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Nos lecteurs trouveront joint au présent nu- 1 méro un supplément gratuit contenant le texte 'ïlu discours de réceptionà l'Académie française jde M. Henri Barboux et Je texte de la^éponse ~A& M. Jules 'Claretïe ~^z: •' "[ ̃ "L'abondance des matières nous oblige à renvoyer demain la suite de notre feuilleton FORCE MORALE.

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i Paris, 20 février

BULLETIN DE L'ÉTRANGER LES AFFAIRES DU MAROC

Essayons de voir un peu clair dans les dépê- ches vraies ou fausses, mais toutes laconiques, qui nous parviennent du Maroc.

Ecartons d'abord celles qui semblent inexactes. Le vapeur Maroc a apporté, le 18 dans l'après-midi à Tanger, la nouvelle que le générai d'Amade s'étant porté au delà de Settat, ayait eu ses communications coupées par des forces hafidiennes très nombreuses qui campaient à quelques kilomètres de Casablanca. Cette nouvelle ne paraît pas exacte. Voici pour- quoi. Le Maroc n'est pas venu de Casablanca à Tanger en moins d'une trentaine d'heures. Les renseignements qu'il rapporte remontent •dorîcau 16 février. Or, nous avons reçu depuis des nouvelles sur les mouvements du général d'Amade. Nous savons qu'il a livré bataille aux Mdakra le 18. S'il s'était su privé de communications avec Casablanca, c'est certainement vers cette ville qu'il aurait dirigé son effort et non pas contre une tribu établie à l'est de BerRechid et de Mediouna. En outre, il est peu vraisemblable que les Marocains réussissent une opération de celte nature le renforcement des postes de Mediouna et de Ber-Rechid ïa rendrait très périlleuse pour eux. Les troupes espagnoles et françaises qui tiennent Casablanca ne manqueraient pas d'intervenir, et la mahalla marocaine risquerait fort d'être écrasée entre les deux mâchoires de l'étau. Par conséquent, jusqu'à plus ample informé, les nouvelles des journaux et des agences anglaises relatant une défaite française de cette nature doivent être ténues pour inexactes. Le ministère des affaires étrangères n'a d'ailleurs reçu aucune dépêche -qui puisse leur donner une apparence d'authenticité.

f En ce qui concerne la mahalla venant de t'ouest, nous n'avons rien à ajouter aux renseĩgnements que nous avons donnés hier sur sa formation. Excités par le nouveau gouverneur hafidiste d'Azemmour, les Soualem, les Chiedma ét les Chtouka ont décidé de marcher contre les troupes françaises. Ceci est une nouvelle manifestation des bons sentiments que professent à notre égard les gens de Moulai Hafld. Ou se trouve en ce moment cette mahalla?Il nous est impossible de le dire. Certaines dépêches la montrent cheminant le long de la côte et se dirigeant vers Casablanca; d'au tres affirment qu'elle s'est enfoncée à 50 kilomètres vers le sud-est dans l'intérieur des terres. Cela ne concorde guère. Le général d'Amade doit être mieux renseigné, et il sera à même, croyons-nous, de répondre à cette attaque quel que soit l'endroit Où elle se produise. En consolidant sa position h Mediouna et à Ber-Rechid, il a donné à ses colonnes plus de mobilité et un rayon d'action .$>lus vaste. Une chose lui manque, les moyens de transport: animaux de trait et arabas. On semble les lui envoyer avec trop de parcimonie puisque notre envoyé spécial à Ber-Rechid expliquait dans la dépêche que nous avons publiée hier que leur nombre était encore insuffisant.

Venons-en maintenant aux opérations qui ont eu lieu à l'est, du 16 au 18 février. 11 semble que le général d'Amade ait voulu renouveler •l'opération qu'il avait tente le 21 janvier. Ce "jour-là les deux colonnes du Tirs et du littoral partant l'une de Mediouna, l'autre de Bou-Znika, jnarchaient l'une vers l'est, l'autre vers le sud. Elles devaient se rencontrer à la lisière du tervoire des Mdakra et battre les Zyaïda et les Mdakra, deux tribus ehâouïa particulièrement jiiqstiles. On se souvient que l'ascension du ballon révéla notre mouvement et que les Zyaïda s'enfuirent; il y eut cependant un combat sur -J'oued Mkoun, mais il ne fut pas décisif. Cela explique pourquoi il a paru nécessaire au général d'Amade de recommencer. Le mouvement £tait le même. Le colonel Taupin quitta Bou45nika le 10 sans rien emprunter aux forces du poste français établi en cet endroit. Il dut livrer bataille le 16, et le 17 et après avoir infligé de .grandes pertes aux Zyaïda, il rentra à Fedala le 18. Ce n'est que le 18 que le général d'Amade rencontra les Mdakra. Ce manque de concordance ne peut s'expliquer autrement que par l'attaque subie en cours de route parla colonne Taupin. Mais elle n'a pas empêché le général 'd'Amade de poursuivre son mouvement. Les pertes subies par les assaillants du colonel "Taupin lui ont évidemment facilité la tâche. r En résumé les opérations de ces jours derniers ont été dirigées contre les tribus chaouïa 'qui n'ont pas encore été soumises. Le général ̃2'Àmadc reste donc dans le cadre de la mission •qui lui a été confiée par le gouvernement français. On signale aujourd'hui- que les Mzab qui -avaient fait acte de soumission auraient combattu avec les Mdakra. Hier on prétendait qu'ils 'bous avaient prêté assistance. Cette contradictions s'explique par le fait qu'il existe trois fraction principales des Mzab dont l'une, les .j£.chach, habites la même région que les Mdaïtra. U y a lieu de penser que ce sont les Achach qui ont lutté de concert avec les Mdakra et que igs autres fractions soumises sont restées neutres. Notons en outre que le seul point sur lequel les dépêches ne laissent aucun doute, .̃c'est la participation des troupes hafidiennes ,aù Moulaï Hafîd, qui nous faisait faire jl y a quelques jours des propositions « amicales », continue à manifester ses bons sentiïnents à notre égard en faisant ou tout au moins Jen laissant batailler ses partisans contre nos ^colonnes. A l'ouest, c'est sous l'inspiration d'un :3e ses fonctionnaires que s'est formée une nouvelle mahalla; à l'est, ce sont ses hommes qui nous combattent. Doutez après cela de son in•lluence pacificatrice.

v Les opérations militaires au Maroc évoluent anormalement dans les limites qui leur ont été ftracées parle gouvernement avec l'approbation %e la Chambre. Il serait extrêmement regrettable et pour notre position dans îc monde et pour le développement ultérieur de notre politique au Maroc que le public se laissât influencer par les nouvelles sensationnelles non con• trôlées et souvent invraisemblabes que susci'tent toujours des affaires de ce genre. Les lettres que l'on public des officiers français tués au Maroc montrent d'une façon émouvante avec quel tranquille courage ces jeunes gens accomplissent leur périlleux devoir. Le peuple français doit trouver lit un réconfort et un exemple.

DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES

DES CORRESPONDANTS PARTICULIERS DU Temps Madrid, 20 février.

Les bruits de crise ministérielle continuent; elle serait provoquée par la retraite de M. Osma, ministre des finances, malgré les démentis officieux. M. Màùra, président du conseil, n'a pas pu assister hier aux séances des Cortès, mais il va mieux et pourra sortir aujourd'hui. II a présidé néanmoins le conseil des ministres, réuni chez lui. On parle de M. Gonzalez Besada comme successeur de M. Osma, choix qui serait bien vu dans les cercles financiers surtout; mais M. Besada modifierait sûrement en grande partie la politique économique et financière 2e M. Osma.

Celui-ci, dit-on, se ro tirerai tjjpur raisons de s.anjé..

Mais on attribue aussi cette retraite aux difficultés que le dégrèvement de l'impôt sûr les vins," œuvre de M. Osma, soulève avec les municipalités, qui de ce fait ne peuvent équilibrer leur budget. "F,;ï W >x~ Rome, 20 févrièr.

L'agitation qu'a. fait naître en Italie la question de l'enseignement religieux continue à se manifester, et tandis qu'à Rome la chambre du travail a décidé d'organiser une manifestation pacifique demain devant la Chambre des députés, l'union populaire, de son côté, a remis au ministre Ravaune pétition couverte de 130,000 signatures de citoyens romains protestant contre la laïcisation des écoles.

Dans les milieux parlementaires tout est passé au second plan, même le procès Nasi et les graves complications balkaniques, et certainement cette question religieuse est le fait le plus important de ces dernières années de vie parlementaire. Les orateurs inscrits et les ordres du jour augmentent sans cesse, montrant toutes les tendances possibles, souvent groupées sans distinction de parti.

LA LIQUIDATION DES CONGRÉGATIONS Les abus manifestes auxquels a donné lieu la liquidation des congrégations viennent d'inspirer au ministre de la justice et des cultes un projet destiné à y mettre fin. Nous en avons publié hier le texte avec l'exposé des motifs. 1 On ne peut évidemment que louer M. Briand de son initiative. Il était temps que l'attention du législateur fût appelée pratiquement sur ces procès qui s'éternisent et sur la situation des i congréganistes que la dissolution de leur communauté a laissés sans ressources.

Les dispositions du projet déposé sur le bureau de la Chambre ont donc pour objet, d'une part, de rendre les liquidations plus rapides et moins onéreuses, et d'autre part, de mettre les membres des congrégations dissoutes à l'abri de la misère. Le ministre des cultes a pensé que le premier résultat serait obtenu par la transformation du caractère de la liquidation; De judiciaire qu'elle estaujourd'hui, elle deviendra administrative.

A l'avenir, au lieu d'un .liquidateur nommé par le tribunal, c'est un « commissaire liquidateur » qui sera chargé par arrêté ministériel de procéder aux opérations, avec les pouvoirs d'un administrateur séquestre. Il agira « sous l'autorité et le contrôle du ministre des cultes et du préfet du département où la congrégation dissoute avait son siège ».

Avec l'approbation du préfet il aura, s'il y a assignation en justice, la faculté d'acquiescer ou de transiger, de même qu'il pourra vendre judiciairement ou de gré à gré, dans le cas d'une mise en adjudication sans succès, les immeubles de la liquidation. Enfin, c'est l'inspection générale des finances qui vérifiera sa gestion, et toutes les sommes produites par la liquidation seront versées à la Caisse des dépôts et consignations. Telle est, dans ses traits essentiels, l'économie du nouveau système.

Nul doute que cette procédure ne soit plus rapide que celle qui. est aujourd'hui pratiquée. Bien des procès pourront être évités, grâce aux pouvoirs accordés au commissaire liquidateur, que couvrira l'approbation préfectorale. La seule chose à souhaiter, c'est que celle-ci ne soit jamais donnée ou refusée qu'à bon escient et que des considérations politiques d'ordre général ou, ce qui serait encore pis, localesn'influent sur les décisions à prendre. S'il y a un danger, il est là.

Le Parlement, eu tout cas, ne fera vraisemblablement aucune difficulté pour soumettre à ce nouveau- régime de liquidation les congrégations qui pourront être un jour ou l'autre dissoutes, pas plus qu'il n'hésitera à l'appliquer immédiatement, comme le propose le ministre des cultes, à celles d'entre elles qui ont été supprimées comme enseignantes par la loi de 1904, mais dont la liquidation n'est pas encore « effectivement commencée ».

De même, dans leurs lignes générales, les dispositions relatives aux pensions et secours à allouer aux membres des congrégations supprimées ne rencontreront, selon toute apparence, aucune opposition. Il est naturel que ces secours, comme l'entretien des indigents hospitalisés par les communautés « liquidées », soient jusque la fin de la liquidation, considérés comme frais privilégiés de la liquidation ». Rien de plus'humain également que de prévoir la continuation de cette œuvre d'assistance après que la liquidation sera terminée. Le projet y pourvoit en précisant que « les biens acquis à titre gratuit par la congrégation ne peuvent, en cas de revendication par le donateur ou par les héritiers ou ayants droit du donateur ou testateur, être restitués qu'après prélèvement sur lesdits biens, à défaut d'autres ressources disponibles, des .capitaux nécessaires pour .attribuer des pensions ou des secours aux membres de la congrégation dépourvus de moyens suffisants d existence et pour venir en aide aux indigents qui étaient hospitalisés par la congrégation ».

Les bénéficiaires ne peuvent être, logiquement, que les anciens congréganistes et indigents hospitalisés existant au moment de la disparition de la communauté. Cela ne saurait faire doute.

On comprend donc fort bien que, dans ce cas, le prélèvement des capitaux nécessaires pour le service des pensions ou secours soit fait sur les biens provenant de libéralités. Il serait, excessif de prétendre qu'en agissant ainsi, on ne respecte pas les volontés des donateurs. Mais que deviendront ces capitaux, lorsque les assistés auront à leur tour disparu? Feront-ils retour aux. donateurs ou à leurs ayants droit? C'est la solution la plus équitable et qui vient naturellement à l'esprit. Rien, cependant, dans les textes proposés, ne l'impose expressément. Il y a la une lacune à combler. Sans quoi on pourrait être amené à soutenir que les capitaux ainsi prélevés doivent aller finalement grossir « l'actif net » qui, suivant les cas, servira à « augmenter les subventions de l'Etatpour construction et agrandissement des maisons d'école, à accorder des subsides pour location si la congrégation était enseignante » ou « si elle avait un autre caractère », sera « attribué à des établissements publics d'assistance ou de bienfaisance ». Ce qui pourrait être, à juste titre, considéré comme une confiscation.

Une disposition qui doit être, par contre, admise sans réserve, c'est celle qui constitue, au moyen des capitaux composant l'actif net de la liquidation des congrégations actuellement dissoutes de plein droit comme illicites, un fonds commun, sur lequel « il pourra être accordé des pensions où des secours aux congréganistes qui, par suite de l'insuffisance des ressources produites par la liquidation des biens de leurs congrégations respectives, n'ont pas été assistés dans les conditions prévues par les décrets des 10 août 1901, 3 janvier et 17 juin 1905, ou ne l'ont été qu'incomplètement». C'est là une mesure de réparation si naturelle qu'on se demande même comment elle n'a pas fait plus tôt l'objet d'une proposition spéciale. On le voi-, en gros, le projet du ministre des cultes mérite d'être approuvé, bien que sur certains points de détail, dont quelques-uns ne e sont pas sans importance, il soit sage d'attendre la discussion pour émettre une opinion définitive.

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L'INQUISITION FISCALE

LA QUESTION DES CENTIMES ADDITIONNELS Les budgets départementaux et les budgets communaux puisent en général le plus clair de leurs ressources dans le produit des centimes que les assemblées départementales ou communales ajoutent au principal des contributions directes. Ce principal une fois aboli, la source qui alimente les budgets locaux tarie, comment éeiix-ci s^sisterp_h_t-ils? Se borner à, dire, çom-

ne le fait le projet d'impôt, sur le revenu, qu' « il sera. statué ultérieurement par une loi spéciale i l'égard des 'impositions départementales et îommunales », ce n'est point répondre à la ques-

MnT^êfmfiflS*pÛsl'éluder.

Un expédient, qui a déjà servi, ne pourrait-il pas être employé? Nous faisons allusion au procédé imaginé oh! l'effort d'imagination fut pas grand! lors de la loi du 8 août 1890. L'article 26 de cette loi édicta ceci

Pour le calcul du produit total des centimes départementaux et communaux à imposer dans les rôles de chaque année en ce qui concerne la contribution foncière (propriétés bâties et propriétés non bâties), on prendra pour base le montant du principal inscrit dans les rôles de 1890, en tenant compte toutefois du mouvement de la matière imposable.

La part du produit total afférente à ce dernier principal sera répartie entre les contribuables en raison du principal de leurs cotisations individuelles, telles qu'elles auront été réglées par la présente loi.

Il sera ainsi procédé jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné par une disposition législative spéciale.

Pourquoi ces dispositions? On se le rappelle, sans doute. L'Etat s'était résolu à une double modification du principal de l'impôt foncier l'une, relative aux propriétés bâties; l'autre, concernant les propriétés non bâties. Par la première, les bases mêmes de l'impôt étaient changées. D'impôt de répartition qu'elle avait été jusqu'alors, la contribution foncière sur les propriétés bâties était transformée en impôt de quotité. L'article 4 de la loi du 8 août 1890 consacra cette réforme. « A partir du 1er janvier 1891, dit cet article, il ne sera plus assigné de contingents aux départements, arrondissements et communes en matière de contribution foncière des propriétés bâties. L'article 5 prescrivit qu'à partir de la même date, cette contribution serait réglée « en raison de la valeur locative de ces propriétés, telle qu'elle a été établie conformément à l'article 34 de la loi du 8 août 1885, sous déduction d'un quart pour les maisons et d'un tiers pour les usines, en considération du dépérissement et des frais d'entretien et de réparation ». Le taux du nouvel impôt fut fixé, par l'article 6, à 3 20 0/0 de la valeur locative ainsi déterminée.

Quant aux propriétés non bâties, il n'était point touché aux bases proprement dites de l'impôt. Ni cadastre nouveau, ni même simple revision des évaluations du revenu. La loi du 8 août 1890 se borna à accorder, « sur le principal de la contribution foncière des propriétés non bâties, un dégrèvement de 15,262,977 fr. », à répartir entre tous les départements, sauf l'Allier, l'Aude, la Corse, la Haute-Savoie et la Seine, départements qui se trouvaient particulièrement ménagés dans la répartition ordinaire. On estima que l'impôt atteindrait au maximum 4 0/0 du revenu net imposable pour l'ensemble du pays.

Bien que relativement modestes au point de vue du rendement total à attendre de l'impôt pour l'Etat/ces changements risquaient de troubler le rendement auquel, par le jeu normal des centimes additionnels, les départements et les communes étaient habitués. Prenons, à titre d'exemple, un département, et rapprochons du principal réel des contributions directes, tel qu'il apparaît après la double réforme opérée en vertu de la loi de 1890, le principal fictif dressé conformément à l'article 26 de cette loi. On arrive aux résultats que voici

Contribution foncière (propriétés Francs bâties) ̃•̃̃̃• So.969 -00.588 Contribution foncière (propriétés non bàUes) 339.569 513. &M Contribution foncière (bois de l'-E-

tat), 7. ~09 7.509

Patentes ̃" "y- W "435 97>i35

Personnelle-mobilière 115.598 115.598 8 Portes et fenêtres 94.638 0^-638 741.718 910.000

Le rapprochement de ces chiffres rend saisissantes les répercussions des changements, pourtant si limités, admis en 1890. Pour le département que nous avons envisagé, on constate que le montant du principal réel s'est trouvé ra-

SSSSSBSi., ̃>M««--»-»«ww-w^-Ml<»a

LES AFFAIRES DU MAROC Les combats du 16 au 18 Une dépêche Havas datée de Tanger, 19 février, dit qu'un radiogramme de Casablanca annonce que les Zyaida se sont unis aux Mzab et aux Mdakra robelles. Cette dépêche ajoute

Le général d'Amade combattit, le 18 février, les Mzab et les Zyaïda ceux-ci étaient appuyés par une mahalla hafidiste qui avait un canon.

Les colonnes du Tirs et du littoral soutinrent une série de combats contre les Mzab.

Les pertes françaises sont légères un mort et quatre blessés. L'état sanitaire est bon. La situation des ports et de la côte est calme.

Le télégramme ci-dessus et la dépêche de l'amiral Philibert que nous avons donnée hier en Dernière heure nous permettent do nous rendre compte, à peu près, de ce qui s'est passé du 16 au 18.

Le colonel Taupin commandant la colonne du littoral était parti do Kasba-Hemîra (ou Bou-Znikal le 16, et se dirigeait vers le sud, dans le but d'opérer sa jonction avec la colonne du Tirs, sous les ordres du général d'Amade.

Cette jonction devait avoir lieu dans lo territoire des Mdakra, que les combats du 24 janvier n'avaient i pas réussi à soumettre et qui devaient ôtre châ,tiés s pour leur attitude dans les combats autour de Set-

tat. ¥

La colonne Taupin fut attaquée le jour même de son départ, au défilé de Ber-tleb&a. (Ce point doit sa trouver sur les bords du Nefliiikh, à 25 kilomètres environ de Bou-Znika, et par conséquent à la lisière inférieure de notre carte.)

Après un combat acharné de quatre heures le 1J>, et de huit heures le 17, les Marocains furent refoules après avoir subi des pertes considérables. Le 18 au matin, la colonne était de retour à Fe-

LE THEATRE DE© OFéElA.TIOKrS X>XJ 16 ET 3DTJ 17

Principaux

RooTs* Fictifs

mené à 741,718 fr. (pour l'année 1907>, au lieu de s'élever à 0-40,000 fr., somme qu'il eût atteinte 'ans la double réforme de l'impôt foncier. Le î>?,îiiï?\<" départemental, centième partie du principal de i'Etai, ressort, _bn -le voit, à 7,417 fr. 18 seulement, après la réforme. Sans elle, il eût monté à 9,400 fr. Or, sur quelle valeur le département a-t-il établi le calcul de tous ses centimes ? Comment fixe-t-il leur nombre, celui qui lui est indispensable pour mettre en équilibre son budget?

Grâce à l'article 26 de la loi du 8 août 1890, le département agit comme si la double modification était inexistante. Le principal réel devient, pour l'assemblée départementale, nul et non avenu. Le principal fictif joue seul. Par conséquent, la valeur du centime, base du budget, sera ici de 9,400 fr., et non pas de 7,417 fr. 18. S'il en eût été autrement, si les changements apportés par l'Etat dans ses contributions directes avaient régulièrement influé sur la valeur du centime départemental, que se fût-il produit? On l'aperçoit aisément. Tout d'abord, la valeur du centime départemental ayant fléchi de 9,400 francs à 7,417 f r. 18, le département eût été forcé, pour retrouver le même produit total dans son budget, d'accroître le nombre des centimes dont il frappe les contributions directes. Pour se procurer, par exemple, 94,000 francs, il aurait eu besoin, non plus de 10 centimes seulement, mais de 12 centimes et demi environ. Du môme coup, tous les contri- buables assujettis aux patentes, à la personnelle-mobilière, aux portes et fenêtres, eussent vu leur situation empirée. C'eût été un trouble général.

Dans les budgets communaux, la perturbation n'eût pas été moindre. Elle se fût même singulièrement amplifiée. On a pu, d'ailleurs, se faire une idée du bouleversement fiscal auquel risque de conduire la modification la plus minime dans la répartition <ies contributions directes l'Etat voulut un jour, et il crut sincèrement améliorer la répartition de la contribution mobilière; les conseils généraux firent de leur mieux pour appliquer le fameux amendement Le Moigne les plaintes furent presque aussitôt des plus vives.

C'est ce qui explique la durée de la disposition transitoire édictée en 1890. On prétend que rien ne dure, en France, comme le provisoire. La clause éminemment temporaire de l'article 26 subsiste toujours. Elle a beau être choquante, elle reste en vigueur, faute de mieux. Et comme elle est restreinte aux contributions foncières,elle est plus ou moins tolérée. Les injustices partielles auxquelles elle aboutit ne s'oublient pas, mais on ne s'est point lassé de répéter à ceux qui en souffrent qu'elles prendront fin le jour où sera accomplie la réforme générale de nos contributions directes. Ce jour vient. Toutes nos contributions directes sont remises sur le chantier. Et l'on songerait à une extension de la clause de sauvegarde établie provisoirement en 1890? Est-ce possible? Au moment où l'on annonce que l'équité stricte va régner dans nos impôts directs, on consoliderait les vieilles contributions que l'Etat condamné?

Pour se rendre compte de l'impossibilité de cette. solution, il suffit de jeter les yeux sur les sommes respectives que représente, d'une part, le principal des contributions directes, et, d'autre part, la masse des centimes additionnels. Pour l'exercice 1907, le principal ressortait, pour l'Etat, à 397,988,000 francs, déduction faite d'une somme' de 7,712,000 francs à attribuer aux communes sur la contribution des patentes. En centimes additionnels, l'Etat percevait, en outre, pour son budget, 111,853,000 francs. De leur côté, les communes et les départements devaient toucher, pour leurs budgets, 462,358,000 francs, indépendamment des centimes attribués soit aux chambres de commerce, soit au fonds de garantie créé pour l'assurance de la loi sur les acoidents du travail. La réforme des contributions directes, si elle devait ne porter que sur le « principal », même en y adjoignant la part de centimes afférente au budget de l'Etat, serait donc une simple mystification. La réforme du « principal » est déjà un fait accompli pour les propriétés bâties mais celle des centimes reste tout entière à entreprendre. Telle est la réalité.

Mme

dàla où eUe ramenait ses morts et ses blessés. Le môme jour,le général d'Amade venant de l'ouest, do Settat ou de Dar-Ber-Rochid, aurait attaqué les Mdalcra, auxquels se seraient joints les Zyaïda. certaines fractions des Mzab et des soldats hafiaistes avec un canon.

Le radiogramme que nous avons publié hier annonçait deux officiers ot quelques soldats tués, trois officiers et vingt soldats blessés.

Ce sont le lieutenant Ahmed, du 4" tirailleurs, et le lieutenant Pol Boulhaut, du 4» tirailleurs, tués. i-o capitaine Civatte, au 4e tirailleurs, les lieutenanta Dupas et Djodidi, du 4. tirailleurs, blessés. Le lieutenant Pol Boulhaut

L'un dos officiers tués au cours des combats des 16 et 17 février est le lieutenant Pol Etoulhaùt, de la 3e compagnie du 4'' régiment de tirailleurs, en garnison à Bizerte (Tunisio).

Cet officier, né à Verdun le 7 février 1882, était le second fils d'une famille de six enfants. Il avait vingt-six ans. Il avait perdu son père, un ancien officier de zouaves, il y a deux mois à peino, et une do ses soeurs avait eu une jambe brisée clans un accident de chemin de fer au lendemain de l'cnterroment de leur père. Elle était sortie de l'hôpital de Vesoul ellô était en traitement, il y a deux jours k peine, presque au même moment où son frère était tué au. Maroc.

Le jeune officier, qui était sorti de Saint-Cyr il y a trois ans, avait rejoint lé corps expéditionnaire le 8 décembre dernier. Il laissait à Bizerte sa jeune femme, ne.e Marcelle Bartllier, fille du conseiller municipal du 9e arrondissement, qu'il avait épousée le 10 octobre dernier, et qui depuis je départ de son mari pour le Maroc, était venue habiter Paris chez son pere. C'est le capitaine de frégate Frère, officier d'ordonnance du ministre de la guerre, gui est venu 1 annoncer à cette veuve de dix-huit ans la mort glorieuse de son mari. La douleur de la jeune femme

s'est aggravée du fait qu'elle attend un bébé et que dans une de ses lettres son mari lui écriviait J espère que tu me donneras un petit turco qui, un jour, sera fier, lui aussi, de se battre pour son pays.

Mme Pol Boulliaut a communiqué quelques-uns

de ces télégrammes et lettres qu'elle avait reçus de son mari depuis le début de la campagne. Le premier jour où il combattit, il adressa la dépêche suivante « Ai reçu baptême du feu, suis un vrai sol- dat maintenant. Vive la France » »

Cette journée du 15 janvier avait été pour lui l'oc- casion de montrer son courage et son talent militaire. Il était on arrière-garde, et le corps expédi- tionnaire faisait un mouvement de retraite. Il écrit dans son journal de route publié par le Gaulois

C'est on somme une marche en retraite bien pénible pour mes débuts, mais j'en suis heureux, je n'ai pas bronché.

J'étais tellement occupé de maintenir mes hommes que je n'ai même pas songé à saluer les balles. lit cependant quel bruit énervant, surtout quand on les reçoit dans le dos, et que tout en se défendant, il faut continuer le mouvement! Mes hommes reprennent leur sang-froid; ils ont l'œil fixé sur moi et commencent à bien écouter mes explications. Je reprends confiance en eux; dans quelque temps, ce seront de bons soldats, mais quels pénibles débuts Cela va durer pendant deux heures. C'est long, mais heureusement notre marche va être soutenue par l'artillerie qui, par-dessus nos, tfites, dispersera les groupes do Marocains. Par une véinc extraordinaire, je n'ai pas d'autre homme blessé que l'ordonnance de Jouannes, tandis que les sections de la légion laissent quatre ou cinq hommes sur le carreau. Laisser est une façon de parler, car on ramasse tout le monde sous le feu. C'est admirable de voir les légionnaires ramasser ainsi leurs camarades, alors que les balles sifflent de tous côtés. Cs sont des soldats admirables que je donne pour modèles à mes tirailleurs.

Vers quatre heures, l'ordre est envoyé de reprendre notre marche.

J'aime mieux cela que de rester là. Voilà trois heures que j'entends siffler les balles. C'est assez pour une première fois. Je ne les ai pas saluées au début, mais lorsque j'étais avec l'artillerie et observais un tir avec mes jumelles, j'ai ou des mouvements de tête., à droite et à gauche,, lorsqu'elles sifflaient trop près. Ce sont là des mouvements instinctifs, qu'on ne peut dominer que par la volonté, mais qu'on laisse se produire quand on ne réagit pas. Je suis sûr maintenant de mes hommes, ils sont aguerris. Ils ont une confiance extrême en moi, je pourrai en faire ce que je voudrai. Je me fourre au milieu d'un carré et le retour commence à quatre heures et demie. Nous recevons encore quelques coups de feu, mais sans importance. La marche est pénible et longue, II me semble que nous n'arriverons jamais au camp. Nos hommes marchent relativement bien, pas un traînard. Pour moi, j'ai la tête lourde, je Ynarche comme une brute, je crois apercevoir à tout instant Ber-Rechid, Je tombe de sommeil et de fatigue. Nous n'arrivons qu'à une heure du matin. Dure journée depuis la veille, à onze heures, nous avons bien couvert 70 kilomètres, et pendant trois heures, nous avons subi le feu. Mais enfin nous sommes de vrais guerriers nous avons reçu un sérieux baptême du feu.

Le lieutenant Boulhaut est le deuxième officier de la promotion saint-cyrienne de 1901-1901 qui meurt au Maroc. Son camarade est le lieutenant Crémadelles, dont le corps vient d'être ramené en France. Démentis

La présidence du conseil nous communique la note suivante

Le gouvernement oppose le démenti le plus formel aux bruits répandus au sujet de tout envoi nouveau de troupes au Maroc.

Depuis lo commencement de l'expédition, un détachement de renfort est toujours prêt ù partir en cas de besoin, et un bataillon de la province de Constantine, qui ferait partie de ce détachement le cas échéant, a été depuis longtemps averti de se tenir prêt à toute réquisition. Il n'y a rien de' plus. Aucun ordre de départ pour l'empire chériuen n'a été envoyé aux troupes de la division de Coustantine, ni à d'autres. Il est également inexact quo le générai d'Amade ait jamais songé à abandonner la garnison de Casablanca pour répartir ses effectifs entre Mediouna et BerIlechid.

Los informations répandues à ce sujet se rattachent aune campagne de fausses nouvelles contre lesquelles on ne saurait assez mettre le public en garde. Ce démenti s'adresse aux nouvelles inexactes publiées par certains journaux. Une dépêche do notre envoyé spécial auprès du général d'Âmado, que nous avons publiée hier, explique le mouvement qui s'ost produit entre Casablanca, Mediouna et BerRechid, ces deux derniers points ayant été fortifiés et étant devenus des points d'appui et les bases de ravitaillement de nos colonnes volantes.

La Gazette de Cologne publie le télégramme suivant de Berlin

Il a été demandé dans une séance du Sénat français s'il était exact que les canons do Moulai Hafld aient été manœuvres par des Allemands. Cette assertion est certainement fausse, car on ne sait absolument rien à Borlin de la présence d'Allemands auprès de Moulaï Hafld or, s'il y en avait, il semble bien difficile qu'on l'ignore à Berlin. On ne se trouve là manifestement qu'en présence d'un bruit malveillant,

Dans le camp de Moulaï Hafid

(Dépêche de notre correspondant particulier) Tanger, 19 février.

On m'écrit le 11, du camp haûdien, qu'une véritable paniquo règne depuis trois jours dans l'entourage de Moulaï afid et parmi les chefs militaires. De nouveaux appels à la guerre sainte ont été lanoés. De toutes parts on envoie, pour faire ces proclamations, des cavaliers de marque qui parcourent les campagnes en criant que l'heure est venue de chasser tous les infidèles du pays. Les femmes et les enfants de Moulaï Hafid, ainsi que les familles des autres chefs qui se trouvaient dans la mahalla, ont été envoyés sous bonne escorte à Marakoch, avec une partie dos bagages. On dit que cette mesure a été prise en prévision d'un engagement direct avec les troupes françaises, au cours duquel les femmes et les enfants pourraient tomber au pouvoir do l'ennemi. 0n dit aussi que Moulai Hafid est très ennuyé de cette situation, a laquelle il veut mettre fin pu franchissant la rivière. Il aurait dit qu'il est décidé à triompher ou à mourir en combattant. Nouvelles diverses

Moulaï Hafid a nommé fe gouverneur de Meknès pacha à Fez, avec l'ordre do former une forte inahalla dans le district pour aller investir Rabat. On mande de Fez le 13 février qu'une lettro de Moulaï Hafld, paraissant authentique, est arrivée Je 12. Elle confirme O'Mrani dans ses fonctions de khalifa. Celui-ci a usé de toute son influence pour interdire à Kitani ses réunions. Ce dernier semble avoir abandonné toute intention de quitter Fez pour rejoindre les tribus berbères. Ses bagages seraient déjà partie.

On mande de Tetuan le 17 février que dans la région du Rif les principales tribus auraient refusé de continuer à reconnaître le roghi, par suite, de son inactivité, et auraient proclamé Moulaï Hafid.

'AFFAIRES COLONIALES La mission Blanchet

Divers journaux ont annoncé que les sommes restant dues au Trésor au compte de la mission Blanchet viennent d'être acquittées.

Les recherches effectuées dans les archives du Sénégal, qui ont ep partie disparu au cours de la dernière épidémie de fièvre jaune, ont abouti à la découverte de pièces justificatives établissant une créance exigible par l'administration d'une somme de 25,000 francs.

M. Bénard a fait connaître qu'il était prêt à payer, au nom et pour le compte des différents organisateurs de la mission Blanchet, les sommes dues. En conséquence, lo gouvernement a prié M. Bénard d'effectuer le vorsement de ces sommes.

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M. Chéron EN Bhetagne. M. Henry Chéron, soûs-secrétairo d'Etat de la gueri'tj, a visité hier matin la caserne du 2e chasseurs, à Pontivy. Il s'est rendu ensuite à l'hôpital puis il a reçu la municipalité qui l'a entretenu des questions relatives à la garnison.

A midi, M. Çhcron est parti pour Auray, il a parcouru le casernement abandonné depuis la suppression des 4ès bataillons; puis il est ailé à Vannes, ôà ii a visité successivement l'hôpital, le grand séminaire ou se trouve actuellement un détachement du 28e d'artillerie, les casernes do La Bourdonnais et des Trente occupées par le 116° d'infanterie, enfin lé quartier {Ju 35" a'artillerio.

Aoièjjivm^assiâté^jiii .dîner hitiroç^aai Jiii a.é£ê_

offert par le comité républicain, M. Henry Chéron a repris le train pour Paris où il est rentré ce matin, Coups DE SANTÉ militaire. –.Le médecin inspecteur Delorme, directeur de l'école d'application du service de santé, est promu au grade de médecin inspecteur général; le médecin principal de 1" classe Février, directeur du service de santé au ministère de la guerre, est nommé au grade de médecin inspecteur et maintenu dans ses fonctions; le médecin inspecteur Vaillard, directeur de l'école du service de santé, est nommé directeur de l'école d'application du service de santé.

LA ROUGEOLE ET LES OREILLONS A Bourges. On mande de Bourges qu'une épidémie de rougeole vient deîse déclarer au quartier du 37e artillerie. Quinze hommes atteints de cette maladie sontentréa a l'hôpital militaire de Bourges, et l'un d'eux aurait succombé.

De nombreux cas d'oreillons sont signalés dans la garnison. L'autorité militaire a pris de sérieuses mesures.

RETRAIT DES GENDARMES DE Raon-l'Etape. Oii se souvient qu'à la suite des troubles sanglants qui se produisirent le 28 juillet 1907 à Raon-l'Etape (Vosges), une brigade de gendarmerie provisoire avait été établie à Laneuveville-les-Raon, auprès do l'usine Amos, dont les ouvriers grévistes avaient assailli les gendarmes et les chasseurs à cheval, qui, en ripostant, tuèrent l'ouvrier Thirion et blessèrent une vingtaine de grévistes.

Le calme étant maintenant rétabli, cette brigade de gendarmerie vient d'être dissoute et les hommes qui la composaient sont rentrés dans leurs brigade» respectives.

Licenciement D'OUVRIERS A L'ARSENAL DE Douak Les ouvriers de l'arsenal de Douai viennent d'apprendre officiellement, nous écrit-on, que le 31 mars prochain deux cents d'entre eux environ, sur six cents, seront licenciés. Les noms des congédiés séront affichés avant'Ja fin de février.

Seront d'abord désignés les ouvriers engagés à titre auxiliaire, auxquels on allouera une indemnité d'une journée de travail par quatre mois de présence à l'atelier.

Puis on mettra à la retraite les ouvriers ayant plus de soixante ans.

NOUVELLES DE L'ÉTRANGER

La convention d'arbitrage

franco-américaine

Le Sénat des Etats-Unis a ratifié la convention d'arbitrage franco-américaine.

Voici, d après le Morning Post, le texte complet de cette convention

Article premier. Les différends de nature légale qui peuvent s'élever au sujet de l'interprétation traités existant entre les parties contractantes et qui n'auraient pas été réglés par la voie diplomatique sô« ront déférés à la cour permanente d'arbitrage établi? à la Haye par la convention du 29 juillet 1899, à lît condition toutefois qu'ils n'affectent pas les intérêts vitaux, l'indépendance ou l'honneur des parties coritractantes et ne concernent pas les intérêts de tierceè parties.

Art. 2. Dans chaque cas pris isolément, les parties contractantes, avant d'en appeler à la cour permanente d'arbitrage, concluront un arrangement spécial définissant' clairement le litige, l'étendue des pouvoir^ des arbitres et les périodes fixées pour la formation d'un tribunal d'arbitrage ainsi que les différentes phases de la procédure.

Il est entendu que cet agrément, en tant qu'il se réfère aux Etats-Unis, sera soumis à la. ratification d\i président et au consentement du Sénat, et en tant qu'il se réfère à la France, à l'approbation du Parlement français.

Les articles de cette convention seront ratifiés aussitôt que possible à Washington.

La présente convention restera en vigueur pendant cinq années elle entrera en application quinze jour£ après sa ratification.

La question balkanique

La Wiener Allgemeine Zeitung, journal officieux autrichien, tient des cercles diplomatiques quo les* assurances données par le baron d'/Ëlirenthal qutt l'Autriche-Hongrie voulait demeurer fidèle à son en-> tente avec la Russie ont produit lameilleure improsfc sion à Saint-Pétersbourg et que M. Isvolski a saisi cette occasion pour déclarer que la Russie attachait; elle aussi, le plus grand prix au maintien de cettçi entente. L'Autriche-Hongrie donnera prochainement la preuve qu'elle n'est en aucune façon dispos sée à modifier son attitude dans la question des rô>formes et qu'elle s'efforcera, comme auparavant, dd mener ces réformes à bonne fin.

A Le point do vue russe dans la question balka- nique vient d'être exposé dans un long communiqué du journal officieux Rossya.

La retraite prochaine du « Premier » anglais Notre correspondant particulier à Londres nous écrit A différentes reprises, ces temps derniers, des bruits ont couru sur la démission probable de sir H. Campbell Bannorman, à qui l'état de sa santé na semble plus guère permettre de remplir la chargé écrasante de premier ministre. Le Temps a slgnal ces rumeurs qui de plus en plus se précisent. Jesui| en mesure d'annoncer que la retraite de sir Henry est décidée en principe la date n'en est pas oncoré fixée, mais elle pourrait être plus rapprochée qu'on ne pense.

Les diverses considérations dont on avait paris pour permettre à sir Henry de rester à la tête gouvernement, tout en renonçant à une partie de ses ionctions, n'ont aucune chance de se réaliser, et la retraite du premier ministre sera très vraisemblablement totale. Il sera remplacé par M. Asquith. La chose est dès maintenant îéglée. q

J'ajouto qu'il n'a jamais été, le moins du mondo' question que le premier ministre acceptât un titra de pair et entrât à la Chambre des lords. Le bruit eA a été lancé par quelques unionistes facétieux et malicieux qui trouvaient plaisant d'introduire ainsi; par avance, le leader libéral dans cette Chambre do? lords qu'il se proposait justement de supprimer. C'est bien peu connaître sir Henry que de croire qu'il açV ceptera jamais chose pareille. Il a créé des lords ei{ assez grand nombre, en trop grand nombre peu ° ôtre, depuis son avènement au pouvoir. Mais n'aura certainement pas le mauvais goût de se créé!- lord lui-même.

Les plaidoiries pour Lombardo et Nasi Notre correspondant particulier à Rome nous té'% graphie

On sait que les accusés ont plusieurs défenseurs qui prennent alternativement la parole. Hier ont. plaidé Me Scimonelli, un des avocats de M. Lonl- bardo et Mc Bonacci, avocat de M. Nasi. Me Scimonelli se borne à tracer le portrait moraf des deux coaccusés, présentant M. Nasi comme uii grand déséquilibré, comme un être anormal puis* sant et fort, de haute intelligence, se croyant aiîdessus de toute loi morale, ayant entraîné dans le tourbillon de son excessive ambition l'être faible qu'était M. Lombardo. Ce plaidoyer, qui tend à rapetisser la personnalité de M. Lombarde devant celle de l'ex-ministro, a été plusieurs fois interrompu par M. Nasi et par ses défenseurs, qui ne dissimulent pas leur indignation.

Me Bonacci, défenseur de M. Nasi, déclare que M. Nasi n'a tiré aucun profit personnel des actes qu'on lui reproche, alors que le profit personnel constitue seul le crime de péculat.

Alsace-Lorraine. Mercredi soir, les étudiants alsaciens-lorrains ont donné, à Strasbourg, leur ban- quet annuel. Le député Langel, ancien étudiant, a tenu à ses jeunes camarades un 'discours dans lequel il a dit que l'Alsace-Lorraine avait vécu pendant deux siècles de la vie française, et il a uni dans un même sen- timent de pieux souvenirs les noms de Hoche et de Marceau à celui de Kléber. M. Langel a terminé en exhortant les étudiants à conserver vivants en eux de tels souvenirs.

Un des étudiants s'est levé et l'a juré au nom de ses camarades.

La réunion s'est terminée par la visite traditionnellff au monument de Kléber. Les étudiants ont défilé t6t«* nue devant la statue de la place d'Armes. Puis ils s« sont rendus à la taverne Alsacienne où ils ont chantQ Sambre-et-Meusc, la Marclw lorraine et le Clairon de Dér roulède. Mais bientôt après, la police est entrée à 1| taverne et a interdit aux jeunes gens de chanter lej? refrains de Déroulède. Il n'y a pas eu d'autre incident* Autriche-Hongrie. Hier, à dix heures onze d\£ s'est produit à Vienne un tremblement de terrij de pou d'étendue. La secousse a été si violente què| presque toutes les pointes servant pour les appareil^ sismographiques de l'institut central de géodynamiquè1 ont été projetées en l'air,

Angleterre. On annonce la. mort de M. Thoma* F. Kôily, l'un des anciens chefs du mouvement fenian.' M. Moberley Bell dément qu'il soit chargé d'âc!*<

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