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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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LE NID

ref profit. Elle, Suze, saurait. D'abord, il était impossible qu'un homme comme Chesnaye, brusque maij, #on,- ne fût pas généreux. Un jour ou ï%utre la friponne saurait faire glisser vers elle où vers son mari quelques parcelles de l'éblouissante fortune qu'elle devinait, 1 Mais Mm 8 Margail, en_ l'aventure n'était pas seulement vénale. Elle éprouvait une sorte d'amusement à se glisser dans ce qu'elle considérait comme le jeu de Françoise. Elle lui avait déjà <t chipé T> Margail ; il lui paraissait drôle de lui « chiper » aussi Chesnaye. Ses intuitions de femme lui disaient que Chesnaye était un coeur libre. Elle pensait, d'un autre côté, qu'il était volage et que d'ailleurs sa situation de fortune n'en faisait pas, pour des employées de banque, un épouseur possible. D'ailleurs, en ce qui la concernait ce point était secondaire : elle était mariée.

Elle allait tranquillement jusqu'au bout de ses convoitises et de ses secrets désirs. Quand Chesnaye lui ferait la cour, car elle était sûre déjà, d'après les regards de l'homme, qu'il ia solliciterait, quand Chesnaye lui ferait la cour, eh bien, elle le laisserait faire.,.. Elle deviendrait sa maîtresse au besoin, et si cela n'était pas nettement formulé dans son esprit, cela était consentit

L'avidité et la vanité de Suze n'étaient pas seules en jeu. Du fond d'elle-même, du fond de cette nature fortement animale, montait un attrait de gitane pour l'aventure dans les bras d'un homme comme Chesnaye. Et elle ne renonçait point pour cela à Margail dont elle ne dédaignait point les tendresses.

Profiteuse et sensuelle. Suze allait comme une force de la nature et Françoise pour la deuxième fois, sensible, dé-, licate el, fiere se trouvait sur le passage de cette femme aux sentiments grossiers..

Vers le milieu de juillet, Chesnaye procéda à un grand rangement de ses papiers et de ses titres à la Banque Musulmane. Il disait qu'il allait, pour un long temps et peut-être pour toujours, renoncer à sa vie extra-européenne et rester en France. U lui fallait, ajoutait-il, mettre tout en ordre en ce qui concernait son activité passée.

Ce fut un travail acharné d'une huitaine pendant, lesquelles il ne se ménagea pas lui-même et ne ménagea pas Françoise. Fascinée, elle le suivait dans son travail vertigineux. Cet homme avait une capacité.

'de labeur énorme., Françoise, agile, for' çant son attention et sa dextérité parvenait à ne pas relarder cette allure et à éviter les impatiences qu'elle redoutait.

Sa joie était de voir une lueur de contentement sur le rude visage,. Pour cela, elle dépassait ses propres forces, déjà diminuées par ses longs mois de travail à la banque. Mois ininterrompus, car sa trop faible ancienneté dans la maison ne lui avait pas encore permis les vacances si nécessaires, et elle devait en avoir cette année pour la première fois.

Pour tout, dire, Françoise qui avait été affectée aussi, au fond, par l'aventure de Margail était au bout de ses forces nerveuses.

Un après-midi, tandis que la porte du petit salon entr'ouverte, comme toujours — car pour éviter les médisances- Chesnaye ne s'enfermait jamais avec Françoise — celle-ci eut une brève défaillance.. Elle était mal disposée, n'avait presque rien pris au repos de midi, et depuis deux heures Chesnaye lui faisait, additionner de longues pages. Soudain, les chiffres se mirent à danser une sarabande sous les yeux de la jeune fille et elle dut appuyer sa tête sur sa main pour éviter qu'elle ne chût en avant. En même temps, Françoise se voilait le visage el, involontairement, eiie poussait un gémissement, léger.,

— Eh bien, quoi ? interrogea Chesnaye, surpris.

Il levait le nez de dessus un document qui l'avait absorbé. U vit la pâleur de Françoise.,

— Ça ne va pas, mademoiselle ?

Mais la défaillance était passée. Françoise relevait la tête et son visage pâle essayait de sourire.,

— C'est fini, dit-elle.

' — U vous faut prendre quelque chose, mademoiselle, je vais aller demander.,..

— Oh ! non, monsieur, dit vivement Françoise. Ce n'est pas la coutume ici.^ Il n'y a aucune installation pour cela...

•—■ Mais si l'on a besoin d'une tasse de tisane ?

— Les gens qui travaillent n'ont pas ces facilités sur le lieu de leur besogne. Il faut rester chez soi quand on est malade. C'est bien naturel.....

Elle sourit toul à fait ';.

— On ne peut pas faire d'une banque une infirmerie... Voyons, que diraient les clients s'ils nous voyaient sucrer des fasses de tisanes en traitant leurs affaires V