académie française Anatole l'rance, d'après ses Confidences et ses Souvenirs, par Michel Corday Bek romantiques à nous, par Pierre Lasserre'la Rue de la Paix, par Paul Rebonx; le Sàu- vemr et la Vie, par Gaston Auvard; Dans l'herbe des Trois Vallées, par Henri Pourrat Femmes héroïques: les Sœurs grises canadiennes aux glaces polaires, par le R. P. Duchaussois; l'Eglise et le Problème de la famille, IV l'Ecole et le Foyer, par

le R. P. Couleiç Pcndartt la tourntertlë

(1914-1918) trance et Pologne, par Loujs

Bipault,