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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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IiH MODE DU *JOU£

Lettres d'amour.

Elle habitait une petite maison grise, vieillotte et comme ridée, au flanc du coteau roux, sur ie versant de l'Estérel. L'hiver, le vent hurlait à sa porte, faisant trembler les volets vermoulus et grincer la girouette; l'été, lé soleil l'embrasait de feux trop ardents. Mal close, abandonnée à elle-même, elle menaçait ruines, autant que sa propriétaire, une petite vieille aussi rabougrie que la pauvre maison, aussi touchante qu'elle "en sa simplicité.

Ou l'appelait « Madame » Audiguier, en dépit d'une indigence voisine de la misère. Une misère digne, convenable, supportée avec une noble et belle résignation.

Mm 0 Audiguier avait eu « un grand malheur » dans sa vie, et le contait volontiers, avec une émotion toujcAs égale, et si naturelle, que nul ne pensait même à sourire de ses naïvetés.

Ceci remontait au temps lointain de sa jeunesse. .

Fille unique, demeurée au foyer d'un père veuf et tyrànnique, elle avait grandi sans affection jusqu'au jour où ie fils Audiguier l'avait remarquée.

Pierre Audiguier rentrait du service. C'était un garçon timide et serviable,dont cinq ans de caserne n'avaient point altéré la nature douce et délicate. Il vit Germaine Bervilîe, l'aima, osa le lui avouer, et se vit payé de retour. On décida de « s'établir ». Restait à obtenir le consentement de Bervilîe père.

Cet homme, dont l'égoïsme s'accommodait fort, bien de la situation créée par la mort de sa femme, n'entrevit pas sans un profond ennui la perspective du départ de sa fille.

Il ne. demanda pas plus à réfléchir, qu'il ne sollicita l'avis de l'intéressée.

Pierre Audiguierfut mis à la porte, sans autre forme de procès, avec promesse d'une volée de bois vert s'il s'avisait d'y revenir.

Pierre ne revint plus chez M. Bervilîe, mais i! revit Germaine. Ils soupirèrent, versèrent des larmes amères, se jurèrent fidélité éternelle.

D'autres peut-être, à la place de Mii<J Bervilîe, eussent levé l'étendard de la révolte, proclamé les droits du coeur. Germaine se souvint, qu'à son heure dernière, sa mère lui avait lait promettre de ne pas abandonner l'homme dont pourtant, elle aussi, avait eu à souffrir. Elle imposa silence à son amour, et les jeunes

gens éperdus, mais résignés, décidèrent qu'ils s'attendraient.

Ils s'attendirent quatorze ans, pendant lesquels ils échangèrent peu de paroles, mais beaucoup de lettres où ils dépeignaient leurs tourments, leurs regrets, leur amour, et aussi leur espérance indéfectible eu des temps plus heureux.

(juand M. Bervilîe fut décemment porté en terre chrétienne, Germaine, seule, rentra dans le logis, rendu plus lugubre encore par le départ d'un être, qu'en dépit de ses rudesses elle n'avait pu s'empêcher d'aimer.

Elle laissa passer quelques mois, puis elle mit sa main dans, la main de Pierre Audiguier. — Je savais bien, dit-elle, qu'un jour nous serions l'un à l'autre.

Pierre Audiguier baisa la petite main avec dévotion. Us se marièrent aux premières fleurs d'avril, et tous ceux qui les connaissaient se réjouirent avec eux et leur firent fête.

Afin de mieux go Citer-la fraîcheur de leur lune d'e miel, ils décidèrent d'aller passer quelque temps dans une petite maison solitaire que.Pierre avait louée, pour la circonstance, sur les contreforts de l'Estérel, face à la mer. Plus,tard, ils reviendraient au pays, et l'on ferait à la demeure familiale une telle toilette, que se dissiperait l'atmosphère glaciale dont elie semblait entourée.

Pouvaient-ils, eux dont le coeur débordait d'allégresse, s'installer entre des murs suant la tristesse et l'ennui, en face de l'horizon maussade d'un jardin depuis vingt ans abandonné à lui-même?

Ils partirent donc, rayonnants de joie pure, ivres d'une liberté chèrement conquise.

Germaine déclara charmant le nid découvert par Pierre Audiguier. Ils coulèrent, là, trois mois durant, la plus complète félicité.

On les voyait s'en aller, côte à côte, la main dans la main, par les sentiers de chèvre, errer dans les mimoseraies, escalader les pentes, courir le long de la mer, rire, s'amuser, s'embrasser, parfois, à l'ombre maigre des oliviers. Et l'on disait d'eux :

— Qu'ils sont heureux ! Qu'ils sont beaux ! Car le bonheur s'épanouissait tout entier sur leur face rayonnante et dans leurs yeux éblouis.

Mais il semblerait qu'une malédiction pèse sur le destin des hommes, et qu'il leur est interdit d'être trop heureux,

Un soir que Pierre Audiguier était parti à la pêche avec des gens de Sinara, Germaine l'attendit en vain.

Elle ne se coucha pas cette nuit-là. Le lendemain, pale et défaite, elle descendit au village, s'informa, réclamant son cher époux à tous les échos.

Ce fut, deux jours plus tard, la mer perfide, la mer caressante qui le lui rendit.

Germaine A.udiguicr pensa devenir folie de douleur. Il fallut l'arracher du cadavre, et la veiller elle-même, durant de longues semaines, car, de tous ses voeux-, elle appelait la mort.

Et la mort ne voulut point d'elle.

Ne sommes-nous point nés pour souffrir?

Quand la veuve comprit qu'il lui faudrait vivre, elle décida de rester eu ce lieu où elle avaiteonnu, si intensément, ladouleurd'aimer.

De fait, elle ne retourna jamais daus son pays. Un notaire vendit la maison si triste, et Germaine Audiguier put vivre,combien pauvrement, du peu d'argent qu'elle en retira.

Elle végéta "ainsi des années et des années.

La mort semblait l'avoir oubliée, mais, elle, n'avait pas oublié Pierre Audiguier.

A qui voulait, les larmes aux yeux, la petite vieille contait sa lamentable histoire.

— Ah ! monsieur ! si vous aviez connu mon Pierre! Si vous saviez quel coeur c'était!... et comme, durant quatorze ans, il m'écrivit de si belles et touchantes choses !...

A ceux qu'elle croyait dignes d'un si précieux honneur, Mme Audiguier" lisait certain passage des lettres de son Pierre, où se révélait une âme sans détours, un coeur simple et droit, fidèle et.sincère. Puérilités d'amoureux, dont l'indifférent se fût moqué.

— Voyez-vous, monsieur, il ne faut pas trop demander à la vie. Le bonheur est une chose qu'on ne doit pas désirer tout entière... Je médisais parfois que c'était trop beau, et qu'il m'arriverait un malheur... Il vint à l'heure où je l'attendais le moins. J'ai vécu, je ne sais comment, ni pourquoi; mais, pas un seul jour, depuis plus de cinquante ans, je n'ai cessé de penser à mon Pierre.

Chaque matin, aux premiers rayons du soleil, M 1" 0 Audiguier repoussait les volets verts de la petite maison, et cela faisait un bruit sec dont ne s'effarouchaient plus les oiseaux du jardin frissonnant. Elle s'attardait un moment à regarder la mer, cette nier, trop belle, qui lui avait pris son homme dans toute la force de sa jeunesse ; elle soupirait, puis rentrait en essuyant un pleur.

Deux jours durant, les volets demeurèrent fermés.

Alors, le troisième, le facteur rural remarqua la chose, en parla au maire, et l'on vint frapper à la porte mal close.

Le bruit sourd se répercuta dans la petite maison, mais aucun être vivant ne répondit à, l'appel pressant des gens du village.

On n eut pas de peine à crocheter la serrure vétusté. On entra.

Et l'on vit, des papiers et des papiers, épara sur la table, devant le cadavre déjà glacé de la recluse volontaire.

Mmc Audiguier était morte, le visage enfoui dans ses lettres d'amour.

JEAN DE KERLECQ.

GQamsr des Exaiïïuiis Ses Ecoles et te Carrières.

MENTOR renseigne : 1° pour les divers ordres d'enseignement primaire, secondaire, commercial, donnés en France aux garçons et aiix filles ; 2° sur les silualions et carrières auxquelles ces enseignements donnent accès dans les Administrations publiques el privées, les Banques, les Etablissements coynmerciaux (vacances d'emplois, conditions de recrutement, traitements)...

Il répond aux demandes de renseignements par r intermédiaire des colonnes du journal. Mais les lectrices qui désirent une réponse particulière doivent lui adresser leur demande, accompagnée d'une enveloppe timbrée pour la réponse, 3, rue de Rocroy.

L'Ecole d'horlogerie de Cluses.

L'école nationale d'Horlogerie, de petite mécanique de précision et d'électrioité de Oluses, fondée enl843, placée sous l'autorité et le contrôle dusoussecrétaire d'Etat à l'Enseignement technique, a un double but : 1° Former des ouvriers Instruits et habiles dans toutes les parties de la fabrication de l'horlogerie. 2° Procurer, dans sa section industrielle, l'instruction nécessaire à ceux qui se destinent à devenir fabricants d'horlogerie, visiteurs, rhabilleurs, horlogers, mécaniciens, horlogers électriciens, mécaniciens fabriquant des instruments de précision, des machines-outils, moteurs...

Il n'est reçu à l'école que des jeunes gens et jeunes fliles âgés de plus de 14 ans au jour de la rentrée annuelle qui est fixée au 3» vendredi de septembre de chaque année.

Les demandes d'admission doivent être adressées par écrit avant ie 3i juiiier au freret du département dans lequel réside le candidat; mais les admissions étant prononcées dans l'ordre des inscriptions, et la liste étant close des qu'il ne reste plus de places disponibles, il est de l'intérêt, des familles de faire constituer dès le début du mois de juin le dossier des candidates et des candidats. Les admissions définitives sont prononcées par le Préret de la HauteSavoie et notifiées aux parents dans le courant de la première semaine d'août.

En aucun cas, les candidats âgés de moins de f 4 ans révolus ne peuvent être admis à l'Ecole Nationale

Nationale Cluses ; l'expérience a démontré d'ailleurs que les candidats les plus âgés étalent ceux qui le plus généralement profitaient mieux de l'enseignement, de l'Ecole. Aussi,bien le règlement n'exige des candidats que la possession du certificat d'études primaires, il n'en est pas moins vrai que les jeunes gens qui ont complété leur instruction générale jusqu'à 15, 1G et 17 ans sont ceux qui, à de rares exceptions près, arrivent à de bons résultais.

Sauf pour les horlogers et les mécaniciens qui viennent à l'Ecole se perfectionner pendant un délai assez court, la durée- réglementaire des études est de 3 années.

L'enseignemen t est a la fois pratique et théorique. L'instruction pratique est établie de manière que les élèves puissent exécuter dans les deux premières années une série d'exercices-types servant de base à l'apprentissage des diverses spécialités de l'industrie horlogère; et de la mécanique de précision. En possession des connaissances fondamentales, les élèves, répartis dans 4 ateliers, sont industrialisés pendant le cours de leur 3e année d'études; c'est ainsi que les élèves rhabilleurs s'adonnent exclusivement à la réparation et au réglage, que les élèves fabricants et mécaniciens réparent ou construisent des appareils ou machines outils par des procédés mécaniques...

Evidemment, .extrême diversité dans les dispositions manuc, M-S des apprentis fait que certains franchissent :■■•<:; vite que d'autres les diverses phases qui eu.iiituent chaque partie de l'apprentissage ; évidemment, après leurs trois années d'études, les élèves ont certainement besoin, comme ceux de toute école, de passer par les ateliers de l'industrie pour y apprendre â produire en même temps vite et bien; évidemment, tous ne deviendront pas en même temps régleurs, contremaîtres, techniciens, mais on peut dire que tous possèdent bien leur métier, que presque tous sont demandés avant la Un de leur 3° année scolaire par les horlogers et les industriels divers.

L'enseignement théorique (grammaire, mathématiques, physique, chimie, électricité, mécanique, dessin...) est destiné à parfaire les connaissances générales et à faire acquérir les notions scientifiques qui sont d'une application journalière dans l'horlogerie et la mécanique.

L'Enseignement de l'Ecole est gratuit et le régime est l'externat. L'entretien des élèves reste à la charge des familles. Les élèves sont placés par leurs parents chez des correspondants domiciliés dans la commune de Cluses et agrées par l'Administration de l'Ecole. Les 180 élèves sont réparti»

(maire par quatre, dix par dix dans n excellentes maisons* oii ils vivent rie la vie de famille oii ils sont bien traités et bien logés ; l'Ecole est journellement el fidèlement renseignée sur leurs faits et gestes et l'on peut affirmer que le régime de l'externat tel qu'il fonctionne à Cluses, petite ville de-2.400 habitants où tout le monde se connaît, offre aux parents la sécurité la plus absolue.

Les pensions se paient, comnie tenu de? frais de chaufTage, d'éclairage, d'entretien, de 300 à 320 fr. par mois. Il faut ajouter quelques frais accessoires d'outillage, de livres scolaires, de fournitures se montant, au début de la première année, k 350 franGS environ.

L'Etat, les départements, les communes accordent- a«£ pupilles de la Nation, aux élèves dont les parents sont dans une situation peu aisée, et à ceux qui le méritent par leur conduite et leur travail, des subventions renouvelables se montant au maximum, à 7 ou 800 francs ; les demandes sont instruites par les préfets et les bourses sont réparties chaque année dans le courant du mois de décembre. Des brevets sont délivrés par le sous-secrétaire d'Etat de l'IDnscignemcnt technique aux élèves de 3« année qui, aux examens généraux de sortie, ont satisfait d'une manière complète à toutes les épreuves. Les élèves dont la moyenne générale est inférieure à 11 ne reçoivent qu'un certificat d'études spécial indiquant le temps passé à l'Ecole et les notes obtenues.

Leurs études terminées, l'Ecole place toujours avantageusement les élèves dans les fabriques de petite horlogerie, d'horlogerie mécanique et électrique, de moteurs, dans les maisons de venta d'horlogerie. Elle est secondée dans cette tache par l'Association amicale des Anciens Elèves, organisation heureuse et forte dont la plupart des membres sont établis dans le commerce et dans l'industrie.

L'Ecole de Cluses ouvre à ses élèves des perspectives d'un avenir brillant : la presque totalité des élèves rhabilleurs après avoir pendant quelque temps exercé leur profession chez divers patrons, s'établissent à leur tour horlogers-bijoutiers.

Les élèves de la section industrielle occupent tèt on tard des postes de maîtrise, cependant qua quelques-uns d'entre eux, gr&ce à une persévérant» ténacité, sont devenus de remarquables ingénieurs. Quant aux élèves de la section de petite mécanique; on les volt s'orienter vers les postes d'agents mécaniciens des P. T. T. ou de contrôleurs des servies! électriques des compagnies de chemins de fer.