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Full notice

Title : Le Temps

Publisher : (Paris)

Publication date : 1916-09-21

Contributor : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication

Contributor : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 137484

Description : 21 septembre 1916

Description : 1916/09/21 (Numéro 20165).

Description : Collection numérique : France-Japon

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k2426705

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34431794k

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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Paris, 20 septembre

BDLLETÎÔU JOUR

L'ALLEMAGNE JUGÉE

L'unanimité de la Chambre française, moins 26 voix, a affirmé hier qu'elle exclut la possibilité de toute paix avec une Allemagne non vaincue. Ce vote prouve que vingt-six mois de guerre ont plus fait que quarante-quatre ans de paix pour nous fixer sur le peuple agressif, dont la volonté a précipité l'Europe dans le drame de l'JM. Il est donc le bienvenu. Pour vaincre l'adversaire, il faut le voir tel qu'il est et ne jamais oublier la parfaite unité de tous ses éléments dans la préméditation. C'est l'Allemagne tout entière qui a voulu la guerre « sa » guerre. C'est l'Allemagne tout entière qui, après l'échec du plan initial, s'acharne à en sauver les ruines et réclame encore des annexions. Il est aussi vain de songer à traiter avec elle qu'il serait vain de négocier, au coin d'un bois, avec un détrousseur de grands chemins.

Revenons aux faits, qui seuls ne trompent pas. Avant la guerre, l'Allemagne répond à la diminution de nos armements et des armements britanniques par l'augmentation des siens. La réduction votée par nous du service dans l'active et dans les réserves, le ralentissement des constructions navales anglaises trouvent pour réplique les lois militaires de 1011, 1912, 1913 et la mise en chantier de nouveaux cuirassés. Méthodiquement et cyniquement, le crime se prépare dans tous ses détails. L'heure sonne et la guerre commence. Relisez c"est loin déjà et jious oublions vite les manifestes, de l'empereur et les discours du chancelier. Voyez-les se ruant à « la guerre fraîche et joyeuse », repoussant avec dédain les protestations de la Belgique, se jetant sur la France comme sur une proie. C'est le moment où ils apparaissent comme ils sont, l'occasion de les juger foi dans leur force, mépris du droit, âpreté au gain. Et tout leur peuple les suit. Le vote du Reichstag est unanime. Le parti même qui avait juré fidélité à la paix et déclaré la guerre à la guerre est le plus ardent à s'y précipiter. Le 2-9 juillet, Haase déElarait « Notre protestation contre la guerre ne cessera pas." Le 1" août, Muller venait dire à Paris « Nous refuserons les crédits. » Le h août, les crédits étaient votés, et dans les Semaines suivantes, Sudekum, Scheidemann, Ëbert, Durr, Emmel et tant'd'autres moins notoires se mettaient au service de l'empire pour recruter des travailleurs en Belgique et faire l'étranger de la propagande pangermaniste. Est-ce avec ces gens-là qu'on peut traiter avant de les avoir battus ? Certains disent « Ils se sentent battus donc, on peut traiter. » Où prenez-vous cela ? Est-ce le gouvernement qui s'est converti ? Il réclame des annexions à l'est et à l'ouest. Est-ce le peuple ? Est-ce la presse ? Est-ce le parti socialiste, où Scheidemann ne fait que commenter, à l'usage de ses amis, la 'doctrine du chancelier, et pour s'assurer l'unanimité, fait expulser, avant de parler, les quelques opposants qui se sont glissés dans la salle ?

peuple a voulu. la guerre. La preuve eêt acquise. Elle n'est pas contestée. Il l'a imposée 'à des, peuples qui n'en voulaient pas et qui, pour l'éviter, ont tout fait. Il n'en a pas obtenu les gains énormes et immédiats qu'il en atten'dait. Pourtant il continue à les exiger. Il entend que son coup paye, même manqué. Il admettrait au besoin la « partie nulle », parce qu'il sait qu'à'l'abri du 'statu quo retrouvé, il préparerait en liberté une plus grande opération. Ce n'est pas encore sa position. Mais il y viendra. Si nous nous laissions duper aujourd'hui, que 6erait-ce à ce moment-là ?

Tout le monde a le droit d'être pacifiste. Mais pour être pacifiste, il faut vivre. Or l'Allemagne poursuit la destruction des peuples qui l'environnent. Ceux qui parlent de paix ar ientils accepté la 'paix al'l&mande ? Nous ne le croyons pas, puisqu'ils se recommandent de la liberté et du droit. Alors, il faut qu'avec nous, avec la France, avec ses alliés, ils acceptent la paix française et sa condition la victoire. Car, sans victoire, nous retrouverons demain le péril d'hier et tout sera à recommencer. Au lieu d'une guerre, nous en aurons deux. Ce sera tout'le fruit de ce beau zèle. L'instinct de conservation nous défend d'y céder. Nous n'y céderons pas.

Il est salutaire que l'opinion des élus du pays ait pu s'exprimer avec clarté sur ce débat' capital. Le vote d'hier, c'est, d'abord et avant tout, un jugement sur l'Allemagne sur l'Allemagne d'avant la guerre, sur l'Allemagne de îa guerre et sur l'Allemagne d'après la guerre. C'est la répudiation des illusions meurtrières qui, non pas seulement chez les socialistes, mais dans toutes les classes de la France pacifique, avaient fait des victimes. Ceux qui, commie nous, recommandaient la vigilance et la défiance, se rappellent quelle mauvaise humeur accueillit souvent leurs conseils qu'on leur pardonne de le rappeler.

L'Allemagne a plusieurs lignes de retraite. Elle les occupera toutes. Sur chacune, elle s'efforcera de nous désarmer. Partie en guerre fpcmr piller l'Europe, elle se contenterait aujourd'hui de gains limités. Elle se contentera demain du slatu quo. Peut-être ofïrira-t-elle un jour des concessions illusoires. Chaque fois, ce sera un piège, et d'autant plus redoutable que plus grande paraîtra la modération. Chaque fois, rappelons-nous que, pour faire durer la paix, il faut rendre l'Allemagne inapte à la iguerre et que, en dehors de ce résultat, tous les ̃autres seront inopérants, précaires, générateurs d'agressions ultérieures.

Nos morts sont là qui parlent, et leur appel .vient à nous. Ils ne veulent pas être morts pour rien et que l'erreur des vivants rende stérile leur sacrifice. C'est leur voix qui nous dicte le devoir pas de paix avant que l'Allemagne soit incapable de continuer la guerre; pas de paix qui laisse l'Allemagne capable de la recommencer.

DÉPÊCHES TÉLÉGiÂPHIQOES DES CORRESPONDANTS PARTICULIERS DU £tlttp0

Londres, 2Ï> septembre.

Selon une dépêche d'Ottawa, les souscriptions à l'emprunt de guerre canadien ont dépassé le montant de cet emprunt.

Genève, 20 septembre.

A Gablonz (Bohème), le barrage de la NeisseBlanche s'étant rompu sur une longueur de 80 mètres et une profondeur de 20 mètres, d'énormes quantités d'eau ont été précipitées avec une force effrayante dans la vallée, emportant plusieurs manufactures de polissage do verre et d'autres constructions. Tous les ponts qui n'ont pas été emportés sont sous les eaux et menacent de s'écrouler. Parmi les localités inondées se trouvent notamment Doszendorf, Thiessenbach, Tanwald, Schaumburg-, Schwaxow, Grossbaumer et Haratisz. Les dégâts s'étendent sur une distance de 20 kilomètres. On a retrouvé 250 cadavres.

Madrid, 20 septembre.

L'alarme causée dans la région de Valence par 3e torpillage du Luis-Vives a eu sa répercussion dans la presse espagnole, qui est unanime à rappeler que l'Allemagne avait fait la promesse formelle de resoeoier les navires traesoortaut des

produits ne constituant pas une contrebande de guerre sous pavillon espagnol.

Le Diario universal constate avec satisfaction que même les journaux] germanophiles s'associent à cette protestation et assure que jamais lé gouvernement ne faillira aM devoirs sacrés imposes par les intérêts nationaux. < Le • ressentiment des armateurs espagnols est à son comble et, le gouvernement devra, pour leur donner satisfaction, présenter à l'Allemagne des réclamations plus énergiques que celles formulées lors des précédents torpillages.

Oporto, 20 septembre.

Quelques troubles ont éclaté la nuit dernière. 67 arrestations ont été opérées, y compris celle de l'ancien député Manuel José Silva et des agitateurs Cardozo Lucens et Antonio Augusto Silva.

L'ordre est rétabli et les mesures nécessaires ont été prises en vue d'éviter quelque incident inattendu.

Pékin, 20 septembre.

Le gouvernement demande à contracter un emprunt de 10 millions de livres sterling près de groupes de banques, à l'exclusion de l'Allemagne, et qui serait garanti par les revenus de la gabelle. Buenos-Aires, 20 septembre.

Le député socialiste Bravo, au cours d'une récente discussion à la Chambre, a déclaré qu'il souhaite voir flotter bientôt de nouveau, sur les villes d'Alsace et de Lorraine, le drapeau français annonçant le triomphe de la France démocratique.

«®»

LA PAIX PAR LA VICTOIRE Les noms de certains orateurs inscrits pour prendre part hier à la discussion des douzièmes provisoires faisaient prévoir aux bons connaisseurs de la Chambre qu'il y aurait « un peu de houle ». C'est d'abord M. Roux-Costadau qui s'est chargé de donner raison'au pronostic. Ce député, qui fut- socialiste et qui a secoué la discipline du parti, avait réuni dans son discours quelques-unes des choses qui se disent et qui viennent on ne sait d'où sur le sacrifice excessif et presque exclusif du sang des paysa,ns de France sur'la comparaison des efforts imposés à notre pays et à ses alliés. Au fond, il •n'était pas mauvais que ces lieux communs, qui enrichissent les conversations des orateurs de carrefour ou d'estaminet, fussent ramassés par un homme mal renseigné pour qu'il en îùt fait justice une fois pour toutes. le président du conseil s'est chargé de ce soin.

Combien de fois faudra-t-il redire que toute la France fait son devoir et qu'il esta la fois sacrilège et vain d'établir une distinction entre les «bourgeois », les «paysans» et les «ouvriers»? On raconte aux naïfs que tous les ouvriers sont mobilisés dans les usines. Or, il y a plusieurs millions d'ouvriers en France. Plût au ciel que nous eussions une industrie de guerre capable d'occuper ne fût-ce qu'un million d'ouvriers C'est cel.a qui permettrait d'épargner plus encore le sang des paysans, des bourgeois et des autres ouvriers Les batteries d'artillerie lourde ou légère se multiplieraient à miracle, un déluge de mitraille un vrai déluge biblique de quarante jours et de quarante nuits détruirait toutes les préparations défensives de l'ennemi et, dès demain, le sol de la patrie serait délivré. Si nous obtenons sur la Somme les résultats qui noys cjonnenj, tant d'espoir. et de fierté, et si nous les* obtenons en' économisant les vies humaines, c'est parce que nous avons' organisé ce que le Temps a appelé, 'le premier, l'usine de guerre. Et c'est grand dommage que l'usine ne soit pas le double ou le triple de ce qu'elle est,- car les « bourgeois », les « paysans » et les « ouvriers » qui partagent fraternellement les périls de la tranchée seraient; plus vite rendus à leurs oeuvres pacifiques. Qu'est-ce encore que cette malséante et malsaine comparaison entre les efforts de la France et ceux des alliés ? Nous sommes unis par un pacte indissoluble, et nous sommes tous pareillement intéressés à vaincre le plus complètement et le plus tôt possible. Le fardeau de la guerre n'épargne personne. Dès' lors, il est de toute évidence que chaque nation fait tout ce qu'elle peut. Et si le bon sens n'apercevait pas a priori cette vérité, il suffirait de regarder avec un peu d'attention les faits qui se déroulent sous nos yeux. « De chacun selon ses forces », tel est le principe directeur d'une guerre de coalition. Quelle que soit la bonne volonté de chacun des alliés, il y a des conditions matérielles lieux, dislances, communications qui contrarient, surtout au début, le synchronisme des efforts. U y a des différences de préparation. Il y a des différences de tempérament. Mais chacun est venu à son heure. M. Aristide Briand avait aisément triomphé des sophismes que les propos de M. RouxCostadau avaient, sinon développés, tout au moins suggérés. Il lui restait à réduire à néant la thèse de Kienthal. Car M. Brizon l'un des trois « pèlerins », comme on dit, n'a pas craint de venir l'exposer à la tribune. I! a voulu se donner une apparence scientifique par un calcul arbitraire sur la valeur en capital des hommes qui tombent pour le salut de la patrie. Il a prétendu « chiffrer la guerre ». Il a dit que la guerre était une « affaire », qu'il fallait la traiter « intelligemment », que « la politique de M. Briand » la faisait durer, et qu'il valait mieux « négocier ». Telles sont les pauvretés lamentables par M. Brizon a tenté d'expliquer la besogne qu'il est allé faire à Kienthal avec ses deux compagnons, sans parler de la propagande pacifiste sur le front et dans les milieux populaires, propagande à propos de quoi M. le président du conseil a déclaré « Je considère comme un devoir de la combattre par tous les moyens en mon* pouvoir. » Il conviendra que cette promesse, formulée avec un grand accent d'énergie, soit le suprême avertissement.

Dans une magnifique improvisation, M. le président du conseil, admirablement inspiré pour la seconde fois de la journée, a mis en déroute les informations indigentes et les idées morbides de M. Brizon et conforts. Il a rappelé toutes les provocations on pourrait dire toutes les injures que, pendant plus de quarante ans, la France a subies dans son parti pris pacifique. Et, néanmoins, l'Allemagne nous a sauté à la gorge » avec la volonté avouée de nous achever. M. Aristide Briand a montré la Belgique envahie et ensanglantée, nos dix départements « torturés ». Et c'est au moment où va sonner l'heure de la délivrance que M. Brizon propose: « Négocions la paix »

Quel outrage à tous nos glorieux'morts f'Et quelle serait cette paix! L'Allemagne militariste, encore ivre d'orgueil et d'illusions, serait sauvée par la thèse des kienthaliens, si ce défi au sens commun pouvait triompher. L'Allemagne verrait dans nos démarches un témoignage de défaillance et elle nous traiterait comme des gens qui capitulent. Peut-être nous accorderait-elle cette paix, en nous la faisant payer très cher, parce qu'elle a ses blessures à panser; mais, certaine désormais que l'on peut rompre notre résistance morale et que des Français même s'y emploient avec une inconscience coupable, elle préparerait pour bientôt une édition nouvelle et perfectionnée du « mauvais coup » qu'elle n'a pas réussi.

Il ne peut y avoir qu'une paix c'est la paix durable, par conséquent la paix par la vicloire. C'est pour elle que l'on se fait tuer. C'est elle que nous aurons, malgré la résistance de l'Allemagne, et aussi malgré l'apostolat délétère de M. Brizou et. de ses aniis. Ne sont-ils que 3

(ceux qui sont allés à Kienthal)? Ou bien sontils 20, nombre des-socialistes qui ont voté contre l'affichage du discours de M. le président du conseil? Car la proposition d'affichage a jeté le trouble dans le groupe socialiste unifié. Il en est qui ont voté l'affichage. M. Renaudel, qui aspire à jouer le rôle de M. Jaurès à la tête du parti, n'a pas su se faire une opinion pendant que les urnes Girculaient, et s'est,,abstenu. 20 ont voté contre l'affichage. C'est une division nette da.ns le parti socialiste. L'incident révèle qu'il n'a pas su maintenir sa discipline intérieure et que ses chefs ont commis la faiblesse de laisser les idées de Kienthal naître et se répandre eu certains milieux.

Pour maintenir à tout prix une apparente cohésion, la majorité du parti socialiste a affecté le souci de respecter la liberté de toutes les conceptions plus ou moins humanitaires. Elle n'a réussi qu'à encourager l'audace de M. Brizon et de ses amis; et, malgré toutes les précautions pour maintenir l'unité, le parti s'est séparé hier en trois tronçons. Il n'était pas mauvais que la vérité éclatât ainsi au grand jour de l'opinion publique. La France a le droit de savoir où la mèneraient certaines gens qui prétendent à exercer sur son avenir une influence que rien, dans l-e passé ni dans le présent, ne justifie.

ses.

La censure des opinions

La direction de la" censure se consacre depuis quelques semaines à une tâche qui dépasse, semble-t-il, sa compétence et ses moyens. Elle ne contrôle plus seulement, ni même surtout, la publication des nouvelles, afin d'arrêter celles qui seraient périlleuses, prématurées ou inexactes. Elle contrôle aussi les opinions exprimées sur les problèmes politiques, et, quelle que soit la modération avec laquelle ces opinions sont exprimées, el-le s'attribue le droit de les supprimer.

Nous avons connu ce régime, il y a quelques mois. M. Briand, en prenant le pouvoir, était tombé d'accord avec les associations de presse sur son inutilité et même sur ses dangers. Un doute peut-il exister à cet égard ? Nous ne le pensons pas, et très brièvement, il nous paraît utile d'en fournir les raisons.

La première, c'est que la suppression de la liberté- de penser et d'écrire n'est bonne ni pour le pays, ni même pour les gouvernements. La seconde, c'est que, quelle que soit sur toutes questions la compétence des censeurs, une certaine incohérence caractérise leur action. Simples exemples le Temps s'est vu autorisé à publier dans sa seconde colonne, sur les objectifs de la Roumanie, ce qui lui avait été coupé dans la première; l'Echo de Paris a 'pu donner hier matin, sur la situation intérieure de la Grèce, des appréciations dont la reproduction. par le Temps, entre guillemets, n'a pas été admise. ,1

L'exemple des affaires de Grèce est particu- lièrement intéressant et vaut qu'on s'y arrête. On nous accordera que, sans faire tort à l'in- térêt national, on peut avoir sur la position des partis grecs, les rapports de M. Vcnizelos et de la dynastie, de passé de tels ou tels ministres, des opinions fondée^, sur une étude

consciencieuse., dë§; faits»-;Ai., ï.f:. '.X'

11 est paradoxal que les jugements portés sur des politiciens hellènes soient plus rigoureusement contrôlés que les opinions énoncées sur des 'généraux français. Mais ce paradoxe même n'est que la conséquence de l'erreur fondamentale contre laquelle nous nous élevons. Tout organe qui sort de sa fonction fait de mauvaise besogne. Il est de l'intérêt général que tel ne soit pas. en forme de récidive le cas de la censure.

Le gouvernement, de qui elle dépend, doit retenir d'ailleurs que les ciseaux des censeurs sont une arme à deux tranchants. Qu'ils rendent quelquefois des services, nul ne le conteste. Mais l'abus des « blancs » qu'ils font peut aussi inquiéter les lecteurs. Cela est surtout vrai quand il s'agit de journaux, eonims s pour leurs scrupules et leur souci de la mesure. Or, on nous permettra de remarquer que, depuis quinze jours, le Journal des Débats et le Temps ont été les plus maltraités. Le public aura. peine à croire que leurs articles eussent mis en péril l'intérêt général.

Tout cela a été dit déjà, et nous regrettons l'occasion qui nous oblige à le répéter. Faut-il croire que les défauts de la censure sont comme l'oiseau dé la faible et renaissant de leurs cendres? S'il en était ainsi, il resterait, après la résurrection, à allumer un nouveau bûcher. M. Joseph Reinach, en plaidant l'autre jour ici même pour la liberté de l'opinion, revendiquait pour les gouvernements le droit d'être éclairés par la presse. Plus modestes, nous ne réclamons que celui d'éclairer nos

lecteurs.

Et nous constatons, par le dé'pouiillement des journaux anglais, italiens et russes, que ce droit est assuré à nos confrères des trois pays alliés bien plus largement qu'à nous-mêmes.

–3»–

LE FÉTICHE

L'Allemagne tient de plus en plus à son fétiche. Elle ne cesse de l'invoquer et de se placer sous sa protection. Voilà donc leur Hindenburg qui a été chargé maintenant de mener le peuple allemand aux guichets de l'emprunt. Il a pris le commandement de la souscription, et son bâton de maréchal doit rallier l'armée des souscripteurs pour les conduire à la banque, c'est-à-dire à la victoire. Dans les journaux de là-bas on lit des phrases comme celle-ci « C'est sous le signe de Hindenburg qu'est placé le nouvel emprunt de guerre. Chacun doit faire tout ce qui est en son pouvoir afin que cet emprunt soit un succès digne de Hindenburg. » Hindenburg devient un signe du Zodiaque. C'est une constellation a à la suite » dont la promotion obligera sans doute les douze autres à se serrer un peu sur leur cercle. Où se situera-t-elle? A côté du Bélier ou dans l'ombre du Taureau? Qu'importe? Plus on est de constellations, plus on brille. Sans doute Hiad&nbupg fait un treizième au firmament, mais pour beaucoup le chiffre treize est une promesse de réussite fatale; et d'ailleurs parmi les choses éternelles il n'y a pas à craindre les accidents réservés aux simples mortels. Hindeuburgy aux yeux tle l'Allemagne, a gagné le ciel. C'est une sublime victoire. En d'autres pays on donne quelques étoiles aux généraux. 1/ Allemagne, elle, donne des généraux aux étoiles. Elle les « éthériso » si on peut dire, et résout à la manière de certaines cités ou républiques italiennes de la Renaissance le redoutable problème de la récompense à accorder q, des chefs d'armée victorieux. C'est dans Burckhàrdt, si je ne me trompe, que nous trouvons cet exemple 'typique. Les citoyens de Sienne ne savaient comment honorer et récompenser un général qui les avait délivrés d'une atta,que et d'une invasion ennemies. Tout ce qui était proposé ne leur paraissait pas un hommage assez éclatant. Ils étaient fort embarrassés lorsqu'un Siennois vint émettre cette proposition l « Tuons-le et ensuite nous l'àonorerons comme

patron de la ville. » L'idée sembla merveilleuse. Le chef fut traité ainsi que ce Sénat romain avait l'ait Homuius. En Allemagne on n'a pas eu besoin de tuer Hindenburg. De son vivant, il est sacré' •<divtfs ». C'est un dieu protecteur, un dieu dont oh attend des miracles. Il est le maître suprême de la chance germanique..

Ce mot de chance nous amène à une image qui nlévoque pas ̃précisément les jeux sanglants et effroyables de -la guerre. Vous savez avec quelle ̃insistance M. de Bethmann-Ho'.lweg nous invite à regarder la carte de la guerre pour nous convaincre que la partie est finie pour nous, que nous avons perdu, et que le mieux serait, afin de limiter nos pertes, de régler les comptes. Le chancelier, dans ce rôle, vise à faire Charlemagne Charlemagne, pardon Il ressemble à ces-joueurs qui, taillant au baccara une banque, fauchant comme des épis les pontes assis ou debout, regardent leur gain, à la fois émerveillés du résultat et anxieux du tout prochain avenir, et finissent par dire au croupier « Comptez la banque! » Ces paroles sacramentelles, qui annoncent le départ du banquier, sonnent souvent comme un glas et enlèvent aux perdants l'espoir de reprendre au ravisseur ce qu'il se dispose à emporter. L'Allemagne, par la bouche de son chancelier, nous laissait entendre que le moment était venu de lever la séance. Les yeux avides et les mains fiévreuses, elle se montrait impatiente d'abattre le rateau sur le tapis vert et de ramasser les gages détenus. Nous n'avons' pas suivi son conseil, grand merci Nous savons que si les destins nous furent contraires au début, nous ne pouvons plus manquer de gagner et nous n'abandonnons pas la partie. L'Allemagne déçue veut se donner le change. Elle appelle bruyamment pour défendre sa chance un joueur heureux, une « main ». Elle annonce à l'univers « Attention C'est Hindenburg qui va tailler! » Le dieu. noirveljement installé, va-t-il faire des miracles?. Cette grande nouvelle n'a ému ni la France ni ses alliés. Elle a laissé parfaitement indifférents les soldats de la Somme aux- Vosges. Les Boches pensaient que leur illustre maréchal, en quittant le front oriental, n'avait qu'a se montrer sur l'occidental pour que leurs affaires y prissent une glorieuse tournure. Jusqu'ici, sur ce front, ils n'ont eu à enregistrer qu'un succès authentique et incontestable le succès remporté par l'idole depuis sa promotion céleste sur le correspondant particulier de la Gazette de Cologne, qui, voyant pour la première fois le grand homme, l'a trouvé rayonnant de jeunesse et de force. Il a été ébloui, charmé. C'est le coup de foudre lancé par le Jupiter tonnant germanique. Cuncta supercilio. C'est le succès allemand de ces derniers temps en Picardie. Le kronprinz accompagnait le vieux soldat il tenait sans doute à ce que sa popularité ternie empruntât quelques reflets de gloire au maréchal. Ainsi la tournée du fétiche sous les espèces du feld-maréchal prussien, accomplie sous le signe magique, s'est achevée par la seule conquête d'un journaliste boche. J. G.

Sept cent soixante-iix-neavièms jour

l'IÂ SlWÂflà'N MILÏTAinÉ

«"Le mauvais temps a amené une suspension presque complète des opérations actives sur le front de la Somme; il n'a cependant pas empêché l'artillerie britannique et la nôtre de bombarder 'les rares positions où l'ennemi a pu se maintenir ces derniers jours et celles qui forment sa nouvelle ligne de défense. De leur côté, les Allemands ont tenté d'attaquer, au cours de la nuit de mardi à mercredi, nos positions à l'est de 'Cléry, voisines de la rive nord d'e la Somme; sur un seul point ils ont pu prendre pied dans nos- éléments avancés, pour en être, d'ailleurs, immédiatement rejetés. L'état-major allemand ne peut dissimuler la tournure défavorable que prend pour notre ennemi cette longue et terrible bataille, et les explications qu'il fait donner par sa presse ne servent qu'à souligner ses inquiétudes. L'armée française, dit-elle, dispose d'un nombre important de divisions pour poursuivre son offensive. Mais elle se heurte à la résistance des soldats allemands, qui combattent jusqu'à leur dernier souffle; ce n'est pas volontiers que ces soldats ont abandonné du terrain, et mal'gré cela, c'est volontairement que leurs chefs ont renoncé à reprendre des positions complètement bouleversées.

Ce n'est pas tout à fait exact; les chefs ̃allemands n'ont renoncé à reprendre les tranchées et les villages qui teur avaient été enlevés qu'après avoir lancé de nombreuses contre-attaques que le feu de 'l'artillerie de leurs adversaires a', fait échouer. Et le feu de cette même artillerie leur fait prévoir de nouvelles attaques aussi, fait nouveau, un de leurs journaux officieux, la Berliner Zeilung arn Millag, écrit-il aujourd'hui « II en est beaucoup qui doivent se demander si, à la longue, les puissances centrales seront en mesure de tenir contre la supériorité de l'ennemi, si leurs forces seront suffisantes pour soutenir de durs combats sur tous les fronts. Ce sentiment doit naître particulièrement lorsque l'adversaire remporte des succès locaux et lorsque nos troupes sont. obligées d'évacuer leurs positions avancées et de se replier sur des lignes placées en arrière. » Ce n'est plus le « Nous vaincrons quand même », qui était naguère encore le mot d'or- dre en Allemagne; c'est le sentiment de la défaite qui apparaît, et l'ordre du jour que le kronprinz a adressé à ses troupes en leur annonçant que le kaiser lui avait conféré des feuilles de chêne, ne rétablira pas la confiance. Cest à partir de la bataille de Verdun que la résistance de l'ennemi a commencé à décliner. Nous reconnaîtrons que ce point d'attaque avait été bien choisi; cette partie de notre front avait été quelque peu négligée, et l'occupation par l'ennemi du fort du Camp-des-Romains interceptait la principale ligne de communication des troupes françaises du nord de Verdun avec le reste du territoire; Notre haut commandement a pu rétablir la situation; avec des automobiles, il a amené des régiments et des munitions, "qui hii' ont permis d'arrêter les progrès rapides du kronprinz. Celui-ci a commis la faute de s'entêter et de demander, comme il le dit dans son ordre du jour, à son armée des efforts considérables pour conserver ce qui JSvait, été gagné, efforts si considérables, faits îavec un tel mépris de la mort, que le nombre Cdes soldats tués devant Verdun- a créé dans ''les rangs de notre ennemi' des vides qu'il n'est plus en état de combler, et sa résistance sur la Somme en est lourdement affectée.

Les Russes livrent de durs combats à l'est d'Halicz contre l'aile sud de Bothmer, qui a concentré sur la Narayouvka de gros contin- gents et a repris l'offensive; nos alliés se maintiennent énergiquement de-puis plusieurs jours sur les bords de cette rivière. Les Allemands, dans leurs dépêches, disent avoir fait des prisonniers, mais ils ne peuvent annoncer aucun recul de leur adversaire.

Dans les Carpathes, la grande bataille engagée de part et d'autre, du mont Kapoul, le long du Haut-Teheremosh et de la Golden^Bistritza, jusqu'à Dorna-Vatra, Dr end une tournure fa-

vorable aux armes de nos alliés, surtout à leur aile gauche, près des monls Ludova et Pnewic. Les Allemands l'avouent; ils reconnaissent qu'ils ont-éprouvé quelques échecs. En Transylvanie, les Roumains, attaqués par des forces supérieures entre Hatseg et Petroseny, ont dû se replier quelque peu. En Dobroudja, les troupes de' Mackensén. ontattaqué l'armée russo-roumaine près d'Enigea, au sud-ouest de Copadin, à 60 kilomètres environ de Constantza. Le communiqué roumain dit que ces attaques ont été repoussées. Enigea est très en avant de la ligne principale de dél'ense de nos alliés. 'qui s'étend de Cernavoda à Constantza, et csue Mackensén ne forcera cas facilement^

Aucun événement capital ne s'est produit sur le front de Salonique.

La situation dans la région de Florina, où la lutte est le plus active, est actuellement la suivante. Les Serbes, qui attaquent à l'aile droite, ont réussi à enlever, après une lutte acharnée, la cote 2.625, le plus haut sommet du Kaïmakcalan, dont la possession leur ouvre la frontière de leur pays. Au centre, les troupes françaises, qui ont réoccupé le 18 septembre la ville de Plorina, ont achevé de nettoyer quelques maisons où les Bulgares opposaient encore une résistance farouche. A l'aile gauche, nous attaquons les hauteurs au nord de Pisoderi, village qui est à une quinzaine de kilomètres directement à l'ouest de Florina; la plaine de Monastir est dominée à l'ouest par la Neredchka-PLanina; l'ennemi s'y est retranché et il faut l'en chasser, avant que nos soldats puissent s'avancer dans la Macédoine serbe.

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LA SITVATICN DIPLCMATIQVB

Le comité national de Salonique, qui a adressé « au nom du peuple » un appel à tous les Hellènes pour défendre leur pays livré à l'ennemi, dispose, dès à présent, d'une trentaine de mille hommes. Des îles, où un vif mouvement patriotique se dessine, on annonce le départ de nombreux volontaires. Les forces grecques qui veulent colllaborer avec les alliés sont donc, dès à présent, égales en nombre aux efïectifs que représentait l'armée hellène après la démobilisation. Et de ces troupes, la division du général Zymbrakakis, les hommes du colonel Chrislodoulos, la garnison de Volo et quelques autres unités s'apprêtent à venger l'honneur nationad. Une autre partie de. l'armée pactise, il est vrai, avec l'ennemi héréditaire. Elle trahit même ses devoirs de soldat et demande asile aux Allemands au lieu de les combattre.

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L'opinion publique suit ie arame nenené avec un intérêt passionné, empoignée par ce spectacle d'une nation en lutte avec elle- même, à la fois consciente de la catastrophe où les germanophiles la mènent et prisonnière de sa trop longue inertie. La Grèce semble vouloir tenter un dernier effort en vue d'un élan régénérateur. Mais les patriotes qui tentent de réveiller le pays de la voix et du geste n'entraînent pas encore les masses. Les peuples amis de la Grèce, qui ont. même versé leur pour lui rendre la liberté, se demandent avec angoisse si le mouvement de résurrection se produira à temps pour sauver un pays dont leurs traditionnelles sympathies ne sauraient se désintéresser.

Ce sont ces sentiments qui font qu'on souhaite de voir un concours efficace aider la Grèce à se sauver elle-même contre la volonté de ses gouvernants. De quelque nature que soit l'appui apporté au réveil de la conscience 'nationale hellénique, r'eux qui l'auront soutenu auront l'approbation du public.

Une nation est en péril. Les peuples alliés, qui se battent pour la liberté du monde, trouvent dans les sacrifices mêmes consentis par eux à la lutte sacrée qu'ils soutiennent, une raison de ne pas rester indifférents et de porter à M. Venizelos les vœux qu'ils forment pour son pays.

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COpUNIQUÉ OFFICIEL DU 19 SEPTEMBRE Onze heures soir

Le mauvais temps a gêné les opérations sur la plus grande partie du front. Rien à signaler en dehors d'une -assez grande activité d'artillerie sur les deux rives de la Somme et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Fleury- Vaux-Chapitre.

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CQffflHIQUÉ BRITANNIQUE DU 19 SEPTEMBRE La situation générale demeure aujourd'hui sans changement. Au sud de l'Ancre, l'artillerie a. montré une très grande activité au cours de la journée. Nous avons aisément repoussé une attaque locale dirigée contre les tranchées à l'est de Martinpuich. Notre artillerie a abattu un ballon allemand à l'est de Ransart. Un dépôt de munitions a explosé sous notre feu dans la région de la cote 60.

COfiiraiûUÉ OFFICIEL BELGE DU 19 SEPTEMBRE Après une nuit calme, l'activité des artilleries a augmenté progressivement au cours de la journée du 19 septembre.

En plusieurs points du front belge, et particulièrement au sud de Dixmude, les batteries belpt's ont violemment pris à partie les pièces de i adversaire.

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COMMUNIQUÉ OFFICIEL

y Petrograd, 19 septembre. En Vol&yaie

Dans la direction de Vladimir-V olynski, dans la région de Doubrof, l'ennemi a lancé une attaque sur un de nos postes avancés. Nous avons repoussé l'attaque à coups de mitrailleuses.

Dix tirailleurs survivants de ce poste, sous les ordres du sergent-major Ratouschny, ont contre-attaque les Allemands, en ont passé une partie à la baïonnette, en ont capturé un et ont dispersé les autres.

Le sergent-major 'Ratou-schny a été grièvement blessé.

[On mande d'autre part de Petrograd que les prisonniers rapportent que les Allemands construisent un chemin de fer de Pinsk à Kovel, long de 1&0 kilomètres.

Les travaux sont poursuivis simultanément sur toute l'étendue de la ligne. La construction est effectuée par 20,000 prisonniers, par toute la population avec ses chariots et ses chevaux.

L'état-major allemand indique que dans le secteur du Stockhod, les troupes austro-allemandes sont sous le commandement du général von Bernhardi. Il assure avoir enlevé au nord de Zareeze, sur le Stockhod, la tttede pont et être passé sur la rive orientale.] ,-̃ En GaMcite

Dans la région à l'ouest de Brody, nos chasseurs éclaireurs ont attaqué nuitamment, sans tirer un coup de feu, un poste avancé ennemi, et dans une lutte à la baïonnette, ont tué 20 hommes et ont fait prisonniers 1 officier et 12 soldats.

Dans la région de la rivière Narayouvka, des combats acharnés continuent.

Nous avons repoussé avec de grosses pertes pour l'ennemi toutes ses attaques.

Dans ce combat, le 10 septembre, le vaillant commandant de régiment, colonel Goubine, et le vaillant lieutenant-colonel Semitchef ont été tués.

[D'autre part, a propos de l'accalmie apparente dans la région de Hali-cz, le correspondant du RoussJcoïé Slovo rapporte que les Austro-Allemands ayant créé autour de cette ville un système de fortifications extrêmement puissantes et combinées pour une défense durable, toute lutte dans cette région se réduit à une violente action d'artillerie russe qui, nuit et jour, détruit les fortifications de Halicz et contre-bat les batteries adverses.

Selon le correspondant, l'œuvre de l'artillerie russe tend rapidement à obtenir un bon résultat.] Sra* la froBrôiière hongroise

Sur le front des Carpathes, dans la région de Szibeni et du mont Pnevi, nous avons occupé plusieurs hauteurs.

Les montagnes sont enveloppées d'un épais brouillard, la neige tombe. ̃ "•- "•" [De son côté, l'état-major allemand dit que l'ennemi a obtenu quelques petits succès dans la région de Ludova. Cette montagne, de 1,403 mètres d'altitude, fait partie de lacrOte des Carpathes qui précède immédiatement la frontière hongroise. Elle est située entre la vallée du Toheremosh-Blanc et du Tcheremosh-Noir, à 125 kilomètres environ au nord-ouest de Dorna-Valra, et à 45 kilomètres au nord-ouest du mont Kapoul, dont il a été fréquemment question dans les derniers communiqués.]

Au Caracas© et en MésopoSasai© Nos éléments d'avant-garde, après un combat contre les Turcs, ont occupé une forêt près du pont qui traverse. &\ rivière Falpantchav, près de Kouridja, au nord de Ramadan.

FRONT ITALIEN

1 COMMUNIQUÉ OFFICIEL

1 Rome, 19 septembre. «

Dans la journée d'hier, les actions d'artillerie ont prévalu.

L'artillerie ennemie a été particulièrement active contre nos positions do Sugna, dans la vallée de Lagarina (Adige) et à l'est du torrent de Maso, dans le val Sugana.

On a constaté l'intense emploi, par l'adversaire, d'obus à gaz asphyxiants dont nous avons 'neutralisé les effets.

Notre artillerie à bombarde les positions ennemies au nord-est du Cauriol (vallée de Fiemmc), dans le vallon de Trevcnanzes {Boite) et a frappe plusieurs fois le chemin de fer de la vallée de Drava, 1

On signale de petites actions d'infanterie sur les pentes du mont Zebio {plateau d'Asiago) ou nous avons repoussé une tentative d'attaque, et dans le vallon Travenanzes, où un de nos détachements a occupé un abri ennemi, y prenant des lance-bombes, des armes et des munitions. Sur le Carso, dans la nuit du 18 septembre, nous avons repoussé une violente attaque ennemie contre les positions conquises par nous sur la hauteur de la cote 144, au nord-est de ilionfalcone.

Dans la journée, nos troupes se sont employées à renforcer et à élargir les lignes atteintes.

Le long de tout le front, jusqu'à la mer, un vif duel d'artillerie continue.

Un avion ennemi a lancé des bombes dans la vallée de Vanoi (torrent de Cismon-Brenta); dans le voisinage d'un hôpital de la Croix-Rouge visiblement pourvu de signaux de neutralité. Il n'y a eu aucune victime.

Le roi sur le front de l'Isonzo

Le correspondant du Sccolo sur le front télégraphie En revenant de Doberdo vers Monfalcone, j'ai rencontré le roi qui, descendu de son automobile, s'avançait à pied, à travers les anciennes tranchées bouleversées, pour suivre de près les phases de la dure et sanglante bataille. A l'aile droite, dans le secteur de Doberdo, la lutte a atteint son maximum d'intensité dans la zone des cotes 144 et 77; elle se poursuit lit depuis cinq jours, et les résultats quo l'on e.n espère sont étroitement coordonnes avec les actions qui ss développent au centre et a lmle gauche. La bataille continue et continuera avec des accalmies et de furieuses reprises. Les prisonniers continuent à affluer aux points de concentration. Il y en a près de 5,000. On suppose que les Autrichiens ont déjà de 18,000 a 20,000 hommes hors de combat.

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FRONTDf:S raIAQ=~(ANS

Ea Macédoine

co^:i»rxjN-iQtTé oraciEL britannique 19 septembre.

Dans la nuit du 18 septembre, nos patrouilles, à l'est du pont d'Orljak, ont été attaquées par l'ennemi, qu'elles ont repoussé.

Dans Ja nuit du 18 septembre, le camp ennemi de Prosenik a été bombardé par nos avions, apparemment- avec succès.

Aucun développement sur le front de Doiran.

«SJs-i–

FROMT ROUMAIN

NUNT

COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Bucarest, 19 septembre, 7 heures.

Front nord et nord-ouest. Sur tout le front, on signale des engagements de faible importance, sauf dans la' vallée du Streihu, où l'ennemi, attaquant avec des forces supérieures, nous a obligés à nous replier un peu. Front sud. Fusillade le long du Danube. En Dobroudja, pendant la nuit du 17 au 18 septembre-l'ennemi a attaqué à deux reprises vers Eni-gen, au sud-ouest de Copadin, mais il a été repoussé. La lutte continue.

[Enigea (Jenidja) se trouve au centre de l'ancienne 1 frontière bulgaro-roumaine, à 60 kilomètres au sudouest de Constantza.]

Les fronts roumains

Bucarest, 20 septembre.

La prise, par les troupes roumaines, de Fogaras, localité importante qui se trouve à mi-chemin entre Brasso et Sibiu, constitue un succès stratégique notable. Fogaras est le centre d'une région entièrement habitée par une populahon roumaine et qui commande la voie îarrfa d'où*


Sur divers points, les troupes roumaines ont capturé d'énormes quantités d'approvisionnements de première nécessité.

Dans la Dobroudja, des mouvements stratégiques habiles ont rétréci le front; à la suite de mesures énergiques et des renforts envoyés, la situation s.'est améliorée, bien que jusqu'à présent on ne signale encore que des actions de détail favorables aux -Roumano-Rùsses.

SU.R., MER

Le «Kel-vinia a été torpillé

sans avertissement

On télégraphie de New-York que les survivants américains du .vapeur Relvinia, coulé par les Allemands, sont arrivés dans ce port à bord du paquebot'2\(sca>iia.

Ils ont été interrogés, dès leur arrivée, par les fonctionnaires du ministère d'Etat, qui ont fait enregistrer leurs dépositions, affirmant que le Kelmnia avait été torpillé sans avertissement. Un sous-marin allemand manque un <?a?go ":• .• anglais ̃̃̃••̃•̃•"̃̃ D'après un télégramme d'Athènes, le Kairi annonce qu'un sous-marin allemand est. apparu près de Kratsini et a lancé une torpille contre un cargo anglais qui n'a pas été atteint. Le sous-marin allemand a disparu à l'arrivée de torpilleurs alliés.

«23»

HORS D'EUROPE

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l'iadépenàasics arabe

On M. dans le Journal du Caire Le mouvement de l'indépendance arabV. prend chaque jour une extension plus grande. De nombreuses tribus se sont ralliées au chérif et leurs hommes ont rejoint l'armée chériflenne régulière qu'entraînent des officiers arabes.

L'émir Abd el Aziz Ibn el Seoud, le chef suprême ida toutes les tribus du Nejd, a envoyé, vers les 'derniers jours du mois dernier, une délégation à la .Mecque pour conférer aveo- le chérif sur des questions politiques et. militaires et lui coimnuniquer sa décision, de prendre part à la lutte, nationale.

Vers la même date sont arrivées à la Mecque des délégations des tribus do Boni Assem, Hayana et Zobeid, les plus importantes des Boni Harb, lesquelles ont exprimé au chérif leur désir de prendre part à lu lutte pour délivrer les Arabes fil l'islam du joug des unionistes.

Le pèleriaage de la Mecque

Le chérif a donné des ordres afin que rien ne. Boif •' épargné" pain? assurer toute tranquillité aux pèlerins durant. leur séjour dans, le Hedj.az. Trois commissions ont été instituées Djeddah pour, chacune des contrées islamiques, composées d'hommes ..originaires de cette contrée et établis à •Djeddah. Chaque commission est présidée par un chérif. Lo gouvernera de Djeddcli a reçu l'ordre de Veiller sur la tranquillité des pèlerins et de leur réserver les meilleures maisons do la ville. Des hôtelleries en bois seront installées dans la banlieue de' la ville. Dans les premiers jours du mois, un certain jnombre de pèlerins indiens ont débarqué à Djedjdah et ils se sont déclarés enchantés et ravis des fcoins et des attentions dont ils cnt été l'objet choses qu'ils n'avaient jamais rencontrées auparavant. 'Tous sont unanimes pour faire des voeux pour le triomphe, des nrmes du chérif et de su cause si noble et si juste.

DANS LESJBÂLKÂNS r La Grèce et l'Entente

Le nouveau cabinet et les ministres de l'Entente n'ont.. pas encore pris contact.

La Nca Hcllas déclare que malgré la remise des clefs des. locaux des ligues de réservistes, celles-ci continuent à exister et a prospérer.

Au lycée Protopopos, à Athènes, cinquante Eseudo-réservistes, sous la présidence du fameux hristakes et d'un sous-lieutenant d'infanterie, ont tenu une réunion au cours de laquelle ils ont dé- 1cid.é la constitution d'un comité destiné à recruter des adhérents.

Un incident à la légation bsitanniquo &,AtJiênes Une enqutte ̃est oùverto^tuV^fâ 'i#>etiiMe inteident qui s'est produit dans une -annexe de la légation d'Angleterre. Un colonel grec, M. Droyopoulos, était venu y fcherclier un permis de voyage. Après discussion, il en est venu aux mains avec les employés de la légation.

Un ordre du jour du colonel Cliristodoulos Le coloncl-Christodoulous vient do lire aux troupes révolutionnaires un ordre du jour dans lequel il fait l'historique des actes de vandalisme commis par les Bulgares au cours des deux dernières guerres balkaniques.

Le colonel explique, en outre, à ses soldats, ls but du mouvement révolutionnaire qui s'organise à Salonique et doit aboutir à la réalisation des aspirations nationales. Les soldats ont accueilli l'ordre par des acclamations enthousiastes et aux cris de «Vivent les allies! »

Selon les dornières nouvelles parvenues' à SaIonique, la. garnison de Volo aurait proclamé la révolutions

Quelques officiers et une centaine de volontaires sont arrives d'Athènes à Salonique en costume civil, les autorités athéniennes s'opposant à tout ̃embarquement de militaires.

Grecs et Bulgares

r Depuis que les Bulgares qui ont envahi la Macéaoine orientale ont appris la déclaration de guerre 'de la Roumanie à l'Autriche, il ne se passe pas de jours sans qu'ils ne commettent, aidés par des coînitadjis, des crimes, abominables contre les populations grecques de ces régions et sans qu'ils se livrent aux pires déprédations.

La terreur règne dans la région de Drama; la population affolée cherche un refuge près des teôtes, dans l'espoir qu'elle pourra s'enfuir par mer; ̃mais les Bulgares interdisent rigoureusement tout départ.

A Cavalla mèms règne une anarchie sans nom. Les habitants s'efforcent de fuir vers Thasos ou en Vieille-Grèce.

D'après des renseignements puisés bonne source, il «omble que les journaux allemands aient grandement exagéré le nombre des soldats du général Hadjopoulos qui se sont livrés aux Allemands. Leur nombre serait d'environ 5,000, appartenant pour 'la plupart à la 5° division, dont le siège était à Drama.

Un groupe d'artillerie de pontagne de la 6e division s'est rendu spontanément aux GermanoBulgares. Le matériel de guerre abandonné à ces derniers comprend 55 canons, lourds, de campagne ou de montagne, sans compter les gros canons des forts de Cavalla et des autres places de la frontière. Tous les animaux de trait de la division, toute la cavalerie du 4° régiment et tous les mulets du 7" régiment d'artillerie sont passés aux Bulgares. La valeur totale du matériel cédé, y com.pris tout le matériel du génie, est évaluée à un demi-milliard.

Les plaintes de la reine Sophie de Grèce r ©n' màn-de d'Athènes que la reine Sophie de .'Grèce, sœur de Guillaume II, a accordé une entrevue à une journaliste américaine qui se trouve à Athènes.

La reine s'est plainte que ses lettres mettent dixgept jours pour arriver à Berlin et ajoute '.« Ma pauvre ̃mère a assisté à trois guerres, et Dieu sait combien j'ai souffert. Et aujourd'hui mon frère doit participer à cette guerre effroyable.

» Pourrait-on savoir ce que l'Angleterre veut gagner par elle? Quelle nécessité de combattre? Est-ce qu'il n'y à pas suffisamment de place pour tous dans le mnnd-a

X.e roi Ferdinand sur le front autrichien Un télégramme de Vienne annonce que le roi •Ferdinand de-Blilgarie et le prince Boris ont visité le quartier général de l'archiduc Charles, avec qui ils se sont rendus sur le front du général Kœvess.- LES PERTES DE L'AVIATION ENNEMIE Suivant le RousskoU $lovo, le mois de juillet (13 juillet-13 août) a été le plus dur pour l'aviation ennemie depuis le commencement de la guerre. Pendant ce mois les Allemands, les Autrichiens et les Turcs ont perdu sur tous les fronts 100 appareils légers qui se répartissent de la manière suivante 38 sur le front anglais; 47 sur le front français 8 sur le front oriental; 3 sur le front italien; 2 sur le front belge 1 en Egypte; 1 à Salonique. En plus ils ont perdu trois hydravions, dont deux en Russie et un sur le front anglats.

Depuis le début de la guerre, d'après ïa statistique du journal russe, nos ennemis auraient perdu 675 aéroplanes 33 hydravions 70saucisses; 13 dirigeables de divers systèmes S2 7j3DDelins.

V GRANDE-BRETAGNE

Les deuils des ministres anglais

On public une liste des membres du cabinet qui ont eu depuis le début do la guerre des fils 'ou des parents très rapprochés tués au front.

M. Asquith a perdu un fils, son second fils et son neveu ont été 'blessés. Lord Lansdowne a eu un fils tué. Le beau-fils de lord Crowe a été tué. Le fils de M. Bonar Law a été blessé. Le frère du vicomte Grey a été blessé. Deux neveux de lord Robert Cecil ont été tués, deux autres blessés. Un cousin et un neveu de M. Runciman ont été tués. Trois autres ministres, lord Valentia, M. Forster et M. Pike Pcase ont perdu chacun un fils. Le comité de guerre

Le comité de guerre s'est réuni aujourd'hui à Downing street, sous la, présidence de M. Bonar Law. A cette séance, assistaient M. Mac Kpnna, lord, Cursoil, JVL lloyd George, M. Baifour, le vicomte Grey, M. Chamberlain, lord Hardingc et sir William Robertson.

La durée du service militaire

Selon YEvening News, une question sera posée au premier ministre, dès la rentrée du Parlement, au sujet de la prolongation du service militaire jusqu a 45 ans.

!ÏAL!E =

La réunion socialiste de Bologne

Notre correspondant de Rome télégraphie en date du 1S septembre

Les députés du groupe parlementaire socialiste, ainsi que les représentants de la direction du parti, ont commencé à Bologne leurs réunions. Le pro- gramme comporte, comme on sait, la discussion de la politique générale et l'orientation politique intérieure du ministère national.

La dernière réunion qui s'est tenue hier dans la salle de la société ouvrière a été privée et secrète. Une trontaine de députés étaient présents sous la présidence de M. Modigliani.

Ces réunions vont se suivre et un court résumé en sera communiqué officiellement.

ALLEEVfAGWE

Ce qu'on attend de la session du Reichstag Le ̃ Berliner Tagoblatt du 18 expose ce que lé peuple allemand attend de la prochaine session du lleichstag

Jamais on n'a mis dans l'Assemblée de tels espoirs. 'Maintenant que l'unité de commandement a été réalisée, il faut réaliser Tiinitô intérieure. L'heure est trop .grave pour des rivalités de parsqnneà.ou des intrigues

de pavlig,

Le peuple allemand demande d*abord à ses représentants de s'occuper -de la conduite de Ja guerre et de la politique extérieure. Le gouvernement impérial devra, devant la commission du budget et dans la mesure du possible, en séance publique, s'expliquer sur les événements militaires et politiques de ces derniers temps. Plus que jamais il faut réclamer que le choix des diplomates allemands ne dépende pas de leur noblesse et de leur fortune, mais de leurs talents personnels et de leur connaissance des pays et des gens. A cette heure décisive, il ne faut pas s'en tenir làdessus à des mots. Il faut que le Pariemcnt collabore à la direction de la politique extérieure. A côté de la commission des affaires étrangères du Bundesrath, il y a place pour une cojnmisison des affaires étrangères du Reiobstag. Quels que soient en effet les mérites du chancelier, il serait utile que les chefs des partis politiques du Reichstag aient un droit égal de collaboration à la direction de la politique extérieure. Le collaborateur du Berliner Tageblatt souhaita la création pour la durée de la guerre do secrétaires d'Etat sans portefeuille, choisis parmi les chefs des grands partis. L'exemple de l'Angleterre et de la Franco montre les avantages de ce système. Quo l'on n'objecte pas que cela est contraire à l'esprit de la Constitution allemande. Ces temps nouveaux exigent de nouvelles mesures sur les points essentiels et pas seulement pour l'accessoire.

Le Reichstag devra intervenir aussitôt dans les questions économiques, puisque l'office de guerre d'alimentation n'a pas répondu aux espérances qu'on avait mises en lui.

Le renchérissement de. la vie est beaucoup plus grave que la disette car il crée des inégalités entre les grandes classes sociales. Enfin, il faudra que le chanceMor- 'S'explique sur ca..qu'dl~ea.tondiP.ar nouvelle lorièfelkliGtflw'-la .poliliiqae-iraMGiçiuiw. Il est temps de -penser aux actes. ,-v^ Les négociations austro-allemandes' On annonce de Genève l'arrivée à Berlin des délégués austro-hongrois qui viennent reprendre les pourparlers engagés sur diverses questions de tarifs, douaniers. La haine de l'Angleterre

La Gazette de Berlin à midi annonce la formation à 'Munich d'un comité populaire pour. la conquête rapide de l'Angleterre (sic).

Ce comité a lancé un manifeste signé de nombroux politiciens de Bavière et de l'Allemagne du Sud expliquant qu'il ,est indispensable, que l'Angleterre soit battue sur mer. Dans la sozialdemokratie

Le Vorwœrts publie en première page un nouvel avertissement de l'administration du parti socialiste mettant le publie en garde contre les pamphlets et brochures anonymes distribués par les membres de l'opposition socialiste. Un de ces pamphlets accuse l'administration du parti d'avoir, sous la pression des autorités militaires, déconseillé les grèves. L'administration du parti oppose à cette assertion un démenti énergique. La saisie de la récolte des fruits

La saisie par les autorités militaires dans tout l'empire de la récolte des fruits, a provoqué une très vive émotion dans le publie, d'autant plus que cette saisie s'est faite d'une façon absolument imprévue. La plupart des journaux ne peuvent se retenir de marquer le mécontentement de la population. La Gazette de Francfort fait appel aux' senti- '1 .ments patriotiques des Allemands. Cette mesure est évidemment très dure, elle apportera le trouh'.e dans plus d'un ménage; c'est un pénible sacrifice, mais enfin il faut s'incliner. Puisqu'on nous le demande, c'est qu'il est nécessaire. Cette mesure sera évidemment jugée excessive par la population, qui ne peut comprendre comment on peut utiliser dans les fabriques de marmelade toute la récolte des fruits de cette année, qui a été tout particulièrement abondante. Il est surtout très regrettable que la population des villes ne puisse avoir la possibilité de faire elle-même des conserves, en môme temps qu'on l'empêche de manger des fruits frais.

La Gazette de Voss du 18 dit que cette mesure comptera parmi les plus importantes.

On raconte que dimanche dernier les magasins furent assaillis par la population et les promenades projetées furent supprimées.. ,.̃•- ̃•'̃̃'• SUISSE

Le conseil des États

Le Conseil des Etats, qui avec le Conseil national compose l'Assemblée fédérale, s'est occupé hier des questions touchant à la neutralité.

M. Muntzinger, de Soleure, président de la commission de neutralité, a examiné le conflit économique et le ravitaillement de la Suisse. Il a exposé que le Conseil fédéral a fait tout son possible pour assurer au pays les denrées de première nécessité et les matières indispensables à l'industrie.

Si des inconvénients et des imperfection s ont été; découverts, il ne faut pas oublier que le Conseil fédé- ral n'est pas infaillible. Les circonstances délicates dans lesquelles s'est trouve le Conseil fédéral, par suite du blocus, l'ont obligé à une prudence que certains ont pris pour de la faiblesse. La situation a encore été compliquée par les accapareurs et les spéculateurs. On a malheureusement, surtout dans une certaine partie* de la Suisse, exploité leurs agissements pour exciter le peuple contre les autorités.

Parlant des affaires militaires, l'orateur a déclaré qu'il ne faut pas exagérer les faits isolés et en faire une plate-forme politique pour un parti, II a condamné les manifestations de Genève. Il faut, a-t-il ajouté, faire une distinction entre les critiques légitimes et la propagande coupable tendant à la désagrégation de l'armée. Unissons-nous pour la défense nationale et les intérêts vitaux du pays. M. Legler, de Glaris, a déclaré que les Ohamtres doivent appuyer énergiquement le Conseil fédéral dans les mesures contre les agitateurs. M. Lachenal, de Genève, a exprimé sa surprise d'entendre le président de la commission dire que l'armée est .en butte à des attaques venant d'un seul coté.

Aucun dissentiment, a dit l'orateur, ne doit exister sur le principe de la suprématie du pouvoir civil et on espérait que ce principe serait respecté après les débats précédents. Personne, dans les cantons romands, ne

veut jeter une partie du pays contre l'autre, mais il y a des principes que nous ne pouvons laisser réprouver.

M. Brugger, des Grisons, a exprimé l'opinion que M. Lachenal renversait les rôles et aurait dû donner le premier l'exemple du calme. M. Lachenàl a répondu que ses paroles ont -été provoquées par le président qui a parlé des manifestations de Genève et par les observations de M. Legler qui paraissent s'adresser surtout à l'ouest.

M. von Arx a pris ensuite la parole

Pour dissiper les malentendus de la discussion, a dêeiaré l'orateur, nous devons nous imposer une certaine réserve dans l'expression de nos sentiments qui ne doivent pas dégénérer en attaques personnelles contre l'un ou l'autre groupe des belligérants. M. Montenach, de Fribourg, a regretté que la session soit consacrée à des doléances, des cirfi-' quea et des reproches, mais les députés ont l'obligation d'être les interprètes des sentiments des diverses régions de'la Suisse. Le Conseil fédéral mérite des éloges, mais un grand nombre de fautes.- contre la justice sont imputables aux autorités militaires. Ces coups d'épingles répétés 'finissent" par devenir intolérables. ;ifii' L'orateur a critiqué le pas de parade et .̃̃pKflî'è"- en faveur de/la suprématie du pouvoir civiT sur le pouvoir militaire. La Suisse doit faire entendre la voix de sa conscience inspirée du droit. La' discussion générale est close. Aujourd'hui aura lieu la discussion du rapport du département politique. ̃ Au Conseil national, la majorité suisse allemande a décidé, par 09 voix contre 59 voix conservatrices et romandes, que le projet de tribunal des assurances sera appelé « arrêté » et sera ainsi soustrait à la sanction du vote populaire.. '1 M. Villemin, de Genève, a présenté un amen- ,I dement exigeant que les trois langues nationales soient équitablement représentées au tribunal. Financiers allemands en Suisse

La Gazette de Lausanne publie dans son numéro d'hier l'information suivante La semaine dernière sont arrivées en Suisse des notabilités de la finance allemande, entre autres M. vou Gwinner et M. Mankievitz, directeurs de la Deutsche Bank, M. Furstenberg, de la Berliner Handelsgesellschaft, von Strauss, de Stuttgart, etc. La plupart sont descendus à Zurich.

Nous croyons savoir que ces messieurs s'efforceraient d'obtenir avant que soit parachevé l'accord économique avec l'Allemagne, des concessions financières de la Suisse. La modalité de ces concessions b. supposer que les démarches de ces négociateurs officieux aboutissent n'est pas encore définitivement arrêtée. Les délégués ;de la finance allemande chercheraient à obtenir ou bien que la Suisse participe à l'emprunt, ou bien qu'elle ouvre à l'Allemagne un crédit analogue à celui de 50 millions récemment ouvert aux commerçants français sous la garantie de la Banque de France, ou encore une combinaison des deux systèmes. En tout état, le but que poursuivent les financiers allemands est d'enrayer la baisse du mark dans la mesure du possible. Gela expliquerait le retard mis à-la: s'igtuC-fj turc tîo l'accord économique gerniano-suissey, » ̃̃.

HOLLANDE ,v ;>f

Le discours du trônô

A l'ouverture de la session des Etats-GénérauJt, a reine Wilhelmino a lu un discours du trône, dont voici les passages principaux « Pour la troisième fois, depuis la guerre néfaste qui déohiro l'Europe, je suis au milieu de vous, chargée de soucis pour les plus hauts intérêts de la patrie. » ̃

La reine a constaié avec satisfaction que la nation hollandaise a pu bénéficier de -la paix jusqu'à' présent, et que, heureusement, ses rotations avec toutes les puissances, ont cons-ervé un caractère amical.

J'observerai aussi, dans l'avenir, a dit la reine, les devoirs imposés à la nation par le droit des gens, mais je suis fermement résolue à défendre notre indépendance et à la .maintenir contre qui que ce soi,t, selon nos facultés et selon nos droits. Pour remplir cette t^efie,, je ma repose non seulement sur notre bon droit et la concorde de la nation, mais sur nos forces navales et militaires qui, d'une manière tout' à fait louable, continuent à porter le fardeau que leur impose le remplacement des miliciens sous les drapeaux par des soldats fraîc-hernents exercés. -̃̃(.-̃ L'augmentation de nos forces armées continue. Malgré les difficultés que j'aurai à surmonter, visage la possibilité d'alléger le fardeau de la mobilisatlon, tout en maintenant la valeur de l'armée. La vie économique du pays se ressent dé plus èn; plus de l'influence des circonstances provoquées 'par la guerre. '•̃ ̃̃ïï'j' L'état de l'agriculture et de l'horticulture n'e.st-pjas,

encore défaNO,r>aj>lp1 1«jyûieiu,e1,i4p^,4}fiaç,iut^s,jde,;ç;e|d^uîy.,

branches aù^npnt,ent sans, cesse, hep. ̃,Tnp5jui;e.si ,-p.ràfss, à l'étranger, en rapport avec la guerre gonent" aussi' considérablement nos importations et nos exportations. Le discours du trône fait ensuite ressortir ,'îa limitation du trafic des ports hollandais par suite des restrictions apportées à la navigation. Les mesures pour le maintien de la neutralité et pour porter secours aux indigents imposent'ùn lourd fardeau au Trésor.

Le gouvernement fera tout son -possible pour renforcer les troupes des Indes. L'extension de la flotte pour la .défense de ,\& e nation se poursuit aussi. La reine a averti les députés qu'ils auront à s'occuper de projets 'do loi importants et enèr-

giqucs. ;,1'" '¡.,

GRÂ^O-DUCHE, DE LUXEftlBQUBâ Les nécessités financières

La detto publique du grand-duché de Luxembourg ayant augmenté do 18 millions depuis le début de la guerre, le gouvernement avait d'abord procédé à la concession do 10G hectares do terrains miniers situés à Hmtzonbcrg, canton d'Esch-surAlzette. Le revenu de cette concession ne suffisint pas encore à couvrir le déficit total do 27 millions, y compris los 9 millions do dettes contactées avant la guerre, le gouvernement luxembourgeois s'est vu obligé d'émettre un nouvel emprunt de 23 millions, dont 9 millions pourront être souscrits publiquemont. Le ~~moriad publio les conditions do l'émissi-on fixées par la loi ministérielle du 11 août 19$. ,-̃̃• '[

'• AMÉRIQUE CENTRALE' ^n Un conflit centre -américain i ;<™£ On mande de Washington au Éejio-Yorli HavCçld. que le gouvernement des Etats-Unis a envoyé dans les eaux du Nicaragua deux croiseurs chargés 'de maintenir l'ordre pendant les élo-ctions firésidéiitie-11'os qui vont avoir lieu le i" octobre. < •:>:̃ Oes navires surveilleront fles pays voisins, CostaRica, Salvador et Honduras, qui sont hostiles au gouvernement du Nicaragua en raison du traité, que celui-ci a conclu récemment avec les EtatsUnis, leur cédant à bail. la baie de Fonseca, sur la côte du Pacifique, comme base navale pour la protection du canal de Panama et leur accordant le droit exclusif de construire le canal de Nicaragua. •'̃̃ Les trois républiques voisines ont protesté devant la cour de justice oentM-aiméricaine contre ce traité, qui affecte leurs droits et leurs intérêts.' Elles allèguent que la baie de Fonseca appartient conjointement aux quatre républiques et constitue une propriété indivisible dont aucune d'elles ne peut disposer séparément. Le Nicaragua -ne reconnaît pas la compétence de la cour de justice centre-américaine. i, ̃̃̃ Ce conflit complique l'élection présidentiel-le du Nicaragua, car les gouvernements des républiques protestataires donnent leur appui moral a la candidature libérale de M. Espinosn, contre M. Cuadra Pasos, candidat du président sortant, M. Adolfo Diaz, qui a conclu le traité avec les Etats-Unis.

« Le gouvernement des Etats-Unis, dit le NetùYork Herald, n'admettra pas qu'aucune entrave soit mise à son traité avec le Nicaragua, et H es-, père que la présence des croiseurs américains suffira à prévenir un conflit ou une révolution contre le président du Nicaragua. » > COLONIES ET PRO^EGTQMJJ MAROC )'

Sur le front berbère V

Notre correspondant nous écrit de Marakech ̃̃ Après la guerre, on sera étonné en France' 46 l'œuvre féconde qui aura été accomplie au Maroc; Les grands efforts, les combats diplomatiques et militaires qui se livrent sur le sol de notre jeune protectorat passent pour ainsi dire inaperçus auprès des événements d'Europe. La guerre euro-*péenne n'existerait pas que tous les regards, de, la France se tourneraient anxieusement sur le front i. berbère.

Que se passe-t-il donc au Maroc?

Au Maroc, nous avons tous les jours à lutter contre l'influence allemande, qui ne ménage ni s«s intrigues, ni ses mensonges, ni son or pour soulever les tribus hostiles, troubler ce pays qui lui échappe et que l'habileté du général Lyautey maintient intact et fidèle à la mère patrie. De Taza à Marakech, nos soldats de France, que ce soit sur les contreforts méridionaux du Rif ou sur les rentes nord du Moyen- Atlas, avec un cou^

rage inlassable, par les jours-caniculaires de l'ét'i ou les jours sombres de l'hitÉr, chargés de pluie et de boue, repoussent victdrîèusement l'agitateur du nord Abd el Malek.ceux dif^ud, Moha ou Hamou, Sidi Haho et El Heiba. Par feurs efforts incessants et continus, ils consolident notre domination. Naguère encore, sur les pentes-sud du Grand-Atlas, une colonno, partie do Bou-Denib, rendait vaine, par une victoire éclatante, 'ÎÈ révolte des tribus parties en guerre. La valléej-de la Moulouïa nous apparaîtra bientôt libérée de tout élément perturbateur; les paisibles tribus -^Qurront. demain, par leurs travaux, fertiliser ces riches plaines. Si de Taza aux confins du territoire de Marakech le général Lyautey fait (appel. aux soldats de France pour combattre, il a su au contraire, dans la région de Marakech, utiliser l'influence et les ressources de grands chefs. -arabes pour réduire la révolte des tribus insouïfiîses provoquée par, ̃l'or allemand, Ces grands chcîCs.s'appellent M'Tôugui, Goundafl,, Glaoui et le.jiacha, de Taroudant, gagnés à notre cause. Il a qip.si épargné le sang

français.

Le" Sous et le Haut- Atlas^vaient- levé naguère l'étendard de la rébellion, s agents allemands leur avaient dit que l'heure était propice. Les ̃'Guettwud,; tribu nombreuse. indépendante, fiôre' •armés la moderne, menaçaient Tanant, liotre poste extrême du Haut-Atlas. Le caïd Si Madani el' ̃ Glaoui, à la tête d'une puissante harka, réduisit en juin dernier, par des combats heureux, le soulèvement de cette tribu. La défaite des Guettioua fit une profonde impression dans le GrandAtlas, II est nécessaire que l'on sache dans la mère patrie que sur tout le front berbère, de Taza aux côtes de l'Atlantique,, le nom de ia France est aujourd'hui respecté.

Le général Lyautey, pour récompenser les services rendus à notre cause par le caïd Si Madnni el Glaoui, s'est rendu le 2i> août sur le front berbère, dans la région de Marakech, pour remettre au nom de la France la plaque de grand-officier de la Légion d'honneur à cet ami fidèle. Puis le résident général a poussé une pointe jusqu'à Derrinat, vieille cité berbère assise au pied des grands monts. Là, il a reçu la soumission des tribus naguère hostiles à notre domination. Le bruit de la présence du grand chef français s'était vite répandu dans la montagne, et des villages accrochés sur les pentes de l'Atlas descendaient des montagnards à cheval pour escorter celui qui, par sa diplomatie et sans verser une seule goutte de sar.c français, a dompté et brisé les irréductibles adversaires de notre domination dans cette partie de notre Maroc.

Ici encore, l'Allemagne est vaincue. P. C.

MGP~IGAiMV7W ~~1~AI~J~~Il111VA1~

Lettre de Suiss.e

La Suisse et la guerre

(De notre correspondant particulier) Genève, 18 septembre.

Nous' avons signalé, dans notre dernière '̃lettre, le désir exprimé. par la presse suisse 'do connaître, par la publication d'un Livre diplomatique, les bases, des récentes négociations du Conseil fédéral avec l'Entente, d'une part,.et. d'autre part, avec

l'Allemagne.

Si le gouvernement na point donné sous cette forme -les renseignements demandes par l'opinion 1 publique, il a cependant fourni quelques détails, précieux à 'la vérité, sur son activité, dans une bro&huro de cinquante pages intitulée IV nap- I port dit Conseil fédéral à l'Assemblée fédérale sur les 'mesures prises par lui e vertu de l'arrêté fédéral dtt 3 août i'Jiâ. L'arrêté auquel il est fait ici allusion concerne les pleins pouvoirs, aujourd'tai' encore en vigueur, mais dont l'opportunité, si réelle au 3 août, ne se justifié plus.

Le Temps a reproduit, dans son numéro du 15 septembre, une partie de l'exposé du Conseil fédéral concernant les négociations avec l'Allemagne, et. plus spécialement la réponse donnée, par le gouvernement de la Confédération aux prétentions germaniques. C'est le 8 juin on s'en souvient peut-être que le gouvernement impérial signa 'la note qu'il adressait à la Suisse. D'après le Rapporf, cette note portait que, « vu le-s demandes extraordinairement élevées qui lui sont adressées par d'autres Etats neutres, le gouvernement allemand doit savoir exactement, dans le plus bref délai, dans quelle proportion et en quelles quantités en tenant compte des compensations qui pourront être obtenues il peut à l'avenir exporter dans les divers Etats n-cutres'les 'produits du soi et les produits industriels disponibles pour ̃ Fexnortatiop^ I.V: dç^ai^do.p'c; après l'expiration

àë.$.e'u.s'$eifo'a.iM^ r~tcnH 1'05 maro\Hll'idlsels 'Id~s-,

tinées.à la Suisse et leur assigner une autre destination; .mais il- croit pouvoir admettre que, d'ici là, l'exportation de Suisse s'effectuera de la manière indiquée ».

La Suisse n'accepta ni le marché, ni la sommation. Le 'Conseil fédéral marqua la vive surprise que lui causaient les termes de la note allemande;' il déclara qu'jl lui était impossible de répondre'dans le délai de deux semaines qui lui était fixé. Et de fait, la réponse de la Suisse, qui n'est point encore publiée, vient d'être remise h l'Allemagne, soit trois mois après l'expiration du délai de quinze jours qu'elle avait cru pouvoir exiger!

Le rapport ne manque pas de signaler les difficultés économiques do la Suisse; il constate, en particulier, le préjudice considérable causé à l'industrie tf&s importante de la 'broderie. Après avoir témoigné ses regrets de voir les difficultés se succéder,, il rend hommage aux efforts des gouversements étrangers, et tout spécialement de la France, pour l'aider à triompher de certains obs-

tacles.

Le CoïisTSil fédéral et -nous ne lui en ferons pas grief se montre sobre de renseignements touchant l'activité charitable do la Suisse. Il consigne cependant que l'échange des grands blessés à travers le territoire suisse se poursuit périodiquement. Depuis le mois de mars 1915, 8,668 Fran- çais et 2,3i3 Allemands purent être rapatriés. Quant au service de l'internement, confié au service mé'•'dical do' l'armés, 41 s'exerce sur 19,313 personnes1. L'intérêt porté par la population suisse au sort ̃émouvant de la Serbie s'est manifesté par l'envoi de trains de secours places sous la surveillance de délégués du Consei! fédéral.

Cette haute autorité eut h se préoccuper à plusieurs reprises de nationaux qui se trouvaient à l'étranger 'dans une situation tragique. Tel ce citoyen suisse, inculpé d'espionnage en Allemagne, arrêté au mois d'octobre 1915 et dont le procès, suspendu en avril 1916, fut repris au mois de juillet sur la production de nouvelles preuves et aboutit a une .condamnation à mort, exécutée avant que lo Conseil fédéral en eût connaissance, ce qui motiva ses protestations. Le nombre des interne- ments de Suisses à l'étranger a diminué. Toutefois plusieurs Suisses internés en Russie n'ont point encore été libérés. Diminution aussi dans le nombre des expulsions; pourtant le gouvernement fédéral a dû intervenr en faveur' de Suisses expulsés d'Alsace, dont l'autorité allemande exigeait le payement de l'impôt alors môme1 qu'ils eussent établi leur domicile dans leur pays d'origine. En ce qui concerne les déserteurs et les réfractaires étrangers, un arrêté du 30 juin 1916 précise les conditions dans lesquelles ils se placent en demeurant sur territoire suisse et prévoit, en particulier, l'internement de ceux dont la conduite donne lieu à des plaintes. Ce n'est que justice à plusieurs reprises, des protestations se sont élevées en Suisse contre ces indésirables profitant de la mobilisation de l'armée' pour s'emparer de places jusqu'alors occupées par des nationaux. L'armée elle-même occasionne à' la Suisse de lourdes dépenses; bien qu'elle n'ait pas été appelée à combattre. Au 31 juillet, ses frais de mobilisation s'élevaient à 411,249,982 fr. 46, couverts par cinq emprunts dont l'émission eut d'ailleurs du 'succès.'îie taux officiel d'escompte est demeuré sans changement 4 4 i/2 pour cent.

Parmi les mesures d'ordre économique prises récemment, signalons l'arrêtévdu 11 août dernier concernant la répression des'contraventions aux interdictions d'exportation, qui porte à 30,000 fr. le taux des amendesque l'aclnfînistration des douanes est autorisée à infliger,- 'sans préjudice de la confiscation et du payement 'de la valeur de la marchandise. ̃

Autre mesure économique :les producteurs de lait, se basant sur la pénurie de matières fourragères la! consommation journalière du foin en Suisse s'élève h 12,000 tonnés ont réclamé une augmentation des prix; pouie-ïie point frapper le consommateur, la Confédération a augmenté l'indemnité Qu'elle paye pour Pâ|ïprovisionne.ment du pays en lait. Du 1" novembre 1916 au 30 avril 1917, le producteur reeevrSpien somme, 22 centimes par kilogramme de lait Mvré en gros. Nous ne revenons pas sur teg'renseigncments que nous donnâmes ici-même a*u' 'sujet du défaut de charbon en dont l'AllèiHaKiie crut devoir se

servir pour proposer son marché du 8 juin. Relevons, cependant, l'intéressante communication faite récemment, au cours de l'assemblée générale de l'Association des anciens élèves de notre école polytechnique, par M. Trautweiler. Cet ingénieur zurichois estime que les gisements de minerais découverts dans le Valais et dans le Hasii supérieur pourraient susciter, contrairement à l'opinion généralement admise, des entreprises rémunératrices, et libérer la Suisse d'une sujétion douloureuse.

Notons en terminant, à propos de l'école polytechnique fédérale que son conseil de direction a décidé d'exonérer de tous frais d'écolage les étudiants actuellement internés en Suisse. Les universités se préoccupent, d'ailleurs, du sort de ceux qui demeurent prisonniers en pays ennemi. Elles se sont mises en relations avec soixante camps et s'intéressent à plus de 5,000 étudiants par l'envoi. de livres et même par l'organisation de cours. » ~dorcirs·d Ghap~aisat.

hmimji««Wvo»aigp*»<»n.mi««^^ «̃̃̃̃̃̃

LA BATAILLE-, DE LA .SOMME.

La bataille de la Somme ropinicin al'i~ande

La bataille de la Somme et l'opinion allemande

Les correspondants militaires des journaux al- lemands deviennent de plus en plus embarrassés pous expliquer les succès continus des troupes franco-britanniques sur la Somme.

Le Lokal-Anzeiger cherche à plaider la thèse du recul stratégique.

L'assaillant a réussi, écrit-il, comme il est inévitable à la suite d'un feu roulant d'artillerie, au premier choc, des succès locaux, mais entre chacun de ces avantages, il est obligé de s'arrêter.

Sans doute, ce n'est pas volontiers que nous abandonnons du terrain; rien que pour l'impression à faire sur nos hommes, nous aimerions à l'éviter; Je soldat allemand n'aime pas à reculer, même pour des motifs stratégiques; sa raison d'être est la marche en avant; il s'attache, avec une fidélité obstinée au devoir, aux positions à lui conflées et ne laisse qu'à contre-coeur ses camarades tomber derrière lui. Malgré cela, c'est volontairement que nous abandonnons le terrain, ainsi que je le sais d'après les déclarations qui m'ont été faites personnellement par différents chefs; c'est volontairement que nous renonçons à reprendre à tout prix des positions complètement bouleversées quand elles n'ont pas pour nous une valeur particulière. La vie da nos hommes est plus précieuse que des kilomètres. Il conclut en annonçant que l'intensité du feu de l'artillerie sur tout le front présage de nouvelles attaques.

Le correspondant sur le front du Berliner Tagcblatt. reprenant la formule de l'état-major allemand sur la « bataille d'usure qu'est la bataille de la Somme c'est-à-dire d' « usure » de l'armée allemande, écrit

Bien qu'il ne faille pas entretenir l'illusion que l'armée anfjïajse soit définitivement affaiblie, c'est cependant l'armëe française qui demeure a la, seule armée puissanle, forte, sur laquelle est échafaudée la manœuvre d'usure de la Somme.

Par opposition aux nombreux fronts de l'armée allemande, l'armée française n'a à sa préoccuper, dans de larges proportions, que de la Somme et de Verdun. Elle doit, donc disposer d'un nombre important de divisions pour poursuivre cette offensive; mais elle se heurte à la résistance allemande qui n'a pas fléchi et à l'esprit de sacrifice de nos troupes. C'est seulement parce que nos hommes ont combattu jusqu'au dernier souffle que le commandement allemand a pu parer au plus grand danger de la situation.

C'est une bataille géante qui s'est livrée, dans laquelle les forces allemandes ont accompli des exploits légendaires.

Dans ses dépêches du i9 septembre, l'étatmajor allemand parle brièvement de la bataille de la Somme « Dans la région de la Somme, écrit-il, le mauvais temps n'a pas permis une aussi grande activité de combat toutefois, sur certains points, l'activité de l'artillerie a été très intense. » II annonce ensuite l'abandon, à l'est de Ginchy et devant Combles, de « quelques tran- chées complètement bouleversées ».

Un précurseur des « Willies Machines » Les Willies Machines ou automobiles cuirassées lourdes, dont l'armée anglaise vient do faire un brillant usage sur la Somme, no constituent pas une nouveauté au sons absolu du mot. En eiïet, un Français nommé 13albi soumit à l'empereur Napoléon III, en décembre 18GO, les plans d'un engin qu'il dénommait forteresse mobile. C'était une tour roulante mue par la vapeur, composée d'une batterie, cuirassée qui abritait deux canons et percée de lïicûrtriorcs pouvant, 'dû'KrtSqin, tUro utilisées pour

la mousqueterie.'Kn''pïus:de'ô^s''iMyoh83ij'(ï'crfâifô,

elle'en avait do ̃dôfonsifs consistant-: en son cuirassement, qui la mettait à du boulot rond; 2° en un. dispositif muni do piques et do faux, placé la partie inférieure de la tour et se mouvant autour d'un axe vertical. Actionné par la vapeur, ce dispositif tournait à grande vitesse dans un plan horizontal, et par conséquent fauchait tout individu voulant s'approcher do la tour. Montée sur des roues adaptées à des essieux articulés, la forteresse mobile évoluait dans tous les sens. Malgré les bons résultats donnés par les expériences qui furent faites en 1861, cet appareil ne fut pas adopté. Peut-être ses débris existent-ils encore au musée d'artillerie

Le sort de nos prisonniers en Allemagne e On nous communiqua la note suivante

Le sort que tes belligérants réservent aux prisonniers de guerre est sous la garantie des puissances neutres appelées a le contrôler. Depuis le début des hostilités, la Franco a réclamé ce contrôle l'Allemagne n'a cessé de chercher à s'y soustraire.

I. Avant nràme d'avoir obtenu une promesse, de réciprocité, spontanément le. gouvernement de la République avait admis les délégués de l'ambassade des Etats-Unis à pénétrer sans avis préalable dans tous les dépôts de prisonniers allemands en France. Ço n'est que le 28 décembre 1915 que cédant à des- démarches instantes et réitérées jusqu'alors' inefficaces, le gouvernement allemand consentit à prendre pareil engagement. Pour tardif qu'il fût, il donnait satisfaction, mais il n'a pas été tenu. Le gouvernement allemand s'est, «ri fait, efforcé de' revenir, sur les facilités qu'il avait été amené, à regret, aconcéder.' v "̃̃ '̃̃" :tl 1" Le 11 février 1916, il a prétendu refuser, sous des prétextes sanitaires, la visite des lazarets 'ou hôpitaux et a exigé des formalités compliquées ou des autorisations spéciales pour celle des chantiers de travail;

2° Depuis le 10 juillet 1916, il a entendu « s'en remettre à l'autorité locale du soin de proscrire au 'besoin que les entretiens des délégués de l'ambassade d'Espagne avec les prisonniers n'auraient lieu qu'en présence de témoins auriculaires n. II. Si les délégués des puissances neutres ne peuvent pas aller librement aux prisonniers, les prisonniers peuvent-ils, du moins, leur transmettro librement leurs plaintes par écrit?

Là encore, le gouvernement français a agi avec la plus grande loyauté, et il a proposé à l'Allemagne d'admettre toutes les communications adressées par les prisonniers aux ambassades, quel qu'en fût le contenu, sans que l'autorité militaire pût s'arroger le droit do les intercepter. Bien plus, pour ne pas rendre inefficace ce droit de réclamation, il a proposé que les lettres adressées aux ambassades n'entrassent pas en compte dans le nombre des correspondances autorisées. Le gouvernement allemand, au contraire, a exigé que les réclamations des prisonniers entrassent en compte dans le nombre des correspondances autorisées mensuellement. Cette restriction entrave l'entière liberté des prisonniers; c'est un procédé d'intimidation employé pour peser sur leur esprit. Le gouvernement allemand ayant menacé d'interdire aux Français toute correspondance avec l'ambassade d'Espagne à Berlin si son point de vue n'était pas accepté, la France a consenti à limiter ainsi le droit de réclamer, qu'elle voulait le plus 'large possible.

.Récemment, le gouvernement a restreint encore la portée de l'engagement qu'il avait pris, en déclarant qu'il- appliquerait -aux prisonniers français' les règlements militaires allemands, aux termes desquels doit être puni quiconque, soit inconsidérément, «oit connaissant la fausseté de ses allégations, aurait formulé une plainte fondée sur des affirmations mensongères.

Ce n'est plus seulement le nombre des. réolàmations qui est limité, c'est 'leur teneur intrinsèque. Cette menace, au surplus, n'est pas restée platonique des rapports ofiîciels constatent que les prisonniers qui ont eu Je courage de protester •contre de mauvais traitements ont été frappés do peines disciplinaires ou même poursuivis judiciairement, et que d'autres, qui n'ont pu être atteints par ces sanctions, ont été purement et simplement déplacés de camp et envoyés en représailles. pré- Ainsi, par étapes successives, le gouvernement allemand est revenu sur les engagements généraux qu'il avait précédemment pris le contrôle averti do l'ambassade d'Espagne à Berlin l'embarrasse; le témoignage des neutres l'accable; d'un geste délibéré, sans égard pour les puissances neutres, sans souci des lois de l'humanité, il rejette l'intervention des délégués officiels. à

La France agit toujours avec une entière bonne toi à larme! le tons les AÂ]éaaé& neutres se sont dIu

à rendre hommage. On peut juger par les faits ci-dessus rapportes de l'attitude du gouvernement allemand, de son respect, peur ses ^obligations internationales, de-sa confiance voire même de sa déférence pour les délégués des puissances neutres 1

La reine de Roumanie et la Crok-Roage française L'Union des Femmes de France à reçu de la reine de Roumanie, à qui elle avait fait don d'une somme de 50,000 francs pour ses blessés,1 la dépêche suivante

Bucarest, i4 septembre.

En manifestant sa sympathie à la. Roumanie, l'Union des Femmes de Franco affirme par votre noble voix ̃sa foi inébranlable dans les liens qui ont toujours uni la France et la Roumanie. Profondément touchée, je vous remercie avec émotion et je suis heureuse de vous transmettre à mon tour la reconnaissance des braves soldats roumains.

J'accepte avec gratitude le concours d'une équipe d'infirmières, et je vous serai reconnaissante d'employer votre don généreux en achats- 'que vous.feriez d'ob- jets et de pansements, .d'instruments.de chirurgie et de médicaments que vous et votre haute compétence vous jugerez les plus utiles. ̃ Mort' cœur trouve dans les 6'noouragemerife'qul'>ïui;i viennent de loin, comme dans la vaillance -qui: l'entoure, le plus profond réconfort, et je tiens à vous assurer i1 combien, dans ces heures graves, l'âme de la glorieuse France est un soutien pour les Roumains, fiers de combattre pour la cause commune,

Marie,

reine' de Roumanie.

Le « Retour au village natal »

Sous le titre: « le. Retour au village natal », vient de, se constituer un comité de secours et de prévoyance franco-belge dont le but est de procurer le matériel. les outils, les matières premières aux soldat qui, dès la paix, seront en proie à d'insurmontables difficultés pour reconstituer les petits métiers qu'ils exerçaient avant la destruction de leur foyer. Ce comitét qui s'intéressera aussi aux ̃mutilés rcedu- qués, compte do cette façon contribuer au rétablissement de la prospérité à, la campagne et soustraire ainsi toute une catégorie d'artisans à l'attirance des villes et des usines.

~A'7

AFFAIRES MILITAIRES" ARMÉ'F'

Citations. -Sont cités à l'ordre du jour Roger Marie-d'Avigneau, -sous-lieutenant à la 121' batterie de 58 .T du 28' régiment-d'artiUerie a témoi- gné, en toutes circonstances, comme sous-officier, pul^ comme officier, d'une haute valeur morale et d'un' grand courage. Par la façon judicieuse dont il a dirigé lo tir de ses pièces, a largement contribué, le 28 juin et le 23 juillet, à la réussite do coups do main. logis, ap-

Maurice iIarie-d'Avigi{caù,ni'ai'eehal dès' -logis, ap-

partenant à la 121° batterie ''idïi 2&V ̃coloutaire aux canons de tranchées, annexé, à l'A.n. 22" gradé d'une haute valeur morale, revendiquant l'honneur des missions. périlleuses. Le 3(à mai, s'est propose pour attirer,. sur un emplacement, connu de l'ennemi, des représailles, facilitant ainsi la mission d'autres pièces; s'est < acquitté avec intelligence et courage de cette mission. S'est encore fait remarquer lors des actions des 28 juin, .'• 10 juillet et 23 juillet.

[Le sous-lieutenant Roger Marie-d'Avigneau, dont c'est -la troisième citation et qui a été proposé, trois fois pour îa médaille militaire, et le. maréchal des logis Maurice Maric-d'Avigneau, sont les fils de M. G. Marie- -d'Avigneau, avoué honoraire, avocat au barreau de

Nantes.]

La 3° section de la 10° compagnie du 415" d'infanterie (adjudant Culioli, chef de section) le 1G mai 19!C, occupant une partie de la tranchée prise peu de jours avant à l'ennemi, a supporté avec la plus grande abnégation le tir meurtrier de l'artillerie allemande. Successivement les hommes qui la constituaient ont remplacé aux postes de surveillance les camarades qui tombaient et n'ont quitté la position qu'après la relève et sur 'l'ordre du commandant..de la compagnie, à qui les quatre seuls restants ont répondu: « Nous tenons. » Vill-etorte, lieutenant au 3> d'infanterie officiel particulièrement brave, d'un sang-froid imperturbable, ayant un grand ascendant sur ses hommes. Le 25 mai 1916, est tombé glorieusement au milieu, de sa compagnie, frappé d'une balle à la tète, pendant qu'il faisait le coup de feu pour repousser une attaque ennemie. Bordes, aumônier au 34" d'infanterie aumônier volontaire au régiment. N'a cesse pendant trois jours et trois nuits, sous un bombardement continu et d'une extrême violence, de se prodiguer auprès des blessés de première ligne. A donné à tous un exemple admirable de.. dévouement. fit, do mépris du danger. A été-griève-

m«j)!r)bto;B3:itïocî -J ̃< :•. ̃̃̃ :>u\- \-y ,̃••• ̃̃•>(, .;irroë

̃ Jacques, capopal,mUraill.cur, au 49* d'infanterie craignant apreà'un tir -prolongé que, sa section ne'man- quàt de munitions, s'est offert spontanément pour al- ` ler au ravitaillement. Ayant à traverser 300 mètres de terrain découvert et battu, a trouvé dans ce parcours une mort héroïque. '̃̃' Raba, soldat au 400 d'infanterie a assuré son service de coureur les 24 et 25 mai, sous un violent bombardement, faisant preuve de la plus grande bravoure. Atteint mortellement par éclats d'obus, a eu le courage d'appeler un de ses camarades ot de lui remettre le pli dont il était porteur en disant « Va le porter au colonel. » Est mort aussitôt après. Lasserre, soldat au 49° d'infanterie agent de liaison ayant beaucoup de mordant. Volontaire pour une reconnaissance des plus périlleuses, précédant un assaut, a fait preuve du plus grand sang-froid au cours de l'attaque qui a suivi en stimulant ses camarades et en donnant lui-môme l'exemple. Est tombé mortellement blessé en disant « Je meurs, mais je sula content, on'lcs tient. »

Bolret, soldat au 34° d'infanterie blessé mortellement en servant sa pièce, s'est écrié Vengez la France et en avant » Avait déjà été blessé le 7 décembre 1914 et le 25 janvier 1915..

Durquct, sous-lieutenant au 49° d'infanterie modèle do bravoure, d'énergie, de stoïcisme.' N'a pas hésité le 25 mai à aller reconnaître lui-même, sous des feux d'enfilade et un violent bombardement, l'emplacement. d'une mitrailleuse ennemie et a organisé la défense qui a permis d'enrayer les- contre-attaques ennemies. Lecamp, sous-lieutenant au 49° d'infanterie a entraîné superbement à l'attaque ce qui restait de sa compagnie. Resté aveugle h la suite d'une blessure très grave à la tête, a refusé de se laisser emporter sur un brancard et est ^pseendu. à pied au poste de secours. Modèle "de courage, d'énergie et d'abnégation; n'a pas survécu à sa blessure.

Màslaly'! lièùlcna-fttf au 49"' dSnlaiÉtoiS ̃ :?c"efrmiâîiàant. de compagnie énergique et résolu, a fait preuve au cours d'une attaque allemande du plus grand courage et du plus grand sang-froid, en se portant aux endroits les plus dangereux pour encourager ses hommes. A été mortellement frappé d'une balle au front. ̃. LES 'étudiants EN Médecine A DEUX inscriptions.' ̃ M. Justin Godart a fait connaître à 'M. A. -Prat, député de Seine-et-Oise, que la question concernant le versement dans les sections d'infirmiers des étudiants en médecine à deux inscriptions a reçu solution.

Par décision en date du 9 septembre courant, écrit le àous-secrétaire d'Etat, il a en effet été décidé de verser, par voie de changement d'arme, dans les sections d'infirmiers, dans les mCmes conditions que les étudiants de la classe 1917 ou récupérés des classes 13 à 17, tous les étudiants en médecine des classes 1914-1915 et 191G titulaires de deux inscriptions de doctorat. Des prescriptions analogues ont été édictées par le général commandant en chef en ce qui concerne ceux de ces militaires en service aux armées. ̃ ̃ Afin de ne pas g<3ner l'exécution du service dans les autres armes, il a été toutefois prévu que les çous-offleiers, les hommes employés co-mme spécialistes indispensables et ceux qui demanderaient il titre maintenus à leur corps seront exceptés de la mesure indiquée cidessus.

Echéance des premiers arrérages DES pensions. L'instruction .du 18 février 1915 dispose que « par date d'échéance des 'premiers, arréràrages de la pension, il convient d'entendre la date d'échéance (1" mare, 1" juin 1" septembre,' 1" décembre, du trimestre de pension en cours) à, la date du décret de concession ». •-•: > La question a été posée de savoir si cettedispositkrer-est infirmée par, la loi, -du 31 déeembra- 1915, qui a modifié -les dates d'échéance, des pon-v sions concédées postérieurement sa promulgation. Il y a lieu de répondre par l'affirmative. Pour toutes les pensions concédées à partir du 4 janvier 1916 et jusqu'à la publication d'un dé- cret à intervenir, fixant sur de nouvelles bases là période d'attribution de l'allocation journalière spéciale, les dates d'échéance des arrérages de pensions déterminées en conformité de la loi du 31 décembre 1915 et qui figurent sur les titres de pension, doivent fixer la date do cessation de payement de l'allocation journalière spéciale prévue.par le décret du 1" janvier .1915,

~A.R~rT~

Citations. Sont cités à l'ordre du jour de l'armée Duclos, second maître mécanicien, pilote aviateur, et Lo Men, quartier-maître mécanicien, mitrailleur, malgré le tir des batteries antiaériennes, oh plein jour, ont effectué avec précision lo bombardement d'un objectif ennemi. (Ont d'iià été cités à l'ordre du lour de l'arniée^


'Croquis de guerre

~iv~M.i~ 3~M~ii~

̃ Villégiatures. C'est une aventure de voyage qui pourrait, j'imagine, servir de pendant au récit conte par M. J. Galtier. Notre confrère. et ami nous disait dernièrement l'odyssée lamentable de ce ménage boche que les fallacieuses ̃assertions d'un portier je n'ose dire d'un Suisse avaient fait débarquer en terre de France sur les rives d'un lac bleu.

Cueillis par nos douaniers dès leurs premiers pas, les consorts boches avaient dû s'en aller méditer en un camp de concentration sur le danger d'ignorer la géographie en temps de guerre

Mon histoire est d'ordre plus folâtre. Seule sa moralité rachète son immoralité. Car si ce récit datait de l'époque lointaine où chaque titre comportait, quasi nécessairement, un soustitre, nous aurions le devoir de l'intituler le Boche inflammable, ou Méfions-nous des cmballements.Le hér,os de l'aventure est en effet, un Boche, un Boche viennois, sémillant, gras, blond, riche et baron, le baron Frantz von B. un Boche portant beau et de mœurs légères, comme vous le verrez dans un moment. Notre Viennois voyageait en famille. Loin des balles et des cartes.de rationnement, il s'efforçait à oublier les malheurs de sa patrie dans la contemplation des montagnes, des glaciers, des lacs et des menus d'hôtel. Depuis six mois, lui, sa femme et leurs deux enfants embellissaient de leur présence les diverses stations balnéaires d'un pays neutre.

Or, dernièrement, le hasard des déplacements amenait « M.. le baron et sa suite » comme l'étalaient avec ostentation les registres des étrangers en une grande ville de tenue sévère et de renom puritain.

En voyage, l'on a vite épuisé la liste des ̃musées et des curiosités locales. Au bout de quelques jours, notre trop aimable baron, ̃lassé des joies du Kursaal et fatigué d'olîrir au vol agile des mouettes les boulettes de pai'i coutumières, se mit à parcourir la ville, h la recherche de l'inconnu et aussi de ces antiquités qui sont si rarement anciennes. Tout d'atoord, ses randonnées furent vaines, mais un jour, les "heureux hasards d'une flânerie le mirent sur la piste d'une fort jolie promeneuse l'œil mutin. Alfred de Musset, lui aussi, a chanté en 1844 les beaux yeux des Siciliennes. Ils sont doux surtout quand, le soir,

Passe dans son domino noir

La ToppateHe.

On «peut l'aborder sans dange:1

Et d{rft «.Je. suis étranger, >

..̃'̃.Voim"ctcs béljc. '»"

Or, « la Toppalelle » dont l'allure séduisante avait conquis le baron était' simplement une petite Savoyarde, une jolie brunette dénommée Georgelto et comptant nombre d'amis sur les bords du lac bleu. Depuis longtemps, Georgette avait troqué le légendaire bonnet de « Mimi Pinson » contre une toque de la bonne faiseuse, toque qu'elle eût pu, à bon droit, décorer d'une large cocarde aux couleurs des alliés. Le baron, fasciné, ignorait toutes ces choses. N'écoutant que ses volages instincts. il commit l'imprudence d'emboîter le pas à i'accorte Georgette. Ce fut alors le duo si connu: « Mademoiselle, écoutez-moi donc. Non, monsieur, je ne vous écoute pas. » Affolé, notre Boche a recours aux grands moyens. Il. exhibe un bristol armorié, décline ses titres et qualités. Oh! merveille! ce somptueux étalage semble impressionner la jeune personne. Elle hésite, elle s'adoucit. mieux, elle accepte l'offre d'un doigt de malaga flanqué de deux biscuits. C'est dit, on va goûter tous les deux! » Mais pous cette impérative condition qu'on collationnera non pas en cette ville sévère où « tout se sait », mais dans une jolie auberge « extra muros, un chalet liséré de géraniums, fleuri de lauriers-roses, « à vingt minutes d'ici ». « Comment donc! avec joie, vite un taxi et en route. »

Chemin faisant, l'on cause, l'on rit, l'on flirte. Nous arrivons, nous sommes arrivés! -Mais pourquoi cet arrêt en pleine route, au bout de, ce pont, pourquoi, ces uniformes?. Pourquoi! o©s> soldats? Tout simplement parce que nous sommes en France, cher baron, riposte Georgctte avec son plus pimpant sourire. Ce pont, c'était la frontière. ces soldats sont des soldats français; et quant a vous, braves gendarmes, au lieu de me dire des bêtises, priez donc monsieur d'exhiber ses papiers. On rira

On a ri, et tandis que le baron, déconfit et Honteux comme un. renard qu'une poule aurait pris, était incontinent cueilli et mis à l'ombre pour être dirigé ensuite sur un camp de concentration, la 'brunette, remontant dans le .taxi, se penchait à la portière « Au revoir, baron. au revoir. et rassurez-vous, je vais faire prévenir votre famille, qui pourrait peut-être vous attendre ce soir un peu longtemps avant que de se mettre à table! »

Un mensonge. C'est un document peu connu, croyons-nous. Cette large affiche, imprimée sur papier d'un jaune éclatant, fut apposée sur les murs des villes belges aux premiers jours d'août ,1914. C'est au prix des plus grandes difficultés qu'un patriote put nous la procurer.

En nous la remettant, notre ami nous disait îa multiplicité d'affiches et de communiqués dont les Allemands avaient constellé les murs de la pauvre Belgique.

FEH.1~H.1i~W7CHa:9~ DiU -1~

̃I.FEUILLETOM;. IifcJ (StlUpS DU 21 SEPTEMBRE 1916

M vie à la campagne

Encore un petit eou p de ligne avant la fin de la saison

Voici l'automne déjà, déjà! Ah! quelle fuite éperdue que celle des jours, surtout en ces temps terribles d'angoisses et de deuils comme les hommes n'en ont jamais connu! Nous ne pouvons pas nous abstraire de la nature et vivre sans en ressentir le contact, la force, l'énergie permanente; mais sous l'appel de souffrances physiques et morales, surtout de celles-ci, nous nous détachons un peu pour écouter battre nos cœurs et sentir le harpon de l'inquiétude s'accrocher à notre esprit. Nous n'éprouvons plus entières ces joies pourtant si prenantes de la campagne que nous donnaient la splendeur de la lumière rayonnant jusqu'aux horizons infinis, l'éclat merveilleux des prairies en fleurs, la splendeur des forêts sous leurs vêtements d'or et de pourpre. C'est d'un œil distrait, presque indifférent que nous regardons ce qui nous entoure sans y puiser, comme avant la sanglante tragédie, le repos de nos âmes.

Aussi nous souffrirons peut-être moins du Hépart définitif de l'été et de la venue précoce de l'hiver comme tout fait prévoir qu'elle sera cette année. Il y a en effet « des signes au ciel et sur la terre » qui nous trompent rarement, nous autres paysans, sur les mouvements des saisons et qui sont tous apparents cette année. 'Je vous en ai souvent parlé et je ne veux pas y revenir. Il en est un cependant, le plus sûr de tous peut-être, que je vous signale encore une fois c'est la disparition des hirondelles. Très en avance, dès le milieu de juillet, leurs réunions afin de préparer l'exode se tenaient dans nos villages et, le 28 août, le mouvement s'effec- tua; je l'ai rarement vu se faire d'aussi bonne heure. La dernière fois que je l'ai constaté, c'était en 1894; cette année-là, comme en 1910, les hirondelles nous quittèrent à la même date, 28 août, et vous vous souvenez de co que fut son hiver, qui égala presque en rigueurs celui de ç'1879-1880. Donc attention à nos fourrures et em'plissons nos bûchers! Mais nous n'en sommes pas encore à allumer

« Ils s'efforçaient même à utiliser nos petites querelles locales d'avant-guerre. Parfaitement. Leurs affiches étaient imprimées en trois langues allemand, français, flamand. Dans nos provinces flamandes, ils ne manquaient jamais de donner le, pas au français et dans les provinces wallonnes au flamand Ces piètres psychologues semblaient ignorer que nous aussi avions fait l'union sacrée et que chez nous comme chez vous, rien ne comptait, que la haine commune! » Le plus drôle c'était le complet mépris avec lequel les Belges passaient sans tourner la tête devant les mensonges officiels placardés sur papier blanc; les élucubrations de l'agence Wolff n'avaient de succès que lorsqu'elles étalaient quelques belles fautes de français. Alors, nos swanscurs blagueurs nationaux s'en donnaient à cœur joie!

» Autrement, les seuls lecteurs des affiches allemandes étaient les casques pointus. Il fallait les voir devant ces -placards mensongers rouler de gros yeux presque aussi extasiés que devant des' files de saucisses aux étalages des charcutiers!

» C'est, d'ailleurs à l'occasion d'une affiche boche publiquement démentie par notre brave bourgmestre Max, qu'eut lieu la scène épique entre 'lui et le général von der Goltz.

» Von der Gollz se précipite en furieux dans le cabinet échevinal et, avant d'ouvrir la bouche, sort de sa poche un gros revolver qu'il place avec ostentation sur le bureau, devant lui.

» Alors, notre Max, sans trouble « Un mo» ment, je vous prie. » et il extrait de sa jaquette un mince stylographe qu'il dépose en face du revolver. puis, d'une voix très calme « Maintenant, nous pouvons causer, général » Pour en revenir à l'affiche historique qui nous occupe aujourd'hui, il nous a paru bon 'de la. placer sous les yeux des lecteurs de ce journal, alors que des naïfs, des jobards ou des intéressés en sont encore à discuter les origines de la guerre, comme si la question laissait place au moindre doute. On a cité maintes fois le mensonge des bombes lancées sur Nu- remberg par une équipe d'aviateurs-fantômes. Ceci pourrait servir de pendant, et le placard devenu fort rare, dont nous reproduisons le texte aujourd'hui, a cet avantage de clore la discussion, sa mauvaise foi excluant toute polé- mique. Jugez plutôt

« Au peuple belge,

» C'est à mon plus grand regret que les trou- »' pes allemandes se voienWorcées de franchir j> la frontière de Belgique. Elles agissent sous » la contrainte d'une nécessité inévitable, la » neutralité de la Belgique ayant été violée par » des officiers français qui. sous un déguise» ment, ont traversé le territoire belge en au- » tomobile pour pénétrer en Allemagne. » Belges,

» C'est mon plus grand désir qu'il y ait en- » core moyen d'éviter un combat entre deux » peuples qui étaient amis jusqu'à présent, ja» dis même alliés. Souvenez-vous des glorieux » jours de Waterloo, où c'étaient les armées » allemandes qui ont contribué à fonder et à » établir l'indépendance et la prospérité de » votre patrie.

» Mais il nous faut le chemin Jibre. Des des» tractions de ponts, de -tunnels, de voies fer» rées devront être regardées comme des actes » hostiles..

» Belges,

» Vous avez à choisir! J'espère que l'armée »allemande de la Meuse ne sera pas con- » trainte de vous combattre. Un chemin libre » pour attaquer, c'est tdut ce que nous désirons. » Je donne des garanties formelles à la po» pulation belge qu'elle n'aura rien à souffrir » des horreurs de la guerre, que nous payerons » en or-monnaie les vivres qu'il faudra pren» dre au pays, que nos soldats se montreront » les meilleurs amis d'un peuple pour lequel M nous. éprouvons la plus haute estime, la plus » grande sympathie.

» C'est de votre sagesse et d'un patriotisme » bien compris qu'il ^dépc.nd d'éviter à votre » pays les- horreurs deiîa g^uerre. "• ;i ;li ̃> Le général commandant en chef l'armée de la Meuse » VON Emmich. »

Rien de plus infâme que ce mélange de mensonges, de flatteries et de chantages, et cette affiche non datée mais entourée d'un double filet noir telle une lettre de deuil nous paraît mériter une place à part dans le musée des horreurs commises par nos sauvages et hypocrites ennemis.

Georges CAIN.

~oME~Es'M~o~ Le blocus de Cavalla

Le Journal officiel publie aujourd'hui la notification suivante do la déclaration de blocus vie Cavalla

A la date du 16 septembre 101G, le commandant en chef de l'armée navale en Méditerranée, agissant en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par le gouvernement de la République, a, vu Tétat de guerre avec la Bulgarie et l'occupation de CavaJIa par les forces armées bulgares, déclaré en état de blocus la côte de Macédoine depuis l'embouchure de la Strouma (40° 40" latitude nord, 23° 53" longitude est Greenwich), jusqu'à la frontière gréco-bulgare (40° 51" latitude nord, 24° 50" longitude est, Greenwiçh).

e

du feu, bien qu'il fasse un vent du nord plus que frais dont nous pâtissons fort depuis des semaines presque sans interruption. Il est infiniment désagréable pour tout le monde, plus particulièrement encore pour les pauvres pêcheurs de truites à la ligne, qui n'ont plus guère que six semaines pour fouetter la rivière, puisque dans tous nos départements ce sport est interdit du 20 ou 30 octobre au 1" février ou au 1" mars. Ceci, soit dit en passant, est une inexplicable erreur'que rien ne justifie. 11 est scientifiquement certain, en effet, que la truite, comme tous nos autres poissons de rivière, ne fraie que pendant deux mois. Elle le fait du milieu de nôvembre au milieu de janvier, et les autres du 15 avril au 15 juin environ. Si cela se passe autrement dans certains de nos départements, soit tout à fait du nord, soit tout à fait du midi, c'est à leur préfet d'aviser et de fixer des dates spéciales pour la durée de la pêche. Dans tous les autres on l'ouvrirait du 15 novembre au 15 février, ce qui serait la très large mesure.

En attendant qu'il en soit ainsi, ne perdons pas de temps à discuter, prenons la souple ligne, mettons-y cette mouche universelle que m'ont révélée les camps-volants dont je vous ai parlé il y a quelques semaines, et, jusqu'à la fermeture, qui sera vite arrivée, hardi! lançons, lançons! Je m'excuse auprès de ceux de mes lecteurs qui n'ont pas le goût de ce sport tout en priant saint Pierre, notre patron, de leur faire la grâce de le leur accorder de revenir encore sur ce sujet, mais les « pratiquants » m'ont fait le plaisir de m'écrire tant de lettres là-dessus, m'ont posé tant de questions, que je considère comme un deyoir inéluctable de leur répondre. Je suis obligé de le faire par la voie du Temps pour éviter près de deux cents lettres individuelles que, malgré toute ma bonne volonté, je ne trouverais pas le temps d'écrire.

Voyons donc d'abord ce que c'est que cette fameuse fausse mouche qui m'a donné partout et en toute saison d'excellents résultats. Elle est énorme elle mesure quatre centimètres de long et elle est montée sur un hameçon forgé et bronzé n° 6, dont le corps est enveloppé jusqu'à la courbe de barbes de plume gris-jaunâtre, serrées avec un fil métallique brillant, rappelant la forme et la couleur du corps de nombreux papillons. Le premier rang de barbes qui vient ensuite est rougeâtre pas trop violent, avec une tendance au marron; le reste de la houppe qui est un peu plus long et enveloppe le rouge est en plus gris rayé cendré. Ces plumes se trouvent sur les faisans et sur certaines poules. J'en emploie de deux sortes, les unes un peu plus foncées que les autres. ce oui rend l'amorce- plus visible

Le blocus est déclaré effectif à dater du 1G sept. Î91C. Les navires neutres pourront,, jusqu'au. 21 septembre 1916, à huit heures du mâtin, (heure de l'Europe orientale), quitter les lieux bloqués.

Notification de ladite .déclaration a été adressée aux autorités locales.

~i~i~tr~s italiens à P~ris

Les ministres italiens à Paris

MM. de Karva et Arlotta ont eu ce matin, au ministère des travaux publics, un long entretien avec M. Scrnbat au cours duquel ont été examinées les solutions que comportent les négociations engagées entre la Franco et l'Italie, en vue de faciliter a notre alliée mtMnerranéemio le transit de certains de ses produits à destination do l'Anglelerre et le transport, à travers la France, du charbon de provenance anglaise, nécessaire à son approvisionnement en combustible.

A l'issue de la conférence, MM. de Nava et Arlotta se sont rendus à la présidence du conseil où M. Briand leur a offert'1 un déjeuner auquel ont assisté MM. Sembat, Clémentel et Lacaze. Hier soir, MM. de Kaya et. Arlotta avaient été reçus il dîner par le président de la République et Mme Poincaré. Les ministres de la marine, des travaux publics, et du commerce étaient également

invités.

Le moratoire des valeurs négociables Aujourd'hui est promulgué un décret prolongeant, pendant une nouvelle période de quatrevingt-oix jours le moratoire des valeurs négo-

ciables.

Dans le rapport qui précède ce décret, le ministre du commerce dit

En raison des mesures prises, grâce au bon vouloir des débiteurs et à la reprise de l'activité économique, les rentrées des effets moratoriés se sont effectuées à la Banque de France de la manière la plus satisfaisante.

Le portefeuille des valeurs bénéficiant de la prorogation des échéances, qui, au début de la guerre, formait un total de 4' milliards -480 millions, n'atteint plus en effet, à la date du 14 septembre 1010, que 1 milliard 393 millions.

En présence de cette situation, nous estimons qu'il n'y a pas lieu de modifier le régime actuellement en vigueur.

La question des loyers et la C. G. T. Le comité confédéral de la Confédération générate du travail, réuni à la "Maison des syndicats, rue de la Grange- aux-Bclles, 33, pour examiner la question des loyers, a adopté un ordre du jour dont voici les principaux passages

1.8 comité déclare qu'il est inadmissible que le droit do tous soit outrageusement violé au bénéfice d'une minorité. Les propriétaires ne peuvent pas, surtout dans les circonstances présentes, se voir reconnaitre des droits supérieurs à ceux des autres membres de la nation.

Le comité rappelle que la guerre a créé une situation exceptionnelle qui ne peut 6tro résolue que par une loi exceptionnelle.

Lo comité confédéral, exprimant la volonté de la classe ouvrière française. réclame l'application du principe d'exonération totale pour les mobilisés et leurs familles, et l'exonération totale ou partielle pour les non-mobilisés dont le revenu ou le salaire ont souffort du fait de la guerre.

Suit une énumération de principes qui devraient, selon la C. G. T., inspirer la nouvelle rédaction de la loi sur les loyers, l'ordre du jour déclarant, pour terminer, que « toute solution à la question, en dehors de ces principes essentiels, sera combattue par lui (le comité confédéral) et tous les organismes ouvriers qui le composent ».

N~UVE~~BS MUNECEF'AMS

NOUVELLES DIWflCIPALES

Convocation da Conseil municipal Le Conseil municipal est convoqué pour mardi prochain en session extraordinaire, d'accord avec le gouvernement, a l'cflet de donner son approbation à une opération financière.

lia vie chère

La 2e commission du Conseil municipal s'est réunie hier, sous la présidence de M. Adrien Mithouard, pour examiner la situation du marché des denrées alimentaires.

Constatant que la cote officieuse du. beurre, instituée il y a six semaines, est sans effet heureux, elle a émis le vœu que la taxation officielle des produits dérivés du lait fût votée par le Parlement. Constatant par ailleurs que la production du beurre avait diminué, elle s'est assurée que les aliments de substitution,, (margarine, cocose, végétalinc), dont l'emploi à 'été conseillé par là' commission d'hygiène, étaient largement mis en vente, notamment dans les coopératives chargées par la ville de Paris de débiter la viande frigorifiée. En ce qui concerne les pommes de terre, le préfet de police a fait connaître que les arrivages étaient redevenus normaux. La vente au détail s'est effectuée hier dans les conditions de prix fixées par la taxe. L'écart entre le prix de la vente en gros et de la vente au détail, qui n'avait pas été déterminé par décision administrative pour éviter une ingérence dans la fixation du bénéfice, s'est réglé facilement entre les intéressés. Il n'y a donc pas lieu pour le moment de prévoir la taxation do la vente en gros.

Un office des ebnrltoni à B NBMct de ville La Bttlletin municipal officiel publie ce matin un arrêté instituant un « office des charbons du département de- la Seine », en vue d'organiser lo ravitaillement en charbon pour foyer domestique. Cet office ne fait nullement double emploi avec le stock dit do précaution constitué sous les auspices du Conseil général et du Conseil municipal, lequel stock a permis l'hiver dernier do distribuer gratuitement 60,000 tonnes aux malheureux par le canal des bureaux de bienfaisance, et de vendre à bon compte 10,000 tonnes aux familles reconnues nécessiteuses.

r m ̃̃.M.aB1.iirrïngsB

Nous prions instamment, nos abonacâ de toujours joindre une DES dernières bandes à leurs demandes de renouvellement, de changement d'adresse ou à leurs réclamations.

les jours clairs, les autres un peu plus. blanches pour les jours sombres. Les Anglais, d'àilleurs, ont un genre de mouches analogues qu'ils appellent « summer duck kakle fly ». Je les monte solidement sur un bas de ligne verddlre, très fort, car l'expérience m'a démontré que ces « florences », minces comme des cheveux de femme sont une cause permanente d'amères déceptions. Ils ne résistent pas à la défense énergique d'une truite de 200 grammes quand les herbes ou autres obstacles vous empêchent de vous servir utilement de votre épuisette, et quand vous accrochez ces herbes ou ces obstacles, racines, pierres de fond, etc., c'est la casse inévitable. Ajoutez à cet ennui la difficulté de manier l'indispensable épuisette d'une main, tandis que de l'autre vous vous escrimez avec la ligne, et vous connaissez tout ce que cela vous fait goûter de désagréments, tout ce que cela vous donne de ratés mais c'est plus classique et la gloire de tant de difficultés vaincues est plus grande! Bon, bon, je ne discute pas! Cependant, j'imagine que la gloire du panier bien garni est une savoureuse compensation aux désillusions de l'art et à l'amertume des prises manquées. Il est absolument incontestable qu'avec le bas de ligne « invisible vous laisses échapper un bon tiers de truites de plus qu'avec un plus fort. Et alors? Est-ce que vous pochez pour faire des tours de force, pour jouer la difficulté dans le maniement de vos engins? Si c'est ça, pas la peine d'aller jusqu'à la rivière, lancez sur votre pelouse ou votre place de tennis! Je prends donc des bas de ligne à peu près aussi forts que pour pêcher au devon ou à la cuiller. J'emploie une canne extrêmement souple, quoique solide, et quand la truite touche, zou! je la fais sauter d'un coup de poignet- La secousse est;telle et le jeu du ressort est si vif, si sec, si,fort aussi que le poisson va tomber sur le pré. quand il ne me cogne pas en pleine figure ,ou en pleine poitrine! Très bien, direz-vous, quand il s'agit de truitelles au-dessous de 250 à 300 grammes, mais vous ne pouvez faire sauter les grosses, celles qui vont à un kilo et au delà. D'accord, eh bien! et vous, qu'est-ce que vous en faites avec vos bas de ligne de rêve? Vous les soutenez en les laissant gargouiller jusqu'à ce qu'elles soient à bout, noyées, comme vous dites, et alors, vous les amenez à portée de l'épuisctte. si elles veulent Souvent, en effet, très souvent, à force de s'agiter en tout sens- avec une force vraiment surprenante, en faisant littéralement la perche avec l'hameçon pour point d'appui, tandis que leur corps si souple bat l'eau en tous les sens, elles se décrochent et disparaissent. Souvent aussi, tout en bataillant, elles parviennent à passer de l'autre côté d'une traînée

Journée parlementaire

LA CHAMBRE Séance du mardi 15 septembre

DEUX DISCOURS DE M. BRIAND

C'est l'ordinaire débat sur les douzièmes; il s'agit de ceux du dernier trimestre 1916. Trois députés ont présenté des observations intéressantes; ils ont parlé avec simplicité, sans enfler le ton, sans rechercher le paradoxe. Ce sont .M'M. Brousse, Lairolle et Durafour. M. Brousse, qui a le courage inlassable de défier la popularité facile en prêchant les économies quand d'autres poussent aux largesses, a signalé les trous par où fuient des sommes excessives. Il s'en excuse, car nous sommes, dit-il, a une époque « où dépenser sans .compter et sans savoir qui payera est devenu une foEBiule la, mode ». Après lui, M. Lairolle, le doux M.- Lairolle, a, de son ton apaisant, dégagé une'- des leçons de la guerre l'héroïsme en commun aura appris à tous qu'il ne faut plus se déchirer en des querelles hostiles et aux possédants qu'ils ont de grands devoirs de solidarité sociale. M. Durafour enfin recommande l'amélioration de la solde des simples troupiers.

Et voici brusquement l'orage qui se déchaîne. Deux socialistes, deux isolés, l'un qui se qualifie, s'enorgueillit d'être un « sauvage », de poursuivre seul, sans voisin, sans compagnon, sans confident, une sorte de rêve solitaire dans lequel se confondent, en un étrange désordre, les réminiscences historiques, les vues les plus fausses, et parfois, rarement, une ou deux idées justes, une ou deux phrases heureuses c'est M. Roux-Costadau l'autre, moins isolé il a deux camarades de pensée plus dangereuse, d'action plus condamnable c'est M. Brizon, flanqué de deux autres kienthaliens, MM. Alexandre Blanc et RafflnDugens. v,. :̃̃̃̃;•'̃.̃̃ Un premier incident

Donc, M. Roux-Costadau monte à la tribune c'est l'homme au petit papier; il en tire un de sa poche, qu'il va lire à la tribune, qu'il a préparé dans; le silence du cabinet, qui sent un peu l'huile, qu'il va entrecouper de courtes improvisations trouvant vite 'la fin de leur souffle. Instituteur révoqué par M. Clemenceau, il porte en sa personne modeste, dans son port effacé, la mélancolie des carrières interrompues; il éprouve pourtant, devait son auditoire, comme une joie secrète de faire encore 'la classe à de plus grands élèves. Amep tendre d'aiHeurs, il faut 'lui rendre cetto justice que ne méritera pas tout à l'heure, dans sa sécheresse ingrate, M. Brizon, que c'est le sort des Français tombés au champ d'honneur dans' des hécatombes sanglantes qui inspire son discours.

̃. Et de tous ces Français, ce sont les agriculteurs surtout qui lui paraissent payer un tribut excessif à la mort. Il se demande, dans ce style vieillot et ampoulé, qu'il affectionne, « si l'existence de ce peuple héroïque ne sera pas compromise 'lorsque la montagne de ses cadavres toujours grandissante flnira par toucher la voûte du ciel ». Il faut qu'au futur 'Congrès de la paix « la France parle debout, robuste encore et non pas moribonde, couchée sur un brancard ». Faudra- 1- il donc que ce qui reste de ce peuple « gratte le soi avec ses ongles afin 'd'arracher jusqu'aux racines l'arbre de la vie nationale ? » Sans doute, nous avons mérité la victoire mais « la victoire sans bras, isans ailes et sans tête, étendue sur un cimetière, c'est !la statue do 'l'ironie ooueh.ee sur 'la poussière des morts ». Mais, peut-être par goût excessif de littérature, M. Roux-Costadau a tout de même dépassé la mesure. Seuls, d'après lui, les agriculteurs se battraient dans les tranchées; il oppose à leurs « holocaustes » la sécurité des ouvriers aux usines. L'assemblée a donné des marques d'irritation. M. Briand vient d'arriver; il écoute ce discours péniblo avec une impatience croissante. Il se décide à l'interrompre; et, de sa place d'abord, au banc ministériel, il s'adrè*sse à l'orateur; il corrige ses assertions outrancières; et bientôt, élevant le ton, soutenu par les applaudissements qui crépitent de l'Aftsemiblée, c'est 'a'ëllo tout enfcière,-c'(?st au pays qii'ir s'adresse. Dans un mouvement lent,- impressionnant, entraîné par son improvisation enflammée, il quitte peu à peu sa place, il s'avance vers l'hémicycle, le bras tendu vers l'extrême gauche, dont les applaudissements le soutiennent et le portent, lorsqu'il rend un. hommage mérité aux ouvriers qui épargnent la vie des paysans au sortir des trous de leurs tranchées, grâce aux rafales d'obus fabriqués aux usines; il soulève l'émotion de toute la Chambre lorsque, frappant sur sa poitrine, il dit qu'il faut au pays un cœur haut et ferme, un moral « qu'aucune campagne ne soit capable d'ébranler » pour hâter la victoire. Voici, d'après le compte rendu in extenso, cette première aux Corinthiens

M. BRIAND INTERVIENT

M. Aristide Briand, président du conseil, ministre des affaires étrangères. Il faut voir les choses telles qu'elles sont, sans les pousser au noir par des allégations outrancières. (Applaudissements.) Je trouve, au surplus, qu'en pleine guerre, alors qu'on a besoin de la confiance de tous les citoyens du pays qui font face au danger, c'est une singulière façon de présenter la vérité que de montrer les paysans faisant le complet sacrifice do leur sang et de leur opposer les ouvriers ou les bourgeois. (Vifs applaudissements.)

il/ Roux-Costadau. Monsieur le président du conseil, dans les paroles que je viens de prononcer, je ne vois pas l'opposition dont vous parlez. (Mouvements divers.)

d'herbes solides, d'une racine de saule oju de gi- I rôle, elles font deux ou trois tours qui les attachent à ce piquet de salut et c'est bien fini, votre épuisette automatique ne vous sert plus que d'ornement. Vous n'aurez la victoire que si vous vous décidez à vous mettre à l'eau ce qui n'est ni toujours prudent, ni toujours très sain et encore vous faudra-t-il une vraie chance pour pouvoir saisir la bête par les ouïes et la tirer avec succès.

Avec mon système de gros bas de ligne, cela est infiniment plus simple et cela réussit beaucoup plus souvent. Voici comment je m'y prends quand j'ai ferré la truite et qu'elle n'a pas été lancée sur le pré, le coup que je lui ai donné avec mon hameçon n° 6 a été si fort que l'arme, est entrée à fond dans les parois de la gueule. 11 n'y a plus de décrochage possible à moins qu'elle n'ait pénétré, ce qui n'est pas fréquent, que dans de la peau, dans de la chair molle qui seront coupées par elle quand je ti- rerai. Cela, c'est l'aléa de tous nos gestes, il faut s'y résigner, il n'y a rien d'absolu en ce bas monde. Mais si l'hameçon est bien planté et à fond, la victoire est à nous!

Je lance d'une seule main, de la gauche ou de la droite, j'en ai donc toujours une de libre puisque je ne m'embarrasse pas d'une épuisette. De cette main, je saisis la corde de la ligne et, plus vite qu'avec le moulinet, je l'amène en quelques secondes jusqu'à ce qu'elle soit raccourcie à cinq ou six mètres. La truite, vigoureusement et rapidement tirée, n'a que bien rarement le temps de s'accrocher aux obstacles; d'ailleurs elle n'y, pense pas toujours dans î'éaic>uy,a.nt désarroi où elle se trouve et ne sa- chant pas ce qpi lui arrive, ni contre quel en- nemi- elle doit lutter. Quand elle est là, à ces quelques mèffcs, je tiens la canne ferme, droite, haute, et je tire encore la ficelle jusqu'à ce que la tête du poisson sorte de l'eau. La truite saute, elle se démène, mais, tout de même, ne. respire pas et l'asphyxie a vite fait d'épuiser j ses forces; alors je. pose la canne et, tirant la corde, j'amène ma victime jusqu'au bord, je la saisis par les ouïes, je la tue d'un coup violent sur la nuque frappé avec le dos de mon couteau, et voici la bataille gagnée!

Avec hameçon, ficelle et bas de ligne bien choisis et fort solides, on vient à bout ainsi de truites qui peuvent peser jusqu'à trois livres. Je dois dire que- je n'ai pec-hé que dans les ruisseaux et torrents où se trouve seulement la petite truite qui ne dépasse jamais ce poids et qui ne l'atteint même que très rarement. J'entends bien les objections que vous allez me faire; vous me direz certainement qu'avec un outillage qui manque tant de finesse, la truite ne viendra pas sur l'amorce si bien, si •vite et surtout si souvent que sur ces petites

Le président du Conseil. Si 1

Le président. Vous voyez le danger de prononcer certaines paroles susceptibles d'interprdtations que vous-même devez condamner. (Très bien! très bien!)

M. Arthur Groussier. Et dans quel but? Le président. Vous ne pouvez dire que !es ouvriers qui fabriquent les canons et les munitions nécessaires à la défense nationale sont des embusqués. (Applaudissements.)

M. Roux-Costadau. Je puis vous donner l'assurance que, ni dans ma pensée, ni dans la forme avec laquelle ,je l'exprime, vous. ne sauriez établir une opposition de la classe sociale paysanne à la classe ouvrière .ou bourgeoise dans la défense de la patrie. J'ai dit que les paysans sont l'élément qui certainement a donné le maximum. Sur plusieurs bancs. Comme tous les autres citoyens!

M. Lcchaud. ̃– Tout le monde fait son devoir! (Très bien! très bien!)

Le président du conseil. Vous oies évidemment animé des meilleures intentions patriotiques et vous avez entendu vous placer en face de la vérité et la dire.

il. Roux-Costadau. C'est cela!

Le président du conseil. Mais il ne saurait, vous échapper que vous avez traité un sujet particulièrement délicat.

LE ROLE SES ALLIÉS

Quand, par exemple, envisageant les efforts des nations alliées, qui sont unies dans cette guerre pour le triomphe d'une cause à laquelle est attachée la civilisation du monde, pour une cause sacrée (Très bien! très bien!), vous en arriviez a doser les sacrifices de tel pays allié par rapport à ceux de tel autre, vous usiez là d'une argumcutation non seulement fâcheuse, mais encore injuste. (Applaudissements.)

L'ANGLETERRE

Songez aux efforts de l'Angleterre (Vifs applaudissements sur un très grand nombre de bancs), qui ne se contente pas de remplir son rôle dans l'Entente, en gardant les mers et en s'acquittant ainsi d'une fonction si utile aux opérations militaires entreprises en commun (Très bien! Très bien!), qui depuis le début de la guerre s'est imposé et c'est chose inouïe dans l'histoire de l'Angleterre le service militaire obligatoire (Vifs applaudissements), qui en est arrivée, à travers quelles difficultés! à improviser, à faire surgir du sol britannique, des armées formidables, qui a fait passer sur notre territoire des centaines et des centaines de mille de soldats, qui les a exercés, qui les a armés et outillés, qui leur a fourni toutes les munitions nécessaires. Aujourd'hui, vous pouvez voir ses soldats, victorieux aux côtés des nôtres. L'Angleterre n'a jamais répondu « non » à un appel â son concours. (Applaudissements.)

L'ITALIE

Quant à l'Italie, monsieur Roux-Costadau, elle est venue spontanément à cette guerre, dans un élan plein de noblesse, elle y est venue en toute loyauté. Récemment elle a élargi encore son action pour se montrer en pleine solidarité avec nous. Vous savez de quelle manière elle se bat dans des montagnes, au milieu de difficultés dont peut-être vous ne vous rendez pas un compte suffisant. (Vifs applaudissements.)

LA RUSSIE

En ce qui concerne la Russie, comment pouvez-

vous dire.

M. Roux-Costadau. Je n'ai rien dit. Le président du conseil. alors que vous avez sous les yeux les chiffres de ses pertes, qu'elle n'a pas toujours fait, en pleine solidarité avec nous, tout l'effort qu'il était permis de lui demander? (Applaudissements.) Nous mettons on commun toutes nos ressources.

Vous avez vu, malgré les obstacles auxquels, notamment au point de vue des transports, s.ï heurtait une telle opération, et pour marquer cette solidarité d'une façon plus étroite, des Russes venir à'travers le monde, parmi les dangers, s'associer à leurs frères de France contre le même ennemi. (Applaudissements.)

Demain vous verrez encore s'étendre et se développer cette action concertée.

Dans les Balkans, tous ensemble, nous livrons la m&rho bataille.

Les effectifs, les moyens matériels, 1 argent, tout doit être confondu en vue d'une action commune. Mais quand vous plaidez cette thèse, je vous en prie, ne vous écartez pas de la justice. (Vifs applaudissements.)

LA FRANCE

Et maintenant, à ne regarder que notre pays,- j'ai le droit de dire que tous les citoyens, à quelque catégorie sociale qu'ils appartinssent, se sont donnés de ploin>oœur-à .la .patrie. Et; pourquoi? ,P.&wei:

que, dès la '-premier- monient, quoique. idéal, qu'ils,,

eussent, ils ont compris que la France 'avait été attaquée à la suite d'une longue préméditation et qu'elle défendait la liberté du monde, vous entendez bien, et la justice. (Applaudissements.) Ni paysans, ni ouvriers, ni bourgeois

Tous au combat

Dès lors, il n'y a plus eu de paysans, ni d'ouvriers, ni de bourgeois; tous les citoyens n'ont plus eu qu'une même Ame. Chacun est allé à son devoir. Le paysan remplit le sien complètement. Je ne sache pas que, dans nos campagnes, il se soit élevé le moindre cri de protestation.

Ce qu'on veut, d'un bout à l'autre de ce pays, c'est que tant de sang versé, tant de sacrifices consentis ne l'aient pas été en pure perte; ce qu'on veut, c'est que la France sorte grandie de cette épreuve; ce qu'on veut, c'est que la liberté triomphe avec elle, c'est que demain, notre patrie ait l'auréole de gloire qu'elle a méritée par l'héroïsme de ses enfants; cela, on le veut profondément chez le paysan comme chez l'ouvrier. (Vifs applaudissements.)

Sans doute, il y a des ouvriers qui sont sortis des tranchées, qui travaillent clans les usines; mais pour ces paysans qui sont au front, ne vaut-il pas mieux, quand on leur demande de sortir du trou où ils sont abrités pour aller sus à l'ennemi, contre des organisations défensives formidables, ne vaut-il pas mieux qu'ils soient précédés par de puissants feux d'artillerie? Ne vaut-il pas mieux prodiguer les munitions pour épargner leurs vies? Or, si" les munitions sont prodiguées comme on le

mouches, objets d'art, qui copient avec tant de vérité les insectes volants de la saison. Je me vois obligé de vous contredire moi aussi j'ai débuté ave'c ces lignes impalpables, ces hameçons 12 ou 15, mais après que les caimps-volants m'eurent .fait voir autre chose et que j'eus un peu pratiqué leur système, j'en ai compris la supériorité, je l'ai adopté et je m'y tiendrai. La mentalité de la truite, voyez-vous, n'est pas à la hauteur où ces « maîtres de la ligne » la montent dans leur imagination. Ils la croient d'intelligence supérieure, rusée, attentive, réfléchie, sachant voir, comparer et comprendre. Ils pensent nécessaire de la tromper avec leurs engins et j'en connais qui vont jusqu'à se donner un mal infini pour que leurs mouches tombent les pattes en bas sur l'eau comme si elles se posaient. Ah! la, la! Notre truite s'en moque pas mal, je vous prie de le croire Bête brute, sauvage, d'une voracité et d'une férocité prodigieuses, elle ne songe qu'à sauter sur sa proie et elle le fait toujours avec une rapidité telle qu'elle ne peut absolument pas avoir le temps d'examiner, de juger et de se détourner. Tenez, quand vous pochez à la cuiller dans les ruisseaux à gros courant, n'avez-vous pas vu maintes fois des truites sauter sur le lourd grain de plomb que vous avez fixé à votre bas de ligne, à 30 centimètres de la cuiller, pour que celle-ci descende suffisamment dans l'eau? Eh bien, pour quel insecte, pour quelle bête la brute prend-elle ce plomb? « Ça remue, donc ça vit, je saute dessus » Pas d'autre raisonnement, rien que le geste du brutal instinct. Cette mentalité est commune d'ailleurs à tous les poissons. Ils ont leur nourriture préférée, c'est entendu, niais devant la possibilité séduisante d'avaler une proie nouvelle et inattendue, ils n'hésitent pas à changer leur régime et à se payer un extra. Deux fois, j'ai pris de grosses carpes en pêchant le brochet à la cuiller, et une fois, avec une grosse sauterelle, un petit véron qui ne doutait de rien, vraiment! Mais si la truite obéit ainsi à sa gourmandise, cela ne l'empêche pas d'être extrêmement défiante et de ne se hasarder à rien quand un soupçon de danger quelconque peut lui venir. Il faut donc que le pêcheur ne soit ni vu, ni entendu, il faut que rien d'insolite ne le fasse se révéler. Vêtu de grisâtre ou de verdâtre, sans rien de voyant, il doit d'abord être absolument silencieux: le mieux est de pêcher seul, toujours seul, pour que le bruit des pas soit aussi réduit que possible. Si J'on veut un aide, qu'il reste au moins à cinquante mètres derrière l' vous; à cette distance, pas de conversation. Je sais bien que quelques savants prétendent t{scf le poisson n'entend pas, qu'il n'a même pas d'organe vrai .pour entendre; je ne puis con4 tredire ni seulement discuter, moi. eajnDaumard

voit sur la Somme et si ainsi l'on épargne des vies humaines, des vies de paysans comme d'autres citoyens, c'est parce qu'il y a des ouvriers dans les usines qui produisent ces munitions. (Vifs applaudissements.) Le paysan français a trop d'intelligence et de bon sens, quand il est courbé sur son champ, avec l'angoisse du fils qui est à là bataille, pour reprocher à l'ouvrier d-3 la ville voisine de fabriquer des obus qui serviront à protéger la poitrine de son enfant. (Applaudissements.)

Ah! monsieur Roux-Costadau, dans ce pays, on voit clairement les choses, on ne se laisse pas égarer par quelque propagande que ce soit. La nation tout entière a le visage radieux tourné vers la victoire elle espère la fin de cette guerre horrible, dont elle voudrait hâter la conclusion; mais elle sait bien que pour arriver au but, il ne suffit pas d'hommès, de canons et d'obus, il faut un cesur ferme, haut placé, il faut un moral qu'aucune campagne ne soit capable d'ébranler. (Applaudissements vifs et répétés sur tous les bancs.)

M. Roux-Costadau avait été grandiloquent M. Brizon fut fielleux. On nous refuse le droit « «!o parlarje », commence-t-il ne parlons pas; le, droit « d'écrivage » n'écrivons pas; le droit « de penser » (c'est la seule concession qu'il fasse au lexi-i que) ne pensons pas. Que nous reste-t-il? Le droit de calculer donc calculons.

Après cet exorde prétentieux, M. Brizoh calcule: tant de milliards dépensés, tant de milliards por-, dus par l'arrêt du travail aux champs et aux usines, tant de milliards dispersés par la mort de tant de producteurs. Donc, arrêtons les frais. La guerre est « une affaire »; traitons-la comme « toutes les afiaires ».

Elle se traite « intelligemment, prudemment avec le coup d'ceil sur l'avenir ». On n'a pas « !o droit de continuer à jeter les milliards du peuple dans l'abîme et les hommes sous le feu roulant de la mort on peut et on doit négocier n. On voit que si le droit de parlage était, paraît- il, refusé à M. Brizon dans son exorde, sa péro-; raison rachète largement cette privation. Rappelons d'ailleurs que c'est lui qui « avec e coup d'œil sur l'avenir » qu'il recommande à M.! Briand, disait, le 12 juin 1914, un mois avant ia guerré « Ce n'est pas contre nous que l'Allemagne,' arme. »

Tout le discours est prononcé sèchement, froi-: dément, sans l'ombre d'une émotion, la guerre,' une affaire! de cet accent nasillard qui sonne, cette fois, comme la crécelle de la défaillance. Si bien que lorsqu'il arrive à dire que « la guerre! durerait encore trois ans avec la politique de M.' Briand », une vague de protestation s'élève de toute la salle et vient étouffer sa grêle et insupportable parole. t Cél, o

Une seconde fois, M. Briand intervient. Cette fois, il monte à la tribune et, dans une des plus admirables, improvisations qui aient retenti à la- tribune française, il montre ce que serait la paix que demande M. Brizon. Comment rendre l'inoubliable accent avec lequel il jette ses phrases, le geste tragique qui les souligne?

« Que serait-ce, si vous aviez entendu le monstre ? » disaîT-on do Mirabeau. On va lire le discours de M. Briand; que serait-ce si ceux qui la liront l'avaient entendu?

DISCOURS DE M. ARISTIDE BRIAND Le président. La parole est à M. le président du conseil. Le président dtt conseil. Il est indispensable e de s'expliquer une fois pour toutes.

M. Raffin-Dugens Sur les buts de guerre? Le président. Je demande à nos collègues de s'abstenir de toute interruption.

Le président du conseil.. sur la question que M. Brizon vient de poser.

M. Brizon, en s'appuyant sur des calculs arbitraires susceptibles de comporter une part d'erreur qu'il n'est pas en mon pouvoir do chiffrer, a déclaré « Voilà le nombre de milliards que la France est exposée à perdre. »

A quoi tendait cette démonstration? M. Brizon nous a révélé toute sa pensée en disant « Cette guerre, que M. le président du conseil prolonge, il serait possible de là faire cesser tout de suite et l'on épargnerait ainsi des milliards en même temps que bien du sang. »

il. Brizon. C'est mon droit. (̃Mouvements divers.) ̃ Le président 'du conseil. ̃ < et que moi, je considère comme un devoir de combattre également par tous les moyens en mon1 pouvoir. (Vifs applaudissements.) •̃ l~iq.ËXQn&pfàfâtiçjp.été attaquée Monsieur Brizon, jetez les yeux sur vôtre pays et vous constaterez que ce n'est pas de son plein gré qu'il est allé à cette guerre horrible. Après plus de quarante années de paix maintenue dans les conditions les plus difficiles, je pourrais même dire les plus douloureuses, il a été un jour brusquement attaqué. Dans le passé, on avait tout fait pour lasser sa patience, pour faire naître sous ses pas des conflits, pour l'entraîner à la guerre. Cette guerre a laquelle on a vainement tenté de le pousser, il, a été forcé de la subir. (Vifs applaudissements.)

Il représente bien quelque chose, votre pays, monsieur Brizon, dans l'humanité, au point do vue de la diffusion des idées qui ont le plus contribué à la faire évoluer vers le progrès. (Très bien! Très bien!)

Votre pays a un passé éclatant qui doit nous engager à l'aimer. (Applaudissements.) Or, voilai tout à coup que ce pays, qui est comme le ̃foyeP d'où rayonnent toutes les idées les plus généreuses et les plus admirables dont se réclame le monda civilisé,- voilà qu'il est l'objet de la plus brutale et de 'la plus injustifiée des agressions; on lui saute à la gorge, on s'efforce de le terrasser, et, pour l'atteindre, on passe sur le corps mutilé et sanglant d'un petit pays dont on avait garanti la neutralité. (Applaudissements prolongés.)

Un outrage aux héros morts

Depuis .deux ans, votre pays a l'honneur d'être 1 le champion du droit dl a maintenu l'envahisseur il a défendu contre lui l'humanité tout en-

ignorant; mais ce que je sais bien, c'est' que si vous êtes deux à causer au bord de la rivière, vous diminuez dans une proportion con- sidérable la chance de réussite, si même vous ne la perdez totalement.

De plus, quatre pieds font plus de bruit que deux, donc double élément d'insuccès. Notez bien que dans tous les ruisseaux, il y a des sous-rives, des douves sur lesquelles le pas d'un petit enfant produit des vibrations que les truites saisissent tout de suite et qui les font se caler au plus profond et au plus obscur du cours d'eau. -Pour éviter cela, je le répète, il faut absolument être seul et marcher en prenant toutes les précautions nécessaires, afin que rien ne choque, ne remue, ne secoue. Il con. vient donc d'être chaussé en conséquence point de ces lourdes bottes, de ces gros souliers de chasse à clous serrés crissant sur la moindre pierre, mais des chaussures à semelles tressées comme celles des espadrilles de bains de mer, ou en gomme de Salata, ou encore en caoutchouc, comme on en trouvait en Autriche. jadis, avec de petits renflements imitant les clous et empêchant de glisser. Même avec cela, il faut marcher lentement et doucement, en se cachant derrière les buissons et les herbes hautes autant qu'on le peut. A l'action maintenant; le lancer de la mouche sèche-mouillée, comme vous avez compris que c'est d'elle qu'il s'agit, celle qui flotte pendant quelques secondes, puis que l'on ramène à soi sous l'eau par petites secousses. Il faudrait un volume pour bien expliquer tout ce maniement condensons en deux mots péchez à votre choix, en remontant ou en descendant le courant; selon les formes du terrain et de la. rivière, cela n'a aucune importance. L'essentiel est que la mouche tombe sur l'eau naturellement, comme un insecte victime d'un accident, aussi perpendiculairement que possible, sans que trop de bas de ligne ou de fil la suive, qui ferait un bruit insolite avec un jaillissement d'eau inquiétant pour la truite; lancez aussi près que possible de la rive du côté ombre; lancez non pas au milieu du courant, mais sur les côtés où l'eau ne bouillonne plus guère; lancez d'une rive à l'autre quand le courant est étale en ramenant la mouche à vous par une courbe à contre-courant; quand les herbes envahissent la rivière, surtout les joncs plats, lancez dans les intervalles clairs qu'ils laissent; quand il y a. des pierres au fond, lancez au-dessus d'elles aussi près que possible; quand il. non, il y en a trop à dire, décidément. et je mejvois contraint de m'arrêter Eunisset-Carnot..


tiêre; et, après que son sang a coulé à flots sur les sillons de la France, vous venez, vous, et vous dites « Négocions la paix! »

Quel déli et quel outrage à la mémoire de tant de héros tombés pour la patrie, de tant de morts glorieux. (Un grand nombre de députés se lèvent. Applaudissements vifs et répétés.)

Comment! Monsieur Brizon, votre pays est envahi; on le torture dans dix de ses départements; d'épouvantables excès sont commis contre des po- pulations qui réagissent avec un admirable moral (Vifs applaudissements), on enlève les femmes, l des jeunes filles, on leur fait subir les plus durs traitements, et au moment où, quand même, ces populations ont l'oreille tendue vers le bruit du canon, qui approche, le regard tourné vers horizon, attendant la délivrance par la victoire, que vous venez dire « Négocions! Allons demander la paix! » (Vifs applaudissements sur un très grand nombre de bancs.)

Monsieur Brizon, je ne vous fais pas l'injure de croire que votre idéal n'est pas sincère. if. Brizon.1 D'ailleurs, je n'ai pas dit cela. (BTuit.)

Le président du conseil. mais, permettezmoi de vous le dire, il vous aveugla. Vous connaissez bien mal la généreuse fierté' de votre pays ai vous croyez que la France pourrait accepter une économie de milliards, même de sang, dans des conditions aussi humiliantes.

Je me tourne alors vers vous et je vous dis Vous avez des soucis humanitaires! Votre «but saigne de voir saigner votre pays. Vous voulez ,que le peuple français ne soit pas trop amoindri. If. Brizon. Je veux la victoire du travail. Le président du conseil. Mais quelle paix feriez-vous donc à ce pays! Vous ne connaissez donc pas l'Allemagne?

M. Raffin-Bugens. L'Action française ne la Connaît pas non plus!

A paix incomplète, guerres nouvelles

Le président du conseil. Si la paix venait tvant qu'aient été accomplis les pestes nécessaires, ce serait une paix -de guerre, les générations de l'avenir se trouveraient vouées il toutes les angoisses, constamment menacées. L'orgueil mystique de i'Alle-magno la pousserait à renouveler le mauvais coup qu'elle n'a pas 'pu réussir aujourd'hui.

.Est-ce là l'avenir que vous désirez pour votre pays?

Vous vous intéressez au travail, vous vous apiloyez sur la main-d'œuvre perdue dans le sang. .Eh bien, soit Mais pendant quarante-quatre ans, Selle admirable nation qu'est la France. M. Raffin-Dugens. Est allée au Maroc! (Vives exclamations.).

Le préskient du conseil. a travaillé avec une plaie au flanc, en d'épit des conditions de faiblesse morale auxquelles il n'est pas possible à un peuple, après la défaite, de se soustraire. Demain, >Ia France aura saigné sous les coupe pour do nobles idées; déjà rayonne sur son front ..une couronne de prestige et de gloire qui, dans tes 'luttes de la paix, ta fera plus ardente au travail, lui, rendra une main-d'œuvre plus efficace. N'oubliez pas,' dans vos statistiques, cette énergie morale d'un peuple, centuplée par la victoire obtenue pour une noble cause. Demandez-vous si bous n'*n tirerons pas de larges compensations. Monsieur Brizon, je vous' en supplie,- dans l'intérêt même de votre idéal, si vous voulez que la paix règne sur le monde, si vous voulez que les idées 'de justice et de liberté y prospèrent, souhaitez la victoire de votre pays.

M. Brizon. Oui, par la paix.

Le président du conseil. Souhaitez-la ardemment et no cherchez pas à faire croire à vos concitoyens que la paix peut naître aujourd'hui. Cette paix-là serait humiliante et déshonorante. Il n'y a pas un Français qui la puisse désirer. (MM. les députés se lèvent. .Vifs applaudissements répétés et prolongés.- Toute la salle, ou presque, est debout et acclame longuement M. Briand, sauf quelques isolés, rebelles et silencieux, la-haut, aux travées socia-

listes.

*̃< M. Raoul Péret demande l'affichage; on vote.

tE SOft&TBN SUR L'AFFSOKAGE -L'affichage du discours du président du conseil test ordonné par 420 voix (chiffre rectifié, M. Houx-Costadau, porté comme ayant voté pour, dé- clarant avoir voulu s'abstenir) contre 26. Les 26 opposants, qui appartiennent tous au parti socialiste, sont

̃MM. Alexandre Blanc, Barabant, Betoulle, Bouisson (Bouches-du-Rhône), Bras, Brizon, Buisset, Cadenat, Deguise, Demoulin, Giray. (Isère) Go.udq (Finistère), 'Jean Longuet, Aristide 'Jobe^t,' jaissac^-Mahus, Mistral, Parvy, Philbois, Paul Poncet (Seine), Adrien Pressemane, Raffln-Dugens, Sabin, Sixte-Quenin, Valière,

SV'aller.

-56 députés, en dehors du président qui ne vote pas, se sont abstenus. Co- sont

MM. Aceambray, Louis Bernard (Gard), Berthon, Jean Bon, Bouveri, Bracko, Brenier, Marcel Cachin (Seine), Ceccaldi, Claussat, Dalbiez, Defontaine (Nord), Doizy, Lucien Dumont (Indre), Fourment, Guichard, Jugy, Labroue, Ernest Lafont (Loire), Eugène Laurent (Nièvre), Pierre Laval, Lofol, Locquin, Margaine, Maurice Mau- noury, Mayéras, Paul Morel (Haute-Saône), Ferdinand Morin (Indre-et-Loire), Moutet', Navarre, Paul Constans (Allier), Paul-Meunier, Pierre Rameil, Georges Ponsot (Jura), Pouzet, P.enaudel, Rognon, Rontin, Roux-Costadau, Thivrier, Turmel, Octave Vigne, Viollette, LuBien Voilin (Seine),, Voillot (Rhône).

Enfin, 70 députés étaient absents par congé. Ce Éont

MM. Raoul Angles, Basly, Maurice Bernard (Doubs), Paul Bignon, Blaisot, Bonnevay, Antoine Borrel (Savoie), Bosquette, Caillaux, Camuzet, Chassaing, Chaulin-Serfinière, Chavoix, Claude Cochin (Nord), Adrien Constans (Tarn-et-Garonne), Henri Coutant, Cruppi, Decroze, Delory, Des-champs, Deshayes, Jacques-Louis Dumosnil, Emile Favre (Haute-Savoie), Evçn, Eymond, Ernest Flandin (Calvados), Gaborit, Garât, Gaston Dumesnil (Maine-et-Loire), Géo-Gérald, Ghesquière, Frédéric Godet (Vienne), de Grandmaison, Houbé, Inghels, Josse, marquis de Juigné, de Kcrguézec.

Marquis de La Ferronays, Lamendln, Landry, Lasies, Laurent Eynac, Georges Le Bail, Charles Leboucq, Le Breoq, Lefas, G.-V. Legros, Modeste Lëroy (Eure), Maurice Binder, colonel Messimy, de Monti de Rézé, Bertrand de Mun, Jean Ossola, Paul Simon, Pechadre, Petifcjean, Amédée Peyroux, Pierre Robert, colonel de iPuineuf, Raghèbooni, Reille-Soult' (duc de Dalmatie), Robert Surcouf, Henry Roulleaux-Dugage, Albert Sarraut, Jean Sibuet, Sireyjol, Sorriaux, Albert Thidry -jIMeuse), lieutenant-colonel Tournade.

Les 420 autres députés ont voté pour l'affl-

>hage.

On a vu que les 26 députés qui ont refusé de Voter l'affichage appartiennent tous au parti socialiste 27 membres de ce parti se sont abstenus; 7 étaient absents par congé; les 38 autres ont voté pour.

ACADEMIES, UHITOgîTÉS, ÉCOLES i Académie de médecine

r Le droit du blessé. Une dernière et courte séance secrète a permis à l'Académie de se mettre d'accord sur cette question délicate et brûlante entre toutes- Voici l'avis qu'en fin de compte a (adopté la savante Compagnie p

Dans la conviction que toutes les mesures ont été ou seront prises pour assurer aux blessés et aux malades militaires les compétences médico-chirurgicales auxguelles Ils ont droit, l'Académie, se plaçant au point de vue purement médical, estime que les malades et blessés militaires ne sont pas fondes à refuser les procédés d'investigation clinique nécessaires au diagnostic, ainsi que les moyens de traitement médicaux ou chirurgicaux conformes à l'état actuel de la science et tes mieux appropriés à la guérison.

La prévention des mutilations de l'ouïe par 'détonations. De nombreux spécialistes ont étudié déjà, devant l'Académie, les désordres que les déflagrations proches de projectiles causaient dans l'appareil auditif des soldats, analysé les symptômes, classé les variétés cliniques et proposé des thérapeutiques diverses. M. Wicart se place à un autre point de vue. Considérant que mieux ivaut prévenir qu'avoir à guérir, il étudie quelles mesures simples, applicables par tous, pourraient éviter la production de ces désordres. Et voici Jes conclusions auxquelles il parvient L'attaque brutale de l'oreille par le tir d'artillerie et l'éclatement des obus peut être considérablement atténuée si le soldat veut bien, avant, pendant et après la détonation violente, avaler fortement sa salive deux ou trois fois de suite en pinçant, pendant le même temps, ses narines entre ses doigts. De môme, au cours des bombardements et des tirs, il aura soin de mettre, dans ses conduits auditifs une mèche de coton imbibée de glycérine et de placer ensuite sur les côtés de ,la tête des oreillères garnies de coton cardé. Ce n'est pas tout. Il faut savoir que, quelque violent que soit le traumatisme subi par l'appareil auditif, il n'aura de conséquences sérieuses que si l'infection peut se greffer sur lui. Souvent il s'agit alors d'une infection antérieure ignorée par 1e sujet lui-même catarrhe du nez et du pharynx, 'hypertrophie des cornets, obstruction de ta trompe, anciennes otites cicatricielles, bat.chons .cfirumiûÊUX durcis, et .profondément .situés*

etc. Il s'ensuit que la propreté absolue des conduits auriculaires est une garantie contre les infirmités qui trop souvent suivent ces traumatismes et que remplir les conduits ainsi ncttoj'és de glycérine, instiller dans les narines de l'huile camphrée additionnée d'eucalyptol ou d'essence de lavande sont d'excellentes précautions. En tout cas tout homme assourdi et traumatisé par ces déflagrations proches doit recevoir ces soins primordiaux dans les formations sanitaires, afin de lui éviter une infection qui transformerait un simple choc en une otite suppurée qu'accompagne volontiers toute une série de complications et même d'infirmités.

L'épidémie de typhus exanthémaiique en Serbie- M. Petrovitch, médecin de l'armée serbe, ayant suivi la marche de l'épidémie qui dévasta son pays au cours de la guerre actuelle, nous apporte certaines précisions sur l'évolution, les caractères cliniques et. la pathologie de cette infection. Il nous montre l'épidémie, assez restreinte et même ignorée à son début, s'accroissant soudain de façon redoutable pendant la retraite, après l'évacuation de Valjevo. C'est qu'au cours de cette triste période, les soins de propreté n'existent plus, on s'étend pour dormir, côte à côte, tout habillés, serrés les uns contre les autres. Les poux vecteurs de l'infection ont beau jeu à passer du malade à l'homme sain et a multiplier les victimes. La maladie prend alors un développement jusqu'alors inconnu. Elle frappa, en moyenne, un sujet sur cinq. Elle flt 135,000 morts, dont 30,000 prisonniers autrichiens. Les efforts des médecins serbes et du gouvernement furent impuissants. Il fallut l'arrivée des missions sanitaires, et notamment de la mission française, pour juguler le fléau en prenant les mesures qui s'imposaient et notamment en réalisant la destruction des parasites. Il y eut un retour offensif de l'épidémie pendant l'exode à travers l'Albanie.

Suivent quelques considérations sur les symptômes prédominants, notamment sur la profonde dépression qui fut souvent le signe principal, et quelques conseils de grand intérêt pratique permettant de faire le diagnostic du typhus exanthématique, principalement chez les malades déjà atteints de fièvre typhoïde, lesquels ont été frappés, en Serbie, dans une forte proportion. Le cinémaiograpke et l'enseignement M. Chassaighe-Goyon, conseiller municipal de Paris, est nommé membre de la commission chargée d'étudier les moyens de généraliser l'application du cinématographe dans les diflérentes branches de l'enseignement.

Baccalauréats de l'enseignement secondaire Les candidats de l'académie de Lille la 2" session des baccalauréats du 16 octobre, devront se faire inscrire jusqu'au samedi 30 septembre, à l'inspection académique d'Amiens, hôtel de la préfecture.

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AU JOUR LE JOUR

f Hrthur Sfeyer étiez }l Poinearé Notre distingué confrère M. Arthur •Meyer publie ce matin, dans lé Gaulois, le récit d'une entrevue qu'il a eue avec M. Poincaré, quelques jours après le'retour du gouvernement à Paris. Voici les pr:ncipaux passages de cet article qui présente un vif intérêt

Dans les premiers mois de l'année 1915, dit M. Arthur Meyer, j'eus l'honneur d'être reçu à l'Elysée. Le hasard amena la conversation sur la popularité et ses caprices.

Oui, oui, je sais, me dit M. Poincaré -avec une modestie qui avait sa noblesse, Paris montre moins de chaleur a mon endroit; il mo boude à propos de mon départ. Ce qu'il vou'lait, c'est que nous restions a notre poste. Le gouvernement tout entier y était décidé; ce qu'il aurait voulu, si le départ était jugé nécessaire, c'est que je partisse, en plein midi, dans une voiture découverte. Moi aussi, je I'a.urai3 voulu. On sait maintenant que c'est le grand quartier général qui, pour des considérations d'ordre stratégique, a réclamé impérieusement le départ du gouvernement et en a méma réglé minutieusement le cérémonial. Je n'ose pas, monsieur le président, vous poser une question, tellement jo la sens délicate. Osez donc, mon cher directeur.

Le grand quartier impose au gouvernement le départ comme un devoir. C'est entendu. Mais Mme Poincaré pouvait rester; Paris eût été heureux qu'elle se résignât à ne pas vous atfcompa-

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° C'était son'plus vif désir. Sur c'a 'point, hélas! je ne saurais vous .éclairer sans violer la réserve que -la correction m'impose.

Cette réserve, je n'ai pas, moi, à la respecter. Je me 'suis renseigné et je peux, sans crainte d'être démenti, affirmer que la question du départ des femmes de ministres fut posée au conseil, y fut discutée, et que le conseil décida que les femmes accompagneraient leurs maris à Bordeaux. Mme Poinoaré s'affligea do cette décision, mais dut s'incliner.

Je prenais ̃congé, lorsque M. Poincaré me dit encore

Laissons faire le temps il dissipera ce malentendu. Voyez-vous, mon cher directeur, Paris et moi, nous jouons le Dépit amoureux, et vous savez comment, chez -Molière, finit la scène de la rupture par une réconciliation.

M. Poincaré était bon prophète. Ce serait manquer de loyauté de ne pas reconnaître que le thermomètre a remonté de plusieurs degrés en sa faveur, depuis quelques mois. Quand il se montre au front, et ,il y va souvent, il est applaudi de nouveau; mais, jo ie répète, l'enthousiasme est réservé à l'uniforme le costume civil, quel qu'il soit., manque de prestige.

M. Arthur Meyer, après avoir rappelé une tentative do M. Félix Faure de se faire faire un uniforme et qui n'eut pas de suite, continue en ces termes

M..Poinearé me fit encore l'honneur de me recevoir cette année, quelques jours avant les vacances parlementaires. Je quittais la Chambre où se poursuivait une interpellation intéressante. A peine assis, je Ils allusion à l'incident parlementaire, et quelle fut ma surprise? le chef de l'Etat l'ignorait. Il s'aperçut de mon étonnement « Comment voulez-vous que je sache ce qui sb passe au Parlement? me dit-il, je n'ai pas de téléphone qui relie la Chambre à l'Elysée, et je me garderais bien d'en avoir un; je ne veux pas qu'on me soupçonne de vouloir peser sur les votes. Je me tiens dans le rôle que m'assigne la Constitution le Parlement, ça regarde Briand, c'est son rôle à lui, et vous reconnaîtrez, ajouta-t-il avec un sourire, qu'il y fait merveille. »

On pétitionne en flilemape

Les Allemands veulent que l'autonomie et le développement de leurs Etats particuliers soient respectés. Ils pétitionnent dans ce but, et leur attitude est, en vérité, fort compréhensible, car la perte de leur autonomie entraînerait pour eux la suppression d'une foule d'avantages. Il est, en effet, difficile de s'imaginer les incohérences administratives dont bénéficient une masse do petits pays ou même de simples localités, et qui sont les derniers vestiges du morcellement passé de l'Allemagne. Une foule de minuscules principautés ont été médiatisées à la suppression du Saint-Empire romain; des duchés et des royaumes ont disparu, annexés par la Prusse et, finalement, en 1871, toutes les souverainetés survivantes ont été asservies au nouvel empire; mais, soit par l'effet d'un oubli, soit en vertu de l'adage de minimis non curât prxtor, certaines frontières ont été tracées à la va-vite, en sorte que diverses localités. se trouvent aujourd'hui placées dans des situations vraiment singulières et que d'autres, échappant en quelque sorte à l'absorption par l'empire, conservent des prérogatives fort bizarres., Une demi-douzaine d'exemples, choisis entre des milliers, fixeront les idées sur les anomalies en

question. ̃

Voici la principauté de Schaumbourg-Lippe (340 kilomètres "carrés de superficie -avec 47*000 habitants), dont la population* du moins avant cette guerre avait le moyen d'accueillir avec la plus belle impassibilité l'accroissement progressif des budgets, accroissement occasionné par l'augmentation des dépenses de l'empire. Elle savait, en effet, que le sur-plus des impôts en résultant serait acquitté sur la cassette du prince régnant, lequel passe pour être sinon le plus riche, du moins l'un des plus riches parmi les souverains allemands, grands et petits. Depuis une quinzaine d'années, cette contribution annuelle et volontaire du chef de l'Etat a progressé de cent mille deux cent cinquante mille marks. A noter en passant que ce prince ne touche aucune liste civile.

En Thuringe, où fourmillent les enclaves et les exclaves on n'en compte pas moins d'une centaine mais, pour les distinguer, il faut user d'une carte à grande échelle, on recontre à chaque pas des villes et des villages appartenant à deux Etats. différents et où, dans la même rue– à Kranichfeld, par exemple quatre maisons se trouvent en Saxe-Weimar, les trois suivantes en Saxe-MeiUiasen: jouis de nouveau une maison et demie

et une moitié de grange sont en Saxe-Weimar, tandis que les autres moitiés de ces bâtiments dépendent de Saxe-Meiningen, et ainsi de suite. Dans ce même Kraniçhfeld, la grande salle du HathsIcellcr est coupée en deux pai la frontière des deux duchés. L'heure du couvre-feu n'étant pas la même clans les deux Etats, cette disposition remarquable de la frontière offre des ressources inappréciables aux buveurs, impénitents. La différence du taux des impôts dans les deux pays fournit également à leurs habitants l'occasion de combinaisons leur permettant de payer le moins possible. A maintes reprises, les autorités administratives des deux duchés ont tenté de procéder à une rectification de frontière?, dans le seul but de mettre un terme aux abus qui résultent de la singularité de leur tracé; mais toujours elles ont dïr renoncer à leur entreprise, en raison du mauvais vouloir que leur opposaient les populations de l'un et de l'autre côté.

Toujours en Thuringe, à Wickersdorf, la limite de la Saxe royale et du duché d'Altenbourg traverse diverses maisons. Dans l'une d'elles, elle coupe en deux la cuisine et l'àtre, si bien que la propriétaire de cet immeuble fait son l'eu en territoire saxon, tandis que ses casseroles chauffent. partie en Saxe, par tie en Altenb'ourg. Lo ri'àjmo des cartes n'étant pas identique dans lés'acux pays, cette matrone a donc la ressource de -varier ses menus au gré de son appétit. A Lilienthal, dans les environs immédiats de Brème, en retrouve une situation analogue. Certaine auberge do l'endroit possède un jeu de quilles que traverse la frontière prussienne. Les jours de pénitence (Bussiaa) ne tombant pas en Prusse aux mêmes dates que dans le domaine do la ville libre, les joueurs émigrent, suivant le cas, du côté brémois ou inversement.

Dans certaine rue d'Altona. les maisons de droite sont sur le territoire de Hambourg, tandis que celles de gauche appartiennent à la Prusse. Kfirnbach se divise en doux moitié, dont l'une est badoise et l'autre hessoise.

Mais évidemment, l'endroit qui emporte la palme, c'est Rùckersdorf, qui chevauche sur la Saxe royale et sur la Saxe-Altenbourg. Tout en se disant sujets de la première, ses habitants ont su manœuvrer si adroitement que. de mémoire d'homme, ils n'ont payé d'impôts ni d'un côté ni do l'autre, ni satisfait à leurs obligations militaires.

Si l'on conçoit que les habitants de Schaumbourg-Lippe tiennent à leur situation privilégiée en matière fiscale, et les clients du Rathskeller aux avantages poculatoires indiqués plus haut, que les .gens de Rùckersdorf envisagent sans aucun enthousiasme la perspective d'endosser ha « tunique du roi » {Kœnùjsrock) et do faire connaissance avec le percepteur, combien tous les sacrifices qu'ils auraient à faire semblent-ils pûtes en comparaison de ceux que devraient consentir les Etats du sud et les villes libres? Voit-on ces dernières se priver des bénéfices que leur procurent leurs ports libres, la Bavière abdiquer son droit d'exemption d'impôt sur la bière, ses privilèges particuliers pour l'exploitation des chemins de fer, pour la collation de la nationalité, etc.; le Wurtemberg et Bade renoncer à des bénéfices' analogues ? Evidemment, non. Au reste, les MasscnpcUtioncn signalées par la presse, en confirmant cette appréciation, prouvent sans conteste, que dans toute l'étendue de l'empire, la Prusse exceplée, on s'est approprié la devise luxembourgeoise: « Nous voulons rester ce que nous sommes. » P. P.

ART ET CURIOSITÉ La restauration de la peinture murale de Paul Delarcche à l'Bccle des beaux-arts On se rappelle qu'à la suite de la grande crue de la Seine, qui eut lieu en 1910, les eaux avaient envahi le sous-sol de d'Ecole nationale des beauxarts. Le tassement qui en était résulté avait produit des lézardes dans le mur de l'hémicycle. Les fissures constatées avaient particulièrement affecté' la muraille sur laquelle se déroule la belle composition de Paul Delaroche, le Génie des arts distribuant des couronnes aux artistes de tous les temps. On crut la solidité de l'édifice compromise, et il fut question un moment de reprendre 'la maçonnerie en sous-œuvre.

On en fut quitte pour la peur. L'affaissement du sous-sol s'arrêta de lui-même. Plusieurs années s'écoulèrent sans que les témoins posés sur là pierre eussent signalé la moindre aggravation. La guerre vint, et avec la guerre, un arrêt à. peu près complet de toute activité dans cet établissement naguère encore si bruyant. Les ateliers, en quelques jours.-fuTont déserts, et /dans Jes grandes galeries-, devenues, mornes, on ne vit plus passer, do loin en-iloiny- que les 9ilhouete9 attristées de quelques vieux gardiens, dispensés des obligations militaires par leur âge. •. L'actif sous-directeur de l'école, 'M. Botnier, jugea l'occasion favorable pour procéder- à .un nettoyage en règle des locaux confiés à sa garde, et son directeur, M. Léon Bonnat, l'approuva. Eponge et brosse on mains, le personnel lava les enduits, rafraîchit les peintures, et remit dans leur neuf les vieilles pierres. Des murailles, on passa aux fragments d'architecture, aux statues, même aux plâtres. Les reproductions d'après l'antique furent plongées dans des bains qui les régénérèrent, et quand les murailles, de la base jusqu'au faîte, furent purgées des salissures du temps, quand les marbres, les pierres et les plâtres reparurent, luisants de propreté, on s'avisa que l'hémicycle avait besoin, lui aussi, d'une toilette. C'était le moment, ou jamais, de songer au nettoyage dû la peinture do Delarocihc, au- rebouchage des fissures, dont elle était, par endroits, lézardée et à la remise en état des parties qui, après avoir été endommagées par un incendie, en 1856, avaient été l'objet d'une restauration exécutée par le spécialiste Mercier.

Ce nettoyage et ces légères retouches étaient d'autant plus indispensables que la composition peinte par Deiaroche en 1810 et terminée en 1841 n'avait jamais été nettoyée. Les restaurations, do Mercier, d'autre part, avaient pris depuis longtemps une teinte sourde et plombée que la saleté faisait peu visibles, mais qu'un nettoyage eût rendues plus qu'apparentes, criardes.

On avait sous la main l'homme indispensable, un artiste souvent employé par la commission des monuments historiques, et dont les restaurations de peintures anciennes dans nos. vieilles églises de France n'ont pas été moins remarquables que les relevés exécutés par lui d'après des peintures byzantines à Mistra,' d'après -les eîiofsvd'œuvre du. quattrocento italien dans bon nombre do palais et de musées d'Italie, et d'après r les fresques de maintes églises romanes dans la France du, centre. On ^demanda donc au soussecrétaire d'Etat des beaux-arts une ouverture de crédit destinée à faire face aux frais nécessaires. M. Dalimier donna l'autorisation demandée, et M. Yperman, au commencement de l'été, entreprit son travail.

Pas plus que la décoration d'Eugène Delacroix dans la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice, la décoration de l'hémicycle de l'Ecole des beaux-arts n'est une fresque. L'Héliodore chassé du Temple et la Lutte de Jacob avec l'ange ont été peints à la cire; le Génie des arts distnbuant des couronnes a été peint à l'huile, et directement sur la pierre, minutieusement poncée, recouverte avec soin d'une double couche de l'enduit que l'on applique d'habitude sur la toile pour la préparer à recevoir la peinture. L'œuvre a été exécutée par l'artiste avec toutes les précautions nécessaires pour durer. Il s'y était matériellement 'entraîné par de nombreux essais bien avant d'en avoir reçu la commande, à l'époque où il avait été chargé de peindre les voûtes de la Madeleine. Des intrigues ayant amené l'administration des beaux-arts à répartir entre deux ou trois artistes le travail, Delaroche, bien qu'il eût achevé déjà les cartons où il s'était proposé de retracer "l'histoire de la sainte, se refusa à cette combinaison, non seulement parce qu'elle le diminuait, mais parce qu'il estimait que la décoration d'une voûte d'édifice, quand elle n'est pas l'œuvre d'un seul, est manquée. Il n'avait que trop raison. Au Panthéon; les disparates sont choquantes entre les huit ou dix peintres qui ont contribué à en décorer tes murailles. Cette décoration, au contraire, serait une merveille d'unité si Puvis, de Chavannes l'avait exécutée tout entière. On dédommagea Delaroche en lui C0Hflâtii'"lâ.; décoration de l'hémicycle. Le sujet qu'il entreprit d'y traiter semblait une gageure. Comment présenter ce cortège d'artistes de tous les temps sans lui donner l'aspect ridicule d'une friperie? Il éluda la difficulté en déroulant sa composition comme une frise, le long d'un portique à colonnes. Au centre du portique, dans un renfoncement qui est comme le sanctuaire d'un- temple, trois hommes drapés de blanc sont assis Apelle, le plus grand peintre des Grecs, Ictinus, l'architecte,, et Phidias, le sculpteur du Parthénon. Devant ces juges suprêmes, que nul no saurait récuser, une figure féminine accroupie s'apprête à lancer la couronne au plus digne parmi les peintres, architectes et sculpteurs répartis sous la colonnade en groupements amicaux ou rapprochés dans une discussion de principes hostiles. Entre le sévère e jury et le génie des arts, deux jeunes femmes, en qui l'art gree et l'art romain se symbolisent, sont assises, et deux autres femmes, debout, personnifient l'art gothique et l'art purement moderne. Delaroche avait donné à l'art gothique les traits de sa propre fille.

J'étais allé revoir l'hémicycle avant qu'Yperinaii eût commencé son travail. On ne distinguait plus alnrs, dans l'œuvre uniformément «nfuuîée. au-.

cune nuance. Attachées à, la peinture, les poussières en avaient ramené- tous les tons à une monotone teinte brune. Au premier coup d'épouge, les couleurs reparurent dans leur vivacité. Le nettoyage achevé, les re-bouchages une fois terminés et raccordés minutieusement à l'ensemble, l'œuvre reparut chatoyante,' harmonieuse et telle qu'elle avait été au début, ornant comme une immense tapisserie la muraille. Une inauguration très prochaine permettra sans doute- au public de la revoir dans tout son éclat. Le public en remerciera M. Bonnat.

.Thiédault-Sisson.

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illf RI, CMfflHKiE 1 ÂilidlTll » Les arrivages de beurre aux Hailes Depuis que les mandataires ont décidé de ne plus rester assujettis au prix maximum fixé par la préfecture de police, et ,qui constituait d'ailleurs une sorte de taxe purement officieuse, pour ne pas dire une taxe do persuasion, car le Sénat a, comme on sait, repousse la taxation du beurre, les arrivages ont un peu augmenté» Ils étaient ce matin de 29,000 kilos, en nombre rond, soit 7,000 kilos de plus que le 13 septembre dernier. Mais ils restent inférieurs aux arrivages du mois d'août.: 13,000 kilos de moins que le 16 août, par exemple, date précédant de. trois jours celle de la fixation des cours. L'infériorité est plus sensible encore si l'on compare les arrivages actuels à ceux de septembre 1915, où ils atteignaient 45,000 à 50,000 kilos en moyenne le mercredi.

La .taxation des pomsnes de terre

Des inspecteurs du service de la répression des fraudes ont constaté que certains commerçants mélangeaient des pommes de terre de qualités très différentes et inégalement taxées pour vendre au prix de la taxo ces délinquants ont été signalés à la préfecture de police. La taxation étant appliquée en vertu d'une loi, toute infraction à l'arrêté préfectoral constitue indiscutablement une faute. Mais de plus en plus on se rend compte des ellets regrettables d'une taxation, forcément arbitraire et manquant de souplesse. Plutôt que d'inciter les commerçants soit a cesser la vente des pommes de terre parce qu'elle leur est parfois onéreuse, soit à recourir à des subterfuges comme celui que nous venons de signaler et qu'on ne saurait trop déplorer, on reconnaîtra qu'il eût mieux valu établir une marge suffisante entre les prix do gros et les prix do détail pour rendre possible le rôle normal des intermédiaires.

L'autorisation de sortie des marchandises prohibées

Pour hâter 'la solution des demandes d'autorisation de sorties des marchandises prohibées, les exportateurs sont invités à mentionner sur les demandes d'autorisation, en caractères très apparents et à l'encre de couleur, s'il s'agit de marchandises en transit direct, en transbordement, en sortie d'entrepôt de douanes ou de marchandises prises à la consommation.

Par transit direct on entend le transport de l'étranger sur l'étranger sans entrée en entrepôt. Interdiction de sortie

Par décret sont prohibées la sortie et l'exportation des colonies et pays de protectorat, autres que la Tunisie et le Maroc, des minerais uranifères radioactifs.

Toutefois, des exceptions à cette disposition pourront être autorisées sous les conditions qui seront 'déterminées par le ministre des colonies. La monnaie d'aluminium à Marseille La pénurie de monnaie de billon a suggéré à la chambre de commerce de Marseille l'idée de mettre en circulation des jetons d'aluminium destinés à remplacer la petite monnaie. Les difficultés d'ordre administratif aplanies et lo métal nécessaire mis à la disposition de la chambre de commerce, la nouvelle « monnaie d'aluminium » vient de faire son apparition.

Ces pièces portent à l'avers les armes de Marseille surmontées d'une Gallia casquée, avec le millésime do 1916, et en exergue « Chambre de commerce de Marseille ». Le revers, simple et dégagé, porte le chiffre 5 ou le chiffre 10, avec le millésime, et a une grande analogie avec celui des jetons de la ville d'Alger. On a frappé jusqu'ici 75,000 pièces do 10 centimes et 25,000 do 5 centimes, mais on doit en frapper d'autres, suivant los besoins du commerce local car n'oublions pas de dire quo ces pièces d'aluminium n'auront aucune espèce de valeur en dehors de Marseille.

Ajoutons qii' à, titro >de souvenir do la guerre, vingt pièces semblables ont été frappées en argent et offertes aux membres de la chambre de commerce do Marseille et à M. Ch. do Larivière, trésorier-payour général honoraire, promoteur de cette initiative.

Taxe de séjour

La ville d'Aix-les-Bains se dispose à. appliquer, dès 1917, uno « taxe de séjour » sur les étrangers. La municipalité en étudie actuellement les modalités, d'accord avec les médecins et hôteliers de la station.

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L'augmentation i réseau ferroviaire m Russie Notre correspondant de Petrograd nous écrit La guerre actuelle a grandement souligné l'importance d'un vaste réseau de voies ferrées tant au point do vue purement stratégique que comme organe indispensable de la vie du pays.

S'inspirant de ces considérations, les sphères dirigeantes de Petrograd se sont donne à tache do couvrir la surface do l'empire d'un réseau de nouvelles lignes de chemins de fer combiné' sur la plus vaste échelle.

Le réseau actuel des chemins de fer occupe, de par son étendue totale, la deuxième place nu monde, venant immédiatement après celui des Etats-Unis. Au 1" janvier 1915, on comptait en Russie d'Europe et d'Asie, soixante-quatorze mille six cent dix-neuf kilomètres de voies ferrées; co chiffre est notoirement insuffisant par rapport a l'étendue do la Russie et au chiffre de la population, lequel, comme on le sait, atteint deux cents millions d'habitants. Cette insuffisance ressort clairement 'lorsqu'on établit un parallèle entre la Russie et les autres pays. Sur un espace de vingtdeux millions de kilomètres carrés, la Russie compte 75,000 kilomètres de lignes de chemins de fer alors que l'Allemagne, par exemple, sur iir.e étendue d'un demi-million de kilomètres carrés, compte soixante-trois millo kilomètres de voies ferrées: la France, avec ses quarante millions d'habitants, possède un réseau de cinquante et un mille kilomètres;' lo .Canada,il. n'y à que sept millions et demi dliabitants, a quarante-deux mille kilomètres de voies ferrées.

Le mouvement do construction de chemins de fer en Russie, qui fut assez intense dans la riode do 1895 à 1904, se ralentit dans la suite, .1j par l'augmentation d'autres dépenses budgétaires. Mais durant la guerre, vu le besoin impérieux de moyens do communications, la construction de chemins de fer a été reprise do nouveau avec une grande intensité. A part les voies stratégiques dans les rayons des opérations militaires, on construit actuellement toute une série de lignes de chemins de fer de l'arrière destinées à faciliter les approvisionnements de l'année et de la population civile.

Parmi les voies ferrées nouvelles, il convient de réserver une place spéciale au chemin de fer de la côte Mourmane, débouchant sur l'océan Glacial, dans la baie de Kola, libre de glace toute l'année; la ligne du Mourmane ouvre une voie facile pour le commerce russe; cette voie a déjà atteint la mer Blanche, près de la baie de Sorotsk, et les travaux do prolongement continuent sur plusieurs secteurs à la fois.

Outre cette voie, dont la construction a été précipitée en quelque sorte par les besoins militaires, le ministère des voies de communications a élaboré, pour être réalisé après la guerre, un plan détaillé d'agrandissement du réseau do chemins de fer, russes.

Co plan prévoit tout d'abord l'augmentation du nombre de voies ferrées menant du rayon charbonnier du-Donetz vers les centres industriels de l'empire, dans le but de mettre la Russie à même de se passer pour ses besoins •intérieurs du charbon étranger dont l'importation a accusé dans les années précédant, la guerre un chiffre considérable. Le plan 'qlflciel 'prévoit -ensuite l'extension non moins indispensable des chemins de fer dans les rayons nord et nord-est; il: s'agit en l'espèce de frayer de nouvelles routes menant de la Sibérie et de l'Oural, en traversant des régions riches en forets, à Petrograd, à Arkhangel et aux ports de la mer Baltique. Actuellement l'Oural septentrional n'est réuni à Petrograd que par une ligne à voie unique passant, pas Vologda'et Per'in.

On projette d'autre part toute une série de voies directes entre les centres commerciaux russes les plus importants (PefrograiWtybinsk, Kieif-Tehernigof, Petrograd-NovgorodiÔrel, etc.); ces lignes faciliteront et rendront plus' prompts les échanges de marchandises à l'intérieur' du pays, elles déchargeront en outre les voies obliques trop encombrées, parlesquelies s'effectue le trafic en ce moment. Le plan du ministère des voies de communications prévoit également la construction d'une nouvelle voie ferrée au Turkestan dont l'irnoortance

pour la Russie devient chaque jour plus grande, étant donné la culture cotonniôre à laquelle on s'est adonné dans cette région depuis quelques années.

Parmi les voies sibériennes en prévision, il convient de signaler celle qui mènera aux mines d'or de la Lena.

Enfin, le projet ministériel n'a pas publié les nombreuses stations thermales du Caucase, de Crimée, vers lesquelles convergent plusieurs embranchements de voies ferrées dont quelques-uns sont déjà en construction.

Les buts principaux poursuivis par le plan esquissé par le ministère se résument dans les règles générales suivantes les nouvelles voies doivent

.Contribuer à l'exploitation des régions minières et forestières de la Russie (charbon, fer, or, naphte);

2° Assurer à l'industrie russe, dont le développement est constant, du charbon de provenance autochtone;

3° Contribuer à une prompte exportation des céréales et des autres produits de l'économie rurale.

Pour la réalisation des projets gouvernementaux, dit-on dans les milieux informés, il sera nécessaire de construire désormais, non plus les 1,000 ou 2,000 kilomètres que l'on établissait annuellement jusqu'ici, mais 6,000 kilomètres par an. Le devis du gouvernement prévoit pour la prochaine période quinquennale la construction annuelle d'environ 4,00C kilomètres aux frais de l'Etat, tandis que 2,000 kilomètres de lignes seront construits par des compagnies concessionnaires. Dans la période de 1917 à 1922, on construira en tout 30,000 kilomètres de voies ferrées et lo Trésor y contribuera pour une somme annuelle de 600 millions de roubles.

Malgré son ampleur, le projet gouvernemental ne mettra pas cependant encore la Russie au niveau des nations de l'Europe occidentale, au point de vue de la densité des voies de communications. Il contribuera néanmoins à une très avantageuse exploitation des richesses nationales do l'empire et au développement de son industrie. Les tarifs d'avant-guerre pour les chemins de fer russes, surtout pour les grandes distances, étaient parmi les plus bas en Europe; ainsi, par exemple, le voyage do Petrograd à Vladivostok (plus de 8.500 kilomètres) coûtait 48 roubles en troisième classe, c'est-à-dire environ 1/2 kopek par kilomètre. On- a institué depuis quelques mois un impôt sur les billets de chemine de fer et su*' les transports de marchandises, augmentant le tarif précédent de 25 0/0 environ; cette augmentation sera probablement maintenue après la guerre, car l'expérience a permis de constater qu'elle n'avait nullement influé sur le trafic et il serait difficile, par conséquent, à l'Etat, de se priver des ressources provenant de cette imposition. C.R.

Nous prions instamment ceux de nos abonnés des départements et de l'étranger dont l'abonnemept expire le 30 septembre de vouloir bien nous adresser sans retard leur renouvellement, afin d'éviter toute interruption dans la réception du journal. Joindre LA dernière BANDE.

FAITS DIVERS~~

Bureau central météorologique

Mercredi 20 septembre. Des pluies sont tombées sur l'ouest et le nord de l'Europe; en France, on a recueilli 21 mm. d'eau au puy de Dôme, 11 Il Biarritz, 10 à Dunkerque, 8 à Nancy.

Co matin, le temps est couvert dans le nord et l'est; on signale de la neige au pic du Midi.

La température a baissé assez fortement sur nos régions du sud.

En France, le temps va rester généralement nuageux, brumeux et frais; quelques averses sont encore probables dans le nord et l'est.

A Paris, hier, nuageux, averses.

Au Parc-Saint-Maur, la température moyenne, 9°4, a été inférieure de 4"S à la normale (MC2) depuis hier, température max., 13°;, min., 6°.

A la tour Eiffel, max., 0"; min., 7°.

B/appasB «2« l'or eiattm la SSasadc-^forarac. Dans Ha Haute-Viene, comme dans les autres départements, un comité de l'or, des bons et des emprunts de la défense nationale s'est constitué afin d'intensifier la contribution des détenteurs d'or au profit du crédit de la France. La HauteVienne a déjà versé 10 millions d'or et souscrit pour 80 millions à l'emprunt national. « C'est bien, mais ce n'est pas encore suffisant », dit un appel que le comité constitué sur l'initiative de la chain-, ibre de~>é«mmorqe- do -.Limoges -'vient d'afficher et dont nous détachons ce passage:

Compatriotes, nos amis, ouvrez vos bourses! Haut les cœurs! Répondez à la voix de la patrie, hardiment, sans réticences! C'est de vous que dépend l'issue de la guerre. Elle sera plus ou moins rapprochée selon que vous fournirez plus ou moins vite à nos admirables troupes les armes et les munitions qu'ellqs réclament, et au .gouvernement les moyens d'action nécessaires. L'offensive finale, c'est vous qui en ,réglerez la marche! C'est vous qui hâterez la libération du territoire et 1a paix glorieuse

Cet appel est signé des noms des membres du comité, qui comprend toutes les notabilités et tous les élus do la Haute-Vienne, réunis sous les auspices de l'union sacrée.

HRaxa maorieSSe. Une logeuse de Saint-Denis se rendait l'avant-derniôre nuit, avec quelques-uns de ses locataires, au-devant do son mari, mobilisé, lorsqu'on passant près du fort de l'Est, une altercation survint entre les personnes qui l'accompagnaient et plusieurs individus.

L'incident semblait clos, quand, un peu plus loin, rue do Strasbourg1, surgirent do nouveaux assaillants qui s'on prirent à deux ouvriers marocains, Ali ben Hadj Sousi et Ali bon Mohamed. Une rixe se produisit au cours de laquelle Ben Mohamed fat frappé d'un coup de couteau à l'oreille, tandis que Hadj Sousi s'affaissait grièvement blessé au ventre ce dernier succomba pendant qu'on lo transportait à l'hôpital.

Deux des agresseurs ont été arrêtés.

Eics eSaasiapfigRaiBsis yëiîétacwix. Les époux Quevescourt, rue du Bois, 81, à Levallois-Perret, avaient invité dimanche dernier leur amie, Mme Dasvellcs et sa fille Madeleine, demeurant rue PoulcJ, à Paris, à-yenir goûter des champignons qu'ils avaient cueillis eux-mêmes la veille. Aussitôt aprèsle départ de leurs invités. M. et Mme .Quevescourt furent pris de violentes douleurs d'entrailles et durent être transportés à l'hôpital Beaujon où l'on diagnostiqua un commencement d'intoxication par les champignons. Malgré tous les soins, Mme Quevescourt succomba dans la journée d'hier et son mari est mort cette nuit. De leur côté, Mme et Mllo Dasvelles, qui avaient éprouvé les mômes douleurs aussitôt leur retour chez elles, sont soignées à l'hôpital Lariboisière. L'état de la jeune fille inspire de vives inquiétudes.

Fatale îsaapFjnliesaoe. M. Perrier, marchand de vin, avenue de la République, 204, à Maisons-Alfort. recevait hier la visite d'un do ses amis, M. Honri Savrant, trente et un ans, reformé de la guerre, qui s'attablait quelques instants avant de rentrer à son domicile, Grande-Rue, 104. Au cours d'une conversation sur les armes à feu, le débitant expliquait le fonctionnement d'un revolver qu'il tenait en main quand le coup partit, frappant M. Savrant d'une balle au sein gauche. Le malheureux succomba aussitôt. Affolé, M. Perrier voulut attenter à ses jours; il fut désarmé par des consommateurs. M. Caron, commissaire de police, l'a envoyé au Dépôt sous l'inculpation d'homicide par impru-

dence.

i!Jn fa;r;Cl1lt fii~~9eïc a~i~tïtcaa~ de som devoir. Un épicier d'Angers, M. René Tardif, demeurant place Agrault, revenait inopinément hier après-midi a son domicile, et après une scène de jalousie, tirait sur sa femme un coup de revolver, la blessant grièvement à la figure. Des agents étant intervenus, Tardif fit usage de son arme contre eux et tua l'agent Rahnbault, âgé de quarantedeux ans. marié, père de deux enfants. Il tira ensuite par la fenêtre et blessa deux soldats du génie, puis il se barricada- chez lui.

Les agents et les gendarmes firent le siège de la maison, et apercevant l'assassin à une fenêtre, tirèrent sur lui des coups de carabine et le blessèrent au cou et à la poitrine. Après trois heures d'efforts, les agents et la gendarmerie réussirent à s'emparer de Tardif la foule voulut le lyncher. Les blessures qu'il a reçues sont assez graves.-

INFORMATIONS Dl¥ ERSES

Jeudi 14 septembre. a été célébré au temple protestant de Lyon, dans la plus stricte- intimité, le mariage de Mlle Noémie Vautier avec M. Gérard Monod, ingénieur des constructions civiles, souslieutenant au 4' génie, snr le front. En raison des circonstances actuelles il ne sera pas envoyé de lettres de faire-part.

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L'Annuaire de ta Fondation 2'hiers est en vente cbpz l'éditeur A. Picard, rue Bonarjarte. 82,

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L'aspirant, d'infanterie Louis do Corcelles, décoré de la médaille militaire et delà Croix de guerre, cite à l'ordre de l'armée à deux reprises, est tombé glorieusement au champ d'honneur, en Picardie, _lb 30 juillet, à l'âge do vingt et. un ans. Il' était le petitfils de M. do Corcelles, ancien député de l'Ain, et du célèbre bibliophile ot écrivain lyonnais, M. Yéméniz.

On annonce la mort glorieuse de l'adjudant d'infanterie Pierre de Visme, décoré do la Croix do guerre, et tombé le 3 septembre, à l'ûge do vingtdeux ans, sur le front de la Somme, en entraînant sa section à l'assaut. Il était le frère cadet du capitaine de mitrailleur Jacques do Visme, mort à Douaumont le 2 mars dernier et cité deux fois à l'ordre du jour.

Nous apprenons la mort du lieutenant norvégien W. Peeters, engagé dès le début de la guerre comme officier dans la légion étrangère; il avait. pris part à do nombreuses batailles, où il s'éiait fait remarquer par son sang-froid et sa bravoure, qui lui ont 'valu la Croix de guerre. Grièvement blessé lors de l'attaque en Champagne, le 25 septembre 1015, alors qu'il entraînait son régiment à l'assaut, le lieutenant Peeters avait dû être soigné pendant plus de six mois dans un hôpital à Paris.. Il vient d'être tué en service commandé à l'âge. de trente-deux ans.

La colonie norvégienne à Paris a décidé de lui ériger un monument funéraire.

Nous apprenons avec regret la mort glorieuse au champ d'honneur de notre confrère Henri-Emile Genêt, rédacteur à la République française, trois fois cité à l'ordre du jour.

Un service, en mémoire du sergent Henri AndréAucoc et du sous-lieutenant Marcel Fontaine, tous deux tombés glorieusement au champ d'honneur, sera célébré le lundi 25 septembre, à dix heures, en l'église de la Madeleine. Le présent avis tient lieu d'invitation.

On annonce la mort de M. Ivan Strohl, chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de la médaille de 1870, décédé le 18 septembre, après une longue maladie. La cérémonie religieuse aura lieu dans la plus stricte intimité, le jeudi 21, à midi très précis, en son domicile, boulevard Saint-Germain, 195, où l'on se réunira. Il ne sera pas envoyé de lettres d'invitation. On annonce la mort glorieuse, devant Gorizia, de l'avocat-noble Louis Gallone, lieutenant du génie territorial italien, tombé pendant les derniers jours de la bataille, proposé pour la médaille de la Valeur militaire. Le lieutenant Gallone était lo neveu du comte de Gerbaix de Sonnaz, ancien ambassadeur, sénateur du royaume d'Italie, dont la famille est originaire do Thonon, en Savoie. Nous apprenons la-mort do Mme Henri Doniol, décédée en sa propriété d'Antibes à l'âge do quatrevingt-dix ans. Petite-fille du général baron Vial et du général Maizièro, elle avait épousé en 184G M. Henri Doniol qui occupa, après la guerre do 1870^1871, les délicates fonctions de préfet dcMeur-.the-et-Moselle pendant l'occupation allemande et la libération du territoire Mme Henri Doniol était une femme d'une haute valeur morale et d'uneraro distinction, qui savait excellemment allier le charme et la bonté à la iinesse de l'esprit et à l'élévation de la pensée.

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TRIBUNAUX « Passage à tabac ». Le 11 juin, sur la plainte d'un ouvrier mécanicien, qui accusait M. Raymond Hauquelin, âgé de dix-neuf ans, employé auComptoir d'escompte, d'être le ravisseur de sa ii ï lo Suzanne, âgée de quatorze ans, l'inspecteur de police Louis Muller invita le jeune employé do banque à venir au neuvième district donner des explications. M. Raymond Hauquelin se rendit à cette invitation il fut intorrogô par ̃l'inspecteur qui, sur ses dénégations énergiques et justifiées (il n'avait jamais vu la jeune Suzanne), le frappa à coups do pied, de poing et de matraque, et le traîna par les cheveux. Informé par son fils, M. Hauquelin père adressa, datée des tranchées où il so trouve, une plainte au procureur de la République.

Pour coups et blessures, l'inspecteur Muller comparaissait devant la 10" chambre correctionnelle.

^Mv.Rayniond' Hauquelin, qui est actuellement artilleur, a déclaré à la barre'

Entré au poste à midi et demi, je n'en suis sorti qu'à huit heures du soir. L'inspecteur Muller m'a frappé en présence d'autres agents qui n'ont rien dit. A un moment, il m'a menacé do me faire danser lo tango rouge.

Le président, M. Hubert Du Puy, a sévèrcmcu< blâmé l'inculpé d'avoir » cuisiné » M. Hauquelin, et d'avoir employé des procédés aussi « abomina- bles ».

Après plaidoirie de M8 Simon-Juquin, Louis Muller, qui dut avouer en partie les faits, a été condamné à six mois de prison et à '200 fr. d'amende. Le dramo do Triel. C'est en pleurant que lp sous-lieutenant Robert Picq a présenté sa défense devant le conseil de guerre de Paris. Ses cheveux bruns et sa barbe roussa portent encore les traces des brûlures que lui occasionna le vitriol dont l'aspergea dernièrement Mlle Marthe Esther. J'ai connu Marthe Esther dans un cafo des Champs-Elysées, dit-il d'abord; au début, je 3a voyais une fois par semaine et ce fut charmant. Mais bientôt, je sus qu'elle s'informait de ma situation sociale et des ressources de ma famille. Cela me refroidit. Je promis à mon pSre do rompre, mais mon amie l'emporta. Elle devint enceinte et voulut me persuader que c'était de moi, mais je n'en croyais rien. Cependant, un soir, cite m'enferma chez elle et me menaçant do me tuer et de se suicider, elle m'obligea ii reconnaître par écrit que l'enfant qui allait naître était le mien. Je tergiversais, quand la guerre éclata. ( Marthe m'écrivait presque chaque jour, tantôt me menaçant, tantôt me suppliant je unis par céder et reconnus l'enfant.

Quand cet enfant mourut, elle m'accusa de l'avoir empoisonné, pour pouvoir la quitter. Mais la plainte qu'elle déposa contre moi fut suivie d'un non-lieu. Cependant, elie poursuivit mon père et toute ma famille de ses menaces. Le 7 juin, quand elle vint me retrouver ù Triel, la main droite cachée sous sa mantille, je fus convaincu qu'elle dissimulait une arme et qu'elle venait mettre à exécution ses menaces.

Mon père me dit « II faut nous défendre et il prit un revolver. Alors je sentis que s'il fallait agir, c'était a moi, non a mon père, de courir des risques. Je saisis l'arme. et j'ai tiré!

De son côté, Mlle Marthe Esther, qui est venue à la barre, simplement vêtue, le visage voilé, présente une version tout à fait différente.

Quand je connus Robert Picq, dit-elle, un ami me donnait 10,000 francs par an. Lui n'avait jamais d'argent. Il m'en empruntait.

Quand ma flHe vint à mourir, divers symptômes me liront croire qu'elle avait été empoisonnée. Mais je ne crus pas d'abord que c'était par Robert. Je pensai à une erreur du pharmacien; mais je suis aujourd'hui convaincue que c'est lui qui a tué mon enfant pour n'avoir pas à tenir ses promesses.. Il y a eu un non-lieu. Mais c'est qu'on n'a pas fait d'autopsie. Oui, c'est lui qui m'a empêchée d'obtenir justice, et c'est ce qui m'a fait jeter du vitriol à la tête de cet individu! Je n'ai jamais menacé M. Picq père, ni sa famille. Cependant, il porta plainte contre moi. On mo faisait aller de commissaire en commissaire. Cela finit par m'énerver. Le 8 juin, j'étais citée chez le juge d'instruction. Voulant savoir pourquoi et si c'était pour être confrontée avec mon ancien ami, je me rendis à Triel. Un garde me refusa l'entrée. Toute la fa-miile était là qui m'injuriait. C'est alors que Robert me dit « Si tu veux me parler, viens du cote du champ! Je ils le tour pour me rendre à l'endroit qu'il m'avait indiqué. Mais à peine y étais-je arrivée que je reçus deux balles. Il avait tire sur moi. Je dois dire que j'entendis son père lui crier « Vas-y donc, Robert » Mais je ne me méfiais pas, convaincue qu'il avait seulement voulu lui dire de venir me parler. La photographie de ma fille, que j'avais sur mon cœur, doit avoir fait dévier là balle, que j'ai reçue à la poitrine. L'autre m'a bri;^ le poignet dont je ne pourrai plus jamais me servir. Deux autres balles se perdirent dans ma robe. Je voulus partir, je tombai. J'avais fermé les yeux. J'entendis Robert qui disait à son père « Elle a son compte, mon petit père! » Et le père répondit « Enfin, nous voilà débarrassés! » Je fis la morte, convaincue qu'ils m'auraient achevée- s'ils m'avaient su encore vivante! Picq père ne voulut pas qu'on m'emportât pour me soigner, et 'sans l'énergique intervention d'un appariteur, on m'aurait laissée sans aucun soin.

Ajoutons que Mlle Marthe Esther se défend d'avoir été armée le jour du drame. On n'a d'ailleurs trouvé aucune arme sur elle; mais un revolver de fabrication espagnole a été ramassé dans la propriété voisine.

Ce revolver appartient aux Picq, a déclaré Mlle Esther. Qu'on cherche et l'on en trouvera la preuve.

Aujourd'hui, audition des derniers témoins, réquisitoire et plaidoirie.

Paris. O. Pariset. imo.-cérant. 5. rue des Italien*.


"Variétés

UN ÉCRIVAIN SERBE JEAN DOUCHITCH

Les batailles de la Serbie du tsar Douchan et de celle du roi Pierre nous ont habitués à voir dans le peuple serbe une race épique. Il ne faut pas méconnaître pour cela le génie littéraire et intellectuel de la race jougo-slave, que représen'tait, à la veille de la guerre, une pléiade de poètes comme Jean Douchitch, Milan Rakitch, Stefanoviteh, Wladimir Nazor, de romanciers comme Bora Stankovicth, Ivo de Tchipiko, Miloutine Ouskokovitch, de dramaturges comme Ivo Voïnoivitoh. Une de ces figures m'attire particulière'ment par la riche complexion de son talent et les ̃influences nettement 'françaises qui l'ont déterminé.

Jean Douoliitch est un Serbe de Dalmatie, né •à Trébinié, près de Raguse, en terre irrédente. Exemple vivant de l'affinité, des Slaves du sud, héritiers des Illyriens, avec, -leurs voisins latins, il est- un disciple fervent -de la- culture italienne 'du moyen âge et de la '.Renaissance, épris en par-,ticulier, comme le fut notre La Fontaine, du Tasse et de l'Arioste. Mais ses maîtres furent surtout des Français, auxquels il s'efforça d'em.prunter leur clair génie et leur forme impeccable. Symboliste et parnassien, il a eu l'ambition d'unir dans cette ferme langue serbe, formée par dix eiècles de tradition littéraire, la technique minutieuse d'un Théodore de Banville à la profondeur philosophique d'un Sully Prudhomme et à la richesse imaginative et verbale d'un Albert Samain. Ce sont là, parmi tous nos écrivains qu'il connaît et qu'il aime, les noms qu'il cite le plus volontiers; et ses. poèmes légitiment qu'on rapproche 'te sien des leurs.

Malheureusement, la langue dont il s'est servi n'est accessible qu'à un nombre bien limité de lecteurs français. La traduction en est une tâche ingrate. Qu'on s'imagine traduits litéralement les vers fameux de Samain

Mon âme est une infante en robe de parade

Dont l'exil se reflète, éternel et royal,

Dans les miroirs déserts d'un vieil Escurial,

Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.

Et cependant ce symbolisme, avec ses images Accumulées, suggère à tout compatriote un peu cultivé du poète, une évocation aussi précisé que 'la forme du vers est pleine et son rythme musical. Comment rendre tout cela sensible à un étranger? Il faut compléter les allusions, expliquer ou développer les métaphores. J'ai tenu du moins à respecter non seulement la pensée de l'auteur, .mais le sens de chacune des images, en discutant avec lui chaque,. terme de-. la. traduction que nous rédigions ensemble. Seules la forme extérieure du' Vers, l'élégance de ia métrique, la musique des •rythmes sont impossibles à rendre.

Jeune Jean Douchitch a à peine dépassé 85 ans n est depuis longtemps célèbre aux

ROUMANIE

MINISTÈRE DES FINANCES Direction à la comptabilité fdelltaî ET DE LA DETTE PUBLIQUE

DETTE PUBLIQUE

Tableau des numéros des titres de la rente 4 0/0 amortissable do 1005, do l'emprunt de 424,613,000 francs, sortis au 21™° tirage du 18 juin/1" juillet 1916.

Montant nominal 3,856,000 'francs. 6 titres à 20,000 francs.

les billets contiennent des numéros individuels. 1452607, 452G27, 4529G0, 453105, 433100, 453121. 383 titras à 5,000 franoSé

tes billets contiennent des séries de 10 numéros.

14020S7, 4020S8, 402089. 402090, 402091, 402092, J 1402093 402094, 4020D5, 402096, ^S]' ?£&3?' 1403829 403830, 403S31, 408832, 40-3833» 403834, 403-835, 40383G, 405407, 405438, -WéWi'n^

405441 405142, 405413, -408144, ,4ÔJU», ^87r

406088 406089 40GO!)0, 400001, 406032. 4OCOO3, 406094 406095, 40«0yG, 406447, 40o448, 40C4-i9, 14OG450 4OG451, 400,452, -400453, 400454, 406-ioa, 1406456, 406907, 40690S, 4OG909, 40bU10, fOogll, 406912 408913 4OG914. 406915, 40-6916, 409817, 409818 40931»; 409820, 409321, 409822, 40SS23,

409824 40-9-825, 409-820, 410547, 410518, 410.M»,

410550' 410551, 410552, 410553, 410555, 410aao, 410556! 410787 410788 410789, 410700. 410701, 410792, 410793, 4107D4, 4107B-O, 4107% 411S07, 411808 411809, 411810, 411811, 411812, 411813, 411814 411815 411810 412Ï93, 412494, 41249a, 412496! 41*667 41266-8,' 412000, 412-070, 4 2671, 412672, 412673, 412674, 41267a, 4120 <o, 413277, 413278 413279!- 413280,' 4132S1 4ia882. 418283, 413->84, 4132S5, 413286, 413<a7, 4ioioS, 413ia9, 4137GÔ 413761 413762, 413763,- 413764, 413,Go, 413766 414327, 414328. 414329, 41-330, 414331, 414332 414333. 414334, 41433o, 414336, 4 0/27, ii-t5T»S 415729 415730, 415731, 41o732, -115(33, 415754; 415735 415736 416067, 416068. 4 6060. 4160.70 416071, 4100-72, 416073, 416074, 41607a, 416076 411)617 419618, 419619, 419620, 41%|1, 419622 419023, 419624, 410625, 419b20, 421.521, AÎ65-98 4*6599 4*6530 426531, 42G532, 426533,

~534' 426535, 426536 426~27 426928, 426929.

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# -B Le n° 405446, faisant partie de la série n°5 405437 105446, a été déclaré amortissable pour le tirage du 20 décembre 1916/2 janvier 1917, parce que son nombre dépassait le nombre des titres qui devaient être rembourses le l" octobre 1916 (nouveau style).

2,342 titres à 500 francs..

tes billets contiennent des séries de 25 numéros.

d02701, 102702, 10-2703, 102705, 102705, 102706, 402707 102706, 102709, 102710, 102711, 102712, 402713 102714, 102715, 102716, 102717, 102718, Io2719! 102720, 102721 102722, 102723, 102724, dO2725 10417G 104177, .104178, 104179, 104180, 4041*1, 104182 104183, 104184, 104185, 104186, 104187 104188 104189, 104190, 104191, 104192, *04193 104194, 104195, 104196, 104197, 104198, 104199 104200, 106326, 106327, 106328, 106329, ÎO6330 106331, 106332, 106333, 106334, 106335, 10633-6 106337, 10-6-33-8, 1G6339, 108340, 106341, •106342 100343, 106344, 106345, 10634G, 1003-1/ dO6348 106349, 106350, 109976, 109977, 109978, dO9979 109980 109981, 109982, 109983, 109984, dO99«5 109986, 109987, 109988, 1099S9, 109990, 409991 109992, 109993, 109994, 109995, 109996, 109997 109998, 109999, 110000, 111251, 111252, 111253 111254, 111255, 111256, 111257, 111258, 111-^59' 111260, 111261, 111262, 111263, 1112C4, dll265', 111266, 111267, 111268, 111269, 111270, 111271 111272 111273, 111274, 111275, 111301,. 111302' 111303, 111304, 111305, 111306, 111307, dll30»! 111309, 111310, 111311, 111312, 111313, 111314 111315, 111316, 111317, 111318, 111319, Î11320 111321 111322, 111323, 111324, 111325, 113376 113377, 113378, 113379, 113380, 113381, i13382, 113383, 113384, 113385, 113386, 1133S7, 113388 113389 113390, 113391, 113392, 113393, 113394 113395 113396, 113397, 113398, 113399, 113400 116626 116627, 116628, 116629, 116630, 116631 116632, 116633, 116634, 116635, 11663G, 116637 116638, 116639, 116640, 116041, 11«642, 116643 116644, 11&645, 116046, 1166-47, 116648, 116649, 116650, 141651, 141652, 141653, 1416o4, 141655 141656, 141657, 141658, 141659, 141660, 141661 141662, 141663, 141604, 141665, 141666, 141667 141668, '141669, 141670, 141671, 141672, 441673, 141674, 141675, 156476, 156477, 156478, 466479 156480, 156481, 156482, 156483, 156484, 156485, 156486, 156487, 156488, 150489, 156490, 156491 156492, 156493, 156494, 15G495, 156486, 456497, 156498, 156499, 156500, 158351, 158352, 4Ô8353, 158354, 158355, 158356, 158357, 158358, 458359, 158360, 158361, 158362, 158303, 158364, 458365, 158366, 158367, 1583*8, 1583-69, 158370, 'd-58371 158372, 158373, 158374, 158375, 159401, J1B9402 159403, 159'4O4, 159405, 159406, 159407, 459A08, 159409, 159410, 159411, 159412, 159413, '45M14! 159415. 159416. 159417. 159418. 159419,

pays serbes. Son œuvre, sans parler d'Essais en prose fort goûtés, a été réunie en trois volumes de Poésies (Pesmé) où elle se répartit dans quelques cadres généraux poèmes ragusains, les ombres sur l'eau, sonnets adriatiques, l'âme, poèmes antiques. L'inspiration est très diverse chants d'amour, hymnes à la nature, développement de thèmes lyriques où l'auteur s'applique à traduire en images expressives ses conceptions philosophiques et spécialement métaphysiques.

Voici d'abord une pièce inédite où il n'a cher? ché que la notation d'effets descriptifs

NUIT

Dans la mer sombre des blés, la longue file des peupliers marche toute la nuit. Près de la route, quelque part, a hululé un hibou. La lune surgit du marais.

L'ombre ruisselle, épaisse, des genévriers. Un fris- son d'eau a glissé dans l'herbe. Soudain, quelque part, a éclaté un chant léger le premier rossignol et le premier crapaud.

Poète de la femme, Jean Douchitch a, comme Sully Prudhomme,. chanlé volontiers les yeux. Ce titre est celui de quelques-uns de ses vers les plus caractéristiques. Tes yeux immenses, jeune femme, sont deux longs soirs sur le désert de la mer, deux légendes désolëes! racontées en paroles vagues et insaisissables comme le souffle des vents dans les cimes des pins. Ils sont deux silencieuses galères aux étendards noirs, deux femmes en deuil à genoux, muettes, deux fleuves nocturnes traversant un paysage de pierres, deux hérauts de la douleur qui courent dans la nuit. Les yeux de mon aimée, sombres triomphes de la chair, sont emplis d'une éternelle nostalgie. ̃– Sa pureté leur a donné leur immensité, son péché, leur infinie beauté.

Aux larmes versées dans les longues veilles, ces grands yeux ont pris des éclats lointains et étranges, l'éblou-isssment des prunelles qui ont aperçu Dieu. Ils conservent encore dans leur vaste filet toutes les extases des jours qui ne sont plus, ces yeux infinis au fond desquels est accroupi le monstre noir de la désespérance.

D'une inspiration toute différente, le Poème silencieux revient encore sur le thème des yeux, mais au lieu de ceux de l'amour, il s'agit cette fois de ceux du souvenir et de la jalousie

Sans cesse elle me regarde dans les prunelles. Que cherchc-t-elle au fond de mes yeux? L'éclat mystique d'un soleil qui se couche ou l'image d'une autre femme et d'un autre temps?

Car le* regard amoureux d'une femme perce sans peine les profondeurs grises de nos yeux, et voit les traces que sur son passage a laissées l'ennemi, et son ombre projette comme une silhouette sur un rocher. Longtemps demeure sur nos pupilles l'image triste d'une femme qui les a une fois charmées, et Celle qui les scrute y discerne le regard qui suit sans pouvoir l'atteindre Celle qui partit. 1/ûme est faite,du passé, les dessins. d'une fleur sont faits des rayons d'hier. Tout ici-bas a projeté son ombre, et les fleuves depuis longtemps séchés grondent encore quelque part.

Et nos amours depuis longtemps mortes comme des vols d'oiseaux abattus au milieu du chemin, vivent

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2G8°07 96820-8 268209, 208210, 268-211, 208212, 1 2685.13 268214 218215 26S216, 268217, 268218, 268219 268220 268221 268222, 208223, 268224, 26S225 268376 268377 '208378, 26S379, 208380, 268331 268382 268383, 268384, 268385, 268366, 268387 268888 208380 268390, 268391, 268392, 268393 2G8394 20-8395 268390, 208397, 208398, 268399! «6S4O0 271720, 271727, 271728, 271729, 271730 271731 271732,. 271733, 271734, 27173a, 571730 271737 271738 271739, 271740, 271741, 271742 271743 271744 -271745, 271746, 271747, 271748! 271749 271750 274851, 274852, 274853, 274854 274855 274856, 274857, 274853, 2748a9, 274360! 274861 27-1862, 274803, 274804, 27486a, 274&6G 274807 274868, 274809, 274870, 274871, 274872 274873 27-1874, 274875, 275970, 275977. 275978 275979 275980, 275981, 275982, 275983, 275984 275985 275986, 275987, 27S-988, 275989, 274990 275091 27599-2 275993, 27599-5, 275995, 275996! 275997 275998 275999, 276000, 279926, 279927 279928, 279929 279930, 279931, 27993S. 279933! 279934 279935 279936, 2799-37, 279938, 279939 279940 279941, 279942, 279943, 279944, 279945 2799-56 279847, 279948, 279949, 279950, 280001 280002, 280003, 280005, 230005, 280O06, 580007 280008, 280009, 280010, 280011, 280012, 280013 280014 280015 280016, 280017, 2S0018. 98001 280020 280021 280022, 280023, 58002-1 2800-25 285076 234077 285078, 28-5079, 284O8O, 28408Ï; 284082 28-1083 284084, 284085, 2840S0. 284087 284088 284OS9 284090, 285091, 284092, 284003 284094 364035, 284096, 28-1097, 284098, $8400-9 284100 284701, 2S47O2, 284703, 2R47O4, »m~tOâ, -H&tfOG, 28470.7, 284708, 284709* 3SA710M. 284711 284712 284713, 284714, 284715, 264716,. 2S4717 284718 284719 284720,. 284721, 284722, 58A7fl3 9817-74 284725, 295270, 295277, 29o278, 205279! 295280! 295281,. 2952S2, 2952S3, 295284, 995285 205286 295287 295288, 295289, 295290, 295991 905=>o2 295-293, 295*294, 295295, 2952P6, 995297' 295298 295299, 295300, 2970-51, 297052, 297053* 297054 297055, 297058, 297057, 297058, 297059', 297060 297001, 297062, «97063, 297064, 297065 297000, 297067, 297068, 297069, 20,070 297071 297072 2H7O73, 297074, 297075, 29-3701, 298709 298703 29870-1, 298705, 29=8706, 298707, SOSTOS" 298709 298710 298711 298712, 298713, 90.8714 298715 2D'8716 298717, 298713, 298719, 29872-0! 298721 298722, 298723, 298724, 29872a, 300 2 300427; 300428 300429, 300430, 300431, 300432 300433, 300434, 3OO48Ô, '300486. 300437, 300438 300439, 300440, 300-141, 300-U2.' 30044j>, 30044-1 300445, 300440, 3004-57, 300^8, 300449, 300450 302476, 302477, 302478, 302478, 302430,

de la vie du premier jour dans les yeux qu'elles i avaient fait autrefois pleurer.

L'ambition du poète n'est pas seulement de fixer en beaux vers les suggestions de son imagination; il veut-si l'on peut résumer dans une formule un idéal poétique intellectualiser l'amour, spiritualiser le sentiment. f< Unir le coeur et le cerveau, c'est la loi fondamentale de ma poésie m'a-t-il dit lui-même. Assimiler tous les phénomènes du coeur à ceux de la'pensée, faire de chacun d'eux un processus intellectuel, rendre cette mystérieuse vie de l'âme accessible à l'esprit. » Il estime qu'à la langue serbe, travaillée depuis le seizième siècle par les poètes ragusains et arrivée à une cristallisation complète i dans' la poésie populaire des gouzlars, il ne manquait qu'une chose la spiritualité.. Il a voulu « donner .aux paroles de la transparence ». Que cette langue se prêtât aux symboles et elle était achevée. Avec ses vers, la poésie serbe a passé-du domaine du folklore ou de l'épopée à celui de la poésie métaphysique. Témoin son poème intitulé Création.

Nul héraut- ne m'a annoncé ta venue. Je n'ai.pas' entendu de loin résonner tes pas. Je ne me rappelle; pas quand fut la minute pour la première dois' mon esprit but ta lumière.

Car tu es née en moi, et tu fus une pensée de moi qui s'anima pour parler. en moi où tu dormais comme un filon d'or dans un rocher, comme une semence dans la terre, et t'agitais comme, dans l'épaule, une aile qui veut pousser.

Tu n'as jamais connu la route double qui amène toute chose du dehors à nous et de nous à l'oupbli. Comme une algue au fond de la mer, tu es née au fond de moi.

Issue de mon rêve, comme lui tu fus vaine; fruit de mon vice, tu fus cruelle; fruit de ma pensée, comme elle tu fus infinie fruit de mes orgueils, tu fus impudente.

Fruit de mes solitudes, tu fus mélancolique; fruit de mes haines, ta bouche était vénéneuse; fruit de mes doutes, tu suivis ta route en pleurant comme pleure un enfant qui s'est égaré.

Mais la fleur empoisonnée a aspiré tout mon sang, et je suis mort au moment où il en fallait encore une goutte, une dernière goutte que je n'avais plus pour achever cette œuvre merveilleuse et fatale. Mais Jean Douchitch se défendrait de n'être qu'un intellectuel. L'idéaliste est un patriote chauvin, et les plus célèbres de ses vers sont peut-être ses vers « nationalistes». Tout un cycle de ses poèmes exalte son pays et sa race, la foi dans son avenir, la haine de l'ennemi, du Bulgare surtout qui « marchait encore à quatre pattes, quand la république de Doubrovnik (Uaguse) députait il Louis XIV des ambassadeurs ». Dans la série intitulée Sonnets d'empire, il évoque, en termes qui rappellent Heredia, la femme du Charlemagne serbe

L'IMPÉRATRICE

'Tu es belle 6 notre impératrice, avec ta couronne et tes -douze pages de Haguse, étincelante de pierreries que les nefs de Cattaro ont -apportées de Chypre et de

Morée. bicé halc~.

Ton manteau est parsemé d'aigles blapcs bicéphales. Des croix ornent ton étole. Sur ton passage trai-

302481 302482, 302483, 502-184, 302-1S5, 302-180, 1 302-187! 302488, 302489, 302190, -302491, 302402, l 302-193 302494 3C249Ô 302-596, '302-197, 302498, 302-199 302500, 303970, 303977, 303978, 3039,9, 3039S0; 303981, 303932, 303983, 30-398-1, 30398a, 303986 303987, 303988, 303118g, 3.03990, 303991, 303992 303993 303994, 303995, 303990, 303E-97, 30E-99S, 303999, S0400O,1 304401, 304402, 30440*5, 304404 -304405, 304400, 301-107, 304408, 304409, 304410 304411, 304412, 304413, 304414, 304415, 304416 .'504417, 304418, 304419, 304420, 304-121, 301122', :504-123, 304424, 304425, 307020, 307627, 307628, 307629, 037630, 307631, 307632, 307633, ÏÏ07635 307635, 307C36, 307637, 307638, 307639, ?,07040, 307641, 307642; 307643, 3076-14, 307 G45, 307646 307647, 3070-18, 807G49, 307650, 309176, 309177 309178, 309179, 309180, 309181, 309182, 309183 309184, 309185, 309136, 309187, 309188, 309189 309190, 309191, 309102, 300193, 308194, 3O9105; 309190, 309197, 309198, 309109, 309200,, 316*51, 316C52, 316653, 31665-1, 310055, 31&0a6, 316057, 316058, 316659, 31G660, 31-0661, 31GCG2, 316603, 31GG64, 316605, 31606.0, 310667, 31666S, 3M6G9, 316670, 316671, 316672, 316673, 316674, 316-073 319-101, 31940.2, 319403, 319104, 31940-5, 319406, 319407, 319408, 319409, 319410, 319411, 319412 319413, 319414, 318415, 319416, 310417, 310418', 319419, 319-420, 319421, 319422, 319-523, 318424, 319425,-320251, 320252, 820253, 320254, 320255 320256, 320257, 320258, 320259, 320260, 320261, 320262, 320263, 320264, 320205, 320266, 390267, 320268, 3202-59, 3^0270, 320271, 320272, 320273, 320274, 320275, 385901, 325802, 325903, i3J5flO-i,^335OÛ5, ^25906»; 32500.7, l3S59O8,a2ôei39»> 325910 .325911, 325912, 3E50-Ï3, 325.914, 325915, 325916, 325917, 3259i8, 325919, 8-25920, 325921, 325922, 325923, 325924, 32.5985, 32622'C, 326227, 326228, 326229, 320230, 326231 320232, 326233, 326235 326235, 326230, 326237, 320238, 326239, 326240, 326241, 326242,' 3*6243, 326244, 326245, 320246, 328247, 326248, 326249, -326250, 340301, 840302 340303, 340304, 340-305, 340306, 3-10307, 840308', 340309, 340310, 340311, 340312, 340313, 34031 5, "340315, 340316, 340317, 340318, 340319, 3-10320, 340321, 340322, 340323, 340-324, 340325, 8-50670, 340677, 340078, 310679, 340080, 340081, ̃340082 340083, 34068-4, 340885, 340086, 310687, 340ÔSS, 340OS9, 340690, 340091, 340092, 340693, ..340G9-S, 340695, 3406%, 340697, 340698, 340099, 310700 844901, 344902, 3Ï4903, 3-14904, 344905,

?.-14i)0O; 344S07, 344908, 344909, 3-1-1910, 3-14911,

344912, 344913, 3449-14, 3,1-5915, 344916, 34 5917,

31-5918, 34491 P, 344920, 314921, 3-14922, 354923,

344924, 344925, 247776, 347777, 317778, 317779,

nent des parfums d'Orient. Le grand cheval qu'on mène derrière toi est ferré d'or.

Dans toutes les églises de l'empire on prononce ton nom avec dévotion et nos grands feudataires et les princes vassaux te regardent avec convoitise et font humblement la haie sur ton passage.

Pendant que toi, tel un page timide, tu regardes, comme un léger brouillard sur un rocher, un souci traverser le vaste front de l'empereur.

Ainsi, l'artiste d'aujourd'hui, si épris qu'il soit de vie moderne et charmé par nos finesses occidentales, demeure en son fond le même que ses .plus lointains ancêtres, les rhapsodes populaires et nationaux. Le vêtement est devenu riche, nuancé, précieusement brodé, mais l'étoffe, pour reprendre une belle et saisissante image, est tissue du rêve qui fut celui des poètes-soldats de cette immuable race Marcel Bunan.

LES FÉLIBRESetlesPQÈTES EOUMAIMS On a vu notre distingué collaborateur M. Aboi 'Hqrmant le rappelait il y a peu de jours que

"'Ronsard n'est pas d'origine roumaine et que le

marquis de Ronsard, sur les. bords du Danube, et dont, iL se vantait de descendre, n'est qu'une hction de son imagination fastueuse.

Los relations littéraires de la Roumanie et de la France sont nombreuses toutefois, et notre confrère Jules Véran vient de les évoquer opportunément dans V Eclair cle Montpellier. On sait les nombreux témoignages de haute sympathie que la reine Carmen 'Sylva adressa au poète Mistral. Elle lui envoya notamment pour le Muscon Arlaten. une magnifique poupée représentant une paysanne roumaine. C'est du reste à Montpellier que M. Taseu Iliescu, de Crusovic, a fait imprimer la première poésie littéraire que la Roumanie puisse citer, et le premier texte roumain qui ait paru en

France.

M. Jules Véran rappelle encore que c'est à Montpellier que fut couronné aux Jeux floraux des fêtes latines de 1878, pour son Chant de la race latine, le poète Vasilo Alessandri, qui fut sénateur, ministre et représentant de la Roumanie à Paris.

Revenu à Montpellier au cours de 1882, pour assister à une autre fête littéraire organisée par les félibres et la Société des langues romanes, le poète Vasile Alessandri donna à ses amis du Midi la primeur d'un beau poème que lui avait inspiré le couronnement de Ronsard à Toulouse, et dont voici la traduction

Ronsard, le poète deS rois et le jeune roi des poètes, au milieu des bois du Parnasse, voulait cueillir de nouveaux lauriers.

Il partit donc pour Vaucluse et dans la fontaine de Vaucluse, d'abord il baigna sa muse. Toulouse est tout en fête! De graves magistrats et nombre de dames, dans le Capitole, avec impatience, se sont réunis pour l'entendre.

'Ronsard s'avance noblement; il accorde sa lyre et entonne un chant étrange.

̃ -'ïl dit dans une'languo divine comment aux temps des malheurs de la France, un sien ancêtre, le ban Maricina, né sur les bords verdoyants du Danube, Vint, monté sur un dragon, prendre part à la grande lutto qui devait sauver la France. Tous ^écoutèrent avec émotion puis leurs voix

3477S0, 347781, 3477S2,' 347783, 347784, 347785,

347736 347787, 347788,347789, 347730,34~91.

» »7: Sffl; S; IS; tPn 347798 347799, 347800, 350576, 350o77, daOa,b, 350579! 350-580, 350581, 350582, 350583, 350u84, 350585 35058G, 3505S7, 350588, 350589, 3L>0o90, 350591 350592, 350593, 350594, 35059a, 3o0a9b, 350597 350508, 350599, 350000, 35157G, 351a77, 351578 351579, 351580, 351581, 351582, 351583, 351585 3515S5, 351586, 351587, 351a8S, 3als89, 851590, 351591, 351592, 351593, 351594, 3olo9a, 351590 351597, 351598, 351599, 351600, 3a21al, 352152 352153, 352154, 352155, 3.52150, 3a21a7, 3-52158 352159 352100, 352161, 352102, 352163, f 3521.64 3521G5, 352160, 352167, '352166, 3o2109, 352170, 352171, 352172, 352173, 35217-5, 3521, a, 855101, 35540-2, 355103, 355404, 355405, 35a400, »55'4O7 355103, 355409, 355410, 355411, 3pa412, 355413, 3-5-3444, 355415, 355416, 355417, 3aa-118, 355419 355420, 355-521, 3554*2, 355-123, 3aj-524, 355-525 350701, 356702, 356703, 356705, 33670a, 350700, 350707, 35G708, 350709, 356710, M>ai, 350712, 356713, 356714, 356715, 3uC710, 3a6a7, 356718, 356719, 356720, 35G721, 353722, 3»6723, 350724, 356725, 358151, 3581J52,- 358153, 35S154, 358155, 358156, 358157, 358158, 3a8fc)9, 3o8160, 358161 3581G2, 358163, 35S164, 35S165, 3aS16O, 358167 358108, 35S109, 358170, 358171, 358172, 358173 3-5S174 358175, 304151, 364152, 36ila3, 36415-1 364155 354156, 364157, 36415S, 364159, 364160 364101, 364162, 364163, 364161, 30416a, 36416G, 304107, 364168, 30-1169, 364170, 364171, 364172, 304173, .304174, 304175, 305401, 365-502, ,3fi54û8,. a«âiO4,3G54G-5, 364406,. 305407, -SfciftV 365409,, &S5410, .36-5411, 305412, 305413, 36.a4.14, 365415 3-65416, 465-117, 365418, 36-5419, 30a-120, 365421', 305422, 305423, 465-525, 365425, 367751, 367752, 307753, 367751, 367755, 307750, 3677o7, 367758, 367759, 367760, 3677-61, 867762, 367763, 36776-5, 3677-65, 367766, 367767, 867768, 367769, 367770, 367771, 367772, 307773, 367774, 307775, 374101 374102, 37-1103, 874104, 374105, 374106, 37-1107, 374106, 374109, 37-1110, 374111, 374112, 374113, 374114, 374115, 374118, 37-5117, 374118, 071119 374120, 374121, 37-5122, 374123, 374124, 374125' 375701, 375702, 375703, 375704, 375705, 375706, 375707, 375708, 375708, 375710, 375711, 375712, 3757K5, 375714, 3757,15, 375716, 3,ail7,. 375718, 375719, 375720, 375721, 375722, 375723, 375725 3757-25, 381851, 3S1852, 381853, 381854, 3-81855 381850, 381857, 3S1S5S, 881859, 381S6O, 381&61 381862, 381803, 381865, 881805, 3-S1866, 3818G7, 3818.08, 3818G9, 381870, 881871, 381S72, 381873, 381874 3S1S75, 385340, 382347, 382348,

triomphales le proclamèrent vainqueur dans les antiques Jeux floraux.

Mais, au lieu d'une églantine, les magistrats gravement lui donnèrent une Minerve en argent. Il la regarda avec admiration, en murmurant « 0 déesse adorée! ma victoire serait plus complète si tu étais Apurodise la bello. »

Les graves magistrats sourirent, et les dames légèrement rougirent; mais elles le regardèrent tendrement.

Du sein du Capitole, Ronsard, vers Vaucluse, partit par une chaude journée. Mais, au lieu d'y baigner sa muse, cette fois il y plongea la sage Minerve.

Et depuis lors parfois, la déesse sacrée apparaît la tête couronnée de roses vives.

Enfin, en 1885, Alessandri présida, h Sceaux, avec Paul Arène, la fête annuelle des félibres do Paris. Ainsi. les poètes provençaux ont été les premiers ouvriers de l'alliance que la Roumanie vient de conclure avec la France et les alliés.

LES ANClTRES DO 420 ̃-

LM FI' b MM ~MU

Sans nous aventurer jusqu'à l'audacieuse recherche de l'homme qui a « inventé la poudre » n'a-t-on pas nommé Caligula, Archimède, Erostrate, et même un dernier dieu Hercule, avant d'arriver, en passant par les Chinois et les Arabes, à Roger Bacon, Albert le Grand et Berthold Sohwart-z? essayons, plus modestement, d'envisager le problème de l'apparition des bombardes. Quelques-uns croient les trouver mentionnées dans des vers du poète italien Cavalcanti, mort en Fan 1300. Omodei un spécialiste, suppose qu'on s'en servit en 1311 contre les habitants de Brescia. Suivant un autre écrivain, Gènes en aurait eu la primeur en 1319. D'autre part, le poète

écossais Barbour afiirme que son pays natal vu en 1327 « deux choses nouvelles, les casques à crête et les crakys », équivalent des bombardes. Chez nous, on en fit usage dès l'année 1338. Quarante ans plus tard, les tours de la ville de Cham- béry portent à leur sommet des bombardes, ies unes en' « fer coulé », les autres en « fer non coulé ». Mention est faite en 1387 d'un Allemand nommé Kaipf, qui fabriquait des bombardes à raison de « dix francs d'or le quintal ». On sait à qutu point ses, compatriotes se sont entendus à continuer cette proiltable industrie!

Il y avait là déjà un immense, les engins primitifs ayant été construits en bois. Leurs dimensions aussi progressèrent de notable et presque incroyable manière. Ecoutons le bon Froissart « Ils ouvrèrent, dit-il, une bombarde merveilleusement grande, laquelle avait cinquante pieds de long, et jet-toit pierres grandes, grosses et pesant •̃merveilleusement et quand cette bombarde décliquoit. on l'oïoit bien de cinq lieues loin par jour et de dix par nuit; et menoit si. grand noise au décliquer, qu'il semblent que tous les diables d'enfer fussent au chemin. » "Voilà qui n'est pas- mal, assurément, et,. cette.. lombarde, pouvait 'rivaliSiOr ̃ avec -celle qu'Amédde. V.UI, grince de Savoie (qui devint le pape Félix V et renonça à la tiare en 1449) fit fondre à Ivrée; pièce à tel point colossale qu'on fut contraint de démolir trois toises de muraille pour la transporter hors de la ville. Elle portait, en l'honneur de son parrain, ie nom

382349, 382350, 389001, 38900-2, 380003, 388004, 389005, 389000, 389007, 38900'S, 389009, 389010, 388011, 380012 389013, 389014, 3S90-15, 3S901G, 369017, 389018 389019, 389020, 389021, 339022, 389023, 389024, 389025, 389401, 3S9402, 389403, 389-50!, 389405, 388400, 389407, 389108, 3S84O9, 389-110, 3S9411, 388112, 389413, 389414, 389115, 3S9410, 383417, 389418, :îS9419, 3S9-12O, 389421, 389-122, 389-423, 389424, 3S9425, 391826,- 391827, 331828, 391829, 391830, 391831, 391832, 391833, 391834, 391835 391830, .91S37, 391838, 391838, 391840, 391841 3818-52, 381853, 391844, 381845, 3918-56, 391847, 38184S, 391849, 381850, 386401, 39G402, 380403, 390404, 380-105, 386400, 39G407, 380408, 390409, 39G41O, 39-6411, 390-512, 396413, 39.0-514, 390415, 396416, 396-517, 386418, 386418, 39G-120, 3-90421, 386422, 380423, 396424, 390425, 388626, 399627, 398628, 389529, 339030, 309031, 399032, 399033, 398034, 399635, 388030, 399037, 399638, 398639, 393040, 333041, 390642, 399643, 399044, 399045, 309046, 399047, 399048, 399G49, 388G50, 399801, 399902, 399903, 399904, 399905, 399906, 399807, 399908, 393909, 3998.10, 390811, 399912, 389913, 399914, 399915, 399910, 399817, 399918, 399919 399920, 399021, 3999'22, 399923, 398924, 33932a.

N.-D. Les n°» 207813–267825, faisant partie de la série îr 207801– 267S25, ont ét<5 déclarés amortissables pour le tirage du 20 décembre 1810/2 janvier 1917, parce que leur nombre dépassait le nombre des titres qui devaient titre remboursés le 1er octobre 1916 (nouveau style). --yiv '̃•'•̃' '*• t,'é"p'ajlemenl'"flôitfcls<int'{<és' portant le' coupon 23 <lu' lor avril 1917 et les suivants," ainsi que le payement du coupon n° 22 du 1er octobre 181-6, se feront à partir du 1" octobre 1916. En Roumanie, à la Caisse centrale, à Bucarest, et aux administrations financières dans les districts;

A Paris, au Comptoir national d'escompte de Paris, a la Banque de Paris et des Pays-Bas, à la Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France. ROUMANIE

MINISTÈRE DES FINANCES

Direction de la comptante g10 à l'Etat

ET DE LA DSTÎE PUBLIQUE

DETTE PUBLIQUE

Tiiblcau des numéros dos titres do la rente 4- 1/2 0/0 amortissable de 1913, de l'emprunt do 250,000,000 francs, sortis au Grac tirage du 18 juin/1" juillet 1010.

Montant nominal: 1,275,000 francs. 183 titres à 3,500 francs.

2-10181, 240207, 24075G, 2-iOSGS, 241001, 241310,, 241529 241732, 241885, 242470, 242S71, 242918, '243013, 243016, 2434G7, 243679, 243700, 24379S, 243832 244742, 244S02, 2457G1, 24608G, 24G1S1, 240263, 2462-6-5, 24029-G, 2463S4, 24G884, 247001, 247119, 24-7853, 248192, 248230, 248449, 248513, 248580, 248824, 2-48034, 248976, 249'2-GS, 249448, 240-607, 249745, 249788, 248967, 24997G, 240978, 250487, 25052'2, 250731, 251009, 251100, 25122«, 251478 251S32, 251888, 252049, 252083,252103, 252 11)4' 25S40S, 252712, 252S55, 25832<5, 253578, 253S15, 253G3C, 254054, 25453S, 254572, 254655, Ï54G7C, 254782, 254987, 255077, 255078, 255175, 25587G, 255908, 255937, 25G3C1, 256433, 256639, 25G72G, 230881, 256948, 256952, 25G9S9, 257314, 257327, 257330, 25759-G, 257909, 257840, 4579C2,

258132 258404, 2587S1, 258788, 25S803, 259101,

259-517, 250553, 259S0G, 259874, 200289, 2GO3G6, 2G0375 200407, 2-G0570, 2-60528, 2G007-2, 2608G0, 201117, 201172, 2-G1318, 201-124, 2614-6-0, 2618S4, 261921, 202130, 2G2243, 2G2-G28, 2O2G67, 202877, 202994, 263080, 2G8G4-G, 26383-8, 2638S8, 204057, 204714, 2G500S, 205.230, 205443, 205477, 205591, 205050, 206280, 200341, 200344, 266840, 2G719<S, 207282, 2G7S25, 267870, 2(58030, 268541, 20-8832, 208870, 2G90S<),- 200237, 270008, 2700C9, 270090, 270403, 270550, 270855, 271599, 271673, 271675, 27-1&02, 271812, 2725.30, 272041, 273357, 273380, 2745-36, 274020, 274067, 274028, 275001, 275037, 275104, 275180, 275214, 275303, 275307, 275341, 275370, 275787, 275870.

400 titro3 à 1,000 francs.

1G0104, 160345, 160523, 1GO757, 101181, 161247, 101323, 101327, 101333, 161338, 161511, 101540, 1G15O3, 101-031, 1021-03, 162356, 103101, 1C31S1, 163328, 183420, 103470, 163-513, 104380, 165372, 105401, 103772, 1659-32, 1GG397, 167123, 107212, 1G739S, 107432, 167481, 107484, 167888, 168283, 108347, 16S359, 1G8984, 169310, 170362, 170881, 1708-38, 171125, 171480, 171559, 171000, 171840, 172290, 172452, 17-2576, 172810, 173108, 173158, 173232, 173370, 173G27, 173715, 173734, 174040, 17-1103 175033, 163072, 175305, 175313, 175452, 175638, 175867, 170000, 176083, 176117, 176100, 170181, 170214, 170319, 176000, 17&G75, 176730, 17G818, 170821, 177020, 177003, 177-271, 177293, 177353, 177G30, 177705, 177785, 177819, 177920, 177830, 177933, 178372, 178413, 17893S, 179010, 170057, 18C562, 1S0782, 1SO9-20, 181622, 1S173O, 181790, 1S1994, 182185, 182265, 182742, 182792, 182821 182803, 182945, 183026, 183477, 18354G, 183S52, 1S394S, 184073, 18430-5, 184337, 184402, 1S54G2, 185424, 1S5558, 185707, 186131, 1SC270, 180373, 186503, 180972, 1SC9Q7, 1871115, 187182, 1S75'i3, 187507, 1870-17, 167654, 188195, 1SS682, 188958, 189107, 189433, 1S0733, 190744, 190842, 1000-SK2, 191202, 101364, 101388, 101730, 191768, '101873, 192024, 19222-2, 102230, 102326, 192673, 132899, 192953, 193120, 193144, 193368, 193389, 10-349G, 18360S, 193748, 193759, 194258, 195072, 195342, 185407, 195413, 195447, 195873, 195944, 100030, 196258, 190322, 18(>411, 190741, 187230, 197278, 187443, 19748-5, 197584, 197685, 197734, 19779-1, 197814, 197874, 197S79, 197935, 197945, 1979GS, 198019, 10S222, 19829-2, 198396, 198496, 198582, 198913, 198917, 198955, 199120, 199144, 199167, 198247, 188446, 199GOS, 199802, 199874, 189885 200180, 200005, 201052, 201143, 201294, "01323 2-01500, 201581, 201590, 202249, 202301, 202368, 202826, 2031G4, 203005, 203625, 203712, 203S04; 204300, 204585, 204001, 204607, 204854, 204879, 204861, 205266, 205442, 205485, 205547, 205804 207103, 207359, 207373, 207536, 207028, 207669, 207707, 207802, 2080-24, Î0-SO86, 208102, 208151, 20S153, 208184, 2O82S2, 208279, 208373, 208789, 208820, 208929, 209050, 209093, 209235, 209259, 209321, 209352, 200425, 209754, 210422, •̃'10428, 210875, 211032, 211327, 211409, 21(1580, 211640, 211734, 212025, 212148, 212318, 212504, 91^705 2:12760, 212962, 213002, 213128, 213189, 213224, 213412, 213094, 214158, 214-208, 214252, 214530, 214589, 214649, 214670, 214728, 215129. 215217. 215290. 215623. 21573G. 215749. 2.16,056.

gracieux de Signora Amedea. Au reste, toutes ceî-i les de ses congénères dont le format dépassait la moyenne, étaient également pourvues d'un prénom propre à les individualiser la Crudele, la. Disperata, la Vittoria, etc.

En 1557, à la bataille de Saint-Quentin, si nous nous en rapportons à Tonso, historiographe du duc de Savoie Philibert-Emmanuel, on vit des pièces si énormes que dix paires de bœufs suffisaient k, peine à leur convoiement. N'était-ce pas là une artillerie lourde d'un poids déjà respectable, et digne que nous révérions en elle l'ancêtre de la nôtre?

On pense bien que pendant longtemps les vieil-les machines de jet continuèrent d'être employées conjointement avec les armes « modernes ». Cependant leur infériorité s'avérait dès le commen-cernent du quinzième siècle, et, par,exemple, lois du siège du château de Spéerone par le marquis de Montferrat, en 1413. les bombardes crachèrei'.l six cents pierres, tandis que 'les bricollcs (sorte de balistes) ne parvenaient qu'à en expectorer pe- niblement la moitié. Notons que la noblesse répugna longtemps à l'emploi des armes à feu « C'est vergogne, s'écriait notre Bayard, qu'un homme da cœur soit exposé à mourir des mains d'un misérable friquenelle! *> ,̃̃ ̃ ••< Les forces nouvelles des armest assiégeantes entrainèrent naturellement l'augmentation du pouvoir de résistance des places.. Léonard de 'Vinci i expose cette nécessité « L'artillerie ayant augmenté sa force de trois quarts, les murailles doivent augmenter de trois quarts leur force ordi- naire. » Chose curieuse, il préfère la pierre au métal « Une bombarde qui jette des pierres o-t préférable à un passavolante qui lance des boulets de plomb la pierre nuit à l'assiégé par ses bonds et ses ricochets, tandis que le boulet de plorna s'enfonce au premier endroit qu'il touche. » l)i:e dirait le peintre de la Joconde en constatant les

a

« bonds et ricochets » de .nos marmites 1 Au dix-septième siècle, l'artillerie avait notablement amélioré la rapidité du tir. Dans le. Journal de la campagne de Piémont, en iGSO, sous le commandement de M. de Catinat, nous lisons, touchant le siège de Montmélian, ces lignes significatives « Nous rie perdîmes que vingt hommes dans ce terrible bombardement de dix-sept jours; oa nous tira pourtant près de deux mille six cents bombes, la plus grande partie de deux cents livra*, et six à sept mille volées de canon. Il est vrai que cinq cents bombes se .rompirent sur nos rochers ou ne crevèrent point. l'effet des autres fut si grand qu'il ne resta que les voûtes d'habitables ^ircnu-^teau, et cinquante maisons à la ville. L'intrépi- dité de notre gouverneur (c'était le marquis do Bagnasc) conserva cette place. » On le voit, seuls les moyens d'attaque et de défense ont progresse. L'héroïsme et l'intrépidité, no pouvant s'accroître, sont demeurés identiques! R. B.

d.4.

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210821, 217234, 217939, 217943, 218030, 218415 218451, 218744, 218758, 218854, 219119, 210244f 219471, 219-S&5, 220574, 220608, 220010, 2210O8J 221159, 221244, 221464, 221804, 221899, 222117/ 222128, 222130, 222H6, 222439, 222543, 222589V 222042, 222043, 4 223118, 223204, 223573, 223762, 223804, 224242, 2243SS, 224385, 224403, 224827, 224993, 226086, 220542, 220734, 2270-20, 227209, 227333, 28-7570, 227883, 227834, 227954, 2-28273, 228439, 228502, 228632, 228662, 228712, 228932, 228973, 229401, 228555, 228556, 229774, 230241, 230285, 230295, 230448, 230535, 2-30055, 230793, 23079-5, 230879, 231144, 231130, 231220, 231245,

231406, 2314-îO, 231926, 232682, 233120, 234058,

235720, 235889, 235900, 2370-23, 23761S, 237393, 238040, 238749, 2388-15, 238393, 239218, 239226, 239250, 239268, 23932-2, 238374, 239739, 230925,

230944.

817 titre:) à 500 francs.

93, 145, 571, 587, 802, 1302, 1577, -1-840, 2085, 2825, 4512, 4840, 5008, 5357, 5174, G450, 0528, 7008, 7106, 7348, S0S7, S9O7, 8055, 8621, 0926, 8937, -10239, 11342, 11504, 11902, 12275, 12715, 13165, 13241, 13422, 13824, 15123, 1573'2, 10140, 10454, 165-84, 10015, 17151, 17454, 1740.7, 17575, 19256, 20116, 20730, 21478, 22008, 22205, 22482, 22552, 22875, 22838, 22079, 23011, 24083, 24209, 25012, 25710, 26394, 26910, 27>l-52, 27618, 27C05, 28029, 28606, 28jO9, 28S46, 28878, 28925, 28-812, 3-0137, 30178, 31327, 32018, 32056, 32073, 32185, 3'2188, 32210, 32-3G0, 32562, 32751, 3-2799, 32920,

33242. 33547, 3414.0,. 31171, 3530O, 35318, 35333,

STS2Ï, a84'4t;"i;39355,' 40012, 40043, 40102, 402GO, !"imd5,'a'mVi,-WM, 4-0794, '40851, 41740, 41932, 42421, 4-2330 4.2707-, 42772, 45101, 45203, 45325, 43050, 48235, 40807, 40942, 47098, 47338, 47407, 47429, 47584, 47774, 48028, 48040, 48085, 48212, 49889, 499-35, 50149, 50777, D0803, 50924, 50973, I 50076, 51206, 51463, 51527, 51534, 51537, 51607, 51099, 52052, 52287, 5251G, 5SS0O, 53626/ 53002, 54614, 54792, 55178, 55234, 55723, G5777, 557SG, 55012, 560-30, 5G303, 5055G, 56651, 5C90<2, 57032, 57810, 1 57494, 57537, 57080, 57719, 57777, 58222, 58250, 58355, 58303, 5S428, 58471, 58485, 58438, 58585, 58010, 58012, 58885, 59010, 59044, 59142, 59145, 50128-5, 59383, 5043-4, 591<iO, 59970, 0O208, 00543, 60932, 01028, 01O74, 61-204, 0:1338, 01347, 01905, 02*2.3, 02248, 02345, 62602, 62604, (>2883, G2907, 03194, 03377, 63-604, 03092, G3765, 63S28, G3S30, 04215, 04393, 04328, 01544, 04702, 04815, G4SS1, 64933, 65013, G5025, 65047, G5130, G5250, 65iS3, 05830, 65002, 05005, 00170, 00005, 66789, 070-02, 07574, 08142, CS291, 08487, O35G4, 0SS13, 69187, 09311, G073G, 70355, 70905,, 70018, 71264, 71277. 71471, 71482, 71065, 72153, 72310, 72409, 72474, 72504, 72626, 7,2029, 72901, 73213, 73013, 73872, 74494, 74082, 74737, 75044, 75181, 75224, 73-368, 75417, 75778, 75900, 70023, 70242, 76401, 76490, 76674, 70726, 70754, 70048, 77014,- 77074, 77224, 77688, 7S0G5, 78130, 7823!2, 7S707, 78726, 78760, 78857 70-290, 79334, 793S0, 79733, 80289, 805S0, S0OS1, 80847, S0949, 80-979, 861)93, S-1.060, 81102, 81141, 81'215, 8128S, 81453, 81402, 81510, 81015, 81663, 81707, 81703, 81021, 8197.2, 82021, S2182, 82390, 82456, 8-2510, 8Î709, 82057, 820CC, 82993 82995, 83029, 6316-6, 83175, 83191, 83240, 83193, 83-539, 8858-1, 83023, 83702, 83707, 83S48,- S4217, 85319, 85402, 85421, 85493, 8S66S, 857*28, 8G344, 8G375, S692G, 87100, 87114, 87370, 87750,-

87808, 87981, 88011, 88020, 88215, 88511, 88704, S8S7S, 89063, 80904, 90096, 90105, «0125, y 01 8.9, 90191, 90474, 9O504, 90341, 80714, 80758, 008ÏS, 90050, 91083, 01140, '81190, 91211, 01200, 91401, Ol-i'51, 9-1527, 81507, 91639, 91654, 91 185,. 9.1312, 02205, 92503, 92-580, 92'GIS, 02813, 82314, 92804, 989.81, 93174, 93195, 93271, D3205, 83305, 93470, 03530, 93620, 94021,(9-4122, 94176, 9-4039- 94G41, 94733, 94873, 94925, 95109, 95281, 953Ô."), U53S1, 95057, 9566.2, 95668, 95701, 95854, 9-0318, 9-6487,- 96400, 86523, 80537, 86719, 87021, 97024, 97337,1 97470, 97011, 8-7780, 9'SOOS, 98032, 88200, 98310,- 88403, US368, 99077, 99292, 99369, 99839, 10O1O1, 100250, 100313, 1003-31, 100550, 100807, 100S8O/ 101037, 101057, 101085, 101000, 101139, 101170, 101202, 101285, 101347, 101411, 101477, 101002; 101050 101602, 101707, 101810, 101816, 102770, 1027-80 10289'i, 103062, 103341, 103338, 103410, 103625, 103633, 103746, 103S2S?, 103841, 103924, 10-3927, 104008, 1043-42, 101433, '105047, 105083, 105149, 105213, 105210 105238, 105329, 105335,. 1054-21, 105452, 1O5-508, 1OÔ500, 105516, 405782, 106514, 106615, 100625, 100000, 103684, 106731, 10O739, 100845, 100S83, 100910, 107666, 108224, 108225 108396, 108504, 108578, -.103021, 1OS702, 1087241 108-341, 10S880, 109372, 1O93S0, 100443, 109585, 100900, 109936,. 1099-65, 110024, 11009O, 110375, 110800, 1110O0, 111503, 112073, 112092, ii;2'149, 112324, 112471, 112869, 11-2895, 112920,; 113265, 113273, 113-491, 113601, 113708, 114039, 114200, 114205, 114270, 114712, 115017, 1-15174, 115304, 115036, 11503G, 115089, 115721, 115701, 115788 115920, 115933, 116050, 116158,. 116257, 110328 110644, 110870, 116-970, 117204, 117300, «17376, 1175-23, 117076, 118155, 118213, 118282, 1 18287, 118289, 118489, 11S576, 119133, 118100, 119213, 119397, 119551, 118-807, 119829, 118820, 119954, 119073, 120115, 120175, 120214, 120400,120S04 120906, 121463, 121872, 122198, 122301,' 122405, 153021, 123043, 123171, 123172, 123379,! 123570 1237U6, 123734, 123903, 123944, 123987, 12401»; 124520, 124369, 124713, 124854,- 124964, 125341, 125703, 120390, 1-2064'S, 126726, 120-834, 126922, 127480, 1-28075, 128130, 128136, 126-154, 128200, 128209, 128222, 128380, 128417, 128593, 12S645, 128811, 128000, 1-29258, 128417, 129544, 129554, 120045, 129093, 129904, 130080, 130280, 130302, 13-0558, 130702, 130755, 130830, 131064, 131106 131345, 131088, 131730, 131842, 131875, 131-80.1 131902, 132012, 132052, 132084, 132150, 13-2181, 132810, 132329, 132475, 13.2519, 132524, 132532, 132507, 132781, 13-2907, 13293-5, 132973, 132-994, 133180, 133214, «SS^, 133454, 138-456, 133523, 133581, 133604, 133052, 133755, 1338-58, 133947, 133863, 133079, 134042, 134108, 134146, 134221, 134244, 134319, 134419, 134457, 134638, 134701, .134741, 134757, 134833, 1S4938, 135127, 135286, 135.290, 135312, 135320, 135493, 1353C2, 135002, 135S98, 135945, 133905, 136248, 130560, 136594, 13G848, 136994, 137575, 137907, 13SO48, 133291, 138371, 139612, 139071, 139311, 14004-3, 140182, 140361, 140626, 1409-20, 141053, 141215, 141325, 141413, 1414S8, 141501, 141016, 141691, 14182G 1419-43, 14SO61, 142301, -14-2397, 142762, 14-2807; 143325, 143483, 143641, 143722, 145560, 145691, 145855, 140130, 140153, 146269, 146-289-, 146440, 1467S9, 146878, 146882, 147167, 147288, 147344, 147437, 147590,. 147953, 147905, 147877, 14-8310, 148482, 148854, 149578, 1497-13, 149-358,. 150027, 150042, 150102, 150278, 150279, 150305, 150484, 150784, 150855, 15OS73, 1509-04, 151707,. 153796, 153858, 154578, 154785, 154S21, 1554*2, 155627 155961, 156305, 135910, 157210, 157360, 157363 157541, 157507, 157581, 158020, 158248, 15883S', 158913, 1591OS, 158174, 153319, 150340,

Le pavement dé ces titres portant le coupon, `7 du 1" avril 1917 et les suivants, ainsi queR le -payement du coupon n° 6, du 1" octobre 1910, se feront à partir du 1" octobre 191-0 -f En Roumanie, à la Caisse centrale à Bucarest et aux administrations ilnancières dans les dis-

tricts;

'A Londres, à la maison de banque 1. Henri

Sçhrçedetet Çif-–


THEATRES

Nouvelles

A la Comédie-Française

Nous avons dit que samedi, le Marquis de Villemer, de George Sand, reparaîtrait sur l'affiche, ayant pour interprètes MM. Raphaël Duflos, Leitner, Siblot, Ravet, Lafon, Mmes Pierson, Lara, Huguette Duflos, Jane Faber.

La pièce sera jouée en costumes 1840.

A l'Opéra-Comique

Mlle Marthe Chenal chantera demain soir Sapho, de Massenet, avec MM. Fontaine, Jean Périer, Mlles Borel et Saïman.

Le théâtre des Bouffes-Parisiens annonce les dernières représentations du Veilleur de nuit, de M. Sacha Guitry.

Au Palais-Royal.

Le succès de Madame et son filleul, constaté par toute la presse, s'affirme chaque soir devant le public.

A l'Opéra.

Les inscriptions pour l'examen de danse qui doit avoir lieu samedi prochain, à 3 heures, sont reçues à la régie de la danse de l'Opéra, tous les jours de 2 à 4 heures, jusqu'à vendredi prochain. Les danseuses (mime, danse plastique) sont appelées à s'inscrire dans les mêmes conditions que les danseurs.

SPECTACLES DU JffiîJCREDI 20 SEPTEMBRE Théâtre-Français, 8 h. 1/4. A quoi rêvent les jeunes filles; le, Gendre de M. Poirier. Jeudi (mat.) Polyeucte; l'Ecole des maris; (soirée) le Marquis de Priola. Vendredi: les Rantzau. Samedi le Marquis de Villemer. Dimanche (mat.) la Marche nuptiale; (soirée) Primerose.

Opéra-Comique, relâche.

Jeudi Sapho. Samedi: Madame SansGêne Lumière et Papillons. Dimanche (mat.) Werther; les Amoureux de Catherine (soirée) Mignon.

Ociéon, 7 h. 1/2. La Jeunesse des Mousquetaires.

Vaudeville, ah. 1/2 et S h. 1/2. La bataille de la Somme sur le front italien, la guerre surles cim~d~Alpes; Parispend.la guer., gr. rev. cin. Th. Sarah-Bernhardt, S h. 1/2. Fregoli dans ses nouvelles créations.

iPorte-St-ftfSartin. S h. 1/2. Les Oberlé. Variétés, iGut. 09-921, 8 h. 1/2. Tout avancel l Renaissance, S h. 10. L'Hôtel du libreéchange.

Palais-Royal, 8 h. 1/2. Madame et son filleul.

Nouvet-Acsibigu, 8 h. 1/2. Le Maître de forges.

Châteleï, 7 h. 50. Les Exploits d'und petite Française. Th. Réjane, 2 h. 3/4 et 8 h. 1/2. –Films offtciels l'Armée anglaise en action. 3 fois prjour. Th. Antoine, 2 h. 1/2 et 8 h. 1/2. Violence, film américain; la Bataille de la Somme;.Charlot. .Bouffes-Parisiens, 8 h. 1/2. Le Veilleur do nuit.

JTh. do l'Athénée, 8 h. 1/2. Un Fil àlapatte. Cluny, 8 h. 1/4. Monsieur la Pudeur. Th. Bfflichol, 8h. 1/2. Bravo!

POMP S;C N 1 S SA MSON

(Conatruct3on H~anga3se)

m~. B~3a B! ~L B H Vi S~~ ~BB H~ S --mi–. H H ~k N~" B B BS* ~3~

PERNI~RES NOUVELLES

LA -0 l

CûilÉpé OFFICIEL DU 20 SEPTEMBRE

C8~!m!~È Df QH M SEPTEMBRE

1 Trois heures

̃;H Au nord de la Somme, les Allemands ont attaqué nos positions sur la croupe 76, depuis le chemin de Cléry jusqu'à la Somme. Brisée par nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses, l'attaque n'a pu aborder nos lignes dans la partie nord. Au sud, quelques fractions ennemies, qui avaient pris pied dans nos éléments avancées en ont été rejetées aussitôt par une contre-attaque vigoureuse de nos troupes. La lutte d'artillerie se poursuit assez vive dans le gecteur de Bouchavesnes.

En Champagne, à l'est de la butte de Souain et dans les Vosges, -au nord-ouest d'Altkirch, les tentatives ennemies sur nos petits postes ont jècïioué.?*

Partout ailleurs, nuii calme.

«*

COMMUNIQUÉ DE L'ARMÉE D'ORIENT la Strouma jusqu'à la région à l'ouest du iVardar, canonnade habituelle et escarmouches de patrouilles.

A Test de la Tc'herna, les troupes serbes, poursuivant vigoureusement leur offensive, ont attaqué la cote 2625, la plus haute crête du Kaïmakcalan, organisée défensivement par 1 ennemi. 'Après une lutte acharnée allant, jusqu'au corps '!à corps, l'infanterie serbe est restée maîtresse <ie la position. Les Bulgares, qui ont subi des pertes très élevées, n'ont laissé qu'une cinquantaine de prisonniers entre nos mains. A l'est de Florina, dans la région de la rivière Brod, une contre-attaque bulgare appuyée par de la cavalerie a été dispersée vers Boresnika par le feu de nos 75 avant d'avoir abordé les lignes serbes.

A notre aile .gauche, l'ennemi résiste encore sur les hauteurs au nord de Pisoderi et vers le monastère de San-Marco. Dans Florina, nous avons nettoyé quelques maisons où des Bulgares se défendaient encore avec une saunage énergie. Nous avons fait une centaine de prisonniers pendant cette -opération.

Une de nos escadrilles a lancé de nombreux (projectiles sur Monastir.

LA GUERRE AERIENNE

Le dernier raid aérien sur Gand

Amsterdam, 20 septembre.

Le" Tcleqraaf reçoit la eonfirmation, de Gand, que le raid aérien des alliés, le 17 septembre, contre l'aérodrome de Saint-Denis, a causé des •dégâts importants; de nombreux hangars ont été ̃détruits; douze soldats allemands ont été tués et un grand nombre blessés.

Morts au champ d'honneur

Londres, 20 septembre. Selon le Morning Post, on annonce la mort du lieutenant-colonel Guy V. Baring, membre du Parlement, représentant la circonscription de Winchester. M. Baring était le petit-fils de lord Ash'burton et était né en 1873; il était entré de bonne 'heure dans la carrière militaire et avait pris -part à plusieurs campagnes. En 1910, il fut élu député unioniste de Winchester.

Les journaux "annoncent la. mort au champ d'honneur du professeur T. M. Kettle, de l'uniyersité-collège de Dublin. M. Kettle était un des écrivains et un des hommes politiques les plus distingués de l'Irlande. Il siégea au Parlement de .1906 à 1911. Lorsque la guerre éclata, il s'enrôla et devint lieutenant dans le régiment des fusiliers de Dublin.

La fête du 20 septembre en Italie

;~r Rome, 20 septembre. Dès hier, la ville de Rome était entièrement pa- t«isée en l'honneur de la fête du 20 septembre. Sur tous les murs, des affiches ont été apposées, rappelant le glorieux passé de la nation et annon- çant que, dans un jour désormais prochain, la victoire de nos soldats va rendre à l'Italie les provinces qui lui avaient été ravies.

Ce matin, une ample distribution de récompenses a été faite devant le monument du Père de la patrie. On a inauguré ensuite, place de Venise, une plaque commémoraMve en l'honneur de Battis! martyr des Autrichiens.

pet après-midi, à 2 heures, un cortège populaire doit ee rendre, comme tous les ans^ p, la brèche jde- la -oorte Pia.-j J1" j ,J

Encore un grand film de vaudeville français le cinédrama Paz qui, récemment, présentait avec un vif succès « l'Hôtel du Libre-Echange », vient d'éditer avec le même bonheur un autre grand film: « Vous n'avez rien à déclarer ?», de MM. Miurice Hennequin et Pierre Veber.

L'adaptation cinématographique de la pièce est des plus ingénieuses; le récit du douanier mdiscret est matérialisé sur l'écran et le film entier est tourné, avec les meilleurs artistes parisiens, dans un esprit de gaieté et d'élégance c'est la perfection même.

Un nouveau succès pour les films Paz.

L ORGANISATION DES SECOURS Pour créer une ha)-monie. La 61° batterie du 7° régiment d'artillerie à pied- possède d'excellents musiciens, qui se sont proposés de créer entre eux une harmonie, mais ne possèdent pas tous les instruments dont ils auraient besoin. Il leur manque notamment une grosse caisse et un alto. Ces instruments seront reçus avec reconnaissance. Adresse postale « Capitaine commandant la 61° batterie du 7. régiment d'artillerie A. L. G. P. 761. Convois automobiles, Paris. »

Le « Morceau de pain des prisonniers russes » s'est formé à Versailles dans le but de venir en aide aux prisonniers russes qui, d'après tous les renseignements venus des camps de prisonniers d'Allemagne, y souf-

Déjazei, 8 h. 1/2. On jase à Déjazet. Fol.-Bergère, 8 h. 1/2. La grande revue des Foliés-Bergère.

Attracuons

Nouveau-Cirque, h. 1/2. Antonio détective. fantaisie nautique. Mat, jeudi, samedi, dim, Tivoli-Cinéma, aujourd'hui soirée a i>h. et demain matinée il 2 n. HQ.

Cinéma des Nouveautés Aubert-Paîace, bd des Italiens, 24, tous les jours de 2 h. à 11 h. Omnia-Pathc, Fille d'artiste; Calomnie: le Désespoir de Rigadin: les Exploits d'Elaine; Actualités militaires l'Oflensive française. Gaumont-Palace (Tél. Mar. 16-73), 8 h. 20.–La Fiancée d'Agénor; les Poilus de la 0e; Avec les spahis sur le front.

Jardin d'Acclimatation. Ouvert les jours. CESSIONS DE FONDS

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Rome, 20 septembre.

Répondant à la dépêche qu'il a reçue dmmaire de Rome à l'occasion du 20 septembre, le roi a envoyé au prince Colonna le télégramme suivant: Au salut de Rome, 11 m'est agréable de répondre, des terres où nos braves soldats, forts de la sérénité confiante et de la concorde généreuse de la nation, luttent pour accomplir l'entreprise libératrice.

En cette date mémorable, au milieu de la gloire des armes, j'invoque avec un présage certain, l'avenir qui apportera à la patrie aussi de nouvelles conquêtes de pensée et de travail favorisées par de libres institutions et par une solidarité sociale bienfaisante.

Victor-Emjianuel.

L'écusson des Habsbourg

Rome, 20 septembre. Hier soir, le grand écusson de pierre des Habsbourg, qui était- scellé dans la façade du palais de Venise, a été détaché et remis à l'ambassadeur d'Epagne. Demain, à l'occasion de la fête nationale, on inaugurera sur la même place de Venise la pierre commémorative expiatoire de Battisti, le martyr de Trente.

Socialisme impérialiste en Allemagne Amsterdam, 20 septembre.

Le Berliner Tageblatt annonce que dans les réunions préparatoires de la conférence socialiste impérialiste, les socialistes de Dantzig et de la Prusse occidentale ont émis un vote approuvant la majorité socialiste du Reichstag.

L'empire colonial allemand

Genève, 20 septembre.

Le Berliner Tageblatt reconnaît « qu'après la prise de Dar-es-Salam on peut admettre que l'Afrique orientale allemande est à peu près perdue et que, si la guerre dure encore quelque temps, la dernière colonie de l'Allemagne sera entièrement conquise ».

Cependant le Berliner Tageblatt se refuse à désespérer

L'édifice déjà si imposant élevé en trente ans est démoli presque jusqu'à ses fondations. Mais on ne doit pas désespérer. Tout le monde est d'accord pour dire que le sort des colonies se décidera en Europe. Tant que la guerre européenne ne sera pas achevée, il sera inutile de nous demander ce que deviendra notre empire colonial. Ce fait seulement est hors de doute que, pour beaucoup de raisons suffisamment connues, nous devons avoir des' colonies. C'est un point que le docteur Soif a suffisamment développé dans ces derniers mois. On peut donc espérer que notre édifice national sera reconstruit dans îles proportions encore plus belles.

Le vol des récoltes en Flandre

Amsterdam, 20 septembre.

Le Telegraaf écrit que dans les Flandres les soldats du landsturm sont occupés à battre le blé en grange dans les villages. Une fois la tâche accomplie, ils expédient la plus grande partie du grain aux stations de Wetteren et de Termonde, ne laissant aux cultivateurs qu'une quantité très insuffisante pour leurs besoins personnels.

L'opinion libérale en Grèce

Athènes, 20 septembre.

La Palris publie un article très caractéristique sur l'évolution de l'opinion grecque. Elle reconnaît que l'heure est venue de renoncer à réaliser l'unité nationale si âprement désirée pour ùe son- ger qu'au salut de la Grèce « Plus de discussions, plus d'atermoiements! L'heure est venue do suivre chacun sa route. La discipline peut sauver, la patrie en danger; mais quand la soumission à cette discipline doit aboutir à une catastrophe, ceux qui prévoient le malheur menaçant doivent agir selon leur conscience. Point de lamentations; que les actes succèdent aux paroles! Il

La Nea Hellas écrit

« L'armée grecque n'est pas celle qui se repose à Athènes. Les armées sont faites pour la défense de là patrie et non pour servir les intérêts de certains personnages. Jamais les Hellènes ne se sont battus pour des personnes, mais toujours pour des idées. Alexandre lui-même conquit l'Asie pour y apporter la civilisation grecque, non pour asservir ce pays. »

La protestation du peuple grec

̃•'̃ Athènes, 20 septembre.

Voici le texte de la résolution votée par acclamation dans les grands meetings populaires tenus à Mitylène, Samos, Lemnos, Chio et Icari, résolution transmise au roi et aux puissances de l'Entente

Fidèlement et inébranlablement attachés à l'idée de la patrie hellénique, une et indivisible, au devoir sacré que nous avons envers elle, aux traditions de la nation et de la race, nous qui, pendant cinq siècles, avons entretenu le flambeau de l'idée nationale et de l'unité nationale et qui, affranchis d'hier, conservons très profond le sentiment de nos obligations non seulement envers la patrie, mais envers la race, mesurant les dangers très graves qu'a créée la politique suivie jusqu'ici et la ruine nationale complète qui bous menace, .décrétons à l'unanimité ce mii suit i-

frent de la faim plus encore que tous les autres. L'œuvre fait appel à toutes les bonnes volontés pour arriver à soulager leur misère, en récoltant tout le pain inutilisé dans les cuisines, qu'elle fait transformer en biscottes et en chapelure; les feuilles de thé usagées et le marc de café, préalablement séchés au four, lui servent également. Elle en fait l'envoi aux présidents des comités de secours russes dans les camps d'Allemagne, et déjà des réponses exprimant leur gratitude lui ont montré que son œuvre est utile.

Tous les dons, en nature et en argent, seront reçus au siège de l'œuvre par Mlles Waltz, rue Saint-Pierre, 18 (Foyer du soldat), Versailles.

Le notariat et les mutilés. L'Association pour l'instruction notariale et le placement des mutilés organise à l'intention de ceux-ci des cours gratuits qui s'ouvriront dès le mois d'octobre. Des cours spéciaux par correspondance seront également créés. Les mutilés peuvent se faire inscrire en s'adressant ou en écrivant à l'association, rue d'Athènes, 2.2.

Le « Jour de Franco » en Ecosse. C'est le 16 sep-' tembre que l'Ecosse a apporté sa magnifique oontribu- tion « aux braves soldats de France en célébrant le « jour de notre pays.

A travers toute l'Ecosse, pendant plusieurs jours déjà, les membres les pius éminents de l'aristocratie et de toutes les élites, intellectuelles et industrielles iJepsh^ sâises, ont quêté au profit des œuvres françaises de" guerre soutenues par la section écossaise de la Croix-V; Rouge britannique, que préside le colonel sir George Beatson, le grand chirurgien de Glasgow, en coopé--

Il n'est pas, pour se raser, de lames mieux finies,plus tranchantes, plus parfaites que celles du ,>

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1° Nous réprouvons avec une indignation patriotique la politique des gouvernements Gounaris et Skouloudis dont les faits ont incontestablement démontré le caractère funeste aux intérêts de la nation et véritablement criminel at nous repoussons toute action s'inspirant de cette politique;

2° Dès maintenant, en communion d'idées avec la plus grande partie de la nation, nous nous déclarons avec enthousiasme pour la politique de M. Venizelos, politique vraiment nationale, politique à vues larges et ,positives; nous le réclamons comme chef politique du pays et nous nous rangeons aux côtés des trois puissances protectrices auxquelles nous lient indissoluble- ment les traditions et les intérêts de la race. 3°' Nous adressons au dernier moment un appel Je S. M. le roi et le prions, prenant conscience des gran- des traditions nationales dont U tire toute son autorité,traditions qui ont bercé toute âme grecque et sur lesquelles sont fondées la gloire et le prestige de son trône, de se conformer aux sentiments réels de la nation et à la volonté nationale; qu'il lève le drapeau de l'unité nationale et que, tendant toutes les forces nationales pour la réalisation du programme qu'imposent invinciblement la volonté nationale et l'intérêt désormais clairement tracé de la nation, il conduise la marche triomphale dont cette action commune sera le prélude. Nous supplions le roi de ne pas oublier que, représentant l'unité de la race, son passé, ses obligations à venir, il a pour devoir sacré de prévenir la grande catastrophe qu'entraîne fatalement la scission nationale actuelle, vu qu'il est impossible à ia nation de suivre une politique contraire à ses sentiments héréditaires les plus profonds et de souffrir plus longtemps la présence, sur le sol ensanglanté de la Macédoine, d'un ennemi que nous haïssons d'une haine séculaire; ̃4° Nous nous opposons à toute politique contraire a cette volonté nationale, préférant même la ruine complète, si elle est provoquée par une action nationale commune, au déshonneur et à l'effondrement dont sont causes la décomposition nationale et la, guerre civile; 5°' Nous décidons de mettre en œuvre tout ce qui sera jugé opportun pour la réalisation immédiate dé- programme libéral et des décisions ci-dessus, ayant toujours pour guide l'idée de la patrie hellénique, le lien indestructible qui nous lie à elle et les obligations que nous avons tous envers la race entière. A cette fin, nous chargeons une commission de cinq membres de suivre, en s'inspirant de ce qui précède, l'évolution des événements et de prendre toute i#:esure utile découlant de nos décisions;

G° Nous approuvons la transmission du présent- décret à S. M. le roi, au gouvernement, au chef dt^ parti libéral M. Venizelos, aux ministres des trois puissances protectrices,, aux organes les plus notables de; l'opirnion publique en France, en Angleterre et en- Rusai^f- ainsi qu'à la presse libérale de Grèce.;

La conférence des ministres Scandinaves Christiania, 20 septembre.

La conférence des premiers ministres Scandinaves s'est réunie hier à Christiania. La première séance a été consacrée à établir -le programme qui fera l'objet des débats.

La fermeture de la Baltique

Stockholm, 20 septembre. Dans un article sur la passe de Kogrund le journal libéral suédois les Doyens Nyheter écrivent: C'est un fait connu dans les milieux de la marine militaire qu'une des causes principales qui ont amené la Suède à poser des mines dans le Kogrund fut précisément de mettre un terme aux visites inorpportunes des navires allemands de garde dans Ja passe qui ,S9 trouve exclusivement en territoire suédois. Il sera sans doute permis de rappeler à l'Entente, qui maintenant s'en plaint, que le premier navire auquel le passage fut refusé après la publication de la nouvelle ordonnance, était précisément un navire de guerre allemand.

Un peu plus loin, l'article ajoute qu'après la pose de mines allemandes dans la Baltique méridionale, les Dagens Nyheter avaient conseillé à la Suède de poser elle-même des mines, afin qu'elle pût contrôler la navigation à proximité de la côte suédoise. Le journal exprime toutefois le regret que cette mesure ait été prise à une époque et dans une forme mal choisies, qui ont fait naître une méfiance imméritée à l'égard de la neutralité do la Suède.

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LA QUESTION DES EFFECTIFS EN ANGLETERRE-'

̃ Londres, 20 septembre';

La question de l'entretien des effectifs au front continue à préoccuper au premier chef l'opinion publique et le gouvernement en Angletérre. Pour le moment, on ne paraît pas décidé à reculer jusqu'à quarante-cinq ans la limite d'âge du service qui a été fixée à quarante et un ans. Il semble qu'on préfère procéder d'abord à une révision- des listes des exemptions accordées à différents titres à des hommes jeunes employés dans les services de l'Etat ou dans des branches de l'industrie et du commerce reconnues d'utilité publique. Selon le Daily Chronicle, un nouveau comité a été constitué, M. Austen Chamberlain, secrétaire d'Etat pour les Indes, en est le président et lord Middleton le vice-président. Ce comité sera une sorte de cour d'appel qui décidera en dernier ressort de la légitimité des exemptions.

Jusqu'à présent tous les ministères ont eu le droit de retenir, non seulement dans leurs bureaux, mais dans toutes les branches de l'activité- nationale relevant directement ou indirectement de leur autorité, des hommes en âge de porter les armes. Il est également probable qu'on modifiera les ius-_

ration avec l'actif comité de Londres de la CroixRouge française, dont notre ambassadeur, M. Paul Cambon, est président d'honneur, et dont la vicomtesse de La Panouse est la présidente.

Les souscriptions recueillies pérmottront de soutenir l'hôpital de l'Ecosse, rue de la ;Chaise, 7, à Paris, b? ambulances automobiles de {l'Ecosse, offertes au service de santé français, et de faire des dons aux divers hôpitaux français en même tqmps que d'installer et d'offrir un wagon de radiographie.

Lady Coats, MM. A. Trotter et/JDavid Baird Smith, qui ont lancé le généreux appel à 'leurs compatriotes, ne cessent depuis le début de la guerre do se dévouer inlassablement pour nos blessés.

Le Comité interdépartemental des prisonniers de guerre d'Annecy avise les familles des prisonniers qu'il a traité pour la fabrication et l'expédition d'un cake pouvant se conserver deux mois en parfait état. Le poids de ce cake est de 280 grammes. Les familles qui désirent que le comité en joigne à leurs envois de vivres n'ont qu'à adresser un mandat de 1 fr. 05 par cake. Le comité recommande de neJpas en envoyer plus de deux par colis.

INFORMATIONS FINANCIËRES

~r Eu Suisse, la dépréciation du mark est de 25 07 et celle du franc de 8 55 0/0.

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tructions données aux tribunaux chargés d'examiner les demandes d'exemption des particuliers. Ces tribunaux ont été suivant les régions d'une libéralité plus ou moins grande. Le gouvernement est décidé à soumettre à des règles aussi uniformes que possible les tribunaux et commissions d'exemptions médicales.

Dans le Times, le colonel Repingtôn examine la question du recrutement. Selon lui les Allemands disposent encore de réserves considérables, les classes 1917 et 1918 n'ayant pas encore été envoyées sur le front; en outre, il faut s'attendre à ce que le gouvernement appelle sous les armes les hommes de seize à soixante ans lorsque la situation militaire deviendra grave.

Le colonel Repingtôn estime, en conséquence, que les états-majors alliés devront examiner en commun leurs besoins d'hommes et convenir du chiffre de divisions qui sera nécessaire pour assurer la victoire.

Les alliés doivent mettre en commun leurs ressources en hommes tout comme ils ont déjà mis en commun leurs ressource® en canons, obus et dharbo-n.

Le colonel Repington examine ensuite la situation en Angleterre. Le rapport de lord Derby sur le recrutement, daté du 20 décembre 1915, établissait qu'indépendamment des années en campagne ou en Angleterre, le Royaume-Uni disposait de 5 millions d'hommes en âge de porter les armes. Les lois sur le service militaire ont placé ces hommes à la disposition du gouvernement. On doit ajouter tes jeunes gens au fur et à mesure qu'ils atteignent l'âge de dix-huit ans, ce qui représente une moyenne de 350,000 hommes ptvr an. De tels chiffres permettent de maintenir en campagne, indépendamment des apports fournis par les Dominions et 'les dépendances, un total de 100 divisions.

A la suite de la promulgation de ces lois, les divers ministères, et principalement le Board of Trade, commencèrent à accorder de nombreuses exemptions; une révision de ces listes d'exemptions permettra de fournir à l'armée un chiffre considérable de nouvelles recrues.

Le colonel Repington estime 1,600,000 le nombre des hommes qui ont reçu des exemptions de la part des divers ministères ou des tribunaux. Il insiste en faveur de la promulgation de nouvelles instructions aux tribunaux d'exemptions. On peut ensuite se poser la question de savoir s'il y a lieu d'établir en Irlande le service militaire obligatoire; on pourrait obtenir de ce chef 150,000 hommes. qui sont absolument nécessaires au maintien: a effectif complet des divisions irlandaises ̃actuellement au front.

Le troisième moyen d'assurer l'entretien des effectifs nécessaires serait le recul de la limite d'âge du service militaire et de faire par là une sorte de « landsturm » qui permettrait d'envoyer au front les garnisons importantes maintenues en Angleterre.

CONSEILS GÉNÉRAUX

Lot-et-Garonne. =– Le conseil général a voté la motion suivante

Le conseil général de Lot-et-Garonne remercie les armées françaises de leur vaillance inlassable et de Iqur héroïsme assurant les destinées de la patrie; il adresse aussi un salut aux nobles armées alliées qui de concert avec les armées françaises défendent avec une gloire impérissable la sainte cause de la justice et du droit; il salue la noble nation roumaine qui a voulu soutenir avec les alliés cette cause sacrée; il envoie à l'armée roumaine ses vœux ardents pour que la victoire couronne ses efforts; il félicite le gouvernement de la République d'avoir su réaliser la conduite énergique de la guerre par l'unité d'action sur le front unique; il l'engage à continuer son action vigoureuse pour nous conduire bientôt à la victoire décisive.

Au ministère de la justice

Sont maintenus temporairement en fonctions les magistrats ci-après, atteints par la limite d'âge: MM. Bidault dé l'Isle, président de chambre à la cour d'appel de Paris, et Bousquet, conseiller à la cour d'appel de Toulouse.

Est nommé président honoraire M. Genty, président.du tribunal de première instance de Boue, admis faire valoir ses droits à la retraite. La mission américaine en France

Saint-Etiennè; 20 septembre. Une mission américaine, menant du Puy, est arrivée hier soir à Saint-Etienne, où elle a visité des maisons de rubans et des usines. Entre temps, les membres de la mission, ont été reçus à la chamibre de commerce par le président, M. Tavernier, 'et les membres de ce,t important groupement. Un édhange de vues a eu lieu sur les deux industries principales de Saint-Etienne la rubanerie et la métallurgie.

Un banquet a été offert au restaurant Santoni par la chambre de commerce. Le préfet, le maire et M. Damour, député des Landes, et les diverses notabilités stéphanoises y assistaient. Au Champagne, des toasts, empreints d'une très grande cordialité, ont été portés par MM. Tavernier, président de la chambre de commerce; Nichols, directeur de la mission; le préfet et M. Mac Arthur. Meurtre et tentative 'de suicide

(De notre correspondant particulier)

Auch", 20 septembre.

M. Montanat, jardinier en çtoef de l'école dô.Ja

;Ho_urr&^ujr«ni^-ajiiJaia£^iE cbœs. inLi- tcauBia- sa_

Aux Etats-Unis, dépréciation du mark 26 60 0/0, du franc 13 12 0/0.

Le marché de New- York prévoit un dividende supplémentaire sur l'action ordinaire du Steel Trust. On parle également de la fusion de grandes compagnies métallurgiques. (Agence économique et financière.)

On nous écrit

« J'ai remis au Trésor, le 17mai dernier, par l'intermédiaire d'une grande société de crédit, 10 obligations 3 0/0 différé des Chemins de fer fédéraux juisses, et aujourd'hui 18 septembre, c'est-à-dire quatre mois après, je n'ai pu être mis en possession, malgré mes demandes réitérées, du certificat négociable.

» Comment pourrai-je, dans ces conditions, souscrire au prochain emprunt? »

Nous avons reçu un grand nombre de réclamations de même nature. Qu'attend-on pour y donner satisfaction? L'intérêt du Trésor n'est-il pas de régulariser au plus tôt ces opérations? NOUVELLES COMMERCIALES

GRAINS. Nëw-York, 19 sept.: Rlé dispon. 160 »/».̃ Chicago, 19sept: 'Blé sur septembre 149 1/4; sur décembre 149 7/8. Mais sur 'septembre 86 1/2; sur décembre 73 5/8.

COTONS. New-York, 18 sept.: septembre 15 68; déc. 15 97.

BANCO EL HOGÂB ARQENTIHO Les actionnaires sont convoqués en assemblée générale ordinaire à Buenos-Aires, le 12 octobre prochain, au siège social, à 16 hlcs. Ordre dn Jour

Délibération sur le rapport et les comptes du 17e exercice clos le 31 août 1916.

Distribution des bénéfices.

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maison fermée. Il y pénétra par la fenêtre en brisant un carreau et se 'heurta au corps inerte de sa femme, râlant au milieu d'une mare de sang. Dans une chambre de débarras, à l'étage inférieur, on trouva peu après un autre corps, celui d'un ancien infirmier de l'hôtel-dieu, nommé Fabre, qui respirait à peine. Un revolver gisait à ses côtés.

Transportée à l'hôpital, Mme Montanat ne tarda pas à succomber. Fabre, de son côté, a pu reprendre ̃connaissance. On lui a déjà extrait une des deux balles qu'il s'était tirées après le meurtre de Mme Montanat. Mobilisé depuis plusieurs mois à Toulouse, dans une section de C. O. A., il en était revenu tout exprès à Auch, dans l'espoir de déterminer sa victime à le suivre et à aller vivre avec lui. Ayant essuyé un refus ..formel, il lui tira un coup de revolver derrière la nuque et voulut ensuite se suicider. Il a fait des aveux complets. Fabre, ancien ouvrier maçon à Aurillac, est marié et père d'une fillette. Sa victime, âgée de trente-cinq ans, a une fillette de onze ans, qui était absente au moment du drame.

NOUVELLES JUDICIAIRES

Le drame de Triel

Au début de la seconde audience, les derniers témoins sont entendus

Mme Cabrol, sœur de l'accusé, déclare qu'elle a vu un revolver entre les mains d-i Mlle Esther quelques instants avant le drame.

Mme Guyon, sœur de 'Mlle Esther, affirme qu'à partir du moment où cette dernière fut enceinte, M. Robert Picq n'eut plus qu'un but: la décider à l'avortement. q

Le capitaine Guyon, du 9* cuirassiers, confirme la déposition de sa femme, précédent témoin. M. Picq père confirme toutes les explications apportées par son fils pour sa défense.

Le témoin suivant est le docteur Socquet, médecin légiste.

STA.l'ISirE^aJK MURTECaPAï/E

Le service de la statistique a enregistré pendant la 37" semaine 601 décès, au lieu de 608 pendant la semaine précédente, et au lieu de 739, moyenne ordinaire de la saison.

La fièvre typhoïde a causé 1 décès, la rougeole 6, la scarlatine 0, la coqueluche 4, la diphtérie 0, la diarrhée infantile 22. P 1

Il y a eu 17 morts violentes et 3 suicides. On a célébré à Paris 433 mariages. On a enregistré la naissance de 541 enfants vivants (257 garçons et 284 filles), dont 382 légitimes et 159 illégitimes. Parmi ces derniers, 3 ont été reconnus séance tenante.

Londres, 20 septembre.

Le 1" octobre, à 2 heures du matin, l'heure normale sera reprise en Angleterre et toutes les horloges seront retardées d'une heure.

Londres, 20 septembre.

Un grand incendie a éclaté cette nuit dans une fabrique de poêles à gaz à Luton. La moitié du bâtiment est totalement détruit. Les dégâts s'élèvent à plusieurs milliers de livres. Pas d'accident de personnes.

TtÏtïôïs^ aTorbre DU JOUR

Pichon, lieutenant au 49° d'infanterie excellent commandant de compagnie, homme de coeur et de devoir qui s'est dépensé sans compter depuis le commencement de la campagne. Toujours là où était le danger pour encourager et exciter ses sous-ordres. Très brave, très courageux. Pendant les journées des 23, 24 et 25 mai 19-16, a été l'âme de sa compagnie pendant la crise. S'est fait tuer bravement en faisant lui-même la reconnaissance de la ligne ennemie.

Stanim-ler, sous-lieutenant au 58e d'artillerie jeune officier très calme, plein d'entrain et de bravoure. S'est maintes fois distingué comme observateur aux tranchées avancées. Etant en première ligne pour un réglage de tir, n'a pas hésité à traverser une région violemment bombardée pour venir rendre compte de sa mission. A été tué.

Poisson, soldat de 2° classe au chasseurs a réclamé l'honneur d'Otrc estafette en première ligne, faisant valoir son ancienneté dans le peloton. Blessé une première fois, a refusé d'être évacué. Blessé grièvement une deuxième fois, est mort des suites de ses blessures, en faisant montre des plus belles qualités militaires. Picchini, sergent au 173" d'infanterie sous-offleier grenadier d'élite, très courageux et plein d'entrain. Le 29 mai 1916, après un bombardement de 4 heures, s'est porté en renfort en première ligne et a contribua à arrêter l'attaque ennemie en lançant des grenades avec une précision remarquable. Sa compagnie étant relevée, est resté volontairement en ligne jusqu'à la relèvo complète du bataillon.

Dumas, lieutenant détaché à l'escadriMe C 11 pilote d'une bravoure et d'un dévouement à toute épreuve. Le 26 avril 1916, a attaqué un Fokker et l'a obligé à atterrir précipitamment à quelques kilomètres dans ses lignes. Le 2 mai 1916 a abattu un Aviatik qui s'est écrasé sur la tranchée allemande de première ligne. Perdriat, aspirant observateur à l'escadrille G. 11 observateur de premier ordre, qui a déjà accompli de brillantes et périlleuses reconnaissances, principalement depuis le début de la bataille de X. Légèrement blessé au côté le 29 avril 1916, n'a pas interrompu son ser_yjee..L.e..21_mai. blessé. de. nouveau. jl'un éclat d]obus.

Le Havre, 19 sept.: septembre 132 »p; dée. 133 25. METAUX. Londres, 19 sept.: Cuivre compt 116 »»/, terme 113 10/ Etain comptant 171 10/; terme 172 »»/». Plomb compt 30 10/»; terme 29 5/». Zinc compt 56 »»/, terme 49 »»/.

Pommes de terre (marché des Innocants) La situation anormale créée par la taxation continue de paralyser les affaires, qui sont à peu près nulles. On cote aux 100 kilos: saucisse HauteVienne 18 fr. départ, saucisse Loiret 20, ronde jaune 17, chair blanche de la Sarthe 14. Pour la marchandise rendue Paris, ces prix doivent être majorés do 1 fr. Les pommes de terre hollande sont très peu offertes.

Fourrages et pailles `

La Chapelle, 20 septembre.

L'approvisionnement est toujours restreint, du fait des réquisitions. Les besoins de la graineterie étant grands, la marchandise s'enlève rapidement. Les prix sont fermement tenus, voire en hausse appréciable sur la luzerne et la paille de blé.

lre qualité qualiti

Luzerne 85 à 00 78 à 85 Foin 80 à 85 75 à 80 Regain de luzerne. 82 à 8G 75 à 80 Paille do blé 70 à 74 IJË 6o à 70 Paille d'avoine 55 à 58 52 à 55 Paille de seigle 42 à 4S »» à »»

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à la main et les moteurs ayant été arrêtés pour évitas un incendie (réservoir d'essence crevé par un éclat), a fait preuve de calme et d'énergie en guidant le pilote pour rentrer l'appareil dans nos lignes. Gauthier, adjudant au 78° d'infanterie chargé de la défense d'une tranchée de toute première ligne dans la plus dure des batailles, a maintenu sur place, pendant les 9, 10 et 11 avril 1916, sa section très éprouvée par un bombardement d'une violence extrême; avait, dès le 9 avril, repoussé une attaque de l'infanterie ennemie et secouru par son intelligente intervention les sections voisines. A été tué le 11 avril sur sa position conservée intacte. Etait en campagne depuis le premier jour de la mobilisation.

Pizay, sergent au 415° d'infanterie sous-ofabier d'un dévouement à toute éprnuve, très calme et doué des plus belles qualités militaires. A été mortellement atteint, le 27 mai 1916, en encourageant ses hommes à rester à leurs pièces, malgré un violent bombardement. A donné le plus bel exemple d'abnégation et de sacrifice en prononçant ces paroles « Je suis heureux de mourir puisque c'est pour la France! »

Galissot, sous-lieutenant au 415" d'infanterie le 25 mai 1916, dans des circonstances très dangereuses, a réussi à prendre pied sur un point d'appui dispuU par l'ennemi et sous un bombardement des plus violent! y a maintenu son peloton pendant deux jours et trois nuits, brisant toutes les tentatives de l'infanterie ennemie. Officier intrépide et esclave du devoir. Luccioni, lieutenant au 173° d'infanterie officier remarquable de calme, de sang-froid et de bravoure. Au moment .de l'attaque du 29 mai, était debout dans la tranchée faisant exécuter des feux au sifflet et encourageant ses hommes par son attitude et ses paroles. Déjà cité a la division.

BOURSE DE PARIS

20 SEPTEMBRE

Deux heures. Le marché se raffermit de plus en plus, surtout en ce qu.i concerne les valeurs russes. Les valeurs métallurgiques françaises sont également mieux tenues.

Quelques demandes en 3 0/0 français. Tendance générale, assez bonne.

MARCHE OFFICIEL

Comptant

30/0. 6265 Est40/0. 41650 31/2amort.lib. 90 50 30/0. 338 50/0. 90.. -nouv. 333 50 Ch.deferdel'Etat. 390.. NordoNig.30/0. 451 50 Tunisienne. 335. Ó 30/0. '.i4G 5D Afrique pccid. 364 obl1p' nouv. 351 Marool914. 427.. Ouest 3 354.. Ville 1865. 515 nouv.. 347.. Ville 1871. 358.. L on 40 0. 418 Ville 1875. 497.. Y (fusion). 418,.

Ville 490 50 (fusion) 333..

Villo 1876. 490 50 nouvelle. ~7

Ville 1802. 256 nouvelle. 337.. Banque de Paris. 109S Midi oblig. 4 0/0. 409 Crédit mobilier.. 360 30/0. 343 Union parisienne.. 668 nouv. 836 Banque française 18~ Orléans 4 0/0. 405 Banque privée. 285 3 0~0. 354 B. d'Alg~rie 3060 nouv. 344.

Franco Egyptien. 135.. nouv. 3h..

Franco Egyptien. 135 TrÉflleries. 339.. Est. 850.. Pathé 147 Lyon. 1050 Rio-Tinto. 1136 Nord.1411.. ,\rie"'e 6t~0:.

Orléans. U80 "11 ",e. 600..

Ouest. ~10.. Aciéries Marine.2270.. Transatlantique or. 191.. Bons Panama. 112.. Transatlantique pr. 193.. Chargeurs réunis.. 910 Messageries or. 132 An-liquide. 430.. Messageries pr. 165 SchneideretC"2225.. Voitures. 20S.. Carmaux. 2830.. Extérieure. 97 75 Gafsa 860.. Argentin 1911. S5 25 l3oléo. 840..

Serbe 5 0 0. 42G.. :sels gemmes. 31.i.

Japona~l3: 53Î:: ~00.. Russe 1914. gg Bec Auer. 10.~5.. Banque Petrograd. 370 BrIansk ord. 475 ~tchins~ 373 ~o~3SS::

Sangha. 72 25 IN.-E. Oural. 388

Lombards 3 0/0. 180.. OuestOural. 386.. Asturies Ir. 400 Chicago. 480 Astm'ies2°. 362.. central Pacifie 425 Saragosse. 410.. ~°~nTo/n" 357.. Saragosse 1re hyp.. 330.. Riazan 40~0. 356., Andalous 380 N.-Y. Haven. 46. 50 Andalous 1~~ r, flxe. 335 Tabacs Philippines 620 2. r. fixe 319.. Pétrol~ 9klahoma. 88 mT'~innf." 3S3 Mer Noire. 3SI

Baluelone. Télégr. Nord 1100

Communales 1879.. 436 Norv. Azote. 535 Foncières 1S79. 4G0 Moseou-\Yindau. 35G

Terme

Briansk ord., 475; Banque du Mexique, 406; Londres-iMcxico, 242. MARCHE EN BANQUE

Comptant

Bal>ou J ,563 RuHe, A?.;); Caoutchouc ili; Cape,- 116; Cly d.ep, 127 5", C'^oci'-o, 38; Crown mines, 82 50; De Bp<>s, ord., 350, De* Dietrich, 248; Hartmann, 510; Jagersfoiuem, 102 50; Lianosoff, 38i; Malacca, US; Mallzof, 785; Modderfontein, 188 50; Mount Elliot, 117; Platine, 558: Raisin, 310; Rand mines, 10-i; Taganrog, 415; Tharsis, 143; Toula, 1,501; Utah, 514; Wagons, 258; Dnieprovienne, 2,955; Monaco, 3,150: Colombia, 1,195; Bruay, 1,745; Hotchkiss, .799; Baird, 724; Matières, part, 580. Terme

De Dietrich, 248; Malacca, 118; Toula, 1,501; Tubes, 435.

MARCHE DES CHANGES

Londres. 2785 à 27 90 Canada, 5 80 1/2 à 5 86 1/2. Danemark,1 57 l/2àl 611/2 Norvè;e,162 a 1 G(S Espagne, 5 85 à 5 91 Portugal, 3 97 1/2 à 4 17 1/2 Hollande, 2 37 à 241 Petrogr.. 1 88 1/2 à 1 94 1,2, Italie, 89 1/2 à 91 1/2. Suède, 163 1/2 à 1 67 1/2. New-York.. 582 à 588 Suisse, 108 1/2 à 110 1/2.