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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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LE NID

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faire mes bordereaux, celle diligente employée.,..,

Ma-Soulpié balança d'un pied sur l'autre,.'

■•**• La dame ou la jeune fille ?

— La jeune fille...;

M. Soulpié hésita encore à son accoutu-. mée.

— C'est que, dit-il, nous avons un bureau de conservation de titres et...

— Je comprends... Je comprends 1 !,.-.- Aussi je ne vous demande pas ces services gratuitement... bien loin de là... Je vous paierai même beucoup plus cher que ne l'indiquent vos tarifs de conservation, de litres, comme vous dites.-,. Mais je liens à. m'.occuper moi-même de mes quelques Valeurs et de mes papiers...

—- À volire guise, monsieur, à votre guis© !.., .te vais me faire autoriser par mon chef et lui demander de fixer le prix.

—- Le nrix m'est indifférent..,,

M. Soulpié s'inclina et disparut. Cinq minutes après, il revenait pour rapporter la réponse favorable de M. Didelin : on n'aurait eu garde de mécontenter un client de celle importance...

Chesnaye revint assez souvent. Chaque fois Hson'premier soin était de réclamer celle qu'il appelait sa secrétaire. Françoise arrivait portant une sacoche qui contenait une partie des titres et des papiers. Et c'était Suze qui portait la seconde sacoche. Elle s'était fait désigner pour cela et elle entrait toujours si séduisante et si accorte que Chesnaye ne pouvait s'empêcher de poser sur elle le regatd qu'cl'e attirait de tous les hommes par ce charme un peu grossier que-le peuple appelle « espagnol » et qui donne à certaines brunes des succès immédiats.

Son mariage n'avait pas diminué chez clic cette faculté- d'attirer les hommages masculins superficiels. Au contraire. Elle avait encore plus de liberté d'allure et ses toilettes, plus libres, la désignaient davantage. <■■

Elle posait sur la table au tapis vert du petit salon la grosse poche de cuir et saluait, joignant à son salut plusieurs de ses innombrables sourires. Auprès d'elle, droite dans sa robe simple, Françoise était éclipsée., Chesnaye ne paraissait Sf*apeïcevoir de sa présence que quand Suze était sortie., Encore pendant quel-, ques minutes, restait-il brusque, préoccupé et comme lointain. Les effluves de

M™ Margail étaient encore présents çfc ensorcelaient ia pièce.

Puis, peu. à peu, le charme simple et pur de Françoise agissait, Chesnaye, après quelques brusqueries, s'intéressait à elle, tout en appelant des chiffres ou en dictant des phrases. Après l'impression d'attrait tranquille et, pour ainsi dire, transparent qu'elle, lui avait donnée, ïï la découvrait sérieuse, sûre et — c'était, certainement ce qui, à son insu le touchait, le plus ~~ admirative.i

Elle admirait cet homme un peu. massif mais d'une si évidente intelligence, d'un caractère si masculin ! Et elle le servait de tout son pouvoir professionnel.

Naturellement, comme tout homme digne de ce nom, il en abusait un peu, était exigeant, impatient. Mais il reconiiaissait au fond de lui-même les services que lui rendait Françoise. Ce qui ne l'empêchait pas de lorgner Suze dans la mesure où celle-ci se faisait admirer au cours de ses apparitions qui: étaient toujours au nomb're de deux" ou trois au cours de chaque séance,

Françoise la regardait d'un oeil sévère et, celte fois, perspicace. Mmo Suze redoublait de coquetterie, Elle agissait comme à l'époque où elle avait voulu séduire Margail. Mais elle provoquait de façon plus directe. Elle concentrait son charme capiteux de brune, elle dirigeait comme un faisceau d'attractions sensuelles vers Chesnaye qui n'y était pas insensible. Quand Suze entrait, Françoise, imperceptiblement et malgré qu'elle se gourinandât intérieurement, se rembrunissait.

Suze subissait l'attirance- de la fortune qui laissait. Françoise tellement indifférente.. Le jour où, ayant aperçu les diamants, elle avait eu" la confirmation de l'immense fortune de Chesnaye, l'ancienne veuve réépousée avait soudain ressenti le regret de s'être trop pressée en se faisant épouser par Margail.

Puis elle s'était presque immédiatement consolée.. Les rapports qui s'établissaient entre le multi-millionnaire et Françoise ne pouvaient être que des rapports de client et d'hommes parfois bienveillant à employée... Chesnaye aurait envers la jeune fille quelques galanteries., A l'occasion, il lui ferait un cadeau, puis il l'oublierait dès que les circonstances l'éloigneraient lui-même, ne fût-ce que pour un temps,, de la Banque Musulmane.

Françoise était trop simple pour, en ti-