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Title : L'Humanité : journal socialiste quotidien

Author : Parti communiste français. Auteur du texte

Publisher : (Paris)

Publisher : L'Humanité (Saint-Denis)

Publication date : 1914-09-09

Contributor : Jaurès, Jean (1859-1914). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : French

Format : Nombre total de vues : 63335

Description : 09 septembre 1914

Description : 1914/09/09 (Numéro 3797).

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k253941z

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327877302

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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Poison et Contre PoIsob

Rien, dans Ces jours tout s'assombrit des couleurs de la guerre, ne m'a causé tant de joie socialiste que la déclaration, de tous points excellente, du Parti socialiste italien, que je viens de Ure dans V Humanité.

Elle complète admirablement le manifeste où, exposant les'origines, causes et responsabilités de la guerre, les sections française et belge de l'Internationale démontraient la rectitude socialiste et humaine de leur attitude.

C'est, au milieu du fracas guerrier, rlnternationale qui fait entendre sa ̃; voix, son appel c'est l'Internationale qui revient à l'action rajeunie, épurée ( par la souffrance, reprenant vie, conscience et force dans ses sections italien.ne, belge et française.

Et il était temps que de telles paroles Vinssent effacer de notre pensée tant de défaillances et de platitudes qui, d'autre part, l'attristaient.

.Nous comprenons très bien qu'un Etat dont la neutralité résulte d'un confcrat international et dont le respect est garanti par la conscience de sa proprt dignité et force, la considère comme le souverain bien qu'il lui faut à tout prix défendre ou conserver.

La Belgique a répondu à la violation de sa neutralité par la guerre à l'Allemagne, et avec tant de courage, d'énergie, de grandeur morale qu'elle fait l'ad- nuration.du monde entier.

Il n'est pas à douter que la Suisse eût fait de même dans les mêmes conditions. Et, puisque sa neutralité n'a pas Été jusqu'ici menacée, nous n'avons rien à critiquer de l'attitude neutre de son gouvernement.

Mais dans un pays neutre, aussi bien ffu en tout autre, l'opinion publique est pré et quand, comme dans la crise ac,elle, la constitution politique et sociale de l'Europe, son avenir est en jeu et dépend de la victoire de l'impérialisme Wlemand qui l'asservirait ou de sa défaite qui la délivrerait, il n'est pas admissible que cette opinion, qui s'affirme «témocratique ou républicaine, puisse rester indifférente et neutre.

Elle doit surtout être assez intelligente pour ne pas se laisser berner, tromper, égarer par le pangermanisme, ses artifices et le sifflement de ses reptiles. Ce »i sont pas seul les journaux allemands, partout répandus dans les pays de race ou de langue allemande, qui font cette propagande de mensonges Impérialistes, rivalisant de chauvinisme. Non, ce n'est pas encore assez et dans le pays dont il faut tromper et ga-

gner i'ppimon, des journaux sont susci-

tés, stipendiés ou inspirés à cet effet. Ainsi, j'ai sous les veux le numéro du Bi août de la Gazette nationale de Bâle, rempli par une correspondance teuton- ne, qui n'est avant tout qu'une diatribe contre l'Angleterre, dont les qualités, sans rivales, d'énergie, de volonté, de courage indomptable, sont reconnues, contré l'Angleterre accusée d'égoïsme, accusée d'attiser les conflits dont elle se i tient à l'écart au moment même où elle y. donne toutes ses forces morales, financières et militaires.

Mais ce qui est plus caractéristique ° encore de l'intrigue contre la France et ces alliés, c'est que ce journal, prétendu 1 suisse, parlant de la Belgique, dont l Allemagne violait cyniquement la neutralité, semblable à celle de la Suis$&, parlant de la Belgique meurtrie et « martyre, se contente de la paindre. Et é quand il parle de la France, c'est pour 1 accuser, sous forme de plainte hypo- { crite, de verser pour les Russes son Bang, après leur avoir donné son argent i alors qu'elle aurait si bien pu prendre 1 place à côté de l'Allemagne évidem- l ment à la condition de s'en faire la servante dans la « mosaïque européenne ».

̃ Sous ces dires, n'entend-on pas le sifflement reptilien du journaliste teuton ? Peu nous importe, en somme. Nous d avons foi en l'intelligence de la Suisse v républicaine pour ne oas se laisser in- c fluencer par des moyens aussi grossiers, d Mais ce qui importe, et nous nous P adressons à eux, c'est que nos amis, en 0 Suisse et dans tous les pays restés neu- d tr#s comme la Suisse, ne demeurent pas c Cluets et répondent. c' Qu'ils fassent connaître les déclara- E tiens des sections italienne, française et p belge de l'Internationale qu'ils disent U les causes et l'origine de la guerre, le Complot impérialiste austro-allemand' la » volonté de paix de la i- rance et de l'An- li gleterre, forcées de prendre les armes pour sauver, pour concruérir le droit, la liberté, la paix de l'Europe menacée de f ruine, de destruction et d'asservisse- I ment par l'impérialisme militariste alternand.

Nous comptons sur eux. Ils feront teur devoir socialiste et international tout entier.

ED. VAILLANT.

a~p.s oa- ZE

Conseil des Ministres si

Bordeaux, 8 septembre. Le conseil des N ministres s'est réuni, ce matin, sous la pré- pi sidence de M. Poincaré, et s'est entretenu 4( de la situation diplomatique et militaire. ni Le ministre des finances a fait savoir n çu'il avait donné des ordres pour «nie, en a( attendant la refonte des dispositions régie- dl mentaires, les allocations aux familles des L militaires sous les drapeaux soient payées le dans la France entière sur simple présentation d'un certificat d'admission délivré par les autorités locales de leur résidence rc babituelle. fc kmMûmn û% l'Humanité9' '.S

Aujourd'hui, nous continuerons à recetoir les inscriptions pour la vente du journal de demain en grande banlieue et à Paris. s

On pevii s'inscrire jusqu'à cinq heures du soir.

Prix du journal deux francs le cent.

LOFFENSIVE DES ALLIÉS

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A l'aile gauche, au centre et sur la droite les forces allemandes obligées de reculer

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Communiqués o ie1

Communiqués officiels

,i..j

(8 septembre, 15 heures) 1° A L'AILE CAUCHE Les armées alliées, y compris les éléments de la défense avancée de l'armée de Paris, sont en progression continue, depuis les rives de l'Ourcq jusque dans la région de Montmirail.

L'ENNEMI SE REPLIE DANS LA DIRECTION DE LA MARNE ENTRE MEAUX ET SËZANNE.

LES TROUPES FRANCO.ANGLAISES ONT FAIT DE NOMBREUX PRISONNIERS, DONT UN BATAILLON D'INFANTERIE, UNE COMPAGNIE DE MITRAILLEUSES ET DE NOMBREUX CAISSONS. A NOTRE CENTRE

De violents combats se sont livrés entre

Fère-eham penoise, :VWryïie*FraWieait''Wia

pointe sud de l'Argonne.

NOUS^N'AVOMS ÉTÉ REFOULÉS NULLE PART, ET L'ENNEMI A PERDU DU TERRAIN AUX ABORDS DE VITRY-LEFRANÇOIS.

UN MOUVEMENT DE REPLI DE SA PART A ÉTÉ NETTEMENT CONSTATÉ. A NOTRE DROITE

Une division allemande a attaqué sur l'axe Château-Salins-Nancy.

MAIS ELLE A ÉTÉ REPOUSSÉE AU NORD DE LA FORET DE CHAMPE. NAUX.

D'AUTRE PART, PLUS A L'EST, NOS TROUPES ONT REPRIS LA CRETE DE MANDRAY ET LE COL DES FOUR. NEAUX.

4° EN, ALSACE

Pas de modification à la situation en Alsace. *'ea

•••

(8 septembre, 23 heures)

A L'AILE GAUCHE

Les Allemands, ayant franchi dans leur mouvement de retraite le Petit-Morin, se sont livrés, en vue de protéger leurs com. niunseatïoris, à de vïoïentes st infruetueuses attaques contre celles de nos forces qui occupent la rive droite de l'Ourcq. Nos alliés anglais poursuivent leur offen- sive, dans la direction de la Marne, sur les plateaux au nord de Sézanne. Nos troupes progressent, bien que péniblement.

2° A NOTRE CENTRE

Violent combat avec alternative d'avance et de recul partiel;

3° A NOTRE AILE DROITE

Situation bonne en avant de Nancy et dans les Vosges.

Les Phases de l'Action ^Troyes, T septembre. Dans l'action d'hier, les Allemands, entre autres échecs, en ont éprouvé un particulièrement marqué à Montmirail et à Fère- Champenoiçe.

La bataille contiréie vers Vitry-le.François, à l'avantage des armées alliées. (Eavasi)

NOTE

Le ministre de la guerre a adressé aux généraux commandant les régions de corps d'armées une circulaire pour faire cesser immédiatement le laisser-âJler qui a été constaté dans la tenue et la discipline d'un grand nombre de garnisons. Il rappelle les autorités militaires à la stricte observation des prescriptions du règlement du 25 août 1913 sur le service intérieur des corps de troupes et, les mettant en garde contre l'abus de certaines autorisations ou permissions, il ajoute « II faut que tout militaire sache bien qu'il ne s'appartient plus et qu'il doit au pays tous ses instants. »

Le ministre a donné l'ordre d'affecter au service armé les hommes du service auxiliaine, dont l'âge et la santé permettent le changement d'affectation.

L'action russe EN CALICIE

(Communiqué officiel, 8 septembre.) En Galicie, l'offensive russe contre les Autrichiens se continue avec succès. Malgré ses tourelles à coupoles cuirassées et ses trois lignes de fortifications, Nicolaief f, au sud de Lemberg a été pris par l'armée Tusse qui y a capturé 40 canons et un grand nombre de munitions. Les Autrichiens se retirent, abandonnant un nombre considérable de canons, de trains et de prisonniers. La cavalerie russe 'est déjà sur les crêtes des Karpathes.

La seconde armée aurichienne opérant dans la région de Lublin a été fortement éprouvée à l'ouest de Krasostaw. Un régiment d'infanterie, le 45" s'est rendu entier.

LUTTES ACHARNÉES

Pétrograd, 8 septembre. OfficieL Sur tout le front de bataille autrichien, des combats ont eu lieu pendant toute la journée du 6 septembre.

An centre, Vannée autrichienne poursuit sa retraite.

Dans la région de Rava-Rous'sica, une

lutte acharnée se livre contre d'importantes forces autrichiennes..

Des troupes russe* ont attaqué une posi- tion autrichienne, puissamment fortifiée près de Gorodok.

Sur la rive gauche de la Vistule, Voffensive des Russes est favorable d leurs armes. (Havas.)

PRZEMYSL. ASSIEGE

Rome, 8 septembre. Un rapport officiel russe dit que les troupes russes entourent graduellement Przemysl qui serait obligé de capituler ou pris d'assaut. LES FORTIFICATIONS DE NIKOLAIEFF Pétrograd, 8 septembre. Les fortifications de Nikolaieff, qui ont été prises par l'armée russe opérant en Autriche, ont une grande importance stratégique. Cette ville est en effet au point d'intersection des voies ferrées conduisant aux Karpathes.

LES ARMEES AUTRICHIENNES DÉSORGANISÉES

–Pétrograd', 8 septembre. Les: fuya-râi»5 des armées autrichiennes racontent quç les pertes des Autrichiens sont /énormes, de nombreux régiments sont complètement décimés. Les Autrichiens redoutent un soulèvement contre le joug autrichien dans la Bukovine où les sympatnies des Hongrois pour la Russie augmentent

En Belgique A ANVERS l

UN ECHEC DES ALLEMANDS

Ils perdent 1.000 soldats et leur artillerie Anvers, 5 septembre. (Source anglaise). Retardée dans la transmission. D'importantes forces allemandes, venant de Bruxelles, se sont dirigées vers Termonde, par Merchtem et Buggenhout. Les Belges ont alors ouvert les digues, et tout le district sudouest d'Anvers a été inondé.

..Les Allemands ont dû retirer de l'eau leurs pièces d'artillerie, sous le feu des forts d'Anvers. (L'Information.) Anvers, 5 septembre. (Source anglai.j'e). Retardée dans la transmission). L'artillerie allemande qui s'était avancé)? <,ers Termondé est perdue. (L'Information).

ILS EVACUENT TERMONDE

Anvers, 5 septembre. Ter-monde a été évacué par les troupes allemandes, qui y ont allumé plusieurs incendies, avant de se retirer.

Les Allemands ont fait sauter te pont sur l'Escaut, au Nord, semblant renoncer pour le moment à toute incursion dans le Waes.

Les Allemands ont dirigé ensuite une attaque contre la partie sud-ouest de la position. Dans cet engagement, ils ont été repoussés et ont éprouvé de grandes pertes.

Ils ont eu 1.000 tués et se sont retirés en désordre après l'échec complet de leur tentative.

Ce résultat est dû à l'action très efficace de l'artillerie belge de campagne. ENTRE GAND ET ANVERS

Ostende, 7 septembre. Les Allemands se sont avancés hier dans la direction nord-ouest de Bruxelles, entre Gand et Anvers.

Ce matin,'toutes les communications télégraphiques et par chemin de fer sont interrompues entre ces deux villes.

Une rencontre a eu lieu hier à Oordegem, près de Watteren. Des chasseurs éclaireur,s cyclistes envoyèrent une patrouille à Oordegem où des uhlans avaient été signalés. Quatre chasseurs de l'armée et des gendarmes se joignirent à eux. Ils se trouvèrent bientôt en présence de 200 uhlans qui ouvrirent le feu. Les Belges ripostèrent.

En même temps, un grand nombre de cyclistes surgirent d'un bois, tirant dans le dos de l'ennemi.

Le commandant de Coninck fut tué d'une balle à la tête. Devant le grand nombre des ennemis, les Belges durent se retirer. LE PASSAGE D'UN ZEPPELIN

Anvers, 8 septembre. Un Zeppelin venant du Nord et qui s'est dirigé vers le Sud a jeté une bombe sur la voie ferrée. Il n'a causé que des dégâts insignifiants, les vitres des maisons voisines ont cependant été brisées.

Ce Zeppelin a laissé tomber cinq bombes dans une prairie, endommag-eant une dizaine de maisons du voisinage, puis, atteint sans doute par le tir des forte, Jl s'est délesté d"un seul coup d'une dizaine de bombes pour s'échapper.

LA CABPAGIE JE FRANCE

̃ ̃ "&<*$.*»– ̃̃̃

Des récits de témoins montrent l'ardeur déployée par les troupes dans les combats

me|ejaiaille UN ASSAUT FURIEUX

Le New-York Herald a publié hier le récit suivant concernant les rencontres qui ont eu lieu sur l'Ourcq

La banlieue parisienne la banlieue de 1 Est a entendu, hier, tonner dans Le lointain Le canon. Les coups, sourds et précipités dans la matinée, semblèrent, dès midi, s'éloigner. Cela parut de bon augure La région

de X. se dégageait.

Des témoins ont rapporté, sur les combats d'hier, de magnifiques récits de l'action effl. cace des alliés. L'un -d'eux racontait à' un collaborateur du Herald la défense victorieuse du passage de la Marne en un certain point contre les Allemands. Ceux-ci s'étaient fortement retranchés, mais leur infanterie du1 plier sous le choc de l'assaut enragé des troupes françaises. A ce moment, les Allemands démasquent leurs batteries. Elles sont cachées dans un bois qui domine lajposition, et les mitrailleuses criblent les assaillants. Mais le bon, canon de 75 veille. Il n'est pas loin. sur l'autre rive du fleuve. Et, dès le défeut ù? sa conversation souveraine, la voix dés batteries ennemies hésite, faiblit, puis se tait. L'ŒUVRE DES OBUS

Les Allemands battent en retraite, reculent vers l'est, cependant que la cavalerie fran çaise se groupe sur leur arrière, comme une menace.

A l'abri de cette action qui fut longue, des pontonniers ennemis établissent un pont de bateaux sur la Marne. Leur travail est bien abrité ils le poursuivent sans être attaqués, ils l'achèvent. C'est le moment précis où, sur l'ouvrage terminé, tombe un premier obus. Une batterie française, muette jusqu'ici, vient d'intervenir. Cinq minutes suffisent pour faire de ce pont une débâcle de planches, qui s'entrechoquent aux remous de l'eau. Un témoin a parcouru le champ de bataille après l'action. La cruelle et majestueuse vision des cadavres s'étale sous le clair soleil, dans cet harmonieux et délicat paysage d'Ilede-France. Dans une tranchée, les obus français ont fauché une section allemande, chaque homme touché à mort dans sa position de combat. Plus loin, c'est un turco qui a fiché rudement sa 'baïonnette dans la poitrine d'un adversaire. L'Africain, jouissant de son triomphe sans doute, ne bouge pas. On s'approche lui aussi est mort, dans une posture de victoire, ombre de vainqueur sur l'ombre d'un vaincu.

LE TRANSPORT DES BLESSÉS

A X. on transporte des blessés. Avec d'infinies précautions, on les place dans les voitures des tramways nogentais. Il y a là un grand diable d'Africain, la tète trouée d'une.

~TT.r"'(' .~s-z,z'u' qs,-4,^?y 't4Y Y~

~'S!Ns~îSâ''?S<

VUE GENERALE DE MONTMIRAIL balle. Ses vêtements, ses cheveux ruisselleni d'eau. On croit que, blessé, il aura roulé clam la Marne, d'où on le tira. Nullement il esi tombé à terre. Mais, comme pour regagna l'ambulance, il fallait traverser la riviere ei: bateau, sa fièvre d'action a trouvé trop len> ce transport, et, la tête enveloppée de Singe* rougis, il pique dans l'eau, traverse la Marin à la nage et escalade sans soutien la bergi- opposée.

Le convoi de blessés s'éloigne, avec tout ces hommes meurtris par le combat, les y-eu remplis de visions de bataille, les oreille, bourdonnant du bruit du canon. Ils s'en von enfin vers l'hôpital clair, silencieux et atteii tif à'leurs souffrances.

UNE POURSUITE MOUVEMENTÉE Un sergsent d'infanterie, blessé à h Ferté-Gaïucher, a fait à la Liberté un réci de l'engagement auquel il avait pris part C'est, a-t-il dit, au petit jour, dimancin matin, que nous sommes entrés en contact L'ennemi tentait un mouvement débordant sur notre eauche. Nous reçûmes la mission de tenir obstinément jusqu'à ce que les troupes alliées, -agissant dans la région de Meaux, aient repoussé les forces allemandes opérant de ce côté. Nous n'efimes guère dt mal à nous conformer aux instructions de nos chefs car, dès le début de l'après-midi, l'ennemi se repliait en désordre vers l'Est. Il y eut néanmoins un très vif engagement au nord de la Ferté-Gaucher il se poursui-- vit toute la nuit et atteignit son maximum d'intensité lundi matin. A partir de ce moment l'ennemi n'opposa plus qu'une faible résitance. Nous poursuivîmes sur près de 30 kilomè- tres deux régiments allemands, appuyés par un parti de cavalerie et un détachement d'artillerie. Durant cette retraite précipitée, pas un coup de feu ne fut tiré du côté allemand, alors que, de notre côté, nous entretenions un feu violent qui causa dans las rangs ennemis de terribles ravages. A E.nous avions réussi à couper une partie du détachement nous nous sommes emparés de sept canons et de deux mitrailleuses, et nous avons fait de nombreux prisonniers. L'un d'eux, sergent 'i:izf"niprif> vnissienne. parlant à peu' près te français, nous a avoué an? «*« p><vm--»vps n'avaient presque plus de munitions, et au'tr*,

avaient l'ordre formel de les ménager jusqu'à la limite du possible.

C'est .au cours de ce dernier combat que j'ai été atteint à la cuisse d'un coup de sabre par un officier allemand que je c&erchais à désarmer. Je suis le seul blessé de ma compagnie. Ma blessure n'est pas grave, et d'ailleurs une grande satisfaction me la fait oublier. J'ai appris, en effet, qu'un ordre du jour avait été lu hier soir aux troupes, annonçant que les journées des 6 et 7 septembre avaient été bonnes pour la France » 1 DEUX JOURS DE LUTTE

Voici d'autre part le récit fait à un journal du soir par un officier d'infanterie blessé dans les engagements au nord de Meaux

J'estime que les troupes allemandes que nous avons repoussées après une vraie bataille de deux jours, qui fut surtout rude hier matin, comprennent deux corps d'armée. Elles ont subi des pertes énormes. J'ai constaté plus de 600 cadavres dans une seuie tranchée.

Nos hommes ont été d'un élan superbe,

UNE.VUE DE SEZANNE

trop superbe même, car, malgré les ordres de leurs officiers, un bataillon des nôtres a char.ge, de même qu'à Charleroi, contre des mitrailleuses. Mais ils ont enfoncé les lignes prussiennes, malgré que les positions de celles-ci fussent très fortes.

Nous avons constaté que les munitions ont manqué à une partie des corps ennemis. Leur retraite vers le nord-est fut précipitée. Ils évitaient les agglomérations, traversant les villages sans même tirer. Leur fatigue est extrême.

La Guerre Aérienne

L'AVIATEUR ALLEMAND QUI.SURVOLA PARIS EST PRISONNIER

Un groupe de soixante-trois prisonniers allemands, dont cinq officiers, revêtus de la fameuse tenue réséda, sont arrivés à Tours. La plupart étaient tête nue quel-ques-uns, avaient une sorte de calot gris bleu fonce à bande rouge. Parmi les 'officiers, qui ont été dirigés sur Cholet, se trouvent un lieutenant-colonel et un lieutenant aviateur.

Un des prisonniers, un instituteur qui parle fort bien le français, a fait .la très intéressante déclaration suivante Faits prisonniers à la frontière de Lorraine, depuis trois jours nous n'avions .pas mangé nous étions exténués on nous a donné du pain quand nous avons rendu nos armes. Le lieutenant aviateur qui est parmi nous s'est fait prendre alors qu'il venait de survoler Paris. C'est un de ios meilleurs pilotes; il détient, chez nous, ',e record de la hauteur.

L'AVION ANCLAIS ET LE « TAUBE » Un soldat anglais, actuellement en traitement au London Hospit.al, a raconté à la reine Alexandra, comme elle visitait les blessés, l'histoire d'un tragique duel d'aéroplanes dont il fut le témoin.

Nous avions eu la veille un très dùr ;ombat, dit-il, et nous étions couchés dans ios tranchées, nous reposant un peu. Tout à oup, un bourdonnement de moteur. Encore in Taube, disons-nous. C'était bien un Taube 'lindé, et le pilote commença à faire des ignaux à son artillerie. Une minute après, i milieu de l'attention silencieuse des trouies, deux aéroplanes, un anglais et un fràn:als, s'élevaient dans les airs. Montant avec me grande rapidité, ils se dirigeaient sur .'avion allemand dans l'intention de l'attaquer.

Tout d'abord, quelques-uns de nos soldats irèrent par mégarde sur l'aéroplane fran- oais. Ils Le manquèrent, heureusement, et n'aperçurent bientôt de leur erreur. Au bout de quelques minutes, nos aviateurs, s'aper̃>evant que leurs efforts pour couper la reraite à l'aéroplane 'allemand demeuraient ̃ ains, prirent de la hauteur. L'aviateur en-, iemi fit de même. Les. avions étant blindés, l'avantage devait, en effet, demeurer. à celui qui pourrait tirer ûe haut en bas. Un nuage sacha un instant les adversaires. Ils reparurent bientôt. A notre joie l'aviateur anglais était le plus haut. Le bruit presque imperceptible d'un coup de feu retentit, et immédiatement l'aér.oplane allemand commença à descendre en vol plané.

Il semblait être soumis au contrôle absolu. du pilote. L'aéroplane toucha doucement 'e sol, roula quelques mètres, s'arrêta. Nous courûmes jusqu'à l'endroit où il se trouvait.. A notre stupéfaction, le pilote était mort. Le tir de l'Anglais avait été si heureux que l'Allemand avait eu la tête traversée Avant de mourir, il avait commencé la manœuvre de descente, et, quand il atteignit le sol, ses mains tenaient encore fermement les leviers.

L'aéroplane était absolument intact, et 'es aviateurs anglais s'en servent aujourd'hui

En Marche vers la Vérité

Genève, 6 septembre, (De notre carres* pondant particulier). A- Peu à peu nous approchons de ba vérité. Et il est probable q-u avant la fin même de la guerre noua saurons quels sont les véritables auteurs responsables du retour à la barbare auquel nous assistons aujourd'hui. Des nouTT3 ,>VT?n',ues de PlTJsieura Etats neutres et de ï^0 m particulier, il résulte que *fIIemiajgne qui voulait la giienrei. louit d'abord parce qu'elle était prête et P^e que l'Angleterre, plus spécialement visée-, se débattait dans le redoutable oon, ait .soulevé par le Home-Rule, la révolte de i Ulster et les revendications de la classe ouvrière, chaque jour un peu plus pressantes. Elle oomptait que pour la Serbie » Russie ne se mettrait pas en mouve.ment. Et si la Russie venait au secours da la barbie, il est probable, pensait-,elle, que i Angleterre, ni la Franoe ne bougeraient d une sémella

On sait que ces calculs de l'Aliemagiie furent vains. La Triple-Entente les déjoua. Mais on sait plus encore. Et ceci est infiniment plus grave. La note de l'Autricne à la Serbie, cause première de la guerre actuelle, a été rédigée par M. de Tschirsky, ambassadeoir d'Allemagne à Vienne et l'homme à tout faire du parti militaire allemand. Le texte de cette note, inacceptable pour la Serbie en queiquesune de ses parties, avait été approuvé à Berlin avant que d'avoir été communiqué au gouvernement senbe.

Le nombre augmente chaque jour da ceux ui, -suivant de très près l'imbroglio diplomatique de la deuxième quinzaine de ` juillet, inclinent à penser que M. de Jagow a tout fait, de connivence avec le kron- '` pnnz et que le chancelier et l'empereur n'ont point osé les désavouer.

Après la réponse de la Serbie, le parti de la guerre en Allemagne faillit voir tout son plan s'effondrer. En effet, l'intervention de sir Edward Grey allait aboutir sinon à la paix complète, du moins à la v' localisation du conflit.

A ce moment, les diplomates, voyant leur proie leur échapper, recoururent à un nouveau coup de la dépêche d'Ems. L'ambassadeur allemand à Vienne et l'ai* taché militaire allemand à Saint-Pétersbourg télégraphièrent à Berlin que la Russie mobilisait sur toute la ligne armée et flotte de là une émotion intense dams l'opinion publique allemande.

Or, c'était là un faux. A ce faux, l'Allemagne répondit par son ultimatum à la Russie. On sait le reste.

Il semble donc ressortir de tous ces faits ̃aont on parle couramment aujourd'hui dans des milieux absolument neutres il faut le répéter, que l'Autriche est moins responsable qu'on na le croyait au début de la guerre.

Celui que. l'histoire clouera au pilori, c'est le parti militaire allemand, avec à sa tête M. de .Jagow et le fcronprinz les vrais responsables â,e la boucherie qui met Europe à feu et à sang, en attendant que 1 Orient s'en mêle, J. S.

Ils gxaiàMî un peu

LES FAUSSES -HOUVELLES ÂLLEMAHOES La Publicidadl de 'Barcnlone publie, riin* son édition du 5 courant, une dépêche de Madrid dont voici la traduction ;fcpecne as

L'ambassade d'Allemagne a communiqué aujourd'hui les nouvelles suivantes L armée allemande qui s'avance sur Paris a attaqué en face même de la capitale 1 armée commandée par le général Joffre Après un très rude combat l'armée fran'çaise a été battue et s'est retirée en désotdre dans la direction de Fontainebleau Dans leur fuite, les alliés abandonnèrent un important butin.

Pendant qu'une partie des troupes victorieuses poursuivait l'armée frai'oa'se une autre partie commençait à bombarder les forts de Paris. Le communiqué de l'am- bassade allemande ajoute que Versailles est en flammes.

On communique aussi que l'armée du prince de Bavière, qui opère sur la frontière de l'Alsace, s'est emparée d'Epinai après avoir enveloppé les troupes du gé-

néral Pau.

Ajoutons que la -presse espagnole prend toujours des précautions loreau^llle annonce des nouvelles de source allemande. Elle a été si souvent trompée I

L^PÂËTEDE LONDRES COMMENTAIRES DE LA

PRESSE ANGLAISE

Londres, 7 septembre. Le Daity Tele. graph, dans un article de fond, dit que l'accord signé par l'Angleterre, la France et la Russie, de ne,pas conclure la paix séparément pendant la guerre actuelle, est une réponse solide, catégorique et super» bernent fière aux intrigues allemandes. On sait, ajoute le journal, qu'on n'a pas seulement à combattre des soldats barbares, inconscients, mais aussi une campagne de mensonges faite auprès de l'Italie, de 1 Amérique, de la Turquie, de la Chine, 'ailleurs encore à ces mensonges, on répond par un acte de solidarité écrasante et d'entente des trois gouvernements, dont sir Ed. Grey, M. Canabon et le baron Benkendorfi sont les représentants et qui ont fait un traité qui prouve qu'ils sont et seront des alliés et des amis en armes contre le despotisme militaire du kaiser et de sa couvée de monstres. Ce traité montre que les trois gouvernements continueront à lutter jusqu'à ce que le césarisme teuton soit détruit.

Le journal ajoute que le traité, spiendida en lui-même, est un acte d'inspiration et de foi.

Cet accord, dît le Daily Mail, est un gase certain de victoire mais il faudra faire encore des sacrifices avant qu'ait lieu la rencontue des armées, alliées sur la tombe de Fautocratie militaire allemande. Le Daily Graphie constate que la TripleEntente a été transformée en une nouvelle Triple-Alliance et il espère que l'accord s'étendra bientôt à la Belgiqtie et à 1&.

Serihie.

ONE CONSEQUENCE

Londres, 8 septembre. Le Daily TeU/i fr*ph fait remarquer que la déclaration, faite par les alliés au sujet de la paix pro-

tègie naturellement la aitaatkai de la Bel*.

giqu® et sauvegarde complètement aee ixtr térêts.

CE JOUBNAL ME BOIT PAS ÊTRE C&IÈ