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Title : Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne. T. 1 / publiées... par M. Jh Garnier,...

Author : Garnier, Joseph (1815-1903). Auteur du texte

Publisher : impr. de J.-E. Rabutot (Dijon)

Publisher : [puis] impr. de Darantière (Dijon)

Publication date : 1867-1877

Contributor : Garnier, Joseph (1815-1903). Éditeur scientifique

Subject : Chartes communales -- Bourgogne (France)

Set notice : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34100417x

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Format : 3 vol. ; in-4

Format : Nombre total de vues : 587

Description : Collection numérique : Fonds régional : Bourgogne

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k112088r

Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-Lk2-2374 (1)

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 18/03/2008

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CHARTES W COMMUNES ET D'AFFRANCHISSEMENTS


COMMUNES

EN/ BOURGOGNE

AVEC LES ENCOURAGEMENTS DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA CÔTE-DOH ET SOUS LES AUSPICES

de l'Académie impériale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon

CONSERVATEUR DES ARCHIVES DU DÉPARTEMENT DE LA COTE-Il'OR CORPESPONDANT DU MINISTÈRE LE L'INSTRUCTION PUBLIQUE HEIIBRE DE L'ACADÉMIE DE DIJON

DIJON

IMPRIMERIE J.-E. RABUTOT, PLACE SAINT-JEAN -̃̃̃-̃̃ M I> C C C L X V 1

CHARTES

>|T D'AFFRANCHISSEMENTS

PUBLIÉES

PAR M. J" GARNIER

TOME PREMIER


CHARTES DE COMMUNES ET D'AFFRANCHISSEMENTS

EN BOURGOGNE

VILLE DE DIJON

Confirmation par Philippe-Auguste, roi de France, d'une première charte de commune, octroyée par Hugues III, duc de Bourgogne, aux habitants de Dijon.

1183.

In nomine sancte et individue Triuitatis. Amen. Philippus Dei gratia Francorum rex, noverint universi présentes pariter et futuri, quam fidelis et consanguineus noster Hugo, dux Burgundie (1), suis hominibus de Divione communiam dedit ad formam communie Suessionensis (2), salva libertate quam antea habebant. Hanc autemcommuniam, memoratus dux Hugo, et Odo (3) filius ejusjuraverant tenendam et inviolabiliter observandam. Unde, ad petitionem et voluntatem ipsius Ducis, et filii ejus prefatam communiam manucapimus conservaudam et manutenendam sub bac forma. Quod si Dux vel heredes ejus memoratam communiam vellent infringere, vel ab institutionibus communie resilire, nos ad eos posse nostrum eam teneri faciemus. Quod m Dux pro nobis facere nollet, nos et res suas in terra nostra receptaremus, salvum conductum eis prebentes. (t) Hugues III, duc de Bourgogne, fils du duc Eudes Il et de Marie de Champagne, succéda à son père en H68. 11 mourut ù Tyr en Si9».

(ï) Voir tes Constitutions de cette commune, & la suite du V.

(8) Eudes, fils aluê du duc Hugues III et d'Alix de Lorraine, sa première femme, prit possession du duché en Un, épousa Mahaut de Portugal, fit ensuite casser ce mariage sous prétexte de parenté et contracta une nouvelle union avec Alix, fille de Hugues, sire de Vergy. Il mourut Lyon en 1318.


Quod ut-perpetuam et inconvnlsara sortiatur firmitatem, presentem cartam sigilli nostri auctoritate, et regii nominis karactere inferius annotato communiri precipimus. Actum apud Calvum Montem (1), anno ab Incarnatione Domini millesimo centesimo octogesimo tertio, regni nostri anno quinto, astantibus in palatio nostro, quorum nomina supposita sunt et signa. Signum comitis Theobaudi, dapiferi nostri (2), signum Guidonis buticularii (3), signum Mathei camerarii (4), signum Radulphi constabularii (5). Data per manum [Monogramme] Hugonis cancellarii (6).

Scellé en cire verte à lacs de soie verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, R 1, Privilèges et franchises de la Commune. –Imprimé dans Pérard, Recueil de pièces pour servir à l'histoire de Bourgogne, p. 340 Ordonnances des Rois de France, V, 237 Mémoire sur la franchise du territoire de la ville de Dijon, 1786, in-4°.

Il

Engagement par le duc Hugues III, à la commune de Dijon, du service militaire que lui devaient les habitants

1185.

Ego Hugo dux Burgundie, omnibus notum esse volo, quod ego pro quingentis libris (7) invadiavi hominibus communie Divionis exercitum meum (8) quem (1) Cliaiimont en Bassigny (Haute-Marne).

(2) Thibaut II, comte de Blois et de Chartres, succéda en 1153 comme grand-sénéchal à Raoul, comte de Vermandois. Après sa mort, arrivée en 1190 au siège d'Acre en Palestine, son office fut supprimé (Anselme, II, 845).

(3) Guy de Genlis, seigneur de Chantilly, bouteillér de France, nommé en 1181, mort le 16 octobre 1221 (Anselme, VIII, 516).

(4) Mathieu III, comte de Beaumont-sur-Oise, qui mourut avant 1214 (Anselme, VIII, 408). Seulement il semblerait résulter de notre charte que Mathieu succéda à Renaud, créé chambrier en 1176, qu'il fut remplacé vers 1186 par Raoul, et qu'il reprit possession de sa charge vers 1190.

(5) Raoul, comte de Clermont en liauvoisis, mort an siège d'Acre en juillet 1191 (Anselme, VI, 44). (6) Hugues de Puiseaux, dit de Puiset, chancelier de France, mourut en 1185 (Anselme, VI, 270). (7) Bien que le Due n'eût pas expressément désigné l'espèce de monnaie avec laquelle il entendait être payé, il est permis de supposer qu'il s'agissait ici de la livre dijonnaise, qui, avant comme après 1185, suivant des témoignages authentiques, valut toujours moitié de la livre parisis. La monnaie parisis étant supérieure d'un cinquième à la livre tournois, 500 livres dyonnaises égalaient 250 livres parisis, qui valaient elles-mêmes 200 livres tournois, c'est-à-dire 40 marcs d'argent. Or le marc d'argent, qui vaut aujourd'hui 56 fraoce, étant X 40 = 2,240 francs. Maintenant si, à défaat de renseignements sur le prix des denrées alimentaires de cette époque, comparé avec celui actuel, on recourt aux données exprimées par Leber, dans son livre de l'Apprdciation de la fortune privée au moyen dge, et si on multiplie par 6 les 3,240 francs, on trouve que la commune de Dijon payait une somme de 13,440 fraues pour se libérer du service militaire.

(8) C'est-à-dire l'Aost et la chevauchée.


mihi debebant, laude et assensu filii mei Odonis. Dictam vero pecuniam in hominibus communie capient. Et si quis eos inde voluerit inquietare, ego eis super hoc auxilium bona fide prestabo. Ut autem hoc ratum et inviolabile permaneat, hanc cartam sigillo meo et sigilli filii mei memorati Odonis corroboravi. Actumest istud anno ab Incarnatione Domini M. C° octogesimo V. Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Priviléges et franchises de la Commune.

III

Déclaration du duc Hugues III concernant le service militaire engagé par lui à la commune de Dijon. 1185?

Ego Hugo Dei gratia Burgundie dux et Albonii comes (1),universis presentibus et futuris, notum esse volo quod homines mei de communia Divionis habent a me in vadio pro quingentis libris, exercitum quem mihi communia Divionis debebat. Post modum vero illud quod in hominibus ecclesiarum et in militum communie pro retinenda gageria dicti exercitus ceperant, salvo jure communie reddiderunt. Hoc autem non nisi de pura gratia et pro amore et precibus meis fecerunt, nec aliquid in hoc adversus me, vel adversus communiam deliquerunt. Si vero id in injuriam communie vel mei factum esse aliquid probari poterit vel ostendi, exinde nichil ab eis expostulabo, sed eos exinde prorsus absolvo et quietos in perpetuum clamo. Ut autem hec actio rata et inviolabile permaneat, ego eam appositione sigilli mei corroboravi.

Original Archives de la ville de Dijon, B4, Priviléges et franchises de la Commune. (1) Hugues ayant épousé l'année précédente Béatrii, comtesse de Vienne, joignait à son titre de duc de Bourgogne, celui de comte de Vienne et d'Albon.


iv ̃ ̃ ;̃' ̃̃

Autre déclaration dn duc Hugues III sur Je service militaire engagé à 1» commune de Dijon. 1185?

Ego Hugo Dei gratia Burgundie dux et Alhonii comes, universis ad quos littere iste pervenerunt notum esse volo, quia burgenses Divionenses in eo quod in hominibus ecclesiarum et militum ceperant pro retinenda gaigeria de exercitu quem a me titulo pignoris habent, cum illud quod ila ceperant postmodum reddiderunt, nichil in hoc fecerunt nisi de pura gratia et pro amore et precibus meis, nec aliquid in hoc adversus me vel adversus communiam deliquerunt. Et si esset quod aliquid deliquissent, ex inde nichil unquam ab eis expostulabo, sed eos exinde prorsus absolvo et quittos clamo.

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Priviléges et franchises de la Commune.

v

Seconde charte de commune octroyée par Hugues III, duc de Bourgogne, à la ville de Dijon. 1187.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen.

Noverint universi presentes pariterque futuri, quod ego Hugo, dux Burgundie, dedi et concessi hominibus deDivione, communiam habendam im perpetuum ad formam communie Suessionis, salva libertate quam prius habebant (1). (1) Ce paragraphe, qu'on ne retrouve dans aucune des chartes ou des constitutions communales des villes du nord de la France, sauf pourtant celle de Saint-Quentin, atteste la préexistence à Dijon de certaines franchises' dont les chartes de H83 et H87 ne furent que la consécration.


1. infra banleucam (1) Divionis, alter alteri rectè secundum suam opiniuneiu ausiliabitur, et nullatenus patietur, quod aliquis alicui eorum auferat aliquid, vel de rebus ejus aliquid capiat (2).

2. Creditio (3) de pane et vino et aliis victualibus fiet mihi Divione quindecim diebus; et si infra prescriptum terminum credita non reddidero, nihil amplius mihi creditur, donec credita persolvantur (4).

3. Si quis sacramentum alicui facere debuerit et ante adramitionem (5) sacramenti se in negotiutn suum iturum dixerit, propter illud faciendum de itinere suo non remanebit, nec ideo incidet; sed postquam redierit convenienter submonitus, sacramentum faciet (6).

4. Si decanus Divionis (7) aliquem implacitaverit, nisi clamor ante venerit vel forefactum apparuerit, non ei respondebit; si tamen testem habuerit contra quem accusatus se defendere non possit, emendabit (8).

(1) Banlieue, littéralement BannumLeugœ, c'est-à-dire juridiction de la lieue autour de la cité. Celle de Dijon, porte une enquête dressée en 1383, « s'étendait et durait par une lieue tout à l'entour de la ville, et plus, en « plusieurs lieux. » C'est-à-dire que, outre le finage ou territoire communal (4033 hectares), eUe comprenait Fontaine, ancienne baronnie des aïeux de saint Bernard, Pouilly, arrière-fief de la vicomté de Dijon, Rufiey, dotation de la Sainte-Chapelle, Ahuy, Asnières, Quetigny, domaines de l'abbaye de Saint-Etienne; SaintApollinaire, Longvic, Marsannay, Plombières, qui appartenaient à celle de Saint-Bénigne, et enfin Chenôve, dont cette dernière partageait la propriété avec le duc de Bourgogne et le chapitre de Saint-Lazare d'Autun.Talant, château ducal, Daix, dépendance de cette chatellenie, quoique situés à moins d'une lieue des murs de la ville, en étaient exceptés.

(2) Unusquisque jurato suo fidem, auxilium, consiliumque per omnia juste observabit. Article lsr de la charte communale d'Amiens (1113) et de la confirmation de cette charte par le roi Philippe-Auguste, en 1190. {Ordonnances, XI, S64; Documents inédits de l'Uist. de France; Recueil des monuments de l'Histoire du TiersEtat, I, 39, 109.)

Infra civitatis Suessionensis firmitates alter alteri rectè secundum rectam suam opinionem auxiliabitur et nullatenus patietur quod aliquis alicui eorum atiquid auferat vel ei taillatam faciat, vel quidlihet de rébus ejus capiat. (Article 1" de la confirmation de la commune de Soissons par Philippe- Auguste, en 1181. Ord. XI, 219.)

Alter alteri infra firmitates ipsius ville rectè secundum opinionem suam auxiliabitur. (Art. 2 de la charte de confirmation de la commune de Beauvais par le roi Philippe-Auguste, eu 1182. Ordonnances, VII, 621.)

(3) Droit qu'avait le seigneur de prendre à crédit chez ses vassaux, pour un temps déterminé. (4) Homines civitatis episcopo per très menses de pane et de carnibus et de piscibus creditionem facient, et si episcopus post très menses quod ei creditum fuerit non reddiderit, nihil ei creditur, donec illud per episcopum persolvatur. (Art. l4r de la confirmation de Soissons.)

(5) Obligation de prêter serment.

(6) Reproduction exacte de l'art. 3 de la confirmation de Soissons.

(7) On désignait ainsi le doyen de Saint-Jean, qui prenait le titre de doyen de la Chrétienté, parce que son église avait été dans le principe le baptistère unique de la contrée. Ce dignitaire, dont l'autorité comme doyen rural s'étendait bien au-delà de Dijon, avait vraisemblablement succédé au chorévêque qui Spire dans les premiers siècles de la monarchie, et il en avait conservé une sorte de juridiction qui s'exerçait, sinon au criminel, tout au moins pour tout ce qui regardait l'exécution des contrats et autres actes publics qui, avant l'institution définitive du notariat, se passaient presque exclusivement devant lui et sous son scel. (8) Si autem arcbidiaconus aliquem implacitaverit, nisi clamator ante venerit, vel foris factura apparuerit, non ei respondebit. Si tamen testem habuerit contra quem accusatus defendere se non potuerit, emendabit. (Art. 4 de la cent. de Soismns.)


5. Si aliquis aliquam injuriam fecerit homini qui hanc communiam juraverit, et clamor ad juratos inde venerit; si ipsum hominem qui iniuriam fecerit, capere potuerint, de corpore suo vindictam capient, nisi forifactum emendaverit ipsi cui illatum fuerit, secundum judicium illorum qui communiam custodierint (1).

6. Et si ille qui forifactum fecit, ad aliquod receptaculum (2) perrexerit, et homines communie ad ipsum receptaculum transmiserint et domino receptacuii vel primatibus ipsius loci questionem fecerint, ut de eorum inimico faciant eis rectitudinem, si facere voluerint, rectitudinem accipient; quod si facere noluerint, homines communie auxiliatores erunt faciendi vindictam de corpore et de pecunia ipsius qui forifactum fecerit et hominum illius receptacuii, ubi inimicus eorum erit (3).

7. Si mercator in istam villam ad mercatum vencrit, et aliquis ei aliquid fecerit injurie infra banleucam istius ville si jurati inde clamorem audierint, et mercator in ista villa eum invenerit, homines communie ad vindictam faciendam super hoc recte secundum opinionem suam auxilium prestabunt, nisi mercator ille de hostibus dicte communie fuerit; et si ad aliquod receptaculum ille adversarius perrexerit; si mercator vel jurati ad eum miserint, et ille mercatori satisfecerit secundum judicium juratorum communie, vel probare et ostendere poterit se illud forifactum non fecisse, communie sufficiet; quod si facere nolueiil. si post modum intra villam Divionis capi poterit, de eo vindiclam facient jurati (4).

;i) Reproduit de l'art. 1" des constitutions primitives de Soissons et modifié à l'art. 7 de la confirmation par Philippe-Auguste. Cet article a été emprunté 1» àl'article 4 de la charte d'Amiens, ainsi conçu Si quis de communions alicui jurato suo res suas abstulerit, a preposito nostro submonitus justiciam prosequetur; si vero prepositus de justicia defecerit a Majore vel scabinis submonitus, in presentia communionis veniet et quantum scabini inde judicaverint salvo juie nostro ihi faciet. 2. A l'article 2 de la charte de Laon, 1126 Si quis quoquomodo alicui clerico militi, mercatori indigene vel extraneo aliquam injuriam fecerit, si de ipsa civitate sit is qui injuriam fecerit, intra quartum dum submouitas acte Majorem et juratos veniat et se vel de objecta culpa purget, vel sicut ei judicatum fuerit emendet. (Ordonn., XI, 185.) 30 A l'article 8 des coutumes de SaintQuentin (1102), confirmées en 1195 par Philippe-Auguste, et dont voici la teneur: Si quis foris factum fecerit de quo clamor in presentia Majoris et juratorum factus sit, Major judicio juratorum super hoc emendationem accipiet talem {Ordonn., XI, 270.) Et enfin & l'article 3 de la confirmation de la commune de Beauvais par Philippe- Auguste, en 1182, lequel s'en rapproche le plus Et quicumque forisfecerit homini qui hanc communiam juraverit, Major et pares communie, si clamor ad eos inde venerit,de corpore suo vel de rebus suis justitiam facient secundum deliberationem ipsorum; nisi forisfactam secundum eorum deliherationem emendaverit. (Ord., XI, 622.)

(2) Récept, lieu de refuge.

(3) Reproduit de l'article 7 de la confirmation de Soissons, et l'article 4 de celle de Beauvais. (4) Calqué sur l'article 8 de la confirmation de Soissons, à l'exception toutefois du mot banleuca, qui, dans la charte de Dijon, étend extra muros un droit qui, à Soissons, ne dépassait pas les fortifications de la ville. Ce paragraphe figure aussi, r. peu près dans les mêmes termes, à l'article 5 de la charte de Beauvais.


8. Nemo, preter me et senescallum (1), meum poterit conducere in villam Divionis hominem qui forifactum fecerit homini qui hanc communiam juraverit, nisi forifactum emendare venerit secundum judicium eorum qui communiam servant (2).

9. Pecuniam illam quam homines hujus communie crediderunt anlequam communiam jurassent, si rehabere non poterunt, postquam inde justum elamorem fecerint. querent quoquo modo poterunt quod creditam pecuniam rehabeant. Pro illa vero pecunia quam crediderunt postquam hanc communiam juraverint, nullum hominem capient, nisi sit debitor vel fidejussor (3).

10. Si extraneus homo panem aut vinum suum in villam Divionis causa securitatis adduxerit; si posteainter dominum ejus et homines communie discordia emerserit, XV dies habebit vendendum panem et vinum in ea villa, et deferendi nummos et aliam pecuniam suam, prêter panem et vinum, nisi ipse foril'actum fecerit vel fuerit cum illis qui forifactum fecerunt (4).

11. Nemo de villa predicta qui hanc communiam juraverit, credet pecuniam suam, vel commodabit hostibus communie, quamdiù guerra durabit; et si quis probatus fuerit aliquid credidisse hostibus communie, justitia de eo fiet ad judicium juratorum communie (5).

12. Si aliquando homines communie contra hostes suos exierint, nullus de communia loquetur cum hostibus communie, nisi licentia custodum communie (6).

13. Ad hoc homines statuti jurabunt quod neminem propter amorem seu (1) Le sénéchal était alors le persounage le plus considérable de la maison des ducs de Bourgogne. Il commandait l'armée en l'absence du prince, dirigeait le service de i'hntel et présidait à la justice. Cette charge devint héréditaire dans la maison de Vergy par te don qu'en fit en 1197 le duc Eudes III à Hugues, seigneur de Vergy, son beau-père. Des Vergy, elle passa par alliance dans la maison des Charny, puis dans celle des Chabot, etc. En sa qualité de conservateur-né des privilèges de la commune, le sénéchal possédait à Dijon, rue Chabot-Charny, nn hôtel converti plus tard en couvent de Bénédictines, et qui était un lieu de franchise. (2) Transcrit littéralement de l'article 9 de la confirmation de Soissons. L'article 6 de la confirmation de Beauvais est identique, sauf un dernier paragraphe, qui statue sur le cas où l'évêque introduirait par ignorance un ennemi de la commune. L'article 51 de la charte d'Amiens porte Si quis bannitus in pro aliquo forifacto excepto multro, homicidio, incendio, proditione, raptu, Rex vel senescallus, vel prepositus Régis, episcopus, Major, unusquisque eorum semel in anno poterit eum conducere in villam.

(3) Emprunté en entier à l'art. 11 de la confirmation de Soissons. Celle de Saint-Quentin renferme, :itix articles 32 et 33, le mode de procédure des créanciers contre leurs débiteurs.

(4) Emprunté en entier à l'article 13 de la confirmation de Soissons.

(5) Emprunté en entier à l'article 13 de la même conflrmation. L'article 10 de la confirmation de Mcauvai* est conçu à peu près dans les mêmes termes. L'article 16 de la commune d'Amiens est ainsi rédigé Qui hostem communie in domo suo scienter receperit, eique vendendo et emendo et edendo et bihendo vel aliquod solacium impendendo communicaverit, aut consilium aut auxilium adversus communiam dcderii ren<* communie efficietur, et xtisi judicio communie cito satisfecerit, domum illius, si poterit, communia prosterne et catella Regis erunt.

(6) Reproduction exacte de l'article 14 de la charte de Soissons et de l'article 1-t de celle de Beauvais.


propter odium deportabunt seu gravabunt, et quod rectum judicium facient secundum suam estimationem, Omnes alii jurabunt quod predictum judicium quod predicti super eos facient, et pacientur et concedeut, nisi probare potuerint quod de censu proprio persolvere nequiverunt (1).

i 4. Universi homines infra villam Divionis et extra infra banleucam commorantes in cujuscumque territot-io morentur, communiam jurent; qui vero jurare noluerit. illi qui juraverunt de domo ipsius et de pecunia ejus justitiam facient (2).

15. Si quis autem de communia aliquid forifecerit et per juratos emendare noluerit, homines communie facient exinde justitiam (3).

16. Si quis ad sonum pro congreganda communia factum non venerit, XII denariis emendabit (4),

17. Nullus infra villam Divionis, vel extra infra banleucam, aliquem potest capere nisi Major et jurati, quamdiu justitiam de eo facere voluerint (5). 18. Si quis de communia vel ipsa communia mihi aliquid forifecerit, opportebit ut ego in curia Sancti Benigui (6), per Majorem communie ad judicium (i) Conforme aux articles 15 et 16 de la confirmation de Soissons, reproduits à peu près dans les mêmes termes. (Article 19 de la charte de Beauvais.)

(3) Conforme à l'article 17 de la confirmation de Soissons. C'est du reste la première et la plus importante des obligations imposées aux membres des communes. Ainsi l'article 1er de la charte de Beauvais porte Universi hommes intra murum civitatis et in suburbio commorantes in cujuscumque terra maneant, communiam jurabunl, nisi forte ex consilio Majoris et parium et eorum qui consilium juraverunt, aliqui remanserint. A Amiens, les membres de la commune sont appelés jurés.

(3) Conforme a l'article 18 de la confirmation de Soissons. Les articles 8, 9} 11, 15, 16, de la charte d'Amiens, ceux 8. 10, 12. 13 de celle de Saint-Quentin contiennent également l'obligation imposée aux gens de la commune drexécuter dans certains cas ies jugements rendus par les Maire et échevins. fi) Reproduction de l'article 19 de lacon6rmation de Soissons. L'article 30 de la charte de Saint-Quentin porte également Quando Major et jurati ad congregandos homines ville pro negociïc suis campanam sonare feceriut, quicumque de communia illuc advenerit, illuc venire et ad domum suam redire poterit. A Dijon. le signal de l'assemblée communale était donné par une cloche de l'église Notre-Dame, première paroisse de la ville, doat le clocher était à la fois la guette et le beffroi de la commune. (5) Ce paragraphe, qui résumait en le complétant l'abandon que le Duc faisait à la commune de ses droits de totale justice, quoique emprunté à l'art. 20 de la charte de Soissons, était beaucoup plus libéral. Eh effet, taudis que celui-ci restreignait l'exercice de ses droits aux murs de la ville, la charte de Dijon, à l'exemple de celles d'Amiens (art. 3, 4, 48) et de Saint-Quentin (art. 3), étendait au contraire la juridiction municipale snr toute la banlieue. Les termes étaient précis Infra banleucam. D'où il arriva bientôt que les magistrats se prétendant aux droits du prince, contestèrent aux seigneurs des villages de cette banlieue (voir p. 5.note 1) les droits de justice que ceux-ci, forts de la réserve insérée au 47e article de la charte, croyaient à l'abri de toute discussion. Recourir à la force contre une commune puissante, véritable personne féodale ayant bannière, soldats, et derrière laquelle on s'exposait à rencontrer le Duc ou le roi de France, c'était difficile, voire même dangereux. La querelle donc, au lieu de se vider sur le champ de bataille, fut portée devant les tribunaux; aussi dura.t-elle jusqu'à la Révolution avec des chances diverses, résultant des variations de la politique, de l'affermissement du pouvoir central et des influences parlementaires.

(6) On désignait alors ainsi un vaste emplacement situé entre les églises Saint-Jean et Saint-Bénigne, au centre duquel s'élevait l'église Saint-Philibert, C'était aussi, avant l'établissement des paroisses, le cimetière général de la ville, et nous dirons depuis 1183 le forum de la cité. En effet, c'est devant la portail de cette dernière église que la commune, convoquée à cor et à cri, tenait ses assemblées, élisait ou recevait ses magistrats. et qu'elle accomplit jusqu'à la Révolution tous les actes importants de sa vie politique.


juratorum, justitiam de eo vel de ea capiam, nec eos extra predictam curiam veI placitare, vel cartam monstrare compellere potero (1).

19. Bannum vindemiarum in perpetuum communie concessi (2). 20. Si autem dissentio aliqua post modum emerserit, scilicet de judicio, sive de aliquo quod non sit in hac carta prenotatum, secundum cognilionem et testimonium juratorum communie Suessionis emendabitur, nec proinde communia in me forifecisse reputabitur (3).

21. De justitia vero et forifactis meis ita statutum est de sanguine violenter facto, si clamor inde (ïat et probatio, Vil solidis emendabitur, et vulneralus XV solidos habebit.

22. Sicompositio de duello ante ictum vel post ictum fiât, XXXII solidos et VI denarios habebo. Si duellum victum fuerit, victus LXV solidos persolvet (4). 23. De juisio similiter fiet sicut et de duello (5).

0) Emprunté presque en entier à l'art. 20 de la confirmation de Soissons, et en ce qui concerne le paragraphe qui a trait à la production de la charte de commune, il rappelle l'art. 21 de la confirmat:on de Beauvais ainsi conçu « Et coucedimus eciam quod presens carta propter nullam causam extra civitatem portabitur. »

(2) Ce ban, qui, comme toutes les autres banalités, dérivait du système féodal, avait acquis une si grande valeur dans nos pays, que les Ducs et les seigneurs hauts justiciers l'inscrivaient des premiers dans rénumération des droits reproduits en tête des terriers ou des dénombrements de leurs domaines. « Le ban de ven« danges,. dit le président Bouhier, s'introduisit pour plusieurs bonnes raisons 1° afin que personne ne ven« dangeât avant que la maturité du raisin eût été bien reconnue 2° afin que les forains en fussent avertis et « pussent se préparer; 3" afin:que les vendangeurs travaillassent ensemble et tout de suite en un même canton, « sans quoi ils causeraient des dommages à ceux qui ne vendangeraient pas; pour la commodité des « décimateurs.» A quoi on peut ajouter cette autre raison oubliée par \o. savant commentateur, à savoir, le privilège du seigneur de précéder d'un jour les vendanges Je ses vassaux, afin d'avoir les vendangeurs à meilleur compte.

La cession par le duc Hugues III à la commune de Dijon de tous ses droits de justice, entraînait naturellement celle du ban de vendanges, qui intéressait à un si haut degré les habitants d'un pays où la culture de la vigne avait pris de toute antiquité un si grand développement. Il était difficile, en effet, d'enlever à leurs magistrats la complète règlementation d'une industrie dont les représentants formaient une des corporations de métiers les plus nombreuses. Aussi cette concession fut-elle l'objet d'un paragraphe particulier dans la charte de commune.

(3) La commune de Dijon fut souvent dans ce cas, car ses Archives renferment les réponses des nombreuses demandes qu'elle adressa aux magistrats de Soissons dans le XIIIe siècle, lors des débats qu'elle eut avec les Ducs, notamment pour la justice. (Arch. de la ville.)

(4) II s'agit ici du duel judiciaire, qu'à défaut de preuves testimoniales, deux parties étaient admises à »e livrer personnellement ou par champions, pour soutenir la justice de leur cause. Cette coutume, sanctionnée par la loi Gombette, titre XLV, bien que toujours combattue par les évêques, était trop imbue des mœurs germaniques pour pouvoir être abolie. Elle persista donc et on peut la suivre à travers les chartes jusque dans les anciens styles du pays et nos constitutions communales. « Si je appelle un autre de murtre, lit-on au titre XI, § 109, des Ane. coutumes du '/«e/tff [Bouhier, Commentaire sur la Coutume, 1,148]; se je npdis de quoi, gage de bataille n'y appartient.» § 110: «Si je appelle aucun de larrecin ou meurtre, en geLant mon gaige de bataille pour le prouver et l'autre jetoit le sien pour le défendre, se je ne poursuis le gaige, je suis encheuz. Et ainsi en de celui que je appelle. » § 1 1 1 « Se cils qui a dit l'injure veult soutenir le fait de ladite injure, et que il soit nié par l'autre partie, cils qui a dit l'injure est pas receu à prouver le fait par tesmoins, si l'autre partie n'y consent, mais doit le prouver par gaige de bataille. »

(5) Outre le combat singulier, les parties pouvaient encore attester leur bon droit par les épreuves du feu, de l'eau froide ou de l'eau bouillante. C'est ce qu'on appelait Jugement de Dieu. Ordalie et Juise (Juisium) eu


24. Si homo de communia in furto deprehensus et comprobatus fuerit, si antea furtum fecisse non comprobatus fuerit, LXV solidos persolvet; siveroantea comprobatus fuerit in dispositione mea, de eo erit; si vero de communia non fuerit, in voluntate mea et dispositione, de eo erit (1).

25. De multro vero in arbitrio et dispositione mea erit, et qui multrum fecerit, preposito meo tradetur, si Major in suo posse habuerit, nec de cetero in communia recipietur, nisi assensu juratorum.

26. Infractio castri LXV solidis emendabitur (2).

27. De forifacto fructorum et hortorum est in dispositione Majoris et juratorum, nisi de nocte fiat; si vero de nocte fiat et comprobatum fuerit, LXV solidis emendabitur.

28. De raptu erit in dispositione vel arbitrio meo, si mulier in tantum clarnaverit quantum a legitimis hominibus audita fuerit, qui hoc probare possent (3).

29. infractio chemini infra banleucam (4), LXV solidis emendabitur. 30. De falsa mensura VII solidos habebo, insuper jurabit quod de conscientia

Bourgogne. Une bulle du pape Innocent 111, de l'année 1204, témoigne qu'à Dijon les deux moyens proposés dans la charte pour vider les querelles ou trancher les questions difficiles n'étaient point une lettre morte, car lors d'un débat survenu entre le chapitre de la Sainte-Chapelle et les habitants de Dijon, ceux-ci, dédaignant les preuves canoniques opposées par les chanoines, voulaient les contraindre à recourir au Jugement de Dieu par le duel ou par l'eau froide. Il fallut donc toute l'autorité du Saint-Siège pourarrêter les entreprises de la commune. Quoi qu'il en soit, le souvenir du champ-clos où se vidaient ces sortes de querelles se perpétua à Dijon longtemps après l'abolition de ces coutumes, grâce à une croix qui y était plantée et dont au XVIe siècle on changea le nom de Juise en celui de Guise, à cause des princes lorrains qui gouvernaient la Bourgogne. Le champ du Jugement était placé à 1500 mètres de la porte d'ûucbe, au carrefour formé par la route de Beaune, le chemin de Marsannay et celui des Creusots. La chapelle Saint-Jacques, où pouvaient se célébrer les rites usités en pareille circonstance, en était peu distante, et, pour compléter le tableau, à 1500 mètres plus loin, en suivant la route, les grandes justices dressaient leurs fourches, pour y suspendre le vaincu.

(1) La teneur de cet article, ainsi que du suivant et du 29e, semblent indiquer que le Duc s'était réservé la connaissance des cas de vol en récidive, de meurtre et de rapt. Néanmoins, si l'on s'en réfère aux documents des XIIIe et XIVe siècles conservés aux Archives municipales, on reconnaît que, sauf les amendes et l'exécution des criminels, confiée au prévôt ducai, cette exception ne fut jamais en vigueur. Sous le règne de Philippe-leBon, les officiers du bailliage, commentant à leur façon le texte de la charte du duc Hugues III, essayèrent bien de revendiquer la connaissance exclusive des quatre cas, savoir l'homicide, le vol pour la seconde fois, le rapt et lo feu bouté; mais le droit de la commune était si évident que le Duc, appréhendant que le débat fût porté au Parlement de Paris, toujours peu favorable aux grands vassaux, le reconnut lui-même. (Transaction du 31 aoùt 1443.)

(2) Une remarque singulière sur cet article, par lequel le législateur entendait toute atteinte portée à la paix publique (voir Ducange, v» Infractio Castri, Durbrech), c'est que les officiers du duc Philippe-Ie Hardi, n'en comprenant plus la signification toute morale, traduisirent infrartio castri par démolition des murs du Castrum Divionense, et exigèrent une amende de la commune. (Voir plus loin la Transaction du 14 juin 1386.) (3) Dans toutes les chartes des communes qui ont servi de type il celle de Dijon, la connaissance du crime de rapt fait partie des cas réservés à la justice du suzerain.

(4) De même que « Yinfractio castri, » celle de « chemini » ne doit point être interprétée dans le sens d'anticipation de la chaussée, mais d'aitsntal commis sur le grand chemin.


sua falsam mensuram non habuerit; si autem hoc jurare noluerit, LXV solidos mihi persolvet.

31. Si quis pedagium vel ventas extra villam Divionis absque assensu pedagiarir vel ventarii portaverit LXV solidos persolvet si inde comprobatus fuerit 1).

32. Sciendum vero quod omnia alia ab iis que in hac liarta continentur in dispositione et arbitrio Majoris et juratorum sint.

33. Si ego communiam submovero pro exercitu meo ibunt mecum, vel cum senescallo meo, vel et connestallo mco (2) infra regnum Francie, secundum posse suum rationabiliter, et mecum erunt XL diebus. Si vero aliquod castrum infra Ducatum meum obsedero, tune mecum erunt pro voluntate mea; et sciendum quod homines communie famulos receptabiles pro se exercitum meum mittere possunt (3).

34. Quod autem apud Marcennaium (4), apud Faenai (5) habebam, sine blado communie dedi.

35. Et sciendum vero quod communia potest retinere homines, cujuscumque

(1) Le péage était un droit que le suzerain levait à l'entrée des villes, sur les chemins, au passage des rivières, et dont le produit devait être appliqué à l'entretien des voies de communication. Le péage frappait indistinctement les personnes et la marchandise.

On appelai' venfeùe droit perçu sur tout objet exposé en vente sur la voie publique. Un ancien cartulaire de la mairie de Dijon contient, à la suite des chartes concernant les privilèges de la ville, les tarifs des droits de péage et de vente qui y étaient perçus.

Voici les titres des chapitres C'est la manière (tarif) comment l'on doit payer péages et ventes de toutes choses que l'on vent à Dijon ou qui passent par la ville.

Ce sont les villes environ Dijon qui ne doivent ni péage, ni vente, mais que (sauf) en la foire de Toussaint.

Ce sont les villes environ Dijon qui doivent péage et non vente, et non péage et demi-vente, et toute la vente.

C'est la manière (tarif) de payer la vente à la foire de Toussaint.

(2) Le connétable, qui passait après le sénéchal dans l'ordre des dignités de la cour des ducs de Bourgogue, commandait l'armée en l'absence du prince, et, quand il était présent, marchait à l'avant-garde. Cette charge disparut avec la première race de nos Ducs, et les fonctions de connétable furent remplies par le maréchal de Bourgogne.

(3) L'obligation du service militaire imposé aux hommes de commune figure an 11e article des constitutions de Soissons. L'article 31 de la charte de Saint-Quentin la rappelle en ces termes Quotienscumque communia in exercitus et equitationes nostras veniat. Facta autem suhmonitiene nostra, ipsi arma ferentes nulli respondebunt justitiœ infra diem submonitionis.

On retrouve dans celle de Dijon ces deux genres de service militaire, désignes sous le nom dVjasf et de chevauchée. Le premier, c'est la levée pour la défense du pays. Le second était le service feudal au suzerain lors de ses guerres privées. Mais si comme à Saint-Quentin, les Dijonnais ne jouissaient pas des immunités qui environnaient le bourgeois en armes, leurs magistrats du moins en étaient exempts et eux-mêmes avaient la faculté de se faire remplacer.

(4) Marsannay-la-Cote, canton ouest de Dijon.

(5) Fénay, canton de Gevrey, arrondissement de Dijon.


dominii sint in villa Divionis, secundum consuetudines et usagium patris mei et predecessorum meorum (1), sine hominibus domini Salii (2). 36. Monetam vero meam Divionis non possum fortiorem facere quam ad legem V denariorum (3).

37. Preterea ad petitionem meam Philipus rex Francie hanc communiam manutenendam promisit; ita quod si ab institutis hujus communie ego resilirem emendari communie faciet, reddendo capitale secundum judicium curie sue, infra XL dies, ex quo clamor ad eum inde pervenerit.

38. Archiepiscopus quoque Lugdunensis, Eduensis, Lingonensis, Cabilonensis episcopi, ad petitionem meam hanc communiam manutenendam promiserunt taliter quod si ego vel alius pro me de quo posse habeam, instituta communie que in presenti karta continentur infregerit, ex quo inde ad eos clamor pervenerit ipsaque infractio per Majorem communie, vel per alium loco Majoris, si Major secure ire non poterit et per duos alios de juratis communie, quos Major juramento firmaverit esse legitimos fuerit comprobata. Archiepiscopus et episcopi, ut ipsam infractionem reddendo capitale emendem, per se vel per nuncios suos infra regnum Francie me submonebunt. Si vero post submonitionem factam, ipsam infractionem infra XIIII dies communie non emendavero, totam terràm interdicto supponent, preter Divionem et usque ad determinatam satisfactionem facient observari.

39. Et sciendum quod ego Dux, vel filii mei, vel uxor mea commendatos, vel hominem talliabilem infra Divionem vel infra banleucam habere non possumus (4).

(1) Cette faculté précieuse dont Duc se dessaisissait en faveur de la commune, après en avoir déjà gratifié la Sainte-Chapelle, s'appelait l'attraict (attraclus). Elle donnait aux habitants le pouvoir d'admettre et de recevoir parmi eux tout étranger qui venait chercher dans leurs murs un refuge d'autant plus assuré contre l'oppression, que le droit de poursuite du matlre qu'il fuyait, s'arrêtait aux limites de la commune. Cette immunité eut une influence si considérable sur la population des communes, que la féodalité s'en alarma et contraignit le Duc, sinon à suppriEier ce droit, du moins à en restreindre l'exercice dans des limites qui. si elles ralentirent l'affranchissement des campagnes, eurent néanmoins l'avantage d'améliorer la condition des hommes « de poeté et de régulariser les conditions de leur affranchissement. Voir dans Bouhier, Coutume de Bourgogne, art. 9; Comment le main-mortalité se peut affranchir, 1, 17; Anciennes coutumes du duché de Bourgogne, titre XII; Des hommes taillables, serfs et main-mortabtes, art. H 5, H6et 140; id., p. 149,150,161; Monographie du château de Talant, par J. Garnier; tome III des Mémoires de la Commission des Antiquités de la Cdte-d'Or.

(2) De Saulx.

(3) La monnaie de Dijon était plus faible de moitié que celle de Paris. Une charte de Guillaume, évêque de Chalon, de l'année 11C7, insérée dans les preuves du Gatlia christiana, IX, cor. 258, et une autre de 1257, publiée p. 352 du Çartutaire de l'église d'Autun, portent que deux sols dijonnais équivalaient à un sol parisis. Le duc Hugues avait fait une semblable promesse à l'abbé de Saint-Bénigne et à l'évêque de Langres. (4) On entend par ce mot des hommes francs qui vivaient sous la protection d'un seigneur, envers lequel ils étaient tenus seulement à l'acquit d'une certaine prestation; tandis que par opposition la qualification d'homme taillable s'appliquait à tout homme cnpagé dans les liens dela servitude.


40. Dedi etiam eis quicquid dominus Girardus Raonuni (1) apud Divkmem habebat et omnes eschootes in hominibus que ad me venire debent (2). 41. Concessi similiter eis quod nundinas sancti Joannis et nundinas omnium Sauctorum et forum Sabbali et diei Mercurii non possum renuvvere de locis in quibus erant anno quo eis hanc kartam dedi (3).

42. Concessi etiam eis quod locationem hestallorum fori (4) et nundinarum scilicet nummulariorum (5), mercatorum, sutorum, et aliorum vendentium. rson possunt acrescere extra tertiam partent locationis que fuit anno illo quo karta hec communie data fuit.

43. Prêter hec eis concessi quod si homo de communia pro debito meo bene et fideliter cognito captus fuerit, vel aliquid amiserit de meis redditibus Divionis, vel de censa mea, si redditus non sufficient, redimetur, vel quod amisi!, et restituetur.

44. Concessi etiam eis quod si prepositus meus Divionis aliquid ceperit de rebus hominum communie, reddet sine omni plac.ito, quantum ille homo probaverit, si legitimus a Majore communie testificatus fuerit (6).

45. Sciendum etiam quod pro permissioue hujus communie reddent mihi vel preposito meo homines mei de hac communia annuatim quingentas marcas talis argenti quale cambitores in nundinis inter se dant et recipiunt (7), reddendas apud Divionem in die Martis ante Ramos Palmarum, vel in sabbato magno Pasche apud Barrum (8).

46. Sub prenoîalis itaque constitutionibus omnes homit:es meos, quicumque in prescripta communia fuerunt, quietos et immunes a tallia in perpetuum esse concedo.

47. Ut autem hoc et ratum inviolabile peraianeat, prefatam communiam juravi (1) Girard, seigneur de Rahon.

(2) Echeoites, échùtes, biens vacants par déshérence.

(8) La foire de Saint-Jean, qui se tenait sur la place de ce nom, avait été érigée en 1109 par le dur Hugues ïl. Le marché du samedi avait également lieu au bourg de Saint-Béuigne, sur la terre des religieux. La foire de Toussaint et les marchés du mercredi et autres se tenaient au contraire daus les dépendances de l'abbaye de Saint-Etienne, sur les paroisses Notre-Dame, Saint-Nicolas et Saint-Michel. (4) Etaux.

(5) Changeurs.

(6) Par suite de l'érection de la commune, le prévôt de Dijun, qui avant était le fonctionnaire civil le plus élevé de la ville, n'eut plus d'autre fonction que l'éganilillage des mesures, la publication des foires, la perception des amendes réservées au Duc, et l'exécution des criminels.

(7) Le marc d'argent fin qui, sous Philippe-Auguste, valait, suivant Leblanc, 50 sols, vaut aujourd'hui 56 francs. Si donc on multiplie 56 par 500, on trouve au produit 28,000 francs, et si, comme nous l'avons énoncé plus haut (p. 2, note 7), en l'absence de documents comparatifs sur le prix des denrées à cette époque, nous empruntons encore le système de Leber, £8,000 fr. + 6 = 1(18,000 francs. Le marc valait 4 livres dijonnabes.

(8) Bar-sur-Seine (Aube).


tenendam et- irrefragabililer observaadam at Odo filius meus juravit similiter, et sigilli mei impressione munivi, salvo quidem jure meo et Ecclesiarum et militum, et salvis omnibus hiis que habebant Ecclesie et milites in hominibus suis, in tempore patris mei et ante communiam, qui in predicta villa alùnùd juris habent absque captione hominum (1).

Hujus vero mee concessionis testes sunt Anxericus dominus Montisregii (2), Aymo dominus Marrigneii (3), Guido dominus Tilecastri (4), Wuillermus filius Odonis Campanensis (5), Hugo dominus Roche (6), ftobertus de Balloxone (7), Anxerinus de BaJlox (8), Bertrandus de Saudun (9), Symon de Bracun (10), Oddo de Divione (11), Aymo de Montereyr (12), Kalo Sancti Juliaui (t3), Valterus dominus Sumbernonfe (14), Ottho dominus Salii (15), Villermus dominus Favernii (16), Stephanus Vilanus, Yulo de Salio (17), Ottho de Safre (18), Amedeus dominus Acellis (19), qui etiam omnes predictam com(1) Outre les hommes du Duc en faveur desquels avait été érigée la commune, il y avait encore d'autres habitants vivant sous la loi directe du vioomte de Dijon, ainsi que des abbayes de Saint-Bénigne et de SaintEtienne. Ils en étaient, sinon les justiciables, mais tout au moins soumis à leur égard à de certaines conditions que ce paragraphe avait pour objet de faire respecter.

Cette distinction apparait surtout dans les pièces n09 2, 3, 4, qui nous montrent, en 1185, c'est-à-dire entre la lre et la 2e charte de commune, les bourgeois du Duc obligés de rembourser aux hommes des religieux et des chevaliers, l'argent qu'ils avaient levé sur eux pour l'exonération du service militaire. Mais quand, par une seconde charte véritablement plus explicite que celle de 1183, le Duc eut abandonné au nouveau pouvoir et ses droits de justice et la faculté de posséder à Dijon un homme plus ou moins engagé dans les liens du servage, il était difficile que les autres seigneuries y conservassent l'intégralité de leurs anciens droits. En effet, sauf les conditions des tenures et des redevances qui furent toujours respectées, la vicomté ayant été acquise par la ville, la justice monastique ne dépassa plus les murs de clôture des abbayes et le droit d'attrait confondit bientôt tous les habitants sous la même loi politique.

(2) Ansôric, seigneur de Montréal (Yonne), assista à la prise de Silvès en Portugal, par les croisés sur les Sarrasins, et mourut en 119), au siège de Ptolémais.

(3) Aimon, se^ncur de Marigny-sur-Ouche (Côte-d'Or), fut connétable de Bourgogne sous Hugues III. (4) Gui, seigneur de Ti'Châtel (Côle-d'Or). En 1184, le Duc avait autorisé ce seigneur à fortifler son château, sous la condition du service militaire.

(5) Guillaume, fils d'Eudes 11 de Champagne, petit-fils de Hugues, comte de Champagne. JI était seigneur de Champlitte (Haute-Saône) et devint prince d'Achaie et de Morée après la prise de Constantinople par les Latins. Il mourut vers 1210, et eut pour successeur Geoffroy de Villehardouin, l'historien de cette croisade. (Anselme. II, 868.)

(6) Hugues, seigneur de la Roche.

(7) Robert de Bailleux ou BsauIieu'MJn Robert de Bailleux, probablement son descendant, vendit, en 1Î98, sa terre de Longecourt au duc Robert Il.

(8) Anserirus de Bailleux.

(9) Bertrand de Saudon en Chalonnais, commune de Saint-Loup de Varenne (Saône-et-Loire). (10) Simon, seigneur de Bracon, au-dessus de Satins (Jura).

(11) Eudes de Dijon.

(12) Aymon, seigneur de Monterest, dans la Bresse chalonnoise.

(13) Kalon, seigneur de Saint-Julien, canton de Dijon.

(14) Vauthier, seigneur de Sombernon, arrondissement de Dijon.

(15) Eudes, seigneur de Saulx-le-Duc, arrondissement de Dijon.

(le) Guillaume, seigneur de Fauverney, arrondissement de Dijon.

(17) Jules de Sanlx.

(18) Othe, seigneur de Saffres (Côte-d'Or).

(t9) AmtHlée, seigneur d'Arceau (Côte-d'Or).


muniam se fideliter manutendam, et ab omni infractione conservandatn juraverunt.

Actum publicè Divione auno Incarnati Verbi, M° C octogesimo septimo. Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans le Recueil de Pérard, p. 333. Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°. Mémoire sur la franchise du territoire de la ville de Dijon, 1786, in-4°. Mémoires pour l'administrateur général des domaines contre les maire, échevins, etc., de la ville de Dijon, 1786, in-fol.

Constitutions de la Commune de Soissons.

La ville de Soissons s'était. vers 1116, constituée en commune, du consentement de l'évèque et du comte, et les rois Louis VI et Louis VI! avaient ratifié sa charte de franchise. Ce sont ces constitutions primitives, fortement empreintes de celles de Beauvais (1096), de Saint-Quentin (1101), de Laon (1108) et d'Amiens (1113), que les magistrats de Soissons envoyèrent aux habitants de Dijon pour leur servir de règle lorsqu'ils eurent obtenu l'érection de leur ville en commune.

Cette communauté d'origine est surtout frappante en ce qui concerne Beauvais, la plus ancienne des communes françaises. Aussi avons-nous eu constamment sous les yeux ces chartes primitives sur leurs con6rmations par les rois de France pour l'explication de chacun des paragraphes de la constitution de Dijon. Voici le texte de la charte soissonnaise d'après la copie du XII- siècle conservée aux Archives de Dijon Noverint universi presentes et futuri, quod hec instituta et has habet consuetudines communia Suessionis.

1. Si quis violentiam alicui de communia fecerit, cujuscumque dorninii sit, et inde clamor ad Majorem et juratos pervenerit, per eos emendabit vel de eo justicia fiet (1). 2. Si clamor de debito fiat, ad dominum de cujus justicia est, clamor prius ille lîet, et si satisfecerit ei accipiet.

3. Si vero non prima justicia super debitorem nonnullam non facict, sed quicquid per primam justiciam cognitum fuerit, vel per duos legitimos testes, Major rehabere faciet si inde clamor ad eum venerit.

4. Sciendum etiam quod communia Majorem et juratos eligit in communia sua cujuscumque dominii sit, seu miles sit an non, et oportet ut electus in Majorem et juratum sit Major vel juratus, velit, nolit (2).

5. Possunt autem jurati ad sua judicia facienda aliquos discretos quam juratos advocare, si voluerint (3).

(1) Cf. Charte de Beauvais, art. S, Bec. dm Ordoan., VII, «22.Charte de Saiol-Quentin art. 1 et 8, même Recueil XI, 270. -Charte de Laon, art. 5, 84, ibid., 185. Charte d'Amiens, art. 2-10 et 88, Recueil des monuments de riiisloirr du Tiers-Elal, Ia 109.

(2) Cf. art. 18 de la Charte de Beauvais.

(3) C'est en vertu de ce S qùe les maire et échevins de Dijon s'adjoignirent, dos le principe et en lieiior» de l'élection ,fcu> ou quatre juriseonsultes qui prenaient le titre de conseillers de la ville.


6. Si quis communie missam vel talliam super se positam solvere noluerit, Major vadia capiet, vel corpus ejus detinebit, donec dicta missa vel taillia persolvatur, cujuscumque dominii sit (1).

7. Omnia autem regulanda sunt, preter feoda (2).

8. Nemo de communia cum bannito pro gravi culpa loquetur nisi licentia Majoris et juratorum, nec aliquod ei beneficium prebebit (3).

9. Si quis judicium in curia Majoris factum blasphemaverit et tenere noluerit, singulis Juratis qui judicio interfuerit, quinque solidos emendabit.

10. Si villa Regi aliquem emendationem fecerit, omnis de communia, cujuscumque dominii sint, excepto Majore, secundum posse suum ibi ponent.

11. Si Rex in exercitum communiam invitat, omnes de communia, cujuscumque dominii sint, per Majorem ibunt nisi Major et jurati eos detinuerint (4).

12. Ad villam claudendam et hifercendani, vel ad balfridum, vel ad campanam faciendam, omnes, cujuscumque dominii sint, ponunt (8).

13. Curia Episcopi ad voluntatem nostram nobis a Regë'data est, ad cartam monstrandam et ad placitandum, nec aliquis nos a dicta curia expellere-potest (6).

14. Major in coiiiiiiuni missa vel tailla nichil ponet, jurati nec excubias facient, neque emendationem duodecim denariorum que ad Majorem pertinet.

15. Si quis vadia famulo Majoris vi abstulerit, quinque solidis emendabit. 16. Major neminem juratorum per se capere potest nisi homicidio.

17. Si quis in duello victus fuerit, aut aliquis pro eo, post duellum firmare non potest, nec testimonium in causa portare, nec aliquam monstram facere.

18. Si prepositus Suessionis aliquid contra communiam fecerit, per Majorem emendabit. 19. Nemo aliquem de suis hominibus qui de communia nostra sit, infra villam nostram vel extra ob ullam causant capere poterit quandiu per Majorem se justiciare voluerit. 20. Si homo de communia nostra famulum Regis iratus percutiet vel e converso, per Majorem emendabitur (7).

21. Sciendum quod banleucam extra civitatem habemus (8).

22. Nemo aliquem vadiare potest pro debito vel pro alia causa, nisi per Majorem sua exposuerit.

23. Si quis Majorem desment, per juratos emendabit.

24. Si juratus juratum coram Majore iratus percutit, secundum judicium juratorum emendabit.

25. Si quis de communia, cujuscumque dominii sit, ad ramitionem juisii per manum M'ijoris fecerit, dominus ejus inde eum retrahere non potest.

(1) Cf. Charte de Siint-Quentin, art. 33.

(2) Cf. Charte d'Amiens, arl. il).

(3) Ibid., art. 11,12,39.

(i) Cf. art. SI de la Charte de Saint-Quentin.

(5) Cf. ibid., art. 37.

(lï) Cf. Charte de Beauvais, an. 20. -Charte de Saint-Quentin, art. 2. -Charte de Laon. art. 19.

(7) Cf. art. 36 de la Charte d'Amiens.

'8) Cf. art. 3 de la Charte de Saint-Quentin.


26. Custodes segetum et vinearum, assensu eorum quorum segetes et vinee sunl, singulis territoriis apponuntur, domino terre assentiente, qui numquam eos refutare posset. 27. Nemo de communia justiciabit se de possessionibus suis, per archidiaconum, ncc per decanum, nisi sit vidua (1).

28. Si guerra inter Ducem et alium orta fuerit, Dux vel alius, licet in communia homines habeant, nichil de rebus hominum communie pro illa guerra capere poterit. 29. Si quis de juratis eorum révélât consilium, extra consilium fict.

30. Si communia ad vindicandum se aliquando exierit, quocumque modo poterit se vindicabit, ita tamen quod aliis qui nichil eis forefecerunt, dampnum non inférât. 31. Et si quis de communia sine assensu Majoris et juratorum aliquid alicui forefecerit, si probatus fuerit, solus emendabit, et non communia.

32. Sciendum quod quicumque domum vel platcam infra villam Sucssionis habet, communiam jurare debet, et in communibus missis secundum posse suum ponere. 33. Ut autem hoc ratum et constans habeatur, communia Suessionis hanc cartam appositione sui sigilli certificavit (2).

Eu 1181, le roi Philippe-Auguste, suivant, comme il le déclara lui-même, l'exemple de ses pères, confirma, tout eu les modifiant, les franchises de Soissons. Il y introduisit notamment plusieurs articles empruntés à la charte de Beauvais, et c'est de cette dernière confirmation que se servireut les officiers de la chaueellerie du duc Hugues lit, pour la rédaction de la charte qui précède,ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut.

VI

Première confirmation par Eudes, fils du duc Hugues III, de la charte de commune, octroyée par son père aux habitants de Dijon.

1187.

In nomine sancte et individue Trinilatis. Amen. EgoOddo filiusHugonis ducis Burgundie, omnibus notum facio Hugonem ducem Burgundie patrem mcum concessisse communiam hominibus de Divione in perpetuum habendam ad formam communie Suessionis, quam eisdem hominibus in perpetuum habendam ad petitionem patris mei concessi. Est autem forma communie talis Infra banleucam Divionis alter alteri, etc. (Le surplus comme dans la charte de commune, n" V.)

(1) Cf. art. M de la Charte de Saint-Quentin. Art. 20 de celle «le Laon.

(2) Originalscellé du sceau de la commune: Archives de la ville de Dijon, SI. VrivUège&el franchises itf; la Onnmunr. Imprimé: dansPëmrd, p. 390; Mémoire pour les vicomte-maïunr, échevins, etc., de tu ville de Dijon contre lei receveurs yiiniirutir du domaine, 1774, iu-4".


Ut autem hoc ratum et inviolabile permaneat, prefatam communiam juravi tenendam et irrefragabiliter observandam, et sigilli mei impressione munivi, salvo quidem jure meo et ecclesiarum et militum, etc. (Le j'este comme dans ta charte précitée .)

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune.

VII

Seconde confirmation de la charte de commune de Dijon par Eudes, fils de Hugues III, ducde Bourgogne.

H87.

In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Noverint universi, quod ego Oddo filius Hugouis ducis Burgundie, communiam quam pater meus hominibus de Divione ad formam communie Suessionis, imperpetuum habendam concessit, sicut in carta patris mei super hoc facta continetur, eisdem hominibus laudavi concessi et tenendam juravi; ad petitionem quoque patris mei et meam, Philippus, rex Francie, hanc communiam manutenendam promisit. Ita quod si ab institutis hujus communie resilirem, emendari communie faciet, reddendo capitale, secundum judkium curie sue, infra quadraginta dies, ex quo clamor ad eum inde pervenerit. Archiepiscopus quoque Lugdunensis, Eduensis, Lingouensis, Cabilonensis episcopi ad petitionem patris mei et meam, hanc communiam manutenendam promiserunt; taliter, quod si ego vel alius pro me de quo posse habeam, instituta communie que in prœsenti carta continentur infregerit, ex quo inde ad eos clamor pervenerit,ipsamque infractionem,perMajorem communie vel per alium loco Majoris, si Major secure ire non poterit, et per duos alios de juratis communie, quos Major juramento firmaverit esse legitimos, fuerit comprobata prœfali Archiepiscopus et episcopi, ut ipsam infractionem reddendo capitale emendent, per se vel per nuncios suos infra regnum Francie me submovebunt. Si vero post submonitionem factam, ipsam infractionem infra quatuordecim dies communie non emendavero, totam terram meam


interdicto subponent prêter Divionem, et usque ad determinatain satisfadionom facient observari. Ut autem hujus mec conccssionis pagina porpetuis ineouvulsa maneat teniporibus eam sîgïlii mei attestations roboravi. Hujus roi testes sunt Anxericus, dominus Montis Regii (I), Aymo, dominus Marrigneii, <«uu!o, tlominus Tilecastri, Villermus, filius domini Odonis Campanensis, Hugo, dominus Roche. Robertus de Ballox, Anxerinus de Ballox, liertrannus de Saudon, Symon de Bracon, Oddo deDivionc, Aymo de Montereyr, Kalo de Snncto .liiliano, Valterius. dominus Sumbernonis, Olho. dominus Salii, Villelmus, dominus Favcrneii, Stephanus Julanus, Yvulo de Salio, Ottho de Satires, Amedeiis, dominus Aeellarum, qui etiam omnes predictam commuuiam se fideliter manutenendam etab omni infractione conservandam juraverunt. Actum publiée Divioni. anno lucarnati Verbi M" C° octogesimo septimo.

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original: Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges elpwieliisesdela Commune.– Imprimé dans Pérard, p. 337;Mémoire pour les vicomte-mayeur, cehevins, etc., de la ville de Bijou, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4".

VIII

Confirmation par Philippe-Auguste, roi de France, de la charte de commune octroyée aux habitants de Dijon, par Hugues III, duc de Bourgogne.

1187.

ln nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Philippus Dei gralià Franeorum rex, noverint universi présentes pariter et futuri, quam Hugo, dux liurgundie, hominibus de Divione dedit et concessit communiam impcrpeltium habendam, ad formam communie Suessionis. Nos vero ad petitionem ipsius Ducis et Odonis, filii ejus, eam confirmamus, et ita mamileiiendam prouiitlinius quod si vel Dux, vel dictus filius ejus ab institulis hujus communie icsilirril. 1 nos infra quadraginta dies ex quo clamor inde ad nos pervenerit, communio (i) Voir, pour ces noms, les notes 2 à 10 de la page 14.


munie Divionis promitatis, quod si ab institutis communie resiliero, quoquomodo dediceristis, nos resullum communie régi Francorum, per vos, vel per unum monachorum vestrorum, cui solo verbo credetur, nunciabitis similiter Archiepiscopo Lugdunensi, episcopo Lingoneusi, episcopo Eduensi et Cabilonensi, eundem resultum nunciabitis, qui totam terram meam preter Divionem interdicto supponent, donec emendatum sit.

Scellé à double queue de parchemin.

Original Archives de la ville de Dijon, M, Priviléges et franchises de la Commune. – Imprimé dans Pérard, p. 341.

XII

Eudes 111, duc de Bourgogne, met la commune de Dijon sous la sauvegarde des principaux seigneurs du Duché.

1193

Ego Odo dux Burgundie, presentibus et futuris notum facio, me precepisse Huoni Domino Veroei (1), Stephano de Monte Sancti Johannis (2),Poncio de Granceo (3) conestabulo meo, Odoni domino Chamlite (4), Odoni domino Grancei (5), Hugoni domino Tilecastri (6), Guidoni domino Salii (7), Galtero domino Sumber(1) Hugues, fils ainé de Guy, seigneur de Vergy, et marié à Gilles de Traîne!, d'une puissante famille de Champagne, avait reçu de son père, vers 1179, la possession du château de Vergy. Mais, ayant refusé d'en faire hommage »« duc Hugues III, ce prince assiégea la place et la pressa si fort que le sire de Vergy n'eut bientôt d'autre ressource que d'offrir au roi -Philippe-Auguste ce qu'il déniait obstinément au duc de Bourgogne. Le Roi accourut à son secours et fit lever le siège. La querelle pacifiée, Hugues se croisa avec le Roi et le Due, et revint en 1192 avec le premier. Hugues ïïl étant mort cette même année, son fils Eudes III renouvela avec plus de succès ses prétentions à l'hommage du sire de Vergy qu'il contraignit à la soumission. Le mariage du Duc avec Alix, fille de Hugues, et la cession du château qu'elle lui apporta en dot, mirent On à ces débats. Hugues mourut vers 1500. (Dnchesne, Hist. <fc la maison de Vcrgtj.)

(S) Etienne de Mcnt-Sainl-Jean, fils ainé de Hugues de Mont-Saint-Jean et d'Elisabeth de Vergy, fille unique d'Hervé, seigneur en partie de Vergy, et tante de Hugues de Vergy qui précède. Eudes III l'ayant détaché du parti des hauts barons, sa coopération lui fut d'un très grand secours dans sa lutte avec ce dernier. Il mourut as£5 enfants le 23 février 1198. (Duchesne, Htit. de la mai-son de Vergy.)

(3) Pouce de Grancey, connétable de Bourgogne.

(4) Eudes II, dit le Champenois, seigneur de Champlitte, fils alné de Eudes 1, dit le Champenois, fils désavoué de Hugues de Champagne, comte de Troyes, et d'Isabelle de Bourgogne. Guillaume de Champlitte, priuce de Morue, était son frère.

(5) Eudes, seigneur de Grancey.

(6) Hugues, se'gneur de Tilchatel.

(7) Guy, seigneur de Sanls.


nonis (l), Marcello domino Maillei (2), Guidoni domino Tilii (3), ut ipsi homines meos infra munitiones suas recipiant, et ipsos cum rébus suis conducant, si ab institutis communie Divionensis resiliero, quandiu inter me et meos homines Divionis discordia fuerit, nec interim de aliquo quod ab eis exigerim michi responderunt. Actum anno Incarnati Verbi M° (> tertio.

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et blanche pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune. – Duchesne, Histoire de la maison deVergy, p. 150.- Pérard, p. 341.

Eudes III, duc de Bourgogne, met la commune de Dijon sous la sauvegarde des principaux seigneurs du pays.

Ego Odo dux Burgundie, presentibus et futuris uotum facio, quod si ego resilirem ab institutis communie Divionensis, quam concessi in perpetuum habendam hominibus ejusdem ville, dominus Grancei (4), et dominus Tricastelli (5), et dominus Virgei (6), et dominus Tilii (7), et dominus Poncius conestabulus (8), et Guillermus dominus Marrigneii (9), et dominus Malei (10), et dominus Chanlite (H),etSenescallus{12), et dominus Salii (13)et dominus Montis Regalis(14), (I) Gauthier, seigneur de Sombernon.

(S) Marcel, seigneur de Mailly.

(3) Guy, seigueur de Thil.

(̃) Eudes, seigneur de Grancey.

(5) Hugues, sire de ïïlchâtel.

(6) Hugues, sire de Vergy.

t7) Guy, seigneur de Thil.

(8) Ponce de Grancey, connétable.

(9) Guillaume, seigneur de Marigny.

(10) Marcel, seigneur de Mailly.

(II) Eudes, seigneur de Champlitte.

(12) Gaucher de Ghûtillon, seigneur de Saiiit-Pol.

(13) Guy, seigneur de Saulx.

(*4) Améric, seigneur de Montréal.

XIII

1193?


reciperent burgenses Divionenses in suas munitiones, et conducerent eos, et sua pro posse suo.

Original Archives de la ville de Dijon, B1, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 341.

XIV

Promesse de sauvegarde donnée par Eudes, seigneur de Cbamplitte, à la commune de Dijon. 1193.

Notum facio omnibus, quod ego Odo dominus Chanlite, ad petitionem Odonis ducis reciperem burgenses Divionenses in meas munitiones, et eos conducerem, et sua pro posse meo, si dictus Dux ab institutis communie Divionensis resiliret. Archives de la ville de Dijon, 1" Cartulaïre, fol. 20, v°. Bibliothèque de Dijon, Cartul., n» 447, fol. 23, Cartul., 448, fol. 17, v°. Imprimé dans Pérard, p. 342. 1

XV

Promesse semblable de Gaucher de Châtillon, sénéchal de Bourgogne.

1193.

Ego Galtherus de Castellis, senescallus ducis Burgundie (1), presentibus et futuris notum facio me bona fide jurasse communiam Divionensem pro posse meo manutenendam, nec consilium exhibebo, nec assensum quod Dux ab institutis communie resiliat, ymo homines Divionenses in munitiones meas recipiam et homiuis communie cum rebus suis conducam.

Archives de la ville de Dijon, i" Cartulaire, fol. 21. Biblioth. de Dijon, Cartul., 447, fol. 23, v°, et n° 448, fol. 17, v".

(t) Gaucher de ChâtiUou, comte de Saint-Pol, succéda en 1192, comme sénéchal, à Etienne de Mont-SaintJean.


XVI

Promesse de sauvegarde donnée par Rainard, archevêque de Lyon, à la commune de Dijon. 1194.

Noverint universi, quod ego (1) Dei gratia Lugdunensis Archiepiscopus ad petitionem Odonis ducis Burgundie, communiam Divionis manutenendam sub hac forma recepi. Quod si dictus Dux ab institutis memorate communie rosilierit, et resultus per abbatem Cistercii vel per abbatem ClarevalliSj vel per unum monachorum quibus solo verbo credam, vel per unum burgensem Divionis, cui solo juramento credam, michi nunciatum fuerit, nos totam terram dicti Ducis, prêter Divionem, interdicto supponemus, et interdictum teneri faciemus, donec resultus communie emendatus fuerit, et omnes suos memorate communie, qui ad nos causa securitatis confugerunt cum suis rebus, salvum eis prebentes conductum, in terra nostra recipiemus, quos dicto Duci, vel ejus mandato de aliquo in causa respondere cogere non poterimus, quandiu discordia inter ipsum Ducem et communiam Divionensem fuerit. Actum anno ab Incarnatione Domini M° C° XC° IIIP.

Scellé en cire verte à lacs de soie blanche et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B4 Priviltges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 344.

XVII

Promesse de sauvegarde de l'Evoque d'Autun, à la commune de Dijon.

1194.

Noverint universi, quod ego Galterus Dei gratia Eduensis (2) episcopus, ad peticionem Odonis ducis Burgundie, communiam Divionis manutenendam sub (1) Rainald, fils de Gui H, comte de Forez, qui succéda en 1199 à Jean II, archevêque de Lyon, et mourut en me. [Coll. christ., IV, col. 188.)

(î) Gauthier, II» du ilom, évêque d'Autun, nommé en U89, décédé en 11S3. (Gall. christ., IV, col. 897.)


terrani dicti Ducis que in nostro episcopatu est, preter Divionem, interdicto supponemus, et interdictum teneri firmiter faciemats, donec resultus jam dicte hac forma recepi; quod si dictus Dux àb irist! tutis memorate communie resilierit, et résultas per abbatem Cistercii, vel per abbatem Clarevallis, vel per unum suorum monachorum, quibus suo solo verbo credam, vel per unum burgensem Divionensem, cui suo solo credam, michi nunciatus fuerit nos totam terram dicti Ducis, que in nostro episcopatu est, interdicto supponemus, et interdicto teneri firmiter faciemus, donec resultus jam dicte communie emendatus fuerit, et homines suos memorate communie, qui ad nos causa securitatis refugerint cum suis rebus in terra nostra, salvum eis prebentes conductum, recipiemus, quos dicto Duci vel ejus mandato de aliquo respondere in causa cogere non possumus, quandiu discordia inter ipsum Ducem et communiam Divionensem fuerit. Quod ut ratum habeatur, huic carte sigillum nostrum apposuimus,

Actum anno ab Incarnatione Domini millesimo centesimo nonagesimo quarto.

Archives de la ville de Dijon, i" Cartulaire, fol. 18. Bibliothèque de Dijon, Cartul., n° 447, fol. 22, v° Cartul., n° 448, fol. 22, v°. Imprimé dans Pérard, p. 345.

XVIII

Promesse de sauvegarde de Garnier, évêque de Langres, à la commune de Dijon. 1194.

Noverint universi, quod ego Garnerius Dei gratiaLingonensis episcopus(l), ad petitionem Odonis ducis Burgundie, communiam Divionensem manutenendam sub hac forma recepi quod si dictus Dux ab institutis memorate communie resilierit, et resultus per abbatem Cistercii, vel per abbatem Clarevallis, vel per unum suorum monachorum, quibus solo suo verbo credam, vel per unum burgensem Divionensem, cui solo juramento credam, mi nunciatus fuerit,nos totam (1) Garnier de Rochefort, moine à l'abbaye de Longvay, élu abbé d'Auborive, puis de Clairvaux en 1186. U succéda en 1193 à Manassès de Bar-sur-Seine, érêque de Langres. Poursuivi devant le Saint-Siège, par son Chapitre, pour avoir dissipé les biens de son église, il abandonna son évéché pour se retirer à Clairvaux, où il mourut le 30 juillet 1500. (Anselme, H, 145 Gall. christ., IV, col. 1591.)


terram dicti Duci que in nostro episcopatu est prêter Divionem interdicto supponemus et interdictum teneri firmiter faciemus donec resultus jam dicte communio emendatus. fuerit, et homines suos memorate communie, qui ad nos causa securitatis refugerint, cum rébus suis in terra nostra, salvum eis prebentes conductum, recipiemus; quos dicto Duci, vel ejus mandato de aliquo respondere in causa cogere non possumus, quandiu discordia inter ipsum Ducem et communiam Divionensem fuerit. Quod ut ratum habeatur, huic carte sigillum nostrum apposuimus.

Actum anno ab Incarnatione Domini millesimo ducentesimo nonagesimo quarto.

Archives de la ville de Dijon, Ie' Cartulaire, fol. 18. Biblioth. de Dijon, Cartul., n» 447, fol. 2i, v, et n°448, fol. 22, r. Imprimé dans Pérard, p. 345.

XIX

Cession faite par le duc Eudes III, à la commune, du ban des Juifs et de l'étalage aux foires, en échange du village de Fénay.

1196.

Odo dus Burgundie, sciant universi tam presentes quam futuri, quod anno ab Incarnatione Domini millesimo centesimo nonagesimo sexto, discordia fuit inter me et communiam Divionensem, que pacificata fuit in hune modum. Quietaverunt enim mihi villam que vocatur Faanai, quam pater meus dederat eis, assensu mec et laude mea, et ego dedi communie bannum Divionensem (1), et Judeos, et attractum libère Judeorum (2), et parfera astalagii Divionis (3), que ad me pertinebat eo tempore de nundinis Sancti Johannis, et de nundinis festivitatis Omnium Sanctorum; et quia continetur in magna carta Divionensis communie, (1) Le Bannum Divionensem, c'est-à-dire la connaissance et la juridiction de tout ce qui concernait le commerce, les arts et métiers, avait été omis dans la charte primitive. De là un désaccord avec le Duc, qui en avait profité pour l'échanger contre la terre de Fénay, dont la possession ou l'éloignement (10 kil.) n'était d'aucun avantage à la commune.

(9) Les Juifs étaient considérés comme serfs et ils ne pouvaient exercer leur industrie qu'en payant au souverain une prestation toujours considérable. C'est cette prestation et le droit de l'attirer chez elle que le Duc abandonnait à la commune.

(8) Etalage, droit perçu sur les marchands qui étalaient sur la voie publique, aux foires do Saiut-Jean et de la Toussaint. L'autre portion de ce droit avait été affectée parle duc Hugues 111 pour la dotation de la SainteChapelle.


quod pater meus et ego dederamus communie in perpetuum villam de Faanai. Si quis vellet ledere cartam propter hoc, et ire contra communiam, ego nullo modo paterer contra omises terram testimonium et garantiam. Hujus concordie et donationis nostre in testimonium, cartam presentem sigilli nostri munimine roboravimus.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin.

Original: Archives de la ville de Dijon,Bl,Pri»itëges ef/Wmcftises de laCommune.– Imprimé: dans Pérard, p. 341; Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°; Mémoire pour l'administrateur général des domaines contre les maire, échevins, etc., de la ville de Dijon, 4786, in-fol.

XX

Juridiction des délits non prévus par la charte de Hugues III, accordée par le duc Eudes III à la commune.

1197.

Ego Odo dux Burgundie, notum facio universis, quod Major et jurati coinmunie Divionis, ne suorum minus discretorum excessus in dampnum universitatis nimis excrescerent, impetraverunt a me sibi donari omnes illos excessus, secundum suam considerationem pecunie ad ville deliberationem posse punire quos carta sue communie, a patre meo et a me sibi donata, nominatim non exprimit (1), ex toto meos esse, in omni pecunia et corpore rei. Donavi etiam eis, et bona fide concessi, quod si communia, quanquam, quod absit, dissolveretur, mihi vel heredibus meis non liceret dictam punitionem retinere, vel in consuetudinem protrahere, nec aliquam eos, occasione hujus punitionis, in cpusam trahere. Donavi etiam eis Heliam judeum cum suis heredibus, Vigerio, qui eum tune ex meo dono habebat, ipsum quittante, et donum laudante. Actum anno' Incarnati Verbi M° C° XC° VII0, V* nonas julii. Quod ut ratum habeatur, huic carte sigillum nostrum fecimus apponi.

Scellé en cire blanche à lacs de fil blanc et vert pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, Cl, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 338; Mémoire pour l'administrateur général des domaines contre les maire, échevms,etc, de la ville de Dijon, 1786, in-folio.

(t) Cette déclaration, ainsi que la suivante rendue un an après, complétait les droits de totale juridiction attribués à la commune.


XXI

Déclaration du duc Eudes 111, touchant la juridiction du crime de fausse monnaie. 1198

Ego Odo dux Burgundie, notum facio universis, quod a Valtero Borgose, qui de communia Divionis erat, de falsatione monetarum accusato, pecuniam ad voluntatem meam extorsi. Quod quia secundum judicium sue communie non feci, assero me non pugniturum, neque michi licere de exte.ro consimilem culpam pugnire in ullo hominum dicte communie, nisi secundum tenorem carte prenominate communie. Quod ut ratum habeatur, appositione mei sigilli banc cartam munivi. Actum Incarnati Verbi ahno millesimo centesimo nonagesimo octavo. Cartulaire de la ville, fol. 5, Bibliothèque de Dijon, Cartul., n° 447, fol. 12, v, et n° 448, fol. 10, vo. Pérard, p. 338.

XXII

Règlement du droit de possession dans la commune.

1216.

Ego Odo dux Burgundie, notum facio presentibus et fuîuris, me de assensu et voluntate Majoris communie Divionis; et omnium juratorum ejusdem communie, instituisse, quod quicumque in villa Divionis aliquam possessionem, pacifice, et absque reclamatione, per annum et diem possiderit (1), eam ex tune

(i) La charte du Duc reproduit ici les principes rigoureux du droit {tançais le plus ancien, aux termes duquel la possession d'an et jour constituait, pour le possesseur, un titre véritable, au moyen duquel il repoussait toute revendication de t'ancien propriétaire. Tel était le principe admis en Orient (Assises de Jérusalem, Jean d'lbelin, eh. XXXVIII), et consacré, du reste, dans les chartes de commune de Beauvais (art. 17), de Laon (art. 16), de Roye (art. 8), de Saint-Quentin (art. 7).

(ssf que, d'après la coutume de Bourgogne, la seule prescription acquisitive de la propriété paratt avoir été toile de trente ans; mais il est vraisemblable que cette disposition protectrice du droit de propriété


in antea pacifice possideat; nisi qui reclamaverii probet se extra patriam fuisse, vel talem se ipsum fuisse, quod reclamare non potuit. Sciendum etiam, quod gageria non est tenatura (1). Quod ut ratum habeatur, presentem cartam sigillo meo confirmavi. Actum est hoc anno Domini millesimo ducentèsimo sexto decimo.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 344.

XXIII

Promesse faite à la commune, par la duchesse Alil, en cas de mariage.

4218 (août).

Ego Aalidis (2) ducissa Burgundie, notum facio presentibus et futuris, quod communia Divionensis ad mandatum meum juravit, quod si alicui nupsero, nisi de voluntate karissimi domini mei Philippi, regis Francorum, vel ei pront debuero non serviero, dicta communia, absque malefacto, ad dominum Regem se tenebit, et contra me ibit. donec inde domino Regi fuerit satisfactum salvis tamen consuetudinibus et libertate dicte communie (3). Quod ut ratum et firmum habeatur, presenti pagine sigillum meum apposui. Actum anno Domini millesimo CC° octavo decimo, mense augusto.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 342.

a été empruntée au droit romain. Toutefois, l'ancienne coutume (') avait conservé des traces de cette saisine par an et jour; elle distingue le cas le possesseur d'un héritage a joui de l'immeuble pendant un an et nn jour; le cas il a possédé pendant un temps moins long. Au premier cas, s'il est assigné en revendication, il garde la possession pendant le procès dans le second cas, il n'obtiendra pas de délai et la possession parait devoir être adjugée au revendiquant s'il prouve qu'il a été dépossédé dans l'année.

(1) Gage n'est pas tenure.

(î) Alix, fille de Hugues, sire de Vergy, épousa vers 1199 Eudes III, duc de Bourgogne. Elle fut mère du duc Hugues IV et gouverna le Duché pendantla minorité de son fils. Elle mourut le 3 mai 1151. (3) La Duchesse, alors à Paris, avait personnellement fait la même promesse au roi Philippe-Auguste, et compris le maire de Dijon au nombre des pleiges (garants) choisis parmi les principaux seigneurs du Duché, et en tète desquels figurait son propre frère, Guillaume de Vergy. (Cette lettre, conservée au Trésor des chartes du Roi, a été publiée par Duchesne, page 155 des Preuves de ^Histoire de la maison de Vergy.) O Publiée dans l'JKsIoiro du droit français de M. Cl. Giraud, II, 3M, SS 807, 308.


XXIV

Promesse faite par la duchesse Alix à la commune, jusqu'à la majorité de son fils, de ne point emprisonner des habitants de Dijon, et au cas de nouvelles noces, de faire jurer la conservation des priviléges de la ville 4 son mari.

1220.

Ego Alidis ducissa Burgundie, omnibus notum facio presentibus et futuris, me jurasse communie Divionis, quod usque dum Hugo filius meus viginti et unum annos habeat, aliquem vel aliquid de hominibus ipsius communie non capiam, neque dictus Hugo filius meus capiet, nec aliquid de assensu vel mandato nostro capiet, etc. Preterea juravi sepedictis hominibus communie, quod si eam aliquo contrahere vellem matrimonium, priusquam ei me pro sponsa concederem, predictas conventiones tenendas et firmiter observandas juraret, etc. Hujus rei testes sunt, dominus Vuillermus de Vergeio frater meus (l), dominus Claranbaudus de Capis (2), Renaudus dominus de Choisueux (3), Guido dominus Saly (4), Johannes dominus Castronovi (S), dominus Lambertus de Castellione miles (6), etc. Actum anno gratie MCCXX.

Cartulaire de la ville de Dijon (7).

Imprimé dans Duchesne, Histoire de la maison deVergy, p. 156.

(1) Guillaume de Vergy, frère de la Duchesse.

(2) Clérembaut, seigneur de Chappes, ancienne famille de Champagne, alliée aux Noyers, aux Brienne et aux comtes de Bar-sur-Seine. Au mois d'août 1232, la commune de Dijon lui remboursa sur les marcs une somme de 500 livres qu'il avait prêtée à la Duchesse.

(3) Raynard III, sire de Choiseul, marié à Alix de Dreux. Il mourut en 1939.

(4) Guy, seigneur de Saulx, était Bis aine de Odo, qui souscrivit en 1187 la charte de commune de Dijon. Il fonda eu 1197 la collégiale de Saulx-le-Duc.

(5) Jean, seigneur de ChAteauneuf.

(6) Lambert de Cliâtillon (sur-Seine).

Guillaume de Vergy, Clérembaut de Chappes, et Jean de Chateauneuf, avaient déjà figuré comme garants dans la promesse solennelle, faite par la duchesse Alix au roi Philippe-Auguste, de ne point se remarier sans son consentement.

(7) L'original de cette charte n'existe plus aux Archives municipales de Dijon, et, chose singulière c'est la seule pièce émanée de la duchesse Alix qui ne figure point dans les cartulaires conservés tant aux Archives qu'à la Bibliothèque de la ville de Dijon.


XXV

Déclaration de la Duchesse touchant un subside pour la Terre-Sainte imposé à la commune. ̃ 4220 (août).

Ego Alaydis ducissa Burgundie, omnibus notum facio quod Odo bone memorie dux Burgundie dominus et maritus meus laborans in extremis (1) injunxit mihi coram baronibus suis, quod ego mitterem centum milites in subsidium Terre Sancte pro anima sua cum expensis meis, et quia propter hoc oportuit me gravare communiam Divionensem (2), qui ad expensas illas persolvendas efficaciter juvit me, ego assecuravi communiam Divionensem quod ego, nec per me nec per alium, aliquem illorum qui sunt in dicta communia capiam solummodo pro pecunia sua nec capi faciam, et hoc tenere et observare bona fide promisi quamdiu avoeriam Burgundie tenebo, et hoc insuper juravi manu propria in manu dicte communie et super hoc litteras'meas sigillo meo sigillatas eidem communie tradidi. Actum est hoc anno Domini CC° vicesimo, mense augusto.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune.

(1) Eudes III était mort à Lyon le 6 juillet MIS, en allant s'embarquer pour la Palestine. (3) La coutume de Bourgogne (art. 4) accordait à tout seigneur haut justicier le droit d'indire, c'est-à-dire de lever une taille extraordinaire dans quatre cas, savoir le voyage en Terre-Sainte, la nouvelle chevalerie, la rançon du seigneur, et le mariage d'une fille tant seulement. »

La charte de 1187 ayant positivement exprimé que, moyennant la prestation de 500 marcs d'argent, la commune serait quitte de toute taille, elle avait le droit, et elle en usa, de se refuser au paiement de ce nouvel impôt; et comme les officiers de la Duchesse, pour l'y contraindre, avaient arrêté des habitants et troublé les vendanges, elle recourut aux garants de la charte du duc Hugues III, dont l'intervention mit fin au débat. La commune consentit à aider la Duchesse, qui, de son cfité, s'engagea à respecter désormais la liberté des habitants aussi longtemps qu'elle aurait la tutelle de son fils. Philippe-Auguste, qu'on trouve toujours la l'influence royale avait quelque chose à gagner, confirma la transaction, de même que les évêques de Langres, de Chalon, les seigneurs de Vergy, de Mont-Saint-Jean, de Montréal, de Thil, de la Marche, et le connétable de Bourgogne.

Néanmoins, la chose était pressât] te, car, au commencement du mois de décembre suivant, la Duchesse, à la réception des lettres du Pape et du Roi apportées par son chambellan Gervais Chauchart, requit la commune de payer sur-le-champ la somme de 800 marcs à Messe, juif de Sens, et promit de ne rien exiger du paiement des i700 marcs que les Dijonnais lui devaient encore, jusqu'à la remise du traité qu'elle venait de conclure avec eux, sous la garantie des éviqnes du Duché.


w XXVI

Ratification par le roi Philippe-Auguste de la déclaration précédente.

1220 (septembre).

Philippus Dei gratia Francorum rex, noverint universi presentes pariter et futur! quod nos cartam dilecte et fidelis nostre A(laydis) ducisse Burgundie inspeximus in hec verba

Ego Alaydis, etc. (Conforme au n' XXV.)

Nos igitur conventiones supra dictas, sicut superius sunt, expresse ratas esse volumus et firmas ad petitionem predicte Ducisse. Et ut perpetuam obtineant firmitatem, presentem cartam in hujus rei testimonium fecimus scribi et sigilli nostri auctoritate muniri. Actum Meleduno (1), anno Domini M° CC° vicesimo, mense septembris.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune.

XXVII

Ratification de la charte d'Alix, par Hugues, évêque de Langres.

1221.

Hugo (2) Dei gratia Lingonensis episcopus, universis presentes litteras inspecturis in Domino salutem. Noverit universitas vestra quod Alaydis nobilis ducissa Burgundie postulavit et requisivit a nobis quatinus si forte contigerit quod in aliquo resiliat a pactionibus quas habet ergo communiam Divionensem usque

(t) Melun-sur-Seine.

(2) Hugues, fils d'Anserie, sire de Montréal, et de Sybille de Bourgogne, nièce du duc Eudes III, fut nommé évêque de Langres en 1219, et mourut en janvier 1881. (Gall. christ., IV, col. 5S9.)


dum Hugo filins ejus pervenerit ad vicesimum primum annum etatissue; que pactiones continentur expresse in carta ejusdem Ducisse, quam dicte communie tradidit suo sigillo sigillatam in anno Domini M° CC° vicesimo; si postquam clamorem dicte communie super resultu ejusdem Ducisse reciperimus infra quadraginta dies a nobis canonice monita ad pactiones dicte carte sue cum pleno satisfactions redire noluerit, terram ejus ubiconque sit in episcopatu nostro, prêtée villam Divionis, districto supponamus interdicto et faciamus observari. Nos vero sicut ipsa Ducissa postulavit et requisivit a nobis secundum formam superius comprehensam, faciemus quociens super hoc fuerimus requisiti a dicta communia, vel per Majorent, vel per aliquem juratorum vel per quemlibet alium nuntium nobis deferentem litteras de communia Divionis. In hujus rei testimonium presentis pagine sigillum nostrumapposuimus. Actum anno Domini M" GC° vicesimo primo.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Priviléges et franchises de la Commune.

XXVIII

Autre semblable, par Dnrand, évoque de Chalon.

1221 (décembre).

Durannus (i) Dei gratia Cabilonensis episcopus, universis presentes litteras inspecturis. (Mène teneur que la précédente.)

Actum anno Domini M° CC° vicesimo primo, mense decembris. Scellé en cire blanche à double queue de parcbemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Privilèges et franchises de la Commune. (1) Durand fat promu à l'évéché de Chaton vers 1915 ou 1316. U mourut en 1331. (Gall. christ., IV, col. 888.)


XXIX

Antre, par Guillaume de Vergy, sénéchal de Bourgogne.

1221.

Ego Vuillermus deVergeio (1), Burgundie senescallus, omnibus notum facio me jurasse, quod si Alaydis ducissa Burgundie, soror et domina mea, vel Hugo filius ejus, nepox et dominus meus, vel alius, caperent aliquem, vel res communie Divionensis, seu disturbarent vineas ad vindemiandum, seu gravamen aliud inferrent dicte communie, usque dum dictus Hugo dominus et nepox meus ad vicesimum primum annum etatis sui venerit, ego interim bona fide, et pro posse meo, sub juramento meo prestito, dictam Ducissam, vel filium ejus prenominatum, seu quemlibet alium ad hoc inducerem, et ad hoc laborarem, et consilium fideliter adhiberem, ut et homines seu res de communia Divionensi quas tenerent, redderent, et quod ab omni disturbatione vendemiarum, et quod ab omni gravamine inferendo dicte communie cessarent et quod de illatis gravaminibus dicte communie satisfacerent. Quod si ad monitionem et instanciam meam facere recusarent, ego omnibus de communia Divionensi, qui vellen. e alibi transferre, consilium, auxilium, et conductum, et eorum rebus, pro posse meo sub juramento meo premisso ubicumque se transferre vellent, preberemus. In hujus rei testimonium, presentibus litteris sigillum meum apposui. Actum anno gratie M° CC° vicesimo primo.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Conamune. Imprimé dans Pérard, p. 358.

XXX

Autre semblable, par Guillaume, seigneur de Mont-Saint-Jean.

1221.

Ego Wilelmus dominus Montis Sancti Johannis (2), omnibus notum facio presentibus et futuris quod ego ad petitionem Aaladis domine mee, ducisse Bur(1) Guillaume de Vergy, Sis de Hugues, sire de Vergy, et de Gaie de Trainel, frère de la duchesse Alix, seigneur de Mirebeau, d'Autrey, de Fouvent et de Champlitte, marié à Clémence, liéritière de la maison de Fonvent. Il succéda en 1219 à Gaucher de Saint-Pol, comme sénéchal de Bourgogne, assista à l'assemblée des barons de France convoquée en 12S0 par Saint-Louis à Melun, et mourut le 18 janvier 1340. (») Guillaume de Mont-Saint-Jean, fils de Hugues, sire de Mont-Saint-Jean, et d'Elisabeth de Vergy.


gundie juravi, communiam Divionensem et conventiones que in carta continentur quas homines dicte communie a dicto domine pene se habent fideliter manu-. tenendas et infragabiliter observandas, et si domino ducissa ab iis conventionibus resiliret ego ad eas conventiones ad posse meum et bona fide eam redire inducerem et homines prefate communie con rebus suis conducens in terra mea receptarem et eisdem consilium et auxilium meum in omnibus exiberem donec resultus a domina Ducissa dictis hominibus fuerit emendatus. Quod ut ratum habeatur, huic carte sigillum meum apposui.Actum anno gratie M° CC° vigesimo primo.

Original: Archives de la ville de Dijon, Bî, Privilèges et franchises de la Commune.

XXXI

Autre semblable, par Anséric, seigneur de Montréal.

1221.

Ego Ansericus dominus Montis Regalis (1), notum facio omnibus presentes litteras inspecturis quod si Alaydis ducissa. (Le reste comme dans la charte de Guillaume de Vergy, XXIX.)

In cujus rei testimonium presenti pagine sigillum meum apposui. Actum anno Domini M° CC° vicesimo primo.

Original Archives de la ville de Dijon, BI, Priviléges et franchises de la Commune.

XXXII

Antre semblable, par Eudes Ragel, connétable de Bourgogne.

1222 (4 juillet).

Ego Odo Raget constabularius ducisseBurgundie,presentibus et futuris notum facio me jurasse quod si Aalydis ducissa Burgundie domina mea et Hugo filius (i) Anséric était petit-fils d'Anaêric, signataire de la charte de 1187, et fils de 3es6yMm 4e Montréal. Hngnei de Montréal, évêque de Langres, était son oncle. Ayant encouru la colère dn roi saint Lotie, pour ses méfaits envers les ecclésiastiques, Hugues IV le contraignit en 1855 à lui remettre son château de Montréal, qu'il réunit a ses domaines.


suus dominus meus. (Le reste comme dans la charte de Guillaume de Vergy, if XXIX.)

Actum est hoc anno Domini CC° vicesimo secundo, die lune post festum apostolorum Petri et Pauli.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, ht, Privilèges et franchises de la Commune.

XXXIII

Antre semblable, par Guillanme, sire de Thil.

1222 (4 juillet).

Ego Guillelmus dominus Tilii (f), notum facio. ((Le reste comme dans la charte de Guillaume de Vergy, N XXIX.)

Actum est hoc anno Domini M" CC° vicesimc secundo, die lune post festum apostolorum Petri et Pauli.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune.

XXXIV

Autre semblable, par Guillaume, seigneur de La Marche.

1222 (4 juiUet).

Ego Villelmus dominus Marchie (2) notum facio. (Le reste comme dans la charte de Guillaume de Vergy, iV XXIX, jusqu'à la phrase Ut et homines.) Seu res de communia Divionensi quas tenerem redderent omni disturbatione vendemiarum et quod. (Le reste suivant la même charte.)

(1) Guillaume, sire de Thil-en-Anxois, fat, avec Guillaume de Vergy et Miles de Noyers, garant de l'hommage prêté au roi saint Louis, par le duc Hugues IV, pour la baronnie de Charollais. (8) GuUlaume, seigneur de La Marche-sur-Saône (canton de Pontailler-sur-Saone, Côte-d'Or.)


Actum ést anno gratie GG° vicesimo secundo, die tune post festum apostolorum Petri et Pauli.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Priviléges et franchises de la Commune.

XXXV

Confirmation de la charte de commune par le duc Hugues ÏV.

1228 (février).

Ego Hugo duxBurgundie(l),noturafaciouniversis présentes litteras inspectons, quod ego coram Deo et hominibus, juravi hominibus Divionensibus, quod communiam eorum Divionensium, libertates eorum, consuetudines, constitutiones, et omnes alias eorum immunitates, a bone memorie Hugone avo meo, et Odone pâtre meo, ducibus Burgundie, sibi confirmatas, sicut in eorum cartis sigillis suis sigillatis, quas Divionenses penes se habent, plenius continetur, nec non et peivsonas ipsorum, cum rebus suis imperpetuum manutenebo, et fideliter conservabo. Juravi etiam dictis Divionensibus, quod quando ad militiam promotus fuero, eis presentes litteras innovabo, et eo sigillo, quo miles utar, sigillabo, et eis tradam sigillatas (2). In hujus rei testimonium et munimen, presenti pagine sigillum meum apposui et dictis Divionensibus tradidi sigillatam. Actum anno Domini M° CC° XX octavo, mense februario.

II ne reste du scel que les lacs en tresse rouge.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Ptiviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 341; Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

(1) Hugues IV, né le mars 1919, avait atteint l'âge de seize ans, et, déclaré majeur, l'un de ses premiers actes de souverain avait été de confirmer les franchises de sa ville capitale.

(2) Ce Prince eut en effet deux sceaux parfaitement distincts, dont les Archives de Dijon conservent encore plusieurs exemplaires. Le premier, qui dut sceller cette charte et duquel le Duc usa depuis sa majorité jusqu'à sa réception dans l'ordre de la chevalerie, vers 123S (1), le représente en simple bachelier, c'est-à-dire la tête nue, vêtu d'un haubert, l'épée dans la main droite, monté sans éperons sur un cheval lancé an galop; tandis que celui dont il se servit après cette époque, nous le montre galopant également sur un chevat,mais le heaume en tète, l'écu armorié pendu au >;ol, brandissant son épée, et recouvert du haubert qui tombe jusque sur les éperons. Même légende dans les deux sceaux Sigillum Hugonis ducis Burgundie. Çe n'est pas tout. Le premier de ces sceaux offre de plus cette particularité, qu'il tendrait à rectifier une erreur diplomatique, ou plutôt sigillographique. On avait cru jusqu'ici, faute de témoignages positifs, et M. Natalis de Wailly lui-même avait été par cela conduit à l'admettre (3), que les grands feudataires, devenus propriétaires d'un fief par héritage ou par donation, conservaient durant toute leur vie le sceau dont on avait usé pendant leur minorité ou dès la première année de leur règne.

{l) La ville conserve une charte de {231 encore revêtue de ce premier sceau. (LI, Impositions.)

{1) Eléments de pnlœ"graphie, 11,388.


In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Noverint universi presentes et futiii quod ego Hugo dux Burgundië dedi etconcessi in perpetuum talem libertatun hominibus meis ville Divionis, quod dictior ejusdem ville Divionis non pagabit mihi per annum de eensa quingentarum marcharum quam mihi debent annuatim, nisi unam marcham argenti. Et iidem homines sic tenentur mihi facere valere annuatim villam Divionensem dictam censam quingentarum marcharum argenti, talis argenti scilicet quale scambitores inter se dant et recipiunt, reddendas eciam apud Divionem mihi vel mandato meo die martis proxime ante ramos Palmarum vel sabbato magno Pasche apud Barrum; et si tunc non redderentur, ego possem vadiare. Si autem levando a dictiori dictam marcham argenti annuatim, predicta summa quingentarum marcharum non posset levari de predicta villa, manentes in eadem ville tenentur supplere quod décrit a summa; et si levando marcham a dictiori villa ante dicta plus quam quingentas marchas argenti valuerit, quod plus valebit meum erit. Major vero et scabini post electieiiem Majoris et scabinorum quolibet anno jurabunt quod facient mihi valere villam Divionis quantum poterunt bona fide ultra summam predictam quingentarum marcharum levando, unam marcham annuatim a dictiori tantum sicut predictum est et credetur eis Majori et scabinis super hoc quod ex unde fecerint per juramentum predictum, nec ultra hoc poterunt a me super hoc in aliquo molestari. Hanc autem libertatem et bas pactiones juravi tenendas et inviolabiliter in perpetuum observandas, salvis nichelominus eisdem hominibus omnibus libertatibus, juribus, cartis et instrumentis a me et a predecessoribus meis, nec non et a quibuscumque aliis sibi concessis et etiam consuetudinibus suis et bonis usibus hue usque habitis et optentis. Si autem, quod absit, ab hujus modi libertatibus et pactionibus in aliquo rciilirem vel alius per me, volo et concedo quod venerabiles in Christo patres dominus Archiepiscopus Lugdunensis, Eduensis, Lingonensis et Cabilonensis episcopi qui pro tempore fuerint, homines meos et terram meam, excepta villa Divionis, prout juridictioni eorum subitiuntur, supponant interdicto sine aliqua offensa mea, usque ad satis-

Règlement, fait par le dnc Hngues IV, pour le paiement de la prestation des marcs. 1231 (31 octobre).

XXXVI


factionem condignam, inrefragabiliter observando. lu hujus autem rei testimonium presentes litteras dictis Majori et communie tradidi sigilli mei munimine roboratas. Actum publice Divioni, in Vigiliis Omnium Sanctorum, anno Domini millesimo ducentesimo tricesimo primo (1).

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, LI, Impositions.

XXXVII

Garantie de la charte des marcs par Guillaume de Vergy, sénéchal de Bourgogne. 1231 (novembre).

Ego Villermus de Vergeio senescallus Burgundie, notum facio universis presentes litteras inspecturis, quod quando Hugo dux Burgundie contulit libertatem marcharum hominibus suis ville Divionensis, quam per sacrarses'um suum in perpetuum tenere promisit, ego similiter juravi dictam libertatem, sicut in litteris Ducis est expressum, firmiter observare, et consilium et auxilium meum fideliter imponere de dicta libertate firmiter observanda. Si vero Dux, de his in aliquo dictis hominibus suis, per se vel per mandatum suum, vellet molestiam inferre, vel de his in aliquo resilire, ego per sacramentum meum pro posse meo fideliter (1) Si la duchesse Alix, en faisant valoir son droit d'indire, avait tiré de la commune un argent que celleci prétendait ne pas lui devoir, son fils Hugues IV qui, sauf des petites guerres en Franche-Comté et la croisade d'Egypte, consacra toute sa vie à arrondir ses possessions, n'était pas homme à négliger aussi les moyens de satisfaire sa passion dominante. Cette charte nous le montre intervenant pour assurer le paiement intégral de la prestation des 500 marcs, au moyen d'une répartition dont il fixe la cote la plus élevée; puis, garanti contre une éviction, certain mêrua d'un rendement supérieur, s'adjuger cette plus-value, baptiser ce singulier acte de charte de liberté des mares, et la mettre sous la sauvegarde des évéques. Deux ans après, il autorise gracieusement ses bourgeois de Dijon à retenir durant trois ans les trois cinquièmes de la prestation pour les employer à fortifier la ville; mais comme, en définitive, les églises et les chevaliers devaient autant que lui bénéficier de la mesure, il accorde aux magistrats la faculté d'imposer pendant dix ans une somme de 2,400 livres sur tous les habitants,sans distinction d'origine ou de seigneurs (1). C'est là le premierexemple de la taille pour la fortification, contre laquelle les nobles, le clergé, et plus tard les membres des cours sou.veraines ne cessèrent jamais de protester, tout en la subissant. En 1238, devenu plus hardi, le Duc obtient de la commune, pour l'aider dans ses guerres, pour ses acquêts et pour la croisade, le doublement des marès pendant quinze ans (2) Disons-le tout d'abord, l'ancienne prestation était déjà si grevée de pensions, de créances et d'assignations de toutes sortes, qu'en 1287, sur î,000 livres qu'elle représentait, elle devait en payer 8,723. Aussi, si dévoués que se montrassent les bourgeois de Dijon envers un prince qui se mettrait toujours sympathique aux libertés communales, il était difficile, en raison des besoins toujours croissants du Duc, qu'ils échappassent bien longtemps à la loi commune, c'est-à-dire à un impôt régulier, consenti ou non. C'est ce que l'on verra plus loin.

(1) Charte du mois do février 1232. (Archives de la ville, M, Impositions).

(2) Charte du mois de mars 1236. ( Id., id.. id. ).


laborarem, ut Dux dictam libertatem et pactiones teneret, et ego dictos hommes Divionenses ubique conservarem secundum posse meum. lu hujus rei testimonium, dictis hominibus presentes litteras tradidi sigilli mei munimine roboratas. Datum Divioni, anno Domini M" CC° XXX primo, mense novembris. Scellé en cire blanche à simple queue de parchemin pendante.

Original Archives de laville, Lt, Impositions. -Imprimé dans Pérard, p. 342.

XXXVIII

Garantie de la charte des marcs, par Robert, archevêque de Lyon.

1231 (14 janvier).

Rotbertus Dei gratia prime Lugdunensis ecclesie Archiepiscopus (1), universis presentes litteras inspecturis, in Domino salutem. Noveritis quod nos, ad petitionem et instanciam dilecti consanguinei (2) et fidelis nostri Hugonis ducis Burgundie, promisimus et tenemur hominibus ejusdem Ducis ville Divionensis, quod si idem Dux per se, vel per alium, resilierit a libertate marcharum argenti, quam ipse dedit et concessit eisdem hominibus Divionensibus et heredibus eorum in perpetuum, aut si resilierit a pactionibus que in carte ex inde confeçta continentur plenius sigillo ejusdem Ducis sigillata, et dictis hominibus tradita in anno Domini CC° XTX primo nos, usque dum ad libertatem predictam tenendam, et ad alias pactiones carte sue predicte tenendas et observandas redierit, et dampna eisdem hominibus exinde facta integraliter restituerit, terram suam et homines suos, ubicumque sint in nostra provincia, preter villam Divionensis, in defectum suiïraganeorum nostrorum, quorum litteras super eisdem pactionibus pênes se habent, sicut intelleximus, homines Divionenses predicti, districto supponemus interdicto, et faciemus firmiter observari competeuti monitione. Et hoc faciemus quociescumque elamor dictorum hominum super resultu dicti Ducis ad nos pervenerit, aut per aliquem certum mandatum eorum nobis fuerit nunciatus. Quibus hominibus vel cui certo mandato credernus de resultu (1) Robert, Sis de Robert IV, comte d'Auvergne, et de Mathilde, fille de Eudes Il, duc de Bourgogne, fut d'aburd doyen de l'église d'Autun; nommé évêque de Clermont, il quitta ce siège en 1237 pour l'archevêché de Lyon. n mourut en 1433 ou 1234. (Gall. christ., IV, col. 198.)

(2) Robert était le cousin germain du duc Eudes III, père de Hugues IV.


ejusdem Ducis per suum propriumsacraraentum.Inhujus igitur rei testimonium, presentes litteras sigillo nostro duximus roborandas. Actum Divioni, XIII Kalendas januarii, anno Domini CC° tricesimo primo.

Original: Archives de la ville, Li, Impositions.– Traduction imprimée dans Pérard.p. 363. XXXÏX

Autre semblable, par Guy de Vergy, éwque d'Autun.

1231.

Guido (1) Dei gratia Eduensis episcopus universis presentis Iitteras inspecturis in Domino salutem. Noveritis quod nos ad requisitionem nobilis viri Hugonis ducis Burgundie. (Le reste conforme à la charte de l'Archevéque Robert, jusqu'au mot In perpetuum.) Aut [si résilient] a pactionibus que continentur in carta sigilli ejusdem Ducis. (Le reste comme au texte précédent jusqu'au mot In nostra.) Diocesi. preter villam Divionis, districto supponemus interdicto. (Le surplus comme au texte cité.) In hujus rei testimonium, presente pagine sigillum nostrum duximus roborandas. Actum est hoc anno Domini M° CC° XXX° primo. Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville, Ll, Impositions.

XL

Autre semblable, par Guillaume de la Tour, évêque de Chalon.

1232.

Guillelmus (2) Dei gratia Cabilonensis episcopus, universis presenteslitterasinspecturis, eternam in Domino salutem. Noveritis quod, ad requisitionem Hugonis ducis Burgundie. (Le reste comme à la charte de l'évêque d'Autun.) In hujus rei testimonium, presenti pagine sigillum nostrum apposuimus. Actum est hoc anno Domini M° CC° XXX° secundo.

Original Archives de la ville, Li, Impositions. Imprimé dans Pérard, p. 345, avec observation que l'éditeur, au lieu de Guilklmtts, a lu Guido.

(1) Guy, fils de Hugues, sire de Vergy, et de Gille de Trainel, était le frère de Guillaume de, Vergy et de la duchesse Alix. Il succéda en 1224 à Gauthier, évêque d'Autun, et mourut en 1445.

(3) Guillaume de la Tour, suivant Sainte-Marthe, ou de Chevannes, selon le P. Perry, succéda le 10 des cal. d'avril 1231 à l'évêque Durand, et gouverna le diocèse de Chalon jusqu'à l'année 1245, où il fut promu à l'archevêché de Besançon. Il mourut en 1268. [fiait, christ., IV, col. 901.) .)


XLI

Cession des Juifs, faite à la commune par le due lingues IV.

1232 (mai).

Ego Hugo dux Burgundie, omnibus notum facio, quod dedi et coucessi Majori et scabinis Divionis, judeos meos Divionenses et volo quod sint de sua communia (1). Actum anno Domini M° CC° XXXII", mense maio. Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 341; Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

XLII

Ordonnance du duc Hugnes IV, concernant la durée des fonctions du maire et des échevins. 1235 (novembre).

Hugo dux Burgundie, carissimis suis et dilectis Majori et scabinis, et toti communie Divionensi, salutem et amorem. Noveritis quod nos, petitionem quam nobis fecistis, audivimus et intelleximus diligenter, pro eo quod nobis non videtur esse dissona rationi. Que petitio talis fuit, videlicet, ut vobis concederemus, et vellemus, quod qui institueretur Major in communia Divionensi, deinceps usque post transactum triennium ille idem non posset eligi in Majorem (2); (1) La commune avait déjà reçu du duo Eudes III les juifs vivant à Dijon, et leur libre attrait. (Voir charte XIX.) Il s'agissait donc ici de nouveaux venus, vivant jusque-là sous la loi du Prince, et qn'il voulut réunir à la commune pour augmenter à la fois le nombre de ses hommes et des contribuables à la prestation des mares. Mais, tout en les annexant à la commune, le Duc n'entendait pas renoncer à son patronage, car l'année suivante celle-ci paya une forte amende, pro judeo qui fuit distractus. (Archives de la ville, Bl Privilèges et franchises de la Commune.)

(2) L'élection du maire et des vingt échevins qui lui étaient adjoints, se faisait chaque année la veille de la Saint-Jean-Baptiste, sur le cimetière de Saint-Bénigne, par tous les membres de la commune, convoqués à cor et à cr:. Eli ce temps, l'administration municipale, très peu compliquée, était toute concentrée entre les mains du maire, qui, à ses triples fonctions d'administrateur, de juge et de capitaine de la cité, joignait encore celle de receveur du trésor public. Aussi la position était-elle ardemment briguée, et la faction maîtresse tendait-elle toujours à s'y perpétuer. En effet, cette charte témoigne que, dès la première moitié du XIIIe siècle, la ville de Dijon avait subi la loi commune, c'est-à-dire qu'il s'y était déjà formé une oligarchie composée des familles puissantes, qui accaparaient les fonctions municipales et en défendaient l'accès aux nouveaux venus avec une violence et une obstination, dont profitait toujours le pouvoir souverain pour intervenir et reprendre petit à petit les libertés qu'il avait concédées.


similiter, qui per unum annum essent scabini, nullus eorum usque post transactum triennium ullo modo poçset vocari vel eligi in scabinium. Adjunctum etiam fuit vestre petitioni, ut non pcssent in uno anno fieri, Major vel scabinus, pater cum filio, aut filius cum patre, neque similiter duo fratres. Quam petitionem, pro eo quod eam perpendimus nobis et nostris esse non nocuam, vobis autem et posteris vestris necessariam et honestam, de consensu consilii nostri eam vobis et vestris posteris concedimus et donamus. Veruntamen vobis liceat, Majorem qui pro tempore fuerit, quantumcumquevobis placuerit, ipsum reeligere in Majorem, dummodo inventus fuerit idoneüs et fidelis, et nobis et ville utilis st ab universitate ville fuerit reelectus. Et bic vobis concedimus et precepimus firmiter observari; salvis nicbilominus omnino vobis et posteris vestris, litteris, cartis, consuetudïnibus, et aliis usibus bonis usque nunc habitis et obtentis. Et ut hoc ratum et firmum in perpetuum habeatur, presentibus litteris sigillum nostrum fecimus apponi. Actum anno Domini CC° XXX' quinto, mense novembris. Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 363.

XLIII

Seconde confirmation de la charte de commune, par Hugues IV, duc de Bourgogne. i272 (octobre).

Ego Hugo dux Burgundie, notum facio omnibus presentes litteras inspecturis, quod ego, coram Deo et hominibus, juravi hominibus Divionensibus, quod communiam eorum, Divionensium libertates, eorum consuetudines, constitutiones, et omnes alias eorum immunitates, a bone memorie Hugone avo meo, et Odone patre meo, ducibus Burgundie, sibi confirmalas, sicut in eorum cartis sigillis suis sigillatis, quas Divionenses penes se habent, plenius continetur, nec non et personas ipsorum cum rebus suis in perpetuum manutenebo, et fideliter conservabo(l). In cujus rei testimonium et munimen, presenti pagine (1) Hugues IV, qui se sentait mourir, venait de dicter son testament, d'émanciper le jeune Robert, l'alné de ses fils survivants, et de l'investir du duché de Bourgogne. Cette charte était donc à la fois la réalisation de la promesse qu'il avait faite en 18Î8 (voir XXXV). et comme un témoignage suprême de ses sympathies pour des institutions dont il s'était montré toute sa vie aussi zélé propagateur que son successeur leur fut indifférent, sinon hostile.


sigillum meum apposui, et dictis Divionensibus tradidi sigillatam. Actum anno Domini M° GC° septuagesimo secundo, mense octobris.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune. – tmprimé dans Pérard, p. 340.

XLIV

Rétablissement, par le duc Robert Il, de la mairie, qu'il avait saisie.

1277 (janvier).

Nos Robertus dux Burgundie, Francie camerarius (1), notum facimus universis presentes litteras inspecturis, quod, cum propter defectum cense quingentarum marcharum nobis debite, et non solute, regimen ville Divionensis in manu nostra cepissemus, et Odonem de Salmasia Majorem Divionensem, et scabinos ad regimen dicte communie Divionensis cum dicto Odone creatos, à dicto regimine amovissemus, et Petrum de Antigniaco, nomine nostro Majorem, et novos scabinos cum ipso in regimine dicte communie instituissemus, super quibus dicti Odo et scabini cum ipso creati domino regi Francie conquesti fuerant, petentes ut sibi et communie Divionensi premissa faceret emendari, dicentes dictum dominum regem juxta tenorem litterarum predecessorum suorum dicte communie concessarum ad hoc teneri. Nos captionem, amotionem, et institutionem predictas, pro bono pacis, et de bonorum consilio penitus adnullamus, nolentes quod occasione earundem, Majori, scabinis, et communie Divionensis,

(1) Robert II, troisième fils du duc Hugues IV et d'Yolande de Dreux, petite-fille de Louis-le-Gros, succéda à son père en 1372, fut marié à Agnès, fille de saint Louis, marcha au secours de Charles d'Anjou après les Vêpres siciliennes, souscrivit des premiers le manifeste adressé parles Etats généraux au pape Bonifaee VIII, et mourut en 1305 à Vernon-sur-Seine.

Si le duc Robert II en eût été le maître, il est plus que probable que, sous prétexte que la commuue de Dijon ne tenait pas ses engagements envers lui, il l'eût réduile à la condition de la plupart de celles du royaume, c'est-à-dire à n'exister que sous le bon plaisir des baillis. Heureusement pour elle, la politique des rois était intéressée à sa conservation. Aussi le Duc, ne pouvant l'abolir, prit-il le parti de la décapiter, c'està-dire de remplacer les magistrats élus par des officiers de sa maison. Toutefois, sur les protestations de la commune, le Roi, s'il contraignit le Duc à réparer cette infraction à la charte: soit par affection pour un parent dévoué, soit qu'il ne le crût pas nécessaire, n'en donna point de déclaration écrite. Fatal oubli, qui eut des conséquences fâcheuses pour les libertés municipales, car lorsque, dans la suite, les Ducs, pour un motif ou pour un autre, mirent la main sur la mairie, il ne resta à la commune d'autre recours que l'appel au Parlement de France; et encore lui fallait-il, pour en user, la réunion de plusieurs circonstances favorables.


in libertatibus, juribus, et consuetudinibus suis, seu privilegiis et cartis, tam a clare memorie Philippo Francie rege, quam a nostris predecessoribus Burgundie ducibus dicte communie concessis, aliquod imposterum prejudicium generetur. Immo volumus et concediraus, quod status communie Divionensis in omnibus et per omnia in ea integritate et firmitate integer et ilIesuS permaneat, in quibus erat ante tempus captionis, amotionis, et institutionis predictarum, et carte, et privilegia dicte communie eandem roboris firmitatem obtineant, quam habebant ante tempus captionis, amotionis et institutionis predictarum. In cujus rei testimonium et munimen, presentes litteras dedimus nostro sigillo sigillatas. Actum anno Domini M" CC° septuagesimo septimo mense januario.

Scellé en cire blanche à lacs de soie rouge tressés.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé-dans Pérard, p. 343.

XLV

Accord fait, de l'autorité de Philippe-le Hardi, roi de France, pour la cession de la vicolhté de Dijon à la ccmmune, par le duc Robert Il.

42B2 (février).

Philippus Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus quam futuris, quod cum discordia esset coram nobis, inter carissimum sororium (1) et fidelem nostrum Robertum ducem Burgundie ex una parte, et ejus communitatem ville Divionis ex altera, super eo quod dicta communitas dicebat dictum Ducem emisse vicecomitatum Divionis (2), quem in manu sua tenere non

(1) Robert II avait épousé Agnès, sœur du roi Pbilippe-le-Hardi.

(S) La vicomté de Dijon était un ancien bénéfice constitué par les évêques de Langres, seigneurs du comté, à l'officier qui, sous le titre de vicomte, suppléait le comte amovible, également nommé par eux, dans tout l'exercice de ses fonctions. Lors de la formation du système féodal, ces vicomtes, suivant la loi générale, devinrent propriétaires de leur bénéfice et vassaux directs des ducs de Bourgogne, quand les évêques de Langres eurent cédé à ceux-ci la souveraineté du comté de Dijon. Donc, au XIII» siècle, la vicomte, accrue vraisemblable des débris de l'ancien apanage des comtés, formait une seigneurie distincte du bourg de Saint-Bénigne, qui appartenait à l'abbaye de ce nom, et du reste de la ville, placé sous la souveraineté immédiate des Ducs. Ce fief comprenait, autant que nous avons pu le constater par les documents du temps, d'abord, au midi de l'enceinte du castrum (paroisse Saint-Médari), l'hôtel et la chapelle de la vicomté, qui devint plus tard la commanderie de la Madeleine (1), puis, en dehors de cette enceinte et en communication avec l'hôtel par une portelle pratiquée au bout de la rue Madeleine, tous les meix, maisons, pourpris, etc., desservis aujourd'hui (1) C'est-à-dire le pâté de maisons qui portent aujourd'hui les n*1 15 à 25 de la rue Amiral-Rousstu, et S à 8 de la rue Madeleine.


poterat, ut dicebant, memorato Duce contrarium asserente. Tandem accordatum fuit inter dictas partes coram nobis hoc modo, videlicet, quod dictus Duxtradidit dicte communitati dictum vicecomitatum ad perpetuam firmam pro mille libris Turonensibus solvendis ad Candelosum annuatim; seilicet, quingentis libris perpetuo, et quingentis libris ad vitam ipsius Ducis et ad vitam carissime sororis nostre Agnetis consortis ejusdem Ducis vel eorum superviventis. Et post eorumdem Ducis et Ducisse decessum, dicta communitas persolvet eorum heredibus dictas quingentas libras dicto termino. Et quandiu ipsi ambo Dux et Ducissa vivent, et post eorum decessum, dicta communitas persolvet dicto Duci et ejus heredibus cum summa predicta quingentas marchas argenti, eo modo quod consueverint persolvere, quas debet quolibet anno pro censa sua in die Ramis Palmarum. Et si deficerent in pagamento mille librarum predictarum, dicto termino, in toto vel in parte dicta communitas teneretur dicto Duci vel ejus heredibus reddere decem libras Turonensium de qualibet die qua deticerent de pagamento, pro dampno quod dictus Dux haberet pro defectu dicti pagamenti. Et est sciendum quod illi de commuuitate antiqua et illi de vicecomitatu persolvent summas superius nominatas dictis terminis, tali modo; scilicet, quod qui habebit valorem mille librarum et plus, persolvet decem libras quolibet anno; et ille qui habebit centum libras, vigiuti solidos; et sic descendenùo et ascendendo usque ad mille libras. Et si dicte summe argenti, prout sunt divise, non possent reperiri in jactu predicto, rejactaretur dictus defectus super quolibet, modo predicto. Et eciam sciendum est quod illi de vicecomitatu nichil debent de debitis, neque de chargiis, in quibus villa Divionis teuebatur de tempore par la place des Cordeliers et la rue Saint-Pierrr ur lesquels le vicomte exerçait des droits semblables à ceux du Duc sur les autres parties de la villo avant l'érection de la commune.

Robert It,soit qu'il suppportât avec impatience la pensée d'un seigneur laïque mettre d'une partie de satale, soit qu'il voulût plutôt, eu acquérant la vicomté, utiliser les droits qu'elle lui conférait, pour donuer à ses officiers les moyens de revendiquer les droits dont ses auteurs s'étaient dessaisis en faveur de la commune; le Duc, disons-nous, détermina Guillaume IV, sire de Poutailler et vicomte de Dijon, à lui céder ce fief en échange de la seigneurie de Magny. Ce fut pour celui-ci un marché des plus avantageux, car Robert consentit à lui laisser sans réserve l'hôtel de la vicomté, trois fiefs dans l'intérieur de la ville, ceux qu'il possédait dans la banlieue, et ses banalités. L'acte fut dressé au mois de novembre 1Î76.

Malheureusement pour le Duc, le maire et les échevins, qui prévoyaient le danger, s'opposèrent à l'exécution du contrat, en verin du 39e article de la charte, lequel lui interdisait formellement d'avoir daus la ville aucun homme taillable ou recommandé. Le débat fut vif et ne fut peut-être pas sans influence sur la révocation du maire Eudes de Salmaise, et de ses collègues. Aprèsmaints pourparlers,on recourut encore au roi de France qui, cette fois, agit plutôt en bon parent qu'en souverain impartial. En effet, il proposa au Duc de bailler la vicomté à ferme à la commune, moyennant une somme de 1,000 livres tournois (la prestation annuelle des 500 n'en valait que 800), savoir: 500 à perpétuité, et 600 durant la vie du duc Robert et de sa sœur, la duchesse Agnès. De plus, une somme de 5,000 livres payables en cinq ans. Afin d'assurer davantage cette nouvelle prestation, le Roi décida que ces diverses sommes seraient réunies à celle des marcs et réparties ensemble d'après une nouvelle base. Ces propositions ayant été jugées inacceptables, l'affaire demeura suspendue et ne fut terminée que deux ans après, ainsi qu'on va le voir.


preterito usque ad accordatum modernum. Accordatum est eciam quod dicta communitas debet dare dicto Duci ratione dicti.accordatus quinquies mille libras usque ad quinque annos quolibet anno mille libras ad dictum Candelosum persolvendo, et quingentas libras persolvendo modo dicte Ducisse. Et omnes libertates quas dicta communitas habebat, eidem remanet in tali puncto et in tali virtute, quibus eas habebant tempore date presentium litterarum. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum, salvo tamen in omnibus jure nostro, et jure quolibet alieno. Actum Parisiis, anno Domini M' CC° octogesimo secundo, mense decembris.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original: Archives de la ville de Dijon, M, Privilèges et franchises de la Commune.

XLVI

Accord entre le duc Robert II et la commune, au sujet de la prestation des marcs et de la cession de la vicomté.

1284 (décembre).

In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Nos Robertus dux Burgundie, notum facimus universis presentes litteras inspecturis vel audituris, quod nos concedimus hominibus nostris communie Divionis, ut de quingentis marchis argenti, in quibus singulis annis nobis et ducibus Burgundie tenentur, prout in carta communie Divionis continetur, ipsi homines sint liberi et immunes, et de dictis quingentis marchis argenti ipsos homines liberamus, absolvimus, et quittamus in hune modum videlicet, ut quicumque sit de communia Divionis predicta, domicilium habens, morans homo noster apud Divionem, habens aut habiturus quoquomodo in bonis valorem seu extimationem sexcentarum librarum Turonensium parvorum, et plus, quantumcumque habeat, aut a quibuscumque personis acquirat vel habeat, solvet nobis vel mandato nostro, quolibet anno, duas marchas argenti tantum, et non plus. Ille autem qui non habebit in bonis valorem seu extimationem sexcentarum librarum Turonensium parvorum, descendendo de quolibet centum libris dicte monete Turonensis, solvet nobis aut mandato nostro, quolibet anno, viginti solidos Turonenses parvorum, et non plus. Qui vero minus habebit de centum libris Turonensium parvorum,


secundum minus descendendo, persolvet secundum modum extimationis bonorum suorum. Quicumque vero moram faciet apud Divionem homo noster, ad minus solvet nobis vel maadato nostro, quolibet anno, XII denarios TuronenMum parvorum. Qui autem solvere volet duas marchas argenti, jurare valorem seu extimationem rerum suarum vel bonorum suorum non compelletur. Sed qui duas marchas argenti solvere noluerit vel recusaverit, valorem seu extimationem bonorum suorum jurabit in presentia Majoris et scabinorum communie Divionensis, et mandati nostri si velit mandatum nostrum interesse. Si Major et jurati intelligant jurantem esse bone fame, credetur eidem juranti ex solo suo simplici juramento, sine omni alia inquisitione vel probatione super hoc facienda. Si vero sinistra suspicio habetur de jurante, Major et scabini inquirent per quinque de vicinis fide dignis et propinquioribus hinc et inde super hoc juratis, valorem seu extimationem bonorum ejusdem cujus sinistra suspicio habetur, et si reperierint per juramentum Majoris partis dictorum vicinorum illum cujus sinistra suspicio habetur, habere in bonis majorem valorem seu extimationem quam juraverit de majori valore seu extimatione; ille qui juravit cujus sinistra suspicio habebitur, secundum formam et modum predictum usque ad dictas duas marchas solvet tantum, absque pena, vel emenda solvenda vel levanda. Quicumque de dictis marchis et pecunia nobis vel mandato nostro concordaverit, illum qui sic concordaverit, inde volumus immunem esse et liberum illa vice. Major et scabiui predicti facient preconizari annuatim post festum Omnium Sanctorum, quod quicumque sit de communia Divionis, domicilium habens, morans homo noster apud Divionem, satisfaciat de marchis et pecunia predictis in festo Purificationis Beate Marie Virginis. Major et scabini volentes satisfacere de marchis et pecunia predictis, secundum formam predictam, ad requisitionem mandati nostri, compellent eos ad satisfactionem per bonorum suorum, non corporum captionem. Si sit aliquis rebellis ad jurandum vel satisfaciendum ut predictum est, si mandatum nostrum petat a Majore et scabinis eos cogi ad jurandum vel ad satisfaciendum, et Major et scabini dicant quod eos commode cogere non possunt aut nolunt; mandatum nostrum poterit eos cogere ex ista causa, absque corporis captione. Illi autem qui super hoc juraverint, et satisfacere voluerint pro illis qui jurare et satisfacere noluerint, gagiari vel cogi non possunt aut debent. Filios, filias, sive conjugati sint, aut non, morantes cum patribus aut matribus, vel aliquo ipsorum, a dictis duabus marchis et pecunia predictis volumus et concedimus esse quitos, liberos et immunes. Fratres et sorores, nepotes, neptes, et ceteri descendentes, qui partiti non fuerint aut


divisi, pro una persona reputabuntur, et ut una persona de duabus marchis argenti et pecunia predictis satisfacient juxta modum predictum. Si vero prediçte persone partite et divise fuerint, quamvis insimul moram faciant, tenenjur ad solutionem marcharum et pecunie predictarum, secundum forraam predictam. Si autem liberi, fratres, sorores, mipotes, neptes, et ceteri descendentes, in avoeria fuerint, ille qui ipsorum habuerit avoeriam, de duabus marchis argenti et pecunia predictis pro se et existentibus in avoeria solvet, secundùm extimationem bonorum suorum, et bonorum illorum qui fuerint in ejus avoeria, et secundum modum predictum et formam predictam; duin tamen ultra duas marchas argenti pro se et existentibus in avoeria non solvat. Pignora aut gagia, que Major et scabini Divionis capient, vel capi facient ab illis, qui de dictis duabus marchis et pecunia non satisfecerint, postquam mandato nostro tradita fuerint, per octo dies continuos servabuntur antequam vendantur. Dolia et cuppe in extimatione bonorum computabuntur, et omnia alia utincilia hospiiii, quecumque sint et vestis consuta in valore seu extimatione bonorum non computabuntur neque reputabuntur. Vestes empte ut revendantur, utincilia hospitum que habentur ad opus hospitum suscipiendorum et hospitandorum, in valore seu existimatione bonorum reputabuntur, et computabuntur. Quicumque sit Major communie Divionis, in anno vel annis sui regiminis ipsum a dictis duabus marchis et pecunia quittamus, et volumus esse liberum et exemptum. Nos vel dux Burgundie, vel quicumque successor noster, seu alii a nobis causam habentes, per nos, aut per alium petere non poterimus ab hominibus communie Divionis dictas quingentas marchas, quoniam per conventiones predictas duarum marcharum argenti et pecunie predictarum pro extimatione bonorum, justa modum predictum, quitate sunt et remisse et contenta in dictis conventionibus ex eadem causa debentur, ex qua dicte quinginte marche debebantur. Homines communie Divionis, sive existentes de communia, sive recedentes de communia, et de communia non existentes, volumus et concedimus a satisfactione et a probatione satisfactionis super duabus marchis argenti et pecunia predictis esse quittos, liberos et immunes, nisi de anno ultimo, in quo ab eis satisfactionis probatio exigetur. Homines communie Divionis recedentes a villa Divionensi, ubicumque se transferant vel morentur, tenebunt, et habebunt bona sua omnia, et singula roobilia, et immobilia ubicumque sint sita, et ex ipsis bonis suis omnibus et singulis poterunt facere suam pleuariam voluntatem tam libere, ut ante conventiones, que in presentibus litteris continentur, et ante confectionem presentium litterarum ea tenere poterant, aut debebant, ita quod per hec juri


nosti'o nullnm prejudicium afferatur, et dictis hominibus nichil novi queratur, preter id quod superius est expressum de duabus marchis argeuti et aliis sommis predictis, pro quibus secundum modum predictum quinginte marche, que nobis ante presentis littere confectionem ab hominibus nostris Divionensibus debebantur, remisse sunt et quittate. Si quid juris, actionis vel rationis sit acquisitum predictis hominibus, ex facto nostro, vel predecessorum nostrorum, vel aliquo suo, aut aliqua alia ratione qualicumque, secundum tenorem privilegiorum, instrumentorum suorum, litterarumque suorum, aut alias, volumus et concedimus eisdem hominibus esse salvum in personis, et bonis, et rebus eorum mobilibus et immobilibus, litteris presentibus nonobstantibus et conventionibftt prenotatis. Major et scabini, Divionenses pro negociis dicte communie Divionis poterunt imponere, aut indicere hominibus dicte communia, et levare a dictis hominibus quantamcumque summam pecunie voluerint et quando viderint expedire et si ad jactus missionum dictorum negociorum dicte communie faciendum mandatant nostrum interesse voluerit, intererit in hoc socius in hoc tanquam unus ex scabinis ville Divionis, et jurabit super sancta Dei euvangelia, quod in dictis jactibus dictorum missionum faciendis bene et fideliter se habebit, hoc salvo, quod si questio vel dissensio esset inter nos et dictos homines communie Divionis, Major et scabini Divionenses, présente mandato nostro, si voluerit interesse, super homines dicte communie imponere poterunt, et levare missiones competentes ad deffensionem ipsorum; quas missiones nos vel mandatum nostrum perturbare aut contradicere non possumus, aut debemus. Et sciendum est, quod virtute hujusmodi littere, vel eorum que in presenti littera continentur, super dictos homines, vel super bona sua, sive ratione possessionis, sive proprietatis, aut receptionis pecunie aut marcharum predictarum, exigere non possumus, nec dicti homines super nos, nec etiam plus reclamare juris aut rationis quam poteramus et debebamus ante presentis littere confectionem, vel perfectionem eorum que in presenti littera continentur, omnibus tamen punctis et articulis presentis littere durantibus in sui roboris firmitate. Promittimus insuper pro nobis, et nostris heredibus, et successoribus, et pro causam a nobis in hoc habentibus per stipulationem legitimam et solempnem, et per juramentum nostrum super sancta Dei euvangelia corporaliter prestitum, omnia privilegia, omnes libertates, immunitiones, cartas, instrumenta, percursus, et litteras communie Divionis sigillatas, et sigillata a regibus Francie, et quolibet eorum, et a predecessoribus nostris, et a nobis, et a quibuscumque specialiter et generaliter dictis hominibus concessas et concessa, inviolabiliter observare in personis,


et rébus et -bonis eorum, et per banleucam Divionensem, volentes quod usus,. consuetudines, et jura communie predicte, et hominum predictorum, nullo modo possint infringi per ea que in presenti littera continentur. lia quod per hoc juri nostro nullum prejudicium afferatur, et dictis hominibus nichil novi queratur, preter id quod superius est expressum, quod de duabus marchis argenti, et aliis summis predictis, pro quibus secundum modum predictum quingente marche, que nobis ante presentis littere confectionem ab hominibus nostris Divionis debebantur, remisse sunt et quittate. Obligantes nos, et nostros, heredes, et successores, et causam a nobis habentes per nostrum jam prestitum juramentum, ad omnia et singula supra dicta, ac si essent specialiter enumerata, proposita vel dicta, firmiter tenenda, et in perpetuum inviolabiliter observanda, et in nullo contraire promittimus per nos, vel per alium, nec contravenire volenti in aliquo consentire tacite vel expresse, aut modo alio qualicumque, volentes, et concedentes, quod si aliqua contrarietas, repugnantia, dubietas, obscuritas, duplicitas, vel simplicitas inveniatur, aut reperiatur quocumque modo, et quocumque tempore, in privilegiis, instrumentis, litteris, cartis, percursibus, libertatibuset immunitatibuseorum eaque in diclis privilegiis, cartis, instrumentis et litteris sunt, sint antiqua vel nova, intelligantur et exponantur rationabiliter secundum quod melius et utilius poterunt intelligi ac exponi ad utilitatem dicte communie, et hominum predictorum. Item cum discordia verteretur inter nos, ex una parte, et homines dicte communie, ex altéra, super hoc quod petebant a nobis vicecomitatum Divionensem, quem acquisieramus, quod non poteramus facere ut dicebant; tandem concordatum est in dictis conventionihus inter nos et ipsos habitis in hune modum quod nos dictum vicecomitatum, cum omnibus juribus et pertinentiis ejus in hominibus, justicia, dominio, et nundinis Omnium Sanctorum, et aliis in dictam communiam transferimus eo modo, quo eidem communie predicta competunt in ceteris locis ville, et dictum vicecomitatum ipsi communie, perpetua pro nobis, et nostris heredibus concedimus et quittamus, ita tamen quod ipsi homines vicecomitatus solvent nobis de marchis et pecunia predictis secundum modum predictum, et taxatum in aliis hominibus communie supradicte, salvis ipsis hominibus vicecomitatus libertatibus quas habebant ante presentis littere confectionem, et quem vicecomitatum cum ejus juribus dictis hominibus communie Divionis bona fîde garantire promittimus contra omnes perpetuo,et tenemur. Renunciantes siquidem in hoc facto ex certa scientia, et per dictum juramentum, exceptioni lesionis, vel deceptionis in factum omni aationi nobis et nostris heredibus sive successoribus, vel a nobis causam


habentibus, ad revocaudum predicta, vel aliquod de predictis competenti, vel in futurum competiture. Implorans officium judicis, el prelali constitutioni, presente utroque, et omni auxilio totius juris canonici et civilis, et omnibus exceptionibus, juribus, rationibus, allegationibus, deffensionibus totius juris et facti, et aîiis quibuscumque que contra presens instrumentum vel factum possent obici sive dici, et juridicenli generalem renunciationem non valere. In quorum omnium testimonium et munimen perpetuum, litteris istis sigillum nostrum duximus apponendum. Actum anno Domini millesimo ducentesimo octogesimo quarto, mensë decembris, Philippo rege Francorum tune regnante (1). Scellé en cire verte à lacs de soie rouge tressés.

Original Archives de la ville de Dijon, Bi, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 347. Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

(i) Quarante-sept ans après la charte de « liberté des marcs, » la difficulté pour les habitants d'acquitter intégralement cette cotisation déjà très lourde et qu'aggravait encore la faculté laissée au Duc de la doubler et même de la tripler dans différentes circonstances,avait produit un arriéré qui s'accroissait sans cesse, parce que, nonobstant la déclaration du duc Hugues IV, de l'an 1268 (Archives de la ville, RI, Privilèges et franchises de la Commune), beaucoup d'habitants, voulant échapper à ces charges, abandonnaient la ville, ou bîeii,iixés dans le voisinage, n'y venaient que pour leurs affaires. Aussi Robert II avait-il pris texte de ces retards pour porter aux franchises communales la plus rude atteinte qu'elles eussent encore reçues j mais comme, en définitive, si sa prérogative y avait gagné, ses coffres ne s'en étaient pas remplis davantage; que d'ailleurs iaquestion de la vicomté, restée tout entière, ajoutait encore aux embarras des deux partis, il fàllut bien en \eriir àla transaction qui fait l'objet de cette charte. Le Duc, mieux conseillé, céda purement et simplement la vicomte à la commune. On convint de remplacer la prestation des marcs par une taille fixe dont la cote la plus élevée ne devait pas dépasser deux mates, et la plus faible descendre à moins de douze deniers, et enfin le Duc reconnut aux magistrats le droit d'imposer les habitants pour les besoins de la commune, avec la faculté de s'y faire représenter par un de ses officiers. Cette transaction n'était encore qu'un expédient, car, soit que le Duc eût élevé de nouvelles prétentions, soit impuissance de la commune à s'acquitter des sommes réglées, vingt ans plus tard elle se trouvait redevable envers le Prince d'une somme de 13,000 livres,dont il exigeait impérieusement le paiement. Déjà, pour y parvenir, il avait saisi de nouveau la mairie, re.is sous sa main et vendu les biens de plusieurs habitants, quand, sur l'appel de la commune à' l'autorité royale, celle-ci remill'afTaire au jugement de deux arbitres. L'un d'entre eux était ce fameux Guillaume de Plasian, le conseiller intime de Philippe-le-Bel. Aussi leur jugement fut celui qu'on devait attendre d'un jurisconsulte imbu des idées de l'om. nipotence royale; la commune fut condamnée ù payer pour ces 13,000 livres une somme de 24,000 livres en huit ans. Elle se saigna pour y faire face, mais sans pouvoir s'acquitter, de telle sorte qu'en 1312, comme elle n'avait pu payer qus 18,400 livres, Hugues V lui accorda un nouveau délai de douze ans, sous la condition de lui payer une somme de 15,000 livres, soit 1,250 livres par an. Trois ans après, le Duc, pour accélérer le versement des 10,000 livres que la ville lui devait encore, la détermina à lui accorder une maltôte de quatre deniers sur toute marchandise vendue ou achetée, puis enfin, eu 1337, comme il restait encore un arriéré, Eudes IV consentit à en décharger la commune, moyennant le doublement des marcs pendant quatre ans. Ce traité fut le dernier, car, durant cette période, un grand progrès s'était accompli la création des communes avait introduit un nouvel élément dans la société politique les Etats de Bourgogne s'étaient constitués, et leurs attributions, plus nettement définies, ne permettaient plus au Duc de lever aucune taxe qui ne fût librement consentie par eux. Les marcs furent donc considérés dès lors comme une redevance fixe, payable entre les mains du châtelain de Chenôve, chargé d'acquitter les rentes ou pensions dont elle était chargée, jusqu'au moment où les rois en firent la remise définitive a la ville.


XLVII

Ratification de l'accord précédent par Philippe-le-Hardi, roi de France.

1284 (décembre).

Philippus Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus quam futuris, quod nos litteras dilecti et fidelis nostri Roberti ducis Burgundie vidimus in hec verba.

In nomine sancte et individue Trinitatis. (Voir le précédent.) Nos vero Philippus Dei gratia Francorum rex, predicte omnia et singularata et grata habentes, ea rolumus et approbamus salvo in omnibus jure nostro et etiam alieno. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum anno Domini M° CC° octogesimo quarto, mense decembris.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Privilèges et franchises de la Commune.- Imprimé dans Pérard, p. 347.

XLVIII

Déclaration du duc Robert II, touchant un jugement rendu par le bailli de Dijon, contrairement aux privilèges de la ville.

1297.

Nous Roberz dux de Borgoigne, façons savoir à touz cëls qui verront et orront ces présentes lettres, que comme nostre amez Richarz de Montmorot chevaliers çai, en arriers nostre bailliz de Dijon, hahust fait adjorner pardevant lui Bartholomin l'espicier de Dijon, à ses assises de Dijon novelemant passées, suz cas de injure que lidiz bailliz proposoit contre ledit Bartholomin; c'est à savoir, seur ce que il disoit, que lidiz Bartholomins, en nostre ville de Dijon, en maltalant et en courrouz havoit chacié, et fait chacier le coutel trait Huguenin le Rousselot nostre tabellion de Dijon, et requeroit lidiz Bartholomins seur ce la court dou Maiour de Dijon, et que il fust ajornez pardevant ledit Maiour, pour faire


droit ledit Maiour présent et requerant la court dudit Bartholomin, comme de sou justisauble; ledit baillif disant encontre, que nous deviens hauoir la court doudit Bartholomin en cel cas, pour ce que il disoit, que lidiz Rousselot est, et estoit en nostre servise et sur ce lidiz Maires et Bariholomins requérient audit baillif, que lor en deist droit. Li quex bailliz dist et pronunça par sentence locutoire, que lidiz Maires ne devoit hauoir la court doudit Bartholomin en tel cas. Et lidiz Maires, et li autres prodomes de Bîjon nous haient monstré et supplié, que nous ne veuillessiris pas user de ladite intellocutoire, comme elle fust donée, si comme il disoient en lor grief, et ou préjudice de lor préviléges de la commune de Dijon. Nous, oye la requeste doudit Maiour et des prodomes, volons et ottroions, que ladite intellocutoire donnée par ledit nostre baillif, ne tiegne, et ne face préjudices es préuilaiges de ladite commune, ne à nous auxi, et que pour ladicte intellocutoire, droiz ne nous soit acquis contre ladicte commune, ne ladicte commune contre nous. Et volons et ottroions, que nonobstant ladite intellocutoire, li prévileiges, et les chartres de ladicte commune demorint en lor force et en lor valour, si commil estoient deuant ladicte intellocutoire. En tesmoignage de laquel chose, nos hauons fait mettre nostre seaul en ces présentes lettres. Ce fuit faiz et donnez à Beaune, le lundy après le mois de Pasques, l'an de grâce mil CC Ml11 et dix-sept (1).

Cartulaire de la ville de Dijon, Bibliothèque publique, Mss. n° 448, fol. 49, v°. Imprimé dans Pérard, p. 346. Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

XLIX

Déclaration du due Robert Il, au sujet d'une amende encourue par la commune. 1298 (septembre).

Nous Robers dux de Borgoigne, façons savoir à touz cels qui verront et orront ces presentes lettres, que comme li Maires, li escheviz (2) et li commune, et Ji (t) Cette entreprise du bailli de Dijon sur la justice municipale était uno conséquence inévitable de la saisie de la mairie opérée quelques années auparavant par le duc Robert, et que l'autorité royale avait, comme nous l'avons fait remarquer (nu XLIV, note ]}, si mollement réprimée. Bien que le droit de la commune eût été reconnu, l'inviolabilité de ses franchises en avait été atteinte, et, sinon le Duc, tout au moins ses officiers, hosliles par position à tout pouvoir qui ne relevait pas d'eux, ne l'oublièrent jamais. Dans cette affaire-ci, comme lors de la saisie, la commune obtint encore gain de cause, mais elle en sortit amoindrie, et, comme ces attaques tendirent à se multiplier de plus en plus, chaque nouveau débat ajouta d'autant & l'omnipotence ducale. (î) Echevins.


habitanz de la ville de Dijon hayeiit volu et outroyé, que de l'emande que nos demandiens a aux por raison de plusours injures que nos disiens estre faites à Gillet d'Auxois, clerc, en façent nostre servise et nostre office, nos puissons faire raison à nous e< à aux, sor (1) ladite emande, et en puissions a aux condamner ou assorre (2), selonc ce que droiz et raisons sera. Nos volons et outroyons por nos, et por nos hoirs, que porce que il nos hont donée pooir de coignitre (3), et de pronuncier Fernande dessusdite, en ce fait nuns préjudices ne soit faiz à lors privileges, ni à lor chartres, en cestu cas, ou en semblauble, ou temps à avenir; ains quant es cas à asvenir, nos volons que lor privileges soient saulz et nostre droiz auxi, en la meniere, et en la forme qu'il estoient devant là confection de ces présentes lettres. En tesmoing de laquel chose nos avons mis nostre seaul en ces présentes lettres. C'est fait l'an de grâce mil dous cent quatre-vinz et dix et huyt, ou mois de septembre.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Bl, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 344. Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°-

L

Confirmation des libertés et franchises de la commune de Dijon, par le duc Hugues V. 1313 (décembre).

Nos Hugo (4) dux Burgundie, notum facimus universis presentibus et futuris, quod nos libertates, immunitatesve scriptas, hactenus datas et concessas Majori, scabinis, communie, seu hominibus et habitanlibus ville Divionensis, a bone memorie Roberto carissimo pâtre nostro, Hugone avo nostro, ceterisque paren-tibus et predecessoribus nostris quibuscumque ducibus Burgundie, confîrmationesque dictarum immunitatum et libertatnm hactenus a dictis hominibus (1) Sur.

(S) Asseurer.

(8) Connaître.. (4) Hugues V, fils de Robert Il et d'Agnès, fille de saint Louis, lui succéda en 1806, sous la tutelle de m mère; déclaré majeur en 1313, fiancé à Jeanne, fille du roi Philippe-le-Long, il mourut en ISIS, au château d'ArglUy.


Divionensibus obtentas a predictis nostris parentibus et predecessoribus, prout in litteris quas Divionenses penes se habent, sigillorum predecessorum nostrorum munimine roboratas, plenius continetur; ex nostra certa scsencia scientes et spontanei, laudamus, approbamus, ac etiam per presentem paginam confirmamus. Confirmationes nichilominus illustrissimi Domini nostri Philippi Francorum regis, aliorumque regum predecessorum suorum obtentas a dictis hominibus Divionensibus, super immunitatibus, et libertatibus scriptis eorumdem, et prout scripte sunt, laudamus et approbamus expresse. Manutenebimus etiam personas dictorum habitantium, et res eorum, et cunservabimus imperpetuum fideliter in suis scriptis, libertatibus et immunitatibus memoratis. Juravimus etiam coram Deo et hominibus, predicta omnia et singula, prout superius sunt expressa, pro nobis heredibus, et successoribus nostris, quod ad hec specialiter, et ex certa scientia obligamus eisdem Majori, scabinis, communie, habitantibus, que omnibus et singulis ville Divionensis tenere, et inviolabiliter observare, et in nullo contraire. Volentes quod si in aliquo pergentes nostras libertates, predicte infracte de facto fuerint, postquam de infractione légitime constiterit, ad statum debitum reducantur. In quorum omnium, robur et munimen, sigillum nostrum presentibus liMeris duximus apponendum. Datum apud Divionem die dominica post festum Nativitatis Domini, anno incarnationis ejusdem millesimo trecentesimo tertio decimo, mense decembris.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et fi-anchises de la Commune. – Imprimé dans Pérard, p. 364.

LI

Ce sunt les supplications faites au duc Hugue [V] afin qu'il feist le sairement de garder et maintenir nos priviléges.

1314?

A vos très haut et excellent prince monseigneur le duc de Borgoine, lour très chier et redoté soignour. Supplient humblement li Maires et li escheviz, et la commune de Dyjon, que cum votre devantier duc de Borgoine, notre tres chier soignour cui Dex absoille, nous haient doné commune libertez et franchisses,


escriples et seelées de lour seauls, et conformées des roys de France, et vous par vostre grant bonté et leauté, hayés reconformées les choses desusdites. De laquele nostre reconformation vos nos avez outoyé à bailler lectres sus vostre seaul, si cum nos les havons de vos devantiers, que il vous plaise ledictes lettres faire seauller, et à nos délivrer, et que vos facoiz cesser vostre bailif, vostre prevot, et vos sergenz de Dyjon, de faire les grief que il font à nos de jour au jour contre lesdiz previleges liquel grief s'enseugvent.

Premièrement, vostre bailliz de Dyjon, prevoz, et sergenz, prannent, saissisent, et arrestent en la vile, et de fueurs (I) dedanz la banleuhe de Dyjon, sens requerir ne motre (2) en déffaut li Maiour a les juriez de ladite vile lesquels choses sunt contre le previlege de ladicte ville qu'il dit Nullits infra villam Dyvibnis vel extra, infra banleucam, aliquem potest capere, nisi Maior et jurati quandiu de eo justiciam facere voluerint.

Item vostre bailliz de Dyjon ajorne, et fait a ajorner de jour en jour lès habitanz de la vile de Dyjon pardevant soy, à Talant et à Beaune, et autre part, sur injures, violances, et despitz faiz à Monseigneur, et à ses genz, et à ses sergenz, si comme l'on dit lesquelx choses sunt contre le previlege qu'il dit Si quis de communia, vel ipsa communia, aliquid mihi forefecerit, oportebit ut ego incuria Sancti Benigni, per Majorent communie, ad judicium juratorum, justiciam de eo vel de ea capiam, nec eos extra predictam curiam, vel placistare vel quartam morts tr are compellere pot en.

Item cum uns vostre bourjois de Dyjon, que l'on appeloit Mathier le chandelier, soit trespassez, et plusours autres, porte tans de hu androit (3) ,liquel estoient recehu an ladicte commune, comme vostre home et vostre burjois et au vehu et au sehu de lour soignours, bien cinquante ans et plus, Jehanz Percevaux damoyseaux et autres soient venus, et disint que li biens desdiz morz lor soient escheor,por ce' qu'ils avoient esté lour home, si comme il disoient et vehulint (4) avoir lour biens; laquel chose il ne pevent faire, et se seroit ou grand préjudice de vos, et de ladite commune, et plus de vos, que de ladite commune laquel chose ne puet estre faite, por point de chatre, qu'il dit Sciendum vero quod communia potest retinere hommes cujuscumque dominii sint, in villa Dyvionis, secundum consuetudines et usagium. patris mei, et predecessorum nostrorum, sine. hominibus domini Saly.

(1) Dehors, extra-muros.

(î) Mettre.

(3) Temps passé.

(4) Voulaient.


Item vos gens nos troblent sans cause toutes eschoietes (]), qui à vos pevent avenir, c'est à savoir, et biens de mutriers,de bestars (2), des larrons et de toutes autres choses de escheoites, et de espaves; laquel chose est contre le point de la chartre, qu'il dit Dedi etiam eis quicquid dominus Girardus Rationem apud Divionern habebat, et omnes hechoitas in hominibus, que ad me devenire debent. Item, com por vostre dobt (3) JheanzMarioche, Vacelins li Lombarz, et plusours autre, tuit vostre-bourjois de Dijon, soient et haient esté priz, retenus longuement en cors et an biens, lesquels choses sont contre le previlege qu'il dit Preter hec eis concessi, qiiod si homo de communia, pro debito meo bene et fideliter cognito, captus fuerit, vel aliquid amiserit de meis redditibus, vel de causa mea si redditibus non sufficient reddimetur, vel si quid amiserit restituetur. Item li prevoz de Dyjon, por lui et pour ses sergenz, prant, et fait pranre des choses des homes de la commune, et ne la veut randre por le Maiour, qui est contre le previlege qu'il dit Concessi etiam eis, quod prepositus meus Dyvionis aliquid ceperit de rebus hominum communie, reddet sine omni placito, quantum homo ille probaverit, si legitimus a Maiore communie testificatus fuerit. Item li prevoz de Dyjon font mout de grief plusours fois à la commune de Dyjon, en prenant, saisissant et arrestant personnes et biens en la ville, et fueurs de la ville, en la banleuhe de Dyjon, et le refacent à amander por le Nlaiour de Dyjon, laquel chose est contre le point de la chartre qu'il dit Si prepositus Divionis aliquid contra communiam fecerit, per Maiorem emendabit. Item vostre chastelains de Thalant, ou grief et ou préjudice de nos, et en empeschant la juridiction de nos ai de nos previlaiges, tient jours, et cognuit de touz faiz que li Juhi font, et que ils ont à faire à autres genz de nostre commune, et d'autres, laquel chose ne puet, ne doit faire por les points des chartres, qui dient Donavi etiam eis Eliam Judeum cum suis heredibus, Vigerio, qui eum tune ex meo dono habebat, ipsumque quittante, et donum laudante.

Item, pour autre point de chartre, qui dit Odo dux Burgundie, sciant universi tam presentes quam futuri, quod anno ab Incarnatione Domini mUlesimo centesimo nonagesimo sexto, diicordia fuit inler me et communiam Divionensem, que pacificata fuit in hunc modum. Quiltaverunt enim mihi villam que vocatur Faennay, quampater meus dederat eis, assensu meo, et laude mea. Et ego dedi communie bannum Divionensem, et Jtideos, et attractum libere Judeorum.

(1) Epaves.

(2) Batards.

(3) Doute.


Item, par autre chartre, qui dit Ego Hugo dux Burgundie, omnibus notum facio, quod dedi et cmeem Majori et scabinis Divionis, Judeos meos Divionenses, et volo quod sint de sua communia.

Et cumbien, sire, que li poinz des chartres desusdictes soient sofisamment esclarcies de lour, si havons nos por point de chartres, autre que lidiz poinz et chartres soient exposey au plus grant profit que l'on porrai por la commune, et por le point de chartre, qui dit Promittimus insuper, pro nobis et nostris hèredibus et successoribus. (Voir, pour le surplus, la charte de 1284, XLVI, dont ce qui suit est la. conclusion.)

Cartulaire de la ville de Dijon, à la Bibliothèque publique, n° 448, fol. 47. Imprimé dans Pérard, p. 349.

LII

Pacification des débats entre le Duc et la commune.

1314, samedi avant l'Ascension (7 mai).

Nous Hugues, dux de Borgoigne, faceons savoir à touz, que nous havons doné et donons plain pooir, et especiaul commandement à notre amé et foiaul cosin monsieur Mathieu, seignour de Monmartin, de acorder et pacifier à la commune de notre vile de Dijon ou à singulaires persones de la dite commune de touz meffaiz, despiz, injures et forfaitures, que il hont, ou poent havoir faites contre nous, ou contre noz gens, par quelque maniere que ce soit. Et l'acort que nôtres diz cosins fara à la dite commune, ou à singulaires persones d'icelle, por nous, et en nom de nous, nous haurons fert et aggréahle, auxi comme se nous, en notre propre personne, le haviens fait. Donné à la grange de Poiseux (1), le samedi devant l'Ascension, l'an de grace mil CCC et quatorze (2). Original: Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de.la Commune. (1) Poiseui-la-Grange, canton de Saint-Seine (Côte-d'Or). (2) Cette pièce est sans nul doute la réponse des officiers du Duc au manifeste précédent. Onyvoitfigurer pour la première fois ce» accusations de lèse-juridiction, de forfaitures, d'injures; de dénis de justice, etc., à l'aide desquels ils prêtent «ront toujours justifier leur immution dans les affaires de la commune, seulement la chose s'est envenimée, l'appel au Parlement de France est imminent et on veut l'éviter. Mais comme te prince ne veut, ou ne doit jamais avoir tort, le Duc retourne la question et s'explique dans son mandement comme si les plaignants étaient ses officiers.


Déclaration du duc Eudes IV, au sujet de son immixtion dans la justice de la ville. 1332, 10 juillet, et dimanche avant la Saint-André (29 novembre).. Nos Eudes, dux de Bourgoigne, cuens d'Artois, et de Bourgoigne, palazins, et sires de Salins (1), façons savoir à tous, que comme nous haiens donnée une commission sous notre seel, à nos amez et féaux chevaliers monsieur Jehan de Ballenou, monsieur Robert d'Aubigney, et mons Jehan de Chastoillon, notre baillif de Digenois, ou es doux d'aux, contenant la forme qui s'ensuit Eudes, dux de Bourgoigne, contes d'Artois, et de Bourgoigne, palasins, et sires de Salins, à nos amés et féaux chevaliers mons Jehan de Ballenou, mons Robert d'Aubigney, et mons Jehan de Chatoillon, notre baillif du Digenois ou aux doux de lour, saluit. Plusours des habitans de notre ville de Dyjon, especiaulmant des marchanz ou dou menu commun, sunt venu plaintiz à nous, et y viennent de jour en jour, et nous ont montré en complainnant, que li gouverneur de notre ville de Dyjon, Maïours, escheviz, sergenz, procureurs, et plusours autres, lour hont faiz plusours grifs, extorcions, injures, et violances en personnes et en biens, et sofferts à faire à lour parens et à lour amis, et plusours de nos droiz recelez, en tel cas et en autres. Si nous ont supplié humblement en pittié, que sur ce les voussessiens pourvoir de remede covenauble. Et pource que nous desierions l'escroissement et le bon estat de notredite ville, et pour le grant cry dou pueple, ne povons ces choses passer soubs dissimulation nous vous mandons et commettons à vous ensemble, ou es doux de vous, que vous en vos propres personnes alez en notredite ville de Dyjon, et appeliez ceux qui seront à appeller, saichiez, et enquerez diligemment, somairement, et de plain, la vérité des choses dessus dictes et ce que vous troverez estre fait non dehuemant, et contre raison, faites remettre en estat dehu, et adrecier et amander à nous, et à partie et ce faites par tel menière, que li marcheans et li menus communs de notredite ville puissent vivre et demorer en pais par dessoubs nous. Et ne volons que chouse que vous façiez en ces besoignes, tornoit, ou face préjudice ès libertez, (1) Eudes IV, frère putné du duc Hugues V, lui succéda en 1815. Il épousa en 1318 Jeanne de France, fille de Philippe le Long, qui lui apporta en don la Franche-Comté et l'Artois. Il mourut en 1349.

LUI


privileges, franchises, et bonnes costumes de notredite ville. De ce faire nous vous donons pouvoir, mandons et commandons à tous nos subgiez, que en ce facent, obéissent à vous. Donné à Lantanney (1) le jour de juyllet, l'aa de grâce mil trois cent trente et doux.

Et por l'occasion de notredite commission, notredit chevalier, ou li dui d'aux, soient heuz en ladite ville de Dyjon, et aient cogneu, et cognoissient, et faiz plusours faiz toichans et appartenanz à fait de justice, de plusours faits, extorcions, et autres actions, et causes sur les Maihours qui ont esté Maihour de Dyjon ou temps passé, plusours officiers, et plusours autres habitans de ladite ville de Dyjon; notre entancions n'est pas, et ne volons que pour commission, ou commandement que nous haiens fait, ou pour chose que notredit chevalier, facient., ou haient fait préjudices aucuns en saysine, ne en proprieté soit faiz es Maihour, es escheviz, à la commune, et es habitans d'ycélle ville de Dyjon, en lour justice de Dyjon, et es appartenances, en lour privileges, droiz, immunitez, franchises, et libertez, et lour costumes,, einssois (2) lour volons estre sauves, et que pour ce aucuns droiz ne nous soit acquis. Et promettons en bone foy, pour nous, et pour noz successours, garder les chouses dessusdites, et non venir en contre; sauf et réservé à nous tous nos droiz que nous haviens en ladite ville de Dyjon, devant la confection et la datte de notredite commission, de laquelle la teneurs est dessus escripte, esquelx nous n'antendons point à renuncier par la teneur de ces présantes lettres, mas yceux retenons à nous, et reservons pour nous et pour les nostres. En tesmoignaige de laquel chose, nous havons mis le saul grant de nostre chambre en ces presantes lettres, que furent faites et données le Dyemoinge devant la feste Saint Andrer, Apostre, l'an de grâce mil trois cent trente et doux.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, Cl, Juridiction de la Commune. Imprimé dans Pérard, p 3Si.

(1) Lantenay, canton ouest de Dqon; c'était au temps des Ducs, une de leurs résidences. (2) Mais.


LIV

Obligation imposée par le duc Eudes IV à ses successeurs de jurer, lors de làttï uVtsement, la conservation des priviléges de la ville de Dijon.

1334 (26 août).

Nous Eudes, dux de Burgoigne, cr-r.tes d'Artois, et de Burgoigne, palalins, et sires de Salins., faiçons savoir à touz ceuls qui verront, ourront, et liront ces présentes lettres, que comme de certeinne science nous aïens confermé et juré tenir, et fermemant garder les libertez, franchises, immunitez, chartres, et privileges, et confirmation d'ycelles, données et outroiés de nos devantiers, dux de Bourgoigne, au Maiour, et aux eschevins, et aus habitans de notre ville de Dyjon, si comme elles sont escriptes. Nous, pour les bons et aggreaubles servises que nous ont faitz, et que de jour en jour nous font lidit habitant de notredicte ville de Dijon, voulons et ouctroions, que notre hoir ou successeur en notre duchié de Burgoigne, jurient, et soient tenus de jurer publiemant, en l'église de Saint-Benigne de Dijon, en leur premier avénement en ladite duchié, qu'il garderont, et feront tenir et garder lesdites libertez, franchises, immunitez, Chartres, et privileges et confirmations d'icelle, en tint comme elles sunt escriptes, et plux à ploin contenues es lettres, es chartres données de nos devanciers es habitans de ne'redicte ville de Dijon. Et de ce faire, et fermement tenir, et garder perpétuellement, nous obligeons especiaulmant et expre&ssmant, nous, nos hoirs, nos successeurs, et à tous ceuls qui hauront cause de nous en nostre duchié de Burgoigne. Et promettons en bonne foy lesdites chouses tenir et fermement garder à tousjours mais, sens venir encontre par nous, ne par autre. En tesmoingnage de laquel chouse, nous havons fait mettre notre grant seel en ces presentes lettres, faites et données à Montbart (1), notre chasteau, le vanredi après la feste de saint Bartholomier, apostre, l'an de grâce mil trois cenz trente et quatre. Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 339.

(1) Montbard, ville, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Semur (Cdle-d'Or). C'était l'une des principalee résidences des Ducs.


LV

Lettres du duc Eudes IV, au sujet d'une arrestation ordonnée par lui.

1334-1335 (1°' avril).

Eudes, dux de Bourgoigne, contes d'Artois, et de Beurgoigne, palazins, et sires de Salins, à touz cels qui verront et ourront ces presentes lettres, salut. Ce que nous havons pris, ou fait panre maistre Estiene de Clarevaux en la ville de Dyjon, laquel chouse nous ne devienz pas faire, nous ne volons pas que ce tournoit à préjudice au Maire, à la commune de Dijon, en lour droiz en lour justice qu'il hont en ladite ville de Dijon, ne raclamer,-n'en volons saisine, ne autre droit par ladite prise ains volons, que lour droiz loùr soit ainsi saul en saisine, en proprietey, et en toutes autres chouses, cum se ladite prise n'ahust onques estey faite. Donné Dijon le sambadi premier jour de avril, l'an de grâce mil trois cenz trente et quatre, sous nostre petit seaul, en tesmoignage de veritey.

Scellé en cire rouge à simple queue de parchemin pendante.

Original: Archives de la ville, Ci, Juridiction" Imprimé dans Pérard, p. 53.– Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4\

LVI

Main-levée de la Mairie de Dijon par le duc Eudes IV.

t339 (3 juillet).

Eudes, dux de Bourgoigne, contes d'Artois, et de Bourgoigne, palazins, et sires de Salins, à touz nos justiciers, salut. Comme notre amez et féaulx li sires de Thil (1) a hust mist la maoerit de Dijon et le gouvernement de la dicte ville et (1) Jean, seigneur de Thil et de Marigny, conseiller du roi Philippe le Bel et connétable de Bourgogne, mourut avant 1355. (Anselme, VIII, 427.)


les biens de Eude Rossigneul, Maheurde la dicte commune du dit leu, en notre main savoir vous façons, que nous, notre main havons levée, et levons de la dicte Maierie et biens; et le dit Maire remettons en estat de toutes chouses empooichiés par la dicte main. Si vous mandons que vous notre dicté main tenez pour levée; et pour ceste cause ne H mettez point d'ampoichement. Donné à Beaùne le secont jour de jullet, l'an de grace mil CCC trante et neuf. Par l'abbey de Saint-Estiene, et par monseigneur de Thil.

Scellé du contrescel en cire rouge à simple queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune.

LVII

Confirmation de la charte du duc Eudes IV par Jean de France, duc de Normandie, tuteur du duc Philippe de Rouvres.

1350 (avril).

Jehan ainsné, fils du roy de France (1), duc de Normandie et de Guienne, conte de Poitou, d'Anjou, et du Mainne, faisons savoir à touz ceulz qui verront et orront ces presentes lettres que nous avons veu les lettres de bonne mémoire nostre très chier oncle Eudes, jadiz dux de Bourgoingne(2), seellées de son grant seel, sanz aucune suspicion, contenenz la fourme qui s'ensuit Nous Eudes, dux de Bourgoigne, etc. (Voir le n° L1V.)

Nous, toutes les choses et singulières contenuës es lettres dessus transcriptes, aians fermes et aggréables icelles, et toutes les libertez, franchises, immunitez, chartres, previleges, et confirmacions données de notre dit oncle, et de ses prédécesseurs es dits habitanz de la dicte ville de Dijon, les quels, nous ayanz le gouvernement, et bail du duchié de Bourgoigne, et de notre très chier et bien amé cousin Phelippe, duc de Bourgoingne (3), moindre d'aage, avons juré en l'église de Saint-Bénigne de Dijon, et octroié, et promis tenir et garder fermement tout (1) Qui auccèda le 22 août suivant au roi Philippe de Valois.

(*) Jeanue de Bourgogne, sa mère était la sœur du duc Eudes IV.

(3) Jean avait épousé le 19 février 1349, Jeanne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne, veuve de Philippe de Bourgogne, comte d'Artois, fils aîné du duc Eudes IV, dont elle avait eu Philippe de Rouvres dont il est ici question.


en la fourme et manière que nostre diz oncle, et ses prédécesseurs l'ont fait ou temps passé, ainssi comme il est plus à plain contenu es chartres, libertez et franchises des dits Maieur, eschevins, et commune de Dijon, et ycelles en nom que dessus, voulons, loons, approvons, et par la teneur de ces présentes lettres, en tant comme il nous appartient, de notre certaine science, confirmons, et icelles, en nom que dessus, promettons en bonne foy tenir et garder, sans corrumpre, ne venir encontre; sauf nostre droit, et le droit de nostre dit cousin, et le droit d'autruy. Et pour ce que ces choses soient plus fermes et plus estables, nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes lettres. Donné à Dijon l'an de grace mil troiz cenz et cinquante, ou mois d'avril.

Par monseigneur le duc, FouvANz.

Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 364.

LVIII

Déclaration donnée par la reine Jeanne de Boulogne au sujet d'une infraction aux droits de justice de la commune.

1359 (13 mai).

Jebanne (t), parla grâce de Dieu, royne de France, aienz en l'absence de Monseigneur le gouvernement du duchié de Bourgoigne, faisons savoir à touz, que combien, que pour plusieurs maléfices perpetrez en la ville de Dijon, le mardi et mercredi apres Pasques charnelz nouvellement passées, comme d'avoir bouté le feu en l'église des Frères prescheurs, d'avoir mort et occis notre amé conseiller maistre Jehan Rosier, et fait plusieurs roberies, excès et déliz en la dicte ville (2), plusieurs exécucions et justices des malfaiteurs et coupables des diz maléfices dient esté faites par nos gens, tant en la dicte ville, comme dehors, notre entente n'est pas, ne voulons que les dictes exécucions et justices tournent à préjudice (1) Jeanne de Boulogne, veuve de Philippe de Bourgogne, comte d'Artois, mère du due Philippe de Rouvres, remariée en secondes noces à Jean, roi de France.

(4) Cette sédition qui se rattachait à la Jacquerie et à plusieurs autres soulèvements en Bourgogne, avait été étouffée par les troupes que le sire de Sombernon, gouverneur du Duc, rassemblait pour repousser Pinvasion anglaise.


ausMaieur, eschevins et à la commune de la dicte ville de Dijon, ne à leur privileges, libertez et franchises.

Donné à Rouvre (1) le XIII' jour de may, l'an de grâce mil CCC cinquante neuf.

Par la dicte royne, à la relation du conseil, P. Cuiret.

Scellé du petit sceau en cire roage à simple queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LIX

CoufirmatioD des priviléges de la commune par Philippe de Rouvres, due de Bourgogne. 1359 (26 janvier).

Phelippe, duc de Bourgoingne, conte d'Artois et de Bourgoingne, palatin, et sire de Salins, savoir faisons à tous ceulx qui verront et ourront ces présentes lettres, que nous, les libertez, franchises, et immunitez, chartres, previleges, et confirmations d'icelles, données et ouctroyées par nos prédécesseurs ducz de Bourgoingue, aux Maieur, eschevinz, et commune de notre ville de Dijon, si comme elles sont escriptes, voulons, louhons, ratifions, confermons et appreuvons de certaine science, promectans pour nous, et pour nos hoirs, par nostre serement donné corporellement en la présence du corps Jésus-Christ et des personnes cy-dessoubs escriptes, les choses dessusdites, et chacune d'icelles tenir, et fermement garder, sans jamais venir encontre par nous ne par autre, ne souffrir que autre y vienne. Et voulons que semblablement nos hoirs et successours, quant il verront au gouvernement du dit Duchié, le jurent se ils en sont requis. Et que ce soit ferme et estable à toujours mais, nous avons, en tesmoing de ce, fait mettre notre seel à ces présentes lettres. Ce fut faict et donné en l'église Saint-Bénigne de Dijon, présens nostre très chière et très redouttée dame et mère madame la royne, de révérend père en Dieu l'arcevesque de Besançon (2), l'evesque de Châlon (3), de nos amez et féaulx cousins, le conte (t) Château situé à 14 kil. de Dijon et qui fut la résidence favorite des ducs de Bourgogne. (i) Jean de Vienne, 13BS-13C1.

(3) Jean Germain, 1357-1361.


de Montbéjiart (1), messire Jacques de Vienne, sire de Lonvy, messire Hugues de Vienne, sire de Saint-George, messire Eudes de Grancey, sire de Pk>rrePont, le sire de Couches (2), le sire de Sonbernon (3), messire Philibert de l'Espinace, messire Hugues de Montjeu, messire Jehan de Cusance, chevaliers et pluseurs, le vingt-sisiesme jour du mois de janvier, l'an de grâce mil trois cent cinquante neuf.

Par monseigneur le Duc, présens les dessus nommés Philibert. Vidimus donné le 8 avril 1501 sous le scel de la chancellerie de Bourgogne. Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.- Imprimé dans Pérard, p. 365.

LX

Confirmation des privilèges de Ja ville de Dijon, par Jean, roi de France.

1361 (23 décembre).

Jehan, par la grâce de Dieu, roy de France; savoir faisons à tous présens et avenir, que aujourd'huy nous avons confermé, promis et juré sur les saints évangiles, estant sur le grant autel de l'église de Saint-Bénigne de Dijon, tenir et garder fermement les libertez, franchises, immunitez, chartres, et privileges, et confirmacions d'icelles, données et octroyées de nos devanciers dux de Bourgoigne, au Maieur, et eschevius, et habitans de nostre dicte ville de Dijon, si comme elles sont escriptes; et aussi lesdiz Maieur et habitans de notre dicte ville, estans lors en nostre présence ea ladicte église, jurèrent qu'ils nous seront loyaus, subgiez et vrais obéissans, et garderont nostre personne, et touz nos droits envers et contre touz et nous leur avons octroyez et octroyons par ces présentes, que nos hoirs et successeurs en nostre dit duchié de Bourgoigne, jureront et seront tenus jurer publiquement en ladite église de Saint-Bénigne de Dijon, en leur premier advénement ou dit Duchié, qu'ils garderont et feront tenir et garder lesdites libertez, franchises, immunité', chartres, et previleges, et confirmations d'icelles, ainsi comme elles sont escriptes, et plus à plain contenue

(1) Henri, comte de Montbéliard, sire de Monlfaucon.

(2) Hugues de Moutagu, sir? de Couches et de Sainte-Pereuse. (a) Jean de Montagu, sire de Sombernon et de Malain, mort le 6 juin 1391.


es lettres et es chartres données de nos devanciers dux de Bourgoigne aux habitans de nostre dite ville de Dijon, et à ce faire, et fermement tenir, et garder perpétuellement, nous obligeons especiaulment et expressément, nous, nos hoirs, noz successeurs, et touz ceulz qui auront cause de nous en nostre dit Duchié, et promettons en bonne foy lesdites choses tenir, et fermement garder h tousjours mes, sanz venir encontre par nous, ne par autre. Et pour ce que ce soit ferme chose et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes lettres. Donné à Dijon le XXIIIe jour de décembre, l'an de grâce mil trois cent soixante et un.

Par le roy, P. BLANcnET.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises ae la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 366. Ordonnances des Rois de France, V, 238.

LXI

Confirmation des priviléges de Dijon, par Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne. 1364 (26 novembre).

In nomine Domini, amen. Ex tenore hujus publici instrumenti ad universorum noticiam deducatur, quod anno Incarnationis Domini millesimo CCC° sexagesimo quarto, XXVI' die mensis novembris, indictione tertia, Pontificatus Sanctissimi in Christo patris, ac Domini nostri Domini Urbani divina providentie Pape quinti, anno secundo, regnante illustrissimo ac potentissimo principe domino Karolo Dei gratia Francorum rege, in mei notarii publici et testium subscriptorum presentia, illustrissimus princeps dominus Philippus, quondam filius regis Francorum, dux Burgundie (1), una cum domino duce Andegavensi

(1) Philippe, quatrième fils du roi Jean et de Bonne de Luxembourg, sa première femme, avait reçu le duché de Touraiue en apanage. En 1363, son père l'établit son lieutenant général au duché de Bourgogne, dont il avait hérité du dernier duc, Philippe de Rouvres, et sur la demande des nobles et du peuple il l'en créa duc souverain, par lettres données à Nogent-sur-Marne le 6 septembre de cette année. Après la mort du roi Jean, Charles V, son successeur, confirma cette donation et reçut l'hommage de sou frère Philippe, qui quitta alors le titre de duc de Touraine pour prendre celui de duc de Bourgogne et de premier pair de France. Il fit son entrée solennelle à Dijon le 26 novembre et prit possession du Duché ainsi que le conârme Je présent acte.


fratre su0-{t)i.. domino episcopo Edeens: f2). dommo Abbate Sancii Beuigai (3), et aliis prelatis nobilibus al aliis quamplarimis personalitar accessit ad gcetesiam Sancti Beoigni Dwionensis, Ljugonensis dioeesis. anle magnum altare dicte eeeïesie, hcwra quasi tertia dicte diei, prima die sui advenios ad dictant viilaiB Dmoneasem, tanquam Dux et dominus didi loci. Qui quidem dominus Dux coram omni populo ibidem eongregato expeni îeeït per veBerabilem wam et dtsereiam snagistruai Pbslibertinn Paillardi {4f consiliariuin et canceBarium suum Burgundie. qaasïlam îîUeFas regias, iater cèlera eûnlineafes doaationem sibl fartam de diclo ducatu Bni^undie per bone memorie regem Jobamiein palrem saum notiter deffuncfum. et confirmaiïoDem dicte «îonafîoBÎs factam per dieinas illusirissimum et polentissimum dominutn Karolum Bei gralia Francorum regeiB, fratremque genBanum nredicti dotniiii Dccis quibus esposife, fuit ex parte iehannis dicti Chopillart, cîerici, ibidem preseatis, procuratoris, et procuratoris nomine Majoris. scabinorum, et totius communie dicte vfile Divionensis requisituta habere t»p!am predictarum lïUerarnm. et spedaliter cîausuiarom contioenSium dïclas oonatktaein el ccsBfinHationeïiî que «piideni copia habenda eidem pitscuraïori. et aliis patrie qui hatere volaerint. Jifaeraiitei' fuis conee&sa. Deîcde ad dtctaoi dominum Dueeai accesserant personaliter, Johanoes PoisseBeti jo/. Maior Divionis, una cbïq pîuribas scabinornm saoram, et ptares a:i de dicta communia Brrionis. qui ibidem TOÎuerunt et poteranf intéressa. Qui hnmiliter et derote supplicando. requisierent diclum domiaum Otieeni. quod cnm ipsi haiwrent libertates et francbisias datas et concassas, ac etiam confirmatas a predeeessorikus suis dactbus Burgundie. qnas quicumqae dux Burgundie jurare. et observare tenebatnr juxta formam earandem: ipse dominus Dux eas jurare et obsenrare placeret. nec non eas Isadare. ae etiam approbare et confirmare, et super liis dare lifteras suas, prout predecessores suis hactenus feeerunl, et facere juraverunt. Super quihos, pro parte dicti domini Dueis habita super hiis ibidem deliberatione cnm dicto fratre, et venerahili consilio sao. per Tocem dicti cancetJarii sui gai Lee fait responsum in hune modum tïf Itxâs es Fraace. saeeoii SJs'fe roi Jea% fjé« «ftK «TAu^s» en 1SS«. fat rigent <îo loyanme émsst La mmdïnSé ém ?*i Cbaste TU Jesase \r rslse de Saples es de Sïdîe? i'avaiït SmS soeï iiêôtier, se réagis eiïîlisïk p«*Eïr preaépè i^s&gsàÉKS en royaame, nK>araS ée peste à f&seîia, éssu £a Paaâie, ie affisepïfâsîïîe îl^i. {àoselme. »«.}

(S; a«ffi»j Dasid on Paifleii. S*«l-t*

(3i J«aa de Tas.

[fi PMSbeit PaïSlaid mA elaaeeïier te Bomgs^ue âo -viraos ta «H Jean, qm suât cooSé à sa garde les tetîKs de des es Dae&ê à ssa ib PMBppe. Il mourus en I JSS. et M rompisse te 7 ieptenlae par Betttsslt ̃JTo*^t. e^aïKKBe es Vetrj et diaat?s ée D$îoa. flabarr*. Iî. 5.Ï

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» Seigneurs, laesàreDus qtû i-y est, a en «este égise fait wir diligemment « par son cotisât, vos etefiîes, franetitses. et libertés, et e» vtieltast ensuivre « les hms fak de ses detaneiers dus «le Bonrgeingne. il j«r» ey tte«a«ï Oieu, ci « aas saint érangilles de Dieu, que il tiendra et gardera fermement, et fera tenir m. et garder par ses officiers, les privilégie», libertés, immunités, frauplikes. et « confirmations dleelles, données de laesseigneurs les dœt de Bourgoingue aux « JUaàear, eschevins el roiumune de Dijon, si «mbibo elle» sont eserîptes es « lettres destlîîs priïîie«es, et ïeeJSes louhe H ttratirme. et en itoura ses teltrv». » Et paraiy ce, vous Maire et eschevis. et procureur dt' ladite comtnuue, jttivrt-x « cy semblaublenieitt à Monseigneur garder, et faire garder et rantire de uwirt» « povoir, par tous et vos subjeis, toutes ses droitures que il a, el tioit avoir vu « la ïiiïe et baniehuê de Dijon, solon la teneur de vos dits priviîegtï et tvudre « vraye et deheuê obéissance à Monseigneur, et lui eu dourez vos lettres s<>ubs «• leseel de ladite commune. » Quibus dictis et expo&ttis per dictum canceltarium. prediclus (ïomiuus Dux pro se junivit ad saueta Dei evangelia, in pivsentia corporis Chrïsii et prefati Alaior et plures de scahinis ibidem présentes, nw non et dictus Johannes Cboppillardi procurator, et proeuiatoris nomme dicte conimunie Divionis, tendentes manus ad saucios. juraveruut omnia et singuia supra–dicta et exposita per dictum cancellarium, eodem et simili modo quo ipso cancellarius eisdem eiposuerat, et quod supra contiuetur.

De et super quibus omnibus et siugulis, voiueruiit dicte partes, tjutul ego notariuspublicusinfra scriptus, sibi darem et eonficereni pubiicuiu iustrumentum et michi dictum instrumentuut de predictis instautissime reqiiisieruiit diotus cancellarius pro et nomiue dicti domini Ducis preseutis, et dictus Johauues Chopillardi procu:"tor et procuratoris nomine dicte communie Divionis. quod eisdem concessi.

Acta fuernnt hec, anno, die, mense, hora, et loco, indictione. et poutiiiealu predictis, presentibus prefato domino Duce Andegavensi domino episcopo Eduensi, domino Abbate Sancti Benig'ïi, domino Abbate Saneii Stepbaui \IK domino de Somberuone (2), domino de Couches (3), magistro Johanne Blancheti (4), secretario et consiliario dicti domini Ducis. Simone de Chailleyo (5). domicello. et pluribus aliis testibus ad premissa vocatis, et rogatis. (i; Jean de Marigny, élu en novembre 1363, mort le S décembre I3S7.

(i) Jean de Montagu, seigneur de Sombernon et de Malain cité plus haut.

(3) Bagues de Montagu, seigneur de Couches et de Sainte-Pereux, dtë plu^ haut.

(i) Jean Blancliet, conseiller et secrétaire du Roi et du Duc.

(5) Simon de Chaillv, damoiseau.


Et ego Johannes Descutigney, commorans apud Belnam, Eduensis diocesis publicus apostolica et imperiali auctoritate notarius, predictis accessioni, expositioni, requisitioni, responsioni, et aliis omnibus et singulis supradictis, dummodo predicta agerentur et fierent, una cum predictis testibus, et aliis presens interfui, eaque sic fieri vidi et audivi, et in hanc publicam formam redegi, signumque meum consuetum apposui huic presenti publico instrumento manu mea propria scripto, et consimili per eadem verba duplicato, ad requisitionem predictarum partium, in testimonium premissorum vocatus et romains.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 367.

LXII

Saisie de la Mairie de Dijon, par.commandement du duc Pbilippe-le-Hardi, pour abus commis dans la juridiction municipale.

1366 (mars). ·

Discrez hons et saïges sires Hugues Aubrioz à présenz bailliz du Digenois est venuz en la maison de la prison de la ville et commune de Dijon que l'a dit la Maison au Singe et ay prises les clers des huis et portes de ladite maison et s'est assis en la chaiere, en laquelle li Maieurs de Dijon ay acostume de li seoir pour tenir ses jours et ay dit en tenans unes lettres, données de monseigneur le Duc, saellées de son seel en cire roige et en queue pendent, les paroles ou semblaubles qui se ensuigvent Par vertu de ces lettres données de monseigneur le Duc et pour certain abus que li Maieurs et eschevis de la ville de Dijon hont fait, je met la maerie, la justice et jurisdicion de céste ville en la main de monseigneur le Duc et en deffans au Maieur et escheviz de ceste ville, touz esploiz et en signe de la possession d'icelle, je baille à toy Jehan de Bourges la garde des clers et des prisons estanz céanz, et à toy Jacob de Neufchastel commande de par ledit monseigneur le Duc que en signe desdites possession et main mise, tu mectes cest pennoncel es armes dudit monseigneur le Duc sur l'entrée de ceste maison. Et aussint furent ladicte garde des clers baillés audit Jehan de Bourges et li dy pennoncels mis seu ladite porte par ledit Jaquot. Et les choses dessus ansint faites le diz messire Il bailliz et baillay à mey Robert de Senevey lesdites lettres s et me demanday instrument des choses dessus dites. Présenz Huguenin, Marriot,


Chapuis, maitres Jacques et Nicholas de Rovres, maçons demorans à Dijon, Nicholas de Cerilley, Symonnot la Dant, Esthiene de Clément, de Beligney, Phelippot de Valois, touz demeurenz à Dijon et plusieurs autres. Desquelles lettres dudit monseigneur le Duc la forme s'ensuit Phelippe, fils du roy de France, duc de Bourgoigne, à notre baillif de Dijon ou à son lieutenant, salut. Il est venu nagaires à notre congnoissance que Cécile, femme Jehan Le Pointre, notre bourgeoise de Dijon, est et a esté souspeceonnée d'avoir emblé par lui ou par autre de son commandement, une grande quantité de cueuvrechiefs (1) et d'avoir fait prison privée chieuxelle et misou fait mettre à gehenne (2) une jone fille demourant avec elle et avec ce, de avoir commis et perpetré pluseurs autres crimes et maléfices, pour laquelle suspeccon, les Maire, eschevins et procureur de notre dite ville de Dijon, l'on fait prendre par nuit et mettre en prison fermée, en laquelle ils l'ont détenue par environ trois jours, sanz ly vouloir ouvrir la voie, justice, ne ly exposer les causes ou cas, pour quoy fdnsi la détenoient prisonniere; mais secretement à une part, ont dit à elle et à un sien frère notre bourgeois, demourant à Dijon, que d'illec ne partiroitjusques elle eust composé pour ce à eux, et qu'ils eussient le derrenier denier de la composition. Et que pour ce quelle ne s'y voult consentir, son dit frère composa pour elle à vint florins d'or frans, pour le commung, et à deux frans pour l'un desdiz eschevins, qui y avoit esté promoteurs de la besoingne. Après laquelle composition, ledit frère retourna vers sadite seur en la prison et lui dist qu'il lui convenoit payer lesdiz vint deux frans, ou jamais ne partiroit d'illec, laquelle encommenca griefvement à plourer et toutevoie pour doubte de mort ou de perpétuel prison, elle dit que len la laissa aler en son hostel et elle les pairoit; laquel chose l'on ne ly voult accorder, mais convint quelle baillast la cler de sarche (3) à son dit frère, pour les aler quérir et pour les païer aux dessus nommés, lequel frère le fist ainsi et parmi ce, promirent lesdiz Maire, eschevins et procureur de Dijon à ladite notre bourgeoise qu'il lui bailleroient lettres de passement et de purgation les meilleurs et les plus fors que l'en pourroient faire au dictier des saiges. Lesquelles euvres ont esté faites en grant illusion et abus de justice et au grief, dommage et préjudice de nous et évident diminucion de notre héritaige et droitures, s'il est ainsi comme à nous singulièrement en la ville et banlieue de Dijon appartiengnent et non à autre la juridiction et tout exploit de tel cas. Pourquoy nous vous mandons et commectons que au plus tost que vous pourrés, (1) Coitfes.

(9) Gêne, torture.

(S) Ellsion des deux mots: son arche, c'est-à-dire son coffre.


vous vous enformés diligemment et secrètement de et sur les choses dessus dites et les déppendences d'icelles, et que se par informacion que vous en ferés, vous trouves qu'il soint ainsi vous toute la jurisdicion de la commune de ladite ville de Dijon que tiennent et exercent à présent lesdiz Maire et eschevins prenés et tenés à notre main ryalement et de fait; et parmi ycelle notre main la exploitiés et gouvernés ou faites exploitier et gouverner par certaines et convenables personnes que vous y deputerés de par nous, sanz en faire rendue ne recréance aucune, se sur ce vous n'avez de nous espécial mandement par lettres seellées de notre seel. Et néanmoins envoyez tantost par devers nous noblement enclox soûls votre seel ladite information ou la copie d'icelle, collationnée par ung de noz tabellions avec l'avis de vous et des gens de notre conseil estans par dela, affin que tout veu, nous vous puissions ordonner en outre si comme raison et justice requerront. Et ce ne laissiez en aucune manière; et nous donnons en mandement, à touz nos justiciers et subgiez que à vous et à voz deputez en ce faisant obéissent et entendent diligemment et vous prestent et baillent ce à vous diz deputez aussi conseil, confort et aide, se mestier en avés et ils en sont requis. Donné à Paris le VIIe jours de mars, l'an de grâce mil CCC soixante six. Et eslient ainsint signés. 1 Par monseigneur le Duc, J. BLANCHET.

Collation est faite de l'original à cest transcript par Clément de Beligny, clerc dudit monsieur le bailli, et moy R. de Senevoy J. CLÉMENT.

Extrait du Protocole [n° 39] de Robert de Senevoy, tabellion de la cour de Langres, 13641367, folio 39, v. Archives départementales de la Côte-d'Or. Chambre des comptes de Dijon.

LXIII

Confirmation, par le roi Charles V, des chartes octroyées à la commune de Dijon par le roi Philippe-Auguste.

1369 (novembre).

Karolus Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis presentibus et futuris, quod cum clare memorie Rex Philippus, qui regnabat in anno Dominice Incarnationis M° centesimo octogesimo tertio, regnique sui anno quinto, homi-


nibus ville de Divione quasdam litteras in cera viridi et filis sericis sigillatas, super facto communie dicte -ville duxerit concedendum quarum quidem litterarum tenor vidimus sub hiis verbis

lu nomine sancte et individue Trinitatis. (Voir le I.)

Item alias litteras eisdem hominibus concesserit super facto predicto, regni sui octavo, formam que sequitur continentes:

In nomine sancte et individue Trinitatis. (Voir le VIII.)

Nos predecessorum nostrorum privilegiis inhérentes, ad supplicationem Majoris, scabinorum, burgensium, et habitatorum ville Divionis supradicti, predictas litteras suprascriptas, ac omnia et singula que continentur in eisdem ratificantes, approbantes, et laudantes, eas et auctoritate nostra regia, et de speciali gratia, in quantum de ipsis usi fuerint, confirmamus serie presentium litterarum. Quod ut firmum et stabile permaneat in futurum, nostrum hiis presentibus fecimus apponi sigillum, nostro et alieno in omnibus jure salvo. Datum Parisius, anno Domini millesimo CGC0 sexagesimo nono, et regni nostri sexto, mense novembris.

Per Regem ad relationem consilii, J. DE Luz.

Scellé du grand scel en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. – Imprimé dans Pérard, p. 332.– Ordonnances des Rois de France, V, 237.

LXIV

Confirmation de la charte du roi Jean par le roi Charles V.

1369 (novembre).

Karolus Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus quam futuris, nos in infra scriptas recordationis inclite carissimi domini progenitoris nostri vidisse litteras, formam que sequitur continentes Jehan par la grâce de Dieu roy de France. (Voir le n° LXI.)

Quas quidem litteras supra transcriptas ac omnia et singula contenta in eisdem prout superius sunt expressa laudantes, approbantes, ratiricantes et volentes eas et ea ex nostra auctoritate regia regiaque potestatis plenitudine et de speciali


gratia quathenus ad nos spectat et in quantum de ipsis et in eorum conlentis, Majores, scabini et habitatores dicte ville Divionensis usi fuerunt temporibus retroactis ad eorum supplicacionem et requestam confirmamus serie presentium litterarum nostro et alieno in omnibus jure salvo. Quod ut firmum et stabile permaneat in futurum, nostrum hiis presentibus fecimus apponi sigillum. Datum Parisius anno Domini millesimo CCC"° sexagesimo nono, mense novembris, regni vero nostri anno sexto.

Per Regem ad relationem consilii, J. DE Luz.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé Ordonnances des Rois de France, V, 238.

LXV

Commandement du duc Philippe-le-Hardi, aux commissaires réformateurs de la justice en Bourgogne, de respecter les droits de justice de la ville de Dijon.

1381 (16 novembre).

Philippe fils de roy de France, duc de Bourgoingne.A nos amez etféaulx conseillers Maistre Dreue Philipe et Jehan de Foissy, nostre bailli de La Montaigne et à chacun d'eulx, si comme à luy appartiendra, salut et dilection. Savoir vous faisons que nous avons receue la requeste civile des Mayeur, eschevins et commune de nostre ville de Dijon, contenant que comme priviléges confermez de nous et de nos prédécesseurs dux de Bourgoingne,et par usaige, ilz aient toute jurisdiction, et d'icelle aient joy et usé en nostre dicte ville et en la banlieue d'icelle, et sur les habitants de ladicte ville et banlieue, senz que autre y ait aucune jurisdiction et cognoissance, fors nous en cas de souveraineté et de ressort et nostre chancelier à cause nostre scel et des cas à nous appartenant. Néantmoins, vous qui vous dites réformateurs ordonnez de par nous, en nostre pays de Bourgoingne, vous estes efforciez et efforcez de jour en jour de cognoistre en ladicte ville et banlieue, de plusieurs cas dont la cognoissance appartient et doit appartenir aux diz supplians. Et faites, comme réformateurs, plusieurs exploiz encontre lesdiz supplians et leurs privilèges, senz ce que vous leur aiez voulu, ne voulez monstrer vostre povoir ou commission, ne faire les renvois de cas ou


causes appartenant auxdiz supplians, combien que deuement en aiez ésté requis. Lesquelles choses sont ou très grant préjudice et dommaige d'iceulx supplians et de leurs privilèges et usaiges, si comme ilz dient, supplient que sur ce leur vaillons pourveoir de remède convenable. Pourquoy, nous qui voulons tousjours justice estre faite et gardée, vous mandons que doresenavant vous cessez et desistez entérinement de cognoistre et pranre cognoissance des cas desquieulx la cognoissaaoe leur doit appartenir; et saucune chose a esté faite par vous au contraire, nous voulons qu'il soit réputé pour non fait et pour non advenu, et qu'il ne tourne à préjudice desdiz supplians ne de leurs priviléges. Et ou cas que àêb?.i seroit d'aucuns cas desquieulx vous diriez la cognoissance à vous appartenir et lesdiz Mayeur et eschevins diroient le contraire, nous voulons que nosh-e gouverneur de nos païs de Bourgogne cognoisse et déclaire à qui la cognoissance en devra appartenir, et ad ce le commectons par ces présentes. Donné à Melun le XVI" jour de novembre, l'an de grâce mille CCC quatre vins et un. De par Monseigneur le Duc, signé J. LE MOL.

Scellé en cire rouge à simple queue de parchemin pendante.

Nous, les généraulx refformateurs ordonnez de Monseigneur le Duc en son pays de Bourgogne, faisons savoir que le cas dont au jour de huy Guillaume Langeolet de Talent demeurant à Dijon et Jehannotte sa femme, de l'auctorité d'icelluy son mari, avoient fait appeler et convenir par devant Nous à Dijon Oudot Bruchiole, Perrenotte, femme de feu Estevenin Gateaul et Jehan de Marandeuil de Dijon, nous renvoions ensemble les parties par devant le maire de Dijon à venredy prochain, en tel estat comme ilz devoient estre au jour de huy par devant nous. Donné à Dijon judicialement lesdites parties présentes, le juesdi après les Bordes, l'an mil CCC HII" et uug. Signé P. DE Dommartin. Original Archives de la ville de Dijon, Cl, Juridiction de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 396. Mémoire pour les vicomte-mayeur, éehevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.


LXVi

Arrêt du Parlement de Paris, portant ratification d'an accord entre le duc Philippe-le-Hardi et la commune de Dijon, au sujet des priviléges et de la juridiction.

1386 (14 juillet).

Karolus Dei gratia Francorum rex, universis presentes litteras inspectons, salutem. Notum facimus, quod de et super certis controveisiis et debatis in nostra parlamenti curia, inter carissimum patruum nostrum ducem Burgundie ex una parte, et Majorem, scabinos et communitatem ville Divionensis ex altera motis etpendentibus inter dictas partes, de licentia dicte nostre curie, tractatum, concordatum et pacificatum extitit, prout in quadam cedula ab eisdem partibus seu ipsarum procuratoribus inferius nominatis dicte curie nostre unanimiter et concorditer tradita continetur; cujus cedule tenor sequitur sub hiis verbis Comme certains plaiz et procès feussent meuz et pendans en la court de Parlement, entre le procureur de hault et puissant prince Monseigneur le duc de Bourgoingne, demandeur, d'une part, et les Maire, et eschevins, bourgoys et habitans, et plusieurs singuliers habitans de ladite ville de Dijon, deffendeurs d'autre part; sur ce que le procureur dudit Monseigneur le Duc disoit, que icelluy Monseigneur le duc estoit seigneur en demaine de ladite ville, et que lesdiz Maire et eschevins qui ont certains priviléges à eulx octroyez par les prédécesseurs dudit Monseigneur le Duc, ne peuvent, ne ne doibvent aulcune chose entreprendre contre les nobleces, seigneuries, et droiz dudit Monseigneur le Duc,et que se aulcune chose ont entrepris contre la seigneurie, ils en devoient estre puniz, et contrains à cessier, et que ce nonobstant, lesdiz Mairs, eschevins et singuliers, en abusant de leurs privileiges, avoient entrepris contre raison et la teneur d'iceulx privileges, en plusieurs manières contre la seigneurie et droiz dudit Monseigneur le Duc, es articles qui cy après seront plus à plein éclairez; pourquoy concluoit ledit procureur, que pour raison desdits abuz et excès, lesdiz Maire et eschevins eussent forfaiz touz leurs priviléges; que la commune de ladite ville fust dissolue, et que la justice de ladite ville demeurast à plain en la main dudit Monseigneur le Duc, et fussent lesdits défendeurs condamnez en grosses amendes envers ledit Monseigneur le Duc, et en ses dommages, et intérêtz, et despens; en faisant plu-


sieurs autres conclusions déclairées es escriptures sur ce baillées par manière demémoire par ledit procureur en ladite court de Parlement. Lesdiz défendeurs disans qu'ils estoient noblement fondez en corps et en commune par les prédécesseurs dudit Monseigneur le Duc, qui leur avoient donnez et ottroiez leurs privileiges, franchises, et droiz, desquel ils avoient joy et usé depuis le temps de leur fondation, de si longt-temps qu'il n'estoit memoire du contraire, et outre avoient plusieurs usaiges, coustumes, possessions, et saisines plus larges que leurs priviléges ne contiennent. Lesquels privileiges, franchises, coustumes,. usaiges, possessions, et saisines, ledit Monseigneur le Duc avoit promis tenir et garder. Disoient outre que es faiz et articles desquels ils estoient poursuis par le procureur dudit Monseigneur le Duc, ils avoient bien et deument usé, sans méffaire ne offendre contre la seigneurie, droiz et nobleces dudit Monseigneur le Duc, en proposant plusieurs autres faiz et raisons, concluans, affin que ledit procureur ne feist à recevoir, ou qu'il n'eust cause ne action de faire les demandes, requestes, et conclusions par luy faictes, et que lesdits deffendeurs en fussent absols, avec autres conclusions plus à plain déclairées es mémoires baillez par lesdits défendeurs pardevers ladite court.

Finalement, par le moyen des gens du conseil dudit Monseigneur le Duc, et pource que lesdiz Maire, eschevins, habitans, et singuliers veulent tousjours demeurer en la bonne grâce et obéïssance dudit Monseigneur le Duc, duquel et de ses prédécesseurs ils sont fondez, et d'eulx ont les privileges, franchises et libertez, desquels ils usent et ont usé. Pour bien de paix, et nourrir bonne amour entre ledit Monseigneur le Duc leur seigneur, et lesdits Maire, eschevins, habitans ses subjez, traittié est accordé entre lesdites parties, s'il plaist à ladite court de Parlement, en la manière qui s'ensuit.

Premièrement, sur ce que ledit procureur disoit, que ledit Monseigneur le Due, qui est fils de Roy, pouvoit user de prinse de vivres, et autres choses nécessaires en son hostel, en ladite ville de Dijon, et ailleurs, et que ce nonobstant lesdiz Maires et eschevins avoient entre eux ordonné, que quiconque seroit Maire de ladite ville de Dijon, il seroit tenuz de pourchacier à ses périls et despens, que tout ce qui seroit prins de par ledit Monseigneur le Duc en ladite ville seroit rendu et payé à tous ceulx à qui il auroit esté pris, et que le Maire en feroit faire satisfaction. Disoient outre, que lesdiz Maire eschevins n'avoient pas puissance de faire ordonnances ne estatuz, sans licence et auctorité dudit Monseigneur le Duc, et que ils avoient ordonné sans sa licence; que se aulcun se faisoit partie pour estre Maire de ladite ville, et il failloit à estre esleu à Mairie, il paieroit à


ladite ville cent livres tournois, et que aucun ne pourroit estre Maire de ladite ville, se il n'estoit si riche, qu'il peust rendre à ycelle ville tout le dommaige que elle encourroit, se ladite Mairie estoit mise en la main du seigneur, par quelconque cause que ce feust, et que se ladite Mairie estoit mise en la main du seigneur, tous les biens du Maire seroient mis en la main de ladite commune, jusques à tant que la main du Seigneur en feust levée. Et outre, ordonnèrent lesdiz Maire et eschevins, que aulcun advocat plaidant pardevant eulx, ne pourroit demander salaire, ne pranre prouffit, se la partie ne luy donnoit voluntairement. Et avoient fait plusieurs autres constitucions et estatuz, contre raison et le bon gouvernement de ladite ville, en préjudice dudit Monseigneur le Duc, et de ses droiz et nobleces. Lesdiz Maire, eschevins, et habitans disant, que tant de raisnn comme par leurs privilèges, coustumes et usaiges, ils povoient faire constitucions, statuz et ordonnances raisonnables et prouffitables pour le gouvernement de ladite ville, et que ils tenoient les ordonnances, constitucions, et statuz yci recitez, et autres par eux faiz, estre prouffitables pour ladite ville et bon gouvernement d'icelle. Accordé est que les ordonnances constitucions et estatuz dessus recitez, seront mis au néant, et n'en useront doresnavant lesdiz Maire, eschevins et habitans, ne aucuns singuliers d'iceulx, ne autres. Derechief, sur ce que ledit procureur disoit, que ledit Monseigneur le Duc, à cause de son héritage et domainne, prend chascun an certaine redebvance en ladite ville de Dijon, appelée les mars et que lesdiz Maire et eschevins ne povoient aucun afranchir de ladite redevance, ne aussi des tailles, aydes, et subvencions ayans cours en ladite ville, et que lesdiz Maire et eschevins avoient afranchy plusieurs des singuliers habitans de ladite ville, tant de ladite redevance des mars, comme des tailles et subvencions qui avoient cours en ladite ville. A quoy respondoient lesdiz Maire et eschevins, que onques n'avoient aucun afranchi de ladite redevance des mars, deuë audit Monseigneur le, Duc; mais bien estoit vray, que des tailles et subvencions qui avoient eu cours en ladite ville, lesdiz Maire et eschevins avoient afranchy, ou faict tenir quittes aucuns des habitans singuliers d'icelle ville, tant pour les services par eulx faiz à ladite ville, comme pour plusieurs autres justes causes; et que ce povoient faire lesdiz Maire et eschevins licitement, par la teneur de leurs dits privileges. Accordé est, que les afranchissements dessusdits, tant des mars, se aucuns en ya, comme des tailles et subvencions de ladite ville, donnez par lesdiz Maire et eschevins, seront mis à néant, et n'en useront doresnavant lesdiz Maire et eschevins, se cj n'est par le congié dudit Monseigneur le Duc et de ses successeurs.


Item, disoit ledit procureur, que lesdiz Maire et eschevins, et singuliers habitans, avoient fait et fait faire plusieurs édifices et empeschemens en plusieurs places communes estans en ladite ville, en grant dommaige et préjudice dudit Monseigneur le Duc, et de la chose publique; lesdiz Maire et eschevins disans, qu'ils ne sçavoient pas aucuns édifices ou empeschemens, avoir esté faiz par eux, ou de leur commandement, qui ainsi feussent préjudiciables. Accordé est que mondit seigneur le Duc deputera aucunes bonnes personnes en ce congnoissans, qui visiteront lesdits édifices, places et empeschemens, se aucuns en y a qui soient en trop grant préjudice de lui, et de la chose publique; et se ils treuvent que ainsi soit, feront oster l'empechement, reparer l'euvre, et remettre en estat deu et s'il n'y a grant dommage ou préjudice, les euvres et edifices demoureront en l'estat qu'ils ont esté et sont.

En outre, disoit ledit procureur, que lesdiz Maire, eschevins et haîûtans estoient tenus de mettre en bon estat, et soustenir à leurs despens la forteresse de ladite ville, en laquelle convenoit faire plusieurs grandes réparations, desquelles faire lesdiz Maire, eschevins et habitans estoient négligens si requéroient, que par eulx feussent faites; lesdiz Maire, eschevins et habitans disans, que ladite forteresse estoit en estat convenable, et que s'il y falloit aucune réparation, les gens d'église, nobles, et autres tenans et possedans héritages en ladite ville, y devoient contribuer. Accordé est, que par l'ordonnance dudit Monseigneur le Duc, et, de son conseil, lesdiz Maire, eschevins, et habitans et touz autres, qu'il appartient de raison et usaige, doivent contribuer aux réparations de ladite forteresse, la mettront en bon estat, se elle n'y est, et doresnavant contribueront aux réparations qui à ce seront nécessaires. Et aussi, lesdiz Maire, eschevins et habitans, et tous autres qu'il appartient de raison et d'usaige, selon l'ordonnance dudit Monseigneur le Duc ou de son conseil, contribueront aux frais nécessaires pour mondifier ou nestoier ladite ville, les rues et places d'icelle, et les chemins communs qui sont environ ladite ville, durant la banlieuë d'icelle, ensemble les ponts et ponciaulx estans en ladite ville et banlieuë.

Derechef, disoit ledit procureur, que lesdiz Maire, eschevins, et habitans avoient receu plusieurs grans sommes de deniers, pour tailles, aides et subvencions imposées et levées en ladite ville, tant sur les habitans d'icelle, comme sur autres personnes, pour cause de ladite forteresse, et autres faiz de ladite ville, desquel deniers, ceulx qui les avoient receuz, n'avoient pas compté, mais avoient retenu grand partie d'iceulx deniers, en préjudice dudit Monseigneur le Duc, et


de ladite ville. Si requéroit ledit procureur, que les comptes en fussent renduz, et les rentes qui en seroient deues. Lesdits defendeurs disans, que à eulx en appartenoit oïr le compte, et que les receveurs en avoient compté, et se compte n'en avoient, ils en compteroient pardevant lesdiz Maire et eschevins, Accordé est, que ceulx qui ont receu les deniers déssusdits, depuis trante ans derreinerement passez, ou leurs hoirs et ayans cause, en compteront devant certains commissaires, que ledit Monseigneur le Duc y deputera, qui orra lesdiz comptes, présens deux ou trois bonnes personnes de ladite ville, telles que lesdiz Maire, eschevins esliront, s'il leur plaist et se lesdiz receveurs, leurs hoirs, et ayans cause, sont trouvez debvoiraucunes restes, ils seront contrains de païer et seront les deniers convertis au prouffit de ladite ville, et ainsi sera faict doresnavant, quant ceulx qui pour ladite ville recevront aucuns deniers. Et ne pourront lesdiz Maire, eschevins, et habuans imposer,,ne lever doresnavant aucune taille, ayde, ou subvencion en ladite ville, sans le faire savoir premièrement au bailli de Dijon ou à son lieutenant, qui pour le temps sera en son absence, afin que l'un d'eulx y soit présent, s'il lui plaist, pour savoir tout le fait, et que aucun desdiz habitans ne soit chargié outre raison.

Item, disoit ledit procureur, que de raison et d'usage notoire, lesdiz Maire et eschevins ne povoient, ne ne devoient donner sauvegarde generaulx, et que ils en avoient donné à plusieurs notables personnes contre la teneur de leurs privilèges et en abusant d'iceulx; a quoy respondoient lesdiz Maire et eschevins, qu'ils les povoient bien donner, veuz leursdiz privileges, et que ainsi en avoint usé. Accordé est, que doresnavant lesdiz Maire et eschevins ne donneront telles sauvegardes à quelque personne que ce soit, et celles qu'ils ont données, sont mises au néant..

Disoit oultre ledit procureur, que lesdiz Maire, eschevins ne povoient recevoir contraulx convenables, ne obligations, se n'estoient eux estant en jugement, exerçeans faiz judiciaires, et que en plusieurs cas leurs clercs et jurez y avoient fait le contraire; si requéroit que tout ce qu'ils en avoient fait, feut mis au néant, qu'ils feusent condempnez à en cesser, et à l'amander. Lesdiz defendeurs disans, que attendu qu'ilz ont la justice haute, moyenne et basse en ladite ville et banlieuë, et qu'ils sont fondez par privileges comme dit est, ils povoient recevoir lesdites obligacions, procurations; et convenances, tant en jugement comme dehors, et que ainsi en avoient usé. Accordé est, que doresnavant lesdiz Maire, eschevins, et bourgoys de Dijon ne useront des choses dessusdites, fors eulx estans en jugement, comme dit est.


Disoit oultre ledit Procureur, que ledit Monseigneur le Duc estant pieça en son chastel de Rouvre, lesdiz Maire et eschevins avoient baillé par escript une supplication pardevers ledit Monseigneur le Duc, contre lesgens de son conseil, en les chargant de le avoir esmeu contre lesdiz Maire, eschevins et habitans yceulx Maire, eschevins et habitans disans que ils u'avoient oncques eu propos de chargier ou blasmer pour ladite supplication, ne autremant, les gens de son conseil laquelle supplication fut veue par ledit Monseigneur le Duc, par la quelle luy est apparu qu'elle esloit injurieuse contre l'onneur de sesdites gens. Item, disoit ledit procureur, que lesdiz Maire, eschevins, et plusieurs singuliers de ladite ville, de leur volunté, de fait, avoient abatu et desmoli ou temps passé grand partie des édifices et murs du chastel de Dijon appartenant audit Monseigneur le Duc, prins les pierres et autres matières dudit chastel, et les appliquer à leur singulier prouffit, en grand dommaige dudit Monseigneur le Duc si requeroit ledit procureur, qu'il en fust desdommagiez et lesdiz deffendeurs condempnez à l'amender. A quoi respondoient lesdiz deffendeurs, qu'ils ne vouloient point soustenir que lesdiz édifices et murs peusscnt démolir; et toutefois, se aucuns desdiz habitans avoient en ce offendu, l'amende ne povoit estre pour chascune fois que de soixante et cinq sols, par les privileiges de ladite ville. Accordé est, tant sur cet article, comme pour touttes les entreprises faites par lesdits delfendeurs, ou aucuns d'eulx, ou préjudice dudit Monseigneur le Duc, de ses seignGuries, droits et noblesses, comme pour ses dommaiges et interests par luy soutenus pour occasion des faiz dessusdits, comme aussi pour les fraiz et despens qu'il a fais en la poursuite desdiz procés, et autreman!; que lesdiz Maire, eschevins et habitans paieront audit Monseigneur le Duc à sa volunté, la somme de huit mile frans d'or, et parmi ce demoureront lesdiz deffendeurs quittes et delivrés de toutes les choses dessusdites. Et en tant que la main dudit Monseigneur le Duc, qui estoit mise à la Mairie de ladite ville de Dijon pour les causes decsusdites, ou autres, ladite main est levée au proufit desdiz Maire, eschevins et habitans.

Item, sur ce que lesdiz Maire, eschevins et habitans ont supplié audit Monseigneur le Duc, qu'il leur veuille confermer leurs chartres et privileiges yceux Sf&ire, eschevins et habitans mettront lesdites chartre et privileges es mains de messire Jehan Potier, arcediacre de Lengres, conseiller et secretaire dudit Monseigneur le Duc, à ce par ledit Monseigneur le Duc commis et député lesquelles chartres et privileges ledit Monseigneur le Duc confermera par ses lettres, en tant que lesdiz Maire, eschevins et habitans en ont deuement usé. Et dès main-


tenant les parties se partiront de court et à tenir ce présent accord seront condempnez par arrest, et veuillent et consentent lesdites parties, que par ce présent accord, tous ceulx et celles qui estoient adjournez en parlement, pour reprendre ou délaissier les procés et arremans desdites causes qui n'ont point reprins, et autres quelxconques qui estoient en ce procés, et à qui ce touche; et touttes les parties dessusdites sont hors de court et de tout procés, sans despens et sans amende.

Qua quidem cedula, sic ut predicatur, dicte curie nostre tradita, ipsa curia, consentientie ad hoc procuratore nostro generali pro nobis ad omnia et singula superius contenta tenenda, complenda, ac firmiter et inviolabiliter observanda, partes predictas, et earum quamlibet, prout unamquamque ipsarum tahgit seu tangere potest, ad requestam, et de consensu magistrorum Petri de Tornodoro, dicti patrui nostri procuratoris, ex una parte, et Hugonis Virtuosi, Majoris dicte ville Divionensis, pro se propter hoc in dicta curia nostra personaliter presentis, nec non Aymonis de Vesoul, et nomine procuratoris scabinorum et communitatis dicte ville Divionensis, virtute certorum procuatorium penes dictam curiam nostram existentium ac etiam procuratorii inferius inserti, ex altera per arrestum condempnavit, et condempnat, eaque ut arrestum ejusdem curie teneri, compleri et observari, ac executioni demandari voluit et precepit, manumque dicti patrui nostri in Majoria dicte ville Divionensis appositam, dicta curia nostra levavit atque levat, si sit opus, secundum cedule supra dicte tenorem et formam.

Tenor vero procuratorii, de quo superius fit mentio, sequitur sub hiis verbis A tous ceulx qui verront et ourront ces présentes lettres.; nous le Maire, les eschevins, et toute la commune de Dijon, pour ce au cor et au cry, si comme il est accoustumé, especialement assemblez au cimetiere de Saint-Benigne de Dijon, le dyemoinge après la feste de la Nativité saint Jehan Baptiste, l'an mil CCC HII" et six, salut Savoir faisons, que nous, tant conjointement comme divisément, sans rappeler nos autres procureurs, avons fait, constitué, ordonné et estably, et par la teneur de ces présentes lettres faisons, constituons, ordonnons, et establissons nos procureurs généreaulx, et certains messaiges espéciaulx, nos chiers et bien-amez honorables hommes, et saiges, maistre Aymé de Vesoul, maistre Pierre de Tournerre, maistre Nicole de l'Espoisse, maistre Laurent Lami, maistre Guillaume de la Bruyère, maistre Laurent Sourreauî, maistre Raoul Drobille, maistre Raoul Rahyer, maistre Guy de Villers, maistre Jehan Poupart, maistre Thomas Laurent, tous procureurs en parlement du roy nostre Sire à


Paris, et Phelippe Courtot de Dijon, et un chacun d'eulx, un seul pour le tout, porteur ou exhibeur de ces présentes lettres, en telle manière, que la condition de l'occupant ne soit meilleure du subséquent, ou preur, mais ce que par l'un d'eulx sera encommancié, par l'autre puisse estre poursui medié, terminé, et mis à fin en toutes nos causes, querelles et besoingnes meues et pendans en la court de Parlement du Roy nostre sire, contre quelconque seigneur ou personne que ce soit; ausquels nos procureurs cy-dessus nommez, et à un chacun d'eulx, en seul et par le tout, nous lesdiz constituons tant conjointement comme divisément, avons donné et donnons par ces présentes, plénière, général et libérale puissance, auctorité, avecque mandement espécial, de faire les choses cy-après narrées, escriptes et devisées. C'est à savoir, de passer, octroyer, consentir, et accorder en ladite court de Parlement du Roy nostre sire à Paris, les prononciations et rapors faits et à faire par nostre très redoubté seigneur Monseigneur le duc de Bourgoingne, et iouttes les pactions, traittez, acords et convencions par nous et noz procureurs, par nous et en noz noms, tant ceulx nommez en ces présentes, comme autres faiz et à faire, parmi le bon plaisir, licence, et consentement de ladite court de Parlement du Roy nostre sire, de tous débaz, questions, querelles, pïaoès, controverses, et descors estans meuz et pendans en ladite court de Parlement, entre le procureur, et en nom de procureur de nostredit seigneur Monseigneur le duc de Bourgoingne, adjoint avec lui le procureur du Roy nostre sire, d'une part; et nous lesdits constituans, tant conjointement comme divisément, d'autre part entre les religieux, abbé et couvent du monastère de Saint-Bénigne de Dijon, adjoints avec eulx lesdits procureurs du roy nostre sire, et de nostredit seigneur Monseigneur le Duc de Bourgoingne, d'une part et nous lesdits constituans, tant en commun comme en particulier, d'autre part; et aussi entre vénérables, sâiges et discrettes personnes, doyen et chapitre d'Ostum, d'une part; et nous lesdits constituans, d'autre part de procurer dot, pourchassier la licence et consentement de ladite court de Parlement, et icelle obtenir, et de renoncer du tout en tout esdits procès et départir d'iceulx, et de ladite court, et généralement de faire, octroyer, consentir, passer, et accorder touttes autres et singulières choses, que nous lesdits constituans, tant conjointement comme divisément, et tant en particulier comme en commun, ferions, et faire pourrions et devrions es choses dessusdites, les circonstances et dépendances d'icelles, se présens y estions en nos propres personnes, mesmement se auculne chose y a qui de sa nature requere mandement et commandement especial. Promettans, nous lesdits constituans, et chascun de nous, partant comme il lui touche et appartient, peut


toucher et appartenir, conjointement ou divisement, par nos sermens, les mains tendues et levées hault contre les saints, et soubs l'ypote &-|tM et obligation des biens de notre dite commune, présens et advenir quelxcc^es, avoir et tenir ferme, estable, et agréable, tout ce que par nosdits procureurs, et chascun d'eulx sera faict, dit, procuré, octroyé, consenti, passé, et accordé es choses dessusdites, les circonstances et dépendances d'icelles, ester à droit, et payer l'adjugier se mestier est, et nosdits procureurs, et chacun d'eulx relever de touttes charges de satisfaction. En tesmoing de laquelle chose nous avons faict mettre à ces présentes le seel de notre dite commune. Faites et données en présence de Regnault Darvez, de Jehan Yverneaul, Jehan Pointquarrey, Mathe Malpaie, Parisot, Bourgeois, et Demoingeot Pointquarrey, demeurans à Chastillon sur Seigne. Tesmoings à ce appelés et requis l'an et le jour dessusdit.

In cujus rei testimonium, sigillum nostrum presentibus litteris duximus apponendum. Datum Parisius, in Parlamento nostro, decima quarta die julii, anno Domini millesimo CCC° octogesimo sexto. Concordatum in curia. Signé JOUVENCE.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 394. Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°. Mémoire pour l'administrateur général des domaines contre les maire, échevins, etc., de la ville de Dijon, 1786, in-fol.

LXVII

Confirmation, par le roi Charles VI, des lettres des rois Philippe-Auguste, Jean et Charles V, octroyées aux habitants de Dijon.

1390 (mai).

Karolus Dei gratia Francorum rex notum facimus universis presentibus pariter et futuris nos vidisse litteras formam que sequitur continentes Karolus Dei gratia Francorum rex. (Voir le LXIII.)

Item quasdam alias quarum forma talis est

Karolus Dei gratia Francorum rex. (Voir le n° LXIV.)

Quas quidem litteras supra scriptas ac omnia et singula que continentur in eisdem ratificantes, approbantes et laudantes eas et.ex auctoritate nostra regia et


de speciali gratia in quantum de ipsis Majores, scabini et habitatores dicte ville Divionensis usi fuerunt pacifice et utuntur, confirmamus serie presencium litterarum. Quod ut firmum et stabile perseveret in futurum, nostrum hiis presentibus fecimus apponi sigillum, nostro et atieno in omnibus jure salvo. Datum Parisius in mense msii, anno Domini millesimo trecentesimo nonagesimo et regni nostri decimo. <

Per Regem ad relationem consilii, TUMERY.

Visa contentor Freron.

Scelié en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé Ordonnances des Rois de France, VII, 341.

LXVIII

Concession d'armoiries faite par le duc Philippe-le-Hardi à la commune de Dijon. 1391 (septembre).

Phelippe, fils de roy de France, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, sire de Salins, conte de Rethel, et seigneur de Malines; savoir faisons à tous présens et avjnir, que nous, qui avons vraye congnoissance de la bonne loyauté et parfaitte amour que noz bien-amez les habitans et commune de notre bonne ville de Dijon ont toujours eu à nous, ont pour le présent, et esperons que tous dis auront, en considération aux bons services et plaisirs:que yceulx habitans et commune nous ont faiz, despuis que nous venismes premiers à la seignorie de nostre duchié de Bourgoingne, jusques à ores; voulons monstrer que nous avons congnoissance des choses dessusdites, et en donnant à eulx bonne volenté de tousjours mieulx faire, pour plus honorer ladite ville, et les habitans et commune d'icelle, à yceulx habitans et commune avons octroié, et par ces présentes octroyons, que es armes ou enseigne de ladite ville, qui est un escu de gueles tout plain, lesquelles il ont accoustumé anciennement de porter, ils puissent mettre ef porter perpétuement, en bataille, et dehors, en tous les lieux où il leur plaira estre, mettre, ou porter leursdites armes ou enseigne, un chief de nos propres armes, à perpétuel honneur et


decorement d'icelles (1). Si donnons en mandement à nos amez et fealx mareschal et seneschal, et à touz noz autres justiciers, officiers, présens et advenir, et à leurs lieutenans, que, de notre présente grace et octroy, laissent et souffrent user paisiblement lesdiz habitans et commune; car ainsi nous plait-il estre fait, et ausdits habitans et commune l'avons octroyé, et octroyons, par ces présentes de grace espécial, et de nostre certaine science. Et que ce soit ferme chose à tousjours, nous avons fait mettre notre seel à ces lettres. Données à Rouvre le vingt deuxiesme jour du mois de septembre, l'an de grace mil trois cent quatrevingt et unze.

Par Monseigneur le Duc, J. LE MOL.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. – Imprimé dans Pérard, p. 381.

LXIX

Main-levée de la Mairie de Dijon par le bailli de Dijon.

1396-97 (13 mars).

En nom de notre Seigneur, amen, l'an de l'incarnation d'icellui courant mil trois cens quatre vins et seze, le trezieme jour du mois de mars environ dix heures avant midi dudit jour, en l'église des Jacobins de Dijon, ou lieu où l'on a accoustumé apaller, faire et traictier les besoingnes de ladite ville par les Maire et eschevins d'icelle, ou quel lieu estaient le plus grand partie des bourgeois et habitans de ladite ville de Dijon, en la présence de moy Jehan Lebon de Dijon, clerc, coadjuteur du tabellion dudit lieu pour Monseigneur le duc de Bonrgoingne et des tesmoings cy apres escrips; honorable homme GuillaumeChenilly, lors gouverneur de la Marie, justice et exercité d'icelle ville de Dijon, pour et en nom de mondit seigneur Duc estant, laquelle Marie, justice et exercité d'icelle, estoit en la main de mondit seigneur ycellui Guillaume Chenilly par vertu de (1) Les armoiries de la ville de Dijon étaient ainsi blasonuées De gueules au chef parti, au premier d'azur sernéde fleurs de lys d'or à la bordure componnde d'argent et de gueules, qui était Bourgogne moderne; au second, bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules, qui était Bourgogne ancienne. L'étendard dont la milice bourgeoise se servait au temps de Plillippe-le-Bon portait brodé sur le champ de gueules, un pampre d'or feuillé de sinople, au raisin de sable.


certaines lettres à lui adressans de discrote personne et saige messire Jehan de Verranges, clerc licencié en lois et en décret, bailli de Dijon, fit restablissement de ladite marie, justice et exercité d'icelle aux dis habitans et bourgeois, illec présens et recevant ou nom et au prouffit d'icelle ville et commune et en leva ycellui Guillaume et osta la main de mondit seigneur, mise en ycelle marie, rendit l'esvangile dénotant la justice d'icelle ville et seel aux causes de la court de ladite marie, lesquelx seelx et esvangiles, il bailla de fait, réaiment à honorable homme, maistre Odart Douhay, en soy desmetant et hostant du tout en tout, en nom de mondit seigneur dudiz gouvernement et exercité d'icelle marie. Lesquelx seelx et esvangiles, ycellui maistre Oudart prit et accepta ou nom, prouffit et honneur de ladite ville. De ce surquoy Guyenot de Marandeul, procureur et en nom de procureur de ladite ville et commune de Dijon, demanda à moy ledit Jehan à lui estre fait publique instrument, soubs le seel de la court de Monseigneur le Duc de Bourgoiugne. Auquel Guenot je lui octroya. En tesmoing de laquelle chose je li dis Jehan Le Bon, ay requis et obtenu le seel de ladite court, estre mis ad ces présentes lettres, faietes et passées en ma présence, de messire Henri le Barrouhier, chevalier, maistres Hugues le Vertueux, Pierre de Jalletanges, Jehan Baudot, Nicolas de Chevigny, et Guiot de Corpssains, tesmoins ad ce appellés et requis, l'an, mois, jour, heure et lieu dessus dis. J. LE BON.

Original: Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune.

LXX

Déclaration du duc Jean-sans-Peur touchant les privilèges de la ville.

1404 (13 juin)

Jehan, duc de Bourgoingnc, conte de Nevers, et baron de Donzy; à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons, que comme pour recevoir et recueillir plus grandement et plus honorablement les prélaz, barons, et autres gens d'église et séculiers, qui ce lundy prouchain, seront aux obsèques de feu nostre très-chier seigneur et père, cui Dieu perdoine, nous avons entention au plaisir de nostre Seigneur, d'aler, et lors entrer en notre ville de Dijon auquel jour, tant pour ce que l'office sera long, comme pour la presse des gens qui y


seront, nous ne pourrions bonnement faire le seiiement que noz prédécesseurs ducs de Bourgoingne, ont accoustumé de faire à leur première et nouvelle entrée en notredite-,ville, selon les previleges et'libertez d'icelle Nous qui voulons garder et maintenir lesdits privileges de nostre dite ville, voulons, et aux Maire et eschevins d'icells avons octroyé et accordé, octroyons et accordons par ces présentes, que l'entrée que nous ferons iceluy jour en nostre dite ville, sans jurer leurs priviléges, comme dict est, neleur soit, ou tourne àaulcun préjudice, ne en diminution de leurs dits privileges. En tesmoing de ce, nous avons faict mettre nostre scel à ces présentes. Donné à Chanceaulx (1) le XIIIe jour de juing, l'an de grâce mil quatre cent et quatre.

Par Monseigneur le Duc, LENGRET.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et.j'ranckises de la Comm.nne. Imprimé dans Pérard, p. 387.

LXXI .>-

Confirmation des privilèges de la commune par le duc Jean.

1404 417 juin).

Jehan duc de Bourgoingne, comte dé Nevers, et baron de Donzy savoir faisons à touz présens et à venir, que aujourd'hui, en l'église de Monseigneur Saint Bénigne, devant le grand hauttel d'icelle, Nous les libertez, franchises, immuuitez, chartres, previleges, et confirmations d'icelles, données et octroyées par noz prédécesseurs dux de Bourgoingne, aux Maïeur, eschevins, commune et habitans de notre ville de Dijon, si comme elles sont escriptes es lettres desdits previleges, avons juré et promis devant Dieu, et aux saints Evangiles, tenir, garder, et observer fermement, et par noz officiers faire tenir, garder et observer sans corrompre, et sans jamais par nous ne par autres souffrir, ne l'aire venir à l'encontre. Et avecque ce lss avons loüées et confirmées, louons et confirmons par ces présentes, et voulons que nos héritiers et successeurs, et les ayans cause de nous en notredit Duchié, les jurent semblablement, quand ils venront première^(1) Bourg du canton de Flavigny, arrondissement de Semur, CÔte-d'Or.


ment au gouvernement d'icellui Duchié, se requis en sont (1). Et lesdiz Maieur, eschevins et habitans, lors estans en nostre présence en ladite église, nous ont aussi promis et juré estre noz vraiz et loyaulx subjez et obéissans, et nous garder, et faire garder, et rendre de leur povciïr toutes nos droictures que nous avons en nostre dite ville et banlieuë de Dijon, et nous rendre vraye et dehuë obéissance. Et afin que ce soit ferme chose et estable à toujours nous avons fait mettre à ces présentes notre scel, duquel avant le trespas de feu notre très-redoubté seigneur et père, cui Dieu pardoint, nous usions et encore usons. Donné en ladite église de Saint-Bénigne, présent nostre très-chier et très-amé fière Phelippe de Bourgoingne (2), nostre très-chier et très-amé cousin messire Artus de Bretaigne conte de Richemont (3), Révérenz Pères Dieu l'évesque d'Ostun (4), l'évesque de Touruay (5), l'évesque ris Nevers (6), l'abbé de Cisteaux (7), l'abbé dudit SaintBénigne (8), nos amez et féaulx cousins messire Jehan de Chalon, seigneur d'Arlay et prince d'Orange (9), messire Guillaume de Vienne, seigneur de Saint(1) Les maire et éehevins avaient, quelques jours auparavant, adressé au Duc une longue supplique par laquelle, après avoir requis la confirmation des priviléges de la ville, ils lui demandaient Justice contre son maltre d'hôtel et deux châtelains de Franche-Comté qui avaient enlevé des habitants de Dijon, et les avaient, au mépris de la juridiction municipale, fait enfermer aux châteaux de Talant et de la Perrière;

2» De défendre aux habitants d'amener en ville d'autres vins que ceux du crû ou de leurs héritages car autrement, disaient-ils, les vignes du finage viendraient en désert;

La création d'un marché aux chevaux sur la place du Morimont

La restitution de deux canons de cuivre prêtés à son père;

La stricte exécution de la clause de la charte de commune qui limitait à quinze jours le crédit accordé au Duc ou à ses officiers, attendu que, faute d'observer cette règle, le feu Duc avait contracté pour plus de 10,000 francs de dettes envers des habitants

Et euGn, de faire des représentations il l'abbé de Saint-Bénigne, qui, pour des procès de peu d'importance, « les travaillait devant des tribunaux lointains, à leur grand préjudice et à celui de ses droits, noblesse et bien commun.»

(2) Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, baron de Donzy, chambrier de France, troisième fils du duc Philippe-le-Hardi, fut tué en 1415, à la bataille d'Azincourt.

(3) Artus de Bretagne, comte de Richemont, fils de Jeau V, duc de Bretagne, et de Jeanne de Navarre, sa troisième femme, naquit le 25 août 1393. Il fut le pupille du duc Philippe-le-Hardi, et, seul de ses parents, accompagna son convoi funèbre à Dijon. C'est ce qui explique sa présence à Saint-Bénigne lors du couronnement du duc Jean-sans-Peur, dont il épousa, en 1423, la fille Marguerite, alors veuve de Louis, dauphin de France. il porta les armes pour ou contre son bean-frére le due Philippe-le-Bon, fut nommé connétable de France en 1425, négocia le traité de paix d'Arras qui mit fin a la guerre des Anglais, battit les Anglais à Formigny, succéda en 1457, au duché de Bretagne, à P'erre 11 son neveu, et mourut le 1 octobre de l'année suivante. (Anselme, 1, 459.)

(i) Milon de Grancey, qui occupa ce siège du 14 février 1401 au 27 septembre 1414.

(5) Louis de la Tremoille, 1389 au mois d'octobre 1410.

(6) Robert de Dangeuil, de 1401 au 22 juillet 1430.

(7) Jacques de Flogny, précédemment abbé de Pontigny, élu en 1389, mort le 18 avril 1405. La mairie de Dijon l'avait choisi pour présenter sa supplique au duc Jean et le requérir de jurer la conservation des priviléges de la ville.

(8) Alexandre de Montagu, descendant des anciens ducs de Bourgogne, pn'cMemment abbé de Saint-Pierre de Flavigny, et depuis 1380 de Saint-Bénigne de Dvjon, mourut le 5 septembre 1417.

(9) Jean de Chaton, prince d'Orange, seigneur d'Arlay, de Cuiaesu, d'Argueil et de Vitteaux, lieutenantgénéral du duc Jean aux duché et comté de Bourgogne, chambrier de France, mort à Paris le 4 décembre 1418.


George et-de Saincte-Croix (I), messire dehan de Vienne, seigneur de Paigney (2), messire Jehan de Vergey, seigneur de Fouvans, nostre mareschal (3), Jehan de Nuefchastel, seigneur de Montagu (4), Thibault, seigneur de Nuefchâtel, Humbert de Villers-Sesel, seigneur d'Orbe, Bernard, seigneur de Ray, et plusieurs autres, le XVIIe jour du mois de juing, l'an de grâce mil quatre cent et quatre. Par Monseigneur le Duc, LENGRET.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 387.

LXXII

Main-levée de la saisie de la mairie de Dijon parle duc Jean -sans-Peur.

1416 (14 juillet).

Jehan duc de Bourgongne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgongne, palatin, seigneur de Salins et de Malines. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons que les Maïeur et eschevins de notre ville de Dijon, où estoient Deinoinge Vautherin, Maïeur, Jehan Chambellan, Estienne Marriot, Guillemot Le Porteret, Monnin d'Escheuon, Guillaume Tanron, Guillaume de Vandenesse, Quantin Dami, Regnauldet de Jànley, Jehannot Berthot, maistre Simon Bonpois, Alexandre de Varranges, Humbelin Langeolet, Pierre Sancenot, tous eschevins et Humbert Thierry, procureur d'icelle ville, ont aujourd'huy consenti pardevant notre amé et féal chancelier, le seigneur de Courtivron (5) et plusieurs et en grant nouibre des autres gens de notre conseil et de noz comptes à Dijon, à certaine appellation pour la partie desdiz de Dijon, nagaires et derre(1) Conseiller et chambellau du Roi et des ducs Jean et Phllippe-le-Bon, premier chevalier de la Toisoud'Or, mort en 1434.

(2) Jean de Vienne, chevalier, seigneur de Pagny, de Binans, de Saillenay, surnommé Â-ta-Grande -Barbe, mort en i 435, et iuhumé à Pagny, où se voit encore son tombeau.

(3) Jean de Vergy, dit YAffre et le Grand, seigneur de Fouvent, Champlitte, Port-sur-SaOne, conseiller des ducs PhUippe-le-Kardi et Jean-sans-Peur, sénéchal maréchal et gouverneur des deux Beargognes, mort le 25 mai 1418. (Duchesue, HisL de la maisoti de Vergy, 175.)

(4) Chevalier, conseiller et chambellan, gouverneur de Bourgogne en 1415, fut employé par le duc Jean dans plusieurs négociations, notamment avec le concile de Constance; il prit part an trailé de Poilly conclu avec le Dauphin, et fut témoin du meurtre du duc Jean sur le pont de Montereau.

(b) Jean de Saulx, chevalier, seigneur de Courtivron, nommé chancelier le 9 avril 1404/5. mourut au mois d'octobre 1420.


nierement émise en France à l'encontre de nous et plusieurs noz officiers (1), soit renvoiée noz auditeurs des causes d'appeaulx de notre dit Duchié à Beaune pardevant lesquelz lesdiz Maire et eschevins renonceront à icelle appellation sans despens et sans amende. Et parmi ce, par l'advis et délibération de nosdiz chanceHer et autres gens de notre conseil et de noz comptes, nous avons levé et levons par ces présentes notre main qui mise estoit en la maierie de notre dite ville de Dijon, dont icelle appellation déppend. Excepté de quatre cas, cest assavoir rapt, murtre, feu bouté et larrecin, après le premier larrecin, dont prétendons la congnoissance nous devoir appartenir; lesdiz de Dijon disans au contraire. De la congnoissancedesquelz quatre cas toutesvoies,lesdiz de Dijon joyront par et soubz notre main, jusques à ce qu'il en soit déterminé par telz gens qui pour ce seront advisiez par nous ou noz gens et ceulx de ladite ville, non suspectz à l'une des parties ne à l'autre, lesquelz pourront estre esleuz en notre pais de Bourgoingne, en France, où là où mieulx plaira à nous et ausdiz de Dijon. Et lequel joyssement se fera sans préjudice du droit de nous, ne d'iceulx de Dijon. Et pour ce que lesdiz de Dijon, si ont procédé à l'éleciion et création de leur Maire, à la Saint Jehan Baptiste derrenierement passé, ce qu'ilz ne povoient faire, comme dient noz gens, attendu notre main mise il icelle et que après lesdites élection et création, ledit Maïeur s'estoit entremis du gouvernement de la justice et autres choses appartenant à ladite maierie, sans icelle élection estre approuvée et receue par notre bailli de Dijon, comme il est acoustumé de faire en tel cas, lesdiz de Dijon disans que, sous umbre d'un joyssement qu'ils avoient obtenu de nous par noz lettres patentes et l'exécutoire dudit notre bailli de Dijon sur ycelles, qu'ilz ne cuidoient riens avoir méffait et qu'ilz avoient esleu comme l'an passé mil cccc et quinze pardessoubz notre main. En tant qu'ilz y pourroient avoir meffait, ilz s'en sont submis à notre ordonnance. Et pour réparer ce qu'ilz ont fait esdites élections et entremises, ont aujourd'huy les dessus nommez de Dijon, bailliô, remis et rendu l'euvangile de ladite maierie en notre main ou la personne de notre dit chancelier, pour en ordonner à notre bon plaisir. Lequel notre chancelier en nom de nous a receu ladite euvangile ainsi à lui baillié par (1) Les temps n'étaient plus, où, comme eu J386, le dne Philippe-le-Hardi pesait de toute sa puissance sur le Parlement de Paris pour lui-faire consacrer ses atteintes aux libertés communales le parti d'Armagnac avait triomphé à Paris, et la majorité des membres du Parlement était notoirement hostile au duc Jean. Aussi le conseil de ce prince, qui redoutait un échec pour ainsi dire assuré d'avance, s'était-il efforcé, par d'apparentes concessions, de détourner la commune de donner suite à son appel. On l'amusa par des promesses de transactions, qui n'empêchèrent nullement les officiers du prince de continuer leurs entreprises et cela jusqu'en 1443, ainsi qu'on le verra plus loin.


les dessusdiz de Dijon, et icelle par lui receue, laleurarendue, en leur octroiant de grâce especiale parmi l'appointement tel que cy devant est dit, combien que lesdites élection et entremise aient esté indeuement faites, que ledit Demoinge Vautherin, Maire esleu, demeure Maire de notre dite ville de Dijon, pour ceste année présente l'exercer et joysse des droits y appartenans, ainsi que se lesdites élection et entremise fussent faites îîion et deuement, en leur pardonnant tous ce que es choses dessus dites, ils pevent avoir mespris. Si donnons en mandement à notre dit bailli de Dijon et à tous noz autres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenans présens et avenir et a chacun d'eulx en droit soy et si comme à lui appartiendra, que du contenu en ces présentes, selon et par la manière que dit est, facent, seuffrent, et laissent notre dite ville et les dessuzdiz de Dijon, tant en leurs noms que de toute ladite ville plaiuement et paisiblement joir et user. Et cessent et mectent à néant tous empeschemens encommenciez au contraire, sans molester, travailler ou empescher doresenavant lesdiz de Dijon contre la teneur de cestes en aucune manière. En tesmoing de ce nous avons fait mectre notre scel à ces présentes. Donné audit Dijon le XII" jour de juillet, l'an de grâce mil cccc et seize.

Par Monseigneur le Duc, en son conseil auquel vous estiez J. DE Sa3ls. Scellé en cire rouge à double queue de parchemin pendante.

Original Archives départementales de la Côte-d'Or, B. Chambre des comptes de Dijon, Affaires relatives aux communes.

LXXIII

Confirmation des priviléges de la ville par le duc Pbilippe-le-Bon.

i42i-22 (19 février).

Phelipe, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines; savoir faisons à tous présens et advenir, que aujourd'huy, en l'église de Monseigneur saint Bénigne, devant le grant aultel d'icelle, nous, les libertez, franchises, immunitez, chartres, previleges et confirmation d'icelles, données et octroyées par nos prédécesseurs ducs de Bourgoingne, aux Maieur, eschevins, commune et habitans de nostre ville de Dijon,


si comme elles sont escriptes es lettres desdits previleges, avons juré et promis devant Dieu, et aux saints Evangilles, tenir, garder et observer fermement, et par nos officiers faire tenir, garder et observer, sans corrompre, et sans jamais par nous, ne par autres souffrir, ne faire venir à l'encontre, et avec ce les avons loës et confermées, louons et confermons par ces présentes, et voulons que nos héritiers et successeurs, et les ayans cause de nous en nostre dit Duchié, les jurent semblablement qup^dilsvendront premièrement au gouvernement d'icelluy Duchié, se requis es sont. Et lesdiz Maieur, eschevins, et habitans, lors estans en nostre présence en ladite église, nous ont aussi promis et juré estre nos vraiz et loyaulx subgez et obéissans, et nous garder, et faire garder, et rendre de leur povoir toutes nos droictures que nous avons en nostredite ville et banlieue de Dijon, et nous rendre vraye et deuë obéissance. Et afin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous, en tesmoing de ce, avons faict mettre nostre scel à ces présentes. Donné en ladite église de Saint-Bénigne, présens, nostre très-chier et très-amé cousin ie comte de Ligney et de Saint-Pol (1), Révérends Pères en Dieu l'évesque de Lengres (2), l'évesque de Tournay, nostre chancelier (3), l'abbé dudit Saint-Bénigne (4), nos amez et féaulx cousins, le prince d'Oranges (5), Jehan de Chalon, seigneur de Viteaulx (6), les seigneurs de Saint-George et de Sainte-Croix (7), de Thil (8) et de Jonvelle (9), messire Jehan de Vergey, seigneur de Fouvans, nostre séneschal de Bourgoingne ( 10), le seigneur de Roubaiz, messire Jehan de Cothebrune, nostre mareschal de Bourgoingne (11), maistre Richart de

(1) Philippe de Bourgogne, second fils d'Autoine, duc de Brabant, et de Jeanne de Luxembourg, né le 25 juillet 1404, succéda en 1427 à Jean, son frère, duc de Brabant, etmourut le 4 avril 1430, sans alliance. (Art de vérifier les dates, II, 780.)

(2) Charles de Poitiers, d'abord prévôt de SaintOmer, puis évêque de Châlons-sur-Marne, siège qu'il échangea en 1413 avec Louis, cardinal de Bar et évêque de Langres. Il mourut en 1433. (Gall. christ., IV, col. 627.) (3) Jean de Thoisy, évoque d'Auxerre, conseiller des ducs Philippe-le-Hardi et Jean-sans-Peur, fut promu, vers 1410, à l'évèché de Tournai. Philippe-le-Bon le choisit pour chancelier le 7 décembre 1419; il mourut le juin 1433. (Gall. christ., III, col. £30.)

(4) Etienne de la Feuillée, élu en 1421, mort en 1434.

(5) Louis de Chalon, prince d'Orange, fils de Jean de Chalon, mentionné plus haut, mort le 30 décembre 1 463. (6) Jean de Chalon, seigneur de Vitteaux, de l'isle-sous-Montréal de Chevannes et de l'Orme, frère du précédent, mourut après 1461.

(7) Mentionné à la page 98, note 1.

(8) Guillaume de Thil, seigneur de Thil, de Chàteauvilain, de Grancey et de Pierre-Pont, chevalier et chambellan du Roi; il remplaça le duc de Bourbon comme chambrier de Frauce en 1419, et mourut en 143 1. (9) Jean de la Trémoille, seigneur de Jonvelle, chevalier, conseiller, grand maître d'hôtel et premiei '.hambellan des ducs Jean et Philippe-le-Bon, chevalier de l'ordre de la Toison-d'Or, mourut en 1449. (10) Jean de Vergy, seigneur de Fouvent, de Saint-Dizier, de Vignory, La Fauche, Port-sur-Saône, sénéchal et gouverneur de Bourgogne, petit-fils du maréchal Jean de Vergy, fut chevalier de la Toison-d'Or en récompense de ses services militaires. Il mourut en 1460. (Duchesne, Hist. de la maison de Vergy, p. 20*.) (11) Jean, sire de Cottebrune et de Charrin, chevalier, conseiller, chambellan du duc Jeon-sans-Peur, fut nommé maréchal de Bourgogne le 5 septembre 1418. Il mourut en 1421. (Labarre.)


Chancey, nostre bailli de Dijon (1), Nicolas Raouliai (2), Guy Stelenier (3)V nos conseillers et autres pluseurs, le jendy dix-neufiesme jour du mois de février, l'an de grâce mil quatre cens vint et ung.

Par Monseigneur le Duc, SÉGUINAT.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 388.

LXXIV

Saisie de la justice municipale de Dijon ordonnée parle duc Philippe-le Bon. 1427 (7 juillet).

Phelippe duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingpe, Palatin, seigneur de Salins et de Malines. A notre bailli de Dijon ou à son lieutenant, salut. Notre procureur nous a souffisamment informé, que combien que en noz païs èt seigneuries de Bourgoingne, à nous compote et appartient la disposition et ordonnance de la chose publique et de la police d'icelle, pour la conduire en bon estat et que chascun de noz subgez soit tenu de obéir es ordonnances que nous ou noz commis et deputez faisons ou font et mesmement les justiciers ausquels les lettres des dites ordonnances s'adressent soient tenuz d'icelles recevoir et executer selon que mandé et commis leur est par icelles, selon leur forme et teneur. M aussi jà soit ce qu'il ne soit loisible aux Maïeur et eschevins de notre dite ville de Dijon de faire aucunes ordonnances et que de leur consentement et accort passé par l'arrest de la court de Parlement de Monseigneur le Roy, ilz aient à ce esté condempnez en certains procès qui ja pieça furent meuz en la dite court, entre le procureur de feu notre très redoubté seigneur et ayeul le duc Phelippe, cui Dieu pardoint, d'une part, et les Maïeur, eschevins et procureur d'icelle notre ville, d'autre part (4). Neantmoins en l'an mil CCCC vint et (1 ) Richard de Chancey, licencié ès-lois, chef des conseils des ducs Jean et Philippe-le-Bon. (â) Nicolas Rolin, conseiller des ducs Jean et Philippe-le-Bon, fut nommé chancelier de Bourgogne par lettres du 3 décembre 1428, et mourut eu charge le 18 janvier 1461,

(3) Guy Gelinier, licencié és-lois, fut successivement muitre des requêtes, conseiller et chef des conseils des ducs Jean-sans-Peur et Philippe-le-Bon,

(4) Voir la pièce LXV1, qui a été aussi imprimée dans la Collection des Lois d'isambert, parmi les Ordonnances du règne de Charles VI.


ung, GOBîhieii que feue notre très redoublée Dame et mère, dont Dieu ait l'âme, ayant lors de par nous en notre absence, le gouvernement de nos païs de Bourgoingne eustpargrantet meure délibération de conseil, advisé et fait certaines ordonnances pour le bien de la police de notre dit païs de Bourgoingne, tant pour la modération de la chiereté des vivres et autres denrées, comme des journées des laboureurs et ouvriers, en quoy, par le dit temps y avoit très grant excès. Et desdites ordonnances eust fait faire ses lettres patantes, adressans à nos bailliz et autres qu'il appartenoit, pour icelles faire publier deuement. Et entre les autres, en avoit adrecié les uns ausdiz maieur et eschevins, pour icelles faire publier en notre dite ville de Dijon. Lesquelles, par les gens de notre Conseil et des comptes, furent baillées ausdits Maïeur et à aucuns des eschevins de notre dite ville, estans lors en sa compagnie, en la Chambre de noz comptes à Dijon, où ilz estoient pour ce mandez par nos dix gens, en la présence de notre procureur, qui instamment requiest ausditz Maïeur et eschevins, icelles publier et exécuter deheuement lesquels Maïeur et eschevins demandèrent delay pour parler aux autres eschevins, qui estoient en notre chapelle de Dijon assemblez sur ceste matière, pour en faire responce incontinent; lequel delay leur fut octroyé gracieusement par nosdites gens du Conseil et des Comptes, qui espéroient d'en avoir bonne et briefve respouce. Mais lesdits Maïeuret eschevins, faingnans que ainsi le deussent ou voulsissent faire ou Conseil avec les autres leurs coeschevins, alèrent incontinent faire crier et publier les ordonnances pareilles à celles de notre Dame et mère, comme faites et ordonnées par eulx, en marchié public de la dite ville, et les peines et amendes que notre dite Dame et mère avnit ordonnées contre les désobéissans, négligens ou transgresseurs des délis ordonnances estre appliquées à nous, déclarèrent et ordonnèrent estre appliquées à eulx, ce que faire ne povoient en désobeissant plainement à notre dite Dame et mère, ayant le gouvernement comme dit est, à nous et à nos dites gens, et que plus est, en entreprenant contre noz droiz seigneure, sans et mesmement en venant contre ledit arrest. Ainssi nous a notre dit procureur informé souffisamment, que en l'an mil CCCC et vint, Jehan de Léry, notre bourgeois de notre dite ville de Dijon, estant lors en notre especiale sauvegarde, deuement signiffiée et lui estant en bonne possession et saisine de tenir close et fermée une porte, estant en notre dite ville de Dijon, près^le4a.porte au Lion (1), a déclairer

(1) C'était l'une des quatre portes de l'ancien CanrÛKt D^oionense, dont^les restes disparurent lors de la construction, en 1775, du pavillon du Palais des EtÀs, qui borde i les rues Condé, des Forges et Porle-auxLions. I ̃-̃'̃ •'


plus à plain -quant mestier sera, en possession et saisine qu'il n'est et n'estoit licite à aucuns de aler et troigier par la ruelle et chemin clout ladite porte, ne d'icelle porte ouvrir sans le consentement dudit Jehan de Léry.que esdites possession et saisine ledit Jean de Léry s'estoit fait maintenir et garder par vertu d'une garde donnée de vous, exécutée par un sergent du Maïeur dudit Dijon, et deuement signiffiée à Richard Bonne adone maïeur de notre dite ville, qui avoit baillé ledit sergent exécuteur de la dite garde pour icelle exécuter, selon sa forme et teneur, et lequel, en signe de garde, avoit mis et apposé à ladite porte, ung pannonceaul armoyé de noz armes. Lesquelles choses nonobstant, ou contempt de notre dite garde, ledit Richard Bonne, lors maïeur de notre ville de Dijon, accompagné de Humbert Thierry, procureur de notre dite ville et de plusieurs autres tant sergens que autres, portèrent les grans croz (1) de notre dite ville et d'iceuls, par nuit abatirent ladite porte et les chaffaulx d'icelle et jectèrent lesdiz pennonceaullx armoiés de nos dites armes par terre et en la boe, en grant contempt de nous et en enfreignant notre dite garde par voye de fait et à heure honte non deue, en délaissant la voie de justice qu'ils devoient faire aux sujez de notre dite ville. En outre, nous a notre dit procureur informé, qu'en l'an mil CCCC dix neuf, ledit Humbert Thierry, procureur que dessus accompagné de Henry Girard sergent de ladite mairie, se transporta en l'ostel de Huguenin Quartel poisssonnier; ouquel il trouva Angnelot sa femme, lesquels s'entremirent de prendre pour gaige le lit garnis des mariez et autres gaiges à iceulx appartenans. Duquel gaige ladite Angnelot disant quelle ne avoit de quoy norrir son enfant, appela par plusieurs fois. Nonobstant lesquelles appellations et en actamptant follement à icelles, lesdiz Humbert et Henry en emportèrent lesdiz gaiges ou contempt et mesprisement de notre souveraine justice. Et pareillement nous a souffisamment informé notre dit procureur que en l'an mil CCCC XXIIÎ. Estienne Chambellan, lors Maïeur de notre dite ville de Dijon, se entremist de arrester et tenir prisonnier ung nommé Jehan Tarienne et aussi Bertrand Grigay, peletiers de peaulx, dont iceulx Jehan et Bertrand appelèrent par plusieurs fois. Et nonobstant icelles appellations, ledit Maïeur les détint prisonniers en la Maison aux Singes (2) dix jours entiers très estroitement, sans que leurs femmes ne aultres leurs parens et amis peussent parler à eulx et tellement quilz furent contrains par force de prison de renoncier (1) Ces crocs étaient, avec des échelles et des seaux en cuir, le matériel à la disposition de la ville pour combattre les incendies.

(2j Premier Hôtel de Ville de Dijon, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par les maisons n»> 38-40 de la rue Chabot-Charny.


à leurs dites appellations et avec ce les condempna chacun d'eiilx à la somme de quarente sols tournois, qu'ilz ont paies. En oultre nous a notre dit procureur informé à souffisance, que le jeudy saint mil CCCC vint et quatre, jà soit ce que Perrin Saint Rigault, corduanuier, notre bourgeois de notre dite ville de Dijon ne eust en aucune chose délinqué ou mesprins.véant que ledit Estienne Chambellan, Maïeur dessusdit, accompaigné de Guillemot Chambellan, son fils, Jehan Vautherin, Jehan Bolier, clerc de ladite maierie, et de plusieurs autres sergens d'icelle maierie, le vouloit prendre en son hostel et le mener ou faire mener es prisons de notredite ville de Dijon, en faveur, desordonnée de Claude Mutin, mary de la niepce dudit Maïeur, en hayne de ce que ledit Perrin avoit eu certaines paroles audit Claude, sans ce que lui eust fait aucune euvre de fait. lcellui Perrin Saint-Rigault signiffia par plusieurs foiz audit Maïeur et autres de sa compaignie, qu'il estoit en notre espéciale sauvegarde et en appela plusieurs foiz dudit Maïeur. Lesquelles choses nonobstant, ou grant contempt et mesprisement desdites gardes et appellations, icellui Maieur et Guillemot son fils prindrent ledit Saint-Rigault par les cheveux très durement, tellement quilz en arrachèrent une grande partie; et avec ce le frappèrent plusieurs cops et traynèrent hors de son hostel et le firent mener es dites prisons de notredite ville, esquelles le fist mectre es secz (1), où il le détint vin jours entiers, sans le vouloir relachier à caution ne autrement; mais convint qu'il demeurast prisonnier le jour de Pasques communaulx, auquel jour il ne fut point à l'église. Avec les choses dessusdites, nous a informé notre dit procureur souffisamment, que par le commandement et ordonnance dudit Maïeur, ledit Humbert Thierry, procureur que dessus, accompaigné de Jehan Frasan, vigneron, et Huguenin Jehaunenot, alias le Rousseau, sergens de ladite maierie, et de plusieurs autres leurs complices, armez et embastonnez de divers bastons et diverses armures, depuis certain temps en ça, par nuit en accumulant meaulx avec meaulx, alèrent par ladite notre ville de Dijon et en espécial en la rue de la Vannerie, mesmement devant les hostelz de nos amez et féaulx conseillers Jehan de Noident, notre trésorier, et maistre Guy Gélinier, notre advocat fiscal, lesquelz, tant à cause de leurs offices, comme autrement, sont et estoient en notre espéciale sauvegarde et illecques coppèrent à force de coignées et de marteaulx plusieurs pièces de bois et despecèrent plusieurs grosses pierres, appartenant à nosdiz conseillers. Et pour ce que, plusieurs des voisins venoient aux fenestres, leur gectoient des pierres, tellement quilz en blecfrvnt (t) Les secs ou ceps étaient des entraves que Pon mettait aux pieds des prisonniers pour empècher leur évasion.


jusques à effusion de sanc (I); et avec ce, depuis ung an ença, ont lesdiz Maire et eschevins de notre ditte ville de Dijon, par leurs éditz et ordonnances nouveaulx, qu'ilz ne pevent ne doivent faire comme dit est dessus, sans notre licence et conseutement, ordonné et deffendu, que aucuns bouleogiers d'icelle notre dite ville ne l'eussent si osez, ne si hardiez d'y cuire, ne boulengier pain, excepté ceulz qu'ilz vouldroient cuire et boulengier pour certains marchans particuliers de ladite ville qu'ilz avoient ordonnez pour la fournir de pain, dont grant chierté de pain et plusieurs autres dommaiges se sont ensuys en la chose publique de notre dite ville (2); et de jour en jour ont commis et commectent lesdiz Maire et eschevins plusieurs actemptas, excès et abus de justice, et a esté et est en notre dite ville de Dijon la police et chose publique très mal gouvernée en plusieurs manières, et le tout à déclaire plus à plain se mestier est. Toutes lesquelles choses ont esté et sont faites par lesdiz Maire et eschevins en grant lésion de justice ou préjudice et dommaige de notre commun peuple, diminution et destriment de ladite chose publique et ou grand contempt et mesprisement de nous et de notre selgnourie et souveraine justice, si comme dit notre dit procureur, requérant estre pourveu sur ce et lesdites choses estre reparées en tant que bonnement faire se pourra. Pourquoy, nous, qui ne voulons lesdiz maléfices et habus qui sont dignes de grant pugnition passer soubs dissimulation ne iceulx demourer impugnis, sur ce, eu grant et meure délibération et advis de notre conseil, attendu que lesdiz .Maïeur, eschevins et procureur de Dijon ont delinqué en faisant les choses dessusdites en leur justice qui leur a esté octroyé par nos prédécesseurs et nous et en abusant folement d'icelle au grant contempt et mesprisement de nous et de notre souveraine justice comme dit est et pour pluseurs autres justes causes et raisonnables, vous mandons et par ces présentes commectons que ladite justice de la mairie et eschevinnaige dudit Dijon, ensemble tous les prouffiz et émolumens d'icelle vous prenez, meciez et tenez en notre main réa)ment et de fait. Lesquelz nous y prenons, tenons et mectons par ces dites présentes. Et soubz icelle les gouvernez ou faites gouverner par personne à ce ydoine et souffisante. (1) Jean de Noidaut et Guy Gélinier,son voisin, avaient, nonobstant la défense de rien déposer sur la voie publique, encombré la rue Vannerie de matériaux de construction et refusaient de les enlever; le procureursyndic, assisté de son guet, s'y transporta par nuit et en fit débarrasser la rue. Ces expéditions sommaires arrivaient souvent; seulement le procureur-syndic avait eu le tort irrémissible de s'attaquer à des officiers du Duc, lesquels se croyaient au-dessus de la loi commune.

(i) Au mois d'août 1 itfi, la mairie avait ordonné qu'il serait fait un essai de pain, afin de s'assurer du gain légitime que les boulangers pouvaient exiger. L'essai ayant établi qu'un bénéfice de ♦ gros par carteraucbe de farine employée était suffisamment rémunérateur, la mairie avait convoqué les boulangers pour leur signifier ce tarif et prendre le nom des adhérents, qui seuls devaient continuer leur service dans la ville. De là, plainte des opposants formée au conseil ducal, mais qai n'aboutit point.


En deffendant toutes entremises en ce, à tous ceulx qu'il appartiendra, ausquelz le deffendons mesmes par la teneur de cestes, sans en faire laiche rendue ne recréance se n'est par notre exprès mandement, commandement et ordonnance. Car ainsi nous plaist-il, et voulons estre fait nonobstant quelxquonques lettres subrectis, impétrées ou à impétrer à ce contraires. De ce faire vous donnons povoir. Mandons et commandons à tous nos justiciers, officiers et subjez que à vous et à vos commis en ceste partie, en ce faisant, obéissent et entendent diligemment. Donné à Lille le vu* jour de juillet, l'an de grâce mil CCCC vint et sept. Ainsi signé par Monseigneur le Duc, A. Christian (1).

Vidimus délivré le 10 décembre 1443 par J. Margotet et J. de la Grange, clercs de la Chambre des comptes de Dijon. Archives du département de la Côte-d'Or, B. Chambre des comptes de Dijon. Affaires relatives aux communes.

LXXVI

Autorisation donnée par le doc Philippe le-Bon à la commune de Dijon de remplacer le cor par la trompette pour les publications.

1434 (novembre).

Phelippe par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant et de Lembourg, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin de Hainnau, de Hollande, de Zéllande et de Namur, Marquis du Saint Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines; savoir faisons, que à l'humble supplication et requeste de nos bien amez les Maieur et eschevins, bourgois, manans et habitans de notre bonne ville de Dijon, et pour pluseurs raisonnables causes et considérations, qui il ce nous ont meu et meuvent, et sur lesquelles avons eu grant et meur advis et délibération de conseil (2), nous ausdits sup(1) Ce mandement si impératif ne paraît point avoir été mis à exécution, et en bonne justice il ne pouvait en être autrement, puisque les principaux griefs articulés par le Duc contre la mairie, avaient été déférés par lui-même, en 1420, au Parlement de Paris, qui était demeuré saisi de la cause. Seulement, comme depuis la mort du roi Henri V d'Angleterre, l'influence du duc Philippe avait singulièrement baissé, ses conseillers, qui redoutaient un échec, garaient au Trésor des chartes les lettres qu'ils venaient de recevoir, et firent aux magistrats municipaux (Registre du Secret, Délibération du 26 juillet 1427) des ouvertures de conciliation que ceux-ci acceptèrent. On convint de s'en remettre au jugement d'arbitres; mais, par des causes que les documents n'indiquent point, les choses en demeurèrent là et aucune détermination ne fut prise. (S) La mairie avait représenté au duc Philippe, venu 4 Dijon pour les couches de la duchesse de Bourgogne, qui allait enfanter celui qui fut Charles-le-Téméraire, « que les seigneurs et les gens estrangiers se moquaient du cor, dont elle avait coutume de se servir, disans que ce n'esLoft pas une chose honneste et que ce seroit plus grand honneur à la ville d'avoir une trompette qu'un cor. »


plians, et leurs successeurs eschevins, bourgois, manans et habitans de notre dite ville de Dijon, à l'augmentation de l'onneur et décoration d'icelle, avons pour nous, et nos hoirs, successeurs, et ayans cause, ducs et duchesses de Bourgoingne, octroyé, consenti et accordé, octroyons, consentons et accordons à tousjours mais, perpétuellement, de notre certaine science et grâce espéciale, par ces présentes, que doresnavant tous criz, publications et autres exploits et exercitez, que l'en a parcydevant accoustumé de faire en notre dite ville, et en la banlieue d'icelle à son de cor, qui est de rude chose et de rude son, se fassent cy en après en perpétuité à son de trompe, pour et ou lieu dudit cor, à laquelle soit appendue et attachée se bon leur semble, affin que chascun en ait mieux congnoissance, une banniere des armes d'icelle notre ville, comme il est accoustumé de faire en autres bonnes et notables villes, sans ce toutes voies qu'il puist préjudiciel-, ne déroguer, ou porter préjudice aux previleges vielz ne nouveaux de notre dicte ville de Dijon, en manière quelxconqùes (1). Si donnons en mandement à nostre bailli, et à touz noz autres justiciers et officiers présems et à venir, qui ce, peut, et pourra regarder, ou à leurs lieuxtenans et à chascun d'eulx en droit soy, que de notre présente grâce, et octroy, et consentement, facent, seuffrent, et laissent lesdits leurs successeurs supplians, et notre dicte ville de Dijon, joïr et user pleinement, paisiblement et perpétuellement, sans leur faire, ne donner, ne souffrir estre fait ou donné ores, ne par le temps cy-après à venir, quelconque molestation, destourbier, ou empeschement au contraire. Car ainsi nous plaist-il et le voulons estre fait. Et affin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous avons fait mectre nostre scel à ces présentes, sauf en autres choses notre droit, et l'autruy en toutes. Donné en notre dicte ville de Dijon le Xll™" jour de novembre, l'an de grâce mil quatre cent trente et quatre \2).

Par Monseigneur le Duc, T. Bouesseau.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 389.

(I) Cette trompette primitive tut fabriquée en argent. On y appendit une bannière en taffetas mi-partie bleu et rouge, avec les armes de la ville dorées et argentées. La trompette en argent dura jusqu'en 1697 on la remplaça alors par une trompette en cuivre à laquelle on adapta la poignée et l'embouchure de l'ancienne. (S) Gharlea-te-Téméraire était né l'açaot-TCHle.


LXXVI

Transaction ménagée par la duchesse Isabelle de Portugal, entre le duc Philippe-le-Bon et la ville de Dijon, au sujet des priviléges et de la juridiction communale.

1443 (31 août).

Sensuyvent les poinctz et articles touchant les privileges, franchises et libertés de la ville et commune de Dijon, sur lesquels estoit question et débat entre les procureurs de mon très redoubté seigneur, monseigneur le duc de Bourgoingne, et cellui de ladicte ville qui, par le moyen de ma très redoubtée Dame, Madame la duchesse, cessent du tout et en est faicte déclaration, en la manière qui s'en suit et dont lectres en seront faictes par mon dict très redoubté seigneur aux Mayeur et eschevins de la dicte ville, pour et au nom de la commune d'icelle (1).

Et premièrement pour ce que débat et procès estoient entre lesdicts procureurs, sur ce que ledict procureur de mondict seigneur maintenoit que lesdictz Mayeur et eschevins ne povoient faire statut ne ordonnance en ladicte ville et banlieue, touchant la police d'icelle ville, et que ce appartenoit à faire à mondict seigneur. Ledit procureur de Dijon disant au contraire et que tant par ancienne usance et joyssance comme autrement dehuement, lesdits Mayeur et eschevins avoient de toute ancienneté fait statuz et ordonnance en ladicte ville

(1) Cette pièce est la continuation de ce long débat sur la juridiction, qui, commence en 138G par le duc Philippe-le-Hardi, devait finir avec Charles-le-Téméraire sans amener aucun résultat définitif. Les propositions d'arbitrage, mentionnées dans la note 1 de la page 101 qui précède, n'ayant point abouti, l'instance s'était continuée au Parlement de Paris, lequel avait, par uu arrêt du 11 août 1431, donné gain de cause à la commune. Malheureusement, les événements politiques qui précédèrent ou suivirent le traité de paix d'Arras ne permirent point de le mettre aussitôt à exécution, de telle sorte que, dix ans plus tard, quand la ville voulut s'en appliquer le bénéfice, le Duc non seulemeut y forma opposition, mais il introduisit dans la cause de nouveaux chefs de plainte qui remirent tout en question. C'est alors que, dans le but de mettre fin à des discussions qui chaque jour s'envenimaient davantage, la duchesse Isabelle intervint entre les parties, et, de commun accord, dressa les conditions énoncées dans la transaction, et que le Duc sanctionna le même jour. r. Mais si le prince et son conseil avaient eu lieu d'être satisfaits du traité, il n'en était pas de même des officiers du bailliage qui avaient compté sur une plus large part des dépouilles de la juridiction municipale. Aussi, sans tenir aucun compte de la sentence arbitrale, continuèrent-ils leurs entreprises, si bien que la mairie, n'espérant plus justice auprès du Duc, dont l'esprit avait changé, recourut de nouveau au Parlement de Paris, tandis que le Duc renvoyait la connaissance de l'affaire à la Cour d'appeaux à Beaune. En 1458 aucune solution n'avait encore été donnée. (Archives du département, I). Chambre des comptes de Dijon, Pièces concernant la ville de Dijon. Archives de la ville, C, Juridiction municipale, Débats avec la justice du souverain.)


et banlieue, sur lequel différant est accordé que les dits Mayeur et eschevins de ladite ville de Dijon pourront poveoir et faire ordonnance dans ladite ville et banlieue d'icelle, touchant le bien et police de ladite ville, c'est assavoir ou regard des vivres, de la garde des portes et des murs, de tous mestiers et de toutes marchandises quelsconques, des journées des ouvriers et tout ce tant au regard de ceulx de ladite ville, comme d'autres étrangiers.

Item, que semblablement estoit procès entre les dessus dits, sur ce que ledit procureur de mondit seigneur disoit que mon dit seigneur, comme prince, devoit avoir la congnoissance, pugnicion et correpcion de tous cas, crimes et déliz commis en fait de monnoye, ledit procureur de ladite ville disant au contraire, et que par privilège et usance la cognoissance en appartenoit à ladite ville. Surquoi est accordé que la congnoissance, pugnicion et correpcion demeura à mondict seigneur le Duc en tout cas de faulse monnoye et fausseté quelconque au regart d'icelles tant de ceulx de la ville comme des étrangiers, dont la prinse des délinquens appartiendra aux ditz Mayeur et eschevins en ladicte ville et banlieue tant seulement. Èt aussi appartiendra à iceulx Mayeur et eschevins, la cognoissance et pugnicion d'avoir usé de monnoie faulse ou faussée. Item estoit aussi différent enlre les devant ditz procureurs, sur ce que ledit procureur de mon dit seigneur, disoit que les sergents de mondit seigneur et aullres ses officiers, avoient en ladite ville et banlieue faculté et puissance de prendre et emprisonner tous malfaicteurs estrangiers, qui seroient trouvez en ladite ville et banlieue, et que la cognoissance des cas et déliz par eulz commis et perpètres, devoit appartenir à mon sieur le bailli de Dijon. Ledit procureur de ladite ville maintenant le contraire, et que par privilège expretz à ce et ancienne usance, aux ditz Mayeur et eschevins competoit et appartenoit de prendre, pugnir et corrigier tous estrangers trouvez en ladite ville et banlieue d'icelle, chargiez de crymes ou de délits sans ce que les gens et officiers de mondit seigneur y eussent aucune prinse ou congnoissance. Surquoy est traictié que doresnavant la pugnicion et correpcion de tous estrangiers trouvez en ladite ville et banlieue d'icelle ensemble, !a prinse, demeurra auxdiz Mayeurs eteschevins et à leurs gens et officiers, excepté de ceux desditz étrangers qui seront prins par ladite ville à la requête dudit procureur de monseigneur pour quelques cas que ce soit, dont la cognoissance appartiendra auxdiz officiers de monseigneur et aussi des cas privilégiés, ainsi qu'il a accoustumé.

Item estoit en outre question entre les dessusdits maintenant ledit procureur de mondit seigneur, que la congnoissance, pugnicion et correpcion de cinq cas


criminelz et capitez appartenoit à mondit seigneur, ses gens et officiers, par le privilège mesme de ladite ville, cest assavoir de homicide, de larrecin pour la seconde foys au regart des habitans de ladite ville et aussi de larrecin pour la première foys au regart des estrangers, de crime de rapt et de feu bouté. Ledit procureur de ladicte ville maintenant au contraire et que de toutes ancienneté, usance et jouissance, la congnoissance et condampnaçion desditz cas, appartenoit t esditz Mayeur et eschevins, et à mondit seigneur, ses gens et officiers l'exécucion tant seulement. Surquoy est accordé que doresenavant et à tousjours lesdits Mayeur et eschevins cognoisteront et détermineront par sentence des dits cas et d'un cbascun d'iceulx, et demeurra à mondit seigneur et à ses gens et officiers l'exécucion des condampnez par lesditz Mayeur et eschevins, ensemble la confiscation de leurs biens.

Item maintenoit en oultre le procureur de mondit seigneur, que les enfansjilz ou filiez, soit qu'ilz fussent mariez ou non, demeurants avec leurs père et mère ou l'un d'eulx fils, estoient partiz ou divisez de biens; iceulx enfants devoient chacun an à mondit seigneur et à son procureur dudit Dijon les marz. Ledit procureur de ladite ville disoit au congtraire, et que parle privilège d'icelle ville et ancienne usance, lesditz enfans ne devoient riens desditz marz, s'ilz ne demeureroient séparément et à part de leurs ditz père ou mère. Surquoy est accordé que doresnavant lesditz enfans soient mariez ou non, demeurent avec leur père et mère ou avec l'un d'eulx, ne paieroient rien desditz marz, s'ilz ne ont fait partaige et devision de leurs biens.

Item estoit conséquemment question entre les devant nommez procureurs et disoit celluy de mondit seigneur, que ledit Mayeur n'avoit aucune aultorité ne aussi ladite ville privilège, pour ce pouvoir faire de soy escripre et intituler en ses lettres et actes, viconte Mayeur de Dijon et néanmoins que aussi le vouloir faire en dérogant aux droits de mondit seigneur. Ledit procureur de ladite ville maintenant au contraire et qu'il estoit vray que celle ville avoit privilege, par lequel il apparoit que Monseigneur le Duc avoit transporté par eschange et permutation ledit viconté à ladite ville et icelluy luy promettoit conduire et garantir, et oultre plus que de tous temps et ancienneté ledit Mayeur en ses cryées et proclamations se faisoit nommer viconte. Surquoy est accordé que doresenavant ledit Mayeur se pourra faire intituler et nommer en ses lectres, actes et cryées, viconte Mayeur dudit Dijon, pourveu que à ceste cause, ilz ne prétendent aultre droit ou prérogative que le nom.

Item disoit plus ledit procureur de mondit seigneur le Duc, qu'il apparoit par


certain arrest jà pieça donné en la court de Parlement de France, que lesdiz Mayeur et eschevins ne pouvoient bailler à quiconque personne que ce fust, place en ladite ville, pour sur icelle édiffier, mesmement au préjudice de mondit seigneur et de la chose publique. Ledit procureur de ladite ville disoit que il ne seroit jà trouvé que ladite ville eust baillée aucune place préjudiciable à mondit seigneur, ne à la chose publique. Sur lequel différent est traictié que les places d'icelle ville seront visitées par gens ayant à ce cognoissance et y sera pourven en tant que mestier sera, selon la forme et teneur dudit arrest.

Item faisoit doléance ledit procureur de mondit seigneur le Duc en disant que combien que à mondit seigneur comme prince appartiennent en ladite ville et banlieue tous biens vacquants, confiscations et successions de bastards; et quant les cas adviennent inventoire se fait desditz biens par lesditz Maire et eschevins, sans le appeler pour le voir faire et que mondit seigneur y estoit intéressé et dommaiger. Ledit procureur de ladite ville deffendant au contraire et que à iceulx Mayeur et eschevins appartenoit à faire lesditz inventoire et que se le procureur de mondit seigneur n'estoit présent à ce faire, il ne tenoit que Il iuy, car l'en ne ly empeschoit en riens. Surquoy est accordé que doresenavant quant les cas escheront, lesditz Mayeur et eschevins feront savoir audit procureur ou à son substitut qu'il soit présent à faire lesditz inventoires se bon lui semble.

Item disoit encorre ledit procureur de mondit seigneur le Duc, que mondit seigneur avoit autorité et quant bon lui sembloit, de faire veoir l'estat et oyr les comptes par ses gens et officiers de tous deniers appartenant à ladite ville et dont lesdits Mayeur et eschevins avoient la maniance par quelque moyen que ce iust. Ledit procureur de ladite ville conirarioit à ce disant, que combien que mondit seigneur par ses gens et officiers peust faire oyr lesditz comptes, ce nestoit seulement que au regart des deniers qui se levoient pour le fait de la fortiffication de ladite ville et pour les aydes de mondit seigneur tant seulement, mais que en tous aultre cas, lesdits comptes appartenoient à veoir et oyr esditz Mayeur et eschevins ou à leurs commis et deputez. Surquoy est accordé que s'il est de nécessité et que ce soit le bon plaisir de Monseigneur le Duc, il pourra quant il lui plaira faire veoir l'estat de ladite ville et comment elle se gouverne au fait des deniers qui ont esté levez le temps passé, pour les affaires d'icelle ville, par tel gens qu'il luy plaira y deputer et le tout selon la forme de certains arrests de ce faisant mencion. Item que es choses dessus dites sont reservez à mondit seigneur les ressort et souveraineté et aussi sauf et réservés son droit en aultre choses et l'autruy en toutes.


Item est traité et accordé que tous procès mehuz et pendantz en la court de parlement de France ou ailleurs à cause des articles et points devant déclairés et dépendants d'iceulx, sont et demeurent nuls et mis au néant par ce présent traité et accord, compensation faite des despens d'une part et d'autre. Collation des articles contenuz en ces deux feuillez de parchemin a esté faite avecques le double signé de Madame la Duchesse, le derrier jour d'aoust l'an mil quatre cent XLIII, en la ville dé Bar-sur-Aube, YSABEL.

F. MILET.

Original: Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXVII

Ratification des articles précédents par le duc Philippe,

1443 (31 août )

Phelippe, par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant et de Lembourg, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin de Haynnau, de HoUande, de Zellande et de Namur, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lectres verront, salut. Savoir faisons que de et sur plusieurs poins et articles cy après déclairez touchans les privileges, franchises et libertez de notre ville et commune de Dijon, sur lesquels estoient meuz débaz et questions entre nostre procureur pour nous d'une part, et le procureur de nostre dicte ville d'autre part, est traictié et accordé par le moien de nostre très chière et très amée compaigne la Duchesse que tous lesdiz débaz et questions cessent du tout en là manière qui s'ensuit. Et premièrement pour ce que débat et procès estoient entre nous et nostre dicte ville. (Voir leprécédent.)

Si donnons en mandement à nostre bailli de Dijon et à tous nos autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans présens et avenir et chacun d'eulx si comme à lui appartendra que les traictiez et accors dessusdiz faiz sur les poins et articles cy dessus déclairiez, tiengnent, gardent et accomplissent et facent tenir, garder et accomplir de point en point selon leur forme et teneur sans l'aire ou venir ne souffrir faire ou venir en quelque manière que ce soit aucunement au contraire.


En tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes.– Donné à Bar-sur-Aube le derrenier jour d'aoust l'an de grâce mil quatre cent quarante et trois.

Par Monseigneur le Duc, F. MILET.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXVIII

Confirmation des priviléges de la ville par Charles, duc de Bourgogne.

1473-74 (janvier).

Charles par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant, de Lembourg, de Luxembourg et de Ghelres, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin de Haynnault, de Hollande, de Zéllande, de Namur et de Zutphen, marquis de Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines; savoir faisons à tous présens et advenir, que aujourd'huy, en l'église et abbaye de monseigneur Saint Bénigne en ceste ville de Dijon, devant le grant autel d'icelle, Nous, les libertez d'icelles, franchises, immunitez, chartres, privileges, et confirmations d'icelles, donnez et octroyez par nos prédécesseurs ducs de Bourgoingne, que Dieu absoille, à nos bien amez les Maieur, eschevins, commune et habitans de nostre dite ville de Dijon, si comme elles sont escriptes es lettres desdits previleges, avons juré et promis devant Dieu, et aux saints Evangiles, tenir, garder, et observer fermement, et par noz officiers faire tenir, garder et observer, sans corrumpre, et sans jamais, par nous ne par autres, souffrir, ne faire vanir à l'encontre. Et avec ce, les avons louhez et confermez, louhons et confermons par ces présentes, et voulons que nos héritiers et successeurs, et les ayans cause de nous, en nostre dit Duchié, les jurent semblablement, quand ils viendront premièrement au gouvernement d'iceluy Duchié, se requis en sont. Et lesdits Maieur, eschevins et habitans, lors estans en notre présence en ladite église, nous ont aussi promis et juré estre nos vraiz etloyaulx subjectz, et obéissans, et nous garder et faire garder, et rendre de tout leur povoir toutes noz droictures que nous avons en notrb dite ville et banlieuë de Dijon, et nous rendre vraie et deheuë obéissance. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tous-


jours, nous, en tesmoing de ce, avons fait mectre seel à ces présentes. Donné en ladite église de saint Bénigne, au mois de janvier, l'an de grâce mil quatre cent soixante et treize.

Par Monseigneur le Duc, J. fiRos.

Vidimus reçu le 8 avril 1500-01 par J. Demongeu et Et. Martin, notaires de la chancellerie de Bourgogne. Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé: dans Pérard,p. 382; Mémoire pour l'administrateur général des domaines contre les maire, échevins, etc., de la ville de Dijon, 1786, in-folio.

LXXIX

Confirmation des priviléges de la commune par le roi Louis XI,

1477 (août).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir Nous avoir reçeue l'humble supplication de noz bien amez les Maieur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de notre ville de Dijon contenant que pour raison de ce que ladicteville est la ville capital et principalle du duchié de Bourgoingne, selon laquelle sont les autres villes dudit duchié réglées et poliées, elle a esté douée par cy devant, et d'aacienneté tant par nos très nobles progéniteurs roys de France, que par les Ducz, qui es temps passez, ont ésté d'icellui duchié, de beaux, grans et notables previleiges, franchises, libertez, usaiges et immunitez et d'iceulx leur ont esté octroyées et données lectres et chartres autentiques, ainsi qu'il apartient et qu'il est requis et accoustumé de faire en tel cas, qui sont es arches et trésors de ladicte ville et entre autres ilz ont droit et previleiges de prendre, lever et exiger sur chacun habitant ou autre personne qui appëlië du jugement du Maieur de ladicte ville ou de son lieutenant, et il est dit mal appelé, cinq solz tournois, et les deniers appliquer au prouffit d'icelle ville; et aussi ont droit d'ancienneté lesdits Maïeur et eschevins de povoir donner et bailler gardes particulières, soubz le scellé de ladicte mairie, à tous les manans et habitants de ladicte ville et autres, qui en requéroient, pour les faire exécuter en icelle ville, faubourgs et banlieue, desquels previleiges, franchises, libertez, droiz et usaiges lesdiz supplians ont joy paisiblement sans inquiétacion, ne interrupcion, excepté toutes voies dudit droit de lever lesdiz cinq solz sur les appe-


lans. et de bailler lesdictes gardes, et d'aucuns autres poins mencionnez esdiz previleiges; desquels ceulx qui ont le gouvernement des affaires de ladicte ville depuis bien longtemps en ça, parnégligence ou autrement, n'ont usé ou par aventure, par la muctacion desdiz gouverneurs, qui tous n'ont pas été advertiz des droiz et previleiges dessus diz ou de la pluspart. Et doubtent que nos officiers, qui nouvellement sont de par nous en ladicte ville, les vueillent empescher en la joyssance d'iceulx previleiges, droiz, franchises et libertez, s'ils n'estoient de nous confermez et autorisez; humblement requérans sur ce notre grâce leur estre impartie. Pour quoi nous, ces choses considérées, inclinans favorablement à la supplication, et requeste desdiz Maïeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans qui grandement et honnestement se sont conduiz et gouvernez envers nous depuis qu'ils se sont réduiz en notre obéissance (1), voulans parceles traicter favorablement en leurs faiz et affaires, ausdiz supplians avons louez, ratiffiez, confermez et approuvez et par la teneur de ces présentes, de notre grâce espécial, plaine puissance et autorité royal, louons, ratifions, eonfermons et approuvons tous et chacuns, lesdiz previleiges, franchises, libertez, immunitez, droiz et usaiges à eulx donnez et octroyez par nosdicts prédécesseurs roys de France et par les ducs de Bourgoingne, jacoit ce qu'îlz ne soient cy dedans spécifiiez, exprimez, ne déclarez et voulons qu'ilz en jouissent et usent entièrement selon la forme et contenu d'iceulx previleiges, droiz, libertez et franchises et mesmement desdiz droiz de lever lesdiz cinq sols sur lesdiz appelans, de bailler lesdictesgardes, et de tous autres poins contenuz en iceulx. Si donnons en mandement par ces dictes présentes à noz amez et feaulx conseillers les gens qui tiendront notre parlement en Bourgongne, gens de notre conseil et de noz comptes audit Dijon, aux bailliz dudit, lieu et à tous nos autres justiciers ou à leur» lieutenants présents et avenir, et à chacun d'eulx, si comme à lui appartiendra, et qui requis en sera que si leur appert desdiz previteiges, droiz, franchises, libertez et immunitez, ils en facent, seuffrent et laissentlesdiz supplians joyr et user selon notre présent octroy, sans souffrir aucun destourbier ou empeschement leur estre fait, mis

(t) Ces lettres, de même que les deux suivantes, furent accordées à la ville en récompense du zèle que ses magistrats avaient montré en repoussant une sédition provoquée par les partisans de la princesse Marie, fille et héritière du dernier Duc. Louis Xl, qui appréciait à sa valeur le service qui lui fut rendu en cette circonstance, ne marchanda point aux députés qui vinrent lui rendre compte du mouvement, aucune des demandes qu'ils formèrent. Les priviléges de la îille n'avaient encore reçu aucune sanction royale, Louis a'empressa, non seulement de les confirmer, mais il les rendit à la commune, dégagés de toutes les restrictions que la politique des ducs de Bourgogne y avait ajoutées. Le rusé monarque savait bien qu'il n'engageait pas l'avenir. L'année suivante, il y ajouta, par lettres datées d'Arras le 18 mai, le don de la moitié des confiscations et la concession des places communes.


ou donné au contraire, nonobstant l'interrupcion et discontinuacion dudit droit, ou devoir de cinq solz sur les appelans, de bailler lesdictes gardes, et que lesdiz supplians n'en aient joy ne d'aucuns autres poius et articles contenuz en leurs dix previleiges et libertez, que ne leur voulons nuire ne préjudicier, mais les en avons relevez et relevons de grâce espécial, par ces présentes. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons fait mectre notre scel à ces dictes présentes sauf en autres choses notre droit et l'autruy en toutes. Donné à Thérouenne, au moys de aoust, l'an de grâce mil CCCC soixante dix sept, et de notre règne le dix septième.

Par le Roy, vous l'Arcevesque de Vienne (I), le conte de Saint-Paul (2), le sire de Cléry (3), M" Guillaume de Cerisey (4), et autres présents. P. PETIT. Scellé du grand scel en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXX

Confirmation, par le roi Louis XI, du droit des magistrats de Dijon de faire inventaires et actes de justice dans la ville.

1477 (24 août).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, au bailli de Dijon ou à son lieutenant, salut. De la partie de noz bien amez les Maïeuret eschevins de notre ville de Dijon, nous a esté exposé que jasoit ce que par previleiges à eulx donnez et octroyez par les ducs de Bourgongne, aucuns sergens ou autres officiers ne puyssent ou doivent faire aucun exploict de justice en ladicte ville et banlieue d'icelle, fors lesdiz Maïeuret eschevins, et leurs sergens, scribes, commis et dep(t) Angelo Cato, né à Sopino, duché de Bénêvent, savant italien envoyé par les princes de la maison d'Anjou au duc de Bourgogne Charles, qui le retint à son service. Après la bataille de Slorat, Cato quitta ce prince pour s'attacher à Louis XI, qui en fit son médecin, son aumônier, l'admit dans son conseil, et le nomma en 148î archevêque de Vienne. (Comynes, édit. Dupont, 1, 1.)

(ï) Pierre de Luxembourg, comte de Saint-Pol, de Marte et de Soissons, fils du connétable de Saint-Pol, mourut le 2b octobre 1*88. (Anselme, III, 728.)

(3) Guillaume Bische, natif de Moulins-Engilbert, seigneur de Cléry, premier mattre d'hôtel du duc Charles, passa au service de Louis XI, qui le lit chevalier, conseiller, chambellan et gouverneur de Péronne. (4) Guillaume de Cerisay, protonotaire et secrétaire du roi, greffier du Parlement de Paris, maire d'Angers en me.


putez; néanlraoins aucuns officiers de justice, sergens et autres se sont par cydevant efforcez, et encore s'efforcent de jour en jour, de faire inventaire de biens en ladicte ville et banlieue, mectre sergens et officiers en garnison es maisons et autres lieux que bon leur semble, autres que les sergens et officiers desdictz exposans et faire exploictz réels et autres exploictz, qui à iceulx exposans ou leurs dictz commis et depputez appartiennent de faire, en entreprenant sur leurs droiz et previlleiges, iceulx corrompant et abolissant, et au très grant grief, préjudice et dommaige desdiz exposans, ainsi qu'ils dient, requérant sur ce notre provision. Pour quoi nous, ces choses considérées, voulans leurs previlleiges estre entretenuz, et gardez sans enfrairidre, avons déclairé et déclairons, voulons et nous plaist par ces présentes, que en ensuyvant leurs diz previlleiges doresnavant aucuns officiers et gens de justice, de quelque povoir ou auctorité qu'ils usent, ne pourront faire inventaire de biens, mettre garnison en icelle ville, forsbourgs et banlieue, ne faire autres exploiz de justice, fors et excepté lesdiz exposans et leurs sergens, scribes, commis et depputez. Si vous mandons et comiuectons que notre présente déclaracion vous fetes publier, entretenir, garder et observer de point en point, selon sa forme et teneur, sans souffrir aucune chose estre faicte ou innovée au contraire. Car ainsi nous plaist il être fait, nonobstant quelxconques lettres surreptices impétrées ou à impétrer, à ce contraires. Donné à Thérouenne, le xxiii0 jour d'aoust, l'an de grâce mil CCCC soixante dix sept, et de notre règne le dix septième.

Par le Roy, P. PETIT.

Original Archives de la ville de Dijon, C, Juridiction de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4».

LXXXI

Création, par le roi Lonis XI, des six anciens échevins de la chambre de ville. 1477 (24 août).

Loys, par la grâce de Dieu roy de France à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Reçeu avons l'umble supplication de noz bien amez les Maïeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Dijon, con-


tenant que ladite ville est ville de comrnunité, [et en icelle, de tout temps et d'ancienneté a Maire et vingt eschevins, faisant en nombre vingt un personnes qui ont le gouvernement de la police de la ville, et des habitans et fréquentans en icelle lesquels Maire et eschevins sont esleuz par chacun an, et muez à la fin d'icelui, le jour de la feste de la Nativité Saint Jehan Baptiste, ainsi qu'il est plus à plain contenu et déclaré es lettres de previleges, et création du colliege des ditz Maire et eschevins, par lequel previlege et création, les eschevins ne peuvent estre continuez d'une année en l'autre, mais doivent estre tous changez et muez en la fin de l'an. Et pour ce qu'il n'a esté par cy devant loisible à la dite communité de appeler ou retenir ou corps du dit colliege, pour être eschevins l'année en suivante, aulcuns de ceulx qui l'ont esté l'année précédente, plusieurs inconveniens, pertes et dommaiges sont advenus à la dite ville; parce que ceulx qui sont nouvellement mis en l'eschevinaige, n'ont pas eu, ne peu avoir congnoissance des fais, affaires, droiz, tiltres et previleges d'icelle ville et souvent est advenu, que plusieurs choses encommancées par les Maire et eschevins de l'uue année, ou poursuist pour le bien, prouffit et utilité de la chose publique de la ville, ont esté interrompues, discontinuées, perdues, délaissées, diverties ou changées par les Maire et eschevins de l'année subséquente; en quoy ont esté grandement diminuez et retardez les droiz de la dite ville, et le fait de la police, plus mal gouverné et administré. A ceste cause, et pour y obvier, et mectre la chose en meilleur ordre et police pour le bien de la chose publique, est besoing, et chose très nécessaire, mectre en eslection de l'eschevinaige et retenir ou nombre des vingt un eschevins, qui se debvront eslire chacune année, aulcuns d'eux qui l'auront esté l'année précédente. Mais ils ne l'oseroient faire, pour ce que pour la création du dit colliege est contenu le contraire c'est assavoir que on ne pourra eslire les eschevins d'une année, pour estre eschevins en l'autre, s'ils n'avoient congié et licence pour ce faire. En nous humblement requérant, attendu l'évident dommaige et inconvénient qui est advenu et peut advenir à la dite ville, à la cause dessusdite, nous plaise leur impartir sur ce nostre grâce et provision convenable. Pour quoy nous, ces choses considérées, inclinans à supplication et requeste desdits supplians, en faveur et pour considération des bon = et loüables services qu'ils nous ont faiz, tant à la reddition de la dicte ville, que du duchié de Bourgoingne en nostre obéissance, voulant par ce les traicter favorablement, ausdiz supplians, avons octroyé et octroyons de grâce especial, par ces présentes, que doresnavant et à toujours en faisant l'eslection des futurs eschevins, le Maire qui. lors sera, puisse, et luy loise, par l'advis et opinion des eschevins de l'année


précédente, prendre, choisir et eslire jusques au nombre de six personnes et au dessoubs, telz que bon luy semblera, desdiz eschevins enciens, plus experimentez es besoingnes et affaires de la dicte ville, et iceulx mectre en et du nombre des diz vingt ung nouveaulx eschevins et du corps du dict colliege, affin de plus seurement savoir parler, et informer les diz nouveaulx eschevins, des besoingnes, affaires, et aussi des matières expédiées, conclutes et délibérées es années précédentes nonobstant que par les lectres de previlege, et création du dit colliege, soit expressément contenu que les eschevins de l'une année ne pourront chévir en l'eslection, ne estre eschevins en l'autre année; que ne voulons deroguer, nuyre, ne préjudicier à leur création et previleges en autres choses mais iceulx demeurer en leur force et vertu. Si donnons en mandement par ces dictes présentes à nos amez et féaulx conseillers, les gens qui tiendront nostre Parlement en Bourgoingne, gens de nostre grant conseil et de noz comptes à Dijon, bailly du dit lieu, et à tous nos autres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenants présents et advenir,. et à chacun d'eulx, si comme à lui appartiendra, que de nostre présente grâce et octroy ils fassent et seuffrent et laissent lesdiz supplians joïr et user plainement et paisiblement, car ainsi nous plaist il estre fait. En tesmoing de ce, nous avons faict mettre nostre scel à ces dites présentes. Donné à Thérouenne le XXIV" jour d'aoust l'an de grâce mil CCCC soixante dix sept et de nostre règne le dix septième.

Par le Roy, vous l'Arcevesque de Vienne, le conte de Saint Pol, le seigneur de Cléry, maistre Guillaume de Cerisay et autres présens.

P. PETIT.

Scellé en cire blanche à double queue de parchemin pendante.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 390.

LXXXII

Seconde confirmation des privilèges de la ville par Louis XI, roi de France.

1479 (31 jutUet).

Loys, par la grâce de Dieu roy de France; savoir faisons à tous présens et advenir, que aujourd'hui nous avons confermé, promis et juré sur les sains Evangiles, estans sur le grant autel de l'église de Sainct Bénigne de Dijon, tenir et


garder fermement les libertez, franchises, immunitez, chartres, previleges, et confirmations d'icelles, donnéez et octroyées de noz devanciers ducz de Bourgoingne, au Maïeur, et aux eschevins et habitans de nostre dite ville de Dijon, si comme elles sont escriptes. Et aussi les diz Maïeur, eschevins et habitans de nostre dite ville, estans lors en notre présence, en la dite église, jurèrent qu'ils nous seront loyaulx subgez, et vrais obéissans, et garderont nostre personne, et touts noz droits, envers tous et contre tous. Et nous leur avons octroyé et octroyons par ces présentes, que noz hoirs et successeurs en nostre dit ducliié de Bourgoingne, jureront et seront tenus jurer publiquement en ladite église de Sainct Bénigne de Dijon, en leur premier advénement oudit Duchié, qu'ilz garderont, et feront tenir et garder lesdites libertez, franchises, immunitez, chartres et previleges, et confirmations d'icelles, ainsi comme elles sont escriptes, et plus à plaiu contenues es lettres et Chartres données de nos diz devanciers ducz de Bourgoingne, aux habitans de notre dite ville de Dijon. Et à ce faire et fermement tenir, et garder perpétuellement, nous obligeons espécialement et expressément, nous, nos hoirs, nos successeurs et tous ceulx qui auront cause de nous en nostre dit Duchié Et promectonsen bonne foy, lesdites choses tenir et fermement garder à tousjours mais, sans venir encontre par nous, ne par autres. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces présentes lettres. Donné en nostre dicte ville de Dijon, ou mois de juillet le dernier jour, l'an de grâce mil CCCC soixante dix neuf, et de nostre règne le dixneufviesme.

Parle Roy, le prince de Tharante (1), Vous l'evesque d'Alby (2),leprothouotaire de Clugny (3), les sires du Foux (4), du Bouchage (5), maistre Jehan Jacquelin, président de Bourgoingne (6),etplusieurs autres présens. J. DE Ciiaulmont. Visa contenter J. Texieb.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans: Ordonnances des Rois de France, XVIII, 492 –Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4». (1) Frédéric d'Aragon, prince de Tarente, second fils de Ferdinand 1", roi de Naples, succéda en 1 496 n Ferdinand Il, fils de son frère Alphonse II En 1501, il fut dépouillé de ses Etats par Louis XII et Ferdirieud-leCatholique, roi de Castille, et mourut en France le 9 novembre 1504.

(i) Louis d'Amboise, évéque d'Alby, lieutenant-général du roi en Bourgogne, puis en larguedoc et en Ronsaillon, mouruten 1505.

(3) Guillaume de Clugny, conseiller, maître des requêtes des ducs Philippe-le-Don et Charles-le-TcSméraire, protonotaire du Saint-Siège apostolique, conseiller du roi, nommé évêque de Poitiers en 1 479, mort vers 1480. (4) Ivon du Foux, sénéchal du Poitou.

(5) Imbert de Batamay, comte du Bouchage, seigneur d'Ornacey, conseiller et chambellan de Louis XI, mourut le 11 mai 1593.

(6) Jean Jacquelin, licencié es-lois, conseiller des ducs Philippe-le-Bon et Charles-le-Téméraire maître des.


Confirmation des privilèges de la ville de Dijon par Charles VIII, roi de France. 1491 (octobre).

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avons reçeu l'umble supplicacion de nos chiers et bien amez les Mayeur, eseïievins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Dijon, contenant que tant par costre très chier seigneur et père que Dieu absoille, que autres nos prédécesseurs, roys de France et ducz deBourgoingne,ontesté donnez, octroyez et confermcz ausdiz supplians, plusieurs beaulx, droits, previleges, chartres, franchises, libertez, dons, concessions, octroys et immunitez, tant en justice haute, moyenne et basse en la dicte ville et banlieue qne autrement, des quelz ensemble et plusieurs usances, coustumes et autres concessions et octroys à eulx pareillement octroyez et confermez, les diz supplians et leurs prédécesseurs ont joy et usé par cy devant. Toutesfois ilz doublent que nos officiers et autres les voulsissent en la joyssance d'iceulx, ou d'aucuns d'eulx cy après, empescher et troubler, se par nous ilz n'estoient approuvez et confermez, en nous humblement requérant sur ce nostre grâce et libéralité. Pour ce est il que nous, considérant la bonne et grande loyauté, fidélité et obéyssance, que liz diz supplians ont tousjours eu à nostre dit feu seigneur et père et à nous depuis nostre advénement à la couronne de France, et qu'ilz démonstrent par effect de vouloir avoir plus que jamais. Pour ces causes, inclinans favorablement à la requeste à nous sur ce faicte par nostre atné et féal couseillieren notre grant conseil, maistre Phelippe Baudot, gouverneur de nostre chancellerie de Bourgoingne, pour et en nom des diz Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre dicte ville de Dijon, suppliant, et voulant et désirant les traicter bénignement en tout leurs affaires, nous, tous les diz droits, previleges, chartres, franchises, libertez, justice haute, moyenne et basse, dons, concessions, octroys et immunitez; ensembles, toutes usances et coustumes, dont les diz suppliants st leurs prédécesseurs ont acoustumé de joyr et user par cy devant, jaçoit ce que autrement ilz ne requîtes de l'hôtel de ce dernier, gouverneur de la chancellerie du duché de Bourgogne, désigné comme membre du Parlement de Bourgogne lors de la création de cette cour; il succéda en 1477 au premier président Jouard, et mourut en 1483.

LXXXIII


soient cy spécifiez et déclarez, avons louhez, approuvez, confermez, aggréez et consentues; et par la teneur de ces présentes, de grâce espécial, pleine puissance etautorité royale,louhons, approuvons, confermons, aggréonsel consentons, selon que les diz suppliants les ont par devers eulx, en leurs Chartres et trésor. Et en tant que mestier seroit, de nostre plusample grâce, en ensuivant les louables faits de nostre dict feu seigneur et père, et de nos dix autres prédécesseurs, les leur avons donnez, octroyez et concédez, donnons, octroyons et concédons de nouvel. Et voulons, et nous plaist que iceulx suppliants et leurs successeurs en joyssent doresnavant et à perpétuité suivant que par cy devant ilz en ont deuement joy et usé. Se aucuns explois avoient et ont esté faits au contraire par nos gens et officiers ou autres personnes quelconques, nous déclairons et n'avons entendu et entendons, qu'ilz puissent nuyre ne préjudicier aux diz Mayeur, esvhevius, bourgeois, manaiis et habitans, ne à leur dix previleges, franchises. libériez, charlres, droits, coustumes, octroys, immunitez elusances dessusdiz, eljoyssance d'iceulx. Mais voulons qu'ilz soient repputez pour non faiz et non avenuz, et les en avons relevez et relevons de grâce espécial par ces présentes. Si donnons en mandement par ces dictes présentes, h nos amez et féaulx conseillers gouverneur de nostre dicte chancellerie de Bourgoingne, le lieutenant de nostre très cher et bien amé chancellier. au bailly du dit Dijon, et à tous nos autres justiciers et officiers, ou à leurs lieutenants présents et advenir et à chacun d'eulx, que de nos présentes grâces, ratifficacions, confirmacions. déclaracions, vouloir et don nouvel de à tout le contenu en ces présentes, lacent, souffrent, et laissent les diz supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement sans deslourbier ou empeschement. Et tout ce qui auroit esté ou seroit fait au contraire, le reparent et mectent ou facent reparer et mectre sans délaj au premier estat et déhu. Et afin que ce soit ferme à tousjours, nous avons fait meclre nostre scel il ces présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'aulruy en toutes. Donné à Laval au mois d'octobre, l'an de grâce mil quatre cent quatre vingt «size, et de nostre règne le neuviesme.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in4°.


LXXXIV

Vidimus et confirmation, par le roi Charles VIII, des privilèges accordés par ses prédécesseurs aux habitants de Dijon.

1491 (octobre).

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir, nous avoir reçeu l'umble supplication de noz chiers et bien amez les Maïeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Dijon, contenant que, tant par feu nostre tres chier seigneur et père que Dieu absoille, que autres noz prédécesseurs roys de France et ducz de Bourgoingne, ont esté donnez, octroiez et confermez ausdiz supplians, plusieurs beaulx, droiz, privileges, chartres, franchises, libertez, dons, concessions, octroiz et immunitez. tant en justice haute, moyenne et basse en ladicte ville et banlieue que autrement dont on dit la teneur estre telle.

[1.] Noverunt universi présentes et futuri. (Voir Constitutions de la commune de Soissons à la suite du n° V, page 15.)

[II.] tn nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. (Voir n°V. page 4.) [111.] Odo, dux Burgundie, sciant universi tam présentes quam futuri. (Voir n' XIX, page 27 .)

[IV.] Ego Odo, dux Burgundie, notum facio universis. (Voir XX, page 28.) [V.] Ego Odo, dux Burgundie, notum facio universis quod a Waltero. (Voir n° XXI, page 29.)

[VI.] ln nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Nos Robertus dux Burgundie. (Voir XL VI, page 48.)

[VII.] Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, au bailly de Dijon ou à son lieutenant, salut. (Voir LXXX, page 109.)

[VIII.] Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir. (Voir n° LXXXII, page 114.)

Desquelz droiz, privileiges, chartres franchises, libertez, justice haulte, moyenne et basse, dons, concessions, octroiz, immunitez dessus déclairez ensemble de plusieurs usances, coustumes et autres concessions et octroiz à eulx pareillement octroiez et confermez, lesdiz supplians et leurs prédécesseurs ont joy et usé par ci-devant toutesfois ilz doubtent que noz officiers et autres les


voulsissent eu la joyssance d'iceulx ou d'aucuns d'eulx empescher et troubler. se par nous il n'estoient approuvez et conformez, en nous humblement requérant sur ce nostre grâce et libéralité. Pour ce est il, que nous considérant la bonne et grande loiaallé, fidélité et obéissance que lesdiz supplians ont tousjours eu a nostre dit feu seigneur et père et à nous depuis nostre advenementà la couronne de France et qu'ilz demonstrent par effect de vouloir avoir plus que jamais. Pour ces causes, inclinans favorablement à la requeste à nous sur ce faicte, par nostre amé et féal conseiller en nostre grant conseil, maistre Philippe Baudot, gouverneur de nostre chancellerie de Bourgoingne, pour et ou nom desdiz supplians et voulans et désirans les traicter bénignement en tous leurs affaires. Nous, tous lesdizdroiz, privileiges, chartres, franchises, libertez, justice haulte, moyenne et basse, dons, concessions, octroiz et immunitez dessus déclairez. Ensemble toutes usances et coustumes et autres droictures, privileiges, libertez, dons. octroiz et franchises que lesdiz supplians ont par devers eulx en leurs Chartres et trésor, et dont ik et leurs prédécesseurs ont accoustumé de joyr et user, jacoit ce quilz ne soient cy autrement spéciffiez et déclairez, avons louez, approuvez, confermez, agréez et consentiz. Et par la teneur de ces présentes, de grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, louons, approuvons, confermons, asrgréons et consentons, et en tant que mestier seroit de nostre plus ample grâce et en suivant les louables faiz de nostre dit feu seigneur et père et de noz diz autres prédécesseurs, les leur avons donnez, octroiez et concédez, donnons, octroions et concédons de nouvel, et voulons et nous plaist que iceulx supplians et leurs successeurs en joyssent doresnavant et à perpetuité si avant que par cy devant, ilz en ont deuement joy et usé. Ets'aucuns exploiz avoient et ont esté faiz au contraire par noz gens et officiers ou autres personnes quelzconques, nous déclairons et n'avons entendu et n'entendons quilz puissent nuyre, ne préjudiciel- ausdiz supplians, ne à leurs diz privileiges, franchises,' libertez, justice, cbartres, droiz, coustumes, dons, octroiz, isKRiuaitez et usances dessus diz, ne à la joyssance d'iceulx. Mais voulons quilz soient réputez pour non faiz et non avenuz, et les en avons relevez et relevons de grâce espécial par ces présentes. Si donnons en mandement par ces dictes présentes, à noz amez et féaulx conseillers, le gouverneur de nostre dicte chancellerie de Bourgoingne, au bailly dudit Dijon et à touz nos autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans présents et avenir et à chacun d'eulx, que de nos présens grâce, ratiffication, confirmation, déclairacion, vouloir et don nouvel et de tout le contenu en ces présentes, facent, seuffrent et laissent lesdiz supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisible-


ment, sans destourbier ou empeschement et de tout ce qui a esté ou serait fait au contraire, le reparent et mectent ou facent réparer et mectre sans délay au premier estat et deu. Et afin que ce soit chose ferme et estable à tous jours, nous avons fait mectre notre scel à ces présentes, sauf, en autres choses nostre dr»ict et l'autruy en toutes. Donné à Laval ou mois d'octobre l'an de grâce mil CCCC quatre vingt et uuze, et de nostre règne le neufviesme.

Par le Roy, le conte de Ligney (1), le seigneur de Grimault, sénéchal de Beaucair (2), M" Philippe Baudot, gouverneur de la chancellerie en Bourgoingne (3), (luillaume Briçonnet, général des finances (4), et autres présens. Bohier. Scellé en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXXV

Lettres patentes du roi Charles VIII portant anoblissement des maires de Dijon. 1491 (octobre).

Charles, par la grâce de Dieu Roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir, comme nous, considérans que noz chers et bien amez les bourgeois, manans et habitans en nostre ville de Dijon, qui est ville capitale de nostre pays et duché de Bourgoingne, en desmontrant la bonne et grande fidélité et loïaulté qu'ils avoient à feu nostre très chier seigneur et père, que Dieu absoille et à la couronne de France, furent ceulx qui au temps des divisions et guerres, estant au dit pays de Bourgoingne, premier se réduisirent en son obéissance, au moien de quoy les autres villes et lieux du dit pays plus aisiement et facilement se y réduisirent. Considérant aussi que depuis en ça, ilz se sont toujours demonstrez et de(t) Louis de Luxembourg, comte de Ligny, prince d'Andrie, grand chambellan de France, mort le 31 décembre 1503.

(î) Etienne de Vese, chevalier, né en Dauphiné, valet de chambre de Charles VIII, puis chambellan, sénéchat de Beaucaire et de Nîmes en 1(90, président à la chambre des comptes, duc de Nola, créé baron de Orimautt, mort en IBM. (Comynes, édit. Dupoot, 11, 256.)

(3) Philippe Baudot, licencié en lois et. en décrète, conseiller du duc Chartes. Les services qu'il tendit au roi Louis XI, lors de la réduction de la Bourgogne, lui valurent l'office de gouverneur de la chancellerie du Duché et son admission au Conseil d'Etat.

(4) Guillaume Briçonnet en 1(93, il tut nommé cardlnal-évéque de Saint-Malo, et mourut le t8 août 1M8.


monstrent par effect nos bons et loiaulx obeyssans subgectz, sans jamais avoir varier. Voulant par ce aucunement rémunérer nostre diteville etles habitais d'icelle de la bonne affection qu'ilz eurent, en eulx réduisant à la dite obéissance de nostre dit feu seigneur et père et de nous, et les décorer d'aucune prérogative espéciale ainsi que aucuns nos prédécesseurs de bonne mémoire, ont autreffoiz fait à aucunes bonnes villes de nostre royaume; savoir faisons que nous à ces causes et autres justes considérations meuz, avons octroie et octroions ausdiz manans et habitans de ladite ville par prérogative, dignité et previllege espécial que le Mayeur d'icelle ville, qui est à présent et ceulx qui seront pour le temps à venir à tousjours mais perpétuellement, soient et se puissent dès qu'ilz seront faiz et créez Mayeurs, eulx dire et porter nobles, et lequel Mayeur qui est a prévînt et ceulx qui seront cy après et chacun d'eulx avec leur famille, postérité née et à naistre en loial mariage. Nous de nostre certaine science, plaine puissance et autorité royal, avons dès maintenant pour lors perpétuellement anobly et anoblissons et voulons et octroions que le dit Mayeur qui est à présent et ceulx qui sont cy après, joyssent dès ci en avant de tous tels et semblablesprevileiges, franchises et libertez dont joyssent les autres nobles d'origine de nostre royaume, et les Mayeurs de noz bonnes villes de la Rochelle et Poictiers, et en oultre voulons et octroions que iceulxMayeurs et chacuns d'eulx en leur dite postérité, soient en tous leurs actes en jugement et dehors à perpetuité, censez diz et reputez nobles et qu'ilz puissent prendre et recevoir de nous ou d'autres ayant puissance de leur [, donner l'ordre de chevalerie, acquérir et posséder fiefz et héritaiges nobles de quelques préeminance, dignité et aultre qu'ilz soient, tout ainsi qu'ilz pourroient faire, s'ilz estoient originairement nobles, nez et extraiz de noble lignée. Et aussi qu'ilz puissent acquérir et tenir pour et au nom et au prouffit de la dite ville choses nobles et de fied, sans cequ'ilz soient, ne puissentestre contrains en vuyder leurs mains, ne pour ce payer à nous et à noz sucesseurs roys de France et ducs de BourgoÎBgne, aucune finance. Et laquelle finance, à quelque somme que elle peust monter, nous, en faveur et contemplation des choses dessus dictes et afin que iceulx habitans soient de plus en plus enclinés et curieux [de] nous servir et obeyr, leur avons et à tous leurs successeurs donné et quicté, donnons et quittons par ces présentes signées de nostre main. Et sans ce aussi qu'ilz soient tenuz aller ne envoyeren noz armées, bans et arrière bans, dont les avons exemptez et exemptons par ces ditz présentes, pourvu qu'ilz seront tenuz eulx emploiér à la garde et deffense de nostre dite ville en nostre obeyssance et à la seurté de nous et de nos successeurs roys de France. Si donnons en mandement par ces mesmes présentes


à noz amez et l'éaulx gens de noz comptes à Dijon et général sur le fait de nos finances en Bourgoingne, au gouverneur de la chancellerie du dit Duché, bailly de Dijon et à tous magistrats, justiciers et officiers ou leurs lieuxtenans présens et avenir, que de nos présentes, grâce, previlege, anoblissement, don, concession, octroy et de tout le contenu en ces présentes facent et seuffrent les diz habitans et leurs ditz Mayeurs et chacun d'euls et leurs dictz postérités, perpétuellement et à tousjours joyr et user plainement et paisiblement sans destourbier ou empeschement, nonobstant quelsconques ordonnances, mandemens ou deffenses à ce contraires. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nousavonsfaict mectre nostre scel aux ditez présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'aûtruy en toutes. Donné à Laval au mois d'octobre l'an de grâce mil CCCC quatre vingt unze et de nostre règne le neuflesme. CHARLES.

Parle Roy, le comte de Ligney, leseigneurdeGrimault, seneschaldeBeaucaire, maistre Phelippe Baudot, gouverneurde la chancellerie en Bourgogne, Guillaume Briçonnet, général des finances, et autres présens. Bohier. Visa contenter.

Scellé en cire verte, dont il ne reste que les lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXXVI

Lettres de surannation des lettres précédentes, accordées par le roi Louis XII.

15t4 (18 décembre).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, à nos amez et feaulx gens de noz comptes à Dijon, général ayant la charge et administration de noz finances en noz pays et duché de Bourgoingne, an gouverneur de la chancellerie de Bourgoingne, bailli de Dijon et à tous nos autres justiciers et officiers ou à leurs lieuteuans, salut et dilection. Reçeue avons l'umble supplication de nos chers et bien amez lez manans et habitants de nostre ville de Dijon, contenant que dès le moys d'octobre l'an mil quatre cent quatrevings et unze, feu nostre très cher seigneur et cousin le roy Charles dernièrement trespassé, octroya ses lettres patentes cy attachez, soubz le contre scel de notre chancellerie, et combien que ces dites


lectres fussent octroyées pour bonnes, justes etgrans causes, et pour toujours tenir notre dite ville de Dijon qui est principalle de nostre pays et duché d>i Bourgoingne en bonne et grande auctorité de personnages, au bien et auctorité de nous et de noz successeurs, prouffit et utilité de la chose publique de nostre royaume touteffois parceque lesdietes lectres ne vous ont encore esté présentées, ne d'icelles requis l'intérinement et qu'elles sont surannées, aussy qu'elles ne sont de nous obtenues, ains de nostre dit feu seigneur et cousin le roy Charles dernièrement trespassé; lesditz supplians doubtent que fissiez; difficulté les recevoir à icelles vous présenter et de procéder à la verifficatioh et intérinement d'icelles, se pa!' nous ne leu estoit sur ce pourvu de nostre grâce, provision et remède convenable, humblement requérant icelle. Pour quoy nous, ces choses considérées, inclinans à la supplication et requeste desdits supplians, desiraiis aussi ensuivyr le bon plaisir et vouloir de nostre dit feu seigneur et cousin, vous mandons, commandons et enjoingnons et à chacun de vous sur ce requis et si comme à luy appartiendra, que vous recevez lesditz supplians et lesquels nous voulons par vous estre receuz de grâce espécial par ces présentes à vous présenter lesdites lecties et à requérir la vériffication et entérinement d'icelle, tout ainsi que si elles estoient de nous obtenues et quelles fussent deans l'an et jour d'icelles, car ainsi nous plaist il estre faiet, nonosblant que, comme dit est, lesdites lectres soient surannées et qu'elles ne soient de nous obtenues. Donc, en tant que besoing seroit, nous avons lesdiz supplians relevez et relevons de grâce espécial par ces présentes et quelzconques lectres subreptices, impetrées ou à impétrer à ce contraires. Donné à Paris le xvm° jour de décembre l'an de grâce mil cinq cent et quatorze, et de nostre règne le dixseptiesme.

Par le Roy, ROBERTET.

Original Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et franchises de la Commune.

LXXXVII

Confirmation par le roi Charles VIII, de la qualité de vicomte, prise par le Maire de Dijon. 1491 (14 octobre).

Charles, parla grâce de Dieu, roy de France, à nos amez et feaulx gens de noz comptes à Dijon, au bailli de Dijon, et à tous noz autres justiciers et offi-


ciersou àleurs lieutenans, salut. Noz chers et bien amez les Mayeur, eschevins, manans et habitans de nostre ville de Dijon, nous ont humblement fait exposer que pieça feu Robert, jadiz duc de Bourgoingne, nostre prédécesseur, transporta ausdits Mayeur, esehevins, manans et habitans pour bonnes et justes considérations, et par certaines conventions faictes entre eulx, confermés par notre prédécesseur roy de France, qui lors estoit, la viconté de Dijon, au moiénde quoy, depuis les Mayeurs qui ont esté en ladite ville, ou les aucuns d'eulx se sont par bien longtemps ditz, portez et nommez vicontes Maïeurs dudit Dijon, en leurs actes, tiltres et criz, et encores es mesmes cris et publications qui se. font en ladicte ville, se portent et nomment telz. Toutesfoiz les anciens d'iceulx Mayeurs ont délaissé et discontinué de eulx nommer et intituler vicontes par leurs lectres et actes, et doubtent lesdiz exposans que si le Maïeur qui est à présent et autres qui seront ci-après en icelle ville vouloient eulx dire et nommer viconte en leurs lectres et actes, on les voulsist en ce troubler et empescher, jaçoit ce que tant nous, que feu nostre tres cher seigneur et père, que Dieu absoille, et autres noz prédécesseurs ayons conférait; loué et approuvé tous les priviléges, libertez, droits et franchises ausdits suppliants ci-devant octroiez, et que de nouveUeur ayons donné et par ce moien les frustrer dudit tiltre de viconte qui seroit leur grant intérest. En nous humblement requérant nostre grâce leur estre sur ce impartie. Pour ce est il que nous, considérant que ladite ville de Dijon est la capitale de nostre dit duché de Bourgoingne, et qui premier se tourna à vraie obéissance envers notre dit seigneur et père, et se sont tousjours démonstrez noz bons et loiaulx subjetz, voulant par ce qu'ils joyssent entièrement de tous les privileges et dons à eulz faiz et octroyés. Pour ces causes, eu sur ce advis et déliberation, vous mandons, commandons et expressément enjoignons, et à chacun de vous, que se sommairement et de plain, il vous est apparu ou appert dudit octroy et don, et dudit transport fait aux dis exposans, et que autreffois ilz en aient joy et se soient portez et nommez viconte et encore facent en leurs criz ensemble de la confirmaciou par îious faicte ausdits exposants de tous leurs dits privileiges, vous audit cas les faictes joyr dudit don, octroyet transport plainement et paisiblement. Et en ce faisant souffrez et permettez audit Mayeur de Dijon, présent et avenir, soy dire, nommer et intituler en ses lectres, actes et tiltres, viconte Mayeur de Dijon, ainsi que lesdits Mayeurs faisoient d'ancienneté. Le tout en ensuivant l'octroy et transport des susdites. Lequel voulons et déclairons sortir effect, sans soubz umbre de ladite discontinuacion, leur faire ou donner, ne souffrir estre fait ou donné aucun destourbier ou empeschement, car ainsi nous


plaist il être fait, nonobstant que par cidevant aucuns Mayeurs ayant discontinuez d'eulx intituler vicontes en leurs dites lettres, actes et tiltres, comme dit est, que ne voulons nuyre ausdits exposans, mais les en avons relevez et relevons de grâce espécial par ces présentes et quelconques ordonnances, restrinctions, mandemens ou deffences à ce contraires. Donné à Laval le sm° jour d'octobre l'an de grâce mil CCCC quatrevingt et unze, et de notre règne le neufviesme. Par le Roy, le conte de Ligney, le sieur de Grimault, sénéschal de Beaucaire, maistre Philippe Baudot, gouverneur de la chancellerie en Bourgoingne, Guillaume Briçonnet, général des finances et autres présents. Bohier. Scellé du grand sceau en cire blanche à simple queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune.

LXXXVIII

Confirmation des priviléges de la ville, par le roi Louis XII.

1498 (juin).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons, nous avoir reçeu l'umble supplication de noz chiers et bien amez les vicomte Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans et commune de nostre bonne ville de Dijon, contenant que par noz prédécesseurs roys de France et ducs de Bourgoingne leur ont esté donnez et octroyez plusieurs baulx, droiz, previleiges, franchises, libertez, avec la justice haulte, moyenne et basse, mère, mixte et impère en ladite ville, faulbourgs et banlieue d'icelle et leurs appartenencez, ensemble la confection des inventaires, prinses de personnes de biens et faire touz autres exploits reelz, ensemble la congnoissance, décision, détermination et judication de touz cas, crymes et delitz qui se y commectent et adviennent par quelque personne que ce soit, ensemble de tous autres choses qui déppendent, touchent et concernent fait et matière de justice haulte, moyenne et basse, et plusieurs autres previleiges, coustumes, libertez, fraincliises, exempcions et droictures, qui leur furent et ont esté confirmez par feu nostre très chier seigneur et frère le roy Charles que Dieu pardoint, et d'iceulx, ont tousjours joy et usé et encoires font de présent paisiblement. Lesquels supplians qui tantost après le frespas de nostre dit feu seigneur et frere, ont envoyé devers nous leurs depputés et nmbassadeurs, pour nous rendre l'obéissance et subjection qui nous doivent et sont te-


nuz faire, nous ont supplié et requis que nostre plaisir soit leur confermer iceulx privileiges, justice, usaiges, coustumes, libertez, frainchises, exemptions et droictures et sur ce leur impartir noz grâce et liberalité. Pour ce est il que nous, considérant la bonne, grande et ferme loyaulté que lesditz supplians ont depuis leur réduction eue et demonstré par effect à nos ditz prédécesseurs Roys et à la coronne de France, sans y avoir espargner corps ne biens, voulant par ce les favorablement traicter et iceulx entretenir en leurs privileiges, justices, libériez, frainchises, coustumes, usaiges et droictures et pour autres considérations à ce nous mouvanz, à iceulx supplians avons confirmé, louhé, ratiffié et approuvé. Et par ces présentes Je nostre certainne science, grâce especial, plaine puissance et autorité royal, confermons, louons; ratifiions et approuvons tout et chascuns lesdiz privileiges, justices, coustumes, usaiges, frainchises, libertez, exempcions et droictures à eulx octroyez et concedez par nos dis prédécesseurs et dont ilz pourront faire et feront apparoir quant besoin;* sera, et desquels ils ont par cy devant et d'ancienneté deuement et justement joy et usé. Si donnons en mandement par ces mesmes présentes au bailli dudit Dijon et tous noz autres j usticiers ou à leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chascun d'eulx si comme à lui appartiendra, que de nos présentes grâce, ratiffication, approbation et confirmation, ilz fassent, souffrent et laissent lesdis supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement sans leur faire, mettre ou donner ne souffrir estre frait, mis ou donné oires ne pour le temps advenir, aucun arrest, destourbier ou empeschement au contraire en quelques manière que ce soit. Lequel se fait, mis ou donné leur estoit, l'ostent et meclent ou faceni osier et mectre incontinant et sans délay à plaine délivrance et premier estat et deu. Et pour ce que de ces présentes, l'on pourra avoir à besoingrar en plusieurs et divers lieux, nous voulons que au vidimus d'icelles fait soubz seel royal, foy soit adjoustée comme au présent original. Et afin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous avons fait mettre nostre seel à ces dites présentes, saulf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes. Donné à Crespy en Valois au mois de jung l'an de grâce mil quatre cent quatre vingt et dix huit, et de nostre règne le premier.

Par le Roy, vous, l'arcevesque de Rouen (1), le seigneur de Baudricourt, mareschal de France (2) et autres présens. COTEREAUL. M) Georges d'Amboise, évêque de Moatauban en 1484, archevêque de Narbonne et de Rouen en 1(93, créé cardinal en 1498. Il devint le premier ministre de Louis XII. Mort le 25 mai 1510. (2) Jean, seigneur de Baudricourt, conseiller, chambellan du Roi, chevalier de son Ordre, gouverneur de Hourgogne. fut nommé maréchal de France en 1488. Il mourut le Il mai 1499.


Vidimus reçu Freminet Michelin et J. Demongeu, notaires royaux en la chancellerie de Dijon, le 26 février 1499-1800. -Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Ordonnances des Rois de France, XXI, 46; Mémoire pour les vieomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

LXXXIX

Exemption du logement militaire, accordée par le roi Louis XII aux officiers municipaux de Dijon. 1498 (6 juû ).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceulx qui ces présentes lectres verront, salut, savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avons reçeu l'umble supplicacion de noz chiers et bien amez les vicomte Mayeur et eschevins, conseilliers, procureur, contreroleur, et scribe de nostre bonne ville de Dijon, contenant que journellement ilz sont occupez à nostre service et à l'excercice de la justice pour le bien de la chose publicque, de la dite ville et des manans et habitans d'icelle, sans en avoir ne soubstenir aucun prouffit, fors toutes peines et travail. Néanmoins, ilz doubtent que si par guerres ou autrement il nous plaisoit mectre en la dite ville en garnisons gens d'armes ou autres gens de guerre soient de noz ordonnances ou autres, on les en veuille charger et faire contribuer et fournir qui leurs soit charge et surcharge, et leur donner occasion de habandonner ledit service au grand dommage de nostre dite ville, de la dite justice et de la chose publicque d'icelle, si sur ce ilz ne sont pourveus de nostiv grâce et remede convenable, si comme ils dient humblement requérans icellui. Pourquoy nous ces choses considérées et les bons et aggréables services que lesdits supplians ont fait du temps de nos prédécesseurs et la bonne fidélité et obéissance, laquelle ilz ont démonstrée avoir envers nos diz prédécesseurs, et espérons que le semblable feront et continueront envers nous. Pour ces causes et autres justes et raisonnables à ce nous mouvans de nostre certaine science, grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, avons exemptez et affranchis et par ces présentes exemptons et aflranchissons iceulx supplians et leurs hostelz, maisons, demourances et manoirs, pour eulx et leurs successeurs, vicomte Mayeur et eschevins, conseilliers et procureur, contreroleur et scribe, présents et à venir durant le temps qu'ilz seront esdits offices et non autrement, de tous loigis et


garnison de gens d'armes, contribucion et fournissement d'iceuk. Et voulons et nous plaist que doresnavant, ils en soient tenus francs, quittes et exempts, sans qu'ilz soient tenus d'en rien supporter, contribuer, fournir ne soubstenir, ne avoir aucuns des dites gens de guerre, soient de noz dites ordonnances ou d'autres en leurs dis hostelz, maisons, demourances et manoirs. Si donnons en mandement à nostre amé et féal conseillier et chambellan le sh de Baudricourt, chevalier de nostre ordre, mareschat de France, gouverneur, et nostre lieûtè&ant général en noz pays de Bourgongne, au bailly de Dijon et à tous cappitaines et conducteurs de gens d'armes et de guerre, tant de noz ordonnances que ban, arrière ban, et de nostre artillerie, leurs lieuxtenants ou commis, et à chacun d'eulx, se comme à lui appartiendra, que de ces présentes grâces, exempcion et affranchissement, ilz facent, souffrent, laissent joyr et user plainnement et paisi. blement les dits vicomte Mayeur, eschevins, conseillers, procureur, contreroleur et scribe, présens et à venir, durant le temps qu'ilz seront, desserviront esdits offices, sans leurs mettre ne souffrir mectre ne estre fait mis ou donné ores, ne pour le temps avenir aucun destourbier ou empeschement au contraire. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons fait mectre à ces dites présentes nostre seel.

Donné à Crespy en Valloys, le sixième jour de juing, l'an de grâce mil quatre cent quatre vingt et dix huit, et de nostre règne le premier.

Par le Roy, nous l'Arcevesque de Rouen, le sieur de Baudricourt, mareschal de France et autres présents. D. Cotekeau. Visa contentor BUDÉ. Scellé du grand sceau en cire blanche à double queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Juridiction de la Commune. Imprimé dans Ordonnances des Rois de France, XXI, 44.

xc

Confirmation des priviléges de la ville de Dijon, jurée snr l'autel de Saint-Bénigne, par le roi Louis XII.

1501 (avril).

Loys, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons, à tous préseus et avenir, que, à nostre première, nouvelle et joyeuse venue et entrée en ceste


nostre bonne ville de Dijon, en laquelle noz très chers et bien amez les Majeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de la dite ville, nous ont très honorableaierit et àgrant joye et lyesse reçeus, comme leur souverain et naturel seigneur; nous avons confermé, promis et juré sur les saints Evangilles de Dieu, estant sur l'autel de Saint-Bénigne de Dijon, tenir et garder fermement les libertés, franchises, immunitez, chartres, previlleges et confirmacions d'icelles, données et octroiées de noz devanciers ducs de Bourgoigne, ausdits Mayeur, eschevins et habitans de nostre dite ville de Dijon, ainsi qu'elles sont escriptes esdites lettres et previlleges. Et aussi iceulx Mayeur et habitans de nostre dite ville, estans lors en nostre présence en la dite église, ont juré qu'ilz'nous seront bons et loyaux subjets et vrais obéissaus, et garderont nostre personne et tous noz droitz envers et contre tous, et en oultre, leur avons octroyé et octroyons par ces présentes que noz hoirs et successeurs en nostre dit duchié de Bourgoigne, après leur advenement ausdit Duchié, jureront et seront tenuz jurer publiquement en la dite église de Saint Bénigne de Dijon leur garder et observer semblablement les dites libertez, franchises, immunités, chartres, previlleges et confirmacion d'icelles, à eulx données de noz devanciers ducs de Bourgoigne, en la forme et manière dessus déclarée. Et à ce faire et fermement tenir et garder, nous obligeons espécialement et expressément, nous, nos hoirs et successeurs, et ceulx qui auront cause de nous en nostre dit Duchié. Et promettons en bonne foy et parolle de Roy, l'entretenir' h toujours, sans venir à l'encontre par nous, ne par autres en quelque manière que ce soit. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons fait mectre nostre seel à ces dites présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'aultruy en toutes.

Donné à Dijon, au mois d'avril, l'an de grâce mil huit cent et ung, et de nostre règne le quatrième.

Par le Roy, vous et autres présens. Gedoyn.

Visa contentor BUDÉ.

Scellé du grand sceau en cire verte dont il ne reste que les lacs de soie rouge et verte pendants.

Original: Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.


XCI

Concession du privilége et de l'exemption du droit de franc-fief (1), faite par le roi Louis XII aux habitants de Dijon.

i509 (octobre).

Loys, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir, nous avoir reçeu l'umble suplication de nos très chers et bien amez les viconte Mayeur, eschevins, bourgeoys et habitans de nostre bonne ville de Dijon, contenant que plusieurs villes de nostre païs et duché de Bourgongne, comme Ostun, Chaalon et Lengres, ont privilege, par lequel leur est permis d'acquérir et tenir en fied, choses féodales, censes et rentes sur icelles, en nous faisans par eulx le devoir de fied, et sans pour ce payer aucune finance. En nous humblement requérant par les dictz suplians, attendu que icelle ville de Dijon est ville capital et chef de nostre dict pays et Duché, que nostre plaisir soit leur octroyer semblable previlege et noz lectres patentes à ceste fin. Pourquoy nous considéré, inclinans libéralement à la suplication et requeste des dictz suplians, voulans et désirans leur subvenir en ceste partie, en faveur de la bonne loyauté qu'ilz ont toujours maintenue envers nous, et afin que la dicte ville soit toujours entretenue en bonne seureté et fortification soubz nostre obéissance, à iceulx et à chacun d'eulx pour ces causes et autres à ce nous mouvans, avons permis et octroyé, permettons et octroyons, et leur avons donné et donnons congié et licence d'acquérir, tenir et posséder en fied toutes telles terres, seigneuries et choses féodales, tout ainsi que personnes nobles ont acoustumé de faire, sans ce qu'ilz soient tenuz demander sur ce licence de nous, ne de noz successeurs ou d'autres quelz quelz soient, ne contrainctz à en vuyder leurs mains, ne pour raison de ce payer ou composer à aucune finance, et laquelle finance à quelque somme quelle se pourroit monter, nous leur avons, en faveur que dessus donnée, quittée et remise, donnons, quittons et remettons le tout de nostre certaine science, grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, par ces présentes signées de nostre main, pourveu qu'ilz seront tenuz de comparoir à noz ban et arrière ban, toutesfois et quantes qu'il sera crié et mandé, et nous servir ou fait (t) Le franc-fief était un droit que payait le roturier peur acquérir ou conserver un fief.


d'iceulx selon la nature et valeur de leurs terres et aquisitions. Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et f'éaulx les gens de noz comptes à Dijon, au bailli du dict lieu et à tous noz autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans présens et avenir, et à chacun d'eulx si comme à luy appartiendra, que du contenu en icelles ilz facent, souffrent et laissent les dictz supplians et chacun d'eulx joir et user plainement, paisiblement et à toujours perpétuellement, cessans et faisans cesser tous troubles et empeschemens au contraire. Car tel est nostre plaisir, nonobstant quelzconques ordonnances, restrinctions, mandemens ou déffenses à ce contraires. Et afin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous avons fait mectre nostre scel aux dictez présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'autruy en toutes. Donné à Bloys au mois d'octobre, l'an de grâce mil cinq cent et neuf, et de nostre règne le douziesme. Loys.

Par le Roy, le sieur de LaTrémoille, gouverneur de Bourgongne et autres presens. ROBERTET.

Visa contenter R. Guiot.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Registrata in camera compotorem domini nostri Regis, Divione, libro chartarum, folio XXXVI", et ibidem expedita secundum ipsius formam et tenorem, prout placet dicto domino nostro Régi. Actum XIII marcii ante Pascha, anno Domini millesimo quingentesimo nono nobis prsesentibus. Tabourot et Fremiot.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Privilèges et franchises de la Commune.

XCII

Confirmation, par le roi Louis XII, du droit exclusif des magistrats municipaux de Dijon defaire exploits réels dàas la ville et la banlieue.

1510 (29 novembre).

Loys, par la grâce de Dieu roy de France, à nos amez et féaulx les gens de nostre court de Parlement de nostre pays de Bourgongne séant à Dijon et à tous noz autres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenants, et à chacun d'eulx, salut et dilection. De la partie de noz très chers et bien amez les vicomte Mayeur et eschevins de nostre bonne ville de Dijon, nous a esté humblement exposé que jaçoit ce que par privileges à eulx donnez et octroyez par noz prédécesseurs et par


nous eonfermez, aucuns officiers et sergens de justice ne puissent ou doivent faire aucun exploiz réelz en la dite ville et banlieue fors les diz vicomte Mayeur et eschevins, leurs sergens et officiers, et que de ce ilz àyent tousjoursjoy et usé par cy devant en ensuivant leurs dits priviléges. Neantmoins aucuns officiers de justice, sergens et autres se sont parcidevant efforcez et encorres s'efforcent de jour en jour de faire plusieurs exploiz réelz en ioelle ville et banlieue et autres exploiz qui appartiennent d'estre faiz par iceulx exposants ou leurs dits sergents, commis et depputez, en entreprenant sur leurs droiz etprivileges; iceulx corrompant et abolissant ou très grant grief, préjudice et dommage des dits exposans, ainsi qu'ilz dient, requérant sur ce provision. Pourquoy, nous ces choses considérées, voulant les dits privilleges d'iceulx exposans estre entrètenuz et gardez sans infraindre, avons déclairé et déclairons vouloir et nous plaist de nostre certaine science et auctorité royal, par ces présentes, que doresenavant aucuns officiers de justice, de quelque povoirou auctorité qu'ilz usent, soient sergens ou autres, ne pourront faire aucun exploiz réels dedans nostre dite ville et banlieue de Dijon, fors et excepté les dits exposans et leurs sergens, commis et depputez, ainsi qu'ilz ont fajt parcidevant et font encores de présent en ensuivant leurs dits privilèges, lesquels demoureront en leur force et vertu. Sy vous mandons et enjoignons, et à chacun de vous, que nostre présente déelaraeibn et volunté, vous faites publier et enregistrer en nostre dite court de Parlement et ailleurs que besoing sera, et le contenu garder et observer, et d'iceluy joyr et user les dis exposans de point en point, selon la forme et teneur de leurs dits privilèges et joyssance d'iceulx, et sans en ce leur faire mectre ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire. Lequel si fait mis ou donné leur estoit, mectez ou faictes meclre sans delay au premier estat et deu. Car ainsi nous plaist il estre faict, et aus dits exposans en faveur de la bonne loyauté et obeyssance qu'ilz ont tousjours maintenue et maintiennent encores, nous l'avons octroyé et octroyons de grâce espécial par ces dites présentes, non obstant quelzconques ordonnances et lecttres subreptices, impétrées ou à impétrer à ce contraires. l

Donné à Bloys, le vingt neuvième jour de novembre, l'an de grâce mil cinq cens et dix, et de notre règne le treziesme.

Par le .Roy, maistre Jehan Salat, maistre des requestes de l'ostelet autres présens. -i– BOBBRTET.

Scellé du grand sceau en cire blanche à simple queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville, C\, Juridiction. Imprimé dans Mémoire pour les vicomtemayeur, échevins, etc., de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4".


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Ordonnance du roi François 1", qui astreint tons les habitants de Dijon, sans distinction aucune, au guet et garde, et à l'impôt pour la fortification.

1514-15J2 mars).

François, par la grâce de Dieu roy de France. A nostre très cher et très amé cousin et premier chambellan le seigneur de La Trémoille, nostre lieutenant général et gouverneur en noz pays et duché de Bourgongne, au bailly de Dijon et à tous noz autres justiciers ou à leurs lieuxtenans, salut et détection L'umble supplication de noz chers et bien amez les vicomte Mayeur et eschevins de nostre ville de Dijon avons receue, contenant que par privillege et octroiz par noz prédécesseurs à la dicte ville octroyez, nulz des habitans d'icelle. fors le dict maire, ne sont exempts de faire guet et garde en la dicte ville et de contribuer aux fraiz et mises qui se font pour la fortiffication d'icelle,|attendu quelle est en lieu limitrophe et par ce subjecte à grande garde et fortiffication, pour obvier aux surprinses et entreprinses des ennemis, et tellement que avec les plébeiens ont de toute ancienneté contribué aux dictz fraiz et mises, les gens d'église et nobles, habitans de la dicte ville. Ce néantmoins noz officiers estans et demeurans en la dicte ville et en grant nombre, qui sont ceulx qui ont les grands maisonnemens et biens en icelle ville, semblablement aucuns huissiers et autres officiers de nostre court de Parlement, gens de guerre, mortes payes et autres qui sont habitans tenant bouticles, ouvreurs et exerçans marchandises en la dicte ville souk couleur de leurs dictz offices et estatz, se voulant exempter de faire les ditz guect et garde, et de contribuer aux dictz fraiz et mises qui se font pour la fortiffication de la dicte ville, qui est à la grande charge et foulle des autres habitans d'icelle ville, et plus seroit si par nous n'y estoit donné provision. En nous humblement requérant icelle, et sur ce vouloir faire déclaration de noz bon vouloir et plaisir. Pour ce est il que nous ce considéré, désirant la dicte ville estre maintenue en bonne sureté, et les réparacions et fortiffîoations pour ce nécessaires^ estre laides et entretenues, et en ce equalité estre gardée entre les habitans d'icelle selon raison et équité, en manière que les ungs ne soient plus foulez que les autres. Pour ces causes et autres considérations à ce nous mouvans, avons de nostre certaine science, grâce espécial, plaine puissance et auctorité royale, dit, déclairé


et ordonné, disons, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaise par ces présentes, que doresenavant tous les manans et habitans de la dicte ville, de quelque estat, qualité, condition et office qu'ilz soient, seront contribuables aux dictz guet, garde et fraiz qui se font et feront pour la garde, sureté et fcrtitfication de la dicte ville, tout ainsi que les gens d'église et nobles habitans de la dicte ville font et ont acoustumé d'estre, sans ce que soubs couleur de leurs offices, estatz, qualitez et conditions quelles quelles soient ne autrement, ilz s'en puissent dire ne prétendre exempts. Si voulons, vous mandons et très expressément enjoignons et à chacun de vous sur ce requis, que noz présentes déclaration et ordonnance vous entretenez et faictes doresenavant entretenir, garder et observer de point en point selon sa forme et teneur et qu'il est cy dessus déclaré, et à ce faire et souffrir contraignez et faictes contraindre tous ceulx qu'il appartiendra, et qui pour ce feront à contraindre par toutes voyes et manières douces et raisonnables et comme il est acoustumé de faire pour noz propres deniers et affaires, nonobstant quelzconques previlleiges qu'ils pourroient alléguer ou prétendre au contraire, oppositions ou appellations faictes ou à faire et lettres subretices iinpetrét ou à impetrer à ce contraires.

Donné à Paris, le dcusième jour de mars, l'an de grâce mil cinq cent et quatorze, et dé nostre règne le premier.

Par le Roy, ROBERTET.

Scellé du grand sceau en cire blanche à simple queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville, L, Impositions.

XCIV

Confirmation des priviléges de la commnne par le roi François I".

1516 (mars).

François, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et advenir, nous, avoir reçeu l'umble supplication de nos chiers et bien amez les viconte Mayeur et eschevins, bourgeois, manans, habitans et commune de nostre ville de Dijon, contenant que pour raison de la justice haulte, moyenne, basse, mère, mixte et impère en la dite ville. feurbourgs et banlieue d'icelle et leurs


appertenances, ensemble de la confection des inventaires, prinses de personnes et biens, et de faire tous autres exploitz réelz, ensemble la congnoissance, décision, déterminacion et indicacion de tous cas, crimes et delictz qui se y commettent et adviennent par quelque personne que ce soit, ensemble de toutes autres choses qui déppendent, touchent et concernent, fait et matière de justice haute, moyenne et basse, et plusieurs autres droictures, usaiges, permissions, franchises, exemptions, octroiz, coustumes et libertez à eulx d'encienneté octroiez par noz prédécesseurs, leur furent par feu nostre très cher seigneur et beau père le roy Loys, dernier trespassé, que Dieu absoille, octroiées, ses lectres de confirmation, ensemble déclaracion, tant de leurs dictz droiz que sur la garde et contribucion des frais de la dicte ville, comme aussi sur la confection des inventaires et exploitz réelz qui se font en la dicte ville, ainsi qu'il est contenu es dictes lectres de nostre dict feu seigneur et beau père et de nous, desquelles la teneur s'ensuit.

Loys, par la grâce de Dieu roy de France, scavoir faisons à tous présens et advenir, etc. (Voir le n° LXXIX, page 109.)

Loys, par la grâce de Dieu roy de France, à noz amez et feaulx, les gens de nostre court de Pariement de nostre pays de Bourgongne, séant à Dijon, et à tous noz autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans, et à chacun d'eux, salut et dilection. De ia partie de noz très chers et bien amez les vicomte Mayeur et eschevins de nostre bonne ville de Dijon, nous a esté humbement exposé, etc. (Voir n'XCII, page 131).

François, par la grâce de Dieu roy de France, à nostre très cher et très amé cousin et premier chambellan le seigneur de la Trémoille, nostre lieutenant général et gouverneur en noz pays et duché de Bourgongne, etc. (Voir n" XCI1I, page 133).

Nous humblemement requérant à nostre advenement à la couronne, iceulx leur conformer et sur ce impertir nostre grâce. Pourquoy, nous ces choses considérées, mesmement la bonne et grande loyauté et vraye obéissance que les dictz supplians ont tousjours monstrée envers nous et noz prédécesseurs, inclinant libéralement à leur supplication et requeste, désirant iceulx favorablement traicter, les confermer en leurs droiz et en ensuyvir le plaisir et vouloir de noz prédécesseurs, les dictes lectres dessus transcriptes, et tout le contenu en icelles, ensemble tout et chacun leurs autres previlleges, exemptions, franchises, coustumes, usages, droictures, permissions et libertez à eulx octroiez par noz


prédécesseurs leur avons mnûmaei^Umei,raMiëîetà^k^^etpdJê^éittmv' de ces présentes de nostre certaine sciende,râceëspëdalëVplâiné' puissance et auctorité royale, louons, confirmons, ratiffions et âpprèuvons pour en joy«"èt User par les dictz supplians et leurs successeurs à tousjours mes perpétuellement, plainement et paisiblement, tant et si âvant'tju'ilz eb!6Mt parcydèvantdeuïnéiit1 et justement joy et usé, et qu'ilzen jôyssent et usent* dtf présent. donnons éâ mandement par ces dictez présentes à rioz amez et féaulx' conseillers, les gens tenant nostre court de Parlement etde noz comptes à Dijon, iballîy-dë'DijbfiV et à tous noz autresjusticiers et officiers ou à leurs lièuxtenahts préséns et 'advenir; et à chacun d'eulx si commeà luy appartiendra, que de noz présentés grâces, confirmation, ratiffication et approbation, ilz facent, souffrent et laissent lesdictz supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement, sans leur mectre ou donner ne souffrir estre fait, mis où donné ores ne pour le temps advenir, auculi destourbier ou empeschemens au contraire; lequel si faict, mis ou donné, leur avoit esté.ou estoit, le leur mectent ou facent mectre incontinasf et sans delay à plaine délivrance et au premier estat, et deu» Et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dictez présentes, saulf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes. Donné a Paris au mois de mars, l'an de grâce mil cinq cens et seize, el de nostre régna le troysiesme. Par le Roy, à la relacion du conseil, Deslandes.

Visa contentor, Deslandes.

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Scellé du grand scel en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Ùmirtiune. Imprimé dans Mémoire pour les Meom<e-M)a~eMr,~cA<Mni!. etec; de ~i,~on; contre les receneurs généraux du domaine, 1774, in-4°. '̃̃̃̃̃;̃̃̃

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Confirmation des priviléges de la commune par le rai François P' ,1 1521 (août). .“̃“!

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Francoys, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et advenir, que à nostre première nouvelle et joyeuse venue et entrée en ceste


nostre bonne ville de Dijon, en laquelle noz très chers et bien amez les vicomte Mayeur, eschevins, bourgeoys, manans et habitans de la dicte ville, nous ont/ très honorablement et à grant joye et liesse reçeuz comme leur souverain et naturel seigneur, nous avons confermé, promis et juré sur les saintes Evangilles de Dieu, estant sur l'autel de Saint Bénigne de Dijon, tenir, entretenir, garder et observer aux dieu vicomte Mayeur, eschevins et habitans de nostre dicte ville de Dijon, toutes et chacunes les chartres, privilleges, exemptions, franchises et libertez, par nos prédécesseurs roys et ducs de Bourgongne à eulx octroyés, et tout ainsi que depuis nostre advénement à la couronne leur ont esté par nous confirmez, et aussi icelluy vicomte et Mayeur estant lors en nostre présence en la dicté église pour luy et pour tous les autres manans et habitans de la dicte ville, a juré qu'ils nous seront bons et loyaulx, vrays et obéissans subjetz, et garderont nostre personne et tous noz droiz, envers et contre tous, et en oultre leur avons octroyé et octroyons par ces présentes, que nos hoirs et successeurs en notre dict duchié de Bourgongne, après leur advénement audit Duchié, jureront et seront tenuz jurer semblablement en la dicte église de Saint-Benigne de Dijon, leur garder et observer les dictes libertez, franchises, immunitez, chartes, privileges et confirmations d'icelles à eulx données de nos devanciers Roys et ducs de Bourgongne, en la forme et manière dessus déclarée, et à ce faire et fermement tenir et garder. Nous obligeons especiallement et expressément, nous, nos hoirs et successeurs, et ceulx qui auront cause de nous en nostre dict Duché, promettons en bonne foy et parolle de Roy l'entretenir à tousjours, sans venir à l'encontre par nous ne par autres, en quelque manière que ce soit. Et affin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dictes présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'autruy en toutes. Donné à Dijon, au moys de avril, l'an de grâce mil cinq cent vingt et ung, et de nostre règne le septiesme.

Par le Roy, vous et autres présent ROBERTET.

Visa contentor DESLANDES.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B2, Priviléges et franchises de la Commune.


XCVI

Confirmation, par le roi François I", du droit de franc-fief accordé aux habitants de Dijon. 1521 (juin).

François, par la grâce de Dieu roy de France, à tons ceulx qui ces présentes lectres verront, salut. Reçeu avons 1'umble supplicacion de noz très chiers et bien amez les viconte Mayeur, eschevins, bourgeoys et habitans de nostre bonne ville de Dijon, contenant que feu nostre très chier seigneur et beau père le roy Loys, derrenier trespassé que Dieu absoille, dès le moys d'octobre, l'an mil cinq cens et neuf, par ses lectres patentes en forme de chartre, permist, donaa et octroya à iceulx supplians; et à chacun d'eulx, congé, licence et permission de acquérir, tenir et posséder en fief toutes terres, seigneuries et choses féodalles, tout ainsi que personnes nobles ont acoustumé de faire, sans ce qu'ilz fussent tenuz demander sur ce licence de nous ne de noz successeurs ou d'aultres, quelz qu'ilz fussent, ne contrains à en vuider leurs mains, ne pour raison de ce payer ou composer à aucune finance, laquelle, à quelque somme quelle se feust peu monter, nostre dict feu seigneur et beau père leur eust données, ceddées, quictées, transportées et délaissées pour les cause et ainsi qu'il est plus à plain contenu et déclairé en ses dictes lectres, lesquelles ont esté bien et deuement, leues publiées, enregistrées et vériffiées en nostre Chambre des Comptes, à Dijon, et aussi tous et chacuns leurs previlleges, exempcions, permissions et libertez, leur aient esté par nous bien et deuement confirmez, ratiffiez et approuvez depuis nostre advénement à la couronne, et combien que es fiefz, arrière fiefz et choses nobles et féodalles qu'ilz tiennent et possèdent, pourront tenir et posséder, ilz ne puissent estre troublez, molestez, ne empeschez, ne contrains à en vuider leurs mains, bailler par déclaration ne autrement, sinon en faisant les foy et hommages, droitz et devoirs, quand les cas y escherrent.Touteffoys au moyen de ce que certains commandemens ont esté puis naguères faiz de par nous, en vertu de certaines noz lectres de commission et mandemens à tous gens d'église, de main morte, non nobles, cummunaultez et autres tenant fiefz, arrière fiefz, de bailler par déclairation et de payer finance ou indemnité, et en vuider leurs mains, les dictz supplians doubtent que l'on les voulsit molester soubz couleur


de noz dicte lectre, commission et mandemens qui seroit contrevenir au dict octroy et permission de nostre dict feu seigneur et beau père, deuement vériffié et enteriné comme dit est, nous humblement requérons sur ce nostre provision et remède convenable. Pourquoynous ces choses considérées, mesmement la bonne, grande loyaulté et vraye obéissance que les dictz viconte Mayeur, eschevins, bourgeois et habitans de nostre dicte bonne ville de Dijon ont démonstrés envers nous et noz prédécesseurs, et mesmement depuis le dict octroy et permission à eulx faictes par nostre dict feu seigneur et beau père, de pouvoir tenir fiefz et choses nobles et féodalles comme personnes nobles, que les dictz supplians ont enduré; supporté et vertueusement soustenu le siège qui fut mis devant nostre dicte ville par les seigneurs des Ligues de Suisse et autres, lors ennemys de nostre dict feu seigneur et beau père, où ilz employèrent leurs corps et biens, tellement que leurs vertus et loyaultez au dict acte doyvent céder à perpétuelle mémoire. Nous nevoulans souffrir qu'ilz soient aucunement molestez, troublez ne empeschez, es dictz previlléges, octroy, permission et biensfaictz à eulx octroyez par nostre dict feu seigneur et beau père, mays en iceulx les entretenir, garder et observer à ce qu'ilz soient de plus tenuz, enclins et obligez tousjours continuer envers nous'en grande loyaulté et vraye obéissance, pour ces causes et autres à ce nous mouvans et après ce que avons faict veoir par les gens de nostre conseil les dictes permission et octroy, faiz aux dictz visconte Mayeur, eschevins, bourgeois ethabitans de nostre dict bonne ville de Dijon, de acquérir, tenir et posséder toutes terres, seigneuries et choses féodalles, tout ainsi que personnes nobles ont acoustumé de faire. Avons dict, déclaré, statué et ordonné, disons, déclarons, statuons et ordonnons que es dictes lectres, mandemens et commission par nous octroyées sur le faict des franz fiefz et nouveaux acquests ne admortissement, nous n'avons entendu et n'entendons les dictz viconte Mayeur, eschevins, bourgeois et habitans .de la dicte ville de Dijon, en aucuns d'eulx, estre en icelle ne aucunes d'icelles compris, ne entenduz ores, ne pour le temps advenir, ains voulons et nous plaist de nostre certaine science, grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, que de la dicte permission et octroy, verifficafion, et entérinement d'icelles, ilz et leurs successeurs, joyssent et usent à tousjours mais perpétuellement, plainement et paisiblement, selon leur forme et teneur. Si donnons en mandement par ces dictez présentes au bailly de Dijon ou à son lieutenant aux dictz commissaires qui ont esté ou seront de par nous establiz et ordonnez sur le faict des dictz admortissements, francs fiefz et nouveaulx acquestz, et à tous nos autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chacun d'eulx


sur ce requis, et si comme à luy appartiendra, que nostre dicte présente déclaracion, statut et ordonnance ilz entretiennent, gardent et observent, facent entretenir, garder et observer, et du contenu en icelles ensemble es dict octroy et permission de nostre dict feu seigneur et beau père, facent les dicts visconte Mayeur, eschevins, bourgeois et habitans, et chacun d'eux joyr et user plainement et paisiblement tousjours mais perpétuellement, sans leur mectre ou donner ne souffrir estre faiet, mis ou donné ores, ne pour le temps advenir aucun arrest, destourbier, ne empeschement, -lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté ou estoit leur mectent ou facent mectre incontinant et sans delay à plaine délivrance. Car tel est nostre plaisir, nonobstant nos dictes lectres, commission et mandemens, et quelconques ordonnances, mandemens, restrinctions ou déffences. à ce contraires. En tesmoing de ce nous avons faict mectre nostre seel à ces dictes présentes. Donné à Dijon, le cinquiesme jour de jung, l'an de grâce mil cinq cens vingt et ung, et de nostre règne le septiesme. Par le Roy, vous et autres présens. ROBERTET.

Original Archives dela ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.

XCVII

Confirmation des priviléges de la ville, par 'e roi Henri Il.

1547 (décembre).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous présens et advenir. Nous, avoir reçeu l'humble supplication de noz bien amez les visconte Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Dijon, contenant que par noz prédécesseurs Roys et ducs de Bourgoingne leurs ont esté donnez et confirmez certains beaulx previlléges, exemptions, franchises et libertez, desquelz ilz ont tousjours paisiblement joy et usé jusque à présent. Toutesfoiz ilz doublent que au moïen de trespas de feu de bonne mémoire, le Roy nostre très honorez seigneur et père, que Dieu absolve, et de nostre joieulx et nouvel advenement à la couronne, on les voulsist empescher en la jouissance des dictz previlleiges, franchises, libertez et exemptions, si par nous ne leur estoit sur ce pourveue de nostre grâce humblement requérant icelle. Pour ce est il que nous,


inclinans à la supplicacion et requeste des dictz supplians, tous et chacuns les previlléges, exemptions, franchises et libertez, donnez, concedez et confirmez par noz prédécesseurs Roys et ducs de Bourgoingne aux dictz supplians, avons confirmez et approuvez, et par ces présentes du uostre grâce spécial, pleine puissance et auctoritez royal, confirmons et approuvons po-w en joyr et user par eulx, tant et. si avant et par la forme et manière qu'ilz en oui cidevant deuement et justement joy et usé et joissent encores de présent. Sy donisons en mandement par ces présentes à noz amez et féaulx conseillers les gens tenant nostre cour de Parlement et de nos Comptes a Dijon, au bailly du dict Dijon, et à tous noz autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chacun d'eux, si comme à luy appartiendra, que de noz présentes confirmation et approbation ilz facent, souffrent et laissent les dictz supplians joïr et user plainement et paisiblement, sans en ce leur faire mectre ou donner, ne souffrir estre faict, mis ou donneraulcuns destourbier ou empeschement au contraire, et lequel si faict, mis ou donné, leur avoit esté ou estoit, ilz le mectent ou facent mectre à plaine délivrance. Car tel est nostre plaisir, et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons faict mectre notre seel à ces dictes présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'autruy en toutes. Donné à FontainesBleaux, au mois de décembre, l'an de grâce mil cinq cent quarante sept, et de nostre règne le premier.

Par le Roy, Mahieu.

Visa contentor LEPICART.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomtemayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

XCVIII

Confirmation des priviléges de la ville, jurée à l'église Saint-Bénigne, par le roi Henri Il. 1548 (juillet).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France, sçavoir faisons à tous présens et advenir, que à nostre première nouvelle et joyeuse venue et entrée en cestre nostre bonneville de Dijon, en laquelle noz très chiers et bien amez les vicomte Mayeur,


eschevins, bourgeois, manans et habitans de la dicte ville, nous ont très honorablement et à grand joye et liesse reçeuz comme leur souverain et naturel seigneur, nous avons confirmé, promis et juré sur les saintes évangilles de Dieu, estant sur l'autel de Sainct-Benigne du dict Dijon, tenir, entretenir, garder et observer au dict vicomte Mayeur, eschevins et habitans de nostre dicte ville de Dijon, toutes et cbacunes, les chartres, previlléges, exemptions, franchises et libertez par noz prédécesseurs Roys et ducs de Bourgoingne à eulx octroyez, et tout ainsi que depuis notre advénement à la couronne leur ont estez par nous confirmez, et aussi nostre ehier et bien amé maistre Jehan Jaquot, seigneur de Couchey, maistre ordinaire en la Chambre de noz Comptes au dict Dijon et vicomte Mayeur de nostre dicte ville du dict Dijon, estant lors en nostre présence en la dicte église de Sainct-Benigne, pour luy et pour tous les aultres manans et habitans d'icelle ville, a juré qu'ilz nous seront bons et loyaulx, vrays et obéissans subjects, et garderont nostre personne et tous noz droicts envers et contre tous, et en outre leur avons octroyé et octroyons par ces présentes, que nos hoirs successeurs en nostre dict Duché, jureront et seront tenus jurer semblablement en la dicte église de Sainct-Bénigne du dict Dijon, leur garder et observer les dictes libertez, franchises, immunitez, chartres, privileiges et confirmations d'icelles à eulx donnez de noz devanciers roys et ducs de Bourgoingne, en la forme et manière dessuz déclairée, et à ce faire et fermement tenir et garder, nous obligeons espéciallement et expressément, nous, nos hoirs et successeurs, et ceulx qui auront cause de nous en nostre dict Duché, et promectons en bonne foy et parole de Roy l'entretenir à tousjours, sans venir à l'encontre par nous ne par aultres, en quelques manières que ce soit. Et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons faict mectre nostre seel à ces dictes présentes, saulf en aultres choses nostre droict et l'autruy en toutes. Donné à Dijon, au mois de juillet, l'an de grâce mil cinq cent quarante huict, et de nostre règne le deuxième.

Par le Roy, vous et autres présens. DUTHIER.

Visa contentor Lechandelier.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les victmte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.


XCIX

Confirmation, par le roi Henri H, du droit de la commune de Dijon d'élire ses magistrats. t

1551-52 (4 avril).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Nos très chers et bien amez les manans et habitans de nostre ville de Dijon, nous ont faict exposer, que par contract anciennement faict avec noz prédécesseurs ducs de Bourgongne, leur compete le droit d'eslire chacun an et nommer à la police, régime et gouvernement de la dite ville, ung Maire qu'ilz appellent leur vicomte Mayeur, par l'authorité duquel toute justice, tant haute, moyenne que basse, leur est administrée en première instance, soubz nostre ressort du bailliaige du dit lieu et souveraineté de la cour de Parlement, establie par nous au dit pays de Bourgongne. Lequel Maire de toute ancienneté a le pouvoir de subdéléguer à l'exercice dela dite justice tel personnaige de qualité que bon luy semble, qui après estre approuvé par les eschevins de la dite ville, y faict toutes functions et exercices de justice, et jusques à présent a esté ce que dessus coutume en la dite ville, sans empeschement ny aucune contradiction. S'estans les dits exposans comportez en l'élection du dit Maire tousjours si prudemment, que n'est jusque à présent rien mesadvenu au gouvernement et régime de la dite ville qui puisse les rendre indignes de telle liberté. Attendu mesmement que par nous icelle liberté leur a esté confermée solennellement stipulée et jurée à nostre joyeuse entrée d'icelle ville, et nonobstant, puy peu de temps en ça, il est advenu que aucuns particuliers du dit pays de Bourgongne se sont efforcez par surprinse faire entre eux taxes des officiers par nous de nouvel érigez, les ditz estatz de maire de Dijon et lieutenant d'icelluy, pouren iceulx estre par nous pourveuz et instituez, la quelle poursuicte, comme ont entendu les dits exposans, les dits particuliers continuent, au très grand préjudice des droits d'icelle ville, qui tient pour principale prérogative la dite élection, luy estant patrimoniale et par propriété adquise, et que l'abolition d'icelle feroit entrée de spolier icelle ville des facultez et biens dont elle est dotée, chose que nous ne vouldrions permectre advenir en la feelicité des années de nostre règne, la vigueur duquel nous voulons employer à la deffense et tuition de noz fidèles subjetz,


entre lesquelz les ditz exposans ne tiegnent pas petit lieu, pour la fidelité qu'ilz ont de tout temps demonstré en nostre endroit, comme ilz font, nous gardans et conservant à leurs propres coustz, labeurs et frais, nostre dite ville qu'est la capitale de nostre pays de Bourgongne, important à l'amplitude de nostre couronne, autant que chacun sçait. Pour ce est il que nous, inclinans à la supplication et requeste des dis exposans, leur voulans pourveoir de remède convenable, avons par ces présentes declairé et declairons que n'entendons aulcunement empescher ny diminuer la faculté desdites élections de Maire et nomination du lieutenant d'icelluy, ny rien faire pourquoy icelles élections et nomination ne soient continuées deuement et selon que est coutume, voulans que de ce ilz joyssent tant et si avant que leur est concedé par leurs dicts privileges et facultez, et qu'ilz ont bien et paisiblement fait jusques icy. Inhibant par ces présentes et déffendant à tous qu'il appartiendra, qu'ilz ne troublent, ne molestent lesdits exposans en la dite continuation de liberté et faculté, selon qu'ilz ont acoustumé d'estre, et les quelles inhibitions et deffenses voulons, si besoing est, par nostre premier huissier ou sergent sur ce requis, estre notifiiez, auquel mandons ainsi le faire particulièrement à touz que bon semblera ausdits exposans, si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et féaulx les gens tenanz nostre cour de Parlement de Dijon, et à tous nos autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que de noz présentes déclaration, vouloir, et intention, et de tout le contenu cy dessus, ilz facent, souffrent et laissent les dits exposans et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement, cessans et faisans cesser tous troubles et empeschements contraires. Car tel est nostre plaisir. En tesmoing de ce, nous avons faict mectre nostre seel à ces dites présentes. Donné à Joynville, le quatrième jour d'avril, l'an de grâce mil cinq cens cinquante et ung, avant Pasques, et de nostre règne le sixiesme,

DE LAUBESPINE.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.


François, par la grâce de Dieu roy de France, scavoir faisons à tous présens et advenir, Nous, avoir receue l'humble supplication de noz chers et bien amez les viconte Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Dijon, contenant que par noz prédécesseurs roys de France et par les ducs de Bourgongne, leur ont esté donnez et octroiez plusieurs beaulx droictz, previleiges, exemptions, franchises, libertez, lectres de déclaration sur le faict du mesnaigement des deniers d'octroiz et communs de la dicte ville, pour estre e:nploiez aux fortiffications, réparations, pavement, embellissemens, bien, utilité et proffict de ladicte ville, selon qu'ilz ont faict du passé, dont ils sont en ancienne possession et paisible joissance; toutesfois ilz doublent que s'ils n'avoient noz lectres de ratiffication et confirmation pour nostre nouvel advéaement à la Couronne, l'on leur voulsist donner empeschement, nous humblement requérant sur ce leur pourveoir et impartir nostre grâce. Parquoy inclinans à la supplication et requeste des dictz supplians, désirant iceulx favorablement traicter, les conserver en leurs droictz et ensuivre le plaisir et voulloir de noz prédécesseurs roys et ducs de Boucgongne, avons ratiffiez, confirmez et approuvez, et par ces présentes de nostre grâce espéciale, plaine puissance et auctorité royal, confirmons, ratiffions et approuvons iceulx privileiges et lectres de déclaration de poinct en poinct, selon qu'il est porté et contenu par iceulx ou coppye cy altachié soubz nostre contre seel, pour en joir et user par eulx et leurs successeurs tant et si avant, et par la mesme forme et manière qu'ilz en ont cy devant joy et usé et joissent encore de présent. Si donnons en mandement par ces présentes, à nos amez et féaulx conseillers les gens tenant nostre court de Parlement et de uoz Comptes à Dijon, au bailly du dict Dijon, et à tous nos autres justiciers et officiers, ou à leurs lieutenaus présens et advenir, et à chacun d'eulx, si comme à luy appartiendra, que de noz présentes confirmations, ratiffications et approbations, ilz facent, souffrent et laissent joyr et user les dictz supplians et leurs successeurs plainement et paisiblement, sans en ce leur faire mectre ou donner, ne souffrir estre faict ou donné aucun destourbier ou empeschement au con-

Confirmation des privilèges de la ville, par le roi François Il.

1559-60 (17 mars).

c


traire; lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté ou estoit, ilz les mectent ou facent mectre incontinant à plaine et entière délivrance. Car tel est nostre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dictes présentes, sauf en autres choses nostre droict, et l'autruy en toutes.

Donné à Amboise, le dix septiesnie jour de mars, l'an de grâce mil cinq cens cinquante neuf, et de nostre règne le premier. Dumesnil.

Par le Roy, Burgensis.

Visa contenter ROBILLART.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4».

CI

Confirmation des privilèges de la ville, jurée par le roi Charles IX sur l'autel de Saint-Bénigne de Dijon.

1564 (mai).

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, à tous présens et advenir, salut. Scavoir faisons que à nostre première nouvelle et joyeuse venue et entrée en ceste nostre bonne ville de Dijon, en laquelle noz très chers et bien amez les vicomte Mayeur, eschevins, manans et habitans de la dicte ville, nous ont très honnorablement et à grande joye et liesse reçeuz comme leur souverain et naturel seigneur; Nous avons conferiné, promis et juré sur les sainctz Evangilles de Dieu, estant sur l'hostel de Sainct-Bénigne du dict Dijon, tenir, entretenir, garder et observer aux dictz viconte Mayeur, oschevins, manans et habitans de nostre dicte ville de Dijon, toutes et chacunes les chartres, previlleiges, exemptions, franchises et libertez par noz prédécesseurs Roys et ducz de Bourgongne à eulx octroyez, et tout ainsi que depuis nostre advénement à la couronne leur ont esté par nous confirmez; et aussi nostre cher et bien amé Bénigne Martin, docteur en droictz, advocat en nostre court de Parlement et viconte Mayeur de nostre


dicte ville de Dijon, estant lors en nostre présence en la dicte église Sainct-Bénigne, pour luy et pour tous les autres manans et habitans d'icelle ville, a juré qu'ilz nous seront bons et loyaulx, vrays et obéissans subgectz, et garderont nostre personne et tous noz droictz envers et contre tous, et en oultre leur avons octroyé et octroyons que noz hoirs et successeurs en nostre Duché jureront et seront tenuz jurer semblablement, en la dicte église de Sainct-Bénigne du dict Dijon, leur garder et observer les dictez libertez, franchises, immunitez, Chartres, previlleiges et confermations d'icelles, à eulx donnez de noz devanciers Roys et ducs de Bourgongne, en la forme et manyère dessus declairé, et à ce faire et fermement tenir et garder, nous obligeons spéciallement et expressément, nous, nos hoirs et successeurs, et ceulx qui auront cause de nous en nostre dict Duché, et promectons en bonne foy et parolles de Roy, l'entretenir à tousjours, sans venir allencontre par nous ne par aultres, en quelque manyère que ce soit. Et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dictez présentes, sauf en autres choses nostre droict, et l'autruy en toutes.

Donné à Dijon, au moys de may, l'an de grâce mil cinq cens soixante quatre, et de nostre règne le quatriesme.

CHARLES.

Par le Roy, vous et autres présens. DE L'AUBESPINE.

Visa. Contentor.

Scellé du grand scel en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vieomte-mayeur, échevins, etc., de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

Cil

Confirmation, par le roi Charles IX, du privilége de franc-fief octroyé aux babitants de Dijon. 1573 (10 novembre).

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. A nos amez et féaux les commissaires députez sur le fait des francs fiefz et nouveaux acquetz en noz pays et duché de Bourgongne, et à tous noz baillis, seneschaux, juges, ou leurs lieuxte-


nans, et chacun d'eux comme il appartiendra. Noz chers et bien amez les vicomte Mayeur et eschevins de costre ville de Dijon, nous ont en nostre conseil remonstré combien que par les ordonnances et lectres des feuz Roys noz prédécesseurs, par eux et nous successivement confirmez, les bourgeois et habitans de nostre dicte ville aient toujours eu pouvoir d'acquérir, tenir et posséder en fiefz toutes telles terres, seigneuries et choses feudales que bon leur semble, ainsi que personnes nobles ont acoustumé faire, sans sur ce demander licence de nous ou noz successeurs, n'y estre contraints en vuyder leurs mains ou pour raison d'iceulx paier et composer à aucune finance et bailler déclaracion de leur terres ou acquisitions, et que nostre dicte ville ayt tousjours joy du dict privilege, et tous les bourgeois de temps immémorial. Touteffois, depuis l'expédition de noz lectres et commissions naguèrres à vous envoiées pour le faict des dictz francs fiefz et nouveaux acquetz, plusieurs noz officiers ont fait proceder par voye de saisie sur les seigneuries et terres nobles d'aucuns particulliers bourgeois de nostre dicte ville, à faute d'apporter devers eux les déclarations d'iceulx, suivant noz dictes lectres, et les injonctions à eulx faites par icelles. et ce au préjudice de leurs privilèges et exemptions, en la jouissance desquelz ilz ont tousjours esté maintenuz et conservez, qui les a contraintz recourir vers nous et trèz humblement supplier, afin de ne demeurer privez de la grâce et immunité octroyée à nostre dicte ville, comme chef et capitalle de nostre dict païs et duché de Bourgongne, leur impetrer noz lectres. Pour ces causes et en faveur de la loiauté que les dictz habitans on tousjours démonstré pour maintenir la dicte ville soubz nostre obéissance. Veu en nostre conseil, le vidimus cy attaché des lectres faisans mention du dict privilège donné à Blois, l'an mil cinq cens et neuf. Vous mandons et ordonnons, s'il vous appert que les dictz exposans aient bien et deuement joy de la dicte exemption et immunité jusqups à présent, et qu'ilz y aient estés continuez et confirmez de règne en règne par noz prédécesseurs et nous, ou tant que suffire doive, en ce cas conservez les et maintenez en la dicte franchise et exemption, en laquelle nous les avons entretenuz et conservons par ces présentes, pour par eux en joïr à l'advenir, ainsi qu'ilz ont fait par le passé, sans enfraindre ny permettre que aucun empeschement leur soit mis ou donné au contraire, en vertu des lectres cy devant expédiées, et que nous ou noz successeurs pourront cy après faire expédier pour raison des dictz franz fiefz et nouveaux acquetz lequel empeschement nous avons levé et ostons, et du contenu es dictez lectres excepté, et réservons les dictz habitans de nostre dicte ville de Dijon de nostre grâce spéciale, nonobstant toutes lectres, mandemens et déffenses à ce


contraires. Car tel est nostre plaisir de ce faire, vous donnons pouvoir et mandement spécial.

Donné à Vitry-le-Français, le dixiesme jour de novembre, l'an de grâce mil cinq cens soixante-treize, et de nostre règne le treiziesme.

Par le Roy, en son conseil.

Brtjlart.

Scellé du grand sceau en cire blanche à simple queue de parchemin pédante. Original Archives de la viHe, B4, Francs-fiefs.

CIII

Incorporation de la prévôté de Dijon à la Commune, ordonnée par le roi Henri 111. 1579 (9 décembre).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Pologne, à tous ceulx que ces présentes verront. Suivant l'édit du mois de juillet mil cinq cent cinquante trois, fait par le feu Roy nostre très honoré seigneur et père, pour vendre et «tfiéner aucuns membres, partz ou portions de son domaine, vérifié en noz court de Parlement et Chambre des Comptes en Bourgongne, et par vertu des lectres patentes du vingt-deuxiesme septembre en suivant, portant le pouvoir des commissaires députez à l'exécution du dict édit; les dictz commissaires auroyent engagé, vendu et aliéné le vingt cinquiesme octobre au dict au, à maistre Guillaume Berbisey, lieutenant particulier du bailliage de Dijon et viconte Mayeur, Estienne Jacotot, Claude Berbisey, et maistre Laurent Tricaudet, eschevins de nostre dicte ville, pour eulx, leurs hoirs et aïans cause, à faculté de réachapt perpétuel, après les proclamations et solennités accoustumées, et sur l'estimation faite des trois années précédentes, la Prevosté de nostre dicte ville, la clergie d'icelle, et les trois francs marchiez qui y sont tenus chacun an, tant avant que après la Toussaint, en tout tel droit que noz prédécesseurs en ont joy et qu'ils nous competent et apartiennent(l).La dicte Prevosté et aultres choses dépendans (t ) La prévoté de Dijon, cette charge si importante avant l'institution de la commune et du bailliage, avait fini sons les derniers Ducs à n'être plus qu'un office subalterne, dont le titulaire avait pour mission le soin d'assu- · rer l'exécution des sentences capitales, la juridiction des délits commis sur les chemins, la police des foires et marchés, encore lui était-elle disputée par les officiers municipaux,et enfin la vérification des poids et mesures.


de nostre recepte ordinaire du dict bailliage de Dijon, et qui estoient chacun an baillez à ferme, avec les austres fermes de nostre dict baillage, et ce moiennant la somme de cinq cent quarante six livres tournois, pour en jôïr et percevoir les fruictz aux charges acoustumées, et à ladite faculté de réachapt, en leur rendant ou à leurs héritiers et aïant cause la dicte somme à une fois; depuis laquelle acquisition les dictz Berbisey et consorts ou ayant cause ont joy des dictes choses engagées, comme encores ilz en joissent sans aucun empeschement. Touteffois, nostre procureur au dict bailliage, le procureur sindic de nostre dicte ville et autres, nos officiers des juges inférieurs du dict bailliage ayans reçeu plusieurs plaintes des exactions, abus et malversations que chaque jour se commettent par les fermiers de la dicte prevosté, en ce qui est de la cognoissance des grands chemins, réparations et entretenement d'iceulx, pois et aunages de la dicte ville et de ce qui en dépend, en auroient naguères faict remonstrances au dict bailly de Dijon ou son lieutenant, et esté d'admis qu'ils seroient expédient et nécessaire pour nostre proffit et obvier aux dicts abus réunir la dicte juridiction suivant nos édits, sçavoir ce qui est de la cognoissance des grands chemins pour l'étendue du dict bailliage, à celle de nostre dict bailliage, et ce qui est de la banlieue de nostre dicte ville, à la juridiction delà mairie d'icelle avec les dicts marchez qui en dépendent, et pour ce faire rembourser les dictz acquéreurs de leur fort principal, suivant le consentement sur ce par eulx presté cy attaché soubz nostre contresel: offrant ledict sindic pour ce qui est de la dicte banlieue, tenir la dicte prevosté à mesme condition s'il nous plaisoit trouver bon faire imposer et lever, tant sur la dicte ville que villaiges du dict bailliage, ce que monte le dict engagement, à quoy les particuliers sont prestz à contribuer. Pour poursuivre laquelle union et les lectres nécessaires pour la dicte imposition, le dict bailly ou son lieutenant estimant la dicte union très ntille et nécessaire, tant pour la conservation de noz droitz que à l'utilité publique à la dicte charge de réachapt auroit délégué vers nous. Pour ces causes, veu le contract de vente de la dicte prevosté, clergie et des marchez à nous apartenans en nostre dicte ville, ensemble le dict consentement et la requisition, tant de nostre dict procureur que du dict sindic En un mot, la prévôté convertie en ferme et mise comme telle en délivrance, avait fini par être non seulement un rouage inutile, mais un obstacle gênant pour l'administration générale, qui tendait à chaque règne à se simplifier davantage. C'est alors que, de commun accord, la mairie et le bailliage demandèrent à s'en partager les attributions. Celui-ci se réserva seulement la juridiction sur les grands chemins, hors la banlieue de la commune, qui, elle, annexa le surplus aux droits de justice qu'elle possédait déjà. Toutefois, comme la prévôté était du domaine royal, et par conséquent inaliénable, la ville, nonobstant le présent édit de réunion, fut obli. gée dans la suite de rétrocéder ses droits, qu'elle raclieta aussitôt, et qu'elle finit par s'incorporer tout a fait sous Louis XIV, au moyen d'une taxe supplémentaire.


et autres noz officiers, de l'advis de nostre conseil, avons suivant noz éditz et ordonnance, uny et incorporé, incorporons et unissons par ces présentes de nostre plaine puissance et auctorité royal, la jurisdiction de nostre dicte prevosté de Dijon et clergie d'icelle, ensemble les marchez à nous apartenans en nostre dicte ville, engagez ainsi que dict est, pour estre et demeurer inséparablement à nostre dict domaine, comme ilz estoient avant la dicte aliénation. Et la dicte prevosté pour ce qui est de la cognoissance des grands chemins, pois et aunages, avons attribué et commis au siège du dict bailliage, pour l'estendue du dict bailliage, et ce qui est de la banlieue de nosire dicte ville à la jurisdiction de la mairie d'icelle, à la charge et non autrement du remboursement actuel aux dictz acquéreurs de la dicte somme de cinq cens quarante six livres par eulx paiée pour le fort principal de la dicte acquisition et des frais et loyaux coustz raisonnables qu'ilz monstreront avoir faict, liquidation d'iceulx préalablement faite par le dict bailly, laquelle somme de v' xlvi livres et loyaulxcoustz, ordonnons estre imposée sur tous les habitans de nosire dicte ville et villaiges du dict bailliage de Dijon, le fort portant le faible le plus justement que faire se pourra, et après paiés aux dictz acquéreurs, moiennant lequel remboursement avons les dictz viconte Mayeur et eschevins de nostre dicte ville de Dijon, subrogez et subrogeons en nostre lieu pour joyr de !a dicte prevosté en ce qui sera de la banlieue de nostre dicte ville seulement, jusques au remboursement de ce qui aura esté paié de la dicte somme et frais pour la part des habitans de nostre dicte ville. Si donnons en mandement, à nos amez et féaux les gens teuans nostre Chambre des Comptes et au dict bailly de Dijon ou son lieutenant, que ces présentes, noz lectres d'union, ilz vérifient, facent lire et enregistrer, garder et observer, sans permettre qu'il soit contrevenu, contraignant tous ceux qu'il appartiendra à ce obéir par toutes voies de justice acoustumées, nonobstant opposition ou appellations quelzconques, pour lesquelles ne voulons estre différé. Mandons en outre, à noz amez et féaux conseillers, les trésoriers de France, généraux de nos finances en Bourgongne, que la dicte somme de cinq cens quarante six livres et frais sus dictz, ensemble ceulx qu'il a convenu faire pour l'impétration des présentes, que nous avons modéré à la somme de vingt cinq livres, ilz facent asseoir, imposer et lever sur tous les contribuables de nostre dicte ville et des villaiges ressortissans à la dicte prevosté, le fort portant le foible, et contraindre tous les cotisez au paiement de leurs taxes es mains de nostre receveur ordinaire du dict Dijon, lequel nous avons commis à la recepte et despence des dictz deniers, à la. charge d'en tenir compte par chapitre part et séparé, comme des autres deniers de sa


charge, et ce par les voies et ainsi qu'il est acoustumé pour nos deniers et affaires, et ce qui proviendra de la dicte imposition facent emploier au remboursement des dictz acquéreurs ou aiant cause par leurs simples quittances, rapportant lesquelles voulons ce que aura esté payé à ceste cause estre passé et alloué en la despence des comptes et rabatu de la recepte du dict receveur ou autre à qui se touchera, par les dictz gens de nos comptes à Dijon, auxquels ordonnons semblablement aussi le faire sans difficulté. Car tel est nostre plaisir, nonobstant aussi quelconques ordonnances, mandemens, déffenses et lectres à ce cpntraires, pourveu toutesfois que la plus grande partie des dictz ressortissans aye à ce consenty ou consente, et que noz deniers n'en soient retardez. En tesmoin de ce nous avons fait mettre nostre scel à ces dictes présentes.

B&nnê à Paris, le neuviesme jour de novembre, l'an de grâce mil cinq cens soixante et dix neuf, et de nostre règne le sixiesme.

Par le Roy en son conseil.

CHAUDET.

Scellé du grand sceau en cire blanche à doublé queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville, B5, Prévôté.

CiV

Articles de la capitulation arrêtée entre les députés de Dijon et le maréchal de Biron, pour la réduction de la ville sous l'obéissance du roi Henri IV, et ratification de ces articles par ce prince.

1595 (26, 27 mai et 23 juin).

AU ROI.

SIRE,

Les habitans de vostre ville de Dijon, vos très humbles et obéissants subjetz et serviteurs, assemblés par les depputés de tous les ordres et colleges d'icelle ville, suyvant les délibérations sur ce prinses, ont arresté et résolu recongnoistre vostre Majesté pour leur légitime Roy et souverain seigneur, estant bien marris que plustost ilz n'en ont peu faire démonstratipn et en rendre tesmoignage peur les raisons que vostre dite Majesté scayt trop mieulx, la suplient doncq les voulloir retenir et recongnoistre comme bons, fidelz et naturelz subjetz, et telz les main-


tenir en tous leurs droictz, franchises, libertés, dons, octroys et previleges, comme ont faict vos prédécesseurs, et particulièrement leur accorder les articles suyvanz, qu'ilz estiment estre nécessaires pour le bien de vostre service, conservation et manutantion de la dicte ville.

Le Roy n'ayant jamais rien tant désiré après son salut, que la réduction de ses sujectz à leur debvoir et tousjours eu les braz ouvertz po,gr les y recevoir avecques toutes les démonstrations qu'il a peu faire de sa bonté et clémence peur les y convier, oublye toutes choses passées et reçoyt les suplians en ses bonnes grâces, à la charge du serment de fidélité qu'ilz doibvent à Sa Majesté, et des submissions portées par ses éedictz telles que tous les bons et fidelles serviteurs et subjects les doibvent à leur Roy légitime et naturel.

1"

Premièrement, qu'il plaise à vostre Majesté déclarer que l'éedit de l'année mil cinq cens soyxante et dix sept, déclaration et ampliation d'icelluy en ce qui concerne l'exercice de la prétendue religion réformée n'aura lieu au ressort de vostre Parlement de Dijon, ains seulement la catholique, apostolique et romaine; attendu que difficilement il se trouvera en tout le dict ressort, aulcung qui veulle demander icelluy exercice, du moings le nombre en est sy petit qu'il n'est raisonnable le repost du publiq en estre troublé et alteré.

Il ne se fera aucun devoir que de la religion catholicque, apostolicque et romayne secrettement ou en publicque dans la ville, fauxbourgs et banlieue de Dijon, et pour le surplus il est remis à l'esdit de l'année mil cinq cens soixante dix sept, auquel le Roy ne peult déroger. 2.

Les eclésiastiques seront remis en la possession et jouissance de tous leurs biens, droitz et privileges, en ordonnant que tous ceulx qui les tiennent et occupent s'en départiront incontinant et leurs en délaisseront la libre possession et jouissance, et par ce que les dictz eclesiastiques, pendant les troubles, ont esté contrainctz, nonobstant le ravage faict de leurs biens, payer les décimes aux deux partis, dont toutefois ilz n'ont peu tirer quittance. Qu'il plaise à vostre Majesté les descharger des dictz décimes du passé, et pour l'advenir avoir esgard à leur soulagement et les exempter de la prestation d'iceulx pour le temps qu'il plaira à vostre Majesté.

Accordé pour les previlleges et la possession et jouyssance de tous les biens des suplians en quelque lieu qu'ilz soyent scituez ou assis, dont les lectres de main-levée nécessaires leur seront expédiées à commencer du jour de leur serment de fidélité et pour le regard des décymes, le Roy les leur accorde aussi pour tout le temps passé depuis l'année M Ve quatre vingts neuf jusques nu jour de leur réduction en son obéissance, seullement pour ce qu'esiant les deniers des décymes affectés au payement des rentes de h ville de Paris, Sa Majesté, par serment solennel qu'elle en a faicte, n'en peult disposer au préjudice des dictes rentes.


3"

Qu'il plaise à vostre dicte Majesté permettre que le college de la société des Jésuites, fondé par le feu sieur président Goudran en la dite ville de Dijon y sera conservé. Attendu qu'il est très nécessaire à toute la province, laquelle, par le moyen d'icelluy, reçoit en l'institution de la jeunesse une infinité de soulagement pour les fraictz qu'il conviendroit faire à l'envoyer ailleurs pour la dite institution, n'ayant le moïen de ce faire.

L'arrest donné à Paris sur le faict des Jésuistes, avecq beaucoup de justice, considération et meurre délibération, tiendra; mais pour monstrer aux suplians combien Sa Majesté désire les grattifler, elle veult que le revenu confisqué sur les dictz Jésuistes soyt employé à l'entretennement d'un bon collége pour l'institution de la jeunesse à plus de piété et de debvoir à l'endroit de son Roy qu'elle n'estoyt parles dictz Jésuistes.

4"

Que la mémoire de tout ce qui s'est dit, escript, faict et passé durant les troubles et par voie d'hostillité par les habitans de la dite ville et à l'occasion d'iceulx, soit à la prise des armes, entreprises faictes par les chasteaux, bourgs et places circonvoisines, forcement d'iceux, desmoli'ions, ruynes de maisons, fabrications de monnoyes, d'artillerye, boulletz, composition et achapt de foudres, prises et levés de deniers, imposition sur le vin, emprisonnement et detemption d'aulcungs, amendes jugées, prises et levées, ventes de meubles et aultres choses généralement quelconques, soit' de l'ordonnance du Conseil d'Estat, de l'Union des catholique cy devant establi en la dite ville, Maire, eschevins que aultres commissaires particulièrement deputtés, tant sur les habitans d'icelle ville que au dehors, pour quelques causes et occasions que ce soit, encoire que le tout ne soit cy par le menu spécifié, sera entièrement extaincte et abolie, sans que l'ou en puisse faire aulcune recherche à l'advenir, ains en demeurent tous les ditz habitans de la dite ville, tant en général que particulier, quittes et deschargés, et n'en pourront eulx, leurs vesves et héritiers, successeurs et ayant causes, en estre poursuivis, inquiétés ny recherchés et touttes poursuites estans au contraire, soient declarées nulles et sans effect. Tout ce qui s'est faict et passé depuis le commencement de ces troubles à la prise des armes pour la Ligue en ceste ville, de tout ce qui se y est commis par acte d'hostilité et faict de guerre, soyt de l'ordonnance du Conseil d'Estat et l'Union des catholicques, cy devant estably en ladite ville, Maire, Eschevins ou aultres commissaires particulièrement députez, tant sur les habitants d'icelle ville que au dehors, demeurera ensepvely et comme non advenu, sans que cy après il s'en puisse faire aucune recherche pour quelque cause et occasion que ce soyt, fors et excepté pour l'assassinat commis en la personne du feu Roy et attemptat en celle du Roy à présent régnant.


S"

'Que tous arrestz donnés en la Cour du Parlement de Dijon, decretz, sentences et jugemens, contractz et aultres actes de justice donnés entre personnes de mesme party et entre tous ceulx qui auront volontairement contesté, tant à la dite Cour, Chambre des Comptes, que aultres juridictions de la dite ville durant les ditz troubles, sortiront effect, et qu'il ne sera faict aulcune recherches des exécutions de mort qui ont estés faictes, aussy durant le dict temps par aucthorité de justice, droit de guerre ou commandement des chefz.

Accordé.

Seront restablis, remis et conservés, tous les habitans de la dicte ville, tant eclesiastiques, officiers, que aultres, de quelques qualités qu'ilz soient en tous leurs biens, dignités, offices et bénéfices, rentes, debtz, revenus quelzconques, en quelque part ou ressort qu'ilz soient assis ou dehus, nonobstant tous editz, dons, saisies, ventes, confiscations et déclarations qui en pourroient avoir estés faictes, soit en général ou en particulier, leurs en faisant plaine et entière mainlevée.

Accordé comme il est dict cy devant, depuis le jour de leur serment de fidélité et réduction en l'obéissance de Sa Majesté (1).

Que les provisions d'offices obtenues du duc de Mayenne par mort ou résignation seront confirmées en prenant nouvelle provision de vostre Majesté sans payer finances.

Accordé pour les offices desquels l'exercice est nécessaire dans la dicte ville et dont les titulaires sont morts et !es résignataires demeurans dans les villes en parti de la Ligue seullement et qui sont desjà reçeuz.

8"

Que les comptes rendus durant les dictz troubles pardevant vos officiers en la Chambre des Comptes au dict Dijon, qui y ont résidé, ne seront subjetz à révision, sinon en cas de l'ordonnance, comme aussy le semblable sera faict de tous les comptes rendus en la Chambre du Conseil de la dicte ville de tous deniers, tant ordinaire que extraordinaire.

Accord<1(2).

(1) Un arrêt du Conseil d'Etat, rendu le 18 juillet en interprétation de cet article, déclara que les habitants jouiraient de la main-levée à eux accordée de leurs biens, rentes et revenus, dont les dons faits par le Roi, n'avaient été acquittés ni sorti effet, avant la réduction de la ville en son obéissance.

(î) Un autre arrêt du Conseil d'Etat, rendu le même jour en interprétation de cet article, décida que ceux


Que les juges de la Cour de Parlement, Chambre des Comptes, Esleus du pays des trois Estais et aultres officiers, tant des judicatures que des finances, demeureront en la dicte ville de Dijon pour y faire leurs charges, comme ilz soulloient avant les troubles.

Accordé.

10»

Que tous debtz crées par obligations, constitutions de rentes par les colleges ou particuliers pour les affaires du pays concernant l'Union oi> promesses des dictz Estats ou esleuz, tant pour payement de gens de guerre, levées d'iceulx, que pour fortifications et compositions de places fortes et personnes, munitions, et généralement pour toultes aultres choses concernant la dite Union des catholiques, ensemble pour les fraictz des depputtés, tant à la dicte Cour de Parlement que du bailliage du dict Dijon, ayant assisté à l'assemblée des Estats tenus à Paris en l'année mil cinq cens quatre vingtz et treize, seront pris, levés et acquittés par le dit pays, à la deschàrge des obligés, et oultre remboursés des fraiz, intérestz et arrérages par eulx payés et suportés, qui seront jettés sur le dit pays le plus dilligemment que faire se pourra, et au plus tard deans trois ans. Accordé pour les debtes crées et obligations passives pour les affaires du pays tenu par les officiers et serviteurs de Sa Majesté que par ceux du party de l'Unyon, et quant aux fraiz des députez pour se trouver en l'assemblée de Paris, le Roy en a remis la décision aux prochains Estatz généraulx qui se tiendront pour les eLirges et affaires de son pays et duché de Bourgongne.

11°

Qu'il plaise à vostre Majesté quitter et exempter la dite ville de Dijon de toultes charges et impositions desquelles elle peut estre subjète et contribuable pour le temps et terme de neuf ans, luy quitter et remectre aussy ce quelle peult debvoir du passé de touttes cothes et impositions, depuis le commancement de l'année mil cinq cens quatre vingtz neufz, en considération de la nécessité et pauvreté où les diz habitans sont constitués.

Accordé pour tout le temps passé depuis l'anné M V* quatre vingtz neuf jusques au jour du dict serment de fidélité, et pour l'advenir Sa Majesté traitera les suplians le plus favorablement qu'il luy sera possible, et aultant que leur propre conservation et la nécessité des dictes affaires le pourra permectre.

des habitants qui avaient été pourvus, par le duc de Mayenne, d'offices vacants par mort ou résignation, les conserveraient sous la condition de prendre de nouvelles lettres de provision. (Archives de la ville, B9, Affaires de la Ligue.)


r 12°

Que les deniers d'octroy que la dite ville a obtenu des feuz Roys vos prédécesseurs, que Dieu absolve, seront pris et levés par la dicte ville pour le mesme temps et terme que celluy mentionné par les lettres en expédiées, sans qu'il soit besoing obtenir aultres provisions de vostre Majesté, que l'édit quelle luy plaira faire sur les presentz articles.

Seront expédiées lectres de confirmation d'octroy pour le temps et en la forme accoustumée, pour en jouyr par les supliants comme Hz en ont bien et deuement jouy par le passé, jusques au commancement de ces derniers troubles.

13°

Et pour ce que, par feu de bonne mémoire le roy Henry troiziesme, que Dieu absolve, avoit esté accordé a la dicte ville trois foires franches pendant la séance des derniers Estatz tenuz à Bloys, dont les expéditions et provisions n'ont estés levées, ny l'effect d'icelles poursuivy à l'occasion des dictz troubles; plaira à vostre dite Majesté accorder à icelle ville les dictes trois foires franches l'année, qui dureront chacune ung mois, la première commancant au premier de febvrier, la seconde au premier de juing, et la dernière au huictième d'octobre, avec les pareils et semblables previleges et immunitez que ceulx attribués aux foires de la ville de Lion, et ce affin d'aulcunement réstablir le commerce à la dicte ville et réparer les pertes dommages qu'elle a souffert depuis les ditz troubles. Le Roy ne peut à son grand regret accorder cet article, parce que se seroit ruyner sa ville de Lyon et contrevenir h ce que Sa Majesté lui a promis.

Faiet et arresté par les deputés soubzsignés et les ditz articles veus, releus et approuvés en l'assemblée généralle de tous les députés des ditz corps et colleges de la dicte ville ce jourd'huy vendredy vingt sixiesme du mois de may mil cinq cens quatre vingtz et quinze.

Ainsi signé Desbarres, Nicolas de Montholon, Fremyot, Harviset et Fleutelot. Par ordonnance.

Signé, MARTIN.

Monsieur le maréchal de Biron, gouverneur du pays et duché de Bourgonne et lieutenant général pour le Roy en son armée, ayant veu les articles, promet à Messieurs de la ville de Dijon de les faire tous accorder à sa Majesté hors mis ceulx ou Messieurs de la Cour de Parlement de Paris ont donné arrest, asscavoir touchant l'édit de l'an mil cinq cens soixante et dix sept, et celluy des Jésuites, pour raison desquelz lorsque Messieurs de la Cour du Parlement de Bourgonne seront


tous assemblés, le dict sieur Mareschal s'employera envers sa Majesté pour l'exécution de leur résolution. Bien leur promet le dict sieur Mareschal, qu'en la dicte ville de Dijon, n'y à quatre lieues à l'entour du dict lieu, il ne se fera aul., cung exercice de la religion prétendue réformée. Les dictes promesses leur sont faictes à la charge que déans demain à midy ilz feront publier les edictz de sa Majesté, prendront l'escharpe blanche, marque ancienne des François,, feront crier vive le Roy, recongnoistront et recepvront le dict sieur Mareschal comme gouverneur et lieutenant général au pays et duché de Bourgonne et en l'armée; ce faisant le dict sieur Mareschal leur offre toute ayde et assistance. Faict à Chammaillot, le vîtigt septiesme jour de may mil cinq cens quatre vingt quinze.

BIRON.

Faict au camp de Dijon, le XXIII' jour de juing i595. HENRY. Original Archives de la ville, B9, Affaires de la Ligue.

cv

Edit du roi Henri IV, portant ratification des articles de la capitulation pour la réduction de la ville de Dijon sous son obéissance.

1595 (juin).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Nous, estans toujours disposez depuis nostre advénement à cette couronne, de faire cognoistre à noz sujectz qui s'estoyent departiz de l'obeïssance du feu Roy décédé, nostre très honoré seigneur et frère, et la nostre, par le moyen des artifices et fauces persuasions de noz ennemys, combien leurs desseings estoyent eslongnez de la vérité et contraires à icelle; Dieu nous a tellement assisté en l'advancement de l'establissement de nostre auctorité en ce royaume, que les principales villes recongnoissans leurs erreurs et renonçons à leurs faulces hftpressions se seroyent remises en nostre obéissance, ayant secoué le joug soubz lequel elles avoyent esté asservies, pour jouyr du repos et bénédiction que sa divine bonté a accoustumé de départir à tous bons fidelles et obéissans sujectz, et dont nous avons faict jouyr tous ceux qui se sont ainsy recoogneuz. Du nombre desquelz ont esté noz sujectz, habitans de nostre ville de Dijon, lesquels en


intention, non seulement d'oublier toutes choses passées, mais aussy leur faire sentir les effets de nostre clémence et bonté, nous avons reçeuz et recevons en noz bonnes grâces, à la charge touteffoys du serment de fidelité qu'ils nous doibvent et des soubzmissions portées par noz édictz et déclarations, telz que tous bons et fidelles sujetz doivent à leur Roy naturel et légitime, et afin qu'ilz avent d'aultant plus d'occasion cy après de se maintenir en nostre obéissance, inclinans libérallement à leur très humble suplicacion, avons dict, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons ce qui s'ensuyt, assçavoir qu'il ne se fera aucun exercice que de la religion catholicque, apostolicque et romayne, secrettement ou en publicq dans la ville, faulxbourgs et banlieue du dict Dijon; que tous eclésiastiques seront remis en la possession et jouissance de leurs privilèges et de leurs biens, comme aussy les dictz habitans, en quelques lieux que iceux biens soyent scituez et assiz, et desquelz nous leur avons faict et faisons plaine et entière main" levée, pour par eux en jouyr à commencer du jour de leur serment de fidélité. Et en outre avons deschargé et exempté, deschargeons et exemptons ledit clergé de tout ce qu'il pourroyt debvoir des décimes, depuis l'année mil cinq cens quatre vingt neuf, jusques au jour de la réduction de la dite ville en nostre obéissance. Ordonnons que l'arrest donné en nostre court de Parlement de Paris, pour bonnes et justes considérations contre les Jésuistes tiendra et sortira son plain effect, et néantmoings désirans gratiffier en tout ce qu'il nous sera possible lesdis habitans, voulons et nous plaist que le revenu des biens confisqués par le dit arrest, soyt employé à l'entretenement d'ung college pour l'instruction de la jeunesse, a plus de piété et de debvoir à l'endroit de son Roy qu'elle n'estoit par les dits Jésuistes. Que tout ce qu'il s'est faict et passé depuis le commencement de ces troubles et la prise des armes pour la Ligue en la dite ville, et tout ce qui se y est commis par acte d'hostilité et faict de guerre soyt de l'ordonnance du Conseil d'Estat de la prétendue Unyon des catholicques, cy devant estably en la dicte ville, ou par les Maire et eschevins et aultres commissaires, particullièrement députez, tant sur les habitans d'icelle ville que au dehors, demeurera ensevely et comme non advenu, sans que cy après il s'en puisse faire aucune recherche pour quelque cause et occasion que ce soyt, fors et excepté pour l'assassinat commis en la personne du feu Roy nostre dict seigneur et frère et attemptat commis en nostre personne. Voulons et nous plaist que tous a. estz donnez en la Cour du Parlement du dit Dijon, decrez, sentences et jugemens, contractz et aultres actes de justice faictz et donnez entre personnes de même party et entre tous ceux qui auront volontairement contesté, tant en la


dite Court, Chambre des Comptes que autres juridictions de la dite ville durant les dits troubles, sortiront leur effet, sans qu'il puisse estre faict aucune recherche des exécutions de mort qui ont esté faictes durant le dit temps par auctorité de justice, droict de guerre ou commandement des chefs. Remectons aussy tous les dits habitans en l'exercice de leurs estatz, charges et dignitez, offices et bénéfices, rentes et revenus quelzconques, en quelque part qu'ilz puissent estre assis, pour en jouyr par chacun d'eux, à commencer du jour de leurs dits serment de fidelité et réduction de la dite ville en nostre obéissance, nonobstant tous esdictz, déclarations et dons qui en pourroyent avoir esté faictz, tant en général qu'en particulier, que nous avons cassez et revoquez, cassons et révoquons par cettuy, nostre présent édict, par lequel nous avons pareillement cassé et révoqué, cassons et révoquons toutes provisions d'offices expédiées par le duc de Mayenne, soit par mort, résignation ou autrement, et néantmoings accordé aus dits habitans pourveus d'offices dont l'exercice est nécessaire en la dite ville, et les titulaires et résignataires mortz et demeurans en icelle et aultres villes de leur party, les conserver et maintenir en la jouyssance des dits offices, en prenant nouvelles provisions de nous. Ordonnons, voulons et nous plaist que tous comptes rendus durant les dits troubles en nostre Chambre des Comptes du dit Dijon, ne seront sujetz à révision, si non au cas de l'ordonnance, comme ne seront aussy ceux qui ont esté renduz en la dite chambre du conseil de la dite ville, soyt des ordinaires ou extraordinaires. Voulons que tousofficiers, tant de judicatare que de finances, soyt de nostre Court de Parlement, Chambre des Comptes, esleuz des trois Estatz du pays, demeurent en ladite ville de Dijon pour y faire leurs charges, comme ilz faisoyent auparavant les troubles, Et pour ce, que tant noz officiers et serviteurs qui se sont maintenuz en nostre obéissance, que ceux qui ont suivy le parti de noz dits ennemys, ont esté contrainctz de s'obliger et créer plusieurs debtes pour les affaires du pays, des quelles il est bien raisonnable qu'ilz soyent deschargés, ordonnons que les sommes auxquelles se trouveront revenir les dites obligations et deptes faites pour le payement des gens de guerre, levée d'iceux, fortiffications et compositions de places fortes, munition de guerre, et généralement pour toutes aultres choses, soyent prises et levées sur le dit pays, à la descharge de ceux qui sont obligez, tant en principal, fraiz, intérestz, que arréraiges, et ce dedans trois ans au plus tard, et sans que en la dite assiete et levée qui sera ainsy faicte en vertu de noz lectres patentes que nous ferons expédier aus ditz habitans, on y puisse comprendre les fraiz qui ont esté faictz par les prétendus députez du dit party de l'Union, pour se trouver en l'assemblée de Paris, en


ayant remis la décision aux prochains Estats Généraux qui se tiendront pour les charges et affaires de nostre dit pays et duché de Bourgongne. Et ayant esgard aux grandes pertes et ruynes souffertes par les dits habitans durant les dits troubles, désirans leur donner moyen de se pouvoir remectre, nous les avons quictez, deschargez et exemptez, quictons, deschargeons et exemptons de tout ce qu'ilz nous pourroyent debvoir de touts deniers, tant ordinaires qu'extraordinaires et impositions quelzconques, depuis le commencement de l'année mil cinq cens quatre vingt neuf, jusques au jour du serment de leur fidélité. Ne voulans qu'ilz soyent contraintz à aucuns payemens par noz receveurs ny aultres en aucune sorte et manière que ce soyt, ce que nous leur deffendons très expressément. Et pour leur donner tousjours d'aultant plus de moyen de pouvoir supporter les fraiz et despences qu'ilz sont contrainctz de faire chacun jour, leurs seront expédiées lectres de confirmation et continuation des octroys à eulx accordez de tous temps par noz prédécesseurs, pour en jouyr par les ditz habilans pour tel temps, et tout ainsy qu'ilz en ont bien et deuement jouy par le passé, jusques au commencement des derniers troubles. Si donnons en mandement à noz amez et féaulx conseillers, les gens tenant nostre Court de Parlement et Chambre des Comptes à Dijon, bailly et gouverneur du dit lieu ou son lieutenant, et à chacun d'eulx en droict soy, si comme à lui appartiendra, que cettuy nostre présent édict, ilz facent lire, publier et enrégistrer, et le contenu en icelluy, garder et observer de point en point selon sa forme et teneur, sans souffrir ny permectre qu'il y soit contrevenu en aucune sorte et manière que ce soyt. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces présentes, sauf en aultres choses nostre droict et l'aultruy en toutes.

Donné à Dijon, au moys de juing, l'an de grâce mil cinq cents quatre vingtz quinze, et de nostre règne le sixiesme.

HENRY.

Par le Roy,

Buzé. Visa.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original: Archives de la ville de Dijon, B9, Affaires de la Ligue.


Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Noz chers et bien amez les vicomte majeur, eschevins, scindics, bourgeois, manans et habitans de nostre ville et commune de Dijon, nous ont faict entendre que suivant les privilèges à eulx conceddez par les feuz Ducs de Bourgongne, confirmez par nos prédécesseurs Roys, appartient à la dite ville, la haute justice, moyenne et basse, mère, mixte et impère, civille, criminelle et politique ea L-elle ville, faulxbourgs, banlieue et leurs appartenances, qui y est exercée par lesdicts Viconte Majeur et eschevins, esleuz chacun an par ladite communauté. Aussi la confection des inventaires, prinses de personnes et biens, et de faire tous exploits réelz; ont la congnoissance, décision et jugement en première instance de tous cas, crimes et délitz qui se commettent et adviennent par quelque personne que ce soit; comme aussi de ce qui deppend de la garde des portes, guet de la nuit, sûrté et services de la dicte ville et de tous différendz qui en proceddent, soubz nostre auctorité, privativement à tous autres en l'absence du gouverneur et noz lieutenans généraulx en noz pays et duché de Bourgongue, dont les appellations desdites gardes et faicts d'armes ressortissent pardevant les dits gouverneurs et lieutenants généraulx et non ailleurs, et encore ont les dits exposans, droict et coustume que advenant le décès du Vicomte Majeur de la dite ville pendant l'année de son magistrac' les eschevins de la chambre d'icelle eslisent en son lieu et place ung homme digne et capable pour la continuation de la dite charge pour le reste de la dite année, et plusieurs autres franchises, exemptions, octroys, coustumes et libertez à eulx d'ancienneté comme dit est octroyez et confirmez, ainsi qu'il est contenu et déclaré par les coppiescy attachées soûl nostre scel. Nous supplians très humblement leur vouloir aussi iceux priviléges confirmer, et sur ce leur impartir nos lectres à ce nécessaires. Sçavoir faisons que nous désirons leur subvenir en ceste endroict, en considération de la grande loyauté et vraye obéissance que les dits supplians ont monstrée envers nous à la réduction de ladite ville; désirant iceux favorablement traicter,

Confirmation des priviléges de la ville, par le roi Henri IV.

1595 (4 novembre).

CVI


les maintenir et conserver en leurs droictz, en en suivant la volunté de noz dits prédécesseurs Roys, leur avons touset chacun ez dits priviléges, exemptions, franchises, coustumes, usaiges, droictures, permissions et libertez, confirmez, louez, ratiffié et approuvé; et par ces présentes, de nostre certaine science, grâce spéciale, plaine puissance et auctorité royal, confirmons, louons, ratiffions et approuvons, pour en jouyr et user par les dits suplians et leurs successeurs à toujours, perpétuellement, plainement et paisiblement, ainsi qu'ilz en ont bien et deuement jouy et font encore à présent. Si donnons en mandement par ces présentes à nos amez et féaulx conseillers les gens tenant nostre cour de Parlement et de noz comptes au dit Dijon, bailly du dit lieu ou son lieutenant, et à tous noz autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que de nos présentes grâce, confirmation, ratification et approbation, ilz facent, souffrent et laissent les dits supplians et leurs successeurs, jouyr et user plainement, paisiblement et perpétuellement, sans leur mectre ou donner ores ne pour l'advenir aucun destourbier ou empeschement au contraire. Lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté ou estoit, les mectent ou facent mectre incontinant et sans délay à plaine et entière délivrance et au premier estat et deu. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dites présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes. Donné à Paris, le quatriesme jour de novembre, l'an de grâce mil cinq cent quatre vingt quinze, et de nostre règne le septiesme.

Par le Roy, DE BAIGNEAULX.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.

CVII

Edit de Montceau, rendu par le roi Henri [V, pour la pacification et la réduction de la ville de Dijon en son obéissance.

1596 (août).

Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Depuis la mort du feu Roy, nostre très honoré seigneur et frère,


dernier-décédé, et qu'il a pleu à Dieu nous appeler au gouvernement de cest Estât et couronne, noz actions ont assez faict congnoistre à ung chacun le désir que nous avons tousjours eu d'y restablir ung bon et assuré repos et faire cesser les troubles et divisions que le malheur des guerres passées avoit apporté avec soy. Et comme, pour y parvenir, nous avons non seulement employé toutes noz forces et l'assistance de noz bons et loyaulx subjects et serviteurs, mais aussi par toutes espèces de bontés et clémence, tasché d'attirer noz subjets à la recongnoissance que naturellement ilz nous doibvent et dont ilz avoient été distraictz. En vain nous nous fussions mis en peine d'en venir à bout, s'il n'eust pieu à sa divine bonté prendre en sa spécialle protection la deffense de nostre juste cause et mettre au cœur d'infiny nombre de noz bons vassaulx et subjetz de recongnoistre le debvoir auquel ilz nous sont naturellement obligez comme à leur Roy et Prince légitime, ainsi qu'il est apparu en la réduction qui a esté faicte de la pluspart des villes de notre royaume soubs notre obéissance; lesquelles n'estant assubjecties à aucuns fortz, châteaux et garnison, se sont soy mesme portées à nostre recongnoissance; mais où la force a eu plus de lieu, il ne s'y est pas moings remarqué d'affection et résolution, lorsque l'occasion s'est offerte de faire parroistre l'intérieure fidélité qu'ilz avoient tousjours réservée en leur cœur, laquelle ilz n'ont laissé perdre; ains l'aprenant à propos, ilz n'ont manqué de secouer le joug, soubz la rigueur duquel ilz estoient asservis. Ce qui est d'aultant plus à louer et remarquer en noz subjetz des villes de nostre pays et duché de Bourgongne, entre austres en noz chers et bien amez les habitans de nostre ville de Dijon, lesquels combien qu'ilz se vissent enfermez parmi un bon nombre de chasteaux et fortes garnisons, mesme celuy de nostre dite ville, bandé contre eux, cela ne les ayant peu destcurner de la recongnoissance de leur Roy, prirent enfin l'occasion de se mettre en liberté par l'approchement de nostre armée, lors conduite par nostre cher et bien amé cousin le maréchal de Byron, et à la faveur d'icelle et l'assistance d'icelluy nostre dit cousin, donnèrent par sa valeur et sage conduite establissement à nostre aucthorité et entrée à noz serviteurs en nostre dite ville. .Mais comme la seulle espérance qu'ilz ont eu que nostre bonté et clémence les garantiroit et leur feroit oublier en peu de temps la mémoire des incommoditez passées, les a poussez à les rechercher; ne leur voulant icelle desnier, ains embrasser avec toutte la bienveillance possible, leur repos et conservation; nous avons voulu par cestuy nostre esdict perpétuel et irrévocable, ordonner ce que sur les articles des très humbles requestes et remonstrances qu'ilz nous ont par leurs depputez faict présenter, nous avons estimé estre à propos pour leur bien,


soullagement et contentement. A ceste cause, de l'advis des princes de nostre sang et autres seigneurs et notables personnes de nostre Conseil estant à présent près de nous, avons dict, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons ce qui s'ensuit

Premièrement, voulons, ordonnons et nous plaist par ces présentes qu'il ne se face aulcun exercice de relligion que de la catholique, apostolique et romaine en nostre dite ville, chasteaux et faulxbourgs de Dijon, ni en autres lieux circonvoisins deffenduz par l'éedit de l'an mil cinq cent soixante et dix sept et déclarations ansiennes pour l'exercice d'icelluy, deffendant très expressément à toutes personnes, sur les peines de nos ordonnances, de ne molester ny inquiéter les ecclésiastiques en la célébration des services divins, jouissance et perception des fruitz et revenus de leurs bénéffices, et de tous autres droitz et debvoirs à qui leur appartiennent, desquelz à ceste fin, nous leur avons faict et faisons plaine et entière main levée; par ces présentes, voulons et entendons que tous ceulx qui, depuis les présents troubles, se sont emparez des églises, maisons, biens et revenus appartenant aulx dits ecclésiastiques, et qui les détiennent et occupent, leur en laissent l'entière possession et jouissance. Et pour aulcunement récompenser les dits ecclésiastiques des pertes qu'ilz ont souffertes durant les guerres, nous leur avons faict don et remise de ce qu'ilz nous peuvent debvoir à cause des décymes, pour le passé seullement.

Aussi, pour plus ample déclaration de nostre bonne volonté à l'endroit de nostre dite ville de Dijon, l'avons remise, réintégrée et restituée, remettons, réintégrons et restituons et tous les anciens previlléges, droictz, concessions, octroiz, franchises, libertez et immunitez que cy devant luy ont esté accordez par les feuz Roys nos prédécesseurs, que nous luy octroyons de nouveau, continuons et confirmons, pour en jouir et user à l'advenir, ainsi qu'elle en a bien et deuement jouy par le passé, auparavant les présents troubles. Et pouroster toutes occasions de rechercher procès et querelles à l'advenir, à cause de ce qui est advenu durant les troubles, nous avons du tout à tousjours estainct, supprimé et aboly, estaignons, supprimons et abolissons par ces même présentes la mémoire de tout ce que, par le corps et communauté de ladite ville, en général et en particulier par tous et chacun les habitans d'icelle, de quelque qualité et conditions qu'ilz soient, a esté faict, dict, géré et négocié durant et à l'occasion des présents troubles, et le tout leur remettons et pardonnons comme s'il estoit cy pareillement exprimé. Faisant deffenses très expresses à tous nos justiciers, officiers et subjetz de les en rechercher, ny ceux qui par leur commandement se sont eiitremys,


leurs successeurs et ayant cause des choses passées; imposant sur ce silence perpétuel à nos dits procureurs généraux, leurs substitutz présents et avenir, et autres noz ditz subjets. Et par ce moyen advouant et recongnoissant les ditz babitans, pour noz bons, fidelles et affectionnés subjetz, nous les avons prins et mis, prenons et mettons en nostre protection et sauvegarde spéciale, avec leurs femmes et familles, biens, moyens et facultez, et quand nous les avons remys et restablys, remettons et restablissous en la libre, paisible et entière jouissance d'iceulx, soient bénéffices, offices, charges, dignitez, dont ilz sont bien et deuement par nous ou noz prédécesseurs et autres, auxquelz il peut appartenir, pourveuz; héritages, rentes, revenus, debtes et arrérages deubz tant du passé que de l'avenir, noms, raisons et actions qui leur appartiennent. Révocquant pour cest effet tous dons, commissions, arrestz, sentances, jugements et tous autres actes et exploitz de justice qui peuvent avoir esté donnez' au contraire. Voulant qu'ilz soient comme nous les déclarons nulz et de nul effet et valeur, les cassant et révocquant. Voulons en outre et ordonnons que tous arrestz, commissions et exécution d'icelles, décretz, sentances, jugements, contractz et autres actes de justice donnés entre personnes de mesme party, et entre tous ceulx qui auront volontairement contesté, tant en la court de Parlement, Chambre des Comptes, qu'autres juridictions de ladite ville, durant les dits troubles sortent effect et ne sera faict aulcune recherche des exécutions de mort, qui ont esté faictes aussi durant les dits temps par auctorité de justice, droictz de la guerre ou commandement des chefs.

Toutes provisions d'offices faictes par le duc de Mayenne demeureront nulles et de nul effet. Et néantmoings, ceux qui ont obtenu les dites provisions, par mort ou résignation de ceulx du mesme party, seront conservez esdits offices, par nos lectres de provision, qui sur ce leur seront expédiées sans payer finance. Que les comptes renduz durant lesditz troubles, par devant les officiers de nostre Chambre des Comptes audit Dijon, qui y ont résidé, ne seront subjetz à révision, sinon en cas de l'ordonnance. Sera aussi faict le semblable pour les comptes rendus en la Chambre du Conseil, estably en la dite villj pendant les dits troubles.

Et, pour remestre et restablir nostre dite ville en sa première dignité et splendeur, nous voulons et entendons que les sièges de nostre court de Parlement, Chambre de noz Comptes, Esleuz des trois Estatz de nostre dit pays de Bourgongne et autres officiers, tant de judicature que de finances, demeurent en ladite ville, pour ) exercer leurs charges, comme ilz souloient avant les troubles.


Nous voulons aussi que toutes debtes crééez par obligations, constitutions de rentes par les colléges ou particuliers, pour les affaires du pays concernant l'Union ou promesse des dits Estatz ou Eleus, tant pour le payement des gens de guerre levées d'iceulx, que pour fortificationÊ et compositions de places, munitions et générallement pour toutes autres choses concernant les affaires du Pays; ensemble les fraiz des depputez tant de ladite cour de Parlement que du bailliage dudit Dijon, ayant assisté à l'assemblée des Estatz tenuz à Paris en quatre vingt treize, seront preslevez et acquitez par le dit Pays, à la décharge des obligez et oultre remboursez des fraiz, intérestz et arrérages par eulx paiez, qui seront jettez sur le Pays le plus dilligemment que faire se pourra, et dans trois ans au plus tard.

Aussi pour donner moien auz dits habitans <L se relever des grandes pertes et ruynes qu'ilz ont souffertes durant les guerres, nous avons à iceulx quicté et remys tout ce qu'ilz nous peuvent debvoir du passé, de toutes tailles, rentes et impositions depuis l'année mil cinq cent quatre vingt neuf, jusqu'au jour de leur réduction. Et pour l'advenir, durant neuf années prochaines ensuivant et consécutives, excepté toutesfois du taillon et la solde du prévost de noz chers et bien amez cousins les mareschaux de France.

Et afin de laisser quelques remarques à lapqstérité du contantement que nous avons de la pure et franche volonté, dont les habitans ont usé à nous recongnoistre, et pour d'aultant plus la décrier comme la capitalle de nostre dit pays et duché de Bourgongne, et affin d'aulcunnement restablir le commerce en nostre dite ville et adoucir les pertes et dommaiges qu'elle a souffertes pendant les troubles passés, nous avons ausdits habitans accordé trois foires, qui tiendront en icelle doresnavant par chacun an, scavoir la première commençant le premier jour de febvrier, la seconde le premier jour de juing, et la dernière le huitiesme octobre, avec pareilz et semblables privilleges et immunitez que ceux attribuez aux foyres de nostre ville de Troyes.

N'entendons toutesfois estre cy compris, ce qui a esté faict par forme de volleries et sans adveu, pour raison de quoy, nous avons permis et permettons à toutes personnes de se pourveoir par les voyes de justice, ainsi que bon leur semblera. Comme aussi sont exceptez tous ceulx qui se trouveront coupables de l'exécrable assassinat commis en la personne du deffunct Roy dernier décédé, notre très honoré seigneur et frère, que Dieu absolve, et de conspiration sur notre vye, et pareillement touts crimes et délitz punissables entre gens deme^me party.


Si donnons en mandement à nos amez et féaulx conseillers, les gens tenant nostre court de Parlement, Chambre de noz Comptes, Court de noz aydes, président et trésoriers généraulx de France establis audit lieu, Esleuz des Estatx dudit pays, baillyz ou leurs lieutenants, et à autres noz justiciers, officiers et subjetz qu'il appartiendra, que ces présentes ilz ayent chacun endroict soy à faire lire, publier et enregistrer icelles, anthériner, vériffier, exécuter, garder et observer inviolablement, selon leurs forme et teneur, contraignant à ce faire souffrir et y obéir tous ceuls qu'il appartiendra, et qui pour ce seront à contraindre par toutes voyes deues et raisonnables, nonobstant opposition ou appellation quelconques, pour lesquelles et sans préjudice d'icelles ne voulons être différé et quelconques ordonnances, mandements, deffance et lettres à ce contraire, jugements, arrêtz, sentant et autres choses auxquelles et à la dérogation des dérogatoires y contenues, nous avons dérogé et dérogeons par ces présentes de noz grâces spéciales, plaine puissance et auctorité royal. Car tel est notre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'aultruy en toutes.

Donné à Montceaulx au mois d'aoust, l'an de grâce mil cinq cent quatre vingt et seize, et de nostre règne le huictiesme.

HENRY.

'Par le Roy, POTIER. Visa. Contentor. POUSSEPIN. Scellé du grand scel en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B9, Affaires de la Ligue.

(t) Quelque explicite que fût cet édit à l'endroit de la rentrée des habitants en possession des biens saisis ou confisqués sur eux à l'occasion des troubles, la Chambre du domaine élevait chaque jour des difficultés nouvelles. Force fut donc aux magistrats d'adresser de nouvelles remontrances, auxquelles le Roi fit aussitôt droit, en renvoyant la connaissance de ces revendications au Parlement lui-même. Les lettres-patentes du 20 août 1597 recommandaient à cette Cour souveraine de se conformer à l'édit de 1596. nonobstant toute décision contraire. (Archives de la ville, B9, Affaires de la Ligue.)


CVIII

Lettres-patentes du roi Henri IV, qui interdit les cabales pour l'élection du maire de Dijon. 1599 (6 septembre).

Heory, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Sur les advis qui nous ont esté cy devant donnez des brigues et pratiques ordinaires, qui se font en l'eslection et création des viscontes Mayeurs de nostre ville de Dijon, et des inconvéniens qui en pouvoient arriver avec beaucoup de préjudice en l'establissement de nos affaires, non moins qu'au repos et conservation de nostre dite ville, s'il n'y estoit pourveu nous avons désiré d'essayer quelle autre voye et forme se pourroyent ordonner plus utille et proffitable et moins subjette ausdites brigues pour la création du dict Majeur, et pour cest effect, par noz lettres patentes du vingt huictiesme jour juing dernier, ordonné estre convoquez et assemblez générallement en mesme temps et lieu, tous les corps, tant de nostre court de Parlement, Chambre de noz Comptes et autres compaignies, tant de noz officiers que des habitans de nostre dite ville de Dijon, pour adviser ensemblement et d'un mutuel consentement ce qui se trouveroit de plus convenable à ladite eslection et création, 'et nous faire entendre leur advis, affin d'en ordonner après ce que pour le bien de nostre service et le repos et conservation de nostre ville de Dijon verrions estre à faire. Surq'ioy, après avoir eu ledit advis et icellùy meurement considéré, recongnoissant n'estre à propos de rien innover en la forme cy devant et dèz longtemps suivye et observée au faict de la dicte élection, ains seullement en réprimer et rejetter les abeuz qui s'y peuvent commettre; nous, pour ces causes, avons dict, déclaré et ordonné, et de nostre pleine puissance et auctorité royal disons, déclarons et ordonnons, voulions et nous plaist que pour l'advenir, la dicte élection du viconte Majeur de nostre ville de Dijon, soit faicte pour la présente année, le vingt cinquiesme jour du préojnt mois de septembre, et pour les suivantes lorsque le renouvellement en escherra, en la forme antienne, aux jours, lieux et temps accoustumez, sans y rien changer, altérer ou innover, deffendant toutesfois très expressement, pour oster les moïens d'abus et malversations au faict de la dicte élection, création à toutes personnes de quelque qualité et condition


quelles soient, de corrompre, briguer ne pratiquer directement ou indirectement par argent ou autres moïens illicites quelconques, les voix et suffrages du peuple; déclarant comme nous déclarons tous ceux qui seront prévenuz, atteints et convaincus des dictes brigues, pratiqueset mèrtêes, à jamais incapables de tousoffices, dignitez et charges, tant nostres que de la dite ville. Ordonnons aussy et nous plaist que tous les autheurs des dites brigues, que ceux qui seront corrompus par icelles, soient punis et chastiez, et l'élection de ceux qui seront nommez et créez par telles voyes illicites de leurs parens ou autres, déclarées, comme nous les déclarons nulles et de nulle force et valleur. Si donnons en mandement à noz amez et féaux conseillers, les gens tenant nostre court de Parlement à Dijon, que ces présentes ilz facent lyre, publier et registrer, et le contenu d'icelles garder, suivre et observer de point en point, selon leur forme et teneur, cessant et fesant cesser tous troubles et empeschement au contraire. Mandons en outre, à nostre très cher cousin le duc de Biron, pair et maréchal de France, gouverneur, et nostre lieutenant général en noz pays et duché de Bourgongne, et en son absence au sieur de Lux, l'ung de noz lieutenans généraux au gouvernement de nostre dit pays, de tenir la main à l'exécution de nostre présente volonté et intention, sans souffrir qu'il y soit contrevenu par quelque personne que ce soit, nonobstant les arrestz de nostre dite court cy devant intervenuz sur le faict de la dite élection que nous entendons demeurer nute et de nul effet, mandements, deffences et lettres à ce contraires (1). Car tel est nostre plaisir. En tesmoing de quoy, nous avons faict mettre nostre scel à ces dites présentes.

Donné à Bloys, le sixiesme jour de septembre, l'an de grâce mil cinq cent quatre vingt dix neuf, et de nostre règne le onziesme.

HENRY.

Par le Roy, POTIER.

Original Archives de la ville, B12, Vicomtes-1Jlayeurs.

(1) Au mois de juin 1598, les cabales pour la nomination du garde des Evangiles avaient été si flagrantes qu'il en était résulté un procès des plus scandaleux entre les partisans de Bernard Coussin, le nouvel élu, et ses adversaires, eu tête desquels figurait l'avocat-général Millotet. Des deux côtés on s'était signalé par des violences excessives, par des abus d'autorité. Bief, le repos public en avait été profondément troublé. Le Parlement, qui nourrissait depuis longtemps le projet de modifier la constitution communale, jugea le moment opportun pour arriver à ses fins. Au mois de mai 1599, sur le rapport du président des Barres (ancien vicomte-mayeur), la Cour rendit un arrêt portant que, sans toucher au mode de l'élection du maire, les habitants, au lieu de nommer un seul candidat, en nommeraient trois, et que celui des trois qui aurait obtenu le plus grand nombre de suffrages serait proclamé maire.

La chambre de ville, informée de cette décision, n'attendit pas que l'arrêt lui fut signifié, elle convoqua l'assemblée générale des habitants, dans laquelle on décida l'envoi immédiat d'une députation au roi pour se plaindre de cette atteinte aux privilèges de la ville.- De son côté, le Parlement, voulant défendre son œuvre, commit il cet efiet un des syndics et le chargea de lettres pour le duc de Biron et le chancelier. Les deux députés se retrouvèrent à Fontainebleau, et ils furent admis en même temps en présence du roi. Henri IV,


CIX

Edit du roi Henri IV, portant règlement pour l'élection du Maire.

1608 (juin).

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présens et advenir, salut. Nous avons cy devant reçeu plusieurs plaintes de divers endroits de nostre royaulme, des brigues et monopolles qui se commettoient en l'eslection des magistratz de noz villes, et particulièrement de grandes corruptions et pratiques qui se faisoient par argent aux principalles villes de nostre pays et duché de Bourgongne pour parvenir es charges des mairyes des dictes villes, mesme en celles de Dijon, en laquelle, comme estant la capitale du dict pays, et à la veue du Parlement qui y est estably, au lieu que les choses se debvroient passer avec plus de sincérité et moings de corruption. Touttefois, nous sommes deheuement informés qu'en l'eslection du vicomte Maieur de la dicte ville, sy commettent plusieurs grands abuz, jusques à acquérir par argent et aultres voyes indignes les suffrages du peuple qui a le droict d'eslire le dict magistrat, car ce nonobstant les arrests de nostre dite cour de Parlement, plusieurs fois réitérés, portant déffense sur grande peine de faire telles brigues, tant contre ceux qui vouldroient par moïens illicites parvenir audit magistrat, que ceux qui se laisseroient corromdéjà instruit de l'affaire par le maréchal de Biron, et dont cette querelle servait on ne peut mieux la politique, leur fit à tous deux cette réponse passablement ambiguë « Je veux, dit-il en regardant le conseiller, que l'autorité de mon Parlement soit conservée; mais, en se tournant vers le député de la ville, je veux aussi que ma ville de Dijon soit maintenue et conservée en ses priviléges, sans y rien altérer. » Et il les renvoya tous deux au chancelier. L'affaire fut portée au Conseil. Il fut arrêté que la ville serait maintenue dans ses privilèges, mais que, néanmoins et sans tirer à conséquence, il serait fait un choix de trois personnes parmi lesquelles le roi choisirait le maire; qu'en outre, une assemblée des cours souveraines et de la mairie réunie sous la présidence du maréchal de Biron, délibérerait sur un projet de règlement dans le but d'empêcher le retour de ces scandales.

Cet arrêt, dont le chancelier n'avait pas voulu remettre les expéditions aux parties, mais annoncé le très prochain envoi au maréchal de Biron, n'étant point encore parvenu à la fin du mois de juin, la mairie se considéra comme dégagée, et convoqua les habitants pour l'élection du maire, suivaut la forme accoutumée. Le Parlement lui ayant enjoint de faire publier son arrêt, elle en référa au maréchal, qui, en prévision de la prochaine arrivée de celui du Conseil, et, il faut le dire, pour flatter les passions populaires (il avait renoué avec le duc de Savoie), défendit au contraire et la publication de l'arrêt et la réunion des électeurs. Cette attitude hostile du maréchal envers la Cour donna lieu à des scènes des plus violentes. Aucun des partis ne voulut céder, et comme, en définitive, le maréchal était le plus fort, il fit pencher la balance de son coté, c'est-à-dire qu'au lieu de l'arrêt annoncé arrivèrent les lettres du G septembre qui, sans rien innover, se bornaient à défendre les brigues, sous peine d'être déclaré indigne de remplir désormais des charges municipales.


pre pour donner leurs suffrages, de quoy ayans esté adverty, nous aurions cydevant mandé aux gouverneur, lieutenants généraux du dict pays, et à nostre dite cour de Parlement, que appellés aulcuns depputtés, tant de nostre dite Cour, Chambre des Comptes, Trésoriers généraux de France, que de la Chambre de la dicte ville, et aulcungs principaux bourgeois et habitans d'icelle, ilz eussent à proposer les moïens qu'ils jugeoient les plus propres pour empescher les brigues, sans touttefois oster aux habitans de la dicte ville le droit d'eslire leur magistrat, pour du tout nous en estant donné advis, y apporter les remèdes que nous estimerions les plus convenables pour retrancher telles ambitieuses poursuit tes trop préjudiciables, tant au bien de nostre service qu'au publicq et salut commun de tout le pays. Suyvart quoy quelques assemblées ayant esté faictes, auxquelles n'a esté prinse aulcune résolution, du moings qui soyt venue à nostre congnoissance; désirant y donner ordre et obvier au mal qui pourroit arriver de la continuation de telles brigues et monnopolles. A ces causes, de l'advis de nostre Conseil, auquel ceste affaire a esté mise en délibération, de nostre plaine puissance et auctorité royal, attendant que, sur l'advis que nous sera donné par les dépputés des dites compaignies du Parlement, Chambre des Comptes, trésoriers, corps de ville et aucungs notables bourgeois et habilans d'icelle, il y soit aultrement pourveu. Avons dict et ordonné, disons et ordonnons, voulons et nous plaist que les noms, surnoms et qualités des trois qui se trouveront avoir plus de suffrages en l'eslection qui se fera chacun an du vicomte Maieur de la dicte ville de Dijon, en la forme et manière cy devant accoustumée, nous soyent envoyés chacun an, incontinant après la dicte eslection et en toutte diligence, pour par nous aussy tost estre faict choix de l'ung des trois ainsi nommés, dont nous donnerons advis au corps de la dicte ville, à ce que celluy des dictz trois qui sera par nous choisy et retenu, soit receu à faire et exercer la dicte charge de vicomte Mayeur de la dicte ville, après touttefois qu'il aura presté le serment en tel cas requis et selon la forme accoustumée, et cependant, affin que nostre dicte ville ne demeure sans magistrat, ou sans personne qui en face la charge, voulons, ordonnons et nous plaist que sans tirer à conséquence, ceulx de la Chambre de la dicte ville puissent eslire d'entr'eux, pour garde des évangilles, celuy qui est à présent vicomte Mayeur, ou l'un des eschevins, ah.sy qu'ilz trouveront pour le mieux; le quel continuera l'exercice de la dicte charge jusqu'à ce que celluy des trois qui sera par nous choisy pour vicomte Mayeur ayt presté le serment accoustumé, nonobstant tous arretz, usances, lettres et règlementz à ce contraires, ausquelz nous avons desrogé et desrogeons par ces présentes, cassant et déclarant nul tout ce


qui sera faict esdites eslections de viconte Mayeur et garde des evangilles, contre l'ordre et la forme cy dessus, le tout attendant que sur le conseil qui sera prins en l'assemblée générale qui se fera, dont nous entendons octroyer commission particulière, et sur l'advis qui vous en sera donné aultrement par nous, en soit ordonné. Sy donnons en mandement, à noz amez et féaulx conseillers, les gens tenant nostre court de Parlement de Dijon, que ces présentes ilz fassent lire, publier, enrégistrer, entretenir et observer selon leur forme et teneur, levant et ostant tous empeschemens qui pourroient estre mis au contraire. Et ce nonobstant toutes oppositions ou appellations quelconques, desquelles nous nous sommes réservés et réservons la congnoissance et à nostre dit Conseil, et icelles interdisons et deffendons, tant à nostre dite cour de Parlement qu'à touts autres juges, nonobstant aussy toutes lois, coustumes, previlleges, libertés, prérogatives de la dicte ville que nous tenons cy pour suffisamment exprimés, auxquelles nous avons comme dessus- desrogé et desrogeons par ces dictes présentes, et aux desrogatoires des desrogatoires y contenues, de nos mesmes grâce spécialle, plaine puissance et auctorité, mandons en oultre à noz très chers et bien améz cousin le sieur de Bellegarde, grand escuyer de France, et nostre lieutenant général audit pays de Bourgongne, et en son absence à nostre très cher et bien amé le sieur de Lux, chevalier de noz ordres et nostre lieutenant général au gouvernement du bailliage du dict Dijon, de tenir la main à l'exécution de ces présentes. Car tel est nostre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous y avons faict mettre nostre scel, sauf en aultre chose nostre droict et l'autruy.

Donné à Paris, au mois de juing, l'an de grâce mil six cent huit, et de nostre règne le dixneuvième.

Signé HENRY.

Et sur le reply, par le Roy A POTHIER.

Et scellé du grand seau de cire verte (1).

Copie du temps. Archives de la ville, Bi2, Vicomtes-Mayeurs.

(1) Le Parlement ayant refusé d'enregistrer cet édit, sous prétexte que les moyens indiqués pour empêcher les brigues lui paraissaient insufusants, et persisté dans son refus, nonobstant les lettres de jussion des 31 mai 1609 et 6 mars 1 610, le roi Louis XIII, ou plutôt la régente Marie de Médicis, après un premier essai tout aussi infructueux, convia, par lettres des 7 juillet et 17 août 1610, les Cours souveraines, le Bureau des finances, les officiers du bailliage, la mairie et les principaux bourgeois, à lui proposer les moyens d'arriver à une bonne élection, sans préjudicier aux droits des habitants; les procès-verbaux, tant de l'assemblée générale que de celles que les corps tinrent en particulier, furent envoyés au roi, qui, après examen des uns et des autres et l'avis du duc de Bellegarde, gouverneur de la province, rendit l'anêt inscrit sous le no CXI.


Louis, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présens et à tenir, salut. Les feuz Roys noz prédécesseurs ne pouvoient nous laisser des tesmoinages plus exprès de lova ul et des signallés services qui leur ont esté faictz et à l'Estat, que par la concession des previlleiges dont ilz ont recomponcés ceux ausquelz l'affection a esté sy entière et la vertu tant particulière; et nous pareillement n'avons moyens plus légitimes, afin d'assurer noz subjectz du ressentiment que nous avons de telle fidellité et obéissance, qu'en confirmant ce qu'ilz ont obtenu sur ces considérations; car en ce faisant, nous les rendons certains des libéralités et g iaiif fi cations qu'ilz doivent attendre de nous, en nous continuant ce mesme devoir, et conséquemment les obligeront à y persévérer pour meriter nostre intention. Ce que nous voulions effectuer à l'endroict de noz chers et bien amez les viconte Mayeur, eschevins et habitans de nostre ville de Dijon, capitalle de nostre province de Bourgongne, en qui ces quallitez dès tousjours se sont sy heureusement renconstrés, qu'il ne reste rien à désirer d'eux qu'une suytte de leur zelle et bonne volonté conforme au passé et aux protestations qui nous en ont esté faictes par leurs dépputez; lesquelz nous ont très humblement supplié et requis leur octroyer à cest effect noz lectres nécésseres. Scavoir faisons, que par ces previlleges et lectres patentes accordées aus dictz habitans cy attachées soubz le contrescel de nostre chancellerye, nous estant apparu que toute justice haulte, moyenne et basse, mère, mixte, impère, civille, criminelle et politique, tant à la dicte ville qu'aux fauxbourgs, banlieux et déppendances appartient à icelle ville, laquelle s'exerce par les dictz vicomte Mayeur et eschevins, ensemble toutes places communes, espaves, confiscations, dations de tutelles et curatelles, la confection des inventaires de ceux qui décéddent en la dite ville, faulxbourgs et banlieue, de quelque quallitéet condition qu'ils soient, sans exception, la prinse des personnes, biens et expédition de tous exploicts reelz, à l'exclusion des aultres officiers. La congnoissance, décision et jugement en première instance des crimes et délitzqui s'y commettent par toutes personnes

Confirmation des priviléges de la ville de Dijon par le roi Louis XIII.

1610 (août).

ex


générallement, comme aussy de ce qui déppend des crimes, garde des portes. guet de jour et de nuit pour la seureté de la dite ville et des différends qui en procèddent privativement, à tous noz juges en l'absence des gouverneur et lieutenants généraux en nostre dicte province de Bourgongne, pardevant lesquels ressortisseat immédiatement les appellations qui en proviennent (1). Les pouvoirs d'ailleurs des dits habitans d'eslire par chacun an le dit viconte Mayeur, qui de mesme peut nommer dix aultres eschevins, lesquels sont réelluz à la plurallitées des suffrages, et tous ensemble eslisent jusques au nombre de vingt eschevins pour l'administration des affaires de la dite ville, et arrivant le decedz du dit viconte Mayeur font choix d'une personne capable pour exercer le reste de l'année la dite charge en son lieu. La liberté des ditz habitans pour les jeuz d'arcs, harballetes et harquebuse. Le droict de tirer au papegault chacun an à certain jour avec les franchises et immunitez y appartenans, et la permission de la pesche et chasse, ainsi que les aultres villes capitalles de nostre royaume, outre plusieurs exemptions, coustumes et previlleiges contenuz auxdites lectres patentes. A ces causes, nous avons auxdits viconte Mayeur, eschevins et habitans de nostre ville de Dijon, pour leur donner occasion de continuer en leur loyauté et obéissance avec le mesme soing qu'ilz ont faict cy devant, confermé et ratiffié, confermons et ratiffions tous et chacuns les previlleges, jurisdiction, exemptions, franchises, libertés, coustumes, droicts, usaiges, octroiz, permissions et immunitez ci dessus mentionnés et speciffiez aux lectres patentes de noz ditz prédécesseurs, et ainsy qu'ilz en ont bien et deuement jouy et usé, jouissent et usent encore de présent, iceux leur accordant et conceddant de nouveau par ces présentes, et en tant que besoing seroit, de noz grâce specialle, plaine puissance et autorité royal, revocquant tous edictz, ordonnances, lectres et arrêts au contraire. Sy donnons en mandement à noz amez et féaulx conseillers, les gens tenant nostre cour de Parlement et Chambre de noz Comptes au dict Dijon, bailly du dit lieu ou son lieutenant et autres noz justiciers et officiers qu'il appartiendra, que ces présentes, ilz ayent à faire enregistrer, et du contenu en icelle jouyr et user plainement, paisiblement et perpétuellement les dictz habitans et leurs successeurs, sans permettre qu'ilz y soient troublez ni empeschez en aucune manière que ce soit, ains les y conserver inviolablement, sans inovation. Car tel

(1) Cette clause des lettres patentes motiva l'opposition des officiers du bailliage à son euregistremeut par le Parlement. Cette Cour souveraine, toujours jalouse des priviléges municipaux, favorisa cette entreprise des gens du bailliage et suspendit durant dis ans l'exécution de ces lettres. Il fallut plusieurs lettres de jussion pour l'y contraindre.


est nostre plaisir, nonobstant comme dict est quelconque edictz et choses à ce contraires, à quoy nous avons desrogé et desrogeons.

Donné à Paris, au mois d'aoust, l'an de grâce mil six cens dix, et de nostre règne le premier.

LOUIS.

Par le Roy, la Royne régente, sa mère, présente.

POTIER.

Scellé du grand sceau en cire verte dont il ne reste que les lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

CXI

Arrêt du Conseil d'Etat qui rétablit l'ancienne forme des élections municipales de Dijon, mais en substituant le suffrage restreint au suffrage universel.

1611 (21 juillet).

Le ttoy ayant cy devant fait veoir en son conseilles procès-verbaux des députez du Parlement, Chambre des Comptes, trésoriers, officiers du bailliage et corps de la ville de Dijon, assemblés en la dite ville, en vertu de commissions du feu Roy du sept juillet mil six cent dix, contenant leur advis pour restablir l'ancienne forme de l'eslection du vicomte Majeur de la dicte ville, au lieu de la nomination des trois, pour en choisir un, suivant les lettres patentes du [mois de juin 1608], et ordonné par arrest du conseil du vingt huit de may dernier que les dits procès verbaux seroient communiquez au sieur de Bellegarde, gouverneur et lieute. nant général pour le Roy es pays de Bourgongne et Bresse, pour en avoir son advis, et après y estre pourveu. Veu leur advis, par lequel le dit sieur de Belle* garde, après avoir représenté à sa dite Majesté que la nomination des trois, selon que le feu Roy l'avoit ordonné, estoit le plus asseuré moyen et remède pour faire cesser les brigues et monopoles commis du passé en l'eslection du dit viconte Mayeur; est néantmoins d'advis qu'il plaise à sa Majesté mettre en considération


le contentement des dis officiers et habitans, qui désirent tous avec grande ardeur que l'ancienne forme del'eslection.soit restablie suivant leurs privilleges. Attendu qu'estant tous très affectionnés au service de sa dite Majesté, personne ne peut estre esleu et nommé à la dite charge par le suffrage de ses concitoïens, qui n'y apporte la mesme aflection et fidellité. Sa Majesté estant en son f nseil, après avoir de rechef fait voir et considérer ce que contiennent les dicts advis, a ordonné et ordonne en y ayant esgard, et pourgratiffier et favorablement traicter les dits habitants, que doresnavant l'eslection du dit viconte Majeur se fera selon qu'il estoit accoustumé, avant que la forme de la dicte eslection aist esté changée par les lettres patentes du feu Roy. Et néantmoins, qu'il n'y sera procédé qu'au jour de saint Jehan de l'année prochaine, jusques auquel temps, elle veult pour aucunes bonnes causes et considérations, et sans tirer à conséquence, que le dit viconte Majeur, les eschevins et procureur de ville qui sont à présent en charge y continuent et soient obeys et recogneuz, tout ainsi que s'ils avoient esté esleuz et nommez en l'année présente. Et pour éviter les abbus et corruptions qui ont esté commises trop fréquemment du passé, à l'occasion de ce que les habitants de la plus abjecte et moindre condition du peuple, ont esté ceulx qui ont presque toujours esleu le dit viconte Majeur, veult qu'es eslections qui se feront ci-après, nul habitant soit receu à y donner suffrages, s'il n'a payé chacun an, les trois années précédentes, les deux tailles qui se lèvent par an sur le pié de huit mil livres pour chacune d'icelles, la somme de quarante solz au moins pour sa quotte, qui est quatre livres pour les deux ensemble. Veult et ordonne aussi que toutes personnes ayant la pluralité des suffrages soient admises et receues indifféremment à tenir et exercer la dite charge de viconte Majeur, pourveue qu'ilz soient habitans et capables, et la première année de son exercice finie, il puisse encore estre esleu en l'année suivante, mais après les dits deux ans finiz, qu'il n'y soit receu, sinon qu'il y ayt trois ans entre le dernier jour de son magistrat et le premier du nouveau, affin que tous les citoyens qui soient capables ayent plus de moïen d'y entrer à leur tour. Faict sa Majesté inhibition et déffense ausdits habitans et tous autres de briguer pour eulx ou pour autruy, et si aucun estoit convaincu de l'avoir fait, veult qu'il soit puny exemplairement et déclaré indigne de jamais entrer en la dite charge ny de tenir aulcun office royal. Enjoinct à cet effet à son procureur général au Parlement de Dijon de se rendre partie pour les faire punir, et au dict Parlement d'y apporter le soing et sévérité requise pour faire cesser les dites brigues et abbus. Estant l'intention de sa dite Majesté, au cas que les dits habitans ne puissent estre contenuz en debvoir par ce moyen,


d'y procéder par toutes autres voyes qu'il jugera les plus propres et convenables pour oster la dite corruption.

Fait à Paris, le Roy estant en son Conseil, la Reyne régente sa mère présente, le vingt sixième jour de juillet mil six cent onze.

POTIER.

Suivent les lettres de commission, scellées du grand sceau en cire blanche à simple queue de parchemin pendante, et l'arrêt d'enregistrement par le Parlement de Dijon, à la date du 15 juin 1612.

Original Archives de la ville, B12, Vieomtes-Mayeurs.

CXII

Seconde confirmation des priviléges de Dijon, par le roi Louis XIII.

1629 (mai).

Louis, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Nous avons par noz lettres patentes du mois d'aoust ,1610, lors de nostre advénement à la couronne, confirmé et ratiffîé tous et chacuns les priviléges et juridiction, exemptions, franchises, libertez, coustumes, droictz, usages, octroys, permission et immunitées accordées par nos prédécesseurs Roys et ducs de Bourgongne, à noz chers et bien amés les vicomte Majeur, eschevins et habitans de nostre ville de Dijon, selon qu'ilz sont particulièrement exprimés, et comme naguère et le dernier du mois de janvier dernier, faisans nostre entrée en la dicte ville, eu laquelle nous avons esté receu avec tout le contentement que nous pouvons désirer, Estienne Humbart, viconte Majeur d'icelle, assisté des eschevins, nous ayt requis suivant l'ancienne forme de tout temps accoustumée, de jurer et promettre sur les Saints Evangiles, estant sur l'auctel Saint Benigne du dit Dijon, d'entretenir les dits priviléges et exemptions; comme de sa part, il nous a juré pour luy et tous les autres manans et habitans de la dite ville, qu'ilz nous seront bons, loyaux, vrays et obéissantz subjetz, et garderont touts noz droictz et nostre personne envers et contre tous. A ces causes désirans tésmoigner le ressentiment que nous avons de la fidélité et affection des dits vicomte Majeur,


eschevins et habitans de aostre dite ville de Dijon, leur avons derechef, en tant que besoin seroit, confirmé et confirmons tous et chacuns, les priviléges, exemptions, franchises et libertez susdites, à eux accordées par noz dits prédécesseurs Roys et ducs de Bourgogne, suyvant et conformément aus dites lettres du mois d'aoust mil six cent dix. Et promettons en foy et parole de Roy les entretenir, garder et observer à tousjours, sans qu'en quelque manière que ce soit il y puisse estre contrevenu. Et affin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf nostre droict en aultres choses et l'aultruy en toutes.

Donné à Vallence, au mois de mai, l'an de grâce mil six cent vingt neuf, et de nostre règne le dixneuvîème.

LOUIS.

Par le Roy BOUTHILLIER.

Visa contentor DE Cuigy (I).

Scellé du grand sceau en cire verte dont il ne reste que les lacs de soie rouge et verte pendants.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.

CXIII

Ordonnance du prince de Condé, commandant ponr le Roi en Bourgogne, qui rétablit la ville de Dijon dans l'exercice des priviléges dont elle avait été déchue à l'occasion de la sédition du Lanturelu.

1631 (10 mai).

De par le Roy, et de l'ordonnance de Monseigneur Je Prince, premier prince du sang, premier pair de France, duc d'Anguyen et Chateauroux, commandant pour le Roy en ses provinces et armées de Bourgongne et Bresse. Ayants, en vertu du pouvoir à nous donné par sa Majesté des xxix' et dernier

(l) La mairie, ayant négligé de présenter les lettres de confirmation du mois d'août 1610 et celles- ?i la sanction du Parlement et de la Chambre, elle pouvait en être déclarée forclose et déchue. C'est pourquoi elle sollicita et obtint du roi, à la date du 26 mai 1649, des lettres de relief et de surannation qui la maintenaient dans tous les priviléges spécifiés dans ces lettres, et enjoignaient à ces deux Cours souveraines de procéder à leur enregistrement.


j.psr;ï_ it31 i ou^mj eu ^eii. nBfli ia revecaQuu de ÎVdict ies esi-îciioos crées en.eire \,vo* mee :e Courir rune ^tiuz/i les conditions des ùrreies présentes par les «rartb lus Estais uO .a ane province^ <îrr"sœs {&e nous, en eonuauaiic tXcCBt-i.a i'u zietniù pou-ioi. r^ons avons m-denue et orddtiduas que j arresi da cciibeii. donné h mis îaat ûîiUifisnie apv-iLmil six Leoa ireate^t;i décla;t on v-n -iiiit- j. cetiiiT. joar.iie a L\oa ie MaiTf unaiesine uia. lerimte au t'jL'moieat 'lu ic]s';ihi..t: inujîi";»ne suiiler Lnsunant. iiemeuî"0i3t revncques. -t e ;aituia.i: ^vnnh cEb ̃ i ^uDif i-pmettuiih ei lesmbLssoas la taauie. Cîiam.bre de >'llo »m. clou des ̃ 'l'omis .Mjwur. t-sclMi\'fis. '-Cinmcq ut autres nidcier* de la i.ijî s lidaiûL'e. ti'i neime >'me quelle estoit dvaac ie '̃Uhoiî -rresi etiecLJrJLt>a. c ^-ïs pr » s -ii' à la rrccnauie jslpctwu de ioub es ^ub dits maaistrats et .dei. l'.ïSLua aûn.' ï -'aie iiicieEinii etau iiiniçs ( rai-iaiï! ̃ i aeoahiume. Les cappita.Lni's. UeaMimab. e.!ise~n&6ta.)it!'esof.Eci8Es'ae;Iii..diets';viBj&~s<a- biis de aoaaean. d<'spais et en conséquence des dicta arresi et iŸ.ti:Laa:~a£L3£R~~ cesseront des rjsrni te ck Tiueit-e ̃ si i f-sEici.ee de ieurs i barbes, et "l 'eu- lieu ieicci'iit cuâ ^'j. i ai esté l'estues des iHcies LÙarces. --t 'a <-j& iiu ^.ucira deb si; dicts je^t.i .e- iOLeut iceuaL-t. ^era procède u. i LStectiOD u.i»ui^°e "a .eurs piaee. suivant la aiœ- forme ancienne.

CûfBine aiissy l'un: des procureur? seiiidieqs da pais. qui aseit esté cy devant liestiiaé. sera restably en; la. dicte charge pour TesErcer dès à préseat, comme it faisoit aupai'asaal. les diciz arrest et declaiistioaL

L'iafanteese dijoanoise iaîierée- de. tant temps dans la. dicte viilfi' par ferme JIiûttEesfeet pufciieque rssjoaissaace. sera restabiie et pourra s'asseoièler ea la, manière acoustaméev nonobstant la sus dicte décIaBatioiL. ea déniaiidant néant–iiioiajfs la permission de ce faire au iroa^erneur. ou lieuteaaat de JSoy; offieaieur r absence. as vicomte- Aiaj eue de la dite- viile, et hqil anfcreBieEl^

La to'jr de la porte de Saint ncofas demeurera: aui naesme estat qa^ elle est de- présent- et seMot restitaés à ia. dicte- viile tous les canons qui ea oni esté tk-ês estant au 'iessouàs de coaileirvFHie.ë-tuutpac provision; et jasqaesà, ce qaul'as* plat à. sa Majesté ea faiî-e osoédier ses laettes de declàcaiioa -nécessaires* efesaas préjudice des 'atecests des papftenEere. dont les îcaiseas. antesté' braslées on': éQriomiaaaées. Pour 3e regard sfesfiaeis le diat acresi demeurera. -en- sa force et vigueur. El alla que --personae men prélende camse d'ignorance, sera la. présente ordooaaace- ieue eœJa. dicte- û&amiiBe de^vifle- eni:egisèrge!aaaCïTegistees:,tfioeHèv et publiée qaaadrteseing-: seca^ p&aïï -.estre- exéeatéeiSfiLéorMfûcnieiet-ieaeuE; Bœ. tesmoing de nous .aNùilB.signét:es'p~selJ.te!;er jrieU~!1' fâict icon.tTesigBBF paf


uostre conseiller !-i secrétaire ordinaire (ie nos conmianiienieHis. et apposés.' te- cachetde-nos armes..

A IHion-. îe disième joue de may uiii six cewAmni&Mwu,

ÎÎEKBl;lM-H@lïMim

Par Mûnsei^seur Peskacli-.

Onsinaï: Arccive* ôg ia viile-JC r*îîc-n» iJ3. r'ï".viïëg(&et~fmneMge&(ie la. Commune.

GXJ3

Batificaiiun de i"o rdomiaaee préeédeEie, par :a roi LaoiE XIÎÎ.

1631::it&}im^

Louis, par la;grice de Dieu- roy de France et de-Na~afre. il tous ceux- pjséseraes^ietfÉes "vecrooi: salât. Nëstee-tïès cher et très amé consiai ia priace de Oonàét. pakdë Fraace. aoŒîenieuc. et nostre iieutenaat générai ea hoz pass et dacfaeE Berry et Bbiirbonnais.. et commandant pouc nostee service en nostre prowace de- Sottesonsnie. ayant par son: oi'doanancedadiïde- may dernier restah% la; .nmkie. Chambre de ville, esieenna des vicomte Majecr, eschevins. seiad&qs et antees officiere de la dite' CûaHibr* ea îa^-mesme ibcma et manière qa'elfe- esteit ayaat ["acrestpar hqus donné le- ̃vingt liait ami seize cent trente; etieSrcsde-déelaEaÉOQ.ensuitte-di'iceila'y, durviB»Éunsjaiagde-ia dite' année, et ordonne en ce faisant qn il seroit procédé à la prochaine élection' de tous tes susdÉB magistrats et -officiees. seîoœ îa: dite' forme; aatieime et au temps ordinaire efcaccoastaméi'A-qaoy ayant esgard. et désiraafc. -aailant qa'iï nous-est possible. iasoraBleaœM' trsieter les IiabitaEs de- ia,dite viiie, sbe les asseuraaces q«e nous aggptaons de tear fidelifaj et obéissance, delaqaeifa iiz. noos ont mesme depuis nagneces rendu. des preuves; tïès parfeuiifiœs- et tesmoigné le reçret estrènie f|auk; asoieat easdes désordres et aciions-violeatesqoi.s'flstoieQt passé*- en. la dâe.-vii7i~- ~au: mois -qé fëb,.Yrier de l'année. dernière. air préjudice de nostcehauctiarité'et daLMeade nosfere service. Scavoic faisosis «jae nous, pour ces causes et aaéÉes: bornes considérations, il. ce' nous ntou^ans. metaoratife. dai pouvoir que aousaïens, es desaat donné à. nosfeSi. dit cousia;. pour le restaMissemeiit de la a


dite Mairie-, avons confirmé et confirmons par ces présentes, signées de nostre main, l'ordonnance de nostre dit cousin, pour de tout le conteneu en icelle jouir et user par les dis habitans, tout ainsy et en la mesme forme et manière qu'il/, faisoient auparavant nostre dit arrest et lettres de déclaration, et ce par provision seullement, et jusques à ce que qu'il ayt esté par nous pourveu sur ce faict de la dite Mairie, Chambre de ville et autres choses susdites par quelque bon reglement, selon que nous jugerons qu'il sera nécessaire pour le bien de nostre service et le repos et la tranquillité de la dite ville. Sy donnons en mandement, à noz amez et féaulx, les gens tenant nostre Cour de Parlement de Dijon, que ces présentes ilz facent enregistrer et publier où besoing sera. et de tout le contenu en icelles jouyr et user les dits habitans, ainsy qu'il est dit cy dessus. Car tel est nostre plaisir. En temoing de quoy nous avons faict mettre et apposer nostre scel à ces dites présentes.

Donné à Saint Germain en Laye, le quatorziesme jour de jung, l'an de grâce mil six cent trente ung, et de nostre règne le vingt deuxièsme. LOUIS.

Par le Roy Pheltpeaux.

Sur le repli Arrêt d'enregistrement par le Parlement, à la date du 6-août 1631. Scellé du grand sceau en cire blanche à double queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.

cxv

Confirmation des priviléges de la ville de Dijon, par le roi Louis XIV.

1643 (août).

Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Noz chers et bien amés les vicomte Mayeu r, eschevins et habitans de notre ville de Dijon, capitalle de nostre province de Bourgogne, nous ont fait remontrer que par les priviléges à eux concédés par les ducs de Bourgogne, confirmez par les Roys nos prédécesseurs, même par le feu Roy notre très honoré seigneur et père, que Dieu absolve, par ses lettres patentes des mois d'aoust 1610 et may 1629, outre la justice haulte, moyenne et basse, civille, criminelle et politique dans la dite ville, fauxbourg et banlieUe, laquelle ils possèdent à tiltre onéreux à eux appartenant, toutes places communes, espaves,


confiscations, dations de tutelles et curatelles; et confection d'inventaires de ceux qui décèdent en la dite ville, fauxbourgs et banlieüe, de quelque qualité et condition qu'ils soient, sans exception; la prise des personnes, biens et expeditions de tous exploits réels, à l'exclusion des autres officiers; le pouvoir de condamner et faire exécuter jusqu'à la somme de soixante-cinq sols, sans qu'il soit loisible d'en appeler; la cognoissance, décision et jugement en première instance des crimes et delicts qui s'y commettent par toutes personnes, comme aussy ce qui despend des armes, garde des portes, guets de jour et de nuit, et des différents qui en procèdent, privativement à tous nos juges, en l'absence des gouverneur et lieutenants généraux au dit pays, par devant lesquels ressortissent immédiatement les appellations qui en proviennent; le pouvoir d'ailleurs ausdits habitans d'élire chacun an le vicomte Majeur, qui peut aussy nommer six anciens eschevins, les quels sont retenus à la pluralité des suffrages, et tous ensemble eslisent jusques au nombre de vingt eschevins, pour l'administration des affaires de la dite ville; et arrivant le décès du dit vicomte Maieur, font choix d'une personne capable pour exercer le reste de l'année la dite charge, pareillement le pouvoir de tenir et posséder francs fiefs, nouveaux acquets, sans pour ce payer aucunes finances, ny être tenus au ban et arrière ban, et outre, les dits habitans ont la liberté de tirer aux jeux d'arc, arbaleste et arquebuze, le droit de tirer au papegault, chacun an à certain jour, avec les franchises et immunités y appartenantes, la permission de chasse et pesche, ainsy que les autres villes capitalles de notre royaume, le droit de foire franche, les premier de février et juillet, et plusieurs autres franchises et exemptions, droits, coutumes et libertés à eux comme dit est octroyés, tant par les dues de Bourgogne que par les Roys noz prédécesseurs, dont ils ont paisiblement jouy. Mais parce que depuis notre advénement à la couronne, les exposants n'ont obtenu nos lettres de confirmation des dits privilèges, et craignant que sous ce prétexte ont les voulu troubler en la perception et jouissance d'iceux, c'est pourquoy ils ont recours à nous, et très humblement fait supplier leur pourvoir sur ce. A ces causes, mettant en considérations l'affection, fidélité et obéissance de tout temps rendue à noz prédécesseurs Roys par les exposants, et afin de leur donner occasion de la continuer, nous avons ausdits vicomte Maieur, eschevins et habitans de notre dite ville de Dijon, de l'advis de la Reyne régente, notre très honorée dame et mère, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et authorité royale, continué et confirmé, continuons et confirmons par ces présentes, signées de notre main, tous et uns chacun, les privilèges, jurisdictions, exemptions, franchises, libertés, coustumes,


droits, usages, octroys, permissions et immun;s à eux concédées et accordées par les lettres patentes tant des furent ducs de Bourgogne que des Roys nos prédécesseurs voulons et nous plait, que les dits habitans de Dijon en jouissent et usent tout et ainsi qu'ils en ont bien et dûment joui, jouissent et usent encores de présent. Si donnons en mandement, à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre Cour de Parlement et Chambre des Comptes à Dijon, bailli du dit lieu, ou son lieutenant et autres officiers qu'il appartiendra, que ces présentes ils ayent à faire enregistrer, et de l'effet et contenu en icelles jouir et user plainement, paisiblement et perpétuellement, les dits exposans et leurs successeurs, sans permettre qu'ils y puissent estre troublés ny empeschés en quelque sorte et manière que ce soit. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable a toujours, nous avons fait mettre notre sçel à ces dites présentes, sauf en autre chose notre droit et l'autruy en toutes.

Donné à Paris, au mois d'aoust, l'an de grâce mil six cent quarante trois, et de notre règne le premier.

LOUIS.

Par le Roy, la Reyne régente, sa mère, présente.

Philîpeadx.

Expédition authentique Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Mjon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

CXVI

Lettres de surannation des lettres précédentes, dont l'original avait éte perdu. 1667 (6 avril).

Louis, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à nos amés et féaux conseillers, les gents tenant la Chambre de nos Comptes à Dijon, bailli du dit lieu, ou son lieutenant et autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra, salut. Nos chers et bien amés les vicomte Majeur, eschevins et habitans de notre ville de Dijon, capitale de notre pays et duché de Bourgogne, nous ont très humblement fait remontrer que par nos lettres patentes du mois d'aoust mil six cent


quarante trois, à vous adressées en considération de leur affection, fidelité et obéissance par eux rendus de tout temps à nos prédécesseurs Roys, et pour autres considérations au long y contenues, nous avons à iceux vicomte Maieur, escheïins et habitans de la dite ville de Dijon, continué et confirmé, tous et chacuns les priviléges, juridictions, exemptions, franchises, libertés, coutumes, droits et usages, octroys, permissions et immunités à eux accordées et concédées par les dites lettres patentes, tant des défunts ducs de Bourgogne que des Roys nos prédécesseurs, pour en jouir à l'avenir et tout ainsy qu'ils en ont bien et deuement jouy. Depuis le quel temps les dits exposans n'ont pu en poursuivre l'entérinement par devant vous, pour n'avoir pu en recouvrer l'original que depuis peu de temps de nos lettres, qui s'étoit trouvé adhirê par la négligence de ceux qui en ont poursuivy l'expédition, et d'autant qu'elles sont surannées, ils doutent que fassiés difficulté de procéder à l'entérinement d'icelles, s'il ne leur estoit par nous pourveu. A ces causes, voulant faire jouir les exposans de l'effect de nos dites lettres de confirmation cy attachées sous le contre scel de nostre chancellerie, nous vous mandons et ordonnons par ces présentes, que vous ayés à proceder l'enregistrement d'icelles, et Cr tout leur contenu faire jouir et user les dits exposants, suivant et conformément, et ainsy qu'il vous est mandé par nos lettres de confirmation, faisant cesser tout trouble et empeschement au contraire, nonobstant la surannation d'icelles, que ne voulons leur nuire, ni préjudicier, et dont nous les avons relevé et relevons par ces présentes. Car tel est notre plaisir.

Donné à Paris, le sixiesme jour du mois d'avril, l'an de grâce mil six cent soixante et sept, et de notre règne le vingt quatriesme.

Signé par le Roy, en son conseil.

BRUNET.

Arrêt d'enregistrement par le Parlement à la date du 28 avril 1667.

Copie authentique Archives de la ville de Dijon, B3, Privilèges et franchises de la Commune. -Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc.,de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4».


cxvn

Arrêt du Conseil d'Etat qni maintient la juridiction municipale contre les entreprises du Parlement. 1653 (16 septembre).

Extrait des Régistres du Conseil d'Estat.

Le Roy estant en son Conseil, deuement informé de tout ce qui s'est passé en la Chambre de ville de Dijon depuis l'année 1650 jusques à présent, et des bonnes intentions des magistrats et officiers d'icelle, dont ils ont donnés des preuves en touttes les occasions importantes, au service de sa Majesté, et des contestations meues entre le Parlement de Bourgongne et les dits officiers, concernant la juridiction de la dite Chambre de ville de Dijon, auquel Parlement déffances ont estés faictes de prendre cognoissance des affaires de la dite ville par plusieurs arrests, rendus au Conseil, nonobstant lesquelz, il a continué d'en rendre plusieurs contraires aux priviléges de la dite ville, confirmés par lettres patentes, et notamment par ceux des im1 et v* aoust dernier. Lequel Parlement, en plusieurs rencontres, a faict effort d'anéantir les délibérations de la dite Chambre de ville, et poursuivy contre l'ordre les magistrats, officiers et autres bourgeois qui la composent, prétendant le dit Parlement avair droict de cognoistre de touttes les déliberations de la dite Chambre, comme des affaires des particulliers, mesmes d'avoir pouvoir de faire contraindre quand il luy plairra les dits officiers d'apporter au greffe du dit Parlement les registres de la dite Chambre contre les privileges d'icelle, ce qui auroit apporté beaucoup de retardement aux affaires de sa Majesté dans la province, s'il n'y avoit esté promptement remédié par son autorité, par les ordres des seigneurs ducs de Vendosme et d'Espernon, commandants et gouverneurs pour sa diteMajesté en la dite province, qui ont esté fidellement exécutez par les dits Maire, eschevins et autres officiers de la dite Chambre de ville, et en apporteroit encore davantage s'il n'y estoit pourveu.Veu par sa Majesté les lettres patentes données à Paris le xxv' febvrier 1578, contenant attribution de la juridiction du faict des armes et guet et garde des portes de Dijon aux Maire et eschevins de la dite ville, et par appel aux gouverneurs et lieutenans généraux en la dite province, et interdiction au Parlement de Dijon d'en cognoistre; arrests du Conseil des ix décembre 1381, xxvm avril 1583;


autres lettres du xvi avril 1586; autre arrest du Conseil du x décembre 1588, commission sur iceluy du dit jour; arrest du dit Parlement de Dijon, dosné au préjudice des dites lettres et arrests du Conseil du xm aoust 1 651 par lequel il a pris cognoissance des déffauts donnez à la garde, et ordonné aux Maire et eschevins de deffendre, nonobstant leurs remonstrances; autre arrest du dit Parlement du xm juillet 1652, par lequel il appert qu'il a pris cognoissance du faict des ustancils des gens de guerre; autre du ni aoust suivant, par lesquels il a pris cognoissance du scellé appartenant aux dits Maire et eschevins; autres des m juillet, vu, xii aoust, xn septembre et xxvm novembre suivant, par les quels, au préjudice de l'évocation proposée par M. Julien Chevallier, nommé scindic, pour laquelle il avoit ordonné que les parties se pourvoiroient, il auroit nommé un autre scindic; plusieurs délibérations de la dite Chambre de ville des jeudy après la feste Saint Martin d'hivert 1586, xvm aoust 1595, xxn du dit mois, xi janvier 1600, x, xn febvrier 1632, xxt janvier 1636 et un juillet dernier, par lesquelles il paroist quelle ne peult estre obligée de se déssaisir de ses dits papiers et registres; autre délibération du xh janvier dernier, contenant le département de M. Jean Bouchard, de l'effect d'un arrest du dit Parlement y énoncé, au faict du commis à la magistrature, qu'il auroit advoué estre eslectif pour l'absence du vicomte Mayeur, contre le contenu du dict arrest, qui faisoit par ce moyen bresche aux privileges de la Chambre de ville; plusieurs arrests de deffances donnés par le dicl Parlement, sur simples requestes, de contraindre pour les tailles, qui faict quelles ne peuvent estre levées ny paiées par le receveur; tous les dicts arrest de l'année dernière et de la présente; autres délibérations de la dicte Chambre de ville de Dijon des xtx mars 1631, n septembre 1636, xxvi juillet 1645, xim janvier et vi aoust dernier, par lesquelles il paroist que le dict vicomte Mayeur a tousjours esté mandé au dict Parlement par un greffier; arrests du Conseil des xxviii juin 1650, mi juillet et vt aoust dernier, contenant cassation de ceux du dict Parlement y énoncés, concernant les sieurs Millotet, Chevallier procureur, et M. Pierre Monin, ez charges du Maire, scindic et eschevin, et deffance au dict Parlement de prendre cognoissance des différends ny affaires des dicts officiers, ny de la ville; assignations données en consequence du dernier des dicts arrests et de la commission y attachée, tant aux parties intéressées qu'au procureur général; arrests du Parlement de Dijon des un et vi aoust dernier, contenant prise de corps contre le secrétaire de la dicte Chambre de ville pour remettre le registre d'icelle au greffier du dict Parlement, cassation des délibérations de la dicte Chambre, interdiction du dict sieur Millotet, Maire, de sa charge d'advocat gêné-


ral au dict Parlement, et des nommez Galloche, Colin, Marc, Guillaume, David, Godran, Chesne, Chevalier et Desvarenne, advocats et procureur en icelluy de la plaidoirie et postulation en icelluy, que leurs noms seraient tirés de la matricule, portez au dernier ordre, et affichez à la porte du palais; extraict de la dicte affiche du dict jour, exploicts d'emprisonnement des nommés Gallimard et Boyvault, sergents en la dicte Mairie; délibération du xmi octobre 1650, comme le dict advocat Guillaume a déclaré n'avoir esté partie dans l'arrest de cassation de déliberation qui le concerne de la dicte année; sommation du dict Gallimard du xxvn aoust dernier, comme il s'est acheminé en ceste ville pour y esviter l'exécution d'une seconde prise de corps décernée contre luy par le dict Parlement; arrest d'icelluy des vu et xvii juillet dernier, contenant ordonnance aus dictz Maire, eschevins et sindic de Dijon, de plaider par un de leur conseil revoqué, pour quoy ilz sont en procès avec eux, et refus d'ouïr M° Jean Chesne, advocat, l'un d'eux, qu'ils avoient chargé de leur cause; cassation des délibéralior»* de la dicte Chambre concernant la nomination du dict Mouiu en la charge d' ievin, et prise de corps contre les sergens, par lesquels arrests des mi et vi aoust dernier le dict Parlement ne s'est pas contenté de casser la delibération de la dicte Chambre, rendue en const'jnnce de l'ordonnance du dict sieur duc d'Espernôn, concernant la fonction du scindic pour le faict des armes dont le dict Parlement n'a peu prendre cognoissance, mais a decreté prise de corps contre M. Jean Thibert, secrétaire d'icelle, faults de représenter les dictz registres de la maison de ville où est la dicte délibération, quoyqu'il ayt ordonné que le vicomte Maieur et eschevins de la dicte ville représenteront le dict registre où est la dicte delibération par devant le conseiller à ce commis, pour estre icelle biffée et rayée, et l'arrest. inceré en marge, et jusque au prononcé les dictes interdictions, a declaré descheus les dits advocats et procureurs, eschevins, scindic, du rang de leur matricule, ce que tesmoigne une particulliere affectation pour renverser les privileges des dicts magistracts et officiers de ville que le dict arrest semble voulloir tacher d'infamie, et asoubmettre absolument à son authorité tous les conseils et délibérations de la dicte Chambre de ville, mesmes pour les affaires qui concernent le service et les ordres de sa Majesté et du dict sieur gouverneur, mais encore au mépris des déffences portés par les arrests de son Conseil et contre tous les ordres pratiquez. A quoy estant nécessaire de promptement pourveoir en attendant qu'il ayt esté faict droit par sa Majesté sur tous les différends particulliers concernant les dictz officiers, qui sont pendans au dict Conseil, et lesquels à cause d'iceulx ne peuvent espérer justice du dict Parlement, ainsy qu'ils ont desjà


remonstré par les requestes qu'ils ont à cet effect présentées au Conseil, et aussy à cause des dicts emprisonuemens des dits Boyvault et Gallimard, sergens en la dicte Mairie, tout consideré

Sa Majesté, estant en son Conseil, sans s'arrester aux arrests du dict Parlement de Dijon des nu et vi aoust dernier, quelle a cassé et annullé, et tout ce qui s'en est ensuivy, ensemble les decretz et emprisonnemens faits des personnes des dictz Galimard et Boyvault, et Thibert, sécretaire, a ordonné et ordonne que les noms des dictz Galoche, Colin, Marc, Guillaume, David, Chesne, Godran, Chevalier et de Varenne seront restablis en l'ordre de leur matricule en vertu du présent arrest, faisanl sa Majesté deffance au dict Parlement de Dijon, et à touttes personnes de les troubler en l'exercice et fonction de leurs dictes charges d'advocats et procureurs, et de plus donner de pareils arrests, et pour des considérations importantes au service de sa Majesté, elle a évoquée et évoque du dict Parlement de Dijon, à soy et à son Conseil, la cognoissance de tous les procès et différents civils et criminels, meuz et à mouvoir, des dictz sieurs Millotet, maire, officiers de ville, eschevins, scindic, substituds, secrétaire, receveur et sergens de la dicte Mairie, tant concernant les affaires de la ville que celles des dictz officiers en particulier, et ce pendant le temps de trois ans, sauf à proroger, s'il y eschet, et iceux avec leurs circonstances et déppendances, a renvoyé et renvoie en son Parlement de Grenoble, auquel sa Majesté en a attribué toutte cour, juridiction et cognoissance, qu'elle a interdit au dict Parlement. de Dijon et à tous autres juges, et faict déffenses aux parties de s'y pourvoir à peine de nullité, cassation de procédure, dix mil livres d'amande, despens, dommages et interests. Faict sa Majesté iterratives déffenses au dict Parlement de Dijon de plus troubler le dict sieur Millotet en l'exercice de sa dicte charge d'advocat général, et enjoint au procureur général du dict Parlement de tenir la main à l'exécution du présent arrest et d'en certiffier le Conseil au mois, et au sieur duc d'Espernon, gouverneur de la dicte province, lieutenans généraux en icelle, et à tous ses autres officiers, de prester main forte pour l'entière exécution d'icelluy, et à tous huissiers, archiers et sergens, de faire toutes signifficalions du présent arrest et tous actes nécessaires, et à leur refus aux sergens de la dicte Mairie de la dicte ville de Dijon.

Faict au Conseil d'Estat du Roy, sa Majesté y estant.

Donné à Paris, le xvi septembre mil six cent cinquante trois.

PHELYl'EAUX.


Cet arrêt est accompagné des lettres de jussion signées Louis, contresignées Phelypeaux, et scellées du grand scel en cire jaune.

Original Archives de la ville, C, Juridiction municipale.

cxvni

Arrêt du Conseil d'Etat portant réduction du nombre des magistrats municipaux de Dijon. 1668 (20 avril).

Extrait des Régistres du Conseil d'Estat.

Sur ce qui a esté remonstré au Roy estant en son Conseil, qu'ayant esté cy devant porté plusieurs plainctes à sa Majesté et en différends temps, que le corps de la Chambre de ville de Dijon, estant composé d'un Maire, vingt eschevins, un procureur scindic, un secrétaire, un receveur et quatre prudhommes, ce grand nombre d'officiers n'estoit pas seulement à charge à la dite ville par l'exemption des tailles dont ils jouissoient pendant qu'ils estoient en charge, mais aussi que les dits eschevins, ayant seuls le pouvoir d'imposer les tailles chacun dans les paroisses, ils le faisoient le plus souvent arec une si grande inégalité, que la plus grande partie des habitans de la dite ville en recevoient un préjudice très considérable, et que pour l'eslection des dits eschevins, il arrivoit beaucoup de difficultez, par les grandes brigues et monopoles qui se faisoient, en sorte qu'ils estoient nommés sans considération du mérite des personnes ny de leur expérience aux affaires publiques, mais seulement par intérest, en se substituant les uns aux autres, suivant qu'ils se trouvoient amis ou parents, et par ce moyen la police, qui est la principale fonction des dits eschevins, estoit mal faite; ce que sa Majesté ayant considéré, elle auroit, par arrest de son Conseil d'Etat du huit juiug 1 656, réduict le dit nombre d'eschevins, de vingt à celui de six, qui auroient pendant six années exercé leurs fonctions avec intégrité, honneur et satisfaction du public. Néanmoins, à la poursuitte de quelques personnes qui désiroient entrer dans les dites charges, sa Majesté auroit, par arrest de son dit Conseil du six juin 1650, restably le dit nombre d'eschevins à vingt; mais d'autant que ce changement auroit causé beaucoup de confusion dans l'hostel de ville et donné du trouble au repos des habitans, sa Majesté auroit résolu d'y pourvoir par un


règlement certain, et en attendant ordonné, par autre arrest de son dit Conseil, du seize juing i 6S9, que les dits eschevins seroient nommez, esleuz et choisiz par le vicomte Mayeur de la dite ville, en chacune paroisse, ainsy qu'il s'estoit pratiqué par le passé, et ce par manière de provision, et ce jusques à ce qu'il en eust esté autrement ordonné par sa Majesté, laquelle ayant estimé estre nécessaire et advantageuse à la dite ville de faire maintenant le dit règlement. Veu les dits arrests et tout considéré, sa Majesté estant en son Conseil, a ordonné et ordonne ce qui s'ensuit

Premièrement qu'a l'advenir la Chambre de ville du dit Dijon sera composée du Maire, six eschevins, un procureur sindic, un secrétaire, un receveur et deux prudhommes. Qu'il sera procédé à l'esleclion des dits Maire, eschevins et procureur sindic, de deux en deux ans seulement, scavoir, celle du dit Maire par tout le peuple, dans l'église des pères Jacobins, trois jours francs, nonobstant qu'il soit férié devant le jour de la saint Jean Baptiste; et pour celle des eschevins, la veille du dit jour saint Jean Baptiste, dans la dite Chambre de ville, par les eschevins lors en charge, et en présence de celluy qui aura esté esleu vicomte Mayeur; lequel en nommera deux des anciens pour estre retenus, et les autres quatre seront esleus par la pluralité des suffrages. Et à l'esgard de l'eslection du dit sindic, elle se fera le vingt hu.'t juin, en la dite Chambre de ville, pour le mesme temps de deux ans, et prestera le serment le jour de la saint Pierre, au lieu et en la manière qui s'est pratiquée jusques à présent, sans que les dits Maire, eschevins et scindic puissent estre continuez après les dites deux années, ny entrer ausdites charges que quatre années après en estre sortis. Que le dit Maire sera obligé, l'année qu'il sortira de charge, de remettre le douze du mois de juin, en la dite Chambre de ville, les marques de la magistrature, et icelles déposer entre les mains du plus ancien eschevin, icelluy prestera serment de les remettre le dit jour saint Jean Baptiste, entre les mains du dit Maire esleu, au devant du portail saint Phelybert, où il prestera le serment en la forme accoustumée, et seront ensuite les cérémonies ordinaires observées. Que les dits eschevins seront choisis indifféremment par toute la ville, sans qu'ils puissent estre nommez par paroisses, et seront pris du corps des officiers de la chancellerie du Parlement de Dijon, correcteurs et auditeurs de la Chambre des Comptes et du bailliage, advocats, procureurs, bourgeois et marchands, en sorte qu'ilz ayt tousjours deux bons bourgeois ou marchands, lesquels, nonobstant leurs qualitez et conditions, n'auront autre rang dans la dite Chambre de ville, que suyvant l'ordre estably et observé jusques à présent; les deux anciens


eschevins retenus précéderoient néan (moins les nouveaux esleuz, tous lesquels jouiront, pendant le temps qu'ils seront en charge, des privileges et advantages que les précédens ont jouy jusqu'à présent, comme pareillement le procureur scindic, secrétaire et receveur.

Et pour remplir les dites charges d'eschevins, sa Majesté, ayant toute satisfaction de la conduite des sieurs Chesne et Malpoix, advocats, des présents eschevins, elle les a retenuz et confirmez dans les dites charges pour les deux années prochaines, et pour les quatre nouveaux à eslire, a fait choix pour ceste fois seulement, et sans tirer à conséquence ny préjudicier au droict de nomination, qui appartient ausdits Maire et eschevins anciens, des personnes des sieurs Buretier, conseiller, secrétaire de sa Majesté en la chancellerie du dit Parlement de Dijon, de la Chaume, conseiller aux Eaux-Forêts, Derequelaine, bourgeois marchant, et Petit fils, aussy bourgeois marchand, pour les dits Maire, eschevins et scindic qui sera esleu, exercer les dites charges, à commencer à la saint Jean Baptiste prochaine, jusques à la première eslection qui sera à pareil jour de l'année seize cent soixante dix, et ainsy continuer de deux en deux ans.

Que les dits Maire et eschevins pourront choisir dans toutes les paroisses de la dite ville une ou deux personnes capables pour leur ayder à faire la police, les quels pourront dresser des procès-verbaux des contraventions à belle, et les rapportera à la dite Chambre de ville pour les juger, et auront voix déliberative au jugement d'iceux seulement, sans pour ce prétendre aucune exemption de taille, et en cas de partage audit jugement et de toutes affaires qui se traiteront en la dite Chambre de ville. la voix du dit Maire prevaudra sur les autres. Que les tailles qui se faisoient par les dits eschevins, seulz chacun en leurs paroisses, se feront doresnavant au grand bureau de la dite Chambre de ville, en présence des dits Maire et eschevins, et pour le faire plus justement et au soulagement jdu peuple, il se fera un pied nouveau pour toute la ville. Cependant sa Majesté a cassé et casse tous les anciens piedz de la dite taille faicts par paroisses, ordonne que le dit nouveau pied sera faict comme les tailles annuellement, en présence de deux prudhommes de chaque paroisse, choisis par les autres habitans convoquez au son de la cloche, après néantmoins que l'assemblée aura esté indiquée au prosne des paroisses, par ordre des magistrats, huict jours auparavant la confection des tailles et à son de trompe par la ville.

Enjoinct sa Majesté à Monseigneur le prince de Condé, gouverneur, et son lieutenant général en Bourgogne et Bresse, au sieur Bouchu, intendant de justice, et à tous autres ses officiers qu'il appartiendra, de tenir la main à l'exécution et


observation du présent arrest. Et pour cet eïïect, le dit sieur Bouchu se transportera dans la dite Chambre de ville la veille du jour de la sainct Jean prochain, pour le faire lire, publier et enregistrer en sa présence, et mettre en possession les dits Maire et eschevins ci devant nommés, qui prêteront le serment en la forme accoustumée, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, pour les quelles ne sera différé, dont si aucuns interviennent, sa Majesté s'en estre reservé la connoissance et à son dit Conseil, et icelle interdit à tous autres juges quelconques.

Faict au Conseil d'Estat du Roy, sa Majesté y estant, tenu à Saint Germain en l'Aye, le vingtième jour d'avril mil six cent soixante huict (1).

PHELYPEAUX.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Privilèges et franchises de la Commune.

CXIX

Déclaration du roi Louis XIV, touchant l'arrêt du Conseil qui réduit le nombre des magistrats municipaux de Dijon.

1668 (décembre).

Louis, par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Après que les grandes victoires qu'il a pleû à Dieu de nous donner sur nos ennemis ont esté suivies d'une paix glorieuse et avantageuse à nos peuples, et que nous avons restablv dans nostre royaume l'auctorité des loix, si affaiblies

(1) Le sieur Calon, avocat, fondé de procuration de quarante habitants, s'étant port opposant à l'exécution de cet arrêt comme contraire aux anciens privilèges de la ville, un autre arrêt du Conseil, rendu le 1 novembre de la même année, ordonna qu'il sortirait son plein et entier effet, et, statuant sur la réclamation du sieur Chevrot, contrôleur de la ville, dont l'office avait été omis dans rénumération des offices conservés, le maintint dans l'exercice de sa charge.

Néanmoins, le sieur Calon,toujours comme délégué de quarante habitants, et l'avocat Siredey,fondédeprocuration de cent cinquante autres, ayant formé une nouTelle opposition à l'exécution de cesdeux arrêts, le Roi, par lin arrêt du 4 janvier 1609,. mit cette opposition à néant, leur fit défense expresse de se pourvoir pour lui faire des remontrauces, sous peine de 2,000 livres d'amende, défendit aux habitants de s'opposer à la collecte des tailles, enjoignit à ces avocats de remettre leurs procurations entre les mains de l'Intendant, et prescrivit la continuation des enquêtes. (Originaux Archives de la ville, B3, Priviléges et franchises de la commune.)


par le long-temps que les guerres ont duré, nous avons creû qu'il n'estoit pas moins de nostre devoir qu'avantageux à nos sujets de porter nos soins aux choses qui concernent la police, et de commancer par le retranchement des magistratz, qui, pour estre en grand nombre en plusieurs villes, n'en estoit pas mieux gouvernées. Au contraire, la multitude estoit un obstacle à la police, chacun se remettant sur son collegue pour l'exécution des délibérations qui demeuroient par ce moyen le plus souvent sans effect, ceux qui recherchoient ces charges ne le faisoient que pour se procurer l'exemption des tailles, favoriser leurs parents et amis dans les impositions, et que pour y arriver et s'y maintenir, ilz faisoient des brigues et monopoles pour ce subroger les uns aux autres.

Nous aurions estimé ne pouvoir mieux réformer ces désordres et faciliter l'exercice de la police, qu'en réduisant les magistractz au sombre proportionné et nécéssaire à chaque ville. Ce que nous aurions déjà faict en divers lieux, et notamment en nostre ville d'Auxerre, en laquelle nous aurions réduit les douze eschevins qui composoient le corps de la dite ville à quatre, et ayant jugé à propos d'apporter un ordre pareil en quelque façon à celuy de Paris, Lyon et autres bonnes villes de nostre royaume, en nostre ville de Dijon, capitalle de nostre duché de Bourgongne, qui estoit cy devant gouvernée par un Maire appelé vicomte Mayeur, vingt eschevins, un procureur sindic, un secrétaire, receveur et quatre prudhommes, nous aurions par arrest de nostre Conseil d'Etat du vingtième avril dernier, et pour les causes y contenues, ordonné qu'à l'avenir la Chambre du Conseil de la dite ville seroit composée du Maire, six eschevins, un procureur sindic, un secrétaire, un receveur, et deux prudhommes, à l'exécution duquel arrest, faict le vingt troisieme juin aussy dernier par le sieur Bouchu, conseiller en nostre Conseilz, maître des requestes ordinaires de nostre hostel et intendant de justice en nostre province de Bourgongne et Bresse, en conséquance de l'ordre particulier que nous luy en aurions donné, ayant esté formé opposition par quelques particuliers habitans, nous les en aurions déboutez par autre arrest de nostre Conseil d'Etat du quinziesme du mois passé. Et voulant rendre les choses stables par un règlement certain, que nous voulons estre exécuté à l'advenir, à commencer la prochaine eslection des magistratz, qui se fera en l'année mil six cent soixante et dix.

A ces causes;et autres à ce nous mouvans, après avoir mis cette affaire en deslibération en nostre Conseil, de l'avis d'iceluy et de nostre certaine science, plaine puissance et auctorité royalle, nous, conformément ausdit arrest, avons, par ces présentes signées de nostre main, dit, statué et ordonné, disons, statuons


et ordonnons, voulons et nous plaist que la magistrature de nostre dite ville de Dijon, capitalle de nostre province de Bourgongne, soit à l'advenir et demeure réduite pour toujours au Maire appelé vicomte Mayeur, six eschevins, un procureur sindic, un secrétaire, un receveur, un controlleur, et deux prudhommes. Qu'il sera procédé à l'eslection des dits Maire, eschevins et procureur sindic de deux ans en deux ans, à commencer en l'année 1670, scavoir celle du Maire. par tout le peuple, dans l'église des Pères Jacobins, le vingtième juin, nonobstant qu'il soit férié, et celle des eschevins la veille de Saint Jean Baptiste, dans la Chambre du Conseil de la dite ville, par les eschevins lors en charge, et en la présence de celuy qui aura esté esleu vicomte Mayeur, lequel en nommera deux des anciens pour estre retenus, et les quatre autres seront esleus à la pluralité des suffrages, lesquelz retenus ne pourront estrequede ceux qui auront esté deux ans en charges pour en sortir au bout de quatre ans. Et à l'égard de l'eslectiou du procureur sindic, elle se fera le vingt huit juin, en la mesme Chambre de ville, pour le mesme temps de deux ans, et presteront les dits Maire, eschevins et scindic le serment, scavoir ledit Maire en l'églize Nostre Dame, le dit jour de feste de Saint Jean Baptiste, en la présence de nostre procureur ou advocat en nostre bailliage de Dijon après avoir reçeu les marques de la magistrature. et avoir esté presenté au devant du portail de l'églize Saint Philibert, et le dit sindic, le jour de feste saint Pierre, au lieu et à la manière qu'il s'est pratiqué jusques à présent, sans que les dits Maire et procureur syndic puissent estre continuez après les dites deux années, ny les dits eschevins après quatre années ny rentrer aux dites charges q>je quatre années après en estre sortis. Que le dit Maire sera obligé, l'année qu'il sortira de charge, de le faire le dixième de juin, dans la dite Chambre de ville, et de remettre les marques de la magistrature le dimanche suivant, entre les mains du plus ancien eschevin. qu'on appellera garde des évangilles, au devant du portail de l'église Saint Philibert, qui remettra les diles marques, le jour de feste saint Jean Baptiste, au Maire esleu, à la forme accoutumée.

Que les dits eschevins seront choisis indifféremment par toute la ville, en sorte néantmoins qu'il y ayt tousjours deux bons bourgeois ou marchands. Tous les quelz esleuz auront leur rang et scéances suivant l'ordre estably et observé jusques à présent en la dite Chambre de ville, lesdits deux anciens eschevins retenus précéderont néantmoins les nouveaux et jouiront pendant le temps qu'ilz seront en charge des priviléges, honneurs et exemptions dont les précédents ont jouys jusques à présent, comme pareillement le procureur scindic, secrétaire,


receveur et controolleur, le quel receveur rendra compte annuellement des deniers communs et d'octroys de la dite ville, par devant les dits Maire, eschevins et procureur scindic, en la forme et manière accoustumées. Que les dits Maire et eschevins pourront choisir dans toutes les paroisses de la dite ville quatre personnes capables pour les ayder à faire la police, les quelles dresseront des procès verbaux des contraventions à icelle et les rapporteront à la dite Chambre de ville pour les juger et auront voix délibérative au jugement d'iceux seulement, sans pour ce prétendre aucune exemption de taille, et en cas de partage au dit jugement et de toutes affaires qui se traicteront en la dite Chambre de ville, la voix du Maire prévaudra sur les autres.

Que les tailles qui se faisoient par les eschevins seulz, chacun en leurs paroisses, seront faictes au grand bureau de la Chambre du Conseil de la dite ville par les dits Maire et eschevins, après qu'ilz auront faict la reconnoissance du nombre et des facultez des habitans de la dite ville.

Voulons que le dit arrest du vingtième avril dernier et ce qui a esté faict en exécution d'icelluy et de noz ordres particuliers subsistent jusques à l'eslection prochaine des dits magistratz, qui se fera en l'année 1670, au quel temps et à l'advenir ces dites présentes seront suivies sans aucune difficulté ny modification quelconque.

Sy donnons en mandement, à nos amez et féaulx conseillers, les gens tenant nostre Cour de Parlement au dit Dijon, que ces présentes ilz ayent à enrégistrer purement et simplement, nonobstant toutes oppositions; pour le contenu estre doresnavant exécuté, gardé et observé, selon sa forme et teneur, cessant et faisant cesser tous troubles et empêschements au contraire. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf en autre chose nostre droit et l'autruy en touttes. Donné à Paris, au mois de décembre, l'an de grâce mil six cent soixante huict, et de nostre règne le vingt sixième.

LOUIS.

Par le Roy,

PHELYPEAUX.

Régistré au greffe des expéditions de la chancellerie de France, par moy, con.seiller, secrétaire du Roy, greffier, des dites expéditions, à Paris, le trentième décembre 1668. JONCHET.

Scellé du grand sceau en cire verte dont il ne reste que les lacs de soie rouge et verte pendants.


Arrêt du Parlement de Dijon, rendu le 20 février 1669, par lequel la Cour ordonne l'enregistrement de ces lettres patentes, et ordonne que les médecins et chirurgiens pourront être nommés échevins.

Original Archives de la ville, B83, Chambre de ville.

cxx

Autorisation donnée par le roi Louis XIV, aux magistrats municipaux de Dijon, de porter des robes d'honneur dans les cérémonies publiques.

1668 (avril).

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Comme il n'y a rien qui excite davantage la submission et déférence et particulièrement en ce qui est de la police et administration des villes, que de voir les personnes d'auctorité et commandement élevées audessus des autres par quelque marque et ornement extérieur convenable à leur dignité, qui ne faict pas seulement cesser la confusion et le mépris qui pourroit naître de l'égalité, mais inspire même une inclination plus ardente des peuples à suivre leurs ordres avec autant de respect qu'ils ont d'ordinaire d'affection pour les choses qui les attirent. Nos chers et bien amez les vicomte Mayeurs, eschevins, secretaire, receveur et procureur sindic des bourgeois et habitans de notre ville de Dijon, capitalle de notre païs et duché de Bourgongne, nous ayant faict remontrer qu'ils jouissent de très beaux droitz et privileges qui leur ont esté accordez par les anciens ducz de Bourgongne et esquelz ils ont esté maintenus et conservez par les Roys nos prédécesseurs, et par nous à nostre advénement à la couronne, par nozlectres pattentes du mois d'aoust 1643, et notamment la jurisdiction et police sur tous les bourgeois et habitans de la dicte ville, fauxbourgz et banlieue, tant en matière civile que criminelle, en quoy les dictz Mayeuret eschevins ont si bien faict leur devoir en touttes les occasions qui s'en sont présentés pour le bien et le soulagement des ditz habitants, que chacun en est satisfaict, ainsy qu'ilz continueront de faire en tous rencontres. Comme la dite ville de Dijon ayant esté la première qui, après le dé<:èdz du dernier Duc, s'est réduite en l'ohéissance du Roy Louis unzièsme et qui, par son affection et son zelle a procuré la réunion à notre couronne de toutte la province et dont les magistrats ont toujours continué de donner des marques de leur fidélité à nottre service, et


pour le bien de notre Estat. Néantmoins, comme les ditz vicomte Mayeur, eschevins, procureur, sindic, secrétaire et receveur de la dite ville n'ont esté jusques à présent distinguez des autres bourgeois et habitans par aucune marque ny ornement particulier de leur dignité, auctorité et préeminence sur tous les autres, soit ès assemblées publiques où ils sont obligés de se trouver avec les autres corps de notre dicte ville: scavoir, noi cours de Parlement, Chambre des comptes, trésoriers de France et officiers du bailliage establis en icelle qui ont chacun leurs habitz d'honneur, soit ez actions de police et tout autre acte et exercice de leur dignité et magistrature. Hz nous ont très humblement suplié à l'exemple des magistrats des autres bonnes villes de nostre royaume leur permettre de porter des habitz d'honneur en touttes les assemblées et actions publiques et particulières et faisant l'exercice et fonctions de leurs charges. A quoi désirant leur pourvoir et inclinant favorablement en considération de leur zele, fidélité et affection à nostre service et pour d'autant plus les obliger à les continuer avec estime et respect de ceux qui sont soubmis à leur jurisdiction et les distinguer des autres bourgeois et habitans de la dite ville par quelque habit d'honneur et autre marque extérieure qui leur soit particulière et convenable à leur dignité et magistrature. Nous, de nostre grâce spécialle, plaine puissance et auctorité royale, avons concédé, permis et accordé, conceddons, permettons et accordons par ces présentes signées de notre main, aus dictz vicomte Mayeur, eschevins, secrétaire, receveur et procureur-sindic de la dicte ville de Dijon, présents et à venir, de porter dans l'exercice et fonctions de leurs charges, et en taiis actes et assemblées publiques les marques de magistratures, scavoir le dict vicomte Mayeur, une robbe longue de satin plain de couleur violet, doublée de satin rouge cramoisy, ainsy que la porte le prevost des marchands de notre ville de Lyon, avec le chaperon de même étoffe et couleur bordé d'hermine, et les échevins, secrétaire, procureur sindic et receveur porteront aussy même robbe de gros de Naples ou camelot d'Hollande de même couleur viollet avec le chaperon aussy bordé d'hermine, lesquelles robbes et chaperons, nous voulons que tes dicts eschevins, secrétaire, procureur sindic et receveurs portent en touttes assemblées publiques où le dict corps de ville sera obligé de se trouver, et aux actions de police et autres. Les dictz Maire et eschevins porteront le dict chaperon et se feront assister d'un sergent portant la livrée de la dicte ville sans touttefois qu'ilz puissent prétendre aucune autre jurisdition que celle qui leur a esté conceddée et en laquelle ilz ont esté conservez et confirmez par nos lettres pattentes et par celles de nos prédécesseurs Roys, bien et deuement vériffiées. Sy don-


nons en mandement, à nos amez et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement, aydes et finances en la dicte ville de Dijon et officiers qu'il appartiendra, que du contenu en ces dictes présentes nos lettres de concession et octroy ilz fassent jouir et user les dictz vicomte Mayeur, eschevins, secrétaire, receveur et procureur sindic de notre dicte ville de Dijon présens et à venir, plainement et paisiblement à toujours, à ce faire et obéir tous ceux qu'il appartiendra, et cesser tous troubles et empêchement au contraire, car tel est notre plaisir, et affin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons faict mettre notre scel à ces dictez présentes. Donné à Saint Germain en Laye au mois d'avril, l'an de grâce mil six cens soixante huit, et de nostre règne le vingt cinquième. LOUIS.

Par le Roy, PHELYPEAUX.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Enregistrement de ces lettres par le Parlement, à la date du 15 février 1669. Original Archives municipales, B 83, Chambre de ville.

CXXI

Confirmation des privilèges de la ville par le roi Louis XIV, moyennant finance. 1706 (3 août).

Extrait des Registres du Conseil d'Etat.

Veu au conseil d'Etat du Roy, la requeste des vicomte Majeur, eschevins et procureur sindic de la ville de Dijon, pour, et au nom des habitans de la dicte ville, contenant que pour donner à sa Majesté de nouvelles marques de leur zèle, fidélité et affection à son service, et contribuer de tout leur pouvoir aux besoins de l'Etat en ce temps de guerre, ils offroient de luy payer et le suplioient d'agréer la somme de quatre vingt mille livres, au moyen de laquelle il luy plairoit les maintenir et confirmer à perpétuité dans tous les droits, immunitez, prérogatives, préeminences, franchises, libertés, pouvoirs, privilèges et exemptions accordezà la dite ville, tantpar ellequeparles Roys ses prédécesseurs etducs de Bourgogne, et pour parvenir au payement de la dite somme par eux offerle, ils auroient


encore suplié sa Majesté de leur permettre de l'emprunter au denier dix huit. ou tel autre qu'ils jugeroient à propos, et lever par continuation les nouveaux octrois pareils aux anciens et les droits sur l'entrée des bois à brusler, fagots et charbon accordés et establis en la dite ville, en conséquence des arrests du conseil des douze octobre mil six cens quatre vingt quatorze, vingt neuf may, seize juin, quatorze et vingt un aoust mil six cens quatre vingt seize et vingt un janvier mil six cens quatre vingt dix huit, et continuer avec pouvoir de les augmenter ou diminuer par autre arrest du vingt six may mil sept cens cinq pour le paiement et acquitement des sommes y enoncées, et ce en la manière et pendant le nombre d'années qui sera avisé et réglé par les sieurs commissaires députez par sa Majesté pour la vériffication des debtes en Bourgogne, pour estre les ditz nouveaux octrois et droits sur les bois, fagots et charbons adjugez par les ditz sieurs commissaires en la manière accoutumée suivant et conformément au dit arrest du vingt six may mil sept cent cinq, et le produit employé au remboursement des ditz quatre vingt mil livres, arrérages et frais, après toutes fois les sommes actuellement assignées et affectées sur les ditz octrois et droits entièrement acquittées aux créanciers, et en attendant que la continuation ait lieu, ordonner que te payement des arrérages qui escheront des ditz quatre vingt mil livres sera fait annuellement, soit sur les ditz nouveaux octrois et sur les droits qui se levent actuellement, soit sur les anciens octrois, soit sur les autres fonds de la dite ville, ou de telle autre manière qu'il sera reglé et ordonné par les ditz sieurs commissaires, sauf à en faire le remplacement sur les premiers deniers de la dite continuation. Ouy le rapport du sieur de Chamillart, conseiller ordinaire au Conseil royal, contrôlleur général des finances, le Roy en son Conseil a accepté et accepte les offres des vicomte Majeur, eschevins et procureur sindic de la ville de Dijon, pour, et au nom des habitants de la dite ville, ce faisant ordonne qu'ils payeront suivant leurs offres au trésor royal la somme de quatre vingt mil livres en trois termes égaux, et par tiers, le premier payement au premier jour du mois de septembre prochain, le second au premier novembre et le troisième au premier janvier suivant, et en conséquence sa Majesté les a maintenus et confirmez, maintient et confirme à perpétuité dans tous les droits, immunitez, prérogatives, préeminences, franchises, libertés, pouvoirs, priviléges et exemptions qu'elle a accordez à la dite ville et les Roys ses prédécesseurs et ducs de Bourgogne, et pour faciliter aus ditz habitans les moyens de payer la dite somme de quatre vingt mil livres, sa Majesté leur a permis et permet de l'emprunter à constitution de rentes au denier dix huit, ou tel autre qu'ils jugeront à propos, et pour


le remboursement d'icelle, des arrérages et autres frais, de lever par continuation les nouveaux octrois et les droits sur les bois, fagots et charbons establis en la dite ville en mil six cens quatre vingt quatorze, mil six cens quatre vingt seize, et mil six cens quatre vingt dix huit et mil sept cens cinq, les augmenter ou diminuer en la manière et pendant tel nombre d'années qui sera avisé et réglé par les sieurs commissaires députez par sa Majesté pour la liquidation des debtes des communautez de la dite province, lesquels en feront les adjudications en la manière accoutumée et suivant le dit arrest du vingt six may mil sept cens cinq à commencer du jour de l'expiration des adjudications cy devant faites des ditz droits, et d'affecter au dit remboursement le produit des ditz octrois et droitz, sans que les deniers qui en proviendront puissent estre saisis, arreslés, divertis ny employez à d'autres usages qu'au payement des créanciers qui auront prestes les dites sommes; ordonne sa Majesté que le payement des arrérages qui escheront annuellement des dits quatre vingt mil livres jusques au temps que devra commencer la continuation des octrois et droits destinez pour le remboursement de la dite somme principalle fait, sera soit sur le produit des dits nouveaux octrois et droits qui se levent actuellement, soit sur les anciens octrois ou sur les autres fonds de la dite ville ou telle autre manière qu'il sera réglé et ordonné par les dits sieurs commissaires, sauf le remplacement, s'il est besoin, sur les premiers deniers de la dite continuation; enjoint sa Majesté aux dits sieurs commissaires de tenir la main à l'exécution du présent arrest et seront leurs ordonnances et jugements exécutés nonobstant oppositions, appellations ou autres empechemens quelconques dont sy aucuns interviennent, sa Majesté s'en réserve la connoissance et à son Conseil, et icelle interdit à ses autres cours et juges, en vertu du présent arrest pour l'exécution duquel toutes lettres nécessaires seront expédiées.

Fait au conseil d'Etat du Roy, tenu à Versailles, le troisième jour d'aoust mil sept cens six.

RANCHIN.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune.


Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Nos chers et bien amez les vicomte Mayeur, eschevins et habitans de nostre ville de Dijon, capitale de nostre province du duché de Bourgogne, nous ont très humblement fait exposer que les privileges qui leur ont esté accordez par les ducs de Bourgogne, leurs premiers souverains, confirmez ensuite par les Roys nos prédécesseurs, depuis que le duché de Bourgogne a esté réuny à nostre couronne, et en dernier lieu par défunt nostre très honoré seigneur et bizayeul, le roy Louis quatorze de glorieuse mémoire, suivant ses lettres patentes du six avril mil six cens soixante sept, outre la justice haute, moyenne et basse, civille, criminelle et politique dans la dite ville, fauxbourgs et banlieue qui leur est patrimonialle, il leur appartient toutes places communes, épaves, confiscations, dations de tutelle et curatelle, et confections d'inventaires de ceux qui décèdent en la dite ville, fauxbourgs et banlieue, de quelques qualilez et conditions qu'ils soient sans exception; la prise des personnes, biens et expéditions de tous exploits réels à l'exclusion des autres officiers, le pouvoir de condamner et faire exécuter jusqu'à la somme de soixante cinq sols sans qu'il soit loisible d'en appeler, la connoissance, décizion et jugement en première instance des crimes et délitz qui se commettent par toutes personnes, comme aussy ce qui dépend des armes, garde des portes, guet de jour et de nuit, et différends qui en procèdent privativement à tous nos juges en l'absence des gouverneurs et lieutenants généraux au dit pays, pardevant lesquels ressortissent immédiatement les appellations qui en proviennent. Les dits habitans ont d'ailleurs le pouvoir d'élire chacun an le vicomte Mayeur, qui peut aussy nommer six échevins, les quels sont retenus à la pluralité des suffrages pour l'administration des affaires de la dite ville, et arrivant le décèz du dit vicomte Mayeur, font choix d'une personne capable pour exercer la dite charge le reste de l'année. Les exposants ont pareillement le pouvoir de tenir et posséder francs-fiefs et nouveaux acquets

Confirmation des priviléges de la ville de Dijon, par le roi Louis XV.

CXXH

1719 (juillet).


sans pour ce payer aucune finance, ny eslre assujettis au ban et arrière ban. Ils ont en outre la liberté de tirer aux jeux d'arc, arbaleste et arquebuse, le droit de tirer au papegaut, chacun an, à certain jour, avec les franchises et immunitez y appartenans; la permission de chasse et pesche, ainsy que les autres villes capitalles denostre royaume. Le droit de foire franche les premier febvrier et de juillet de chacune année et plusieurs autres franchises et exemptions, droits, coutumes et libertez qui leur ont estés accordés et octroyés, tant par les ducs de Bourgogne que par les Roys nos prédécesseurs, dont ils ont toujours paisiblement jouy. Mais comme depuis nostre avénement à la couronne, les exposans ne nous ont point encore supplié de leur accorder nos lettres de confirmation, et que sur ce prétexte ils pourroient être inquiétés dans la jouissance de leurs droits et priviléges, c'est ce qui les oblige d'avoir recours à nostre justice, pour leur estre sur ce pourveu. A ces causes ayant la mesme considération que nos prédécesseurs, pour la fidélité, le zèle, l'obéissance et l'affection au service de l'Estat dont les exposants ont donné des preuves dans tous les tems, et voulant leur donner occasion de les continuer, nous avons au dit vicomte Mayeur, eschevins et habitans de notre ville de Dijon, de l'avis de nostre très cher et très amé oncle, le duc d'Orléans, petit fils de France, Régent; de nostre très cher et très amé oncle, le duc de Chartres, premier prince de nostre sang; de nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourbon; de nostre très cher et très amé cousin le prince de Conty, prince de noslre sang; de nostre très cher et très amé oncle le comte de Toulouze, prince légitimé, et autres pairs de France, grands et notables personnages de nostre royaume, et de nostre grâce spécialle, plaine puissance et autorité royalle» continué et confirmé, continuons et confirmons par ses présentes signées de nostre main, tous et un chacun, les priviléges, jurisdictions, exemptions, franchises, libertez, coutumes, droits, usages, octroys, permissions et immunitez tels qu'ils ont esté cy dessus expliquez, à eux accordez et concédez par les lettres patentes, tant des ducs de Bourgogne que des Roys nos prédécesseurs. Voulons et nous plaist qu'ils en jouissent et usent tout ainsy qu'ils en ont bien et deuement jouy, jouissent et usent encore à présent, pourveu que les dits priviléges n'ayent été révoqués par les Hoys nos prédécesseurs, et par nous depuis nostre avènement à la couronne, par aucuns édits, déclarations et arrests. Si donnons en mandement à nos amez et féaux conseillers, les gens tenant nostre cour de Parlement et Chambre de nos Comptes à Dijon, que ces présentes ils aient à faire enregistrer et du contenu en ycelles jouir et user plainement, paisiblement et perpétuellement, les exposans et leurs successeurs, sans permettre qu'ils y puissent estre troublés,


empesehés ny inquiétés. Car tel est nostre plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes. Donné à Paris au mois de juillet, l'an de grâce mil sept cens dix neuf, et de nostre règne le quatrième.

Par le Roy, LOUIS. Le duc d'Orléans, Régent, présent. PHELYPEAUX.

Scellées du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Enregistrées au contrôle général des finances, par nous, écuyer, conseiller du Roi, garde des registres du contrôle général des finances. A Paris, le 24 juillet 1719. Perrottin. 1720, 19 juillet. Arrêt d'enregistrement par le Parlement de Dijon.

Original Archives de la ville de Dijon, B3, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

CXXIII

Confirmation des privilèges de la ville, par le roi Louis XVI.

1781 (décembre).

Louis, par la gràce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous présents et -à venir, salut. Nos chers et bien amés les vicomte Mayeur, eschevins et habitans de notre ville de Dijon, capitale de notre province et duché de Bourgogne, nous ont très humblement fait exposer que les priviléges qui leur ont été accordés par les ducs de Bourgogne, leurs premiers souverains, confirmés en suite par les rois nos prédécesseurs, depuis que le duché de Bourgogne a été réuni à notre couronne, et en dernier lieu par le feu Roi, notre très honoré seigneur et ayeul, suivant ses lettres patenles du mois de juillet mil sept cent dix neuf, outre la justice haute, moyenne et basse, civille, criminelle et politique, dans ladite ville, fauxbourg et banlieue, qui leur est patrimoniale, il leur appartient toutes places communes, épaves, confiscations, dations de tutelleset curatelles, et confections d'inventaires de ceux qui décèdent dans ladite ville, fauxbourgs et banlieue, de quelque qualité et condition qu'ils soient, sans exception, la prise des personnes, biens, et expéditions de tous explois réels à l'exclusion des autres officiers, le


pouvoir de condamner et faire exécuter jusqu'à la somme de soixante cinq sols, sans qu'il soit possible d'en appeller. La connaissance, décision et jugement en première instance des crimes et délits qui se commettent par toutes personnes, comme aussi ce qui dépend des armes, gardes des portes, guet de jouret de nuit, et différends qui en procèdent, privativement à tous nos juges en l'absence des gouverneur et lieutenants généraux du dit pays, pardevant lesquels ressortissent immédiatement les appellations qui en proviennent. Que les dits habitans ont d'ailleurs le pouvoir d'élire chacun an le vicomte Mayeur, qui peut aussi nommer six échevins à la pluralité des suffrages, pour l'administration des affaires de la dite ville, et qu'arrivant le décès du dit vicomte Mayeur, ils font choix d'une personne capable pour exercer la dite charge le reste de l'année. Que les exposants ont pareillement le pouvoir de tenir et posséder francs tiefs et nouveaux acquêts, sans pour ce payer aucune finance, ni être assujettis au ban et arrière ban. Qu'ils ont en outre la liberté de tirer aux jeux d'arc, arbalète et arquebuse, le droit de tirer au papegaut, chacun an, à certain jour, avec les franchises et immunités y appartenant, la permission de chasse et pêche, ainsi que les autres villes capitales de notre royaume. Le droit de foire franche, les premier de février et de juillet de chaque année, et plusieurs autres franchises et exemptions, droits, coutumes et libertés qui leur ont été accordés et octroyés, tant par les ducs de Bourgogne que par les rois nos prédécesseurs, dont ils ont toujours paisiblement joui. Mais comme depuis notre avènement à la couronne, les exposants ne nous ont pas encore suppliés de leur accorder nos lettres de confirmation, et que sous ce prétexte ils pourroient être inquiétés dans la jouissance de leurs droits et priviléges, c'est ce qui les oblige à avoir recours à notre justice pour leur être sur ce pourvû. A ces causes, ayant la même considération que nos prédécesseurs pour la fidélité, le zèle, l'obéissance et l'affection au service de l'Etat dont les exposants ont donné des preuves dans tous les temps, et voulant leur donner occasion de les continuer: de l'avis de notre Conseil, et de notre certaine science, plaine puissance et autorité royale, nous avons aus dits vicomte Mayeur, échevins et habitans de notre ville de Dijon, continué et confirmé, et par ces présentes signées de notre main, continuons et confirmons tous et chacun les priviléges, juridictions, exemptions, franchises, libertés, coutumes, droits, usages, octrois, permissions et immunités, tels qu'ils ont été ci dessus expliqués, à eux accordés et concédés par les lettres patentes tant des ducs de Bourgogne que des rois nos prédécesseurs. Voulons et nous plaît qu'ils en jouissent et usent tout ainsi qu'ils ont bien et duement joui, jouissent et usent encore à présent, pourvu que les dits


priviléges n'ayent été révoqués par les rois nos prédécesseurs et par nous, depuis notre avènement à la couronne, par aucuns édits, déclarations et arrêts. Si don* nons en mandement à nos amés et féaulx conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement et Chambre des comptes à Dijon, que ces présentes ils ayent à faire enregistrer, et du contenu en icelles, jouir et user, les exposants et leurs successeurs, pleinement, paisiblement et perpétuellement, sans permettre qu'ils y puissent être troublés, empêchés ni inquiétés. Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes.

Donné à Versailles, au mois de décembre, l'an de grâce mil sept cent quatre vingt un, et de notre règne le huitième.

LOUIS.

Visa: HUE DE Miromenil.

Par le Roy, Amelot.

Enregistrées sur la requête des vicomte Mayeur, échevins, sindic et habitans de la ville et commune de Dijon. Les conclusions du procureur général du Roy, pour jouir et user par les impétrans el leurs successeurs du contenu aux présentes, selon leur forme et teneur. Fait en la Chambre des comptes à Dijon, le quatorzième décembre mil sept cent quatre vingt deux.

CINQFONDS.

Enregistré au greffe de la Cour, conformément à l'arrêt du deux décembre mil sept cent quatre vingt deux.

LAURENT.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original Archives de la ville de Dijon, B3, Privilèges et fianchises de la Commune.


VILLE D'AVALLON (YONNE)

Eudes III, duc de Bourgogne, affranchit ses hommes d'Avallon en 1200 ou 1214, au témoignage de Garreau et de Courtépée, et il leur donna une commune sur le modèle de celle de Vézelay. Cette charte fut confirmée par son fils Hugues IV. Ces deux documents n'existent plus dans nos archives locales.

JUILLY-LES-BAR-SUR-SEINE (AUBE)

En 1202, Guillaume, seigneur de Juilly, étant sur le point de se rendre en Terre-Sainte, affranchit de la mainmorte tous ses hommes de Juilly, et étendit ce privilége non seulement à ses hommes, demeurant audit lieu, mais à tous ceux qui habitaient ailleurs, de sa volonté. (Archives de la Côte-d'Or, Chambre des comptes de Dijon, B 802.)

VILLE DE BEAUNE

CXXIV

Charte de commune octroyée par Eudes III, duc de Bourgogne, aux habitants de Beaune. 1203.

In nomine sancte et individue Trinitatis.

Noverint universi présentes et fnturi quod ego Oddo dux Burgundie, dedi et concessi hominibus de Belna, communiam habendam in perpetuum ad formam communie Divionis, salva libertate quam prius habebant.

1. infra villam Belne, alter alteri secundum opinionem suamauxiliabitur, el


îiullaleuus patietur, quod aliquis alicui eorum aufferat aliquid, vel de rebus suis aliquid capiat (1).

2. Creditio de pane et de vino et aliis viclualibus fiet mihi Belne xv diebus, et si infra predictum terminum crédita non reddidero, nichil amplius michi credent, donec crédita persolventur (2).

3. Si quis sacramentum alicui facere debuerit et ante arramitionem sacramenti se iu negocium suum iturum esse dixerit, propter illud faciendum de itinere suo non remanebit, nec ideo incidet; sed postquam convenienter submonitus fuerit, sacramentum faciet (3).

4. Si archipresbyter Belne aliquem implacitaverit, nisi clamor ante venerit vel forefactum apparuerit, non ei respondebit. Si tamen testem, contra quem accusatus se deffendere non possit, habuerit, emendabit (4).

5. Si aliquis aliquam injuriam fecerit homini qui hanc communiam juraverit, et clamor ad ,juratos inde venerit; si ipsum hominum qui injuriam fecitcapere potuerint, de corpore suo vindictam capient, nisi forefactum emendaverit, illi cui illatum fuerit, seeundum judicium illoiiim qui communiam custodierint (5). 6. Et si ille qui forefactum fecit, ad aliquod receptaculum perrexerit, et homines communie, ad receptaculum transmiserint et domino receptaculi, vel primatibus ipsius loci questionem fecerint, ut de eorum inimico faciant eis rectitudinem. Et si facere voluerint, rectitudiuem accipient; quod si facere noluerint homines communie auxiliatores erunt faciendi vindictam de corpore et de pecunia ipsius qui forefactum fecit et hominum illius receptaculi, ubi inimicus eorum erit (6).

7. Si merchator in istam villam ad merchandum venerit et aliquis ei aliquid fecerit injurie infra villam Si jurati inde clamorem audierint et merchator in ista villa eum invenerit homiues communie ad vindictam faciendam, super hoc îecte secundum opinionem suam, auxilium prestabunt; nisi merchator ille de hostibus dicte communie fuerit; et si aliquod receptaculum, ille adversarius perrexerit, si merchator vel jurati ad eum miserint et illi satisfacerit merchatori secuudum judicium juratorum communie, vel probare et offendere poterit se illud forefactum non fecisse, communie sufficiet; quod si facere nolue(1) Cf. la Charte de commune de Dijon, § 1, page 5.

(S) Id., § il, même page.

(3) Id., § III, id.

(4) Id., § IV, id.

(5) Id., § V, page «.

(«) Id., § VI, id.


rit si postmodum infra villam Belue capi poterit, de eo vindictam faciant jurati (1).

8. Nemo, preter me et senescallum meum, poterit conducere in villam Belne hominem qui forefactum fecit homini qui hanc communiam juravit, nisi forefactum emendare venerit secundum judicium illorum qui communiam servant (2). 9. Pecuniam illam quam homines crediderunt, qui sunt de communia antequam communiam jurassent, se rehabere non poterunt postquam inde justum clamorem fecerint, querant quoquomodo possint quod creditam pecuniam rehabeant. Pro Ma vero pecuniaquam crediderunt postquam hanc communiam juraverunt, nullum hominem capient nisi sit debitor, vel fideijussor (3). 10. Si extraneus homo panem suum vel vinum in villam Belne causa securitatis adduxerit; si postea inter dominum ejus et homines communie discordia emerserit, quindecim dies habebit vendendi panem et vinum in ea villa et defferendi nummos et aliam pecuniam suam preter panem et vinum, nisi ipse forefactum fecerit vel fuerit cum illis qui forefactum fecerunt (4).

11. Nemo de villa predicta qui hanc communiam juraverit, credet pecuniam suam vel commodabit hostibus communie, quamdiu guerra durabit et si quis probatus fuerit aliquid credidisse hostibus communie, justicia de eo fiet ad judi cium juratorum communie (5).

12. Si aliquarido homines communie contra hostes suos exierint, nullus de communia loqueturcum hostibus communie nisi licentia custodum communie (4). 13. Adhuc homines statuti jurabunt quod neminem propter amorem, seu propter odium deportabunt vel gravabunt et quod rectum judicium facient secundum suam existimationem. Omnes alii jurabunt quod idem judicium quod predicti super eos facient et pacientur et concedent nisi probare poterunt quod de censu proprio persolvere nequeunt (6).

14. Universi homines Belne in cujuscumque territorio morentur communiam jurent. Qui vero jurare noluerit, illi qui juraverunt, de domo ipsius et de pecunia ejus justitiam facient (7).

(1) Cf. la charte de commune de Dijon, § VII, p. 6. (ï) ld., p. VIII, p. 7.

(3) Id., § IX, id.

(4) Id § X, id.

(5) Id., § XI, id.

(6) Id., § XII, id.

(7) Id., § XIII, id.

(8) Id., § XIV, page 8.


15. Si quis autem de communia aliquid forefecerit et per juratos emendare noluerit, homines communie exinde facientjusticiam (1).

16. Si quis ad sonum factum pro congreganda communia non venerit, xn denaria emendabit (2).

17. Nullus infra villam Belne aliquem potest capere, nisi Maior et jurati quamdiu justitiam de eo facere voluerint (3).

18. Si quis de communia, vel ipsa communia michi aliquid forefecerit, gf ortebit ut in curia sancte Marie (4) veniat, et ego per Majorem communie adjudicium juratorum, justiciam de eo vel de ea capiam; nec eos extra predictam cnriam vel placitare vel cartam monstrare compellere potero (5). 19. Si aliquis fregerit bannum vendemiarum, emendatio erit super Majorem et super juratos et emendatos illa erit mea.

20. Si autem dissentio aliqua postmodum emerserit, scilicet de judicio faciendo sive de aliquo quod non sit in hac carta provocatum, secundum cognitionem et testimonium juratorum communie Divionis emendabiJur, nec proinde in me forefecisse reputabitur (6).

21. De justicia vero et forefactis meis ita statutum est. De sanguine violenter facto, si clamor iude fiat et probatio, vu solidos emendabitur et vulneratus habebit xv solidos (7).

22. Si compositio de duello ante ictum, vel post ictum fiat, lxv solidos et vi denarios habebo. Si duellum victum fuerit, in dispositione mea erit (8). 23. De juisio fiet sicut et de duello (9).

24. Si homo de communia deprehensus in furto et comprobatus fuerit, in dispositione mea erit de eo (10).

25. De multro etiam erit in dispositione mea et arbitrio meo, et qui multrum fecerit Preposito meo traditur. si Maior inde posse habuerit nec de cetero recipietur in communia nisi assensu juratorum (f 1).

(1) Cf. la charte de commune de Di}on, § XV, p. 8.

(2) Id., § XVq, p. 8.

(3) Id., § XVII, id.

(4) Dans la charte de Dijon, le mot de cour de Saint-Bénigne signifiait à la fois la justice de l'abbaye, que le Duc avait choisie pour prononcer sur les différends avec la commune, et l'endroit où les débats devaient avoir lieu. A Beaune, le chapitre de l'église Notre-Dame étant l'établissement religieux le plus important de la cité, c'est celui que le duc Eudes III choisit pour le même objet. La cour de Notre-Dame était donc la justice du chapitre et l'emplacement qui s'étendait entre cette église et le palais ducal qui la dominait au midi. (5) Cf. la charte de commune de Dijon, § XVIII, p. 8.

(6) Id., § XX, p. 9.

(7) Id., § XXF, id.

(8) Id., g XXII, id.

(9) Id., § XXIII, id.

(10) Id., § XXIV, p. 10.

(11) Id., § XXV, id.


26. Infractit) Castri Lxv solidos emendabitur (1). ).

27. De forefacto fructuum in dispositione Majoris et juratorum erit, nisi de nocte fiat,etcomprobatus Lxv solidos emendabitur (2).

28. De raptu erit in dispositione et arbitrio meo si mulier tamen tantum clamaverit, quod a legitimis hominibus audita fuerit, qui hoc probare possint (3). 29. Infractio chemini, Lxv solidos emendabitur (4).

30. De falsa mensura vu solidos habebo, insuper jurabit quod de consciencia sua falsam mensuram non habuerit. Si autem jurare noluerit, Lxv michi persolvet (5).

31. Si quis pedagium vel ventas extra villam Belne absque assensu pedagiarii vel ventarii portaverit, Lxv solidos persolvet, si inde comprobatus fuerit (6). 32. Sciendum vero, quod omnia ab hiis que in hac carta continentur, in dispositione Majoris et juratorum sunt (7).

33. Si ego communiam pro exercitu meo submovero, mecum ibunt, vel cum senescallo meo vel conestallo meo, infraregnum Francie, secundum posse suum, rationabiliter, et mecum erunt xl diebus. Si vero aliqued castrum infra Ducatum meum obsedero, tune erunt mecum per voluntatem meam. Sciendum quod homines communie famulos receptabiles in exercitum meum mittere possunt (8).

34. Communia potest retinere homines, cujuscumque territorii fuerint in villa, secundum consuetudines et usagium patris mei et predecessorum (9). 35. Monetam vero meam Divionis non possum fortiorem facere, quam ad legem quinque denariorum (10).

36. Archiepiscopus vero Lugduni, Eduensis, Lingonis et Cabilonis episcopi, hanc communiam ad petitionem meam manutenendam promiserunt, taliter quod si ego, vel alius de quo posse habeam, insliluta communie, que in preseati carta continentur, infregerit, ex quo inde ad eos clamorpervenerit; ipsa quoque infractio per Majorem communie vel per alium loco Majoris, si Major ire secure

(1) CL la charte de commune de Dijon, § XXVI, p. 10. (S) Id., § XXVII, p. 10.

(3) Id., § XXVIII, id.

(4) Id., g XXIX, id.

(5) Id., § XXX, id.

(6) Id.,§ XXXI, p. il.

(7) Id., § XXXll, id.

(8) Id., § XXXIII, id.

(9) Id.,§XXXV, id.

(10) Id., § XXXVI, p. il.


non poterit per duos alios de juratis communie, quos Major juramento firmaverit esse legitimos, fuerit comprobata. Archiepiscopus, et Episcopi, ut ipsam infractionem emendant reddendo capitale, per se vel per suos nuntios infra regnum Francie me submonebunt si vero post submonitionem factam, ipsam infractionem infra xim dies non emendavero, totam terram meam interdicto supponent, preler Belnam et usque ad satisfactionem facient emendari (1). 37. Sciendum, quod filii mei, vel usor mea commendatos, vel homines tailliabiles infra Belnam habere non possunt (2).

38. Prelerea si homo de communia, pro debito meo bene et fideliter cognito, captus fuerit, vel aliquid amiserit de meis redditibus Belne, vel de ceusa, si redditus non sufficiet, redimetur, vel quod amiserit restituetur (3). 39. Concessi etiam eis quod si prepositus Belne aliquid acceperit de rebus hominum communie, reddet sine omni placito, quantum ille homo probaverit, si legitimis a Majore communie testificatur fuerit (4).

40. Sciendum etiam, quod pro promissione hujus communie reddent michi vel preposito meo homines mei de hac communia, annuatim, cc marchas talis argenti, quale cambitores in nundinisdant et recipiunt, reddendasapud Belnam, ad octavas Omnium Sanctorum c marchas, et ad octavas Pasche c (5). 41. Sub prenominatis itaque constitutionibus, omnes homines meos, quicum.que in scripta communia fuerint, quietos et immunes a tailla in perpetuum esse concedo (6).

42. Si vero contingent quod hoc frangerem, homines de communia possunt ire libere ubicumque voluerint, et tenere quicquid tenebant (7). 43. Concessi etiam ville totum attractum et aschaaites quas habui in villa Belne, ex quo H. de Reion obiit, et quod acquiram, preter hoc quod ipse H. tenebat (7).

44. Ut autem hoc ratum et inviolabile permaneat prefatam communiam juravi tenendam, et irrefragabiliter observandam, et sigilli mei impressione munivi, salvo quidem jure meo, et Ecelesiarum, et militum, et salvis omnibus hiis que habebant Ecclesie et milites in hominibus suis in tempore patris mei, et

(1) Cf. la charte de commune de Dijon, § XXXVIII, p. 13. (2) Id., § XXXIX, p. iï.

(3) Id., § XLHI, p. 13.

(4) Id., § XLIV, id.

(5) Id.,§XLV, id.

(6) Id., § XLVI, id.

(7) ld.,§XL, id.


ante communiam quam in predicta villa aliquid juris habent absque captione hominum (i).

Actum anno Verbi milesimo ducentesimo tertio, Philippo rege Francorum régnante.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviltges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, Recueil de pièces pour servir à l'histoire de Bourgogne, p. 274.

` cxxv

Concession du ban de vendanges, faite par le duc Eudes III, à la commune de Beaune. 1210.

Ego Odo, dux Burgundie, notum facio presentibus et futuris, me dedisse et in perpetuum concessisse hominibus meis Belnensibus, bannum, quem tempore vindemiarum in vineis Belnensibus habebam (2). Quod ut ratum habeatur, presens scriptum sigillo meo confirmavi. Actum anno Domini millesimo, ce" decimo in Docembri.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Pérard, p. 281.

CXXVI

Confirmation de la charte de commune, par le duc Hugnes IV.

1228.

Ego Hugo, Dux Burgundie, notum facio presentibus et futuris, quod ego juravi bona fide servare communiam Belnensem in franchesia et bonis consue-

(1) Cf. la cbarte de commune de Dijon, § XLVI1, p. 13. (8) M., § XIX, p. 9.


tudinibus, sicut in carta bone memorie Odonis ducis Burgundie patris mei plenius continentur, et quando sigillum militis habebo illud predicte carte apponam. Actum anno Domini M° cc° vicesimo vm.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

CXXVII

Lettre de Hugues IV au pape Grégoire, pour soumettre à sa sanction la règle de la prestation des marcs qu'il venait de donner à la commune de Beaune.

1232.

Sanctissimo patri ac Domino Gregorio summo pontifici (1), Hugo dux Burgundie, suus humilis filins devota pedum oscula beatorum sanctitatem vestram, humiliter exoro pâtre sancte, quatenus confirmare dignemini hominibus meis ville Belne, libertatem illam quam eisdem hominibus et eorum heredibus contuli et concessi et sacramentomeo prestito in perpetuum tenendam firmam, sicut in litteris meis super hoc confectis, quibus eisdem hominibus tradidi plenarie continetur, quarum tenorem feci inferius annota ri. Rogo etiam et exoro ut venerabili in Christo patri domino archiespiscopo Lugduno, datis, vel mandatis, ut potestatem habeat supponendi tarram meam et hominesmeos interdicto preter villam Belne. si contra hanc libertatem aliquando per me vel alium vellem ire, aut in aliquo resilire. Tenor autem litterarum mearum et dicte libertatis quam eisdem meis hominibus tradidi est talis

In nomine sancti et individue Trinitatis. Amen.

Noverint universi presentes et futuri quod ego Hugo dux Burgundie dedi et concessi in perpetuum, talem libertatem hominibus meis ville Belne (2) quod dictior ejusdem ville Belne non pagabit michi perannum de censa ducentarum marcharum argenti quam debent michi, annuatim, nisi unam marcham argenti et iidem homines sic tenentur michi facere valere annuatim villam Belne dictam censam ducentarum marcharum argenti, talis argenti scilicet quale scambitores

(1) Grégoire IX élu le 19 mars 1227, mort le 21 août 1241.

(2) Cf. le règlement sur la prestation des mares fait par le même prince pour la commune de Dijon, XXXVI, p. 39.


inter se dant et recipiant, reddendarum etiam apud Belnam mihi vel mandato meo die martis proxima ante ramos Palmarum vel in sabbato magno Pasche apud Barrum. Et si tune dicta censa non redderetur, ego possem vadiare. Si autem levando a dictiore dictam marcham argenti annuatim predicta summa ducentarum marcharum non posset levari de predicta villa manentes in villa eidem tenentur supplere quod deerit a predicta summa. Et si levando marcham a dictiore de villa antedicta plus quam ducentas marchas argenti valuent, quod plus valebit meum erit. Major vero et scabini prius electionem Majoris et scabinorum quolibet anno jurabunt quod facient michi valuere villam Belne quantum poterunt bona fide ultra summam predictam ducentarum marcharum; levando unam marcham annuatim a dictiore tantum modo sicut predictum est tradetur eisdem majori et scabinis super hoc quod ex inde fecerint per juramentum predictum, nec ultra hoc poterunt a me super hoc in aliquo molestari hanc autem libertatem et has pactiones juravi tenendas et inviolabiliter in perpetuum observandas, salvis nichilominus eisdem hominibus omnibus libertatibus, juribus cartis et instrumentis a me et a predecessoribus meis nec non et a quibuscumquealiis sibi concessis et etiam consuetudinibus suis et bonis usibus hucusque habitis et obtentis. Si autem, quod absit, ab hujus modi libertatibus et pactionibus in aliquo resilirem, vel alius per me, volo et concedo quod venerabiles in Christo Patres Dominus Archiespiscopus Lugdunensis, Eduensis, Lingonensis, Cabilonensis Episcopi qui pro tempore fuerint, homines meos et terram meam excepta villa Belne, prout juridictioni eorum subjiciuntur, supponent interdicto sine aliqua offensa mea usque ad satisfactionem condignam, irrefragabiliter observando. In hujus autem rei testimonium presentes litteras dictis Majori et communie tradidi sigilli mei munimine roboratas. Actum publice anno Domini m" ducentesimo tricesimo secundo.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.


Robertus Dei gratia prime Lugdunensis ecclesie Archiepiscopus (f) universis presentes litteras inspecturis eternam in Domino salutem. Noveritis quod nos ad petitionem et instantiam dilecti consanguinei et fidelis nostri Hugonisducis Burgundie promisimus et tenemur hominibus ejusdem ducis ville Belne quod si idem dux per se vel per alium resilierit a libertatemarcharum argenti quam ipse dedit et concessit eisdem hominibus Belne et heredibus eorum in perpetuum, aut si résilient a pactionibus que in carta ex inde confecta continentur plenius sigillo ejusdem ducis sigillata et dictis hominibus tradita in anno domini millesimo ducentesimo tricesimo secundo. Nos'usque dum ad libertatem predictam tenendam et ad alias pactiones carte sue predicte tenendas et observandas redierit et dampna eisdem hominibus ex inde facta integraliter restituerit terram suam et homines suos ubicumque sint in nostra provincia preter villam Belne indelectum sufiraganeorum nostrorum quorum litteras super eisdem pactionibus penes se habent sicut intelleximus homines Belne predicti districto supponemus interdicto et faciemus firmiter observari premissa tamen competenti monitione, et hoc faciemus quocienscumque clamor dictorum hominum super resultum dicti ducis ad nos pervenerit aut per certum mandatum ipsorum nobis fuerit nuntiatus. Quibus hominibus vel cui certo mandato credemus de resultu ejusdem ducis per suum proprium sacramentum. In hujus rei testimonium presentes litteras sigillo nostro duximus roborandas. Actum anno domini millesimo ducentesimo tricesimo secundo.

Garantie de la charte des marcs, par Robert, archevêque de Lyon.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune. (1) Cf. clmr'n de garantie des marcs de la ville de Dijon, no XXV11I, p. 47.

cxxvin

1232.


Guido Dei gratla Eduensis Episcopus, universis presentes litteras inspecturis, eternam in Domino salutem. Noveritis quod ad requisitionem Hugonis ducis Burgundie promisimus et tenemur hominibus ejusdem ducis ville Belne, quod si idem dux per se vel per alium resilierit a libertate marcarum argenti quam ipse dedit et concessit eisdem hominibus Belne et eorum heredibus in perpetuum; aut si resilierit a pactionibus que in carta super hoc confecta continentur plenius, quam idem dux dictis hominibus sigillo suo sigillatam tradidit in anno Domini m°cc° tricesimo secundo. Nos usque dum ad libertatem predictam tenendam et ad alias pactiones carte sue predicte tenendas et observandas redierit et dampna eisdem hominibus ex inde facta integraliter restituerit terram suam et suos ubicumque sint in nostra diocesi preter villam Belne, homines districto sub ponemus interdicto et faciemus firmiter observari competenti monitione premissa, et hoc faciemus quocienscumque clamor dic!orum hominum super resultu dicti ducisadnospervenerit aut per certummandatum ipsorum nobis fuerit nuntiatus, quibus hominibus vel cui certo mandato credemus de resultu ejusdem ducis per suum proprium sacramentum. In hujus rei testimonium presenti pagine sigillum nostrum apposuimus. Actum est hoc anno domini millesimo ducentesimo tricesimo secundo.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune. (l) Cf. la charte semblable accordée aux habitants de Dijon, n» XXXIX, p. 42.

Garantie semblable, donnée par Guy, évêque d'Autun.

CXXIX

1232.


cxxx

Garantie semblable, donnée par Guillaume, érêque de Chalon.

1232.

Willelmus Dei gratia Cabilonensis episcopus (1) universis présentes litteras inspecturis, eternam in Domino salutem. Noverit quod ad requisitionem Hugonis ducis Burgundie. Le reste identique à la charte précédente.

CXXXI

Confirmation de la charte de commune de Beaune, par le dun Robert Il.

1275 (octobre).

Nos Robertus dux Burgundie notum facio universis presentes litteras inspecturis quod nos juravimus bona fide servare communiam Belnensem in franchisia et bonis consuetudinibus sicut in carta bone memorie Odonis ducis Burgundie avi nostri plenius continetur. lu cujus rei testimonium et munimen perpetuum litteris istis sigillum nostrum duximus apponendum. Actum anno domini millesimo ducentesimo septuagesimo quinto, mense octobris.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de laCommune.– Imprimé dans Pérard, p. 281.

(1) Cf. la charte semblable accordée aux habitants de Dijon, no XL, p. 42.


CXXXII

Charte du duc Robert, qui supprime la prestation des marcs ,1a remplace par une taille annuelle, et autorise les magistrats à lever des impôts pour les besoins de la commune. 1283 (décembre).

In nomine sancte et individue Trinitatis, Amen. Nos Robertus dux Bu.rgundie, notum facimus universis presentes litteras inspecturis, vel audituris, quod nos concedimus hominibus nostris communie Belne, ut de ducentis marchis argenti (1), in quibus singulis annis nobis ducibus Burgundie tenentur, prout in carta communie Belne continetur, ipsi homines sint liberi etimmunes, et de dictis etiam ducentis marchis argenti ipsos homines liberamus absolvimus et quittamus, in hune modum. Quicumque sit de communia predicte Belne, domicilium habens, morans homo noster apud Belnam habens aut habiturus quoquomodo in bonis valorem seu extimationem sexcentarum librarum monete Turonensis parve et plus, quantumcumque habeat, aut a quibuscumque personis aquirat, solvet nobis, vel mandato nostro, quolibet anno, duas marchas argenti tantum et non plus. Ille autem qui non habebit in bonis valorem seu extimationem sexcentarum librarum Turonensium monete predicte, descendendo de quibuslibet centum libris dicte monete Turonensis, solvet nobis, vel mandato nostro, quolibet anno, viginti solidos dicte monete Turonensis et non plus. Qui vero minus habebit de centum libris dicte monete, secundum minus descendendo, persolvet secundum modum extimationis bonorum suorum. Ille vero qui habebit in bonis valorem seu extimationem decem librarum tantum dicte monete Turonensis, vel minus, si sit persona que possit ex artificio suo victum et vestitum sibi acquirere, solvet nobis, vel mandato nostro, duodecim denarios dicte monete Turonensis et non plus. Qui solvere volet duas marchas argenti jurare valorem seu extimationem rerum suarum vel bonorum suorum non compelletur; sed qui duas marchas argenti solvere noluerit, vel recusaverit valorem seu ex-

(1) Cf. l'accord conclu en décembre 1284 entre le même prince et la commune de Dijon, charte XLVI, page 48. La même cause produisit des résultats identiques dans les deux communes, avec cette circonstance aggravante pour Beaune, que l'incendie qui avait dévoré la ville le 30 juillet 1273 avait encore accru la misère des habitants.


timationem bonorum suorum jurabit in presentia Majoris etscabinorum communie Belne, et mandati nostri, si velit mandatum nostrum interesse. Si Major et jurati intelligerint jurantem esse bone fame credetur eidem juranti, ex suo simplici solo juramento sine alia omni inquisitione vel.probatione super hoc facienda. Si vero sinistra suspici© habeatur de jurante, Major et scabini inquirent per quiaque de vicinis fide dignis et propinquioribus hinc et inde super hoc juratis, valorem seu extimationem bonorum ejusdem cujus sinistra suspicio habetur et si repererint per juramentum majoris partis dictorum vicinorum, illum cujus sinistra suspicio habeter, habere in bonis majorem valorem seu extimationem quam juraverit, de majcri valore seu extimatione, ille qui juraverit cujus sinistra suspicio habebitur, secuudum formam et modum supradictum usque ad dictas duas marchas solvet tantum, absque pena vol emenda solvenda vellevanda. Quicumque motu proprio voluntatis, mandato nostro concordaverit alias etiam quam predictum est satisfaciendo, volumus et concedimus éos esse quiltos, et liberos, et immunes. Major et scabini facient preconizari post festum Omnium Sanctorum quod quicumque sit de communia Belne, domicilium habens, morans homo noster apud Belnam satisfaciat de marchis et pecunia predictis in terminis statutis, secundum valorem et extimationem bonorum suorum, ad modum supradictum terminorum, quibus satisfaciet de marchis et pecunia predictis. Primus eritin octavis festi beati Andree Apostoli, in quo satisfietde medietate; secundus terminus in quindena Pasche, in quo de alia medietate satisfiet.Major et scabini nolentes satisfacere de pecunia et marchis predictis secundum formam et mcdum predictum, ad requisitionem mandati nostri, compellent ad satisfaciendum, per bonorum suorum, non corporura, caplionem. Si sint aliqui rebelles ad jurandum vel satisfaciendum ut predictum est, si mandatum nostrum petat a Majore et scabinis eos cogi ad jurandum vel ad satisfaciendum et Major et jurati dicant quod eos commode cogère nonpossint, mandatum nostrum poterit eos cogère ex ista causa, absque corporis captione. Ab illis autem qui de pecunia et marchis predictis, juxta modum predictum, satisfecerint, vel satisfacere voluerint, neque nos, neque mandatum nostrum possumus, neque Major, nec scabini predicti possunt vel debent pro illis qui de marchis et pecunia predictis satisfacere noluerint, aliquid petere, nec cogere pignorare, gaigiare, ad solvendum vel satisfaciendum pro illis qui satisfacere noluerint tamen ipsi satisfacientes vel satisfacere volentes pro extimatione bonorum suorum, juxta modum pro aliis satisfacere nolentibus minime teneantur. Filios aut filias, conjugatisint/aut non morantes cum patribus vel matribus vol aliquo ipsorum a duabus marchis


argenti et pecunia predictis volumus et concedimus esse quittos liberos, et immunes, fratres, sorores, nepotes, neptes, et ceteri descendentes qui partit! non fuerint vel divisi, pro una persona reputabuutur, et ut una persona duabus marchis argenti et pecunia predictis satisfacient, juxta modum predictum. Si vero predicte persone partite et divise fuerint quamvis in simul moram facient. tenentur ad solutionem marcharum et pecuniarum predictarum, secundum formam supradictam. Liberi, fratres, sorores, nepotes, neptes, et ceteri descendentes, existentes in avoëria (1), a duabus marchis argenti et pecunia predictis erunt quitti, et quitte liberi, et libere immunes, donec sint majores annis, secundum patrie consuetudinem. Guidonem Balduini dominum Cherreij (2), et semper unum ex heredibus suis et heredum suorum perpetuo descendentem, pro una marcha argenti, quolibet anno nobis vel mandato nostro solvenda et Girardum Fleichart pro nichilo solvendo, et suos heredes perpetuo. Parisetum Bolerant, quamdiu vivet, pro nichilo solvendo. Relictam Magistro Jacobi apothecarii quamdiu vivet, solummodo pro quinque solidis quolibet anno per cursum vite sue persolvendum. Et Remigium revenditorem, quamdiu vivet solummodo, pro nichilo solvendo. Pro carreriis (3) Belne reparandis, a duabus marchis argenti et pecunia predictis volumus et concedimus esse liberos et immunes. Pignora vel gaigia que Major et scabini Belne capient, seu capi facient ab illis qui de duabus marchis argenti vel de pecunia predictis non satisfecerint, postquam mandato nostro tradita fuerint, per octo dies continuos servabuntur, antequam vendanlur. Dolia et cupe in extimationem bonorum computabuntur, et omnia utensilia hospitij, quecumque sint, et veslesconsute, in valore seu extimatione bonorum non computabuntur. neque reputabuntur. Vestes empte ut revendantur, etutensiliahospitiorum, quehabenturad opus hospitumsuscipiendorum, in valore seu extimatione bonorum reputabuntur. Quicumque sit Major communie Belne, in anno seu annis sui regiminis ipsum a duabus marchis argenti et pecunia predictis quittamus, volumuset concedi mus esseexceptum, liberumet immunem. Nos, vel dux Burgundie, vel quicumque successor, nostri seu alij causam habentes, per nos vel peralium petere non poterimus ab hominibus communie Belne predictas ducentas marchas argenti, que per conveutionespredictas duarum marcharu m argenti et pecunie predictarum per exti- mationem bonorum juxta modum predictum quitte sint et remisse, et contenta predictis conventionibusexeadem causa debentur, exque predicte ducente marche (1) Avoeria, tutelle.

(2) Cliorey, près Beaune.

(3) Rues de la ville.


debentur. Hommes communie Belne bucexiantes de communia, seu recedentesa communia, et de communia non existentes volumus et concedimus a satisfactione et a probatione satisfactionis super duabus marchis argenti et pecuniapredictisesse quittos,liberoseHmmunes, msideannouHimoinquoabeissatisfactionisprobatum exigetur. Homines communie Belne recedentes a Belna ubicumque se transferant vel morentur, tenebunt et habebunt bonasuaomnia et singula, ubicumque sint sita, etde dictis bonis suis omnibus suam poterunt facere plenariam '^luntatem, tam libere quam ante conventiones que in istis litteris continentur, etante confectionem presentium litterarum ea tenere potemnt vel debebunt ita quod per hoc juri nostro nullum prejudicium auferatur, et dictis hominibus nibM conqueratur, preter id quod supra est expressum de duabus marchis argenti et aliis summis prediclis, pro quibus secundummodum predictum ducente marche que nobis ante presentis littere confectiouem ab hominibus nostris Belnensibus debebantur, remisse sunt et quittate. Si quid juris, rationis vel actionis sit acquisitum predictis hominibus ex facto nostro vel predecessorum nostrorum vel aliquis ipsorum, vel aliqua alia ratione qualitercumque, secundum tenorem instrumentorum suorum litterarumque suarum, aut alias, volumus et concedimus eisdem hominibus esse salvum litteiïs presentibus nonobstantibus et conventionibus prenotatis. Major et scabini communie Belne, pro negotiis dicte communie ville Belne poterunt imponere aut inducere hominibus predictis communie ville Belne, et levare a dictis hominibus quantamcumque summam pecunie voluerint, et quamcumque viderint expedire; et si adjactusdiclorumnegotiorum dicte communie ville Belne faciendos mandatum nostrum interesse voluerint, intererit in hoc socius, tanquam unus de scabinis ville Belne, et jurabit super sancta Dei Evaugelia, quod in dictis jactibus dictarum missionum faciendis bene et fideliterse habebit. Etsciendum est, quodvirtutehujusmodi littere, vel eorum quiinpresenti liltera con tinentu r, super hominesprediclos vel super bona sua, sive ratione possessionis, sive proprietatis vel receptionis pecunie, aut marcharum predictarum, cxigere non possumus, nec dicti homines super nos, nec reclamare plusjuris aut rationis, quam poteramus et debebamus ante presentem littere confectionem, vel perfectionem corum que in presenti littera continentur; omnibus tamen punctis et articulis presentis littere durantibus in sui roboris firmitate. Promittirnus insuper, pro nobis et nostris heredibus et successoribus nostris, et causam a nobis habentibus, per stipulationem legitimam et solemnem, et per juramentum nostrum super Sancla Dei Evangelia corporaliter prestitum, omnia privilégia et omnes libwtates generaliter aut specialiter, a predecessoribus nostris, aut a nobis,


vel a quibuscumque, dictis hominibus concessis, et concessa inviolabiter observare. Volumus quod usus et consuetudines rationabiles predicte communie ac hominumpredictorum, nullo modo refringi per ea que in presenti litlera continentur ita quod perhocjuri nostro nullum prejudicium auferatur, et dictis hominibus nichil novi queratur, preter id quod super est expressum, quod de duabus marchis argenti et aliis summis predictis, pro quibus, secundum modum predictum, ducente marche, que nobis ante confectionem presentis littere ab hominibus nostris Belne debebantur, remisse scilicet et quittate. Obligantes nos, et nostros heredes, et successores, et causam a nobis habentes, per nostrum jam prestitum juramentum, ad omnia singula supradicta, ac si specialiter essent innumerata proposita, et ita firmiter tenenda, et in perpetuum inviolabiliterobservanda, et in nullo contravenire promittimus, per nos vel per alium, ut nec contravenire volenti in aliquo consentire verbo signo vel facto, seu consensu tacite, vel expresse, aut modo alio qualicumque vel quocumque. Volentes et.concedentes, cjuod si aliqua contrarietas, repugnantia, dubletas, obscuriias, aut duplicitas inveniaturaut reperiatur, quocumque modo et quocumque tempore, in privilegiis, instrumentis, litteris, et cartis dicte communie Belne, ex qua in dictis privilegiis, instrumentis, litteris et cartis, sive antica vel nova sunt. et continentur et exponentur, secundnm quod melius et utilius poterunt intelligi, rationabiliter ad utilitatem dicte communie et hominum predictorum ac exponi. Renunciamus siquidem in hoc facto, ex certa scientia, per juramentum predictum, exceptioni doli mali, lesionis, vel deceptiouis. In factum, omni actioni nabis et nostris heredibus sive successoribus vel a nobis causam habentibus, quantum ad revocandum predicta vel aliquid de predictis competenti vel in futurum competiture implorationi judicis officij et prelati constitutioni presente utroque, et omni auxilio totius juris canonici et civilis, et omnibus exceptionibus, juribus, rationibus, allegationibus, deffensionibus totius juris et facti, et aliis quibuscumque, que contra presens instrumentum vel factum possent obiici vel opponi, et juri dicenti generalem renunciationem non valere. In quorum omnium testimonium et munimen perpetuum litteris istis sigillum nostrum duximus apponendum. Actum anno Domini cc° octogesimo tertio, mense decembris Philippo Rege Francorum nunc regnante. ·

Original Archives de la ville de Beaune, Contributions. Copie du temps Archives de la Côte-d'Or, Chambre des comptes de Dijon. Cartulaire, B 10423, folio 109, verso.– Imprimé dans Pérard; p. 276.


CXXXÏII

Hatificaticm de la charte précédente par la commune de Beaune, et traité avec le même prince pour l'acquittement des dettes de la ville.

1283 (décembre).

In nomine Domini, Amen. Anuo incarnationis ejusdem millesimo ducentesimo octogesimo tertio, mense decembris nos Hugo de Pomarco Major, Guido Jomers, Guido Balduini juveiiis, Hugo Scambifor, Perrellus Ynglote, Renaudus Porcherii, Johannes Cambellani, scabini et communia Belnensis notum facimus omnibus présentes litteras iuspecturis vel audituris, quod cum dominus noster kanssimus Robertus dux Burgundie, ex sua mera et libérait gratia nobis concesserit, quod de ducentis marchis argenti in quibus singulis annis tenebamur, ipsi Domino luci Burgundie, prout.in quarta ncstra continentur, nos et nostri successores perpetuo sumus quitti, liberi et immunes in hune modum: quod quicumque sit de communia Belnensi domicilium habens, morans homo dicti domini Ducis apud Belnam habens aut habiturus quoquomodo, in bonis valorem seu extimationem sexcentarum librarum Turonensium monete parve, vel plus, quantumcumque habeat, auta quibuscumque personis acquirat, solvetipsidomino Duci, vol mandato suo, duas marchas argenti tantum, et non plus. Et ille qui non habebit valorem seu extimationem sexcentarum librarum Turonensium monete parve, descendendo de quolibet centum dicte monete Turonensis, solvet sibi, vel mandato suo, quolibet anno, vigiuti solidos dicte monete Turonensis, et non plus. Si vero minus de centum libris Turonensibus descendendo minus solvet, secundum modum quod in quadam littera que a dicto domino Duce habemus, plenius continetur. Nos videntes nostram communiam ex pluribus et arduis debitis oneratam, que, prout debentur ad presens non possunt sine maxirno damno dicte communie persolvi neque reddi unanimiter et concorditer agimus et tractamus cum domino Duce predicto, in hune modum quod dictus Dominus Dux tenetur solvere pro nobis Petro Nicon burgensi Clugniacensi nonagintas et sexaginta libras Turouenses et Danieli Ysuardi civi Astensi octies viginti et tresdecim libras Turononses, per terminos supra hoc statutos et prefixos, et quamdiu vivet Magister Johannes de Lugduno clerieus ipsius domini Ducis, ei-


dem Magistro Johanni singulis annis quamdiu vivet idem Magister Johannes, centum libras Turonenses, et nos et nostros successores de eisdem acquittare et idempnes modis omnibus observare. Nos eidem domino Duci concedimus ratione dicte gratie et debitorum quorum persolvet supradicta, quod istud abonamentum usque ad annos septem proximo et continue venturos, qui incipient in octabis festi beati Andree Apostoli, qued erit anno Domini millesimo ducentesimo octogesimo quarto, dicto domino Duci duplicetur, et duplum eidem persolvatur ab omnibus suis morantibus apud Belnam, salvo nobis et supervenientibus in villa Belnense, quod supervenientes de dupplo istius abonamenti nihil solvent, immo sint quitti et liberi pro simplici persolvendo, videlicet pro quolibet centum librisTuronensibus pro viginti solidis Turonensibus, et de plus ascendendo usque ad duas marchas que non possunt excedi et diminuendo de minori numéro minus, secundum quod in quarta quam habemus a domino Duce supradicta continetur, exceptis illis qui convenerunt nobiscum de re certa solvenda et illis cum quibus convenimus de nichilo sol vendo qui super abonamento isto se transibunt,secundum quod in litleris quas a dicto domino Duce habemus continetur, et salvo nobis et nostris successoribus et heredibus quod dictis septem annis elapsis quod nos et nostri heredes et successores de dicto dupplo perpetuo sumus quitti, liberi penitus et immunes et quod presens instrumentum nostri neque suceessoribus nostris non possit prejudicium generare, et quod propter hoc instrumentum dominus Dux neque sui heredes sive causam ab ipso habentes super nos neque super nostris heredes neque successores neque super bona nostra aliquid juris sive proprietatis, possessionis aut saissine sive receptionis marcharum et pecunie predictarum, non possunt reclamare, et quod omnes alie littere nostre libertatis et franchisie in sui roboris perpetuo permaneant firmitate. In quorum omnium testimonium et munimen litteris istis sigillum dicte communie duximus apponendum. Datum anno et mense predictis.

Scellé du sceau et du contre-sceau de la commune en cire brune à double queue de parchemin pendante.

Originaux Archives de la ville, Contributions. Archives de la Côte-d'Or, B 824, Châtellenie de Beaune, Pommard et Vollenay. Imprimé dans Pérard, p. 280.


CXXXIV

Déclaration du duc Robert II, au sujet d'un servira militaire rendu par les habitants de Beaune. 1300 (27 juin).

Nous Robertz duc de Borgoigne faisons savoir à touz que comme li homes de la commune de Beaune haient esté en nostre chevauchie dou siège devant Authume (1) à les despanz et missions; nostre intantions n'est pas, ne ne volons que cils servises deorandroit qu'il nous hont fait en la dicte chevauchie, tourt à préjudice à aux, ne es privileges de la dite ville, les quex ils hont de nos devantex et de nous, hains lor soient saul en l'estat devant.

Donné à Argilley (2) souz nostre seaul, an tesmoin de ce, le lundi après la feste Saint Jehan Baptistre, l'an de grace mil trois cens.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

cxxxv

Déclaration du bailli de Dijon touchant les droits de justice de la commune de Beaune. 1304 (25 mai).

A tous cels qui verront ces présentes lettres, Nos Jehan des Granges, Baylliz de Dygon, facons savoir que com Ii Maires et li eschainz de Beaune à nostre requeste nos haient fait et laissier parler à une femme que il tiennent en lor prison. Nos lor promettons en bone foy por nos et por nos successours, que il n'est de nostre entancion, ne ne volons que il leur tornoit ne face préjudice à aux, ne à lor commune quant à enffreindre ne corrompre aucun des pointz de lor privileges ou de lor franchisses, ne ne povons reclamer possession ne saisinee pour ce (t) Authnme (Jura).

(i) Argilly, canton de Nuits (Côte-d'Or). Les ducs de Bourgogne y possédaient un château, dftmoli durent les troubles de la Ligu


fait de parler dois or en avant à prasonier que il baient ne tiennent ou tamps à avenir se n'esloit de lor grey et de lor velunté. En tesmoingnage de la quelle chouse, nous avons mis nostre seal à ces présentes lettres. Donné le lundi après l'octave de la Penthecoste l'au de grâce m ccc et quatre.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.

CXXXVI

Confirmation de la charte de commune, par le duc Eudes IV.

1317 (30 décembre).

ln nomine Domini, Amen. Ex tenore hujus presentis publici instrumeuti ad universorum noticiam deducatur, quod anno incarnationis Domini millesimo ccc° decimo septimo videlicet ultima die mensis novembris, indictione prima, pontificatus sanctissimi patris ac domini nostri Domini Johannis digna Dei providentia pape vicesimi secundi, régnante illustrissimo ac potentissimo principe domino Philippo Dei gratia Francorum et Navarre rege. In mei notarii et testium subscriptorum presentia, in ecclesia beate Marie Belne, hora quasi prima ipsius diei, ad illustrissimum ac potentissimum baronem dominum Odonem ducem Burgundie in eadem ecclesia presentem, ejus venerabili consilio, Major, scabini, ceterique homines de communia ville Belne cornu preconizato ut moris est ibidem congregati, et qui ibidem interesse voluerunt et commode potuerunt ipsum dominum ducem humiliter et dévote supplicando requisierunt, quod quum ipsi haberent libertatem et franchisias a predecessoribus ipsius domini Ducis et concessas et etiam confirmatas, quas quicumque dux Burgundie jurare et conservare teneatur juxta formam seriem earumdem que eas observare, jurare placeret. Nec non litteras conlirmatorias eisdem a quibuscumque concessas laudare ac etiam approbare prout predecessores sui hactemus hoc facere juraverunt. Super quibus pro parte dicti domini Ducis ab ejus venerabili consilio gallice fuit responsum per vocem magistri Petri de Sinemuro ejus consiliarii clerici que et cancellarii in modum qui sequitur ot in formam « Seigneurs, Messires li dux Eudes vous donna commune et franchise, Messires li Dux y ci présenz est bien enformez que ses pères la jura ausi. Messires Ii Dux vuet enseigre.les bons fais de ses devaiitiers espéciaulmant de Monseigneur le


duc Robert cuy Deux absoille, son père et de ses prédecessours le jure auxi. Encour vuet et octroye à la dite commune de Beaune, li diz Messires li Dux, que se en aucuns cas les dites libertés et franchises aucunes de ses gens sanforcoient de enfraindre de fait la quelle chouse ne soit, tantost après ce que il sera enformez dehuemant de la dite enfraction, que il fera ladite infraction remettre en estat dehu, saul son droit et l'autruy. »

Omnibus dictis, idem dominus Dux de libertatibus et franchisiis dicte communie datis et concessis firmiter tenendis et inviolabiliter observandis, secundum formam, tenorem et naturam dicte responsive in presentia corporis Christi, tactis sanctis Dei Evangeliis solitum prestitit juramentum. Super quibus idem dominus Dux et ejus consilium voluerunt quod ego notarius publicus infra scriptus de omnibus et singulis supra scriptis darem et conficerem dictis Maiori, scabinis et communie ville Belne ad requisitionem instantiam ipsorum tales litteras, quas maluerint sub quovis sigillo placuerit eisdem ac tale instrumentum et forcius quod eisdem placuerit; et quod et quas dictari poterunt ad dictamen sapientium. Acta sunt hec anno die, mense, hora, indictione et pontificatu predictis. Presentibus nobilibus viris dominis Guillelmo domino de Chaudenayo (1), Alixandro de Blaiseyo (2), Ponceo de Nuxeyo (3), militibus, domino Symone Joberti, Guidone de Sancto Romano, canonicis dicte ecclesie beate Marie Belne, Therrieto Robellier dicti domini Ducis valleto, et pluribus aliis ad premissa testibus et rogatis.

Et ego Thiericus de Albomonte clericus, habitator Belne, auctoritate regia publicus notarius dictorum domini Ducis et ejus venerabili consilii presentie requisitioni dictorum Majoris, scabinorum et habitantium ville Belnensis eidem Duci per ipsos facte responsum juramenti corporalis prestatione litterarum que instrumentorum concessiori, et omnibus aliis et singulis suprascriptis modo premisso expositis una cum dictis testibus presens interfui. Inde hoc presens publicum instrumentum et signo meo solito signavi rogatus.

Et ego Thiericus predictus auctoritate sacri romani imperii publicus notarius in premissis omnibus et singulis suprascriptis prout superius de verbo ad verbum exprimatur, una cum dictis testibus presens interfui. Inde hoc presens instrumentum iterum publicari et signo meo solito signavi rogatus.

TH. DE Albomonte.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune. (I) Guillaume, seigneur de Chandenay.

(î) Alexandrc de Blaisy.

(3) Ponce de Noyers.


CXXXVIÏ

Déclaration de Hugues de Montperroux et de Guillaume de Chaudenay, chevaliers, conseillers du Duc, au sujet de leur présence aux élections municipales de Beaune.

1320 (28 juin).

In nomine Domini, amen, anno incarnationis ejusdem millesimo ccc° vicesimo, die martis in festo nativitatis beati Johannis Baptiste, vicesima octava die mensis junii. indicione tertia pontificatus sanctissimi patris ac domini Johannis digna Dei providentia Pape xxii anno quarto. In presentia mei notarii publici et testium subscriptorum. In vergeyo seu viridario Prioratus sancti Stephani Belnensis (f), homines communie ville Belne ibidem more solito congregati, scilicet illi qui intercessi, voluerunt et commode potuerunt ad electionem Majoris et scabinorum celebraadam videntes et perpendentes, Dominos Hugonem dominum de Montrepetroso (2) et Guillelmum dominum de Chaudenayo milites et consiliarios nobilissimi et potentissimi principis domini ducis Burgundie, in eadem celebratione personaliter interesse, cum interesse non deberent nec sua intert et, ne in posterum aliquo quovis colore quesito dampnum seu prejudicium dicte communie in celebrationem Majoris et scabinorum futurorum possit generari ipsos requisiere unanimiter nemine discrepante ut de celebratione predicta recédèrent. Qui milites et consiliarii respondentes, dixerunt « Domini, non ad hue venimus, sed pro bono pacis et ad vos consulendos « si vobis videatur expediens atque bonum, non ad derogandum libertatibus seu « franchisiis vestris, sed eas in omni parte vobis volumus esse salvas, nec est in« tentionis nostri qui per nostram presentiam vobis nec predecessoribus vestris « dampnum, prejudicium, seu aliqua dubietas vel oscutitas generare valent in « futurum. Et de hoc vobis volumus dari et confici publicum instrumentum « unum et que plura.H Super quibus dicti homines pecierunt a me notario pu-

(1) Le prieuré de Saint-Etienne était le plus ancien sanctuaire de Beaune. 11 dépendit longtemps de l'abbaye de Saint-Bénigue de Dijon, qui céda tous ses droits aux carmélites, qui s'y établirent en 1619. C'est dans son verger qu'avaient lieu les élections municipales et les assemblées de la commune avant la construction de l'hôtel de ville.

(2) Hugues, seigneur de Montperroux, chevalier, conseiller du duc Eudes IV, fut l'un des témoins de son contrat de mariage, en 1316, avec Jeanne de France, fille de Philippe le Long.


blico infra scripto sibi dari et fieri publicum instrumentum. Acta sunt hec presentibus Euvrardo Clementi publico notario, Per'-onet de Chaynex, clericis et pluribus aliis ad hoc vocatis testibus et rogatis, anno die, mense loco, indictione et pontificatus predictis. Et ego Thierricus de Albomonte,Tullensis diocesis clericus, sacro sancte Romane ac universalis ecclesie iinperiali et regia auctoritate publicus uotarius, prcmissis requisitioni respousionibus. inde subhactis et omnibus aliis et singulis dum dicerentur el proponerentur et agerentur una cum dictis testibus presens interfui, inde hoc presens publicum quod conscribi feci in formam publicam redegi, tune que me subscripsi et signo meo solito signavi vocatus et rogatus.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.

CXXXVIII

Cession faite par le chapitre de l'église Notre-Dame de Beaune, au duc de Bourgogne Eudes IV, de tous les hommes qu'il avait audit Beaune et à Monlceau, en échange du droit d'avoir quatre sergents et de la propriété du moulin Monneau.

1320 (19 août).

A touz ceulx qui verront et orront ces présentes lettres. Nous Eudes dux de Bourgoi ligne, facons savoir que nous considérant et attendant sur ceu les grant pi'oliz et utilitez de noz et de noz successeurs ou de ceulz que auront cause de nous, tant pourle temps présent quant pour le temps avenir. Façons permutation et échange perpétuel ensamble honoraubles et discretes personnes Monseigneur Guillaume deAix, Symon Jobert et Pierre de Sanligny, chagnoinesde l'eglise Notre Dame de Beaune, procureurs et en nom de procureur dou chapitre de la dite eglise, de la quelle procurature la tenour est telx, en la forme et en la manière qui sensuigvent, etc. C'est assavoir pour ceu que li diz procureur pour celx et en nom comme dessus nous hont baillié, quittié et délivré pour eaux et pour leurs successeurs en la dite eglise touz les hommes et femmes que ilz havient, tenient et possedient en toute la ville de Beaune (1). C'est assa;1) Quand, en 1203, le duc Eudes III érigea la commune de Beavie, il ne possédait qu'une partie du domaine de la ville. L'autre portion, connue sous le nom de Bourg-Neuf, de Champagne, Camprmia, appât-


voir Hambelot de la Doix (1) Belot femme Piereaul de Aceaux (2) Jehannot le Rohyer, Humbert Teste, lez hoirz Arnoul Beverant, Perreault le tonnelier.Qudot le Agnelot femme Jeannin Domino (3) et son fil, Bonnote femme Tevenot Beroing, Perrenot de Ternant (4), Constantin Teste, Guillemot de Lonvi la femme Loret au Blainchot, Barthelemet le Perrier, Andué le Parvier, Bon amy fil Gaucher le Parvier, André Teste, Robert le Mostre, Comtasse femme Quiénot de Baumes (5), Tomas Comtasse. Guilliez Comtasse, Guillemot Comtasse, Constantin de Buncey (6), Guillome de Crepet (7) Chastellain fil Perreaul Augeyne, Guillemele femme Constantin du Pelletier, Guillemot de Barnardot, Perreaul Tourteaul, Colas le Bruandet, Guillemete femme Perrenot, Marye Margueron femme Perrenot Belin, Guillaume Quarrey, les enffens à la Meriguilliere, Comtasse femme Jacot de la Doix, Jehan le Motot, Oudenot de Serrigny, Gelot d'Ostun, Gelot Brouher, Michelotle Chapusot, Guiot Beroing, Monin de Grosbois (8), Juhanne la Gaite et ses enffans, Garin Oiseaul et sa famme, Guyart le Goyn, Dado Symonot le Perrier, Perrin le Perruo, Robert fil Maillot de Buncey, Juhannotte Doterain Guillaume Lorance Regnault le Fireton Guillemette, femme Odot au Potier, Martin Chouart Guillaume Bocilon Thevenette et Jacoti filles à la Béguine, Robin de Dijon, fil Philibert Landry, Sengnors le Verrier, Humbelot le borsier, Henriot gendre Garnier de Dijon, Thiebault le boursier, Gelot le boursier, Marguerite femme Andrié le maçon, Rocelin le maiselier, Moiraul Tarperaul, le fil Lorent le chapuix, la femme Regnaudin le serrurier, Regnault le pourpointier, Hugues le boursier la femme Colot et son filz Estevenot le chaucier, Poi-renon femme Constantin Loute Margueron la tissiere, Hugueote femme maitre Michel, Regnault Chaucheterre, Monnin le potier, Nicolas Gaudirot, Hugues Melene, Jehanne femme Hugues Guyard, Belin Quarrey, Neber

tenait en toute propriété au chapitre de Notre-Dame. Elle comprenait tout l'espace au nord des murs du Castrum, entre les portes actuelles de Saint-Martin et de Saint-Jean, en remontant à droite et à gauche, de manière à envelopper tout le faubourg Saint-Nicolas. C'était donc une seigneurie identique à celle de la vicomté de Dijon (voir plus haut, page 46), sur laquelle le Duc ne pouvait exercer aucune action directe, d'où il s'ensuit que les hommes demeurant dans ces quartiers ne purent participer en aucune façon aux avantages créés par la charte et qu'ils demeurèrent dans la complète dépendance des chanoines, jusqu'au moment où le duc Eudes IV, aussi bien dans un but politique que financier, les réunit par un échange au corps de commune de la ville,

(1) La Douée, commune de Serrigny, canton de E:aune.

(S) Arceau, canton de Dijon.

(3) Famille dont il existe encore des représentante à Beaune.

(4) Ternant, canton de Gerrey.

(5) Baumes, commune de Créancey, canton de Pouilly.

(6) Buncey, canton de Chàtillon- sur-Seine.

(7) Crépey, commune d'Aubaine, canton de Bligny-sur-Ouche.

(8) Grosbois, commune de Corgengoux, canton de Seurre.


dessus Roins (1), Jeanne femme Lequifer Jacot Loichotte li Dame et ses filz, Regnaude femme Colas au vivier, Perrenot Groyn, Alixan, femme Nicolas au chaucier, Clemence femme Robert Otheneaul, Michiel le Normtault de Sissy (2), la femme Martin au Muneret, la femme Jeanette Mathelier,le filz Lorant Dun de Folot, Jacot de Fontaines, Richard le chapuix, Arnoul fil Durant le Moniet, André le Moniet Gctherot filz à la Vanne, Guillemin le masson les hoirs Martin le Mugnie, Amant de Tailley (3), Lorent son filz, Martene du Bourc, Bienvenue la coffiere Guilemin le Maitrot Guienot le mareschault Loiale la Montenate, Dame Agneaul dou Chasteaul, Thevenot le tonelier, Raoul de Curtilz, uilot de Ostun, Jehan Mofflet, Guyonot Bocelon, Guenot Lespieur, Baquelon Mary à la feme Arnoul Saivot, Etiene de Bezançon Jean de Salins, Legier filz Peuçot mauarcier, Gauthier Briaudet, les enffans Judas, la femme Guillaume Aufranc, Gerard Meline, Robert de Aceaulx, Robert de la Molle aigue, Guillemotte femme Hugues le Suhurre, le Auge Comtasse, femme Guiénot de Baumes, la femme Perrenot au Charton, Joceran le Maon Jehan filz au Porteret, les hoirs Aubriot, Sibille deMontSt. Jehan (4), Guillaume le boursier, le filz Jehan dela Court, les hoirs au Charreton, Guillemette fille Adeleine la mauvaise, lafemme Hugues au munier, lafilleRegnautLauvillié, la femme au CJoyn, Gillete de Couirelles (5), Regnaude femme Symonet Pellerin de Nouvalle (6), le mary Margueron de Chaudenay (7), la femmeChevrot, Perrenot Loiale, Thomas Chouart et Perrenot, leMoniot et généralement tous leurs autres hommes et fammes, qui sont et pourront estre trovez en la dite ville de Beaune, hommes et femmes de la dite église quex que y soyent et de quelque condition que ilz soyent, ensemble tous le droit et toute la action que la dite eglise puet et doit havoir es dites personnes et en leurs biens. Item pour ceu que il nous hont baillié, quitté et delivré pour cause d'oudit eschange, en nom comme dessus tous l'atrait, et toute retenue que la dite eglise ha, puet et doit havoir en la dite ville de Beaune, tant de hommes quant de femmes par queique manière que ceu soit, sans riens retenir à la dite eglise, sauf et retenu au dit chapitre et à la dite eglise que pour maintenant et ou temps à avenir lidiz chapitres pour havoir et retenir perpetuellement quatre hommes, (1) Cours d'eau qui prend sa source à Bouilland, passe à Saviguy, et se jette dans la Lauve, affluent de la Bouzaize, à Ruffey-les-Beaune.

(î) Cissey, commune de JMerceuil, canton de Beaune.

(3) Tailly, canton de Beaune.

(4) Canton de Pouilly.

(ii) Corcelles-les-Arts, canton de Beaune.

(6) Neuvelle, hameau de Serrigny, canton de Beaune.

(7) Canton de Bliguy-aur-Ouche.


hommes autres que de noz hommes de la dite ville de Beaune, de noz hoirs ou de noz successeurs ou de ceaux que haront cause de nous, pour servir au dit chapitre et à la dite église, et seront hommes de la dite eglise frans et quittes de toutes servitutes en la dite ville de Beaune pour tout le cours de leur vie, et ces quatre hommes, ou l'un de eaux mort ou s'absentoit ou forfaçoit, ledit chapitre porra en lieu d'iceaux quittié ou de l'un de eaux continuement et perpetuement retenir et havoir à metre un autre en lieu des mors, absent, ou forfaçant, tel com plaira au dit chapitre, autres que de noz hommes franc et quitte si com dessus est dit, sauf et retenu à noz et à ceaux que hauront cause de nous à touz jours mais la justice et la seugnorie tele comme il nous devra appartenir es quatre homme* dessus dit. Item et pour ceu que il nous hont baillié, quitté et delivré, posi- cause dou diteschange et en nom comme dessus les personnes que s'ensuigvent et leurs hoirs demoranz en la ville de Montceaux (1), ensamble leur mex, c'est assavoir Perreaul Perpenas, Huguote la Pepine sa niece, Jehan Perpenat, Perrenot son neveul aboniez, desquelx il havient acostumé à havoir chacun an les sommes cy desoubz escriptes, c'est assavoir des dessus nomez vint et deux soubz Digenois; item Mathelie la Pepine, aboniée pour deux soubz quatre deniers digenoiz, com Jordain le Pepenaz, aboniez pour deux soubz quatre deniers digenoiz; item Isabel la Pepine, aboniez pour deux soubz quatre deniers digenoiz; item Jehannin la Pepine, aboniée pour deux soubz quatre deniers digenoiz; item Huguelte femme Guillemin de la Forêt, abonée pour deux soubz quatre deniers digenoiz; item Simon le Perpenaz, aboniez pour deux soubz quatre deniers digenoiz; item Oudot Varoitte et ses deux enfans Bonate femme Guillemine Varoitte et deux petiz enffans, aboniez pour vint et huit soubz digenois; item et Jehan Bureaul aboniez pour saze soubz digenoix, les quelz sommes les dites personnes davient pour raison de leur mes. Ensamble tele justice et tel droit com la dite eglise ha et puet havoir es personnes dessus dites en leur hoirs et en leurs biens pour quelque cause que ceu soit. Nous en recompensation de la dite permutation et pour cause du dit eschange, baillons, quittons et délivrons dois maintenant, pour nous, noz hoirs ou successeurs ou de ceaux qui hauront cause de nous et de nos hoirs au doyen et au dit chapitre en nom de la dite eglise pour eux et pour leurs successeurs en y celle à tous jourmais le melin de Mooneaul assis sur Bosoise, entre le melin de la Doix que est dessus le dit melin et le melin du Pont que est desouz, franc et amorti de nous et de noz hoirs et de ceaulx que (1) Montceau, canton de Bligny-sur-Ouche.


hauront cause de noz. Ensamble le fons, le décours de l'Aiguë et tous les droiz et profiz appartenant au dit melin, sauf et retenu à nous et es nostres es dites chouses, la justice, la seugnorie, la baronie, le ressort, souveraineté et la guarde. Èncour quictons pour cause du dit eschange pour nous, pour noz hoirs, pour noz successeurs, et pour ceaux que hairont cause de nous ou de aux les diz doyen et chapitre et leurs successeurs en la dite eglise à tous jours mais tous le droit et toute l'action que nous havons povons et devons havoir envers aux pour cause de une charote ou de somier ou de banniere que nous havons et demander povons et devons en devant diz doyen et chapitre pour cause de la dite eglise toutes fois, que nous faciens la guerre, mandement ou chevalchée. Des quelz charrote, sonner, bannière nous, nos hoirs et successeurs et cil que hauront cause de nous ou de aux de cy en avant ne porront riens demander ne requerir ou temps à avenir es diz doyen et chapitre ne à leurs successeurs pour la cause dessus dite. Pourquoy, nous Eudes Dux dessus diz, pour nous, pour nous hoirs ou successeurs ou de ceaulx qui hauront cause de nous ou de aux des dites cho,uses nous devestons et les diz procureurs en nom de procuration du dit chapitre et pour la dite eglise, c'est assavoir de toutes les chouses dessus dites, baillées, quittées et délivrées pour nous eri la manière et pour la cause dessus dite es devant diz procureurs: nous devestons et les en en revêtons en nom comme dessus, et metons en veraie, vuede et corporée possession ou auxy perpetuellement et en iceaulx transportons tous droiz, toutes actions reaux, personnex, mixtes, utiles et directes, les quelx nous havons,povons et devons havoir pour quelque cause que ceu soit en toutes les chouses dites, sauf et retenu à nous et à ceaux qui hauront cause de nous la baronie, la souveraineté, notre ressort et la guarde en icelles, et prometons en bonne foy, en nom comme dessus et sur l'obligation de nous, de noz hoirs ou souccesseurs, et de ceaulx qui hauront cause de nous et caulx et de tous nos biens mobles et non mobles présens et à avenir les chouses dessus dites, toutes de noz baillées, quittes et délivrées es diz procureurs en nom comme dessus au doyen et au chapitre de la dite église perpétuellement garantir, deffendreet en paix tenir quietement et franchement de toutes servitutes et toute la teneur de ces lettres tenir et garder et accomplir et non venir au contre par nous ne par autrui en jugement, ne i'uerjugement, consentir que autres y vienne tasiblement ne expressement, et renonceons de certaine science en ce fait à toutes deceptions de force, de barat, de déception en aucune chouse, de déceptions oultre la moitié du juste prex à tous droiz civilz et de canon, à touz droiz entroduh et à entroduir et à tous privilèges auxy de Pape et de Roy, empetrez et à empêtrer.


Et generalement à toutes autres exceptions, allégations et deffense dedroit et de fait qui pourrient estre dites ne obissiées contre la teneur de ces presentes lettres, et spécialement au droit qui dit que generaulx renunciation ne vaul se le ospeciaulx ne devancie. En tesmoin de la quel chouse nous havons fait à mettre le sceaulde nostre chaintre en ces présentes lettres, faites et données à Monbart l'an de grâce mil trois cenz et vingt, le mardi après la me host.

Vidimus donné en 1409, par J. Brindillet, G. Paniot, prêtres, R. Gombaut et P. Bourgeois, tous notaires publics. Archives de la Côte-d'Or: Chambre des comptes de Dijon. Communes. Ville de Beaune.

CXXXIX

Déclaration de Jean, sire de Thil, touchant le contingent de sergents d'armes envoyés au Duc par la commune de Beaune, lors de la guerre de Fi anche-Comté.

1340 (2 juillet).

Nous Johans sires de Thil et de Marigners (1) facons savoir à tous que pour ce que nous emenons avec nous pour Monseigneur lou Duc en la contey de Bourgoigne (2), un quantitey de sergens en armes que nous hay anvoiez li Maire de Beaulne, nous ne voulons que point de droit noveaulx en soit acquis à Mons. le duc contre les poinz des privileges de la ville de Beaunne, ne que préjudice en soit en rien faite es diz priviléges. En tismoing de la quelle chouse, nous avons mis notre seaul en ces présentes lettres, faictes et données le dyemoinge après la feste des appostres saint Pierre et saint Paul l'an de grâce milz trois cenz et quarente.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de laCommune.

(1) Voir page 64, en note.

(2) Eudes IV avait déclaré la guerre à Jean de Chalon, sire d'Arlay, et aux nobles confédérés du comté de Bourgogne, qui s'étaient révoltés contre son autorité.


CXL

Confirmation des privilèges de la ville par le duc Philippe de Rouvres.

1359 (2 février).

Phelippes duc de Bourgoigne, conte d'Artoys et de Bourgoigne, palatin et sire de Salins, savoir faisons à tous ceuls qui verront et orront ces présentes lettres, que nous les libertés, franchises, immunités, chartres, privilèges et confirmacions d'icelles donnéz et ottroyés pas nos predecesseurs dux de Bourgoigne aus Maieur, eschevins et commune de notre ville de Beaune, si comme elles sont escriptes voulons louons, ratifflons, confermons et approuvons de certaine science. Promettans pour nous et nos hoirs par notre sarrement donné corporelment sur sains evangiles de Dieu, présens les personnes cy dessoubs escriptes, les choses dessus dictes et chascune d'icelles tenir et fermement garder sens jamais venir encontre par nous ou nos gens, et voulons que semblablement nos hoirs et successeurs quant ils venrons au gouvernement dudit Duchié le jurent s'ils en sont requis et que ce soit ferme et estable à tous jours. Nous avons ou tesmoin de ce, fait mettre notre grant seel en ces lettres. Ce fu fait et donné en l'eglise Notre Dame de Beaune. Présens Monseigneur l'évêque de Chalon (1), notre très chèr oncle, le Conte de Montfort (2), noz amés et feaulx cousins Messire Hugue de Vienne, sire de saint George et de sainte Croix (3), Messire Eude de Grancey, sire de Pierrepont, Messire Eudes de Montagu, sire de Coiches(4), Messire Jean de Montagu, sire de Sombernon (5), Messire Jehan de Froulois, sire de Molinet (6) et plusieurs autres, le second jour du mois de fevrier l'an de grâce mil trois cent cinquante neuf.

Par Monseigneur le Duc présens les dessus nommés et plusieurs autres. Scellé du grand sceau à lacs de soie pendants.

Original Archives de la ville de Beaune, Privillges et franchises de ta Commune. (1) Jean Germain, 1397-1361.

(2) Jean, fils de Jean IV, duc de Bretagne, lui succéda en 1364, après la bataille d'Auray. 11 mourut à Nantes en 1399.

(3) Second fils de Guillaume de Vienne, seigneur de Longvy et de Saint-Georges, mort vers 1362. (4) Eudes, lisez Hugues de Montagu, de la maison de Bourgogne, sire de Couches.

(5) Jean de Montagu, de la même maison mais d'une autre branche, fut, ainsi que son parent, plége du duc Philippe de Rouvres envers Edouard III, roi d'Angleterre, après le traité de Guillon. (fi) Jeau de Frolois, sire de Molinot.


CXLI

Confirmation des privilèges de la ville de Beaune par le roi Jean.

1361-62 (20 janvier).

Jehan, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et à venir que nous, les libertez, franchises, immunitez, chartres, privileges et confirmations d'icelles donnés et octroiés par noz predecesseurs Dux de Bourgogne aux Majeur, eschevins et commune de nostre ville de Beaune, si comme elles sont escriptes, volons, louons et confirmons de certaine science par ces presentes; promettons pour nous et nos hoirs, par nostre serment donné corporelment sur saints Euvangiles de Dieu, les choses dessus dites et chascuns d'icelles tenir et fermement garder senz jamais venir encontre par nous ou noz gens. Et volons que semblablement noz hoirs et successeurs, quant ils venront au gouvernement dudit Duchié, le jurent s'il en sont requis. Et que ce soit chose ferme et stable à tousjours nous avons fait mettre nostre scel à ces lettres. Che fut fait et donné en l'esglise Nostre-Dame de Beaune le vingtiesme jour de janvier, l'an de grâce mil trois cent soixante et un.

Par le Roy, presens les Doyens de Troyes et de Noyons, maistre Jehan Chalemart, maistre Aubry Rousel et plusieurs autres.

P. BLANCHET.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans Ordonnances des Rois de France, III, 540.

CXLII

Coutumes anciennes de la ville de Beaune.

1370.

i Les habitanz de la ville de Beaune, ni ceulx qui ont maisons en la ditte ville qui vaille plus de dix livres, ne doivent en la ditte ville ny vente, ne péage.


ne portage (1), ne amenages en quelque mainière qui vendoient, ne achetoient, ne charoient.

2. Si li Maires ou li echevins font missions pour la cloison de la ville, ou pour les chaudes ou pour les pons affaitiés (2), les forains qui ont maisons en la ditte ville de Beaune paieront les dites missions selon que raison sera, car pour ce sont ils quictes des servitutes dessus dittes et puent attraire (3) lesleurs choses, franchement en la ville franche.

3. Les habitans de la ville de Beaune ne doivent ne ventes, ne péages, des choses qu'ils vendent ou achatent es villes environ Beaune, ou il y a marché, se elles sont si près que les dits habitans y puissent aler le jour et revenir le soir. 4. Les bestes de la ville de Beaune pueeni alsr pour pasturer es vaines pastures si longuement comme ils puent enviren Beaune, en telle mainiere qui puissent revenir le soir au gicte, et, se nuls en ce faisent destorbe (4) ne gaige, le Maieur et les echevins les doivent contraindre à rendre la gaige, les domages et l'amende.

5. JNulx ne puet mettre vin en ville de Beaune, si ce n'est en reisins ou qu'il soit des ranies, et cilz qui dira qui soit.de rantes,le juroit et accerteloit (5) pardevant le Maieur et pardevant les echevins, et le doit faire crier chacun an le Maieur et echevins, et qui après lui mettra le vin, qui y sera mis sera commis à la voulenté du Maieur pour effondrer (6) ou pour vendre, pour mettre au proffit de la ville.

6. Li Maires et les echevius recevront les deniers du portage qui appartient à la ville et en paieront les missions et en feront le proffit de la ville et rendront compte avec les autres choses qui apartiennent à la dite ville.

7. Le porc, la truye, le mouton, la oille(7), chacune de ces bestes doit de portare une maille, et toutes les autres bestes doivent du portage un denier, excepté les veaulx et les aigneaulx qui vont après leurs mères, et qui ont moings d'un an, et excepté les petiz pourceaulx qui toçent (8) et qui sont après leurs mères. 8. Li chevaulx, li asnes, li mulot que l'on chevauche à selle, à estrier, ne doivent rien de portage.

(1) Portage ou rouage, droit qu'on levait aux portes de la ville sur tous les charrois ou bêtes de somme. (2) Rompus.

(S) Mettre en sûreté.

(4) Empêchement.

(5) Attestait.

(6) Confisquer.

(7) Chèvre.

(8) Tètent.


9. Li chevaulx, li eqnées (!) et le mulot ou li asne que l'on amoine à Beaune pour ferrer, ou pour porter viande que l'on achate pour noces ou pour charité, ne doivent point de portage.

10. Li bestes appartenant aux habitans de Beaune, ne à ceulx qui ont maison en la ditte ville ne doivent rien de portage.

11. Li Maires et echevins sont tenus de garder les habitans que nul forfait ne leur soient faits en la ville, ne defeur (2) et se nul forfait estoit fait à aucun, ils doivent pourchachier (es) despens de la ville qui soit amendez. 12. Des personnes qui se clament (3) au Maieur ou aux echevins, li Maire doit avoir xm deniers sur celui qui sera trouvé en tort et un denier pour le sergent qui fera l'ajournement.

13. Des contrauz (4) fais en la ville de Beaune, les Maires et echevins doivent avoir la congnoissance et de ceux de la ville et de fors.

li. La rivière de Bozaise et la poischerietant comme elle s étant jusquesoultre le Vernoy (5), la rivière de Roins qui vient devers Savigney, et la poischerie de la fontaine à l'Aiguez, et tout le cors de laditte fontaine, tant comme elles'étant, et la pescherie, appartiennent à la ville et es habitans de la ville de Beaune. 15. Les habitans de la ville de Beaune, puent et devent chacier fors de garennes es lieux et es communs en la justice et au finage de Beaune et es villes voisines. 1 6. Le sergent de la ville de Beaune, en la manière que li Maires et li echevins l'ordonneront, garderont la fermeté des portes et des meurs, de tours et des bares (6), en telle maniers quelles ne soient dissipées ne perdues pour lour négligence, car si pour lour negligence estoient perdues ne dissipées, l'on sen tourneroit à eulx, cest assavoir es lieux sur un chascun sergent ou l'on auroit commandé à garder.

17. Li Maires et echevins doivent ordonner et commander à un sergent ce qu'il devra garder des dittes fermetés.

18. Si les sergens de la ville de Beaune font office de adjournier ou de gaigier (7) la ville de Beaune, ils ne doivent avoir de leur salaire que un denier qui ne leur doneray pour grace ou pour volenlé.

19. Le prevost de Beaune ou nom de M. le Duc doit prendre, chascun an, en (1) Haquenées.

(2) Dehors.

(3) Font plainte.

(4) Contrats.

(5) Le Vernois, commune du canton de'Beaune.

(6) Barrières.

(7) Faire saisie.


la ville de Beaune, les h foires accoutumées; c'est la foire que l'on appelle la foire de Beaune et la foire des Faucilles.

20. La foire de Beaune commence le jour de la Saint-Luc evangeliste, après venoinges (1) et dure quatre jours; tant comme la foire dure, ceux qui ont accoutume à lever les ventes et amenaige cessent et le prevost prend des dites ventes et amenaiges à double. C'est assavoir de vantes que l'on a coustume de recevoir entier an le double, et de autres choses ne doit recevoir fors que des estaulx ou l'on vend gresses qui doivent chacun an deux deniers, excepté les lieux privilegiez qui sont diz cy après.

21. Item, prent com la foire dure, le rouage des charrottes, et non pas à aultre temps, c'est assevoirdes charrottes qui amenent vin etmerrien esquairé(2), laine, draps, fer, acier, métaille, toiHes, de chacune charrotte ferrée qui menera les choses dessus dictes, 6 deniers tournois, et de la charrotte qui sera defferrée 3 deniers, et d'autre chose ne doit on rien prendre ni des charrottes qui rien ne moinent.

22. Item, les charrottes qui amoinent bief à Beaune pour vendre sont quittes de tout temps pour son portage et pour l'aménage.

23. Item, tant com la foire dure, pranra de chacune taverne un sextier de vin tant seulement, excepté les maisons et les rues qui ne sont exceptées, c'est assavoir le chasteau Nostre-Dame (3), les rues ou l'on moine chacun an la proucession Saint-FIoceaul, la maison que l'on appelle la maison à la Viex-Mairesse en la rue Digenoise (4), la maison Dame-Abbausse, la maison Palleaul(5) ettoutes les rues environ le cingle Saint-Estienne (6) et ceulx de Saint-Estienne recoivent s'il y a taverne.

24. La foire des Faucilles comence le samedi devant la Magdelaine et doit eslre receu en la manière que celle de devant, excepté les sextiers qui ne doivent pas estre recehus à ceste foire.

25. Après que li Maires et li echevins sont establis par la commune en la maniere qu'il est accoustumée, prochains jours seront esleus, que les messiex et les vigniex seront establis, présents les prudhommes de la ville et ne doivent pas estre vendues, mes données à bonnes gens qui aient povoir de vendre et deman(1) Vendanges.

(î) Merrain équarri.

(3) 1,'ancien Caslrum Belnense.

(4) Aujourd'hui la Grande-Rue.

(5) Maison du refuge du prieuré de Palleau.

(ii) Lo pourpris du prieuré de Saint-Etienne.


der ce qui sera méfiait pour leur courpe, et garderont tous les biens qu'ils auront à garder de jour et de nuit, se mestier est, et nuls homes de jour, tant que bien tard ne doitestre, en dementiers (t) que les fruicts soient es champs et es vignes qui soient sanz garde, en telle manière que (se) H un des messex ou des vignex va à la ville pour faire aucune chose, les autres demouroient pour garder. 26. Ceulx qui ont vigneries dedans les bans de la ville de Beaune, présenteront leurs vignes au Maïeur et aux echevins, les reçoivent si ils sont de recevoir et jureront et ploigeront en la main du Maïeur.

27. Quand le fruit de vignes approchera de cuillir, proudhommes seront esleus qui seront envoyés par les vignes avec les vignex, et selon ce qu'ils rapporteront les prudommes, li Maires et les echevins ordonneront les bans de venoinges, et doivent li dits Maires et echevins garder les dits bans par leur serment qu'ils ne soient brisés ne enfraints.

28. Les vignex jureront en la main du Maieur, qu'ils nesoffriront homme ne femme à venoinger en leur vignerie, si ce n'est pour ban rendu, et qu'ils ne demanderont raisins ne ne feront amas de raisins pour eulx ou pour autres, si ce n'est de leurs propres vignes, et s'ils estoient trouvés que faisant amas de raisins, se n'estoient de leurs proppres, les dits raisins seroient à la voulenté et au jugement du Maïeur et des echevins, et le corps et l'avoir en la mercy du Maïeur et des echevins.

29. En dementiers que le fruit est es champs et es vignes, li Maires doit au moins une fois la sepmaine visiter les messiex et les vignierx par les champs et par les vignes, et doibt en serchier de leurs affaires et s'ils font bien leur oflice loialement, et les doit amonester de bien garder et de boicher es lieux ou il suffira boicher. L'on doit es dits vignex une maille de l'ouvrée.

30. Quand li Maires et les echevins auront établi les bans de venoinges, ils le doivent faire noncer et publier par trois jours devant ou moins, pour ce que l'on puisse avoir meilleur marché de charrottes et des venoingeurs.

31. Les justiciers des villes environ Beaune ordonneront le ban de venoinges par le conseil du Maïeur et des echevins de Beaune et ne doivent prendre des habitans de Beaune riens que raison de ban, fors tant seulement de l'ouvrée un denier pour raison de garde; pour ce sont tenuz de garder les vignes es dicts habitans de Beaune, et se domages leur estoit fait en raisins ne en passeaux (2) neen autres choses, le vigniex qui auroit receu la garde le rendroit s'il ne savoit (1) Cependant, durant.

(2) Paisseaux, échalas.


dire qui Pauroit et si en estoit negligent, li sires du lieu, li Maires et les echevins y doivent mettre conseil, comme li domages soit rendu au bourgeois qui l'on aura fait.

32. Item, les dits habitans peuvent venoinger sans paier ban et sans achoisons (i ), tantost que li sires abandonne autre de venoinger ou un jour après ce que li sires aura venoingé.

33. Quand les fruits des vignes seront cuilliz, les vignex et messex garderont tout l'an, tant que la Saint-Jehan, les passeaux, le serment et toutes les autres choses qui affièrent (2) à garder et l'office des autres cessera.

l'élection DU MAIRE DE BEAUNE.

34. Quiconques soit maires de Beaune, il doit faire corner et crier au criot de la ville le samedi avant la Nativité de Saint-Jehan-Baptiste, environ vespres, que celx qui sont de la commune, soient à Saint-Estienne au saint sonnant du dit Prioré, le dimenche en suigvant pour veoir la désignation de l'avangille (3) et de la mairie, lors doibt il bailler l'avangille à l'un des echevins,de la voulenté du commun adonc auqui assemblé; et ce jour.et en ce lieu doivent-ils prendre journée qui soit avant l'élection du Maïeur, ouir les comptes du gouvernement du Maïeur de l'année passée; et la voille de la Saint-Jehan, li echevins qui tient la mairie ;s-tioit faire crier et corner autour, entour vespres que ceulx qui sont de la commune de Beaune soient le jour de la Saint-Jehan à Saint-Estienne au semetiere, pour eslire le Maïeur et puet le commun d'en qui (4) prandre autres journées si leur plaist et il n'aient eslit en partie et adonc puent nommer d'une voix celly qui veullent qui soit maire et auxi les vi echevins et appelle on cestes,ellection du SaintEsprit (5). Aulcunesfois eslit le commun quatre hommes des sages (6), pour eslire m echevins, et jurent les quatre auxy eslus, qu'ils esliront les ni plus suffisants à leur povoir pour gouverner, et les m echevins en nomment mi auxy; les vu echevins esleus, les vu se tirent a part et font de l'un d'eulx Maïeur et le nomment en commun au dit semetiere; et fait li Maires serment sur saints Evangilles

(1) Empêchement.

(ï) Doivent être.

(3) L'Evangile étant, avec les sceaux de la commune, les insignes, les marques comme on disait alors, de la magistrature municipale; le Maire dont les pouvoirs expiraient, les remettait solennellement, devant tous les habitants, au premier échevin, qui les remettait au nouvel élu, après que celui-ci avait été reçu par la commune et prêté serment devant le lieutenant du bailli de Dijon.

(4) Présent à l'assemblée.

(5) Anciens, prudhommes, notables.

(6) Ou par acclamation.


qu'il gardera le droit de la ville, le droit de M. le Duc et l'aultruy et les six echevins jureront que loyaument gouverneront.

AUTRES COUTUMES GARDÉES A BEAUNE.

35. Le dimanche après l'eslection du Maïeur, doit estre appellé le commun à Saint-Estienne et le doit on crier le sabmedi au soir, pour eslire des vignex, et doit prendre li Maires (1) ploige des dits vignex d'amender les domages pour eulx ou pour aultres frais des vignes, durant le temps de leur gouvernement. 36. Quand les bans de venoinges sont ordonnés et criés tels qu'ils sont d'antien temps ou tels comme li Maires ou ses compagnons du conseil du commun ordonneront, li Maires les doit tellement garder que ceulx qui les enfraindront ou briseront, paient l'amende et la doit lever le dit Maire et est la dite amende à la ville.

37. Item, ceux qui sont pris en domages es vignes et es bles, soit personnes ou bestes, la personne ou la beste doit d'amende trois sols digenois, dont les XH deniers sont au vignex qui l'a pris ou gaigié et les deux sols sont à la ville et le receoit le Maïeur et doit le dit Maïeur paier au dit vignex ses xit deniers sur le gaige qu'il aura pris s'il vaut les trois sols.

38. Item, doit on crier après venoinges que nuls ne mette beste es vignes jusques à la Saint-Martin d'iver, que le bois des vignes est deur.

39. Quand les vignes gettent, on doit crier que chaquun cloue (2) sa vigne et que nuls n'y mette beste, et que nuls ny aille cuillir herbes et auxi que chasquun cloue son courtil, que dommage ne viegne à son voisin et que n'obeist il doit l'amende, et est à la ville la dite amende.

40. Item, li Maire a pour le clam (3) treize deniers digenois; si le sergent fait l'ajournement, il a un denier, et li Maires xn deniers sur cellui qui a tourt. 41. Et qui fait le clam et gaiges de la treizaine (4) jusques il soit cogneu qui a tort et celui qui a tort la doit.

42. Item, cil qui fait ny (5) doit faire serment de vérité si son adversaire le requiert, aultrement non.

43. Qui fiert(6) un homme sans faire sanc et le clam en vient au Maire, celui (f) Caution.

(S) Close.

(3) Plainte.

(4) Cautionne ou fait l'avance.

(5) Qui nie une chose.

(6) Frappe.


qui a batu doit xm deniers au Maïeur, s'ils acordent, et s'ils n'acordent, il doit sept sols au batu. Du sanc est contenu en char'tre (1), qu'il amende et d'autres plusieurs cas.

44. Item, des contraux faits en la ville ou en la juridiction de la ville, soit des habitans ou des forains, li Maires ou les echevins en auront la cognoissance. 45. Item, li Maires et les echevins doivent avoir sergens, qui ne soient diffamé et liaient du cour (2) et soient puissants de bien ploiger, d'amender (3) s'ils se meffont en leurs offices.

46. Item, doivent visiter plusieurs fois en l'an le Maïeur et les echevins, les murs, les portes et les tours et doivent avoir les clevfs des portes et des tours, et doit estre mis en escript devers le Maieur; tel sergent a les clevfs de telles portes et de telles tours; et doit visitter une fois du moins chascune sepmaine chacun sergent qu'il faille riens es portes, ne es tours; en ce qu'il fault (4) il doit faire à faire et le doit païer le Maïeur sur les amendes de la ville, et les depens auxi des pouvres prisonniers.

47. Item, doit visiter chacun sergent avec les portes et les tours, les murs de la ville, que nou (5) n'y face ordure et que mal faiseurs n'abattent les carneaulx et dure la visitation dès la tour que il gouverne, jusques à celle que l'autre gouverne et aussi d'un à autre se doivent partir.

48. Li Maires et les echevinsdoivent savoir la garnison dela ville et faire mettre eu escript le trait, la baniere au Maïeur, les crochets pour porter à essoine de feu (6), les garnisons des prisons, des chaînes des portes et des barrieres. 49. Item, le Maïeur et les echevins esleuz de commun, doivent avoir chacun une clevf de l'arche (7) où sont les privileges et doivent une fois l'an du moins veoir que ils gardent appeller avec eulx bonnes gens^ou personnespourveoirqui feront. Et en doivent avoir coppie de leurs Chartres et aussy doivent estre une fois la sepmaine ensemble appellés ceulx de la ville qui sont à apeller pour conseiller s'ils ont nuls cas doutteux, ou s'ils ont pointz en leurs Chartres qui soient obscurs, pour desclairer par le conseil des sages, au point des chartres dont ils n'aient point usé au temps passé par ignorance, ou pour décharge que M. le Duc ou ses gens ou aultres aient enfraints, etaussi des coutumes de la ville enciennes (I) Voir les paragraphes 2i à 25 de la charte de commnne, no CXXIV, p. 210.

(î) Courage.

(3) De répondre à leurs frais.

(♦) Manque.

(5) Nuis.

(6) Incendie.

(7) Cette arche était déposée sur les vofttes de l'église Notre-Dame.


mal gardées, pour avoir conseil du redressement de user des choses dessus dites devant estre laissées.

50. Item, celui qui est sergent crie (1) de Beaune, ou celui qui la moisonne (2) de lui, doit presentér le criot au Maïeur et es echevins et s'il fait à recevoir, il fait le serment qu'il gardera Tanneur de la ville et fera léaulement le service de la ville et ne doit faire l'office de sergent, s'il n'en a especial mandement du Maïeur ou des echevins.

51. Si le temps est haleux ou orageux, il doit aller par dessus les murs, criant Gardez les feux, et aussy pour la ville, il doit dire que on se garnisse es hôtels d'aigue et es hebergeries enspeciaulement; il ha de chacune taverne un denier et de la rabaissie (3) un denier et doit crier trois fois la sepmaine le vin et la rabaissie auxy pour ce a le denier à luy donner; le Maire s'il luy plait y cosent.

52. Item, les adjournements devant le Maire, qui fait deffault piliet estre gaiges pour la contumasse, mais l'on n'en lieve point d'amende; car s'ils fiet trois deffaultz et le quart qui doit d'escorper (4) les trois dessuz diz et au commis pour ouir droit pour les deffaux, se ses adversaires les ha scelés du scel du Maïeur, et il soit contenu en chacune journée, adjourné par tel sergent qu'il soit tesmoingne et il fait sa demande en absence de l'autre si comme il fust présent, l'on doit tenir la chose pour congneue et mettre en exécution s'il le requiert.

53. Selon coustume et stille, le mari peut intanter et demander en jugement tous actions personnelles pour sa femme, les perdre et gaigner. Original Cartulaire des Priviléges. Archives de la ville, Priviléges et franchises de la commune. Imprimé dans l'Histoire du droit français au moyen âge, par M. Ch. Giraud, t. Il, p. 329. Paris, Videcoq, 1846, 2 vol. in-8».

(t) Crieur.

(4) Affermé.

(3) Vente du vin au détail.

(4) Annuler.


CXLIII

Arrêt du Conseil ducal portant main-levée de la mairie de Beaune, saisie par le bailli de Dijon pour un cas de justice.

1372 (11 juin).

Du venredi xic de juing mil ccclxxii, en la Chambre des comptes de Monseigneur le Duc où estoient Monsieur l'abbé de Saint-Estienne de Dijon, lessire Pierre de Tinteville, chancellier de Bourgoigne, maistre Richard Bonot, Dimenche de Vitel, Guillaume de Marcilli, bailli de Chalon.

Jehan de Courbeton, maire de la ville et commune de Beaune, s'est consenti aujourdui que de certain descort ou débat qui estoit entre Pierre de Baugys, escuier, bailli de Dijon, d'une part, et ledit Jehan de Courbeton, d'autre part, à cause de certain prisonnier appellé Guillaume de Beroing, lequel ledit bailli avoit pris et arresté, si comme il disoit en la ville de Beaune pour certaine cause, et après ce ledit bailli voult envoier ledit prisonnier en certaine prison par ses commis, lesquels ne le peurent avoir, pour ce que ledit Maire disoit qu'il estoit prisonnier de la ville. Et pour ce ledit bailli fist commandement audit Maire que ledit prisonnier illi rendit; duquel commandement ledit Maire appella. Pour laquelle chose ledit bailli mist verbaument ladite Mairie à la main de Monseigneur, dont ledit Maire appella encores. Les gens du Conseil dudit Monseigneur le Duc en ordenent selon ce que ils verront estre à faire de raison et en leur conscience. Et a promis, etc., à tenir ce qui par lesdites gens du Conseil en sera dit et ordené et avec ce a renoncié aux dites appellations. Et outre ledit Maire a fait audit bailli rendue dudit prisonnier par signe qu'il li a baillé. Et ce fait ycellui bailli li a fait recréance de ladite Mairie mise verbaument comme dit est à ladite main.

Original Registre des causes du Conseil ducal (1367-1398). Archives de là Côte-d'Or, Conseil ducal.


CXLIV

Déclaration de Marguerite de Flandres, duchesse de Bourgogne, au sujet des droits de justice des Maire et échevins de Beaune.

1384 (16 juillet).

Marguerite, duchesse de Bourgogne, comtesse de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatine, dame de Salins, comtesse de Rethel et dame de Malines, ayant en l'absence de Monseigneur le gouvernement de ses dits duchié et conté de Bourgoingne, à tous ceulx qui ces lettres verront, salut. Comme nos amés les Maire et eschevins de la ville de Beaune à nostre requeste ayent envoyé et mis ou chastel de Talant, Jacote, femme de Jehan le Geliet de Dijon, prisonnière desdits Maire et eschevins, pour parler à ladite Jacote sur aucunes choses que nous entendons savoir à elle: savoir faisons que nous ne volons que ce tourne à préjudice à la dicte ville, ne aux previléges d'icelle et n'est pas nostre entente de faire procéder à la condempnacion ou absolution ne austrement contre ladite Jacote, au préjudice des privileges d'icelle ville. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre le petit scel de la court de mondit seigneur à ces présentes. Escript à Dijon le xvi' jour de juillet l'an de grâce mil cccc mi" et quatre. Original Archives de la ville, Justice municipale.

CXLV

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune par le duc Jean-sans-Peur. 1404 (11 décembre).

Sancte et individue Trinitatis nomine premitus invocato, Patris, Filii et Spiritus Sancti. Amen. Hujus presentis publici serie tenore que instrument! sciunt que et cognoscuat. cuncti presentes pariter et futuri quod, Domini nostri Jhesu Christi, anno ab Incarnatione currente et existente millesimo quater centesimo


quarto, mense decembris, die undecima dicte que diei post merediem hora quarta vel circa indicione secunda, pontificatus sanctissimi in Christo patris ac Domini Benedicti divina Providentia Pape tercii decimi, anno docimo. In villa Belne, Eduensis diocesis, ac in mei Odoois Chardini delicto publici auctoribus, apostolica, imperiali ac regia notarii, preillustris que principis sui ejusdem tabellionis in dicta coadjutor Belna, domini tune temporis ducis Burgundie, testiumque infrascriptorum, propter hoc vocatorum specialiter et rogatorum, presentia preillustri domino Johanne dicte Burgundie duce nunc temporis personaliter existente, et specialiter ad et propter infrascripta constituto, in dicta Belne ecclesia collegiata Beatissime Virginis Marie juxta et ante videlicet dicte ecclesie majus altare cum ejusdem domini prenobilis comictiva, cui domino Duci pro reverendi in Christo patris ac domini domini tunc abbatis de Cistercio, ordinis Beate Benedicti (1). verbum seu loquelam ex parte honorabilium discretorumque virorum Milonis, Cambitoris, tune Maioris ville et communitatis predicte Belne scabinorum que, Symonis Humberti tune dicte ville et communitatis procuratorum pro et nomine ipsius communitatis et ville et ad ipsius communitatis et ville opus et commodum humilis fuit facta petitio cum requista quatinus dicto domino tune Duci, libertates, franchisias, exemptiones, usancias, et consuetudines, privilegia que antiquitus datas seu donatas, data et donata dictis ville et communitati, per illustrissime memorre suos predecessores duces dicte Burgundie, confirmatas et confirmata per dicte illustrissime memorie quondam dominum Philippum dicte ducem tune Burgundie, ipsius presentis domini Ducis prenobilem patrem ut per predictarum quartas légitime constabat placeret et dignaretur benigne confirmare, roborare et inviolabiliter manu tenere et observare juramentum que super et »! predictis solitum et sacramentum favorabiliter et prestare. Cui quidem domino abbati a dicto presenti domino Duce per verbum seu loquelam nobilis sapienlis qui viri domini et magistri Johannis de Salione (2), juris periti ipsius domini Ducis consiliarii fuit dictum, datum ut supra sub meo dicto parvo signo manuali approbando, quod dicta villa debebat et tenebatur illo tune dictas libertates, franchisias, usancias, exemptiones et privilegia perscripta edoceret demonstrare et que e' qualia petebat et postulabat dicte villa. Quibus vero verbis ex parte dicte ville fuit statim et illicô responsum, quod jam copiam de predictis eidem domino dicta tradiderat villa et ista confirmando fuit inhibitum et presen(1) Jacques de Flogny, élu en 1380, mort le 18 avril 1405.

(î) Jeau de Saulx, seigneur de Courtivron, conseiller du Duc, fut nommé chancelier le 5 avril suivant, et conserva cette dignité jusqu'à sa mort, arrivée au mois d'octobre 1499.


tatum tune coram prefato presenti domino Duce quoddam publicum instrumentum, super et de omnibus predictis confejtum et sollempaiter vallatum et de et super confirmatione predictorum dicti quondam domini Ducis patris presenti domini Ducis. Quo quidem instrumentolecto, viso et diligenter inspecto, illico dietus presens dominus Dux ad missale super dictum altare repositum et appertum manu tacto, dictas libertates, franchisias, usancias, exemptiones et privilegia, modo et forma qui bus erant confirmate et confirmata per dictum dominum quondam patrem suum, confirmavit, roboravit, et observare inviolabiliter per se, heredesque suos, juravit et manutenere super et de quibus oimsibus et singulis supra dictis. Dicti Maior et scabini et procuratordicte ville et communitatis a menotaiïo predicto prout ad opus et commodum dicte ville et dicte communitatis, instanter, instancius et instantissime rogaverint dicte ville fieri et dari unum vel plura iustrumentum vel instrumenta, hic et alibi predicta observata scripta corrigendi et corrigeuda signo manuali apostolico imperiali et regio mei dicti notarii signatum et signala appensionibus que sigillorum domini nostri Regis si opus esset, et dicta requireret villa et maxime dicti Ducis munita quot quod instrumentum vel instrumenta.

Ego prefatus notarius, predictis concessi modis dicto domino presenti Duce volente et consenciente, testes invocans hic astantes. Presentibus reverendis et nobilibus personis dompno Helie abbate Macerarium prope Belnam (1) predictam, domino de Rupe forte milite (2), domino Philiberto de Sancto Leodegardio milite (3), pluribusque aliis nobilibus religiosis tam de Cistercio quam de dictis Macerariis et pluribus aliis personis et burgensibus testibus vocatis specialiter et rogatis. Anno, die, hora, indicione, pontificatu et loco predictis. Suit la clôture par Odo Chardin, notaire apostolique.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Conimune. (1) L'abbaye de Maizières, ordre de Clteaux, avait une maison de refuge à Beaune, et des biens considérables à l'entour de son territoire; c'est ce qui explique sa présence à cette confirmation. (8) Jean de Rochefort, conseiller du Duc, puis bailli d'Auxois et maître de l'artillerie. (3) Philibert de Saint-Léger, conseiller et maître d'hôtel du Duc.


CXLVI

Arrêt du Conseil ducal qui commet des officiers du bailliage, pour faire une enquête au sujet des débats survenus à Beaune lors des élections municipales, et qui avaient amené la saisie de la Mairie.

1408 (27 juin).

Les gens du Conseil de Monseigneur le Duc de Bourgogne estant à Dijon, à maistres Jehan Péluchot et Jehan Bousseaul, licenciez en loys, et Huguenin Thibrand, clerc du bailliage de Dijon, salut et delection. Savoir vous faisons que nous estant aujourd'huy assemblés en l'ostel de notre dit seigneur en la presence de notre très redoubté seigneur Monsieur de Charrolois, fils de notre dit seigneur, qui pour ce nous y avoit mandé venir pardevers lui, sont venus et se sont comparuz personelment pardevant notre dit seigneur de Charrolois, Milot le Changeur, Perrenot Quinot et plusieurs autres bourgeois et habitans en grant nombre de la ville et commune de Beaune, pour cause de certaines requestes qui avoient esté baillées au dit Monsieur de Charrolois par aucuns aes dits habitons- de Beaune, touchant et faisant mention de certain débat qui avoit esté le jour de la Saint Jehan Baptiste darrenièrement passée, en faisant ou voulant faire l'eslection du Maire du dit Beaune par les habitans d'icelle, qui pour ce s'estoient assemblés au lieu et en la manière accoustumée; auquel jour et lieu certaine partie des dits habitans eslisoient et nommoient pour estre Maire le dit Milot le Changeur, et une certaine autre partie d'iceulx habitans eslisoient et nommoient le dit Perrenot Quinot, en ne se povoient accorder ensemble, et pour aucunes causes qui pour ce avoient meu le bailli de Dijon qui y avait esté présent, il avoit déclaré l'esvangille et le gouvernement de la mairie de la ditte ville estre baillié au dit Milot, dont le dit Perrenot Quinot avoit appelle et relevé pardevant les auditeurs des causes d'appeaulx à Beaune. Pour occasion desquels débat et appellation la dite mairie estoit demeurée en la main de notre dit seigneur le Duc. Et les dictes requestes receues par le dit Monsieur de Charrolois estoit venu par devers lui le dit Perrenot Quinot et plusieurs autres des dits bourgeois et habitans pour repondre en tant que un chacun povoit toucher au contenu d'icelles requestes. Lesquelz Milot le Changeur et ses suigvans, d'une part; et Perrenot Quinot et ses suigvans, d'autre part, pour ce présens et comparans pardevant le


dit Monsieur de Charrolois et nous estans avec lui, après aulcunes altercacions et allégations qu'ils ont eues et alléguées, ont finablement voulu et expressément consenti et accordé à chacun d'eulx d'un commun assentiment s'il plaist à notre dit seigneur que celui des diz Milot le Changeur et Perrenot Quinot soit Maire du dit Beaune pour ceste présente année. Duquel la partie de ceulx des habitans et commune du dit Beaune capables et habiles à faire la dicte élection qui seront tenus et vouldroient tenir à son eslection aura esté imposé et payé en somme ioute de giez et imposts darrièrement faictz sur tous les habitans et commune du dit Beaune, tant pour les frais communs et charges de la ditte ville comme pour les marcs et pour dons fouages et aides faiz à notre dit sieur et autrement, c'est assavoir que se ceulx d'iceulx habitans capaulx et habiles à faire ycelle eslection qui se teinront de la partie du dit Milot et le nommoient pour estre Maire ont tous ensemble plus paié en somme toute des dictz giez et imposts, marcs, missions et charges que n'ont ceulx qui se tiendront de la part du dit Perrenot Quinot et le nommeront pour estre Maire ycellui Milot y dernouré Maire, et semblablement si ceulx de la partie du dit Perrenot en ont plus ensemble paié plus grant somme que ceulx de la partie d'icelluy Milot, le dit Perrenot soit Maire. Et que sur ce soit sceue et rapportée au dit Monsieur de Charrolois la vérité par ceulx qu'il lui plaira y connoitre pour en ordonner à son bon plaisir, selon l'appointement et par la manière que dessus est dit, auquel Monsieur de Charrolois pour ce qui de son très grand honeur et pour la contemplation du bien publique de ladite ville, il lui en a pieu prendre la charge comme amiable apaisement, ils se sont submis sur ce du tout en tout. Et parmi ce le dit Perrenot Quinot a renoncé à son dit appel, et s'est départi du tout en tout du dit appel et de la poursuite d'icellui et pour ce a esté et est ycelle appellation et tout ce dont avoit esté appellé, regetté et mis du tout à néant du consentement des dictes parties. Et ont requis au dit Monsieur de Charrolois qu'il vous voulsist commetre à enquérir et à luy sur ce rapporter la vérité pour en ordonner comme dessus. Pourquoy nous, par le commandement et ordonnance dudit Monsieur de Charrolois que sur ce délibération en sa présence, vous mandons et commettons se mestier est par ces présentes, que tantost ces lettres veues, vous vous transportez au dit Beaune et prenez par escript tous les noms d'un chacun des dits habitans et pour eschever les tumulte, débat et escande qui se pourroient ensuivre, de les assembler tous ensemble. Faictes venir chacun des dits habitans particulièrement par devers vous, seulement en absence des diz Milot et Perrenot et autres des dits habitans et les interrogez l'un après l'autre par serment lequel


des dits Milot et Perrenot ils tenront estre le plus souffisaut qu'ils vouldront eslire pour estre Maire, et tellement que l'un ne saiche ce que l'autre vous aura dit et l'eslection d'un chacun d'eulx mectez par escript, et ce fait veez au juste les papiers, livres et escripts des dicts giez et imposts, marcs, missions et charges, pour savoir combien un chacun d'iceulx habitans en aura paié et en faites et escripvez le compte sur chacune partie, et ce faites le mieux et plus diligemment que vous pourrez; toutes faveurs regettéeset tout ce que fait et trouvé aurez sur ces choses et les circonstances et appartenances d'icelles rapportez par escript en bonne déclaration et ordonnance signée de vos saings manuels avec ces présentes tout enclox soubz vos scelz par devers le dit Monsieur de Cliarrolois, pour y estre au surplus ordonné ce qu'il appartiendra, selon le bon plaisir du dit Monsieur de Charrolois. En la présence duquel Monsieur de Charrolois, le dit bailli de Dijon a déffendu et déffend sur peine d'amende arbitraire à appliquer à notre dit seigneur que aucuns des dits Millot et Perrenot Quinot ou autres de leurs suigvans ne s'entremette de induire par promesses, menaces ou autrement à faire la dite eslection. De ce faire, vous donnons pouvoir et mandement especial par ces présentes mandons et commandons à tous les justiciers, officiers et subjects de notre dit seigneur, à qui il appartient requérir autres que à vous en ce faisant obéissent et entendent diligemment. Donné à Dijon, du commandement et ordonnance du dit Monsieur de Charrolois et du consentement des dites parties le mercredi xxvii" jour de juing l'an mil quatre cens et huit.

J. BONOST.

Scellé des neuf signets des gens du Conseil, dont il ne reste que la trace. Original Archives de la Côte-d'Or, Chambre des comptes de Dijon, Affaire*. ;'«s communes. Ville de Beaune.

CXLVII

Main-levée de la Mairie de Beaune, ordonnée par le duc Jean sans Peur.

i408-09 (10 janvier).

Jehan, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines. A notre bailli de Dijon ou son lieutenant, salut. Savoir faisons que, comme pour certain débat meu nouvellement


entre Perrenot Quinot l'aisné et Milot le Changeur, bourgeois de notre ville de Beaune, et les autres bourgeois et habitans de notre dicte ville, sur le fait et pour ocasion de l'eslection de la Mayerie d'icelle ville qu'il fut faicte le jour de la feste de la Nativité de Saint Jehan Baptiste darnierremeut passée, la dicte Mayerie ayt esté et soit par vous mise à notre main et encore y teigne et au gouvernement d'icelle, ait esté comme parmi et soubs notre dicte main par nos amés et féaulx les gens de notre Conseil, à Dijon, notre bien amé conseiller maistre Jehan Peluchout, clerc licencié en lois, que dès lors jusques à présent a gouvernée la dicte Mayerie, et il soit ainsi que les dicts Perrenot, Milot et les autres bourgois et habitans de la dicte ville soyent en bon acort du fait de la dite election, et pour ce requis notre dite main mise en ycelle estre levée et ostée. Nous, à la requeste d'iceulx, ycelle nostre main avons levée et ostée, levons et ostons par ces présentes de la dite Mayerie, en deschargent du tout le dit maistre Jehan du dit gouvernement d'icelle, lequel par ces mesmes présentes nous en deschargeons et voulons qu'il s'en départe et faicte départir se mestier est, lui satisffait de ses gages raisonnables. Si vous mandons que notre dicte main ayés et tenez pour levée et ostée de la dicte Mayerie et que contre la teneur de cestes, ne mectez, faictes ou souffres estre mis aucun empeschement ou destorbier. Car ainsy nous plait il et voulons estre fait et aus diz expousans l'avons octroyé et octroyons par ces présentes, nonobstant lettres, mandements, ordonnances eu deffenses à ce contravres.

Donné en notre dicte ville de Beaune, le x° jour de janvier l'an de grace mil cccc et huit.

Par Monseigneur le Duc, à votre relation. De SAULS.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.

CXLVIII

Ordonnance du duc Jean sans Peur, qui, pour faire cesser la compétition de Perrenot Quinot et Milot le Changeur, élus Maires par deux fractions des habitants, nomme à leur place Philibert de Courbeton, châtelain de Beaune, Pommard et Volnay.

1408-09 (10 janvier).

Jehan, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres


verront, salut. Comme de et sur le débat meu entre Perrenot Quinot l'aynné, d'une part, et Milot le Changeur, d'autre part. De et sur ce que le jour de la teste de la Nativité Saint Jehan Baptiste darrenièrement passée, une grande partie des habitans de notre ville de Beaune eussent esleuz à Mayeur de notre dite ville pour l'année le dit Perrenot Quinot, et les autres le dit Milot. Pour quoy un chascun d'eulx prétendoit estre Mayeur pour la dite année commençant à la dite feste, et que de et sur ce les dites parties se fussent condescendues ou dit et ordonnance de notre très chier et amé fils le conte de Charrolois, et sur ce eussent prins certain appointement sur lequel les dites parties ayent procédé devant notre dit fils par certainnes journées et jusques ad ce que notre dit filz a remises les dites parties pardevant notre amé et féal chancellier le seigneur de Courtivron, pour ordonner sur le dit débat et mectre les parties à accord par voye amiable, se faire le peult. Et pour ce aient < omparu les dites parties pardevant notre dict chancellier. C'est assavoir le dit Perrenot pour lui et ses adhérons en cette partie, d'une part. Et le dit Milot pour lui et ses adhérens, d'autre. La cause et matière ouverte pardevant notre dit chancellier, oyes les dites parties à tout ce que sur le dit fait de la dite élection ont, voulu dire et proposer, ycelles parties se soient du tout mises ou dit, ordonnance et bonne vouleuté de notre dit chancellier, et ayant promis et juré les dites parties et chacune d'icelles par leurs serments pour ce donnez aux sains Evangiles de Dieu, croire icellui notre chancellier de et sur le dit débat et despendant de son dit et ordonnance avoir et tenir pour agréable, à peine de cinq cens livres tournois à appliquer à celle des dictes parties que tendroit le dit et ordonnance de notre dit chancellier à lever sur la partie contredisant. Et après ces choses notre dit chancellier ait dit et prononcé [son] dit et ordonnance de et sur les dites choses en ceste manière, c'est assavoir que les diz Perrenot et Milot se désisteroient du tout de la poursuite de la dicte Mayerie pour l'an dessus dit et au droit que chacune des dites y prétendoit. Renonceroyent et seroient compensez tout dépens et interretz faiz pour occasion des diz procès, sans ce que l'une des dites parties en relieve ou doye demander aucune chose à l'autre. Savoir faisons que, pour avoir et norrir paix en notre dite ville entre les habitans d'iceUe et éviter les périls, esclandres et inconvénients qu'ilz pourroient vraysemblablement sordre s'il convenoit faire élection nouvelle de Mayeur pour le temps présent, ou de Mayeur et eschevins es festes de la Nativité Saint Jehan Baptiste et de Saint Pierre prochain venant, nous, sans préjudice des privilèges et usances de notre dicte ville de Beaune, et sanz le vouloir traire autrement à conséquence, avons institué et instituons par


ces présentes Mayeur de notre dite ville de Beaune et commune d'icelle notre amé Philibert de Courbeton, nostre chastelain de Beaune et de Pommart, pour estre Mayeur de notre dite ville et commune dès la date de ces présentes jusques à la feste de la Nativité Saint Jehan Baptiste prochain venant, et dès icelle feste qu'il sera l'an mil quatre cens et neuf jusques à la dicte feste de la Nativité Saint Jehan Baptiste suivant. Et avec ce, avons voulu et ordonné, voulons et ordonnons par ces mesmes présentes que les eschevins qui sont pour le présent eschevins de la dicte ville demourent eschevins jusques à la dite feste de la Nativité Saint Jehan Baptiste mil quatre cens et dix, pour la cause que dessus. Et que se les diz Mayeur et eschevins el commune se vouloyent assembler es dites festes et à chacune d'icelles pour faire Mayeur et eschevins en la manière accoustumée, nous avons ordonné de rechief et ordonnons qu'ilz facent leurs dictes eslections des personnes dessus dictes, c'est assavoir du dit Philibert pour Mayeur et des diz eschevins, et sans ce qu'ilz puisse estre et soit trait à conséquence ou temps advenir. Sy donnons en mandement à notre bailli de Dijon et à tous nos autres justiciers et officiers que notre présente ordonnance face tenir, garder, entériner et accomplir sanz enfraindre car ainsi nous plaist-il et voulons estre fait, nonobstant previleges, usances, coustumes locaulx, ordonnances ou défenses et lettres subrebtices empetrées ou à empetrer à ce contraires. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre notre scel pendant à ces présentes.

Donné en notre dite ville de Beaune, le dixième jour de janvier l'an de grace mil quatre cens et huit.

Par Monseigneur le Duc, à votre relacion.

DE SAULS.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de laCommune.

CXLIX

Mandement du duc Jean, qui maintient la justice municipale de Beaune contre les entreprises de son prôvOt.

1409-10 (22 février).

Jehan, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Salines, à notre bailli de Dijon ou à son lieute.


nant, salut. Receus avons l'umble supplicacion de nos bien amez les Maieur, eschevins et habitans de notre ville de Beaune, contenant que, comme de'toute ancienneté celle notre ville soit privilégiée selon la commune de Dijon et aient accoustumé d'avoir justice haulte, moienne et basse, et la exercer en ladite ville etïinaige sans se que par les priviléges d'icelle ville et de celle de Dijsfi, dedans les mectes de la mairie nul doye prendre, arrester ou faire aucun exploit de justice senou le Maire et les eschevins ou sergens d'icelle ville par leur commandement, et aient accoustumé dedans ladicte ville et ou finaige de chacun an y faire messiers ou autres menistres qui gaigent et font autres explois de justice dedans ladicte ville et le finaige d'icelle, ainsi comme il s'estant chacun an paisi- blement, et avec ce le Maieur d'icelle ville ait accostumé chacun an es mectes et confins dudit finaige en plusieurs lieux, en signe de la limitacion de ladite ville, de y tenir ses jours, prendre, arrester et faire tous cas de justice es limites dudit finaige. Néantmoins notre prevost de Beaune et autres sergens, ainsi que prévosts, fermiers, s'efforcent souventes fois de entreprendre et grever plusieurs nos hommes, subgiez et autres, el*pour faire leurs fermes bonnes, ont fait au temps passé plusieurs entreprises dedans le finaige de notre dite ville en y faisant des explois à leur proufit et composant mains de nos diz subgiez et autres contre raison et sous umbre de leur ferme, si qu'ils dient, requérans notre provision gracieuse sur ce. Pourquoy, nous, ces choses considérées, vous mandons et par ces présentes commettons que se appelez nos procureur et prévost audit lieu de Beaune et autres que pour ce seront appelés et oïr, il vous appert de ce que dit est, les dictes entreprises faictes comme dit est, vous mectez et faictes mettre réaiment et de fait du tout au néant, lesquelles audit cas, par ces mêmes présentes y mectons. En faisant et laissant joïr et user les dis supplians à plain d'icelle leur justice en notre dite ville et les mectes et finaiges d'icelle, tout ainsy et par la manière que se les dictes entreprises n'eussent onques esté faictes. Car ainsi nous plaist il estre fait, et ausdis supplians l'avons octroyé et octroyons de grace espécial par ces présentes. Nonobstant ordonnances, mandemens ou deffenses à ce contraires.

Donné à Paris, le xxn" jour de' février, l'an de grâce mil cccc et neuf. Par Monseigneur le Duc, à vôstre relation.

DE SAULS.

Scellé du grand sceau en cire rouge.

Original Archives de la ville de Beaune, Justice.


CL

Déclaration du duc Jean sur les priviléges, au sujet du service militaire rendu par les Beaunois lors du siège de Vellexon, au comté de Bourgogne.

1409-10 (22 février).

Jehan, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines, à notre bailly et à tous nos autres justiciers et officiers, ou à leurs lieutenants, salut. Oye l'umble supplicacion de nos bien amez les Maire, eschevins et habitans de notre ville de Beaune, contenant que combien que par leurs previléges, libertés ?A franchises, ils ne soient tenuz d'aler hors de ce royaume en quelque armée qu'ils les mandrons, que ce ne soit de leur bon grey et consentement (1). Toutes voyes soubs umbre et pour ce que à notre requeste et prière, les diz supplians nous envoièrent nagguères vint hommes armez et dix huit arbalestriers au siège qui adonc estoit devantValexon (2), hors dudit royaume, ils se doublent que ou temps à venir et à eulx ou à leurs diz previléges, libertés et franchises ne leur peust tourner à aucune conséquence, se ils n'en avoient noz lettres de non préjudice, si comme dient. Desquelles ilz nous en ont très humblement fait supplier. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinant à la dite supplicacion aux dessus nommez, Maire, eschevins et habitans d'icelle notre ville de Beaune, avons octroyé et consenti par ces présentes, de grâce espécial, octroyé, consentons que ce qu'ils ont envoies les dis xx hommes d'armes et dix huit arbalestriers audit siège de Valexon, qui est hors de ce dit royaume, comme dit est, ne leur tourne ou peut tourner à eulx ne à leurs devant diz previléges, franchises et libertez à aucune conséquence ou préjudice ores ne pour le temps à venir. Si vous mandons et à chacun de vous si comme à lui appartient que de notre présente grâce et octroy les diz supplians et chacun d'eulx, faites, souffrez et laissez plainement et paisiblement joïr et user, sans leur donner ou souffrir estre fait ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire.

Donné à Paris le xx de février, l'an de grâce mil cccc et neuf. Par Monseigneur le Duc, à votre relation.

DE SAULS.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune. (1) Cf. la charte de commune, § 33, p. Ml.

<«) Vellexon (Haute-Saône).


CLI

Lettres de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, portant main-levée de la saisie de la Mairie de Beaune, ordonnée par les gènéraulx commissaires pour abus de justice.

1415 (8 octobre).

Jehan, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme, à la requeste de notre procureur, eussent été traiz en cause Guillaume Ranvial, maire de notre ville de Beaune, Roubin Bauduin, maistre Pierre Msgnoteaul Perrenot Quinot, Oudot Leblanc, Jehan Bonvarlot, et Henry Mairet, eschevins de la dicte ville, et Germain de la Risée, procureur, et Huguenin Moureaul, sergent d'icelle ville, par devant les généraulx commissaires nouvelment par nous ordonnez en noz duchié et conté de Bourgoigne eu conté de Charollois, de et sur ce que notre dit procureur maintenoit qu'ilz avoient fait certains tbus de justice au gouvernement de la dicte Mairie et eschevinaige et en leurs dis offices. C'est assavoir en ce que nonobstant que Guillaume de Luzey, Thevenot Eschinans et certains autres leurs complices, avoient voulu efforcier une nommée communément Marguerite la Moichecte, et venus de nuit à son huis frapper pour y vouloir entrer, et disoient que la voienlé devoit estre réputée pour le fait. Item, disoit ledit notre procureur que de rechief ung appellé Tappereaul et ung appellé Huguenin Grasprete estoient venus à certain jour de nuit en l'ostel de une appellée la femme Pierre Girardin, ouquel estoit la dicte Moichete et rompirent les huis et en avoient menée la dicte Moichete et cognue charnelement, violentement et contre sa voulenté, combien qu'elle feust femme mariée, en comectant crime de rapt, dont pugnition cappitalle se devoit ensuir; laquelle les diz Maire, eschevins, procureur et sergent n'avoient point faite en abusant de justice, mais avoient fait de cas criminel, civil. – Item, disoit notre dit procureur, que combien que ung appellé Jehan Chandelier eust bastu puis ung an en ça, ung appellé Jehan Bernard, si énormément que de la dite bature s'estoit mort ensuye, et combien que ledit Chandelier eust esté prins et mis es prisons de la ville pour ceste cause, desquelles l'on l'avoit mis dehors, sans faire pugnition, en abusant de la justice. Item, disoit en outre notre dit procureur que les diz Maire, eschevins, procureur et sergent avoient prins sans cause puis ung an en ça, ung appellé Martinet, serviteur de nos enffans, et l'avoient


détenu longuement en vil prison, sans le vouloir rendre à Bartholomay d'Escutigney, nostre maistre d'ostel, ne délivrer ledit prisonnier contre nos lettres closes dont ils en avoient eu plusieurs, en abusant aussi de justice. Item, disoit en oultre notre dit procureur qu'à certain jour duquel les diz Maire, eschevins, procureur et sergent avoient esté adjournez par devant nos diz commissaires chascun à peine de mil livres, ils avoient fait deffault, dont ils estoient encheuz es dites peines, lesquelles notre dit procureur demandoit contre eulx et aussi pour les abus dessus diz demandoit à chascun particulierment amende arbitraire et en la ville en général. Les diz Maire, eschevins, procureur et sergent respondant au contraire. Et premier, quant au cas devers ledit Luzey, que le cas n'avoit point esté tel, comme le maintenoit notre dit procureur; mais estoit vray que les diz compagnons le soir des nopces de la dite Moichete, par manière d'esbatement, estoient venus devant l'ostel d'icelle en demandant des gasteaulx, comme l'on a accoustumé de faire aux nouveaulx mariez, par manière de joyeuseté et en frappant à l'huys de l'espousée, sans vouloir faire aucune violence, et n'avoient procédé plus avant, sinon que ils s'estoient courrouciés cette nuit près du dit ostel à deux frères appellés les Pasquiers de Gigney et les avoient batus et fait sanc de nuit et contre les ordonnances de la ville, et pour ce avoient esté condampnez en amende civile, selon leurs facultés, et que en ce ils n'avoient en rien abusé; car il n'y avoit ne rapt ne intencion de rapt et aussi n'avoyent ils point procédé de attempter au corps de ladite Moichete et n'estoient point entrez devers son hostel et pour ce n'esloit point le cas capital, selon droit et mesmement par la costume de Bourgoingne par laquelle supposé que ce soit eu crimes énormes, la volenté n'est point reputée pour le fait pour pugnir capitelment; mais il y a seulement amende civille à l'arbitraige du juge. Et quant au second cas devers ledit Tappereal, le cas n'estoit pas tel comme posoit notre dit procureur mais estoit bien vérité qu'ils estoient bien venuz en l'ostel de la dite femme Pierre Girardin et avoient telement hurté à l'uys de la chambre ou estoit la dite Moichete, que la serrure de la dite chambre estoit cheute et la avoient trouvé la dite Moichete qui de son consentement s'en estoit alée avec eux. Et supposé que li ung d'eulx l'eust congneue, en ce n'avoit point de rapt, mesmement veu qu'elle ne s'en estoit point plainte en présent délit, comme le veut la coustume (1) mais que plus est en l'ung et en l'autre desdiz deux cas, avoit esté envoyée querre de la dite Moichete par la justice, ainçois qu'ils eussent procédé à la délivrance (1) Cf. le § 98 de la charte de commune, p. 211.


d'iceulx, ne à les condempner pour le tumulte civillement, laquelle avoit rapporté que onques mal ne vilonie ne li avoient fait à sa personne et ne se plaignoit d'eulx aucunement. Et pour ce que notre dit procureur n'avoit cause de maintenir qu'ils les deussent condempner fors que civilement, ains eussent abusé s'ils eussent fait autrement. Et quant au tiers cas du relaichement du dit Chandelier, ils l'avoient fait pour ce que la plaie que avoit en la teste le dit Bernard, estoit si petite que nuls ne jugeast que home en deust mourir. Et mesmement ledit Bernard aloit aval la ville et faisait sa besoigne en son hostel comme paravant et encore l'espace de huit jours après la bateure, et que néantmoins lesdiz Maire et eschevins pour plus seurement procéder, y avoient envoyé un barbier juré de la dite ville appellé Gilles Maistre, qui estoit mesme le barbier qui le garissoit, liquel avoit rapporté que la dicte plaie n'estoit aucunement mortele, mais évidemment eur&ble sans péril de mort. Auquel juré, pour raison de son office publique, l'on devoit adjouster foy et valoit son tesmoignage pour deux par raison et la coustume du païs; et encore pour plus grant seurté, ils avoient envoyé veoir l'estat dudit Bernart et en quel point il estoit par ledit procureur de la ville, ensemble ung sergent, qui le trouvèrent en bon point et faisant sa besoigne, et dist luy-mesme ausdiz procureur et sergent qu'il n'avoit garde de mort et qu'il vouloit bien et consentoit que ledit Chandelier fut relaichié et mis hors de prison. Et pour ce que en ce, n'avoit aucunement abusé, et que partout leroyaulme de France, ainsi avoit l'on accoustumé de relachier les prisonniers détenus pour batures, et tenoit l'on communément audit lieu de Beaune qu'il n'estoit point mort de la dite bature, mais estoit mort pour la mortalité courant au pays et pour son enciennefé et m?- ais gouvernement. Et quant au quart cas, ils avoient prins à bonne cause ledit Martinet et en délit présent, pour ce qu'il avoit batu gens en la ville et fait tumulte, et mesmement batu les sergens de la ville en faisant leurs offices, et trouvé aval la ville portant armes et soy ventant de pis faire, qui n'eust obvié à sa malice; et que on ne refusa onques à notre dit maistre d'ostel de le ly baillier et en faire remessure pour icelluy pugnir; ains estoit l'on prist de le li baillier si il le vouloit requérir, et que onques ils n'en eurent lettres de nous. Bien estoit vray que en le menant en prison, notre dit maistre d'ostel vint et le vouloit recourre de fait audit Maire, qui respondit à notre dit maistre d'ostel que ce n'estoit.pas la manière de l'avoir et que par les chartres et priviléges de la ville ils en doivent avoir la prinse et incarcération (1), et que sur la (1) Cf. la charte de commune, §17, p. 210.


rémission .lu; feroit ce qu'il appartenoit, et en ce n'avoit rien abusé lesdits Maire. Et quant au dernier cas advenu, pour le deffaut, disoit ledit Maire, etc., qu'ils n'avoient fait aucun deffault, car la journée à eux assignée avoit esté continuée par notre amé et féal chancelier, le seigneur de Courtivron, de Dijon à Beaune, pour cause de la mortalité, par ses lettres closes, lequel représentoit notre personne pour raison de son office et avoit puissance sur tous nos autres officiers, et là ou il s'entremectoit d'aucune chose et fait de justice, toute puissance d'aucuns nos officiers ou commissaires cessent comme par dessus qu'il est et aussi estoit il l'ung et le plus principal des généraux commissaires sur ce par nous ordonne», et avec ce maistre Guy Gélinier et Jacques Lombart, nos commissaires en ce fait, avoient bien sceu la dite continuacion et l'avoient eu expressément ou atout le moins taisiblement pour agréable en faisant droit sur ycelle continuacion et adhérent plusieurs appointements à la dicte cause. Et pour cenouseussent très humblement requis, les diz Maire, eschevins, procureur et sergent, que considéré que l'on les travailloit et faisoit l'on despendre le leur sans juste cause et qu'il vailloit mieux que aigrement en notre service ils l'emploiassent; que nous les voulussions mectre dehors des diz procès et en mectre sillence à notre dit procureur et le leur lever la main de la dicte maierie et eschevinaige pour ce empeschié. Savoir faisons que, nous, oyes les dites choses, par l'advis et délibération de notre grant conseil, et ove les dits nos commissaires et leurs rappors sur ce et aussi pour considération de ce que nos diz habilans de notre ville de Beauue ont en touz nos affaires esté nos bons et loyaulx subgets et volontiers obéissans sur tous autres choses, nous les avons en notre grâce, avons mis et mettons par ces présentes au néant ledit procès, et voulons que les diz Maire, eschevins, procureur et sergent soient mis hors du dit procès, et que pour le cas et choses dessus dites ils ne soient doresenavant plus poursuis. Et en oultre avons ordonné et ordonnons que les diz Maire et eschevins joyssent soubs notre main des dites mairie et eschevinaige ainsi et par la manière qu'ils faisoient par avant notre dite main mise, et les dits empeschements, lesquels nous levons et osions par ces présentes. Si donnons en mandement à nos diz commissaires et à touz autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra, ou à leurs lieuxtenans et à chascun d'eulx, que les diz Maire, eschevins, procureur et sergent ils facent, seuffrent et laissent joïr et user de notre présent octroy et ne les en tiengnent en procès, et aussi au gouverneur de la dite mairie et eschevinaige commis de par nos diz commissaires ou par leur auctorité, au dit gouverneur qu'il se départe du dit gouvernement, et que d'icelle et des explois d'icellui les laissent et seuffrent


paisiblement joyr et user parmi luy payant ses peines et salaires raisonnables. Nonobstant quelxconques ordonnances, mandemens et deffenses à ce contraires et aus dits habitans l'avons ainsi octroyé et octroyons de grâce espécial par ces présentes. En tesmoing de ce nous avons fait mettre notre scel ces présentes. Donné en notre ville de Chalon, le vin" jour d'octobre l'an de grâce mil quatre cens et quinze.

Par Monseigneur le Duc et son Conseil.

BORDOT (1).

Original Archives de la ville de Beaune, Mairie.

CLII

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le duc Philippe le Bon. 1422 (24 avril).

Phelippe, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artoys et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines. Savoir faisons à tous présens et avenir que, nous, à la prière de nos bien amez les Maire et eschevins de notre ville de Beaune, avons leurs libertez, franchises, usaiges, immunités, chartres, priviléges et confirmacions d'icelles, à eulx donnez et octroyez par noz prédécesseurs ducs de Bourgoingne, louez, rattiffiez, confermez et approuvez, louons, ratiffions, conformons et approuvons par ces présentes, et avons sur serement sur les sains Euvangiles,en l'église Nostre Dame d'icelle notre ville de Beaune, [juré] les tenir et garder sans enfraindre, ainsi que par noz prédécesseurs ducs de Bourgoingne a esté fait. Et affin que ce soit ferme chose et estable à touzjours, nous, en tes(t) Viugt-un après, en 1436, la Mairie fut encore saisie par ordre du due Philippe le Bon (mandement du 19 mai), pour la punir du refus du lieutenant du Maire d'assister le prévôt de la châtellenie de La Perrièresur-Saône, appartenant à sa femme, la duchesse Isabelle, dans l'arresiation d'un habitant de Saint-Aubin, en Franche-Comté, qu'il poursuivait pour assassinat commis sur la personne d'un prêtre. Cet individu s'était réfugié à Beaune, il avait des parents; mais bientôt, relancé par le prévôt, il n'avait pi éviter de tomber entre ses mains qu'en se réfugiant en franchise au cimetière de Saint-Martin. Or, pour garder les abords du cimetière et empêcher la fuite du coupable, le concours et consentement de la justice municipale étaient indispensables, et quand le prévôt y avait recouru, les parents du meurtrier avaient gagné le lieutenant du Maire, qui traîna tellement les choses en longueur que ceux-ci eurent le temps de rassembler leurs amis à la tête desquels ils culbutèrent les sergents et les gardiens du cimetière et soustrairent le coupable au châtiment qui l'attendait. Cependant, deux mois après (10 juillet), sur les énergiques remontrances du Conseil de ville, qui déniait toute participation à cette affaire, un arrêt du Conseil ducal le rétablit dans tous ses droits.


moing de ce, avons fait mettre nostre scel à ces présentes, sauf en autre chose notre droit et l'autruy en toutes. Ce fut fait et donné en icelle église de Nostre Dame de Beaune. Présens notre très chier et très amé cousin le conte de Saint Pol (1), Révérends Pères en Dieu les évesques de Tournay (2), notre chancellier, de Lengres (3) et de Chalon (4), les abbez de Citeaulx (5) et de Mazières, messires Pierre de Bauffremont, grand prieur de France, les sires'de Robays (6) et de Maummes (7), chevaliers, et plusieurs autres, le vingt quatriesme jour d'avril l'an de grâce mil quatre cent vingt et deux.

Par Monseigneur le Duc,

SÉGUINAT.

Scellé du grand sceau en cire verte dont il ne reste que les lacs de soie pendants. Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

CLIII

Autorisation donnée par le duc Philippe le Bon, aux Maire et échevins de Beaune, de remplacer le cor par une trompe, pour leurs publications.

1458-59 (13 février).

Phelippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant et de Lembourg, comte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin de Haynnau, de Hollande, de Zellande et de Namur, marquis du Saint Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Gommé noz bien amez les Mayeur, eschevins, bourgois et habitans de notre ville de Beaulne nous ayant exposé que icelle notre ville est notable ville et de grande renommée, et que combien que es autres bonnes villes de notre duchié de Bourgoingne, on ait accoustumé de faire les criz et publications qui se font en icelle à son de trompe, néantmoins en notre dite ville de Beaune, on a accous(1) Voir page 95, note 1.

(2) Id., note 3.

(3) Id., note 2.

(4) Hugues d'Orges, conseiller du Duc. Il gouverna le diocèse de Chalon du 3 septembre 141 3 à l'année 1431 (5) Jean de Martigny, précédemment abbé de Morimond et de Clairvaux, élu eu l'.Ob, mort le 21 novembre 1438.

(6) Jean de Roubaix, seigneur de Herzelles, chevalier, conseiller, était à cette époque premier chambellan du Duc.

(7) Pierre, seigneur de Maumes, chevalier, chambellan.


tumé par cy devant de faire les cris et proclamations qui se font en icelle ville de par nous et les diz Mayeur et eschevins à son d'un cor de cuyvre, qui n'est pas si honnorable chose comme se ils se faisaient à son de trompe (f). Si comme dient les diz exposans, en suppliant que comme chose bien raisonnable et honnorable soit pour notre dite ville que les diz cris, publications et proclamations se facent à son de trompe, laquelle chose faire ne vouldroient ne oseroient, sans savoir sur ce notre bon plaisir et avoir pour ce faire noz congié et licence, requérant humblement iceulx. Savoir faisons que, nous, oye la supplication sur ce des diz exposans, ayant considération ad ce que dit est et eu sur ce la délibération de notre grant Conseil estant lez nous ausdiz exposans avons consenti et octroyé, consentons et octroions par ces présentes que doresnavant et à tousjours les cris, proclamations et publications qui se feront de par nous et de par les diz Mayeur et eschevins en notre dicte ville de Beaulne se facent à son de trompe et non pas au son dudit cor de cuyvre, lequel en tant que touche les cris, proclamations et publications qui se feront doresnavant de par nous et les diz Mayeur et eschevins en notre dite ville, nous avons aboli et mis, abolissons et mettons au néant. Si donnons en mandement à notre bailli, de Dijon, ou à son lieutenant audit lieu de Beaulne, que ces présentes il publie ou face publier en notre dite ville, et de nos diz octroy et consentement face, souffre et laisse les diz exposans joir et user doresnavant, perpétuellement et à tousjours, plainement et paisiblement, et sans empeschement aucun, nonobstant l'usage accoustumé dudit cor de cuyvre, lequel nous avons aboli et aboï;ssons comme dit est, et quelxconques mandemens ou deffenses à ce contraires. En tesmoing de ce nous avons fait mettre notre scel secret en l'absence du grant à ces présentes. Données en notre ville de Bruxelles le xiiie jour de février l'an de grâce mil quatre cens cinquante huit. Par Monseigneur le Duc,

MILET.

Original Archives de la ville de Beaune, llfairie.

(1) Cf. la charte semblable accordée à la ville de Dijon, n° LXKXI, p. t01.


CLIV

Arrêt du grand Conseil de Bourgogne, qui règle les débats survenus entre le procureur au bailliage de Beaune et les Maire et échevins, au sujet des droits respectifs du Duc et de la commune. 1459-60 (7 février).

Phelippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant et de Lembourg, comte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin de Haynnau, de Hollande, de Zéllande et de Namur, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins, de Malines, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Comme certaine cause et procès se fussent naguère meuz par devant noz amez et féaulx les commissaires par nous ordonnez à la reformation de noz pays de Bourgoingne, entre nostre procureur, demandeur et complaingnant d'une part; et les Mayeur, eschevins, clercs mariez, manans et habitans de nostre ville de Beaune, deffendeurs et opposans, d'autre part; sur ce que notre dit procureur disoit que, à cause de nostre duchié de Bourgoingne, à nous compétoit et appartenoit de toute ancienneté plusieurs grans haulteurs, noblesses, seigneuries, prééminences et prérogatives, mesmement plusieurs bonnes villes estans en iceluy duchié, entre lesquelles nous appartient ladite ville de Beaune et ses appartenances, laquelle est de nostre domaine; et en icelle avons noz droiz, haulteur, justice et prérogatives, comme noz prédécesseurs ont tousjours par cy devant de toute ancienneté. Et à celte cause, et en ensuivant ce, chacun an après ce que le Mayeur du dit Beaune estoit esleu par les habitans d'icelle ville, le jour de la Nativité Saint Jehan Baptiste, iceulx habitans le devoient et estoient tenus de le présenter à nostre bailli de Dijon ou à son lieutenant audit Beaune. Lequel Mayeur, après ce qu'il estoit ainsi receu par le dit bailli ou son lieutenant, juroit et avoit accoustumé de jurer et faire serement, entre autres choses, de bien et loyaument garder et entretenir noz drois, haulteur et seigneurie, prééminences et prérogatives; et semblablement juroient et avoient accoustumé jurer, les eschevins du dit Beaune, et aussi de garder et observer les privilèges d'icelle ville. Avions avec ce, en nostre dicte ville de Beaune et en la barî;.n-uo d'icelle, toute justice et juridiction, haute, moyenne et basse, mère et mixte, impère, ensemble iexercité, et aussi les espaves et confiscations. Dist en oultre que les habitans du dit lieu de Beaune donnoient chacun an à nos prédécesseurs ducs de Bour-


goingne deux cent marcs d'argent, de tel argent et de la valeur que les changeurs es foires et marchiez prenoient et bailloient l'un à l'autre, à payer la moitié aux octaves de la feste de Toussains, et l'autre moitié aux octaves de Pasques. Et depuis feu de bonne mémoire Je duc Robert, notre prédécesseur, que Dieu absoille, à la supplication des dits habitans de Beaune, leur aboli la dite charge de deux marcs d'argent, parmy ce qu'il fut convenu et accordé entre luy eticeulx habitans de Beaune, que quiconques seroit de la commune du dit Beaune, y ayant domicile et demourant et auroit en biens la valeur et estimation de six cent livres tournois, ou plus, payeroit et seroit tenu de payer chascun an, audit feu duc Robert et à ses successeurs, ou à leur certain commandement, deux marcs d'argent; et les autres de moindre chevance, et en descendant, paieroient pour chacun cent livres tournois qu'ils auroient vaillant, vint solz tournois, et ainsi en descendant payeroient, selon le contenu de certaine chartre et des lettres d'iceluy feu duc Robert, sur ce faictes et passées. Avoient aussi, les dits Mayeur et eschevins de Beaune, accoustumé, devoient et estoient tenus chacun an, mesmement quand nostre chastellain illec les requéroit, de imposer sur eux et sur les habitaus du dit Beaune, et nous faire payer les dits marcs, de imposer, selon la chartre dessus dite, en regard à leurs biens et chevance. Et jaçoit ce que iceulx habitans fussent tenus de nous payer les dits marcs d'argent, non pas seulement à cause de leurs biens et chevance qu'ils avoient en nostre dite ville et banlieue de Beaune, mais aussi de ceulx qu'ils avoient ailleurs, que part ou lieu que ce feust, et que ainsi l'eussent accoustumé de faire selon la teuxte d'icelle chartre; néantmoins les dits Mayeur et eschevins ne imposoient, et aussi les dits habitans ne nous vouloient paier iceux marcs, selon la dite chartre, ains disoient qu'ils nous paieroient seulement les dits marcs selon leur chevance, qu'ils avoient en dedans nostre dite ville de Beaune, et non mie au regart des biens et chevance qu'ils avoient hors d'icelle ville et banlieue; et encore ne vouloient payer selon les biens qu'ils avoient au dit lieu de Beaune, à nostre très grand intérest et domaige, et qui plus estoient, vouloient dire et maintenir que les maisons esquelles ils faisoient leurs demourances au dit Beaune, ne debvoient pas estre prisées ne comptées en l'extimation de leurs dits biens, ne les valeurs d'icelles maisons, en allant directement contre la teneur de la dite chartre. Et avoient fait tellement que les dits marcs, qui par cy-devant souloient valoir et revenir à nostre prouffit de sept à huit cent francs, ne revenoient pas à trois cent francs. En oultre vouloient dire et maintenir, les dits défendeurs, que les clercs mariez demourans en nostre dite ville de Beaune, tenans feux et lieux, et y ayans maisons et héritages.


vivans clerjamment, comme notaires et autres praticiens, estoient et devoient estre exempts des dits marcs, et de fait les en avoient exemptez par cy devant à nostre grand domaige, et aussi par telles voyes et auctoritez indeuës et desraisonnables s'estoient les dits Mayeur et eschevins de Beaune efforcez de usurper nostre vray domaine, et de entreprendre sur noz droiz, haulteur et seigneurie, et non mie seulement en ce que dit est, mais de fait en plusieurs autres points, choses et matières, en allant contre leur serement.

Mesmement que jaçoit ce que les rues et places communes estant audit Beaune nous appartiennent, comme prince et seigneur de la dite ville et du territoire d'illec, et que les dits Mayeur et eschevius et habitans ne peussent applicquer ne bailler, ou laisser à leur singulier prouffit aucunes des dites rues et places communes d'icelle ville, en tout, ne en partie, ne aussi donner congié et licence à aucune personne de édiffier ou construire aucun édiffice es dites places communes, sans le sceu, consentement, authorilé et licence de nous néantmoins, iceux Mayeur et eschevins avoient donné congié et licence à plusieurs de édiffier en icelles places communes, et aussi avoient baillié plusieurs d'icelles places à cense | leur singulier prouffît. sans eu avoir nos dits congié, licence, ou consentement, ne de noz officiers, en voulant à eulx appliquer ce qui de droit nous compétoit et appartenoit.

En outre, les dits deffendeurs en entreprenant tousjours sur noz droits et haultesse, avoient imposé et levé plusieurs tailles, guetz et imposts, sans licence de nous, ne de nos dits officiers, et sans le consentement de ceulx qui ad ce dévoient estre appeliez. Avoient aussi ouy et fait ouyr les comptes des receveurs des dites tailles, sans y avoir, ne requérir, ou demander aucun commis de par nous. En quoy faisant, iceulx demandeurs avoient grandement entreprins sur nous et nos dits droiz, dont ils devoient estre amendables envers nous. Combien aussi que à nous et non à autre compétoit et appartenoit de donner et bailler gardes et protections, et aussi tous cas de nouvelleté; lesquelles gardes et cas de nouvelleté, les dits de Beaune, comme nos hommes et subgietz ne pouvoient ou devoient selon raison refuser d'exécuter. Toutes voyes iceulx Mayeur et eschevins, eux monstrans à nous désobéissans, n'avoient voulu souffrir mettre à exécucion en la dite ville et banlieue de Beaune, les dites gardes et cas de nouvelleté obtenues de nous ou de nos gens et officiers, dont lesdits deffendeurs faisoient grandement à punir.

D'autre part, disoit le dit demandeur, que à nous seul, et pour le tout, compétoit et appartenoit de statuer, et faire par nous ou noz officiers tous statuz qui


semblent eslre raisonnables et prouffitables à nostre dite ville de Beaune, et n'estoit loisible ausdits Mayeur et eschevins de faire aucuns statuz, constitutions ou ordonnances en icelle ville, sans l'auctorité, licence ou consentement de nous ou de noz officiers au dit lieu; mais ce nonobstant les dits Mayeur et eschevins, sans nos dits sceu ou consentement, ne de noz officiers, avoient fait statuz, ordonnances ou deffenses de non mectre ou bouter aucun vin dedans nostre dite ville, fors es raisins, sur peine d'iceulx vins estre acquis et confisquez à eulx et appliquez à leur voulenté qui estoit chose très dommageable pour le poure peuple d'icelle ville, car de tant le vin y estoit plus cher. Par laquelle ordonnance ou deffeuse ils avoient grandement entreprins contre nos droiz et prérogatives, en ce que par icelle, ils vouloient ledit vin estre confisqué et appliqué à eulx et à leur voulenté, car se la dite deffense estoit raisonnable, le dit vin ainsi mis et bouté dedans nostre dite ville de Beaune, contre la dite défense, devoit estre confisqué et acquis à nous, à cui appartenoient toutes confiscations et espaves en la dite ville de Beaune et banlieue, comme dessus est dit.

Pareillement jaçoit ce que comme dit est, iceulx Mayeur et eschevins fussent noz hommes et subgietz et que la justice et juridiction qu'ils povoient avoir, fust subalterne et subjecte de la nostre, et qu'ils la tenissent de nous néantmoins, iceulx Mayeur et eschevins avoient reffusé et reffusoient plusieurs fois de crier et faire crier au dit lieu de Beaune, les jours de nostre gruyerie, comme Ton avoit accouslumé faire de toute ancienneté. En quoy et ès poins et matières cy dessus déclairez, et plusieurs autres, nostre dit procureur disoit que les dits Mayeur et eschevins avoient grandement entreprins et s'estoient efforciez de entreprendre sur et contre noz droiz, domaines, seigneuries, justice et haultesse, et fait plusieurs grans abus et désobéissance envers nous et noz officiers, et pour ce avoit nostre dit procureur fait adjourner les dits Mayeur, eschevins, manans et habitans de nostre dite ville de Beaune, et aussi certain nombre de clercs mariez demourans en nostre dite ville, par devant nos dits commissaires, à certain jours pieça passé.

Auquel jour, ou autre entretenu et déppendant d'iceluy comparans, les dites parties pardevant iceulx noz commissaires, le dit demandeur fist et forma sa demande par la manière dessus dite, concluant et requérant par ces raisons, et autres plusieurs, de par icelui nostre procureur alléguées, que les dits deffendeurs feussent par sentence de nos dits commissaires, dés lors en avant privez de imposer les dits marcs, veuë la fraude par eulx commise, et que nos gens et officiers les imposassent, et asscissent sur chacun des diz habitans de Beaune, fussent clercs


mariez vivant clerjamment, ou autres, selon leurs facultés et chevances, et le contenu de la dite chartre; en condamnant iceulx deffendeurs, et chacun d'elllx, à les nous payer chacun an, selon sa part et portion. Et pour le abus par eulx y commis, iceulx deffendeurs fussent condampnez envers nous en l'amande de deux mil escus, au autre, telle que par iceulx nez commissaires seroient sur ce avisé. Que les bailz et accensissemens faiz par iceulx deffendeurs des dites rues et places communes de Beaune, dont cy dessus est touchié, fussent déclairez nuls, ou à tout le moins mis et appliquez à nostre prouffit et à nostre domaine en deffendant ausdits deffendeurs de non dès lors en avaut cy eux entremectre, et pour la dite entreprinse fussent condamnez envers nous en la somme de mil écus. En oultre, que deffenses fussent faites à iceulx deffendeurs que dès lors en avant, ils ne missent ne imposassent aucuns guets, tailles ou imposts,ne oyssent les comptes des receveurs, sans licence, congié ou consentement d'aucuns de nez officiers, mesmement de nostre bailli de Dijon ou de son lieutenant au dit Beaune, et luy présent, si estre y vouloit. Et que pour l'entreprinse et abuz par les dits deffendeurs commis en ceste partie, ils fussent condempnez envers nous en amende arbitraire, jusques à la somme de mil escus, sauf la loyale tauxation de nos dits commissaires. Etavec ce que iceulx deffendeurs fussent condempnez et contraints à souffrir doresnavant mectre à exécution en nostre ville de Beaune et banlieuë d'icelle, les gardes et cas de nouvelleté dont dessus est touchié, et que pour le indeheu reffus par eulx fait cy-devant de les mectre à exécution, fussent condemnez en une amende envers nous jusques à la somme de deux mil escus. Et au regard de la deffense ou ordonnance faicte par les dits deffendeurs de non mectre on bouter aucun vin dedans nostre dite ville, fors en raisins, à la peine dessus dite, que il fust dit et déclaré les dites ordonnances et deffenses non devoir sortir aucun effet, comme déraisonnables et faites par ceulx qui n'avoient aucun pouvoir ou auctorité de le faire; en condempnant iceulx deffendeurs, pour la dite entreprinse et abus fais à ceste cause, en une amende arbitraire envers nous, jusques à la somme de mil escus d'or. Et avec ce, que veuës les dites entreprinses et abus fais par iceulx deffendeurs, il feust par nos dits commissaires dit et déclaré les dits deffendeurs avoir forfait et devoir perdre entièrement tous previléges, franchises et libertez qu'ils avoient et pouvoient avoir de nous et de nos dits prédécesseurs, et mesmement leur Mairie et eschevinaige, et que le corps et commune de la dite ville debvoit estre dissolu, et ne dévoient jamais avoir corps ne communauté de ville. Et pour ce que la matière estoit grande et de hault poids, jour fut assigné ausdits deffendeurs, à comparoir pardevant iceulx noz


commissaires au dix huictième jour de janvier, l'au mil cccc xyijiy pour Venir dire ce que bon leur sembleroit à l'encontre des demandes et conclusions dessus dites, prinses par notre dit procureur.

Auquel jour, comparans icelles parties pardevant nos diz commissaires, ieeulx deffendeurs, après plusieurs protestations de leur part faites, firent dire et proposer entre autres choses que eulx et leurs prédécesseurs avoient toujours été noz bons et loyaulx subgietz et vraiz obéissans envers nous et noz prédécesseurs, et que oncques n'avoient fait ne voudroient faire chose qui fust au préjudice de nous, et à nostre desplaisance, ne derroguer à noz droiz, haulteur et seigneurie. Et aussi qu'ils avoient plusieurs beaulx previleiges octroiez à la commune et habitans d'icelle ville par feu de bonne mémoire le duc Eude, cui Dieu absoille, et depuis confirmez et approuvez tant par nous, comme par noz prédécesseurs; par lesquels previleiges, entre autres poins et articles y contenuz, iceulx deflendeurs n'estoient tenuz de respondre pour aucun forfait et abuz qu'ils pourroient avoir commis envers nous et envers nos prédécesseurs, pardevant nos officiers, mais seulement en la court ou portail de l'église Nostre Dame du dit lieu de Beaune, pardevant le Mayeur de la dite ville, .selon le jugement des jurez et eschevins d'icelle; et que, par vertu du dit previleige, nous ne les povoyons contraindre à plaidoier d'autre part. Desquels previleiges et exempcion les diz deffendeurs, tant par eulx comme par leurs prédécesseurs, avoient jouy et usé le temps passé, toutes et quanteffois que bon leur avoit semblé. Veue laquelle chose, les diz deffendeurs maintenoient devoir estre renvoyez comme dit est, et qu'ils ne debvoient procéder pardevant nos diz commissaires sur les cas dessus dits; et se ils ne obtenoient la dite fin de renvoy, préalablement sur icelle, disoient et respondoient iceulx deffendeurs, soubs les protestations dessus dites, pour eulx excuser des dites charges et abuz à eulx imposez par nostre dit procureur, et non pas <;n entention deprocéd'irpar manière d'interdicinn contentieuse. Premièrement, que sauve la révérence des disans, on ne pouvoit bailler charge ausdits Mayeur et eschevins, ne à aucun habitans de la dite ville, des cas proposez pour la partie de nostre dit procureur, ne aucun d'iceulx; car les dits deffendeurs, ne aucun des dits habitans, n'avoient oncques fait mutation ou nouvelleté sur les cas dessus dits, mais s'estoient toujours gouvernez selon la forme ancienne de procéder de leurs prédécesseurs, Mayeur et eschevins de nostre dite ville. Et quant au fait des marcs à nous deus audit Beaune, iceulx Mayeur et eschevins, en la présence de nostre chastellain ou autre nostre officier, les avoient chacun an imposez sur les habitans de nostre dite ville, contribuables es dits marcs, selon la forme an-


cienne, et ainsi que l'on avoit accoustumé faire de toute ancienneté, et de tel et si longtemps que mémoire n'estoit du commencement ne du contraire. Et du temps mesmement desdits deffendeurs, iceulx marcs avoient esté imposez aussi hault ou plus qu'ils avoient esté le temps passé, et du temps des prédécesseurs d'iceulx deffendeurs, et ne seroitjà trouvé, sauf la révérence des disans, que d'ancienneté les dits marcs eussent été plus hault imposez, qu'ils avoient depuis vingt ou trente ans en ça; depuis lequel temps ils avoient autant valu à nostre prouffit, comme ils avoient fait es années précédentes, et d'ancienneté, et devoit-1'on entendre et présumer que au temps de l'octroy des dits marcs fait à nos dits prédécesseurs, le marc de petiz tournois estans de petite valeur et ne povoient valoir plus d'un franc, ou de quinze gros de la monnoye courant présentement, et par ainsi le plus riche des habitans ne devoit pas, à cause des dits marcs, que quarante ou cinquante sols, et les autres habitans du dit Beaune au dessoubs. Et ainsi avoit-on accoustumé de le faire, et non point autrement depuis le temps du dit octroy d'iceulx marcs. Et aussi oncques n'avoit esté veu ne sceu, que aulcuns d'iceulx habitans qui eussent vaillant six cent francs payassent deux marcs d'argent pour les dits marcs, revenans à la somme de six francs, monnoye courant, mais avoient toujours esté quittes, les plus riches de la dite ville, pour quarante ou cinquante sols tournois, ou par la somme de soixante sols au plus, et à plus n'avoient esté imposez au veu et sceu de nostre dit chastellain et de noz autres officiers, sans aucune contradiction qui eust point sorti d'effet. Pourquoy l'on devoit présumer que le dit marc d'argent estoit de très petite valeur au temps de l'octroy d'iceulx marcs, comme estoit la monnoye en France et en Bourgoingne es ans mil quatre cent dix huit et dix neuf; par lequel temps dix francs ne valoient pas un franc de bonne monnoye, et avoient iceulx marcs de toute ancienneté esté imposez chacun an en la présence de noz officiers, en la forme et manière qu'ils avoient esté imposez du temps des dits deffendeurs, sans faire aucune mutation ou nouvelleté de par iceulx deffendeurs en l'impost des dits marcs. Pourquoy veuë la longue usance de la forme et manière que l'on avoit tenue et gardée à imposer iceulx marcs de si longtemps, que mémoire n'estoit du contraire, au veu et sceu de nos diz officiers, et en leur présence, et sans contredit qui eust point sorty d'effet, l'on devoit dire et interpréter selon droit et raison, que les dits marcs avoient esté bien et deuement imposez, et que l'on ne devoit rien changer ne innover, et que droit avoit esté acquiz ausdiz deffendeurs et à leurs dits prédécesseurs, de ainsi le faire. Et supposé, sans préjudice, que les diz deux marcs d'argent eussent valu six francs néantmoins, puisque les


diz habitans n'avoient accoustumé de payer, c'est à sçavoir le plus riche quarante ou cinquante sols, l'on ne pouvoit contraindre iceulx habitans à plus payer pour la valeur d'iceulx deux marcs. Mesmement que les imposts des diz marcs avoient tousjours esté faiz en la présence et du consentement de nos diz officiers. et avoient peu, les diz de Beaune, acquérir droit de payer iceulx marcs en la forme dessus dite, ainsi comme l'on faisoit en matière de dime, et avoient les gens de noz comptes à Dijon, ou les aucuns d'eulx, assisté plusieurs fois es imposts des dits marcs, et en leur présence, iceulx marcs avoient esté imposez en la forme et manière dessus dite, et ainsi que l'on avoit accoustumé, tant du consentement d'iceulx gens de nos comptes, comme de nostre chastellain de Beaune, qui estoit receveur et collecteur des diz marcs. Et combien que dos diz officiers se fussent parforchiez de faire imposer iceulx marcs plus hault que l'on n'avoit accoustumé, toutes voyes de leur consentement, rien n'avoit esté changé pourquoy la dite forme de imposer iceulx marcs devoit estre vallable et observée, sans la changer l' ne muer. Lesquelz marcs n'estoient pas reputez estre deuz pour le droit de haulteur, mais estoient de nostre patrimoine et par ainsi, les dits deffendeurs et leurs dits prédécesseurs, avoient peu prescrire selon droit et raison et la coustume du pays, la forme de imposer les dits marcs, en usant d'icelle forme; puisque nous et noz prédécesseurs et officiers avions souffert et toléré la dite forme et usance de imposer iceulx marcs. Et pour monstrer que l'on ne debvoit rien chargier sur l'impost des dits marcs, et que iceulx deffendeurs n'avoient en ce riens mesprins ne abusé; l'on povoit considérer que eulx et leurs prédécesseurs avoient esté et estoient povres gens, tous fondez en vignoble qui n'estoit pas souvent de grand revenu. Mesmement que plusieurs d'iceulx de Beaune, que l'on réputoit du temps passé estre des plus riches de la dite ville, estoient trespassez povres gens, et tellement que leurs parents ne s'estoient point faiz leurs héritiers, fors par bénéfice d'inventaire et par ainsi n'estoit pas de merveilles, se l'on avoit observé et gardé la forme dessus dite, en imposant les diz marcs du temps passé. Et aussi, en consentant l'octroy d'iceulx mares au dit feu duc Robert, nostre prédécesseur, que Dieu pardoint, il promit de non lever ne cuillir autre taille ne autre somme de deniers sur les habitans du dit Beaune, ainsi qu'il apparoit par une clause contenue es lettres du dit octroy. Mais, néantmoins, l'on levoit chacun an sur les dits habitans, à nostre prouffit, plusieurs autres sommes de deniers, tant pour les impositions, gabelles, huictiesme, et pour autres imposts et subsides que l'on y faisoit souvcnteflbis pour noz affaires. Et pour vérité, qui eust imposé ou qui imposeroit les diz marcs selon l'entendement du dit demandeur, et que ceulx


qui auroient vaillant six cens frans payassent chacun an, c'est assavoir chacun d'eulx six frans pour les diz marcs, ladite ville eust été et seroit très fort despeuplée et diminuée de peuple, et ne vauldroient pas tant les diz marcs à nostre prouftit, comme ils avoient fait le temps passé et encore faisoient de présent, pour les grans charges qui seroient en la dite ville. Et demourroit icelle ville inhabitée, qui le voudroit ainsi faire. Et se les prédécesseurs des diz deffendeurs avoient aucunement erré ou failly en imposant iceulx marcs, qui pas n'cstoit à présumer; toutes voyes iceulx deffendeurs non estoient en rien coulpables, ne aucunement à punir.

Et quant au second point de la demande du dit demandeur, touchant les clercs mariez en nostre dite ville de Beaune, les diz deffendeurs disoient que les clercs mariez, mesmement ceulx qui point ne s'estoient meslez des euvres mécaniques, ne de marchandises publiques, n'avoient oncques estez contribuables, ne compris ou imposez es diz marcs, en avoient tousjours esté quittes, francs et exempts, au veu et sceu de nous et de noz prédécesseurs, de leurs officiers et des nôtres, sans aucun contredict qui eust sorti effecl; estoient avec ce, iceulx clercs mariez, en bonne possession et saisine de la dite exemption et franchise de non contribuer es diz marcs, et en avoient joy et usé paisiblement, par tel et si longtemps, que mesmoire n'estoit du contraire, au veu et sceu comme dessus est dit, et mesmement des gens de noz Comptes à Dijon, sans aucun empeschement ou contredict, tant par appellation comme autrement, et tellement que tousjours estoient demourez en leur franchise et exemption. Et par ainsi, les diz clercs mariez n'avoient oncques esté comprins en l'octroy d'iceulx mars, et ne seroit pas chose raisonnable de les imposer ne faire contribuer es diz marcs; considéré aussi que en plusieurs lieux et villes de nostre duchié de Bourgogne, comme à Ostun, Beligny sur Oische, Argilli et autre part, les clercs mariez avoient esté les temps passez et estoient francs, quittes et exemptés de plusieurs prestations annuelles que avoient accoustumé nous payer les séculiers qui pas n'estoient clercs. Et pour ce n'estoit pas de merveille, se les diz clercs de Beaune estoient et avoient esté le temps passé exemps et quittes des diz marcs; car ils n'estoient pas de pire condition que les autres. Disoient aussi que passez estoient cinquante ans que l'on avoit voulu contraindre les diz clercs mariez du dit Beaune à contribuer es diz marcs, mais iceulx clercs en appelèrent en Parlement en France, et depuis, par le bon plaisir et voulenté de feu de noble mémoire le duc Philippe, nostre ayeul, que Dieu absoille, le mandement par vertu duquel l'on avoit voulu faire les diz exploix sur les diz clercs, avoit esté mis au néant, et parmi ce avoient iceulx


clercs renoncié à leur dit appel. Par quoy l'on ne leur povoit quant à présent riens demander des diz marcs, veue la dite renonciation et autres choses dessus dites, mesmement leur dite exemption. Et se aucuns clercs d'aucunes bonnes villes de nostre duchié de Bourgogne s'estoient laissez asservir, en contribuant ausdits marcs, l'on ne debvoit pas pourtant chargier les diz clercs de Beaune, mais devoient demourer en leur franchise comme ils avoient fait le temps passé. Et pour ce disoient les diz deffendeurs que veu que nous et noz prédécesseurs, et un chacun d'eulx, avions loué, approuvé, ratiffié, consenti et juré de entretenir les previleiges, chartres, coustumes et usaiges des diz habitans de Beaune, et promis de non aller au contraire, nostre dit procureur ne faisoit à recevoir, à proposer les choses par luy mises avant à l'encontre d'iceulx deffendeurs car en ce faisant, il venoit directement contre les diz previleiges, coustumes et usaiges.

Et au regar tdes autres points et cas mis oultre par le dit demandeur contre les diz deffendeurâ, disoient que nous et noz prédécesseurs avions octroyé et donné à nostre dite ville de Beaune et aux habitans d'icelle, plusieurs beaulx, grans et nobles previleiges, libertez, franchises et exemptions mesmement en l'an mil deux cent et trois ou environ, feu de noble mémoire le duc Eudes, nostre prédécesseur, que Dieu absoille, octroya à ses diz hommes du dit Beaune, droit, puissance et faculté d'avoir entre eux perpétuellement un corps mistique, c'est assavoir une commune, sauf les libertez qu'ils avoient paravant, leur octroya aussi toute justice et juridiction, haulte, moyenne et basse, ensemble l'exercice d'icelle, réservé l'exécution du baston: c'est assavoir des malfaicteurs qui seroient condempnés par nostre dite ville au derrenier supplice, et aussi réservé certaines amendes, comme du sang, et des faultes, et mesuz déclaiiez es lettres des dis previleiges; et voult et consenti que pour régir et gouverner la dite justice, les diz hommes et commune de Beaune eussent Maire et eschevins, qui poussent esleire chacun an entre eulx, et ne voult pas que aucun se entremist en la dite justice, ne que de l'exercice d'icelle, ne de prendre ou emprisonner aucune personne que ce fust en la dite ville et banlieue d'icelle, fors les diz Mayeur et eschevins, comme ils disoient ces choses apparoir par une clause contenue es lettres du dit previleige. Furent en outre donnez et octroyez ausdiz habitans, hommes et commune de Beaune, tous attraitz et eschoittes, et plusieurs autres previiuiges, libertez, franchises et exemptions, déclairez plus à plain es lettres sur ce faites. Et voult et consenti, le dit feu duc Eude, que de toutes autres choses qui n'estoient pas contenues es dites chartre et previleige, il en fut en la dispo-


sition et arbitrage des diz Mayeur et eschevins. Et avec ce fut accordé, par le dit feu duc Eude, que s'il advenoit aucune obscurité, répugnance ou contrariété es diz previleiges, que tout fut entendu et interpreté au prouffit et utilité des diz hommes et commune du dit Beaune. Or, puis doncques que les diz deffendeurs avoient corps et commune approuvez, ils estoient capables et habiles à tenir et avoir chose communes, mesmement les lieux déserts et inhabitables estans en la dite ville et banlieue d'icelle, et les avoient peu et povoient prendre les dizMayeur et eschevins, et bailler au prouffit du bien public de nostre dite ville, pour convertir en la réparation des murs et des pons d'icelle; estoient en bonne possession et saisine de ce faire, et en avoient joy et usé tout le temps passé, au veu et de nous et de noz prédécesseurs, de leurs officiers et des nôtres, sans aucun contredit et aussi les dites places communes et lieux déserts et inhabitables estans en nostre dite ville et banlieue de Beaune, estoient et appartenoient à la dite commune et habitans de Beaune, et avoient toujours esté et estoient et devoient demourer en la disposition des dits Mayeur et eschevins du dit Beaune. Et puis doncques que par les diz previleiges, nos diz prédécesseurs n'avoient point réservé les dites places communes et lieux déserts, ils devoient appartenir à la dite ville et demourer en la disposition d'iceulx Mayeur et eschevins; la revenue desquels estoit de très petite valeur et ne povoit valoir chacun an que quatre ou cinq francs que on a accoustumé convertir au bien publique de nostre dite ville. El au regard du quart point mis avant pour la part du dit demandeur, c'est assavoir que les diz Mayeur et eschevins faisoient les guetz et impostz de la dite ville sans appeller noz gens et officiers, les diz deffendeurs disoient qu'ils avoient droit, faculté et puissance de faire et imposer tous impostz et guetz nécessaires à faire en la dite ville, sans l'auctorité de nostre bailli de Dijon ou de noz autres officiers; car les diz Mayeur et eschevins estoient esleus chacun an par la coinmune de la dite ville, qui estoit une université et un corps approuvé par nous et noz prédécesseurs. Lesquels Mayeur et eschevins avoient toute administration, justice et juridiction en nostre dite ville et banlieue d'icelle, et estoient comme juges ordinaires en nostre dite ville et par ainsi, selon droit et raison, ils avoient eu et encore avoient povoir et puissance de faire les diz fouaiges, mesniement du consentement des diz habitans et commune en la dite ville. Disoient aussi les diz deffendeurs, que eulx et leurs prédécesseurs avoient accoustumé de toute ancienneté et de tel et si long temps, que mesmoire n'estoit du contraire, de faire assembler au cor et au cry, au lieu de Saint Estienne du dit Beaune, les habitans de la dite ville, quant il estoit besoin de y faire aucuns fouaiges ou im-


postz, de le consentir, et pour eslire preudhommes à assister les diz Mayeur et eschevins, pour imposer les diz fouaiges de la dite ville, et aussi ceulx qui estoient octroyez pour noz affaires, sans appeller aucuns de noz officiers, excepté seulement en fait des marcs à nous deus au dit lieu de Beaune. Et avoient, iceulx Mayeur et eschevins et leurs diz prédécesseurs, accoustumé de avoir et encore avoient la cognoissance de tous cas criminels et civils qui survenoient en nostre dite ville et banlieue d'icelle, mesmement de condempner les criminels à estre mis au derrenier supplice, quant ils l'avoient desservy qui estoit plus grand chose que n'estoit de imposer les diz fouaiges et imposts, parquoy on povoit revocquer ne doubter qu'ils n'eussent povoir et puissance de ce faire. Et en tant qu'il touchoit le cinquiesme point, que iceluy demandeur avoit mis avant, c'est assavoir que les diz Mayeur et eschevins avoient empesché et empeschoient l'exécution de noz gardes, en cas de nouvelletez en nostre dite ville de Beaune et banlieue d'icelle les diz deffendeurs disoient que de leur temps et du temps d'aucuns des vivans d'icelle ville, l'on avoit rien fait de nouvel en ceste matière, ne chose que l'on deust ou peust imputer à iceulx deffendeurs. Et combien que es chartres et previleiges de.nostr«3 dite ville ne fut pas contenu expressément, que l'on ne peut exécuter noz dites gardes et cas de nouvelleté en nostre dite ville de Beaune et banlieue d'icelle, toutes voyes l'on povoit bien cognostre et entendre par le contenu es dites Chartres, que icelles gardes et cas de nouvelleté ni>, devoient point estre exécutez réaument en icelle ville et banlieue, car, comme dit est dessus, nos diz prédécesseurs avoient octroyé à la dite ville et commune de Beaune toute justice et juridiction, mère et mixte, impère, ensemble l'exercité d'icelle, réservé l'exécution du malfaiteur et certaines amendes et, par le moyen du dit octroy, les diz Mayeur et eschevins avoient toute puissance, de par nous et nos diz prédécesseurs, de administrer de toute justice en la dite ville et banlieue, tant en cas de gardes comme autrement. Et aussi se autrement se faisoit, ce seroit au grand préjudice, intérest et dommaige des habitans de la dite ville; car par le moyen des dites gardes ils se mettroient souventesfois en involution de procès, et conviendroit faire de grans frais, missions et dépens à procéder pardevant nostre bailli de Dijon es diz procès, et en la court de Lamman (1) du dit Beaune, il ne leur failloit faire aucuns frais ou missions, car l'on n'y procédoit pas par escript, comme l'on faisoit en la court du dit bailliage, mais procédoit l'on sommairement et de plain, et y estoient les causes expédiées (<) Usez Mairie.


en ung mois ou en deux, et plustot beaucoup que au dit bailliage. Et n'avoient point accoustumé noz sergens et officiers de faire aucune exécution réale es limites de la mairie. du dit Beaune; mais appartenoient toutes exécutions, mesmement les réales, ausdiz Mayeur et eschevins, officiers de la dite ville, et non à autres. Lesquels n'avoient point contredit par voye de fait de exécuter les dites gardes et cas de nouvelletez, mais seulement par auctorité de justice, c'est assavoir par opposition et appellation, et pour garder les droiz de la dite ville. Et avoit autreffois ceste matière esté débattue pardevant noz officiers, par lesquels n'y avoit aucune chose esté appoinctée, mais estoient tousjours demourées les choses en Testât qu'elles avoient esté d'ancienneté, et les dits de Beaune en leur possession et saisine, et n'avoient oncques esté veu ne sceu que icelles gardes et cas de nouvelletez eussent esté exécutez es limites de la dite mairie ains estoit vray que les dits deffendeurs et leurs prédécesseurs avoient toujours esté de toute ancienneté en possession et usance du contraire, au veu et sceu de nous et de nos diz prédécesseurs, sans aucun contredit ou empeschement. Parquoy nostre dit procureur n'avoit cause de rien quereler au contraire.

Et quant au sixiesme point mis oultre par nostre dit procureur, c'est assavoir que les diz deffendeurs avoient fait deffense de non mettre vins dedans nostre dite ville de Beaune, sinon en raisins, les diz Maire et eschevins de Beaune disoient que les habitans du dit Beaune, entre leurs autres drois et previleiges, avoient droit, coustume et usance, de toute ancienneté, que aucun ne povoit mettre ne bouter vin dedans la dite ville et faulbourgs de Beaune, ce n'estoit des manans et habitans de la dite ville, et qui fussent de leur creu, et qu'il eust un brievet signé du Mayeur ou de l'un des eschevins de la dite ville. Et se aucun estoit trouvé faisant le contraire, les vins qu'ils auroient mis ou boutez dedans la dite ville ou faulbourgs d'icelle, sans brievet, et qui ne seroient pas de leur creu, seroient acquiz à la dite ville, pour en faire le plaisir d'icelle ville, selon qu'il seroit advisé par les diz Mayeur et eschevins. Desquels droit, coustume et usance les diz deffendeurs estoient en bonne possession et saisine, et en avoient jouy et usé tant par eux comme par leurs prédécesseurs habitans d'icelle ville, paisiblement, publiquement et notoirement par cinq, x, xx, xxx, XL, L, c ans et plus, et par tel et si long temps que mémoire n'estoit du contraire, et qu'il souffisoit et debvoit souffire à bon droit, de coustume et usance, avoir acquis en cette part' veu et sceu de nous et nos diz prédécesseurs, de leurs officiers et des nostres. Avoient aussi, les diz Mayeur et eschevins et leurs diz prédécesseurs, accoustumé de très grande ancienneté de faire crier et publier en nostre dite


ville de Beaune les dites ordonnances, afin que aucun n'y peust prétendre cause d'ignorance, et n'avoient esté introduits de nouvel, mais avoient esté gardées et observées de tel et si long temps que mémoire n'estoit du contraire parquoy notre dit procureur n'avoit cause de rien quereller contre les diz deffendeurs. Mais encores pour monstrer que icelles ordonnances, status, usaiges et coustumes de non bouter vin dedans nostre dite ville estoient très raisonnables, prouffitables et utiles pour icelle ville de Beaune et aussi pour le bien et l'honneur de nous et de tout le pays, vray estoit que ou territoire et finaige du dit Beaune croissoient vins de très grande excellence, et à cause de ce les marchands avoient accoustumé d'ancienneté de venir achepter et lever vins au dit Beaune et les mener et charrier en plusieurs et divers pays. A cause de la bonté et excellence desquels vins nous estions réputé estre seigneur des meilleurs vins de Chrestianté, et en estoit nostre dit duchié de Bourgoingne plus famé et renommé que d'autres marchandise quelconque. Et qui voudroit rompre les dites ordonnance, coustume et usance, ce seroit pour mettre les diz habitans de Beaune en toute poureté, car ils estoient principalement fondez en vignobles et n'avoient guières autres marchandises. Et aussi qui bouteroit vins indifféremment en la dile ville et fauibours d'icelle, l'on y mettroit des gamès et autres vins qui ne seroient pas à boucli6 des marchands, et ne viendroient point les marchands, ainsi qu'ils avoient accoustumé le temps passé, et en brief temps la fame et renommée des bons vins du dit duchié de Bourgoingne, et principalement de Beaune, seroit abolie et mise au néant. D'autre part, les diz vins de gamès, à i'encommanchement estoient doulx et tenoient liqueur, et quant venoient sur le temps nouveau, ils devenoient tous jaunes, ne valoient et n'estoient point prouffitables à l'usaige de l'homme, comme disoient les médecins. Parquoy se on houtoit les diz gamès en vins ou en raisins dedans icelle ville ou es faulbourgs, les marchands en pourroient estre souventeffois déceus, qui seroit cause de délaisser la dite marchandise des vins audit Beaune, et de la totale destruccion de la dite ville, ou grand interest et dommaige de nous et des habitans d'icelle ville. Aussi en plusieurs autres villes de nostre dit pays de Bourgoingne usoit-on de semblable droit et coustume, combien que pas n'y eust si bon vignobles comme oudit terrouoir de Beaune et par ainsi n'estoit pas de merveille, se l'on gardoit la dite coustume et usance du dit Beaune. Et pour ce, considéré que noz prédécesseurs et nous avions confermé et approuvé les previleiges, coustumes et usances <!o la dite ville de Beaune, et promis par serement de les entretenir, et non aller au contraire; nostre dit procureur n'avoit cause de rien quereler contre les


diz deffendeurs, à cause des dites ordonnances, statuz, coustumes et usances. Et quant au septième et derrenier point proposé de la partie du dit demandeur à rencontre d'iceulx feffendeurs, assavoir que l'on n'avoit pas souffert crier et publier en la dite ville de Beaune les jours de nostre gruierie, les diz deffendeurs disoient que, sauve la révérence des disans, le dit refuz n'avoit point esté fait par les diz Mayeur et eschevins, ne par aulcuns officiers de la dite ville, mais avoient tousjours esté et encores estoient contens de faire crier les diz jours, toutes et quantesfois qu'il plaira aux officiers de nostre dite gruierie, pourquoy nostre dit procureur n'avoit cause de en faire querele ou poursuitte contre les diz deffendeurs lesquels, en concluant par les raisons et moyens dessus diz et autres plusieurs de leur part alléguez, disoient que ils, ne aucuns d'eulx, ne debvoient ou estoient tenuz de respondre, ne sortir jurisdiction pardevant nos diz commissaires, à la requeste de nostre dit procureur sur les cas par lui contre eux proposez, ains devoient par iceulx noz commissaires estre renvoiez, selon le contenu du previleige ja pieça donné et octroié à la commune et aux manans et habitans du dit Beaune, dont cy-dessus est faitte mention. Et se ainsi n'estoit fait, que droit fust dit, préalablement sur la dite fin, que iceulx deffendeurs, et chacun d'eulx, en tant que touchier lui povoit, tant conjointement comme divisement, devoient estre absolz des impéticions et demandes de nostre dit procureur, et que ainsi fust pur nos diz commissaires, dit, jugié, sententié et prononcé, en imposant silence perpétuel à icelui nostre procureur, sur les cas dessus dits. A quoy, de la part de nostre dit procureur demandeur eust esté replicqué et dit que point ne debvoit prouffiter ausdiz deffendeurs l'exception déclinatoire par eulx proposée, tendans à fins de renvoy au dit lieu de Beaune, pardevant le Mayeur d'illec, selon certaine clause qu'ils disoient estre contenue en leurs previleiges car, posé que le dit previleige eust esté tel, toutes voyes estoit chose notoire, que ils avoient respondu et prins jugement pardevant nos diz officiers, ailleurs que au dit lieu de Beaune, sans aucune contradiction ou aucune protestation et ainsi seroit chose bien desraisonnable et exorbitant de tous droiz, de dire que les diz Mayeur et eschevins fussent juges en ceste présente cause, qui estoit leur propre fait. Et au regard des marcs, que iceulx deffendeurs disoient non debvoir estre imposez plus haut qu'ils avoient accoustumé d'estre, en alléguant que, au temps de la concession de la dite chartre et d'iceulx marcs d'argent, le marc d'argent ne valoit pas plus d'un franc; le dit demandeur disoit que tout le contraire estoit vray, et que lors couroit bonne monnoye, et que la monnoye des petits tournois estoit très bonne. Et posé ores que il fust ainsi, que


iceulx deffendeurs disoient, si estoient-ils et seroient tenus de nous payer les diz marcs, selon la valeur présente du marc d'argent car par la première chartre, les habitans du dit Beaune estoiènt tenus de payer deux cens marcs d'argent chacun an à nostre prouffit et par la seconde chartre, avoient esté remis à si petite somme car se le plus riche avoit vaillant dix mille frans, si ne payùroii-il que les diz deux marcs, et ainsi en dessendant, qui estoit bien petite chose au regart des diz deux cent marcs d'argent en quoy leur avoit esté fait ung grand bénéfice par le dit feu duc Robert, que ils recongnoissoient petitement et pour ce en debvoient estre reboutez et contrains à payer les diz deux cent marcs, comme ils faisoient paravant. D'autre part, disoit le dit demandeur que plusieurs foiz, contre le vouloir des gens de noz Comptes à Dijon et autres noz officiers, et par faulse information et non véritable, que faisoient les diz Mayeur et eschevins à nos diz officiers, des habitans du dit Beaune, qu'ils disoient estre povres,là où ils estoient riches, les diz marcs avoient esté imposez par iceulx Mayeur et eschevins cy-devant en la manière par eulx posée indeuement, contre raison et à nostre grant dommaige, en allant directement contre les anciennes coustumes et usances. Car par les comptes anciens, estans à Dijon, apparoit que les diz marcs souloient valoir et revenir à nostre prouffit de six à sept cents francs, et de présent ne valoient que neuf vingt, ou deux cent francs au plus, qui estoit très grande diminution, par la faulte et coulpe des diz Mayeur et eschevins. Et avec ce estoit notoire que au dit lieu de Beaune avoit plus de cent personnes, noz hommes tenans feu et lieu, qui avoient vaillant chacun d'eulx plus de six cent francs, voire de mille, et toutesfois n'estoient imposez es diz marcs que les uns à vingt sols, les autres à trente et les autres à quarante, à nostre grand dommaige; pourquoy ils debvoient estre contrains de imposer iceulx marcs doresnavant selon le contenu de la dite chartre, et tant sur les clercs mariez vivans clerjamment, que autres manans et habitans du dit lieu de Beaune, et noz hommes. Et que pour les abuz par eulx y commis, debvoient estre condempnez comme cy-dessus avoit esté requis par nostre dit procureur. Et ne failloit point faire de différence entre les diz clercs mariez et vivans de leur praticque, comme notaires et semblables, et clercs mariez vivans de marchandises; car, \eu la dite chartre, les ungs ne les autres ne s'en povoient exempter, nonobstant quelque chose que disoient au contraire les diz deffendeurs. Et en tant que touchoient les rues et places communes, le dit demandeur disoit eu réplicquant ce que desja avoit dit cy-dessus, et que iceulx deffendeurs ne se povoient aucunement excuser qu'ilz n'eussent grandement mespris et erré envers nous, de avoirprins et applicqué à leur prouf-


fit les dites places communes, lesquelles nous appartenoient, comme prince et seigneur de la dite ville et territoire d'icelle. Et au regart des guets et imposts, que les diz deffendeurs maintenoient de povoir mettre sus sans requérir ou avoir noz congié et licence, ou de noz officiers, et aussi de rendre et oyr les comptes des receveurs d'iceulx; à oyr lesquels comptes debvoient tousjours estre présent nostre bailli de Dijon, si estre y vouloit, ou son lieutenant; icelui demandeur disoit que, posé que nous eussions confirmé les previleiges des diz de Beaune et promis de les garder, ce auroit esté en tant qu'ils useroient deuement d'iceulx, et non autrement, en réservant expressément noz droiz, seigneurie et auctorité. Car les diz deffendeurs, en faisant les diz guets et impostz, imposoient et chargeoient excessivement aucuns des habitans de la dite ville, et les autres, ainsi que bon leur sembloit; ce que faire ne povoient ne debvoient selon raison. Et pour ce estoit chose bien raisonnable et nécessaire pour le bien et prouffit de nous et de noz subgietz, mesmement de la dite ville de Beaune, que nostre dit bailli de iMjon, ou son lieutenant audit lieu en son absence, fussent présens à faire les diz guets et impostz, pour veoir s'ils seroient raisonnablement faiz. Et quant aux gardes et cas de nouvelleté, il ne faisoit point à doubter, quelques choses que eussent dit les diz deffendeurs au contraire, que à nous comme prince et noz officiers ne fust loisible de bailler les dites f rdes et cas de nouvelleté, et iceulx faire exécuter en nostre dite ville de Beaune et banlieue d'icelle car posé que noz sergens et officiers n'eussent accoustumé de faire aucune exécution réelle en la dite ville et banlieue de Beaune, toutes voyes par ce ne s'ensuivoit-il pas, que nous ou nos diz officiers ne peussent bailler iceulx gardes et cas de nouvelletez, et iceulx adrecier au Mayeur de Beaune, pour les mettre à exécution, ainsi que l'on auroit accoustumé de faire en nostre ville de Dijor et autres villes de nostre dit duchié de Bourgoingne, ayans mairie et jurisdiction, comme avoient les diz de Beaune. Et en tant que touchoit les dites ordonnances faites par les diz deffendeurs, de non bouter vins, sinon en raisins, audit lieu de Beaune, voulans par plusieurs droits par eux alléguez dire et mettre avant qu'ils avoient puissance et auctorité de faire telz statuz, ordonnances, deffenses, le dit demandeur réplicquoit au contraire, disant que icelles ordonnances estoient contre le bien et utilité de la chose publicque et du peuple, et n'avoient esté faite sinon pour enrichir aucuns particuliers qui avoient plusieurs vignes ou territoire de Beaune. D'aultre part, n'avoit point icelle ordonnance esté par nous confermée; parquoy iceulx deffendeurs ne povoient contraindre les diz habitans, ne autre, à 1 entretenir, en concluant par ces raisons et autres plusieurs d^ par nostre dit procu-


reur alléguées, que par nos diz commissaires, iceuk deffendeurs feussent comme dessus privez et deboutez de leurs dits previleiges, mesmement en ce qu'ils faisoient à leur prouffit, en les condempnant à nous payer les marcs chacun an, et autres choses dessus dites et demandées par icelui nostre dit procureur, et en faisant aussi pendant le procès, provision audit demandeur, comme raison estoit.

A quoy, de la part d'iceulx deffendeurs eust esté dupplicqué, et dit en adhérant, et faisant semblables protestations par eulx faictes en leurs deffenses, qu'ilz n'entendoient procéder pardevant nos diz commissaires à l'encontre de nostre procureur, par manière de jurisdiction contentieuse, pour ce qu'ilz se disoient exempts de nostre dicte jurisdiction, que ilz n'avoient aucunement failli à imposer nos diz marcs en la dite ville de Beaune en la manière que l'on avoit accoustumé faire de toute ancienneté; car ils les avoient imposez en la présence de noz officiers, sans avoir fait aucune mutation nouvelle, combien que oultre et par dessus les dits marcs, les manans et habitans de la dite ville avoient à supporter chascun an plusieurs charges et paier plusieurs autres grans sommes de deniers à nostre prouffit, tant à l'oceasion des gabelles et huitiesmes, comme pour raison des fouaiges qui leur avoit esté imposez par nos officiers. Et aussi en imposant les diz marcs, l'on ne devoit pas avoir regart aux héritaiges et chevances que avoient les diz habitans de Beaune ailleurs que ou territoire du dit Beaune. Et quant au fait des gardes et cas de nouvelleté, les diz deffendeurs ne vouloient point dire et maintenir que nous ne fussions protecteur et garde d'iceulx deffendeurs noz subgietz, et que l'on ne peust notiffier et publier verballement noz dites gardes en la dite ville de Beaune, pour la tuicion de noz subgiets et de leurs biens mais l'on n'avoit accoustumé de exécuter les dites gardes réaument par noz officiers en la dite ville de Beaune. Et touchant les dites ordonnances faictes par les diz deffendeurs, ensemble les autres poins dont le dit demandeur avoit fait mencion en ses réplicques, iceulx deffendeurs emploioienjjSyftur leur duplicque ce que dit avoit esté par leurs deffenses, en concluant, et chacun d'eulx en tant que touchier lui povoit, à leurs fins et conclusions cy dessus déclairées en leurs dites deffenses, et à toutes autres deues et pertinens à leur intencion en implorant droit là où il appartenoit.

Finablement, les dites parties bien au long ouies en tout ce qu'elles voloient dire, alléguer et proposer l'une contre l'autre; icelles furent par noz dits commissaires appoinctées à escrire leurs faiz et raisons plaidoyées, chacune tendant a ses lins et conclusions, et leurs escriptures sur ce, ensemble toutes telles lettres,


franchises, libertez, et autres enseignemens que joindre y vouldroient, et dont aider se vouldroient en ceste partie par devers eux, pour sur le tout appoincter les dites parties, comme de raison seroit auquel appointement les dites parties fournirent ainsi que bon leur sembla, et le tout veu par iceulx noz commissaires, eust par eulx esté appoincté, que nostre dit procureur auroit vision des escriptures et responses des diz deffendeurs et aussi des choses par eulx exhibées et qu'ils exhiberoient, se faire le vouloient; à t'encontre desquelles escriptures et choses exhibées par iceulx deffendeurs, nostre dit procureur escriroit par manière de mémoire ce que bon lui sembleroit dedans certain jour sur ce ordonné, et avec ce que icelles parties accorderoient leurs escriptures en dedans certain jour après en suivant; et sur le tout seroit par chacune des dites parties faicte une information sommaire, qui vaudroit enqueste, par nostre amé et féal conseiller et procureur en nostre bailliage de la Montaigne, maistre Jehan le Lièvre, à ce commis et ordonné en ceste partie par nos diz commissaires; lequel maistre Jehan rapporteroit ou envoieroit par devers eulx les dites informations ou enquestes faietes et parfaictes, féablement closes et scellées en dedans le dimanche après Misericordia Domini{\), lors prouchainement venant, et derrenièrement passé, pour r après le mardi prouchain en suivant dire droit ausdites parties, si bonnement faire se povoit, ou autrement les appoinctier comme il appartiendroit par raison. Et depuis, pour certaines remonstrauces faites à nos diz commissaires de la partie des diz deffendeurs, iceulx commissaires eussent subrogué au lieu du dit maistre Jehan le Lièvre, nostre amé et féal conseiller maistre Jehan Vandeuesse, licencié en lois, et lui eussent donné tout tel et semblable povoir pour faire et parfaire les dites informations ou enquestes, comme au dit maistre Jehan le Lièvre, et prorogué le dit povoir jusques au dimanche de la Pentecoste derrenièrement passé, pour au venredi en suivant dire droit comme dessus. Lsquel maistre Jehan Vendenesse, et Pierre Prevost, nostre notaire et juré à Dijon, pour scribe, par vertu du dit povoir à eulx sur ce donné, ayant fait et parfait les dites informations ou enquestes, et icelles envoiées closes et scellées à nos diz commissaires. Lesquelles parties comparans pardevant eulx, après ce qu'elles se fourent départis des faits par elles proposez en certaines escriptures par une chacune d'icelles parties baillées à l'eucontre des choses exhibées, mesmement de la preuve d'iceulx, appointèrent et ordonnèrent que icelles concluroient et renonceroient en la dite cause, et que chacune d'elle auroit, se bon lui sembloit, (1) Introït et nom du deuxième dimanche après Pâques.


la coppie des escriptures de sa partie adverse baillées contre les dites choses exhibées, pour bailler en cette cause motifs de droit, se faire le vouloient, d'une part et d'autre. En suivant lequel appoinctement nostre dit procureur, et aussi le procureur des diz de Beaune, firent les dites conclusions et renonciacions; et ce fait, iceulx commissaires ordonnèrent que les dites parties fourniroient leurs procès d'une part et d'autre, et en feroient collation et inventaire deuement, selon les ordonnances faictes en noz Parlemens, en nostre ville de Dijon, pardevant le greffier delà court de nos diz commissaires, ou de JehanGueneaul en son absence, à ce commis par iceulx noz commissaires, en dedans la fin du mois de septembre derrenier passé; et pour dire droit en la dite cause, donnèrent et assignèrent jour à icelles parties, à comparoir pardevant nous au lundi après la feste saiut Andrieu en suivant, et aussi derrièrement passé, pendant lequel temps icelui procès seroit porté et envoyé par devers nous, féablemeri clos et scellé. Ce que ensuivant le dit appointement a esté fait.

Savoir faisons que, veu et visité le dit procès et considéré tout ce qui a fait à veoir et considérer en cette partie, et qui peut et doit mouvoir, nous, à grande et meure délibération, avons par cette nostre sentence deffinitive, et pour droit dit et déclairé, disons et déclairons que les diz deffendeurs ont indeuement et abusivement procédé à faire l'assiete des diz marcs, et à faire le paiement d'iceulx autrement qu'il n'est contenu audit previleige; et pour ce avons ordonné et ordonnons que quiconque soit de la commune ch Beaune, nostre homme, demourant en la dite ville, et qui a ou aura en quelconque manière en biens, la valeur et estimacion de six cens livres monnoie de petis tournois, ou plus, paiera doresnavant à nous ou à nostre certain mandement, ?ous les ans deux marcs d'argent tant seulement, et non plus; et celui qui aura en biens la valeur ou estimation de six cens livres monnoie dite, et au dessous, paiera pour chacun cent livres vingt sols tournois dite monnoie, et non plus; et qui aura moins de cent livres dite monnoie, selon le moins en descendant jusques à dix livres, paiera selon la valeur et estimation de ses biens à la valeur du centiesme denier. Et celui qui aura en biens la valeur et estimation de dix livres seulement de la dite monnoie, ou moins, s'il est personne qui par son mestier et artifice puisse acquérir son vivre et vesteure, paiera douze deniers dite monnoie, et non plus, le tout selon la forme et teneur du previleige du dit feu duc Robert. Et se fera l'assiete et impost des diz marcs sur tous ceulx de la dite commune, noz hommes, soient laiz ou clercs mariez, excepté ceux qui par le dit previleige en sont et doibvent demourer exempts, francs et immunes. Et quant au surplus, touchans ce point


et article, nous avons absols et absolvons iceulx deffendeurs de l'impétition et demande do nostre dit procureur.

Et au regart des places communes, dont mention est faite cy dessus, nous avons dit et disons que le dit procès, en tant qu'il touche icelles places, n'est pas en estat de jugier, et le renvoyons quant à ce, avec les parties, pardevant les gens de nostre Conseil et de noz Comptes à Dijon, par lesquels nostre dit procureur sera receu à amplier ses demandes et conclusions, et les diz deffendeurs à proposer leurs deffenses au contraire; instruiront iceluy procès jusques en deffinitive exclusivement, et iceluy ainsi instruit et mis eu estat de jugier renvoiront féablement clos et scellé par devers nous, ou noz très chiers et féaulx les commis sur le fait de noz domaines et finances, pour y estre jugié, sentencié et deffini à fin deue, selon et ainsi que l'on treuvera la matière disposée.

Et en tant que touche les diz guetz et impostz, nous avons dit et disons que les Mayeur et eschevins de nostre dite ville de Beaune, pour les besongnes de la commune d'icelle ville, pourront imposer ou indire aulx devant diz hommes de la dite commune, et lever d'iceulx hommes quelconque somme d'argent qu'ilz vouderont et verront estre expédient, selon et ainsi que contenu est audit previleige d'icelui feu duc Robert; ausquels guetz et impostz, et aussi à la reddition des comptes d'iceulx, nostre bailli de Dijon ou son lieutenant sera présent, se estre y veult et bon lui semble; et pource faire, seront tenuz les diz Mayeur et eschevins signiffier à icelui nostre bailli, ou à son lieutenant, le jour que l'on debvra faire les diz guetz et impostz et rendre les diz comptes. Et avons réservé et réservons à nostre dit procureur sa poursuite à l'encontre des diz deflendeurs, pour cause de faultes et abuz que par cy devant peuvent avoir commis en la reddition d'iceulx comptes, s'il est trouvé que en ce faisant ils aient aucunement abusé. Et aussi avons réservé et réservons à nous et à noz successeurs le pouvoir et faculté de povoir ou temps à venir refformer ou faire refformer et corriger les diz comptes, se faulte y estoit trouvée.

Et au regart des diz mandemens de gardes et cas de nouvelleté, nous avons dit et disons que les diz deffendeurs seront tenus doresnavant de exécuter, et par nostre Mayeur et noz sergens en icelle mairie. souffrir exécuter en nostre dite ville de Beaune et banlieue d'icelle, les diz mandemens venans et procédans tant de nous et de nostre chancellerie, comme de nostre bailli de Dijon, sans contredit ou empeschement, toutes et quantesfois qu'ilz leur seront présentez, et que de ce faire ils seront requis; et à ce les avons condempuez et condempnons en réservant à nostre dit procureur sa poursuite à l'encontre d'iceulx deffendeurs,


pour les abus que par cy devant peuvent avoir faiz et commis, en baillant les diz mandemens de garde et cas de nouvelleté, s'il est trouvé que en ce ils aient abusé en aucune manière.

Et en tant que touche le statut fait par les diz deffendeurs de non bouter vin en nostre dite ville de Beaune, se non du creu du dit Beaune et finaige d'icelui, nous avons dit et disons que le dit statut demourra en l'estat qu'il est, sauf et réservé à nous le povoir et auctorité de le réformer quant et ainsi comme il nous plaira. Et avons aussi réservé et réservons à nous les confiscations des diz vins et amandes arbitraires, dont en icelui statut est faicte mention, toutes et quantesfois que le cas y escherra. Et au surplus, touchant ce point, nous avons absols et absolvons les diz deffendeurs de l'iaipéticion et demande de nostre dit procureur.

Et au regart des criz et publicacions des jours de nostre gruerie, que nostre dit procureur disoit avoir esté refusez à faire ou à faire faire audit Beaune par les diz deffendeurs, nous avons dit et disons que iceulx deffendeurs seront tenus de cy en avant faire ou faire faire crier et publier les diz jours de nostre dite gruerie en la dite ville de Beaune, sans contredict ou difficulté, toutes et quartesfois que par nostre gruyer ou son lieutenant requis en seront, et à ce les avons condempné et condempnons. Et au surplus, touchant ce point, nous avons absols et absolvons iceulx deffendeurs des impéticions et demandes de nostre dit procureur.

En tesmoin de ce. nous avons fait mettre notre scei à ces présentes. Donné en nostre ville de Brouxelles le septiesme jour de février, l'an de grâce mil quatre cent cinquante neuf.

Par Monseigneur le Duc, à la relation des commis sur le fait de ses domaines et finances.

S. DE LEKERREST.

Archives de la Côte-d'Or, B 10423, Grand Cartulaire de la Chambre des comptes, folio 329. Imprimé dans Pérard, page 281.


Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et advenir que nous inclinans à la supplication et requeste de noz chiers et bien amez le Mayeur, eschevins et commune de notre ville de Beaune, à iceulx supplians, avons leurs libertez, franchises et immunités, chartres, previleiges et confirmacions d'icelles à eulx données et ouctroyées tant par noz prédécesseurs Roys de France que par les feuz Ducz de Bourgoingne, ainsi qu'elles sont escriptes, confermées, louhées, rattiffiées et approuvées, et par ces présentes, de notre certaine science, grâce espéciai, plaine puissance et auctorité royal, confermons, louons, ratiffions et approuvons pour en joïr par eulx et leurs successeurs, ainsi qu'ilz et leurs prédécesseurs ont accoustumé de tout temps et d'ancienneté. Promectans leur entretenir et faire entretenir, garder et observer sans enfraindre. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes, sauf en autres choses notre droit et l'autruy en toutes. Donné à Therouennes, le xxmc jour d'aoust, l'an de grâce mil quatre cens soixante dix sept, et de notre règne le dix septiesme.

Parle Roy, l'aécevesque de Vienne et autres présens.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par Louis XI, roi de France. 147? (24 août).

Visa. Contentor. DE VILLECHARTRE.

CLV

PETIT.


CLVÏ

Lettres patentes de Louis XI, qui rend à la ville de Beaune tous les privilèges dont elle avait été privée à la suite de sa rébellion contre son autorité.

1478 (octobre).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir, nous avoir receu l'umble supplicacion de noz chiers et bien amez les Mayeur, eschevins, bourgois, manans et habitans de notre ville et commune de Beauae, contenant que tantost après la redduction en notre obéissance de la duché de Bourgoigne et mesmement de la dite ville de Beaune, nous avons par noz autres lettres de don et confirmation en forme de chartre, confermé, ractiffié et approuvé les previleiges, franchises, immunitez et libertez, donnez, octroiez et confermez ausdiz supplians, tant par noz prédécesseurs Roys de France que par les feuz Ducs de Bourgoigne, et avec ce leur avons fait plusieurs dons et octroyz tant des deniers du portaige de la dite ville, ung denier à lever sur chacune pinte de sel ou saloignon qui se vend et vendra en icelle ville, quatre deniers sur chacune (jueue de vin mise en rasins par estrangiers en la dite ville; la confiscation des vins mis sans brevet et licence en icelle, que autres dons et octrois pour la fortilication et réparation d'icelle notre ville. Desquels privileiges, franchises et libertez, iceulx supplians ont depuis joï et usé plainement et paisiblement et jusques ad ce que par la faulte, et coulpe, et tiahison d'aucuns particuliers d'icelle ville et leurs adhérens, la dite ville a esté subvertie et mise hors de notre obéissance par aucun temps et jusques puis naguerres que elle a esté remise et rendue en notre dite obéissance, et doubtent iceulx supplians que, au moyen de la dite rébellion et désobéissance, on les voulust empescher en la joyssance de leurs previleiges, dons, octroys, confirmations, libertez et franchises, et en leurs biens ou autrement les travailler et molester, en nous requérant humblement que, actendu que icelle rébellion n'est advenue seullement que par la faulte, et coulpe, et trahison d'aucuns particuliers d'icelle ville, dont les aucuns sont depuis mors et absentez (1), il nous plaise, en ensuivant nos dites confirmacions, dons et octrois, (1) Vers les premiers jours d'avril de cette même année, les habitans de Beaune, excités par les émissaires du prince d'Orange, partisan de Marie, fille du dernier duc Charles le Guerrier, avaient secoué le joug du roi de France et reconnu cette princesse. Charles d'Amboise, qui avait succédé à Craon dans le gouvernement


leurs dits privileiges, dons, franchises, libertez, octrois, leur reconfermer, louer, ratiffier et appprouver de nouvel, et sur ce leur impartir nostre grâce. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinant libéralment à la requeîie des diz Mayeur, eschevins, habitans et commune de notre dite ville de Beaune, supplians, ad ce que doresenavant ils soient plus enclins à eulx acquitter envers nous comme bons et loyaulx subgets, avons, de notre grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, reconfermé, loué, ratiffié et approuvé, et par ces présentes reconfermons, louons, ractiffions et approuvons à iceulx supplians tous leurs dits priviléges, franchises, libartez, confirmations, dons et octrois dessus diz, par nous à eulx faiz, pour en joyr et user et de leurs diz biens par eulx et leurs successeurs, doresenavant, perpétuellement et à tousjours, selon le contenu en nos dites autres lettres de dons, octrois, confirmations d'icelles, ainsi et par la forme et manière qu'ils faisoient ou pouvoient faire par avant la dite subvercion, rébellion et désobéissance de la dite ville de Beaune, ainsi advenue comme dit est. Laquelle rébellion et désobéissance en tant que mestier seroit, nous leur avons quitté et aboly, et par ces présentes quittons, pardonnons et abolissons de notre dite grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, par ces dites présentes, avec toute peine, offense et amende corporelle, criminelle ou civille qui s'en peut ou pourroit ensuir, et les avons remis et restituez, remectons et restituons en notre dite grâce et en leur bonne famé et renommée, et à leurs biens tant en général comme en particulier, nonobstant quelque don par nous, notre gouverneur ou autres qui en aient esté ou soient faiz à quelque personne que ce soit, et sur ce imposons silence perpétuel à nos justiciers et officiers. Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et féaulx les gens de nos Comptes à Dijon, au bailli de Dijon ou son lieutenant, à notre amé et féal conseiller et général sur le fait et gouvernement de noz finances en Bourgoigne, et à tous noz autres justiciers et officiers, et à chacun d'eulx ainsi que à luy appartiendra, que les diz Mayeur, eschevins, bourgois, manans et habitans de nostre dite ville et commune de Beaune, et chacun d'eulx, ils facent, souffrent et laissent joyr et user paisiblement de noz présens grâce, dons et confirmations, octroys, quittance, abolicion, pardon et autres choses dessus dites, tout ainsy et par la forme et manière contenue en noz dites autres lettres de dons et confirmacions et expé-

du duché, profita habilement des mauvaises dispositions prises par les Fraucs-Comtois pour secourir cette ville. Il les surprit sur les bords de la Saône, les tailla en pièces et revint sommer la ville de Beaune, qui ne se rendit qu'après un siège de cinq semaines (2 juillet). D'Amboise frappa la commune d'une contribution de 40,000 écus et suspendit tous ses privilèges.


dicions d'icelles, et ainsy qu'ils faisoient ou povoient faire par avant la dite rébellion et désobéissance, sans leur faire ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné, ores ne pour le temps advenir, aucun arrest, destourbier ou empeschement aucun. Lequel se fait, mis ou donné avoit esté ou estoit, le réparent et mettent ou facent réparer et mettre sans délay au premier estat et deu. Toutes voyes, nous n'entendons noz rebelles et désobéissans et tenans party à nous contraire estre aucunement comprins en cesle notre présente abolition, ny joyr du contenu en ces dites présentes en aucune manière. Et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes, sauif en autres choses notre droit et l'autruy en toutes. Donné au Pleisseiz du Parc lez Tours, ou moys d'octobre, l'an de grâce mil cccc soixante dix huit, et de notre règne le dix huitiesme.

Par le Roy, le gouverneur de Bourgoigne et du Daulphin le prothonotaire de Clugny et autres présens.

A. Courtin.

Visa. Contenter. Rolant.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Ordonnances des Rois de France, XMII, 430.

CLVII

Commission donnée par le roi Charles VIII, au bailli de Dijon, de dresser un règlement pour mettre un terme aux brigues qui ont lieu lors des élections municipales de Beaune.

1483-84 (14 février).

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, au bailly de Dijon ou à son lieutenant, salut de la part de noz bien amez les Maire, échevins, bourgois et habitans de notre ville de Beaulne nous a esté exposé que, par aucuns privilèges à eulx et à la dite ville octroyé par noz progéniteurs et prédécesseurs roys de France, ilz ont povoir de eslire chacun an au jour et feste de la Nativité Saint Jehan Baptiste ung Mayeur, et le jour [de la Saint Pierre] en suigvant eslire et constituer six échevins, ung procureur, ung scribe et libellance, sergens et autres officiers, pour le gouvernement, régime et administration, pour toute l'année


durant, de la justice, police et autres affaires de la dite ville, duquel octroy ils ont jouy par cy devant d'ancienneté. Mais il advient souvent que, aux assemblées ordonnées pour faire eslire et constituer les dits Majeur, échevins et officiers, plusieurs gens diverz fois, et entre aultres plusieurs jeunes gens mariés, vallets, servans, estrangiers et aultres menus gens, les aucuns par affection des parties, les aultres pour faire tumulte, insolance et choses désordonnées, en telle façon que es dites élections ne n'a communément ordre ne raison gardée tels qu'il appartient; mais le plus souvant les notables bourgois, marchans et autres de la dite ville, pour raison de ce que dit est, font difficulté de eux y trouver; dont par ces moyens plusieurs débats, parcialités, injures, haynes, se sourdent entre les dits habitans, au grant intérest, dommaige et scandale de la chose publique, ainsi que les proposans en ont fait remonstrer., requérant sur ce notre provision. Pourquoy, nous, ces choses considérées, vous mandons, et pour ce que la dite ville de Beaune est située et assise en votre bailliage, commectons par ces présentes que, appelés noz advocat et procureur audit Beaulne et les dits Mayeur, échevins et des plus notables gens de la dite ville, et par leur advis et délibération faites, drecez et advisez une forme de faire telle et en la meilleure et plus convenable manière que verrez estre [bonne] de procéder à l'élection des dits Mayeur, échevins et autres officiers de la dite ville, pour éviter les dits scandale, murmures, noises, débatz, percialités et insolances désordonnées, et les ditz poins et articles que ainsi seront faicts et advisés par vous et aultres dessus dits, faites entretenir, observer et garder de point en point, dorénavant sansenfraindre, et en faisant la dite élection sans soustraire aulcunes choses faites ou innovées au contraire. Car ainsi nous plaist il estre fait, nonobstant oppositions, appellations quelconques es lettres surrepetrées, impetrées et à impetrer à ce contraires. Donné à Tours, le xim? jour de février l'an de grâce mil cccc quatre vingt trois, et de notre règne le premier.

Par le Roy, à la relation du conseil.

VlLLECHAlTRE.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.


CLVIII

Exemption du logement militaire, accordée par le roi Louis XII aux officiers municipaux de Beaune. i50i (6 mai).

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous noz lieuxtenans, gouverneurs, mareschaux, baillis, séneschaux, prévosts, capitaines, chefs et conducteurs de gens d'armes et de trait, tant de nos ordonnances, ban, arrière ban, que de notre artillerie, picquiers, hallebardiers, coulleuvriniers, Suisses et autres gens de pié et de cheval, estans et qui seront en nostre service, aux commissaires commis et à commectre à faire le logeis des dits gens de guerre, et à tons nos autres justiciers, officiers et subgects, ou à leurs lieuxtenans, auxquels ces présentes et le vidimus d'icelles seront monstrées, salut et dilection. Scavoir vous faisons que, nous inclinans libérallement à la supplication de nos chers et bien amez les Mayeur et eschevins, procureur et clei'c de notre ville de Beaulne (1), en nos païs et duché de Bourgoingne, qui sont au nombre de neuf personnes et autant de demeurances et domicilles en la dite ville, voulans et désirans, tant en faveur de notre première et joyeuse réception en nostre pais de Bourgoingne et honorable entrée à nous faicte en la dite ville, que de la bonne et ferme loyaulté qu'ils et les autres habitans d'icelle ville, ont tousjours maintenu envers nous et noz prédécesseurs roys, depuis la dernière réduction de la dite ville. sans aucune variation, les relever de peines, pertes et molestations indeues et iceulx privilégier et favorablement traicter en leurs faits et affaires, affin que de plus en plus ils soient enclins à persévérer, vacquer et entendre à la garde et deffense de la dite ville et au faict de la police et chose publicque d'icelle. Pour ces causes et autres racionnelles considérations à ce nous mouvans, avons, les dits Mayeur, eschevins, procureur et clerc de nostre dite ville de Beaulne présens et avenir, jusques au nombre des neuf personnes et autant de maisons et résidences, ensemble leurs femmes, familles, gens et serviteurs, droicts, choses et possessions quelconques, prins et mis, prenons et mettons en et soubs notre protection et sauvegarde espécial, et les avons eulx et chacun d'eulx et leurs successeurs es dits offices, avons

(i) Cf. les lettres semblables octroyées par le même Roi aux officiers municipaux de la ville de Dijon' n° LXXXIX, page 127.


exemptez et affranchiz, exemptons et affranchissons de grâce espécial, pleine puissance et auctorité royal, par ces présentes signées de nostre main, du logis de vous gens de guerre, et vous deffendons et très expressément et à chacun de vous, sur tant que doublez mesprendre envers nous et d'encourir notre indignation, que, en faisant doresnavant joïr et user pleinement et paisiblement les dits Mayeur et eschevins, procureur et clerc de nostre ville de Beaulne, présens et à venir, au nombre de neuf personnes, autant de maisons, ensemble leurs dictes femmes, familles, gens, serviteurs, droits, possessions et biens, de nos présens grâce, octroy et exemption, vous ne logez ne souffrez loger désormais aucunes gens de guerre de vos charges, de quelque condicion qu'ils soient, es maisons et habitacions des dits Mayeur, eschevins, procureur et clerc dessus dictz en la dite ville de Beaulne, ne en icelles prendre ou faire prendre et fourraiger, ne souffrir estre prins ou fourraigé aucuns bleds, vins, foings, avoynes, chars, poulailles et autres victuailles, provisions et biens quelconques, synon du gré et consentement des dits Mayeur, eschevins, procureur et clerc, leurs dites femmes, familles, gens et serviteurs, et en les payant raisonnablement, saichant que se aucuns de vous sont trouvés faisant ou avoir fait le contraire, nous en ferons faire telle et si griefve pugnicion que sera exemple à un chacun. Car tel est notre plaisir, et ausdits Mayeur, eschevins, procureur et clerc présens et avenirl'avons octroyé et octroyons de nostre dite grâce espécial par ces dites présentes, nonobstant quelconques ordonnances et mandements à ce contraires, pourvu que en cas de émynant péril et de guerre, les dits Mayeur et eschevins, procureur et clerc présens et avenir seront tenus de loger en leurs maisons noz gens de guerre qui seront ordonnez en la dite ville de Beaune, comme les aulres habitans d'icelle. Et pour ce que de ces dites présentes on pourroit avoir affaire en divers lieux, nous voulons que, au vidimus d'icelles fait soubs notre scel royal, foy soit adjoustée comme à ce présent original.

Donné à Dijon, le vi" jour de may l'an de grâce mil cinq cens et ung, et de notre règne le quatrième.

LOYS.

Par le Roy, Monseigneur le cardinal d'Amboise, vous l'évesque d'Alby, le sire de Gyé, mareschal de France, et autres présens.

Robert et.

Original Archives de la ville de Beaune, Ptiviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans Ordonnances des Rois de France, XXI, 276.


Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, scavoir faisons à tous présens et avenir, nous avons receu l'humble supplication de noz chiers et bien amez les Mayeur, eschevins, bourgeois, manans ethabitans de notre ville de Beaulne, contenant que par noz prédécesseurs roys et par les ducs de Bourgoigne leur ont esté donnés et octroies plusieurs beaulx, droitz, previléges, exempcions, franchises et libertez dont ils sont en ancienne possession et paisible joyssance. Toutefoys en disoient que s'ils n'avoient noz lettres de confirmation pour notre advénement à la couronne, on les voulsist empeseber en la joyssance des dicts droicts, previléges, exempcions, franchises et libertez, se par nous ne leur estoit pourveu de notre grâce. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinans à la supplicacion et requeste des dicts supplians, tous et chacuns les previléges, franchises et liber.tez à eulx donnés et octroies par noz dits prédécesseurs roys et par les diz ducs ausdiz supplians, avons loué, confermé, ratiffié et approuvé, et par ces présentes. de notre grâce espécial, plaine puissance et auctorité royal, louons, confermons, ratiffions et approuvons, pour en joyr et user par les dicts supplians, eulx et leurs successeurs, plainement et paisiblement, tant et si avant qu'ils en ont par cydevant deuement joy et usé et qu'ils en joyssent et usent encore de présent. Si donnons en mandement par ces présentes à noz amés et féaulx conseillers les gens tenant notre court de Parlement, et au bailli de Dijon et à tous les aultres justiciers et officiers ou n leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chacun d'eulx si comme à lui appartiendra, que de noz présentes grâce, confirmation et approbation, ils facent, souffrent et laissent les dits supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement, sans leur mettre ou donner ne soufirire estre mis ou donné aucun trouble ne empeschement. Lequel si faire, mis ou donné leur avoit esté ou estoit, ils le mettent ou facent mettre incontinant à plaine délivrance. Et affin que ce soit chose ferme etestable à tousjours, nous avons faict mettre notre scel à ces dictes présentes, sauf en aultres choses notre droit et l'au-

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi François Ier.

CLIX

1518 (mai).


truy en toutes. Donné à Amboyse, ou moys de may, l'an de grâce mil cinq cent et dix huit, de notre règne le quatriesme.

Par le Roy, à la relation du Conseil.

DESLANDES.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

CLX

Privilège de franc-fief accordé par le roi François 1er aux Maire, échevins et habitants de Beaune. 1521 (août).

François, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tons présens et avenir, nous avons receu l'umble supplicacion de noz chers et bien amez les Maieur et eschevins, nobles, bourgeois, mauans et habitans de notre ville de Beaune, contenant que les diz supplians ayent par cy devant fait et supporté pourla garde, seureté et deffence de notre dite ville de Beaune, qui est assise et scituée en pays limitrophe et l'une des principalles villes de frontière de noz pays et duchié de Bourgoingne, plusieurs grans frais, mises et despens, tant à la réparation, fortification et emparemens de notre dite ville de Beaune, construction et bastiment de grosses tours, boulevars, foussés, qui depuis aucun temps en ça y ont esté, pour la tuition et conservation d'icelles, faict et édiffiés, que pour t'avoir pourveue et fournie d'artillerie, municions et autres choses y requises, affin, quand besoing seroit et l'affaire le requéreroit, de résister à rencontre de noz ennemis et adversaires, comme noz bons, vrays' et loyaulx subjets. Pareillement, pour avoir soubstenu les gens de guerre de noz ordonnances et autres, que par longtemps et continuelment ont esté logés tant en garnison en icelle notre dicte ville de Beaulne, au moyen desquels grans frais, mises et despences iceulx supplians sont demeurés redevables de grosses sommes de deniers envers plusieurs bons et notables personnages, desquels leur a convenu icelles emprunter pour nécessairement les convertir et employer ausdites réparations, fortifications, emparemens dessus dicts et soustenement d'iceulx nos dicts gens de guerre. A ceste cause, les diz supplians nous ont très humblement fait supplier et requérir, qu'ayant par nous regart à la dicte scituacion de notre dite ville, grosses charges,


frais et despenses dessus dictes, et à ce que de plus en plus elle se puisse augmenter, accroistre et repopuler, notre bon plaisir soit les exempter et tenir quictes, examps de la contribucion et payement de nos droits et devoirs des admortissemëns à nous deues, et sur ce leur octroyer et permettre pouvoir d'acquérir cens, rentes, terres, seigneuries et autres choses féodalles, dans nous en payer aucune finance et sur ce nos grâce et libéralité leur impartir. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinant libérallement à la supplicacion et requeste des diz Mayeur, eschevins, nobles, bourgeois, manans et habitans de notre dicte ville de Beaune, supplians, en faveur mesmement de la bonne, grande et ferme loyauté et obéissance que de toute ancienneté ils ont tousjours demonstrée avoir eue envers nos prédécesseurs roys, et depuis à nous, sans avoir épargné corps et biens. A iceulx supplians, par ces causes et affin qu'à l'avenir un chascun ait de plus en plus occasion et courage de venir soy arrester, habituer et demourer en icelle notre dicte ville, et autres bonnes et grandes considéracions à ce nous mouvant, avons par l'advis et délibération des gens de nostre Conseil, octroyé et octroyons, voulons et nous plaist, de nostre certaine science, grâce espécial, pleine puissance et auctorité royal, par ces présentes, qu'ils et leurs successeurs, Maire, eschevins, nobles, bourgeois, manans et habitans de notre dicte ville de Beaune, qui sont à présent et seront au temps à venir demeurant et résidant en icelle, soient et demeurent à tousjours et perpétuellement frans, quictes et exempts du fait de contribution et payement de noz diz droits et devoirs des dicts admortissemens, frans fiefs et nouveaulx aquêts, sans que en vertu de noz lettres, mandemens et commissions que nous avons sur ce octroyés et que pourrons cyaprès octroyer, iceulx supplians ne leurs dicts successeurs soient ne puissent être aucunement contraints ny molestés, à nous en payer, ni à noz successeurs roys, aucunes finances ny autre chose quelconque, et de ce les avons affranchis, quittés et exemptés, affranchissons, quittons et exemptons par ces dites présentes signées de notre main, tout ainsy et par la forme et manière qu'à vous puis naguères exemptez eulx de notre bonne ville de Dijon (1); en oultre et d'abondant, avons ausdicts Mayeur, eschevins, nobles, bourgeois, manans et habitans de notre dite ville, tant en général qu'en particulier, et à leurs dicts successeurs qui demeureront et résideront cy après en icelle et non autrement, donné et octroyé, donnons et octroyons, de noz dictes grâces et auctorité, par ces dictes présentes., congé, licence et permission qu'ils puissent à leur ayse acquérir et acheter tous et cha(1) Voir il" XCVI, page 138.


cunshéritaiges, cens, rentes, revenues, seigneuries, justices haultes, moyennes et basses, fiefs, arrière fiefs, et aultres droictures, et iceulx tenir et posséder, tant par eulx que leurs héritiers et successeurs, tout ainsy que font et pcvent faire les gens nobles, vivant noblement en notre royeaume et ailleurs, sans préjudice toutes fois des droits et debvoirs deus envers les sieurs féodaux desquels seront tenues les choses qu'ils acquerront; sans aussi qu'en ce leur soit donné cy après aucun destourbier ou empeschement en quelque manière que ce soit ou puisse estre. Si donnons en mandement, par ces mêmes présentes, ànoz amés et féaulx les gens de notre court de Parlement de Bourgoigne, gens de nos Comptes audit pays, bailli de Dijon et à tous nos aultres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenans, présens et à venir, et à chacun d'eulx, si comme à luy appartiendra, que de nos présens grâces, exemptions, affranchissement, octroy, permission et contenu cy dessus, ils fassent, souffrent et laissent les dits supplians et leurs dits successeurs jouïr et user plainement et paisiblement, perpétuellement et à tousjours, cessans et laissant cesser tous troubles et empeschement au contraire. Car tel est notre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons fait mettre notre scel à ces dictes présentes, sauf en autres choses notre droict et l'autruy en toutes. Donné à Ostun, au mois d'aoust mil cinq cent vingt ung, et de notre règne le septiesme.

FRANÇOYS.

Par le Roy, en son Conseil. ROBERTET.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de laCommune.

CLXI

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune par le roi Henri II.

1547 (mars).

Henri, par la grâce de Dieu, roy de France, scavoir faisons à tous présens et advenir; nous avons reçu humble supplication do nos chiers et bien amez les Maire, eschevins, bourgeois, manans et habitans de notre ville de Beaulne, contenant que par noz prédécesseurs roys et par les ducz de Bourgoigne leur ont esté donnéz et octroiés plusieurs beaulx, droictz, privileges, exemptions, fran-


chises et libertéz, dont ils sont en ancienne possession et paisible jouissance. Toutefoys, en disoient que s'ils n'avoient nos lettres de confirmations pour notre avénement à la couronne, on leur voulsit donner empeschement en la joyssance des diz priviléges, exemptions, franchises et libertés, requérant sur ce leur pourvoir et impartir notre grâce. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinans à la supplication et requeste des diz supplians, avons chascuns les priviléges, droits, exemptions, franchises et libertéz à eulx donnés et octroyés par nos dictz prédécesseurs roys et les ditz ducs, leur avons loué, ratiffié et approuvé, et par la teneur de ces présentes, de notre grâce spécial, plenne puissance et auçtorité roial, louons, confirmons, ratiffions et approvons, pour en joyr et user par les dictz supplians et leurs successeurs plainement et paisiblement, de là et si avant qu'ils en ont par cy devant duement joy et usé et qu'ils en joissent et usent encores de présent. Si donnons en mandement par cestes à noz amez et féaulx conseillers tenant nostre court de Parlement, et au bailly de Dijon, et à tous aultres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chacun si comme à lui appartiendra, que noz présens grâce, confirmation, rattiffication et approbation ils facent, soffrent et laissent les dits supplians et leurs successeurs joïr et user plainement et paisiblement, sans leur mectre ou donner, ne soffrir estre faict, mis ou donné aucun destourbier ou empeschement. Lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté et estoit, ils le mettent ou facent mettre incontinant à plaine délivrance. Et afin que ce soit chose ferme et estable, nous avons faict mettre nostre scel es dictes présentes, sauf en autres choses notre droict et l'autruy en touttes. Donné à Fontainebleau, au moys de mars l'an de grâce mil cinq cent quarante sept, de notre règne le premier.

Par le Roy, MATHIEU.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la commune.

CLXII

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi François Il.

1559 (février).

François, par la grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et advenir, nous avoir receu l'humble supplication de noz chers et bien amez les


Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de notre ville de Beaune, contenant que par noz prédécesseurs roys de France et par les ducs de Bourgongne leur ont esté donnez et octroiez plusieurs beaulx, droictz, previleiges, exemptions, franchises et libertez, dont ils sont en ancienne possession et paisible joissance. Touttefoys ilz doubtent que s'ils n'avoient noz lettres de confirmation pour notre nouvel advenement à la couronne, l'on leur voulsist donner empeschement, nous humblement requérant sur ce leur pourveoir et impartir notre grâce. Pourquoy, nous, ces choses considérées, inclinans à la supplication des dictz supplians, tous et chacuns les privilèges cy soubz notre contre scel attaché ensemble les droictz, exemptions, franchises et libertez à eulx donnéz et octroiéz par nos dits prédécesseurs roys et ducs de Bourgongne, avons louéz, confirméz, ratiffiés et approuvéz, et par la teneur de ces présentes, de notre grâce spécial, plaine puissance et auctorité roial, louons, confirmons, rattiffions et approuvons par ces présentes, pour en joyr et user par les diz supplians et leurs successeurs plainement et paisiblement, tant et si avant qu'ils en ont par cy devant deument joy et usé et qu'ils en joyssent et usent encores de présent. Si donnons en mandement par ces dites présentes, à noz améz et féaulx les gens tenans notre court de Parlement à Dijon, et au bailli du lieu, et à tous noz aultres justiciers et officiers, ou à leurs lieutenans présens ou advenir, et à chacun d'eulx, si comme à luy appartiendra, que de noz présens grâce, confirmation, ratiffication et approbation, ils facent, seuffrent et laissent les diz supplians et leurs successeurs joïr et user plainement et paisiblement, sans leur mettre ou donner ne souffrir estre faict, mis ou donné aucun trouble, destourbier, ne empeschement au contraire; lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté ou estoit, ils le mettent ou facent mettre incontinant à plaine et entière délivrance, et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mettre notre scel à ces dictes présentes, sauf en aultres choses notre droict et l'autruy en toutes. Donné à Amboyse, le. jour du mois de février l'an de grâce mil cinq cent cinquante neuf, et de notre règne le premier.

Par le Roy, DE l'Aubespine.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la commune.

DOMESNIL.

Visa. Contentor. DUMOULIN.


Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Poullogne, scavoir faisons à tous présens et advenir, nous avoir reçeu l'humble suplication de noz chers et bien améz les Mayeur, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Beaulne, contenant que par noz prédécesseurs roys de France et par les ducz de Bourgogne leur ont esté donnéz et octroyés plusieurs beaux, droictz, privilèges, exemptions, franchises et libériez, dont ils sont en antienne possession et paisible joyssance touttefoys ils doubtent que s'ils n'avoient noz lettres de confirmation pour nostre nouveau advenement à la couronne l'on leur voulsit donner empeschement, nous requérant humblement sur ce leur pourveoiret impartir notre grâce. Par quoy, nous, ces choses considérées, inclinans à la supplication et requeste des dits supplians, tous et chacuns les priviléges cy attachés soubs nostre scel, droitz, exemptions, franchises et libertéz à eulx donnéz et octroyéz par nos dictz prédécesseurs roys et par les ditz ducz, avons louez, confirméz, ratiffiez et approuvez, et par la teneur de ces présentes, de notre grâce spécial, plaine puissance et auctorité royal, louons, confirmons, ratiffions et approuvons par ces présentes, pour en joyr et user par les dits supplians et leurs successeurs, plainement et paisiblement comme ils ont fait par cy devant. Si donnons en mande.ment par ces dites présentes à noz amez et féaulx les gens tenant notre Court de Parlement à Dijon, au bailly du dict lieu et à tous noz aultres justiciers et officiers ou leurs lieutenans présens et advenir, et à chacun d'eulx si comme à luy appartiendra, que de noz présens grâce, confirmation, ratiffication et approbation ils facent, souffrent et laissent joyr plainement et paisiblement les dits supplians et leurs successeurs, sans leur mettre ou donner, ny souffrir estre fait, mis ou donné aulcun trouble, destourbierou empeschement au contraire. Lequel si fait, mis ou donné leur estoit, ils le mettent ou facent mettre maintenant à pleine et entière délivrance. Et affin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons fait mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf en aultre chose

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi Henri III.

1574 (octobre).

CLXIII


notre droict et l;autruy en toutes. Donné à Lyon, ou mois d'octobre l'an de grâce mil cinq cent soixante quatorze, et de notre règne le premier. Par le Roy, en son Conseil, BRULART.

Visa. Contentor. Morel.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de da commune.

CLXIV

Ordonnance du roi Henri III, qui rétablît la mairie de Beaune dans l'exercice de la justice civile et criminelle, dont elle avait été privée par l'édit de Moulins.

1574 (octobre).

Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Poullogne, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Noz amez et féaulx les Maire, eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Beaulne au pays de Bourgongne, nous ont exposé que, l'an mil deux cens et trois, Eudes, lors duc du dict pays de Bourgongne, leur concéda plusieurs priviléges pour eulx et leur postérité, signamment ausdiz Maire et eschevitis toute justice, hauHe, moyenne et basse, à l'instar des previléges concédez aux Maire et eschevins de Dijon, ville capitalle du dict pays, et à la charge de payer par les diz habitans la taille des mars portés par leurs diz previléges, qu'ils dyent depuis avoir esté réduicts à six vingts dix livres tournois. Et que le dit previlége leur auroit tousjours esté confirmé et continué par noz prédécesseurs roys de France, en considération de leur loyaulté et fidélité, tellement qu'ils en avoient continuellement jouy paisiblement, exerceans la jurisdiction des causes civiles et criminelles de la dite ville, et la police, jusques à ce que, en l'an mil cinq cens soixante six, par l'ordonnance deMolins, nostre dict très honoré seigneur et frère le roi Charles, que Dieu absolve, auroyt, en termes généraulx, interdict la congnoissance, arrest et jurisdiction de toutes causes civilles aux Maire, eschevius, conseilz et capitoux de ce royaulme, en suyvant laquelle ils se seroient abstenuz de congnoistre des dictes causes civilles, comme aussy auroient faict les Maire et eschevins du dict Dijon. Ce néantmoins que depuis, en l'an mil cinq cens soixante et unze, les diz Maire et eschevins du


dit Dijon auroient esté exceptez et réservez de la dicte ordonnance, remis et rétabliz en tout tel droict et auctorité qu'ils avoient auparavant icelle ordonnance, attendu qu'ils avoient eu la dite justice à tiltre onéreux et pour aultres considérations portées par les lettres qui leur en ont esté expédiées. Et comme leurs diz prev'.léges sont confermez et reférez à ceulx du dict Dijon, et que pour la dicte justice, ils nous paient chacun an la dicte somme de six vingtz dix livres, ils nous ont très humblement requis de leur faire pareille grâce que le feu roy, nostre dict seigneur et frère, a faicte aux aultres Maire et eschevins du dict Dijon, en considération aussy que ce tourneroit à leur grand soulagement et observation de justice. Nous, à ces causes, désirans les favorablement traicter, pour le bon et louable rapport qui nous a esté faict de leur fidélité et loyaulté, tant envers nos diz prédécesseurs roys que nous, et après avoir faict veoir en nostre dict Conseil privé les tiltres et chartres antiennes de la dicte ville, dont le vidimus avec leurs confirmations sont cy attachez, soubz nostre dict contre scel, comme aussy la coppye des lettres de main levée faicte à ceulx du dict Dijon. Attendu que leurs diz previléges sont con fermés comme dict est à ceulx du dit Dijon, et que par iceulx appert qu'ils portent Ja dicte jurisdiction à tiltre onéreux. De l'advis de nostre dict Conseil et de nostre dicte grâce spécial, avons dict et déclaré, disons et déclarons que les diz Maire et eschevins de nostre dicte ville de Beaulne, congnoissent doresenavant des dictes causes civilles avec les criminelles et en la police, en tous cas et tout ainsy que ceulx du dict Dijon et qu'ils faisoient auparavant les dictes ordonnances de Moulins et déclarations sur icelles entrevenues, et du contenu desquelles, en ce qui concerne leurs susdictz previléges et jurisdiction, nous les avons exceptez et réservez, exceptons et réservons par ces présentes, par lesquelles mandons à noz amez et féaulx les gens de nostre dicte court de Parlement audict Dijon, que ceste nostre présente déclaration ils facent lire, publier et enregistrer, entretenir, garder et observer de poinct en poinct, selon sa forme et teneur, et du contenu en icelle souffrent et laissent joyr et user les diz Maire et eschevins du dict Beaulne, plainement et paisiblement, contraignant à ce faire, souffrir et obéyr tous ceulx qu'il appartiendra, par toutes voyes, manières deues et raisonnables. Car tel est nostre plaisir, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, pour lesquelles ne voulons estre différé, nonobstant, comme dict est, nos dictes ordonnances de Molins et déclarations sur ce entrevenues, ausquelles, pour ce regard et aux dérogatoires des dérogatoires y contenues, nous avons dérogé et dérogeons par les dictes présentes. En tesmoing de quoy, nous avons à icelles faict mectre nostre scel. Donné à Lyon, te


vingtroisième jour d'octobre l'an de grâce mil cinq cens soixante et quatorze, et de nostre règne le premier.

Par le Roy, BRULART.

Archives du greffe de la Cour impériale de Dijon Parlement de Bourgogne, Registres ([enregistrement des édits, ordonnances, etc., vol. IX, folio 99.

CLXV

Confirmation des privilège? ùe la ville de Beaune, par le roi Henri IV.

1595 (février).

Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Ce n'est qu'avec beaucoup de faulx prétextes et artiffices, et le plus souvent avec une extresmes contraintes et violances, que nos ennemis, pendant le cours des présens troubles, ont retenu nos pauvres subjectz si longuement hors notre obéissance. Chacun a veu à l'œil ceulx qu'ils ont soubs le voile de piété et avec beaucoup d'impiété, et les cruels et inhumains désordres pour forcer tout le monde à leur rébellion; mais Dieu qui a tousjours heu soing de la conservation de cest estat et de nostre protection particulière, apprès avoir manifestement descouvert le but de leurs intentions et démesurées ambitions, n'a permis que tant d'illicites moyens ayent esté bastans, pour retenir les effects des bonnes volontés que tous les gens de bien, vrays et naturels françoys, ont heu naturellement enclinée et disposée au service de leurs roys; car s'esfens les principales villes que ne sont assubjecties par aulcuns fortz, chasteaulx et garnisons, de soy mesme portées à nostre obéissance, sa divine bouté a quant et quant touché le cœur de lapluspast des chefs et aultres qui avoient les forts et forces en main et les a poussés au mesme debvoir mesmes les plus obstinés, et desquels nos dits ennemis faisoient d'advantage d'estat pour maistriser et violanter la franchise et liberté de nos dicts subjectz à la faveur des dites citadelles et garnisons. Mais où la force a heu plus de lieu il ne s'y est pas moings remarcqué d'affection et réso-


lution, en ce que l'occasion s'offrant pour faire paroistre l'intérieure fidélité et affection que la rigeur et tirannye avoit réservées au plus secret de leurs ames, ils ne l'ont laissées perdre, mais la prenant à propos, ils n'ont manqué de secouer le joug soubs la rigeur duquel ils estoient si indignement asservis. Ce qui est d'autant plus à louer et remarcquer en noz chers et bien amés les habitans de nostre ville de Beaulne, lesquels combien que depuis un an et plus ils se soient veues entièrement enfermés et enserrés parmy un grand nombre de fortes garnisons, mesmes veillé incessamment du duc de Mayene, se deftiant indubitablement de ce qui s'est despuis ensuivy, et désespéré de pouvoir estrangerleur cœur de la recognoissance de leur roy, ont enfin prins l'occasion de se mettre en liberté (1) par rapprochement de nostre très cher cousin le mareschal de Byron, conduisant nostre armée, à la faveur de laquelle et par la grande prudence et non moindre valleur et diligence de nostre dict cousin, ils ont donné establissement à nostre auctorité, s'estant rendus maistres enfin de ceulx qui les tenoient captifs et misérables, c'est parce que la seule espérance qu'ils ont heues que nostre bonté et clémence les garantiroit et leur feroitoublieren brefla mesmoire de tant d'incommodités et oppressions souffertes à nostre occasion, les a poulsé à les rechercher, ne leur voulant icelles desnier, ains embrassant avec toute la bienveillance possible leur repos et conservation, nous avons voulu par cestuy nostre édit perpétuel et irrévocable, ordonner ce que sur les articles des très humbles requestes et remoîistrances qu'ils nous ont, par leurs depputés, faict représenter, nous avons estimé debvoir et pouvoir faire pour leur bien, soulagement et contantement. A ces causes, de l'advis des princes de nostre sang et aultres seigneurs et notables personnes de nostre Conseil estant à présent près de nous, avons dit, statué et ordonné, disons, statuons et ordonnons ce qui s'ensuit. Premièrement, que pour assurer les dicts habitans contre les importuns et faulx prétextes de piété et de religion, dont nos ennemis les ont un long espace de temps circonvenus, nous leur avons promis et promettons par ces présentes qu'il ne se fera aulcun exercice de religion que de la catholicque, apostolicque et romaine en nostre dite ville, château et faubourgs de Beaulae, nyaux aultres lieux circonvoysins deffendus par l'édit de l'an mil cinq cent lxxvii et déclarations ensuivies pour l'exécution d'iceluy et d'aultant que pour la preuve évidante qu'ils nous ont rendue de leur fidélité, nous avons recogneu que la malice du temps leur a (1) Le 5 février 1595, les Beaunois, sous le commandement de leur Maire, se soulevèrent contre la garnison lorraine, et, l'ayant refoulée jusque sous les murs du château ils brisèrent les portes de la ville et y firent pénétrer l'armée du maréchal de Biron.


preuvé la licence de faire beaucoup de choses au préjudice de nostre service et auctorité, mettant soubs le pied toutes les faultes passées, nous avons du tout et à tousjours esteintes, supprimées et abolies, esteignons, supprimons et abolissons par ces mesmes présentes la mesmoire de tout ce que par le corps et communaulté de la dicte ville en général et en particulier, a esté faict, dict, traicté, géré et négocié durant et à l'occasion des présens troubles, et le tout leur permettons et pardonnons, comme s'il estoit cy particulièrement exprimé. Faisant défense très expresse à tous nos justiciers, officiers et subjectz de les en rechercher, ny ceulx qui par leur commendement ou consentement s'en sont entremis, leurs successeurs et ayans cause, et des choses passées comme dict est les poursuyvre, molester ny inquiéter ores ny pour l'advenir, en quelque sorte et pour quelque occasion que ce soit. Imposant sur ce silence à nos procureurs généraulx, leurs substituts présens et advenir et aultres nos dicts subjectz quelconques, et, par ce moyen, advouhant et recognoissant les dicts habitans pour nos bons, fidelles et affectionnés subjectz, nous les avons prins et mis, prenons et mettons en nostre protection et sauvegarde spécialle, avec toutes leurs familles, biens, moyens et facultés, et quant et quant nous les avons remis et restablis, remettons et restablissons en la libre, paisible et entière jouissance d'iceulx, soient bénéfices, offices, charges et dignités dont ils sont bien et dehuement par nous ou nos prédécesseurs et aultres ausquels il peult appartenir pourveus, héritages, rentes, revenus, debtes, noms, raisons et actions qui leur appartiennent, quelque part qu'ils soient scituéz et assis, révocquans pour cest effect tous dons, commissions, arrestz, sentences, jugements et aultres actes et exploits de justice ou autres qui peuvent avoir esté donnés et octroyés durant et à l'occasion des ditz présentz troubles contre et au préjudice des dictz habitans. Voulans qu'ils soient comme nous les déclarons nuls et de nul effect, force et valleur, les cassant et révocquant pour l'advenir. Toutefois, seullement en ce qui reste à exécuter d'iceulx et n'a réaulment et de faict esté acquitté en vertu d'iceulx à nos officiers ou donataires. Nous avons aussy continué et confirmé, continuons et confirmons par ces mêmes présentes, ausdictz habitans tous et chacuns les anciens priviléges, franchises, droictz et octroys, desquelz ils ont de tout temps estés gratiffiéz par nos prédécesseurs roys, mesme la permission, droict et octroy de lever sur chacune pinte de sel vendu, deux deniers six sols huit deniers pour l'entrée de chacune quehue de via en la dicte ville, et le droict accoustumé du portage et aultres pour jouir du tout ainsy qu'ils ont faict bien et dénuement auparavant les présens troubles, leur en ayant de nouveau et tant que besoing est ou seroit


de nouveau, faict et faisons don par ces présentes, sans que pour les dictz don, continuation et confirmation des dictz priviléges, dons et octroys, il soit besoing ausdicts habitans d'obtenir de nous aultres lettres que les dictes présentes, que nous voulons aussy leur servir pour le passé et pour l'advenir, au lieu des anciens octroys et chartres qu'ils avoient obtenu de nos dictz prédécesseurs; lesquelles ont estées naguères bruslées par nos ennemis qui s'estoient renfermés en la maison du greffier de nostre dicte ville, lorsque les dicts habitans y donnèrent entrée à nos troupes pour tesmoignage très certain de leur entière fidélité, nous, confians du tout, à laquelle nous leur avons donné et octroyé, donnons et octroyons la garde des clefs des portes, ponts et autres lieux publicqs de nostre dicte ville. Et pour le regard de la garde et commandement en icelle, ayant mis les dictz habitans en nostre protection, nous aurons soing désormais de leur repos et conservation et ne donnerons cy après auctorité ne commandement sur eulx à quelque personne que ce soit, qu'il n'ayt la mesme intention et volonté au soulagement des dicts habitans, comme nous sommes assurés qu'à nostre dict cousin le mareschal de Biron, auquel nous en avons donné le gouvernement. Désirant aussy que les dictz habitans ressentent quelque fruict de nostre bienveillance en leur endroict, nous les avons exempté, quitté et deschargé par ces dictes présentes, les quittons, exemptons et deschargeons du payement de nos taillon, creues et impositions des années passées despuis les présens troubles jusques à présent, et pour l'advenir durant trois années qui se prendront en six prochaines et consécutives. N'entendons toutefois estre cy comprins ce qui a esté faict par forme de voleries et sans adveu, pour raison de quoy nous avons permis et permettons à toutes personnes de se pourveoir par les voyes de justice, ainsy que bon lui semblera. Comme aussi sont exceptés tous ceulx qui se treuveront chargés et coulpables de l'exécrable assassinat commis en la personne du dict deffunt roy, dernier décédé, nostre très honoré seigneur et frère; et de conspiration contre nostre vie, et pareillement de tous crimes et délictz punissables entre gens de mesme party. Sy donnons en mandement à nos amés et féaulx conseillers, les gens tenant nostre court de Parlement, Chambre des Comptes, cour des Aydes, thrésoriers généraulx de nos finances en Bourgogne, baillis, sénéschaulx, prévostz, juges, et leurs lieutenants, et aultres nos officiers, justiciers et subjectz qu'il appartiendra, que ces présentes ils ayent chacun en droit soy à faire lire, publier et registrer icelles, vériffier, entériner, exécuter, garder et observer inviolablement selon leur forme et teneur, contraignant à ce faire, souffrir et obéir tous ceulx qu'il appartiendra, et qui pour ce seront à contraindre par toutes voyes


dehues et raisonnables, nonobstant opposition ny appellations quelconques pour lesquelles et sans préjudice d'icelles, ne voulons estre différé, et quelconques ordonnances, mandements, deffenses, arrestz, jugements et aultres choses à ce contraires, ausquelles et à la dérogatoire de la dérogatoire d'icelle, nous avons dérogé et desrogeons par ces dictes présentes, de nos plaine puissance et auctorité royal. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, au mois de février l'an de grâce mil cinq cent quatre vingts quinze, et de nostre règne le sixième. HENRY.

Par le Roy, Pothieu.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

CLXVI

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi Louis XIII.

1616 (mai).

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Les roys nos prédécesseurs ayant bien jugé qu'ils ne pouvoient donner de plus exprès tesmoignage de leur bienveillance à leurs bons et loyaulx subjectz qu'en leur concédant de beaulx et amples priviléges pour marque et récompense de leur fidélité, n'ont jamais espargné ne grâce et faveur à l'endroit de ceulx qui les ont méritées; ce que le feu roy, nostre très honoré seigneur et père, que Dieu absolve, auroit si heureusement observé, que s'estant par ce moyen acquis et concilié le coeur et l'affection de ce royeaulme, nous en avons receu les fruitz à nostre advénement chacun de nos subjetz ayant par une émulation digne de louhanges, contribué de tout son pouvoir, pour nous donner des preuves de son obéissance et de son grand zèle à nostre service, notamment nos chers et bien amés les Maire, eschevins et habitans de nostre ville de Beaune, qui d'ailleurs firent un acte si généreux en la réduction de nostre dicte ville en l'obéissance de nostre dict feu seigneur et père, qu'il ne s'en peult pas désirer un plus mémorable pour exemple à leur postérité, aussy leur en fut il accordé un édict si solemnel, contenant la confirmation de leurs priviléges, qu'il ne reste qu'à leur en conserver la jouissance et manutention, comme ils nous ont faict très hum-


blement supplier et requérir, et leur en octroyer nos lettres nécessaires. A ces causes, scavoir faisons que désirans, à l'imitation de nos dicts prédécesseurs, user de faveur que rendent les roys aimés de leurs sujets et les peuples soigneux de leur fidélité et curieux de leur debvoir. Nous avons ausdictz Maire, eschevins et habitans de nostre dicte ville de Beaulne confirmé et continué, confirmons et continuons par ces présentes, de nostre grâce spécialle, tant ledict édict du mois de febvrier mil cinq cent quatre vingt et quinze cy actaché. soubs le contre scel de nostre chancellerie, que tous et chacuns les priviléges, franchises, immunités, droicts, octroys, usages, libertés, dons et concessions qui leur ont estées accordées et données par nos dicts prédécesseurs roys et ducs de Bourgongne pour en jouir et user, et leurs successeurs, plainement et paisiblement et perpétuellement, et en la mesme forme et manière qu'ils en ont bien et dehuement jouy et usé, jouissent et usent encores de présent, sans innovation. Sy donnons en mandement à nos amés et féaulx conseillers, les gens tenant nostre court de Pariement, Chambre de nos Comptes et thrésoriers généraulx de France à Dijon, que de nos prêtantes grâce, confirmation, continuation et contenu en ces présentes, ils aient à faire souffrir et laisser jouir les dict Maire, eschevins et habitans et leurs successeurs, plainement, paisiblement et perpétuellement, sans permettre qu'il leur soit fait, mis ou donné aulcun trouble ou empeschement au contraire, ains les maintenir en leurs dicts priviléges, nonobstant quelconques lettres et choses à ce contraires. A quoy, et aux dérogatoires des dérogatoires, nous avons dérogé et dérogeons par ces dictes présentes. Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose stable et ferme à tousjours, nous avons faict mettre notre scel à ces présentes. Donné à Paris, au mois de may l'an de grâce mil six cent seize, et de nostre règne le septiesme.

Par le Roy, PETIT.

Visa. Contentor. GAVEAU.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.


Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présents et advenir, salut. Noms avons recogneu, à nostre advenement à la couronne, que l'une des plus granêes satisfactions qu'ayent les princes souverains lorsqu'ils arrivent au gouvernement, consistent à rendre aux peuples qui leurs sont subjectz des tesmoignages de leur bonne volonté, autant que chacun semble les inviter selon les veux et les prières qu'ils en reçoivent, comme les gages de leur obéyssance et les assurances de leur affection et service. Ce qu'ayant esté soigneusement observé par les roys nos prédécesseurs, et dont nous imitons les bons exemples, autant qu'il nous ayi possible. Nous avons favorablement reçeu la très humble supplication de nos chers et bien amés les Maire, eschevins, sindicqs et habitans de nostre ville de Beaulne, l'une des meilleure de nostre duché de Bourgongne, remarquable tant par son antiquité, que par les services importans dont elle s'est signalée, soit lorsque les ducs de Bourgongne en estoient possesseurs, soit despuis qu'elle a esté réunye à nostre estat et couronne, à cause de quoy, tant les dicts ducs de Bourgongne que les roys nos prédécesseurs, leur auroient accordé plusieurs beaulx, droicts, previléges, concessions et octroys, scavoir la liberté, scavoir de former un corps de ville et communauté comme en nostre ville de Dijon, soubz l'authorité d'un Maire et prévost, six eschevins, un syndicq, un secrétaire et autres officiers qui le composent, avec tous droitz de pollice, justice civile et criminelle qui leur est patrimonialle tant dedans l'enclos de la dite ville de Beaune que faulbourgs et banlieue d'icelle, même l'intendance des deniers patrimoniaux et d'octroys de la dite ville et la prévosté sur les chemins du bailliage, sans qu'il soit permis à aucuns autres officiers de faire capture, mainmise, ny entreprise, ny autres exploits de justice en la dite ville, faulbourgs etbanlieux qu'avec le ministère des assistances des sergents et officiers de la dite ville. Comme encore plusieurs foires, marchés, franchises, immunités, honneurs, proffits, et divers autres droits; mesme, pour marque de leur entière et appreuvée fidélité, les roys nos prédécesseurs leur auroient

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi Louis XIV.

CLXVII

1644 (janvier).


accordé la garde des clefs des portes, ponts, passages et autres lieux publicqs de la dite ville, pour la conservation desquels ayant supporté de grandes despenses afin de fortifier la ville, scituée en pays limitrophe, importante audit duché de Bourgongne et nostre estat, l'exemption des droits de francs fiefs, amortissemens et nouveaux acquêts leur avoient esté accordées, avec liberté d'acquérir tous héritages, cens, rentes, revenus, seigneuries, justice et fiefs, pour les tenir et posséder ainsi que personnes nobles peuvent faire sans estre obligés d'en payer finance, en laquelle exemption ils ont esté nouvellement maintenus par arrest contradictoire et jugement souverain des commissaires députés pourle faict desdicts francs fiefs, amortissemsns et nouveaux acquets du xxvm apvril M vi xxxvih, desquels priviléges, droicts et concessions, nos dicts prédécesseurs roys leur ont, par lettres pattantes, accordé de temps en temps la confirmation, suivant lesquelles ils en ont plainement et paisiblement jouy jusque à présent. Nous ayant requis très humblement par nostre bien amé maistre Pierre Tixier, l'un des dicts eschevins de la ville, pour ce député vers nous, qu'il nous plaise les maintenir et conserver esdicts droits et priviléges, à leur en octroyer à ces fins nos lettres sur ce nécessaires. A ces causes, après avoir fait venir en notre Conseil les titres, papiers et lettres patantes concernant les droicts, priviléges et exemptions des dicts exposans, continuation et confirmation d'iceux par le duc Odot et les roys nos prédécesseurs, notamment des deffuniz roys François premier et nostre très honnoré seigneur ayeul et père, d'heureuse mémoire, cy attachés soubs le contre scel de notre chancellerie, meus de la mesme bonne volonté par laquelle nos dicts prédécesseurs roys leur ont conceddé et confirmé les dicts droicts et priviléges, désirans, pour les considérations susdites et pour la fidélité qu'ils ont en diverses et importantes occasions tesmoigné avoir pour le bien et service de cest estat et couronne, dont nous avons esté particulièrement informés et satisfaict, leur avons, de l'advis de la reyne régente, nostre très honorée dame et mère, et de nos grâce spéciale, plaine puissance et authorité royalle, accordé, continué et confirmé, accordons, continuons et confirmons tous et chacuns les dits priviléges, ccncessions, honneurs, profllts, libertés, fonctions, immunités, exemptions, franchises et aultres droicts dont les dits exposans sont en possession, pour en jouir par eulx et leurs successeurs plainement, paisiblement et perpétuellement, tout ainsi et en la mesme forme et manière qu'ils en ont cy devant jouy et usé, jouissent et usent encore à présent. Sy donnons en mandement à nos amés et féaulx les gens tenans notre cour de Parlement de Dijon, Chambre de nos Comptes et trésoriers de France audit lieu, juges, baillis, sénéchaux, leurs lieutenans et tous


autres nos justiciers et officiers qu'il appartiendra chacun en droit soy, que ces présentes ils facent lire, publier et régistrer selon leur forme et teneur, et du contenu en icelles ils souffrent et laissent jouir et user les exposans plainement, paisiblement et perpétuellement, cessant et faisant cesser tous troubles et empeschements à ce contraires. Car tel est notre plaisir. Et affin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons faict mettre notre scel à ces présentes, sauf en autre chose notre droit et l'autruy. Donné à Paris, au mois de janvier l'an mil six cent quarante quatre, et de notre règne le premier. LOUIS.

Par le Roy, la Reine régente, sa mère, présente.

Phelippeaux.

Original Archives de la ville de Beaune, Priviléges et franchises de la Commune.

CLXVIII

Confirmation des priviléges de la ville de Beaune, par le roi Louis XV.

1716 (octobre).

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut. Nos chers et bien amez les Maire, échevins, sindic et habitans de notre ville de Beaune, au duché de Bourgogne, nous ont très humblement fait exposer que cette ville, l'une des meilleures et des plus anciennes de la province, s'estant toujours distinguée par sa fidélité inviolable envers ses souverains, soit lorsque les ducs de Bourgogne en estoient possesseurs, soit depuis qu'elle a été réunie à notre couronne; les dits ducs et les roys nos prédécesseurs, pour récompenser les services importans par lesquels ses habitants se sont signalés dans toutes les occasions, leur ont accordé plusieurs beaux, droits, priviléges, concessions et octroys. Savoir la liberté de former un corps de ville et communauté, comme en notre ville de Dijon, souz l'autorité d'un Maire et prévost, six échevins et un sindic, un secrétaire et autres officiers qui la composent, avec tous droits de police, justice civille et criminelle qui leur est patrimonialle, tant dedans l'enclos de la dite ville de Beaune que dans les faubourgs et banlieue


d'icelle, mesme l'intendance des deniers patrimoniaux et d'octroys de la dite ville et la prevosté sur les eschevins du bailliage, sans qu'il soit permis à aucuns autres officiers de faire capture, saisie, mainmise, exécutions ny autres exploits de justice en la dite ville, faubourgs et banlieue, qu'avec le ministère et l'assistance des sergens et officiers de la dite ville. Comme encore plusieurs foires, marchés, franchises, immunités, honneurs, proffits et divers autres droits; mesme. pour marque de leur fidélité, les roys nos prédécesseurs leur auroient accordés la garde des clefs des portes, ponts, passages et autres lieux publics de la dite ville, pour la conservation desquels ayant autrefois supporté de grandes dépenses affin de fortifier la dite ville, scituée pour lors en pays limitrophe, et par cette raison importante audit duché de Bourgogne et autres estats; l'exemption des droits de francs fiefs, amortissemens et nouveaux acquets, leur auroit encore esté accordé, avec la liberté d'acquérir tous héritages, cens, rentes, revenus, seigneuries, justices et fiefs, pour les tenir et posséder ainsi que personnes nobles pourroient faire sans estre obligés d'en payer finance; en laquelle exemption ils ont esté maintenus par arrest contradictoire et jugement souverain des commissaires députés pour le fait des dits francs fiefs, amortissemens et nouveaux acquests, du 25 avril 1638; desquels priviléges, droits et concessions, nos dits prédécesseurs leur ont, par lettres pattentes, accordé de temps en temps les confirmations suivant lesquelles ils en ont plainement et paisiblement jouy jusque à présent. Nous ayant requis très humblement par notre bien amé messire Pierre Gillet, notre conseiller et Maire de la dite ville, pour ce député vers nous, qu'il nous plaise les maintenir et conserver dans les dits droits et priviléges, et pour cet effect leur en accorder pareillement nos lettres sur ce nécessaires. A ces causes, après avoir fait voir en notre Conseil les lettres pattentes du duc Odde et des roys nos prédécesseurs, portant confirmation des dicts droits, priviléges et exemptions des dicts exposans, et notamment celles des rois François I, du mois d'aout 1521 Louis XIII, du mois de mai 161 6, et de Louis XIV, notre très honoré seigneur et bisayeu!, du mois de janvier 1644, cy attachées sous le contrescel de notre chancellerie de l'avis de notre très cher et très amé oncle le duc d'Orléans, régent, de notre très cher et très amé cousin le duc de Bourbon, de notre très cher et très amé oncle le duc du Maine, de notre très cher et très amé oncle le duc de Toulouse, et autres pairs de France, grands et notables personnages de notre royeaume; et de nos grâce spécialle, plaine puissance et authorité royalle, nous avons, par ces présentes signées de notre main, accordé, continué et confirmé, accordons, continuons et confirmons tous et uns chacuns les sus-


dits priviléges, concessions, honneurs, proffits, libertés, fonctions, immunités, exemptions, franchises et autres droits dont les dits exposans sont en possession, pour en jouir par eulx et leurs successeurs plainement, paisiblement et perpétuellement, tout ainsy et en la mesme forme et manière qu'ils en ont par cydevant bien et deuement jouy et usé, jouissent et usent encore actuellement. Sy donnons en mandement à nos amés et féaulx conseillers les gens tenans notre court de Parlement de Dijon, chambre de nos Comptes et trésoriers de France audit lieu, juges, baillis, sénéchaux, leurs lieutenans et tous autres nos officiers qu'il appartiendra, chacun en droit soy, que ces présentes ils ayent à faire lire, publier et enregistrer, selon leur forme et teneur, et du contenu en icelles, ils souffrent et fassent jouir et user les dicts exposans pleinement et paisiblement et perpétuellement, cessans et faisant cesser tous troubles et empeschemens à ce contraires. Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes. Donné à Paris, au mois d'octobre l'an de grâce mil sept cent seize, et de notre règne le second. LOUIS.

Par le Roy, le duc d'Orléans, régent, PHELIPPEAUX.

Visa. VOYSIN.

Original Archives de la ville de Beaune, Privilèges et franchises de la Commune.


BUXY (SAONE-ET-LOIRE)

1204.

Rainald, archevêque de Lyon, et Robert, évêque de Chaloii, mandent que Béatrix, comtesse de Chalon, a donné telle liberté à la ville de Buxy et promis, sous la foi de dix chevaliers, de l'observer perpétuellement.

Par cette charte, elle a concédé aux habitants le droitd'usage, d'affouage et de parcours dans la forêt de Bragny, moyennant que ceux-ci lui paieront chaque semaine, sauf le jeudi, tout le minage (1) et les deux tiers du fournage (2) l'autre tiers appartenant à Renaud de Buxy. La connaissance de tous les délits commis sur le territoire est confiée à quatre prudhommes. La moitié de l'amende prononcée est remise au plaignant.

La punition des crimes appartient au seigneur.

Si un habitant ou un étranger veut remettre le jugement d'une cause aux prudhommes, ceux-ci sont tenus de déférer à sa demande.

S'il ne veut ou ne peut le faire et qu'il veuille quitter la ville, le seigneur est tenu de le conduire en lieu sûr, par l'espace d'un jour et d'une nuit.

Si le seigneur va en expédition, chaque feu est tenu de lui fournir un homme à ses frais. Tout prévôt devra, avant de prendre possession de son office, jurer la conservation de cette charte.

Le seigneur héritera des habitants et des passants qui mourrontsans héritiers ou ab intestat. Le seigneur est tenu, avant sa nouvelle venue, de jurer sur les saints Evangiles la conservation de ces priviléges. A son refus, il sera déchu de ses droits sur la ville, et les deux prélats mettront ses terres en interdit jusqu'à satisfaction complète.

Le prévôt et les officiers du seigneur sont exceptés de cette liberté.

Ces priviléges furent confirmés en 1227, par Hugues IV, duc de Bourgogne, fils de la duchesse Alix; par les ducs Robert 11 (1334), Eudes IV (1818), et Philippe le Bon (1422). (Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Affaires des communes. Buxy. Imprimé dans Pérard, p. SîS)

(t) Droit qu'on percevait sur le mesurage des grains.

(ï) Droit perçu sur les pâtes que l'on portait cuire au four banal.


VILLE DE NUITS

Nuits, aujourd'hui ville chef-liea d'un canton de l'arrondissement de Beaune, et avant la Révolution siège particulier d'un des bailliages du Dijonnais, dépendait jadis de la baronnie da Vergy. Elle entra en 1198 dans le domaine ducal, par le mariage d'Alix, fille de Hugues, baron de Vergy, avec Eudes III, duc de Bourgogne. Elle était alors divisée en deux portions bien distinctes, savoir Nuits-Aval, groupé autour de la chapelle Notre-Dame, depuis de Saint-Denis, relevant directement du prince, qui l'affranchit en 1219; l'autre, Nuits-Amont, dont l'église de Saint-Symphorien formait le centre, et qui avait, selon toute apparence, été détachée du domaine principal par des inféodations, que les ducs Hugues IV et Robert II éteignirent en les rachetant pièce à pièce, ce qui permit au premier d'étendre en 1268, à cette partie de la ville, les bienfaits du régime municipal, dont ceux de Nuits-Aval jouissaient depuis cinquante-huit ans.

CLXIX

Charte d'affranchissement de ta ville de Nuits-Aval, par Eudes III, duc de Bourgogne, et confirmation de cette charte par son fils, le duc Hugues IV.

1212 (avril), 1256 (septembre).

Nos Hugo dux Burgundie, notum facimus universis presentibus et futuris, quod, nos venerabilis patris nostri Odonis ducis Burgundie litteras vidimus et sigillo suo roboratas in hune modum

In nomine sancte et individue Trinitatis. Amen. Quoniam ea que inter homines fiunt labuntur pro modico nisi litterarum memorie tradantur. Icirco ego Odo dux Burgundie abergamento meo (1) de Nuid et hominibus inibi subtus me commorantibus, libertatem quamdam in perpetuo tenendam concessi, ut michi et meis in futurum proficiat et aliis idem videntibus vel audientibus perveniat (t) Par ce mot abergameatum. Due rappelle l'obligation a laquelle étaient tenus tous les habitants de cette partie de la ville, de le loger avec sa suite, toutes les fois qu'il venait à Nuits. Ailleurs, ce même droit s'appeif.it gtte, gextum, gistum. Les habitants de Nuits s'en affranchirent en payant une redevance, dont le nom d'albergeage rappelle l'origine. (Archives de la Côte-d'Or, Chambre des Comptes de Dijon, B SS6S-5563.)


in exemplum. Ea propter ego Odo dux Burgundie, notum facio presentibus et futuris me quitasse omnes homines ejusdem abergamenti subtus me commorantes ab omni tallia et exactione. Excepto quod pro quolibet manso ejusdem abergamenti michi vel mandato meo, quindecim solidos in festo beati Dionisii persolvent.

Nolens etiam quod dictum abergamentum propriis occasionibus ballivorum gravaretur; si aliquid forefactum ibidem emerserit, prepositus (1), non per se solum, sed ad aspectum duorum vel ttïum prudentium virorum ejusdem ville ad hoc electorum, forefactum judicabit et levabit secundum usus et consuetudines pristinas. Hec omnia dicto abergamento concessi, salvis pristinis justiciis meis. Quod ut ratum habeatur presentem paginam annotatam sigilli mei testimonio confirmavi. Actum apud Belnam, anno gratie M° cc° duodecimo, mense aprili. Datum per manum Hugonis cancellarii mei, adstantibus in curia mea quorum nomina subscripta habentur. Gaucherio de Castellione, comite Sancti Pauli (2), senescaulo meo. Poncio de Granceio (3), constabulone meo. Hugone de Laeio (4), marescallo meo.

Nos autem de factis venerabilis patris nostri in hac parte nichil volentes immutare lit te ras a patre nostro hominibus de Nuiz datas et sigillo suo roboratas confirmamus et sigilli nostri munimine duximus roborandas. Actum anno Domini ce" quinquagesimo sexto, mense septembris.

Originat Archives de la ville de Nuits, Priviléges et franchises de la Commune. Imprimé dans l'Essai historique sur la ville de Nuits, par Vienne, page 204, 207 et 318.

(1) Le ressort de la prévôté de Nuits ne dépassait pas les limites du territoire de cette ville. Le prévôt, dont les chartes de *ïlî et 1268 n'avaient point annihilé l'autorité au profit dejofnciere municipaux, comme à Dijon et à Beaune, demeura le chef de la justice jusqu'à l'iustitution définitive des baillis ducaux. Ceux-ci le réduisirent bientôt à n'être qu'une sorte de fermier, chargé de percevoir les redevances dues au prince, de faire la police des marchés et d'assurer l'exécution des criminels. Dès la fin du XIVe siècle, les prévôtés de Nuits, de Chaux et de Vosne furent réunies sur la même tête.

(2) Gaucher lit, seigneur de Chàlillon, comte de Saint-Paul, sénéchal de Bourgogne, bouteiller de Champagne, servit Philippe-Auguste dans plusieurs expéditions, se croisa contre les Albigeois, contribua au gain de la bataille de Bouvines, et mourut en 12f (Anselme, VI, 93. Voir psge 85, en note.) (3) Ponce de Giancey, connétable.

(4) Hugues dt Layer, près Saulon-la-Chapelle, maréchal.


CLXX

Charte d'affranchissement de la ville de Nuits-Amont, par le duc Hugues IV. 1268 (juillet).

Nos Hugo dux Burgundie, universis presentes litteras inspecturis, notum facimus quod nos omnibus hominibus nostris ville nostri de Nuyt Amont nunc ibidem morantibus et in posterum manentibus sives venturis talem libertatem seu franchisiam in perpetuum concedimus atque damus pro nobis et heredibus nostris, qualem habent homines nosiri abergamenti nostri de Nuyt Aval. Secundum quod in litteris bone memorie Odonis quondam patris nostri continetur quarum tenor talis est

In nomine (Voir le numéro précédent.)

In horum omnium testimonium, nos Hugo dux Burgundie supra dictus sigill'um nostrum presenti pagine duximus apponendum. Datum et actum anno Domini millesimo ducentesimo sexagesimo octavo, mense julii. Vidimus fait au mois d'août 1270, pardevant Milot, archiprêtre et chanoine de Vergy. Archives municipales de Nuits, Priviléges et franchises de la Commune.

CLXXI

Charte de Robert 11, duc de Bourgogne, qui attribue aux habitants de Nuits la connaissance des délits commis dans leurs bois communaux.

1296 (19 septembre).

Nous, Roberz, dux de Borgoigne, faisons savoir à tous cels qui verront ces présentes lettres que nous, de grâce especiaul, volons et octroionsque li home de Nuis puissent garder les bois de leur communauté et mettre en déffense par amande les dis bois, et volons que ils puissent lever les amandes raisonnables des malfaicteurs des dis bois en la partie deffendue, et deffendons à nos prévost et sergens que il en ce ne mettient empeschement.


Donné à Argilly, sous notre petit seaul, le mercredi devant la feste de Saint Mathié l'apostre, l'an de grâce mil deus cens quatre vins etseze. Original Archives de la ville de Nuits, Privilèges et franchises de la Commune. Imprimé dans l'Essai historique sur la ville de Nuîk, par Vienne, page 208.

CLXXII

Lettres d'Agnès, fille de saint Louis, duchesse de Bourgogne, et de son fils le duc Eudes IV, qui concèdent exclusivement aux prudhommes de Ja sommnne de Nuits la connaissance du cas dou sanc fait sans clam et sans malice.

1317-18 (26 février).

Nous, Aignès, fille dou saint roy Loys, duchesse, et nous, Eudes, filz de laditte Aignès, dux de Bourgoinne, facons savoir à touz ceuls qui verrunt et orront ces présentes lettres, que, comme notre proudomme habitant de la ville de Nuiz, nous haient denuncié, senefié (1) en complainnant que notre prévost de Nuiz qui hont esté pour le temps passé et qui or sunt, se sont enforcié et encour s'enforcent de lever amandes dou sanc fait à Nuiz sanz clam (2), faire à eux et sanz malice de celui qui le dit sanc ha fait, et encour nous hont denuncié que li prevost qui pour le temps hont esté, hont usé de enquérir dou sanc fait sans clam et sanz malice si com dessus est dit et aussi de celui qui le scet, se il ne lou denunce et de lever amandes. Les proudommes de la ditte ville contredisant et réclamant au contraire. Si nous hont supplié que nous, cest usaige qui est contre humainne nature et tant grandement contre raison, nous volsissions oster en pidié et en amone (3), à la fin que il et ceux qui pour le temps seront puissient vivre plus en pais desouz nous et desouz noz successeurs. Nous, Duchesse et Dux desus diz, enclinans à la supplicacion des desus diz, laquelle nous samble juste et raisonnable, de certainne sciance et délibéracion hahue à notre Consoil, ledit usaige de enquérir et de lever amandes de sanc fait sanz clam, sanz malice et sanz fraude, et de lever soixante souz de celui que le sauroit et reveler ne lé voroit (4), ostons, rappelions et adnullons du tout en tout, pour nous et pour noz successeurs, en tant come à chascun de nous appartient et puet appartenir, c'est (t) Signifié.

[1) De clamor, plainte.

(3) Aumône.

(4) Voudroit.


assavoir à nous, Aignès, duchesse, pour raison de douaire, et à nous, Eudes, duc desus dit, pour raison de héritaige. Et demandons, par la tenour de ces présantes lettres, à noz prévoz et officiaux qui pour le temps à avenir gouverneront la ditte ville de Nuiz, n'enquérient ne levient amande de sanc fait en la ditte ville sanz clam, sanz fraude et sanz malice de celui qui fait l'aura ne de celui qui ne lou denoncera si com desus est dit. Promectans en bone foy, pour nous et pour noz successours, non venir en contre les chouses desus dittes par nous ne par autres, tasibîement (1 ) ne expressement. En tesmoing de laquel chouse nous havons fait à mettre noz seaulx en ces lettres, que furent faites et données en Jungny (2), le diemanche après la Saint Pierre, en fevrier l'an de grâce mil trois cenz et dis sept.

Original Archives de la ville de Nuits, Priviléges et franchises de la commune.

CLXXIII

Quittance donnée par la duchesse Agnès, aux habitants de Nuits, de la somme de cent livres qu'ils lui avaient versées pour l'octroi de la franchise ci-dessus.

1317-18 (27 février).

Nous, Agnès, duchesse de Bourgoinne, facons savoir à touz que nous havons heu et recehu de noz proudommes de Nuiz, pour la main de Guiot Doupré, Monot le peletier et Guiénot le Gridinet, escheviz de notre dite ville de Nuyz, cent livres tornois pour raison de la franchise dou sanc, que nous et nôtres chiers filz li Dux havons ottroié esdiz proudommes en la menière qui est contenuz en unes lettres saellées des seauls de nous et de notre dit fil, lesquelles furent baillées à Symon de Biaufort pour la despanse de nostre hostel et pour la dite franchise M diz proudommes nous devent ancor cent livres tornois, lesqueles H devant dit escheviz nous hont promis à paier par les diz proudommes à la Saint Romey prouchenement venant, et nous en hont promis à faire lettres. En tesmoing de laquel chose nous havons ces lettres saellées, et furent faites et donées eu Juigny, le lundi après la Saint Pierre, en février l'an de grâce mil trois cenz dix et sept.

(1) Tacitement.

(S) Jugny, ancien rendez-vous de chasse des ducs de Bourgogne, aujourd'hui une ferme de la commune de BHly-leB-Chanceaux, canton de Baigneux.


CLXXIV

Permission octroyée par Jean, duc de Bourgogne, aux habitants de la ville de Nuits, de nommer des procureurs pour défendre les intérêts de la commune.

1408 (12 novembre).

Jehan, duc de Bourgoingne, comte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons, nous avoir receue l'umble supplicacion de noz bien amez les eschevins et habitans de notre ville de Nuys, contenant que, comme tant à cause du fait de la forteresse dudit Nuys, des dons à nous faiz, de l'obsèque fait en la dite ville pour feu notre très redoubté seigneur et père, cui Dieu pardoint, come pour plusieurs autres causes nécessaires à faire, plusieurs giectz^ ayent esté faiz et imposez par les diz supplians, sur eulx levez et receuz par les receveurs qu'ilz y ont ordonnez, dont les plusieurs d'iceulx receveurs n'ont pas bien rendu compte ne satisfait de leurs receptes à la dite ville, aussi que les diz supplians, noz hommes lieges et jusliciables, ayent à requérir plusieurs droiz appartenans à la dite ville, tant de pasturaiges, usaiges de bois et de rivières, à l'encontre de plusieurs gens d'église et autres qui ont terres et possessions à l'environ du dit Nuys; comme du fait de la maladerie du dit Nuys qui leur appartient (1) ensamble certainnes autres choses. Et il soit ainsyque les diz eschevins et habitans du dit Nuys, supplians, n'ayent cor, cry ne puissance de eulx assembler ou constituer procureur par manière de commun, combien que notre dite ville de Nuys soit tenue et réputée en tous cas de fouaiges (2} et autres subsides, pour bonne ville payant aussi largement l'eu pour feu, comme ceulx de noz villes de Dijon et de Beaune qui leur a esté grosse charge, par laquelle non puissance de eulx assemble par manière de commun, ils ayent perdu et perdent de jour plusieurs de leurs droiz et biens à eulx appartenans, lesquelz leur sont et seroient moult nécessaires pour convertir en la fortiffication de notre dite ville de Nuys,

(I) A Nuits, comme dans toutes tes autres localités de Bourgogne, et à la suite de la persécution de 1331, la léproserie, qui dépendait un clergé, passa sous le régime municipal et y demeura jusqu'à sa réunion à l'hopital Saint-Laurent.

(î) Imposition sur les feux.


qui en a moult grand besoing et plus perdront encores doresnavant les diz supplians se par nous ne leur estoit sur ce pourveu de remède convenable, si qu'ilz dient requérant ycellui. Pour ce est-il que, nous, ces choses considérées, mesmement que plusieurs deniers deuz par aucuns des diz receveurs dedans brief temps seront prescripts, voulans à ce pourveoir, afin d'en amender notre dite ville et forteresse ausdiz supplians oudit cas, avons donné et octroié, donnons et octroions de grâce especial, par ces présentes, puissance et auctorité de eulx assembler toutes et quanteffois que mestier leur sera, pour faire et constituer par manière de commun, procureur, ung ou plusieurs, qui ayent puissance de demander, requérir et deffendre les biens et les droiz de notre ditte ville de Nuys, et yceulx procureurs voulons comparoir en tous jugemens et estre receus en présentation pour autel pris, comme seroit et est receu le procureur de notre bonne ville de Dijon, jusques à notre bon plaisir. Si donnons en mandement à notre bailli de Dijon et à tous noz autres justiciers et officiers de notre dit duchié, que les dessus nommez supplians, de notre présente grâce et octroy, facent, seuffrent et laissent plainement et paisiblement joïr et user, sanz leur y donner ou souffrir estre fait ou donné aucun destourbier ou empeschement. Car ainsy nous plaist il estre fait, nonobstant ordonnances, mandemens ou deffenses à ce contraires. En tesmoing de ce nous avons fait mectre notre scel à ces présentes lettres. Donné en notre bonne ville de Dijon, le xn" jour du mois de novembre l'an de grâce mil quatre cens et huit.

Par Monseigneur le Duc, à votre relacion.

SAULS.

CLXXV

Confirmation donnée par le duc Philippe le Bon, aux échevins et habitants de Nuits, du droit de nommer un procureur pour la défense des intérêts de la commune.

1420 (12 septembre).

Phelippe, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, palatin, seigneur de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons, nous avoir receu l'umble supplication de noz bien amez les eschevins et habitans ue nostre ville de Nuys, contenant que, comme à


cause du fait de la forteresse du dit Nuys, des dons faiz à feu nostre très cher seigneur et père, cui Dieu pardoint, à diverses foys, et aussi pour plusieurs autres choses nécessaires à faire pour le prouffit évident d'ieelle ville, plusieurs giectz et impostz aient esté faiz et imposez par les diz supplians et sur eulx levés et receuz par les receveurs qu'ilz y ont ordonnez. Dont les plusieurs d'iceulx receveurs n'ont pas k>eu rendu compte de leur recepte à la dite ville, et que les diz supplians, noz hommes lieges et justiciables, aient à requérir plusieurs droiz appartenant à la dite ville, tant de pasturaiges, usaiges de bois, de rivières, à l'encontre de plusieurs gens d'église et autres, qui ont terres et possessions à l'environ du dit Nuys, comme du fait de la maladerie du dit Nuys qui leur appartient, ensemble certaines autres choses. Et il soit ainsi que les diz supplians n'ayent cor, cry, ne puissance de eulx assembler ou constituer procureur ou procureurs par manière de commune, combien que nostre dicte (ville) de Nuys, qui est ville notable, soit tenue et repputée en tous cas pour bonne ville, payant aussi largement feu pour feu, comme ceulx de noz villes de Dijon et de Beaune, qui leur r a esté et est à grosse charge. Par laquele non puissance de eulx assembler par manière de commune ilz aient perdu et perdent de jour en jour plusieurs de leurs droiz et biens à eulx appartenans, lesquelz leur sont et sont moult nécessaires pour convertir en la fortification de nostre dicte ville de Nuys, qui en a moult grant besoing. Et plus perdront encores, les diz supplians, se par nous ne leur estoit sur ce pourveu de remède convenable, ainsi qu'ilz requérant humblement ycelluy. Pour ce est il que, nous, ces choses considérées, mesmement que plusieurs deniers deuz par aucuns des diz receveurs dedens brief temps seront prescrips. Voulans à ce pourveoir, afin d'en amender nostre dicte ville et forteresse, ausdiz supplians avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grâce especial par ces présentes, puissance, auctorité, congié et licence de eulx assembler toutes et quanteffois que mestier leur sera, pour faire et constituer par manière de commune procureur ou procureurs, ung ou plusieurs, qui ait ou aient puissance de demander, requérir et deffendre les biens et les droiz de nostre dicte ville de Nuys. Et iceulx procureurs ou procureur voulons comparoir en tous jugemens et estre receuz en toutes présentations, ainsi et semblablement comme seroient et sont receir. les procureurs ou procureur de noz dictes villes de Dijon et de Beaune, jusques à nostre bon plaisir. Si donnons en mandement à nostre bailli de Dijon et à tous noz autres justiciers et officiers de nostre dit duchié, que les dessus nommez supplians, de nostre présente grâce et octroy, facent, seuffrent et laissent plainement et paisiblement joir et user, sans leur y y


donner ne souffrir estre fait ou donné aucun destourbier ou empeschement. Car ainsi nous plaist qu'il soit fait, nonobstant ordonnances, mandemens ou deffenses à ce contraires. En tesmoing de ce nous avons fait mectre nostre scel à ces présentes lettres. Donné en nostre ville de Aignay (1), lexii' jour de septembre l'an de grâce mil cccc et vint.

Par Monseigneur le Duc, à vostre relacion.

T. BouEssEAu.

Scellé du ijrand sceau en cire rouge (brisé) à double queue de parchemin pendante. Original Archives de la ville de Nuits, Priviléges et franchises de la Commune.

CLXXVI

Lettres patentes de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, portant réorganisation de l'écuevinage de la ville de Nuits, et confirmation de ses droits de justice et de police.

1456 (10 août).

Phelippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant, de Lembourg, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, palatin de Hainnau, de Hollande, de Zéllande et de Namur, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Scavoir faisons, nous avoir reçeu l'humble supplication de noz bien amés les eschevins, bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Nuys, noz hommes justiciables sans moyen, contenant que, comme de toute ancienneté ils ayent coustume de eslire, le jour de la Nativité Saint Jehan Baptiste, six prudhommes d'entre hommes pour estre eschevins et avoir le gouvernement de la police de la ditte ville; lesquels ainsi esleus font le serment de bien et loyalment gouverner le fait de nostre dicte ville es mains de nostre bailly de Dijon ou son lieutenant audit Nuys; lequel serement ainsy fait, iceulx eschevins ont pouvoir et puissance de faire toutes visitations sur tous mestiers et sur ceulx vendans à poix et à mesure, en gros et en destail, ont aussy accoustumé de faire ordonnance et commande de nettoyer et monder les immondices d'icelle ville, et autres ordonnances (1) Aignay, chef-lieu de canton de l'arrondissement de ChutiUon-sur-Seine c'était, avant la Révolution, le chef-lieu d'une châtellenie royale et précédemment ducale.


et commandemens touchant le fait de la police de la dite ville; touttefois qu'il est nécessaire et à peine raisonnable et appartenante selon le dit cas. Ont aussy accoustumé à eslire et instituer chacun an messiers et vigniers pour la garde des fruictz estant au (mage et vignoble de nostre dite ville, lesquels ainsi esleus ils reçoivent d'eulx le serment de bien et loyallement garder les biens et fruicts du dit finage, et de faire leurs rapports de ceulx qu'ils trouveront mésusants à nostre prévost pour lever les amandes sur les dits mésusants à nostre profit, ayant aussi accoustumé de toute ancienneté, comme dit est, de pouvoir mettre en deffent et ban les vignes estant audit finage, et de icelles visitter, et après la visittacion d'icelles faire mettre et asseoir les bans et jours de vendange, icelle selon les finages et leur bon plaisir, préférant les mieux meurs aux autres, et se aucun après le dit ban se entremet de vendanger avant le jour y mis et esleu, iceluy ainsy mesuant est amendable à nous de soixante sols d'amande que pour ce levera nostre dit prévôt à nostre profit; ayant aussy de tout temps joui et usé de esganseliser (1) et adjouter poid et tous autres mesures, tant bled, vin, comme autres liqueurs, et aussy aucuns tant [tonneaux, fu] tailles que autres choses, et se ils treuvent aucune mesure ou poid ou aucune fausse, ils les rompent et appliquent au profit de nostre dite ville, et font rapport de ceulx sur qui ils ont treuvé les dites fausses mesures à nostre dit prévost pour sur iceulx lever à nostre dit profit l'amande accoustumée. Néanmoins, pour ce que les dits habitans supplians, en usant des choses dessus dites comme loisible leur estoit, est si ont visitté les boulangers, thonneliers et autres, pour leur excèds et tromperie qu'ils faisoient en leurs mestiers, et mesmement les dicts boulangers sur lesquels les dicts supplians ont accoustumé de donner le pain qu'ils trouvent de riauvais alloy et de moindre poid pour Dieu, et de lever sur eulx l'amande de 20 sols et au dessous au profit de nostre dite ville,vnostre procureur tient en procès les dits supplians pardevant nostre dict bailly au siège du dit Nuys, et les veut contraindre à montrer lectres et priviléges des dictes jouissances, laquelle chose ils ne pourroient faire, obstant ce que leurs priviléges à eulx par nous et nos prédécesseurs autrefois donnés et octroyés ont esté gouvernés par divers gens et sont esté mis en diverses mains, et est advenu que aucuns de ceulx qui les gardoient ont eu leurs maisons bruslées et ont perdu tout le leur et les dictes chartes et priviléges, se comme dient iceulx supplians et nous requérant bien humblement qu'il nous plaise, de notre grâce spécialle, attendu et considéré leur longue jouissance et (1) Vérifier.


que toutes les choses dessus dites concernent entièrement nostre honneur et le bien, profit et augmentation de nostre dicte ville, leur octroyer, consentir et accorder nos lectres patentes par lesquelles nous leur consentons et approuvons leur jouissance dessus dicte, déclarée tant au regard du temps passé comme de temps avenir, et en outre qu'il nous plaise, de nostre spécialle grâce, leur donner doresnavant toutes amendes qui escheront à cause des ordonnances et commandemens qui se feront pour entretenir le bien publique de la dite police, pour icelle estre convertie au profit d'icelle nostre ville, réservé à nous celle que nostre dit prévost à accoustumer de lever et avoir sur les dits habitans et autres audit finage mésusant, et sur ce leur pourvoir de nostre grâce et convenable remède. Pour ce est il que, nous, les choses dessus dites considérées, désirant et voulant icelle nostre ville de Nuys estre gouvernée par la bonne police, au bien, entretenement et augmentation d'icelle, et mesmement veu par les gens de nostre grand Conseil, certaines informations faictes par nostre ordonnance, par nostre bailly de Dijon et aussy des gens de nostre Conseil et de noz Comptes à Dijon, et despuis les dicts gens de nostre grand Conseil estant, nous, aubdicts eschevins, bourgeois, manans et habitans d'icelle nostre ville de Nuys, supplians, avons octroyé, consenty et accordé, consentons et accordons de grâce spécialle, par ces présentes lettres, les points et articles cy après déclarés, pour d'iceulx jouir et user doresnavant par eulx tant qu'il nous plaira et jusque à nostre rappel. Premièrement que iceulx bourgeois et habitans de nostre dicte ville de Nuys se pourront doresnavant assembler le jour de la Nativité Saint Jehan Baptiste pour eslire entre eux le nombre de six eschevins, lesquels auront en icelle année le gouvernement de la ditte ville et de la police d'icelle, laquelle eslection ainsy faicte, iceulx bourgeois et habitans pourront présenter les dicts six eschevins ainsy par eulx esleus à nostre bailly de Dijon qui sera lors ou à son lieutenant, pour recevoir d'eulx le serment à ce pertinent accoustumé.

Item, que les dits eschevins auront puissance de eslire et instituer messiers et vigniers pour la garde de leurs bleds, vignes et preys, lesquels ils seront teiius de présenter à nostre prévost du dit Nuys pour recevoir d'eulx les serments à ce accoustumés de recevoir.

Item, en outre auront puissance de visiter les portes et murs de nostre dite ville, et aussy les ponts d'icelle, pour faire réparer et mettre à point ce qui sera nécessaire, par le conseil et advis de nostre dit bailly de Dijon ou son lieutenant audit Nuys.

Item, aussy auront pouvoir de mettre en ban et deffent leurs vignes, de eslire


prudhommes pour icelle visitter en la manière accoustumée, et en faire leur rapport affin de assoir leurs bans pour les faire vendanger, en prenant et demandant licence par eulx à nostre bailly ou son dit lieutenant, de faire cris de par nous les dits bans et vendanges, sur la peine de l'amande sur ce accoustumée. Item, auront puissance les dits eschevins de appellé avec eulx nostre dict prévost de Nuys, visitter les tonneliers et vendeurs de paisseaux en la dite ville, et les boulangers et aussy tous marchands et autres vendeurs à poix et à mesure, et de escandelizer icelles mesures et poix, tant de bled, vins, d'huille, draps, toilles, que aultres, et celles qu'ils trouveront estre fausses, ils seront tenus de les rompre, et seront les pièces appliquées au profit d'icelle ville, et semblablement aussy sera fait des tonneaux et paisseaux qui seront trouvés estre faux et non de mesure, et aussy du pain qui sera trouvé de moindre poid ou alloy. Item, au surplus voulons et ordonnons que nostre dict prévost de Nuys présent et à venir, sera, quand il en sera requis par les dicts eschevins, tenu de faire crier et publier de par nous, en icelle nostre ville de Nuys, que chacun netoye ou fasse netoyer devant son hostel les immondices qui y seront jectées, faire porter et mener hors de nostre dite ville, sur peine de l'amende qui sur ce sera ordonnée, 'n'-servé à nous et nostre dict prévost les amandes sur toutes les choses dessus déclarées, excepté tant seulement celle du pain qui est de vingt sols et au dessous, laquelle sera relevé au profit de nostre dicte ville de Nuys, la congnoissance et admodiacion desquelles amandes voulons et déclarons appartenir à nostre bailly de Dijon ou à son lieutenant à Nuys, excepté de celles du dit pain et aussy celles dont nostre dit prévost a accoustumé de jouir et que d'elles mesmes sont adjugées. Si donnons en mandement à nostre bailly de Dijon ou à son dit lieutenant, et à tous nos aultres justiciers, officiers, que se peut et pourra toucher et regarder, et à chacun d'eulx en droit soy, sy comme à luy appartiendra, que de nostre présente grâce et de tout le contenu en ces présentes, ils fassent les dits supplians plainement et paisiblement jouir et user selon et par la manière que dit est, sans leur faire, mettre ou donner, ne souffrir estre mis ou donné quelque molestation, destourbier ou empeschement au contraire. Car ainsy nous plaist il est le voulant estre fait. En tesmoin de ce nous avons fait mettre nostre scel à ces présentes. Donné à Utrecht, le x' jour d'aost l'an de grâce mil quatre cens cinquante six.

Par Monseigneur le Duc, J. Gros.

Original Archives de la ville de Nuits, Priviléges et franchises de la Commune.


François, parla grâce de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présents et avenir, que, nous inclinans à la supplication et requeste de noz chers et bien amez les bourgeoys, eschevins, manans et habitans de la ville de Nuys, tous et chacuns les droiz, previlléges, usaiges, exempcions, franchises et libertez par nos prédécesseurs à eulx octroyez, leur avons confirmez, louez, ratiffiez et approuvez, et par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, louons, confirmons, ratiffions et approuvons, pouren joyr et user par les dictz supplians et leurs successeurs tant et si avant que eulx et leurs prédécesseurs en ont par cy devant deuement et justement joy et usé, et qu'ilz en joyssent et usent de présent. Si donnons en mandement, par ces dictes présentes, à noz amez et féaulx conseilliers les gens tenans nostre court de Parlement, de noz Comptes à Dijon, bailly de Dijon çruyer de Bourgongne, et à tous noz autres justiciers et officiers, ou à leurs lieuxtenans présens et advenir, et à chacun d'eulx si comme à luy appartiendra, que, de noz présens grâce, ratifficacion, confirmacion et approbation, ilz facent, seuffrent et laissent les ditz supplians et leurs successeurs joyr et user plainement et paisiblement, sans leur mectre ou donner, ne souffrir estre faict, mis ou donné aucun trouble, destourbier ne empeschement au contraire; lequel si faict, mis ou donné leur avoit esté ou estoit, ils le mectent ou facent mectre incontinent et sans délay à plaine délivrance. Car ainsy nous plaist il estre fait. Et affin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons faict mectre nostre scel à ces dictes présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes. Donné à Dijon, ou mois de juing l'an de grâce mil cinq cens vingt et ung, et de nostre règne le septiesme. Par le Roy, à la relacion du Conseil.

Original Archives de la ville de Nuits, Privilèges et franchises de la commune.

Confirmation des priviléges de la ville de Nuits, par le roi François I«.

CLXXVII

1521 (juin).

DESLANDES.


VILLE DE CHATILLON

La ville de Châtillon, aujourd'hui chef-lieu d'un des arrondissements de la Côte-d'Or, et avant la Révolution, siège principal du bailliage de la Montagne, fut, dès l'origine et jusqu'en 1637, divisée en deux parties, ayant chacune son enceinte, son territoire propre, en un mot parfaitement distinctes l'une de l'autre.

La portion la plus ancienne et la plus considérable, appelée le Bourg, située sur la rive droite de la Seine et au pied de la montagne que domine l'église Saint-Vorle, appartenait à l'évêque de Langres; tandis que Chaummt, située sur l'autre rive, relevait directement du duc de Bourgogne. En outre, l'abbaye Notre-Dame de Châtillon, fondée au XIIe siècle dans la vallée, entre les deux villes, constituait avèc son vaste enclos une troisième seigneurie, sous la suzeraineté du duc.

Ce prince possédait Chaumont seul et en toute souveraineté.

L'évêque de Langres, que les titres les plus anciens désignent comme seigneur du Bourg, ayant été contraint, par la nécessité d'assurer cette possession éloignée de sa ville épiscopale contre les usurpations des seigneurs, d'abandonner une parlie de ses droits au duc de Bourgogne (1); celui-ci était ainsi devenu co-seigneur du Bourg, sous la condition toutefois de faire hommage et de reconnaître la suzeraineté de l'évêque: Condition bien précaire, car, devenus ainsi seigneurs de la presque totalité de Châtillon, les ducs, auxquels la libre disposition de cette place frontière de leurs états importait beaucoup, mirent tout en œuvre pour se secouer de cette obligation féodale. Il ne fallut rien moins que l'intervention des rois de France (2) et l'irrésistible puissance du Saint-Siège pour arrêter des entreprises qui, jusqu'à la fin du XIII" siècle, se renouvelaient presque à chaque règne ou à tous changements de prélats. Peu à peu, le pouvoir de ces princes s'étant à la fois dégagé des liens où l'enserraient le baronage et le clergé, son influence, secondée par le bailli de la Montagne, institution nouvelle, devint prépondérante s\ Chàtillon. Âessi, tout en conservant les apparences d'une suzeraineté qui allait chaque jour s'affaiblissant davantage, Pévêque de Langres n'eut bientôt plus à Châtillon que des redevances à percevoir et une juridiction que les officiers de son puissant vassal ne respectaient pas toujours.

(1) La première concession de ce genre date de 973. EUe fut faite par Waldrie, évéque de Langres,à Henri, comte puis duc de Bourgogne. (Cartulaire de Langres.)

(1) Jugement rendu par le roi Louis VII, à Moret, en 1153, contre Eudes H, duc de Bourgogne, confirmé en 1168 par le pape Adrien IV. (Imprimé lans V Histoire de Bourgogne, de dom Plancher, I, preuves, p. 48 et 80.)


Mais, avant d'en arriver là, cette communauté de seigneurie et les conflits qui en sutgissaient nécessitèrent plus d'une transaction pour régler les droits respectifs de chacune des parties, principalement en ce qui concernait la justice, l'établissement des étrangers et les formariages très fréquents entre les habitants du Bourg et de Chaumont, ou de chacun d'eux avec les hommes de J'abbaye.

Ces actes, d'un grand intérêt pour l'histoire de la condition des personnes, furent le prélude des tentatives plus sérieuses qu'à deux reprises différentes le duc Eudes III, en 1208, et son fils Hugues IV, en 1233, essayèrent pour constituer une commune à Châtillon. Malheureusement les évoques de Langres, aussi hostiles, par système, aux libertés communales que ces deux princes leur étaient sympathiques, s'y opposèrent toujours énergiquement et n'hésitèrent jamais pour faire prévaloir leur opinion, à recourir aux armes spirituelles que l'autorité du Saint-Siège mettait entre leurs mains. C'est pourquoi nous n'avons pas hésité à comprendre les uns et les autres parmi les pièces justificatives de l'histoire municipale de Châtillon.

Charte de commune octroyée aux hommes de Chaumont de Chatillon-sur-Seiuc, par Eudes III, duc de Bourgogne.

In nomine sancte et individue Trinitatis, amen. Odo dux Burgundie universis presentibus et futuris presentem paginam inspecturis rei geste noticiam.

i Noverit universitas vestra quod donavi et concessi hominibus meis qui manent vel qui manentes erunt in vico meo qui dicitur Chamons apud Castellionem super Secanam hujusmodi libertatem, quod dictior vel potencior qui mansionem habet vel habebit in vico illo immunis erit ab omni tallia et exactione pro vingenti solidis Divionensibus, reddendis singulis annis in festo Sancti Remigii.

CLXXVIII

1213 (août).

Ou nom dou Père, et dou Fils, et dou Saint Esprist, amen. Gie Odes, dux de Burgoigne, à toz ces qui sunt et qui saront, et qui verront ces présentes letres, et cognoissance de ceste chose.

1 Vous aiez cogneu que je hay doné et otroyé à mes homes qui sunt et qui serunt en ma rue de Chaumont. à Chastillon sus Soigne, tel franchise, que li plus riches ou li plus poissens, qui demore ou qui demorra en cele rue sara quittes de tote taille et de tote exaction por xx sols de la monée de Digenois, à rendre chascun an à la feste Saint Reme.


2. Inferiores vero et minus potentes dabunt ad considerationem quatuor proborum hominum qui a communitate manentium in Chamont eligentur. 3. Illi autem quatuor ordiiiabunt, omnia que ordinanda erunt inter homines manentes apud Chamont et clamores audient, et discordias pacificabunt et causas terminabunt.

4. Forisfacta autem mea et emende ad usus et consuetudines castri mei de Talant per manus quatuor electorum. 5. Prepositus vero Castellionis nichil juris vel potestatis in eis habebit nisi redditus meosibi de mandato meo forte recipiat, et hoc fiet ad considerationemquatuor electorum.

6. Ego autem Odo dux Burgundie hanc libertatem me servaturum in perpetuum bona fide promito et garantire teneor. Quod ut ratum habeatur et inconcussum, presentem paginam litteris presentibus annotatam sigilli mei munimine feci roborari. Actum apud Talant opidum meum anno gratie m" cc° tercio decimo, mense augusto, per manum Ulrici, cappellani mei, existentibus in curia mea domino Gauchero de Castellione, senescalo meo, et Poncio de Froleis, conestabulario meo, et Gervasio Chauchardo, cambellano meo. Original Archives de la ville de Châtillon, Priviléges et franchises de la commune.

2. Et li plus povre, et cil qui ont moins de povoir, devront à la tauxation de quatre proudomes, qui seront esleu de la communauté de Chaumunt. 3. Et cil quatre ordineront totes les choses qui saront à. ordiner entre les hommes demoiranz à Chaumunt, et orront les claintes, et apaiseront les descors, et termineront les causes. 4. Tui forfait, et mes amandes saront levé par la main de quatre proudomes, aus us et aus costumes de Talant. 5. Li prevoz de Chastillon n'aura droit ne pooir an ans, se il ne reçoit mes rantes an Chaumunt,parmon commandement. Et ce sara fait à la considération des quatre proudomes esleus. 6. Et je devanz diz Odes, dux de Bergoigne, promet am bone foi, et suis tenuz de garantir à touz iorsmais la dite franchisse. Et porce que ce soit ferme chose et estauble, j'ay mis mon sciai en ces letres. Ce fut doné à Talant, mon chastial, en l'an de grâce m cc et xiu ou mois d'aost, par la main Vurri, mon chapelain, pardevant Gauchier de Chastillon, mon seneschaut, et Poinçot de Froulois, mon mareschaut, et Gervaise C hauchar, mon chambalant.

Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Grand CartulaireB 10423, folio 126, v°. Imprimé dans Pérard, p. 300, et dans l'Histoire de Châtillon-sur-Seine, par Gustave Lapérouse, p. 234.


CL XXIX

Transaction entre Gauthier de Bourgogne, évêque de Langres, et le duc Hugues III, son neveu, touchant les droits qu'ils ont l'un et l'autre en la ville de Châtillon.

1178.

Ego [Hugo] duxBurgiD lie, tam futuris quam presentibus, notum facio conventionem quam ego et vejerabilis dominus patruus meus Galtierus, Dei gratia Lingonensis episcopus pro bono pacis conservando et totius litis occasione resecanda inter nos et officiales nostros in invicem contraximus, nec non inter successores nostros perpétua tenendam firmavimus.

Concessimus siquidem alter alteri quod si qui homines Castellionem venerint, infra ambitum duarum portarum de Chaumonte mansuri, ibi solummodo mei erunt, dum non sint de dominio ecclesie Lingonensisaut de casamento episcopi. de Barro super Sequanam aut ejus castellanie.

Et isti quidem de dominio Lingonensis ecclesie aut de dicto casamento episcopi, si Castellionem venerint mansuri, sive super episcopum sive super me, solius episcopi erunt. Alii omnes qui Castellione retinebuntur mansuri in quacunque parte terre Castellionis extra ambitum duarum portarum de Chaumonte, cujuscumque sit terra, episcopi, sive mea, omnes erunt episcopo et mihi communes et tenementum commune, exceptis illis qui de tribus abbatiis venerint, Flavigniaci (1), Pultheriarum (2) et Dervensi monasterii(3), qui omnes sunt mei. Si vero eos qui communes facti episcopo et mihi, ab hoc tempore retro abire contigerit, fundus terre remanebit in dominio ejus cujus primo fuit; homines vero hujus communionis utriuslibet, qui mulieres duxerint, licite eas habebunt nec domini eas sequentur, sed potius erunt communes dominis, et eorum liberi, sicut et viri earum.

Ut autem nulla sit inter posteros dubitatio quo tempore principium habuerit hec communio, certum sit quod anno ab Incarnatione Domini M c lxxviii. Actum est hoc Castellione, mense decembri, sub testimonio Gerardi de Reon (4),

(1) Flavigny, abbaye de Bénédictins, au bailliage d'Auxois, dans le duché de Bourgogne. (2) Pothières, abbaye de Bénédictins, dans le Tonnerrois; les ducs de Bourgogne en avaientla garde. (3) Montier-en-Der, abbaye de Bénédictins, au diocèse de Châlons-sur-Marne.

(4) Girard, seigneur de Rahon, le même qui figure dans la chatte de commune de Dijon. (Voir no V, p. 13.)


nobilis viri Guillelmi de Orgeolo (I), Viardi Moralin, Simonis de Brecons (2), Bartholomei Coquille. Manasse decani Lïngoûensis (3), P. diecani Barri, Hervei capellani mei, H. decani Castellionis, Roini prepositi Castellionis, Parisii, Petri Riffi, Petri Scambitoris, Hugonis de Villario. Quod ut ratum sit et stabile, mei et episcopi sigilli attestations presentem paginam confirmandam duxi et muniendam.

Cartulaire de l'évèclié de Langres.- Imprimé dans l'Histoire de Bourgogne, par dom Plancher, I, preuves, n° LXXXXIII.

CLXXX

Transaction conclue, en présence de Manassès, évêque de Langres, entre Hugues llî, duc de Bourgogne, et l'abbaye Notre-Dame, au sujet de leurs droits respectifs à Châtillon. 1182.

Ego Hugo dux Burgundie, notum fieri volo tam futuris quam presentibus, talem consuetudinem esse recognitam a ministris meis, in presentia domini Manasse Lingonensis episcopi, et mea, inter Castellionensem ecclesiam et duces Burgundie. Quod si Dux Hierosolymam adeat, vel filiam suam maritet, vel captus sit et redemptus, vel terram emat unde universa terra sua agravetur, ipse ab abbate ecclesie beate Marie de Castellione auxilium debet petere (4), aut per se, aut per honestas personas Et si forte abbas et canonici in auxilium denegaverint, trecentis solidis tantummodo terram ecclesie agravare poterit. Preterea iunotescat, quod in viha que Poissons (5) dicitur, Dux nec edictum, nec aliquam exactionem nec jus aliquod habet, sed tamen ad eum pertinet pro Dei amore eam custodire.

Item, si minister Ducis, homines canonicorum de Castellione, de Villeta (6), et de Bunceyo (7), edicto submoneat, sive ad exercitum (8), sive ad expeditio(I ) Guillaume, seigneur d'Orgeux.

(2) Simon, seigneur de Bracon, le même qui souscrivit la charte de commune de Dijon. (Voir V, p. 14.) (3) Manasses de Bar-.sur-Seine, qui succéda en 1180 à l'évèque Gauthier.

(4) C'était ce que la coutume de Bourgogne désignait par droit d'indire.

(5) Poinçon-les-Larrey, canton de laignes.

(6) Villote-suf-Ource, canton de Ch&tiUoD.

(7) Buncey, canton de ChiUHon.

(8) Host.


nem (1), sive ad obsidionem, personam Ducis in proprio negotio sequeutur, non prepositorum, sive aliorum ministrorum personas. Si autem hoc facere contempserint, forefactum uniuscujusque prefatum edictum contempnentis, usque ad sexaginta quinque solidos sive aliorum gravamine assignabitur. Item, si aliquis hominum predictorum canonicorum qui apud Castellionem manserit, in furto, in adulterio, in rixa, sive in falsum mansurando deprehensus fuerit, prepositus Ducis, et maior episcopi, sine ulla acclamatione facta, ad abbatem vel ejus prepositum eum adjudicabunt. Si autem juratus perpetratione t'eus apprehensus non fuerit, ab abbate sive ab ejus preposito ad jus stare compelleiur, facta proclamatione a maiore episcopi et Ducis preposito. Si vero accusator accusatum in objectis convincere non poterit, immunis accusatus abscedat; accusator autem super hiisabbati vel ejus ministro satisfaciat. Ministri vero qui sunt ecclesie, et ab eadem ecclesia panem et vinum recipiunt, ab omni exactione et exercitu, velut ministri Ducis, liberi et quieti permanebunt.

Recognitum est etiam a ducibus Burgundie, canonicis prefate ecclesie concessum esse, quod quocumque modo ailquid de casamentis eorum ecclesia acquisierit, libère possidebit, sub Ducis tamen tuitione et custodia.

Item, prefata ecclesia, quemlibet hominem Ducis ibi se reddere volentem sine ulla calumpnia Ducis retinebit.

Recognitum est etiam a ducibus Burgundie, canonicis prefate ecclesie concessum esse usuarium omnibus animalibus eorum, in universis pasturis potestatis Castellionis, sine dampni illatione. Si vero animalia ipsorum quacumque occasione dampnum fecerint, omni lege et exactione exclusa, canonici dampnum tantummodo restituent.

Item, si fur in Villeta captus fuerit, ministri abbatis, prout eis placuerit, eum tractabunt, nudum tamen ministris Ducis extra villam reddere debebunt. In eadem villa, Dux, neque pargyas (2), neque jus hospitalitatis (3) débet, sed iilud juris pargye quod in terra Francorum habuerat eum Hierosolymam peteret, predicte ecclesie in perpetuum acquittavit. Hec omnia et quecumque ubicumque sepedicta ecclesia possidet, sunt in custodia et tuitione ducis Burgundie. Ut autem hec rata et inconcussa permaneant, sigillo domini Manasse episcopi Lingonensis, in cujus presentia ista sacramenta a ministris meis recognita sunt, (1) Chevauchée.

(S) Amendes des délite commis par les animaux.

(3) Le même que le droit de gîte, dont noua avons parlé plus haut, à la charte de Nuits, CLXIX, p. 31 5.


et nostro roboravimus. Hujus rei testes Lambertus et quidam alii. Acta sunt hoc anno Domini millesimo centesimo octuagesimo secundo.

Vidimus donné au XIIIe siècle, sous le scel de l'abbé de Notre-Dame de Châtillon. Archives de la Côte-d'Or. Chambre des comptes de Dijon, B 991. Châtellenie de Châtillon. Imprimé dans Pérard, p. 300.

CLXXXI

Convention de Manassès, évêque de Langres, avec Hugues 111, duc de Bourgogne, au sujet de leurs droits réciproques sur les enfants nés des formariages entre leurs hommes de Châtillon. 1188.

Hugo, dux Burgundie et Albonis comes. Noverint tam presentes quam futuri Manassem, episcopum Lingonensem, et me in hoc convenisseet inter nos ordinasse, quod ego nichil possim capere in homine episcopi Lingonensis manente Castellioni, vel in castellaria propter mulierem meam, dum liberi manebunt cum patre existentes de manu pastu et familia patris. Ipse episcopus similiter nichil potest capere in homine meo propter mulierem suam, dum liberi manebunt cum patre existentes de manu pastu et familia patris. Actum est hoc anno Incaruationi Verbi M c Lxxxvm.

Cartulaire de l'évêché de Langres. Imprimé dans Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, I, preuves, n°CXII.

CLXXXII

Charte de communauté entre les hommes et les femmes de Châtillon, appartenant à l'évêque de Langres et à l'abbaye Notre-Dame.

1190.

Ego Petrus, Dei providentia Sancti Benigni Dyvionensis abbas et domini Lingonensis episcopi vicarius, notum facio presentibus et futuris quod cum episcopus Lingouensis et ecclesia Castellionis homines et feminas in eadem vicinia haberent et uterque dominus episcopus scilicet Lingonensis et abbas Castellionis


hominibus suis prohiberet ne aliquis eorum uxorem nisi sui dominii duceret, et ita non minimum anime sue periculum uterque dominus incurreret. Ego, periculi hujus causam extirpare cupiens, consilio Petri majoris Castellionis aliorum que prudentium et fidelium virorum fretus, de omnibus hominibus et ferainis episcopi Lingonis et ecclesie Castellionis cum domino Gyraudo, tune Castellionis abbate, communitatem feci. Hac sane conditione quod pueri ex hiis nati hereditatem parentum suorum dividant, a quocumque dominio procedet hereditas. Ut autem hec conventio communitatis rata et inconvulsa permaneat, hec omnia scripto commendari et sigilli mei impressione feci muniri. Hujus rei testes sunt frater Ranerius et quidam alius. Acta sunt hec eo tempore quod dominus Manasses Lingonensis episcopus ivit Jhersolymain cum Philippo Strenuo, rege Francorum, anno Incarnati Verbi c" nonagesimo.

Archives de la Côte-d'Or. Fonds de l'abbaye Notre-Dame de Châtillon. Cartulaire, f° 18.

CLXXXIII

Charte de communauté des hommes et des femmes de Châtillon, appartenant au Duc et à l'abbaye Notre-Dame.

1190.

Ego Odo, ducis Burgundie filius, et ego Gyraudus, Dei gratia Castellionis abbas, presentibus et futuris notum facimus quod pariter de hominibus et feminabus nostris de Castellione et de castellaria communitatem fecimus, conditione tali quod si homo abbatis feminam ducis in uxorem duxerit, nullam potestatem habebit Dux capiendi talliam in eis nec in pueris ipsorum, donec ad talem etatem devenerint quod a patre vel a matre debeant separari. Simililer si homo Ducis feminam abbatis in uxorem duxerit, nullam potestatem habebit abbas capiend in eis talliam nec in pueris ipsorum, donec ad talem etatem devenerint quod a patre vel a matre debeant separari. Hujus rei testes sunt Anselmus miles et quidam alii. Actum est hoc anno Iucarnati Verbi m° c° nonagesimo. Archives de la Côte-d'ûî-. Fonds de l'abbaye Notre-Dame de Châtillon. Cartulaire, f> 18.


CLXXXIV

Confirmation de la charte précédente, par Eudes III, duc de Bourgogne.

1196.

Ego Odo, dux Burgundie, et ego Gyraudus, Dei gratia Castelliouis abbas. (Le reste comme dans la charte jM AA/e/t~, jus~u'ti la ~n de la phrase debeant separari.)

Hanc eamdem communitatem fecimus inter me et abbatem Castellionis eo tem.pore quod pater meus erat Jherosolimis anno scilicet ab Incarnatione Domini m» c° nonagesimo.

Quam eciam ratam concedo et stabilem. Hujus rei testes sunt Olricus, capellanus meus, et quidam alii. Actum est hoc anno Incarnati Verbi Dei m" c° nonagesimo sexto.

Archives de la Côte-d'Or. Fonds de l'abbaye Notre-Dame de Châtillon. Cartulaire, f° 18.

CLXXXV

Accord entre Eudes Ill, duc de Bourgogne, et Robert de Châtillon, évêque de Langres, au sujet de leurs droits respectifs à Châtillon.

1206.

Ego Odo dux Burgundie, notum facio omnibus tam presentibus quam futuris, quod custumie Castellionis taliter sunt, inter me et episcopum Lingonensem; videlicet

1. Si aliquis, cujuscumque dominationis, homo aliquod magnum forefactum fecerit ad cousiderationem domini Lingonensis episcopi, et domini ducis Burgundie, deducitur et tractatur.

2. Omnia namque magna forefacta communiter ad dominum episcopum et ad me spectant, sicuti multra, homicidia, furta, adulteria, violenti concubitus


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feminarum, ï'alse mensure, edicti communis contemptus et fractio, casus in bello campestri (1), et in judiciis deprehensio.

3. Justicia autem aliorum hominum est inter me et episcopum Lingonensem, nec preposilus Castellionis potest taxare forefactum sine villico ejusdem ville, nec villicus sine preposito.

4. Si vero aliquis homo captus habeatur pro aliquo forefacto quod commune sit, prepositus non potest illum hominem liberare sine villico, nec villicus sine preposito, nec in eo justiciam exercere.

5. Licet preposito justiciam exercere in homines Ducis sine villico, et villico libère in homines episcopi, sine preposito. Si homines episcopi aliquod fecerint forefactum, prepositus non potest manum ponere in ipsos, nisi per clamorem villici, nec villicus in homines meos, nisi per clamorem prepositi. 6. Medietas vante Castellionis est episcopi, altera medietas est mea. Similiter medielas omnium magnorum forefactorum est episcopi, altéra medietas est mea. 7. Omnes curvate Castellionis sunt episcopi. Q-uicumque vero habet aratrum apud Castellionem, etiamsi haberem, debet episcopo curvatam. 8. Omnes illi qui in mansis episcopi qui debent caponem, manent vel manere voluerint, debent semel in anno episcopo placitum générale (2). 9. Episcopus quolibet anno tres habet bannos infra Castellionem, quorum quilibet durat tantum per tres septimanas: ego vero duos, quorum uterque durât tantum per quindecin dies et minima forefacta bannorum, tam episcopi quam mei, omnia communia sunt episcopo et michi. Clerici, milites sergenti qui panem capiunt, in curiisapud Castellionem non congentur tenere illud bannum. Cuilibet etiam integrum modium vini vel amplius per hec edicta vendere vel emere non negatur.

10. Ego non possum elevare novas costumias ad Castellionem, vel infra banni leugam (3) Castellionis, sine episcopo, nec episcopus sine me.

i i Super illas costumias, quas predecessores nostri habuerunt, Hugo antecessor meus non potuit firmare Castellionem sine assensu Lingonensis episcopi. Unum pactum est inter ipsos, quod quoniam dux Burgundie debet accipere feodum Castellionis ab episcopo, jurare tenetur et assecurare, et facere milites et servientes suos de Castellione jurare, quod manum non ponent in rébus quas (1) Même que le duellum des chartes de commune de Dijon et de Beaune. (Voirn»»V et CXXIV,p. 9 et 210, et notes.)

(2) Par placitum générale, plait generaul, on entendait les assises que tenait chaque année le seigneur haut justicier, auxquelles tous les vassaux étaient obligés d'assister et de payer une redevance qui variait selon

les pays.

(3) La banlieue.


habeat episcopus infra Castellionem et in appenditiis Castellionis, nec in horainum suorum corpora, qualiscumque inter ipsos oriatur discordia. 12. Statutum est etiam, quod ego nichil possum caperein homine episcopi Lingonensis, manente Castellione vel in castellaria, prêter mulierem meam, dum pueri manebunt cum patre, existentes de manu, pastu, et familia patris. Ipse episcopus similiter nichil potest capere in homine meo, preter mulierem suam, dum pueri manebunt cum patre, existentes de manu, pastu, et familia patris (1). 13. Preterea si qui homines manserint infra ambitum duarum portarum de Chaumonte, si nullam in alia parte ville remanentiam habuerint, ibi solummodo mei erunt, dum non sint homines proprii episcopi, aut de casamentis sitis de Barro supra Secanam, de Chaceniaco et de castellaria ejus. Et isti quidem, si Castellione venerint mansuri sive super episcopum, sive super me, solius episcopi erunt. Alii omnes qui Castellione retinebuntur mansuri, in quacumque parte Castellionis terre extra ambitum duarum portarum de Chamonte cujuscumque sit, episcopi sive mea, omnes erunt episcopo et michi communes, et tenementum commune; exceptis illis qui de tribus abbatiis venerint, Flavignieiisis, Dervensis monasterii, Pultariarum qui omnes sunt mei. Si vero eos qui communis facti sunt episcopo et michi, retroabire contingent, fondus terre remanebit in dominio ejus cujus prius sint. Homines vero hujus communionis utriuslibet mulieres duxerint, licite eas habebunt, nec Dux, nec episcopus eas sequatur, sed potius communes erunt Duci et episcopo, et earum liberi, sicut et viri earum (2). 14. Medietas terre illius que extra fossaria est, de Chamonte usque ad viam que est ante domum leprosorum que vadit ad Ampillicum (3), est episcopi, et de censu et justicia a via vero illa usque ad stagnum de Marmont, et quantum finagium de Marmont (4) durat in terra et in nemore, lertiam partem habet episcopus. 15. Ego teneo de episcopo, quicquid ad Castellionem habeo et in castellaria, et omnia feoda Castellionis, que milites tenent de me, et pro istis feodis sum homo ligius, post Regem, domini Liogonensis episcopi.

1 6. Si discordia oriatur inter me et episcopum, de negotiis Castellionis, que veniat ad causam ego, sive episcopus, vel nostri vicarii, pro causis agendis debemus convenire ad Perron deMaul Consoil (5), vel in claustro canonicorum, et (1) C'est le rappel de la charte précédente.

(2) Clauses déjà exprimées dans la transaction de 1178, n° CLXXIX.

(3) Ampilly-le-Sec.

(4 ) Cette portion du territoire de CbAUUon, érigé plus tard en fief, devint le patrimoine de la famille Viesse, qui en prit le nom et l'a rendu célèbre dans la personne du niaréchsl Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont, duc de Raguse.

(5) Etabli au château commun à l'évéque et au Duc.


ego vel meus vicarius, medietatem militum meorum de casatis, qui pertinent ad Castellionem, ad consulendum episcopo tenemur impartiri; qui ipsum episcopum, tanquam si essent sui homines, adjuvare in illa causa, et eidem fideliter sine offensa Ducis tenentur consulere. Si vero causa durat usque ad judicium, judicium est episcopi, et illud in domo sua de Castellione, si ei placnerit, poterit tractare.

17. Episcopus etiam, movens guerram adversus alium quam adversus me, potest guerrare de Burgo et de Castro, sicut et ego, et teneor adjuvare eumdem episcopum de feodo suo, bona fide, tanquam dominum meum Lingonensem, post Regem. Vinctos etiam suos, quos vulgo prisios (1) vocant, potest episcopus, vel ejus vicarius, mittere in turre Castellionis, quandocumque voluerit, sed homines mei illos custodient bona fide tanquam meos.

18. Custodes etiam portarum de castro Castellionis, debent facere episcopo fidelitatem.

19. Preterea liberi homines utriusque domini tutele submissi, ad nullam tenentur exire expeditionem, vel etiam equitaturam (2), nisi edicti clamatio ex parte domini precedat utriusque. Immunes debent esse ab omni taillia et exactione. Commendisias suas (3) tenentur persolvere, et amborum succumbere justicie dominorum.

20. Homines vero canonicorum et militum, parère tenentur edicto communiter exclamato, cujus transgressionis satisfactio dominum spectat ad utrumque et si dictorum canonicorum vel militum hominem quencumque, episcopi seu Ducis satellitum aliquis in mellea (4) deprehendat, coram preposito vel majore tenetur accedere ad justiciam exequendam; sed nisi sit in mellea, capiatur. Nemo manum ponere in illum debet ulterius. Sed ad dominum illius, vim vel injuriam passus tenetur accedere, et de adversario suo jus vel justiciam postulare. 21. Milites Castellionis sunt homines Ducis, et Dux est homo domini Lingonensis.

22. Spargicia (5) Castellionis communis est duobus dominis. Similiter et pastura, de qua episcopi habent unum obolum pro una quaque bidente (6), in uno anno sed nichil accipiunt in atio subsequenti. Custodes segetum, custodes omnium, non nisi per eorum vel sergentorum suorum licentiam custodiuntur; (t) Prisonniers.

(2) Chevauchée.

(3) Prestations, redevances.

(4) Rixe, mêlée.

(5) Amendes des délits commis par les bestiaux.

(6) Brebis, mouton.


hoc excepto, quod cuilibet absque dominorum liceutia propriis ovibus apponere custodiam permittitur, et alienis prohibetur.

23. Preterea, tam dominus Lingonensis quam dominus Dux, apud Castellionem venientes, si rebus venalibus ville credenciam querant, non debent cogi nisi super eorum vadia venditores accedere illis, sed eorum vadia tenentur accipere, et ea per annum et diem reservare, sic et casatorum vadia in rebus venalibus et apertis tenentur accipi, et per spatium septem noctium custodiri (1). 24. Si quis autem iratus domino suo, villam fugiataut relinquat, casatorum ville cuilibet licet eum reducere, et coram domino suo salvo conducere et si tune eum domino suo concordare nequeat, recedentem illum licite potest usque ad locum conducere salvum per iter et securum (2).

25. Alienigena quisquam, si in villa manere veniat, nulli domino, donec ipse voluerit, compellitur famulare, et si forefactum incurrat aliquod, amborum tenetur exequi justiciam dominorum, donec alicui domino se commendet; nec eidem liberum ville forum conceditur, donec per annum et diem in illa fecerit mantionem et si tune demum velit forum requirere, et annalia ville ritus executus fuerit, sibi ville forum conceditur, in hune modum, quod preposito sextarium vini, et Majori sextarium, et duobus ville vantariis, pro rei laudatione et concessione, duos deuarios, tenetur exhibere. Duobus etiam dominis, pro rei recognitione, die festo Sancti Martini debet unum solvere denarium annuatim. Hec autem fori libertas semel acquisita, licite potest in perpetuum heredibus erogari.

26. Quilibet homo panem faciens ad vendeudum apud Castellionem, duobus debet dominis annuatim decem et octo denarios, ad festum Sancti Remigii reddendos. Nemo libera venalia apud Castellionem facere potest, nisi de licentia dominorum.

27. Preterea statutum est, quod nulle alie'monete currant apud Caslellionem, preterquam Divionensem et Lingonensem, ad scamhitum, secundum valorem corum.

Que omnia, ut rata habeantur et inconcussa, presentem cartam sigilli mei munimine roboravi. Actum anno gratie millesimo ducentesimo sexto. Archives de la Côtc-d'Or, B 10423. Grand cartulaire de la Chambre des comptes, folio 117, verso. Vidimus donné en mai 1267, sous les sceaux de Guillaume de Grancey et de Girard, prieur de Saint-Jumeaux de Langres. Communes. Imprimé dans Pérard, page 297 dans V Histoire de Bourgogne, de D. Plancher, I, preuves, n° CLVI1I.

(1) Cf. la charte de Dijon, n° V, p. B, en ce qui concerne le crédit accordé au Duc.

(2) C'est l'action en désaveu du seigneur, consacrée plus tard par Hugues IV, et inscrite dans la coutume. (Voir Bouhier, Coutume de Bourgogne, 1, 153.)


CLXXXVI

Charte du duc Eudes III, par laquelle il se soumet au jugement de la justice de l'évêque de Langres sur rétablissement qu'il a fait d'une commune à Châtillon.

1207 (octobre).

Ego Odo, dux Burgundie, notum facio omnibus presentes litteras iuspecturis quod cum venerabilis pater dominus meus Robertus, Lingonensis episcopus, quereretur super communia a me nuper apud Castellionem facta et exconununicationi suposuisset omnes illos qui de communia illa erant, asserens quod in ejus prejudicium et contra ipsum facta erat tandem ei spontaneus oblnli et garantavi, quod si latam ab eo sententiam relaxaret, ego super hoc in ejus curia starem juri spontanea voluntate, promittens et quod ab ejus curia ad nullam aliam curiam recurrerem, nec appellarem, imo libenter totam illam communiam defaciam, si jus de sua curia dictaverit quod fieri debeat et tolli. Permisi etiam eidem quod sententiam ipsam recudat tam apud Castellionem quam per lotam aliam terram meam que posita est in Lingonensi diocesi, si me contigerit in aliquo deficere de premissis. In cujus rei testimonium presentes litteras sigilli mei munimine roboravi. Actum anno gratie ai cc vn, mensé octobri. Cartulaire de l'évêché de Langres. Imprimé dans l'Histoire de Bourgogne, de Dom Plancher, I, preuves, n° CLX.

CLXXXVII

Abandon fait par le duc Eudes III des hommes de l'évoque de Langres qu'il avait fait emprisonner pour crime de meurtre au château de Chatillon, au mépris des droits de justice du prélat. 1209 (mars).

Item, s'ensuit la copie d'une chartre contenant que Eudes, jadis duc de Ftourgongne, fais savoir à tous que, comme son prevost et ses sergens de Chastillon eussent emprisonnez les hommes de Monseigneur de Langres ou chastel dudit Chastillon qu'il tient d'icellui Monseigneur de Langres, pour ce que l'on imputoit


ausdiz hommes avoir commis et perpetré homicide; et pour ce que iceulx hommes ne yssussent du chastel, il les avoit fait garder; mais pour ce que l'église dudit Langres n'eneourroit ea ce aucun détriment de liberté. Il recongnoist ettesmoigne par icelles chartres que ces choses furent faites sans son consentement et à son desceu, et que sur ce fut faite injure audit Monseigneur de Langres. Pour ce ledit Monseigneur de Langres les requist et ne furent point délivrés, mais leur furent fermées les portes du chastel. Et furent ces choses faites en l'an de grâce mil deux cens et neuf, ou mois de mars.

Archives de la Côte-d'Or. Chambre des comptes de Dijon. Châtellenie de Châtillon. Extrait du terrier de Châtillon, 1430, B 989, f f45, verso.

CLXXXVIII

Confirmation de la charte de franchise de Chaumont, par Alix de Vergy, duchesse de Bourgogne. 1218 (février).

In nomine sancte et individue Trinitatis, amen. Alaydis ducissa Burgundie, universis presentibus et futuris. (Le reste identique d la claarte CL~.yT77/.) Ego autem Alaydis, ducissa Burgundie, hanc libertatem me servaturam in perpetuum bona fide promitto et garantira teneor. Quod ut ratum habeatur et inconcussum presentem paginam litteris presentibus annotatam sigilli mei munimine feci roborari. Actum apud Villerum anno gracie m° ce" octavo decimo tertio, idus februarii.

Original Archives de la ville de Châtillon, Priviléges et franchises de la Commune.

CLXXXIX

Confirmation du traité de 1206, par Hugues IV, duc de Bourgogne.

1229 (janvier).

Ego Hugo, dux Burgundie. notum facio universis présentes litterasinspecturis, quod ego volo et conceda, quod carta, quam bone memorie Odo pater meus


fecit, de interressis episcopi Lingonensis et ducis Burgundie distinguendo apud Castellionem et in pertinentiis, stabilita sit et firma, et in bono valore suo in quo prius confecta fuerit, permaneat ita quod nulla prescriptio, nullus usus, contra cartam michi vel meis valeat; quin semper episcopus Lingonensis ad jus suum venire possit, secundum tenorem carte, vel alio modo quo debuerit. Quod ut ratum permaneat, presentem cartam feci sigilli mei munimine roborari. Actum anno Domini m cc. xxix, mense januario.

Archives de la Côte-d'Or, B 10423. Grand cartulaire de la Chambre des comptes, f- 117, verso. Vidimus donné en mai 1267, sous les sceaux de Guillaume de Grancey et de Girard, prieur des Saints Jumeaux de Langres. Imprimé dans Pérard, p. 299; Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, I, preuves, n° CLXXXII.

exc

Déclaration de Robert d'Auvergne, archevêque de Lyon, au sujet de l'arbitrage qu'il a accepté pour juger le différend entre Robert de Torote, évêque de Langres, et Hugues IV, duc de Bourgogne.

1233 (8 mai).

Robertus Dei gratia prime Lugdunensis ecclesie archiepiscopus. Omnibus presentes litteras inspecturis salutem in Domino. Noveritis quod cum inter venerabilem fratrem Robertus, episcopum Lingonensem ex una parte, et nobilem virum Hugonem, ducem Burgundie, nepotem nostrum ex altera, discordia verteretur super hoc videlicet, quod idem episcopus dicebat eundem ducem bona ecclesie Sancti Stephani Divionensis saisivisse, et super eo quod petebat a Duce et a casatis de Castellione juramentum fieri et assecurationem rerum ipsius episcopi in castellaria de Castellione, prout in carta patris ipsius Ducis dicitur contineri, et etiam super eo quod communiam Castellioni dicebat episcopus factam in prejudicium suum et ecclesie Lingonensis. Tandem in nos concorditer compromiserunt et arbitrium nostrum servare firmiter promiserunt et in hoc specialiter convenerunt, quod hac die veneris proxima in crastino instantis Ascensionis Domini dictum nostrum dicemus et si forte, quod absit, eadem die non dixerimus dictum nostrum, ex tune factum seu negotium memoratum ipso jure revertetur ad statum in quo erat ante compromissum. lu cujus rei testimonium presentes litte-


ras sigilli nostri fecimus appensione muniri. Actum die dominica proxima ante Ascensionem Domini M ce xxxui.

Cartulaire de l'évêché de Langres. Imprimé dans Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, II, preuves, n° XXII.

CXCI

Sentence de l'archevêque de Lyon, qui règle le différend de Robert, évêque de Langres, et du duc Hugues IV, au sujet d'une érection de commune à Châtillon, tentée par ce dernier.

1233 (mai).

R[obertus] Dei gratie prime Lugdunensis ecclesie archiepiscopus, universis presentes litteras inspecturis. Noveritis quod cum intervenerabilem fratrem nostrum R[obertumJ, episcopum Lingonensem, ex una parte et nobilem virum H[ugonem], ducem Burgundie, nepotem nostrum ex altera, discordia verteretur super hoc, videlicet quod idem episcopus petebat ab eodem duce sibi fieri juramentum, prout in carta de Castellione communi inter eos continebatur, et super eo quod conquerebatur eundem ducem bona ecclesie Sancti Stephani Divioneusis abstulisse, et super hoc etiam quod dicebat ducem communiam fecisse apud Castellionem in suum et Lingonensis ecclesie prejudicium et gravamen. Tandem super hiis tribus articula in nos compromiserunt, promittentes nichil omnibus sub pena ducentarum marcharum se firmiter observaturos quicquid super hiis pace vel judicio diceremus. Nos vero diximus et pronunciavimus quod Dux debeat eidem lacère juramentum prout continebaiur in carta, quod quidem fecit coram nobis. Super bonis ecclesie Sancti Stephani Divionensis; que dicebatur idem Dux abstulisse, respondit Dux quod faceret abbatem ejusdem ecclesie super hoc teneri pro grato, quod et gratum habuit episcopus memoratus. De communia diximus eidem Duci sub juramento quod fecerat et in fidelitate quam debebat episcopo, quod non teneret communiam, si sciret se non habere jus in tenendo et eidem episcopo similiter diximus in fidelitate quam debebat Duci, tanquam fideli suo, ne eam peteret amoveri, si sciret quod Dux eam posset de jure tenere. Quibus in partem. Super hoc cousilium habuerunt; ad quod ita Dux respondit, quod crederet eam se posse fenere, volens tamen pacem et concordiani episcopi retinere, dictam comimmiam, sive juste sive injuste posita esset, amovebat


et faciebat penitus amoveri. In cujus rei testimoixiura presentes litteras sigilli nostri fecimus appensione muniri. Actum anno Domini M ce xxxm, mense maio. Cartulaire de l'évêché de Langres. Imprimé dans l'Histoire de Bourgogne, par Dom Plancher, II, preuves, n» XXIII.

CXCII

Lettre du duc Hugues IV, portant abolition de la commune qu'il avait établie à Châtillon, sans la participation de l'évêque de Langres.

1233 (11 mai).

Hugo, dux Burgundie, universis presentes litteras inspecturis salutem in Domino. Noveritis quod cum discordia inter nos verteretur ex una parte venerabilem patrem et dominum Robertum episcopum Lingonensem ex altera, maxime super communia quam feceramus apud Castellionem, quam conquerebatur in suum prejudicium factam esse. Tandem super hoc compromisimus in venerabilem patrem Dominum et avunculum nostrum R(obertum) archiespiscopum Lugdunensem, promittentes sub pena ducentarum marcarum nos observatui'ôs firmiter quicquid super hoc pace vel judicio diffiniret a quo cum requisiti essemus in fidelitate et sacramento quod feceramus eidem episcopo Nos habito consilio, licet crederemus nos in tenenda communia jus habere, VGlentes pacem et amorem ejusdem episcopi retinere, eamdem communiam, sive juste, sive injuste posita esset, amovimus et omnino fecimus amoveri. In cujus rei testimonium presentes litteras sigillo nostro fecimus muniri. Actum anno Domini M cc xxxm in crastino Ascensionis Domini.

Cartulaire de l'évêché de Langres. Imprimé dans l'Histoire de Bourgogne, par Dom Plancher, n, preuves, n° XXIV.


CXCIII

Sentence de Robert, archevêque de Lyon, q«i maintient le duc Hugues IV dans la possession, en communauté avec l'évêque de Langres, de ceux de ses hommes de Châtillon, qui allaientdemeurer à Mussy.

1233 (