Rappel de votre demande:


Format de téléchargement: : Texte

Vues 1 à 1 sur 6

Nombre de pages: 1

Notice complète:

Titre : La Croix

Auteur : Groupe Bayard. Auteur du texte

Éditeur : La Croix (Paris)

Date d'édition : 1911-02-23

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 104176

Description : 23 février 1911

Description : 1911/02/23 (Numéro 8567).

Description : Appartient à l’ensemble documentaire : Pam1

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k257925w

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb343631418

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 66 %.
En savoir plus sur l'OCR


Advemat regnum tuum

Dieu protège la France!

Jeudi 23 février. SAINT PIERRE DAMIEN MERCREDI 22 FEVRIER 1911

La journée Nous sommes heureux de publier des détails autorisés sur la nomination de Mgr Capmartin à l'évêché d'Oran.

La Chambre en a enfin terminé avec la discussion du budget de l'instruction publique. «

Elle poursuivra jeudi celle du projet de construction de deux cuirassés, auquel les socialistes entendent faire une violente opposition.

La Commission chargée d'étudier les conditions de la désaffectation des prisons de Saint-Lazare et de la Petite-Roquette, et de leur reconstruction sur un autre emplacement, est d'avis qu'il convient de construire, non un seul, mais deux établissements cellulaires l'un pour les jeunes garçons, l'autre pour les femmes, mineures et adultes séparées.

La Compagnie des chemins de fer de l'Etat a supprimé. sur le réseau, un cer- tain nombre de trains.

>il<

Le docteur Brengues a été condamné, comme assassin de l'astronome Charlois, aux travaux forcés à perpétuité, par la Cour d'assises des Alpes-Maritimes. En dépit des invites de la presse radicale italienne, il est de plus en plus certain que Guillaume II n'ira pas à Rome.

D'après certains bruits non confirmés, un mouvement royaliste se serait produit à Guarda, ville du nord du Portugal. Le ministre des Travaux publics aurait été criblé de balles.

Les Irlandais ont déclaré qu'ils n'assisteraient pas au couronnement de George V, la liberté de leur pays n'étant pas encore assurée.

Le conflit russo-chinois est terminé par une amende honorable de l'empire du Milieu. A Saint-Pétersbourg, on est enshanté de ce résultat.

Les troupes turques marcheraient de l'avant dans l'Yémen.

ROME

A la Congrégation des Rites

(Par dépêche de notre correspondant particulier.)

La Congrégation des Rites a reconnu la validité <tes procès diocésains pour la béatification des quatre Filles de la Charité et des onze Ursulimes de Valencienpes exécutées à Cambrai, puis du piroeès diocésain pour les miracles du bienheureux Théophile de Corte en Corse, enfin du procès de non culte pour la vénérable Caroline Colcheo Carré de Ma-ltoerg', foridat-rice des Fililes de Saint-François de Satles.

^̃X'yv^-

Le Patron universel

LA dévotion grandissante à samt Joseph réalise les oracles qui noue promettent que but le déclin ûa monde, l'on fera magnifiquement paraître toutes les grandeurs de gaiat Joseph, et que le Saint-Esprit excitera le cœur des fidèle.-» à exalter la gloire de ce ?eint persamna'ge. Les miracles destinés à développer la dévotion à saint Joseph sont de tous les jours, ils sont d'ordre temporel ut d'ordre spirituel il est le protecteur tout-çiuissaint de tous, celui qui fut le protecteur de l'Enfant Jésus. Nous exprimons ces pensées comme une préface des petits livres choisis qui aident les Mèlles à bien faire le mois de saint Joseph.

Nous rappelons ceux que nous aivons éditée. Ce sont le Mois très excellent et très théologique du regretté M. l'abtoé Naida!, doyen du Chapitre de Valence le Mois du P. JeaOToy (rupiportà iwtv la dfévotion au Sacré-Cœur de Jésus) le Mois connu de saint Joseph, par l'ainbé Laurençon r liat^un 0 fr. 50, iport, 0 fr. 10 relié 0 fr. 75, port 0 fr. 15 et enfin, le Mois, précieux sous to forme populaire, dit à l'usage des personnes occupées, prix 0 fr. 10. Relié, 0 fr. 25 .port, 0 fr. 05.

Litanies de saint Joseph et prière à saint Joseph 10 exemplaires 0 fr. 10, port 0 fr. 05 le 100 0 fr. 80, port 0 fr. 10 ie 1 000 7 f rames, port 0 fr. 30.

Il est urgent de faire, ces commandes ©our le 1" mars.

Lettre ouverte

de Mgr Gieure évêque de Bayopne

à M. le ministre de l'Instruction poDiip Monsieur le ministre,

Après avoir cité une parole dont vous attribuez la paternité à Louis Veuillot, et dont vous n'avez d'ailleurs pu justifier l'authenticité, vous dénoncez l'évêque de Bayonne (séance du 16 février à la Chambre des députés) comme ayant condamné l'enseignement neutre. Cette découverte vous "a fait frémir, et vous avez essayé de faire partager votre indignation ipar vos collègues de la Chambre. Vous avez lu cinq lignes de la lettre criminelle. Quel dommage que vous n'ayez pas tout lu, comme les députés vous y invitaient

Mais oui, Monsieur le ministre,' j'ai condamné l'enseignement neutre, non pas une fois, mais vingt fois. Les évêques de France l'ont à l'unanimité condamné.

Mais, avez-vous pris garde que d'autres encore l'avakmt condamné ? '? Votre compagnon de ministère, Monsieur Lafferre, a écrit

Si la neutralité était admise vis-à-vis de la théocratie et de la République, elle serait une trahison envers te pensée laïque et la démocratie.

M. Aulard, qui a plus de crédit que vous sur le personnel universitaire soit dit sans vous offenser, a écrit La neutralité est une blague, un trompe- d'œil, un mot vide de sens.

M. Jules Simon a dit

II n'y a pas d'école -neutre, parce qu'il n'y a pas d'instituteur qui n'ait une opinion religieuse ou philosophique. £'il nen a pas, il est en dehors de 'l'humanité c'est un idiot ou un monstre. S'il en a une et qu'il la cache pour sauver ses appointements, c'est le dernier des 'lâches. M. Viviani, ministre d'hier, a écrit La neutralité fut toujours un mensonge. Certes, elle fut peut-être un mensonge nécessaire. On poursuivit, cette chimère peur rassurer quelles" ttaiKtités fKfflt' la coalition eût fait obstacle à la loi. On vous parle de la neutralité scolaire ? Mais il est temps de dire que la neutralité scolaire n'a jamais été qu'un mensonge diplomatique et une tartuferie de circonstance. Nous l'invoquions pour endormir les scrupuleux ou les timorés. Mais maintenant, il ne s'agit plus de cela jouons franc jeu nous n'avons jamais eu d'autre dessein que de faire une Université antireligieuse, et antireligieuse d'une fanon active, militante et belliqueuse.

Sans doute, pour les besoins de la cause, M. Buisson dira que c'est une opinion parfaitement erronée. Mais il oublie que lui-même écrivait en janvier 1910 dans le Manuel général de l'Instruction publique

Un pays qui rêverait d'avoir de tels maîtres (des instituteurs neutres) mériterait pour sa honte de les trouver. Ne parlons donc pas d'un instituteur qui serait par état un cœur neutre et un esprit nul, un être effacé et fuyant, celui qui dirait Messieurs, ami de tout le monde. Un instituteur a charge d'âmes on lui demande de contribuer à former l'homme et le citoyen dans l'enfant.

C'est d'ailleurs ainsi que l'ont compris bon nombre d'instituteurs qui, pas plus que les évêques, que MM. Aulard, Lafferre, J. Simon, Viviani, Buisson, vousmême sans doute, Monsieur le ministre, et tant d'autres dont nous pourrions citer le témoignage, ne se sont pas trompés sur le sens véritable de la neutralité. Comme M. Viviani, ils n'y voient qu'un mensonge nécessaire, diplomatique, une tartuferie de circonstance. Ils s'appliquent à former l'homme et le citoycrv dans l'enfant, selon la méthode de M. Buisson.

Ainsi, dans les Basses-Pyrénées je ne cite qu'un cas, le plus éloquent sans doute, mais j'en pourrais citer d'autres, dans les Basses-Pyrénées, un instituteur, celui de Herrère, enseignait des choses comme celles-ci

Jésus-Christ n'est pas Dieu il est un homme comme les autres les miracles qu'on lui attribue sont de pures fables c'est être simple, imbécile que d'aller se confesser. Les prêtres se rient bien de ceux qui se présentent à eux. Le Pape n'est pas infaillible. Les curés font de la religion un commerce, un marchandage. La religion chrétienne, que les hommes instruits abandonnent de plus en plus. n'a été et ne sera qu'une cause de ruine pour les nations.

Les pères de famille se plaignent par trois fois à 'M. l'inspecteur d'Académie. Point de réponse. Dans les journaux, l'instituteur reconnaît l'authenticité des propos, s'en vante et brave l'autorité. Enfin, on fait une enquête les faits sont reconnus exacts. Et c'est tout. Il y a de cela deux ans. L'instituteur est toujours à son poste, son école est vide ou à peu près. o,-ez Mons~ieur le mini.-gi.re,

Vous le voyez, Monsieur le ministre, on en a fini avec les mensonges diplomatiques et les tartuferies de circonstance. Nous avons la véritable neutralité, non pas celle qu'à la tribune française Jules Ferry et P. Bert promettaient sur le mode onctueux mais celle de Jules Ferry s'écriant dans les Loges que la morale sociale pouvait enfin jeter ses béquilles théologiques et que le théologisme contemporain n'était que l'embrigadement général de la sottise humaine de P. Bert, disant dans une réunion de Frères et amis que l'enseignement catholique devient aisément et

quasi fatalement l'école de l'ii)%bécillilé, du fanatisme, de l'antipatriolisme et de l'immoralité.

Je sais bien qu'à la tribune vous dites que le pays est calme, que les adversaires de l'enseignement neutre se heurtent à l'indifférence du public, que les instituteurs sont admirables de tenue, de discrétion, qu'ils respectent la conscience de l'enfant. Voilà ce que l'on vous dit et ce que vous répétez.

La réalité est autre dans les BassesPyrénées. Partout où l'instituteur est respectueux des croyances et ne se transfonme pas en courtier électoral, règne la paix la plus profonde. Mais là l'instituteur est provocateur, là où il fait de la politique, là où l'instituteur est neutre dans le sens indiqué par MM. Aulard et Buisson, là il y a .la guerre et, hélas c'est dans un grand nombre de communes. Vos inspecteurs ne sont pas les derniers à engager cette guerre et à l'envenimer.

Le 5 février dernier, le Comité radical et radical-socialiste de notre département s'est réuni à Pau, car, vous le pensez bien, nous ne saurions manquer d'uu tel Comité. Il a voté la motion suivante Le Congrès fédéral radical et radicalaocia.liste, tenu à Pau le 5 février 1911, après s'être rendu compte de la lutte scolaire sur les divers points du département, constate, avec autant d'indignation que de regret, que, malgré le bon vouloir de l'administration préfectorale et académique, l'Eglise semble être plus puissante que le gouvernement dans les BassesPyrénées, et exprime le désir que le gouvernement et les Chambres prennent les mesures nécessaires pour que cette situation scandaleuse soit renversée.

Il y a du vrai dans ces doléances. Ces Messieurs veulent que 'l'instituteur soit un agent politique, anticlérical, un courtier électoral. Et là où l'instituteur s'est laissé faire, il a provoqué les divisions, la lutte le plus souvent, il s'est fait battre. Les parents entendent que l'instituteur reste à l'école et ne se mêle pas de politique, surtout de religion. Je sais bien, Monsieur le ministre, que nous n'avons pas la même menta- lité je parle en catholique, en évêque vous êtes protestant libre penseur La bataille engagée sur les questions sco- laires n'est au fond qu'une question religieuse, menée et dirigée par les protestants vous, M. Buisson, M. Doumergue, AI. Steeg et j'en oublie tous protestanj^ libres penseurs, ennemis déclares delà religion catholique. Vous avez perdu vos dieux et errez à l'aventure, sans doctrine, sans morale, sans principes. Et alors vous nous proposez de mettre sur la même ligne les "divinités païennes et le Dieu des chrétiens vous nous offrez de donner égal droit de cité aux dieux imaginés par la libre pensée et à notre Dieu, Notre-Seigneur JésusChrist.

Tout cela n'est pas possible. Nous sommes des croyants, nous, et nous ne laisserons pas infliger à notre religion de telles flétrissures.

Quand demain, impatients d'arriver à vos fins, vous voudrez nous forcer à incliner nos cœurs et notre volonté devant des lois attentatoires à notre foi et à notre conscience, ces lois, fussent-elles sanctionnées par des amendes ou de la prison, vous entendrez notre réponse Non, nous n'obéissons pas. Nous ne le pouvons pas.

t Fr.-M. Gieure,

évêque de Bayonne.

GAZETTE La carrière du journalisme

Pourquoi les journalistes, qui font les réputations, défendent les- réformes utiles, signalent les abus et prépaient de cette manière, le travail législatif, ne penseraient-ils pas un peu à eux-mêmes Telle est la question que posent certains de nos confrères, MM. Unbain Gohier, Lafag-e et le rédacteur en chef de Vlntransigeant, M. Bailby.

A force de travailler pour les autres, les journalistes n'ont ni le loisir, ni la place, ni le moyen de penser à eux-mêmes. Et quand il a ainsi rempli ses vingt ou trente ans d'un travail écrasant, le journaliste découvre ou on le découvre pour lui, qu'il est usé, vidé. fini. Il lui reste souvent l'hôpital, ou l'hospitalité de nuit. Cette situation est plus choquante encore aujourd'hui où tout le monde se fait journaliste, où députés, fonctionnaires, ingénieurs, directeurs de théâtre, acteurs, prennent la plume pour venir nous expliquer leur état d'àrne.

Aux fonctionnaires, Gohier déclare donc avec sa logique implacable « Vous venez, avec la sécurité de vos places acquises. nous prendre les nôtres. Alors réserveanous un coin dans vos rangs. Obtenons, nous journalistes, qu'on nous accorde, sur la liste des emplois vacants, un certain nombre de fonctions, où nous rendrons des services, et où nous attendrons l'heure do la retraite. »

L'idée est nouvelle, elle se présente sous une forme originale, mais pourquoi ne la prendnaient-on pas au sérieux ? on y prend tant de choses qui n'en varient pas la peine 1 Celles qu'on décore

Parmi les titulaires de médailles accordées pour actes de dévouement, l'Officiel enregistre les noms suivants

Mlle Bastet (Marie-Louise), Sœur infirmière à Laghouat

S'est distinugée à divers titres au cours de l'épidémie de typhus de 1910. Mlle Fournier (Madeleine),

Mlle Ribes (Annette),

Sœurs infirmières à Laghouat pendant l'épidémie de typhus de 1910, ont dirigé et assuré le service du camp d'isolement. Ont contracté la maladie en prodiguant leurs soins aux malades.

Mlle Barrault (Marie-JoséphmeK

Mlle Demettre (Marie-Amandas

Soeurs infirmières à Ghaniaïa soins dé-

voués aux malades indigènes atteints du s typhus (avriil à juillet 1910). t II y a des moments où le « cléricalisme » I a du bon. p Neutralité scolaire

La libre pensée de La Rochette (Savoie) l vient d'ouvrir une souscription pour l'achat e d'un drap mortuaire rouge. t Et quatre instituteurs sont, dit le Travail- r leur d'Aix-les-Bains, commandés pour en 1 prendre livraison f C'est l'impiété poussée jusqu'à l'aberra- <= tion. La vraie Joconde

Il y a, paraît-il, trois « Jocondes » qui se s disputent les droits à l'authenticité: celle c du Louvre, celle du Prado, à Madrid, et ` celle du collectionneur Carré, à Paris. f Elles se ressemblent beaucoup. Mais quelle est la vraie, celle où s'est appliquée I la main émue du maître ? Quelle est la l première pensée, quelle est la réplique du t maître ? Ou bien y a-t-iJ une copie d'époque attentivement traitée par un élève du maître ? `! i L'affaire est engagée. ( Un vrai tambour-major j

Le général Brun, qui n'est pas jjf&uni, rêve, pour la garde républicaine, d'un tambour-major gigantesque. Et le 13 mars ( prochain, s'ouvrira un concours pour l'em- ploi de « manéohal des logis chef tambour- major à la légion de la garde réputoli- caine ».

Pour y prendre part, il faut être sousofficier et avoir dix ans de service. En'suite, an doit pouvoir énuimérer les différents coups de baguette en les décomposant fias, ras, tras, roulement, etc. battre à vue un pas redoublé. Voilà pour le tambour. Pour le clairon, énumérer et expliquer les exercices, écrire au tableau une sonnerie, déchiffrer une leçon de solfège et connaître la thérorie musicaile préliminaire. Puis encore, avoir plus de 1 m. 80 de taille, et une grande adresse dans le maniement de sa canne ?

Lui donnera-t-on le grand bonnet à poil ?.

Une république sans président

Dans l'énorme Russie d'Asie, on trouve de tout, même une république.

Dans le cercle de Primof au sud des montagnes de Bogaliadsa, à l'ouest de Sichotaalin, sur les bords du fleuve Iman, affluent de l'Oussouri, est venue s'établir une popu- lation de quelques milliers de chasseurs, les uns de race blanche, les autres Mongols. Ils habitent un pays entouré de forêts, à 400 mètres de Vladivostock, et s'intitulent « République de l'Iman ». La polie-e russe lie s'est guère occupée d'elle jusqu'ici, et la République de l'Iman se gouverne par des lois consenties mutuellement.

On joue énormément dans cette Repu- biique, mais les jeux de hasard n'y règnent que pendant un mois, du 15 novembre au 15 décembre. Le reste de l'année, ils sont interdits, sous peine d'amendes et de coups de bâtons. Les vols sont punis de mort. Tout propriétaire d'une maison est tenu d'avoir un chien pour concourir à la garde du pays. L'étranger tie passage a le droit d'être hébergé gratis, n'importe où, pendant trois jours, et ensuite il est taxé modérément.

Un des gros inconvénients du voyage à travers cet Etat à demi anarchique, actuellement, c'est qu'on y est tout près du paya de la peste.

Diffamateurs de prêtres condamnés Le tribunal correctionnel de Nice a condamné la Lutte sociale à 100 francs d'amende et à 200 francs de dommagesintérêts pour diffamation envers M. l'abbé Coulanbrier, cure à Touet-Esoarène. L'insertion du jugement a été, en outre, ordonnée.

M. l'abbé Perramond, curé de MontignacToupinerie, desservant Armillac, diffamé en séance du Conseil municipal de cette dernière commune par M. Laboulie, conseiller municipal, a poursuivi celui-ci en dommages- intérêts.

M. Laboulie a été condamné à 25 francs de dommages-intérêts et aux dépens. Un sanctuaire français à Londres vient de disparaître De notre correspondant particulier de Londres

Il y a quelques semaines, je vous annonçais la mort de Mgr Toursel, chapelain de l'église Saint-Louis de France, à Londres. Aujourd'hui j'ai le regret de vous faire part de la fermeture de ce sanctuaire historique et vénéré qui n'aura pas survécu longtemps au dernier pasteur qui l'a desservi. Tout le monde a été péniblement ému de la soudaineté avec laquelle la catastrophe tinale est arrivée. On s'attendait à un dénouement moins brusque. Beaucoup de fidèles espéraient que les Pères Assomptionistes français de Bethnal Green, qui, pendant la longue maladie de Mgr Toursel, l'avaient suppléé avec un zèle aussi ardent qu'intelligent, continueraient à desservir la chapelle Saint-Louis au moins jusqu'à la lin du bail, lequel n'expirera que dans deux ans. Vain espoir Le dimanche de la Septuagésime, un avis conçu en quelques mots très secs, sans aucune signature, était apposé à la porte de la chapelle, et informait le public qu'à partir de ce jour elle serait fermée et que les offices n'y seraient plus célébrés. Informé de cette triste nouvelle, je courus le lendemain, dans Little George Street pour revoir une dernière fois cette église dont j'avais été pendant six ans le fidèle paroissien. Quel spectacle m'attendait Déjà les déménageurs étaient à l'œuvre, et avaient enlevé des murs tous les tableaux qui les couvraient. D'autres faisaient disparaitre les mobiliers. Telle Albe-la-Longue lorsque le Sénat romain en ordonna la destruction pour transporter à Rome tous ses habitants. Mon imagination évoqua en 'un instant le souvenir de tous les événements dont ce modeste mais historique sanctuaire avait été le témoin d'abord sa fondation en 1793 par des prêtres émigrés puis les princes de la maison de France, les évêques exilés, les nobles émigrés assistant aux offices, et chantant le Domine Satvum fac regem avec un enthousiasme impossible à décrire ensuite, les différentes dynasties .qui avaient régné sur la France venant s'agenouiller successivement au oied de

son autel, à mesure que le vent de la Révolution les chassait de leur patrie le comte de Paris, son frère et ses cousins y recevant leur première Communion, le prince impérial y faisant sa dernière confession. La vue de l'humble chaire qui, dans quelques heures, allait disparaître à son tour, me fit songer que tous les grands prédicateurs de France, à la seule exception du P. Lacordaire, y étaient montés tour à tour pour prêcher le Carême. Je me reportai aux jours antérieurs à 1865, lorsque la chapelle Saint-Louis était la seule église française de Londres, et qu'à l'issue des offices, en entendant autour de soi la douce langue maternelle, on éprouvait un instant la délicieuse illusion du retour dans la patrie. Tout cela n'est plus. La chapelle Saint-Louis repré sentait les ruines de la vieille France, puisqu'elle avait été fondée par des émigrés, débris de l'ancienne société. Aujourd'hui les ruines elles-mêmes ont disparu. Etiam periere ruina.

m1~

Lnoiivellifrp flfi Comme nous l'avons annoncé hier dans notre seconde édition, le Saint-Père vient de nommer à l'évôché d'Oran M. le chanoine Firmin Capmartin, curé-archiprêtre de La Hôole, dans le diocèse de Bordeaux. C'est luudi matin que Son Emmenée a reçu de Rome cette heureuse nouvelle, et c'est mardi matin qu'elle l'a communiquée de vive voix au digne et sympathique archiprêtre. JI s'en est montré bien surpris, car il n'en avait aucun pressentiment, et, à la suprise se mêlait l'effroi dont les âmes les

flgr CAPMARTIN

plus fortes ne sont pas exemptes. Mais. après la parole de l'humilité, quomodo fiet istitd, le nouvel élu n'a pas manqué de faire entendre la parole de l'obéissance. Fiat ̃mihi secundum verbtim tuum.

Pendant le déjeuner qui a suivi la remise de la lettre de nomination, et auquel assistaient les membres de la famille archiépiscopale, S. Em. le cardinal-archevêque a félicité le nouveau prélat en ces termes « Cher Monseigneur, laissez-moi vous dire combien nous sommes heureux, car je suis l'interprète de toute la famille sacerdotale, du choix dont vous venez d'être l'objet. Il vous honore et nous honore d'autant plus qu'il émane d'un Pape qui continue à merveille les grandes et saintes traditions de la Chaire de Pierre.

» Vous connaissez déjà l'Eglise que vous êtes appelé à évangéliser et il vous sera doux de retrouver, chez elle ou près d'elle, des souyeniirs comme ceux de Perpétue, de Félicité, de Monique, ,de Cy,prien et d'Augustin elle ne vous connaît pas encore, mais quand elle verra quelle piété douce, quel zèle actif, quelle ipairole chaudie, quelle bonté affable, quelle sagesse prudente, quelle fermeté couirag-ause, quelle modestie sincère le ciel vous a donnés, elle ouvrira largement son cœur à l'allégresse, à l'action de grâces et à l'espérance elle comprendra que -nous vous avons beauooup aimé pendant que vous étiez au milieu de "nous, et beaucoup regretté au moment de votre départ. Je dis départ et non séparation, car 'nous resterons unis par des liens que rien ne peut briser, puisque l'amour est iplifs fort que la raor>t.

» Après avoir joint leur suffrage à mon suffrage pour vous élever, les prêtres véné-' râbles qui m'entourent joignent leur prière à ma prière pour vous aider à porter le poids des responsabilités «piscapalies avec la même sollicitude, 'la même vaillance que le poids de^ îvs-pnnsabilités ouriales ils joignent aussi leum vœux à mes vœux qui se résument en ce moment dons celui que vous formulerez vous-même à l'adresse de votre eonséarateur le jour où il fera couler sur votire tête et sur vos «raies l'huile des Pontifes Ad multos annos. » Le nouveau prélat s'est levé et d'une voix entrecoupée par les sanglots- il a remercié avec effusion Son Eminence et MM. les vicaires généraux. Il n'a pas caché qu'il se sentait écrasé pair la nouvelle de ison élévation, et avec des accents dans lesquels il a mis le cœur et la foi qu'on lui connaît, il a dit « Puisque Dieu parle par la bouche de son vicaire, j'acoeipUj, tout indigne que j'en suis, l'honneur qui m'est fait et je me donne sans réserve à l'Eglise d'Oran comme je une suis donné à toutes les paroisses où mes supérieurs m'ont envoyé. Puissè-je être pour l'illustre et déjà c<hèr diocèse que le Ponce des pasteurs me confle un évêque. tel que le Saint-Père la désire et tel que les circonsta/nees le réelament. »

Mgr Firmin Ga<pmartin naquit le 22 juillet 1855, à Cenon, près Bordeaux. U fit des éludes brillantes au Petit et au Grand Séminaire. Ordonné prêtre le 20 décembre 1879, il fut successivement vicaire à Saint-Estèphe, à La Réole, et à Sainte-Croix de Bordeaux. Il devint ensuit^ desservant de Lerm et curé doyen de Captieux, où il passa près de treize ans et où il était, on peut le dire, l'idole de sa paroisse.

S. Em. le cardinal Leeot l'avait nommé, peu de temps avant sa mort, curé archiprêtre de La Mole, et chanoine honoraire de la Primatiale.

La situation actuelle

de l'élevage en France

Du compte rendu d'une récente séance de la Société nationale d'agriculture, extrayons les renseignements suivants, réunis dans un rapport présenté à cette Société par M. M. Vacher

D'après les statistiques les p4o* autorisées, notre cavalerie passe de -3 215 650 tôtes en 1908 à 3 236150 en 1909, soit urne augmentation de 20480 têtes. Cette augmentation concordant avec les progrès de l'automobile comme moyen de transport, surprendra bon nombre de personnes, d'autant qu'à Paris le total des chevaux a passé de 91261 en 1909 à 75 463 en 1910, et que la Compagnie des omnibus à elile seule n'a plus que 9 449 chevaux en 1910 contre 15 823 en 1909. Si l'on examine de près les statistiques, on remarque qu'il y a dimi.. nution dans l'élevage du cheval léger t et c'est précisément le fait du développement de l'automobile et augmentation de l'élevage du cheval de trait de plus en plus réclamé par le commerce, 'l'HÎdustri» et l'agriculture.

L'Amérique, pour les étalons, surtout l'Amérique du Sud. la Suisse, l'AiMemagne et la Belgique pour les chevaux hongréa sont nos meilleurs clients.

Pour l'espèce bovine, la France passe de 12 993 954 têtes en 1882, à 13 708 997 têtes en 1892 cet élevage ayant gagné en dix ans plus de 700 000 têtes, pour atteindre en 1900 le chiffre de 14 520 832 têtes.

La statistique de 1909 donne un chiffre légèrement inférieur à celui de 1900, puisque le nombre de têtes inscrit est de 14 millions 297 570, soit une diminution de 263 262 têtes, en comparant les résultats de d'année 1909 avec ceux de l'année 1900. Mais le chiffre de 1909 n'en reste pas moins supérieur de près de 700000 têtes au chiffre de la statistique décennale de 1892, et de 900000 têtes au chiffre de la statistique de 1896.

Cette diminution, par rapport à 1900, apparaît comme une conséquence de plusieurs années de sécheresse qui ont forcé les éleveurs à se débarasser de tout le bétail vendable. Les vides faits à cette époque ne sont pas encore complètement réparés. Par contre, en 1892, le nombre des vaches (lait à peine la moitié de l'effectif total. Aujourd'hui, il a largement dépassé cette proportion et s'est accru de 17 970 unités de 1908 à 1909. Cette augmentation a d'ailleurs des causes bienfaisantes ]e développement de l'industrie laitière et les progrès de la petite propriété.

L'exportation des bovidés a passé de 70 000 têtes environ en 1909 à plus 165 000 en 1910.

Par contre, avec l'espèce ovine nous som-. mes tributaires d'une importation moyenne! · chaque année de 1 300 000 têtes.

Presque tout ce contingent provient de l'Algérie ef de la Tunisie, à raison de plus de 1 million de têtes pour l'Algérie.

Le troupeau ovin diminue chaque jour. De 1908 à 1909, il a perdu 58 747 têtes, et cette diminution s'accentue en 1910 et probablement en 1911 à cause des ravages eausés par la distomatose dans de nombreuse! régions.

En 1909, la statistique chiffrait à 7 millions 305 8o0 têtes le contingent de l'es- pèce porcine. Mais c'est un élevage qui varie avec une surprenante facilité, suivant les prix et les besoins du marché. En 1908, la France a importé, surtout de Hollande. 288893 porcs. alors qu'en 1910, c'est-àdire en moins de deux ans, l'élevage de l'espèce porcine nous permet d'exporter en Suède, en Allemagne et en Italie 131 802 têtes. Les importations ne s'élèvent plus pour 1910 qu'à 20 990 têtes.

En résumé, il semble que le troupeau français, dont la valeur atteint aujourd'hui 6 milliards, puisse, sauf en ce qui concerne les moutons, satisfaire aux demandes de l'étranger sans subir la moindre atteinte dans ses services, et qu'il constitue un des éléments esentiels qu on ne saurait assez protéger (dans le meilleur sens du terme): de la richesse nationale.

-«.NOm a

Le scandale du jour Je m'excuse auprès de notre grand publio de l'entretenir d'une affaire qui ail premier abord n'offre lAaspect que d*UJïd affaire bien parisienne. Mais sous son apparence anodine, elle révèle l<e mal profond d'avachissement, dianarchàe, de perte totale du sens moral qui (ravage notre pay* Hier isoir la représentation de la pièc« Après moi donnée au Théâtre Français a été troublée à 'maintes reprises. On s'y attendait et les agents de la sûreté remplissaient la salle.

Ils ont eu de la besogne au second acte, M. Pujo a interrompu la représentation par ces mots qu'il prononça debout « Pardon, Messieurs les comédiens. » Puis, se tournant vers le public « Messieurs et Mesdames, dit-il, la pièce qu'on représenta devant vous est d'un juif déserteur. » Arrêté sur l'heure, M. Pujo. Ausitôt après, aux paroles du personnage principal de la pièce « Je suis un malhonnête homme et un malhonnête homme maladroit », M. Plateau de s'écrier « Ah 1 ça, c'est bien youpin, par exemple 1 » Arrêté, M. Plateau. La lettre de M. Bernstein, que nous avona publiée hier, est lancée des galeries dans la salle à centaines d'exemplaires Arrêtés, les lanceurs des galeries. On siffle. Arrêtés, les siffleurs. On crie « A bas les juifs » » Arrêtés, les crieurs. Au total, 27 arrestations qui n'ont pas été maintenues. Tout cela semble, en vérité, bien parisien. Ma& attendez un peu et vous verrez que l'événement dépasse la rue Richelieu et les boulevards.

M. Bernstein est un déserteur qui, quatre ans après son acte criminel, l'a rappelé en le glorifiant dans'la lettre connue de nos lecteurs, lettre où il qualifiait ses chefs de faussaires et de maîtres chanteurs. « Inutile de vous dire, n'est-ce pas, écrivait-il, que la plupart de mes chefs étaient des faussaires et des maîtres chanteurs. J'ai {lié à Bruxelles. »

Et ce M. Bernst.ein a fait une pièce sati-