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Title : Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis / [Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis]

Author : Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis. Auteur du texte

Publisher : Mme Z. Mortreuil (Saintes)

Publisher : H. Champion (Paris)

Publisher : A. Picard (Paris)

Publisher : Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis (Saintes)

Publication date : 1883

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Language : français

Format : Nombre total de vues : 23398

Description : 1883

Description : 1883 (11).

Description : Collection numérique : Fonds régional : Poitou-Charentes

Rights : public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k2139609

Source : Bibliothèque nationale de France

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32701443g

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 15/10/2007

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ARCHIVES HISTORIQUES DE

LA SAINTONGE ET DE- L'AUNIS

Mme Z. MORTREUIL, LIBRAIRE RUE ESCHASSERIAUX, 42

PARIS

H. CHAMPION, UBRA~RE 15, QUA; MALAQUAIS

xw

SAINTES

1883

PARIS

PAtJR, HBRA!RR nUE MAXAHtNE 9,


ARCHIVES HISTORIQUES

LA SAINTONGE ET DE L'AUNIS

SOCIÉTÉ DES

DE



LISTE DES MEMBRES

ALLÈGRE (Eugène), maire de Fouras, président de la chambre des notaires, notaire à. Rochefort..

ALLIAT, notaire à Saint-Mesme (Charente).

AMBLARD (Victor), négociant, à Saintes.

AMOUROUX (Edouard), chef d'institution, à Saintes.

ANDRAULT, procureur de la république, a La Rochelle. ARCHIAC (comte d'), au château de Villers-Saint-Paul, par Croit. (Oise).

AnDOUiN-BEY(le docteur), ?, inspecteur générai du service sanitaire, maritime et quarantenaire, à Alexandrie (Egypte). AUBETERRE (Amaury DE BoucHARD, vicomte D'), à Marsat, par Riom (Puy-de-Dôme).

AuDiAT (Louis), 1 < lauréat de l'institut, professeur au collège de Saintes, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ.

AUGEREAU (William), sous-lieutenant de réserve au régiment de hussards, aux Egreteaux, par Pons.

BABAUD (Julien), instituteur, à Sainte-Marie-de-Ré. BABINOT (Ferdinand), licencié en droit, conseiller municipal de Chérac, principal clerc de notaire, à Saintes.

BARBEDETTE (Hippolyte), député, à La Rochelle.

BARDON (l'abbé), curé-archiprêtre de Saint-Jean-d'Angély. BARDONNET (Abel), conservateur du musée, à Niort. BARGEAUD (Jules), notaire, à La Tremblade.

BARON (Ludovic), juge de paix, à Saujon.

BARON (Marcel), avocat, à Saintes.

BARON (Frédéric), à Beauvais-sur-Matha.

BARRAUD (Gustave), pharmacien, à Saintes.

BARRAUD (P.-B.), ancien notaire, à Cognac.

BARRAUD (Théophile), capitaine au 6~ de ligne, à Saintes. BARTHELEMY (Anatole DE), ~,1~, membre du comité des travaux historiques, à Paris.

BAUR (J.), libraire, rue Mazarine, 9, à Paris.

BAZIN-DUVAL (Jean-Baptiste), propriétaire, à Cognac. BEAUCORPS (vicomte-Maxime DE), à Genouillé, et à Orléans. BEAUD, ancien notaire, à Taillebourg.

BEAUPRÉAU (DE), à la villa Sainte-Anne, à Royan.

BEiNEix (Joseph), chef d'institution, à Cognac.

BÉLIARD (Eugène), maire de Semoussac, à Saintes.

BENON (Georges),.à Saintes.

BÉRAUD (Gustave), imprimeur, rue de l'Ile-d'Or, à Cognac. BÉRAUD (Louis), A ancien sous-préfet, avocat, à La Rochelle. BERCHON (Auguste), propriétaire et négociant, à Cognac. BERNARD (Théodore), président du tribunal civil, à Saintes.


BERNARD, percepteur, à Saint-Martin de Ré.

BERTHELOT (l'abbé André), chanoine honoraire, supérieur de l'institution diocésaine, à Pons.

BERTHUS DE L'ANGLADE (Eugène), ~) maire, à Muron. BERTIFORT (Félix), ancien notaire, à Pons.

BESNARD (Gédéon), ancien notaire, à Saintes.

BETHMONT (Paul), président du conseil général, premier président de la cour des comptes, à La Grève, par Tonnay-Boutonne.

BIGNON, au Treuil, près Burie.

BisEuiL (Adrien), notaire à Chéray, par Saint-Georgès-d'Oleron. BissEuiL (Aimé), membre du conseil général, député, à Paris. BODLEIAN library, à Oxford (Angleterre).

BOFFINTON (Jean-B.-Stanislas), 0 1 sénateur, à Paris. BOISFERON (Bernard HILLAIRET DE), notaire, à Marcillac (Gironde). BOIS,GIRAUD (Joseph-Ernest THOMAS), à Saintes.

BOISLEVIN (Edmond), négociant, à Saintes.

BONNET (l'abbé Léon), chanoine honoraire, curé-archiprétre de Saintes.

BONSONGE (Mme Anatole de),'à à Saintes.

BoNSON&E (Ernest MARTIN DE), ancien officier, à Saintes. BORDEAUX (bibliothèque de). Bibliothécaire, M. Messier. BOTTON (Charles), notaire honoraire, à La Rochelle. Bou&UEREAU (William), 0 chevalier de' l'ordre de Léopold, peintre, membre de l'institut, à Paris.

BOUHARD (Pierre), notaire, à Chérac.

BOURCY (Edmond), procureur de la république, à Poitiers. BouRDÉ (l'abbé Camille), missionnaire apostolique, aumônier du collège, à Saintes.

BOURRAUD-GROLLAUD, conseiller municipal, à Pérignac. BouRRU (le docteur Henri), professeur à l'école de médecine navale, à Rochefort.

BOUTINET (Jean), propriétaire, maire, à Saint-Cézaire. BOUTINET (Henri), rue des Notre-Dame, à Saintes.. BOUTIRON (E.), docteur médecin, à Fouras.

BOUYER (Adolphe), archiviste-paléographe, à Paris. BOUYER (Félix), au Treuil, près Burie.

BOUYER (Frédéric), à La Tour-Blanche, prèsBurie. BOUYER (Joseph), à Forêt, pàr Corme-Royal.

BOUYER (Marcel), docteur médecin, à Saintes.

BRAUD (l'abbé Stanislas), curé d'Escoyeux.

BRAUD (François-Victor), percepteur, à Archiac.

BREMOND D'ARS (comte Anatole DE), conseiller géndral du Finistère, à Nantes, et à La Porte-Neuve (Finistère). BREMOND D'Aps (comte Charles DE), à Brulain (Deux-Sèvres.) BREMOND D'ARS (comte Théophile DE), président de la commission des arts de la Charente-Inférieure, à Vénérand. BREMOND D'ARS (le général de division Guillaume, marquis DE), G 0 sénateur de la Charente, à Sainte-Brice, par Cognac. BpETtNAULD DE MËRË (Théophile DE), propriétaire, à Saintes.


BREZETZ (Arthur DE), avocat, à Bordeaux.

BpiAULT (René-Jean-Baptiste-Anne), docteur médecin, àSaintes. BROUSSARD (Louis), notaire, à Cognac.

BRULE (l'abbé Van den), chanoine honoraire de La Rochelle, curé de Saint-François de Salles, 5, place Wagram, à Paris. BRUNAUD (Jules), avocat, rue du Palais, à Saintes.

BUGNIOT (l'abbé Félix), A < chevalier de l'ordre royal des saints Maurice et Lazare, chanoine honoraire de La Rochelle, missionnaire apostolique, à Demigny (Saône-et-Loire.)

CALLANDREAu fAmédee), cours national, à Saintes.

CALLANDREAU (Amédée), notaire, à Cognac.

CALLOT (Ernest), A président de la société des amis des arts, à La Rochelle.

CAMus (Edmond), négociant, à Jonzac.

CANTIN (Eugène), professeur au collège, à Saint-Jean d'Angély. CAROT (l'abbé Octave), aumônier du lycée, à La Rochelle. CARTRON, docteur-médecin, au Gua.

CASTAGNARY (Jules), conseiller d'état, membre du comité des monuments historiques, à Paris.

CASTAIGNE (Albert), négociant, à Bassac (Charente).

CÀZABANT (François), prêtre de la mission, curé de Saint-Eutrope, à Saintes.

CAZAUGADE (l'abbé Jean-Baptiste), curé de Colombiers. CHABAN (Charles-Louis-Marie MOUCHARD, comte DE), àKervezio, par Droué (Loir-et-Cher.)

CHAGNAUD (Jules), propriétaire, à Saujon.

CHAMBRE (la) DES NOTAIRES de l'arrondissement de Rochefort. CHAMPION (Honoré), libraire, quai Malaquais, 15, à Paris. CHAPSAL (Cyprien), 1 principal du collège, à Saintes. CHARROPPIN (Georges), pharmacien, à Pons.

CHARRUAUD, à Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

CHASSELOUP-LAUBAT (marquis DE), à Paris.

CHAUDpuc DE CRAZANNES (le baron), sous-intendant militaire, à Toulouse.

CHESNIER DU CHESNE (Camille), à Paris.

CHEVALLIER (le D' Adrien), A conseiller général, maire, à Saint-Aignan.

CHEVALLIER (Julien-Ernest), 0 directeur de la banque de l'Algérie, à Alger.

CHIRON (A.), imprimeur, rue Saint-Gelais, à Niort.

CLOUZOT (Léon), libraire, rue des Halles, 22, à Niort. COIIIIDREAU (Georges), conseiller en la cour, à Poitiers. COGNAC (la bibliothèque de). -Bibliothécaire, M. Jules Pellisson. COMANDON (Louis), négociant, à Jarnac-Charente.

CONIL (Pierre), directeur de l'Encyclopédie populaire, à Paris. CONSEIL (LE). GÉNÉRAL de la Charente-Inférieure.

CORBINAULT (Pierre-Jacque-Eutrope), ancien notaire, à Taillebourg.


CoRBiNEAU (E.), préposé en chef des octrois, à La Rochelle. COTARD DE LISLE (Emmanuel), conseiller général de Saint-Hilaire de Villefranche, à Saintes.

COTE, libraire, à Surgères.

OOURIVAULT DE LA VILLATE (l'abbé), curé-doyen, à Rouillac (Charente).

CousiN (l'abbé Eugène), curé de Merpins (Charente). CouTANSEAUx (Justin), négociant, juge au tribunal de commerce de Saintes.

COYNE (Abel-André), 0 capitaine détaché à l'état-major de l'Algérie, à Alger.

OROZES (Gaston), notaire, à Mortagne-sur-Gironde. CuGNAC (l'abbé Bertrand DE), vicaire de Saint-Vivien, à Saintes. CUMONT (comte Ch. DE), à La Roussière, près Coulonge-sur-l'Autise (Deux-Sèvres.) ')

CURAUDEAU (Louis), notaire, à Cozes.

DAMPIERRE (marquis Elie DE), ancien député, président de la société des agriculteurs de France, au château de Plassac, par Saint-Genis de Saintonge, et à Paris.

DAMPiERRE (baron René de), àSaint-Simon de Bordes, par Jonzac. DANGIBEAUD (Charles), licencié en droit, à Saintes, TRÉSORIER. DANGIBEAUD (Edouard), chef de bureau au ministère de la marine, à Paris-Passy.

DAUNAS (Pierre), maire de Geay, par Saint-Porchaire. DEJEAN (le général Edmond), 0 commandant l'artillerie du 17e corps d'armée, à Toulouse.

DELAMAIN (Henri), négociant, à Jarnac (Charente).

DELAMAiN (Philippe), négociant, à Jarnac (Charente). DELANY (Frédéric), à Rousselet, commune de Nieul-Iès-Saintes. DELAVAUD (Louis), licencié ès lettres, avocat à la cour, à Paris. DELIDON (E.-P. SERPEAU), notaire, à Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée). DELISLE (Léopold), C de l'institut, administrateur général de la bibliothèque nationale, à Paris.

DELL'ANGELO(Antonio), artiste-peintre, professeur de dessin, à Saintes.

DELPiT (Jules), secrétaire général de.la société des archives historiques de la Gironde, à Bordeaux.

DES MESNARDS (PaulGuENON), docteur en médecine, président de la société de gymnastique, à Saintes.

D'EsTRËE (Paul), homme de lettres, à Paris.

DoDART (Edmond), négociant, à Cognac.

DouBLET, instituteur, à Neuvicq-sous-Matha.

DUBOIS (Edmond), au Blanc, commune de Saint-Romain-deBenet.

Du BO.UR& (Henri), ancien lieutenant de hussards, au château de Saint-Amans, par Gaja La Selve (Aude), et à Toulouse. DUCHATEL (le comte Tanneguy), commandeur dé l'ordre de Léopold, conseiller général, à Mirambeau.


DUCHESNE (François), 0 colonel en retraite, à Rochefort. 'DuFAURE (Amédée), ancien, secrétaire d'ambassade, à Paris. DUFAURE (Gabriel), inspecteur de la compagnie d'Orléans, à Paris.

DUFOUR (l'abbé), curé à Crazannes.

DuMONT (le baron), général de division, au pavillon du PortNeuf, à La Rochelle.

DUMONTET (Georges), avoué, suppléant du juge de paix, à' Saintes.

DuMONTET (R.), substitut, à Saint-Jean d'Angély.

Du ?ATY DE CLAM (le général Antoine-Amédée MERCIER), C a Versailles.

DUPLAIX DESTOUCHES (Antoine), à Fouras.

DURAND (Alexandre), notaire, aux Essarts.

DURET (Edmond), à Saint-Germain de Marencennes. DURET (Paul), conseiller honoraire à la cour'd'appel de Rennes, à Saint-Jean d'Angély.

DURET (Théodore), à Paris.

DussAuzE, instituteur, à Saint-Maurice-de-Laurançanne. DUTARD (Emile), notaire, à Pisany,

Du VAUROUX (l'abbé Paul), professeur à l'école Fénelon, attaché à l'évêché, à La Rochelle.

ECKSTEIN D'EHRNEGG (Jean-Baptiste),A~, agrégé de l'université, professeur au collège, à Saintes.

EscHASSERiAux (baron Eugène), 0 j~, député, conseiller général, maire, à Thenac.

EvEiLLÉ (Arthur), inspecteur des contributioas directes, à Bordeaux.

FAILLOFAIS (l'abbé), curé-doyen de Burie.

FAUCHER DE LA LIGERIE (marquise DE), cours national, à Saintes. FAU&EROUX; (Emile), notaire, à Marennes.

FELLMANN (l'abbé Augustin), curé de Charon, par Marans. FERRET (Benjamin), négociant, au Port-d'Envaux. FIAT (Antoine), supérieur général de la congrégation de la Mission, à Paris.

FIGEROUX (Anatole), négociant, à Burie.

FLEURIAU (Louis-Aimé DE) à La Rochelle.

FLEURIMON, chef de gare, à La Rochelle.

FLEURY (Paul DE), archiviste de la Charente, à Angoulême. FLORENTIN (Adolphe), libraire, président du tribunal de commerce, à Marennes.

FORGET, libraire, à Niort.

FoucÀuLT (Lucien), négociant, juge au tribunal de commerce, conseiller municipal, à Cognac.

FpAppiER (Paul), membre de la société de statistique, à Niort. FuMERON (l'abbé Clément), curé de Saint-Jacques, à Cognac.


GAIGNERON (comte Maxime DE),. au château de Loroux, par Vernantes (Maine-et-Loire).

GANDAUBERT (Jules), pharmacien de la marine, à la Basse-Terre, (Guadeloupe).

GARNIER (Frédéric), conseiller général, maire de Royan. GAUCHEREL (le major Emile), 0 à Saintes.

GAY (Alphonse), imprimeur, à Saintes.

GEAY (commune de). Maire, M. Daunas.

GEAY, docteur en médecine, au Gua.

GEAY (Marcel), à Saintes, SECRÉTAIRE-ADJOINT DE LA SOCIÉTÉ. GÉHNEAU (le D~, ex-chirurgien major de la marine, médecin, à Paris.

GENDRE (l'abbé Elie), chanoine honoraire, aumônier des religieuses de la Providence, à Saintes.

GENOUILLÉ (commune de). Maire, M. Charles Riveau. GiBou!N (Adolphe), rue des Chanoines, à Saintes.

GiRAUD (Charles), procureur de la république, à Rennes.. GIRAUDIAS (Eugène), notaire, à La Mothe-Saint-Héraye (DeuxSèvres).

GIRAUDIAS (Louis), receveur de l'enregistrement, à Aunay. GoBEAU (Joseph), commis-grefHer du tribunal civil, à Saintes. GODET (Marie-Gabriel), avocat, à Saint-Jean d'Angély. GODET (Henri), docteur en médecine, à Cherpenaize, par Gemozac.

GOULARD (Jules), ex-chirurgien major de la marine, à Saintes. GRAILLY (Gaston, marquis DE), à Panloy, par le Port-d'Envaux. GRANGES DE SURGÈRES (le marquis Anatole DE), au château de La Garenne, à Eckeren, par Anvers (Belgique).

GRASSET, pharmacien, à Saintes.

GRIFFON DU BELLAY, 0 médecin en chef de la marine en retraite, à'Saint-Nazaire (Loire-Inférieure).

GuÉLiN (Edmond), propriétaire à Sainte-Foy de Pérignac. GuÉMENT (Marcel), docteur en médecine, à Gemozac. GUÉRIN (Paul), archiviste aux archives nationales, à Paris. GUILLEMETEAU (Eugène-Jean-Justin), commandeur de l'ordre d'Isabelle-la-Catholique, secrétaire duconseil général et de.la commission départementale de.la Loire-Inférieure, à Nantes. GUILLAUD (Alexandre), docteur en médecine, professeur à la faculté de Bordeaux.

GUILLET (A.-S.), à Neuilly (Seine).

GUILLET (Emile), quai des Frères, à Saintes.

GUILLET (Jules), quai des Frères, à Saintes.

GUILLET (Théodore), conseiller général de Gemozac, maire de Nieul, juge au tribunal de commerce, négociant, à Saintes. GUIONNEAU (Edouard), curé de Plassac, par Saint-Genis-deSaintonge.. GupY (Amand-Tartasse), rue Eschasseriaux, à Saintes. HÉRAUD, négociant, à Cognac.

HÉRACLD (l'abbé), curé de Saint-Saturnin de Seschaud.


HEURTEL (Ferdinand), A lieutenant de vaisseau, à SaintServan (He-et-Vilaine).

HiERS-BpouA&E (la commune de). Maire, M. Pierre Durand. HoRRic DE BEAUCAIRE (vicomte Maurice), à Nantes, secrétaire de l'ambassade de France en Allemagne, à Berlin,. HOSPITEL DE LHOMANDIE (Mouval), secrétaire-archiviste de la commission départementale de la Gironde, à Bordeaux. HuoN DE L'ETANG (François-Nicolas), juge honoraire, à Chaniers. Hus (Alexandre), imprimeur, juge suppléant au tribunal de commerce, à Saintes.

iNQUiMBERT (Georges), docteur en droit, avocat, à Saintes. 'ISLE (l'abbé Louis D'), chanoine honoraire, curé-doyen de Saujon. JACQUES (l'abbé), curé-doyen de Surgères.

JARNAC DE GARDE-EpËE (Maurice DE), à Cognac.

JARRY (Félix), huissier, à Saint-Genis-de-Saintonge. JEAN (Amédée), greffier de la justice de paix, à Saint-Pierred'Oleron.

JOLY D'AuesY (Alfred), à Saint-Jean d'Angély.

JOLYD'AusSY (Alexandre), directeur des contributions indirectes duVar,àDraguignan.

JOLY D'Aussv (Denys), licencié en droit, conseiller général, à Crazannes, par le Port-d'Envaux.'

JouAN (Eùtrope), à Mortagne-sur-Gironde.

JoussEUN (Edmond), avoué, à Marennes.

JOYER (Henri), ofïicier d'administration sur le Fabert, division des Antilles, à Rochefort.

JUIN (Louis), C contre-amiral, major-général de la flotte, président de la société de géographie, à Rochefort. KEMMERER DE RAFFIN, docteur en médecine, à Saint-Martin-deRé.

KERVILER (René), A ingénieur, à Saint-Nazaire (LoireInférieure).

LAAGE (Alexis DE), à Montgaugé, commune de Chérac. LAAGE (l'abbé Armand DE), chanoine honoraire, supérieur du petit séminaire de Montlieu.

LAAGE (Hippolyte DE), propriétaire, à Saintes.

LAAGE (Théophile DE), négociant, à Saint-Savinien. LABAT (Gustave), trésorier de la société des bibliophiles de Guyenne, à Bordeaux.

LA CROIX (Mme de), à Angouléme.

LACROIX (le R. P. Camille DE), conservateur du musée des antiquaires de l'Ouest, à Poitiers.

LAFAILLE (l'abbé), aumônier des religieuses de Chavagnes, à Saintes.

LAINÉ (Edmond), négociant, à Cognac.

LAIR (Joseph), ?, maire de Saint-Jean d'Angély.

LAJARD (la commune de). Maire, M. Emile Eschasseriaux. LALANDE (Charles), à Blaye.


LAMBERT tAnatoIe), ancien notaire à Saintes.

LAMBERT (Eutrope), à Jarnac-Oharente.

LA MORINERIE (le baron Léon DE), '?, ancien chef de division à la préfecture de la Seine, à Paris et à Chatenay.-Aunay (Seine).

LARADE (Hippolyte), conseiller général, maire de Ternant. LA ROCHEBROCHARD (BROCHARD DE), membre de la société de statistique, à Niort.

LA ROCHELLE (la bibliothèque de). Bibliothécaire, M. Musset. LA ROCHELLE (lé grand séminaire de). Supérieur, M. Duchemin.

LA SAUZAYE (Albert MASSON DE), au château de Lemung, par Saint-Porchaire, et à Saintes.

LA TOUR DE GEAY (Gaston DE), au château de Geay; par SaintPorchaire. LA TRANCHADE (Charles NORMAND DE), ancien trésorier général, au château de Plaissac, commune de Chaniers. LA TpÉMOiLLE (le duc Louis DE), à Paris.. LAVERNY (Gaston),, bâtonnier de l'ordre des avocats, à Saintes. LA ViCARDiÈRE (Charles-Alexandre-Anatole HARASSE DE), sousinspecteur de l'enregistrement, à Rochefort.

LECOQ DE BOISBAUDRAN (M'°°). à Cognac.

LEGENDRE (Léonce), sous-directeur de la banque de l'Algérie, à Alger.

LEGRAND (l'abbé), curé de Pranzac, par La Rochefoucauld (Charente).

LEMARIÉ (Eugène), à Royan.

LEMERCIER (comte Anatole), ~c, conseiller générât, maire de Saintes.

LËTELiË (André), chef de division à la préfecture, président de la société littéraire, à La Rochelle.

LEWis (le révérend Samuel Savage), fellow de Corpus Christi collège et syndic de l'université de Cambridge (Angleterre). LiSLEFERME (NICOLAS DE), j~, ingénieur de la marine en retraite, à Taillebourg.

LISLEFERME (Villelme NICOLAS de),. lieutenant d'arttllerie, à Vannes.

LoN&uETEAU (Charles), avoué, juge suppléant, à Saintes. MA&EAU (Emile), instituteur public à Sauzelles (île d'Oleron). MAGNIER (Louis), avoué, à Civray.

MAGUIER (Edmond), propriétaire, à Thenac.

MAILLETARD (Gaston), notaire, à Taillebourg..

MANÈs (Adolphe), ancien capitaine d'infanterie en retraite, à Saujon.

MAMÈs (Julien), ingénieur, directeur de l'école supérieure de commerce et d'industrie, rue Saint-Sernin, 66, à Bordeaux. MARANDAT (Henri), et ab valore militare (Savoie), ancien capitaine de cavalerie, au château de Thé, par Magny-Cours (Nièvre).


MARCELLUS (lecomte Edouard de MARTIN DE), à Gironde (Gironde). MARCHAND (le docteur Ernest), médecin, à Aunay.

MARCHAND (Jean-Abraham), A inspecteur des écoles primaires, à Marennes.

MARENNES (la ville de). Maire, M Généraud.

MARCHAT (Joseph), entrepreneur de travaux publics, juge au tribunal de commerce, à Saintes.

MARTELL (Edouard), négociant, à Cognac.

MARTELL (Gabriel), négociant, à Cognac.

MASSIOU (Hippolyte), conseiller général, notaire, à Saujon. MASUREL (Louis), négociant, à Chauveau, commune de Chaniers. MAUFRAS (Emile), notaire, à Pons.

MENGARDUQUE (Jules), licencié en droit, sous-préfet, à Saintes. MENUDIER (le docteur Arthur), président du comice agricole de Saintes, membre de là société centrale du phylloxera, au Plaud-Chermignac, par Saintes.

MENUT (Alphonse), contrôleur des douanes; vice-président de la société littéraire, à La Rochelle.

MERCiER-DEROMAi&NÉ (Léopold), négociant, à La Rochelle. MERCIER (Paul), juge au tribunal civil, à Cognac.

MÉRIOT (Gabriel), propriétaire, à Lajard.

MERVEILLEUX DU Vi&NAUx (Emile), 0 premier président à la cour d'appel de Poitiers.- w

MESNARD, licencié en droit, sous-préfet, à Marennes. MESNARD (Amédée), avoué, à Saint-Jean d'Angély. MESTREAU (Frédéric), conseiller général de.La Tremblade, député deMarennes, négociant, à Saintes.

MICHAUD (Camille), notaire, à Tonnay-Charente.

MILLOT, au Mas d'Agenais (Lot-et-Garonne).

MOINDRON (Ferdinand), juge au tribunal civil de Marennes. MOLLET (Antoine-Charles-Louis); ancien notaire, conseiller d'arrondissement, maire, aux Essards, par Saint-Porchaire. MONfHs (l'abbé Théophile), aumônier de l'école normale, et curé de Lagord.

MONTALEMBERT DE CERS (Stanislas DE), à Saintes, VICE-PRÉSIDENT. MoRANDiÈRE (Albert), à Jonzac.

MORNAC (Louis-Victor BoscAL DE RÉALS, comte DE), 0 j~, lieutenant-colonel au 33° régiment d'infanterie, à Bernay (Eure). MonTREuiL (Désiré), libraire, rue Eschasseriaux, à Saintes. MOULLON (Sylvestre), négociant, ancien président du tribunal de commerce, à Cognac.

MussET (Georges), licencié en droit, archiviste-paléographe, bibliothécaire, à La Rochelle.

NEUVILLE (Didier), archiviste-paléographe, attaché aux archives de la marine, à Paris.

NICOLLE (Théodore), propriétaire, à Tesson.

NORMAND D'AuTHON (Paul), ancien magistrat, à Saint-Pierred'Oleron.

OLLIVIER (Aimé), vicomte de Sanderval, à Paris.


OLLiviER-BEAURE&ARD (Jules), à Paris.

ORLIAGUET (Pierre), imprimeur, quai des Récollets, à Saintes. O'TARD DE LA GpAN&E (le baron), membre du conseil d'arrondissement, à Cognac.

OUDET (baron Amédée), licencié en droit, ancien secrétaire général du Finistère, maire d'Ecurat, à Saintes.

PANNETIÉ (Théophile), professeur de musique, à Saintes. PAPILLAUD (Lucien), commandeur des ordres du Christ du Portugal et du Nicham Iftikar de Tunisie, docteur en médecine, à Saujon.

PATRON (Gaston), avocat, à Jonzac.

PELLETREAU (Henri), à Royan.

PELLissoN (Jules), avocat, bibliothécaire, à Cognac. PERRAiN (André), distillateur, à Saintes, sous-lieutenant de l'armée territoriale au 108e de ligne.

PERRAUDEAu DE BEAUFIEF (François-Auguste), propriétaire et maire, à Mazeray. 1

PERRIN DE BoussAC (Henri), au logis de Saint-Martin, près Cognac.

PERSON (l'abbé Ferdinand), A~, chanoine honoraire, membre de l'institut des provinces, à Rochefort.

PERTUS (Georges), à Beauregard-du-Douhet, par Saintes. PESSINES (la commune de). -Maire, M. Hippolyte de Tilly. PETIT (Théophile): docteur en droit, juge d'instruction au tribunal civil, à Saintes.

PHÉLIPPEAUX (Adrien), docteur en médecine et en chirurgie, à Saint-Savinien-du-Port.

PHELIPPOT (Théodore), A propriétaire, au Bois (île de Ré) PiCHON-LoN&uEviLLE (baron Raoul DE), au château de Longueville, par Pauillac (Gironde).

PIET-LATAUDRIE (D.-P.), vice-président du tribunal civil, à Saintes.

PINASSEAU (François), licencié en droit, notaire, à Saintes. PINEAU (le docteur E.), médecin, au Château d'Oleron. PiNET (Elie), négociant, à Cognac.

PLANTY (Louis), négociant, à Saintes.

PLASSAY (la commune de). -Maire, M. Gaston Charrier. PoiRAULT (Théodore), pharmacien, à Saintes.

POITEVIN DE LA FpE&ONNiÈRE (Auguste), à La Morinerie, commune d'Ecurat, par Saintes.

POITEVIN (Edmond), avocat, à Saint-Jean d'Angély. PûLONY (Ernest), ingénieur ordinaire de première classe des ponts-et-chaussées, directeur des travaux hydrauliques, à Roche ort, lieutenant-colonel dans le corps territorial du génie.f

PoNS (la commune de). Maire M. Emile Coinbes. PRIEUR (Edouard), à Saint-Savinien du Port.

PRUNIER (René), négociant, ancien mâgistrat,à Bcisambourg.


QUEUX DE SAINT-HILAIRE (Auguste-Henry-Edouard, marquis DE), officier de l'ordre royal du Sauveur de Grèce, président de l'association pour l'encouragement des études grecques, et administrateur de la société des anciens textes français, à Paris et au château de Saint-Hilaire, par Soubise.

RABEC (Narcisse-Alphonse), juge suppléant au tribunal civil de Cognac.

RAMBAUD DE LARROQUE, président du conseil général de la Charente, à Bassac, par Saint-Même.

RENAUD (Henri), à Troyes (Aube). 'du Minage, à Angoulême.

RENCOGNE (Pierre BABINET DE), rue du Minage, à Angouléme. RICHARD (Alfred), A archiviste de la Vienne, à Poitiers. RICHER (Clément), A ancien directeur d'école communale, à Marennes.

ROBIN (Alexandre), négociant, à Cognac.

RoàIN (Gervais), avocat, à Cognac.

RocHE (Frédéric), pharmacien président du tribunal de commerce, à Rochefort.

ROCHEFORT (la bibliothèque de). Bibliothécaire, M. Poinot. Ro&ËE (Léonce), docteur en médecine, à Saint-Jean d'Angély. RONDEAU (Philippe), conseiller à la cour d'appel, à Poitiers. ROULLET (Paul), négociant, Jarnac (Charente).

RouMEFORT (Lodois, vicomte de SENIGON DU ROUSSET DE), au château de Vervant, par Saint-Jean d'Angély.

Roy DE LouLAY (Pierre-Auguste), 1 sénateur, au château de Mornay, par Loulay.

RULLIER (Eustase), architecte de la ville et de l'arrondissement, à Saintes.

SAINTES (la bibliothèque de). Bibliothécaire, M. Louis Audiat. SAiNT-GENiEz (Madame DE BADERON DE THÉSAN, marquise DE), au Cormier, Saintes. SAiNT-GEOR&ES-DEs-COTEAUx (la commune de). Maire, M. Guérin.

SAINT-JEAN D'ANGÉLY (la ville de). Maire, M. Joseph Lair. SAiNT-LË&iER D'ÔPi&NAC (la comtesse Henri DE), au Grand-Puy, par Pauillac (Gironde).

SAf~T-LËGiER (le comte Adhémar DE), au château de Richemont, par Brantôme (Dordogne).

SAINT-LÉGIER DELA SAUSAYE (Guillaume, comte DE), capitaine de cavalerie en retraite, à Saintes.. SAINT-MARSAULT DE CHATELAILLON (comte Edmond GREEN DE), BU château du Roulet, commune de Salles, par La Jarrie. SAINT-MARSAULT DE CHATELAILLON (vicomte Maurice GREEN DE), au château du Roulet, par La Jarrie.

SAINT-MARTIN (Jules DE), à Rochefort-sur-Mer.

SAINT-MARTIN (Théodore DE), propriétaire, à Cognac. SAINT-PORCHAIRE (la commune de). –.Maire, M. Sicot. SAINT-SAVINIEN (la commune de). -Maire, M. Ponvert.


SAINT-SURIN (AmedeeDE BRETINAUD, baron de), maire, à SaintSeurin d'Uzet.

SAUDAU (Louis-Claude), archiviste de la ville, à Saint-Jean d'Angély.

SAUVE, commissaire de l'inscription maritime, à Rochefort. 'SAVARY (Henri), ancien officier de marine, à Disconche, par Saintes.

SAVATIER, docteur en médecine, à Beauvais-sur-Matha. SEBAUX (MP' Alexandre-LéopoId), évoque d'Angoulême. SEBiLLEAU (Amédée), conseiller général du canton d'Aunay, avocat, à Saint-Jean d'Angély.

SENNE (Léon), ingénieur-architecte, à Marennes. SERRE (Eugène), conseiller d'arrondissement, notaire, à Migron. SORIN (Jean-Elie-Albert), juge de paix, à La Tremblade. SuR&ÊRES (la commune de). Maire, M. Clément Bouquet. TAMizEY DE LARROQUE (Philippe), 1~, correspondant de l'institut, à Gontaud (Lot-et-Garonne).

TAR&Ë (Amédée), professeur au collège, à Saintes. TERMONiA (Léon), "?, médecin-major de première classe en retraite, à La Rochelle.

TESSIER, imprimeur, à Surgères.

TESSON (André), '?, chef de division à la préfecture de la Seine en retraite, à Paris.

TExiER (Noël), imprimeur, à Pons.

THÉON (DE), au château de La Barthe, par SaHes-sur-1'Hers (Aude).

THEZAC (Emile COMPAGNON de), '?, directeur des domaines en retraite, à Saintes.

THEZAC (la commune de). Maire, M. Ardouin.

THÈZE (Charles), imprimeur, à Rochefort

THOMAS (Mf~ Leon), évêque de La Rochelle et Saintes, à La Rochelle.

THOYON (Robert), à Rochefort-sur-Mer.

TILLY (Hippolyte LEGARDEUR DE), vice-président de la commission des arts, maire de Pessines, par Saintes, SECRÉTAIRE. ToNNAY-CHARENTE (la commune de). Maire, M. Félix Gras. TORTAT (Gaston), docteur en droit, juge au tribunal civil de Châtellerault (Vienne).

TpEpREAU (Auguste), libraire, à Saintes.

TURNER (Edouard), docteur en médecine, à Paris. VALLÉE (l'abbé Eutrope), curé de Fontcouverte.

VAST-VIMEUX (le baron Alfred), 0 '?, sénateur, conseiller général, au château de Péré, par Surgères.

VERDON (Fulgence de), ancien inspecteur des lignes télégraphiques, à La Rochelle.

VIGEN (Charles), licencié en droit. docteur en médecine, à Montlieu.


CARTULAIRE

DE L'ABBAYE DE LA GRACE NOTRE-DAME OU DE CHARON 1

EN AUNIS

(Abbatia Gravas 13. M. de Caronte).

Publié d'après la copie conservée aux archives de la Charentc-Mérieure~ par L. DE RICHEMOND.

L'abbaye de la Grâce Notre-Dame ou dé Charon était située dans l'Aunis, sur la côte de l'Océan, au midi de l'embouchure de la Sèvre niortaise, dans le voisinage de l'église de Saint-Nicolas de Charon et dans la circonscription de cette paroisse/à quatre lieues de La Rochelle. Elle était fille de l'abbaye de la. Grâce-Dieu 2, de l'ordre de Citeaux, de la ligne de Clairvaux, du diocèse de Saintes et depuis de La Rochelle. Sa fondation nous est connue par une charte du roi d'Angleterre, Richard II, confirmée par la reine Aliénor d'Aquitaine, femme divorcée de Louis VII le jeune, roi de France, et fille de Guillaume X, comte de Poitou.

1. Lithographe actuelle CA~r~om n'est pas justifiée par les anciens documents. Rymer donne CA<t)'MM et CAaM~OMff. C'est aujourd'hui une commune du canton de Marans.

2. Guillaume X, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, mort en 1137, avait fondé, d'après la Gallia, l'abbaye de La Grâce-Dieu, dans la paroisse de Benon, au temps de saint Bernard, abbé de Clairvaux. On lui attribue aussi la fondation de l'abbaye de Charon, et on lui doit celle de Sablonceaux. Les documents de t'ordre de Cïteaux font honneur de cette fondation a A)iénor, femme divorcée de Louis VII et fille du dernier duc d'Aquitaine Guillaume IX, le 8 des calendes d'avril 'H35.


La Gallia cAt'M<tMMa, t. II, a publié le texte de ces deux documents: (Instrumenta, pages 388, 389 et 390.) Cette abbaye fut affranchie parLœtitia de Rancon, dame d'Esnandes, du consentement de ses fils; Gaultier, Aymeric et Robert, de tout péage et droit d'usage dans toute l'étendue de sa terre d'Esnandes. La fête du patron de t'éghse se célébrait annuellement le 13 octobre. Dom Pierre Bagou, prieur, releva le monastère de ses ruines et restaura t'égtise avec le plus grand éclat, grâce à l'aide de l'abbaye des Châteliers et du prieuré du Bois-Charon

On lisait cette 'inscription au-dessus de la porte de l'abbaye ANNO 1120 FVNDATA, 1562 DEMOUTA ET SOLO AD~QVATA, 1614 PLENA MACERIA, ET DVMO, RVBO, VRTICA REPERTA; ABHINC INSTAVRARI INCHOATA. AVGE ME ET CONSERVA. (Gallia chrisliana, t. II, col. 1399-1400.) L'abbaye a été vendue comme propriété nationale, le 27 mai 1791, à Pierre-Charles de Chertemps de Seuil, colonel au 5" dragons, demeurant à Paris, cidevant seigneur de Charon. Ce qui en reste aujourd'hui sert à une e exploitation rurale.

M. Paul Marchegay a fait connaître, par la publication des Car<M!<!tres dit B<M-P<M<o:t (p. 282), le nom d' « /lymencMs. aM<M C~<runs » (1220). Le pouitlé de 1729 attribue à l'abbaye de Charon, qui a pour patron le roi, une imposition de 1200 livres.

Gascher, prieur de Charon, a fourni, en 1725, à FintenJant de la généralité de La Rochelle, Amelot de Chaillou, « l'estat de l'abbaye de La Grâce Notre-Dame de Charon, » qu'on lira plus bas. Les archives de la Charente-Inférieure, auxquelles nous empruntons ce document (H. 86-6), possèdent aussi le cartulaire que nous publions (H. 21), copie informe du XVIIIe siècle.

Le titre du cahier est enrichi de dessins à la plume, corbeille de fleurs et arabesques. Chaque tête de chapitre est ornée d'initiales fleuries; et le soin apporté à ces ornements contraste avec la cursive employée dans les transcriptions qui sont très défectueuses et incorrectes. Les pages 21 à 23 manquent au manuscrit. Le registre sans date est postérieur à Fannée 1741.

La Gallia donne la leçon c~Mo!)M de Castellariis et de Bosco Cavo. Nous devons à t'omitié de M. Georges Musset la-lecture probable de Bosco C'tO'o, le prieuré du Bois-Charon. « Le « prior de Bosco de Charon ajoute-t-il, est taxé à xxx sols tournois dans le compte de l'imposition tevée en 1326 et 1327 par Jean XXII. »


Nous le complétons par fanasse des documents de 1783 à 1791, existant. aux archives départementales, et d'une pièce de 1772, empruntée aux archives nationales.

ABBÉS.

P., abbé de Notre-Dame, député avec ses confrères au chapitre général de l'ordre de Citeaux pour résoudre le litige survenu entre les abbés de Saint-Léonard et de La Grâce-Dieu en 1204, nous semble avoir été abbé de La Grâce Notre-Dame.~ '1

Aymericus, abbas de Charuns, 1220 (PAUL MAMHEGAY, Car<M~!t'es du Bas-Poitou, p. 282).

Nicolas, abbé, 1441.

Jehan I, 20 juin 1451 au 12 janvier 1453, est désigné, dans des chartes authentiques de la bibliothèque du roi, comme' abbé de Notre-Dame de Charon ou Cheron, membre dépendant de l'abbaye de Fescamp.

Jehan. II Assile, 1464, 1466. AfSlle, 21 novembre 1470, 1.6 juin 1480, d'après des chartes authentiques de la bibliothèque du roi. Hilaire Chapperon, 1527 et 1528.~

Hubert de Prie, licencié ès-lois, abbé commendataire, 1535, 1544 et 1564.

François Bonnault, prêtre, se retira à Angers durant les guerres civiles, 1590, 93 et 94.

Jacques Jpusselin, aumônier du roi et son conseiller en ses conseils, abbé commendataire, 1627-1646.

Jehan IH Raimond Ferrier, neveu du père Ferrier, confesseur du roi, chanoine de Rodez, obtint l'abbaye en -1676, et l'occupait encore en 1714. L'abbaye ne comptait alors qu'un moine. A cette liste donnée par la G<t«M, 11, 1400, les documents que nous publions, et Dutemps, nous permettent d'ajouter:

Raguet, nommé le 8 janvier 172-1.

René Trépagne de MenerviDe, curé de Suresne, près Paris, nommé en février 1722, sur la démission du précédent.

Isaac Courcault, docteur de la maison et société de Sorbonne, curé de Saint-Jacques du Haut-Pas, 1735-1789.

Philippe-René Le Blanc, prêtre, docteur de la maison et société de Sorbonne, grand chantre de Reims 1769-1789.

Messire François-Henry de La Broue de Vareilles, abbé commendataire, évoque, comte et seigneur de Gap, 1789.


L

~90, 8 mai. « Titre original i de la fondation dei'ahbayedeCharon, » par Richard, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine et comte d'Anjou. Charta Richardi, regis Angtiœ, pro monasterio Gratise B. Mariœ de Caronte, Rupellensis diœcesis.

RICHARDUS, Dei gratia rex Anglioe, dux Normanniae et Àquitaniae, cornes Andegavensis, archiepiscopo Burdegalensi et episcopo Xanctonensi, comitibus, baronibus, justitiariis praepositis, et omnibus ministris, et fidelibus suis salutem. Sciatis nos concessisse, et praesenti carta confirmasse ecctesise nostrae Gratiae beatse Mariae et monachis ibidem Dec servientibus, omnes donationës quas eis fecimus de fundatione ipsorum in insula de Lagullona, et loco de Pata cum pertinentiis suis.- Concedimus etiam quod fratres de Gratia beatae Mariae accipiant in perpetuum de lignis quantum opus habebunt ad facienda et~reparanda aedincia sua et ad ceteros usus abbatiae, ubicumque voluerint in foresta de Argenchum etiam in defensis quse dicuntur Espaut, et ubicumque in eadem foresta pascua equabus fratrum, armentis, et gregibus et eorum porcis pastinagium. Et quascumque terras, aut prata, aut vineas, aut alias possessiones, seu medietarias ex feodo nostro acquirere « Quoyque ce titre ne soit pas proprement le titre de fondation de l'abbaye, qui s'est trouvé égarré et que l'on dit estre à la Tour de Londres, comme il rappele dans son contenu les immunités et franchises, les libertés et droits honorifiques, et qu'il confirme les donations, il sert en toutte justice autant que le propre titre de fondation, qui auroit pu motiver les biens donnés et leurs Hmittes c'est la seule différence qui se trouveroit entre ces titres, qui ne serviroit au reste que d'éc)aircissemens. »

2. La métairie de La Palle. Voir -ci-dessous la pièce XII, page 47. 3. Benon.


poterunt, et m suum vel ex aliorum largitione, vel ex propria emptione, vel ex' commutatiqne redigere possessionem, omnes praefatae ecclesise fratribus in perpetuum possidendas confirmamus, et eamdemiibertatemjn omnibus terris et aliis rébus quas nos donavimus, quibuscumque eas donavimus, quam habebant in illis, antequam donarentur, et quam adhuc habent in propria terra nostra quam nobis retinuimus. Concedimus etiam eis et contirmamus ut in omnibus rebus antiquas consuetudines Beneonis vel Rochellae eis tenere liceat id est ea qua in parochia quam habitant, per annum et diem, vel in alia parochia quam non habitant, per diem et septempnium, sine calumpnia. tenuerint, deinceps libere et quiete possideant. Et donationes quas fecerunt prsedictae ecclesiae et praedictis fratribus Guido de Toar?, et Petrus Bertin, et Willélmus de Rupe, et quilibet alii Yel in futurum rationabUiter facient. Si quis autem in hiis vel in quibuslibet aliis possessionibus suis eis calumpniam movere voluerit,' nonnisi coram nobis vel capitali justitia nostra, vel prselatis ecclesise respondere cogantur.. Quare volumus et firmiter prœcipimus quod praedicta ecclesia et ejusdem ecclesiae monachi habeant et teneant omnia prœdicta bene et in pace, libere et quiète, integre, plenarie, et honorifice, in terris, in bosco, in piano, in pratis, et vineis, et pascuis, in aquis, et molendinis, in stagnis et vivariis, in piscariis et mariscis, in viis et semitis, et in omnibus aliis locis, et aliis rebus, cum omnibus libertatibus et liberis consuetudinibus suis, sicut cartae sigillorum nostrorum testantur. Has, iriquam, omnes consuetudines et possessiones ab omni consuetudine proprie nostra libéras fecimus et immunes. Sciant si quidem universi quod praefata ecclesia et monachi et omnes res eorum et possessiones et homines, sunt in manu et custodia et protectione nostra. Quare prohibemus ne eis vel hominibus suis sive rebus. eorum aliquam injuriam faciatis vel fieri permittatis.

Testibus Guidone de Toarz, Willelmo de Fors, P. Berlin,


P. de Volviria, Gaufrido de Ponte, F. Mitone. Data per manum Johannis de Alenconio; Lexoviensis, archidiaconi, vice canceHarii, VIII die maii, -apud Coingnac, anno primo regni nostri. 1

II.

4499. « Confirmation par Aiiénor, reine d'Angleterre, à l'abbaye de Charon, sçavoir du lieu donné par Othon duc d'Aquitaine, comte de Poitou, et de la'fondation faitte par Richard, roy d'Angleterre, fils de la ditte Aliénor. D 2

Alienor, Dei gratia humilis regina Angliae, ducissa Normanniae et Aquitaniae et comitissa Andegavensis, archiepiscopis, episcopis, comitibus, baronibus, senescallis, praepositis, justitiariis, baillivis et universis tam futuris quam presentibus ad quos Htterae istas pervenerint, salutem. Sciatis nos concessisse et presenti carta confirmasse abbatiae de Gratia Sanctae Mariae, quae est filia abbatiae Gratiae Dei, donum quod eidem abbatiae fecit Otho nepos noster, tune dux Aquitaniae et cornes Pictaviensis, quam fundavit karissimus filius noster Ricardus, Dei gratia, quondam venerabilis rex Angliae, videlicet quicquid cornes Pictaviensis habebat in blanchis-de Rochella et in Olerone; redditum quemdam qui vocatur Mestiva de Trea et quicquid ad eumdem redditum pertinet, et quicquid cornes Pictaviensis habebat in censibus domorum de Olerone et unam procura'tionem quam annuatim habebat in prioratu.Sancti Petri de Olerone

1. Gallia, t. II, col. 388, Edition de 1720, qui donne pour date Y~9; D. J. Boyer d'après l'original A. Teulet, Layettes du trésor des chartes, t. p. 156.

2. « Parce titredeconfirmation et concession d'A)iénor;reined'Ang)eterre, it paroit qu'aprez la fondation faite de t'abbaye par Richard, roy d'Angleterre, fils de )aditteAiienor,Ot))on, duc d'Aquitaine, etc., afaitàtaditteabhaye donation de plusieurs drois qu'il avoit, tant à la Rochelle qu'à l'isle d'Oleron, sur le prieuré de Saint-Pierre d'Oleron et ailleurs, etc. L'abbaye ne jouyt point à présent des cens, revenus, portions de terre portés au titre cy-dessus. »


et aliam procurationem cum uno sextario avense quem similiter annuatim habebat in villa quae dicitur Alberium. Quà ut perpetuo firma consistant, praesentem cartam sigillo nostro fecimus sigillari. Hœc, inquam, omnia pro remedio animae nostrae et karissimi filii nostri Ricardis régis Anglise, praefatae ecclesise libere et quiete concessimus et confirmavimus. Data apud Niortum, anno ab incarnatione Domini M.C.XCIX, mense maio, testibus hiis: Guidone abbate Cistercii, Johanne abbate Oratorii, P. Berlin tune senescallo Pictaviensi, Chalone de Rupeforti, Longuo Ogerio, et pluribus aliis.

m.

1206. Donation aux moines de Charon, par t'empereur Othon, alors comtè de Poitou.

De donatione Othonis, cum fuit cornes Pictaviae, monachis de Charon.

Rex Savarico de Malô-Leone, salutem. Mandamus vobis quod habere faciatis, abbati, et monachis ecclesiae Sanctae Mariae de Charun quinquaginta libra redditus de Pictavia, quas dilectus nepos noster dominus Otho, dum haberet bailliviam Pictaviae, eis dedit in Rupella et in Olerone, nisi »i eas alibi dederimus, si hoc commode fieri possit, et, si ëas alibi dederimus, et eis alibi commodius, ad opus nostrum assignari possit, tune illas eis alibi assignari faciatis, quousque in partes illas venerimus. Teste domino Joanne de Gray, cantore electo, et domino P., Vinton episcopo. Apud Laudunum? 3 vicesimo quinto die martii. 1. Abbatia qua vocatur Loroux, Gallia, t. II, Instrumenta, col. 389. 2. « Une copie des titres de Richard et d'Aliénor, rois et reines d'Angleterre, avec une copie d'un titre de l'empereur Othon, du tems qu'il étott comte de Poitou. Voicy la teneur du titre qui a été extrait de la bibliothèque de Saint-Cermain, au premier volume de Rymer, page 140. » (Th. Rymer, I, p. 454, 1206).

3. Le cartulaire porte Lamh: peut-être pour Lampurdum.


~2~7. Accommodement en forme de transaction entre les religieux de La Gr&ce-Dieu, ceux de La Grâce Notre-Dame de Charon et ceux de SaintLéonard, au sujet des bornes et cours des eaux des marais de l'Allouette. Nos abbates de CasteHariis, de Frasneda, de Pinu, notum facimus omnibus presens scriptum legentibus vel audi entibus, quod querelam quae vertebatur inter abbatem de Gratia Dei, et abbatem de Gratia Sanctae Marise, et abbatem de Sancto Leonardo, et socios ejus, pro closuris et excursibus aquarum maresiorum quœ dicuntur Alouete, auctoritate generalis capituli hoc modo definivimus, videlicet ut in clausura, hoc est in exteriori esterio immitiori, quod dicitur Contra Botum, ab insula quae dicitur Asnes, per insulam d'Asnetes usque ad decursum aquse quae dicitur La Folie, et inde usque ad utmum quae est ad vetus molendinarium, abbas de Gratia Dei, et abbas de Gratia Sanctae Mariae, et abbas de Sancto Leonardo, ipse cum sociis suis per tertium mittant in ligneo vero conductu aquarum et in inferiori excursu qui recipit aquas per ligneum conductum descendentes, et in duobus principatibus excursibus, videlicet in exclusello Codoifer, et in exclusello Garinet, usque quo marelium quod inter ipsos commune est extenditur, similiter per tertium mittent in factis et in faciendis. Si autem fratres de Gratia Dei marelia sua quae infra supra dictas metas habent de dominio de Chaillé per prsedictos excursus exercere voluerint, secundum quantitatem maresiorum illorum plus mittent in excursibus it!orum et in conductu ligneo in factis, et in faciendis, divisis vero maresiorum quocumque modo dominia Mareanti, et de Chaillé inter se diyidantur,. communi assensu nostro, et illorum abbatum qui partes habebant, acapitc Booti de Chaillé dictante linea

IV.


per caput excluselli Garinet usque in magnum Bootuni decreta est de pasturis vero statuimus pro bono pacis ut sint communes in omnibus maresiis quse sunt abbatis de Gratia Dei et de Gratia Sanctae Mariae et de Sancto Leonardo et de Bona Valle et de Trizàgio, exceptis pratis et pascuis Boti, ita tamen quod nullum sibi damnum aut gravamen inférant. Si quae tamen in excursibus vel in conductu aquarum sive in Contra Boto vel in exteriori clausura facienda emendanda fuerint vel reparanda, auctoritate capituli precëpimus ut ad submonitionem illius qui petierit infra triginta dies caeteri partes suas expensarum reddant. Et ut hoc firmum et inconcussum teneatur, tres cartulas per alphabetum divisas sigilloruin nostrorum impressione munivimus, quarum unam abbatiœ de Gratia Dei, aliam abbatiee de Gratia Sanctae Marise, tertiam abbatise de Sancto Leonardo habendas tradidimus. De duobus pontibus qui supra predictos exclusellos faciendi sunt statutum est ut fratres de Gratia Dei semel faciant deinceps communiter fiant. A. B. C. D.

V.

4 ~92. « Cette pièce en simple papier, sans aucune formalité, est une copie d'un Vidimus du titre de donation à l'abbaye de Charon du marais des Allouettes en 1192. Cette pièce est en bonne forme à l'abbaye de SaintLéonard et c'est ce qui fait aujourd'huy la contestation de M. d'Alligre avec l'abbayé au sujet du terrage. » (Vidimus, 1217 à la Bibliothèque nationale. Diocèse de La Rochelle. Transcriptions de chartes.)

Constantinus de Clareo, archidiaconus Alniensis, universis fidelibtis ad quos presens scriptum pervenerit, salutem in omnium salvatore. Noveritis nos vidisse et diligenter verbo ad verbum inspexisse quamdam cartulam non cancellatam, nec vitiatam, nec corrupLam in aliqua parte sua, sigillatam sigillo domini Gaufridi Ostorii Mareanti, cujus cartule, tenor tatisest: «Noverint ômnestamfuturiquam présentes quod ego


Gaufridus Ostorii, dominus ~areanti, considerans et aperte e cognosc-ens quod mareschium, quod erat inter .e~c!useHum de Labruent et excluseltum domini Emerici Dauper~eir, sciticeta clause Guarineti et a c!auso AUaudentium usque ad terram de ChaiHé in quantum durât dominium Mat'eantt, ab antique infructuosum possit proficere et maxime viris retigiosis, dedi et concessi et presenti carta conËrmaYi pro redemptione animae mese, Richardi regis Anglorum, et meae, ecclesiis de Gratia Dei et de Gratia Sanctae Mariae et Sanc.ti Leonardi, pi-sedictum mareschium libere et quiete in perpetuo possidendum et colendum cum naturali ejusdem mareschii competenti, nutia omnino mihi vel successoribus meis retenta ibi costuma, exceptis decima et terragio, hanc donationem et concessionem meam factam assensu, et consilio Joannis Gasilea, qui infra dictum mareschium excluseHum suum habet, et Guarineti, et Radulphi, Urserii et sociorum ipsius Radulphi, quibus omnibu.s dedi excambias pro exclusellis et piscariis quas illic habeban.t, habeo et debeo praedictis, ratam et stabilem conservare. Sciendum vero quod piscaria contenta inter ;exctuse!ium d'Aupereir et clausum monachorum prsedictarum ecc!esiarum remanet propria Joannis Guasileae. Teste me ipso et abbate de Sancto Michaele et abbate de Trizagio. Anno

dd92.

VI.

4240, mars. « Coppie simple d'un titre faisant une transaction entre l'abbaye des Alouettes, diocèse dé Poitiers, l'abbaye de La Grâce-Dieu, celtes de Charon, de Saint-Léonard de Calmes (des Chaumes), de Bonnevaux, au sujet du lot des Allouettes. L'original de cette copie simple est à l'abbaye de Bonnevaux, près Lusignan. t

Universis Christ.i'ûdelibus presentem cartulam inspecturis, frater Joannes abbas de Allodiis, Pictaviensis diœcesis salutem in authore salutis et pacis. Ad universorum npti-


tiam volumus pervenire quod, cum contentio verter.etur inter nos ex una parte, et venerabiles vires dominum Willelmum Gratiae Dei, dominum Gervasium Gratiae Sanctae Mariae de Charons,. dominum Richardum Sancti Leonardi de Calmis, et dominum Vuillelmum Bonee Vallis, abbates et eorumdem locorum conventus ex parte altera, ex eo quod nos dicebamus quod Botum, quod est super canale ipsorum abbatum et conventuum deversus terram nostram de Labruent, proprium nostrum erat ad faciendam in eo agriculturam, et quidquid vellemus, quod ipsi abbates et eorum conventus contradicebant, asse.'entes illud Botum esse proprium eorum, et proprie pertinere ad eorum canale prsedictum, et quod ipsi debebant recurare et revolvere, quod reversere dicitur in vulgari, dictum canale quotiens et quantum. vellent, et projicere lutum et recurramenta canalis super dictum Botum dicebant insuper quod habebant viam super Botum illud, quam viam ibidem per longum .tempus possiderantpacince et quiete. Tandem de consilio amico.7rum utriusque partis pacificatum fuit super bis in hune modum, videlicet quod dicti abbates et eorum c.onye~tus quittaverunt nobis in perpetuum dictum Botum ad faciendam ibidem culturam si voluerimus, tantum scilicet quan-. tum durât terra nostra usque ad duos conductus lignées inferius sitos qui dicuntur Ces in yutgari, ita tamen quod, si contigerit cabale praedictum deteriorari vel impediri a terra dicti Boti vel alio modo propter aramentum vel aliud opus ibidem a nobis aut successoribus nostris vel mandato nostroquocumque modo factum vel faciendum, nos et res nostrae tenemur emendare et recurare statim seu liberare dictum canale et prœdictos abbates, et eorum conventus et successores .ipsor um aut mandatum ipsorum tantum in hoc Botô debent habere quod ipsi licite et libere possent, et poterunt recurare et revolvere id est reversere quoties .et quantum voluerunt memoratum canale, et projicere lutum et omnia recuramenta ipsius canalis super dictum Botum, et a loco


in quo noster excursus pervenit juxla Botum illud usque ad duos conductus ligneos prsedictos, quorum unus noster est et alter ipsorum debet esse, dictum Botum. commune nostro excursu et dicto canali ad recurandam et revolvandam quod est reversere tam dictum canale quam excursum nostrum ad projiciendas hinc inde super dictum Botum omnia recuramenta canalis istius, ita quod ipsi nihil projiciant in excursu nostro de recurandis canalibus ipsorum, nec nos similiter aliquid projiciamus arando, recurando, vel alio modo in eorum canali, quia quotiescumque contigerit aliquid projici ab aliqua partium in canali, vel in excursu partis alterius, pars a qua projicietur, tenetur, statim ad expensus suos emendare hoc, et rejicere super dictum Botum terram, seu lutum taliter projectum inferius vero a loco ubi aquae per praedictos conductus ligneos descendentes in simul conveniunt et conjunguntur et descendunt partim in Severim, nos debemus mittere octavam partem expensarum omnium quas fieri conveniet ad recurendum canale, et ad omnia alia quae usque in securi ad emendationem dicti canalis convenient facienda. Et ut omnia praemissa robur obtineant perpetuae firmitatis, nos ex presentis scripti serie et sigilli nostri munimine quo unico utimur fecimus sigillari. Actum publice anno gratise Mo CCo quadragesimo, mense martis. °

VII.

~34%. a AtTcanchissement par dame Hilayre de Baude, de terres, prés., sisprêzLangie-Suiré.)) »

Universa negotia quae geruntur in tempore ne sequantur vativam temporis etemari debent, tam in munitione sigillorum autantiquorum et voce testium quam scriptura, agnoscant igitur tam presentes quam posteri, ad quorum notitiam presens cartula pervenerit, quod ego Hilaria de. Baude,


domina Areae, et consuetudinarie de Amireiô in causam tradidissem abbatem, et fratrés Gratise Sanctœ Marise de Charone, me conquirendo quod supra dicti religiosi quamdam terram quae dicitur pratum Anguli et quamdam oscham terrae sitam prope clausuram domus de Angulo, pratum medium dicti religiosi de Charone retinebant, et terragia quae inde habere debebam penitus amittebam, insuper requirebam quod dicti religiosi de Charone retinebant, et terragia quae inde habere debebam penitus amittebam, insuper requirebam quod dicti religiosi mihi redderent tria prebendaria avenae ad mensuram nostram, et medietatem unius gallinae, et tres obolos supra nona gerba duorum jornalium terrae queequondam fuerunt Geratdi Poulain, quse ad me de jure spectabant ut dicebam, et orans ista mihi restitui et damna resaisiri prout dictaret justitia et ratio secundum terrae consuetudines ipsis religiosis instantissime postulabam; et qui vero respondebant supra memorati religiosi quod omnes supra dictas possessionnes, et sensus supra dictos bene et légitime obtinebant et habebant de franchimento et donatione Emeritis et Guidonis et Guillelmi et Jordanis Serpentinorum fratres quondarn, scilicet Emeritis Serpentini, militis de Bœto, qui dictum franchimentum eis fecerat pro remcdio animarum suarum et patriset matris, successoribusque suis, quod quidem dictum franchimentum dicti religiosi legitime per litteras dicti franchimenti dictorum Serpentinorum antecessorum nostrorum, et per testes idoneos probaverunt. Hsëc autem approbatio facta ego scripta supra Hilaria intuitu divinse pietatis volui et concessi et volo et confirmo 'dictum franchimentum et in perpetuum firmum et stabilem, et si quid aliud sub juris habebam in dictis pertinentiis dictse domus de Angulo vel exigi potuit per me vel per unum antecessorum meorum, exceptis terragiis trium aliarum ad me pertinentium quod extra ciausuram fossatorum PontereUi dictu domus, sunt. Ut autem haec confirmatio maneat nrmam et in perpetuum stabilem, presentem cartu-


?? dédi rèugidsis supra dictis sigillatam sigilli regii consMtut) tu villa et càsteH&nià Beneonis, quam Thomas Rueti, custos dicti sigilli regii, ad preces meas sigillavit, in presentia àbbàtis de Gratia Dei, prions de Boeto, capellani de Nualyo, Pétri Bruno, Pétri Esterpeia clerici, et pluribus aliis. Actum in domo habitationis dicti capellani de Nualyo, qùàrta die mensis januarii, anno ab incarnatione Domini miitesimo trecentesimo quadragesimo tertio.

vin.

4564. « Àfranchisseinent des terres et dépendances de Langle-Suiré, par Giuy de Baussày, seigneur de Nuaillé, etc. !<

Nous, 'Guy de Baussay, chevallier; seigneur de la terre de NuâIIé et seigneur de Bianrot, faisons à sçavoir à tous que, comme nous heussions empeiché ou faitempeicher par nos officiers temporalité de la maison de Langle de Suiré et des appartenances, pour ce que les religieux, abbé et couvent de Charon, esquelx est ledit leu de Langle, se advouant tenir en ma terre et juridiction de Noaillé plusieurs choses, c'est à sçavoir, maisons, terres, vignes, prés, boys, marais, peischeries, sans nous en faire aucunne redevance, et disions, nous ledit Guy, que les choses dessusdites estoient de notre domayne et fié, et qu'icelles nous déguerpissent et laissassent, ou nous rendissent et payassent le sixte des fruis croissants esdites vignes et terres, et nous lessassent pour les maisons, prés, marais, boys, pescheryes, selon tés coutumes de notredite terre de Nuaillé, à la parfin nous, ledit Guy, faisons à sçavoir à tous que lesdits religieux se sont traits par devers nous, en nous requérant la délivrance dé leur dite temporalité et choses, et nous ont informé pleinement, tant par lettres et bons titres que par témoins anciens et sufisants, que leur dit leu de Langle, ob touttes


ses appartenances, c'est à' sçâvbir Mais'ons, vigies et ôuchës~, pr'es, bofs, marais, pësctiériës et teD'es Pè~t-Angleâio, si comme cômprent la clôture de leurs foùssez du Pô~tëtëàùLânglë, its devënt apertemerit ét franchement -en francne âùmonë du franchim'ënt et aumône dëAimery deGuyon, et de Guillaume, et de Jordains Serpentins de Bôuêt frères, et dû frârtchiment et cohnrmation de Hïllàyrè de Baude de Boùët, à qui lésdittes choses appartiennent de héritage et de succession; item leurs terres de Juzay et dés Ardi'Hières, et céllè de Bourdigaue, leur trëtit de Làngie, 0 toùttès ses appartenances, de l'aumone et franchiment de monsieur Hugues de Noillé, lors seigneur dudit leu, item leur motte, leur moulin de Langle o touttes ses appartenances de l'aumone et de franchiment de monsieur Maurice de Nouailhé, lors seigneur dûdit teu, lequel téur donna o tout le drort qu'il y avoit, et âvëir povoit, retenu a luy et à ~es saccésseurs six deniers de reconnaissance, tant seulement payé à la feste saint Jehan Baptiste, lesquels ne les devent ny ne povent trnitterà amende par deffaut de payement sinon du double, et leur conforment les choses dessus dittes; item, leurs boys de Luché et Sayselièvres de Làngle, marais sauvages et pesche-. riés de l'auinotie. et franchiment de monsieur Hugue de Iba Boche, lors seigneur dûdit leu de Noaillô, en leur connrmànt lé'sdittes choses reténus à luy et à ses successeurs, trente et deux chapons en reconnoissancë de defïënce payés à la festè dé Noël, et tout considéré et, en avis et conseil sur les dites cônfermations dés chouses dessus dittes et regardans que nos antecëssours àvdmt dohn~ et franchis auxdits religieux lés choses dëÉsus dites pouf le salut de leurs ames et de leurs successeurs, avons délivrés et fait délivrer, en nostrc assizë, aux dits religieux leur dite temporalité, o touttes et chacunnès les autres choses et voulons nous, ledit Guy de Baussày, seigneur dudit lieu de Nouàillé et des appartenances, lesdits franchiméns et dons ëstre fermés et estables, ainsy comme dessus estdit et déclairé, sans jamais venir encontre, etleur


confermons et octroyons ainsi et par ta manière que dit est, nous et nos héritiers, et successeurs deffendeurs desdits religieux, pour les chouses dessus dites, en cas que mestier leur seroit et en témoins de vérité, nous ledit Guy de Baussay, en nom que dessus, en avons donné auxdits religieux cestes lettres scellées de notre propre scel, donné à Luches. Présens guarens à ceu appelés et priez Jean Brun de Bouet, Jean Renoul, Nicolas Miet, Pierre Pelisson, Huguet Filhou, Pierre Saborin, et plusieurs autres, le lundy avant la conception Notre-Dame, l'an mil ccc LX et un. DEÀN.

IX.

VÉRINES, LA CHATELLENIE, L'ARDILLON, GRATEFEUILLE, GRAND ET PETIT FIEF DE CHAPON, FIEF DÈS NOUES.

44~9, 15 septembre. « Aveu rendu au seigneur de NuaiUé. Par dénombrement du fief de Gratefeuille, comme par cet aveu, l'étendue dudit fief est rapportée. »

Sachent tous que je Jean Lucas, en nom de Isabeau Ardillorine, ma femme, tant pour moy que pour mes parçonniers, confesse et avoue tenir de noble et puissant seigneur monsire Jean Harpadenne, chevallier, seigneur de Nuaillé et de Montandre, à cause de son châtel de Nuaillé, et de sa chatellenie dudit lieu, les chouses qui s'ensuivent: c'est asçavoir un fié apellé le fié de Grastefuil avec touttes ses appartenences et apendences parséant ledit fié, ès parroiches de Verinnes, d'Angliers et de Sainte-Soule; et se commence ledit fié au chemin public par où l'en vat de Verinnes au peyré de Frezes au long du chemin par devant l'arbergement de moy, ledit Jean Lucas, le grand chemin entre deux et s'en va au long dudit chemin dez la maison et vergier Bertrant Turpin de Verinnes, jusqu'au carrefour de Chiron Ferrant, comme l'en vat à Frezes, en descendant le chemin dudit carrefour


par où l'en vat du Perré de Frezes à La Gillebertière jusqu'au fief du prieur de Bouhet, les terres, vignes, desserts et prés qui sont à moy, ledit Lucas, et autres tenanciers en mon dit fié par dedans enclouses jusqu'au dit fié dudit prieur de Bouhet, et d'illec s'en va jusqu'au chemin qui vient de FontPatour aux Loges jusqu'à la reze ou petit, chemin qui vient. de la Chaume-Blanche au Port-Bertrant, tenant au fié de monseigneur Thibaut de Castelhion, chevallier, et d'illec se descend tout au long en revenant icelle ditte reze ou petit chemin au long du fié de Juile qui fut audit monsire Thibaut de Castilhon, le chemin entre deux, si comme l'on vat au long d'iceluy chemin à Guignemore, sauve et excepté les fiefs ou enclaves qui sont entre deux, si aucuns en y a, et d'illec se tient au fié du prieur d'Angliers en venant ledit fié dudit prieur jusqu'à la reze qui départ ledit fié dudit prieur, et les vignes de feu Pierre Faure, apellées les vignes du Petit-Fié de Jossain, en s'en montant contre Mont jusqu'à une petite reze, qui départ du bout dessus jusqu'au fié du prieur d'Anés, et puis s'en revient tout au long desdites vignes par debas jusqu'au dit chemin par où l'en vat dudit lieu de Frezes jusqu'à Guignemore et jusqu'au fié de Guillaume Viau, et d'illec s'en va en une cornière dudit fié et membre d'icelluy, qui s'appelle le Fourioul, et le fié apellé le fié aux Berloins, qui se tient d'un costé au chemin par où l'on vat du truil aux Ribotaux à Sainte-Soule jusque à la reze qui départ ledit fié et le fié de madame Deslandes, et ses parsonniers, apellé le fié Béchet, et d'illec s'en vient à la reze traversaine entre deux, si comme l'en vat dudit chemin. au truil aux Gillebers, et s'en descend ledit Fourioul au long d'une petitte reze descendant en bas, qui départ ledit Fourioul et le fié apellé le fié aux Berloins, et du bout de bas se tient à une reze bâtisse par où l'en vat de la Cauchinière audit truil aux Ribotaux; item un petit fié membre dudit fié dès Grattefeuil parséant prez de Verinnes, apellé le fié des Chirons, qui se tient d'un costé au chemin par ou l'en vat de 3


Verinnes à Saint-Couts jusqu'au fié du prieur d'Anés, et d'un bout au truil, ou harbergement de feu 'Pierre Faure, et d'illec s'en vat jusqu'aux vignes, et fié dudit prieur d'Anes, en-venant contresus jusqu'au fié dudit Guillaume Viau et puis s'en descend la reze batisse, par où l'en vient du truil aux Borreaux à Saint-Couts jusqu'au fié dudit GuiHaume Viau, et de ses parsonniers. Item un autre membre dudit fié de Grattefuil, apellé le fié des Grois, et s'en vat d'un cotté par une reze batisse par où l'en va de .Verinnes au moulin que tient de moy, ledit Jean Lucas, Désiré Regnault Le Camus, parséant oudit fié et en outre au long de ladite reze jusqu'au fié du seigneur de Mauzé ensemblement, et une enclave qui est entre ledit fié de Mauzé, et le fié au prieur d'Anes, et suert audit chemin ladite enclave par où l'en vient de Verinnes à Fontpastour par derrière l'arbergement et vergier. de moy, ledit Jean Lucas. Item se tient ledit fié des.Groys, et membre dessus dit au long du chemin de la' part du moulin que tient sire Regnault le Camus par où l'en vat de Verinnes à Saint-Coust, venant tout au long au fié du prieur d'Anés, une petite reze entre deux, et d'illec s'en vat en descendant au long du fié .d'Anés jusqu'au petit chemin qui vient du truil aux Merciers à Fontpastour, tout au long jusqu'au fié dudit monseigneur de Mauzé, et s'en remonte tout au long dudit fié de Mausé, la reze batisse entre deux, jusqu'au chemin qui vat de Verinnes à Font-Pastour comme tient l'enclave dessus ditte, sauve et excepté la desme que le prieur d'Arigliers prend avec moy en blé, en vin querounie en certaine partie dudit fié de Grattefuil, et sauve autresi le droit de desme querounie comme dessus à mondit seigneur appartenant par fautte d'hommes ou autrement que souloit prendre avecques moy feu monsire Thibaut de Castellion, chevallier, audit Fourioul et Jossein. Toutes les quelles chouses et chacune d'icelles je le.dit.Lucas avoue à tenir de mondit seigneur à foy et homage plain, au devoir de soixante sols tournois de plait, de morte main, quant le cas


y avient, o tout droit de juridiction, de basse voyrie et o te droit de mesurage, à blé et à vin que j'ay en mes maisons, parséans audit fié, l'une apeiiée la Grangere et l'autre apellée la Petite-Maison devant l'hôtel de Verinnes, o protestation, ,et sauvation, etc. Le 15 septembre 1429.

X.

'<522, 9 juin. Aveu rendu à la seigneurie de Nuaillé par Hillaire, abbé de Charon, pour le fief de Grattefeuille et ses dépendances. Sachent tous que nous Hillayre, humble abbé de l'abbaye de La Grâce Notre-Dame de Charon, tenons et advouons tenir à foy et homage lige de trez haute et trez puissante dame, dame Jaquette du Puy-du-Fou, dame de Nuaillé, du PetitFronsac, de Bazoges, de Moret et de Mayré, à cause et pour raison de son chastel et chastellenie dudit lieu de NuaiIIé, les choses qui s'ensuivent c'est à savoir, un harbergement appelé le fief de Gratefeuille, avec ses circonstences, appartenences et dépendences, soient maisons, vergiers, ayraux, entrées, issues, vignes, complans, terres, prés, pasturaux, cens, censes, droits, dixmes, fuyes, garennes, terrage et autres choses étans de notre dit harbergement, et touttes autres choses de quoy nos prédécesseurs abbés de la ditte abbaye ont accoutumés de tenir et exploiter, avec juridiction foncière de sept sols six deniers tournois, et-avec droit de ventes de choses étans en notre dit fief, lesquels ne choyent ne ne tombent en aucun rachapt, à muance d'homme ny autrement, mais sont les dittes choses abonnées pour tous drois de rachapt à muance d'homme à la somme de soixante sols tournois, monnoye courante rendable et payable à ma ditte dame quand le cas y advient, et cinq sols tournois de chambcllage, et ne nous abstreignons à bailler notre dit fief par escript fors et autant que de raison et par protestation d'acroistre, d'amander, modifier et déclarer plus à plain


touttes fois et quantes qu'il viendra-à notre notice et connoissance, et ces choses nôus certifions à notre ditte dame par ces présantes signées de notre main et

requeste du notaire soussigné jour de juin .1522, avec paraphe

XI.

~693, 1695, 1696, 12 et 21 juillet, M octobre. Arrêtés des comptes de l'abbaye de Charon par Altin Proust, vicaire généra) de Cîteaux. A. Nous, frère Altin Proust, docteur en Sorbonne, prieur d'Oleret., vicaire général de l'ordre de Citeaux ès provinces de Poitou, Xaintonge, Engoumois et pais d'Aulnis, faisant notre visite en l'abbeie de Charon, dudit ordre, de la filiation de Clairvaux, au diocèse de La Rochelle, assisté de vénérable dom Jean Colombet, prieur de Valence, sindic générât dudit ordre esdictes provinces, avons examiné le compte des recettes et mises tant ordinaires qu'extraordinaires faites pour laditte abbeie par vénérable dom Louis Rasseteau, prieur, depuis le jour de saint Jean-Baptiste 1692 jusqu'à pareil jour de l'année mil six cent quatre vingt treize; et avons trouvé que les recettes par nous arrestées en la page 43 du présent livre montent à la somme de trois mille soixante douze livres dix sept sols six deniers, savoir les ordinaires et extraordinaires pour l'entretien de la'communauté à 1191 livres d7 sols arrestées en la page 59 cy devant, et tes ordinaires et extraordinaires pour les charges de ladite abbéie et pour les paiemens de la ferme faits à monsieur t'abbé commendataire, contenues en un livre séparé et par nous arrestées en la page 168 dudit livre à la somme de d881 livres deux deniers; partant les recettes excèdent les mises de quatre cent trente sept livres dix huit sols sur quoi

t. Les mots en blanc manquent a la copie.


déduisant celle de cent quatre vingt deux livres dix sept sots s cinq deniers qui sont deues au comptable par le compte de l'année dernière, arresté de cejourd'huy en la page 39 cy devant, il demeure redevable envers la communauté de deux cent cinquante cinq livres sept deniers. Fait et arresté dans le cours de notre visite, en présence dudit vénérable dont Colombet, sindic, et de dom Hierome Jouanne, religieux de Noirlac, demeurant en ladite abbéi de Charon, qui ont signé avec nous ledit compte, ce jourdhui douziesme juillet mil six cent quatre vingt treize.

J.-A. PROUST, MC/M~e/Y~. J. COLOMBET/~M'M~~e Valence, SMM~e ~M Po~OM. F. JOUESNE.

B. Nous frère Altin Proust, prieur de l'abbeïe d'Oleret, vicaire général de l'ordre de Citeaux es provinces de Poitou, Aulnis, Xaintonge et Engoumois, faisant notre visite en l'abbeie de Charon, dudit ordre, assisté de vénérable dom Jean Colombet, prieur de Valence, sindic général dudit ordre esdittes provinces, avons examiné le compte des recettes et mises tant ordinaires qu'extraordinaires faite pour laditte abbeïe par le vénérable dom'Louis Rasseteau, prieur, depuis le jour de saint Jean-Baptiste 1693 jusqu'à pareil jour de l'année 1694, et avons trouvé que les recettes par nous arrestées en la page 63 du présent livre montent à la somme de trois mille huit cent vingt cinq livres neuf sols sept deniers, et les mises à celle de trois mille six cent quatre livres cinq sols savoir les ordinaires et extraordinaires pour l'entretien de la communauté à 127~ livres d8 sols, et les ordinaires et extraordinaires pour les charges de laditte abbeïe, et pour les paiemens faits à monsieur l'abbé commendataire. contenues en un livre séparé et par nous arrêtées en la page i78 dudit livre, à la somme de deux mille trois cent trente une livres sept sols, partant les recettes excèdent les mises de deux cent vingt une livres quatre sols sept deniers. Arresté dans le. cours de notre visite en présence dudit sindic et de


la communauté le vingt uniesme jour de juillet mil six cent quatre vingt-quinze.

F. A. PROUST, vicaire général. COLOMBET, prieur <~ .Valence, sindic. F. RASSETEAU, ~n'~Mr. F. JOUESNE. F. BERNARD ECHINGHAM.

C. Nous soussigné prieur de l'abbeïe d'Oleret, vicaire général de l'ordre de Citeaux es provinces de Poitou, pais d'Aunis, Xaintonge et Engoumois, faisant notre visite en l'abbéie de Charon dudit ordre au diocèse de La Rochelle, asisté de vénérable dom Jean Colombet, prieur de l'abbeie de Valence, sindic général dudit ordre esdites provinces, avons examiné les recettes et mises tant ordinaires qu'extraordi-.naires faites pour ladite abbeïe de Charon par le vénérable dom Louis Rasseteau, prieur, depuis la Saint Jean-Baptiste 1695 jusqu'à la Saint Jean-Baptiste 1696, et avons trouvé que les recettes qui sont par nous arrestées à la page 109 du présent livre, montent à la somme de trois mille deux cent quarante six livres trois sols et les mises à celle de trois mille six cent soixante douze livres quatre sols huit deniers, savoir les ordinaires et extraordinaires pour l'entretien de la communauté, contenues au présent livre depuis la page 11 jusqu'à la 128 qui est la présente, à douze cent quatre vingt douze livres dix sept sols six deniers, et les ordinaires et extraordinaires pour les charges de ladite abbeïe et pour les paiemens faits à monsieur l'abbé commendataire contenues en un livre séparé et par nous arrestées en la page 197 dudit livre, à la somme de deux mille trois cent soixante dix neuf livres sept sols deux deniers; partant les mises excèdent les recettes. de quatre cent vingt six livres un sou huit deniers qui sont deues au. comptable, à quoy feut ajouter celle de trois cent soixante sept livres onze sols un -denier à lui deue par l'arrêté de compte du 21 juillet 1695 qui est en la page 106 cy devant, et qui fait en tout sept cent quatre vingt seize livres douze sols neuf deniers.


Fait et arresté le quatorzième jour d'octobre mil six cent quatre vingt seize, en présence dudit sindic et de dom Bernard Echingham, religieux, demeurant audit Charon, qui ont signé avec nous.

F. A. PROUST, vicaire général. H. COLOMBET, pWeMr V~ce, sindic. F. BER. ECHÏiSGHAM. F. RASSETEAU, yWeMr.

XII.

TABLE DES TITRES ET PAPIERS DE L'ABBAYE DE CHARON. A. CHARON.

1. Titre original de la fondation de l'abbaye de Charon en 1188.

2. Confirmation par Eléonore, reine d'Angleterre, du lieu donné par Othon, duc d'Aquitaine, comte de Poitou, et de la fondation faitte par Richard, roy d'Angleterre; laditte confirmation de l'année 1189.

3. Un titre portant donnation faitte d'une pièce de vigne au fief de Charon (mai 1287), par Guillaume Girard et Agnès, sa femme, à Perrot Leclere, de l'abbaye de Charon. 4. -Une aliénation faitte par l'abbé de Charon de plusieurs terres (au sieur de La Chaboisière), pour subvenir aux demandes faittes par le roy. (L'abbaye est rentrée par ordonnance royale dans les biens qu'elle avait aliénés). 13 janvier 1527.

5. Acquêt par l'abbaye de Charon (Hillaire Chaperon, abbé), de tous les biens appartenant à Me Laurent Pallayau prestre, consistant en maisons, prés, terres, vignes, etc. (23 mai 1528).

6. Réunion à l'abbaye de Charon de quelques terres injustement possédées par différents particuliers (Marie Sarazin, veuve Jean Girard), fief des Basses-Grois, (29 juillet

1611).


7. Consentement fait ensuitte par l'abbaye de Charon aux susdits particuliers (veuve Jean Girard), de posséder tesdittes terres à l'avenir (au quint des fruits).

8. Contrat portant acquisition. de terres aux fiefs de l'abbaye de Charon (au quint des fruits). (25 novembre 1618). 9. Testament par lequel Nicolas Drapau lègue à l'abbaye de Charon une pièce de terre nommée Le Chiron proche La TrigaHe, à la charge d'une messe annuelle.

10. Transaction entre le curé de Charon (Jean Rothoux), et les religieux au sujet des dixmes qu'il prétendoit aux lieux de La Palle et dépendances (7 octobre 1642-10 juillet 1653). 11. Amortissement du 24 avril 1464 de tous les biens acquis jusqu'audit jour et an.

12. Relief d'appel au sujet des prétentions du seigneur de Charon des dixmes sur le lieu de La Palle (3 juillet 1510). .13. Transaction entre les religieux de Charon entre messire de l'Hôpital, marquis de Vitry, sieur de Charon, au sujet de quelques levées de fruits qu'il avoit faites sur les terres dépendant de ladite abbaye, etc. (26 novembre 1636). 14. Transaction entre le seigneur de Charon actuel et les religieux (6 avril 1736.)

15. Anciens baux et baillettes de terres, vignes, etc., depuis les nos 15 jusqu'au et compris le no 36 (6 octobre 1653 au 14 octobre 1699).

37. Anciens baux pour les marais salans.

38. Amortissemens de biens acquis par l'abbaye, 1473, 1519,1550 et 1554.

39. Usage dans la forêt de Benon (prétendu par l'abbaye de Charon, avec une copie de l'acte d'échange dudit Benon avec le comté de Dreux, extrait de la chambre des comptes).

40. Reconnoissances et titres nouvels par les maisons de La Rochelle (12 août 1557, 23 mai 1674).

41. Enseignemens au sujet de quelques prétentions des seigneurs de Charon sur les biens de l'abbaye.


42. Mémoires au sujet des titres et des biens de l'abbaye susdite et quelques confrontations des biens. 43. Modèles pour l'institution des officiers pour les justices de l'abbaye avec les modèles d'affiches.

44. Liasse instructive de quelques lettres au sujet des affaires (adressées à Paris à MM. les procureurs généraux de la filiation de Clairvaux par tes religieux de l'abbaye de Charon).

45. Anciens papiers censifs des biens (de la châtellenie de Charon).'

46. Mémoire sommaire pour les relais et lais de la mer, (pour les côtes de Poitou et Aunis,. prétendus par le chancelier. Séguicr et ses héritiers).

47. Vingt livres de cens sur la nommée Marie Rousseau, 3 octobre '1713 (acte reçu Chabirand, notaire royal). 48. Définition du chapitre général (de l'ordre de Citeaux), i738, procès-verbaux de visite, etc., (de 1679-1744). 49. Différentes procédures (contre Pierre Goyneau, entrepreneur, Renée Grenot, veuve de Jean Beschet, Jousselin, abbé commendataire de l'abbaye, Gorons, Jean Berne, écuyer, seigneur de Terrefort, Philippe Vrignaux, Pierre Bodin, le curé de Charon, M. de Seuil, seigneur de Charon, etc.). 50. Baillette du pré près le château de Charon, (à François Milon), 17 novembre d561, douze sols six deniers de vente.

51. Acte du 17 mai 1553 par lequel est dû à l'abbaye de Charon 30 sols de vente sur Puilboureau.

,52. Mémoire portant extrait de ce dont jouissoit le (maréchal de Vitry) seigneur de Charon au domaine de l'abbaye, les ventes et devoirs dûs à ladite abbaye par ledit seigneur y sont rapportés.

53. Testament par lequel messire Nicolas Cochonneau, demeurant au bourg de Charon, prestre, lègue tous ses biens, meubles et immeubles, à l'abbaye susdite (d5 février d525). 54. Actes, rentes, devoirs, etc., dûs à l'abbaye (d5d'M587).


55. Répertoire des titres dé l'abbaye, d 2 octobre en 1696. 56. Lettre du roy pour parvenir à la tenue des assises (confection du terrier).

57. Edit du roy, pour la confirmation des isles, cremens, atterrissemens, lais et relais de la mer. Lettres patentes du roy pour la confirmation de nos privilèges. Modèles d'exploit et d'assignation au grand conseil (1727). 58. Mémoire au sujet des relais de la mer où sont spécifiées leur consistance au sujet, d'un procès entre les religieux et le seigneur de Charon.

59. (Deux lignes efïacées).

60. Copies des titres anciens de l'abbaye.

61. Mémoire délibéré à Paris, au sujet des nouvelles (signé Euvrard, 9 septembre 1699).

62. Fermes faittes par les abbés aux religieux, procuration de taxe des contributions de l'ordre, quittances des payements~ haute justice. Quittance du sieur d'Hitterain sur ses vacations en exercice du sénéchal vérificateur.

Quittances de M. l'abbé commendataire actuel. 1

B. ALOUETTES.

1. Un acomodement en forme de transaction entre les

religieux de l'abbaye de La Grâce-Dieu et celle de l'abbaye de Charon et de Saint-Léonard au sujet des bornes et cours des eaux et marais de l'Alouette.

2. La décision du chapitre général au sujet de l'acomodement cy-dessus, entre les trois abbayes.

3. Une copie simple du F~MKM, du titre d'Osorius pour la donation des marais des Alouettes (dl92).

4. Une copie simple d'une transaction entre l'abbaye des Alouettes, diocèse de Poitiers, celles de la Grâce-Dieu,

1. Les feuillets 21 à 23 qui devraient contenir la mention de ee9 quittances manquent à l'original. On a vu aussi que les n<~ de 16 à 37 manquent.


Charon, Saint-Léonard de Calmes (des Chaumes), et Bonneveaux, au sujet du bott_des Alouettes en mars 1240. 5. Une liasse qui contient les pièces suivantes une déclaration (par Jean Thibaut Cellerier, 2 avril 1640), de tous les biens dependans de l'abbaye; 2o une autre portant même mémoration desdits biens (par dom Louis Rasseteau, prieur (15 septembre 1692); une déclaration du contenu de la cabane des Alouettes, (Chabirand, notaire royal, 27 octobre 1723); 4o un extrait simple des dépendances de l'abbaye où est comprise ladite cabane.

6. Copie simple du titre porté au no 2.

7. Le vidimus du titre d'Ostorius cy dessus ('1292). 8. Procès-verbal d'arpentage de la métayrie des Alouettes ~par Denis Chabirand, 1671).

9., Une déclaration par aveu rendue par l'abbaye de Charon

dans laquelle est comprise ladite métayrie (par messire Jacques Jousselin, abbé commendataire de Charon (26 avril '1640). 10. Une liasse contenant les pièces qui suivent au sujet des marais des Allouettes l" une signification du seigneur de Marans, qui veut se mettre en possession des marais susdits 2o un arrest du conseil qui ordonne que les religieux entreront dans la possession des marais (à eux usurpés cidevant par Cherigny); 3o un factum au sujet des marais; 4" un an-est qui ordonne main levée desdits marais saisis féodallementsurlesdits religieux (10 septembre 1629); une requête par laquelle les religieux demandent à être mis en possession de leurs dits marais, en s'offrant de payer au seigneur de Marans 12 sols 6 deniers de cens, etc. (Nessire Remond Ferier, abbé commendataire).

6. 7. Un arrest du roy qui confirme le sieur Monthallais dans la possession des marais par luy desséchez, dans lesquels sont compris ceux de l'Alouette, appartenant aux religieux de Charon, pour par eux n'avoir point comparus ny defîendus et point fourny de réquisitoire au sujet de leurs dits marais.


8. Procédures entre Noël Herbreau, sieur de Bauvais, premier vallet de garde-robe 1 du ro y, et messire Jean, sire du Beuil, comte de Marans, et messire Pierre du Perron, marquis de Crevan, au sujet des dessèchements des marais dépendant de la seigneurie de Marans, etc.

dl. Une transaction en date du 27 septembre 155i entre l'abbaye de Charon et le seigneur de Marans, par laquelle sont spécifiées les bornes, eschenaux, fossez et autres qui partagent et séparent les marais des deux parties. d2. Copie d'une sommation par laquelle le seigneur de Marans, faulte par les religieux d'avoir travaillé et s'estre rendus aux arrest consernant le desséchement des marais demande que lesdits religieux le luy abandonent, aux offres de leur payer la 12e partie des fruits y croissant et deux sols par journal de terre.

d3. Deux déclarations rendues à l'abbaye de Charon par Jacques Robin et Jean Bertaud, sous les devoirs de 20 sols et 2 chapons, à raison d'une pièce de marais appelée l'Ecluseau, sise en la seigneurie de Charon, avril d614, du 41 may d642, aveu en date du 6 may 1704, rendu par les arrêts et prieur de Charon pour satisfaire à l'édit de création des greffiers des domaines des gens de main-morte, de tous les biens dépendant de l'abbaye de Charon. d4. Liasse contenant plusieurs pièces au sujet du dessèchement des marais do Acte en date du 18 avril 1654 par lequel François Noyraut cherche à se rendre adjudicataire des desséchements à faire aux marais dépendant de l'abbaye de Charon aux offres de leur payer le dixième des fruits

1. Il y avait dans l'ancienne monarchie trente-deux valets de chambre du roi, dont huit servaient par quartier. Le service de la garje-robe était fait par un grand-maitre, deux maîtres qui servaient par année et qui le remplaçaient en cas d'absence, quatre premiers valets servant par quartier; seize valets servant par quartier, un porte-malle, quatre garçons ordinaires, trois tailleurs, thaussetiers et valets de chambre, un empeseur ordinaire et deux lavandières de linge de corps.


.provenants et. de prendre la ferme des Alouettes à un prix spécifié à l'acte; 3o bail du 17 avril d654 par les abbés et religieux de Charon, au sieur Herbereau de Beauvais de tous leurs marais à dessécher aux conditions portées audit bail; 3o acte de consentement des religieux de Charon au bail. cidessus 4o sommation faite par le sieur de Beauvais au prieur abbé, de vouloir ratifier le bail ci-dessus 5o acte de ratification 60 Traité fait avec ledit sieur de Beauvais, pour lé dessèchement des marais appartenant à l'abbaye de Charon.

d5. Requette répondue par laquelle est donnée main-levée par le lieutenant général de La Rochelle, aux religieux de Charon de leurs domaines saisis à cause des relais de la mer (6 août d664).

16. Procès-verbal de montrée de la métayrie des Allouettes et autres pièces pour y parvenir.

17. Lettres et mémoires au sujet des prétentions du seigneur de Marans, pour les cens de ladite métayrie. 18. Sommation du procureur fiscal de la seigneurie de Ma:'ans, pour faire enquête au sujet des Brousses ou marais Sauvage, avec l'enquête en conséquence.

C. MARANS.

4. Une liasse qui contient quelques pièces au sujet des marais salans dont on a-fait ensuitte des passages pour lesquels marais salans, la ferme generalle donne à l'abba ye 15 boisseaux de sel par chacun an.

3. Une liasse contenant plusieurs pièces au sujet d'une rente de 25 sols sur une maison située à Marans, rue du .Botteau.

3. Une liasse qui contient plusieurs pièces au sujet d'une rente de 2 livres 15 sur une maison audit Marans (i4831650).


D. LANDELAINE, PUILLEBOUREAU, LA VILLATIERRE. 1. Landelaine. Une liasse qui contient plusieurs pièces au sujet d'une rente de dix livres due par chacun. an sur le lieu de Landelaine, près Marans (1439-1547). 2. Puilleboureau. Une rente de 30 sols dûe sur une maison sise à Puilleboureau près La Rochelle (1311-1732). 3. La Villatière. Une rente de deux livres due par chacun an à l'abbaye de Charon sur La Villatière à Andilly (1631-1736).

E. LANGLE-SUIRÉ.

d. Affranchissement par Hiiayre de Baude, de t.erres,.prés sis à LangIé-Suire (4 janvier d343). Voir le texte plus haut. 2. Affranchissement des terres et dépandances de L'AngIeSuire par Guy de Baussay, seigneur de Nuàillé ('1361). Voir le texte plus haut page 30.

3. Vidimus de l'affranchissement par Guy de Baussay. 4. Vidimus de l'affranchissement, par Jean Harpedenne. 5. Coppie simple de l'affranchissement par Jean, sieur de Belleville de Nuaillé.

6. Vidimus de l'affranchissement, par Jean seigneur de Belleville et de Nuaillé (Jean Bruchart, garde du scel royal à La Rochelle, 27 septembre 14d9).

7. Aveu rendu à la seigneurie de Nuaillé, pour le fief de Grattefeuille et dépendances, par Hillayre, abbé de Charon (9 juin d522). Voir le texte plus haut, page 35.

8. Vente des métayries de Guines et Langle-Suiré (2 septembre d493), par François Bosnaud, abbé de Charon, pour subvenir à la somme de 92 livres à luy demandée par rapport à son abbaye pour le diocèse de Saintes à laquelle ladite abbaye avait été taxée pour sa part des deniers affectés au sieur Scipion Sardiny, pour la suppression des receveurs et controlleurs alternatifs des décimes dudit diocèse. Par lettres royaux du 20 août d629, ladite abbaye serait rentrée en possession.


9. Original, de l'aveu~'endu cy-dessus (9 juin d5M) pour la métairie de Guives, par l'abbé de Charon.

10. Arrest du grand conseil entre le sieur curé de Nuaillé au sujet des mêmes dixmes de l'Angte-Suiré (18 may 1688). 11. Copie d'un arrest qui adjuge aux religieux de l'abbaye de Charon plusieurs pièces de terre dépendant de la métairie de l'Angle-Suiré, prétendues par le seigneur de Nuaillé (19 juillet 1644).

12. Dossier contenant une enquête et jugements contre le nommé Malta pour les dégradations commises dans les bois de l'Angle-Suiré.

13. Partage des biens de la dame Jeanne de Barbezières, dame de Nuaillé, et sa sœur Louise de Barbezières, où sont dénommés les biens dépendant de la seigneurie de Nuaillé, conformément'à l'arpentage fait d'icelle.

14. Dénombrement des terres et biens dépendants de la métairie de Gives et LangIe-Suiré.

15. Copies simples de déclarations rendues pour la métayrie de Langle-Suiré, par l'abbaye susditte, l'une du 7 avril '1640 et l'autre sans date.

i6. Procédures commencées contrè le seigneur de Nuaillé, Charles Germanicq Le Mastin. Un arrest du parlement de Paris donne main-levée aux religieux des revenus de LangleSuiré, saisis par ledit seigneur. 17. Procès-verbal de visite et montrée de la métayrie de Langle-Suiré et arpentage des terres d'icelle (27 août 1734). 18. Anciens baux de ladite métayrie de Gives et LangleSuiré, depuis 1557 jusques et y compris 1733. 19. Différentes lettres au sujet des affaires anciennes entre le seigneur de Nuaillé et les religieux de Charon.

F. LA PALLE..

1. Donation de La Palle. (Voyez le titre no à l'article deCharonàiapage20).


2. Liasse contenant aveux et dénombrement rendus où sont compris les biens dependans de la métayrie de La Palle (1460-1553, 10 et 26.avril -1640, 4 janvier 1664, 6 septembre 1692. A cette dernière date, dom Rasseteau était prieur de Charon).

3. Vente faitte de laditte métayrie. François de Pons, chevalier, seigneur de Mirambeau et de Charon, fut mis en possession le 3 janvier 1564 en vertu de lettres patentes du roi et sentence rendue en sa faveur. Ardouin était alors métayer. « Ledit seigneur n'a pas joui longtemps de ladite métairie, puisque les religieux, comme il paraît par nombre d'anciens baux l'ont donnée à ferme à différents métayers. ))

4. Anctens baux de La Palle depuis 1535 jusqu'à 1696. 5. Procédures au sujet de La Palle.

G. ANDILLY.

d. Déclaration rendue au seigneur d'Andilly, pour le pré

bastard sis audit Andilly, sous le devoir de 7 sols 6 deniers. 2. Liasse contenant les anciens baux du pré d'Andilly, depuis 1677 jusques et y compris d729.

3. Procédures entre Fabry, abbé de Charon, et Bernardeau, au sujet du dessèchement des marais.

Entre ledit sieur Fabry, Abraham Tessereau, et demoiselle (Pandin) des Martes, au même sujet.

Entre Follet de Croizette et le sieur Hervé.

H. LA ROCHELLE.

Liasse qui contient plusieurs pièces au sujet des rentes dues sur les maisons sises à La Rochelle.

Une transaction par laquelle la dame de. La Grange s'oblige payer à l'abbaye de Charon, pour sa maison, la rente annuelle de vingt sols (23 may 1674).

2. Une sentence au sujet de laditte rente (d2 août 1557).


3. Un titre nouvel de laditte rente. (Billon, notaire, 15 mars 1700).

4. Un titre nouvel de MM. de l'Oratoire portant reconnoissance de la rente de 3 1. 10 s., pour partie d'une maison sise rue du Minage, à La Rochellè. (Rabusson, notaire, 21 juillet 1665).

5. Une sentence au sujet de laditte rente de 3 l. 10 s. 6. Autre titre nouvel pour laditte rente. (Michaud, notaire, 15 février 17~).

7. Un titre nouvel de madame Couzard portant reconnoissance de la rente de 20 sols. (Michaud, notaire, 23 avril 1735).

TITRES DISPERSÉS.

1. Un ancien acte par lequel il paroit qu'il est du à laditte abbaye, par la seigneurie de Dompière, la rente de 5 1. pour l'abandon du petit nef de Charon, sis audit Dompière (4 août 1515), à demoiselle Marie Furgon, dame de Dompière, en Aunis.

2. Une ferme généraUe des biens dependans de laditte abbaye. (Deprie, abbé de Charon, d2 may 1544). 3. Une ferme genératle faitte à l'abbaye de Charon par la dame de Nuaillé, de cette terre de Nuaillé, pour un an, à la somme de 450 livres. (Jean Affilé, abbé de Charon, 8 septembre d474).

4. Un ancien acte par lequel Leonnet Moreau, seigneur de Gives, reconnoît devoir à l'abbaye susdite 5 livres de rente à raison du château de Gives (17 novembre 1455). 5. Donation faite par Michel Grenot et Jaquette Sarazin, conjoints, à Grenot frère, de plusieurs pièces de vignes au fief de Nauret, dépendant de l'abbaye de Charon (25 août d573).

Reate noble de 18 sols par Jaquette de Parchenay, dame de Nuaillé, à GuiUaume Bouhier, laboureur à Saint-Jean de Liversay.

4


FIEFS. CHARON.

i. Une liasse qui contient quelques papiers pour parvenir au papier terrier des fiefs dépendant de l'abbaye de Charon (d'Hillerin, sénéchal de Benon).

2. Une liasse contenant différentes baillettes, aux susdits fiefs.

3. Une liasse contenant plusieurs exponces 1 et transports faits par différents tenanciers.

4. Liasse d'assignations données pour déclarer aux assises 5. Placets d'audiences.

6. Jugements rendus auxdittes assises.

7. Registre du greffe des issues.

8. Un mémoire au sujet des assises pour le conseil. 9.. Anciennes déclarations, depuis 'J642 jusqu'en 1669

10. Déclarations depuis i732.

LAN&LE-SUIRÉ. FIEF.

1. Dix déclarations rendues pour le fief de LangIe-Suiré (173d).

VERINES. FIEFS.

4. Un aveu rendu au fief de NuaiHé, 15 septembre 4429, pour le fief de Grattefeuille.

Coppie simple d'un autre aveu rendu au même pour ledit fief (25 avriM476).

3. Une pet'tte liasse qui contient des mémoires instructifs au sujet des fiefs de Verrine, où sont marqués leurs confrontations.

4. Jugemens et saisies féodalles.

5. Registre du greffe pour lesdits nefs.

1. L'exponction était la faculté qu'accordait l'ancienne législation au preneur d'un fonds à rente, de le remettre aux mains du hailleur, afin de s'affranchir de ses engagements; cette faculté était perpétuelle et n'avait pas besoin d'être stipulée au contrat d'arrentement.


6. Placets d'audiences de vérification (1738).

7. Anciennesdéclarationsdu~l mayd662au2d mayd663. 8. Deux liasses contenant les nouvelles déclarations en 173d,1738 et 17411.

XIII.

47~3--<785. « Estat de l'abbaye de La Grâce de Nostre-Dame de Charon de l'ordre de Cisteaux, filiation de Clairvaux, province d'Aulnis, dioceze de La Rochelle et du ressort du parlement de Paris, » H 86, 6. FONDATION. L'abbaye de Charon est fort ancienne et de fondation royalle, ayant esté fondée par Richard second, roy d'Angleterre en ïd70. H est vray que le tiltre de la fondation a esté perdu avec presque tous les autres tiltres et papiers de la maison dans le temps des guerres civiles, lorsque la dite abbaye fut pillée, brusiée, razée et abbandonnée pendant soixante et dix ans. Mais on a entre les mains la confirmation de la dite fondation par ledit Richard dattée du 8 may l'an deuxiesme de son règne, estant à Cognac.

CONFIRMATION. Plus une autre confirmation faite par Eléonore, reine de France et d'Angleterre, duchesse d'Aquitaine, comtesse du Poitou et mère dudit Richard qui ratifie la fondation avec tous les droits, immunités, exemptions et priviléges accordés à la dite abbaye.

REVENUS. L'abbaye de Charon a esté autrefois puissante en revenus, mais dans le temps de la guerre de religion, les seigneurs et gentilshommes voisins ont uzurpés les trois quards de ses biens, dé telle sorte qu'elle ne jouit plus aujourd'huy qu'autour de quatre mil livres expliquez cy-après:

i. Ici se termine la copie du cartulaire des archives.


La métairie de La Palle, paroisse de Charon, affermée à René Hervé par bail passé par Chabiran, nottaire au Lude, le 5c may 1715, pour la somme de 1,700 livres. 2" La mestayrie ou cabanne de Langle Suiré, paroisse de Nuaillier, affermée à la veufve Beslé par bail dud. Chabiran le 5 may i7d5 pour 700 livres. 3o La mestairie des Petites Alouettes, paroisse de Marans, affermée à Pierre Vesque par bail du mesme nottaire du mesme jour et an que dessus pour 400 livres. 4o La ferme de Vesrine consistante en cens, rentes et autres droits provenant de Vesrine, Lardillon et Grattefeuille louée à feu Jacques Sorlin pour 600 livres. Plus quatre pièces de prez dont une partie sert pour la provision de la maison et l'autre est affermée à différons particuliers pour 290 livres. Plus un autre petit fief qui est autour de l'abbaye consistant en terres labourables, vignes et prés, dont les religieux perçoivent le cinquiesme, estimé 300 livres. Item autres petites rentes à prendre sur des maisons situées à La Rochelle, à Pilboureau 1, à Andilly, à Charon, estimées 37 livres. Total du revenu, 4,027 livres.

CHARGES. Le susdit revenu est à partager en trois lots dont le premier revient à M. l'abbé commandataire, cy 1,342 1. 6 s. 8 d. Le second lot est pour la nourriture et l'entretien de trois religieux, cy. i,342 1. 6 s. 8 d. Le troisiesme lot est pour les charges qui sont les décimes ordinaires et extraordinaires montant aujourd'huy suivants les quittances, à 477 livres. Pour le droit de visite et taxes de l'ordre' 100 livres. Pour l'aumosne qui se fait tous les vendredis du caresme

i. Pilboureau pour P~j/OM~aM.


et pour celle qui se fait à tous allans et venans pendant le cours de l'année et pour le droit d'hospitalité, cy 300 livres. Pour l'entretien de l'église et de la sacristie, 150 livrés. Pour l'entretien des lieux réguliers des mestayries et fossés, 400 livres. Total des charges, 1,427 livres.

L'église qui a esté rebastie à neuf depuis quarante ans et les autres bastiments tant intérieurs qu'extérieurs sont en bon estat et bien entretenus, à l'exception des cloistres qui sont entièrement ruisnés et qu'on est en dessein de rebastir. L'abbaye de Charon, estant située sur le bord de la mer est sujette aux houragans et tempestes qui luy causent tant de coust pour ses réparations.

GASCHER, prieur de Charon.

XIV.

~772, novembre. « Lettres patentes qui permettent aux abbé et religieux de l'abbaye de Notre Dame de La Grâce de Charon de passer entre eux un bail à rente. » Minute sur papier aux archives nationales. S 3225 Comimunication de M. Gabriel Audiat.

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Nos chers et bien aimés le sieur Philippe René Le Blanc, prêtre, docteur de la maison et société de Sorbonne, grand chantre et chanoine de l'église métropolitaine de Reims, vicaire général du même diocèse, abbé commendataire de l'abbaye de Notre-Dame de La Grâce de Charon, ordre de Cîteaux, filiation de Clairveaux, diocèse de La Rochelle, et les prieur et religieux de là même abbaye, nous ont fait exposer que, n'y ayant point eu de partages des biens communs de ladite abbaye, et l'abbé n'ayant point de maison abbatiale et ne pouvant par conséquent ni résider à son abbaye ni en faire valoir et administrer par lui-même ou par des préposés les revenus, il est obligé de les affermer et de charger les fermiers des réparations, qui sont d'autant plus


fréquentes et dispendieuses que les biens dépendants de l'abbaye de Charon sont situés près de la mer et exposés à des inondations et à d'autres vimaires, ce qui diminue considérablement lesdits revenus; que ces revenus sont d'ailleurs susceptibles d'augmentation par des desséchements et améliorations, qu'un abbé commendataire ne peut pas entreprendre ~t que les prieurs et religieux n'entreprennent pas non plus dans la crainte que, par l'événement d'un partage, ils ne soient privés du fruit de leurs travaux et du produit des dépenses et avances qu'il serait indispensable de faire; que dans cet état de choses lesdits prieur et religieux, s'ils étoient assurés de la jouissance à perpétuité de la totalité des biens de ladite abbaye, et qu'ils eussent des biens de la manse abbatiale une disposition et une administration aussi libre que de la leur, ils pourroient, dans l'espérance d'en être un jour indemnisés, non seulement faire les avances et dépenses nécessaires pour les améliorer, mais en diminuant les bâtiments diminuer les charges nantis de tous les titres, veiller à leur conservation et à celles des biens de l'abbaye, et en faisant faire sous leurs yeux et par économie les réparations et entretenir les bâtiments nécessaires à moins de frais, et être ainsi en état d'augmenter le revenu annuel de l'abbé en le rendant franc et quitte de toutes charges et en lui conservant d'ailleurs les droits honorifiques attachés à son titre; que pour remplir ces différents points d'utilité réciproque et publique, la voye d'un accensement ou bail à rente des biens de la manse abbatiale leur a paru la plus simple comme la plus sûre; qu'en effet il est en soi indifférent que la masse des biens communs soient dans les mains de l'abbé, chargé de laisser le tiers du revenu aux religieux, ou qu'elle soit dans leurs mains à la charge de remettre les deux tiers du produit.à à l'abbé; que d'ailleurs cette voye sera d'autant plus avantageuse à tous égards, qu'en augmentant le revenu de l'abbé, elle se tournera à l'utilité publique, et qu'enfin, en établissant la redevance à lui payer partie en


argent et partie en grains, l'augmentation qu'ils lui procureraient dès à présent serait encore susceptible d'un accroissement, relatif à celui que peut avoir le prix des grains/sans éprouver l'effet de la diminution qui peut arriver aussi à ce prix; que d'après ces réflexions les exposants ont convenu entre eux, le 22 août dernier, un projet d'acte 'par lequel ledit sieur abbé Le. Blanc cède et abandonne aux religieux de ladite abbaye à perpétuité tous les bâtiments, biens, domaines, droits de seigneurie et de justice, et tous autres tant honorifiques qu'utiles dépendances de la manse abbatiale et du tiers lot, et ce moyennant une redevance ou rente annuelle et perpétuelle de 3,000 livres affranchie de toutes charges et impositions quelconques, savoir: 1,500 livres en argent, et le surplus en espèces, de fruits et grains tels qu'ils le recueillent sur les terres de l'abbeïe, si- mieux n'aiment ledit sieur abbé Le Blanc et ses successeurs recevoir les 1,500 livres à quoi ils demeurent évalués, ce qu'ils seront tenus d'opter dans trois moys à compter du jour de leur prise de possession, et ensuite de dix ans en dix ans; mais les exposans ne peuvent contracter valablement à cet égard sans notre expresse, autorisation ils nous ont .très humblement fait supplier de leur accorder nos lettres sur ce nécessaires. A ces causes, de l'avis de notre conseil qui a vu ledit projet d'acte du 22 août dernier, et le consentement qu'y a donné l'abbé de Clairvaux le 21 avril précédent, l'un et l'autre ci attachés sous le contre scel de notre chancellerie, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons approuvé et agréé, et par ces présentes signées de notre main approuvons et agréons ledit projet de bail à rentes convenu entre les exposans en conséquence leur permettons d'en passer contrat en forme aux charges, clauses, conditions et réserves y portées. Si donnons en mandement à nos amis et féaux conseillers les gens tenans notre conseil supérieur à Poitiers, que ces présentes ils ayent à faire enregistrer, et du contenu en icelles jouir et user ledit sieur abbé Le Blanc et ses suc-


cesseurs abbés de Notre Dame de La Grâce de Charon, ensemble les prieur et religieux d'icelle pleinement, passiblementet perpétuellement, cessantetfaisant cesser tous troubles et empêchements et nonobstant toutes choses à ce contraires. Car tel est et afin que ce soit. Donné à Fontainebleau au mois de novembre de l'an de grâce d773 et de notre règne le 58e.

XV.

~7~, novembre, Bail à ferme de quatre journaux de pré, appelés le pré Batard, en la paroisse d'AndilIy, par dom Nicolas Quentin, prêtre, prieur et religieux de l'abbaye royale de Notre-Dame de La Grâce de Charon, y demeurant, paroisse de Saint-Nicolas de Charon, à François-Isaac Drapron, fermier à Andilly; moyennant cinquante-neuf livres par an. Sagot et Guillet, notaires royaux. (Une grosse sur parchemin).

~7~?, 6 f/ec< Bail de deux pièces de pré, l'une appelée le pré Nauret et l'autre le pré de La Pailline, par dom Louis-Joseph Despred, prêtre, prieur de ladite abbaye, y demeurant, à Nicolas Girard, laboureur, au bourg Chapon, paroisse de Charon, moyennant deux cent quatre-vingt-huit livres par an. Sagot et Guillet, notaires royaux. (Une grosse sur parchemin).

~7~, 26 mars. Bail des revenus annuels des fiefs et seigneuries de l'Ardillon, Les Noues, Grattefeuille, Charon et dépendances, sis paroisses de Vérines et Sainte-Soulle, par dom Louis-Joseph Despred, prêtre, prieur et religieux, de terrages, complants, cens, censes, lods et ventes, honneurs, amendes, entrées, droits et profits de la chàtellenie et seigneurie de ladite abbaye, à Marc-André Chasteau, notaire royal, et Marguerite Chauvet, son épouse, demeurant en la paroisse de Vérines, en Aunis, moyennant la somme de mille livres payable par demi-année. Musset et Lambert, notaires royaux. (Une grosse sur papier).


~7~, ~O~M~. Bail par François Rouault, sergent au bailliage et marquisat d'Aligre, porteur de pouvoirs d'illustrissime et révérendissime seigneur monseigneur FrançoisHenry de La Broue de Vareilles, évêque, comte et seigneur de Gap, abbé commendataire de l'abbaye royale de Notre-Dame de la Grâce, etc., à Nazaire Triou, fermier, demeurant à Villedoux, d'une pièce de marais en nature de pré, faisant partie deIaHaute-Prée,enétant actuellement séparée par le nouveau grand canal du midy, contenant environ 56 journaux, moyennant sept livres par journal (soit quinze cent douze livres et deux cent quatre livres pour tenir lieu de droit de levage, soit en total dix-sept cent seize livres), Sagot et Guillet, notaires royaux. (Grosse sur papier).

1789, 6 ~M~. Bail d'un, pré appelé Les Genselières, paroisse de Charon, par dom Louis-Joseph Despred, prêtre, prieur de l'abbaye, à Jean Cholet, tailleur d'habits, et Françoise Aunay, sa femme, demeurant au bourg de Charon, moyennant soixante-douze livres par an. Sagot et Guillet, notaires royaux. Une note de P.Bouteney, prieur de Charon, rectifie ledit bail, ledit pré n'est affèrmé que soixante livres payables en un seul terme, 27 juin '1790.

~7~9, mars. Bail du droit de terrage à la douzième partie des fruits, sur la cabane de La Flandre, marais de La Penissière, contenant 150 journaux, par François Renault, sergent en le bailliage et marquisat d'Aligre, porteur de pouvoirs d'illustrissime et révérendissime seigneur monseigneur François-Henry de La Broue de .Vareilles, évêque, comte et seigneur de Gap, abbé commendataire de l'abbaye royale de la Grâce Notre-Dame, chanoine et trésorier honoraire du chapitre noble de la cathédrale de Metz, conseiller du roi d'honneur au parlement de Dauphiné, et conseiller du roy en tous ses conseils, à Jean-Baptiste Pineau, fermier, demeurant à la métairie de Vendôme, paroisse d'Aligre, moyennant la somme de 300 livres par an. Sagot et Guillet, notaires royaux. (Grosse sur papier, H. 23 à 30).


~79~, 11 ~~5. Adjudication par l'administration du directoire du district de la Rochelle, en exécution des décrets de l'assemblée nationale, concernant la vente des biens nationaux de la cabane de l'Alouette, située dans la muni-.cipalité de Marans et dépendant ci-devant de l'abbaye de Charon, pour la somme de trente-deux mille deux cents livres au sieur Héraud pour le compte de Jean Rigaud, marchand et fermier, demeurant à la cabane de l'Aventure dans la paroisse de Marans.

-1791, avril. Adjudication de la métairie de l'Angle Suiré, dépendant ci-devant de- l'abbaye de Charon, située dans la municipalité de Nuaillé, et consistant en terres labourables, prés et un fief de vignes contenant environ six quartiers et demi au huitain des fruits, affermé trente mille livres au sieur Martin-Chassiron, de La Rochelle pour la somme de quarante mille cent livres.

~79~, 27 mai. Adjudication au sieur Martin-Chassiron pour le compte du sieur Pierre Chertemps de Seuil, colonel du cinquième dragons, demeurant à Paris, pour la somme de vingt un mille dix sept livres dix sols, des domaines dépendants ci-devant de l'abbaye de Charon et situés dans la municipalité dudit lieu.

La prée des Salines, contenant environ 30 journaux renfermés de fossés.

1. Pierre-Charles-Mathieu Martin de Chassiron, né à La Rochelle en 1753, mort en 1825 membre de la constituante, du conseil des anciens, du tribunat, du sénat, maître des comptes, etc.

2. Messire Pierre-Charles de Chertemps, chevalier, comte de Seuil, baron de la baronnie de Charon (sic) et du fief des Vases Molles, colonel-inspecteur du .régiment du colonel général dragons, chevalier de l'ordre royal militaire de Saint-Louis, né le 12 juillet 1751. M. le baron de La Morinerie blasonne ainsi ses armes Ecartelé, aux 1 et 4 d'azur, à la fasce d'or, accompagnée en chef de trois étoiles et CM ~0!M~ ~'WM croissant, le tout de même, qui est Chertemps aux 3, d'or à la couleuvre ~*<~M)', qui est Colbert.


Un journal un quart ou environ de terres labourables en deux pièces et joignant chacune au midi le fossé des Salines. La maison ci-devant abbatiale avec toutes ses dépendances, notamment

Un petit jardin et une ouche à côté.

Le pré de devant contenant de trois journaux a 3 journaux et demi.

Le pré de la Fuye contenant environ cinq journaux, renfermés de fossés, et une pièce de terre labourable y joignant contenant environ trois journaux.

Dans les Hautes-Croix, neuf journaux et demi de terre en quatre pièces, du dessèchement deux journaux environ nommés La Plante.

Plus au bas de ladite côte.

Un journal ou environ de terre en pointe joignant la côte et le fief de vigne.

Une pièce de terre d'environ douze journaux, autrefois en deux pièces, séparées par une allée d'arbres qui ont été arrachés.

Le pré des Ginchelières, dont la majeure partie est en sables, contenant 5 journaux renfermés de fossés. Le pré Noret contenant environ 16 journaux confrontant du. nord au fief de Reix et de toutes autres parts au dessèchement du sieur de Seuil, chemin entre deux.

Les prés Misottiers, nommés La Palisse, contenant environ 20 journaux, les trois derniers objets affermés le ler au nommé Jean Chollet et les deux autres au nommé Girard.

~79~, 25 ~'M~. Adjudication des quatre pièces de pré dites du Bourg-Chapon, dépendant ci-devant de l'abbaye de Charon, au sieur Charles Rousseau, notaire, pour le compte du sieur Pierre Chertemps, propriétaire de la ci-devant seigneurie de Charon, pour la somme de dix mille deux cents livres.


~79~, 10 février. Adjudication de la métairie de La Pallet des Vrillantes, située dans la municipalité de Charon, au sieur Michel Poupet, négociant à La Rochelle, pour la somme de cent quatre-vingt dix-huit mille livres. 1792, 9 mars. Adjudication de la métairie de SaintLéonard, située dans la municipalité de Marans, et consistant en environ trente-sept journaux de terre labourable, environ quarante-cinq journaux de marais desséchés, trois jour.naux de marais, bâtiments, granges et servitudes, pour la somme de trente-deux mille sept cents livres, au sieur Samuel-Pierre Meschinet 1, pour le compte du sieur SamuelPierre-Joseph-David Demissy, négociant à la Rochelle. 2

1. Samuel-Pierre Meschinet de Richemond, né à La Rochelle !e 8 janvier 17-40, décédé le 28 août 1807 armateur, trésorier des vivres de la guerre, manufacturier, membre du conseil de commerce, du conseil municipal de La Rochelle, de la société d'agriculture, etc.

2. Samuel-Pierre-Joseph David De Missy, né le 30 octobre 1755, décédé le 20 octobre 1820. Armateur, membre du district de La Rochelle, député de l'île de France ài'assemb)ée nationale, administrateur de l'hôpital général, maire de La Rochelle de 1795 à 1798, assesseur du juge de paix de l'an VIII à l'an X, conseiller général, sous-préfet de l'an X a l'an XII, membre du corps législatif depuis fan XII, président du collège électoral du canton est de La Rochelle, membre de la légion d'honneur, colonel de la garde nationale de la légion de l'arrondissement, etc. H est représenté sur l'un des bas reliefs de la statue de l'amiral Duperré, au moment où le jeune mousse s'embarque sur le navire de commerce le Henri IV dont De Missy était armateur et qui était commandé par le capitaine Web.


AVEUX ET DÉNOMBREMENTS

L

43C5, -O~M~~<. Hommage de Guérard de Maumont & Edouard, prince d'Aquitaine et de Galles, pour la chatellenie de Tonnay-Boutonne. Copie sur ~<!pM?' de la fin du X71~ siècle, appartenant -M. Chaigneau, de Taillebourg. Communication de Denys ~msy.

Edouard, fils aysné du roy d'Angleterre, prince d'Acquitaine, etc. à nostre amé et féal le séneschal de Xainctonge et à tous nos autres officiers et ministres ou à leurs lieutenans, satut Sçavoir vous faisons que Guérard de Maumond, seigneur de Thonnay-Voultonne, nous fit, le xvno jour d'aoust, l'an mil trois cent soixante troys, homage lige et serment de feaulté et d'obéissance des terres qu'il tient et advhoue tenir de nous en nostre sénéchaussée de Xainctonge auxquels homage et serment nous l'avons receu et recepvons suivant nostre droit, et luy avons enjoint et enjoignons qu'il paye le debvoir et baille son fief par escript dedans le temps que coustume de pays le requiert; par quoy mandons et commandons à chascun de vous, si comme à luy appartiendra, que ledit Guérard de Maumont pour cause dudit homage ne soit doresnavant molesté en aulcune manière, et, si luy aesté empeschépour ceste cause, taritost et sans dellay, veu ces présentes, luy mestre au dehors. Donné à Perigueux le xxvie jour de septembre l'an mil m cent Lxv. Scachent tous que je, Guérard de Maumont, seigneur de Thonnay-sur-Voultonne et de Fourras, advouhe tenir de très excellent prince monsieur le prince d'Acquitaine et de, Galles, duc de Cornouailles, à foy et homage lige et serment de feaulté, mes chasteaux et chastelainies de Thonnay-


Voultonne et de Fourras, tant pour moy que pour mes partprenants et parmettants, et pour mes hommes et subjects, avecques toutes leurs appartenances, appendances et ressorts, deffends, guarennes, boys, pescheries, eaux, rivages, naufrages et adventures, cens, rentes en bled et jurisdiction haulte moyenne et basse et ce qui en despend, en telle manière comme moy et mes devanciers seigneurs desdits lieux, y ont accoustumé avoir et tenir et exercer et ô toutes aultres prérogatives, authorités et dignités que les seigneurs desdits lieux ont accoustumé à avoir, tenir et exercer soubs authorité et ressort de mon dit seigneur, soubs lequel hommage en mesdites chastelainies tiennent de moy à homage lige et plain plusieurs vasseaux, aulcuns o toutes justices haulte, moyenne et basse, et aussy plusieurs gents d'église en fr.mche aulmône et autrement, et la coustume sur chascun thonneau de vins trespassé et avalant à Champdollent, et la coustume du vin et aultres choses, trepassant devant le chastel de Rochefort, et certains prez assiz en la paroisse de. SaintJehan-d'Angély, et soixante quinze livres quatre sols xn déniers de rente assiz sur les esmolumens accoustumés estre tenus par le prévost de Saint-Jehan-d'AngéIy, les foyres et aultres rentes de ladite ville en la manière que moy et mes prédécesseurs avons accoustumé tenir, posséder, lever et expleiter; et à ceste cause je donne à monseigneur par escript non mye par voie d'instrument, mays par mémoyre comme de rayson, uzage et coustume de pays je ny sois tenu, mais tant seulement de luy monstrer lesdits chasteaux et luy faire adveu desdites chastelainies, et aultres choses devant dites comme ce soyt chose difficile et impossible que se puisse desclairer.par escript, toutes les choses desdites chastelainies et ressort, tant de moy que de mes subjects sauf de le fayre aultrement sy de rayson je y estois tenu, et sauves toutes mes raysons de y accroistre et adjouxter, modiffier, spécifier, desclairer et destruire plus à plain si necessaire est. Et ce je certime à monseigneur et à tous aultres par ces présentes


scellées de mon propre scel, le XIIIe jour de juillet l'an mil troys.cent soixante et cinq. Ainsy signé au pied du registre. J. Razin, recepveur ordinaire.

M.

440~, 9 septembre « Aveu et dénombrement rendu à noble et puissant seigneur messire Regnaud de Pons, seigneur dudit lieu et de Saint-Maigrin, par Colin de Saint-Ciers, pour son maine sis dans les paroisses de Saint-Ciers et de Saint-Mégrin, tenu a hommage lige, sans autre-devoir, e Original *W ~M~e/tMKMt, autrefois scellé aux archives de la C/t<M~; fonds de l'abbaye de La COMffMMM, seigneurie du Ft'~M~ d'Archiac. Communication de M. P<n~ de Fleury, archiviste.

A toutz ceulx qui ces presentes lettres verront et ourront, Gualhard Choudeun, clerc, guarde du scel royal establi aux contraictz à Paracol, par le roy nostre sire, salut en Dieu perdurable et donner foy à ces presentes. Sachent toutz que ge Colin de Saint-Ciers, valet dudit lieu de Saint-Ciers, ay et tiens et advohe, moy avoir et tenir et publiemeht confesse en ces escriptz et reconoys de noble et puissant seigneur messire Regnaud de Pons, seigneur dudit lieu et de Saint-Magrin, à homage lige, sans aucun devoir, les chouses ci desoubz contenues, c'est assavoir mon mayne assis es parroches de Saint-Ciers et de Saint-Magrin, sus le ruif de la Ayre, avec les terres, agrires, pretz, boys illeuc pousetz ainsi corne ledit. ruif les divist, excepté la couture, pré et boys que ge ay et tiens des heretiers de feu Bertrand de Franbeuville, valet; item ay et tiens dudit monseigneur mon molin de Puy-Pissous, avec les terres, vinhes, et agrires illeuc pousées; item ay et tiens dudit monseigneur de Saint-Magrin les agrires que ge ay en mans emenont et toutes les agrieres, lesquelles Guillaume de Bon ha et tient de moy en l'avant dite mans, pour lesquelles il est mon home plain, en payant cinq soulz de achapotement en muement de seigneur et de vassal; item ay et tiens dudit monseigneur toutes mes terres et agrieres de Guarenbert; item ay 'et tiens de mondit sei-


gneur mes terres de Las Fontanilhes, lesquelles Guillaume Foubert et Costantin du Chay et Arnaud Guarnier de Bria an et tienent de moy soubz mon. guariment, ou aultre por lur nom; item, ay et tiens de mondit seigneur mes terres pousées au mayne de Foquaud Jehan; item, ay et tiens de mondit seigneur ditz soultz de rante, lesquelx me det Pierres. Mercier, assignés sur le mayne des Fontanilles; item, ay et tiens de mondit seigneur le mayne de La Degitieyre, lequel Pierres-Aymerie ha et tient de moy, pour lequel mayne ledit Pierres payet à moy dit Colin deux boyssaus un sextier d'aveyne, dux chapons et deux soubz de rante; item, ay et tiens de mondit seigneur una terra appelée la comba Vigier; item ay et tiens de mondit seigneur une terre, laquelle Riguàud Bonideu ha et tient de moydit Colin, pousée au lieu appelée Nogier Barrat, por laquelle terre ledit Pierres payet à moydit Colin deux boyssaus de froment et une gelline de rante; item, ay et tiens dudit monseigneur les agrires 'des terres, des maynes et des meysons, lesquelles Guillaume Pinto de Chardes ha et tient de moy, par lesquelles ledit Guillaume payet à moy dit Colin un sextier de froment et une gelline de rante, et les siens ont accousLumé payer es miens de antiquité; item, ge advohe et tiens de mondit seigneur tout ceu que révèrent pere en Dieu messire l'abe de la Corone tient de moy es parroches de Montchauze, de La Meyrac et de Guimps; item, ay et tiens de mondit seigneur toutes mes vingnes de Negre boys et une terre pousée soubz lesdites vignes, laquelle Arsend de La Farga ha 'et tient de moy et paye à moy dit Colin un boyssau de froment et une gelline de rante; item, ay et tiens de mondit seigneur une terre appelée la terre du Giessar, laquelle Guillaume de La Farga ha et tient de moy dit Colin, par laquelle me paye un chapon et dotze deniers de rante; item, ay et tiens dudit monseigneur les meysons, maynes, vergiers, terres, vinges, pretz, que Guillaume Maqueu, de La Croys de Bert, ha et tient de moy, por lesquelx ledit Guillaume paye à moy dit


Colin dotze boyssaus de froment et huyt boyssaus de mixture de rante en la feste de saint Micheau, et deux soulx et deux chapons en la feste de la nativité nostre seigneur; item, ay et tiens de mondit seigneur les meysons, vergiers, maynes et vinges, lesquels Guillaume Maqueu, dit lo Moyti ha et tient de moy, por lesquelx paye à moy dit Colin deux boyssaus de froment et huyt boyssaus de mixture, deux soulx et deux chapons de rante en les festes susdites; item, ay et tiens de mondit seigneur les meysons, maynes, vergiers et toutes les autres chouses que Itier Maqueu ha et tient de moy dit Colin, por lesquelx paye et rent à moy huyt boyssaus de froment et huyt boissaus de mixture, deux chapons et deux soulx de rante en les festes susdites; item, ay et tiens de mondit seigneur huyt boissaus de froment, deux soulx et deux chapons, lesquelx Helies et Guillaume Duviliac, parrochiens de SaintMagrin, devent de rante à moy dit Colin, situeez et assigneez sur leurs maynes, à payer en la feste de saint Micheau les chapons, et l'argent en la feste de la nativité nostre seigneur, et ainsi les leurs ont acostumë à payer ès miens de antiquité; item, ay et tiens de mondit seigneur quatre boyssaus de froment, deux chapons et deux soulx, lesqueix Guillaume Faure, dit Grossier, paye et rent à moy dit Colin, sur son mayne de Homulire, en la feste de saint Micheau, l'argent, et en la feste de la nativité nostre seigneur les chapons item,ay et tiens de.mondit seigneur la moytié du mayne et vinges de La Rosserie et l'autre moytié de messire l'abé de Beauge et par nondevis, quar lesdits mayne et vinges sont pousés en feu et corne seigneurie desdits monseigneur et messire l'abé et par nondevis; item, ay et tiens de mondit seigneur la moytié de deux pièces de vinge pousées en plantier de La Rosserie, et l'autre moytié de messire l'abé de Beauge et par nondevis, por lesquelx vinges, prés, Foureu paye et rent à moydit Colin six boyssaus de froment de rante avec la agrire; item, ay et tiens de mondit seigneur la moytié de une vinhe et l'autre moytié de messire l'abé de Beauté


et par nondevis, por laquelle vinge paye et rent à moy dit Colin Arnauld Brutier six boyssaus de froment de rante; item, ay et tiens de mondit seigneur la moytié de une vinhe pousée en plantier de La Rosserie et l'autre moytié de messire l'abé de Beauge et par nondevis, por laquelle vinge, Pierres et Aymeric Huguon payent à moy dit Colin trois boyssaus de froment et troys deniers de rante en la feste de saint Micheau; item, ay et tiens de mondit seigneur ma terre de La Orlerande de Saint Ciers; item, une autre piesse de terre pousée soubz le bourg de Saint-Ciers entre le pré du chapellain, d'une part, et la terre dudit chapelain, de l'autre; item ay et tiens de mondit seigneur les meysons, maynes, vergiers et vignes que Pierres Viger ha et tient de moy, pour lesquelx est mon home lige am cinq soulx de achaptement, lesquelles meysons et maynes sont pousez entre la voye par laquelle l'om vayt du bourg de Saint-Ciers vers Berbezin de une partie, et entre la terre de moy dit Colin et la terre du feu Rigondent et le mayne de Pierre Huguon, de l'autre, et de l'un chep entre la voye par laquelle l'on vayt de Bordeaux vers La Eugonerie; item, ay et tiens de mondit seigneur la moytié des agrires de Eysandones de Bernoville et de Saint Martin; item, un sextier d'avene de rante que doyt à moy Fuiçaud Bertrand por la partie que il prent en l'autre moytié desdits agrires; item, ay et tiens icelle partie laquelle Guillaume Biguoret ha et tient de moy dit Colin eri icelle mesme moytié, por laquelle est mon home plain am cinq soulx de achaptement; item, ay et tiens de mondit seigneur les meysons, terres, vinges, pretz et boys que Guillaume Bigoret ha et tient de moy por lesqueulx paye à moy dit Colin un sextier de froment et un d'avene et huyt boyssaus de noys de rente en la feste de Saint Micheau, deux soulx et deux chapons en la feste de Noel; item, ay et tiens de mondit seigneur les meysons, maynes et vergers que Jehan Bigoret et Guillaume Bigoret dit le Bloy ont et tiennent de moy, por lesqueulx lesdits Jehan et Guillaume payent à


moy dotze boyssaus de froment, dotze boyssaus d'avene, deux soulx et deux chapons et quatre boyssaus de noys en lesdites festes; item, ay et tiens de mondit seigneur les meysons et maynes que Hélies Biguoret ha et tient de moy, por lesqueulx paye à moydit Colin quatre boyssaus de froment, quatre boyssaus d'avene et deux boyssaus de noys, dotze deniers et un chapon de rante en lesdictes festes; item ay et tiens de mondict seigneur un pré pousé en La Ribereire du Treis, lequel Guillaume Biguoret ha et tient de moy entre le pré vulgairement appelé pré Teytaut de une partie et entre le pré dudit Guillaume Biguoret, de l'autre; item, ay et tiens de mondit seigneur une terre, laquelle Pierres Reignaud ha et tient de moy, por laquelle ledit Pierres paye à moy dit Colin six boyssaus de froment, dotze deniers et un chapon de rante, laquelle terre est pousée entre le boys dudit Pierres, dé une partie, et le chemin de La Riberie, de l'autre; item une autre piesse de terre pousée entre l'avandite terre et la terre de Endrad Boche, por laquelle ledit Pierres paye à moy dit Colin deux boyssaus de froment por agrire; item, ay et tiens de mondit seigneur un pré pousé en La Ribeire de Treis, entre le pré de mondit seigneur, de une partie, et le pré du seigneur de Cous, de l'autre, por lequel pré Guillaume Boraud, clerc, Pierres Foucaud, Rampnou Anblard, Guillaume Biguoret, Giraud de Champaine et Arsend Guontiere ont payé à moy quinze soulx communement et par nondevis en la feste de la assomption Nostre-Dame. Et toutes et chacunes les chouses susdictes ge ledit Colin de Saint Ciers ay et tiens et advohe avoir et tenir de mondit. seigneur, soubz homage lige, sans aucun devoir, suppliant à mondit seigneur humblement, que si aucunes chouses sont que ge doye tenir en feu de luy, que par sa grâce il me vulhet révéler et informer, quar moy informé par luy ou par autre, je suys prest à fere envers luy ceu que ge devray et de estre à sa plenire volunté, affermons ge ledit Colin par mon serrement avoir fet ma diligence de avoir enquis sur


ceu avec les anciens registres et papiers faisens mention de ce. Et en tesmoing de vérité des chouses susdictes, ge ledit Colin donne et outroye à mondit seigneur ces présentes lettres seelées, à ma priere et requeste, du seel royal susdit establi à Paracol. Et nos le avantdit guarde dudit seel royal, à la féal relation de Guillaume Renier, notayre et juré de la court dudit seel et à la prière et requeste dudit Colin, ledit seel à ces présentes lettres avons appousé en tesmoing de vérité. Fayt, présens messires Guillaume Faure, Guombaud Rosseu, prestre, demorans à Pons, et Guillaume Giraud, teyssier dudit lieu, tesmoings ad ce appelletz et requis, et donné le ixe jour de septembre l'an mil quatre cens et huyt. GUILLAUME REYNIER, Clerc.

111.

1419, 8 janvier. « Hommage le Bruil-Bastart. 3feM<M~ du temps de l'acte. « Dénombrement rendu par Gombault Augier à damoiselle Yzabeau de Vivonnes, dame de Thors. x « Pour les vignes et terres appellées de la Charrière. Rejetté par i'arrest du grand conseil de 1597; celuy de 1538 conforme à celuy-cy. D M~tOM ~M X~7s siècle. Parchemin, sceau perdu, archives de M. Paul Normand ~ttMOtt; COMMtMM'C~<M?t de MM, Bremond d'Ars et de la J~OfMO'M.

Sachent touz que je Gombaut Ogier, valet 1, confesse et advohe tenir de noble et puissant seigneur Charles de Bretaigne seigneur d'Avaugour, de Tors, des Essars et d'Esnande, à cause de noble et puissante madamoiselle Yzabel de Vivonne, sa femme, pour raison de sa terre et seigneurie dudit lieu de Tors, monseigneur, à foy et hommage lige au

1. Gombaut Ogger, valet, seigneur du Breuil-Bastart, avait fourni le dénombrement des mêmes terres à Regnault de Vivonne, seigneur de Thors, par acte du 6 mars 1407, signé G. DE BEZ.

2. Charles de Blois, dit de.Bretagne, seigneur d'Avaugour, le devint de la seigneurie de Thors par sa femme, héritière de toutes les terres de son père, Savary de Vivonne, seigneur de Thors, etc., marié à Jeanne d'Aspremont.


devoir et achaptement de vingt-cinq solz monnoie courant, toutes et chacunes les choses qui s'ensuivent Premièrement les vignes 'et terres de la Charrière, assises jouxte le boys Ytier du Broil, d'une part, et la voye que l'en vait de La Revestizon vers Nevic, d'autre; lesquelles choses sont ci dedens escriptes furent de feu Jehan de Flanville 1 et Maxime, sa femme. Item, les vignes et terres de La Rosé usques au troil André Grant, feu. Item, les terres et vignes dudit troil jusques à la Revestizon. Item, toutes les terres et vignes du Puys du Luchip. Item, les vignes et terres de L'Ardillier. Item, toutes les vignes et terres assises jouxte ledit Puys du Luchip, d'une part, et les terres de mondit seigneur, d'autre. Item, touz les maynemens que ont et tiennent de moy ou doivent tenir li Jordenaz et li Mareuil et Jehan Fradet, dit Boucaut, de La Revestizon. Item, la tierce partie de la ville de La Revestizon que j'ay par indevis o le prieur du Broil des Moynes exepté les aigneaux et les gelines de quoy je ne prens que la quinte partie. Item, les terres et osches assises entre la voye que l'en vait de Siex à Enville, et d'icelle voye d'Enville jusques aux vignes mouvens de Bassac. Item, toutes les vignes et terres assises entre la voye que l'en vait de La Revestizon vers Enville et s'estendent au boys de Chabanes d'un chief, et d'autre chief aux vignes de l'abbé et convent de Bassac. Item, toutes les terres et vignes du mas Lovet. Item, toutes

les terres et vignes et toutes autres choses que tiennent et

1. Ailleurs on trouve de Flauville. Le samedi après la fête de la concep-.tion du Christ ~359, Ademar Sebille, gendre de feu Pierre de Flauville, valet, à raison de son fils Jacques de Flauville, mari de sa fille Maxime, défunts, fait l'aveu des vignes et terres de La Charrière à Savary de Vivonne, seigneur de Thors. Acte en latin, signé PETnus TIBBAUDDI.

2. On trouve La Peveisson, près Mortyer, entre Saint-Ouen, Neo«M: et Anville. CASSINI.

3. Le Breuil-aux-Moines, paroisse de Breville. CASSINI.

A. Z<! Chabanne, près d'Anville. CASSINI.


ont de moy les Chareaux en la paroisse de Nevic 1. Item, un ctuseau de terres et de vignes assis près de Motiers lesquelles atouchant aux terres de Saint-Pierre d'Engotesme- Item, les terres et vignes que ont et tiennent de moy Arnaut de Morent et ses parçonniers entre le mas Lovet, d'une part, et la voye que l'en vait à La Faye, d'autre. Item, les vignes et les terres et les boys du Puys de La Faye assis jouxte les vignes de mondit sieur de Thors, et la voye.que l'en vait de Mastaz à Angolesme. Item, toutes les terres et les vignes des Coudoingniers. Item, toutes les terres, vignes et les boys que tenant de moy Foulcaut Garin et ses parçonniers, en la paroisse de Nevic jusques à la combe Laurens. Item, les terres et les vignes de la tosche Regnaut Chareau et le Puys-Sartaut. Item, les terres assises entre la voye et le Vergier et lesquelles tenet de moy Giefroy Grimoart. Item, la moitié des agriers et la desme du mas Martin de Siex. Item, la quarte partie de la desme du Puy des Brousses Aussecot 4. Item, les terres que tenant de moy Arnaut et Jehan Alears, frères, jouxte la voye que l'en vait à la maison aux Béraux, d'une part, et le semblier que l'en vait de La Revestizon vers Venarvitte s, d'autre. Item, les terres et vignes que tient de moy Pierre Grant ès paroisses de Nevic et de Braidon Item, une pièce de boys assise jouxte le boys vulgaument appellé Les Ratières, d'une part, et le boys aux Garnaudaz, d'autre. Item, une autre pièce de boys appellé vulgaument Mauqueure. Item, une

1. ~MM'c~, canton de Matha.

2. Afbr~?-, entre Saint-Ouen et Anville. CASS!NI.

3. Le Vergier, paroisse de MacqueviHe. CASSiNi.

4..Ça. Brousse, dans Cassini; Les B~OMSMs-aM~tco~, paroisse de SaintOuen, appartenaient plus tard à l'ancienne maison de Livène, aujourd'hui éteinte.

5..SM:MtM', forme singulière du mot sentier, qu'on trouve ainsi dans tous les actes de la contrée, XIV" et XVe siècles.

6. ft~nM~, paroisse de Saint-Ouen. CASSINI.

7. Bresdon, canton de Matha.


pièce de terre vulgaument appellée les Garinies, assise jouxte les terres du seigneur d'Enville d'une .part, et la voye que l'en vait de Motiers à Baves d'autre, et s'estent d'un chief aux terres d'Enville. Item, un troil qui fu Pierre de Saint-Mary, deffunt, et les vignes qui audit troil appartennent; les quelx troil et vignes ledit Pierre tenoit de Marie de Céletes, et ladite Marie et les siens les tenoient de moy ledit Gombaut. Item, une pièce de terre que tient de moy Pierre Le Roux, qui fu à messire Arbert de La Chaume, chevalier. Item, une pièce de terre que tient de moy maistre Guillaume Arnaut, de Siex. Item, les terres qui furent feu messire Robert de Verdilles, chevalier. Item, les terres que tient de moy Jehan Aleart, qui furent Girete Andrale. Item, toutes les terres que tient de moy Nicolas de Plesac. Item, les terres que tient de moy Pierre Chareau, d'Escoyoux, en la paroisse de Nevic. Item, les terres que tiennent de moy Arnaut et Jehan Alears, assises jouxte le maysne du prieur du Broil des Moynes, d'une part, et les terres du Temple, d'autre et s'estent d'un chief en la voye par laquelle l'en vait de la maison Bigot vers Broil Bastart 3, d'autre chief aux terres de André du Broil, feu. Item, la moytié de la desme du Puy Aussecot que j'ay et prens o .mondit sieur de Tors et o Guillaume Gaultier des Brouses Aussecot. Item, une pièce de pré assise à Broil-Bastart, d'un chief jouxte les préz Pierre du Broil, valet, et d'autre jouxte les préz Arnaut Giraut. Item, les terres qui sont assises entre les préz de moy ledit Gombaut, et s'estend au Poiz de Flanville. Item, une pièce de terre avec lauberée assise jouxte le pont du Puys de Flanville, d'une part, et le Puys dessusdit, d'autre, et s'estend d'un chief à la voye que l'en vait du Puys dessusdit vers Broil Bastart. Item, une pièce de terre assise jouxte

~MMH~, canton de Rouillac (Charente).

2. Petit-Beauvais, paroisse de Courbillac. CASSINI. 3. Le Breuil-Batard, paroisse de Saint-Ouen. CASSINI.


la terre Pierre Mëschin, des Brousses, d'uneTpart, et les terres Pierre du Broil, valet, d'autre. Item, une pièce de terre assise jouxte les terres aux Fourests qui meuvent de l'abbaye de Bassac, d'une part, et les terres aux Meschins qui meuvent de ladite abbaye, d'autre, et s'cstend d'un chief à la voye que l'en vait du Broil Bastard vers Braidon. Item, une pièce de terre assise jouxte t'erbergement aux Gargaux, d'une part, et de moy ledit Ogier, et la voye que l'en vait dudit herbergement aux Gargaux envers la chayne de la Bonne. Item, lés terres vulgaument appellées les terres de la Clote, assises jouxte la voye que l'en vait de Broil Bastart vers Vinarville, d'une part, et. les terres Pierre .du Broil, valet, d'autre. Item, toutes les terres des combes du Broil Bastart.jusques à la chainye Bellecave. Item, une pièce de terre assise jouxte les terres Arnaut d'Avezat, d'une part, et les ors à l'abbaye dessusdite, d'autre part. Item, une desme appellée vulgaument la desme de Chabanes. Item, une année un boiceau de froment, et l'autre un boiceau de fèves, à la mesure de Mastaz, assise sur la grange de la maison de La Gasconnère its tenent leur bestiaire, et les terres assises jouxte le bois de ladite grange, à costé devers La Gasconnière, d'un chief, se finist à la voye par laquelle t'en vait de La Gasconnère vers Maconville. Item, un vergier assis devers la porte Jehan Mareschau, de Siex, filz de feu maistre Jehan Mareschau, on quel vergier ilz ont un four et un pré qu'ilz tenent, de moy à quatorze deniers de cens à paieren la feste d'ascension nostre seigneur. Item, six betus de froment à paier en la feste de Saint-Michel, assise sur les terres et vergiers à ta 3 Pierre Maynart, et finissant à la voye que l'en vait de Bavès vers Jarnac, d'un i. La Gasconnure, paroisse de Macquevi))e. CASSINI.

2. Quelle est cette mesure ? On appelait ~<M les bosses de terre entre les sillons.

3. Probablement tx'MM.


chief, à la voye par laquelle l'en vait de La Revestizon vers Siex. Item, les terres et vignes qui finissent d'un chief à la voye que t'en vait du Broil Bastart vers Braidon; lesquelles terres et vignes l'on appelle Beaufil, qui sont assises d'un costé jouxte le semblier par lequel l'en vait du molin de Saint-Ouen vers Vinarville, d'autre costé jouxte les vignes Plaisance Lamberte. Item, tient de moy ledit Ogier, Pierre Chareau, d'Escoyoux, une pièce de terre assise au lieu vulgaument appellé Clarent, jouxte les terres des hoirs Guillaume Poisson, d'Auge, d'un chief, et d'autre chief jouxte la voye que l'en vait de Vinarville vers Verdilles, d'un costé jouxte la terre feu mosieur Jehan Robert, chevalier, de Verdilles, et d'un autre costé jouxte la terre Jehan Perronneau, dudit lieu de Verdilles. Item, le fié que tient de moy ledit Ogier, Pierre d'Orfueille 1 à trois solz d'achaptement pour une pièce de terre et vigne assise à Braidon on lieu appellé Bellefille, jouxte le semblier par lequel l'en vait de SaintOuen à Vinarville, d'un costé, et d'autre costé jouxte les vignes qui meuvent de l'église de Braidon, et fèrent d'un chief à la voye que l'en vait de Broil Bastart vers Braidon. Item, une pièce de terre assise on mas de Montignec, enclose entre les terres de Broilhaut~ et fiert d'un chief à la tosche de Basauges 3 et iceluy droit que je prens en ladite tosche. Item, deux pièces de boys que l'on appelle publiquement le boys Valet. Toutes et chascunes lesquelles choses dessusdites je, ledit Gombaut Ogier, confesse et advohe tenir de mondit seigneur aux hommage et devoir susdiz o protestàcion par, moy faicte d'acroistre, d'amender, corriger, spécifier et plus à plein d'éclairer ycestuy mien adveu, on cas que je y auroie trop ou pou mis ou aucune chose erre supplians à mondit seigneur que s'il venoit à sa notice que fait l'eusse, qu'il li

1.. Orfeuille, paroisse de Ranville, OÀssiM. 2. Le Breuillot, près Bazoges. CASSiNi. 3. Basauges, canton de Matha.


plaise le moy faire notiffier et assavoir et si tost qu'il vendra à ma notice que faire le doye, je promet et offre à mondit seigneur de le corriger, et faire on seurplus tout ce que homme de foy est tenuz faire à son seigneur. En tesmoing de ce, je en ay donné à mondit seigneur ces présentes lettres seeHées à ma requeste du seel establi aux contraiz en la ville et chasteHenie de Mastaz pour noble et puissante dame madame dudit Heu lequel seel nous Jehan Gardera, clerc,- garde dudit seel, à la requeste dudit Gombaut Ogier, à ces présentes avons mis et apposé en tesmoing de vérité. Ce fu fait et donné le VIlle jour du moys de janvier l'an mil quatre cens dix neuf. a

J. CrARDERATz.– bigne à la requeste dudtt (jombaut Ugier. IV.

~9, S Mao~M~fe. K Hommage de Bourg Chareau. D Au dos M~M~o~

d'une ec7't<«~ du temps. « Dénombrement rendu par Léonet de Lastre à messire Charles de Bretagne, seigneur de Thors. » c Pour t'ébergement de Bouchereau, la salle et l'ancienne tour. » Mentions du XVIIe siècle, également au dos. Original sur parchemin, sceau enlevé; archives de M. P<:M< Normand ~wMoM. Communication de ~f~f. de La Morinerie et ~A. de Bremond d'Ars.

Sachent tous que je, Léonnet de Latre, tant en mon nom que en nom et comme tuteur ou ayans le bail, garde, gouvernement et administracion de Marguerite et Marie Rogieres, seurs, filles et héritières de feu Jehan Rogier, par le temps qu'il vivoit seigneur de Bourgchareau, confesse et advohe tenir de noble et puissant seigneur Charles de Bretaigne, seigneur d'Avaugour, de Tors, des Essars et

1. La dame de Matha était alors Marie de Matha, dame de Didonne, d'Arvert et.dudit Matha, mariée à Renaud Il de Vivonne, seigneur des Essards, etc. EUe fit passer la baronnie de Matha dans la maison de Montberon, par arrangement contracté avec. Jacques de Montberon, maréchal de France, fils de Yolande de Matha. (COURCELLES, généat. Matha.) 2. Bouchereau, paroisse de Macqueville. CASSINI.


d'Esnande, à cause de noble et puissante madamoiselle Izabel de Vivonne, sa femme, dame dudit lieu de Tors, à hommage lige à dix soulz d'achaptement monnoie courante, à paier à muance de homme, à cause de son chastel, chasteUenie et terre de Tors 1 C'est assavoir mon herbergement de Bourgchareau avec la sale et tour ancienne, assis d'un costé jouxte la grant sale neuve et l'append tenant à ladite sale, et d'autre costé fiert au grant chemin public par lequel l'en vait de Maconville à Nevic. Item, deux pièces de vigne assises jouxte les vignes de Jehan Dagris et de Jehan Asner de ça et de là, et se tenant d'un chief au semblier par lequel l'en vait de Chanteloube à la Lote. Item, une autre pièce de vigne assise de l'un chief audit semblier jouxte les terres de Jehan Dagris et de Jehan Asner, d'autre. Item les terres de La Pouade assises jouxte le chemin que l'en vait de Maconville à Nevic d'un costé, et d'autre au chemin par lequel l'en vait dudit lieu à la Samolière. Item, une pièce de vignè assise jouxte les vignes Guillaume Paumar et et de ses frères, d'un costé, et d'autre tenant au fié Richart d'Authaon. Item, une pièce de vigne assise d'un costé jouxte le. chemin que l'en vait de Maconville à Siex, 3 et jouxte les vignes Massieu, de Bries, d'autre. Item, confesse et advohe tenir de mondit seigneur un hommage plain au devoir et achaptement de cinq solz monnoie courante à muance de homme, les choses qui s'ensuivent: c'est assavoir le vergier et le coulombier assis jouxte ledit herbergegementde Bourgchareau et les terres tenant audit vergier, assis jouxte le chemin par lequel l'en vait de Maconville au Puy Saint-Pierre, d'un costé. Item, l'erbergement aux Gombaux et celui du Picart o leurs appartenances. Item, une maison assise jouxte la maison Foucher Charreau, de Bourg-

1. Thors, canton de Matha.

2. AM/AoM, canton de Saint-Hilaire. 3. Siecq, canton de Matha.


chareau, d'un chief, et d'un costé se tient à la maison Pierre Greo. Et toutes ces choses dessus dites sont assises en la paroisse de Maconville. Item, une pièce de vigne assise d'une part à la terre Bernart Chappellain, mort, et d'autre jouxte la vigne Arnaud Vivien. Item, une pièce de terre assise jouxte le chemin, par lequel l'en vait de Bries en Bavès, d'un costé, et d'autre jouxte la terre Foucher Charèau, de Pougemain, et sont assises en la paroisse de Louzignac. 3 Item, une pièce de terre contenant douze journaux ou environ assise entre l'eau de Mortiers, d'une part, et d'autre jouxte la terre au seigneur de Nevic. Item, trois pièces de terre contenant douze journaux et demy ou environ assis près de Maconville jouxte Losmeau desquelles l'une est assise jouxte la voye de La Martre, 4 d'une part, et les terres de Bourgchareau, d'autre, et l'autre est assise jouxte la terre dudit lieu de Bourgchareau, d'une part, et la terre Gardera Franc, d'autre, et la tierce pièce est assise jouxte la terre dudit lieu de Bourgchareau, d'une part et d'autre. Item, un herbergement avec ses appartenances assis à Bourgchareau, devant l'ostel de Bourgchareau, lequel herbergement et appartenances tenent les héritiers Pierre Greo. Item, un journau et demy de terre ou environ assis à La Revestizon et à la voye que l'en vait de La Revestizon à Congoussac, 5 d'une part, et jouxte les terres Arnaut Ymbert, d'autre. Item, une pièce de vigne contenant deux quartierz ou environ assise près du Brueil Bastart s entre la voye que l'en vait du Broil-Bastart vers Mortiers, d'une part, et les terres Pierre du Broil,

1. Macqueville, canton de Matha.

2. Pougenin, entre Brie et Siecq. CASSINI.

3. Lousignac, canton de Matha.

4. De La Marcée, titre de d~33.

5. CûMco!tM<:c, près de Siecq. CASSiNi.

6. Le J3~«~-Ba~s)'<. Voir l'aveu de 1419, page 71 de ce volume.


valet, d'autre. Item, une pièce de terre assise jouxte la vigne des Moreaux, et jouxte la vigne Jehan Veillart. Item, une pièce de terre assise à Mornns jouxte 'la terre Rempnoul Gareau, d'une part, et d'autre part jouxte la terre Pierre Desmier. Item, huit seillons de terre assis jouxte la terre Pierre Desmier, laquelle tient Pierre B~un. Item, une pièce de terre assise à Morfins jouxte la terre Guillaume Alixendre, d'une part, et d'autre jouxte la terre Guillaume Martin. Item, une pièce de terre assise jouxte la terre Macé de Linières, d'un chief, et d'autre aux terres deBourgchareau. Item, une pièce de vigne assise à la Fuille Ayraut jouxte la vigne Arnaut Guibaut, d'une part, et d'autre à la vigne André du Vergier. Item, une pièce de terre assise d'une part jouxte la vigne Heliot Petit, et jouxte la vigne Pierre de Bourderat, d'autre. Item, une pièce de terre assise à Morfins jouxte la terre Jehan Gareau, d'un chief, et d'autre jouxte à la terre Pierre Brun. Item, une pièce de terre° assise à Morfins, jouxte la terre Maciot Estève. Item, douze seillons et douze chabossons de terre que tient Pierre de la Chaume. 1 Item, treze seillons et treze chabossons de vigne assis à Puyrousseau jouxte la vigne des Juillars, de Balens. Item, huit seillons de vigne assis 'à la croix de la Periere. Item, onze sei!!ons de vigne assis jouxte la vigne Heliot Petit. Item, huit seillons de terre assis jouxte la terre Guillaume Morgue. Item, dix seillons assis au semblier que l'en vait de la maison aux Gombaux de Bourgchareau. Item, six seillons de terre assis jouxte la terre Jehan Dagris. Item, une pièce de terre assise jouxte le chemin que l'en vait au Monnart jouxte les Berarts. Item, une pièce de vigne assise au Pontereau. Item; une pièce de terre assise aux Husans aux Faures jouxte la terre Jehan Greo. Item, six seillons de terre assis jouxte la terre Jehan Gareau, d'une part, et jouxte la terre

). Le Chaume, près de Preignac. CASSINI. 2. ~e~PMff~M, paroisse de Breville. CASSIM.


Arnaut Faure, d'autre. Item, sept quartierz de vigne assis jouxte la vigne blanche de Jofre Samoys. Item, une pièce de terre .tenant au chemin que l'en vait de La Ramade au Foet, d'une part, et à la vigne de Bourgchareau, d'autre. Item, une pièce de terre assise au chemin à l'Eschacier jouxte_les conversains des terres de Bougchareau, d'une part, et fiert en la terre Hélies Chevalier..Item, demy' journau de terre et dix-huit seillons de vigne qui se tenent au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavès. Item, seze seillons de vigne assis jouxte la terre Jehan Gaillart et à la croix du Pré, d'une part, etjouxte la vigne Jehan Carreau, d'autre. Item, une pièce de vigne assise près de ladite croix au chef des préz aux Maynaux que tenent les Bourderaz. Item, une pièce de terre assise au Puy au Roux. Item, Guillaume Morgue, ,une pièce de terre assise en la desmerie de Bries jouxte le chemin que l'en vait de Brie à Losmées, que tient Guillaume de Berville, de Brie. Item, une pièce de terre assise jouxte la terre Brisse. Vivier, d'une part, et jouxte laterre Jehan Rousseau. Item, une pièce de terre assise en la dicte paroisse de Brie, jouxte la terre des héritiers Aymeri Pépin, d'un costé; et fiert au chemin que l'en vait de Losmée. Item, une pièce de terre assise jouxte la voye de Morfins, jouxte la terre de Pierre de Sonneville. Item une pièce de vigne assise à la croix de Pré jouxte la vigne Guillaume et Hélies Petiz, d'une part, et jouxte les vignes Jehan Pouvreau, d'autre. Item, une pièce de terre assise en ladicte desmerie de Bries on mas Aymont, d'une partie, et jouxte la terre Jehan Arnault et Pierre Mercier, d'autre, et la vigne Jehan Garreau, d'autre. Item, une pièce de vigne que tiennent les Juillars assise en Puy-Rousseau, d'un chief ès vigne Jehan Dagris, de Chanteloube, et d'un costé jouxte

1. ~We-MM-~f <:?< canton de Matha. 2. SoMMMtMe, canton de Rouillac (Charente).


les yignes Arnaut, de Siex. Item, une pièce de vigne qui se tient d'un chief jouxte les vignes blanches de Jehan Carreau, et d'un costé aux vignes 'Pierre Bourderat, de Maçonville. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief aus vignes Jehan Audebert, et d'un costé au chemin que l'en vait de Maconville en Bavès. Item, une pièce de vigne que tient Pierre Juillar, assise d'un costé jouxte la vigne Jehan Regnaut, et d'un chief ès vignes Jehan Garreau. Item, une pièce de vigne que tient Héiies Juillar assise d'un costé jouxte les vignes~ Pierre Aupichier, et d'un chief au chemin que l'en vait de Maconville en Baves. Item, une pièce de vigne assise d'un costé jouxte les vignes Guillaume Ytier et de Luce Ytiere, et d'un chiet finist ès vignes Nicolas de Linières. Item, une pièce de vigne assise d'un costé jouxte les vignes dudict Guillaume Ytier, et d'un chief aux vignes Pierre Juillar. Item, une pièce de vigne assise d'un costé jouxte le chemin que l'en vait de Maconville en Baves. Item, une pièce de vigne que tient Jehan Audebert, tenant d'un costé au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavès, et d'un chief finist aux vignes Pierre Juillar. Item, une pièce de vigne que tient Pierre Framont, et fiert d'un chief au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavès, et d'un costé à la terre Macé de Linières. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavés, et d'un costé à la vigne Pierre Bourderat. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief jouxte le chemin que l'en vait de Maconville vers Baves, et d'un costé aux vignes Pierre Aupichier. Item, une pièce de vigne et de terre tenant d'un chief jouxte les terres ou vignes des héritiers Giraut Vigneraut, et jouxte les vignes Pierre Beter 1 Item, une pièce de vigne assise d'un chief jouxte le chemin que l'en vait de Maconville vers Bavès, et d'un costé aux

1. Ou Veter.


vignes Giraut Vigneraut. Item, une pièce de vigne tenant d'un costé à ta terre dudict Macé de Linières, et d'un chief au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavés. Item, une pièce de vigne que tient ledict Macé, assise d'un costé ou chief au chemin qui vait de Maconville vers Bavès, et d'un costé à la vigne de Pierre Fournier. Item, une pièce de vigne tenant d'uri chief au chemin que l'en vait de Maconville vers Bavés, d'un costé jouxte la vigne Giraut Vigneraut. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief aux vignes Arnaut Asnier, et de l'autre chief au semblier que l'en vait de Chanteloube à la Bote. Item, six pièces de terre assises en la paroisse de Courserac, desquelles la première est assise d'un chief au chemin que l'en vait de Courserac à Saint-Jehan-d'Angély, et d'autre chief au semblier que l'en vait de Courserac vers le pré aux Maynars la seconde pièce est assise jouxte le chemin que l'en vait de Courserac à Saintes, d'un chief, et d'autre aux terres Jehan Sichier item, la tierce pièce au pré Rouyl; la quarte est assise d'un chief jouxte le chemin que l'en vait de Fontaines vers ledit pré Rouyl la quinte pièce est assise à La Moysnonière la sixte pièce est assise jouxte le chemin que l'en vait à Berdon. Item, quatre pièces de terre, desquelles la première est assise d'un chief, jouxte le chemin que l'en vait de Courserac vers Saint-Jehan-d'Angéli, et d'un costé finist à un semblier que l'en vait de Courserac vers le pré Maynar t la seconde pièce est assise entre ledit chemin et semblier jouxte les terres Pierre Rodier et la tierce est assise à La Fraignée, et s'en vait d'un chief au boys de Chevalier de Blanzac; la quarte est assise jouxte les terres à Vierne Raoule. Item, une pièce de terre assise d'un costé jouxte le chemin que l'en vait de Courserac vers Xaintes. Item, une

1. Bardon, paroisse de Thors. CASSiM. 2. La Fragnée, paroisse de Courcerac. CASS!M.


pièce de terre tenant d'un costé jouxte la terre HuguesHarve et de ses parçonniers. Item, une pièce de terre assise jouxte la terre Pierre Perotat le jeune. Item, une pièce de terre tenant d'un costé à la terre Pierre Charpentier. Item, trois pièces de terre, que tient Guillaume Phelippes, desquelles la première est assise jouxte le chemin que l'en yait de Courserac à Xaintes; l'autre pièce est assise d'un chief jouxte le chemin que l'en vait des Fontaines vers le pré Rouil; et l'autre pièce est assise au chemin que l'en vait de Pringnac 1 vers Aujac; l'autre est assise d'un chief jouxte la terre Jehan Sichier. Item, trois pièces de terre, desquelles l'une est assise d'un costé jouxte la terre Jehan Sichier; la seconde se tenant à la terre Guillaume Phelippes dit Gaillart la tierce est tenant d'un costé aux terres Pierre Rodier. Item, une pièce de terre assise d'un costé jouxte le pré de La Tousche,. un fossé entre deux. Item, une pièce de terre assise à Courserac jouxte le chemin que l'en vait de Courserac vers Saint Jehan d'Angeli, et d'autre part jouxte le pré Mestivier. Item, une autre pièce de terre assise jouxte le chemin que l'en vait de Courserac vers Xaintes, et d'autre à la terre Jehan Sichier. Item, une pièce de terre assise au pré Rouil. Item, une pièce de terre assise à La Moysnonière. Item, une autre pièce de terre assise jouxte le chemin de Bardon. Item, quatre pièces de terre, desquelles l'une est assise jouxte le chemin que l'en vait de Courserac vers Saint Jehan d'Angeli, d'autre part jouxte le pré Maynart. Item, une autre pièce de terre assise jouxte la terre Pierre Rodier. Item, une pièce de terre assise jouxte le boys du seigneur de Blanzac. Item, une pièce de terre jouxte les terres à Vierne Rodiere. Item, une pièce de terre assise jouxte le chemin que l'en vait de Courserac à Xaintes, d'un chief, contenant

1. Preignac, canton de Matha.


trois journaulx de terre. Item, une pièce de terre assise d'un chief jouxte la terre Hugues Vivien. Item, une pièce de terre tenant d'un costé à la terre Pierre Peyrotat, de Courserac. Item, une pièce de terre assise d'un costé à la terre Jehan Charpentier. Item, une pièce de terre assise d'un costé jouxte le chemin que l'en vait de Courserac à Aujac. Item, une pièce de terre assise jouxte la terre Jehan Sichier. Item, trois pièces de terre, desquelles l'une est assise jouxte la terre Jehan Sichier, d'un costé; la seconde pièce est assise d'un costé jouxte la terre Guillaume Philippes; la tierce pièce de terre est assise jouxte la terre Pierre Rodier, d'un costé, appelé à Gargallou. Item, une pièce de terre assise d'un chief au pré de La Tousche, un pré entremy. Item, une pièce de terre assise jouxte le pré Jehan Harve, un fossé entre deux. Item, à Maconville au Puyrousseau, les vignes èsquelles Macé de Linières prent le complant des fruiz croissais en icelles. Item, un quartier de vigne assis jouxte le chemin que l'en vait de Balens à Nevic, d'un costé, et d'un chief à la vigne des héritiers Guillaume Barthomé. Item, dix seillons de vigne aux lieux dessusdits. Item, un quartier de vigne jouxte la vigne Nicolas de Linières, d'un chief, et d'un costé jouxte la vigne aux Iteraz. Item, un quartier de vigne- assis jouxte la vigne aux Juillars, d'une part, et d'autre jouxte la vigne Jehan Audebert. Item, un quartier de vigne assis jouxte le chemin que l'en vait de Maconville à Siex, d'une part, et d'autre jouxte la vigne Jehan Audebert. Item, deux quartiers de vigne assis jouxte le chemin que l'en vait de MacviHe à Siexno, d'une part, et d'autre jouxte la vigne au sieur du Vergier Item, un.quartier de vigne assis jouxte

1. Ballans, canton de Matha.

2. Le Verger, prés de Bouchereau, paroisse de Macqueville. CASSINI.


la vigne Jehan Audebert, et jouxte la vigne Pierre du Vergier. Item, dix seillons de vigne assis au Puyrousseau que un journau de terre assis jouxte la vigne des héritiers Giraut Vigneraut. Item, un journau de terre assis jouxte la vigne Pierre Fournier. Item, trois quartiers de vigne assis aux Deux Lieux, jouxte les vignes Pierre et Jehan de Bourderas, frères, d'une part, et d'autre à la terre Macé de Linières; et l'autre est assis jouxte la vigne Pierre Aupichier, et au chemin que l'en vait de Maconville à Siex. Item, demy quartier de vigne assis audict lieu jouxte la vigne de l'aumosnerie de Balens, d'une part, et d'autre jouxte les vignes de Jehan Garreau et de Guillaume Petit. Item, une pièce de vigne, laquelle tiennent les Juillars avec leurs parçonniers, assise on Puy Rousseau, d'un chief, tenant aux vignes Jelian Dagris, de Chanteloube, et une autre pièce de vigne assise d'un chief jouxte les vignes blanches de Pierre Garreau, tenant d'un costé jouxte la vigne de Pierre de Bourderaz. Item, une piè.ce.de vigne tenant d'un chief jouxte les vignes Jehan Audebert, et d'autre costé jouxte le chemin qui vait de Maconville vers Baves. Item, une pièce de vigne assise d'un costé jouxte vignés Pierre Garreau. Item, une pièce de vigne assise- jouxte la vigne Pierre Aupichier, d'un costé. Item, une pièce de vigne assise d'un costé à la vigne Guillaume Ytier, de Maconville, et d'autre costé aux vignes Nicolas de Linières. Item, une pièce de vigne tenant d'un costé aux vignes Guillaume Ytier, et d'un chiet aux vignes Pierre Juillar. Item, une pièce de vigne tenant d'un costé au chemin que l'en vait de Maconville vers Baves. Item, une pièce de vigne tenant d'un costé au chemin qui vait de Maconville en Bavès, tenant d'un chief aux vignes Helies Juillar. Item, une pièce de vigne tenant au chemin que l'en vait de Maconville en Bavès, et d'un costé aux vignes dudict Guillaume de Linières. Item, une pièce de vigne tenant d'un tiennent les confrères de Saint Michel de Maconville. Item, chief au chemin qui vait de Maconville vers Bavès, et d'un


costé à la vigne Pierre de Bourderaz. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief au chemin qui vait de Maconville en Bavès, et d'un costé à la vigne Pierre Aupichier. Item, une pièce de vigne et terre tenant d'un chief aux vignes Gyraut Vigneraut, d'un costé, et aux vignes Pierre Vecier Item, une pièce de vigne tenant d'un chief au chemin que l'en vait de MarconviHe en Bavès, et d'un costé à !a vigne Giraut Vigneraut. Item, une pièce de vigne tenant d'un costé aus terres' Guillaume de Linieres, et d'un chief au chemin qui vait de Maconville en Baves. Item, une pièce de terre tenant d'un chief au chemin qui vait de Maconville en Bavès. Item, une pièce de terre tenant d'un chief aux vignes Pierre Fournier. Item, une pièce de terre tenant d'un chief audict chemin, et d'un costé -aux vignes Giraut Vigneraut. Item, une pièce de vigne tenant d'un chief aux vignes Giraut Asnier, et d'autre au semblier qui vait.à Chantetdube. Item, un plantier de vignes appellé le plantier du Tay, lequel est enclos de l'un chief au chemin que l'en vait de Maconville à Courbillac, et d'autre chief au plantier du prieur d'Arpes Item, les préz de Pleineville, tenant d'un costé aux préz du seigneur de Bocqessuyt 3, et d'autre chief aux préz de Jehan Giefroy. Item, une pièce de pré assise à La Fraignade, d'un costé au chemin qui vient de Maconville au Bouchaut. Item, une pièce de pré appellé le pré des Essars, tenant au chemin qui va de Maconville aux Bouschaux, jouxte le pré audit du Vergier. Item, le pré de La Fraignade, tenant ès préz et boys qui furent Pierre Garreau. Item, une pièce de pré appelé le pré Faucondat,, assis à Villaret et est jouxte les terres au prieurde La GasconnièreS. Item, une pièce de pré

i.OujB<CM)'.

2. Herpes, Charente, canton de Rouillac.

3. Bouquessu, paroisse de Thors. CASSINI.

4. Ou Billaret. Serait-ce à Villars? Les Villars, prés de Rouillac, 5. La GsMOMMt~)'e, entre Breville et Courbillac. CASSiNi.


assis an Tay, tenant d'un chief au plantier du Tay, et d'autre chief aux préz du prieur d'Arpes. Item, un mayne avec les vergiers, places, yssues à icelluy mayne appartenances, assis en la ville de Maconville devant la croix Nostre-Dame, tenant d'un costé aux maisons Giraut Vigneraut, une vanelle entremy, et d'autre costé aux maisons, Jehan Asnier. Item, le boys. du Bouschaut, tenant d'un costé jouxte les terres du prieur de La Gasconnière, et d'autre costé aux terres du valet de Baucqessuyt. Item, toutes les terres qui sont encloses dès le chemin que t'en vait de Maconville vers Courbillac, jusques au semblier que l'en vait du Bouschaut au sentier 1 Arnaut. Item, une pièce de terre tenant aux Pommiers, jouxte les vignes messire Jehan GuiMot, prestre, d'un costé, et d'autre jouxte les terres Giraut Barrière. Item, une pièce de terre assise en la paroisse de Courserac, tenant au pré Maynart, tenant d'un chief au chemin que l'en vait de Courserac à Puy-Bernart, et d'autre chief au semblier qui va de Courserac vers ledit pré. Item, une pièce de terre assise ès Fontaines, tenant d'un chief à la fontaine de Corserac et de l'un costé au long du chemin qui vait de Corserac vers Bardon. Item, une pièce de terre assise à Leschalier, tenant d'un costé aux terres aux Oribeaux, et d'un chief aux terres Jehan Chenier. Item, une pièce de terre assise aux Combes, tenant d'un chief au semblier que l'en vait de Courserac à La Ferroze tenant d'un costé à la terre Alaix Raoule .Item, une pièce de terre assise à La Sigoigne, tenant d'un chief ès terres Arnaut Oribeauz, d'autre chief aux terres Jehan Arnaut dit Orric. Item, un vergier assis jouxte l'erbergement Jehan Martin,,tenant à la terre appellée l'osche Chalousset, d'un costé, et d'autre costé à la terre aux Pommiers. Item, tiens soubz l'omage dessusdit de mondit seigneur, une maison assise à Maconville, tenant d'un chief jouxte la

1. H y a sentier ici et non semblier.

2. La Ferouse, paroisse de Courcerac. CASSINI.


maison Hélies Samoys, et d'autre part jouxte la maison qui fut Jehan Olivet, et d'un costé à la voye par laquelle l'en vait de l'église dudit lieu à la maison dudit Helies Samoys, ensemblement o les vergiers à ladite maison appartenans. Item, un herbergement qui fut Pierre de Bourg assis. 1 d'un chief jouxte la maison Pomar, et d'autre à la voye par laquelle l'en vait de ladite église à la maison dudit Helies. Samoys. Item, une maison assise audit lieu qui fut Jehan Olivet. Item, une maison qui fut Arnaut Pomar. Item, un vergier que tenent les héritiers feu Helies Samoys.. Item, un herbergement qui fut Beneste Faurelle, o ses appartenances. Item, une maison que tient Gillet Le Vasseur, assise d'un chief jouxte la maison qui fu Renou Jossein, et d'autre jouxte le vergier qui fu Massieu de Linières. Item, un pré appelle le pré de Lessart, assis d'un chief jouxte le pré Guillaume Morgue, et d'autre jouxte la voye que l'en vait de Maconville au Bouchaut. Item, un vergier assis à Brie que souloit tenir Pierre Arnaut, touchant d'un costé au molin, et de l'autre au long du chemin de Losmée, et au long des terres du seigneur de Gadonville Item, quatre journaux de terre ou environ assis à Verleigne 3, atouchant d'un chief ès plantes Pierre de Sonneville. Item, un quart de vigne assis au port du Cosdray, et d'un costé au semblier qui vait en Baves. Item, un journau de terre que souloit tenir Pierre Arnaut et ses parçonniers, et fiert d'un chief aux plantes Giefroy Guischart. Item, ont eschangé Guillaume Testant vingt seillons de terre assis audit lieu de Bries. Item, deux journaux de terre ou environ assis au long du chemin qui vait de Bourgchareau au Puy Saint Pierre. Item, tout quanque j'ay en la ville de Mastas, soient cens, rentes, maisons, ma-

i. Blanc dans lè manuscrit.

2. Cs~M~, paroisse de Brie. CASSiNi. 3.0u~K~.


sureaux et vergiers. Toutes lesquelles choses dessusdictes et chascune d'icelles, je ledit Léonnet de Latre, on nom que dessus, tiens, confesse et advohe tenir de mondit seigneur, aux hommage et devoirs susdiz, o protestacion par moy faicte d'acroistre, d'amendier, corriger, spécifier, plus à plain déclarer ycestui mien adveu on cas que je y auroit trop ou po mis ou aucune chose erre, et o toutes autres protestacions en telz cas appartenans et acoustumées, suplians à mondit seigneur que s'il venoit à sa notice que je y eusse aucune chose trop ou po mis, que je ne doye, qu'il !i plaise m'en enseigner et adjoisser, et si tost qu'il vendra à ma notice que je doye plus ou moins tenir et advoher de mondit seigneur, ou que je eusse aucune chose erre en ycestui adveu, je me offre et promet à mondit seigneur de le corrigier et faire on surplus tout ce que homme lige est tenuz faire à son seigneur. En tesmoing de ce je en ay fait faire ces présentes lettres et unes autres doubles d'une teneur, les unes pour mondit seigneur, et les autres pour moy, seellées à ma requeste du seel royal establi aux contraiz en la ville de SaintJehan d'Angeli pour le roy nostre sire, garde d'icellui Jehan Blanc; lequel seel nous ledit garde à la requeste dudit Léonnet de Latre à ces presentes lettres ledit seel royal que nous gardons avons mis et apposé en tesmoing de vérité. Ce-fut fait et donné le vme jour du moys de novembre l'an mil quatre cens dix neuf.

Pour adveu fait en ma présence. BLANCHART.


V.

~435,87~'cf~ «Dénombrement rendu par Léonet de Lastre, seigneur de Bouchereau, à damoizelle Yzabeau de Vivonne, dame de Thors, pour son hébergement de Bouchereau, avec la sale et tour ancienne, le 27 février A23. B Mention ~'MMC écriture du -ï~7~ siècle au dos. Original sur parchemin, sceau enlevé; archives de M. F<t~ Normand ~wMOtt. ComNMM!!<M<tOM de MM. Th. de .B~MOM~ d'Ars et de La Morinerie. Saichent touz que je Léonnet de Latre, seigneur de Bourgcharreau, confesse et advouhe de noble et puissante damoizelle madamoiselle Yzabeau de Vivonne, madame d'Avaulgour, de Thors, des Exars et d'Esnande, à hommage lige à dix soulz d'achaptement, monnoie courente, à paier à muance d'omme, à cause de son chastel, chastëUenie et terre de Thors, c'est assavoir Mon hébergement de Bourgchareau, avec la salle et tour ansienne, assis d'un cousté jouxte la grant salle neuve et l'append tenant à ladite salle, et d'autre cousté fiert au grant chemin public par lequel l'en vait de Maconville à Nevic. ~L~ suite en tout semblable <? f~~M <fM novembre ~4~9, ~<i'~74c~<?MM~. En tesmoing de ce j'en ay fait faire ces présentes lectres et unes autres lectres doubles d'une teneur; les unes pour madicte damoiselle, et les autres pour moy, scellées à ma requeste du scel establi aux contraiz en la ville et chastellenie de Thors, pour madicte damoizelle. Ce fut fait et donné le xxvne jour du moys de février et l'an mil une trente et trois.

Signé pour adveu fait en ma présence. DuBOYS.

VI.

~45S, 3 juillet. Dénombrement du Brandet rendu àmessire Henry. de Plusquallet, baron de Taillebourg, parAntoine Jaudouin, faisantpour Guillaume Boy, fils de Jean Roy et de demoiselle Moynesse. Original sur ~c~c/t~chemin sceau perdu, à simple queue. Collationné sur un autre dénom~~Me)t< du .B)'M~, /bM'K!\ 4 février ~Ja, à Loys de La Trémoille,


comte de Taillebourg, par sire Jacques Dupont et Madeleine Pippon, sa femme. Archives du château du Fovilloux en Arvert. Communication de MM. T'A. de Bremond d'Ars et de La Morinerie.

Sachent tous que je Anthoine Jaudoyn, comme ayant droit deGulHaume Roy, fils de Jehan Roy et de Pernelle Moynesse, sa femme, tiens et advouhe à tenir de noble et puissant seigneur messire Henry de Plusqualec, chevalier, seigneur de Taillebourg, monseigneur, à cause de son chastel dudit Taillebourg, 1 à foy et hommage lige à cinquante solz de devoir d'achaptement à payer à muance d'omme, les choses qui s'ensuivent,qui furent à Aignès de Saint-Hillaire, fille de messire Giefroy de Saint-Hillaire, chevalier Premièrement mon arbergement du chastel dudit Taillebourg, o ses appartenances, assiz jouxte la chappellanie de Notre-Dame. Item, ung appentiz tenant aux murs dudit chastel jouxte la mothe du seigneur du Douhet. Item, mon arbergement du Puy de Saint-Savin, o toutes ses appartenances et se tient jouxte le four du prieur de Saint-Savin. Item, ung autre arbergement tenant aux murs de la ville de Taillebourg, devers Puys Ravea, d'une part et jouxte le chemin par lequel l'on vait dudit Saint-Savin vers la Queuhe. Item, six deniers de rente sur l'arbergement Eschauchier assiz près la porte de la Charante. Item, cinq solz de rente sur l'arbergement qui fut feu Giefroy Ozeau. Item, douze deniers de rente sur une roche fondue, qui fut feu Jehan Gay, que soloit tenir Pierre Le Barbier. Item, cinq solz de rente sur une place où souloit autre appendiz, o ses appartenances qui fut feu Huguet Gay, assiz en la rue Saunière. Item, douze deniers de rente sur la roche à La Pochine, qui fut de Renoul de Plassay. Item, trois solz troys deniers de rente sur

1. Cet Henri n'est pas mentionné avec les trois frères Maurice, GuiUaume e). Charles Plusqualet, dont parle la Biographie saintongeaise de Rainguet, p.'456.Hétaitleuronc!e.

2. Puyraveau, dans le dénombrement de 1555.


l'appendiz qui fut Hodin de Caux pour raison de sa femme, assiz en la rue de Saint-Jehan. Item trois solz huit deniers de rente sur la maison qui fut Guillaume Odier, feu, assiz en ladite rue jouxte ledit appendiz. Item, quatre deniers de rente sur une place où soloit avoir appendiz, qui fut Jehan Fontaine, que tenoit Guillaume de Caux, assiz en ladite rue et tenant à ladite maison. Item, six deniers de rente sur une maison qui fut Aymery Suiffré, assize en la rue SaintJehan, jouxte le four Jehan Odier, feu. Item, neuf solz de rente sur la maison à La Rousseline, assize en la rue Saunière. Item, cinq solz de rente sur la maison messire Guillaume Maynart, prestre, assize en la rue qui vient de SaintSavin vers La Queuhe. Item, deux solz de rente sur l'arbergement qui fut messire Hélies Godière, prestre, assiz en ladite rue. Item, douze deniers de rente sur l'arbergement à jLa Portaude. Item, douze deniers sur une maison qui fut maistre Guillaume de Foncière 1 appelé Agoupillère, que tenoit Jehan Papotea 3. Item, la moitié de xxm solz de rente sur les prés de Saint-Obin, qui furent à.La Rousseline, qui partent par non devis o moy et o Girbert Rolland de Saint-Bris. Item, la moitié de huit solz de rente par non devis o ledit Gerbert sur la longée des prés qui furent Guillaume Belon, assiz à Saint-Aubin, et se tient d'un bout aux prés de ladite Rousseline. Item, les deux parties des gardes de la rivière de Saint-Vaize, que tient Pierre Faucons, o cinq solz de rente ou cens dont je ay cause. Item, trois solz de rente sur les prés et vinaux qui sont assiz entre la Charente et la fontayne d'Arembert. Item, ung carteron de pré en la rivière de Bussac, qui fut aux Guyons, de Romeffort, assiz ès Longées. Item, ung carteron de préen la rivière de Saint-

1. Le dénombremeut de 1555 donne De Foncarre 2. Acoupetière, d'après le même document. 3. Papra, id.

4, Gobert, id.


Vaize, qui fut de Jehan Chauveau, de Romeffort, de ses'parçonniers. Item, sur l'arbergement Jehan Durant, douze deniers s de rente. Item, douze deniers de rente sur l'arbergement Jehan Daisse, feu, assiz soubz l'arbergement de Saint-Savin. Item, deux solz de rente sur l'arbergement qui fut de Guillaume Chamberla, ensemblement o ta terre appartenant audit arbergement assiz on fié appelle la Desmerie 3 Saint-Savin, jouxte ladite maison, le cours de l'aive du moulin de Sourdain entremy, et fiert ladite terre d'un bout au père de Saint-Savin. Item, six soubz de rente par petites parcelles ès mothes de la Desmerie de Saint-Savin. Item, la desme sur lesdites mothes des fruiz croissanz en icelles, laquelle desmerie est assise d'une part entre le cours de l'ayve qui vient du moulin de Fromentgrain vers le moulin de Fourdain ~M~, et d'autre part à la grant desmerie de messire Gieffroy Dupont et de ces parçonniers, et fiert d'un bout au peyré Saint-Savin. Item, une mothe assise au pont de La Ronde, jouxte le chemin qui vait dudit pont vers Barbecane. Item, vingt solz de rente par parcelles sur les mothes qui sont entre la route qui vait du pont aux Fradins vers la Barbecane d'une part, et d'autre part aincy comme le chemin qui vient de la fontane de la Godet vers la maison Jourdain, et d'un bout à la route qui vait dudit pont à ladite fontane, et de l'autre bout se tient aux hors.Francons et Roydours 5 aux Fradins. Item, le fié appelé la Veillefaye, assiz entre le chemin qui vait du plain SaintVaize vers Roumeffor t, d'une part, et d''autre part se tient à la fontaine d'Ecoust~ Si Ploit et au fié appellé le fié Pierre Aquin, et d'un cousté se tient du plain Saint-Vaize vers Saint-Vaize, et d'autre part se tient au fié de La Salle 6

t.Desse,1555.

2. Chobreau, 1555.

3. Daymerie, 1555.

4. Gaudet, 1555.

5. Frons et Roideurs, 1555. 6. Appelé depuis Le Brandet.


qui est 'de la prévosté de Romeffort, lequel fié souloit valoir par an à mes devanciers cent solz de rente ou envirrons par mesme parcelles. Item, douze deniers de rente sur la maison Guillaume Jannis 1, qui fiert à la grant rue Saunière. Item, sur la maisan Yonnet Jarret deux solz de rente. Item, sur la maison qui fut Jehan de Cercelles 3, que tenoit Pierre Belon, en la rue Saunière, III solz vi deniers de rente. -Item, la quarte partie de la .petite boëte du rivage des vins, tonneau de vin pour deux piesces et pippe à l'evenant, que soloit tenir Jehan Gay de Aignès de Saint-Hillaire et de Létisse, sa seur, à trente solz de rente. Item, la partie que Pierre Fouquet et Richart, son frère, soloyent prendre en ladite boëte. Item, les deux pars de la seigneurie de ladite boëte que partent o les héritiers Girbert Rolland, de Saint Bris. Item, vingt solz de rente que souloyent payer Berthomé et Guillaume Bochart, d'Asnepont, et leurs parçonniers. Item, les deux parties de sept solz vi deniers par non deviz o les héritiers Girbert Rolland, de Saint-Briz, lesquels devoyent les héritiers de Pierre Raou, de Brandet. Item, les deux parties de deux raises d'avoine et de deux vyes par non devis que devoyent les héritiers dudit Girbert Rolland, lesquelx se soloyent payer par la main de Estienne Gratessueille, feu. Item, trois solz par non devis o les héritiers dudit Girbert Rolland, lesquelz souloit payer Guillaume Gaultier sur son arbergement. Item, la moitié' d'une pièce de pré assize à Saint Aubin, lequel tenoit La Rousseline à xvi solz de rente. Item, la moitié d'une pièce de pré près la maison de Jehan Fauton 4, d'Arembert, lequel Fauton le tenoit à cinq solz de rente. Item, la moitié d'une pièce de pré près d'Arembert, assiz jouxte la Charente. Item, une

1. Gannis, 1555.

2. Yvone Gare, 1555.

3. De Cercelluy, 1555. 4. Sauton, Saulton, )555.


pièce de pré assiz en la grant rivère de Taillebourg, en laquelle part Jehan Fauton, feu. Item, n solz vi deniers de rente sur une place assize jouxte le four monseigneur de Taillebourg, en la rue Saunière, lesquelz payant les héritiers Martin Roux. Item, la moitié d'un xnen 1 du molin de Souverain 2 par non devis o les héritiers dudit Girbert Rolland, lesquelz tenoit Jehan Fauton, feu. Item, la moitié de la seigneurie en l'arbergement, en cens ou rente qui sont assiz à la fontaine de Saint-Savin. Item, la moitié de six solz sur le moulin de Palua. Item, la moitié de la seigneurie du moulin de Chébrier et de Clarea 3 assiz sur le pont de Taillebourg, lesquelz tenoit Jehan Prieur à VI solz de rente. Item, la moitié d'une roche assize en la grant rue jouxte la roche Jehan Maynart, feu 4. Item, la moitié de III solz de rente, lesquelz payait Gabaillart Doissons de deux arbergements assiz à Estray et une. geline. Item, la moitié de la seigneurie des prés qui furent aux Aussoies, assiz sur la Charente devers Saint-Jasme que tenoit Jehan Bigot, feu s, à II solz VI deniers de rente. Item, la tierce partie de touz les boys, terres, gastes 6, rivières, de tous les terrages qui soloypant estre levés de tout le fié et prévosté de Romeftort que partant par non devis o messire Guillaume Jourdain, feu, et o le sieur d'Estray et o leurs parçonniers. Item, en une autre tierce partie, les deux parts. Item, la tierce partie des terrages et la moitié de la desme de l'eaue de Romeffort qui se soloit lever par la main de Jehan Chavea dit Baronnet, et de Gicfroy Gay, et povoit bien valoir à mes davanciers trante boisseaux de blé ou environ. Item, tous mes autres

1. Douzain, 1555.

2. Souldain, 1555.

3. Clareau,-1555.

4.Maytrart,1555.

5. Vergier, 1555.

6. Gaz et Rivières, 1555. 7. Chavia, 1555.


boys que j'ay on dit fié et prévosté de Romeffort. Item, la moitié des complans de la tierce partie on fié de La Salle et de La Faye et de Mouchelart et des Coutaus dessus La Bouchardière, et l'autre moitié Girbert Rolland par non devis o les héritiers messire Guillaume Jourdain o le sieur d'Estray. Item, la tierce partie que soloit prendre messire Aymery Michea o messire Guillaume Jourdain. Item, les deux parties d'une tierce partie que soloit prendre Chauvea pour Pierre Seignouret de Brisembor. Item, la tierce partie de la seigneurie qui fut messire Aymery Michea. Item, les deux parts d'un tiers quitte o les héritiers de Guillaume de Soucuers 3, et l'autre tiers part o les héritiers de messire Guillaume Jourdain. Item, ay et tien ung petit fié apellé le fié Bassot 4 et se tient au fié d'Estray et au fié de la Sigongne. Item, le fié au Autorient 5. Item, les plantes aux Guions, de Romeffort, qu'ilz tenoient de moy et sont mes hommes taillables. Item, mes tournes que j'ay on dit arbergement. Item, la moitié de la desme des agneaux, veaux et porceaux et le tiers en ung quart qui part o les héritiers messire Guillaume Jourdain et leurs parçonniers sur touz leurs arbergements de Romeffort. Item, ung arbergement appellé La Berlatière o toutes ses appartenances et o la garayne .de connilz appartenant audit arbergement qui fut feu messire Gieffroy de SaintHillaire, chevalier, lequel arbergement est assiz dedans les divises de la prévosté de Romeffort. Item, mon arbergement deLaBoucardière o ses appartenances, qui fut Pierre Berthommé. Item, l'arbergement qui fut à la fame feu Jehan Mocquet. Item, la moitié de la veille desme de touz les fruicz qui sont enclous dedans les devises de la prévosté de Romef-

1. Coustaux, 1555. 2. Segourit, 1555. 3. Sociure, 1555. 4. Basserot, 1555. 5. Antoroin, 1555.


fort, soit en blé, en vin, en vendenge, ailh, cherbes, lins et en autres choses, lesquelles devises comancent au quairefour qui part le chemin qui vait vers l'église du Douhet et du quareffour qui dessent à la conbe jusques au cours de l'ayve qui vient du Douhet et de qui s'en vait auprès de Romeffort et de qui ainsi comme de l'ayve en levet et jusques au moulin de Palua et dudit moulin s'en vait ainsi comme en levet le chemin en sus vers le quairefour du fié d'Estray, et dudit quaireffour s'en vait ainsi comme en lievet le chemin, vers Taillebourg jusques à la rèze qui vait du quaireffour Bassot 1 vers Saint-Vaize, et de qui s'en vait comme ladite rèze en levet jusques au chemin par lequel l'on vait de Romeffort à Taillebourg, et de qui s'en vait ainsi comme en lievet la veille Faye, et de qui ainsy comme en lievet le fié Pierre Aquin et les terres au seigneur de Bussac jusques au chemin qui vient de Romeffort vers La Salle et de qui se vait ainsy' comme en levet une levée quy part le boys du Brandet et les miens jusques au chemin qui vait de Romeffort à La Gormerie et de qui s'en vait ainsy comme en levet à la paroisse de Sain t-Vai7\ jusque au quereffour qui depart le chemin de Venrant 3 et le chemin qui vait vers l'église du Douhet. Item, la tierce partie des Aquins que partnoyent Jehan Chauvea, Jehan Baronnet et Giefroy Gay, et toutes les autres chouses qu'ilz tenoient de moy en ladite prévosté à homage plain, et huit solz d'achaptement à muance d'omme et de seigneur; Item, tiens de mondit seigneur, car toutes les foys que mondit seigneur tiendra ses assises, le jour qu'il les tiendra, je puistenir la moye anprès 4 ce qu'il aura tenu la sienne, quelque part qu'il soit en sa chatelleriie, de mes hommes et de mes tenanciers, et

1. Besson, 1555.

2. Cormerie, 1555.

3. Venerand, 1555.

4. La mienne emprès, 1555.


la tiendroy de mes hommes en ma terre quelque part qu'il me plaira. Item, ay et tiens de'mondit seigneur toutes les chouses que j'ay et autres tiennent de moy ès paroisses Notre-Dame de Taillebourg, de Saint-Savin, d'Asnepont, de Saint-Vaize, excepté que je et mes parçonniers avons on fié de Puy Ravea, de Brena que je tiens de Jehan Ysle.~ Item, ay et tiens six boisseaux d'avoyne de rente sur mon boys appèlé le boys de Laret que tennent les Guions et leurs parçonniers de moy. Toutes lesquelles chouses dessus dites je tiens de mondit seigneur aux foy et devoir susdiz, et lui suppliant que si je ay trop ou pou mis en mondit hommage, qu'il lui plaise m'en advertir, et je lui promet que si tost qu'il viendra à ma notice que je ayee stre en aucune manière d'accroistre ou diminuer si et par la manière qu'il fera besoing estre fait en tel cas en tesmoing de ce je ledit Antoine en ay donné à mondit seigneur ces présentes lettres d'aveu desquelles je ay retenu le double devers moy à la conservacion de mon droit. Scellé à ma duplic-tcion et requeste du seel estably aux contracts audit Taillebourg par mondit seigneur; et nous la garde d'icelui à la requeste dudit Antpyne et à la féal relacion du notaire cy soubzcript, à cest présent adveu ledit seel que nous gardons, avons mis et appousé en tesmoing de vérité, le tiers jour du mois de juillet l'an mil quatre cens trente et huit.

Signé pour adveu fait en ma présence. DESILZ. vil.

~7<, 25 octobre. -Aveu et dénombrement rendu par Jehan Orric, écuyer; seigneur en partie de La Courade, à Loys Chabot, chevalier, 'seigneur de Jarnac-Charente, pour le mas de Fontquoseau et autre tènements. Ôrt-

1. Puyraveau et Bryneau, 1555

2. Jean Is)e, seigneur de La Vialière, fils de Hugues, seigneur du même fief. BEAUCHET-FtLLEAU, t. p. 239.


ginal sur parchemin; anciennes archives du C/t~<e<6 de la Mo<S~M~ Genis (Charente); fragment de ~M<m en cire noire, dont l'empreinte a dis~<:r!t. Communication de M. le vicomte Horric de Beaucaire. ° A tous ceulx qui ces présentes lectres. verront et orront t Jehan Orric, escuier, salut en nostre Seigneur pardurable. Sachent tous que je ledit. Jehan Orric ay et tiens et confesse moy avoir et tenir de noble et puissant messire Loys Chabot, chevalier, seigneur de Jarnac-Charente, à foy et hommaige 'plain et au devoir de dix solz tournoys monnoie courant, les chouses qui s'ensuivent c'est assavoir, premièrement le maz de Fontquoseau, tenant d'une part au chemin par lequel l'on va de Jarnac à Buerrac 3 et tenant à l'ayre desmiere et tenant aux Vigeries, et d'autre part tenant aux terres des Arbelestriers. Item, les terrez assises au chemin par lequel l'on va de la croix de La Rouze à Sigoignes et aux Vigeries. Item, quatre journaulx de terre tenans aux maynes aux Bonnaiz et tenant au chemin par lequel l'on va du Boysfaucon à Jarnac. Item, les terres; et vignes assiz à mon maynement, et tenant audit chemin tirant à Jarnac et audit chemin en allant à Burrac, et au chemin partant de Burrac tirant au puis du Boysfaucon. Item, deux journaulx de terre ou environ, tirant dudit lieu du Boysfaucon à Jarnac et tenant aux terres de Corpenac, et tenant à la terre des Arbelestriers. Item, six journaulx de terre tenant au chemin en alant à Sigoignes, et tenant à la vigne de Laust de

d. Jehan Horric, écuyer, seigneur en partie de La Courade, fils d'autre Jehan Horric, écuyer, seigneur de La Courade, et de Guillemette Grand. Voir dans r~MMMCtt~ de la noblesse de France, par M. Borei d'Hauterive, -1882, p. 206, Notice historique et ~eméa!o~t~M~ sur la maison .So~Wc. 2. Loys Chabot, cheva)ier, seigneur de Jarnac, Brion,.Aspremont, etc., marié, en ~66, à Jeanne de Montberon, fils de Renaud Chabot, chevalier, seigneur de Jarnac, et d'Isabeau de Rochechouart.

3. Beurac, commune de Foussignac, canton de Jarnac-Charente. 4. Le BoM/~MCOK, communes de Sigogne et de Foussignac, canton de Jarnac.

7


Lestang, et de l'autre part tenant aux terres de Corpenac, et tenant à la terre des Arbelestriers. Item, dix journaulx de terre tenant au' chemin par lequel l'on va du puiz du Boysfaucon à Sigoignes, et tenant à la courbe des terres aux Arbelestriers et de l'autre part aux terres de mondit seigneur de Jarnac. Item, six quartiers de vignes tenans au chemin par lequel l'on va de Burrac aux Brunetières, et de l'autre part tenans aux vignes des Arbelestriers. Item, terres et vignes assises entre les chemins partant de La Tenaye, tirant droit à Sigoignes et tirant aux Brunetières, et tenant aux terres de Laust de Lestang et aux vignes des Bourssaulx. Item, terres et vignes assises et tenant au chemin tirant droit à Sigoignes, et de l'autre part tenant aux terres des Arbelestriers et tenant à la terre des Goumaudires, et tenant au sentier par lequel l'on va du Treuil du Gastz à Sigoignes. Item, sept quartiers de vignes tenant au chemin qui va de Sigoignes ai Foussignac et tenant ~u long de Pisse-argent, et tenant aux terres de messire Foucques de Saint-Félix. Item, quinze quartiers de vignes assis au [pré] au blanc, tenant .aux terres de La Gastonnière, et tenant aux terres de messire Loys Rorgre, et d'autre part aux terres de Regnault Arnault, et tenant au chemin qui va à Foussignac. Item, terres et vignes tenant au chemin par lequel l'on va de La Jarrye à Jarnac, et tenant à la quatorzene et aux vignes et terres des Arbelestriers. Item, les terres tenant au chemin qui vient de Marouille allant à Jarnac, et tenant au chemin qui part de La Jarrye en allant à Jarnac, et tenant de mondit maynement. Item, une pièce de terre assise et tenant au chemin Chaussé et tenant aux terres de messire Bertrand de Narsac, et tenant au chemin'de Courbillac 3 en allant à Jarnac. Item, la petite

1. Les J?!'MM<M, 7'7'6ttt!, commune de Foussignac.

2. La yai~M, commune de Sigogne.

3. Co!{~M«<:c,. commune du canton de RouiHac (Charente). L'écusson des Horric, anciens possesseurs de ce fief, est scutpte a la c)efdë voûte de )'égiise~ dit )n C/M~/t~ coMNMMM~ ~MtM~é~.


cousture assise et tenant au chemin par lequel. l'on va de Sigoignes à Courbillac, et tenant au long du fief,de Rulles 1, et tenant au boys Paris et aux terrez de. messire Seguin Rorgre, et tenant au chemin par lequel l'on va de Sigoignes en Ruiles et tenant au Ponthereau. Item, dix journaulx de terrez assisez au chemin par lequel l'on va de Mareuil en en Harpes 3 et tenant aux prez de messire Bertrand de Narsac, et tenant aux terres de messire Gardrar de Sonneville, et tenant au carrefourt qui va-à Sonneville. Item, les terres tenant au chemin par lequel l'on va de Courbillac à Mareuil, et tenant aux terres de mondit seigneur de Jarnac et d'autre part au maz Durant, et tenant aux terres du seigneur de La Courrade 4 et tenant au chemin de La Bothe. Item, les terres assises au chemin par lequel l'on va de Sigoignes à Mareuil, et tenant au chemin Chaussé; et tenant aux vignes de La Courrade, et tenant aux perrières du boys Maton. Item, lez terres assises en tirant de Macqueville à Jarnac, et tenant au chemin par lequel l'on va de Sigoignes à La Jarrye; et tenant aux terres de messire Loys Rorgre. Item, les terres assises

1. Rulles, commune de Sigogne (Charente). Ce fief fut longtemps possédé par les de Lestang.

2. Ma~Mtt, commune du canton de BouiUac. Une branche de la maison de Beaupoil fut pendant de longues années titulaire de ce fief. 3. Herpes, commune de Courbillac, sur la limite de la Charente-Inférieure. 4. La Courade, fief situé dans les communes actuelles de Courbillac, de Mareuil et de Sigognes. H était alors possédé par Jouyn Horric, écuyer, seigneur de La Courade, marié en 1464 à Jeanne de Barbezieres. Ses frères Jchan, qui rendit le présent dénombrement, Ollivier, GuiUon et Chariot Horric, écuyers, furent aussi pendant quelque temps co-seigneurs de La Courade. Ce fief demeura dans la famille Horric depuis le commencement du XVc siècle jusqu'à la révolution, époque où il fut vendu comme bien d'émigré. En d752, un incendie détruisit presque entièrement l'ancien manoir de La Courade. I! a été déjà question de ce fief dans le t. 1°'' des Archives, p. 256. C'est par erreùr que ce nom avait été pris pour.un nom de famille; il s'agit, en effet, dans cette note d'un membre de la maison de Horric, à laquelle appartint pendant près d'un siècle et demi ie fief de la Rue-Franche dans la ville dè Saint-Jean-d'Angély. Voir plus bas page i27.


au puiz de La Jarrye, et tenant au chemin qui va à Jarnac, et tenant.aux prez du Ays. Item, une pièce de terre qui vient le long du chemin par lequel l'on va de Sonneville à Mareuil, et tenant au chemin qui va en Harpes. Item, une pièce de terre tenant au pont de Chaussebout, et tenant au chemin de Jarnac en tirant au chemin qui vient de Sigoignes au Cluseau et aux terres au seigneur de Saincte-Sevère. Item, une pièce de terre assise au chemin par lequel l'on va de Sigoignes à Mareuil, et tenant aux terres au seigneur de La Courrade et aux boys dudit seigneur. Item, douze journaulx de terre appelés les Masuraulx, tenant au chemin par lequel l'on va de La Tousche à Beurrac, tenant au long du pon~Ays, et tenant aux terres de Rognon Arnault, et de l'autre part tenant aux terres des. Arbelestriers, et tenant au chemin par lequel l'on va de Beurrac à Jarnac. Toutes et chascunes lesquelles chouses susdites, je, ledit Jehan Orric, advouhe à tenir de mondit seigneur aux foy, homaige et devoir susdits, suppliant à mondit seigneur que, s'il siet aucunes autres chouses que je doyt tenir de luy et advouher à tenir, qu'il luy plaise me enseigner. Et tout ce qu'il me pourra informer que je doyve tenir, je prometz le mectre en mon adveu et l'advouher à tenir de luy, protestant je, ledit Jehan Orric, de croistre ou de amandere touteffoiz et quantes qu'il viendra à ma notice. En tesmoing de ce, je, ledit Jehan Orric, ay fait faire ce présent dénombrement auquel j'ay fait mectre et appouser lez scelz establiz aux contractz en la ville et chastellehie dudit lieu de Jarnac pour messire dudit lieu, et signé à ma requeste du seing manuel de Berthomé Pelletier, notaire et juré de la court desdits scelz. Et nous, la garde desdits scelz, à ce présent adveu et dénombrement lesdits scelz que nous gardons, à la requeste dudit Jehan Orric, ons miz et appousez en tesmoing de vérité. Ce fut fait et donné le vingt-cinquiesme jour du moys d'octobre l'an mil cccc soyxante et onze.

PELLETIER, à la requeste dudit Jehan Orric.


vin.

4533, ~5~'tKM. « Desclaration d'un hommage deu at'abc de Charoux, par M. de Courbon, :) pour les biens qu'il possède en la paroisse de JarnacChampagne. Of~tmat~ sur parchemin ~M<m &t'!sé. P~M appartenant à M. Charles Dangibeaud. Communication de jtf. T/t. de Bremond d'Ars. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, Jacques de Lacourt, licentié en loix, chastellain des ville et chastellanye de Pons, et garde du seel estably aux contraictz es dites ville et chastellanye pour noble et puissant monseigneur dudit lieu, et Guy de Courbon, escuyer, filz de feu noble homme Colas de Courbon, escuyer, en son vivant seigneur de Saint-Légier, 1 salut en nostre seigneur perdurable. Sachent tous que je ledit Guy de Courbon, comme héritier dudit feu Colas de Courbon, escuyer, mon père, ay, tiens et moy avoir et tenir confesse par ces escriptz, de révérend père en Dieu monseigneur l'abé de Charroux, on diocèze de Poitiers, à hommage lige et achaptement de dix solz à paier à muance de seigneur, et cinq soubz de chambelage, toutes et chacunes les choses que je ledit Guy de Courbon ay et tiens et autres ont et tiennent de moy en la parroisse de Jarnac-Champagne c'est assavoir mes maisons et maynes avecques leurs appartenances, assis on bourgc dudit Jarnac entre le chemin du cymedere dudit lieu de Jarnac du longe d'une part, et entre le mayne qui fut Bilongne d'autre part, et entre l'autre mayne et les maisons qui

1. Nicolas de Courbon, maître d'hôtel de Louise de Savoie et du roi François 1er, mort en 1517, laissant de Marguerite de Polignac, dame de Ftéac et de Fontaines en Saintonge, deux fils, dont i'aine, Jean, mourut sans postérité. Le cadet, Guy, dont il est ici question, épousa ()523) Donnavcnturo Vigier de Chalonne, et continua la branche des seigneurs de Saint-Léger, qui prit fin en la personne d'Eusteue-Therèse de Courbon, mariée en 'niA~ à Louis-.Charles de La Mothe-Houdaucourt, maréchal de France en 1748, et décédé en 1754. LA CHENAYE, t. V, p. 217.


furent de feu messire Hélies de Jarnac, chevalier, qui sont à présent du seigneur du mayne de Romanens 1 d'autre part. Item, advouhe moy avoir et tenir de mondit seigneur, soubz ledit hommage et davoir susdits, une pièce de terre assise et pousée darrière mes maisons dessusdites d'une part et jouxte les Rudes qui furent des Rempnoulz d'autre partie, et jouxte le mayne Cloux qui est du seigneur de Romanens d'autre partie, et fiert d'un chief au chemin qui est davant la maison de Rempnoul Boyer, et entre le sentier qui descend dudit chemin vers le vivier du prieur de Jarnac dessusdit. Item, advouhe moy avoir et tenir de mondit seigneur, soubz les hommage et devoir dessusdits, une pièce de terre assise jouxte l'estangc de mondit seigneur le prieur d'une part, et se estend au tongc du foussé par lequel l'ayve descend de font de la porte de mondit seigneur le prieur d'autre partie, et fiert d'un chief aux maynes qui furent des Rempnoulz; et fiert d'autre chief au mayne qui fut de Hé)ies Arnault, lequel tient Rempnoul Bouyer. Item, advouhe et tiens de mondit seigneur et révérend père, soubz les hommage et devoir dessusdits, une pièce de terre assise et pousée on dit bourg de Jarnac, entre le chemin par lequel l'on va dudit cymetière de Jarnac vers les maisons de Rempnoul Bouyer d'un chief, et entre le chemyn par lequel l'on va des maisons de Hélies Ayrault vers l'oustel dudit Rempnoul Bouyer d'autre chief, et se extend au longe de la terre dudit seigneur de Romanens, d'autre part, et au longe du mayne et des maisons qui furent de Jehan Bascle d'autre partie. Item, une pièce de terre assise au pont appelé le pont Rempnoul, laquelle pièce de terre est enclouse de murs à l'entour; et en ladite clousture de murs mondit seigneur le prieur de Jarnac a certayne quantité de terres devers la partie du chemin par

1..Ro~MM sur la carte de Cassini.


lequel l'on va dudit pont vers les Coux-aux-Soubz-bois, laquelle dite terre est moyenne entre nous/c'est assavoir à partir par moitié. Item,' une pièce de terre assise darrière e lesdits murs qui atouche d'un chief aux terres qui furent de Guillaume Faure du bourgc, et de l'autre chief tient au chemyn par lequel l'on va de la font Faure vers le pont dessusdit. Item, une clousture de terres assise au longe du chemyn par lequel l'on va du bourgc de Jarnac vers le puy aux Ayraudes d'un chief, et entre la coulture du seigneur de Romanens dessusdit d'autre chief, et au longe des maisons de Hélies et Pierre du Chemin d'un chief et entre le mayne dudit Rempnoul Bouyer d'autre partie. Item, etune autre pièce de terre assise au fief de La Coulture entre le chemin par lequel l'on va de la maison Laguillon vers le grand chemin d'un chiet et entre les terres lesquelles souloient tenir Guillaume du Chemin de Corborent d'autre chief, jouxte la terre qui fut de Rempnoul Laguillon, d'une partie, et entre le fief d'Aubeterre d'autre partie, et ce tient avecques la terre qui fut de Pierre Ayrault du bourgc, qui est on cart de mondit seigneur le prieur de Jarnac. Item, une pièce de vigne et une pièce de terre pousée et assise on fief de Pierre Chauvet entre la vigne de Rempnoul de Courbon 1 d'un cousté et entre la vigne de Pierre du Chemyn, et d'un chief tient à la vigne de Pierre du Chemin et d'autre chief aux terres qui furent de Alamand. Item, une pièce de terre pousée à Romanens jouxte le torrent d'un cousté et jouxte la terre de Pierre Odoin Lemaire d'autre partie, et fiert d'un chief au chemin jouxte le vinable de Romanens, d'autre chief on fief du seigneur du mayne de Romanens. Item, une pièce de terre assise au Romanens, qui se extend au longe d'une pièce de terre qui est de la dame du Frayne, et à la terre de Marie

1. Rampnoul de Courbon n'est pas mentionné dans les généalogies de la maison de Courbon, fournies par Saint-Allais et La Chenaye Desbois.


Richard d'un cousté, et se extend au longe d'une pièce de terre qui est du seigneur du mayne de Romanens, et fiert d'un chief au chemin par lequel l'on va du mayne Benest à Lonat près La Font, et d'autre chief fiert à la font ancyenne, laquelle font avecques les pasturages illec près tenant sont d'iceiiuy mesme fief. Item, une pièce de terre et une pièce de vigne assises on fief du doux des vignes de Romanens, entre la terre et la vigne de Rempnoul Bouyer d'un cousté, et touchant ès prez apelez les prez des Romanens d'un chief, et ès vignes de Marie Richarde et du seigneur de Romanens, et jouxte la terre de la dame du Frayne d'autre chief. Item, une pièce de terre assise audit lieu de Romanens, entre les terres de la dame du Frayne dessusdite des deux coustez et d'un chief, et fiert ès prez de Romanens d'autre chiet. Item, une pièce de vigne appelée Lepeyré, jouxte les vignes de mondit seigneur de Romanens d'un cousté, et entre le chemin par lequel i'onvaduditPeyré envers les Palenez d'autre cousté, et tenant d'un chief ès terres dudit seigneur de Romanens et à mes terres dessusdites, et de ladite dame du Frayne d'autre chief. Item, une pièce de terre apelée le Mosnar de Jehan Audouyn, qui atouchet au chemin par lequel l'on va de Denna aux Chalenez, et est fermé des deux coustez, et atouchet d'un chief ès terres dudit seigneur de Romanens. Item, une pièce de terre assise entre le carrefourgc dudit Mosnar d'un chief et entre te chemin qui est davant la maison de JehanneAIemandedeLaDennad'autre chief, etentre la terre du prieur dudit lieu que tient Jehan Richard de La Richardière d'un cousté, et entre le chemin par lequel l'on va de ladite Denna vers ledit carrefourgc d'autre cousté. Item, une pièce de terre apelée des prez de La Josse apelée Je vignier de Laurens qui atouchet d'un chief esdits prez et d'autre chief ès terres dudit seigneur de Romanens, et d'un cousté atouchet ès terres dudit seigneur de Romanens et d'autre es prez de Figerasse. Item, une pièce de terre assise sur le puy de Figerasse entre les. terres dudit sei-


gneur de Romanens tout alentour. Item, une pièce de terre assise au lieu apellé Augoytart entre les terres dudit seigneur de Romanens et de la dame du Frayne. Item, une pièce de terre assise aux Romanens et atouchet d'un chief au ruisseau par lequel l'ayve coullet de la font ancyenne vers le pont du Vivier, et d'autre chief ès terres dudit seigneur de Romanelles 1 et entre la terre de Jehan Audouyn d'un cousté et la terre de Jehan Rempnoul de La Richardière d'autre cousté. Item, une pièce de terre assise au Puy Jure, et fiert d'un chief au ruisseau par lequel l'ayve coullet du vivier Laurens vers le moulin de La Denna et d'autre chief aux terres dudit seigneur de Romanelles entre les terres dudit seigneur d'un cousté, et les prez apelez les prez de La Brune d'autre cousté. Item, une pièce de terre assise à La Denna, et atouchet d'un cousté au chemyn par lequel l'on va du boys de ladite Denna au Peyré et. d'autre ès terres dudit seigneur de Romanens, et fiert d'un chief au chemyn par lequel l'on va du pré Jehanne Alemande vers le gué, d'autre chief ès terres dudit seigneur de Romanens. Item, une pièce de terre assise à la Denna et fiert d'un chief au ruisseau d'ayve et jouxte l'isle dudit seigneur de Romanens, et d'autre chief on chemyn par lequel l'on va de la maison de ladite Jehanne Alemande vers la rivière Dollete et entre les terres dudit seigneur de Romanens d'un cousté, et est en Bonbonet et en mes pasturages, lesquelx je tiens dudit reverend père en Dieu monseigneur, d'autre cousté. Item, une pièce de terre assise aux oulmes Constantin et fiert d'un chief on chemyn par lequel l'on va du Rat 2 à La Planche et d'autre ès terres dudit seigneur de Romanens, et d'un cousté es terres qui furent Coutantin et d'autre cousté ès terres lesquelles souloit tenir Hélies Masson et jouxte la

1. Au lieu de Romanens.

2. Le Rat est indiqué sur la carte de Cassini.


vigne 'de ladite Jehanne Alemande, et jouxte les terres qui apartiennent au maynement de ladite Jehanne Alemande. Item, advouhe'et tiens de mondit seigneur et révérend père en Dieu, soubz les hommage et devoir dessusdits, une culture de terres apelée aux Rossatz, et est jouxte les vignes du Rossatz, et duret ladite culture jusques au chemin par lequel l'on va du chemyn de Jarnac à l'oulme de Vallat, et fiert ès terres que tenoit Qarre et jouxte les terrres de Arnault Pepon. Item, une pièce de terre et de pré assise entre le pré apelé le pré des Assiez et le pré du seigneur de Romanens, lequel pré tient de moy Hélies Masson.-Item, advouhe et tien de mondit seigneur soubz les devoir et hommage dessusdits tous les prez et pasturages qui sont à La Plachia et aux prez dudit prieur de Jarnac jusques au moulin de Denna, et entre le vau ou gué par lequel l'ayve coullet de la planche au moulin dessusdit et entre le daumayne de La Planche vers les prez Dollete, et duret juques aux prez de Hugues Picart. Item, deux cartières de froment de rente à la mesure de Jarnac, lesquelles me doit chacun an ledit prieur de Jarnac pour raison du moulin dessusdit. Item, les prez tenant audit moulin et à la terre qui passet dudit Bonbonet et les foussés par lesquelz l'ayve coullet dudit moulin vers la rivière Dollete, et durent juques aux prez dudit prieur de Jarnac. Item, une pièce de pré apelée les Palennes et une pièce de terre tenant ès dites Palennes, et entre les terres dudit seigneur de Romanens et entre le ruisseau d'ayve par lequel l'ayve dessend du vivier au Laurens vers le moulin de Denna, et fiert d'un chief ès terres dudit seigneur de Romanens, et entre le ruisseau d'ayve par lequel l'ayve descend du vivier au Laurens vers le moulin de Denna, et nert d'un chief ès terres dudit seigneur de Romanens et de ladite Pallenne, touchant d'un chief ès Palaynes dudit prieur de Jarnac et d'autre en l'isle dudit seigneur de Romariens. Item, une pièce de pré assise entre les prez dudit seigneur de Romanens des deux


chiefz, lequel pré est apelé le pré Guyon. Item, une pièce de pré apellé les Palennes, jouxte les prez à la dame de Pons et jouxte les prez de Bernard Heraud de Rignac, et jouxte les pasturages et terres dudit seigneur de Romanens. Item, une pièce de pré laquelle souloient tenir Lyondier, qui fiertd'un chief en noz prez dessusdits, et dur et juques aux prez de Pierre et Jehan Robert de une font, et se extend au longe de La Gaumanna par laquelle l'ayve descend de Romanens vers la rivière de Belac. Item, une pièce de terre assise soubz Pierre Large, jouxte les prez Rotuner, esquelz prend mondit seigneur le prieur de Jarnac le quatorziesme. Item, une pièce de vigne assise en ladite Pierre Large, laquelle souloit tenir ledit Hélies Masson. Item, une pièce de vigne que souloit tenir Aignès Foulcaulde on fief de Pierre Large. Item, une pièce de vigne assise en doux de la combe Chauvet, laquelle souloit tenir Maynar de Puy-Ayrault, ès quelles susdites troys pièces de vigne ledit prieur de Jarnac a et, perçoit le cart en ladite pièce. Item, ung apentis avecques ung petit vergier tenant audit apentiz devers la partie de la chapelanye dudit lieu de Jarnac, lequel dit apentiz avecque ledit vergier tient de moy le chapellain de Jarnac, et sont assis jouxte la croy du cymetière dudit lieu de Jarnac. Item, une mothe assise au Pontet jouxte les prez dudit prieur de Jarnac des deux coustez, et atouchet d'un chief aux prez dudit seigneur de Romanens. Toutes et chacunes les choses dessusdites je, ledit Guy de Courbon, ay, tien et advouhe avoir et tenir dudit révérend père en Dieu monseigneur, à hommage lige et achaptement de dix solz à paier à muance de seigneur, et de cinq solz de chambellage, ainsi que dessus est dit et foiz à mondit seigneur les protestacions qui s'en suyvent: c'est assavoir que, si je ay mis en mondit adveu plus que mectre ne deusse, qu'il plaise à mondit seigneur m'en cerciorer et informer, et moy cercioré et informé je détrairay et.housteray de mondit adveu ce que houster et détrairc en devray et prye et suplie à mondit


seigneur ce que auroys tropt mys ne porte aucun préjudice à moy ne à mes droitz car ce que je en auroys fait je l'auroys fait ygnorantement et comme mal informé, et ne l'auroys pas fait pour tollir à mondit seigneur ses droicts ny pour supradir sur sa seigneurie et aussi que, si j'ay obmis et laissé à mectre en mondit adveu aucune chose que mectre y deusse, qu'il plaise à mondit seigneur m'en informer et, moy informé, je suys prest et à pareille à icelle mectre et adjouster en mondit adveu, et faire envers mondit seigneur tout ce que bon et loyal vassal doit faire envers son seigneur, protestant de acroistre, augmenter, houster, détraire, diminuer, interpréter, corriger, spécimer et plus à plain déclarer, touteffois que mestier sera. En tesmoing de ce je en ay donné et octroié à mondit seigneur ces présentes lettres d'aveu desquelles j'ay retenu le double devers moy à la confirmacion de mon droit, scellées à ma suplication et requeste du seel dessusdit. Et nous ledit garde, à la supplicacion et requeste dudit Guy de Courbon et à la féal rellacion du notaire cy soubz script juré soubz ledit seel par devant lequel ledit adveu a esté fait, ledit seel que nous gardons à ces présentes lettres d'aveu avons mis et apposé en tesmoing de vérité. Ce fut fait et donné au lieu de SainctLégier, présens tesmoings ad ce appelez et requis. messire Jehan Roy, prestre, et Denys Montandre, le xvme jour de juing l'an mil ~c vingt et troys.

N. DASNiÉRES. Pour adveu fait en ma présences Pierre Chasteignier, 1 par la grâce de Dieu abbé de

1. Pierre Chasteigner, second fils de Guy Chasteigner, chevalier, seigneur de La Rochepozay, de Saint-Georges-de-Rexe, de La Rochefaton, etc., échanson ordinaire des rois Louis XI et Charles VIII, et de Made)éne du t'uy du Couldray. Abbé et baron de Charron par résignation de Godefroy de Cluis, son proche parent, il échangea plus tard cette abbaye pour celle de La Grenetiëre, avec Lazare de Baif, maître des requêtes de l'hôtel du roi François 1°' ANDRÉ DU CHESNE, Histoire des Chasteigners, p. ~0.


Charroux, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Sçavoir faisons que aujourduy est venu par devers nous noble homme'Guy de Courbon, escuyer, seigneur de SainctLégier, lequel nous a offert faire les foy et hommage lige et serment de féaulté que faire nous est tenu pour raison d'un certain nef assis et scitué en la paroisse de JarnacChampaigne et. es environs, pays de Xainctonge ausquelz foy et hommage lige et serment de féaulté nous l'avons receu, sauf nostre droict et l'autruy en toutes chouses; et ce faict ledit seigneur nous a payé le debvoir de dix solz tournoys deuz à muance de seigneur, et rendu son fief et dénombrement par escript. Dont nous le quictons, et pour ce, si ledit fief avoyt aucunement esté saisi ou mys en nostre main par deffault des choses dessusdites, nous luy avons mys et par ces présentes lettres mectons à plaine délivrance, en donnant en mandement à tous noz officiers et subgetz de ne luy donner pour raison des choses susdites aucun trouble ne empeschement, ains fen laisser et souffrir jouir sans aucun contredit et empeschement. En tesmoing de ce, nous luy avons donné ces présentes lettres de réception sceléez du seel à noz armes et signées du seing de nostre secrétaire cy mys, le dix neufiesme jour du moys de juyn l'an mil cinq cens vingt et troys.

GALYS. Par vostre commandement.

IX.

-f596, 27 juin. Aveu et dénombrement rendus par Jean de Latour à Jeanne de Sault, veuve de René de Rochechouart, pour son fief de Geay Original ~fp~'c~MtM; archives de M. Gaston de Latour de Geay. ComMM7MM<MM M. Ch. Dangibeaud.

Sachent tous que je, Jehan de Latour, escuyer, tiens et d. Jean de Latour, fils de Jean, écuyer, seigneur de Geay et de Romette, et de Catherine de Montalembert, laquelle, devenue veuve, épousa en secondes


advouhe tenir de haulte et puissante dame Jehanne de Sault, vefve de hault et puissant messire Régné de Rochechouart, vivant chevallier des ordres du roy, conseiller d'estat et cappitayne de cincquante hommes d'armes de ses ordonnances, seigneur de Mortemar, Sainct-Victùrnin, Le Rouchet en Breuillé, Lussac, Verrières, Dinan, Montpipeau, Sainct-Ay, Le Cheray, Chastellachais, Vivonnes, Cercigny, Gacougnolles, Chasteauneuf, et prince de Taunay-Çharante, à cause de la chastellanye des Fontaynes de Beurlé, dépendante de ladicle principaulté, à hommage lige, premièrement mon hébergement et logis noble de nouveau basty au Boys-Chevrat avec tout droict de fortiffications d'icelluy et canonnières, maschicoulys, fossés et pontz levys, avec droict de bastir fuye et garennes, le tout à moy de nouveau octroyé par ladicte haulte et puissante dame soubz l'hommage lige et debvoir d'ung esparvier avecque ses longes de soye feuille morte, payable à chaque mutation de seigneur et d'homme. Item tiens et advouhe tenir de madicte dame, à cause des Fontaines-Beurlé à hommage-lige et au debvoir de sept livres tournois de plaict et morte-main les choses qui s'ensuivent mon fief de Geay par c.y devant appelé le Fief Nouveauté fief de Treilebourg et le fief de Rourgt, et toutes chascunes leurs appartenances et dépendances de cens, ranthes, deniers, pou-

noces Claude de Villards, écuyer, seigneur de Mizay, dont une fille, Jeanne, et en troisièmes noces Jacques de Rabar, écuyer, seigneur de Torfou, et mourut vers 590. Jean épousa Charlotte de Xandrieux, fille de François, écuyer, seigneur de Gademoulin en Angoumois, et de Marguerite Flamant, par contrat du 6 juin 1594. H eut de ce mariage deux enfants, Jean et Marguerite. Devenu veuf, Jean épousa, le 14 juillet 1620, Eiisabeth Robin, fille de Robert Robin, chevalier, seigneur de La Tremblaye, et de Marguerite de Voyer. Ladite Elisabeth, veuve de Pierre Perret, écuyer, seigneur de Châteaufiat, mourut en 1621. (Extrait généalogie manuscrite <!Ma; drchives ~/hwn~< Z~<OM)', ~T'e~~F~f ./MM ~ej~a~Ott)'). Voir, au t. !H, p. 412 des ~fc~tpe~, de Latour, dressée par Jean à Jean de La Voir, au )aqueHe eiïe des Archives, la lettre de Jeanne de Sault à Jean d'e La Tour, par laquelle elle l'autorise à faire bâtir son château de Geay.


laitiers, froment, avoynes, terrages, complains, droict de juridiction moyenne et basse et exercice d'icelle, o toute cougnôissance jusques à quinze sols d'amande et tous autres droicts que j'ay accoustumé jouyr; mon hostel noble entiennement appellé le-vieil cymetierre de Geays avec ses appartenances, de son solle, entrées et yssues, jardins et préclousture entienne, tenant d'une part au fief du prieur de Geay que tient Françoys Bauldry, et traversant le grand chemin au long du fief dudit prieur que tient Jehan Marchesseau, et le fief du curé dudict lieu qu'il tient à sa main, jusques au grand chemin par où l'on dessand de la croix ozanière dudict lieu à la fontayne ancienne dudict lieu deGeay, délais.sant ma terre à main destre, en ce comprins le mayne appellé La Balbaulderye que tient à présent Anthoyne Bauldry, et d'icelle dicte fontayne retournant à main senestre au long du chemin qui va au long la terre dudit prieur jusques à la terre de la commanderye de L'Oppitauld que tiennent les Donas et les Poupotz, au lieu des Porsins en la prinse de Loys Thoumas qu'il tient de ladicte commanderye, randand au grand chemin qui dessand de ladicte fontayne et va vers le village de La Rivière en suyvant icelluy chemin jusques à la grange dudict Thoumas qu'il tient du seigneur de Baconnays, et laissant madicte terre à main dextre, eri ce comprins le mayne qui autrefoys fut au Lucas (blanc) que à présent tient messire Méry Cadot et Janot Grelaud, en montant vers le midy entre les terres de Baconnays et la mienne randant au grand chemin, et suyvant icelluy comme l'on va dudict lieu de Geay à Biarroux, et dudict Biarroux suyvant le chemin bas jusques à la fontayne de Dancau, comprins leur mayne et l'herbergement, et suyvant icelluy chemin jusques à ùng carrefour qui sépare madicte terre de la haulte jurisdiction de M. de Thailhebourg que tient à présent le seigneur de Louchain, estant près le villaige du Breuil, délaissant toujours ma dicte terre à main dextre, et dudit carrefour retournant à main dextre au long d'ung grand


chemin montant contre le midy au long le mayne de Savariault à moy appartenant, et suyvant icelluy chemin jusques au premier canton, et retournant au long d'ung grand chemin à main senestre au long la terre de Lechemin tirant aux Fontenelles qui sépare la terre de madicte dame et la mienne, suyvant icelluy chemin, et traversant le grand chemin par où l'on va de Geay à Tailhebourg, rendant au boys des Frogier qu'ils tiennent de moy et mes parsonniers à cause de Roumette tirant vers La Bonnèrë jusques aux terres dudict prieur et de moy de laditte seigneurie de,Roumette, et d'icelle randant au fief de Baconnay, et suyvant icelluy jusques au grand chemin par où l'on'va dudict lieu de Geay à Sainct-Porchaire, et traversant icelluy chemin tirant au village de La Bourgetterye jusques à ung chasteignier qui départ mondict fief et le propre de Roumette, dessandant audit grand chemin de Taillhebourg à ung canthon' appellé.le Moine-Vaché, par où l'on dessand vers L'Oppitault et dudict canthon suyvant ledict chemin de Tailhebourg vers Roumegou, délaissant maditte terre à main dextre, jusques à l'heuré du boys de Monteres vers Billotheau, que tiennent les Vieuilles de moy à cause de Roumette, et retournant à main senestre au long dudict boys jusques au propre de Roumette, une haye d'abres et chirons entre deulx, et suyvant iceux chirons, en dessandant vers le moulin de Billotheau, et retournant à main dextre en hault au long la terre de madicté dame jusques à une borne qui est au bout d'un chiron, et d'icelle borne retournant audict grand chemin de Tailhebourg à une borne qui est sur le chemin près d'un poyriér, et d'icelle borne suyvant ledict chemin de Taillebourg dessandant vers Roumegou jusques à la terre labourable de madicte dame que tiennent les Vieuilles et leurs parsonniers à rante et retournant à main dextre au long la

1. La Roche-Corbon. (Cassini.)


terre de madicte dame jusques à une aultre terre qui départ ma coulture et ma rante et retournant au long la terre de madicte dame à main senestre dessandan droict à une autre borne qui est sur la fontayne de Billotheau qui départ ta terre de madicte dame et la mienne et celle de Fondoulce, et suivant la terre de Fondoulce qui sont près, en ce comprins le village de Billotheau jusques à la terre de la com-' « manderye de Loppitaud qui sont près, franchis et suyvant iceux jusques à la terre du prieur dudict lieu de Geay, en ce comprins le mayne de La Tacomellerye, et en montant au long la terre dudict prieur à main dextre et au long la myenne au long une haye qui m'appartient jusques au bout d'icelle à ung fraigne, et retournant à main dextre au long madicte terre jusques à une haye qui dépar le Tribuz et la Seillery, et suyvant icelle haye jusques au boys appellé le Couldrait que tiennent les Vieuilles et Billotheau de'moy, retournant à main senestre au long ma terre, au long d'un chemin ou cendier par où l'on va de Roumegou à Geay jusques à ung grand chemin appellé le chemin de Labairière, et en retournant à main senestre au long dudict chemin en dessandant vers les prés jusques à la terre dudict prieur et en retonrnant à main dextre vers le boys feu Porssin que tiennent les Poupotz, et ladicte terre dudict prieur appellée La Chaillougère jusques à la terre de laditte commanderye de Loppitault, et suivant entre icelluy et le bois Thoumas qu'il tient de moy, délaissant madicte terre à main dextre jusques au grand chemin qui dessand à la taillé de ladicte commanderye de Loppitault, délaissan madicte terre à main dextre jusques audict grand chemin de Thallebourg, et traversant ledict chemin au coinq des vignes et la terre dudict prieur, et suyvant le fossé dudict fief jusques à la vigne que tient ledit prieur et suyvant ung terrier ou sandier qui départ mon fief d'icelluy dudict prieur, randant au grand

chemin par où l'on va du bourg de Geay à Romegou au droict du maine qui est à Françoys Jogue.t, estant de ma 8


dicte terre dé!aissan icelle, toujours à main dextre jusques audict grand chemin de Taillebourg et jusques au propre de Roumette vers La Bourgetterye, et retournant à main senestre au long dudict chemin par où l'on vadeRoumegou à Geays au long la terre dudict prieur de Geays jusque devant mon !ogis noble entien premier confronté. Toutes lesquelles choses 'advouhe tenir de madicte dame pour moy et pour tous ceux qui tiennent de moy aux hommages et debvoirs dessus dicts, o protestations et retenues expresses par moy faictes de croistre, diminuer, corriger, spéciffier, et plus à plain déclairer, s'y mestier est et supplye madicte dame que, sy j'avois aulcune choses oublié que je dois advouher et tenir d'elle ou si j'avois aulcune chose advouher d'elle que je ne deusse, qu'il luy plaise me le faire savoir, luy promettant le corriger en la manière qu'il appartiendra. En tesmoin de ce, je, Jehan de Latour, en ai faict faire ces présentes et ung autre double d'une mesme forme et teneur, desquelles j'en ay baillé un à madicte dame par forme d'adveu, et l'autre retiendray par devers moy afin de mémoyre perpétuelle des choses dessus. Scellées à ma requeste du scel des armes de madicte dame. Ce fut faict et donné le 27 de juin 1596. MARTINEAU, ~<M~ royal en Xainctonge, à /? r~M~e J. de Z,e~M~, seigneur de Geay..

X.

1610, 30 novembre. Aveu de la seigneurie du Cluzeau en Mazeray par Joachim de Chaumont, à Florizel d'Abillon. Acte aux minutes de ~!t~<:M, notaire royal à Saint-Jean-d'Angély, en l'étude de Me GaM<fC<:M. Communication de M. Denys d'Aussy.

Sçachent tous que nous, Joachim de Chaumont, escuyer,

1. Joachim de Chaumont succéda à la famille Pastureau comme. seigneur de Hibernent et de Mornay, terres réunies à !aCn du XVI~siécie par Guillaume Pastureau. Vers la fin du même siècle, il hérita de Catherine Pastu-


seigneur de Ribemont et des neuf dixièmes de la chastellenie et baronnie du Cluzeau, tenons et advouons tenir

.reau, dame de Cherves en Saintonge (Chervcttes), sa cousine par conséquent la mère ou la grand-mère de Joachim de Chaumont devait appartenir la famille Pastureau. Les Chaumont n'étaient point originaires de la Saintonge. On trouve cependant dans le Gallia Hélie de Chaumont, abbé de Saint-Jeand'Angély de 1530 à 1540, qui devait appartenir à la famille du seigneur de Hibernent. Joachim de Chaumont s'intitulait seigneur de Hibernent, Mornay, Bignay, Cherves, La Roissetée, La Crestenière et des neuf dixièmes de la baronnie du Cluzçau; il était catholique, et, lorsque les moines dominicains furent chassés de Saint-Jean-d'Angéty, en 1568, Nicolas Grassiot, leur sousprieur, trouva un asile au château de Bignay il fut nommé leur syndic par tes religieux, et put, grâce à la haute protection de son hôte, sauvegarder dans une certaine mesure, Ics intérêts de son couvent il fut pourvu du prieuré de Bignay, et y mourut en 1596. Joachim de Chaumont avait épousé Renée de Polignac. Dans son testament qu'il fit à Bignay, le 14 octobre 1C09, il déclara vouloir être inhumé dans l'église de Bignay, laquelle il lègue une somme de cinquante livres pour la réfection des voûtes; il ne mourut cependant que quelques années plus tard. Il laissa deux fils et deux fuies': Aimery de Chaumont, t'aïné, seigneur de Ribemont-Mornay, qui épousa, suivant contrat.du 16 février 160t, Françoise du Grenier; Joachim, qui fut seigneur de Cherves et La Roisselée; Catherine, mariée à François du Plessis, chevalier, gentilhomme de la chambre du roi, gouverneur de la ville et du château de Châteaudun; Jeanne, qui épousa Jean Audouin, écuyer, seigneur des Brousses.

1. Le petit hameau du Cluzeau, dans la paroisse de Mazeray, était le siège d'une chatetlenie importante, réunie dès la fin du XIIIe siècle à celle de Taitlebourg, comme l'établit l'aveu rendu, en 1284, par le seigneur de Taillebourg a Odon, abbé de Saint-Jean-d'Angéty, de qui relevait le Cluzeau (~'MOM'e imprimé pour les moines bénédictins de Sai~at-Jean-d'A~agéL~ contre messire Hubert-Henri de M)M~tC<MtS Pezé, leur abbé, sans date). D'aprèsMM 7ftt~<-H~W de CoM)'<<:ee! de Pe~, ~Mf ab6~, sans date). D'après Maichin (CowMK~aiM'e~ sur la coutume de ~atM~SM-AM~é~y, p. 278), la juridiction féodale de la châtettenie de Cluzeau s'étendait sur les paroisses d'Asnières, Mazeray, Fenioux, Bignay, Ternant et Voissay. Lors de l'acquisisition de la terre et seigneurie de Rochefort par Guittaumc de Parthenay, en l'an 1300, indépendamment des 4000 livres que s'engageait à payer l'acquéreur, il fut stipulé, au profit de Yolande de Rochefort, femme de Pierre Bouchard,seigneurde,Cornefol, une rente de 570 livres hypothéquée sur la terre du Cluzeau. Le Gallia mentionne l'hommage rendu, en 1380, par Louis de Parthenay à Géraud d'Orfeuille, abbé de Saint-Jean-d'Angéty, pour. la, seigneurie du Cluzeau, t. II, col. 1105. Un acte du 5 juin 1385 partagea le Cluzeau entre Jeanne de Beaumont, seconde femme de Louis de Parthenay, et


Florizel d'Abillon, seigneur de Poursay 1 et de la dixième

ses enfants. A la suite de ce partage, Jean Larchevêque (alias Louis If) rendit hommage a Géraud d'Orfeuille, pour sa terre du Cluzeau, et de même Louis, duc d'Aquitaine, comme détenteur de Taillebourg, alors réuni au domaine royal; en 1410; en 1415, Guy Larchevêque, comme parageur avec Berthelon, Jeanne et Pernelle, son frère et ses sœurs, rend hommage au roi, à cause de son château de Taillebourg, pour la moitié détenue par ceux de la seigneu- rie du Cluzeau.

En 1442, lorsque Charles VII disposa du comté de Taillebourg en faveur de Prégent de Coëlivy, la terre du Cluzeau fut également comprise dans la donation. Les seigneurs de Taillebourg !'a!iénèrent vers la fin du XV" siècle, mais pour neuf dixièmes seulement, le dernier dixième retenu conservant sur le reste la prééminence féodale. Le 5 juin 1490, Olivier' Mérichon, à cause de Louise du Bellay, sa femme (Voir sur la famille du Bellay Archives his<o'~Me~ de ~a!'M<o~~ et d'Aunis, t. I* p. 320, note), rend hommage au seigneur de Taillebourg pour les neuf dixièmes de la terre du Cluzeau et pour la seigneurie de Bignay. En t506, René du Bellay rend le même hommage. François du Bellay, son fils, échangea la seigneurie du Cluzeau et celle de Bignay, le 13 avril 1537, avec Françoise Canyot, dame de Montmorency, pour d'autres fiefs situés dans la mouvance de Taillebourg (Memot~ précité). Dans la seconde moitié du XVI" siècle, Joachim de Chaumont possédait les neuf dixièmes du Cluzeau et la seigneurie de Bignay, comme héritier et étant aux droits de René Canyot; il entama un long procès avec le seigneur de Taillebourg au sujet de la délimitation de leurs seigneuries respectives un arrêt du grand conseil du roi, du 12 septembre 1596, régla définitivement les droits en litige; mais dès le 14 février 1587, Charlotte de La Trémoille, princesse de Condé, avait cédé à Jean d'Abillon, seigneur de Beaufief, le dixième de la seigneurie du Cluzeau avec tous les droits et prérogatives qui y étaient attachés. C'est à Florizel d'Abillon, fils de ce dernier, qu'est rendu l'hommage transcrit ci-dessus.

1. Florizel d'Abillon était fils de Jean d'Abillon, écuyer, seigneur de Beaufief en 1582, et de AJarie du Bois; il épousa en premières noces Anne Ancelin, et en secondes Léa de Beaucorps, qui était veuve en 1622; il avait exercé un commandement en 1621, pendant le siège de Saint-Jean-d'Angély, et laissa trois enfants Jean, marié à Elisabeth Guérin, qui céda à son frère Josué tous ses droits dans la seigneurie de Beaufief; Josué, et Florizel d'Abillon. Jean d'Abillon vendit, le 14 mai 1627, la dixième partie de la seigneurie du Cluzeau à Aimery de Chaumont, n)s a!né de Joachim, dont nous avons déjà parié. 'Ce dernier réunit alors les deux terres de Cluzeau et de Bignay, bien qu'elles eussent des mouvances différentes, sous le nom du baronnie du Ouzeau-Bignay, et cette dénomination fut conservée jusqu'à la révolution. Aimery de Chaumont, seigneur de Ribemont-Mornay et


partie de ladite chastellenie et baronnie du Cluzeau, et à cause d'icelle à foy et hommage lige et au debvoir d'une florence d'or du prix de trente sols tournoys, pour tout rachapt à mutation de seigneur les chosee qui s'ensuivent c'est à sçavoir dès le pont Perrin, à Sainct-Jehan-d'Angéty, jusques aux foussés de Mazeray, sy comme s'estant au long, 'regardant vers la vieille chaussée de l'ung chef, et de l'autre vers Chandollent, et aussy regardant et empliant vers la rivière deBouthonne, que nous advouons et tenons et sans en ce comprendre la dixième partye de la chastellenie du Cluzeau, demeurant en partage à mondict seigneur sur laquelle dixième partye nous est dhu, par chascun an, cinquante sols tournoys de rente, et aussy sans comprendre les biains qui appartiennent à mondict seigneur. Item, advoue tenir et tiens la tierce partye des vantes et honneurs de la ville de Saint-Jehan-d'Angély et de la paroisse dudict lieu et des aultres lieux desquels se doibt payer vanthes. Item, le boy-

du Cluzeau-Bignay, n'eut de Louise du Grenier, sa femme, qu'une fille, Eléonore, mariée à Jacques Le Coigneux, chevalier, seigneur de Lierville et marquis de BeUbre, président à mortier au parlement de Paris; il était frère du célèbre épicurien Bachaumont. Madame Le Coigneux était veuve en 1654. Gabriel Le Coigneux, son fils, marquis de Betâbre et seigneur de Morfontaine, afferma la seigneurie du Cluzeau-Bignay par bai)' du 12 avril 1697, moyennant 2330 livres 10 sols il vendit la baronnie du Cluzeau-Bignay, le 19 novembre 1726, à Joseph de Bonnegens, lieutenant général de la sénéchaussée, dont le fils Joseph, aussi lieutenant général, mourut en 1780 sans laisser de postérité.. o

1. Le pont Perrin, aussi appelé pont Saint-Jacques du nom du prieuré voisin, est indiqué dans les aveux et dénombrements de Taillebourg -comme formant ['extrême limite de ta juridiction féodale de ce comté «jusqu'au pont Perrin, près la ville de Saint-Jean-d'Angéty, où est le coup de l'espéè et au pillier dudict pont les armes dudiet Taillebourg engravées en la pierre. f LEMAMÉ, Je)tom&MM<K< ~'<tM.c~H. comté ~ë Taillebourg; Saint-Jean-d'Angéty, 1879).

2. Le 17 janvier 1604 (acte Sureau, notaire royal,) Joachim de Chaumont, afferme les eaux et pêcheries du Cluzeau qui s'étendent despuis le pont de Saint-Jacques de la ville de Saint-Jean-d'Angély jusqu'au pas du Peyrot. Cette ferme était consentie moyennant vingt quatre-livres et cent carpeaux.


ceau et les droits d'iceluy que tiennent à préseut en ladicte ville pour le mesurage et au minaige de Saint-Jean-d'Angéty, les sieurs de Bessé et de Montroy, lesquels droits sont tenus de nous à hommage. Item, l'hommage que nous faict et doibt faire le sieur de Surgères de sa terre et appartenance de Miossay appelée La Vergne, et l'alleu de Sainct-

1. Le minage était le droit perçu sur les céréales et autres denrées qui se vendaient à la mesure les foires et marchés ne pouvant s'établir que par concession royale, il s'ensuivait que généràfement les droits dé minage étaient perçus au nom du roi. A Saint-Jean-d'Angély, par exception, ce droit constituait une propriété particulière ayant le titre de fief, et relevant de la châtellénie du Cluzeau, au devoir d'un gros blanc apprécié douze deniers. Parmi les droits concédés à l'abbé de Saint-Jean-d'Angé)y par la comtesse Agnès, dans la charte de l'an 1030 (Voir Gallia c/M-M<MMM, t. !I, instrum., col. 467) les droits de minage et de fournage se trouvent mentionnés, mais, est-il dit, « eu égard au peu de revenu de t'abbaye et pour tenir lieu de subsides dus suivant la coutume (procuratio consuetudinaria), le droit de minage continuera à être perçu au profit du duc d'Aquitaine. » Plus tard, au temps où la forme féodale s'imposa a toutes les conventions, ie droit de minage fut érigé en fief. Comment dépendait-i) de )a seigneurie du C!uzeau? Cette seigneurie, dès le XIIIe siècle, et probablement bien antérieurement, faisait partie de la châtellenie de TaiHebourg; peut-être les seigneurs de Taillebourg recevaient-ils cet hommage comme le tenant des comtes de la Marche, héritiers eux-mêmes des ducs d'Aquitaine. En 1354, P. Chéronneau, en possession du minage, l'arrenta avec d'autres biens a Pierre Fradin, moyennant 32 livres 10 sols de rente, rachetable moyennant MO écus d'or (Arcliives de SaM!<a;M-?~é~y, HH 12). Un descendant de cet acquéreur, Pierre Fradin, rend hommage au seigneur du Cluzeau pour le fief du minage, le 28 mai H32. Ambroise Fradin rend le même hommage, le 10 juin 1536, et après lui Pierre Fradin, sieur de Bessé, le 11 septembre 1600 le fils de ce dernier, Jean Fradin, sieur de Bessé, et Marguerite Fradin, sa sceur, mariée à Gédéon du Vergier, sieur de La Roche-Montroy, détenaient le fief du minage à la date de l'hommage transcrit ci-dessus.

2. Le lundi après la Saint-Martin de l'an de grâce 1285, Hugues, sire de Surgères, et Guillaume Maingot, cèdent à Bernard de Marteaux, bourgeois de la ville de Saint-Jean-d'Angéfy, pour lui tenir lieu du tiers de la rente de 60 livres autrefois constituée au profit de Létice de Surgères par Guillaume Maingot, son frère, lors de son mariage avec Arnaud d'Amb)evit)e, « partie de notre fief de illiossay. C'est assavoir entre le plantis et l'aiguille du Pin, par ainsi comme ledit plantis et ladite aiguille du Pin sont enfermés, et assis entre le chemin par lequel on va de Saint-Jean-d'Angéiy envers Landes d'un des


Phélix 1. Item, l'hommage que nous faict et doibt faire le sieur de Migré de sa terre et appartenances de Migré. Item le fief appelé Fief-Brung, 3 avec ses droits et appartenan-

chefs, et le fief qui fut de feu Jean Plaint, chevalier, lequel fief est appelé Champ-Gouand. sauve et exceptée la haute justièe. o (AfcAtCM SaintJean-d'Angély, LL3; communication de M. Saudeau). Bernard de Marteaux donna son nom à La Touche-Marteaux, l'une des terres les plus considérables de la paroisse de Miossay. Plusieurs prieurs de Saint-Martin de Miossay, entre autres Sébastien Couzin en 1618, et Christophe de Beauchesne en 1640, avaient le titre d'archiprêtres de Saint-Jean-d'Angély. Le Bernard de Marteaux mentionné ci-dessus est sans doute le père de Guy de Marteaux, <t inter Angeriaci benefactores nominatissimus », dit le Gallia; il mourut en 1340, et lesbénédictins et les franciscains se disputèrent l'honneur de posséder sa sépulture. 1. En 1217, un chapelain de Saint-Félix, ayant pris parti pour le seigneur de Surgéres, fut excommunié par l'évoque de Saintes à la suite de son différend avecles templiers de LaRochelle, etdut faire amende honorable (Ms. de D. FoM<ewe<tw, t. XXVII ter, p. 249). Il s'agit sans doute ici du chapelain de Saint-Blaise-des-Hermes car en Saint-Félix le prieuré-cure de cette paroisse dépendait de l'office d'infirmier de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. La maison de Surgères possédait en Saint-Félix la seigneurie de Bougraine ou La Bougraine, qui est affermée, en 1696, 750 livres par Alphonse de Maniban, président des aides de Guyenne, comme mari d'Hélène de La Rochefoucauld, et en outre, un tiers du fief appelé le fief parçonnier, qui est peut-être l'alleu indiqué dans notre hommage. Ce fief était indivis, en 1626, entre Hétène de Fontsèque, dame de Surgères, veuve d'Isaac de La Rochefoucauld, seigneur baron de Montendre et de Montguyon, Pierre Pinaud, sieur des Guilloteaux, Jacques Razin, écuyer, sieur de La Barauderie, et plusieurs autres; l'hommage était dû à madame de Montendre.

2. Migré aussi faisait anciennement partie de la baronnie de Surgères. Hugues de Surgères, second fils de Guillaume Maingot et de Sedile de Chevreuse, reçut en partage, l'an 1287, les seigneuries de Cherves et de Migré. Voyez Vialard, Histoire de la maison de Surgères, et Notice comHMttM de Migré, par MM. Baril et Vinet, dans le BM!Mtm de la société historique et scte)t<tte de SMM<-J~<m-d'~)~e~, 1866:

3. Le manoir du seigneur de Fief-Brun, ou plutôt des Fiefs-Bruns, car il y avait le grand et le petit Fief-Brun, était situé à Saint-Jean-d'Angély, c( dans la rue qui conduit des bancs à la partie de Niort » les terres composant la seigneurie s'étendaient sur la droite de la route de La Rochelle jusqu'au carrefour appelé de La Croix-Rouge. Jean de Cumont, maire de Saint-Jeand'Angély en 1526, portait le titre de seigneur de Fief-Brun il eut pour suc. cesseurs Christophe, maire en 1537, marié à Françoise d'Aguesseau,; Olivier


ces. Item le fief de Beaupuy 1 avec ses appartenances et despendances l'hommage que nous doibt payer le sieur d'Aubeterre pour sa terre et appartenances de La Mallevautt~ et Saint-Martin de La Coudre. Item, toutes les vigue-

de Cumont, maire en 1560 et 1561, marié à Mathurine Tesseron. Son fils Bené de Cumont, seigneur de La Guillotière, en Poitou, porta aussi le titre de Fief-Brun, dont il ne possédait qu'une partie, le surplus ayant été attribué à sa soeur. Hetène, fille de René de Cumont, apporta la seigneurie de FiefBrun à son cousin, Louis de Cumsnt, seigneur de Puymarteau, qu'elle épousa vers 1605. Nous trouvons encore, en 1665, Louis de Cumont, fils du précédent, seigneur de Fief-Brun; il demeurait à Paizay-le-Chapt. En dernier lieu la seigneurie de Fief-Brun appartenait à François-Jacques Guillonnet de Merville, juge de l'abbaye, marié a Françoise de Bonnegens. Son fils, Louis-François, est l'auteur des Recherches topographiques et historiques sur Saint-,Jean-d'Anpély.

1. Le fief de Beaupuy comprenait toutes les terres situées entre le vifiage de La Jallet et les « fossés de La Fayone. » A la fin du XHIe siècle, Arnaud d'Ambleville obtint de son beau-frère, Maingot de Surgéres, en représentation des droits héréditaires de Létice de Surgères, sa femme, les deux fiefs de Beaupuy et de Miossay qu'il vendit à Bernard de Marteaux (Archives de SaM~-y~M-M~ LL. 3). Au commencement du XVH" siècle, la seigneurie de Beaupuy appartenait à ftenys Boursorei))e, d'une famille de i'échevinage de Saint-Jean-d'Angéiy. Plus tard, Paul Fé, fils de Jean Fé, seigneur d'Orioux, président en l'élection de Saint-Jean, était aussi seigneur de Beaupuy (<686). Nous trouvons enfin, au XVm" siècle, Paul du Bousquet d'Argence, ancien garde du corps du roi, seigneur de Beaupuy; il avait épousé Marie-Thérèse Robert et tenait ce fief d'Anne-Françoise Fé, sa grand-mère, mariée en 1690 à Pierre du Bousquet d'Argence. 2. On voit au, village de La Maffevauft, en la commune de Saint-Martin de La Coudre, un tertre ou butte féodale, était probablement anciennement édifié le château de ce nom qui fut vers la fin du XVe siècle remplacé par celui df Saint-Martin de La Coudre, récemment démoti. La Ma])evau)t était la plus importante seigneurie du canton de Loulay; elle s'étendait sur les paroisses, de SaintMartin, Dernay, Saint-Félix, Migré, Lozay, Landes et La tienate. Sénégonde, dame de La MaXevauit (domina castri Mareva))i), n) doa aux moines de Saint-Jeand'Angély de ce qu'elle possédait à Essouvert elle se retira ensuite dans une petite maison voisim de l'abbaye, et vécut des aumônes qu'elle y recevait. Aimery, un.de ses enfants, qui avait épousé Aloïse, fille de Hugues de Surgères, voulut attaquer la donation faite par sa mère; mais it se laissa vaincre sans doute par les armes spirituelles de l'abbé; lui et son frère Hugues prirent tous deux le froc et furent enterrés auprès de leur mère. (Dom Estiennot, ~M<~M!7< ~tc~Mt~ ~MHC<OM~MM,f'' 2'77). Au XVe siècle, La Mal-


ries que nous avons dans la ville de Saint-Jehan et ailleurs

levaut appartenait à Louis Bouchard, fils de Savary Bouchard, seigneur d'Aubeterre, etde Marguerite de Montberon; il rendit hommage, le 4 mars 1469, à Olivier de Coëtivy, chevalier, seigneur de Taillebourg, Coëtivy, Royan et Mornac, à cause de sa châtellenie du Cluzeau, pour sa seigneurie de La Mallevault, tenue au devoir de deux marbotins d'or. Ce fut vraisemblablement Louis Bouchard, qui bâtit, près de l'église paroissiale, le château de SaintMartin de La Coudre. Parmi ses successeurs, nous pouvons citer François Bouchard (1550), mêlé aux troubles religieux qui agitèrent le pays à cette époque. I) est désigne parmi les gentilshommes condamnés à mort par le parlement de Bordeaux (arrêt du mois d'avril 1569) il périt assassiné dans sa maison par « nombrede gens incognus. s (Documentshistoriquessur laSaintongeet l'Aunis, par M. Marchegay, p. 143). Son fils, Jean Bouchard, épousa Françoise Hamon, fille de François Hamon, vice-amiral de Bretagne, et de Renée de Surgères. H laissa Josias Bouchard, seigneur de Saint-Martin de La Coudre etdcLaMaHevaud, marié, enl604,àJeanneduLyon,dame de Potonville, veuva dès l'année 1622, et Jeanne Bouchard, mariée en premières noces à Louis de La Bochefoucau)d, seigneur de Roissac, et en secondes noces à Charles de Bremond d'Ars. Ses enfants furent Louis Bouchard, seigneur de Saint-Martin en 1634, et Françoise Bouchard qui s'allia à Alphonse de Jousserand. Louis Bouchard de son mariage avec Catherine de Baudéan de Parabère ne laissa que trois filles; il était mort avant 1656. L'aînée, dame de Saint-Martin de La Coudre, épousa son cousin Louis Bouchard d'Esparbez de Lussan, marquis d'Aubeterre, sénéchal et gouverneur de l'Agenois et Condomois elle se nommait Dorothée, et était veuve en 1717. Sa sœur Anne s'unit à Jean de Narbonne, comte de Clermont. Charles-Louis-Henry Bouchard d'Esparbez de Lussan, fils de Dorothée Bouchard, était, en 1735, seigneur de Saint-Martin de La Coudre; il laissa Joseph-Henry Bouchard d'Esparbez de Lussan, dernier seigneur de Saint-Martin du nom de Bouchard. Né en 1714, mousquetaire a 16 ans, colonel à 24, blessé à la bataille de Dettingen en 1744 et la même année à l'attaque du Château-Dauphin, maréchal de camp en 1748, lieutenant généra) en 1758, conseiller d'état en 1767, chargé de plusieurs négociations importantes par Louis XY, ambassadeur à Vienne, à Madrid et à Borne, commandant en Bretagne l'an 1775, maréchal de France en 1783, il mourut à Paris en son hôtel, rue d'Artois-Saint-Eustache, en 1788, sans laisser de postérité de son mariage avec Rosalie de Scépeaux. La terre de Saint-Martin de La Coudre fut dévolue à son arriére-cousine, Marie-AnneFrançoise de Bourdeille, femme de Joseph-Laurent-Thomas-Raymond de Baderon-Thézan de Saint-Geniez. Renée de Rourdeille, seconde fille d'André de Bourdeille, avait épousé David Bouchard d'Aubeterre, sénéchal de Périgord, et leur fille Hippolyte, se maria à François d'Esparbez de Lussan, suivant contrat du 12 avpi{ 1S97.


ès environs et qui sont tenus de nous tant en ladite ville que dehors et au pays d'Aulnis. Lesquelles dites choses nous advouhons tenir de mondict seigneur avecques tous droits de chaste!, chastellenye, justice et jurisdiction haulte, moyenne et basse, le tout suivant la transaction fa-icte avecques les auteurs de mondict seigneur et l'arrêt donné au grand conseil du roy, le douziesme jour de septembre 4596.SM~M< *1 les formules ordinaires). Faict audict Saint-Jehan-d'AngéIy, le dixiesme jour de novembre mil six cent dix. JoACHiM DE CHAUMONT. SUREAU, notaire royal.

XI.

~6~ aoust. Adveu par Pierre Gombauld, seigneur de Rochemont, à Izaac de Beauchamps, seigneur de Bussac. Original ~wf~xïpMf dans les minutes de Robert. Communication de M. P.-B. Barraud, de Cognac. Sachent tous que je, Pierre Gombauld, conseiller et advocat du roy au siège présidial de Saintes, tiens et advoue tenir à foy et hommage avec serment de fidélité, au debvoir d'une paire de sonnettes d'esparvier appretiées à douze sols six deniers, à chascune mutation de seigneur et dame, de haut et puissant seigneur messire Izaac de Beauchamp, chevallier, seigneur de Bussac, Souvigné, Grandfief et autres places, mon fief, terre et seigneurie de Rochemont, autrement appellé La MétairieouMillettrie,avec droict de j ustice moyenne et basse, droict de fuye et garenne, de ventes et honneurs, cens, rentes, agrière et tous autres droicts portés et contenus en l'estendue de ma dicte seigneurie, laquelle se confronte et commence à la mothe ou costaud du Frilland, qui tient de monseigneur l'évesque du dict Saintes, auquel lieu il y a un pont ou arceau en pierre par lequel fluent en hiver les eaux du pré de LaCharlotterie, soubs le grand chemin d'Escoyeux, dans le fossé qui faict séparation de madicte seigneurie d'avec la dicte mothe ou costaud de Frilland, et du ressort de Saint-Jehan-d'AngéIy de celuy dudict Saintes, et d'icelle


dicte mothe ou costaud montant te long dudict grand chemin jusques au coing du bout de ma prise de bois appellée Les Cherbonnières, et dudict coing retournant et descendant jusques à l'autre coing dudict bout des Cherbonnières et delà montant en haut et suyvant le costé des dictes Cherbonnières jusques au grand chemin par lequel on va du bourg de Chapniers au port Berteau, où est un aultre coing des dites Cherbonnières, et d'illec allant au long dudict grand chemin jusques à un sentier qui conduict du bourg de Fontcouverte vers ladicte ville de Sainctes, et descendant par ledict sentier jusques à un fossé qui fait séparation d'un enclaud estant des appartenances de Haumont, que souloit tenir maistre Jehan Mordan, et à présent tient monseigneur messire Thomas Lebreton, seigneur des Ramades, d'avec le rendes des terres et vignes du lieu de La Grange et suyvant ledict fossé et celui de la combe qui sépare les bois du dict Haumont et ceux de ladicte Grange, jusques au sentier par où l'on va d'icelle dicte Grange à la fontaine appellée Fontrigaud, et tirant le long dudict sentier et oultrepassant la dicte fontaine jusques à un aultre sentier estant à gauche par lequel ceux du village de La Grève et aultres vont puiser l'eau à icelle dicte fontaine; et allant par ledict sentier et se rendant à ladicte mothe ou costaud de Frilland et iceux suyvant ainsi qu'aboutissent les terres dudict seigneur des Ramades, estant de la prise de La Pichauderie et dudict ressort de Sainctes, jusques au fossé du mas de terre appellé le Lumignon, que j'ay nouvellement donné à planter en vignes, et tirant le long dudict fossé, et d'un autre qui est au bout d'iceluy jusques audict grand chemin que l'on va de Sainctes à Ecoyeux; en et audedans les.quelles mothes et confrontations est ma maison noble et hébergement d'icelle avec ses appartenances de grange, treuil et autres bastiments, quéreux, jardins, vignes, bois de haute futaye, taillis et terres labourables, le tout tenu par moy en propre et domaine.. Comme aussi pareillement y est compris ledict mas ou fief


du Lumignon, enfermé de fossés, contenant neuf journaux un quart ou environ, confrontant d'un costé à la dicte mothe ou costaud de Frilland, d'aultre costé au chemin par lequel on va de madicte maison noble à la dicte Fontrigaud, d'un bout à la terre que tient de moy ledict seigneur des Ramades audict lieu de La Pichaudrie, et d'aultre bout à ma terre de La Pierrière, autrement Fourneau-Millet, sur lequel mas ou fief j'ay droict de prandre le huictain'des fruicts y croissant et quatre daindes de rente pour chascun journaut. Plus tiennent Daniel, Samuel et aultres Bardins, enfans de feu Jehan, un quartier de bois taillis au dedans de madicte seigneurie, pour lequel ils me payent douze deniers de rente par chascun an, et sont aussy destenteurs audict lieu avec Denis Bardin, leur oncle, d'un demi quartier de bois taillis, pour rayson duquel ils me payent six deniers de -rente annuellement. Plus tient Daniel Farnoux, seigneur de SaintLot, deux quartiers de bois taillis au lieu de Dalvy, pour lequel il me doibt deux sols de rente par chascun an. Plus ont aussi Isaac Baudouin, Jehan Flandrin, et les héritiers feu messire François Guibert, un quartier de bois taillis, dont ils me payent annuellement douze deniers de rente. Plus tiennent audict lieu Anthoine Pineau et Clément Landay deux .quartiers de bois taillis, et me payent pour icyeux deux solds de rente par chascun an. Plus est détenteur Samuel Sebille de deux aultres quartiers de bois taillis scitués contre mondict bois de haute futaye, pour lesquels il me paye deux solds de rente annuelle. Item, est scituée dans madicte seigneurie, près la dicte Fonrigaud, la mayson de La Pichaudrie avec ses appartenances, tenant d'un bout à mon dict fief de Lumignon et aux bois taillis qui sont de mondict domaine, d'autre bout au chemin par lequel ceux de la Grève et aultres vont à la dicte Fonrigaud, d'un costé à la dicte prise de La Grange, et d'aultre costé à ladicte mothe ou. costaud de Frilland, pour raison des quelles maisons et ses appartenances ledict sieur des Ramades me doibt par chasc.un an vingt


huit solds, un chappon et un boisseau avoine, mesure de Taillebourg. Plus sont en et au dedans de madicte seigneurie les maisons et bastiments de ladicte Grange avec leurs appartenances de jardins, vignes, terres labourables, bois de haute fustaye, taillis et aultres, confrontant d'un bout à madite prize des Cherbonnières, d'aultre bout aux terres et bois de haute fustaye dudict lieu de Hautmont, ainsi que vont les fossés et sentier qui font séparation desdicts lieux et prises jusques à ladicte Fonrigaud, d'un costé au mas de terre ou fief vulgairement appelé le Chardil, le grand chemin entre deux, par lequel on va de Chapniers au port Berteau, et d'autre costé aux terres et bois dudict sieur des Ramades, scis audict Mea de La Pichaudrie, et ainsy que vont.les laisses communes desdicts bois taillis de mon domaine jusques à ma terre du costaud des Fenestres, et suyvant icelle jusques au fossé commun qui faict séparation de madicte terre et celle des hoirs de feu Christofle Robillard, escuyer, sieur de Champaigne, estant de ladicte prise et tirant le long dudict fossé jusques au chemin par lequel on va de madicte maison noble aux maisons de La Grange et à mondict fief de Chardil; et dudict chemin allant le long du bout de mondict bois de haute fustaye et de mon taillis des Fenestres jusques au coing de madicte prise des Cherbonnières, sur lesquelles dictes maisons de La Grange et leursdictes appartenances j'ay droict de prandre et avoir par chascun an, à chacune feste de npël, six livres tournois de rente, quatre boisseaux de froment, quatre boisseaux avoine, mesure de Taillebourg, huict chappons. Item, recognois et advoue tenir près du dict seigneur, soubs lesdicts foy, hommage et debvoir, ledict mas ou fief du Chardil planté en vignes et renfermé de fossés, et outre un pied de terre en dehors d'iceux pour aller autour dudict fief, contenant trente journaux ou environ, tenant d'un bout aux terres de Jacques Chambert, d'autre bout audict chemin ou sentier par lequel on va dudict bourg de Fontcouverte vers ladicte ville de Sainctes, d'un costé au


grand chemin que l'on va dudict Chapniers au port Berteau, et d'autre costé aux terres de Laurens Chaigneau, Marie Combert, la vefve feu Mathurin R ouhaut et autres, vers lequel costé et hors le fossé d'icëluy est un petit pré ou mothe contenant demi journaut ou environ, faisant parti des dicts trente journaux pour lequel pré me sont deus par damoiselle Gabrielle Chevalleau, femme du sieur de Vileboux au lieu de feu Marsaud Martin et Jérosme Daniaud, cinq solds et deux chappons de rente annuelle à chascune feste de Noël, sur lequel mas ou fief du Chardil, fors un journaut qui m'est propre et particulier, j'ay aussi droict de prendre le huitain des fruicts y provenant avec quatre deniers de cens sur chascun journaut par chacune année. Item, advoue tenir en domaine dudict seigneur soubs les mesmes foy, hommage et debvoir, deux quartiers de pré en la rivière dudict Bussac, tenant l'un desdicts quartiers d'un costé au pré des Adoutures, et d'autre costé au long des prés des Cuillers, d'un bout au. et d'autre bout à la prise des Bacheliers. L'autre quartier appellé le Maràis tient des deux costés et d'un bout à la prise et terres labourables des Chobelets et au pré de Thomas de Lavergne, masson, et de l'autre bout aux prés de la grande rivière de Bussac. Item, je recognois tenir dudict seigneur madicte prise des Cherbonnières, contenant quatre vingt dix neuf journaux de bois taillis ou environ, renfermée de fossés, confrontant d'un costé au grand chemin par lequel on va de ladicte ville de Saintes à Ecoyeux, d'autre côté à la dicte prise de La Grange, d'un bout audict chemin que l'on va de Chapniers au port Berteau, et d'autre bout aux terres et bois de madicte- seigneurie de Bochemont, et pour laquelle prise des Cherbonnières j'ay accoutumé payer à la recepte dudit seigneur soixante solds annuellement à chascune feste de noël. Suppliant ledict seigneur que, si je tiens aucunes autres choses ou doibve tenir de luy qui ne soyent compris en mon présent dénombrement et déclaration, qu'il luy plaise m'informer et instruire, attendu que je suis nou-


veau acquereur, par criée et décret, de toutes les choses sus désignées et comportées, sans que lors ni despuis mon acquisition j'aye peu m'éclairer de aucun dénombrement ni aultres tiltres oultre le dict droict, protestant d'accomplir tout ce que je debvray et en quoy je pourray estre tenu et d'accroistre, corriger et diminuer, spécifier et déclarer plus à plein mon présent adveu, dénombrement et déclaration; en tesmoing de quoy j'ay rendu et baillé au dict seigneur cestui mondict présent dénombrement et déclaration, dont j'ay retenu devers moy une coppie signée de'ma main et icelle fait signer à ma requeste au notaire royal soubsigné, à Sainctes, ce onziesme jour d'aoust mil six cent douze avant midi; présents tesmoings à ce requis et appelés David Geoffroy et Pierre Pechillon, clercs, demeurant au dict Saintes.

GûMBAULD. GEOFFROYS. GEOFFROY. PECHILLON. ROBERT, notaire royal et Sà.intes, à la requeste dudit Gombaud. XM.

20 juillet ~659. Aveu et dénombrement du fief de La Rue-Franche, à Saint-Jean-d'Angély, rendu au seigneur abbé par Antoine Horric, sieur de La Vallade. Minutes de Paul .Dw~o~, notaire royal, e~ l'étude de M< 6'<!Mtreau. Communication de M. Denys d'Aussy..

Sachent tous présents et advenir que Anthoine Horric, escuier, sieur de La Vallade et de la terre et seigneurie de La Rue-Franche 1, demeurant en sa maison de La Vallade,

1. La Rue-Franche, qu'on appelait aussi Saint-Martin de la Rue-Franche, ou la prévôté de la Rue-Franche, était un fief dont l'origine se confondait presque avec celle de la ville de Saint-Jean-d'Angély. Dans )a charte donnée par la comtesse Agnès vers l'an 1030 (Gallia christiana, t. H, 7M~Mm., col. 467), après l'énumération des concessions faites au seigneur abbé, il est dit « In hac immunitate sunt etiam illi duo vici, intra burgum Sancti Johannis, quorum unus vocatur rua Alerici, alter rua episcopalis. » Ainsi antérieurement à l'établissement du pouvoir féodal de l'abbé, les deux rues d'Aleric et de l'Evêque jouissaient de certaines immunités que la charte leur con-


paroisse de Courbillac, en Angoumois, confesse et advoue

serve. Jusqu'à la fin duXVIe siècle, ces deux rues gardèrent leur dénomination plus ou moins altérée. Lorsque, après le premier siège (1569), on rétablit les fortifications du nord de la ville, qui avaient été principalement endommagées, la rue d'Aleric ou d'A)ery changea son nom pour celui de rue de la Tour-Ronde, qu'elle porte encore, et le nom d'Alery ne fut plus donné qu'à « une petite venelle » se dirigeant vers la porte de Parthenay. Quant à la « rua episcopalis, nous la retrouvons dans la rue Bécot ou Béquaud (episcopi, pescop, bescop, bescot), qui conduisait de la place de t'OrmeVert aux murailles de la ville; une autre petite rue, qui se dirigeait de la même place à )a Tour-Carrée, était dénommée rue Saint-Martin, et nous donne l'explication de cette adjonction du nom de Saint-Martin à celui de la Rue-Franche. Les revenus des seigneurs de la Rue-Franche consistaient principalement en rentes censives. On devait cependant leur payer anciennement des redevances en nature, puisque dans un acte (5 janvier 1610) de Sureau, notaire royal, on parle des « mazures soulloit estre )e treuil des anciens seigneurs de la Rue-Franche, s La construction de l'enceinte fortifiée et surtout celle de la Tour-Ronde et des retranchements qui l'accompagnaient, diminuèrent l'importance de )a seigneurie, comme l'établissent plusieurs actes dans lesquels les tenanciers réclament la remise ou la modération des rentes par eux dues. Le manoir de la Rue-Franche ouvrait dans la rue Béquaud il était entouré dé vastes jardins qui s'étendaient jusqu'à la porte de Niort. Au XVe siècle, le fief de la Rue-Franche était déjà divisé; Ambroise et Pierre Fradin, seigneurs en partie de la Rue-Franche, transigent avec t'abbé de Saint-Jean-d'Angély, au sujet d'une rente due sur une maison et un verger compris dans la juridiction de la Rue-Franche. Les plus anciens détenteurs de ce fief n'étaient pas cependant de la famille des Fradin car ce sont les héritiers de Pierre Brung, maire de Saint-Jean-d'Angéty en 1528 et 1530, qui sont seigneurs chemiers de ce fief, dont leur auteur portait le nom. A la fin du XVfe siècle, Marguerite Fradin demeura seule propriétaire des deux tiers de la Rue-Franche qu'elle vendit à Pierre Martin, avocat en la sénéchaussée, par acte de Sureau,du 5janvier 1610, le dernier tiers de ce fief « estant en commung avec damoyselle Mathurine Brung, à laquelle appartient l'autre tiers, estant lesdits deux tiers tenus d'elle à foy et hommage, et laquelle damoyselle Brung rend la foy et hommage de tout le fief au seigneur abbé de cette ville. f Mathurine Brung, qui descendait évidemment de Pierre Brung, seigneur de la Rue-Franche en 1528, était alors veuve d'Anthoine Horric, seigneur de La Courade, en Courbillac un de ses enfants fut tué pendant le siège de 1621. En 1625, nous trouvons le fief de la Rue-Franche en la possession de Jeanne et Elisabeth Horric; c'est probablement leur. neveu Antoine Horric, qui rend l'hommage ci-dessus transcrit. La seigneurie de la Rue-Franche passa ensuite par alliance à la famille des Saint-Orens, seigneurs


tenir de messire Valcntin de Peigner de Drouhet, conseiller et aumosnier ordinaire du roy, abbé commandataire des abbayes de Saint-Sauveur de l'Estoile, de Sainte-Marie-Magdeleine de Chasteaudun et de Saint-Jean-d'AngéIy, prieur et baron de Saint-Nicolas des Costeaux 1, à foy et hommage tige, à cinq sols de debvoir payables à muance de seigneur et d'homme, les choses qui s'ensuivent Sçavoir la prévosté et jurisdiction de la.Rue-Franche, assise en la ville de SaintJean-d'Angéiy, avec tous les dhomaines qui en despendent, que nos debvanciers y avoient et que autres tiennent de nous, avec l'exercice de juridiction et tous les profits de ladite Rue-Franche, et ainsy que nos prédécesseurs ont accoustumé d'uzer et exercer; de laquelle les confrontations s'ensuivent. Premièrement, tient d'une part aux mazuraux, appelés la Pelletrie du roy, vers la porte de Niort, du costé des murailles de la ville, redescend en là grand'rue jusqu'au puits

de Cressé. En 1750, Etienne de Saint-Orens prenait le titre de seigneur de la prévôté de la Rue-branche. Les biens de. sa succession furent partagés entre ses enfants suivant acte de Durouzeau, le 27 octobre 1766. La seigneurie de la Hue-Franche, avec l'ancien logis qui en dépendait, fut attribuée à MarieLuce de Saint-Orens, mariée à Jacques-Marie Malvaud de Vaumorand, aidemajor des armées nava)es. Les deux tiers de la seigneurie de la Rue-Frant'he acquis en 1610 par l'avocat Pierre Martin, passèrent, après lui, à Suzanne Martin,'sa fille par son testament du 30 mars 1686, Suzanne Martin légua ses droits dans le fief de la Itue-Fraiielie à sa cousine germaine, Marie-Anne Maichin, fille dé l'auteur de l'Histoire de Saintonge. Cette dernière épousa Rochier des Vallées, seigneur du Boucheau en Néré leur tits, Gabriel Rochier, marié, suivant contrat du 7 mai 1731, à Marie de Chastenet de La Ferrière, prit, comme son père, le titre de seigneur de la Rue-Franche il figure sous cette dénomination au ban de la noblesse convoqué en 1758. Il mourut, le 23 décembre 1767, à l'àge de 62 ans. En 1789, Marie-Jeanne de La Laurencie, veuve de Denys Aubert, seigneur de Courcerac, s'intitulait dame de la Rue-Franche; elle était, par Bénigne Maichin, sa grand'mère, arrière petite-nièce de M'"s Rochier des Vallées.

1. Valentin de Regnier de Droué de Boisseleau fut nommé abbé de SaintJean-d'Angéty en 1658; il prit possession de son abbaye en 1662, et mourut en 168). Gallia christiana, t. IL col. 1108.

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et maison de deffunt maistre Françoys Bonneau, quand vivoit chanoyne de Nostre-Dame des HaHes, et despuys occupée par Françoys Mathé, sieur de La Sausaye 1, et à prezent possédée par Jacques Bazotteau, charpentier;. et va tout le long de ladite grand'ruhejusqu'àune petit ruhe qu'on appelle rue des Babouins~, qui va droit à la grand'place de la RueFranche~ et à la maison du sieur du Breuil-Bastard 4, qui soulloit estre au sieur de Bessé 5 et ce prezent possédée par damoyselle Marguerite Martin, et s'en monte par une petite ruhe qui va droit au puits des halles du roy, qui joint la maison qui appartient à prezent aux enfants de Paul Dugrot, notaire royal, et de là s'en va emprès du temple de NostreDame des Halles à prezent r uyné et à une place renfermée de murailles, estant ladite place possédée par MM. de la-

1. François Mathé, sieur de La Sausaye, maire de Saint-Jean-d'Angéiy en 1586, laissa trois enfants de son mariage avec Françoise Lascaux Jean, écuyer, seigneur de La Sausaye en Saint-Denys-du-Pin, marié à Sylvie de Beauchamps il fut gouverneur de Taillebourg pour le duc de Rohan (Massiou, Hist. de la SsM< t. IV, p. 2)2); il ne vivait plus en d624; Jacques, son frère, portait le titre de sieur de La Martiniére. Jeanne, leur soeur, épousa Jean Pallet, écuyer, premier médecin du prince de Condé.

2. La rue Maichin actuelle.

3. Laptacede l'Orme-Vert, anciennement de l'Houmeau.

4. Henri de Sirène, chevalier, seigneur de Laumon, Le Breuil-Bastard, Les Rivières, Beaupreau et Rioux en partit:.

5. C'était l'ancien manoir de la seigneurie de Bessé, appelé le VieuxBessé.

6. L'église de Notre-Dame des Halles avait été réunie à l'abbaye, avec celle de Saint-Pierre et de Saint-Bévérend, par t'abbé Olivir, en 1305; une bulle du pape Martin V confirma cette réunion, en l'année ~24. Elle occupait l'emplacement du palais de justice actuel, et fut complètement ruinée en 1568 par les protestants. Malgré sa réunion à la mense conventuelle, Notre-Dame des Halles forma, par la suite, un prieuré ayant un revenu distinct et indépendant de celui du monastère, et ses titulaires furent le plus souvent des prêtres sécutiers. Le 9 novembre 1741, Jean Augereau, curé de la paroisse des Touches-de-Périgny, prend possession du prieuré de Notre-Dame des Hai)es,« en face d'une maison où estoit autrefois l'image en pierre de NotreDame des Halles. » (Acte de Lhospital).


religion prétendue réformée; et s'en va tout droit au coing de la maison de feu Aguillard, boulanger, et s'en va le long d'une venelle appelée la ruhe Àlery, jusqu'à une porte qu'on nommait porte de Parthenay, à prezent ruynée; s'en va tout le long des muraillles aussy en ruynes de ladite ville jusqu'à la tour ronde, et de là jusqu'à une autre tour appelée tour carrée et à ladite pelletrie, près la porte de Niort. Et en laquelle. Ruhe-Franche je doibs et ont accoustumé mesdits prédécesseurs de congnoistre de tous et chascun desdits habitans de ladite Ruhe-Franche, de tous crismes comme de mes propres hommes et s'ils estoient pardevant autres juges prins et destenus, iceux dits avoir le renvoy à ma court et congnoissance;. item de tenir assize et avoir prizon et de congnoistre de tous caz c'est assavoir de meurtres, larrecins et autres caz criminels, et de punir et absoudre sy le caz le requiert, de bannir, rappeler oultre, essoriger les emprizonnés et questionnez, et ceux ou celles qui auront desservy de mort et seront demeurant en la ruhe, les rendre tous jugez au prévost du roy et prendre amendes jusqu'à soixante solzl; item de bailler toutes mezures tant bled, vin, huile, que autres choses mezurables et qu'il appartient mezurer, et de punir ceux et celles qui useront de fàusses mesures et de faire payer amendes ou amender, ainsi que le cas est requis; item de prendre et recepvoir les vanthes et

1. Le corps de ville, aussi bien que les magistrats du siège royal, était peu disposé à reconnaître la juridiction féodale des seigneurs de )a RueFranche en ce qui concernait les matières criminelles; aussi leurs prétentions, assez fondées du reste, amenèrent-elles souvent des connits. En 1611, le procureur de la commune s'opposa à ce que les officiers du fief de la RueFranche poursuivissent un crime commis dans l'étendue de leur ressort de même, en 1661, un individu accusé de meurtre sur l'un des tenanciers de la Rue-Franche, déclare formellement au magistrat qui l'interroge qu'il ne reconnaît pas sa juridiction et demande à être renvoyé devant les officiers du siège royal de la ville qui devaient connaître de tous les crimes commis à l'intérieur des remparts.


honneurs des maisons et choses vendues dans madite seigneurie item de prendre et demander quatre deniers pour chascune beste que l'on vend en ladite ruhe tant au jour des foires de Saint-Lucq que autres foires. Item, sy aulcun avoit commis aulcuns excès hors ladite ruhe franche et qu'il se puisse rendre en icelle, il peut estre demeurant franchement en ycelle comme dedans une église. Et toutes et chascune lesdites choses, je, ledit sieur de La Vallade, tiens et advoue tenir de mondit seigneur abbé sous la foy, hommage et debvoir susdit, o foy, salvation et protestation d'accroistre, amender, corriger et autrement déclarer en cestuy dict aveu ce que moing j'aurois faict, incontinent et sytost que sera venu à ma notice et le faire savoir à mondit seigneur, que s'il sçayt ou puisse sçavoir que, en mondit adveu j'ay trop ou moins mis que desjà, graces me en fayre sçavoir, et luy plaise m'adresser et adviser,- estant prest l'advouer tenir de luy et de le mettre en mon présent desnombrement, n'estant mon intention de surprendre sur mondit seigneur; et, en tesmoing desquelles choses je, ledit sieur Horric, en ay donné à mondit seigneur les présentes lettres doubles d'une mesme teneur d'ycelles signées de mon seing et du notaire royal soubsigné, juré en Xaintonge, ville et ressort dudit Saint-Jean-d'Angéiy à ma requête. Fait audit Saint-Jean le vingtième juillet mil six cent cinquante-neuf. ANTOINE HoRRic. DUGROT, notaire royal.

.Je soubsigné, greffier du moustier et abbaye de la présente ville de Saint-Jean-d'Angéiy, recongnois que Antoine Hor-

rie, escuyer, seigneur de La Vallade et de La Rue-Franche, m'a cejourd'huy mis entre mains coppie du desnombrement cy-dessus, suyvant et conformément à l'hommage par luy rendu de ladite seigneurie de La Rue-Franche, dont il m'a requis acte, que je luy ai octroyé pour luy valloir et servir ce que de rayson. Fait le seiziesme jour d'aoust mil six ce nt cinquante-neuf.

PûUPELAIN, commis ~M


XIII.

4666, 40 m<M~. Dénombrement de la baronniede Bourg-Charente, rendu par François Amanieu d'Atbret, comte de Miossans. Original sur parchemin appartenant à M. Maurice de Jarnac de G~fd~ Communication du M~NM.

A tous ceux quy les prezentes lettres verront et ouyront, nous messire François Amanius, d'Albret, chevallier, seigneur compte de Miossans, baron de Bourg-sur-Chérente, Ambleville et aultres plasse, recougnoissons, et confessons, et publiquement advouhons tenir du roy nostre sire, à cauze de son chastel de Coignac et Merpains, c'est assavoir nostre terre et barounye de Bourg-sur-Chérente, à cauze de dame Elizabeth de Pons, notre espouze, à laquelle il ~o<s ~M~~ en appartient le chasteau ~e~ et précloture dudict Bourg et dans le rezidu d'une moyt.ié l'authre moytié apartient à dame Boune de Pons, sœur puynée de nostre dicte espouze, les droitz et limittes de laquelle sont cy après spéciffiés plus empleman a savoir dès le fleuve de Charante de par l'on va en la goulle de La Trache et soubz Terrefeume jusqu'à l'angle du pré audesoulz dudict fleuve, suyvant le chemain quy est de notre seigneurie, lequel conduit du fleuve de Chérente au grand chemain que l'on va de Jarnac à Coignac, et là rencontre ledict chemain de Jarnac à Coignac, à une croix de piaire, et d'icelle croix va du long dudict chemain de Jarnac à Coignac, passant au long du bois et plantier du sieur de Sainct-Bris et jusques au chemain par où l'on va de Sainct-Bris à Nersillacq, passant au bout du fief de Bourg quy tient de nous et près le village de Chez-Guyard et de la mesterye dudict sieur de Sainct-Bris et va jusques à. la Levade. et dudict lieu va jusques au chemain de deux croix tenant aux vignes de Chaillotte et dudict lieu va jusques à la voix plublique par l'on va de Nersillac à Juillienne, et passe au long du fief de Saute-Bergère et dudict, lieu


va jusques aux hormes de Jullienne, et dudict lieu des hormes s'en va à la petite voix par où l'on va à la maladrie de Jarnac, et dudict lieu va à la prérye qui tient de nous,.et de la dicte prérye au chemin des piairière de Chassores qui va à Jarnac, et dudict chemain va jusque à ung santier par où l'on va à la fourche de Jarnac, et dudict lieu s'en va au chemain plublicq par où l'on va de Jarnac Linars, et dudict chemain s'en va au lieu appelé vèulgaireman LaVoix-Herbouze, aultremant le chemain quy sépare nostre grand fief de SauteCounil et lepetit fief de Saute-Counil, et de ladite voix à deux voix publique par où l'on va de ladicte maladrie de Jarnac à la rivière et prérye dudict lieu de Jarnac et Bourg, laquelle voix est jouste le pré Arbalestier de Jarnac, et dudit lieu s'en va au lieu appelé veulgàirement l'aubrai Chevillard, et dudict àubrai va au fleuve de la Charante, s'est assavoir au droit du lieu appelé veulgairemeni la geulle de Boisneau. Brasseaux de devers Jarnac, et dudict lieu s'en va le long dudict Boisneau jusque à l'autre geulle dudit Boisneau, quy est à la pair de Moulineuf et dudict Brasseau, maintenant fut comble et commance entre l'isle de Jehan Ranson et à celle de André Martineau dict Cadet, et sépare la prérye de Moulineuf d'avecq les isle Coupans, depuis lesdictes isle de Martineaù et Ranson jusques aux vieux moulins de Moulineuf, et dudict lieu s'en va le long du grand cours de Charente à l'eau de La Lesche, laquelle est tenant à l'eau de la Chérente au desus le pontait, et dudit lieu où joint l'eau de La Lesche à l'eau de la Chérente, s'an va au long et contenant de la dite eau de La Lesche du costé de Moulineuf, et va jusque aux hormes de La Fond, et desdites hormes de La Fond audesus le marais s'en va de la voix plublique que l'on va de Mainxe à Coignac au long du pré de Dumas, jusques à la croix SaintMaurisse, et dudict lieu s'en va le long du chemain que l'on va de Jarnac à Saint-Fort et jusques à la Croix-Ferade, et dudict chemain boisnier quy va de Boutheville à Gensacq jusque droit du Mesnis, et dudict lieu va au chemain plublicq


par où l'on va de Gensacq au Mesnis, et dudict lieu va tout chemain publicq quy va du Mesnis à Bourg, et va aux maroix de Gensacq et desoubz le Gratreau quy tient de nous, et aux moulains de Souberac, et desditz lieux de Souberac va aux moulains, c'est assavoir ainsy que l'eau dessant des moulains de Souberac jusques au lieu apellé de Gademoulains, et 1e long du canal jusques au fleuve de Chérente, et dudict lieu s'en va le long de l'eau de la Chérente du costé du midy jusque au lieu dessus noumé de la goule de Trache de Terrefeume, au dedans desquelz terres et mettens est assis mon chastel et fortraisse de Bourg-sur-Chérente, laquelle advouhons tenir du roy nostre sire en tout droit de chastel et forteresse, ensemble tous les guaitz et gardes quy appartiennent ou peuvent apartenir et despandre desdits chastelz et-fortraisse en quelque sorte, nature et quallité que ce soit. Plus advouons tenir du roy nostre sire, à cause que desus, toutes et chescunes les choses estant an et au dedans lesdictes mettens, aveq tous droitz de justice et jurediction dhue à ladicte quallitté de barounyne, soit que tenions les dites choses et aultres les tiennent de nous en fief ou roture, houmage lige ou plain ou autrement, en quelque manière que nous ou aultres les puissent, tenir spéciallemant; la prérye deTorz soubz monditschasteau de Bourg, que mondit seigneur a acquis par confiscation sur le seigneur du Solanson, mon vasal, protestant par ses prezentes de réunir toutes fois et quantes ladicte seigneurie de Tors à ma dicte seigneurye, et fornissant à mondict seigneur pareille assiette de renthe qu'il peut avoir sur ladicte prérye de Tors quy est neuf livres treize solz six deniers de renthe âssize sur cinquante sept journeaux et demy de prérye, où nous aurions toutte justisse coume en toutte aultre choze estant au dedans les dictes mettes, soient fiefz ou arrière fiefz. Item, ce que tient de nous à houmage Jehan Louis de Creussy, escuyer, sieur de Marsillac, à cause de sa maison noble~de Tillou. Item, ce que tiennent de nous à houmage les hoirs et. héritiers du


sieur de Saint-Brice. Item ce que tient de nous à houmage le sieur de Gardespée à cause de sa maizon noble de Gar-. despée. 1 Item, ce que tient de nous le sieur de Gademoulains à cauze de son fief noble du Gratreau, cy dessus compris, censives ou dhoumaine, soict qu'elle consiste en mesne et esbergement,' verger, terres, vignes cultivées ou non cultivées, prez, bois, guéranne, foretz, landes, chasses et eaux, pescherye, fournée, defïans, passages, gaignage, pasturage, moulains, fours, houmes et femmes. et eaux, passage avecq droit de voisrie, centz, renthes; bledz, vins, vendanges, agriers, deniers, coqs, poules et chappons, quy est le droit de gelinage, plus dixmes inféaudée, oublies, fausches, bians, et courvée, savoir quatre journés sur chescun de nos tenantiers, laboureurs à bœufz ou à bras, plus le droit de mesure de bois, vins, et huisies, et de toutes autres choses, mesme de droitz de thuille et de toutte sorte de poix, généralement de toutte autre choze de quelque condition que ce soit. Item, le droit de passage, fouage et p~scage pour lesquels m'est dheu ung boisseau de bled fromant et ung boisseau d'orge par chescun habitant y alumant feu en nostre dicte barounye pour chescun an, oultre le droit d'estranger et forain. Item, le droit d'estan et ban à vin. Item, le droit du sire et de moytié des fruits natureiz croissant en arbres, plantes en terres. Item, le droit de foire et marchés et. au-dedans ma terre. Item, ay et tiens du roy notre sire en tout droit de justisse, pour raizon desdits chastel de Merpains, dessus noumé, tout ce que j'ay et aultres tiennent de nous hors les dictes mettes, ès paroisse de Gensacq et de Bourg, quelque chozes que ce soit. Item, tout ce que j'ay et aultres. tiennent de nous dedans les mettes de la chastellanye de Jarnac. Item, tout le droit qu'avons. du

1. La terre de Gardépée, possédée primitivement par lafamille Ancelin, passa ensuite aux Richard, marchands bourgeois de Cognac.


sol de Merpains, que tenons et coume desus du roy nostre sire, lequel droit est levé par translation sur les basteaux chargés de sel passant au devant mondict chasteau et forteresse de Bourg sur la rivière de Chérente, à raison d'un boisseau par basteau faisant les quatre basteaux un grand centz, lesquelles choses susdittes advouons tenir à cauze dudict chastel de Merpains à foy et houmage lige, pour lesquelles chozes luy sommes tenus faire les estage chescun an à Merpains à sa requeste par deux mois, desquelz estage nos prédécesseurs et nous avons accoutumé affermer, aveq la chastellanye de Merpains, à mon élection de jouir desditz estages-ou de les affermer. Item, avons et advouons du roy nostre sire ce que les héritiers feu .Elie Bouchard de Gensacq. tiennent de nous ès paroisse de Bourg et Gensac et Angeac-Champaigne, à devoir et houmage lige et achatemant de cinq solz payés à muance dè seigneur et d'houme, quy peuvent bien valloir communément cinquante solz ou environ. Item, ce que tiennent dé nous les héritiers feu Ytier Bourseau en la paroisse de Chassors et de Linars, à houmage plain et achateman de cinq solz à payer à muance de seigneur et d'houme, qui peuvent valloir le moins quinze solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers feu. ès paroisse de Bourg et de Mainxe, à houmage lige et achatement de dix solz à payer à muance de seigneur, et peuvent bien valloir soixante solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous feu Gauvain Brangelle pour raison de feu Pierre Anayet, à houmage lige et audict achatemant de quarante solz à muance de seigneur, quy peuvent bien valloir quatre livre dix solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers feu Pierre Pousson, à houmage plain et achatement de deux solz et six deniers, et qui peuvent bien valloir quarante solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers Hélie Gèom'oy, de Bourg, à houmage lige plain et achatement de dix solz à payer à muance de seigneur et


d'houme, en la paroisse de Bourg et de Linars, et peuvent bien valloir quarante solz de renthe ou environ. Item, 6e que tiennent de nous les héritiers de feu Arnaud André de La Barde, à houmage plain et achatement de cinq solz à payer à muance de seigneur et d'houme, et peuvent bien valloir coumunemant dix solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers feu Bertrand Bernard; en la paroisse de Bourg et Linars à houmage plain et achatemant de cinq solz à muance de seigneur, et peuvent bien valloir dix solz de renthe ou environ. Item, tout ce que tiennent de nous les héritiers feu Louis de Masnes, escuyer, sieur d'Escous, au lieu des héritiers feu Guilhem Cherbonnier, escuyer, sieur du Douhait, paroisse de Bourg, et Chassors, à houmage lige et achatemant de soixante solz à payer à muance de seigneur, et peuvent bien valloir vingt livres de renthe ou environ, et ce que tiennent des hoirs dudict escuyer les héritiers feu Méry Cramail et Pierre Viguier, et peuvent bien valloir sept livres de renthe. Item, ce que tiennent de nous les hoirs de Pierre Seguin, à houmage lige et achatemant de cinq solz à payer à muance de seigneur et d'houme, et peuvent bien valloir dix solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous feu Ytier Broussaud, de Jarnac, à houmage plain et achatemant de douze deniers à payer à muance de seigneur et d'houme, et peuvent bien valloir dix sols de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers Savien Brangelle, pour raizon de Pierre. à houmage lige et achaptement de dix solz, lesquelles chozes. cougneues au debvoir quy peuvent bien valloir trente solz de renthe ou environ. Item, ce que tiennent de nous les héritiers de Pierre Pousson, à houmage plain et achatemant de trois solz à muance de seigneur et d'houme, et peuvent bien valloir vingt solz de renthe ou environ. Item, advouhons tenir du roy nostre sire, à houmage plain et achatemant de dix solz, ce que ,avons ou aultres tiennent de nous en la chastellanye de Boutheville, c'est assavoir les héritiers de messire Fousques


de Braignes nous tient, à houmage plain et achatemant de quinze solz, à payer à muance de seigneur et dhoume, ce qu'ils tiennent de nous en la chastellanye de Boutheville. Item, ce que les héritiers feu Simon Poitevin ont et tiennent de nousenladicte chastellanye à houmage lige et achatement de dix solz. Item, ce que tiennent de nous les héritiers de feu Foucaud de Sainte-Foy, à houmage lige et àchatement de cinq solz, lesquel houmage de ladicte chastellanye de Boutheville peuvent bien.valloir dix livres de renthe ou environ. Lequel fief ou desnombremant par escript, nous, seigneur baron de Bourg-Chérente, baillons o protestations d'accroistre, amoindrir, coriger, déclairer en temps et lieu, en suppliant humblement et requérant nostredict seigneur et à son noble conseil, que, si avons erré .aulcunement en celuy adveu et desnombrement par escript, qu'il leur plaize nous adresser et informer, et nous offrant par ses prezentes de le réparer et remestre en estat, toutes et quantes fois que mestier sera. En tesmoing de ce avons audict seigneur prézenté lettres scellées de notre scel et saing manuel et du nbtaire royal soubz le scel establi aux contratz en la ville de Coignac pour le roy, lesquelz notaires royaux soubsigné nous avons requis signer ces prezentes pour nous valloir et servir en tempz et lieu, ainsy que de raison, en présance de mestre Charle Ranson, resepveur dudict seigneur de Miossans, et de Jehan. Coupprie, archier huissier, demeurant en la paroisse de Bourg-Chérente, tesmoingz requis. Au chasteau de Bourg, ce dixiesme mars mil six centz soixante-six après midy, et ont tous signé aveq nous dictz notaires. F. A. D'ÂLBRET. RANSON. COUPPRIE. PETIT, MO~M~ royal héréditaire. PoiNTREAU, MO~<Kr<? rM/a7. 1

1. Cette pièce est très défectueuse, aussi y a-t-il plusieurs mots dont la lecture n'est pas certaine.


XIV

~640. Aveu et dénombrement rendus au roi par l'évêque de Saintes. Minute de Limouzin, notaire royal et apostolique à Saintes; archives et COMMMMMM~MK M. Th. de Bremond d'Ars. i

Déclaration des.terres, seigneuries, maisons, cens, renthes et autres droictz et debvoirs appartenantz à révérand père en Dieu, messire Jacques Raoul, évesque de Xainctes, à cause de son évesché et dignité épiscopalle, qu'il tient et avoue tenir du roy, nostre sire, en tous droictz dejustice, haulte, moyenne et basse avecq. fournist maistre François Cosnier, prestre, curé de Préguillac, suivant la procuration à luy envoyée par ledit. évesque de Xainctes, datté du dernier jour de mars mil six cents quarante, suivant le jugement de nos seigneurs. commissaires en la chambre des amortissemans. Louvre, et laquelle déclaration en ladicte caUi[té]. véritable et présante à vous messieurs le. subdélégué de signeurs. Premièrement, ledict signeur évesque, à cause de sa dignité épiscopalle, est signeur foncier pour la plus grande et principalle part de la ville et citté dudict lieu, au dedans de laquelle ledict évesque tient la place sont ses maisons épiscopalle, dont partie reste ruisnée par l'injure de guerres, le surplus ayant esté restably par feu monsigneur l'évesque son prédécesseur et par luy.

SAINT-VIVIEN. Item, tient en Saint-Vivien le fief de La Couture, tenant d'une part au grand chemin d'Escurac, d'autre au chemin de Taillebourg. Item, le fief de Corme, avecq le fief de La Mine, tenant de deux partz au grand et petit

1. Cette pièce, dans ses premiers feuillets, a été tellement altérée par i'humidité et par les vers' qu'il nous a été impossible de rétaMir certains passages adirés. Nous les avons donc laissés en blanc.

2. Michel Raoul de La Guibourgère, oncle de Jacques Raoul, évoque de Saintes en 1618, se démit en 1631.


chemin de Taillebourg, et d'autre ez terres du prieur de Saint-Vivien. Item, le fief de Gastebource, tenant d'une part aux terres du prieur de Saint-Vivien, d'autre aux terres du prieur de Saint-Macoul, et d'autre aux vignes du chapitre. EN SAINT-HEUTROPPE. Item, tient ledit signeur évesque le fief du Claudie, le fief de Balanche, tenant de deux partz au chemin de Marepnes et Poissonnier, et de deux autres partz aux- terres des prieurs de Sainct-Heutroppe et Saint-Vivien. Item, le fief du Vignau, tenant d'une part au chemin de Marepnes, d'autré au chemin de Faye, et des autres deux partz ez terres du prieur de Saint-Heutroppe. EN SAiNT-PALLAYS. Ledict fauxbourg pour la plus grande et principalle part et la terre de Beaupuie, concistant en renthes, agriers, hommages et arrière-nef, comme les fiefz de Lespineuil, de Matha, du Cormier et de Fromentin, et en icelles tout droict de jurisdiction. Item, prend ledict signeur évesque et a droict de prendre et percevoir mesmes renthes que le roy a coustume de prandre et percevoir en ladicte ville et fauxbourgs, savoir le tout au moys d'aoust et la moytié aux autres moys concurremment avecq le roy et outre la jurisdiction que ledict signeur a droit de faire exercer par ses officiers toute l'année sur les tenanciers, a ledict signeur évesque la totalle jurisdiction. en laditte ville mesme sur ceux quy relepvent pro. du roy et le jour et feste de Saint-Vivien ainsy que l'on sonne pour monester. jusques à la fin de septembre, laquelle jurisdiction ledict signeur évesque faict exercer par ses officiers tout ainsy que.faisoit le juge prévost de ladicte ville aux autres moys, et duquel prévost l'exercièe de jurisdiction cesse pour ledict temps depuis la Saint-Vivien jusques à la fin de septembre. Item, possède ledict signeur évesque à cause de sa dignité plusieurs terres, nefs, renthes, agriers et dixmes ez paroisses de Fontcouverte, Saint-Assaire, Br. Montpellier, Collonbier, Berneuil, La Jar, Cham. Saint-Georgesdes-Cousteaux, Nieulles, Tanza. et les Gons dans laquelle


paroisse est située la seigneurie et chastellanie de Thérac, auquel y a chasteau aveçq fossés, boys, fuye et garrenne, dans lesquelles paroisses cy-dessus a pareillement ledict signeur évesque tout droict de jurisdiction sur ses hommes et tenantiers. Item, possédoit autrefoys et sont maintenant aliénés plusieurs renthes et terres ez parroisses de. Chermignae, Thenac, Meschiers et particullièrement la terre de Contenoil en Cozes, et la huitiesme partie la signeurie d'Olleron et autres qu'il n'a peu encores jusques à présant descouvrir, non plus que certins maroys en la parroisse de Moise, sur lesquelz estoit dheu le huitin des fruitz, et lesquelz se trouvent uzurpés de le temps de premiers troubles de ceux de la religion prétendue réformée. Plus une bouchière en la ville de La Rochelle appelée vulgayrement Levesché et le centin.? ou cartin? (on lit plutôt certin ?) de fruictz croissantz en plusieurs parroisses autour de laditte ville de La Rochelle, et ainsy qu'il a esté jugé par arrest et qu'il est en possession. Item, plusieurs hommages escriptz en ung ancien papier de l'évesché n'ayant peu ledict signeur évesque d'à présant encores recepvoir et faire randre lesditz hommages.

Savoir est Le chasteau et signeurie de Thérac tenu noblemant et par hommage dudict signeur évesque au debvoir d'un marbotin d'or à muance de signeur et vassal. Plus ce que tiennent les hoirs feu Foucauld d'Archiac ez parroisse de Mortiers, Saint-Maigrain et Lamérac, tenu noblemant dudict signeur au debvoir de deux florins d'or ou vingt sols tournois à muance de signeur ou vassal. Plus le sieur de Vandré tient les dixmes et autres choses en la paroisse de Vendré noblemant et par hommage au debvoir de quarante solz de exploit de mortemain, et de dix solz de chambellage, à muance d'homme et de vassal. Item, l'hébergement de Guillaume Boug, sieur de Cruc, sittué en la par-

i. Sic, pour du Bourg. Ce Guillaume ne figure pas dans la filiation manuscrite que nous avons de la famille du Bourg.


roisse de Sainte-Leurine, avecq les dixmes et agriers en la parroisse d'Arthenac, au debvoir d'un mar botin d'or à muance de signeur. Item, les fiefs et signeuries de Durefort, La Vaure ? et Chastellars sont tenus noblemant et par hommage dudict signeur évesque et ce qu'ilz ont? ez parroisses de Brossac et Passirac,. Saint-Vallier, Bardenac et. Saint-Siprien de Chantecaille et de Sainte-Souline, à hommage lige sans autre debvoir. Item, le signeur ou dame de Montigné .tient à hommage dudict signeur évesque ce qu'ilz ont en la parroisse de Saint-Assayre au debvoir de dix sols d'une part, cinq sots tournois d'autre et cinq sols tournois d'autre. Item, le sieur de Ghenac tient l'unziesme de venthes du fief appelé le fief de Che[nacj, au debvoir de cinq solz. Item, le signeur de Brassaud tient la signeurie de Saint-Christophle en !aparroissedeVarsay,audebvoirdecinq [sols?] à muance de signeur et de vassal. Item, le signeur de Poulignac et tout ce qu'il a en laditte chastellanie de Montendre noblemant au debvoir d'une mille (sic, sans doute pour maille) d'or aprétié cinq solz tournois. Item, le signeur de Rabesnière tient dudict signeur évesque La Ramade (Romade?) et autre chose qu'il a près de la ville de Xainctes. Item, le signeur de La Beraudière tient ladicte signeurie dudict signeur évesque au debvoir d'un (laissé en blanc) d'or aprétié à vingt et cinq solz de chambellage. Item, le fief de La Sauge, consistant en une maison et tout ce quy est en la ville de Xainctes et au fief de Lespineuil. Item, le signeur de Saint-Seurin d'Uzet tient dudict signeur tout ce qu'il a ez paroisses de Saint-Seurin et Chérac, au debvoir d'un esparvier à muance de signeur. Item, le signeur d'OrIac 2 tient dudict signeur évesque le fief de La Garde assis en la parroisse de Cozes, au debvoir de dix solz à muance de si-

1. Illisible, peut-être YcMM.

2. C'était alors Jean-Louis de Bremond, baron d'Ars, tué au siège de Cognac en 165i.


gneur. Item, l'abbé de Masdion tient à hommage dudict signeur évesque le moulin et maison de Constance avecq ses appartenances assise en la parroisse de Montpellier, au debvoir de huit solz payables chescun an et aux services ? de pasques et de toussainctz. Item, le prévost de Saint-Lot tient à hommage le fief de La Louverie? Tess~ et de La Nouzellerie, avecq l'hébergement de Saint-Loc, a droit de percevoir la tierce partie de tous les blez amassés en la terragerie du dict Saint-Loc, au debvoir de laisser et amener tous les debvoirs dhus audict signeur évesque ez maisons épiscopalles dudict Xainctes. Item, le fief de La Besne, tenu dudict signeur évesque au debvoir de dix solz. Item, le signeur de Cormeil tient le fief de Cormeil, assis en la signeurie de Beaupuis, au debvoir de deux ongles de butho'r enchâssés d'argent à muance de signeur et de vassal, estimés à sept solz siz deniers. Item, tient dudict signeur évesque la si-. gneurie de Comcoury noblemant et par hommage autreffoys possédée par le signeur de Pons. Item, le chapitre dudict Xainctes tient dudict signeur évesque les fiefs de Salles et de Sàrtes (ou Sartrie), au debvoir d'une lance peinte ? et douze livres tournois à muance de signeur. Item, la signeurie de Chasteau-Couvert ? est tenue noblemant par hommage dudict signeur évesque. Item, la signeurie de Pougnes, assise en' la parroisse de Soubize, relepve dudict signeur évesque. Item, la prévosté de Beaupuis est tenue par hommage dudit seigneur évesque au debvoir de dix solz à muance de vassal. Item, la cure de Cristeuil doibt à muance de signeur et de curé un barbothin d'or. Item, le curé de Baujay tient à hommage les dixmes de ladicte parroisse. l'hommage du Puyricher en la parroisse d'Ovignac. L'hommage de l'hospital neuf de Pons. L'hommage de Saujon pour les dixmes et du curé de Gensac, et du prévost de Thenac, et de l'abbé de Baigne. L'hommage de Barbezieux.

1. Illisible.


L'hommage de Sainte-Eugénie. L'hommage de Lespineuil de Bazauge. L'hommage du curé d'EscurateU'union de ladicte église d'Escurat à l'églize de Saint-Saturnin-de-Boys. L'hommage de Briagne pour les dixmes de Corme-Escluze: L'hommage d'Auvignac en la parroisse de Berneuil. Le fief Bedouer, près Mirambeau. L'hommage de Brassaud, possédé autreffoys par André Goumard. Le fief, terre et signeurie de Saint-Vallier. Le fief Le Roux, assis en la parroisse de Chapniers. Le fief de Tugeras, en la parroisse de Saint-Vallier. Le fief Saint-Crespin.

A cauze desquelles choses, y a plusieurs charges, comme entretiens de vicayres, réparations d'églize, décymes, montant la somme de trois mil cinq centz livres et quy excèdent la cinquiesme partye du revenu dudict évesché.

Toutes lesquelles choses ledict procureur en ladicte quallitté a affirmées estre de fondation et dotation royalle, tenue à franche aumosne, sans en payer aucun debvoir, fors au roy le sermant de fidélité, et appartenir de tout temps audict évesché sans que de sa connoissance il aye esté donné, légué, ny acquis à icelluy aucuns biens depuis l'an mil cinq cens vingt et deux, n'ayant touteffoys à présant aucuns tiltres et dénonbremantz pour le. justiffier, les papiers dudict évesché ayant esté entièremant perdus et brusiés, lorsque la ville de Xainctes fut prinze par ceux de la religion prétandue réformée. En foy de quoy il a signé et fait signer ces présantes au notaire royal soubzsigné à sa requeste, en présance de maistre Jacques Limouzin et Jehan Charron, praticiens dudict Xainctes, tesmoings requis. COSNIER. CHARRON. LiMOUZM. LïMOUZM, notaire royal et .Y(MMC<<M, à la requeste du sieur Cosnier, audit nom.


XV.

~673, 4 ~tt~t. Aveu et dénombrement rendus-au roi par Louis de La Trémoille pour son marquisat de Koyan. –~fcAtCM départemen tales de la Gironde. Série C. Trésoriers de France. Aveux et dénombrements au roi. Registre ?0 2MS. Communication de M. Ho~t~~ Lhomandie.

C'est l'aveu et dénombrement que moy Louis de La Trémouille, seigneur marquis de Royan, comte d'Olonne, baron d'Apremont, grand sénéchal de Poitou, mets et baille dudit marquisat de Royan, assis au duché de Guienne, dans l'enclave de la grande prévosté d'entre les deux mers, mouvant en plein fief, foy et hommage lige et franc gariment, tant pour moy que pour mes hommes, de sa majesté, mon soverain seigneur, à cause de sondit duché de Guienne et chastel de Saintes, lequel m'est escheu par la succession de feu Philippes de La Trémouille, seigneur marquis dudit Royan, mon père, et m'appartient entièrement sans que nul autre y ait aucune part ny portion, consistant en haute justice, moyenne et basse, maire, mixte et impère, place de ville et chasteau, endos de plusieurs terres nobles, censives, agrières, dixmes, droits de chasse, de garennes, ressorts, deffenses, chemins, forests, palus, pescheries, rivières, rivages, coustumes, tailles, poullailles, biens, détroits, fours, moulins, flux et reflux, foires, machiz, péages, hommages, postes de mer, naufrages et- tous autres droits, lesquels moy et plusieurs mes prédécesseurs seigneurs dudit Royan avons jouy; l'estendue duquel marquisat commance et joint, premièrement du costé du midy à la terre de Didonne, un ruisseau ou riveau entre deux enclavant la garenne dudit Royan, depuis la mer comme aussy enclavant le marais et palus qui est entre Boube et Bellemont, jusqu'à une borne auprès de Boube, rendant au village de Pommes-Aigres, et tout au travers des terres jusques


à La Poussutte, en allant par la combe de Pommes-Aigres jusques à ta borne de L'Anglade, et de ladite Anglade s'en va le long de la rivière au grand pré de Poussaud jusques au chemin qui conduit à Medis, la maison et village de Poussaud compris; et dudict Poussaud s'en va droit aux Trois-Pierres, costoyaht la paroisse de Medis jusques aux planches de Laubat, et desdites planches s'en retournant le long du chemin de Papot jusques à l'hospital du Pas-du-Breuil, et s'en retournant du dit hospital au Pontillé, le long du canal de Riberoul jusques au Seudre; et s'en va par le milieu audit Seudre jusques au moulin de La Flotte, et de là s'en va au pérat de la Petite-Aiguille, et dudit pérat au travers des marais jusques au carrefour de Moux, et dudit carrefour s'en va au caillaud de Claime le Baut, et dudit caillaud. s'en va au chemin de dessous La Lande qui conduit de Saint-Sulpice au Montil et àSaint-Vivien de Breuillet au pied de l'église, et de ladite esglize au carrefour du Rat, et dudit carrefour va tout droit le chemin qui va de La Lousine à Larnaude, et d'illec va au carrefour de Clides, et d'illec s'en va à la fon de Lechassier, et de ladite fon tout du long du prieur de Mornac jusques à là course de Bresc, et de ladite course au travers du pallus du marais à présent déchessé, suivant le canal qui fait séparation du marais de Royan d'avec celuy d'Arverd, iceluy canal inclus jusques au riveau qui sépare les deux forests de Royan et d'Arverd, et suivant icelluy riveau jusques au Brejat, et dudit Brejat jusques à la mer, et en retournant en haut tout du Ion de la mer jusques au susdit premier rouiseau ou riveau qui sépare Royan de Didone. Item, la-grande coutume de touttes les choses qui passent par le couturneau de Royan. qui doibvent payer coutume. Item, advoüe tenir du' roy nostre sire toute l'isle de Cordan, avec tout naufrage et autres droits et debvoirs quelconques, venans et périssans en ladite isle, laquelle isle de Cordan est des appartenances d'ancienneté de mondit mar-


quisat de Royan dans lesquelles susdites confrontations sont plusieurs fiefs et maisons nobles appartenans à mes vassaux qui m'en font foy et hommage, comme Bellemont, Monts, Poussaud, Lalande, Taupignac, Le Breuil-Dupas, Chauzat, Breuillet, Chassaigne, Mailefray, Chastenay, Courlay, Le Vignaud, La Monge et autres fiefs qui sont dans les parroisses de mondit marquisat, comme dans Sainct-Pierre de Royan, dans la parroisse de Sainct-Sulpice, Sainct-Augustin, Sainct-Palais et Vaux, dans. l'estendue desquelles et dessusdites confrontations nul n'a la haute justice que moy. Lequel mien adveu et dénombrement je certifie véritable sans le plus ou le moins, promettant, s'il vient quelque autre chose à ma connaissance, d'en faire la déclaration au roy ou à ses officiers, protestant que les obmissions, si aucunes ont esté faites par mégarde ou par obly au présent dénombrement, ne peuvent me nuire ny préjudiciel'. En foy de quoy j'ay signé ledit présent adveu et desnombrement de mon sein ordinaire, et icelluy scellé seel de mes armes. Ce quatriesme jour de juillet mil six cent soixante-treize. LOUIS DE LA TRÉMOILLE.

XVI.

4679, ~5 mai. Certificat de foi et hommage rendu au roi par Claude de Bourdeille, baron d'Archiac et de Matha, pour ses terres et seigneuries de Bourdeille, Brantôme, Saint-Pardoux, La Tour-Blanche, Archiac, Matha, etc. Original sur ~arcA~Mt~ <{~<:)'~M<:N< A M..Paf~ Normand d'Authon. Communication de M. Louis Audiat.

Les gens des comptes du roi nostre sire aux trésoriers de France à Limoges, sénéchaux de Xainctonges et Périgort, ou à leurs lieutenants à Xainctes et Périgueux, et aux procureurs du roy et receveurs ordinaires du domaine auxdits lieux ou à leur substitut et commis, et autres qu'il appartiendra, satut. H nous est aparu, par lettres patentes de sa majesté du quinze avril d6c soixante dix-neuf, signées par le conseil-


ter étant en la chambre des comptes: Richer, et scellées, que Claude de Bourdeille, chevalier, seigneur dudit Bourdeille, baron d'Archiacq et Mata, seigneur comte de La TourBlanche, 1 avoir fait au roy les foy et hommage qu'il étoit tenu faire pour raison de la comté de Bourdeille, terres et seigneuries de Saint-Pardoux, Brantosme et maison noble de Périgueux et apartenances et dépandances, tenus et mouvans de sa majesté à cause de son chasteau et comté de Périgueux des baronnies d'Archiacq et de Mata, leurs appartenances et dépandances, relevant aussy de sa majesté à cause des ponts de la ville de Xaintes; de la terre et seigneurie de La Tour-Blanche, apartenances et dépendances, relevant aussi de sa majesté à cause de son château et duché d'Angoulesme; lesdits comté, baronnies, terres et seigneuries audit sieur de Bourdeille apartenans par fidéicommis aposé au testament et codicile de dame Jaquette de Monberon des xxn avril 1594 et xxix avril d595, et arrest de maintenue en la possession et jouissance desdites baronies, donné au parlement de Grenoble, les xvm aoust 1678, auxquels foy et hommage ledit sieur de Bourdeille a esté reçu, saut le droit de sa majesté et l'autruy. Sy vous mandons et ordonnons à chacun de vous, comme à luy apartiendra, que, sy pour cause desdits foy et hommage non faits, lesdits comté de Bourdeille, Sainct-Pardoux, terres et seigneuries de Brantosme et maison noble de Périgueux, baronnies d'Archiacq et de Mata, terre et seigneurie de La Tour-Blanche, leurs apartenances et dépendances, sont ou étoient mis

Claude de Bourdeille, fils puîné d'André, vicomte de Bourdeille, chevalier de l'ordre du roi, sénéchat et gouverneur du Périgord, et de Jacquette de Montberon, dame d'Archiac. De lui descendait Henri-Joseph-Ctaude de Bourdeille, abbé de la Trinité de Vendôme et évoque de Soissons, en 1764, né dans le diocèse de Saintes. La Chenaye des Bois, It!, 38, dit que Jacquette de Montberon légua à son fils, Claude de Bourdeille, <: la terre et baronnie de.illa'stas en Périgord. »


en les mains de sadite majesté, ou autrement empeschées, vous les mettiez ou fassiez mettre incontinent et sans délay à pleine et entière délivrance, et au premier état et deu, pourveu que dans le temps de l'ordonnance ledit de Bourdeille en baille par écrit en ladite chambre son aveu et dénombrement, fasse et paye les autres droits et devoirs, si aucuns sont pour ce deus, sy faits et payé ne les a, et qu'il n'y ait aucune chose du domaine de sa majesté ou autre cause raisonnable d'empeschement, pourquoy faire ne les deviez, laquelle, en cas qu'elle y soit, vous nous écrirez à fin deüe. Donné en la chambre desdits comptes, le quinziesme jour de may mil six cent soixante dix-neuf.

ROUSSEAU. DEBEAUFORT.

XVII.

17~7,50 septembre. Cérémonial de l'hommage d'un fief relevant du roi, au XVIII" siècle. Hommage d'Usson en Saint-Fort. ~~cAMes MaMoM~es. P. ~39. Communication de Af. de La Morinerie.

Les présidents trésoriers de France, chevaliers, conseillers du roi, juges, directeurs et conservateurs de ses domaines et grands voyers, commissaires généraux des étapes des troupes de sa majesté dans la généralité de La Rochelle, à tous présents et à venir, salut. Savoir faisons que ce jourd'hui s'est présenté par devant nous Isaac Michel, écuyer, seigneur de Saint-Fort, capitaine des vaisseaux du roi, lequel en conséquence de notre ordonnance de ce jour, à genoux, sans épée ni éperons, les mains jointes, a fait et rendu au roi les foi, hommage lige et serment de fidélité dont il est tenu pour raison de la quatrième partie du fief d'Usson en SaintFort, tant pour mutation de'seigneur que de vassal, mou-

1. Usson ou La Gorce, en la paroisse de Saint-Fort-sur-Gironde, relevait directement du roi, au devoir d'une paire de gants blancs appréciée 20 sols. Ce fief avait droit de haute, moyenne et basse justice; il avait été divisé en deux


vant de sa majesté fl cause de son château de Saintes, promis et juré d'être bon et fidèle vassal de sa majesté, et ce en présence et du consentement du procureur du roi, aux charges et conditions portées par notre dite ordonnance, et sans préjudice des droits de sa majesté et de ceux d'autrui, dont nous avons donné acte.

Fait au bureau des finances et chambre du domaine de la généralité de La Rochelle, le trentième septembre mil sept cent dix-sept.

MICHEL DE SAINT-FORT.1 JOULIN. BAVEAU, procureur <~M roi. Par les présidents trésoriers de France en la généralité de La Rochelle. GABET. XVIII.

47.87, 5 mars. Hommage rendu au roi par Jacob Mouchard, pour sa maison de Vaugouin, en la châteUenie de Laleu. Original sur parchemin, appartenant. à M. le comte Mouchard de Chaban. Communication du M~M~.

Aujourd'huy pardevant nous François Teulleron, sieur des Elberts, conseiller du roy en la sénéchaussée et siège présidial de la ville de La Rochelle, commissaire par lettres de terrier de sa majesté pour la vérification de la terre et chastellanie de La Leu et dépendances, assisté de maistre Simon Billaud, advocat en parlement et au siège présidial de La Rochelle, sénéchal et juge ordinaire civil et criminel de la dite chastellanie, adjoint pour laditte vérification d'icelle, a

parties dès le XVIe siècle. Les trois quarts avaient appartenu à la famille de Blois de Roussillon; l'autre quart aux Beaulon, aux Ciret et aux Bonnefoy; de ces derniers La Motte-Michel en fit acquisition l'an 1697. Après lui, il passa à sa fille la marquise d'Amblimont, puis à son petit-fils le comte d'Amblimont, qui le possédait en 1790.

1. La Motte-Miche) n'a signé de la sorte que dans les dernières années de savie,de-t7t7àl7-t9.


comparu Jacob Mouchard, seigneur de Vaugouin,1 gentilhomme servant le roi, demeurant à La Rochelle, lequel en présence et du consentement du procureur fiscal de cette cour, en exécution de notre ordonnance de ce jourd'hui, sur la requeste qu'il nous a présentée, a fait et rendu entre nos mains à la manière accoutumée, les foy et hommage dont il est tenu envers madame de cette cour, pour la maison de Vaugouin et domaines qu'il tient noblement en. l'estendue de la présente chastellanie, au devoir d'un marbotin d'or à mutation de seigneur et de vassal, aprétié à un écu, dont il nous a requis acte, que nous lui avons octroyé, à la charge de payer les droits de mutation dont il est tenu au nombre de sept, sçavoir trois de seigneur et quatre de vassal, et de fournir son dénombrement dans le temps de la coutume. Fait au parquet de la chastellanie de La Leu, le cinquième mars mil sept cent vingt-sept. Signé Mouchard, Teulleron Deselberts, Billaud et Martin, procureur fiscal.

ControMé à La Rochelle, le 18 mars 1727. Reçu 48 sols. Signé De La Ribadière. Taxé pour nos vacations quatre écus quartz; au procureur fiscal les deux tiers et au greffier moitié avecq paraphe P. GAZEAU, ~~er. Expédition sur parchemin, 2 livres. Reçu un ~c~ au terme des présentes, ce 9 avril 1727, pour mettre au trésor. MARTIN.

XIX.

~757, août. Acte par lequel Pierre Mousnier, négociant à Cognac, rend hommage à Marc-Antoine de Gombaud, seigneur des Cheminées, pour son fief de La Croix, situé dans la paroisse de Saint-Ciers-de-Cosnac. l.Les héritiers de Jacob Mouchard vendirent la terre de Vaugouin à Jean Vivier, armateur, directeur de la chambre de commerce de La Rochelle. Cette terre avait été érigée en seigneurie suivant acte du 25 mai 1613. t. Il n'y a pas aujourd'hui de commune de Saint-Ciers-de-Cosnac. La paroisse de ce nom, dont il est question dans cet acte était peut-être dans la commune actuelle de Saint-Sorlin-de-Cosnac. Rainguet (Études sur ~OM-


E~pédition sur papier conservée à la bibliothèque de Cognac, fonds Albert, manuscrits, t. p~tef p. 5. Communication de M. Co~tt<:c,~bMt~ ~!&

))MMMMW<S, <. LZJE7/, y. 5. CoNMKMMtCN~t'Ott ~C ~M~M P~HtMOK.

Aujourd'huy cinq août mil sept cents cinquante-sept, après midy, par devant le notaire royal soussigné et présans les témoins bas nommés, a comparu en personne sieur Pierre Mounier, négotiand à Coigniac, demeurant audit Cogniac, paroisse de Saint-L6gier, lequel nous a remontré qu'il est propriétaire du fief apellé de La Croix, sis et situé dans la .paroisse de Saint-Ciers-de-Cosnac, sujet aux honneurs, prérogatives et homàges, foy, dénombrement de la terre et seigneurie du présant lieu, de cent journeaux de terre ou environs, et pour icelluy homage à toutte muance de seigneur un paire de gans; lequel dit sieur Mounier nous a requis de nous vouloir transporter avec luy au logis noble des Cheminées, paroisse de Saint-Sorlain dudit Cosnac, pour rendre ledit foy et homage à mesire Marcq-Anthoinne de Gombeau, écuyer, seigneur des terres et seigneuries dudit lieu des Cheminées, ce que nous luy avons accordé; et nous estant transporté avec luy audit lieu des Cheminées, et trouvé ledit sieur de Gombeau en sa ditte maison noble dudit lieu des Cheminées, devant lequel ledit Mounier s'est mis en devoir de vassal, sans épée ni éprons, teste nue et un jenoux .en terre, auroit dit [au] seigneur de Gombeau qu'il luy fait et porte la foy et homage qu'il est tenu luy faire et porter à cauze de son dit fief de La Croix, relevant en plain fief, foy zac) ne fait aucune mention des Gombaud à l'article ~Mtt-~o~MtCosnac. Marc-Antoine de Gombaud était-i) de la famille des Gombaud, cités par Rainguet à l'article Givrezac, où il dit, p. 124, qu'ils étaient éteints au XVIIe M'~c~? It cite, à l'article Saint-Fort, p. 99, le mariage de Marie-Félicité de Gombaud des Cheminées en 1781. A l'article Chepniers, p. 398, il cite Louis de Gombaud des Barats, .vivant en-1788. Tous ces Gombaud n'étaient pas de la même famille.

't. Pierre Mousnier avait épousé Marie-Anne Messier; ils étaient t'un et l'autre protestants.


et homage dudit seigneur de Gombeau d'un paire de gans à toutte muance de seigneur ce qui a été fait par ledit Mounier et accepté par ledit seigneur de Gombeau de quoy et de tout avons octroyé acte pour valloir ce que de raison. Passé audit logis noble des Cheminées, paroisse dudit SaintSorlain-de-Cosnac, en présance du sieur Jean Messier, marchand, demeurant en la ville de Jonsac, et de maître Estienne Charron, notaire royal de la paroisse de Saint-Thomas dudit Cosnac, et de Jean Basty, maître charpentier, habitan de laditte paroisse de Saint-Sorlain, témoins connus, ledit sieur Mounier et Charon soussignés avec ledit sieur de Gombeau, ledit sieur Messier et moy dit notaire,-ce que n'a fait ledit Basti pour ne le sçavoir faire, de ce interpellé. Ainsy signé à la minutte des présantes de ;Gombeaud, Mounier, Jean Messier, Charon et moi, notaire royal soussigné, qui déclare l'original controllé à Saint-Fort, le dix-sept aoust mil sept cents cinquante-sept, par Robert qui a reçu quarante-huit sols, sans préjudisse du forsement en recepte, s'il y a lieu.

HÉARD, notaire ~oy<

XX.

~77~, 2 décembre. « Mémoire concernant le quint du roy dans la terre de Jarnac. e Copie du mémoire ~M0)/<~ à Paris, le 2 décembre ~775, à Jtf. Villiers. Extrait des papiers des <?<:&0''MM, anciens notaires royaux à Jarnac. Communiqué par 6'a&OfMM.

Sous le règne du roy Jean, l'an i350, Raoul comte d'Eu et de Guienne, connétable de France, ayant été accusé d'avoir eu intelligence. avec les Anglois, fut décapité, et ses biens confisqués au profit du roy.

Le comte d'Eu possédoit alors un ancien château à Jarnac et la cinquième partie des revenus de cette terre cela est prouvé, quant à la portion des revenus, par un ancien titre


en parchemin qui est dans le trésor du château de Jarnac intitullé Comptes des reçues e< mises faites par monseigneur le comte <fEM, coHMg~ France, depuis la feste de la chandeleur ~~J ~~M'ft seconde saint ~(?rtin'1336.

On ne voit point par ce compte ny par aucun titre quels étoient alors, ny au tems de la confiscation, les parageurs ou consigneurs du comte d'Eu.

On ne. trouve point non plus aucun renseignement sur la manière dont le quint de Jarnac confisqué a été régi, ou s'il a été alliéné depuis la confiscation jusqu'à la vente qui en fut faite à.Renaud Chabot, seigneur de Jarnac, le 6 décembre d441.

.Cette vente fut faitte par le fondé de procuration de Charles, duc d'Orléans et de Valois, tant en son nom que comme se faisant fort .pour le comte d'Angoulême, son frère, détenu prisonnier en Angleterre, et pour payer partie de leur rançon dont le second terme approchoit.

La vente est conçue en ces termes c'est à savoir,. le châtel de Jarnac, forteresses et clôtures d'ycelui, à présent démoli et ynhabitable, avec la cimtième partie de la terre, seigneurie et domaine dudit lieu de Jarnac, pour le prix et somme 1500 écus neufs ayant cours, la pièce pour 26 1. ld d., à la charge d'un hommage lige ou devoir d'une maille d'or pesant deux axalins et demi pour le devoir dudit hommage. Renaud Chabot jouit dudit quint de Jarnac tranquillement depuis son acquisition jusqu'à l'année 1456, que Jean, comte d'Angoulême, prétendant que le château, et 1'la cinquième partie de la seigneurie de Jarnac luy appartenoit à cause de son appanage et comté d'Angoulême par la. succession du duc d'Orléans, son père, fit action à Renaud Chabot, sur laquelle ils transigèrent; par acte du 4 may de laditte année 1456; par lequel ledit Renaud Chabot se désista en faveur du comte d'Angoulême du château et cinquième partie de la terre et chatellainie de Jarnac, moyennant la somme de


d500 écus d'or qu'il luy rembourça pour le prix de la finance qu'il avdit payé lors de la vente à luy faitte par l'acte du 6 décembre i44d.

Le comte d'Angoulême, par l'acte dudit jour quatre may 1456, déclare qu'il n'entend prétendre aucune chose dans les acquisitions faites par ledit Renaud Chabot et ses prédécesseurs, et dont ils ont joui d'ancienneté en laditte seigneurie de Jarnac, sauf l'hommage lige, s'il se trouve appartenir au comte d'Angoulême.

Il est dit ensuitte qu'en gardant ses droits et usances ancienne de laditte seigneurie de Jarnac, les subastations et criées, qui se feront dorénavant en laditte terre et seigneurie de Jarnac,.seront faites par nos seigneurs, et y aura chatelain et receveur commun qui seront institués et commis en la manière accoutumée, et rendra le receveur compte au comte d'Angoulême de la cinquième partie, et audit Renaud Chabot des quatre parties.

Et sera la justice des grandes assises exercée à la manière accoutumée d'ancienneté, et-suivant que t'en trouvera, par les papiers et registres d'assises et autrement, duëment avoir été fait de tous tems anciens et auparavant de l'acquisition faite par ledit Chabot.

Depuis ce temps là, le quint appartenant au roy dans l'ancien domaine de sa terre de Jarnac, et droits seigneuriaux en dépendant, a toujours été régi ou affermé en commun, si ce n'est ses forets et autres bois qui en faisoient partie, dont il fut fait un partage dans l'année 1567, par les commissaires nommés par le roy pour séparer sa portion d'avec celle des seigneurs de Jarnac, qui étoientGuy Chabot, seigneur de Jarnac, Ysabeau Chabot, dame de Cressé, Françoise Joubert de Sainte-Foy, comme tutrice de demoiselle Esther Chabot sa fille et de feu Charles Chabot, seigneur de Sainte-Foy; la portion du roy et celle des seigneurs de Jarnac y sont spécifiées et confrontées;et bornes furent plantées pour séparer chaque portion, ainsi qu'il est porté audit procès verbal.


Depuis ce tems là, les seigneurs de Jarnac ont acquis les portions qui étoient demeurées dans la forest de Jarnac aux dames de Cressé et de Sainte-Foy; ainsi le seigneur actuel en est à présent seul propriétaire, et cette forest est séparée de celle du .roy, qu'on nomme encore aujourd'huy le quint, par les bornes qui furent plantées lors du partage et par un fossé qui a été fait depuis.

Les prairies furent en apparence séparées dans le même tems ou Font été depuis; on n'en a pas la preuve par escrit, mais il y a une prairie séparée que l'on appelle Le Quint, qui contient trente-trois journaux, ce qui fait bien au moins la cinquième partie de tous les prés qui dépendoient alors de la seigneurie de Jarnac.

Le 3 mars 1587, le quint du roy dans laditte terre de Jarnac fut vendu à M. le cardinal de Joyeuse pour lasomme dé 7055 écus, à titre de rachat perpétuel, en luy remboursant laditte somme et ses frais et loyaux coûts; l'acquéreur étoit aussy chargé par l'adjudication de payer. annuellement six écus pour frais de justice et réparation,et 33 écus deux tiers ès mains du receveur du domaine.

Le dernier jour de juillet 1593, le même quint fut revendu à Léonard Chabot, seigneur de Jarnac, pour la somme de 9200 écus, dont 2000 écus furent payés ès mains du trésorier général de l'extraordinaire des guerres, et le surplus fut pour rembourser le prix de l'acquisition du cardinal de Joyeuse et les frais et loyaux coûts.

Ledit quint a encore été revendu par les commissaires nommés par le roy, le 24 juillet d634, à M. Pierre Saulgier, conseiller du roy, garde des offices de France, pour la somme de 3630 livres, et à la charge de rembourser 27165 I. pourl'ancien payement, frais et loyaux coûts, suivant la liquidation qui en avoit été faite par une ordonnance de remboursement, lequel dit sieur Saulgier en fit déclaration, le id avril 1635, au profit de M. Pierre Seguier, garde des sceaux de, France, qui en nt aussi déclaration au proffit de M. Clément


Lemeusnier, conseiller du roy en sa cour du parlement à Paris, le douze juillet d635.

Enfin le même quint a été vendu par Me René Lemeusnier, conseiller clerc en la grande chambre du parlement de Paris, à feu M. le comte et madame la comtesse de Jarnac, derniers décédés, pour la somme de 36,000, par acte du dix juin 1717, reçu Laurinier et Doux, notaires au châtelet.de Paris, dans lequel il s'est obligé à la garantie à l'exception des faits du roy. Lors de laditte vente, il remit ausdits seigneurs de Jarnac l'original de l'adjudication dudit jour 24 juillet d634 et les autres actes cy dessus~énoncés, avec une quittance du trésor royal, du 5 avril 1698, de la somme de 500 par luy payée comme engagiste dudit quint de Jarnac pour supplément de finance, et une autre de cinquante livres pour les deux sols pour livres de laditte somme de cinq cent livres.

ETAT DES DOMAINES VENDUS SUR LEQUEL. LE QUINT ÉTOITDU.

Depuis la confiscation, il a été vendu par les seigneurs de Jarnac deux fiefs qui étoient sujets au quint; sçavoir, celuy de Saint-Palais-du-Né et l'enclave de Labbatut à Michel de Faure, par acte du 13 avril 1630, par Guy Chabot de SaintGelais pour la somme de 7000 livres.

A l'occasion de cette vente, il y eut procès entre ledit seigneur de Jarnac, ledit sieur de Faure, quelques habitans du bourg et enclave de Labattut et le prieur de Saint-Eutrope de Saintes, sur lequel intervient sentence à Angoulême, le 24 novembre 1632, confirmée par arrest du parlement de Paris Ied9 mars d 639, et une transaction passée entre les curateurs des seigneurs de Jarnac et ledit sieur de Faure, le 1er décembre i640, par laquelle il fut composé à la somme de 3,500 livres pour tous les dommages intérest et dépends, adjugés audit sieur de Faure pour la, non jouissance des droits de chatelainie, bannalité du four et de moulins, qui luy


avoient été vendus, et dont les tenanciers avoient été déchargés par lesdittes sentences et arrest, la haute, moyenne et basse justice ayant seulement été conservée audit seigneur de SaintPalais, ressortissante au siège présidial d'Angoulême, en sorte que le prix de la vente fut réduit à très peu de choses, et que le revenu de ce fief est fort modique; mais comme il n'est pas possible d'en fixer la valeur, on ne peut non plus dire quelle est celle du quint.

Il a été aussy vendu par contrat du 14 janvier 1634, par Guy Chabot de Saint-Gelais, seigneur de Jarnac, à Adam de Chateauneuf-Randon, seigneur de Sainte-Hélaine, tous les cens, rentes, droits seigneuriaux et fonciers, agriers, terrages et complants et autres droits appartenans audit seigneur de Jarnac, dans la paroisse de Narcillac, avec droits de haute, moyenne et basse justice, bians et corvées et autres prérogatives, le tout pour la somme de 150001. Mais par sentance rendue en la sénéchaussée d'Angoulême, le 14 août 1660, entre le seigneur de Jarnac et Jacques Ranson, alors propriétaire de ce fief pour l'avoir acquis des héritiers dudit seigneur de Sainte-HéIenne, il paroist que la haute, moyenne et basse justice, bians et corvées et droits honorifiques de laditte paroisse de Narcillac, ont été retirés par ledit seigneur de Jarnac, et qu'il n'est demeuré audit Ranson que la justice foncière pour se faire payer ses rentes et agriers. On ne peut point non plus donner un état exact et circonstancié des revenus de ce fief parce que il a été affermé par le seigneur de Narcillac avec un autre fief qu'on nomme Tignou et plusieurs autres domaines qu'il tient à sa main dans l'étendue de laditte paroisse de Narcillac.

ETAT DES OBJETS DE LA TERRE DE JARNAC QUI NE SONT POINT SUJETS AU QUINT, ET DE CEUX QUI ONT ÉTÉ ACQUIS PAR LES SEIGNEURS DE JARNAC DEPUIS LA CONFISCATION. Ces objets consistent, suivant le dénombrement de la terre de Jarnac et les censifs de la seigneurie


Dans le château de Jarnac et toutes ses préclôtures, l'orangerie où étoient autrefois les greniers de Longchamps, auxquels on a joint des maisons et autres batiments acquis des nommés Faure, Gimon et Ardouin en 1731, d733 et 1766 les parterres, jardins haut et bas la pièce de terre et vigne du Saprenier; l'isle de Madame, qui est une prairie de la contenance de vingt journaux; la métairie du Bout-des-Ponts que feu M. le comte et madame la comtesse de Jarnac, derniers décédés, ont alloués au sieur Gaboriau en 1738 et 1739, qu'il tient à présent à rente seigneuriale du château de Jarnac, au devoir de 5 deniers et deux .boisseaux d'avoine la grande prairie des Cordelées, contenant 63 journaux ou environ, joignant d'un bout à la chaussée et d'autre bout à la prairie appelée Le Quint du roy la prairie appelée l'Epicier, au-dessous le fief de Saint-Cybard, en la paroisse de Jarnac, contenant 34 journaux, tenant d'une part au canal de la rivière de Charente qui 'descend de Gondeville aux moulins bannaux dudit Jarnac, d'autre part au canal appelé le Brassoir la garenne de Jarnac et terres au-dessus, joignant à la place des justices dudit Jarnac le petit fief de La Ronde, acquis du seigneur de Garde-Moulin'; le rendes du Chevreuil, autrement La Gibaudrie, que tient à rente seigneurialle le sieur Guillé de Saint-Martin le domaine appelé les Grands-Vergers, étant en maisons, autres bastiments et terres labourables, à présent possédé par le sieur Ranson, qui tient à hommages du château de Jarnac; dans le bourg de Foussignac, une maison et autres bastimens où se fait la récolte des agriers et. complans de ladite paroisse de Foussignac le four banal de Jarnac le patronage des anciennes chapelles ou stipendies dans l'église de Jarnac et dans celle de Sigogne le fief et la seigneurie d'Orlut en les paroisses de Sainte-Sévère et Cherves, limités et confrontés dans ledit dénombrement les fiefs du Mesnil et d'Haute-Moure en les paroisses de Jarnac, Triac, Sigogne, Chassors et autres; le fief et seigneurie de la Couarde,


spécifié et détaillé dans les dits dénombrements; le. fief de Pimbert en la paroisse de Foussignac; le fief de La Venelle en la paroisse de Triac; le flefde Boistaucon et l'enclave des Métairies en la paroisse de Foussignac; le fief de. Picardie en la paroisse de Mainxe le fief de Nanclas en les paroisses de Jarnac et Chassors et dans l'enclave des Métairies les rentes acquises de la seigneurie de Montmoreau; les rentes acquises du prieuré de Jarnac au village de Jarnac et autres; les rentes acquises du prieuré de Montours en la paroisse de Reparsac et Narcillac; le château de La Vénerie, les forests de Jarnac et des Egaux, en les paroisses de Reparsac, Narcillac, Sainte-Sévère et Bréville; les fonds et domaines du lieu de La Roche-Croisac, acquis en d730; les vignes au-devant du château de La Vénerie, de ladite paroisse de Reparsac, plantées depuis environ quarante ans, partie dans les terrains arrentés du prieur de Montours et partie dans les défrichements qui ont été faits sur les bords de la forest de Jarnac la métairie de La Brissonnerie en la paroisse de Narcillac, acquise des héritiers Geay et des nommés Bourdaye et autres, en 1719 et 1741 la métairie d'Orlut, autrement la GrandeMétairie en les paroisses de Sainte-Sévère et Bréville, acquise avec la seigneurie d'Orlut en 1536.


LE CORPS DE VILLE DE COGNAC EN 1718.

Pièces publiées par M. JULES PELLISSON, avocat à Cognac, MMiothécairedetaviHe.

Les archives municipales de Cognac sont, comme celles de beaucoup d'autres villes, fort incomplètes. Dès le 12 mai 1755, lorsque l'inventaire en fut fait par Louis-François Dexmier, l'un des conseillers de l'hotel-de-vUle, on mesura l'étendue des pertes causées par les guerres civiles et surtout par la négligence des dépositaires. Il n'était déjà plus possible d'écrire une histoire complète de ce corps de ville établi, au mois de mai 1352, par Charles d'Espagne des lacunes énormes furent constatées lors du dépouillement des titres. On aurait pu cependant connaître les détails de l'administration municipale sous le règne de Louis XIV, presque tous les registres de maisées de ce temps-là existant encore en 1755. Si quelque découverte imprévue nous fait rentrer en possession de ces précieux docu-' ments, ce qui est heureusement arrivé, grâce à l'intervention d'Emile Albert, pour le Livre rouge et pour un livre de maisées de 1627 à 1632, disparus depuis l'inventaire de Dexmier, on verra certainement combien était fondée cette conjecture de Marvaud, réduit, faute d'archives, à résumer en quelques pages l'histoire de Cognac sous Louis XIV « Très probablement, la commune fut ce qu'elle avait été au temps de Louis XIII, docile aux volontés du pouvoir, chargée d'impôts, humiliée par les gouverneurs du château et par les autres officiers de la couronne. » Une délibération, prise les 16 et 17 octobre 1693 par le corps de ville et les habitants sous la mairie de Jacques Pelluchon-Destouches, prédécesseur immédiat du maire perpétuel Jacques Perrin, dont il sera longuement parlé dans les pièces que je publie, constate que la ville était pelite et fort pauvre, que la plupart des maisons étaient inhabitées, et témoigne de l'insistance des habitants pour obtenir de l'intendant de Besons la réduction d'un don gratuit à douze mille livres, plus deux sous pour livre


payables dans deux ans, charge bien lourde pour l'époque. (Bibliothèque de Cognac, fonds Albert, mss., t. LXXII, p. 39.) C'est dans le même volume de ce recueil que se trouvent les documents qu'on va lire, à l'exception de quelques uns dont le. tome est indiqué j'ai cru devoir joindre à cette série le procès-verbal de l'élection de quatre échevins à Saintes, le 13 janvier 1702, parce que cette pièce, dont l'original a péri dans l'incendie du 11 novembre 1871, se lie intimement à mon sujet.

L'histoire de la crise municipale de 1718, dont les détails n'ont jamais été publiés, est une des pages les plus curieuses des annales cognaçaises. Il y a plaisir à observer le réveil de l'esprit public sous la Régence dans une petite ville où on était fatigué d'entendre sonner la cloche pour assembler une municipalité composée du maire perpétuel et de ses trois cousins; où, n'ayant pas de journaux à leur disposition, les ambitieux se querellaient dans la rue. Ceux qui désiraient à leur tour prendre part à la vie publique et qui étaient qualifiés dédaigneusement, comme on le verra, de « troupe d'artisans mutinés, se disaient qu'après tout les ancêtres des hommes qui voulaient les exclure non seulement des offices municipaux, mais encore de toute participation aux élections, étaient, eux aussi, pour la plupart, des artisans enrichis peu à peu par le travail et l'économie ils élevaient la prétention légitime, à une époque où l'échevinage était comme une terre promise, de dire leur mot sur la gestion des deniers publics et de préparer le temps où ils pourraient entrer en scène. L'arrêt du conseil d'état du 22 août 1718, qui ordonna que l'hôtel-de-ville de Cognac serait à l'avenir composé d'un maire, de quatre échevins et de quatre conseillers, trompa l'attente de ceux qui espéraient voir rétablir le maire, les douze échevins et les douze conseillers de l'ancien corps de ville. Indisposé sans doute par tant de compétitions, assailli par les mémoires et placets de tant de quémandeurs, voulant aussi, ce dont on doit le louer, ne pas aggraver les charges des habitants en multipliant les privilégiés, le conseil d'état adopta un terme moyen entre l'ancien état de choses et l'arrêt du 20 septembre 1700, qui réduisait à quatre échevins le corps de ville de Cognac. Les dernières pièces de cette série établissent, malgré des obscurités dûes à la perte des archives, que cette décision ne termina pas les difficultés. La monotonie des délibérations de l'échevinage pendant le règne de Louis XV ne doit pas faire perdre de vue que beaucoup d'ambitions et de rivalités étaient en présence. Le 2 mai 1772, le corps de ville, sans s'expliquer autrement sur les déboires que lui suscitaient probablement ceux qui vou-


laient arriver aux honneurs dont les inamovibles leur interdisaient l'accès, demandait que le' duc de La Vauguyon, gouverneur de Cognac, fût supplié d'interposer son autorité pour arrêter les désordres dont la yitte était menacée. « Sur quoy, par avis de t'assemblée, it a esté unanimement arresté qu'on dresseroit, dans le courant de la semaine prochaine, un projet de lettre dans les termes les plus ménagés, contenant un détail circonstancié de tout ce qu'ont fait depuis neuf à dix ans les ennemis du repos publie pour mortifier le corps municipal, faire échoir ses projets pour le bien de la ville et de ses habitans et pour molester les citoyens. » Tout cela aboutit d'abord à la nomination par le roi, le 1~ septembre 1772, du maire et des officiers municipaux, la ville n'ayant pu, faute de ressources pécuniaires, réunir à l'hôtel-de-ville tes offices créés par l'édit du mois de novembre 1771 ensuite à l'ordonnance du duc de La Vauguyon, prise le 18 décembre 1772 en son château deSaint-Maigrin, où, en sa qualité de seigneur de Cognac, il nomme le maire et les officiers municipaux, étant devenu propriétaire de tous ces offices moyennant quinze mille livres; enfin aux débats soulevés par le fameux acte du l~juin 1772, par lequel le roi cédait au duc de La Vauguyon, en échange de 729 arpents de la forêt de Senonches, le domaine, terre et seigneurie de Cognac, au grand mécontentement des habitants qui, dépendant ainsi d'un seigneur, assistaient à l'anéantissement de leurs privilègés. On verra ces événements se dérouler dans une publication que je prépare pour un des prochains volumes des Archives, et qui présentera le tableau de Cognac et de son corps de ville pendant les années qui précédèrent la révolution.


1700, 20 septembre. Arrêt du conseil d'état réduisant à quatre. le nombre des échevins de Saintes et de Cognac, et créant quatre places d'échevins à Saint-Jean-d'Angély. Copie, t. ~JCX7, 548.

Extrait des registres du conseil du roy. Le roy, ayant esté informé qu'il s'est introduit dans les villes de Xaintes et Cognac l'usage d'y avoir jusqu'à 24 et 25 eschevins, et que dans celle de Saint-Jeau-d'Angély il n'y en a aucuns, le seul maire gouvernant toutes les affaires municipales de la ville, et sa majesté voulant remédier aux abus que peuvent également produire le trop grand et trop petit nombre d'officiers municipaux dans ce3 trois villes, ouy le rapport et tout considéré, sa majesté estant en son conseil, a ordonné 'jt ordonne qu'à compter du jour de la première élection d'eschevins qui doit estre faite à la manière accoutumée dans les villes de Saintes et Cognac, le nombre de vingt cinq qui est actuellement dans la première et celui de vingt quatre dans la seconde, soit réduit à celui de quatre, ainsi qu'il se pratique dans les autres villes de la province de Saintonge, sans que, pour quelque prétexte ou occasion que ce puisse estre, ce nombre puisse estre augmenté et à l'égard de la ville de Saint-Jean-d'AngéIy, ordonne sa majesté qu'il sera incessamment fait une assemblée dans ladite ville, dans laquelle il en sera esleu quatre en la mesme forme et manière usitée en pareille occasion, lesquels jouiront des mesmes privillèges, rangs et séances et advantages dont jouissent les eschevins des autres villes de ladite province. Ordonne à cet effet sa majesté au sieur Begon, conseiller du roy en son conseil et intendant de justice, police et finances et de la marine en la généralité de La Rochelle, d'assister aux premières assemblées qui se feront dans les-

I.


dites villes de Saintes et Cognac, pour tenir la main à ce que la réduction des .ëschevins soit faitte, comme aussi d'indiquer et se trouver à celle qui se doit faire en ladite ville de Saint-Jean-d'Angéiy, pour procéder à la création et établissement des quatre qui y doivent estre. esleus, en présence du présent arrest qui sera exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque, et dont, si aucunes interviennent, sa majesté s'en est réservée la cognoissance, et icelle interditte à toutes ses cours et aultres juges. Fait au conseil d'estat du roy, sa majesté y estant, tenu à Versailles, le 20 septembre 1700. Signé :CoIbert.ColIationné. Signé: Begon.

II.

~70~3~MCM~Proces-verbalde Féiection de quatre échevins à Saintes en exécution de l'arrêt qui précède. Copie, id., p. 550. L'an mil sept cents deux, le treiziesme jour de janvier, nous, Michel Begon, conseiller du roy en ses conseils, intendant de justice, police et finances de la généralité de La Rochelle, nous sommes, en exécution de l'arrest du conseil du roy du 20 septembre 1700, et de nostre ordonnance du premier d'aoust dernier, transporté dans la maison commune de cette ville de Saintes, les maire, eschevins et autres principaux manans et habitans assemblés à la manière accoutumée, où estant, avons fait faire lecture dudit arrest et de notre dite ordonnance, et d'une requeste à nous présentée par les quatre premiers eschevins, par laquelle ils nous demandent acte de l'opposition qu'ils forment à ce qu'il soit procédé à nouvelle eslection, sous l'offre qu'ils font de renouveler leur serment, si mieux nous n'aimons sur ladite opposition les renvoyer, et cependant, les maintenir et continuer en l'exercice de leurs charges.

Sur quoy, nous leur avons donné acte de leur opposition, dont l'original a esté présentement mis au greffe de ladite


ville, pour y avoir recours quand besoin sera sur laquelle nous permettons aux parties de se pourvoir au conseil, ainsi que bon leur semblera; et cependant, ordonnons qu'en exécution dudit arrest et nostre ordonnance, il sera incessamment procédé à l'eslection de quatre eschevins dont les deux premiers sortiront de charge d'aujourd'hui dans un an et les deux autres l'année suivante, et qu'à l'advenir il sera proceddé à pareil jour, 13 de janvier, à l'eslection d'autres eschevins à la place des deux anciens qui sortiront de charge; ce qui sera exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque et sans préjudice d'icelle, jusqu'à ce qu'autrement il ait esté ordonné. Et ce fait, le sieur du Plais, portant la parole pour les quatre anciens eschevins, nous a prié et requis de leur permettre de se retirer, attendu qu'ils ne pourroient y assister sans préjudicier à leur opposition. ce que nous leur avons octroyé. Et estans sortis, nous avons .ordonné aux maire, eschevins et autres habitants ayant voix délibérative de nommer présentement quatre eschevins et les avons exhortés de se dépouiller de leurs intérests particuliers et de choisir les plus honnestes gens et les plus capables de rendre service à la ville. Ce fait, les officiers du présidial, de l'eslection et ceux de la maréchaussée nous ont requis par leurs députez d'insinuer aux habitans de choisir toujours quelqu'un d'entr'eux pour eschevins. Sur quoy, du consentement du maire et habitans, a esté proceddé à l'eslection à la pluralité des voix. Ont esté esleus les sieurs Moine, lieutenant criminel, Bibard, sieur de La Touche, président à l'élection, Moraud, médecin, et Ardouin, marchand lesquels, ayant esté mandés, ont présentement presté le serment devant nous à la manière accoutumée, sans tirer à conséquence, et pour cette fois seulement; et à l'advenir, ils le presteront devant le maire. Dont acte. Signé: Begon, Renaudet, maire, et autres.


m.

1717, Y~ décembre. Arrêt du conseil d'état, ordonnant qu'i) sera procédé à Saintes, Cognac et Saint-Jean-d'Angély à réfection de nouveaux maires, échevins et officiers municipaux, en remplacement de ceux qui se trouvent supprimés par )'édit du mois de juin précédent, et créant dix places de conseillers à Saintes, six à Cognac et six à Saint-Jean-d'Angély. Expédition surpapier.

Extrait des registres du conseil d'état.

Le roy s'étant fait représenter en son conseil l'arrest rendu en iceluy le 20 septembre 1700, par lequel il a été ordonné qu'à compter du jour de la première élection des échevins à faire dans les villes de Saintes et de Cognac, le nombre de vingt cinq qui étoit dans la première et celuy de vingt quatre dans la seconde seroit réduit à celuy de quatre, ainsy qu'il se pratiquoit dans les autres villes de la province, sans que, sous :quelque prétexte que ce puisse être, ce nombre puisse être augmenté, et qu'il seroit incessament fait une assemblée dans la ville de Saint-Jean-d'Angély pour en élire quatre en la même forme et manière usitée en pareille occasion, lesquels jouiroient des mêmes avantages dont jouissoient les échevins des autres villes de ladite province l'édit de supression des offices de maires, lieutenants de maires, échevins, consuls, capitouls et autres y mentionnés, du mois de juin dernier, par lequel il est porté, entre autres choses, article 3~ qu'à commencer au premier janvier mil sept cent dix-huit il en sera usé au sujet des élections de ceux qui doivent les remplacer de la même manière et ainsy qu'il se pratiquoit avant mil six cents quatre-vingts dix, et que lesdites villes seront administrées et gouvernées comme auparavantla. création desdits offices, dérogeant sa majesté à cet effet à tous édits, déclarations et arrest à ce contraires la déclaration du dix-sept juillet rendue en conséquence, qui ordonne que l'élection


des maires, échevins, consuls et autres officiers municipaux sera faite dans les villes et communautés aux jours et en la manière qu'elle se faisoit avantla création des offices suprimés par ledit édit,etque dans les villes où cette élection ne devroitêtre faite suivant l'ancien usage qu'après le premier janvier, elle se fera dans le mois de décembre prochain; l'arrest du conseil du vingt huit aoust suivant, portant que les sieurs intendans et commissaires départis dans les provinces et généralités du royaume assisteront pour cette première fois seulement aux assemblées qui se tiendront pour lesdites élections celuy du deux novembre dernier, qui, ordonne, entre autres choses, que les officiers suprimés ne pourront assister aux dites élections ny être élus par la suite jusques à ce qu'ils ayent rendus leurs comptes; et sa majesté ayant été informée que, sous prétexte de ladite clause dérogatoire insérée audit édit, quelques uns des anciens échevins des dites villes de Saintes et Cognac prétendent que le nombre de vingt cinq échevins qu'il y avoit anciennement à Saintes et de vingt quatre à Cognac, qui a été réduit à quatre dans chacune des dites villes par l'arrest du vingt septembre mil sept cents, doit être rétably, et qu'ils doivent rentrer de droit dans les fonctions qu'ils exerçoient alors, ce qui seroit contraire aux intentions de sa majesté qui n'a réduit les échevins de ces deux villes au nombre de quatre dans chacune que pour remédier aux abus qui s'y étoient introduits et étant aussy informée que quatre échevins dans lesdites villes de Saintes, Cognac et Saint-Jean-d'Angély ne sont pas suffisants pour l'administration des affaires, et qu'il seroit nécessaire d'y adjouter quelques conseillers veu sur ce l'avis du sieur de Creil, conseiller du roy en ses conseils, intendant de justice, police et finances en la généralité de La Rochelle oùy le raport, sa majesté en son conseil a ordonné et ordonne que ledit arrest du vingt septembre mil sept cents sera exécuté selon sa forme et teneur, et que, conformément à la déclaration du dix-sept juillet et aux


arrests du conseil des vingt huit aoust et deux novembre de la présente année, il sera procédé au mois de décembre prochain dans lesdites villes de Saintes, Cognac et Saint-Jeand'Angély, à l'élection de nouveaux maires, eschevins et autres officiers municipaux pour remplir les places de ceux qui se trouvent suprimez par ledit édit du mois' de juin, comme aussy à l'élection des conseillers de ville par augmentation aux quatre échevins,sçavoir en celle de Saintes de dix conseillers, six en celle.de Cognac et six en celle de Saint-Jean-d'Angély, lesquels seront choisis du nombre des officiers de justice desdites villes ou principaux bourgeois, gens capables de pouvoir contribuer par leurs conseils à la bonne administration des affaires desdites villes, et que les maires et échevins prêteront le serment et seront reçus en la manière accoutumée. Fait sa majesté deffenses à toutes personnes de les troubler dans.leurs fonctions, à peine de cinq cents livres d'amende, et, en cas de contestation, sa majesté .s'en réserve la connoissance, et icelle interditte à toutes ses cours et juges enjoint au sieur de Creil, intendant en la généralité, de tenir la main à l'exécution du présent arrest. Fait au conseil d'état du roy, tenu à Paris, le unzième jour de décembre mil sept cents dix-sept. Collationné. Signé de Laistre. Collationné par nous, conseiller secrétaire du roy, maison couronne de France et de ses finances. DONAT. Jean-François de Creil, chevalier, marquis de Creil, Bournezeau, baron de Brillac et autres lieux,conseiller du roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, intendant de justice, police et finances en la généralité de La Rochelle, veu l'arrest du conseil d'état du roy des autres parts, nous ordonnons qu'il sera exécuté selon sa forme et teneur en conséquence, enjoignons aux habitans de la ville de Cognac de si conformer sous les peines y portées. Fait en notre hostel, à La Rochelle, le trente décembre mil sept cent dix sept. DE CREIL.

Par monseigneur, (illisible.)


IV.

47/8, 3~MK)M)'. Nomination par les officiers dM Fétection de Cognac do Louis Guillet et François Dexmier pour représenter, en qualité de députés, le corps de l'élection à la nomination du maire et des ofCciers municipaux. .M.

Nous, Jean Fé, seigneur de Ségeville, Louis Guillet et François Dexmier, conseillers du roy, présidant, lieutenant, éleus en l'élection de Cognac, estant assamblée au bureau et chambre du conseil, céjourd'huy troisiesme janvier mil sept cent dix-huit, après midy, en l'absance des sieurs Chabot, André et Vitet, nos confrère, à ce mandées dans leur demeure ordinaire par maître Sazerat, notre greffier, quy nous a raporté estre absant, pour délibérer sur l'advis quy nous a esté donné de la publication faitte du premier du courant d'un arrest du conseil d'estat du roy du unze du passé et ordonnance de monsieur l'intandant de cette générallité du trante ensuivant, portant qu'il sera procédé en cette ville et autres y desnommés à l'élection de nouveau maire et échevins, au lieu et place de ceux quy ce trouve suprimé par ledit édit du mois de juin dernier, et mesme à l'élection de six conseilliers par oguemantation au quatre échevins quy seront choizis dans le nombre des offisiers de justice ou prinsipaux bourgois capable de contribuer à la bonne administration des afaire commune et estimant qu'il est nessésaire de choisir les offisiers quy d'entre nous doivent et peuvent assister suivant et au dezir dudit arrest à l'asamblée quy ce doit faire par députation de là part de tout les corps pour prévenir le tulmulte; à ces cauze; veu ledit arrest et ordonnance, nous avons député maîtres Louis Guillet et François Dexmier, conseillers du roy, éleus en cette élection, pour notre compagnie, être présants à laditte asamblée et procès verbal quy sera fait par mondit seigneur l'in-


tandant ou ses subdélégués, et luy faire les observations qu'ils jugeront à propos pour l'intérest de la conpagnie sur le chois et nomination des échevins et .conseillers de l'autel de ville, en conformité dudit arrest, sans préjudicier aux entiens et nouveaux privilège acordée par nos rois'et confirmation d'iceux de cette ville, ny aux intérests particuliers de la conpagnie. Fait l'an et jour susdit; et a ledit Sazerat signé aveq nous. Ainsi signé Jean Fé, Guillet, Dexmier et P. Sazerat. P. SAZERAC, ~<?r.

V.

~7~, 5~'<:KCM~. Nomination par les officiers du siège royal de Cognac de Jean Fé et Philippe Guillet, pour représenter leur corporation à l'élection. 7<

Aujourd'huy troiziesme janvier mil sept cent dix huit, nous, Jean Fé, escuyer, seigneur de Ségeville, conseiller du roy, prezidant, lieutenant généra!, juge prévost des eaux et forest, commissaire examinateur enquesteur et premier conseiller au siège royal de Cognac 1, Pierre Rambaud, sieur de Mareuil, conseiller du roy, lieutenant particullier au siège, Pierre Lebouché, sieur de Lagord, conseiller du roy, assesseur civil et criminel audit siège, Phillipe Guillet et Pierre Fouque, advocat et procureur du roy audit siège, composant le corps des officiers dudit siège de Cognac, avecq les sieurs Dexmier, lieutenant criminel, et Gay, conseiller audit siège, les-

1. Jean Fé, fils d'autre Jean Fé, écuyer, seigneur de Ségeville et du Tillet, premier président de l'élection de Cognac, et de Marguerite Pinaud, épousa, par contrat du 12 mai 1710, reçu Longueteau, Marianne Dusault, fille de Nicolas Dusault, écuyer, seigneur de La Barde, paroisse de Saint-Eugène, et de Marie-Thérèse de Braches. U fut nommé lieutenant général à Cognac, le 9 mai 1711, et obtint des dispenses d'âge, ayant alors vingt-sept ans moins cinq mois. Il fut inhumé dans l'église Saint-Léger, le 8 février 17~8. n'après la tradition cognaçaise, e'6s~;)ui que Voltaire a peint dans f'.Z~t/~< prodigue sous le nom de Fierenfat,' président de. Cognac.


quels ont desclaré à Bernard, l'un de nos huissiers à eux envoyez pour ce trouver aveq' nous au pallais royal dudit siège, cejourd'huy, lieu et heure, qu'ils ne voulloient pas se randre, ainsy que ledit Bernard nous l'a raporté; sur ce que, par arrest du conseil du unze décembre dernier, quy a esté publyé en cette ville le premier de ce mois, et l'ordonnance de monseigneur deCreil, intandant de la générallité de La Rochelle, il est dit qu'il sera procédé, dans les villes de Sainte, Cognac et Saint-Jean-d'Angély, à l'élection de nouveaux maires, eschevins et autres officiers municipaux. nous avons député maître Jean Fé, prezidant, lieutenant général, et Phillipe Guillet, advocat du roy au siège susdit, pour assister pour notre compagnyée à ladite assemblez et estre présant au procès verbal quy sera fait par mondit seigneur l'intendant ou son subdélégué. Pourront néanmoings ceux des officiers de ladite compagnie assister à ladite assemblée pour. leur intérest particullier, sy bon leur semble. Fait au pallais royal dudit Cognac, l'an et jour susdit, heure de trois après midy; et a ledit Bernard, huissier, avecq nous signé sa relation. Ainsy signé Fé, Rambaud, Lebouché, Guillet, Fouque, Bernard et Humyer, commis du greffier. Et à l'instant ont comparu maître Jean Dexmier, advocat en.la cour, et maître Joseph Charrier, docteur en médecine, lesquels ont desclaré au dezir dudit arrest, et pour l'intérest de leur corps, assister à ladite assemblée et entrer en nomminations des eschevins et conseillers au dezir dudit arrest, le tout néanmoings sans préjudicier aux privillège accordés par nos roys à ladite ville. Fait l'an et jour susdit; et ont signé. Ainsy signé Dexmier et Charrier. HuMYER, commis du <M*,jOOM~ <MW~ l'original.


VI.

4748,3~fMM)Mf.–Acte capitulaire des habitants de Cognac, nommant Dexmier-Delagroix, Pierre Sazerac, Jean Guérin, Jacques Landraud, Jobet aîné et Jean Roux, pour les représenter à l'élection. Id.

Aujourd'huy troisiesme janvier mil sept cent dix huit, après midy, par devant les notaire royaux en Angoumois sbussignez, ont comparu maître Allexis Forme!, cy devant conseiller du roy esleu en l'eslection de Cognac, maître Jacques Humyer, notaire royal, maître Antoine Coullon, procureur, maître Michel Boyneaud; huissier, Jean Chevallier, marchant, Pierre Quinemant, aussy marchant, Hélie Dumas, maistre serrurier, François Nivet, marchant orphèvre, Paul Maillard, marchant, Joseph Crétien, Jean Guérin, marchant bouchier, Pierre Corbinaud, maître chirurgien, Guy Gaultier, Izaac Bernard, Abraam Bonniot, Gabriel Gay, marchand, Pierre Braud, maître perruquier, maître Nicolas Jobet et Guillaume Chauvain, procureur au siège royal et eslection de Cognac, Hélye Lavye, mareschal, Jean Babin, bourellier, Jean Matignon, Jean Saulnier, Dommenique et Jean Guérin, maître bouchiers, Louis Daniaud, maître chirurgien, Guillaume Chauvain, marchant, Jean Favraud, maître cherpantier, Jean Mesnard, marchant, Jean Ripoche, chirurgien, Pierre Valantin et Pierre Cruon, maître architexte, Jean Texier, chezier, Simon Gergaud, maître thonnellier, Michel Emeraud, Jean Martin, Jacque Landraud et François Baraud, marchant, François Bobin, maître gabarier, PierreLéon Régnier, praticien, François Vibert, marchand, maîtres Jean Mounier et François Guimbellot, huissiers, Jean Nogay et Pierre Despujol, maîtres perruquiers, Pierre Paintier et Gabriel Bonnaud, maîtres celliers, maître Pierre Guillet, greffier en chef, maîtres Guillaume Delafargue et André Robin, procureurs, Jean Fontenaille, maître apotiquaire, Phil-


lipede Saint-Martin, aubergiste, Jean Garnier, maître ez'ars, Izaac Marchant, Michel Mesnard, Jean Gaultier, Jean Mounier, Guillaume et Pierre Chauvain, Louis Barbraud, George Fontenaud, tous marchans, François Ciraud, maître sergier, Pierre Delanoue et Pierre Hays, maîtres cordonniers, Jean Bertrand, tailleur d'habits, Jean Tabois, maître bouchier, Pierre Renou et Hélye Tiffon, maîtres menuziers, Martin et Guy Pinard, maître maréchal, Jean Malespard, maître serrurier, Jacque Pellisson, faszeur de carde, Nicolas Blanchard, maître arquebuzier, Jean Chemain, vitrier, René Jucquaud, tonnellier, Louis Marbœuf, maître tisseran, faizant la majeure et principalle partye des habitans de la ville de Cognac; lesquels ayant estée informée que sa majesté, par l'arrest de son conseil du unze décembre dernier, voulloit qu'il y eust six conseillers dans le corps de ville pour entrer en délibération et assister de leurs conseils le maire et les quatre eschevins quy dôibvent régir et gouverner la ville, estans persuadé de la conduitte et prudomie des sieurs Dexmier-Lagroix, Pierre Saizerat, Jean Guérin, Jacque Landraud, Jobet l'esné, procureur au siège royal de Cognac, et de maître Jean Roux, notaire royal en ladite ville, ils les ont constituée pour leur procureurs généraux et sepéciaux pour les représanter à l'assemblée quy ce doit faire incessemment pour l'eslection d'un maire de cette ville, quatre eschevins et des six conseillers portée audit arrest. ~For~M~s. Fait et passé audit Cognac, estude de Roux, notaire royal, demeurant audit Cognac, l'an et jour susdits; et ont lesdits constituans déclaré ne savoir signé, fors les soussignée, quy ont, avecq lesdits Jobet et Roux, signé. Ainsy signé Jobet l'aîné, Roux, Formel, P. Maillard, Corbinaud, Nivet, orfeuvre, J. Guérin, G. Gaultier, Coullon, J. Crestien, G. Gay, Bonniot, Bernard, Quinemant, P. Braud, Chauvain, Jean Babin, Chevallier, Hélye Lavye, Matignon, J. Saulnier, Daniaud, Chauvain, Fàvraud, Jobet, Mesnard, Ripoche, Boyenaud, Valantin, Emeraud, J. Martin, F. Bobin, P.. Cruon, Régnier,


Dumas, ,Baraud, Bernard, Landraud, Jean Texier,' Gergaud, Vibert, Ivon, notaire royal héréditaire, Roux, notaire royal héréditaire, Humyer, notaire royal héréditaire, J. Mounier, J. Nougay, P. Despujol, J. Marchant, Guimbellot, P. Paintier, Guillet de La Grave, de Saint-Martin, Ciraud, J. Garnier, Tabois, Bertrand, P. Renou, Tiffon, Barbraud, P. Delanoue, M. Pinard, J. Mallépard, Gabriel Bonnaud, J. Pellison, Guy Pinard, N. Blanchard, arquebusier, Haye, J. Chemain, René Juquaud, G. Fontenaud, Louis Marbœuf, Chauvain l'aisné, Delafargue, Mesnard, Fontenaille, J. Gaultier, marchant, J. Mounier, Robin, Pelluchon, advocat, P. Chauvain, Roux, notaire royal héréditaire, Ivon, notaire royal héréditaire. Controllé à Cognac, le troisième juillet mil sept cent dix huit. Receu unze sols; signé Ivon. Roux, notaire royal héréditaire, pour avoir l'original à moy resté. YvoN, co-notairé royal héréditaire.

VII.

/718,.4 4 janvier. -Acte par lequel les habitants de Cognac déclarent à François-Théodore Gay de La Chartrie, Jacques Perrin de Boussac et JeanNicolas Poirier qu'ils protestent contre leur prétention de se maintenir dans leurs fonctions d'échevins. Original sur papier.

Le quatriesme janvier mil sept cent dix huit, je soussigné, résidant à Cognac, receu et imatricullé en mon office au siège royal dudit lieu, à la requeste de la communauté des habitant de la ville de Cognac, soit signiffié et dhuemant fait asçavoir aux sieurs Gay, Poirier et Perrin de Boussac, cy devant échevins de l'autel de ville de Cognac, suprimée avecq le maire et tous les autres offisiers dudit hautel de ville par l'édit du mois de juin dernier, lesquels néantmoings ce sont ingérées dans les fonctions publique despuis le premier janvier que le maire a cessé; et quoyqu'ils soient suprimée .comme luyet que leur fonction devoit finir en mesme temps, ils n'ont pas. lesse, despuis le premier de ce mois, de retenir


les clefs dudit autel, du trezor et des 'papiers, et continuer leur administration aux mespris des édit, déclarations et arrest du conseil; de ce faire suivre par les vallets de ville pour imposer au publicq, et pour faire injure aux offisiers royaux auxquels laditte administration apartient, et surtout dans le temps présant qu'il n'y a maire ny échevins dans ladite ville, les entiens ayant esté remis parmis le peuple en 1700, lors de l'arrest de réduction, et les nouveaux quy furent établis pour lors ayant esté suprimée aveq les maire par l'édit du mois de juin; ce quy fait que lesdits habitant prenent l'antreprize desdits sieurs Gay, Poirier et Perrin pour un trouble par eux aporté à la liberté publique et au bon ordre de la justice, leur procédé contenant une contravantion manifeste auxdits édit et arrest du conseil, pour raison de laquelle ils doivent estre condamnée aux amande prononcé par ledit arrest des 2 novembre et 11 décembre dernier, et pour y parvenir lesdits habitants déclarent qu'ils s'opozent à la prétantion desdits sieurs Gay, Poirier et Perrin, et pour moyens soutienent, soub le bon plaizir de monseigneur l'intandant, que toute les délibérations quy ont estée par eux faitte despuis le mois de juin dernier sont nulle et froduleuze, suivant l'arrest du deux novembre dernier, et surtout ce quy a esté par eux fait depuis le premier de ce mois que leur fonctions a cessé, les supliant ayant eu advis que le trois de ce mois, ce confirmant eux mesme de leur othorité, ils auroient choizy six conseillers' de ville au mépris dudit arrest, et sans en voulloir attandre l'exécution en présance de. monseigneur l'intandant. Ce qu'il y a de remarquable dans un procédé aussy extraordinaire, c'est que les sieurs Gay, Poirier et Perrin ayant estée nommés échevins par le maire seul sans la participation desdits habitant, depuis et en conséquance de l'arrest de réduction de 1700, ledit sieur maire, au lieu d'en changer tous les ans deux et d'en nommer d'autre en leur place, comme il avoit fait plusieurs fois despuis la réduction, il auroit soufe't par conivance que


lesdits sieurs Gay, Poirier- et Perrin se soient perpétué jusqu'à présant, ce quy leur donne aujourd'huy l'audace de soutenir qu'ils sont perpétuels comme estoyent les vingt quatre avant la réduction. Pour faire voir que cette prétantion est odieuze et contre la liberté publique, lesdits habitant dizent qu'il ne faut que lire les arrests du conseil des 20 septembre 1700 et 11 décembre dernier, parce quand éfait celluy du 20 septembre 1700 ayant ordonné qu'il seroit procédé à la nomination de quatre échevins dans les hôtels de ville de Sainte, Cognac et Saint-Jean-d'AngéIy par la communauté des habitants, et M. Begon, en exécutant ledit arrest dans lesdites trois ville, ayant ordonné suivant l'esprit du conseil qu'il en seroit changé deux tous les ans, et nommé en la mesme forme deux autres en leur place, et cella c'estant exécuté tous les ans en les ville de Sainte et Saint-Jeand'Angély jusqu'à présant, et à Cognac seullement jusqu'à la nomination desdits sieur Gay, Poirier et Perrin, et l'arrest dudit jour 11 décembre dernier ayant ordonné l'exécution de celluy de 1700 sellon sa forme et teneur, il est certin que les choze devoient demeurer dans l'estat que monseigneur Begon les avoit mize, le conseil ayant confirmé tout ce qu'il avoit fait; en sorte que lesdits sieurs Gay, Poirier et Perrin ne doivent pas estre regardée comme des échevins, mais comme des intrus quy ce sont mis dans cette fonction par une fraude, et quy s'y sont perpétués par une colluzion entre eux et le sieur Perrin, maire perpétue!, leur couzin germain, quy agit encore aujourd'huy d'intelligence aveq euxpour les maintenir dans cette callité, afin de le favorizer dans la redition de son compte quy est cepandant une debte commune entr'eux, parce que leur administration est du mesme tanps pour les dernières année dudit sieur Perrin; en sorte qu'estant les uns et les autres subjest à randre conpte, la vois active et pacive leur est interdite par les édit et arrest du conseil; et par ses raisons, lesdits habitant soutienent que lesdits sieurs Gay, Poirier et Perrin doivent estre


condamnés en dix mil livre de domage intérest pour, -tes avoir privée de passer à leur tour despuis plus de: dix ans dans lesdites charge, et encore que tant eux que ledit sieur Perrin, cy devant maire perpétuel, leur couzin germain, quy a concouru aveq eux à cette supercherie, seront condamnés en mil livre d'amande envers le roy aplicable aux réparations dudit autel de ville quy en a très grand besoing et où il sera passé outre par lesdits sieurs Gay, Poirier et Perrin, en continuant leurcontravantions audit arrest, lesdits habitans protestent de ce pourvoir au conseil au dezir dudit arrest et de tous les despens, domages-intérests. Dont acte. Soutiennent encore lesdits habitant qu'il ne doit point estre nommé dans les place de maires, échevins et conseiller aucuns parant au degré de l'ordonnance des maire et échevins suprimée. Fait et délessé ses présentes au domicile dudit sieur Gay, tant pour luy que pour lesdits sieurs Poirier et Perrin, aveq injonction de leur faire sçavoir, et desclaré le controle, parlant à la personne dudit sieur Gay. FÉ. GUILLET. GUILLET. DEXMIER. DEXMtER; CHARRIER. DEXMIER DE LACROIX. P. SAZERAC. JOBET. ROUX. GUÉRIN. LANDREAU. DELAFARGUE.

VIII.

1718, 4 janvier. Procès-verbal par lequel les ~.chevins protestent contre l'acte capitulaire des habitants de Cognac. Expédition sur papier. Extrait des registre de l'hostel de ville de Cognac. Aujourdhuy quatriesme janvier mil sept cent dix huit, nous, François-Théodore Gay de-La Chastrie, conseiller.du roy, Jacque Perrin, sieur de Boussac, et Jean-Nicollas Poirier, avocat en la cour, eschevins, avons esté infornfé que le jour de hier le sieur Pierre Saxerat, l'un des habitans de cette ville, et quelque autre personne mal intensionnée orest convoqué, tant dans la maison du sieur Sazerat que sous les asie et aux anvirons, uneasemblée d'un nombre considéra-


b!e de personne de. toutte sorte d'estast, pour les porter à ce soustraire. de nostre conduitte et adeministration leur persuadant que nous somme du nombre des eschevins suprimée par l'esdit du mois de juin dernier, et qu'ils ont droit dans maitre d'autre dans nostre place et de faire les élections des autre officiers nécessaire en conformité de l'arest du conseil du unze décembre dernier et ennefait il auroit esté délibéré et nommé de prétendu desputé pour tous les corps pour faire lesditte eslections pardevant monseigneur l'intendantou autre commissaire qu'il conviendra et coume d'un costé le prétexte es faux de.dire que nous somme du nombre des suprimée, attendu que l'on ne peut ignoré que les charges d'eschevins créé par l'esdit de mil sept cent six et autre esnoncée audit esdit de supression n'ont point esté levée ni acquise par quy ce soit, et que nous avons esté esleu et choisis, par le corps et colège de la présente ville en la forme et manière acoutumée, en conséquence et depuis l'arest de réduction, qu'il doit estre exéquté selon sa forme et teneur, et par conséquant les eslections faitte en conséquance et que d'autre part ledit arest n'ayant point desrogé aux privilège quy nous ont esté acordée par Louise de Savoie en mil sinq cent sept, lors de la création du présent hostel, suivant lesquels les eschevins seuls ont le droit et pouvoir de faire les eslections lorsque quelqun d'eux va de vis à trépas ce quy fait que laditte assemblée et prétendu délibération faitte en conséquance est contraire à nos privilège é à ce quy s'aist toujours pratiqué en pareille occasion, et par conséquant à la disposition mesme de l'esdit du mois de juin dernier, déclaration et arrest rendu en conséquance, mesme à celui du unze décembre dernier, quy porte tous positivement que les eslections ce feront suivant les anciens usages en la forme et manière acoutumée, et par les officiers quy avoist acoutumé de les faire avant mil six cent quatre vingt dix, quy sont les eschevins, et quant fain laditte assemblée est dallieurs contre la disposition des ordonnance et


règlement quy deffent à toutte personne de faire aucune assemblée; c'est pourquoy nous nous somme transportée à l'ostel quoumun de la présente ville, où estant, et de l'avie des principaux habitans faisant la majeure partie des plus anciens officiers et notable bourgeois quy ont desclaré désavoier tout ce quy s'est fait et desterminé dans laditte assemblée sous le non du général et des corps de la présente ville comme contraire aux privilège et à l'usage, et consentir au contraire que les eslections affaire en conséquance dudit arest du unze dessembre dernier ce fasse suivant les dits privilège et an la mesme forme et manière qu'il ce pratique dans la ville d'Angoulesme et que nous l'avons toujours pratiqué, et non pas suivant l'usage des villes de Xaintes et Saint-Jean quy sont d'une autre province et n'ont auxquns privilège qu'elles ont perdeu pour des cause que tout le monde sait. Nous avons ausy desclaré désavoir et condamner ladite asemblee et résultat d'icelle, et nous oposer à tout ce quy pouroit estre fait en conséquance, avec protestation dan ninformer sa majesté comme d'un trouble tandant à émotion populaire à l'aisfait de quoy nous avons fait et droiser le présent procès verbal pour valoir et servir ainsy qu'il apartiendra. Fait en l'ostel commun de la ditte ville, en l'asemblée teneu l'an et jour susdit, au son de la cloche, à la manière acoutumée, ayant avec nous Jean Normand, que nous avons pris pour greffier d'office, et fait faire le serment en tel quas requis. Ainsi signé: F. T. Gay, Perrin de Boussac, et Poirier, eschevins, L. Dexmier, lieutenant criminel, Giraud, bourgeois, Allenet, Jacque Brunet, Bertrand, sieur de Pirémont, Perrin, advocat, Tardy, marchand, Henry Brunet, J. Tardy, capitaine de cartiée, Pépin, avocat, Maillard, capitaine de cartiés, de Montalenbert, receveur des tailles, le sieur Forest, bourgeois, Bouyer, L. Forest, Perrin, capitaine de cartier, Giraud de Lastrie, Dexmier, sieur de La Couture, Perrin, sieur de Tourneboure, Perrin, sieur de Beaugaillard, et Normand, gr effier. NORMAND, commis greffier.


IX.

Y7~8, 5 janvier.- Procès-verbal par lequel les échevins décident qu'ils porteront plainte contre Jean Fé, lieutenant généra), pour les avoir troublés dans leurs fonctions, et qu'ils continueront à les exercer jusqu'à nouvel ordre. 7~.

Extrait des registres de l'hostel de ville de Cognac. Et advenant le cinquiesme jeanvier mil sept cent dix huit, nous, François-Théodore Gay de La Charterie, conseiller du roy, et Jacque Perrin, sieur de Boussat, Jean-Nicolas Poyrier, avocat, eschevins, estant assemblée à l'hautel de ville pour délibérer des affaire comune, lesdits sieurs Gay et Poyrier ayant remontré que le jour de hyer, après que leur délibération sur la signification quy leur fust faitte par les sieurs Fé et Guillet et autres fust finie, et san retournant an leur mai-.son antre quatre et cinq heure du soir, ils rancontraire à cinquante pas de l'hostel de ville le sieur Fé, lieutenant généra!, acompagné et à la teste de quarante à cinquante habitans de cette ville, lequel leur demanda d'une manière fort hautene sy c'estoit heux quy eussent fait sonner la cloche et pourquoy. Aquoy ils répondirent que ouy et qu'ils c'estoit assemblée à l'ocquasion de la signification qu'il leurs avoit fait faire quelques heures auparavant par Delafargue, sergent royal et pour lors ledit sieur Fé leur fist beaucoup de menasse, dizant qu'ils estoist suprimée, et que c'estoit à iuy de faire les fonctions de maire, et que, sy nous continuons davantage, il uzeroit de son hautorité, et tout cela que pour an imposer aux peuples et le soulever contre nous. A quoy nous luy répondisme qu'il ce trompoit et expliquoit mal l'arest du unze dexembre dernier, quy est une confirmation pour nous et ledit sieur Fé, lieutenant général, percistant an ces mauvaise manierre, dit qu'il vouloit verbaliser à quoy nous luy fisme rayponce qu'il feroit ce qu'il aviseroit,


et nous nous retirasme et comme ce procédé ne peut passer que pour un trouble aporté à nos fonctions et une atinte aux anciens privilèges de cette ville, les dits sieurs Gay et Poyrier requyer quy soit sur le tout présentement délibéré.

Par avis de l'assemblée, il a esté aresté qu'on obtiendra a une commission pour faire apeller le sieur Fé, lieutenant général, tant sur le trouble aporté à nos fonctions que sur l'oposition faitte et à nous signifiez le jour de hier, et qu'il cera par nous présanté un placet aux roy pour suplier très humblement sa majesté de vouloir bien nous maintenir-dans nos antiens privilèges ce faisant, ordonner que les quatres esche vins à quoy le corps de ville a esté réduit par l'arest de d700 ceront de vie à trépas, ainsy quy c'est toujours pratiqué an la présante ville et que comme ledit sieur Fé agist an cette ocquasion plutôt par ambition et chaleur que par raison, et que son dessain est de ce faire nomer maire an ce mettant à la teste du peuple, quy n'a ny n'a jamais eu aucun droità cette eslection et quy n'a fait cela que pour s'emparer de toute l'hotorité de la ville, quoy qu'il soit revestu des charges de président, lieutenant général, commissaire examinateur anquesteur, maistre particulier des eaux et forêt de cette ditte ville, dont il y an a d'incompatible, conformémant aux ordonnances de 1669, articles 5 et 8, et- pour gesner la liberté des sufrage des officiers municipaux, et par son hautorité ce randre maistre de tout le gouvernement, l'on suplira très humblement sa majesté de vouloir bien faire atention aux raysons sy dessus et nous maintenir dans nos fonctions, suivant et conformémant aux anciens privilèges, et dans le droit de nomer les officiers municipaux, et faire desfance audit sieur lieutenant général et tous hautres de nous y troubler, à peine de1000 livres d'amande, comme ossy de s'ingérer de faire aucunes assemblée, sur peine de punission exemplaire et cependent, sous le bon plaisir de sa majesté, il a ossy esté aresté que, nonobstant lesdittes opositions ver-


bâtes et par escrit,nous continuront jus à ce qu'il ait pieu à sa majesté d'an ordonner autrement. Ainsy signé F. T. Gay, Perrin de Boussac, Poyrier, et Normand, commis greffier. NORMAND, commis ~re/~<?r.

x

47~. –P)acet présenté au chancelier ? par Jean Fé,)ieutenant général,et autres, à l'appui de l'opposition par eux formée contre les prétentions du maire et des échevins de Cognac. Of~MM~ sur papier.

Monseigneur,

Comme nous avons [a]pris que les maire et eschevins suprimées de cette ville, pour se perpétuer dans cette fonction au préjudice des autres habitans, et contre la disposition de l'arrest du conseil du unze décembre dernier, quy règle la conduitte que nous devons tenir dans la nomination des maire, eschevins et conseillers, d'une manière uniforme aux autres villes de cette généralité, vous ont donné un placet en cassation de cet arrest, nous sommes obligés, monseigneur, de réciamer l'honneur de votre protection contre cette injuste prétention; et pour cella nous prenons la liberté de vous envoyer un duplicata de l'opposition que nous avons formé. entre les mains de monsieur de Creil, notre intendant, contre cette entreprise, dès le quatre janvier dernier. En effet, il est inouy que trois personnes sans caractère se mettent au dessus de tous les autres habitans d'une ville contre l'intention du roy et la disposition de ses édits et arrests du conseil, et quy s'y maintienne despuis deux mois au préjudice des corps et communautés de ladite ville les plus importans. Nous vous envoyons donc, monseigneur, laditte opposition sur laquelle nous vous supplions de faire attention. Vous la trouverez conforme à l'esprit et à l'objet quy a fait rendre lesdits arrêts du 20 septembre 1700 et unze. décembre dernier, et nous espérons que vous en


ordonnerez l'exécution, et nous continuerons par reconnoissance à prier Dieu pour la santé et prospérité de votre grandeur. FÉ, président et lieutenant yénéral. GUILLET, avocat du roy. GUILLET, lieutenant en /'6S~C~O~. DEXMIER, 0/cier de l'élection. DEXMIER, advocat en parlement. CHARRIER, docteur médecin. P. SAZERAC, inspecteur des eaux et forêts. JOBET, procureur du roy de police. GuÉRIN, marchand. LANDREAU, marchant. DEXMIER-DELAGROIX, part des principaux habitans.

XI.

~7Y8, 34 mars. Arrêt du conseil d'état qui, statuant sur l'opposition formée par Antoine-Auguste-Armand-Sicaire d'Aydie de Ribérac, comte de Rions, gouverneur de Cognac,* à l'arrêt du 11 décembre 1717, ordonne que sa requête sera communiquée aux anciens échevins de Cognac, aux échevins alors en charge, à la communauté et habitans de Cognac et à Cherval, sénéchal d'Angoumois. Expédition sur parchemin.

1. Le comte de Rions, ayant donné sa démission de gouverneur de Cognac, fut remplacé par le duc de Richelieu, suivant lettres patentes données à Versâmes le 12 septembre 1722. H racheta son gouvernement du duc de Richelieu. Dans sa notice sur les gouverneurs de Cognac, publiée dans le

Btclletin de la soeiété arehéologique de la Charente, 4e série, t. X., h1. P.

.Bw~Mt ~e !<:MCt~ afcA~o~o~t~Me ~C~ar~M~, 4e série, t. X., M. P. de Lacroix dit, p. 227 <[ Démissionnaire en 1722 en faveur du duc de Richelieu, ce dernier est quatifté dans le Mercure du mois d'août 1 740, gou'cerMeMf de Cognac, lieutenant général et commandant en chef de la province de Languedoc. Si le rachat a eu lieu, ce n'est donc qu'après le 2 août 1740, époque de la mort de Mme de Richelieu, née Sophie de Lorraine, x H y a là une erreur. Dès le 30juittetl735, le comte de Rions est qualifié « cy devant premier escuyer de Mme la duchesse de Berry et collonel du régiment Dauphin dragons, de présant gouverneur des ville et chasteau de Cognac, » au procès-verbal de l'état du château dressé en sa présence par Humyer,notaire à Cognac. It était encore gouverneur le 6 janvier 1738, ainsi que le prouve une lettre de lui que j'ai publiée dans la Revue des bibliophiles, (Chollet, Sauveterre-de-Guyenne, année 1880, p. 203). C'est donc très probablement en 1735, peu de temps avant le procès verbal de l'état du château, qu'il racheta son gouvernement, et le Mercure du mois d'août 1740 se trompe en donnant encore au duc de Richelieu le titre de gouverneur de Cognac qui appartint au comte de Rions pour la seconde fois depuis le rachat jusqu'à sa mort en mars 1741. Voir les Mémoires du duc de Luynes (Didot, 1860, t. III, p. 350 et 359). U fut remplacé par le chevalier d'Allemans.


Extrait des registres du conseil d'état.

Sur ta requête présentée au roy étant en son conseil par Antoine-Auguste-Armand-Siquaire Dédy, comte de Rions, premier écuyer de madame duchesse de Berry, mestre de camp de cavallerie, sous-lieutenant des gendarmes de la reyne et gouverneur de la ville et château de Cognac, contenant que sa majesté ayant suprimé, par édit du mois de juin 1717, les offices de maire et échevins et autres offices de ville créés depuis 1690, elle a ordonné par l'article trois du même édit qu'il en seroit usé à l'avenir au sujet de l'élection et nomination des maires, échevins et autres officiers municipaux des villes de la même manière et ainsy qu'il se pratiquoit avant d690, et que les dites villes seroient administrées et gouvernées comme auparavant ta création desdits offices. Pour prévenir dans ia ville de Cognac toutte difficulté au sujet de l'exécution de cet article, il paroît nécessaire d'y pourvoir par un règlement particulier qui puisse rétablir les choses sur l'ancien pied, et métre en vigueur l'usage anciennement observé dans ladite ville de Cognac. Pour en donner une parfaite connoissance, il suffira de rapeller les dispositions qui se trouvent tant dans les anciens titres de ladite ville que dans les lettres de confirmation accordées par le feu roy en 1654. Par lettres pattentes du 16 avril 1507, Louise, comtesse d'Angoulême, mère et tutrice de François premier, et dame de Cognac, confirma le corps de ville de Cognac dans l'ancien usage où il étoit d'être composé d'un maire, de douze échevins et de douze conseillers, pour déterminer, décider et ordonner de touttes les affaires de la ville, avec faculté d'élire au jour et forme accoutumée trois personnes de la ville, et de les présenter à cette princesse si elle étoit dans la ville, sinon au gouverneur, auquel ces mêmes lettres attribuent le droit de choisir celuy des trois qu'il luy plaira pour être maire pendant l'année. Ces lettres adjoutent que si le maire 'choisy' est du nombre des vingt quatre officiers qui composent. le;


corps de 'ville, le nombre en demeurera fixé à vingt quatre; sinon, le maire fera le vingt cinquième. Il est, en outre, ordonné par ces lettres qu'en cas du déceds d'un échevin, le corps de ville nommera pour remplir sa place un des douze conseillers, au lieu duquel il sera élu une personne de la ville; et que pareillement, en cas du déceds d'un conseiller, le corps de ville nommeroit pour remplir sa place un habitant de la villé. Enfin ces lettres portent que le corps de la ville ne poura ouïr, clore ny finir les comptes des deniers de la ville, ny ordonner des réparations des tours, murailles et fortifications d'icelle sans l'avis et délibération du gouverneur de Cognac ou son lieutenant et comme le nombre de vingt quatre officiers pour composer le corps de ville n'étoit pas alors remply, ainsy qu'il arive aujourd'huy,,cette princesse, résidant alors à Cognac, 'se réserva de les nommer pour cette première fois seulement. Ces lettres ont été régulièrement exécutées jusqu'en 1651 que le feu roy ordonna que l'élection du maire se feroit à l'avenir à la pluralité des suffrages des habitans de ladite ville. On ne fut pas longtems à s'apercevoir des inconvénients d'une élection à la pluralité des voix de tous les habitans.* C'est ce qui obligea deux ans après le corps de ladite ville de délibérer dans une assemblée convoquée à cet effet que l'élection du maire se feroit à l'avenir par scrutin présenté au gouverneur, ainsy qu'il avoit été anciennement pratiqué, nonobstant la clause aposée dans les lettres de 1651, à laquelle il fut résolu qu'on prieroit sa majesté de vouloir bien dérogera Sur cette délibération intervint le XXII mars 1654

1. Le comte de Rions-se trompe. Louis XIV accorda seulement au corps de ville le droit de nommer'maire à la pluralité des suffrages l'habitant de Cognac qu'il estimerait le plus digne de remplir la mairie, sans être obligé comme précédemment de présenter trois candidats, dont l'un devait être choisi par le roi et en son absence par le gouverneur de Cognac. 2. La délibération du corps de ville dont il est question ici fut prise le 14


arrêt du conseil sur lequel furent expédiées, au mois de juin suivant, des lettres pattentes qui portent en termes exprès homologation et confirmation de la délibération de la ville de Cognac et ordonne en conséquence que l'élection et nomination des maires de la ville de Cognac se feroit à l'avenir le jour de Saint-Etienne, vingt six décembre de chaque année, suivant les anciens privilèges et statuts de la ville qu'à cet effet le corps de la ville éliroit trois personnes que le scrutin en seroit présenté à sa majesté si elle étoit dans son château de Cognac, sinon au gouverneur de ladite ville et château de Cognac, pour être par sa dite majesté ou par le gouverneur choisy une desdites trois personnes pour exercer ladite charge de maire, nonobstant le contenu aux lettres du mois de décembre 1651 concernant l'élection dudit maire à la pluralité des voix, à quoy sa majesté dérogea pour ce regard seulement.~ Cet ordre a toujours été

mars 1654 sous la présidence du maire Michel Berjonneau, sieur des Brousses, conseiller du roi, premier président de l'élection de Cognac. Les échevins présents à cette délibération étaient Ezéchiel Guinebert, Guy Cothu, Louis Civadier, Jacques Pelluchon l'aîné, Jacques Daniaud,Jacques Chausse, Benjamin Vitet, François Bourguignon, Jacques Bobiquet, Jacques Pelluchon le jeune, Jacques Garraud, Jean Gimbert, Clément Bonnet, Jean Guillet et Philippe Fé. Le corps de ville motiva sa résolution sur ce que la déclaration du roi du mois de décembre 1651 était contraire aux anciens privilèges et ôtait le droit au comte de Jonzac, en qualité de gouverneur de Cognac, de choisir'le maire.

1. Les lettres patentes rendues à la suite de l'arrêt du conseil privé du roi du 22 mai 1654 sont du mois de juin de la même année et datées de Réthe). Le d août 1654 un arrêt du parlement de Paris ordonna l'enregistrement de ces lettres patentes. Elles furent enregistrées sur le livre des maisées de Cognac par délibération du 24 décembre 1654, à laquelle assistèrent Michel Berjonneau, maire, Jacques Daniaud, Louis Mesnage, Benjamin Vitet, Jacques Robiquet, Jean Bernard, Jacques Pelluchon le jeune, Jacques Garraud, Jean Gimbert, Clément Bonnet, Jean Guillet, Philippe Fé et Jean Delvolve, échevins et conseillers. Les maisées des 14 mars et 24 décembre 1654, l'arrêt du conseil, les lettres patentes de Louis XIV et l'arrêt du parlement de Paris se trouvent en copie à la bibliothèque de Cognac, recueil Albert, mss. t. XXXI, p. 536.


suivy depuis jusqu'en 1693 que l'office du maire de Cognac, créé par édit du mois d'aoust'1692, fut levé par un particulier qui en paya la nouvelle financer

Les nouveaux offices d'échevins n'ayant point été levez, le corps de ville continua tousjours d'estre composé de maire en titre d'office, de douze échevins et dé douze conseillers à vie, comme il avoit été pratiqué par le passé; mais, par un arrêt du 20 septembre 1700, il fut ordonné que ce nombre de vingt quatre, tant échevins que conseillers, seroit réduit à quatre échevins seulement. Enfin, par édit du mois de juin 1717, sa majesté, ayant suprimé les offices de maire et échevins de nouvelle création, et ordonné que les villes seroient administrées comme auparavant la création de ces offices, il suit que tout doit être rétably sur l'ancien pied dans la ville de Cognac, c'est-à-dire que le corps de la ville doit être composé d'un maire électif par sa majesté quand elle sera en la ville de Cognac, ou en son absence par le gouverneur, et choisy du nombre des trois personnes nommez dans le scrutin présenté à cet effet par le corps de ville, ensemble de douze échevins et de douze conseillers. Quoique la nécessité de rétablir le nombre d'officiers pour composer le corps de ville suivant l'ancien usage résulte pleinement de l'édit du mois de juin 1717, il a cependant été ordonné par arrêt du conseil du XI décembre 1717 que le nombre des officiers de la ville de Cognac demeureroit fixé sçavoir à quatre échevins et à six conseillers sans le maire. Cet arrêt paroît avoir été rendu pour les villes de Xaintes et de Saint-Jean-d'Angély en la province de Xain-

1. Il s'agit ici de Jacques Perrin, sieur de La Foix, qui, suivant une note du cn.rtu)aire appelé Livre rouge de Cognac, fo 45, fut maire de Cognac pendant 24 ans, ayant acquis cet office en ~693 il fut installé au mois de janvier 1694, et exerça son office sans interruption jusqu'au premier janvier 1718. !) acquit aussi, en 1700, la charge de lieutenant général de police de Cognac. Voir Marvaud, JMM~M historiques sur Cognac, t. 11, p. 235.


tonge, avec lesquels on ne devoit pas comprendre la ville de Cognac dans la province d'Angoulesme, dont les privilèges sont tous différens; et pour faire rétracter la disposition de cet arrêt par raport à la ville de Cognac il suffira de représenter que la fixation de dix officiers portés par cet arrêt pour composer le corps de ville de Cognac est contraire à_ tous les anciens privilégiez de cette ville qu'on vient de raporter, ce qui sufit pour fonder l'oposition que le sieur de Rions se trouve obligé en sa qualité de gouverneur de Cognac de former à l'exécution de l'arrêt du XI décembre dernier à 'l'effet de faire rétablir dans cette ville le même nombre d'officiers de ville qui y a tousjours été même jusqu'en 1700. Mais comme il n'y a aujourd'huy que trois échevins en place, et que même il y a eu dans la ville de Cognac plusieurs contestations à ce sujet de la manière dont on devoit procéder à rétablir l'ancien usage, il convient de commencer par nommer un maire, neuf autres échevins et douze conseillers. Ce droit, conformément aux lettres de 1507, ne peut apartenir qu'à sa majesté résidant en ladite ville de Cognac, et en son absence au gouverneur. Requéroit à ces causes le sieur Dédy de Rions, gouverneur de ladite ville de Cognac, qu'il plût à sa majesté sur ce pourvoir d'un arrêt qui puisse servir d'un règlement général ce faisant, ordonner que l'article trois de l'édit du mois de juin i717 sera exécuté selon sa forme et teneur; en conséquence, et en recevant en tant que de besoin ledit sieur gouverneur opposant à l'exécution de l'arrêt du unze décembre 1717, ordonner que, sans [y] avoir égard, le nombre des officiers pour composer le corps de ville de Cognac sera à l'avenir de vingt quatre officiers comme il étoit anciennement ce faisant, rétablir ladite ville de Cognac dans le droit où elle étoit d'être gouvernée par un corps de ville composé d'un maire, de douze échevins et de douze conseillers, accorder au sieur gouverneur, pour cette fois seulement, le droit de nommer un maire, neuf échevins, pour, avec les


sieurs &ay, Perrin du Boussac et Poiriers, échevins en place, faire le nombre de douze échevins, et de nommer pareillement pour cette fois seulement douze conseillers ce faisant, ordonner que le corps de ville demeurera à l'avenir composé desdits maire et vingt quatre officiers; à l'effet de quoy, lorsqu'un desdits échevins viendra à décéder, le corps de ville choisira pour remplir sa place un des douze conseillers, au lieu duquel le corps de ville nommera un habitant de la ville; et en cas de déceds d'un conseiller, il sera remplacé par un habitant de la ville qui sera élu à cet effet par le corps de ville et à l'égard du maire, que tous les ans, au jour de Saint-Estienne, vingt six décembre, il sera procédé au lieu et en la forme pratiqué anciennement, à la nommination qui sera faite par le corps de ville de trois personnes telles qu'il voudra choisir pour remplir la place de maire que le scrutin sera présenté à sa majesté quand elle sera dans le château de Cognac ou en son absence au gouverneur, auquel, même en cas d'absence, ledit scrutin sera envoyé suivant l'ancien usage, pour être par le gouverneur choisy une desdites trois personnes pour exercer l'office de maire et faire le vingt cinquième, en cas qu'il ne soit pas du nombre des vingt quatre officiers de ville ordonner que ledit corps de ville ainsy composé régira et administrera toutes les affaires de ville, ainsy qu'il se pratiquoit anciennement; sans cependant que le corps de ville ny le maire puisse ouïr, clore ny finir les comptes des deniers de la ville, ny ordonner desréparations des tours, murailles et fortifications d'icelle sans l'avis et délibération du gouverneur, le tout conformément à l'ancien usage, aux lettres pattentes du 16 avril 1507, à l'arrêt du conseil du 21 may 1654 et lettres pattentes du mois de' juin ensuivant, qui seront exécuLces selon leur forme et teneur, nonobstant tous édits, déclarations, arrêts et règlement à ce contraire, auxquels il plaira à sa majesté déroger; et, pour l'exécution de l'arrêt de règlement qu'il plaira à sa majesté accorder,


ordonner que touttes lettres nécessaires seront expédiées. Veu lesdites lettres pattentes du 6e avril 1507, la délibération de l'assemblée tenue en la maison de ville de Cognac le 14 mars d654, l'arrêt du conseil du 22 may de ladite année, portant homologation d'icelle, et les lettres pattentes expédiées en conséquénce au mois de juin ensuivant, ensemble les arrêts du conseil des vingt septembre d700 et unze décembre mil sept cent dix sept ouy le raport et tout considéré, le roy étant en son conseil, de l'avis de monsieur le duc d'Orléans, régent, a reçu et reçoit ledit sieur comte de Rions opposant à l'arrêt du conseil du xi décembre mil sept cent dix sept, et pour faire droit au principal, sa majesté a ordonné et ordonne que la requête dudit sieur comte de Rions sera communiquée aux anciens échevins de Cognac qui étoient en charge avant l'arrêt du XX septembre mil sept cent, aux échevins actuellement en charge, à la communauté et habitans de la ville de Cognac, et au sieur Cherval, sénéchal d'Angoulesme, pour le tout veu et raporté à sa majesté, être ordonné ce qu'il apartiendra par raison. Fait au conseil d'état du roy, sa majesté y étant, tenu à Paris, ce vingt unième mars mil sept cent dix huit. PHELYPEAUX.

XII.

1718. Placet présenté au régent par les anciens échevins de Cognac pour demander la confirmation de l'élection du maire par eux faite le 26 décembre 1717. Copie sur papier.

Supplient humblement les anciens échevins de la ville de Cognac, disants qu'en l'année 1507, Louise de Savoye, ayant la tutelle et gouvernement de François premier, pour lors duc d'Angoulesme, auroit créé et étably dans la maison commune douze échevins et douze conseillers, lequel établissement fut ensuite aprouvé et confirmé par François premier lors qu'il fut parvenu à la couronne,-par lettres


patentes du mois defévrier 1514;~lesquelles, outre ledit établissement, portent encore concession de plusieurs autres privilèges, tant en considération de l'heureuse naissance qu'il prit au dit Cognac qu'à cause de la fidélité et générosité que les habitans firent paroître en diverses occasions contre les ennemis de l'état lesquelles lettrés patentes ont esté suivies et confirmées successivement par celles des rois Henry 2, du mois de novembre 1547, François second, du mois de novembre 1559, Charles 9, Henry 3, du mois de novembre 1576, Henry 4, du mois de septembre d592, Louis 13, du mois de janvier d611, et par Louis 14 d'heureuse mémoire à son avènèment à la couronne, par ses lettres patentes du mois de décembre d651; lesquelles lettres patentes portent non seullement une confirmation des anciens privilèges, mais encore concession de la noblesse aux maires de ladite ville, et cela en considération de ce que les maire, échevins et habitans repoussèrent généreusement de devant leur ville monsieur le prince quy la tenoit assiégée, et l'obligèrent de lever le siège avec perte de presque toutte son armée toutes lesquelles lettres patentes ont esté vérifiées et enregistrées où besoin a esté, et exécutez jusqu'en l'année 1700, que le roy, pour faciliter la vente de plusieurs offices qu'il fut obligé de créer pour subvenir aux besoins de l'état, et sur la remontrance du maire perpétuel quy vouloit seul gouverner ladite maison commune, réduisit purement et simplement ledit nombre de 24 échevins à celuy de 4, quy devoient estre pris dans le corps des anciens échevins, et changer tous les ans suivant ledit arrest. Mais le maire perpétuel quy avoit toutte l'authorité exécuta cet arrest en ce quy luy faisoit plaisir, quy estoit la réduction et tout le reste demeura sans exécution; en telle sorte que ledit maire choisit pour remplir ces 4 places ses plus proches parens et gens à luy,

1. Une copie de ces lettres patentes se trouve à la bibliothèque de CognaC) mss. Atbert, t. LXXII, p. 23.

13


sans observer aucunes formalitezpour l'élection, et lesa conservez dans cet émploy jusques à présent, sans que la remontrance des dits anciens échevins ayt pu leur faire avoir justice dùdit maire quy se prévaloit de ce que, par soumission aux volontez du prince, ils n'avoient fait aucune suite sur l'opposition qu'ils avoient formé audit arrest de réduction de 1700. Mais comme il a plu à sa majesté, par son édit du mois de juin dernier, sa déclaration du mois de juillet et des arrests rendus en conséquence, suprimer les maires perpétuels, échevins réduits et autres officiers municipaux, et rétablir lésdites maisons communes, et ordonner que l'élection des maires,, échevins et autres officiers seroit faitte à la manière acoutumée et par les officiers quy avoient acoutumé de la faire avant la création des maires perpétuels, et ce, nonobstant tous édits, déclarations et arrests à ce contraires, avec deffenses auxdits maires perpétuels et échevins supprimez d'assister à ladite élection ny entrer dans la nomination, à peyne de désobéissance et de 1500 livres d'amende, lesdits anciens échevins se trouvant par là rétablis dans leur fonctions d'échevin et tout ainsy qu'ils l'estoient auparavant l'arrest de réduction de 1700, ils se seroient rendus au son de la cloche à l'hôtel de ladite ville, le 26 décembre dernier, pour, en conséquence desdits édits, déclarations et arrests, et suivant la disposition des anciens privilèges et concession de Louize de Savoye, procéder en présence du subdélégué du sieur intendant à l'élection de trois personnages, pour l'un d'iceux estre nommé maire. Ils y auroient trouvé d'un costé trois particuliers quy ont prétendu estre échevins en conséquence de l'arrest de réduction de 1700, et quy ont soutenu que c'estoit à eux à faire l'élection d'un maire; de l'autre une troupe d'artisans mutinez quy ont soutenu que c'estoit à eux à faire l'élection, et que ny. les anciens ny les nouveaux échevins n'avoient aucun droit d'y procéder lesquelles oppositions auroient troublé et rendu notre assemblée tumultueuse, et nous auroient obligé d'en


dresser nos verbaux devant ledit subdélégué et cependant, attandu le rétablissement formel porté par lesdits édits, déclarations et arrests, nous aurions procédé à l'élection de trois personnages, pour l'un d'iceux estre maire, et protesté contré lesdits prétendus nouveaux échevins de les faire déclarer désobéissants et sujets à ladite amande de 1500 livres, et contre lesdits habitans, pour leur trouble et soulèvement, de leur faire imposer une punition exemplaire. Mais comme lesdits nouveaux échevins et lesdits habitans ont, chacun à leur égard, fait une élection, et qu'il faudra sçavoir laquelle de ces trois élections sera valide, nous prenons la liberté d'envoyer à votre altesse royalle ce placet contenant nos moyens que nous tirons uniquement de l'édit du mois de juin dernier, de la déclaration du mois de juillet et des arrests rendus en conséquence, et de celuy mesme de l'année 1700; desquels édits, déclarations et arrests nous ne rappelions point la teneur à votre altesse royalle, parce qu'elle sçait mieux que nous par quels motifs ils ont esté rendus. Nous aurions bien pris la liberté de luy envoyer copie des privilèges et concessions faites à ladite ville, sauf que les nouveaux échevins s'en sont rendus maîtres, et qu'il faut une autorité supérieure pour les avoir. Nous espérons toutefois de votrealtesse. royalle qu'elle voudra bien faire attention à là justice de nos moyens, et faire rentrer notre dite maison commune dans des privilèges aussy anciens et quy luy avoient esté acordez aussi solemnellement; et elle continura ses vœux et prières pour la santé de votre altesse royalle.

XIII.

1718, 26 mars. Placet présenté au chancèlier par les anciens échevihs de Cognac. Original sur papier.

Monseigneur,

Nous avons apris que son altesse royalle monseigneur le


duc d'Orléan, régent du royaume, a renvoyé à votre conseil la descision des contestations quy se sont mues au mois [de] décembre dernier au subjet de l'eslection d'un maire, à laquelle, comme entiens eschevins rétablye par l'édit du mois de juin dernier, nous avions proceddé; et comme les contestations des quatre nouvaux eschevins quy sont suprimés par ledit édit et celles que la popullace ont faite ont arresté notre exercice et nos fonctions, joints à cella un arrest du conseil du mois de novembre dernier 1 quy réduist le nombre des eschevins à quatre, lequel a esté randu sur l'advis de monsieur de Creil, intandant, cella nous a obligé, monseigneur, à en présanter notre placet à son altesse royalle monseigneur le duc régent, quy contient toutte nos raisons, et que nous espérons qu'il aura eula bonté de vous faire remettre. Il contient en précis. Après un droit sy bien estably et simenté de l'esfusion du sang de nos encestres' et ayeuls reconue dans tous les temps,. n'oserions-nous pas, monseigneur, soubs vottre bon plaisir, nous promettre la mesme confirmation par vottre arrest quy interviendra? N'avons nous pas lieu d'espérer que votre zèle à reconnoitre la fidellité des sujets du roy confirmera notre restablisemant, afin que nous soyons en plaine liberté de procedder à la nomination scrupuleuse d'un maire? Les contestations mues ayant détourné l'attantion quy en doit estre entièremant observées, les motifs d'assurance de nottre fidélitté signalée nous donnent la liberté de vous escrire celle-cy, monseigneur, pour exciter votre zèle à la reconnoissance de notre fidélité et de nos encestres, en vous supliant très humblemant de recevoir la soumision très respectueuse et très profonde de laquelle sont les entiens eschevins de Cognac, quy sont, monseigneur, vos très humbles, très obéissans, très soumis et très respectueux serviteurs.

1. Lire décembre.


A Cognac, ce 26e mar?17d8.

VITET. P. LEBOUCHÉ. GIRAUD. PAYEN. COTHU. BONNET. MARTIN.

XIV.

17~8, 30 avril. Certificat de Pierre Sazerac, greffier Je l'élection de Cognac, sur le nombre des habitants imposés. Id.

Je soubsigné, greffier de l'élection de Coignac, certifie à tous qu'il apartiendra que, par le tableau mis au greffe par messieurs les maire et eschevins de cette ville, en concéquance de la déclaration du roy du vingt quatre may 1717, pour servir à la nomination des collecteurs qui doive passer en charge, il n'y a sur iceluy que sept cent soixante quatre feux ou habitants, duquel nombre de 764 il y en na dant la collonne des privilégié, exempt et indigent quatre cent vingt cinq. En foy de quoy j'ay délivré le présent certificat, pour servir et valoir ce que de raison. A Coignac, ce trante avril mil sept cent dix huit. P. SAZERAC, greffier. xv.

4718. Mémoire présenté au conseil d'état par. Francois-Tnéodore Gay de La Chartrie, Jacques Perrin de Boussac et Jean-Nicolas Poirier, échevins de Cognac. Id.

Au roy et à nosseigneurs de son conseil.

Remontrent très humblement à votre majesté Théodore Gay de La Chartrye, conseiller au siège, Jacques Perrin, sieur de Boussac, et Jean-Nicolas Poirier, advocat en la cour, eschevins de la ville de Cognac en Angoumois, faisant tant pour eux que pour les principeaux et plus notables bourgeois et habitans de ladite ville, que Louize de Savoye. ~R~c~o~ <~ faits ~e/ coM~MS.

Quoyque l'un et l'autre de ses arrests n'ayent pourtant pas entièremant suprimé lesdits privilèges, ny rien changé


des anciens statuts touchant la forme d'élire le maire et les échevins, n'ayant fait qu'en retrancher le nombre, et qu'ils ayent au contraire ordonné que les élections ce fairoient à la manière acouthumée, en concéquance de quoy les suplians ont esté en différants temps eslus, choisis et nommés depuis le premier arrest par les officiers quy composoient le corps de ville, et continué leurs fonctions sans aucun changament, le tout suivant et conformémant ausdites lettres patantes de 1507, sans que les habitans se soient avizés de les troubler, ny prétendre aucun droit dans les- élections depuis dix huit ans qu'a été randu le premier arrest, ny même esté appellés ny convoqués par feu monsieur de Begon, intandant, lors de l'anregistremant dudit arrest, ainsy que furent convoqués les habitans des autres villes de Saintes et SaintJean-d'Angéty, suivant les privilèges et les uzages de chaque lieu, et que lesdits habitans peuvent d'autant moings le prétendre aujourd'huy que ledit édit de supression, déclarations et arrests randus en concéquance de l'exécution desquels il s'agist, ont positivemant rétabiy les anciennes formes et uzage à ce sujet; néantmoings, au préjudice de tout cela, le sieur Fé, présidant et lieutenant général du siège royal dudit lieu, jaloux des privilèges dudit hostel de ville, et dont la famille a toujours été en procédure aveq les officiers dudit hostel, quoyque les uns et les autres en tirent tout leur honneur, voulant ce faire maire et. uzurper toute l'othoritté contre la reigle et par une voye nouvelle, exita une partye de la populace à sequouer le joug contre les magistrats et officiers dudit hostel et à faire des àssambtés sédicieuzes et tumultueuses, tant auparavant ledit dernier arrest que depuis, par l'entremize d'un nommé Sazarat quy te premier a paru faire ladite émotion et dans la suitte ledit sieur Fé, s'estant fait passer à !uy et à ses parans une procuration par partye de la populace sous le nom de la communauté, a pris de là occasion pour troubler et faire troubler continuellemant les suplians dans leurs fonctions,


comme il paroist par l'acte d'opposition du 4 janvier dernier et le procès-verbal du landemain que les suplians ont esté obligés de faire à l'occasion du trouble à eux aporté par ledit sieur Fé, le tout cy attaché, et porté l'audace jusques à présanter des mémoires à votre majesté sous le nom de ladite communauté, tandant à anéantir lesdits privilèges et anciens statuts et à s'aroger le droit de nommer et changer lesdits officiers. Et comme il est important de faire voir à votre majesté et à son conseil ce que c'est que cette prétendue communauté, lesdits suplians remontrent très humblemant que cette prétendue communauté n'est autre chose que ledit sieur Fé luy-même et quelques uns de ses parans et amis qu'il a luy même fait nommer pour chasque corps par la populace sous les halles de cette ville. En premier lieu, le prétendu corps du siège n'est autre chose que le sieur Fé, son oncle l'avocat du roy, son nepveu le lieutenant particulier, et son cousin le procureur du roy. Tous les autres officiers, comme les sieurs lieutenant général de police, le lieutenant criminel, l'asseseur et les conseillers, désavouent et condannent ce proceddé. En second lieu, le prétendu corps de l'élection n'est autre que le père dudit sieur Fé et deux autres, ses cousins seconds et frère de l'avocat du roy, son oncle; les autres officiers n'y ont point assisté. Voilà cepandant ce qu'il y a de plus considérable dans ce qu'on appelle la communauté de Cognac car le nommé Sazarat qu'on met à la teste des bourgeois et faisant pour eux est un chaudronnier de la ville d'Angoulesme, étably depuis deux jours à Cognac, quy est désavoué aussy bien que tout le reste de sa caballe générallemant de tous les bourgeois et nottables familles de Cognac, quy ne respirent que la confirmation desdits privilèges, comme il ce justiffie par l'acte de maizéeet délibération faite à l'hostel de ville, le quatre janvier dernier, cy attaché. Dexmier, quy est le plus empressé de tous les parans et amis dudit sieur Fé, et quy ce met à la teste de tous les avocats et faisant pour eux,


n'est aucunemant recognu pour advocat. On deffie qu'il puisse ce vanter d'avoir jamais paru au barreau, ny qu'il raporte aucun pouvoir des advocats quy demandent tous au contraire la confirmation des privilèges. Charrier, entièremant desvoué et affidé audit sieur Fé, est médecin soy disant; mais on deffie aussy qu'il ayt aucun ordre des médecins quy, estant tous de la religion calviniste, ne peuvent par concéquant avoir aucunes voyes actives et passives pour les charges municipalles dont il sont esclus. A quoy les suplians adjoustent que tous les cy dessus nommés sont tous estrangers et nouveaux venus à Cognac, et quy n'ayant pas acquis lesdits privilèges au prix du sang de leurs ancestres, s'ambarassent for peu de les sacriffier. Tout le reste est de la lie du peuple, dont les plus considérables sont quelques sergents et nottaires à la dévotion dudit sieur Fé, qu'on affecte de faire crier contre lesdits privilèges tous anciens qu'ils sont aussy, bien que les religionnaires et calvinistes à quy ont a fait signer les derniers mémoires. Mais les suplians remontrent très humblemant à votre majesté que les uns ny les autres ne sont pas à houyr dans le fond ny dans la forme dans la forme, parce qu'il ne leur est pas permis de ce caballer ny faire aucunes assamblés, instances ny procès sous le nom de la communauté, sans l'pthoritté des officiers de ville; dans le fond, parceque ses privilèges ne les regardent pas, les uns à cauze de leur incapacitté et peu d'expériance, estant de la lie du peuple, et les autres à cauze de leur indignité, estant de la religion calviniste, et que- par là il leur doit estre indifférand par quy les eschevins soient eslus et qu'ils soient perpétuels ou anuels, ces privilèges ne regardant précisémant que les principeaux bourgeois et plus nottables habitans, quy sont les plus sufïisants et capables pour entrer dans les charges municipalles. C'est pourquoy les suplians, tant pour eux que pour lesdits nottables bourgeois, ayant apris que depuis ledit arrest du 1 décembre dernier il y en a un autre quy a reçu monsieur le conte


de Rions, gouverneur de ladite ville, opposant audit arrest, et que ledit sieur Fé et sa caballe ont fourny des mémoires par lesquels ils demandent l'anéantissemant des privilèges et s'opposent à la demande de M. de Rions sous le nom spécieux de la communauté de ladite ville, ont esté obligés, pour le deub de leur charge, de faire très humblemant la présante remontrance à votre majesté.

A ces causes requièrent lesdits suplians qu'il plaize à votre majesté, en faisant droit et adjugeant à monsieur le conte de Rions ses conclusions, maintenir an même temps lesdits supplians pandaht leur vie an la place et fonction d'eschevin, pour en jouir suivant et conformémant ausdites lettres pattantes de 1507 et lettres de confirmation randues en concéquance, aveq deffences à toutes sortes de personnes de les y troubler et de faire à l'advenir aucunes assemblés sans l'othoritté des maire et eschevins, sous peyne de mille livres d'amande et telle autres que de droit. F. T. GAY. PERRIN DE BOUSSAC. POIRIER.

XVI.

1718, 2 mai. Autre mémoire présenté par iea mêmes. Id. Mémoire au roy et à nos seigneurs de son conseil par François-Théodore Gay, conseiller du roy, Jacques Perrin de Boussac et Jean-Nicolas Poirier, advocat en la cour, eschevins de la ville de Cognac en exercice, du 2 mai 1718. Ces eschevins ont déjà eu l'honneur de présenter un premier mesmoire à sa majesté, en conséquance de la lettre de monsieur de Creil, intandant de cette généralité. Depuis ce temps là, ils ont eu communication tout au long de la requeste de monsieur le comte de Rions, tandante à la confirmation des lettres patantes de Louise de Savoye de 1507. Il paroist, par l'arets qui est intervenu, que monsieur le comte de Rions a esté reçeu opposant à l'arets du 11 décembre


dernier, et qu'il y a plusieurs parties prétendus intéressés dans cette demande.

Les eschevins en charge ne veullent point contester laditte requeste; ils se persuadent mesine que les prétandusantiens eschevins ne la contesteront pas non plus, et que la communauté, surtout les principeaux habitans de laditte ville, bien loing d'entrer en contestation, n'ont rien tant à coeur que la confirmation de leurs privilèges. H n'y a dans tout Cognac que les sieurs Fé, Guillet et quelques autres, leurs adhérans, qui paroissent voulloir entrer en contestation, parce que ils ont leur intérest particulier entièrement oposé au corps de ville, les uns comme ofnciers du siège, tes autres de l'eslection, les premiers ayant toujours plaidé contre les officiers dudit corps de ville pour la police et autres droits par eux prétandus, et les derniers pour le pas et autres droits honorifiques. I! est donc de leur intérêts d'affoiblir ce corps en retranchant le nombre des officiers; d'avoir voix au chapitre pour s'y .placer avec leurs créatures et de changer touts les ans ceux qui pouroint estre contraire mais il fault estre libre et dépouillé de tout intérêts pour estre escouté dans une affaire où il s'agist du bien commun. Ainsy voillà une première raison qui les doit escarter.

Mais ce qu'il y a de plus hardy et d'estonnant, c'est qu'eux et leurs hadérans agisent sous le nom de toute la communauté, en qualité d& députés nommés par touts les corps dans une prétandue convocation faicte le 4 janvier dernier, et. prétandent par là surprandre le conseil et en. imposer jusque à sa majesté. Pour les confondre, il fault voir leur prétandu pouvoir. Ils n'en n'ont point certainement du sieur lieutenant général de police, lieutenant criminel, Gay, conseiller, et Sépeau, subtitus non pas mesme du sieur Leboucher, asseseur, quoyqu'il ait assisté à l'assemblée, parce qu'il demande le contraire en qualité d'ancien eschevin. Les députés du siège n'ont donc de pouvoir que des sieurs lieutenant'


particulier et Foucques, procureur du roy, touts oncles et neveux. Les députés de l'eslection ne peuvent avoir de pouvoir que du sieur Fé, présidant; on se flatte qu'Us n'en ont aucun des sieurs Chabot et André, esleus, des sieurs Montalambert et Huon, receveurs, non pas mesme du procureur du roy. Les autres sont encore plus imposteurs; on défie qu'ils ayent aucun pouvoir du moindre advocat, médecin, bourgeois et marchant notable, parce que ils n'ont appellé à cette assemblée que quelques personnes de la lie du peuple, dont les plus relevés ne sont que marchants poissoniers, notaires, procureurs et sergents.

Ce qu'il y a mesme de particulier, c'est qu'ils veullent faire passer l'acte portant leur pouvoir comme un acte capitulaire et de convocation légitime; mais on leur demande qui est ce qui a faict ny pu faire cette prétandue convocation autre que les eschevins en place. Est-il permis à aucuns autres officiers d'assembler la communauté, et le peut-on faire autrement qu'au son de la cloche, à la manière accoutumée? Cette assemblée faicte tumultueusement sous les halles de cette ville, le 4 janvier dernier, ne peut donc pas estre qualifiée de convocation légitime, mais plutost d'assemblée illicite, de laquelle les eschevins ont porté leur plainte au conseil.

Les raisons dont se servent les députés autheurs de cette assemblée pour l'autoriser est ausy extraordinaire que leur procédé. C'est, disent ils, qu'il n'y a aucuns officiers municipeaux, tout estant suprimé au moyen de l'esdit de suprétion des maires du moys de juin et de l'arêts du 11 décembre derniers; il y a davantage, c'est que les eschevins en place ne pourroist pas assister à cette assemblée, parce qu'ils sont contables, et qu'au terme de l'arets du 2 novembre, randu pour Carcassone, jusque à ce qu'ils ayent randu conte, ils ne peuvent avoir de voix aux eslections actives ny passives. Les eschevins en place ne font pas grand cas de ce raisonnement on voit assés que c'est la pation qui le édicté, et il


n'.y a pour le. détruire qu'à recourir à l'esdit de suprésion et rappellèr le. bon sens et la raison.

Pour que ces officiers soint suprimés, il fault nécessairement suposser qu'ils ayent esté créés et érigés en tiltre d'office une suprésion présupose une création. Ainsy cet esdit ne parle que des eschevins créés et esrigés en tiltre d'office par sa majesté. Or, les prétandus députés ne peuvent ignorer que les eschevins en place ne sont pas de ce nombre, qu'ils ayent esté esleus et nommés par les officiers de ville publiquement au son de la cloche à la manière accoutumée, au lieu et place des quatre antients eschevins conservées. Ils en conviennent mesme par leur acte de sommations et d'opposi-.tion qu'ils se sont donnés la liberté de faire en conséquance de cette belle députation. Ainsy les eschevins en place sont d'autant moins suprimés que sa majesté en suprimant ceux érigés en tiltre d'office, et remettant les villes dans leurs antiens droits, a esté fort esloignée de leur oster ceux qu'elles ont conservés jusque à présent; d'où l'on conclut que, n'estant pas du nombre des suprimés, mal à propos leur aplique on la disposition de l'arets de Carcassonne.

Les exemples des autres villes du royaume pouroint encore désabuser lesdits prétandus députés, sy la pation ne les conduisoit pas. Ils n'ont qu'à jetter les ieux sur ce qui se passe dans les autres villes, et nommément sur les villes voisines. Ils veront que les eschevins de la ville d'Angoulesme et autres officiers de ville au nombre de cent, qui tiennent ausy leurs privilèges des comtes d'Angoumois, aux mesmes conditions et statuts que Cognac, ont demeurées paisibles, sans qu'on leur ait opposé ny contes ny suprésion; que mesme, dans les villes de Saintes et Saint-Jean-d'Angéty, auxquelles lesdits prétandus députés désirent se conformer pour la forme des eslections comme pour le reste, les eschevins ont faict la convocation, qu'ils ont entré dans les eslections comme à l'ordinaire et que deux ont resté suivant la coutume des lieux. Donc ils ne sont pas suprimés, ny incapables d'entrer


dans les eslections comme contables, encore moins de faire la convocation, ny par conséquant les eschevins de Cognac que sa majesté regarde sy peu comme suprimés qu'elle a ordonné par son dernier arests que la requeste de monsieur le comte de Rions leur seroit communiquée comme eschevins en exercice.

Il y a mesme une contradiction ésvidànte dans !e résonnement desdits prétandus députés. Tantost ils disent que les eschevins sont suprimés, tantost qu'ils doivent changer. S'ils doivent changer, ils ne sont donc pas en tiltre d'office, ny par conséquant suprimés et touts excluts des eslections actives et passives encore moins de faire la convocation. Mais où est [ce] que lesdits prétandus députés et leur caballe ont trouvé que les eschevins doivent changer dans la ville de Cognac et que touts les corps doivent entrer dans les eslections ? Trouvent-il cela dans la disposition de l'arests de ~700 et de celuy du M décembre dernier? Nullement. Ces arests n'ont faict autre chosse que retrancher le nombre antien des officiers, sans toucher à la forme des eslections ny rien changer des anciens usages c'est pour cela que depuis 1700 on a pas ouy parler d'une pareille prétention; mais àprésant les habitans y sont d'autant plus mal fondés que l'esdit du mois de juin dernier, les déclarations et arets randus en conséquance portent prëssisément qu'il en sera usé dans les eslections à faire comme auparavant d690.

Au reste, quel intérest ont ceux qui font agir les prétandus députés à changer les antiens usages ? Ils n'en ont point du tout, parce qu'ils sont de la lie du peuple et qu'ils n'ont aucune voys active ny passive pour les charges municipalles, et que tant s'en fault que la communauté trouve son advantage dans ces changemens. Se seroit touts les ans l'~xposser aux brouilleries et aux caballes et aux autres inconvéniants qui ont donné lieu aux status portés par les lettres patantes de d507, qui portent expresément que les eschevins seront de vie à trépas, et qu'ils feront la nommination


des eschevins et conseillers au lieu et place de ceux qui seront décédés.

Ainsy personne n'a d'intérest d'empescher l'adjudication des conclusions portés par la requeste de monsieur le gouverneur, ny les principeaux ny les moindres habitans car plus une ville est illustrée, plus elle attire d'estrangers pour en suporter les charges c'est dans. cette veue que nos pères ont demandé ces privilèges et qu'ils en ont de temps en temps demandé la confirmation, qu'ils ont mesrhe demandé la noblesse outre et pardessus. L'expériance a appris qu'ils ne s'estoint pas trompés c'est ce qui a attiré dans cette ville plusieurs bourgeois notables, dont les sieurs Fé sont du nombre et y ont pris leur noblesse. A mesure que ces privilèges ont manqué, les notables se sont retirés peu à peu; et il est esvidant que Cognac, dépouillé de ce quy le distinguoit autrefoys, deviendra incensiblement bourgade. Au regard des anciens prétandus eschevins, on se persuade qu'ils ne constesteront pas la requeste de monsieur le comte de Rions, en ce qui touche le rétablissement des privilèges mais ils prétandent estre rétablis de plain droit; et comme cela intéresse non seulement le droit de monsieur le gouverneur, mais celuy du général des principeaux habitans, les eschevins en exercice se trouvent obligés de remontrer très humblement que la prétantion desdits antiens est contraire aux privilèges et à la disposition de l'esdit sur lequel ils se fondent.

Premièrement, elle est contraire aux privilèges, en ce qu'il ne doit y avoir dans la ville de Cognac que douze eschevins, et que, lors de leur réception, le nombre estant remply, leur nomination tombe et devient inutille; et c'est en cela que l'arests de 1700 a.parfaictement décidé quand il a dit qu'il c'estoit introduit par abus l'usage d'y avoir 24 eschevins, tandis qu'il ne peut y en avoir que d2 et autant de conseillers.. Secondement, elle est contraire à la disposition de l'esdit du moys de juin dernier, parce que au moment que lesdits anciens


ne se. sont point pourvus contre ledit arests dans le temps, qu'ils y ont au contraire acquiesé et esté confondus parmy le peuple, ils ne peuvent pas s'apliquer personnellement ce rétablissement proposé par ledit esdit, parce que ce rétablissement estoit en faveur de la ville et communauté; les choses doivent estre prises dans l'estat qu'elles se trouvent lors du rétablissement, et par là ils n'ont pas plus de droit que les autres habitans, ny plus ny moins que l'ancien maire qui estoit en exercice lors de la réception du nouvel officier pouvoit prétandre au moyen dudit rétablissement estre rétably de plain droit.

A ces causes, les eschevins en exercice suplient très humblement sa majesté d'ajuger à monsieur le comte de Rions les fins et conclusions prisses par sa requeste, et an mesme temps celes prisses par lesdits eschevins par leur présédant mesmoire; et en conséquance les mentenir et garder pandant leur vie dans leurs fonctions d'eschevins faire d.éfance à toutes personnes de s'assembler; sans estre préalablement convoqués par eux et les autres eschevins qui seront dans la suitte nommés, suivant et conformément aux conclusions de mondit sieur le gouverneur. PERRIN DE BoussAC. F. T. GAY. POIRIER.

XVII.

~748. –Ptacet présenté au conseil d'état parla communauté des habitants de Cognac, pour demander l'adjudication des conclusions prises par le comte deP!ons.M.

Au roy et à nosseigneurs de son conseil.

Supplient humblement la communauté de la ville de Cognac et nottamant les gentilshommes, magistrats, officiers et nottables bourgeois de ladite ville. Remontrent très humblemant à votre majesté qu'ils ont eu communication de la requeste présantée à votre majesté par monsieur le conte de


Rions, gouverneur de ladite ville, tandante au rétablissemant du corps et collège de ladite ville sur le pied qu'il.estoit auparavant d690, conformémant aux lettres patantes à eux accordées par Louize de Savoye, mère de François ter, et lettres .de confirmation randues en concéquance,ensamble de l'arrest estant au bas de laditte requeste, en datte du 20 mars dernier. Et comme ladite demande et rétablissemant desdits privilè tesges tout à fait favorable à ladite communauté et surtout aux gentishommes, magistras, officiers et notables bourgeois quy y sont les plus interressés et ont le plus contribué à aquérir lesdits privilèges au prix du sang de leurs ancestres, quy les ont demandés et conservés jusqu'en l'année 1700, auquel temps ils. ont esté confondues aveq les villes de Saintes et de Saint-Jean-d'Angély, dans la pansée qu'ils n'avoient pas plus de privilèges que lesdites villes de Saintonge; à ces causes, supplient très humblemant votre majesté la communauté de ladite ville de Cognac, et nottamant les corps des gentilshommes, magistrats, officiers et nottables bourgeois de ladite ville, qu'il plaise à votre majesté adjuger à monsieur le conte de Rions les conclusions prises par sa requeste, déclarant désavoüer tout ce qui pouroit estre fait et requis au contraire par quelques uns des habitans de ladite ville mal intantionnés. SAUNIER, escuyer, sieur de Z~ CAo~ro?MM. L. DEXMIER, ~M~a~ général criminel. DE MONTALEMBERT, receveur des tailles. HuON, receveur des tailles, gCMygr. L. MESNAGE, ~CM~r. PEPIN, sieur de Latour, avocat en parlement. BRUNET L'AISNÉ, marchand, eschevin. PERRIN, lieutenant général de police. BERTRAND, seigneur de Puyraimond. DUMAS. DEXMIER, 5MM)' de La COM/M~. PERRIN TOURNEBOURE. BOURGUIGNON, ~<yM~r. BEAUGAILLARD, bourgois. HENRY BRUNET, marchand, ~OMr~OM. BERTRAND. TARDY, bourgeois. FOREST, S<<?«r de ChasteauBruslé. FOREST, sieur des Moulins. NORMAND, sieur de Monchamp. PELLUCHON, seigneur de La Pommeraye. BOYER, sieur L~~OS~. PERRIN, capitaine de cartier. FRUGIER, C~ devant


élu en l'eslection de Cognac. MOUCHETEAU, Cy devant conseiller secr~M~ <~M roy, pr~ en ~~c/MM Cognac, SC~~Mr ~cA~OM~. VITET. PERRIN, advocat. MAILLARD, C~/<KM<2 cartier. SAINT-ENDRÉ DE PONLEVMN. RIGNOL, écuier. NADAULD, fils ~M feu lieutenant de roy de Cognac. DE LAFONT DE LA GIBAUDRI. GORRIBON, S~Mr L~OMr/gtrye. B. MARTIN, sieur de Lc~05. ÂLLENET, C</ devant secrétaire ~M roy.

XVIII

1718. Mémoire présenté au conseil d'état par la communauté des hahitants de Cognac. Id.

Mémoire pour la communauté des habitans de la ville de Cognac pour l'eslection des maire et eschevins. Il faut observer que par la création de l'hôtel de ville de Cognac, faite par Louise de Savoye, mère du roy François premier, en l'an [1507], il est dit qu'il y aura un maire, douze eschevins et douze conseillers. Ce privilège a esté confirmé par tous les rois qui ont régné despuis, et, suivant cette disposition, il y a toujours eu le mesme nombre d'officiers dans l'hôtel de ville dudit Cognac, jusque au 20 septembre 1700, auquel temps monsieur Begon, lors intendant de la généralité de La Rochelle, ayant receu des plaintes des habitans des ville de Sainte et Cognac au sujet des douze eschevins et douze conseillers perpétuels qui composoient lesdits deuxhostelsde ville, lesquels jouissoient toutte leur vie de l'exemption de logements de gens de guerre, sous prétexte du règlement de 1651 qui en exempte les maire et eschevins, et que par là tout le fardeau tomboit-sur les autres habitans qui en estoient accablés; ce qui obligea monsieur Begon de demander au conseil la réformation de cet abus, sans toucher au privillège de ses deux villes; et à cet effet, que le nombre de vingt quatre quy luy parroissoit 14


excessif fût réduit à quatre, lesquels, pour n'estre point à charge aux autres, seroient pris parmy les officiers de justice desjà privilégiés. A quoy sa majesté ayant fait attention, par arrest de son conseil du 20e septembre 1700, pour establir l'uniformité dans les villes de la généralité de La Rochelle, auroit ordonné que les douze eschevins et douze conseillers des hostels de villes de Sainte et Cognac seroient réduits à quatre eschevins eslectifs, dont deux seroient changés tous les ans et pris parmy les corps de justice et principaux bourgeois. Cet arrest a esté exécutté à Sainte jusques à présent, et à Cognac seulement pendant quatre ou cinq ans, c'est à dire jusque à la nomination des sieurs Gay, Poirier, Perrin de Boussac et Lambert, lesquels, au lieu de changer de deux en deux ans comme leurs devanciers, suivant la disposition dudit arrest, ils se seroient rendus perpétuels par conivance avecq le sieur Jacque Perrin, maire perpétuel, leur cousin germain, afin de cacher par cette ruze leur mauvaise administration. 1 En sorte que ledit arrest a demeuré despuis douze ans sans aucune exécution et, malgré les remontrances desdits habitans, lesdits sieurs Gay, Poirier et Perrin se seroient maintenus de leur seule autorité par le secours dudit sieur Perrin, maire, leur cousin germain. Et ce qu'il y a de remarquable, pour faire voir l'affectation de ses quatre officiers à se maintenir par fraude dans cette fonction, c'est que le dit sieur Lambert, qui estoit le quatriesme eschevin, estant déceddé, le sieur Perrin, maire, pour ne point introduire une autre personne dans

1. Dans l'exposé de faits qui précède l'arrêt du conseil d'état du 22 août 1718, dont le dispositif est reproduit plus loin, le comte de Rions dit que l'arrêt du 20 septembre 1700 fut exécuté à Cognac pendant cinq ans jusqu'à la nomination de Gay, Poirier, Perrin et Lambert, échevins, et qu'après le décès de Lambert, Jacques Perrin, maire perpétuel, s'était fait nommer échevin à sa place, sans la participation des habitants et contre la disposition de l'édit de juin i7i7.


ledit hôte! de ville, dont il n'auroit peut estre pas disposé sy aisément que des trois ~autres, se seroit lui mesme nommé en la place dudit sieur Lambert, sans la participation de la communauté des habitans, et contre la disposition de l'édit du mois de juin dernier et de l'arrest du conseil du deux novembre aussy dernier, qui anullent toutes les délibérations faites dans les hostels de villes despuis et contre la disposition dudit édit qui porte que tousle'smaire et eschevins créés despuis '1690 seront suprimées et que les affaires publiques seront administrées comme auparavant. Mais au lieu par lesdits sieurs Gay, Poirier et Perrin Boussac d'obéyr audit édit et de laisser l'administration au premier de janvier de l'année présente à ceux qui restoient du nombre des vingt quatre dont l'hôtel de ville estoit composé en 1700, lors de l'an'est de réduction, qui sont au nombre de dix, pour se maintenir dans cette fonction, ils ont soutenu qu'ils estoient les anciens eschevins, parce qu'en effet ils n'avoient point changé despuis douze ans, et par la ils veullent premier de leur supercherie et tirer avantage de l'antreprise injuste qu'ils ont fait sur les autres habitans. Et en effet. ils s'y sont maintenus et sont encore en place. Les dix anciens eschevins et conseillers qui restent du nombre des vingt quatre qui avoient l'administration. en 1700, lors de l'arrest de réduction, auroient soutenu de leur costé que suivant l'article troisiesme dudit édit du mois de juin dernier, c'estoit à eux à reprendre leur place dans ledit hôtel de ville, puisque les autres estoient suprimées avecq les maires. Enfin il se seroit formé un troisiesme party de la part de la communauté des habitans de laditte ville, quy auroient aussy soutenu que n'y ayant ny maire ny eschevins anciens ny nouveaux dans la ville de Cognac, c'estoit à eux d'en nommer. Or,il est certin qu'il n'y a point d'anciens eschevins, nonobstant la prétention des dix quy restent de la réduction de d700, parce que dans ce tems là, après le choix qui fut fait des quatre premiers, les autres n'ont eu despuis ny


n'ont encore aucun caractère, mais seulement l'espérance d'estre nommées à leur tour comme les autres habitans. A l'égard des sieurs Gay, Poirier et Perrin Boussac qui sont les nouveaux, lesdits habitans leur ont soutenu avecq raison qu'ils estoient suprimées ~o~MM~w comme les maires par ledit édit, parce qu'ils sont crées despuis d690 que mesme ils s'estoient rendus indignes d'antrer à l'avenir dans l'administration des affaires publiques par la colluzion qu'ils ont pratiqué avecq le sieur Perrin, maire, leur cousin germain, en se perpétuant de leur autorité pendant douze ans dans cette fonction, dont ils devoient sortir après deux ans, suivant la disposition de l'arrest du 90 septembre ~700; que d'ailleurs, ayant un compte à. rendre ainsy que le sieur' Perrin, cy devant maire, de plusieurs années d'administration, ils sont exclus des charges publiques jusque audit compte, suivant l'arrest du conseil du deux novembre dernier, rendu entre les maire et eschevins de la ville de Carcassonne.

Toutes lesquelles contestations entre lesdits trois partis ayant esté envoyés au conseil par monsieur de Creil, intendant de cette généralité, avecq ,son avis, par arrest du conseil du unze décembre dernier qui doit servir de règlement parce qu'il est rendu en connoissance de cause, et veu les contestations des parties, il est dit que ledit arrest de réduction du 20e septembre 1700 sera exécutté selon sa forme et teneur et à cet effet, qu'il sera incessamment procédé à la nomination du maire de la ville de Cognac, de quatre eschevins et six conseillers qui seront pris parmy les officiers de justice et principaux bourgeois de laditte ville. Quoyque tout paroisse réglé par cet arrest, et qu'il ne soit plus question que de procéder à laditte nomination de la part de la communauté desdits habitans, quy sont les seuls capables de le faire, n'y ayantplus ny maire ny esche.vins en place dans laditte ville, par les raisons cy dessus touchées il est certin que le droit apartient à laditte com-


munauté. Quoyque tout cella soit fondé sur l'authorité des arrêts du conseil, néantmoins le sieur Jacque Perrin, cy devant maire, de concert avecq les sieurs Gay, Poirier et Perrin Boussac, ses cousins germains, pour se perpétuer dans l'administration et pour esloigner par cette conduitte la rédition de leur compte, après avoir soutenu contre les anciens eschevins qu'ils n'avoient plus aucun caractère au moyen de l'arrest de réduction, voyant que cette question estoit décidée contr'eux par l'arrest du unze décembre dernier, ne voulant pourtant pas se randre à l'autorité dudit arrest, ils ont changé de party, et, se joignant avecq ses mêmes anciens eschevins, ils soutiennent aujourd'huy contre la disposition dudit arrest auquel ils ont forme opposition que les privillèges de laditte. ville portant expressémant qu'il y aura douze eschevins et douze conseillers quy seront perpétuels, le conseil n'a pas pu y donner d'attinte par ledit arrest en ordonnant qu'il ny aura que quatre eschevins et six conseillers, tous eslectifs, et qu'il faut rétablir ledit privillège dans ces deux circonstances, nonobstant ledit arrest. Voilà un raisonnement peu soumis à l'autorité du conseil et tout à fait contraire aux moeurs et aux lois du royaume; car, en effet, personne ne doutte en France que le roy et son conseil ne puisse expliquer et mesme changer les dispositions cy devant faites par les rois ses prédécesseurs. Mais il ne s'agist pas de cella, parce que la disposition des arrêts du conseil des 20 septembre 1700 et unze décembre dernier ne donne aucune attinte au privilège de laditte vill e, et quoiqu'ils diminuent le nombre des eschevins et conseillers qu'il a establis et qu'il les rande eslectifs, au lieu [qu'ils] estoient perpétuels, ce changement est fait pour le bien de la communauté desdits habitans auxquels lesdits privillèges ont esté octroyés, et non pas à ces particulliers. Or il est certin que par ce changement le privillège n'est en rien diminué et que, au contraire, les habitans y trouvent du soulagement et de la douceur du soulagement, en ce que


y ayant anciennement douze eschevins et douze conseillers quy estoient perpétuels et quy estoient toujours pris parmy les bourgeois privilégiés quy jouissoient de l'exemption de logement de gens de guerre, tous les autres habitans estoient baucoup plus fouttées qu'ils ne sont aujourd'huy qu'il n'y a plus que quatre eschevins et six conseillers eslectifs, quy se doivent prendre parmy les officiers de justice desjà privilégiés en sorte que !e privilège des officiers de ville ne causera aucune charge aux autres habitans, et que, en devant changer tous les ans cinq, chascun pourra espérer d'y passer à son tour, et c'est la douceur que les dits habitans attendent de l'exécution des dits arrêts. Ce qui fait qu'ils concluent à ce qu'il plaise au roy et à nosseigneurs de son conseil ordonner que, sans avoir esgard à l'opposition des dits eschevins suprimés, que les arrêts du conseil des 20e septembre 1700 et unze décembre dernier seront exécuttés selon leur forme et teneur; ce faisant, qu'il sera procédé par la communauté des dits habitans par députés pour esviter le tumulte à la nomination d'un maire, quatre eschevins et six conseillers dont il en changera la moitié la première année, et en sera nommé d'autres en la place de ceux qui changeront d'année en année dans la mesme forme, et que lesdits maires et eschevins suprimés rendront leurs comptes au dézir des dits arrêts. FÉ, président et lieutenant général, député du corps dit siège royal. GUILLET, avocat du roy, député des officiers dudit siège. GUILLET, lieutenant CM l'eslection de Cognac, député ~M corps. DEXMIER, 0/~C~r l'élection et dépttté ~M corps. DEXMIER, <OC<i;~ en parlement, député. CHARRIER, député, ~OC~Mr médecin. DEXMIER DE LAGROIX, député. JOBET, député du corps. LANDREAU, marchand, 'député t~M corps. GuÉRIN, MM~C~< desputez. Roux, notaire royal, député ~M corps,


Mémoire pour la communauté des habitants de Cognac en réponse à l'opposition du comte de' Rions aux arrêts du conseil des 20 septembre d700 et onze décembre d7d7. Les habitants de Cognac disent en résumé que ces arrêts ne touchent nullement aux droits du comte de Rions et que la demande qu'on lui fait faire est contraire à ses véritables intérêts qu'il est certain que le nombre des échevins et conseillers est excessif dans une aussi petite ville que Cognac que la même réduction a eu lieu pour Saintes, capitale de province trois iois plus grande que Cognac, qui se soumet sans résistance que le rétablissement à Cognac des douze échevins et douze. conseillers avec exemption de logement des gens de guerre accablerait les autres habitans, et qu'il serait désagréable au comte de Rions de voir, dans une ville qui le regarde comme son appui, que les pauvres seraient opprimés par la protection qu'il aurait donnée aux riches que les échevins perpétuels abusent ordinairement de leur caractère en surchargeant les pauvres et s'appropriant les deniers publics dont on n'ose leur demander compte tant qu'ils sont, en place qu'ainsi Gay, Perrin et Poirier qui se sont perpétués depuis douze -ans dans l'échevinage ne veulent pas rendre leurs comptes que la demande du comte de Rions de nommer les échevins pour la première fois en les comprenant dans cette nomination fait bien voir qu'ils abusent de sa bienveillance, car il est certain qu'étant supprimés comme le maire par l'édit du mois de juin d7d7, ils sont retombés comme lui parmi le peuple et qu'ils ne peuvent plus être nommés échevins qu'ils n'aient rendu leurs comptes, suivant l'arrêt du deux novembre 17d7 que c'est pour éviter cette reddition de compte qu'ils excitent tous les troubles de la ville que

XIX.


pour échapper à l'exclusion portée par l'arrêt, ils ont rendu collusoirement entre eux un compte qui n'a été communiqué pas plus que les piéces justificatives ni au procureur du roi, ni au syndic de là communauté que pendant plus de vingt ans qu'a duré l'administration des maires et échevins supprimés, ils ont imposé des deniers sur la ville de Cognac pour des finances de charges qui n'ont point été levées et dont ils n'ont jamais rendu compte que la partie des deniers d'octroi destinée aux charges locales n'a pas été employée suivant sa destination et que les quittances en ont été données par des personnes interposées qui n'avaient pas fait les ouvrages et qui n'ont point reçu l'argent que dans tous les temps la ville de Cognac, pleine de zèle et d'affection pour ses gouverneurs, a préféré leurs intérêts aux siens propres qu'ainsi, Louis XIV, par ses lettres patentes de 1651, ayant accordé aux habitants le droit de nommer maire à la pluralité des voix celui qu'ils croiraient le plus digne, sans être obligés d'en nommer trois pour envoyer le scrutin au gouverneur, suivant les anciens privilèges, et le comte de Jonzac, alors gouverneur, leur ayant fait observer que ce nouveau privUège diminuait ses droits, ils consentirent volontiers qde les choses fussent remises au premier état, ce qui donna lieu à l'arrêt du conseil du 21 mai 1654, dérogeant à cet égard seulement aux lettres patentes de 1651 qu'ainsi, ayant renoncé pour s'acquérir la bienveillance de leurs gouverneurs au droit de nommer le maire indépendamment d'aucune autre autorité, c'est à dire, à la plus belle de leurs prérogatives, ils espèrent que le comte de Rions les laissera jouir de leurs privilèges et surtout de ceux qui tendent au soulagement de la communauté, plutôt que de favoriser l'ambition de trois particuhérs qui la veulent opprimer.

Les habitants de Cognac ajoutent que les gouverneurs de Cognac n'ont jamais eu aucune part à la nomination des échevins; que les.privilèges accordés à la ville par Charles


d'Espagne portent que la communauté nommera le maire et quatre échevins que lorsque Louise de Savoie a établi douze échevins et douze conseillers, c'est encore la communauté qui les a nommés que l'arrêt de 1654, si favorable aux gouverneurs, et ceux des 20 septembre 1700 et onze décembre 1717 ne contiennent aucune disposition contraire, d'où suit qu'on ne peut pas leur enlever un droit si nécessaire à la bonne administration de la ville pour le donner aux gouverneurs qui ne l'ont jamais possédé.

Voici les conclusions du mémoire « Plaise au roy et, à nos seigneurs de son conseil ordonner que lesdits sieurs Perrin, Gay, Poirier et Perrin Boussac, maire et eschevins suprimés, seront tenus de randre compte de leurs administration dans tel temps qu'il luy plaira nomer, et de le communiquer à laditte communauLé pour y fournir de débats et où lesdits sieurs Perrin, Gay, Poirier et Perrin de Boussac en auroint présanté un, ordonner pareillemant qu'il luy sera communiqué, et donner acte à laditte communauté de l'oposition qu'elle forme à l'arrest de cinquante quatre en ce qu'il porte que le scrutin sera présanté à messieurs les gouverneurs et faisant. droit sur son oposition, ordonner que, sans avoir esgard audit arrest, les lettres patàntes de cinquante un seront exécutés selon leur forme et teneur et en conséquence, qu'à la pluralité des voix laditte communauté nommera, parmy les habitans, celluy qu'elle jugera le plus digne et le plus capable d'estre maire, sans estre tenue d'en présanter trois à monsieur le gouverneur, mais seullement que ledit maire nommé prestera sermant devant luy et en son absance par devant le lieutenant général et où le roy et nos. seigneurs de son eonseil feroint difficulté de resevoir laditte communauté opozante audit arrest de cinquante quatre, ordonner que, sans avoir esgard à l'intervantion et oposition de M. le comte de Rions dont il sera déboutté, les arrest des 20 septembre 1700 et 11 décembre dernier seront exécutés selon leurs forme et teneur,


et en conséquence qu'il sera procédé par ladite communauté à l'élection libre de quatre eschevins autre que les sieurs Gay, Poirier et Perrin Boussac, exclus par l'arrest du conseil du deux novembre dernier, par ogmantation aux quatre eschevins, lesquels eschevins et conseillers changeront tous les ans et seront pris dans les corps de justice et prinsipaux bourgeois, et ensuitte par lesdits eschevins et conseillers à l'élection de trois personnage pour l'un d'yceux estre eslu maire par M. le gouverneur, et que lesdits maire et eschevins seront tenus de randre compte à l'avenir de leurs administration à la fin de chaqu'une année par devant les maires et eschevins en place. » t

XX.

Addition au mémoire qui précède.

La communauté des habitants de Cognac dit que ce mémoire avait été envoyé le 25 avril précédent au duc d'Antin, avant qu'elle eût vu la requête du comte de Rions, et qu'ayant depuis pris connaissance de l'arrêt du conseil du 21 mars, elle croit devoir ajouter quelques observations à celles déjà produites. Elle dit en substance que c'est à tort que le comte de Rions soutient qu'il y a eu douze échevins et douze conseillers dès la création de l'hôtel de ville de Cognac, et que la patente de Louise de Savoie du 16 avril 1507 n'est qu'une confirmation il est établi au contraire qu'en 1352 Charles d'Espagne, connétable de France, comte i. Cette pièce est signée Fé, député du corps du siège royal Guillet, desputé dudit siège P. Sazerac, député des principaux habitans Landreau, député de la coumunauté des marchand; Jobet, député du corps des procureurs et du général des habitans Guérin, desputé pour le corps des marchand; Guillet, l'un des députés de l'eslection de Cognac; Delafon Lantin, prévost de Cognac Dexmier, l'un des députez de ladite élection Dexmier, advocat en parlement, desputé Charrier, docteur-médecin, député.


d'Angoulême et seigneur de Cognac, avait permis aux habitants de présenter tous les ans quatre prudhommes au sénéchal d'Angoulême, pour l'un d'eux être par lui nommé maire; que, depuis cette époque jusqu'en 1507, il n'y a eu à l'hôtel de ville de Cognac que ces quatre prudhommes et le maire et qu'en établissant douze échevins et douze conseillérs Louise de Savoie avait été déterminée par l'augmentation de la population, ainsi que sa patente en fait foi 1 que depuis on s'est aperçu que ce grand nombre d'officiers municipaux était à charge à la ville, dont la. population avait notablement diminué dans la dernière guerre, n'y ayant plus que 764 feux au lieu de 1100 qu'il y avait en d690 et avant l'évasion des religionnaires de là les arrêts du conseil des 20 septembre 1700 et il décembre 1717. Le comte de Rions est sans aucun droit à y former opposition. Le tableau qui constate le chiffre actuel de la population a été mis au greffe de l'élection de Cognac, en exécution de la déclaration du roi du 24 mai d717, pour la nomination des collecteurs. Gay, Perrin et Poirier qui ont fait le tableau constatant l'existence de 764 feux, en ont mis 425 dans la colonne des exempts aussi il n'y en a que 339 qui sup1. Les lettres patentes de Louise de Savoie ont été publiées par Marvaud (Etudes hist. sur Cognac, t. H, p. 373). Elles disent positivement que le corps de ville de Cognac était anciennement composé de douze échevins et douze conseillers qui, avec le maire, géraient les affaires de la ville, <t et que, en vertu desdits octroys, permissions et facultez, ils ont par très long temps conduit et gouverné le corps de ladite ville par ledit nombre de XXIIII parsonnaiges avecques ledit maire, et jusques au temps des guerres qui ont eu cours par tout le pays de Guyenne. L'élection des vingt-quatre était ensuite tombée en désuétude, et les habitants s'assemblaient avec le maire qu'ils continuaient à nommer tous les ans. Ainsi les lettres patentes de Louise de Savoie sont bien la confirmation d'un ancien état de choses mais on ignore encore la date de la charte qui substitua cette nouvelle organisation du corps de ville à celle que Charles d'Espagne avait créée et le nom de l'auteur de cette concession. (Voir, pour la charte de Charles d'Espagne, Marvaud, t. I, p. 1~3).


portent les charges de ville. Si à -ce nombre d'exempts il faut encore ajouter douze échevins, douze conseillers et leurs parents et amis, les autres habitants partiront- et le comte de Rions sera gouverneur d'une ville déserte. Le mal sera encore plus grand si les échevins et conseillers quel que soit leur nombre sont perpétuels, parce que les fonctions seront héréditaires dans les mêmes familles. L'arrêt du conseil du 11 décembre 1717 suppose qu'ils doivent être électifs de deux en deux ans. Les habitants s'attachent ensuite à réfuter la prétention émise par le comte de Rions de nommer le maire, les douze échevins et les douze conseillers. D'abord, disent-ils, le droit que Louise de Savoie s'était réservé de les nommer pour la première fois seulement n'a jamais été concédé au gouverneur de Cognac; ensuite le comte de Rions ne ferait son choix que sur la foi de Gay, Perrin et Poirier qui l'ont déjà trompé en se faisant nommer par avance par sa requête pour être du nombre des échevins, lui ayant caché, qu'ils en étaient exclus par les arrêts du conseil. Ils ne peuvent nommer ni être nommés qu'ils n'aient rendu leurs comptes, et pour cela il faut qu'ils soient hors de charge. La prétention émise par le gouverneur d'assister au compte quand il est présent est juste, et, bien loin de s'y opposer, la communauté des habitants réclame son secours pour le faire rendre, car il n'y a pas eu de reddition de compte depuis plus de trente ans. Quant à la prétention de faire rendre le compte devant le lieutenant du gouverneur, en cas d'absence de celui-ci, elle ne signifie rien, parce qu'il n'y a point de lieutenant et qu'il n'y en a jamais eu au gouvernement de Cognac J Dans les privilèges de Louise de Savoie le

1. Il y a là une erreur. Louis XIV, par lettre datée de Poitiers, le. 24 novembre 1651, et adressée au corps de ville de Cognac, avait nommé Arnaud Gay de Fontenelles, capitaine au régiment de Piémont, lieutenant au gouvernement de la ville et chàteau de Cognac. C'est en cette qualité, le comte de Jonzac, gouverneur, étant absent, qu'il reçut le serment de Guillaume de


terme de lieutenant doit s'entendre du lieutenant général du baillage, ce qui. s'explique clairement par la patente même qui dit que les comptes des maires et échevins seront rendus en présence du juge, procureur du roi, et receveur du domaine, qu'ils soient échevins ou non. Les lettres patentes de Henri II, du 5 décembre 1553, disent qu'en l'absence du capitaine du château de Cognac le scrutin sera présenté au sénéchal d'Angoumois, ou son lieutenant au siège de Cognac. Quant aux comptes qui doivent être rendus par les maires et échevins, il est dit que le capitaine y sera présent et qu'il y appellera le lieutenant du sénéchal à Cognac, et c'est par inadvertance que dans la patente de Louisé de Savoie on a mis le lieutenant du gouvernement au lieu de mettre le lieutenant du sénéchal. Les lettres patentes de 1651, relatives à tous les anciens privilèges, disent que les maires prêteront serment entre les mains du gouverneur, ou, en son absence, du lieutenant général du siège royal de Cognac, et quand il seroit vrai que le gouverneur aurait un lieutenant qui pourrait assister à la reddition du compte en son absence, ce qui serait indifférent à la communauté, cela n'empêcheroit pas que le juge, qui n'est autre aujourd'hui que le lieutenant général du bailliage, n'y doive assister avec le procureur du roi et le receveur du domaine.

La communauté des habitants s'en -réfère aux conclusions par elle prises dans ses derniers mémoires envoyés au duc d'Antih. i

Romas, nommé maire de Cognac pour 1652 (Bibliot. de Cognac, recueil Albert, mss. t. XXX, p. 146-148.)

1. Cette pièce est signée a Fé, député dû siège royal Guillet, avocat du roy et desputé des officiers du siège royal de Cognac Delafon Lantin, prévost de la mareschaussée Guillet, lieutenant en l'eslection et député Dexmier, l'un des députés de ladite élection Landreau, député des marchands Dexmier, advocat en parlement, desputé Charrier, docteur médecin, député; P. Sazerac, bourgeois, député; Dexmier de La Groix, député des principaux habitans. »


Monsieur de Crei!, notre intandant, nous a donné advis il y a quelque temps que, sur les contestations que nous somme obligé d'avoir avecq monsieur le conte de Rions, notre gouverneur, il estoit intervenu arrest le vingt uniesmé mars dernier, portant que sa requeste nous seroit communiquée. Néanmoings, sans en avoir eu aucune communiquation, nous avons envoyé nos mémoire à monsieur le duc d'Antain, et nous estions sur le point de prandre la liberté de vous en envoyer. une pareille copie que nous avions fait transcrire, lorsque, par le moyen d'un de nos amys à Paris, nous avons reseu copie de la requeste de monsieur de Rions, et de l'arrest randu sur icelle. Cella nous a obligé de faire une petite adition à notre premier mémoire. Nous vous suplions très instamant de jetter les yeux sur le tout et de prandre soubz votre protection une communauté quy la réclame. Elle espère que vous voudrez bien concourir à la faire maintenir dans la liberté dont elle doit jouir et sy utitte à la bonne administration de la ville. Vous vérez, monseigneur, que monsieur le conte de Rions quy a formé opozition aux arrest des 20 septembre 1700 et unze décembre dernier n'a aucun intérest dans la sage dispozition de ses deux arrests quy ne touchent nullemant à ses droits, et que ce n'est qu'à la sollicitation des sieurs Gay, Perrin et Poirier, eschevins suprimés, et quy se sont perpétués dans cette fonction pandant douze année, contre la dispozition même desdits arrest, qu'il a formé cette opozition. Enfin ces particulliers cabalés espèrent que la protection les fera trionpher ils n'ont d'autres resources mais pour nous, monsei-

~7/S. Lettre des députés de Cognac au chancelier (?)

Monseigneur,

XXI.


gneur, sans avoir recours à aucunes puisances quy nous servent de protecteur auprès de vous, nous somme certains que vous nous randrés une entière justice; vos lumières et votre intégrité nous en assurent par avance. Ce sera une occazion d'une éternelle recognoissance et de demeurer à jamais avecq un très profond respecq. FÉ, député du siège roial. GUILLET, lieutenant en l'eslection, député. De LAFON LANTIN, ~n~O~ ~6 war~<<ïMM~. GUILLET, a~OC<~ du roy et desputé de la communauté. DEXMIER, l'un des députés de ladite élection. DEXMIER, advocat en parlement, député. CHARRIER, docteur. médecin, député. LANDREAU, député des

marchands. P. SAZERAC, bourgeois, député. DEXMIER DELAGROIX, député des principaux habitans.

XXII.

1718, ~8 mai. Sommation faite par Jean Vitet et autres anciens éche-

vins de Cognac à Jean Normand, greffier de l'hôtel de ville, de leur communiquer les anciens privilèges de Cognac et autres pièces. Refus de Normand. -Original sur papier.

Le dix-huit may mil sept cent dix huit, après midy, je soubsigné, résidant à Cognac, resçu et immatricullé au siège royal dudit lieu, à la requeste de Jean Vitet, Jacques Vitet, Pierre Giraud, Pierre Payen, Pierre Bonnet, Pierre Lebouché, Léon Cothu,Jean Martin et Jean Perrin, anciens eschevins de la ville de Cognac, y demeurant, quy font eslection de domicile dans la maizon dudit Giraud, l'un d'iceux/mesuis avec mes tesmoings soubsignés transporté jusqu'en la maizon et domicile du sieur Jean Normand, faizant la fonction de greffier de l'hostel de ville dudit Cognac, au lieu et place de feu Louis Normand, son père, greffier en titre suprimé, tant pour luy que pour les prétendus nouvaux eschevins, où estant et parlant à la personne dudit Normand, lesdits anciens eschevins luy ont dit et déclaré que vendredy der-


nier, treiziesme du présent mois, il leur avoit esté signitfié un arrest du conseil d'estat du roy, rendu sur la requeste de monsieur le compte de Rions, gouverneur de la ville et chasteau dudit Cognac, le vingt un mars dernier, contenant entr'autres chozes que laditte requeste seroit communiquée aux dits anciens eschevins quy estoient en charge avant l'arrest de 1700, aux nouvaux eschevins actuellement en charge et autres y desnommés, pour le tout veu et raporté à sa majesté, estre ordonné ce qu'il apartiendra. Et comme lesdits anciens eschevins ont nécessairement bezoing pour establir leur droit d'avoir communication des anciens privilèges de laditte ville, qui sont ou doivent estre entre les mains dudit Normand, greffier, ils ont sommé et somment ledit Normand de leur représenter et donner en communication et copie en forme de luy signée des anciens privilèges de tàditte ville, lettres pattentes accordées sur iceux, arrest du conseil du 20 septembre 1700 et autres quy leur sont nécessaires, ensemble l'oposition quy a esté par eux cy devant formée audit arrest de 1700, et copie de la réception et installation des sieurs Gay, Perrin et Poirier, nouvaux -eschevins suprimés, sy aucune y a et à faute de se faire, protestent de se pourvoir contre luy au conseil d'estat, pour le faire ainsy ordonner à ses frais et despens, et de le rendre responsable en son privé nom des événements, despens, domages et intérêts des exposants et généraHement de tout ce qu'ils peuvent et doivent, ne pouvant lesdits exposants jusqu'à la communication desdits privilèges, arrest, opposition et autres titres, estre en aucune demeure de respondre à la requeste dudit seigneur conte de Rions, et ont signé VITET. GIRAUD. PAYEN. P. LEBOUCHÉ. CûTHU. MARTIN. BONNET. VITET. JEAN PERRIN.

A quoy ledit sieur Normand a fait responce que lesdits sieurs Gay, Perrin et Poirier, nouvaux eschevins en charge, Iuy ont deffendu, par une délibération passée au corps de ville, de remettre à personne ny faire voir aucuns registres,


titres et papiers de l'hostel de ville dudit Cognac, et que d'ailleurs il luy est impossible de le faire, ayant remis une des clefs du cabinet de l'hostel de ville où sont tout les titres et papiers dudit corps de ville, entre les mains du sieur Jean Tardy, cy devant subtitud de monsieur le procureur du roy dudit corps de ville de Cognac et n'a voullu ledit sieur Normand signer, de ce sommé et interpellé. Percisté par lesdits sieurs Vitet, Giraud, Payen, Bonnet, Lebouché, Martin, Cothu et Perrin, anciens eschevins, en leur protestations et exceptions des autres parts, d'eux signées. Fait par copie de mon présent exploit que j'ay dellaissé audit sieur Normand, en son domicilie audit Cognac, parlant comme dit est à sa personne, en présence de maistre Michel Bouyneau et maistre Jean Mounier, huissiers, tesmoins requis, demeurant audit Cognac, quy ont avec moy signé, ensemble lesdits sieurs Vitet, Giraud, Payen, Bonnet, Lebouché, Martin, Cothu et Perrin, ledit jour dix huit may mil sept cent dix huit, après midy. Laquelle responce lesdits sieurs anciens eschevins ont prize pour reffus et enjoint audit sieur Normand de le faire sçavoir auxdits sieurs Gay, Perrin et Poirier. VITET. VITET. GIRAUD. P. LEBOUCHÉ. JEAN PERRIN. COTHU. PAYEN. BONNET. BOUYNEAU. MûUNIER. GUIMBELLOT, AMM~<?)' aM<M<cier.

ControIIé à Cognac, le 18 may d718. SEPEAU. Reçu neuf sols dix deniers.

XXIII.

Dans un mémoire adressé comme les précédents au conseil d'état, Jean et Jacques Vitet, Pierre Giraud, Pierre Bonnet, Pierre Payen, Pierre Lebouché, Jean Martin, Léon Cothu et Jean Perrin, se qualifiant anciens bourgeois et principaux habitants de Cognac, et anciens échevins de la maison commune, rappellent qu'ils sont les seuls survivants


des vingt quatre échevins composant le corps de ville avant l'arrêt de réduction de 1700. Ils disent que Gay, Perrin et Poirier se firent pourvoir après cet arrêt de trois places d'échevins, tandis que la réduction et le remplacement des quatre qui avaient été conservés auraient dû s'opérer uniquement sur le personnel des anciens. Après avoir rappelé dans le mémoire des faits déjà connus, ils s'associent aux conclusions du comte de Rions, en ce sens que le corps de ville doit, d'après eux, être composé à l'avenir de 34 échevins et du maire, tel qu'il existait avant l'édit de création des maires perpétuels et autres offices supprimés mais ils lui contestent le droit de nommer lui-même pour la première fois les vingt un échevins, qui, avec les trois nouveaux qui se sont eux-mêmes installés à la place des quatre anciens réservés par l'arrêt de 1700, devraient, d'après sa prétention, former le corps de ville. Leur résistance sur ce point se .fonde sur ce que, en leur qualité d'anciens échevins survivants au nombre de neuf, ils sont en droit et possession de choisir entre les habitants de Cognac les personnes capables de remplir les places vacantes au nombre de quinze, ce qui complétera les vingt quatre membres dont le corps de ville a été anciennement composé, n'étant pas question de l'établissement d'un corps de ville nouveau, mais bien du rétablissement de l'ancien. Or, disent-ils, les membres survivants de cet ancien corps de ville se trouvent rétablis dans les droits qu'ils avaient autrefois, c'est-à-dire de se maintenir dans leurs charges, sans pouvoir en être dépouillés par de nouveaux officiers, et de pourvoir eux mêmes par élection aux places vacantes des échevins et conseillers, ainsi qu'à la nomination du maire, et ce, sans l'intervention des habitants de Cognac, qui n'ont jamais eu le droit de procéder ni même d'assister à ces élections. Voici les conclusions du mémoire. <c Ils espèrent de la bonté de sa majesté et de la justice de son conseil qu'ils seront maintenus dans leurs offices et eslections et dans les fonctions et droit quy leur


apartiennent en cette qualité, ceux entr'autres d'élire et de pourvoir aux charges vaccantes des eschevins et conseiUers au nombre de vingt quatre, et aussy d'élire les maires en la forme cy dessus expliquée de .trois personnes choisies par scrutin à la pluralité des suffrages et présentez au roy estant en son château de Cognac, et en son absence à monsieur le gouverneur. s

XXIV.

~7~. Mémoire du comte de Rions, t. XXXII, p. 507 i.

Par édit du mois de juin 1717, sa majesté, en supprimant les offices de maire et échevins, etc. créés depuis 1690, a ordonné qu'à commencer du 1er janvier 1718 il en seroit usé à l'élection des maire et échevins ainsi qu'il se pratiquoit avant 1690, etque les villes seroicnt administrées et ~OM~n~ comme avant la création des dits offices, sa majesté dérogeant à cet effet à tous édits, déclarations et arrêts contraires.

A l'occasion de cet édit, les sieurs Vitet et consors, qui avoient esté dans le corps de ville avant 1700, se sont imaginez qu'ils devoient rentrer de plein droit dans leurs fonctions.

Pour y parvenir, ils se trouvèrent, le 26 décembre 1717, à l'assemblée qui avoit accoutumé de se tenir tous les ans pour l'élection du maire, et voulurent faire le scrutin.

1. Ce mémoire (que je reproduis a cause de sa grande rareté) a été copié par Emile Albert sur l'exemplaire imprimé appartenant à M. Gay de La Chartrie, médecin à Cognac. I) est intitulé t Mémoire pour monsieur le comte de Rioms, premier écuyer de madame, duchesse de Berry, colonel du régiment Dauphin dragons et gouverneur de la ville et château de Cognac, receu opposant à l'exécution de l'arrest du conseil du 11 décembre 1717. « Je conserve d'après la copie les alinéas et l'italique de l'imprimé et je supprime le commencement du mémoire qui ne parte que de faits déjà connus.


Les sieurs Gay, du Boussac et Poirier soutinrent au contraire qu'estant échevins en place ils estoient seuls en droit de faire ce scrutin.

Pendant que ces deux partis verbalisoient, il s'en éleva un troisième de la populace qui entra en foule dans la salle, ayant à sa teste le nommé Sazerat, cy devant chaudronnier.

Ce troisième party dit qu'il falloit commencer par élire de nouveaux échevins, et soutint que c'estoit à luy comme représentant la coMMmtM~M~ à faire cette élection ainsi que celle d'un maire.

Quelques gentilshommes et principaux habitans, informez de ce qui se passoit à l'hôtel de ville, y accoururent, désavouèrent le party de Sazerat ct demandèrent pour toute la ville le rétablissement des anciens privilèges en conséquence, qu'il fût procédé, suivant l'ancien usage, à l'élection d'un maire et des officiers nécessaires pour remplir le nombre ancien de douze échevins et de douze conseillers à vie.

Le tumulte excité par ces quatre différents partis étant appaisé, les sieurs Gay, du Boussac et Poirier, échevins en place, firent un scrutin.

Les sieurs Vitet et consors en firent un autre.

Ces deux scrutins furent envoyez sur le champ à M. le comte de Rions, suivant l'ancien usage.

Quelques jours après, le sieur de Cherval, sénéchal de la province d'Angoumois, vint à Cognac et demanda que les scrutins luy fûssent remis pour nommer le maire; mais les scrutins estoient déjà partis.

Monsieur le comte de Rions les ayant receus, crut qu'en qualité de gouverneur il ne pouvoit se dispenser d'informer sa majesté de ces différentes factions et qu'il devoit luy demander le rétablissement des anciens privilèges de la ville et des droits du gouverneur, conformément à l'édit del7d7.


Sur la requeste est intervenu, le vingt un mars dernier, arrest de communiqué au sieur de Cherval, sénéchal de la province, aux officiers qui estoient en place avant 1700, aux échevins actuellement en place et à la communauté et habitans de la ville.

DEMANDE DE M. LE COMTE DE RIONS.

Il demande lo que le scrutin pour nommer le maire luy soit présenté ou envoyé chaque année, suivant l'ancien usage. 2o Qu'il luy soit permis de nommer, pour cette première fois seulement, les officiers nécessaires pour remplir l'ancien nombre de douze échevins et de douze conseillers à vie. Ces conclusions estant fondées sur les lettres patentes de 1507, sur celles de 1654 et sur l'ancien usage, ne doivent faire aucune difficulté.

PRÉTENTION DU SIEUR CHERVAL, SÉNÉCHAL DE LA PROVINCE.. Il ne conteste point les conclusions de M. le comte de Rions; il demande seulement la permission, d'ouvrir le scrutin en l'absence du gouverneur.

Il fonde sa prétention sur une déclaration de 1553 qui porte, à la vérité, qu'en cas d'absence du gouverneur le scrutin sera remis au sénéchal.

Réponse.,Il ne paroist pas que cet édit ait été suivi d'aucune exécution; le, prétendu droit du sénéchal n'est rappellé dans aucun autre titre il y a longtemps qu'il n'en reste absolument aucun vestige.

Par édit de 1651, le feu roy changea la forme ancienne de l'élection du maire; la nomination de cet officier fut accordée aux échevins à la pluralité des suffrages et sans

scn(~.

Pour abolir entièrement l'usage du scrutin, on dispensa les échevins de le présenter à sa majesté on les dispensa de le remettre au gouverneur nulle MM~<w <ht ~ec/M~. Peut-on s'empêcher de conclure que le prétendu droit du


sénéchal n'étoit pas même connu alors ? s'i! en étoit resté quelque idée, auroit-on manqué de parler du sénéchal ? On ne connoissoit donc en ")65d que sa majesté et le gouverneur qui eussent droit d'ouvrir le scrutin.

Enfin l'édit de d65d qui accorde aux échevins le droit d'élire le maire sans scrutin, contient une dérogation expresse à tous édits, arrests et règlements contraires. Ainsi, quand le sénéchal prétendroit avoir eu autrefois quelque droit au scrutin, pourroit-il disconvenir que ce prétendu droit n'ait été entièrement détruit et révoqué par l'édit de 1651 ?

Voyons si le sénéchal peut tirer quelqu'avantage .de ce qui s'est passé depuis.

Le scrutin aboli en 1651 a été rétabli en 1654. Les lettres patentes qui ordonnent ce rétablissement portent que le scrutin sera présenté à sa majesté en son château, sinon au gouverneur nulle mention du ~~cAs~. Il est donc nécessaire de conclure que le scrutin ne peut être ouvert que par sa majesté en son château, sinon par le gouverneur.Dans le fait on va prouver que le scrutin n'a été remis au sénéchal ni devant ni depuis d65i.

Monsieur le comte de Rions a justifié par des extraits des s délibérations de la ville depuis 1641 jusqu'en d691 que le scrutin avoit toujours estéo~o~e au gouverneur absent, soit à Versailles, soit à Saint-Germain ou ailleurs, où il se trouvoit, sans que le sénéchal s'y soit jamais opposé. M. le comte de Rions a aussi produit une lettre du sieur Guillet, avocat du roy de Cognac, qui luy mande que la prétention du sieur de Cherval est sans fondement, « que les précédens gouverneurs ont toujours reçu le scrutin par une lettre dans le lieu où ils se sont trouvez lors de l'élection. » Le sieur Guillet ajoute même qu'il a été maire trois fois différentes et qu'il a toujours été élu par les gouverneurs absents.

Ce témoignage est d'autant moins suspect que M. Guillet


qui le rend est d'un parti contraire à M. le comte de Rions. Enfin les deux scrutins envoyez à M. le comte de Rions au mois de décembre dernier/par deux partis contraires, en justifient pleinement le droit et l'usage de l'envoy du scrutin au gouverneur. Ainsi il ne peut y avoir de difficulté de débouter le sénéchal de sa prétention.

PRÉTENTION DES SIEURS VITET ET CONSORS SOY DISANTS ÉCHEVINS AVANT 1700.

Ils conviennent que le scrutin doit être envoyé au gouverneur, mais ils prétendent que c'est à eux à faire le scrutin. et à nommer les nouveaux officiers municipaux. Réponse. Par l'arrest de 1700~ ces officiers ont esté destituez des places de conseillers qu'ils occupoient alors dans le corps de ville dès ce moment ils sont restez sans fonctions ils ont esté confondus avec le reste des habitans; ils n'ont pas plus de droit que ces mêmes habitans. Depuis 1700 on a élu de nouveaux échevins les sieurs Vitet et consors n'ont pas prétendu rentrer en fonctions. Ils ont laissé faire les élections sans protester de leur prétendu droit; ils nepeuveet donc le renouveller aujourd'huy.

Enfin l'édit de 1717, qui supprime les officiers municipaux créés depuis 1690, ne rétablit point ceux qui étoient en place auparavant les sieurs Vitet et consorts ne peuvent donc se prévaloir de cet édit.

Il y a plus; le nom du sieur Perrin, capitaine de la cavalerie bourgeoise, se trouve à la tête du mémoire présenté par ces prétendus officiers Il est vrai cependant qu'il a refusé de le signer et qu'il désavoue la demande des sieurs Vitet et consors comme contraire aux droits du gouver-

1. On a produit la lettre du sieur Perrin concernant ce refus et ce désaveu.


neur en faut-il davantage pour faire tomber leur prétention ?

PRÉTENTION DES SIEURS FÉ, LIEUTENANT GÉNÉRAL, SAZERAT, CI-DEVANT CHAUDRONNIER, ET CONSORS.

Sous le nom de la communauté qu'ils prétendent représenter, ils disent qu'ils sont en droit d'élire le maire, même sans scrutin, et de nommer les nouveaux officiers. Ils ajoutent que ce droit leur est attribué par édit de 165d. 7~o~<?. Pour faire connoistre que cette cabale ne cherche qu'à donner le change, il suffit de la renvoyer à l'édit de d65d dont elle prétend tirer son droit..

Cet édit n'attribue le droit de nommer le maire sans scrutin qu'aux échevins et non à la communauté. D'ailleurs les lettres de d654 ont expressément dérogé à l'édit de d651 elles ont rétabli l'usage du scrutin ainsi la demande formée par la faction de Fé et de Sazeraf est des plus mal imaginées.

On va' voir que cette caballe ne doit pas même être écoutée..

Les prétendus pouvoirs que les chefs rapportent ont été donnez par des artisans et autres gens de la lie du peuple attroupez par Sazerat, chaudronnier.

Le nommé Reignier, l'un d'eux, a déclaré qu'on avoit surpris sa signature comme il passoit sur le pont de la ville sans même luy permettre de lire l'acte qu'on luy présentoit. Gens. capables de pareilles surprises et agissant sur de pareils pouvoirs ne sont-ils pas indignes de l'attention du conseil ?

Il y a plus. Ceux qui ont signé les mémoires présentez au conseil au mois d'avril dernier avoient envoyé au mois de janvier précédent un placet par lequel ils assurent monsieur le comte de Rions que son droit de nommer le maire leur est


trop cher pour soutenir des règlements qui y donner oient atteinte 1.

Ils le prient de donner les mains à la fixation de dix officiers ordonnée par arrest du dl décembre 1717..Ils ajoutent que par là il aura le droit de nommer tous les ans dix 'officiers municipaux.

Peut-on voir une reconnaissance plus authentique du droit du gouverneur de nommer non-seulement le maire mais encore les officiers municipaux qui doivent composer le corps dé ville?

Pourquoy, contraires à eux-mêmes, Sazerat et consorts demandent-ils aujourd'huy ce droit?

Cette caballe, ameutée par Sazerat, se croit-elle plus respectable depuis qu'elle a mis dans son parti le sieur Fé, lieutenant général, et le sieur Guillet, avocat du roy ? Ces deux officiers sont eux-mêmes tombez dans une pareille contrariété.

On a produit plusieurs de leurs lettres qui portent qu'en qualité de gouverneur M. le comte de Rions est incontestablement en droit de nommer non-seulement le maire, mais encore toutes les places vacantes.

Le sieur Fé reconnoist même si bien. que ce croit réside dans la personne du gouverneur que, par une de ses lettres, il prie M. le comte de Rions de luy donner son agrément pour la place de maire.

Ce juge a changé depuis il a cru parvenir plus facilement à la mairie en se mettant sous la protection de Sazerat il a mieux aimé en avoir obligation à un artisan qu'à son gouverneur.

Mais, pour revenir à notre preuve, après un aveu aussi formel, tant en général qu'en particulier, du droit du gouver1. Ce placet et celuy de Regnier sont joints à la réplique de M. le comte de Rions.


neur, qui ne seroit étonné de voir des mémoires contraires signez cependant des mêmes personnes ?

Une pareille variation dénote parfaitement l'esprit de cabane qui a dicté les mémoires envoyez au conseil on ne peut mieux les détruire qu'en y opposant les placets et les lettres dont on vient de parler.

Enfin (et ceci est sans réplique) le parti de Fé et de Sazerat a été désavoué~ par les gentishommes, officiers, magistrats, bourgeois et principaux habitans assemblez en l'hôtel de ville au son de la cloche, en la manière accoutumée. Ainsi les mémoires des sieurs Fé, Sazerat et consors doivent être rejettez.

DEMANDE DE LA COMMUNAUTÉ DE LA VILLE, REPRÉSENTÉE PAR LES TROIS ÉCHEVINS EN PLACE, LES GENTILSHOMMES, OFFICIERS, MAGISTRATS ET PRINCIPAUX HABITANS ASSEMBLEZ EN L'HOTEL DE VILLE.

Ils désavouent tout ce qui a été fait par le parti de Fé et de Sazerat, comme contraire aux anciens privilèges de la ville. Ils disent que les sieurs Vitet et consors étant restez sans fonctions depuis 1700, on ne reconnoist aujourd'huy dans la ville et on ne peut y reconnoistre pour échevins que les sieurs Gay, du Boussac et Poirier qui sont en place. Ils soutiennent que comme principaux habitans, assemblez juridiquement en l'hôtel de ville, ils sont seuls en droit de représenter la ville et de demander en son nom le rétablissement des anciens privilèges.

Ils ajoutent qu'ils adhèrent en tous les chefs aux conclurions de leur gouverneur, désavouant même au nom de la ville tout ce qui a été fait au contraire.

Ainsi, nulle difficulté d'adjuger à M. le comte de Rions les conclusions par luy prises.

1. Ce désaveu est joint aux mémoires des trois échevins en place et des principaux habitants.


Par rapport au premier chef, il est indispensable d'ordonner que, suivant l'ancien usage,Ia nomination du maire se fera par scrutin et que le scrutin sera présenté ou envoyé au gouverneur en cas d'absencede sa majesté.

Par rapport au second chef, on ne peut refuser à M. le e comte de Rions le droit de nommer pour cette fois seulement les officiers qui doivent composer le corps de ville. A qui sa majesté accorderoit-elle ce droit dans une ville où cinq partis contraires se sont élevez, où tout est caballe et faction ?

Sera-ce à des artisans ameutez par un chaudronnier ? Sera-ce à des particuliers qui depuis 18 ans n'ont aucunes fonctions?

Ecoutera-t-on la prétention nouvelle du sénéchal, au préjudice du droit ancien et incontestable du gouverneur? Peut-on se dispenser de remonter à ce qui se pratiqua en 1507 en pareil cas?

Ainsi, quand le droit du gouverneur de représenter sa majesté en son absence ne seroit pas aussi incontestablement établi, M. le comte de Rions a lieu d'espérer que sa majesté jugera qu'elle ne peut mieux se reposer du soin de la nomination dont est question que sur le gouverneur à qui elle a remis son autorité en le choisissant pour faire exécuter ses ordres dans la ville de Cognac.

OPPOSITION A L'EXÉCUTION DE L'ARREST DU 11 DÉCEMBRE 17'17. On ne parle point ici de l'opposition que M. le comte de Rions a formé à l'exécution de cet arrest, en ce qu'il fixe à Cognac le nombre des échevins à quatre, et celuy des con-seillers à six.

En la forme, M. le comte de Rions n'a pas été entendu; ainsi l'opposition est de droit.

Au fond, l'arrest a été rendu pour les villes de Xaintes et de Saint-Jean-d'Angély, province de Xaintonge on n'a pas


dû y comprendre la ville de Cognac, province d'Angoumois, dont les privilèges sont bien différens.

Suivant ces privilèges qu'il s'agit de rétablir en exécution de l'édit de 1717, il doit y avoir à Cognac 24 officiers municipaux le nombre s'en trouve fixé par l'arrest à dix seulement; ainsi cet arrest ne peut subsister.

Me DELAMET, avocat.

De l'imprimerie de C.-L. Thiboust, place de Cambray. XXV.

1718, '50 juillet. Arrêt du conseil privé qui annule comme ayant été faite sans commission, à la requête de Jean Fé et autres, la signification de l'arrêt du conseil d'état du 21 mars précédent, interdit Bernard, huissier, qui a signifié l'arrêt, et condamne Jean Fé et autres à l'amende. ~~p~dition sur parchemin.

Extrait des registres du conseil d'état privé du roy. Sur la requeste présentée au roy en son conseil par les conseillers secrétaires de sa majesté, maison, couronne de France et de ses finances et officiers de la grande chancellerie, contenant qu'encore qu'on ne puisse ignorer une loy sy générale et universelle établie dans le royaume de ne pouvoir .signiffier ny exécuter aucuns arrests de cours supérieures sans commission scellée, ou qu'ils soient en forme intitulez du nom de sa majesté, et à plus forte raison ceux de ses, conseils, sous les peines portées par les édits, déclarations, arrests et réglemens rendus à ce sujet, tant contre les officiers' que les partyes; cependant, le nommé Bernard, huissier audiancier au siège royal de Coignac, n'a pas fait difficulté de signiffier, à la requeste de messire Jean Fé, écuyer, seigneur de Ségueville, président et lieutenant général au siège royal dudit Coignac, et autres, un arrest du conseil d'état du 21 mars dernier, sans commission scellée sur iceuluy, suivant son exploit du 23 avril ensuivant, quoyque ledit arrest ne deut estre signifné et exécuté qu'à la requeste du sieur comte de


Rions qui l'a obtenu. Et comme une pareille contravention est une désobéissance et un attentat à l'autorité de sa majesté et de son sceau, les suplians, pour la faire réprimer, se trouvent obligez de luy en porter leurs plaintes. A ces causes, requérirent qu'il plust à sa majesté sur ce leur pourvoir, pour, par son autorité, arrester le cours d'un pareil abus et entreprise. Veu ladite requeste, signée Perrin, l'un des suplians, et leur avocat ordinaire ès conseils de sa majesté/les pièces de la susdite contravention et autres jointes à ladite requeste, justificatives d'icelle ouy le raport du sieur de Bernage, conseiller du roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaires de son hostel, commissaire à ce député; et tout considéré, le roy en son conseil, de l'avis de monsieur le garde des sceaux, ayant égard à ladite requeste, a ordonné et ordonne que les édits, déclarations, arrests et réglemens rendus sur le fait des chancelleries seront exécutez selon leur forme et teneur ce faisant, et conformément à iceux, a cassé et annullé l'exploit de signiffication du vingt trois avril dernier fait de l'arrest du conseil du vingt un mars précédent, sans commission scellée sur iceluy, et tout ce qui s'en est ensuivy; a sa majesté interdit le nommé Bernard, huissier, des fonctions de sa charge pendant trois mois et l'a condamné en cent livres, et Fé de SégueviIIe et consorts, représcntans le corps des habitans de Coignac, solidairement en cinq cent livres envers lesdits conseillers secrétaires de sa majesté et officiers de la grande chancellerie, au payement desquelles sommes ils seront contrains par toutes voyes deues et raisonnables et comme pour les propres deniers et affaires de sa majesté, quinzaine après la signiffication du présent arrest, lequel sera exécuté nonobstant oppositions ou empeschemens quelconques. Fait au conseil d'état privé du roy, tenu à Paris le trente juillet mil sept cent dix huit. Collationné. LENORMANT.


XXVI

47~8, 22 <:o<M. Arrêt du conseil d'état qui ordonne qnet'hôte) de ville de Cognac sera à l'avenir composé d'un maire, de quatre échevins et de quatre conseillers. Id. t.

Extrait des registres du conseil d'estat.

Veu par le roy étant en son conseil la requeste présentée en iceluy par Antoine-Auguste-Armand-Siquaire Dédy, comte de Rioms, premier écuyer de madame duchesse de Berry, mestre de camp de cavallerie, sous-lieutenant des gensdarmes de la reine, et gouverneur de la ville et chasteaude Cognac, contenant entr'autres choses. (E'~cpo~ de faits déjà connus.) Le roy étant en son conseil, de, l'avis de M. le duc d'Orléans, régent, a d'abondant receu et reçoit ledit sieur comte de Rions opposant à l'arrest du conseil du XI décembre 1717; faisant droit sur son oposition, a ordonné et ordonne que i'hoste! de ville de Cognac sera à l'avenir composé d'un maire, de quatre échevins et de quatre conseillers de ville lequel maire exercera ses fonctions.pendant une année, et lesdits quatre échevins et quatre conseillers exerceront leurs fonctions pendant leur vie; qu'arrivant le déceds d'un des quatre échevins, il sera choisy par le corps de ville un desdits quatre conseillers pour remplir sa place; et arrivant le déceds d'un des quatre conseillers, il sera choisy par le mesme corps de viiïe un des habitants pour remplir sa place. Et attendu qu'il n'y a présentement que trois échevins dans ledit hostel de ville, il sera, pour cette fois seulement et sans tirer à conséquence, nommé par sa inajesté un échevin et les quatre

1. Cet arrêt a été imprimé Bibliothèque de Cognac, recueil Albert, mss. t. LXXII, p. 223 in-~o, 8 p. S. L n. d. On lit au bas de l'exemplaire cette mention autographe « Collationné par nous, conseiller secrétaire du roy, maison couronne de France et de ses finances. DELAMET. f


conseillers de ville, sur la présentation qui luy en sera faite par ledit sieur comte de Rioms, en qualité de gouverneur pour sa majesté de ladite ville et chasteau de Cognac, lequel nouvel échevin ainsy que les trois autres et lesdits quatre conseillers de ville exerceront leurs dites charges pendant leur vie. Veut sa majesté que par lesdits huit officiers de ville il soit incessament procédé et ainsy touts les ans au jour de Saint-Estienne à la nomination de trois personnes, dont le scrutin sera envoyé au gouverneur de ladite ville,. pour estre une des trois personnes choisie par luy pour remplir la place de maire, sans cependant qu'en cas que la nomination pour ladite place de maire tombe sur un desdits officiers du corps de ville, il soit nécessaire. de remplir sa place. Et sur le surplus des demandes et prétentions des parties, sa majesté les a mis hors de cour, le tout en vertu du présent arrest qui sera leu, publié et enregistré dans les registres dudit hostel de ville, afin que nul n'en ignore, et exécuté nonobstant opositions ou autres empêchements quelconques, et pour l'entière exécution duquel toutes lettres patentes nécessaires seront expédiées. Fait au conseil d'estat du roy, sa majesté y estant, tenu à Paris le XXIIe jour d'aoust mil sept' cents dix huit. PHELIPPEAUX.

XXVII.

<7~},~p~M~Lettre des députés de Cognac à Mayaud, avocat au conseil, lui donnant des instructions pour former opposition à l'arrêt du 30 juillet précèdent. Original sur papier.

Nous vous envoyons, monsieur, la signification qu'on nous a fait de l'arrest du conseil qui nous condamne en l'amende. Nous vous prions instamment, aussytost notre lettre receue et sans perdre de temps, d'y former opposition. Cet arrest nous a esté signimé à la requeste de messieurs les

secrétaires du roy, quy ont eslu domicilie en la personne et,


maison de maistre Pierre Perrin, l'un deux, et leur avocat au conseil, avecq commandement de payer laditte amande dans quinzaine ès mains de maistre Thomas Marot, sieur de Joigny fondé de leur procuration. Vous trouverés aussy cy joint la commission expédiée sur l'arrest du vingt un mars 1718. Nous vous prions d'estre attentif à cette affaire, et de nous donner avis de tout ce quy ce passera la présente lettre vous servira de procuration. Il faut donner la requeste d'oposition dans le nom de tous les députés de la communauté, quoyque tous n'ayent pas signé la présente lettre, quelquns s'estant trouvées absents. Nous sommes douze députés, scavoir. le sieur Fé, lieutenant général, le sieur Guillet, advocat du roy, le sieur Guillet de Planteroche, lieutenant criminel de l'eslection, le sieur Dexmier de Bellair, le sieur Dexmier Delagroix, le sieur Sazerat, le sieur Dexmier, avocat, le sieur Charrier, médecin, les sieurs Guérin et Landreau, marchands, le sieur Jobet, procureur, Roux, nottaire. Vous nous aviés cy devant marqué qu'on vous avoit promis une forte modération il y a de la justice non seulement à modérer fortement cette amande, mais encore à nous en descharger entièrement, puisque la. signification que nous avons fait faire de l'arrest du 21 mars dernier n'est à proprement parler qu'ne simple dénonciation sans assignation. D'ailleurs, c'est qu'il y a une commission expédiée sur ledit arrest avant la signification dudit arrest et par concequand, messieurs les secrétaires du roy sont désintéressées. Et encore il n'est pas naturel de croire que nous ayons eu desseing de frustrer messieurs les secrétaires du roy de leurs droits, et tomber de gayeté de cœur dans la contravention, puisque la commission qu'on nous impute s'obtient gratis. Enfin, monsieur, nous espérons par la justice de notre cause et par vos soins que nous serons entièrement deschargés. Mais surtout donnés nous avis de ce quy ce passera, et marqués nous sy l'oposition une fois receüe ne suspendra pas les contraintes. Nous sommes très parfaitement,


monsieur, vos très humbles et très obéissans serviteurs. FÉ. GUILLET. DEXMIER DE LAGROIX. DEXMIER. JOBET. LANDREAU. DEXMIER. ROUX. GUÉRIN. CHARRIER. 1

xxvm.

:f7;M?–Projet autographe d'une lettre de Jean Fe au comte de Rions, retativement à la nomination par celui-ci du maire de Cognac. 2

Monsieur, les maires eLéchevains s'assemblèrent hier à la manière accoutumée. Ils éleurent trois sujets pour vous présenter afin de remplirla place de maire. Deux des élus sont, à ce que l'on m'a dit, le sieur Vieulle,de Xaintes,et le sieur Chabot, du bourg d'Aigres en Poitou. L'un et l'autre ont asseuré qu'ils seroient maires et que vous aviés promis, monsieur, à personnes qui avoient agy pour eux auprès de vous, de leur donner cet employ. Cette seule circumstance de publier l'un et l'autre qu'ils seroient maires m'a fait conclure que

1. Par quittance datée à Paris du 7 avril 17~9, Marc de Joigny, comme fondé de procuration des conseillers secrétaires du roi, maison couronne de France et de ses finances et officiers de la grande chancellerie, reconnaît avoir reçu de Jean Fé, lieutenant général à Cognac, et consorts, et de Bernard, huissier, la somme de 300 livres, à laquelle il remet volontairement les 600 livres auxquelles ils. ont été condamnés par arrêt du conseil du 30 juillet 1718.

2. J'ai cru devoir joindre à ma publication cette pièce sans date et les deux suivantes, parce qu'eues étaMissënt que l'arrêt du 22 août 1718 ne mit pas un terme à toutes les difficultés suscitées par les rivalités dont les pièces précédentes ont tracé le tableau. Espérons que de nouvelles découvertes dissiperont les obscurités de cette dernière phase de la procédure. Tous les registres des maisées du règne de Louis XIV sont perdus, comme je l'ai déjà dit on est'réduit à chercher des indications dans quelques rares délibérations qui se trouvent en copie dans le recueil Albert. C'est seulement le 31 octobre 1723 que cesse cette interruption si regrettable du registre municipal. La délibération est signée Chabot, maire, F. T. Gay, Poirier, Perrin, Allenet, Jean Perrin, Cothu, Jacques Perrin, Giraud, greffier commis. Le 21 novembre suivant, une autre délibération porte, outre ces signatures, celle de Normand. 16


leur certitude n'étoit pas telle qu'ils la'vouloient persuader, et je n'ay regarday leur confiance affectée que comme un moyen pour écarter de légitimes concurrens. En effect ces deux personnes qui sont d'une autre province, qui n'ont jamais été domiciliés à Cognac et dont l'un est officier dans réfection de Xaintes, peuvent elles demander de remplir la place de maire à Cognac et de conduire des habitants dont elles ne connoissent ny l'esprit ny les meurs ? Les privilèges résistent d'ailleurs à cette demande, puisse qu'ils portent que le maires sera choisy parmy les échevains et conseillers ou parmy les plus notables personages de la ville, et les habitants verroient avec douleur un étranger profiter d'une faveur qui n'a été accordée que pour eux. Au reste, monsieur, le choix que vous ferés sera toujours agréable à ceux qui vous sont aussy étroitement attachés que je le suis, et qui n'ont comme moy d'autre attention que de suivre votre volonté mais au surplus tout le bruit et les raisonnement qui se sont faits à cet égard ne m'ont fait aucune impression. Je me flatte que vous continuerés, monsieur, d'avoir les mêmes bontés pour Mr Guillet que vous luy témoignâtes et à moy lors de votre départ de ce pays cy. Auparavant que la requête que vous avés donné au conseil eût été renvoyée à M. l'intendant, j'eus l'honneur de-vous escrire pour vous prier d'escrire aux échevains de le faire entrer dans le scrutain; vous ne m'avés point fait, monsieur, de réponse à ce sujet, et j'en ay attribué la cause à ce que vous espériés d'avoir un arrêt avant qu'il fust temps de faire le scrutain. C'est dans cette même idée que M. Guillet n'a fait aucune démarche pour entrer dans le scrutain il le regrette sur les témoignages de bonté que vous luy avés donné en partant. Je vous demande, monsieur, avec la dernière instance, de les luy continuer le scrutain que l'on doit vous envoyer aujourd'huy deviendra inutile au moyen de l'arrêt qui va être randu, et.(Le projet de lettre s'~n'~6 ici.)


XXIX.

1721, 20 septembre. -Projet autographe d'une lettredeJean Féà De)amet, avocat à Paris, au sujet d'un procès soutenu par le comte de Rions à propos de l'élection des échevins de Cognac.

Je saisiray, monsieur, avec empressement, toutes les occazions qui pourront me procurer l'honnenr d'être en relation avec vous; celle cy m'est plus sensible, puisqu'elle regarde les intérest de M. le comte de Rions et de toute la ville. Je n'oublieray rien pour contribuer en ce qui dépendra de moy & luy faire avoir le succès qu'il demande. La solidité de ses moyens m'annoncent par avance un arrêt tel qu'il le peut souhaiter et surtout vous ayant confié, monsieur, le soin de les faire valoir.

Je n'ay receu, monsieur, votre lettre du 3d aoust dernier que le 19 du courant. Je ne scay d'où peut venir ce retardement il n'est certainement pas de ma part, car je me serviray de toute la vivacité que je peux avoir pour accélérer la décision de cette affaire. Vous trouverés cy joint un

i. Cette lettre était écrite en réponse à une lettre signée Delamet, secrétaire du roy, advocat aux conseils, rue Férou, prez Saint-Sulpice )) et portant pour adresse: « A monsieur, monsieur Fé, lieutenant général à Cognac. ». Elle est incomplète et en mauvais état'et se trouve, comme les pièces qui précèdent, dans le recueil Albert, mss. t. LXXII, p.199. Elle prouve que le comte de Rions soutenait un nouveau procès au sujet.de l'élection deséchevins et conseillers de Cognac. « H m'a chargé, disait Delamet à Fé, de vous en écrire et de vous demander les éclaircissements dont j'auray besoin et les pièces nécessaires. Je suis ravy, monsieur, de cette occasion qui me procure le plaisir d'estre en relation avec vous, quoyque nous ayons esté apointez à fins contraires. J'espère que cela n'aura diminué en rien nostre estime réciproque. Je feray toujours ce que je pourray pour méritter la vostre. )) tt dit plus loin « Comme il s'agist aujourd'huy de demander que ces officiers soient électifs; la demande seroit receue bien plus favorablement si on avoit un usage ou un titre, à demander l'exécution. »


mémoire qui répond à toutes les observations de votre lettre il contient le nom des échevains et conseillers actuellement en place et leur degré de paranté. Comme la majeure partie des habitants les plus quatifnés sont actuellement à la campagne, je n'ay pu vous envoyer par cet ordinaire une procuration pour intervenir dans l'instance que M. le comte de Rions introduira au conseil; mais dans très peu de jours je vous l'envoiéray. A l'égard de l'arrêt du 20 septembre 1700, que vous dattés par erreur de 17)0, et de celuy de d7d7, il est vray que ces arrest communs pour Xaintes, SaintJean-d'Angély et Cognac ne disent point les échevains seront électifs; mais le procès verbat de M. Begon, lors intendant, qui se transporta. dans chacune de ses villes pour faire exécuter cet arrêt, porte précisément que les échevains seront électifs et en conséquence ils ont effectivement changé tous les ans à Xaintes et à Saint-Jeant, et pendant deux années seulement à Cognac; après quoy les sieufs Perrins qui étoient tous en place comme ils sont aujourd'huy-empeschèreut qu'on ne fist de l'élection. Nous ne pouvons avoir la preuve de cet usage observé à Xaintes et à' Saint-Jean que par des certificats du greffier de la maison de vitte. J'ay écrit pour les avoir; dès que je les auray je vous les envoieray. Si on ne veut pas me les donner, il faudra obtenir un compulsoire.' Sil fault absolument des pièces justificatives du degré de paranté des échevains et conseillers en place, il faudra vous les envoyer; mais je croirois que le moins ébruitté cet affaire seroit le meilleur, parce que s'ils apprenent les démarches de M. de. Rions, ils feront peut être leurs efforts pour en émpescher le succès, au lieu que si M. le comte avoit.une fois un arrêt sur requeste personne ne soufneroit. Encore une fois, monsieur, l'affaire est en bonnes mains; tout le monde a une confiance entière en vous. J'ay l'honneur d'être.


XXX.

172t, ~0 MooeM&M. Lettre de Delamet à Fé, relative à l'arrêt obtenu par le comte de Rions.

J'ay receu, monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15 de ce mois. Je sçavois que la requête avoit été envoyée à M. l'intendant; vous avez bien fait, monsieur, de me donner avis de son arrivée. J'ay été aussitost chez M. le comte de Rions qui écrit par ce même ordinaire à M. l'intendant. Je suis persuadé que sa lettre fera un bon effet, et je ne doutte pas que ses moyens étant expliqués à M. l'intendant par vous, monsieur, son avis ne soit favorable. Lorsqu'il l'envoyera icy, vous aurez agréable, monsieur, de m'en donner avis, afin que je presse l'expédition de l'arrest pour que, si cela est possible, il puisse être envoyé à Cognac avant le jour de Saint-Estienne, jour de votre élection. M. le comte de Rions mande cette circonstance à M. l'intendant, et, le fond de l'affaire bien expliqué, je crois, monsieur, que vous trouverez à propos de presser M. l'intendant sur cet article.

J'ay l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. DELAMET. 1

XXXI.

47M, ~<? novembre. Certificat délivré par le corps de ville a FrançoisThéodore Gay, ancien maire de Cognac. Copie, t. X.M, 473. Nous soussignés, maire et échevins de la ville de Cognac, 1. Le recueil Albert ne donne pas le texte du nouvel arrêt obtenu par le comte de Rions, et le registre des maisées ne nous donne non plus aucun procès-verbal de l'élection. La pièce qui suit étahlit que le comte de Rions désigna François-Théodore Gay pour remplir les fonctions de maire en 1718 et 1719. Comme je l'ai dit, le registre recommence.le 31 octobre 1723; le maire Jean Chabot y est qualifié écuyer, seigneur de Peuchebrun, MarsiUë et Longré en partie, conseiller du roi, élu en l'élection de Cognac.


cei'tintons à tous qu'il appartiendra que François-Théodore Gay, écuyer, sieur de La Chartrye, conseiller du roy au siège royal de cette dite ville et premier eschevin du corps de ville dudit Cognac, a fait les fonctions de maire en ladite ville pendant les années mil sept cent dix huit et mil sept cent dix neuf, avecq honneur et intégrité. En foy de quoy nous avons signé le présent certifficat pour valloir et servir ce que de raison.. Fait à Cognac, ce seize novembre mil sept cent vingt deux. Chabot, maire, Poirier, échevin. Normand, conseiller secrétaire.


ROCHEFORT EN 1672 ET 1673

CORRESPONDANCE DE LA COUR AVEC LES INTENDANTS Pubtiée et annotée par M. Louis DELAVAUD.

Une partie des dépêches de la cour aux intendants de Rochefort a été publiée. On en trouve un grand nombre reproduites ou analysées dans le recueil des Lettres de Colbert, formé par M. Clément, et dans les divers ouvrages relatifs à Rochefort. Mais la plupart sont inédites elles sont conservées à Rochefort, dans les archives de la bibliothèque de la marine, que M. le préfét maritime a bien voulu m'autoriser à consulter et dans les archives de l'inspection qui m'ont étégracieusement communiquées par M. l'inspecteur Jardin. Les archives de l'inspection contiennent les copies des Ordonnances, règlemens, brevets et fMcMMHs expédiées depuis 1690, copies collationnées par les contrôleurs de la marine et reportées sur des registres cotées et paraphées par les intendants. Les dépêches de la cour, dont les originaux sont conservés à la bibliothèque de la marine, remontent plus haut. Le premier volume comprend les années 1672 et 1673. Le relieur lui a donné le titre de D~c/Ms de la Cour, 1672. Les lettres qui le composent sont rangées par ordre chronologique et les pages en sont numérotées les tomes suivants ne sont pas si bien classés. C'est ce premier volume que je publie aujourd'hui. Les lettres qu'il contient émanent de Colbert et de Seignelay. Depuis le 23 mars 1665, celui-ci était admis à la signature et aux autres fonctions de la charge de secrétaire d'état. Quant au destinataire, c'est l'intendant, non point de la généralité, 2 mais de la marine. Col-

t. Les pages 19-20, 35-36, 65-66, 71-72 du volume en ont été détachées. 2. La généralité de La Rochelle ne fut créée qu'en 1694 c'était une élection dépendant de la généralité de Poitiers.


bert de Terron remplissait ces fonctions, mais il était souvent malade, et en 1672 et en 1673, il fut remplacé deux fois par le commissaire Des Clouzeaux. Colbert recommandait à son cousin de lui renvoyer toutes ses lettres c'est à ce soin sans doute que nous devons d'en avoir trouvé si peu à Rochefort. Les lettres à Desclouzeaux ont au contraire été conservées.

Ces documents encore inédits contiennent l'histoire vraie de Rochefort nous pouvons les puiser à ses sources mêmes et voir à l'omvre l'administration de la marine sous Colbert. Les lettres que nous publions aujourd'hui, toutes tirées des Dépêches de la Cour, à quelques rares exceptions près, nous donnent quelques notions sur le soin avec leqnel le grand ministre et son fils travaillaient aux affaires de leur département et qu'ils exigeaient aussi de leurs subordonnés elles nous apprennent quelques détails sur la guerre maritime de ce temps et surtout sur les incursions des corsaires. Elles ont trait aux matières suivantes: Levée des équipages.– Discipline. Solde. Construction et radoub des vaisseaux. Corderie. Forge aux ancres. Fosse aux mâts. Fonderies du Nivernais. Approvisionnements. Armements, (Châteaurenault et d'Amfreville contre les pirates La Haye aux Indes-Occidentales d'Estrées, contre la Hollande; d'Aplemont, aux Indes-Orientales). Commerce (foires de Rochefort). Hôpitaux. Galères et forçats. Edifices de Rochefort (François Le Vau). Colonies (Madagascar, Bourbon, Indoustan, Iles de l'Amérique, Guinée). Affaires religieuses (les capucins de Rochefort).

Je les ai publiées presque toutes in extenso; les passages supprimés sont indiqués par des points et résumés en note. J'ai reproduit

1. Charles Colbert; cousin germain de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Bourbonne, conseiller d'état, mort le 9 avril 1684, laissant quatre filles de Marie Hennequin. Intendant général de la marine et des côtes du Ponant, commissaire départi pour l'exécution des ordres de S. M. au pays d'Aulnix, ville et gouvernement de Brouage, La Rochelle, îles de Ré, Oleron et autres. (DiDiER NEUVILLE, Revue MaW~MH coloniale, septembre 1880, p. 600.) Nous n'avons pas à faire ici sa biographie qui est très connue. C'est le vrai fondateur de Rochefort, c'est lui qui a signalé à Colbert l'importance de cette position et qui, pendant les premières années de l'existence de la ville et du port, en a dirigé, avec un-soin vigilant, tous les travaux et dirigé le développement.

2. Le roi lui renvoyait aussi les siennes. CLÉMENT, Histo ire de l'admiatistration de Colbert, t. fsr, p. 59.


scrupuleusement l'orthographe, bien qu'il soit inutile de connaître la manière dont les copistes de Colbert écrivaient tels ou tels mots. H est bon de noter que plusieurs de ces lettres portent des corrections de la main de Colbert et de celle de Seignelay l'une de celles-là est significative; le commis avait écrit dans la lettre du t" août 167~ J'ai faict choix; Colbert a effacé le mot Je, et a écrit Le roy a faict choix. On voit qu'il était soucieux de ménager la susceptibilité de Louis XIV; ainsi que le dit M. Rousset, le roi voulait une" obéissance absolue de ses ministres, menacés sans cesse de retomber dans le néant d'où il les avait tirés. »


1672, 4~r août. Versailles. Colbert à Colbert de Terron. Le roi a envoyé à Marseille les Turcs faits prisonniers et les condamnés aux galères. .D~ecAes de la cour, 4672, p. 4.

Le roy a fait choix du sieur Thibaud Dupaty, commissaire aux conduites deschaisnes,~ pour conduire à Marseille 3 lés trente-six Turcs qui se sont trouvez sur le brigantin 5 de Saté~ qui a esté pris par le chevalier de Chasteau Regnautt et comme je recommande au dit commissaire d'exécuter ponctuellement les ordres que vous luy donnerez, je vous

1. La Correspondance administrative du règne de Louis XIV, publiée par Depping, contient, à la date du 15 octobre 1663, une lettre de ce Thibaud, qui signe Thibaut, et qui servait à Toulon sous les ordres de M. de La Guette comme prévôt de la marine. (T. H, p. 902-903). Les lettres de Colbert publiées dans le recueil de M. Clément t'appettent Thibaud du Pathis. (T. i!I, l''e partie, l''e section; p. 130).

2. Commissaire ordinaire des galères à la suite des chaînes. En 1696, ces commissaires furent imposés à la 11 classe de la capitation comme les commissaires des guerres et de la marine, les maires des villes possédant une cour souveraine, les conseillers au châtelet; les colo'nels étaient à la 10° classe. La chaîne était le convoi des forçats.

3. C'est à Marseille que se trouvaient les galères qui s'aventuraient rarement dans l'Océan. L'intendant des galères était Nicolas Arnou, commissaire général depuis 1641, mort le 18 octobre 1674, à Toulon. (A. de Rum, His<0t)'e de Marseille. Marseille, 1696 LAFORÊT, F~~ sur la marine des galères à ~f~M~He, 186~ p. 145-150; GALUEN,ûaM<~ ~M<f!~M<M;, septembre et octobre 1854).

4. Les Turcs pris sur mer ou achetés étaient envoyés aux galères on les estimait beaucoup. CLÉMENT, Histoire de l'administration de Colbert, 1874, 1.1°' p. 441-460; DEppiNG, op. cit., t. H, p. 955. JAL, ~&aAsm du Quesne, t. !< p. 50-485; t. H, 165, etc., et Glossaire nàutique, p. 753. 5. Petite galère allongée, pontée, portant une seuJe yoite, ayant de 8 à 16 bancs à un seul ou à deux rameurs. C'était un navire' rapide et commode, usité surtout chez les Turcs. JAL, Glossaire nautique, p. 286. 6. Port du Maroc sur l'Océan, par 34" 5' de latitude N. et 90 3' de longitude 0.

7. François-Louis Rousselet, chevalier, puis comte, puis en 1704, marquis

I.


prie de ne rien oublier de toutes les précautions que vous estimerez nécessaires pour la seureté de cette conduite. Vous donnerez, s'il vous plaist, audit Dupaty un rolle de signal desdits Turcs, lequel vous ferez faire conjointement avec luy par un commissaire de marine ou autre personne qui sera commis par vous à cet effet, au pied duquel rolle le dit 'Dupaty se chargera du nombre de Turcs ou Maures qui y.sera contenu.

Comme l'intention du roy est que les condamnez aux galères qui se trouveront dans les lieux de la route du commissaire soient jointz à la mesme chaisne, je vous en donne avis, afin que s'il s'en trouve quelques uns dans le pays d'Aulnis, vous les luy fassiez remettre entre les mains, 1 COLBERT.~

de Chateaurenautt, né le 22 septembre 1637, lieutenant de vaisseau en 1661, capitaine le 9 mars 1666, chef d'escadre le 18 septembre 1673, lieutenant générât te 5 février 1688, vice-amiral du Levant le 1er juin '1701, maréchal le 14janvierl703, chevalier de Saint-Esprit le 3févrierl705, grand croix de Saint-Louis en 1693, mort le 15 novembre 1715. (A.. de BotSULE, Lettre inédite de C/M~fMtMMtM~t, Cabinet historique, 1880, 2e série, t. IV, documents, p. 42-48.) En 1671, il fut envoyé avec le vice-amiral d'Estrées contre les corsaires de Salé. Quelques jours après, CoLbert lui écrivait qu'il n'y avait « rien de plus important que d'occuper toujours la rade de Salé. ]) D'Estrées canonna inutilement la ville. Chateaurenautt, à qui le ministre recommandait « de faire l'impossible », s'empara, le 19 août, de deux navires salétins. (Lettres de Colbert, loc. cit., p. 257, 334, 337, 376, 383, 475 JAL, Du Quesne, t. H, p. 48). L'échange des prisonniers fut sur le point d'être décidé en février 1672. (~<rM Colbert, t. Ml, 2" partie, p. 533).

1. Il fallait beaucoup de précautions car, par suite d'évasions, d'enlèvements même, les chaînes, qui étaient le plus souvent de cent hommes, arrivaient généralement fort diminuées, et les forçats étaient en outre « harassés, malades et nus (JAL, D;{ QttMM, I, 547 DEPPING, CLÉMENT, passim.) Chaque homme rendu de Poitiers à Toulon coûtait, en 1662, 80 à 100 'livres. (DEPPING, loc. cit., p. 875). D'après la déclaration du 26 octobre 1683, le fermier des domaines dut fournir tout ce qui était nécessaire aux galériens sur les exécutoires des juges locaux, visés par les intendants. Cf. LAFOREST, Op. Cit. p. 89-90.

2. La signature seule est de Colbert ainsi que pour les autres lettres,


IL

~678, 23 septembre, VersaiHes~ Seignelay à Des Clouzeaux. t Que Des Clouzeaux fasse travailler. à )a corderie et à la forge aux ancres qu'il arme le Tigre pour fortifier l'escadre de La Barre. Id., p. 3.

J'ay reçu vostre lettre du d 2 de ce mois, par laquelle vous me mandez que vous avez envoyé un mémoire à M. de Terron sur ce qui s'est passé à Rochefort depuis son départ. Quoy qu'il soit bon que vous l'en informiez par tous les ordinaires, 3 cependant, comme il est à

sauf indication contraire. Jean-Baptiste Colbert, né à Reims le 29 août 1619, décédé à Paris le 6 septembre 1683, marié le 13 décembre 1648 à Marie Charron (1630-1687), marquis de Seignelay, de Chateauneuf et de Blainville, etc., ministre et secrétaire d'état ayant le département de la marine en 1669, grand trésorier des ordres du roi, etc. P. CLÉMENT, Histoire de Colbert et de son administration, Paris, 1874.

1. Hubert de Champy, chevalier des Clouzeaux, commissaire ordinaire en 1634, à Rochefort en 1670, commissaire général en 1675, au Havre en 1676, àDunkerqueenl679(etnonpas en 1680), intendant de l'escadre envoyé en Danemark l'an 1683, intendant des armées navales du Ponant au port de Brest en décembre 1683, mort le 16 mai 1701. (LsvoT et DONEAUD, Gloires maritimes de la France, 1866 JAL, Dictionnaire, p. 819 .&? Quesne, t. II, 350) Il paraît qu'il n'aimait à servir qu'à terre, d'après une lettre écrite par Colbert à Seignelay en 1673, (t. IH, 2' partie, p. 97). « Des Clouzeaux est habile pour ses magasins mais il ne se détermine sur rien z, dit une lettre de Tourville à Bonrepaus, citée par M. de Boislile (Mémoires de Saint-Simon, t. 1er, p. 531). Il fut parrain le 20 décembre 1671, le 16 avril 1672 et le 4 janvier 1674, la seconde fois avec Marie-Anne Colbert et la troisième avec M" de Terron. (Registre des baptêmes, 1670-1675, aux archives de l'hôtel-de-ville de Rochefort).

2'. Colbert de Terron avait la goutte et la Cèvre presque continuellement .(Lettres de Colbert, t. III, l'-e partie, lre section, p. 439; partie, p. 82, 96, 98, 101, 109, etc.)

3. L'ordinaire de Paris partait trois fois par semaine. (A. du Pradel, Le livre commode des adresses, publié par Ed. Fournier). Colbert ne voulait laisser'passer aucun ordinaire sans écrire à Rochefort. Cf. Liste des villes où les courriers portent les lettres, pour l'année 1675 (Recueil Choisy, t. XVi).


présent malade et qu'il pourrait arriver des choses sur les quelles il serait bon de vous faire sçavoir promptement les intentions du roy, ne manquez pas dorénavant de m'escrire à droiture. La principale application que vous devez avoir pendant l'absence du dit sieur de Terron est de faire travailler, incessamment à la corderie, afin qu'on ayt le plus grand nombre de câbles qu'il sera possible, en observant d'éviter les deffauts qui ont esté reconnus à ceux qui ont rompu pendant la campagne,1 c'est-à-dire de faire peigner les chanvres avec plus de soin, de les faire commettre plus serrez s'il est possible, et de les laisser plus longtemps dans l'estuve, afin d'en hoster toute l'humidité, et que le goldron puisse pénétrer jusqu'au cœur du cordage.2 Vous devez aussi faire travailler incessamment à la forge aux ancres et d'observer sur toutes choses de les faire mieux battre et souder qu'ils ne l'ont esté jusques à présent et je crois que sur cela vous avez esté informé que presque tous ceux 3

1. Le volume de 1690-91 des Dépêches contient des « Instructions pour celui que M. de Vaubourg chargera de faire convertir en fil le chanvre acheté en Auvergne. » En 1662, les câbles achetés en Hollande se brisaient, (Jal, Du QttM~e, I, 254). En 1661, le retard apporté au départ de Du Quesne provint du manque de câbles. <t Si à l'avenir on ne fournit les magasins de la marine, écrivait-il, sa majesté sera déçue dans ses projets de desseins maritimes. Aussi avait-il la précaution d'avoir toujours des cAMes de rechange dans sa cale. Dans une circonstance où il en manquait, Des Clouzeaux fit repêcher les vieux câbles perdus dans la rade de Dunkerqne. (Ibid., 29i, 297; H, 246, 247, 417).

2. Commettre un cordage, c'est réunir en faisceau un certain nombre de fils déjà tordus, les tordre ensemble de manière à leur donner des tensions égales, s'il est possible puis à cette masse tortue ajouter deux ou trois masses appelées torons, égales entre elles et égales chacune à la première, et tordre de nouveau jusqu'à ce que la corde soit formée. (JAL, Glossaire nautique, I, 495).'Commettre, c'est mettre ensemble. (LmnÉ, Dictionnaire, voir CoNMM~e't").

Cf. Règlement du 6 octobre 1674, titre VI, art. 2.

3. Ce mot est souvent masculin au XVIIe siècle (Dictionnaire de Littré Glossaire nautique de Jal.)


qui ont rompu pendant cette campagne sur les vaisseaux qui ont servy ~dans !a Manche sont manquez par la verger faute de n'avoir pas esté assez battus.

Il faut aussi que vous vous appliquiez avec soin de faire achever les vaisseaux qui sont sur les chantiers et faire radouber ceux qui sont dans le port, afin qu'ilz se trouvent, en éstat d'estre armés pour la campagne prochaine lorsque sa majesté en aura donné l'ordre. M. de Terron ayant fait des marchez avec plusieurs particuliers pour la fourniture des marchandises nécessaires pour l'armement de l'année prochaine, ne manquez pas de presser tous ceux qui se sont obligez à ladite fourniture et de m'envoyer toutes les semaines 3 un mémoire des marchandises qui sont entrées dans le magazin. 4

Le roy estimant nécessaire au bien de son service 5 et à

1. Les ancres se composent d'une longue c~e à l'une des extrémités de laquelle sont fixés deux bras. JAL.

2. On ne voulait pas laisser tes navires pt'js de trois ou quatre mois sur les chantiers. Les constructeurs modernes ont résolu cette question d'une manière tout à fait opposée. JAL, (HoMSt~ MM<t~, t, 456.

3. Le même jour, Colbert écrivait à Esbaupin, contrôleur de marine de Rochefort, d'envoyer, tous les mois un extrait des registres d'entrée et de sortie des marchandises. Lettres, t. III, ibid p. 467.

4. a Il (l'intendant) doit se mettre en état d'avoir non seulement les agrès nécessaires pour tous les vaisseaux qui sont dans le port, mais même il faudra qu'il mette le magasin en état de fournir une rechange à chaque vaisseau. » Colbert à de Seuil, 26 septembre 1679, ap. Jal. Glossaire mswtt~, p. 519. Tel était le principe suivi par Colbert et, après lui, par Seignelay avoir toujours de quoi remplacer les vaisseaux, agrès, câb!es, ancres, armes que l'on employait. Sur les magasins de Rochefort, construits par Blondel, on peut consulter l'Histoire de Rochefort, par le P. Théodore de B)6is, 3° partie.

5. I) y avait beaucoup de corsaires. <t C'est une chose honteuse, » écrivait Colbert en 1675. « Il faut, disait-il à de Terron, le 29 septembre 1668, que nous ayons toujours en mer une escadre de quatre, cinq ou six vaisseaux qui croisent depuis le détroit jusqu'au Conquét. n C'était pendant les mois d'octobre, novembre et décembre que les corsaires <[ faisaient )es plus grands efforts. D Aussi prit-on l'habitude de tenir quelques vaisseaux à la mer pen-


la seureté du commerce de ses sujets de fortifier l'escadre commandée par le sieur de La Barre, que sa majesté désire e tenir armée pendant tout l'hyver vous trouverez cy joint les ordres pour l'armement du vaisseau le Tigre, que sa majesté désire joindre à l'escadre dudit sieur de La Barre. 3 Ne manquez pas de travailler incessamment à l'armement dudit vaisseau, et je vous feray remettre les fonds par le premier ordinaire pour la levée de son équipage.~ SEIGNELAY. S

dant l'hiver. (JAL., Du Quesne, I, 266, 568; Dépêches de la cour, 1672, p. 153;Me'motfM CAott~M,pubtiés par Moreau, Paris, Téchener, 1861, p. 263 CLÉMENT, ~<:MMM Didier Neuvile, ~Tttc maf!<tMe et co!oMM~e, septembre 1880, etc.) En 1672, Chàteaurenault croisait avec sept vaisseaux du détroit de Gibraltar au cap Finistère La Barre avec six vaisseaux, du cap du Conquet et surtout à l'entrée de la Gironde, et il donnait ta chasse aux corsaires biscayens. (Lettres de Colbert, III, l''e partie, l''e section, p. 459-460). Plus de quarante vaisseaux étaient sortis des ports hollandais et zétandais, et ils avaient pris « quantité de bâtiments français. » (Ibid., 460). Sur la nécessité de l'escadre du détroit de Gibraltar, nous citerons un mémoire de d'Estrées du 20 août 1691. (Correspondance de Pontchartrain, mss. 1726 de la bibliothèque Mazarine, f. 282.)

2. On trouvera plus loin une note sur La Barre.

3. 11 venait d'être employé contre Salé, sous le commandement de d'Estivalle. M était « peu avantageux. » JAL, Du Quesne, 280 et Lettres de Colbert, loc. cit., p. 376.

4. En juin 1672, cette escadre se trouvait à Chatham. (Lettres de Colbert, loc. cit., p. 441.)

5. La levée des équipages était un travail difficile que Colbert recommandait aux intendants. Pontchartrain recommandait de payer aux capitaines dix écus par homme levé. (Dépêches de la cour, 28 février 1691). Les difficultés furent particulièrement grandes en 1672 et en 1673, par. suite du mauvais état de santé de De Terron (CLÉMENT, t. III, 1''° partie et 2e partie, passim). « L'ayersion presque insurmontable qu'ont les gens de mer pour le service font une telle impression sur leurs esprits qu'ils aiment mieux courir toutes sortes de risques pour éviter d'être trouvés, » (Colbert à Beaufort, cité par Gougeard, La marine de guerre, Paris, 1877, p. 399; cf. p. 397, 417.)

6. La signature seule est de la main de Seignelay ainsi que pour )es~utrës


III.

V672, 28 septembre. Versailles. Colbert à Colbert de Terron. H approuve la recommandation de travailler aux constructions et au radoub et dene donner qu'un mois de solde.

J'ay esté bien aise d'apprendre, par votre billet du 26 de ce mois, la disposition que vous avez donnée avant vostre départ de Rochefort pour le désarmement prochain des vaisseaux de l'armée, et que vous soyez demeuré d'accord avec le sieur Desclouzeaux que l'on achèverait dans l'année l'O~M<?~~M~, le Fortuné et t'~o~oM. Je vous prie de l'exciter toujours à advancer ces constructions en sorte qu'elles puissent estre faites, mesme avant le temps que vous me marquez.

Je conviens avec vous que le radoub des vaisseaux de l'armée ne peut pas éstre considérable; vous savez combien il importe au service du roy de les mettre promptement en estat de retourner à la mer; ainsy il faut préparer toutes

lettres. Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay; né à Paris le 1er novembre 1651, mort à Versailles le 3 novembre 1690, grand trésorier des ordres du roi, ministre et secrétaire d'état, marié le 9 février 1675 à MarieMarguerite d'Alègre, morte le 16 mars 1678, et le 6 septembre 1679 à Catherine-Thérèse de Matignon.

1. L'armée qui sous le commandement de d'Estrées s'était réunie à la flotte anglaise et venait de battre les Hollandais.

2. Ces trois navires firent partie de la flotte de d'Estrées en 1673. Le Fortuné avait 56 canons. L'Orgueilleux prit piu< tard le nom de )'.E~rtH<w:. C'est sous ce nom qu'il figure dans l'état de 1677. Un autre navire du même nom, construit en 1670, prit en 1672 le nom de le ~CMCOM.


choses pour achever cet ouvrage en peu de temps et se précautionner contre la brièveté des jours et la rigueur de ta saison où nous allons entrer.

La proposition que vous faites de ne donner qu'un mois de solde lors du désarmement des vaisseaux de l'armée et de faire payer à noël le reste de ce qui pourra estre deub aux officiers mariniers et matelots avec trois mois d'avance, est fort bonne les ordres du roy seront expédiez en cette conformité et vous seront incessamment remis entre les mains.1

J'attends des nouvelles de votre santé et suis tout à vous. COLBERT.

IV.

~672, 30 septembre. Versailles. Seignelay à .Desciouzeaux. !t faut

travailler à la corderie, aux ancres, à là construction, ne donner qu'un mois de solde et faire les préparatifs nécessaires pour le désarmement de l'escadre de d'Estrées. D'Aplemont est en retard. Idem, p. ~o. J'ay esté bien aise d'apprendre, par vostre lettre du 22 de ce mois, que vous faites travailler avec diligence à la corderie, et qu'il y aura un bon nombre de cables commis, estuvez et goldronnez à la fin d'octobre.

1. On voit que le roi usait de l'expédient reproché aux capitaines, qui rétardaient le plus possible le paiement de leurs matelots. Et cependant M. de 'La Guette avait écrit à Colbert a H ne faut plus penser qu'a bien régler les paiements pour l'année prochaine, afin de rétablir en même temps la bonne foi qui est WM j~M faible dans la marine. (1" août 1662.)

2. Il renouvelle dans les passages que nous supprimons les recommandations qu'il a faites dans celles du 23 septembre au sujet des câbles, et celles, qui, d'après la lettre précédente, avaient été faites par Colbert de Terron pour l'armement des vaisseaux l'Orgueilleux, le Fortuné, et l'Apollon. ''7


H faut que vous travailliez avec le mesme soin à faire bien battre et souder les ancres qui seront forgez à Rochefort < et comme il y en a eu cette année plusieurs de rompus, examinez si le nombre qui est à présent dans les magazins et celui qui pourra estre forgé pendant le reste de l'année, et ce qui proviendra du désarmement, sera suffisant et des grosseurs nécessaires pour l'armement des vaisseaux, dont ta liste vous a esté envoyée, et pour en avoir toujours une bonne provision dans l'arsenal. Envoyez-moi tous les quinze jours le mémoire des marchandises qui auront été fournies dans les magazins en exécutions des marchés faits par M. de Terron, 'et ne manquez pas d'exciter les marchands à achever les fournitures auxquelles ils sont obligez.

Le roy a esté surpris d'apprendre que le sieur Dumé d'Aplemont ne soit pas encore partyavec les vaisseaux qu'il commande ne manquez pas de le presser autant que vous

1. Sur la fonderie, on peut consulter le P. Théodore de Blois; les lettres de Colbert déjà puMiées et )c livre de M. Gougeard, La marine de guerre, p. 368 et suivantes. D'après un ordre du 10 avril 1669 (p. 115, loc. cit.,) Rochefort devait fournir des ancres pour Brest. I) paraît, d'après une lettre que nous publions plus loin, que les ancres qui s'étaient brisées, ne prove-naient point de Rochefort, mais des fonderies dirigées en Dauphiné par Dalliez de La Tour à qui Colbert fit des reproches à ce sujet, le 12 octobre 1672.

2. Dumé d'Aplemont, c'est ainsi qu'il signait, né au Havre, capitaine en 1627, chef d'escadre en 1643, remis capitaine, comme cela se faisait assez souvent (JAL, Du Quesne, I, 310) en 1661, mort en février 1673. II y avait plusieurs Dumé, ou Dumée, ou du Me, ou Dumetz d'Aplemont, trois frères et le fils. de l'un d'eux. (JAL, Du Quesne, I, 68, 170, 392, 400, 504, 505, 537, 588; H, 18; CLÉMENT, Lettres de Colbert, HI, 1m partie, l''s section,?. 251 TROC'DE ET LEVOT, Batailles navales de la France, I, 107.) Je pense, contrairement à l'opinion des biographes, que Dume d'Ap)emont, nommé capitaine de vaisseau en même temps que La Roche Saint-André et un peu avant Gabaret et Forant, est le fils du capitaine de vaisseau de 1626, du chef d'escadre de 1643, que l'on appelle quelquefois Du Me ou Duméd'Aptemont, mais jamais d'Aptemont. Du Quesne, qui loue d'Aplemont en 1662, l'appelle Ap)emont, fils de Du Me. » (JAL, Du Quesne, 274, 275.)


pourrez et d'examiner les raisons de son retardement afin que.j'en puisse rendre compte à sa majesté. 1

Vous avez bien fait de faire fournir un demy-mois de solde aux deux cents matelots venus de Provence. M. le vice-admiral doit partir dans peu de la Tamise pour venir désarmer ainsi il n'y a point de temps à perdre pour préparer les magazins de chaque vaisseau, et les bas- tirnents et machines nécessaires pour leur désarmement. Il "1 a été remis par le dernier ordinaire la somme de cent mil livres à compte du désarmement desdits vaisseaux; sur quoi vous observez que, comme l'intention du roy est de ne faire payer qu'un mois de solde aux équipages et de remettre jusqu'à noël à leur faire payer le surplus, vous ne devez point leur faire connaître qu'ilz ne seront payez de ce qui leur sera deub de reste qu'en ce temps-la. Mais vous pourriez en leur faisant payer ce mois les remettre pour le surplus au retour de M. de Terron.

SEIGNELAY.

V.

1672, 3 octobre. Colbert à Desclouzeaux. H faut préparer le désarmement de l'escadre. Idem, p. 34.

Je vous donne advis que l'escadre des vaisseaux a quitté la flotte d'Angleterre et qu'elle est sortie de la Tamise pour

1. D'Aplemont avait reçu le 26 juillet, l'ordre de partir pour les îles d'Amérique il devait monter le Belliqueux et commanda l'Ecueil. Impatienté de sa lenteur, Colbert de Terron écrivait, le 24 août « Si cet homme avait de l'esprit, il serait bon procureur; mais pour homme de guerre il tte le sera -jamais. » (JAL, Du Quesne, Il, 94). « Il arrive trop souvent des inconvénients dans le port de Rochefort sur le fait des retardements des vaisseaux et particulièrement des eaux des îles d'Amérique, et ces retardements degoûtem. fort le roy de sa marine. » (Colbert à De Muyn, 24 février -1878, ap. Jal, Glossaire, p. 1585.)


retourner dans les ports de France, en sorte qu'il faut vous tenir prest pour recevoir !es vaisseaux qui doivent désarmer à Rochefort et pour leur donner toutes les assistances qu'ils doivent attendre de vous pour leur faciliter l'entrée dans la rivière et pour leur désarmement. Ne manquez pas aussytost et à mesure qu'ils seront désarmez de les faire visiter tous par les officiers de port et par les maîtres charpentiers, calfats et masteurs, 3 et par vous-mesmes, d'en faire leur raport en forme dans le conseil de construction, 4 et aussytost de me l'envoyer, et en mesme temps de faire travailler à les remettre en estat, et de profiter avec soin'du reste de beau temps, pour achever entièrement le travail de leur radoub; et faites en sorte, ainsy que je vous l'ay escrit, que, dans le courant du mois de novembre, vous acheviez entièrement ce travail, et qu'il ne reste rien à faire aux vaisseaux qui doivent estre mis en mer l'année prochaine dans les mois de décembre et janvier. Ne manquez pas de

1. Désarmer un vaisseau, c'est lui enlever ses agrês, sa mâture, son ameublement, son artillerie, ses munitions, tout ce' qui entre dans sa cale, dans ses soutes et dans ses batteries. JAL, Glossaire, I, 5.81. 2. « Sa majesté veut que les officiers de marine s'attachent à bien visiter les vaisseaux, soit en les radoubant, soit avant de les monter. B (Co)bert 'à d'Amfreville, lettre du 7 novembre 1679, citée parJal, J)itQ!tMM~34d). 3. On avait à Rochefort de très habiles charpentiers français, particulièrement Hubac, et des charpentiers angtais, flamands, hollandais, CLÉMENT, ~)SMMK JAL, Glossaire, p. 459.

4. Le conseil de construction avait été créé le 22 mars 167L(Cf.Ja), Glossaire, p. 503, 506). se composait des )ieutenants-généraux présents au port, de l'intendant, des chefs d'escadre présents, du commissaire généra), du capitaine de port. Le contrôleur remplissait les fonctions de greffier. On pouvait y appeler. les plus anciens capitaines. En ~672, le contrôleur était Esbaupin, les commissaires, Des Clouzeaux, Girardin de Vauvré,Nicotas, Grandin, Antoine de Mauclerc et Saussigny. Grandin était embarqué sur la flotte ainsi que Pierre Arnoul, commissaire général du Ponant. Grandin fut parrain à Rochefort le 15 octobre -t673, Mauclerc te 25 mai 1672 et ie 28 octobre 675. (Registre des baptêmes, 1670-1675).

5. Le roi, disait Beaufort en 1663, veut que les navires qui doivent ser-


me~ donner advis par tous les ordinaires de tout ce qui se passera.

Continuez à faire filer et commettre des cables et autres cordages, et à faire travailler la forge aux ancres, et informez vous soigneusement de tous les deffauts que l'on y a trouvé pendant la campagne pour y remédier.

Envoyez-moi aussy des tables des inventaires des désarmemens, en sorte que je puisse connoistre l'estat auquel les vaisseaux ont esté mis en mer, celuy auquel ils seront à leur retour, et leurs consommations. 1

Si le sieur Arnoul vient à Rochefort, il pourra vous aider dans votre travail.

COLBERT.

VI.

~678, 3 octobre. Versailles. Colbert à Desclouzeaux. H faudra visiter les vaisseaux qui doivent être armés de nouveau. Idem, p. 232. Vous trouverez ci joint un extrait de l'estat d'armement des vaisseaux que te roy a résolu de faire armer au port de Rochefort pour servir la campagne prochaine. Ne manquez

vir la prochaine campagne soient prêts au commencement de janvier. On finit par les tenir prêts dès le mois de novembre.

1. Colbert écrivait en avril 1670 à Matharel, intendant à Toulon, de se rendre à bord du commandant aussitôt le retour des vaisseaux, de faire rendre leurs comptes aux commissaires, de faire dresser l'état des consommations et de parapher les registres des écrivains (Tome !H, 1~ partie, 1''° section, p. 227).

2. Pierre Arnoul, sieur de Vaucresson élevé avec Seignelay, il fut envoyé en mission à Venise, en Angleterre, en Hollande il était sur l'escadre en qualité de commissaire général; il fut ensuite intendant des galères à Marseille, intendant à Toulon, révoqué de ces fonctions, il fut replacé à l'île de Ré, puis à Rochefort, où il se distingua par ses rigueurs contre les protestants, et où il fut remplacé, en septembre 1688, par Miche! Bégon.


pas, aussytost que M. lé vice-amiral 1 y sera arrivé, de luy faire voir cet extrait et de l'accompagner dans la visite qu'il fera des dits vaisseaux, et ensuite de m'envoyer l'advis du conseil de constructions sur l'estat auquel ils sont. En cas que ledit sieur vice-admiral ne vinst pas désarmer à Rochefort, vous visiterez et examinerez avec les plus anciens capitaines, les dits vaisseaux, et m'envoyerez promptement votre advis sur le tout.

Voicy un pacquet pour le dit sieur vice-admirai, que vous luy rendrez à son arrivée à Rochefort.

COLBERT.

VII.

467~, 3 octobre. VersaiHef=. Colbert à Desclouzeaux. Il faudra envoyer l'état des équipages et des vivres de l'escadre. Idem, p. 27. Ne manquez pas, aussitost qu'ils (les vaisseaux du comte d'Estrées) seront arrivez, de travailler, avec les autres commissaires de marine qui seront audit port, à faire des reveues. exactes de leurs équipages~ et de me les envoyer

1. Jean, comte d'Estrées, premier baron du Boulonnais, né en 1624, mort le 19 mai 1707, chevalier des ordres du roi (1688), maréchal (26 mars 1681), duc et pair de France, vice-roi de l'Amérique, gouverneur de Bretagne, marié en 1658 à Marie-Marguerite Morin, morte en 1714. Il avait été fait vice-amiral du Ponant, le 12 novembre 1669. La dignité de viceamiral du Levant, que demanda en vain Du Qùesne, ne fut* créée qu'en 1689 en faveur du comte de Tourville, plus tard maréchal. (0. Ja], Glossaire, vice-amiral).

2. Une instruction pour les commissaires datée du 26 novembre 1669, qui en développe une autre datée du 16 avril, leur ordonne de « faire un rôle exact et signalé de tous lesdits .ofncicrs, matelots et soldats, en marquant leurs nom, âge, pays, taille, poil, marques extérieures et apparentes, soit à la taille, soit au visage. Toutes les fois que les vaisseaux aborderont en quelque lieu où il y aura un intendant, un commissaire général ou particulier qui y résideront, le commissaire (de t'armée) leur fera voir les rotes du signal, et ensuite lesdits intendant, commissaire général ou particulier résident feront la revue en présence de l'autre. » (Lettres de Colbert, t. IIL, 1' partie, I''e section, p. 193-194.) L'instruction du 15 avril avait ordonné d'envoyer l'extrait de ces revues.


àussitost, ensemble les extraits dés consommations et les estats des vivres qui resteront sur chaque vaisseau, me remettant au surplus aux lettres que je vous ay cy devant écrites.

COLBERT.

VIII.

4672, 8 octobre. Versailles. Seignelay à Desclouzeaux. Le roi conservera t'hiver 1200 soldats des équipages de l'escadre. Idem, p. 33. Le roy estimant nécessaire au bien de son service d'entretenir pendant cet hiver le nombre de douze cents soldats des équipages des vaisseaux qui doivent désarmer à Rochefort, sa majesté a. ordonné à M. le marquis de Louvois 2' d'envoyer les ordres nécessaires pour les faire mettre en quartier d'hyver dans les villes et lieux voisins de Rochefort et comme il importe que des officiers de marine en prennent soin, je vous ferai sçavoir par les premiers ordinaires le nom des douze lieutenants que sa majesté aura choisis pour cet effet, lesquels seront payez comme officiers d'infanterie par

1. Il n'y avait point d'infanterie de marine; ce fut une des créations de Colbert. On embarquait des compagnies d'infanterie (JAL, DMQ!<MtM,I,313 Général SusANE,~M<o~e de it'tM/~e~e /'rM~<!tM,1876, M, 195, 323, 429 GOUGEARD, La marine de guerre, p. 403 et suivantes.) On peut consulter le Mémoire sur les soldats des CfïtMeaw~ du Levant dans les Lettres, instructions et mémoires publiés par M. C!ément(t. III, 1''° partie, 1re section, p. 486), et les règlements des 10 mars 1686, et des 16 décembre 1690. En 1682, Seignelay écrivait à Demuyn e I) faut avoir un corps de soldats toujours prêts à servir, afin d'éviter l'inconvénient des nouvelles levées, et avoir des gens accoutumés à la mer et reconnus braves et capables de servir. » (JAL, Du Quesne, M.)

2. François (dit Michel) Le Tellier, marquis de Louvois, né à Paris le 18 janvier 1641, marié le 19 mars 1662 à Anne de Souvré (en présence de l'évêque de La Rochelle, Henri-Marie de Laval-Boisdauphin), mort le 16 juillet 1691, ministre d'état (1677), chancelier des ordres, etc. Louvois succéda, en 1677, comme secrétaire d'état de la guerre à son père Michel Le Tellier, élevé à la dignité de chancelier (1603-1685.)


les mains du trésorier de l'extraordinaire de la guerre, t et ce qu'ils en recevront leur sera desduits sur leurs appointements de lieutenans de vaisseaux. Cependant conservez soigneusement les soldats des vaisseaux qui arriveront au dit port afin d'en retenir les meilleurs, aussitost que les dits officiers auront été choisis.

SEIGNELAY.

IX.

'f(f7.8, 8 octobre. A bord du Sans-Pareil, à la radede Wight. D'Estivalle à Colbert. -Mss. C~t~m~M~, ~79,(M,ZKMtO<A~!MM<:M<Mta~. J'avois fait construire un vaisseau pour aller en course. Mais le peu d'occasion qu'if y a eu depuis a fait qu'il n'a point esté employé, si n'est une campagne contre ceux de Salé. Depuis ce temps là, il est demeuré inutile dans la rivière de Rochefort où il dépérit tous les jours.

C'est pourquoi j'ose espérer, monseigneur, que dans cette occasion de guerre avec les Hollandais, vous me permettrez de l'armer pour aller cet hiver contre eux. Lorsque mon vaisseau fut armé contre ceux de Salé, le roi me fit la grâce de me prêter 10 pièces de canon de fer et des futailles pour mettre mon eau. Je vous supplie humblement, monseigneur, de vouloir me procurer la même grâce. Je serois sans faute de retour à Rochefort au mois de février prochain pour y monter le vaisseau qu'il vous plaira de me destiner. H. DESTIVALLE. 2

1. M. de Turmenyes qui mérita et obtint la confiance de Louvois. Le volume des Dépêches de 1689 contient plusieurs extraits du « bordereau des fonds envoyés par le sieur de Turmenyes. e Le trésorier de l'extraordinaire des guerres était à la première classe de la capitation (2000) avec le Dauphin, les princes du sang et les ministres.

2. Henri d'Estival ou d'Estivalle, capitaine de vaisseau en 1671; né à Saintes. (Lettres de Colbert, t. 111, 1''° partie, -Ir" section, p. 313.)


X.

1672, 10 octobre. Versailles. Seignelay à Desclouzeaux. Recommandations nouvelles pour le désarmenient de l'escadre et le radoub des vaisseaux. -Dépêches de la cour, p. 57 -4

Pour réponse à vos lettres du 29 septembre et du 3 du présent mois, le roy ayant receu des nouvelles certaines du passage de ses vaisseaux au Havre et le vent qui a tourné au nord faisant croire qu'ilz auront pu continuer leur navigation, sa majesté ne doute point que ceux qui doivent désarmer à Rochefort n'y arrivent dans peu de jours. J'ay esté bien aise d'apprendre par vostre lettre du 3e que les magazins particuliers, gabarres, chattes ? et autres bastimens nécessaires pour le désarmement sont prests. Al'égard'des ancres, il est bon que ceux qui sont esté cassez cette campagne ne soient pas trouvez avoir esté forgez à Rochefbrt.~ Mais cela ne vous doit pas empeschcr de les souder et battre encore mieux que par le passé. Continuez à faire travailler à la construction des vaisseaux l'Orgueilleux, le Fo~MMë et l'Apollon. A l'esgard des ornemens à faire aux dits vaisseaux, je vous feray sçavoir la volonté du roy sur cet article, aussitost que sa majesté m'aura dit ses intentions. 4

1. Chaque vaisseau a d'ordinaire sur le quai d'un.port son magasin particulier où, quand il désarme, sont déposés son gréément et son artillerie. (JAL, Glossaire, p. 952.) Les gabarres sont des bâtiments de transport servant d'allèges pour le chargement et le déchargement des navires on en voit une figure dans l'ouvrage de Guéroutt du Pas, Les ~t~f~M &~<tHt~~ mer océane: En 1678, Guillet les appelait des « barques rondes de hanche et d'épaules, rases et appareillées à deux mâts, » (ibid., 462.) Les chattes sont de petits bateaux de transport ayant un gouvernail à chaque bout, un gréement et une voilure dont la pondération soit telle que tout soit devant comme derrière et que le navire louvoie sans changer de côté. JAL, Archéo~M navale, 124.

2. I) renouvelle toutes les recommandations déjà faites.

3. Voir plus haut, lettre du 30 septembre i672, page 257.

4. Voir plus bas.


Mais vous devez toujours compter qu'il ne faut point faire de galleries, mais seulement se contenter de faire des bouteilles aux costez.

Taschez de trouver un bon doreur dans les villes des environs de Rochefort et en cas que vous n'en trouviez point après avoir fait vos diligences pour cela, je vous en envoyeray un de Paris. A l'égard du. serrurier que vous demandez, vous pourez facilement en trouver à Xaintes, à La Rochelle ou dans quelque autre ville. Appliquez vous aussy au radoub de l'Aymable. A l'égard du Saint-Louis, puisque celuy qui est à luy faire seroit long et difficile, sa majesté ne se servira point de ce vaisseau pour la campagne prochaine, afin que l'on puisse y travailler au commencement du printemps. J'examineray avec M. de Terron la proposition que vous faites d'entretenir un nombre d'officiers mariniers et matelots sur chaque vaisseau pour travailler aux

1. Les galeries sont des balcons à la poupe, entourés d'une balustrade, ayant peu de saillie, faites pour la promenade elles faisaient le tour de l'arrière et s'étendaient sur les côtés. En i673,onles supprima comme inutiles et gênantes dans les vaisseaux de moins de 50 pièces. Les bouteilles étaient de petites galeries n'ayant que deux pieds ou deux pieds et demi de large, et situées des deux côtés de la poupe. (JAL, Glossaire, 179, 328, 755, 756, 1334; Du Quesne, i,229, 230 14, 15 Lettres de Colbert, III, Ire partie, ire section, 403.) « On y fait divers ornements de sculpture; on met des termes et d'autres figures sur les montants, et sur le haut on fait de petites tours, des culs-de-lampe, etc. t) y a diverses figures, des cimaises, etc, selon l'imagination de l'ouvrier. )i AuB[N, Dictionnaire de marine, p. 449. 2. Au XVIe et au XVIIe siècles, un vaisseau et surtout une galère était souvent un véritable bijou. (Cf. JAL, Glossaire, et Archéologie tMM! passim P. LACROIX, Vie militaire et religieuse au moyen âge et à l'époque de f~aMMMCc.) On en voit de très beaux modèles au musée du Louvre. Colbert était économe, et il s? querellait souvent avec Puget; en 1671, il défendit de faire < de grandes figures » aux vaisseaux. Cependant il regardait parfois ce luxe comme utile pour a marquer la magnificence du roy. » 3. L'Aimable, autrefois le Saint-Louis, construit en 1656. « C'est )e phénix de nos vaisseaux, écrivait Trubert en 1662 il va mieùx queles frégates. » Mais il fut fort maltraité en 1662 et en 1668. Il existait encore en 1677.


carennes et garnitures et servir de gardiens, et je vous feray sçavoir ensuite l'intention du roy sur ce sujet. Vous trouverez cy joint la liste des officiers que le roy a choisy pour commander le vaisseau le Tigre ne manquez pas de rendre à M. de Langer on 1 la lettre du roy que vous trouverez cy jointe. Travaillez sans perte de temps à la levée du nombre de matelots et soldats nécessaires pour former son équipage, et faites en sorte qu'il puisse estre promptement mis en mer.

Je donneray ordre au trésorier de remettre trois mois de solde pour son équipage.

A l'esgard des vivres je croy que ce qui restera sur les vaisseaux qui doivent désarmer à Rochefort suffira pour les cinq mois qu'il. faudra donner audit vaisseau. Mais au cas qu'il falust y supléer d'ailleurs, je donneray ordre au sieur Baugier 3 de fournir le reste de ce qui sera nécesaire. SEIGNELAY.

i. Joseph Andrault, marquis de Langeron, né en 1649, enseigne de vaisseau en 1670, capitaine en 1671, chef d'escadre en 1689, lieutenant général en 1697 mort à Sceaux en 1711, commandeur de l'ordre de Saint-Louis en 1707. avait beaucoup de hauteur et traitait Du Quesne d'homme de rien. On l'accusait de s'adonner au vin. I) assista à dix-sept batailles, et Seignelay disait de lui en 1673 « C'est un garçon qui a envie de faire et qui a beaucoup de valeur. » Cependant M. de Combes l'accusait en 1701 d'être « un vrai malhonnête homme et capable de toute méchanceté; et malin subtile » et il ajoutait « Il est presque impossible qu'un homme qui a été obligé de se justifier tant de fois puisse valoir quelque chose. » 2. Sur le service des vivres, voir BRUN, G~ft'M maritimes de la France, port de Toulon, t. !< p. 42.

3. Edme-Antoine Baugier, intéressé aux fermes, et que le Livre commode des adresses de A. du Pradel nous montre fermier général en 1692.


XI

1672, ~2 octobre. Saint-Germain. Colbert à Desclouzeaux. Le retard de d'ApIemont est prodigieux. NouveHes recommandations au sujet du désarmement. Idem, y. 45.

Pour réponse à vostre lettre du 7 de ce mois, la longueur du départ du sieur d'Apremont est prodigieuse, veu qu'il devait partir dès le mois de juin et qu'il ne l'est pas au 15 d'octobre. Si par malheur il estoit encore en rade lors de l'arrivée de cet ordinaire, il faut faire l'impossible pour le faire appareiller. 1

J'ai vu l'estat des ancres qui sont à présent à Rochefort. A l'esgard des charpentiers et autres ouvriers nécessaires pour fortifier les atteliers de Rochefort, il faut que vous taschiez de vous en pourvoir à La Rochelle et dans les autres villes maritimes sans vous attendre à ceux de Bretagne. 2

Au surplus je me remets à mes précédentes. 3 COLBERT.

XII.

/672, 14 octobre. Saint-Germain-en-Laye. Colbert à Desclouzeaux. Faire remettre en mer le Prince, le Sage et l'Aquilon. Idem, p. 47.

Vous trouverez ci joint une lettre du roy par laquelle sa majesté vous ordonne de faire promptement fournir aux vaisseaux le Prince, le Sage et l'Aquilon 4 trois mois de

1. « C'est le défaut ie plus considérable de la marine. » (Lettres de Colbert, t. !H, fe partie, -fe section, p. 376, 20 juin 1671.)

2. Ceux de Bretagne étaient envoyés par Chertemps de Seuil, intendant à Brest, cousin de Colbert, issu d'une famille saintongeaise, et par Sacchi-Séjourné, commissaire à Nantes.

3. H recommande de nouveau d'achever la construction des trois vaisseaux déjà nommés plusieurs fois et le radoub de l'Aimable. Le Prince, construit en 1672, le Sage, construit eh 1669, f'M~OM,


vivres et tout ce dont ils pourront avoir besoin pour se remettre en mer, et comme il est important pour le service du roy qu'ils partent promptement, je vous recommande de faire la plus grande diligence que vous pourrez pour leur envoyer en rade les vivres et les agrez qui leur seront nécessaires. 1

En cas que le commis du munitionnaire vous demande quelque assistance pour les achats qu'il seroit obligé de faire, vous pourrez lui faire donner jusques à 6 ou 8000 livres sur les cent mille livres qui ont esté remis depuis peu par le trésorier à son commis à Rochefort, et même faire payer un mois de solde à leur équipage, et deux ou trois mois de table aux capitaines en cas qu'ils 'le demandent. COLBERT.

XIII.

4672, 14 octobre, Saint-Gernfain-en-Laye. Le roi à Desdbuzeaux. Que Desclouzeaux donne aux vaisseaux le .Prince, le Sage et l'Aquilon, qui vont aller avec le marquis d'AmfreviIIe à la barrière de Cadix, tout ce qui leur sera nécessaire. Idem, p. 51.

Commissaire Desclouzeaux, je veux remettre en mer trois des vaisseaux de l'escadre -qui a esté commandée par le sieur vice-admiral sçavoir le Prince, le Sage et l'Aquilon, sous le commandement du sieur] marquis d'Amfreville 3

construit en 1666, prirent plus tard tes noms de le jBfM~, te Rochefort, le r~M~M~. (Le Sans-Pareil prit alors le nom du 'PWMc~ Ils étaient commandés parte marquis d'Amfrevitte, le chevalier de Tourville, le chevalier d'Hailly. (TROUDE et LEVOT, Op. Cit., 1,124; JAL, Du QttesMe, lI, 65, 94 BRUN, op. cit., t, 75, 85.)

1. Voir les lettres suivantes.

2. Voir le règlement du 2 octobre 1672. Histoire de la marine, 1758, III, 171.

3. Né à Honfleur, enseigne de vaisseau en 1665, capitaine en 1666, chef d'escadre du Languedoc en 1675, lieutenant-général en 1688, mort le 2 novembre 1692. tt était neveu du maréchal de Bellefonds. U signait Anfrevitte. JAL, Du CtfM<K', 11, 227.


c'est pourquoy je vous escris ces lignes pour vous dire que je veux que ces trois vaisseaux demeurent à la rade des Trousses, que vous les alliez visiter aussitost qu'ils y seront arrivez, et que vous leur fassiez fournir tout ce dont ils pourront avoir besoin pour se remettre en mer et y demeurer pendant les mois de novembre, décembre et janvier prochains. 1

A l'égard des vivres pour ces trois mois, vous donnerez au .commis du munitionnaire qui sert en mon arsenal de Rochefort mon ordre cy joint pour leur en faire donner. estant très important et très nécessaire au bien de mon service qu'ils partent avec toute la diligence possible afin qu'ils puissent arriver à la barre de Cadix en mesme temps. que les vaisseaux de mes sujets s'y rendront. Je ne vous feray !a présente plus longue que pour prier Dieu qu'il vons ait, commissaire Desclouzeaux, en sa sainte garde. Escrit à Saint-Germain-en-Laye, le d4 octobre d672. Signé Louis. Et plus bas COLBERT. 2

1. Châteaurenault croisait entre le cap. Saint-Vincent et le Finistère; en juin, il rejoignit le vice-amiral. Le septembre, il était avec six vaisseaux dans la Tamise. Les négociants de Saint-Malo s'enrayèrent de son éloignement de la barre de Cadix, et le roi d'Angleterre lui donna la permission d'y retourner. (JAL, -&? Quesne, !I, 79, 9~.) C'était le moment où arrivaient à Cadix les gabions et la flotte de la Nouve)!e-Espagne, et il fallait protéger l'arrivée de cette flotte et les mouvements des marchands français qui venaient charger ce qu'elle apportait. Le 18 octobre, Colbert écrit à Châteaurenault pour lui promettre de lui expédier à Cadix une flute chargée de biscuits, vin et autres denrées il lui annonce que l'on va armer les trois vaisseaux de d'AmfreviUe, et que les armateurs de Saint-Mato vont en envoyer cinq. (Lettres de Colbert, III, 1" partie, -fs section~ 471.) Le 19, Louis XIV annonce à d'Estrées que Châteaurenault va aUer avec cinq vaisseaux Cadix, où les Hollandais ont cinq vaisseaux et vont en envoyer cinq autres; Valbelle partira de Brest avec trois vaisseaux, et d'Amfreville de Mochefort; D'Estrées doit aller les rejoindre au mois de novembre. (7&t~ 472.) Les vaisseaux de d'Amfreville ne partirent qu'en décembre, et le commandement de la flotte fut donné au marquis de Martel, qui ne fit, du reste, aucune action d'éclat.

2. Ce n'est pas l'original', mais une copie. Le copiste avait d'abord écrit


XIV.

4672, 16 octobre. Saint-Germain-en-Laye. -Colbert à Desclouzeaux. Tenir 'r toutes choses disposées. Le commis du trésorier a de l'argent. Ce n'est pas Langeron qui commandera le Tigre. Idem, p. 55.

J'ai receu vostre lettre du 10 de ce mois. Je croy que les vents contraires ont obligé M. le vice-admiral de se retirer dans quelqu'un des ports d'Angleterre. Vous devez toujours tenir toutes choses disposées.

Il n'y a pas d'apparence que le commis du trésorier vous ayt dit qu'il n'avait point de fonds, veu qu'outre les fonds ordinaires de chaque mois, il luy a esté encores remis par mon ordre soixante mille livres à. compte des achats, et cent mille livres à compte de désarmement, en sorte qu'il doit avoir du fond tant pour les achats que pour faire travailler la corderie et la forge aux ancres. C'est à quoy il faut ne pas perdre un seul moment de temps.

Je donne ordre au trésorier de remettre encore trente mil livres pour employer en achats de marchandises. Je luy donne ordre pareillement de remettre trois mois de solde pour l'armement du vaisseau le Tigre. Vous trouvez cy joint une lettre du roy au sieur de La Clocheterie 1 pour monter ledit vaisseau, avec la liste des officiers.

« Louis, et plus bas Phelypeaux; )) a remplacé ce dernier mot par celui de Colbert cette copie a donc été faite sous le ministère de l'un des Ponchartrain (1690-1715) ou après. Ce sont probablement ceux qu'a classés Lafntard, qui. d'après le Dictionnaire de Jal, fut commis principal en 1721, commissaire ordinaire en 1722, contrôleur à Rochefort de 1729 17AO. 1. Louis Chadeau de La,Clocheterie, capitaine d'une frégate légère en 1666, capitaine de vaisseau en 1671, mort à La-Clocheterie, commune de Ptassay, le 24 août 1696. Il avait d'abord été au service de la compagnie des


En cas que vous n'ayez point encore rendu au sieur marquis de Langeron 1 la lettre du roy pour commander ledit vaisseau, il faudra que vous la reteniez et que vous preniez garde qu'il sache qu'il ait été nommé pour monter le mesme vaisseau. 2

COLBERT.

jf67~, 80 octobre. Paris, 3 Seignelay à Desclouzeaux. Que Desclouzeaux donne à d'Amfreville les lettres ci-jointes et qu'it le mette en état de repartir promptement. Idem, p. 59.

Vous trouverez ci joint un pacquet contenant les ordres du roy au marquis d'Anfreville, sur ce qu'il doit faire ne manquez pas de luy rendre aussitost qu'il sera arrivé et de faire la plus grande diligence que vous pourrez pour le remettre en estat de retourner promptement à la mer. SEIGNELAY.

Indes et servit à Madagascar; en 1675 et 1676, ayant été envoyé aux îles d'Amérique, il fit, au mépris des ordonnances, le commerce du sucre et de l'indigo à son retour, il fut emprisonné à La Rochelle. Protestant, il se convertit et eut une pension de 1,000 livres. En 1672, il commandait le SaintPaul dans l'escadre de d'Estrées. L. DELAVAUD, Avenir de la CharenteInférieure, nos des 28 août, 1°'' et 4 septembre 1881.

1. Nous ne savons pas pourquoi l'on n'a pas voulu donner ce commandement à Langeron. II est probable que les inimitiés qu'il s'attira par son caractère orgueilleux et qui le poursuivirent toute sa vie~Voirptus haut), triomphaient en ce moment près de Colbert ou près du roi. Cependant il y aurait eu de l'injustice à accuser son courage.

2. Dans les passages supprimés de cette lettre, Colbert recommande de faire travailler vite et bien à la confection des ancres et des càbles, de pré.parer les vivres du Prince, du Sage et de l'Aquilon, -et de chercher des .charpentiers.

3. Seignetay était à Paris; mais Colbert était à~Saint-Germam avec !e roi.


XVI.

~672, 24 o~o~.Saint-Germain-en-Laye.–CotbertaDesctouzeaux. Faire partir )e' 7't~~ le plus t6t possible, préparer ce qui est nécessaire à l'escadre de d'Amfrevitte le roi veut faire garder t'entrée de la rivière de Bordeaux. Idem,p. 64.

Pour réponse à vostre lettre du 13 de ce mois, je vous recommande toujours de préparer toutes choses, pour l'exécution des ordres que je vous ay cy devant donnez. Il faut que vous-fassiez en sorte de trouver aux environs de Rochefort le nombre de charpentiers nécessaires. M. de Terron estant party avant hier, il pourra, estant sur les lieux, chercher les moyens d'assembler le nombre de charpentiers qui vous sont nécessaires. J'ay donné ordre au trésorier de remettre les fonds nécessaires pour deux mois de solde au vaisseau le Tigre, que M. de La Barre 1 doit monter; ne manquez pas, aussitost que le sieur de La Clocheterie sera arrivé, de luy remettre ledit vaisseau et de le presser de partir; et en cas qu'il soit en estat, avant'd'avoir reçu des nouvelles dudit sieur de la Barre, il faut qu'il s'en aille l'attendre sur la coste de Biscaye, entre la Corogne et Bilbao. Il suffira de quatre mois de vivres, et vous trouverez l'ordre-cy joint au sieur Baugier pour les fournir. A l'esgard des trois vaisseaux qui doivent aller à Cadix,

t. Antoine Lefebvre de La Barre, maître des requêtes, intendant de Paris, conseiller d'état, fut nommé, en 1663, gouverneur du Canada, capitaine de vaisseau en 1671. On donnait alors une galère ou un vaisseau comme on aurait donné un bénéfice (JAL, Dictionnaire, 28, 1117 Du Quesne, I, 132) mais il était plus rare de voir des magistrats les monter et les commander. La Barre avait commandé, dès 1667, quatorze vaisseaux pour la compagnie des Indes Orientales; en 1682, il fut gouverneur du Canada, en 1687 gouverneur de Cayenne il mourut le 3 septembre 1690. (JAL, Dtt Quesne; TuounE et LEVOT, CLÉMENT, passim; CRAfNCOURT, Les hommes illustres de la marine, 1780, p. 21, 58).

18


j'ay donné pareillement l'ordre de remettre les fonds pour deux mois de solde. Pressez ledit Baugier de préparer les quatre mois de vivres qu'il doit fournir. Pressez-le aussi de faire charger une flute 1 de biscuits, vin et autres denrées pour l'envoyer à Cadix pour les vivres de l'escadre du chevalier de Chasteaurenault, qui n'a pu en prendre que pour deux mois au Hâvre, et faites partir cette flute avec les vais-seaux commandez par ledit sieur marquis d'Amfreville. Le roy a résolu de faire garder l'entrée de la Mvière de Bordeaux, afin d'empescher les courses que pourroient y faire les corsaires hollandais et zélandais qui sont à présent à la coste de Biscaye. Il a esté donné ordre au sieur La Borde, commandant la frégate la de venir aux rades de La Rochelle, l'intention de sa majesté estant de luy donner le commandement du brulot 3 le Serpent et de faire monter ladite frégate~ 4 par le capitaine Serpaut 5 pour aller ensemble garder l'entrée de la rivière; ne manquez pas,'aussitost que l'escadre sera arrivée, de fortifier l'équipage du dit brulot le Serpent, que sa majesté désire estre armé en guerre et de faire fournir ausdits deux bastimens pour trois ou quatre mois de vivres, et de rendre audit capitaine La Borde les ordres que vous trouverez cy-joints.

't. Flute, navire de charge à fond plat, large, gros et lourd, dont la poupe est ronde.

2. Capitaine fort entendu, disait Colbert en 1673 (JAL, Du Quesne, H, -H5). En 1673, i) commanda le Brillant.

3. Bàtiment d'une forme particulière où l'on prépare des compositions qui doivent faire leur effet sur un vaisseau ennemi. JAL, Glossaire, 3'i8. 4. Le rang fut longtemps disputé entre les capitaines de brûtots et les lieutenants de vaisseaux auxquels la préséance fut accordée en 1679. Les capitaines de brûlots commandaient aux lieutenants de frégate.

5. Voir son é)oge dans une lettre de Colbert de Terron (de 1675), citée par Jal, 7)M Quesne, H, 245.


Ne manquez pas de faire ranger dans la rivière les vaisseaux qui doivent estre armez.

COLBERT.

Les ordres mentionnés en cette lettre seront envoyés l'ordinaire prochain. 1

XVII.

~67~, 24 octobre. Saint-Germain. Seignelay a Desclouzeaux. Que Desclouzeaux fasse le désarmement avec ordre et diligence et qu'il fortifie les ateliers le plus possible. Idem, p. 67.

J'ai receu vostre lettre du 17e de ce mois. Le vent estant devenu favorable, il y a apparence que tous les vaisseaux de l'armée navale équipez à Rochefort y seront arrivez à présent.

Je suis bien aise que vous ayez fait descendre au. bas de là rivière le nombre de chattes, gabarres et autres bastiments nécessaires pour décharger l'artillerie, les poudres et munitions des vaisseaux. Prenez bien garde que leur désarmement soit fait avec ordre et diligence. Je suis bien aise de la bonne opinion qu'on a de rO~'M<e!M<?. Il faut observer à l'avenir de les tenir tousjours eslongez de l'avant. 3 A présent il est nécessaire que vous appliquiez à fortifier les ateliers le plus que vous pourrez, en faisant venir des charpentiers de tous les endroits d'où vous pourrez en tirer.

SEIGNELAY.

1. Le post-scriptum est de la main de Colbert.

2. Il recommande de nouveau de hâter la construction des vaisseaux et l'armement du Tigre, de préparer la flute, de donner au Tigre huit mois de vivre, de chercher des serruriers et d'envoyer des états des marchandises. 3.. Cf. JAL, Du Qtt~Me, J, 490; et .Le~M <~ Colbert, 5 mai 1670.


XVIII.

-f672, 24 octobre. Saint-Germain. Seignelay à Desclouzeaux. ~M,F.7~.

Je ne doute pas que M. de Terron ne soit arrivé lorsque vous recevrez cette lettre. Ne manquez pas de luy rendre un compte exact de tout ce qui s'est passé au port de Rochefort pendant son absence~

SEI&NELAY.~ 2

1. Il recommande de ne rien négliger pour le désarmement des vaisseaux, d'envoyer les états, de donner des vivres à d'Amfreville et de faire partir le Tigre.

2. En 't672, le duc de Navailles leva six compagnies de milices dans le gouvernement de l'Aunis (THÉODORE DE BLOts, p. 279). Le 26 octobre, Colbert écrirait à M. de Terron de lui envoyer la liste des vaisseaux récemment construits le roi voulait donner des gratifications aux constructeurs pour « convier tous ses sujets à s'appliquer au commerce maritime. » (DEpptNG, Correspondance administrative, t. 111, p. 399.) Le 17 novembre, M. de Terron écrit « La Favolière réduit le point de la carte faite pour en faire une nouvelle à laquelle il veut joindre Ré et Oleron. On pourroit lui faire suivre, au mois de mars, cette côte de Fontarabie à Belle-Isle. » I) lui reproche de beaucoup dépenser (Ibid., t. IV, p. 593). Le 3 novembre, il écrit « II ne se peut pas voir un meilleur ouvrage que celluy qui s'est fait dans nostre corderie depuis trois ou quatre mois. On s'est appliqué particulièrement à faire des câbles. Il n'en est point rompu par la faute du fil; cela n'empesche point qu'on ne l'ayt fait de meilleur qualité que les années précédentes. Pour ce qui est des ancres, on est convenu que tous les défauts se trouvent dans les ancres d'Allemagne » (Ibid., p. 730). Le 5 décembre, il parle de la désertion des soldats, dont le service est dur et le paiement médiocre (Ibid., p. 731). Le 15 décembre, il accuse réception du mémoire de Vauvré il l'a communiqué aux capitaines les plus habiles et les plus honnêtes, comme Forant et Beaulieu ils sont d'avis que, même doublé de plomb, le fond d'un navire se charge d'ordure, de mousse, de coquillages. Ils vont examiner le mémoire sur les différentes manières de bâtir en France et en Angleterre. H n'y a rien à ajouter à l'ordonnance du 3 décembre qui cherche à combattre la désertion occasionnée par le violent désir des matelots d'aller dans leurs maisons au retour d'une campagne. On travaille au radoub. Les charpen-


XIX.

1675, '<8~'Mtm. Paris. –Co)bertàCo)bertdeTerron. Remplir les magasins, préparer la pinasse qui doit aller aux Indes Orientâtes, donner des nouvelles de Montortier et d'Aplemont, fournir des vivres aux vaisseaux des Indes qui iront croiser quelque temps avec Chasteaurenault avant de partir. Idem, p. 75.

Je fais réponse à la lettre que j'ay reçue de vous par le dernier ordinaire, en datte du 5 de ce mois. Il est bien important que vous teniez une correspondance exacte avec les compagnies des Pyrénées et du Nord,' pour leur faire fournir toutes les marchandises contenues dans les estats que je leur ay envoyés, afin qu'elles puissent servir à remplacer toutes celles qui manquent dans les magazins.

J'ay envoyé à mon fils le grand, estat que vous m'avez envoyé concernant tous les remplacemens qui sont à faire, avec un mémoire de mes sentimens sur les retranchemens qui s'y peuvent faire, estant nécessaire de s'accomoder à l'estat présent des affaires du roy, qui ne permet pas que sa majesté puisse faire d'aussy grandes dépenses.~ J'ay expédié l'état duquel je vous envoyé copie, contenant les canons et fer d'ouvrages que la compagnie de. Nivernois doit,

tiers payés à la journée font moins d'ouvrage que celui avec lequel-on a conclu un marché à.forfait pour la construction d'une frégate. La corderie fournira 58 câbles il n'y a nulle part de cordage mieux filé ni mieux goudronné. MM. de Réals et Lestrille, s'ennuyant de ne rien faire, demandent )oF<Mt/Œron et l'/Mcom~m pour faire la course Le commandeur de Verdille entre dans la dépense de l'armement (Ibid., p. 731-732).

1. Voir Lettres de Colbert, t. HI, partie, ~e section, p. 26i, 308, etc. 2. < Cette fatale guerre de Hollande, qui commença le naufrage de la poiitique de Richelieu, frappa du même coup le système financier de Colbert et faussa toutes ses mesures. I) lui fut impossible de pourvoir pendant six ans aux dépenses d'une lutte armée contre t'Enropc sans se départir de l'ordre admirable qu'il avait créé, sans retourner aux expédients de ses devanciers et sans compromettre les nouveaux éléments de prospérité intérieure. » A. THIERRY, Histoire du tiers état, p. 246.


fournir et en mesme temps j'ay donné l'ordre au sieur de la Tour Dalliez, qui est à présent icy, d'y travailler sans aucune perte de temps, en sorte que c'est déjà un commencement des fournitures contenues dans votre estat.

De plus, j'ay fait payer icy trente mil livres au sieur Gallon à compte de trois cent miliers de chanvres qu'il vous fournira incessamment et en attendant que la résolution du roy soit venue, je donne ordre dès à présent au trésorier de la marine de vous remettre soixante mil livres qui seront employées, sçavoir trente mil livres pour servir à donner à compte des marchandises qui sont les plus longues à faire ou à trouver, contenus audit état que j'ay envoyé à mon fils, dont vous pouvez déjà faire les marchez, et trente mil livres à compte de l'achapt, ornement et de toutes les dépenses qui sont à faire pour l'envoy de la pinasse de 400 tonneaux ou du vaisseau le Saint-Cosme dans les Indes Orientalles.

Je vous prie de donner ordre à toutes les affaires avant vostre départ.

Je suis fort en peine du vaisseau commandé par le sieur de Montortier, comme aussy de la nouvelle que vous avez eu de la mort du sieur Dumé d'Aplemont; ne manquez pas de me faire sçavoir ce que vous apprendrez de l'une et de l'autre. Je suis bien aise que vous soyez bientost en estat de terminer l'affaire de madame de La Rochecourbon.3 Je suis en

1. Directeur de la compagnie du Levant et de la manufacture du Nivernais. II exploitait aussi les mines du Oauphiné et inspectait les fonderies de Bourgogne. (Cf. Depping, op. cit. 111, p. 715-731.) On trouve plusieurs lettres de lui dans le ms. Clairembault 877.

2. Montortier, capitaine de frégate en 1667, de vaisseau en 1689. « C'est un homme fort pesant, » dit Colbert, lettre du 2 juillet 1676, t. 111, l~ partie, 2e section, p. 22. Cf. Depping, op. cit., t. III, p. 849-850. 3. Anne de Jalesne, fille de Charles, marquis de Jalesne, et d'Eléonore de MaiOé-Brézé, mariée en 1639 a Jean-Louis de Courbon, marquis de La Rochecourbon, chevalier de Saint-Miche), conseiller d'état, premier gentilhomme


peine de n'avoir aucune nouvelle du chevalier de Chasteaurenault, je ne vous dis plus rien de son escadre, ny des des vaisseaux garde-costes, ny du temps que ceux qui doivent aller dans les isles de l'Amérique~, pourront demeurer joints audit chevalier de Chasteaurenault et ensuite partir en temps fixé, qui leur sera ordonné pour se rendre dans les isles de l'Amérique. Il est nécessaire que vous pensiez aux moyens de fournir des vivres à tous ces vaisseaux et que vous m'en envoyiez un mémoire particulier. 2

COLBERT.

XX.

4673, 12 juin. Au camp devant Maestrick. 3 Seignelay à Colbert de Terron. Punir les déserteurs, travailler à l'enrôlement des matelots, radouber r;t doubler la pinasse, envoyer à Chasteaurenault les vaisseaux de l'uscadre des Indes, envoyer des vivres à d'Aplemont et à Chasteaurenault. Idem, 79.

Pour réponse à vostre lettre du der de ce mois, il n'y a rien de plus important que de tenir soigneusement la main à l'exécution des ordres que vous avez receus pour faire punir les matelots et soldats des vaisseaux qui ont déserté. Vous avez bien fait de donner vos ordres aux commissaires

de la chambre du due d'Enghien, qui avait épousé Ctaire-Ctémence de MaitIé-Brézé.

1. Chaque année, des vaisseaux partaient pour les iles d'Amérique. Nos colonies n'auraient pu vivre sans les secours incessants quileur venaient de France.

2. Voir lettres de Colbert à d'Atméras, l<=r juillet t673. « Les Hollandais feront tous leurs efforts et se serviront de toute leur industrie pour pouvoir envoyer à Cadix leurs marchandises pour en charger les galions. » Cf. aussi Lettres de Colbert, IH, t'-° partie, 497-498 2e partie, 128. 3. Le roi avait réuni 30,000 hommes à Courtray le 15 mai 1673, et était allé mettre le siège devant Maestricht, qui capitula le 29 juin. (Cf. Af~cwT's galant, t. VI, p. 37-38. (EM~M de Corneille, édition de M. Marty-Laveaux, t. X, p. 285).


de marine qui restent à Rochefort de travailler pendant le cour de cet esté à l'enrôlement des matelots.l Il faut que le sieur Verneuil y travaille dans son département, le sieur Desclouzeaux dans l'Aulnis et le sieur de Mauclerc dans les départemens les plus esloignez et comme les ordres du roy aux gouverneurs vous ont esté envoyez, afin qu'ils employent leur authorité pour faciliter cet enrollement, vous devez les presser et les exciter à faire leur devoir en cette rencontre, et surtout prendre garde qu'ils ne fassent exempter aucun matelot de servir sur les vaisseaux de sa majesté. Il me semble qu'il est bien difficile qu'un vaisseau du port de celuy de la compagnie d'Orient ne puisse embarquer que trente soldats. Je vous prie de presser le sieur Godefroy d'en faire embarquer s'il est possible, jusques au nombre de cinquante qui doivent estre embarquez sur l'oucre commandé par le sieur de Beauregard.~ Il faut faire travailler incessamment à radouber et doubler 4 la pinasse 5 que vous avez choisie pour faire le voyage des Indes Orientales. Je vous prie de m'envoyer un estat de la dépense à quoy montèrent son armement, et je ne manqueray pas de vous en faire remettre le fonds aussytost. Vous trouverez cy-joint un ordre du roy pour faire l'achapt de ce bastiment.

1. De Vauvré, de Saussigny, Grandin, Lombard fils étaient chargés de l'enrôlement au commencement de 1673.

2. L'oucre, ou hourque, ou hourquin, ou ouqre était un navire de transport. (JAL, Archéologie MMa~, t. L p. 129, t. If, p. 218-219). 3. Capitaine des gardes, envoyé à Ceylan en 1671 il retourna en France. en juillet 1672.

4. Couvrir la caréné d'un navire d'une robe de bordages de plomb, de zinc ou de cuivre. JAL, Glossaire, 498.

5. Pinasse, K petit vaisseau long, étroit, fort et léger, propre à faire courrir, dit~Je P. Fournier, ou descendre du monde en vue de'la côte. » C'est, d'aprés Guillet, un petit bastiment à poupe quarrée qui va à voiles et à rames, et qui porte trois màts. » Les pinasses avaient quelquefois 134 pieds de longueur et 28 pieds de largeur. JAL. Glossaire, 1175.


J'ayreceu nouvelles dés le 25mayquele vaisseau M~cion et la frégate la Friponne, destinez pour aller aux isles. d'Amérique, estoient à la rade du Havre prets à mettre à la voile pour se rendre à Rochefort. Ainsy je crois qu'ils pourront faire un tour vers les costes de Biscaye, avant de faire route vers les dites. isles. Cependant comme il se pourroit faire que les vents les retarderoient longtemps dans leur route du Havre à Rochefort et qu'insy il seroit nécessaire de les envoyer à droiture auxdites isles, vous trouverez cy joint les ordres pour l'un et l'autre de ces deux cas, que vous remetterez ès mains du sieur de Bleor, suivant ce que vous estimerez à propos.

Le vaisseau les Je<M;, destiné pour la mesme escadre, doit estre à présent party de Brest et arrivé à Bellisle, où. il doit attendre ledit vaisseau l'Alcion. Mais comme il se pourroit faire que le sieur de Bleor prist une austre route pour se rendre à Rochefort, je vous envoye les ordres pour le capitaine d'Ainblimont commandant ledit vaisseau, et il faudra que vous les envoyiez à M: de Logerie.

Les dernières lettres que j'ay reçues du sieur d'Aplemont du der février me mettent fort en peyne, me marquant qu'il n'a plus de vivres pour demeurer ausdites isles ny pour son retour et je ne sçais pas ce qui peut l'avoir obligez d'y rester au-delà de ses vivres, contre l'ordre qui lui avoit esté donné. Cependant il faut chercher les moyens de lui envoyer promptement ce secours, et voir s'il n'y auroit point de vaisseaux marchands qui partissent à présent.

Je ne doute point qu'avant vostre départ vous n'ayez donné tous les ordres nécessaires.

Vous trouverez cy joint un mémoire du munitionnaire 1

1. Claude Renart de Fuchsamberg, marquis d'Amblimont, lieutenant .de vaisseau en 1663, capitaine en 1669, chef d'escadre en 1693, gouverneur général des Mes en 1700.

2. Jacquier, lieutenant du roi au Château-Trompette à Bordeaux.


apostillé de la main de mon père. Il est nécessaire que vous fassiez promptement travailler à tous les ouvrages y contenus.

Vous sçavez que le Fort n'a pu embarquer que quatre mois de vivres et comme les autres vaisseaux de l'escadre du détroit n'ont pas non plus embarqué les sept mois de vivres, il faut penser dès à présent à faire charger sur une flute ce qui leur en manque.

SEIGNELAY.

XXI.

~673, 13 juin. Sceaux. Colbert à Colbert de Terron. Donner un acompte aux matelots qui reviennent, réparer la pinasse. –7<~M, p. 83. Je vous escris seulement ce billet pour vous dire que j'ay receu la relation du sieur de Courbasson. J'examineray ce qu'il dit des isles Dauphine et de Bourbon.

Il faut penser à ce qui sera donné aux hommes des équipages des vaisseaux qui reviennent, ce qui sera assez difficile, d'autant que vous n'avez point les comptes du commissaire. Il faudra seulement leur donner quelque chose à compte. 2

Je suis tout à vous.

COLBERT.

XXII.

1773, ~9 /!tMt. Sceaux. Colbert à Colbert de Terron. I! interrogera

Courbasson. Il faudra envoyer à li. de La Haye ce qui lui sera nécessaire. Temps que resteront les vaisseaux dans les Indes. Envoyer des brulots. On ne prendra plus les bois de Mademoiselle. .M~M, p. 87

Pour réponse à vostre lettre du 12 de ce mois, je vous ay 1. Le copiste écrit Seaux. Colbert était baron de Sceaux. Cf. Clément, Histoire de l'administration de Colbert, t. II, p. 442.

2. Il lui recommande de nouveau d'armer la pinasse et de lui communiquer les ordres qu'il aura donnés avant. son départ.


desjà fait sçavoir que vous pouviez vous servir de la pinasse de 400 tonneaux après l'avoir achetée de la compagnie du Nord. Je vous ay fait remettre trente mil livres. Faites un mémoire de ce que vous estimez nécessaire de mettre dessus surtout il faut des marchandises propres aux radoubs, agrez et armement des vaisseaux qui sont dans les Indes. Vous avez bien fait d'envoyer ici le sieur Courbasson. Je sçauray de luy ce qui sera le plus nécessaire à M. de La Haye. 1 Je crois que ce Courbasson a esté bien aise de proffiter de l'occasion pour abandonner ledit sieur de La Haye 2 et revenir en France c'est une désertion qui n'est pas bonne; mais il faut la dissimuler,et cependant envoyer audit sieur de La Haye tout ce qui sera nécessaire pour maintenir le poste de Saint-Tomé, s'il est possible. 3 Je croys qu'il ne faut prendre ni l'un ni l'autre des deux expédiens, soit de laisser trois ans les vaisseaux dans les isles ou de les faire revenir au bout de chacun an, j'estime qu'il vaut mieux en taire revenir un au bout d'un an, et y en envoyer un autre aussytost, en faire revenir un autre au bout de six mois et le troisième y sera deux ans; et en continuant cet ordre, il y en aura presque toujours trois dans les isles ou sur la route.

Il faut que le sieur Patoulet se charge du soin de faire

1. Jacob Blanquet de La Haye, capitaine de cavalerie, puis mestre de camp en 1661, lieutenant-général en Amérique de 1670 à 1675, puis gouverneur de Thionville.

2. « Tout le monde se plaint de vous, et vous vous plaignez de tout le monde écrivait Colbert à La Haye, HI, 1''° partie, p. 544. 3. Après avoir pris puis perdu Trinquemalé dans t'De de Ceylan, La Haye, en septembre 167?, s'était emparé de San-Thomé sur la côte de Coromandel.

4. Patoulet, contrôleur à Rochefort en 1673, commissaire général en 1676, intendant aux îles en 1679, intendant de marine à Dunkerque (1683), mort le 8 avril 1695. Il avait épousé Louise de Lagarde qui fut marraine, le 18 août 1675 avec Jean-Antoine de Demuin (Registres des 6ap~N!M, 16701675).


revenir les bois du Canada et le vaisseau qui y a esté basty, et pour cet effet qu'il fasse un mémoire.

En cas que vous ayez des vaisseaux garde-costes dans vos rades, faites en passer promptement un ou deux au Havre, où nous en avons besoin. 1

A l'esgard des bois de Mademoiselle, depuis le dernier payement que le roy luy a fait, j'ay remarqué qu'elle est redevable à sa majesté des soixante mil livres qui luy ont esté payez d'advance; en sorte que vous pouvez prendre de ces bois pour cette somme. Mais comme le roy n'en veut plus prendre que cette quantité, il faut que vous preniez garde de n'en point prendre davantage et encore ce que vous prendrez doit estre de bonne qualité, et que vous ne le preniez que pour le prix qu'il faudra pour composer cette somme; je crois qu'il faut prendre encore tout ce qu'il 'y a à Nantes et à Paimbeuf.~ 2

Vous avez bien fait de demander douze cens barrils de goldron du nord; mais il faut que vous teniez toujours la main à ce que l'on en achète nécessairement de celuy du Médoc, afin d'augmenter et de perfectionner toujours cette manufacture. 3 Vous avez appris que dans le dernier combat de neuf bruslots qui estoient dans l'armée, il y en a eu bien huit de brulez mal à propos sans aucun effect, les capitaines s'y estant portez avec ardeur mais avec une témérité incon1. Nouvelles recommandations d'envoyer croiser avec Chasteaurenault les vaisseaux des Indes.

2. Les bois de Mademoiselle étaient situés dans sa principauté de Dombes.-

3. « [) (Demuyn) doibt se servir le moins qu'il luy sera possible de goldron du nord, et lorsqu'il ira à Bordeaux, sa majesté veut qu'it examine le moyen de rendre le goldron de Médoc menteur qu'il n'a esté jusques à présent, et qu'il travaille toujours à maintenir et augmenter cette manufacture. t) (Seignelay à Demuyn, 23 avril 1679). K I) nous en faut une très grande quantité pour Rochefort et pour Brest, » écrit Colbert à Lombard, le 19 avril 1672. (DEPPING, Correspo~adanee administrative, t. III, p. 694, 860-862; Lettres de Colbert, Ili, ire partie, Ira section, p. 192-318 694,860-862;~MdeCo~ 111, 1" partie, 1~ section, p. 192-318 DE BoisuLE, C'o?'respondance des !M~M~<:m~, p. 443.


cevable et sans aucune conduite. Comme il n'y en a plus que deux, si vous en aviez trois ou quatre bons, il faudroit 'tes envoyer sur les vaisseaux gardes-costes, en cas que vous en ayez dans vos rades pour passer au Havre; ou si vous n'en avez point dans vos rades, il faudroit envoyer icy ces quatre capitaines en poste.

COLBERT.

XXIII.

~673, 23 juin. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Veiller surtout à bien employer les vaisseaux gardes-côtes, envoyer à Chasteaurenault les vaisseaux des Indes, faire exécuter les marchés. Idem, p. 91.

M. de Terron m'ayant escrit le 15e qu'il partoit le soir mesme, j'attends à présent. vos lettres. Sur toutes choses, appliquez-vous avec soin à bien diriger' les vaisseaux garde-costes, et à empescher fortement qu'ilz ne demeurent dans les rades 2; et pour cela il est nécessaire que vous teniez une correspondance exacte avec M. de Seul, et que vous preniez bien garde -qu'aucun vaisseau marchand ne sorte de la rivière de Bordeaux sans escorte, et en général que les capitaines exécutent promptement les ordres et instructions qui leur ont esté envoyez,.et ne manquez pas de me faire sçavoir par tous les ordinaires les avis que vous aurez des lieux où ilz se trouveront. A l'esgard des vaisseaux de l'escadre du destroit et de ceux qui doivent aller dans les isles de l'Amérique, ayez soin de les faire partir pour aller joindre le chevalier de Chasteaurenault qui a besoin de force, se trouvant, par les dernières lettres que j'ay receües de luy, seul dans les costes de Biscaye et de Galice et ayant besoin de vaisseaux pour en

2. Cf. l'article déjà cité de M. Didier Neuville dans la Revue maritime et coloniale. Colbert dut menacer Chasteaurenault, qui s'obstinait à rester à Brest, de le faire arrêter.


chasser tous les corsaires Hollandais et Zélandais qui y ont leur retraite.

Continuez tousjours de prendre garde que les marchez pour la fourniture des magazins s'exécutent, et surtout que les fonds s'employent avec une grande économie. Ayez soin aussy que les vaisseaux destinez pour les isles de l'Amérique partent dans le temps nécessaire pour y arriver après les ouragans. A l'esgard des bastimens de terre, prenez garde qu'ilz soient faits avec beaucoup de solidité. 1

1 COLBERT.

XXIV.

4C7S, 26 juin. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Faire escorter les vaisseaux marchands envoyer à Chasteaurenault les vaisseaux des Indes. Idem, p. 95.

J'ay receu vos mémoires du d9 de ce mois. J'ay envoyé àM. de Terron les ordres du roy signez par mon filz dans lesquels le jour du départ des vaisseaux [est] en blanc afin de pouvoir estre rempli de concert avec les capitaines. 2 COLBERT.

XXV.

4673, ;86~Mt. Au camp, devant Maestrick. Seignelay à Colbert de Terron. Punir les déserteurs, faire caréner le vaisseau de Gombaud et lui donner des vivres. Idem, p. 99.

Quoyque je ne doute point que vous ne soyes à présent party de Rochefort, je ne laisse pas de vous escrire pour 1. Il lui recommande de nouveau de travailler à augmenter la corderie et la forge des ancres. Les bâtiments de terre dont il s'agit étaient les magasins des vivres. VIAUD ET FLEURY, B~<M~ de Rochefort, I, 28-30. 2. Il ordonne d'envoyer l'Alcyon et les Jeux croiser quelque temps avec Chasteaurenault sur les côtes de Galice et de Biscaye avant leur départ pour les Indes, et de faire escorter par les gardes-côtes tous les vaisseaux marchands.


répondre à vostre lettre du 15 de ce mois, donnant ordre au commissaire Desclouzeaux d'ouvrir vostre lettre en cas que vous en soyez party.

Le roy désire que vous continuiez de faire une exacte recherche de tous les matelots désérteurs, que vous fassiez mettre dans les prisons de Rochefort tous ceux qui seront pris, et que vous fassiez instruire leur procès par le sieur de Verneuil, 1 afin qu'ils soient en estat d'estre jugés quand sa majesté l'ordonnera. Le sieur Gombaud 3 estant party du Havre le d 4 de ce mois pour s'en aller à Rochefort, et m'escrivant que son vaisseau a besoin d'entrer dans la rivière de Charente pour estre carréné, je vous prie d'y faire travailler avec diligence, aussitost quil sera arrivé afin de le mettre en estat de retourner promptement à la mer. Je donne ordre au munitionnaire de luy faire fournir à Rochefort pour trois mois de vivres, Vous trouverez aussy les ordres cy joints pour augmenter son équipage de 15 ou 20 hommes, ainsi que vous le trouverez à propos. SÈIGNELAY.

XXVI.

~673, 29 juin. Au camp devant Maestrick. Seignelay à Desclouzeaux. Escorter jusqu'à Bayonne une flûte, envoyée du Havre, achever le* deux brûlots, radouber les vaisseaux. Idem, p. Y03.

J'ay receu avis du sieur Brodart 4 qu'il a fait partir du

1. René de Verneuil, conseiller du roi, commissaire de la marine. Il semble avoir épousé 10 Marguerite Pépin, vivante en 1676, fille de René Pépin seigneur de La Cristinière, conseilleren l'élection de Saint-Jean d'Angély; 2" Angélique Thibault, vivante en 1684, fille de Pierre Thibault, seigneur de Méré. 2. Il lui dit d'envoyer à Chasteaurenault les vaisseaux des Indes, !l!c</oM les Jeux, la Friponne.

3. Gombauld, capitaine de vaisseau en 1654, mort à La Rochelle'en février 1675. « C'est un officier expérimenté. .te«fM de Colbert, III, 1' partie, i~ section, p. 179.

4. Commissaire général de la marine à Toulon en 1666, à Marseille en 1670, au Havre en 1671, intendant général des galères à Marseille en 1675, à Toulon, 1679, à Marseille, 1680-84.


Havre, sous l'escorte du vaisseau le T~'<?, une ilute de quatre cens tonneaux pour aller charger des mats à Bayonne et comme ledit vaisseau doit entrer dans la rivière de Charente pour estre carenné et reprendre des vivres et qu'ainsy cette flute aura besoin d'une autre escorte pour continuer son voyage, il est nécessaire que le premier vaisseau du roy destiné pour la garde costes et le convoy des navires marchands qui se trouvera dans les rades de La Rochelle, ou qui y arrivera avant que ledit vaisseau le Tigre soit remis en mer, escorte la dite flute jusques au port de Bayonne. Je. vous envoye l'ordre du roy.

M. de Terron estant party de Rochefort dès le 16e de ce mois suivant les advis qu'il m'en a donnez, et vous ayant laissé un mémoire instructif de tout ce qui est à faire audit port pendant son absence, il est important que, de concert avec 'le sieur Patoulet, 1 vous vous appliquiez à l'exécuter ponctuellement. Je vous recommande particulièrement de presser l'achèvement des deux frégates en bruslot, parce que le roy les destine pour servir dans l'escadre que sa majesté fera mettre en mer l'hyver prochain.

Faites aussy travailler en diligence au radoub des vaisseaux, et ne manquez pas de m'envoyer à la fin de chaque mois un estat en table contenant la dépense des constructions et radoubs et le nombre des ouvriers qui y sont employez, ainsi qu'il s'est pratiqué cy devant.

SEIGNELAY.

1. Le contrôle est établi dans la marine depuis le XVI" siècle. Aucune dépense ne pouvait être faite sans l'avis du contrôleur. (JAL, Glossaire, 513.) Patoulet avait succédé à Esbaupin, qui lui-même avait succédé à Dumont. Un édit copié dans le registre de 1690 des archives de l'inspection énumère les fonctions du contrôleur. Esbaupin avait épousé Elisabeth de Bouticourt qui, le 25 mai 1672, fut marraine à Rochefort. (R~M<~ des baptêmes, ~670-<675.)


XXVII.

4673, 50juin. Maestrick. Le roi à Desclouzeaux. Faire des réjouissances publiques pour la prise de Maestrick. Idem, p. 107.

Commissaire général Desclouzeaux, je suis bien aise de vous faire savoir que la ville de Maestrichts s'est soumise à mon obéissance aprez treize jours de tranchée ouverte, et que j'ay eu la satisfaction de réduire en si ,peu de jours cette importante place, qui a autrefois arretté trois mois entiers les plus considérables armées commandées par les plus grands et les plus expérimentez capitaines de l'Europe. Et comme tous ces heureux succès sont deubs aux bénédictions

qu'il plaist a Dieu de verser abondamment sur la justice de mes armes, je veux aussy qu'il en soit rendu des actions de grâce à sa divine bonté et fait des réjouissances publiques. C'est pourquoy je .vous fais cette lettre que vous donniez les ordres de ma part aux officiers de port pour qu'ilz ayent à faire tirer le canon de mes vaisseaux qui sont à présent dans l'arsenal de Rochefort, et que vous fassiez au surplus toutes les démonstrations de joye accoustumée en pareilles occasions.Sur ce je prie. Signé Loms. Et plus bas. COLBERT. 1 XXVIII.

4673, 30~'Mtm. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Pourquoi demander encore de l'argent? Envoyer un bâtiment a Terceire pour ramener l'équipage du Faucon; faire partir Btéor; envoyer des poudres.au Havre. Idem, p. 11.1. Pour réponse à vostre mémoire du 22e de ce mois sur le 1. Voir l'Histoire de Louvois, de M. Camille Rousset. Maestrick était la clef des Pays-Bas. Elle fut prise par l'habileté de Vauban. Louis XIV assistait au siège, et « se montra, dit Voltaire, plus exact et plus laborieux qu'il ne l'avait été encore. » Les réjouissances ordonnées dans cette lettre avaient lieu à chaque action d'éclat de l'armée. On peut voir dans les Lettres de Colbert celles qu'il écrivit au sujet de la prise de Maestrick, et, t. VI, 3d2, la lettre écrite aux évêques par Louis XIV.


payement des matelots qui reviennent de Perse, je m'estonne que vous demandiez des fonds, puisque vous devez sçavoir que j'ay envoyé douze mil livres à compte de ce payement; lorsque cette somme sera employée, envoyez-moy l'estat, et je pourvoyray à un nouveau fonds mais comme elle estoit destinée pour le payement de l'équipage du vaisseau le Jules, elle doit suffire et au delà. 1

H faut travailler diligemment au doublage de la pinasse pour les Indes et à la mettre en estat de partir au commencement du mois de septembre prochain.

J'envoyeray les ordres nécessaires au sieur. Barbaut pour commander ce bastiment et au sieur Belcier pour servir de lieutenant.

Le sieur Bardet du Boisncau 3 est arrivé icy. Il faut travailler au radoub de !a frégatte la Légère, et observer toujours la maxime de remettre toujours les vaisseaux en estat d'estre armés en mer aussytost qu'ils sont arrivez dans le port.~

Faites travailler incessamment à la corderie et la forge aux ancres.

Vous recevrez les ordres de ce qu'il y aura à faire pour envoyer un bastiment à La Terceire-po'ur reprendre le sieur de Montortié et tous les hommes de l'équipage du Faucon, avec le canon, armes, munitions et agrais restez de ce

1. Le vaisseau le Jules avait péri corps et biens à Lisbonne; en revenant des Indes Orientales.

2. Jacques Barbaut, né à Dieppe, capitaine de frégate en 1665, cassé enl674.

3. Bardet de Doisneau, d'Oleron, capitaine de frégate en 166C, de vaisseau eu 1675, condamné à mort, le 2 septembre 1675, pour avoir rendu la Mtt~tM~ il fut gracié.

4. Voir les lettres de l'année ~672.

Cf. Ms. Clairembault, 88~, f.'G. Lettre de Colbert à Gedéon de Labat, consul au Payât, l'juiHet 1673.


vaisseau pour rapporter le tout à Rochefort. H est nécessaire que vous prépariez le vaisseau le ~M~M~ venu des Indes pour faire ce voyage. J'envoyeray dans peu un arrest pour faire rendre le bastiment et le bois de campesche de son chargement envoyé par M. de Baas. Faites un mémoire particulier de tout ce qui est à faire pour pourvoir l'escadre du chevalier de Chasteaurenault 3 de vivres et pour mettre tous les vaisseaux qui la composent en estat de pouvoir tenir la mer, et surtout d'occuper ces costes de Galice et de Biscaye pendant les mois de septembre, octobre, novembre et décembre, qui sont les mois pendant lesquels tous les vaisseaux terreneuviers retournent de- leur pesche. Vous sçavez qu'il en fut pris un très grand nombre l'année dernière, et nous ne pouvons éviter que le mesme malheur ne nous arrive cette année qu'en fortifiant l'escadre du chevalier de Chasteaurenault.

Je vous envoye une lettre pour le sieur de.Bleor s a cachet volant; s'il est encore dans vos rades, rendez-Iuy. Faitesluy prendre des' vivres tout autant que son vaisseau en pourra tenir, et faites le partir aussytost pour se rendre à la coste de Biscaye, avec ordre d'en .partir le vingtième aoust pour se rendre dans les isles de l'Amérique.

Commencez le plus promptement que vous pourrez le travail de l'enrollement des matelots.

Je donne ordre au sieur Berthelot, commissaire général

1. Le -Faucon avait péri à Terceire, l'une des îles Açores. Seignelay avait raison de ne pas avoir trop de confiance dans Montortier.

2. Charles de Baatz, comte de Caste)moron, lieutenant général des armées du roi (1655), lieutenant général aux îles d'Amérique (1667), mort en 1677. 3. Il recommande d'envoyer à Chasteaurenault les vaisseaux des Indes. 4. Les relations de l'Aunis avec, Terre-Neuve étaient très fréquentes, ainsi que le prouvent les registres de l'amirauté de La Rochelle qu'étudie en ce moment M. Bardonnet..

5. François Bitaud de Bleor, capitaine de vaisseau en 1666, )nis la Bastille en 1675. (Lettres de Colbert, 6 août, III, 1~ partie, dro section, p. 553.)


des poudres, de faire charger sur le premier vaisseau de guerre ou autre qui partira des rades de Rochefort ou de La Rochelle pour venir au Havre soixante milliers de poudre pour les tenir en magazin pour l'armée en cas d'un troisième combat.

COLBERT.

XXIX.

~673, ;f<MMe~. Paris. Colbert à Desciouzeaux. Desclouzeaux a bien fait d'envoyer La Clocheterie chercher l'équipage du .F~co?:. Envoyer chercher le SttMtt-Co~mc et le Cy~6-B<<:tte. Idem, p. ~7.

Pour réponse à l'un des articles de vostre lettre du 26e de ce mois concernant le F~Mco~, vous avez bien fait de faire convenir le sieur de La Clocheterie, en donnant l'escorte à quelques vaisseaux terreneuviers, de prendre les vivres qui lui seront nécessaires pour aller à Fayal. Il vaut beaucoup mieux se servir du vaisseau dudit de La Clocheterie que du J~M~ Lorsque l'équipage [du F~Mco~] sera arrivé, il faudra faire exactement son décompte et prendre garde à ce qui luy aura esté fouray soit dans les isles de l'Amérique soit à La Tercière.

En cas qu'il y ait encore en vos rades quelqu'un des vaisseaux destinez pour les isles de l'Amérique, il sera nécessaire que vous remplissiez l'ordre, du roy que vous trouverez cy joint du nom du capitaine, et que vous l'obligiez à partir promptement pour aller quérir le vaisseau le SaintCosnae et la flûte le C~?~c, qui sont dans la rivière de Lisbonne.

COLBERT.

Vous donnerez au capitaine du vaisseau que vous envoyerez à Lisbonne le duplicata de la lettre pour le sieur Desgranges sinon elle sera inutile. Et il sera nécessaire que 1. Desgranges, commissaire de la marine et consul de France à Lisbonne en novembre 1669.


vous envoyez au chevalier de Chasteaurenault la lettre cy jointe par la première occasion que vous trouverez.

COLBERT.

XXX.

~673, 3 juillet. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Est-il possible de

construire des frégates semblables au ~orn~tM' ? Ne pas prendre trop de bois de Mademoiselle. Bien garder la côte. .MeM, p. .1 Faites-moi savoir l'estat des constructions et s'il est possible de bastir encore des frégates de 30 pièces de canon aussy bonnes et fines de voile que le Trompeur qui a esté bruslé il faudra en faire bastir, parce que le roy aura tousjours besoin de ces bastimens.

COLBERT.

Faites tenir le paquet cy-joint à M. d'Almeras, par la première occasion que vous en aurez.

XXXÏ

Y67g, 4 ~'M!Hc<. Au camp de Maestrik. Seignelay a Desclouzeaux. Hâter les constructions envoyer l'état de ce qui a été avancé aux équipages. JMeM, p. Mû.*

J'ay esté surpris d'apprendre par vostre lettre que le vaisseau le V~/a~, qui avoit relasché dans la rivière de Lisbonne ne se soit point chargé de l'escorte du vaisseau le &MM<-C<MHM et puisque le sieur Cabaret d'An-

1. Il renouvelle les recommandations déjà faites au sujet des bois de Mademoiselle, de la pinasse et des gardes-côtes.

2. D'Atméras, chef d'escadre du Ponant depuis 1668, plus tard lieutenant générai.


goulin 1 ne l'a pas fait, il ne faut pas attendre ce vaisseau qu'à la fin de la campagne.

Le roy ayant ordonné un fonds pour le remplacement de marchandises dans les magazins de Rochefort, je vous en feray remettre promptement une partie pour travailler aux achats desdites marchandises. En cas que vous estimiez plus à propos de faire bastir quatre petites caches 3 à Rochefort que de les faire faire par la compagnie du Nord, et que vous ayez dans les magazins des bois .propres pour cette construction, il faut aussy que vous en fassiez faire quatre, mais qu'elles soient plus grandes que celles de la dite compagnie. Comme il se pourroit faire que le service du roy voudrqit que quelques uns des vaisseaux armez à Rochefort allassent servir dans un autre port et -qu'il est important, en cas que cela arrive, de sçavoir au juste cequi a esté avancé à leurs équipages, afin de pouvoir faire le décompte dans les ports oit ils iroient désarmer, ne manquez pas de m'envoyer promptement un estat des payemens qui ont esté faits à tous les équipages vaisseau par vaisseau. SEIGNELAY.

XXXII.

~675, 4j'M:~e/. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Envoi d'un règlement concernant les sainte. 7~M, p. ~3/.

Le roy m'ordonne de vous envoyer le règlement cy joint 1. Jean Gabaret, capitaine de vaisseau le 16 mars 1653, chef d'escadre le 12 décembre '1673, lieutenant généra) le l~ novembre 1689, mort le 26 mars 1697.'

2. Ordre de hâter les constructions.

3. Cache, ou caicho, ou quaiche, ou <jucche, petit bàtiment qui a un pont, qui porte une corne (vergue qui par une de ses extrémités, terminée en croissant, s'appuie sur le mat qui le porte et qui est destinée il porter une voile quadrangu!aire), et qui est matée en fourche. JAL., Glossaire, 379,52t. < ]! faut que, de concert avec M. de Terron, vous fassiez bastir 2 on 3


concernant les saluts à l'égard des places des estats non couronnez et, comme il importe au service dé sa majesté de le rendre public, ne manquez pas, aussytost que vous t'aurez receu, de le faire lire à haute voix dans l'arsenal de Rochefort en présence de tous les officiers, et de le faire ensuite afficher au grand mat du vaisseau portant pavillon admiral.s COLBEM. 3

XXXIII.

~673, 7 ~Mt~<. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Réparer les vaisseaux de Chasteaurenault; achever les magasins du munitionnaire; visiter la fosse aux mâts; faire ce qu'ordonnera M. de Terron àu sujet des envoyés de Comendo. .M~K, p. 4 33.

J'ay donné ordre au sieur Galon de fournir dans le courant de cette année jusque à six cent milliers de chanvre et il m'a promis de faire en sorte que vos magazins n'en manqueront point. Comme les vaisseaux de l'escadre du chevalier de Chasteaurenault sont tous pesens et peu propres à donner chasse et à prendre ces corsaires, et que d'ailleurs les deux bastimens de 30 pièces qui sont sur les chantiers doivent estre bons et fins de voile, et assez forts pour résister pendant l'hiver, il seroit nécessaire de les achever promptement et de les mettre en mer dans la fin du mois prochain pour naviguer sur les costes de Galice

caiches pour servir à donner des advis da~s les armées navalles, faire la guerre aux petits corsaires de Sa[!6 et autres, et aller ae port en port, mesme aux isles de l'Amérique. s A M. de Seuil, 19 juillet 1670. '1.JAL, Glossaire, p. 1312, 1313.

2. On affichait différents édits ou avis que l'on voûtait rendre publics. 3. Préparer la pinasse, envoyer fêtât des marchandises à acheter, se montrer plus économe.

4. Nouvelles recommandations au sujet de Chasteaurenault et des gardescôtes.


et de Biscaye avec deux ou trois vaisseaux de force pendant. les mois de septembre, octobre, novembre et décembre qui sont les mois dangereux pour le retour des vaisseaux terreneuviers. Et d'autant -qu'il sera nécessaire d'espalmer 1 les vaisseaux de l'escadre dudit chevalier de Chasteaurenault, et leur donner les vivres pour tenir la mer pendant les mesmes mois, je luy ai écrit de renvoyer les vaisseaux qu'il commande l'un .après l'autre, ou à Brest ou à Rochefort, suivant les vents qui règneront. Tenez-vous en estat de les faire espalmer et remettre à la mer en trois ou quatre jours de temps au plus et c'est à quoy il est nécessaire que vous vous appliquiez. davantage que de pouvoir espalmer, mesme caresner2 un vaisseau avec une grande diligence.

A l'égard des bastimens de terre,3 il faut suivre les avis que le sieur Levau vous aura donnés, 4 et y employer la somme de quarante mil louis, si je ne me trompe, dont il a esté fait fonds par l'estat général de cette année; surtout faites en sorte que, dans le courant de cet esté, les logemens, magazins et fours pour le munitionnaire soit entièrement achevez.

COLBERT.

1. « Espalmer ne signifia d'abord que enduire de suif; par extension tout nettoyage de la carène s'appellera bientôt espalmage. D JAL, Glossaire, 656. Broyer, spalmer, c'est enduire de bray ou noix mêlée d'huile, de goudron et de suif. (Ibid. 3~).

2. Abattre un navire sur un de ses côtés de telle sorte que la moitié de sa carène, soit au vent, chauffer la surface extérieure de cette moitié, le calfater de neuf, le brayer, puis redresser le navire, l'abattre de l'autre côté pour faire les mêmes opérations. (JAL., Glossaire, ~23). Le redoublement de !'? est contraire à l'étymologie.

3. Le bàtiment des vivres.

4. François Le Vau, mort )e.4 juillet 1676, membre de l'académie d'architecture, frère de Louis II Le Vau et père de Louis I. c Une lettre de Colbert, à lui adressée le 21 août 1671, contient des instructions relatives à des travaux en cours d'exécution à Roctiefort. *) LANCE, D!C<MWM<:t~ des e~cAt~e~M/KfSM, 1872. Cf. le Dictionnaire de Jal.


Il est nécessaire que vous alliez dans la fosse des mats de Saint-Nazère, que vous fassiez compter en vostre présence le nombre des masts qui y sont, la qualité du bois, leur longueur et grosseur, et s'il y en a suffisament pour tous les vaisseaux du roy/ou pour armer autant de vaisseaux l'année prochaine que la présente. Il est très important d'examiner ce point avec soin et application, vous avouant que le grand nombre des vaisseaux que je vois demaster me donne de la peine et de l'inquiétude.

M. de Terron m'a dit que les envoyez de Comendo 1 seroient bien aises de venir voir Paris, et qu'ils n'y paroistront que comme particuliers. Je donne ordre à M. Bellinzani de prendre soin de les faire venir ainsy il sera nécessaire que vous exécutiez ce qu'il vous escrira sur ce sujet. COLBERT.

XXXIV.

1672, 10 juillet. Sceaux. Colbert à Desclouzeaux. Envoyer pour achever le vaisseau construit au Canada des marchandises des magasins. Idem, p. 139.

Le sieur Patoulet m'a envoyé un estat de la dépense à faire pour achever le vaisseau qui a esté construit en Canada par les. ordres de M. Talon 3 montant à huict mil trois cens

1. Le ~5 décembre 1687, Gabriel Ducasse avait conclu avec Amoysy, roi de Comendo (Guinée), un traité qui cédait aux Français le village d'Aquitagny et.rappelait leurs anciennes relations avec la Côte-d'Or. MARGRY, Les navigations françaises et la révolution maritime du ~7V" au .XV7" siècle, 1867, p. 23, 25.

2. Directeur de la chambre des assurances de Paris, inspecteur général des manufactures, résident du duc de Mantoue à Paris, directeur des compagnies des Indes, du Nord et du Levant poursuivi pour concussion en 1683, il mourut à Yincennes en 1684.

3. Intendant au Canada de 1665 au 20 novembre 1672.


quatre vingtz livres et comme il n'y aura pas assez de temps 'pour acheter toutes les marchandises nécessaires pour achever ce vaisseau et les envoyer cette année audit païs, j'estime que vous pourriez prendre de concert avec ledit Patoulet toutes celles qui se trouveront dans les magasins de la marine de Rochefort propres à ladite construction, afin de les envoyer promptement et en cas qu'il soit encore nécessaire de quelque fonds pour cette mesme construction, vous pourrez le prendre du commis du trésorier dé la marine. 1

COLBERT.

XXXV.

~675, YO juillet. Au camp de Nay sur la Meuse. Seignelay à Desclouzeaux. Que les gardes-côtes remettent à la voile le plus tut possible. De l'économie. Préparer la pinasse. -Idem, p. ~5.

Faites promptement donner carenne au vaisseau le Tigre, en sorte que le sieur Gombaud puisse se remettre bientost en mer et comme il me mande que ses vivres finissent au dernier juin, et qu'il est important qu'un vaisseau, ainsy que tous les autres destinez à la garde-costes, tienne la mer jusqu'à la fin de l'année, je donne ordre au munitionnaire de leur-fournir des vivres pour six mois. Je donne ordre aussy au trésorier pour faire remettre trois mois de table audit Gombaud.

Vous devez advertir les capitaines que, s'ils ne mettent à la voile lorsque le vent le pourra permettre, vous avez ordre de m'en donner advis.

SEIGNELAY.

d. Le 4 juin ~672, Colbert écrit à Talon de porter les habitants, à construire des vaisseaux. (Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. 111, 2e partie; p. 5~)). ).

2. Reproches sur les dépenses excessives faites à Rochefort. Envoyer l'Alcyon et les ./etM: finir de préparer la pinasse; acheter des marchandises.


XXXVI.

1675, 10 juillet. Au camp de Nay. Le 'roi à Uesdouzeaux. La pinasse prendra le nom de l'Eléphant. -Idem, p. 146.

Commissaire Desclouzeaux, ayant appris que la pinasse que j'ay fait acheter de la compagnie du nord pour envoyer aux Indes Orientalles n'est point nommée, et voulant qu'elle porte l'un des noms fixés que j'ay cy devant donné à mes flustes et autres bastiments de charge, je vous fais cette lettre pour vous dire que j'ai nommé ladite pinasse l'Elé-

~<M~. Escrit au camp de Nay le XXlIc juillet d673. Signé Louis. Et ptus bas CoLBERT.

1 XXXVII.

~675, 45 ~!M~. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Les fonds doivent suf-

tire. Ordres pour la construction de vaisseaux et pour la notte des gardescôtes.m,p.jf54.

Les fonds doivent suffire pour l'achapt de 'toutes les marchandises. J'ay donné ordre aux compagnies de Nivernois et des Pyrénées de vous envoyer beaucoup de marchan- dises au delà des premiers estats. 1 Comme le vaisseau le ?Yo~6Mr, qui estoit monté par le capitaine La Borde et qui a esté bruslé dans un des premiers combats qui s'est donné cette campagne avec les Hollandais, estoit un des vaisseaux le meilleur de voile et le plus viste de la mer, informez-vous 's du charpentier qui l'a basti, s'il en a les mesures et proportions, afin qu'il construise [les deux vaisseaux de trente piè-

1. Les passades supprimés remplacent des conseils analogues à ceux qui sont exprimés dans les lettres précédentes au sujet de la corderie, de la forge aux ancrer, des vaisseaux de trente pièces à construire, des ordres à donner à la flotte garde-côtes pour qu'elle garantisse les vaisseaux marchands qui revienne de Terre-Neuve contre les corsaires.


ces] sur le mesme gabarit, et qu'il tasche de 1 es rendre meilleurs et encore plus fins de voile, s'il est possible. Mais vous' lui debvèz faire remarquer qu'en les rendant fins de voile, je prétends qu'ils soient en tout et plus forts par les fonds que tous les autres et mesmes qu'ils puissent estre eschouez.

Tenez soigneusement correspondance avec le sieur Dumont Il faudra envoyer sur les costes de Biscaye et de Galice'tous les vaisseaux garde-costes qui se trouveront à Rochefort ou dans vos rades et mesme dans les lieux où ils doivent toucher en faisant servir à la garde-coste les vaisseaux de l'escadre dudit chevalier de Chasteaurenault qui n'auront pas esté remis en mer assez tost pour se rendre sur lesdites costes.

COLBERT.

XXXVIIÏ.

1673, <7 t!MM~. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Pourquoi manque-ton de charbon?. On fait trop de dépenses. Presser les commissaires emp)oyés ° à l'enrôlement hâter la construction des vaisseaux. Qu.eHes difficultés y at-il pour l'établissement des foires? Idem,p. 455.

Pour réponse à la lettre que vous m'avez escrite le i0e de ce mois, vous pouvez employer les douze mil livres qui ont esté remis à distribuer quelque chose à compte de la solde

1. Modèle que les charpentiers font avec des pièces de bois fort minces pour représenter la longueur, la largeur et le calibre des membres et des parties du vaisseau. JAL, Glossaire, p. 728.

2. Charles Dumont, sieur de Blaignac, commis contrôleur de la marine à Rochefort en .1670. II se chargea ensuite de fournir à la marine lés mâts des Pyrénées, et en juillet 1671 alla surveiller dans les Pyrénées les travaux de ses ouvriers. Il fut commissaire général à Rochefort de 1680 à 1690. Il y a signé un acte de baptême le 5 juillet 1671, ainsi que son secrétaire Picard de Lataye, qui signe également le'16 novembre 1673. (Registre des baptémes, 1670-1675.)


de- tous les officiers mariniers et matelots des équipages revenus de Perse, et observez toujours qu'il a esté embarqué de l'argent sur ces vaisseaux là et sur ceux qui ont esté envoyez en ce pays là depuis leur départ, et qu'il doit estre présumé que pour un si long voyage aux équipages ou leur solde entière pour quelques mois ou à compte, en sorte qu'il faut bien se donner de garde de leur payer tout ce qui leur peut estre deub jusques à ce que l'on puisse avoir les mémoires du commissaire du Tremblay qui est à la suitte de cette escadre. II faut presser le sieur Belcier de faire les cent hommes qu'il doit embarquer sur la pinasse.

Je m'estonne que vous manquiez de charbon de terre et que vous ayez été forcé de l'acheter deux cent cinquante livres le muid il me semble que. vous en pourriez faire venir une bonne quantité de la rivière du Lot par le moyen du sieur Dumont. Surtout prenez 'si bien vos mesures que vous n'en manquiez jamais. Vous avez bien fait de remplir l'ordre du roy pour l'escorte du &M~-CoM~ et du CygneBlanc du nom du sieur d'Amblimont.

Pressez fortement les commissaires qui sont employés à l'enrollement d'y travailler, en sorte qu'il puisse estre incessament achevé. Vous en connaissez assez l'importance pour ne vous en pas dire d'avantage.

Lesestats que vous m'avez envoyés, tant pour le radoub et garniture des vaisseaux des Indes que pour ce qui est nécessaire pour la pinasse, me semblent fort extraordinaires, veu que vous proposez de faire une dépense de près de quarante mil livres; c'est à vous à la diminuer et à prendre dans les magazins tout ce qu'il y a qui peut servir à ce radoub et faire diligence pour mettre cette pinasse en estat de partir; il faut aussy diminuer l'estat de ce qu'il faut envoyer dans les Indes sur cette pinasse.

1. Préparer la pinasse, faire partir les Jeux et t'~Ct/OM.


Pressez toujours la construction des vaisseaux l'intrépide, i'E~c~~ et l'Actif, et à l'égard des proportions que le sieur Guichard vous a données, je les examineray, et vous en feray sçavoir mon sentiment. 1

Faites moi savoir quelles difncuités il y a pour l'établissement des foires de Rochefort et quelle expédition il est nécessaire de faire pour le lever. 2

COLBERT.

XXXIX.

1673; 18 juillet. Rcthe). Seignelay à Desclouzeaux. Faire partir les vaissseaux des Indes, presser les constructions, faire escorter )a flotte des gabelles. Uesclouzeaux a bien fait d'envoyer de la poudre aux Indes. –7~Mt, F.~59.

Vous avez bien fait d'acheter six muids de charbon de Neufchastel pour la forge aux ancres. Je voy, par les mémoires, qui me sont envoyez à la fin de chaque mois des ouvrages qui sont faits dans cette forge, que les ouvriers ne font que très peu d'ouvrages. 3 Je donne ordre au trésorier de la marine de remettre à Rochefort la somme de quinze cens livres pour la moitié du fret des vivres qui doivent estre portez aux isles de l'Amérique pour les vaisseaux

1. Faire construire des vaisseaux semblables au Trompeur.

2. Par lettres patentes du mois de novembre 1594, Henri IV avait accordé à la chàtellenie de Rochefort trois foires par an. Ces lettres patentes ne servirent bientôt à rien. Colbert de Terron voulut rétabtir les foires mais les agents de la ferme royale de Tonnay-Charente élevèrent de sérieuses difficultés et exigèrent le paiement des droits sur tous les. objets mis en vente. VIAUD ET FLEURY, Histoire de Rochefort, t. I, p. 35-36. Voir t. VIII des Archives, p. ~44, les lettres patentes (12 août 1683) pour l'établissement à Rochefort de trois marchés francs de chevaux.

3. Equiper la pinasse faire partir les vaisseaux des Indes qui sont à Chefde-Baye, l'Alcyon, les Jeux, la Friponne; le Laurier, la Légère, )'Fmerillon, l'BtfO~e!


de sa majesté. A l'esgard de l'autre moitié, elle sera payée au -propriétaire du bastiment sur lesquels les vivres auront esté embarquez lorsqu'il sera de retour.

Ce sera un grand poinct si vous avez pu faire charger les soixante milliers de poudre que vous avez eu ordre d'envoyer au Havre avant le départ du vaisseau l'Hirondelle, ne doutant point que vous n'ayez fortement recommandé au sieur de Banville de prendre un soin particulier de l'escorte du bastiment sur lequel vous aurez fait embarquer cette quantité de poudres.

Je donne ordre au sieur Berthelot d'en faire incessamment livrer cinquante milliers dans les magazins de Rochefort. Pressez la construction du vaisseau l'T~~M~, et l'achèvement de l'E~c/~M' et de l'Actif et cependant faites disposer les pièces de bois nécessaires pour remettre deux vaisseaux de trente pièces de canon sur les teins en la place des deux derniers. Vous avez bien fait de ne point donner l'augmentation d'équipage au vaisseau le Tigre, puisque c'eust esté un prétexte au 'capitaine de demeurer plus longtemps dans les rades.

Je donneray ordre au trésorier de remettre quelques mois de solde à compte de l'armement dudit vaisseau, avant qu'il soit de retour de la coste d'Espagne pour revenir prendre aux rades de La Rochelle les vaisseaux des fermiers des gabelles pour les escorter au Havre.

SEIGNELAY.

1. En septembre -t~73, il commandait l'Hirondelle et croisait en vue de Saint-Sébastien et de Bilbao.

2. Radouber les vaisseaux.


XL.

4673, 20 juillet. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Profiter de )a be))e saison pour achever les ouvrages commencés. Idem, p. ~63. Quoyque le sieur Le Vau m'ayt fait sçavoir qu'il a laissé au sieur Boyer une copie de mémoire de tous les ouvrages qui doibvent estre faits, tant pour achever les magasins des vivres que pour faire plusieurs ajustements nécessaires pour faciliter le service de la marine à Rochefort, je ne laisse pas encore de vous envoyer cy joint une copie du mémoire des ouvrages qu'il estime les plus pressez. Il importe au service du roy de proffiter de la belle saison pour les advancer autant qu'il sera possible. COLBERT.

XLI.

4673, 84 juillet. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Il faut être plus exact et plus économe. S'occuper de la corderie, employer les formalités prescrites dans les marchés. Faire fondre des canons de vingt-quatre. Idem, p. 4 67. Pour réponse à vostre lettre du 13e de ce mois, je n'ay rien compris aux estats que vous m'avez envoyé. Il faut à l'advenir estre plus exact que l'on n'a esté par le passé et travailler avec plus de ménagement et d'œconomie que l'on n'a fait. Le désordre que je trouve dans le port de Rochefort par l'augmentation prodigieuse de dépenses ne se trouve en aucun des autres ports. et comme les fréquentes maladies de M. de Terron ont empesché d'y avoir l'application nécessaire, et que pendant ses maladies et ses absences, cela vous regarde, vous devez prendre garde que j'aye plus de satisfaction à l'avenir sur ce point que je n'en ay eu par le passé. Toutes les fois que l'on conférera les cordages de Rochefort avec ceux des Anglais et des Hollandais,


on les trouvera beaucoup plus fins et plus forts que les autres, et par conséquent plus faciles à manier dans les manœuvres. A l'esgard des trois mil livres qui doivent estre payez au correspondant de Labat, 2 c'est au trésorier à tirer sa décharge, affin que l'on puisse voir à quoy cette somme aura esté employée. Surtout prenez bien garde, dans tous les marchez que vous ferez des marchandises nécessaires pour la marine, d'employer les formalités portées par le règlement que j'ay cydevant envoyé, affin qu'elles puissent estre adjugées en plein arsenal au moins disant. Comme l'on a observé cette année en Angleterre qu'il n'y avoit pas assez de canons de vingt-quatre sur les vaisseaux du roy, donnez ordre à Lattache de n'en fondre que de ce calibre s'il est possible, et en cas qu'il ne puisse exécuter cet ordre cause de ses formes, il est nécessaire que vous l'obligiez d'en fondre au moins la moitié.

COLBERT.

XLI.

~67~, 27 juillet. Paris. Colbert à Desclouzeaux. M. de Terron a fait trop de dépenses. L'état de la fosse aux mats est honteux. Ne vendre l'Auguste qu'avec les formalités prescrites. Idem, p. 175.

Je ne puis point comprendre que M. de Terron ayt dépensé en six mois ce que le roy ne veut dépenser qu'en douze 4. J'envoye au Havre le connoissement des soixante milliers de poudre que vous y avez envoyé. Il faut essayer

1. Recommandations au sujet de la corderie, de la fosse aux mâts, de la forge, et de la construction de vaisseaux semblables au Trompeur. 2. Voir Lettres de Colbert, tome Ht, 1~ partie, l''e section, p. 360. 3. Jean Latache, fondeur ordinaire du roi, échevin de Saintes, époux de Marie de Gendron, a signé des actes de baptême le 12 janvier et le 22 octobre 1672 M~ichet] Latache, le 31 janvier et le 22 octobre. (Registre des baptêmes, 1670-1675) Elizabeth Latache, ou Isabelle, fut marraine le 12 août 1673. (Ibid.)

A. Voir lettre de Colbert à Colbert de Terron, 26 décembre 1671, t. III, iM partie, 1'~ section, p. 405.

20


le canon double de La Favolière pour en voir l'effect. C'est une chose fort honteuse pour les omciers du port de Rochefort que le mauvais estat auquel est la fosse de Saint-Nazaire, d'autant plus que j'ay avis de t'armée que tous les masts qui ont esté mis sur' les flustes servant de magazins se sont trouvez entièrement pouris, en sorte qu'il a fallu les jeter à la mer et en acheter en Angleterre. Sur la proposition que vous faites de vendre l'Auguste,il est nécessaire que vous suiviez l'ordre prescrit par le règlement de l'établissement des conseils des constructions. COLBERT.

XLII.

1673, 30 juillet. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Réunir des mâts. 'Ne pas laisser les gardes-côtes dans les ports. jMeN: ~8~. Vous sçavez combien la compagnie des Pyrénées vous doibt fournir de masts, et je vous envoye une copie de l'estat qui a esté donné au sieur Courtin, 3 contenant le nombre qu'il en doibt fournir à la fin de l'année à Nantes, et je crois qu'avec cette quantité, vous en aurez suffisamment pour master les vaisseaux 'du roy. Je suis bien aise que le sieur Gombaud soit de retour dans vos rades avec Desnos et je ne doute pas que, conformément à ce que vous me marquez, vous n'ayez pris des mesures pour assembler 1. Colbert recommande de faire fondre des canons de vingt-quatre (Voir la lettre précédente), de donner des vivres à Chasteaurenault et aux gardescôtes, et de ne pas permettre à ceux-ci de rester dans les ports. 2.' Il parle encore de la corderie, de la fosse aux mâts et des marchandises qu'il faut acheter.

3. Honoré Courtin, maître des requêtes (1649), intendant d'Amiens et de Soissons (1663-1665), conseiller d'état en 1669, né en 1626, mort en 1703. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques à Munster (1668), dans l'île des Faisans (1659), à Londres (1665), à Heilbronn (1666), à Bréda (1667), à Stockholm (1671-1673), à Cologne (1673-1674), à Londres (16761677). A Stockholm, il s'occupait d'acheter le bois nécessaire aux constructions navales. (C. RoussET, Histoire de Louvois, I, 465 et suiv MiGNET, JV~OCM~MM relatives à la succession ~'E~p~Me, IV, 476-502.)


tous les vaisseaux de la rivière de Bordeaux et de La Rochelle, et pour les faire partir promptement avec les vaisseaux des fermiers des gabelles. Vous sçavez combien il est de conséquence d'empescher que les vaisseauz garde-costes ne consomment leurs vivres dans les rades, pour croire que vous y laisserez le moins qu'il vous sera. possible Gombaud et tous les autres vaisseaux qui sont destinez au mesme service. 1

COLBERT.

XLIII.

4673, 4' <to~K. Nancy. Seignelay à Desclouzeaux. Donner des vivres aux vaisseaux qui doivent tenir la mer. Montrer plus d'économie. Idem, p. 4M.

2 Le roy a esté bien aise d'apprendre le retour des vaisseaux le Tigre et le jL<?MW<et sa majesté désire que vous leur fassiez promptement fournir les vivres nécessaires pour le temps qu'ils doivent tenir la mer, ainsy qu'il vous a esté cy devant ordonné.

Mon père vous envoyera ce qui sera nécessaire pour l'establissement des foires de Rochefort.

SEIGNELAY. 3

XLIV.

4673, 4<MtM. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Les dépenses des quatre premiers mois sont excessives. Confirmation des ordres donnés précédemment. Idem, p. 494.

Je ne sçais que vous respondre sur l'excès de la dépense qui s'est faite pendant les quatre premiers mois à Roche-

1. Le 24 septembre 1673, Colbert écrit que Chasteaurenau!t.est à Rochetort et que Gombaud est au cap de Clare.

2. De l'économie S'occuper des bâtiments des vivres, de la corderie, de la forge.

3. En post-scriptum, il dit d'envoyer un projet de dépenses pour l'année suivante.


fort, sinon qu'il faut qu'il y ayt eu beaucoup de désordre ét de confusion par les indispositions de M. de Terrôn, n'y ayant aucun raport entre cette dépense et les projets qui furent envoyez par ledit sieur de Terron. 1

COLBERT

XLV.

1673, 11 <:o&<. Sceaux. Colbert à Desclouzeaux. Que La Favolière continue ses cartes. Sa proposition sera examinée. Envoi d'un arrêt affranchissant des droits de Charente les marchandises vendues aux foires de Rochefort. Idem, p. ~93.

Puisque le sieur de La Favotière 3 est occupé à présent à ses cartes, il est nécessaire que vous luy laissiez continuer son travail; et j'examineray avec M. de Terron, lorsqu'il sera icy, la proposition qu'il luy a faite pour assujettir les matts au bas de la rivière.

COLBERT.

Je vous envoye cy joint un arrest du conseil du d3e février dernier, qui descharge des droictz de Charente les marchandises et denrées qui seront vendues aux foires de Rochefort ne manquez pas de le rendre public et de tenir la main à son entière exécution.

XLVI.

4673, 13 août. Nancy. -Ordre du roy. Le roi ordonne d'appe)ër les deux vaisseaux que l'on construit le Hasardeux et I'~c<MM:M. Idem, p. 201.

1. Mêmes ordres que dans la lettre précédente.

2. Colbert conseille de nouveau )'économie; puis il parle de la forge, de la

corderie, des vaisseaux semblables au Trompeur, de la fosse aux mâts, et du départ de Gombaud.

3. Cf. Z~M de Colbert, t. III, i'-e partie, ~e section, p. 311.


XLVII.

Y67~, 14 aotK. Nancy. Seignelay à Desclouzeaux. Radouber les vaisseaux. Idem, p. ~03.

Vous devez faire travailler sans perte de temps au radoub du Souverain et de tous les autres vaisseaux qui sont à présent dans le port parce que le roy veut qu'ils servent dans l'escadre de l'année prochaine. 1

SEIGNELAY

XLVIII.

~673, 47 <M<K. Sceaux. Colbert à Desclouzeaux. Etablir les foires faire faire un inventaire de l'état du Cygne-Blanc et du- SMK~-Co~me.–MeM, p. ~9.

Travaillez promptement à l'establissement des foires et marchez de Rochefort, et commencez aussitost à faire acheter tout ce que l'on en apportera dans ces marchez et foires, n'y ayant rien de plus advantageux pour la marine que de faire acheter dans ces marchez et foires tout ce que l'on aura besoin pour la marine pour y attirer l'abondance. 2 J'apprends par les lettres de Lisbonne que le Saint-Cosme et le Cygne-Blanc, qui furent pris l'année dernière par le chevalier de Chasteaurenault, sont partis sous l'escorte dudit chevalier de Chasteaurenault et qu'il les doit envoyer à Rochefort avec le sieur Gabaret, ou quelqu'autre. Ne manquez pas de faire un inventaire exact de l'estat auquel ils se trouvent, tant les corps des vaisseaux que les agrais et garni-

1. Ordre d'envoyer l'état des sommes que l'on dépensera à Rochefort en 1674 montrer désormais plus d'exactitude faire partir le capitaine Gombaud presser la construction des vaisseaux acheter les marchandises hâter l'achèvement des constructions de terre.

2. Travailler à la corderie et aux forges être économe.


tures, comme aussi de l'argent comptant qui sera provenu de la vente des marchandises dont ilz estoient chargez, qui doibt monter à plus de 80 mille et envoyez-moy un mémoire et inventaire exact de tout; et faites remettre en mesme temps entre les mains du trésorier de la marine 1 tout l'argent comptant. 2

COLBERT.

II faut faire payer le sieur Gallon aux termes qu'il demande.

XLIX

~67~, 18 ao<K. ~VaMcy. Seignelay à Desclouzeaux. Faire partir d'Amblimbnt. Idem, p. 213.

Je vous envoye cy joint un paquet adressant au sieur d'Amblimont; contenant diverses despesches pour M. de Baas et les capitaines des vaisseaux du roi qui sont aux isles de l'Amérique. Ne manquez pas de presser ledit sieur d'Amblimont de se remettre en mer pour s'en aller auxdites isles, en prenant sous son escorte les vaisseaux marchands qui se trouveront en estat de faire ce voyage.

SEIGNELAY.

L.

Y673, .87 août. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Ne pas donner trop d'argent aux matelots. Dumont envoie des marchandises. Idem, F. 20~. Je seray bien aise de voir l'estat de la distribution que

1. Georges Pelizzari trésorier de la marine depuis 1662. (JAL, Z)H Q~MM~, I, 231-232; Dictionnaire, p. 332.)

2. Les Ordonnances, règlements, brevets et de'cMMM.! (1690-92) contiennent plusieurs états et rapports de la visite et de la vente des prises. (~c/ncM l'inspection).


vous aurez faits tant qu'au sieur Languillet 1 qu'aux matelots revenus des Indes sur le fonds de douze mil livres qui a esté remis à Rochefort auparavant que vous fassiez toucher ce qui pourra rester de ce fonds aux femmes des matelots dont tes marys sont en Perse.

A l'égard des soldats qui seront embarquez sur la pinasse, il faut que vous leur fassiez donner des habits et tout ce qui leur sera nécessaire mais observez de leur faire donner le moins d'argent qu'il se pourra, et de faire embarquer le suplément d'une année de leur solde sur la dite pinasse. 2,. Al'esgard des marchandises que la compagnie des Pyrénées doibt fournir, le sieur Dumont me marque, par sa lettre datée de Toulouse, le d~e de ce mois, que toutes les marchandises qui restoient à fournir par ladite compagnie ont esté chargées à Bayonne pour Brest, Rochefort et le Havre à l'exception de huict gros mats qui sont incessamment en ladite ville de Bayonne.

J'ay esté un peu surpris qu'il ayt esté embarqué un si petit nombre de canons de Nivernois sur les vaisseaux qui ont esté armez à Rochefort. Il est bien important d'y en mettre davantage à l'advenir et de s'appliquer à donner de la réputation à cette manufacture.

COLBERT.

LI.

~67N, 23 <M<K. Nancy. Seignelay à Desclouzeaux. -Idem, p. 22~. Il est nécessaire que vous donniez au sieur Gabaret la dépesche cy jointe pour la rendre au chevalier de Chasteaurenault. Ne manquez pas de faire partir ledit sieur Gabaret, 1. Mathieu Languillet, enseigne en 1666, lieutenant en 1678, capitaine de frégate en 1689, de vaisseau en 1693. Mort le lA août 17U. 2. Se montrer économe, ne pas oublier la fosse aux màts, s'occuper de la flotte de Chasteaurenault.


àussytost qu'il aura pris les vivres que vous avez eu ordre de luy faire fournir, pour demeurer en mer jusque à la fin de l'année.

SEIGNELAY.

LU.

<675, 23 août. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Désarmer les vaisseaux remettre an trésorier les fonds apportés par Gabaret. Il faut apprendre aux officiers à obéir. 7~m, p. ~23.

.Je vous envoyeray.incessamment une copie des ordres qui ont esté envoyez à M. le vice-admiral pour le désarmement des vaisseaux qu'il commande. Cependant préparez tout ce qui est nécessaire pour cela. A l'égard de la frégate de trente pièces que des marchands de Bourdeaux proposent de vendre, il ne faut point acheter de vaisseaux faits, et il est nécessaire seulement que vous conduisiez les maistres charpentiers qui sont à Rôchefort en sorte qu'ils bastissent bien. 1 Vous pouvez faire mettre la fluste la Rocheloise en ponton'; mais il est nécessaire que vous empeschiez de condamner légèrement aucun bastiment et mesmes que vous cherchiez tous les expédiens possible pour les conserver longtemps.

Comme le sieur Gabaret doibt estre à présent arrivé, ne manquez pas de faire remettre les fonds dont ledit Gabaret aura esté chargé entre les mains du trésorier de la marine et de m'en envoyer un certificat. Il doibt y avoir près de quatre-vingt mil livres, desquels vous pourrez vous servir pour les dépenses ordinaires du port. Je suis surpris que le sieur de Bleor n'ayt pas exécuté les ordres qui luy ont esté 1. Faire partir la pinasse acheter les marchandises travailler à la construction des deux vaisseaux, au radoub des autres faire travailler à la corderie et à la forge aux ancres réunir les màts nécessaires envoyer des vivres aux îles.


donnez en relaschant à Saint-Antoine. Ne manquez pas de faire un mémoire exact de tous les officiers qui exécutent soigneusement les ordres qui leur ont esté donnez et de ceux qui s'en dispensent, estant important et absolument nécessaire pour le. service du roy d'accoutumer les officiers de marine à obéir.

COLBERT.

un.

~673, 28 <M&t. Sceaux. Colbert à Desclouzeaux. Désarmer le Belliqueux, la Sibille, la Fée. Idem, p. 23~.

J'apprends par votre lettre 'du 2de de ce mois que les vaisseaux le jSg/~M~MX;, la Sibile et la Fée sont arrivez à Rochefort ne manquez pas de travailler incessamment à leur désarmement et en mesme temps de les faire visiter, 1 n'y ayant pas un moment à perdre. pour travailler à leur radoub et pour les mettre en estat de retourner à la mer. COLBERT.

LIV.

1673, 4 septembre. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Pourquoi si peu de matelots enrôlés? Encourager les marchands à venir aux foires. Le roi veut punir sévèrement les déserteurs. Idem, p. 233.

J'ay receu les rolles de matelots dont M. Colbert de Terron prend soin, et je vous advoue que j'ay esté surpris, par l'extrait que vous en avez fait, qu'il n'y ait que 6773 matelots dans. toutes les classes, ne pouvant pas me persuader qu'il y en ayt si peu dans toutes les costes depuis la Bretagne jusques à Bayonne la Bretagne seule en fournit près de 20 mille. 2

1. Ces vaisseaux étaient en si mauvais état qu'ils ne purent servir. 2. Voir, dans les Lettres, instructions et mémoires (t. III, 2e partie, 'f)M-


Il faut que vous vous entendiez avec le sieur Patoulet 1 controleur, pour acheter toutes les marchandises qui seront apportées aux foires de Rochefort propres pour la marine; et pourvu que cela soit conduit avec mesnage, économie et esprit, vous verrez qu'avec le temps ce lieu là se rendra l'estape générale où seront apportées de toutes parts toutes les marchandises nécessaires à la navigation, et ce sera alors que l'abondance fera le bon marché. J'ay escrit à M. Bidé de La Grandville de. donner toutes les assistances qui dépendront de luy au sieur Belcier, pour la levée de cent soldats (de la pinasse) et vous pouvez mesme vous servir de ceux qui sont revenus dans les vaisseaux le Belliqueux, la Sibille et la Fée pour composer ces cent soldats. A l'esgard des quinze matelots qui se sont exemptez du service par leur fuite et que vous avez fait arrester à La Rochelle, vous pouvez les faire relascher en donnant bonne caution de servir et les embarquer sur la fluste l'Eléphant et l'on peut d'autant plus user de cette indulgence que le roy a donné un édit dont je vous envoye copie qui a esté enregistré au parlement de Paris depuis deux jours, par lequel vous verrez que sa majesté veut que tous les matelots enrollez soient punis de mort lorsqu'ils ne se présenteront pas au service, quand ilz y auront esté appelez, et cet édit sera encore fortifié d'une ordonnance dans laquelle sa majesté

<fMC<MM< à Seignelay, p. -tl8-i22) un mémoire de Seignelay sur l'enrôlement des matelots. Colbert écrivit en marge c Cet important mémoire ne s'est pas exécuté, e

1. Cf. Margry Mémoires et documents pour servir à l'histoire des origines ~'ampaiMM des pays d'outre mer. Découvertes et établissements dans l'ouest et le sud de r~meW~we méridionale, Paris, 1879, t. H, p. 27. 2. Ce passage est cité par MM. Viaud et Fleury.

3. Faire partir sur la pinasse tout ce qui sera nécessaire pour radouber les vaisseaux des Indes.


ordonnera que tous les déserteurs seront jugez par les conseils de marine qui se tiendront dans les ports. 1 Je ne vous diray rien du petit bastiment l'~M~MS~ qui a esté vendu XII cents livres, ne doutant pas que vous ne fassiez en ces occasions tout ce qui est de plus avantageux pour le roy.

A l'esgard du charbon de Neufchastel, vous en pouvez acheter s'il s.en présente, mais je ne crois pas que vous deviez vous attendre que l'on en puisse charger sur les flustes qui sont à la suite de l'armée; vous pouvez cependant escrire au sieur Dumont d'en faire descendre par la rivière du' Lot la plus grande quantité qu'il sera possible.

Il n'est point du tout nécessaire de. faire vérifier la déclaration pour les foires de Rochefort à la cour des aydes de Guyenne, attendu que Rochefort est du ressort de la cour des aydes de Paris; et en toutes affaires il ne faut jamais se faire de difficultés sans fondement. 2

COLBERT.

LV.

~673, 8 septembre. Paris. Colbert à Desclouzeaux. Mettre en bon état la fosse aux màts; examiner le Saint-Cosme et ne pas toucher à l'argent qu'il a apporté. Idem, F.

Je ne vois rien de si grande conséquence que d'établir à présent les fosses de Saint-Nazaire en sorte que les masts soient continuellement sous l'eau salée et que vous pouviez tirer facilement ceux dont vous aurez besoin. Il faut faire en sorte par la consommation de renou-

1. Ces conseils se composaient de dix juges. Le prévôt faisait la procédure (Cf. Lettres de Colbert, III, 2e partie, p. H9).

2. Préparer le désarmement des vaisseaux de l'armée, acheter du chanvre pour la corderie, s'occuper de la fosse aux mâts, de la forge, de la construction des magasins, faire partir la pinasse l'Eléphant.


veler les masts tous les trois ans; comme asseurement il y en peut avoir quantité qui ne sont propres aux vaisseaux du roy, en ce cas, il vaut beaucoup mieux les vendre aux marchands que de les laisser pourrir dans ces fosses. 1. Le roy ayant résolu d'envoyer tous les ans deux vaisseaux dans les Indes, il est nécessaire de préparer dès à présent un vaisseau de 40 pièces de canons pour le faire partir dans le mois de mars. Ne touchez pas du tout aux derniers qui seront apportez sur le vaisseau le Saint-Cosme jusques à ce que vous ayez receu mes ordres; etenvoyez-moy un mémoire de l'emplôy que vous voudriez en faire. Faites examiner soigneusement par le conseil de construction ledit vaisseau le Saint-Cosme; et comme il est neuf et que je le crois propre à envoyer dans les Indes, en ce cas il faudra travailler à le doubler. COLBERT. LVI.

Y673, 9 septembre. Nancy. Seignelay à Desclouzeaux. Envoi d'un garde magasin. Idem, p. 247.

J'envoye Silly à Rochefort pour y faire les fonctions de garde magazin, et je vous en donne advis par cette lettre afin que vous le fassiez reconnoistre en cette qualité et que vous commenciez à lui en faire faire les fonctions. 2 SEIGNELAY.

LVII.

~673, septembre. Sceaux. Colbert à Uesctouzeaux. Ne pas caréner encore les vaisseaux. /~M, 249.

A l'égard des radoubs des grands vaisseaux, aussytost

1. Faire partir t'.BMp/MM<; acheter du chanvre préparer le désarmement. 2. Préparer le .désarmement .et le radoub des vaisseaux s'occuper de la corderie et de la forge.


qu'ils seront prest à arriver, je vous feray remettre des fonds; mais je ne crois pas qu'il faille donner carenne à aucun vaisseau q~'au mois de février ou de mars prochain; c'est à vous à examiner ce point avec le conseil de construction. 1 Faites partir Brement. 'l

COLBERT. 3

LVIII.

~673, 13 septembre. Nancy. Seignelay à 1)esclouzeaux. Seignelay écrit à Lombard de s'occuper de l'enrôlement des matelots.- Idem, ~).~3~. J'escris par cet ordinaire au sieur Lombard~ fils de prendre un soin particulier de l'enrollement des matelots de toute la coste de Guyenne et quoique l'édit pareil à celuy ce Paris ne puisse estre enregistré au parlement de Bordeaux qu'à la fin des vacations, cependant je luy ordonne d'y travailler incessamment et d'exécuter ponctuellement tout ce qui est contenu dans ledit édit. Ne manquez pas de faire la mesme chose de vostre costé et d'ordonner au sieur de Verneuil de le faire de mesme dans le département dont il est chargé.

Il me semble que le travail de la forge aux ancres va bien lentement, n'ayant esté fait pendant tout le mois d'aoust qu'un ancre de trois miliers et soudé un autre de treize cens.

SEIGNELAY.

1. Ne pas oubtier Chasteaurenault,'Ies gardes-côtes, les foires de Rochefort, le radoub des vaisseaux.

2. Michel Bremand, capitaine de brûlot, lieutenant de vaisseau en 1665, capitaine de frégate en 1666, mort en mai 1679 (Cf. Lettres de Colbert, I! 1''° partie, 1~ section, p. 553.)

3. En post-scriptum; Colbert recommande de s'occuper d'enrôler des matelots, de ne pas oublier ce qui a été ordonné au sujet de l'argent apporté par le Saint-Cosme, et de punir les déserteurs.

4. Joseph Lombard, commissaire de la marine à Bordeaux en '1671, commissaire général en 1688.


LIX.

4673,/5 septembre. Sceaux.-Colbert à Desclouzeaux. Chercher des vaisseaux pour faire des brulôts. Envoi de lettres que d'Amblimont emportera. –7~m,F..864.

Si le Saint-Cosme est propre pour le voyage des Indes au mois de mars prochain, ne manquez pas de faire travailler promptement àr le mettre en estat.

Il est nécessaire de chercher avec soin partout des vaisseaux de cent cinquante à deux cens tonneaux un peu vieux poup servir de bruslots et éviter par ce moyen que les meilleurs vaisseaux ne se bruslent. 1 Ne manquez pas de faire remplacer au sieur d'Amblimont les matelots qui ont déserté et qui sont morts sur son bord et de luy donner le duplicata des lettres cy jointes que j'escris à M. de Baas aux sieurs du Lyon et du Ruau-Pallu, 3 affin qu'il leur rende à son arrivée dans les Isles.

COLBERT.

LX.

-f675, <8 Mpt~Mt~. Sceaux. Colbert à Desciouzeaux. Donner te .B~Mt~MeM.x à Chasteaurenault. Tout le fil doit être fait à Rochefort. Escorte des vaisseaux. Solde des matelots. Indemnité due à Labat. Idem, p. 267. Si vous croyez que le .S~~MCM~ puisse estre plustost remis en mer que le vaisseau du chevalier de Chasteaurenault, il est bien important que vous le teniez en estat, en sorte que ledit chevalier n'ayt qu'à verser son équipage et embarquer 1. Faire partir d'Amblimont pour les Indes, qu'il escorte les bâtiments marchands, que Chasteaurenault reparte le plus tôt possible.

3. Gouverneur de la Guadeloupe. Etait-il de la famille Rochelaise du même nom ?

3' Directeur de la compagnie des Indes.


les vivres nécessaires sur ce vaisseau pour remettre à la voile. J'approuve la proposition que vous me faites sur le sujet des quinze matelots qui sont prisonniers à La Rochelle mais à l'égard des deux qui méritent un chastiment exemplaire, il sera bon de les faire punir et pour cela de faire assembler le conseil de marine.

A l'égard du fil que vous proposez d'acheter à La Rochelle, il ne faut pas y penser, l'intention du roy estant que tous les cables et cordages qui servent à l'armement de ses vaisseaux du port de Rochefort soient filez dans ladite corderie.

J'ay veu l'extrait que vous m'avez envoyé de la reveué des officiers et matelots qui estoient sur le Saint-Cosme et le Cygne-Blanc. Vous devez observer qu'il ne leur faut faire payer que la moitié de ce qui peut leur estre deub jusques à ce que l'on ayt receu les comptes du commissaire qui est à la suite de l'escadre des Indes; et à l'égard des 18 matelots qui ont servy sur le vaisseau le Saint-Jean, j'ay donné advis au directeur de la compagnie des Indes Orientales qu'ilz sont arrivez à Rochefort, afin qu'ilz ayent soin de les taire payer pendant le temps qu'ils ont esté au service de ladite compagnie et pour ce qui est du temps qu'il sont servy sur les vaisseaux de sa majesté, vous pouvez les faire payer sans difficulté. Je suis bien aise que le sieur de La Clocheterie soit de retour de Fayal avec l'équipage du vaisseau le F~Mco~. Après que toutes les armes et

1. Voir la lettre de Colbert à Patoulet (t. III, i' partie, Ira section, p. 499-501. a A combien revient au roy la livre de cordage ? si on continue de les faire à la journée du roy, il est impossible qu'ils en coustent au roy davantage que si on les achetait tous faits et je ne sçais mesme s'il est bien cer)nin qu'ils soyent meilleurs. Il faut chercher avec soin trois choses prineipates la première, c'est le bon marché la deuxième, la perfection la troisième d'en attirer la fabrique au dedans de l'arsenal. )) (Paris, i7 juillet 1673). 2. Ne pas donner plus qu'il ne faut aux femmes des matelots de l'escadre de Perse.


munitions qui ont esté embarquées sur le vaisseau qu'il commande auront esté déchargées, travaillez promptement à faire espalmer. Examinez s'il ne sera [pas] plus advantageux au commerce des sujetz du roy de faire escorter par ledit La Clocheterie jusques hors des caps, les vaisseaux qui iront aux isles de l'Amériques que de l'appliquer à l'escorte des vaisseaux qui sortiront de la rivière de Bordeaux. Le sieur Louis Allaire, marchand de La Rochelle, m'a donné advis que le commis du trésorier de la marine a fait difficulté de luy payer les 3000 livres dontj'ay donné l'ordre, il y a deux ou trois mois; et comme il est deu au sieur de Labat, consul de la nation française à La Terceire, la somme de 5367 1.14 s. suivant le compte arresté par le sieur de Montortier avec lesquelles les dits 3000 1. doibvent estre payez, ne manquez pas de tenir la main à ce que ces deux sommes soient promptement acquitées et observez, lorsque vous ferez le décompte aux matelots de l'équipage dudit vaisseau le Faucon, de leur déduire ce qui leur a esté payé sur leur solde par ledit de Labat. Ne manquez pas de tenir la main aussy à ce que la somme de 655 livres 7 sols que ledit de Labat a payée pour les vivres qui ont esté fournis aux matelots de la frégatte commandée par le sieur de Boineau, soit remboursée par ledit munitionnaire.

COLBERT.

LXI.

~67~. 28 Mpt<M~. Sceaux.–Co)bert a Desdouzeaux. Ordres pour l'équipement de la pinasse. De Terron retourne à Rochefort. Idem, p. 275. Vous avez bien fait de retrancher de la charge de la pinasse les mèches, puisque le sieur Barbaut vous a asseuré qu'il y en avoit dans les Indes. A l'égard des masts, il me semble qu'il n'y a rien qui soit plus nécessaire, mais je veux croire que vous vous en estes informé du mesme-ca-


pitaine Barbaut. Donnez au chevalier de Chasteaurenault le Belliqueux au lieu du Fo~.

J'attends le rapprt de ce dernier vaisseau et du jSn//aM/. M. de Terron sera dans peu à La Rochelle. 1

COLBERT.

LXII.

4673, 23 novembre. Nancy. Seignelay a ))csc)ouzpaùx. Préparez

le désarmement des vaisseaux faites partir La Borde. Etablissement d'hôpitaux maritimes. Idem, p. 279.

M. le comte d'Estrées devant bientost rentrer dans la Manche pour venir désarmer à Brest et renvoyer à Rochefort tes vaisseaux qui y ont esté armez, vous devez préparer dès à présent tout ce qui peut contribuer à la diligence de leur désarmement. Le roy ayant donné le commandement du vaisseau le J9W/~M~ au sieur de La Borde, il partira incessamment pour aller à Rochefort; ne manquez pas de mettre ce vaisseau en estat et à restablir son équipage. 3 SEIGNELAY.

Vous trouverez ci-joint un règlement que le roy a fait pour- l'establissement des hospitaux dans les principaux arsenaux de marine et les récompenses aux officiers, mariniers, matelots et soldats qui seront estropiez sur les vaisseaux de guerre de sa majesté, à l'exécution duquel vous 'tiendrez la main et le ferez afficher à Rochefort. 4 1. Les mâts qu'enverra Dumont flotte de Chasteaurenault le Saint-Cosme l'enrôlement des matelots; désarmement des vaisseaux fosse de Saint-Nazaire. 2. Désarmement, revue des équipages, visite des vaisseaux, déserteurs Chasteaurenault. Faire partir'd'Amblimont.

3. Cette phrase est de la main de Seignelay.

4. M. Lefèvre ne cité pas ce règlement dans son Histoire du service de santé de ~MiM'Mte (Paris, J.-B. Baillière, 1867). Les actes de l'état civil (Registres de baptême) nous donnent les noms de Jacques Charpentier, maistre chirurgien (14 novembre 1672) Louis Morineau, maistre apotiquaire,

21


Lxin.

1673, 25 septembre. Sceaux.- Colbert à Desclouzeaux. Envoyer prendre tes marchandises à Nantes ne pas faire une seule adjudication. Mem, F.2S3.

Vous pouvez vous servir de la fluste le Cy~e Blanc pour aller à Nantes charger toutes les marchandises qui y sont. Vous avez bien fait de m'envoyer copie du procès-verbal d'adjudication de 300 milliers de chesnes de Lanion mais vous devez travailler à attirer un plus grand nombre de marchands, parce qu'il y a beaucoup d'apparence que c'est le mesme marchand qui fait tous ces marchez. 2

COLBERT.

LXIV.

<67g, 27 septembre. Sceaux. Colbert à Desclouzeaux. Vériuer l'état des fournitures envoyé par Dumont. Idem, p. 287.

Je vous envoie cy joint un mémoire des munitions que le sieur Dumont a fourni cette année dans les magasins de Rochefort suivant l'advis qu'il m'en a donné. Ne manquez pas de vérifier. COLBERT.

servant la marine à Rochefort (10 décembre 1 674) Simon Feré, chirurgienmajor (13 janvier, 24 juillet, 12 et 16 septembre 1697); Pierre Laferme, chirurgien entretenu (18 janvier 1697) Bouchillon, sieur de Fondalon, chirurgien-major (17 juillet 1697); Jean Volivert, chirurgien-major (24 juillet 1697) Pierre Thoumaseau, maistre apotiquaire (25 août 1697) Ribouille, chirurgien (26 août 1697) Neys, chirurgien (12 septembre 1697) Jean Germain, chirurgien (3 octobre 1697); Chevillon, chirurgien-major (4 décembre 1697) Cabanes, apotiquaire (2 janvier 1698) Nicolas Dufour, chirurgien (27 janvier 1698), etc.

1. Colbert voulait que l'on fit les adjudications par petites quantités il n'aimait pas que Gallon fournit tous les chanvres (Lettres, H, 1" partie, Ire section, 1~ mai 1671).

2. Donner le Belliqueux à Chasteaurenàult. Faire partir Gabaret, Brament et d'Amblimont. Radoub des vaisseaux le Saint-Cosme, t'.M~A<M<.


UN LIVRE DE RAISON

1639-1668

JOURNAL DE SAMUEL ROBERT, LIEUTENANT PARTICULIER EN L'ÉLECTION DE SAINTES

Publié par M. GASTON TORTAT.

Au greffe du tribunal de Saintes, avec les archives du présidial, existait un volume in-folio relié en basane de 34 centimètres de hauteur sur 23 de largeur, aujourd'hui déposé aux archives départementales de la Charente-Inférieure, E, 113. H se compose de 2 feuillets non paginés, puis de 160 feuillets numérotés, d'un nombre à peu près égal de pages entièrement blanches, enfin de 30 feuillets qui commencent à rebours. Il s'en faut de beaucoup qu'un quart même de ce gros registre soit écrit. Un certain nombre de pages semblent avoir été arrachées. H y a un vide dans la reliure. De plus on lit sur la feuille de garde « J'ay détasché ceste pièce de son registre sur la prière qui m'en a esté faite par M. C. C. Détaché pour M. de La Rigaudière, 1715.

Dans son Rapport sur les archives de la mairie et dit greffe dit palais de~MS<îce de SatK< en 1862, M. le baron Léon de La Morinerie appelait spécialement, l'attention sur ce manuscrit, véritable livre de raison qui servait à inscrire les affaires domestiques de Samuel Robert, lieu tenant particulier de l'élection de Saintes. «Samuel Robert, disait-il, était ce qu'on appelle un curieux. Il avait pris le goût des choseslittéraires chez son parrain, Samuel Veyrel. Il aimait à consigner dans sa correspondance, dans ses registres journaliers, les événements politiques de son temps, jusqu'aux circonstances les plus intimes de sa vie. s Après avoir parlé de la curieuse correspondance de Samuel Robert, en 1650 et 1651, dans laquelle, parait-il, on suit dans tous ses détails l'histoire des guerres de la fronde en Saintonge, et fait espérer la publication de cette correspondance qui paraîtra dans un des prochains volumes des Archives,M. de La Morinerie constatait que le manuscrit qu'il venait de découvrir au


palais de justice, < sans présenter l'intérêt soutenu de son journal épistolaire, n'est pas dénué de valeur historique. » Le volume actuel qui commence par les deux bouts se compose de deux parties distinctes: l'une, « ce second papier a, de beaucoup la plus considérable, n'est, à proprement parler, qu'un livre de comptes divisé par mois. Sous chaque mois, sont inscrites les mentions de créances, de recettes et de dépenses, de ventes et-d'achats; c'est la plus volumineuse mais aussi la moins intéressante. Quelques notes y ont été mises postérieurement. Elle commence au 1~ octobre 1647. Nous y relèverons seulement l'entête « Au nom de Dieu soyt. Ce second papier et journal contient toutes les affaires tant générallës que particullières qui concernent nostre maison et qui sont mantionnées dans mon premier commancé le premier de novembre mil six centz trante neuf ayant par celuy cy un mesme zelle et invoqué le sainct esprit pour la conduite d'icelles; que je prie Dieu qu'elles finissent avec son assistance. Auxquelz papiers je désire et entaridz qu'il soyt ajousté foy en tout et partout comme estant le contenu en iceux véritable. Pour d'autant plus l'asseurer ainsy à ceux qui y auront intérest, je l'ay derechef escript et signé de ma main par justes considérations qui m'y ont meu, ce premier jour d'octobre mil six centz quarante sept. ROBERT. o Suivent quelques mentions relatives à son mariage et à ses enfants. On les trouvera à la suite de celles qui concernent le reste de sa famille, dans la première partie du manuscrit, qui, seule, mérite de faire et fera l'objet de notre publication. Cette autre partie, commencée en 1639, est écrite en sens inverse de la seconde, et a été continuée, à partir du 10 août 1665 jusqu'au 18 août 1668, par son fils. A la suite de quelques détails sur ses parents, ses frères et sœurs, Samuel Robert y consigne son mariage et toutes ses affaires domestiques, payements, contrats, procès, etc., en y mêlant la relation de quelques événements qui l'intéressent et de ses luttes pour se faire recevoir échevin de Saintes, et plus tard lieutenant particulier en l'élection, malgré les oppositions qu'on lui suscitait, vu sa qualité de réformé. C'est précisément à partir de l'époque à laquelle doit commencer sa correspondance (1650), que le journal devient moins intéressant; c'est à peine si quelques épisodes saillants des guerres de la fronde y sont racontés très laconiquement.

Après avoir reproduit les détails de famille contenus dans~ le manuscrit, on a extrait tous les articles qui semblaient pouvoir offrir un mtéret Quelques uns, relatifs aux payements des impôts ou des pasteurs de l'église réformée, se répétant chaque année, ou~e


résumés en note, ainsi que la relation fastidieuse d'un procès en séparation de corps on a hardiment retranché toutes les mentions de paiements, de dettes, de prêts, faits sans importance. Une série de points remplace les passages supprimés.

Je n'ai point eu l'intention de faire une biographie de Samuel Robert. M. de La Morinerie a promis, en 1862, de la joindre à la correspondance que la Société publiera dans un de ses prochains volumes. Mon seul but a été d'essayer de conserver certains passages de son journal qui peut-être paraîtront intéressants.

L'orthographe de Samuel Robert est irrégulière. Il écrira tantôt « vaillant », tantôt "allant tantôt « décédé », tantôt déceddé" neuf fois sur dix, il écrit dit, fait et non pas « dict, faict s aussi ai-je écrit ces mots « dit, fait », lorsque je les trouvais en abréviations dans le manuscrit. Il se sert toujours d'abréviations pour le mot chacun », sauf deux fois où il l'écrit'~ chescun j'ai donc adopté partout cette dernière leçon. Enfin, j'ai rétabli entre crochets quelques mots qu'il avait omis et qui étaient absolument nécessaires pour le sens de la phrase. Nous remarquerons que le premier papier mentionné dans l'entête de la seconde partie du manuscrit doit probablement s'entendre non de la partie que nous publions et qui est désignée ainsi « <'aM<t'e costé du présant papier », mais d'un autre registre qui devait commencer au 1" novembre 1639 et qui n'a pas été retrouvé. Le Journal de Samuel Robert, qui va de 1639 à 1668, fait un peu la suite du Diaire. de son coreligionnaire Jacques Merlin, qui a été publié dans le tome V, 63-380, des Archives.


A[u] N[om de] D[ieu] S[oyt.]. C'EST L'ESTAT OU MÉMOIRE

PARTICULIER DE TOUTES LES AFFAIRES QUI NOUS CONCERNENT, SUIVANT LES TEMPS QU'ELLES SE SONT PASSÉES ET ADVENUES. 1639.

Mariage de mon ~Ro~e~ PremièrementJehan Robert, mon grand père, a esté marié avecq Elizabeth Bouffard, ma grand mère, par contract du sixiesme septembre 1571, signé Marionneau, notaire royal à Xainctes. Mariage de mon grand père DMjo~M.–Semblablement Jehan Duplessis, mon grand père maternel, a esté marié avecq Anne Bernard, par autre contract du die décembre 1570, signé Duc, notaire à Taillebourg.

~rM~ de ~OMMCMy mon père et de madame ma ~!<?rc.–Le septiesme mars 1599, a esté fiancé maistre Jehan Robert, advocat, mon père, fils desdits Jehan Robert, et Elizabeth Bouffard, avecques Anne Duplessis, ma mère, fille desdits Duplessis et Anne Bernard, par contract signé Jameu, notaire royal; et le 24e octobre audit an 1599, ont esté espouzés à Taillebourg, par monsieur Bonnet l'esné, ministre de la parolle de Dieu, suivant le mémoire ataché à mon autre papier escript et signé de la main de mondit père, qui contient aussy l'aage et noms des enfans qu'ilz ont heu; et sont tous lesdits contractz de mariages escriptz en parchemin en mon cofre, avecq le mien et ceulx de mes frère et sœur, et les tiltres et enseignemens concernant les afaires de ceste maison et familhe et autres acquisitions mantionnées en ce papier.

L'aage et noms de leurs enfans. Duquel mariage sont issus les enfans dont l'aage et noms s'ensuit

Anthoyne. Le 6e de novembre 1600, heure d'une du matin, est né Anthoyne Robert et a esté baptizé le dimanche


après, 12e desdits mois et an, au lieu de Bussac, par monsieur Bonnet Fesné, ministre de la parolle de Dieu son parrin est sire Anthoine Martineau, marchant, et Elizabet Bouffârd, sa marrine. Esther. Le vandredy dernier jour de novembre 1601, sur les neuf heures du matin, est née Esther Robert; et le dimanche 9e décembre audit an, a esté baptizée audit lieu de Bussac, par ledit sieur Bonnet, ministre, et présantée au baptesme par Thymotée Deschamps, marchant, et Esther Martineau, femme de maistre Jehan Gobeau, procureur au siège présidial dudit Xainctes, ses parrin et marine; et a esté mariée avecq maistre Jehan Buhet, advocat, par contract du 3e novembre '1623 signé Melon, notaire royal et est déceddée un mois après. Luc. Le lundy 20e septembre 1604, entre deux et trois heures après midy, est né Luc Robert, et baptizé au temple neuf de SainctVivien par le sieur Rivet, ministre de Taillebourg, et présanté au baptesme par maistre Luc Roy, sieur de Gerlac et procureur audit siège, et damoiselle Françoise Lebrethon, femme de noble homme monsieur maistre Françoys Queu, escuyer, sieur de Marignac, et conseiller audit siège, ses parrin et marrine et est déceddé au mois d'octobre ensuivant. Jehan. Le lundy 24e novembre 1605, entre six et sept heures du matin, est né Jehan Robert, et baptizé le mesme jour audit temple Sainct-Vivien par le sieur Petit l'eshé, ministre et ont esté ses parrin et marrine Jehan Deschamps, marchant, et Elizabeth Duplessis; et a esté marié avecq Anne Thomur, par contract du 24e janvier 1633, signé Richard dont ils ont heu deux enfans et deux filles et est déceddé le 24e aougst 1645. ~.M~e Jehan. Le dimanche 3e septembre 1606, est né l'autre Jehan Robert; et a esté baptizé par ledit sieur Petit, audit temple Sainct-Vivien; et ont esté ses parrin et marrine maistre Marc Chauvet, procureur, et Andrée Duplessis, vefve de Jehan Guyet, marchant et le mesme jour est déceddé sur les dix heures du matin, après avoir receu le baptesme. Pierre. Le mer-


credy vingt deuxiesme octobre 1608, entre les huict et neuf heures du soyr, est né Pierre Robert et a esté baptisé le dimanche ensuivant, 26e dudit mois, par ledit sieur Petit; présanté par sire Pierre Sauxay, marchant, et Yzabeau Bouffard, son ayeulle, ses parrin et marrine. Samuel. Le vingt cinquiesme janvier 1610, est né Samuel Robert, environ l'heure de midy et a esté baptizé, peu de jours après, par ledit sieur Petit, ministre, et présanté au baptesme par Samuel Veyrel, maistre apotiquaire, et honneste femme Marguerite Raoul,- femme de maistre Pierre de La Roche, procureur audit siège; et a esté marié avecq damoiselle Magdelayne Merlat, par contract du 17e jeuillet 1639, signé Melon, notaire royal. Daniel. Le pénultiesme de jeuiHet 1612, environ les six heures du soir, est né Daniel Robert, et baptizé, le jeudy ensuivant, par ledit sieur Petit, et présanté au baptesme par maistre Daniel Roy, advocàt, et damoiselle Françoise Jallays, femme de Thomas Lebrethon, escuyer, sieur des Ramades; mort à Paris, le lundy, dernier de décembre 1635, après avoyr parachevé ses estudes en médecine. Autre Pierre. Il y a heu un autre enfant, nommé Pierre, après ledit Daniel.

Mariage dudit Samuel. –Le 17e jeuillet 1639, je ledit Samuel Robert, filz desdits maistre Jehan Robert, advocat, et Anne Duplessis, ay fiancé Magdelayne Merlat, fille d'honnorable homme maistre Hélie Merlat, advocat en la cour, et de damoiselle Catherine Sarrazin, par contract receu par Melon, notaire royal de ceste ville de Xainctes, par lequel mondit père m'a constitué en dot avecq madite mère la somme de 20,000 livres, et lesdits sieur.Merlat et Sarrazin à leur dite fille, la somme de 6,000 livres, le tout en attendant la future succession desdits pères et mères. Et le quinziesme

1. Samuej Veyrel, l'apothicaire, antiquaire, d'une famille originaire de Périgueux.


aougst ensuivant, jour de la feste nostre Dame, que expiroit l'aage de seze ans de ma maistresse, avons esté espousés par monsieur Baduel, ministre de la parolle de Dieu, en Féglize de Mirambeau, au chasteau dudit lieu, où le temple est et l'exercice de la religion.

Duquel mariage sont issus les enfans dont l'aage et le nom s'ensuyt;

Jehan,. Le huictiesme septembre 1640, est né Jehan Robert, et a esté présanté au baptesme par lesdits maistre Jehan Robert et damoiselle Sarrazin, ses grand père et grand mère, par devant monsieur Druel, l'un des ministres de ceste églize, au lieu de Sainct-Vivien, où est nostre temple; et a esté donné à nourrir à Guillemette Audoüyn, femme de Gérosme Alayre, maistre menusier dudit lieu de SainctVivien, moyennant la somme de soixante livres par an. R~c, mort. -Le trantiesme may 1643, jour de vandredy, entre dix et unze heures du matin, est né Hélie Robert,'et a esté baptizé le huictiesme juin audit an par ledit sieur Dr uel; son parrin est ledit sieur Merlat, son grand père, et sa marrine honneste femme Anne Thomur, femme de maistre Jehan Robert, advocat, mon frère, et a esté mis an nourrice le 3c dudit mois ches Michelle Chobellet, femme de Jacques Poussard, maistre masson, moyennant la somme de'48 livres par an. Le 2dc desdits mois et an, le petit est déceddé entre minuit et. une heure, et le landemain enterré au cimetière de Sainct-Vivien.

Je~M~. Le dix neufiesme jeuillet d643, jour de dimanche, entre deux et trois heures après midy, est née Jehanne Robert, et baptizée le vingt sixiesme dudit mois par ledit sieur Drue!, ministre son parrin est mon frère, maistre Jehan Robert, advocat, et sa marrine, ma belle-sœur, Jehanne Merlat, le landemain a esté donné à nourrir à Jehanne Ëstourneau, femme de Jehari Nouel, laboureur à bœufz de la paroisse de Sainct-Georges des Cousteaux, à laquelle on a promis par chescun an la somme de 36 livres s


et une payrè de souliers. Le 3e jeuillet 1650, ladite Jehaniie est déceddée à Nieuil-le-Viroul, ches monsieur de La Roche. Magdelayne. Le jeudy matin à huict heures, premier jour de septembre 1644, est née Magdelayne Robert, nostre fille, et a esté baptizée le dimanche matin, quatriesme dudit mois, par maistre Théophille Rossel, l'un de nos ministres son parrin est honneste personne Pierre Thomur, maistre chirurgien, et sa marrine honneste femme Amice Collineau, vefve de honnorable homme Jacques Fourestier, marchant banquier; et a esté baillée à nourrir à ladite Chobellet, femme dudit Poussard, moyennant la somme de 48 livres par an.

Pierre. Le dixiesme d'aougst 1646, jour de Sainct-Laurans, à unze heures du matin, est né Pierre Robert, et a esté baptizé le dimanche au soyr, dousiesme dudit mois, par ledit sieur Druel, l'un de nos ministres son parrin est honnorable homme Pierre Lecomte, sieur du Boys, advocat en la cour, et sa marrine damoiselle Suzanne Deschamps, femme de honnorable homme IzaacRangeard, nos cousins et cousine le mesme jour, il a esté donné à nourrir à Jehanne Robert, femme de Jehan Arnaud, maistre, sarger du lieu de la citadelle, moyennant 48 livres par an. Le XXIe febvrier d649, jour de dimanche, ledit Pierre est déceddé sur les cinq heures du soyr, monsieur Rossel présant, ma sœur Thomur et nous.

Daniel. Le premier demayl648, jour de vandredy, entre trois et quatre [heures] du matin, est né Daniel; lequel a esté baptisé audit temple Sainct-Vivien par maistre Théophille Rossel, le susdit jour au matin, et présanté au baptesme par honneste personne Daniel Angibaud, maistre apotiquaire, et Elizabet Merlat, ma belle sœur. Le

1. La famiUe Robert de Rochecouste se rattachait peut-être à celle de Samuel Robert. (.E~M, documents et extraits relatifs !<: ville de Saintes,


18e jour desdits mois et an, ledit Daniel est deceddé entre 7 et 8 heures du matin, madamoiselle Merlat présante; et a esté inhumé le mesme jour au cimetière Sainct-Vivien. 1640.

Déceps de mon père, 1640. Le dimanche, trantiesme décembre 1640, entre huit et neuf heures du matin, est déceddé ledit maistre Jehan Robert, mon père, aagé de soixante sept ans ou environ, ma mère, maistre Jehan Robert, advocat, mon frère, ma femme et moy présens et a esté inhumé le landemain entre neuf et dix heures du matin, au cimetière de ceux de nostre religion, proche la porte Evesque,, ainsy qu'il l'avoyt désiré par son testament et dernière volonté, passé mutuellement avecq madite mère, le 2~e dudit mois, environ une heure après midy, que luy mésme me dicta, nous seulz et l'a passé monsieur Mongrand, notaire royal de la ville de TaiIIebourg;par lequel ilz donnent à mondit frère pour droict de suplément, et outre les 10,000 livres qu'ilz luy avoyent constitué en dot avecq ses estudes, la somme de 8,000 livres d'une part et 1,000 livres d'autre, et à moy leur maison avecq tous les meubles, ustancilles qui y sont, une estable proche icelle maison, et son office de notaire royal et registres qui en dépendent,~ le tout par précipu

p. 84-85.) Le 26 septembre 1667, une Magdelaine Robert épouse Michel Berthus, (ibid.) C'est peut-être la nièce de Samuel, dont la fille, aussi nommée Magdelaine, se retira au couvent des filles Notre-Dame, le 5 avril 1667. 2. < VsmMe/a:~ à jBo!t~ ~'q/~M notaire ~oy~MMOMp~. Le 27° dudit mois d'apvrit 1650, j'ayvanduFofnce de notaire royal de feu mon père à maistre Jehan Bouffard, sergent royal, moyennant 300 livres qu'il me doibt payer dans cinq ans, pendant lesquelz il m'en payera Fintérest à la raison du denier vingt, par contract dudit jour 27~apvriH650,receupar Corbineau, notaire royal à La Chapelle par lequel contract ledit office m'est spéciallement obligé et affecté; et,' quoy qu'il soyt dict par ledit contract que je luy aydéuvré les provisions, quittances de finance, marc d'or et autres tiltres, je les ay cependant retenus par devers moy pour plus grande asseurance, le-


et advantage, outre et par dessus aussy les 30,000 livre:;) à moy constituées en dot. Le commancement de sa maladie est d'une macheure au bout du gros orteil gauche, de laquelle le sieur Rulleau l'esné, maistre chirurgien, l'avoyt guéry quelques jours auparavant mais il y revint encore mal cinq ou six mois après, où il s'engendra une forme de cangrenne duquel orteil il ne voulut souffrir l'extirpation, dont s'ensuit que le mal gaigna enfin petit à petit audessus la cheville pendant deux mois quelques jours qu'il demeura au lict, ce qui luy causa la mort après avoyr uzé de tous les autres remèdes imaginables et c'est beaucoup plus dire qu'il aye résisté deux mois entiers à une cangrenne invétérée. Ledit Rulleau l'avoyt pensé deux mois entiers; et pour iceux je luy ay payé cent quelques livres, et à Pierre Thomur, maistre chirurgien, qui avoyt esté présant pendant un mois sur la fin, de l'advis de mondit frère, son gendre, la somme de 46 livres, trois sepmaines après ledit décès.

164d

Déceps de ma mère, ~64~Le premier aougst d64d, entre minuict et une heure, est déceddé ladite Anne Duplessis, ma mère, monsieur Rossel, ministre, présant, mondit frère et Anne Thomur, sa femme, et le sieur Angibaud, apotiquaire; que j'avois envoyé chercher, ma femme estant aux champs, au lieu de Bussac; et le landemain, auroyt esté inhumée au cimetière où mondit père l'a esté et proche de luy, suivant dit Bouffard ayant prins des vuidimus. Le landemain, ledit Bouffard s'est fait recevoyr par devant monsieur Marsauld, lieutenant général et pour ce ay presté audit Bouffard (mot en blanc) qu'il m'a promis rendre avec les (mot en blanc) qu'il me doibt d'ailleurs; et partant que ledit Bouffard se comporte comme il doibt envers moy, je ne désire qu'il paye, pendant lesdits cinq ans, intérestz desdites 300 livres. ))


son testament et codicille au pied, des 22e may et unziesme jeuillet audit an, passé par Melon; notaire royal, par lequel elle donne à mondit frère tout le fondz qui luy estoyt demeure par le partage entre elle et nous fait le 10e jeuillet audit an 1641, pardevant Mellon, notaire royal, et à moy toutes les obligations qui luy estoyent demeurées par ledit partage avecq toutes les autres qu'elle avoyt créés du despuis icelluy. Sa maladie accrut tellement despuis le décès de mondit père, que la courte haleyne en laquelle elle estoyt s'augmanta d'une grande emflure par la moytié de son corps en forme d'hidropyzie, despuis la voute' du cœur en bas, sans toutëfïois aucune altération, qui, durant quatre mois, l'auroyt fort travaillée et enfin portée au tumbeau, aagée de 68 ans ou environ.

Payement des ~/o~ mesdits père et m~. Le 20e jeuillet, audit an 1641, j'ay, au nom de mon frère et de moy, payé à honorable homme Paul Baudouyn, sieur de Boisron, et l'un des anciens de l'églize de Taillebourg, comme ayant charge de tout le concistoyre d'icelle, la somme de soixante livres léguée par le testament de mesdits père et mère mutuellement fait, cy dessus mantionné. Comme aussy le mesme jour, mon frère et moy avons payé à honnorable homme Théophille Rossel, l'un de nos ministres en ceste églize de Xainctes, la somme de soixante livres, aussy à luy léguée par ledit testament dont du tout ilz ont donné quittance au pied de la minute dudit testament.

Le landemain, 24e dudit mois de jeuillet, audit an 1644, je me serois transporté avecq monsieur Mongrand, notaire, qui a passé ledit testament de mesdits père et mère, et ce au temple de Sainct-Vivien, en la chambre du concistoyre, après l'action de t'après dinée, où estoyent assemblés messieurs Rossel, ministre, maistre Pierre Sauxay, advocat, Combaud, Jacques Fourestier, marchant, Thomur, chirurgien, Raboteau et Besnard, ausquelz j'auray payé la somme de quatre cens cinquante livres, moytié des neuf cens por-


tés audit testament et légués audit concistoyre, dont ils ont donné quittance au pied de la minute dudit testament mutuel, sans préjudice des 450 livres restans deubz par mon frère, qu'il a despuis payé. J'ay donné audit Mongrand une pièce de 58 sols, et m'a fait l'honneur de prendre ses repas céans.

Mort de mon nepveu Robert. Le 21e d'aougst audit an '1641, Samuel Robert, aagé de 5 ans, mon filleul et fils de mon frère, entre unze heures et midy, se seroyt malheureusement noyé au lieu de Bussac, dans la fosse proche de la maison de la borderie qu'ilz ont audit lieu, en se jouant avecq une grelle auquel lieu je me seroys incontinant transporté; où estant, tost après seroyt arrivé messieurs Thomur, Sauxays père et filz, marchans et advocat, attendans monsieur Merllet(?) et Mongrand que j'avoys envoyé chercher sur mon cheval; lesquelz estans arrivés, auroyent fait procès verbal de ce que le petit innocent n'estant encores mort lorsque les nommés Brun, Dadot et Bernard, mestiviers audit lieu, le tirèrent de l'eau, sa mère présante; par ledit procès verbal, il est permis de l'enterrer où il plaira à son père, ce qui auroyt esté fait le landemain au lieu de Taillebourg, au cimetière proche la porte haulte, où nous serions allés.

Fin de 164l.

Déceps de mon frère. 1 Le dimanche à 6 heures du soyr, 27e d'aougst audit an 1645, je suis arrivé de Bourdeaux d'où j'avoys party à minuit en haste, et estant icy apris que, le mercredy auparavant, 23e aougst audit an 1645, mon frère estant malade au lieu de Bussac, d'une fiebvre tierce dégénérée au troisiesme accès en continue, fit son testament audit lieu, par devant Mongrand, notaire royal de Taillebourg,

1. Pour ne pas interrompre ces détails généalogiques, nous mettons ici divers articles qui les complètent et qui se trouvent à leur date dans le manuscrit.


par lequel il crée Anne Thomur, sa femme, tutrice et légitime administresse à Pierre, Jehan, Magdelayne et Elizabeth Roberts, leurs enfans, en par elle les nourrissant et entretenant, et outre luy donne l'uzusfruict de tous ses biens générallement sa vie durant, en par elle faisant invantaire. Lê landemain 24e du présant mois, mon frère est déceddé, sur le soyr, et le landemain inhumé au cimetière de SainctVivien. Le mardy 29e du mesme mois, ma belle sœur auroyt, en présance de maistre Pierre Thomur, son père, Pierre Sauxay, marchant, son oncle, et moy, fait procedder 'audit invantaire par devant monsieur Fleurisson, notaire royal auquel j'auray fort contesté avecq ledit sieur Sauxay, pour l'intérest de mesdits nepveus, pour leur conserver ce que mon frère leur a laissé que j'estime en tout plus de 46000 livres et ceux qu'elle receuillera de son père, plus de 25000 livres. Le 4e septembre ensuivant, nous avons esté à Bussac tous les susdits, où nous avons parachevé ledit invantaire.

Mariage de ma belle s<BMr M~r~~ avec monsieur Priol/<M?<. Le 13e septembre audit an 1646, monsieur, Merlat a fiancé sa fille, Jehanne Merlat, ma belle sœur, avecq honnorable homme Samuel Priolleau, ministre de la parolle de Dieu en l'églize de Pons, filz de Elizée Priolleau, sieur de La Viennerye, aussy ministre de l'églize de Niort, et de damoiselle Marie Martin, par contract passé par maistre Pierre Fleurisson, notaire royal, par lequel ledit sieur Merlat constitue en dot à sa dite fille la mestérie scituée en Germignac, avecq la part et cothité du fief et rantes qui luy apartient au fief du Chastellardz, qu'il a recueilly de la succession de feue madamoiselle Sarrazin, sa belle mère, avecq les fruictz et rantes de l'année présante, et outre, la somme de trois mille livres en obligations, avecq ses vestemens nuptiaux, outre et pardessus la somme de dix sept cens tant de livres que ledit sieur Merlat luy a payé trois jours auparavant ledit contract, qu'il avoyt entre mains et qui avoyt esté


léguée à sâ dite fille par ladite feue damoiselle Sarrazin, sa grand mère, dont ledit. sieur Priolleau se doibt charger ensemble des meubles et autres choses qu'elle a d'ailleurs et lesdits sieur et damoiselle de La Viennerie ont promis à leurdit filz, aussy en attendant leur future succession, la somme de trois mille livres aussy en obligations, et outre luy ont fait don, par précipu et advantage, de ses estudes et livres, et d'ailleurs promis de payer toutes et chescunes les debtes qu'il a faites et crées et qu'il créera jusques à la consommation de son mariage. Et se sont les préparlés fait don, pour gain de nopce, de dOOO livres réciproquement. Le d4e octobre audit an 1646, jour de dimanche, après disner, monsieur Rossel, l'un de nos ministres, les a espousés au temple de Sainct-Vivien, où estoyent présantz lesdits sieurs Merlat, Sarrazin, sa femme, ladite damoiselle Martin, mère, Elizée Priolleau, frère du marié, proposant, Marie Priolleau,- leur sœur, Elizabeth etHélieMerIatz, mes beaufrère et belle-sœur, et ma femme et moy. Le landemain, 15e dudit mois, lesdits mariés ont donné acquit, au pied de leur contract de mariage, audit sieur Merlat; et par la mesme quittance, ledit sieur Priolleau s'est chargé de toutes les autres choses qu'il a reçeu de madite belle sœur, sa femme; et les avons, ledit jour, conduictz en leur maison, à Pons, où nous avons heu un fort mauvais temps et reçeu grande incommodité.

Filleuil Bonniot.-Le mercredy 6e apvril 1650, j'ay présanté au baptesme, dans l'église de Mirambeau, le filz du cousin Bonniot, sieur des Augiers et juge dudit Mirambeau, avecq damoiselle (mot en blanc) Dubouchet, femme d'honnorable homme (mot en blanc) Morineau, sieur de Baudouin et a esté nommé, par monsieur Baduel, ministre, Samuel. Il estoyt né d2 ou 15 jours auparavant.

1. Sur Merlat voir la Biographie de la Charente-Inférieure, article Merlat.


Magdelon.-Le 27e septembre 1651, j'ay envoyé à madamoiselle Merlat cinquante louis d'un escu,'pour employer à la pantion et entretien de Magdelon et au voyage qu'il luy conviendra faire à Niort avec madamoiselle Priolleau, qui nous a fait cest honneur de s'en vouloyr charger pour la faire instruire. Le 9e octobre, audit an, monsieur Merlat a prins la peyne d'amenner de Nieuil ladite Magdelon à Pons et de la mettre entre les mains de ladite damoiselle Priolleau, qui l'a fait mettre dans des bouteilles pour l'emmenner ce mesme jour et partir pour Niort, moyennant quarante escus de pantion par an, suivant le marché qu'il a pieu à ma sœur Priolleau d'en faire, ayant mesme pris la peyne de chercher un homme et un cheval pour la conduire. Elle est sortie de chez madame de La Roche, le 7e dudit mois, qu'eschoyoyt les deux ans qu'elle y a demeuré, dont ilz ont esté entièrement satisfaictz. Dieu veille la bénir et la croistre à toutes vertu.

.Ro&Le 9e janvier 1653, Robert est party de céans pour s'en aller demeurer chez mon cousin Desaugiers, en eschange de son petit fils que, le jour auparavant, il avoyt amenné céans, dont nous sommes demeuré d'acord, à condition que je luy payeray pour Robert 5 livres par mois qu'il conviendra donner à monsieur Nislet, son maistre, pour son instruction, et ledit sieur des Augiers ce qu'il faudra aussy donner pour son fils pour l'envoyer à l'escolle, et d'ailleurs payer ce qu'il faudra chescun pour leur entretien. F~CM~ Veyrel. Le 15e juin, audit an 1653, j'ay présanté au baptesme le filz de monsieur Veyrel, apotiquaire, auquel j'ay donné le nom d'Isaac, à cause que ledit sieur Veyrel avoyt un autre filz qui s'apelloyt Samuel; ledit filz estoyt né le jour auparavant, et a esté baptisé par monsieur Bineau, un des pasteurs de ceste église.

Départ de Robert. Le lundy, 28e octobre 1658, mon fils est party de scéans avecq son cousin Robert, pour aller demeurer avecq luy ches monsieur de Ler pinière, marchant 22


libraire à Saumur, et luy ay [donné] 225 livres, tant pour payer une demie année de sa pantion au prix de 260 livres par an, que pour les frais de son voyage et autres nécessités; il a emporté avecq luy trois habitz et un justeaucorps. d642.

Taille.- Le second jour de janvier mil six cens quarante deux, j'ay payé à monsieur Pyneau, procureur en l'eslection, et à Cothard, huissier, 62 livres 2 solz pour la taille de l'année dernière d64d. taxce mallicieusement faite heu esgard aux autres dudit rolle. Les autres collecteurs sont Geoffroy et Chasseloup, procureurs, pour Sainct-Maur, Guenon et Houllier pour Saincte-Coulombe, Thibaud et Réau pour Sainct-Michel et ont esgallé sur la ville 7400 quelques livres. s~

1. Résumé des mentions analogues contenues dans la suite du journal: Samuel Robert paye, le 30 août 1642, 28 livres pour la subsistance de 1641; le 19 mars 1643, 85 livres pour 1642 le 17 janvier 1644, 50 livres pour le principal de la taille, 35 livres 4 sous 2 deniers pour la subsistance, 5 livres 16 sous 8 deniers pour le voyage de Joubert, député, à Paris par la ville, le tout pour 1643 « qu'il a esté impozé sur la ville, sçavoyr pour le principal de la taille 6000 livres, 453 livres pour le taiHon, 612 livres pour les officiers et 4360 livres pour la subeistance et 286 livres 12 sols & deniers pour les six deniers pour livres plus 800 livres pour les prisonniers, plus 168 livres 10 sols 3 deniers pour le voyage du sieur Joubert, et la somme de 463 livres pour les regetz,. revenant toutes lesdites sommes à 13,143 livres 2 sols 9 deniers pour ladite année 1643. ))

Le 18 janvier 1645, il paye 82 livres 14 sous pour les impositions de 1644, année où la ville a dû payer 8566 livres 1 sou le 7 avril 1646, 71 livres 13 sous 3 deniers dont 39 livres pour le principal de la taille et le reste pour la subsistance des Vallons prisonniers, et autres deniers imposés sur la ville en 1645, montant à 6606 livres le 27 mars 1647, 38 livres pour le principal de la taille, 34 livres 10 sous pour la subsistance et autres impôts de 1646, année où la ville a été imposée de 6783 livres 9 sous 6 deniers en 1650, 97 livres 17 sous 6 deniers pour la taille de 1647, année où l'on a )evé sur la ville 8647 livres 8 sous 6 deniers le 5 mars 1650, 11 livres 13 sous 4 deniers pour le taillon, 23 livres 18 sous 2 deniers pour les commissions de 1648 « sur quoy ils m'ont desduiet la cinquiesmé partie dudit taillon, sui


.Mb/~ <~<? monseigneur Dépernon. Le 8e janvier audit an '1642, monsegnieur Dépernon est déceddé au chasteau de Loche, lieu où le roy luy avoyt commandé de se retirer de sa maison de Plassac, aagé de 89 ans; son corps a passé par ceste ville, le mercredy ensuivant 26e febvrier, acompaghé de madame de La Vallete, sa nore, de ses enfahs, de plusieurs gentilzhommes et quanthité d'officiers, monsieur son filz estant en Angleterre, en exil. Le corps a esté acceuilly au lieu de l'abbaye, où il est arrivé le jour auparavant, par tous les ordres de ceste ville et de tous les corps d'icelle, et porté dans l'églize de Sainct-Pierre, où il a demeuré jusques au lendemain, d'où il est sorty pour aller à Plassac, et de là porté dans sa chapelle de Cadillac, après luy avoyr fait toutes les sérémonies deuhes à un duc et payr de France et coulonnel de l'infanterie françoyse, où l'ordre n'a pas moings esté observé qu'en la conduite de son corps, ornemens de son train, chevaux, mulletz, carrosses et chârriotz, avecq la pompe funèbre deuhe à la mémoyre d'un tel segnieur, de qui la vie incomparable en bon heur au service de celle de quatre roys le rand recommandable à la postérité.

Mort de madamoiselle de May&Mr. Le d4c dudit mois d'apvril 1642, damoiselle Jehanne de Lestang, dame de Magezir, est décéddée en sa maison dudit lieu, aagée de 63 ans elle a esté enterrée le landemain, mardy, au cymetière de Sainct-Vivien.

~M&CM~~Ce et ~M~f~O~ du sieur JoM~Cf~ ? Paris. –Le 22e desdits mois et an (mai d642), j'ay payé aux sieurs Me-

vant la volonté du roy. Ils m'ont taxcé. à 47 livres 10 sols du principal de la taille sur quoy ils doibvent aussy desduire la cinquiesme partie et 57 livres d'ailleurs, qui surpassent ladite taille, que j'ay par cy devant payée et advancées pour le régiment de La Serre qui estoyt en garnison en ceste ville, suivant la délibération de la maison de ville du premier de septembre audit an 1648. [par laquelle] on a promis de nous desduire ce que nous avons advancé pour ledit régiment; » le 18 mai 1651, il paye 31 livres 1 sou pour toute la taille de 1650.


nanteau et Marion l'esné, apotiquaire, un escu d'or de poids va!!ant5 livres 4 solz, pour employer aux frais qu'il conviendra faire par le sieur Joubert, procureur, qui a esté député pour avoyr diminution des 4800 livres qu'on avoyt imposé au conseil sur ceste ville pour l'année d643, suivant la dellibération du corps de ville qui avoyt, puis trois jours, député monsieur Pichon, maire, par devers messieurs les trezoriers de Bourdeaux, desquelz il a seullement obtenu un certifficat ou rëcognoissance de nostre impuissance pour cest enëct, pour le remonstrer audit conseil. w

Mort royne mère Marie de Médecis. Le 3e jeuillet, audit an 1642, entre midy et une heure, la royne mère du roy Louis d3, nommée Marie Demédecis, est déceddée à Coulonne, lieu où elle estoyt réfugiée; son corps a esté montré à tous ceux de la ville, le landemain.

Gazettes. –Le dQe aougst audit an, j'ay entré an pacte et convantion pour recevoyr la gazette avec messieurs Fontenau, Lepau père, Méraudière, Thomas, advocat, Huon, médecin, Sauxay père et Veyrel père, chés lequel on les doibt voyr, sans qu'elles en partent, moyennant chescun 26 solz pour six mois, qui est 52 sols par an, tant pour lesdites gazetes que pour tous les extraordinaires que nous doibt faire aporter Paul Pelletreau, marchant.

Mort de monsieur le cardinal de ~cA~~M. Le quatriesme décembre audit an d642, monsieur le cardinal de Richelieu est mort dans son palais de Paris, aagé de 58 ans, après avoyr gouverné tout cest estat 20 ans. Il a donné au roy cinq cens mille escus et sondit pallais, meubles et pierreries. Le roy a apellé en son lieu monsieur le cardinal Mazarin et messieurs Séguier, chancellier, et de Chavigny, et Desnoyers, conseillers d'estat. Le roy a continué tous les officiers que ledit feu avoyt créés.

1. Noble homme Jehan Pichon; sieur de Coursion, onze fois maire de Saintes.


1643.

Pasteurs. Le lie fébvrier audit an '1643, j'ay payé à monsieur Thomur douze livres d'un costé, pour la taxce des pasteurs, quoy qu'on m'en eust donné 20, et outre d'ailleurs pour une autre rolle de ceux qui ont quité la ville, quarante sols une fois payés. La taxce de monsieur Fon.teneau et la mienne sont esgalles et ce pour l'année dernière e 1642. 1

Mort du roy LoMM ZMe; couronnement de son fils Louis XIIIl. Le jeudy, 14e may, audit an 1643, jour de l'asension, à deux heures un quart après midy, le roy Louis 13e est déceddé en son chasteau de Sainct-Germain, d'un apcès en son corps, après avoyr languy trois mois, aagé de 43 ans non encores révollus, et de son règne 33. Chose merveilleuse et remarquable, que le mesme jour, la mesme aprèsdisnée et environ la mesme heure de l'année 1610, mourut Henry le Grand, son père tous deulx d'éternelle mémoyre ayant délaissé la royne régente avecq deux enfans, l'un desquelz, qui est monseigneur le dauphin, baptizé le 2'le e d'apvril dernier 1643, aagé de 5 ans au 6e septembre 1. Résumé des mentions analogues contenues dans la suite du journal Samuel Robert paye le 24 juillet '1643, 12 livres, même somme en 1644 et '1645, « sur ce desduit les 6 livres que j'avoys cy devant payé et advancé pour payer le droict d'amortissement du marais de l'églize, lequel droict a esté du despuis révoqué par le roy » de 1646 à 1649, 12 livres « quoy qu'il n'y en a présantement (1649) qu'un (pasteur), qui est monsieur Rossel » en 1650, 16 livres au lieu de 12, « attendu qu'on m'a fait cognoistre qu'il manquoyt de fondz pour iceux de 300 livres s en 1652, 18 livres a et d'ailleurs un louis de 34 sols pour faire l'aumosne aux prisonniers du roy qu'on a amené en ceste ville » en 1653 et 1654, 18 livres, de 1655 à 1658,12 livres, de 1659 à 1665,15 livres, et cette dernière année 15 livres pour « les frais et .despance de monsieur Vivier, qui est à Paris. t

Son fils paye 12 livres de 1666 à 1668.

Sont mentionnés comme anciens de l'église de Saintes Barraud, apothicaire, 1646-1649 Vivier le jeune, avocat, 1650 Veyrel, marchand, 1652 Estienne Vivier, avocat, 1653 Raboteau, procureur, 1655-1658 Angibaud, 1660-1665 Rivallaud, 1666-1668.


prochain son parrin est monsieur le cardinal Mazarin, et la princesse de Condé, sa marrine, et fut nommé Louis 14e et couronné le landemain en parlement après la mort de son père, en présence du conseil qu'il luy auroyt pendant sa maladie créé et nommé, qui sont Monseigneur son frère, duc d'Orléans et oncle dudit segneur. dauphin pour chef d'icelluy, et pour coadjuteur monsieur le prince de Condé, à présant grand maistre de France, et pour ministre d'estat ledit segnieur Mazarin, messieurs Chavigny, secrettaire d'estat, Séguier, chancellier, et le surintendant des finances.

D<~M~M~ de messieurs Merlat et ~M Pas pour aller à Paris. -Le 25e dudit mois de jeuillet, audit an 1643, monsieur Merlat est party de ceste ville comme député, avecq monsieur du Pas, maire de ladite ville, par les habitans d'icelle, pour aller vers le rby et luy prester serment de fidélité et luy représanter la grande nécessité du pays. Leur retour. Le 16e septembre audit an, lesdits sieurs Merlat et Dequip, sieur du Pas, sont arrivés de Paris sans avoir rien obtenu, que quelques lettres de recommandation à monsieur de Villemontée, intendant, et quelques espérances.

d644.

Garnison. Le 5e juin, jour de dimanche, 1644, à neuf heures du soyr, est arrivé en ceste ville le régiment de Vervins en garnison, de l'armée de monsieur de Villeroy, dont nous avons heu deux sergens de la compagnie de monsieur du Crey, lesdits sergens nommés Baron etLapierre, lesquelz nous avons logé et payé à raison de 8 sols par jour chescun, jusques au vendredy matin qu'ilz seroyent partis en 1. Arthur ou Arthus de Guip, sieur du Pas, juge bailli de la ville de Saintes, maire en 1643 et 1648.


haste, pour aller en Catelonne où monsieur de La MotheAudancourt 1 a receu héchec.

Vallons. Le 26e novembre, audit an 1644, j'ay payé à monsieur Pelletreau, marchant et collecteur, 5 livres 16 sots 8 deniers, à quoy j'ay esté taxcé pour la commission de. l'entretien et nourriture de 70 à 80 Valons, prisonniers de la bataille de Ro&roy, qu'on nous a envoyé en ceste ville, des 4,000 qui y furent pris prisonniers par le moyen de monsieur le mareschal Gation qui fit gaigner la bataille; ladite commission est pour la demie année escheue à la Sainct-Jehan dernière audit an 1644..

Députation de messieurs Rossel et Soulard (tu sinode à Paris. Le 29e dudit mois de novembre audit' an '1644, j'ay payé à monsieur Thomur, ancien, six livres faisant moytié de ma taxce'pour l'entretien des pasteurs, laquelle demie taxce a esté amassée suivant l'arresté faite en l'églize et ce pour subenir aux fraiz qu'il convient faire pour envoyer monsieur Rossel, pasteur, et monsieur Soulard, advocat, ancien, au sinode qui tient à Paris, et aussy au payement des 500 livres à quoy on a taxcé les marais de l'églize pour les droictz d'admortissement et en demander diminution à monsieur de Lozon, intendant de Bourdeaux, qui en a le party, ou au nommé Coulaud, faisant pour luy; monsieur Lepau, conseiller, est commissaire.

1645.

Horrible tempeste. Misères-de la province. La nuit du sapmedy venant au dimanche, 29 janvier '1645, s'est passé 1. La Mothe-Houdancourt.

'2. Jean de Lauson, seigneur de Lirec., conseiller au parlement de Paris le 8 février 1613, maître des requêtes le 23 mai d622, président au grand conseil, intendant de Provence, puis de Guyenne, gouverneur du Canada de 1650 à 1657, etc. Voir Archives, VM,p.342 et suivantes.


une si horrible et espouvantable tempeste que de mémoyre d'homme il ne s'en est oüy parler d'une semblable, ayant emporté une partie du plomb de la couverture du cloché de Sainct-Pierre de cette ville, descouvert plusieurs-maisons et getté par terre plusieurs cheminées, et à la campagne descouvert plusieurs chasteaux et maisons nobles, desraciné et rompu nombre d'arbres et moulins. Chose inoüye que la mer a esté tellement agitée et esmeüe, que ses flotz ont emporté des bourgs entiers, quanthité de maisons, tant à La Rochelle, Ré, Olleron, Arvert, Marennes, Nieulle, Tallemont, Sainct-Seurin, Sauljoh, Sainct-Jehan Dangles et autres lieux dans les isles, où les grandes bourasques et coups de vants ont emporté plusieurs navires et barques sur les marais et autres lieux plus eslevés et eslongnés de la mer où ils ont demeuré eschoués, rompus et fracassés au nombre de 36, y ayant noyé et perdu quantité de bestail mesmement par ses flotz emporté plus des trois quartz du sel qui estoyt sur les bossis de tous ces marais en grand nombre ceste année, gasté et perdu tous les semés qui estoyent sur iceux, ensemble toutes les vignes et prés desdites contrées, par le moyen de l'eau sallée. Chose encore plus espouvantable, qu'en costes de Chédebois et La Rochelle, on a emporté les hommes noyés à chartées, que la mer y avoyt getté. Estant arrivé plusieurs autres dégatz dont la perte est la ruyne entière de plusieurs familhes et innévitable à ceste province, considéré le piteux et misérable estat auquel elle est réduite parle nombre infiny de mangeries malheureuses qui s'y pratiquent et invantent journellement, ayant l'année dernière esté commise et abandonnée à l'insolance du soldat de l'armée du mareschal d'Aumont qu'on y avoyt envoyé contre la noblesse, et à présant et pour comble de malheur mis le régiment de Brezé en garnison en ceste ville. Tout cela estant de véritables marques que Dieu n'est peu irrité contre nous par les péchés ausquelz tout l'estat est plongé, qui attirent encore sur nos testes de plus rudes chastimens.


Desquels je prie Dieu nous vouloyr, par son incompréhensible miséricorde, garantyr et faire que nous retirant de nos péchés, il retire aussy ses verges de dessus nous, au nom et par le mérite de Jésus-Christ, .son filz unique, nostre segneur.

Vallons prisonniers. Le second de mars 1 645, monsieur Pierre Decombes, 1 conseiller au siège .présidial, mayre et capitaine, et messieurs les eschevins m'ont nommé avecq messieurs Rondeau, advocat, Soulard, procureur. Mage, sieur de Peuvirat, Tasselot, huissier, Pradelle, Paul Pelletreau, Marion, apotiquaire, Collet, marchant, Audier, hoste, Màuduict, Melon, greffier, pour faire nourrir et entretenir pendant un mois les susdits Valons et Espagnols prisonniers de la bataille de Rocroy, au nombre de 70 ou 80. Pour à quoy parvenir, nous avons, lesdits sieurs Rondeau, Soulard procureur, et moy, emprunté pour nostre cothité la somme de 150 livres en deniers de monsieur de Beaussay, receveur, payable dans trois mois, laquelle somme nous -avons, dès le jour inesme, délivrée à la femme dudit sieur Descombes pour nostre sepmàyne, et la distribuer ausdits Vallons. Le 18e décembre, audit an 1645, ledit sieur de Beaussay nous a rendu nostre obligation, luy ayant avecq plusieurs autres habitans signé une quittance du rembursement qui nous a esté fait de ladite somme et autres semblables par le sieur Mauguy, aussi receveur. Le 6e mars audit an 1645, j'ay payé ausdits sieurs Vivier et Lavergne, collecteurs de ceste parroisse de Sainct-Pierre, pour la nourriture desdits Espagnols du passé, la somme de 8 livres 18 sols 6 deniers, suivant leur quittance d'eulx escripte et signée.

GsnM~w.–Le 12e mars audit an 1645,jour de dimanche, est venu loger céans monsieur Midorge, commissaire pour

1. Pierre Bibard, sieur des Combes, conseiller du roi au siège-presidia) de Saintes, maire en 1638, 1644,1645.


le roy à la conduite du régiment de Brezé en garnison en ceste ville; ledit sieur demeure à Paris, au marais du Temple, en la ruhe Dangoulmois, tout proche monsieur Charlot. Nous l'avons nourry luy et son homme jusques au 29e dudit mois, que ledit régiment est party pour aller coucher à Sainct-Jehan, qui est la route qu'ilz tiennent pour aller au siège de La Mothe ledit régiment a demeuré en ceste ville plus de deux mois. Ledit commissaire a treuvé, à leur reveùe qu'il a fait faire, qu'ilz estoyent au nombre de 762, en 20 compagnies dont il estoyt composé, et m'a laissé l'estat qu'il avoyt du roy concernant lesdits gens de guerres, imprimé, contenant l'ordre qu'ils doibvent tenir allant et séjournant ensemble la cavallerie je l'ay du despuis presté à monsieur Pichon, advocat, mayre de ceste ville. Les 3000 ~r~ imposés sur les eschevins de la ville pour l'heureux advénement et qu'ilz ont fait esgaller sur tous les habitans d'icelle. Le 2e octobre audit an d645, j'ay payé à monsieur Coudreau, marchant, comme assoyeur collecteur en ceste parroisse de Sainct-Pierre,d2 livres 15 solz touchant les 3000 livres imposés sur les eschevins de la maison de ville, pour l'heureux advénement à la couronne, et esgallés sur ceste ville et fauxbourgs par moytié, par ordonnance de monsieur Dargenson, intendant de ceste province, contre tout droict et justice et m'a ledit Coudreau donné quittance de sa main desdites 12 livres 15, à quoy ilz m'ont taxcé.

Députation de monsieur le présidant Marsaud 1 et du sieur Gourdon, advocat, pour aller à Paris. Taxce des aisés. -Le 26e octobre audit an 1645, les habitans estans assemblés à la maison de ville, monsieur le présidant Marsaud a esté député pour aller à Paris, tant par le présidial de ceste

1. ~ehan Marsautt, sieur de Lugeon, lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de Saintes de 1631 à 1645, maire en -t63~, époux d'EstherGoy.


ville que habitans d'icelle, avecq maistre Pierre Gourdon, advocat, au lieu de maistre Nicollas Béraud, advocat, qui auroyt huit jours auparavant accepté ladite députation volontairement lequel s'en seroyt excuzé le jour d'hier, au grand mescontentement de tout le peuple, en présance desquelz il auroyt vomy les ardentes affections qu'il avoyt receu unanimement et iceux prié vouloyr entrer en une autre députation, ce qu'on auroyt fait dudit sieur Gourdon et ce pour demander la supression du présidial de Marennes ja estably. Et de plus ils ont esté priés de demander la descharge ou' diminution des 500000 livres à quoy ceste eslection a esté taxcée pour de nouveaux -aisés, scavoyr la ville et fauxbourgs à ~0000 livres et ce qui est au dehors 30000 livres, faisant partie des 2d000 livres de rante, sur le pied du denier douze, que le roy a ordonné estre levé sur les aisés des eslections de La Rochelle, Xainctônge, Cougnac et Marennes, suivant la taxce qui en a esté faite par monsieur Dargenson, intendant, outre et pardessus celles que monsieur de Villemontée, aussy intendant auroyt fait, il y a cinq ans, à la ruyne du peuple. Ledit sieur d'Argenson m'a taxcé à 600 livres, suivant les commandemens qu'il m'en a fait faire le 16e du présant mois, par Gilbert, sergent, pour joüyr de 50 livres de rante à prendre sur les aydes de ceste ville. D'ailleurs lesdits sieurs sont chargés de représanter en conscience la calamité universelle en quoy la province est réduicte. Et est arresté par l'acte de ladite nomination escripte au papier de la maison de ville, qu'il sera amassé en la ville et fauxbourgs 500 livres, pour le voyage dudit sieur Gourdon, avecq 1000 livres pour accommoder le grand logis de la citadelle où monsieur de Montauzier, nostre gouverneur, doibt venir loger; comme aussy que ledit Gourdon aura et se contantera pour aller et venir audit Paris de

1. Lisez 50,000.


120 livres, et pour son séjour audit lieu de 3 livres par chescun jour, sans autre vacquation et en outre que ledit sieur présidant pourra obtenir lettre d'assiete pour esgaller les frais de son voyage sur la province, et que pour les personnes qui auront advancé lesdites 500 livres, il leur sera desduict ce qu'ilz auront advancé lors du recouvrement desdites 500 livres. Lesdits sieurs doibvent partir dimanche prochain, 39e. Retour dudit sieur présidant. Le 26e octobre 1647, ledit sieur présidant est de retour dudit Paris, sans avoir peu obtenir aucune chose touchant le présidial de Marennes. Il a obtenu commission et letres pour les frais de'son voyage, à la somme de 12000 livres qu'il doibt lever pendant trois ans sur toute la province.

Pa yement du voyage dudit sieur Gourdon, et réparations du chasteau. Le 3e novembre 1645, j'ai payé à monsieur Descombes, mayre, commis pour la collecte desdites 500 livres pour le voyage dudit sieur Gourdon, et 1000 livres pour accommoder ledit grand logis, revenant à 1500 livres, dont la moytié a esté esgallée sur ceste ville et l'autre sur les fauxbourgs, la somme de six livres sept sols six deniers, à quoy ils. m'ont taxcé.

Rachapt de capti fz retenus en Turquie. Le 23e décembre 1645, j'ay payé à monsieur Thomur, ancien de nostre églize, 10 livres en une pistolle d'Espagne, et ce pour retirer de pauvres captifz de nostre religion qui sont en Turquie, tant de ceste province que des autres circonvoisines, suivant l'arresté qui en a esté fait au sinode de les recommander aux églizes et charités des frères en Christ, et ce qui en proviendra estre envoyé à l'églize de Paris et par eulx employé au rachapt desdits captifz, le tout pour l'honneur de Dieu, après la lecture qui nous a esté faite de la requeste que nous ont présanté lesdits captifz au nombre de 37 ou 38, faite à Arger., au mois de septembre dernier. Retour dudit sieur Gourdon. Le 24e décembre 1645, ledit sieur Gourdon est retourné de Paris, lequel nous a asseuré


qu'il y avoyt arrest par lequel la ville de Xainctes et ses fauxbourgs estoyent taxcés pour les aisés à la somme de 10000 livres, au lieu de celle de 12500 livres, qu'on a précipitemment et par viollance esgàllée, huict jours. auparavant ledit arrest, par l'ordre de monsieur l'intendant Dargençon, ne voulant attendre que nous eussions nouvelles desdits sieurs députés ledit arrest a esté envoyé par monsieur le présidant Marsaud, huict jours après que ledit sieur Gourdon a esté arrivé icy, qui a tesmongné n'estre satisfaict de son voyage, non plus que de la compagnie dudit sieur présidant, les amis duquel ont blasmé ledit sieur Gourdon des ressentimens qu'il a estallé sur ce subjet en plusieurs s compagnies.

Taxce des <ïM~. Ledit esgallement de 12500 livres a esté fait sur la ville et fauxbourgs, sur le pied de 55 solz pour livre, sur le rollë de la taille qui estoyt esgallée lors en présance de monsieur Dargençon, intendant, du nommé Guillot, traictant desdits aisés et de 10 habitans dont il y en avoyt 8 de la ville.

Payement de la moytié de ma taxce. -Pour à quoy parvenir, il y a heu grand peyne et suplications envers ledit sieur intendant, m'ayant taxcé à 107 livres 15 sols, par ledit rolle, duquel en justice il falloyt desduire de chescune taxce la sixiesme partie, attendu ledit arrest de 10000 livres envoyé par ledit sieur présidant, suivant les assemblées du peuple faites à la maison de ville sur ce subjet. A quoy lesdits sieur intendant et ledit Guillot, partisan, ne voulurent entendre seullement ledit sieur intendant ordonna qu'on payeroyt chescun la moytié de sa taxce pour le premier terme, et faisoyent espérer verballement que sur l'autre terme ils feroyént desduction de ladite'sixiesme partie. Sur quoy je payé, le 22e décembre, audit an 1645, au sieur Hermonnet, commis dudit Guillot. L'autre terme estant arrivé et escheu, j'auroys esté treuver ledit Guillot en son bureau pour le payer du restant de madite taxce, en par luy me donnant


quittance de finance et contract de constitution de rante, suivant et au désir de la déclaration du roy, ce qu'il n'auroyt voulu faire, ayant heu grande contestation et grosses parolles et souffert menaces.

E~rMOM~eMM~ ~Cm//o~ partisant desdits aisés. Ensuitte de quoy ledit Guillotm'afait faire divers commandemens, par le dernier desquelz, fait à la requeste du sieur Mercier, commissaire à ce député au lieu dudit Guillot, que monsieur de Montauzier, nostre gouverneur a fait mettre en prison à Paris, pour concussion faite en la province en la susdite commission, on offre me desduire ladite sixiesme partie ce que je leur ay voulu payer, en par eulx me donnant une quittance de finance, un contract de constitution de rante sur les aydes, suivant et conformément à la déclaration du roy ce qu'ilz onttousjours différé et moy du payement jusques icy. Quelque temps après, m'ayant reytéré semblable commandement, à la requeste dudit Mercier et à maistre Josué Raboteau, procureur, nous nous serions assemblés pour faire un acte, le 22e octobre 1646, et le faire signiffier au sergent qui viendroyt en nos maisons pour nous exécuter ensuitte des commandemens et menaces à nous faictz par ledit Mercier, commis au lieu dudit Guillot, par arrest du conseil d'estat du 16e de may dernier.

0~*<? de l'autre MM</<~ au sieur Lemercier, commis au lieu dudit Guillot. Et par ledit acte, faisions offre audit Lemercier, ainsy que j'avoys fait plusieurs fois, quoyqu'aucuns de la ville n'eussent voulu estre si hardis, la somme de 35 livres 18 sols 4 deniers, en bonnes espèces, faisant avecq la somme de 53 livres 17 sols 6 deniers que j'ay payé au commis dudit Guillot, le final payement de ma taxce; desduction toutefïoys faite de 17 livres 19 sols 2 deniers pour la sixiesme partie d'icelle, en par ledit Mercier nous donnant une quittance de finance de monsieur le trezorier de l'espargne et un contract de constitution de rante comme dit est et partant nous protestions contre ledit Mercier du retarde-


ment des deniers du roy, de le prendre à partie et ses sergens s'ilz passoyent outre. Mais le mesme jour, monsieur de Boisgiraud, 1 que j'avoys obligé et prié de voyr ledit Mercier, nous a conseillé de ne faire signiffier ledit acte, prévoyant la conséquance, et à moy promis particullièrement qu'il ne me seroyt fait aucune viollance, ne rien demandé que lorsqu'ils auroyent lesdites quittances et contractz à me donner. Ledit Raboteau est taxcé en tout à 71 livres. La minute dudit acte est avecq madite quittance cy dessus et autres commandements en mon armoise.

Condempnation dudit Guillot.-Au moys de (mot en blanc) 1647, ledit Guillot a esté condempné aux galléres et à faire l'amande honnorable, laquelle amande honnorable a esté exécutée avecq la torche au poinct et la chemise neufve, ayant esté convaincu des concutions à luy mis sus en l'exercice de sa commission au recouvrement de la taxce desdits aisés.

1646.

Mort de monsieur de Pons. Le mardy, seziesme dudit mois de septembre; audit an 1646, entre une et deux heures après minuit, est déceddé monsieur de Pons, fils esné de monsieur de Miossans, au chasteau dudit Pons, s'en retournant, le mesme jour du voyage qu'il croyoit faire aux bains. Il a esté fort regretté en ladite ville et a laissé un fils à madame sa femme, fille de monsieur du Vigean et niepce de messieurs Danguitard et Linières.

1. Moïse Marchais, sieur de Boisgiraud,'procureur du roi en 1641, et plus tard président en l'élection de Saintes, maire en 1667, mort le 23 juillet 1679.

2. François-Alexandre d'Albret, sire de Pons, comte de Marennes, mort en 1648, dit Anselme. Epoux d'Anne Poussard, fille de François Poussard, marquis de Fors, seigneur du Vigean, et d'Anne de Neufbourg, père de Charles-Amanieu d'Albret, sire de Pons, comte de Marennes, appelé le marquis d'Albret. ANSELME, t. VI, p. 220.


Francoys, serviteztr. Le 9e décembre, audit an 1646, j'ay acceuilly. François Robert. pour un an. etiuy ay promis par chescun an 30 livres. Et au mois d'aougst, audit an d647, il s'est enrollé avecq le sieur Barguenon, sieur de La Coste, capitaine d'un vaisseau, pour aller à Venise avecq plusieurs de ceste ville, contre les Turcqz; je l'ay recommandé audit sieur Barguenon.

Mort de monsieur le prince de Co~ Le mercredy, à sept heures du soyr, 26e décembre 1646, est déceddé à Paris Henry de Bourbon, prince de Condé, aagé de 66 à 67 ans, et a laissé pour héritiers monsieur le prince Danguin et un sien frère d'égiize, ses enfans. L'on a estimé ses richesses sçavoyr en fondz de terre pour neuf cens mille livres de rante et revenu chescun an, en biens d'églize six cens mille livres, en argent monnoyé dix huict cens mille livres, et outre d'ailleurs son hostel de Condé, ses pierreries, sa vaisselle d'argent, ses meubles et obligations, et, en un mot, un des plus riches princes de la chrestienté, et son fils esné, un des plus généreux en son aage et estimé à présent du nostre.

1647.

Présant fait au secrettaire de monsieur Demontausier, nostre gouverneur. Le premier d'apvril, audit an d647, j'ay payé à maistre Théophille Morin, procureur en l'estection, et Pierre Richard, marchant, quatre livres six sols, en quoy j'ay esté taxcé par le rolle qu'en a fait monsieur Sauxay le père, marchant, sur le pied de la tafile, touchant la somme de 373 livres qui a esté esgallée sur ceste ville, et pareille somme sur les fauxbourgs d'icelle et le tout pour faire un présant au secréttaire de monsieur Demontausier, nostre gouverneur, pour recognoissance d'une partie des peynes qu'il a prises ceste année à solliciter à Paris, proche ledit segnieur gouverneur, nos descharges et exemptions de loge-


ment de gens de guerre du quartier d'hyver ceste année dernière.

Mort de ~OM~Mr Dn(/ Le 21 may, audit an 1647, honnorable homme. Charles Druel, l'un de nos pasteurs, entre trois et quatre heures après midy, est déceddé, et a esté. inhumé au cimetière proche la porte Evesque. Et est à remarquer que, le 16" dudit mois, entre sept et huict heures du matin, le bruit ayant esté le soyr devant qu'il estoyt fort mal et mesme aux extrémités, il a esté visité par monsieur Delauson, intendant de Guyenne et de ceste province, assisté de monsieur Senné, théologal de ceste ville, lesquelz, soubz quelques prétextes spécieux, l'ont voulu persuader à changer sa religion. A quoy il a puissamment résisté, avecq une telle constance que c'est une merveille de Dieu que, dans l'extrémité de la maladie où ils l'ont treuvé, ils leur ayt fait voyr et cognoistre que Dieu ne l'avoyt abandonné jusques là de son esprit. L'entretien qu'il eut avecq eulx ne fut que de belles et rares pensées sur ce subjet, par lesquelles il les renvoya d'un costé par un divin raisonnement comme satisfaictz et de l'autre confus par l'advantage qu'il emporta sur eulx. Qui est une grâce spécialle que Dieu luy a fait d'avoyr en ceste extrémité résisté à une telle tentation; dont je loüe Dieu, ainsy que luy mesme a fait et déclairé par un acte fait trois heures,après, pardevant monsieur Fleurisson, notaire, qui en a retenu la minute, en présance d'une partie de son troupeau, affin que nos adversaires ne tirassent aucun advantage de cest abouchement, ayant, un moment avant qu'expirer, donné à Dieu et à sa compagnie tous les tesmongnages d'un bon chrestien.

Nomination à la pollice. Le 21 dudit moys de juin, audit an 1647, messieurs de la maison de ville m'ont nommé 1. Ce nom est écrit Druet dans la Biographie de la C/M~M~Wett~, p. 667.

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pour estre de la pollice avecq monsieur le lieutenant criminel, en absance de monsieur le présidant Marsaud, messieurs Dussauld, Lepau, conseillers, monsieur Lecomte, procureur du roy, messieurs Hestorc et Pichon le jeune, eschevins, et monsieur Debourdeille, advocat.

Mort de monsieur de .Pc~~M~. Le mesme jour, .21e octobre d647, c'est fait, un combat à pied à l'espée seulle, en une pièce de terre proche du lieu du Pinier, au dessus Sainct-Macoul, ès environs de ceste ville, entre monsieur Chabot, duc de Rohan, et monsieur le chevallier de La Chèze, monsieur de Pontlevain, son second, et le sieur de Saincte-Croix, gentilhomme et second dudit segnieur duc, et cousin germain du sieur Dubreuii-Dignay 3, beau frère de monsieur le lieutenant criminel de ceste ville. Auquel combat lesdits sieur de Pontlevain et de Saincte-Croix, secondz, sont demeurés mortz sur le champ, d'un coup fourré, sçavoyr ledit sieur de Pontlevain d'un coup d'espée à deux travers de doigs au dessous la mamelle droicte, traversant l'autre costé du corps, et ledit sieur de Saincte-Croix d'un autre coup d'espée au bras gauche, à six travers de doigs du coude en hault, traversant jusques en la gorge, et ledit sieur de La Chèze, blessé aux doigs. L'apel fut fait le jour auparavant par ledit sieur de Pontlevain, ainsy que ledit seignieur duc estoyt en chemin à venir de Jarnac icy, loger à l'Espée royalle, avecq madame sa femme et tout leur train, au nombre de 40 chevaux; duquel logis ils partirent en car1. Il s'agit de David de Pontlevin, écuyer, capitaine au régiment de Brézé et sergent-major de la ville d'Arras, époux de Marthe du Bourg, veuve de Jean Arnaud, écuyer, sieur de Boisroche près Cognac. (Bulletin de.la société des Archives, octobre 1879, t. If, p. 410-411.

2. Henry Chabot, duc de Rohan par suite de son mariage (1645) avec Marguerite de Rohan, duchesse de Rohan et princesse de Léon. 3. Gabriel de Raymond, seigneur du Ureui)-Dignac, époux de Gasparde Moyne.


rosse entre huict et neuf heures du matin, passant par ceste ville pour aller en leur terre de Soubize. Et comme ilz furent à une petite lieue d'icy, lesdits segnieur duc et son second, sortirent dudit carosse, soubs prétexte qu'ilz dirent à madame qu'ilz vouloyent se divertir à la chasse, .prenans chescun un cheval et quelques chiens pour se rendre au rendésvous et comme ils ne treuvèrent leurs parties au lieu assigné, ils les vinrerent chercher au logis du Pellican, chés la dame Ollive, proche dudit logis de l'Espée royalle, et ne les ayant treuvés là, furent en ville à l'hostellerie de Sainct-Jullien, chés les pères jacobins, d'où ilz partirent tous ensemble pour se rendre audit champ du Pinier, proche Sainct Macoul, auquel lieu ils furent suivis par les sieurs de Magezir,~ Saleigne et Mazote,~ amis dudit sieur de Pontlevain, pour considérer leurs actions; lesquelz l'emportèrent sur un cheval à Magezir et de là le passèrent la rivière à Courbiac, où le carrosse de monsieur de Soubran 3 estoyt pour l'emporter en sa maison de Boisroche. Et ledit sieur de Saincte-Croyx a esté prins par la justice et apporté au pallais royal de ceste ville, où monsieur Moyne, lieutenant criminel, luy a fait son procès. Auquel lieu, le landemain, il a esté de nuit enlevé par les gentilzhommes dudit segnieur duc qui est tout ce que j'en ay peu aprendre en vérité.

Mort de Mt~MMM)' Gassion. Le 19e septembre, audit an 1647, monsieur Degacion, mareschal de France, a esté blessé en Flandre d'un coup de mousquet par la teste, voulant arracher et getter quelques paux à terre qui servoyent 1. Charles de Villedon, chevalier, seigneur de Magésy et de Narcejac, marié, le 29 décembre 1639, à Marie de La Rochefoucauld de Fontpastour. H était fils de Ruben de Villedon, seigneur de Magésy,et de Jeanne de Lestang. 2. Etait un Green de Saint-Marsault. Voir LAINÉ, gén. Gt'MM. 3. Jean de La Rochebeaucourt, seigneur de Souhran, lieutenant du roi en la ville d'Angoulême.


de pallissade devant la ville de Lens. Duquel lieu il a esté porté à Arras, où il seroyt mort le 4' octobre ensuivant, aagé de 38 ans. Il a laissé à ses héritiers la somme de neuf cens mille livres vaillant, tant en deniers qu'il avoyt et aux banques, meubles, joyaux, attirail, joyaux que vaisselle d'argent. Sa valleur l'a fait regretter à toute la France comme estant la terreur du roy d'Espagne. Le roy et la reyne en ont tesmongné avoir un grand desplaisir, l'aiant tost après fait cognoistre à monsieur de Bregeré, son frère, gouverneur de Courtré, l'une des villes que son frère avoyt prins en Flandres, auquel ils auroyent donné 6000 livres de pantion et 25 mille escus en argent. De quoy il n'a joüy longtemps, estant déceddé de desplaisir le 25~ octobre audit an 1647. 1648.

Mort de monsieur Duhamel. Le 22e dudit mois de janvier, audit an '1648,'j'ay sçeu que maistre Nicollas Duhamel, l'un de mes meilleurs amis, receveur des deniers en ceste ville et secrettaire du roy en la chancellerie de Bourdeaux, et segnieur de Bétaille, est décédé, le 2Qe dudit mois audit Bourdeaux, aagé de 63 ans ou environ, ayant. laissé vallant à ses enfans plus de quatre cens mille livres, sçavoyr en l'office de lieutenant criminel en Guyenne, qu'il a achapté à son fils esné 60 mille livres; en la terre de Bétaille proche de Bourdeaux, autres 60 mille livres en une maison en ladite.ville 20 mille livres en ses offices de receveurs 40 mille escus; en son office de secrettaire 40 mille livres, et en marais, sel, argent, meubles et obligations, plus.

1. Jacob de Gassion, seigneur de Bergeré, maréchal des camps et armées du roi, commandant la cavalerie en Flandres sous le marécha) de France Jean de Gassion, son frère. Voir Anselme, t. Vil, p. 538, qui donne les dates des 28 septembre et 2 octobre pour la blessure et la mort de Jean de Gassion.


de cent mille livres toutes lesquelles richesses il a acquises en moins de 35 ans, n'ayant de légitime que 2 & 3 mille livres, et acquis lesdites richesses par son travail, estant grandement laborieux et homme d'esprit.

Fot/o~ de monsieur leprésidant à Paris. -Le Ils apvril audit an (1648), veille de pasque, monsieur le présidant Marsaud est party pour aller à Paris, on ne sçait pourquoy. Mort de monsieur jToMcA~r, advocat. Le premier jour de may 1648, jour de vandredy, sur les 8 heures du soyr, est déceddé maistre Jehan Fouschier, l'un des plus cellébres advocas de la Guyenne, aagé de 75 ans il a esté inhumé le landemain au cimetière près la porte Evesque, et a laissé un fils.

Désordres commis en ceste maison par les gens de 'guerre. Départ desdits c~Mrs. –Le 16e febvrier audit an 1648, six compagnies de cavallerie de chevaux légiers sont venues loger en ceste ville en garnison dont il y en avoyt trois du régiment de Bougy, deux de Ceuvre et une du régiment de Schomberg, icelle conduite par le sieur marquis de Marsilly, de Poictou. Lequel vint loger en ceste maison avecq tout son train et sa compagnie, au nombre de 24 et 25 chevaux, qui se seroyent fait nourrir durant dèux jours à discrétion et se faisoyent. servir en leur repas à trois services: Et ensuite pendant trante deux jours que ladite compagnie y demeura, ledit sieur marquis nous obligea de luy abandonner tout à fait ladite maison, dans laquelle icelluy et ses gens commirent et exercèrent pendant ce temps toutes les viollances et exactions possibles, faisant icelluy sieur, en sa présance, rompre les portes des chambres, des cabinetz, lever les serrures des coffres, emporté et voilé tout ce qu'ilz voulurent de meubles, habitz, papiers de conséquance et mille autres har des et de plus m'auroyent contraint de luy bailler 83 livres d'un costé, 45 livres d'autre, 100 livres aussy d'autre, 50 livres encore d'autre, outre et par dessus plus de 150 livres à quoy j'ay esté taxcé pour les utancilles que la ville a fourny d'ail-


leurs jusques au 3e may audit an, que les compagnies qui y avoyent resté ont party pour aller en la Catelogne revenant lesdits deniers desbourcés à 418 livres, iesquelies jointes avecq la despance de bouche faite en ladite maison, qui est de plus de d 20, livres revient à 538 livres que l'emport et vol desdits meubles, habitz et papiers de conséquance rend beaucoup plus considérable, avecq 150 livres de bois, chandelle, pain et vin qu'ilz y ont consommés. Cela m'a esté sucité par le sieur de Bussac 1 et son frère et quelques uns des plus proches parans de ma femme, sans que je leur en aye jamais donné aucun subjet, en laissant la vengeance à Dieu. Monsieur Regnaud, lieutenant criminel en l'eslection, m'a tesmongné en ce rencontre et tout autre ses affections invariables, avecq monsieur Desangtades, son gendre. Dont et de tous lesquelz désordres, le i9e mars audit an, estant arrivé de la campagne où je m'estois réfugié ainsy qu'avoyt fait toute ma famille, en !a maison de monsieur Merlat, qui y a pris grandissime peyne et en a fait ses intéretz propres et mesmes plus que partagé mes désplaisirs, je me seroys transporté chés monsieur maistre François Moyne, sieur de l'Espineuil, lieutenant criminel, devant lequel j'ay donné ma plainte de tous lesdits désordres, et icelluy prié et requis vouloyr se transporter en ladite maison pour y faire son procès verbal, ce qu'il m'auroyt accordé, ayant pris avecq luy maistre

1. Peut-être Alexandre de Beauchamps, seigneur de Bussac, de La Vallade et de Souvigné, qui fut afiié (1636) à Marie Martin ou plus probablement Louis de Beauchamps, seigneur de Bussac, qui devait être son frère ainé, et qui avait épousé, avant 6~7, Anne de Montaigne, fille de Raymond de Montaigne, seigneur de Courbiac et de La VaHée en Archingeay, lieutenant générai, évêque de Bayonne, dont il ne paraît pas avoir eu postérité, ce qui explique comment son frère puîné, Alexandre de Beauchamps, aurait été après lui, seigneur de Bussac.

2. Jehan Regnaud, sieur du Peunouveau, lieutenant criminel en l'élection, maire de Saintes en 1633. Samuel Robert l'appelle ailleurs a le cousin Regnaud ».


Pierre Seguineau, son greffier, et sur ce oüy et prins les dépositions de maistre Pierre Thaumur, maistre chirurgien, Jehan Villain Estienne Fleuret, Pierre Veyrel, Jacques Coudreau, Bernard Roy, Jehan Robert et Jacques Théronde, qui rendent tesmongnage de tout ce que dessus, affin de faire voyr en. justice le vol desdits meubles, habitz et autres hardes et desdits papiers de conséquance qui me concernent et le puplic.

Insulte au maire. Mort de madamoiselle Descombes. Le 22e dudit mois de febvrier audit an 1648, il a esté fait insulte à maistre Arthus de Quip, sieur du Pas et maire de ladite ville, s'en allant en quelque maison pour tascher de mettre ordre à quelques viollances qui s'y commettoyent par lesdits gendarmes, par monsieur du Bourdet le jeune, 1 à cause de quelque logement qui avoyt esté fait chez monsieur Soulard, procureur, logé en la maison de madame de SainctSeurin. Ensuite duquel desplaisir, le 24e jour ensuivant, jour du mardy gras, entre neuf et dix heures du matin, il arriva un si grand bruit devant la porte dudit sieur maire, entre ledit sieur du Bourdet, monsieur de La Rousselière son oncle et plusieurs autres gentilshommes et ledit sieur du Pas, monsieur Descombes, conseiller, son fils et plusieurs habitans, tous en armes, que la femme dudit sieur des Combes y fut tuée d'un coup de pistollet, ledit sieur de La Rousselière blessé et le sieur de Saleigne la cuisse cassée ce qui pensa causer la perte entière de la ville.

Tremblemènt de terre. Le 30e jeuillet audit an 1648,

1. Pierre Acarie, baron du Bourdet, époux de Charlotte Martel de Bacqueville, maréchal de camp, mort vers 1650, fils de René Acarie, seigneur de Crazannes, baron du Bourdet, capitaine aux gardes du roi, et d'Angélique de La Rochefoucauld. René Acarie était frère de Louis Acarie du Bourdet, seigneur de Crazannes et de La Rousselière en Plassay, capitaine au régiment des gardes, maréchal de camp'en 1649, marié en novembre 1608 à Philippe du Chemin, dame de Boisredon. Voir ~t~M, documents et extraits, etc., p. 434 et 274.


entre les huict à neuf heures du soyr, il s'est fait un tremblement de terre; et a commancé par un grand bruyement qui a continué tout le temps qu'il fault pour considérer telle chose. Dieu nous préserve des mauvais pronosticqz que les hommes en tirent, semblables à ceux qui sont arrivés despuis le dernier tremblement de terre, arrivé le 16e febvrier 1639, sur les unze heures du matin.

A~~MM< <~M?MMMr~L~ Serre. -Le 26e d'aougst, audit an [d648], est arrivé en ceste ville le régiment de La Serre,~ 1 composé de 400 hommes, pour y demeurer jusques à nouveau ordre auquel les habitans doibvent advancer l'estape et utancille qu'on a arresté à la maison de ville à d07 livres par chescun jour pour les habitans de ceste ville, et autant pour les fauxbourgs, ce qui sera desduit et précompté ausdits habitans par le receveur des tailles de ceste année, ainsy qu'il est, plus emplement porté par ladite délibération du premier de septembre ensuivant. Ensuite de laquelle j'ay payé aux sieurs Coudreau, Savary, collecteurs en ceste parroisse, la somme de 18 livres 4 sols pour d2 jours qui ont commancé ledit jour, 26e d'aougst, à raison de 30 sols 4 deniers par jour, à quoy j'ay esté taxcé sur le pied de 8 deniers pour livre de la taille, de laquelle j'ay 45 livres et m'ont donné quittance ce 7e septembre. J'ay du despuis payé à diverses fois 39 livres, faisant en tout 57 livres pour. 38 jours qu'ilz ont demeuré icy, qui ont finy le 2e octobre audit an, qu'ilz ont party de ceste ville pour aller du costé .de Paris.

Feu et embrasement <M< convant dé /'aM<M/<?. Le 8e novembre audit an 1648, sur les unze heures de nuit, le feu s'est mis dans l'un des plus beaux et superbes bastimens de l'abbaye, au fauxbourg Sainct-Pallais lez ceste ville de

L Ce devait être le régiment de Louis d'Esparbès, comte de,La Serre, lieutenant général des armées du roi, et.lieutenant du roi, en Guyenne, mort en d693,à77ans.


Xainctes, nouvellement basty et construict en sa perfection puis 12 ans en ça par dame Françoise de Foix, abesse dudit lieu, feu si-grand que les flammes en estoyent espouvantables et donnoyent clarté en tous les lieux de. la ville, n'estant mantion que, de mémoyre d'homme, il s'en soyt veu un tel en ces pays. La. véhémance dudit feu fut si prompte et si grande que la dame abesse en fut saisie d'estonnement, ensemble 70 filles et 28 sur laises qu'elle avoyt avecq ,elle, qui. n'eurent d'autre loysir que de sauver leurs personnes dans la confusion et désordre où elles se treuvèrent et sans pouvoir emporter aucunes de leurs hardes et meubles qu'on estime beaucoup, ce qui fut cause que lesdites hardes furent entièrement consommées et réduites en cendre avecq ledit bastiment en 7 heures de temps que dura la viollance dudit feu, à la réserve touteffois des quatre murailles dont la pluspart d'icelles sont demeurées crevacées; et n'a esté estaint que 8 jours après. Cest accidant esmeut grandement tous les habitans de ladite ville et faulxbourgs, qui y coururent en grand nombre pour tascher de mettre ordre à un tel incendie, que .la grande estendue de ce bastiment rendoyt encore plus horrible à voir l'embrasement, attendu le nombre infiny de planchers, aix, cloisons et tillis et plus de 200 grosses traverses qui le composoyent et nombre de souliveaux que le feu embrasa de bout en bout en moins de quatre heures. -C'est ce que j'ay veu pendant 6 heures que j'y ay esté, et d'ailleurs s apris par les dames que cest accidant arriva par le deffault qui estoyt dans le fouyer de la grand cheminée du dordoyr, que le feu avoyt persé à succession de temps jusques aux boys qui supportoyent ledit fouyer qui estoyt proche de la chambre de ladite dame abesse, du costé du midy où sont les cudz de lampes dont l'un a esté ruyné par le feu. Tout le secours et assistance qu'on y aporta fut de sauver les autres

1. Sœurs laies, sœurs converses.


vieux bastiments voisins, ce qui ne fut pas peu. Lesdites dames estoyent toutes esparces dans les basse-cours et jardins, dolantes et demandant à Dieu secours. Elles estiment ceste perte plus de 200 mille livres, et moy je la metz à 60 mille livres, croyant ne m'eslongner d'une juste appréciation et estimation. H s'est fait divers procès-verbaux, tant par monsieur le présidant que autres, pour envoyer au roi affin d'obtenir de luy quelque desdommagement pour remettre e ledit bastiment.

Réception dans MM<?p/<<~cA<?fM~. Le2de novembre audit an 1648, le corps de ville estant assemblé, m'a envoyé chercher pour me pourvoyr dans la place d'eschevin de noble homme Jehan Rousselet, conseiller du roy, esleu, duquel ledit corps a la démition et résignation, par sa procuration passée en présance et du consantement de damoiselle Magdelayne Goulard, son espouze, par laquelle il révocque toutes autres résignations; en date ladite démition du 8e jour des présantz mois et an, signée Dexmier, notaire royal. En vertu de laquelle les sieurs Arthus de Quip, maire de ladite ville, Jehan Regnaud, Bertrand Guybert, Jacques Hestorc, André Lemoyne, Jehan Pichon, Pierre Bibard, sieur des Combes, Jehan Badife, Laurans Gregoyreau, Jehan Pichon le jeune, Pierre Belou, Pierre Raymond, Sébastien Labbé, Jacques Fromy, Jehan Richard, et Charles Lepau, admis au mesme temps en une pareille charge de son feu père, m'ont, avecq le consantement tacite de monsieur de Montausier, nostre gouverneur, reçeu et installé en la manière accoustumée dans ladite place d'eschevin dudit sieur Rousselet, moyennant la somme de 300 livres que lesdits sieurs de Quip, maire, et Pichon l'esné ont reçeu, sçavoir ledit

1. Laurent Grégoyreau, sieur de La Maisonneuve, maire de Saintes en 1665 et 1666, élu en Saintonge, époux d'Anne Pichon. Voir ~<M~M, documents, etc., p. 46.


sieur maire 240 et ledit Pichon 60 livres, pour estre employée au payement des habitz des gagers, ainsy qu'il est porté par ledit acte de réception, outre et par dessus 100 livres données audit sieur Rousselet pour avoir sa dite résignation et autres 100 livres données de présant à monsieur de La Chèze, secrettaire dudit segnieur gouverneur, lesquelles 200 [livres] j'ay délivrées audit sieur Pichon le jeune pour cest effect.

Opposition du clergé.-Madite réception et instalation-faite nonobstant les advis contraires desdits Badife, Grégoyreau, Raymond et Guybert, et de l'opozition que le scindicq du clergé a fait signiffier au greffier, fondée sur la religion et sur un arrest qu'ilz avoyent cy devant obtenu contre ledit sieur Pichon le jeune, lors de la mesme profession que moy, portant interdiction, et d'une autre oposition que ledit scindicq a sucitée de Thomas Lebrethon, sieur d'Aumont, disant qu'il y a 19 ans que ladite charge apartenoyt à feu son père. Lesquelles opositions ont esté treuvées frivolles, et suis par ladite réception obligé de faire vuider tous les procès qui naistront desdites opositions et descharger le corps de tous les événemens. Ensuite de quoy et trois jours après, pour n'avoyr esté déféré ausdites opositions, ledit clergé enragé a rompu et brisé un fort beau banq qui estoyt dans l'églize cathédralle, où se souloyent sceoyr de temps immémorial lesdits sieurs maire et eschevins.

Arrest d'interdiction dît ~r/eMMM~6jBoMfc~<KM!Après quoy ilz se sont pourveus contre moy audit parlement, où ils ont obtenu, le 26e dudit mois, un semblable arrest d'interdiction, et ledit sieur d'Aumont un autre pour me faire assigner.

(MoM?MMC0 monsieur le gouverneur. Non comptans de tout cela, ilz ont, avecq la congrégation et toute leur caballe, remué toutes les puissances envers mondit sieur le gouverneur, duquel ilz auroyent, par importunité, extorqué une ordonnance aussy fondée que je suis de la religion prétendue


renbrmée, pariaqueiïei! casse ma réception o la charge qu'ilz remettront lesdits banqz;, en date ladite ordonnance du 4e décembre audit an. Tost après laquelle, ayant heu.l'honneur de saluer ledit seignieur audit lieu de Montausier, aveq messieurs Rossel le jeune et Priolleau, mon beau frère, pasteurs, il m'a tesmongné n'avoyr peu s'empescher de ce faire et m'a permis de me pourvoyr au conseil contre ladite ordonnance. Le 12e décembre, audit an, j'ay fait signiffier audit sieur d'Aumont une ceddulle évocquatoyre, à cause des alliances qu'il a audit Bourdeaux, par Gillet, sergent royal, et le 14e ensuivant, il s'est désisté de son assignation, sans préjudicier touteffois aux prétentions qu'il a sur ledit office, par Limousin, sergent; toutes lesquelles pièces j'ay envoyées à monsieur Pineau, à Paris, logé chés monsieur Laudun, image de la Victoire, ruhe des Lombardz, affin d'obtenir une commission pour faire assigner audit privé conseil tant Charles de Savonnières, scindicq dudit clergé, Josias-François de La Tour 1 et François Bruslé, vicquaires généraux, qui ont obtenu lesdits arrestz et ordonnances dudit sieur gouverneur que autres, pour procédder audit conseil.

Lettres obtenues dit grand sceau. Le 2de dudit mois de décembre, j'ay obtenu ladite commition du grand sceau, par laquelle je doibz imformer des alliances dudit Lebrethon, et fait deffances au parlement de cognoistre an parlement de ladite affaire; lesdites lettres signées par le roy en son conseil: Pizot, et sceellées du grand sceau à queue pendante.

1. Ce doit être Josias de La Tour, fils de Comte de La Tour, écuyer, seigneur de Bonnemie et du Portal de Geay, et de Claire d'Authon, mariés .par contrat du 26 octobre.1594, reçu Prunier, notaire à Taillebourg. Il fut chanoine de Saintes, archidiacre d'Aunis et prieur de Plassay, ce qui explique pourquoi les armes des La Tour de Geay, l'aigle à deux têtes, décorent le sommet du clocher de PIastay.


1649

Le 8e janvier 1649, m'estant transporté à Bourdeaux, j'ay fait signiffier lesdites lettres d'interdiction à messieurs Jehan de Pontac, sieur de Monpiaisir,-chevallier, conseiller du roy en ses conseils et son procureur général, et à Luc Thibaud de La Vie, aussy chevallier et advocat général audit Bourdeaux, par Dubédat, huissier.

Enqueste faite, en vertu desdites lettres; des parantés <~Mdit Lebretlton. Et le 16e janvier audit an 1649, j'ay fait faire ladite enqueste desdites alliances, que ledit Lebrethon a advouhées et déclairé qu'il ne vouloyt avoyr de procès avecq moy et qu'il ne me demandoyt rien, pardevant monsieur Esneau, commissaire, et Melon greffier.

Autres' lettres du grand Seg~M assignation au conseil à toutes mes parties. Envoyé 600 livres audit sieur Pineau. Le 21e juin 1649, j'ay escript et envoyé une lettre à monsieur Pineau, de monsieur Merlat en ma faveur, avecq 12 escus d'or,' vallant 62 livres 8 sols. plus la commission qu'il m'avoyt obtenue pour faire assigner monsieur le procureur général, du 22e may dernier, signée dudit Pizot, avecq l'exploict d'assignation donné sur icelle audit sieur et au sieur Guybert, pour comparoir au mois au conseil le 7e juin dernier, par Delartigue, huissier, luy ayant, par le préceddant ordinaire, envoyé les autres exploictz d'assignation que j'ay fait donner en vertu d'icelle ausdits sieurs La Tour, Brusié, Lebrethon, monsieur le procureur général et audit Guybert. Le 13e septembre 1649, j'ay chargé monsieur Pelletreau, marchant de ceste ville, s'en allant à .Paris, de bailler et délivrer audit sieur Pineau la somme de 600 livres, qu'il m'a mandé qu'un certain homme demandoyt, pour me faire donner un arrest audit conseil, par lequel tous ceux du parlement dè Bourdeaux et l'ordonnance de monsieur le gouverneur seroyent


cassés et moy maintenu en madite charge, ce que ledit homme promet de faire moyennant lesdites 600 livres, suivant que ledit Pineau me l'a escript.

Mort dit roy d'Angleterre. Le 9e fébvricr audit au 1648, 1 le roy d'Angleterre a esté condempné par la chambre des communes de Londres à. avoyr la teste tranchée, et a esté exécuté le mesme jour, dans la ville de Londres, avecq un duc condempné avecq luy. Ses commissaires n'ont voulu signer son arrest de mort, dont Pharphax en estoyt l'un, à cause de quoy il a esté fait prisonnier. C'est Crunvet, 3 son lieutenant, qui a fait exécuter ceste haute et ardie entreprise. Ledit roy a esté convaincu, à ce qu'on nous a mandé, d'avoyr fait mourir son père de poison, d'avoyr voulu faire entrer en Angleterre une armée espagnolle, et d'estre la cause de tout le sang .qui a esté versé et espandu en Angleterre et Irlande, qui sont trois crimes capitaux. Ceste nouvelle nous a esté asseurée par douse personnes arrivées à La Rochelle dans un navire, qui ont veu faire ladite exécution, chose desplorable et lamantable. Cc~oc~M~M~ et députation aux estatz ~'Or/~MM. Le 27e febvrier 1649, la noblesse de Xainctonge, le clergé et le tiers estat estans assemblés en ceste ville, au palais royal d'icelle, pour députer chescun un d'entre eulx aux estatz qui doibvent tenir à Orléans, le XVe mars prochain, suivant les letres patantes du roy envoyées au séneschal de Xainctonge ou son lieutenant général en son absance, qui les a convocqués lequel après les avoir harangués et fait sçavoir la volonté de sa magesté, auroyent prins heure à 1. L'année anglaise commençait alors le 24 mars le 30 janvier1648, style anglais, jour de la mort de Charles ler, correspond, pour le calendrier grégorien, au 9 février 1649. Samuel Robert indique le jour d'après le calendrier grégorien et l'année d'après la computation anglaise.

2. Lisez Fairfax.

3. Lisez Cromwel.


l'après disnée pour entrer chescung corps en nominnation, comme ils ont fait, sçavoyr le clergé assemblé en leur chapitre, de monsieur Deboissompierre, leur évesque, à présant à Paris le tiers estat assemblé à la maison de ville, de monsieur Marsaud, lieutenant général susdit, et avecq luy maistre Jehan Pichon l'esné, advocat et ladite noblesse, en l'audiance dudit pallais, de monsieur de Boisron, homme de grande probité contre lequel quelques factionnaires et envieux, à cause de sa religion, soubz prétexte de n'avoyr assisté à sa nommination, auroyent fait brigue le landemain, pour en nommer un autre, comme ils firent de la personne de monsieur le conte de Lussan, 3 cadet de la maison d'Aubeterre, favorisé de Charles de Villedon, escuyer, sieur de Magezir, qui luy fournit quarante voix de ses amis, ce qui causa grand bruit parmy ceste noblesse pendant deux jours; d'autant que ledit sieur de Boisron se vouloyt maintenir en sa nominnation comme légitime, tellement qu'il fut arresté que l'un ny l'autre ne seroyent députés et qu'on en nommeroyt à leur exclusion un tiers, ce qui fut fait en la personne de monsieur de Réal,~ 4 demeurant proche de Cougnac, avecq quatre scindicqz pour dresser les mémoyres et recevoyr les letres.

Xantipe. Le lundy ~3e septembre audit an 1649, entre. une heure et deux après midy, Magdelayne Merlat, mon espouse, me renouvellant les grands subjetz et outrages que j'ay receu d'elle despuis 4 ans et que l'honneur m'oblige 1. Lisez de Bassompierre

2. II doit s'agir ici non de M. de Boisrond mentionné dans la Biographie ~M~o~MtM, mais de son père, appelé aussi René de Boisrond, et marié à Louise de Blois-Roussillon il était de la religion réformée.

3. Roger d'Esparbez de Lussan, seigneur de Cadenac, du petit Lussan, de Mendie, etc., en 1627, dit le comte de Lussau, époux de Louise de La Rivière. Anselme, t. VII, p. 456.

4. Léon Boscat de Réals, baron de Mornac, seigneur de Champagnac, époux de Marguerite de Courbon, élu par la noblesse de Saintonge pour la représenter aux états généraux qui devaient être tenus en 1649, et à Tours en 1651.


de taire, et qui néantmoins m'obligèrent de luy donner trois ou quatre souffletz, en suite de quoy et demye heure après, elle seroyt sortie de la maison et allée chés monsieur Rossel; jninistre, où elle auroyt couché avecq Sarra, sa servante, auquel lieu je l'auray esté cherchée et ramennée en ceste maison, où l'ayant laissée à faire son mesnage et m'en estant allé en ville, ladite Merlat seroyt encore sortie de cachete de ladite maison, par la porte de derrière, le landemain 14e sur les six heures du matin, à mon deceu, de sa servante et de ses enfans, sans sçavoir la- maison où elle seroyt allée se cacher, sinon que, le jeudy après 16e, sur le midy, monsieur le présidant, son cousin germain et parrin, envoya le cousin Dubois scéans et chés monsieur Merlat, nous dire que deux jésuites luy avoyent dict qu'elle estoyt dans le cloistre des filles nostre dame de Sainct-Vivien. Auquel lieu je me seroys aussy tost transporté avecq lesdits sieurs présidant et Dubois et deux pères jésuites, dont l'un s'apelloyt Thomas: Où estant, on m'auroyt fait voir à une grille ladite Merlat, à laquelle j'auray pris la main et luy aurois dict de me suivre, luy asseurant pardon et oubly des grandes offances qu'elle m'a fait, que la blancheur de ce papier ne scauroyt souffrir, ce qu'elle m'auroyt refusé et dict qu'elle vouloyt changer de religion et mourir dans ledit cloistre. A quoy je luy réspondis qu'elle ne le pouvoyt ni mesmes y demeurer, sans violler les loix divines et humaines, et qu'il ne leur estoyt permis de la retenir, et qu'elle estoyt grandement séduite. Enfin elle dict que lorsqu'elle auroyt fait sa révolte entre les mains de monsieur l'évesque de Xainctes, qu'on attendoit dans peu de jours retourner de Paris, elle retourneroyt en sa maison. Le temps des vaquations et la force qu'ilz ont en main m'ont empesché d'entreprendre d'autres voyes, les jugeant aussy inutilles contre leur dessein et de ceste meschante et malheureuse. De plus je fis offre audit sieur Thomas, jésuite, et autres docteurs de l'église romaine, de l'ouverture libre de ma maison pour faire l'instruction


que ladite M. (sic) feignoit de vouloir recevoyr, et consantois mesme pour hoster tout prétexte d'empescliement, qu'elle feust mesme dans la maison dudit sieur présidant, ou qu'elle y feust à toutes les heures que bon luy sembleroyt. Il m'a esté asseuré du despuis qu'elle estoyt allée chés le petit Coudreau, nostre voisin, où elle auroyt couché, à la femme duquel je l'avois cependant, à mesme momant de son absance demandée, qui m'auroyt asseuré qu'elle ne l'avoyt veue, trahison grande après les grandz services qu'ilz ont receu de moy lesquelz l'auroyent conduite le landemain audit convant, entre unze heures et minuit, ledit sieur présidant leur ayant fait trouver la porte ouverte du petit port Mouclier. Le sapmedy,13e novembre, à dix heures du matin, elle a fait sa révolte audit convant, les portes fermées, entre les mains dudit sieur evesque de Xainctes.1 1

Gens de guerre. Le jeudy au soir, 9e décembre audit an '1649, est arrivé en ceste ville deux régimens de cavallerie, l'un de monsieur du Coudret-Monpensier,2 et_l'autre de monsieur de Gens, ? allemant qui ont esté suivis le landemain d'un autre régiment de monsieur deLa Villete, faisant en tout d2 à '1,500 chevaux, et les principalles forces de France pour aller en Guyenne, soubs la conduite de monsieur de Chou-

1. Les détails qui suivent, relatifs à une procédure en séparation de corps pour cause de sévices, intentée par sa femme, n'offrent aucun intérêt. Déjà le 29 juin 1648, chassant une servante coupable d'avoir détourné nombre d'objets, il l'accuse d'avoir agi tf par le consantement de sa maistresse. » Ail leurs il reproche à sa femme d'avoir contracté des dettes à son insu et détourné pour plus de 1,000 livres d'effets et plusieurs sommes d'argent. Parti pour Paris le 7 juillet 1653, pour « le procès de la meschante D il quitte Paris le ler novembre 1654, arrive le 11 à Saintes, paye le 11 mars 1655 une pension pour elle à Françoise de Pontcastel, supérieure du couvent, et éteint le procès le 5 février 1656 par une séparation amiabte en vertu de laquelle sa femme demeurera dans ledit couvent ou tel autre qu'il lui plaira sans en pouvoir sortir tant qu'il vivra.

2. Claude d'Escoubleau, seigneur du Cpudray-Montpensicr, ou son fils, Henri, iieutenant-générat des armées du roi mort en 1699.

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pes, assister monsieur d'Espernon contre messieurs du parlement de Bourdeaux. C'est un des plus grands logemens qui ayt jamais esté à Xainctes et qui y ayt fait et commis de grandz désordres et despences, pendant cinq jours qu'ilz y ont demeuré et vescu à discrétion, et outre d'ailleurs exigé de tous de l'argent. Il y avoyt céans logé le sieur de La Garde, mareschal des logis du régiment dudit sieur de La Villette, deux cavalliers, deux valetz et quatre chevaux, qui avoyent tousjours à disner et souper leurs capitaine ou lieutenant et quelques autres cavalliers et outre d'ailleurs, je leur ay baillé 9 livres 7 sols en argent, le lundy matin qu'ilz partirent pour s'en aller à Eschebrune et de là à Barbezieux. Le corps de ville et cellui de l'eslection n'en ont esté exemps à cause du grand nombre. La déspance qu'ilz ont causé d'ailleurs, outre lesdites 9 livres 7 sols scéans, est de 50 livres, Dieu m'en ayant garanty de plus grande au respect du passé et préservé d'un grand malheur et accidant, dont je le loüe de tout mon cœur et luy en rands graces, dans une rencontre où je me treuvé avecq M. Fonteneau, esleu, et le sieur Veyrel, apotiquaire, le vandredy à 3 heures après midy, dans une émotion qu'avoyent causé lesdits gens de guerre qu'on croyoit qui vouloyt piller la ville. i650.

.fdcAa~ fait de monsieur de Rabar, de fo/~cg t~~ feu monsieur Augier. Le 25e apvril, audit an 1650, estant dans la ville de Pons avecq monsieur Fonteneau, j'ay passé contract avecq monsieur maistre Alexandre de Rabar, escuyer, seignieur de La Beause et conseiller du roy en sa cour et chambre de Guyenne, tant en son privé nom que comme procureur spéciallement fondé de procuration de damoiselle Anne de Raffou, sa belle mère, vefve de noble homme Estienne Augier, conseiller du roy, esleu et lieutenant particulier en l'eslection de ceste ville, par sa procura-


tion du 22e jour des présantz mois et-an, attachée et insérée audit contract, te tout passé par maistre Pierre Meusset, notaire royal à Barbezieux, par lequel contract ledit sieur me vand ledit office dudit feu sieur Augier, pour lequel il y a 14000 livres de finance et à jouir de 500 livres' de gages anciens, 100 livres de droictz de chevauchée, 237 livres de droictz de signature ordinaire et anciens, 10 livres de taxations anciens de la crue de garnisons, 19 livres de droictz de brodeaux sur les tailles et 23 livres 10 sols d'autres brodeaux sur les aides, revenant tous les susdits droictz à 889 livres 10 sols et promet de m'en faire expédier du jour dudit contract, 25 apvril, en quatre mois prochains les provisions en mon nom, comme estant de la religion, et me faire recevoyr en la cour des aydes et installer en ladite eslection comme aussy de faire lever toutes opositions générallement qui pourroyent estre faites audit Robert, de quelles nature qu'elles puissent estre, à ma réception et installation le tout à leurs propres coustz et despans. Laquelle vanthe a esté faite moyennant la somme de 12000 livres.

Poursuites à Paris SM)' ~'O/XM~MM C<KM<3 de la ~OM. Le 10e jeuillet 1650, j'ay party pour aller à Paris pour me faire recevoir dans ladite charge et office, ou estant il s'est treuvé que dans mes provisions il n'estoyt exposé que comme à l'ordinaire, bonne vie, meurs et religion tellement que j'auray esté obligé de les faire refformer et en avoir d'autres dans lesquelles j'auray fait employer toutdu long re~MM prétendue refformée, la cour des aydes n'ayant voulu recevoyr les autres. Ensuitte de quoy, m'estant présanté en ladite cour, il se seroyt trouvé oposition des agens du clergé de France, qui estoyt lors assemblé à Paris, et du scindicq du clergé de ceste ville de Xainctes, à ce que je nefeusse reçeu, attendu que j'estois et faisois profession de ladite religion. De laquelle oppozition ilz avoyent esté desjà déboutés au sceau où ils l'avoyent desjà formée, et tellement procédé


sur icelle, que les fortes et puissantes solicitations dudit clergé auroyent obtenu arrest par lequel -j'estoys renvoyé. Contre lequel arrest je me serois pourvu vers le roy, et par le moyen des mesmes faveurs que ledit sieur de Rabar avoyt employé, qui est de monsieur Despernon, de monsieur de La Force, j'auray obtenu jussion par laquelle il estoyt enjoint à la dite cour de me recevoyr.

Réception dans la cour des aides.-Laquelle jussion ayant fait présanter, ladite cour ne l'auroyt trevée en bonne forme pour les obliger à me recevoir, ce qui m'auroyt encores obligé d'en avoyr une autre, sur laquelle ayant encore contesté longtemps avecq tous, ledit clergé de France et le scindicq du clergé de ceste .ville, après une longue proceddure de fuite et de chiquane très ennuieuse, arrest seroyt intervenu par lequel ladite jussion seroyt enregistrée et seroyt proceddé à ma réception, le 30e janvier 1651, comme il fut, le premier de febvrier 1651, à la manière accoutumée. Est à noter que ledit arrest fut donné moyennant 6 livres que je donné à monsieur G de R secréttaire de monsieur Gor rapporteur. 1

1651

Enregistrement aux trézoriers.- En suitte de laquelle réception je partis de Paris, le 29 duditmois de febvrier, et m'en allé droict à Bourdeaux, pour me faire recevoir et prendre attache de .messieurs les trezoriers, que lesdits sieurs me donnèrent, nonobstant les recommandations que monsieur l'évesque de Xainctes y avoyt envoyé. Et m'estant présanté, le 23e de mars audit an, en l'eslection de ceste ville, pour me faire installer, ledit sieur évesque fit faire une autre oposition par ledit sieur Michel Peys, archediacre, faisant pour le scindicq du clergéde Xainctonge, à ce que je feusse installé

1. A partir du mot « moyennant)) l'écriture a été raturée. Les blancs suppléent les mots illisibles.


en la qualité de lieutenant particulier mais bien celle d'esleu; à laquelle oposition se joignirent les sieurs Girard, Paillot, Poussaud, Lemusnier, Soulet, Levecot, Marchais et Grégoyreau, qui portés d'une passion de vengeance pour ledit sieur évesque, empeschèrent mon installation et m'obligèrent encore d'avoir recours à la cour des aydes pour avoir ung arrest, le 24e apvril audit'an, par lequel il est enjoint aux esleus d'incessemment procedder à mon installation dans trois jours après la signiffication dudit arrest. 1

Instalation en /'e~ec~o~. Lequel ayant fait signiffier le 2e may ensuivant et présanté le 4 ma requeste, le 8e j'ay, suivant ledit arrest, esté installé en l'eslection, où les sieurs Paillot, Bertus et Soùlet ont fait quelques protestations à cause de la qualité, moyennant '103 pièces de 58 sols que je leur ay délivré, vallant 298 livres 14 sols. Et le 11~ monsieur de Rabar a fait un acte par devant Bouffard, sergent royal, par lequel il prend lesdits Paillot, Bertus, Soulet, et le sieur Peys qui a fait l'oposition, à partie avecq protestation de les poursuivre sur icelle.

Commancement de l'année ~65~ arrivée de Paris. Le dimanche au soir, 19 mars 1651, je suis arrivé en ceste ville, revenant de Paris, ayant esté passé à Bourdeaux pour 1. Parmi les débiteurs de Samuel Robert .figurent le 14 février 1640, noble homme Pierre de La Vacherie, sieur de Pignan, avocat du roi en réfection; te 1A mars 1652, nobles hommes Louis Girard, lieutenant général, Jehan Regnaud, lieutenant criminel, Martial Fonteneau, Jacques Lebrethon, André Moyne, Isaac et Jacques Michelz, Pierre de La Vacherie, Jehan Lemusnier, Estienne Soulet, Laurans Grégoyreau, tous élus en l'élection. A la date du 8 juin 1657, il mentionne les noms de Labbé, Fonteneau, Lebrethon, Michel, Lemoyne, de La Vacherie, Pichon, Doussin, Maumusson, offi'ciers en réfection le tl février 1655 Maumusson procureur du roi en l'élection le 11 mars 1644, noble homme .André Jallays, sieur de La Vaux, conseiller du roi, élu enl'é)ection; le 6 avril 1663, noble homme Jehan Labbé, lieutenant criminel en t'étection le 8 mai 1634, noble homme Vincent Marchais, lieutenant général en l'élection, beau frère d'Arthus Mage sieur de Peuvirat le 16 novembre 1633, noble homme Guillaume Lemusnier, sieur de Lignolles, élu.


me-faire rècevoyr et prendre atache de messieurs les trezoriers.

Quittance de ~o?MMMr de Rabar de 6,000.livres. Le 7e juin 1651, estant à Bourdeaux, j'ay payé à monsieur de Rabar, conseiller, sur et en desduction des 12,000 livres que je luy debvoys pour l'achapt de mon office, la somme de 6,000 livres. De laquelle somme de 6,000 ledit sieur de Rabar m'a baillé quittance. par laquelle quittance ledit sieur s'oblige de faire tollir et cesser les opositions que le scindicq du clergé de Xainctonge a fait à mon installation et quelques ungs des officiers de l'eslection, pour raison desquelles opositions il y a desjà instance tant au conseil que en la cour des aydes, de l'événement desquelles il promet me relever indempne.

Réception de mes gages et <~K:~<? '/6~Le 12e octobre audit an 1651, j'ay reçeu des receveurs la somme de 433 livres, par les mains du sieur Duval, pour -la moytié de mes gages et droictz atribués à mon office, le roy nous ayant retranché l'autre moytié; dont j'ay baillé quittance à monsieur de'Boissay. Il m'est encore deub par le receveur du huictiesme 23 livres 10 sols.

Xainctes investy. Le mercredi 25e octobre 1651, nous avons esté commancés d'investir par les troupes de monsieur de Tarante et de monsieur de Matha. Le 26, nous feusmes tout à fait bloqués par lesdites troupes et par celles de monsieur le conte Dognon et de monsieur de Chambon et de monsieur de Richelieu; le landemain 27, nous feusme sommés par un trompeté et monsieur de Marsilly, gouverneur de Taillebourg; le 28, on capitula; le 30c, on rendit la ville entre les mains dudit sieur de Chambon qui en a èsté le gouverneur.

Siège de CoM~Mc. Le 8~ novembre 1651, le siège de Cougnac et les batteries de canons ont commancé; le 15e, monsieur Darcour y a fait entrer le secours au nombre de 500 chevaux et autant de fantassins, et a défiait le régiment de


Guyenne qui s'y estoyt oposé et en a demeuré sur la place plus de 700, à la barbe de monsieur le prince de Condé qui estoyt dans le parc et qui ne pouvoyt l'empescher à cause des eaux. Le 19° dudit mois de novembre audit an, jour de dimanche, à 2 heures après midy, monsieur le prince entra en ceste ville accompagné desdits seigneurs de Tarante, de Richelieu, conte Dognon et autres, ayant laissé leurs troupes à Pons et ès environs. Tous les corps de ceste ville l'ont arangué et ceux de nostre religion aussy. Le lundy 4e de décembre audit an, ledit sieur Darcour a chassé monsieur le prince de Thonnay-Charante, avecq perte de 150 tant mortz que prisonniers.

Payement de la garnison. -'Le 7e dudit mois de décembre 165d, j'ay délivré à monsieur Pichon, maire, 150 livres qui me restoyent de l'argent que le bureau m'avoyt mis en main, monsieur de Boisgiraud luy ayant aussy [payé] 15 livres de Qelluy qu'il a en main, et ce pour parachever le payement de 350 [livres] à quoy on nous a taxcé toute nostre compagnie, pour nostre part de la somme de 6,000 livres que doibt donner la ville pour l'entretien de la gar nison moyennant quoy nous sommes deschargés et toute la ville aussy de plus rien donner par cy après ausdits gens de guerre. Ledit sieur Pichon m'a donné quittance desdites 150 livres, et quoy qu'il soyt porté par icelle que nous sommes taxcés à 400 livres, nous n'avons néantmoins payé que lesdites 350 livres. J<M/<KM; etautres choses perdues à PoM§.– Le d3e décember 1651, j'ay envoyé à Pons, avecq les hardes de monsieur et de madamoiselle Merlat, une cassette dans laquelle il y a mes obligations, ceddulles, une sallière, une escuelle couverte, sept fourchetes, 13 ceuillères et un jouet d'argan, 8 à 10 onces de dantelle d'or et d'argan, une grand coutellière de 12 couteaux et une fourchete au millieu, mon papier journal, les perles et bagues et pièces d'or de garde qui m'apartiennent, avecq les perles et bagues du sieur baillif de Taillebourg qu'il a laissé en gage céans pour les 600 livres


qu'il me doibt, et tes contractz de mariages de ceux de céans. 1

Prise de Xainctes et logement du sieur de ~yr~rg. Le premier de novembre 165d, les troupes de monsieur le prince sont entrées en ceste ville par composition, et on y a laissé en garnison le régiment de Chambon composé de 800 hommes. Et ay heu à loger le sieur Nicolas Dupuy, sieur de Barrière, lieutenant de la compagnie du sieur Dumas, major dudit régiment, avecq deux chevaux et deux hommes lesquelz j'ay nourry à discrétion, et outre luy ay baillé 35 livres et audit major une escharpe bleue avecq une dantelle d'argent, et ce jusques au 20e dudit mois que lesdits sieurs de Barrière et major et le sieur Noailly, chantre de ceste ville, m'obligèrent de continuer, moyennant 16 sols par chescun jour, ce que j'auray fait jusques au 13e mars que nostre ville a esté reprise par le roy, sans que ledit sieur de Barrière m'ayt rien baillé des dl3 jours que je l'aurois nourry et son train, outre lesdits 16 sols.Ilz debvoyent aporter 2 pains de munition, ce qu'ilz ne faisoyent point la majeure part du temps.

d652.

Siège et reprise de Xainctes par le roy. Le mercredy, sixiesme mars 1652, à l'heure de midy, l'armée du roy, commandée par messieurs de Montausier et Duplessis-Bellière, composée de 2 à 3,000 chevaux et 6 à 7,000 fantassins des 1. La seconde partie du journal contient une liste de bijoux laissés en gage chez Samuel Robert par Samuel Guérineau, avocat en la cour, juge bailli de Taillebourg, et Pierre Grenon, écuyer, sieur de Mirande, paroisse de Saint-Pardoul, pour une obligation de 600 livres, et une liste d'autres objets de prix, terminées par la mention suivante « Toutes lesquelles choses m'ont estevoiéesausacagementdePons, où je les avois réfugiés à cause que noatre garnison nous menaçoyt tous les jours de nous piller et de nous brusler, comme on a fait les fauxbourgs. D


plus lestes, ont assiégé ceste ville de Xainctes. Le 12e, le sieur Chambon qui la tenoyt l'a rendue, pour y entrer le d3e, comme on a fait, à composition qui est que ledit sieur de Chambon qui y commandoyt les cinq régimens d'infanterie et 3 de cavallerie qui s'y estoyent getté avecq son régiment en garnison au nombre de 12 à 1,500 hommes en tout, le landemain en sortiroyent, le 14e, avecq armes et bagage, tabour batant, mèche alumée et conduictz soubz bonne garde à Bourg; 1 ce que les généraux n'ont sceu faire exécuter à leurs soldats, qui ont entièrement pillé ladite garnison. Ceste infraction a esté apuiée de ce qu'il ne nous avoyent aucunement tenu la nostre en tous les poinctz. Hz ont laissé 9 pièces de canons, leur atirail, quanthité d'armes et de munitions tant de bouche que de guerre. Le 16e on [a] conduict néantmoings une partie de ladite garnison fort légière à Bourg, l'autre ayant pris party dans les armes du.roy. 3 Logement de m<MMM'Mr des Tourailles.-Le 13emarsi65~, les régimens des gardes et suisses et messieurs les généraux sont entré en ceste ville. Il est venu céans loger hault et puissant Jehan Turgot, 4 baron des Tourailles, lieutenant de la compagnie de gendarmes de monsegneur Darcour et mareschal de camp dans l'armée du roy, de la ville de Caen en Normandie, avecq une partie de son train. Et en a sorty y le premier d'apvril ensuivant, guéry de la maladie qu'il 1. Bourg-sur-Gironde, petite ville sur la Dordogne près de son connuent avec la Garonne, au sud-est de Blaye.

2. Le sens de cette phrase bizarre doit être « de ce qu'ils ne nous avaient pas tenu sur tous les points la parole qu'ils nous avaient donnée. » 3. Voir pour les détails La Fronde en Saintonge, par M. Louis Audiat (1867, in-8).

4. Jehan Turgot, baron des Landes, chevalier de Saint-Michel, époux de Magdelaine Puchot des Alleurs, était cousin de Jacques Turgot, seigneur de Saint-Clair, de Sousmont, etc., qui fut successivement conseiller au parlement de Rouen, maitre des requêtes en 1619, et intendant en Normandie, en Berry etc., président à mortier au parlement de Rouen en 1657 et conseiller d'état Voir Lachenaye Desbois, t. XH, p. 698.


y avoyt entré, après luy avoir.rendu dans une fiebvre tierce qu'il y a heue toute l'assistance et traictement que je pouvois et à ses gens, quoyque je n'y feusse obligé. Il me présanta une poche d'argent pour me payer je n'en voulu prendre. Et ensuite m'a fait de grandz offres de services, particullièrement a Paris, dans mes affaires, par le moyen de monsieur Turgot Sainct-Clair, maistre des requestes et conseiller d'estat, son cousin germain, et monsegneur Darcour, son inthime.

Siège et prise du chasteau et ville de Taillebourg. Le sapmedy 23e mars i652, le chasteau et ville de Taillebourg se sont rendus après sept jours de résistance et y debvoyt entrer la susdite armée du roy le 25, comme elle a [fait]~ par composition, qui est que la garnison, au nombre de 500 fantassins et 500 chevaux, sortira [avec] armés et bagage pour estre conduictz à Bourg, et monsieur de Marsilly, gouverneur audit chasteau, en sortira aussy avecq son bagage et armes et celles de monsieur de Tarante, pour estre conduictz à Thouars. Ledit sieur de Tarante en estoyt sorty de nuict, i2 jours auparavant. Au mesme temps la reyne a envoyé ordre exprès pour raser ledit chasteau et pons de Taillebourg. Le tout a esté exécuté.

Lict complaict fourny à l'hospital pour les malades et blessés. Le 3~ d'apvril d652, j'ay envoyé au convant des cordeliers, où on a fait l'hospital pour les blessés et les malades de l'armée du roy, suivant l'ordonnance de monsieur Marin, son intendant, du 1ge mars audit an, un mathelas avecq un chevet, deux linceux de reparonnes 1 et une couverte blanche demy neufve, qui ont esté délivrés entre les mains du sieur Bernard, certificateur des criées, et de la dame Cosset.

Monsieur de Rabar doibt payer frais des oppositions de mon instalation et des arrestz que j'ay obtenu, tant au con-

d..R~MfOMMM, toiles grossières faites de déchets de lin.


seil ~M'~M la cour des aydes, d'hors de cour sur icelles. Le 23~-juin 1652, monsieur Pyneau, de Paris, m'a envoyé un mémoyre de tous les frais qu'il a advancés pour moy aux opositions dernières de mon installation des sieurs Peys et de La Hautière, tant au conseil que en la'cour des aydes, et dont monsieur de Rabar est obligé de m'indempnizer et descharger. revenant en tout à 127 livres, 19 sols, 6 deniers.moyennant lesquelz frais j'ay obtenu au conseil un arrest de renvoy en la cour des aydes, laquelle a donné arrest d'hors de cour sans despans. 1

1653.

Payement de mes gaiges et droictz de l'année jf6~ sur la parroisse de Nieuil-le-Viroul. Le 28e janvier d653, j'ay esté payé de mes gaiges et droictz de l'année 1652, par le moyen d'une quittance que le sieur Touquoy, receveur, m'a donné sur la parroisse de Nieuil-de-Viroul, de la somme de 465 livres et 25 sols de frais que ladite parroisse doibt de taille pour ladite année 1652 et comme mesdits droictz et gaiges ne montent [à] ladite somme, je lui ay baillé une promesse de ma main de 23 livres, que je luy prometz payer lorsque ladite parroisse m'aura entièrement payé lesdites 465 livres et 25 sols de frais. J'en ay pour cest effet escript aux collecteurs et au cousin Horry,pour les en presser. Lesdites quittance et promesse dudit jour, 28e janvier 1653, moyennant lesquelles j'ay baillé une quittance comptable audit sieur Touquoy.

livres 10 sols des aydes. J'ay aussi reçeu de maistre Alexandre Billeau, commis à la recepte du huictiesme, 23 livres 10 sols à mon office atribués pour l'année 1651.~

1. Le 26 juin 1654, étant à Paris, il fait encore taxer les dépens d'un défaut contre Peys.

2. Mention analogue enl652,où il ajoute que cette somme représente « un soi pour chescun bailh et 8 sols pour chescune parroisse, et jusqu'en 1662, sauf pour payements de 1658 et 1660, dont il n'est pas parlé.


P<M<?~ mes gaigés et droictz de l'année ~653 sur la parroisse de ~V~M~F~oM~. Le 24e febvrier audit an d653, j'ay esté payé de mes gaiges et droictz de ladite année d653, ensemble de 277 livres 15 sols qui m'estoyent deuhes pour ma part de la taxation à nous accordée pour faire l'imposition des trois centz mille livres de la contribution de monsieur de Vandosme, par le moyen d'une quittance que ledit sieur Touquoy, commis au recouvrement desdites 300 mille livres, m'a donnée sur ladite parroisse de Nieuil-le-Viroul, de la somme de 900 livres que ladite parroisse doibt pour sa part de ladite contribution, qui doibt estre desduite sur les tailles de ladite année 1653. Et comme mesdit gaiges, droictz et susdite taxation de 277 livres 15 sols ne montoyent qu'à 72d livres, je luy ay baillé audit sieur Touquoy, une promesse de ma main, de luy payer 179 livres lorsque j'auray esté payé desdites 900 livres, lesdites quittance et promesse dudit jour, 24e febvrier d653, moyennant lesquelles j'ay baillé une quittance comptable audit sieur Touquoy.

Le 20e décembre 1656, j'ay commué lesdites quittances de deux quartiers en un, à cause du retranchement que le roy a fait de l'un desdits quartiers et de un autre quartier en l'année suivante d654.

Mort de monsieur de Rabar. Le 12e may d653, monsieur de Rabar de La Beause, s'en allant de Marmande ches luy à La beause, avecq un gentilhomme son voysin, nommé La Seguynie, ils rencontrèrent quelques paysans armés dans un village apellé Roquebrune, qui arrestèrent ces messieurs par un Q!M vive, et cela en trois divers endroictz. Et après que les deux premiers les eurent laissé passer, et comme cela fascha ce gentilhomme, il ne put pas s'empescher de leur dire quelques parolles, sur lesquelles on luy tira un coup de fusil qui le mit par terre roide mort, et un autre à monsieur de Rabar, qui luy tua son cheval et luy mit trois balles dans la cuisse. Il fut porté à Monségur pour se faire


penser, où quelques jours après il est mort de sa blesseure. t

Gazettes pour monsieur Regnaud. Le 24e may d653, le cousin Regnaud m'a baillé 42 livres sol pour luy faire aporter les gazettes de Paris, et ce pour six mois à commancer ce jour là, à raison de 26 livres par an. 1

Départ ~oMr jP&rM. Le 7e jeuillet 1653, j'ay party pour m'en aller à Paris pour le procès de la meschante. J'ay emporté avecq moy une ceinture dans laquelle il y a la somme de dix sept cens quatre vingtz dix sept livres seze sols en quatruples pistolles, louis, demy louis, escus d'or et demys, et outre, en ma poche la somme de cent quatre vingtz livres en autre or et monnoye.

1654.

Retour de Paris. Arrestz. Le ide novembre 1654, jour de sainct Martin, je suis retourné en ceste ville avecq monsieur Pineau, ayant party de Paris le dimanche, premier dudit mois, dans le carrosse de Poictiers, pour lequel j'ay payé 30 livres, sans y comprendre ma despance. Pendant que j'ay esté audit Paris, après toutes les chiquanes et fuite que la meschante a peu s'invanter et uzer contre moy, j'ay obtenu entre autres deux ar restz le premier, qu'elle informeroyt des sévices, comme elle a fait, dans trois mois, que je payeray aux religieuses pour ses pensions 600 livres et 200 livres pour ses habitz, et l'autre arrest qu'elle sera sequestrée dans une maison dont nous nous accorderons, pendant six mois, où je la pourray voir, et que je luy paieray 200 livres de pro-

1. Alexandre de Rabar!°' écuyer, seigneur de-La Beauze, conseiller au parlement et chambre de l'édit de Guyenne. « Il périt victime de son zete pour le service du roi, au mois de mai 1653, en agissant sous les ordres du duc de Candale, lieutenant général des armées royales en Guienne, pour opérer la réduction de Bordeaux. e O'GiLVY, Nobil. de G~e<Mte, 1.1, p. 61.


vision par an, pour tout entretien et nourriture, sur ses biens, et cependant que les tesmoings me seront récollés et confrontés. Ce dernier arrest est donnè le 6e septembre 1654, au raport de monsieur de Nesmond, conseiller, Longoy est le greffier, et monsieur Lebaillet, présidant. Je n'ay voulu lever ledit arrest à cause de l'injustice qu'on y a rendue. Il y a 4 escus d'espices et les despans réservés. Les gens du roy n'estoyent pas d'advis dudit récollement, parce qu'il n'y a assés de preuves pour la séparation qu'elle demande. Accord du cousin Regnaud. Le 29e aougst 1654, le cousin Regnaud, moy estant à Paris, se seroyt accommodé avecq monsieur Merlat faisant pour moy, touchant .la quittance de finance pour estre réservé en son office, qu'il avoyt payée et retirée à mon préjudice, attendu qu'il n'estoyt plus officier, mais son petit filz, qu'il avoyt fait pourvoyr en son office, ce qu'il auroyt recogneu par ledit accommodement, m'ayant donné sa procuration pour faire refformer sadite quittance et en prendre un autre en mon nom, suivant sa procuration dudit jour, 29e aougst 1654, passée par Peraud, notaire royal, et accordz particuliers fait entre. lesdits sieur Regnaud et Merlat, soubz seing privé, par lesquelz je suis obligé de rendre audit sieur Regnaud les 3,500 livres de taixce par luy advancé de ladite quittance, et outre pour son desdommagement, la somme de unze cens livres seullement, quoyque par ledit accord et escript, il paroisse 2,100 livres, ledit sieur Regnaud l'ayant désiré ainsy affin, se disoyt il, de mieux contanter sa fille dudit accommodement. Arrest et quittance r<~bnM6<?. Ensuitte duquel accommodement, et en vertu de ladite procuration, j'ay fait donner arrest au conseil, le 24e de septembre audit an, par lequel il est ordonné que là quittance dudit sieur Regnaud sera refformée et le controlle deschargé, et qu'il m'en sera délivré une autre en mon nom, par le trésorier de partie casuelle, ce qui a esté fait le deuxiesme jour d'octobre 1654. OpoM~oM du cousin .Re~M<M< Ensuite de quoy, ledit


sieur Regnaud a fait oposition et obtenu des lettres royaux, et m'estant présanté en nostre bureau, avecq les autres ouiciers réservés, il auroyt encore formé son oposition par requeste, laquelle mes confrères auroyent renvoyée, n'en ayant voulu cognoistre, ce qu'ayant veu, il leur auroyt fait signiffier ladite oposition et à moy aussy.

D<?~o~ce Paris. Pendant lequel voyage, j'ay despancé à Paris la somme de 5,726 livres 16 sols, outre ce qui c'est despancé en ma maison, qui est la somme de (mot en blanc) et les 3,500 livres de ma quittance, et d/!00 livres de desdomagement.

1655.

Payement final faict à madame de Rabar. Le d5e apvril d655, j'ay payé à Jehan Jacques Peynot, praticien, au nom et comme procureur de dame Jehanne Augier, vefve de monsieur de Rabar, et icelle comme donnatrice de dame Anne Rafou, sa mère, et comme tutrice de ses enfans, et dudit feu sieur de Rabar, par sa procuration du 6e des présantz mois et an, signée Jehanne Augier. Bétaile ? Bordes, présant et adjousté, notaire royal, passée à Bourdeaux; la somme de 4,500 livres restante et faisant le final payement des 12,000 livres du prix de mon office, à moy cy dessus vandu. par quittance, reçeue par Peraud, notaire royal. Ladite dame m'a envoyé une copie de la donnation à elle faite et audit sieur de Rabar, par sa dite mère, du 22 febvrier 1650, signée Meusset, notaire royal à Barbezieux, et m'a promis de m'envoyer une copie du testament fait en sa faveur par ledit sieur de Rabar, avecq une copie du contract de mariage de ladite dame Rafou avecq feu monsieur de Rabar le père.

Arrest contre Regnaud. Le '!3e jeuillet audit an, l'arrest d'entre monsieur Regnaud et moy a esté donné au conseil privé, au raport de monsieur Favier, par lequel, sans avoyr esgard à la requeste de madame de Beauvais, ledit Regnaud est débouté de sa requeste tendant à ce


que l'accord fait entre nous feust cassé, et luy remis en mon office, avecq despans contre luy.

Xantipe. Le 19e octobre d655, j'ay payé à Xantipe 50 livres pour son quartier, suivant sa quittance d'elle signée, et le mesme jour, sur le soyr,' elle s'en est allée dans la maison de madamoiselle Jolly, que monsieur Descombe, son commissaire, et monsieur Rondeau, son adjoint, luy ont donné d'office, ne nous en estans peu accorder. 1656.

Transigé avec Xantipe. Le 5e febvrier 1656, j'ay passé transaction avecq Xantipe, pardevant Peraud, notaire royal, par laquelle je luy accorde la séparation de corps et de biens, et de plus luy ay délaissé son dot qui conciste en un quart du moulin de Marplance, en une obligation de 1,800 livres contre monsieur de Conteneuil, et en deux autres obligations montant [à] 2200 livres contre feu monsieur Morisson, greffier de l'eslection, et M. de La Gorse, son gendre, pour en percevoyr le revenu seullement, sans les pouvoyr alienner, avecq 300 livres de meubles. Et outre, ay payé aux religieuses Nostre-Dame d200 livres pour toutes ses pantions jusques à aujourd'huy, et de plus la somme de 1,000 livres, tant pour payer les marchans, médecins, chirurgiens, apotiquaires que autres choses qu'elle pouvoyt pré- tendre. Et ce moyennant qu'elle demeurera dans ledit convant des filles Nostre-Dame ou tel autre qu'il luy plaira, sans qu'elle en puisse sortir sans mon consantement et volonté, tant que je vivray. Et doibt ladite transaction estre homologuée en la cour et chambre de l'éédit à Paris. Et moyennant ce, nous sommes demeuré hors de cour et de procès, qui me couste d'ailleurs plus de 6,000 livres. Le premier d'apvril 1656, j'ay résigné ma charge d'eschevin à maistre Guillaume Ruthin, greffier de l'audiance, moyennant 300 livres, quoyque j'en eusse refusé d'un autre 500. II y a esté installé le mesme jour.


Transaction faite avec le cousin Regnaud. Le 19e apvril 1656, j'ay passé transaction avecq le cousin Regnaud, touchant mon office et la taxce de 3500 livres que j'ay payée pour estre réservé, ensuite de l'arrest du conseil que j'ay obtenu contre luy, par lequel il m'estoyt condernpné aux despans, desquelz nous avons composé à 1000 livres qui m'ont esté desduictes sur lesdites 3500 livres, et luy ay payé le restant. Il doibt me garantir de l'oposition de madame de Beauvais, et a fait réparation d'honneur à monsieur Merlat, ainsy qu'il est plus à plain parlé par ladite transaction signée Peraud, notaire royal.

Payement des gaiges et droictz de mon'- o/~c~ des années 1654, 1655 et majeure part de 1656. Le 20e décembre 1656, j'ay baillé quittance à monsieur Touquoy de d50 livres, pour un quartier de 500 de gaiges et 100 livres de chevauchée, plus une autre quittance de 66 livres 12 sols 6 deniers, pour un autre quartier de 237 livres 10 sols de droictz de signature anciens de 15 sols pour parroisse, de 10 livres pour taxation de la crue de garnisons, et de 19 livres, pour droictz de bordereau à mon office atribués, et ce pour l'année 1654. J'ay baillé semblable quittance pour l'année 1655 et 1656.

G<M<j~ droictz. Plus je luy ay aussi baillé quittance de 158 livres 10 sols pour paroisse, à moy atribués comme rézervé en mon office, par les éditz de supression et de restablissement des esleus, des mois de mars 1654 et juin 1656, payable sans aucun retranchement et ce pour l'année 1655, suivant l'estat du roy. Plus je luy ay aussy donné quittance semblable de 79 livres, pour deux quartiers desdites 158 livres, pour l'année 1656, sans préjudice des autres deux quartier s. 1

1. Mentions analogues pour 1657 et i658; chaque année il touche 23 livres 10 sous sur le huitième et paye un droit de paulette de 80 livres. 25


1657.

Arrest touchant.le procès de Benoist. Le 19e apvril 1657, estant à Bourdeaux, j'ay heu arrest dans l'affaire et procès que m'avoyt fait le nommé Benoist, apotiquaire, pour avoir foueté sa fille que j'avois treuvée en ma chambre aux prises avecq la mienne qu'elle vouloyt ennuier, apellant du hors de cour que monsieur le lieutenant criminel nous avoyt donné par lequel arrest est dit que la cour, faisant droict deffinitivement aux parties, a mis et met l'apel et ce dont est appellé au néant, et néantmoins, 'en émandant, m'a condempné en 25 livres pour toutes prétentions, et au parsus mis les parties hors de cour et de procès.

Estat de ~M~~M~OK <y<M~<~<~M)~ de gages, ou rante au denier vingt. Quittances que les 0/~CMrs en ont données. E'o~ l'argent. Le 8 juin 1657, tous les officiers de l'eslection de Xainctes ont faict un estat de distribution qu'ilz ont inséré dans le papier du bureau, de la somme de 646 livres 5 sols à eulx atribué pour augmantation de gages, ou rante au denier vingt, employée dans les estatz du roy, année 1653, suivant la finance par eulx payée d'un quartier de leurs gages et droictz de ladite année; et suivante 1654, de chescune desdites deux années, qui est pour deux quartiers de ladite rante au denier vingt de chescune année, lesdites 646 livres 5 sols. Ensuitte duquel estat les sieurs Marchais, Robert, Labé, Fonteneau, Lebreton, Michel, Lemoyne, Paillot, Bertus, de La Vacherie, Pichon, Doussin, Maumusson et Grégoyreau, faisant pour tous les autres, ont. donné quittances le mesme jour, au sieur Touquoy, receveur, sçavoyr: pour deux quartiers de chescune desdites deux années 1653 et 1654, et pour chescune année, 452 livres 12 sols, et pour ung quartier de chescune année 1655 et 1656, et pour chescune année, 226 livres 6 sols, revenant en tout à la somme de 1357 livres 16 sols. Laquelle somme de 1357 livres 16 sols .a esté employée par lesdits officiers au payement de


533 livres 6 sols 8 deniers et intérestz d'icelle de 4 ans trois mois, qu'ilz debvoyent à monsieur Merlat, d'une part, plus en 309 livres qu'ilz debvoient audit sieur Touquoy, d'autre, et le restant, à partie du remboursement de plusieurs autres sommes qu'ilz avoyent advancées, tant aux gens de guerre que soubztien et poursuite de plusieurs procès & Paris, tant au conseil que cour des aydes, concernant ladite compagnie et leurs privilèges, suivant l'estat et mémoyre qu'ilz en ont mis et escript sur ledit papier du bureau, montant en tout [à] 2324 livres 19 sols 8 deniers, et dont il reste encore à se rembourser ausdits officiers la somme de 967 livres 3 sols 8 deniers.

Copie de la quittance de finance. Au pied desquelz estatz et mémoyres est une copie de quittance de finance pour les susdits droictz d'augmantation et rante, dont ledit sieur Touquoy est chargé de l'original.

Promesse d'entre monsieur G~/O~~M moi ~OMC/MM~ lesdits droictz. Le 16e dudit mois de juin d657, monsieur Grégoyreau et moy avons signé une promesse, par laquelle nous recognoissons que des droictz attribués à mon office par l'estat cy dessus mantionné de distribution, il m'en apartient 15 livres 15 sols 6 deniers, et d'icelle audit sieur Grégoyreau 4 livres 1.1 sols par chescun an, sur le pied desdites 646 livres 5 solz, pour droictz qu'il a acquis de monsieur de Rabar; et de plus, ledit sieur Grégoyreau recognoist qu'il a receu de moy ce qui luy apartenoyt desdites 4 années d653, 54,55 et 1656, desquelles j'ay donné quittance audit sieur Touquoy, receveur, dont il me quitte. De laquelle promesse nous avons chescun retenu un double -de mesme teneur, qui est attachée avecq copie de toutes les autres pièces cy dessus, et d'un mémoyre du partage qui a esté fait dudit argent cy-dessus, dans le sac de mes provisions. 1

1. Le dernier article du journal écrit de la main de Samuel Robert, est du


1667

Départ de ma seur. Le 5e. dudit mois (avril d667), entre dix heures et onze heures du matin, ma seur est sortie de ma maison pour aller trouver madamoiselle ma mère, à la rue des Balais, chez Lardreau, afin d'aller chez monsieur l'évesque pour la faire traduire aux filles de Nostre-Dame, ce que ma mère luy refusa, de sorte que inadite seur se transporta seule chez mondit sieur de Bassompierre qui vint l'accuillir jusqu'au portail qui regarde et qui fait face à la maison de monsieur Badiffe, chanoine. Ensuite de quoy ce bon prélat la remit entre les mains de ses aumoniers pour aller chercher madame de Sainct-Sauveur, qui fit compagnie à madite seur au couvent des Notres-Dames en le carrosse de mondit sieur l'évesque.

Visite de madamoiselle ma mère. Le 9e dudit mois, madamoiselle ma mère m'a fait l'honneur de me venir voir, et en mesme tems a fait emporter chez elle toutes les hardes de ma seur.1

Nous résumons ici de nombreux détails contenus dans les deux parties du manuscrit ils n'offrent, il est vrai, qu'un intérêt secondaire nous pensons néanmoins qu'ils ne sont pas inutiles pour faire mieux connaître le caractère de l'auteur du journal et les moeurs de la bourgeoisie provinciale au XVII" siècle.

Famille et amis. On trouve mentionnés en 1653 « le cousin ¡) Hé!ie Horry, de Nieul; en 1654, « le cousin du Ruisselet »; en 1659, « la cousine Catherine Barguénon, vefve de Daniel de Roquancourt, notaire royal ». Ma)gré son animosité contre sa femme,qu'il n'appelle jamais, après sa fuite, que « Xantipe ou « la meschante », les re21 février 1665 l'article suivant est daté du 10 août. Le 21 août, est mentionné un payement fait de 30 livres, par « ma sœur et moy », Jehan et Magdelaine Robert, à Jehanne Dupuy, servante, légataire de « deffunct monsieur mon père; B' quittance reçue par Fleurisson, notaire.

1. La dernière mention du journal, à la date du 18 août 1668, est relative au payement d'une somme de 1600 livres, due par le sieur Guyeau, beau-père de Jehan Robert, au sieur Béraud, lieutenant particulier.


lations de Samuel Robert avec la famille Merlat ne semblent pas avoir été altérées; le 28 décembre 1649, on le voit à La Fromagerie chez M. Merlat, auquel il confie, lors de son voyage à Paris, en 1650, sa cassette, ses obligations, son papier journal, ses joyaux, ceuillers d'argent et gages, laissant à sa sœur Robert x une autre cassette contenant les secondes grosses de ses obligations et son « second papier journal ». M. Merlat s'occupe de ses affaires en 1655; son fils reçoit en présent de son oncle Merlat, ministre, une paire de pistolets. Il n'omet point de mentionner la mort de Josué Raboteau, procureur, 25 décembre 1647 de Jacques Pineau, procureur en l'élection, 4 juillet 1657; de Pelletreau, procureur à Bordeaux, 5 novembre 1657. En 1649, il perd au jeu contre M. de La Vacherie 60 livres.

Parmi ses débiteurs figure Pierre Veyrel, marchand, fils de feu son parrain, pour un prêt de 200 livres fait sans intérêt « à cause de l'affection que je luy porte, » 18 janvier 1648.

Education des enfants. Son fils a un précepteur, M. Debar, qui emprunte 15 livres pour envoyer son fils aîné à Bordeaux, chez M. deBacalan, 2 janvier 1655. Prix de trois mois de pension de sa fille Magdelaine, chez M. de La Roche, en 1651, 221. 10 s. Elle demeure chez mademoiselle de La Viennerie en 1652; pension d'un an, 150 livres, en 1655.

Serviteurs. Leur conduite est loin de correspondre àl'idée que l'on se fait des domestiques de l'ancien temps. Le 5 février 1642, Jehanne Contère, « que nous avions prise scéans pensant l'eslever pour l'honneur de Dieu se précipite volontairement par une fenêtre « de la vis de céans », et se casse la cuisse. Magdelaine Vassal, payée 12 1. puis 18 1. par an, est chassée le 29 juin 1648 « elle a fait vandre. quatre plains coffres de linge, le sain d'argent de sa maistresse. le tout par le consantement de sa maistresse et à la ruyne de ceste maison. et a participé à tous les larcins qui ont esté commis, comme aussy aux désordres. B Le 5 octobre 1651, François Robert, serviteur, confie son argent à son maître, « s'en allant à la guerre dans une compagnie de cavallerie de M. de Tarante » M. de Saint-Simon, son capitaine, certifie son décès, arrivé à Pessines le 3 février 1653. Jehan Guérin commet chez ses maîtres un vol avec effraction de 400 I., le 22 novembre 1661 pris à Saint-Jean, à cheval, partant pour La Rochelle afin de gagner la 'Hollande, il reçoit son pardon. Gages de servantes, 10 1., 121-, 30 1. Les valets reçoivent 18 1., parfois 30, et on s'engage à leur faire apprendre un métier après leur service. L'un d'eux


s'accueille pour deux ans, moyennant 12 1. avec promesse de ne pas demander d'augmentation; un autre pour six ans, 1665. Fortune; principales acquisitions. Outre ce qui est indiqué plus haut, Samuel Robert recueillit dans le partage fait avec son frère, le 10 juillet 1641,11,680 1. en obligations; par testament de sa mère du 11 juillet 1641, 15,119 1. en obligations. Jehan Bouffard, acquéreur de l'office de notaire de son père, meurt insolvable le 4 avril 1652, « jour du jusne ». Samuel Robert reprend l'office, tenant quitte des intérêts les enfants de Bouffard: à cause de leur pauvreté. Il achète, le 5 mai 1645, devant Dexmier, notaire, de Nicolas Duhamel, épouxdejehanne Toussaint, une maison située paroisse SaintPierre, tenue du roi au devoir de 4 deniers d'anguillage, confrontant à Pierre Thomur, chirurgien, à Anthoine Véronnet, tailleur, au sieur de Montignac, à la rue qui va de Saint-Pierre au canton des Forges, et une étable tenue de Féveque de Saintes au devoir d'une « demy fourche en pré, le tout pour 2,000 ). 1 -Le 5 juillet 1657, Jehan Lesvard lui vend, devant Fleurisson le jeune, notaire royal, une maison et jardin à Saint-Palais, tenant au jardin des choristes de Saint-Pierre, à la rue qui va de la porte des Ponts à la Croix de Bois, sise au fief de Chanteloube, seigneurie de Beaupuy, 700 1. Le 5 octobre 1659, Jacques de Léglise, curé de Saint-Pierre, lui vend pour 100 1. un jardin dépendant d'une chapellenie en Saint-Palais; le 2 septembre 1662, il acquiert devant Richard, notaire royal, de Foucaud Yndre pour 500 1., une petite maison à Saint-Palais, seigneurie de Beaupuy, « suportée d'un costé par des esteps et poteaux restans de l'incendie commise par l'armée de monsieur le prince de Condé x le 24 février 1663, il acquiert une maison ruinée comme la précédente, sise au Bourg-Neuf, puis, le 28 mars, l'emplacement d'une chapellenie dans la seigneurie de Beaupuy. Diverses autres acquisitions sans importance arrondissent son domaine dans Saint-Palais, etc.

Sur la très longue liste de ses débiteurs, figurent messieurs « d'Autrec, escuyer, sieur de Sainct-Paul, gentilhomme servant chez le roy, de Chastelards, de La Roche-Chalais, de Pons (qui engage 100 marcs de vaisselle d'argent pour 1200 1. en 1627), de La Trémoille, de Marsilly (400 l.),1636, etc., à côté d'Abraham Gabet, <! restaurateur du corps 1. Le 4 août d6~2, son frère acquiert de Perron, tailleur, une maison venant de feu maitre Pierre Roy, « proche nostre présante maison t, acte reçu Dexmier, notaire.


humain B, de Bernard Rivière, « organiste et maistre d'hostel de madame l'abbesse de Xainctes~, 1661, et de la femme de Pierre Chauvet, serger, qui laisse en gage pour 30 t., en 1647, cinq bagues d'or, dont 2 enchâssées de grenats, une de turquoise, une d'améthyste, «l'autre en façon dejon, un citrain garny d'argent etun dé d'argent. Charles Mirmond, "consierge des prisons de ceste.ville, 1664. On y trouve mentionnés Cosme Béchet le jeune, avocat, 1645; M. Béchet, « incontinent son retour de Paris '), 26 août 1656 Jehan de La Vergne, 1655, Charles de Nailly, 1665, chanoines de SaintPierre Samson Badife, chanoine, conseiller clerc au présidial, 1630, qui hypothèque le moulin qu'il a sur les ponts Mathieu Tercinier, gantier; Jacques Gaultier, ministre de l'église d'Archiac; Vadelincourt, ministre de Marennes, 1642 M. des Anglades, partant pour Paris, 20 septembre 1648 Aman Lalouhé, écuyer, & sieur du Montit et Rivedou, lieutenant d'une compagnie au régiment de Xainctonge », 1641 Charles de Villedon, seigneur de Magezie, héritier universel de sa mère, (contrat de mariage du 29 septembre 1637, reçu Charlot, notaire à Tonnay-Charente), à charge de payer 5,000 livres à chacune de ses soeurs, Gabrielle, Catherine et Jacquette; son frère Henri est mort en Hollande avant le mois de mai 1638, époque où il est établi, par contrat reçu par le père de Samuel Robert, que la fille du sieur de Besne doit se contenter de 5,000 livres aussi payées à feue Suzanne de Villedon, sa mère, et à Judith de Villedon, femme de M. de Saint-Hilaire, etc., etc. Samuel Robert et son frère laissent indivises entre eux, « pour en tirer ce que nous pourrons », 87 livres 10 sous de rente sur les tailles de Saintes, provenant du capital payé en 1640 pour la taxe des aisés, et 293 livres 16 sous de rente sur l'hôtel de ville de Paris.

Voyages et procès. Samuel Robert passe sa vie en procès, comme beaucoup de ses contemporains; il figure commepoursuivant ou intervenant dans des procès de criées contre les sieurs Arques- son, (procès pendant à la cour des salines La Rochelle, puis, après la suppression de cette cour, à la cour et chambre de Guyenne à Bordeaux, 1645), et contre bien d'autres.–Saisie sur les fermiers de la seigneurie de Pons, 1647 criées des biens de M. de La Mauvinière, 1647 opposition au sceau sur l'office de Badife, conseiller clerc au présidial, 1647; procès pour se faire décharger de tailles, 1642 et 1647 saisie contre M. de La Brouhe, 1649 procès contre de La Tour, Saint-Hilaire, 1650 criées des biens de Jean Rivet, sieur des Poussières, fils de Rivet de Champ vernon, 1657. Tous ses voyages sont motivés par ces procès.


En 1645, il se rend à Bordeaux; en 1650, à Paris, avec le messager (coût du voyage 54 ).), où il retourne en 1653. Le 3 avril 1657, il se rend à Bordeaux, pour le procès que lui a intenté l'apothicaire Benoist.

Valeur d'o&s divers. Les achats et ventes de Samuel Robert nous permettent de recueillir que)ques données sur !a valeur des denrées et marchandises. Le 23 juin 1646, il achète un poulain hongre de trois ans et quelques mois, qu'on dit engendré d'un barbe, 72 I.; entretien des fers, 6 1. par an. Cheval « hardé » avec celui de Moreau, sieur de La Tour, 1655. Mulet harnaché vendu 30 il s., 1663.

Vin: prix d'une barrique juin 1645, 13 1. 10 s.; 21 septembre 1651, 12 1.; décembre 1652, 111. 10 s. ou 12 1.; 1654, 17 t. 5 s.; vin rouge, le tonneau, 2 mai 1648, 40 1. 1er janvier 1649, 75 1. vin, le tonneau, 1656, 66 I.; 4 décembre 1657, 48 1.; 24 novembre, 1659, 66 1. Pas d'indication relativement à la qualité.

Blé prix d'une quartière: 12 novembre 1647, 6 1.; 13 septembre 1648, 5 1. 10 s.; 6 octobre 1649, 8 1.; novembre 1654, 5 10 s.; 20 septembre 1656, 6 ). 15s.; 9 novembre 1657, 5 1.; 20 octobre 1663, 10 livres.

Avoine prix d'une quartiëre 13 septembre 1648, 32 s.; 1654, 30 et 40 s.; 10 septembre 1655, 30 s.; 27 décembre 1657, 30 s.; 9 novembre 1658, 45 et 50 s.; 18 novembre 1659, 50 sous. Une charretée de foin, 1663, 10 21 juillet 1661,14 ou 151. 1. Un millier de fagots 13 mai 1643, 44 t.; 12 mai 1650, 60 ). Soliveaux de 6 pouces 26 avril 1659, 3 s. 6 d. le pied. Vingt-neuf grosses caillebotes de pierre de Saint-Mesme, rendues « au port Chapitre, sur la levée vis-à-vis du pré de la maison de ville, la rivière entre deulx, » 20 1., le 20 juillet 1645.

Chandelle 5 novembre 1649, la livre 6 s. 6 d.; 7 décembre 1652, 9 s.; chandelle de Flandre, 22 février 1655, la livre 10 s; 1659, 7 s. Un habillement de ratine rouge et 8 aunes de taffetas noir, « quoiqu'il n'en fallust que 7 pour faire une robe, fournis à Xantipe malgré sa défense, par Coudreau, 24 septembre 1649, 77 s. 6 d. l'aune 24 aunes de « dantelle noire de nege 9 s. l'aune.

Un coffre de fer est acheté le 13 janvier 1648, 54 I.; un caleçon de chamois, 4 1. 10 s., 1658.

H vend, le 13 novembre 1651, cc deux pistolletz garnis d'argent, le bois d'ébène, phi!fetré d'argent avec leurs fourreaux w 48 livres. Vente le 26 février 1656 à Jacob Moreau, sieur de Panloy « d'un baudrier en broderie noyr avecq des bossetes », 30 livres.


« Le i6~ may 1654, estant à Paris, j'ay achapté et envoyé au cousin du Ruisselet une espée damastinée qui me couste cinquante une livres cinq solz qu'il me doibt rendre et payer.

<t Plus le febvrier audit an, j'ay aussy achapté et envoyé à M. Veyrel, l'apoticquaire, ung livre qui traite de la vertu des pierres précieuses, qui me couste 1. 10 s. pour M. Béchet, advocat un cordon, 40 s. n

Le 8 octobre 1658, madame Veyrel envoie comme à-compte sur une dette «le tableau de Mitridateopour 181.–1647, madame Coma vend 6 1. « un vieux Joseph tout fripé n. Robert acquiert en 1656, par échange avec Moïse Patriarche, i orologeur », une montre sonnante, garantie un an et « travaillée puis trois moys en sça par luy et deux compagnons. suivant sa promesse et obligation, signée de Péraud, notaire royal. »

Inventaires d'objets mobiliers.

Mémoyre des hardes et nipes qui sont scéans et qui m'apartiennent, dont j'ay fait ce (mé)moyre ce décembre ~5/. Premièrement Trois tours de perles de compte au nombre de 200, et qui coustent huict cens livres, cy 800 livres. Plus un diamant'à table, fin et beau, trois cens livres, cy. 300 1. Plus un autre petit diamant à facette, esmaillé et fin 100 1. Plus deux autres petits diamans à facettes d'Alançon, aussy es-

maiHés 020 l. Plus un gros signet d'or, vallant 20 ).,cy. 020 Plus deux autres bagues d'or en grenatz, 12 t., cy 012 Plus un rubis à caboche esmaillé, 15 l.,cy 015 1. Plus un autre grenat vandu par la meschante, qui valloyt 010 Plus deux émeraudes moyenne vallant 40 t., cy. 040 1. Plus une autre grande émeraudes vallant de feu mon père 090 Plus une chaîne d'or vaUann5L,cy. 075

Plus dix-sept ceuillères d'argent, une à racler la langue et une fourchète, le tout d'argent, vallant avec leur estuy, 64 cy. 064 ). Plus un sein d'argent que la meschante a vandu de cachete en décembre mil six centz quarante huict, au sieur Marion, orphèvre et

i. Esther Pineau, veuve d'Isaac Veyrel, apothicaire; on trouve Marie Hillairet, veuve de l'apothicaire Samuel, mentionnée en 1650 dans la liste des débiteurs. Pierre Veyrel avait épousé une Coma. En ~642, Magdetaine. Gobeau, veuve d'un Veyrel, se désiste, au profit du frère de Samuel Robert, de ses droits sur une motte sise proche du temple des réformés.


quivattoyt601.cy. 060 1. P!ustroisjacobusàl3t.chescun,391.,cy. 039 1. Cinq doubles ducatz, 50 t.,cy. (?0 Six escus vieux, 361.,cy. 036 1. Cinqducatzsimptes,25!cy. 025 Unmoutonàtagrand)aine,llt.,cy. 011 1. Six demy escus d'or, 15 1. 12, cy. 0151.12 Plus un louis de 20 1., un de dix et un de 51., vallant en tout 035 Plus une pièce de quatre pistolles, 40 t., cy 040 1. Plus un noble à la rose, 11 I., cy 011 1. Ptusunangetot,10t.,cy. 010 1. Plus un louis d'un escu, un de 30 s., un de 15, et un de 5 et un teston, vallant en tout six livres, cy 006 1. Plus il y a avec les susdites choses les perles et bagues que le juge de Taillebourg a laissé en gaige pour 600 i. qu'il me doibt. (Il s'agit de cinq bagues d'or, et de 240 petites perles rondes, le tout estimé 240 t., laissées en gage par Samuel Guérineau, juge bailli de Taillebourg, te 2 mars 1638, pour les faire vendre au plus offrant au canton des Forges.)

Plus j'ay aporté de Paris, que j'y ay achapté le 3e septembre 1650, premièrement une escuelle couverte poisant trois marcz moins sept gros plus une salière en cube poisant dix onces moins un denier, et six fourchètes à trois buhors poisant six onces deux gros, te tout d'argent, poinson de Paris, et gravé, revenant en.tout à quatre marcz sept onces deux gros, au prix de 31 livres le marc, y compris la façon, dans leur estuy, vallant en tout 152 1. 10 s., cy 1521.10s. Toutes lesquelles choses m'ont esté volées au sacagement de Pons où je les avois réfugiées, à cause que nostre garnison nous menaçoyt tous les jours de nous piller et de nous brusler, comme on a fait les fauxbourgs.

Dans le coffre de marroquin de Levant sont tous mes habitz de sois.)).

1654. Ceuillères et fourchètes. Le 16° octobre 1654; estant à Paris, j'ay achapté une dousaine de ceuilliers d'argent poisant trois marcz cinq onces trois gros et demy, et une dousaine :de fourchètes à trois buhors aussy d'argent, poisant deux marcz sept onces, revenant en tout à six marcz quatre onces trois gros et demy, à 28 1. 10 s. le marc, et les façons 17 1., pour la graveure 3 1. 3 s 6 d.; monte la somme de 207 1.

Tapicerie. Plus une tanture de tapicerie de Flandre de deux


aunes et demye de hault et 22 aunes de tour, en.sept pièces et deux soubastemens de fenestres, demy neufve, garnie en hault de toille, représantant une verdure, une chasse, un bocage et histoire autour de chescune desquelles pièces sont les quatre élémans, et me couste rendue icy, 700 1. Plus de la tapicerie d'Angleterre, d'aune trois quartz, pour faire un lict et sa couverte, plus cinquante cinq aunes de moquette, façon d'achure, fon jaune, pour'faire une dousaine de chèze, un lict et sa couverte et d'ailleurs un grand tapis tout fait de mesme estofe, avec des franges de soye pour le lict et autres franges de layne pour l'autre lict et me couste le tout 250.1. ? » Un « mémoyre de l'argent qui est céans ce 12° décembre 1651 », comprend

Un sac de 1,200 quarts sans grains à 21 s. et de 400 quarts avec grains, o: un sac de 500 louis d'un escu et de 30 s. à 3 1. 4 s. total 3,2601. un sac de 1,120 quarts sans grains valant l,n6 1.; un sac de 333 écus louis à 3 1. 4 s. pièce, valant 1,066 1. 13 s.; un sac de 255 écus louis à 3 I. 4 s., soit 816 1.; un sac de 180 quarts avec grains, valant 180 l.une poche de 7 louis de 22 1. 8 s. pièce, 27 louis de 11 1. 4 s.; 12 louis de 5 1. 12 s., 3 quadruples d'Espagne de 22 1. pièce, 5 pistoles d'Espagne de 111., 42 écus d'or de 5 1. 10 s., 8 demi écus d'or de 55 s.; « le tout bien de poidz et vallant 916 1.18 s.; plus en autre monnoye et dousins pour la despance de la maison, la somme de 318 1. » Total 7,7931. 11 s.

Figurent sur des mémoires semblables le 24 mars 1653, 9 louis de 24 L, 30 de 12 1., 12 de 6 t., 4 quadruples d'Espagne de 24 t., 5 pistoles de 12 t., 3 demi pistoles, une pistole et demie d'Espagne, 5 écus d'or de 6 1. 4 s., 8 demi écus; total 963 1. 16 s. Plus 250 écus louis de 3 1. 10 s., 48 louis de 12 1., 665 livres en louis de 3 1. 10 s. et de 35 s., 240 1. en dousains; 280 1. en 105 quarts et 180 louis de 17 s. G d. et autre monnaie; 7 pièces de 58 s. Le 21 juin 1653, 8 louis de 24 1., 79 louis de 12 1.; 14 louis de 6 4 quadruples d'Espagne de 24 I., 12 pistoles d'Espagne de 12 1.; 5 demi pistoles de 6 1.; 45 écus d'or de 6 1. 4 s., 8 demi écus de 3 1. 2's.; total 1797 ). 16 s. Plus 330 louis d'un écu à 3 1. 10.s. pièce; 53 louis de 35 s., 80 louis de 17 s., 120 quarts de 22 s., y compris .7 testons, valant 132 1.; 200 1. en dousains, 158 louis de 5 s. 10 d.; le 8 septembre 1659, 600 1. en louis d'un écu et de 30 s.; le 22 décembre 1661, 4001. en louis de 15 s., 100 1. en dousains; le 20 juin 1663, 1000 1. en louis blancs.

La feuille de garde du registre contient les recettes d'une eau très merveilleuse pour les rougeurs du visage, et d'un remède con-


tre la goutte à prendre tous les mois au déclin de la lune, heue du sieur Dumas, de Périgueux, major du régiment de Chambon, en garnison en ceste ville, ce 2~ janvier 1652. D

LIEUX MENTIONNÉS 1561, 13 avril, arrentement à François Guillot, par acte capitulaire des chanoines de Saintes, signé Rondaud, secrétaire, d'une terre au Bourg neuf, seigneurie de Beaupuy, dépendant d'une chapellenie. 1642, 31 août, payé 75 livres pour dernière demi année de location de la maison de Toussaint, marchand « je l'avois louhée à mon sieur Chesneau, receveur ». 1643, « fait élever le logis acquis par feu mon père de Coma entre Coudreau et Gobeau ». 1647, 20 juin, rente sur une maison en un terrain ayant appartenu à Roy de Lombrail en 1631, « près du jeu de paulme au-devant le convant des jésuites », acte du 20 janvier 1631 reçu par Robert, notaire; pré sis en la prée basse devant l'hôpital; le logis de la Croix-Blanche au faubourg de la Berthonnière le logis Nostre-Dame. 1652, 7 juin, de La Fûte, notaire à Bordeaux: devant les Carmes, sur les fossés de la maison de ville.-1653, 8 juin, maison de la demoiselle La Touche Badife, près celles des sieurs Veyrel et Baudouin, vendue à monsieur Merlat; Garnier, notaire. 1657, La Petite Espée, hôtellerie. 1659, 5 août, pré sis en la petite rivière-de Saint-Vivien, proche le grand pré de l'évêque, seigneurie de Saint-Crespin, dépendant de chapellenies, fondées à Saint-Pierre par maître Estienne Duval. 1660, 21 septembre, chapellenie du sieur Des Brandes, près le fief du Vignaud, seigneurie de Beaupuy. 1662, 2 septembre, maison confrontant à la rue qui va des ponts à la croix de bois, et par derrière au sentier qui va au fief de Fromantin et au chemin de Lamoureux, qui est le long des murs du jardin et enclos de l'abbaye. 1663, 19 août, mothe au bout du Bourg neuf, vis-à-vis et faisant le coin du grand canton, seigneurie de 'Beaupuy.

PERSONNAGES NOMMES (la plupart sont des débiteurs ou des cautions, nous conservons à leurs noms l'orthographe de Samuel Robert). 1611,23 octobre, JehanLabbé, sieur de Sorlut, et damoiselleAnne Gombaud sont parrain et marraine de Jehan Grand.1620, 6 octobre, Gilles Guynot. 1622, 26 avril, Jehanne Jalleau, veuve de maître Estienne Merlin, Jacques Meschinet, sieur de Richement. 1627, 11 juillet, .par deux actes reçus,


l'un par le père de Samuel Robert, l'autre par Jameu, notaire, le seigneur de Pons emprunte 1200 livres et remet cent marcs de vaisselle d'argent pour indemniser Jehan Pichon, avocat, son plége; dette payée par la dame de Pons en '1651 à Robert qui, sur les instances de Pichon, fait grâce d'un an trois mois d'intérêt. 1630, 4 juillet, Ythier Mathieu, écuyer, sieur de La Mauvinière, (vend le 12 juillet 1636 à Muraud, médecin, une maison sise devant le palais et ayant appartenu à Gouauld). 17 août, Jehan Cousseau, Pierre Bascle, Jehan Fouchier, notaires, Jehan Brilhonneau, gendre de Cousseau. 1631, Jehan Pichon, avocat, Arbouin, son métayer de Courcoury. 1632, 15 juillet, Abel de Bertenet, écuyer, sieur de Fouchereau, Jacob Affaneur, écuyer, sieur de La Jarrie et Conteneuil, son beaupère, Jehan Affaneur, fils dudit Jacob 21 septembre, François Desnouyers, curé de Varzay; 16 novembre, Jacques Leberthon et Guillaume Lemusnier, sieur de Lignolles, élu en l'élection, Nicollas Bonnet, notaire royal. 1633, 29 octobre, Pierre de Tustal, écuyer, sieur de La Mothe et de Saint-Sornin de Seschaux, Jehan de Tustal, écuyer, sieur de La Nauve, et Guizengeard, son frère, Henri Baudouin, procureur en l'élection obligation ratifiée en 1661 par François Baudouin, avocat son fils.-1635, septembre, Samuel Melon, apothicaire de Marennes, Jehan Melon, greffier aux enquêtes, de Saintes, Natanael Chasseloup, avocatau parlement de Paris.1634,27 mars, le seigneur de Pons emprunte devant Melon, notaire, avec-Pierre Combaud, avocat, fermier de Pérignac, André Delagrange, notaire, fermier des rentes et greffe de la ville de Pons, Anthoyne Niceron, chirurgien, fermier de Berneuil, Jehan Bossion, marchand, gendre de Delagrange, 900 livres pour un an x et sont les terres de Pons, Pérignac et Berneuil, obligées spéciallement, sans desroger à la généralle ne au contraire », payement fait en 1654.1636,.4 septembre, « Henry de La Trimouille de Thouardz payr de France », etc., et « messire Anibal B. de La Trimouille, seigneur de Marsilly et autres terres en Poictou qu'il a acquis puis un an, à deux lieues de Thouardz, gouverneur des ville et chasteau dudit Taillebourg, spéciallement obligé, et maistre Hélie Thomas, sieur de Petit-Port, fermier général dudit comté de Taillebourg, y demeurant empruntent solidairement 400 livres pour un an; prorogations successives; huit ans d'intérêts sont payés en 1657 criées des biens dudit Thomas, en 1663. 1637, 5 février, Jehanne Coudreau, veuve de François Tafforin,


notaire royal, Théophile Bourdoys, son gendre: 17 août, Paul Roze, avocat au parlement; 7 avril, François Duboulet, écuyer, sieur de La Brouhe et Laugerye en Poitou, époux de Barbe Hervé, fille de feu Hervé, bailli de l'évéché, logé rue Saint-Maur; la dame de Vantadour. –1638, 5 mai, François Arnaud, notaire royal, et Jehan, son fils, Josué Bernard, avocat; 27 mai, Pierre Dubreuil, procureur. 1639, 17 juin, hauts et puissants messires Jacques Vigier, seigneur de Chastellars et Luchet, Charles Delanes, chevalier, marquis de La Roche près Chalais, son gendre;dameLidyeDo!anes, damede Cusagais, proche parente dudit marquis, son donataire, Jacques Rondrail, notaire royal, Arnaud Sarrazin, Estienne Douilhet, sergent royal, Pierre Trigant, juge ordinaire de la seigneurie de Pommiers, Guy Marsaud, procureur d'office du marquisat de La Roche, Siméon Rousseau, praticien, Jacques Robert, sieur de La Plante, marchand, du bourg de La Roche, tous fermiers des terres de Chastellards et Luchet, empruntent 2400 livres à Jehan, frère de Samuel Robert; acte reçu par son père. 1640, 6 novembre, Jehan Grand, sieur du Claunay ~Jacques Chenu, sieur de Villeneufve et du Breuil-Chaussac; 28 janvier, Guillaume Chauvet, juge de Sablonceaux, père de François, et Pierre Chauvet, sieurs de La Chassagne et Saugouze en Pizany. 1641, 2 février, noble homme, André Rose, sieur du Pradeau; 28 février, Elizabeth Bruneau, veuve d'Aman Lalouhé, sieur de La Lande, et Arnaud Lalouhé, écuyer, sieur de La Lande, son fils, Guérin, élu, curateur des enfants du feu sieur de La Ravallerie; Blanche Tafforin; 28 juin, Jacques Mage, sieur de Fiefmelin et deDiconche, avocat; 13 juillet, Jehan Limousin, procureur au présidial; Monfriaud, sieur de Chambon (débiteur insolvable), Boyer, avocat, sieur de Narsejac. 1642, 16 mai, Jehanne Relyon, veuve de noble homme André Rose, docteur en médecine; 3 juillet, Jehan Jolly, sieur de Chadignac; 11 septembre, Charles Gasteuilh, sieur de Besnac, Yzaac Marchays, sieur de Fontneufve Vivienne Mossion, veuve de Pierre Poictiers, notaire royal à Saint-Seurin le sieur d'Eschervaise; monsieur deMonestreux, sieur de Rouvre?; 21 juin, Jehan Bruslé, huissier audiencier au présidial Samuel Tartarin, notaire royal; Jehan Rocquemadour, avocat; 21 juin, maître Henri Dussaud, mari de Claude Cotherousse, héritière de feue Françoise Berton, veuve de Guillebon, conseiller; Anne Ythier, veuve -Boursiquot, belle-mère de la damoiselle Dussaud. -1643, 4 oc. tobre, Jacques Jacomin, sieur des Portes, Fromaget, procureur


à Marennes, le sieur de Boubes, beau-frère du sieur du Banchereau. 1644, 5 mai, damoiselle Marie Grelaud,. veuve de David Moreau, écuyer, sieur de Saint-Sornin et Pantlois 8 juin, Hugues de Tisseraud, écuyer, sieur de Courchamps, Paul Pineau, procureur en l'élection, Estienne Pineau, notaire royal de La Tremblade; 28 mars le feu sieur Comte, avocat; 2 août, Andrée Goy, veuve de Pierre Mahaud, procureur, et Raphael Mahaud son fis 9 octobre François Grégoyreau, conseiller au présidial, noble homme Charles Delesseau, sieur du Banchereau, son beau-frère, logé devant les Jacobins; monsieur de Geneste, conseiller au parlement de Bordeaux. 1645, 6 avril, vénérable et discrète personne maître Jehan de La Vergne, chanoine en l'église cathédrale de SaintPierre, (obligation de 80 livres à prendre sur l'argentier de l'église, à la Saint Jean-Baptiste) Daniel Charrier dit Touron, maître paulmier; François Mùraud, sieur de Méraudière, docteur en médecine; 5 septembre, Pierre Mesnard, écuyer, sieur de Cousaudière 23 août, obligation de Nicolas Barraud, arpenteur, procureur de François Mousnier, François Gobeau, Jehan Vieuille, Simon Dupoy, notaires royaux, Pierre Courtineau, sergent royal, Pierre Morisson, apothicaire, Isaac Gobeau, chirurgien, François Billerit, Pierre Barraud, marchand, Jehan Vignaud et Jacques Vieuille, praticiens, Estienne Lecourt, boucher, Jacques Mousnier, Nicollas Rousé, notaire royal du bourg de Champagne, Jehan Barraud, sergent royal du lieu de La Chaume, Michel Barraud, Pierre Mousnier, Jehan Chaillou, Simon Clerjaud, marchand, Samson Mallac et Nicollas .Guillon, laboureurs, faisant la majeure part des tenanciers de la paroisse de Pont-l'Abbé, procuration signée Veillet, notaire royal, pour 300 livres; obligation reçue Peraud, notaire royal, gendre de feu Pierre Barguenon, payée en 1665. 1646, 15 janvier, sur les 87 livres de rente, provenant de 1560 livres payées par Jehan Robert père en 1640, pour la taxe des aisés, Samuel et sa sœur reçoivent 27 livres 6 sous 1 denier, moitié de deux quarts et demi pour l'année 1643, sans préjudice de l'autre moitié, un quart et demi ayant été retranché par le roi. 11 mai, les sieurs de Thenac, archidiacre, Delestre, 'promoteur; 8 mars, Jehan Gobeau le jeune, sieur de La Moure, fiancé à damoiselle de Robillard, emprunte 300 livres pour payer les marchandises achetées pour la noce; 17 juin, Jehan Martin, juge du bailliage de Marennes, Gédéon Godet, procureur fiscal de Marennes, son


gendre 15 septembre, Jehanne Coma, veuve d'Estienne Sauvaget, avocat, de l'île d'Arvert; 11 décembre, Estienne Soulet, conseiller élu, Jouachim Soulet, chapelain, son frère. 19 octobre, Jehan Réault, commissaire aux saisies réelles, et Jehan Bouffard; sergent, promettent par écrit à Samuel I?obert de ne rien lui demander pour toutes les saisies et commandements qu'il fera faire contre ses débiteurs, mais de se pourvoir contre les saisis ou sur leurs baux à ferme, sauf pour les criées que Bouffard parfera et qui lui seront payées suivant la taxe. 1647, le père de Samuel Robert ayant acquis le 23 août 1635, 293 livres 6 sous de rente sur l'hôtel de ville de Paris, pour 5288 livres 8 sous « qu'il a payés aux coffres du roi, provenant des greffes des tailles de la paroisse de Gemosac et qu'il avoyt acquis du feu sieur Marchais », Samuel Robert, sa belle-sœur et d'autres, chargentle22 janvier, Daumar, procureur enila chambre des comptes, de demander « la descharge de la soufrance qui est ausdits comptes de finance que le roy nous a remboursés ès année 1635, icelluy compte clos en 1638, pour les offices de commissaire et controleurs au regallement des tailles, suivant les commandemens qui nous en auroyent esté faitz par Fromantin, huissier desdits comptes, et qu'il est porté par ladite procuration dont copie, et dudit exploict, est attachée au contract de constitution de rante assignée sur la maison de ville de Paris pour cest effect. Ledit Daumar a charge de jurer et affirmer que les sommes pour lesquelles on nous tient en soufrance nous sont véritablement deuhes, et que d'icelles nous n'en avons heu aucun don ni remise, sçavoir ledit sieur Esneau, (conseiller), en son privé nom, pour les offices de controleurs au regallement des tailles des parroisses de Xainctes et Coulombiers, 1878 livres, et comme mary de damoiselle Magdelaine Choloux, fille et héritière de Samuel, pour celle de controleur de la paroisse de Sainct-Sulpice près Mornac, 1644 livres; ledit sieur Grégoyreau, pour l'office de commissaire des tailles alternatif de la parroisse de Montis, 1248 livres 10 sols; ledit sieur Vivier, pour l'office de commissaire second de la paroisse de Sainct-Sornin de Marennes, 250 livres 12 sols ledit sieur de Préguillac, pour les offices de premier et second contrôleurs au regallement de la paroisse de Préguillao, pour 598 livres 10 sols ladite Collineau, pour l'office de commissaire de Thenac, pour 616 livres 17 sols, et ma belle-sœur et moy, pour les offices de deux commissaires de la parroisse de Gemosac, pour 4122


livres 15 sols. » Le 22 juillet, Daumar écrit qu'il n'a pu obtenir les décharges, attendu la mort de M. Garnier, trésorier des parties casuelles dont les héritiers sont intéressés en même chose et « que nous debvons apréhander, les huissiers ayant obtenu surcéance jusques à l'obtention de ladite descharge et apel desdits héritiers ». Pineau, procureur chargé de l'affaire, écrit en 1647 qu'il n'y a pas de fonds pour les arrérages de 1641 et 1643 « et quelques autres années de 38 et 39: » Le 30 octobre 1654, restent à payer des quartiers de 1639, 41, 43, 44, 47, 48. Le 18 juillet 1658, Pineau remet à Samuel Robert « la quittance ou descharge de la chambre des comptes des souffrances qui y estoyent, touchant la finance que nous avons payée. pour nostre rante sur la maison de ville de Paris, ladite quittance est au pied des deux articles qu'on disoyt estre en souffrance du 22e juin 1658, signée Le Gendre, contrôleur général des restes, à laquelle est attaché un mémoyre des frais qu'on a fait pour ladite descharge ». janvier. Morineau, sieur de Fayolle; noble homme Jacques Michel, receveur des tailles; Jehan Cristin, avocat 25 mai, Samuel Robert acquiert un pré dans la prée basse, de Thomas Lebrethon, écuyer, sieur des Ramades, Grezac et Haultmont, 18 août, Honoré Arger, avocat en la cour, demeurant à Saint-Pierre d'Oleron Paul Fourestier, sieur de Préguillac, avocat. 20 avril, Michel Marion, maître pâtissier, emprunte 60 livres; « ce premier juin 1649, ledit Marion m'a payé. sur quoy il m'a desduict 20 livres, pour des vivres qu'il avoyt fourny céans, au moys de febvrier, mars et apvril 1648, pendant que les gendarmes étaient scéans ». 18 août, Estienne Coudreau, conseiller. 13 juin, Laurans Grégoyreau, procureur, Béraud, avocat, le sieur de Montaigne, héritier de la feue damoiselle de Bussaguet, Jehan Guischard, prêtre au Gua; 16 septembre, Pierre d'Aulnys, sieur de Chalezac, 6t François d'Aulnys, .sieur de Bourouil, son frère, logé rue des Balais. Le 14 mars, Josué Raboteau emprunte 1000 livres pour donner « à monsieur Gombaud, le chantre, qui faisoyt une voiture de 20000 livres D. t 2~ octobre, Abel Gousaud. procureur fiscal de Beaumont en Cravans, emprunte 88 livres pour se tirer de prison où le prévôt l'a fait mettre pour certains grains dont il était

d. Envoi d'argent. Littré dit n'avoir trouvé le mot voiture employé dans ce sens que dans madame.de Sévigne.

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dépositaire, appartenant au nommé Blanchard, supplicié. 15 juillet, Robert forme opposition au sceau pour 300 livres sur l'office de Badife conseiller clerc au présidial de Saintes, vendu le 21 à Josué Pichon, curé de Genté, fils de Jehan Pichon, avocat et échevin, opposition faite aux mains de François Lecomte conseiller du roi, garde des rôles des offices de France, par Pineau, avocat logé chez Chartier, avocat au conseil, rue Quincampoix, et à renouveler tous les six mois. 1648, 14 janvier, Hérier, procureur, de Lescure, conseiller au parlement dé Bordeaux 9 avril, Arthus de Quip, sieur du Pas, juge des cours temporelles de l'évêché, décharge Samuel Robert, de la curatelle des mineurs Raboteau, imposée par suite d'une brigue de Pierre Sauxay, bien que Robert ne fut qu'un parent éloigné; Pierre Sauxay, avocat, beau-frère de Vivier; feu Siméon Cherbonnier, époux de Suzanne Lalouhé Michel Brunet, maitre gantier de Royan Jehan Roy, sieur de Lombrail, avocat Samuel Gallet, écuyer, sieur de Thezac et de Thaims. 9 novembre, le sieur Desanglades part pour Paris; damoiselle Labbé, fille du cousin Regnaud, Maurice, chanoine; 1649, le sieur Debourg, conseiller au parlement de Bordeaux; 19 novembre, Louis_Chardavoyne, sieur de La Plante àGemozac, Jacques Chardavoyne, praticien à Bordeaux. Samuel Robert accueille comme servante Marie Vanbaure, qui a servi chez les intendants d'Argenson et de Lauzon et chez M. de Fontaine elle est veuve de Pierre Blanc, maître boucher de Paris, « proche parant de la femme dudit sieur de Lozon. » 7 décembre Magdelaine Merlat réclame à son mari, par acte de Limousin, notaire, passé le 3, ses vêtements, ses deux filles, une pension. Il répond que cet acte a est une suite des desréglemens de ladite meschante, auxquels elle s'est scandaleusement portée soubz un prétexte suposé de sévices imaginaires, pour abandonner furtivement sa maison, de laquelle elle a destourné pour plus de 1000 livres de meubles et plusieurs sommes d'argent. ceux qui luyont baillé ou presté l'ont fait à mon déceu. ayant par ce moyen fomanté et fomentent encore la rébellion et extravagance de ladite meschante. », et la somme de retourner en sa maison qui lui est toujours ouverte. Assigné en séparation, au présidial, le 7 janvier 1650, il écrit le 22 à Gabriel Pelletreau, procureur en la chambre de Guyenne à Bordeaux, d'obtenir un arrêt sur requête d'évocation ou des lettres de la chancellerie, et le 30, d'obtenir un relief d'appel. (Le 29 octobre 1651 il règle ce que lui a


avancé Isaac Pineau, avocat en la cour, à Paris, dans ses procès de l'échevinage, de la méchante et d'opposition à.son installation en l'élection le 30 octobre 1654, il règle avec le même les frais de ses procès au conseil, en cour des aides et chambre de l'édit de Paris. 12 mars, Izaac Chaillou, sieur des Gerbaudières, frère de noble homme Jehan Chaillou, sieur de Barbeau, receveur des consignations au siège royal de Saint-Jean-d'Angély, noble homme Charles de Boissay, receveur des tailles 19 octobre, Jehan Baudoin, sieur de Mouillepied, avocat; Marie Bouyer, fille de Jehan Bouyer, veuve de Jacques Huillard? sieur de Beaulieu. (Envoi de pièces à Bordeaux par les mains de monsieur Pichon, « le baron de selle ») Jehan Noalis, prêtre, Grégoyreau, chanoine. Payement de toile de Hollande et crapodaille ». 1650, 26 mars, noble homme François Lesné, pair et échevin Jehan Fromy, Pichon le jeune, avocats Jehan Pichon, conseiller et élu Charles Jolly, sieur des Mousnardz 6 mars, Geoffroy, receveur des décimes; 11 avril, Priolleau, beau-frère de Robert. 10 juillet, Robert se rend à Paris chez M. Janvier, conseiller au parlement, qui a ses provisions de l'office de lieutenant particulier. 1651, 21 mai, logis acquis de Duhamel loué à Jehan Roy le jeune, marchand (loué, le 8 juillet 1657, à Barraud, apothicaire; en novembre 1661, à Hiver, orfèvre. 3 octobre, Jacques Pineau, docteur en médecine à Jonzac, frère d'Yzaac Pineau, avocat au parlement de Paris 20 mai le sieur de La Tessonnerie, maître de la poste envoi de 30 livres à Dussaud, conseiller au présidial, présentement à Bordeaux, chez madamoiselle de Thibaud la veuve, rue des Lauriers 9 octobre, le fils de monsieur de Maignac à Saumur, (envoi d'argent par le fils Merlat) Françoise Meusset, veuve de Jehan Badife, Henri Pichon, avocat en la cour 18 octobre, Estienne Joubert, procureur, feu Horry, sieur de Cagouillac 27 octobre, François Morisson, greffier de l'élection, Jehan Lemusnier, élu, son gendre. 1652, 20 janvier, Jehan Richard, sieur de La Penàudrie Antoine Lestellier, greffier en chef du présidial 4 juin, Mathurine Mauduict, veuve d'André Guyet, sieur de Croix-Eschalle; Théophille Morin, procureur en l'élection 16 juin, Jehan Chasseloup, sieur de La Jugerie, procureur 22 avril, Charlotte Merlin, veuve de Mathieu Meschinet et fille d'Anne Jalleau Tasselot, curé de Saint-Pierre de Saintes; 7 août, Esther Martineau, veuve de Jehan Gobeau, sieur de La Moure, mère de Jehan et Michel Gobeau; 6 juin,


Françoise Dousset, veuve donataire du sieur de La Pommerette, épouse de Christofle Chastelier, marchand .15 septembre, François Jolly, sieur des Mousnardz et Le Cormier, beau-frère de Pierre de La: Vacherie, sieur de Pignan, auquel il doit pension et nourriture, (emprunt de 300 livres). 1653, Jehan Badife, écuyer, sieur de La Touche et du Mayne de Vaux, fils de Jacques Badife, sieur de La Touche, et de Marie de Vaux 1" janvier, Jehan Bouyer, greffier de Saint-Palais 3 mai, Marie Girard, veuve de Samuel Guérineau, juge de Taillebourg 27 mai, Symon Bonnyot, sieur des Augiers, juge de Mirambeau. –1654; 22 juin, la dame de Nieuil près Saintes. 1655, 11 janvier, Jacob Moreau, écuyer, sieur de Pantlois et Saint-Sornin de Seschaux, Jehan Moreau, écuyer, sieur de La Tour, son frère, (vendent le 6 juin 1663 leur part de Terrefort devant Gillet, notaire, à JehanDussaud, conseiller); 5mai, Judich Moreau, dame de Brossard, tante des précédents 29 janvier, Arnaud Lalouhé, écuyer, sieur de La Lande et de La Gataudière (criée de ses biens en 1667) 4 mars, Charles Bertrand, docteur en médecine, paroisse Saint-Michel, le sieur de La Combe Baudouin 29 mai, Estienne Soulard, avocat, Chasseloup, procureur et notaire, son gendre, Grande-rue 9 novembre, Fonteneau, sieur de La Boisselerie 26 juillet, monsieur de Roissac, mari d'une des filles de monsieur de La Roche-Chalais et instancié avec ce dernier 20 juin, vente à réméré de la terre de Saint-André, par monsieur de Saint-André à Charles de Villedon, devant Fleurisson le jeune, notaire. 1656, monsieur Lecomte, procureur du roi 24 mai, Jehan Vivier, avocat, rue des Prisons, paroisse Saint-Pierre; Josué Sauxay, sieur de La Besne, monsieur de BIénac Jacques Texier, procureur 25 décembre, Jehan Collardeau, sieur de La Chotarderie 28 janvier, monsieur et madamoiselle de Polin 26 décembre, Fromy, échevin, et You, sieur dé La Tessonerie et Tourneur, procureur, ses gendres le sieur de Gibaud 2 janvier, le fils du sieur de La Mauvinière est président à .Marennes 28 juin, envoi à Samuel Robert par Pineau, procureur, d'un co)7WMttimus pour faire assigner ceux qui lui doivent au-dessus de 50 livres, par-devant messieurs les maîtres des requêtes ordinaires de l'hôtel à Paris ou les gens tenant les requêtes du palais, à son choix et option, signé par le conseil Pucelle et scellé en cire jaune 16 décembre, monsieur Merlat étant à Bordeaux lui fait expédier un mandement debitis « signé par


le conseil, Suau et séellé ». 1657, 6 août, Jacques Delauze licencié ès-lois, Jehan Dalvy, avocat, Hé[io Thomas, sieur de Petit-Port, fermier général du comté de Taillebourg; 1°'février, créance contre messieurs Benjamin de Queulx, sieur de La Tour, héritier renonçant, Charles etN. de Queulx, fils de Jehanne Jolly; 6 août, la veuve du sieur de Saint-Lot 8 décembre, Jehan Pantecoste, gendre de feu Jehan Dudet; monsieur Richard, chanoine; 11 février, Suzanne de Vaux, veuve d'Izaac de;Bonnefoy, écuyer, sieur de La Gorse, Marie de Vaux, veuve de Jehan Badife, écuyer, sieur du Mayne, Jehan et Jacques Badife, écuyers, sieurs du Mayne et des Romades, leurs fils et neveux 1" mars, Natanael Chasseloup, sieur de Lauba, avocat en la cour. 1658, 6 septembre, monsieur de La Coste, conseiller en la chambre de l'édit à Bordeaux 14 juillet, Samuel Massonneau, sieur de La Borie, paroisse de Saint-Christophe Mathieu Collineau, avocat, juge ordinaire de Pons, noble homme Paul Thévenin conseiller élu en l'élection d'Aubeterre, à Saint-Aulais en Angoumois Daniel Nicolas, avocat, juge de Monbouyer, Paul Fourestier, avocat, Jacques Sauxay, procureur, Marc Boybellaud, sieur de Montassier, Jacques Fourestier, sieur de Gougé; 30 mars,. Joel et Christofle Ancelin, chevaliers, seigneurs .de Savigné, Saint-Quentin, Brenessac et autres lieux; 26 avril, Marie Debourg, veuve de François Lebrethon, sieur de Paye, fils de Thomas Lebrethon; un seul pasteur à Saintes. –1659,4 février Decaugran, curé de Saint-Palais. 8 décembre, damoiselle Anne Dumesny,veuve du sieur de Peuvirat(compteannuel d'intérêts d'obligations payés le 9 décembre 1658, par son mari et qu'elle paye en blé) i" février, le sieur Froger de La Rigaudière, de l'île d'Arvert, cousin de monsieur Béchet, avocat 24 mars, damoiselle Rébéca Baudouin, veuve de Jehan Grand, sieur du Claunay, monsieur de Boucaud, conseiller au parlement de Bordeaux, Vivier fils et héritier de Jehan Vivier, avocat. 1660, 20 janvier, criée des biens de Jehan Dubois, sieur de Peurichard 21 juin, le sieur Pichon, avocat et juge du doyenné; 8 septembre,- Sébastien Labbé, conseiller au présidial 7 janvier, nobles hommes Jehan Martin, sieur deRedou, juge du comté et bailliage de Marennes, Isaac Richard, sieur de Pintmuré 31 mars, François Jolly, sieur des Mousnardz et Le Cormier; Samuel Resgnier, notaire royal de Mornac; 12 décembre, François Duboulet, écuyer, sieur du Coudret, Louise Regnier, sa femme, demeurant à Saint-Bris-des-Bois en Angou-


mois; 29 octobre, Pierre Veyrel, marchand. 1661, 23septembre, Henry-Charles Guiton de Maulevrier, écuyer, sieur de La Pommerade, fils de madamoiselle Pellegrin Louis Daulnys, sieur du Cailleau, beau père de la fille de Jehan Grand 9 mai, Anthoine Miroir, apothicaire. 1662, 4 octobre, Marie Poictevin, dame de Beauregard, veuve de Pierre Chemeraud, élu, et Mathurin Limousin, notaire royal, son petit gendre 21 décembre, Jehan-Osias Fonteneau, sieur de Saint-Bris, conseiller au présidia! 6 décembre, Gasparde Moyne, veuve de Gabriel de Raymond, seigneur du Breuil-Dignac 1 Denis CoIIineau, praticien Pierre Tourneur, sieur de La Grange 13 mars, Marie Barguenon, veuve de Jehan Peraud, notaire vente de la métairie de La Grange par André Leberton et Jacques son fils, à Chauvalin (ou Chamalin) de Paris. 1663. 8 janvier, « mon nepveu Robert est à Bourdeaux x noble homme Jehan Labbé, lieutenant criminel en l'élection 30 avril, délaissement de marais salants, seigneurie de Beaujay, baronnie de Soubize, provenant d'hérédité du feu sieur de La Tour, fait à Samuel Robert parCharlesdeVilledon, devantGarnier, notaire, pour réglement des dettes dudit de La Tour et des siennes 11 mai, damoiselle Jehanne Duboucheys, veuve d'Estienne Dusseau, conseiller au présidial 28 janvier, « escript à mon nepveu Robert à Bourdeaux pour les criées de biens de Melon 19 août, Marie de Jaudauba, veuve de Pierre Dapiaud, vend unmasureau à Robert 2 août, Marie Poictevin, veuve de Jehan Doussin, élu, Mathurin Limousin, sieur de La Coudray, son gendre, damoiselle Françoise Chemeraud 29 août, Catherine Chastelier, veuve de Sébastien Tercinier, chirurgien 29 juin, Sébastien Labbé, conseiller au présidial. –1664, André Brelay, maître chirurgien 12 août, Jehan Dussaud, conseiller au présidial 6 juin, Michel Gobeau, sieur de La Canarde, frère de Jehan Gobeau, sieur de La Moure, Moyne, élu 28 mars, Pierre Veyrel et Pierre Coma, marchands et beau-frères 1665, 17 janvier, Pierre Prieur, marchand, Richard, sieur de La Brelingue, notaire, son gendre. 1666, le fils du sieur de Peuvirat. 10 août, dette payée « à mon grand père en mon absence (note de Jehan Robert, il s'a'git évidemment de monsieur Merlat.) 1668, 13 juillet, Renaud, gendre de madame Veyrel, emprunte 27 livres pour sortir d'affaires avec monsieur Duval.

1. Samuel Robert écrit .DM~M~Dt~tMy, dans le récit de la mort de M. de Pontlevin. Voir plus haut, page 354.


MÉLANGES

I.

1317, 8 janvier. Vente par Gontier Belliart àMarandat de plusieurs pièces de terre. Original sur parchemin appartenant à M. Henry Marandat. CoMMM!MHM<t<M du M~Mte.

Anno Domini Mo CCCo XVIJo indictione XV, octava die intrante mensis jannuarii, apud Salam, ante domnum Anselmi Farco, coram testibus infra scriptis, constitutus Gonterius Belliart de Morgia per se et suos heredes et successores, dédit et concessit,prout melius et liberius potuit, sine fraude, et perpromisit quod pepigit solempni stipulatione perpetue garentire, manutenere et defendere contra omnes personas, cum exceptione juris, vel facti, vel occasione remota pro docte, nomine et ratione doctis et ad usum doctis, Margarete niie sue et Pererio Cabri viro ejus et eorum heredibus descententibus ex ipsis conjugibus ex legitimo matrimonio, res et possessiones infra scriptas cum fundamento, exitibus et aquariciis-et bonis usibus dictarum rerum. Primo unam petiam prati et terre que jacet super Roseriam, cujus fines sunt de prima parte res Durandi Rigo de secunda res Roleti filii Columbi de Castellario, de tertia res dicti Roleti et Johanneti ejus patrui, de quarta res dicti Durandi. Item unam petiam terre sitam eodem loco cujus fines sunt de prima parte dicti Roleti, de secunda res Johanneti Gramon, de tertia res dicti Roleti, de quarta res Perroneti Marenda. Testes ad hoc fuerunt Willelmus Theobaldi, Johannes Folayz, Johannetus Gascon et Petrus de Vilarizos. Et ego Aymonetus Belliardi privus notarius sacri imperialis palacii, de mandato et commissione Thome de Castellario, ministralis pro do-


mino comite Sabaudia hanc cartan de prothocollo Anthonio de Crect levavi, scripsi et signavi.

Au dos, d'uné écriture peu lisible dit ~Fe siècle Vendition faicte par. Belliart à Marandat. vijcxxvu. II.

Paris, 8 avril 1595. Lettres patentes de Henri IV aux présidents et trésoriers généraux de France à Limoges pour leur enjoindre de faire lever l'opposition à l'arrêt du conseil ordonnant la délivrance au marquis de Pisany de trois mille écus de rente sur les aides et huitièmes des élections de Saintes et Saint-Jean d'Angéty. Or~MM~WT'po'cAeMMt, Bibl. nat. Cab. des titres originaux, dossier VMOMMe. Communication de M. le vicomte G'My Bremond d'drs.

Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à nos amez et féaulx conseillers les président et trésoriers généraulx de France establis à Lymoges, salut. Ensuivant l'arrest, dont l'extraict est cy attaché, ce jourd'huy par nous donné en notre amé et féal, chevallier des ordres, conseiller en notre conseil d'estat et privé, messire Jehan de Vivonne, marquis de Pisany, demandeur à l'entérinement d'une requeste présentée en notre dict conseil le trantiesme juillet dernier, et subordinément en l'exécution de l'arrest intervenu ledit jour sur icelle, pour l'exécution duquel les parties auroient esté renvoyées en notre conseil par les président et elleuz de Xainctes et Saint-Jehan d'Angelly, d'une part, et Jehan et Jacques Boisseaux, pour lesquels notre amé et féal cousin, le sieur de Biron, mareschal de France, seroit entré en cause comme ayant droict d'eulz par déclaration, cession et transport, damoiselle Bertrande de Burlés, Joseph de Montgaillard, sieur de La Mothe, Gilles du Breuil, sieur de Théon, lé sieur de Luzinet, Jehan de Basfourt, Dominique de Bourg, François de Cheberac, Jehan et. Je-

1. Pour cet illustre personnage, voir le VJII" voiume des Archives, p. 350.


han Barbot, Luc Roy, François Audebert, Pierre Forestier, Denys Symon, Jehan Gardon, Perinelle du Sault, Raoulet Faure, Françoys des Bordes, Aymond de Puyinond, commandant au chasteau d'Angoulesme pour notre service, deffendeurs à ladite requeste et arrest. nous vous mandons et ordonnons que, suivant ledit arrest du trantiesme juillet dernier, et icelluy exécutant sans vous arrester aux oppositions formées par lesdicts opposants, vous ayez à bailler et délivrer actuellement audict sieur marquis de Pisany, des aydes et huictiesmes qu'il vouldra choisir, comme prieur en hipotecque ès ellections de Xainctes et de Saint-Jehan d'Angelly, jusques à la concurrence de trois mille escuz d'or sol de rente annuelle, pour en jouyr par luy, ses hoirs et ayans cause et par leurs mains à tiltre d'engaigement de domaine jusques à plain et entier remboursement de la somme de trente six mil escuz, fraiz et loyaulx cousts desboursez pour l'acquisition desdicts trois mil escuz de rante; ayez pareillement à faire et laisser fondz d'icelles aydes cy-devant saisyes en vertu dudict arrest pour le payement des arreraiges à luy deubz et dont il n'a esté payé et satisfaict depuis le jour de l'acquisition desditz trois mil escuz de rente jusques en l'année quatre-vingt-unze inclusivement, sauf à desduyre ce qui se trouvera avoir esté payé. Car tel est notre plaisir. Donné à Paris le vme jour d'avril l'an de grâce mil cinq cent quatre-vingt-quinze et de notre règne le sixiesme. RuzÉ. Par le roy en son conseil. DE BEAULIEU.

m.

1596, 14 mai. Testament de Jean de Vivonne i, marquis de Pisany, chevalier des ordres du roi et son ambassadeur à Rome et en- Espagne, sénéchal de Saintonge, etc. Copie du .~YIZe siècle sur papier à la bibliothèque municipale de Bordeaux, manuscrits, ~to'p~Mf 148. Commu~Me MMMMtp~e ~e Bo~Mwa:, M<MMtscW~, m" 822, ~48. CoMNMtnication de M. Louis .Aw~M<.

1. Jean de Vivonne fut enterré dans la chapelle Saint-André-Saint-Jacques,


In nomine patris et 61ii et spiritus sancti, amen. Comme il n'y a rien plus certain à l'homme en ce monde que la mort, aussy n'y a-t-il rien plus incertain que l'heure d'icelle, et pour ce convient à tout bon chrétien et catholicque se tenir toujours prést pour la recevoir, quand il plaira à Dieu l'envoyer. Ce que considérant, et pour n'avoir à mon égard lors à penser à autre chose qu'à bien mourir, je, Jean de Vivonne, marquis de Pisany, étant, grâces à Dieu, sain d'esprit et de corps, incommodé seulement de douleurs en la main droite qui m'empesche d'écrire, ay bien voulu dès à présent disposer et ordonner de mes affaires par ce mien testament que j'ay dicté comme s'ensuict

Premièrement, je recommande mon âme à Dieu, mon créateur, le suppliant en toute humilité, quand il lui plaira la vouloir retirer de ce monde,, lui pardonner toutes ses fautes et offences, la recevant purgée et nettoiée par le mérite de son cher fils notre seigneur Jésus-Christ, et par l'intercession de la glorieuse vierge Marie et de tous les saints et saintes de paradis pour jouir avec eux de la vie éternelle.

Je désire et ordonne mon corps estre inhumé en l'église cathédrale de Saintes, en ma chapelle, que j'entends estre refaite, si elle ne l'étoit ja, lors de mon déceds, et estre donné à ladite églize cent escus,, par une fois paiés, me remettant au surplus à ce que j'en pourray ordonner à part, et à la discrétion de mes exécuteurs cy apres nommez. aujourd'hui chapelle Saint-Eutrope; c'est la 4e à main droite en entrant dans l'église par la grande porte. Tabourin ajoute que l'on faisait son anniversaire le 7 octobre. I) est étonnant qu'il n'ait pas été enterré dans la chapelle des Tourettes dont les Vivonne étaient héritiers. Voir ~M~-Pt~~ de S<!ta<M, p. 69. La chapelle des Tourettes, bâtie « par ung doyen de Torrestes, qu'estoit venu du Bretaigne et estoit alié de la maison de Pisany, » était placée derrière le grand autel. C'était, il y a quelques années, la chapelle de saint Louis de Gonzague; c'est aujourd'hui la chapelle de saint François d'Assises. Toutefois, un vitrai) représente ta cène, souvenir de son ancien nom, chapelle de la cène, d'un bas-relief représentant la cène.


Je veux, entends et ordonne mes debtes estre paiées et acquittées avant toutes choses, sur tous et chacuns mes biens, en quelques part qu'ils soient et se trouvent, et mes créanciers entièrement satisfaits, notament ma très chère et très aimée femme, la signera Giuilis Savelli, de la somme de vingt mille escus, qu'elle a paiée en Italie, de ses propres deniers dotaux, pour m'acquitter de plusieurs debtes que j'avois contractées à Rome, où j'étois ambassadeur pour le roy, laquelle somme je reconnois lui devoir, et que sans icelle je serois constitué en très grands intérestz.

Je prie ma femme, incontinent après mon décedz, de faire rapporter et rendre au roy, avec tel honneur qu'il appartient, mon grand collier de l'ordre du Saint-Esprit, suivant les statuts dudit ordre, et supplie très humblement sa majesté daigner se ressouvenir des longs et fidèles services qui je luy ay faits et aux rois ses prédécesseurs, tant en ce roiaume que dehors, et y ayant quelque egard, commander à ses officiers des finances paier, ou faire paier ce qui a été reconnu m'estre très loiaument deub, aiant grandement incommodé mes biens et affaires par faute d'avoir été satisfait, qui seroit enfin la ruine de mes enfans et en outre, charger celui de messeigneurs les révérendissimes cardinaux qui sera protecteur à Rome de la nation françoise, et ceux encore qui y seront envoiez ambassadeurs de la part de samajesté, d'avoir mafemme et ses affaires en espéciale recommandation, comme veuve d'un sujet et serviteur qui n'eut oncques autre but, après Dieu, en toutes ses actions, que le service de son prince, et le bien de ce roiaume. Je veux et ordonne que par chacun an, le jour de la notre dame de Marie; soit distribué aux pauvres de Pisani, où je déclare avoir esté et estre mon principal domicilie, la somme de trente escus, en la présence du séneschal, juge et procureur du lieu, lesquels je prie et charge d'assister à la distribution, et avoir l'œil-à ce qu'elle se fasse selon la nécessité d'un chacun et sans fraude.


Je veux et entends qu'outre les gages de mes serviteurs, leur soit encore donné ce qui sera advisé selon le mérite d'un chacun d'eux, à la discrétion de ma très chère et très aimée femme, et de ma bonne et bien aimée sœur, Claude de Vivonne, dame de Verrières, lesquelles aussi je prie de faire apprendre mestier à tous mes laquais qui ont estez nourris à ma suite, dès leur jeune âge.

Je donne et lègue à Anthoine Berault, mon valet de chambre, outre ses gages, la somme de cinq cens escus, paiables pour une fois.

Je donne à ma dite bonne et bien aimée sœur, Claude de Vivonne, dame de Verrières, cinq cens escus de rente par chacun an, sa vie durant, sur tous et chacuns mes biens; et outre veux et entends qu'elle ait son habitation, s'il lui plaist, à Saint-Gouard ou à Pisany, avec ma femme, ou en aucune de mes terres, selon qu'il sera avisé entr'elles et la prie très affectueusement d'assister madite femme, et luy rendre tous devoirs de bonne sœur, corne je me promets et m'assure de sa bonté.

Je donne à ma très chère et très aimée femme tout ce qui se trouvera m'appartenir hors ce roiaume, pour en disposer à sa volonté, et outre lui donne tous mes meubles, acquest et conquest immeubles, avec l'usufruit et jouissance de tous mes propres étans en ce roiaume, m'asseurant tant de sa parfaite amitié et piété qu'elle la conservera à notre fille Catherine 1, que je nomme et institue mon héritière universelle, en tout le surplus de mes biens, à la charge qu'elle obéira à sa mère, ce que je lui recommande sur toutes choses, après la crainte de Dieu; et au cas que ma dite 1. Catherine de Vivonne,uecenl59.4 à Rome, et mariée, le 26juillet1600, à Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, fut la célèbre marquise de Rambouillet, si remarquable par son savoir, sa distinction, son influence littéraire, et sa fille, lanon moins célèbre Julie d'Angennes, plus tard femme du duc de Montausier et mère de madame de Crussol d'Uzès.


fille décédast sans enfans, je lui substitue Charles. mon neveu, la charge aussi de servir et obéir à madite femme, et la respecter comme sa mère. Et au defïaut de ce, veux et entends que madite femme puisse disposer de tous mes biens de France en faveur de tel autre de mes parens ou de ceux des siens que bon luy semblera, et qu'il lui-sera agréable, lequel prendra et portera le nom de Vivonne, et sera tenu la servir et respecter comme je sçay qu'elle le mérite.

Je veux et ordonne que madite fille demeure toujours entre les mains de sa mère, sachant et étant bien asseuré qu'elle l'élèvera et nourrira à la vertu, et n'entends que la substitution susdite face aucun préjudice aux droits que les loix et coutumes défère à la mère sur les biens de ses enfants. Je nomme, pour exécuteurs de ce présent testament et disposition de dernière volonté que je pourray faire cy après, monsieur l'illustrissime et révérendissime cardinal de Gondy, M. de Thou, sieur d'Annery, président en la cour du parlement de Paris, ma bonne et bien aimée soeur, Claude de Vivonne, dame de Verrières, et M. Pithou, avocat en la cour de parlement, lesquels je prie en vouloir prendre la charge, et faire en sorte que mon intention soit accomplie, soit par eux ou autres qu'ils pourront nomer et substituer à cette fin, selon les occurrences, ainsi qu'ils verront estre à faire. Signé de Vivonne.

L'an '1596, le vendredy après midy, 34e jour de may, en la présence de nous, notaire du roy, notre sire, CTi son 'chastell-et de Paris, soussignez, et pour ce mandez par haut et puissant seigneur messire Jean de Vivonne, marquis de Pisany, chevalier des ordres du roy, conseiller en ses conseils d'estat et privé, capitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, et séneschal de la province deSaintonge, a ledit seigneur marquis de Pisany dicté et nommé, dicte et nomme en ~personne le contenu cy dessus, qu'il a déclaré estre son testament et ordonnance de dernière volonté, et


après qu'il luy a esté par nous leu et releu, y a persisté, et à l'accomplissement d'iceluy obligé tous et chacuns ses biens, renonçant à tous autres testamens et codicilles qu'il pourroit avoir cy devant faits et a signé les présentes comme il a peu, à cause d'une indisposition qu'il a à sa main droite. Ce fut fait et passé en la maison de M. Pithou, advocat en la cour de parlement, demeurant rue Pierre-Sarrazin, près les cordeliers, les jour et an que dessus; et a été le présent testament fait double, et le tout délaissé ez mains dudit seigneur marquis de Pisani. Signé de Vivonne, Bontemps et Sainxot, notaires, avec paraphes.

IV.

4 666,85/!MM.–c Pouvoir donné par mademoiselle de Nemoùrs d'Auma)e au duc de Vendosme, son oncle, de la marier avec le roi de Portugal et le prendre en son nom pour son mary, quoy qu'elle fust présente sur les )ieux, à La Rochelle, te 25 juin 1666. s t O~MM! à la &~Mo<A~we Ms<tOMa~, ms. /<M~M~<:M no ;045;m<~<M~M&ÏMt<<Ot~, <S3. ComMMMtMtMM de M. Paul ~<f~.

1. Ce document est d'une haute importance au point de vue historique. Les biographies, plus ou moins générales, dont chaque page fourmille d'erreurs, racontent à l'envi que Marie-E)isabeth-Francoise de Savoie, fille de Charles-Amédée, duc de Nemours, et d'Elisabeth de Vendôme, épousa Alphonse VI de Portugal (second roi de la maison de Bragance) en 4663. Le P. Anselme, I, 622, dit <t épousa le 25 juin 1666. y Les registres paroissiaux de La Rochelle disent le 27. Le document collationné par Abraham Tessereau, que nous publions intégralement, confirme l'anecdote suivante citée par M. Ferdinand Denis dans son histoire du Portugal. (Paris, F. Didot 1846). M. F. Denis fixe au 27 juin 1666 le mariage par procuration de Marie d'Aumale avec Alphonse VI « En 1666, Alphonse VI, roi de Portugal, épousant la princesse Marie-Françoise-Elisabeth de Savoie, duchesse de Nemours et d'Aumale, ne voulut pas souffrir que le marquis de Sande donnât la main à cette princesse dans les cérémonies, des épousailles en qualité de procureur, comme il se rencontre d'ordinaire en ces circonstances, de sorte. qu'il fallut que la jeune reine donnât procuration au duc de Vendôme, son oncle, pour la représenter dans cette cérémonie où, par une singularité nouvelle, l'évêque duc de Laon (César, cardinal d'Estrées, oncle à la mode de Bretagne, de Marie d'Aumale), maria les deux procureurs ensemble, savoir, l'ambassadeur


Louyse-Marie-Françoise-Elisabeth de Savoye, duchesse de Nemours et d'Aumale, en la présence, de l'advis et consentement de madame la duchesse de Vendosme, nostre ayeule, et de monsieur de La Nauve, conseiller du roy en ses conseils et en la grande chambre de son parlement, nostre curateur et chef de nostre conseil, commettons et instituons par ces présentes messire Louys de Vendosme, pair de France, duc de Vendomois, de Mercœur, de Beaufort, de Penthièvre et d'Estampes, prince d'Anet, chevalier des ordres du roy et gouverneur de Prouvence, nostre oncle, pour, avec l'excellentissime seigneur François de Melo, marquis de Sande, conseiller d'estat et de guerre du sérénissime roy de Portugal, commandeur des commanderies de SainteMarie de. Montemor, Saint-Pierre firis, de Marhina SaintMartin de Freyxedas, Saint-Jacques de Godofrem, SaintSauveur de Fornelos, de l'ordre de nostre Seigneur Jésus-Christ, général de l'artillerie, de l'armée, de la province d'Alentejo et ambassadeur extraordinaire prez le roy de la Grande-Bretagne, prendre et recevoir en nostre nom ledit sérénissime seigneur roi de Portugal, pour nostre mary et légitime époux, selon les saints décrets et canons de l'église apostolique et romaine, promettant de tenir pour bon, ferme et valable tout ce qui aura esté fait par luy à cest égard, ainsi et en la mesme manière que s'il estoit fait par nous mesme en personne de ce faire; lui don-

et le duc. e (Mémoires historiques d'Amelot de La Houssaye). Alphonse VI était un infâme débauché. La jeune reine, indignée de la conduite déréglée de son époux, s'éprit d'amour pour i'infant don Pedro, frère du roi, aussi intelligent et aussi populaire qu'Alphonse était abruti et exécré. Marie d'Aumale, elle aussi, était douée d'un esprit fin et pénétrant, d'un jugement sûr et d'une entente remarquable des affaires. Les deux amants conspi. rèrent contre leur souverain qui fut dépossédé du trône par les états de Portugal en faveur de don Pedro proclamé gérant du royaume le 24 septembre 1667. Ce prince épousa, en 1668, Marie d'Aumale dont le mariage avec Alphonse VI venait d'être cassé.


nons plein pouvoir, puissance et authorité en la meilleure forme de droit-qui se peut, en tesmoin de quoy nous avons signé ces présentes de nostre main et icelles fait sceler du sceau ordinaire de nos armes et contresigner p~r nostre secrétaire, à La Rochelle, le vingt-cinquiesme juin mil six cent t soixante-six.~ Fait en présence de M. Colbert de Terron, conseiller ordinaire du roy en ses conseils, intendant de la justice, police et finance, et de la marine du Ponant et des gouvernemens de La Rochelle, Broüage, et isles de Xaintonge, et des sieurs Tessereau et de Rieu, conseillers, notaires et secrétaires du roy, maison et couronne de France et de ses finances ledit sieur Tessereau, demeurant ordinairement audit lieu de La Rochelle, et ledit de Rieu, en celle de Paris. Ainsi signé Louyse-Marie-Françoise-Elizabeth de Savoye, Françoise de Lorraine, de La Nauve, Colbert de Terron, Tessereau, de Rieu. Et plus bas par commandement de son altesse, Verjus. Et scelé du sceaudes armes de ladite princesse.

Collationné à l'original par moy, conseiller secrétaire du roy, maison et couronne de France et finances. TESSEREAU.

1. Les registres paroissiaux de Saint-Barthélemy, de La Rochelle, citéspar le Bulletin religieux du 9 janvier 1881, disent à la date du 27 juin 1666: c Le présent jour, Alphonse VI", roy de Portugal, et Marie-Françoise-Elisabeth de Savoye, duchesse d'Aumale et de Nemours, ont esté espousés, à sept heures du soir ou environ, enla maison nommée maison de Henri IV (actuellement bibliothèque de la ville, dans une chapelle, ou plutôt dans une chambre préparée et ornée pour la célébration du mariage, rue Gargouilleau, paroisse de Saint-Barthéiemy) où ont assisté nos seigneursiilustres et révérendissimes Louis de Bassompierre, évesque de Xaintes, et Nicolas Colbert, évesque de Lusson; messires Brunet, official et grand vicaire du diocèse de La Rochelle; Chopin, prestre de l'oratoire et curé de ladite paroisse; en présence de personnes illustres et de condition et a esté faicte la cérémonie et célébration du mariage par monseigneur l'illustrissime et révérendissime évesque de Laon, César d'Estrée (depuis cardinal), duc et pair de France, avec permission de monseigneur l'illustrissime évesque de La Rochelle, Henri-Marie de Laval de Bois-Dauphin. s


ABBAYE DE NOTRE-DAME DE SAINTES

HISTOIRE ET DOCUMENTS PuMiés par M. Louis AUDIAT

1675. Notice sur l'ancienne abbaye de Saint-Pallais par dom Estiennot. t –Or~tMa~tM'~jt): à la MMtO<tM nationale; latin, numéro ~275~, tK~/MtO,<t. V, folios 81-92.

ACDATÏA SAKCTORUM PETRI ET PAULI, LAURENTU ATQUE, PANCRATII ET S~NCTI PALLADII IN SUBURBfO SANCTONUM SITA, yuLGo ~~r-PALLA75 LEZ XAINTES.

Perantiqua est. Authorem habeL sanctum Palladium Xantonensem episcopuin, ad quem extant duoe sancti Gregoni pape epistolse. « Qui quidem sanctus Palladius, Xantonensium episcopus, cum ecclesiam in honore beati Petri et Pauli apostolorum necnon Laurentii atqne Pancratii martyrum construxisset, atque illie XMI altaria coMocasset,

1. L'abbé Théodore Grasilier, en tête du Cartulairede l'abbaye royale de Notre-Dame de ~Ma~ au t. II, p. i-vm des Cartulaires inédits de la ~tttM~OM~e, a bien écrit une notice historique sur l'abbaye et M. t'abbé Ludovic Julien-Laferrière, dans L'art en Saintonge, 2" livraison, a bien un peu raconté, p. 3 et 4, les antécédents du monastère de l' « abbaye royale des nonnains de Notre-Dame de Saintes. s Nous ne croyons pas que cela em- pèche la publication des textes eux-mêmes, sur lesquels s'appuient ces deux écrivains et ceux qui les ont précédés d'autant que pour dom Estiennot de La Serre surtout nous nous bornons aux origines, supprimant rigoureusement toute la partie qui ferait double emploi avec le Gallia; c'est-àdire la série des abbesses. Mais l'histoire du monastère lui-même et la succession des. abbesses se trouveront dans l'histoire proprement dite de l'abbaye.


ex quibus IV nondum dedicata remanserant, Leuparicum presbyterum ad sanctumGregorium magnum summum pontificem cum epistolis misit, quibus rogavit summum pontificem ut remitteret re)iqui?.s dictorum sanctorum Petri, Pauli, Laurentii et Pancratii. Rescripsit summus pontifex et reliquias misit monuitque ut ante omnia servientibus ibidem non deessent aiimohiarum suffragia. » Ex quibus quidem sanctiGregorii litteris s constat quod jam in ea ecclesia stabUierat sacros ministros sanctus Palladius qui vero fuerint atii quam monachi in monasterio benedictini non apparet nondum enim in occidente nati erant et noti canonici regulares.

Quod autem hœc ecclesia sanctorum Petri et Pauli, Laurentii et Pancratii non ea sit quae modo titulo sancti Eutropii est insignita hoc unum satis probare videtur quod nulla ejusdem sancti Eutropii mentio fiat nec inter patronos ecctesise recenseatur, cum tamen fere primus inter ipsos esset annumerandus.

Adde quod in hac basilica sancti Petri et Pauli non in Eutropiana sepuitusfuentsanctus Palladius. Constat tamen quod et hanc sancti Eutropii ecclesiam ipsemet sanctus Palladius resarcierit imo et fere a fundamentis excitaverit, plieretrum sancti Eutropii reseraverit, sacras martyris exuviasinspexerit et in decentiori ornatiorique loco eas reposuerit, ut ex manuscriptis legendariis et breviario Xantonensi itemque ex lectionibus hujus sancti de novoab illustrissimo Sanctonensium praesule domino Ludovico de Bassompierre breviario insertis.

Sancti Palladii Xantonensium episcopi meminere martyrologium manuscriptum sancti Martialis Lemovicensis et alia quaedam nonis octobris, bis verbis « Apud Sanctonas sancti Palladii, episcopi et confessons. ? y

Abbatia vero sancti Petri, Pauli, Laurentii et Pancratii martyrum, denato Palladio auctore, ipsiusmet titulo et patrocinio gavisa fuit, ut in aliis bene multis contigit ecclesiis


quae sibi patronos vel fundatores vel prsecipuos benefactores deligere ita monasterium sancti Vincentii prope Parisios, sanctum Germanum; cœnobium sancti Saturnini deVaIte Clara ad Separiurri, sanctum Maxentium Hensionense, sanctum Jovinium Straderse, sanctum Genulphum; Navense, sanctum Sulpicium, et alia innumèra assumpsere. Ita destructa fuit hœc abbatia in bellis tum civilibus, tum Guaifarii et Caroli Martelli ac Caroli magni, tum denique a Danis, ut nullo ipsius occurrat mentio a sœcuto VI desinente vel VII ineunte quo condita fuit ad ssecutum fere IX~desinens, quo vicecomites eam utpote a majoribus suis fundatam et dotatam nsurpavere. Ita quippe notat Gaufridus cornes in litteris fundationis domus sanctae Marise ad Xanctonas, quod Willelmus vicecomes,ut puto,Xantonensisa « quo procedebat ex génère h3ecabbatia,eamsponte dimisit. » Ipse tamen Goffridus cornes eam tenuisse per aliquod tempus videtur quippe Vilellmus vicecomes in litteris~cessionis dicit quod eam a Goffrido comite habebat. Quidquid sit, « anno MXLVII Guillelmus vicecomes, inquit cartularium sanctae Mariae Xantonensis, abbatiam sancti Palladii sponte dimisit comiti Goffrido a quo habebat, ad construendum cenobium monacharum in honore sanctse Maritë. Hanc eamdem abbatiam quam a vicecomite Guillelmus tenebat Constantinus de Metulo et ipse dimisit commutationemque de eadem abbatia dedit cuidam suo casato nomine Willelmo Forbandit. Hanc vero donationem omnes supradicti authorisaverunt sponte. Et in ea abbatia constituit comes Goffridus et comitissa Agnes canonicos ad serviendum sancto Palladio et monachabus. »

Num in ea monachos posuerit Goffridus ad serviendum monachabus suspicor. Quippe monachos et canonicos idem significasse et eamdem rem apud veteres plura suppetunt argumenta; sed et majoribus nostris istud erat in usu quod solis monachis sanctimonalium obsequia sacra et cura demandarentur. Verum istemos hoc sseculo paulatim inoleverat.


Statim ac Goffridus comes et Agnes comitissa novo parthenoni dedere initium eidem obtulere abbatiam sancti Palladii quam Willelmus vicecomes dederat sponte et bona volontate concesserat, a quo procedebat ex genere ipsa abbatia cum appendiciis, scilicet cum horto adjacenti, muro circumdanti ecclesiam beatae Mariae cum quibusdam domibus et hortis suis et cum quadam cultura terrae quse est ad montem Abadene et cum terra per partes divisa quae est ad Tairach juxta viam arenarum de Valay quae terra etiam vocatur sancti Palladii. Haec cessio facta fuit in civitate Xantonas anno MXLVII, indict. XV, regnante Henrico Francorum rege feliciter.

Permansit ergo abbatia sancti Palladii licet subjecta parthenoni sanctse Mariae, et in ea sacra fecere seu monachi seu canonici..At quousque titulo abbatiali gavisa fuerit et in ea vixerint canonici ex authcnticis sanctae Mariae non didici. Modo et hoc anno MDCLxxv quo scribo ecclesia parochialis est totius oppidi sanctse Mariae ad praesentationem et nominationem dominas abbatissag. In eadem basilica sacra faciunt quatuor vicarii seu capellani, qui quidem sunt et per vices ac hebdomadas totius oppidi parrochi. In ecclesia quoque sanctimonalium per vices et alternis hebdomadis sacra celebrare tenentur. Hos autem vicarios instituit et nominat domina abbatissa.

Multa supersunt antiqui cœnobii rudera. Ecclesia quidem satis ampla et culta sed ab annis trecentis paulo plus fere a fundamentis excitata in qua quidem nulla vetus occurit inscriptio nullumve cenotaphium, licet in ea episcopi Xantonenses nonnulli aliique nobiles quiescant. Qua vero de causa construxerit hanc abbatiam sanctus Palladius docet, ni fallor, Gregorius Turonensis, lib. de Gloria co~MorM~, cap. Lx, ubi de nostro Palladio agens, quem prosapia nobili ortum esse dicit et ex genere divitis quondam Palladii, sarcofagum sibi parasse innuit, cap. LVII, in monasterio cui prsefuerat et in quo decesserat Martinus, ur-


bis Xahtoniae abbas. » Sane illud sancti Martini monasterium ipsum esse, quod sanctus Palladius a fundamentis erexit, facile opinor. Sanctivero Martini, in territorio Sanctonico abbatis, meminere hagiologia manuscripta Brantosmœ, Solemniaci et cœtera, vin idus maii, his verbis « In territorio Sanctonico sancti Martini abbatis. »

Majoribus nostris in more positum fuit ut sibi in mausoleum et sépulturse locum sedincarent monasteria et basilicas; id probant exempla veterum bene multa. Ut sibi ergo paratum haberet Palladius, divitis filius et nobilis,abbatiam sanctorum Laurentii Pancratii et paulo post Palladii sedificavit omnino aliam a crypta quam a rupe removeri curavit, de qua Gregorius Turonensis, lib. de Gloria ccM~on/M cap. LX, agit, in qua erat sancti sarcofagum.

Variis interfuit conciliis Palladius noster, Parisiensi anno DLXxm, Matisconensi anno DLXXXV et aliis. Nicetium Aquensium comitem a Chilperico elatum et nominatum Agnensem episcopum cum jussu Bertheramini episcopi Burdegalensis consecrasset Palladius ejecissetque ab eadem Aquensi sede Faustianum a Gondobaldo constitutum, unde et regis iram incurrit. Faustianoque ab Aquensi urbe remoto, Bertheramnus Burdegalensis, Palladius Xantonensis noster et Orestes Vasatensis pontifices in eo mulctati sunt quod Faustianum, quem ordinaverant, alternis vicibus pascerent eique ad victum et vestitum centenos aureos annis singulis solvere tenerentur, ut refert Gregorius Turonensis, qui et Palladium nostrum regi seepius fallacias intutisseaccusat, Historiarum FraMeorMM lib. vin, cap. 2, vide et lib. ejusdem cap. VII. Ipsum quoque arguit idem Gregorius, eodem libre cap. XLIII, quod Fredegundi faveret. Fatetur tamen quod falso de his ab Antestio accusatus ad regemque cum ipso accusatore et aemulo Antestio pergens, liber ad diœcesim suam redire permissus fuerit: quippe eum Antestius nihil de his que episcopo opponebat potuit approbare.


Sed et ex ipsius Gregoriano contextu apparet quod pie suis muniis fungebatur Palladius noster diebus quadragesimae sanctae in insulam maris oratiônis causa secederet et pastorem bonum oves cognoscerent ac sequerentur. Unde et in breviariis Xantonensis diœcesis ejusdem festum veluti sancti antistitis reperitur; et meminere hagiologia manuscripta sancti Martialis Lemovicensis et a!ia, nonis octobris his verbis « Apud Sanctonas sancti Palladii episcopi et confessons. » Sepultus fuit haud dubie in abbatia quam construxerat quseque paulo post obitum eum quem habebat authorem patronum postulavit, sed quo in loco non scitur, imo nec ejusdem sancti reliquiae ubinam reconditae fuerint et an a neotericis combustae.

Ejus vero festum hactenus colitur in dioecesi Xantonensi hoc ipso die, quo memoratur in martyrologiis manuscriptis, V nonis octobris, solemni pompa in parthenone sanctae Mariae Xantonensis. In cujus tamen breviariis vitam sancti non reperi sed nec in aliis legendariis manuscriptis (quae tamen pauca supersunt), licet impigre exquisierim, nusquam inveni. Hujus sancti corpus se habuisse gtoriantur nostri SanEutropiani ascetae; contra sentiunt sanctimoniales beatse Mariae.

Tandem ejusdem Palladii nominis episcopos varias sedes hoc ipso sevoanimadvertas velim, v[erbi] g[ratia] Bituricensis, cujus meminere hagiologia manuscripta Exuledinense, sancti Laurentii Bituricensis et alia quaedam, vi idus maii, his verbis « In territorio Bituricensi, sancti Palladii episcopi et confessons. » Sed is omnino alius est a nostro Xantonensi, cujus titulum et patrocinium habent nonnuilse in diœcesibus Ecolismensi et Xantonensi ecciesiee aut capeliae. Meminit item martyrologium benedictinum ix aprilis alterius sancti Palladii, Autissiodorensis episcopi, de quo plura leges in Bibliotlteca Labeana et episcopis Autissiodorensibus. Anno DCCcxLvm, Nortmanni difïusi sunt per Aquitaniam, inquit Adhemarus; et concremata fuit ab eis Sanctonas, En-


golisma, Lemovicae, Pictavis, innumeraquc monasteria destructa, inter quse haud dubie nostrum sancti PaUadii,ve) in suburbio vel in altera parte civitatis situm. v

Hoc unum de sancti Palladii cœnobio dicendum superesse videtur, videlicet quoto numero vel monachi vel canonici instituti fuerint in dicta abbatia tumcum subjectafuit abbatissse et sanctimonialibus beatae Marise sane quos ibi antea extiterint nusquam reperi. Paucos ibidem sacra fecisse credere par est quippe hanc abbatiam in dominicatu tenebant W [iltetmus] vicecomes Xantonensis et atii. Sed plures instituere, ut puto, Gaufridus comes et Agnes comitissa; quippe cum ibi « eas posuerint ut domino, sancto Palladio et monachabus servirent, » ita docent litterse Goffridi et Agnetis sane in capitularibus Hludovici pii imperatoris pro monasterio sanctse Crucis Pictaviensis puellarum et tom. 1 analectorum veterum editis. Statuit pius imperator ut tantum in dicto parthenone suscipiantur centum moniales quibus et XXX capellanos in ecclesia sanctae Radegundis assignat. Cum autem forte plures quam centum in parthenone sanctae Mariae Sanctonensis ab ipsamet fundatione seu vivente Agnete comitissa quoto numero capellani assignati fuerint et instituti conjicere licet. Num vero iidem fuerint monachi haud possum probare. Id quidem majoribus nostris anteactis saecutis erat in usu et more ut tantum'monachi monialibus essent in sacris faciendis et confessionibus audiendis auxilio sed hoc sevo non ita vigebat haec consuetudo hos autem non extitisse monachos haud probat. Quod paulo post fundationem cœnobii sanctae Mariae quinimo et in ipsomet fundationis ac subjectionis initio appellentur canonici, hoc quippe saepe saepius nomine vocati sunt monachi et quidem Benedictini invicte probat eruditus noster D. Joannea Mabillon in praefatione ad Acta sanctorum ordinis benedictini.


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/35~ (n. s.), 22, 24 janvier. Procès-verbal d'élection d'une abbesse de l'abbaye de Notre-Dame de Saintes. Pièce sur parchemin; 'MM~tlie, écriture du XIVe siècle, communiquée par Tortat, RMMt~ par M. Georges Musset. t

In nomine Domini, amen. Bone memorie, religiosa muliere, domina Agnete, quondam venerabili abbatissa, inmeLa pièce que nous publions nous donne, bien qu'elle soit incomplète, des renseignements très précieux; en première ligne la date du décès et de l'inhumation d'Agnès II de Rochechouart, précédente abbesse, les 8 et 11 janvier 1334 (n. s.), alors que le 6'a~M, tome JI, col. i't29, indique simplement 1333. Ce document nous sert encore à compléter et à rectifier le Gallia en certains points. La communauté se réunit le d3janvier et fixa les étections au 22 celles-ci paraissent s'être terminées le 24. C'est, comme le dit le Gallia, sur Agnès damier et sur Yve Vigier de Lonzac que se portèrent la plus grande partie des suffrages; mais nous ne retrouvons pas dans la première partie de la pièce, )a seule qui nous reste, la trace des dissensions dont parle Baluze, d'après Fouvrage cité. Il est évident toutefois qu'Agnès et Yve avaient l'une et l'autre des prétentions au siège abbatial car nous les voyons, chacune de leur côté, porter leurs voix sur des personnes sans importance, sans doute pour ne pas augmenter, fut-ce d'une voix, les chances de leur adversaire. Les dames ayant droit électif étaient au nombre de 69 le Gallia en donne 120 mais dans ce dernier chiffre figurent peut-être celles qui ne possédaient pas le droit de participer à l'élection, c'est-à-dire les excommuniées, les interdites. etc. Quant au chiffre de 28 voix obtenues par Agnès Garnier, d'après le Gallia, et qui, dans tous les cas, n'aurait pu constituer qu'une majorité relative, nous ne pouvons le contrôler, à cause des importantes lacunes que présente notre parchemin nous y constatons seulement que sur 46 suffrages qui nous sont connus, 20 sont acquis à Agnès Garnier, 23 à Yve Vigier. celui d'Agnès Garnier, à Agnès de Fael, j, celui d'Yve. Vigier, à Pelamille Bordes, i à Cautelosa de Montecucu)h. Nous pouvons ajouter que notre document nous apprend qu'Agnès Garnier était investie, avant son élection à la dignité abbatiale, du titre de prieure de Saint-Sornin-de-Mareunes, et qu'Yve Vigier était de la famille des Vigier de Lonzac, près d'Archiac, et non de Jonzac, comme l'avancent en note les auteurs du Gallia.

Disons enfin en terminant qu'i) n'y a rien ni dans cette pièce ni dans le


diata monialium monasterii beate Marie Xanctonensis, ordinis sancti Benedicti, ad Romanam ecclesiam nullo medio spectantis, noviter viam universe carnis ingressa, die videlicet sabbati, post festum Epiphanie Domini, proxime lapsum, anno presenti qui intitulatur anno Domini millesimo cccmo tricesimo tercio, ac ejus corppre tradito decenter ecclesiastice sepulture die martis sub(sequenti). Hisabelles decàna dicti monasterii, primum locum obtinens inter ceteias ipsius monasterii moniales, ac cetere moniales ejusdem monasterii, tunc presentes, congregate per pulsacionem campane, fuerunt in capitulo dicti monasterii, prout ibidem moris existit, die Jovis post dictum festum, pro tractatu habendo super negocio sue pastricis et abbatisse eligende (.) ante omnem tamen tractatum, fuit ibidem, [per moniales ejusdem monasterii que benedictionis episcopalis munus dari monialibus consuetum fuerant assequte, expositum ceteris sororibus, juivenculis seu colasticis prefati monasteni, ipsius benedictionis munere minime insignitis, quod secundum antiquam dicti monasterii consuetudinem, usum et longam observanciam (.) ad dictas moniales, benedictionis premisse munus habentes, solas et insolidum pertinebat. Et quia relique benedictionem hujus modi non adepte, de ipsa vetusta consuetudine et usu et observancia dicti monasterii, vocem in eleccione hujus modi nullam habebant seu habuerant, temporibus retroactis, et quia non deberent se ingerere dicte eleccioni seu actibus eidem incumbentibus, ne ex hoc

Gallia qui ait pu autoriser l'abbé Grasilier, dans une liste reproduite par M. l'abbé Laferrière, à faire passer Yve ;Vigier de 1333 à 1344, avant Agnés Garnier que ces auteurs font abbesse de 134A à 1351, quand le Gallia fixe la mort de cette dernière à 1341, et donne pour lui succéder Yve Vigier de Lonzac, de 1341 à 1350. Mais de cette pièce pas plus que de l'histoire manuscrile de l'abbaye on ne peut induire qu'Agnès Garnier ait jamais été àbbesse. Voir 6allia, (toc. cit.), Cart. de Notre-Dame de Saintes, p. IX, Art en Saintonge, p. 7. G. M.


(.) suboriri commun! vero deliberacione omnium predictarum super hoc quod ita semper, de more antiquitus, obtinuerat, concorditer residente, fuit consequenter, inter ipsas decanam et ceteras moniales benedictas, ordinatum, quod per eas prengeretur terminus competens dicte eleccionis faciende, quem terminum prefixerunt ad diem sabbati ante festum subsequens conversionis beati (Pauli.), ordinato per easdem ut omnes mouiales prefati monasterii absentes, in electione hujusmodi jus habentes, deberent ad ipsum terminum evocari; cujusmodi litteras citatoriates. in continent.i concesserunt. Ac deinde fecerunt easdem debite execucioni demandari, prout constare dicitur per quedam puplica ~nstumenta, convenientibus igitur ad infra scriptum eleccionis negotium (.) ad sonum campane, juxta morem consuetum, in termino prefixo omnibus mcnialibus monasterii sepedicti, que debuerunt, voluerunt et potuerunt comode interesse, quarum nomina inferius describuntur. Pertectis prius et vulgarisatis palam ibidem dictis litteris citatoriis, eisdemque, ut apparebat, execucioni mandatis; ex parte decane vice sua ac nomine (.) conventusfueruntpatamet publice monite omnes et singule moniales excommunicate, suspense seu interdicte, nec non et quecunque alie que essent inter ipsas que de jure ant consuetudine interesse in ipso electionis negocio non deberent, quod recederent ab ipsis monialibus ad quas spectabat electio, easdem eligere libere promittentes cum protestacionibus (.). Aliarum monialium in ipsa eleccione vocem habentium secum tales, ut prefertur admittere tanquam in eleccione jus habentes, aut procedere cum eisdem ynmo volebant, quod voces talium, sique reperirentur intervenisse post modum, nullius prestarent suffragium, nec afferent alicui nocumentum, et prorsus pro non receptis sive pro non habitis haberentur. Hiis q(.)e e!igendi tradite in concilie generali videlicet scrutinii compromissi, et divine inspiracionis, et altercacione inter ipsas suborta quam ex formis predictis vellent assumere, tandem


Margarita de Monteleonis, Johanna de Eychillay, alias dicta Gomarda, Agnes de Sachi, Margarita de Envilla, Eyglina Boche, Chebura de Sano, moniales (.) roribus cum magna instancia pecierunt a dictis decana et ceteris monialibus de dicto conventu ut per formam scrutinii procederetur ad faciendum eleccionem predictam,dicentes et offerentes se paratas procedere in predicto eleccionis negocio, per ipsam formam scrutinii. Non nullis vero aliis monialibus per for (.) consensu prefate decane et monialium omnium predictorum tum propter discordiam predictam, tum eciam propter ipsius diei spacii brevitatem quare ipsa die eleccionis iminentis negocium videbatur non posse comode terminari, fuit de communi consensu continuata et acceptata dies lune sequens de mane hora ad capituland (.) lectionis negocio et ad ea que circa id incumberent peragenda. Quibus die lune, hora et loco predictis convenientibùs, ut est moris, ad sonum campane, et congregatis iterum omnibus monialibus monasterii predicti conventum facientibus que debuerunt, \oluerunt et potuerunt comode interessé quarum nomina in scrutin(.) eleccionis predicte iterato fuerunt, ex parte dictarum decane et conventus, facte palam et publice moniciones et prestaciones prefate, videlicetquodnon erat intencio ipsius decane et aliarum monialium in ipsa eleccione vocem habencium secum tales ut prefertur admittere tanquam in eleccione~jus habentes aut procedere e(.) que reperitur intervenisse et post modum nullius prestarent suffragium nec afferrent alicui nocnmentum et prorsus pro non receptis sive pro non habitis haberentur. Quibus actis placuit hiisdem monialibus omnibus et singulis ibidem presentibus benediccionis munus ut prefertur adeptis quarum nomina inferius continent.) non fuérat impensum sua sponte segregatim juxta eas tamen positis ab eisdem ac eisdem benedictis locum prebentibus eligendi quod per formam scrutinii deberet de abbatissa futur a, ipsi monasterio pr ovideri, consequentur et in continenti nominate et assumpte fuerunt concorditer ex


ipso collegio dictarum monialium benedicta(.) opinionis et fide digne, scilicet Mabiria de Lupchac, Agnes Landerote, Margarita de Monteleonis et Hilaria de Mota et facta inter easdem moniales, ut promittitur, eligere volentes diligenti perscrutacione et quot essent moniales in ipsa eleccione jus habentes fuit inventum per ipsarum concordem, assercionem et relationem (.)dire volentibus non computatis nec admissis et tamen'non contradicentibus quia erant dumtaxat numero sexaginta novem, non tamen computata Almodi de Dompnio, moniaii dicti monasterii, que dictam Margaritam de Monteleonis procuratricem super ipsius eleccionis negocio constituerat, sed ejus procuratorium dicebatur non debere admitti. Quibus (.) eis fuit ab omnibus et singulis prefa-.tis monialibus antedictis eugere volentibus statim potestas plenaria atributa ut secreto et sigillatim vota et consensus omnium monialium predictarum primo tamen sua et post modum aliarum scrutarentur et inquirerent diligenter et ipsis inscriptis redactis mox in communi. eadem p(.)co numeri scrutancium ultra tres non posset eis prejudicium generare. Scrutatices autem ipse potestatem sibi traditam acceptantes ad unum de angulis ipsius capituli se traxerunt et vocatis et requisitis ad hoc de consensu tocius dicti conventus nobis notariis publicis infrascriptis cum testibus assistenbus infrascriptis et adjunctis eci(am .d)iscretis viris magistris Arnaldo Bertrandi et Gaufrido Giraudi, clericis, jurisperitis, Xanctonensis diocesis, ad dirigendum et informandum scrutatrices easdem, ad ipsum scrutinium processerunt scrutando primo ad invicem secreto et sigillatim vota sua justa traditam sibi formam, prestato tamen prius ipsis scrutatricibus a nobis singulis infrascriptis non (.) agenda in presenti negocio fideliter exequendo. Tres et enim ex eisdem scrutatricibus, videlicet Mabiria de Lupchaco, Agnes Landerote et Margarita de Monteleonis reliquam scilicet Hilariam de Mota, conscrutatricem suam scrutendo secreto et sigillatim ipsam Hilariam per patrem et filium et


spiritum sanctum et in anime sue (.)cienciam justam in illam dirigeret votum suum quam in abbatissam monasterio predicto magis utilem et ydoneam reputaret ipsa autem sic legitime scrutata ac taliter adjurata in religiosam Agnetem Garnerie de Blavia, Burdegalensis diosesis, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, Xanctonensis diocesis, consensit et votum suum direxit in (.) in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnirii de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasteriinostri beate Marie Xanctonarum deinde Agnes Landerote a predictis suis colegiis videlicet a Mabiria Margarita et Hilaria, prefatis, scrutata modo consimili adjurata consensit et votum suum direx(it.) Saturnini de' Marempnia in hune modum. Ego Agnes Landerote consencio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xaintonensis. Ac deinceps tercia scilicet Mabiria de Lupchaco a tribus aliis collèges suis scrutata, modo etiam consimili adjurata consens(.)erie de Lonzaco, diocesis Xanctonensis dicti monasterii monialem in hune modum Ego Mabiria de Lupchaco consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et .ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Consequenter quarta videlicet Margarita de Monteleonis a tribus aliis collegis suis scrutata, modo eciam (.). in predictam religiosam Yvam Vigerie de Lonzaco, in hune modum Ego Margarita de Monteleonis consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum.. Postea vero absque aliquo intervallo premisse scrutatrices precesserunt ad scrutinium aliarum monial(.)em singulariter inquirentes et in primis Hisabellis decana monasterii predicti habens in dicto conventu primam vocem vocata ab eisdem scrutatricibus et juxta formam premissam ab eisdem


scrutata ac consimiliter adjurata consensit et votum suum direxit in prefatam religiosam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini predicti in hune modum (.) sencio in dominam Agnetem Garneriepri, orissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam'in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item AImodis de Vallibus priorissa de Pontelabio vocata a dictis scrutatricibus et juxta formam premissam scrutata ac consimiliter adjurata consensit et votum suum direxit (.) ni predicti in hune modum Ego Almodis de Vallibus, priorissa de Pontelabio, consencio in dominam Agnetem Garnerie priorissam sancti Saturnini de Marempnia et ipsàm nomino eligendam abbatissam et pastricem monasterii n ostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes Garnerie, priorissa sancti Saturnini de Marempnia, a dictis scrutatricibus vocata, et juxta formam premissam (.) et votum suum direxit in Agnetem de Fael dicti monasterii monialem in hune modum Ego Agnes Garnerie priorissa sancti Saturnini de Marempnia consencio in dominam Agnetem de Fael et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Eyglina Boche vocata et scrutata et etiam modo simili adjurata consensit in Yvam Vigerie de (.hu)nc modum Ego Eyglina Boche consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes de Fael vocata et scrutata et consimiliter consensit et votum suum direxit in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco in hunc modum. Ego Agnes de Fael consencio in dominam Yvam de Vigerie de (.)m et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item domina Petronilla Bordes vocata et scrutata et eciam modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum Ego Petronilla Bordes, consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nos-


tri b(eate.)ta et scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in Agnetem Garnerie priorissam sancti Saturnini de Marempnia in hune modum Ego Fyna de Beynaco consencio in dominam Agnetem Garnerie priorissam sancti Saturnini de Marempnia et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Rosa de Rocha vocata (.) votum suum direxit in Agnetem Garnerie priorissam sancti Saturnini de Marempnia et ipsam nominavit eligendam in abatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Yva de Barreto vocata scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in dominam Agnetem Garnerie priorissam predictam in hune modum Ego Yva de Barreto consencio (.) Agnetein Garnerie priorissam.predictam iu hune modum Ego Aylidis de Archiaco consencio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam (.) consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes de Niolio, vocata (.) et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Aynordis de Niolio vocata scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in Yvam Vigerie de Lo(nzaco.)ta consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum. Ego Aynordis de Meylas consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam (.) de Ouselhaco consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes de Sachi (.) et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Gen ta de Favans(oMFavauxoM Fanaux) vocata scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie (.) adjurata consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum Ego Chebura de Fano consencio in domi-


nam Yvam Vigerie de Lon (.) modum Ego Yva Vigerie de Lonzaco consencio in dominam Pelamillam Bordes et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item (.)omino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Gabaria (CM Gabana) Bordes vocata scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum (.) Martine vocata scrutata et consimiliter adjurata consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie de Lonzaco in hunc modum Ego Hisabellis Martine (.) e de Lonzaco in hunc modum Ego Maria Martine consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii (.) sancti Saturnini de Marempnia et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Kateriua Bilhe vocata scrutata et modo simili adjurata (.)tana dicti monasterii vocata scrutata et modo consimili adjurata consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum Ego Orabilis de Charmens, sacristana m(.) Lonzaco in hune modum: Ego Hisabellis Armande consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum (.) Marie Xanctonarum. Item Margarita de Mota vocata scrutata et modo simili adjurata consensit et votum suum direxit in predictam Agnetem Garnerie priorissam de Marempnia predictam in h(.) suum direxit in predictam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum Ego Maria Laude consencio in dominam Yvam Vigerie de Lonzaco et ipsam nomino eligendam et abbatissam et pastricem (.) et abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Theophania de Nogueriis vocata scrutata et modo consimili adjurataconsensit et votum suum direxit in dictam (.) ta de Novavilla vocata scrutata et modo consimili adjurata consensit et votum suum direxit in dictam Yvam Vigerie de Lonzaco in


hunc modum Ego Margarita de Novavilla (oit Nonavilla) con sencio (.) dum Ego Laurencia de Mota consencio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie (.) nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Magna de Stagno vocata scrutata ac modo consimili adjurata consensit et votum suum direxit in Yvam (.) sit et votum suum direxit in dictam Agnetem Garnerie priorissam predictam in hunc modum Ego Auda de Margnaco consencio in dominam Agnetem Garnerie priorissam (.) dum: Ego Eustachia de Berbezillo consencio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate (.) Marempnia et ipsam nomini eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Johanna Relire vocata scrutata et consimiliter adjurata consensit et votum (.) consimili adjurata consensit et votum suum direxit in prefatam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum Ego Hisabellis de Concis consencio in dominam Yvam Vigerie de L(onzaco.)ncio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Indade Anzelhaco(oM Auzelhaco) v(.) monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes Bechade vocata scrutata et modo simili adj urata consensit et votum suum direxit in predictam Agnetem Garnerie priorissam sancti sa (.) similiter adjurataconsensit et votum suum direxit in predictam Agnetem Garnerie priorissam predictam in hune modum Ego Oupays Bechade consencio in dominam Agnetem (.) priorissam predictam in hunc modum Ego Margarita de Burle consencio in dominam Agnetem Garnerie priorissam sancti Saturnini de Marempnia et ipsam nomino eligendam (.) consencio in dominam Cautelosam de 28


Monte cuculli et ipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beat Marie Xanctonarum. Item Hilaria Fi (.) pastricem monasterii beate Marie Xanctonarum. Item Petronilla Lamberte vocata scrutata consimiliter adjurata consensit et votum suum direxit in predictam Yvam Vigerie de Lonzaco (.) ta concensit et votum suum direxit in prcfatam Yvam Vigerie de Lonzaco in hune modum: Ego Hilaria de Borno consencio in dominam Agnetem Garnerie, priorissam sancti Saturnini de Marempnia, et ipsam nomino eligendam in abbatissam et (.)zaco etipsam nomino eligendam in abbatissam et pastricem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Agnes de Mala morte vocata scrutara ac consimiliter adjurata (.)cem monasterii nostri beate Marie Xanctonarum. Item Margarita de Castro. scrutata ac consimiliter jurata consensit ac votum suum direxit in dictam Agnetem Garnerie (.) Vigerie de Lonzaco in hune modum. Ego Margarita Bordes consencio in dominam.

Pour la suite voir l'Histoire de l'abbaye par dom Boudet, le chapitre XF" abbesse. Le t. LXXX de dom Fonteneau, à la bibliothèque de Poitiers, contient, p. 90, ce passage transcrit mot à mot. III.

~35/, 12 juillet. (f Union du bénéfice de Sainct-Sorlin en Maronne uny à la table abbalialle de l'abbaye de Saincte-Marie de Xainctes. » Bulle de Clément VI à Agnes, abbesse de Saintes. 7MMm<M ~M~cA~MtM. Petrus, miseracione divina episcopus Albanensis, sanctae Romanteecclesiae cardinalis de Fuxo vulgariter nuncupatus,~ in civitate Avinionensi et comitatu Venaysini in temporalibus 1. Pierre dé Foix, cardinal à 22 ans en 1409, archevêque d'Arles, vice-légat d'Avignon, etc., fils d'Archambaud, seigneur de Grailli, capta) de )!ucb, et d'Elisabeth, comtesse de Foix, mort à Avignon en 1464.


vicarius generalis ac in Arelatensi, Narbonnensi, Occitanensi, Tolosanensi et nonnuUis aliis provinciis civitatibus et diocesibus a latere sedis apostoHcse legatus, ad futuram rei memoriam. Tenores quarumdam litterarum apostolicarum felicis recordationis Clementis papse sexti in registris ipsius, quse una cum aliis diversis, in hoc palatio Avinionensi, in quo prsesentialiter residemus, custodiuntur repertos ad dilectarum nobis in Christo filiarum Margantse abbatissae et conventus monasterii beatse Mariae Sanctonensis ordinis sancti Benedicti, quae dictis litteris se asserunt indigere, sup.plicationis instantiam, nostrorum-vicariatus et legationis auctoritatibus quibus fungimur in hac parte, fecimus praesentibus annotare, qui tales sunt

a Clemens, episcopus servus servorum Dei,~ dilectis in Christo filiabus Agneti abbatissae et conventui monasterii beatse Marise extra muros Sanctonensis, ordinis sancti Benedicti, salutem. Merita vestrœ religionis et devocionis exposcunt ut, vos et monasterium vestrum paterna benevolentia prosequentes, iHam vobis libenter graciam faciamus quam vestris commoditatibus fore conspicimus opportunam. Sane petitio pro parte vestra nobis nuper exhibita continebat quod, licet olim in monasterio vestro quadraginta moniales cum earum donatis et servitoribus ibidem in divinis laudabiliter deservientes, habitare et de ejusdem monasterii redditibus honeste vivere consuevissent, tamen hodiernis temporibus monasterium ipsum et ejus redditus et emolumenta, propter

1. Clément VI siégea du 7 mai 1342 au 6 décembre 1352. La bulle est datée du 4 des ides de juillet de la 9~ année de son pontificat, n'est-a-dire du 12 juillet 1351. Elle est adressée à Agnès. Or le Gallia, H, co). 1129, place après Yves Vigier de Lonzac (1341-1342) une abbesse, HUaire 1!! (1350 et 1352). H faut donc mettre Agnès avant Hilaire. L'histoire manuscrite de l'abbaye indique aussi, après eYveVigerie de Lonzac, XV~abbesse s, Hilaire IH, XVIe abbesse, qui, dit-elle, « se trouve nommée dans quelques titres authentiques des années 1350 et 1352; elle mourut cette même année, »


guerras, mortalitates, et gentium armorum incursus, quae diu in illis partibus viguerunt, prout vigent, de praesente, adeb sunt destructa et deminuta quod decem moniales inibi vix vivere possent, née in eodem monasterio audent commode habitare, ymo in opprobrium religionis in domibus parentum ipsorum evagando pro earum victu habitare necessario sunt coactae. Quare pro parte vestra nobis extitit humiliter supplicatum ut pro sustentatione vestra prioratum sancti Saturnini, ordinis sancti Benedicti, Sanctonensis diocaesis, qui, ut asseritis, a dicto monasterio dependet, cum omnibus juribus et pertinenciis suis eidem monasterio et mensae abbatiali ejusdem perpetuo unire, adnectere et incorporare de benignitate apostolica dignaremur. Nos igitur, necessitatibus vestris hujusmodi quantumpossumusprovidere volentes, hujus modi supplicationibus inclinati, prioratum praedictum, cui cura imminet animarum et dignitas vel personnatus non existit et ad quem non consuevit quis per electionem assumi, cum omnibus juribus et pertinenciis suis monasterio et mensae praedictis auctoritate apostolica tenore praesentium perpetuo unimus, annectimus et etiam incorporamus, ita quod, cedente vel decedente ipsius prioratus priore qui nunc est aut ipsum prioratum alias quomodolibet dimittente, liceat vobis corporalem possessionem prioratus juriumque et pertinenciarum praedictorum per vos vel alium seu atios auctoritate propria apprehendere et tenere, ipsumque prioratum licite in perpetuum retinere fructusque ipsius in sustentationem vestram et utilitatem ejusdem monasterii convertere valeatis, diocaesani loci vel alterius cujuscumque licentia minime requisita; nonobstantibussi aliqui, super provisionibus sibi faciendis de hujusmodi prioratibus vel aliis benenciis ecclesiasticis in illis partibus, speciales vel generales apostohcae sedis vel tegatorum ejus litteras impetrarent~ etiam si, per eas, ad inhibitionem, reservationem et decretum, vel alias quomodolibet sit processum, quas quidem litteras et processus habitos per easdem et quaecumque inde secuta


ad prsefatum prioratum nolumus extendi, sed nuHum,perhoc, eis, quam assecuracionem prioratuum et beneficiorum aliorum praejudicium, generari, et quibuscumque privi!egiis, m'dulgentiis et litteris apostolicis generalibus vel specialibus, quorumcumque tenorum existant, per quse praesentibus non expressa vel totaliter non incerta, effectus earum impediri valeat quomodolibet vel differri et de qua cujusque toto tenore habenda sit in nostris. litteris mencio specialis proviso quod prioratus ipse debitis obsequiis non fraudetur ejusque solitus ministrorum numerus non minuatur sed supportentm' debite omnia ejus onera consueta. Nos insuper irritum decernimus et inane, si secus super his a quoquam quavis auctoritate scienter vel ignoranter contigerit attemptari. Nulli ergo, et caetera. Nostrae unionis, annexionis, incorporationis et constitutionis infringere, et caetera. Datum Avinione, quarto idus ju!ii anno nono. D

Caeterum ut earumdem litterarum tenores sic inserti omnimodam rei seu facti certitudinem faciant, eorumdem vicariatus et legationis auctoritates interponimus et decretum, ut illud idem robur eamque vim eumdemque vigorem tenores prsedicti per omnia habeant quae haberent originales iitterae supradictse, ac eadem prorsus ipsis tenoribus fides adhibeatur, quandocumque et ubicumque in judicio vel alibi ubi fuerint exhibiti vel ostensi, ac eisdem firmiter stetur in omnibus sicut ipsis litteris originalibus staretur si forent exhibitse vel ostensse. In quorum omnium fidem et testimonium prsemissorum jussimus prsesentes per notarium publicum et secretarium nostrum infra scriptum subscribi et magni sigilli nostri appensione muniri. Datum in palatio apostolico Avinonensi praedicto, decima septima die mensis martii anno incarnationis DominiceB millesimo quadringentesimo tricesimo octavo, pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Eugenii, divina providentia papae quarti, anno nono.


IV.

~3a8, ~~oW~. Bulle d'Innocent VI à Alix de Rochechouart par laquelle il lui permet de jouir en commande du prieuré de Saint-Denis d'Oleron. Vidimus sur pareltemin.

Venerabilibus et religiosis dominabus abbatissae quae est pro tempore et conventui monasterii monalium beatae Mariae Xantonnensis, ordinis sancti Benedicti, singulisque monialibus et personnis ejusdem monasterii ac omnibus aliis et singulis quorum interest vel intererit et quos infra scriptum tangit negotium seu tangere poterit quomodolibet in futurum communiter vel divisim et quocumque nomine censeantur, Boso de Turre, sacrista ecciesise Avenionensis, executor ad infra scripta una cum infra scriptis collegis nostris cum illa clausula quamtum vel duo aut unus vestrum per vos vel alium seu alios et caetera, a sede apostolica deputatus, salutem in Domino et mandatis nostris ymo verius apostolicis firmiter obedire, litteras sanctissimi in Christo patris et domini nostri Innocentii, divina providentia papae sexti, unam videlicet. grossam cum filis de serico et aliam videlicet executoriam cum filis seu cardula canapis, veris bullis plumbeis ipsius domini nostri papae more romanae curise bullatas, non vitiatas, non cancellatas, nec in aliqua sui parte coruptas, sed omni suspicione carentes, ut prima facie apparebat nobis, pro parte et nomine venerabilis et reiigiosae dominas Helidis, abbatissae dicti monasterii sanctae Mariae Sanctonnensis coram notario et testibus infra scriptis praesentatas, nos cum ea qua decuit reverentia 1. « Alix, nommée aussi Adéfaîde et Hélide de Rochechouart, siégea depuis l'an 't352 jusqu'à i'an 1366. En 1358, elle obtint de pape Innocent VI la permission de posséder en commande le prieuré de Saint-Denis d'Oleron pendant trois années. Cette bulle se conserve au trésor de l'abbaye », dit t'is/otr~ manuscrite ~«M~e de Saintes..


recepisse noveritis, quarum litterarum tenor unius videlicet grosssesicincipit:

« Innocentius, episcopus, servus servorum Dei, di)ectae in Christo mise Helidi, abbatissae monasterii beatae Mariae Xanctonnensis, ordinis sancti Benedicti, salutem et apostolicam benedictionem. Devotionistuae sincentasquamadnos et Romanam geris ecclesiam promeretur ut iHa te gratia prosëquamur quam tuis et monasterii tui necessitatibus fore conspicimus opportunam. Dudum siquidem intendentes de prioratu monialium sancti Dionysii in Oleryone a dicto monasterio dependente, ordinis sancti Benedicti, Sanctonnensis diocaesis, quem quondam Johanna Rethieyra, ipsius prioratus priorissa, tune temporis obtinebat, quum i!tum vacare contingeret per apostolicae sedis providentiam ordinari prioratum ipsum, dum adhuc eadem Johanna ageret in humanis, videlicet quarto mensis aprilis pontificatus nostri anno secundo, collationi et dispositioni nostrae ea vice specialiter reservavimus ac decrevimus irritum et.inane si secus super ils a quoquam quavis auctoritate scienter vel ignoranter contingeret attemptari. Quum itaque postmodum prioratus predictus, qui'atlas prioratus beatae Marise nuncupatur, per obitum dictae Johannœ, quae extra Romanam curiam diem clausit extremum, vacaverit et vacet ad praesens nu!Iusquepra3ternosac vicarios disponere potuerit neque possit, reservatione et decretoobsistentibus supradictis,et sicut asseris, prsedicti monasterii fructus, redditus et proventus adeo, propter guerras quae in illis partibus pro tcmpore viguerunt et vigent, tenues et exiles existant, quod ex eis tu et moniales ipsius monasterii vix sustentari valeatis, neque potestis alia onera ejusdem monasterii supportare, nos, ut statum tuum tenere et onera hujus modi supportare valeas, tibi et mensœ tuse abbatiali dicti monasterii de alicujus subventionis auxilio providere volentes, prioratum prsedictum ad collationem abbatissse dicti monasterii quae est pro tempore,ut asseritur,pertinentem sicvacantem cum omnibus


juribus et pertinenciis suis tibi et dictas mensae, usque ad triennium a data praesentium computandum, auctoritate apostolica commendamus per te una cum abbatissa dicti monasterii tenendum, regendum et etiam gubernandum, ita quod, commenda hujus modi durante, de fructibus, redditibus, proventibus, juribus et obventionibus ejusdem prioratus disponere et ordinare valeas sicut vere priorissse ejusdem prioratus quae fuerint pro tempore ordinare et disponere potuerunt et debuerunt,alienatione bonorum immobilium et etiam mobilium pretiosorum dicti prioratus tibi penitus interdicta. » Et sic finit « Nulli ergo hominum liceat hanc paginam nostrae commendae et constitutionis infringere vel ei ausu temerario contra ire. Si quis autem attemptare praesumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatoorum Petri et Pauli apostotorum ejus se noverit incursurum. Datum Avenione, sexto idus febi uarii, pontificatus nostri anno sexto. »

Ténor vero alterius titterae videlicet executoriae sic incipit « Innocentius, episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis abbâti monasterii sancti Martialis Lemovicensi et sacristae ecctesiae AvenionensisetofficialiLemovicensis, salutem et apostolicam benedictionem » et cœtera.Et sic finit « Quocirca discretioni vestrae per apostolica scripta mandamus quatenus vos vel duo aut unus vestrum per vos vel alium seu alios eamdem Helidim vel procuratorem suum ejus nomine in corporaiem possessionnem dicti prioratus ac jurium, pertinentiarum praedictorum inducatis auctoritate nostra. Datum Avenione, sexto idus februarii, pontificatus nostri anno sexto. »

Postquarumquidemtitterarum apostolicarum praesentationemetreceptionemfuimus, nomine et pro parte praefatae Heliais abbatissae, cum debita instantia requisiti ut ad executionem dictarum litterarum apostolicarum et contentorum in eis procedere curaremus juxta ipsarum tenorem et formam.Nos igitur Boso de Turre, sacrista et executor prsefatus


volentes hujusmodi mandatum apostolicum nobis in hac parte directum exequi reverenter, ut tenemur auctoritate apostolica qua fungimur in hac parte, discretum virum Petrum de La VaUe,ctencum Trecensis diocoesis, nomine jam dictae dominae Helidis,.et pro ipsa et suse mensse abbatiali in possessionem supra dicti prioratus monialium sancti Dionysii de Oleyrone, Xanctonnensis diocœsis, per hoc jurium etpertinaciarum ejusdem per dictum dominum. nostrum papam eidem dominas Helidi abbatissse et suse mensse abbatiali in commenda traditi, ut in dictis litteris apostolicis continetur, inducimus in quantum possimus et debemus, ac ipsum Petrum in praesentia nostra constitutum, nomine jam dictae dominse Helidis abbatissse et mensse suse abbatiali praedictae, per biretti nostri traditionem prsesentialiter investimus de eisdem. Caeterum cum ad executionem hujusmodi mandati apostolici ulterius faciendam non possimus quoad praesens intendere pluribus aliis negotiis occupati, discretis viris Sancti Dionysii in Olerone, beatae Manae de Cougnis et Sancti Bartholomsei in Rupella ecclesiarum rectoribus Xanctonensis diocœsis, omnibusque aliis et singulis civitatis et diocœsis Sanctonensis ecclesiarum rectoribus, prioratuum prioribus et tabellionibus publicis. Datum et actum Avinione in itospitio habitationis nostrae, sub anno a nativitate Domini millesimo trecentesimo quinquagesimo octavo, indictione undecima et die XIX mensis maii pontificatus prsefati domini nostri papae anno sexto, praesentibus discretis viris Stephano de Turre, Ai. de Bornaria et Petro Gaufridi, ctericis Lemovicensis diocœsis testibus, ad premissa vocatis pariter et rogatis.


v..

~592-Y<?77. Redevances et quittances retatives & l'abbaye de NotreDame de Saintes. Pièces tirées de la &~Ho<A~~tt~ de Cognac, /OM~ ~?6~; manuscrits, t. Z~ p. ~5 à 134. Originaux sur papier. Communication de Jules Pellisson.

A. Extraict du papier terrier de la terre et seigneurie de Sainct-Pallais lez la' ville de Xainctes, fol. soixante dix, recto, article quatre vingtz douze.

Sire Jean Bardin, marchant, recognoist et advoue tenir de madicte dame en sa justice, terre et seigneurie de SainctPallais, à cens et rentes perpétuels portant ventes et honneurs et autres droicts seigneuriaux et féodeaux deubzparla coustume, une maison et terre derrière, assise audit bourg, tenant d'un costé à la maison d'Izaac et François Fremonds, recogneue en l'article présédant, d'antre costé au jardin d'Estienne Soulet, maistre des eaues et forestz de Xainctonge, aboutissant d'un bout par devant à la grand rue dudit bourg sur laquelle elle a son entrée, et d'autre bout au sentier qui va au fief Fromentin et ladicte terre tient encores d'autre costé aux hoirs feu Ménautd, chargé oultre la dixme de deux solz six deniers tournois de rente foncière et perpétuelle envers madicte dame, que ledit recognoissant a promis payer et continuer doresnavant par chacun an, au jour et feste de nouel. Fait audit bourg Sainct-Pallais, le vingt sixiesme jour de febvrier mil cinq cens quatrevingtz douze; et a ledit Jean Bardin, recognoissant, signé en la minutte avec lesdictz greffier et tesmoins. Ainsy signé: Maufras, notaire royal. La coppie cy dessus a esté vidimée et coHationnée à son original sein et entier, tirée du terrier de la seigneurie de Sainct-Pallais les Xainctes, escrit en parchemin, par nous notair es royaux héréditaires en Xainctonge soubsign'ez ledit terrier représenté par Matthieu Cassoulet, secrétaire de révérende dame Françoise de Foix, abbesse de l'abbaye Nostre-


Dame hors les murs de la ville de Xainctes, qui l'a tiré du thrésor de ladicte abbaye, ce requérant maistre Mathurin Mauduit, huissier en l'élection dudit Xainctes, faisant pour honneste fille Magdelaine Bardin et ce faict, ledit terrier a esté mis entre les mains dudit Cassoulet pour le remettre audit thrésor. Fait audit Sainct-PaIlais, le vingt troisiesme jour du mois de septembre mil six cens quarente trois. MAUDUiCT. M. CASSOULET. M. RICHARD, notaire. PANNETIER, MO~Mr6 royal.

B. –Nous, Françoise de Foix, abbesse de l'abbaye NostreDame hors les murs de la ville de Xainctes, confessons avoir receu de Daniel Raymond, tant en son nom que comme faisant pour ses beaufrères et belles sœurs, deux sols six deniers de rente noble qu'ils nous doibvent par chacun an, à cause d'une maison et ses appartenances, située au Bourg Neuf, et arrérages des années mil six cens soixante, soixante un, 62, 63, 64, 65, et mil six cens soixante six, escheue au terme de nouel, dont nous le tenons quicte. Fait en nostre dicte abbaye, ce dernier aoust mil six cent soixante sept. -}- DE Foix, abbesse de Saintes

C.-Nous avons reçeu de Gilbert Giraud et Jean Audouin, au lieu de sire Jean Bardin, la rente de deux solz six deniers paran, dont ils demeurent quites pour dix années,y comprins en icelles l'année mil six cens'soixante dix sept, sans préjudice de plus grand droit seigneurial. -{- DE Foix, abbesse de Z</M~-{-.

1. H y a d'autres quittances de l'abbesse et de ses fondés de pouvoirs relatives à la même rente. Gilbert Giraud y est quatifié maître coutelier.


VI.

1706, :f9 juillet. Sommation à l'abbesse de Saintes, Charlotte de Caumont-Lauzun, de payer cent vingt livres à Ardouin, marchfnd de Saintes. Original sur papier à la ~:&Mo~é~!t~ de Saintes.

Le dixneufiesme jour du mois de juillet mil sept cent six, avant midy, à la requête de Jean Guérinneaux, marchant, demeurant aux fauxbourg de La Bertonnière, parroisse de Saint-Vivien lès Xaintes, où il ellit domicilie, je soubzigné, premier huissier audiencier, reçu et immatricuiié en la prévosté royalle de Xaintes, y reçu, y résidant paroisse de Saint-Pierre lesdit Xaintes, exploittant par tout le royaume sans viza, plasset ny pariatis, suivant Fédict, certiffie à tous qu'il appartiendra avoir signimé et dhuemant fait assavoir à dame Charlotte de Lauzunt, abbesse de l'abbaye NostreDame, hors les murs de la ville de Saintes, y demeurant, le contenu en un mandat ou billet fourny par. (blanc) Ardouin fils, marchant de cette ville, en datte du 20 octobre 1705, pour la somme de cent vingt livres, signé Ardouin fils, sur laditte dame abbesse, pour prandre et recevoir d'icelle dame la somme de cent vingt livres et quoyque ledit Guérinneaux ait requis verballement à diverse fois ladite dame de lui payer le montant de cette somme et d'accepter ledit billet, elle en a fait refus.; c'est ce qui oblige ledit sieur Guérinneaux de sommer et requérir, comme il somme et requiert par ses présentes, ladite dame de tout présantement luy payer ladite somme de cent vingt livres ou d'accepter ledit mandat; autremant et à faute de ce, ledit sieur Guérinneaux protestait de retourner sur ledit Ardouin et de le randre responsable de tous les événemans et de tous despans, dommages et intérestz ensamble contre ladite dame. Fait et délessé coppie dudit billet et présent exploit, parlant à ladite dame en son parloir, quy a fait réponse que pour des marchandises elle a dheu audit Ardouin la somme


de six cens neuf livres dont elle !uy a fait un billet le dixsept novembre dernier sur ses fermiers de Saint-Sorlin de Marennes qui l'ont accepté pour payer à la Saint-Jean -dernière, lequel billet ledit Ardouin a ceddé au sieur Gellibert; ainsi ladite dame ne lui doit rien et proteste que l'acte cydessus ne lui pourra nuire ni préjudicier, et a signé sa response et desclaré le comnaittre par moy. -{- ScEUR DE CAUMONT DE LAUZUN, abbesse de Saintes. JOFFRIAU, huissier NM~~c~r. Reçu pour mes droits, y compris le papier, douze sols.

Controllé à Saintes, le six juillet 1706. Reçu 8 livres. DELONGUE.VILLE.

VII.

~72.?. Note sur l'abbaye royale de Notre-Dame de Saintes, envoyée à

t intendant de la généralité de La Rochelle par le monastère. –-Or~MM<<MMc <M'<:AM)M départementales de la CA~M~fM/'o'MM~, H~. 89. FONDATION. L'abbaye Notre-Dame, hors les murs de la ville de Saintes, a été fondée par Godefroy et Agnez, comte et comtesse de Saintonge, en l'année 1047. ORDRE. De l'ordre de Saint-Benoît.

NOMBRE DE RELIGIEUSES. 86, dont 52 dames de cœur et 34 religieuses sœurs converses.

REVENUS. Saint-Palais et ès environs

de Saintes. 800 livres. Corme-Royal et dépendances. 5000 Pont-1'Abbé et dépendances. 5900 Le Gua 4300 Saint-Sornin de Marennes. 3900 Fief et dixmes de Brouè 220 Luzac et Mauzac 3400 Dixmes des marais guas d'Hiers 400


Saint-Pierre de Salles de Marennes. 3400 Dixmes du bourg de La Boirie 2000 Dixmes de Boursefranc. 500 Saint-Denis d'Oleron 7000 Vix en Poitou 5500 Lamongie. ~20 Saint-Julien d'Escarpes 1000 Herpes. 30 Coutumes de sels. 4000 Total du revenu. 47470 livres.

ENTRETIEN DES RELIGIEUSES. Pour la nourriture et enentretien de 86 religieuses, à raison de 250 livres chacune, ci .500 livres. CHARGES DE L'ABBAYE. Pour les décimes tant pour ceux de !a maison que pour les bénéfices qu'ils possèdent

que pour les extraordinaires 4200 livres. Quatre chanoines de Saint-Palais et confes-

seurs de l'abbaye, outre les gratifications.. 800 D'un aumônier pour instruire les domesti-

ques, outre les gratifications. 200 D'un prédicateur, outre les gratifications

et la nourriture. 200 Pour quatre lits fondés dans l'abbaye, pour

chacun desquels on paye annuellement un

thonneau de froment et un tonneau de vin,

qui fait pour les quatre 800 Plus pour une messe de prime tous les

jours à six heures, outre un grand nombre

d'autres, et plusieurs services extraordinaires 400 Pour les aumônes fondées et celles que

l'on fournit aux communautés mendiantes,

prisonniers et personnes honteuses, et à la

porte dOOO Total. 9100 livres.


CHARGES DE PENSIONS CONGRUES AUX VICAIRES PERPÉTUELS. A M. le vicaire perpétuel de Pont-l'Abbé en grain

et argent 500 livres. A celuy de Sainte-Radegonde 300 AcetuydeSaint-Su!pice. 400 A celuy de Saint-Michel 300 A celuy de Corme-Royal SOO A cetuydeLaCnsse. 300 AcetuydeNancras. 300 A celuy de Pisany 300 A celuy de Saint-Sornin, blé et argent et vin. 490 Le Guâ 400 Saint-Just, grain, vin et argent 500 Marennes. 600 Saint-Denis d'Oleron 200 Broüe 300 Saint-Julien 300 MontpeUier 300 Vixen Poitou 300 Couture 300 Lamongis. 300 Total des pensions congrues. 6690 livres.

CHARGES INDISPENSABLES. Entretien annuel des deux églises, de l'abbaye pour les luminaires et ornements. 3000 livres.

Pour les réparations de 20 églises, entre-

tien des livres et ornements. dOOO Pour les réparations et entretien de ladite

abbaye, des maisons, châteaux, chays, gran-

ges, halles, parquets, prisons, fours, fuye et

vaisseaux vinaires, dépendantes des terres.. 2000 Pour les gages des officiers de justice,

ceux des officiers de la maison, médecin,


chirurgien et apothicaire, ensemble tous les

domestiques. 4000 Pour les médicaments pris à l'apotiquaire. 1000-Pour tes ports de lettres et messagers 600 Pour la nourriture des quatre chanoines,

aumôniers et prédicateur. d200 Pour la nourriture desdits domestiques.. 1500 Pour les charroy, voitures, nourriture,

achaps et entretien des chevaux. 1000 Total. d5000 livres.

Le revenu monte à. 47470 livres. Les charges et dépenses à. 51090

Excédant de la dépense. 3620 livres.

Par les états au détail cy-joints, il se trouve que la dépense qui se fait chaque année à l'abbaye de Saintes exède le revenu de la somme de 3,620 livres et quelquefois audelà, à cause des révolutions qui surviennent sur toutes les denrées, ce qui fait que ladite abbaye se trouve devoir plus de trente mille livres pour raison de quoy elle paye intérest.


TABLE ONOMASTIQUE

A

Abadena, 420.

Abillon (Florize d'), 115, 116. (Jean d'), seigneur de Beaufief, 116. (Josué d'), 116.

Acarie (Louis), baron du Bourdet, 359. (Pierre), 359. (René),

359.

Affaneur, sieur de la Jarrie, 397.(Jacob), 397. (Jean), 397.

Affilé (Jean), abbé de Charron, 49. Agnès, abbesse de Saintes, 434, 435. comtesse, 118, 419, 420, 423, 445. Voir Rochechouart. Agoupillère, comm. de Taillebourg, cant. de Saint-Savinien, 90. Aguesseau (Françoise d'), 119. AguIHard, 131.

Aimery de La Mallevault, 120. Aisse (Jean), 91.

Alamand, 103, 104. –(Jeanne),106. Albret (Amanieu d'), comte de Miossans, 133, 139. (ChadesAmanieu d'), 351. (FrançoisAlexandre d'), sire de Pons, 351, 390, 397.

Alègre (Marguerite d'), 256.. Aligre, marquisat, 57.

Aligre (d'), 25.

Alenconio (Joannes de), archidiacre de Lisieux, 22.

Alger (Afrique), 348.

Alixendre (Guillaume), 77.

Allaire (Jérôme,) 329. (Louis) 320.

./H!attdeMttMMt. Voir Les Allouettes. Alléars,(Arnaud), 70. (Jean), 70 71.

PAR M. HIPPOLYTE DE TILLY.

Allemans (d'), 185.

Allenet, 181, 209, 241.

Allodii. Voir Les j4«o)te«es.

Alméras (d'), chef d'escadre, 279, 293.

Alphonse 'VI, roi de Portugal, 414, 415, 416.

Amblard (Rampnou), 67.

Ambleville (Arnaud d'), 118, 120. Amblimont (d'). Voir Renart de Fuchsamberg.

Amelot de Chaillou, intendant de La Rochelle, 18.

Amfreville (marquis d'), lieutenant général, 269, 270, 272, 276..

~wtens (Somme), 306.

~wtfetMW, 29.

Amoysy, roi de Comendo (Guinée), 297.

Anayet (Pierre), 137.

Ancelin (Anne), 116. (Christophe), seigneur de Saint-Quentin, 405. de Gardespée, 136. (Joël), 405.

~Mdt<es-Mo)'Ms, cant.. de Marans, arr. de La Rochelle, 46, 48, 52, 56.

Andrale (Girette), 71-

Andrault (Joseph), marquis de Langeron, 267, 271, 272, 273.

André (Arnaud), seigneur de La. Barde, -138,17-1, 203.

Anes, Anais, cant. de La Jarrie, arr. de La Rochelle, 33, 34.

~Met, chef-lieu de cant., arr. de Dreux (Eure-et-Loir), 415.

Angeac-Champagne, cant. de Châteauneuf, arr. de Cognac, 137. Angennes (Charles d'), marquis de


Rambouillet, 412. (Julie d'), dame de Montauzier, 412.

Angibaud (Daniel), apothicaire, 330, 332, 341.

~K~Her.32,33.

Angoulême (Charente), 70, 159, 181, 804,219, 355, 409, 423.

Angouiëme (le comte d'), 155, 156. (Louise d'), 186.

Angulum. Voir Langle-Suiré. Annery (d'). Voir de Thou.

Antestius, 421.

Antin (duc d'), 218, 221.

~K~t'~e, cant. de Rouillac, arr. d'Angoulême, 69, 71.

Anzelhaco (Inda de), 433. Aplemont (d'). Voir Dumé.

Aquin (Pierre), 91, 95.

.4gMt<ft(/)M/ (Guinée), 297.

Aquitaine (Aliénor d'), reine d'Angleterre, 17, 22. (Edouard d'). 61. (Louis duc d'), 116, 118. Arbouin, 397.

Archiac, chef-lieu de cant., arr. de Jonzac, 148, 149, 391, 424.

Archiac (Foucaud d'), 442.

Archiaco (Aylidis de), 431. Ardillères, cant. d'Aigrefeuille, arr. de Rochefort, 31.

Ardillon (Isabeau) 32.

Ardouin, 48, 160, 167, 444, 445. Arembert, fontaine, comm. de Tailiebourg, 90, 92.

.AreMos de Valay. Voir Les Arènes, ~t'eœ~ 29.

Argence (d'). Voir Du Bousquet. ~4)-yeMc/n(Mt (forêt), com. de Benon, cant. de Courçon, 20.

Argenson (d'). Voir Voyer.

Arger (Honoré), avocat, 401. Arles, chef-lieu d'arrond. (Bouchesdu-Rhône), 434, 435.

Armende (Isabellis), religieuse, 432. Arnaud (François), notaire royal, 398. (Jean), seigneur de Boisroche, 354. (Jean), 330, 398.(Hétie), 102.

Arnault (Jean), 78. (Regnault), 98. (Rognon), <00.

Arnaut (Guillaume), 71. (Jean), 85. (Pierre), 86.

Arnou (Nicolas), intendant des galères, 250.

Arnoul (Pierre), commissaire général du Ponant, 260, 261. I[.

/t''pes. Voir 7/e~es.

,'Arquesson, 391.

effets (Pas-de-Calais), 356.

/~r<~eMac, cant. d'Archiac, arr. de Jonzae, 143.

~t'oeft, cant. de La. Tremblade, arr. de Marennes, 74, -147, 344, 400, 405.

Asnepont, cant. de Saint-Savinien, arr. de Saint-Jean d'AngéIy, 92, 96.

Asner (Jean), 75.

~sHM, Asnetes, ile, 24.

Asnier (Arnault), 80. (Giraut), 84. (Jean), 85.

Asnières, cant. de Saint-Jean d'Angé!y, 115.

~s~remoMt, fief des La TrémoiHe, .97, 146.

Aspremont (Jeanne d'), 68.

Aubert de Courcerac (Denys), 129. /tM6e~)'fe, fief, comm. de JarnacChampagne, 103.

Audebert (François), 409. (Jean), 79, 82, 83.

Audier, 345.

Audoin (Jean), seigneur des Brousses, 115.

Audouin (Jean), 443.

Audouyn (Guillemette), 329. (Jean), 104.

Auge, 73.

Augereau (Jean), curé des Touchesde-Périgny, 130.

Augier (Etiehne), conseiller du roi, 370, 371. (Gombaud),.68. (Jeanne), veuve de Rabar, 383. Aujac, cant. de Saint-Hilaire, arr. de Saint-Jean d'Angély, 81, 82. Aulnis, 249, 251, 276.

Aulnys (François d'), sieur de Bourouil,. 401. (Louis), 406. (Pierre), sieur de Chalézac, 401. Aumale (Marie d'), 414, 415. Voir Savoie.

Aumont, comm. de Fontcouverte. cant. de Saintes, 401

Aumont (d'), voir Lebrethon. Aumont (le maréchal d'), 344. Aunay (François), 57.

Aupichier (Pierre), 79, 83, 84. Authon (Claire d'), 364.

Authon, cant. de Saint-Hilaire, arr. de Saint-Jean d'Angély, 75,

~M~o)-eH(, nef, comm. de Tai)'ebourg, cant. de Saint-Savinien, 94.


Autrec (d'), sieur de Saint-Paul, 1 390.

Auvignac, comm. de Berneuil, j J cant. de Gemozac, arr. de Sain- ] tes, 145.

Avaugour, 68, 74, 88.

Avezat (Arnaud d'), 72. j Avignon (Vaucluse), 434, 435, 437, 438, 440, 441.

Aydie de Ribérac (Sicaire d'), com- 1 te de Rions, gouverneur de Cognac, 185, 186,187, 190, 192,20), 205-208, 215, 217-220, 222-224, 1 227-231, 233-535, 237, 238, 241, 243-245' 1

Aymeric, abbé de Charon, 18, 19..

.4~, ,pont, 100.

Aymerie (Pierre), 64,

Aymont, 78.

Ayrault (Hélie), 102. (Pierre),

'103. ]

Baatz (Charles de), comte de Cas- telmoron, 291, 310, 318.

Babin (Jean), 174, 175.

Bacalan (de), 389. (Madeleine de), 389.

Bachaumont. Voir Le Coigneux. Baconnays, fief, 111, 112.

Bacqueville (de). Voir Martel. Baderon-Thezan de Saint-Geniez, (Raymond de~, 121.

Badiffe (de), chanoine de Saintes, 388, 391. (Jacques), 404. (Jean), 362, 363, 391, 402, 403, 404, 405. de La Touche (Me""), 396.

Baduel, ministre protestant, 329, 336.

Bagou (Pierre), prieur de Charon, 18.

Baif (Lazare de), maître des requêtes, 108.

Baigne, chef-lieu de cant., arr. de Barbezieux, 144.

Balanchc, fief, comm. de Saintes, 141.

Ballans, cant. de Matha, arr. de Saint-Jean d'Angély, 77, 82, 83. Banville (de), capitaine de vaisseau, 303.

Baraud (François), 174, 176.

B

Barbaut (Jacques), capitaine de frégate, 290, 320, 321.

Barbecane, 91.

Barbezières (Jeanne de), dame de Nuaillé, 47, 99. (Louise de), 47.

Barbezieux, chef-lieu d'arrondiss., 144, 370.

Barbot (Jean), 409.

Barbraud (Louis), 175, 17C.

Bardenac, cant. de Chalais, arr. de Barbezieux, 143.

Bardet de Boisneau, capitaine de vaisseau, 290, 320.

Bardin (Daniel), 124. (Denis), 124. (Jehan), 124, 442, 443. (Madeleine), 443. (Samuel), 124.

.Bofdott, comm. de Thors, cant. de Matha, arr. de Saint-Jean d'Angély,80,81,85.

Barguenon, marin, 352. (Catherine), '388. (Marie), 406. (Pierre), 399.

Baron, 342.

Baronnet (Jehan), 95.

Barraud, apothicaire, 341,403. (Jean), 399. (Nicolas), 399. (Pierre), 399.

Barreto (Yva de), religieuse, 431. Barrière (Giraut), 85.

Barrière (de). Voir Dupuy,

Barthomé (Guillaume), 82.

Bascle (Jean), 102. (Pierre), 397. Basfour (Jean de), 408.

Bassac, ancienne abbaye, cant. de Jarnac, arr. de Cognac, 69, 72. Busserot, fief, comm. de Taillebourg, 94.

Bassompierre (Louis de), évoque de Saintes. 367, 388, 416, 418. Bassot, 95.

Basty (Jean), 154.

Baude (Hilayrede), 28, 29, 46. Baudéan de Parabère (Catherine de), 121.

Baudouin (François), 397.– (Henri), 397. (Isaac), 124,396. –(Jean), 403. (Rebecca), 405.

Baudouyn (Paul), sieur de Boisrond, 333.

Baugier (Edme-Antoine), fermier général, 267, 273, 274.

Bauldry (François), 111.

Baussay (Guy de), seigneur de Nuaillé, 30, 31, 32, 46.


Baveau, procureur du roi, 151. Bavès. Voir Petit-Beauvais.

Bayonne, chef-lieu d'arrond. (Bas'ses-Pyrénées), 288,311,, 313, 358. ~uzsM~es, cant. de Matha, arr. de Saint-Jean d'Angély, 73, 145. Bazotteau (Jacques), 130.

Beauçhamp (Alexandre de), seigneur de Bussac, 358. (Isaac de), 122. (Louis de), 358. (Silvie de), 130.

Beauchesne (Christophe de), 119. Beaucorps (Léa de), 116.

Beaufief, comm. de Mazeray, cant. de Saint-Jean d'Angély, 216. ~eetM~ 73. Beatt/ort, 415.

Beaufort (duc de), 255,260. Beaugaiitard,08. Beaugaitiard (de). Voir Perrin. BMMf/ë, chef-lieu d'arrond. (Maineet-Loire), 65, 66.

.Be<M<~ec}/, cant. de Saint-Aignan, arr. de Marennes, 144, 406. Beaulieu (de), 276, 409.

.Be6[tMKon<-e!t-C)'cK)aMs. cant. de Gemozac, arr. de Saintes, 401. Beaumont (de), seigneur .de Gibeau, 404. (Jeanne de), 115. BeaMp)'efnt, comm. de Rioux, cant.1 de Gemozac, arr. de Saintes, 130.

J?e6tMpnt/. Voir Saintes.

Beaupuy, comm. de Saint-Denis du Pin, cant. de Saint-Jean d'An-' gély, 120.. BeattpMM, fief, 144.

JBeaMreyard, comm. de Berneuil, cant. de Gemozac, arr. de Saintes, 406

.Beaussay (de), 345. Beauvais (de), 383. (Mme de), 385. Voir Herbreau.. Bechade (Agnes), 433.– (Oupays), religieuses, 433.

Béchet, fief. 33.

Béchet (Cosme), 39!, 393, 405. .BedotfM', fief, comm. de Mirambeau.arr. de Jonzac, 145.

Begon (Michet). intendant de la genératitéde La Rochelle, 165,166, 167,178.198,209,244,26). jBe~ac, rivière, 107.

Beicicr (de), lieutenant de vaisseau, 290, 301, 314.

Br~'CCtf~C, 72.

Bellefonds (maréchal de), 269. Belle-Isle (Morbihan), 276, 281. HeDiardi (Aymonetus), 407.

Belliart (Gontier), 407. (Marguerite), 407.

Bellinzani, directeur de la chambre des assurances de Paris, 297.

Belmont, comm. de Royan, arr. de Marennes, 146,148.

Belon (Guillaume), 90. (Pierre), 92.

Belo.u (Pierre), 362.

BeKeo. Voir Benon.

Benest, comm. de Jarnac-Champagne, 104.

Benoist, apothicaire; 386, 392. Be;MK, cant. de Courçon, arr. de La Rochelle, 30, 40, 50.

Béraud (Nicolas), avocat. 347, 388, 401.

Hérault (Antoine), 412.

Be)'beziHo(Eustachia de), religieuse, 433.

-Be)'&eMN, comm. de Saint-Ciers, 66.

JBef<ye)'e, fief des Gassion, 356. Bergeré (de). Voir Gassion.

Berjonneau (Michel), sieur des Brousses, maire de Cognac, 188. Berleigne, feWet</tte, 86.

Bernage (de), 237.

Bernard (Anne), 326. (Bertrand), 138, d73, 334, 378. (Isaac), 174, 175, 176. (Jean), 188, 236. (Josué), 398.

Bernardeau, 48.

Be)'Ha)/, cant. de Loulay, arr. de Saint-Jean d'Angéty, 120.

Berne (Jean), seigneur de Terrefort, 4-t.

BerKessac, Bl'enessac, com. de Gemozac, arr. de Saintes, 405. BemeM~, cant. de Gemozac, arr. de Saintes, 141, 397.

Berazoville, 66.

Berry (duchesse de), 185, 227, 238. Bertaud (Jean), 44.

Bertenet (Abel de), sieur de Fouchereau, 397.

Berthelot, commissaire général des poudres, 29!,303.

Bertheraminus, évoque de Bordeux. 421.

Berthome (Pierre), 94.

Berthus (Michel), 33t, 373, 386.


Bert.in(Pet.)'us), sénéchal de Poitou, 21, 23.

Berton (Françoise), 398.

Bertrand (Charles), médecin, 404.(Foucaud), 66. –(Jean), 175,176, 208. (sieur de Pirémont), 181, 208.

Bertrand (Arnauld), -clerc, 428. Berville (Guillaume de), 78. Beslé (veuve), 52.

Besnard, 333.

Besne (de). Voir Goy.

/Msê, 130.

Bessé (de), 118, 130.

Besons (de), intendant, 16-2. Bétaile, 383.

Béta~e (Gironde), 356.

Beter (Pierre), 79.

Beurac, comm. de Foussignac, cant. de Jarnac-Charente, 97, 98, 100.'

Beynaco (Fyna de), religieuse, 431. Bianrot, fief des Baussay, 30. .Sta~OMa;)!.

Bibard, sieur de La Touche; 167. (Pierre), sieur des Combes, 345, 348, 359, 362, 384.

Bidé de La Granville, capitaine de vaisseau, 314.

Bignay, cant. de Saint-Jean d'Angély, 115,116. Bigot (Jehan), 93.

Biguoret (Guillaume), 66, 67. (Hélie), 67.

jSttbao (Espagne), 273, 303.

Bilhe (Catharina), religieuse, 432. Billaud.(Simon), avocat, 151, 152. Billeau (Alexandre), 379.

Billerit (François), 399.

Bill'on, notaire, 49.

Billotheau,moulin,comm. de Geay, cant. deSaint-Porchaire,112,113. Bineau, pasteur protestant, 337. Biron (de). Voir Gontault.

Bitaud de Bleor (François), capitaine de vaisseau, 281, 289, 291, 312.

Blaignac (de). Voir Dumont. Blainville, 252.

Blanc (Jean), 87. (Pierre), 402. Blanchard, 402. (Nicolas), 175. Blanchart, 87.

Blanquet de La Hayè (Jacob), gouverneur de Thionville, 28