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Titre : Le Temps

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1916-09-11

Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication

Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Éditeur scientifique

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 137484

Description : 11 septembre 1916

Description : 1916/09/11 (Numéro 20155).

Description : Collection numérique : France-Japon

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k242660t

Source : Bibliothèque nationale de France

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34431794k

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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Paris 10 septembre

BULLETIN_DU JOUR L A RÉOUVERTURE DU PARLEMENT SERBE Le Parlement serbe se réunit demain à Corfou, dans l'île où l'armée serbe réchappée de l'etïroya'ble retraite d'Albanie s'est reconstituée sous la protection des alliés. Les soldats du roi Pierre et du prince Alexandre se trouvent aujourd'hui surJla frontière de Macédoine et ont même.repris pied sur une petite portion du territoire que les Bulgares leur ont volé. Les députés reprennent leurs travaux aux côtés du gouvernement et affirment la continuité et la vie de l'Etat serbe en face de ceux qui croyaient l'avoir détruit.

La Skoupchtina a siégé pour la derrière fois :au mois d'apût 1915, à Nich, pour être consultée sur les concessions territoriales que la TripleEntente lui demandait de faire à la Bulgarie. Malgré l'éteridue des sacrifices, la Chambre et le gouvernement serbes se conformèrent aux vœux des alliés. On ne doutait pas à Nich de l'inutilité du sacrifice et l'on y était persuadé que la Bulgarie, exploitant les illusions de la diplomatie de Petrograd, de Londres et de Paris, préparait une nouvelle trahison. M. Delcassé, de même que ses collègues de l'Entente, se refusaient à croire à la mystification de Sofia. Les Serbes se rendirent à l'appel qui leur était adressé au nom de la cause commune, comme ils s'étaient déjà inclinés dans l'intérêt de. la paix devant l'ultimatum austrohongrois.

De même qu'en juiMet -1914, la soumission des Serbes n'écarta pas la guerre, cette fois encore leur sacrifice ne retint pas la Bulgarie. Un mois à peine après qu'ils eurent accepté d'abandonner à leurs insatiables voisins une partie des terres qu'ils avaient conquises, les Bulgares les attaquaient traîtreusement dans le dos. L'armée du prince Alexandre, que les alliés n'étaient pas alors à même de secourir à temps, s'opposa héroïquement à l'invasion. On lui demanda de tenir pendant trois semaines; elle tint pendant cinquante-quatre jours, accom- ,I plissant des prodiges de bravoure. Mais l'ennemi étant trois fois supérieur en nombre et pourvu d'une artillerie lourde formidable, la retraite générale devint indispensable. C'était le désastre! A cette débâcle, la Serbie opposa la volonté farouche d'une nation qui ne veut pas mourir. Son seul souci était désormais de sauver l'armée et tout ce qui représentait les forces vives de l'Etat.

Dans sa retraite, l'armée fut suivie par le gouvernement et par un grand nombre de députés appartenant à tous. les partis politiques. Ils étaient 126. Les uns échappèrent par l'Albanie, les autres par Salonique et Athènes. Un seul passa en Roumanie. Sur ce nombre, i02 s'installèrent à. Nice, 15 en Grèce, 4 en Suisse et 4 en ItaLie.Le .président de la Skoupchtina. M. Nikolitch, s'était fixé à Athènes, en attendant la reprise des séances. Les députés restés en Serbie, et qui sont au nombre de 40, appartiennent à tous les partis politiques. Parmi eux se trouvent les chefs du parti nationaliste, M'M. Ribarats et Veillkovitch. Ce dernier exerce les fott'ct.ionsdB maire de Belgrade. ̃" Le courage stoïque des troupes seiibes, du roi Pierre et du prince régent Alexandre a été un objet d'admiration universelle. Les' membres du gouvernement et de la Skoupchtina méritent également qu'on leur rende hommage. Ils ont tous tenu bon sur le chemin de l'honneur et du devoir. Tl ne s'en est trouvé qu'un seul pour se laisser abattre et faire défection, M. Katslerovitch, l'un des ,deux députés socialistes serbes. Il est allé àZimmërwald; il s'est abouché avec ses collègues de Berlin et a publié un mémoire où il a pris la défense des ennemis de son pays. C'est l'unique désertion qui s'est produite dans les rangs des représentants dq peuple serbe. Mais M. Katslerovitch est fils d'Allemand!

Le mandat de la Skoupchtina actuelle était expiré déjà en juillet i914, mais les élections ne apurent avoir lieu à cause de l'agression autrichienne. L'ancienne Chambre, conformément à la Constitution, a donc été prorogée. C'est en vertu -de ces pouvoirs que le Parlement va reprendre ses travaux, donnant le spectacle unique dans l'Histoire d'une représentation nationale siégeant sur le sol étranger pour traiter les affaires de la patrie envahie. Le président du conseil, les ministres vont collaborer avec les députés à l'élaboration d'un budget dont les sources de recettes sont encore sous la main de l'ennemi. Ils voteront des lois qui ne pourront être appliquées dans les limites territoriales de l'Etat qu'après que l'envahisseur en aura été chassé. Mais aucun de ceux qui prendront part aux délibérations de Corfou ne conserve de doute sur la délivrance aussi impatiemment attendue par ceux qui sont sur la terre d'exil, que par ceux qui sont courbés sous le joug autrichien et bulgare. C'est un spectacle à la fois, grandiose et poignant que ce Parlement siégeant au seuil de la patrie et attendant dans. une foi inébranlable que l'armée serbe, à côté de celle des alliés, lui prépare une rentrée triomphale dans la capitale du royaume.

Les conditions dans lesquelles elle siège imposent à la Skoupchtina des obligations toutes particulières. Les questions de parti, les querelles de personnes, les récriminations sur le passé lui sont interdites. L'union de tous les députés est un devoir sacré. Et ils témoigneront de leur confiance dans la victoire, dans les destinées de leur pays reconstitué et agrandi en se serrant autour du gouvernement et de la dynastie. Ils soutiendront de leur unanime patriotisme le courage d'une armée de nouveau prête à tous les sacrifices pour reconquérir son pays.

«S>

DÉPÊCHES TÉLÉGBAPHIQUES DES CORRESPONDAOTS PARTICULIERS DU (EWttîJS Londres, 10 septembre.

Le vapeur suédois Gamen, de Stockholm, a été coulé. L'équipage est sauf.

Londres, 10 septembre.

On mande de Bloemfontein que deux hommes, accusés de fomenter une nouvelle rébellion, ont comparu devant le juge d'instruction sous l'inculpation de haute trahison.' 4 Le général Dewet a été entendu comme témoin par le juge d'instruction chargé de cette nouvelle

affaire.

Le -général, qui avait précédemment averti le gouvernement de cette nouvelle tentative de rébellion, a déclaré qu'il avait déconseillé cette aven-

ture.

Athènes, 10 septembre.

Un chalutier fr.anca.is a saisi à Candie un voilier turc.

Copenhague, 10 septembre.

L'Association des ambulances danoises vient d'envoyer sa troisième ambulance à Petrograd. Elle donna à cette occasion hier une réception à laquelle le ministre britannique, sir Ralph et lady Paget et le ministre de Russie, le baron Buxhœveden. étaient présents.

Les infirmières de l'ambulance qui vient de partir ont servi dans l'hôpital de lady Paget, à Yskyb. Copenhague, 10 septembre.

Le cabinet Zahle-Bràndès-Scayenius fait de grands eilorts pour sortir de la situation critique ans laquelle l'a mis sa politique dans l'affaire des Antilles danoises. H a maintenant l'intention de

soumettre au Rigsdag (Parlement) un projet de loi basé sur la proposition des conservateurs, d'après laquelle sera constituée une commission parlementaire de trente membres (quinze de chaque Chambre) chargée d'examiner les négociations relatives à la vente des Antilles; les conclusions de cette commission devront être soumises à un référendum.

Cependant, la condition essentielle de cette proposition des conservateurs, la formation d'un ministère de coalition, n'étant pas remplie, il semble peu probable que les deux partis de l'opposition qui détiennent la majorité au Landsting (Sénat) soient disposés à accepter le projet gouvernemental. La Haye, 10 septembre.

D'après la Nieuwe Iiotterdamsche Courant, on voit journellement arriver dans le Limbourg hollandais, et en nombre croissant, des Allemands de Westphalie et de la Prusse rhénane. Le but de leur voyage est de pouvoir manger à leur faim et de remporter des vivres chez eux. On signale même que certains de ces affamés viennent de plus loin encore, de Dortmund et de Solingen. Berne, 10 septembre.

La Suisse ne cherche pas seulement à s'aflranchir du charbon et du minerai allemands; elle s'efforce également de se libérer de 1 obligation de prendre chez ses voisins du nord dillérents autres produits la soude, par exemple. C'est ainsi que dans le canton d'Argovio,à Zurzach, a été installée une soudière, dont l'es chaudières sont maintenant en pleine activité. On signale, en eflet, de cette dernière localité, qu'une première expédition de soude a été faite à destination de Bàle. D'autre part, les diflerentos fabriques de produits chimiques prennent un développement considérable. Genève, 10 septembre.

On mande de Berlin que le tsar Ferdinand, accompagné du prince héritier,» est arrivé au grand quartier général allemand du front oriental, où il aura une' entrevue avec Guillaume II. Le roi était accompagné de M. Dobrôvitch, chef du cabinet secret du roi, et de ses aides de camp. Montevideo, 9 septembre.

Le ministre de France a remis au président de la République de l'Uruguay les insignes de grandcroix de la Légion d'honneur.

Le ministre, M. Lefaivre, a prononcé un discours dans lequel il a déclaré que l'Uruguay est un ami préféré de la France, dont il a fait sienne la fête nationale du 14 juillet. Le président Viera a répondu par un chaleureux discours dans lequel il a fait l'éloge de la France.

Un régiment de cavalerie a rendu les honneurs et a escorté le ministre de France, qui a été chaleureusement acclamé par la foule.

Rio-de-Janeiro, 10 septembre.

Hier soir a eu lieu au théâtre municipal la soirée de gala oflerte en l'honneur de la mission parlementaire belge. On a joué Cadeaux de Noël, de M. Xavier Leroux, sous la direction de l'auteur. La représentation de cette pièce, qui avait été interdite a Buenos-Aires comme pouvant être désagréable à l'Allemagne, n'a donné lieu à aucune protestation des ministres des empires centraux au Brésil.

«as–

La rééducation des mutilés Les visiteurs de la foire de Bordeaux, qu'inaugurait l'autre jour M. Gaston Doumergue, ministre des colonies, ne devront pas quitter les bords de la Gironde sans avoir visité l'école de rééducation profess'ionnelle des mu-

tijM- dé- la; guôrréj l'une des deux éc.oles;

créées par M. le ministre de l'intérieur a la suite d'un mouvement d'opinion dont nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs. Il n'est pas d'oeuvre suscitant d'intérêt social plus immédiat que celle ayant pour but de permettre aux mutilés de la guerre la reprise du travail. Un effort considérable a été réalisé en France pour la rééducation professionnelle des mutilés. M. Millerand, alors ministre de la guerre, eut, le premier, l'idée d'étudier les moyens pratiques pour rendre les mutilés au travail professionnel. M. Maurice Barrès intéressa ses lecteurs à la question et suscita un grand mouvement de générosité publique. Enfin, M. Edouard Herriot, sénateur, maire de Lyon, a mis pour la première fois l'idée en pratique. Depuis, M. Malvy, ministre de l'intérieur, a pris la direction du mouvement en faveur de la rééducation professionnelle. Il a créé, comme nous l'avons dit, l'école nationale de rééducation de Saint-Maurice et l'école normale de rééducation de Bordeaux. Les ministres du commerce et de l'agriculture ont également, avec l'appui financier du ministère de l'intérieur, créé des œuvres de rééducation pour mutilés rattachées à leurs institutions techniques. Enfin, M. Justin Godart, sous-secrétaire d'Etat du service de santé, a institué dans son département une commission d'orthopédie chargée d'étudier les meilleurs modèles d'appareils prothétiques pour chaque profession; et il a décidé de créer des écoles de rééducation pour les soldats non réformés. Les résultats obtenus jusqu'à ce jour sont appréciables. Ils attestent certainement une préoccupation générale qui est à l'honneur de notre pays. Mais il serait, puéril de dissimuler que nous avons tout d'abord un peu dispersé nos efforts, en tâtonnant, et en cherchant une méthode vraiment rationnelle. On nous comprendra mieux si nous donnons un exemple. Il y a, peut-on dire, deux espèces de mutilés ceux des membres supérieurs et ceux des membres inférieurs. Or, on a commencé (et jusqu'à nouvel ordre, on continue en maints endroits) à appliquer aux uns et aux autres les mêmes procédés de rééducation, et surtout à les confondre dans les mêmes ateliers. Ceci est une grave erreur de psychologie et de pédagogie générale. Les mutilés des membres inférieurs, ayant la libre disposition de leurs bras et de leurs mains, font des progrès, relativement faciles et rapides. Ce spectacle décourage les mutilés des membres supérieurs et leur ôte toute confiance. A la difficulté technique de leur rééducation s'ajoute une difficulté d'ordre moral et psychique.

C'est pourquoi l'on doit louer l'innovation faite à Bordeaux par le ministère de l'intérieur, avec l'appui de la municipalité, du conseil général de la Gironde et de la chambre de commerce. L'école normale professionnelle de Bordeaux aVait pour programme spécial d'établir les méthodes destinées à guider la rééducation des mutilés des membres supérieurs pour chaque sorte de mutilation et pour chaque métier. Après l'expérience de Bordeaux, il n'y a point 't de doute que l'on va s'occuper de créer des écoles spéciales pour les mutilés des membres supérieurs. L'école normale de Bordeaux pourra fournir en tout ou en partie les compétences susceptibles d'assurer la direction des établissements nouveaux. Il faut faire connaître les résultats obtenus et les multiplier, non seulement pour rattraper un peu ou beaucoup de l'avance de l'Allemagne (qui a déjà plus de soixante écoles de mutilés), mais aussi et surtout pour entraîner la conviction des blessés qui doutent et qui hésitent encore à se remettre au travail en passant par une rééducation nécessaire. Il y a là une quantité de victimes de la guerre, qui peuvent devenir une force économique pour le pays au lieu d'être seulement une charge. Nous n'avons pas le droit de les abandonner à un découragement, hélas trop explicable. Il faut les réconforter, les soutenir, les persuader. Il faut leur démontrer qu'ils sont encore des citoyens utiles et que leurs mutilations glorieuses ne font qu'ajouter à leur dignité en leur assurant notre resDcct fraternel.

L'ANGLETERRE ET LA GUERRE M. André Chevrillon n'a pas été satisfait d'un article paru ici même, il y a huit jours, à propos de son livre sur l'Angleterre ct la guerre. Il adresse au directeur du Temps une lettrà si étendue qu'il n'est vraiment pas possible de la reproduire incxtenso. Nous allons en citer ou analyser impartialement les principaux passages.

M. Chevrillon se plaint que nous ayons isolé de la phrase où ils figurent les mots suivants: « La grande leçon de l'événement qui bouleverse le monde », c'est que « la vérité, pas plus que la raison, n'est souveraine Il nous reproche d'avoir écrit: « On eût bien étonné Taine si on lui avait dit qu'il ne fallait pas travailler au triomphe de la vérité. Du reste en quoi' la présente guerre démontre-t-elle ce que prétend M. Chevrillon? » placé sans le contexte, déclare notre correspondant, ce mot fait entendre à vos lecteurs que je ne suis pas un ami de la vérité. Permettez-moi de repousser cette accusation en faisant observer que c'est peut-être une vérité, et pratiquement fort importante, que la vérité et la raison ne sont point souveraines dans les affaires humaines éar c'est de cela qu'il s'agit ici et non de leur valeur idéale. Aussi bien la pure logique pour laquelle M. Souday combat avec un zèle qui risque de lui en faire oublier les règles, aurait pu l'avertir qne c'est justement parce que la vérité n'est point souveraine qu'il faut, comme il le désire, travailler au triomphe de la vérité. C'est ce que j'essaye de faire pour une minime part, avec beaucoup d'autres.

M. Chevrillon voudrait attendrir les bonnes âmes en faisant entendre qu'on a mis sa sincérité en doute, ce qui est absolument inexact, et en donnant à son critique des torts que celui-ci n'a pas. Il est entendu que M. Chevrillon est un ami de la vérité. Mais, pour lui, la vérité est qu'il n'y a point de vérité •: l'amour même qu'il lui porte est donc' ce qui l'oblige à la combattre. Plaisant sophisme, qui rappellerait celui du Crétois, si ce n'était surtout un jeu de mots. La vérité dont M. Chevrillon se proclame l'ami n'est évidemment pas celle dont il nie la souveraineté. M. Chevrillon oublie parfois le sens des mots, au point de croire qu'un « batteur d'estrade est un homme qui fait des boniments sur des tréteaux (p. 132 de son volume). Parfois, il emploie les mots dans des acceptions différentes d'une ligne à l'autre. Quant aux règles de la logique, si on 'les méconnaît d'autant mieux qu'on les honore davantage, il faut que M. Chevrillon les ait bien pieusement honorées, quoi-que d'un culte très secret, car il les viole avec entrain. D'une distinction banale entre 'la valeur idéale et l'empire effectif, il tire des conséquences fallacieuses. L'empire effectif de la vérité, de 'la raison, de la justice, ne peut jamais être si absolu qu'il ne connaisse point de rebelles nul ne l'ignore. Mais parce qu'il y a des malfaiteurs, M. Chevrillon en conclut-il quo la morale n'est point souveraine? ou qu'elle n'a qu'une valeur idéale? Si elle n'avait pas un certain empire effectif, elle n'aurait pas la valeur du tout pour le. politique et l'historien elle serait reléguée parmi les pures chimères. M. Chevrillon se donne beaucoup de peine pour établir que l'Allemagne 'n'a .point reconnu la souveraineté de la vérité et de la raison. C'est enfoncer une porte ouverte, et nous croyons pouvoir supprimer cette tirade. La' vérité et la raison n'en étaient pas moins souve- raines; idéalement d'abord, mais pratiquement aussi, en France, en Angleterre et ailleurs. Si personne n'en avait jamais reconnu la souveraineté, si l'empire n'en'avâît jamais été effectif 'huile, part,- 'la question de savoir s'il y a 'lieu de travailler à leur triomphe ne se serait même pas posée. M. Chevrillon commet donc une erreur en affirmant que la vérité et la raison ne sont pas souveraines en fait; elles le sont en fait comme en droit, dans les pays civilisés, et c'est môme à ce signe qu'on distingue ces pays-là des autres.

M. Chevrillon reproduit ensuite la fameuse phrase dont nous avions détaché le mot essentiel. Nous l'avions trouvée un peu longue M. Chevrillon lui-même a partagé cet avis, puisqu'il a coupé trois ou quatre ligues, ainsi qu'on pourra s'en convaincre en se reportant à la page 231 de son livre. Enfin, puisqu'il y tient, voici La grande leçon de l'événement qui bouleverse le monde, à savoir que le monde n'est pas mené par la raison, que des puissances irrationnelles sentiment, orgueil, rêves collectifs, fanatisme, volonté de puissance et de conquête sont toujours latentes au fond des peuples, déterminant par leurs explosions les grands mouvements de l'Histoire. que la vérité pas plus que la raison n'est souveraine, puisque soixante-cinq millions d'Allemands croient sincèrement ce qui n'est pas, puisque s'ils sont vainqueurs, leur erreur et le mensonge de leurs maîtres prévaudront, cette leçon n'a pas eu de prise sur les théoriciens et les rêveurs qui n'ont pas senti comme leurs frères de France la terre trembler et prête à se dérober sous leurs pieds. C'est une belle phrase. Et c'est toujours la même question. Sous prétexte que dans certains cas l'irrationnel garde une action et reste une menace, faut-il lui sacrifier la raison, la justice, la liberté? Faut-il se réjouir des périls créés par l'irrationnel, et en abuses pour parler avec ironie et mépris de la liberté, de la justice et de la raison ? Le livre de M. Chevrillon incline bien dans cette dernière direction. Pour tout lecteur de bonne foi, il tend à condamner, au nom des prétendues leçons de la guerre, les principes rationnels, démocratiques et libéraux. C'est ce que nous avons cru nécessaire d'indiquer au public. M. Chevrillon assure maintenant qu'il n'a voulu attaquer que quelques théoriciens et leaders comme MM. Ramsay Macdonald, E. Morel, etc.: Les obstinés pacifistes anglais dont je parlais croyaient établi pour toujours le règne de la raison. Ils vivaient dans ce qu'on appelle dans leur pays a fool's paradise. Au lieu de paradis, nous avons aujourd'hui l'enfer. Quand la guerre sera finie, il serait bon de se rappeler longtemps cette leçon du réel et de ne pas laisser d'obstinés rêveurs, au nom des vertus souveraines de la vérité et de la raison, nous ramener an dangereux paradis que la langue anglaise caractérise si bien.

Dans son livre, M. Chevrillon n'a pas incriminé seulement ces obstinés pacifistes, que tout le monde lui abandonne, et qui ne sont pas du tout des rationalistes (car la raison ordonne de tenir compte du réel), mais des mystiques et des songe-creux. Il a bel et bien critiqué toute la politique démocratique de l'Angleterre contemporaine, la politique qui « revenait à l'idéal de justice et de raison » (page 16), et qui était celle du gouvernement et par conséquent de la majorité du pays. Cette politique de « justice et de raison » est-elle nécessairement incompatible avec la défense nationale? C'est bien ce que M. Chevrillon essaye de démontrer, ou d'insinuer. Mais s ce n'est point notre avis. Enfin M. Chevrillon se défend d'avoir attaqué les valeurs de l'intelligence. Attaqué? Non, si l'on veut. Mais il ne perd pas une occasion d'affirmer que le premier rôle dans le monde appartient aux valeurs affectives, etc. Il ne s'en afflige point, tant s'en faut En ce. qui concerne l'Angleterre, il constate avec complaisance et à maintes reprises que ces valeurs de pensée n'y étaient pas estimées très haut. Il annonce que cela va changer, et il ne le regrette point, dit-il. Soit Mais il persiste à écrire « .De la décadence il .(l'Anglais) est bien plus loin que l'Allemand, ne fût-ce que parce que sa culture est beaucoup plus morale et beaucoup moins intellectuelle. » (p. 297). Ainsi, pour M. Chevrillon, la culture intellectuelle est une preuve de décadence. Avant de nous répondre, il n'eût pas mal fait de relire son livre, qui n'a certes pas cette rigueur de composition qu'on admire chez l'oncle Taine, et qui, à parler net, ne trouve une vague unité que dans la tendance générale antiintellectualiste et réactionnaire, mais dans le détail, se révèle assez désordonné et ini cohérent. P. &.

l)1 .G.U. E.8,E..

LA SITUATION MILITAIRE Les troupes britanniques ont attaqué hier après-midi, sur un front de 6 kilomètres, du bois Delville au bois de Leuze et se sont emparés de Ginchy.

Sur ce front de 'combat les Allemands n'ont donc pu se maintenir que dans des tranchées formant aujourd'hui un saillant large de deux cents mètres à peine, à l'ouest de Ginchy, et qu'ils sont hors d'état de conserver.

Nos alliés ont en même- temps enlevé six cents mètres de tranchées ennemies au norf'<t de Pozières, le long de la route de Valenciennes. Entre Pozières et le bois Delville, ils s'étaient emparés, la nuit précédente, d'une tranchée, à l'intérieur du bois des Foureaux. L'ennemi a reculé, et dans ces combats il a laissé entre les mains des soldats britanniques de nombreux prisonniers.

Sur notre ligne de combat, la lutte a été non moins active. Nous avons fait quelques progrès à l'est de Deniécourt et de Belloy. L'ennemi a tenté de nous reprendre le terrain que nous lui avions enlevé entre .ces deux villages, au nord-est de Berny. Cette attaque, qui a échoué, n'a eu comme résultat que de lui coûter nombre de soldats restés sur le carreau. En vain, pendant la nuit dernière, les Allemands ont prononcé, en les accompagnant de jets de liquides enflammés, de puissantes attaques sur nos positions entre Belloy 8%.Barleux, ainsi qu'au sud-ouest de Berny, à l'est de Deniécourt et au sud de Vermandovillers toutes ces attaques ont finalement échoué. Les gazettes allemandes ont grand'pcine à présenter à leurs lecteurs les combats de la Somme sous un jour favorable. Notre infanterie serait exténuée et ne pourrait plus attaquer sans que le canon lui ait préparé la voie, de façon qu'elle n'ait plus qu'à cueillir les défenses allemandes. Les journaux français n'ont pas besoin de démontrer à leurs lecteurs 'que nos soldats n'ont rien perdu de leur mordant, mais que leurs chefs sont économes de Ja vie de ces braves gens et ne les lancent à l'assaut que sur des positions que les obus ont ̃émiettées; ils n'économisent pas leurs munitions, ils économisent leurs Jiommes; nenx-ci le savent, et quand il s'agit de sortir de leurs tranchées, il courent à grande vitesse sus à l'ennemi, qui s'en aperçoit, puisque, rtomiis le 3 septembre, il a perdu 7,700 prisonniers, et que le nombre des cadavres qu'il a 1aissâs,.dans ses tranchées est considérable.

Dans la région de la Meuse, nous avons fait aussi des progrès; nos soldats ont enlevé tout un réseau de défenses à l'est de Fléury et en ont ramené trois cents prisonniers et seulement deux officiers. C'est loin d'être la proportion normale; alors, de deux choses l'une: ou les officiers sont obligés de payer de leur personne plus que d'habitude pour maintenir leurs soldats devant les nôtres, ou une pénurie de cadres commence à exister chez l'ennemi. ̃ La lutte est toujours très acharnée au nord'jG.st de Haîicz; sur' les bords de la Narayouvka, les Russes ont repoussé une contre-attaque de troupes allemandes et turques. Il semble que la résistance de l'ennemi dans cette région touche à sa fin, au moins si nous nous en rapportons à une correspondance russe que nous transmet l'agence Havas. L'infanterie russe occuperait déjà plusieurs forts que l'ennemi a abandonnés après les avoir détruits. L'action des Russes s'accentue dans les Carpathes, au sud-ouest de Kimpolung; les dépêches allemandes annoncent que nos alliés mettent en ligne des forces très importantes contre leurs positions s'étendant du nord-ouest du Kapoùl à Dorna-Vatra, et qu'à leur gauche, nos ennemis ont dû céder a la pression dans la vallée du Cibo, rivière qui passe à l'ouest du 'Kapoul et se jette dans la Goldene-Bistritza, près de Kirlibaba.

Nous n'avons pas encore de communiqué •roumain régulier. Nous devons donc provisoirement nous en tenir aux dépêches ennemies et aux correspondances particulières. Hier, nous avons dit que les Autrichiens, reculant devant les forces roumaines, s'étaient repliés à l'ouest de CziknSzereda, sur le massif d'Argitta; ils y sont maintenant attaqués; le morceau doit être dur à enlever et ne le sera pas en un jour; les rédacteurs de dépêches de Budapest auront beau jeu pour prétendre que les attaques roumaines sont infructueuses. Nous disions également hier qu'un combat violent était engagé entre Orsoya et Hermannstadt, sur la route de Petroseny à Hatseg. L'étatmajor autrichien parlait hier de ce combat en des termes peu clairs1; il commençait par dire que les Roumains avaient été rejetés par les troupes autrichiennes au delà de leurs positions premières, et il ajoutait qu'une nouvelle et forte attaque contre l'aile droite de œ groupe avait occasionné le retrait de celui-ci sur ses anciennes positions. Quel groupe ? En examinant de très près cette dépêche, on ne peut en déduire qu'une chose: c'est qu'au début, les Roumains ont reculé; mais qu'un renfort leur arrivant à leur aile gauche, ils ont repris l'offensive et refoulé vigoureusement leurs adversaires.

Quant à ce qui concerne le front du Danube, un radiotélégramme de Bucarest annonce que les troupes russes et roumaines ont repoussé les Germano-Bulgares à Dobritch, dans la Dobroudja; c'est un bon début de l'infanterie russe dans cette région.

1

LA SITVATIOH DIPLCMATIQVB Des troupes turques se battent en Dobroudja et sur le front russe. Elles ont quitté Constantinople et la Thrace pour venir au secours des Bulgares et des Austro-Allemands au lieu de défendre leur propre territoire. La mainmise allemande sur les gouvernants de Constantinople est un fait patent. Mais pour que le kaiser et les anciens vassaux du Grand-Seigneur aient obtenu que les vrais croyants se fassent 'tuer à leur service, il faut que la Turquie sente elle-même la gravité du péril qui la menace en Europe.

Des opérations qui sont en cours' depuis l'Albanie jusqu'en Bukovine, en passant par la Macédoine, dépendent les communications turques avec les empires centraux. Que celles-ci soient coupées et l'empire. ottoman s'écroule. D'Allemagne viennent les munitions, l'artillerie qui lui permettent de soutenir la lutte. La voie ferrée Constantinople-Vienne est le cordon ombilical qui nourrit la force militaire du sultan et lui fournit ses moyens de résistance. Qu'il soit rompu, c'est la mort. Ce sont les Dardanelles ouvertes à bref délai et Constantinople aux mains de l'ennemi! Que l'armée turque serve à maintenir la puissance des chrétiens en Orient et des Bulgares dans les Balkans, c'est un spectacle peu banal. La Turquie ne se résigne à démentir ainsi tout son passé que .parce que sa propre existence est en jeu. Ce n'est pas par obéissance aveugle à l'empire allemand1 que le sulUan se Drive au profit des roumis d'une ̃partie

de ses meilleurs soldats. C'est son trône qu'il défend

La partie militaire qui se joue en Orient n'a pas seulement pour enjeu le sort de la Turquie. D'elle dépend aussi celui de ki. Bulgarie. D'elle dépend également pour les alliés la liaison de tous leurs fronts du Trentin à la Baltique. C'est le cercle définitivement fermé autour des empires centraux, privés de leurs auxiliaires turcs et bulgares et réduits à leurs seules forces.

La clef de cette situation, qui réaliserait sur la carte elle-même l'unité de front, se trouve en Macédoine, représentée par l'offensiv.e du général Sarrail en corrélation avec l'action russo-bulgare dans la région DanubeDobroudja. L'importance capitale de l'armée de Salonique et son rôle principal pour la préparation de la victoire finale sautent aux yeux de tous. Rien ne peut donc être négligé pour assurer son succès.

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COSMIQUE OFFICIEL DU 9 SEPTEMBRE Onze heures soir

Dans la région de la Somme, assez grande activité de l'artillerie de part et d'autre. Un combat à la grenade nous a rendus maîtres d'un élément de tranchée ennemie à l'est de Belloy. Nous y avons fait une trentaine de prisonniers. L'ennemi, après avoir exécuté un violent bombardement, a tenté de nous reprendre les positions que nous avons récemment conquises au nord-est du village de Berny. Il a été repoussé en subissant de lourdes pertes. Dans la région de la Meuse, à l'est du vil- lage de Fleury-devant-Douaumont, nos troupes ont emporte d'assaut, dans l'après-midi, tout un système de tranchées allemandes. On annonce déjà que deux cents prisonniers dont deux officiers ont été ramenés dans nos lignes à la suite de cette brillante action, et que nous avons pris plusieurs mitrailleuses.

Rien d'important à signaler sur le reste du front.

COfflfflUrilQUÉ BRITANNIQUE DU 9 SEPTEMBRE Onze heures 20 soir

Nous avons attaqué cet après-midi, depuis le bois Delville jusqu'au bois de Leuze, sur un front de 6 kilomètres. Après de violents comibats, le village de Ginchy en entier est entre nos mains, ainsi que le terrain qui va jusqu'au bois de Leuze. A l'est du bois Delville notre avance est de 300 mètres sur un front de 500. Les prisonniers sont nombreux et l'ennemi a subi de très lourdes pertes.

Au nord-est de Pozières, nous nous sommes encore empares de 600 mètres de tranchées en faisant 30 prisonniers. Au moment où l'ennemi se massait pour une contre-attaque, il a été pris sous le feu de notre artillerie et a beaucoup souffert.

Notre artillerie a bombardé les tranchées ennemies de Vimy, en face de Souchez, et du Cabaret-Rouge.

Lutte d'artillerie autour de Galonné, de Cuinchy et entre le canal de la Bassée et NeuveChapelle.

De nombreux combats aériens ont eu lieu dans ta journée çpfi'fêr. Nos avions ont énoôïë bombardé un aérodrome ennemi. Trois hangars ont été détruits. Un de nos appareils manque.

COfllfflUNIQUÉ OFFICIEL BELGE DU 9 SEPTEMBRE Hier, en fin de soirée, une violente lutte d'artillerie de tranchée et de campagne s'est déroulée dans la région de Boesingthe et a continué au cours de la nuit. La journée a été généralement calme sur le front belge.

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FRONT RUSSE

COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Petrograd, 9 septembre.

Dans la direction de Halicz, sur la rivière Narayouvka, nous avons repoussé, par notre feu, une contre-attaque des Allemands et des Turcs.

Des combats acharnés continuent dans cette direction.

[De son côté, le correspondant du Bousskoïé Slovo télégraphie que les efforts des Austro-Alleman.ds pour maintenir Halicz en leur pouvoir s'épuisent rapidement. Dans la nuit du 7 septembre, l'ennemi a commencé à faire sauter les forts de la ville, dont plusieurs sont déjà occupés par l'infanterie russe. Le lendemain matin, l'adversaire a. fait sauter le grand pont du Dniester. Les Russes tiennent déjà toute la rive gauche de la rivière. L'artillerie russe tire avec une violence extraoi>dinaire sur les forces ennemies, qui se retirent peu à peu de la ville. Une batterie a réussi à cribler de projectiles deux trains militaires qui emportaient des troupes ennemies de Halicz et a mis en pièces la plupart des wagons, tuant ceux qui les occupaient. La chute de la ville est attendue d'une heure à l'autre.]

Sur la frontière hongroise

Dans les Carpathes boisées, au sud de Baranof, nos troupes ont enlevé une série de hauteurs et ont capturé plus de 500 hommes, 5 mitrailleuses et une batterie de montagne utilisable. Plusieurs canons ont été jetés par l'ennemi dans des ravins.

Au Caucase et en Mésopotamie Un combat acharné se poursuit dans la région du village d'Oghout.

Un entretien avec le général Broussilof Notre envoyé spécial sur le front russe nous adresse, à la date du G septembre, du quartier général du front sud, la dépêche suivante

Je viens d'avoir l'honneur d'être reçu par le général Broussilof, don N'éclatante victoire de mai annihila une armée de 450,000 Autrichiens, et qui continue à développer vigoureusement jusqu'à ce jour ses heureuses conséquences.

Le général Broussilof, qui est plein d'optimisme, dit qu'il a actuellement devant lui une armée ennemie en somme plus nombreuse que celle qu'il a détruite en mai. Elle est composée des dernières ressources des Austro-Hongrois, de renforts tirés du front italien, d'Allemands venus du front russe septentrional( ̃" «.Plus la liaison sera grande entre les alliés, me déclara le général, plus leurs mouvements seront coordonnés, et plus la guerre finira vite. Il faut de toute nécessité que tous les fronts se battent simultanément et continuellement. Voilà la condition essentielle d'un succès rapide. » 'Heureusement, les brillantes offensives francoanglaises sur le front ouest empêchent les Allemand d'amener contre nous des renforts assez nombreux pour arrêter notre avance, qu'ils peuvent tout au plus retarder. »

Le général Broussilof considère l'entrée en scène de la Roumanie comme un événement de .premier ordre. « Bientôt, dit-il, la coopération de la brave armée roumaine, qui est excellente et bien commandée, nous aidera à obtenir des avantages déflnitifs, et l'Autrichc-Kongric, déjà aux abois, se trouvera hors d'état de résister davanI tage. »; ̃.̃̃•'̃

Je. reviendrai, dans une prochaine lettre, sur, cet entretien d'un haut intérêt. Ludovic Naiideau.

Nouvelles austro-allemandes

Les états-majors allemand et autrichien enregistrent l'un et l'autre, à la date du 9 septembre, Ta nouvelle avance russe dans les Carpathes. 'Vienne écrit « Après de fortes attaques ennemies contre les hauteurs à l'est de la vallée du Cibo, l'ennemi a pris possession de quelques positions dans ce secteur; sur tous les autres points de notre front des Carpathes a régné un calme. relatif. » Et Berlin écrit de son côté « Dans les Carpathes, i'ennemi met en ligne des forces importantes contre nos positions sur les hauteurs à l'ouest et au sud-ouest de Schipoth et près de Dorna-Vatra; au nord-ouest de Kapouf, nous' avons cédé à la pression. »

Les deux états-majors disent, d'autre part, que les attaques russes répétées entre la Zlota-Lipa et le Dniester ont été repoussées, ajoutant que « l'héroïque conduite des troupes ottomanes qui' combattent dans cette région mérite une mention particulière ».

FRONTJTALlEft COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Rome, 9 septembra

Dans la Vallarsa (Adige), dans la soirée du 7, un détachement ennemi, après une intense préparation d'artillerie, a pris d'assaut nos positions entre le mont Spil et le mont Corno, et a réussi à pénétrer dans quelques tranchées. Nous les avons reprises par une vigoureuse contre-attaque, et avons infligé de graves per- tes à l'ennemi; une vingtaine de prisonniers. sont restés entre nos mains.

Dans la zone de To fana, une attaque contre les positions conquises par nos alpins dans la journée du 7, dans'la vallée de Travenanzes, a été repousEce.

Sur le reste du front, les actions habituelles des deux artilleries ont été gênées par le mauvais temps.

La nôtre a .bombardé la gare de Santa-Lucia-di-l'olmino, où l'on signale un immense mouvement de trains.

[Santa-Lucia-di-Tolmino est au sud de Totaino, sur la ligne qui descend vers Gorizia.J

La nuit dernière, un de nos dirigeables, malgré les mauvaises conditions atmosphériques, a suivi la route du chemin de fer de DuinoTrieste et est rentré indemne, après avoir lancé 600 kilogrammes d'explosifs sur des installations qui ont été dévastées.

L'appel sous les drapeaux

Rome, 9 septembre.

Le ministère de la guerre a ordonné l'appel, pour le 21 du courant, des recrues de première, deuxième et troisième catégories de la classe 1897, actuellement en congé provisoire, et des inscrits maritimes des classes 1882 à 1888, qui avaient été réformés ei qui sont sujets à une nouvelle revision.

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FRONTdes BALKANS

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'ciOMM'u~riG'aTS oB'FidBi~ I3R3TANNIQ~

Londres, 9 septembre.

La lutte d'artillerie continue sur tout le front de Doiran.

Sur le front de la Strouma, dans la soirée du 7 septembre, notre artillerie a fait taire une batterie ennemie qui bombardait le .pont d'Orljack. Notre artillerie a dispersé plusieurs détachements.

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FRONT ROUMAIN

GOiMiMrtTifTiQ-crÉ Officiel h.otj3m^lXit Bucarest, 8 septembre,

Front nord-ouest. Après des luttes vives, nous avons occupé les localités de Poplitza (Olah-Tiplitza), de San-Milai (Czik-SzenitMihal), de Delne (Gzik-Delne), de Gîurh-SzentMiclau (Gyergyo-Szent-Miklos).

Des attaques ennemies ont été repoussées au sud de Mahadia.

[Les localités du premier paragraphe ci-dessus sont toutes dans la région du massif de Gyérgyo, au nord-est de la Transylvanie, tandis que Mahadia, ou Mcbadia, est située au nord d'Orsova, sur le chemin de fer de Temesvar.]

Front sud. Les forces russo-roumaines ont repoussé les Bulgares à iBazarjic (Dobritch). Des attaques aériennes ont eu lieu. Des aéroplanes ennemis ont jeté -des. bombes sur Constantza, blessant deux femmes et un enfant.GOIKIMTTITIQ'C-B OPFIClEIi E.XJSE523

Petrograd, 9 septembre.

Le 7 septembre, nos torpilleurs ont bonw bardé le port de Bfoltchik, occupé par les 'Bul*

gares, au nord de Varna;. ils ont coulé 21 barques, où les Bulgares chargeaient des blés. Des hydravions ennemis ont attaqué sans succès nos torpilleurs.

Nouvelles austro-allemandes

L'état-major allemand qui, le 8 septembre, annonçait que des attaques russo-roumaines avaient été repoussées au nord de Dobritch, disait, le 9, que « près de Dobritch la nouvelle attaque ennemie a encore échoué ».

De son côté, l'état-major autrichien, à la date du 0, assure avoir rejeté sur leurs anciennes positions les troupes roumaines qui avaient attaqué, sur la route de Petroceny à Hats-zeg, Il affirme également avoir repoussé les attaques menées; contre les hauteurs a l'ouest de Czik-Szerada. Et' il ajoute qu' « en dehors de cela la situation est sans changement ».

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Ba~yBB~ &~ Em~Bn~a !&

Ea Egypte

OOMÏxIXrNTQTJÉ OFPICHE1 EXVIT.â.IsrïTipTT33 .'̃ Londres, 9 septembre.

Le 8 septembre, trois de nos avions ont fait de nouveau un raid sur 'El-Mazarî vingt bombes 'ont été jetées, dont onze ont causé des | effets visibles dans les camps ennemi».