bpt6k228380r/f1


AVIS

Les demandes de changements d'adresse doivent être accompagnées d'une des dernières bandes imprimées et du montant des frais de poste, à raison de

8 centimes par numéro à expédier (changements de Paris pour les départements et l'Alsace-Lorraine).

S centimes par numéro à expédier (changement de Paris pour toute l'Europe).

PARIS, 15 MAI

BULLETIN DU JOUR

Le cabinet Cairoli a donné hier sa démission, et le roi a confié à M. Sella, qui l'a acceptée, la mission de former un nouveau ministère. L'occasion de cette crise ministérielle a été la série des interpellations projetées sur la question tunisienne. Dans la déclaration dont M. Cairoli a donné hier lecture à la Chambre des députés, M. Cairoli, allant au-devant de ces interpellations, a dit que le ministère n'aurait pu les accepter maintenant, et qu'il aurait dû prier les interpellateurs de les ajourner. Mais le président du conseil a ajouté que le fait même de ces interpellations « révèle une situation parlementaire dont le ministère doit tenir compte », et, en effet, il en tient compte en donnant sa démission.

La situation parlementaire à laquelle M. Cairoli a fait allusion ne date pas d'hier. Elle consiste dans l'absence d'une majorité gouvernementale au sein de l'immense majorité de gauche, et elle a pour résultat normal l'instabilité ministérielle. Un cabinet, quel qu'il soit, manque d'assiette et s'écroule au moindre accident. Il nous est impossible de déterminer exactement dans quelle mesure les nouvelles de Tunis ont contribué à la chute du cabinet. Mais il est certain que, dans cette situation parlementaire radicalement mauvaise, tout autre cabinet aurait également succombé, et que, à défaut de l'affaire tunisienne, quelque autre circonstance aurait amené le renversement du cabinet Cairoli. Le cabinet que va former le chef de la droite constitutionnelle, se trouvera, à la Chambre des députés, en présence d'une majorité de gauche. On peut donc prévoir une dissolution de la Chambre élue en mai dernier. Le ministère de droite fera-t-il cette dissolution avant ou après la réforme de la loi électorale actuellement en discussion, réforme à laquelle il est hostile? Sur quelle question se feront les élections et de quel côté sera la majorité future? Tout cela est du domaine de l'inconnu, et l'on ne peut prévoir encore la ligne politique que suivra le gouvornement italien à l'intérieur et à l'extérieur. En ce qui concerne l'affaire tunisienne, nous espérons que le temps et la réflexion amèneront nos voisins à envisager avec plus de calme et à apprécier plus exactement la politique imposée à la France dans le nord de l'Afrique. La France, la seule parmi les puissances qui soit limitrophe de la Tunisie, est la seule qui ait, dans cette région, un intérêt territorial, l'intérêt de la défense de son territoire africain, vulnérable du côté de l'est. Elle ne peut donc permettre ni que sa frontière soit violée par les tribus de la Tunisie indépendante, ni que la Tunisie devienne un foyer d'intrigues musulmanes contre sa? domination en Algérie. Tant qu'elle a trouvé dans le gouvernement du bey un ami, elle a supporté les inconvénients d'une situation mal définie. Mais il est arrivé un moment où l'hostilité journalière de ce gouvernement et les attaques audacieuses des tribus frontière ont créé une situation intolérable. Si nous avions supporté plus longtemps cette situation, c'en était fait de l'autorité de la France et de son prestige parmi nos tribus algériennes. Il faut que nous soyons respectés en Tunisie pour être respectés en Algérie. La France s'est donc trouvée dans la nécessité d'aller maintenir et consolider à Tunis la paix de l'Algérie. La position que nous venons, par nécessité, de prendre en Tunisie, n'est menaçante pour personne, et elle est tout à l'avantage de la colonie européenne, sans distinction de nationalité. L'ordre qui va régner dans ce pays, grâce à. notre influence, la réforme administrative, financière, judiciaire, qu'avec nos conseils et notre concours le bey introduira dans ce pays, profiteront à tous les Européens et leur permettront de donner, en plus grande sécurité, plus d'extension à leurs entreprises. Citons un exemple l'hostilité du gouvernement du bey a récemment arrêté les travaux du chemin de fer de Tunis à Sousse. S'étendant à toutes les entreprises françaises, elle faisait obstacle à remploi de nos capitaux sur le sol tunisien, au grand détriment du pays et an grand dommage dtes Européens de toute nationalité, surtout des ouvriers italiens, qui viennent chercher du tra-

FEUILLETON DU TEMPS '̃; ̃ DU 16 MAI 1882

CHRONIQUE THEATRALE

A Clufiy, la Mijote, comédie en quatre actes, de MM. Jules André et Daveline. Reprise du Mariage de Figaro la Comédie-Française. Publications nou-

velles.

Le théâtre Cluny nous a donné cette semaine la première représentation de la Bigote, comédie en quatre actes, de MM. Jules André et Da-

veline.

nièce est tombée, et elle ne méritait pas, je crois, un meilleur sort. Il m'arrive parfois de prendre, dans un ouvrage maltraité du publicj quelque scène où il m'a semblé voir du talent; une situation, un coup de théâtre, quelque chose enfin qui m'a paru marquer chez Tauteur une certaine entente du théâtre, et de donner au passage, par une critique détaillée et départi pris bienveillante, plus d'importance qu'il n'en avait peut-être. ci, je n'en ferai rien. p'

C'est que j'ai cru remarquer dans la façon dont ces deux messieurs ont traité le caractère de la bigote, moins le désir de peindre sérieusement un type de comédie que celui de satisfaire un peu son atout de scandale, et cela ne m'a point plu.

il esls.'iiS do au- pviTiiis aux ik-nvains qui com-

posent pour le théâtre de choisir un de ces sujets déhcat6 que la passion politique ou reli-

vail à Tunis comme en Algérie, et n'en trouvent guère que là où s'appliquent des capitaux français. La Tunisie va se trouver ouverte, grâce à nous, à l'activité européenne, qui ne sera plus entravée à chaque instant, par les caprices des ministres du bey.

D'après une dépêche du Times, qu'on lira plus loin, le cabinet Cairoli avait proposé aux grandes puissances de se saisir de l'affaire tunisienne, sous ce prétexte que la Tunisie ferait partie intégrante de l'empire ottoman, ce qui rendrait applicable à ce pays la garantie accordée à la Porte-Ottomane par le traité de Berlin. On sait combien est peu fondée cette prétention, que la Porte-Ottomane vient de reproduire dans une circulaire, en date du 10 de ce mois, et que nous avons sous les yeux. D'après la dépêche du Times, l'Italie n'aurait encore reçu qu'une seule réponse à sa proposition, Cette réponse, donnée par le prince de Bismarck, est un refus formel.

Hier, M. le président du conseil a fait à la Chambre des députés une déclaration qui reproduit sommairement et en substance celle qui avait été faite là veille au Sénat. La Chambre a ensuite discuté le projet de loi modifiant la loi de 1872 sur le recrutement de l'armée. Le contre-proje1lde M. Labuze, qui supprime toute exemption ou allègement du service militaire pour les ecclésiastiques et les membres du corps enseignant, a été rejeté par 96 voix de majorité. On sait que le projet du gouvernement et de la commission réduit à un an, pour les futurs membres du clergé et de l'enseignement, le service obligatoire.

Le Sénat a adopté, hier, en première lecture, l'article 15, renvoyé à la commission, et l'ensemble du projet de loi sur l'avancement dans l'armée.

Bourse du dimanche.

2 heures 1/2. 3 0/0, 86 fr. 32 1/2 35. 5 0/0, 120 fr. 22 1/2 25. Turc, 16 fr. 65. Banque ottomane, G70 fr. 62 671 25. Extérieure, 23 5/8. Egypte 6 0/0 392 fr. 50 391 87. Hongrois, 103 0/16. Italien, 90 fr. 75 91.

LA CRISE MINISTÉRIELLE EN ITALIE

Hier, samedi, le président a demandé à la Chambre des députés de s'ajourner jusqu'à quatre heures, les ministres ayant déclaré ne pas pouvoir venir à la séance avant cette heure-là.

A la reprise de la séance, M. Cairoli, président du conseil, fait la déclaration suivante: Les événements de Tunis ont appelé plusieurs fois 'l'attention de la Chambre et ont fourni au gouvernement l'occasion de faire des déclarations qu'il vient confirmer.

Subordonnant à des intérêts supérieurs même sa propre défense, le ministère ne pourrait accepter aujourd'hui aucune interpellation et devrait prier les interpellateurs d'ajourner leurs questions.

Mais ces interpellations elles-mêmes révèlent une situation parlementaire dont le ministère doit tenir compte, en présence des grands intérêts politiques et des réformes intérieures qui réclament l'autorité dans le gouvernement et la concorde dans la majorité. (Très bien !)

Pour maintenir la majorité qui s'est formée le 30 avril, le conseil a décidé de remettre les démissions des ministres au roi. Ils espèrent que leurs successeurs continueront leur œuvre et qu'ils accompliront les réformes commencées. (Très bien!)

Le roi, se réservant de délibérer sur les démissions des ministres, a invité le ministère à rester à son poste, pour l'expédition des affaires.

Une dépêche d'aujourd'hui nous apprend que le roi a accepté la démission du cabinet, et a chargé M. Sella de former un nouveau ministère. M. Sella a accepté.

Une autre dépêche ajoute qu'une réunion de la gauche a eu lieu hier soir dans le but d'affirmer l'accord de toute la gauche sur les idées qui doivent être la base du programme du nouveau ministère.

On s'expliquera l'impuissance passée du cabinet Cairoli et l'impuissance future du cabinet Sella dans l'affaire de Tunis en lisant l'importante dépêche suivante adressée avant-hier soir au Times par son correspondant parisien

On a appris ici ce soir que le gouvernement italien. informé dans la nuit de la signature du traité avec le bey, donna dès ce matin, à ses représentants à l'étranger, l'ordre de sonder les gouvernements auprès desquels ils sont accrédités, sur l'opportunité qu'il y aurait de convoquer une conférence européenne à laquelle la France serait invitée à soumettre le traité imposé au bey.

Le gouvernement italien, dans ses instructions sommaires, admet comme hors de discussion le principe que le pacbalyk de Tunis ferait partie intégrante de l'empire ottoman, et se basant sur le précédent du traité de San-Stefano et du congrès de Berlin, il espère que la France suivra en cette circonstance l'exemple de la Russie.

Dès que le prince de Bismarck a eu connaissance de ces instructions, il a donné l'ordre à l'ambassadeur allemand à Rome de déclarer de la façon la plus péremptoire que le gouvernement allemand, sans examiner pour le moment la théorie mise en avant par le gouvernement italien, refusait absolument de s'associer à une tentative de ce genre, et qu'il repoussait d'ores et déjà toute idée de conférence européenne sur les affaires de Tunisie.

Cette réponse a été communiquée dès ce soir à quatre heures au gouvernement italien et a produit sur lui une impression profonde.

gieuse a mis à l'ordre du jour ils ne le doivent aborder qu'avec un entier détachement de tout esprit de parti, avec la résolution fermement arrêtée de faire simplement œuvre littéraire. S'ils n'ont voulu que flatter de gros préjugés, si je les soupçonne d'avoir spéculé sur le bruit que doit soulever un titre irritant, tout aussitôt je les quitte, et de la défiance je passe à la mauvaise humeur.

Je ne fais, bien entendu, nulle comparaison de la Bigote au Daniel Rochat, de Sardou. Je n'oserais cependant pas affirmer que le sentiment dont je parle n'ait été pour quelque chose dans le mauvais accueil qu a reçu le premier soir la comédie de l'illustre maître. 11 s'est glissé dans les esprits comme une crainte que Sardou, à l'affût de toutes les actualités, n'eût cherché le succès plutôt dans le choix du sujet, qui était un sujet à scandale, que dans la façon dont il serait traité. A Dieu ne plaise que je croie cette accusation juste. Mais au théâtre, l'impression première emporte tout. Pour MM. Jules André et Daveline, je ne saurais malheureusement avoir de doute à cet égard. 11 est évident qu'ils se sont dit A ce mot, à cette tirade, nous exciterons des transports de joie auxquels répondront des exclamations de fureur On criera, on se disputera, il y aura du tapage bonne aubaine pour la pièce et pour nous. Je n'aime guère ces calculs chez les vieux routiers du théâtre; ils me font horreur chez les jeunes gens, que je voudrais voir plus désintéressés du vain bruit, plus amoureux de la vraie gloire. Ces deux messieurs ont été punis par où ils avaient péché. La chose a pris un tour auquel vraisemblablement ils ne s'attendaient guère. Le public, au lieu de se fâcher ou d'applaudir, a tourné la pièce en blague, et il a ri. mais il a ri.

Il faut même, à ce propos, que poursuivant mes études de moraliste, je lui fasse un petit bout de leçon. J'ai déjà* signalé, à plusieurs reprises, le goût tout nouveau, et chaque jour croissant, que semble prendre le public parisien aux équivoques grossières, aux allusions licencieuses, aux propos plus que grivois, j'allais dire aux propos obscènes. C'est une maladie du temps. Elle

s'esl uianifesiée à la représ^malion de Giuny

par un symptôme vraiment fâcheux. Vous savez. ou vous ne savez pas (carj'ima-

Nous recevons à la dernière heure la dépêche suivante, adressée à l'agence Havas

Milan, 15 mai.

On assure que le roi ne consent pas à la dissolution de la Chambre.

Un cabinet Sella paraît, conséquemment, peu viable et l'on peut craindre que la crise ne soit pas de sitôt terminée. j '•

AFFAIRES DE TUNISIE

Nous recevons de nos correspondants farticuliers les dépêches suivantes

Monastir (côte orientale de la Tunisie),

13 mai, 4 h., soir.

J'apprends aujourd'hui seulement que le traité a été signé hier soir par le bey. Toute la région est tranquille.

L'agence Havas nous communique les dépêches suivantes

Tunis, 13 mai, 10 h., matin.

(Arrivée le 14, à 4 h. 5 m., soir.

Le médecin a déclaré que la maladie dont est atteint le bey n'est pas grave. C'est une simple indisposition causée par les émotions de la journée d'hier. Constantinople, 14 mai.

M. Tissot, ambassadeur de France à Constantinople, a remis hier à la Porte une nouvelle notification, confirmant entièrement la protestation qu'il lui avait transmise au nom de la France, le 7 mai.

Cette nouvelle notification porte que la France considérerait comme une déclaration de guerre, même l'envoi d'un seul vaisseau.

La Gazette de Cologne a reçu de Paris, à la date du 14 mai, le télégramme suivant Le ministre des affaires étrangères, M. Barthélemy Saint Hilaire, a reçu aujourd'hui de Vienne, de SaintPétersbourg et de Berlin des télégrammes par lesquels ces-trois cabinets l'assurent du bon accueil qu'elles feront au traité signé entre la France et le bey de Tunis. ̃•̃••• ̃ ̃ ̃ ̃

Le Sénat doit reprendre demain en deuxième lecture la discussion de la loi relative à la suppression de la lettre d'obédience. On sait que l'économie de cette loi a été sensiblement altérée par l'adoption d'un ameudement de M. Bérenger qui lui enlève tout effet rétroactif l'obligation du brevet pour les instituteurs et les institutrices adjoints, d'après cette disposition, ne serait imposée qu'aux personnes non pourvues du diplôme au ler mars 1881. En d'autres termes, le personnel congréganiste, encombré, comme on le sait, de recrues jeunes et inexpérimentées, resterait en possession de son privilège; ce n'est que dans un certain nombre d'années, des vides s'étant opérés dans ses rangs, que la réforme porterait ses fruits. La commission et le gouvernement n'ont pas voulu se résigner à cet amendement qui, dans leur pensée, consacre et maintient pour longtemps encore un évident abus. Ils ont repris le texte primitif en l'élargissant, en le rendant aussi peu rigoureux que possible. Les instituteurs adjoints et les institutrices, non pourvus du brevet, auront trois ans et demi au lieu de deux pour se préparer à l'examen d'autre part, la dispense du service militaire sera accordée aux adjoints qui, ayant échoué aux examens, auraient contracté l'engagement décennal. Nous sommes tout disposés à croire que, dans ces conditions, le Sénat ne croira pas devoir maintenir, en deuxième lecture, l'amendement de M. Bérenger. On se souvient, en effet, à quel genre de préoccupations il a obéi quand il a souscrit à cette disposition. Le contre gauche dissident a cru qu'en soumettant le personnel congréganiste à l'épreuve du brevet, on l'obligeait à faire amende honorable de son passé, qu'on lui infligeait une sorte de flétrissure morale. Telle n'est pas assurément la pensée des auteurs du projet. En demandant que la loi eût un effet rétroactif, ce n'est point sur des consi dérations d'ordre social ou sur de spécieux arguments juridiques qu'ils s'appuyaient, mais bien sur des intérêts d'ordre pratique. Du moment où l'épreuve du brevet est adoucie de façon à n'être plus qu'une formalité nécessaire mais accessible à tous les candidats pourvus d'une instruction élémentaire, pourquoi n'y pas soumettre tous les intéressés sans exception, ceux d'hier comme ceux de demain? Une grande majorité dans le Sénat a reconnu que le privilège de la lettre d'obédience avait fait son temps et que le diplôme devait être imposé aux instituteurs adjoints comme aux instituteurs titulaires ? Cette nécessité étant admise, rien de plus légitime que d'y faire participer tout le personnel en exercice, le personnel congréganiste comme le personnel laïque.

Des tempéraments pourtant doivent être pris; des dispenses libérales sont nécessaires. La loi stipule déjà que les directrices d'écoles, ayant dix années d'exercice, seront affranchies de l'obligation du brevet; elle accordait deux ans aux candidats pour se préparer; le délai vient d'être augmenté d'une année et demie. Ne tombe-t-il pas dès lors sous le sens qu'avec toutes ces facilités, les congréganistes ne pour-

gine que ce feuilleton est lu aussi de quelques femmes), qu'il y a dans la conversation la plus ordinaire un certain nombre de mots, parfaitement usuels, que les Parisiens s'amusent à détourner de leur sens propre, pour leur donner tout bas des significations polissonnes; c'est un prétexte courant à des équivoques libertines, parfois même ordurières, dont les hommes rient entre eux, quand ils sont en humeur de rire. Ces plaisanteries ne sont pas d'un goût excellent, même entre hommes et portes fermées. Mais on en tire parfois des effets piquants. Pour choisir un exemple qui soit acceptable à tout le monde, rappelez-vous le sens nouveau dont il a plu à Dumas d'emplir le mot capital. On peut, dans la conversation, prendre ce terme en deux acceptions, dont l'une sera sévère, tandis que l'autre éveillera dans l'esprit des idées badines.

Eh bien! l'autre jour, à Cluny, le public, et non pas quelques farceurs de mauvais ton, mais le vrai public, une bonne partie tout au moins, s'est amusé à saisir au vol dans le dialogue de la Bigote les mots à double sens, et, à chaque fois qu'il en passait un, c'étaient des oh! scandalises, des mines d'effarouchement suivies de longs éclats de rire. S'il n'y avait eu là, mon Dieu 1 qu'une simple gaminerie d'écoliers révoltés contre le pensum d une mauvaise pièce, je n'eusse point parlé de cet incident. Mais je suis avec chagrin dans nos théâtres le progrès de ces moeurs nouvelles. Il est certain que le public admet de jour en jour la plaisanterie plus grosse, le mot plus décolleté; qu'il va jusqu'au cynisme. Il semble prendre plaisir à l'ordure. Les auteurs qui ont flairé ce goût de la foule sèment leurs pièces de ces allusions qu'ils savent devoir être soulignées par un ricanement d'approbation. Et quand ifs n'en ont pas mis, voilà que c'est elle qui en fourre, de sa grâce. Je n'avais encore rien vu de pareil à ce qui s'est passé l'autre jour à Cluny. J'en ai été sérieusement attristé: aujourd'hui, c'est sur une œuvre mal venue que l'on s'égaie de la sorte; mais demain, si ces habitudes prennent pied au théâtre, il suffira d'un méchant plaisantin se récriant d'horreur sur le mot le plus innocemment dit pour faire partir une salle de rire et compromettre une bonne pièce. Le mal ne sera que passager, je n'en doute

pas. Notre société fraTiçaise on a déjà souffert

à quelques époques, et notamment vers la fin du dix-huitième siècle. Ce sont des épidémies

ront pas se plaindre d'être victimes d'exigences tyranniques? A qui ferait-on croire que trois ans ét demi ne leur suffiront pas pour acquérir le minimum de connaissances élémentaires qui constituent l'examen? Ce facile bagage ne pèse guère plus que la somme de savoir exigée d'un enfant de treize ans qui postule le certificat d'études primaires. Les amis des congrégations enseignantes nous vantent volontiers leur bon vouloir, leur expérience: l'épreuve du brevet ne fournit-elle pas une occasion d'établir que ces éloges sont mérités, que les maîtresses congréganistes sont dignes en tous points d'exercer le mandat que la faveur seule jusqu'ici leur a valu, et que, d'autre part, les instituteurs congréganistes adjoints sont aussi capables d'obtenir le diplôme que leurs collègues de l'enseignement laïque?

Dira-t-on que si la règle mérite d'être uniforme pour demain, elle ne saurait, sans rigueur et sans injustice, être infligée à de vieux maîtres, blanchis sous le harnais, ayant acquis par de longues années d'exercice une expérience qui vaut autant et mieux que le savoir technique ? La dispense attachée aux dix années de service répond à cette objection on peut ajouter que s'il est vrai que tout examen effraye à un certain âge et soit un écueil pour certaines timidités, le grief ne saurait être bien sérieux contre une épreuve qui roule précisément sur les matières que le candidat est tenu d'enseigner chaque jour? Orthographe, lecture, écriture, notions primaires d'histoire et de géographie, quelle maîtresse congréganiste, quel instituteur-adjoint voudrait se déclarer étranger à cet ABC de sa profession? Le Sénat, nous en sommes convaincus, sera touché de ces considérations pratiques il ne s'attardera pas à d'inutiles controverses sur le principe de la rétroactivité il ne voudra envisager que l'intérêt des études primaires, la nécessité de-garanties établissant la compétence et l'expérience du personnel enseignant de toute origine.

M. le comte de Chambord vient d'intervenir dans le débat engagé entre ses fidèles et les dissidents du centre, et il a clos la querelle avec cette sévérité hautaine qui lui est habituelle. Le document est bref, mais significatif. Il rappelle par l'accent cette fameuse lettre de Salzbourg, d'octobre 1873, qui a mis fin à l'aventure de la fusion. L'Union avait raison, ces jours derniers, en interprétant les instructions de Goritz comme des ordres et en traitant de factieux ses contradicteurs d'un royalisme plus effacé. Dans la vraie doctrine monarchique, quand le chef a parlé, les soldats doivent se taire. Or nul doute ne pouvait subsister sur les intentions du prétendant; déjà, après le discours de Vannes, quand les casuistes du Français et de la Défense s'efforçaient d'atténuer les bruyantes déclarations de M. de Mun, M. le comte de Chambord était intervenu. Sa lettre, aussitôt publiée, avait donné l'estampille officielle au programme de M. de Mun. Tout récemment enfin, l'article-manifeste de Y Union était un dernier avertissement à l'adresse des dissidents; il les prévenait que les instructions royales ne comportaient aucune réserve, qu'elles devaient être obéies dans l'esprit et dans la lettre.

Que vont répondre M. Chesnelong, M. de Falloux et leurs amis? Subiront-ils en silence cet arrêt qui les frappe directement, ou s'efforceront-ils de protester une fois encore de leur fidélité, tuut on maintenant lour droit dA choisir à leur guise le terrain de la lutte électorale? Les dissidents de cette école sont fort habiles à trouver des répondants de leur tactique. Ils se sont emparés, hier encore, du discours du pape aux pèlerins français pour soutenir que c'était du Vatican même que leur venait le conseil de fuir les aventures de parti, d'appeler au secours de la société et de la religion menacées tous les bons vouloirs; sans distinction de cocarde ou de drapeau. « La vérité, la religion, la vertu chrétienne, avait dit le saintpère, sont des biens qui forment le patrimoine commun de tous les fidèles. Mis en sûreté, ils seront utiles à toutes les grandes et nobles causes dissipés et perdus, ils en rendront la défense difficile et en compromettront le succès. » Le Français n'a pas manqué de tirer de ces paroles une leçon contre l'intolérance des royalistes purs. Ce sont, d'après ce journal, lés prétentions de M. de Mun et de ses amis qui dispersent au vent les biens dont a parlé Léon XIII et compromettent le succès de leur cause. « Arrière s'est écrié le Français, les drapeaux particuliers! Rétablissons plus ferme et plus large que jamais l'union passagèrement ébranlée. » Et il a ajouté « S'il y a, en pa- reille matière, nous ne dirons pas des ordres, mais des conseils à recevoir, n'est-ce pas du Vatican ? »

Ce ne sont pas des conseils, ce sont bien des ordres qui sont venus, et ils sont venus d'ailleurs. Nous serait-il donné d'assister à ce curieux spectacle d'une guerre dé principes entre

qui arrivent on ne sait d'où et qui s'en vont on ne sait comment. L'inconvénient que je prévois, c'est que, la crise passée, nous irons, par réaction, jusqu'aux exagérations les plus sottes d'une pruderie à outrance.

De toutes ces gamineries, je n'en ai trouvé qu'une vraiment plaisante. La bigote se nomme Ursule. Elle nous avait déjà fort agacée, car l'actrice qui la représente avait jugé à propos de charger encore un rôle dont le trait caricatural était déjà fort grossi. Deux personnages sont en scène et causent d'elle, tandis qu'elle n'est pas là. L'un d'eux l'accuse violemment: Qui donc, s'écrie-t-il, a bouleversé toute cette maison? c'est Ursule. Qui a brouillé le père avec son gendre? c'est Ursule. Qui a poussé le fils à quitter là maison paternelle? i Et aussitôt de tous les coins de la salle, vingt voix partent en même temps C'est Ursule, avec l'intonation de l'acteur.

L'effet a été d'un comique irrésistible. Le malheureux artiste un peu décontenancé, poursuit sa tirade

-Eh bien, je le dis il faut nous débarrasser.

D'Ursule crie le public en chœur. L'autre fait signe de la main à son ami de parler plus bas, et lui montrant la porté

Chut! lui dit-il, prends garde! Voilà.

Chut! lui dit-il, prends garde! Voilà.

Et alors toute là salle à la fois

-t- Voilà Ursule!

Non, si vous aviez vu l'entrée d'Ursule! l'effarement de l'infortunée comédienne, et le fou rire du public qui se tordait, enchanté de sa plaisanterie. Savez-vous une pièce au monde qui résisterait à des farces ainsi menées? Je n'aime pas beaucoup ces fumisteries parisiennes au théâtre; au moins celle-là n'était-elle que drôle.

Il faut rendre justice aux acteurs ils ont de leur mieux tenu tête à l'orage. Je recommande aux directeurs en quête d'un amoureux, le jeune Nerssant. Il est malheureusement petit de taille, mais le visage est agréable, la voix tendre et chaude. Il a dit avec beaucoup de naturel et d'émotion une jolie scène, d'amour. Nous avons retrouvé là Mlle Harris-Goutchalde, avec qui nous avions fait connaissance à l'Ambigu. 'est une grande jeune personne, très élégante de tournure, cheveux blonds, visage sympathique, qui a l'air d'une femme du monde' sur la scene elle dit juste et avec grâce, bien qu'elle porte dans le débit ce très lég«r

le représentant du droit divin et le souverain pontife? Il est infiniment probable que le SaintSiège, avec son instinct politique accoutumé, n'insistera point les conseils du pape ont été jusqu'ici fort discrets, fort enveloppés, et il a fallu toute la pénétration diplomatique du Français pour y découvrir une intervention directe. Nous ajouterons volontiers que, pour les témoins désintéressés, la logique est du côté du solitaire de Frohsdorf. La légitimité est un dogme elle n'admet point qu'on la voile ou qu'on l'ignore. Précisément parce qu'elle est à l'état de parti vaincu, elle déploie ouvertement son drapeau; elle accentue ses doctrines et se console d'une défaite qu'elle croit momentanée par l'affirmation entière de sa foi. La coalition mêlée, où les politiques de l'école de M. de Falloux ont espéré retenir les preux du drapeau blanc, devait tôt ou tard leur apparaître comme un mensonge comment s'imaginer qu'ils se prêteraient à entrer dans une ligue électorale qui doit aller, de l'aveu même de ses inspirateurs, de M. Lucien Brun à M. Lamy, de M. Rouher à M. Bocher, de M. Chesnelong à M. Jules Simon? La parole de leur roi vient les affermir dans leur parti pris d'intransigeance. Elle ne fait d'ailleurs que souligner une situation déjà connue et dont l'origine remonte au mémorable avortement de la tentative de restauration royaliste en 1873.

Voici le texte de la lettre dont nous venons de parler. Elle est adressée à M. Joseph de CarayonLatour qui, on s'en souvient, avait adressé au Figaro, le 6 mai dernier, une rectification concernant les allégations de « l'ancien député » Frohsdorf, le 11 mai 1881.

Je vous remercie, mon cher Carayon, d'être intervenu avec votre franchise habituelle dans les tristes débats soulevés par des hommes de discorde, dont je ne veux même pas chercher à deviner les noms, et qui touvent le moment propice pour jeter la division dans nos rangs.

A tant de services que vous avez déjà rendus à la cause du droit, de la vérité et de l'honneur, vous ne pouviez en ajouter un plus grand que de faire justice, avec cette loyauté qui s'impose à tous et qui est le trait saillant de votre caractère, des nouvelles tentatives de désunion, dont la fidélité s'indigne, et que le vrai patriotisme repousse. Dans tous les temps, ces manœuvres de l'esprit de parti ont été sans dignité et sans grandeur à l'heure où nous sommes, vous vous croyez le droit de les qualifier plus sévèrement. Je le pense comme vous, et suis de tout cœur avec vous. HENRI.

LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE EN AVRIL 1881

L'administration des douanes vient de publier les résultats généraux de notre commerce extérieur pendant les quatre premiers mois de l'année courante et la même période de 1880. Ces résultats se décomposent de la manière suivante

Importations 1881 1880

Objets d'alimentation. 572.100.000 622.671.000 Produits naturels et matiè-

res nécessaires à l'indus-

trie. 720.559.000 703.932.000 Objetâfabriqùés 154.285.000 142.475.000 Autres marchandises. 68.129.000 71.219.000 Total. 1.515.163.000 1.540.297.000

Exportations

Objets fabriqués 548.282.000 568.460.000 Produits naturels, objets

d'alimentation et matiè-

res nécessaires à l'indus-

trie. 411.229.000 443.074.000 Autres marchandises. 57.125.000 57.130.000 Total. 1.016.636.000 1.068.664.000

Comme on le voit, au 30 avril, nos importations totales dépassaient de 498,527,000 fr. le montant de nos exportations. A la fin du mois de mars, l'excédant correspondant n'était encore que de 352,207,000 fr. Il s'est donc accru, le mois dernier, de 146,320,000 fr.

Nos importations ont pris, en effet, le mois dernier, des proportions inusitées. Elles se sont élevées à 465,860,000 fr., alors que, le mois précédent, elles n'avaient atteint que 369,824,000 fr., chiffre déjà assez élevé.

Nos achats d'objets d'alimentation ont, dans. une certaine mesure, contribué à cette augmentation. Ils n'avaient été que de 127,781,000 fr. en janvier; de 132,541,000 fr. en février et de 143,779,000 fr. en mars. Or, pendant le mois d'avril, ils sont parvenus à 167,989,000 fr. Mais ce sont surtout nos approvisionnements en « produits naturels et matières nécessaires à l'industrie» qui ont donné lieu au mouvement que nous signalons.

Ce groupe si intéressant de produits n'avait amené, en effet, pendant le premier mois de l'année courante, qu'une importation de 153,838,000 fr. Le mois suivant, les entrées avaient été de 162,529,000 francs, et elles avaient rétrogradé, en mars, à 159,998,000 fr. Tandis que, pendant le mois d'avril, elles ont atteint 244,194,000 fr. Pour nous, cette augmentation si notable, à la veille de la promulgation de notre nouveau tarif général des douanes, trahit hautement la signification et la portée des achats qui ont eu lieu. Redoutant l'application de nouveaux tarifs, nos nationaux se sont hâtés de faire leurs commandes à l'étranger. Peut-être ne se sont-ils pas rendu compte que nos traités de commerce avaient encore six mois à courir. Peutêtre aussi n'ont-ils qu'une médiocre conflancedans le renouvellement de ces traités. L'opposition que

zézayement, dont Mlle Desclée avait fini autrefois par se faire un attrait de plus. Citons à côté d'elle Mlle Rose-Thé, une artiste sérieuse, qui méritait un meilleur rôle.

Le théâtre n'a pas donné d'autre nouveauté. Il est vrai que la Comédie-Française a repris le Mariage de Figaro avec une distribution nouvelle, Coquelin cadet dans Figaro, Mlle Tholer dans la comtesse, Mlle Baretta dans Suzanne, Villain dans Bazile. Mais que voulezvous ? M. Perrin ne nous invite pas. Il donne ces sortes de représentations le mardi et lé jeudi, juste lés jours où il est impossible à un homme qui n'est pas abonné de trouver une place assise, n'importe où. Je vous avoue que je ne suis plus d'âge à rester trois heures de Suite, dans un fond de couloir, debout, sur la pointe des pieds, tâchant d'apercevoir le haut de la tête des acteurs en scène. Je me suis soumis déjà une ou deux fois à ce supplice; merci, j'en ai assez.

Je compatis, comme il convient, à la malheureuse situation de M.-Perrin. Il ne peut pas faire autrement que de donner un certain nombre de fois par semaine le Monde où l'on s'ennuie et la Prin cesse de Bagdad, qui n'est pas encore absolument au bout de son succès. Il a déjà servi ces deux pièces à ses abonnés du mardi et du jeudi; il est obligé de varier leur menu. Il ne lui reste donc plus que ces deux jours pour lancer les pièces du répertoire qu'il remet à la scène. Mais ces soirs-là sa recette est faite, tous les fauteuils sont pris d'avance d'avance occupées sont toutes les loges; il ne resté plus rien pour nous, les pelés, les galeux, les journalistes. Eh bien dame que voulezvous ? on eh prend son parti; on se passe de voir le Mariage de Figaro!

Il est clair que pour le moment la maison n'en souffre pas. Que dis-je? Elle y gagne même. Car à neuf francs le fauteuil, nous sommes une ving- taine que l'on invite, les jours de petit service. Hé! hé! cela fait deux cents francs de plus dans la poché des héritiers de Molière. Aucun bénéfice n'est à dédaigner aux pauvres gens. Mais comment M. Perrin fera-t-il, sans nous, la réputation des pensionnaires qu'il essaie? M. Pôrrin croit aux abonnés du mardi et du jeudi. Il s'imagine que c'est ce monde-là qui fait l'opinion quand Mine telle ou telle est venue lui dire Oh Mlle ThOler avait une robe divine; il croit que l'affaire est dans le sac, et que le public bourgeois est conquis.

fait l'Angleterre à la conversion des droits ad Valorem en droits spécifiques n'est pas de nature à faciliter la conclusion de nouvelles conventions commerciales.

Nos importations d'objets fabriqués, loin de participer au mouvement ascendant qui a marque lé mois d'avril, ont présenté, sur celles des deux moiè précédents, une légère réduction. De 29,389,000 fr. en janvier, elles étaient passées à 40,724,000 fr. en février, et à 43,786,000 fr. en mars. Pendant lemoié d'avril, elles sont descendues à 40,386,000 fr. Toutefois, elles dépassent de 11,810,000 fr. les importations similaires des quatre premiers mois de 1880 5 au 31 mars, l'excédant ne ressortait encore qu'à 5,660,000 fr.

Nos exportations d'objets fabriqués, au cpntraire, qui, à la fin du premier trimestre de l'exercice en cours, étaient inférieures de 31,902,000 fr. à nos ventes correspondantes de 1880, n'accusent plus, au 30 avril, qu'une réduction de 20,178,000 fr. Mali l'importance absolue de nos sorties n'en a paâ moins laissé encore à désirer en avril. Nos ventes d'objets fabriqués avaient atteint 191,319,000 fr. pendant le mois de mars, et elles ont rétrogradé à 172,184,000 fr. le mois dernier. Il est vrai qu'elles n'avaient pas dépassé 108,856,000 fr. en février, ët /t>,923,000 fr. en janvier. Quant à nos exportations de produits naturels, objets d'alimentation et matières nécessaires à l'industrie, elles n'ont cessé de progresser depuis le début de l'exercice. Elles ont été 68,313,000 fr ^J-^nmV de 94,139,000 fr., en février; dé 119,6o4,000 fr., en mars; enfin, de 129,123,000 fr., en avril.

Ce qui se dégage de tous ces chiffres, c'est la nôi cessite, pour notre pays, de mettre fin le plus promptement possible au provisoire économique qui rend ses affaires avec l'étranger instables et précaires.

ALGÉRIE

Le ministre de la guerre a reçu les dépêches

suivantes:

Générai commandant le 19" corps d'armée à mi' nistre rie la guerre.

Alger, 14 mai, 8 h. 45, soir.

Des renseignements arrivés à Géryville signaient li présence de Si-Bou-Amema du côté dé Djebel-Draham, à 80 kilomètres environ du sud-ouest de Géryville. Les dissidents qui sont avec lui auraient conduit leurâ troupeaux vers Aïla et Bou-Semghroun. Les nota.bles, parmi ces dissidents, paraissent disposés à revenir à nous, et ont envoyé des lettres pour demander l'aman. Mais il y a encore des fanatiques qui ont foi dans le marabout et qui ne veulent pas le quitter. Le colonel Innocenti est parti ce matin de Géryville à la tête de sa colonne pour marcher dans la direction indiquée. Je lui prescris, dès qu'il sera à bonne distance, de faire une pointe rapide par une marche de nuit et d essayer d'atteindre les dissidents. Une pareillé pointe, bien exécutée, peut jeter le désarroi au milieu d'eux et faire perdre au marabout une grande partie de son prestige. v

Mustapha, 14 mai, 9 h. 12, soir.

Gouverneur général d'Algérie â guerre.

La colonne de Géryville, sous les ordres du colonel Innocenti, s'est mise en marche vers le Djebel-Draham, où se trouvent les insurgés. Il se confirme, que Bou-Hamema n'a avec lui que peu de partisans Kadour-ben Hamza jaloux de son influence né paraît pas l'appuyer. Les commandants de colonne ont pour instruction de refouler les dissi* dents, de parcourir les campements des tribus restées fidèles pour les raffermir, de ne pas s'engager dan» une poursuite trop lointaine.

L'agence Havas nous communique les dénô- ches suivantes ̃

:-i/ ̃̃ Alger, 14 mai.. Les derniers avis d'Ôran portent que Bou-Amema se à trouve au milieu des insurgés au W*

nord-est de Chellala.

Rou jy»o>»a,a'« po ontï-alrLor auouno do population* marocaines. Il a trouvé seulement un petit nombre II partisans, qui même ne se sont réunis à lui a-a'sxirH une certaine résistance. •°" Le général Collignon a quitté Géryville pour mar.cher contre eux.

Le colonel Malaret est toujours à Bou-Guern. La colonne opérant en avant de Sebdou s'est DortÀi à la hauteur d'El-Aricha et Kerbaya. P

T, Oran, 14 mai.

L'escadre d'instruction, composée de quatre vais, seaux-école, est entrée hier dans le port de Mers-éT-

Kebir.

TUNISIE

Le général Bréart télégraphie au ministre de la guerre qu'il passe la revue de ses troupes à Ma nouba, aujourd'hui dimanche. Il se dispose âs« diriger demain du côté des autres colonnes pour la continuation des opérations militaires contre'

les Kroumir., Pa;,

L'agence Havas a reçu la dépêche suivante Toulon, is mai

Les transports l'Intrépide et la Guerrière sont a* rivés ici venant de Biierte' "tt ̃ W

LETTRES DE TURQUIE

La convention définitive dansée litige crée -.On«_tion de Tunis. -Enquête sur l'asSat d^bc^

Am.

Constantinople, le 6 mai

On attend d'un moment à l'autre la premier.» réunion des délégués turcs avec les àmbassadeurf

̃

Les artistes ne sont pas tout à fait de son avis sur ce point. Je puis lui répondre qu'ils sont très ennuyés, prenons le mot de Molière très marris de n'avoir à ces représentations personne de la presse. Ils préféreraient, à ce sS Ience qui se fait autour de leurs noms, même les critiques les plus vives. Et cela est si vrai que queïques-uns m'ont déjà, et non pas une fois, mais à diverses reprises, prié de passer par-dessus l'ennui de ne point avoir de place. Il m'est arrivé de me rendre à leurs prières. Et cependant nous ne pouvons guère laisser s'établir ces traditions à la Comédie-FraSse sans protester de quelque façon. Je n'ignore pas que si j'écrivais personnellement à M Per! rin J'ai envie de voir Coquelin cadet dans le Mariage de Figaro, on me trouverait un orchestre, dût-on ce jour-là déplacer un ami Mais il m'ennuie de demander, en ces occasions, une faveur que mes collègues n'ont pas sollicitée, et que peut-être ils, n'obtiendraient pas. Car s'ils faisaient tous de même, le théâtre serait pris au dépourvu.

Ce devrait être par mesure générale que l'on nous conviât à ces représentations. Si la Comedie-Française croit pouvoir se passer de nous, je ne vois pas pourquoi nous ne lui mon-

trerions pas que nous pouvons nous passer

d'elle. A deux de jeu. Je ferai remarquer à nos lecteurs que iamaîs

je n'ai soulevé de ces récriminations contre au.

E^K?6^ de.ce? ^iminations contre Tai-

cun théâtre. Il m'est déjà arrivé plusieurs fois dans ma longue carrière d'être mis en interdit par un directeur furieux contre quelqu'un de mes articles. J'ai continué d'aller à son fthèitrs- j'ai paye mes places sans sonner mot, et le n* crois pas que jamais personne ait pu soupçonner au ton de ma critique la quere qui nous divisait. Charbonnier, me dïsais-Je, est maître

en sa maison.

Mais la Comédie-Française est un théâtre subventionné. Le directeuVVest pas chez lui. Il n'est que le représentant de l'Etat près de messieurs les sociétaires. Il s'agit de savoir si l'Etat, qui s'intéresse à un certain genre d'art dramatique qu'il croit plus relevé, qui pafe de grosses sommes pour en entretenir et en ™eLle^outi ™W œil satisfait une nS sure dont le résultat certain, sinon le but, est dé ralentir l'ardeur des pensionnaires, de faire le vide autour de leur renommée naissante de les garder sous le boisseau, l**w, ae