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Titre : Le Temps

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1933-09-13

Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication

Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Éditeur scientifique

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 137484

Description : 13 septembre 1933

Description : 1933/09/13 (Numéro 26313).

Description : Collection numérique : France-Japon

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k249335p

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34431794k

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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Chronique

SUR JES PflS_OE "MW La littérature s'anime, quand on revoit sur le terrain un livre célèbre. On dirait que la vie, comme un souffle né du paysage, pénètre entre les pages. Les personnages, délivrés de leur suaire, de papier et de leurs bandelettes imprimées, foulent joyeusement le sol connu. fi'est une résurrection.

Comme on m'avait dit qu'une troupe de Icinéma avait tourné Maurin des Maures, l'idée m'est venue de revoir les lieux où vivait l'illustre braconnier. Le roman n'est pas un chefd'œuvre, et sa rhétorique moralisante agace. Mais M. Camille Jullian lui a donné le droit de cité, le jour oùr à l'Académie, en enterrant allègrement Aicard, il a fait du livre une éblouissante description. Quant à Maurin, on le trouve partout dans ce pays. En ce moment même,, de ma fenêtre ouverte sur la baie de jCavalaire, je ne sais si ce n'est pas lui que ije vois, le fusil à la main, passant avec précaution cette crête de cystes bruns, dans une clairière entre les pins.

C'est un paysan, mais de vieille race, libre fet fier comme un prince, grand et bien pris, ,vêtu de toile et chaussé d'espadrilles qui rendent son pas muet. « Il avait un visage allongé, ̃lès cheveux ras, un peu crépus, et sous une ,barbe sarrasine, courte, légère, frisottée, on sentait la puissance de la mâchoire. Le nez, ̃ fort] n'était pas droit, sans qu'on pût dire qu'il fût recourbé. » Le portrait a été fait d'après un ami d'Aicard, dont je vous ai parfois parlé, M. Aristide Fabre, d'une très vieille famille du pays, sériciculteur, archéologue et chasseur, 'et l'une des figures les plus originales des Maures. Mais Aicard a .composé son personnage de traits recueillis entre Toulon et Fréij us. Le fameux carnier de Maurin, le carnier que les gendarmes oublièrent de fouiller et qui pesait, rempli, quarante livres, est celui de Primo, un chasseur, fameux. Il a été donné, je crois, aux cinéastes, et il paraît dans le film. Le Maurin d'Aicard est fié, comme on le 'sait, à Saint-Tropez, et il possède une maison ̃de bois dans la plaine d'alluvions qui ourle le jfond du golfe. La mer, qui baignait autre- fois les collines, a été peu à peu repoussée par tes dépôts des fleuves. Et il s'est formé, une ^étendue plate où ces fleuves achèvent leur cours, cachés sous une barrière épaisse de roseaux. Le sol est le plus souvent en vignes. Une étendue sauvage porte un bois 'clairsemé de pins parasols, qui fait reconnaître de. loin l'hippodrome, de la Foux. Il reste 'encore, en effet, quelques maisonnettes de bois. La: plus pittoresque est une cabane sur ̃la route de la Croix, dans un vague enclos. On a accroché une horloge au-dessus de la porte, et ce palace rustique s'appelle le «. Petit Robinsbn ». C'est dans cette plaine que vivait la mère 'de Maurin. Lui-même errait çà et là dans la monjtagne. Il serait bien étonné de revoir son domaine. La route de Saint-Tropez, qui longe le fond du golfe, a été élargie en avenue. Le croisement de la route de la Croix est devenu un gigantesque carrefour, où se dresse un obélisque blanc 'et rouge, visible à l'infini, qui indique une pompe à essence. Le pont de la Giscle a été doublé. Il y avait là une petite auberge perdue dans le désert, et que Maurin a dû connaître. Je l'ai revue cette année. Elle s'appelle fièrement « Aux trois ponts », et, sur sa peinture fraîche, j'ai lu « Dancing ». Des routes qui font l'étoile, prenons celle qui mène dans la plaine jusqu'à un piton de basalte, abcès de pierre dans les alluvions, où a poussé la petite ville de Cogolin. La route, changeant de direction dans la ville même, se ploie vers l'ouest et pénètre par la vallée de la Molle, dans le massif* entre les deux grandes chaînes qui la forment, celle de Bormes à- gauche, celle de la Verne à droite. La vallée est un étroit ruban en contre-bas, prairies et vignes, le tout coupé et touffu, avec des lignes jviert pâle de roseaux. Partout des arbres, têtes rondes et vertes des mûriers,, nervures tourJjmentees des chênes verts, hautes voûtés des iplataries, sous lesquelles la route passe en itunnel. Des deux côtés, masquant toute vue, les hauts versants de gneiss. Quelquefois, par- dessus les .crêtes, une cime plus haute- montre l'épaule.

Nous sommes là dans le vif du roman. Cinq bu six kilomètres après la Molle, la vallée, un peu plus large et plus plate, laisse voir, à quelques centaines de mètres dans le nord, le hameau des Campaux. Poursuivons pendant un kilomètre encore. Voici, au bord de la route, quatre gros platanes. Derrière eux, masquée par leurs feuilles, baignant dans leur ombre, on distingue une maison dont la porte est barrée, et dont un fil de fer tendu interdit l'approche. Deux étages avec six fenêtres en façade. Les contrevents verts sont fermés. La maison est faite de pierres blondes, éclats de gneiss superposés qu'interrompt, çà et là, autour d'une fenêtre, un encadrement de briques de la même couleur. La roche et la brique se mêlent avec une fantaisie et un désordre qui, dans cet abandon ont'une grâce à la fois gaie et mélancolique. Un mur de ferme, percé seulement d'une porte charretière, prolonge la façade. C'est là cette fameuse auberge des iGampaux, où Maurin vit pour la première fois Tonia Orsini, où il eut sa première querelle avec les gendarmes, et où par manière de plaisanterie, avec son camarade Parlo-Soulèt, il déroba leurs chevaux. Parlo-Soulet, qui monologuait tout haut dès qu'il était seul, a réellement vécu. C'était, me dit-on, un grand et gros homme. Il n'est, hélas1! plus de ce monde. On

PBVILLETON DU $«8?* DU 13 SEPTEMBRE 1933

LA MUSIQUE « Verdi, i roman de Topera », par M. Franz Werfel

L'été finissant n'a pas épuisé ses ardeurs. Pour travailler, sous un climat plus pur et frais, je me suis réfugié à la campagne. Des amis m'ont accueilli avec une affection prévenante dans leur coquette maison de la vallée de Che.•vT.eusë.- De la fenêtre de ma chambre bleue, ouverte sur le. grand parc, me parviennent les clinquantes sonorités d'un piano mécanique. Le café de cette gare de .banlieue, sans souci de la mode qui est à la radio et au disque, possède Encore un de ces vieux instruments acheté à un cirque forain. Les airs carillonnants et argentins qui s'en envolent font renaître le charme mélancolique du passé. Pourquoi le goût en serait-il offensé? Mozart, Beethoven et M. Strawinsky. n'ont-ils pas écrit des compositions spéciales pour les pittoresques boîtes & musique? ?

'Au moment même où je lis le roman évoeàteur que M. Franz Werfel a publié sur Verdi, le piano mécanique du café de la petite gare moud sans arrêt les couplets du duc de Mantoue, de Rigoletla. Me voici tout à fait dans l'atmosphère qui convient pour apprécier les allégories masquées et les arrangements ingénieux de cette curieuse monographie du célèbre musicien italien. Les derniers échos, des festivals de Salzbourg, de Munich, de Bayreuth s'éteignent peu à peu. La saison lyrique n'est pas encore ouverte à Paris. Nous pouvons donc examiner à loisir la biographie romancée, ou plutôt la critique musicale romancée, signée de M. Franz Werfel (1).

DansFordre de l'histoire musicale, latentaliveds Técrivain allemand ne manque pas de hardiesse. Depuis le Neveu de Rameau, de Diderot, jusqu'au Jean-Christophe, de M. Romain Rolland et A ta recherche du temps perdu, de Marcel Proust^ en passant par Hoffmann et M.Gabriel d'Annunzio, maints auteurs ont introduit dans leurs œuvres d'imagination des personnages de compositeurs connus. Pourtant, ils n'étaient pas encore allés aussi loin que M. Werfel. Dans les quatre cent soixante-trois pages de son Verdi, (1) Vçrdi, roman dé l'opéra, par M. Franz Werfel, traduit de l'allemand par M. Alexandre CVialàtte. et Mme Dor», Kris.. /.Viotoc Attincer. édit>

l'a. enterré dans lé nouveau cimetière, tout blanc, qui est au-dessus de Bormes. Mais on me dit aussi que sa, race est inépuisable. Il n'est pas rare, à un coin de bois, d'entendre des propos animés. Mais vous chercheriez en vain les nombreux interlocuteurs que vous avez cru entendre, Il n'y en a qu'un..C'est Parle-Seul qui se fait la conversation. Vu d'ici, tout ce début du roman reprend vie. Il y avait dans l'auberge, avec quelques paysans, le garde-forêts Orsini, avec sa fille Tonia. Récemment installés à la maison forestière du Dom, à une petite lieue plus loin, ils étaient venus, par ce temps froid d'automne, se réchauffer à l'auberge. En poursuivant la route, nous trouverons leur maison. Ou, plutôt, nous trouverons deux maisons forestières. Mais la première est hissée sur une butte, d'où 'l'on descend par un nombre infini de marches. Nous ne jucherons pas Tonia sur ce perchoir. La seconde, au contraire, est charmante. Sur un terre-plein, entouré d'un petit ravin circulaire, sont dispersés quelques pins avec quelques chênes. A travers leur feuillage, on aperçoit la maison peinte en jaune une porte entre deux fenêtres à barreaux. Ces barreaux ont un rôle important. Ils permettent à Maurin de tenir prisonniers, dans la maison même de Tonia, les gendarmes qui venaient l'y arrêter, au moment où il venait de sauver la vie à la jeune fille. La maison s'achève de chaque côté par un appentis. L'origine du ravin qui l'entoure est une source. A quelques mètres de là, un grand figuier étend jusqu'à terre ses branches en berceau. Pour achever l'illusion, une grande fille sort en courant de la maison. Elle tient deux brocs, l'un bleu et l'autre blanc, et elle vient les remplir à la source.

Plus surprenante était la présence à l'auberge de deux gendarmes d'Hyères; car nous sommes sur le territoire de Bormes. Mais les gendarmes de Bormes vont à pied; ceux d'Hyères, qui sont montés, poursuivaient chez leurs voisins, trois malfaiteurs, que Maurin a juste- ment rancontrés entre la maison forestière et l'auberge. Ils s'étaient glissés sous un pont, et les gendarmes leur avaient passé sur la tête. Le pont a été refait, mais l'endroit se reconnaît encore. Les grands arbres que Maurin a connus, d'un côté un chêne, de l'autre des pins, se penchent sur le torrent sec. La forêt, très, touffue, monte en plans successifs jusqu'aux crêtes. Au delà, de grandes murailles de gneiss nu, qui bleuissent dans le soir, ferment la vue. Le lieu est extraordinairement pittoresque et sauvage.

En continuant a suivre la même route, on arrive à Bormes, qui 'est, pour ainsi dire, la capitale du roman. C'est là que la population, conduite par Maurin, organisa une battue pour prendre les trois voleurs; c'est là que Maurin confia son fils à M. Rinal; c'est là qu'il conduisit l'enfant sur le terre-plein qui existe, encore, à peine défiguré par, une maison plantée sur la pente, où elle bouche l'horizon. L'endroit est magnifique. Une longue esplanade. semble un navire perdu dans les rochers. Elle est bordée à droite de pins parasols, à gauche de jeunes poivriers. Un moulin ruiné dresse sa tour ronde à l'extrémité qui regarde la mer. A l'autre extrémité, vers la terre, une antique chapelle, soutenue de deux contreforts pleins, élève sa bâtisse rustique, pareille à une bergerie, dans un enclos d'aloès cantonné de cyprès. La façade est .un mur jaune percé de deux baies ogivales et d'un oculus. Le toit de tuiles, à deux rampants, est presque plat. On voit Bormes à droite, maisons roses sur un fond de rochers. La campagne, cultivée, s'étend jus-, qu'au cirque marin que ferme un éperon noir. Au loin, l'ile du Levant et Port-Gros flottent sur la mer.

Comme Parlo-Soulet, M. Rinal a vécu. C'était un officier de marine à la retraite, grand ami de Jean Aicard. Autre figure vraie, l'aubergiste du Plan-de-la-Tour, qui refusa de servir le préfet du Var. Voici l'histoire telle qu'on me l'a contée Félix Martin, qui fut un des animateurs de Saint-Raphaël, invita un jour le préfet du Var à une excursion au cap Camarat. C'était alors toute une affaire. Il fut décidé que si le temps était beau, on traverserait de Saint-Raphaël à Camarat en bateau, en en-. voyant, les vivres -par laT voiture. Un orage ayant démonté la mer, on suivit un autre ordre. Les provisions furent envoyées par le bateau, et les voyageurs entreprirent ,en voiture le four du golfe, par Sainte-Maxime et Saint-Tropez, jusqu'au cap..

On met aujourd'hui, dé Saint-Raphaël a Sainte-Maxime, quarante minutes. Mais en ce temps, les ponts n'étaient pas construits sur les torrents. On descendait un versant, on remontait sur l'autre. Ajoutez qu'on partit un peu tard de Saint-Raphaël. Bref, on fut vers midi à Sainte-Maxime, qui était un petit village de pêcheurs. Les braves gens eurent beau s'empresser, le déjeuner ne fut prêt qu'à deux heures, et il était tard dans l'après-midi quand on se remit eh route. A la sortie de SainteMaxime, on rencontre un torrent, celui-là même qui a fait, l'année dernière, de terribles ravages, le Préconiou. A l'ordinaire, c'était un filet d'eau. Mais l'orage l'avait gonflé, et il fallait attendre vingt-quatre heures avant qu'il redevînt guéable. Que faire? Le Préconiou descend d'un vaste cirque de granit, où se trouve une petite ville, le Plan-de-la-Tour. En remontant le torrent on prouverait un dîner; et un gîte pour la nuit.

L'aubergiste, nommé Pin, était un artiste en cuisine, mais un homme difficile. En tenue de cuisinier, le bonnet blanc en bataille, il était planté sous sa porte pour la défendre. Il n'admettait point qu'on arrivât sans l'avoir prévenu. Les calèches signalées au Plan, la rumeur fut grande. Pin restait sombre. Un des voyageurs, qui le. connaissait, vint à lui Eh

roman de. l'opéra, il. s'est uniquement attaché à recomposer les traits de physionomie du maestro disparu.

Singulière idée que de prendre pour héros roman l'artiste le plus sain, le plus naturel, lé plus rustique qui fût jamais, celui qui avait en horreur toute réclame, l'homme qui avait divisé son existence en deux parties égales, l'une consacrée à l'agriculture et l'autre à la musique! Il eût été peut-être plus entraînant de représenter Verdi, proconsul de la musique romaine, et qu'on a appelé « le maître de révolution italienne », pendant la grande, époque séditieuse et enfiévrée dé la formation du royaume transalpin.

M. Franz Werfel n'a fait qu'une rapide allu- sion à cette période orageuse. Il nous a dépeint un Verdi, à près de soixante-dix ans, doutant de lui-même et de son art, la veine mélodique interrompue, le cœur presque séché. Il a fallu le poète de l'Ami du monde, le romancier de la Mort du petit bourgeois et du Passé ressuscité pour nous intéresser à la figure vieillissante et tannée du musicien de la Traviata. Voyons comment M. Werfel s'y est pris pour absorber notre attention sur un sujet si amorti. L'action de Verdi, roman de l'opéra se déroule à Venise, à la fin de 1882 et au début de 1883. Depuis dix ans, depuis Aïda, selon M. Werfel, l'illustre musicien n'a travaillé qu'à la partition du Roi Lear. Tout à coup, il a résolu de quitter Gênes le 21 décembre pour venir à Venise. Pourquoi cette obscure et brusqué atti-= rance -pour la ville des lagunes?

Quand Verdi veut pénétrer dans le théâtre du Phénix, dont il a été la gloire, on lui interditl'entrée. C'est qu'on donne une audition privée d'une symphonie (?) de Richard Wagner, sous la direction de l'auteur. Le grand compositeur italien n'est reconnu que par le portier Dario. « Le visiteur éconduit, écrit M. Werfel, portait un pardessus tabac et tenait à la main un chapeau mou. Le front saillant projetait une ombre sur ce. regard absent qui n'exprimait pas la contrariété, mais l'étonnement de voir quelqu'un oser prononcer cette défense. Sur la face de cet homme, l'âge n'était rien de plus qu'une jeunesse divine, une expression de l'éternité. » La « symphonie » prend fin sur un accord de do dièse. Le maître saxon est frénétiquement acclamé par les auditeurs. Verdi, intimidé, monte les quatre marches d'une porte. De son observatoire plein d'ombre, il considère en cachette le départ triomphal de Wagner. Le conflit entre l'opéra verdien et l'opéra wagnérien est ainsi posé dès le début du livre. Giuseppe Verdi se demande avec angoisse «No -enic-iji voaiment venu. 8t> Venise Qu'à

bien, Pin, tu nous feras un bon dîner. Non. » A cette déclaration de guerre, scandale. Le préfet s'approche, se fait connaître. L'aubergiste reste sombre, mais inébranlable. On va chercher le maire, qui avait été sénateur, M. Sigalas. Il demande la raison de ce caprice. Pin se décide enfin à parler « Je ne reçois pas de cocottes chez moi », dit-il. Teli était l'effet du chapeau à plumes de la préfète. On lui remontra en vain qu'une de ces dames était la femme du préfet, et l'autre Mme Martin. Son parti était pris. Le maire, heureusement, était bien logé. Il invita chez lui les visiteurs, au petit bonheur. Voilà tout le cortège chez M. Sigalas. Au bout d'un moment, celui-ci fut appelé à la cuisine. C'était Pin. « Ne te tourmente pas pour le dîner, dit l'aubergiste. Je te l'enverrai tout fait. » Car il avait bon cœur. «'Seulement, reprit-il en retrouvant sa fierté, je ne veux pas qu'ils le sachent. » HENRY BIDOU.

ACADÉMIES, UNIVERSITÉS, ECOLES

Académie des sciences

Présidence de M. Bouvier; M. Roux remplit les fonctions de secrétaire perpétuel.

Les phénomènes solaires. M. Deslandres constate que certaines régularités apparaissent dans les phénomènes dont le soleil est le siège, en dehors même de la périodicité undécennale des facules et des taches. L'intervalle entre les longitudes des grands orages magnétiques est un multiple de 30°. Il -y aurait ainsi dans te soleil des couches profondes qui rejetteraient périodiquement des corpuscules, élecirisés.

Evolution des amphibiens. M. Gravier présente une note de M. Wintrebert sur la mécanique embryonnaire des amphibiens considérée, d'une manière épigénétique, comme un enchaînement de structures et de fonctions transitoires. Chaque étape est un épisode constitutionnel nouveau de caractère général et de nature proprement embryonnaire ne s'inscrit à l'avance aucun territoire organo-formateur prédestiné.

Autres communications. M. Roux présente un travail de MM. F. Chodat et F. Wyss-Chodat sur les hydrogénases au cours de, la staphylolyse. ̃ M. Maurain communique une note de Mme Labrouste sur la caractérisation magnétique basée sur la mesure des courbes au cur.vimètre.f M. Delépine présente une note de MM. "Volmar et Duquénois sur les conditions de fixation de l'acide antimonieux sur quelques mono-acides monoalcools.

Epreuve orale de langue vivante

à la licence ès lettres

La question s'est posée de savoir s'il y avait lieu de maintenir, tout au moins sous la forme actuelle, l'épreuve orale de langue vivante à la licence es lettres instituée par l'article 11 du décret du 20 septembre 1920. On a fait remarquer, en effet, que cette simple interrogation constitue en quelque sorte une anomalie dans l'économte du régime actuel tel qu'il est organisé par certificats. C'est la seule épreuve où une note faible ne peut être compensée avec la note d'une autre matière. Par ailleurs, du point de vue strictement pédagogique, une telle épreuve a paru insuffisante pour avoir une valeur réelle; son niveau ne dépasserait généralement pas celui des épreuves de langues vivantes du baccalauréat de l'enseignement secondaire et l'on ne voit guère par conséquent l'intérêt qu'il y a à exiger cette épreuve des futurs licenciés dont, la plupart sont bache-

liers. >

A la; suite d'une enquête à laquelle il a été procédé auprès des facultés des lettres, il est apparu que la grande majorité du personnel enseignant, souhaite le statu quo en ce qui concerne le caractère de l'épreuve et son rattachement à un certificat au choix du candidat.

Le ministre de l'éducation nationale donc estimé, d'accord avec le conseil supérieur de l'instruction publique, qu'il y avait lieu, pour donner satisfaction au personnel enseignant, de maintenir l'épreuve sur la langue vivante et de l'incorporer au 3' certificat de licence. La note zéro obtenue a cette épreuve sera éliminatoire pour l'ensemble de ce certificat après délibération du jury. C'est cette modification qui fait l'objet du dé-< cret que publie aujourd'hui le Journal officiel. ARMEE

Les manœuvres de Champagne

Hier 'matin, avant le lever du jour, a commencé au camp de Mailly la troisième phase des exercices de motorisation. Chaque parti est resté constitué comme il l'était lors des phases précédentes. Vers 8 heures, le parti rouge prononce son attaque. Sous la pression de ses divers éléments, le parti bleu bat en retraite entre la limite sud-est du camp et la petite rivière le Puits, en direction de Domprot, le Meixtiercelin et Humbauville. C'est sur cette ligne jalonnée par deux saucisses quo prit fin la première partie de la troisième phase. Bon nombre d'aviateurs réservistes assistent aux expériences de motorisation avec leurs appareils de tourisme et servent d'estafettes.

-'̃̃̃̃ -̃̃ AIR .-•;

l'anniversaire de la mort de Guynemer Pour perpétuer la mémoire du capitaine aviateur Georges Guynemer, tué en combat aérien, dans les Flandres, le 11 septembre 1917, une cérémonie a lieu tous les ans, à cette date, dans toutes les formations aéronautiques françaises.

Au ministère de l'air, le général Barès, inspecteur général de l'aéronau tique, a lu, hier, à 15 h. 30, en présence de M. Pierre Cot, ministre de l'air et du haut personnel militaire, la dernière citation du « chevalier de l'air ». Après une minute. de silence, M. Pierre Cot a déposé une gerbe de fleurs devant le buste de Guynemer exposé dans l'antichambre ministérielle.

Au camp de Pont-Long, près de Pau, où Guynemer flt son apprentissage avant son départ pour le front, a été passée une revue des troupes par

cause de mon ami malade? Rien d'autre ne m'a-t-il poussé? Est-ce que je ne me dupe pas moi-même? »

Partout, son ascendant diminue. Ses meilleurs amis, comme Angelo Mariani, l'abandonnent pour Wagner. Il n'a rien fait exécuter en public depuis dix ans, à cause du maître saxon. Sans se l'avouer, n'est-il pas à Venise, précisément pour observer et rencontrer le grand Allemand, qu'il nomme son ennemi, « son assassin »? Sur un canal, sa gondole frôle encore celle de Wagner. « Proche à le tuer. » Il n'y a, néanmoins, pas de haine dans l'âme de l'auteur de RigoleUo. Mais une amertume dévorante et du désespoir.

Verdi va trouver un sénateur, son ami et admirateur de toujours. L'hôte lui présente ses deux fils, Renzo et Italo. Le dernier, violoniste et bellâtre, a participé à l'exécution de la partition de Wagner. Il £st également fanatique du musicien de Tristan.

Le marquis Gritti, âgé de cent cinq ans, fait visiter à Verdi ses .collections musicales. Le patriarcal maniaque assiste chaque soir à un spectacle 'd'opéra. Il veut ignorer les compositeurs gt chanteurs vivants et jusqu'à Wagner et Verdi. Son esprit centenaire, demeuré pétillant, n'est occupé que des .vieux maîtres disparus et oubliés.

Italo, le fils du sénateur, est devenu si entêté de Wagner qu'il en néglige sa maîtresse, Bianca, l'épouse du docteur Carvagno. La jeune femme est enceinte. Mais une cantatrice asexuée, Marguerite Dezorzi, à fait des débuts retentissants au théâtre. Italo s'en éprend. Pen^ dant les fêtes du carnaval, il accepte de figurer. sur un char, Orphée, aux côtés de la Dezorzi travestie en Eurydice. Le beau violoniste, délaissant définitivement Bianca, devient l'amant d'un soir de la chanteuse.

Verdi a exigé que son séjour à Venise restât secret. Dans sa chambre d'hôtel, il se remet à sa partition du Roi Lear, dont l'idée le poursuit depuis trente ans. Il juge avec une cruelle sévérité les six cents pages qu'il a déjà écrites. L'après-midi, pendant que se déroulait la mascarade, il s'était de nouveau trouvé face à face avec Wagner. Dans le même moment, l'orchestre avait exécuté, en plein air, la marche royale tfAïda. Quel geste mystérieux eut alors le maître allemand en parlant à ses deux compagnons ? Verdi avait cru y discerner un signe de désapprobation. Le soir, après qu'un sacristain a annoncé que « Carnaval est mort », il jette au feu son manuscrit du Roi Lear. Un incendie s'est, d'autre part, déclaré dans les appartements du marquis Gritti, dont la précieuse collection lyrique a été réduite en cens dres/~

le colonel Le Bihan qui, en une courte allocution, a rappelé les hauts faits du jeune héros. Remise de décoration

De notre correspondant

Le général Bonoist, commandant le 35° centre aéronautique de Lyon-Bron, a remis hier lundi, au cours de la cérémonie organisée pour commémorer le souvenir de Guynemer, la croix de chevalier de la Légion d'honneur au soldat de première classe radiotélégraphiste Thomasset, pour faits exceptionnels. ̃ « Le soldat Thomasset, dit la citation dont il est l'objet, au cours de plus de 400 traversées de la Méditerranée sur les courriers de l'Aéropostale, a totalisé plus de 2,400 heures de vol et montré en maintes circonstances périlleuses des qualités maîtresses d'énergie, d'eudurance, de bravoure et de présence d'esprit indéfectibles. »

ECJ10S ET IffFORpTIOJlS IL Y A VN DEMI-SIÈCLE

Lu dans le Temps du jeudi 13 septembre 1883 X La série de fêtes à l'occasion du deux ceutième anniversaire de la levée du siège de Vienne par les Turcs, a commencé hier par une excursion au,' Kahlenberg d'où les troupes alliécs avaient dirigé leurs attaqucs contre les Turcs. Un monument commémoratif y a été inauguré. Les Polonais se tiennent à l'écart, tout en célébrant ia fête dans, les cercles intimes. ̃•» X L'organe officiel du, comte de Chambord disparaît l'Union cesse sa publication. Ce journal meurt dans sa soixante-neuvième année. Il portait en sous-titre les noms de ses prédécesseurs Quotidienne, France, Echo français. C'est la Gazette de Franco qui servira à l'avenir les abonnés de Z'Union. a».

X Pour la première fois, la traversée en ballon de France en Angleterre a été effectuée. Ce succès a été remporté par M. Lhoste, montant le ballon la Ville de Boulogne.

;i

C'est une révélation. Le cocktail colonial dont nous avons donné la formule à nos lecteurs 2/3 de véritable rhum de Saint-James; 1/3 de siroi) de sucre; un zeste de citron finement découpé etfoomplétcr avec de la glace pilée, est une révélation.

Servi suivant la tradition créole, dans les réceptions et avant le repas, ce cocktail exquis et -capiteux est grand générateur d'appétit et de gaîté, et est ainsi un précieux auxiliaire pour une maitresse de maison.

La couleur des soutanes. Nous avons signalé ici, il y a deux mois, que la sacrée congrégation des Cérémonies avait choisi une teinte de violet 't « officielle et obligatoire » pour les ecclésiastiques qui ont droit à cette couleur pour leur soutane ou leur ceinture. Depuis quelques années, en effet, il y avait presque autant de teintes de violet que de prélats. Certains adoptaient même une nuance si voisine de la pourpre cardinalice qu'il était souvent difficile do ne point commettre de confusion.

Il convient de remarquer, d'ailleurs, que la réglermentation, en cette matière, ne s'est établie que lentement. Il fut un temps, par exemple, où les clercs adoptaient pour leurs robes la couleur de leur choix rouge, violet, blanc, vert. C'est là un privilège qu'ont conservé du reste lez chanoines de certains chapitres italiens. En 1209, le concile d'Avignon interdit les soutanes rouges et vertes. Celui de Latran, en 1215, en renouvelant cette interdiction, laissa aux évoques le droit de choisir entre le bleu, le rouge et le vert, et ce fut, après le concile de Trente seulement qu'ils adoptèrent le violet.

Naissances

Le commandant Pierre de Bellefon et Mme, née de Montrachy, font part de la naissance de leur fils, Bernard.

M. René Supino et Mme, née Davies, sont; heureux de faire part de la naissance de leur fils

David. N.euil.Iyj 6 septembre.

On1 annonce le prochain mariage de M. Luis: de Souza-Dantas, ambassadeur du BrésM, avec Mme Elis'e Stern, chevalier de la Légion d'honneur. Les témoins dQ Mme Stern seront la princesse Narischkine et M. Straus, ambassadeur des Etats- Unis, ceux de l'ambassadeur seront MM. Epitacio.Pcsgoa, ancien président du Brésil, et James

Darcy.

On' nous prie d'annoncer la mort de M. Max Choublier, consul de France, chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Palamos (Espagne), le 29 août 1933, dans sa soixantième année. De la part de ses enfants et de sa famille. ̃ M. Maxime Choublier, né le 30 mars 1873, avait été chargé do cours de doctorat à l'Ecole française de droit du Caire de 1897 à 1900, avant d'entrer dans la carrière, comme vice-consul à Monastir. Il devait rester dix ans en Macédoine, passant par les postes d'Uskub, Philippopolil et Salonique,. M, Cruppi l'appela comme chef-adjoint de son cabinet durant son court passage au quai d'Orsay, de mars à juin 1911. Il avait été nommé consul à Stuttgart la même année. Il quitta la carrière pour s'intéresser à de grandes affaires. Amateur averti d'art oriental, M. Maxime Choublier, disparu prématurément, laissera le souvenir d'une personnalité d'une grande originalité de pensée et de goût.

On annonce le décès du docteur Narodetzki, 6, square Thiers. De la part de sa veuve, Mme Narodetzki, de son fils Pierre Narodetzki et des familles Narodetzki, Eugène Mayer, Spi'gel et Steinherz. Les obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité,

Nous apprenons la mort en son domicile, 21, rue Fontame, de Mme Thibicvge, née de VerneuiH, veuve de M. Edouard Thibierge, conseiller à la Cour de cassation. Les obsèques ont eu Heu dans la plus stricte intimité.

Giuseppe Verdi a rencontré, dans les ruelles vénitiennes un jeune musicien bizarre Mathias Fischbœek. Il n'a pas dévoilé son identité à l'étranger, qu'il confesse. Fischbœek s'est exilé d'Allemagne avec sa femme, Agathe, et son enfant, Hans, un superbe garçonnet de cinq ans. Il est phtisique au dernier degré. Il méprise « les flonflons de Richard Wagner ». Il appelle l'auteur de Parsifal « l'assassin de la musique ». Lui-même a composé plusieurs morceaux qui paraissent Verdi « un. chaos de sons ».

Le maestro de Roiicole, apitoyé, emporte les manuscrits de l'extravagant, avec la promesse de les faire éditer. Quand. Mathias est- près d'expirer, à l'hôpital, Verdi paraît au chevet de l'agonisant. Il affirme qu'il a trouvé un éditeur enthousiasmé par la production sauvage de Fischbœek. Il remet au mourant dix billets de mille francs, comme prétendue avance sur la publication prochaine des œuvres du graba3 taire. Mathias Fischbœek mourra consolé, rayonnant. Mais Agathe Fischbœek a percé le pieux stratagème du bienfaiteur. Elle éclate en sanglots et s'effondre aux pieds du maestro. «Vous êtes Giuseppe Verdi! » s'écrie-t-elle. Peu de temps auparavant, le compositeur d'Aïrfa avait tenu à entendre le fils du portier Dario, Mario, mutilé des deux jambes et qui possédait une admirable voix de ténor. Accom.; pagné à la guitare par sa mère, à demi folle, l'adolescent infirme avait improvisé, en l'honneur de Verdi, les vers et les chants d'une longue mélodie italienne. Emu par la vocation et la détresse de l'estropié, le maestro avait assuré la vie matérielle de Mario, et fait faire des études musicales à ^impotent. Mais au fur et à mesure que Mario était initié aux secrets du métier, il perdait de son génie. Le 12 février, sur le désir exprimé par Italo, Verdi écoute, du fond d'une loge, une exécution de son opéra la Force du destin. Dans le rôle secondaire de Leonora, la Dezorzi produit une profonde impression. La cantatrice se. glisse dans la loge du vieux maître et lui applique « un farouche baiser » sur les lèvres. Eiirflammé, le vieillard rentre précipitamment à son hôtel. Il ouvre une partition de Trislait. Il ne connaît encore que les premiers opéras de Wagner et quelques passages de la Walkyrie et de Parsifal. Il découvre « une musique dont la nouveauté n'éblouit pas ses yeux ». Il ne garde plus aucune rancune à Wagner. Dans la nuit, il est terrassé par une congestion et manque mourir.

Vite rétabli, il prend la détermination, dès le lendemain, de faire visite à Richard Wagner. Il arrive devant le palais Vendramin, où loge l'auteur de Sieafried. Personne dans le grand

Nous apprenons la mort, survenue dans sa quinzième année, de Mlle Jeanine de Franco d'Almadovar, fille du chancelier du consulat du Portugal à Paris, et petite-fllle de M. A. Tavernier, membre fondateur de l'Association des journalistes républicains français.

Nouvelles diverses

M. Dalimier, ministre des colonies, en présence des membres de son cabinet et des directeurs et chefs de service de son département, a déposé une gerbe de fleurs au pied de la plaque commémorative des fonctionnaires et agents des colonies morts au champ d'honneur.

Accompagné de M. Pierre-Alype, directeur de son cabinet, de M. Gaston-Joseph,- conseiller d'Etat, directeur des affaires politiques, et du général Peltier, directeur des services militaires, il s'est rendu ensuite à Nogent-sur-Seine où il a accompli! le même geste de déférence au monument des soldats coloniaux morts pour la France. A la dernière réunion de la commission. d'admission du comité France-Amérique, ont été admis comme membres titulaires Général A. I. Chiriboga, chargé d'affaires de l'Equateur à Paris et Mme Chiriboga, sur présentation du bureau; miss Jessie Tilney, présentée par Mme J. Porter-Fiske et Mme J. M. Baldwin.

BULLETIN METEOROLOGIQUE DE L'OPFIGB NATIONAL

I. Le temps du 11 au 12 septembre, à 7 lreures Moxima Metz +29°, Paris (O.N.M.), Lyon 28", Clermont-Ferrand, Besancon 27°, Valenciennes, Saint-Raphaël, Strasbourg 26°, Marseille-Marignane, Nantes, Toulouse, Tours '25°, le Havre, Rennes 24°, Perpignan 22°, Calais-Saint-Inglevert, Brest, Bayonne 21°. Minima Marseille-Marignane, Saint-Raphaiil 19°, Bayonne 18°, Iloyan-la Coubre, Perpignan, Lyon, Paris (O.N.M.) 17°, le Havre, Tours, Nantes, Clermont-Ferrand, Dijon 16°, Rennes, Brest l'5°, Bordeaux, Toulouse, Besançon 14°, Valenciennes, Calais-Saint-Inglevert 13°, Strasbourg 11°, Nancy 10°, Pau ville 14°.

Pluie des 24 heures le 12 septembre, à 7 heures Traces Dijon, Brest, Toulouse, Ajaceio, Paris (O.N.M.), Nantes, 1 mm. Bayonne, 2 mm. Chartres, Besançon, Lorient, 3 mm. Beauvais, Avord, 4 mm. Orléans, Lyon, Montélimar, 6 mm. le Havre, Angers, le Puy, 10 mm. Clermont-Ferrand, Argentant, 12 mm. Pau, 13 mm. Nîmes, 18 mm. Cuers, 27 mm. Saint-Raphaël, 29 mm. Poitiers, 30 mm. Tours, 34 mm. ChîUeauroux, 37 mm, Perpignan.

Situation barométrique et perturbations

le 12 septembre, à 7 heures

Mariages

Nécrologie

̃BHMm Lignes d'égale hauteur du baromètre cotées en millibaps.

fU millibar vaut environ J/i de millimètre)

•»•••*•• Lignes d'cgale-baisse du baromètre depuis 12 heures. Ugnes..d'egs1e hausse du baromètre depuis 12 heures, »»,» Lignes de variation nulle du baromètre depuis 12 heuros.

V/ Zone pluvieuse

«"̃.>» Sens de la marche dftS perLurbat'ona.

II. Situation générale le 12 septembre, à 7 heures Une zone de hautes pressions s'étend de l'Islande à l'Europe centrale, aux Balkans, et à d'Italie, avec maxima do 1,031 mb en Islande, 1,025 mb en Ecosse, 1,027 mb en Pologne, et présente un minimum relatif de 1,019 mb sur le Danemark. La pression est basse sur Je nord de l'Europe. On note 1,010 mb sur la Laponie. Une zone de pression un peu basse s'étend du centre de la Franco à la Bretagne, au nord-ouest et à. l'ouest de la péninsule ibérique (1,014 mb). A Paris 1,017 mb. Un courant de perturbations dirigé du sudouest au nord-est continue à intéresser la France. III. Evolution probable de la situation jusqu'au 13 septembre à 18 heures

Le système nuageux orageux S4, qui accompagne la baisse B4 a progressé vers l'est-nord-est et couvre maintenant la totalité de la France (voir carte). Il continuera à se déplacer dans la même direction et à intéresser nos régions au cours des trente, heures à venir.

En conséquence en France pour la journée du 13 septembre

a) Vent. Moitié siîd secteur sud-ouest faible. Moitié nord faible variable, sud-ouest dominant. b) Etat du ciel. -7- Toute la France ciel demi à trois quarts couvert avec éclaircies et rares orages. c) Température. Toute la France stationnaire ou en faible hausse.

Région parisienne

IV. Prévisions pour la soirée d,u 12

et la nuit du 12 au 13 septembre

Vent faible variable, ciel demi couvert avec éclaircles et rares orages. Température stationnaire. Prévisions pour, la journée du 13 septembre Vent faible variable s'orientant au sud-ouest: ciel demi à trois quarts couvert avec éclaircies se couvrant par intervalles avec rares orages. Température sans changement important.

vestibule. Verdi s'apprête à tirer à nouveau le cordon de la sonnette. Un homme hagard descend par le grand escalier. C'est le portier. Lé maestro lui remet sa carte et demande à voir son illustre confrère d'Allemagne. Wagner venait d'expirer depuis un quart d'heure. Deux heures plus tôt, il avait encore dit à son portier « Carnaval est mort! » Verdi quitte, sans émotion apparente, le palais Vendramin. Alors qu'il affecte d'être incroyant, il entre dans une église qu'il trouve sur son passage. La mort a choisi entre Wagner et Verdi.

Je n_e vous ai conté toutes ces péripéties qu'afin que vous puissiez entrevoir les allus sions symboliques qui s'y cachent. Nous assistons à un. combat en règle de la symphonie allemande et de la mélodie italienne, du génie méditerranéen, pour employer l'expression de Nietzsche, et du génie germanique. Le marquis Gritti incarne l'opérarbouffe désuet et encore imposant, Mathias Pischbœck la musique anarchique d'avant-garde, Italo l'opéra italien bâtard et frotté de wagnérisme, Mario lé chant populaire sans bases, coulant de verve et périclitant dès qu'on tente de le discipliner. Toutes ces formes lyriques sont anéanties dans le feu qui, le mardi gras, détruit la carcasse burlesque du roi du Carnaval. Seule demeure debout la mélodie verdienne, qui est dé plainpied avec le peuple. La fiction du romancier allemand, qui veut être démonstrative, prête largement à la discussion.

Le livre de M. Werfel est composé comme un véritable opéra. Vous, y découvrirez, trans-iposés littérairement, des airs de bravoure, des préludes, des duos d'amour* des quatuors, des chœurs assourdissants. Telles descriptions de Venise ou du cortège des masques ressemblent à d'amples interludes symphoniques. Des sentiments extrêmes sont prêtés aux personnages. L'intrigue contrastée du roman a, elle-même, quelque chose d'un, scénario d'opéra de l'ancien moule.

Remarquez que M. Franz Werfel est parti de données qui cadrent avec la réalité des faits. Il s'est textuellement servi de termes de la volumineuse correspondance de Verdi, publiée en 1913, à l'occasion du centenaire de la naissance de l'auteur d'Otello. Il a puisé à toutes les sources de la bibliographie verdienne. Il a creusé à fond le caractère de son modèle et nous a rendu le plus vif du grand homme. L'atmosphère qui régnait alors à Venise et l'activité artistique du temps nous sont également resti= tuées à merveille.

Il est vrai que Verdi, né la même année que Wagner, fut longtemps en rivalité et- en lutte avec le maître de. Bayreuth. Il .voyait sa gloire

FAITS-DIVERS Les orages. Une violente trombe d'eau s'est abattue, hier, sur la région de Narbonne, provoquant de nombreux dégâts. A Saint-Laurent-dela-Cabrerisse, une passerelle a été emportée ainsi! qu'un arceau du pont de la Nicolle, construction d'apparence solide remontant à quatre-vingt-cinq ans. L'accident s'est produit au moment où une centaine de personnes, postées sur ce pont, regardaient la progression de la crue. Cinq d'entré elles ont péri. Ce sont MM. Edouard Doublau, cinquante et un ans, qui a été retrouvé enlise, la tête complètement écrasée; Victor Fiers, vingt-huit ans, et Faousto Estebanero, même âge, dont les corps ont disparu; Henri Gasc, soixante-trois, ans, propriétaire, dont le corps, coupé en deux, a été trouvé pendu à un frêne deux cents mètres plus loin. La cinquième victime est un cultivateur nouvellement venu au village et dont on ignore l'identité.

Un jeune homme de dix-sept ans, M. Jules Cros, également emporté par les eaux, a été retrouvé à peu près inanimé sur une touffe de roseaux. On pense qu'il en réchappera.

Aussitôt après la chute du pont, la construction en ciment armé qui abritait le moteur électrique a été emportée. Les câbles à haute tension se sont rompus et plusieurs villages ont été plongés dans l'obscurité.. Les accidents do la circulation. Avenue de Neuilly, un camion transportant des balles de paille, conduit par le chauffeur Paul Le Gouffre, est entré en collision avec un autobus de la ligne C.L. 43. Sept voyageurs qui se trouvaient sur la plate-forme de l'autobus ont été blessés. Cinq d'entre eux ont pu regagner leurs domiciles, mais les deux autres, M. Georges Fourny, mécanicien, vingt-sept ans, 31, rue d'Alsace, à Courbeyoie, qui a une fracture d'un genou, et M. André Baudy, trente-huit ans, employé de bureau, 69, rue Eichenberger, à Puteaux, qui a des fractures multiples aux deux jambes, ont dû être hospitalisés. Le chauffeur du camion est gardé à la disposition de la police.

M. Carpentier, représentant en broderies à Caudry (Nord), accompagné de M. Labbé, vingt-cinq ans, pilotait une auto de course. A proximité de cette ville, la voiture, qui roulait à vive allure, heurta violemment la bicyclette de M. Lequesne, dix-neuf ans, garçon coiffeur à Montigny, qui fut projeté dans uni champ voisin. Cependant l'automobile allait heur-* ter un talus, puis, revenant sur la route et tournant sur elle-même, s'arrêtait au pied d'un mur d'usine. M.Labbé fut projeté sur la route et tué sur le coup, tandis que M. Carpentier restait accroché au volant. Le cycliste avait une fracture et des contusions multiples. Il a été hospitalisé. M. Carpentier, qui avait subi une forte commotion, fut, reconduit à son domicile, portant de nombreuses blessures. L'état des deux blessés est tel qu'ils n'ont pu être interrogés.

Aux Cités-du-Roc, près de Belfort, une col-< lision s'est produite entre deux cyclistes. M. Raymond Monin, dix-huit ans, de Montbouton, et Mlle Marthe Croissant, dix-neuf ans, de Beau-i court, qui a été mortellement blessée.

Près de Nice, sur la route de Grenoble, una camionnette a renversé un piéton, M. André Bar- noin, vingt-six ans. &g rabattant sur sa gauche, pour s'enfuir, le chauffard a heurté un cycliste, M. Pierre Ferrua, qui a été tué sur le coup. Pendant qu'on se précipitait au secours des blessés, l'auteur de l'accident a pris la fuite sans qu'il ait été possible de relever le numéro de son véhicule.

Drame. A Beaumont, commune de Bayao (Dordogne), une jeune veuve, Mme Jeanne Courré, trente et un ans, mère de deux enfants, a été tuée, à proximité de son domicile, de trois coups de fusil. L'enquête a pu établir que l'assassin s'était caché dans des rochers dominant la route. Les soupçons se sont portés sur un cantonnier âgé de quarante-trois ans habitant Bayac avec lequel la victime avait vécu maritalement. Elle l'avait quitté à plusieurs reprises et, dernièrement, sin? son refus de reprendre la vie commune, son ancien ami l'avait menacée.

Gorjjo tranchée. Mme veuve Moreau, bou-j langère, 77, quai de la Fosse, à Nantes, a eu la gorge tranchée d'un coup de rasoir. Son cadavre a été découvert entre deux matelas. La chambre à coucher avait été fouillée de fond en comble. L'enquête a permis d'établir que Mme Moreau somnolait sur son lit quand elle fut réveillée par des cambrioleurs qui opéraient dans la chambre de son fils, contiguë à la sienne. Ayant voulu se rendre compte de ce qui se passait, elle était venue au devant de la mort.

Dans l'après-midi, vers 15 heures, Mme Moreau avait reçu la visite de son frère, le chanoine Olive. Le cadavre étant déjà froid à 21 heures, le crime se situerait autour de 18 heures. Aucun indice pouvant révéler l'identité dès assassins n'a été relevé.

AÉRONAUTIQUE La Coupe internationale des sphériques

On mande de New- York que les Américains Van Orman et Franck Trotter, concurrents dans la Coupe internationale des sphériques et dont on était sans nouvelles depuis plusieurs jours, ont télégraphié aux organisateurs qu'ils avaient dû atterrir pendant la nuit du 3 septembre dans la forêt de Timigani, dans l'Etat canadien d'Ontario. L'atterrissage a été provoqué par un- orage. L'enveloppe de l'aérostat a été détruite en partie et le ballon a été abandonné par les aéronautes. HIPPISME

Courses à Vincennes

Champs .nombreux dans les six dernières cour-i ses, la première n'ayant réuni que cinq concurrents. Grand Air (54 francs) l'a gagnée. Les autres sont revenues à Idesy (37 francs); Iris III (48 franos) Halfporta D (33 fr. 50) Galantin II (71 fr. 50) s'adjugeant brillamment les 40,000 francs du prix Fuchsia; Gare de Messei (39 fr. 50); Es« poir du Logis (148 francs).

Demain courses à Chantilly.

se rétrécir, tandis que Wagner gagnait sans- cesse en honneur. Dans sa correspondance, ili s'en prenait souvent aux wagnéristes fervents, « foule des imitateurs et des malades de notre époque », et à Richard Wagner. « La musique^ de l'avenir, disait-il, ne me fait pas peur. »; Et il écrivait au marquis Monaldi « Vousi semble-t-il que sans ce soleil j'aurais pu écrirai Tristan ou la Trilogie? » Il oubliait ou ignorait que Wagner avait justement établi à Venise lej plus fort de la partition de Tristan. Enfin, ili déclarait à Franco Faccio « Nous qui descen- dons de Palestrina, nous commettons, en imitant Wagner, un crime musical, et nous faisons: une chose inutile ou plutôt dangereuse. » D'un autre côté, il est exact que Verdi à été pendant de nombreuses années préoccupé par le plan d'un Roi Lear. On a retrouvé dans ses manuscrits un livret tiré du drame shak.es-! pearien, et qu'il avait entièrement remanié. Par testament, il avait demandé qu'on brûlât ses papiers et ses compositions de jeunesse. Après sa mort, on se conforma à son vœu! suprême.

Signalons toutefois à M. Werfel que Verdi! n'était pas resté tout à" fait inactif entre 1872 ë6 1882. En 1874, il avait donné sa fameuse Messe, de. Requiem, en 1880 un Ave Maria et un Pater, noster, et, en 1881, il avait modifié profondé-!ment sa partition de Simon Boccanegra. Ce ne] sont là que vétilles. Mais elles surprennent de la part d'un écrivain qui semble au courant de toutes les recherches faites sur l'œuvre et lai nature de Verdi, et qui ne s'est avancé que' documents en mains.

Un ouvrage tel que Verdi, roman de l'opéra, ne pouvait naître qu'en notre siècle, où la mu-ï sique s'empare chaque jour davantage des expressions diverses de la pensée. Pour pénétrer le sens d'une œuvre d'art, rien ne vaut quo; d'avoir connu l'auteur vivant. Par son don; d'évocation, M. Franz Werfel a ressuscité, à' sa façon, et Verdi et Wagner. 11 les a surpris à leurs plus grands moments. Bien qu'il ait chargé et enluminé leurs hautes figures, on a) l'impression, qu'il a, dans l'essentiel, atteint au] vrai.

Je termine la lecture de Verdi, reirian 'de,' l'opéra, à une heure avancée de la nuit. L'air tiède et sombre continue d'être traversé par le tintamarre du piano mécanique. Les couplets du duc de Mantoue, de Rigoletto, résonnent de nouveau. C'est trop. Maintenant, j'approuve presque Verdi d'avoir acheté, pour les faire taire, les trente orgues de barbarie qui ressassaient opiniâtrement à Gênes les cabalettej populaires de sjîs opéras.

Henry Malhe-rs©