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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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LE COEUR- AUX ABOIS

« Et c'est p'QiJïqubi nous ne pouvons pas npM marier., ,

• « Bien que ne connaissant guère la vie, bien que n'étant qu'une jeune fille, je sais fort bien -*- et cela se sait sans l'avoir appris «* qu'il y a deux sortes d'amour, et que."amour que l'on à pour son îrère^ pour son-père, n'est pas du tout le même que celui qu'on a pour son mari...

« Vous vous lasseriez d'une épouse qui ne serait pas une vraie épouse, qui resterait toujours celle que vous appeliez votre filleule...^

et Je sais.bien que je ne suis pas votre filleule, et que ^ c'est un nom que votre affection m'a donné.r. Mais jamais cette affection n'a été si clairement, si providentiellement inspirée...,

« Je suis plus votre filleule que votre pupille... Vous .avez véritablement remplacé mon papa..;, Vous vous êtes substitué à lui avec une tendresse si vigilante, tin dévouement si paternel, que., maintenant, vous êtes devenu mon vrai parrain...

« Or, vous savez bien qu'un parrain ne doit pas épouser sa filleule, que cela est défendu par l'Eglise, qui considère que cette parenté spirituelle est trop profonde, trop inthne, pour autoriser le mariage,..,

« Vous voyez bien, mon parrain, que nous ne pouvons pas nous marier.^.,

« Vous allez peut-être penser" que je refuse de vous épouser, pour, en épouser un autre..,

« Vous me connaissez assez pour savoir que ce n'est pas un motif d'égolsme qui dicte ma conduite...

plement.

« J'estime que l'arrivée de miss Ellis dans votre existence n'est pas due au hasard et qu'il y a là comme une indication de la Providence.^.,

« Réfléchissez, mon parrain... Voici une jeune fille qui'a écarté dédaigneusement

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voit, elle vous aime, elle jure qu'elle n'aura pas d'autre mari que vous..3 Vous la repoussez, elle s'humilie... Vous la' fustigez 'de vos dédains : elle supplie, elle implore, elle qui est si fière et qui a le droit de l'être..,

« Vous fuyez ï elle vous rejoint... Elle foule aux pieds tout orgueil, tout amourpropre, j'allais écrire toute dignité... Mais une femme qui aime sincèrement, profondément, de toute son âme, de tontes ses ûb'.res, de toute sa volonté d'abnégation et

de sacrifice, une telle femme" né peut pas'" abandonner sa dignité...

« Jamais vous né rencontrerez un amour; aussi éperdu, aussi total, aussi humblement passionné que celui de miss Amy Grâce Ellisv.v,

« Votas n'avez pas le droit de le repousser...

« Ce n'est pas une jeune fille vaine de son argent, juchée sur ses millions comme sur un trône, qui vient à vous...-,

« C'est un être fui, délicat, artiste, d'une sensibilité nuancée, très voisine de la vôtre, un: être qui ne demande qu'à épouser vos goûts, qu'à entrer dans toutes vos pensées, qu'à devenir, votre reflet.^,

« En deux heures de conversation, j'ai pu apprécier miss Amy Grâce., Je résumerai toutes mes impressions dans cette formule : vous, vous méritez l'un et l'autre...

« Voilà pourquoi je disparais.,

« Ne croyez pas, mon parrain, que je

« J'ai songé à disparaître tout à fait...

« Je n'avais qu'à me laisser glisser dans le lent et invincible tourbillon du Gouffre du Ténébreux, où tant de jeunes désespoirs sont allés déjà chercher un remède à l'angoisse de vivre...

« Mais rassurez-vous, je ne ferai pas cela, mon parrain.;,

« Ma vie vous appartient plus qu'elle ne m'appartient...

« Votre filleule n'est pas perdue pour, vous.-..,

« Ma pensée s'envolera constamment vers la vôtre.;..,

« Et vous me reverrez, mon cher parrain, quand vous serez entré dans le chemin du vrai bonheur, quand vous aurez épousé miss Amy Grâce....

« D'ici là, ne me cherchez pas...,

« Dites-vous que je gagnerai ma vie honnêtement et que je ne ferai jamais rien dont vous puissiez rougir.,..;

« Mariez-vous vitej mon parrain, pour revoir, votre petite fille qui vous aime de toutes ses forces e'c qui espère que: vous ne la laisserez pas longtemps en pénitence.,.,

« GENEVIÈVE MURCYLE.; S

Après avoir écrit et relu cette lettre, Geneviève frappa à la porte de la chambre de miss Amy Grâce. Malgré les fatigues de son voyage, celle-ci ne dormait pas,;

Elle ouvrit aussitôt..